L'architecture francoise des bastimens particuliers
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- f t' !a sty
- ÜARCHITEGTU R.Ë
- F R AN C OI
- A- /iivtf VtxMwf x?t& 7*w.
- ^ ASTIMENS
- PAR TI au LI.E.R S.
- Cavtù, trtt&f/*
- Composée par Me L o ii i s S AV ô t ,
- ’* i
- Augmenté dans cette féconde Édition de plufieurs Figurés, & des Notes de Moniteur B l o n d i jL de i’Academie Royale des Sciences, Diretteijj: de celle qué lé Roy à établie pour 1-ArchiteL éture, & Maître de Mathématique de MonfeL* gneurle Dauphin.
- A PARIS,
- f La Veuve & C. Ciouziè k,S prés i’Hôrél de I / Mr lé Premier
- •Pierre A u b o ii i n > | Pre-fideht,Co.ur
- Chez-T J du Palais.
- VJ a c qu e $ V i l t £ RŸ » ruë vieille Bouderie* i à l’Etoile. :
- Pierre EjAERÿ , QuaydesAuguftinspro-w che l’Hôtel de Luynes à 1 Ecu dé Fiance.
- M. D O L X X X VÏ , \AVUC J\IKUÏGÏ t>V \QT>,
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- AVANT-PROPOS.
- O ii ï s S a v o t , Auteur de ce Livre d’Architeéiure , étoit du Bourg de Saulieu au Diocezc d’Autun en Bourgogne , né de parens honnêtes mais peu accommodez. Il vint à Paris au commencement de ce fiecle dans la penfée de fe faire Chirurgien ; mais il quitta ce de fl e in pour étudier en Médecine , 8c il fut receu Bachelier en la Faculté de Paris l’an 1604. avec Mc Bouvart , qui a été depuis premier Médecin du feu Roy. Il eft vray que fon peu de bien l’empêcha de profiter dans fes études autant qu’il auroit pu faire : Neantmoins en 1609. il foûtintdcs Thefes, 8c l’année fuivante il prie fa Licence. Pendant ce temps il ccmpoia deux petits Livres qui ont eu beaucoup d’approbation; l’un intitulé Opînio nov# At Coiotibus, 8C l'autre Tetragônutn fur 1*Emétique > dont lu-fage commença dés le fiecle precedent > s'établit à l’entrée de celuy-cy , 8c fut fort en vogue en l’année 1653. à caufe des cures extra-
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- AV A NT- PROPOS.
- ordinaires qui furent faites par Un.Médecin, fpagirique appelle Scmini > le nom duquel paflà en Proverbe , pour lignifier un dernier remcde aux affaires defcfperées. Je ne fçay fi ce fut par cabale ou autrement que Mon-fieur Savot n’eût que le fixiéme lieu pour le Doétorat>&fi le chagrin qu’il eut du peu de juftice qu’on luy aVoit rendu , l’empêcha de prendre le bonnet; mais il eft certain que par dégoût , ou par quelqu'autre motif , il ne s’adonna plus tant à l’exercice de la Médecine, La recherche des chofes naturelles, comme des pierres , des terres, des métaux &:d’autres curiofitez, furent fes plus ordinaires applications ; Ce qui me fait conje&urer que ces fortes d’étude l’ayant fort attaché à la lcéture de Pline l’hiftorien , les derniers Chapitres de fon hiftoire naturelle l’engagèrent infenfiblement à lire Vitruve, &en:'ui-te les autres Auteurs qui ont traité de l’Architecture. Par ce moyen il fe rendit tres-habile dans lafeience des Bâtimens, 6e il fut touché de douleur en voyant le mauvais traitement que quelques Ouvriers, ou par ignorance eu-par malice» faifoient tous les jours à ceux qui étoient obligez de palier parleurs mains. Cette railon le porta par un efprit de charité à composer ce Livre de /’Architecture
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- AVANT-PROPOS.
- Françoife, qu’il fit imprimer en l’année 1664i fans cloute à ded'ein de donner au public allez de connoiflancc du détail des bâtimens, pour s’empêcher à l’avenir d’être fi facilement trompé. J’apprens même que cet exemple porta quelque temps après un de fes meilleurs amis , Se fon compagnon de Licence appellé Mr Guibert , à cômpofcr le Médecin charitable , pour donner aux pauvres le moyen de fe palier des remedes des Apoti-caires. Après la recherçhe des métaux , Mr Savot fe jetta dans l’étude dès Mines Sc Minières, Se de là dans celuy des Monnoyes Se des Médailles , dont il compofa un fort beau Livre quifut imprimé en 162.6. Il y traite entr’autres chofes, cette queftion curieufe; lçavoir fi les*Medailles étoient autrefois des monnoyes qui eullênt cours, ou s’il y avoir d’autres pièces qui fer vident à cet ufagtn L’on m’a dit qu’il avolt tâji encorc'iin autre petit Ouvrage lur le Colojfe Royal du Pont-Neuf, de une verfion du Livre de Galien fur la Saignée, accompagné d’un difeours qui en-feigne pourquoy elle eftfi frequente à Paris. Voilà ce qui concerne fa Profedion Se fes Ouvrages. Quant à fa Perfonne Se à fes. mœurs, il avoir un air fimple , bas Se méian-
- çolique; d’ailleurs il étioir homme de bieiygc
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- AV A NT- P RO PO S.
- confideré pour fa vertu. Il a vécu plus de foixante ans, & ccmmeil faloic qu’en 1604. lorfqu’il fut receu à i’examen pour être Bachelier, il eut au moins vingt-cinq ans , on peut conje&urer que le temps de fa naillance fut vers l'année 1579. &: celuy de fon decez à peu prés vers l’année 1640. Il cil mort à Paris au logis de feu Mr Moreau Do&eur & Pr >fefleur Royal en Medecine, qui étoit fon meilleur amy, & l’on a trouvé dans la chambre quantité de terres , de métaux, de mar-caffites , de pierres , & d’autres curiolitez. C’cil tout ce que j’ay pu découvrir de cet Auteur.
- Pour ce qui eft du Livre qui fut imprimé pour la fecondcfois en l’année 1631. on peut dire qu’il eff d’une grande utilité, car il traite avec méthode de tout ce qui le doit fça-voir du détail des bâtimens : Il en donne les plus folides réglés , &c il fait foigneufement remarquer les fautes où l’on ra acoûtumé de tomber. Outre ces préceptes il fait mille belles remarques fur les differentes maniérés de fonder , fur le choix des matériaux , fur la façon & le temps de les mettre en oeuvre, fur les mefures des appartemens, des efcaliers, des portes des fenêtres ^ des cheminées, & enfin fur toutes les parties des édifices des
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- rAV JNT-P\QP0S:
- particuliers. Enfuitc il rapporte les Ordonnances , les Coutumes & les Reglemens qui regardent cette matière. Puis il fait un grand dénombrement des divers matériaux dont on fe fort: à,Paris , des lieux d’où ils viennent , & de leurs prix ; afin de pouvoir faire eftimation de ce qu’un bâtiment peut coûter,. Il parle même des toifez, des. prix faits , de des claufes. principales qui doivent être inférées dans les marchez ; & enfin il donne un petit Catalogue des meilleurs. Livres, qui, ont traitté de lArchiteéïure,
- Mais, comme cette, matière a beaucoup changé depuis le temps que cet Auteur a écrit,' & que l’on a maintenant un goût different de ce qu’il enfeigne dans la plupart des préceptes qu’il nous a laiffez ; j’ay crû que je rendrois un fcrvice utile au public, fi j’ajoû-' toisen forme de notes dans la fuite du Li-
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- vre, ce que j’ay remarqué n’être plus conforme â notre ufage : je marqué aufli en paffant ce qui fe pratique communément parmy nous, afin qu’on fe puilfe fervir utilement de tant d’inftru&ions excellentes que cet Auteur a ramaflees & expliquées .dans fon Ouvrage: Ainfi je me contente de rc&ifier feulement ce qui paroît avoir changé depuis le temps
- qu’il a écrit. Si je me fuis un peu plus étendu
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- AV A NT- PKO P OS.
- fur mefurcs des efcaliers, des cheminées» des allées d’arbres fur le prix des matériaux ; c'eft que je l’ay crû necelVaire > à caufe que les chofes font prefentement fort’diffe-rentes de l’ancien ufage. J’ay même ajoûté quelques Auteurs modernes qui ont écrit do l’Architedure , à ceux dont il nous a donné le Catalogue ? & j’ay7 dit mon fentiment en peu de mots fur les uns & fur les autres: Enfin j’ay fait mettre à lajfin du Livre quelques mémoires curieux qü,i m’ont été communiquez en partie par Bornât Archite&e> & en partie par d’autres perfonnes très-intelligentes qui ont eu la même intention que moy de contribuer à l’utilité publique > &: je les aurois nommez fi leur modcfüe me l’avoit permis.
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- TABLE
- DES CHAPITRES
- CONTENUS EN CE
- LIVRE.
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- QV'il n'y a Aucune profesfion qui nous rende plus capables de l'Architecture* , que celle de la Médecine : Vtvifion de toute l’Ar~ chiteBure en generale. Chap. i. pag. r
- Quelle partie d Architecture doit être feulement traittée en ce di [cours, Chap. i* pag. 6.
- Trois fùjets aufquels confijte tout le tramé des batimens particuliers, (fi premièrement du lieu. Chap. 3. pag. 8
- De deux autres parties de l'Edification particulière . Pourquoy il• ne fera traitté que le-y gerement des matériaux , (fi en quelles autres parties peut être divifée celle qui contient la forme du bâtiment. Chap. 4.
- Fg-
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- TABLE
- Vu Devis , d* de la première partie d'iceluy. Chap. 5. pag. 11.
- Ve la portion du \baiment, fécondé partie du Devis. Chap. 6. pag. 27
- Ve la pofition des membres du bâtiment. Chap.
- 7* Pag-
- Ve la forme ou figure du bâtiment. Chap. 8, pag. 44.
- Ves mefures du bâtiment en general, tant en corps de logis fitHplc que double. Chap. 9.
- Pag* 49-
- Ves mejures des pièces du bâtiment, d* pre2 mierement’ de l'entrée > & de la chapelle. Chap. 10. pag. 65.
- Ves Caves-.. Chap. 11. pag; 68«
- Vê la Cuifine, Gardemanger, Salle du commun, Fournil. Chap, 11. pag. 71,
- 2)« Montées & Pajfisges. Chap. 13. pag, 74,
- Des Antipêlles & Salles. Chap. 14* pag. 82,. Ves Antichambres , & Anticabinets , Cham* bres , Gardérobes , Arriérégardérobés.
- Chap. 15. pag. 90.
- Vis Cabinets , d* Àniere-Cabinets. Chap. 16, pag. 98.
- Ves Galeries, Armureries, dr Librairie s* Chap. *7- Pag- 99-
- Etuves > & Bains. Chap. 18. pag. loi.
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- DES CHAPITRES.
- Des Ecuries. Chap. 19. pag. 10$.
- Des parties dent font compofez, les membres dt* bâtiment, cfi premièrement des murailles (fi .parois, Chap. z0. pag.114.
- Des Portes. Chap. zi. pag. 116.
- Des Fenêtrages > cfi Tours. Chap. zz. pag. 130.
- Des Cheminées , (fi des moyens de les empêcher de fumer. Chap, 13. pag 140*
- Des moyens d'éteindre facilement cfi prompte-ment le feu qui s'efi mis dans une cheminée« Chap. Z4, pag. 155.
- Des moyens d'échauffer une chambre avec moins de bois que de coutume. Chap. 15. Pag-,158.
- Des Voûtes, Chap. 16. pag. 16 f
- Des Planchers, Chap. 17. pag. 166,
- Des Couvertures. Chap. 18. pag. 17*.
- Des dehors du bâtiment > (fi des moyens de faire un Echo artificiel. Chap. 19. pag. 178.
- Des Sources , (fi Fontaines naturelles > des moyens de les trouver, de conduire l'eau . lamefurer , (fi la faire couler• Chap. 30,
- pag. >186.
- Des Fontaines artificielles, & de divers (fi fal 'àles moyens de faire monter (fi élever l'eau. Chap. 31. pag. 195.
- De la Glacière, & des moyens de eonferver U
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- T A B L,E
- glace & la neige. Chap. 32. pag. tri J Ve la fymmetrie de tout le batiment , de des considérât tons que doit prendre le Maître du bâtiment auparavant que de le commencer. Chap. 35. pag. 219.
- flgil fautfç avoir r auparavant que commencer un bâtiment, les fervitudes, pour éviter pro-cez dr dommage, de d'oii on le pourra appren-" dre. Chap. .34.. pag. 125.
- Extrait ne ce (faire d'être feeu par tous ceux qui Je mêlent des bâtimens y du titre de la Coutume de Paris , des fervitudes , avec la conférence des autres Coutumes du Royaume y qui y font conformes ou contraires > d* quelques autres annotations fur le mè ne fit-jet. Chap. 3^. pag. 153.
- ..J^uil faut fçavoir a combien pourra revenir à> peu prés un bâtiment, avant que de l'entreprendre , çfr par quels moyens on le pourra connoître. Chap. 3 6. pag. 16$.
- Le prix ordinaire à Paris y pris pour exemple y de la vuidange des terres majjives, des tranchées & rigoles y faits pour les fondations > comme auffi de la pierre de moilon dr de taille , dr de la nature des principales pierres dont on fe fert à Paris> Chap. 37. pag. 166. - .
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- DES CHAPITRES.
- Le prix ordinaire du plâtre , de la chaux > & du fable , & de ce qu'il y faut obferver. Chap. 38. pag. 180.
- Le prix ordinaire du pavé > des carreaux , <jr des bricques > d ce qu'il y faut obferver. Chap. 59. pag. 183.
- Le prix ordinaire de U tuile , de l'ardoifi > de la latte > de la contrelatte , d du clou , tant pour la tuile que pour l'ardoife , d ce qu'il y faut obferver. Chap. 40. pag. 2.S8.
- Le prix ordinaire du verre , du plomb , & du fer 5 & et qu dy faut obferver. Chap. 41. pag. 195.
- Le prix ordinaire de la charpenterie , d de ce qu'il y faut pbfefver. Chap. 41. pag. 305 .
- Le prix ordinaire delà me nui fer te , de la peinL ture en couleur de bois > des travées, cro feest & portes j cf de la natte. Chap.43. pag. 317.
- Lu toifé de la maçonnerie , d charpenterie, d en quelle façon il fe pratique. Chap. 44, pag. 310.
- Autres moyens plus faciles que les precedens > mais non fi cxaéls, pour f avoir à peu près a combien peut re venir un bâtiment. Chap. 45. pag. 331.
- Le la pefanteur de divers matériaux nece(faire d'être fieué. Chap. 46. pag. 534.
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- TABLE DES CHAPITRES.
- déclaration des principaux Auteurs , qui ont écrit non-feulement de toutes les parties de lyArchitecture , mais auf/t de quelques-unes d'icelles : à la plus grande, partie dejquelles le Lecteur a été renvoyé en beaucoup d'endroits de cet Oeuvre. Chap. 47. pag *
- 338.
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- T A B LE
- PE CE QUI A ESTE' ÂJOUSTE*
- A CETTE EDITION.
- Mémoire four fervir d’é claircjjfèment b certains articles de la Coutume de Paris» au titre des fervitudes , afin d’éviter les conteHations é* difficultez qui arrivent tous les jours entre particuliers fur ce fujet. pag.$6.
- JB fiat de ce que contiennent la toife 3 le fied S* le pouce. 37^
- ta maniéré & façon de toi fer les couvertures de tuiles > félon les & Coutume de Paris. 397
- Toifî d’ardoije. 400
- ta maniéré de toifer les bois aux Vz & Coûtée me de Paris. 40I
- Du prix que la pierre de taille coûte à tailler, & les libages a ftquer •> quand on les fait faire par des Tailleurs de pierre. 405
- Mémoire des outils des Tailleurs de pierre & Ma fions* 412»
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- /table;
- J)u verre tant de France que de Lorraine, d* de fon prix > d* comme il fe vend. 413
- Valeurs des vitres du petit Cloître des Peres Chartreux de Fans en *640; £t du prix courant aujourd’hui* 410
- t>u pavé de grès. 42-1
- Toijè d’ardoife* 423
- Zte /a fouille des terres masfives , d* de ce
- qu’elles peuvent coûter pour chaque tôije cube, 0^ /0//£ courante, ta#/ piocher d* a charger > (ÿ* tranfporter a la hotte , 0# tombe-
- reau , qud la jetter fmplement fur le bord du trou > ou de la fondation, pris par exemple fur diverfes expériences, 424
- Fin de la Table/
- i/ARCHI-
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- FRANÇOISE
- DÈS B AS TI M E N S
- J
- . , f •
- PARTICULIERS. -
- . ' V ' ' .
- ----EJ-;-- ^ '
- iQb'il riy A aucune profejjion qui nous reri« déplus capables de d ArchiteBure , que celle de la Médecine i Di'Vifion de ta#* te t Architecture en générai
- Gü apîtRè P Ré & i er.
- en
- L n’y a aucune proie M laquelle plus de^>arcieS
- ncceflaires y pour la digne* mené exercer, qu'en rArchite&uré 4 Gar fi nous devons croire celuy
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- 3 VA R C H I T E C T U E l’authorité duquel tous les meilleurs maiftres deferent , nous trouverons que l’ArchiteCte ne doit feulement avoir une legere teinture de là notion de toutes les Iciences , mais eftreim* bu pleinement de celle de là Philo-fophie , & des Mathématiques a Ce qu’il nous faudra avoüer , fi nous venons à confiderer , que tous les métiers , ou arts meçhaniqucs fe peuvent divifer en deux genres : le premier, qui confifte à préparer les matières , & étoffés *, & le fécond à les façonner, tailler ,& ageancer. Que la plulpart de tous les deux fert à ^Architecture, foit pour la ftruCture, foit pour f ornement d’un baftiment,&: que ce pre-
- * Outre les connoifiàncesqu’un Archite&epeut tirer de -ces deux belles Siences pour la Théorie > il; cit encore à propos qu*il s‘inftrui(e à fond dans la pratique*; Et pour, çet effet il feroit%6nqu’apésfès eftudes il apprit à bien deffiner, pour l’appliquer enfuite de bonn’heure j non feulement à voir travailler dans lés grands Attéliers ».mais a y travailler .quelque temps luy mefme’tant àja coupe des pierres qu’à l’appareil, & mefme à la conduite de la Miroiterie & de la-Charpente , & -au i détail de- chacune dqs »hcics qui font employées dans les bâtimehs.
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- Françoise. %
- iriier requiert une notice de k quali* te > nature, & différence des matic^ res , ce qui appartient à la Phyfio-logie, ou feienee des caulés naturelles > & l’autre i la connoiffance des mefiitts> formes, & proportions, ce qui dépend entièrement des M a thématiques. C’e ftp ourqiioy ces deux ici»* ences eftant plus neceflaires à la Me* dëcihe qti’à aucune autre, il n’y a per* jfonne d’aucune profefïion, qui puiflfc eftre plutoft capable de l’intelligence de T Architecture a que le Médecin bien inftruit cil ces deux iciences fon-* damentales de fon art. Celuy aqflî qui l’a amenée au plus haut point où elle a pu eftre jufqües à prefent , & qui pour ion eminent fçavoir a efté hono^
- a Çccf ne s*eftjamais fi bien çonnli qu’à prefent > que-les plus magnifiques Ouvrages des Baftimens du koy > fe foht fur les defl’eins de Monteur Perrault Doékcur en Médecine, qui nous a donné une excellepte tradu&ion d eVitrii-ve , dont il a heureufement expliqué les endroits les plus difficiles : & par des conjectures judicieufev & des Notes lij a vantes , il a trouvé du feus aux jalfages > aufquell Ua autres interprètes n’avoient ofé toucher*
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- 4 L'Arc h itïc ture ré par l'antiquité mefmc, du titre de très divin> na ignoré cét art, y ayant efté inftruit par fon pere, qui faifoit profeffion de cette noble fcience . laquelle nôtre Vitruve divile en trois parties principales, fçavoir en TEdifi-cation , la Gnomonique , & la Mecha-nique , ou art de llngenieur.
- L’edifîcation eft une partie qui traité tes des baftimens, lelqüels font ou fa-çrez , ou profanes : & tous deux ou publics,ou particuliers.
- Les publics lierez, font Egliles, Chapelles , mailons de Religieux, & Hô-
- pitaux.
- Les particuliers, font hcr mitages, & fepultures.
- Les profanes publics , font defli-nez , ou pour ladéfenfe, ou pour la commodité, a
- a Je m’étonne qu’il ne dit rien de ceux qui font confierez à là magnificence, comme les Arcs Ot les Colonnes ‘triomphales, les Obelifques, les Pyramides, &c. ou au plaihr, comme les Amphithéâtres, les Théâtres» les Portiques , les Bains » les Promenoirs » les Xyftes » les Ciçques» & mille autres.
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- Françoise. f
- Ceux de defenfe, font villes, cita-, déliés , & forts.
- Les lieux de commodité , font rues, 6c chemins, ponts,ports , quaiz, eclufes, aqueducs , puits , fontaines * halles, noftels de vi les, lieux de plaidoiries , chambres de compagnies, 6c colleges , arfenals, magazins , conciergeries , 6c prifons.
- Les baftimens particuliersconfiftent en ce quil faut pour loger un Souverain, un Seigneur, un Bourgeois, 6c un homme des champs.
- La Gnomonique eftla fécondé partie d’Architecture , laquelle ferait re-prefenter par divers inihumens , tels que font aftrolabes , 6c horloges, les mouvemens des fpheres ccleftes, enfemblc leurs pofitions6c afpedis mutuels.
- La Mechanique eft la troiticme 6c derniere partie qui traitte des machines, & engins de mouvement, force A
- Aui
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- % L*A rchîtêcture. ôc dexterite , comme leviers > balail-’ ces?polions, vis (impies , compo-fees, ou fans fin, pompes , roues & grues, & de la forme des outils a > & ouvrages prefque de tçms les arts > & métiers»
- Quelle partie d*Architecture doit eflre feulement traitée en ce prefent dif cours,
- Chapitre IL
- IE ne traitteray des deux denieres parties, ny de la première, en ce qui appartient aux baftimens facreg, §c aux profanes , qui font publics , parce que plufieursÀutheurs oqt trait* te amplement de la plus grand" part de telsfujets,& quon s'employe fi peufl êc rarement en la ftruâÈure de tous,
- a La plus grande partie des Inftrumens do,nt IcsOuvriers fc fervent en difFçrens métiers, eft fort Sien décrite avec les noms, & les figures, dans leur tout & dans leurs parties , par Moniteur Felibien, Secrétaire dé 1*.Academie Royale d’ArcSiteârure ,da.ns leDiâtionairè des Arts.qu’il a donné au public fous lé nopa dePrinçipes d'Architefture^
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- Françoise. f
- que le difeours qu’il coilviendroit faire de la groffeur d’un juffe volume pour la multitude de tant de differentes parties, feroit de beaucoup de labeur , a Ôc de peu dutilite.
- Refte doue feulement ce qui concert ne les baftimens particuliers , defquels dautant qu’ils font plus en ufage en tout temps , & qu’ils ont efté plus fterilement exprimez des Archite&es que nuis autres , j’ay pris, pour ces deux cpnfideràtions principales,, fujet d’en dreffer le difeours fuivant : mais de telle forte, que je ne toucheray quen pafc fantccqueje verray avoir çftç dit par autres, & lors encore feulement quâd lançceffite, ôc la luitedu di(cours m’y contraindront.
- a Q^oy qu’il foie vrai que le travail feroit grand de donner des régies certaines pour le détail des Baftimens publics , ij n’ay pourtant point raifondc dirqqu’il feroit de peu d’utili-çé : Car àprefent que l’on çonftrutt de toutes parts, des edi-r fices connderables pour le publie , tant à Paris que dans les Provinces , je-fuis perfuadé qu’un Ouvrage bien, raifpnné de cette matièreleroit d’un très grand fcc ours ,5c feroit a-greablemct reçeu dç cçuxqui çuçreprçnnent de le?conduire*
- Aiü;
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- g I/Ar chîtec ture
- y rois fujets au [quels conjifle tout le traîné êtes bafiimens particuliers, & premier rement du lieu.
- Ç H A P 1 T R E II J.
- T Out ce traitté lcra compris en ta çonfideration du lieu, des matériaux, & de la forme , ou figure de Pouvrage,& baftiment* Il faut coiv fiderer au lieu, s'ileft en la campa-gne x ou aux villes, & en tous ces deux, {a lalubrité, la folidifé, la cômmodH te, ôt la beauté \ & encore en ta cam^ pagne , fi elle na jamais efté habitée, ou s'il y a çu quelques habit ans. Il vaut toujours mieux baftir en un lieu habU téy qu’en çeluy ou perlonne U a encore fait aucune demeure ? dautant qu'entre autres raifons, on eft aficure des qualitez* & conditions, & de la ialubriçé, ou inlalubrite du lieu habite
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- Françoise. p
- par Inexpérience, qui elt toujours cer-< tainc : Mais on ne reconnoift celles de lautre , où perfonne na encor es re-fide, que par ratiocinations , & figncs conjcâurels , qui trompent le plus fouvent.
- Néant moins Ci par quelques affections, ou confiderations particuliers on veut bafliren un lieu non encore cultive'/on reeonnoiftra la falubrite de la région par l’air, 6c les eaux mais principalement par les eaux: à caufe que l*air eft continuellement emporté, Sc change par les vents, &c de loy-mefme encore, d’une contre'e en une autre ; lequel changement ne peut arriver aux eaux. On s’alTeurera de la bonté , pu vice de l\in, & de Fautre, par le rapport du Médecin ^ PU la leâqre des Authcufs qui ont & crit fur ce fujer.
- Mais pour dire quelque choie de bontç des eaux: fommairement ? U
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- io L’Architecture faut pour eftre bonnes & faines, quelles partent d’une fource qui ne ta~ riflc jamais, qu’elles loicnt fans aucune couleur, odeur, ny faveur , fans aucune refidence au fond eftant rc-
- Î)oiees ,ou évaporées, & (ans qu’elles aillent & impriment aucune tache ny marque dans les yai(feaux dans lef*. quelles elles feront repolees ou eva-» porées, &, qu’elles cuilènt aifement &$ promptement les légumes ; fans s’ar-refterà les pefer, dautant que toutes eaux propres à boire ne different point oufipeu en poids, que la différence cft prefquc imperceptible ; en emoy beaucoup {è trouvent trompez, pen-faut reeonnoiftre leur diverfite en bon-^ te'par çcjlede leurs poids.
- Je réferve à traitter de fa folidite au chapitre , où il fera, difeouru de la ftru&ure des murs, & parois du ba-r IHment.
- , On baftira commodément, fpecia**
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- F R a n ç ô x s è. ïr
- lemcnt aux champs, fi le lieu eft fer^ eil, abondant aux principales corn-moditez de la vie* & en matériaux propres à baftir : sil a bon voifina^ ge, s’il eft proche d une bonne riviez rc y êc d#un Bois à chauffage i non trop éloignée, ny trop près des villes , & grands chemins, pour éviter rimpor--tunité des vifites trop frequentes, qui n’apportent au Maître ordinairement que de la dépenfè,&de l’incommodité. Il conviendra à mefme effet afleoir, tant le baftiment, que fbn pourprisi en un lieu plain, ferme, & non boflu, ny rabouteux , & auquel les fondai rions ne font mahaifées à foüiller ; ny trop profondes, pour éviter la luper-fluité de la dépenie. Pour cette même raiion, on doit éviter à fitucr le baftiment en une place de grqmd prix j à caule qu’aprés la befogne faite , la dépenfe qui a eftè faite pour tous ç<$ fujets ne parpift point.
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- ii L’Architecture
- Il fera à propos aufli de choifir lendroit le plus aride du terroir, s’il eft hors des incommoditez fufdites, afin de n’employer la partie propre à rapport , en places qui ne peuvent ef re cultivées : Ioint que le terroir fte-rile fe peut aifëment, &: fans beau-; coup cLincommaditë amender par art, & culture , çftantaux environs du baftiment.
- L’aiïiete fera agréable, fi elle eft en un lieu fec , pour la commodité des promenoirs , & avenues : fi elle eft un peu ëlevée , bornëe de montagnes dun côté, à quelques tr ois lieues loin , ôc d'autres à perte de veüe, ayant fon païfage diverfifië de plaines, & collines, de forefts, rivières, prairies, terres labourables,vignes* villes, villages, & hameaux.
- Pour le choix des lieux habitez, on aura ëgard , outre les obfervations. precedentes, à l’efprit, au naturel > &
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- Françoise. î$
- à la fanti des habitans, s'ils font lourds, ou fubtils , étourdis , ou confiderez & retenus , lâches , ou courageux, fains,ou valétudinaires, à quelles maladies ils font fujets, & s'ils vivent peu, ou beaucoup» Car le Ciel, &: le terroir font de grand poids à toutes ces affections , & difpofitions : Quelques lu-* perftitieux croyent encore , quil y a certaines demeures qui portent bonheur ou malheur à leurs habitans, en attribuant la caufe avec les Platoniciens au Genie du lieu , ou avec les Iudiciaires, àfhorofcope, fous lequel le lieu a elle premièrement habité, ou bafty Mais l'homme Chreftien ,& de bon jugement rejettera toûjours telles impietez, & fautai fies de cervelle creulé*
- Quant aux baflimens des villes particulièrement , on ne peut avoir le lieu falubre , fi on choifit fa demeure proche des cloaques, & places ira-»
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- 14 VA R C H IT E C T UÜ E
- mondes , & en une rue étroite * dit habitée par gens de me'tiers fordides.
- Dafliete fera commode , fi elle eft éloignée de la demeure des artifans qui font beaucoup de bruit en leurs métiers * comme Armuriers > Chaudronniers > Menufiers > Marefchaux % ôc autres fernblables : Si on n’eft trop prés des Èglifes, de peur du bruit des cloches > ny trop loin * pour f incommodité du chemin: fi ori eft proche de lès parens & meilleurs amis , de l’eau, du marché, des lieux d’affaires* & fi le logis eft fitué en une rue large* 6c fpacieufe, tant pour la commodité des jours & de l alped: ou veuë du ba-ftiment,que pour celle du-paffage, avenue>&entrée descaroflès*
- Elle fera belle, & agrcable, fi elle eft fur le front d'une grande place, ou au bout dune grande rue,droite, & lar^ ge, autant qüe tout le front du logis, regardant diredemem , & en face
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- F&ançoisë.
- tout lé long de cette grande rue * & fî outrc-ce , elle peut avoir les veuës de l'autre part fur la campagne.
- Les nobles bâftimens, outre ce que deflus, deVroient encore eftre ilolcz, c’eft à dire détachez , 6e (eparez des autres de toutes parts, 6é avoir iiïues fur rues de tous leurs collez, comme ils l’avoient anciennement > & l’ont encores à prefent en Italie , tant pour l’incommodité du feu , 6e du mauvais voifinage , que pour la commodité de leurs jours , entrées & iflliës»
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- lé VA K C HJ T EC T U RE
- De deux autres parties de l*Edification particulière. eJ>oùrquoy tl ne fera trai-* te que legerement des matériaux, & en quelles autres parties peut eflre divisée celle qui contient la forme du baftimerit.
- Ch ÀPiTîtE I V<
- PArce que mon deflein n’eft de redire ce quia déjà eftê dit par d'autres, le Tu jet des matériaux à baftir ayant efté touché par pluficurs , je paflèray ce difcours > a pour venir à ce qui eft de la forme > & figure du baftiment:Ce (j[ue pour déclarer avec plus de facilite , je diviferay en trois parties , fçavoir au trait, au devis, & en l'ornement.
- a Quoy qu’il déclaré eu cet endroit qu’il ne veut poiflÉ parler des matériaux , parce qu’il y en a allez d’autres qui en ont traitté : Il ne laiflè pas d’employer la plus grand partie de Tes derniers Chapitres pour en. expliquer la na-*, ture&leprix*
- Tentens
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- Françoise. 17
- J’ente ns en ce lieu pair le devis, une defeription, 8c dilcours de toutes les appartenances, 8c membres d un bâtiment , de la pofition, & forme tant d’iccluy , que de fes pièces, & appartenances > 8c outre ce des mefures , 8c proportions, tant de pièces, 8c appartenances, que de toutes les parties d'icelleSi
- Le trait eft fart de tracer les pierres,1 pour eftre coupées, 8c tailles, hors leurs angles quarrez, afin d’en com-pofer des portes 8c voûtes biaiiees > des portes 8c voûtes fur le coin & fur une tour ronde, des trompes , trois entrées en une feule , la viz faine Gilles, a celle des Tuilleriês , 8c au^ très pièces biaiiees.
- L*ornement confifte en l’embellit fement des parties du bâtiment , par
- * G’étoiï an grand efcalier à viz fait à jour en ovale » bâti autrefois par Philibert de l’Orme d’un dcflèin & d’un ouvrage admirable , qm a efté rompo depuis quelques années pour faire place au pafiage que l’on a fait de la Cous, au Jardin du Paiais des Tailleries.
- B
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- Ï8 1/A RCHITECTURE
- le moyen principalement a des cin<J ordres de colonnes, Ôc des ouvrages de fculpturei
- Tourquoy il ne fera rien dit dît trait ny
- de [ornement.
- DA u t a n t que ce qui eft du trait &: de l’ornement, a efte cnleigné par les Architectes, b ôc que la connoiilance de ces deux parties apartient plus aux Maçons* ou Tailleurs de pierres, ôc Sculpteurs, qu'au
- à Le gouft du temps dans lequel cêt Auteur a écrit, c’eft à dire il y a jo‘ à 3 ji ans, eftoit de remplir les façades des ibâtimens , non leulement de Colonnes & de Pilaftres , mais mefmesde cartouches, demafques, & de mille autres or-nemens compofez de Grotefques bigeafçs : Et l’on n’avoit pas encore les yeux accoutumez à cette beauté naturelle & iïmple de la belle architcdure , qui contente par la feule fymmetrie ou julte tapport desparties les unes aüx autres & à leur tout, & par le mélange corred des ornemens propres & mis à propos , qui nous donne tant de plaifir à l’af-ped de quelques-unes de cèsauguftes ruines de l’antiquité.
- b Ce fentiment eft une fuite de ^ignorance pitoyable des deniers temps pcUr la belle Architedure , dont le nom îVetoit à peine connu que parmi lesOuvriers qui ne travaillant que pour s’enrichir par toutes lortcs de voyes , nous Xoiit laili'c des bârimens qui n’ont ny foliditc ny beauté ,
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- V
- François É; *9
- Maiftre du bâtiment ; celüy qui aura nne curiôfité particulière de connoî-tre ce qui eft de ces deux (ujets, là pourra contenter par la le&ure des Auteurs qui s y font employez, ayant prefque rouis écrit des cinq ordres de colonnes, defquelles dépend tout
- remplis de mille vilains orriemens appliquez fans, jngcmenj & fans ordre. Mais aujourd’huy nôtre Augufte Monarque Loiiis le Grand > falché que l’ArchiteCture ; qui peut laif-ïer à la pofterité desmonumens eternels de la grandeur de fon ame, dameuraft engagée fous le faix de l’ignorance Sc de la for.dide avarice des Ouvriers , dans un temps aù fà libéralité faitrenaiftre ce qui a jamais elle déplus
- lc s’eft pas contenté d’envoyer Pais ou l’on Voit encore quel-
- tant dans les autres Arts : ne ides gens habiles dans les dues vertiges de II grandeur des Romains ou des Grecs; âfiri d’en apporter des defléins pour férvir à former le gouftde la bonne Architecture : Mais même fa, Majertè a étably une Academie à Paris où les réglés de cét Art font publiquement enfeignées avec les parties de Mathématique qui font necellaires aux Architectes : Conviant les perfonnes de mente & de condition de s’appliquer à cette fcience : propo-fartt des prix & des recompenfes à ceux qui s’en rendront capable , dont Sa Majefté entend fe l'ervir dâtis la Conduite de fes bâtimens : Et ordonnant aux plus habiles Architectes de fon Royaume , qu’elle a choifispour Ce fujet , de s’af-lembler à certains jours afin d’examiner & refoudre les dif-ficultcz qui peuvent naitre fur cette matière. D’où Port doit attendre que l’ArchiteCture fortira bien-tort ( comme on dit ) de là Truelle „ & de i’ôrdure du vilain intereft : & que ne travaillant que pour la Gloire , elle fera voir de {es Ouvrages , qui rendront infupportables à la velie la P lus grande p artie de ceux qui ont cité faits parlepâü'é»
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- $o L’Architecturé;
- ce qùi regarde les ornemens : a mais je n ay trouve que Philibert de TOr^ me> parmy eux tous > qui ait enfei-» gné aux Tailleurs de pierres les préceptes du trait; Il n eft donc befoin à mon avis que jennuye le Leâreur par un difcours quil pourra avoir veu fort amplement touché ailleurs : Joint que mon deflein, en ce traité, tend principalement au contentement éc îèrvice des Maiftres & Seigneurs qui font bâtir, b qui nefe fbucient la plû-
- Î>artde la fcience de ces deux parties, es Maiftres Maçons y étant fuffifam-ment entendus.
- a II parti , depuis cet Auteui*, divers Oüvrages fujrlâ coupe des pierres , comme un petit in folio d’un nommé jouf-fe , qu’il appelle, Les Secrets à'Architecture un jgrand in folio du P. Dertrand Jefuite , dont les Ouvriers fc fervent le plus : & le Livre fçavant de Moniteur DeZargücs> qaien-feigneune maniereuniverfelle & du trait* C’eft une matière tres-belle de foy,inconnue aux Anciens , qui ne me paroifl pas encore fuffifament'éclaiecie , & qui meriteroitqua quel, que perfonne fçavante en Mathématique y voulut mettre la main à bon efeient*
- h Ce peu d’application que l'on avoit pour l’Architecture, & la confiance aveugle que l’on a donnée aux Ouvriers , a remply le Royaume d’uae infinité de proccz qui
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- Françoise,
- Du Devis , (<p de la première parti#
- d'iceluy.
- C H A F i t R e V.
- PO u R venir donc à ce qui eft du Devis, puis qu’il ne refte que ce fujet feul à traiter , je le veux, pour le déclarer avec plus de méthode & de facilité,, partager premièrement en quatre parties contenues en fa définition, fçavoir au departement, en la pofition, la forme, &les melurcs ou fymetries : puis d’icelles parties traiter diftinétement, & par ordre.
- Le departement rieft autre choie que ^ordonnance, & defcription des membres, pièces & parties dont eft compofé un bâtiment, lefquelles font
- ent ruiné plufieurs familles : jufque-là que pour y ap7 porter quelque ordre, & pour cmpefcfier les tromperies & les cabalesdes Entrepreneurs, il a falu chercher des Ex-», perts hors de leurs Corps pour cftimc-r leurs ouvrages»,
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- %% LARCHITEC TÜRË çn plus grand* ou plus petit nombre* luivant la différence des perfonnes pour lefquelles on bâtit.
- Il n’eft pas poillble de décrire tout ce qu’il faut pour loger un grand Prince* une grande Ville ny leroit
- f>as quelquefois fuffifintc : Et comme 'étendue de fa fauveraineté ne le peut borner que par fa mort; auifi la grandeur de fa Cour * &c par même moyen de fon Palais* pu du logement de les Officiers* ne peut recevoir de defcription. Tellement que les logis des grands R ois a ne font jamais tels que F Architecte les voudroit ordonner , mais feulement comme il a plu à eux-mêmes fe les vouloir prelcri-re : Etant preique autant déraifonna-blc de les alfujetir à certaines melu-
- 4 Cet Auteur impute à tort, au dérèglement des volonté z des grands Princes , ce qui ne vient que de l’incapacité de la plufp.art de çéux qui ,£c difent Arckiteâes , qui nç pouvant pas concevoir d’eux-mefines une idée afièz,parfaite de toutes les parties qui entrent en la cempofition d’un bâti-menrRoyal, nj; produire des dtfièins allez magnifiques.
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- Françoise, zf res , que de leur vouloir donner des loix, &: borner leurs puiflances.
- Les pièces, parties, & apartenan-ces qui peuvent entrer en la compofi-tion des batimens particuliers , font a veftibules, Chapelles, antifalles, (ailes, antichambres, chambres, garde-robes , ariere-garderobes , foûpentes ou entre-folcs v anticabincts, cabinets , arierecabinets , galeries , librairies , armureries, caves, celiers, falles du commun , cuifinesgarde-mangers, fommelleries, fournils, bou-
- pour répondre a la dignité de ceux pour qui ils ttavail** lent : Ce u’eft pas merveille fi les Princes font le plus fou-vent obligez de les redrcllèr & de leur preferire des mefu-res aufquelles ces Architectes n'auroient jamais penfé. Ce qui n’arrive pas aux véritables Architeâes » qui par la noble-étendue de leur cfprir , & par la fécondité & la magnificence de leurs inventions j s’aquierent bien-.toft la Créance auprès des grands Seigneurs , qui fe trouvent heu-, reux de les avoir , .& de voir élever lous leur nom des édifices qui confacreront leur mémoire aux fiecles avenir. a Je m’étonne que dans le dénombrement qu’il fait des parties qui entrentj comme il dit} enla compofition des batimens des particuliers , il ne parle point des efcaliers qui en font pourtant la partie la plus confiderable ? La fituation & la difipofition des efcaliers faits à propos contribuant infini-ment à la beauté, au dégagement Sc à la commodité del’e» difiee.
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- Z4 L'A RGHITEC T URE langerics, buanderies, greniers, fè-i nils , écuyeries , places à retirer ca-roflès, litières, & chariots, chenils, volières, ter rafles, puits, fontaines, grottes, parterres, jardins, vergers, balîe courts, avec leurs parties,comme granges, prefloirs, celiers, caves,, colombiers, volières , écuyeries, étables, laiteries, bûchers & hangards, jeux de paulme, jeux de paille-maille, carieres, routes, parcs, garennes, canaux', viviers, t or tuaire s , & étangs.
- Les Princes & Seigneurs les plus, grands, auront leurs maifons, principalement aux champs, non feulement composées de chacune de toutes ces pièces, mais même de plusieurs de quelques-unes d‘icelles, juf-ques à en: avoir de particulières , ôc dïftin£tes pour chacune faifon de Tannée , fuivant l'avis du lplendide ôc délicieux Romain, qui vouloit que la condition de l'homme ne fût infe*
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- Françoise. ij
- Heure en cette partie à celle du reflc des animaux , leiquels cherchent, ôc fe forment fuivant la diverfité des laL fons, diverlcs demeures.
- Les autres inferieurs en qualité, jufques aux Bourgeois , choifironc parmy tout ce dénombrement les pie^ ces dont ils verront avoir befoin , ôc qu’ils pourront commodément faire bâtir, pour en drelTer, ou faire dreC* 1er par un Ingénieur ôc adroit Architecte un corps de bâtiment , fuL vant les réglés a ôc lÿmetries qui en feront déclarées cy-aprés : Car de dé^ terminer à un chacun ce qui luy appartient , outre que l’entreprifé iroit à rinfini, elle ne ïe pourroit exécuter poflible à l'égard de quelques-uns fans les offenfer.
- Les Marchands ôc Artifans, outre
- le Bâtiment eft confidcrable il ne fuffit pas d’en faire un deflèin en gros , il faut en faire des modelés allez, grands non feulement de toute la malle , mais même de çhacmxdes principaux tnçinbres, & de leurs ornement eu particulier.
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- 16 L'Architec ture
- quelques-unes des pièces precedentes , ont befoin de boutiques , arierer boutiques, magasins, &. autres membres , pour retirer leurs marchandi-{es: Mais dautant auc chacun deux
- —i
- fçait les formes , melures, & proportions que doit avoir chacune de ces parties, fuivant leur befoin, qualitez, 6c facilitez * ce feroit perdre le temps, 6c du papier d’y employer du discours.
- Ce qui eft neceflaire pour le logement du fermier, 6c payfan eft aftez particülarifé , §c exactement décrit audilcours des baffes-cours, defquel-les je ne dois faire que peu ou point de dïlcours, pour avoir efté ce lujet aflêz expliqué par plufieurs qui ont écrit de la maifon , 6c chofe ruftiquey 6c particulièrement par le fiçur de Serres en fon Theatre de T Agriculture.
- Les principales pièces d’un batinaent
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- Françoise. i y
- font murailles & clôtures , entrées & portes a jours & feneftrages y che-mine'es, voûtes / planchers & couvertures ; de toutes lefquelles je traiteray* non leulement avec les membres qu'elles compoient y mais aulfi par discours particulier à chacune d’icelles.
- De U fojttion du batiment, fécondé partie du Devis.
- Chapitre VJ.
- *• * 1 • » <
- LA pofition cft un plan du logis en general, & en particulier de chacune de fes pièces A luivant l’afpeâ: de certaines régions du Ciel , ôc un avancement de chacune piece avec Celle qui luy eft commode.
- Vitruve veut cjue le bâtiment loit plante, & oriente de telle forte, que lis quatre encognures foient direâe-snçnt ppofees aux quatre vents cardi-
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- t9 L'A RC HITECTURE naux, afin que ces quatre vents qui font les plus impétueux de tous , ne uiffent fraper qu obliquement, & de iais les fronts & faces du bâtiment, & que leur effort portant contre les; angles feulement, foit par ce moyen rompu, divifé & difïipé.
- Si le logis cft percé de part & d'au-» tre , l'Arc hite&e ne le doit foucier, quant à ce qui regarde la commodité de l'alpeét du Ciel, vers quelles parties du monde il tournera fon bâtiment , mais le doit feulement accommoder à l'alTiete du lieu : Car fi l’un des alpcéfo efi mauvais, l'autre qui luy eft oppofé fera bon & falubre. Que s'il arrive quelque extraordinaire intempérie de lair de l'un des cotez, ou quelque autre incommodité , on s'en peut aifément garantir, fermant les feneftres de ce côte, & prenant Iç jour de l’autre pour cette fois.
- Quand le bâtiment ne peut avoir
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- Françoise.
- vcuë que dun endroit, ce qui arrive toujours aux corps de logis & paviU Ions doubles ^ & fouvent en toutes formes de bâtiment aux villes , quand ils ne font ifolez. Si on a divers loge-mens , félon la diverfité des failons* ceux pour l'Eté regarderont l'Orient* ou le Septentrion > mais principalement le Seotentrion aux régions in-
- x o ,
- temperées en chaleur : ceux de l’Hyvet feront difpofcz au contraire.
- Les chambres qui font tournées à l'Occident, les rendent en Eté trop chaudes la nuit, fi bien quon n'y peut dormir que malaifément , de avec beaucoup d’inquietude & d’incommodité pour la fanté. Celles au contraire qui ont l'afpe£t de l’Orient, ont cette commodité fEté, quelles n ont de la chaleur que le matin , laquelle n eft pas grande , ny incommode cri ce temps *, & de la fraîcheur tout le reftedu jour, de toute la nuit, laquelle
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- 26 L’Architecture
- lie peut eftre qu agréable & lalubre en
- ces
- Si on na qu’un feul àpartemeiit* bu fi en ayant plufieurs , ils n’ont tous qu’un même afpeét, on le choifirà aux régions chaudes , quand on le peut, du coftê de l’Orient d’Etê , ou du Septentrion > parce que les froidures n’êtant pas grandes en tels cli* mats l’Hyver, leur intempérie le peut àifément corriger par art, étant plus facile d'échaufer, que de rafraîchir.
- Aux pays froids l’a{pe£t du Midy eft fain, commode de agréable, dau-tant que fa chaleur tiede en telles contrées rend les cotps pluspuifTansj les perfonnes plus vigoureufes^Je de* hors du logis plus riant, de le dedans plus éclairé.
- Il faut aulfi remarquer, que lé Maiftre du logis étant dage, le porte mieux en une maifon fituée au Midy; de s’il eft jeune, en celle qui eft per-
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- If à a n ç ô i s e.
- cee du cofté du Nord: Car les vieillards le portent toujours mieux en un air chaud, que froid, & les jeunes en une conftitution contraire. S’il eft d’âge médiocre, a (on logis regardera l’Orient d’Hyver, parce que cette partie a peu de Soleil l’Ete, 6c beaucoup THyver.
- Le principal corps du logis doit eftre toujours directement ôppofé à l'entrée principale , l’avoir en face* 6c la veuë pardevant fur une belle court, 6c par le derrière lur quelques parterres, jardinages > Vergers , 6c bofquets : Ce que feront aufti les autres corps de logis, quand il le peut, fors aux champs ccluy qui eft deftiné pour le logement des officiers, ou ler-
- a Ce qu’ildit, qu’un logis qui regarde l’Orient d’Hyve? apeu.de Soleil l’Elté & beaucoup l’Hvver.fe doit entendre qu’il jouit en routes les faifons de la plus belle partie du. jour qui cil depuis le lever du Soleil jufques vers les deux Iieures apres midy » fans fe réfl’entir en Êfté' de la chaleur la plus incommode,qui eft celle depuis le midy jufqu’à foa coucher*
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- $ï VA RCHITECTURË viteurs : Car il doit avoir fa veüë fur la baffe-court,, tant pour prendre con-noiffance de la conduite d'icelle, que pour la pouvoir défendre en temps de neccffitci
- On a accoutume en France delaif* fcr la face de rentrée en terraffe, pour donner un afpeét plus agréable & plus découvert, & rendre la court plus aerée & égayée du SoleiL Telle fitua-tion de terraffe eft bonne aux champs feulement, quand le bâtiment eft rc^ Veftu de foffez : a Mais elle ne doit eftre pratiquée dans les villes, de peur de rendre l’accès du logis trop facile aux voleurs de nuit , 6c le principal logis trop fujet aux bruits de la rue, ôc à la veue d*un mauvais voifin»
- Cette exception eft bonne pour lesmaifons qui font dans des rues ordinaires , & qui ont d’autres logemens au devant: maisfi elles font fur une place , fur un quay , ou vie à vis une rue , l’on peut laifler la face de l’entroe eu tcrralle , ainfi qu’il le voit en divers lieux à Paris*
- De
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- De U pojîtion des membres du baftsment.
- C JH À P X T R Ë Vit
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- LE s anciens Romains, deiquels nous tenons tout ce que nous a -vons de çlus augufte aux baftimens* aVôient a rentrée de leur logis des places, qu ils àppelloient vefhbulcs > pour retirer à couvert ceux qui êtoieüt contraints d'attendre à leurs portes» Les Italiens ont encore aujourd’huÿ quelque thofe de lemblable, qu'ils âp-peilent loges, qu'ils placent non feu* lement fur le devant du logismais aulîi fur la partie pofterieurè, mefmé fur les deux autres coftez, ce qui don* 11e beaucoup de grâce uii logis , ôc fert de pairage & commodité -, foit pour s*y promener > ou y manger l’Efté , en celles principalement qui ont leurs regards fur les jardinages*
- C
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- 54 L’A îrchitectu^ë Cette difpofition de logement ne {é peut pratiquer commodément aux corps de logis fimples , pour neftré bien propre qu à ceux qui font doubles : C eft pourquoy les Italiens * qui ne baftiffent gueres que des loge^ mens doubles, ont fort en ulage ccs loges ou petites galeries.
- La chapelle fera tournée à l’Orient > fi on le peut facilement, neftant be-foin de s^ftraindte à cette lorte de
- pofitioh. Elle fera alfez commodément fituée > fi elle eft proche la porte premièrement du logis ou bien quelque autre entrée principale , pourveu que le Maiftrç y puilfe aller à couvert , fans palier par d*autres appar-temens que le fiai.
- Elle, fervira particulièrement eii cét endroit , pour fe refouvenir dé faire les prières tant à fentrée qu’au fortir du logis. Quoy que ce ibit, en quelque partie qu on la loge, Ibit en l’é-
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- . Ê * A N Ç 6 I S E.
- èàgc inferieur^ ou fuperieùr* il ne Faut pas que les femmes logent iiy au déplus , ny au deffous. L’autre cofté de la porte pourra fervir pour le logement du portier, où pour y faire un corps de garde is il en eft befoin. Si eii cci deux endroits on ne defighe ny chapelle , ny porte , ou corps de garde $ bn y pourra fitiier une volliere, a par ce qu’elle fera pofêe directement à là veuedti principal corps de logis.
- Les falles doivent eflre proches des entrées > St montées principales de là chambre., St dû cabinet principal; Il en faut deux au moins en la maifon
- d’uii grand Seigneur ». Fuite poury recevoir les perforineS dé cjualitê,» Si FaUtre pour y retirer leur ferviteurs* St encore une trbifiémt pour les plus grands, qui foit grande > Sc ample,
- Nous n’avons güeres d’exemple que l’ori mette des vol-Iieres dans la cour .auprès de la porte , & je crois qù’~ elles feroient peu feures & de peu de piaifir en cét endroit , à cauie dii bruit de le cour & des infultes des laquais*
- Cij
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- *6 L’À R C H I TEC T U'R t poui* y faire feftins , bals, & balets^ grandes aflemblées» Traittant des membres- qui doivent accompagner lafalle , f ay allez donné à entendre en quel lieu doit eftre (situé le principal cabinet , fans qu’il foit beloin d'en parler davantage : -Je diray feulement en partant , quil doit avoir fon afpeéfc fur les jardinages au Septentrion ,ou à l’Orient, quand on le peut facilement : par ce que cette piece n’appartient qu a un Grand, il luy fera facile de corriger par art l’incommodité qu’il y pourrait reifentir pendant les rigueurs du froid»
- O
- Toute chambre doit eftre accompagnée dune garde robe au moins, Ôc avoir fes veues à l’Orient, s’il eft poflible, pour les raifons qui en ont été déduites cy-devant*
- Les antifalles, anticabinets, arrie-recabinets > antichambres, & arrière-garderobes , ne font convenables
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- F R A N Ç O ï S E,' 37
- qu*aux plus grands Seigneurs. Leur affrété s'entend aflfèz par la fignifîca-tion de leurs noms, fans en faire da-
- :v . f
- y an t âge de difconrs. Les entrefoies, foup.cntes ne fe pratiquent qu'aux étagés fort exhauffez, & aux petits lieux;
- Or il faut noter que le cabinet , ôt chambre principale d'un Seigneur , doivent toujours avoir auprès quelque èchapée fècrete , foie par une montée , ou entrée en d’autres cham-s bres, dcfquelles il puiflfe fbrtir quef-quefois fans eflre apperccudç ceux qui attendent > comme aufïîlagarderobe^ pour la décharge & tranfport de qui Iuy eft neceffaire. :
- Il fc'mblc que les François d ont
- **>Ce qqe ,cet Auteur appelle ic y galerie, eftee queles an-, ciens ndinmoient finacqfheçam, c’eft x djre un lieu d’une grande longueur; qui tervoit à fe promener a couvert, & quijéçoit rêmpiy de Tableau?, dp peintures. Les plus grandes que j’ayviies font celles du Louvre , & celle des tr.\vau? d’Uly.fle dansda, cour du Cheval blanc à Fontainebleau., C-’elt la feuleefpecede ces partiesudu bâtiment,» que les Italiens appellent Loggie, dont on fe fert en Fr an», cp, quoy.que l.es autres , dont cet auteur; à parlêcy.devant , y puillènt être dequelque^fage > dcparuaulicremcnç*
- c
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- L'A RCHITEC
- TURE
- çflé les premiers autheurs deslgaleriesl Car il y a de l’apparence de croire que Cette pjeçç ait ainfi elle appellec de leur nom * néant moins les autres na~ çious sVn fervent aujourd*huy. Elle re-? gardera fi ion peut l'Orient d’Hyver , $c aura a rentrée une montée ou pafi fâge pour ne la rendre fu jette x Ôc à l’autre bout un cabinet.
- V .1 *
- Les Librairies* j& armureries, ôc généralement tçus lieux deftinez à la çonfervacion de quelques meubles * doivent prendre leurs jours , Ôc quver-çures du cafte. du Septentrion,, d'autant que la température de l’air de çette région ne peut corrompre , ny altérer aucune cfiqfe * au contraire , l’afpe<3: du lylidy * pour eftre tan-toi! avec Soleil, tant oit fans Soleil , tan toft çhau.d , tantoft froid, quel-
- celles, qu’ilsfont au dehors.de leurs édifices du. coté des ç.ourts, qui outre la, beauté de l’alpeéfc lont. encore d’une grande commodité , par te dégagement quelles apportent & toutes les pièces d’un même étage qui font ordinai-, riment for t embarailées la ns celai
- • ’ * » '• • 4 v A S
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- Françoise. $9
- quefois avec pluye , 8c d’autre fois fans pluye > pourrit > 8c corrompt tout.
- Les caves aüfïi , celliers x 8c maga-fins à bois, greniers, fenils , garde-mangers,, boulangeries , & places à retirer earrofTes, litières, 8c chariots > doivent > pour lés mefmes raifons , a-voirle mefrne afpeCt.T outefois Galien qui entendoit f Architectureapporte une diftinCtion quant à la fituation des caves > car il veut que celles où Ton: retirera les petits vins foint chaudes >; 8c à cet effet, fituees auprès de quelque lieu chaud , 8c percées directement au Midy , 8c non aucunement au Septentrion. Gonftantinus ordonne prcfque lé fëmblàble * quand il dit qu’aux pays froids les caves doivent eftre chaudes > 8c froides aux régions de conftitution contraire : car les. pays frojds ne produifent janiais de grands vins.. Ges préceptes, à mon.
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- 40 L’A $ C 0 I T Ë C T U t E. avis, pour la façon des vins cfaujouiP d’huy ( car elle eft beaucoup différent te de celle des anciens ) ne peuvent fervir que pour aider , 8c avancer la maturité des vin,s verds % auquel eftat quand ils font parvenus, ils doivent dire gardezen lieux frais. C’çft pour-, quoy la {ituation dçs caves en lieux: foûterrains eft fort propre, prinçL paiement aux vins qui ne font pas de longue duréex d autant quittant çhau-. des f Hyver xa ils en font plutoft mûrs, & lors, f Efté fur venant ils îç conlèrvent; plus ailémentpar le moyen de la fraî-> cheur qu’ont les caves en cettç faifon» Il faut anftï prendre garde pour la fir tuation commode de la cave , quelle foit éloignée des voûtes 8c conduits
- a Cét auteür parle comjne l,e vulgaire t’entend, lorfqu’it, dit que les caves font chaudes en Hyver & froides en Efté > qui neantmoiris font quafi toujours en rqfeme eftat ,1a différence de ces qualité* n’eftant qu’apparente & par la com-paraifon feulement de celles qui fereflèntent dans l’air de dehors , qui fe.changeant félon les faifons fait- paroiftre ce*, ftiy des caves chaud, lorfqu’ileft plusfioid eh Hyver» ou. ffoj<j en Efté iorfqu’il eft plu s chaud» *
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- Françoise.’ 41
- 4cscloaques&privez: , à caufe que la puanteur corrompt, le vin. Ce qui arrive auffi quand le fond d’icelles eft à niveau de l'eau des foflèz ,& autres re-fervoirs., & quand on répand fouvent du vin dans lçfdites caves,fans les la-», yer & nettoyer,
- I^a cuifine doit eftre a la partie de fOcçidçnt, fi faire fe peut commode-* ment , ou du Midy, accompagnée d’un gardçmangcr, a [d’une fommelle-. rie/d’une falle du commun, d*un puits, ou d’un tuyau de fontaine, pu dç tous les deux. On la baftit avec les pièces qui l’accompagnent dans terre, quand cm n*apas»la commodité de la placer avec fespièces, & appartenances hors de terre. Mais il ne la faut jamais lo^ ger dans terre , s’il ed poiïible, quand les égouts ne fe peuvent décharger
- <*.Le. gatdemangçr feroit mieux s’il étoit expofe au Sep-, tentrion par la raifon que l’auteur a rapportée cy-dcvant qu’aux exportions du midy & du couchant, les tempera-; çurçs inégales de l’air corroxnpent tout*
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- 4.2, L'Architecture ment dans un puits perdu ou fofïe couverte :: dautant que telles fofles exhalent toujours dans les offices une puanteur fàcheufe & infupp omble.. Elle ne doit jamais aufli eftre logée fous le principal corps de logis, principalement ibus la place dans laquelle On mange d'ordinaire, tant acaufe du bruit, que de fà mauvaife odeur r qui monte jufquçs aux étages fuperieurs > n’y ayant rien de fi defagrcable que bodeur dé la cuifin.e & des viandes a l’i-flue du repas.
- La buanderie aura le mefmc àfpeéfc que la cuïfine.
- Le fiege, & ouverture a des privez
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- 4 ta foffe des privez eft ordinairement placée fous l’Efca-lier, & la chaufle eft conduite dans l’épaiflcur du mur au coin du même tfcalier depuis le fond jufqu’au fiege qui-ëft, comme il dit , au galëtasj l’importance éft dé faire la chafl'e en forte qu’elle ne fe puifle point-ouvrir en aucun endroit , fi l’on ne veut point. eftre incommodé de la inauvaife odeur. Or? les fait à Paris de poterie de terre qui doit êtrp bien cuite & plombée , fié fès pièces pofées Pune dans l’aùtfë>&c6lécs avec de bon maftic &ciment.pàns les grandes maifons il faut des lieux bas fie éloignez de tout le refte des logemens pour, les pnv.ez des Borne ftiques»
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- Françoise. 4$
- fera au galetas ,dautant que s’il elloit plus bas , la puanteur fç pourroit plus aifement répandre parle corps de logis : Ce qui ne peut fi-toit arriver , quand ils lont fîtuez aux lieux les plus hauts ,1e propre de l’odeur eliant de gagner toujours le haut. Ils ne laif. feront pourtant d'avoir un foupirail, pu ventoufe qui paflerâ autre la cou* verture, Il faut‘auffi que leurs c-hauf* fes, & voûtes fqient , comme fay dit* éloignées des puits, des caves, & pria* çip aux manoirs.
- Les puits feront battis dans les cui-1 fines, & les jardins, quand il ny Z point de fontaines.
- O11 loge les fontaines dans les jardins, vergers, &c bolquets.Parce que les grottes doivent eltre hors l'afpe<3: du Soleil, elles regarderont, h la commodité du lieu le permet, la partie Septentrionale , & feront dans les jardins, & vergers > ou proches d> ceux,
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- 44 L*A K C Hï T E C TURE dans un fofle à découvert, ains feule-Lapofition& fituation durcfte fe trouvera dans les Autheurs qui ont écrit de l'agriculture.
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- De la forme > .ou. figure du b affament. Chapitre VIII.
- LA foçruç de baftir a toujours efte divcrfe jfeloli la diverfite des fiecles: Car nous apprenons par Vf-truve , qne les anciens baftiflbient d’autre forte qu’on ne fait pas aujour-. d’Iiuy. Qn a toujours bafty aufli, & baftit-on encore à prçlènt d’autre façon en une Province quen une autre ; ainfi que nous le pouvons reconnoî-tte dans-le. mefine Vitruye , où il fè voit quelçs Romains avoient une antre manière de baftir que les Grecs,
- La façon encore des haftimens es villes a elle & l’eft encore à prefent differente de cçfte des charnps > com-
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- F R À ç O î S È. 4j>
- tnt nous le pouvons remarquer, pouf1 cè qui eft de la façon antique, dans les anciens Autheurs : Car nous y appre-nôns que les Romains bartifloient leur Atrium es villes à l’entrée du logis, & aux champs fur le derrière. Aujour-d’huy les maifons a nobles aux champs font la plufpart baftiments forts, principalement à coups de main, &revertus de foflez, ce qui ne fe pratiqué point es villes.
- On peutbaftir eh toutes fortes dé formes & figures, mais les principales , les plus frequentes > & les plus commodes font celles qui font en corps de logis {impies , ou doubles , delquelles deux j e traitteray feulement
- a II y âvoit encore de fon têps quelque ufage de ce qu’il dit, que les maifons nobles de ia campagne croient pouf la piuss part Bâtimens forts Cequis’êtoit principalementintroduic pendant les guerres Civiles : Mais comme dans nos derniers troubles, ceux qui croient dans le party contraire au lervice du Roy , fè font fervisde quelque uns de ces Châteaux pour inquiéter les Provinces voinnes , il v en a eu beaucoup de taré . Et le Roy même que les Ordonnance deflfeudent aux particuliers d« fortifier ieur maifons*.
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- 46 L’À RCHITECTURE
- au difcours prclent, tant ,pour les raifons fufditesi que parce que eeluy qiii fçaura bien pratiquer ces deux-cy , entendra facilement par les mêmes réglés la conduite de toutes les autres;
- , Les corps de logis finiples lont plus ordinaires en France ,, qu’en autre lieu; Cette forme le pratique ordinaire-frient eh baftiffant fur les quatre cotez d’une court, fur l’un defquels oh dreffe le corps de logis principal, op -poié à la face de Pentrée, ellant pref-que toujours plus large j & fpacieux qu’aucun autre* principalement aux villes ? Sur les deux autres coftcz joignant le precedent*on dreffe deux autres corps d’holîel appeliez bras * ab* lesou potences 3 en 1 unfc defqùelleS on conlîruit fou vent une galerie > Tautre sJemploye en divers loge-mens.
- Les bras au ailes ne doivent avoir
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- F k A N ç Ô I S È. aux villes tant de largeur que le corps de logis principal, quand ils ne peuvent prendre , & tirer leurs jours que d un codé * Car un jour d'un (cul
- codé ne pourrait luffifamment éclairer une largeur pareille à celle dit corps de logis p'rincipiàflés ayant tant d'une part que d'autre. O11 ned pas obligé à cette contrainte aux champs: dautant qu’on peut éclairer percer des* deux codez les ailes > audi
- bien que le principal corps de lo-
- Sls* ...
- Le quatrième codé ed celuy de l'entrée > qui doit edre oppofé directement à là face du principal corps plus gayes > èc plus libres, & tous le logis. On le bàdit ordinairement eil de terraffe^à un feu! étage aux champs* pour rendre les veues de tout le logis plus riant. Ce qui fe doit pratiquer aux villes., pour les raifons qui en ont cdé déduites cy-dcvant : tou-
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- 4$ L’Archit ec t ukfe tefois ce cofté de devant aux villes ne doit eftre tant exhaufifé, quoy qu -il foit bafty en corps de logis , qué les autres 3 afin de rendre la court plus gaye. Cette forme de baftiment cil auflï toujours accompagnée de quatre pavillons en lortie> Ôc dcfen-{es dreflez aux quatre coins.
- Le corps de logis doublé iVeft dé fi grande montre que le precedent * mais il ell plus commode * pour avoir les demeures de FEfté plus fraîches * ôc celles de l’Hy ver plus chaudes, plus de pièces de plàin pied * ôc plus proches en un feul étage * occuper moins de place, ôc eftre de moindre dépenfe. Joint quil peut ôc doit eftre élevé plus haut que Fautre , ôc par ce moyen avoir fes veuësde plus longue étendue.
- Il eft vray qu‘il eft contraint d'avoir fes étages plus exhaulîez que l'autre > pour savoir les jours que
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- Françoise. 49
- d'un cofte, excepte les logemens qui font fur les angles : Mais ayant les étages plus élevez > tout le logis & toutes fes pièces en font plus nobles.
- Des mefures du bâtiment en general f tant m corps de logis Jimph p que double.
- Chapitre ï X.
- LE corps de logis principal du batiment en cloiftre eft toujours de beaucoup plus long que large > 8c ce plus oumoins> fui vaut les facultez & volonté du Seigneur.
- Oh place Tefcalier principal pref* que toujours au milieu, à ou bien on fait la porte principale au milieu, pour aller trouver Tefcalier à côfté;
- a Cela fc pratiquent autrefois de Celte maniéré*: IVlaiS comme on en a reconnu les incommoditez > qui font telles » qu'il empefehe la communication de plain pied de la cour au jardin > qu’il fcpare le logement en deux , dont les pièces n’ont plus,de communication l’une avec l’autre, & qu’il en occupe inutilement le plus bel endroit> l’on a trouvé plus à propos de la placer dans Une des ailes , au l'on peut luy
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- JO L'AftcrttTËCTtlfcË
- Mais il n’eft pas fi bien en cette dif* pofition qu en la première , dautant quon eil contraint de fermer une partie des croifèes qui l'éclairent, ou bien les afleoir en un niveau diferent des autres > ce qui feroit fort difortnc pour n’avoir d’autre part a d’autres croifées qui y répondent en pareil niveau* Davantage les degrez de fes rempans b ne peuvent pas eftre fi doux que ceux du milieu , a caufe
- donner autant d’étendüë que Pon veut pour la rampe, éc où Il laiflc le logement tout entier libre & dégagé , dans lequel on peut faire pluficurs pièces l’une âpres l’autre de plaiii pied, & fanscftre entrecoupées.
- a Les croifées qui ne font pas de même niveau qüe les autres dans le même étage, font toujours un méchant effet à la vue , quoy qu’elles enayent qui lcür répondent à diftan-ces égales du milieu oïl de la principale entrée : Nous en avons utt exemple choquant à la façade du gros Pavillon du Louvre qui regarde la Cour des cuifincs* Je dois dire au même fujet-que c’eft une chofe fort def-agreable que de voir par le dehors des rampes defcalier qui paflcnt au travers des croix efes& qui les coupent en leur tout ou en leur partie* b Go'rftine leslogisfimp.es n’dnt pas allez dé profondeur pour y faire la longueur d’un efcalier à deux rampes avec fés paliers : il conieille de faire un avant-corps qui ait plus dfe f aillie fur la face de derrière qui regarde le jardin que fer celle dé devant vers la cour, afin de pratiquer plus de longueur aux rampestCe qui ne le pouvant faire qu’au milieu 4u bâtiment > il a raifon de dire que l’efcaher-à deux rampes
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- ÎF à A N £ O I S Ë. jf
- qu’on 11e luy peut point donner de faillie en dehors , comme on peut faire quand il eftfitifo au milieu : Au-quel endroit tant s en faut quil foit diforme > ayant de la faillie, qu'au contraire il donne beaucoup plus de grâce au corps de logis, & rend la tnontée plus aifëe.
- Mais en ce cas il faut qu il forteda*
- qui n’eft pas dans le milieu, & qui a fonefchiffe fer la pro* fondeur du bâtiment, ne peut pas avoir autant de longUeuê que celuy qui eft fait dans l’avant-corpsi
- face du Jardin»
- Face' vers la Cour*
- Ce que l’on peut conrioître en cette Figtife, ou la pârtiè inàrquée A , qui eft dans le milieu du bâtiment fiiiiple a bien plus d’étendue pour placer l’échiffe d’un efcalicr mt la lougüeur a b, à caille des avances a & b -, qui font pf ifes fiir la Cour & fur le jardin , que n’en a la partie B , ou C} dotiç la largeur e d, eft fans avances»
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- jl L’Architecture vantage du cofté du dehors que de celuy qui eft au dedans de la cour , & qu’il foit plus haut que le corps de logis, faiîânt un corps & pavillon à part.
- La hauteur & élévation de ce principal corps de logis eft moindre d’ordinaire en la campagne qu’aux Villes, tant parce que l’édifice des champs ne doit pas eftre de beaucoup élevé, de peur de rimpetuofité des vents, qu’en ce qu’on y peut prendre en terre tant de place que l’on veut : Au contraire aux Villes on cxhaufTe les batimehs davantage , tant à caufe qu’on eft plus à couvert contre l’effort des vents, que pour prendre des placesen l’air, ne les pouvant avoir en terre. Toutefois fi on veut avoir égard à la dignité &r. majefté du bâtiment, il en a davantage, en quelque lieu que ce foit, quand il eft davantage élevé. Cela toutefois doit eftre
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- François^.- $$ d proportionné à la grandeur ou pc-titefle de la cour, élevant ou abaiflant le bâtiment félon qu elle cft longue ou courte.
- Les étages non feulement du principal corps de logis> mais de tous autres, 11e doivent eftre égaux : car l’inferieur doit eftre b toujours plus ex-baufle que le fuperieur , principalement aux Villes, non feulement pour aporter plus de grâce à fafpeéî des façades, mais aufli plus de clarté, ôc de jour aux étages bas. Le dernier étage
- « Il a grande raifon de dire que les hauteurs des' bâtimens doivent être proportionnées à la grandeur des'courts: On en. peut dire autant de ceux , qui font autour des • places pu-, bliques quand elles font régulières , dont l’afpeéfc ne peut
- Î>oins être agréable fi l’on n’a le foin de proportionner la lauteur à la latgeur des autres : Pourveu neanmoins que cela foit pratiqué avec jugement, car les mêmes proportions de hauteur ne convienucnt pas également à toutes fortes de largeurs: les hauteursdes édifices ayant certaines boi> nes dont il ne faut pas facilement s’éloigner.
- h Cela eft bon lorfque le principal apàrtemcnt eft dans Pé« tage inferieur: mais s’il eft dans lefccond, comme il fe trouve dant la plus grande partie des beaux bâtimens, il
- faut luy donner plus d’exhauflèment qu’à celuy de delîous
- Car en un mot c’eft le logement principal qui doit avoir-plus de hauteur en quelque- lieu qu’il foit polé.
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- 54 L'Architecture $ura bonne grâce, s’il n’eft que d'une hauteur Attique : Car ce faifant, on rendra les galetas fort beaux ; & qupy qu’ils ne foient du tout quarrez, ils feront toutefois autant exhauflez pour le moins que Tetage inferieur..
- Les etages fe diftinguent ordinaire-ment au dehors par plintes, 4 bandes^ ou architravesjfriles & corniches, ou bien font fans aucune diftindion, a-vançant & faifant faillir de l^paiifeur de quelques pouces les murs des croi-fees, & donnant de la retraite autant aux trumeaux 3 comme par forme d un ariere-corps.
- La première façon a beaucoup d’incpmmoditez : £ar il eft prelquc im-
- a L’ufagç des Maçons de Paris eft de faire des plintes au, droit des planchers de chaque étage, & d’autres au droit des appuis des feneftres Mais ces deux cours de plintes , qui interrompent la hauteur des étages , rendent les façades trop mefquines Il n'y en a qu’un feul cours aux maiions. des particuliers à Rome, lequel fait l’apuy des feneftres.-Ce qui rend les divliions des premiers étages delà façade plus grandes & plus exhauifées Et cela a elté déjà pratiqué heu*?. |eufemçtk| en quelques bâtimçus de Paris».
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- François!. poflîble que les croifées, fi leur hau-teur monte haut, 6c aproche leur plancher, ne coupent, 6c ne rompent pour le moins la continuité de far-chitrave i ce qui eft fort vicieux , 6c diforme : ou bien il faut que le deffus de la corniche s’élève julques à la hau-teur de fapuy des croifées fuperieu-res : ce qui aporte double inconvénient ; le premier, en ce quon ne peut voir en regardant en bas, jufques au pied du mur, fans fe contraindre 6c peiner par trop > 6c l’autre, que la pluye tombant au deflus de la corniche , elle tombe, 6c coule en tejalif-fant contre le verre, dans les chambres 6c logemens > aufquels deux in-conveniens la façade qui eft fans diftinftion d’étages n’cft aucunement fujete.
- Quand les façades font diftinguées par étages, fi au Ueu de lucarnes on pofe au deffus de rcntablement une
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- 56 I/ArÇ H ITEÇ T U R E foaluftf acte , elle aporte a tout le logis une grande beaute d'alpet, & commodité de veue aux bâtimens des Grands , & quand la couverture eft baflè : Car fi elle eft elevee, ainfi qu'elle eft toujours en France, a il faut toujours des lucarnes, les baluftrades n e-tant propres que quand les cou ver-* tures font plattes & baffes, comme en Italie, auquel païs, & autres, où le couvert eft fort lurbaiffé, les lucar^ nés feroient inutiles : mais en France, Sc autres lieux où les couvertures font beaucoup elevees , les lucarnes font neceffaires : C’eft pourquoy il ne le faut arrefter à la façon Italienne que 110s Architectes aujourd'hui veulent luivre aux bâtimens des Grands, fans
- * L’on n’avoit pas encore alors l'ufâgcdes toits recoupez à la Manfarde , qui noug donnent à peu prés les comoditez des toits plats d’Italie i De fortç que l’on peut finir le bâti?, ment par le haut en mettant, comme il dit , une baluftrade fur l’entablement & fans lucarnes : & l’on, en voit de très**, beaux exemples dans quelques-uns des bâtimeps que l’on $ faits depuis peu à VerfaiHesj , . *
- * N
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- Françoise. 57
- confidercr que chaque Provin ce a fa façon particulière de baftir pour des confiderations qui ne peuvent eftre generales & avoir lieu par tout.
- Quoy que l'autre façon de bâtir , fans diftindion d’etages, ne puiffe fi commodément recevoir cette balu-ftrade, elle ne laifle pour cela d’avoir beaucoup de grâce *> mais elle n'eft propre que lors que la couverture efl elevée comme en France : Car les fu-perieures & dernières feneftres font couronnées d’un architrave , frife* corniche, &frontifpice > comme auflî les trumeaux, ayans , fi Ton veut y aporter de l'ornement, a de grands & hauts pilaftres regnans depuis le bas jufques en haut, qui les fuportent,
- a Il y a beaucoup de bâtimens tres-confidcrables où l’on voit des pilaftres qui régnent depuis le pied jufques fous le plus haut de l’entablement : Quoy qu’il n’y ait riende plus def-agrcable> ny de plus contraire à la bonne Architeéture , lo£s qu’ils font entrecoupez, par les corniches ou par les pliâtes qui marquent les étages , lcfquels ne parodient que con> pae des entre.foles : Mais cette matière elltraittéc ailleurs-*
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- ^Architecture
- Les deux bras font plus beaux quand ils font auflï haut élevez que le principal corps de logis, contenant autant d etages, & de même hauteur que le principal corps,
- Leur longueur eftlimitée parcelle de la cour i mais leur largeur n’a accoutume, meme aux champs, d*eflre telle que celle du grand corps , quoy quon les puilfe à la campagne tenir auflï larges que le principal corps, pour pouvoir prendre leurs veues de part & d’autre auffi-bien que le principal corps.
- Si ces deux bras peuvent eftre e-gaux en largeur , la fymerrie en eft plus parfaite: Mais fi on eftGontraint de faire Tun plus étroit que l’autre, ce qui arrive louvent , quand on en employé l’un en galerie , il faut au moins les rendre égaux aux champs entre les deux pavillons de l'entrée : Çe qu’on obtiendra > fi on avance au-
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- F R A N Ç O I S J9
- tant celuy qui eft moindre que le plus large s y avance, n arrivant autre changement pour cette. difpofition, finon que les flancs du pavillon du moindre feront plus larges que ceux des autres de l’autre part: Mais fi cette fituation a eft bien conduite, elle n'a-t
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- ....................'-------:--------L,
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- A * B
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- rfCe qu’il dit, qu’il fait faire aux champs quand les ailes
- d’une mai ton font de largeurs inégales^ paroit dans cette IÎ3
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- 60 L’Architecture
- portera ny diformite, ny incommo*
- Le logis qui efl: fitue le long du mur de l’entrée a accoutumé d'eftre couvert en terraflfe a aux champs, & non plus haut que le premier étage * pour les raifcns cy-devant dites ; Sa largeur doit dite proportionnée à fa longueur ; luy donnant plus de largeur,
- gure on les deux Pavillons A& B , qui terminent les ailes inégales AC, BD, font de même largeur : la différence n’ct qu’en la faillie en dehors du Pavillon A qui peut être plus grande fur un des cotez que fur l’autre , & dont la difformité fe peut corriger en donnant la même avance au Pavillon C du corps cie logis qui luy répond ; car comme toutes les faces ne peuvent point être veües. tout à la fois , il fuffit qu’elles foicnt chacune enfymetrie , quoy qu’elles ne le l'oient pas avec toutes les autres* L'on peut pratiquer là même choie dans les villes, ou bien faire comme dans la fécondé figure , où les deux ailes de largeur inégale a b » C e , fe trouvant faire façade fur une ruli, l’on peut prendre la partie c d de la plus grande égale à la moindre ab,^c faille fur l’une & fur l’autre un même ornement d’Architecture & de fymetric : laifiant le furplus en arriérer corps ou fe-paré d’un ornement différent du refie. Nous avons de très beaux exemples de cette pratique à Paris , & particuliement aux maifons bâties par feu Monfieur Manzard» a Nous n’avons point d’exemple que les terraflês reUfTiflént bien en France, àcaufedçs pluyes & des neges qui y font bien plus grandes & plus longues qu’en Italie : & qnafi toutes celles qui ont elle faites cy-devant fe font ruinées , quelque foin que l’on y ait pû aporter. L’on doit neanmoins mieux efperer de celle de l’Obfervatoire que le Roy a fait bâtir au Fauxbourg S. Jacques, dans laquelle on a pratiqué çout çc que Vitruvc enfçigne de la rudération.
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- FRANÇOISE; 6r
- quand elle a plus de longueur, en (or-te toutefois quelle ne (bit jamais moins large de leize pieds. Cette ter-rafle fera Fermée tant du cofté de dehors , que de celuy de dedans, de ba-luftres ôe apuis : La porte doit eftre au milieu, & celle quieft au dehors plus ornée & enrichie qu’aucune autre.
- Les façades au contraire des logis par le dedans de la cour doivent eftre plus ornées que celles qui leur font opofées par le dehors , &: toujours plus enrichies aux parties hautes qu’aux baflès : car cette dilpofition donne beaucoup plus de grâce aux ornemens, ce qui foit dit en paflant.
- On ne lefert guère de pavillons en faillie fur les coins, qu aux bâtimens des champs , dautant quon ne les peut fi commodément pratiquer aux Vilies. Leur forme fera telle que celle de tout le logis, étant quarrée, s’il ell tel ; Ôc oblongue, s'il eft de cette for-
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- tt L’ÀrchîtectuI è me. Leurs faillies , ou flancs ferdnfc pour le plus de la quatrième partie de chaque front & étendue qui fe trouvera entre deux pavillons , & de la cinquième pour le iftoins; Ils feront toujours plus élevez que les corps de logis, ayant les autres étages de même hauteur, niveaux > & alligneincns * que ceux des corps de logis>
- Le premier étage defdits corps dë logis fera élevé pardeflhs le raiz de chauffée de la cour pour le moins dé dix-huit pouces > s'il n'y a point d’offices dans terre, &: de trois pieds au jmoins, s’il y en à;
- La hauteur du premier étage du. principal corps de logis fera belle > quand elle pourra avoir les trois quarts de fa largeur : Celle des autres corps de logis fera afïùjettie à celles cy, afin d’aller de plain pied enitiêmeS étages*
- Les autres étages fîiperieûrs preit*
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- Françoise: ty
- dront leurs meliires & proportions de leurs hauteurs > de celuy qui leur fera immédiatement inferieur, fuivant qu'il a efté dit cy-deflus.
- On doit placer les chambres, ou cabinets principaux, dans les pavih Ions, afin d avoir leurs veuës plus li* bres & plus belles.
- La cour doit ellre en creux plus longue que large d’une quatrième partie pour le plus, Ôc d'une fixième' pour le moins* tant afin que la face du principal corps de logis en puiife mieux paroiftre, que pour rendre la cour comme quartée à la veue, à cau-^ fe que ce qui le voit de creux le moiv tre toujours plus court , que ce qui eft auxeoftez & fur la largeur.
- Quand la cour fera ainfi oblongiie* le logis aura plus de majefté, s’il y a le long du principal corps de logis une terraffe large autant que la cour excedc en longueur 9 laquelle fera èle-
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- 64 L'A R C H I T E C TUK Ë vec pardeflus faire de ladite cour> dè quelques dix-huit pouces pour le moins, ou de trois pieds pour Je plus; ce qui donnera, comme jay dit, plus de grâce & de beauté à tout le logis,, principalement fi ladite tetfrafTe eft ferme^ d un apuy.
- Le pavillon ou corps de logis double doit eftre toujours plus élevé que celuy qui eft en cloîtrestant pour pouvoir mieux refiftcr à cat^ie de la forme mafliVe à l'effort des vents y que celuy qui eft {impie ; que parce qu’il doit en moins de place contenir plus dclo-gemens y & avoir fes étages plus hauts> pour porter plus de lumière au dedans; ce qui a déjà cfté touche cy-devant.
- Les pavillons de défenle fur les coins ne le, pratiquent gueees en cette forme de bâtiment ; toutefois fi on en defire; on les conftruira avec les mêmes proportions qui ont efté dites cy-deffiis, q)es
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- F R A N ç O î s Ê.
- Des me Jure s des pièces dit bâtiment, & premièrement de l'entrée, & de U chapelle*
- Chapitre X>
- on ne laifle foiis Feutrée de 1 â ijplace pour y loger un corps de garde en un beloin, tant d’une part que d’autre, il faudra laiffer trois ou quatre pieds pour le moins de chaque codé par delà les jambages de la porte, afin de pouvoir commodément fe retirer à cofté quand les ca-rofiès ou chariots paflèront»
- La chapelle eft neceffairc, princi-paiement aux champs : car aux Villes, il n’apartient qu’aux Princes, ou aux plus grands Seigneurs d’en avoir. Sa grandeur doit eftre toujours proportionnée à celle du train du Seigneur s Mais elle fera toujours plus belle* quand on la tiendra plus longue que
- E
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- 66 L’A rchitêcture large : Suivant le befoin on divifera la largeur en deux ou trois parties, pour en donner trois des deux, ou cinq des trois à la longueur ; ou bien on formera un quarré ayant fes cotez de même grandeur que la largeur d’icelle, donc la Diagonale lervirapout* la longueur ; ou bien on la tiendra deux fois autant longue que large. Sa hauteur fera telle que celle de l’éta-ge dans lequel elle fera placée j neanmoins fi le lieu permet de luy donner une plus grande hauteur , elle qi fera plus belle. L’Autel fera au milieu de l’un des bouts, la porte au milieu de l’autre, de la largeur de trois pieds jufaues à cinq, & double en hauteur : Que fi on eft contraint de la fi tuer à coflé, il en faudra faire une autre en feinte qui luy réponde. L’Autel aura un marchepied un peu élevé, afin que le Preftre puiflc mieux cflre veu en célébrant ; Les jours &
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- Françoise. 67
- feneftres feront en correfpondance par le dedans, comme en toute autre place publique j fi faire le peut commodément.
- Quand on ne peut obtenir cette correlpondanceintérieure, on fè peut aider de quelque feinte auffi-bien par le dedans comme il fe fait parle dehors. Or il faut tellement fituer ces feneftres j qu’il y en ait toujours une ou deux diamétralement fituees qui 6-clairent l’Autel par les bouts, & non pas fur la face d’iceluy, dautant que cet endroit eft plus commode pour un tableau que pour une feneltre. On en peut bien toutefois mettre deux fur la face de l’Autel, commençant aux deux extremitez de l’Autel, eh forte qu’il n'y en ait aucune fur toute la longueur d’iceluy> dautant que cét endroit doit eftre (comme il a efte dit) refervé pour la place d’un tableau.
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- 68 L’ArCH î TEC TUEE
- Des Caves.
- Chapitre XL
- LE s caves doivent eftre étroites & baffes, n’ayant les plus gran* des en largeur que quinze ou feize pieds pour le plus , les autres dix ou douze pour aporter une plus grande facilité & force aux voûtes. Leur longueur fera fuivant le befoin que Ton en pourra avoir, félon la qualité du logis. Leur hauteur ne fera pour les plus grandes que de neuf pieds fous clefs , & pour les autres de fept Elles feront voûtées en anfe de pan-nier, tant pour y pouvoir mettre plus de tonneaux, en les gerbant en un befoin les uns fur les autres, que pour aller plus commodément par derrière iceux. Il ne fera mal à propos de conhruire dans Tépaiffeur des murs d’kclles , aux endroits qui ne feront
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- Françoise. ûj
- cmpefehez par les tonneaux , des armoires y dont le fond fera plus bas d’un pied de demy y a ou de deux que l’aire de la cave : leur hauteur fera pardeflus icelle aire de quelques quatre pieds y leur largeur de trois. L’ou-yerture de porte de la cave feront du cofté du Septentrion, fi faire fe peut, de aura en largeur quelques quatre pieds. Il n’y aura que des fempiraux* au lieu de feneftres, de encore en petite quantité : Leur largeur fera de trois pieds pour le plus, de leur hauteur par le dehors d’environ autant, laquelle aufli-bien que la partie de m-. bas defeendra au dedans en taluz, ne laiflaht d’ouverture par la fente du jour qu’environ huit pouces, laqueL le pour empêcher l’entrée des rayons du Soleil, de de la Lune dans la cave, fera prife fi bas , de les taluz conduits
- H le croy qu’il y a faute au texte & qu'au lieu de dire que
- le fond des atmoires doit être plus bas que l’aire de la caae,
- il faut tnettre qu’il doit être plus haut*»
- *’ • • •
- E nj
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- 70 L* A R 'C HITECTtlRE de telle iorte, que la ligne de lçur pente & inclination fe trouve plus droite de fix degrez a que celle de Téleva-tion du Soleil au Midv du plus grand jour de Tannée: Cela fe pourra aife-ment exécuter , quand onfçauralele-vation du Pôle de la contrée,& ce que ce fl: que telle élévation de Pôle, ou de Soleil, ce queTArchiteéte ne doit ignorer.
- a C'eft à dire qü’à Paris, ces ouvertures ne doivent point pancher d’un anode plus grand de dix-hüit ou dix-neuf d e-greZ de i’aplomfe vers le Midy.
- Car fi dans ccttc figure , qui reprefente l’analemine, ou la fi-tuation de la Sphere ccmrae elle eft à Paris , nous prenons le Cercle Bedo p“ïsir le méridien , la ligne B d pour l’horizon » E o pour le vertical, F g pour l’axe du Monde , H i pour l’Equateur, K l pour le Tropique de Cancer , &c« Il paroift ' que le Soleil faifant
- fon cours entre les Tropiques, ne s’aproche jamais plus prés de noftre Zenit, qui cft au point E, que de la longueur de P&rç du Méridien KE ; Et partant; qu’il n’cclairçra jamais
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- Françoise.
- 7t
- De la Cuifîne ) Gardemanger, Salle du commun, & Fournil.
- Chapitre XII.
- LA cuifinc fera plus grande & {pa* cieufe, tant en fon tout qu en fes parties , à proportion de la grandeur de tout le logis : Sa hauteur fera là plus grande quon la pourra avoir : Sa cheminée fera proportionnée à la grandeur de l’Omce. Japrouve beaucoup , pouf la commodité dune grande maifon, celle que décrit Phh-
- dans un foûpirail, dont l’inclination, au refpeft du vertical A E , fera moindre' que l’angle ÈÀK , ou qui répondra à un point plus prés du Zenit, que le point K du Tropique» Or l’angle E AH, qui efl le mel'me que celuy de l’élévation du Pôle FAD» eftant de prés de 49* degrez:Et l’angle HAK* qui cft celuy de la plus grande declinailon du Soleil, étant
- de 13» - deg,(i pon ofte le plus petit du plus grand,il reliera
- peu plus de zj* dégrez pour l’angle KAE d’où ôtant les lix degrez demandez par l’Auteur , il paroît que les ouvertures des foûpiraüx ne doivent point panchcr vers Le Midydc plus de 18. ou 19. deg. de l’aplomb > c’eft à dire de. la ligne verticale*
- ~ • • • •
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- ni L* A k Ç h i r è c T ù R e
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- Jibert de Lorme, pour les raifons qui! en donne , pourveu que le tuyau de la cheminée quil met au milieu delà cuifine ne nuife point aux demeures fuperieures. On pourra toutefois foû-lager cette incommodité , û on peut dreflçr un mur de refend par en haut le long dlceluy tuyau , faifant en forte qu’il ne fe rencontre au milieu de quelque membre fuperieur: Elle fera la plus éclairée quon pourra.
- La porte de l’entrée d’icelle fera de trois pieds de large pour le moins.
- Le potager 1er a de la hauteur de deux pieds pour h plus, afin qu’on puifle plus commodément voir dans les pots, & pour la même raifon à l’endroit d une feneftre, & joignant icelle.
- La faite du çommun ferajoignant la euifine, toujours plus longue que large, & fpacieufe , luivant la grandeur de toute la majfon ; Elle doit
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- Françoise. y?
- cftrc la plus claire qu’on pourra v & ~ons de ménage , aux lieux
- aux mai
- où le bois eft cher, fi elle eft dans terre , elle fera fans cheminée, dautant quêtant fituée de la forte , elle eft fraîche l’Eté, 6c fuffiiamment chaude l’Hyver : Sa hauteur ftiivra celle de l'étage dans lequel elle fera logée : Il n’importe pas beaucoup pour le refte de fes proportions , cét office étant retiré de la veue des furvenans, & de-ftiné feulement pour la commodité des ferviteurs.
- Le fournil fera proche de la b ou-lange rie ,fuivant qu’il a cftè dit, d’une capacité ( comme auffi la boulangerie ) proportionnée à la dépenfe de la mailbn, ayant pour le moins deux fours, l’un pour la cuite du pain, 6c l’autre pour celle de lapatiflerie : Le refte de fes mefures ne requiert guere d’autre defeription, non plus que les çeliers, 6c magafins, étant de celle mçfüre qu’on les peut, avoir.
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- L ^Architecture
- ii i «ni - — - -- ----
- Des Montées 0 Tarages.
- Chapitre XIII.
- LE s montées font ou avec clca-liers entiers , ou efcaliers viz, bu bien avec viz (impies. Les efcaliers entiers apartiennent aux grandes mai-fons > les efcaliers viz aux moyennes > & les viz feules aux petits bâti-mens , ôc aux montées particulières. Ces efcaliers font (impies > ou doubles, ôc doubles ou avec un rampant au milieu des deux autres, ce rampant du milieu étant le plus large, ou bien confiite de quatre rampans d'égales largeurs, ôc ce ou tous d'un même front, ou bien en ayant deux d'un collé, ôc deux de l'autre, & un beau ôc ample pallier entre les deux: Ils doivent toujours avoir un repos au milieu de la montée d'un étage , foit qu'elle aille tout droit , foit quelle re-j
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- Françoise. yy
- tourne, & Toit brifee : Le pallier & repos doivent eftre pour le moins aulfi larges qu’une marche eft longue , & aulli longs que larges, ou avoir leür longueur égalé à toute la largeur de l’efcalier, laquelle forme eft la plus belle & la plus noble : Le mur d’échiffe ne doit avoir plus d’un pied,ou quatorze pouces depaifleur , s’il ne foûtient point de voûtes.
- Le plus fouvent il eft (Impie, mais aufli quelquefois il eft triple, & quadruple, fuivant que les rampàns font tels. Il eft toujours plus beau, &rend l’efcalier plus clair faire à jour.
- L’efcalier viz eft toujours avec retour,' ayant ou un quartier de viz èn la moitié de fon retour, l’autre moitié en repos , ou une demie viz occupant tout ce retour : Il vaut mieux 11e faire aucun repos au retour, pour avoir les marches plus fpacieufes & aifées. Le mur du milieu a les mêmes mefurcs,
- , quand on le peut
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- 7^ L'Architecture étant quelquefois feul, ou double, 6c fe pratique de même que ce'luy de l’ef-caîier entier.
- Laviz doit avoir fon noyau, quand on le peut, de la moitié ou du tiers de l’efpace & diamètre d’icelle, pour rendre les marches plus ailées. Quand il a cette groffeur, il le faut faire ramper. La p lace des eicaliers,&: viz efl: cap abie de toutes fortes de figures , rondes, ovales, triangulaires,quartées,& polygones.
- Quand on ne peut prendre du joura
- aîle double.
- Cour <\
- Corps de logis double.
- a Nous avons à Paris l’exemple d’un elcalier bâtydans le foin d'un bâtiment double , & qui n’a point d'autre jour
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- Françoise.1 77
- fuffifamment, ou point du tout par les deux bouts & cxtremitez, on le peut tirer du haut par le milieu, tant des efcaliers que de la viz, mais il faut que cette place du milieu foit compaflee tellement en fa grandeur, que le jour qui ne vient que d’enhaut puiffe éclairer & donner jufques dans les ram* pans d’embas, ôc premières marches fuffifamment. Sa mefure ordinaire efh de la largeur d’un rampant occupant le tiers de la place.
- Les repos & palliersne porteront jamais fur aucune charpenterie , mais fur voûtes, de crainte qu’un accident de feu furvenant, on ne pût échapcr 6c defeendreparles efcaliers,leurs repos & pailiers étant brûlez ou en feu.
- Les marches doivent eftre d’une feule piece, fi ellès ne font foûtenues
- que de la porte & des feneftresqui font audeflus, lefquellca font percées dans un pan de 7. à 8. pieds feulement de lârg;e pofé dans l'encoenûre du mur du corps de logis & de celuy de l’aile : Et ce degré qui occupe la place la plus fomorc de tout le logement, eft portant tres-dair & tres-agrcable.
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- yS L’A RCHITECTURE
- «Tune voûte, & de longueur proportionnée à la grandeur du logis 5 en forte toutefois que celles de Tefcalier 11’aycnt jamais moins de quatre pieds. Leur largeur , a giron ou pas, doit eftre d’un pied pour le moins, &leur hauteur d’un demy pour le plus : Quand on ne leur peut donner tant de largeur qu'on defireroit^on les a-vance d’un demy ou quart de rond fur le bord, d’un bon pouce pour le
- * Ces mefures font bonnes, quoy que Les anciens ne les ayent point pratiquées , au contraire nous avons veu des ruines'd’efcaliers dans les bâtimens antiques, dont les marches font étroites & hautes hors de mefure.
- Voicy une réglé, pour la proportion du giron des marches des efcaliers à leur hauteur , que j’ay inventée fur ce fondement, que la longueur du pas aifé d’un homme qui marche de niveau étant de deux pieds, & la hauteur de ce-lu y qui monte à une efchcllc dreflée à plomb , étant d’un pied : il paroift que chaque partie en hauteur étant prife pour deux de celles qui font d.e niveau, l’une & l’autre en-femble doivent faire deux pieds ou x4* pouces. Et pour cet effet fi la marche a un pouce de haut, elle en aura aide large , ( qui avec les deux pouces qui valent autant que le pouce en hauteur font 20 • les deux pieds de niveau:) 2. pouces de hacteur font pouces degiron:^. pouces de haut, .18, pouces de giron : 4. de haut, 16. de giron : j. de haut, 14. de giron . de haut, n. de giron : 7. de haut, 10« de giron ; 8. de haut, 8. de giron : Et au® des autres.
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- Françoise, 79
- moins d’épaifléur, ce qui leur aporte encore de rembelliffement, ou bien on ne tient pas entièrement à niveau le pas, a failànt un angle un peu obtus , au lieu de le tenir quarré & droite (Quelquefois 011 le peut fervir de ces deux avantages cnfemblément ; mais cela ne le doit pratiquer qu’en grandes contraintes. La longueur de la marche de la viz eft ordinairement moindre que celle de i’efcalier, parce qu’elle ne fe pratique guere qu’aux petits lieux,ou aux montées qui ne font principales : Sa largeur fe doit prendre à la moitié du diamètre de la place en mettant l’un des pieds du compas au centre du noyau, & étendant l’autre
- *11 veut dire en le faifant un peu pancher fur le devant » ce qui eft vicieux & ne fe doit mettre en ufage que lors que l’on y eft extrêmement contraint: comme au contraire il y a Un eLcalier à viz au palais de [Monte-Cavallo,] où les mar-r chas font tres-larges , fort balles, & quipanchent infenfible-ment en arriéré ;c’eftàdire qu’en montant ,1a pointe du pied eft un peu plus baflè que le talon : ce quiparoit contre les réglés : & a efté neamoins fait avec beaucoup de jugement , cette pante aidant tellement à marcher, qu’il ne fem-ble pas que l'on monte*
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- go L’A R C H 1 t E Cf Ü'R E julques au milieu de cette moitié ,âu^ quel endroit la marche doit être de huit pouces de largeur pour le moins. Sa hauteur fera pour le plus de fept \ Son pallier doit avoir l’angle qui elt fur le noyau, quarré * ou être de toute la moitié de la place.
- Les portes qui vont aux chambres doivent être au milieu du pallier , foit en felcalier ou en la viz Celle de rentrée principale doit être au milieu de l’efcalier ou bien au milieu de l’un des rampans, quand on a la commodité de choifir telles afliettes. Si l’éf-calier n’a veuë que d’un collé ^ la croi-fée ( quand il n’y en a qu’une ) doit ê-tre directement à lalped: du milieu de l’efcalier : que fi on peut prendre ou-^ verture de part & d’autre , on peut alfeoir l’une des croifées à l’afpeCÎ du milieu de l’un des rampans > & l’autre à l’afpcCt femblablement du milieu de l’autre.
- En
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- ÎF À N ç b ï s Éi 8t
- Ën îstviz, ccs préceptes ne font pal beaucoup neceflaires, fi le noyau n’a pas beaucoup dé corps 6c de grofleun Quand le noyau > ou les murs qui re~ prefentent le noyaü * font rampans* ou à jour > on peut prendre un joür par le haut de là côuvertùré , en la
- forté qu’il à cfté dit cy-devant, fi on en a befoin * tâchant, en quelque for-* te de montée que ce fôit, de là rendre la plus dairé que l’on pourra a ;
- h Comme les éfcaliers font une des principales partieâ du Bâtiment, & qui donne le plus de peine à l’Archite&e t il faudfoit dire en cet endroit plùficurs chofes fur le choix de leurs places > fur leurs grandeurs , leüt figure > leur* ornemens, leurs jours , leurs rampes , leurs paliers , leurs apuisqüè l’on fait à preCefit (ans réflâut} & (Ur mille autre* cnofes , dont je ne parleray pourtant point icy , pour ne pas grollir exceftîvement ce volume, renvoyant le Leéleur à ce aue j’ay dit dans la cinquième partie de mon Cours d’Architecture, où j\iv traité cette matière à foask
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- $2 L’A R CUITE C TU* B
- Des Antifalles , & Salles♦
- Chapitre XIV.
- LËs antifalles lie different eii leur forme des falles , fmon de grandeur, pour eftre plus petites ordinairement que les falles,
- Il y a deux fortes défaites, les unes qui ne font propres qu’aux logis des Princes, ou d es grands Seigneurs,defti-nées feulement à faire nopces, grands feftins, bal, bàlets, & autres grandes aifemblêes. Les autres conviennent aux perfonnes inferieures en qualité, & font propres à recevoir les furve-nans, & y manger avec fesamis* Les premières doivent eftre fort amples, fpacieules, & placées en letagc inferieur , & non au fuperieur, n Tinfe-rieur neftvoûté, àcaufo de la grande charge qu'elles doivent luporter. Les
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- F i a k ç ô i s i» 8|
- Italiens les tiennent plus belles quand telles font rondes du qüarrées^ pour eftre plufc capables dbcette forte, que fi elles étoient oblôngues > au contraire des François > qui iiemployent gueres que la forme obloiigue, pour n avoir des poutres à d’aüez longue 6c rorte portée^ li elles etoient d’une grande forme qtiarrée s fi bieii quils preiinent fur la Ibhgùeùr felpace qu’ik ne pburrbieht reveftir, 6c couvrir duii plancherai étoitd’un quar-ré parfait. Or les Italiens b font hovè de ces ihconVeiliens ; dautant qu’ils éleVfent la hauteur de tel genre de fat
- ‘a L’on poutr.oit fe pafl'er facilement de Poutres de fi grande longueur, fi l’onvouloit lefçrvir [de la manière de bâtir à peu de fraiz , de Philibert de L’orme , ] laquelle peut être TOife en œuvre fur toutes fortes de largeurs ,. fans y employer d’autre bois que de trois pieds de long; Cette pratiqué domieroit à P Edifice toute làgracç & toute la folidltéqùë l’on fçauroit defirer i & je mis étonné que Pon la laifle da,ns un fi grand oubli;
- è II entend parler des faites Italiennes qui font .eintirêes.J dent Pillage eft devenu fort commun en ïranfee, où l’on cintre non leulément les fales, falons , galeries & Veftibules i mais les chambres mefmes & les cabinets avec des arcs furi* baillez, qui ne gaftent fieu aux logemens de dfcflus. '
- Fij
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- $4 L*A ft C H T TEC T UH 1 les jufques fous la couverture, n’étant par ce moyen obligez à les fermer, 6c couvrir par le haut d'un plancher.
- Ces grandes lalles donc à la Fran-çoife, aux logis des Princes, ont ordi-* nairement deux fois 6c demie leur largeur en longueur , ou po.ur le dire plus clairement , elles font deux fois 6c demie plus longues qu'elles ne font larges, 6c ont du collé de la cheminée la cinquième partie, ou environ de leur longueur, plus «levée que le relie , de la hauteur dune marche, pour donner plus de roajellê àcét endroit, étant deftiné pour la place que le Prince occupe.
- Les jours y doivent ellre en lyme-trie aufli-bien par le dedans que par le dehors, quand cela fo peut pratiquer commodément, 6c la place de la table éclairée for les deux bouts par deux croilées, qui loient directement opofées i’une.à l'autre.
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- Françoise.
- Les autres falles n’ont belbin d*une fi grande capacité, tellement quelles peuvent eftre larges depuis trente pieds pour le plus,jufques à dix-huit pour le moins, &r toujours déformé oblongue. Quand leur largeur clt de dix-huit à vingt pieds, on a accoutume de la partager en cinq parties égales , dont la longueur en contiens dra deux davantage, qui feront fept. Si elle eft de vingt à ving^-deux pieds* elle le diyifera en trois parties, dont la longueur en aura une davantage, ou bien on drelfera la largeur en quatre parfait, dont la diagonale iervira pour la mefure de la longueur. Quand, la largeur s’étend depuis vingt-deux pieds, jufqucs à trente> la falledoit eftre deux rois plus longue que large, gardant la proportion de la largeur à la longueur plus grande , de tant plus que la largeur le fera. Il faut toutefois remarquer, quil çft necefl^irç>
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- M VA R C H I T E G T 11 R E
- de tenir les falles longuesencore que leur largeur foit de grande éten* due j quand elles ne font deftinées à ro* ce voir de grandes & frequentes affem-blées de peuples > & quori ne leur donne une grande longueur* quand la Jargeur eft étroite * de peur qu*en çette petite largeur elles ne reffem-blent plûtoft une galerie qu'une lalle, plies doivent avoir le plus de clarté qu'on pourra , & leurs jours aufli-bien çn fymetric par le dedans que
- Î>ar le dehors* principalement fi cela e pçuf faire fans beaucoup de contrainte, ainfi qu ij a cité dit dç la faite à faire bai
- |1 faut les difpqfcr auflï en forte, qu'il y en ait toujours deux diamétralement opolecsl'une à l’autre j fpeçia-Icment quand la largeur de la falle eft grande , où les planchers ne font fuf-ifatnment exhaulfez, pour éclairer |ç long de la table» Elles doivent \cét
- > s
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- Françoise. 87
- effet cftre éloignées du mur de refend fur lequel la cheminée eft fituée de cinq à fept pieds, fi le contre' cœur de la cheminée n’a point de faillie hors ce mur de refend; Car s’il en a, il faut d'autant augmenter la diftan-ce de ces croifeés, comme s'il avoir faillie d’un pied ; au lieu qu’il ne faloit que cinq ou fept pieds de dittance, quand il etoit fans faillie, il en faudra lors fix ou huit : Surquoy on fera averty en paflant, que les mefures & fituations de croifees pour éclairer fur la table, ne fe doivent feulement obferver en une falle , mais aulfi en tous lieux principaux où l’on drcilc une cheminée.
- Les autres croifées a & feneftresde
- a Je ne fçaypas comme cet Auteur a pû entendre que les fèneftr es des lalles de des chambres , confervant leur fynv-ipetrre par dehors & par dedans, il y en ait toûjpurs deux diamétralement oppolées l’une ^l’autre , qui font celles qui éclairent la table par les deux bouts » 8c que toutes les autres ne fe doioent regarder diamétralement, mais avoir > eomrne U dit> tpûjqurs U muraille de l’autre eofté en facc^
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- $$ l/A.ftCHITE ÇTUR E la fallc , ne fe doivent regarder dia^ metralcment, mais avoir toujours la muraille de l’autre coite en face:Car pârcç moyen les jours ne s évanouît fent au dehors > outre que la fallc demeurera beaucoup mieux eclairee*
- La porte fera au milieu de fan des bouts , qui çft opofé à celuy qui reçoit la çheminee Ou bien fl on eft contraint {ce qui arrive prefque tou-, jours ) dçla placer à colle', il ne fera mal à propos de luy en repr-efenter une autre enfcinte ,qui luy réponde > pour ne corrompre point la fyme^* trie. Sa largeur, fera depuis trois pieds pour le moins, jufqucs à & pour le plus, fùivant la petitclfe ou grandeur delà falle, & fa hauteur toujours dou^ ble à fa largeur. .
- La çheminee doit cftre pofee au, milieu de l’autre bout, large de cinq àfept pieds: Le rcitc de les mefures
- fera declarç au tfafeç fçpar4 des çjfe
- IPinee5t
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- Fr AîS( Ç O I S B; $$
- Quelquefois on ne peut afleoir* la cheminée fur le bout de la falle , tellement qu on eft contraint de la pofer fur lune des longueurs, Qujnd cela arrive > a il faut qu’il y ait deux cheminées , chacune diftante de quel* ques huit à neuf pieds pour le plusdç chaque bout, 6c que l’un d’iceux rc^ garde au dehors du logis , afin d’y5 pouvoir prendre une croifêe , pour éclairer le long de la table, avec telle diftanec Ôc proportion quil a efté dit cy-deffus. L’autre cheminée n’y eftne-eetfairc aux places médiocres, que pour garder la correlpondance : de forte quil fiiffit quelle fqit* en feinte, fans eftre percée, 6c avoir un tuyau* qui monte jufques en haut, 6c par le dèifiis de la couverture. Quand les
- 4 Nous n’avons plus d’exemples dans les bâtimens mon dernes de deux cheminées dans une fale pour grande qu elle foit : Et cela feroit m fine àprefent un très- méchant effet i puifquç deux.cheminées marqueroient deux.appartenons » pont on en auroit fait un » en qftant lç-mur qui le fcparoit^
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- 90 I/ArchiteCture cheminées fontfituées de cette forte, on doit entrer par le milieu de la longueur de la falle, cm mettre une autre porte à l'autre extrémité du mur en feinte feulement, pour ne corrompre la çprrefpondance.
- J) es Antichambres & Anticabinets, Chambres, Garderies Ariere-garderobes.
- Chapitre XV,
- LEs antichambres & anticabinets doivent eflre a.ufli larges pour le moins , que les chambres & cabinets: 4 mais de quelque peu plus longs :
- * Si l’on prend la largeur du bâtiment (impie pour celle de l’antichambre ;• Il cft vray de dire que fa largeur doit être égale à celle de la chambre, puifque l’une & l’autre occupe toute celle du bâtiment : mais en ce cas il cft faux de dire que la longueur de l’antichambre doiveêtre plus grande que celle de la chambre , parce que les antichambres (croient par ce moyen plus grandes que les chambres? Ce qui eft. contre l'ufage ;ain(i je crois qu’il a voulu mçttre [' ma^s dp quelque peu moins longs^]
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- Françoise. $ï
- Les cheminées doivent eftre pofees au milieu de Tun des murs , & les portes & ouvertures en correipondaiiçe aufli-bien par dedans que par dehors, L entree doit eftre toujours par le bout oppofeé $ la chemïnee.
- 4 Les chambres a en France fç font pour la plupart en forme quarree, doivent avoir de large dix-huit pieds pour le moins > & trente pour le plus > h ce ne font celles des Princes qui peuvent eftre p (us grandes. Celles qui ont leur largeur depuis dixhuit pieds jufques à viiagt, doivent eftre plus longues de deux' pieds fur le cofte qui porte la chemimee, pourla commodité de la place du lid : De^ puis vingtjulques à vingt-quatre* elle§ iïaurç>nt befoin d’avoir qu’un pied
- a II eft bon dans les belles chambres de - liltinguer la plaçft 1 du lit par une alcovc > une ellrade > ou ;'noins un tapis de pied, & alors elles font d’une belle proportion quand le relie eltquarré : c’ell a dire les chambres doivent être plus ' longues que larges de toute la longueur dtu ht > afin que tç qui çll en dehors de ta-place du lit loit qui.rrc«
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- 92, L’Architeçtuke. davantage en longueur : Si elles fur-paflènt vingt-quatre pieds en grandeur j elles doivent eftçe toutes quatv réçs,
- La cheminée ne peut eftre eom* modément placée comme aux fallcs, & cabinets au milieu de fonmur \ mais doit çftre retirée du cpilé du jour de quelques deux ou trois pieds , tant pour avoir plus grande clarté fur la table, que pour laiffçr plus de place pour {e liéh La largeur de la cheminée entre Içs pieds, droits, fera lui-vant la proportion de la chambre, pour le moïfrs de, quatre pieds & demy, & pour le plus de fix. S a hauteur depuis l’aire delà chambrejuf-ques fous le manteau ou plattebande, fera depuis quatre pieds demy, a jufques à cinq. Le refte fera déduit au diîcours particulier des cheminées.
- £ L’on ne donne àprefent que quatre pieds de large aux cheminées ordinaires, & trois pieds & demy de hauteujr fous, Iç manteau «
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- F R A K ç O î S &
- Aux champs, ou en un air découvert & fpacieux,une feule croife'ç peut fuffire à une chambre large depuis dix-huit jufques à vingt pieds ; finon, il fera befoin d’en avoir deux î Si elle pafTe la largeur de vingt > jufques à vingt^deux , elle en doit avoir deux en quelque lieu que ce foit : depuis la grandeur de vingt-deux jufques à celle de trente > deux peuvent fuffire aux lieux découverts > mais aux autres, il en faut trois* Celle qui doit éclairer le long de la table doit eftre fituêc de même qu’il a cfté dit traitant de celle de la falie, finon qu'on en peut avoir deux pour le jour de la table, à caufe de la place du li<£t*
- Quand il y a trois feneffites en une chambre, il faut faire en forte qu’il n*y en ait jamais deux, non plus qu'en tous autres lieux qui fc regardent directement , fors celles qui fontdefti-nées pour la clarté de la table, pour
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- 94 L’Ait CHI T E e T URE les raifohs cy-dévant déduites > fi bii jrfy eft extréroehient contrainte
- Qjrand la chaftibre, bu quelque autre membre que ce {bit,eft fur un coin* il faut toûjours que les deux coftez qui forment ce coin fbieilt percez: Caries veuës prifes de cette façon font les plus agréables , outre que le lieu en eft beaucoup plus clam
- Oi1 avoit accoûtumé ancienne-inent de tourner la tefte & chevet du lid contre le mur qui porte la che-iniiiéej & encore tdûjours du cofté droit > parce qu on jugeoit cette fitua-tiori plus favorable à lafanté* AujoUr-d’hüy oh le diipdfe d’autre façon ôi plus comtnodément, en tournant lé chevet contre le mur quieft oppofé à la croifée qui regarde le long de la table* laiflant une ruelle du cofté de la chethinée dé la largeur de quatre ou dé fix pieds: car daütant que toutes perfonnes ne fe peuvent pas commo-
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- £ A N £ O I S È.
- démcitt fituer fur le cofté droit ; même ceux qui s y pourroient fituer en un temps y ne le pourroient pas quelque-* fois en un autre* difpofant le li& delà façon que je viens de dire, il eft commode à telle fituatioil que Ion Veut pour recevoir entretenir fes amis étant vifité dans le liét, du cofté qu'on le pourra plus commodément : joint qu’on eft plus éloigné de la cheminée, l'air de laquelle eft toujours dangereux la nuit. Cette place de lid, dot cofté où eft tourné le traVerfîn, doit avoir onze pieds pour le moins en largeur > tant pour la place de la ruelle, celle du Iiâ, que celle dc la chaife.
- Il faut à [autre cofté a diagonale* ment oppolé garder une place pour la couchette, s'il eft befoin d’en avoir
- 4 L’on peutbiendans une alcoVe ou iurune eftradc plaççf deux petits lies l’un prés de l’autre au lieu d’un grand ; mais de mettre une couchette dans un des coins, cela ne fe pratique plus » û te n’eft dans la chambre des malades ou des nourrices.
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- 96 L*A R CHITECTÜRË une dans là chambre , & laifleif trois pieds pour le moins pour la lar-> geur de fa place, & cinq &.demy.au moins pour la longueur d'icelle.
- Il ne faut point que la porte dé l'entree de la chambre regarde dirè&e* ment fur la longueur du li&, ny qu aucune feneftre en foit beaucoup pro^ che , à caulè de 1 mcommodité des vents coulis; Cet té porte aura de large deux pieds & dèmy pour lé moins> & trois pour le plus, regardant , fi faire fe peut > la cheminée en face : Il faut aulh lé donner bien garde a d’aflujettir tellement une chambre à une autre, qu’ôn ne puifle entrer dans l'une fi on ne palTe par l'autre.
- La garderobe iVaura moins de dix pieds en tous fens> & n excédera eii
- a II a raifon pour les Chambres à coucher qui doivent être toujours entièrement dégagées: Et c’eft pour cette raifon qiie les Italiens, dont les lugemens ne font pour la plûpart comme ils difent,[ qu’una grart fuga di ftanze* ] c’eft à dire une grande fuitte de pièces toutes engagées l’une dans l’autre , n’ont point de chambre à coucher qui paroiflç»
- capâcité
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- P R A K Ç O I s t! 97
- capacité les trois quarts de la chambre .‘Quand elle eft fpacieufe , on y drefle une cheminée : Si elle eft étroite en ün étage beaucoup élevé > & pro * che une montée, on y peut faire une entrefoie, fi on a befoin de place; même fi elle eft longue, on peut pratiquer une petite montée au.dedans d'icelle*
- L’ariere-garderobe n’eft neccffai-
- O 1
- re que pour y retirer une chaife percée , de (orte que fa capacité fera allez; grande quand elle ne fera que de quatre pieds , fi ce n’eft en celle des Princes, où il eft befoin de plus grande place. Le refte de fes mefures eft de peu d’importance.
- G
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- 98 V A R C H I T ECfURE
- Des Qabinets , &* Arme-cabinets. Chapitre XVI.
- IL y a deux fortes de cabinets, les uns grands 8c amples, qui appartiennent qu a un Grand , pour y traiter d’afaires 8c conférences particulières : les autres font le plus fou-vent moindres * qui accompagnent une chambre , & fervent à y retirer ehofes rares 8c prccieules , comme aufli d’autres commoditez. Lafitua-tion des premiers a cfté expofee cy-defîus. Leur grandeur fera proportionnée à celle du logis, n’ayant be-foin d’autres réglés , finon qu’ils doivent avoir une cheminée , rentrée oppofée à la cheminée , 8c eftre fymetriez par le dedans, fi on le peut.
- Les aricre-cabinets doivent eftre
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- , ERaNÇOÎSË* j)-)
- moindres que les cabinets, le relie de leurs mefures tfcft de beaucoup d'im-
- portance*
- Les cabinets qui accommodent
- Une chambre doivent aufli eflre plus petits que la chambre 3 n'ayant point d’autres melures preferites > car on les prend ordinairementtels que la place fe prefente*
- Des Galeries, zAr murer tes, & Librairies*
- Chapitre XVII.
- LE s mefures de la grandeur & largeur de ccs membres fe tireront de celles qui ont cfte déclarées en traitant dé la terraffe : Car leurs proportions doivent eftre fembla-pies : toutefois tant plus les galeries font longues, tant plus font-elles trouvées belles en France.
- Gij
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- ÏÜO L’ArCUÎ T ÊCfURE
- La hauteur de ces lieux dépend ordinairement. de celle de l’étage dans lequel ils font fituez: Toutefois fi la galerie eft voûtée* 8c éft d’une grande largeur 8c longueur, on Iuy doit donner la hauteur de deux étages* comme aux 1 ailes Royales* Quand il n’y a point d’étage fuperieur* on donne à ces places le plus de hauteur que l’on peut* les élevant en berceau* 8c voff te à plein ceintre : Car ce failant* outre qu’elles en feront plus belles* elles n’en feront fi lufoeptiblcs des intempéries de l’air * dautant qu’étant baffes, & leurs couvertures êchaufées ou refroidies par les neiges* on en refient l’incommodité plus grande : Elles auront aulïi toutes leurs ouvertures en correlpondance par le dedans.
- L’armurerie ne doit cftre ouverte que d un collé, pour y retirer les armes plus commodément. La galerie 8c la Librairie le peuvent eilrc de tous
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- Fr ançoïse.' ioi
- les deux ; mais il faut> corîime il a efté dit cy-dcflus, que leurs jours ne le regardent dirc&ement.
- La porte de la galerie fera au milieu de l’un des bouts * &unc cheminée au milieu de l'autre bout. Que fi la porte ne peut eftre logée à cét en-* droit, il luy en faut feindre une autre qui luy réponde. La librairie a auffi be-foin d'une cheminée, fituée de même que celle de la galerie.
- Le cabinet de la galerie fera au bout d’icelle , du collé de la cheminée fymecriê par le dedans s'il eft pof-fible.
- Il eft belbinencore, qu'il y ait une alTcz belle montée joignant la gale-* rie, principalement fur le bout * ou j'ay dit que la porte de l'entrée principale de la galerie doit eftre fituée, pour la dcs'afltijettir, & n'eftre contraint de pafTer par d'autres lieux, quand on y voudra aller. On la peut
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- roi L’Ail C HITECTÜRE
- orner en une maifon d’illuftre & ancienne noblefle , des pareilles pièces a que les anciens Romains mettoient eu leur Atrium,
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- Des Etuves, & Bains*
- Chapitre XVIÏÏ.
- LE s étuves & bains ne font pas neceflaires en France , comme aux Provinces ou Ion y cft accoutume, & encore moins aujourd’huy en quelque pais b que ce foit, qu anciennement} dautant que les choies non accoutumées doivent toujours cftre fufpe&cs à noftre fanté, & que nous nous en pouvons plus commo-
- a C'eft à dire des tables Généalogiques , des buftes & dc$. portraits des Anceftres , des marques de leurs alliances , de leurs dignjteï , & de leurs belles avions, b Cêt Auteur n’a point fccu çe qui fe Fait à prelent eu Turquie, en Perle & partout le Levant, oà l’üfage des bains eft pour le mois auflî frequent qu’il pouvoit l’eftrç-«utrefois chez les Rqçnains 6ç chez ks Grecs,.
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- Françoise.1 105
- üétnént paffcr que les anciens, acaufe de l’ufage du linge que nous avons, qui nous lert aujourd’huy à tenir le corps net > plus commodément, que ne pouvoient pas faire les étuves, & bains aux anciens, qui étoient privez de l’ufage & commodité du linge. Toutefois, fi pour quelque autre con-fidcration un Seigneur defire en avoir en {a maifon, il les faut fituer plûtoft en l’étage inferieur, qu’au lupericur, tant pour la commodité d’y apporter l’eau, que pour celle des voûtesj car ces lieux font toujours mieux étant couverts d’une voûte, que d’un plancher. Davantage, étant fituez en un étage bas , ils ne font fujets à la pourriture que la moiteur de l’eau pourrait apporter tant au plancher inferieur, que fupe rieur, s’ils étoient de bois * & peuvent les murs au premier étage refifter mieux aux pouflees des voûtes , qu’aux féconds &. fupe-rieurs. G iiij
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- 104 L’A RC HITECTURE
- Quatre pièces font neceffaires pour ce fujct , dont la première fera k chambre du fourneau dans lequel on allume le feu, tant pour chaufcr le poîle que la chaudière du bain: Cette chambre aufli fert tant pour y retirer le bois à chaufer le fourneau, que pour y pafTer en portant l’eau dans la chaudière , laquelle fera pofée fur l’une des parties du fourneau, étant foûtenuë par de groffes barres de fçr, Sc le poîle en occupera l’autre : La bouche du fourneau n’aura guere plus d’un pied d’ouverture, ayant au del-lus une cheminée, fervant tant à recevoir, & porter dehors la fumée du fourneau, que celle de l’eau de la chaudière. Il n’importe pas beaucoup de quelle grandeur, ny hauteur foie cette première chambre , de forte qu'on luy pourra donner telles mefu-^ res que la commodité du lieu pet-mettra.
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- Françoise; ïo 5
- De cette chambre on entrera dans telle de fétuvc, dans laquelle fera le poîlc , & la chaudières , recouvert d'ouvrages de poterie , ou autre ornement agréable , & fituez deflus la voûte du Fourneau. Cette étuve tirera fon jour de la chambre du bain, n datant feparêe d icelle chambre ou cabinet du bain , que par une cloifon dans laquelle on fera des feneftres de verre, qui recevront leur lumière de celle de la chambre ou cabinet du bain feulement*: au milieu de cette cloifon fera la porte par laquelle on entrera de fétuve dans le cabinet dû bain, icelle porte ayant auffï une fe* neftre de verre.
- I/efbace de fétuve fera petit, & (a voûte ntuée fort bas, à la hauteur de huit ou neuf pieds pour le plus , afin de Téchaufer plus commodément. Le cabinet du bain ne fera aulïi beaucoup fpacieux, pour la même raifaru
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- io 6 L’A RC HTTE C T U RE
- On pofcra dans iceluy une ou deux baignoires de figure oblonguc, dans lefquclles baignoires l’eau tant chaude que froide, fera conduite par des tuyaux de plomb , fermez par de bons robinets, pour y mettre tant & fi peu d’eau, éc Parrefter quand on voudra. L eau des baignoires fe vui-dera par des tuyaux de plomb, en lieu commode, en ouvrant à cette fin leurs robinets, quand il en fera be-foin. Le cabinet doit aufli eftre voûte* non pas du tout fi bas que ccluy de l’êtuve, mais beaucoup plus orne & enrichi d'embelifTement que l’êtuve. Au commencement de l'arrachement de la voûte on pourra faire regner une corniche, laquelle fervira pour pofer deflfus des boetes & vafes remplis de poudres , liqueurs & compo-fitions de lenteurs. Il faut que dans le même cabinet il y ait une forme de bahut de cuivre ou d’argent, dans le-
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- F R a N J O I $ E, 107
- quel on met un réchaut de feu, pour défeicher & échaufcr les linges. Le§ voûtes tant de l’étuve, que du cabinet du bain ne doivent eftre à arêtes,1 parce que cette forme eft incommode à eftre peinte.
- Il eft neccflàire encore de fçavoir que ce cabinet ne doit avoir jour que du cofté qui eft qpofé à la cloifon qui le fepare d’avec 1 étuve. Ce jour fera fermé dun chaflis de verre, dans lequel y aura une coulifïè qui fe hauflé-ra ôc baiffera quand on voudra, pour prendre l’air frais de dehors, s’il en étoit belbin, & donner aulïî l’air à ces deux chambres, fi l’on veut, après qu’on en eft forti. De ce cabinet on doit entrer dans une chambre plus grande, laquelle fera claire, gaye, la plus ornée que l’on pourra, parée de riches tapifleries, garnie de beaux liéts fuivant la diverfité des faifons, pour «y rafraîchir & repofer au forcir du
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- ro8 L*À rchitectuke bain. Cçttc chambre doit eftrc accompagnée d une belle cheminée, & avoir Ion entrée par un partage libre , fans eilre liijette à celuy d'une autre chambre. Ce partage doit être aufli def aflu-jetty par une montée commune, tant à l’entrée de cette chambre qu’à celle de la chambre du fourneau.
- i; i i„ j, — i. n .- ... . . 1 l-r
- Des Ecuyeries.
- Chapitre XIX.
- CE qui relie des autres membres & pièces du batiment, ou eft de peu de conlèqucncc, n’en méritant un traité particulier, ou bien il a déjà efte dit luffifamment par les au-theursde laMaifon Ruftique, aufquels ceux qui defireront en avoir con-noilTance pourront avoir recours > ou il dépend plus de la variété de l'invention dcTArchiteftc, que de certaines
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- Françoise.1 109 réglés arreftées & immuables. Je vous avertiray feulement en ce qui regarde les écuyeries, que pouf eftre belles & nobles, elles ne doivet eftre à doubles rangs > a mais à un feul *, quà cette fin elles doivent avoir vingt-
- O
- quatre pieds de largeur , trois toifes de hauteur, eftre percées, & prendre jour de part & d'autre, afin de leur pouvoir donner de la fraîcheur pen* dant le temps des chaleurs, en ouvrant lesfeneftres dont il viendra delà fraîcheur, & fermant les autres qui feront fituées à un afpeét contraire. Elles feront élevées pardeffus les raiz de chauffée le plus haut quon pourra, jufq ues à quatre pieds ou environ pardeffus la hauteur de la tefte du cheval:
- La plus belle Ecurie qui Toit en France effc celle que feu Moniteur Manzard a fait bâtir à Maifons prés de Saint Germain en Laye* l’en ay autrefois fait conduire une à Chaumont la Gui^he en Charolois qui a paflé pour belle, quoy qu’elle foit a deux rangs. Celle du Palais Vvalltein a Prague eft la plus üngulierc de toutes celles quej’aye jamais veues.
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- IÏÔ L*AfiCHIT£CTURE
- Le ratciier fera large de quelques quinze pouces, 6c élevé droit & à plomb , 6c non pas en pendant : Le delfcus d*iceluy fera tout troüé 6c percé par petits quarrez , afin que la poufliere qui cft toujours mefléc par-jny le foin tombe par ces trous à bas. La mangeoire aura mefmc largeur que le râtelier, fçavoir quelques quinze pouces , 6c fera auffi longue que la place du cheval efl: large ^ laquelle doit avoir pour le moins quatre pieds en ce fens, 6c huiét en longueur pour chaque cheval » L’aire de la place des chevaux doit cltre élevée de quelques deux pouces pardefTus le refte-de fefcuyerie , 6c dclccndre en pente dans une goutiere , ou rigollc de pierre fituee au bout de la longueur de cette place , afin que furiiie des chevaux le puilfe mieux écouler par ce moyen. Le refte de faire de fé-cuyerie, qui demeurera de la largeur
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- FftANÇoîSËj III
- de quelques treize pieds & demy , ftrvira à fc promener par derrière les chevaux fans crainte d’eftre of-fenle. La porte doit avoir quelques cinq pieds de large, & de haut deux fois autant.
- Il eft mal-aifé de voûter l’ccuyeric avec une fi grande largeur , d au tant quil faut que la voûte foit en berceau , laquelle en cette forme, & à une hauteur de trois toifes, requiert des murs pour la faporter feurerhent, de fort grande épaiffeur.Neantmoins fi on en veut faire la dépenfè , a fê-cuyerie en eft beaucoup plus belle , & plus afleurée contre les accidens du feu;
- La voûtant en cette forte, il faut faire d'autres voûtes à lunettes à l’endroit des feneftres pour rentrée du jour.
- a Nous en avons un bel exemple au palais Mazarin à Paris > où les Efcuries font voûtées à arc lurbaiflé , qui n*em-pefche pas qu’il n’y ait au dellus une tres-belle Gâterie pour la Bibüotecpie.
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- *i4 L’Ârohttectüïü
- Des parties dont font compofe% les mem* ht es du bajhmeni, & ptemieremèntdeS murailles & pavois*
- «
- Chapitre XX.
- ON doit eftrc foi gueux de trois choies par deflus toutes en un bâtiment pour fa feurcte , & confcr-vation > fçavoir des fondations , des murailles j & des couvertures* Il im-
- J)orte fort de rencontrer un terroir crme 8c folide pour y bâtir commodément > autrement, outre ce que la depencey cftfort grande fans paroî-tre , on n’y peut demeurer en alfeu-rance*
- S’il faut creufertrop profond pouf trouver un fond vif, folide, 8c ferme > Philibert de Lorme & Scamoz-zi fe contentent de fonder feulement à vif fond des pilallrcs, éloignez l’un
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- F R A N t O î $ R. ïï 3
- de Tautre quelquefois jufques à huit toifes , en failant des arcades a d'un pilaftre à un autre 3 ayant cette longueur huit toifes en diamètre * fur lesquelles arcades on peut faire porter 6c afleoir lèurcment les murailles d’en-baut. La hauteur de ces arcades ne doit furpaffer la ligne de terre > mais
- Comme le fond peut être inégal fous Ces piiaftres ,
- Leon Alberti conleillede les centrer eniemble par des arcades renverfecs , afin que ieurs ftradefles & leurs clefs , étant appuyées fur le terrain vif, elles empêchent que les pi-laftres prenez du pôi 1s du bâtiment de defl’üs ne s’affaif-fent pas plus d’un côté que d’autre»
- H
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- ii4 L'Architecture ülûtofl: être d environ un pied au de A fous, & n’elt befoindeles ceintrerde charpenterie, la terredtant fuffifante à les foûtenir*
- Si on n’eft contraint de bâtir pat arcades, il faut que le mur des fon-demens monte en talud, ou foit ele-vé par recoupemens , & retraites en forme de degrez, a jufques au haut de la terre tant du cofté de dehors que deceluy de dedans du logis. Si on ne rélcveen talud, ny par retraites , mains perpendiculairement , & à plomb , il luy faut donner en epaif» leur toute la largeur de la fondation > car par ce moyen , n’etant point re-côuvert ny reveftu d'une part ny d'autre de terre remuée , h le terrain
- «* II ne faut jamais que les retraites foient plus grandes de cinq à fix pouces , lî le mur eft de gros libages, n*! de trois à quatre pôüces , s’il n’eft que de moilom; autrement les pierres de dehors n’ayant pafadêt de queue fous le mur de defius , l'ont lu jettes à faire bâcule.
- b II ne faut pas s’attendre cjue le terrain , quelque folide qu’il puifle être , foiitienne aucunement le mur par les cô-tez: étant impoïïîble de le.condüire de telle forte dans les ri-
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- F k a N ç ô i s ë. ïrÿ.
- folide lefoutiendra plus fermement.
- Les murailles dahs les fondations doivent être conftruites de pierres de libage > principalement aux premières aflifcs> les plus grandes } les plus foli-des y 6c le plus foi gneufc ment maffon-bées, 6carrangées que faire fc pourra: fans s'arrêter à l'opinion de ceux qui il y mettent que les îiiauvaifes pierres * a 6c les y jettent eh confufion & fans Ordre > parce quelles rie font pas en veuë ny expofêes àuk injures du dehors i Car elles ne (çauroiënt être trop lolidemeht étoffées> & bâties, puilquë de leur Iblidité dépend toute celle du. r cfte du logis*
- goles des fondations, qu’il n’y ait toujours quelque jour entre la terre & le mur:outreque,pour,peu que le terrain fe lar-clie, il fera plus de place qU*il rte faut au trtür pour s’en-tr’ouyrir; Il faut donc que le niiir prenne toute fa force & Iblidité de foy-mefrrte & de fa propre epaifleur.
- 'à Cela fe pratique à kenie & autotir.de Naples, où ils ont de lapoziolane , qu’ils jettent eh confufion dans les fondations avec des motions & des cailloux fans ordre, ch les te.c oiivra.nt d'eau par-deflüs i parce qiie cette poudre a là propriété de s’endurcir à l’eau & de faire une malle folide a-vcc tout ce qui eft meslé avec elle» Mais comme nos mate-
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- 1/6 L’À RCHÎTECTU R H
- Les pierres trop dures ne font propres à bien prendre* 8c afpirer le mortier : la plus mauvaife de toutes pour ce fujet eft celle de grais , & y a dé-fenfes particulières aux MafTons * de s’en fèrvir en ni adonner ie : Le bon moilon êoit être ferme * afpre * plat & de bonne affiette. Le caillou rond ne vaut rien * tant à caufe de fa trop grande dureté , que parce qu’il iVa point d’afliette. La meilleure chaux fe fait de la pierre la plus dure , & doit être détrempée au fortir du fourneau s’il eft poflible,au moins auparavant qu’elle vienne à fe feparer ; autrement elle perd beaucoup de fa force,&de fa graiffe : Voyez la façon comme il la faut éteindre dans Philibert de Lorme.
- Tant plus le mur à chaux 8c fable a d’épaifleur, tant plus le mortier en
- riaux ne font pas de cette nature, je croy que les Ouvriers font puniflàblcs qui én ufent ainfi que dit cét Auteur, puisqu’il eft impoflîble qu’un bâtiment fubfifte dont les fonde-mens font fi mauvais- /
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- Françoise. 117
- devient dur, & de telle forte, que plus il vieillit, plus il acquiert de dureté, jufques à en avoir une pareille à celle de la pierre même, n’y ayant rien qui rende le mortier moins durable, que quand il fe fechc trop toft : C’clt pourquoy les murailles à chaux niable ne doivent avoir en épaiifeur moins de deux pieds, fe portant mieux dans les eaux, dans les fondations, &: proche de terre , qu’en un endroit plus haut : ce qui eft contraire aux murs de plaftrc , car ils fe portent mieux en moindre épaiffeur, 8c aux derniers étages, qu’en ceux d’embas: Ils font auflî en beaucoup moins de temps plûtoft fecs 8c plutofl: fermes,' mais ils font de peu de durée à l’égard de ceux qui font à chaux 8c fable. Nous ne voyons point pour cette raifon aucuns murs de plâtre refter de l’antiquité , mais ceux feulement qui ont cité faits à chaux 8c fable,
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- f l8 L'AaCMITECTURE avec une grande epaiiïeur.
- Il faut toujours donner à tpus murs^ fpecialement à ceux! qui font maçonnez a chaux §c fable au raizdç chaud, 0e de terre , une retraite d environ uti dçmy pied, a ou qu’ils foient élevez depuis le fond en talus, par de-grez, ou à plomb, Leur épaiuèur dépend de la place en laquelle ils font fo tuez, de leur hauteur, & delà qualité des picrrçs : car les murailles du dehors , êc de façades font ordinairement deux fois plus épaiffes que celles d® refend, Elles doivent auffi avoir plus depaijfcur , filon quelles ont plus de hauteur, ^avantage, fi elles; font b|ties de menu & rond moifon, ou blocage, elles doivent avoir plus depailfeur que fi elles font cooftrui-tes d'un qui foit grand large, ou de
- <e, Si le mur des fondations eft de gros lijbages, qui ayen\t. leur queue fort longue en d&daas, autrement il ne faut jamais faire eje rçtraite de plus de trais ou quatre nouées pour ^srai/ops qûç noiis ey^dpairç, *
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- Françoise. i i?
- pierres de taille, pour lefquelles il Faut moins depaifleur que pour les autres, principalement celles qui font de cailloux ronds > & lelquels à caufe de leur forme ronde requièrent une plus grande épaifleur dé mur, quau-cune autre forte de pierre.
- Chaque étage doit eftre aufïi recoupe , tant par dedans que par le dehors, de quelque demy pied > fçavoir trois pouces d’un cofté , & trois de l’autre, afin que la charge du mur foit portée à plomb finis incliner plus d’uns part que d’autre.Quelques maîtres ne trouvent pas bon d’élever les murs juftement à plomb , leur donnant un pouce demy de frit i fur la hauteur de douze pieds.
- Les encognures doivent eftre de
- 4II a rebuté cy-defl'us avec raifon les cailloux ronds Comme inutiles à la conftruëtiondes murs, à caufe de leur dureté & dëltur figure \ ainfi je m’étonné qu’il les y ad^ mette icji
- Æ Cela eft bon pour les murs qui ont de la poulTée : autre**, ment, une ljgnç iur piçd eft aqjànt qu’il èn faut.
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- no L’Architecture pierres de taille , les plus grandes qu’on pourra, ou de briques en façon de pierre de taille , & faut prendre garde à éloigner le plus qu’il fera pot fibleles portes, feneftrages , & autres ouvertures defditcs encognures , de peur de les trop affoiblir.
- Si on bâtit contre une pente de montagne , il faut faire des contre-forts, & éperons bien enliez avec les murs qui luportent le terrain, diftans les uns des autres de quelques deux toiles, & aulli longs que les murs qui retiennent les terres leronthauts: Par ce moyen on divile & rompt laforce de la pouflee des terres \ & les murs aufquels les contreforts font attachez, auront prefque pareille force à refïfter, a qu’ils aùroient, s’ils étoient
- * Et principalement fi fuivant le confeil de Vitruve , l’on fait des murs au dedans des contreforts du cofté des terres en forme de peignes & de feies , comme il dit, pour.feparer les terres comme par de petites chambres, c|ui interrompent Je grand effort de leur pouffé^
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- Françoise. m
- prefque d’epaifleur pareille à celle de la longueur des contre-forts.
- Pour bien enlier les pierres dé taillé , & les briques, * on en afliet Tune fur fa longueur, Ôc la prochaine buvante fur fa largeur \ puis la troifiême fur fa longueur, en continuant toujours de même.
- Au fécond rang, il faut pofer far celle du deffous qui. a efle fituée lîir fa longueur, une qui foit fur icelle fur fa largeur > ôc fur celle qui eft far fa largeur, une qui foit au deifas far fa longueur.
- Quoy faifant, le mur en (era beaucoup mieux enlie par le dedans * ôc
- *» Cette pratique eft tres-bonne , & je ne fçaurois a-’ prouver ce que font ordinairement les Ouvriers dans les ouvrages publics , où de trois pierres d'une aflile ils en mettent deux de luitte en leur longueur » 6c une en bou-tiffe.
- Pratique ordinaire, nuis vicieufe. Pratique loiiée par l’Auteur*'
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- ut I/Archite ctur e l’alpeâ de cette Jiaifon, de bonne grâce par dehors.
- Faut encore oblèrver en ce qui re-
- fjarde la pierre de taille > de la tailler, ayer, & traverfer à plus petits joints qu'on pourra. Pour cét effet les faut efquarrir fort juftement, tenant leurs arrêtes fort vives, & pour empêcher qu’elles ne s’ecornent , les faut tailler fur des torchons de paille, pour les porter en befogne* les mettre lur un bar arme de fes torchons, & les louve r, afin de lés pofer liir le liéfc avec l’engin. Palladio, a remarqué que les anciens, pour empêcher que lepa-rement ne s’ecomaft > le tailloienc premièrement ^ groffierement en ronde bofîe, laquelle par apres ils ra-valoiétit, & abatoient fir lé tas.
- Nous avons de fort beaux exemples de l’antique où les pierres font pofèes l’une fut l’autre fans mortier ny ciments & dont les façades ont efté ravalées fur le tas. L’on a re-Bouvellé avec fuccel cet ufage des anciens àecquis’eft ♦wnmenc$ de l*arc de Triomphe au. ïaüxbôürg S, Antoine,
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- Fr a nçoïse;
- Il fautaullï que les pierres parpai-gnes foient toutes à joints entière^ ment quarrez , & que les harpes, queuës, & bouts des chaînes , jambes, boutiftes, etrayeres, ôc autres fortes d’afticttes de pierres de taillé , loient bien écaries ; autrement fi on n y ob~ ferve toutes ces choies, la maflonne-rie n’en çft jamais bonne, & encore moins belle.
- Si on mafTonne avec du plâtre, les’ murs pourront eflre élevez (ans au-* cune difeontinuation, dautant que le plâtre le delfeche auffi-toft qu'il eft apliqué ; mais fi c eft avec mortier à chaux & fable , il faut dïlcontinuer le travail plus ou moins dé temps, fui^ vant que lé mortier eft plus long à fo fecher en un p aïs qu’en un autre : Aui irement, fi an travaille à malïbnner fàns difeontinuer, la maflonnerie n’en çft jamais fi bonne , au moins il ne faut pqint ppfér les poutres epic la
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- J2\ L’Architecture maffonncric ne foit bien lèche quand les murs font de moilon ou blocage.
- Mais de quelque façon qu’on mat fonne, foit avec plâtre , ou avec chaux, il faut toujours conduire la befogne à niveau, & non jamais par épauletées , a. fi on defire faire une liaifon qui ne fe fende, ny entr’ouvre point*, ce qui arriveroit autrement, à caufe que la maffonnerie déjà feche fe lèpare aifêment de celle qui eft nouvellement & fraîchement faite, quand elle vient à le delfecher.
- Les murs de feparation , ou refend ne font necelfaires qu’aux endroits où l’on veut apliquer & ériger des cheminées, ou faire porter des
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- a Cette maxime eft bonne en general & autant qu'il fe peut : Car l’on a quelquefois à travailler dans l’eau ou dans des terrains fi fafeheux qu’il faut neceflàirement le faire par épaulctesrEt alors le travail n’en eft pourtant tout à fait mauvais j à caufe que l’humidité du lieu entretenant long-tems le mortier frais , l’on a bien plus de moyen de faire prendre bonne liaifon & bonne prife à tout le mur, que fi' le premier bâti avoit eu le tems defefeçher^c prendre faix avant que l’on y joignit l’autre.
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- Françoise. îîf
- poutres : Aux autres lieux où Ton ne veut affeoir ny cheminées , ny poutres, il n’eft befoin que d'une cloi* Ion de lepaiffeur de quelque demy pied au plus, quand on veut ménager de la place > autrement le mur de mafionnerie vaut toûjours mieux que celuy de cloifon, dautant qu'il en lie mieux les murs des façades, leur fer-
- o *
- vaut comme de contre-fort \ ce que ne peut faire le mur de cloifon, lequel outre ce defaut, eft fujetà porter des vents coulis dans les chambres, s'il n’eft contrelatté, & revêtu d'enduit, dautant qu'il y a toûjours des petites fentes & lêparations entre le bois.& la mafTonnerie. Or quand il faut recouvrir & enduire un mur de cloifon, il va pour mur de maf-fonneric à Paris * c'eft pourquoy on ne doit jamais fe fervir de murs de çloiton aux lieux où ils font aufli chers que ceux de malfonnerie, fi ce n'eft,
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- L’A kCHITÈCTUltË
- comme il a efté dit, pour ménager de la place* mais cette eonfideratio.n elt dc^peu de confcquence à f égard de fes autres incommoditez*
- T
- Des ^PotteSï
- Chapitre XXI.
- LÈs portes font de deüxfortéfc* rondes ou quarrées, & chacune d'icelles, grande, moyenne, du petite. Les Anciens n’ont jamais donné la forme ronde qu’aux grandes, ny jamais aux grandes qu'à celles des arcs triomphaux 3 & autres grands partages publics, 11e $’en étant jamais lervi aux bâtimens particuliers, ny même aux Temples, a ce que remarque Sca^ mozzi..
- Celles par lefquelles paflerdntjcs carofles auront pour le moins fîx
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- Françoise. * ïtj
- pieds de large, auquel cas elles feront rondes & ceintrées*
- Les autres grandes, qui ne fervent d’entrée à une cour, mais feulement au corps de logis * & par lefquelles les carofles ne doivent paffer, n excéderont la fufdite largeur dé fix pieds, & feront plus belles quarre'es que rondes» Les plus petites n'auront moins de deux pieds 6c demy, les autres diminueront en largeur depuis fix pieds jufques à deux & demy, fui-Vant la grandeur oü petitefle des lieux, dans lelquels elles nous donnent entrée» Leur hauteur fera toujours pour le moins double à leur largeur, lés plus petites ayant pour le moins fix pieds & demy de haut ; car il faut toujours , pour le moins , laifTer autant de vuide pardeflus le haut de la teffe en paffant, que les épaules ont de largeur au deçà & de là d'icelk
- Qu^nd elles pafferont trois pieds
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- ri8 L'Architec ture en largeur , elles auront leurs ouvertures fermées par deux huifferics , (e joignant au milieu: Leurs fcüillurcs feront faites en forte, & de telle largeur, quel’huifferie étant ouverte, le bois qui bat contre la fciiillurc ne s’avance point au dedans outre le jam-bage<
- On lesbiaife quelquefois pour gagner davantage de place en quelque lieu , ou obtenir quelque fymetrie qu’on ne pourroit avoir autrement: Mais cela ne fe doit jamais pratiquer aux principales entrées, mais en celles-là feulement qui ne font beaucoup fréquentées.
- Elles ne doivent jamais, non plus que les feneftrages, fe rencontrer au deffous d’une poutre , autrement on la feroit porter à faux.
- Si on les peut tellement fi tuer, qu’elles le regardent toutes direéte-ment, en forte qu’on puifle à travers
- icelles
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- P R a N ç o r s g; ïzp
- îtcllcs voir de l'un des bouts du logis à l’autre, & qu’à chacun de ces deux bouts y ait deux feneftres & ouverte 1res diamétralement oppofees ; cette difpofition apportera non feulement dè la beauté, mais àufli de la commodité au logis; car par ce moyen il paroîtra avoir plus de grandeur, &; les deux feneftres étant ouvertes l'Eté , on (entira toûjôufis üh rafraîchit liment de vent fort agréable à l'en-droit de ces portes , quelque chaleur qu'il Fafle. Les Italiens pratiquent cette difpofition allez foigneu-
- fement*
- Il ne faut pas s'oublier encore de leur donner pardeftus une décharge , & arc de maflbnnerie, afin que le mur portant lur leur couverture * ne la caflfe en s'affaiiTant* A quoy il faut prendre garde aufli, en bâtiflant les feneftres, & toutes autres fortes d'ouvertures, & de ne les approcher
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- 15 O L’A % c H I T £ G T uft E
- trcp près des encognures du bâ-tiir.cn’:, de peur de les rendre trop foibles , comme il a efte dit cy-devant.
- Des Fenejtmges, Tours.
- »s
- Chapitre XXtL
- IL y a trois principales fortes d’ôü-vertures pour recevoir du jour, fçavoir, fcûpiraui > croiftes & lucarnes. J’ay traité lufEfamment desfou-piraux, en raportant les melùres de proportions des parties dé la caVe.
- Toutes ouvertures oiit ce précepte general de commun, que celles qui font en un même étage, doivent dire de même niveau > quand on peut, tant pour Laffiette de leur apuy, que pour celle de leurs tableaux de couvertures. Que s'il ÿ en doit avoir
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- F k a h ç o i s C i jî
- quelqu’une 4 plus haute , Ou plus baffç*> ou plus grande , ou plus petite que les autres > ou elle doit eltre fituée au milieu , ou fi elle le trouve à colle, il y en doit avoir une toute pareille de l’autre > qui {bit égaler ment diftante du milieu. Cette même réglé convient aufli aux portes, 6c à toutes autres fortes d’ouvertures, niches , & figures fituêes au dehois. Il faut auflt qu’elles foieht polées à. plomb les unes lut les autres.
- Quand bu lie peut rencontrer là fÿ me trie comme on defireroit , il tll jpermis d’en reprefenter quel* qu’une ert feinte, Ou la rendre biaile
- à L'on petit bien Voit quelques,portes & feneftres dans iine Façade de bâtiment, qui rie {ont pas fi larges que les autres, & l’on les y ioUffrc , s’il y en a de l’autre cofté dans la même face d’autres qui ieurfoient égales, & qui leur répondent en fymmetrie .* Mais il ne s’en voit pas qüi ayent ur»e inégale hauteur : Et je tiens pbur réglé indifpenfable dans l’Architecture , que les appuis & les linteaüx de feneftres d’un même étage & dans une même face, foient tous dans un même niveau : Et l’exemple des feneftres qiii font à coté dii gros pavillon du Louvre , dans la façade qui regarde là coür des Guifines, n’cftpoint à imiter»
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- î ?2 L’A R C H I T E C T U R E
- par le dedans, en quelque lieu qui ne loit pas beaucoup en veuë, mais il ne faut avoir recours à cette pratique, qu’à toute contrainte.
- Quand quelque elcalicr >a ou viz, qui n’a pas beioin du jour d’une croi-fee entière, contraint d’^fléoir à cofté une feneftre en plus hcpite, ou plus baffe affiette que les autres, ôc qu’on n’en peut fituer une autre de l’autre part en même affiette & correfpon-dance , il faut poter la croilec de c et efcalier au même niveau ôc alligne-ment des autres, en mettant enceinte les parties d'icelle qui requièrent effre murées par le dedans , ôc tenant les autres ouvertes.
- Elles font plus agréables, comme aufli toutes autres fortes d’ouvertures, quand elles font plûtoft en nombre
- a Quoy que ce que dit céc Auteur foit allez Couvent p™" tiqué par les Ouvriers : il elt pourrant véritable, ainfi qu 1 a c{lé remarqué cy-devant, que cela fait un effet très vJ“ laiu ,& il n*ya p’oint d’Architecte qui ne doive éviter em foutes iHanicres ccsiujetion;.*
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- Françoise. x$$.
- impair qu’en ccluy qui eft pair.
- Le lieu quin’auta que dix-huit ou vingt a pieds de large, ne doit avoir fes fenertres, fi on le peut, que de quelques quatre pieds de large, entre-joüêes de pieds droits.
- Geluy de vingt julques à vingt-deux , les aura de quatre pieds ôc demy > celuy de vingt-deux jidques à vingt-quatre^ d’environ cinq pieds: fi elles lfirpaflènt vingt quatre jufqucs à vingt-lèpt, elles ftront de cinq pieds, & demy * pour vingt-fept juf-ques à trente , elles, peuvent eftrç commodément de fix pieds. Quoy que ces mefures foierit bien proportion-nées à la grandeur de lei^rs places,, elles font neanmoins rarement gardées : Sur quoy il çft bon de {Ravoir , que la multitude dçs jours le
- a, Cette largeur ne fe prend pas icy pour l’étendue de la face du bâtiment j mais, pour, fa profondeur , c (t i diijp pour l’efpace compris entre les principaux jnurs , q ielque Jonctieur qu’ils puijtlèrçt avoir.
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- ^4 1/AR: c H I T E C T URE
- donne a proportion de la longueur des places: Car plus un logement eft long, plus il doit avoir de jours ? mais; cela doit eftrc tellement proportion -fié, qu’il ny en ait ny trop, ny moins : dautant que le trop le rend froid F’Hy ver & cliaud FEfte > & lé moins, le fend mekncholiquc Çc obfcur,
- Quoy que ce foit, c’eft chofe affûtée que les chambres qui font tournées au midy , n'ont befoin de tant d’ouvertures que celles qui regardent te Septentrion : à caufe que la partie du Ciel, qui eft du cofté du midy, eft toujours beaucoup plus lumineu-fe que celle qui eft àu Septentrion, C’eft chofe çertaine aufli , que plus le jour vient de haut , plus il éft çlair 8c vif : tellement que pour cette raifoii les etages beaucoup exhauflez n’ont befoin de tant d’ouverture que ceux qui font plus bas: Car il n y a que le |our qui vient directement & imnie-
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- FRANÇOlSEi ï$f
- dîatemcnt du Ciel qui donne une bonne clarté , la reflexion n en donnant quune bien foible > de toujours oblcure à l’egard de l’autre > même la partie du Ciel la plus élevée fur l’ho- ' rizon >. donne plus de lumière que celle qui l’eft moins , fi ce n’eft lors que le Soleileft en lapartie inferieure du Ciel.
- La hauteur des croilees fera bien?
- • * ♦ <
- proportionnée, quand elle contiens ara deux fois leur largeur, & outre ce-une fix^éme partie de ladite largeur* Philibert, de Lorme veut que ççttc: hauteur fini® en ariere-voulfure le plus prés des folives qu’on pourra * comme d’un demy pied ou environ ,t & foie du moins toujours plus élevée que rarrachement, ou commen-, cernent des poutres Çe precepte toutefois iteft boit ^.garder quauX; logis médiocres, dont les planchers.
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- x$6 L’Archit ecture jicr plus de clarté. Car aux bâtimens nobles & grands , aufquels les etages ont une grande hauteur, le deflfus des feneftres ne doit approcher de fi près les (olives } mais doit dire plutoli abaifle au deiïous des poutres, tant afin de faire régner un architrave au deflous d’icelles, que pour ne gâter Jabeaute, &le jour des peintures qui pourroient dire dans les pla-fonds > aufquelles le trop grand jour nuit toujours.
- L*apuy des feneftrages 4 Ac doit avoir que trois pieds de haiit, & de large quelques dix pouces , afin de pouvoir voir plus commodément jufques au pied du mur : joint que s’il etoit plus large, la pluye tombant lür iceluy, rejalliroit le long des feneftres dans les chambres : deft pourquoy pour rompre & rejetter
- a L’on ne doit donner que deux pieds neuf pouces à la hau^ fcjur des apuis des feneftres par le dedans,
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- F R A N Ç O I S E. 157
- au dehors ce rcjalliflfement, il eft bon que le deflus dudit apuy ne foit point à niveau, mais qu’il deiccnde un peu en pente du cofte de dehors.
- Il faut tenir leurs meneaux ,& crai-filions 4 déliez 8c minces, afin d’avoir plus de jour, comme de quatre à cinq pouces en largeur, 8c de neuf ou dix en épaifleur, fuivant celle de l’apuy: Toutefois fi les croifées 11’excedent point quatre pieds en largeur, il n’efl: befoin que leurs meneaux 8c croifil-Ions foient de pierre, mais de bois, de fepaiflèur de devix ou trois pouces feulement, Surquoy il faut prendre garde d’afleoir tellement les çroifib Ions, foit de bois ou de pierre, qu’ils
- a II femble que cet Auteur entende
- re des meneaux & des croifillons de pierre nnurtant plus
- oqt plvjs de quatre pieds de large :Cc qui n p p en uuge, non pas même aux feneftresd’Egl.Cc, * «'aie n leur peu de folidité > de leur charge, & 3e lefpace quus occupoient dans les ouvertures des batimens. « Q_
- Quand les hauteurs & les largeurs (ont q g » ^
- peut,au lieu de croifillons & de meneaux e pie, -
- en faire de fer , qnifontdeplus grandebeauté ,d.: »£ charge & de plu s de durée, & qui otent beaucoup moins d« Ja lumiero
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- Ijfc L* Alt c Kl TÉ C tUR E foient toujours fîtuez au deflus de 1 œil, autrement ils empêchent beaucoup la veuë de dehors.
- Les feuillures naîtront au plus; que trois pouces dé largeur , luivant la grandeur des feneftres, afin que lest chaflis dçs verrieres ne puiflent empêcher ^ & rétreffir le jour en s’avançant en dedans de Touverture des fe- ^ neftrages.. Leurs efeoinfons feront fuf-fifamment embralcz, tant pour épan-dre davantage le jour dans les chambres, que pour empêcher que les valets s'avancent hors du mur a cofté d’i-treux: Que (ilefdits valets fur partent, étant ouverts, fépaifleur du mur , il les faudra faire brifez à l’endroit où fepairteur du mur finira..
- On avance en quelques; à endroits
- > a II ne parle point en ce Chapitre des Balcons, dont l’ufa». ge cil très-commun en Efpagne& en Italie ; & qui réunifient fort bien.en France , où lçsbaluftresfe font de fer , qui tic charge quah point, & ne-tient point de pUcc : l’on,en, met même for les corniçhes du premier étage qui tournent tout à l'entour du. bâtiment, en qqeiques-anes. dcs.MajfonS: Royales»
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- Françoise, iÇ principalement en Allemagne , le çhaflîs de verre des feneftrages fur le dehors de neuf ou dix pouces > ce qui aporte beaucoup de cpmmoditez; car par ce moyeu, outre que Ta-puy étant enfermé au dedans de la chambre, ne peut mouiller la chambre par lerejalliffçment delà pluye le long du verre, il fert comme de petite table au dedans de ladite chambre* Davantage , on peut fans eftrç veu, ny ouvrir la .fènelïre, voir au dehors non feulement par le devant mais a^lliparlescoftez, & par bas.
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- L’A R CHITECTURE
- Des Cheminées, des moyens de les cm-pefeher de fumer.
- Chapitre XXIII.
- LA grandeur des a cheminées doit être proportionnée à celle de la place où elles feront fituées.,
- a Quoy que l’Autheur rapporte plusieurs chofes tres-con-{iderabies en ce Chapitre : il y a pourtant quelques ufà-ges oui Te font introduits depuis le temps qu’il a écrit, dont
- il cft bon de parler- La pratique ordinaire de fon temps étoit. d’adofl’er les tuyaux des Cheminées des divers étages i’un devant l’autre ; Ce qui fai— ioit avancer les jambages & les manteaux fi avant dans les chambres des ^ ^ étages fupericurs, qu’ils en occupoient
- H la plus grande partie : Maïs l’on a maintenant trouvé l’invention de les, faire palier à çofté l’un de l’autre : & le biais que l’on leur donne dans la hotte les fait rejoindre & s’acôter pour for-, tirenfetnble hors du toit dans un même tuyau qui les contient tous, feparez ncantmoins par des languettes ». dans
- fa longueur , au lieu que cy-^devant il
- les enfermoit dans fa profondeur. L’on craignoit au commencement que ce biais ne fût fujet à la fumée & au feu : Mais l'expérience a fait connoître qu’il n’apportoit aucune de çes inçomjpioditez de foy»mefme, pourveu que le tu-
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- Françoise. i^i
- ayant en largeur pour le moins qua^-tre pieds, & pour le plus fept, leur hauteur de quatre pieds , julques à quatre & demy pour le plus , depuis Faire de la chambre jufqucs fous le manteau , lequel doit être conduit
- yau n’ait rien qui l'arrefte dans fon étendue, & qu’il ait af-fez de largeur pour être tenu net» Les plus grands delordrc» du feu viennent de la malice ou de l’ignorance des Ouvriers qui font palier de.» poutres , des {olives & d’autres bois ail travers des tuyaux , fe contentant de 'es recouvrir d’un peu de plaltre : A quoy l’on a été contraint de pourvoir par un tres-beau reglement de Police du zé. Janv. rôyt’Qjd en fub-
- Itance défend de faire porter les Atres fur poutres ou folives.» de faire palier aucun bois dans les cheminées : Enjoint de faire des encheveltruresfous les Atres , & en tous les étages à l’endroit des tuyaux , dont la largeur foit au moins de quatre pied s d’ouverture ,& trois pieds de profondeur depuis le mur jufqu’au cheveitrc ;& de recouvrir les chevê-tres & leurs loltvcs de 6^pouces de plaltre loûtenu de chevilles de fer 6» à'7. pouces de longueur , en forte qu’aprés le recouvrement il y ait au moins trois pieds d’ouverture au
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- 14'i L’Àrch t TEC TUlÊ
- à plomb par le dehors , enlémble les pieds droits, & leurs codez jufqucs au plancher. Quand le ni an ce au eft bas, le feu en offénfe moins la veue, èc la fumée ne s‘en répand fi- tôt par la chambre > chutant que la hot-* te par ce moyen étant plias droite >
- è loi pouces de largeur Les languettes de plaftre aurouè au moins i \ pouces d’épaifl'eur. Ce qui fe peut allez entendre par ce defl'ein quiaefté joint à l’Ordonnance de Police»
- L’on tafehoit cy-dcvant d’adoucir la difformité de cès "avances des c heminées au dedans des chambres en les char* géant de beaucoup d’ornemens : Et nous en Voyons de très-belles.&qui onc coûté infiniment ; mais àprefent cette «lèpenfe eft inutile : & comme le manteau avance peu , Poii Ce contente d’un feul chambranle & de quelque tableau au defl'uci A Venize 1rs cheminées fe font dans l’êpailïeur du mur, & leui*s tuyaux percent au long du mur par le dehors,mefme dans les rues : Ce qui ne fe petit pratiquer à Paris que fur les murs qui regardent les cours. Ils font en Suede des petites cheminées rondes dans le coin de la chambre où ils brûlent le bois debout :8c ils bouchent lé haut du tuyau dans la hotte , lofs que le bois eft tout confomtrié » en for-te qu’il ne faflè plusde fumée ny même de vapeur ; & cela eonferve une chaleuf •fort longtemps; l ’on commence à voir à Paris des petites cheminées à l’Angloife pour des cabinets : elle dont faites de plaques de toie uu fer fondu , tant pour l’âtfe de le cèntre-coeUr, que pour les caftât des jambages*
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- elle renvoyé plus droit la fumée qui pourroit battre contre > dans le tuyau. Il faut pour cette raifon, afin d’avoir la hotte plus droite , que le manteau ne s’avance plus de deu* pieds & demy dans la chaimbre, G ce n’cll en un lieu tel qu’une CuiGne, où l’on faffe un feu fort grand & large , parce que d’autant plus qu’il fe jette en dehors, fpe-cialement G le plancher eft bas, dau-tant plus la hotte eft couchée.
- Pour cette confideration les pieds droits ne fe rejetteront en hotte au dedans de la cheminée, comme orna accoutumé de frire, mais feront conduits à plomb du moins julques au deflus du plancher, Ipecialement aux chambres où Ion fait un feu fort long & étendu.
- Le contrecoeur fera conduit depuis l’aire du foyer julques à l’endroit du plancher quelque peu en talud: Car la fumée rrappant contre, fe re -
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- U4 L'Architecture fléchira plûtoft dans le tuyau. Il tfè befoin aulli, conformement à Ta vis de M. Jean Bernard, en fon traité de la fumée, pour donner plus facile ilfoë à la fumée , que l’ouVcrtute de la cheminée foit ( contre l’opinion & la pratique commune ) plus large par le haut, qua l’endroit du plancher,eli augmentant fon ouverture par le haut, d’un pouce for la hauteur de vingt pieds, & de trois pouces fur celle de loixante pieds. Tout le dedans du tuyau doit eftre conduit le plus uniment & poliment que faire lé pourra, afin que l'inégalité ne puifle rabati#t8^ fumée. ^ ^
- . Pour éviter encore cetté inégalité , il ne faut lailïér les cheminées long-temps fans les nettoyer, dautant quelafuye s’y amaffe à monceaux inégaux.
- Or il ne foffit que la cheminée foit bien conduite , û le feu qu’ôn fait
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- Françoise. Uj deflous n’eft proportionné à l’ouverture de fon tuyau : Comme la flamme le refout en air, en vent, & en fuye , fi par le moyen d’un trop grand feu il s’èn refolvoit en plus grande quantité qu’il n’en peut lortir par l’ouverture , cét air qui emporte la fumée ferait contraint de refluer avec icelle par la chambre : Davantage , parce que c’eft la flammé qui produit l'air Sc le vent, qui chaflentla fumée, & la font monter , & que c’eft l’air aufli &le vent qui nOurriflent Sc augmentent la flamme, s’il ri’y a de la flamme fuffifàmment, la fumée ne pourra toute monter : C’eft pourquoy quelquefois en augmentant la flamme oii fait cefler la fumée , Sc au commencement qu’on allume le feu il y a de là fumée par là chambre , jufques à ce que le feu ait de la flammé {iiffilamment;
- Pour cette raifdn aufli on entr’ou*
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- 146 L'Architecture ure quelque fenêtre ou porte , afin que F air qui lurvient en la chambre agitant la flamme la puifle faire augmenter > & aider l'air ôc le vent d'icelle à chafler en haut cette fumée.
- Il efl: neceflaire encore pour efripe fc hcr de fumer, que la chambre ait une luffifante grandeur : Car il fume ordinairement aux garderobes, ôc petits lieux , fi on n'y tient continuellement une porte y ou une fenêtre entr’ouverte , tant parce que le feu de la flamme dévoré & enle-ve avec foy une grande quantité de l'air de la chambre > qu'eri ce que la flamme a befoin continuellement d?air pour s'entretenir. De forte que s'il n’en rentre autant dans la chambre > ( ce qui nefe peut faire aux petites places quand le feu y efl: grand ,y ) que la flamme en confommç & fait exhaler par la cheminée., la flamme
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- FftANÇOiSÈ* Î47
- s’amortit , & la -fumée augmente > dautant que la flamme n’eft autre chofe qu’une fumée allumée y & la fumée une flamme eteinte , ou iioil encore allumée* C’efl: pourquoy les bois qui ne rendent guère de flam-me rendent beaucoup de fumée , Sc les autres au contraire : d'où vient que les bois fecs font toujours beau^ coup moins de fumée que les verds.
- Il fume encore aux petites cham* bres quand, elles font trop échauffé °s y à caufe que la fumée qui fuit naturellement la chaleur > rencontrant en ces petits lieux fait quelquefois aulîi chaud que dans le tuyau de la cheminée , elle tire & s*en va auffi tôt dans la chambre que dans la cheminée* ,
- Il y a encore une autre raifon pour laquelle il fumé dans les petits loge-ftiens > quand les tuyaux des cheminées ont trop de longueur i c’eft que
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- 148 L’A R CHITEC TUftI le feu ne pouvant tirer allez d'air Se de vent par les jointures des portes ôc fenêtrages , qui n’y font pas en grand nombre, il eft contraint de le tirer parles bouts & cotez trop longs du tuyau de la cheminée , ce qui cft caufe que l’air ôc le vent attirez de haut en bas , pour la nourriture ôc vigueur de la flamme, font devaler avec eux la fumée, laquelle par apres le répand par toute la chambre ; ce qui narriveroit pas fi la fumée nere-delcendoit que par le milieu du tuyau , à caufe que par ce moyen elie fooit rabatue dans la flamme, dans laquelle elle fe confommeroit ÔC re-cuiroit, en forte qu'elle ne feroit plus cuilante aux yeux : Dautantquela fumée feparée ôc chaffée par le feu ou la chaleur en haut, n’eft autre chofe qu’une fiiye refoute en vapeur Ôc ex-haîaifon, ou pour le dire en termes plus briefs, une fuye raréfiée , & la
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- Françoise. 14?
- fuye une fumée condenfée : Or la fuye étant recuite & enflammée * ne retourne plus en fumée qui foit cuifante aux yeux : C’eft pourquoy aux grandes fournaifes , telles que celles des verriers> le bois ne fume pointy dau-tant que la fumée femeflan, & tournoyant dans le fourneau avec la flamme y s’y enflamme &c recuit en lbrte qu’elle 11e donne plus aucune cuiflon aux yeux , la fumée étant aufli bien enflammable & combuftible que la fuye , puifque ce n eft quune même matière.
- On le peut garantir de la fumée dans un petit lieu aflez commodément par ce moyen. U faut reflerrer &: retraillir à l’endroit du plancher la longueur du tuyau , en forte quil n’ait guere plus d’un pied de long en cét endroit : il faut outre ce , relever le foyer d'environ quatre pouces j abaifler le manteau n bas , qu il
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- L'A RCHITECTURE ri ait guere que trois pieds de hau-* teur , depuis l’air du foyer , & referrer l'ouverture de la cheminée entre les jambages tellement de part ôt d'autre j que la largeur ne foit aulli que de quelques trois pieds , faifant cet* te ouverture en forme d arcade , & tellement que ce ne foit prefque plus quun chauffe-pieds. Quand on dilpo* fë la cheminée de cette forte , il faut que les jambages ne foient conduits à plomb par dedans , mais en hot^ te , icelle commençant à la hauteur des trois pieds fufdits, & finilfant à J endroit où l'ouverture du tuyau a été retreiîie par les cotez : En cette façon la fumée ne peut être rabatue en bas par les cotez , mais feulement par le milieu, auquel endroit fi elle ëtoit repoullee , elle le remêleroit avec la flamme, parmy laquelle fe reaflfant, elle ne pourrait plus cuire aux yeux comme i\ a eftç dit çy-def-
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- Françoise. i ji
- lus : Davantage la fumée fortant par cette ouverture , retreffie & rentrant en un elpace plus ample , elle en a fa Torde plus ailee .• Il faut qu’en cette lorte de cheminée les bûches foieiic courtes, en forte qu’elles n excédent la longueur d’un cotret.
- Quand il y a deux cheminées po-fées en un mefme étage j principal lement en même mur & d’un même côté > ce qui Te rencontre fouvent aux corps de logis doubles , il fume prefque toujours dans Tune des chambres , principalement dans la plus petite , s’il y a du feu allumé en toutes les deux en même tems : Mais on peut éviter cét inconvénient en pratiquant cette forme de cheminée dans la plus petite chambre.
- Il y a encore un autre moyen d’em-
- pefeher la fumée en quelque lieu qud
- cefoit, grand ou petit, qui ne doit
- être omis 4 à caufc qull ell fort fa~
- » .... ^
- K uij
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- ÏJZ L’A RCHITECTUÜH çile & de peu de frais. On applique premièrement fur le foyer une grande plaque de fer , & prefque de même longueur &: largeur que tout le foyer 3 qui foit toute percée de plusieurs petits trous fort prés à prés les uns des autres , & élevée par délais l’air du foyer d’environ de trois ou quatre pouces : On met fur cette plaque une grille de fer haute dç huid ou neuf pouces , aufli longue que les bûches qu’on doit pofer def-fus & large à proportion de la largeur du feu quon y peut faire , ayant les barreaux fort proches les uns des autres , de forte qu'il y a comme trois étages ; le premier & le plus haut eft deftiné à recevoir le bois , le lecond à recevoir les charbons , & lç txoifiéme {es cendres , au travers duquel l’air & le vent étant porté en haut * rend les charbons allumez cotm
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- François i, 1/3
- jnc dans un fourneau à vent, augmente la flamme , & par ce moyen diminue la fumée , Sc poufle le relie d’icelle en haut avec plus grande force & vigueur.
- Il eft bon de noter icy que Pair & Je vent, fans lefquels le feu ne peut s’allumer & flamber , ny la fumée monter , n’y doivent ellre pouflez, ny aller & courir avec impetuofité & vitefle y mais y doivent feulement eftre attirez par le feu, autrement ils ehalferont plûtoll la fumée dans la chambre, que dehors par la cheminée > & que les cheminées nouvellement faites fument prelque toutes, jufques à ce quelles ayent pris quelque croûte de fuye.
- Si on Içait bien confidercr , cpiv duirc,& mettre en pratique toutes les chofes lufdites , il fera rarement befoin des Æolipiles de Vitruve, des foupiraux de Cardan, des molinets
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- r J4 L*A RCHITECTURE
- à vent de Maiftre Iean Bernard, des chapiteaux de Serlio > d’une confusion d’artifices de Philibert de Lorme, des inventions de Paduanus, ou des tabourins à giroiiettes j parce que fi quelques-unes de ces choies fervent en un temps, elles nuifent davantage en un autre > fi elles aident d une part, elles font plus dommageables d’autre, & incommodent fouvent les cheminées , & chambres qui joignent celles qu’on veut loulager, ne pouvant eftrc utiles finon lors que la cheminée eft toute feule ôc fcparée d’autres.
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- Des moyens d’éteindre facilement promptement le feu qui s’ejl mis dans une cheminée,
- %
- Chapitre XXIV.
- IL y a deux avions continuelles en la flâme , fans lefquelles elle s’éteint de meurt incontinent. La pre^ miere fc fait par l’expulfion de fon excrement fuligineux ou fuye. La fécondé, par l’attra&ion de l'air."Elle fait la première par la partie fupe-rieure , de la fécondé par Y inferieure; Si bien que fi elle êtoit empêchée non feulement en toutes ces deux a&ions , mais même en l’une d’icelles , elle s’amarâroit tout auffi-toft.
- ©autant qu’on ne peut e'teindre un grand feu avec 1 eau qu'en y en
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- ijé L’Architecture répandant deflus une bien grande quantité tout à la fois ; autrement elle fcrt plus à luy augmenter les fo rces, qu'à les diminuer > & que cette effufion d’eau ainfi copiculeinent & promptement, ne fe peut faire que fort mal-ailément au deflus d’une haute cheminée, à caufe de la difficulté qu’il y a de l’y porter Soudainement: en une grande abondance. On a trouvé un autre expédient plus facile en deux façons , dont la première fe fait en fermant exactement la porte de fer > dont il lcra parlé au Chapitre fuivant > &: la fécondé, au defaut de cette porte, en bien bouchant & étoupant avec quoy que ce foit l’embouchure de la cheminée, foit l'ouverture qui eft fous le manteau entre les pieds droits, ou celle qui eft au deftus du manteau à l’endroit du plancher \ comme en cét endroit, avec de gros botteaux de foin
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- Françoise. ifj
- fort mouillez, & fort trempez, en les y pouffant & faiiant entrer à force, fans que neanmoins ils puiffent monter plus avant par fattraddon du feu : Car par ce (eu! moyen la flàme ne pouvant plus recevoir d'air par le deffous, s’éteindra &: amortira prefque toute : mais pour ce faire plus prômp-tement, il faut incontinent apres, &: prefque en même temps, couvrir le deffus de la même cheminée avec de pareils botteaux fort tr.oüillez, fans qu’ils foient tant preflez que les premiers, en ks arroîant & jettant par deffus continuellement le plus d'eau qu’on pourra 5 ce failant l’eau ne laif» fera pas de couler au travers du foin, pour n’eftre les botteaux beaucoup preflez. De lorte que la fiiye ne flambera plus , la Aime étant empêchée en ces deuxaéfions , 8c le brazier par après s’éteindra aifément parle moyen de l’eau qui ne laiffera pas de tomber
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- ïL’A ft C H I TÈC T Uft E deflus, & même de l'éteindrequoy que la cheminée ne fuft point bom* chéepar le deflus, mais non du tout fi promptement*
- Des moyens à’èchaufer une chambre avec moins de bois que de coutume.
- Chapitre XXV.
- SI on jette de l’eau froide par deflus de l’eau chaude, celle-cy gagnera toujours le deflus : même quand on fait chauffer de l’eau > quoy que le deflus foit tout bouillant ^ le deflous neantmoins n’efl: jamais fi chaud , à caufe que ce que le feu a échauffé pat le deflous s’élève incontinent en haut* Or ce qui fe fait en l'eau, fe fait pareillement en l’air : Tellement que fi on fait le foyer d’une cheminée de grandes platines de fer qui foi eut rele-yées par deflus le carreau de quelques
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- F R A N ç O I S Ë*
- trois pouces, & que l’efpacc qui eft entre les carreaux ôc les platines foit vuide , que pareillement le contrecœur de la même cheminée foit fait d’une grande platine de fer, le derrière de laquelle foit pareillement creux & vuide, diftant du mur aufli d’environ trois pouces, & qu’au deflusde ce creux il y ait deux ouvertures, une de chaque côté des jambages en dedans la chambre : Le feu échauffant ces platines , échauffera quant & quant l’air qui eft au deffous & au derrière d’icelles y lequel air étant échauffé, fera contraint de tendre en haut, & parce moyen de reflortir chaud par les deux fuperieures ouvertures luldites , & de là fc répandre par après par toute la chambre, au lieu duquel en rentrera continuellement un autre , de crainte du vuide , i lequel étant aufli bien échauffé que le premier , remontera tout aufli-tôt , & repaflera dans la
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- l60 VA KOHTTECTUkE chambre par les deux ouvertures fuidi-tes, à l'endroit defquelles fi on met quelque menu lin^e on le trouvera incontinent deilèche} ou bien fi on tient & enferme aux mêmes endroits quelque choie qui ait befbin d'être tenue fechement pour fa confervation, comme du fel, du lucre, des confitures fei-ehes* &: autres chofesfemblables, elles sy confierveront tres-bicn. La cheminée du cabinet des livres au Louvre , & celle de la principale chambre de la pompe à Paris, font accommodées en cette façon avec les lufdites platines*
- Scamozzi écrit , qu'en Angleterre on échauffe la chambre encore d'une autre forte par lemoyend’une porte de ferlegerequi fe puiffe ouvrir & fermer aile meut quand on voudra, fans nuire étant ouverte au paffage de la fumée , & étant fermée, êtouper toute l'embouchure de la cheminée. Quand
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- F R A & Ç O 1 SË. î6i
- ôil a donc un brafier bien allume, ce qui fe peut faire en peu de temps * brûlant une couple de cotrets feulement , on retire tous les tifons du feu qüi pourroieiit caufer de la fumée : cela fait, on ferme cette porte de fer > fi bien que par apres la chaleur du brafier ne pouvant plus s'exhaler par le tuyau de la cheminée , elle cft contrainte de fe répandre 8t rejettèr par toute la chambre, ce qui l échaufe auih-bien 8c mieux qu'un
- ü y a encore un autre moyen d é* chaurer un petit cabinet ou garde-robe fans y faire du feu, & fans avoir aucune cheminée > quand ils font fi-tuez joignant la cheminée d'une chambre , dans laqufclle on fafie du feu. Pour cét effet, il faut avoir la plus grande platine de fer quon pourra, qui fcrvede contre-cœur, 8c qui ne foit point recouverte par der-
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- 16t L’Architecture riere de brique > ny de muraille au* cune > mais entièrement à découvert, tant du collé de la chambre que du-» dit cabinet ou garderobe : Car cette platine étant échaufec , échaufera ai-fément par fa chaleur le cabinet qui fera de l’autre côté , & prefque aufli facilement quiim poîle , n’y ayant point de cheminée. Cét artifice ne fe peut pratiquer quand il fe rencontre au delTus un tuyau de cheminée qui paflè entre le contre-cœur de la chambre & le mur du cabinet ou garderobe.
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- François ,ë> i6$
- Des Coûtes.
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- Chapitre XXVL
- ON voûte a ordinairement tes caves & les offices qui font dans terre, & quelquefois tout féta-ge bas, la chapelle, le cabinet à gar* der les titres éc papiers de confequen* ce, & la galerie*
- Toutes les voûtes qui fôntèrt Uit
- étage peu élevé doivent eftre fur* baillées *, car autrement on ne pour* roit aller le long des murs qui fop* portent la voûte > qu en fe baiflaht* Aux autres étages qui font fort éle* Vez > elles doivent avoir leur plein
- d Outres.les voûtes de pierre 4ont l’Auteur parle pour les étapes bas > il y en a de légères que l’on apelle des Cintres pour les pièces des principaux apartemens , & qui font à prdent forteii ufage ; Elles fc font de Charpente que l’on couvre de cannes > de bâtons fendus oü de lattes cloiiées prés à prés, pour fcûtenir un enduit de plâtre où de mortier pour peindre à frefque*
- Lij
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- 1^4 1/ A Ë C HI T• Ë C ï U R E
- cintre , pour eftrc ccttc forme plus belle, & plus forte que la furbaiflee: a toutefois la furbaiflee efl: fort con-
- <* Voicy une réglé qui fait connoître la diiFcrcntc pouflée des Arcs , & l'épaiflêur qu’il faut donner aux piédroits pour
- l:sporter.Partagez l’arc ABCD, quel qu’il l’oit, entrois également aux points B & C , & menant une des cordes des arcs inferieurs comme C DjContinuez-la en dehors du couf-
- flnet D, enfortc que D G foie égale à DC* Puis prenez par le point G la droite GH parallèle au piédroit DE : la différence de la largeur D H, félon la différence des arcs , déterminera la différence de leur pouflée , & elle fera la même de l’épaifl'eur qu’il faut donner au mur du piédroit E H pour la foûtenir.
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- Françoise. i 6j
- vcnable à la peinture. Celles d’ar-rcftes n'ont pas fi grande pouflee, à caulè qu’elles ne la font qu’oblique -ment i mais elles donnent d’autre part des incommoditez bien grandes y ôc entr’autres , elles empêchent trop les jours Ôc ouvertures descroilees, fi elles "ne le rencontrent au milieu j ce qui arrive bien rarement r ôc elles ne (ont propres pour les peintures , comme celles qui font en berceau, lefquellcs doivent eftre fupportês toujours par les murs des façades , Ôc non par ceux de refend, afin de prendre commodément dans icelles l'ouverture des croilees, la hauteur defquelleç doit eftre toujours au deflus defimpofte des voûtes, quand elles doivent eftre peintes ; ce qui n eft pas neceflaire aux autres qui n'ont befoin d'ellre ornées de peintures, comme celles dçs offices, aiifquelles il n importe fi les
- L HJ
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- 166 VA R C H I T E C T U R E
- fenêtrages percent , 8ç coupent la voûte : Car en ce cas on fait une lunette dans la voûte au deflus de la fénêtrc, laquelle par ce moyen n’eft aucunement difforme à la veue , l'étant toutefois en toute autre forte de voûte que celle qui eft en berceau ou en arc de cloître , fi elle ne (c rencontre dç cas fortuit au milieu.
- Des ‘planchers.
- Chapitre XXVII,
- IL faut que les poutres ne (oient pour lç plus éloignées Tune de Pautre que dç dôu2;e pieds, & de fi*
- (jour le moins. L’efpace entre les fo-ives fera aulfi large a que la folivc eft
- a Cette pratique > cft la raifon de l’égalité des métopes dans les frizes de l’ordre Dorique , dans lesquelles les tri-glyphes, au raport de Vitruvc , reprefencent les boucs des folivesdu plançherdwdedans, & les, mçtopcs,. font les clpa-çès entre les memes.
- ' «U
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- Françoise. haute , quand on la tient plus haute ou épaiüe que large. La grofleur des poutres iur la portée de vingt pieds lera de leize pouces au moins, & à vives arreftes : de vingt jufques à vingt-quatre pieds,elle croîtra à proportion jufques à dix-huit pouces > & de vingt-quatre jufques a trente pieds, augmentera depuis dix-huit jufques à vingt-deux pouces, même jufques à deux pieds. Les folives fur la portée de fix pieds doivent eftre de quatre pouces de largeur, & de fix d’épaifTeur. Sur celle de quinze pieds, s’il s’en rencontroit quelqu’une de cette longueur , de huit pouces de largeur, & de douze de hauteur, ou cpaifleur , les tenant toujours plus hautes que larges de la moitié, à Limitation de la forme & difpofition des triglyphes qui nous rcprelentent la hauteur, la largeur , la fituation & ion dès folives anciennes 2
- L mi
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- yARCHITÊÇTURE G’eft: pourquoy a il ne faut luivre la façon qu’on tient à Paris defituer lefdites folives fur leur plat & largeur.
- Les fabliercs , ou liernes feront pour le plus de la moitié de Tepaif-feur de la poutre, & foutenues fur la recoupe des murs^ ou par corbeaux de fer,
- U ne faut entailler les folives dans les poutres, mais les pofer au delfus d'icelles , en recouvrant Tefpaee qui eft pardcfliis la poutre entre les folives d’une lambourde, (uivant qu'il fè pratique à Paris : Car cette difpofi-tion donne plus dç force & de beauté aux poutres.
- Les lambourdes doivent avoir d’ordinaire dix pouces de hauteur *
- a Cet Auteur a grande raifon de blâmer ce méchant ufa«. ee des Ouvriers qui fait bien xonnoître leur avarice & leur ignorance , faifant porter le fardeau par le collé le . plus fcible des {olives > afin d’en épargner une ou deu$ en çray^e, . *
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- Françoise. 169
- & quatre d’epaifleur pour les tenir cnraifon, & empêcher quelles ne fe dêjcttent : il faut en chaque travée trois ou quatre folives attachées aux poutres avec chevilles de fer, quand les portées des folives viennnetfur les faces du logis ) pour retenir le plancher en meilleure liaifon, & empêcher la pouflee contre les murs.
- Elles a doivent toujours eftre dif-pofées ou en égales diftances, ou en correlpondances, fi elles 11e font recouvertes d?'un plat-fond.Il ne fàut pas que le trou du mur dans lequel elles font logées les touche à la partie fupe-rieure , mais il doit y avoir un pouce ou environ de diftance , de peur qu’étant ébranlées par le cheminer, elles ne puiifent ébranler la maifon-iicric qui feroit lupportée defTus. Elles ne doivent aulli jamais eftre fituées
- 4 II parle des doutres ,& ce qu’il en dit n’eft pas toujours enufage , étant bien plus raifonnable de s’aflUjçtir à la fym-? iwetric des fçnêtrçs qu’à celle des travées.
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- 170 L’A R C HIT ECTURE
- à plomb fur une porte , fenêtrâ^ ge , ou quelque autre ouverture que ce foie> autrement, comme il a déjà efté dit , elles porteroient à faux, Quoy que par la Coutume de Paris les poutres ne doivent porter plus avant que la moitié du mur mitoyen, quand elles portent defïus, neanmoins plus elles ont de portée avant dans les murs qui les foûtiennent, mieux elles font.
- Parce que rajancement de la fy-metrie des fenêtrages & des poutres donne beaucoup de contrainte ôc de peiiie à P Architecte à les rencontrer comme il appartient , fans corrompre les commoditez , mefures, & forme des membres du logis & de leurs pièces , a on pourra éviter la fùjetion qu’aportc la fymetrie des
- <rCe remede eft bon pour les Iogemcns qui font fort ex-haufles, quoy qu’il ait encore les incommoditez : dont les principales font que les poutres recouvertesfe gâtent bien plutôt par l’air renfermé, que l’oja ne peut; pas voif
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- F R A N;Ç OISE. rjl
- poutres, fi on recouvre tout le plan* chef parle deffous d’un plat-fond: Car il donne non feulement de la facilite pour la difpofition & fymetrie des ouvertures, mais auiîi beaucoup d’ornement au plancher > & outre ce rompt & empêche quon n’entende le bruit incommode de l’habita-tion fuperieure, & retient la pouf-{îerc qui pourroit tomber du plancher en cheminant au defTus. On le fert en quelques Provinces de gros fo-liveîiux paflans , qui portent d'un bout de la chambre à l’autre fans au** cunes poutres , mais ils ne font propres qu’à un petit plancher, ou qui (bit pave de bois, & non de carreaux, à caufe qu’ils cremblottent trop.
- de bonne heure leurs defauts, que le feu s’y peut longtems couver & y prendre force , que le vuide au deflus du plat-fond ferempliç d’ordures, de rats & de vermine qui ruinent tout.
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- 172. L'A RCHIUBCTURE
- * I
- Des £ouvertures. Chapitre XXVIII.
- P Lus la maticre dont on couvre, eft pefânte , plus le toiél doit élire abaille : Car fi on couvre d'ar-doiles on fait ordinairement fa hauteur égale a la largeur; mais pour la tuile , on ne luy donne que les deux tiers, ou les trois quarts pour le plus : s'il y a des croupes elles doivent élire tenues plus droites que l’autre couverture.
- . \
- La a couverture haut élevée lert
- aux Villes à prendre plus de logement
- <*Les couvertures hautes ceflent d’être en ufage à Paris , à caufe de la dépenfe & du peu d’efpace qu’e’les enferment ; les Manfardes font bien plus utiles où les bois de peu de longueur peuvent fervir , & où la .place y eft plus quarrée* La defertption en eft dans les livres de Moniteur le Muet.
- J’en ay mis le deflèin à la fin d’une des notes du quarante-deuxième Chapitre de ce livre où l’auteur traitte de la Charpente»
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- F ft A N Ç O I S B* Ï7$
- au deflous > & de peur aufli qu’en élevant trop le mur pour y faire un étage quarré, au lieu d’un galetas, on obfcurciflè par trop , la rue étant étroite , la veue du voifinage. Aux païs froids elle cft aufli-bien neceflai-re à la campagne, que dans les Villes > dautant que fi elle étoit trop abaif. fëe, la neige croupiroit defliis, laquelle venant à fe fondre en (c glaçant fur les bords, feroit refluer l’eau qui ié-roit fondue dans les galetas, ou greniers. Quand il tomberoit aufli une pluye impetueulé &grofle, ne pouvant fi promptement defcendre, elle regorger oit au dedans du logis.
- Parce que la couverture d’un corps de logis double, quand on la fait trop droite, pour fe libérer des lufdites incommoditez , monteroit trop haut, & feroit fujette à eftre trop agitée, de tourmentée de Tim-petuofité des vents, on la doit re-
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- 1?4 L’Àit C HÎÏECTUft E '
- couper par le deffus , & recouvrir dé plomb, pour y faire fi Ton Veut une terrafle revêtue de baluftres ; ce qui aporteroit du contentement & une grande beauté d’alpeâ.
- Les a pavillons, & logis tous quar-rezfont plus beaux couverts à double poinçon, quà un.feul,ou bien pour le mieux en dôme, en forme de demy cercle, avec une lanterne au deffus, la hauteur & largeur de laquelle fe
- Gardez-vous bien de fuivre l’exemple de la couverture du Sa lion de Meudon qui elt faite comme un manequin rea^ verfé.
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- F K À N Ç O I S Ë.’ t7s
- prend fur un triangle a équilatéral, ayant fes coftez auffi grands que le diamètre du demy-eercle du dôme, fuivant que la figure, & le trait en font repreiintez par Daniel Barbare» en fis commentaires fur Vitruve.
- « Daniel Barbara s’eft contenté de donner le trait de_la
- T
- figure dont parle l’auteur , pour ferrir de lanterne fur un Dôme > fans en donner aucune explication : Mais comme
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- Vjé L’A RCtttTECTÜitË
- On fé fert pour le comble dés côii^ veitures de deux fortes de fermes i La première eft fur jambes dé force i la fécondé fur plate-forme*
- Les premières s’efpacent de tra-i véesen travées, étant {îtuées à fen-droit des poutres, quand elles font portées par les murs de dehors , &
- elie peut être utile à d’autres couvertures, j’aÿjugé à propos d’y ajouter quelque chofe & de l’expliquer en cette ma*» nierc. Soit A B la largeur extérieure du haut dit bâtiment à couvrir entre les deux murs, dont les épaiflèurs lont ACv DB. Elevez en E milieu de la ligne A B, la perpcndiculai** Ire indefinie de part & d’autre EFT: Et ayant pris au deflous du point E la partie EF égale à la moitié de C E , c’cfta dire au quart de la largeur du dedans , menez par le point F le droite GÎ H parallèle à AB, coupant les faces inte* rieùresdü mur en I & K. Puis ayant fait fur I K le triangle équilatéral ILK : du centre F & intervalle fG * faites le déni y-cercle GMNH, qui fera le ceintre extérieur du Dôme, coupant les cotez du triangle aux points M , N : par où il faut élever les côtez de la lanterne MONP > rencontrant la droite OP menée de niveau par le fommet du triangle E* Le ceintre de dehors fera décrit du centre Q_£loigné au del-fous du point L de la longueur L Q^égaleau quart de la largeur de la même lanterne* Le fommet T , triangle équila* teral fait fur la baie RQS., détermine la hauteur du der-* nier amortilîement. Le point V centre du ceintre interieut de la coupole eft élevé audeflus-du centre F de la hauteur F V égale à la moitié de l’épaid'eur du mur AC ou GI : comme le point X centre du ceintre intérieur de la lanterne eft élevé audefliis du centre Q de la hauteur Q X égale à 1* moitié de l’epaillcur du mur de la même.
- non
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- François Îé. 177
- hôri par ceux de refend: auquel cas, au defaut des poutres, 011 fe fert de pièces appelléesfemelles, ou tirans. Les fécondés font plus belles, Ôc us nobles que les premières, y eii ayant autant que de chevrons, &font propres pour les galeries en voûte, grandes fales , & autres places qui font exhauflees julques fous le comble des couvertures. On cfpace les chevrons de deux pieds en deux pieds, ôt de milieu en milieu, qui font trois à la latte quand ils font forts: Car quand ils ont moins de force, on les doit efpacer a de feize pouces en feize oouces, auffide milieu en milieu, qui ont quatre chevrons à la latte > parce quelle doit avoir quatre pieds de long. Je ne diray rien davantage de
- 4 Cette diftributioti de chevrons nous marque l’origine de celle des modillons dans les corniches , lefquelsau rapport de Vitruve reprefentent les bouts des chevrons quand ils font à cette diftance : Ou celle des denticules qui font les boucs des mêmes chevrons quand ils fontpofés prés à prés»
- M
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- 178 L’A RCHITE CTUR E la charpenterie du comble des cou-^ vcrtures : Car le (leur le Muet l’a fort bien traitée & reprefentée fur la fin de fon livre de la maniéré de bien bâtir pour toutes fortes de perfonnes.
- Des dehors du batiment, & des moyens de faire un écho artificiel*
- Chapitre XXIX.
- L’Entrée doit avoir au dehors une place grande & Ipacieufe., avec une avenue à trois allées} la plus longue qu’on pourra , l’allée du milieu ayant quelque quatre toiles a de
- * Cette largeur eft par trop petite > & lors que les arbres font hauts , quelque loin que l’on prenne de les élaguer , ils rendent toujours cet efpace trop refïêrré.Elles reiimlTent beaucoup mieux de 8. à io. toifes de large , fi elles font tant loit peu longues , & les contr’allées à proportion: L’on en a fait meftnes de i^. de zo» jufqu’à z$. & jo. toifes , dans celles qui lont d'une extraordinaire longueur : Pour moy je ne fçay fi ces melures de la largeur doivent avoir tout ieur rapport à celles delà longueur fi l’on n’y doit pas faire quelque réflexion à la hauteur des arbres qui cit déterminée : Aufli eft—il mal-ailé de juo-er: fi ces grandes largeurs feront un bon effet lorfque Tes arbres auront leur croillance : Et peut-être la mode changera-l’clie en attendant :auffi bien que cette autre qui fait abat-
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- Françoise. 179
- large, & les deux autres là moitié» Ces trois allées feront revêtues d’ar-bres à ombrages, & de palilfades entre les arbres» Tout le long de cette ave-nuë fera fermé de part & d’autre de deux foffez éloignez du pied des arbres d'une toifç, ou environ, en lait fant de la terre à fuffifance pour la nourriture des racines des arbres de ce cofté.
- Les trois autres cotez du bâtiment feront embellis de parterres & jardinages ( s’il ny a point de bafle-court ) defquels je ne diray autre, choie, finon cjue deux terrafies pour le moins font necelfaires , dont l’une lera tournée vers le Septentrion , &
- 1 autre fera expofée au Midy. Le deflus
- tre tout le bois qui fe trouve alentour des maifons, afin d’avoir de belles découvertes : Jefçay Bien qu’il eltbon d’en ôter lorsqu’il vous dérobe quelque belle veuc , mais je doute <jue l’on foit toujours d'humeur à tout abattre > au moins jufqu’à ce que l’on ait trouvé le fecret d’en fai» ^e venir d’autre auffi ville qu’on le peut abattre : & je luis perfuadé qu’un peu de couvert dans les jardins a les grâces bien que les parterres de broderie»
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- t80 L’A R C^M ITECTURE de ccs terrafles lcrvira pour voir plus diftinétement, en fe promenant, !a beauté des compartimens , laquelle ne peut eftre bien nettement confia derée, 8c reconnue, fi elle neftregardée 8c confiderée de haut. Le del-îous de celle qui aura Ion afpedtau Septentrion fervira à conftruire les grottes , 8c y prendre le frais l’Eté: Le detfous de l’autre qui eft expolce à la partie du Midy , lera propre à y retirer en temps d’HyVer les lauriers, orangers , myrtes , figuiers , œillets , 8c autres plantes qui ne peuvent fuporter longuement les rigueurs du froid.
- Il ne iera peut-être mal à propos de dire encore^ qu’on peut faire un écho artificiel à peu de frais à l’imitation de celuy du jardin des Tuileries à Paris, a lequel eft tel ( ce que peu de
- 4 Cet Echo eft rompu aufîî bien qUe les autres pièces qui compoioient lé fonds du jardin des Tuileries > comme,
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- scrfonnes ont remarque ) par cette ::orme artificielle qu’il a, & non par la difpofition naturelle du lieu, l’in-terlcéfion des lignes de la réflexion de la voix, oui fe trouve aux mêmes endroits où l'êcho eft entendu, 6c non ailleurs, fera facilement reconnoî-tre la certitude de cette propofition à celuy qui fera médiocrement in-ftruit aux démonftrations Géométriques. Celuy qui defirera eftre inftruic plus particulièrement de la façon de cét écho artificiel , Rapprendra par la lecture du traité qu’en a fait le Pere Jjfeph Blancanus de la Compagnie de Jefiis, lur la fin de fon livre intitulé Spbœra mundj.
- Pour cét écho il ne faut qu’une muraille en demy rond, de la hau-
- teur de quelques deux toifes , cç
- ftet, hoquets, auarre* d’eau , prêtent
- dont l'on a changé entièrement le deueiP>qu
- tout décoUTert»
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- lût UArchitecture detny rond ayant en diamètre environ vingt-quatre toifes , comme ce-luy des Tuileries. Blancanus remarque qui! réüffit mieux, quand il y a de l’eau entre la muraille qui renvoyé la voix , & le lieu d’où elle part. Pour cet effet, on pourroit faire un canal,un demy badin, ou un baflin entier entre-deux.
- Il y a encore une autre manière de renvoyer la voix, qui ne fe fait pas parle moyen de Techo , mais par ce^ luy d’un angle creux en unefalle quar-rée , voute'e ipheriquement comme celle de Mantoue, ou bien en are de cloître. Sur cette raifon j’enay trou~ ve un au logis de la Reyne mere du Roy, en ton. Palais du faux-bourg faint Germain , en une chambre quarree, voûtée en arc de cloître, au bout de la falle balle, en laquelle le fieur Berthelot travaille à prefent en marbre. Cette chambre peut avoir
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- Françoise. 185
- quatre toiles & demie en quarré , 6c trois ou environ de hauteur, 6c rend la voix d un angle oppofite à l’autre fort intelligiblement , quoy qu’on parle fort bas* 6c qu'il y ait de grandes croifees à un pouce 6c demy, ou environ auprès des angles, norrob-liant l’ouverture delquclles la voix ne laifle p as d’eftre entendue : Il eft vray que l’effet réüflit mieux quand les fenêtres font fermées.
- Si le lieu où eftfïtué le bâtiment eft plain, 6c non beaucoup inégal, il faudra faire au bout du parterre, quf fera à l’afpeâ: du côté principal du corps de logis , un grand parc en forme de quarrê parfait, ou oblong* ce parc étant feparé du parterre par un canal égal en longueur à celle du parc.
- La difpofition du parc fera belle, s’il eft divifé en vingt allées ou rou-?
- M iüj
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- 184 L’Architecture tes , a larges de trois ou quatre toifes fuivant la grandeur du parc j lefquel-les allées ou routes feront premièrement dreflees au nombre de quatre, b le long des quatre faces du parc, puis
- <t II faut voir ce que j’ay remarque cy-devant de la larr geur de ces aliécs*
- b l a difpofition des vingt allées dans un parc quarré » dont parie cet Auteur , s’tçtendra mieux par cette figure
- que par Ion difeours. Les quatre premières au long dé, quatre façes du parc font les allées A B : B C : ÇD : DA*
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- Françoise. i8j
- au nombre de huit , fçavoir quatre, qui répondent aux quatre parties du milieu des quatre faces du parc, & les quatre autres aux quatre coins d’ice-luy, reprcfcntant une forme d’étoile au milieu du parc. Les autres huit allées naîtront des quatre parties du milieu, fçavoir deux de chacune de ces quatre parties, fïniflant chacune aux quatre coins, en forme de demies é-toiles, ou pâtes d’oye. Les places qui feront entre ces allées, feront remplies les unes de bois fauvage, les autres d’arbres fruitiers , & les autres employées en prairies, terres labourables , & vignes félon l'étendue du part.
- ï-es quatre qui répondent aux quatre parties du milieu des quatre faces font FH:FE:FG:FI* Les quatre qui répondent aux quatre coins font FA : FB : FC : FD. Les huit autres font M É, M.H; NG , N R: L G , LI : K E,K I3
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- 186 L'Architecture
- Des Sources, & Fontaines naturelles, des moyens de les trouver y de conduire C e au > la mefurer, & la faire coul er.
- Chapitre XXX.
- ♦
- LEs Fontaines font ou naturelles > iOu artificielles. De Serre en Ion Théâtre d'agriculture, a mieux qu’aucun autre, à mon avis, enfeigné les moyens de trouver la fource d’une fontaine naturelle, & de faire le ramas des eaux : C'efl: pourquoy ne voulant icy rapporter ce qui a déjà été dit par d’autres, je vous donne-ray avis feulement , que tant plus vous poutrez profonder vos tranchées, a tant plus vous aurez d’eau,
- a Comme ce font les lits de glaire qui retiennent les eaux dans la terre , il fe faut bien garder de la percer lorfqu’oti a trouvé de l’eau au deflus , parce qu’elle fe perdroit aulfi-toft 8c s’épandroit dans les terrains qui feroient fous la glai-ze, & qui ne la fçauroient retenir. Mais fi l’on ne trouvoit point d’eau fur la glaire , ilfaudroit en ce ci s la percer
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- Françoise.1 187
- la quantité de laquelle ne fe mefu-re guère que par lignes , ou par pouces.
- Pour parvenir à cette meiure , il faut arrêter le cours de vôtre eau par une petite éclufe: & fi vous croyez qu’il y aitpluiieurs pouces > vous percerez vôtre éclufe en autant de pouces alignez de niveau que vous pen-* fez à peu prés qu’il y en pourra avoir : tellement que fi l’eau en s’écoulant par ces trous, les remplit tous, 11e débordant pardelTus qtfenviron la quatrième partie de leur diamètre, vous aurez rencontré au vray la quantité des pouces que vôtre lource fournit au temps que vous faites cette me-fure : que fi ladite eau ne remplit en-
- avcc unTarier,& principalement dans les lieux bas environnez de montagnes ou de collines , où il arrive fouvent que l’eau elt retenue par la glaize de dellus qui l’empêche de montera fa hauteur naturelle : laquelle elle reprend au/fi-toft que l'empêchement eft ôté. C’eft l’artifice dont on fc fert^a creulcr les puits dans la balle Autriche , où l’eau monte quelquefois à la hauteur de plus de vingt pieds au deflus du lit de glaize que l’on a percé.
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- î88 L'Architecture tierement ces trous avec le debord fufdit, il en faudra refermer Lun ; fi elle ne remplit encore ce qui relié, il en faudra encore reboucher un autre, en les refermant ainfi Lun apres l'autre , jufques à ce que vous voyiez quelle remplifle ce qui reliera, avec Je furcroît lufdit feulement. Au contraire , fi ladite eau, en remplifiant tous ces trous, vient à déborder par le defiusde Leclufe,il les faudra aug* menter d'un : Que fi elle ne 1 aille encore de déborder, il faudra derechef augmenter d’un autre , continuant cette augmentation julques à ce que vous les voyiez tous remplis, en ne débordant pardelïus que de la quatrième partie de leur diamètre. Le même lè doit pratiquer pour la me-fure des lignes, Or vous prendrez garde liir ce fujet, que quand vous entendrez dire qu’une fource , par exemple * a* & jette quatre pouces* qij
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- François t. Î89
- quatre lignes d'eau , vous ne* devez pas entendre qu’elle remplifle en s’é-coulant, un trou qui ait quatre pouces * ou quatre lignes de diamètre , mais quelle remplit quatre trous, ayant chacun un pouce , ou une ligne en diamètre, étant percez & polez à niveau, a Car un trou ayant quatre pouces , ou quatre lignes d’eau, four-niroit plus de feize pouces , ou feize lignes d’eau.
- Cette eau Te conduit ou par aqueJ ducs, ou par tuyaux. La conduite qui fe fait par aqueducs, eft la plus noble, la plus fture , &: la plus commode: mais elle eft d’une fi grande dépens fe , principalement fi la fource eft loin, qu'il napartient qu’aux Princes,
- 4 II faut dire un trou qui a quatre pouces ou quatre lignes de diamètre, fourniroit, non pas plus comme il dit, mais juftement feize pouces ou feite lignes d’eau : Ce qu’ii faut entendre de l’eau qui n’eft point forcée : Car. pour peu qu’elle foit pfellêe ou par Ion poids ou par fon mouvement/ Elle change beaucoup ces metures , pouvant dans une filiation palfer cent fois plus d’eau, qu’en une autre, par un même trou.
- mè
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- ïpo VA RCHlTECTUÎtË-
- ou à une République de fent-rcpreli^
- dre.
- a Les tuyaux fe font ou de plomb, ou de terre, ou de bois :La conduite qui fe fait par les tuyaux de plomb eft la meilleure, Ôc n’y faut craindre que les eaux en p allant tirent une mauvaiie qualité de plomb *. Car au contraire, le plomb tire à foy ce qui eft de terreftre dans l’eau dont il fe rcveft, ôc eli fait une croûte tout à l’entour, qui va tous les jours peu à peu augmentant,&par cemoyenpu-rifiant plutoft l’eau de fa terreftreïté, que luy communiquant fa cerufe,ou qualité plombeufe.
- Mais outre que cette forte de tuyaux eft fort cherc, elle eft trop fujette à eftre dérobée aux champs, principal lementen temps de guerre.
- Les tuyaux de terre cuite tiennent
- a L*on a voulu fefervir depuis peu de tuyaux de fer fort* du, mais cela n’a pasreîiflï.
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- Françoise. 191
- Feau fainement, mais ils font auffide grand coufl:: Car il faut qu'ils (oient pofez fur fondemens de maffonnerie bien aflùrez, & revêtus toutNautour d'un demy pied pour le moins de bon ciment ; nonobftant quoy, ils ne laif-fent pas de fe cafTer fou vent, y étant fort fujets, à caufe de la fragilité de leur matière , fi la terre s'affaiffe tant foit peu au deffous, ou fionlaifTe geler l'eau dedans, car l'eau fe renflant par la gelée , ainfi que l’experiencè l'apprend,ils fe rompent par ce moyen fort aifément , même quand ils fe-roientdefer.
- Les tuyaux de bois font ou de chêne , ou de bois d’aulne. Le chefhe fe confcrve mieux que l'aulne en lieu fec, 8c l'aulne en lieux aqueux , quoy que tous les deux ne laiffent pas de fe pourrir en lieu £èc. Pour plus grande durée , il feroit meilleur d'employer des tuyaux de terre en un terrain fec s
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- ï$î L’A R G H t T Ë e T Üï* È car la terre ne s’y affaifle que foré maLaifémcnt; & des tuyaux de bois* foit de chefile , ou d’aulne , aux endroits marécageux;
- Il faut en la conduite des tuyaux l aux lieux les plus bas , faire des décharges, afin de vuidcr l’eau, quand il eft befoin de refaire lcfdits tuyaux; & des ventoufes lur les heurts, & lieux les plus élevez , pour doiiner iflue à l’air, & aux vents, quand il faut mettre, & faire couler l’eau dans iceux.
- La plus belle façon de faire joüer, & couler l’eau dans le baflîn de la fontaine eft par lances, ou boüillons d’eau : mais dautant que cét élancement d’eau en haut eft agréable à voir* il eft tant plus incommode, en ce que fi le baflîn neft bien large , le vent emporte l’eau prcfque toujours hors du baflîn: c’cft pourquoy on eft obligé à luy donner une .largeur grande ôdpacieulé à proportion que le bouillon
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- . F ft A N ç 0 i S Ë. Î9$
- Ion s'élance haut. Il a aufïî cette autre incommodité , en ce que la quantité d’eau que la fource fournit, paroîten cette forme fort petite : Car un pouce d eau, par exemple, paffera prefque pàr un trou de deux lignes en diamètre : a Ge boüillon va plus, ou moins haut, félon que l’eau eft conduite depuis la lource plus ou moins en droite igné, & que les trous des tuyaux par où elle paUe,font plus ou moins amples. II faut aufli prendre garde de n’oublier à faire mettre une décharge au pied du baflin, par le moyen d’un robinet, qui s'ouvrira , pour ne lait-fer point d’eau dans les tuyaux de la fontaine pendant la gelée :~Car autre-
- ét II importe peu que lâ conduite foit en droite ligne ou autrement pour faire que le jet d’eau s’élève plus ou moins, pour veu nue les tuyaux ne s’éventent point , & gué l’eau vienne de haut* Il eft vray neanmoins que la conduite pourrait être tellement oblique, que l’eau perdrait beaucoup de la force de fon impulfion par la quantité du frottement dans le tuyau, & qu’elle ne monteroit peut-être pas à la hauteur d’un autre jet, dont la fourceleroit égale, & la conduite plus droite & plus proche de la perpendiculaire»
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- 194 L*A rchîtèc ru.it Ê ment, venant à fe geler dedans, ellé les creveroit , & romproit. Four la même ràifon il faut faire la formé dü badin, en tel le forte, que le creux d'i-celuy aille toujours s’élargidant en th rant vers le haut: parce que fi ellé êtoit pratiquée au contraire , le baflin fe fendroit pendant les gelées :Ce que T expérience a fait rcconnoîtré être Véritable , & le fait voir encore aifé-ment, en empliffant d'eau un verre > dont la forme va toujours s élargi flan t par le haut, & une bouteille, dont la façon eft toute au contraire : Car on verra quand l'eau fe geler a en fun j & en l'autre, que la fiolie fe caf-lera y & le verre demeurera en foft entier. On fe travaille beaucoup à faire diverfes fortes de ciments, pour retenir F eau dans le badin, mais de quelque façon qu'on les fadé, ils ne font jamais de longue durée en France; C'eft pourquoy fe fcrvant de la maf
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- î ïf À N Ç Ô î s ti %
- fônnerie ordinaire > on a meilleur marché de les revêtir de plomb par le dedans du badin*
- t>es Fontaines artificielles , 0* de divers 0* faciles moyens défaire monter & élever £eau,
- CïîAPiTitE XXXh
- L A plupart des getts lettréz tien* lient, conformément à l'opinion d’Àriftote, que les fontaines proviens lient des vapeurs élevées dans terre * & converties après eli eau * parle moyen dé la froideur dïcelle i a Mais l’expérience a appris aux fontainiers, & nommes entendus & pratiquez à
- 4 Quoy que l’on fçactie qiié tes pluyes s’imbibant en ter* fe produifent l’eau des fontaines , il ne s’enfuit pas que les vapeurs élevées datis la terre n’ert puiflènt point produire .* au contraire on peut croire par la quantité dés eaux des rivières qui né laiflentpas de couler dans les temps les plus fecsf qtic ccs deux caùfesne font peut-être pas les leules qui les engendrent*
- N ij
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- Î9Ô L’A R CHIT B C T U R E la recherche des fources, que f opinion des Anciens, qu'Ariftote a rejettée eft plus véritable ; fçavoir que les fontaines font caufees des eaux des pluyes, lefquelles tombant fur les montagnes s’imbibent, & defeendent , pour la plupart dans le profond de la terre, jufques à ce quelles rencontrent quelque corps non poreux , & permeabîe à l’eau, comme glaile, ou tuf, qui la retienne , de forte qu’étant lors arretée , elle recherche iflue par les cotez, laquelle ayant rencontrée,elle fait en cét endroit une fontaine.
- On a à cette imitation trouvé le moyen d’avoir par art une fontaine, fuivant que Serlio, & Bernard Palif fy fenfeignent : Car fi le Seigneur aproche dé famaifon dix ou douze ar-pens de terre feulement, fur une montagne , ou autre lieu plus élevé que fa màilqn, qui foit en pente en telle forte que le eaux fe puiflent écouler
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- toutes en un endroit fans s’imbiber beaucoup dans terre : ou bien fi ce lieu eft fans pente, il luv en faut donner par art, comme on fait es rues de quelque grande Ville, pour faire par ce moyen couler, tomber, & amaf fer toutes les eaux en un endroit dans terre, en lieu accommodé en forme decifterne, qui y retienne l’eau fans qu'elle en puiffe refortir que par l’endroit ou 011 Iuy voudra donner iffue : Il aura par ce moyen trouvé une lource de fontaine qui luy pourra fournir de l’eau coulant continuellement à la groffeur d’un pouce plus de fixfemaines durant.
- S’il 11’a point de place propre à cét effet, & qu’il ait au lieu d’icelle,non loin de (a maifon une riviere , un é-tang, ou un ruiffeau qui puiffe fournir de l’eau fuffifamment pour fâire tourner une roue avec affez de forec^
- N iij
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- 198 L’A R CHITECTURE & qui foit {uffifante à faire élever de l’eau à telle hauteur qu’il fera befoin d’un puits qu'on fera en cét endroit, ou d*une lourcc vive qu’on y pourra conduire ailémcnt, il pourra par ce fécond moyen avoir une autre façon de fontaine artificielle qui coulera continu elle ment.
- Que s'il n’a aucqn lieu élevé, ny riviçre, étang, ouruiflçau, il fera faire & creufçr dans fes jardins un puits fi profond que l’eau ne s’en puifle é-puifer, duquel par machines il pourra faire élever l’eau par le moyen de la force d’un cheval, à telle hauteur qu’il voudra dans un refervoir, pour d'iceluy la faire couler en fontaine en tel lieu qu’il defirera.
- Or de toutes les machines, je nen trouve point de plus aifée, ny de plus grande execution que celle dont on îc fert auprès d’Angers pour épuifer
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- Françoise. 199
- Feau des ardoifieres : Car ces machines lèvent avec deux féaux a feule-ment a une perriere qui aura vingt-deux toifes de profond, avec un bon cheval en deux heures & demie , foi^
- Xante 6c quinze muids d’eau, à laquel-le hauteur une pompe ne-n pour^ roit pas élever la moitié ; tellement qu’à la hauteur de fept toifes quatre pieds > elles éleveroient dans trois heures deux cens foixante & dix muids
- d eau , 6c par ce moyen en fourni-* toient pendant ce peu de temps pour couler à la quantité d’un pouce envi-rpn cinq jours 6c demy durant, à couler douze heures par jour. Car on tient que. h cinquante muids d’eau
- '** R a rai Corn 4® louer cette machine qui e(t de celles où toute la force mouvante el| employée à lever l’eau fauç otre.^arrêtée par le frottement comme çn celles où il y a oes pompes attra&ives,
- k Cela peut être vray de l’eau qui coule de fon propre poids Guêtre prepe « Mais fi l’on yeut en faire des jets d’eàu , il én faut bien davantage » Sç la quantité qui s’y cpntume s’augmente incroyablement à mefure que le jet a plus de hauteur , c’eft a dire à mefure que l’Gn imprime “ 15. de yitep à. l?eau, '
- N iiij
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- zoo L’Architecture font plus que fufiîians pour fournir de l’eau coulant continuellement1 douze heures durant, la grofleur d’un pouce.
- Parce que cette machine eft à mbit jugement la plus expedïtive & au plus aifee de toutes,j’ay eftiméqu’il ne feroit mal à propos d’en donner le devis fort au vray , & fèlon qu’il fut envoyé par un Maître du lieu à feu Monfeigneur le Prefident Jeannin, lequel devis eft tel.
- Pour mettre cette machine , Ôc le cheval à couvert, il faut que le bâti-ment foit de trente pieds de grandeur en quarre dans œuvre : Pour porter partie de cette machine , faut deux oieces de bois de vingt-huit pieds de .ong, chacune de ièize pouces de grofleur : on les apelle faillies , lesquelles doivent eftre pofécs à diftaiv cç Tune de l’autre de fept pieds ou environ, & enterrées dans la terre > en
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- Françoise. 201 forte que le cheval puiffc palier, & repaflèr pardeffus fans les endommager , lefquelles faillies doivent s’avancer fur le puits en forte que les féaux montant, ou defeeridant ne frapent Contre les murs du puits > lequel aura à cét effet quelques huit ou neuf pieds en diamètre.
- O11 mettra fur le bout de ces faillies vers le puits, un chevalet de neuf pieds de hauteur, ou environ /qui fera fait de deuxpôteaux de fept pom-ces de grofïeur en quarre , avec tin tirant de neuf pieds de long, fur lé haut dcfdits poteaux en tenons & mortoifes travées fur lefdites fablie-res, avec quatre liens, deux fous lé tirant , & deux fous les deux fablieres, lefquelles feront portées de l'autre bout fur un autre tirant, qui fera au pignon du comble du bâtiment.
- Il convient aufC pofer au milieu* dudit bâtiment un arbre fus bout,
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- ZOZ L’ A R c HI T È C T U R E
- de quatorze pieds de long, & de feizé pouces de grafTeurpar le milieu , qui fera porté pat le pied fur une piece de bois mile au travers, fur le bout de deux fablieres au dedans * laquelle piece aura neuf pieds de long', & un pied de large > retenue avec deux ehe* villes de fer fur le bout des deux fa* bliêres ! Faut mettre au bout d’em-bas dudit arbre un pivot de fer ace* ré par le bout, pofé fin* une coëtte de fer, qui fera engravée fur le milieu de ladite pièce qui fera en travers fur leldires deux fablieres, & fera ledit arbre retenu par le bout d’enhaut au fousfaîte du comble du bâtiment.
- Dans cét arbre léra porté un roüet couché , qui aura douze pieds de grandeur en diamètre, pofé fur quatre bras qui pafferont au travers de l'arbre, & auront de groffeur neuf pouces en un fens, & fix en l’autre, étant {apportez par huit liens qui feront af-
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- Françoise. tof
- fembléz en tenons ôc mortoifes dans le pied de l’arbre. Ce roüet lera élevé de fept pieds de hauteur, & garni de quatre-vingts allichons,
- On aflemblcra aufli dans ledit arbre fus bout, & tout au travers dl-celuy en tenons & mortqilçs , uns ûece de bois de quatorze pieds de . ong y appellëe une queue , qui fera courbée par le bout , à laquelle fera attelé le cheval qui fera tourner f arbre , &fera icelle piece élevée de cinq pieds de hauteur * pouf donner paffa^ ge libre au cheval, & aller, & venir par de (Tous fans empêchement
- Faudra faire encore un autre arbre couché ,appellé fcrfuft, de vingt pieds de longueur ou environ, & de dix pouces de groffeur en quarré : aux deux bouts duquel ferfuft y aura deux tourillons de fèr de deux pieds Ôc demy de longueur, deux pouces d*é-paiffeur > ôc trois de largeur > qui for-,
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- io4 L’A R C H X T £ C T U R E
- tiront outré les bouts dudit ferfuft de
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- cinq pouces, & fera porte' ledit ferfuft d’uil bout lur lé chevalet, vers le puits, ôc de l’autre bout lur une grofle pièce de bois de trente-deux pieds de longueur, ôc de quatorze à quinze pouces de grofleur en quarrê , laquelle paffera au travers du bâtiment, étant pofee fur les fablieres d’iceluy, Ôc faut mettre fous chacun des tou-
- rillons qui feront au bout dudit fer-füft, deux co dettes de cuivre, qui feront engravées, fçàvoir lune fur le milieu du tirant dudit chevalet, ôc l’au-
- tre fur le milieu de la pièce de trente-deux pieds de longueur, pour tourner plus doucement.
- Faut aux deux bouts dudit ferfuft
- deux fufées, une fur laquelle fe po-feront les çhables , ayant trois pieds de grandeur en diamètre, garnie de treize fuzeaux de lymande, ou membrure de deux pouces depaiffeur,
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- Françoise; zo §
- cinq de largeur, Ôc fept pieds & demy de longueur: L'autre fufe'e appejlçe tabouret a lept pieds de hauteur en diamètre, étant faite de doubles madriers de deux pouces d’epaillèur: Ce tabouret a quarante fuie aux , qui prennent dans les allichons, & n’ont lefdits fufeaux que vingt pouces de longueur chacun , étant chevillez par le derrière des tourtelles dudit tabouret ou fufee, & faits de bois de cormier, comme le font aulïi les allierons.
- On fait outre ce, un baflîn au bout du bâtiment, vers le puits , dans lequel baflîn fe verlera l'eau venant du puits ; iceluy baflin ayant onze pieds de long, & deux pieds de haut fait de madriers de deux pieds de largeur, ôc de quatre pouces d'épaifleur , al-femblé, & compofé de cinq pièces, une deflous pour le fond, deux pour les cotez, èc deux autres pour les
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- tùè L*A & C H I TE CTUÜË deux bouts : Ce badin affetiiblê doit avoir trois pieds &deiny de largeur par le haut, & deux par le fond*
- Ledit badin doit eftre pofé lur les faillies qui portent le chevalet fur les bords du puits.» en forte que les féaux* montant Sc defeendant ne touchent audit badin,
- Faut mettre dans le fond dudit badin une piece de bois de fix pieds de long, & fix pouces degrolfeuren quarrê bien retenue audit badin , à laquelle piece tiendront les mains dé fer , qui feront verler les féaux, On fera à l’un des bouts du badin une ou> verture de quatre pouces en diamètre , pour de-là Conduire l’eau par tuyaux dans le refer voir.
- Si on vouloir taire travailler cctté 'machine continuellement, & audi-bien de nuit que de jour, faudroit fïx chevaux d’ordinaire, même plu-toft huit que fix, parce qu’ils travail"
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- F R A K ç ô i S ë: ïof
- lent beaucoup, & que chaque cheval ne peut travailler à 1 aile que deux heures & demie, ou trois pour le plus, quand la machine eft bien eï>-rante , ôt adroitement faite par un charpentier qui l'entende > qui foit bon ouvrier > & qui en ait déjà fait d'autres : parée que fi ladice machine, outre qu'il n'y doit rien manquer de fes mefures > & dimenfions, neft tien fituée , & dextrement faite, elle tue autant de chevaux quon y en peut mettre.
- Pendant que l'un dès féaux plein d'eau monte, il en defeend un autre vuide qui puife à bas, pendant que l’autre verfe en haut dans le baflïn*
- Il faut deux chables fur la fufée de devant, aux bouts d'iceux font attachez les féaux, lefquels féaux doivent être liez de trois cercles de fer, fça-voir deux aux deux bouts, & l'autre au milieu, ayant deux tourillons où
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- 1
- ko8. L’A rghitectuRe
- s’attache Tarife du feau, avec un aur*
- tre demy cercle de fer qui eft, ;au deflus ,du bout dudit feau fur lequel s'acroçhent les mains de fer qui font verfer ledit, feau dans le baffin.
- - 4 r ' A - r
- Il y 9- une autre .force de ru ach ne qu' on appelle, roue foncée , ayant vingt deux pieds en diamètre, portée fur deux faillies -, & fur deuxeheva-
- . + \ v • • . .4 ' J
- lets , laquelle eft tournée, menée par quatre hommes qui travaillent trois heures durant , & font, relevez par quatre autres hommes, continuant ainfi tout le jour , & changeant de trois heures en trois heures ; Ils lè-
- vent à peu prés autant d’eau en trois heures , comme un cheval, fait en deux heures & demie, & faut pareil équipage à ladite rque qu’à l’engin à chevaux , fors l’arbre lus bout , le roüet couché, & le tabouret. Cette derniere efpece de machine eft de moindre dépenfe que l’autre.
- Dautant
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- F il A N Ç O i S Ëi iÔ9
- D autant que plus une machine cft {impie, & avec moins de pièces, plus elle eft aifée : la multitude de pièces n’apportant que de lembaras, 6c de la refiftance davantage , à càufe qu’on ne peut pas faire une machine quil n’y ait toujours quelque peu à dire à la juftelfe des raclures > ce qui ne provient que de l’imperfedtion delà matière* De forte que plus il y a de pièces, plus il s’y trouve d’inêga-litez aux mefures,^ 6c par confequcnt plus d’empêchement au mouvement.
- 11 le fait pour cette raifoil Une rroi-fiême efpece de machine la plus aifée de toutes, où il n’y a quun arbre au bout de Ion tambour > autour duquel s’envelûpent les cordes des féaux » & deux polies, fur lefquelles coulent les deux cordes : lefquelles
- a 11 devoit dire encore, que .plus U y a de pieCes, plus il y a de frottement qui doit être fur monté par la puifl'an-ce, auparavant quellepuiüc agir aucunement fur le poids»
- O
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- ÿ\0 VA RCUIT È C T u R E polies le mettent à plomb au deflus du milieu du puits, & à telle diftan-ce de l’arbre que Ton veut > félon qu’on a la commodité de la place.
- Il y a encore un autre moyen d’élever l’eau fans roue, fans machiiie, iiy autre engin mobile > mais feulc^ ment par l’eâu & l’air, quand il y a une cheute & dcfceiité füffifante, & ce en deux façons : L’une par la même eau qu'on attire & élevé par elle-même, aidée , & chaffée par la eomprdïion & attraction de l’air : &: l’autre par deux eaux differentes, dont Tune eft potable, qui efl celle qu'on élevé, & l’autre n’eft propre à boire, de laquelle on fe lert pour attirer & élever l’autre. Baptiftè Porta a écrit quelque chofe ae la première façon en les Pneumatiques , principalement au fécond Lb yre : & le Prefident de Montconi a mis autrefois en pratique l'autre en
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- Françoise. in
- divers endroits > particulièretnent à Neüilly auprès de Paris, & à Sablon proche de Toulouze. Par la première façon vous perdez beaucoup d*eau j par l'autre vous ne perdez rien de celle qui eft potable: Mais, ces deux inventions font plus ingenieufes que fru&ueufes > dàutant que Tair renfermé fe raréfiant ou condenlant fui-VantladiVerfité du temps, ou rompt les vaiftèaux* ou rend le deffeiii iiju-tile, oU apporte tous les deux incon-véhiens le plus fou vent , outre la grande perte de bonne eau qui le fait en pratiquant le premier moyen. Davantage, la dclcente & cheuted’cau, qui eft toujours neceflaire pour faire reüftir ces deux inventions,, étant luffifantc pour faire monter feau par la voye des machines ordinaires , ces deux dernières façons doivent cftre poftpolées & délaiffées, pour fiaivre & pratiquer ce quixft le
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- ui L’A rchitegîus ë plus affairé i CVft pourquoy je né m’arreftcray fur le dilcours & deL cription d’icelles , pour n’employer le temps fur un fujet plus induftrieux & curieux que profitable.
- De la Glacière, des moyens de fer ver la glace & la neige.
- Chapitre XXXII.
- SI on déliré confcrver de la glictf, pour s’en fervir pendant les plus grandes chaleurs de l’Eté, faut choi-fir un lieu fec, 8c non marécageux, nyexpofé au Soleil, dans lequel on fera une folle ronde, ayant quelques deux toifes & demie ,, ou trois en diamètre par le haut, finiffant en founc d’entonnoir , ou de pain de lucre renverfé , julques à la profondeur de quelques trois toiles: Car
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- Françoise. 215 plus la glacière eft grande & crcufe, mieux la glace & la neige s'y conlcr-vent y une grande quantité refiftant plus ailément à la chaleur qu’une moindre : ce trou pyramidal fera revêtu d'une cloifon de charpenterie, garnie de chevrons, & les chevrons de latte , qui ne defeendra pas julqu.es au fond, mais fera recoupée tout plat par le bas , en telle forte qu’il s’en raille environ la quatrième partie de la profondeur que cette cloifon de charpenterie ne defeende jufques au fond. Cela le fait, afin de lailfer un efpace a vuide au deffous , pour re cevoir ce qui fe pourroit fondre de la glace, ou de la neige en les gardant : Car il eft impoffiblç de les fi bien
- « L’on peut faire defeendre la charpente jufqu’au b^s de la glacière , pourveu que l’on faflè dans le fond un-puits de trois pieds de large & quatre de profondeur , pour recevoir les eaux qui coulent de la glace qui Le fond* Si le terrain eft bon Sç ferme , il n’eft pas btfoin de charpente^.-^q la glace peut-être mile dans le trou , pourveu qu’il y ait uï\ peu de paille entrc-élle & la-terre^
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- 2.14 L’Architecture conferver qu'il ne s’en fonde toujours quelque peu par fucccflian de temps.
- Le deflus de ce trou fera couvert de paille auffi en forme de pai» de lucre j ou de pyramide droite ; ôc de telle façon que les bouts de la couverture touchent jufques à terre* On entrera dans cette glacière par une allee , ou petite galerie , tournée du coflê du Nord , longue de quelques huit pieds, & large de deux pieds ôc demy , ou environ , laquelle fera bien exactement fcrme'e par deux portes aux deux bouts : ôc faut bien prendre garde qu’on n’apperçoive point le jour de dehors dans la gla* cierc \ pour à quoy obvier il faut reboucher de paille bien foigneufe-ment les endroits ôc trous par lef* quels le jour s’appercevroit. Quand on y voudra mettre la glace , faut çhoiliry ü l’on peut, un jour froid.
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- Françoise. n$
- & fort fcc , en forte que la glace ne fe fonde par quelque degel , mais demeure lèche , & entièrement glacée, fans fe fondre aucunement en la mettant dans la glacière > le fond de laquelle fera fait àclairevoye, par le moyen des pièces de bois qui s’entre-croîtront, & fera éloigné t comme il a efté dit cy-devant) du fond du trou , d’environ une quatrième par-* tie d’iceluy , pour recevoir les eaux de la glace qui le pourroit fondre. Il faut donc premièrement , avant que d’y alfeoir la glace , recouvrir d’un lit de paille tout ce fond, ôc tous les cotez d’iceluy en montait , puis alïèoir un lit* de pièces de gla~ ces a les plus grandes & les plus é-
- * L’on ne met pas la glace par lits en Efpagne , au con-r traire onlacafle le pins naenuque l’on peut dans la gLacie-r rejettant de l’eau pardefl'us de temps en temps , afin de remplir les vuides entre les petits glaçons : & cette eau te gelant,lie toute la glace ensemble,& n’en fait qu’une malle qui fe conferve beaucoup mieux : Ils la rompent a coups de fiaç^e lors qu’ils s’çn veulent fervii: », de iis ont grand loin,
- O iiij
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- t\6 L’Architecture' paiffcs qu on pourra , en les rangeant de même que des pierres de maffonnerie , le plus foigneufement qu’on pourra : Car moins il y aura de vuide, moins la glace le fondra,
- _ AP rês ce premier lit de glace , en faudra faire d’autres, l’un fur l’autre, en revêtant & garniffant de tous cotez de bon lit de paille toute la cloifon de la charpenterie, & con? tinuant ainfi ces lits de glace rangez l’un fur l’autre le plus juftement qu’on pourra, jufques au haut de la glacière , fans mettre aucun lit de paille entre les lits de glace , mais feulement un au fond, un autre tout au çleffus, 6c un autre encore qui revêtira tous les cotez de la cloifon, depuis le fond jufques au deffus , à mefure que les lits de glace haufle ront,
- 4c bien nettoyer toutes les petites pièces du débris,, quifç fondent auflirtoft «ju’ejles font éventées» . •
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- Françoise. zij
- Apres que la glacière fera bien remplie , de recouverte de bonne paille de feigle entière, & non rompue, tant par le bas , par les côtez, que parle haut; faudra encore met» tre pardefllis la paille qui lèra tout au de (Tus de la glace, de grands ais, lef-quels on chargera par après de grol-lès pierres, afin de tenir la paille plus ferrée.
- Quand on voudra entrer dans la glacière , faudra après qu'on aura paflè la première porte, la refermer auparavant que d'ouvrir la dernière, de peur que l’air de dehors n'entre dedans :• comme aulïî, de pour la même raifon , faut quand on relïor-tira , fermer la porte qui eft à Tentrèe de la glacière , auparavant que d’ouvrir celle qui eft par le dehors : Quoy faifant, la glace fe con-fervera fort bien jufqucs à la fin de
- l’Eté.
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- ii8 L’Architecturé
- On peut confcrver de la neige a., âufli-bien que de la glace. A cette fin il faut faire quantité de grofles balles de neige , les plus battues, & compriméesqu il ferapoflible, qu’on rangera,accommodera, & comprimera ferrement dans la glacière avec la paille de même façon que la glace* en les comprimant, & prenant en forte qu’il n*y ait point de vuide entre ces balles, fi faire fe peut.
- Si la neige ne fe peut bien ferrer en une maffe ferme , ce qui arrive quand il fait un bien grand froid, faudra l’arrofer d’un peu d’eau, laquelle fe gelera tout aufli-toft avec la neige, & fera qu’alors elte fc réduira aifément en balles & mafiès fermes. Il ne faut oublier de faire une rigole dans terre qui aille en penchant tout autour des bords de la
- a Elle fè eonlcnrcra beaucoup mieux fi elle cft fort battu'ê & préfixé dans la glacière > & a^rofée d’un, peu d'eau de; temps #n temps*
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- Françoise. h9
- couverture, pour recueillir les eaux de pluyc de la couverture , & empêcher qu’elles ne coupiflcnt autour, mais quelles le puiflent écouler promptement au loin, par le moyen de la pente qu'on aura donnée à la rigole.
- De laJymmetrie de tout le bâtiment y fj) des confiderations que doit prendre le Maître du bâtiment auparavant que de le commencer,
- Chapitre XXXIII.
- CEPhilofophc, & grand Maître des Architectes, Vitruve , écrit que les (ymmetries , ÔC proportions a un bâtiment ont été, & doivent être imitées de celles du corps humain; Parce qu’à mon avis , comme l'art dépend de l'imitation de la nature, le bâtiment étant l'œuvre le plus par*
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- 210 L’Architecture fait , voire le comblé des œuvres les plus artiftes de l’homme, devoit être cire de la piece la plus accomplie de la nature , ôc de l’abrégé de fes merveilles. /
- Or comme nous voyons que la partie qui n’eft qu’une au corps humain eft juftemcnt limée au milieu, comme le nez, la bouche, & le nombril 5 ôç que celles qui font plus d’une font égales & lemblables entre-elles, & également éloignées de la partie du milieu : Ou bien û elles ne font toutes égales, il y en a toujours deux, une de chaque côté, qui fe rapportent en égalité de formes, & de ntuation comme les doigts des mains, Sc des pieds ; de inelme il faut que toutes les pièces, & appartenances d’un bâtiment, & les parties d’icelles gardent lemblable proportion, & correlpondance , princi-
- f>alement aux membres, & pièces qui ont au dehors, & à découvert, en cas
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- Françoise» 2At
- qu'elles le puiflent appercevoir d'une leule vcue & place, & par le dedans aux planchers, & aires , & outre ce en toutes les ouvertures des places principales qui font lans lits*
- Il n'y a rien fi aifé , que de prendre les commoditez d'un bâtiment, mais de les difpofer commodément avec cette fymmetrie, c’eft cm eft i’in-duftrie, Tefprit & l’honneur du Maître qui drefle le bâtiment. Les bêtes fçavent choifir aulli bien que l’homme, & quelquefois mieux , la commodité de leurs repaires , & demeures : mais d’y apporter de la grâce par cette {y m-metrie , clics ne le peuvent , parce que la connoifTance de l'ordre, & de la proportion n’appartiennent entre tous les animaux qu’a l’homme leul, qui feul auflî connoît & reçoit le contentement , & le plaifir de ces choies. Tellement que plus les lymmetrics font gardées en un bâtiment, plus il
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- ni. L’Architecture
- eit agréable a I homme , s’il ne tient plus de la bête que de l’homme, parce que l’effet de la gtace dont il a été precipué, y reluit davantage : Au contraire , le bâtiment dénué' de cette in-duftrie humaine n’a rien qui lepuiffe rendre recommandable par deffus le repaire de la bête.
- Cette diipofition elt plus agréable quand les parties fymmetriées font en nombre impair, & quand auifi on peut difpofcr non feulement les pièces qui lont d un côté en correlpon* dance à celles de l’autre : mais outre ce , celles d’un même côté en égale diftance entre-elles. Mais dautantque bien fouvent, & prefque toujours, la lymmetrie donne de la peine à trouver les mefures & (îtuations convenables aux commoditez des lieux, ou bien quelquefois l’une des lymmcrries empêche l’autre, comme celle des plan-chers nuit à celle des fenêtrages. &
- ' O J
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- Françoise. ti$
- Ouvertures : On doit en ces contraintes fe lèrvir comme j'ay dit des portes & fenêtres biaifes & feintes & des plat-fonds , plutôt que de corrompre la corrcfpondancc.
- Or il ne fufEt pas d'avoir la con-noiffance & intelligence de toutes les réglés mentionnées cnctprelent trait-té, mais pour l'execution d'icelles ^ il faut , comme en toute autre fcience & art, avoir un grand ufage , & la pratique d'icelles > & outre ce un elpric inventif, adroit, & propre à telles chofes. C'eft pourquoy le Maître qui fera bâtir doit non feulement confî-dercr long-temps Ibn deflèin, avant que de le faire mettre en œuvre, mais le communiquer particulièrement à ceux qui s'entendent en l'art de bâ** tir, pour l'éplucher : & apfés l'avoir veu avec du loifir & du foin , en dire fans di/Iimulation leur avis , & y changer, ôter , ou ajouter ce qu’ils
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- 214 L’ArchitectüRë jugeront eftre de bcfoin.
- Neanmoins encore qu’ils y record noiflcnt quelque chofc qui ne loit du tout iuivant toutes les réglés de l’art ^ il ne faut pourtant le blâmer ny changer , fans avoir premièrement confideré , fi en l’y voulant réduire, on ne tombera point en quelque autre inconvénient plus grand: Car il n’eft pas poffible m quelque art que ce foit de rencontrer la perfection de toutes les réglés qu’on y donne , dautant que Tune quelquefois empêche l’autre. Aulli en un bâtiment on eft contraint quelquefois d’étendre, ou racourcir les mefures
- petite pièce , pour les parfaites à une autre de plus grande importance» Le Maître îiiivarit ce dernier avis ne fera com traint, comme il arrive fouvent, de faire rompre la befogne apres qu’elle fera déjà Bien avancée , ny de fouflrir
- de quelque donner plus
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- fRANÇOÏSÏi 1%'i
- rdu blafme , & du deplaifir après qu elle fera parfaite : Au contraire, il n'en pourra recevoir toute fa vie que de Thonneur & du contentement,
- Quilfautfçavoir auparavant que corn-mtneer un batiment les Jervitudes 9 pour éviter procès & dommage 9 & d ou on les pourra apprendre.
- Chapitre XXXIV.
- IL faut toutefois aux bâtimens, principalement qui fe font dans les Villes, prendre garde, outre les confidcrations lîildites, à riy faire aucune choie au contraire de ce qui eft porte par lcsLoix, Ordonnances, Statuts, Ôc Coutumes des lieux > ou l'on bâtit ; la connoilTance defquel-les chofes eft necelTaire non feulement aux Bourgeois, mais aufli aux
- P
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- 22.6 V A R c HI T Ë C t U k Ë
- Architectes , Entrepreneurs , Cori-dudeurs > Appareilleurs, Maflbns, Charpentiers, & autres ouvriers em-
- (doyez en ce lujet: C’eft pourquoy es îlirez à Paris font interrogez fur cette matière auparavant que detrc receus : La Conftitution aufli de l'Empereur Zenon rapportée au Code lur la fin du titre De œdifîciis privât is > condamne à une amende de dix livres dor , fi on contrevient à certaine dêfenfe portée par ladite Conftitution concernant les avances qui fe faifoient pour lors aux bâ-timens de quelques particuliers, non feulement le Maître du bâtiment, l'Architede , l’Entrep relieur , & le Condudeur > mais encore les Mal* Ions, &: ouvriers, lefquels font punis de banniflemeiit par la fufdite Conftitution , s’ils n ont moyen de payer f amende rapportée cy-deffus > ôc T Ordonnance faite l'an nul cinq
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- fftAttÇOlsfc.’ ii j
- cens quarante-huit par le Roy Henry 11. par laquelle il cft dit quil ne fera plus édifie, ny bâti de neuf es fauxbourgs de la ville de Paris, ny hors les portes d’icelle* défend à tous Maffons,Tailleurs de pierre, Charpentiers & Couvreurs, quils n'ayent à be-fogner de leurs métiers délits faux-bourgs fur peine d’amende arbitraire. L’Ordonnance aufli du Roy Louis le Gros de Pan mil cent quinze* Veut que ecluy qui defirera être re-ceu Juré Meiureùr , fçache toutes Ordonnances & Coutumes du Bailliage > ou Prevofté, où il fera demeurant fur le fait des partages & divi-fions des terres, & des bornes divi-fées, & afliettes qui y font.
- Ce n’eft donc fans raifort que Vi-truVe defire au commencement de fon premier Livre * qüc 1*Architecte ne loit ignorant du Droit, en ce qui concerne les bâtimens : Ce que-
- P ij
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- 2,2.8 L'Ait c HITE C T U ft Ê tant ainfi , ceux qui defireront s’in-ftrtxirc lur ce lujet verront les Ordonnances faites pour ce regard , & particulièrement l'Ordonnance du Roy Henry IL de Tan mil cinq cens cinquante-fept > celles qui font rapportées au Livre cinquième du premier tome des Ordonnances , titre premier Pour les Maffons, Charpentiers, Tuiliers & Manouvrier s ; comme aufli le titre quatrième & cinquième du même Livre & tome , les articles de la Coutume locale qui regardent cette matière ; Toutefois dautant que les Ordonnances &: les Coutumes des lieux ne traitent de toutes les diffi-cultez qui peuvent naître fur ce fait, & qu'en ce cas on s’arrefte au Droit Romain, on pourra avoir recours à ce qu’en a écrit Automne en la Conférence du Drdit Romain, avec le François, fur les titres du Droit qui traitent de ce fujet > & Ipecialement ceux du
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- F R a N Ç O I S E. 2,19
- Code de adificüs privatis, de operibus pubhcisjôc du Digelte Ne quid in loco publico. De fervitut pr#d. urb. & de fervit.prad, rufl. De fervitmïbus, Sijer-<vitus mndicetur. Ccmmuni dividundo, De aqua plu'via arcenda > De rerum di-'vijione , ad legem %_Aqmliam , Dedans no infeflo, Ne quid in toco publico , Communia, pradiorum, & de aperis nonji nun-tïatione, Comme aufli le Code du Roy Henry IV. au Livre fixiéme , titre premier des Servitutes. Dautant encore qu*aux cas aufquels l'Ordonnance, la Coutume du lieu, & le Droit Romain n'ont pourveu, on luit les Coutumes les plus proches , ou plûtoft celle de Paris, comme étant une epL .tome du Droit de la France ( fuivant l'opinion de nos Iurifconfiiltes, ) un jSdele extrait des Arrefts de la Cour, & la Ville Capitale & principale de ce Royaume , à l'inftar de laquelle toutes autres Villes le doivent régir,
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- I/Archïtec ture policer& gouverner, quand la Coû-fume des lieux ne difpafe de quelque fait particulier qui fe trouve en celle de Paris i & ce à l'exempte de Iuftinian , parlant de la ville deCoiv ftantinople, Siégé principal pour lors de l'Empire , la Coutume de laquelle il veut pour cette raifon eftre luivie par toutes les autres Provinces. On pourra à cette fin voir la Conférence des Coutumes tant generales que locales , & particulières du Royaume de France , fur le titre neuvie'mc des feraitutes & rapport des lureT^ l'addition fuivante fur le même titre, la Conférence de la Coutume de Pa^ fis , avec les autres- Coutumes de France faite par Fortin fur le titre precedent V ceux qui ont écrit fur ce même titre , comme Charondas>r Chopin , & Tronçon. Que fi quelqu'un defire en voir encore davantage qu il lifeles traitez de Çœpqla
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- Françoise. zft
- de Corafius, liir le titre de fervitut. prœd. Harmenopulus, li. z. Iuris Orkw. tit. Le grand Coût;uni 1er > livre 1. au titre des veues & égouts des m allons:
- O
- La Somme Rurale, au titre des œuvres: qui font faites erk çhofis privées , Brillon Seleflar. ex Jure fivili antiquité mm lïb. i. c. z. Le fieur Bouehel en fa Bibliothèque du Droit François fur le mot Batiment, Chopin Jib.z. de fa-çra politia, titre z. de leguimis interval-lis pmendorum œdifmrum , Guiào Papœ quœjl. Z9S. & ^44. Cujas>lib. 19. cap. zr. Ub, 17. c. H,b. /. cap, zq. itb. 23. cap. 4. //A. 5. cvtp. Z7- obf. Monfieur du Val de rebidubiis lib. zi. 7. Pap on fur la Coutume deBourbonnois, titre Des fervitut esy &c en les Àrrcfts, livre 14. titre 1. Ço quille &r la Coûtume de Nivernois, titre Des maifons, & fervitutes réelles \ &en llnftitiition au Droit des François, titre Desfirvi-tujtes, réellesL’Abbé iur la Coutume
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- l/A RCHITECTURE
- de Berry , titre n. Pithou, fur la Coutume de Troycs , article 71. jierodius rcrumjudicatarum lib. 3. tk. ij. cap. j.
- Or il ne jfïiffit pas de s'être inftruk par la leéture des traitez cottez cy-deflus, ou des principaux * fpeciale-ment par celle des Ordonnances & de la Coutume, fi on n'en communique encore avec un bon & fçavanc Avocat du pars, à caufe que toutes les Loix, Ordonnances & Statuts, quoy qu'ils (oient rédigez par écrit, ne Bob* fervent pas toujours.
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- Françoise,:
- Extrait necejfaire d'être fieu par tous ceux qui fe mêlent des bdtimens > du titre de la Coutume de Paris > des lervitudes, avec la fonference des autres Coutur*
- ou conformes , ou contraires e$r quelques autres annotations fur le même fujet%
- Chapitre XXXV,
- mes du Royaume, qui y font
- QV o y qu’au Chapitre precedent je renvoyé le Lecteur à la le&urc des Auteurs qui ont écrit des iervitudes des batimens : neantmoins
- f>arce que tous ne peuvent pas avoir es fufdits Auteurs , ôc que dans la Coutume de Paris, laquelle pn ne recouvre pas par tout, il y a un titre exprès & tout entier pour ce fujet ; j’ay èftimé que jefoulagerois beaucoup lç Lecteur de luy rapporter icy , du fuf' dit titre, ce qui eft le plus neceffaire
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- L’A R C H r T E C T U R E d’être fceu de tous ceux qui fe mêlent des bàtimens, avec la Conférence des autres Coutumes du Royaume, qui y font ou conformes ou contraires, en-femble quelques autres annotations fur le même lui jet, Ôc premièrement,
- ï/ÀRTiet,E CLXXXVIIL
- £htel contremur requis en étable.
- Qui fait étable contre un mur moi-toyeiijil doit faire contremur de huit pouces d’épaifleur, & de hauteur juf que$ au rez de la mangeoire.
- Conférée ce,
- Melun art, 104. dit contrôle mur mokoyen de l’épaillcur de demy pied fur deux pieds, & demy de hauteur , & art,zo5. contre une cloifon moitoyenne de l’épaiiTcur dun pied, & de hauteur comme ddliis,
- Clermont art.-zzo. dit de deux pieds d’é-paifleur qui Te doit bailler au rez de la mangeoire , pour garder que les dents nepour-$4C[cnjç au dojïunagent ledit mur mokoyçn,
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- Françoise, 15$
- i’Articie CLXXXIX,
- Item en cheminées, & dtres.
- Qui veut faire cheminées &: âtres: contre le mur moitoyen , doit faire contremur de tuilots ou autre choie» iufEiante de dcmy pied d’épaiifeur.
- CONFERENCE.
- De même Clermont art. & ajoûte* afin que par la chaleur du feu le mur ne l'oit empiré. Calais art. 176, Blois art, 13.
- l’Article CXC.
- Pour forge > four {0 fourneau , çe cÿim
- doit refermer.
- Qui veut faire forge, four , ou fourneau contre le mur moitoyen, doit lailTçr deiny pied dç vuide, &.in«
- tervalle entre-deux du mur du four*
- * * <
- ou forge , & doit être ledit mur pied d'épaifleiu\
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- VA RCHITÊCTURE CONFERENCE.
- De mêmes Meaux arc. 73. Melun art.
- Sens art. 106. Se dit d’un pied Se demy d’é-paificur: Auxerre art. 109. Se dit deux pieds de muraille d’épalifeur : Nantes art. 105. Se dit un pied d’épais. Clermont art. 12.5. Se dit pour cchçver la chaleur ,& le péril du feu diceluy four. Cambray titre 18. art.z. Se 5. Calais art, 177. Normandie, art.601.
- Troycsart, 64. dit pied Se demy d'épailleur: Châlons art. 141. dit deux pieds d’épaiifeur. Rheims art. 568. dit un pied& demy d’épaïf, feur pour le moins. Nivernois ch. 10. arc. 11. dit demy pied d’espace vuidc, pour éviter le danger du feu ou chaleur. De même Montar-gisch. 10. art.7. Orléans art. 147. Blois art. 2.36. & Bourbonnois art. 511. Berry tit.ii.arî;. ii. dit un pied franc entre le mur du four Se Je mur de la maifon , pour éviter le danger du feu,
- l’Article CXCL
- Çontremur, & épaijfeur de maJJon,nerie3 pour prive^ ou puits.
- 1
- , Qui veut faire ajfànccs de privez.
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- François t." 137
- ou puits contre un mur moitoycn, il doit faire contremur d’un pied d’é-paiffeur : Ëtoù il y a de chacun côté puits, ou bien puits d’un côte & ai-îance de l’autre , luffit qu’il y ait quatre pieds de maflhnnerie d epaiffeur entre-deux,comprenant les ^paiflcurs des murs d’une part & d’aurre. Mais entre deux puits fuffifenu trois pieds pour le moins.
- CONFERENCE.
- De même Ëftampes art. 88. Clermont art. m. Laon art. 169. Nivernois chap.io.art. 1. Perche art. 110. & Bourbonnais art. 516.
- Melun art. 2.07. dit un pied &r demy. De meme Sens art.107. Auxerre art.no. Troyes art. 64. & Montargis çh. io. art. 6. Châions art. Î41. dit deux pieds.
- Amiens art. 166. dit deux pieds & demy* De meme Tours art. 113. Anjou art. 452,. & Lodunois ch. 11. art. 1.
- Et où il y a de chacun côte' Puits. Melun art. xoS. dit qu'il faut contre-mur de trois pieds d’épaiileur entre-deux. Orléans art. 146. dit qu ii faut entre-deux
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- £$8 L’A k C H IT È C TUÜ E neuf pieds de diftancc. Eftampes art. 88. Châ~ Ions art. 141. &: Perche zzo. difentdix pieds; Laon z6$. dit fept pieds. Normandie arr.éoo* Anjou art.432,. Grand Perche art* 2,2.0* Berry titrc Z-, art. io*
- l’Article C X CI I.
- Pour terres labourées , ou fumées , & pour terres jeélijfes.
- Celuy qui a place , jardin > ou autre lieu vuide , qui joint immédiatement au mur d autruy , ou a mut moitoyen > & il veut faire labourer &: fumer > il eft tenu faire contremur de demy pied d epaifleur : & s’il a terres jeâifTcs, il eft tenu faire contremur d*un pied d^paiffeur.
- CONFERENCE,
- De même Clermont art. zzzé & ajoute, afin que le fondement dudit mur ne s’evafe ou empire , par faute de fermeté Sc terre joignant. Calais art. 178.
- Nivernois ch. io* art. il. dit} 6 un des per-
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- Françoise. z#
- fonmcrs du mur commun a de fon côté la terre plus haute que l’autre * il eft tenu de faire contrefriur commun de fon côté , de la hauteur defdites terres. De même Bourbonnois art. 510. & ajoûte, pour éviter qu’elle ne pour-ridé ledit mur commun. Meaux art. 74. Clermont art. 2iz. Cambray titre 18. a/.t. 5. Sedan art. 188.
- l’Article CXClI L
- în la ville & faux-bourgs de Paris faut
- avoir prive
- Tous proprietaires de maifons en la ville & fauX'bourgs de Paris, font tenus avoir latrines & privez fuffifanS enleurs inailons.
- CONFERENCE.
- De même Mantes art. 107. Orléans arc. 144* Melun art.109. & ajoûte, & à ce feront contraints par prife & exploitation de leurs biens, &arrefts des louages defdites maifons, fur peine de vinçt livres parilis d’amende, pour-veu que lefditcs latrines fe puÜïent faire fans incommoder lefdites maifons. De même
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- 240 L*A KCHITECT Uft E Eftampes art. 87. Nivernois cbap. 1©. art.t?7 & Bourbonnois art. 515. Calais art. 179. Tour* r,ay tit.ij. art. 5.
- l Article CXCIV.
- Bdtijjant contremur doit payer >
- non moitoyen (pue & quand.
- Si aucun veut bâtir contre un mur non moitoyen> faire le peut en payant moitié tant dudit mur , que fondation d’iceluy jufques à fon hebergé. Ce qu il eit tenu payer paravànt que rien démolir, ne bâtir : En fertimation duquel mur elt compris la valeur de terre fur laquelle cfl: ledit mur fondé r & afliSj au cas que celuy qui a fait le mur lait tout pris fur fon héritage*
- CONFERENCE.
- De même Melun art. 101. Eftampes art. 8p Châions art. 138. ajoute, pourveu que ladite muraille toit fuftifante pour porter &foûtenif ledit bâtiment. Orléans art* 135. Montargb
- chap. 10.
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- PkANÇOtSÊ. . t4Ï éKàpI tôiatt.;. B lois, art. 131. Calais ,àrt.t8o. Bourbonnob, art. $34» Bayonne, tic» îp art z»
- t'ÀRfiett C3tCV.
- Si l'on peut haujfer un mut moitojen ,
- €2T comment
- il eft îoifibîe à lui Voifiil hàuffor àfes dépens lè mur ttioitoycn d*entrô luy & foo Voifin * fi haut que bon luy fetnble , fans le confentement de fondit Voifin > s’il n'y a titre au con? traire, ett payant les charges» pour V.eu toutefois que le tour foit {ûffi* fant pour porter lé rehaulTeittfiït ", & s4il ncft luffifant, faut que celuy qui Veut rehauffer le faite fortifier, éc fi doit prendre fépaiifeur de fon côté*
- N
- CoH FER S NC S*
- Dé même Melun, art. 149. Ëîtanipes » art; n- Doiirdan , atv 64. Mpàtfort » art 75*
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- L*Àr chïtèctuIe Mante, art. 97. Rheims, art. 361. & Berry, titre h. art. 5. Calais, art. 181. Bar, art. ijù Cambray, tit.18. art. 1.
- L’Article CXCVi.
- ^Pour bâtir fur ùn mur de clôture.
- Si le mur eft bon pour clôture > & de dure'e, celuy qui veut bâtir dcfliis* êc démolir ledit mur ancien , pour n’eftre luffilant pour porter foii bâtiment , eft tenu de payer entièrement tous les frais, & en cefaifant ne payera aucunes charges : Mais s il s’aide du mur ancien > payera les charges*
- C O N F ER E K CE.
- Calais > art. 182.
- l’Article CXCV1Ï.
- Charges qui Je payent au voijft.
- Les charges font de payer & rem-bourferpar celuy qui le loge & he-
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- Françoise. 2.4$
- berge fur & contre le mur moitoyen de ux toifes Tune, de ce qui fera bâty au defïus de dix pieds.
- CONFERENCE.
- Calais, art. 183*
- L’AnriCLE CXCVIIÎ.
- Pour Je loger, ou édifier un mut
- moitoyen.
- Il eft loifibïe à un voifiii fe loger * ou édifier un ftiur commun & moitoyen d entre luy & fon voifin, fi haut que bon luy femblera , en payant la moitié dudit mur moitoyen , s*il n y a titre au contraire*
- Confèrence.
- De même Montfort, art. 77. Mante, art. 99* & Rheims, art* 363. Calais, art. 84. Châlons, arc. 138. Bayonne, titre 17. art.
- 4.5*^
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- 244 Ï-*A feCHITECTUïï
- l’ À r t i c i e CX CI X;
- Nulle* fmûres, ou mus four veuëM
- mur motsojen.
- En mur moitoyen ne peut lum des voifins, fans l'accord & confcn-tement de Tautre > faire faire fenêtres, ou trous pour veuë en quelque ma* ïiiere que ce (bit, à Verre dormant, ny autrement.
- CôWFÉRiN C Ê .'
- De même Orléans, art. 151. Clertnohtj,' art. 224. Valois, art. 127. Nivcrnois, chap.
- 10. art. 8. Montargis, chap. 10. art. 2. Blois* art. 232. Bourbonnois, art. 53. &: Berry, tit,
- 11. art. 4. Calais, art* 185* Normandie, art. 599. & éo2.
- Contre, Mante, art. 95.11 eft permis à un voifin percer le mur moitoyen d’entre luy & fon voifin, au dcflus de neuf pieds du rez de chauffée du premier étage , & fept pieds au dcflus du fécond étage, & y faire y eues ,pourvoi qu’elles foient fermées, le
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- Françoise. 24$
- tout à fer 8c verre dormant : mais oîi fondit voifin voudra de nouvel bâtir, luy eft lors permis de clorre & étouper lefditcs veuës jufques à 1a hauteur de fondit nouvel bâti-suent.
- Conférence.
- «I *
- <
- «
- De même Laon, art. i6$. 8c Châlons| art. 136. Anjou, art.455. Le Maine, arc, 463, pratid-Perche, arc, i?/»
- l’Arïicls CC.
- Fenêtres , ou njeiïis en mur particulier,
- & comment.
- Toutefois fi aucun a mur à luy fèul appartenant, joignant fans moyen à Theritage d’autruy, il peut en icc-luy mur avoir fenêtres , lumières, ou veues aux uz, & <$oûtumes dq Paris *• Cçft à fçavoir, de neuf pieds de haut au deffus du rez de chauffée, & terre , quant au premier étage ; 8c quant aux autres étages , de lépt
- e^üj
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- 2.4^ L'A R CH I TEC TURE
- pieds au defliis du rez de chauffée ; le tout à fer maillé, & verre dormant.
- CONFERENCE.
- De même Clermont, art. 2,18. Valois » art; 115» Calais, art. 166. Normandie , art. 604.
- C'est a sçavoir de neuf
- PIEDS DE HAUT.
- Meaux, art. 76. dit de fept pieds de hau* teur, & es chambres de (ix pieds.
- Anjou, art. 45 5. dit à fept pieds de haut. De même Maine , art. 463. Perche , art. zi7. Château-neuf, art. 95. Berry, titre U. art.13.Chartres, art.80. Dreux, art. 68.
- Melun, art. 189. dit à huit pieds de haut, quant au premier étage ; & <$uant aux autres étages, de fept pieds de haut*
- De même Sens, art. ioi. & Auxerre, art.:
- t> <*
- 105.
- L E TOUT A F E Ri m Al L I E* ET
- verre dormant,
- Melun, art. 189. dit, avec barres., & bar-: reaux de fer, en maniéré qu’on ne puifTe pafler, n’endommager fon voifin. De mêçQ Sens* artuQi.êç Auxerre, art, 10$»
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- i
- Françoise.
- L’A R T I g L E CCI.
- Fer maillé, f0fverre dormant > que c ejt.
- Fer maillé eft treillis , dont les trous ne peuvent être que de quatre pouces en tout fens: & verre dormant eft ver-* te attaché & feelle en plâtre, quon ne peut ouvrir.
- Çqnfe r e n c Pe meme Orléans.
- L’A RTICLE CCI I.
- Diftances pour veuës droites , & bees
- de coté.
- Aucun ne peut faire veuës droites fut fan voifin , ne lür places à Iuy appartenantes , s’il ny a fix pieds de diftance entre ladite veuë & rheritage du voifin : Et ne peut avoir bees de coté, s’il n y a deux pieds de diftance^
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- $4$ LV R.CHITECTURS
- VArticle C CI II,
- Signifier avant que démolir, o# percer mur moitoyen * à peine z
- Les MafTons ne peuvent toucher J lie faire toucher à un mur mpitoyen jour le démolir, percer ôc réedifier, tans y appçller les voifins qui y ont in-* terêts par une fimple lignification feu* lement : Et ce à peine de tous dépens* dommages Ôc intérêts 9 ôc rétablitfe^ ment dudit mur.
- t’A^Tiçî.1 ççiv.
- On le peut percer, démolir (ÿ rétablir l
- & comment.
- Il eft îoifïble à un voifin percer cm faire percer ôc démolir le mur commun de moitqyen d'entre luy & ion VQiÇn, pour fe loger ôc édifier * en le rétabliflant dcuëmcnt à fes dépens* s'il
- gy ? 8CI5 32 £29*£^ t Çg k
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- Françoise;- £4$ çant toutefois au préalable à fbn voi-fin ; Et eft tenu faire incontinent ôc fans difeontinuation ledit rétabliflè« ment,
- CON F£R EN CE*
- X.
- De même Melun ait. 194. Montfort. art.7^ Eftampes art. 77. Mantes art. iqo. Rheims art.363. Bloisait.133» &Bourbonnois art.5ofc Et ajoute s fauf à l’endroit des cheminées jj gà l’on ne peut mettre aucun bois.
- t’AltTICXH CCV.
- Contribution à refaire le mur commun .pendant a CT corrompu»
- i ^ à un voifin con-
- traindre V ou faire contraindre par juftice fon autre voifin, à faire, ou faire mur, & édifice commun pendant & corrompu, entre luy & fondit voifin 3 & d’en payer fa part, chacun
- e, ôc pour celle part arties Q8t*
- « ^1
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- 35 Q L’A RC.HITECTURE
- peuvent avoir audit mur , & edifîcë moitoyen.
- CONFERENC E.
- De même Meaux arc. 76. & dit qu’il doit contribuer aux frais qui fe feront à la réedifi-cation dudit mur, tant es fond.emens , que jufques à huit pieds de haut hors terre > &rez de chauffée.
- Montfort art. 79. ajoute ; Et où ledit voi~ fin fommé de contribuer aux frais, fera refu-fant de ce faire fix mois apres lefdites fom-mations à luy deuëment faites, demeurera ledit mur propre à çeluy qui l’aura fait con-ftruire de nouvel> ou fait refaire , fi bon luy femble. De même Mante art, 101. Verman-dois art. zyi. Châlons art. 134. Rheims art. 361. Nivernois ch.ro. art.4.6c 5.dit apres un an..
- Troyes art. 6y dit, fi d’avçnture il y a mur, cloifon ou clôture moitoyçnnc entre, deuxvoifins, & elle déchet & va en ruine, l’un peut contraindre l’autre à contribuer à la réparation > ou fjoûtcnem.ent d’icelle , ou à renoncer à la communauté d’icelle clôture* De même Sens. art. 99. Auxerre art. xoz.
- Nivernois ch. 10.art.4. dit, finon que ladite chute, ou danger de ruine, procédât de
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- Françoise. 251
- la faute, ou coulpe de l’un : auquel cas celuy qui a fait la faute, ou qui eften coulpe, le doit refaire à fes dépens. Bourbonnois arc. 511. Normandie art, 604, comme Paris.
- 1/Article C C VI,
- Poutres 3 folives ne Je mettent dans le mur non moitoyen.
- N’eftloifible à un voifin de mettre, ou faire mettre & loger les poutres, & folives de fa maifon dans le mur d’entre luy & fon voifin, fi ledit mur n'eft moitoyen.
- CONFERENCE,
- De meme Melun art. 199. Eftampes art. 81. & 82. Dourdan art. 69. Rennes art. 365. Sedan art. 285, Montfort art. 80. Mante art. 102. Bourbonnois art. 506. & Nivernois chap.xo. art, io. Calais art, 192. '
- Contre, Auxerre art. iu, Orléans art* Bar art 173, Blois art.233,
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- ifii VAàc HITECTUR*
- lsArticie CCVIK
- Pour ajfeoir poutres au mur moitoyen, ce qu il faut faire, mîmes aux champs p
- Il neft auffi loifible à un voifin mettre, ou faire mettre , & affeoir les poutres de fa maifon dedans le mur moitoyen d’entre luy & fou voi-fin, fans y faire faire, & mettre jambes parpaignes ou chaînes, & corbeaux (uffifans de pierre de taille* pour porter Içfdites poutres, en réta* bliffant ledit mur : Toutefois pour ' Jçs murs des champs fuffit y mettre patiçrc fufEfanteo
- CONFERENcI
- _ ^ K
- De même Melun art. Eftampes are? Bû Montfort art. 8i. Mante art. 105. Rheîms gx, fà » & Bourbonnais art. 507. Calais arta^jv
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- ? & A N Ç O ï S t*
- S**
- t’AKTicis CCVIIL
- Poutre fur la moitié du mur commun
- à quelle charge»
- Aucun ne peut percer le mur moi-toyen d'entre luy & fôn voifin, pour y mettre & loger les poutres de fa maifon, que jufques àlepaifleur de la moitié dudit mur, èc au point du milieu en rétabliffant ledit mur, & mettant, ou faifant mettre jambes, chaînes, & corbeaux, comme deflus.
- k Confèkînci»
- De mêmeMelurv, art. top. Mante, art* 104? Montfort,art.8i.Rhcims, art* 365. & Bour-bonnois, ait. 508, Eftampes, art. 85. dit » qu'ü ne doit paffer outre les deux tiers. Auxerre, art* ni* dit, qu’il peut percer tout outre ledit mur ,fauf àVendrcfit des cheminées oii on ne peut mettre aucun bois. De même Mon» targis > chap.io. art* 4. & Orléans, art. 2,31*
- Melun, art. soi. dit ; Le voifin ne peut percer le mur raoitoycn >& commun à l'en*
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- ijf4 L’Architecture
- droit des cheminées de fon voifîn pour àt feoir fespoutres, ou folives; ou prendre au-tre commodité, comme d’une armoire ou enclave, De même Eftampes, art.84. Calais, art*
- l àrticlê ccnr.
- Es Pailles j & F aux bourgs j on contribué à murs de clôture jufigues à dix pieds.
- Chacun peut contraindre fon vol-fin es villes & fauxbourgs delà Prévôté & Vicomté de Paris, à contribuer pour faire faire clôtures faifant leparation de leurs maifons, courts, jardins àffis efdites villes , & faux-bourgs, julqües à la hauteur de dix pieds de hauteur du rez de chauïfée, compris le chaperon.
- C O îsr F È R É N C Ê .
- De meme Mêiun, art. 196. Sens , art.104. Dourdan , art. 59. Laon , art. 170. Châlons, art. 134. Amiens, art. i5.Cambray, titre 18.
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- f A N ç O i S èI tjf
- àrt. 6. Château-neuf, tit. 13. art. 94. Chair», très, art. 79. Dreux, art. 67. Calais, art. 1^5,
- JuSQJlESA LA HAUTEUR DE DIX PIEDS,
- Vermandois, art. 170. Châlons, art. 134, difentjjufques à neuf pieds de hauteur.
- Melun , art. 109. dit, que les murailles doivent eftre hautes de neuf pieds pour les courts, & de huit pieds pour les jardins, outre les fondemens. Eftampes, art. y9. dit pour les courts de douze pieds, & les jardins de neuf pieds.
- Co nt re , Sens art. .99.dit: Aucun n’eft contraint de clorre & fermer Ion héritage, «’il ne veut. De même Auxerre , art. izo* L’Ifle, art.2.36. La Salle de Tille, art,7.
- l’Article CCX.
- £omment hors leJUites Pailles &
- 'S„
- Hors lefilites Villes & Fauxboitrgs on ne peut contraindre voifinà faire mur de nouvel, feparant les courts & jardins : mais bien les peut-on con^
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- £|6 L’ÀltCHîTËCtUËË ttaindre à rentreteneftient & refe-âion neceflfaire des murs anciens* félon l’ancienne hauteur defdits murs* fi mieux le voifin n'aime quitter le droit de mur » & la terre for laquelle il de aflis*
- t'ÂRTICLË CCXl.
- Si rnurs de/épuration font moitoytns, gp des hatimens ft) referions d’iceux.
- Tous les murs fepaf ans courts, & Jardins font reputez moitoyehs * s il ny a titre au contraire > & celuÿqui veut faire bâtir nouvel mur, ou rc* faire l'ancien corrompu, peut faire appeller fon voifin pour contribuer au bâtiment ou refe&ion dudit mur, ou bien luy accorder lettres que ledit mur foi t tout fiem
- CôNfërëkcë*
- f^clun, art. 191. dit; Tout mur ferarëpii-
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- F a K ç o i s t; ïjf
- té mpitoyen & commun, s’il n’y a titre au contraire. De même Eftampes , art; 76. Sc Laon, art. 171. & ajoute : Sinon qu’ils portaf-ferft entièrement le corps d’hôtei & édifice de l’un defdits voilins; auquel cas appartient à celuy auqueleft ledit édifice, ou quiicuft titre au contraire, marque , ou lignification qui denotalTcnt par l’art de mafionnerie, que tel mur n’eft moitoyen. De même ChaJ Ions , art. 735. Rheims , art. 355. Niv'er^ nois , chap. 10. art 14. Orléans, art. 1344 Tournay, titre 17. art; z .Bar, art. 175. Tron-! çon fur cet article, dit ,* Qije la Cour, par Arreft de l’Audience du 19. Mars i6iz. Pi J jault l’aîné Procureur en la Cour , partie fur un appel duPrevoft de Paris,a jugé que cet article 11’avoit lieu que pour les maifons des champs: parce , dit-il, qu’il y a des choies àufquëllcs nous ne pouvons renoncer : tout ainli que fi un püits eft commuh pour s’exempter delà réparationd’iccluy, s’il ne renonce & quitte fa maiion qui eft proche du puits.
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- R
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- *j8 L*A rchitïcture
- l’Article C CXIÎ.
- Comment on peut rentrer au droit de mur.
- Et neanmoins es cas des dcuxpre-eedens articles ell ledit voifin reccü quand bon luy femble à demander moitié dudit mur bâty &: fonds d'i-celuy , ou à rentrer en fon premier droit, en rembourfant moitié dudit mur & fonds d’iceluy.
- l’Article CCXIII.
- Des anciens foffe% communs idem que des murs deJeparation.
- Le femblable eft gardé pour la rc-feâio'n, vuidange & entretenement des anciens foffez communs & moi-toyens.
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- t R À N ç o f s £. Ï59
- l’ÀRTlCL-E CCXIV.
- Marques du mur maitoyen ou
- Filets doivent eftre accompagnez de pierres > pour connoître que le mur eft moitoyen, ou à un (cul.
- Par la Coutume de Normandie, tout mur & paroy auquel font cou-ftruites àrmaires, fenêtres , ou cotr beaux * eft attribue à celuy du côté duquel font lefdites ar maires, ou fenêtres y pourveü quelles fôientfaites de pierres de taille de part en autre* c-eft à dir^qui traVeriènt le mur jfinon en cas quil s'en trouvât des deux cotez , auquel cas ledit mur eft cenfé moitôyeiii
- L’ÀRtlCLE C CXVIL
- Pour fojfe/^à eaux you cloaques j diftance du mur d'autruy j ou moitoyen.
- Nul ne peut faire foffez à eau , ou.
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- l6o L’A RCHlTECrÜKE cloaques, s'il n'y a fixpieds de diltaii-ce en tout feus, des murs appartenais au vôifin, Ou moitoÿens.
- CONFERENCE.
- De même Calais, art» 103. Orléans, art* l’Article CCXIX.
- Enduits, & crépis en vieil s murs , comment toife7^
- Les enduits, & crépis a de màtfbn-iierie faits à vieils murs, fe toifent à la railon de fix toiles pour une tbifc de gro$ mur.
- Par F Ordonnance du &oy Char" les IX. faite à Orléans fan ijéo» art.
- La coutume de toiler les Ouvrages à Paris n’eft P^s conforme à cét article, puifqu’à prefent les enduits & crépis fe toifent à quatre pour une, & non pas à fix ccinme d dit. Il arrive même lors que les crépis & enduits font forts» c’êft à dire lors que le vieil mur étant ruiné l’on eft obligé de renformir, que l’Expert donne par fois trois pour une» m fept pour deux, ce qu’ils appellent medioner*
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- Françoise. %6&
- 96. Tous proprietaires de maifons ôc bâtimens es Villes, doivent eftre tenus & contraints par les Juges des l eux, à abattre & retrancher à leuçs dépens les faillies defdites maifons, aboutiffans for rue, & ce dans deux ans pour tout delay, fans efperance de prolongation. Et ne pourront être refaites, ny rebâties, ny pareillement les murs des maifons qui font for rues publiques, d’autres matières que de pierres de taille , briques, ou mat fonnerie de moilon , ou pierres. Et en cas de négligence de la part dédits-proprietaires , leurs maifons feront fâifies pour , des deniers qui proviens dront des loüages, ou ventes d’icelles, être réedifiées ou bâties.
- Et par l’article 99. de la même Or^ donnante, il eft enjoint tres-expret fement à tous Juges, & aux Maires & Efchevins, &. Confeillers des Villes, de tenir la main à cette décoration &:
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- i6.z L’ Architecture bien publie des Villes, à peine de s’en prendre à eux,ençasdedifiimulation Oü négligence,
- Par le Droit Civil : Si une mailon elPtombée, & que telle chofe apporte deformité à la Ville, celuy auquel elle appartient peut être contraint, s'il a dçs biens pour lç pouvoir faire, de la réparer ou la remettre en état. Que s’il n’a alfa de moyens pour le pouvorr~faire, telle choie fe doit faire aux dépens du public, qui reprendra ce qui luy aura coûté, avec les interets fur les loüages.
- Par le mç me Droit; Si quelqu'un plante des oliviers ou figuiers , il les doit planter loin de fon voifin neuf pieds x & pour les autres arbres, deux pieds.
- Dans la Sqmme Ruraleau titre Des œuvres qui j$nt faites en ta ehofi: privée, il eft défendu,que nul n’édifie à quinze pieds prés de l’E
- •Ik 4 -A' "• -r» '
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- Françoise. 2.6$
- nul ne fafTe folier ne montée prés du jardin, ne des ébate me ns du Prince, que du moins il 11’y ait l’elpace défaits quinze pieds, a 1
- iljàutjçd'voir a combien pourra reve~ nir à peu près un bâtiment yavant que de l'entreprendre 5 par quels moyens on le pourra connoître.
- Chapitre XXXVI#
- APres avoir étudié, pcfé & cari* lîderé tout ce que deflus > les Seigneurs & Maîtres qui font bâtir, doivent, outre tout cela, auparavant que d’entreprendre leurs bâti mens,
- <*> Il aüroit été bon de joindre à ce Chapitre le détail des 112& coutumes de la ville & fauxbourgs de Paris, luivant kfouels on toife & reçoit ordinairement tous les ouvrages des bâtimens î. Mais comme cela eft afl'ez long , & contient un difeours plus grand que ne doit être ccluy qui peut ê tre foi tpour des notes , j’ay mieux aimé en faire un article feparé, &le mettre à la fin de tout le Livre , où onpourra; av,oir recours.
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- X<?4 L’A R CH ï T E O T U R E conhderer exactement à quelle fom-me pourra revenir à peu près toute la depenfe : Car de l’entreprendre au deflfus de leurs forces, ce feroit inn prudemment ne le procurer que du déplaifir & du dommage, au lieu d’en recevoir du contentement, ôc de la commodité.
- Le moyen donc a de reconnoitre le plus approchant du vray que faire fe pourra, la fournie de toute la dé-penle clt, de fçavoir premièrement le prix des vuidanges , Ôc tranfports des terres des fondations, de la pierre de moilon, & de taille, de la chaux, du fable, du gros ôc menu pavé, des carreaux, tuiles, Ôc ardoiîes , de la latte, de lacontrelattc, du clou, du verre , du plomb, du fer , du bois
- * L’eftimation que l’on peut faire en gros des parties du bâtiment, eft telle que du prix total, la moitié palîè pour la depenfe delà maflonnerie, peu moins du quart pour la charpente, & le refte de la Comme pour toutes les autres dépenfes * comme de la couverture, menuiferic, ferrurerf^ peinture, yitres, payez;,
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- Françoise. 2*5
- tant de charpenterie ^ que demenui-ferie, de la peinture de chaque tra^ véc , de celle des portes 8c croifées, de la natte , de la toile des matériaux de toutes fortes de belognes 8c ouvra-* ges, 8c de la maniéré detoiler.
- Dautant que le prix de toutes ces choies varie lelon la variété des lieux, 6c des temps , il eft impollibje de les décrire tous, autrement le dilcours iroit peu utilement prefquc jufques à l’infiny. Or parce que la valeur de toutes ces choies eft plus atTeurée, mieux réglée, 8c plus connue à Paris qu’en aucun autre lieu du Royaume, j’ay eftimé qu’illuffiroit de la rapporter icy telle qu’elle y eft à peu prés à prefent: Car outre ce qu elle n’eft pas Bien connue de la plupart de ceux qui veulent entreprendre de bâtir, elle pourra fervir d’exemple 8c de fnodele, pour fur iceluy conno|trçA
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- l66 L'A RCHITECTURE & trouver avec plus de facilite celle des autres Provinces,
- JLe prix ordinaire a Paris pris pour exem ple de la njuidange des terres majf<vesy des tranchées y & rigoles faites pour les fondations > comme auffi de la pierre de motion & de taille > & de la nature des principales pierres dont on fe Jèrt a Paris.
- Chapitre XXXVII.
- LE s foüillees , vuidanges , &c tranlports des terres maüives des tranchées , & rigoles faites pour les fondations, (ont plus ou moins chères , félon que les fondations font plus ou moins profondes , ou qu'il eft beloin de charier & tranlporter près ou loin les terres.
- Quand il ne faut jctter la terre que
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- Françoise. i6y fur le bord de la fondation , la toile cube coufte a ordinairement vingt & vingt-cinq fols, fuivan-t la qualité de la profondeur. S’il faut non leu-lement ôter la terre , mais encore la tranlporter au loin , la toife peut revenir à trente ,Çt trente-çinq, Ôc quarante fois*
- La toife cube de moilon prile for le bord de la carrière > coûte jfix ou
- ♦ r
- fept livres , félon que le moilon elt bon : & quand il le faut charter, Ôc rendre en place , il peut b revenir à dix, douze , ôc quatorze livres, foi-vant qu’on eft prés ou loin de la carrière.
- Le chariot de pierre de taille coo*
- * On ne marchande gueres à Paris à la toife cube , la vuidange des' terres à mettre fur le bord , & lofs qu’on le. fait elle revient à trente & quarante fols , fui vaut la pro-» fondeur. Les terres des vuidanges à tranfporter çoûtent à prefentfix livres la toife cube , & quelquefois j.ufqû’à. fept» félon le lieu où on la feuille, & celuy où on la peut, tranf-r porter.
- ' b Le moilon de Vaugirard ou des Chartreux , ne çontc pas moins à prefçnt 4c quinze ou feize livres la toife;*'»
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- 3.68 L’A RC HIT EC T URE tenant deux voyes , vaut cent fols, au fauxbourg faint Denys cent dix fols, & quelquefois (ix livres, félon la di-ftance des lieux.
- Il y a cinq carreaux , & quinze pieds de pierre , ou environ; en la voye. Quand le chemin eft mauvais, il faut trois chevaux pour tirer un,e voye, & deux feulement quand il çfl: beau.
- La pierre de faint Leu , de de Vertgele fe vendent au tonneau, lequel contient quatorze pieds de pierre cube , & revient fur le port a, à trois livres. Quand la riviere n’eft pas navigable, il peut valoir trois livres cinq lois..
- Le charroy du tonneau vaut, fui-yant la différence dçs lieux , vingt, vingt-cinq, & trente fols. On menç en une voye depuis quatorze , jufques,
- a La pierre de Saint Leu & de Tr'oci vaut environ quatre liyres ou quatre livres dix fols le tonneau fur le port. La Yoitttfe du tonneau vaut ordinairement vingt-cinq ibls«
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- François ë: 169
- à vingt-deux pieds de pierre cube.
- Les pierres de taille fc prifent, & s'achètent encore au pied félon l’ap-* pareil, de qu'elles font en grands ou petits quartiers i Car fi ce font, par exemple, quartiers de trois fur trois en quarré , ou s'ils font bàrlongs, d’angles toutefois quarrez, la pierre en eft plus chere : Si bien qu'en ce cas le pied de celle de cliquart,& de liais s'eftime ieize& dix4iuit fols:&quand ce font pierres de liais propres à faire plates ^ bandes ou jambages de che-* minées, il coûte vingt fols.
- Si ce font quartiers cornus de tout appareil, de qu?on en prenne une bon* ne quantité, on peut avoir le pied pour dix ou douze fols. Que fi on n'en prend que peu, il vaut quelques qua* torze de quinze fols.
- a le liais propre à faire corniches vaut depuis trente jufr qu’à cinquante fols»
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- z7ô L’Aro hitecture
- Le haut liais ^ ^ & le relie des autres pierres qui le tirent aux environs de Paris, lie fe vendent5 étant de grand appareil , quenviron douze lois lé pied. Que fi elles font de tout appareil, & en petits quartiers ^ le pied 11e peut Valoir que huit & dix lois.
- Les pierres de faittt Leu ne sxfti-inent ny plus ny moins àraifon de la qualité de leur appareil, ou grandeur, li ce n’eft qu elles foient d'un appareil 8c grandeur extraordinaire, comme pour faire de b grandes ftatuës ou auges , 8c lavoirs, auquel cas le tonneau peut valoir quatre francs ou environ.
- Il efl: befoin d ë remarquer à ce propos, qu'on employé diverfes fortes de pierres de taille à Paris. Les prin-
- a Le haut liais de bel appareil vaut à prefent vingt fols le pied.
- h Lors que le Saint Leu ou Troçi blanc eft d’appareil propre pour faire des armes ou figures, il vaut cinq, fix oU l’ept livres le tonneau, félon la grandeur de l’appareil»
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- Françoîsè. VJl
- cipales font de faint Leu, de Vertge-lé, de haut & bas cliquait, de liais, ou franc liais, de liais faraut, de haut liais, de bon banc , de haut banc]1, ôc de fcruchet.
- La pierre de faint Leu eft tendre à tailler , mais elle s’endurcit à l’air: Celle de Vertgelé eft plus dure & plus rude, mais elle eft moins polie: elle eft fort bonne au dehors , même dans les eaux, & aux fortifications.
- On fait fervir quelquefois les pierres des carrières de laint Clou, comme celles de faint Leu: mais elles ne font pas fi bonnes , ny fi propres* leur grain étant plus gros que celiiy de celles de faint Leu : Elles ne le vendent a aulfi pas tant que celles de faint Leu : car le tonneau ne peut valoir fur le port à Paris que quarante-cinq, ou cinquante fols au plus.
- a La pierre de Saint Cloud ne fevendgueres au tonneau, niais bien à la voye comme les autres pierres : Celle de Tro-ei eft la plus belle & la meilleure*
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- L’A R,C H I T H C T URË Lapierre de cliquait ^eft la fneil-' lcure, & la plus dure de toutes: Elle, St celle de liais refiftent mieux, & font plus propres au dehors que les autres : Le cliquait le doit mettre par le bas , ôc aux affiles de deflbus,à caufe de fa plus grande dureté ôc fermeté, ôc qu’il conferve mieux le pied de la muraih le, l'empêchant de le gâter & pourrir* Les pierres de bas cliquart font propres à faire marches ôc appuys de fenêtres ôc liaifons dans lesitiurs* Celles de liais lont plus belles pour les marches Ôc les appuys: Elles font propres aùffipour les lavoirs, les pavez de cuifines , ôc les plates-bandes ôc jambages des cheminées*
- Le franc liais b eftle plus dur apres le cliquart ôc le bon banc»
- a On ne trouve prefque plus de cliquart, fi ce ti’eft derrière le clos des Chartreux, où il y eh a encore quelque peii: Le bonbanc dur tient à prefent la place du cliquart» Il y a du bonbanc tendre qui le gâte à l’eau , au Soleil , à la Lune & à la gelée , s’il n’eft ouvert : lia le grain fortdclié.
- i Le franc liais eft bon,, mais il ne s’en trouve plus gueres qui vaille.
- Le
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- F R A H Ç Ô i s 1 Ifj
- Le liais faraut a eft rude., & grumeleux , &: ne fe taille pas fi délicatement que les autres î il eft tres-bon au dehors : car il fe maintient contre les injures du temps. Il fe trouve tou-' jours auprès du liais > foit defluSi ou deflbus) la partie qui touche le liais eft fort dure y mais de peu d’ê-paifEcur *> le refte eft dur comme 1© haut ban.
- La pierre de bon bahc b eft âtiftt dure que le cliquart \ mais elle neft oas fi bonne à füfure: Celle de haut ?anc n’eft pas fi dure : Celle dé haut liais eft de pareille dureté à celle de haut banc.
- <x Le faraut eft bon pour les fours & fourneaui , & tout aw feu.nefeconfumantpoint, & ne fe redutfant point? eil chaux, comme la plupart des autres pierres dures ; Il fë trouve fous le hais doux aux Carrières du Fauxbourg Saint
- Jacques* , . , (
- b Le bon bâtie eft Une efpëce de cliquart * qui Ü*cft pa£ encore parfaitement endurcy : il en à le grain ; & commë il eft un peu plus tendre que le cliquart, aufli n’eft-il pas de' tant de durée.s*ii n’eft à couvert i Son appareil eft plus haut/ & va ordinairement de fêizeà dix-huit & Tingc pouces/'
- s
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- 2,^4 L’A RCHÏTÊCTuftE
- La pierre de fouchet a. eft auffide même dureté que les deux dernieres \ mais elle eft plus poreufe On s'en doit fervir plutôt dans le dedans que par le dehors, à caufe qu'elle renfle moins aux injures du dehors. Je ne parle point du bas liais , parce quil ne diffère en rien du liais, autrement franc liais > finon de fon e'paifïèur, étant fait ordinairement du franc liais, quand on le moye, & fend en deux.
- Il eft befoin de remarquer que toutes les pierres qui s employcnt à Paris ont des lits , ce qui ne fe rencontre pas en tous lieux, ny en toutes fortes de pierre , comme au marbre, à quoy il faut prendre garde, pour ne les point mettre en parement:
- u Le Couciiet n’eft bon que dans les mura bas , aux caves en dedansi esc où il ne porte point de fardeau : Il a des mo-licres qui le rendent de mauvais ufage > ôc c’eft la moindre-des pierrçs,de taille*
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- F À N Ç O î S Ë* IJf
- Ceux de la pierre de faint Leu fonc plus mal-aiiefc à feconnoître que les autres.
- Toutefois, fi les pierres doivent demeurer à découvert, comme celles qui font aux entablemens, elfes ne doivent en ces lieux être polêes lur leurs lits s parce que le lit denhaut étant à découvert le corromproit facilement par ce moyen : de forte que pour mieux faire il les faut en tel cas delitter , à mettant leurs lits entre les joints qui font à côté, & à plomb.
- Il faut encore fçavoir qu il y a trois natures de carrières à Tentour de Paris > fçavoir > de cliquart, de bon banc, & de liais* On tire de celle de eli-quart , le cliquart, le haut liais, le haut banc, & le louchet. De celle de
- II ne faut pas dire qu’il faut delitttr les pierresqui doivent demeurer à découvert comme aux entablement ; mais bien qu*il faut en cét endroit mettre les pierres de lit en joint, à caufc4es faillies & des moulures^
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- 276 VA KCHIT ECTUÏtE bon banc, le,prend Je bon bancale bas cliquart, le fouchec, le haut banc* Si le haut liais. En celle de liais fe trouve le liais, ou franc liais, le liais fa-raut, & le fouchet. De forte a que le fouchet fe trouve en toutes les trois.
- Le meilleur moilon h vient de faint Maur , ôc fur tout d’un lieu appelle Champigüol * fitud fur le bord de la rivière proche le pare. Il fe tire auffi de bon moilon à Vaugirard :mais celuy qui vient de faint Maur eft meilleur j celuy de Charenton ifeft du tout fi bon que celuy de Vaugirard. Les carrières de Challiot , de PafTy, êc d’Aureüil ne font de bonté pareilles à celles cîe Charenton , & encore moins à celles de Vaugirard.
- a ïl fe trouve peu de fouchet propre à tailler, & il ne yaut qirafi qu'à mettre en moilon.
- b Le moilon de S. Maur eft bon à caufe de fa dureté , & parce qu’étant poreux il eft plus léger’ : & comme il a les lits, il fe pofe mieux en liaifon que les autres, jeftjucls ne font que caliez à la malli*, fans lits, & la plupart en tête de cLkn. Vaugirard eft cnluitele meilleur.
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- Françoise. Z77
- Les bonnes carrières a de pierre de taille fe tirent depuis le derrière des Chartreux , jufqucs à Vaugirard. La pierre détaillé aux environs de Vau~ girard n’efl: pas de fi bel appareil que derrière les Chartreux ; mais le motion en eft meilleur. Les carrières qui font derrière faint Marceau ne font pas fi bonnes que celles qui fe trouvent derrière les Chartreux.
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- Retournant au prix de la pierre, il faut auffi être averty > en ce qui eft
- a I.es bonnes carrières font , comme il dit > derrière le çlosdes Chartreux, aux environs du mont Parnaffç > vers Monrouge & Vàügirard: le beau liais fe tire vers Menroulé > & le beau haut banc vers Vaugirard , principalement lors que les eaux font baffes» II y a des carrières oii on trou-ve deux Cieux, à douze ou quinze pieds au deffous l’un de l’autre : Et par un même trou on tire de la pierre de deux carrières differentes > fçavoir le haut banc , le fouchet & lé moilon en celle d’enhaut , & le haut liais & cliquart dans celle d’emba's. Les carrières appellées de Bodet & de Voiée font les meilleures pour le haut banc, qui fc trouve au moitj» de vingt pouces de hauç de grand appareil : Èllcs font riches 4c pierres, & elle yalqit.cyçdevanc vingt fols le pied, maj^ ciles font demeurées à caufe de la dépcnlc : La pierre en eft la meilleure de toutes pour toutes chofes •• On en reconnoit l'P. haut banc , parce qu’il eft un peu troüç à quatre ou| cinq pouces du lit de deffous : Il n’y a point de meilleurs moilon que cclüy de cés carrières*
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- %jS VA KCHITECTURE
- de la pierre de taille, que la marche de fix pieds de long, toute taillée, peut valoir quatre livres dix fols* La toife quarrçe a de pierre de cliquart, de liais faraut, Si de liais , peut coûtera tailler, neuf livres* celle de haut liais & de vertgelé fix livres * celle de haut banc, & de fouchet quatre livres dix fols, Si celle de fai nt Leu trois
- livres*
- ;k
- Pour une toife quarrée, dont la face de devant foie de pierre dé taille, le derrière étant de maifon, quïl faut quarante-huit pied$ de pierre, à caufe qu’il cft neceuaire, pour lés bien en-liçr avec le maifon, qu’il y ait quatre pierres à chacune aflife, chacune défi quelles doit avoir deux pieds de long, deux dlcçlles étant en face , Si les deux autres en boutifle, fituées en ççttç forte * ffavqir en face , Si en
- 4 Le lia,is. Faraiit ne fe taille point à la toife comme le* •titres » & il. coâteroit «juihïe feanQsU toifç ^on. le VQU* •Mt t*jüçç fiir ce
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- Françoise. 279
- boutiflc alternativement , de Tune apres fautre. Et que felon fobferva-tion de du Cerceau, il faut pour une toife d’un pied de demy d’épaiifeur, la tierce partie d’un poinçon de chaux, a trois tombereaux de fablon,&; cinq de moilon, ou blocage : pour une toife de deux pieds d’épaifleur, un demy poinçon de chaux, peu moins , avec quatre tombereaux de fable, de fept de moilon , ou blocage, en augmentant à cette proportion la chaux, le fable de le moilon , feloa
- 3ue les murs auront plus ou moins cpailfeur.
- D'autres ont expérimenté quun muid de diaux peut fuffire pour faire quelques vingt-cinq ou trente toifes de murailles de moilon, ayant dix-huit pouces de deu£ pieds d*épai(Teur,
- 'a Le tiers d*un poinçonde chaux a trois tombereaux de-fable #. non pas comme il dit de fanion : Le tombereau^ deux piedsdehaut, dcux|>ieds large , & quatre J»iç4& $ç demy deiong^
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- i80 L’Architecture
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- éprendre au muid quarante-huit mines pu minptSj pour une mine ou mi-pot trois bpifleaux j pour le boifïeau quatre quarts , de pour le quart quatre litrons, de chaque litron de la capacité dune chopine de Paris.
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- mil. n,)i u\.i ,'>> ' i i 11 '
- i. ..
- prix ordinaire du plâtre j de ta chaux, gr du fable, & ce qu'il y faut Qbfernjçr*
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- Chapitre XXXVIIL
- LE plâtre s'employe en deux fa* çons, crud & cuit : Le crud fç vend à la tpjfe, laquelle comme le moilop çft plus ou moins chere > lui-yanç qu’il convient la charrier prés ou loin. Car comme le moilpn peut valoir au fauxbourg (aint Denys jufques a quatorze & quinze livres, à caufe que cet endroit eft beaucoup éloign carrière dé moilpn* le |>l|tre
- C8^
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- Françoise: 2,81
- au contraire n9y peut valoir que dix livres, parce que les carrières du plâtre font là pre's ; ce qui eft caufe que les Maffons mettent plutôt le plâtre en befogne en ce lieu que le moilcn, principalement dans les fondations, l'experience leur ayant appris que le plâtre fe conièrvc prefquc aufli-bien, à ce qu’ils difent, dans terre que le moilon.
- La meilleure pierre de plâtre vient de Montmartre, & particulièrement d’un lieu appelle" Putriere , d'pu fe tire le meilleur.
- Celuy qui eft cuit fe vend au muid à à raifon de fept livres dix iols le muid par toute la ville.
- Il y a trente-fix facs au muid, ôt quatre bpiifcaux en chaque fac, fi les
- a Le prix du plâtre eft quelquefois, comme il dit, de fepc livres & demie , & monte par fois à huit $c à neuf livres le muid. Jamais les plâtriers ne donnent la mefure qui eft de quatre* boifleaux au fac. ,On conte ordinairement le plâtre à la vpyc , qui fait douze facs.» & trois voyes font, le
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- *82, L’A R CH I TEC TURÊ f#çs font tels quils doivent être; car le plus fouvent il ne s’y en trouve que trois & demy : Le muid de plâtre fait ordinairement trois toiles de befogne, ayant le mur quinze &c feize pouces d’épaiffeur, qui eft Tépaiifeur ordinaire qu’on donne aux bâti mens communs à Paris.
- La chaux fe vend aulïi au muid, le prix duquel augmente ou diminue luivant que la riviere eft plus ou moins navigable: De forte quil peut augmenter par fois a depuis vingt-quatre livres jufqucs à trente-deux, la taxe en étant faite comme au bois par Meilleurs de l'Hôtel de Ville.
- Il y a deux fartes de fable b à Paris, fçavoir le fable terrein , ou de fablon-
- m Le muid deçhaux pris fur le port vaut quarante d.ux> 2c quelquefois quarante quatre livresfans la voiture, qui eft ordinairement de trois livres.
- b Le meilleur fable eft celuy dé la plume du fauxbourg Sàint Germain : Celuy du Terrein vaut quelquefois jufqu’à vingt fols le grand tombereau à deux chevaux celuy de riviere ne vaut que dix fols pour l'ordinaire > quoi que pat $>is41monte à quatorze & à quinze fois/
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- Françoise.' 28$ niere, & celuy de riviere, Le terrein eft tenupour le meilleur, quand il n’y a point de terre mêlée parmy, Ôc ne Juy faut qu’un quart de chaux, au lieu quil en faut un tiers à celuy de rivière : Il fe vend au tombereau, lequel vaut, fuivant qu’il le faut char" rier prés, ou loin de la ville, depuis douze fols , jufques à feize, & faut environ vingt-quatre tombereaux médiocrement chargez de fable, ou de terre, pour contenir une toife cube.
- tix ordinaire du pavé, des carreaux, des briques, & ce qu'il y aut obferver.
- Chapitre XXXIX.
- IL y a deux fortes de pavez à Paris, l’un gros,& l’autre menu, étant f un & l’autre de pierre de grais. Le gro§
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- £84 PA RCHITECfURE ifeft bon 6c propre que pour les paflages publics, & s’alliet feulement javeç du fable. Il a fîx 6c iept pouces en quarre, a 6c peut valoir environ fix li-yres dix fols la toile, étant mis en be-fbgne comme il faut*
- L autre pavé eft encore de deux fortes,nétant proprequàpaver des courts. Le, premier eft un pavé commun de tout échantillon s il s’employe à chaux 6c fable, 6c vaut environ b cent dix fols la toile, en fourniflant tout par le Paveur. L’autre efpece de menu pavé eft quarré, 6c taillé d’échantillon; il s-aflîet à chaux 6c ciment, ç n’étant
- m Le pavé de rue vaut jufqq’à neuf livres» félon le lieu* h Le pavé de court vaut jufqu’à huit & neuf livres, lors qu'il eft avec bonne quantité de chaux & de fable de riviere ou du Fauxboutg S* Germain, & qu’il y faut beaucoup de haufles. Il vaut dix livres lors qu’il y faut des bornes, qu'il ell de bonne épaifl’eur & de bon échantillon, étant fait, comme l’on dit, à bain de mortier, dont ou fe fert pour paver fur les caves.
- c Le pavé qui fe fait à chaux & ciment vaut quarante à " cinquante fols plus que l’autre par toife*
- Il y a une autre forte de pavé nommé rabot, qui fe fait de pierre de liais & autre pierre dure,que l’on employé à chaux .4? à fahle aux endroits où on ne fait point paflçr de earoflè
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- Fît ANÇOiSÉ; 28y
- que de quatre à cinq pouces en quarte, & vaut quelque douze livres la toife mife en œuvre. On ne s’en fèrt qu’aux belles courts, principalement fur des caves, qüand il y en a foüs la court. Si on ajoute quatre où cinq fols fur toife davantage, on pourra avoir* du pavé noir parmy , pour embellir & enrichir la befogiie. Plus ce payé eft menu, plus il eft beau y mais il ne tient-pas fi ferme;
- On employé au même lieu trois fortes de carreau , fçavoir le grand, le moyen, & le petit. Le grand eft tout quatre', ayant fept pouces de quarré : Il èft propre à paver des jeux? de paûine, des âtres , & des cuifines, & peut valoir quelques huit livres Ja: toife employée, & trente trois livres le millier rendu fur la place.
- charrois, & où on rfe veut pas faire dépenfe .' Il eft toujours* félon les temps la moitié moins cher que l'autre* c’eft. à dire qu’il vaut ordinairement cënt ou ccat dix fols la toile quarrée.
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- lS6 L’Àîl CHITECTUÎtË
- Le pave moyen eft ordinairement quarré, &à fix pans, ayant fix pou-tes de diamètre ï La toile Vautfept livres & demie, & fi on y Veut parmy des parquets verds, avec des bandes quarrees de même couleur, elle peut Valoir environ huit livres.
- Le petit eft auffi quarré, & à fix pans, n'ayant que quatre pou tes : il Vaut environ a quatre livres la toile employée. Que fi on veut des bandes vertes avec des parquets, il coûtera quelquefois cinq fols davantage.
- Les grands carreaux fe doivent mettre aux étages d'embas , ou fur des voûtes, à taufé de leur pefanteun & les autres aui étages d enhaut, à caule qu'ils ne chargent pas tant,pour être de moindre épailfeur. Plus ils font petits, plus ils lont beaux.
- a Le petit carreau à fix pans > vaut quatre liyres cin^ fols ou quatre livres dix fols > lors qu’il eft d’échantillon * Jl faut prendre garde que les Marchands le font de divers échantillons ) fe fervant de terres plus ou nioips porçuft*» qüife rappttiflent plus,ou moins eh cuifant*
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- F R À N ço î S II 1&7
- Il y a deux lortcs de brique, fça-voir la brique entière , & la demie brique , autrement appellée brique de Chantignole. HiLcs ont toutes deux huit pouces en longueur , & quatre en largeur î Mais la brique entière cil deux fois plus epaille que l’autre ; la première étant epailîe de deux pouces , & l’autre d’un feulement.
- Le millier de brique a entière, rendu fur le port dans Paris, vaut douze livres. On en charge ordinairement cinq cens dans un harnois, qui coûte un quart d’e'cu , vingt & vingt cinq fols , félon la longueur du chemin : On s4en fert à élever des cheminées, à orner des pans de mur , à là face de devant, & à remplir des pa-neauxde eloifon.
- On fe fert de la brique de dhanti-
- .<* Le millier de brique vaut jjrqfentemenE quinze & feiZe livres.
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- 2^8 L’A R C H I T E C T Ù R i gnole, pour paver principalement ausf champs. On Temploye auffi a l'éleva-* tion des cheminées. Quand on ne s’en fert quà paver, elle.n'a que la moitié du franc carreau , ôc partant ne peut valoir qu environ la moitié du«* dit carreau*
- Le prix ordinaire de la tuile, de l'ar-doije j de la latte > de la contrelatté, & du clou tant pour la tuile quë pour tardoije , & ce quily faut oh~ fermer.
- Ch apitre XL.
- 0| N fait état de trois fortes de F tuile à Paris j La première ef£ la tuile qu où appelle du grand moin le ; la fécondé du moule bâtard y §da troifiéme du petit moule.
- Le grand moule a treize p ouces de
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- Françoise.1
- longj& huit de large: On luy donne quatre pouces 4 d’échantillon,ou de pureau : Le millier coûte trente , ou trente trois livres, & peut faire environ fept toifes de couverture.
- Le moule bâtard n’eft plus en ufa-ge à Paris.
- Le petit moule b vient pour la plupart de Saint Prix , parce qu’il ne le fait point d’autre tuile à Paris que du grand moule ; c’eft pourquoy fa jauge n’eft pas arrêtée, car il s’en trouve de neuf & de dix pouces de longueur : Sa largeur eft prefque toujours de fîx: Son échantillon & pureau doit être de
- « Le grand moüle de la tuiie peut avoir quatre pouces trois lignes de pureau : le millier de celle duFauxb:>urg Saint Germain coûte jufqu’à trente-fix livres ; Celle du Faux bourg Saint Antoine ne vaut que depuis vingt-quatre jufqu’à trente livres, fi ce n’eft lors qu’il y a plusieurs bâtimens à couvrir qui font la preflè » auquel cas elle coûte plus. Celle qui vient de Paflÿ eft à prefent la meilleure , elle a treize pou*, ces de haut lur huit de large. Elle vaut quarante-deux 8c par fois quarante-quatre livres.
- b La tuile du petit moule vient de plufieurs endroits aux environs de Paris. Toute tuile , briqué > & carreau , &c. le connoît pour bonne , lors qu’étant fulpenduc & frappée de quelque chofe de dur * elle rend un bon fun.
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- 5,9 b V Architecture
- trois pouces & dcrny, ou de trois pot£ cesltrois quarts: Le millier coûte huit, neuf & dix livres , & ne fait qu environ trois toiles de couvert, Ce 11 eft pas bonménage que de s’en fervir:Car il n’eft pas de grande durée,étant fort aile à fe caffer, & mettre en pièces.
- La latte de tuile 4 coûte huit fols la botte, & y en a cinquante en la botte, tellement que le millier revient à huit livres, fa longueur eft de quatre pieds.
- Quand il y a quatre chevrons à la latte, on fait la contrelatte de la latte même : S’il n y a que trois chevrons à la latte, il eft bon d*y mettre une contrelatte de fiage : La contrelatte coûte fix blancs la toife, & faut à chaque toife de couverture trois toifes de contrelatte , & quelques vingt-huit ou trente pièces de latte, chaque piece ayant quatre pieds de long pour la
- . « La boftnc latte faits aubier coûte douze, treize & quatorze fols la botte.
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- V R A N Ç O i SB> X9I
- tuile du grand moule , ayant quatre pouces de pureau : car pour l’autre tuile , à laquelle on ne donne que trois pouces d’échantillon ou pureau> il faut bien trente-fix lattes pour toile» Le millier de clou 4 pour la latte à tuile coûte douze fols : Pour employer & fournir un millier de tuile du petit moule, il faut un cent & demy de lattes mais quand la tuile eft du grand moule, il y entre moins de latte , parce qu’il 11e faut pas latter fi prés à prés qu'à l’autre tuile : Chaque latte demande cinq doux pour le moins.
- Il faut bien cent quarante doux pour latter une toile quarrée fur des chevrons qui feront efpacez de trois à la latte: & pour latter fur un comble, dont les chevrons feront efpacez de quatre à la latte, il faut environ cent quatre-vingts doux.
- On a meilleur compte à faire mar-
- «* Le millier de doux à latte vaut à prefeût quinze fols.
- T* •
- IJ
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- î^ï UAkchitêcTürë ché à la toife , avec le Couvreur^ laquelle coûte a ordinairement fîx li^ vres dix fols , quand elle eft du grand moule, & quatre livres dix fols , ou cent fols fi elle eft du petit : Ce marche fe fait le Couvreur fourniflant de tuile, de latte, de contrelatte , & de clou, même le plâtre qu’il faut pour fèeller les faiftes, folins & rueillees des couvertures.
- Quoy qu’il y ait deux fortes d’ar-doile, (çavoir celle d’Angers,&deMezieres j neanmoins on ne fe fert presque plus de celle de Mezieres , parce qu’elle n’eft fi bonne ny fi belle que l'autre.
- Il fe taille de l’ardoife plus forte & plus foible l’une que l’autre , tant à Angers, qu’a Mezieres > neanmoins on
- * Le meilleur marché avec le Couvreur eftfept. livres dix fols la toife des duvrages ordinaires toifez aux uz & coutumes deParis : pourveu que ce ne foit point ouvrage com-medejeu de paume, où iln’ya ny lucarnes ny menus ouvrages..
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- ' Françoise.
- ne fc fert guere de la plus forte au loing, ny même à Paris, à caule que le charroy en eft trop lourd, & trop cher,
- L'ardoife d’Angers a un pied de long , & cinq à lept pouces de large; Le millier coûte dix-huit livres , ôc fait quatre toifes * ou quatre toiles àç demie de couverture, quand il eft bien ménagé : On luy donne d’échantillon ou pureau trois pouces trois quarts, ou trois pouces & demy : mais elle eft mieux à trois pouces ôedemy.
- La latte à ardoife coûte quatorze fols la botte, & y en a vingt-cinq à la botte , le millier coûte vingt-cinq ou vingt-fix livres.
- Chaque latte touche prelquc Tune à Tautre ; Car elle eft beaucoup plus large que celle de la tuile. La botte
- * L’ardoife d’Angers eft. la meilleure , principalement celle qu’on appelle roufftnoire du grand ecnantilion : Elle> coûte trente, trente-deux , trente-quatre , & quelque toi s jufqu’à trente-fix livres le millier félon le temps». Elle doit toujours être employée fur de la latte & concrelatte tans aubier » clouée à deux doux au moins : La toife félon le* prix cy-deflus, va de dix à, onze livres;
- T «i
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- *94 I/ArcHITBC TURp peut faire une toife & demie de cou-j ver turc ou environ.
- La contrelatte ell de liage, & pareille à celle de la tuile : Le clou à ardoife coûte dix fols le millier ? Au millier d’ardoifes faut un cent & demi de latte, & dix & douze toifes de contrelatte : A chaque latte faut dix doux, quand elle cft étroite, mais la latte étant large, il y en faut quinze : Il faut deux doux à chaque ardoife, & même quelquefois trois.
- L’ardoife de Mezieres eft un peu plus petite que celle d’Angers: On ne s*en lert prclque point a Pans pour les râlions qui en ont été dites cy-deflus,quoy qu’elle ne coûte que dix livres le millier.
- On a aulïi meilleure raifon de far-doife , fi on en fait marché avec le Couvreur à la toile fournie, laquelle eftdemêmc prix, jentens celle d’Angers,que la toife fournie de la tuile du grand moule.
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- ' 'V
- Françoise*
- la.
- Le prix ordinaire du verre} du, plomt. &*â du fer * er ce quilj faut obferveh
- Chapitre XLI.
- V
- ON fc fert de deux fortes de verre pour les fenêtrages, (çavoir de celuy de France , & de Lorraine î Celuy de France eft le plus beau> & fe vend fïxfols <t le pied de Roy * & celuy de Lorraine cinq étant employé* fans y comprendre les verges de fer , lefquellçs peuvent valoir dix-huit deniers > & deux fols la piecç , {uivant qu elles font grandes*
- Le plus de plomb qu*on employé aux bâtimens^ft pour les enfaiftemenS, les chaîneaux de goutiere* les cuvettes, & les defçentcs*
- ? Le verre de France eft le plus beau-, quand il eft chôifî bien droit & éloigné du boflage du plat *11 v4ut en ce cais fept & huit fols le pied félon les temps* Ce que l’on appelle le panier de verre vaut feize à dix-huit livres : Il y a vingt-quatre plats.au panier i le plat vaut treize fols quatre nier s *
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- z$6 I/Architectur e
- La livre de plomb employée vaut <leux fols : Le pied de plomb propre aux fufdits ouvrages pefc environ huit livres, tellement qu à cette raifon la table de plomb a longue de fix pieds , & large de quinze pouces, pefe foixante livres , & partant revient, étant mife en œuvre, à fix livres.
- Le fer qu?on employé aux bâti-mens, confifte principalement à ce qui eftneceffaire pour foutenir & arrêter les enfaiftemçns, chameaux de cuvettes , & defcentçs de plomb , pour tenir en meilleure liaifon , & afTem-blage les ouvrages de maffonnerie & charpenterie , pour les barreaux & treillis, & pour les ferrure? des portes & fençtrages,
- 4 te plomb qui s'emploie aux bâtimens, étant de dix* Jiuit pouces de large , doit pefer foixante livres la toife pour être bon ; Jl coûte à prelent douze livres dix fols au moins le cent de livres > & quelquefois' jufqu’à quinze li" vres. Quand on a du vieux plomb j on en donne ordinairement trois livres pour deux de neuf, & quelquefois même* deux de vieil pour une de nçuf^
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- Françoise." 297 La livre de fer a mile en œuvre vaut deux fols, &pour les grilles 8c treillis en faillie , fix blancs ou trois lois, lui-vant qu’il y a plus ou moins de façon.
- O11 fe fert pour les ouvrages de plomb fufdits de crochets d'enfaîte-mens, de crochets à chaîneaux, fers de cuvette, & gâches de dcfcente.
- Il faut autant de crochets d’enfaî-temcns 8c à chaîneaux qu’il y a de che-vrons : Le crochet d'enfaîtcment vaut quelques cinq fols, 8c celuy à chaîneaux huit : Les fers de cuvettes font pièces de fer , qui fupportent; 8c ac-collent la cuvette j 8c en faut une ou deux au plus à chaque cuvette, félon que la cuvette eft grande : Elles peuvent valoir quarante ou cinquante fols plus ou moins la piece, à proportion qu’elle eft forte ou foible,
- * Le fer en œuvre vaut douze livres dix fols le cent : Les grille s au moins quinze livres > fi elles font hâtée^aveç tra-Ycrfes.
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- %$% L'A R CHITECTURE
- grande ou petite. Les gâches des def-çentes fervent à tenir ferme les def* tentes contre le mur, & s'en met une d'ordinaire à chaque jointure de plomb, ou de neuf pieds en neuf
- Jûeds, ou environ: Elles peuvent va-oir cinq ou fix fols la pièce.
- Quand les poutres ont leurs portées for les murs de dehors, on fe fert à Paris d'ancres & de tirans pour tenir les murailles plus fermes , & mieux enliées. L'ancre & le tirant peuvent peler enfèmble d'ordinaire quelques foixante livres * fi les murs font bons & forts, on n'a que faire de ces pièces de fer.
- Quand les cheminées font fur les croupes, on fefert aulfi d'ancres & de tirans pour les foûtenir contre l'effort des vents. Il ne faut qu'un tirant & une ancre, ou deux tirans & deux ancres au plus à chacune de telles cheminées, feloti quelles font plus ou
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- Fkançoise:
- moins hautes : mais il entre plus de fer dans ces ancres & tirans, que dedans ceux des murs , 5c partant doivent élire eftimez davantage, fuivant quilsexcédent les autres en grofleur 5c longueur.
- On fe fert encore aux cheminées de potences de fer pour porter les tuyaux quand ils font de briques: On ne s'en fert point au premier étage , parce que la charge n’y cil pas. Elles peuvent valoir fix livres la pièce -, lun des bouts s’attache à la folive d’enchevêtrure , l'autre fe feelle dans la muraille.
- On fe fert en quelques autres endroits de la France, quand les murs font luffifamment épais > de corbeaux de longues pierres de taille , au lieu de potences de fer , les languettes étant loûtenuës par des plates-bàndes de brique en façon d’arc } qui porte fur lefdits corbeaux , au ucu qu’à
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- 500 L5ArcH I TEC TURg Paris lefcliteslanguettes portent lur des bandes de tremie a, qui font de fer.
- On fe fert encore de foûpentes & barres de fer. Les foûpentes fervent pour tenir le faux manteau de la cheminée , & en faut une ou deux au plus à chaque manteau: Elles fe vendent à la livre , & peuvent pefer quatre-vingts livres, plus ou moins, félon la longueur qu'elles ont, à raifon de la hauteur des étages.
- Quand les plates-bandes des.cheminées (ont de pierre de taille , on met au deffous, dautant qu elles font fujettes à fe fendre quelquefois par la trop grande chaleur du feu, une barre de fer, qui peut valoir fix ou fept livres plus ou moins.
- On met aufïî pour tenir les âtres, ôc loûcenir les languettes, des bandes de fer qu on appelle bandes de tremie,
- 4, Les bandes de trémie qui font de fer doî/ent pefer en* viron vingt-cinq livres chacune : Celles qui portent iürltjs enchevêtrures duiveut pefer trentc^cinq liyres*
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- V R A N ço t S tl $ôf
- lefquelles portent fur les deux enchevêtrures : chaque bande peut valoir quatre livres la pie ce ou environ.’
- Les Charpentiers fe fervent auflî pour tenir 8c arrêter mieux les pièces d’alfetnblage , de plufieurs pièces de fer, comme dents de loup, chevilles, harpons, efquierres, boulons, étriers, &fers d’amortiflèment: Mais toutes ces pièces ne font pas beaucoup neceffaires, quand l’alTembla-ge eft bon, 8c bien fait : Cela eft caule quelquefois que les Charpentiers 1e confiant en ce foulagement, le rendent moins foigneux de bien affem-bler.
- Les dents de loup a fontefpecesde gros doux qui fervent aux poteaux des cloifons, 8c en faut deux d’ordinaire à chaque poteau : Mais quand le poteau fe rencontre dans un entre-
- * Les dents de loup doivent avoir quatre à cinq pouces de long , & valent neuf à dix deniers la pièce.
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- j'oî L‘Architécture vous, entre deux folives, il n eft point belbin en ce cas d*aucunc dent de loup. Elles valent environ un fol la pièce.
- J’ay expliqué cy-dcuant, & dit que c’eft que chevilles de fer, & déclaré combien il en faut à chaque tra* vée en traitant des planchers ; chaqne cheville peut valoir huit ou dix fols la pièce.
- Les harpons font pièces de fer qui tiennent les pans de bois qui font lùr une rue , ou dans les courts au dehors , & y en a de deux fortes, dont les uns font tous droits, & les autres crochus : On les applique d*ertage en étage , & peuvent pefer quinze & vingt livres la pièce , & valoir à proportion trente & quarante fols.
- Les équierres fe mettent for les angles de la charpenterie, pour tenir les fablieres aux poteaux corniers, comme en un efcalier & maifon bâ-
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- Françoise. fbj
- tic de bois fur un coin de rue , ou bien fur le coin d’un cabinet à pans de bois dans une court: Elles fe mettent aufli d’étage en étage , & font environ de même prix que les harpons.
- Les boulons fervent principalement à attacher plus fermement une poutre , ou un tirant à un poinflon: Il en faut deux qui s’attachent au poinflon, fçavoir un de chaque côté.
- L’étrier fert à même fin que les boulons > il eft toutefois different du boulon, en ce quil eft plat, le boulon rond* & accolle & embraffe la poutre où le tirant, ce que ne fait pas le boulon.
- Les boulons font plus propres que l’étrier , parce quils fe voyent moins. Gcs pièces font de même prix que les harpons. On fe fert encore d’étriers, pour tenir & arrêter des
- fodives , quand elles font pofées en
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- $04 L*Àr chitectuu baoule , comme lors qu’un pan de bois eft en faillie fur rue, ou fur une court.
- Les fers d’amortilfement le mettent fur les pointions, 6c peuvent valoir félon qu’ils font, quatre, cinq, fix & fept livres*
- Les fers de barreau, grill es & treillis en faillie, ne fe peuvent facilement eftimer qu a la livre ; toutefois fça-chant , comme je le declareray cy-apres , combien peut pefer & un pied de fer cube, on pourra Içavoir combien vaudra un pied de barreau, grille 6c treillis en longueur , felqn la groffeur qu’on leur donnera.
- La ferrure h d’une porte commune peut valoir cent fols , 6c celle de chaque croifee, l’une portant l’autre, cent dix fols,fix, fept, 6c fept livres dix
- A Le fer en barre d’un pouce en quarré , pefe environ quatre livres & demy le pied. Il n'éft toujours de. même poids»
- h La ferrure d'une porte commune peut valoir fept livres** Celle des croilces communes dix livres»
- 1 fols,
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- £ R A N ç G I S Ëi
- fols, quand les croifées font grandes* * les volets brifez * & les targettes de* relief : Car quand les croifées font hautes > il y faut plus de targettes Ôc de fiches * & pour cette raiion peuvent être évaluées jufques à dix livres quelquefois*
- Le prix ordinaire de la charpenterie y & ce cjuily faut olferver*
- Ch api î RE XL II»
- LE bois de charpenterie à fc vend au cent de pièces \ La piece doit avoir douze pieds de long * & fix pouces en qüarré * tellement quelle
- * Le bois le meilleur pour la Charpenterie, eft celuy de chêne : le fapin eft bon en foliye , pourreü que, les bouté fuient enfermez ou entoürez de morceaux de doffes autour des portées dans les murs, de peur que le mortier dé chaux Oc les échauffe* Le chêne doit être fans aubier > coupé eu faifon> c’eft à dire en deçours depuis Ôétobfe julqu’eti Mars, non roulé » nÿ venté > ny échauffé , nÿ fur le ré* tour*
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- $06 VA kCHITHCTU&Ë contient trentc-fix pouces, fur douzé pieds de longueur.
- Le cent de pièces vaut fur le chantier deux cens Vingt livres , ôc employé trois cens livres : a II y a toutefois plus de profit à l’acheter trois cens livres employé, que deux cens vingt fur le chantier.
- J’ay dit cy-deiTus les grolfetirs que doivent avoir félon leurs portées les poutres, les fablieres, ôc lambourdes, qui fup portent les folives. Les autres pièces de remarque font les ais d’en-trevous, poteaux de cloilons, fablieres de cloilons, lambourdes à porter les ais, Ôc les parquets des planchers, &les pièces dont eîè compofé le com-
- * Le cent de bôis vaut à prêtant trois cens trente, & quelquefois trois cens qnaranté livres mis en œuvre à l’ordinaire : en.ouvrage oe comble ceintrc il monte à trois cens quatre-vingts ou à quatre, cens livres*' Le bois de liage comme poteaux, folives, chevrons &c* vaut depuis cent quatre-vingts jufqu’à deux cens dix livres- pris au porr* B.ois de brin depuis huit pouces jufq.u'à quinze v v^ut depuis deux'cens cinquante jufqu’à trois cens livres auflt pris au pOrt. Le cent de bois marchand fe compte cent quatre*
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- £ R À U Ç 6 î s. fo |0f
- Me de là couverture, comme femelles ou tirans , fablieres ou plateformes > faîtes i fôûfaîtes , pennes * chevrons > arrêders > ehipàririoüSi embraMchemens > coyers, poinïfonsi entraits, forces ou ârbalêtiers, janu bes de force, goutTets* aiflcliers,liens* croix faint André, tafleaux, jambtet-tes , entre-toifes, blochets & coyaux* Les ais d’entrevous ont d’ordinal re dix pouces de " largeur , iiii d*e-paifletir i ôc de longueur autant que leurs folivesi Trois de ces ais lur la longueur de douze pieds font iiiie pièce moins une fîxiéme, à cauic que ces trois ais rie contiennent que trente pouces fur la longueur de douze pieds, & la pièce en contient trente* fixi De forte qu'il s’en faut fix pou-* ces que, ces trois ais ne contiennent uile pièce : C’eft pourquoy la pièce employée étant du prix de foixan-te lois > ces trois ais tien doi-
- y ÿ
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- $o8 L*À R CHÏTË CTUR Ë vent valoir que cinquante , à caufe qu’il en faut déduire dix fols , qui eft la fixiéme partie du prix de la. pièce.
- Je me fuis un peu étendu à réduire cesaisàla piece, afin que cét exemple ferve pour la réduction & évaluation de toutes les autres parties, fans qu’il foit befbin d’en faire mention par cy-aprés*
- Les pôteaux de cloilbns, & leurs fablieres ont ordinairement quatre pouces d’épaiffeur, fix de largeur , & de vuide quinze pouces.
- Les lambourdes à fupporter les ais^ôe les parquets ont quelques trois
- fouces en quarré, & font éloignées une de l’autre d’environ deux pieds à les compter de milieu en milieu.
- Les fablieres ou plate-formcs font de pareille longueur que tout le corps de logis ; Elles le pqfent auffi fur la largeur quand la couverture elt
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- Françoise. $o$>
- élevée eh" croupes , Sc ont quelques fa pouces de largeur y Sc quatre de' hauteur : a il y eiva deux de chaque, côté , une fur l'entablement qui eft enliée Sc aflembiée avec les blochets >; Sc Tautre en bas qui fiipporte les jambettes > ou bien elles portent toutes deux fur le corps du mur étant; affemblées par des entoifes de fa pieds en fa pieds.
- Les faîtes > foû-faîtes* Sc pannes font auflî de toute la longueur du corps de logis * quand il îfeft pas couvert en. croupe* Sc font de fa à fept pouces en quarré.
- Les chevrons pour rardoife b ont
- > Il y a foUvent deux fablieres fur l’entablement de fix pouces de large ^ & quatre pouces d’épais pofices fur le: plat, l’une qui affleure le dedans du mur & l’autre à quelques fix pouçés prés du dehors de l'entablement : EÜçs font liées & aflcmblées avec des petites entretbifes , & des blo-çhets par defius en travers, dans lefqueis font- allèmblez les pieds des chevrons & des jambettes à tenons & momifies* b Voilà la pratique que l’on obfeiwoit au temps que cet Auteur a écrit, dans, lequel on tenoit les combles extrêmement hauts Scroides pour ne pas retenir le poids delà, neige, laquelle 4 accoutumé 4.c ruiner les toits * Mais cét
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- I id L’A rchitecturè
- en longueur autant que le corps de logis a de largeur , & environ une huitième partie davantage. Ceux pour Ja tuile font un peu moins longs que Je corps de logis n'eft large, on leur donne ordinairement quatre pouces,
- en quarrç,
- v «
- ufage s’eft aboly petit a petit depuis que l’on a trouvé l'invention des toits recoupez à la Manfardc, de laquelle feu. Moûfieur Manfard < illuftre Architecte, eft l’inventeur> & la penfée luy en eft fans doute venue de l’aflemblage des, bois de charpente » que.le Sangallo Architecte qui vivoic il y prés de deux cens ans , avoir: figurée pour faire les cin-. très des voûtes de Saint pierre de Rotpe , & dont Miguel-Ange Bonarote s’eft enfuitefervy au même fujet. Nous avons laÆgure de ces toits, recoupez à la Manfardc dans H Palladio de J4opfieqr le Muet quejj’ay crû devoir qjoûççe çççç Jiefi,....... • " r '
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- F R A N ç O I SE. 3ü
- Les arrêtiers font au/ïi longs qu’eft l'arrête de l’angle des croupes ; On les tient un peu plus gros que les chevrons, à caule qu’il les faut délarder.
- Les poinflons ont en longueur environ les deux tiers de la largeur du; corps de logis : quelquefois ils s’a-longent & s'étendent depuis le faîte jufques for la poutre , ou femelle ; Leur groflfeur eft de fîx à ièpt pouces.
- Il n’y % d ordinaire qu un ou deux entraits en une ferme y & font en di-ftance l’une de l’autre d’environ fix pieds, leur longueur dépend de la largeur du corps de logis, & hauteur de la couverture..
- Le premier entrait a environ dix pouces , parce qu’il fopporte parfois un plancher , le fécond fix à fept
- pouces.
- y «JJ;
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- ÿiz L’A rchitegture
- Les forces ou arbalêtiers 4 ont environ fix ou fept pouces en quarré, leur longueur s’étend depuis les bouts du premier entrait jufques au faîte.
- Les jambes de force ont quelques dix pouces en quarre* & un peu plus en longueur * qull n’y a de hauteur depuis Faire du plancher jufques fous je premier entrait.
- 3Les goucets ont dix pouces* fiir ïïx & fept pouces,& de longueur cnt ’viron trois pieds.
- Les liens ont en longueur deux* & trois pieds* ôc de grofleur quelques fîx pouces.
- On met entre les faîtes, ôc fous-faîtes dans les combles qui font à fer-
- 4 Les Arbalêtiers ont d’ordinaire huit & neuf pouces par le bas, quelquefois plus > lors qu’ils portent un gros,env trait de ferme pour foutenir un plancher , &par ie haut cinq & fix pouces; les liens font de inètne grofleur ; Ce.qui, s’entend lors que les forces ou arbalêtiers font depuis le tirant jufqu’au poinçon, Il eft bon que les forces.ou arbâle-r tiers foient; un peu çourbç? çn dedans pour avoir plus de
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- Françoise/ 31 j mes fur jambes de force / des croix faine André de fept à huit pieds de longueur , 6e de üx pouces de grofleur.
- Les Chantignoles 6e taffeaux ont autant en hauteur , que les pennes font grofles, 6e font de la groffeur des forces.
- Les jambettes, blochets 6e liens ont fix à fept pouces de grofTeur : ks jambettes 6e liens qui fervent à for^ mer un cintre fontprelque de pareille longueur , fçavoir dç trois pieds 6e demy, ou quatre.
- On fc fert de coyaux, quand il n y a point de chaîneaux lur fentable-
- ment pour recevoir les eaux : Il y cm a autant que de ehcvronsx& ont quelques trois pieds de longueur , 6e au-y tant de largeur que le chevron.
- Je ne parle point des noulets , 6e chevalets pour couvrir les lucarnes, parce que quand on toifera tout k
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- $Ï4 L’A R C H ï T Ë e TUR E contenu du comble, comme s'il n’y avoit point de lucarnes, les pièces qui rempliraient le vuide des lucarnes coiitiendroient environ autant de bois que le petit comble qui couvre lefdites lucarnes.
- Il ne fera beaucoup de befoin auflî de fupputer le bois des croupes à part, parce quel) ftrpputant tout le comble, comme s’il étoit à pignon, on y trouvera prefque autant de bois que s’il étoit en croupe, y ajoutant les arrêt ier s & plate-formes* n’y ayant guère de plus que les enrayeures , à raifon defquelles il y a plus de bois, & de façon aux croupes* C’eft pour-quoy je ne diray rien des coyers* empannons, & embranchement, ny de quelques autres pièces , à cauic qu’il eft impoilible de déclarer par le menu les grofleurs & longueurs' que doivent avoir toutes les pièces qur entrent emun comble de cqùyet-
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- Françoise. $ij ture ; car clics varient en nombre, groflêur & longueur, lelon que les combles font plus hauts ou plus bas* & plus grands ou plus petits.
- La lupputation aufli cy-deflus fpe-cifiéc n’aefté faite qua peu prés, & par eftimation far un corps de logis, ayant quatre toifes de largeur dans œuvre : Or fans prendre la peine dune fi curieufe & laborieufe fuppu-ration , on ne laiffera de fçavoir à peu prés, & fort approchant du vrây, à combien de pièces peut revenir tout le bois de la charpenterie d'un comble , fi on compte pour quatre toifes a courantes de comble far un corps de logis de quatre toifes en quarré, élevé à pignon quelque foi-xantc pièces de bois au plus pour une couverture dé tuile, & quelques;
- 4. L’on pourroit dire encore, (t on compte à la manière de la campagne pour deux travées de comble < &c. quelques
- Soixante & dix ou quatre-v ingts pièces* ou même plus,
- 1? comble eft plus droit > Sc s’il a plus d’eurâycuxes^ j
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- 3i 6 L’Architecture
- quinze davantage pour une d'âr* doife. Que s’il y avoit deux croupes* au lieu de deux pignons, on y pour-* roit encore ajouter quinze pièces : fuivant lequel pied faudra augmeu-ter ou diminuer à proportion le nombre des pièces de bois* fuivant que les largeurs & longueurs du corps de logis ftront plus grandes ou plus petites: Mais pour'a-vôir un calcul plus affeurë, il faudroit faire un
- !)lan jufte avec 1 élévation * tant de a largeur, que de la longueur du comble * ou bien un modèle fort exa£t de tout ledit comble * puis chercher 6c prendre fe$ mefures là-; deflus*
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- £r ançoisè: ,
- Le prix ordinaire de la menuiserie, de là peinture en couleur de bois , des travées y croifées & portes > & de U nattek
- Chapitré XLIIl.
- LA menuilerie s'eftime non à la piece de boi$ employe'e com-me la charpenterie s mais à la pièce d’un ouvrage entier, comme porches, portes, çroilées, parquets & lambris^ Les porches a l’un portant Tautre peuvent valoir dix ou douze livres chacun : les portes ordinaires à un poqce ôc demy d’épaiffeur, emboi-s tecs par haut & par bas, ôc affem-ble'es à clefs ôc languettes ôc collées, fix livres : La porte pour entrer dune
- * 0ti ne parle plus de porches à Paris * foi* qu’il ne s’en fafl'e plus } foit cplè ce mot ne foit;plusen utage. Les portes d’un pou.Ce & demy , çomme il dit., Valent à prêtent lept li* vres & demy > même huit livres fi le bois eft bien choiu*
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- pg 1*ARCHIT ÈCTlltÈ
- court en un aflfez bel efcalier, quinze ôt vingt livres j une porte cochere avec fa ferrure deux cens livres : La toife de parquet a dix-huit livres, ôt la toife quarrée dé lambris commun autant.
- Les croilèes b Çc peuvent e (limer Ôt mefurer à la piece & aü pied* Quand on lesmefure au pied * on efti-me le pied cinquante ôt foixahte folsj quand elles n ont que de cinq à fept pieds de haut, on cftime la piece douze ôt (eize livres. ,
- On peint à huile eii couleur de
- a La toife de pai*quet avec fes lambourdes par deffous t vaut prefentement ving-quatre livres»
- . h Les croifécs fe mefurent au pied de hauteur fur leur largeur de quatre pieds ou quatre pieds & demy, au prix de trois livres , fi elles font bonnes , hottes & à boitement avec leurs guichets : fi elles ont huit pieds de haut, on les compte pour huit écus. On fai: des ehàifis à carreaux de terre à même prix : mais on en fait aufli qui ont un rond entre deux quarrez dehors & dedans avec baguettes en dedans , de pires de cinq pieds de large > lefquels valent quatre litres dix fols & cinq lit res le pied : & l’on cftime à proportion celles qui font plus ou moins larges & hautes, qui ont plus ou moins d’ouvrage > & dout ie^ bois cft plus ou moins.choifi & bien-fait»
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- Françoise.
- bois une travée, Tune portant l'autre* pour quatre livres a dix fols, ou pour cent fols. Deux portes & deux croi-fées palTent ordinairement pouf une travée.
- La valeur de la natte fe peut trouver, & juger par la quantité des brins qui entrent en la toile : Car le brin £ gros ou menu s’eltime ordinairement un fol. De forte que plus il eft fin, plus la toile eft cfiere > daütant que le brin étant plus menu, il y en entre davantage.
- ** La peinture de couleur de beis qui fc fait avec du blanc de cerufe & de l'ocre avec bonne huile de noix , vaut fepe livres : mais celle-là n’cft gueres en ul'age, & il s’çn fait à tout prix.
- b La natte la plus .menue de brin eft la meilleure : fi le hrin de paille eft fin , la toife de la natte vaut depuis vingt jufqu’à quarante fols* On ne s’en fert plus gueres à prêtent à caùfc de la vermine qu’elle engendre , & du danger du feu , les chambres mêmes 8c les cabinets étant maintenant plus ouverts qu’ils n’étoient autrefois •• il ne s’y con* Lrye plus tant d’humiditê que dans les chambres des vi.ux batimens où tout pourrifloit, & où il faloit fe lcrvir de natte pour tenir les lieux fçcs ». & çpnÇcrver les capifièries SC les meubles. '
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- pO L’A R CHITEC TUÜÈ
- J.
- Du toifé de la maçonnerie > & chat* penterie * & en quelle façon il fe pratique.
- Chapitre XLlV.
- QV o y qu"on fçache le prix dé tous les matériaux & ouvrages iüldits y on ne peut néanmoins iça-voirà combien pourra revenir le total du bâtiment, fi on ne feait le toife, 8c en quelle façon les Maflbns 8c Charpentiers le pratiquent. Il faut donc fçavoir en ce qui regardé la malïbnncrie , que les cloifons recouvertes des deux cotez x les enduits des galetas, à caufe qui! faut contrelattet * le {tellement des Iam-< bourdes qui lüpportent les aïs 8c parquets , les pavez à quarreaux. 8c les languettes des tuyaux des cheminées vont pour gros mur : ne air
- moins
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- Françoise.
- inoins il y en a qui jugent les lufdits fecllemens à trois toifes deux. Les aires &: planchers de plâtre, les cloi-fons non recouvertes de part ny d’autre * & les ailes des lucarnes vont à deux toifes pour une : Si elles font recouvertes d'un côte, elles fe comptent à trois toifes pour deux. L’enduit des vieilles murailles qu’il faut réhacher , fe compte à fix toiles pour une: mais quand elles n’ont jamais elle enduites , ou qui!y a quantité de reformez, & rétabliffement à faire contre, les enduits vont à quatre toifes pour une. Les (blins a qui font au delfus des poutres , le toilent au pied. On compte un pied pour chaque lèellcment de corbeau, & uni pied aulïi pour chaque fcellement de gond aux contrevents > mais pour le
- « Les folins ne fe comptent que pour un quart de pied chacun. On compte unphid pour les corbeaux lors qu’ils font leelleï. avec bon tuileau & plâtre fur le derrière , & bons éclats de„pierre dure fous le devant >-lequel doit être plus haut que le derrière de demy pyuce.
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- 5'lt L’A RiCHÏTE CÏUR E fccllemcnt des autres > on ne compte que demy pied. Le feellcmcnt des barreaux de fer fe toile pour demy pied chacun dans la pierre de taille, ôc dans le plâtre pour un quart. On compte demy pied a auflî pour chaque piece de moulure , quoy qu’elle îfexcedât la grofleur d’un doigt.
- II faut toutefois Icavoir que les fùfdits^marchez à une > deux, trois 8c quatre toiles pour une de gros mur, ne s’efiiment de la lofte , que lors qu’on entreprend un bâtiment entier où il y a beaucoup de murs de maffonnerie : Car s’il ne s’agilfoit, par exemple , que de l’enduit d’un
- a L'ancienne méthode de compter chaque piece de moulure pour demy pied eft la meilleure , lors qu'elles ont deux faces avant que d’être arondies ou creufécs , dautant que l’on compte chaque face pour un quart de pied. Il v a neantmoins telle moulure qui aura trois & quelquefois quatre faces avant que d’être arondieou creutce > & elle doit être toifée par les faces qu’elle aura eues : ce qui fait qu’ihfaut bien fqavoir comme lesmoulures fe font pour les pouvoir toifer au jufte.
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- Françoise.' $1$
- lambris > la toifc duquel va pour toife de gros mur en fourni (Ta ne de lattes, Sc de doux > cette toile d’en-1 duit > en ify faifant point de nouveau mur de maiToanerie, ne fer oit prilee que quatre livres ou environ, au lieu quelle paflèroit pour le prix de huit êi neuf livres en un bâtiment neuf, à caule que le Maflon , en ce cas, fait meilleur prix de la toife de gros mur, laquelle il n’entreprendroit pas quelquefois pour douze livres, s’il n'y avoit point d’autre befogne que de
- gros mur.
- On toile aux marches tant la hauteur, que la largeur, ou giron, &pas'> & en cette faÇon de toile > elles vont pour gros mur. Si ce font marches tournantes, on ne les toile que par le milieu de leur longueur.
- L’arc de la voûte fè toife par dedans oeuvre} pour toifer le rem-plage des reins de la voûte en ber-
- X ij
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- 524 L* ArchitEctüRé ccaü on prend le fiefs de la loiv güeur de Tare> que Ton inultiplic par la longueur de toüte la voûte : Pour celles qui font en lunettes * ou en voûtes d’afrêtes , à on prend le quart de lare > au lieu qifen la Voûte en berceau on prend le tiers ï Mais cette façon de toifer cft pleine de grand erreur, comme le comprendront fort facilement ceux: qui font entendus en Géométrie : C'eft pourquoy il y faut procéder fuivailt les réglés de cêt art , afin que perfonne n y foie trompé.
- à Les remplaces foit qtie les Voûtes feient à berceau ou a lunettes , le comptent quafi toujours au tiers , à caulc qu’il y a plus de fujetion aux lunettes > 8c que le mortier V doit Être meilleur qu’aux autres*
- Pour toifer les arcs à plein ceintrc au pHisprés du jufte, il ne Faut qu’ajouter la moitié du diamètre aü diamètre entier , & multiplier les deux enfemble par. la longueur : ce qui en proviendra donnera la capacité du contour , dont on prend le tiers pour celle des reins.. Comme fi un ber* ceau avoit n* pieds de large, & ao. pieds de longueur: Il faut ajouter à la largeur , qui eft n* la moitié & multiplier leur Tomme i8* par la longueur zç>* 'pour avoir 560» pour le contour du berceait , dont le tiers eft uo* pour les reins: Et partant tout le'toifé du berceau eft de 4&o* pieds*
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- F R a N Ç Q I S E.’ fzf'
- Les piles de pierre de taille, qui ont quatre faces, telles que peuvent être celles qui font dans \cs caves & offices, & qui Idûtiennent des ar^ cades, fe toifent fur leur largeur ôs épailfcur > tellement que fî une pile a quatre pieds de large ôc deux d’ç-; pais,elle fera toifêe pour fix pieds.
- Il faut encore remarquer qu’il y a deux fortes de toifez en ufage au-jourdffiuy, Tun qu’ils appellent Selon les y Coutumes dedans^ ôc l’autre A toifi bout-want fins retour-, Clivant l'Ordonnance de Tan 1557. du Koy Henry II, Par la première, ou ne toile point le vuide a quand il cft ex^ ceffif y mais on toife toutes les faillie* & moulures, & de telle force que toute picce de moulure, pour petite qu'elle (oit, comme un filet s 6c un quart de rond eft compté pour demy
- Aux uz & coutumes de Paris il n’y a point de vuide ex-, ccifif lors qu’il y a parement de pierre piquée , taillée ,pli? tte an enduit, & fondé au dedans du vuide.
- X iij
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- 32,6 L’A RCH I TEC Tll RE j>ied chacun > encore que par fois il n’aic pas demy pouce : Si bien qu’une corniche qui n'aura pas un piçd de haut, peut revenir par cette proçedure de toifé à plus de fix pieds.
- Quand les marchez font conceus en ces termes, Selon les & Cou -tûmes de Paris, les Maflons enrichif-fent 6c embellifTent le bâtiment de moulures 6c faillies le plus, qu'ils peuvent, Par l'autre façon de toifé, {ça* voir , t-A toife bout-avant fans retourj le Maflon eltobligé par l’Ordonnance, d'enrichir 6c orner de faillies & moulures le bâtiment, fuivant que la qualité d'iceluy le requerra, fans que lefdites faillies 6c moulures puilïent être toifées , ny le vuidc, mais feulement le plein Neanmoins Pufage eftau-jourd huy de toifer tantlevuidequele plein, même jufques à la pointe des pignons, 6c fommité des lucarnes, 6c le tout quarrément ; tellement qu en
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- Fr a n ço i s e, $ij
- toifant le vuide aufïï-bien que le plein, il le trouve quelquefois plus de vuidc que de plein, & remply de maflonne-rie: Ce qui apporte par fois des dif-ferens quand ce vient à ces toifez, entre celuy qui a fait bâtir , & l’Entrepreneur ou Maflon : Car louvent ceux qui font bâtir, n entendans pas ces termes , le trouvent trompez en leur calcul. Surquoy les maiftrés MalTons repondent, qu’ils euflent fait leur marche à plus haut prix , fi le toife fe fut fait plus defavantageufe-ment pour eux: C’efl: pourquoy a mon avis il fer oit befoin , comme quelques-uns font, d’expliquer dans les marchez plus nettement & clairement les termes du toife, &; déclarer en termes exprès, fi on entend toilèr ou non les faillies &: moulures, à raifon. dedemypied pour chaque partie de moulure, ou fi elles ne feront^point
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- $i8 V Architecture toifees du tout ; comme pareillement fi le vuide fe toifera auffi'bien que le plein s ou bien fi on ne toifera que ce qui fera plein & remply de malfoii-neric.
- Il fc rencontre aufïi quelquefois de la difficulté pour le toifé des pièces de charpenterie : Car les folives qui ont cinq pouces lur lept, fe toi-feiït comme fl elles avoient fix pouces en quarré, qui font trente*fix pouces en lùrface, au lieu que cinq multipliez par fept n en font que trente-cinq.
- Davantage > dautant que les pièces de charpenterie fournies par le Marchand augmentent en longueur, <k font plus grandes les unes que les autres de trois pieds, fans qu'il s’en trouve de ftpt, ny dé huit pieds > de dix, ny de onze ; de treize 3 ny de quatorze » de feize , îty de dix4ept > &
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- Françoise.
- ainfi des autres confecutivement; Quand la longueur d’une piece a ap* proche de plus prés la piece du Marchand , qui excede en grandeur immédiatement une autre moindre , comme quand elle approche déplus prés la grandeur de douze pieds, que de neuf , elfe eft toifec comme fi elle éroit longue de douze pieds, encore qu’elle n'eût guère plus de dix pieds & demy de long, parce que les Charpentiers dilént que la rognure qui refteroit leur demeurcroit inutile, pour être trop courte : que fi elle n'a que dix pieds de long ? elle ne fera toifôe pour douze pieds ^ mais pour dix feulement, à caufe qu'il leur re^ liera deux pieds de rognure , qu’ils
- a d’embarras de cçs réductions de pièces de bois de diffè^ rentes longueurs , qui caufe tous les jours des difputcs pour les toiles > a fait qu'à prefent dans les marchez des bâtimons du Roy , il eft die que les bois feront payez fui-, vaut la mefure qu’ils fc trouveront' avoir en œuvre: Qui, cft une cpndition que ieç Particuliers qui voudront bâtir doivent, à montras, toujours mettre dans leurs marchez*... fauf àdonuef quelque chdfç de plus du cent de bois»
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- I/ArcHITEC TURE peuvent faire fervir : Que fi elle eft de dix pieds & demy juftement, elle ne doit palier aufti pour une pièce longue de douze pieds,mais pour une de dix pieds & demy, dautant qu’en coupant &: fiant une piece de vingt & un pied de longueur par le milieu, ils en font deux pièces de la longueur de dix pieds & aemy chacune , fans aucune perte de bois.
- Pour éviter donc tous ces embarras & diflîcultez auffi bien au toifé delà charpenterie, que de la malïonnerie, il me femble qu’il feroit pareillement befoin d’expliquer fort diftinétement, bien au long , ôc intelligiblement toutes les conditions tant de l un que de l’autre toile : Car à caufe de tels & lemblables différais > il eft intervenu Arreft de la Cour de Parlement de Paris le treiziéme jour d’Aouft mil fix cens vingt-deux, & imprimé audit an chez Morel, & Metàyer , par le*
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- Françoise. 531
- quel eft ordonné qu’il demeurera en la liberté des parties, en fait de vifi-tations & rapports en juftice , & autres aétes dependans de l’art dc.Maf-fonneric 8c Charpenterie, de nommer 8c convenir d’experts Bourgeois, 8c autres gens à ce connoiflans, autres que les lurez en titre d’Office.
- Autres moyens plus faciles que les prece-dens y maïs non Jtexafls , pour fçavoir a peu près a combien peut revenir un batiment.
- Chapitre XLV.
- IL relie encore d’autres moyens pour fçavoir à peu prés à combien peut revenir un bâtiment fait 8c parfait, la clef à la main , qui font Fort faciles, mais non li exacts que les preccdcns > c’cft par l’eflimation1 de la tpife courante , fçaehant ce qu’elle a
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- 'jféZ L*A KCMÏTECTURE coûté en deux fortes de bâtimens de pareilles grandeurs, mais de differens prix , en jugeant à proportion de la valeur des autres , félon qu'ils feront plus grands > ou plus petits : Par exemple , la toife courante des bâti-mens de la place Royale, qui font à trois étages quarrez, revêtus 8c ornez
- far le dehors de pierre de taille & de rique, avec la largeur de quatre toi-Tes en dedans œuvre x n’a pas coûté à ceux qui ont des mieux & noblement bâty , di-xhuit cens livres > non compris Tâchât de la place. Tellement qua ce compte tous les bâtimens en pavillons qui font fur les quatre cotez de cette grande place , en prenant chaque côté de foixautc Ôc douze toi-fesdelong ^ n auroient pas coûté cinq cens trente huit mille quatre cens livres ^ qui feroit pour chaque côté fix-yifigts neuf mille fix cens livres.
- Ta toife courante - aiifli des bâti^
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- Françoise. $3$
- fnciis qui fe font aujourcThuy en THle Notre-Dame, ayant cave iur cave, trois étages quarrez , & quatre toifes de largeur dans œuvre , ne peut revenir, fans y comprendre Tâchât de la place , à douze cens livres. Il cft vray que les murs qui font for la rue ne font que de moilon , avec des jambes boutifles & étrayefes par voyes, fans que les harpes des pierres foient équarrées, ny les jambes fous poutres perpaignes, & encore moins à joints quarrez les croifées de pierre de taille, mais cueillies en plâtre pour la plu part, les folins par le dedans recouverts de lambourdes, & les entrevoux des fo-livçs d’ais, mais de plâtre feulement : Quoy que ce foit, un corps de logis en cette place de la longueur de cinq toifes, & de la largeur de quatre en dedans œuvre , bâty 3c étoffé en la forme qu ils font, au prix pied fufdit, de la toife courante , ne peut
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- 554 L’Architecture revenir qu’à quelques fix mille livres^ On peut donc à proportion de ces deux differentes façons de bâtir, 8c de leurs prix, arriver à peu près à lcftimation d'un autre bâtiment qui fera plus grand, ou plus petit> & plus ou moins étoffé, & enrichy.
- De la pejanteur de divers matériaux necejjaire d être fceuë.
- Chapitre XLVI.
- DAutant qu’il importe h ceux qui bâtiffcnt, & ont bc-ioin de faire charrier 8c manier divers matériaux , de fçavoir la différence de leur pefanteur ; & que cette connoiffance ne peut être qu agréable à toutes fortes de perfonnes, j*ay eftimé être à propos d en rapporter 8c ajouter à la fin de ce prefent traité bé preuve qui en a efté faite fort
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- Fr an ç o ï s tl
- exaétement. On a donc trouvé que la grofTeur & quantité d’un pied cube d'eau douce peie foixante &: douze livres : celle de nier foixante 8c treize livresj 8c cinq feptiemes : celle d'é-tain, cinq cens loixante & feize IL vres: celle de cuivre , fix cens qua--rante-huit livres: celle d’argent, îèpt cens quarante-quatre livres: celle de plomb, huit cens vingt-huit livres: celle d’argent vif> neuf cens foixante & dix-fept livres , 8c une leptiéme celle de l’or, mille trois cens foixante 8c huit livres: celle de terre, quatre-, vingts quinze livres, 8c un tiers : celle de fable terrein > fix^vlngts livres: celle de fable de rivière, fix-vino;ts
- O
- douze livres : celle de chaux, cinquante-neuf livres : celle de mortier, nx vingts livres : celle de plâtre, quatre-vingts fix livres : celle de pierre commune , fept-vingts livres ; celle de pierre delâint Leu , cent quinze
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- L’A KCHIT E C T Ü ft Ë livres r celle de pierre de liais, cent foixante 6c cinq livres : celle de marbre, deux cens cinquante & deux livres : celle de briques , cent trente livres : celle de tuiles , cent vingt-fept livres: celle d’ardoife, cent cin-
- Suantc 6e fîx livres : celle du Tel, cent ix livres, 6c deux feptiémes : celle de miel, cent quatre livres , 6c deux cinquièmes : celle de vin , foixante 6c dix livres , & quatre cinquièmes: celle d’huile, foixante 6c fix livres: celle de cire, foixante 6c huit livres, 6c huit onzièmes : celle de bois d’aul-bie , trente-fept livres, 6c fept douzièmes : celle de bois de chefne,foixante livres -, 6c le minot de bled froment cinquante-cinq livres* Tout ce que deifus , pour le regard des .métaux'j a efté tiré de Monfieur l’Evêque de Candale \ 6c pour les autres, de Tartaglia , Pifgafeta, Ghe-
- taldus y 6c Bodin , l’extrait -m en
- ayant
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- F r À ff ç 6 i $ ê; , fif ayant efte donné par le fieur Aléau-àne Ingénieur du Roy. Villalpandus enfes commentaires furEzechieh rapporte plus compendieufemenc la proportion & différence du poids i que l’huile, l'eau, le miel, & les métaux ont les uns aux autres, étant pris chacun en pareille maffe & groffeur : Car fuivant fon oblêrvationi fiThui* lé pelé neuf onces*, une même quantité d’eau en doit pefcr dix, celle dé miel quinze, celle d'étain foixante §s quinze, celle de fer quatre-vingts, èc trente- deux trcnte-ieptiémes i celle dé cuiVrc quatté - vingts- Onze > celle d’argent cent-quatre j celle de plomb cent feize ôc demie, celle d'argent-vif cent cinquante, & celle d'oir ceiit quatre-vingts fépt & demie.
- Eduardus Brerevod eh fon traité De Ponàeribûs, fur la fin, ne s'àcr
- corde guere bien avec les fufdits Au-theurs.
- Y
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- 5^8 i.*A rchitectuIb
- Déclaration des principaux Amheurs qui ont écrit non Jeulement de toutes tes parties de { Architecture 3 mais aujjt de quelques-unes d'icelles ; a U plus grande partie desquelles le Le Sieur a eflé renvoyé en beaucoup d'endroits du prejent œuvre.
- Chapitre XLViI.
- t
- PArce, que je nay entrepris au prefent difcours de traiter de rArchite6ture de tous les batitnens, mais feulement des particuliers qui fe font à la mode ôç maniéré Fran-çoiCa & que même en ce qui com cerne le fujet de cét oeuvre > quand j ay veu quelques points & articles d’ipeluy avoir elle fiiffifamment traite^ par quelque^autres > j.ÿ ay ( pour îiuler de redite) renvoyé le Lç$eur,
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- ? k a n ç o i s êj
- il ma lemblé qu’il étoit neceflairc^ pour apporter plus de contentement, & une inftru&ion plus entière à ceux qui prennent plaifir à Tetude de l’Ar-chiteéfcure , & qui defireront d’être plus amplement fatisfaits lùr ce lujet> de leur donner avis de tous les principaux Autheurs qui ont écrit des bâ* timens & circonftahces d’iceux, Surquoy je m'étonne beaucoup de ce que parmÿ un grand nombre d’Architeéfces qui ont efté aux fic^ clés paffez * tant patmy les Grecs que les Romains , il n en eft reftê aucun Grec, que je Içache à prefent > t quoy que les Romains ayent premièrement appris cette fcîenGè des Grec s, j n’y meme entre tous les Latine qu un feul Vitruve * & quelques petits frâgmens de Palladius, & ce que Pline en a touché luperficiellement Ça ôc là en divers endroits > encore que Yegece écrive que de foit temps
- Yij
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- 54O L'A RCHITECTUÈE
- on comptoit quelques fept cens Architectes d’ans Rome.
- Pour commencer donc cette déclaration à j’ÿ mettray Vitruve le premier , lequel fe trouve non feulement en Latin corrige par Jocundus, Philander & Barbàro, mais auflî traduit en diverfes langues, Sc particulièrement en la nôtre par b Jean Martin.
- a II a taifon cle mettre Vitruve le premier , comme le pere des Architectes, non pas tant à caufe qu’il eft le feul de tous les anciens , dont nôus ayons les ouvrages écrits iur cette matière, que parce que fia doCtrine eft admirable ctufi par tout* Ce n’eft pas que dans les mefures de les <;r 1res, il n’y ait beaucoup de chofes qui ne répondent p^s a ia beauté des bâtimens qui nous font reliez de l’antique^
- i’onpourroit dôutcrque le texte ne fut corrompu en ce! adroits, fi nous n’uvions trouvé quelques fragmens dans i .‘s ruines de Rome , qüi fuivent allez precilément (es préceptes, & qui nous font Juger que Vitruve a parlé ftlon ion goût, & ctluy de quelques Architectes defontems, qui peut avoir été changé & rendu plus agréable par d autres.
- b Cette traduûion eft moins intelligible que le texte de Vitruve : Et quoÿ que l’on foit obligé a cet Interprété de la p-ine qu’il s’elt donnée dans ce travail , il clt pourtant v.-ay qu’ii n’eft pas de grande utilité r puis ou’il y a un million de pallàgcs de Vitruve qu’il a mai entendus, & qu’ii a même expliqué les plus faci.es avec pende fin cés. Nous avons à prefent une traduCtion.de Vitruve infiniment plus exaCte & piusjulte , & qui peut même être appeiiée nnrfaite , laquelle eft donnée au public par Monfieur rerranlt, qui l’a remplie de mille obier va tien s curieufes* Lu icconde Edition du même Vitruve que l’on nous fait
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- François e. $41
- Phildndri annotationes a in Vitru-%num in 4. & in S, Car il eft aucune-
- f.
- efperer dans peu eft augmenté de plufieurs remarques tres-utiieg , & de quelques figures de batimens antiques qui ont été démolis de nôtre temps & dont Monfieur Perrault eft bien aifede conferver la mémoire à la pofterité* Nous avons encore un excellent petit livre qu’il appelle, Abrégé des dix livres d’Archiutture de Vitruye > dans lequel il a mis en ordre les matières que Vitruve à traittées confu-fément, &: à ramaflé Tous le même Chapitre ce qui fetrour ve difpcrié en plufieurs endroits appartenant à un même fujet* Qui eft une méthode qui peut beaucoup fiervir a apprendre la do&tine de cet Auteur & à la retenir aveu plus de facilité» Le livre que Monfieur Perrault a donné l’année dernière au public fous le nom d’Ordonnance des Cinq Efpeces de Colonnes félon la méthode des Anciens, contient une maniéré infiniment plus ailée que toutes les autres pour l’ufage des cinq ordres d’Arçhiteéture , parce que leurs parties y font fous des mefures invariables, 8c qui font ou les mêmes dans tous les ordres, comme aux entablemens qui ont par tout deux diamètres de hauteur : ou qui fe fuivent par des différences égales, comme aux Colonnes qui fe fùrpafl'ent de deux tiers de diamètre d’ordre en ordre, & aux piedeftainf qui fe furpaflènt feulement d’un tiers de diamètre. Il s’eit principalement attaché a former une idée des mefures des Ordres d’Architethi • , moyenne entre les plus grandes & les plus petites , quij : trouvent dans les Ouvrages antiques & dans les livres a.s Architeéfes- Ce qu’il a fait avec beaucoup de fucccz. Il a. encore donné ttois petits volumes au public lous le nom d’ElEus de Phyfique,qui font pleins d’érudition & de.découvertes curieufes , principalement dans cette partie qu ii appelle la Mtcinique des animaux* a le ne fçaurois allez louer cet Interprète, qui. eft le pr-, -nuer, pour ne pas dire leleul, quia fait.quc l’on pou voit lire Vitruve. Il faloit un homme d’une auüiprofonde erui i-tion , & d’une aulfi grande étendue de lçavoir qu’ét. it. Philander , pour donner quelque iuinicre. à cet auccuV ,
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- fyL VA RCHITECTURE ment different en ces deux différais; volumes,
- G du dent ms AfemU fur le meme Vi-
- 4
- truVe.
- Le même Vitruve tant Latin, qu’Italien, §c commente par Daniel parbaro b en deux volumes , ff avoir, en grand in fol, & in 4* à caufe qu il y a, quelque différence en çe$ deux vo-
- Vitruvk trdiotto in 'votgare, 0 corn-
- dont le ftyle eft fi peu latin Sç fi obfcur » dont le texte eft fi corrompu , & dont les figures font perdues. Nous apprenons par l’hiftoire dç fa vie, que l’illuftre Monfieur de la Marre,Confeiller au Parlement de Dijon, à donnée depuis peu au public , qu’il s’appelloit philandrier, qu’il étoit de Châtillon fur Seine, qu’il qvoit compofé un tre$4çavant Commentaire fur Quintilien, & qu’il eft mort Chanoine & Archidiacre de Rhodéz. Il feroit à fouhaitter que fes Notes fur Vitruve eufl'ent été bien traduites Car ce que l’on a mis en Franç ois de fa belle digreflion. fur les ordres , ne me fatisfait point,
- b II y a quantité de bonnes chofes dans le Vitruve dcDa-niel Barbaro : Il eft vray qu’il en à pris la plupart de Phi-lander : Et dans ce qu’il y a mis du ficn il éfi: fi prolixe,qu’il en devient ennuyeux : Il y a dans fon Livré un traitté. excellent des Cadrans au Soleil faits fur lianalemme de Ptolo-mée , qui luy a été donné par Commandin : Les figures d’Architecture de fon Livre font helfeq, Pqn crpit que
- Palladio qqi les, a faites^
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- François e. $4? montât 0, 0* di figure illujlrata da Qœfàro £œJariano a Afilanefè. in fol.
- Le même par Cap or ali.
- Gio. Antonio. Rufconi b yâpm il Vi-tyuvio,
- Eernardus B Mu s c de ‘verborum Vite Cet Interprété s’appelle Iuy-même Sifarani fur la fin de fon Livre ; Il y en a. encore un autre du même temps cjui n’a traduit que les cinq premiers Livres de Vitruve, qui s’appelle Capotale : ils vivoient il y a plus de trois cens ans* & ils font les Architectes , comme on croit, du Dôme de Milan, & de la Chartreufe de Pavie. Et comme ces bonnes gens font les premiers des Modernes , qui ont mis le nez dans Vitruve, il nç faut pas s’étonner s’ils y ont fi peu réüffi. Ils avoient la tète fi pleine des chimères de l’Architeéfcurc Gothique, qu’ils ont même tâché de revêtir celle du bon Vitruve du même habillement barbare. L’on peut douter
- {>ar la barbarie de leur langage, fi c’eft en Latin ouen Ita-ien qu’ils oht voulu écrire.
- b C’eft dommage que nous n’ayons point lc difeours que Rufconi avoit apparemment compofépoür l’interpretation de Vitruve Et,nous voyons par fes figures qui nous font reliées-, que les lumières de cet Interprété étoient grandes,Sc qu’elles aûroient facilité l’intenigeUcc de cet Autdür. Je ne crois pas que le Difeoursquieft imprimé avec tes figures de Rufconi foit de iuy ^ parce qu’il y a quantité de lettres de «Cnvôy dans les defl'eins dont u ne parle point : il y a apparence qu’il a été ajouté par quelque perfonne medioct'e-ment yerfée en cette matière, pour accompagner les figures qui n’aiitoiënt pas eu tant de grâce fi on les ayoit impr;^ mées fans difeours»
- c Cec ouvrage de Baldus èft admirable, & fl fert infini^ ment à l’intelligence non feulement de Vitruve, pifis de Pline , & de tout ce qui fe trouve d’Archxtedure dans les Auteurs anciens» Nous ayons ïsofaxtenant en nôtre langue.
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- 544 L’A rchitecture tmvianommJlgnificatione, Scamilli imptu res Vïtmv'umi ab. eodem cBalbo nova nu
- ' x V.
- tionç explicatif
- Le même Auteur commente en Âleman par Rivius. a.
- Pline en divers endroits, principale-
- un Di&ionaire des arts que Monficur Eelibien Secrétaire de l'Academie Royale d’.ArchiteCture a compote fous le nom de Principes d*.Architecture , & qu’il a rempli de mille recherches & cnrichy d’un grand nombre dé, belles planches où les forme^ des Outils > Machines & Inlb-umens; dont on fç fert dans la plupart des arts mécaniques , font gravées avec un travail & une exactitude que l’on ne fçau-roit allez eliimtr. Le même Auteur a mis au jour, divers autres Ouvrages comme font fes Entretiens des Peintres 3cc/ dont la leCtur.e ett ^res-agreable» Les Elzevirs ont fait imprimer il y a quelques années un Vitruvc Latin infolio en très beau caraCtere, avec de$ notes qu’ils appellent Vario-rum, tirées de Philandcr , Barbara,, Çaldus, & de Saumai-zefur Sq lin» I s y ont ajouté quelques petits traittez fort utiles & curieux fqr cette matière : fçavoir, les deux livres des Eiemçqs d’Archite^ture du Chevalier Vvotton Anglois* un abrégé de tous les Livres de Georgius Agricola, de$ mefures & des poids, fait par Philander ; les notes de Meibo-pmi s fur Vitruve au fu jet <ic la Mufiquc , la teftitution éle, gante de là Volute Ionique par N. Goldman, lç DiClionai-re des mots de Vitriive dcBaldus: les Scamilles impairs du (nême Auteur, & le$ deux livres ^e la Peintqre de Lfean-
- JBapçifte Aibert. .......
- a Lç Chevalier Vvotton qui, fait beaucoup de. cas de cet Interprète , n’a peut-être pas pris garde que fa traduction a étç faite mot à mot fur celle de Çæfariano dont je viens de parler ; je pénfe même qu’il s’eft fervy des mêmes planches pour fesilgures. Ainfi ce que j’ay dit Cy-devant de la tra^ diction Italienne doit auffi être entendu de l’AUeqiandev *
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- Françoise. 545
- ment aux livres 14.16. 31. 6c jn
- Adamœi annotationibus > il le trouve tant en Grec qu’en Latin.
- tum eodem Auciore & Sculptore.
- Les Anciquitez de ïlomepar Du-
- cerceau.
- a L’ArchiteCture étoit déjà tellement déchoie au temps de Procope > qu’il n’y a pas grande chofe à apprendre de cet Art dans cet Auteur, lequel au refte ne parle qu’en gros des bâtimens dellErnpereur Jiiftinien, & ne s’arrête point à en décrire les parties dans le détail.
- b Le Sr Desgodez Eleye de l’Academie Royale d’Architecture , ayant été envoyé à Rome par Sa Majdlé afin de s’y.perfcdàonner dans cet Art, a fait les delléins des bâti— mens antiques qui s’y voyent encore avec une precifion fi fcrupuleufe qu’elle s’étend non feulement aux pieds, pouces & lignes , mais même jusqu’aux parties de la ligne : Sc ces defléins ont été enfuite gravez par les meilleurs Maîtres de Paris aux dépens du Roy, & donnex depuis peu au public fous le nom des Edifices antiques de Rome > Ils font Accompagnez de difeours qui fervent beaucoup pour en
- donner l’intelligence.
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- 34-6 L’ArchîtêCtuRë Délia tranjjfortatione deÏÏ obelijco Vatt~ çano tn de liefabricbe di Sixto V\
- L?Architecture de Leon ~ Baptifte Albert id elle fe trouve en Latin> en Italien, & en Ftaiiçbis.
- Tut te toper? d* Arckiteflura b di Serlio infol. & in 4. à caufe au il y a quelque différence.
- Libri dett Anhitettmra di c Andr.
- Palladio»
- d Le livre de Leon-Baptifte Albert eft eftimê le meilleur, *prës Vitruvc, pour ce qui regarde le bâtiment en gros, la folidité & le particulier des édifices : C’eft dommage que les defleins l'oient fi grofliers*. fi fecs & fi Gothiques, & qu’il ait fi mal rélifii aux mçlures de quelques-uns de tes ordres d’Architecture,
- b La Icéture dé Scrlio eft excellente pour un homme qui s’eft déjà fortifié dans le bon goût de l’Architeéfcure , parce qu’il peut prendre de grandes idées dans les defleins que cct Architecte a faits des bâtimens antiques ; Mais il eft dangereux à ceux qui ne peuvent pas faire le difeernement de ce qu’il y a à reprendre dans les mefurcS , 6c particulièrement dans celles de fes ordres d’Architecture * où il eft fec & un peu Gothique > quoy qu’il femble avoir fuivy la doctrine de Vitruve : C’eft dommage qu’il n’y ait plus de ju-fteflè & d’exaCtitudc, qu’il n’y en a , dans les chofes qu’il a données au public. Il y a un Livre de luy qui traitte des fcâtimens des particuliers* à commencer depuis la Cabane 4» Berger * jutqu’aux Palais des Roys, iequel n’a jamais étc imprimé , quoy qu’il put être de quelque utilité» f Le Livre de Palladio eft admirable en toutes fes parties, fc principalement pour les defleins exacts qu’il nous a
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- Françoise, 347
- ^r.hitefliim a di Cataneo.
- Valderunus, de Architeflum > traduit en Latin pat Æfculatius, je 11e fcay fi elle eft imprimée, parce que je lie l'âÿ veue que manuferite.
- L’Architecture de Viguoîe b Ita-* licmie ^Françoifè,
- donnez de la plupart des bâtimens antiques » & pour Tes ordres d’Architecture qui font d’un goût exquis. Il a été parfaitement bien traduit par Monfieur deCnambray, qui a même eu le foin dé faire rechercher en Italie les piariches originales de l’Auteur , dofqti elles il s’eft fervy dans fa Verfion. Moniteur le Miict en a fait un petit Abrégé qui n’eft pas inutile aux Ouvriers. Cet: ArçhiteCe peut palier pour le premier entre les modernes,
- <* Il y a beaucoup à apprendre dans le Livre de Cataneo, particulièrement pour» ce qui regardé la folidité, & pour plufieurs belles remarques qu’il a faites qui fervent à la beauté de la difpolition des bâtimens : Les réglés nea/it-moins qu’il donne pour fes ordres d’Ard)iteCure ne doivent point être fuivies, n’étant pas de bon gctàu h Le Livre de Vignole eft le premier que les E'tudiaus en ArchiteCure doivent lire , & palier enfuite à la ieCure de ceux de Palladio & dé Scamozzi : Il eft âuifi le plus connu de tous par les Ouvriers* à caufe de la facilite' de ^ pratique à laquelle il a réduit les ordres d’ArchiteCure. Il a choifi les plus beaux môrceàax de l’antique pour en faire les exemples de fes ordres : Et qüoy qu’il en ait allez altéré les véritables proportions pour les faire entrer dans celles de fes regles.g'enerales, ils ne lailîènt pas de faire un bon effet dans cptte maniéré. lia été traduit & réduit en petir yolume par Mr le Mitet : & le Sr Jollain a depuis peu dônnê Une traduCion plais francoifeque la première;'
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- 54? L’A rchitecture
- Libro d'antonio Labacoa appartenez te k l' Archit. flura.
- VI de a délia Atchitettura univerfali di Vincen^o Scamo^i b Arcbiteflo V?» neto.
- / etiioni di Benedetto Varchi intorno al tArchitettura 3 pitiura} & Jcoltura.
- Difpareri in materia à' Arcbiiettura & Perfpettiva di Martino Baflt.
- a Le Livre de L3.b3.co ne contient que quelques delfeins des plus beaux bâtimens de l’antique fort correCts & bien deffinez, qui donnent une grande, idée de l*Architecture» b Scamozzi qui tient le fécond lieu entre les Architectes modernes , avoit fait en Italien un ouvrage complet d’Architecture divifé en dix livres > dont nous n’avons que fix , le quatrième, le cinquième , le neuvième & -lc dixiéme n’ayant point été imprimez. Il y a ramafle tout ce qui s’étoit dit de cette matière avant lu y * & il y a ajouté une infinité de belles remarques du lien : li eft plein de raifonne-mens fort juftes , & les proportion* qu’il donne en general font excellentes , quoy que dans le détail de fes ordres il y ait un peu de confufion. Ce qu’il a de meilleur eft dans le troifiéme & dans le fixiéme Livre , le refte eft trop prolixe & ennuyeux-. Il fe fçrt d’une maniéré extraordinaire pour les mefures des moulures de fes ordres , laquelle eft telle— mei t embarallée 8c embrouillée, qu’il eft impolfiblede s’eu fervir ; Et il a falu s’appliquer avec aflèz de travail pour les déchiffrer & les réduire aux parties du 'module , comme l’on a fait dans le traité d’Architecture qui s’enfeigne dans l’Academie que le Rcy a établie pour cét effet. J’ay traduit çn nôtre langue le troifiéme & le fixiéme Livre de Sca* mozzi qui font prêts à être donnés au public.
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- Françoise; 54$
- Trattato dellarte délia pittura y JcoL tara, £?* Architettura diGPaolo Loma^o, Vitte de Pittori > Architetti > &
- Scultori y décrites par Georg; Vafari AretinO.
- Diego Sacre do a des ciftq ordres de colonnes , tant en Eipagnoi qu’en François.
- Figura tjuœdam montrantes modum adificandi y ^Antuerp. infol,
- joannis Blum defriptio y. colümhàmni.
- F'vendel Dietrelin Architecîura per 5. columnas.
- Joannes ‘Faulus Galucius defabrica,
- U Architecture de Jean ôc Paul Vredeman, Latine & Françoile.
- L’Architecture de Philibert h de Lorme.
- * Quoyquc le livre de Diego Sagredo, que les Ouvriers «onnoillènt fous le nom de Tfampeîo , foit extraordinairement barbare & plein de ce vilain goût Gothique , qui régnait au temps qu’lia écrit, il y a neantmoûns quelque chofe de curieux à apprendre touchant l’origine des moulures d’Architecture.
- b II y a bien du bon dans le Tivre de Philibert de l orme» particulièrement lors qu’il parle du trait pour la coupe des
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- L'A RCHItfe CTUR È
- Les nouvelles inventions de bieii
- *
- bâtir & à petits frais, du même Auteur.
- loann-Henri ci ^Alftedij a Àdetbûdus admirandomm Aîathematicorum.
- Toutes les Oeuvres de Du Cerceau b qui contiennent divers traitez* comme, Les plus excellens bâtimens de France en deux tomes : Divers bâtimens pour toutes fortes de per bonnes, & diverfitez de foliations de lieux* Petit traité des cinq OrdrCS de Colon-
- pierres, & de fa nouvelle maniéré de bâtir à peu de frais* Il a tâché de fuivré les règles de.Vitruve dans fes ordres, quoy qu'il n’ait paspu s’empêcher d’y mêler du Gothiquei & s’il n'étoit pas fi confus dans les remarques qu’il a faites fur les bâtimens antiques, il pourroit paflèr pour un Auteur de la fécondé Claffe entre les Architectes modernes, & d’une force égaie à celle de Serlio, à Aluedius a compofê un petit I ivre de ce qu'il fçavoit de toutes les parties des Mathématiques > dans lequel il parle en difeours tort vafte des préceptes generaux de l'Architecture*
- b Nous ayons beaucoup d'obligation à Jeân Androüet du Cerceau , de ce qU’jl a pris foin de nous laifier quantité de fes deflieins de bâtimens antiques > modernes, & de fes inventions : Il eft bon que ceux oui fe font déjà formé te goût dans la bonne Architecture le lifent * mais fes maniérés Gothiques & grotefques peuvent laitier des imprelfions dangereufes fur l’efprit de ceux qui commencent à s’appfi“ quer à cét Art:
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- Françoise. 351
- nés, Latin & François: Les Temples, & les Àntiquitez.
- Les Thermes de Sambin & Boillot. Bullan à des cinq ordres de colon-
- et Jean, Bullan nous a fait unLivrede Tes ordres d’Architecture , qu'il a tâché d’ajufter à la doCtrine de Vitruvc > & il peut palier jpour un de Tes meilleurs SeCtateurs» Il a fait quantité de batimen? dans Iefquels il y a quelque chofe de grand » & c’eft dommage qu’ils foient mêlez de mille orne-mens Gothiques qui les défigurent.
- Outre les Livres d’ArchiteCture que cet Auteur a nommez , j’eftiuie qu’il n’eft pas hors de propos que je rapporte en cet endroit ce qui eft venu à ma connoilîânce fur cette matière. Il y a donc premièrement le Livre des Songes de Polyphile > écrit en Italien & traduit en François par Jean Martin avec des figures excellentes en bois : & celuy de L’Amour Parfait > écrit a ce qu’on dit > en Grec par Athe-uagoras & traduit en François par Mr Fumée, Ce liant deux Romans où l’on voit la description de plufieürs Edifices iomptueux & bien entendus > bâtis fuivant la doCtrine de Vitruve > & où l’on peut apprendre quantité de belles p.arti-cularitez & fe former de grandes idées pour l’Architectures
- Nous ayons encore un livre Italien appelle Viola-Zani-*ii > granddifeur de rien, qui a néant,moins donné des rc-, gles pour les ordres d?Architecture allez correCtes > & dont on fe peut fervir utilement. Ceux qui pourront avoir la patience de le liïre > y trouveront plüfieurs bonnes chofes épar-, fés ça & là dans fon Livre,
- Le Livre tres-fç,avant des Parallèles de l’Architecture de Monfieur de Chambra y , que je ne lçaurois allez loiier y & qui eft remply de nulle remarques doCtes & judicieufes : Il a comparé les maniérés des principaux Architectes modernes l?une à l’autre , dont il a fait diverfes ClalTcs : Et ce qui eft le plus à eftimer > c’eft quil a réduit toutes leurs façons de mefurer , dont la différence eft très • embarallànte, à la feule divifiondu module en trente parties : Je ne fçay point de travail plus ut^lç aux Architectes que celuy-la,
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- L*Architec tür e ncs, reVeu par le Sieur de Broile Architecte du Roy.
- La înaniere de bien bâtif pdur toutes fortes de perfonnes , par le
- Les Secrets du Sr Rmflé pour la coupe des pierres. Le Livre du P» Dcrran fur le même fa jet. J’ajoûteray à ce que j’ay dit cy-devant des ces deux livres , qu*ils contiennent î’un 5c l’autre autant de pratiques d»Verfes qu’ils fe prôpo-fent decasdifferens,& qu’il y a plufieursde tes pratiques qui dans langueur de la Géométrie , font faulfes, en forte que dans les Edifices confiderables les Ouvriers font toujours obligez dé ràgrécr ce qu’ils ont fait* Ainfi je fuis étonné que là Réglé Üniverfclle de Monfieur Dezargues expliquée dans le Livre du Sr Boite , toit fi peu en ufage > veu qu’elle eft infaillible dans la pratique & qu’elle peut fervir à tou9 les cas.
- Divers dcficins dé Bâtimens de l’invention de. Moflfieur le Paultre Architecte ordinaire du Roy : & de l’Academie Royale d’Architecture.
- Les Ordres d’ArchitcCture luivant Vitruve , Vignole , Si Scamozzi, par le Sieur le Blond Peintre du Rov.
- Le Livre d’Architecture du Sieur Botlc rempli dè plu-fieurs bonnes chbfes, comme eft la belle manière que Monfieur Dezargiies à trouvée pour ôter les relîauts dans le^ appuis des Efcaiiers, dont il y à détres-bcaux defléins : Il ÿ a aufïi mêlé quelques régies de PerfpeCtive afléz utiles pour arrêter fur le papier les defteins des bâtimens, en forte qu’étant executez en grand, ils faflènt à l’œil l’effet defiréi & la defeription des Arcs rampans par le moyen du com-
- {>as. Il à auffi mis au jour le Livre du Trait à preuve pouf a coupe des pierre:.’ Un autre de PerfpeCtive ou Réglé unt-frerfelle de pratiquer fur toutes fortes de' Surfaces les élévations de PerfpeCtive comme on faitlegeometral : Et un autre fous le nom de Réglé üniverfclle pour la defeription des cadrans au Soleil. Ces trois Livres font excellens pour la doCtrine qu’ils contiennent qui a été diCtée par Monfieur Dezargues au Sieur Boflê.' Nous avons encore quel-
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- ï R A N Ç O I S Ê '/ J fj
- ^Sicur le Müet Architecte du Roy, Pout les baflè-courts , outre une bonne partie des précédais Auteurs, ceux qui ont écrit de la chofe Sc mai-
- ques petits traitteî du même fort curieux , comme celtiv 'de grayer à l’eau forte : Un autre fur ladiftindion des Tableaux Originaux & copies, & fur leurs maniérés , &cv Architcdurc Harmonique ou application des proportion* de la Mufique à l’Àrchitcdure par Moniteur Ouvrard» L’Auteur fait voir dans ce petit Livre par l’anâtomie des bâtimens décrits par Vitruve & parcelle du Temple de Salomon * que les proportions qui les çompofent font les mêmes que celles qui font les confonances de la Mufique*
- Il feroit à fouhaiter que nous enflions le bel Ouvrage de Moniteur de Saint Hilarion qui réduit toutes les raeiu-res generales & particulières des bâtimens félon ies cinq Ordres d’architedure , à la proportion géométrique : & que le deflein que l’on a de donner au public un Extrait des Regiftres de l’Academie Royale d’Architedure » fut exe-4 cut^é > dans lequel on trouvera la refolution de la plus grande partie des difficultez qui le prelentent ordinairement dans la conduite des Edifices.
- Je finiray ce Catalogue paf les Livres que j’ay mis ail jour fur cette matière* Le premier * imprime à l’Imprimerie Royale du Louvre, eft la Relolution des quatre Principaux Problèmes d’Architedure, qui font ceux;-cyi i. Décrire geometriqueitient en plufteurs maniérés & tout d’un trait le contour de l’enflûre & diminution des Colonnes* î» L’Apollonius François des Tadions : Ou trouver une fedion Conique qui touche trois lignes données en ürt même plan & deux de ces lignes en ün poinçonné de chacune ; Ou bien décrire geometriquement les Arcs rampans fur toutes fortes de piédroits 8c de hauteur* 3. Trouver weometriqüement les joints de Tète de toutes fortes d’Arcs* 4. Trouver la ligne fur laquelle les Poutres doivent être coupées en leur hauteur & largeur , pour les rendre par tout également fortes & refiftantes* Avec .la. demonftration des
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- 3 j 4 L’Architecture
- ion ruftique , comme en Latin Cato, Varro, Columclla > Palladius* Conftantinus Cefar * Baptifta Porta * Hcresbachius , ôc Petrus Crefccn^ tienfis
- jilj'onjo Herrera délia dgricoltura.
- Pratiques , accompagnée de diverfes réflexions fur le mouvement , fur la proportion harmonique» & fur les erreurs, de Pappus au fujet de l’Infcnption de trois medietez au demy-cercle , & de Galilée au fujet du derriicr Problème* L’autre eft un Cours d’Architedure en cinq parties» dont la première contient la Pratique des cinq Ordres fuivant Vitruve, Vignolc > Palladio , & Scamozzi. La fécondé traitte de l’Origine des Colonnes , de la proportion de leur hauteur & groflèur , de leur diminution, de leurs baies & chapiteaux , des piedellaux , des êntablemens & dés frontons » des pilaflres , Cariatides » Perfans &c. des Pyramides » Obelifques , trophées &c* La troifléme explique la dodrinedes Periftyles ou Colonates , des Entre-colonnes, des Colonnes doublées > de la fuite des Ordres, de l’Ordre François » des Colonnes mifes l’une fur l’autre , de la hauteur des Ordonnances., &c. La quatrième traitte des Ouvertures des bâtimens, des Arcs & arcades > des Portes » Fenêtres , Niches > Lucarnes , Cheminées , 8ca des Arcs de Triomphe , des Ouvrages publics de Paris, &c* La cinquième traitte des Ponts > des Aqueducs 8c Cloaques & des Efcaliers, du changement que la hauteur; bu l’éloignement peuvent apporter aux parties de l’Architedturc i de la proportion des mêmes parties, & la dodriue en Tables des quatre principaux Architcdcs*
- L’on peut ajouter à cecy le Plan de Paris levé par Ordre dü Roy » que j’ay fait graver en douze feuilles , ou l’on voit la figure des Portes qui y ont été conftruites depuis peu fur mes dellèins , & la,Conduite des Eaux des Fontaines publiques, &c*
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- François b.'
- Pierre de Croifcens, autrement, Le bon ménager.
- .L’Agriculture de Charles Eftiennci êc Iean Liébault.
- Le Theatréd’Agriculture d’Olivier de Serres;
- Pour les cheminées , outre beaucoup des Auteurs fufdits, ôc particulièrement ce qu’en a écrit Philibert de Lorme au neuvième livre de fon Architecture. Le livre de M. Iean Bernard intitulé * Sauvegarde pour ceux qui craignent la fumée , & Padmnus de njentis.
- Pour les fôurces & fontaines, outré quelques-uns des Auteurs cy-devant alléguez , comme Serlio & le Théâtre d’Agriculture.
- Le livre de Bernard Paliflÿ intitulé;
- Difcours admirables dé la nature des
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- eaux & fontaines, &c.
- L’art & fcicnce de trouver les eaux
- *“ ". ** r+w * *
- Z xj
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- $56 L’A R CHITECTUR E & fontaines cachées fous terre , pa? Jacques Beflon.
- Pour les machines fervant aux eaux , outre une partie des Auteurs cy* devant citez.
- Guidi Vbaldi Afechanica.
- Cardanus de proportionibus.
- . Stevinus de bydroflaticis.
- Georgius Pachimerius > Picolomineus 1 Monantbolius B Une anus in Me ch a~ nica A ri flot élis.
- . Spiritalia Heronis.
- L’organo hydraulico deferitto da Héron e y dichiarato efperimentato da Fa~ bio Colonna Linceo y cavato del fuo Hero-ne reformata.
- Ciufepe Cered't di alfaraepue da luo-ghi baffl.
- Georgius Agricola de re metallica.
- Les diveriès machines du Capitaine Auguftin Ramelli.
- - No'vo theatro di Vutorto Zonca.
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- Françoise: 557
- Pneumatica loannis Baptifla Porta, Les deffdns artificiaux de Strada,
- Le Theatre de Beffon.
- Le Gouvernail d’Ântoine Bachot: Les forces mouvantes de Salomon de Caux.
- Pour FEcho artificiel Blancani Ë chôme tria > laquelle le trouve fiir la fin d'un livre quil a intitulé Sphara mundh
- t '
- Et pour le toifé cinq traittez parmy un grand nombre d’autres, ou l’un d’iceux > fçavoir , CUvij Geometrïa praSîica. Arithmetica & Geometriapra-clica Metij. La prattique de Géométrie de Marolois, & celle de Erard, &
- l’Arithmétique, Arpentageunivcrfel, Géométrie inacceffible, toile des bâti— mens, &c. par ;Iean Abraham 5 dit Launay.
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- $*8. L'Architecture
- Taxe & prix courants de quelques Mâtereaux, pour fer'vir d'addition aux pages marque^ cy-aprés.
- pag. 184. T Epave de cour à. chaux R jôc ciment vaut à pre-fent fept livres la toile quarréc.
- p. 186. Le petit carreau à fïx pans vaut quatre livres la toifç quand il cil de terre d'Arcüeil : celuy de terre du Fauxbpurg Saint Antoine ne vaut que trois livres.
- p. 188. La tuile du grand moule toute huit livres la toile quarrçe mife en œuvre. E'tant fourny par le Couvreur de latte, clou,plâtre & tuile.
- La tuile du petit moule coûte fix livres la toifè, fourny comme deflus, tout par le C ouvreur.
- < p. 193. L ardoile vaut neuf livres la toile quarrée toilee comme deflus,fuk vant les Uz & Coutume de Paris, en
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- François e. 55^ fourniflant par le Couvreur, latte contre-latte & clou.
- p .2,9j. Les paneaux de verre mis& polé en place valant 7 fols le pied quar-rez de douze pouces fur douze pouces.
- Le verre vaut auffi fept fols le pied; quarre'.
- Le verre blanc vaut quinze fols le pied quarre.
- La, verge de fer coûte dix-huit deniers le pied courant.
- p. 518. Les Chaflîs a carreaux de verre de bois de chêne à coulifte fans guK hets, on les compte à deux livres cinq fols le pied de hauteur, le Bourgeois a
- la largeur..
- Les chaflîs de làpiïi tout unis à vingt fols le pied, mefurêcomme deffus.
- Le lambris d’appui, dix livresla, toile courante.
- Le lambris de chêne dont les moulures font elegic dans fêpailTeur des, bois, à dix-huit liyres la toile quarrécs
- % ui):
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- jéo L’Architecture
- Le lambris dont les emboituresfont de chêne & les panneaux de fapin, dix livres la toife quarrée.
- Vne attique de cheminée garnie de gorge ôc corniche d'un beau profil coûte quinze livres.
- Les chambranles de porte ou che~ minée d'un beau profil , cinq livres la toile courante.
- Les portes à plaçait* à double parement, à un ou à deux venteaux,vingt-huit livres la toife quarrêe.
- Les portes toute unies de bois dé pouces - àfëize liv. la toife courante.
- La peinture jaune, grife ou couleur de bois, à cinq liv dix fols la travée, compolêcde fix toiles quarrées, en toj> lant les joug des lolives,
- p. 519. Le blanc à huile, ftpt liv; dix lois la travée.
- La peinture à détrempe, deux liv. dix; fols la travée.
- F I NI
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- F R A N Ç O I S E.
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- MEMOIRE
- POUR SERVIR D'E' C LA I RC I SSE MENT
- a CERTAINS articles de la Coutume de Paris, au titre des Servitudes , afin d éviter les conteftations & diffiçultez qui arrivent tous les jours entre particuliers for ce fojet.
- PRemienment ejl à ohferver l que par tarticle iyi. de la Coutume > lie fl dit , Qui, veut faire aifances de privé , ou puits contre un mur moi-toyciij, doit faire contrcmur d’un pied d’épaiffeur > Et où il y a de chaque cô-té puits, ou bien puits d’un côté& ai-* fance de. l’autre ,il fuffit qu’il ait quatre pieds de maçonnerie d’épaiflèuç
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- 3^ L’A R G HI TÉ G TUR Ë entre-deux, comprenant les epaifleurs des murs d’une part & d’autre ; Mais entre deux puits fuffifent trois pieds pour le moins > Ce font les termes dudit article qui femblent avoir été juridiquement établis pour la confrmation des murs moi-toyens eyrdes puits ; Cependant l'experien-ce dans ces fortes d'affaires apprend qu'il çfl neceffaire pour plus d'utilité & conformation dés héritages y défaire ce quif pratique foument ; fçamoir qu'au rets de chauf fée de toutes maifons l'on peut fe défendre d'obfermer un contre~mur au derrière d'un tuyau d'aifance, qui doit être éleméle long d'un mur moitoyen > en laijfant un muide de deux a trois pouces entre ledit mur moi* toyen > les boijfeaùx de poterie ou plomb
- qui forment ledit tuyau 3 en recoumrant de plâtre lefdits boijfeaùx ou tuyaux de plomb, en telle forte qu il refle toujours les deux a trois pouces de muide > comme dit efl; & par ce moyen celuy qui érigera ledit tuyau d'aifance avec muide par dey-
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- François!. $6$
- ftere ( ce quon appelle ifoler ) gagnera de la place che^ luy-même y & dans fonhe* rïtage > <*r ne fera aucun tort à fon voi-j(in ,ny audit mur moitoyen ; En obférvant neanmoins le pied de centre mur porté par ledit article dans ladite fofe y depuis le bon & vif fonds Jufquaudit rets de ch au fée. feulement; Et à l'égard des puits &aifdn-ces y quand il fe rencontre aifance d'un coté O" puits d'un autre 9 où ledit article dit* qu’il liiffit d’y avoir quatre pieds d’é-paiffeur de mançoniiefie entre-deux * compris les épaifteutsdes murs de part & d’autre , la fituation & infpeélion des, lieux fait bien foulent connoître du con~ traire ; C’efl a dire que les quatre pieds d’épaijfeur ne fufjifent pas >puifqu un puits fe trouve gâté & infeélé par les matières» & urines qui pajfent au travers defdits] murs , ou par les veines qui font en terre au fond de ladite fofe y & entrent dans les puits f0 caves des voifins. Pour a quoy %:medkry & aux proce^ qui en naiffent
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- 564 L*A RCHITH CTURE qui exigent des descentes des Juges, & des 'vifites d'Experts : Il faut ajouter audit article, qu’en toutes fojfcs dyaifances qui feront a ladite diftance des puits, lefdits murs front bâtis avec motion piqué en bonne liaifin les uns fur les autres, & iceux ma-çonne% avec mortier de chaux & ciment, & que le fonds de la fojfe fra gle^é de fx pouces à'épaijfeur avec bon conroy y pavé de grais par deffus afjts a chaux & ciment y le tout en pante du coté où il ny aura pas de puits aux autres maïfns voifi-nes} & que le tout fit fi bien fait, que le puits de l’autre voifin, foit moitoyen ffoit â luy fui j n en puijfe foujfrir.
- Item j l'article 19y de la Coutume dit3 qu en mur moitoyen 11e peut l’un des voifins, fam le confentement de l’autre , faire faire fenêtres ou trous pour veuë , en quelque maniéré que ce foit à verre dormant ou autrement. Et par l’article fuivant 3 qui eft le 200. de ladite Coutume y II èfl dit , Toutcsfois > fi au-
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- Fr an ç o x s é? fèf
- cun a mur à luy üul appartenant, joignant fans moyen à l’héritage d’autruy, il peut en iceluy mur faire fenêtres, lumières ouveues aux Vz& Coutume de Paris > cell à Içavoir de neuf pieds de haut au deffus du rets de chauffée de terre , quant au premier étage j ôc quant aux autres étages, de fept pieds au deflus du rets de chauffée > le tout à fer maillé ôc verre dormant.
- Çes deux articles femblent avoir relation & connexité l'un avec l'autre par le mot de ( Toutesfois ) qui eft le premier mot dudit article 200. Cependant il eftwrayde dire que cela riefl pas ain{ï> parce que le mur mentionné en l article ipp.eft moitoyen9 auquel on ne peut faire aucune veue ; CT celuy contenu audit article 200. ejl un mur appartenant feul a un particulier j joignant fans moyen a l’héritage d'autruy auquel, fefon la teneur dudit article , on peut faire veuës $ lumières comme il efl énoncé par ledit article.
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- L’ÂrcHIT ÈCTURE ^ our F intelligence de ces deux articlesj il faut expliquer ce que c efi que mur moi-ioyen 3 de combien d’efpeces il y eh a y & quels font les murs joignants fahs Moyen a Fheritage d’autruy jt les veuës preten-dues par ledit article zoo. pouvoir être faites > appartiendront incommutablement a celuy qui les auroitfaites & érigées 3 ou s'il en peut être prive•
- Tous les murs qui font moitoyens font fuppof%avoir été bâtis fur terres moitoyen-nes, ou du moins rembourfement avoir été fait par l'un des voifns qui auroit pu avancer les frais des conflruBions des murs > & la moitié du fonds de terre qui auroit été tout pris fur l héritage de l’autre ; èy font lefdits murs de plufieurs efpeces ; fçavoir 3 il y en a qui feparent courts 3 jardins 3 ^f marais élevez^ également, ou Ion ne peut faire veuës fans le confenterhent l'un de F autre ; D’autres qui fervent â porter bâtimens de l’un O* F autre voifn éleve/f aujf également y mais aufquels il fe rencontre afieT^
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- Françoise-
- fiouvent des intervalles en la longueur d'i-ceux où l’un des voijins na point de bâtiment , s2T partant ne luy fertpour lors que de clôture > où il femble que b autre voifin qui a bâtiment contre ^ pui ffe tirer des jours fjfi fenêtres a hauteur de Coutume ; neanmoins ayant été contribué également par les deux voijins a la hauteur defdits murs 3 on ne peut, ainji que dit ledit art. lyy. faire aucunes veues en ces fortes de murs fans le confentement du voifin a qui le mur nè fert que de clôture ; En c esl en cét endroit & en ce fins qu il faut concevoir lendit article.
- Mais audeffùs defdits nitsrs moitoyens, il efl loifible dé haujfer par les Proprietaires des héritages fi haut que bon femble a céluy qui veut faire ledit rehaujfement a fis dépens , en payant les charges , filon quilefi dit pari’art. iyj. de lad. Coutume. De forte que çes fortes de murs appartiennent finis a celuy qui les a fait faire a fies dépens. > & dont même il a payé lefdites
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- f6È L’A i C H IT E C T U È charges : Cela efl fans contredit ; Et toH peut établir que dans ces fortes de murs ce-luy qui les a faits peut exiger des veuësd hauteur de Coutume d fer maillé & •verre dormant > & les conjerver jufqua ce que fin votfin •veuille bâtir & élever contre y le rembourfement de la moitié defdits murs préalablement fait audefîrde ïarticle lyS. de ladite Coutume 3 (Sg charges rendues. Ce ' reglement fait fera éviter des proce^ qui naiffent tous les jours entre particuliers qui les entreprennent fans connoifance de caufe j efimans les uns les maintenir par lauthorité & crédit quils ont y & les au* très en veüe de ce qu ayant fait lefdits murs à leurs dépens ils ont droit 3 difinuils , de refaire ; Cependant la Coutume na pas dit un feul mot de ces fortes de veüe s dans tout le titre des fervitudes ; Et d autant plus iceluy Reglement doit-il être fait3 qu icelles veuês qui ne ntiifnt.point à ce luy qui ne les veut fouffrir } & qui fervent beaucoup â ce luy qui les érigé > ne luy font
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- Fi AN ç OISE. propres qu autant que fon voifn ne luyfif-fe pas le remboUrfement dudit mur > &rié-leve pas contré.
- Quant àuk mUrs joignants fans moyen a t héritage d'autruy , dont parle ledit ar-tic le loo. dans lefquels icelùy article permet de faire veües félon quelles y font exprimées i II faut lés concevoir félon la lettré des murs bâtis fur terre particulière joignant celle de fon tyoifin-y aufquels ledit voifn nà contribué ny au fonds de terre yny a U confirucüon d’iceux ; mais pour ce il ne ïenfuit pas quon ptiiffe ériger des veuës j £7* a voir des lumières fur l héritage d'autruy qui puiffent être réputées en propriété in-tommutable a celuy qui les a faites 0 comme droit acquis ; parce qUefi le voifn veut s adoffer contre ces fortes de murs s il luÿ eft loifible >félon qu'il èfl expriméparïax* tu le ipj.. qui dit en termes exprès , Si aucun veut bâtir contre un inur bon in citoyen, faire le peut,en payant moitié tant dudit mur, que fondation dlceluy
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- 370 L*Architëcturë jufqu'à fon hébergé, y compris la valeur de la terre fur laquelle ledit mur elt fonde & allis > & ainfi les veuës quon auroit à neuf pieds de haut du rets de chaufjée du premier étage y & celles defpi pieds aux étages au de fus yfe trouveroient bouchées apres ledit re mbourfe ment fait, & adojfement contre lefdits murs ; Et partant iceux murs joignants fans moyen, deviennent moitoyens, (fÿ par confequentplusde veuës en iceux.
- Qu’entendra-t-on de ces murs pour les faire fubfijler , joignants fans moyen O* avec veiies > félon ledit article t II faut dire ft) flatuer que cét article ne f peut fou-tenir pour des maifons particulières > parce que deux voifins y quoy que de condition inégale, ont la même faculté de ce faire ; a moins quun pere de famille mit un bien hors de fs mains tenant à l’autre 5 ou il déclarât que le mur ou il auroit des veuës demeurât propre d celuy qu il nommeroit, ou que les veuës qui y feroient, ou qu'il
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- F k A.N Ç Ô î S È. Y?l
- pèUrroit établir aux termes dudit article ±oo. demeurcroient propres â èeluj qui au-roit ledit bien s Âînfi ces foYtes\de murs ne peuvent avoir leur ejft que pour les Eglt* Jesy Contents & Communauté^ encore ejl-il necejfaire de le dire & ordonner pour tavenir,parce qu’autrement tous particu* tiers pourraient prétendre ,félon ledit article zyj.. de ladite Coutume j de s'ddoffer coti~ tre iceux y en rembourfant moitié du fonde de terre fur laquelle ils auroient été con~ fruits , & moitié defdits murs à la bau* teurqriils s’kebergeroient.
- Item, par l’article zoz. de ladite Coûtât me il dit y Qujuicun ne peut faire veuës droites fur fon voifin , ny fur places à luy appartenantes i s’il n*y a fix pieds de diltance entre ladite vëuë & fheri-
- tage du voifin , &ne peut avoir bées de côté, s'il n’y a deux pieds de difian-ce. Ledit article n ayant point dit preafé-ment, s’il faloit prendre ladite difiance du point milieu du mur moitojen feparant les
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- YJL L’A RCHITECTURÏ héritages de deux voifins * ou du devant du mur de celuy qui veut eriger lefdites veuës * cela caufe journellement des conte (tarions entre les particuliers $ lesquelles fontJbuvent fomentées > ou far le caprice de certains Experts qui fongent plutôt à appuyer le fentiment de ceux qui les nomment, qu'a rapporter la vérité aux Juges aufquels ils adrejjent leur rapport ; ou queU quefois par l'ignorance de ceux qui font peu verfe% dans ces fortes d'affaires , CT qui ne laiffent pas d'avancer des profitions quils ne conçoivent pas eux-mêmes. Cependant cela nourrit les proce^f on fait des vifites CT des de fient es qui ne terminent rien ; (ff apres que les parties ont confumé tout leur temps CT tous leurs biens en procedures CT en chicane a on cherche à s'accommoder* ou bien l'on a recours à l’autorité des Juges pour connoître fur le heu l é-tat des chofis * CT tranfigerjur ce quils en ordonnent. Or , pour éviter tous ces de-fordres > on peut ordonner que les devants
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- F R A N ço I s E. 57$
- érigées fur tberitage d'autruy, ou en un mur, ou en un pan do hois y feront a dijlance (pour les veues droites ) de Jtx pieds du point milieu du mur moitoyen feparant le voifin, de telle épaif-feur quilpttiffe être ; & pour les veuës de coté3 a deux pieds de dijlance aufji dudit point milieu du mur moitoyen : Ainfi le point milieu doit faire la decifion de cette que fl ion , & regler à l'avenir ces fortes de contejlatiom.
- des veuës qui feront
- ' Il arrive encore affe^fbuvent cotejîatiofl entre des voifinsJproprietairesd-héritage s, pour raifon des poutres qui pajjent le point milieu des murs oit elles font pofee s, d eau-fèque article 20S. de la Coutume ditpre-çifément y Qraucun ne peut percer le mur moitoyen d entre luy &fon voifin, pour y mettre & loger les poutres de fa maifon que jufqu’a Tepaifleur de la moitié dudit mur & au point milieu, & en mettant ou fàifant mettre janv bcs, chaînes & corbeaux, comme defi
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- 574 L'A rchitecture fus •, (Je font les termes dudit article precedent, Pour éviter ces contefations > & même pour pim d'utilité aux particuliers qui fe trouveront dans ce cas 3 il faut expliquer par ledit article zoS. que Jt deux voi-fns proprietaires ont des poutres a leurs maifons qui Je rencontrent juflement oppo-fées t une â l'autre 3 les bouts defdites pou* très n excéderont point le point milieu dudit mur y mais en ce cas feulement. Et arrivant que lefdites poutres ne fe rencontra ffent pds oppofées 3 mais à coté Hune de, H autre j de quelque difance quellesfuffent qu alors lefelits proprietaires ne formeront aucune çonteflation quand les pàutres ex~ céderont le point milieu dudit mur , & quelles feront pofées jufqu'a deux pouces prés de Hépaiffeur entière defdits murs y parce qu elles feront plus de liatfbn aux murs, <2r entretiendront içeux avec plus; de folidité qu autrement, -Ç0 quily aura encore place, (les deux pouces étant obfer-ve%J pour le recouvrement d'icelles du co-
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- Fr an ç Oise. 575
- te du vol fin. Et pour plus d'éclairci[fie-ment audit article 3 on peut ( en faifiint jambes de pierre fous poutre portants le parpain & épaijfeur entière dudit mur) retrancher les corbeaux mentionne% par iceluy qui ne fervent arien 3 quand le faites jambes font bien faites , mais plutôt à nuire çn dedans œuvre , lefquelles aujf ne fefont que pour maintenir des poutres qui fe trouvent défeélueufs dans leur portée 3 ou trop courtes au moyen du déverfement des
- murs.
- Il fèmble y félon quil efl exprime par, (article 206. de la Coutume 3 Quul Toit permis à un voifiîi , proprietaire dç maifon, de mettre & loger toutes les folives de ù. maifon dans le mur d’entre luy & Ion voifin3 noyant énoncé quelles folives : Ce qui caufe journellement difenfion entre les, proprietaires d héritages y en ce que bien fouventy foit Maîtres Charpentiers ou Compagnons y ou telles autres perfonnes qui entreprennent & font
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- L* A K C H I T E C T Ü R E bâtiment, & qui ne voyent rien de référé vé par ledit article y mettent tomes les Jo* (ives de chacun plancher d'une, maijon dans lefdits murs ; Cependant cela ne Je doit , en ce qu'un mur fe trouve coupé à chacun étage de ladite maijon,y ce qui efl fort vicieux } & qui fait penr les. murs bien, plu-tôt quils neferoîent, Ji les tranchées né-t.oient point faites en iceluy y Dans lequel défaut ne tombent point ceux qui fçavent bien bâtir, quelque lieu qu'il y ait de lo-% ger lejdites folives dans lefdits murs y mais feulement les folives d'enchevêtrures ; & ppur les autres , ils les font porter fur des fablieres Iç long defdits murs par dedans çeuvre> de- chacune defdites maifons : & çefl ce quil faut abfolument faire & me -m.e. regler par ledit article, de la Coutume ^ & dire quilny aura que les folives d? enchevêtrures des maifons qui. pourront être mifes &. logées dans lefdits murs 3 & h s autres folives fur fablieres qui feront por* t/es fur Ions corbeaux de fer 3 fujfifans, pom
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- Françoise.' $77
- le fiutien de f dites fablieres filtres^ félon Ligrojfeurqu ellesferont:en œuvre; (dfi far ce moyen il ny aura point de différend.
- Il femble que fuivant le meme article I95. de ladite Coutume > ilfbit permis a tous particuliers qui ont deffein délever leur bâtiment 3 de haufler fur le mur moitoyen d’entre luy & fan voifin fi haut que bon luy femble, fans le con-lentement défendit voifin,, en le fai-? fant à (es dépens, s’il n’y a titre au contraire, & en luy payant les charges,le mur étant (affilant, &c.
- Cependant il efl vray de dire que cette liberté eff très nu if b le à t héritage voifin qui Je trouve enfermé, le plusfouvent defii-tué de jour fi) de Soleil che% luy. au moyen dudit rehaujfiment ; ^ par confequent fon héritage amoindry conjîde-rablement de.fa première valeur, f it lors quil la eu en partage avec fis coheritiers jfbit quil teiit acquis, même diminution des loyers ; ainfi cela pajfe du pere
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- yjZ ï.*A rchiVecture
- aüx enfans sfitn$ qu'on y puijfe remcdier ce femble : Cependant pour obvier a ces fâcheux rencontres, fans toutefois détruire entièrement cette liberté établie par le-dit article j on pourroit régler CP* modérer tes rehaujfemens > en difant que celuy qui voudrait rehaujfer fon héritage le pourroit faire > en forte néanmoins quil riobfcurât pas notablement l'heritage de pin voifin, Cp* quil ne luy otât pas la lumière necefi-faire pour la confervation de la valeur de fon héritage:Le droit J^omatn eft formel à ce /intiment* CP* il nous apprend qu un particulier ne doit pas avoir la liberté 4 élever fin mur * pour obfcurcir notablement theritage de fon voifin. Et cefi fur ce fondement quen l'année isfp- Arrêt fut rendu , par lequel il fut ordonné* au profit du nommé le Gros > que le murmoi-toyen d’entre luy CP* fin voifin feroit
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- Françoise.;
- ET AT D E C.E CLU B
- contiennent la toile 3 le pied,
- & le pouce.
- PRemierement la toife contient Iîx pieds.
- Le pied contient ît, pouces.
- Et le pouce contient 11. lignes.
- Toife quarrée ou en fuperficie contient $6. pieds quatre
- Le pied quarré ou en fuperficie con* tient if 4. pouces quatre
- Le police quarré ou en fuperficie cori* tient 144. lignes quarrées.
- La toife cube contient 2.16. pieds cubes. Le pied cube contient pouces cubes,
- Et le pouce cube contient lignes•
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- |8d L’A rtc h i tecturë
- Evaluation 8c déclaration des toiles * pieds, pouces, 8c lignes en lup erficie.
- Premièrement toife courante fur toife, 'vient toife quarrée au produit de la muW tiplication<
- Toife courante fur pied vient pied, dit vulgairement pied de toife , fix defquels font une toife quarrée, & chacun d'iceux pieds vaut fix pieds quarre
- Toifi courante fur pouce vient pouce, chacun defquels, vaut demypkd quarre ou feptante deux pouces.
- Toife courante fur ligne vaut fix pou^ ces quarre^
- Toife courante fur demy-ligne vaut trois pouces quarre
- Toife courante fur un quart de ligne vaut un demy-pouçe quarre.
- Pied courant fur pied vient pied quarté * defquels il faut trente-fix pour la toife quarrée.
- Pied courant fur pouce vient pouce *
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- Françoise"
- âôftt il faut dou%e pour un pied quatre, ft) chacun d'iceux pouces vaut dou^e pouces quarre
- Pied fer ligne fait un pouce quarre.
- Pied fer demy-hgnè, fait demjypoucé quarre\
- Et pied fer un quart de ligne fait ur% quart de pouce quarre.
- Pouce courant fer pouce vient pouce quarre fimplement, defquels il faut cent quarante-quatre pour un pied quarre.
- Pouce courant fer ligne vient ligne fîrn^ plement> dont il faut cent quarante-quatre pour un pouce quarre.
- Toife courante fer demy - pouce fait quart de pied qUarré, & chacun d'iceurt quarts de pied vaut 36 piedsnquarre%.
- Toife courante fer quart de pouce fait demy-quart de pied quarre * ou un huitième de pied quarre qui vaut dix-huit pouces quarre
- Pied courant fer demy-pouce , vient autant de fois fix pouces quarre
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- Ï/Archîtec rukE Poucefur deny-pouce, vient demj poû« ire quarte.
- Et demy pouce fur demy-pouce vient quart de pouce quarte.
- Pour réduire tout le bois de Charpenterie à la piece > il n'y qu'à fçavoir que chacune piece de bois contient en foy /i$4. ii. pouces, é. po - ponces cubes ; Et pour le fçavoir , il ny a .quà multiplier la greffe ur la largeur d'une
- piece l'une par l'autre qui fera un produit , lequel produit fe multipliera parla longueur de la piece j &l'on trouvera cette vérité.
- Exemple. eVn morceau de bois qui aura fix pouces de gros j & dou^e pouces de large, iln'ya qua multiplier fix pouces par dou^e 5 il fe trouvera fixante-dou^e pouces y lefquels 71. pouces multiplie^ par la longueur de la piece de
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- t R a n ç o i s è; jSj| lois qui aura fix pieds, lefquels font 7z. pouces y ilfe trouvera 5184. pouces.
- Et par cette réglé toutes fortes de pief ces de bois y de quelques longueurs 3 grofx feurs & largeurs qu elles fe trouvent} doL vent être àinfi réduites.
- Pour le toife de la Maçonnerie, félon les Vz & Coutume de Paris.
- /. Premièrement tous les murs A fit de pierre de taille ou moilon , fe tofent toife pour toife 3 de quelques épaijfeurs qu'ils f ient y O* I on ne rabat aucun vui^ de pour les cm fées , ny même pour les portes co cher es qui peuvent être érigées en iceux y quand il y a un fini de pierre a chacune d’icelle s que s*il ny en a point, l'on rabat la moitié du contenu defdites portes cocheres, & les tranchées & rigoles ne fe tofent point 3 mais ne fe payent pas moins} parce quun Entrepreneur fait fon aïeulfur la dépenfe quil doitfaire.
- S'il y a des faillies O* avant-corps *
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- L’A ït C HITE CTUR Ë arriéré-corps % retables , refends ^ appuis l vntablemens &plintes ± ils Je toifent outré le corps dcfclits murs j chacun membre d'Jlrchïteêlurè Je toife pour un pied de haut i étant couronné de fin filet Jur la longueur ou pourtour d'iceux; les modillons ou denttcules pour deux pieds chacun fur leur longueur > & les refends pour un pied fur leur pourtour >foit de pierre ou de plâtre ; le prix étant different dé l’un a l'autre 5 mais le toifié efi égal.
- Les lucarnes au diffus defdits murs Je toifent par leur hauteur & largeur, & l’on ajoute a leur largeur une des jouées a chacune d'icelles.
- Puis on compte lesfaillies d'icelles outre lé corps dé leurs murs3 & ce comme deffus efi dit.
- S'il fe trouve des ornemens figures où armes efdits murs, cela ne fie toifi points mais on les ejlime ; le même fe fait des colonnes ou pilaflres > s'il n êft dit autrement par un devis bien étably.
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- Françoise»
- Tous les tuyaux & manteaux de chè-fninée j foit de pierre de taille , brique oU plâtre, je to fient pour mur > & Von toife pour lefdits tuyaux leur hauteur par leur pourtour > en rabatànt les ejpoijjeurl des languettes; & pour les manteaux r on toifé depuis le de [fous des /olives d'un plancher, jufques fur le plancher immédiatement au dejj'usj & ce fur leur pourtour pris au nud du corps defdits manteaux par le milieu d'iccux réduit j fans faire aucun rabat de vuide dudit manteau,
- Et outre on toife les faillies moulures
- qui font efdits tuyaux & manteaux, ain-jî que dite fi des faillies çy-dèjfus > & ce s toife pour toifé,
- Comme aujji l'on toife les dtrès de che* minées , faites de grand carreau pour un tiers de toif à chacune cheminée > f0 fis contre-cœurs par leurs hauteurs & larx geurs, & du produit l'on rien prend que la moitié > à caufe qu'il faut de ces fortei d'ouvrages deux toi/es pour Une > fi ce nefi
- B b
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- $8i L’A ftCHITÉCTUR E quiisfuffent de brique ; auquel cas ce ferait toife four toife y s*il riétoit flipulé autrement.
- Les lambris & plat-fonds étant â latte jointive J vont toife pour toife.
- Les recouvremens de poutres & fa-blieres, il faut trois toifes pour une y & ainfî des plat fonds qui ne font a latte
- jointive.
- a Les planchers carrelé^ yfoit de grand ou petit carreau y vont toife pour toife 3 & s il j a recouvrement fous iceux pour mur
- un'tiers.
- Les planchers O* aires fmples > même les feeliemens de lambourdes il faut deux toifes pour une 3 (*r convient rabatte les a très de cheminées a chacun d’iceux 3 même les tuyaux pafans en iceux , toute autre chofe qui sypourroit rencontrer foit paf âges defcaliers ou enclaves. Et les aires de liais, fous lefqaels fon t des aires de plâtre i valent une toife & demie de mur > Ce-
- penuam u ejv vray ae aire qu ils ne vaudroiem qu'une toife.
- nx
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- Françoise., $#7 , b Les pans de bois [impies fe toifent par ieur hauteur & largeur, f0 l'on rabat tou* tes les bées (ff portes , même les épaifj'eurs des Jablieres qUifont en iceux ; & il faut deux toijcs de cét ouvrage pour en produire une,
- Ceux qui font couverts d un coté, & us tableaux de crotfc.es & portes recouverts , vont d trois quarts de ioife pour une , cr I on doit rabdtre là moitié des bées.
- Et ceux qui font couverts des deux co* ie^ par tout, vont toïfe pour toife fans aucun rabat.
- Les faillies qui fe trouvent d iceux fi toifent comme celles de dejfüs les murs dé face j outre le corps defdits pans de,boit, c '"P ourles cloifns fimples, il faut deux toi fs poiir une y & il faut rabatte les hauteurs des Jablieres & bées des portes.
- Les cUifons couvertes d'un coté vont aux trois quarts , & l'on doit rabatre U moitié des bées,
- B b ij
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- $88 L’A RCHI TECTURE
- Celles couvertes des deux cote^ vont a murs y cefl a dire toije pour toife.
- Les redrejjemens de planchers pour être remis de niveau > il faut trois toifes pour une.
- Comme aujjl des rendormis aux vièils murs j il faut trois toifes pour une.
- Les enduits fur vieils murs > il rien faut que quatre toifes pour en produire une y bien que l’article ny. de la Coutume dtfe qriïl en faut fix y & ce a caufe quen vieils murs ilj a beaucoup d'épaijfeur a certains endroits defdits murs qu il faut hacher £r rétablir > Et cét article ne doit être entendu que fur des murs bien crépis ou il ri y a quun fmple enduit à flire ; alors il faut, ain-f que le dit la Coutume jfx toifes pour une.
- Les folins au dejfus des poutres CT f-blieres, il en faut quatre pour produire un pied y CT cent quarante- quatre pour faire une toife.
- Les feellemens de barreaux de fer dans
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- Françoise. 3S9
- la pierre de taille vont pour un pied chacun j étantfielle/^par les deux bouts 3 f0 dans la maçonnerie pour demy-piedfiu^ lement.
- Comme aujfi un pied pour chacun fieel-lement de corbeau, gonds fÿ gâches.
- . Pour chacun feellement de poutres par les deux bouts > demy-toifie cefl a dire neuf pieds pour chacun.
- Et pour le feellement des croifiées, on ne compte rien dans un mur neuf j mais fi cela fie fait après coup par quelque changement, ayant été une foisfieellées y ou qu elles fie ficellent en vieils murs , il appartient fix pieds pour chacune,
- Les tuyaux d'aisance de poterie fie toil fient par leur hauteur fiurfixpieds de pour-tour j 'vont pour toifie.
- Sil ny a point de poterie j lefidits tuyaux pe vont qud trois pieds de pourtour.
- Chacun ftegefie compte pour dou^e pieds.
- Les ventoufies pour un pied (dp demy fur leur hauteur,
- B biii
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- £>o L’Architec tuh,e
- Les contre-murs au derrière defdits, tuyaux , & jufques dans les fojfes & carpes s'Vont toife four toife.
- Les marches x coquilles A & pailiers des tfcaliers >fe ceignent par le milieu defdite^ marches, & ce qui Je rencontre de pourtour fi multiplie par la longueur d'une marche y laquelle longueur doit être le tiers de, la marche d'anrle de la demie à ïanzlc de
- ' j O cj>
- là qUarree ^ & 'Vont toije pour toije.
- Les tranchées fi toifent , autre la longueur des marches , pour demj-pied confiant , ou on l'ajoute a la longueur.
- Le cdrreau au dejfus defdites marches, il faut deux toifis pour Une > & le bois défaites marches ri y doit être compris.
- . ? y ri s * h : 1
- Les faillies qui fi trouvent es marches de pierre de taille defdits ejcaliers j vont pour un pied quand le membre eft couronne fur leur longueur3 & s'évaluent autre, le corps defdites marches.
- Les murs d'efchif fous lès patins des ef cal if rs vont toife pour toi fi ; (Jr Ion doit
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- Françoise. 591
- ajouter une face entière pur fa longueur* quand les deux faces paroiffent.
- Les marches des de fentes droites & pa^ toyers ,fè toifent de la meme façon que celles des efcaliers , & les petits murs au def-fous aufftoifè pour toifè.
- Les 'voûtes ou trompillons fous les marZ ches droite s, fe toifent pour murs fans reins y gr cefur leur pourtour & longueur.
- Les voûtes de caves en berceau, & celle-
- des fojfes d aifances qui font en plein cein-tre * fè toifent par leur longueur fur leur pourtour> lequel pourtour je prend du def Jus des retombées par une ligne diamétrale, qui ejljuppofée de neuf pieds par la ligne perpendiculaire de la clef de ladite voûte fur la ligne tendue qui en donnera quatre, & demy ; & ce fera le pourtour , lequel\ étant multiplié par la longueur de lavoûte. fera un produit.
- Les reins defdites voûte^ferontcompte^ pour le tiers dudit produit•
- Les voûtes d’direfies 0* 4 ltmettes.fi-
- ebiii]
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- 391 L* A R C H ï T E C T U R E
- toi feront comme de [fus 3 à l’exception des reins qui ne vaudront que le quart du prç~
- duit de ta voûte.
- \ * • *•
- Les aire [le s defdite s lunettesfe toi ferons far leur longueur feulement jufqua trente-fx pieds pou^faire une toife.
- Les dojferets & demy-dojferets fe toi-font depuis le dejfous des retombées jufqu'en leurs fondations fur la moitié de leur pourtour, (ig- les piliers qui portent les voûtes d’aire fie s au [fi.
- Les murs d’efebifqui aurontfervy a ftiare lefdites lunettes > je to feront comme s’ils étaient exiftens par leur longueur 0* hau-
- teur 3 toife pour toife.
- Les voûtes en anfe de pdnnier & fur-baiffées , par leur longueur <0* pourtour, çomme dit eft. 2{eins & aire[tes, Idcfri.
- Les terres majjives fe toifent par leur longueur largeur fur la hauteur j de laquelle hauteur il faut rabatre la (txiéme partie ; y il arrive un produit d’une ou de flufjurs lofes félon les mefurcs don-
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- Françoise.
- nées} mats tl faut que chacune toife fait çompofée de deux cens fiife pieds cubes t & chacune toife 'vaut toife3 comme un mur.
- Ce qui Je fait pour la toife cube de terre j fi fait aujf pour la maçonnerie qui f trouve cube j puif'qu il fautfîx; pieds en tout fens pour faire une toife cube.
- L es puits foit en figure ronde- , f it en, ovale y fe toifent par leur hauteur depuis le de (fus de la mardelle , & compris meme une face jufques fur le rouet qui efl aufond d’iceux j & ce fur leur pourtour, qui fe prend du dedans œuvre dudit puits au de* hors par la ligne diamétrale $ laquelle f multipliant trois fois y fait ledit pourtour pour les puits en figuré ronde ; & pour ceux: en qvale meme operation ^ hors qu il faut prendre les deux diamètresne pren-, dre que la moitié du produit devant que dû fiercer pour ledit pourtour.
- Les éviers, f to fent par leur longueur feulernent, c2r chacun pied efl évalué 4;
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- *«2S:
- $94 * U A R CHITEC TtlRE
- Les àffifès de pierre fous les cloifons Maçonnerie au deffous je toifentpour mur % quelque peu4paifjes quelles foicnr.
- LesfeeWemtns de trapes des defcentes de caves pour doute pieds,
- Les perrons fi tôt fut par leur pourtour %r la longueur de là marche du milieu, & vont toife pour toife s le mafflf au deffous parfa longueur & largeur fur tépatf-feur d'art pied s s il ne fl dit qu ils feront ton fe^ cubique ment.
- Les parapets fé toifènt longueur par lar* geurj valent toife pour toife*
- Les murs d'appuy d'iceuxfe toifent pour tordinaire a toife courante > sil nefl dit autrement par un devis ; & alors s’ils etoient toifesç hauteur par longueur 3 en ajouteront la moitié de ta face du bahu fur la hauteur donnée.
- Quand on veut toïfer autrement qu aux FïjJ. ç2r foâtumes de Paris > ilfautfpecL ffer par un devis la condition avec laquelle on entend toifr y & dire que les murs quoy.:
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- François^
- que remplis d'orchite Bure y pans de bois9 tuyaux & manteaux de cheminées qui en auroient y ne feroient néanmoins toife% y ains feulement le corps defàîts mUYs, pans de bois , tuyaux manteaux , qui tous,, fe toifèroient depuis textrémité du hdut d't-ceux jufqua leur pied â & fans rabatre aucun vuide. Ce fl ce qiïon peut dppeller. toife qmrféefuperficielle^&Hon bouMVdnt & fans retour y comme quelque S-Uns l'ont prétendu.
- r:TlufieUrs croyent que quand ils ont fia * tué par un devis qudl né fera toifé aucune faillie par tous ces endroit? y encore qii'it eh fut fait , quelque prix quils donnent de ta toife, qu its ont meilleur marché qu'autre* ment ; Cependant il efl certain quils payent tout autant j & quelquefois davantage J que fi l on toifoit kfdites faillies après le corps defdits murs *, Tous Sntreprenéùrs étant affe% éclairûfpàurfçaVoir a combien la toife leur peut revenir, les faillies y com-prifes y fans quelles foient toiféés >
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- fr9$ L*ARCHITECTU RE gain qu'il faut faire fur icelles ; De forte qu'on peut dire que cette manière de toifer ne fert qu'a fbulager leffrit de celuy qui a fait bâtir, lors du toifê ; dautant qu'il 'voit plus clair en une hauteur & une largeur y que quand il faut toifer tous ces membres & Architecture apres coup ou il ne connoît r\çn.
- ïlfaut icy obferVer 3 pour lever un au-fre doute qui fait naître affeTffouvent. des proceque toutes faillies qui font fur un corps de' Maffonnerie3 quand elles fé toi-fent x doivent fuivre te prix de la toife ; fçavoirfi c efl mut de pierre de taille , les faillies, fur iceluy. doivent aller au même prix }fie efl fur fimple maffonnerie y de même j fur pans de bois & cheminées 3 idem ; ainfi cela fera éviter contefla-tion j O* tout doit rouler fur le prix quil faut concerter auparavant avec gens con-
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- 07
- Françoise.
- LÀ MANIERE ET FA CO N
- de toifer les Couvertures de* tuiles* félon les Vz & Coutumes de
- j
- Paris.
- <
- QVand on mefure une couverture 4 l’on prend avec la ligne le pour* tour depuis l’un des bords de l’égout jufqu'au bord de l autre égout , pajfant pardejjks le faîte * auquel pourtour on ajoute un pied pour le faîte, & aujjî un pied pour chaque égout s’ils font fimples ^ mais deux pieds pour chacun égout , s’ils font doubles pointes J ou compofe% de cinq tuiles chacun , que ton multipliera par la longueur de la couverture > a laquelle longueur il faut auffî ajouter deux pieds pour les demy rue liées des bouts * le produit donnera le contenu de la cou* verture.
- Quand le batiment efi couvert en,
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- s y
- 5?8 L5 Architecture
- croupe y la coutume efl de mefurer par le milieu de la couverture y en tournant, tout autour y j ajoutant un pied pour chaque rucllee d’arréneres , que ton multiplié par le pourtour pajfant pardejjus le faîte , a commencer du bord d’un des égouts jufi que s a l’autre y comme il ejl dit cydefjwsi le produit donnera le double du contenu de la couverture.
- Ou bien on là mefure comme fi elle avoir deux pignons & tout quarrément , fans confderer les croupes y pour lors cette façon fapf lee aux croupes que ton né mefure point.
- On mefure les couvertures toutes pleines, encore qu’il y eût des lucarnes ou ails de bœuf , lesquels fe comptent à part, que ton ajoute avec le premier produit.
- Si aux bouts des couvertures fe ren* contrent des films , cefl a dire le plâtré qui enclave les premières tuiles contre les murs y au lieu de ruellées, ils fi compteront de même pour un pied.
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- Françoise.' 399
- Le battelement & pente de goutieres % vont aujfi chacune pour un pied.
- Vne veue de faîtiere efl évaluée pour fix pieds quarre^.
- Vn œil de bœuf commun dix-huit pieds? qui efl demie toife.
- Vne lucarne Damoijelle év allée à de-mie toife.
- Vne lucarne Flamande évaluée à une toife ; (0 quand il y a un fronton au défi fus y efl évaluée a un* toife O* demie,
- Chaque pofèment de goutiere d'un pied courantp vaut un pied courant > O* les'au•* très mefures à proportion.
- Vn égout en pointe va pour deux pieds,
- Les arrêtions vont pour un pied,
- Vn égout quand de cinq tuiles va pouf deux pieds,
- Vn égout de trois tuiles tout fimplé pour trois pieds.
- Le filet efl compté pour un pied, c efl ce qui aboutit contre le mur.
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- r4QO VA RCHITECTÜSE
- Les parités des chenaux de plomb 'Vont pour un pied.
- TOISE; D’ARDOISE;
- LA toife des goutiere s.
- Lès égouts pour demy pied tels quils
- foient.
- %-Arrétieres un pied.
- Les folins un pied.
- Il n'y a point de ruellée a l ardoïfe* Les œils de bœuf pour demie toife. Lucarne Damoifelle demie toife. * Lucarne Flamande une toife , & quand elle efl ornée de fon fronton, une toife (ÿf demie ; l'on ne compte rien pour le faîte j quand il feroit couvert de plomb ou non*
- LA
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- François fe
- 40 ï
- LA MANIERE DE TOISER les bois aux Vz & Coutume de Paris.
- Remierement du bois de 3. poUces 1
- I ue gros 4 il en faut pour une
- piece - . -- - - - - - - S toifes. J
- 3 & 4 -- - - - - - - - - toifesi
- 3 & f - -- - p-toi.i
- •f - - - - - - - - +
- + &.( - - - - - - 3
- # cy <s" - - - - • '$ .
- 4 é * - - - — — - - z toifes*
- 6 - - —- • - -2*
- / ür / _ _ - - - - z toifes.
- + cr 9 - — — - - - 2 toifes;
- \ S. .Vnc f dife;
- De 8 2 rien de piece*
- De 6&p ^ quarts.
- De 6 & To i piece* i
- De 6\ O* tz Jt\
- y. i piece; Ce
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- 40 l £/ À R CHITECTUÏIË
- 7 & 10 v. 1 p.
- 7 & îz 1 p* i
- 10 p. V. 1 p.\
- Il [K v. 1 p. i
- De S po. degros . 7/;.
- De S & iz If'\
- Des &ii Vaut 1 p. i
- De p 1 p. 1
- De y & io 1 p. *
- Vne Toifc.
- 6& if vaut 1 pièce -
- p & IZfOUCo 1 p. -I
- 10 O* 12 p. j p• ;
- ii O* iz *}•[&
- jzp. de.gros. z p.
- 12 & Ij. *P- 7
- 12 & 1/ zp.i
- iz & 16 zpA
- 12&17 zp. i
- zz&j-S 3p-
- I2&tp> 3 p- i
- 1Z & IL 2 p.
- 13 de pros. U <5 • l N • v 1 -
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- •Fil a n ç ô ï s £. » 4°J
- >5 g/ /-f <ti. 2 p. -,
- p- de gros. V. 3 p.
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- i/ po. de gros. 3 p-1*
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- If & IS 0, 3 p- i
- ïf& ZÛ *p-i
- De 16 p. 4* p.
- De ïà&i/ <v. +p\
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- De i/degrtâi O', f p. î
- Ï7 Ù* *8 + p.h
- 18 de gros , Vnc Toiïc, sp.
- î8 & ip pouc. 4 imt jp. i
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- jp p. de gros. jrM
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- zo po. de gros» 6 p.
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- ZI &zz 7 p-
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- zJ pouc. s p. Ce ij ♦
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- 404 1/A r c iî 1 t e e t üü f
- Nota.
- Qu’en faijant marché des bois Je [où les longueurs & grojjeurs employées j il faut fignifier dans les devis toutes les grojjeurs defdits bols , ainfi que l’on de-fire qu elles fiaient mi Je s en œuvre , £7* mettre dedans ledit marché j qu’en cas qu’ils emploient lefdits bois plus gros j il ne ^ra rien compté pour la plus grofi feur ; {0 fi le fufdit bois efl de moindre groffeur que celle énoncée dans le marché j il fera déduit d'autant fur ledit marchéi
- z.
- t.AuxVX' & Coutume de Paris> Cinq pieds de bois mis en œuvre font compte^ pour fix pieds.
- Six pieds & demy vont pour 7. i S. pieds pajfent pour g. pieds i
- 10. pieds i pour 16 \
- 11. pieds pajfent pour jz pieds*
- 13 pteds „ pouf
- 1+pieds t pour ij pieds.
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- Fran çqise: 405
- t<f pieds pour 1S pieds.
- %z pieds pour 4 toifes.
- Toutes ces meflire s fe comptent ainfiy parce que tous les bois qui fe débitent dans les Forêts font de 6. pieds 3 de y. de io 1 p, 12, pt 15 -à p. ij p. 18 p. 2.1 p. O* toifes>
- Nota j qu'en toifant les balujlres d’un cfcalier on les évalue s'ils font carrer $ deux balujlres pour piece ; tourne% > il en faut quatre pour piece.
- DV PRIX QVE LA PIERRE de taille coûte à. tailler , & les libages à piquer quand on les. fait faire par des Tailleurs de pierre,
- LA pierre coûte plus ou moins à tailler > félon le temps & la fai-fon en laquelle on la fait tailler s car jî c'efi en tempsc d'EJlé, (fÿ quily ait beaur
- Çc iij
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- 404 L’A R C H I T I C T U R E Coup d'Atteliers ouverts y elle coûte beau-coup plus \ O* on cor e fie'ffl lia journée du, bourgeois j ce fl une grande peine , caries Ouvriers ne font pas pour la plupart que la moitié de l ouvrage qu’ils devroient faire * & font encore moins lors que le vin efl a bon marché, car beaucoup s9en donnent au cœur joye ; & apres on efl bien empêché pour leur faire faire leur devoir.
- D'autre coté s'ils travaillent lia tache, ils en font beaucoup y mais ils ne le font; pas fi bien, & la plupart travaillent beaucoup afin de beaucoup boire * $ faire plus de débauche.
- tout es fois il y a. encore pim de gain de, les faire travailler a la tâche qu i ta jour* née j pourvu qu’on, fiache bien le prix de la toifi de parement félon la pierre que ton, fait travailler 3 comme on la veut faire tailler.
- D’ordinaire 1 ‘Taris {$) en, beaucoup, d’autres lieux , ton marchande 1. la toi-fi de parement de la hauteur que la pierre
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- Françoise. 407
- peut porter 3 comme icy notre cliquart ne peut porter qu'un pied de haut pour être bien ; dautres porter 14. ij. \6.jufques d 18. f0 iO. pouces de haut 3 comme la pierre d'Arqueüil : Or fix pieds de long de parement de l'une des hauteurs de ces pierres3. e(l une toifie de parement ; car on ne toifie jamais que les paremens 3 cefl a dire ce qui p dois voir ; car les h cl s ny les joints
- '—-------------------7-..——^
- Les lifts.de dejfus ne fe toi fient. /
- ^ 44 ^ ^9 V-* I Al*
- purement J *5 parement *5 | parement £ parement | y Les lifts de défions ne fc toi fient
- ne fie toifint point, comme il fie peut •voir d la figure cy-dejfius y où il y a fix pieds de long de parement de pierre fur uys-pied de haut ; quand elle en aurait ij\ ou 16. pouces de haut 3 elle ne fi compte-voit toujours que pour une toifie de pa~ rement 3 fi ce nefi d'avanture des, par-pins 3 cefl d dire que la pierre porte tou-, te répaiffeUr du mur 3 ft) qu elle fiôït auffii\ bien taille par dedans comme par dehors
- C* • * •
- ç mi
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- 4.08 L'Â R C HI T E C T U R E
- en ce cas elle fe toïfe deux fois, ft) du liei$ 4’une toife elle en vaudrait deux ; pareillement fi la pierre a trois ou quatre pare-mms comme des piliers de cave , où bien des pieds-droits de portes ou de croifees ou de vitraux d’Eghfie, > en ce cas pour les toi-fer on. les ceint avec la ligne tout amour des paremens j puis on voit combien ily a. de toife s ffr)- de pieds.
- Faut maintenant faire voir la différence qu'il y a de taille de pierre a taillé de pierre , afin quon. puijfe Juger du prix 5 car il efl certain qu il faut mieux travailler. , ffi) fins comparaison plus proprement quand on taille les pierres d'un portail d Eglife 3 ou il fe trouve des pied -efaux9 des bafes 5 des colomnes des pila (1res 3 ffi-autres Orchite fîmes, j que de faire Jimr pie ment des affifes: par bas d’fjn fimple logis , oit bien des jambes, fous poutres 3 ou des pieds droits de fimple s portes f0 croi-Je es y encore que l'un tfi) l'autre defdits Ouvrages foientfaits de pareille pierre; cm
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- Françoise. 409 dans les premiers y il faut que les lits & les pare mens des pierres foit proprement ébauche^ & pique% y & bien dreffes^ y f0 l'ont rippe la pierre avec un fer qu'on appelle une rippe 3 puis apres on a un fer à retondrebien délié3 l'on le, pafe proprement & doucement y en forte que les petites dents du fer paroiffent toutes a plomb ; &* proprement cha nge^ & égale/p^ comme s'ils étoient compajfe^m 3 & biey\ délicatement y car. le fer doit avoir les dents bien déliées ; mais au lieu de ripper y fi on trouve meilleur de la bien traverjer, ce fi qu'il faut derechef bien relever les c fêlures tout, autour 3 avec un bon marteau* ayant les dents ou bretures bien deluates faut la traverfer y en forte que les traver-fures otent tous les coups de la laye, & que lefelits traverfitges étant faits a petits coups 3 paroiffent tout à plomb comme com~ p^Jfif- Sn cette façon étant bien faite eft plus longue y que la faire à la rippe.
- \ Fautaufii fiavoir quand on marchande
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- V A R C H I T E C T U R E aux Tailleurs de pierre à la tache , qu'il les faut obliger à ragréerfur le tas à leurs pierres tout ce quil faudra retondre oura-gréer 3 autrement on auroit bien de la peine; car comme ils ont grand hâte, ils pajfent au gros > s'ils n om d'aventure un bon pp are illeur qui prenne foigneufement garde fur leurs ouvrages , O* leur fajfé regréer ey* bien finir ce quils doivent faire félon leur marche.
- Ceft pourquoy tous les beaux Ouvra-gesfefont prefque tous â lajournée , en choijtjfant des meilleurs Ouvriers, & (t on les prejfe pas beaucoup , mais aujf la befogne coûte bien davantage ; car quand il faut pouffer de ï Archite&ure,faut ne~ ce/faire ment quelleJoit bien travaillée & bien entendue, & cela ne fe peut guère bienfaire a la hâte, comme font dordinaire torts les Ouvriers qui travaillent à leur tâche, encore quils en ayent bon prix ;& quqy qu ils y gagnent y ils veulent & tâchent â gagner toujours davantage ce
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- Françoise. 41*
- mejt pas qu ilne s en trouve quelques-uns quils ne fajjent auffi bien a leur tâche comme â leur journée , encore qu'ils y deuffent perdre ; cejï pourquoy (juand on, les rencontre, &quon voit qu a leur tâche ils ne gagnent pas leur journée , il femble quonjoit obligé de les recompenser, ou de leur payer leur journée honnête, comme font la plus grande partie des Maître Majfons de Pans, (fÿ les pim honnêtes Bmrzeois.
- iVotta _> Qu en la taille,de la pierre l on, compte ordinairement fept paremens tant, grands que petits pour deux toifes.
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- 412,
- L’A RCHITECTURE
- MEMOIRE DES OVTILS de Tailleurs de pierre & MafTons.
- DEux Marteaux a taillant.
- rDeux Rjffars.
- Quatre Gouges differentes.
- Vne Rondelle.
- Deux Repouffoirs.
- E'cjuierre.
- TVoir Cifeaux.
- Vn Tejlu.
- F# Dffcintroüer.
- Vn G relet.
- Vne Truelle à plâtre.
- V"ne 7 rW/e bretee.
- **
- -fm ^ retondreJ Deux ^Auges.
- Deux Réglés.
- F$
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- P R A N Ç O I s’E;
- 4 Ti
- DV VERRE TANT DE FRANCE
- que de Lorraine 5 & de fbn prix,
- & comme il fe vend.
- A plupart du verre de France fe Fait en Normandie dans la Fore fl de
- p., . J
- Fions } qui ejl a dix-huit ou vingt lieues de 'Farts. Jlfe vend au pannicr dans lequel on l'apporte à ^Taris J qui fe nomme aùfjî une Somme x pour ce que c’èjl la chargée d’un homme.
- O ,
- En la fomme ou pannïer , il y a 14. plats ou pièces de verre qui font rondes ± tÿp qui ont thacun environ deux pieds deux ou trois pouces de diamètre, en telle forte que s’ils font entiers & point caffe^ i l’on y pourra prendre prés de quatre pieds qûarre^de verre au plus> car au milieu il y à un boudin qui rabat plus' d’un quart de pied >qudrré dé verre s tellement que dans une fomme où
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- r > .
- L9 A k c Ïï I T E C T Ü K E |?annieron ne petit faire qd environ quatre-vingts dix du quatre vingt s quinze pieds quarre^ j au plus y encore faut-il qu ïls foient bien ménagé% ; car autrement on aura de là peine à en trouver quatre-vingts pieds.
- La fommè ou pannier eft plus, ou moins cher 3 félon le temps qu on en fait & quyil en vient beaucoup, & félon quil ejl beau$ ft) fe vend depuis iz. jufques a 18; ou zo. tournois.
- •Quand la fomme oiî pannier ne coûté \que dou^e livres y pojant le cas quon nè put faire que 80. pieds au pannier y le pied ne revient qUa trois fols le pied.
- Si le pannier coûte 15. livres à le pied revient à 3 fols g. deniers.
- Mats fi il cou toit 18 .livres , le pied reviendrait a 4.fols 6. den. a quoy faut encore ajouter les frais quil coûte pour le tendre au logis du Vitrier.
- Il y a des panniers ou lès plats ont z. pieds 6. 7. a 8, pouces de • diamètre s
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- Françoise.1 415
- în ce cas les plats ri étant point cajje^ oh y pourra prendre a chaque plat environ* cinq pieds quatre^ , peu plus ou moins * félon la grandeur,
- Du Verre de Lorraine.
- .Le verre de Lorraine p vend au ballot > O* dans chaque ballot il J a vingt-cinq liens y & eh chaque lien il y a fix tables de verre 3 chacune depquelles contient en viron deux pieds • <£7* demy de verre eh quatre , tellement qù'en un ballot il p trouvera environ 360. pieds quarre^ de verre.
- Le ballot qui hè coûtait autrefois que i8i ai o. livres , en coûte maintenant 48. a 50. livres , & fi la plus grande partie des tables font c^ffées , a caufè quil faut charrier & décharger pour lé mettre dans le bateau 3 & derechef le décharger9 $ faire mettre dans des ch a-
- 10. poucei.
- Taine.
- 17. pouces.H
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- 4î6 L’Architecture . ,
- rettes j puis remettre fur l'eau 3 & fi il rien vient plus de L orrdine y les guerres ayant tout ruiné ; mais quand H vient 3 ce fi du fais de Nivernois par la rivière de Le ire > 0* pàr le canal de Briarre 3 il efl ires- laid 3 jjfyr plein de nœuds '& gra-viers , étant jetté en fiable 3 0 Ion a de la peine a en avoir \ ou autrefois quand il venoit de Lorraine y il étoit beau & fort;
- d'une bonne épaiffieur pour les ménagers qui ont des enfans qui caffent trop, aifiément le verre de France ; jfujfiil étoit propre aux lieux qui étaient expofie^ aux grands vents 0 grêle. '
- Maintenant quand il en arrive ù Paris de celuj qui vient de Nivernois; les Vitriers vendent le pied autant que le Verre de France , encore quil ne coûte pas tant $ a caufie qu il efi> plus maU aisé a tailler 3 pour ce qu il efi plus épais 0 pim rude y qu'il s y trouve beaucoup de déchet , comme il a été dit cy-dejfius ; 0 aufji quil faut davantage de
- plombj
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- PRançoïsè. 417 plomb y à raifion de l'épaijfeur qui ejl plus grande que celuy de France.
- Au refie le verre de France Je vend d'ordinaire mis en œuvre 7. fils le pied quarré de 12. pouces fur n. pouces , pro* duifant en fin quarré pouces j non comme on dit quelques-uns que les Vitrier s avaient un pied particulier qui ne contenait que 10. en fa longueur , & en fin quarré 100 pouces ; d'autres ont dit quil étoit encore plus petit y & quil ri avait que S pouces fur 8 pouces , & en fin quarré f ixante- quatre 5 de forte qrid ce compte le pied de verre mefuré a cette mefure ne vaudrait pas demÿ-pied du pied de 7{oy ordinaire > qui eflde 12, pouce s fur \% pouces; C’efi pourquoy quand l on fait marché avec quelques Vitriers des champs il luy faut dire * car ceux de Paris ne toifent ny ne mefurent jamais autrement qu avec le pied de Roy de ii.fur n. pouces.
- Revenant au prix du verre de France j le pied quarré fi vend d'ordinaire
- Dà
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- 4îS L’Â RCïilTËCTURE fept fils j 0 fiftfils fix deniers pour h rverre des croifees communes s Adais prefi que tous les Vitriers font ce défaut, cefl quils tirent & font le plomb fi tenue 0 fi mince 3 que ïouvrage ne vaut pas, ny ne dure pas à moitié, que fi elle étoit faite dé bon plomb d'une bonne épaijfeur ; car incontinent que les vents ont ébranlé ces vitres y 0 que les liens font rompus y les vitres fi battent 0 fi gâtent y tout cela
- efi pour épargner environ trois livres de plomb fur chaque croifée de 9. pieds dè haut y (fjf de Quatre pieds 0 demy de largey au *Qetrt de laquelle 3 qui efl environ de 2.4. à 25. pieds j ils employentordinairement doutée livres de ce méchant plomb mince * ou s'ils le fai filent plus épais y il en faudroit environ quinze livres s II vau~ droit bien mieux le vendre huit fils lepiedy 0faire de bon ouvrage bien â profit.
- Dans les belles chambres ft) cabinets de confiquence , il faut faire trier 0 choifir le plus beau verre y 0 le faire
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- F R A N C 0 I S ï.
- 'mettre en de bon & fort plomb j ($f le payer bien 3 en ce cas il vaut au moins dix fols le pied de verre blanc.
- Le verre quil faut pour les cbajfs i petits carreaux 3 nefe vend au pied qUar* rê3 mais a là piece de carreau, qui efl plus au moins cher 3 félon que les pièces font plus au moins grandes y qu’on en peut
- prendre dans Un plat de verre; fi les pièces ont cinq pouces d’un coté furfx pouces dè l’autre y l’on eh pourra prendre dix au plat ou environ 3 & en ce cas ils valent trois
- fis fix deniers 3 ou quatre fols là piece , .gr ainfi a proportion s’ils étoient plus grandes ou plus petites.
- 'Un bon Vitrier fait eh ûnjour d’Ëfté les dix pahhèaux crofées, CT enHy^vei a veiller.
- T'
- D d
- n
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- 4*0
- L*ArcH I TECTURH
- VALEVRS DES VITRES du petit Cloître des Peres Char-, treux de Paris en 1640. & du prix courant aujourd’huy.
- C Plaque 'vitre contient dix-huit pieds quart é de verre blanc > à raifion de dix fols le pied. 9. liv.
- En verre peint d’apprêt aux bourdu-res j 7. pieds quart é & 1 o. pou ces de pied\ Ç3T quatre pouces quarré (qui efl un tiers de pouces de pied ) à raifion de quarante -cinq fils le pied dudit verre peint , valent 17. liv..l}.fi9* d.
- Plus pour l H ermite peint d apprêt dans un quarré au milieu du vitrage à de marché fait 3. liv.
- Somme pour une vitre coûte 2y> /. 13 f-9*d>
- Partant les quarante fix vitres du pourtour du Cloître coûtent la fimme de mil trois cens fiixante-cinq livres douZf fils fix deniers.
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- Françoise.
- 4*ï
- DV PAVE7 DE GRE'S.
- DEpuis l'année 1^9. jufques à ta prefente année 1 ^85.
- Von donne pouraffeoir le gros pavé dé ordinaire vingt- cinq fols , ^ ne fournir que de peine : Du petit pave fendu du gros en trois ou quatre , ton en donne de peine vingt-cinq fols à fournir tout par le Bout-* geois j chaux , fable ou ciment.
- Le boijfeau de ciment coûte trotsfols ou trente-fix fols le feptier porté fur le lieu par pauvres gens qui la bâtent par endroits de la Ville ; Ils en portent quatre boifieaux dans leur grande hotte.
- O
- Les fàcs de ciment déordinaire trois boifieaux 3 quatre facs au feptier.
- Vn Çhartier en peut mener depuis quatre jufques à fix feptiers y s il a deux chevaux.
- Quant on le va quérir fur le lieu y te feptier ne coûte que trente fols.
- Pour un feptier de ciment faut un
- D d üj
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- $2. a L’A R CHXTECTU R E
- tntnot de chaud ; & cesl jugement ce. quil faut pour en faire une toife.
- *Un Paveur en trois jours d taillé neuf-çm$ de petits pave%; Des éclats duxliquart a dix-huit fois du cent, il en faut envi-pon cent quarante-quatre ou. cent-cinquante pour faire une toife quarrée.
- ‘Un Chartier peut menerfixante- quinze.-de gros payera deux chevaux moyens.
- L
- TOISE’ D1 ARDOISE.
- A toife des goûtieres.
- Les égaux pour demy-pied tells, oient à retirer un ole.s un
- Il n y a. point de raillée al’ardoife.
- Les yeux de bœuf pour demy toife. fu carne Damoifelle demy toife. Lucarne Flamande une toife qu£nà elle efi armée de fon fronton j une toife &
- Von ne compte rien pour le faîte, quand ilferoit couvert de plomb ou non>,
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- DE LA FOUILLE DES TERRES
- ♦S '»*
- maflïves, & de ce qu’elles peuvent coûter pour chaque toife cube, 8c toife courante, tant à piocher , & à charger & tranfportcr à la hotte, 8c au tombereau , qu’à la jetter fîimplement fur le bord du trou,, ou de la fondation, pris par exemple fur diverfes expériences ^
- Es tranchées de terres font plus ou moins mal-aisées à piocher & foüil-1er y filon lendroit ou il les faut faire, & la qualité de la profondeur ; car s*il faut fouiller en un lieu ou il y ait eu un grand chemin qui riait jamais été pavé, & qu'il y aye des arbres autour fur le bordy la fouille enefi bien plus difficile à caufe des gravois que I on y peut avoir mis pour amender le chemin y & des racines des ardres qui fi font enlie^ parmy les terres les gravois,
- ®.d iiij,
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- 424 L* A R CHÎ Tfi C TUR B Pareillement la fouille eft aujfi difficile quand le tuf efl proche y c2r quïl ri y a, que deux ou trois pieds jufqu.es audit tuf j ou bonne fondation. Car fi. on 'veut par exemple faire la vuidange des terres maffives pour faire les caves d'un batiment qui ait fix toifes de long fjfi quatre de large y le tout hors oeuvresy ou de dehors en dehorsy qui!faille fouiller neuf
- ou dix pieds pour ladite profondeur , po -fions neuf pieds j ladite vuidange fera dt trente-fix toifes cubes y dont il y en aura-environ le tiers pour les premiers ‘trois pieds qui feront bien faciles ; mais depuis le tuf en embas , les deux autres tiers feront plus difficiles ; & s'il arrive que le tuf/oit dur & pierreux ou tuf maffia que, qu'on appelle y la fouille en eff très-, difficile : Il eff vray quily a des lieux ou ledit tuf ri a quenviron un pied d'epaif-feur y & apres il fe trouve ou du fable QU de la terre blanche j ou autre chofé molajfe 3 en ce cas la fouille en eff bien
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- François e.’ 42.5’
- moins chere y mais aujfi on a quelquefois bien de la peine a trouver un bon fonds pour ajfeoir les murs ; car depuis que le premier tuf efl cajfé > il faut en quelques endroits fouiller jufques à quinze & vingt pieds & plus, félon les lieux 3 & parfois~ ton ejl contraint de pilloter.
- Mais fi (a fouille des terres efl pour faire les fondations de quelque gros mur qui aye depuis trois pieds çy* demy jufques a quatre pieds de large, & quily ait en viron fix pieds de profondeur jufques fur le tuf tun portant t autre , ou queIqu autre mur qui ait moins d'épaijfeur 3 & quil faille feulement jetter la terre fur le bord de la fondation , ladite fouille fera bien a meilleur marché, comme on le verra, dans les exemples qui fimvent;
- Première E'preuve.
- ‘Une place contenant huit toifies de long 3 trois toifies de large 3 & qua->
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- 4*4 L*A RCHITECTURÈ trépieds & demy de hauteur, l’un portant l'autre de terres, qu’il a fa lu oter & transporter avec des tombereaux a trots cens pas delà, cy afjife fur un chemin qui avoir été rehaujfé plufieurs fois de caillonnages y gra vois j y des arbres fur le bord ou les racines étoient bien enlises parmy lef. dites terres y ce qui a rendu la terre fort mal aisée à piocher y ft) dans ladite terre il s’efl trouvé tant en terre quen motion dix-huit toijés cubes > fçavoir trois toifes de-motion qui a été laiffé la auprès y y quinze tops qui ont été transportées, comme* il efl dit, d trois cens pas delà , par le* moyen de deux grands tombereaux, te-nans chacun vingt-quatre pieds de terre remuée , ft) feulement feife pieds de* terre mafftve y avant que d’être remuée; car la terre augmente en volume d caufè quelle efl dilatée, y & qu’eller nie fl plus çomprejjée , dont l’un defdits. tombereaux (toit toujours en charge , pendant que IVWÇ (tP.k CA ch mm à jgf ladite vhs*
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- François e.’ 4.2.7-
- dange a été faite en fèpt jours , & chaque jour cinq manœuvres 3 tant pour piocher que pour charger ; mais le Chartier ri a charte que fx jours 3 menant par jour-trente tombereaux , par fois trente-un x valant deux toifes & demie de terre cube. par jour : Or pour voir combien revient-chaque toip cube a mener audit lieu les-fx journées des trois chevaux & du Chartier 3 je la compte â fept livres pour les fx journées 3 cefi quarante deux livres A & les trente-cinq journées de manœuvres-a dowgefis par jour, valant encore vingt-une livres} qui valent avec les quarante-deux livres 3 fixante - trois livres pour» tout le transport defdites quinze toipSi de terre , cef quatre livres quatre fols-pour chaque toife cube. Sur ledit exemple on peut voir à proportion du lieu ou il faut mener la terre 3 combien on en. peut mener par jour ; Que f l*on avoir fait ledit tranfport avec des hommes a la hotte 9 il aurait coûté prefque le double 1
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- 418 L*A r c h I T E C f U R E car un tombereau emporte vinzt quatre bottées ) & trente tombereaux valent fept cens vingt bottées > qui froit tant que vingt quatre hommes pourroient porter en un jour. .
- Deuxieme E‘preuve.
- Vné place de trois toifes de long, & deux de large > quil a falu creujer de trois toifes de profondeur > pour faire un cloaque qui ait dix-huit toifes cubes a oter _j marché fait avec des T'enaciers a porter le tiers des terres j qui efl fix toi* fes > d quarante pas delà , f0 les autres deux tiers les mettre fur le bord du trou;
- le trou (tant vuide ils étaient tenus dy apporter des petites pierres 3 qui étaient à fixante pas du trou > ft) en mettre une toife de haut qui valent fx toifes cubes , apres ils dévoient re-jetter 0* remplir le trou de la terre qui était fur le bordr > 0* k marché moyen-
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- François è; ' 419
- nant cinquante-quatre livres 3 qui était un écu pour toi Je cube } & le Terra cier croyoit avoir bien attrapé celuy qui luy avait marchandé ; (fff en effet fi la ffuüille n'eut pat été fi maLaifée -, la toi fi neut valu que quarante-cinq fols ; mais apres avoir fouillé lés premiers fix pieds > qui etoient dos terres noires 5 apres il fi trouva un tuf mafliqué fi dur > qu'a grande peine en pouvoit-on arracher a . grands coups de marteau ; & il s3en trouva fix pieds de profondeur de cette forte , qui était plutôt couper de la pierre y que fouiller de la terre , les derniers fix pieds n étaient pas du tout fi durs , mais ils etoient très-difficile s 3 en forte que lepau-vre Terracier eut beaucoup de peine à y gagner leurs petites journées avec fies gens ét prix.
- Troifieme E preuve.
- E'toit la fondation d'un mur 3 ce fl h dire la tranchée de trois pieds O* demy, &
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- L'Ârchitectur
- de quatre pieds de large par endroits /qui par la profondeur étoit fort diverfe 3 car à des endroits il y avàit depuis neuf pieds jujquà quinze pieds 5 0* ailleurs environ la 'moitié > avoit de cinq 3 ftx a Jept pieds de creux ; ’Quoy quil eh foit toutes lés terrés majjives Je font montées a quatre - vingts treize toïfés & demies dont quinze toifes ont été tranfportées a la hotte environ à vingt pas de là, tout le refle à été i et té fur le bord de là
- fondation. Or pour faire ladite vuidange à tache , il y à eu deux cens journées d'hommes qui ont coûté cent trente - huit livres ; feavoir cent cinquante-cinq fournées à âou%e fols j, {& quarante-cinq à ’raifon de vingt fols , fommè la totfe revient à vingt neuf fols huit deniers j & fi la terre était àifée à piocher j mais cejt à caufc de la profondeur j car d'ordinaire là toife cube n ayant que fx pieds de profond, ne vaut que vingt fols à ne la jetter que fur le bord de la fondation.
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- Fk AN Ç OIS E.
- Midis quand Ton veut faire tranf porter les terres au loin à la bottée j faut faire épreuve combien un homme tn pourra porter de bottée en une heure , le faifaht charger comme il fau t & également , èr* faire font compte ; car il y a quatre cens bottées de terre médiocrement chargées a une toife cube , J'ay veu un Terracier qui à fait faire des hottes exprès 9 & qui àidoit a charger a fond 3 eh ce cas eh jto. bottées ils en portent une toife cube , & en une heure un homme portait quinze bottées de terre à cent pas loin du fojfé , en chemin plat ; partant un homme eh dou^e heures peut porter ïSo. bottées pour veu quon y prenne garde, & qu il nattendè point a la charge; (Sp ajoutant les frais de la fouille & de la charge * oh verra combien peut revenir la toife cubé À tranfporter, félon la longueur dit \chemin ou il la faut tranfporter. x
- "Un trou de carfierè de fept toife s di
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- 4SL L’Akchitectür ë
- profondeur , ft) d'une toïfe de diamètre a une carrière déjà ouverte 3 coûte vingt a vingt-une (djr vingt-deux livres , & a le remplir vaut quatre livres fans être nourry, faut environ fix jours d'hommes pour la remplir , ft) ainfî coûte plus a fouiller, & a remplir y félon quileftpro-fond.
- Quatrième E preuve.
- %Jne place contenant cinq toifes de long y & trois de large , valant quinze toifes de fuperfeie a créufer de quatre pieds de bas , en Un lieu où et oit un grand chemin paffant y s'efl trouvée fi dure & fi mal-ai fée a fouiller , que trois forts Tcrraciers tres-experts en telles vui-danges,ri en fçavoient vuider en un jour, a la porter furie bord , qu environ demie toife y & deux hommes ne pouvoient piocher que la moitié de terre de ce qu'un homme pouvoit porter, & après avoir travaillé environ trente journées en
- ladite
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- \icvAtton.
- F ra'nçoisë. 45$
- lace avec grande peine , enfin f font avife^ defparer leur largeur en deuxy
- fai faut une petite tranchée d'environ trois ou trois pieds JL LTU LTU té) demy de creux 3 & d'en* viron demy pied de large 3 & f tire d chacun une petite entaille pour faire des pefées i en mettant uneflive de y, ou de \ z. pieds} félon la place (pu on peut 3 {g) mettant quel* que bois deffousfe mettaient tous trois furie bout de leur filive les pieds dejjus 3 té) dan* tant en baculant de haut en bas , ifs en enlevaient des morceaux gros comme de S muids ft) plus j & par ainfi ils ont tonti-nue j t0 ont gagné leur vie d raifon de quarante-huit fis , la toife cube valant deux censfeiTf pieds y & avec cette invention ils en vuidoient bien en un jour une toife & demie valantfixant e*dou%efis, cétoit d chacun vingt-quatre fols> ou durant leur commencement ils ri en gaignoientpas cha-cm dou%e j cefl pourquoy ne faut pas ou* btier d faire des pefées aux terres ai fées 0*
- Ee
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- 4$4 L’ArCHIT. PitANÇOiSËi mal-aifées quand on peut avoir de la placé* Quand I on a comme cela quelque vuidaH• ge à faire 3 cejl bien le meilleur de marchandera des Terraciers > que de s’amUferddes Manœuvres qui ny entendent rien d cela.
- H?ar épreuve faite y en terre maLaifce , faut trois hommes d piocher pour en charger Un : en terre aifée 3 un homme fournira d piocher pour en charger trois.
- Par une autre épreuve 3 un fort homme a porté en une heure quarante bottées de terre aifee d dix toife s de Id 3 &* il dit qu il pourroit continuer dix heures en un jours & chaque bottée tendit prefque un pied cube.
- La toife courante de pfrdation de mur dé clôture de z \ pieds de cretix, vaut cinq fais, La toife quarréepour planter des efpd-liers de trois pieds de creux, vaut dix a dow^e fols.
- F I K
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- PriviLegz vÿ kof.
- LO U i s par la Graci de Pieü Roy de France ej de Navarre* A nos amez & féaux Confeillers lés gens te-nans nos Cours de Parlement, Maîtres des Répudiés ordinaires de nôtre Hôtel, Prévoit de Paris , Baillis, Sénéchaux , leurs Lifeutcnanâ Civils & autres nos Officiers & Jufticiers qu’il appartiendra, Salivî\ Nôtre biehamë P i erre A u b o ü i n Marchand Libraire de nôtre bonne ;Ville de Paris, Nous a fait remontrer, que VAr-thitetture fcranfoife de Savot, étant un Livre tres-utilc au public 3fur lequel le Sieur Blondel Maître des Mathématiques de n otre ires-cher & très- aim é Filé ie Dauphin, ayant fait des Notés , & mis des nouveaux prix de tous les Matereaùx propres aux Baii~ toens : Il deüreroit le faire imprimer & donner au public s’il en avait nos Lettres de përmiffiO.i fur ce neceffaires, lefquelles il nous a tres-hum-bltment fait fupplier luy vouloir accorder. À ces Gaufes voulant favorablement traiter ledit Expofant, Nous luy avons permis & accordé * permettons & accordons par ces ptefentes, d’imprimer , faire imprimer ledit Livre eh te! volume, marge, cara&eres, & autant de fois pue bon luy fembled, pendant lé temps de dix années cOnfecutives à Commencer du jour qu’il fera achevé d’imprimer, icèlüy vendre & diltri-buér par tout nôtre Royaume, faifôns defen-fes à tous Libraires, Imprimeurs Sc âutréSjd’ini-primer,faire imprimer,vendre & diftribuer ledit Livre foiis quelque prétexté que cefoit, même d’impréffiort étrangère ou .autrement, fans le Confentement dudit Expofant ou de les ayans caufc , à peii*e de çonficatton des Exempte*-
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- ires contrefaits, mil livres d’amende i dépend dommages 5c interets : A la charge par ledit Ëxpofant de faire imprimer ledit Livre fur de bon papier 5c en beaux caraétercs fui vaut le Reglement delà Librairie 5c Imprimerie du i. Juin i£iS. Regiflré en Parlement le>. Juillet enfui-Vant y 5c d eiimettre deux exemplaires en nôtre Bibliothèque publique, lin en celle de nôtre Cabinet des livres de nôtre Château dü Lou vre , -6c un en celle de nôtre tres-cher 5c féal Che * yalier Chancelier de France le Sieur Le T ellieiI, à peine de nullité des prefentes , du contenu defquelles Volts mandons ôc enjoignons fairé joiiir & ufer ledit Expôfant 5c fes àyans caufé pleinement 5c pailiblem,ent : Ceflant 5c fàifant ceffer tous troubles5c empéchemens contraires. Voulons qu’en mettant au commencement ou â ïa fin dudit Livre 1 Extrait des prefentes, elles foient ténues p^pur lignifiées , 5c qu’aux copies d icelles collationnées par l’un de nos amez 5£ féaux Confeillefs , Secrétaires foy foit ajoutée Conime à l’OriginaL Commandons au premier nôtre Hiiilïiei ou Sergent fur ce requis , faire pour l’execution des prefentes toutes lignifications, A étés 6c Exploits neceffaires fans demander autre permifiiort. Car tel eft nôtre plaiiir. Donne'à Paris lé ii. jour de May l’an de grâce Ï684. 5c de nôtre Régné le quarante-iin..
- Par le Roy en fon Cônfeil. D*a ienc t',
- Ledit A u boü i N a fait part du prefent Privilège à Ja Veuve de ÏFrançci* Clouzier , Jacques Villcry, Pierre Emery , Ôc Charles Clouzier.
- 'K'S'Jtréfitr te livre de ia Communauté des Librairts&lmbr\meu*s de tarit, le tu May 1684. fuivant l'^rrtfl du Patlcment du K.^lvnl >1653. & ce lu y du Ctnfcil Privé du Ty,y du z7. Yevrur tfifj. Signé
- N G QT , Syndic.
- Acjievé d’imprimer pour la première fois le }t. Juillet i$g4,
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