Les Nouveaux Cimetières parisiens et le chemin de fer métropolitain de la banlieue de Pari...
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- LE
- ET LE
- Chemin de Per Métropolitain
- ET DE ,
- LA BANLIEUE DE PARIS
- Lettre adressée à MM. les Membres du Conseil Municipal de la Ville de Paris
- Par M. l’ingénieur
- Jules BKUNFAUT
- ' PARIS
- AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ
- 45, rue Joubert, 45.
- 1874
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- Paris, Février 1874.
- A MM. LES MEMBRES DU CONSEIL MUNICIPAL de la Ville de Paris
- Messieurs ,
- J’ai eu l’honneur de vous adresser, lors de la dernière session du Conseil général de la Seine, une brochure dans laquelle se trouvaient renfermées quelques considérations sur la question du transport des morts à Méry-sur-Oise.
- L’accueil que vous avez fait à mon travail m’encourage.
- La question du transfèrement des cimetières de Paris est pendante depuis 1765, époque où un arrêt du Parlement défendait de continuer d’enterrer dans l’intérieur de la capitale; ce n’est cependant qu’en 1782, qu’en vertu de cet arrêt, on supprima le charnier des Innocents; et c’est seulement en 1801, qu’il fut réellement mis à exécution par la création du cimetière du Père-Lachaise.
- Enfin, en 1824 et 1825, la population augmentant, on créa les cimetières du Nord et du Sud.
- A cette époque, Paris ne renfermait encore que 700,000 habitants; ces trois cimetières recevaient annuellement 5,833 morts ; il n’y avait là rien de bien effrayant. Mais aujourd’hui que Paris a une population de 2 millions d’âmes, ces cimetières reçoivent chacun 16,666 morts!
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- La nécessité de remédier à un état de choses, si plein de dangers pour un avenir prochain, a fait naître différents projets.
- L’un, celui du transfèrement des inhumations à Méry-sur-Oise, paraît réunir vos suffrages.
- En me plaçant à ce point de vue, Messieurs, je viens traiter la question du transport; je tâcherai de vous prouver que les transports mortuaires ne peuvent s’accomplir, si on veut respecter les convenances sociales et assurer à la population toute la quiétude qu’exige un pareil sujet, que par une Compagnie, qui soit absolument, comme celle des pompes funèbres par exemple, un service sous les ordres immédiats de la municipalité.
- L'Ingénieur,
- Jules BRUNFAUT.
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- I
- En 1857, se fondait à Londres, une Société privée, le Woking Common Cemetcry, qui avait pour but de donner, aux environs de la grande cité, à chacun de ses sociétaires, le champ du dernier repos.
- L’idée fut trouvée juste, et un an plus tard, cette association se transformait, en vertu d’un acte du Parlement, en une grande Compagnie qui prenait le nom du London Necropolis Company.
- Cette Compagnie s’assurait d’abord la propriété de 800 hectares environ de terrain, puis traitait avec une Compagnie de chemin de fer pour ses transports.
- Aujourd’hui, près de quinze ans se sont "écoulés depuis que l’Anglais a mis en œuvre cette idée rationnelle et chrétienne, de posséder pour lui et sa famille un dernier asile, où il pourra, attendre, loin de tout bruit, le réveil de l’éternité.
- Quand on a visité, comme nous, ce champ de repos anglais, on sent son âme envahie d’une douce et séduisante mélancolie, à la vue de ce paysage, sillonné par de larges allées sablées, coupé de vertes pelouses et planté d’arbustes dont le sombre feuillage semble commander le silence dans ce royaume de la mort.
- Pour aller à cette nécropole on prend, à la gare de Westminster, le chemin de fer du South-Western. A cette gare se trouve un endroit spécial où les convois mortuaires se rendent, apportant des divers points de la ville, les cercueils des associés décédés; ces cercueils sont placés dans des chapelles de première, de deuxième ou de troisième classe; à onze heures précises du matin a lieu le départ du train.
- Les cercueils sont portés et placés par des agents spéciaux dans un fourgon.
- Les parents, les amis sont invités à monter dans les comparti-
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- ments des voitures, qui leur ont été destinées, de telle sorte que chaque famille soit séparée.
- En 1858, le chemin de fer transportait 2,721.
- En 1859, - — 2,926.
- En 1860, — — 2,600.
- En 1861, - — 3,149.
- En 1862, — — 3,538.
- En 1863, - — 3,560.
- En 1864, — 3,400.
- En 1865, — — 3,580.
- En 1866, — — 3,690.
- La moyenne par jour est donc de 10 morts environ.
- Un seul train funéraire suffit.
- Il ne s’arrête nulle part; arrivé au cimetière, on descend de wagon et l’on va prendre place à l’église pour y entendre les dernières prières ; à la suite vient le char sur lequel le cercueil doit être apporté jusqu’à la fosse; ce char est traîné par des hommes ou par un cheval.
- Le coût du transport du chemin de fer pour chacun des voyageurs est de :
- Première classe . 7 fr. 50 c.
- Deuxième classe . 4 75
- Troisième classe . 2 50
- terrement coûte :
- Pour un emplacement temporaire . . . 25 fr.
- — perpétuel. . . 62 50
- D’emplacements gratuits, il n’y en a pas.
- Cet essai qui s’est accompli en 1853 à Londres, s’est poursuivi, comme nous le voyons, de 1858 jusqu’à nos jours avec une convenance égale, sinon supérieure, à celle qui préside aux funérailles parisiennes.
- Chacun sait qu’en Angleterre tout se fait par l’initiative individuelle; aussi cette transformation s’est-elle accomplie par l'association, qui, peu à peu s’est élargie, comme toutes les choses utiles, et se compose aujourd’hui non-seulement d’individualités,
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- mais encore de corporations si nombreuses dans la ville de Londres.
- L’initiative privée a fait que le cimetière de Woking Common n’est pas une nécropole gratuite ; les riches seuls y ont droit d’asile. C’est là le défaut que présente toute œuvre émanant de l’initiative privée; admirable, quand elle est appliquée à l’industrie, elle devient souvent détestable quand elle est appliquée à une nécessité sociale; aussi les pauvres, les déshérités de la fortune, sont conduits à un cimetière spécial situé à 7 milles, sur le chemin de fer d’Eastern-Counties.
- A Paris, on ne pourrait se contenter d’un pareil projet; le principe d’égalité est trop absolu chez nous, pour se laisser persuader que, suivant qu’on meurt riche ou pauvre, on doive subir un sort différent.
- Il faut rendre cette justice au projet présenté par l’administration préfectorale, en 1867, au Conseil municipal de la Ville de Paris, qu’il écarte l’idée d’une inégalité entre les classes sociales ; toutes auront droit à la même part de terrain, toutes auront trente ans pour dormir en paix.
- L’emplacement du cimetière anglais donne, avons nous dit, toute satisfaction au point de vue des convenances ; Méry-sur-Oise ne lui cède en rien.
- Ceci posé, nous allons nous occuper des conditions à remplir pour assurer le service des inhumations parisiennes à Méry-sur-Oise.
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- II
- S'il est une ville, nous ne craignons pas de le dire, où le respect pour les morts est grand, c’est Paris ; une des principales causes de ce culte, devenu pour beaucoup une religion, est sans contredit les soins apportés en tous temps par l’autorité au service des funérailles et à l’entretien des cimetières.
- Pour maintenir ce sentiment, nous l’avons dit, rien ne sera changé au mode admis de conduire les morts aux églises et aux temples ; rien ne sera changé aux habitudes locales jusqu’à la cha-pelle-reposoir qui représentera nos anciens cimetières.
- Ce n’est qu’à partir de l’arrivée aux chapelles-reposoirs que les habitudes ne peuvent plus être les mêmes. Nous allons nous occuper de ce que sera le transport des morts jusqu’au cimetière de Méry-sur-Oise.
- On est persuadé à Paris, comme on l’a été à Londres, que le service des inhumations, transporté à une distance aussi grande que celle de Méry ou de Common, pour bien se faire, ne doit rien changer aux habitudes acquises ; c’est-à-dire que, ce transport si éloigné étant admis comme une urgente nécessité, on ne doit pas faire d’innovations au service des funérailles proprement dites.
- C'est ainsi qu’à Paris, comme cela se pratique à Londres, le corps du défunt devra être relevé à son dernier domicile, d’où il sera porté selon ses dernières volontés à l’église, au temple, ou directement aux nouveaux reposoirs.
- Ces reposoirs seront, d’après les projets de l’ancienne administration préfectorale, des chapelles érigées sur les emplacements des cimetières intérieurs de Paris et semblables à celles du cimetière anglais.
- Ces chapelles-reposoirs pourraient être créées aux cimetières de Montmartre, du Père-Lachaise, de Montparnasse et de Passy;
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- points, si on consulte la carte de la Ville de Paris, qui satisfont, comme auparavant, les habitants des 20 arrondissements (1).
- Faire autrement, conduire tous les morts à un seul reposoir, serait forcer les habitants de Paris à faire un long voyage ; ce serait encore pour l’arrondissement privilégié de la chapelle-reposoir un triste spectacle que celui de voir arriver du matin au soir les convois mortuaires de toute la capitale.
- En effet, la mise en œuvre du projet de l’ancienne administration préfectorale distribuait les morts aux reposoirs dans les proportions suivantes :
- Le Cimetière du Nord recevrait les convois des 1er, 2e, 8e, 9e, 10e et 18e arrondissements ;
- Le Cimetière de l'Est ceux des 3e, 4e, 11e, 12e, 19e et 20e arrondissements ;
- Le Cimetière Montparnasse aurait ceux des 5e, 6e, 13e et 14e arrondissements ;
- Enfin le Cimetière de Passy ceux des 7e, 15, 16e et 17e arrondissements.
- Paris ayant 2 millions d’habitants et la statistique nous apprenant qu’on y meurt dans une proportion de 2 1/2 p. 100, la moyenne des décès s’élève par jour à 138. En répartissant à chacun des h. reposoirs ces 138 morts, chaque reposoir aura 35 services par jour.
- Ces reposoirs auraient des dispositions analogues à celles qui existent dans les reposoirs anglais. Voici, du reste, comment l’ancienne administration préfectorale les décrit :
- « Partant des églises où aurait lieu, comme aujourd’hui, la « cérémonie religieuse, les convois seraient dirigés vers le plus « rapproché des trois cimetières actuels : de l’Est, du Nord et du « Sud. A chacun de ces cimetières serait annexée une vaste cha-« pelle funéraire, dans laquelle seraient ménagés des dèpositoirs « en nombre suffisant pour les morts appartenant au culte catho-
- (1) Voir aux annonces la carte indiquant le parcours du chemin de fer et de la banlieue de Paris et celui du chemin de fer de Méry.
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- « lique. Des dispositions seraient prises pour assurer des lieux de « dépôt séparés pour les morts des cultes dissidents.
- « Derrière la chapelle, et à portée des autres lieux de dépôt des « corps, serait ménagée une gare du chemin de fer spécial. Au « moment du départ, les corps seraient placés dans des wagons « mortuaires, disposés intérieurement de manière à assurer l’iso-« lement absolu des cercueils. Des compartiments recevraient la « famille et ceux des invités qui désireraient l’accompagner. »
- Les gares-reposoirs sont sous la direction d’un agent de l’administration des Pompes funèbres ; seul il a la direction et la conduite des hommes préposés à la surveillance des salles d’attente, au chargement des cercueils dans les fourgons du train, à la distribution des places, en un mot à tout le service de la gare.
- La veille au soir, il reçoit de l’administration des Pompes funèbres le nombre, le nom, la classe des convois mortuaires et l’heure à laquelle ils arriveront, de telle sorte qu’il puisse en temps utile préparer les convois.
- Ces convois se composent de voitures à voyageurs du modèle employé pour le service ordinaire; car il est inutile, il serait même imprudent, au moins en temps d’épidémie, de faire connaître au public le passage des morts.
- Les fourgons seuls qui doivent se trouver à la tête et à la queue du train ne recevant ni marchandises ni bagages, doivent être aménagés pour recevoir les cercueils.
- Ce matériel spécial aura une forme identique extérieurement aux fourgons à bagages ; l’intérieur comprendra un compartiment réservé au maître de cérémonie et aux personnes de service; il sera surmonté d'une tourelle pour le garde-frein.
- On placera, au-dessus de chacune des portes des compartiments des voitures à voyageurs, un écriteau sur lequel sera inscrit, en gros caractères, le nom du trépassé, de telle sorte, qu’à l’aller comme au retour, chaque famille puisse avec facilité trouver le compartiment qui lui appartient.
- Pour ceux qui nous lisent, supposons que le chef de la gare mortuaire de l’Est, ait reçu la veille avis que le lendemain entre 10 heures du matin et 1 heure de relevée, il recevra :
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- 1 service de l,e classe ;
- 5 — de 2e
- 10 — de 3e —
- 9 — de 4e —
- 10 — de 5°, 6e, 7e, 8e et 9* classe.
- En tout 35 convois, moyenne prévue de l’arrivée journalière à chacune des chapelles-reposoirs.
- (1) Chaque convoi de lre classe ayant droit à 82 places de 1'*.
- — de 2° — 16 — jpe
- — de 3e —• 30 - S)c
- — de 4e — 20 — 2".
- Et enfin les convois de 5e, 6ft, 7e, 8e et 9e classe ayant droit chacun à 10 places de 2e.
- Cela fait, que pour le service des 35 convois que nous supposons, notre chef de gare organisera son train de la manière suivante :
- 2 fourgons pour les morts ;
- 4 voitures de première ;
- 15 voitures de deuxième;
- Soit ensemble 19 voitures, plus 2 fourgons.
- Si on en juge par la statistique, un train atteindra rarement le nombre réglementaire de 24 voitures ; car elle nous indique que les convois mortuaires de lre, 3e et 4e classe n’atteignent pas 33 0/0. Or, nous en avons prévu dans notre exemple 22 sur 35.
- Nous n’avons pas à nous occuper des enterrements de première classe, qui sont ceux des gens riches; ils s’effectueront presque toujours par des convois spèciaux, qui partiront à des heures déterminées de la gare principale de Montmartre.
- Les convois mortuaires, disons-nous, arriveront de 10 heures du matin, jusqu’à l’heure du départ du train; les personnes qui voudront les accompagner jusqu’à Méry auront le plus souvent à attendre, dans les salles des reposoirs, plus ou moins de temps. C’est là un inconvénient sans remède, mais qui sera souffert
- (1) Nous supposons, pour le besoin du raisonnement, ces conditions établies par les nouveaux tarifs promulgués par la Ville de Paris.
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- patiemment par des parents en deuil, qui n’ont guère souci de quitter brusquement ceux qu’ils ont aimés.
- Il est encore vrai que le nombre des places est limité ; les amis, par exemple, n’auront pas le droit de monter dans le train mortuaire. Il serait préférable que la possibilité d'accompagner les morts jusqu’à Méry fût donnée à tous; mais cela est incompatible avec un service régulier ; aussi ne peut-on réserver ce droit qu’à la famille seule en lui assurant sans rémunération aucune le nombre de places que nous avons fixé (1).
- Du reste, les amis du défunt pourront se rendre à Méry et assister aux dernières prières qui y seront dites; il leur suffira, pour être présents même à l’arrivée du corps, de prendre un des trains ordinaires qui conduisent à Méry, trains qui partent aujourd’hui des gares du Nord et de l’Ouest, et auxquels viendront s’ajouter plus tard ceux qui partiront de la gare des Martyrs par le chemin de fer Métropolitain que le Conseil général de la Seine vient de voter.
- « Les communications, ajoute M. Wafflard, pour se rendre au « nouveau cimetière de Méry, seront donc très-faciles, peu dis-« pendieuses, et on peut admettre qu’elles suffiront pour donner « satisfaction à tous les besoins ordinaires du service. »
- Aux jours de la Toussaint, le chemin de fer Métropolitain pourra avoir des trains toutes les 10 minutes, comme pourront le faire les chemins de fer du Nord et de l’Ouest. Ces trois voies ferrées ne seront pas de trop pour suffire, quant on songe « qu’il a été « estimé, nous dit encore M. Wafflard, que les visiteurs entrés « le jour de la Toussaint, le Ie’ novembre 1866, dans le seul « cimetière du Nord, étaient au nombre de 180,000. »
- (1) Nous devons à l’obligence de M. Wafflard, directeur du service des pompes funèbres de connaître les relevés des personnes qui, d’ordinaire accompagnent les corps jusqu’aux cimetières. Ce relevé à donné les résultats suivants :
- Moyenne du nombre des personnes accompagnant :
- CHAR. CORBILLARD. BRANCARD.
- Est......................... 28 52 12
- Nord........................ 22 50 9
- Sud......................... 17 45 10
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- Nous avons proposé l’heure de départ du train mortuaire à une heure.
- Cette heure, l’Administration la fixera; elle s’entendra à cet égard avec les ministres des différents cultes ; mais elle la fixera de telle sorte que les trains arriveront à Méry avant la nuit.
- Le train dans ces conditions, est conduit par un mécanicien, un chauffeur, deux gardes frein, appartenant à la Compagnie du chemin de fer.
- Il est sous la direction de deux employés et d’un chef de cérémonie des pompes funèbres.
- La nécessité à Paris, d’avoir quatre points de départ, commande pour Méry, quatre points d’arrivée.
- L’arrivée sur un seul et unique point de 140 convois mortuaires n’est pas possible; aussi parmi les projets qui se sont occupés de la question, nons indiquons sur notre plan, celui qui est conçu dans le sens du parcours du chemin de fer sur le périmètre du cimetière. Sur ce chemin circulaire s’établiraient quatre gares d’arrivée, gares qui correspondraient aux stations reposoirs du Nord, de l’Est, du Sud et de l’Ouest.
- Il sera érigé, comme en Angleterre, à chacun de ces points d’arrivée une ou des chapelles, dans lesquelles les familles, pourront faire rendre à leurs morts un dernier service religieux.
- Ces quatre gares d’arrivée seront, comme les quatre gares de départ, placées sous les ordres et la surveillance des employés des pompes funèbres, qui, comme en Angleterre, auront des corbillards, un personnel, des chevaux en quantité suffisante pour qu’ils puissent faire transporter à leur dernière demeure les morts qui leur arriveront tous les jours.
- Ces gares mortuaires, celles de l’Est et du Sud, devaient, d’après le projet de l’ancienne administration, être reliées au chemin de fer de Méry par un embranchement rejoignant le chemin de fer de ceinture. Celle du Nord serait reliée par un chemin de fer spécial directement à Méry. Ce chemin de fer spécial se souderait au chemin de ceinture, traverserait la presqu’île de Gennevilliers et passerait par Épinay, Saint-Gratien, Eaubonne, Saint-Leu, Ta-verny.
- Dans ces conditions, la Ville de Paris se proposait de construire
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- à ses frais les embranchements reliant le chemin de fer de ceinture aux reposoirs, et le chemin de fer principal de Méry-sur-Oise, de telle sorte que les transports devaient s’effectuer, sauf le parcours sur le chemin de ceinture, sur un chemin de fer qui * était la propriété exclusive de la Ville de Paris.
- Depuis la présentation de ce projet, des modifications y ont été apportées par la nouvelle administration.
- M. le préfet propose au Conseil municipal de confier à la Compagnie du Nord la construction du chemin de fer et des embranchements et le service des transports.
- « On n’a pas tardé à reconnaître, dit-il, unanimement que la « construction par la Ville d’un chemin de fer spécial entraînerait « des dépenses énormes et soulèverait des difficultés qu’il serait « prudent de ne pas aborder. J’ai donc cru devoir m’adresser à « la Compagnie du chemin de fer du Nord, dont une ligne passe à « peu de distance de l’emplacement à desservir...
- « La Compagnie du Nord se chargerait de mettre en communi-« cation directe la gare de départ qui serait établie au cimetière « du Nord, ou celles qu’il serait jugé utile de créer sur d’autres « points de la Ville, avec celle qui serait édifiée dans le cimetière de « Mèry-sur-Oise. »
- M. le préfet accompagne sa proposition d’un plan, sur lequel se trouve le tracé d’un chemin de fer qui, du cimetière du Nord, irait au chemin de fer des docks de Saint-Chien ; ce chemin serait continué jusqu’à Saint-Denis par une voie nouvelle; là, les transports mortuaires emprunteraient le chemin de fer du Nord jusqu’à Pierrelaye, qui^ serait relié par une autre voie nouvelle au cimetière de Méry.
- Ce plan n’indique pas plus que le mémoire ne mentionne où et comment s’accompliraient les embranchements autres que celui du cimetière du Nord. M. le préfet dit seulement que la Ville de Paris aurait à rembourser à la Compagnie les chemins de fer à construire ; de telle sorte que si un jour la Ville, par des raisons que nul ne peut prévoir, voulait rompre son contrat, elle serait obligée de faire construire, comme le prévoyait l’ancienne administration, un nouveau chemin de fer, ces embranchements, enclavés dans les lignes du Nord, ne pouvant plus lui servir à rien,
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- III
- Aussi brièvement qu’il a été possible de le faire, nous avons indiqué quel devait être le service à établir jusqu’à Méry-sur-Oise.
- L’administration préfectorale avait en 1867 posé en principe, que ces transports ne pouvaient s’efïèctuer que par ses soins.
- Elle entendait qu’un service spécial serait organisé; elle rejetait toute immixtion étrangère, convaincue que c’est le seul moyen de sauvegarder les convenances, d’éviter des accidents, toujours possibles sur un chemin de fer sur lequel circulerait un grand nombre de trains; enfin, d’assurer en cas d’épidémie, cas qu’il faut malheureusement toujours prévoir, un service qui, devenant alors hors de toute proportion avec le service prévu, serait difficile, sinon impossible à établir.
- Aussi, dans les publications qui parurent à cette époque, les unes approuvant, les autres critiquant le projet préfectoral, on ne rencontre pas une seule opinion qui propose de confier le service des transports aux soins de la compagnie du chemin de fer du Nord.
- Il est bien vrai que les anglais font faire le transport de leurs morts par deux compagnies de chemin de fer; le Western l’accomplit pour les riches, le Eastern-Counties, pour les pauvres. Mais ce fait n’est pas compatible avec la situation de Paris; car d’un côté le transport journalier n’est que de 10 morts, et de l’autre, il s’accomplit dans des conditions que nos mœurs repoussent,
- En 1867, l’administration établissait la nécessité d’un chemin de fer principal, allant du cimetière Montmartre à Méry et de deux embranchements reliant les cimetières de l’Est et du Sud au chemin de fer de ceinture, lequel devait se relier à la voie principale.
- Ce projet, dressé, étudié par les ingénieurs attachés au service
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- municipal, établissait un coût de 7,915,000 francs pour la voie principale seule.
- Voici du reste le relevé des dépenses prévues :
- Gare de Paris, terrains et constructions . . . 3,'500,000 fr.
- Acquisition de terrains du cimetière .... 2,485,000
- Gare d’arrivée................................... 200,000
- Aménagements intérieurs.......................... 200,000
- Batiments d’administration, avenues. . . . 700,000
- Chemin de fer, terrains et travaux..............7,915,000
- 15,000,000
- Ce relevé ne donne pas ce que coûteraient les embranchements de l’Est et du Sud et leurs gares reposoirs.
- Nous les évaluerons de la manière suivante :
- Embranchement de l’Est. — 1 kilomètre environ à 1,750,000 fr........................
- Embranchement de Montparnasse. — 2 kilomètre environ à 1,750,000 ..................
- Raccordement du chemin de fer de ceinture
- avec le chemin de fer principal.............
- Coût des gares de l’Est et du Sud et aménagements intérieurs............................
- Gare d’arrivée...........................
- Ensemble.
- 1,750,000 fr.
- 3,500,000
- 200,000
- 400,000
- 400,000
- 21,250,000
- Voilà quelle était au bas mot la dépense prévue en 1867 par la ville de Paris pour assurer son service des inhumations.
- Depuis lors, deux propositions ont surgi : L’une émane de l’administration préfectorale actuelle, l’autre des promoteurs du chemin de fer métropolitain et de la banlieue de Paris; ce sont ces deux projets que nous allons discuter, nous les placerons en regard du projet de l’ancienne administration, qui est reconnu unanimement donner toutes les garanties voulues au service des inhumations de la ville de Paris.
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- M. le préfet actuel a cru ne devoir s’adresser qu’à la compagnie du Nord qui, dit-il, à une ligne qui passe à peu de distance de remplacement à desservir, oubliant que le conseil général lui a renvoyé le 25 octobre 1872, le projet du chemin de fer métropolitain et de la banlieue de Paris.
- « Pour être soumis à Vexamen de Vadministration et devenir, « ainsi que le projet de Vadministration, l'objet d'une instruction, « d'une enquête, s'il y a lieu, et d'un rapport au conseil. »
- Or, ce projet de chemin de fer d’intérêt local, c'est-à-dire appartenant à la ville de Paris, passait à côté des cimetières.
- M le préfet ajoutait : « qu’on n’a pas tardé à reconnaître unani-» mement que la construction par la Ville d’un chemin de fer » spécial entrainerait des dépenses énormes et soulèverait des » difficultés qu’il serait prudent de ne pas aborder.
- Nous venons de voir quelles sont ces dépenses, voyons maintenant ce que M. le préfet propose :
- « La compagnie du Nord se chargerait de mettre en communiai cation directe la gare de départ qui serait établie au cimetière du « Nord, ou celles qu’il serait jugé utile de créer sur d’autres points de « la ville, avec celle qui serait édifiée dans le cimetière de Mèry-sur-« Oise; et dans ce but, elle utiliserait les voies qu’elle possède « actuellement et construirait tous les raccordements nécessaires, « ainsi que les gares de départ et d’arrivée.
- « La circulation dans les gares et sur les voies spécialement » établies pour le cimetière serait d'ailleurs exclusivement réservée au » service municipal, entre 10 h. 30 et 3 h. 30. Ces portions pourront » être utilisées par la Compagnie pendant le reste de la journée, si » l’administration de la ville ne s’en sert pas elle-même.
- « La ville rembourserait d’ailleurs à la Compagnie, les frais » d’établissement des deux gares dans les cimetières et les rac-» cor déments de la gare de départ au chemin de Saint-Ouen et de la » ligne de Pontoise à Herblay avec la gare d'arrivée à Paris.
- C’est dire :
- La Compagnie du Nord sera le constructeur privilégié de la ville de Paris ; elle établira les lignes de chemin de fer ; elle fera les
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- stations; et ce qu’elle dépensera lui sera remboursé, à des conditions à débattre.
- La question se borne à apprécier s’il y a une économie à réaliser; et ceci fait, à voir, l’économie étant établie, si le service du chemin de fer du Nord remplira les conditions voulues.
- L’administration de la ville aura à dépenser les sommes suivantes :
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- Acquisition des terrains du cimetière 2,485,000
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- Elle aura d rembourser d la Compagnie du Nord.
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- i Chemin de fer allant du boulevard | des Batignolles — Cimetière
- ! Montmartre au— chemin de fer
- des Docks de Saint-Ouen . .
- Chemin de fer allant de Saint-Ouen à Saint-Denis (le traité avec le Nord n’en parlant pas). Chemin de fer allant d’Herblay au cimetière de Méry, 5 kilom.
- à fr. 210,000..............
- Embranchement du cimetière de
- l’Est......................
- Embranchement du cimetière
- Montparnasse...............
- Raccordement du chemin de fer de ceinture au chemin de SLOuen. Aménagement et construction des \ gares de l’Est et du Sud. . .
- 1,380,000 fr.
- Mémoire.
- 1,050,000
- 1,750,000
- 3,500,000
- Mémoire.
- 800,000
- Ensemble. . 15,565,000
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- Entre les projets anciens et les nouvelles propositions, il y a une économie de 5,685,000 francs.
- Une économie, hâtons-nous de le dire, est toujours excellente à prendre ; elle est d’autant meilleure en ces jours difficiles.
- Mais ne faut-il pas auparavant savoir à quel prix se fera cette économie ?
- Ne faut-il pas aussi examiner si un service tel que le conçoit M. le préfet donnera ou ne donnera pas à la population parisienne cette quiétude que donnait, et ce, sans contredit, l’ancien projet?
- L’administration prévoit un nombre de trains mortuaires plus considérable que nous. Ces trains auront à parcourir les lignes qui appartiendront à la Ville et celles qui appartiennent à la Compagnie du Nord.
- Pendant les heures de circulation des convois mortuaires, ces chemins de fer seront à la disposition exclusive du service municipal ; après, ils serviront à l’usage de la Compagnie du Nord, qui en usera gratis.
- Une pareille combinaison n’est pas soutenable ; il est évident que les lignes appartenant au chemin de fer du Nord ne seront qu’empruntées par les trains mortuaires, et ce, dans les mêmes conditions qu’elles le sont par les trains lui appartenant. Il est encore évident que les lignes appartenant à la Ville seront les seules non occupées par les voyageurs et les marchandises pendant les heures de passage des trains mortuaires. D’où il résulte, que c’est à tort que M. le Préfet croit que le chemin principal de Montmartre à Méry sera à la disposition exclusive delà Ville de Paris, et qu’en l’état, on ne peut pas admettre qu’il n’y aura jamais d’embarras de circulation, d’accident et de rencontre sur une ligne aussi fréquentée que l’est celle de Saint Denis à Herblay.
- En se plaçant à ce premier point de vue, la proposition de M. le préfet devrait être rejetée.
- Elle doit être encore rejetée, parce que M. le préfet propose de céder gratuitement l’usage des voies ferrées construites par la Ville de Paris; car comment concevoir que des lignes aussi importantes que celles :
- De Saint-Ouen au boulevard de Clichy,
- De la gare de Charonne au boulevard,
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- De la gare Montparnasse au boulevard d’Enfer, ne seraient pas des plus productives.
- Cette proposition doit être encore rejetée, parce qu’elle ne prévoit pas le cas qui peut se présenter où le service du chemin de fer du Nord ne satisferait pas les intérêts de la Ville.
- Ce cas serait un lapsus auquel il serait facile de remédier ; il suffirait de fixer un terme de 3, 6, 9 ans ; mais les chemins de fer à construire pour le compte de la Ville ne se composent pas d’une ligne ferrée sans solution de continuité ; ces chemins de fer sont enclavés dans ceux appartenant au Nord, de telle sorte que ces tronçons épars, en cas de rupture avec la Compagnie, ne seraient bons à rien.
- En résumé, cette économie n’est qu’apparente. Le projet est désastreux pour les intérêts de la capitale, et tel le jugeait l’ancienne administration, laquelle, sa ligne principale construite, entendait bien en remettre l’exploitation à une Compagnie fermière et par suite en retirer profit.
- Épinay, Saint-Gratien, Herblay, Pontoise, reliés à Paris, à la place des Martyrs, par exemple, ne peuvent laisser de doute au sujet du profit que la Ville retirerait.
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- IV
- Dès le jour où le Conseil général prenait en sérieuse considération le projet du chemin de fer Métropolitain et de la Banlieue de Paris, les promoteurs de cette entreprise appelaient l’attention de M. le préfet et du Conseil municipal sur la facilité d’utiliser cette voie au transport non-seulement des inhumations de la capitale, mais aussi de celles des grandes communes qui l’entourent.
- C’est ainsi que le reposoir du Nord pourrait être relié à la ligne allant de la place Maubeuge à Gennevilliers, puisqu’elle côtoie le cimetière du Nord.
- Pour le reposoir de l’Est, rien n’est plus aisé que de le brancher avec la ligne allant de la place du Château-d’Eau à Saint-Ouen, puisqu’elle côtoie le cimetière du Père-Lachaise;
- Pour le reposoir du Sud, les promoteurs croient qu’au lieu de le relier au chemin de fer (Ouest rive gauche) qui se joint au chemin de fer métropolitain à Vanves, pour arriver ainsi à Saint-Ouen, il vaut mieux établir la chapelle sur le terrain dit de Cla-mart, situé sur le boulevard Saint-Marcel, que traverse la ligne allant de Notre-Dame à Villejuif;
- Enfin qu’il y a lieu de créer un reposoir à Passy, sur l’emplacement de l’ancien cimetière, que l’on relierait au chemin de fer métropolitain à Àuteuil, par un embranchement qui suivrait parallèlement le chemin de ceinture d’Auteuil à Passy, et passerait en souterrain sous l’avenue projetée de la Muette.
- Enfin, reprenant les idées de l’ancienne administration, à partir de Gennevilliers, il serait construit, tel que l’indiquent la carte et les profils ci-joints remis à la commission nommée par le Conseil général pour faire son rapport, un chemin de fer spécial allant à Épinay, où il traverserait la Seine au moyen du pont dont le Conseil général a voté la construction, toucherait à Saint-Gratien, Fran-
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- conville, les Tuileries, la patte-d’oie d’Herblay, Pierrelay, pour aboutir au cimetière de Méry.
- Ce projet, plus complet que le premier projet de l’administration, n’a pas reçu de l’autorité préfectorale l’accueil favorable que nous espérions.
- Voyons s’il le méritait réellement.
- Le chemin de fer Métropolitain et de la Banlieue de Paris a été proposé au Conseil général de la Seine, sur l’invitation qu’il avait faite à tous les ingénieurs d’étudier un réseau ferré qui aurait à desservir Paris et sa banlieue.
- Sur 47 projets présentés, aucun n’a été mis à exécution ; seul le chemin de fer métropolitain vient de recevoir, pour la seconde fois, l’approbation du Conseil général.
- En effet, la construction d’un premier tronçon allant des Invalides à Saint-Ouen vient d’être décidée.
- Ce chemin de fer est. d’intérêt local.
- Il sera la propriété du département de la Seine qui, seul, fixera les clauses et conditions de son cahier des charges qui, seul, aura le droit à sa surveillance. Il sera, en un mot, domaine de la Ville et du département.
- Dans cet état de choses, l’impossibilité relevée par l’ancienne Administration de confier le transport des inhumations à une Compagnie étrangère tombe; car l’Administration du chemin d’intérêt local se trouve dans les mêmes conditions que la Compagnie des pompes funèbres.
- Ceci établi, reste à étudier si ce service ne'coûtera pas plus à construire que celui proposé par la Compagnie du chemin de fer du Nord.
- L’Administration municipale,-nous l’avons vu, aurait à dépenser et à rembourser pour l’exécution du projet de M. Haussmann,
- une*somme de . .........................fr. 21,250,000
- Pour le projet présenté parM. le Préfet actuel, une somme de . .................... .• .
- 15,565; 000
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- Avec le concours du Métropolitain, les dépenses suivantes, res-
- tent les mêmes :
- Gare de Paris, Montmartre . . . . . . fr. 3,500,000
- Acquisition de terrains-cimetière............ 2,485,000
- Gare d’arrivée................................. 200,000
- Aménagements intérieurs........................ 200,000
- Bâtiments d’administration, avenues . . . 700,000
- Aménagements et construction des gares de l’Est et du Sud................................... 800,000
- Ensemble. . . . fr. 7,885,000
- La Ville aurait, à des conditions à débattre, comme le propose M. le Préfet, quand il s’agit du contrat à intervenir avec la Compagnie du Nord, à rembourser seulement :
- La construction du chemin de fer principal allant de Gennevilliers à Méry..............fr. 4,000,000(1)
- Les embranchements des cimetières au chemin de fer Métropolitain sont compris, par leur peu d’importance, dans les frais d’aménagements et de construction de l’Est et du Sud.......... Mémoire.
- Ensemble. . . . fr. 11,885,000
- Ces chiffres comprennent, dans l’un comme dans l’autre des trois projets, les mêmes éléments, c’est-à-dire ceux relatifs aux terrains du cimetière de Méry, des chapelles et gares reposoirs ; la différence ne gît donc que dans la dépense des moyens de transport.
- Ils prouvent :
- Qu’il y a avantage pour les finances de la Ville de Paris à se servir du chemin de fer Métropolitain et de la banlieue,
- (1) Voir aux annexes les détails du coût des terrains à acquérir, de la construction, etc.
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- Car, l’économie réalisée serait sur le projet de M. Haussmann
- de............................................. 9,365,000 fr.
- Sur le projet de M. le Préfet actuel, de . . . 3,680,000
- A ces avantages, de ménager les finances de la ville, la conduite des morts à Méry par un chemin de fer appartenant au département, comme-le serait le Métropolitain observerait toutes les convenances; donnerait satisfaction à la population parisienne; annihilerait toute chance de rencontre de trains; toutes choses que le premier projet de l’administration préfectorale avait résolues, à savoir : que les transports mortuaires ne pouvaient s’effectuer que par elle, et par des chemins de fer lui appartenant.
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- ANNEXES
- DÉTAILS de la Construction du prolongement du Chemin de Fer
- Métropolitain et de la Banlieue de Paris
- ENTRE
- GENNEVILLERS ET LE CIMETIÈRE DE MÉRY
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- Acquisition de Terrains
- SUPER Longueur FICIE 0 Largr. CCUPÉE TOTAL SUPE aux Villes Long' 1FICIE et aux Largr iPPAR* Communes TOTAL RESTE à ACQUÉRIR PRIX SOMMES OBSERVATIONS
- De l’origine (raccordement avec le che-
- min de fer de la Banlieue) au chemin
- de grande communication de St-Denis
- à Nanterre 1.080 » 17 96 19.396 80 12 R 17 96 215 52 19.181 28 2 9 38.362 56
- Du point précédent à la Seine 1.772 9 24 50 43.414 » 30 » 24 50 735 9 42.679 » 2 » 85.358 »
- La Seine (petit bras) 75 » 7 » 525 )) 75 » 7 » 525 » » h B Pont.
- Ile Saint-Denis 14b » 22 40 3.248 » » » )) 3.248 9 2 9 é.496 9
- La Seine (grand bras) 115 » 7 » 805 » 115 » 7 )) 805 » 9 . » Pont.
- De la Seine au chemin des Larris 77 » 17 P 1.309 )) 17 » 17 )> 289 » 1.020 » 2 » 2.040 »
- Du ch. des Larris au sentier de St-Médard 178 » 23 78 4.232 84 D » 4.282 84 2 9 8.465 68
- Du sent, de St-Médard au ch.d’Argenteuil 805 » 17 34 13.958 70 20 P 17 34 346 80 13.611 90 2 9 27.223 80
- Du ch. d’Argenteuil à la route n« 17 bis 440 )) 15 04 6 617 60 10 » 15 04 150 40 6.467 20 1 50 9.700 80
- De la route no 17 bis à 880 mèt. au delà 880 » 14 92 13.129 60 14 1» 14 92 208 88 12 .920 72 1 50 19.381 08 •
- Du point précédent à la route nat. n» 14 7-20 » 15 04 10.828 80 30 )> 15 04 451 20 10.377 60 1 50 15.566 40
- De la r. nat, n° 14 au ch. de la Gouttière 1.020 » 21 00 21.644 40 » » 21.644 40 1 50 32.466 60
- Du ch. de la Gouttière à 120 m. en deçà
- du chemin de Franconville à Ermont. 2.584 « 15 48 40.000 32 40 y> 15 48 619 20 39.381 12 0 80 31.504 90
- Du point précédent à la rue de la station
- (Franconville) 480 » 13 43 6.446 40 16 » 13 43 214 88 6.231 52 0 80 4.985 22
- Dé la rue de la station à 50 mèt. en deçà
- du chemin de Franconville à St-Prix 350 9 13 35 4.672 50 » 9 )) 4.672 50 0 80 3.738 »
- Du point préc. au ch. des Onze-Arpents 718 » 21 09 15.142 62 20 » 21 09 421 80 14 720 82 0 80 11.776 66
- Du ch, des Onze-Arpents à 252 m. pl. loin 252 » 21 09 5.314 68 0 )) )) 5.314 68 0 80 4.251 74
- Du point préc. au chem. de Montigny-au-
- Plessis 450 » 15 52 7.077 12 » )> » 7.077 12 0 80 5.661 70
- Du ch.de Montigny-au-Plessis à 247 m.
- en deçà du ch. de Montigny à Taverny 853 » 9 03 7.702 59 )) » » 7.702 59 0 80 6.262 07
- Du point précédent à 414 mèt. plus loin. 414 1» 9 74 4.032 36 10 » 9 74 97 40 3.934 96 0 80 3.147 97
- Du point précédent à 720 mèt. au delà
- du chemin des Copistes 1.460 » 16 34 23.856 40 20 D 16 34 326 80 23.529 60 0 80 18.823 68
- Du point précédent à 365 mèt. plus loin. 365 » 10 03 3.660 95 » 9 » 3.660 95 8 80 2.928 76
- Du point précédent à 833 mèt. plus loin. 833 P 21 91 18.251 03 10 » 21 91 219 10 18.031 93 0 80 14.425 54
- Du point précédent à 330 mèt. en déçà du
- chemin d’Ermont à St-Ouen-I’Aumône 545 » 19 88 10.834 60 20 » 19 88 397 60 10.437 9 0 80 8.349 60
- A la suite 170 P 15 P 2.550 » >, » )) 2.550 )) 0 80 2.040 9
- Du point préc. au ch. d’Ermont à St-Ouen 160 0 31 15 4.984 )) 10 )) 31 15 311 50 4.672 50 0 80 3.738 9
- Dn point précédent à 285 mèt. plus loin. 285 ï) 24 16 6.885 60 » )> » 6.885 60 0 80 5 308 48
- Du point précéd. au chemin de Pierrelaye
- à Bessancourt 275 » 14 80 4.070 )) 6 » 14 80 88 80 3.981 20 0 80 3.184 96
- A la suite 880 » 14 80 13.024 » » n » 13.024 » 0 80 10.419 20
- Du point précéd. au cimetière de Méry.. 610 » 13 » 7.930 » 10 9 13 )> 130 » 7.800 9 0 80 6.240 »
- 18.997 » 325.544 91 483 » 6.552 88 318.992 03 392.047 40
- Un dixième en plus environ.... 37.952 60
- TOTAL 430.000 »
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- 28
- Terrassements
- NATURE DE 10u\ragt DIME Longueur NSIO Largr NS Hautr CUI en Remblai 3ES en Déblai OBSERVATIONS
- De l’origine (raccordement ave le chemin Pour les cubes en dé-
- de fer de la Banlieue) au chemin de blai, on a compté 25 0/0
- grande communication de St-Denis à en plus ,pour tenir compte
- Nanterre Remblai 1.080 » 13 » 3 32 46.612 80 9 du foisonnement.
- Du point précédent à la Seine ld. 1.772 » 16 25 5 50 158.372 50 ))
- La Seine (petit bras) Id. 75 9 9 > » »
- Ile St-Denis Remblai 145 9 15 20 4 80 10.579 20 )>
- La Seine (grand bras) Id. 115 9 )) X » 5.414 06
- Do la Seine au chemin des Larris Déblai 77 9 12 50 4 50 » 27.912 8b
- Du ch. des Larris au sentier de St-Médard ld. 178 9 15 90 7 89 » 59.538 71
- Du sent, de St-Médard au ch.d’Argenteuil Id. 805 9 12 67 4 67 » 22.302 72
- Du ch. d’Argenteuil à la route n® 17 bis.. Id. 440 » 11 52 3 52 » 43.616 76
- De la route n® 17 bis à 880 mèt. au delà. Id. 880 9 11 46 3 46 )> 36.495 36
- Du point précédent à la route nat. n® 14, Id. 720 9 11 52 3 52 9 123.129 43
- Delà r. nat. n®14auch. de la Gouttière. ld. 1.020 9 14 61 6 61 9 141.821 55
- Du ch. de la Gouttière à 120 mèt. en deçà
- du chemin de Franconville à Ermont. Id. 2.584 9 11 74 3 74 9 17.414 46
- Du point précédent à la rue de la Station (Franconville) Id. 480 » 10 71 2 71 )) 12.463 89
- De la rue de la Station à 50 mèt. en deçà
- du chemin de Franconville à St-Prix. Id. 350 9 10 67 2 67 )) 9
- Du point préc. au ch. des Onze-Arpents. Remblai 718 9 14 55 4 36 45.548 48 9
- Du ch. des Onze-Arpents à 252 m. pi. loin ld. 252 » 14 55 4 36 15.986 38 25.204 03
- Du point préc. au chem. de Montig"ny-au-
- Plessis Déblai 456 9 11 76 3 76 )) 4.627 63
- Du ch. de Montigny-au-Plessis à 247 m.
- en deçà du ch. de Montigny à Taverny Id. 853 9 8 51 0 51 9 9
- Du point précédent à 414 mèt. plus loin. Remblai 414 » 8 87 0 58 2.129 86 »
- Du point précédent à 720 mèt. au delà du
- chemin des Copistes Id. 1.460 9 12 17 2 78 49.395 60 4.151 92
- Du point précédent à 365 mèt. plus loin. Déblai 365 9 9 01 1 01 » 108.188 48
- Du point précédent à 833 mèt. plus loin. Id. 833 )) 14 95 6 95 9 56.409 95
- Du point précédent à 330 en deçà du
- chemin cf'Ermont à St-Ouen-l’Aumône Id. 545 9 13 94 5 94 9 9
- A la suite Remblai 170 9 11 50 2 33 4.555 15 9
- Du point préc. au ch. d’Ermont à St-Ouen Id. 160 9 19 57 7 72 24.172 86
- Du point précédent à 285 mèt. plus loin. Id. 285 » 16 08 5 39 24.701 29 »
- Du point précéd. au chemin de Pierrelaye
- à Bessancourt Déblai 275 9 11 40 3 40 9 13 323 75
- A la suite Id. 880 » 11 40 3 40 9 42.636 00
- Du point précéd. au cimetière de Méry. Remblai 610 9 11 50 2 50 17.537 50 9
- 18.997 9 399.591 62 744.651 55
- Les déblais s’élèvent à............................................................................ 744.651 55
- Sur lesquels il faut déduire ceux qui proviennent de la Construction des Ouvrages d’Art,
- s’élevant, en chiffres ronds, à........................................................... 10.000 »
- 734.651 55
- Qui, au prix moyen de Ofr. 70 par mètre cube, forme une dépense de......................... 514.256 09
- Les 399.591“ 62 cubes de remblais'sont’évalués au prix moyen de 1 fr. 20, soit............. 479.509 94
- Coût total des Terrassements..................... . 993.766 03
- Un dixième en plus environ...................... 106.233 97
- 1.100.000 »
- TOTAL
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- — 29 —
- Travaux d’Art
- NATURE DIMENSIONS PRIX
- EMPLACEMÈNT DH il TOTAL DU SOMMES OBSERVATIONS
- l’Ouvrage Longueur ce en MÈTRE
- <x £ « SURFACE
- 1° PONTS ET SOUTERRAINS
- Chin du Moulin de la Cage Chin de gde communicat.
- de St-Denis à Nanterre Chemin d’exploitation..
- Route d’Epinay........
- Chemin du Péage.......
- La Seine (petit bras)...
- Ile St-Denis.......
- La Seine (grand bras)..
- Rue du Port..........
- Chemin des Larris..
- Grand Sentier.......
- Chemin de la Reine Route départ, n* 17 bis Chemin d’exploitation. Route nationale n° 14. Chemin de la Gouttière ChIn de gde comn n° 38 et chin de fer d’Argenteuil à Ermont... Chin de Sannois à Cernay Chinde Sannois àErmont Chemin de Franconville à Ermont. Rue de la Station (Franconville). Chemin de Franconville à St—Leu. Chin des Onze-Arpents. Chind’Herblay àTaverny
- Pau. par deuous 4 » 8 »
- Id. 8 » 8 »
- Id. 4 » 8 »
- Id. 12 » 8 »
- Id. 4 » 8 »
- Id. » »
- Id. » »
- Id. » »
- Pau. par dessus 8 » 8 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 8 ))
- Id. 8 » 4 »
- Id. 20 » 8 »
- td. 8 » 4 »
- Id. 60 » »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. 8 » 8 »
- Pass. par dessous 8 » 4 »
- Id. 8 » 4 »
- Id. » 8 8 »
- 32 »
- 64 » 32 » 96 » 32 »
- 200 »
- 300 » 200 » 400 » 200 »
- 6.400
- 19.200
- 6.400
- 38.400
- 6.400
- 400.000
- A Reporter.
- «
- » 300 » 19.200 »'
- » 200 » 6.400 »
- » 200 » 6.400 »
- » 200 » 6.400 »
- » 300 » 19.200 »
- » 200 » 6.400 »
- » 500 » 80.000 »
- » 200 » 6.400 »
- 2.000 » 120.000 »
- » 200 » 6.400 »
- » 200 » 6.400 »
- » 200 » 6.400 »
- » 300 » 19.200 »
- » 200 » 6.400 »
- » 200 » 6.400 »
- » 300 » 19.200 »
- 877.600 »
- »
- »
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- »,
- Deux ponts doivent être construits sur la Seine pour le passage de la nouvelle ronte destinée à relier la plaine de Ge-nevilliers a la vallée de Montmorency par Epinay, Suivant les prévisions du projet, ces ponts seront établis de façon là recevoir le prolongement du tramway déjà concédé jusqu’à yGenevilliers. ,11 n’y a donc »( aucun inconvénient sérieux à les utiliser pour le passage du cbem.de fer de Méry.Toutefois la largeur entre têtes de ces ponts ne doit ètTe que de 12 mitres et il est nécessaire de la porter a 15 mètres, pour permettre l’établissement de la voie ferrée dont il s'agit. On évalue a 400,000 fr. le surcroit de dépenses occasionné par
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- Travaux d’Art (Suite)
- NATURE DIMENSIONS PRIX
- EMPLACEMENT DE ec 3 — TOTAL DU SOMMES OBSERVATIONS
- l’Ouvrage Longueur Ui •* fie ^ en MÈTRE
- < £ S SURFACE
- Report. . . . )) )) » )) )) 817.600 »
- Chemin d’exploitation. Pass. par dessns 8 » 4 » 32 » 200 )) 6.400 »
- Chemin d’exploitation.. Id. 8 » 4 » 32 » 200 » 6.400 »
- Chemin de fer de Paris à Pontoise. Id. 20 » » » 2.000 » 40.000 »
- Chin d’Ermont à St-Ouen Pass, par dessous 8 » 8 » 64 » 300 » 19.200 «
- Chemin de Pierreiaye à Bessaneourt Pass. par dessus 8 » 4 » 32 » 200 » 6.400 »
- Chemin d’exploitation.. Id. 8 » 4 » 32 » 200 » 6.400 »
- Chemin de St-Prix.... Pass. par dessous 8 » 8 » 64 » 300 » 19.200 »
- TOTAL. 921.600 »
- 2° TRAVAUX DE VOIE PUBLIQUE
- Sur tout le parcours.
- Raccordement de chaussées et rectifications de chemins...................
- 78.400 »
- RÉCAPITULATION
- 1° Ponts et Souterrains. 921.600 »
- 2° Travaux de voie publique 78.400 »
- TOTAL 1.000.000 »
- Un dixième en plus. . 100.000 »
- total général 1.100.000 »
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- ARMEMENT DE LA VOIE (une seule voie)
- TRAVAUX D’ASSIETTE DE LA VOIE :
- tialast, 2 m. 20, sable à 3 fr. le mètre cube. 6 60
- 0,10 bois pour traverses 7 50
- Rails, 70 kil. à 300 la tonne 21 »
- Coussinets, 20 kil. à 270 fr. la tonne 5 20
- Chevillettes, 1 kil. à 0,50 c. le kil » 50
- Coins, 18 à 17 fr. 50 le cent » 32
- Déplacement de matériaux dans les chantiers de réception . . 1 »
- Déplacement des chantiers à pied d’œuvre et pose 2 »
- Frais imprévus 0 88
- Par mètre courant de voie 45 »
- Longueur de la voie projetée kil..........• . . 18.997
- A ajouter :
- 1/10 environ pour la longueur des voies supplémentaires et de garage.............................. 2.003
- 21.000
- A 45 fr. le mètre . . . . Un dixième en plus environ .
- 945.000 »
- 95.000 »
- Total .
- 1.040.000 »
- CLOTURES
- La longueur de la voie étant de mètres............ 18.99/
- La longueur des clôtures sera de.................. 37.994
- Clôtures en treillage ordinaire â 0.75 le métré......• • •
- Un dixième en plus environ..................................
- 28.495 50 1.504 50
- 30.000 »
- Total
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- RÉCAPITULATION
- Acquisitions de terrains........................Fr. 430.000 »
- Terrassements................................... 1.100.000 »
- Ouvrages d’art...................................... 1.100.000 »
- Armement de la voie................................. 1.040.000 »
- Clôtures ...................................... 30.000 »
- Total..................... 3.700.000 »
- Sommes à valoir pour imprévu, frais généraux, intérêts, etc. . 300.000 »
- Total général.............. 4.000.000 »
- Soit, pour 1 kilomètre........................... . Fr. 210.000 »
- Paris. — lmp. Wiesener. — Lutier et Comp. rue Delaborde, 36.
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