Traité de l'orangerie, des serres-chaudes et chassis
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- TRAITÉ
- L’ORANGERIE
- DES
- SEREES-CHAUDES
- ET CHASSIS.
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- AVIS
- < wi-iaéÿÿeSL—Lu^a=3>
- O* trouve cheç le Sieur Vilmorin-An-& r i e U x , Marchand Grainier - Fleurijle & Botanifle du Roi 6* Pépiniérife Qway cfe la MégijJ'crïe à Paris j les Arbres j. Arbrijfeaux, Arbuftes & Plantes 3 dont il ejl fait mention dans ce Volume.
- L'Approbation & le Privilège font au ter, V0L du Traité des Jardins.
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- TRAITÉ
- D E
- L’ORANGERIE,
- DES
- SERRES-CHAUDES
- ET CHASSIS.
- Chez Manoury , l’aîné, Libraire, rue S. Pierre. Et à PARIS,
- Chez Belin , Libraire , rue Saint-Jacques.
- M. DCC. LXXXVIII.
- Avec Approbation & Privilège du Roi.
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- AVIS.
- Les Plantes étrangères font un objet intéreffant pour beaucoup de Cultivateurs : un bien plus grand nombre s'occuperoit de leur culture, fi les moyens de les préferver des intempéries de notre climat étoient plus sûrs S£ moins difpendieux. La grande quantité de matières néces-faires pour échauffer des Serres mal conftruites , &C la difficulté de les gouverner dégoûtant bien des Amateurs de cette partie du Jardinage, j’efpère qu'ils ne recevront pas mal ce petit Traité, dans lequel j’expofe des règles de conftruétion de Chas-fis &C de diverfes Serres, &C la des-A z
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- 4 AVIS.
- criptïon & la culture des Plantes exotiques les plus eftimables. J’en ai omis plufieurs qui , bien loin de mériter des Serres- chaudes, feroient à peine dignes d'être placées dans un Jardin. Cet ouvrage doit moins être regardé comme un Traité complet, que comme un eflai, ou une invitation aux habiles cultivateurs de faire part au Public de leurs lumières bC de leur expérience, J’y ai fuivi le même Plan que dans mon Traité des Jardins, dont il fait la quatrième Partie.
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- TRAITÉ
- DE L'ORANGERIE,
- DES SERRES-CHAUDES,
- ET CHASSIS.
- PREMIÈRE SECTION.
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- ORANGERIE.
- DE. L9 ORANGERIE.
- Les Plantes & les Arbriffeaux contenus dans cette Se&ion ne pouvant foutenir le froid de nos hyvers, il faut les placer pendant cette faifon dans un Bâtiment qui puiffe moins leur
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- 6 De l’Orangerie;
- procurer de la chaleur, que les préferver des gelées (*). Comme l’Oranger eft le plus inté-reffant de ces Arbriffeaux, on donne le nom d'Orangerie à ce Bâtiment, foit quil renferme des Orangers, foit qu’il ne contienne que des Arbriffeaux ou des Plantes de climats plus tempérés que le nôtre.
- Une Orangerie, pour que les Plantes y trouvent un azyle affuré contre les rigueurs de l’hyver, 1°. doit être bien expofée. Le midi eft regardé comme la meilleure expofition. Quelques-uns lui préfèrent l’expofition entre l’eft & le fud, parallèle au plan de 9 heures ; parce quelle eft entièrement à couvert du vent d’eft qui accompagne ordinairement les fortes gelées.
- 2°. L’aire de l’Orangerie doit être élevée de 2 pieds au deffus du fol, s’il eff fec ; & de 3 pieds au moins, s’il eft humide, car l’humidité monte jusqu’à cette hauteur : or les plantes renfermées craignent autant l’humidité que le froid.
- 30. Les murs doivent être d’une bonne cons-rru&ion & d’une épaiffeur qui les rende impé-
- (*) Une chaleur depuis o jusqu’à 10 degrés leur fuffit. Une plus grande chaleur mettroit leur fève en mouvement avant la faifon, 8c leur feroit faire des productions foibles 8c étiolées.
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- De l’Or a n ge ri ë,' 7
- nétrables à la gelée. Souvent les matériaux & la façon de les employer y contribuent plus que l’épaiffeur. Un mur de 18 à 20 pouces confirait de moilon dur , à bain de mortier de chaux & de fable, défendra mieux qu’un mur de moilon tendre beaucoup plus épais, mal garni par un maçon négligent qui y aura laiffé des vuides. Mais fi l’Orangerie eft appliquée contre un autre bâtiment, ou fi l’on fait une galerie fermée le long du mur du nord, ce mur n’aura befoin que de l’épaiffeur néces-faire à la folidité de l’édifice. On pèut employer du mortier de plâtre, mais moins bien fur - tout dans le bas des murs, parce que le plâtre s’abreuve trop d’humidité. Dans les endroits où la chaux & le plâtre font rares, on peut employer l’argile bien pétrie. Au défaut de moilon, de brique, & de matériaux folides, on pourroit faire feulement le bas des murs en maçonnerie, & le refie en bauge (*) ou maf-fais. J’ai vû de très-bonnes Orangeries dont les murs n étoient de moilon que jusqu’à dix-huit pouces de hauteur : le furplus étoit confirait avec la terre du jardin pétrie, moulée en affez grandes pièces, féchée au foleil, employée avec du mortier fait de la même
- (*) Mélange de terre grafle ayec de la paille & du foin.
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- 8 De l’ Orangerie. terre. Un enduit de chaux & de fable en dehors & en dedans rendoit ces Orangeries propres: elles étoient très-féches & impénétrables à la gelée. Dans quelques cantons de la Champagne , les maifons du peuple font bâties de cette façon. Les Seigneurs & les Particuliers opulents peuvent faire conftruire leurs Orangeries de quelqu’un des ordres d’Archite&ure & les décorer, préférant toutefois Davantage des Plantes aux ornements du Bâtiment.
- 40. Une Orangerie doit être bien percée de croifées, afin d’y procurer aux Plantes le plus de foleil & de lumière qu’il efi: poflible. La porte fera de hauteur & largeur proportionnées à l’ordre, ou à la grandeur du bâtiment, & à celle des plantes qui doivent y pafler. Les croifées auront quatre pieds de largeur , fur toute la hauteur que le bâtiment permettra de leur donner ; leurs foubaflements feront de deux pieds & demi au plus, & leurs em-brafures très-ouvertes. Les trumeaux n’auront que la largeur néceflaire ( 2 & demi ou 3 pieds ) à la folidité du bâtiment. Si l’Orangerie étoit fort élevée (de 18 à 20pieds), on donneroit 8 pieds de hauteur aux croifées, & au deflus on feroit des fenêtres d’attique hautes de 4 pieds & larges d’autant.
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- De l’ Orangerie. 9
- 50. Les croifées feront garnies de chaffis vitrés faits en bon bois ; à noix & à gueule de loup, pour qu’ils ferment plus exactement;& s’ils ont une grande hauteur, ils feront divi-fés par une impolie vitrée & faite de même. Sur le même dormant on pourra ferrer des volets de bois, ou mieux un autre chalîis garni des deux côtés de papier huilé, qui préfer-vera du froid aufli-bien que les volets , & privera moins les plantes de lumière. Si la porte ell dans la face antérieure, elle fera vitrée comme les croifées, & aura de même un double chaffis intérieur.
- 6°. L’aire de l’Orangerie peut être de terre ou de recoupe bien batue ; ou mieux pavée de grais ou de pierre, ou de carreau. Les entre-voux du plancher, qui doit être fait de bonnes folives, li l’on ne pratique point de lo-gemens au defliis, feront remplis de plâtre, ou d’argile avec de la paille ; & le plancher fera couvert d’une épaifleurde terre ou d’argile pétrie fuffifante pour empêcher la gelée de pénétrer, & dont cependant le poids ne puiffe pas fatiguer les folives : ou mieux il fera garni d’une bonne épaifleur de foin, de paille, de feuilles, de moufle, &c. Le defîous du plan-
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- 10 De l’ O R A N G E R ï E. cher fera plafonné ; tous les murs feront raval-lés en plâtre ou en mortier de chaux & de fable j & le tout blanchi d’un lait de chaux, afin de rendre plus claire & plus gaie la prifon des plantes.
- 7°. La grandeur de l’Orangerie fera décidée par la volonté du propriétaire, le nombre & la grandeur des plantes, qu’il aura attention de loger un peu à l’aife, de façon quelles ne fe gênent & ne s’étiolent pas les unes les autres ; & il laiffera autour des murs un paffage d’environ trois pieds, tant pour le fervice des plantes que pour la circulation de l’air. Quant aux proportions du bâtiment, il elt avantageux qu’il ait plus de hauteur que de profondeur.
- 8°. En condruifant l’Orangerie, il fera très-bon de pratiquer à un des pignons, ou mieux fous la galerie, s’il y en a, un fourneau, & un tuyau large d’environ un pied & profond de 2 , qui pourra palier fous l’aire le long des croi-fées, &.dans les murs fur les autres côtés, afin de l’élever graduellement jusqu’à une petite cheminée qui le terminera. Cette précaution , inutile dans les hyvers ordinaires, fera le falut des plantes dans les hyvers très-froids , ou très-
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- De l’O r à n g e r ie. ii humides ; car il faut que l’air d’une Orangerie ait au moins 2 dégrés de chaleur au deffus de o. S’il étoit au deffous de o, toutes les plantes fouffriroient : s’il étoit long-tems à o, les plus délicates auroient peiné à réfifter.
- Telles font les principales attentions dans la conftru&ion d’une Orangerie prefcrites par les meilleurs auteurs, & reconnues néceffaires par les cultivateurs.
- Dans le climat de Paris, on transporte les plantes dans l’Orangerie du io au 15 oûobre ; & on les en retire du 10 au 15 mai ; ou pour donner un terme plus précis, on doit les renfermer auflî-tôt que le thermomètre ne monte plus qu’à 2 dégrés au deffus de o pendant les nuits ; & elles ne doivent être transportées en plein air, que lorsqu’il monte à ce même degré pendant les nuits : ce qui arrive plus tôt ou plus tard, fuivant la température de l’année fort fujette à varier. Les plantes grades, & celles qui exigent le plus d’air, & qui craignent davantage l’humidité, fe rangent dans les emhrafures des croifées & fur le devant de l’Orangerie : les autres plantes toujours vertes fe placent enfuite ; & celles qui fe dépouillent, occupent le fond.
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- 12 De l’ O R A N G E R I E.
- Depuis que les plantes font renfermées dans l’Orangerie, jufqu’à ce qu elles foient près d’en fortir , on ne leur donne de l’eau que dans le befoin & en petite quantité, la verfant fur la fuperficie de la terre des pots & des cais-fes, évitant d’en répandre fur les feuilles & fur l’aire de l’Orangerie. Les autres foins né-ceffaires feront indiqués à l’art. Oranger.
- Dans les fortes gelées & les grands dégels il faut allumer du feu dans le fourneau, pour empêcher le froid ou l’humidité de pénétrer dans l’Orangerie ; ou, au défaut de fourneau, couvrir exactement les croifées avec de bons paillaffons. On doit procurer de l’air aux plantes , fur-tout aux plantes grades, pendant les heures de tems doux & fec qui font trop rares dans cette faifon pour ne pas profiter de toutes. Nettoyer les plantes & l’Orangerie de feuilles mortes, jaunes , chancies, &c. efl: une affaire d’utilité autant que de propreté.
- Les plantes d’Orangerie étant étrangères à notre climat, toutes ne s’accommodent pas du terrein commun de nos jardins, qui efl; trop léger pour quelques-unes, & trop péfant pour quelques autres, ou trop gras, ou trop mai-
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- De L* O R A N G E R I E. iy gre ; de forte qu’il eft néceffaire de leur en compofer un convenable, comme je le dirai à l’article de chacune. Les terres doivent être compofées, s’il fe peut, plufieurs années avant d’être employées , afin que toutes les diverfes matières foient bien mêlées & fondues enfem-ble. Jamais il ne faut les employer étant mouillées ; elles feroient trop humides pour quelques plantes ; & li pour les faire approcher des racines , on les plomboit avec la main, elles fe pétriroient & enfuite fe durciroient.
- . Les plantes & les arbriffeaux d’Orangerie étant plantées dans des pots ou dans des cais-fes , elles veulent être tranfplantées dans de plus grands vafes une ou plufieurs fois chaque année, fuivant leur progrès. Les pots dans lefquels on les tranfplante doivent être peu plus grands ( un pouce ou un pouce & demi ) que ceux dont on les retire. Si elles ont effrité leur terre , & qu’il foit néceffaire de les transplanter à racines- nues, on choifit le tems de leur repos & de leur inaftion ; mais elles peuvent être tranfplantées en motte en toute fai-fon , la plupart avant de fortir de l’Orangerie. Lorfque la motte eft tirée du pot, fi l’on n’apperçoit que très-peu de racines, on
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- 14 De l' O R A N G E R I e; place la motte entière dans le nouveau pot qu’on garnit de terre dans le fond & au pourtour. Mais li les racines ont formé un filigram-me âutour du pot, on taille la motte & on retranche toute cette chevelure ; pourvû cependant que ce ne foit pas une plante grade, car il ne faudroit couper ni endommager aucune de fes racines.
- Environ un mois avant d’expofer les plantes en plein air, il faut les y accoutumer, en ouvrant les portes & les croifées pendant tout le jour ; & pendant la nuit, lorfque le thermomètre monte à o ou au deffus.
- Lorfqu’elles font forties, on les arrange en un lieu défendu des grands vents, & bien ex-pofé. Quelques-unes aiment mieux la mi-pm-bre que d’être frappées du foleil tout le jour.
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- ARBRES, ARBRISSEAUX,
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- PLANTES D’ORANGERIE,
- A D A T H O D A.
- Xj’Adathoda , ou Noyer des Indes, Juflicia Adathoda , Lin. eft dans notre climat un grand arbrifleau médiocrement rameux, dont les feuilles font oppofées , entières , grandes & belles , ovales alongées , terminées par une pointe. Ses fleurs belles & bien apparentes font blanches , difpofées en épis verticillés , compofées d’un calice à 5 feuilles ou découpures très-profondes ; d’un feul pétale tubulé en gueule à deux lèvres quelquefois entières, quelquefois à cinq diviflons ; de 2 étamines, & d’un piftil dont l’embryon dévient une capfule à deux valves qui s’ouvrent avec élafticité, contenant des femences plates, arrondies.
- Il fe multiplie par les marcottes & les boutures ; quelquefois par les drageons ; & veut être fouvent arrofé. Il a une variété à feuilles étroites.
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- Orangêrië,
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- A L B U Q U £.
- L’Albuque , ou Étoile de Bethléem bâtarde, Albuca major, Lin. efl une plante du Canada, dont la racine bulbeufe produit 9 ou 10 feuilles longues, étroites, lancéolées, & de leur centre une tige nue, haute de 12 à 15 pouces terminée par un épi clair de fleurs portées chacune par un pédicule long, réfléchi en bas, compofées de 6 pétales d’un jaune tirant fur le vert, perfiflants, ovales, dont les trois extérieurs. font épanouis & étendus, & les autres font ferçiés; de 6 étamines, dont trois font flériles & fans fommets ; & d’un piftil, dont l’embryon devient une capfule triangulaire & triloculaire, contenant de petites femences.
- L’ALBUQUE du Cap, Albuca minor, Lin. ne pouffe que 4 ou 5 feuilles fubulées, & une tige haute de 8 à 10 pouces terminée par une ombelle de Ç ou 6 fleurs, qui paroiffent en mars ou avril ; elle refleurit en août & fep-tembre.
- Ces plantes, médiocrement intéreffantes, fe plantènt au pied d’un mur au midi à 4 pou-
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- À L B U Q u e; 17
- ces de profondeur : celle du Cap a befoin d être abritée pendant les gelées. Quelques-uns les cultivent en pots remplis de bonne terre légère , & les placent pendant l’hyver dans l’Orangerie , ou fous des Chaflis, ou même dans la Serre-chaude. Elles fe multiplient par leurs femences, & peu par leurs bulbes.
- A L C É E DU CAP.
- Quelques amateurs trouvent digne d’occuper une place dans l’Orangerie FAlcée du Cap, Malva Capenjïs , grande plante vivace, dont la tige ligneufe & très-rameufe s’élève à 9 ou 10 pieds. Ses feuilles dentelées & comme trilobées font comparées à celle du Grofeil-ler. Elles font très-velues, ainfi que les tiges & les rameaux. Ses fleurs font latérales ; com-pofées comme celles de la Mauve commune, moins grandes, d’un rouge-foncé à l’onglet des pétales. Elle a une variété dont les fleurs font entièrement rouges , les feuilles profondément dentelées & divifées en trois lobes.
- Cette plante, qui ale mérite de fleurir pendant la plus grande partie de l’année, fe mul-
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- i8 Orangerie, tiplie par fes graines feraées en pleine terre au printems. On met le jeune plant en pots, lorsqu’il a acquis affez de force.
- A L £ TR I S.
- Cette plante, Aletris Capenfis , Lin. originaire du Cap de Bonne - Efpérance , eff bul-beufe. Son gros oignon, planté dans un pot rempli de bonne terre commune, légère, fans engrais, pouffe de grandes feuilles radicales, larges , lancéolées, ondulées , d’un beau vert. D’entre ces feuilles, une tige nue, radicale , de 5 ou 6 lignes de diamèttre, s’élève de 12 à 18 pouces, & fe termine par un épi de fleurs lavées de couleur de rofe, aflimilées par les uns à de petites fleurs de Digitale, & par d’autres à des fleurs de Jacinthe, dont elles ont en effet prefque tous les cara&ères.
- Elle fe multiplie par femence & par caïeux qu’on fépare pendant fon repos ; fes fleurs pa-roiffent à la fin de Mars, & fubfiffent longtemps. Il faut la mouiller fréquemment pendant l’été.
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- A L O È S.
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- A L O £ S.
- Cette plante grade, plus fingulière que belle, a un grand nombre de variétés diftin-guées par la grandeur & la forme des feuilles, la couleur & la faifon des fleurs. Toutes ont les feuilles charnues, épaifles, pleines de fuc, garnies d’épines plus ou moins dures. Toutes pouffent d’entre les feuilles latérales, & non du centre, une tige terminée par des fleurs ( dans la plûpart dispofées en épi ) com-pofées d’un pétale en long tube découpé à fon extrémité en 6 échancrures ouvertes & épanouies; de 6 étamines fubulées, de la longueur du tube, ou l’excédant peu ; & d’un piflil dont l’ovaire devient une capfule ovale, triloculaire, contenant des femences anguleufes. Je ne ferai mention que de quelques-unes des variétés qui peuvent paffer l’hyver dans l’Orangerie.
- I. AloÈS Perroquet, Alo'è variegata. Ses feuilles font triangulaires, réfléchies ou courbées en dehors par leur extrémité, dentelées très-finement, agréablement panachées ou tachetées de blanc & de vvert. Sa tige, haute de
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- 20 Orangerie,
- 7 à io pouces, fe termine par un épi lâche de fleurs d’un beau rouge maculé de vert.
- 2. Aloès Pitt, Aloè difiicha. Ses feuilles, longues de 5 à 6 pouces, linguiformes, font des deux côtés maculées de blanc. Ses fleurs en petits épis clairs font pendantes, rouges bordées de vert.
- 3. ALOES Perlé, ou à vérues, Alo'è venu-cofa. Ses feuilles longues , étroites, linguiformes, oppofées, fefliles, carénées, font garnies fur lés bords de petites vérues ou globules blancs. Ses fleurs, d’un beau rouge maculé de vert, font dispofées en épi lâche, & réfléchies en bas.
- 4. Petit AloÈS Perlé, Aloè margaritifera. Ses feuilles presque radicales, triangulaires à leur extrémité, toute parfémées de petites protubérances , naiflent fans ordre. Ses fleurs font fes-files, verdâtres , à deux lèvres.
- 5. Aloès Pouce -écrafé, Aloè mu fa. Ses feuilles fonttrès-courtes,comprimées& comme écrafées. Ses fleurs, portées fur une tige grêle, font de couleur herbacée, fefliles, à deux lèvres dont l’inférieure eft réfléchie en arrière.
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- A L O È S. Il
- 6. AloIs Uvaria, ou Iris Uvaria, Alols Uvaria. Des racines traçantes & tubéreufes de cet Aloës plus intéreffant que les précédents, il fort de fort longues feuilles fefliles, étroites, triangulaires, réfléchies, de la forme de celles du Jonc-fleuri, Butomus. Vers la fin âe l’été, il s’élève à 2 ou 3 pieds une tige terminée par un épi denfe de fleurs d’un jaune-orangé très-vif, dont les étamines font plus longues que le pétale.
- Ces plantes fe multiplient par femences,& plus promptement par leurs œilletons pendant l’été. On les détache avec ou fans racines ; on les expofe en lieu fec pendant quelques jours, pour que leurs plaies fe cicatrifent ; enfuite on les plante dans des pots remplis de terre légère mêlée de décombres pulvérifés; on les place à l’ombre fous chaflis ou en plein air, pendant environ trois femaines, les arrofant légèrement dans les tems fecs. L’Aloës craignant beaucoup l’humidité, il doit être peu mouillé pendant l’été, mis à couvert des grandes pluies, placé dans l’Orangerie quinze jours ou trois femaines plus tôt que les autres plantes , tenu dans l’endroit le plus fec, & n’être mouillé que dans la néceffité.
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- 7. Grand AloÈS , Agave Americana. Je place cette plante avec les Aloës à caufe de l’identité de nom. Les Botanistes l’en diftinguent, parce qu’elle a quelques caraâères différents. Elle eft beaucoup plus grande que les précédentes. Ses feuilles, longues de 2 à 3 pieds, font très-fortes & très-épaiffes, terminées en pointe par une forte épine, garnies par les bords de dents armées d’épines. Celles du centre fe ferrent & s’embraffent étroitement, & les autres font peu divergentes. Son accroiffe-ment & le développement de fes feuilles font ii lents dans notre climat, qu elle ne peut qu’en un grand nombre d’années acquérir la force néceffaire pour produire des fleurs. Lorsqu’en-fin elle l’a acquife, fa hampe ou tige nue fort du centre des feuilles, s’élève en peu de tems à la hauteur de 12 à 20 pieds, pouffe des branches qui fe ramifient & fe garniffent d’un grand nombre de fleurs fucceflives, d’un jaune presque vert, qui ne diffèrent de celles de l’Aloës que parce que leur pétale efl: placé fur l’ovaire, & que leurs étamines & leur ftyle excèdent beaucoup la longueur du tube. Les autres Aloës fleurifîent plufieurs fois ; celui - ci ne fleurit qu’une fois, & périt enfuite, comme l’Ananas & la plupart des plantes qui pouffent leur tige
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- du cœur ou centre des feuilles. Sa fous-variété à feuilles rayées de jaune étant plus agréable , elle eft plus commune dans les Orangeries. L’une & l’autre fe multiplie par les drageons ou œilletons quelles produifent en grand nombre. On les plante dans des pots remplis de terre fablonneufe & légère. Quoiqu’il fuffife de les mettre à couvert des gelées, fi pendant l’hy-ver on leur procuroit un peu de chaleur, leur végétation & leurs progrès feroient moins lents.
- A N A G Y R I S.
- L’ANAGYRIS, ou Bois-puant, Anagyris fœtida , C. B. P. eft un arbriffeau, dont la tige, haute de 5 à 10 pieds, eft droite, garnie de feuilles alternes, blanchâtres & un peu cotonneuses en dehors, compofées de 3 folioles ovales très-alongées & peu pointues qui terminent une affez longue queue garnie à fa bafe de 2 fti-pules bifides & perfiftantes. De l’aiffelle des feuilles, il fort des rameaux qui portent la plupart un épi terminal de fleurs jaunes papil-lonnacées en mai ou juin, dont le calice eft un tube à 5 échancrures pointues; & par une fingularité propre à cet arbriffeau, la carène
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- M Orangerie, eft beaucoup plus longue que les ailes, & le pavillon plus court -que celles-ci. Chaque fleur a 10 étamines, & un long piflil, qui devient une grande filique prefque cylindrique contenant des femences réniformes.
- Cet arbriffeau, dont les feuilles écrafées, ou même touchées fortement, répandent une odeur fétide, fe multiplie par les marcottes, & mieux par les graines envoyées du Languedoc & femées fur couche.
- ANTHERICUM.
- Anthericvm , ou Herbe à l’Araignée. Plu-fieurs variétés diftinguées par les feuilles, & par leur épi de fleurs blanches ou jaunes. Les unes ont beaucoup d’affinité avec l’Aloës, les autres avec l’Asphodèle. Toutes ont des feuilles charnues, enfiformes, ou arrondies. Toutes font vivaces, quelques-unes feulement par leurs racines. Elles fe multiplient par les femences & par les drageons.
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- À N T H O L Y S A;
- M
- A N T H O L Y S A,
- JjAntholysa Merianella , Lin. eft une plante du Cap. De fa radne bulbeufe, ou à tubercule charnu, plat, & affez gros, naît une tige haute d’environ un pied, embraffée par les gaines de 3 ou 4 feuilles velues, cannelées , plates, enliformes ou en glaive, peu alon-gées ( environ 6 pouces ) au-delà de leurs gaines , dispofées dans un ordre alterne ; & terminée par un petit nombre de fleurs feffiles fur un feul côté de la tige, entre deux écailles, compofées d’un pétale purpurin, en long tube recourbé, évafé en fous-coupe d’un diamètre moindre que la longueur du tube, & divifé par fon limbe en 6 découpures presque égales, ovales-aiguës, & très-rougës; de 3 étamines diftindes ; & d’un piftil à 6 ftigmates. Ces fleurs paroiffent à la fin du printems.
- Cette plante fe multiplie par fes caïeux féparés pendant fon repos, & pourroit paffer l’hyver en pleine terre, à une bonne expofi-tion, & bien couverte dans les grands froids. Le traitement qui lui conviendroit le mieux,
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- 26 O R À N G E R I E,
- feroit d’être mife au commencement d’oftobre fous un chaflïs où on lui donneroit fouvent de l’air, & où elle feroit plutôt préfervée du froid que tenue chaudement. Après fa florai-fon, on la met en plein air.
- Elle a une variété, Antholyfa Meriana, Lin, dont les feuilles font beaucoup plus longues ( environ un pied ), & dont la tige haute de J 8 pouces porte des fleurs dans la même dis-pofition, de la même forme & de la même couleur , mais moins grandes & plus hâtives ( vers le milieu du printems ).
- A P O C Y N.
- i. L’Apocyn à feuille d'Androfemum , eft une plante du Canada, vivace par fes racines. Ses tiges s’élèvent à 3 pieds, droites, garnies de feuilles oppofées 9 lifles , ovales, remplies ainfl que les feuilles d’un fuc laiteux. Les fleurs, dispofées en ombelle à côté de l’aiflelle des feuilles, font blanches, compofées d’un pétale en tube court à 5 divifions ; de 5 étamines ; & de 2 piftils, auxquels fuccédent 2 capfules ou gouffes ovoïdes, contenant des graines à aigrettes qui mûriflent rarement dans notre
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- A P O C Y N. ' 27
- climat. Mais elle fe propage par les rejets des racines.
- Cet Apocyn fleurit dans l’été ; aime une terre légère & féche ; peu d’arrofemens pendant l’été, point-du-tout pendant l’hyver.
- 2. L’Apocyn à fleur blanche en dedans,' d’un rouge clair ou rofe en dehors, que les Jardiniers nomment Apocyn de Canada ( presque tous les Apocyns font de Canada ), donne des fleurs pendant deux mois de l’été, qui font aflez d’effet. Il fubfifle fort bien en pleine terre, à des expofitions même tm peu ombragées; & fe multiplie par les femences & par les pieds éclatés.
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- 3. L’APOCYN à larges feuilles, qui produit une espèce de ouatte, doit être exclus des Jardins , parce qu’il y trace tellement qu’il efl: fort difficile à détruire.
- Je pourrai parler ailleurs de plufieurs autres Apocyns trop délicats pour l’Orangerie.
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- Orangerie
- ARBOUSIER.
- X/ARBOUSIER, Arbutus unedo, LlN. eft un arbrifleau dont la tige s’élève jufqu’à 5 pieds , couverte d’une écorce rude & gercée. Ses rameaux nombreux, rougeâtres dans leur jeu-nefle, font garnis de feuilles perfiftantes , alternes , ovales alongées & pointues, dentelées, d’une étoffe forte comme celles du Laurier, portées par des queues fort courtes. Ses fleurs lin peu odorantes, difpofées en grappes lâches , attachées au nombre de 6 ou 7 par des pédicules propres affez longs fur un long pédicule commun, font petites , blanchâtres, compo-fées d’un petit calice en tube fort court à 5 échancrures ; d’un pétale en grelot étroit par le bord , qui eft découpé en cinq ; de 10 étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon furmonté d’un ftyle, devient une baie pendante, ronde, fucculente, d’un beau rouge dans fa maturité, jaune auparavant, un peu hériffée à fa fur-face , imitant une groffe Fraife ( pourquoi cet arbrifleau fe nomme quelquefois Fraijier en arbre ), divifée intérieurement en 5 loges qui contiennent un grand nombre de petites fe-mences.
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- Arbousier* 29
- Les fleurs paroiffent en automne, & les fruits ne mûriffent quen un an.
- Il y a plufieurs variétés d’Arboufier, diftin-guées par le fruit, turbiné dans l’une ; par les fleurs & le fruit, alongés dans une autre ; par les fleurs doubles, &c.
- L’Arboufier fe multiplie par les marcottes, & par les femences peu enterrées ; il ne veut ni le grand foleil, ni de fréquents arrofements.
- ARBRE D'A M B R E.
- Ce fous-arbriffeau trifannùel ou quadrifan-nuel, AnthofpermumÆthiopicum, Lin. originaire du Cap, n’a d’agréable que fes petites feuilles perfiftantes, très - nombreufes & très-rapprochées, qui, étant froiffées, répandent une odeur d’Ambre. Ses petites fleurs, fans pétales, mâles fur un individu, fémelles fur un autre, font quelquefois fuivies de femences.
- Il fe multiplie facilement par boutures, en toutes faifons ; veut beaucoup d’eau pendant l’été, peu pendant l’hy ver, & beaucoup d’air ; craint l’humidité. Si l’Orangerie nef! pas féche, il fera mieux placé fous un Chaffis, ou fur le devant d’un Serre-chaude, où un peu .de chaleur le fera mieux végéter.
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- Orangerie,
- ARBRE DE CIRE.
- I. Ce grand arbrifleau , Myrica cerifera, Lin'. eft garni de feuilles longues lancéolées, odorantes , prefque fefliles, dentelées, alternes, fous l’aiflelle defquelles il naît au printems de petites fleurs vertes, mâles fur un individu & fémelles fur un autre , peu apparentes, auxquelles il fuccède de petites baies d’un gris cendré, dont le noyau eli couvert d’une ef-pèce de réfine.
- Il aime l’eau ; fe multiplie par les marcottes, ou par les graines qu’on nous apporte d’Amérique.
- ,2. L’Arbre de Cire de Caroline, Myrtus Carolinienjîs , élève autant que le précédent ( 7 ou 8 pieds ) fes tiges rameufes , moins fortes, garnies de feuilles moins longues & plus larges. ^
- 3. CELUI du Maryland, Myrtus Afpleni-folia,, efl: fort différent. Il n’élève qu’à environ 3 pieds fes tiges grêles & rameufes, garnies de feuilles fefliles, prefque une fois plus longues ! 4 pouces fur 6 lignes ) , dentelées ou découpées
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- Arbre de Cire. 31
- très-profondément, comparées aux feuilles de Scolopendre, velues en deflous.
- Ces arbrifleaux médiocrement intérefîants, étant plantés dans un terrein léger & humide, pourroient paffer en pleine terre avec quelques abris.
- A R C T O T I S.
- ÏJArctotis , ou Anemofperme, eft une plante qui a plufieurs variétés diftinguées par leur grandeur, leur durée, leur feuillage, & la couleur de leurs fleurs, qui dans toutes font radiées, compofées d’un calice commun arrondi , formé par des écailles de diverfes formes ; de demi-fleurons fémelles qui garniffent la circonférence , ligulés, & contenant un piflil ; & de fleurons hermaphrodites occupant le disque , découpés en 5 fegments réfléchis, & renfermant 5 étamines.
- 1. VArctotis afpera élève à 4 ou fopieds une tige rameufe. Ses feuilles font cotonneufes , laciniées en découpures oblongues & dentelées. Les rayons de fes fleurs font jaunes en dedans, presque pourpre en dehors, * 1
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- 31 Orangerie,
- » 2. VArctotis angujlifolia, de même grandeur que la précédente, eft garnie de feuilles dentelées, entières , lancéolées, d’une étoffe ferme. Ses fleurs font d’un jaune-pâle en dedans , & presque écarlate en dehors.
- 3. VArctotis caUndula, égale en grandeur aux précédentes, a des feuilles lyrées ou découpées par les côtés en lobes profonds, aigus à leur extrémité &. dentelés. Ses fleurs font d’un jaune foufre, ou fouci pâle.
- 4. VArctotis plantaginea a les feuilles ovales lancéolées, amplexicaules-, courantes ou prolongées par leur bafe fur la branche. Ses fleurs font d’un jaune doré en dedans, & écarlate en dehors. J’omets plufieurs autres variétés tant annuelles que vivaces.
- Cette Plante fe multiplie facilement de boutures pendant tout l’été. Il-fufHt de les placer à l’ombre, en pot, ou en pleine terre. Lorfqu’elles font enracinées, on les plante en pot rempli de bonne terre de potager. Elles peuvent demeurer en plein air jufqu’en oâo-bre. Alors on les portera dans une bonne Orangerie très-féche ; on les placera près les fenêtres,
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- A R C T O T I S, 33
- très, afin qu’elles aient le plus d’air & de foleil qu’il fe pourra, & on ne les mouillera qu’au befoin. Mais "pendant l’été ces plantes veulent des arrofements fréquents & abondants, & être changées de pot plufieurs fois ; car elles pouffent & profitent beaucoup, & donnent des fleurs prefque toute l’année. Il efl bon de les renouveller fouvent par les boutures. Les jeu* nés pieds auront plus de vigueur que les vieux, & leurs racines feront plus faciles à contenir dans les pots. Au mois de mai, on peut planter les vieux pieds en pleine terre.
- ARISTOLOCHE.
- D ’un grand nombre d’efpèces $ Aristoloches , dont les unes font indigènes, les autres exotiques, je ne ferai mention dans cet ouvrage que de celle de Crète , Arijlolochia. fernper vir&ns, dont les fleurs font axillaires, folitaires, de couleur pourpre foncé ; & dont les tiges rampantes, longues de 15 à 18 pouces, font garnies de feuilles ovales, cordiformes, perfiftantes.
- Elle fe perpétue par fes racines éclatées; paffe mieux l’hyver fous un Chafîis, que dans
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- 34 Orangerie, l'Orangerie, parce quelle craint l’humidité; Elle pourroit le fupporter au pied d’un mur au midi, en couvrant la terre de tan ou de terreau, & les tiges de paillaffons dans les tems rudes.
- ARUM D'ÉTHIOPIE.
- C E T T E belle plante , Calla Æthiopica , LlN. pouffe de fa racine tubéreufe quelques grandes feuilles longues de 6 à io pouces, larges de 3 à 4 pouces, fagittées ou de la forme d’un fer de flèche, étoffées, très-liffes & luifantes, unies par les bords, portées par de groffes & fort longues queues cylindriques , largement & profondément canaliculées. Une groffe hampe ( ou pédicule ) radicale s’élève d’entre les feuilles de 12 à 18 pouces , & fe termine par un grand 8c beau fpathe, de près de trois pouces de diamètre , de la forme d’un cornet très-ouvert dans fa partie fupérieure, d’un blanc pur, fubliffant long-tems ( au printems ), qui renferme un chaton de petites fleurs mâles & de fleurs fémelles, qui ne font compofées que d’étamines & de piftils.
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- ÀRÜM D4ÈTHIO£Ü. 35
- ÎL faut une bonne Orangerie pour confervef èette plante * * qui fe multiplie pat les œilletons que produifent les tubercules de fa racine. Elle craint l’humidité ; veut être plantée dans une groffe maffe de bonne terre , & par conféquent dans un grand pot; être expofée au plus grand foleil & arrofée légèrement pendant l’été J très-peu mouillée pendant l’hyver*
- Sbt.ï. iVVim. ! 1 '.'i* -n VT..
- ASCLEPIAS.
- *A scle P ïas , ou Àpocyn. Trois variétés cri* ginaires du Cap, dont les tiges font fous-li* gneufes, droites , hautes de 4 à 6 pieds. Elles font distinguées par la longueur & la largeur de leurs feuilles, & par la grandeur de leurs ombelles latérales de fleurs blanches.
- AZEDARA Ci
- 1. L’AzEpARAC, oü Lilas des Indes , Metid Aqedàrac y Lin. efl un arbriffeau, originaire de Syrie j dont la vie efl de quatre ou cinq
- • ans dans notre climat. Ses feuilles font difpo-fées dans un ordre alterne ou un peu circu-
- Ci
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- laire, & très-compofées. Une longue queue J comme ramifiée en plufieurs moindres oppo-fées , fe termine par 3 ou 5 folioles, & fes ramifications en contiennent autant : de forte que les feuilles font eompofées & recompo-fées de plufieurs folioles ( le nombre varie) ovales pointues par les deux extrémités, dentelées , d’un beau vert, beaucoup moindres que celles du Frêne. De l’aiffelle des feuilles, il fort de longs pédicules qui vers leur extrémité fe ramifient en plufieurs moindres qui la plupart fe fous-divifent en 2 ou 3 plus courts, dont chacun porte une fleur odorante , d’un .violet tendre, compofée d’un fort petit calice d’une feule pièce à 5 échancrures ; de 5 pétales oblongs, pointus par les deux extrémités; d’un cornet à 10 dents par le bord ; & renfermant 10 petites étamines, & un piftil dont l’embryon devient une baie charnue qui contient un noyau offeux marqué de 5 cannelures & divifé intérieurement en 5 loges qui renferment chacune une femence obîongue. Les fleurs font difpofées en panicule lâche, & pa-roiflent en juin & juillet.
- L’Azedarac aime l’eau & le grand foleil ; il fe propage par fes drageons ; & mieux par fes femences, envoyées d’Efpagne ou d’Italie.
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- À Z E D A R A C. 37
- 2. Le grand AzedaraC , Melia Ayadirachta., Lin, efl: un arbre d’Amérique, dont les feuilles , les unes alternes, les autres oppofées , font compofées de 9 à 13 folioles ovales terminées en pointe aiguë, dentelées, d’un vert clair. A fes fleurs, qui font blanches , fuccè-dent des baies ovales qui dans leur maturité font d’un rouge - pourpre. Il fe multiplie par les femences envoyées d’Amérique, & par fes drageons. Il efl: plus délicat que le précédent.
- BACCHARIS.
- BaccHu4ris, efpèce de Séneçon en arbriffeau. Deux variétés originaires du Cap ; Tune haute de 4 à 5 pieds , à feuilles ovales lancéolées, & à fleurs blanches radiées ; l’autre, plus haute, à feuilles de Laurier-rofe, & à fleurs de couleur herbacée.
- BAGUENAUD 1ER,
- Le BAGUENAUDIER d’Ethiopie , Colutea fru-tefcens , Lin, efl: un fous-arbriffeau qui ne vit que trois ans. Il ne diffère du Baguenaudier
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- 38 Orangerie,
- commun, que par la couleur de fes fleuri qui font rougeâtres avec une tache jaune ; ou rouge - ponceau mêlé de jaune, & rouge de vermillon à l’extrémité ; le vert de fes feuilles, qui eft un peu argenté; fes velîies, qui s’ouvrent par l’extrémité ; & par moins de grandeur dans toutes fes parties.
- 11 fë multiplie par fes graines femées fur couches , ou en pleine terre ; veut être placé près les fenêtres de l’Orangerie,
- s
- BALISIER.
- J. Le BàUSIER, ou Canne d’Inde, Cannacorus, Tourn. Canna Indica, efl: une plante vivace des Indes, dont les racines tubéreufes s’éten-dent fans ordre à la furfaçe de la terre, & pouffent des feuilles fort grandes, qui font presque tout le mérite de cette plante, longues de 12 à 18 pouces, larges de 5 à 6 pouces, terminées en pointe, & légèrement bordées de blanc ; & des tiges herbacées hautes de 3 à 6 pieds, garnies de pareilles feuilles alternes quoique rangées fur deux côtés pppofés, & embraf-fant la tige par une gaine fendue. Les fleurs en épi terminal, d’un rouge orangé, très-peu pa~
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- Balisier. 39
- rentes , fe montrent vers la fin d’août. Elles font compofées d’un calice perfiftant formé de trois petites feuilles colorées; d’un pétale en tube court à 6 échancrures profondes & lancéolées , de grandeurs inégales, dont trois font élevées, & des trois autres plus longues une eft réfléchie en deflous ; d’une feule étamine, dont le filet eft plat, reflemblant à une des divifions du pétale ; d’un piftil, dont l’embryon arrondi devient une capfule triloculaire, & trivalve , contenant des femences ofleufes , ovoïdes.
- Cette plante fe propage par les tubercules de fa racine, qu’on fépare en avril, & dont on plante une ou deux dans des pots à Giroflée, ou même plus grands, remplis de bonne terre naturelle fans aucun engrais ; on les place eh bonne expofition bien abritée ; on les mouille peu & rarement, jufqu à ce que la faifon foit échauffée ; pendant l’été, on mouille abondamment ; en feptembre on cefle d’arrofer, & on met les pots à couvert des pluies, afin que la terre foit bien féche lorfqu on les renfermera. Il faut les placer dans l’endroit le plus fec de l’Orangerie, & ne les point du tout mouiller ; car cette plante^ craint encore plus l’humidité que le froid.
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- 4© Orangerie;
- 2. Le Balisier du Bréfil, Canna, côcclma ; a les feuilles plus grandes, ovales, obtufes, les tiges plus hautes, & un plus gros épi de fleurs d’un rouge écarlate.
- BARBE-DE-JUPIT ER.
- Ce petit arbriffeau, Anihyllis Barba Jovis ; Lin. efl brillant par fes petites feuilles difpo-fées alternativement fur les branches 3 compo-fées de 7 à 13 folioles ovales aiguës par les deux extrémités , d’un blanc très-argenté. Ses fleurs en épi terminal font petites, violettes tiquetées de points jaunes, légumineufes ; leur calice efl: un long tube cylindrique à 5 dents ; leur pavillon efl grand & relevé ; elles ont 10 étamines en deux faifceaux, & un piftil dont l’embryon devient une petite filique ovoïde enveloppée du calice perfiftant, & contenant ime ou deux femences.
- Il fe multiplie par les femences , les marcottes , les boutures, & les drageons.
- On pourroit lui aflocier VAnthyllis cytl-foidzs, qui ne s’élève qu’à 15 ou 20 pouces, dont les rameaux grêles font 'garnis de petites
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- B O $ £ A. 41
- feuilles argentées, les unes limples, les autres à trois lobes inégaux ; & dont les fleurs jaunes, par petits bouquets axillaires de 3 ou 4, ont un calice cotonneux. Il le multiplie comme le précèdent. 1
- B O S E A.
- S ose J. Grand arbrifleau très-rameux , fans régularité, prefque toujours vert. On peut le tailler en mai, pour lui donner quelque forme. Il fe multiplie par boutures.
- B R A B E ï U M.
- J&RABEiuM) ou Amandier d’Afrique. Arbrif-feau originaire du Cap , qui par la difpolition de fes branches forme une pyramide. Ses feuilles fort alongées font difpofées en étoile à 6 rayons. Ses fleurs axillaires, & terminales, ont 4 pétales érigés, tellement rapprochés qu’ils femblent être un tube réfléchi ; 4 étamines, & un piftil. Il fe multiplie ( difficilement ) par marcottes à languette, en avril ou mai ; veut très-peu d’eau pendant l’hyver.
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- Orangerie,
- BRUYÈRE D U CAP.
- La Bruyère du Cap de Bonne-Efpérance, Phylica Erico'ides, Lin. eft un fous-arbriffeau très-rameux , dont les brandies grêles & fou-pies pouffent dans leur partie fupérieure un grand nombre de fous-rameaux, qui vers la fin de l’automne, quelquefois plus tôt, fe terminent par de fort petites fleurs blanches , attachées fur un réceptacle de la forme d’un petit bouton, qui fubfiftent pendant l’hyver, & rendent dans cette faifon cet arbufte fort agréable. Ses feuilles difpofées autour des branches & des rameaux , prefque feffiles, vertes en dedans, blanches & rebordées en dehors, fortes, très-pointues & étroites, font fort nom-breufes & fort petites : quelques-unes perfiffent au-delà d’une année.
- Il demande une bonne Orangerie; fe multiplie par les marcottes ; & ( moins facilement par les boutures , à moins qu’elles ne foient faites vers la fin de feptembre ) ; & par les femences, qui mûriffent quelquefois dans notre climat. Il s’élève jufqu’à 4 ou 5 pieds, & eft fufceptible d’une forme agréable, étant paliffé en éventail, ou taillé en boule au cifeau ; il préfère la Serre-chaude à l’Orangerie.
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- Bubon*-
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- maBsassssasssssssssfz-1 -sasgass^sai
- BUBON\
- Bubon, Deux variétés originaires du Cap; lune élevant une tige d’arbriffeau, rameufe, garnie de feuilles femblables à celle de l’Anis, & produifant quelques ombelles de petites fleurs jaunes. Si l’on rompt quelques unes de fes parties , elles rendent un fuc laiteux qui a une forte odeur de galbanum. L’autre, beaucoup moins haute, a les lobes des feuilles plus étroits, & fe termine par une groffe ombelle de petites fleurs blanches. Elles fe multiplient par leurs feinences ; craignent l’humidité en hyver.
- B U P HT H A L MUM,
- Buphthalmum , CEil-de-Bœuf. Deux variétés , qui pouffent plufieurs tiges ligneufes 9 hautes d’environ 3 pieds ; l’une & l’autre a les feuilles oppofées & épaiffes, & des fleurs terminales, jaunes, radiées. Dans l’une les feuilles font très-étroites, cotonneufes, amplexicaules , & les fleurs font fefliles. Elles fe multiplient par boutures , en été ; veulent très-peu d’eau çji hyver, & beaucoup d’air.
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- Orangerie;
- C A C A L I A.
- Cacalia 9 Pas-d’Ane. Plufieurs variétés. Ces plantes ont des tiges ligneufes , tiennent beaucoup des Ficoïdes, fe multiplient, & fe cultivent de même.
- Le Cacali a Ficoïdes s’élève à 6 ou 7 pieds; fes feuilles fucculentes font prefque cylindriques; fes fleurs en ombelles tetminales font blanches.
- Le Cacalia Kleinia, ou l’Arbre à Chou, a une grofle tige noueufe & rameufe, de longues feuilles lancéolées, & des fleurs lavées de rouge en gros bouquet terminal.
- Le Cacalia Antï-Euphorbium poufle plu-lieurs tiges minces, rameufes, garnies de feuilles alternes, plates, oblongues. 11 veut une terre légère, maigre & féche. „
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- Campanule;
- CAMPANULE.
- Campanule des Canaries. De fa racine tu-béreufe il s’élève plufieurs tiges fort hautes, inégales, rameufes, avec des feuilles oppofées, lancéolées ; & des fleurs inclinées, couleur de feu, rayées de brun. Elle fe propage par fes racines féparées , & plantées après que les plaies font féchées.
- CAPRIER.
- Le Câprier épineux, Capparis fpinofa, Lin* efl un fous-arbriffeau, dont les tiges farmen-teufes , cylindriques, longues de 2 à 3 pieds, & nombreufes , font garnies de feuilles alternes , ovales très - raccourcies , entières, unies par les bords , aflez grandes , liffes, portées par des queues courtes accompagnées de petites ftipules en épines. Ses fleurs nombreufes font fort grandes & belles, d’un blanc un peu rouflatre, compofées d’un calice de quatre feuilles inégales & concaves ; de quatre grands pétales feffiles larges & prefque arrondis par leur'extrémité ; dé ço à 100 étamines fort
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- 46 Or angèhîê;
- longues ; & d’un piflil dont l’embryon ternir* nant un long flyle ou pédicule , devient urte groffe & longue baie ou capfule charnue rem** plie de femences réniformes*
- Il fe multiplie par les marcottes & les fe-tiiences * fe plante dans des caiffes ou de grands pots remplis de terre mêlée de plâtras ou de vieux mortiers de bâtiments ; & fleurit vers le mois de Juillet*
- FA U X“ C A PRIER,
- Le FAUX-CAPRIER du Cap , Zygophylle , ôtt Fabago, Zygophyllum feJJUifolium * Lin. eft un arbufle dont la tige rameufe * & ligneufe > quoi* que épaiffe & grade* s’élève à 3 ou 4 pieds* Ses feuilles ovales-lancéolées, font épaiffes , fe Ailes , difpofées en verticilles de quatre. Ses fleurs compofées comme celles du Fabago f ont 5 pétales d’un jaune pâle, tachés de brun à leur onglet ,. fe fuccèdent pendant l’été & l’automne, & font fui vies de fruits ou capfules rondes , à 5 cellules contenant chacune deux femences.
- Une autre efpèce * Zygophyllum fulvutn. Lin*
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- Faux-Caprièh; 47 fondent mal fes branches garnies de feuilles fucculentes, étroites à leur bafe, ovales à leur extrémité ; difpofées par 4 en verticille* Les pétales des fleurs, qui fe fuccèdent pendant huit ou neuf mois , font tachés de rouge. Ses fruits font ovales.
- Ils fe propagent par leurs graines femées fur couche au printems ; & par boutures pendant tout l’été fous cloches & défendues du foleil ; veulent la même terre que le Câprier , & être dépotés en motte entière, parce que leurs racines & toutes leurs parties tiennent beaucoup de celles des plantes gradés.
- CARACOLLE,
- La CARACOLLE, Phafeolus Carac alla , Lin, eft une plante du Bréfil, vivace, farmenteufe, dont les tiges longues de 12 à 14 pieds fe roulent autour des tuteurs ou corps voifins. Ses feuilles ne différent de celles du Haricot, que par leur moindre grandeur. Ses fleurs en petits épis font légumineufes, nombréufes, odorantes , pourpre, quelquefois lavées de rofe & prefque blanches : elles paroiffent en juin &
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- 48 Orangerie;
- juillet. Il leur fuccède des codes ou liliques applaties, qui renferment des femences ovales, comprimées, par lefquelles on peut multiplier la Caracolle ; mais elles ne mûriffent point dans notre climat.
- Cette plante, ou cet arbrifîeau , qui a fes amateurs, peut être cultivée en pleine terre, & en Orangerie. 1°. Il faut la planter à 7 ou 8 pouces d’un mur au midi fur un talus de bonne terre meuble ; la mouiller très-rarement pendant l’été , & toujours après le coucher du foleil. Lorfque les froids de l’automne commencent à fe faire fentir, on détache du treillage tous les farments, & fans en rien retrancher , on les roule & on les replie jufque fur le pied ; on fait entr’eux & la muraille un chevet de grande paille fur lequel on les applique ; on les couvre d’une épaiffeur de paille brifée capable de les préferver des gelées ; on ajoute par-deffus des paillaffons ou de la grande paille, & on couvre la terre autour du pied avec de la paille brifée , ou mieux des feuilles d’arbres fur lefquelles on jette de la grande paille , ou même des planches en recouvrement. Ces précautions font néceffaires, pour préferver des gelées la Caracolle, & plus
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- CARACOLLÏi 49
- encore fes racines graffes & tendres des pluies froides qui les feroient périr : & c’efl: pour les en éloigner, que je la plante fur une butte en glacis. 2°. Celle que l’on cultive en caiffe doit être mife dans la Serre en même tems que les Orangers ; on plie fes farments , on les attache à un échalas fiché dans la caiffe ; on la place dans l’endroit le plus fec de l’Orangerie ; on ne la mouille que dans l’extrême befoin.
- Au printems , on rabat à un œil ou deux tous les farments de la Caracolle ; ( on peut en conferver un , & le coucher en marcotte. ) Avec ces farments retranchés, on fait des boutures quon enterre s comme celles de la Vigne , à deux tiers de leur longueur dans une bonne terre meuble & même tamifée ; dans les chaleurs & les féchereffes, on les mouille de trois jours l’un. Elles donnent des fleurs la même année.
- On peut aufli la propager par femences, tirées du Bréfil ou de Portugal. On les feme au printems en pots fur couche de chaleur tempérée ; on laiffe le plant fous cloches ou chaflis jufque vers la fin de juin ; on transporte alors les pots au pied d’un mur au midi ; on mouille fouvent le jeune plant pendant l’été;
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- jo Orangerie, en o&obre on le porte dans l’Orangerie, ou dans une Serre-chaude, d’où on pourra le retirer au printems , pour le planter en pleine terre.
- a
- C A RO U B I £ R.
- Le Caroubier, Ceratonia Sitiqua, Lin, efl un arbre toujours vert très - rameux, dont les feuilles font alternes , compofées de folioles alfez grandes, prefque rondes, dures, féches, liffes, prefque fessiles fur une nervure commune , rarement terminée par une impaire. Ses fleurs font fort petites, fans pétales, en épis axillaires ; mâles fur un individu, compofées d’un calice à 5 échancrures pointues, & de 5 grandes étamines ; fémelles fur un autre individu , compofées de 5 tubercules & d’un pif-til ; hermaphrodites fur quelques individus. Ses fruits font de grandes siliques longues, plates, remplies d’une pulpe fucculente ; & contenant des femences applaties logées dans cette pulpe.
- Il fe multiplie par les femences, & les marcottes ; veut être arrofé.
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- C A S S I N E.
- C A S S 1 N E<
- La Cassine toujours verte, Apalachirie, Thé du Japon, CaJJîne prinos, LlN, Caffine Para-gua, Mill, eft un arbriffeau rameux depuis le pied jufqu’à l’extrémité de la tige, formant une pyramide. S,es feuilles alternes, dentelées, persiflantes, font comparées pour la forme à de petites feuilles d’Alaterne. Ses fleurs en petits bouquets ou petites grappes axillaires, font compofées d’un petit calice persiflant à y di-vifions ; d’un feul pétale divifé en fegments obtus, de couleur blanche ; de 5 étamines ; & d’un piftil, dont les trois fligmates réfléchis font fessiles à un embryon qui devient une baie rouge, à 3 loges renfermant chacune une femence.
- Cet arbriffeau fe multiplié par les feüiences envoyées de la Caroline. Il peut fubsifter en pleine terre avec des abris dans les grands froids. Il eft intéreffant par fes feuilles qu’il conferve pendant l’hyver, & dont on peut faire ufage comme de celles du Thé»
- .© \
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- Orangerie;
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- Um,,m ."WBSM.-,—— — , au. J/atrrrj-H'.*
- CHAMÆDRIS.
- Le Chamædris à odeur de Pomme de Reinette , ou la Germandrée odorante, Teucrium odoratum , Lin. eft une petite plante vivace dont les tiges s’élèvent au plus à 18 pouces ; elles font un peu ligneufes dans leur partie inférieure , grêles , foibles , un peu rameufes ; leurs feuilles font petites, oppofées , dentelées, ovales alongées , ridées, blanchâtres & cotonneufes. Ses fleurs font très-petites ; rougeâtres, en petite grappe terminale, formées en gueule fans lèvre fupérieure : elles ont 4 étamines, & un piftil dont l’embryon fe change en 4 femences renfermées dans le calice en tube persiflant.
- Cette plante eft d’une odeur agréable, & fe multiplie par les pieds éclatés.
- CHRYSO COME DU CAP.
- Cette plante , Chiyfocoma fruticofa , diffère du Chryfocome commun ou Flocon d’or, principalement par fa tige , qui eft ligneufe & moins haute ; & par fes fleurs, qui font
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- Chrysocome du Cap. 53 plus grandes, d’un jaune plus pâle, & portées par des pédicules grêles & nuds.
- Elle le multiplie par fes graines femées au printems fur couches, ou en pleine terre ; ou mieux par boutures fur couches, ou en pleine terre fous cloches couvertes & bornées, où elles s’enracinent facilement pendant le printems ou l’été.
- Elle fe plante en pot, & fleurit pendant la plus grande partie de l’été & de l’automne. On la met dans l’Orangerie pendant les gelées. Elle pourroit paffer l’hyver en pleine terre , fi l’on avoit l’attention de ne l’enfévelir fous des couvertures, & de ne la priver d’air que durant les gelées.
- CISTE.
- Cet Àrbufte a un fort grand nombre de variétés intéreffantes par leurs fleurs. Elles fe diftinguent par leur hauteur ; par la grandeur, la forme & la difpofition de leurs feuilles ; par la couleur & la grandeur de leurs fleurs, qui dans toutes font compofées d’un calice à y feuilles ovales , pointues , concaves , alternativement plus petites & plus grandes ; de $ pétales bien épanouis , fort élargis par leur
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- extrémité & arrondis ; d’une centaine d’étamines ; & d’un piftil dont l’embryon devient une affez groffe çapfule polyfperme. Je ne parlerai que de quelques-unes,
- 1, Ciste à feuilles de Sauge, Cijlus S al-vifolius, Lin. Il foutient ordinairement bien fa tige, dont les rameaux portent fur des queues fort courtes, des feuilles affez grandes, oppo-fées, ovales, un peu cotonneufes en dehors, ridées en dedans. Ses fleurs font d’un blanc un peu jaune, portées par un pédicule long d’un à 2 pouces.
- 2. Ciste crépu, Cijlus cr'ifpus, Lin. Celui-ci eft le plus fouvent tortu, & fes rameaux font garnis de petites feuilles lancéolées , larges de 3 lignes au plus , ondulées, frifées , co* tonneufes. Ses fleurs font d’un rouge-pourpre, & leurs pétales un peu cordiformes,
- 3s Ciste blanc, Cijlus incanus, Lin. Sa tige très-rameufe s’élève jufqu’a 2 pieds. Ses feuilles font ovales fort alongées, fpatulées , blanchâtres & un peu cotonneufes. Ses fleurs font terminales , purpurines ; & leurs pétales çordi-
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- Ciste. yy
- 4. Ciste à feuilles de Saule, Cljlus Salici« folius. Il s’élève jufqu’à y ou 6 pieds. Ses feuilles font lancéolées , d’un vert foncé , vifqueu-fes , cotonneufes en dehors. Ses fleurs, qui ont jufqu’à 2 pouces de diamètre, font terminales , blanches ; l’onglet de leurs pétales efl: jaune, ou, dans fa fous-variété, marqué d’une grande tache pourpre.
- y. Ciste de Montpellier, Cijlus Motifpdim-fîs , Lin. C’efl: une variété du précédent, dont les feuilles font une fois plus étroites, & dont les fleurs n’ont que 10 ou 11 lignes de diamètre.
- 6. Ciste à feuilles de Peuplier, Cijlus Po-pulifolius. Il élève à 5 ou 6 pieds fa tige grêle & rameufe. Ses feuilles font lifles, larges, cor-diformes. Ses fleurs font grandes, blanches & terminales. Ce Cifte & celui N° 4, font les plus beaux.
- Les Ciftes fe multiplient par les femences; & fleuriflent vers le mois de Juin.
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- CLIFFORTI A.
- Cet arbriffeau, Cliffortia llicifolia, Lin. élève à 4 ou 5 pieds une tige garnie de rameaux foibles, dont les feuilles alternes, d’une forte étoffe, étroites à leur bafe & cordiformes & amplexicaules , font larges & profondément dentelées à leur extrémité. Ses fleurs mâles, fessiles fur les branches, font compofées d’un calice de 3 petites feuilles ovales & concaves; & d’un grand nombre d’étamines érigées & cotonneufes ; les fémelles, d’un calice persiflant , & d’un piflil.
- Il fe perpétue par boutures pendant tout l’été, plantées dans des pots remplis de terre légère placés dans une couche, préfervées du foleil, fouvent mouillées. Ses feuilles fubsiflent toute l’année.
- C LU T I A.
- Clutia. Deux variétés de cet arbriffeau haut de 6 à 7 pieds ; l’une à feuilles ovales ; l’autre à feuilles linéaires, lancéolées. Elles fe multiplient par boutures ; confervent leurs feuilles toute l’année ; c’efl leur principal mérite.
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- CORONILLE.
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- CORONILLE.
- Quoique plufieurs variétés de Coronille, tant plantes qu’arbuftes, puiflent paroître in-téreflantes , on ne trouve dans les Orangeries que celle-ci, Coronilla glauca , Lin. qui eft un arbrifleau d’environ 3 pieds de hauteur, fort rameux, dont les feuilles alternes font com-pofées de 7 à 11 petites folioles cunéiformes , tronquées à leur extrémité, d’un vert glauque, attachées fur une queue commune un peu ailée. Ses fleurs difpofées en ombelles ou en petites couronnes , font d’un beau jaune , odorantes, papillonnacées, compofées d’un calice en tube labié, fort court ; d’un petit pavillon cordi-forme, renverfé ; de deux ailes ovales ; d’une nacelle courte, applatie ; de 10 étamines fai-fant gaine par leur bafe autour d’un piftil dont l’embryon devient une filique longue formée de plufieurs loges articulées l’une au bout de l’autre, & contenant chacune une femence arrondie.
- Elle fleurit en Juin ; fe multiplie par les marcottes , '& les femences dont le plant ne donne des fleurs que la fécondé ou troifième année; aime le foleil & l’eau.
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- Or angerie,
- COTYLEDON.
- Cotylédon , nombril de Vénus. Quatre ou cinq variétés de cette plante grade, originaires du Cap, diftinguées par la hauteur de leurs tiges , depuis 6 pouces jufqu’à 3 pieds ; & par la forme de leurs feuilles, oblongues & dentelées ; courtes , convexes, grifes & tachetées de vert ; alongées , étroites à leur bafe , arrondies à leur extrémité, bordées de rouge; rondes , grifes , bordées de pourpre ; très-longues , étroites, fort épaidfes ; larges, découpées par les bords., &c. Elles fe perpétuent par boutures traitées comme celles des autres plantes grades.
- CRASSUL A.
- Cr4ssula9 petitOrpin. Huit ou neuf variétés de cette plante grade , diftinguée de la précédente par fes fleurs qui ont 5 pétales, f étamines & 5 ovaires : -au lieu que celles de l’autre font en tube infundibuliforme avec 10 étamines. Les unes font rampantes, ou bades, les autres s’élèvent jufqu’à 3 pieds. Leurs principaux cara&ères fe tirent de leurs tiges , & de leurs feuilles.
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- C U N O N I A.
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- C U N O N I A,
- Cvnonia , Gladiole du Cap. Cette plante pouffe de fa racine bulbeufe des feuilles ensi-formes ( en feptembre ), & une tige cylindrique, noueufe, terminée par un épi clair de fleurs, renfermées dans un grand fpathe, de couleur écarlate, grandes & belles , & fuivies de fe-mences. Elle fe multiplie par femences & par drageons. On peut conferver en lieu fec fes racines déplantées depuis juin jufqu’en feptembre. Elle veut très-peu d’eau pendant l’hyver.
- CYCLAMEN.
- Cyclamen de Pèrfe à grandes feuilles cor-diformes & anguleufes, qui donne au printems de grandes fleurs pourpre-foncé , bordées de pourpre-pâle. Une variété à feuilles orbiculaires & planes , qui fleurit en hyver. Une autre variété à petites feuilles orbiculaires, & à petites fleurs qui paroiffent en automne.
- Ces plantes fe multiplient par leurs femences. Elles donnent moins de fleurs étant cultivées en pots, qu’en pleine terre, couvertes d’un Chaflis pendant les gelées.
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- Orangerie,
- D I O S M A,
- Diosmj , Spir&a d’Afrique, joli arbrifleau dont les rameaux grêles garnis de petites feuilles fubulées & oppofées en croix ; & d’un grand nombre de petites fleurs blanches. Une variété plus haute (5 ou 6 pieds ) , Spiræa d’Afrique odorant, à feuilles alternes, linéaires , cotonneufes ; & à fleurs en petites grappes terminales. Une autre variété, Bruyère d’Ethiopie , à peine haute de 3 pieds, à petites feuilles linéaires, tachetées en dehors ; & à très-petites fleurs en grappes terminales , lavées de rouge.
- Ces arbrifleaux fe multiplient par boutures pendant l’été.
- FERRARI A,
- Cette Plante , Ferraria undulata, qui porte le nom de Ferrari par qui elle a été décrite, eft originaire du Cap. C’efl: une liliacée , dont la bulbe efl: comme celle du Cyclamen ou comme un petit Raifort, rougeâtre en dehors, blanche en dedans. Ses feuilles font radicales, longues, nerveufes, cannelées, terminées en
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- F E R R A R I a; 61
- pointe, prefque femblables à celles du Glayeul. Du milieu de ces feuilles, il s’élève une tige articulée, qui dans notre climat excède rarement un pied de hauteur, divifée à fon extrémité en 2 ou 3 branches, qui portent des fleurs à 6 pétales ondulés & frangés par les bords , veloutés , d’un violet prefque rouge en dedans, verdâtres en dehors , dont les 3 étamines attachées au piftil diftinguent cette plante du Gladiolus : à chaque fleur fuccède une capfule triangulaire & triloculaire.
- Elle fe multiplie par les caïeux féparés pendant l’été ; & pourroit pafler l’hyver en pleine terre, bien couverte 8c bien expofée : quelquefois elle fe repofe , ,8c ne poufle que de deux années l’une.
- Elle a une variété moindre dans toutes fes parties , dont les feuilles font ensiformes 8c plus longues.
- G A L E N I A.
- Çjalenia. Petit arbriffeau du Cap, rameux, à feuilles de Romarin, & à petites fleurs fans pétales , en panicules. Il fe multiplie par boutures.
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- O RANGERIE,
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- GERANIUM.
- Le Géranium , ou Bec-de-grue en arbrifleau, s’élève d’un à io pieds, & range mal les branches. Ses feuilles alfez grandes, de forme différente fuivant la variété, portées par des queues grolfes , fortes, cylindriques , longues de 2 ou 2 pouces & demi , dans la plûpart font demi - circulaires , de 3 pouces de diamètre, fur une hauteur de 24 à 27 lignes , divifées peu profondément en 9 lobes dentelés. Les fleurs dans la plûpart des variétés font difpo-fées en bouquet de 7 ou 8 , portées chacune par un pédicule long de 15 ou 16 lignes, & compofées d’un calice de 5 feuilles alongées & pointues; de 5 pétales fort étroits à leur bafe, qui s’élargiffent régulièrement jufqu’à leur extrémité qui eft arrondie ; de JO étamines dont fouvent la plûpart elt fans fommet; d’un piftil furmonté d’un ftyle à 4 & plus fouvent 5 ftig-mates, dont l’embryon devient une capfule avec un long bec anguleux qui s’ouvre de bas en haut avec élafticité ; elle contient J graines ovoïdes. Les pétales étant étroits & laiffant entreux de fort grands vuides dans le difque des fleurs , chaque fleur vûe féparément n’efî:
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- Géranium. 63
- pas d’une grande beauté ; mais lorfque plu-fleurs font réunies, elles produifent beaucoup d’effet, fur-tout celles de couleurs vives.
- Les principales variétés qui fe diftinguent par les feuilles, par les fleurs, par l’odeur, &c. font le Géranium à feuille en entonnoir & à fleur gris-de-lin en panicule ; & fa fous-variété plus grande , à odeur de Carline. — Le Géranium à feuille de Mauve, & fleurs rouge-pâle, ftriées & papillonnacées ; & fa fous-variété à
- fleur rouge vif.-Le Géranium à feuille de
- vigne, & fleur gris-de-lin. -Le Géranium
- vifqueux à fleur gris-de-lin mouchetée. — Le Géranium à odeur d’Épices... à odeur de Rofe... à odeur de Méliffe. — Le Géranium à fleur
- rouge, & feuillë panachée de blanc.---Le
- Géranium à fleur couleur de feu & violet. — Le Géranium à grande fleur couleur de Cé-rife. — Le Géranium à fleur couleur de Carmin écarlate. — Le Géranium trifte à petite fleur jaune & violet très-rembruni, peu apparente , d’une odeur très-agréable pendant la nuit feulement, étant renfermé dans un appartement, &c. &c. Il y a des variétés de Géranium dont les feuilles font ondulées demi-cir-culairement de couleur plus foncée ou de couleurs différentes : les Jardiniers les nomment Géranium à feuille couronnée.
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- 64 Orangerie,
- Les Géraniums aiment à être à l’air toutes les fois qu’il eft fupportable ; ne veulent pas être fouvent arrofés ; fe multiplient de graines femées fur couche au printems, & de boutures à la fin de mai ; le G&ranium trijle., de fes racines éclatées. Celui-ci fleurit en juillet ; les autres depuis juin jufqu’aux gelées.
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- G L A Y E U L.
- On peut placer dans l’Orangerie, & fous un chafïis deux Glayeuls du Cap de Bonne-Efpé-rance ; le Glayeul à feuilles étroites, Gla-diolus angufius, Lin. dont la bulbe ronde pouffe en automne 2 ou 3 feuilles linéaires, longues d’environ 2 pieds, fortes , plates, qui s’em-braffent à leur bafe par leurs gaines ouvertes ; & une hampe ou tige de pareille longueur, un peu inclinée, & portant dans fa partie fu-périeure 2 ou 3 fleurs affez diftantes l’une de l’autre , renfermées chacune dans un fpathe ferré, & compofées d’un pétale en long tube élargi vers le haut, de couleur de chair foncée, divifé profondément en 6 fegments marqués d’une tache pourpre rhomboïdale ; de 3 étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon devient
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- G L A Y £ ÎJ L, 65
- une capfule triangulaire & triloculaire qui renferme des femences rondes. Ces fleurs parois-fent yers le commencement de juin.
- Et le Glayeul à feuilles carrées, Gtadlolus trijtis, dont la bulbe ovale ne poufle que 2 feuilles très - longues , sillonnées fuivant leur longueur par 2 rainures profondes qui les font paroître carrées , & embraflant une grande partie de la tige , qui efl: menue, cylindrique , & qui ne porte à fon extrémité que 2 fleurs pourpre, dont les fegments font pointus. Elles paroiflent un peu plus tard.
- Ils fe propagent par leurs graines femées en pots fous Chaflis aufli-tôt qu’elles font mûres, pour lever au printems fuivant; & plus ordinairement par leurs caïeux. Lorfque les feuilles font féches, on peut déplanter les oignons & les conferver dans du fable jufqu’au mois d’août ; alors on les plante en terre légère.
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- Orangerie
- GLOBULAIRE.
- La ÇlOBULAIRE, Globularia alypnm , Lin, eft un fous-arbrifleau dont la tige eft rameufe, & haute d’un pied & demi à 2 pieds. Ses feuilles fans ordre font petites, affez reffem-blantes à celles du Myrte & aufli dures ; les unes unies & terminées par une pointe , les autres avec deux grandes dents vers leur extrémité, qui les font paroître à 3 pointes. Ses fleurs d’environ un pouce de diamètre, d’un beau violet, folitaires & terminales,font compofées d’un calice commun formé de petites feuilles étroites imbriquées ; qui renferme un grand nombre de petites fleurs monopétales en tuyau découpé irrégulièrement, ayant chacune un calice propre de plufieurs petites feuilles, 3 ou 4 étamines, & un piftil qui donne une' petite femence renfermée dans le calice persiflant.
- Elle fe multiplie par les femences, les marcottes , & les boutures.
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- Grenadier.
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- GRENADIER.
- i.Le Grenadier à grandes fleurs doubles; Punica flore pleno majore, Tourn. efl: un grand arbriffeau très-rameux, dont les feuilles font oppofées, lancéolées, médiocrement pointues par les deux extrémités, unies par les bords & froncées , liffes, luifantes, rouges par les bords dans leur jeuneffe , longues de 2 à 3 pouces, larges de 10 ou 11 lignes, attachées par des queues fort courtes dans un ordre op-pofé en croix fur les rameaux, qui font relevés de 4 membranes rouges un peu faillantes , qui les font paroître carrés. Ses fleurs font grandes & belles, d’un rouge ponceau éclatant , compofées d’un calice en cloche, charnu, coloré, divifé par fon bord en échancrures égales ( de 5 à 8 ) ; d’un grand nombre de pétales minces, arrondis par leur extrémité, mal développés & comme chiffonnés. ( Les fleurs Amples du Grenadier ont de 5 à 8 pétales , jufqu’à 200 étamines ; un ftyle avec fon ftigmate pofé fur le fond du calice qui efl; l’embryon, & devient un gros fruit arrondi , couvert d’une peau épaiffe & coriace, ter-
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- miné par un ombilic alfez grand bordé des échancrures du calice persillantes, & divifé intérieurement en 9 ou 10 loges membraneufes qui contiennent des femences ofleufes enveloppées d’une pulpe colorée & fucculente. ) Comme une partie des fleurs de ce Grenadier ne font que femi-doubles, il porte Ordinairement du fruit. Il a une fous-variété à feuilles panachées.
- 2. Le Grenadier à petites fleurs doubles , Punica Jlore pleno minore., T ou R N. eft, dans toutes fes parties, moindre que le précédent ; toutes fes fleurs font doubles , & par confé-quent flériles.
- 3. Le Grenadier nain d’Amérique, Punica Amcricana nana, n’eft qu’un petit arbrifleau ; fes fleurs font Amples , mais A nombreufes qu’elles lui donnent beaucoup plus d’éclat que n’en ont les autres Grenadiers.
- Celui-ci ne peut fubsifter que dans l’Orangerie ; les autres en efpalier au Midi, ou au Levant dans un bon terrein chaud & léger, résilient à nos hyvers ordinaires, en les couvrant dans les fortes gelées. Le plus sûr efl de les mettre en caifle, & de les mouiller
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- Grenadier. 69
- fouvent pendant l’été , qui eft la faifon de leur fleur.
- Les Grenadiers fe multiplient par la greffe fur franc, par les drageons enracinés, & par les marcottes qu’il faut beaucoup mouiller, & quelquefois forcer de s’enraciner par des ligatures & des flrangulations.
- Si fon veut donner aux Grenadiers, foit en caiffe , foit en efpalier , une forme régulière , il faut les tailler après la chute de leurs feuilles , ou pendant l’hyver , par un tems doux. Cette taille consifte à retrancher les petites branches foibles, incapables de produire des bourgeons affez forts pour donner des fleurs ; & à tailler les autres à une longueur proportionnée à leur force, afin de leur faire pouffer an printems de jeunes bourgeons capables de donner des fleurs , qui ne naiffent qu’à l’extrémité des bourgeons de l’année. Si la taille ne fe fait qu’au printems , la naiffance des bourgeons, & par conféquént celle des fleurs , eft retardée. Si le Grenadier n’eft déchargé de la plûpart des petites branches de l’année précédente , elles confomment une grande partie de la fève ; les jeunes pouffes
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- 7o Orangerie;
- font fans vigueur, & produifent peu de fleurs & de fruits. La régularité de l’arbre décide du refie de la taille. Quelques voies d’eau au pied des Grenadiers en efpalier font né-ceffaires dans les printems & les étés fecs.
- G R E JF I A,
- Le GrewIA , Grewia. corollis acutis, LlN. efl un grand arbrifTeau rameux, dont les feuilles font alternes , ovales très-peu pointues, finement dentelées, longues de 12 à 15 lignes. Ses fleurs inodores , d’un beau violet, de la forme & de la grandeur d’une petite fleur d’Oran-ger , font quelquefois folitaires , quelquefois par bouquets de 2 ou 3 ; les unes terminales, les autres axillaires, quelques-unes oppofées aux feuilles ; compofées d’un calice de 5 feuilles longues , étroites , pointues , fermes , très-ouvertes , colorées en dedans ; de 5 pétales de la même forme que les feuilles du calice , mais plus courts ; de 100 étamines, quelquefois plus ; & d’un piftil dont l’embryon devient une baie anguleufe à 2 ou 4 loges contenant chacune un noyau qui renferme 2 amandes.
- Cet arbrifTeau fleurit en Juin ; S& fe multiplie par les marcottes.
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- Guimauve d’Espagne. 71
- GUIMAUVE D'ESPAGNE.
- Là Guimauve d’Espagne en arbre, Lava-ura olbia, Lin. élève jufqu’à 4 pieds des tiges cylindriques , dont les feuilles font grandes 9 alternes , d’une étoffe molle, blanchâtres & cotonneufes ; les inférieures à 5 angles , & un peu cordiformes du côté de la queue, les ftipérieures à 3 angles dont celui du milieu eft grand & fort pointu. Ses fleurs font axillaires , la plupart folitaires, mais rapprochées & nombreufes, prefque fessiles, de couleur de rofe, de grandeur médiocre, compofées d’un calice entier à 3 échancrures ; d’un pétale , ou calice intérieur beaucoup plus grand, entier, à 5 divifions égales ; de 20 étamines, & d’un piftil, dont l’embryon devient une cap-fule à plufieurs loges, contenant chacune une graine orbiculaire.
- Cet arbriffeau fe multiplie par les .femences au printems. Étant bien abrité dans les grands froids, il peut paffer l’hyver en pleine terre, dans un terrein fec.
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- Orangerie
- 7*
- HALLERI A,
- Halieria. Arbrifleau très-rameux, dont les feuilles font oppofées , ovales, dentelées, lui-fantes, persiflantes; & les fleurs rouges, labiées , peu apparentes, folitaires. Il fe propage par boutures.
- HE R M A N N I A.
- Cette plante fous-ligneufe & vivace, Her-mannia foliis lanc&olatis , Lin. communément nommée Hermannia à feuilles de Grofeillier, élève à 5 Qu 6 pieds une tige rameufe. Ses feuilles font fessiles , de grandeur inégale , ailées imparfaitement & lancéolées. Ses fleurs, d’un jaune clair, paroiflent au printems fur l’extrémité des branches , & font compofées d’un calice persiflant en godet à $ échancrures ; de 5 pétales réfléchis, attachés par des onglets fort étroits, arrondis à leur extrémité ; de 5 larges étamines raflemblées en un corps ; d’un piftil, dont l’embryon devient une capfule à 5 loges contenant deux femences.
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- H E R M A N N I A. 73
- Le Hermannia à feuilles cTAlthæa s’élève beaucoup moins, & eft prefque herbacé. Ses fleurs paroiflent en été , font plus grandes , difpofées en panicules claires.
- Cette plante , qui a plufieurs autres variétés , fe propage par les femences en pots fur couche, & plus ordinairement par boutures pendant l’été. Elle veut être fouvent mouillée , changée de pot au printems & en automne , placée dans l’Orangerie près les fenêtres. Plufieurs Cultivateurs la mettent dans la Serre-chaude.
- HÆMANTHUS.
- Cette plante, Hæmanthus Puniceus, Lin. efl: originaire du Cap de Bonne - Efpérance. Ses racines font des bulbes terminées en pointe , d’où il s’élève à 10 ou 12 pouces de hauteur des tiges affez grofles , tachetées, terminées par plufieurs feuilles larges, pointues , ondulées par les bords. Du côté de chaque tige, il fort un pédicule fort, long de 6 à 8 pouces, terminé par un large.corymbe de fleurs contenues dans un fpathe ou une
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- 74 Orangerie,
- gaine membraneufe, persiflante; elles font d’un îouge tirant fur le jaune, & compofées d’un feul pétale en long tube à 6 divifions ; de 6 longues étamines ; 8c d’un piftil , dont l’embryon devient une baye à 3 loges, renfermant chacune une femence.
- Cette plante aime une terre légère ; on lui en donne de nouvelle au printems ; on fépare en même tems fes caïeux, pour la multiplier ; mais elle en produit très-peu. Sa graine mû-riffant bien dans notre climat, on peut la fe-mer, aufîï-tôt qu elle efl mûre, dans des pots remplis de terre légère, placés dans une couche pendant tout l’hyver & le printems jufqu à ce que la graine foit levée. En couvrant bien XHœmanthus pendant l’hyver, il peut le paffer en pleine terre, à une bonne expofition. Il efl plus sûr de le renfermer dans l’Orangerie, ou mieux d«tns la «Serre-chaude, ou fous un Chas-iis. On le mouille très-peu pendant l’hyver, mais fouvent lorfque les fleurs doivent paroî-tre, à la fin du printems ou au commencement de l’été.
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- Héliotrope.
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- HÉLIOTROPE.
- T /Héliotrope du Pérou, Heliotropium Peru-vianurn, Lin. eft un fous-arbrifleau ( ou plante ) rarement plus que trifannuel, fi l’on n’a foin de tailler fa motte, & de lui donner de nouvelle terre. Il élève d’un pied & demi ou 2 pieds jufquà 3 pieds, plufieurs tiges cylindriques , rameufes, qui fe foutiennent mal, mais que l’on peut palifler & arranger, garnies de feuilles alternes, ovales un peu lancéolées, longues de 2 pouces , larges d’un pouce , très-nerveufes en dehors, & ridées en dedans, portées par des queues fort courtes. Ses fleurs paroiflent d’abord terminales, mais lorfqu’elles commencent à s’ouvrir, le rameau continue à s’alonger , & elles deviennent axillaires. Elles font très-nombreufes, difpofées en aigrette rameufe , fessiles , fort ferrées & rangées fur un feul côté de leur pédicule commun , compofées d’un calice persiflant à 5 di-vifions pointues , très-profondes ; d’un pétale tubulé à 5 divifions prefque arrondies à leur fommet, d’un violet tendre, d’une odeur très-agréable ; de 4 ou 5 petites étamines ; & d’un piftil dont l’embryon devient 4 petites femen-
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- 7 6 Orangerie,
- ces enveloppées dans le calice; les fleurs ont
- 3 lignes de diamètre,
- L’Héliotrope donne des fleurs depuis juin jufqu’à la fin de l’automne ( dans la Serre-chaude prefque toute l’année ). Il fe multiplie par les marcottes, les boutures, & les femences au printems peu enterrées, couvertes de moufle pour les entretenir dans une humidité continuelle ; il veut une bonne terre & des arrofe-ments fréquents ; il pafle mieux l’hyver dans un appartement ( près les fenêtres ) bien clos & chaud, que dans une Orangerie; & beaucoup mieux dans une Serre-chaude.
- J A C É E.
- On peut, pour la variété, placer dans l’Orangerie la JâCÉE d’Epidaure, Centaurea Ragu-Jîna, Lin. dont la tige-vivace, rameufe, haute de 2 à 3 pieds, efl: garnie de feuilles blanches , velues, à plufieurs lobes, dont les grands font plus pointus que les autres qui font ovales & obtus. Ses fleurs axillaires, portées par de courts pédicules , composées comme celles des Bluets, font d’un beau jaune ; leur calice velu a aufli fa beauté ; elles paroiflent
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- J a c é i. 77
- pendant l’ëté. Elle fe multiplie par boutures faites de fes jeunes tiges ; & conferve fes feuilles pendant l’hy ver.
- Et là JACOBÉE maritime, Cimraria maritima , Lin. dont les tiges ligneufes, velues, rameu-fes, font garnies de feuilles cotonneufes, dentelées profondément & comme en lobes pointus, & linuée, longues de 6 à 7 pouces. Ses fleurs difpofées en panicule fur un long pédicule feuillé, radiées , & femblables à celles de la Jacobée commune, paroiffent pendant prefque tout l’été. Elle fe multiplie de femen-ces, & de boutures comme la Jacée.
- On place les boutures de l’une & de l’autre dans un pot, ou une plate-bande, à l’ombre ; on les mouille fouvent jufqu’à ce qu elles foient enracinées ; on les tranfplante en pots remplis de terre de médiocre qualité.
- JASMIN.
- 1. Le Jasmin d’Espagne, Jafminum grandi-florum , Lin. eft un arbrifleau dont toutes les parties font femblables à celles du Jafmin commun , mais beaucoup plus grandes. Ses fleurs
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- font belles, odorantes, rouges en dehors. Ses farments font beaucoup moins longs que ceux du Jafmin commun ; fur lequel il fe greffe en fente. Il fe multiplie aufli par les marcottes, & même par les boutures ; veut être taillé au printems de 2 à 4 yeux, afin de produire de jeimes bourgeons, qui fleuriffent en feptembre.
- 2. Le Jasmin Jonquille , Jafmin des Indes , Jafminum odoratijjimum , Lin. eft un ar-briffeau rameux qui s’élève rarement au-defliis de 4 pieds. Ses feuilles font ailées, compofées de 3 folioles ovales raccourcies , beaucoup plus arrondies à leur fommet qu’à leur bafe, unies par les bords , liffes , luifantes , d’un vert naiffant ; l’impaire efl: une fois plus grande que les ailes. Ses fleurs font moins grandes que celles du Jafmin commun, de la couleur & de l’odeur de la Jonquille ; elles font par bouquets, & fe fuccèdent pendant une bonne partie de l’année. Il fe perpétue par les marcottes, & par les femences.
- 3. Le Jasmin des Açores , Jafminum. A%o-ricum, Lin. efl un arbriffeau qui s’élève moins que le précédent, mais quelquefois il pouffe de longs farments dont on fait des marcottes,
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- Jasmin. 79
- Ses fleurs font blanches, très-odorantes , un peu plus grandes que celles du Jafmin commun. Ses feuilles font compofées de 3 grandes folioles pédiculées, dont l’impaire une fois plus grande que les deux latérales, & moins élargie à fa bafe, eft longue de 2 pouces & demi, large de 18 lignes ; elles font terminées en pointe, d’une forte étoffe , d’un beau vert très-luifant, ondulées ou froncées par les fiords.
- 4. Le JASMIN du Cap, Gardénia Florida , Lin. rare & précieux arbriffeau, dont les branches oppofées font garnies de belles & grandes feuillçs ovales alongées, terminées en pointe , entières, d’une étoffe forte, d’un vert brillant, larges d’environ 2 pouces & demi, fur 5 de longueur. Sa fleur , plus grande que celles d’aucun Jafmin, efl: d’une odeur forte & très-agréable ; fon pétale contient plus ou moins de fegments de diverfes formes & grandeurs, fuivant quelle efl: plus ou moins femi-double. Le nombre de fes étamines ( d’une à trois ) & de fes ftyles ou branches de flyle ( d’un à trois ) varie aufli fuivant le nombre de fes pétales. Ses bayes contiennent chacune 2 fe-mences. Il fe multiplie comme les deux précédents par femences , marcottes & boutures.
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- Orangerie;
- IMMORTELLE.
- i. L’Immortelle jaune odorante, le Stæchas citrin, Gnaphalium St&chai, Lin. eft une plante vivace, dont les tiges font hautes d’un à deux pieds , un peu rameufes , blanchâtres, dures & ligneufes dans leur partie inférieure , garnies de feuilles pour la plupart alternes, fpa-tulées, fessiles , longues de 3 pouces , larges de 6 lignes , blanchâtres & cotonneufes.* Ses fleurs nombreufes ( 30 ou 40 ) difpofées en corymbe terminal & convexe, font comme de petites têtes d’un jaime pâle, & compofées de fleurons hermaphrodites & de quelques-uns fémelles , fans calice, raffemblés dans une enveloppe arrondie & imbriquée, attachés à un réceptacle nud. Ses, graines font petites & oblongues.
- On cueille ces bouquets, qui fe confervent plulieurs années fans aucune altération : la chaleur des appartements fait épanouir les petites têtes, qui ont alors près de 6 lignes de diamètre.
- Cette plante ou ce fous-arbrifleau fe multiplie par les femences, les marcottes , & les boutures.
- 2. L’Immortelle
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- Immortelle. 8i
- 2. L’Immortelle du Levant, Gnaphalium Orientale , Lin. élève des tiges aulîi hautes que la précédente, à laquelle elle reflemble en toutes les parties. Ses fleurs font d’un plus beau jaune , ne s’épanouiflent point, & fe confer-vent aulîi long-tems. Elle ne fe multiplie que par les marcottes & les boutures. On coupe vers la mi-juillet les bouquets de fleurs des Immortelles, lorfqu’elles ont acquis toute leur grandeur.
- 3. L’Immortelle du Cap, Xeranthemum fpeciofijjimum, Lin. haute de 3 ou 4 pieds, pouffant 4 ou 5 branches garnies de feuilles lancéolées, amplexicaules, blanches en dehors, larges d’un pouce, longues de deux ; & terminées par une feule grofle fleur jaune. Il y en a une autre du même pays dont les rameaux fort grêles font garnis de très-petites feuilles blanches, & terminés par une grande fleur d’un blanc argenté. Elles fe propagent par boutures pendant l’été, ou par femences au printems, lorfqu’elles en produifent de bonnes.
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- Orangerie,
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- I X 1 A.
- JixiA. Plusieurs variétés originaires du Cap, diflingtiées par la grandeur de leurs feuilles énsiformès, affez femblables à celles des Iris ; & par la difpolition en bouquet, en corymbe, en épi, &c. & la couleur jaune, bleue, blanche, tachetée, &c. des fleurs enfermées chacune dans un fpathe, & compofées de 6 pétales égaux, oblongs, lancéolés. Elles fe multiplient par les drageons éclatés ; veulent beaucoup d’air.
- JUJUBIER,
- Le Jujubier , Rhamnus Zi(iphus, Lin. efl un grand arbriffeau dont la tige tortue rend le port peu agréable. Il pouffe de l’extrémité de branches courtes, qui font comme des fupports communs , des bourgeons grêles, fouples, accompagnés à leur infertion de deux épines dont une efl: crochue, & garnis de feuilles alternes prefque fessiles, ovales pointues à leur extrémité , fermes , liffes, légèrement dentelées, relevées en dehors de 3 nervures dont les deux latérales naiffent de la queue, & fe terminent
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- J U ï Ü B i È Ri gj
- à là pointe décrivant des arcs prefqüe parallèles aux bords de la feuille. Ses fleurs en petits corytnbes axillaires * comm^ celles du Pa-îiure 3 & conipofées prefque dé même 3 font fuivies de fruits charnus 3 de là forme & à-peu-près de la grofleuf d’une Olive 3 contenant chacun urt noyau à 2 loges qui renferment chacune une femence.
- Il fe multiplie aflez par ies dràgéons dé fes racines ; fe plaît dans un terrein léger à uné expofition chaude, où iî peut avec quelques abris ftîpporter nos hyvers*
- RE T M î Ei
- On pottrroit placer dans l’Orangerie pîufieüts Variétés de Ketmie ou Mauves
- 1. Ketmie de la Chiné ou Rofe dé la Chiné* Hibifcus Sinmfis ; arbrifleau qui devient plus grand que XAlthæd frutex, & dont les branches font garnies de feuilles cordifottries à leur bafé * découpées eh 5 angles aigus, & légèrement dens teléess Ses fleurs femblables à celles de l'Althæd frutex, font blanches en épànoûiflant * fe lavent enfuite de couleur de rofe foncé avec des rayes
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- blanches, font femi-doubles, quelquefois {impies. Elle a une variété à fleurs blanches.
- 2. La Ketmie à feuilles de Manioth, Hi-bifcus Manihot ; plante de 3 ou 4 pieds de hauteur ; dont les feuilles portées par de longues queues, font palmées ou découpées jufqu a leur bafe, en fept parties inégales dentelées parleur extrémité. Ses fleurs font grandes , d’un jaune pâle , & d’un pourpre foncé à la bafe des pétales.
- 3. La Ketmie mufquée, Ambrette, Graine mufquée, Hibifcüs Abelmofcus ; plante de la même grandèur que la précédente, dont les feuilles très-cotonneufes, larges , cordiformes à leur bafe, font découpées en fept angles aigus & dentelés. Ses fleurs, de mêmes couleurs que celles de la précédente, donnent des graines qui ont une odeur mufquée.
- Mais la première, lorfqu’elle eft devenue forte, peut paffer en pleine terre, avec quelques abris dans les grands froids ; & les deux autres étant femées de bonne heure fur couche & avancées, produiront des fleurs , & des graines dans la même année, & peuvent être traitées comme des plantes annuelles. Quelquefois il eft néceflaire de les mettre dans la
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- Lavande. 8j
- Serre-chaude, pour que leurs graines acquiè-rent leur maturité.
- LAVANDE.
- I. La LAVANDE à feuilles découpées, Laven-dtila muldfida, Lin. plante annuelle ou bifan-nuelle, élève à 2 pieds une tige droite, co-tonneufe. Ses feuilles font blanches, oppofées, découpées jufque fur la nervure, ou compo-fées d’aîles ou folioles qui elles-mêmes font découpées en 3 lobes. Ses pédicules nus, longs d’environ 6 pouces, portent 3 épis denfes de fleurs bleues, ou blanches fuivant la variété, dont les deux latéraux font fort petits, & le terminal eft long d’un pouce. Ces fleurs parois-fent en juin ou juillet ; leurs graines mûriirent au commencement de l’automne. On les feme au printems en terre légère ; on met une partie du plant en pleine terre, & l’autre en pots, pour mettre dans l’Orangerie en ottobre les pieds qui n’auront point fleuri, & qui fe con-ferveront pour l’année fuivante.
- 2. La Lavande à feuilles élégamment découpées , Lavmdula Canarimjis r Lin. élève jufquà
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- 4 pieds une tige rameufe. Ses feuilles, plus Ion* gués que celles de la précédente & cotonneufes, font pareillement doublement aîlees, plus fine-» ment & plus agréablement découpées. Ses pé* dicules fort longs, nus, portent dans la même difpofition 3 épis fafciculés de petites fleurs bleues.
- Elle fe multiplie par les graines femées au printems fur couche tempérée. Le plant mis en pots en terre légère, & avancé fur couche, peut être expofé en plein air en juin , pour fleurir le mois fuivant, Si fes graines n’acquièrent pas leur maturité avant le io oftobre, pn tranfporte les pots dans une bonne Orangerie , ou mieux dans une Serre-chaude où ces plantes perfectionneront leurs graines, &
- Continueront de fleurir.
- * »
- LA 17 RIE R-RQ S,
- Le Laurier-Rose , Neriurn Oleander, Lin, eft un arbrifleau qui s’élève jufqu’à 8 ou 9 pieds, Sa tige fe ramifie & fous -ramifie en branches foiivent difpofées par trois, longues, grêles, & fouples. Ses feuilles font pppofées, prefque toutes par trois, longues de 4 pouces, larges de 9 ou 10 lignes, pointues par les deux ex-
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- Laurier-rose. 87 trémités , d’une étoffe forte, liffes, unies par les bords, d’un vert foncé en dedans & clair en dehors, portées par une queue fort courte , dont l’extenfion forme une groffe arrête blanche. Ses fleurs, dont le diamètre excède deux pouces, difpofées par bouquets lâches, fouvent de plus de 20 fleurs qui ne s’ouvrent que fuc-ceflivement, & terminant les rameaux , font de couleur de rofe, compofées d’un petit calice en godet un peu coloré, à 5 échancrures pointues, & persiflant ; d’un pétale en tube qui s’évafe beaucoup, & fe divife en 5 grandes parties très-élargies à leur fommet, convexes & arrondies par un de leurs côtés, concaves & comme édhancrées par le bord oppofé * garnies à leur bafe , à l’entrée du tube, d’un appendice frangé ; de 5 étamines courtes, furr montées chacune d’un aflez long filet ; d’un piflil, dont l’embryon devient une silique divi-fée en deux fuivant fa longueur, & contenant des femences couronnées d’une aigrette.
- Cet arbriffeau a une variété à fleur blanche , qui eft un peu plus délicate.
- Les Lauriers-rose fe multiplient par les marcottes à languette, & les pieds éclatés; veulent être bien expofés pendant l’été , & fouvent mouillés.
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- Orangerie,
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- LAURIER-TULIPIER.
- Ce bel arbre moyen, Magnolia grandijlora , Lin. s’élève droit, eft médiocrement rameux, mais très - garni de feuilles alternes, ovales alongées, pointues par les deux extrémités, liffes, luifantes , d’une étoffe forte 8c épaiffe, unies par les bords , reffemblant à celles du Laurier-Cérife, mais beaucoup plus grandes. Ses fleurs font folitaires & terminales, d’un beau blanc, d’une odeur agréable, de la forme d’une très-groffe Tulipe, compofées d’un calice caduc, monophylle, découpé très-profondément en trois petites feuilles minces -, concaves; de 12 pétales (plus fouvent 9 ) difpofés fur deux rangs , les extérieurs plus grands que les autres , concaves , arrondis à leur fommet, oblongs, attachés au calice par un petit onglet ; d’une centaine d’étamines ; & d’autant de piftils attachés fur un fupport ou réceptacle conique , qui acquiert plus de deux pouces de hauteur fur 18 lignes de diamètre, couvert d’écailles concaves contenant chacune une groffe femence ovale fufpendue à un pédicule.
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- L E N T I S Q U E. 89
- Il le multiplie par les marcottes ; aime une bonne terre meuble & légère , & médiocrement le foleil.
- LENTISQUE,
- Le LENTISQUE, Lentifcus vulgaris, TOURN. eft un grand arbrifleau, ou un arbre à peine moyen, fort rameux, dont les feuilles font persiflantes , alternes, compofées de 8 folioles ( fans impaire ), ovales oblongues, pointues par les deux extrémités, oppofées fur un filet ou une queue commune ailée. Ses fleurs, fort petites & rougeâtres, font difpofées en parii-cules ou chatons axillaires & prefque fessiles, mâles fur im individu & compofées d’un petit calice à 5 échancrures, & de 5 étamines ; fé-melles fur un autre, compofées d’un calice à 3 échancrures & d’un piftil. Aux fleurs fémelles il fuccéde de petites baies un peu charnues, qui renferment un noyau ovale.
- Ce joli arbre fe multiplie par les femences, qui mûriffent en Provence & dans les pays méridionaux, & par marcottes des jeunes branches. Il a une variété, Lentifcus angufiifolia, qui n’en diffère que par les feuilles compofées d’un plus grand nombre de folioles plus étroites.
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- Orangerie;
- 9°
- L I M O N I U M.
- I. Le LiMONlUM en arbriffeau, Statue, fuf-fruticofa , Lin. élève à 8 ou 9 pieds une tige rameufe dans fa partie fupérieure. Ses feuilles fessiles , étroites, lancéolées, terminées en pointe obtufe, font difpofées fans ordre. Ses fleurs ( qui paroiflent pendant 1 été , l’automne & l’hyver ) d’un beau bleu célefte, difpofées alternativement en épi interrompu, terminal, font compofées d’un calice écailleux imbriqué ; d’un pétale en long tube découpé à fon extrémité en cinq fegments obtus , bien ouverts ; de 5 étamines ; & d’un piilil à 5 Ailes. Il fe propage par boutures en juin ou juillet; aime une bonne terre légère.
- 2. On pourroit lui afîbcier le LimoniuM à feuilles de Scolopendre, dont les feuilles radicales font profondément finuées, & comme ailées; & dont les rameaux fe terminent par des épis lâches ou panicules de fleurs blanches légèrement lavées de bleu.
- 3. Le LiMONlUM de Sicile,Statice monopetala9 Lin. à feuilles nombreufes , lancéolées, épais-
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- Lizeron argenté. 91 fes ; & dont les fleurs font bleues, infundibu-liformes, folitaires, difpofées en panicules.
- Et quelques autres qui ne font pas plus intéreflants. Ces deux dernières efpèces fe muL tiplient par lçs graines, qu’il faut faire venir de Sicile»
- • LIZERON ARGENTÉ.
- Plusieurs efpèces de Lizerons pourroient faire une variété agréable dans l’Orangerie» Je n’y placerai que le Lizeron argenté, Convolvulus argenteus çlegantijjîmus, I, R. Et, dont la racine vivace pouffe plufieurs tiges menues, hautes de 5 à 6 pieds, qui fe roulent autour de leurs tuteurs. Ses feuilles d’une étoffe douce & fatinée font découpées en 5 ou 7 lobes étroits & légèrement dentelés. Ses fleurs géminées fur chaque pédicule, font latérales, lavées de couleur de rofè, marquées de 5 raies d’un rouge foncé, & composées comme celles des autres Lizerons, 11 fe multiplie par fes drageons éclatés en mai.
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- Orangerie;
- B
- LOT IER DE SAINT-JACQUES.
- Cette plante, Lotus Jacobœus, forme une tige haute de 2 à 3 pieds, un peu ligneufe & ra-meufe. Ses feuilles, compofées de 3 ou 5 folioles étroites, font blanchâtres & cotonneufes. Ses fleurs, d’un pourpre foncé glacé de jaune, font par petits bouquets latéraux de 4 bu papillonnacées , & compofées comme celles des autres Trefles, & fuivies de siliques cylindriques longues de 10 à 15 lignes, contenant
- 5 ou 6 femences rondes.
- Il fleurit pendant tout l’été & l’automne ;
- 6 fe multiplie par boutures pendant l’été ; il craint le grand foleil pendant l’été, & l’humidité pendant l’hyver.
- LUZERNE EN ARBRE.
- Cet arbrifleau , Medicago arborea, Lin. élève à 8 ou 9 pieds une tige rameufe, garnie à chaque nœud de 3 feuilles à 3 folioles chacune , qui fubsiftent pendant l’hyver. Ses fleurs ( 4 ou 5 portées par chaque pédicule latéral ) font d’un beau jaune, & compofées comme
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- Luzerne en arbre. 93 celles des autres Luzernes. Il leur fuccède des siliques comprimées, de la forme d’un crois-fant, & contenant 3 ou4femences réniformes.
- Il fe propage par fes graines femées en avril fur couche ou dans un terrein léger & bien expofé ; & par boutures en avril ou mai. Quelques pieds plantés en pleine terre à une bonne expofition, fupportent les hyvers ordinaires & fleuriffent depuis avril jufqu’en décembre. Ceux que l’on met dans l’Orangerie fleuriffent prefque toute l’année. Mais cet arbriffeau eft moins effimable par fes fleurs que par fes feuilles persiflant en toutes les faifons.
- LYS DE SAINT-JACQUES.
- Aussi-tôt que les feuilles de ce beau Lys-Narcisse, Amaryllis formojiffima, Lin. commencent à fortir de terre, fi la plante doit fleurir, on voit paroître une hampe latérale, cylindrique, fifluleufe, qui s’élève à 6 pouces , & fe termine par un fpathe ferré, d’un rouge trifte & rembruni, contenant une feule fleur d’un beau rouge-rubis veloutéqui pa-roît au foleil parfémé de poudre d’or très-fine.
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- 94 Orangerie*
- Elle eft compofée de 6 pétales de largeurs différentes, terminés en pointe, longs de plus de 4 pouces * les Uns érigés, les autres inclinés parallèlement à la hampe, de forte que la fleur regarde l’horizon* Le pétale fupérieur eft large de 15 lignés ; les deux latéraux n’en ont que 6 ou 7* Ces 3 pétales ne fe touchent que par leur bafe * qui eft teinte d’un jaune très-pâle , & font fort divergents l’un de l’autre * & encore plus écartés des inférieurs. Ces 3 pétales 9 li les deux latéraux étoient réfléchis, re-préfenteroient la fleur de Lys des armoiries. Le pétale inférieur, large de 9 lignes * fe ferme vers fon milieu, & y enveloppe les filets,des 6 étamines & le ftyle du piftil* qui font de même longueur, & de même couleur que les pétales ; les deux autres pétales, larges de 12 ou 13 lignes * fe recouvrent l’un l’autre vers leur bafe ; & leurs bords antérieurs * vers le quart de la longueur * embràfîent le pétale inférieur & les étamines ; dans le refte, ils s’écartent du pétale inférieur. Cette belle fleur eft de courte durée. Si aufli - tôt qu’elle eft épanouie on la tranfporte dans un appartement, à l’ombre 9 elle pourra fubsifter 5 ou 6 jours.
- Cette plante fe multiplie par fes caïeux
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- Lys dè Saint-Jacques. 9$ qui profitent & fe forment lentement ; on les fépare lorfquon déplante loignoii après que fes feuilles foiit defféchées, & oh leis replante aufii - tôt avec leurs racines entières & bieii ménagées , dans des pots remplis de terre légère fans aucun engrais, qu oh place dans une couche de chaleur tempérée ; pendant l’hyver on les met dans l’Orangerie ( mieux dans une Serre-chaude ). Pour les oignons formés, on peut les conferver en lieu fec & à couvert de la gelée.
- Lorfqu’on veut jouir de cette fleur, ce qii’oh peut en toute faifon , on plante chaque oignon dans un pot de grahdeur médiocre, quôn place dans la Serre-chaude ou fous un Chaflis ( depuis la mi-avril jufqu’à là fin d’août, on peut enterter les pots au pied d’un efpalier au midi ). On ne mouille que rarement & modérément.
- M A R U M.
- Le MarüM, Thym des Ifles d’Hières, T eu-crium Marum, Lin. eft une plante vivace & toujours verte , qui élève à 8 ou 10 pouces un grand nombre de tiges grêles & rameufes, garnies de feuilles oppofées 2 à 2 en croix,
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- ç6 Orangerie,
- plus grandes que celles du Thym commun; ovales pointues , blanches & cotonneufes en dehors. Ses fleurs , nombreufes , folitaires , axillaires , difpofées fur un feul côté du rameau , font beaucoup plus grandes que celles du Thym commun, labiées, purpurines, pref-que fessiles.
- Cette plante fe multiplie par les pieds éclatés ; fon odeur agréable, forte & pénétrante, attire les Chats, qui la dévorent, lorfqu’ils n’en trouvent qu’un ou deux pieds; mais, s’il y en a beaucoup, ils y touchent rarement.
- Quelques Variétés de Marjolaine , ou Origan, peuvent être agréables dans une Orangerie, moins par leurs fleurs qui font petites & fans éclat, que par leurs feuilles dont elles ne fe dépouillent point : telles que la Marjolaine de Crete , Origanum Cnticum, Lin. dont les feuilles font blanches, ovales, d’une odeur forte ; & dont les fleurs font blanches , petites, & difpofées en épi formé de petites grappes.
- La Marjolaine à feuilles rondes, épaifles, cotonneufes , concaves , en forme de cuiller, Origanum Ægyptiacum, dont les fleurs en épis
- ronds
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- M A R U M. 97
- ronds & fort rapprochés, font très-légèrement lavées de rouge. L’Origan du Mont Sipyle, Origanum Sipyleum , dont les rameaux font grêles , rougeâtres, garnis de feuilles ovales, & terminés par de petits épis oblongs & penchés de fleurs lavées de pourpre dont les étamines font fort longues, &c.
- Ces plantes fe multiplient par boutures, & par leurs pieds éclatés.
- M E D E O L A,
- JUedeola , Afperge d’Afrique. Plante du Cap, dont la racine en griffe pouffe vers l’automne & pendant l’hyver quelques tiges far-menteufes, rameufes , annuelles , garnies de feuilles fessiles , alternes, ovales lancéolées; & de petites fleurs peu apparentes. Elle fe multiplie par fes racines éclatées en juin ou juillet.
- MÉLIANTHE.
- I. Le MÉLIANTHE, Melianthus major, efl: un arbriffeau d’Afrique, dont les tiges hautes d’environ 5 pieds, font garnies de feuilles oppo-
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- 98 Orangehii,
- fées , compofées de 9 ou 11 folioles d’un vert glauque, dentelées finement & profondément. La tige efl embraffée par la bafe de la queue des feuilles, & par deux flipules réunies en une feule de forme de capuchon qui font corps avec cette queue. Ses fleurs ( qu’il donne rarement, s’il n’eft bien confervé pendant l’hy-,ver dans une bonne Orangerie, & placé pendant l’été au grand foleil ) font de couleur rougeâtre ou de chocolat, compofées i°.d’un grand calice fimple, monophylle, coloré, persiflant, divifé en cinq parties inégales, dont les deux fu-périeures font longues & redreffées, & la plus baffe eft plus courte & renflée en une efpèce de fac ou de tubercule, d’où il fuinte une liqueur mielleufe ; 20.. de 4 pétales inégaux, pédiculés, lancéolés, réfléchis en dehors ; au deffous du pétale inférieur efl un ne&aire placé dans le fac, ou éperon de la découpure inférieure du calice ; 30. de 4 étamines, dont deux plus longues ; 40. d’un piflil, dont l’embryon devient une capfule quadrangulaire renflée en vefîie, contenant des femences arrondies attachées à fon centre. Les fleurs du Mélianthe font difpo-fées en épi axillaire. Ses feuilles, un peu ref-femblantes à celles de la grande Pimprenélle, l’ont fait nommer par les Jardiniers Pimpremlk
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- M É L I A N T H E. 99
- m arbre, où plus improprement Pimprzhdh d'Amérique. il fe multiplie par les marcottes & les drageons ; & peut pafler l’hyver en pleine terre étant abrité*
- 2. Le petit MÉLIANTHÈj Meiianéüs minor $ efl moins haut que le précédent ; fes feuilles font moins larges * & les ftipules font diftin&es 8i moins adhérentes à la queue 5 fort odeur efl un peu fétide ; fes fleurs font plus petites j vertes en dehors, fafran en dedans, difpofées en panicules lâches* Il trace moins * & par conféquent fe propage moins par fes racines 3 mais on peut le multiplier par boutures en mai*
- tur.;, ----- . r . ...
- M O L L É.
- Li Molle , ou Lentifque dix Péroù, Sckihüs j Lin. efl: tin arbrifleaii, dont les fleurs > les feuilles & ies fruits ont une odeür & une fa-» veur piquante de poivre* Ses feuilles font àl«< ternes, compofées de 5 à 15 folioles longues * étroites, pointues , dentelées > fessîles * oppo-fées fur une longue queue commune. Ses fleurs* en panicules lâches * font petites * d’un blanc jaune* Compofées d’un calice à $ dentsj dg
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- 100 Orangerie,
- 5 pétales difpofés en rofe ; de io étamines ;
- 6 d’un piftil, dont l’embryon devient une baie rougeâtre, de la groffeur d’un grain de Genièvre , ronde, renfermant un noyau.
- Il fe multiplie par les femences, par les marcottes , & par boutures fous cloche.
- MYRTE.
- Le Myrte , Myrtus, efb un arbrifîeau toujours vert, d’un port agréable, fufceptible de diverfes formes, dont les rameaux nombreux & fouples font très-garnis de feuilles alternes, ou plus fouvent oppofées, & mêmes ternées, liffes, vertes, fortes, ovales oblongues, & pointues par les deux extrémités, ou étroites & lancéolées , & plus ou moins grandes fuivant la variété , portées par des queues fort courtes*. Ses fleurs axillaires, quelquefois en corymbe, le plus fouvent folitaires, portées par d’affez longs pédicules, font compofées d’un calice persiflant , d’une feule pièce à f échancrures ; de 5 pétales blancs, ovales très-raccourcis, concaves ; d’une trentaine d’étamines ; & d’un pistil , dont l’embryon devient une baie ovale, ombiliquée, contenant dans 3 loges pîufieurs femences réniformes.
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- Myrte. roi
- Il y a°plufieurs variétés de MYRTE diftiri-guées principalement par la forme & la grandeur des feuilles. Les plus cultivées font i®. le Myrte Romain à grandes feuilles , longues de 15 à 18 lignes, larges de 6 à 7 lignes, & à grandes fleurs qui ont 9 ou 10 lignes de diamètre ; &, fa fous-variété à fleurs doubles. Leurs fleurs & leurs feuilles font inodores , même étant écrafées. 2°. Le petit Myrte commun , dont les feuilles font longues de 8 lignes, larges de 3 lignes & demie, qui fleurit peu & rarement ; fa fous-variété, qui fleurit abondamment; & fon autre fous-variété dont les feuilles font panachées. 30. Le petit Myrte à feuilles étroites , ou à feuilles d’If, qui font longues de 9 lignes & larges de 2 lignes , &c.
- Les Myrtes fe multiplient facilement par les marcottes, par les boutures, & par les fe-mences ; ils aiment le foleil, & de fréquentes mouillures.
- OLIVIER.
- 1. L’Olivier, Olea Europœa, Lin. eft un grand arbrifleau ou petit arbre qui de fon tronc élève le plus ordinairement plufieurs tiges rameufes.
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- jo% Orangerie;
- 5es feuilles font opposées, d’une (fünsiflance ferme, ovales, aiguës par les extrémités, yer* tes en dedans , blanches en dehors, longues d’environ 2 pouces & demi, larges de 18 li* gnes, unies par les bords. Ses fleurs en petits bouquets axillaires , font blanches, compofées d’un fort petit calice tubulé, à 4 fègments, d’un petit pétale infundibuliforme , découpé par le bord en 4 échancrures ; de 2 étamines ; & d’un piftil , dont l’ovaire devient un petit fruit charnu , ovale, contenant un noyau de même forme. Il efl inutile de faire mention des fous^variétés de cet Olivier , qui fe cultivent dans nos Provinces méridionales,
- 2, L’Olivier d'Efpagne, O ha Hifpanica, de^ vient plus grand que le précèdent; fès fbuil* les font beaucoup plus grandes, & fes fruits beaucoup plus gros,
- 3. L’Olivier du Cap à feuilles de buis, O ha Buxifolia, n’eft qu’un petit arbrifleau, N’ayant befoîn que d’un pot ou d’une petite caifle, il efl: plus commode que les autres Oliviers à cultiver pour l’Orangerie, où il fera égale-? ment variété parmi les arbrifleaux toujours verts»
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- Olivier. 103
- Les Oliviers fe multiplient par leurs drageons éclatés avec des racines , ou par marcottes qui s’enracinent en deux ans, ou par la greffe tant en fente qu’en couronne. Ils peuvent fe planter en efpalier au midi, où ils pourront donner des fleurs & quelques mauvais fruits, & fupporter nos hyvers, pourvu qu’on jette fur la plate-bande des feuilles d’arbres , ou de la litière, ou du terreau, & qu’on couvre les arbres avec de bons paillaffons pendant les gelées feulement. Ils aiment un bon terrein , & s’il efl fecquelques arrofements pendant l’été.
- s
- ORANGER,
- Nous comprendrons fous ce titre tous les arbres du même genre, Orangers, Limonniers, Citronniers, &c.
- I, Orangers.
- Le nom latin moderne, Aurantia, fait préfumer que l’Oranger a été inconnu aux Anciens ; & il y a lieu de croire que nous avons reçu du Nouveau - Continent ce précieux &
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- 104 Orangerie, charmant préfent. Virgile, Pline, Palladius, Sic. auroient-ils préféré de nous tranfmettre la def-cription du Citronnier, beaucoup moins efti-mable à tous égards ? Et Caton , ce grand économe, auroit-il oublié un arbre fi agréable par fon feuillage , par fa fleur & par fon fruit ?
- L’Oranger efl: un arbre vigoureux , fort touffu, l’un des plus vivaces que nous con-noiflîons. De fes racines , qui font jaunes , fortes , les unes piquent , les autres courent horizontalement. Sa tige, d’un bois dur, blanc, efl: couverte d’une écorce liffe, folide, de couleur fort brune. Ses branches nombreufes s’arrangeant & fe foutenant mal, le fecours de l’art efl: néceflaire pour donner quelque grâce à fon port & à fa forme. Ses bourgeons font d’un vert brillant, bien garnis de feuilles dif-pofées dans un ordre alterne , & armés de quelques épines fortes, médiocrement longues ( rares fur les arbres francs ).
- Ses feuilles font d’un vert foncé & brillant , d’une étoffe forte , fimples , entières, arrondies vers la queue , terminées en pointe, portées & bien foutenues par un pédicule fort, court, ailé, un peu cordiforme , articulé à la groffe nervure de la feuille. Les nervures
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- Oranger. 105
- latérales, qui naiffent de l’arrête, font alternes. Rarement on apperçoit quelque légère dentelure fur le bord des feuilles : elles fubsiftent fur l’arbre autant de tems qu’il en faut aux fruits pour parvenir à leur perfe&ion.
- Ses fleurs , difpofées par bouquets le long des branches , répandent une odeur forte & très-agréable. Elles font compofées d’un calice peu profond, découpé par les bords en 4 ou
- 5 échancrures très - courtes ; de 5 pétales d’un blanc pur en dedans & en dehors, épais & comme charnus, alongés, terminés en pointe ; de 20 à 30 étamines, dont les filets très - blancs font tous ou la plûpart réunis ou collés enfemble par leur partie inférieure,
- 6 font terminés par des fommets jaunes ; d’un piftil d’un vert très-clair, comme renfermé dans un cylindre formé par les étamines : le ftyle implanté fur l’embryon eft terminé par un Rigmate.
- Son fruit, qui pend d’un an à quinze mois à l’arbre , & qui n’acquiert fa maturité que dans cet efpace de tems, eR rond ou fphéri-que , de grofleur fuivant la variété , couvert d’une peau d’un beau jaune doré, unie, mais bôutonnée ou chagrinée finement de petites vé-ficules remplies d’une liqueur forte, pénétrante,
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- iq6 Orangerie,
- inflammable , très-odorante. Sous cette peau ; on trouve une écorce ou peau intérieure plus ou moins épaifle, blanche, féche, filandreufe, compofée de plufieurs couches membraneufes, ordinairement amère & d’une odeur forte : elle fe fépare facilement de la chair. La chair ou pulpe efl partagée par des membranes aflez fortes en plufieurs (de 6 à 12 ) lobes qui fe détachent facilement l’un de l’autre. Chaque lobe efi: entrecoupé de membranes coriaces qui forment comme des véficules remplies d’un jus plus ou moins doux ou acide fuivant la variété, & contient d’un à quatre pépins.
- Toutes les variétés d’Oranges font aigres avant leur maturité. Alors les unes confervent leur aigreur mordante & vive ; leur peau devient d’un jaune terne ou trifte, fe boutonne groflîèrement. On les nomme Oranges aigres ou fauvages. Les fleurs de ces variétés d’Oranger font ordinairement peu abondantes, petites & maigres. Ainfi leur culture efi: peu utile.
- D’autres ( les Oranges douces ) perdent leur aigreur; leur peau efi: unie, d’un beau jaune doré vif, finement boutonnée ; leur écorce efi: mince, d’une odeur forte & agréable, d’une amertume infupportable ; leur chair efi d’un jaune clair prefque fouffre, pleine d’un jus doux , relevé , parfumé.
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- Oranger. roy
- D’autres enfin changent leur aigreur en une acidité mêlée d’une petite amertume qui la tempère & la rend agréable dans les affaifonne-ments de la cuifine & diverfes préparations d’office, où ce fruit eft d’un ufage très-fréquent ; fes carafrères tiennent le milieu entre ceux de l’Orange douce & ceux de l’Orange aigre. Les feuilles de ces arbres font portées par des queues dont les ailes font plus grandes que celles des Orangers à fruit doux. Les fruits de cette troifième claffe fe nomment Bigara* des, Oranges fures , Oranges acides.
- Je fais que l’on donne ces différentes dénominations à des variétés différentes ; mais ces diftinfrions qui conviennent à la précifion & à l’exafritude de la Botanique, ne font pas né-ceffaires dans un Ouvrage où l’on ne fe pro-pofe que de faire connoître les variétés les plus utiles de chaque efpèce d’arbre,
- i. Orange douce commune, Auramia fruclu dulci vulgaris. L’arbre n’a aucun carafrère qui le diftingue ; fon fruit eft de forme fphérique ap-platie par les extrémités, le diamètre de deux pouces huit lignes excédant un peu la hauteur; fa peau eft d’un jaune affez foncé, boutonnée groffièrement; fon éçorçe eft épaiffe d’environ
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- 108 Orangerie, une ligne; fa chair, ordinairement partagée en 12 lobes par des membranes fort minces, dont chacune renferme 4 ou 5 pépins bien nourris , eft remplie d’un jus médiocrement doux : à Saint-Domingue même, d’cfii j’en ai reçu , il conferve une petite pointe d’acide.
- 2. Grosse Orange , Orange de Grafle, Au-rantia fruclu majori, globofo, dulçi. Ce beau fruit, qui fouvent a plus de 3 pouces de diamètre, eft quelquefois exa&ement rond , plus ordinairement applati par la tête : fa queue s’implante dans une petite cavité peu profonde & peu évafée, fouvent bordée de côtes affez faillan-tes qui s’étendent peu fur le fruit : la peau eft d’un beau jaune très-vif, unie, fans aucunes éminences, mais très-groflièrement boutonnée, fur-tout vers la queue ; lecorce & la peau ont enfemble environ deux lignes d’épaiffeur : la chair eft d’un jaune prefque ponceau, divifée en J 2 ou 13 lobes qui contiennent des pépins grands & bien nourris, & un jus agréable , quoiqu’il ne foit pas très-doux.
- 3. ORANGE de Portugal, Aurantlafruclu dut-ciori, cortice tenui. Le pédicule des feuilles de cet arbre eft fort court & très-peu ailé. Le fruit
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- Oranger. 109
- efl: rond ; fa peau efl fine & unie, & fon écorce peu épaifle fe détache bien de fa chair; fon jus efl: doux & excellent. Cette Orange, qui efl la plus commune à Paris, a plufieurs fous-variétés j dont la plus remarquable efi: la fuivante.
- 4. Orange rouge, Aurantia fruclu dulciori, cortice & carne rubris. La peau & la chair de cette Orange , teintes de -rouge mêlé de jaune , la rendent aùfli peu agréable à la vûe que fon j us très-doux l’efl: au goût ; elle efl: de mêmes forme & grofleur que les autres Oranges de Portugal. Quelques-uns la nomment Orange-Grenade,
- 5. ORANGE fans pépins, Aurantia fruBu dulci, parvo , fpadonio. Cette Orange efl: petite, bien arrondie ; fon écorce efl: mince ; fon jus abondant & fort doux,
- 6. ORANGE de la Chine , Aurantia fruche oblongo , dulcijjîmo , cortice tenui, Sinenjîs. La forme de cette Orange varie un peu ; le plus fouvent elle efl: ovale ou oblongue, fes côtés formant des lignes elliptiques , & fa hauteur excédant fon diamètre de quelques lignes ; fa peau efl: d’un beau jaune gai, très-unie & fi finement boutonnée qu’elle paroît lifle : fon
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- no Orangerie, écorce efl fort mince. Prife avec la peati, raté*» ment elle a une ligne d’épaiffeur : la chair eft d’un jaune très-clair, divifée en dix ou onze lobes par des membranes très-fines, qui contiennent chacun 3 ou 4 grands pépins bien nourris, & un jus très-abondant, très-doux, très-agréable : c’effc la meilleure des Oranges douces*
- 7. Riche DÉPOUILLÉ , Auraniia plurimo fruBu dulci & flore ditiffîma. Cet Oranger efl de grandeur fort médiocre, délicat, rarement bien garni & en bon état ; fes feuilles font petites , peu alongées, arrondies par les extrémités, courbées ou arquées en dehors, très-nombreuses, placées fort près les unes des autres. Les bourgeons étant très garnis d’yeux, & par conséquent la récolte des fleurs très-abondante, & les fruits de grofîeiir médiocre & affez doux venant par bouquet, il n’y a aucun arbre de ce genre dont la dépouille Soit aufli riche.
- 8. Orange- Bergamotte, Aurantia fructu dut* ci, rotundo, glabro 3Japore & odore gratiflîmis. Les feuilles de cet Oranger font alongées & étroites , très-arrondies du côté de la queue, dont
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- Oranger* iii
- les ailes font fort petites : le fruit bien rond conferve le ftyle de la fleur planté fur une petite tumeur ; fon diamètre eft d’environ deux pouces & demi, & fa hauteur un peu moindre. La peau efl: lifle, très-unie, d’un jaune clair ; fouvent l’écorce a plus d’une ligne d’é-paifleur ; la chair, divifée en io ou 12 lobes, contient rarement des pépins, mais beaucoup de jus d’un goût & d’un parfum propres à ce fruit.
- 9. ORANGE étoilée, Aurantia fruclu dulci pdiato. Cinq petites tumeurs rangées comme les rayons d’une étoile, au milieu defquelles s’implante la queue de cette Orange, font le caractère qui la difliingue. Son jus efl: afTez doux, mais fon écorce efl: épaifle.
- Toutes ces variétés d’Orangers à fruit doux ont des fous-variétés à fruit acide , ou à fruit aigre ; ou à fruits ou à feuilles, ou,, à fruits & feuilles panachés ou maculés.
- 10. Bigarade commune, Aurantia fruclu acido vulgaris. Nous avons marqué ci-devant les cara&ères qui diflinguent les Bigarades des Oranges douces. L’écorce de celle-ci efl: un jpeu épaifle; fes fleurs font belles, nombreu-fes , & leurs pétales font épais.
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- in Orangerie;
- 11. Bigarade à fleur femi-double, Auran* tia fructu acido, flore femi-pleno. Cette variété efl: moins diflinguée par fon fruit, qui efl un peu moindre que le précédent, & couvert d’une écorce plus mince, que par fes fleurs, dont une partie des étamines fe change en petits pétales fort étroits , qui ajoutent très-peu à la beauté & à l’utilité de la fleur.
- 12. Bigarade violette, Aurantia fructu acido , foliorum, florum & fruUuum aliis violaceis , aliis aliiis coloris. L’arbre n’efl: pas fort touffu ; le vert de fes feuilles efl: foncé : une partie de fes branches produit des bourgeons , des feuilles, des fleurs & des fruits des mêmes couleurs que l’Oranger commun. L’autre partie pouffe des bourgeons dont les feuilles naif-fantes font teintes de violet ; des boutons & des fleurs lavées en dehors de violet clair. Des jeunes fruits, les uns font entièrement violets, d’autres font rayés de violet & de jaune qui dégénère enfuite en vert. A mefure que lès fruits grossiflent, ces couleurs fe foncent , de forte que le violet devient prefque noir ; enfin lorfqu’ils approchent de leur maturité , ces couleurs difparoiffent & fe changent en jaune affez foncé. Le fruit efl: d’une
- belle
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- Oranger. 113
- Belle groffenr, de forme fphérique, applatie par les extrémités; la peau eft unie, mais groflièrement boutonnée ; fon écorce ell épaiffe d'une ligne ; fa chair , partagée en 8 ou 9 lobes , contient un jus d’un acide fort tempéré.
- Si l’on multiplie cet arbre, il faut prendre les greffes fur les bourgeons dont les productions font violettes. En le taillant, il faut aulîi conferver autant ou même plus de bourgeons violets que de verts ; car li l’une des deux efpèces , & fur-tout la verte, domine , elle emporte l’arbre, qui devient tout Bigarade commune , ou Bigarade violette.
- 13. Bigarade cornue, Aurantia fructu aci~ do corniculato. Sur les arbres vigoureux, tant Orangers que Limonniers, il noue fouvent des fruits qui portent des excroiffances longues & terminées en pointe. Il y en a même qui fe terminent par plulieurs ( 5 ou 6 ) excrois-fances d’inégales longueurs, répréfentant tellement quellement les doigts de la main ; on les nomme digités. Les fruits qui portent un grand nombre de ces excroiffances périffent prefque tous pendant l’hyVer , & rarement quelques-uns parviennent à maturité : ceux qui n’en ont qu’un petit nombre réussiffent aulli-
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- iî4 Orangerie, bien que les fruits unis. Or il y a une variété de Bigarade qui en produit «le tels plus constamment & en plus grand nombre. Au relie, cês cornes ou doigts viennent d’étamines, dont les filets font adhérents, ou fe greffent & fe collent à l’embryon du fruit, qui grossiffent .& profitent avec le fruit & qui le défigurent plutôt quelles ne l’ornent ; fouvent, à la maturité du fruit, on voit encore à leur extrémité les fommets defféchés des étamines.
- 14. Petite Bigarade Chinoife, Aurantia nana fiuctu acido Sinenjis. Cet Oranger, qui n’acquiert que la grandeur d’un arbriffeau , eft touffu & fort garni de feuilles terminées en pointe longue & très-aiguë; les plus grandes ont à peine deux pouces & demi de longueur fur 8 lignes de largeur : elles font portées par des pédicules fort courts, fouvent fans ailes : les fleurs font petites, mais très-nom-breufes : le fruit eft le plus ordinairement fphé-rique, ayant 9 ou 10 lignes de diamètre fur 8 ou 9 de hauteur ; la peau efl: d’un jaune gai, unie , prefque liffe ; l’écorce efl mince : la chair, divifée en 7 ou 8 lobes, efl très-pleine de jus d’un acide fort tempéré. On y trouve rarement des pépins.
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- Oranger. iij
- If. POMMIER d’Adam, Aurantia magno fruUu acido, cortice carni adfmrente, L’arbre eft beau, vigoureux, armé de longues & fortes épines. Ses feuilles font grandes, un peu crif-pées, & portées par des queues dont les ailes font ordinairement fort étroites ; fes fleurs font abondantes , un peu plus grandes & moins odorantes que celles de l’Oranger commun, quelquefois un peu lavées de rouge. Son fruit eft de groffeur double ou triple de celle de l’Orange commune, de forme ronde, quelquefois un peu alongée & pointue par la tête , où l’on croit appercevoir l’impreflion ou la cicatrice d’une morfure. La peau eft d’un jaune foncé, boutonnée très-grossièrement. L’écorce épaiffe d’environ 2 lignes, eft féche & prefque infipide, très-adhérente à la chair : deux caractères qui font ranger ce fruit par quelques-uns entre les Limons dont plufieurs variétés portent aufli le nom de Pomme et Adam. La chair , partagée en io ou 12 ferions, contient un jus fort acide, & peu de pépins.
- Je pourrois ajouter un grand nombre de variétés & de fous-variétés d’Oranges douces & de Bigarades, qui fe diftingùent par la grandeur & la forme des feuilles, la groffeur & le
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- ï 16 Orangerie,
- plus ou moins de douceur ou d’acidité du fruit ; les unes panachées, les autres maculées, &c. Mais la culture des arbres de ce genre étant fort difpendieufe dans notre climat, où ils ne peuvent fubfifter en pleine terre , peu de Particuliers ont aflez de fortune & affez de mauvais goût pour raffembler toutes ces variétés , dont les unes n’intéreffent que la curiofité, les autres ne méritent que de fervir de fujets aux variétés eftimables. Comme les Orangers font utiles par la fleur & par le fruit, il faut préférer les variétés dont les fleurs font les plus grandes & les plus nombreufes, & celles dont les fruits font les plus gros & les plus remplis de jus de bonne qualité.
- 11. Limonnlers.
- Le Limonnier , que l’on confond à Paris même avec le Citronnier, devient un peu plus grand que l’Oranger : fes branches peu nombreufes , longues, fouples , armées d’épines, s’arrangent & fe foutiennent plus mal que celles de l’Oranger. Les feuilles & les bourgeons naiffans font d’un rouge tirant fur le violet : les bourgeons & les feuilles formés font d’un vert clair ; les feuilles font plus grandes & plus
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- Oranger. 117
- minces que celles de l’Oranger, plus élargies, & dentelées par les bords, portées par des queues Amples & fans ailes. Les fleurs font moins grandes que celles de l’Oranger, les pétales moins larges, moins épais ; teints de rouge en dehors. Les fruits naiffans font d’un rouge très-brun ou d’un vert trille : à leur maturité ils deviennent d’un jaune fort clair : l’écorce & la chair font adhérentes ; l’écorce a très-peu de faveur, l’eau eft acide ou aigre, le parfum efl foible. La forme des fruits varie fuivant la variété de l’arbre ; dans la plûpart elle eft alongée, terminée en pointe , ou par un mamelon.
- On fait peu d’ufage des fleurs du Limonnier 9 parce quelles font colorées , maigres, peu parfumées. Le jus du Limon s’emploie comme aflai-fonnement & comme médicament, & à faire la boilfon qu’on nomme Limonnade, : fon écorce fe confit. Ainfi on doit préférer les variétés qui ont l’écorce mince , & par conféquent plus de jus ; & celles qui l’ont très-épaifle, & par conféquent plus propre à être confite.
- Plufieurs Auteurs ont cherché l’étymologie du nom de cet arbre ; leurs conjettures font aufli peu fatisfaifantes, que la chofe efl; peu intérefîante. S’il efl vrai 3 comme l’afîiire Alva-
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- ii8 Orangerie;
- rus Semedus, Jéfuite , qu’à la Chine il fe nomme Li-murn , fon nom eft Chinois. Le Limonnier ne paroit pas plus anciennement connu en Europe que l’Oranger.
- 1. LIMON commun, Limonia fruciu medio , ohlongo , acuminato, tenui cortice. Ce limon, ap-pellé commun , parce qu’il eft le plus employé à caufe de l’abondance de fon jus très-acide , eft de groffeur moyenne, alongé, rond vers la queue, terminé en pointe ( fa forme varie beaucoup ) ; la peau eft prefque lifte ; l’écorce eft dure & infipide : l’une & l’autre n’ont enfem-ble qu’environ 2 lignes d’épaiffeur. Sa chair eft divifée en 8 ou 10 ferions & contient peu de pépins. Sa groffeur eft de 3 à 4 pouces de longueur, fur 2 pouces de diamètre.
- 2. LIMON de Calabre, Limonia flore albido, fruciu minimo, cortice tenuiflimo. L’arbre eft plus touffu que la plûpart de ceux de fon efpèce, & porte très-peu d’épines. Ses feuilles font très-nombreufes, longuettes, pointues, fort reffem-blantés à celles du Laurier, portées par des pédicules un peu ailés. Il produit beaucoup de fleurs, d’un blanc terne, & d’une odeur qui imite un peu celle du Muguet ; fes fruits les plus
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- Oranger. 119
- gros & les plus alongés ont 32 lignes de hauteur , y comprife la pointe, fur 18 lignes de diamètre. Souvent ils font prefque ronds & ne fe terminent point par une pointe : la peau eft d’un jaune fort clair, unie, un peu parfumée. L’écorce eft fi mince , qu’avec la peau elle a à peine une demi - ligne d’épaiffeur ; la chair, divifée en 12 ou 13 lobes, eft très-pleine de jus d’un acide agréable ; on trouve rarement plus d’un pépin dans chaque lobe. Ce petit Limon qu’on nomme à Saint-Domingue , Citron des Bois, eft très-eftimable.
- 3. LIMON doux , Limonia flore albo , fructu majore , oblongo , dulci, ttnui cortice. L’arbre, par fon port, le grand nombre de fes branches, fa fécondité , reffemble beaucoup à un Oranger. Sa feuille eft grande, étoffée, alongée, très-peu dentelée , ondée ou froncée par les bords , d’un vert clair ; fes fleurs font très-nom-breufes , grandes , d’un blanc pur ; fon fruit eft gros, long de 4 pouces & demi, fur 3 & demi, bien arrondi fur fon diamètre, terminé en pointe peu alongée ; la peau eft d’un jaune orangé, & boutonnée ; l’écorce, à peine épaiffe de 2 lignes, eft dure St infipide ; la chair contient un jus abondant & doux , & peu de pépins.
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- 120 Orangerie,
- 4. LIMON perette, ou poirette, Limonia fruclu parvo pyriformi, jlriato, tenui cortice. Cet arbre efl touffu & épineux ; fes branches font menues & pendantes ; bien garnies de feuilles longuettes , pointues par les extrémités ; fes fleurs font teintes de rouge ; fon fruit efl cannelé, petit, pyriforme du côté de la queue : l’autre extrémité fe termine par un mamelon fort faillant & fouvent tuberculeux. La peau, parfemée de quelques verrues ou éminences, efl d’un jaune clair & d’un parfum agréable. L’écorce efl fort mince ; la chair, divifée en 8 ou 9 lobes fans pépins, efl pleine d’eau d’un acide vif. La hauteur de ce fruit efl d’environ 2 pouces, & fon diamètre de 20 lignes.
- Il y a deux fous-variétés de Limon perette, dont la peau efl unie ; l’une efl fort petite, régulièrement pyriforme, dont l’écorce efltrès-épaiffe & dure ; l’autre efl pyriforme très-alon-gée & terminée à la tête par un gros mamelon ; fon écorce efl mince ; fon jus efl aigre-doux , d’un goût approchant de celui d’une poire aigrelette.
- 5. LIMON Impérial , Limonia fruclu rnagno longifjimo , craffo cortice. L’arbre reffemble au Limonnier commun : le fruit efl gros, le plus
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- Oranger. 121
- alongé de tous les Limons, ayant près de 6 pouces de hauteur fur 3 pouces de diamètre; fa peau eft fine, unie , lifte, d’urt jaune fort pâle ; fon écorce eft douce, tendre, épaiffe d’environ fix lignes ; fa chair divifée en 7 ou 8 ferions, eft pleine de jus d’un acide vif, & contient peu de pépins i Ainfi ce Limon eft utile, par fon écorce propre à être confite, & par fon jus abondant.
- 6. LlMON balotin, Limonia fructu medio , ro-tundo, craffo cortice. Je ne fais pourquoi on eftime cette variété plus qu’un grand nombre d’autres qui paroiffent préférables. L’arbre eft beau, vigoureux, armé de fortes épines, garni de fort grandes feuilles terminées en pointe, fouvent froncées par les bords : fes fleurs étendues ont 18 lignes de diamètre; leurs 5 ou fouvent 6 pétales font lavés de rouge foncé ; elles font peu odorantes : le fruit eft rond, à-peu-près de la forme d’une balle de paume, d’où il a tiré fon nom ; quelquefois il fe termine par un petit mamelon peu fail-lant ; fa hauteur eft de 3 pouces & fon diamètre eft prefque égal ; fa peau eft d’un beau jaune i fon écorce eft dure, épaiffe d’environ 9 lignes. Il a peu de chair, & par conféquent
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- peu de jus, dont le parfum efl affez fort ; fes
- pépins font très-petits,
- 7. Limon de Grénade, Pomme de Paradis ; Lime en Provence, Limonia fructu magno, loti-* go y acuminato , erajjïori cortice, L’arbre devient grand , touffu, épineux & fort garni de feuilles longues, étroites vers la queue ; les fleurs font petites, très-légèrement lavées de rouge & peu odorantes : le fruit, qui varie de forme & de volume, efl le plus fouvent gros, fort alongé, terminé régulièrement en pointe obtufe, arrondi par la tête ; la queue s’implante dans une petite cavité : fa hauteur efl: de près de
- 5 pouces , & fon diamètre d’environ 3 pouces ; fa peau efl: un peu parfumée , unie, boutonnée, d’un jaune clair ; fon écorce, blanche & fort douce , remplit prefque toute la capacité, & ne laiffe que très-peu de place à la chair qui efl divifée en 7 ou 8 lobes , dont chacun contient de 10 à 20 pépins ,
- 6 un peu de jus médiocrement acide.
- 8. Limon fans chair ( quelques-uns le nomment Pomme de Paradis ) , Limonia fruclu ma-jore, oblongo, acuminato , dulci cortice crafjijjimo. L’arbre efl fort épineux. Ses feuilles font pe-
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- Oranger, 123
- rîtes , étroites, d’odeur de citron ; fon fruit eft gros, haut de 5 pouces & demi fur environ 4 pouces & demi de diamètre, arrondi du côté de la queue , qui eft plantée dans un enfoncement très-peu profond, terminé en cône court & obtus ; la peau eft fine, liffe, d’un jaune très-pâle ; l’écorce eft douce , blanche, & li épaifle que le centre du fruit n’eft prefque occupé que par un petit nombre de pépins, dont la pellicule intérieure eft rouge,
- 9. PONCIRE violet , Limonia flore amplo , fructti maximo, longo, lenero cortice craffo. L’arbre eft grand, vigoureux, un peu touffu ; fes bourgeons font gros & courts ; fes feuilles, d’une étoffe forte & épaiffe, font larges du côté de la queue & fe terminent en pointe peu aiguë ; fes fleurs ont 2 pouces de diamètre, font légèrement lavées de violet, & portent jufqu’à 40 étamines : fon fruit n’eft que de médiocre groffeur, lorfqu’il n’a que 6 pouces de hauteur fur 4 & demi de diamètre. Sa forme eft alon** gée ,• il eft fort renflé vers la tête, qui fe termine en cône fort court : au deffus de ce renflement il forme un cône tronqué , au fommet du quel la queue s’implante dans une cavité affez profonde bordée décotes très-faillantes ,
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- qui s’étendent peu fur le corps du frûit; fa peau eft d’un beau jaune, plus clair que celui de l’Orange , boutonnée, parfémée de boffes ou tumeurs quelquefois très-faillantes ; fon écorce, épaiffe de 9 ou 10 lignes eft tendre, tranfparente, infipide : fa chair, divifée en 8 lobes, contient un jus de goût peu relevé , & jufqu’à 150 pépins bien nourris.
- Il y a plufieurs variétés de Poncire moindres en grofleur 8t en qualités.
- 10. Limon de Valence, Pomme d’Adam , Limonia fruclu maximo , rotundo , craffiori cor-tice dulci. L’arbre grand & vigoureux étend beaucoup fes branches, qui font garnies de quelques épines fortes, & de feuilles peu nombreufes, ovales, étoffées, fouvent pliées en gouttière ou en fpirale. Ses fleurs très-peu odorantes font légèrement lavées de rouge. Son fruit eft rond, fort gros, ayant 5 pouces de hauteur & prefque autant de diamètre : la peau eft lifte , unie, d’un jaune très - pâle , fans parfum : l’écorce, épaiffe de 15 lignes , eft tendre St douce : la chair , divifée en 10 ou IZ lobes, contient un jus d’un acide agréable St peu de pépins , qui font prefque ronds.
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- II. LlMON de Sbardoni, Limon Sbardonius9 Ferr» L’arbre eft fans épines. Sa feuille eft longue, terminée en pointe, crifpée & ondée par les bords. Son fruit excédant 3 pouces de hauteur, fur 3 de diamètre, eft renflé vers la queue, qui s’implante entre 4 ou 5 petites tumeurs difpofées en étoile ; diminue un peu de grofleur graduellement jufqu’à l’autre extrémité , qui fe termine par le piftil persiflant de la fleur. Sa peau eft d’un beau jaune, quelquefois légèrement cannelée. Son écorce peu épaifle ( 3 lignes ) eft tendre & prefque douce. Sa chair, divifée en 10 lobes, abonde en jus d’un acide tempéré, & contient peu de pépins.
- II. LlMON Jarrette, Limonia fruclu majore, ollulce forma. Les rameaux de cet arbre vigoureux font armés de grandes épines très-aiguës. Ses feuilles font grandes & d’un beau vert. Ses fleurs font entièrement blanches. Son fruit haut de 4 pouces & demi fur 4 de diamètre, eft d’une forme un peu alongée, renflé par la tête de laquelle il fort quelquefois un mamelon peu faillant ; il diminue aflez régulièrement de grofleur jufqu’à l’autre extrémité qui eft tronquée & fort obtufe , & où la queue eft plantée au fond d’une cavité bordée de bofles
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- qui fouvent s’étendent affez loin fur le fruit & y forment des côtes bien marquées. La peau lifle, mince, d’un jaune pâle, couvre une écorce molafle, épaifle de 9 à 10 lignes. La chair partagée en 10 ou 12 lobes, contient peu de pépins prefque ronds, & un jus d’un acide vif & âcre. C’eft un beau fruit d’une bonté au-defîbus du médiocre*
- 13. Limon de Saint-Dominique, Limonia fruclu magno , fubrotundo , acido. Les branches de l’arbre font fouples, pendantes, garnies de petites feuilles, la plupart pliées, ou roulées. La fleur a fouvent 6 pétales courts, teints de rouge en dehors. Le fruit, dont le diamètre excède 3 pouces, fur un peu plus de hauteur, eft prefque rond, & d’une forme approchant de celle d’une grofle Lime douce, tant foit peu alongée ; il efl: terminé par un mamelon fort faillant & obtus. Sa peau, d’un jaune pâle, efl: mince & groflièrement boutonnée. Son écorce , épaifle de 5 ou 6 lignes , efl: d’une faveur aflez agréable. Sa chair, partagée en dix ou douze lobes , contient quelques petits pépins, & beaucoup de jus d’un acide vif, très-propre à aflaifonner les aliments au lieu de vinaigre.
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- 14» LlMON Romain , Limonia magno fruïïu globofo , papillatOi Lima Romana, Ferr. L’arbre eft armé de très-longues & fortes épines. Ses feuilles font étroites , alongées, finement dentelées, un peu crifpées ou ondées par les bords. Son fruit haut de 3 pouces St demi, fur autant ou un peu plus de diamètre, bien arrondi dans fa circonférence , un peu applati par les extrémités , fe termine par un gros mamelon. Sa peau d’un jaune pâle , toute parfemée de petites verrues, couvre une écorce mollafle, douçâtre, épaifle d’environ 6 lignes. Sa chair, d’un jaune tirant fur le vert, eft partagée en neuf lobes, contient un grand nombre de gros pépins , 8t un jus d’une âpreté défagréable : de forte que ce fruit n’efb efti-mable que par fa beauté.
- Je me borne à ce petit nombre de Limons les plus utiles : ceux qui ont l’écorce très-épaiffe, & qui ne s’emploient qu’en confitures, font la plûpart prefqu’infipides St très-peu parfumés ; mais ils font fufceptibles de tous les goûts 8c les parfums ; c’efl: pourquoi on les confit avec des Bigarades, ou beaucoup mieux avec du Cédrat que je vais décrire. Quoique je le range avec les Limons, je ne décide point s’il eft une
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- variété de cette efpèce, ou s’il eft une éfpèce différente du Limon. On en diftingue plufieurs variétés : je ne parlerai que de la meilleure. Quelques-uns croient qu’on les a nommés Cédrat, parce qu’on trouve dans leur parfum une odeur de Cèdre.
- CÉDRAT de Florence, Lîmonia. Cedrata fruclu maxitno , conico , verrucofo , fapore & odore infigni. L’arbre, fans être touffu , eft affez garni de branches fort menues & fouples. Les jeunes bourgeons portent prefqu’autant d’épines que de feuilles , mais la plupart tombe ; de forte qu’il s’en trouve peu fur le vieux bois. Les feuilles font alongées, étroites , terminées en pointe aiguë, dentelées très-finement: & régulièrement, & très-parfumées. Les fleurs font petites & toutes leurs parties fort grêles ; tout leur extérieur & les feuilles naiffantes font teints de rouge. Les jeunes fruits font d’un vert foncé. Les fruits, parvenus à leur grof-feur, ont jufqu’à 5 pouces de hauteur, fur près de 4 pouces de diamètre. Leur forme la plus ordinaire eft conique , mais elle varie beaucoup. La queue fort groffe s’implante dans une cavité plus évafée que profonde, bordée de boffes très-faillantes, & fouvent toute la
- furface
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- furface du fruit en eft parfemée. La peau eft d’un jaune foncé. L’écorce eft épaiffe de 7 ou 8 lignes, plus haute en couleur que celle des Limons. La chair, divifée en 9 lobes, eft pleine d’un jus aigrelet, & contient quelques pépins alongés & peu nourris. Toutes les parties de ce fruit font d’un goût & d’un parfum très-relevés & très-agréables.
- III. Arbres qui participent de V Oranger & du Limonnier.
- 1. Lime douce, Lima dulcïs. L’arbre eft grand, peu touffu. Ses branches menues, fouples, armées de quelques petites épines, font peu garnies de feuilles qui font grandes , minces, larges , d’un vert gai, très-légèrement dentelées, ordinairement creufées en bateau, ou diverfe-ment pliées, roulées, contournées, d’une odeur approchant de celle de la feuille d’Oranger, portées par des queues fort courtes, fans ailes. Les fleurs font très-nombreufes, petites, peu odorantes, entièrement blanches. Le fruit, haut de 2 pouces fur un diamètre égal, eft rond, un peu turbiné vers la queue, qui eft plantée à fleur ; l’autre extrémité, plus renflée., porte un gros mamelon court & obtus, quel-
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- quefois un peu conique, ou formé d’un grouppe de petites excroiflances. La peau eft fine, lifte, unie , très-peu boutonnée, d’un jaune plus pâle que l’Orange^ & très-foiblement parfumée. L’écorce n’a qu’une ligne d’épaiffeur. La chair, divifée en 7 ou 8 fe&ions par des membranes fort minces, contient un jus très-doux peu abondant & peu relevé, & quelques pépins bien nourris , dont l’amande eft verte comme celle de la Piftache. Ce petit fruit eft excellent confit.
- 2. POMPOLEUM , Aurantici flore amplijfimoÿ fructu maximo, fubglobofo , crajflo cortice. L’arbre ne devient que de médiocre grandeur. Ses bourgeons font fort gros, peu nombreux, bien garnis de grandes feuilles étoffées, alongées, portées par des pédicules dont les aîies font ordinairement fort grandes : mais fouvent toutes ou partie de fes feuilles ne prennent que très-peu d’accroiffement, & leurs nervures fe contractant, elle fe plient & fe contournent diverfement, ce qui fait paroitre cet arbre dégarni & prefque dépouillé. Ses fleurs par bouquets nombreux, font très-grandes & très-belles. Les pétales d’un blanc pur, épais, fe renverfent fur le calice & fe roulent. Le nom-
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- bre des étamines & la grandeur du piftil répondent à la grandeur de la fleur * qui a près de 2 pouces de diamètre* Nul arbre de ce genre n’en produit d’aufli grandes & aufli abondamment. Le fruit efl très-gros* de près de 4 pouces de diamètre fur une hauteur un peu moindre* Étant applati par les extrémités, fa forme feroit fphérique, s’il n’étoit un peu plus renflé par la tête que vers la queue* La peau efl: unie* d’un jaune pâle tiqueté de jaune brun. L’écorce efl: épaiffe, ayant avec la peau environ 8 lignes» La chair , divifée en 12 à 16 lobes, dont chacun contient 2 pépins courts , efl: pleine de jus peu relevé. Cet arbre efl le plus intéreflant par fa fleur, & fôn fruit efl fort bon confit.
- 3. CHÀDEC , ou Schaddeck, Auranda Jtorè dmplo , fructu maximo, fubconico-truncato , craffo cortice. Cet arbre, qu’on regarde comme une variété duPompoleum, efl beaucoup plus grand & plus vigoureux. Ses feuilles, peu nombreu-fes, font aufli étoffées, très-bien étendues, fouvent plus grandes, & portées par des pédicules moins ailés. Ses fleurs font belles, blanches , mais moins abondantes. Son fruit * de 5 pouces de hauteur fur 4 pouces 3 lignes de
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- 132 Orangerie; diamètre, eft fort gros, de forme prefque conique , imitant la poire de Livre. Sa tête renflée eft applatie à fon extrémité : il diminue de groffeur prefque régulièrement jufqu’à l’autre extrémité, qui fe termine en pointe très-obtufe, fur laquelle la queue s’implante dans une petite cavité. Etant bien arrondi fur fon diamètre , il repréfente un cône tronqué. Sa peau eft lifte, unie, boutonnée très-finement, d’un jaune pâle. Son écorce eft fort blanche, épaiffe de 4 ou 5 lignes. Sa chair, de couleur de melon d’eau récemment confit, eft partagée en 11 ou 12 lobes, dont chacun contient 5 ou 6 pépins bien nourris, & eft pleine de jus peu acide & peu parfumé.
- 4. POMPELMOUS, ou Pompelmoës , Aurantia fructu omnium maximo 9fubrotundo9 craffo cortice. Cet arbre, que quelques-uns confondent avec le Chadec & le Pompoleum, eft, dit-on, originaire de Surinam. Il eft grand & vigoureux. Ses branches, de même couleur que celles du Limonnier, font fortes & armées d’épines, garnies de grandes feuilles alongées, plus étroites vers la queue qu’à l’autre extrémité, d’un vert moins foncé que celles de l’Oranger, portées par des pédicules nuds & fans ailes. La fleur
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- eft blanche & grande. Le fruit eft le plus gros de ceux de fon genre, ayant 6 pouces de diamètre fur un peu plus de hauteur. Sa forme feroit exa&ement ronde, s’il ne s’alongeoit pas un peu du côté de la queue, ou plus fouvent du côté de la tête où l’œil eft placé dans un petit enfoncement. Sa peau eft d’un jaune clair, boutonnée groflièrement. Son écorce eft très-épaifle, d’un blanc tirant fur le jaune, d’une douceur qui feroit fade fi elle n’étoit relevée d’un peu d’amertume. Sa chair eft divifée en IO lobes , qui contiennent peu de pépins & un jus peu parfumé. Ce fruit & celui du Chadec ne font bons qu’à confire.
- 5. MELLA-ROSA , Aurantia fruUu parvo, glo-bofo, coflato, parnm fapido & odoro , tenui cor-tice. Ce petit fruit, très-bon confit, n’a qu’un pouce & demi de hauteur fur deux pouces de diamètre. Sa forme eft fphérique, très-applatie par les extrémités. La queue eft plantée dans un petit enfoncement bordé de 8 à 10 côtes aflez faillantes, qui s’étendent au delà de la moitié du fruit, & qui s’abaiflent à mefure qu’elles approchent de l’autre extrémité où elles difparoiflent entièrement. La tête eft couronnée par un pareil nombre de petites éminen-
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- ces difpofées en rofe, qui portent à leur centre le ftyle defféché de la fleur. La peau eft liffe, unie, d’un jaune très-pâle ; avec l’écorce elle n’a pas deux lignes d’épaiffeur. La chair, di-vifée en 8 ou 10 lobes, contient un jus légèrement acide, & quelques pépins. Le parfum de ce joli fruit eft fort reffemblant à celui du Pondre, mais plus fin & un peu moins foible.
- Il y a une Bergamotte, un Limon & un Cédrat qui portent le même nom, dont on trouve que la feuille a une légère odeur de rofe.
- 6. ORANGER hermaphrodite, Aurantia mut-tiplicis fpeciei. Cet arbre, que l’on nomme fans raifon hermaphrodite, eft un compofé de plu-fieurs efpèces, Limon, Cédrat, Orange, &c* Il y a une variété qui réunit cinq efpèces & variétés diverfes. On y voit fur des branches différentes, ou fur une même branche , des feuilles , des fleurs , & des fruits de chaque efpèce ou variété , & des feuilles mi-parties de diverfes efpèces ; & des fruits informes ou de forme très-bizarre & irrégulière, mélangés ou compofés de toutes les efpèces. Ces fruits font d’un goût & d’un parfum très - relevés ; de forte qu’ils font eftimés pour leur bonté au* tant que pour leur Angularité.
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- I K. Citronnier.
- Les anciens connoiffoiént le Citronnier 9 Citrus, Citreus. Palladius le planta avec fuccès en Italie, où plufieurs avoient tenté inutilement de l’établir. C’eft un arbre de moyenne grandeur, dont les branches longuettes, grêles , pliantes , peu nombreufes , fe rangent mal. Elles font armées de longues épines aiguës , dont la pointe eft rouge. L’extrémité des bourgeons & les feuilles naifîantes font d’un rouge-pâle mêlé de vert. Des feuilles les unes fe terminent en pointe , la plupart en ovale ; leur longueur eft à-peu-près triple de leur largeur ; elles font dentelées peu profondément , d’une odeur forte, d’un goût amer, d’un vert foncé en dedans , d’un vert clair en dehors; fouvent froncées, pliées, cloquées par la contra&ion des petites nefrvures.
- Les fleurs, par bouquets ordinairement à l’extrémité des branches, ont près de 2 pouces de diamètre ; les pétales minces, blancs en dedans, font en defltis mêlés de blanc & de rouge ; elles font peu odorantes. Quelques-unes n ont point de piftil.
- Les fruits naiftants font rouges ; à mefure
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- 136 Orangerie, qu’ils grossirent, cette couleur dégénère en vert trille , qui s’éclaircit lorfque le fruit approche de fa maturité, & qui devient enfin jaune-pâle. La grolTeur des fruits varie fuivant le terrein, le climat & l’état des arbres ; il n’elt pas rare d’en trouver de 8 pouces & demi de longueur fur 4 pouces & demi de diamètre dans la partie la plus renflée. Leur forme varie aulfi ; le plus fouvent elle approche de celle du Pondre , la partie comprife entre le grand renflement & la queue formant un cône alongé & fort tronqué, & la tête du fruit formant un cône aigu, mais fort court : quelquefois elle efl cylindrique, & fe termine par plufieurs pointes, cornes ou mamelons diverfement configurés, ou par une feule pointe aflezlongue, dans laquelle on croit trouver de la reflem-blance avec un bec d’oifeau ou la gueule de quelque animal : quelquefois elle efl cucurbi-tacée, & imite une grofle poire de Bon-chrétien d’hyver. La furface des fruits efl: tantôt unie, tantôt toute parfemée de bofles. L’écorce efl fi épaifle , que la chair a rarement plus de 2 pouces de diamètre, & ne s’étend pas dans la moitié de la longueur du fruit : l’écorce efl blanche & dure ; la chair efl partagée en 8 à 12 lobes, dont chacun contient deux rangs
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- Oranger. 137
- de petits pépins fort longs, & un jus très-aigre. Tout le fruit eft très-parfumé. Ii eft employé à li peu d’ufages, & on lui connoît li peu de propriétés, que je n’ai décrit le Citronnier que pour marquer le petit nombre de cara&ères qui le diftinguent du Limonnier. On a raifon de ne le pas rendre commun dans nos Orangeries.
- Culture.
- Tous les arbres de ce genre exigent les mêmes foins, la même terre & la même culture.
- I. Terre propre aux Orangers.
- Les ragoûts font auffi contraires aux végétaux qu’aux animaux : ainfi les plus habiles Cultivateurs condamnent les terres compofées d’im grand nombre d’ingrédients ; & l’expérience leur a appris qu’une terre greffe & fubftantieufe, forte , fans être compare , étant la plus convenable à l’Oranger, pour en former une qui ait ces qualités, il n’eft pas néceffaire de mélanger beaucoup de diverfes matières.
- 1°. Il faut prendre de la meilleure terre naturelle ( qui ne foit ni glaifeufe, ni argi-leufe , ni pierreufe , ni fablonneufe & trop légère ), dans laquelle toutes fortes de plantes
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- & d’arbres viennent bien & avec vigueur, fans de fréquents fecours de fumiers & d’engrais. Préférer celle des endroits bas où les pluies dépofent les fels des fonds plus élevés qu’elles ont lavés, ou celle qui a été le plus rarement cultivée, & qui par conféquent eft la plus neuve , la plus remplie de fels, & la moins effritée : paffer à la claie & bien mêler cette terre avec une quantité égale de vieux crotin de mouton fec & prefqu’en poudre, ou réduit en terreau ; ou, à fon défaut, de terreau de feuilles d’arbres bien confommé. Telle étoit la terre à Orangers qu’employoit La Quintinye.
- 2°. Dans une foffe (*) creufée d’environ trois pieds , ou dans un endroit bas, faites un tas ou une maffe par lits peu épais de bonne terre, de crotin de cheval, & de bouze de vache ; de forte qu’il y ait moitié de terre , & un quart de chacune des deux autres matières. Laiffez le tout fe bien pourrir & confommer : lorfque vous avez befoin de terre, prenez dans cette maffe la quantité néceffaire ; paffez-la à la claie pour bien mêler les matières. Si la
- (*) C’eft la pratique de plufieurs bons Orangiftes 5 mais d’habiles Cultivateurs expofent leurs terres au foleil & à l’air pendant trois ans 3 & les pafTent à la claie trois ou quatre fois par an.
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- Oranger. 139
- terre franche eft un peu trop compare, fubfti-tuez des gazons ou des feuilles d’arbres à la fiente de vache ; car fi la terre à Oranger doit avoir du corps, elle doit aufïl être facile à pénétrer par l’eau des pluies & des arrofements.
- 30. On peut prendre moitié de terre franche , un huitième de crotin de mouton bien pourri & confommé, un huitième de crotin de cheval pareillement vieux & bien pourri, un huitième de vieux fumier de vache, & un huitième de poudrette ou matière fécale con-fommée jufqu à avoir perdu fon odeur. Paffer toutes ces matières à la claie fine ou au crible d’ofier. On peut auffi arranger par lits, comme nous avons dit ci-devant, toutes ces matières crues & neuves, & les laiffer trois ou quatre ans fe mûrir & fe confommer.
- Les terres à Oranger doivent être couvertes de gazons plaqués, ou d’un lit bien foulé de vieux terreau de couches ; & il faut détruire toutes les plantes qui y naiffent & qui les effritent.
- Les boues des rues, des chemins, des mares , des égouts, peuvent entrer dans la com-pofition des terres à Oranger, pourvu qu’elles foient bien vieilles & bien confommées. Chacun emploie de ces matières celles qu’il fe peut procurer le plus facilement i mais on doit re-
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- i4o Orangerie,
- jetter le marc de raifin, à moins que la terre ne foit de qualité trop ferme, la fiente de pigeon , le tan, le nitre , la chaux, &c.
- II. Semis d'Orangers,
- Depuis la mi-Février jufqu’à la mi-Mars, empliffez de bonne terre préparée des caiffes ou des terrines ; femez-y, à demi - pouce de profondeur, des pépins d’Oranges douces, ou mieux de Bigarades très-mûres & même pourries. Placez les terrines fous des chaffis ou dans l’Orangerie à couvert de la gelée, jufqu’au commencement de Mai. Arrofez & donnez les foins néceffaires à ces pépins & au jeune plant qui en naîtra. Vers la mi-Septembre arrachez tous les pieds foibles, chétifs & avortés, qui en fept ou huit ans de culture feroient à peine affez forts pour recevoir un écuffon.
- [ On peut femer des pépins de Poncire & autres Limons, qui donnent des fujets dont le progrès eft beaucoup plus grand & plus prompt ; mais ces fujets ne font propres à être greffés quen arbres de leur efpèce , & non en Orangers ; au lieu que les greffes d’Orangers & de Limonniers réussiffent également bien fur les fujets d’Oranger ].
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- Ces jeunes élèves profiteront plus ou moins, fuivant la nourriture & les foins quon leur donnera ; avec l’attention dans notre climat de les placer dans des couches, ou au moins dans les fentiers des couches, de les ferfouir, arrofer , &c. Lorfqu’ils auront acquis la force néceffaire, on pourra les écuffonner à la pouffe en mai ou juin , ou à œil dormant en août ou feptembre, à -2 ou 3 pouces au deffus du tronc, afin que la tige foit formée du jet de la greffe, & qu elle ne repouffe que des bourgeons francs, fi dans la fuite quelque maladie ou accident obligeoit d’étêter l’arbre.
- III. Orangers Provençaux.
- De Provence, de Gênes, & d’autres climats tempérés, on envoie dans celui-ci des Orangers greffés, les uns fans motte, les autres en motte fouvent fa&ice. La négligence de ceux qui les emballent & de ceux qui les tranfportent, en fait périr un grand nombre avant leur arrivée. Pour s’affûrer de leur état, il faut examiner l’écorce des branches ou de la tige & des racines. Si elle eft féche, ridée, adhérente au bois, ou molle & comme pourrie , & que le bois deffous foit brun & tacheté,
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- 142 Orangerie; ce font des lignes certains de mort. Si elle efi d’un vert jaunâtre, ferme, facile à détacher du bois , que le bois foit blanc , & qu’entre le bois & l’écorce, il paroilfe un peu d’humidité* la réunion de tous ces lignes eft une preuve évidente de vie.
- Ayant donc choili des arbres viyans & d’ail-* leurs bien conditionnés, il faut raffraichir les racines tant de ceux qui font nuds, que de ceux qui ont une motte, qu’il vaut mieux rompre & détruire, foit quelle foit naturelle, foit quelle foit artificielle, pour bien voir l’état des racines, & traiter la tête en conféquence & relativement à leur longueur, à leur nombre & à leur bonté ; faire tremper dans l’eau pendant dix à douze heures les racines habillées* enfin planter ces arbres dans des pots ou cais-fes proportionnés à leur force, & remplis de terre plus légère que celles que nous avons compofées ci-devant : les enfoncer dans une couche de chaleur modérée ou dans une plate-bande d’efpalier au levant ou au midi : placer des abris pour les défendre du foleil, jufqua ce qu’ils aient donné des marques certaines & confiantes de leur reprife : les mouiller fou-vent , mais modérément.
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- Oranger.
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- ÏV. Orangers en efpalier.
- Si l’on calcule le produit des Orangers dans notre climat avec les frais de conftru&ion & d’entretien d’une Serre, la dépenfe des caif-fes & de la culture, il faudra convenir que ce n’eft pas par économie que l’on a une Orangerie ; & on s’étonnera que l’induftrie n’ait pas trouvé & mis en ufage les moyens de nous procurer la jouiffance de ces arbres avec moins de dépenfe & plus de rapport.
- i°. On a détruit, vers 1772 , un bel ef* palier d’Orangers , qui fubsiftoit depuis plus d’un demi-liécle dans le Jardin de l’Intendance de Lille en Flandre. Les arbres étoiënt plantés contre un mur de terralïe, par conféquent impénétrable à la gelée ; & fe cultivoient comme d’autres arbres en efpalier.Tous les ans, lorf* que la faifon devenoit facheufe, le Jardinier plantoit fur le bord de la plate-bande , à cinq ou fix pieds du mur, un rang de pieux de longueur convenable, à 12 ou 15 pouces de diftance l’un de l’autre : à 14 ou 15 pouces fur l’allée, il en plantoit un fécond rang de même hauteur & à même diftance. Il remplif-foit l’efpace compris entre ces deux rangs de
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- 144 Obangerie; pieux, de grande litière bien foulée avec les pieds & bien taffée. Pour donner de lair au befoin, il ménageoit des ouvertures qui fe fermoient avec de la paille & des paillaffons. Le deffus de ce bâtiment de paille étoit garni d’une bonne couverture de grande paille. Avec cet expédient fimple & très-peu difpendieux, & les foins du Jardinier, ces Orangers ont bravé les hyvers les plus rigoureux.
- 2°. Ceux à qui cet Oùvrage paroît trop rufti-que peuvent faire conftruire un mur d’efpalier de hauteur convenable, & d’épaiffeur fuffifante contre les plus fortes gelées ( de la paille ou des paillaffons appliqués derrière fupplééroient à fon épaiffeur. ) A 7 ou 8 pieds de ce mur , faire élever un petit mur haut de 3 pieds , couvert d’une tablette de pierre, dans les fondations duquel on ménageroit des paffages par lefquels les racines des arbres puffent s’étendre hors de la plate-bande. Faire une charpente dont toutes les pièces feroient bien équar-ries, bien avivées , bien peintes à l’huile, & affemblées avec une grande précilion, afin de pouvoir la monter & la démonter facilement & promptement. Les baies des fenêtres auroient des feuillures en dehors & en dedans pour recevoir un double chaflis , l’un garni de verre,
- l’autre
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- l’autre de papier huilé, dont le dormant fe-roit garni tout-autour en dedans de litières ou de bourrelets de crin, pour éviter la né-ceffité des fcellemens , & feroit retenu par de forts tourniquets. Sur le bâtiment on jetteroit quelques légers chevrons, pour foutenir une couverture de chaume bien travaillée, d’une bonne épaiffeur, faite par parties faciles à affem-bler avec quelques ofiers, & à féparer. Les trumeaux & les côtés au Levant & au Couchant feroient remplis de morceaux ou pièces pareilles à la couverture, qui pourroient, pour le coup d’œil, être mafquées & revêtues de planches affemblées & peintes. Tout ce bâtiment fe poferoit fur la tablette du petit mur, & s’attacheroit à des crochets , crampons , étriers , &c. de fer, fcellés dans le mur d’ef-palier. Il faudroit moins de tems pour monter & démonter ce bâtiment, que pour entrer, fortir, ranger, mouiller * &c. les caiffes d’Oran-gers dans une Serre.
- En multipliant les croifées, & faifânt les trumeaux fort étroits, on pourroit exécuter cet ouvrage en pierre : il n’y auroit au mois d’Oâobre que la couverture & les chaflîs des fenêtres à mettre en place. «
- 30. Les Orangers ne réussiroient-ils pas auffi-
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- 146 Orangerie, bien fous des chaffis vitrés , que d’autres arbres étrangers ? Je crois que lés foins & la vigilance manquent plus que les expédients propres à faire profpérer les Orangers en efpalier.
- Mais quelques moyens que l’on emploie, il y a plufieurs chofes à obferver. i°. Si la terre de l’efpalier n’eft pas de la plus excellente qualité, il faut la compofer comme nous avons marqué ci-devant. 20. L’humidité eft un des plus grands ennemis des végétaux renfermés pendant l’hy ver , dont les feuilles afpirent très-peu. Or elle feroit d’autant plus grande dans ces bâtimens amovibles, que leur capacité eft moindre que celle des Serres, & que la terre de la plate-bande fourniroit plus de vapeurs que la terre d’un grand nombre de caiffes. C’eft pourquoi il eft néceffaire d’y donner de l’air le plus fouvent & le plus long-tems qu’il eft poflible ; & dans les dégels & les tems humides, autant que dans les fortes gelées, faire dans un poêle dont le tuyau ( de grais plutôt que de tôle ) fera fort long, affez de feu pour fécher, mais non pas aflez pour faire mouvoir la feve des arbres, & exciter leur végétation. C’eft ici le point le plus important. 30. Il n’eft pas inutile de couvrir la plate-bande d’une épaiftèur de 2 ou 3 pouces
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- de feuilles d’arbres, pour retenir beaucoup de ces vapeurs, & entretenir l’humidité du ter-rein , qu’il faudroit mouiller fi les arbres fouf-froient de fa féchereffe* 40. 11 efl néceffaire de jetter fur le terrein voifin dans lequel s’étendent les racines un pied d’épais de grande paille, ou 4 ou 5 pouces de feuilles d’arbres, recouvertes de 3 ou 4 pouces de grande paille. Il efl: bien avéré que les plus fortes gelées ne pénétrent point une épâifleur d’un pied de paille marchée & affaiffée, & qu’elles ne fe font point fentir fous une bien moindre épaiffeur de feuilles d’arbres.
- La possibilité d’avoir des Orangers en efpa-lier, & les moyens que je viens de propofer, font une invitation aux Amateurs'd’en trouver de meilleurs.
- V. Orangers dans la Serre»
- Les Orangers étant mis dans la Serre entre le 10 & le 15 ottobre par ün beau rems fec 9 doivent être rangés avantageufement pour eux & agréablement pour leur maître. Les plus hauts fe placent dans le fond de la Serre vers le Nord, fans que leurs feuilles touchent au mur ; les autres fe placent enfuite par grada-
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- 14$ Orangerie , tion de hauteur, afin que tous puifient jouir de l’air & des rayons de foleil qui pénétrent dans la Serre. Si elle eff affez large, on laif-fera une allée dans le milieu, tant pour l’agrément , que pour la facilité du fervice. Chaque nain ou baffe - tige doit être mis entre deux tiges , pour ménager la place ; mais de façon que les branchés des uns ne foient point engagées ni mêlées dans celles des autres, afin que l’air circule par - tout. Il faut auffi que le Jardinier puiffe approcher facilement des caiffes, & de la tête des arbres, pour donner les arrofemens & les façons néceffaires.
- Les arbres étant rangés dans la Serre * il faut leur donner une bonne mouillure pour raffermir les mottes qui ont été ébranlées dans le tranfport. Pendant l’hyver, les arrofer fo-brement, lorfque la terre fort féche & en pouf-fière fait connoître qu’ils en ont befoin ; mais ne le jamais faire pendant les fortes gelées, quelque befoin qu’ils paroiffent en avoir. Dans un coin de la Serre , ou dans fon veftibule, fi elle en a un, on place des tonneaux pleins d’eau pour cet ufage ; car toute eau crue, fraîche & récemment puifée, eft préjudiciable aux Orangers.
- Les vifites du Jardinier qui s’intéreffe à fes
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- Orangers, feront fréquentes & leur feront toujours utiles, parce qu’il préviendra leurs befoins, ou les appercevra de bonne heure ; fes allées & venues donneront du mouvement & de l’action à l’air renfermé. Il détruira la punaife ; labourera à la houlette la fuperfîcie des cailles; retirera les feuilles qui tombent & s’entaffent dans les fourches des branches, & y caufent la moisiffure, &c.
- Mais il emploiera fes foins les plus assidus & les plus diligens contre leurs deux plus redoutables ennemis, le froid & l’humidité. Pour fermer tout accès au premier , & aux vents coulis, pendant les gelées il tiendra les portes & les fenêtres exactement clofes, les garnira de grande paille ; & fi cès fecours ne fuffisent pas, il allumera du bois, de la tourbe, ou des mottes dé tan dans des poêles ou fourneaux placés dans les endrdits les plus convenables,’ dont les tuyaux fort longs , porteront par-tout une chaleur douce & tempérée, dont le thermomètre indiquera le dégré, comme il aura averti de la néceffité de faire du feu ; car il ne faut en faire que dans la néceffité.
- Pour chaffer l’humidité, il ouvrira les fe-netres toutes les fois qué l’air fera fec & fup-portable , & procurera à fes arbres tous les
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- rayons du foleil : dans les dégels & les tems humides, quoique doux, à moins que le foleil ne paroiffe , il tiendra la Serre fermée ; & û les tems humides & couverts font longs, il fera dans les poêles un feu très-modéré.
- Après ce qui vient detre dit, il n’eft pas néceffaire de répéter les qualités d’une bonne Serre, qui doit être féche , bien percée du côté du Midi & garnie de doubles chafïïs, d’une hauteur & d’une grandeur proportionnées à la taille & au nombre des arbres, impénétrable au froid par les murs, les. planchers , les portés & les fenêtres, &c. comme il a été expliqué au commencement de cette Se&ion.
- VI. Orangers hors de la Serre.
- Du premier au 15 Mai, fuivant la température de la faifon, & la difpofition du tems, & le lieu où les Orangers feront placés, on les tire de la Serre , que depuis long-tems on tient ouverte jour & nuit ; on les range dans les places où ils doivent paffer la belle faifon. Sur quoi jobferverai, que les grands parterres & les pièces de jardins découvertes de tous côtés, frappées du foleil pendant tout le jour, & expofées aux vents, ne font pas
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- avantageufes pour ces arbres. Une grande falle fermée de paliflades de 10 à 15 pieds de hauteur, & accompagnée de quelques allées de grands arbres, qui brifent & arrêtent les vents, dérobent quelques heures de foleil, rafraîchif-fent par leur ombrage, eft pour les Orangers une habitation agréable où ils ont peu à craindre les froids tardifs & les premières gelées blanches ; où , par conféquent, ils peuvent être placés huit ou dix jours plus tôt, & demeurer huit ou dix jours plus tard , ce qui n’eft pas médiocrement intéreflant pour eux , car leur féjour dans la Serre eft toujours trop long. Cependant il ne faut pas l’abréger, fi la dispofition du tems n’eft pas favorable & fûre.
- Les arbres étant rangés dans la place & dans l’ordre où ils doivent demeurer jufqu’au mois d’o&obre , il faut les arrofer amplement, & cette mouillure fe peut partager en deux tems, afin qu’elle perce & pénètre toutes les parties des mottes. Quelques jours après, on verfera au pied de chaque gros Oranger un fceau de jus de fumier, St au pied des autres une quantité proportionnée à leur grandeur. Au défaut de jus de fumier , on peut mettre dans un tonneau défoncé, deux tiers de crotin de cheval,
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- 152 Orangerie;
- un tiers de bonze de vache ; les bien délayer dans une quantité fufHfante d’eau ; remuer fou-vent , & laifler fermenter pendant huit jours ; jetter au pied de chaque arbre la quantité que je viens de marquer de cette mixtion, qui eft préférable au jus de fumier. Jufquau mois d’août, c’eft - à - dire pendant le tems de la fleur & de la grande végétation des Orangers, il eft néceflaire de leur donner chaque femaine un ( deux dans les fécherefles ) grand arro-fement, & quelques petites mouillures fuivant leur befoin , qu’ils font connoître par leurs feuilles qui fe penchent, fe ferment ou fe roulent & fe fanent, & par les rides & l’appla-tiflement de leur écorce. Aux premiers indices de befoin il faut les fécourir ; mais on peut le prévenir, en arrofant peu & fouvent. L’Oranger ne veut pas être noyé & inondé , mais abreuvé fobrement & fréquemment. Depuis le commën-cement d’août, les arrofemens feront plus rares & moins abondants , & fe donneront vers le milieu du jour. En toutes faifons le foir, auquel commence ou fuccède la fraîcheur delà nuit, eft un mauvais moment pour mouiller les Orangers.
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- VII. Encaijfement des Orangers.
- Peu de tems après que les Orangers font fortis de la Serre, il faut examiner ceux qui ont befoin d’être rencaiffés, foit parce que leur caiffe eft trop petite ou ufée ou rompue, foit parce que la petiteffe , le jaune, ou la chute de leurs feuilles, la noirceur & le dépériffe.-ment de l’extrémité de leurs branches, la ténuité & la maigreur de leur écorce, le peu de progrès ou la celfation de leur pouffe, leurs plaies ouvertes & fans cicatrice, en un mot leur langueur & leur mauvais état, montrent qu’ils manquent de nourriture.
- Ayant préparé l’opération dès la Veille par une ample mouillure, afin que la terre des mottes foit folide & adhérente aux racines, il faut procéder ainfi. Après avoir retranché lin peu de terre tout-autour de la motte avec une houlette fort étroite & courbée, ou autrement fi la caiffe eft à guichets, ou fi elle eft très-mauvaife, & qu’on puiffe la brifer, on fouleve l’arbre avec des léviers attachés à la tige, bien garnie de paille ou de chiffons * ou avec une grue ou autre machine propre à cet ufage ; on le tient fufpendu j on retire la
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- i f4 Orangerie; vieille caiffe, & on habille la motte. Cet habillement consifte à dégrader fans offenfer les racines , & à retrancher de la terre deffus, défions, & autour de la motte , depuis deux pouces d’épais fur les mottes des petits Orangers , jufqu’à 6 pouces fur les mottes des gros ; ce qui réduit la motte entre la moitié & le tiers de fa mafle. L’extrémité des racines étant découverte, il faut retrancher toutes celles qui font mortes jufqu’à fleur du reliant de la motte, fans la creufer ni fouiller pour avoir les parties qui y font enfermées, tailler & raccourcir jufqu’à l’endroit vif celles qui ne font mortes ou ufées qu’à leur extrémité , de forte quelles aient le plus de faillie qu’il efl: poflîble hors de la motte, & quelles fe trouvent dans la terre neuve; conferver entières, fans les tailler ni raccourcir , toutes celles qui font bonnes & faines.
- Approcher la caiffe neuve ; garnir le fond de platras, de pierraille, ou de branches d’arbres , à l’épaiffeur d’environ 3 pouces dans les grandes caifles. Les recouvrir de terre compo-fée, à une épaifleur relative à la hauteur de la vieille motte ; car il faut que la naiflance des racines de l’arbre nouvellement rencaiffé foit de 3 ou 4 pouces plus élevée que les bords
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- de la. caiffe. Placer l’arbre dans la caiffe, de façon que fa tige foit exa&ement au milieu 8c bien droite. Remplir la caiffe de terre; & lorsque toutes les racines feront couvertes, donner line mouillure abondante, qui plombera 8c a£* faiffera mieux la terre que tous les battements 8c trépignements. Vingt-quatre heures après, lorfqu elle aura fait fon effet, placer contre les bords intérieurs de la caiffe quatre voliges ou planches larges de 4 à 5 pouces , ( on les nomme kaujfes ) 8c recharger de terre jufqu’à ce quelle furpaffe la naiffance des racines ; former dans le milieu , autour du tronc , un baffin pour retenir l’eau des arrofements. Sans cette efpèce de fupplément à la caiffe , les racines feroient à découvert pendant 2 ou 3 ans, jufqu’à ce que par l’affaiffement de la terre elles defcendent au niveau des bords de la caiffe ; ou bien elles fe trouveroient alors enfoncées de 4 ou 5 pouces au deffous des bords de la caiffe , fi d’abord elles avoient été placées à leur niveau. Or elles ne doivent être ni découvertes ni trop enterrées.
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- VIII. Demi-cncaijfement.
- La petiteffe ou le mauvais état des caiffes font les caufes les plus décrives du rencaiffe-ment ; un demi-encaiffement eft ordinairement fuffifant aux arbres qui peuvent encore fub-sifter quelques années dans leurs caiffes, pourvu qu’on leur fournilTe de la nourriture, & qu’on renouvelle leurs provifions épuifées. Un demi-encaiffement eft un retranchement des vieilles terres & une fubftitution de nouvelles fur les côtés & le deffus des caiffes, fans déranger les mottes. Il fe fait dans la même faifon & de la même façon que l’encaiffement ; mais on retranche beaucoup moins de la motte , & on ne touche aux racines que pour rafraîchir celles qui peuvent avoir été endommagées avec l’inf-trument dont on s’eft fervi pour retirer les terres, & celles qui fe font arrêtées, repliées, rebrouffées contre la caiffe. Il vaut mieux faire les demi-encaiffements moindres, & les répéter, que d’expofer les arbres à-fe dépouiller de leurs feuilles & à fouffrir du remède plus que du mal.
- Tout le monde fait que les caiffes doivent être de grandeur proportionnée à celle des
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- arbres, faites folidement, de bois de chêne , à guichets ii elles font grandes, bien garnies d’équerres , peintes en dehors à trois couches de couleur à l’huile, peintes à deux couches en dedans, ou mieux goudronnées ; que le fond foit de planches fort épaiffes foutenues par de bonnes barres bien attachées. La forme cubique qu’on leur donne communément eft la plus agréable à la vue. Mais d’habiles Orangiftes ayant obfervé que les racines travaillent & s’étendent beaucoup moins vers le fond de la caiffe où rarement elles percent la motte ( fans doute parce que les plus grands arrofements y pénétrént difficilement, & que la chaleur du foleil s’y fait peu fentir ) , que fur les côtés , préfèrent de donner plus de largeur que de profondeur aux cailfes, qui font d’ailleurs une bafe plus folide & plus capable de préferver les arbres d’être renverfés par les grands vents.
- IX. Taille des Orangers.
- La taille de l’Oranger, comme de tous les arbres fruitiers, a deux objets, fa beauté & fa fécondité. La beauté de l’Oranger confifte dans une forme hémifphérique, ou plûtôt de calotte, ou de champignon naiffant, bien re-
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- i$8 Orangerie; gulière fans affe&ation, bien pleine & garnie extérieurement fans confulion, dont toutes les branches foient faines, difpoféesavecfymmétrie fans fe croifer, fans fe pencher Vers la terre, garnies de grandes feuilles étoffées & d’un beau vert, de belles & grandes fleurs dans la faifon, & d’un nombre fuffisànt de fruits. Pourvu que je trouve ces conditions dans un Oranger, je ne me paflîonnerai pas pour fa forme, ne trouvant dans la figure d’un champignon ou d’une calotte, rîen de fort féduifant, & perfuadé que d’autres formes peuvent ne pas déplaire. Sa fécondité fera une fuite de fa taille & des opérations fubféquentes à fa taille, autant que des foins que nous avons détaillés ci-devant.
- Sans m’arrêter à balancer ou à réfuter les raifons qui partagent les fentiments & la pratique des Jardiniers fur le tems de la taille des Orangers, je le détermine à la fortie de la Serre. Aux arbres qui font en bon état, 1°. je retranche toutes les branches mortes ou ufées ; tous les bourgeons 'foibles , nés de l’aiffelle des branches fortes au mois d’août précédent & échappées à l’ébourgeonnement; tous les petits bourgeons courts qui n’ont point de feuilles, ou qui n’en ont qu’une ou deux, & qui promettent un grand nombre de fleurs,
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- Oranger. iyp
- dont la plupart tombera fans épanouir, & les autres feront petites & maigres ; tous les bourgeons , quoique forts & bons , qui nuifent à la forme de l’arbre, ou qui1 font confufion, à moins qu’ils ne foient placés fur un côté qui s’emporte beaucoup, car il faudroit les y laiffer pour le charger. 2°. Je taille courts & fur un bon œil les bourgeons bien placés & néceffaires, qui, n’ayant pouffé que vers la fin de l’année ou pendant l’hyver, font tendres, mal aoûtés & délicats ; je dis néceffaires, car li j’en ai affez de meilleurs, je les fupprime. Je taille à une longueur convenable les bourgeons dont l’extrémité eft foible ; ceux qui s’alongent trop & qui défigurent l’arbre ; ceux qui s’inclinent trop. Je taille courts, & fur un œil fupérieur , les bourgeons qui fe penchent & fe couchent fur les autres. Tous les autres bourgeons fe taillent fuivant leur force, dans la vûe de rendre régulière la forme de l’arbre, de l’entretenir plein & bien garni de beau bois & non d’une multitude de branches foibles, incapables de faire de belles produ&ions ; car il n’y a que les bourgeons forts qui produifent de grandes feuilles , de belles fleurs & de beau fruit; par conféquent ils doivent être préférés. II ne. faut pas donner trop de longueur à la taille , de
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- 160 Orangerie; peur d’occafionner des vuides, & pour ne pas donner à la tête des grands Orangers une. trop vafte étendue ; c’efl: pourquoi il efl: bon de faire fucceflivement des ravallemens pour rajeunir le bois & contenir l’Oranger dans les bornes convenables à un arbre en caiffe.
- Si la mort, la rupture , la mauvaife direction de quelques branches, occafionnent un vuide , le Jardinier induftrieux amènera les branches voifines, les afliijettira avec des ofiers dans une difpoiition propre à rétablir le plein. Si quelque partie efl: foible, il la déchargera, ne conférvant & ne taillant que les bourgeons forts.
- Les Orangers ne doivent fleurir qu’environ un piois après qu’ils font fortis de la Serre : û quelqu’un prévient cette faifon & montre dans la Serre, ou peu de tems après qu’il en efl: forti, beaucoup de fleurs, il faut le dépouiller de toutes ces fleurs qui font maigres, petites, & dont la plupart tombe fans ouvrir ; aufli-tôt qu’il efl: hors de la Serre, le décharger de menu bois ; le tailler court fur le plus fort, & lui donner un demi-encaifîement, ou des arrofe-ments gras & fubftancieux, ou d’autres fecours convenables pour le préferver du dépérifle-ment que fes efforts prématurés annoncent.
- Les
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- . Orauer; î6i
- Les arbres récemment rencaiffés ayânt perdu par les retranchements faits aux racines * un grand nombre de leurs pourvoyeufes ; ( ou même les racines, quoique traitées avec ménage-* ment, peu taillées -, raccourcies, diminuées * parce qu elles fe font trouvées en bon état, ne pouvant contribuera la nourriture des branches jufqu’à ce qu elles aient produit de nouveau chevelu ) ; le nombre & la longueur des branches doivent être proportionnés à la quantité des vivres, de peur qu elles ne tombent dans la difette & le dépériffement. Il faut donc décharger la tête de toutes les branches foibles & moyennes > & même raValler les grofles , lï la langueur de l’arbre & l’état des racines l’exigent; car les branches & les racines doivent être en proportion. C’ed un de ces cas fur lesquels il n’y a que la préfence & la connoiflance de l’objet qui puiflent dider des règles : toutes les hypothèfes & tous les détails dans lefquels nous pourrions entrer * ne feroient que fafti-dieux fans être utiles.
- Toutes les grandes plaies doivent être couvertes d’un mélange de terre franche & de bouze de vache, & non pas d’une compofition de çire, de térébenthine & de vert-de-gris ou dé’ montagne, trop connue & trop employée par
- L
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- i6i Orangerie;
- les Jardiniers , plus propre à empêcher qu’à
- favorifer la cicatrifation.
- Le Jardinier qui n’a en vue que le produit de les Orangers, les taille fur le menu bois, fupprime les bourgeons forts, & préféré le vieux bois, qui produit des bouquets de fleurs nombreux , aux bourgeons de l’année précédente, qui ne donnent ordinairement que d’une à trois fleurs d’un même nœud , & qui n’en portent fouvent que vers leur extrémité ; & il ne taille qu après la récolte de la fleur. Mais un Amateur les dégage des bourgeons chétifs, & multiplie le beau bois ; facrifie la plupart des fleurs du vieux bois , qui fatiguent les arbres , qui font toujours petites qui nouent rarement, & dont le fruit.tient & réuflît encore plus rarement : il renonce même à une partie des belles & grandes fleurs des bourgeons de la dernière année ; & pour aflurer à fes arbres la vigueur, la fanté, la régularité de la forme, il préféré des récoltes moindres par le nombre des produâions , à une abondance de quelquès années ruineufe pour les arbres.
- La fleur des Orangers doit être cueillie tous les jours lorfqu’elle eft parvenue à fa grandeur, mais avant quelle foit entièrement épanouie. Cette récolte ne doit fe faire, ni pendant la
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- Oranger, 163
- grande chaleur du jour, ni lorfcjue la fleur efl: mouillée par la pluie.
- Sur des arbres entretenus vigoureux &: en bon état, on peut avoir la fatisfa&ion de Voir un affez grand nombre dé fruits beaux & bien conditionnés. [ Il n’en faut laiffer porter à chaque arbre qu’un nombre convenable, préférant les mieux placés fur les branches Vigôureüfes , & provenant des premières fleurs ; & fuppri-mant tous ou prefque tous ceux qui ont fuccédé aux fleurs tardives, dont la plûpart ne pouvant acquérir affez de groffeur avant fhyver, tombent dans la Serre, ou n’âcquièrent point de qualité, parce que l’année fuivante ils mu-riffent trop tard. ] On les détaché lorfque la couleur verte de leur peau commence à s’éclaircir & à tirer fur le jaune ; ils achèvent de mûrir dans la Fruiterie : fl l’on attend à les cueillir qu’ils foient devenus jaùnes , ils ont beaucoup moins de jus.
- X. ÈbourgeonnemeM dis Orangers.
- Depuis la mi-juin jttfqu’à la fin d’août, il faut de trois en trois femainès, ou même plus fouvent, vifiter les Orangers, & les décharger de toutes les pouffes inutiles où mauvaifeS
- JLa
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- ïÔ4 Orangerie; qu’ils font. Depuis la fin d’août jufquà la taille qui fe fera au mois de mai fuivant, on n’y fait aucun retranchement.
- i°. Un très-grand nombre de petits bourgeons maigres & foibles, qui naiffent ordinairement do l’infertion des bourgeons forts, doi-.vent tous être fupprimés.
- 2°. Les bourgeons qui naiffent multiples d’un même œil fe réduifent à un feul , le plus fort & le mieux placé.
- 30. Les bourgeons, qui fe couchent ou fe dirigent mal, fe retranchent, s’ils font inutiles ; fe placent & fe fixent convenablement, ou fe raccourciffent fur les yeux propres à en produire de mieux dispofés , s’ils font néces-faires.
- 4°. Les bourgeons très-forts ou gourmands, s’ils font bien placés, & s’ils naiffent dans le voifinage des branches foibles, fe confervent & fe ravallent à une longueur convenable, afin de fe ramifier. S’ils ne font pas utiles, on les raccourcit plufieurs fois fuccelfivement pour diminuer leur progrès ; & fi à la taille ils ne peuvent fe placer, ori les retranche : en un mot l’ébourgeonnement, comme la taille , a pour but la vigueur des arbres , & la régularité de leur forme.
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- OSTEOSPERMUM. l6f
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- OSTEOSPERMUM.
- 0steospermum , Chrifanthème ou Margué-rite en arbrifleau du Cap. Sa tige, haute de 5 à 6 pieds, eft rameufe. Ses feuilles font alternes , dentelées , ovales, cotonneufes, étoffées. Ses fleurs en grouppes terminaux font jaunes, radiées. Elle fe propage par boutures en été.
- O T H O N N A.
- O T h onna , Jacobée d’Afrique. Plufieurs variétés diftinguées par leurs feuilles, & par la difpofition de leurs fleurs aflez grandes, jaunes , radiées , prefque femblables à celles de l’arbrifleau précédent. Ces arbrifleaux fe multiplient par boutures pendant tout l’été.
- P A S S E R I N A.
- Passerina , Herbe à l’Hirondelle. Plufieurs variétés du Cap & d’Efpagne, diftinguées par la hauteur ( de i à 6 pieds ) des tiges ligneu-
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- 166 Orangerie;
- fes & çameufes, liffes, ou cotonneuses ; par la forme & la dispofition des feuilles , fort petites; par les fleurs Solitaires, ou multiples, terminales, peu apparentes, blanches, ou pourpre. Elles fe propagent par boutures pendant l’été.
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- P H Y L L I S.
- Phyllis , Belle - feuille , Simpla nobla des Canaries. Plante quadrifannuelle, fous-ligneufe, rameufe, dont les feuilles font ternées, grandes , belles, luifantes , persiflantes, fessiles , lancéolées ; & les fleurs en panicules, petites & fans éclat. Elle fe multiplie par Ses graines Semées au printems.
- PIMPRENELLE.
- Pimprenelle épineufe. Plante vivace, ou fous-arbriffeau , haut de 2 à 3 pieds, rameux, épineux ; dont les feuilles compofées de 13 ou 15 folioles fort petites font persiflantes; & dont les petites têtes terminales de fleurs fe Succèdent pendant tout l’été. Elle fe multiplie par boutures.
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- Pistachier. 167
- PISTACHIER.
- 1e PISTACHIER cultivé, Pijlacia Terebinthus , Lin. eft un arbre dont les rameaux font garnis de feuilles alternes compofées de 7 folioles aflez grandes, ovales terminées en pointe, unies par les bords, oppofées & prefque fes-siles fur une longue queue commune ; & font terminés par des fleurs en panicule lâche, femelles fur un individu, compofées d’un petit calice à trois échancrures, & d’un piftil; mâles fur un autre individu , compofées d’un petit calice à 5 échancrures, & de 5 petites étamines. Les embryons des fleurs fémelles deviennent des fruits de la forme & de la grofleur d’une petite amande, dont le brou peu charnu couvre un noyau mince & flexible, cependant peu fragile , dans lequel efl: renfermée une amande verte couverte d’une peau rouge , & d’un goût fort agréable.
- Il fe multiplie par les Piftaches nouvelles qu’on trouve chez les marchands Épiciers. Lorsque le plant a acquis de la force ( en 4 ou 5 ans ), on peut en placer quelques pieds en efpalier au midi, & les bien abriter dans les fortes gelées.
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- Orangerie,"
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- P R O T É A.
- Le Protéa , ou l’Arbre argenté, P roua coni-fera, Lin. élève à io ou 12 pieds une tige droite, dont les branches forment une tête régulière. Ses feuilles font persiflantes, linéaires , lancéolées , argentées & brillantes , & préfentent leur furface obliquement à l’horizon. Le feuillage de cet arbrifleau fait fon principal mérite. Ses fleurs tubulées, monopé-tales, découpées en 4 fegments égaux, avec 4 étamines & un piflil dont l’ovaire devient une femence ronde & nue, font raflemblées fur un cône ovale, écailleux , imbriqué , qui leur fert de calice commun.
- Il fe multiplie par boutures plantées en avril dans de petits pots remplis de terre légère & placés dans une couche de chaleur modérée ; il veut une bonne Orangerie, être arrofé modérément , & placé pendant l’été en bonne çxpofition défendue du vent.
- Il y a plufieurs variétés de Protéa , toutes brillantes par leur feuillage argenté. Elles fe propagent par leurs femences envoyées du Cap de Bonne-Efpérance, leur patrie. Quelques-unes font un peu plus délicates.
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- Qu EU E-DE-Li O N. 169
- Q U E U E - D E - L I O N.
- Ce fous-arbrifleau, Phlomis Leonurus , Lin. élève à 2 pieds & demi ( quelquefois beaucoup plus) fa.tige rameufe, dont les jeunes bourgeons à 4 cannelures font garnis de feuilles oppofées en croix * prefque fessiles , longues de 2 pouces & demi à 4 & demi, larges de 6 à 12 lignes, pointues par les deux extrémités , ridées en dedans, relevées de nervures en dehors, unies par les bords dans leur moitié inférieure , dentelées dans l’autre moitié ; & terminés par plufieürs verticilles ( de 4 à 8 ) de belles fleurs aurore pâle accompagnés de feuilles femblables à celles des rameaux. Les fleurs font compôfées d’un calice en tube à plufieurs dents égales ; d’un long pétale tubulé & labié, dont la lèvre fupérieure éft entière, fort longue, concave, veloutée par les bords & fur fa furface extérieure, & couvre 4 étamines , & un piftil, dont l’embryon fe change en 4 femences enveloppées par le calice’ persiflant ; la lèvre inférieure fort petite , fendue très-profondément en 3 lanières fort étroites, fe defféche prefque aufli-tôt que la fleür eft épanouie.
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- 170 Orangerie,
- On multiplie le Leonurus par les marcottes; & par les boutures en mai, juin & juillet, à l’ombre & fouverit arrofées. II commence à fleurir en août ou feptembre ; fes verticilles ne fe formant que fucceflivement à mefure que les rameaux s’alongent, & fes fleurs fubsiftant très-long-tems, il efl: fleuri prefque tout l’hy-ver. Il aime le foleil en toute faifon, beaucoup l’eau en été, très-peu en hyver. En le tirant de la Serre au printems , il faut tailler fes rameaux au deflbus des verticilles, & renouveller toute ou partie de la terre de fon pot. Il vit & fe foutient rarement au delà de trois ans ; ainfi il faut avoir foin de le propager, & de lui donner une bonne terre douce.
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- RÉSÉDA.
- Le Réséda odorant, Refeda odorata , Lin. efl: une plante bafle qui s’élève à 7 ou 8 pouces. Sa tige efl: rameufe & anguleufe, garnie de feuilles , dont les inférieures font entières, unies par les bords, longues de 18 à 20 lignes , larges de 7 ou 8, prefque fpatulées ; & les fu-périeures, pour la plupart ailées fur un rang, les deux folioles longues & étroites, l’impaire
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- Réséda. 171
- beaucoup plus grande & élargie. Ses fleurs en épi court & terminal, font compofées d'un calice à 5 échancrures fpatulées ; de 5 très-petits pétales ; de 10 ou 12 étamines, dont les fommets font rouges ; St d’un piftil, dont l’embryon devient une capfule ouverte par fon extrémité & contenant un grand nombre de petites graines.
- Cette plante, très-lifle dans toutes fes parties , n’efl: eftimable que par 1‘odeur de fes fleurs, qui font très-petites, St qui n’ont prefque que leurs étamines d’apparent. Elle fe feme au prin-tems ou en été ; peut fe cultiver en pleine terre où elle périt aux premières gelées, ou en pot oii elle paffe l’hyver dans l’Orangerie ; elle donne des fleurs pendant neuf mois.
- RICIN.
- Les deux Indes produifent plufieurs variétés de Ricin. Ces plantes font trop grandes pour être placées fur un parterre, & ne font pas aflez intéreflantes pour leur donner place dans l’Orangerie.
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- 172 O R A N G E R I e;
- Le petit Ricin d’Amérique, Ricinus Amc-ricanus rtiinor, C. B. P. pourroit y être admis. Il n’élève qu’à 2 ou 3 pieds fa tige rouge, ou verte, qui ne pouffe que 2 ou 3 rameaux. Ses feuilles beaucoup moins grandes que celles des autres, font palmées, ou divifées plus profondément en folioles dentelées irrégulièrement , quelquefois découpées.
- On feme de bonne, heure fur couche , & on avance les Ricins d’Amérique. On met une partie du plant en pleine terre à une bonne expofition ; & l’autre dans des pots qu’il faut changer à mefure que les plantes profitent. En o&obre on les porte dans l’Orangerie, ou dans la Serre-chaude, pour les conferver, ou pour procurer la maturité à leurs femences.
- R O Y E N A.
- R.OYENA, Vigne-vierge d’Éthiopie , Arbou-fier d’Afrique. Arbriffeau haut de 5 à 6 pieds, originaire du Cap, rameux, garni de feuilles luifantes & persiflantes, moindres que celles du Buis ; & dont les fleurs axillaires, blanches, font fort petites. Il fe propage par drageons enracinés , marcottes & boutures.
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- S A U G E.
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- SAUGE.
- Sauge, ou Orvale du Mexique. Arbrifleau haut de 7 ou 8 pieds, rameux, dont les feuilles font ovales, pointues par les deux extrémités & dentelées; & les fleurs monopétales, tubulées, labiées, d’un beau bleu, font en épûs denfes terminaux. Il fe multiplie par boutures.
- SEBUM PYRAMIDAL.
- T ,f. SEDUM Pyramidal, ou Saxifrage à feuille de Sedum, Saxifraga Pyramidata, eft une plante trifannuelle, dont les feuilles font radicales , d’un vert lavé de bleu, charnues , fermes , couchées horizontalement, bordées de dents blanches & dures, nombreufes, difpofées en rofette. Du centre de cette rofette , il fort une tige longue d’un à deux pieds, très-ra-meufe prefque d’une extrémité à l’autre, formant une belle pyramide ( ou un luftre ) très - garnie de fleurs blanches, de 6 à 8 lignes de diamètre , compofées d’un calice à 5 divifions ; de 5 pétales alongés, arrondis
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- 174 Orangerie,
- & beaucoup plus larges à leur extrémité qifâ leur bafe ; de io étamines ; & d’un piffcil chargé de 2 Ayles, dont l’ëmbryon devient ime capfule qui renferme plufieurs graines.
- On expofe cette plante au foleil jufqu’à ce qu’elle foit fleurie ; alors on la porté dans un appartement où l’on en jouit long-tems. Lorf-que la fleur eft paffée, la tige & le pied périf-fent; mais auparavant le pied a produit des œilletons , que l’on fépare, & qu’on plante chacun dans un pot. Ceux qui par la fuite perdent leur œil, ou qui en forment plufieurs, doivent être rejetés. On ne conferve que ceux qui n’ont qu’un œil bien conditionné au centre de la rofette de leurs feuilles ; ils fleuriront dans leur troifiéme année ; quelques-uns dès la fécondé.
- S O L A N U M.
- I. SolàNUM-AmoMUM , Solanum Pfeudocap-Jîcum, Lin. C’eft un joli arbufiê qui forme une tête régulière. Ses feuilles font alternes, longues , étroites, pointues. Ses fleurs font petites ,nombreufes, blanches, composées comme celles des autres Solanums, d’un petit calice
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- SOLANUM. 175
- persiflant, à 5 échancrures ; d’un pétale en tube court, formant par fes divifions une étoile à 5 rayons pointus ; de 5 étamines rapprochées & ferrées contre le piflil, dont l’embryon devient une baie fucculente, ronde, lifle & luifante, d’un beau rouge, de 8 ou 9 lignes de diamètre, contenant beaucoup de graines.
- Ces fruits nombreux , qui fubsiflënt long-tems , font tout le mérite de cet àrbufle, qui dépérit dès fa deuxième ou troifiéme année, & demande d’être propagé & renouvellé par les femences, les marcottes , les boutures, ou les drageons.
- 2. Le Solanum de Buenos-Aires, Solanum Bonarienfe, Lin. eft un arbrifleau haut de 10 à 12 pieds, dont les branches érigées , peu nombreufes, font garnies de feuilles alternes, longues de 4 à 6 pouces , larges de 3, cunéiformes, un peu cordiformes à leur bafe, profondément finuées fur leurs bords. Ses fleurs en ombelle terminale font blanches, grandes, compofées comme celles du précédent, & fui-vies de quelques petites baies jaunes. Pendant la faifon de fes fleurs ( tout l’été ), il figure très-bien entre les Orangers.
- L’un & l’autre fe multiplie par les femences ,
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- 176 Orangerie,
- par les drageons, les marcottes, & les bouturés ; & aime des arrofements fréquents en été, rares en hy ver.
- SOUCI.
- Le Cap de Bonne-Efpérancé fournit quelques efpèces de Souci vivaces, qui peuvent au moins faire variété dans l’Orangerie.
- 1. Le SoUCl en arbre, Cakndula fruticofa, Lin. élève à 6 ou 7 pieds une tige foible, garnie dans toute fon étendue de branches grêles & pendantes. Ses feuilles font prefque ovales , un peu dentelées , d’un vert brillant, portées par des queues plattes & courtes. Ses fleurs font terminales, de grandeur médiocre, violettes en dehors, d’un beau blanc en dedans, & pourpre dans le fond , compofées comme celles du Souci des Jardins.
- 2. Le Souci à feuilles étroites, Calmdula graminifolia, Lin. pouffe de fa racine plufieurs tiges courtes ou œilletons garnis d’un grand nombre de feuilles longues, étroites, fembla-bles à celles du Gramen commun. Du centre
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- Souci* 177
- de ces feuilles il s’élève à 8 ou 9 pouces un pédicule nu, terminé par une fleur, dont le fond & les rayons en dehors font de couleur pourpre, & blancs en dedans. Ces fleurs, de la grandeur de celles du Souci commun, pa-roiflent en grand nombre au printems, & en moindre nombre en automne.
- Comme ces plantes donnent rarement des femences, on les multiplie ordinairement par boutures plantées dans des pots remplis de terre médiocre & légère, enfoncés au printems dans une couche de chaleur modérée , ou en été dans une plate-bande. Pendant l’hyver, on les place près les croifées de l’Orangerie, pour quelles aient plus d’air & moins d’humidité.
- TETRAGONJ A.
- T'etragonia. Plante vivace & ligneufe, ou arbriffeau du Cap, dont les tiges longues de 4 à 6 pieds, d’abord groffes & fucculentes ainfi que leurs branches, font garnies de feuilles larges d’un pouce & longues de deux. Ces feuilles & les branches font parfémées de globules transparents , comme la Glaciale. Ses fleurs n’ont ni pétales, ni beauté. Elle a deux variétés qui
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- 178 Orangerie, ne font pas plus intéreflantes. Toutes fe multiplient par boutures traitées comme celles des plantes grafles.
- T H L A S P L
- 1. Le Thlaspi vivace, Iberis femper florenS, Lin. eft un lous-arbrifleau rameux, haut de 12 à 18 pouces, qui eft pendant l’hyver, une partie de l’automne & du printems, couvert de fleurs blanches disposées en petites ombelles de 15 ou 16 lignes de diamètre. Il fe multiplie par les marcottes & par les boutures , & conferve fes feuilles cunéiformes obtufes , comparées à celles de la Giroflée. Il a une jolie fous-variété panachée.
- 2. Il y a un autre Thlaspi vivace, Iberis fcmper-virens, Lin. qui s’élève beaucoup moins ( 7 ou 8 pouces ) & dont les feuilles étroites & pointues persiflent toute; l’année. Ses fleurs font de mêmes couleur & durée que celles du précédent.
- Ils veulent une terre de qualité médiocre, & être placés pendant l’hyver fur le devant de l’Orangerie.
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- TREFLE BITUMINEUX* VJ$
- TREFLE BITUMINEUX.
- Le TREFLE bitumineux, Pforalea bituminofa, Lin. eft un fous-arbrifleau, dont les feuilles font alternes , portées par des queues affez longues, compofées de 3 folioles lancéolées. De faisselle des feuilles fupérieures de la tige & des rameaux, il fort de longs pédicules qui portent des fleurs bleues, légumineufes, difpo-fées en têtes garnies à leur bafe de petites écailles fort courtes, & compofées d’un calice en tube à 5 divifions longues & aiguës ; d’un pétale court & étroit ; de deux faifceaux d’étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon renfermé dans le calice devient uné silique qui ne contient qu’une femence*
- Le Pforalea. élève d’environ 3 pieds fa tige cylindrique & rameufe ; il donne des fleurs pendant la plus grande partie de l’année,&fe multiplie par lés femences : fes feuilles & fes fleurs écrafées ou froiflees rendent une odeur réfineufe.
- TUBÉREUSE D'AFRIQUE,
- Cette plante, Crinum Africanum, Lin, e£f vivace par fa racine compofée de grofîes libres charnues, & de petites fibres qui piquent en
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- 180 Orangerie, Tübereuse,&c. terre. Du collet de fa racine, il s’élève à 3 pouces un. œilleton formé par les bafes des feuilles qui s’enveloppent les unes les autres. Ces feuilles font planes, prefque lancéolées, rangées fur deux côtés oppofés. A côté des feuilles, il s’élève de 2 à 3 pieds une hampe ou pédicule radical nu , rond & creux, terminé par une gaine ou un fpathe réfléchi, compofé de deux feuilles oblongues & caduques, renfermant une groffe ombelle de fleurs bleues, portées chacune par un pédicule long de 10 à 12 lignes, & compofées d’un feul pétale tubulé, découpé très-profondément en fix fegments obtus, ondulés par les bords ; de fix étamines de longueurs inégales ; & d’un piftil furmonté d’un long flyle,dont l’embryon devient une capfule à 3 loges. Les fleurs fe fuccèdent depuis feptembre jufqu’à la fin de décembre.
- Cette plante fe propage par fes drageons détachés en juin ou juillet, mieux.en coupant qu’en éclatant, St plantés en pots remplis de bonne terre légère de potager ; arrofez modérément ; en août 8t feptembre mouillez plus largement, St expofez au foleil ; abritez les fleurs contre les premiers froids ; en o&obre placez dans l’Orangerie près les croifées ; mouillez très-peu pendant l’hyver.
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- SECONDE SECTION.
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- SERRE-CHAUDE ET CHASSIS.
- SERRE-CHAUDE.
- Si l’Orangerie nous procure la jouiffance des Plantes des climats tempérés, compris entre le 36e & le 43e dégré de latitude, la Serre-chaude nous procure celle des Plantes des pays les plus chauds , qui y trouvent non-feulement un abri contre le froid, l’humidité, & les intempéries du nôtre, mais la chaleur de leur patrie dans l’air qui les environne, & dans la terre où elles font plantées ; de forte que plufieurs y prennent le même accroiffement, & y font les mêmes produttions que dans leur fol natal, & paroiflent à peine fentir leur exil. Mais la bonté d’une Serre-chaude dépend de plulieurs conditions dont nous allons donner quelques notions.
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- l8î SERRE-CHAUDE.
- SITUATION.
- Il faut choifir pour l’emplacement d’une Serre un endroit défendu du vent du nord, & même de celui de l’eft, par quelque hauteur \ par un bois, ou par des bâtiments peu diftants ou contigus à la Serre, Mais elle perdroit beaucoup de l’avantage de ces abris, li d’autres montagnes , bois, ou bâtiments , même aflez éloignés , du côté du fud & de l’ouelî:, non-feulement réfléchifîoient fur elle les vents froids, mais lui envoyoient une humidité ailfîi nuisible aux Plantes que le froid. Sa lituation feroit la pire de toutes , fi, ayant ces abris du côté du midi & du couchant, elle n’en avoit aucun du côté du nord & du levant. On fçait aflez combien la différence des fitua-tions avance ou retarde la végétation des Plantes , contribue à leur vigueur, & à la qualité de leurs productions.
- Aufli je préviens le LeCteur que, lorfqu’en indiquant la culture convenable aux Plantes délicates, je dirai des unes quelles veulent être conftamment tenues dans la Serre ; de quelques autres, qu’elles peuvent être expofées
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- SERRE-CHAU. DE. 183 en plein air pendant l’été ; ce confeil ne doit pas être regardé comme une règle invariable, mais comme fufceptible de modifications fui-vant les fituations plus ou moins avantageufes. Ainfi tous les Cultivateurs retiennent les Gaffés dans la Serre, effrayés fans doute par le célèbre Miller qui menace cet arbriffeau, s’il ofe en fortir pendant l’été, d’une mort certaine au plus tard l’hyver fuivant. Cependant M. le Comte de Noyan, dont les Jardins ( près Dol en Bretagne ) font fort bien fitués, mais environnés de futaie qui y répand un peu d’humidité, fit fortir de fa Serre au mois de juin 1786 deux jeunes Caffés. Ils pouffèrent très-bien, fleurirent, retinrent du fruit qui efl: venu à bien, rentrèrent en très-bon état dans la Serre au commencement d’oâobre; & ils y ont paffé l’hyver en affez bonne fanté , pour être de nouveau expofés au plein air dès la fin d’avril 1787. Il y avoit de la témérité , car toute cette année a été froide & pluvieufe : les gelées ont perfévéré jufqu’à la fin du prin-tems ; la nuit du 6 au 7 juin il en a fait une fi forte, qu’elle a ruiné en plufieurs endroits les Haricots, l’Oignon, & d’autres Légumes, beaucoup de Figues, & de Fruits qui avoient réfiffé jufqu’alors ; prefque toutes les nuits de
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- Î84 Serre-chaude. l’été ont été froides, & très-peu de jours ont été chauds. Aulîi ont-ils un peu fouffert de ces gelées tardives ; mais en peu de tems ils fe font rétablis ; ils ont très - bien végété , fleuri, & noué du fruit, qui au commencement d’o&obre , lorfqu’ils ont été remis dans la Serre, étoit prefqu’aufîi gros & aufli avancé que celui de leurs freres qui ont paffé l’été bien clos & couverts. J’ai fréquemment fous les yeux d’autres Caffés qui ont été expofés au plein air depuis le mois de juin jufqu’au 10 d’oâobre, dans une des meilleures fitua-tions que je connoiffe. Ils ont fait de longues & vigoureufes pouffes, malgré les intempéries de cette année. Près de ces Caffés, des Ananas ont paffé dix mois, depuis décembre jufqu en o&obre, dans une couche dont le tan n’a été ni remanié , ni même remué une feule fois ; les panneaux vitrés ont été ouverts tous les jours, fouvent jufqu’au coucher du foleil. Ces Ananas ont tellement profité, que j’eftime qu’ils ont pris au moins lix mois d’avance fur d’autres plantés en même tems, qui ont été tenus dans la tannée d’une Serre. De ces exemples, auxquels je pourrois en ajouter beaucoup d’autres , j’infère que la fituation eft un point des plus importants pour une Serre-chaude; & que
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- Serre-chaude. 185 plufieurs Plantes étrangères, qui font entretenues dans un état de langueur & de foibleffe par trop de foins & de ménagements, pour-roient acquérir de la force & du tempérament , fi elles étoient traitées moins délicatement. Toutefois je n’invite pas les Cultivateurs à faire des eflais fur des Plantes rares & pré-cieufes dont la perte feroit difficile à réparer.
- L’Aire ou le Pavé d’une Serre doit être élevé de 3 pieds au moins au defîiis du terrein, s’il efl humide. Cette élévation n’eflpas néceffaire, fi le fol efl fec ; mais elle feroit avantageufe pour la conflruâion des Fourneaux & des Tuyaux de chaleur, comme on le verra dans la fuite : d’ailleurs le froid & l’humidité étant plus grands à la fuperficie de la terre, la Serre en reçoit d’autant moins, qu’elle efl plus élevée au deffus.
- EXPOSITION;
- L’Exposition dire&e au midi efl généralement réputée la meilleure. Cependant plufieurs Cultivateurs lui préfèrent une expofition un peu déclinant au couchant, quoiqu’un peu plus humide ; & rejettent l’expofition au le-
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- l86 S E R R E-C H A U D E. vant, ou même déclinant du midi au levant; parce que le vent de l’eff étant le plus fréquent pendant l’hyver, il donne plus de froid à la Serre, que les rayons du foleil ne peuvent lui procurer de chaleur jufqu’à neuf heures du matin en hyver, & jufqua lix au printems : au lieu que les derniers rayons du foleil couchant répandent encore quelque chaleur dans l’air qu’il a échauffé pendant le jour. Ainfi ils ferment leurs Serres d’un bon mur au nord & à l’eff. Quelques autres conftruifent avanta-geufement leurs Serres en deux ailes d’équerre, dont chacune a un côté vitré au midi, & un au couchant; les côtés du nord & de l’eff font défendus par des murs.
- PLAN HORIZONTAL.
- 1e Plan horizontal d’une Serre-chaude eff ordinairement un parallélogramme re&angle fort alongé. Un trapèze dont les côtés oppofés du fud & du nord feroient parallèles , & dont les deux autres côtés vers l’eff & vers l’oueff feroient à - peu - près dans la direction de 8 heures du matin, & de 4 heures du foir, ou feroient un angle ouvert de 51 dégrés avec
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- Serre-c haude. 187 le mur du nord, & par conséquent un aigu de 36 dégrés avec la face vitrée au fud ,.peut être préféré au parallélogramme ; parce que trois de fes côtés font défendus du froid par un mur , fans que fa face vitrée perde aucun rayon du foleil depuis fon lever jufqu’à fon coucher au folstice d’hyver : d’ailleurs fes trois côtés poftérieurs par l’ouverture de leurs angles approchent d’une portion de cercle, ou d’une concavité , qui feroit très-avantageufe pour le fond d’une Serre. Mais ii la face vitrée formoit une portion de cercle ou d’un polygone, les rayons du foleil ne tombant dire&ement que fur un dégré ou fur une face , & frappant les autres très-obliquement , laifleroient trop de prife au froid ; & dans le cas où l’on voudroit donner à une grande Serre la forme d’un bâtiment décoré, on ne pourroit y admettre ni tours, ni parties convexes ; les pavillons & le corps avancé feroient formés par des lignes droites. La Planche VI contient plufieurs formes de Serres les plus avantageufes.
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- 188 SERRE-CHAUDE.
- HAUTEUR ET LARGEUR.
- Une Serre doit jouir de tous les rayons de ioleil & de lumière qu’il efl possible de lui procurer dans le climat où elle eft conftruite, fans toutefois gêner les Plantes qui y font cultivées, ni le travail du Cultivateur. J’ajoute cette condition ; car li une Serre dont la coupe peut être repréfentée par la figure triangulaire 3. PI. I. avoit fon mur du nord incliné de dégrés & demi , quelles plantes appliquées contre ce mur pourroient profiter dans une fituation auffi inclinée, & comment un Jardinier ferait-il le fervice de la Serre de ce côté-là?
- Il faut donc que la grandeur, la proportion , & la difpofition de fes parties, s’accordent avec le bien des Plantes & la facilité de les foigner. D’abord, la profondeur d’une Serre ne doit pas être moindre que 8 pieds & demi ou 9 pieds, dont 5 & demi ou 6 feront occupés par une couche de tan ; 8c les 3 autres pieds donneront le paffage autour de la tannée , & la place néceffaire pour conftruire les tuyaux de chaleur qui doivent réchauffer. On pourrait donner moins de largeur à une Serre,
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- Serre-chaude, 189 en ne faifant la tannée que de 3 ou 4 pieds. Mais plus une tannée eft étroite, moins elle conferve long-temps la chaleur, comme il fera dit plus bas , & par conféquent l’entretien de la chaleur eft plus difpendieux. D’ailleurs elle contiendra moins de plantes , à moins quelle n’ait une grande longueur; & alors il faut plus de Chaflis & de Vitres, fans remédier à l’autre inconvénient. En fécond lieu, le mur du nord ne doit pas avoir moins de 5 pieds ou 5 pieds & demi de hauteur, afin qu’un homme puifle facilement pafler entre ce mur & la tannée. Enfin la hauteur du vitrage du côté du midi doit être telle, que les rayons du foleil éclairent tous ou prefque tous les jours de l’année toutes les faces intérieures de la Serre.
- Sa largeur, & la hauteur de fon vitrage fe déterminent par la hauteur méridienne du foleil au folstice d’été; car li au jour du folstice il éclaire toute la furface intérieure de la Serre à l’heure de midi, néceflairement il l’éclairera tous les autres jours de l’année.
- Plus le dégré du folstice eft élevé au deffus de l’horizon, moins le rayon du foleil eft oblique , & par conféquent moins la largeur d’une Serre eft grande. Si donc dans un climat ou
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- 190 SERRE-CH AÜDfc l’angle du folstice avec l’horizon eft de 70 degrés , on donne au vitrage d’une Serre ( PI. h Fig. 1. ) 18 pieds de hauteur, le rayonfolsti-cial ne s’étendra qu’à environ 6 pieds 3 pouces fur faire horizontale. Ainfi la largeur de la Serre ne feroit pas fuffisante. Mais dans ce climat on tire les Plantes de la Serre long-tems avant le folstice, pour les expofer au plein air qu’elles peuvent fupporter pendant environ cinq mois. Or comme il n’importe combien la Serre vuide reçoit de foleil, on peut prendre au-delà du rayon folsticial l’efpace néceflaire pour qu’elle ait la largeur convenable ; & on lui donnera à-peu-près les mêmes dimenlions qu’à line Serré pour un climat où la hauteur du folstice feroit de 5 ou 6 dégrés moindre.
- Moins au contraire le folstice eft élevé, plus le rayon du foleil eft oblique, & donne plus de largeur à une Serre. Ainfi dans un climat plus feptentrional que le nôtre, où la hauteur du folstice feroit de 58 dégrés; fi le vitrage, vertical d’une Serre Fig. 2. eft haut de 18 pieds , le rayon du folstice tombera fur l’aire horizontale à 11 pieds. Mais fi l’on donne en dehors 2 pieds feulement de talus au vitrage , pour l’incliner un peu & lui faire recevoir moins obliquement les rayons du foleil, l’ef-
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- Serre-chaude. 191 pace compris entre le pied de ce vitrage & le rayon du folstice fera de 13 pieds; fur lefquels prenant 9 pieds pour la largeur de la Serre, & avançant de 4 pieds en deçà de la ligne folsticiale le mur du nord , le foleil frappera tout le fond de la Serre prefque tous les jours de l’année ; ce qui eû néceflaire dans ce climat ou à peine ofe-t-ort rifquer en plein air un petit nombre de Plantes.
- Dans notre climat, comme dans tous les autres, la hauteur & la largeur d’une Serre dépendent de la hauteur du folstice. Mais avant d’expofer une méthode pour déterminer les proportions rélatives de toutes fes parties, je ferai quelques obfervations.
- j°. Si la Serre n’eft deftinée que pour des Plantes des climats compris entre le 23 e & le 36e dégré, comme la plupart paffent l’été en plein air dans notre climat, il n’eft pas nécef-faire que le rayon du folstice s’étende jufqu’au fond de la Serre, puifque les Plantes en feront forties avant le folstice. Ainli la hauteur & la largeur de cette Serre pourront être réglées par la hauteur méridienne du foleil ( environ 62 dégrés y au tems où Ton tranfporte les Plantes en plein air, du 20 au 25 mai, & où on les rapporte dans la Serre, 'du 15 au 20 Septembre.
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- Ïp2 SERRE-CHAUDE.
- 2°. Si la Serre ne renferme que des Plantes de la Zone torride, quelques-unes les moins délicates pouvant fupporter le plein air pendant une partie de l’été, & laiflant de la place pour rapprocher vers le devant celles qui doivent être tenues conftamment dans la Serre , il n’eft pas néCeflaire que le foleil au folstice d’été en éclaire le fond. Ainfi on pourra reculer le mur du nord environ un pied au-delà du rayon folsticial, & attacher contre ce mur des planches fur lefquelles on placera des pots dans les faifons où il jouira du foleil.
- 3°. Si dans cette Serre on ne place point de Plantes contre le mur du nord, il fuffit que le rayon folsticial s’étende jufqu’au bord fep-téntrional de la tannée ; car le paflage entre ce mur & la tannée n’a pas befoin. de foleil. Or fuppofant la tannée large de 6 pieds, & le paflage entre elle & le vitrage d’un pied & demi ou deux pieds, il fuffit que le rayon du folstice s’étende à 7 pieds & demi ou 8 pieds fur l’aire de la Serre ; & le mur du nord pourra être reculé 18 pouces ou 2 pieds au delà de ce rayon.
- 40. Mais fi l’on veut placer à demeure & comme en pleine terre quelques Plantes dans une plate-bande large de 2 ou 3 pieds pratiquée
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- Serre-chaude, 193 quée au pied des murs de la Serre Fig. 3. il faudrait, pour en placer contre le mur du nord , que la Serre eût 11 ou 12 pieds de largeur, & que le rayon folsticial frappât au moins l’angle formé par l’aire de la Serre & fon mur du nord ; ce qui donnerait au vitrage une exceffive hauteur de 23 à 25 pieds. Dans ce cas, on ne forme point de plate-bande au pied du mur du nord, mais feulement au pied des murs du levant & du couchant ; & la Serre pourra n’avoir que la largeur indiquée dans le deuxième ou le troisième cas. Mais ces murs n’ayant pour longueur que la profondeur de la Serre, on ne pourrait pas y placer un grand nombre de Plantes. Pour leur donner plus d’étendue , on peut les conftruire dans la dire&ion & fur le plan de 8 à 8 heures & demie du matin, & de 3 & demie à 4 heures du foir ; ou faifant avec la méridienne un angle de 48 à 45 dégrés, ou avec la ligne de 6 heures un angle de 35 à 42 dégrés; & le plan horizontal de la Serre fera trapézoïde comme Fig. 4. Toutl’efpace compris entre le vitrage A & la ligne pon&uée B, fera éclairé le jour du folstice d’été.
- La mefure d’un des côtés d’une Serre étant donnée , & la hauteur du folstice d’été étant
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- IÇ>4 $ E R R E - C H A ü D E. connue, il eft facile de trouver les dimenfions & les proportions des autres côtés.
- Soit la hauteur du folstice à Paris de 64 dé-grés & demi, & foient donnés 9 pieds pour la largeur d’une Serre. i°. D’un point comme C Fig. 5, pris à volonté fur l’horizontale CB , je décris un arc de 64 dégrés & demi, & je tire le rayon folsticial CE. 2°. Je prends fur l’horizontale vers B, les 9 pieds donnés pour la largeur ; & de leur extrémité B, j’élève la verticale BE. £e point où elle coupera le rayon , donnera la hauteur du vitrage de 19 pieds 2 pouces. 30. Du point C, j elève une autre verticale CF, qui fera le mur du nord. Pour trouver fa hauteur, je décris du point E un arc de 45 dégrés, qui font la mefure de l’inclinaifon du toit ; & tirant la ligne EF, le point où elle rencontrera la ligne CF, montrera la hauteur du mur du nord de 10 pied9 2 pouces , & la longueur du toit incliné de 12 pieds 8 pouces. Mais il fuffit de fçavoir que dans une Serre bien proportionnée, la hauteur du vitrage eft égale à la largeur de la Serre & à la hauteur de fon mur du nord prifes enfem-ble : car prenant fur le vitrage les 9 pieds de la largeur, les 10 pieds 2 pouces reliants font la hauteur du mur ; & une ligne tirée de
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- Serre-chaude. 195 l’extrémité de ce mur à celle du vitrage, donne la longueur du toit & Ton inclinaifon. Si, fui-vant les cas & les obfervations ci-deffus, on recule le mur au delà du rayon folsticial, fa hauteur fera moindre, & là largeur de la Serre plus grande. Si on l’avancé en deçà du rayon, fa hauteur fera plus grande, & la largeur moindre ; mais toujours dans lès mêmes proportions.
- Soit connue la hauteur du folstice de 62 dégrés, & foit donnée la hauteur du Vitrage de 15 pieds. Pour trouver les dimenfions des autres côtés de la Serre, i°. fur l’horizontale Fig. G j j’élève la verticale BC de I y pieds de hauteur. 2°. De fon extrémité C, je décris un arc de 28 dégrés , qui font le complément de 62 ; & je tire le rayon folsticial CA. Le point A, où il tombe fur l’horizontale, montre 8 pieds pour la largeur de la Serre. Ces 8 pieds étafit fouftraits de la hauteur du vitrage , il relie 7 pieds pour la hauteur du mur du nord. La ligne CD, tirée par leurs extrémités , donné là longueur & l’inclinaifon du toit.
- Soit connue là haiitèur du folstice de 67 dégrés , & foit donnée la hauteur du mur du nord de 9 pieds 4 pouces. i°. J’élève la verticale B£, Fig. 7, de 9 pieds 4 pouces, &
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- 196 Serre --chaud s; je porte cette même longueur fur l’horizontale pour avoir le triangle re&angle BAE, dont je prolonge indéfiniment l’hypotenufe, qui fera néceflairement inclinée de 45 dégrés. 2°. Du point B, je tire le rayon folsticial, faifant avec l’horizontale un angle de 67 dégrés, & je le prolonge jufquà ce qu’il coupe la ligne AED. 30. Du point d’interfe&ion , j’abaiffe fur l’horizontale la verticale CD : elle fera la hauteur du vitrage de 17 pieds 4 pouces. L’efpace de 8 pieds, compris entre elle & la ligne BE, fera la largeur de la Serre.
- J’aurois pû donner des règles plus courtes, plus générales, & plus précifes par le calcul, pour trouver ces dimenfions. Mais les calculs étant une langue étrangère à la plupart de ceux pour qui j’écris , j’ai préféré une méthode intelligible aux Jardiniers & aux Ouvriers.
- DIRECTION DU VITRAGE.
- Les plus habiles Cultivateurs ne font pas d’accord fur la direâtion du Vitrage du devant d’une Serre. Les uns veulent qu’il foit vertical ; d’autres le préfèrent incliné ; & d’autres
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- Serre-chaude, 197 font la partie inférieure verticale, & inclinent la partie fupérieure.
- Suivant les premiers, un Vitrage vertical eft le moins fujet à être endommagé par la grêle ; retient le moins les neiges & les pluies ; préfente le moins de furface au froid; ne laifle point tomber les vapeurs humides qui s’y attachent fur les Plantes ; & les expofe le moins aux coups meurtriers du foleil, &c. Quoi qu’il en foit de ces avantages, dont quelques-uns pourroient être contredits, les Serres dont le Vitrage eft vertical ne font pas fans défauts. l°. Leur toit incliné , quelque bien fait & quelque bien plafonné en deffous qu’il puifle être, à moins qu’il ne foit couvert en paille, n’efl pas toujours un rempart affuré contre les fortes gelées. 2°. Si elles ont une grande profondeur, elles ont néceffairementune grande hauteur, & contiennent une grande maffe d’air, & par conféquent elles font difficiles & difpen* dieufes à échauffer. Les Plantes placées dans le fond s’alongeant & s’inclinant vers le devant pour chercher la lumière dire&e dont elles font éloignées, s’étiolent & s’affoibliffent. 30. Si elles font étroiteselles ne peuvent pas con-ferver long-tems la chaleur, parce que le froid pénètre & condenfe bientôt le mince volume
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- 198 Serre-chaude. d’air qu elles renferment. D’ailleurs on ne peut y placer qu’un petit nombre de Plantes ; & fi on leur donne plus de longueur pour augmenter leur capacité, on ajoute à la dépenfe de Vitres & de Chaffis, fans diminuer le défaut de la Serre. De forte que le Vitrage vertical, avantageux dans les climats plus méridionaux que le nôtre, n’eft d’ufage dans celui-ci que pour les grandes Serres, auxquelles pour réunir l’agréable & l’utile , on veut donner la forme extérieure d’un bâtiment régulier & décoré.
- Les autres, fondés fur le principe confiant entre tous les Cultivateurs , que le Vitrage d’une Serre doit recevoir directement les rayons du foleil pendant la plus grande partie de l’année , donnent de l’inclinaifon au Vitrage. Mais quelle inclinaifon eft la plus avantageufe ? C’efl: fans doute celle qui procureroit le plus de fayons direâs à la Serre, c’eft-à-dire, qui lui en procureroit deux fois par jour ( elle n’en peut pas recevoir davantage ), l’une avant midi, l’autre après, aux heures où le foleil peut donner la chaleur la plus convenable , fuivant la faifon. Or cette inclinaifon eft dans notre climat, celle qui coupe à angles droits ( PL IIy Fig. /. ) la ligne du folstice d’hyver
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- Serre-chaude. 199 ( 72 dégrés & demi pour Paris où le folstice d’hyver eft élevé de 17 dégrés & demj*). Car , depuis le 20 décembre jufqu’au 10 janvier, les rayons du foleil tomberoient dire&ement fur le Vitrage prefque tous les jours à midi, cet aftre pendant ce tems étant, à caufe de l’obliquité de notre fphère, prefque fixe au même dégré du Zodiaque ; le 10 décembre & le 20 janvier, ils feroient direûs à XI heures & à I heure ; vers le 20 novembre & le 10 février, à X & à II heures ; le premier o&o-bre & le premier mars , à IX & à III heures ; le 5 feptembre & le 25 mars, à VIII & à IV heures ; vers le 5 août & le 25 avril, à VII & à V heures; enfin vers le folstice d’été, à VI heures du matin & du foir, ou o parce que le Vitrage fuppofé bien orienté au midi eft dans le plan de VI heures. Il y a des tables calculées des hauteurs du foleil pour tous les jours de l’année , & pour toutes les heures correfpondantes de chaque jour. Ce petit nombre d’époques fuffit pour montrer qu’un. Vitrage qui a cette inclinaifon reçoit en hyver les rayons direâs du foleil aux heures les plus voifines de XII, les feules où il ait quelque chaleur ; & qu’au contraire plus le foleil s’approche du folstice d’été, tems où il n’échauffe
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- 200 Serre-chaude. que trop les Serres, fes rayons n’y tombent directement qu’à des heures plus éloignées de XII, & que l’heure de midi eft celle où ils font plus obliques. J’ajoute que ce Vitrage incliné permet de donner plus de largeur à une Serre, puifqu’un Vitrage direCt, haut de 22 pieds ( Fig. /. PL II. ), ne donne que io pieds de largeur, pendant qu’un Vitrage incliné haut de 12 pieds donnerait la même largeur. Malgré ces avantages , on a laiffé aux Hollandois & aux climats plus feptentrionaux que le nôtre, les Vitrages entièrement inclinés. Il n’eft pas néceffaire d’obferver qu’ils y doivent être plus inclinés : la raifon en eft évidente. J’en ai cependant vu quelques-uns chez des Jardiniers intelligents à de petites Serres de 15 à 20 pieds de longueur, dont leurs Plantes paroiffoient fe trouver fort bien, & dont ils étoient d’autant plus contents, qu’ils employoient peu de matières pour les échauffer.
- Le Vitrage vertical dans fa partie inférieure & incliné dans fa partie fupérieure, eft généralement adopté, & regardé comme le plus convenable à notre climat ; & l’inclinaifon qui paroît la plus avantageufe eft de 45 dégrés ( excepté pour les Serres à Ananas qui en demandent beaucoup plus ) ; parce quelle pro-
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- Serre-chaude. 201 cure au Vitrage incliné les rayons du foleil dire&s avant l’équinoxe du printems, & peu obliques au folstice d’été ; c’eft-à-dire, pendant tout le tems où fa chaleur peut être affez grande pour que celle du feu ne foit pas né-ceffaire. Les parafants des deux précédentes dire&ions du Vitrage obje&ent : 1°. Que les rayons du foleil tombent trop obliquement pendant l’hyver fur l’une & l’autre partie du Vitrage, & trop dire&ement pendant l’été fur la partie inclinée. Mais d’abord la chaleur du foleil n’étant pas affez forte en hyver pour difpenser d’allumer du feu pendant le jour dans les tems de gelées & de grand froid , quelque dégagé de vapeurs que l’air puiffe être, il importe peu que les rayons du foleil tombent plus ou moins obliquement fur le Vitrage. En fécond lieu , pendant l’été une partie des Plantes eff expofée en plein air ; & l’autre n’eft retenue dans la Serre que parce qu elle a befoin d’une grande chaleur ; or plus la chaleur fera grande, plus on pourra donner d’air, qui fera très-avantageux à ces Plantes renfermées : 20. Que le Vitrage incliné expofe trop les Plantes aux coups de foleil depuis l’équinoxe jufqu’au folstice ; qu’il eft trop fu-jet à être ruiné par la grêle , fatigué par le
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- 202 Serre-chaude. poids de la neige, pénétré par les grandes pluies ; & que les vapeurs humides qui en tombent comme en pluie fur les Plantes, leur font très-nuifibles. Ces reproches feroient fondés , li l’on n’avoit pas trouvé de remèdes à ces inconvénients , & s’il n étoit pas pofîible d’en trouver encore de meilleurs.
- Les dimenfions de ces Serres font indépendantes des folstices, de l’équinoxe & des différentes hauteurs du foleil dans les diverfes fai-fons; parce que tous les jours de l’année il peut étendre fes rayons fur toutes les faces intérieures, & que rien n’y porte d’ombre. Elles fe règlent fur la grandeur & le nombre des Plantes ; obfervant cependant, que plus elles ont de capacité, plus elles font difpen-dieufes à échauffer pendant l’hyver. On trouve leurs proportions par la même méthode que celles des Serres à Vitrage vertical} & même plus facilement. Le mur du nord & le toit incliné de celles-ci feront le Vitrage vertical & le Vitrage incliné de celles-là, & par con-féquent le Vitrage vertical des dernières fera le mur du nord des autres. Ainfi foit à construire une Serre de 12 pieds de largeur dans laquelle on veut placer contre fon mur du nord des Plantes grimpantes, dçs Caffés, Ba-
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- Serre-chaude. 203 naniers , Cierges, &c. & dont ce mur doit avoir 18 pieds de hauteur : l°. j’élève la ligne AB, Fig. z, égale à 18 pieds. 2°. Je prends la même longueur fur l’horizontale, pour avoir le triangle re&angle ABC. 30. Je prends de A vers C la largeur (12 pieds ) de la Serre. Étant fouftraite de 18, il reliera 6 pieds pour la hauteur du Vitrage vertical DE ; & la ligne EB fera la longueur ( 17 pieds ), & l’inclinai-fon ( 45 dégrés ) de la partie fupérieure du Vitrage.
- Autre exemple. Pour trouver la hauteur du mur du nord, & la longueur du Vitrage incliné d’une Serre dont la largeur feroit de 14 pieds pour y pratiquer deux tannées parallèles; & la hauteur du Vitrage vertical de 5 pieds & demi. i°. Sur l’horizontale, Fig. 3, j’élève la verticale BD, haute de 5 pieds & demi. 2°. Je porte la même longueur vers C pour avoir le triangle reftangle BDC , dont je prolonge indéfiniment l’hypotenufe. 30. De l’autre côté de B, je prends la profondeur (14 pieds ) de la Serre, & j’élève la verticale AE jufqu’à la rencontre de la ligne EC. Ce point donnera la hauteur (19 pieds & demi ) du mur ; & la longueur ( 20 pieds ) du Vitrage incliné.
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- 204 Serre-chaude.
- Mais le Vitrage incliné de cette Serre, & même celui dune Serre moins large, auroit une telle portée que, pour l’empêcher de plier & de s’affaiffer dans fon milieu, il ferait befoin d’une panne , appuyée dans les Serres d’une certaine longueur fur des poteaux de fer. On peut, fans préjudice des Plantes , diminuer environ un tiers de la longueur du Vitrage, & le remplacer par un petit toit incliné au nord, comme le repréfente la même Fig. j .• alors le Vitrage eft réduit à 13 pieds ; le retranchement de la partie triangulaire FEG , diminue d’autant la capacité de la Serre, & la rend moins difficile à échauffer ; & le jour du folstiee d’été à midi, elle n’eft privée du foleil que dans le petit efpace du triangle GFH. Aux Serres qui ne renferment point de Plantes de la Zone torride , ou qui ne renferment que les moins délicates, on pourrait donner plus de longueur à ce toit, pour rendre l’étendue du Vitrage & la hauteur de la Serre encore moindres. Dans quelques Serres, ce toit eft prolongé dans la direftion du fols-tice d’été au delà du Vitrage, comme Fig. 4, pour l’abriter & empêcher le vent du nord de fe rabattre deffus, & pour que le deffous de ce toit bien plafonné & blanchi, réfléchiffe
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- Serre-chaude. 20Ç de la lumière & même de la chaleur dans la Serre. De plus, la partie inférieure du Vitrage eft un peu inclinée, afin de diminuer l’obliquité des rayons du foleil , la longueur de l’autre partie du Vitrage, & la capacité de la Serre. Ces petites différences dans la cons-tru&ion d’une Serre, ne changeant point fes proportions effentielles , font affez arbitraires ; elles ne nuifent pas à fa bonté , quelquefois elles peuvent y ajouter.
- BATISSE.
- T a Serre doit être préfervée du froid & du vent de nord , par un mur épais d’environ 2 pieds , conftruit prefqu'à bain de mortier en brique, ou en moilon de la meilleure qualité qui fe pourra trouver dans le pays, ravalé en dehors , bien enduit & blanchi d’un lait de chaux en dedans. La plûpart des Cultivateurs veulent un mur femblable du côté de l’eft, pour défendre leurs Serres des vents froids d’efl: & de nord-eft, les plus dominants pendant l’hyver. ( Fig. 5. PL IL )
- Les autres côtés, fud & oueft, étant vitrés, on n’y élève de murs que jufqu’au niveau de
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- 2q6 Serre-chaude. l’aire, ou peu au deflus. Sur ees deux petks murs , on applique une plate - forme de bon bois de chêne, large de 9 ou 10 pouces, épaiffe de 5 ou 6, taillée en champ-frein fur les bords de fa face fupérieure, pour faciliter l’écoulement des eaux de pluies, & pour laiffer paffer plus de foleil & de lumière fur l’aire de la Serre ; elle doit déborder d’un pouce ou d’un pouce & demi le parement extérieur des murs.
- Dans cette plate-forme, on entenonne des montants ou poteaux diftants de 4 ou 5 pieds entr eux, de 6 pouces d equarriffage, & d’une longueur égale à la hauteur du vitrage ; c’eft-à-dire de 5 pieds & demi à 7 pieds pour la partie verticale, fi la partie fupérieure ell inclinée ; ou de toute la hauteur de la Serre, fi tout fon vitrage eft vertical. Dans le premier cas , ces montants reçoivent une autre plate-forme des mêmes dimenfions que l’autre, & s’y entenonnent. Cette fécondé plate-forme reçoit en mortaife de femblables montants inclinés , qui fe pofent aulfi en affemblage fur le faîte. ( On peut les incrufter en recouvrement & les attacher avec des chevillettes de fer, tant fur la plate-forme que fur le faîte. ) Une barre plate ou une forte tringle de fer»
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- Serre-chaude. 207 attachée avec des vis , ou paffée dans des coulisses de fer du côté intérieur de la Serre, fur le travers de ces montants vers leur milieu, les tient en irefpeâ:, & les empêche de fe dé-jetter d’aucun côté. Les chevrons du toit fe pofent & s’attachent aufîi fur le faîte, & l’excèdent un peu, pour le mettre à couvert de la pluie, ainfi que la tringle de fer & le haut d’un rideau de toile néceffaire pour couvrir le vitrage dans les mauvais tems.
- Toutes ces pièces de bois doivent être unies & dreffées à la varlope. On abat les angles des-montants du côté intérieur de la Serre; & aux deux côtés de leur face extérieure on creufe, fuivant leur longueur, une feuillure plus ou moins large & profonde ( environ 2 pouces ) & pratiquée diverfement félon l’idée & l’induftrie de l’ouvrier, pour recevoir les Chaffis vitrés, & les y adapter, comme^i'ïg. 6 ou Fig. y, ou de quelqu’autre façon encore plus propre à interdire toute entrée à l’air & à la pluie. Les Chaffis inclinés s’appliqueront bien dans les feuillures par leur propre poids ; les verticaux y feront retenus par des tourniquets qui donnent la facilité de les enlever & de les replacer quand on veut. Il fera bon de faire un, ou plufieurs ( fuivant
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- 208 Serre-chaude. la longueur de la Serre ) panneaux en forme de porte ouvrant & fermant par dehors , à noix & à gueule-de-loup, pour donner beaucoup d’air, lorfqu’il eff néceffaire. Pour les Chalîîs inclinés, on fera, fur-tout dans leur partie la plus haute , plufieurs vagislas ; ou mieux * on ferrera près du faîte ou fur le faîte quelques panneaux qui s’élèveront & s’abaiffe-ront au moyen d’une bascule, ou autrement. Dans les Serres affez baffes pour qu’un homme puiffe atteindre au vitrage incliné, on pour-roit le conftruire comme les Chaffis à couliffe des croifées : fa partie inférieure fe glisseroit dans une couliffe fous la fupérieure.
- Chaque panneau fera compofé d’un cadre ou battant dont le bois aura 3 ou 3 pouces & demi de largeur fur 2 d’épaiffeur ; & de 2 ou 3 ( fuivant fa largeur ) petits bois ou montants de 2 pouces de largeur & autant d’épaîffeur, & entenonnés fur les deux traver-fes, inférieure & fupérieure, du battant, fans être coupés par aucune traverfe. Pour leur en tenir lieu, & pour les empêcher de fe dé-jetter & de fe tourmenter, on y attache du côté intérieur de la Serre avec des vis en bois, de petites tringles de fer diffames l’une de l’autre de 2 ou 3 pieds. Les montants & le
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- Serre-chaude. 209 cadre du panneau auront fur leurs bords extérieurs une petite feuillure pour placer les vitres. On employera du blanc de cérufe broyé à l’huile au lieu de colle-forte dans les mor-taifes & fur les tenons des affemblages , qui feront tous faits à recouvrement. Les Seigneurs & les Particuliers opulents pourront faire toute cette bâtiffe en fer : elle fera plus durable , & donnera plus de lumière & de foleil à la Serre.
- Après que tout l’ouvrage fera peint de trois couches de blanc de cérufe broyé à l’huile, ( l’extérieur peut être peint d’une autre couleur ) on pofera les verres en recouvrement de 4 à 6 lignes, & on les garnira de bon maftic fur lequel, lorfqu il fera prefque fec , on paffera une couche de cérufe broyée à l’huile. Ces vitres auront, fuivant les dimen-fions ci-deffus des Chaffis, de 11 à 14 pouces de largeur , fur le plus de hauteur pos-fible, afin qu’il y ait moins de recouvrements. Plus larges, elles feroient avantageufes pour la Serre, & moins pour le Propriétaire en cas de fra&ure.
- J’aurois pû laiffer ces petits détails avec plulieurs autres que j’omets comme fuperflus pour ceux qui ont lin pe.u d’adreffe & d’in-
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- 210 SERRE-CHAUD É. telligence ; mais, je le répété encore, je n’écris pas pour les Jardiniers & les Cultivateurs inftruits.
- TANNÉE.
- Il ne fiiffit pas aux Plantes de la zone torride d’être environnées d’un air chaud. La plupart ne ferait point de progrès, quelques-unes ne pourraient pas même vivre, fi leurs racines ne trouvoient pas dans la terre le dégré de chaleur de leur fol natal. Pour leur procurer ce dernier avantage, on a imaginé de plonger dans une couche chaude les pots dans lesquels elles font plantées. Cette couche pourrait être faite de bon fumier neuf, mais l’expérience a appris que le tan lui eft bien préférable ; parce que, fi fa chaleur efl moins forte, elle persifle & fe foutient bien plus long-tems ; & d’ailleurs il s’élève du tan beaucoup moins de vapeurs humides , très - nuifibles à ces Plantes originaires d’un climat dont l’ath-mosphère efl fort féche.
- Lé tan employé à cet ufage n’efl pas celui qui fort du moulin, mais celui qui a fervi à préparer les cuirs •» cependant les Jardiniers
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- Serré-chaude. 211 le nomment tan neuf, lorfqu’il n’a point encore Servi à faire des couches. On doit l’employer peu de tems ( au plus 10 ou 12 jours ) après quil a été tiré des folles des Tanneurs. S’il eft trop humide, on l’étend pendant quelques jours au foleil, ou au moins à un air fec, fous un hangard, & on le retourne plu-fieurs fois ; car trop d’humidité , comme trop de féchereffe, l’empêcheroit de fermenter. Le tan qui n’a été pilé que groffièrement, eft lent à s’échauffer ; mais il acquiert une chaleur exceffive, qui eft aufli lente à fe modérer. Celui qui a été broyé trop fin, fe pourrit & fe confomme bientôt, & par conséquent ne conferve pas long-tems fa chaleur. Celui qui tient le milieu eft donc préférable. Mais comme fouvent on ne peut choifir, & qu’on eft obligé de l’employer tel qu’on le trouve chez les Tanneurs, le Jardinier foignera fa couche relativement à la qualité du tan, qui au Surplus doit avoir confervé fa couleur; car s’il étoit noir, ce feroit une marque qu’il feroit pourri & inepte à fermenter. Une couche bien faite avec du tan de bonne qualité, peut conferver fa chaleur environ trois mois. Alors, fi l’on remue tout le tan, fi l’on brife & divife bien toutes les mottes qui fe font
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- 212 Serre-chaude.' formées , elle fe ranimera encore pendant quelque tems. Si enfuite on remanie encore lé tan , & quon y mêle du tan neuf tenu 7 ou 8 jours en lieu fec, afin qu’il n’ait pas d’humidité qui refroidiroit le vieux, au lieu de le réchauffer, on prolongera fa chaleur pendant environ deux mois. Ainfi les couches de tan ont encore fur celles de fumier l’avantage d’avoir plus rarement befoin d’être remaniées & réchauffées. Dans les couches neuves, on mêle ordinairement avec le tan neuf une partie plus ou moins grande ( tiers ou quart) de vieux tan , fuivant qu’il conferve plus ou moins de qualité ; c’eft-à-dire , qu’il eft plus ou moins confommé. Au refte, les tuyaux de chaleur pratiqués autour de la tannée, fou-tiennent & augmentent fa chaleur.
- La couche ou tannée d’une Serre fe fait dans une foffe ( A Fig. /. PL III. ) dont tous les côtés font foutenus par un mur fort étroit de briques, ou de pierres qui puiffent fe bien joindre, prendre le mortier, & réfifier au feu & à l’humidité. Sa longueur eft à volonté ; ordinairement égale à celle de la Serre, moins 18 pouces ou 2 piecfs à chaque extrémité , néceffaires pour le paflage. Sa largeur peut auffi être arbitraire ; cependant, fi elle eft fort
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- Serre-chaude. 213 étroite, la couche ne confervera pas long-tems fa chaleur ; fi elle eft fort large, la maffe de tan étant confidérable, elle foutiendra long-tems fa chaleur, mais il fera difficile d’atteindre & de foigner les Plantes placées au milieu: ainfi on lui donne le plus communément 6 pieds. Sa profondeur ne doit pas être moindre que 2 pieds & demi ; elle peut être de 5 ou 6 , pourvu que l’aire de la Serre ait cette élévation au delïiis du fol, ou que le terreih ne foit pas humide. Dans la plupart des Serres fa furface eft de niveau à l’aire ; dans quelques-unes , comme Fig. 2. PI. IV. elle eft ( plus ou moins ) élevée au deffus.
- Si cette fofle n’a que 2 pieds & demi de profondeur, la couche ne fera faite que de tan ; ou bien on étendra également & on foulera demi pied de fumier neuf, fax lequel on mettra 2 pieds & demi de tan, afin qu’il excède de 6 pouces les bords de là foffe, parce que la couche, après avoir jetté fon premier feu, fera affaissée à-peu-près d’âutant. Mais fi la foffe avoit une grande profondeur, on gar-niroit le fond de matières groffières, cependant capables de fermentation, telles que des bourrées , du jonc marin , de la fougère, de la bruyère , &c. On mettroit deffus une telle
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- 2i4 Serre-chaude. épaiffeur de fumier préparé comme il fera expliqué ci-après à l’art, des Chaffis, foulé de bout en bout, qu’il ne reliât qu’environ 2 ou 2 pieds & demi de vuide ; & on couvriroit le fumier d’affez de tan, non-feulement pour remplir , mais encore pour excéder ce vuide d’environ un pied, dont la couche pourra baiffer. Il faut étendre le tan bien également avec la main ou un rateau, & ne le fouler que légèrement. Le fumier, s’il y en a une quantité confidé-rable dans la couche, excite d’abord ime fort grande fermentation ; pendant qu’elle dure il* feroit, dangereux de plonger les pots dans la couche. Il faut remuer plulieurs fois & remanier le tan, pour le décharger des vapeurs humides qu’il reçoit du fumier ; fouvent même
- 11 ell néceffaire de renouveller l’air, tellement altéré par ces vapeurs qu’il perd fon reffort. Quelques bâtons fichés à 15 ou 18 pouces de profondeur dans le tan en divers endroits de la couche, en étant retirés & auffi-tôt ferrés dans la main, indiqueront le dégré de chaleur, ( un thermomètre plongé dans le tan à 10 ou
- 12 pouces le marque plus précifément ) & feront juger quand on pourra y enfoncer les pots. Ordinairement dans les grandes Serres, outre cette tannée , on en fait de petites,
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- Serre-chaude. 215 larges d’un ou deux pieds auprès des murs, pour l’ufage indiqué ci-devanr.
- FOURNEAU.
- Dans notre climat, les rayons du foleil trop obliques pendant l’hyver, & fouvent interceptés par des nuages & des brouillards, ne peuvent procurer à l’air d’ime Serre une chaleur fuffifante. Une couche pourroit échauffer une Serre très-baffe ; mais fa chaleur humide eft pernicieufe aux Plantes : ainff on a recours au feu pour échauffer & fécher l’air des Serres. Mais fon attion immédiate feroit meurtrière pour les végétaux ; l’air même qui les environne dans la Serre ne doit recevoir fa chaleur que de corps interpofés, échauffés, & non enflammés ou mis dans l’état d’ignition. Dans un Fourneau, dont l’ouverture eft hors de la Serre j on allume des matières combuftibles : la fumée paffant le long des tuyaux dont nous allons parler, en échauffe les parois qui communiquent à l’air environnant une chaleur douce & convenable aux Plantes.
- Ce Fourneau ( PI. III, Fig. / & a. ) doit être conftruit de briques, ou de grais à bâtiffe ,
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- ii 6 Serre-chaude.
- ou d’autres pierres qu’une très-grande chaleur ne puiffe calciner, ni faire fendre & éclater, liées avec du mortier d’argile bien pétrie & corroyée ( on pourroit le conftruire en glaise, ou en argile feule ). L’âtre ou le foyer horizontal efl: ordinairement un reûangle équilatéral , ou un peu alongé. Le fommet eft voûté en cintre plein, ou elliptique. Dans un côté, efl une bouche ou ouverture proportionnée à la grandeur du Fourne.au, & des matières qui doivent y être brûlées. Dans le côté vers la Serre, eû: une autre ouverture par laquelle la fumée entre dans les conduits ou tuyaux. Au delfous du Fournau , eft un cendrier confirait de mêmes matières, qui a pour di-menlions environ la moitié de celles du Fourneau. Par une grille de fortes barres de fer fcellées de niveau à l’âtre, & très-rapprochées l’une de l’autre, il reçoit les cendres, & donne l’air néceffaire pour allumer le feu, & entretenir fon a&ivité. La bouche du Fourneau, & celle du cendrier, font garnies d’une porte de tôle fermant exa&ement.
- 1°. Les dimenlions du Fourneau doivent être proportionnées à celles de la Serre , & en raifon des matières qui y feront brûlées. Il eft évident qu’une grande Serre a befoin d’un plus
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- Serre-chaude. 217 grand Fourneau qu’une petite ; qu’un Fourneau dans lequel on brûle du bois doit être plus grand qu’un où l’on brûle du charbon, de la tourbe, ou des mottes de tan. Mais comment décider ces diverfes grandeurs? On éprouve qu’un Fourneau large de 2 pieds, profond d’autant, & haut de 16 à 18 pouces, fuffit pour une Serre de 30 pieds de longueur & proportionnée dans les autres dimenfions. Mais d’autres Serres d’une pareille grandeur font bien échauffées par un Fourneau de 20 pouces de largeur, de 18 de profondeur, & de 2 pieds de hauteur fous le fommet de la voûte ; & d’autres ont de plus grands, d’autres de moindres Fourneaux. On éprouvé que le Fourneau ( PL III. Fig. /. & 2. ), qui a 3 pieds de profondeur, 2 pieds 10 pouces de largeur, & 20 pouces fous voûte , échauffe bien une Serre à Ananas peu élevée, longue de 50 pieds (*). Mais on éprouve auffi qu’au lieu d’un feul Fourneau, fi l’on en confirait deux moindres, un à chaque extrémité, & qu’on partage la tannée en deux, on obtiendra plus de cha-
- (*) Ces diverfes dimenfions prifes fur des Fourneaux de Serres cxiftantes, font toutes défe&ueufes par trop de hauteur.
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- 218 S E R R E-C H A U D E. leur, avec moins de matières, de ces deux petits Fourneaux que du grand ; que cette chaleur fera plus également repartie , en fer-vant également les deux Fourneaux; ou inégalement diflribuée, li les Plantes l’exigent, en n’allumant qu’un Fourneau, ou en fervant les deux inégalement. On fçait que le fagot donne prefque trois fois moins de chaleur que le gros bois ; que la bonne tourbe de Hollande eft plus lente à donner de la chaleur que le bois, mais qu’enfuite elle en donne une plus forte, parce qu’elle jette plus de fumée, & plus durable parce qu’elle fe confomme moins promptement. On connoît les divers dégrés de chaleur des différents charbons, de bois, de terre, de tourbe : mais ces connoiffances & ces épreuves ne fuffisent pas pour faire déterminer les dimenfions absolues d’un Fourneau; parce que la plupart des Serres varient dans les leurs , & que de plufieurs Serres de même longueur, l’une fera plus large, l’autre plus étroite , ou plus haute, ou plus baffe ; l’une fera échauffée avec du bois, l’autre avec d’autres matières. Au refte , cette précifion dans les dimenfions d’un Fourneau n’intéreffent effen-tiellement que l’économie : car les foins & l’intelligence d’un habile Jardinier répareront
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- Serre-chaude. 219 les défauts d’un Fourneau & d’une Serre , pendant que les Plantes languiront ou périront dans la meilleure Serre & avec le meilleur Fourneau , fous la conduite d’un Jardinier ignorant ou négligent.
- Cependant, s’il eft bien confiant que le feu qui brûle librement en plein air chauffe beaucoup moins vivement que celui qui eft refferré dans un Fourneau ; & qu’une même quantité de bois dans un grand Fourneau ( fur-tout s’il a beaucoup de hauteur ), où la flamme peut s’étendre & fe dilater, donne bien moins de chaleur que dans un moindre Fourneau, où les parties du feu rapprochées & forcées à une réflexion & une collision continuelles , font obligées d’entrer avec toute la fumée dans le tuyau , dont l’orifice large peut être regardé comme une extenfion du Fourneau ; il eft évident qu’un petit Fourneau eft plus économique & plus avantageux qu’un grand, puifqu’avec la même quantité de matière ( & même avec une moindre ) il donne plus de chaleur. Si toutefois il étoit fi petit qu’on fût obligé d’y remettre très-fréquemment du bois, il feroit incommode pour le fervice, fur-tout pendant les nuits rigoureufes d’hyver. Mais fa hauteur efi la plus importante de fes dimenfions ; je
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- 220 Serre-chaude. viens d’en dire la raifon ; & j’ai vu très-peu de Fourneaux de Serre-chaude qui n’aient trop de hauteur. Pour les petits Fourneaux ,14 pouces de l’aire au fommet du cintre , & pour les plus grands de 16 à 18 pouces, font une hauteur fufEsante. On peut cependant en donner un peu plus aux Fourneaux qui font fer-vis en tourbe, afin de pouvoir y entaffer affez de matière pour plufieurs jours ; ce qui rend le fervice moins fréquent & moins gênant.
- 2°. Les parois du Fourneau doivent avoir line bonne épaiffeur, au moins un pied, tant pour pouvoir foutenir la violence du feu res-ferré, que pour conferver de la chaleur long-tems après que les matières font confommées. Sa bouche ou porte n’aura que la grandeur néceffaire pour y introduire facilement les matières combustibles. La motte de tourbe n’a que 8 ou 9 pouces de longueur, fur 4 ou
- 5 d’épaiffeur. On employé rarement du bois de 7 ou 8 pouces de groffeur, & le volume des autres matières eft beaucoup moindre. Ainfi une bouche, de 10 à 11 pouces de hauteur,
- 6 de 8 ou 9 de largeur , fera affez grande pour le Fourneau ci - devant de 3 pieds de profondeur, 2 pieds 10 pouces de largeur, & 29 ponces de hauteur. Cette bouche & celle
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- Serre-chaude; 221 du cendrier font cintrées, & foutenues par un cadre de fer, fur lequel font montées les portes , qu’on ferme lorfque les matières font con-fommées, pour conferver la chaleur; pendant qu’elles font enflammées, on ouvre plus ou moins celle du cendrier, pour donner plus ou moins d’a&ion au feu ; ou on la ferme, pour que les matières fe confomment moins vite; Les barres de fer de 12 ou 13 lignes en carré, qui forment la grille, pèuvent être de même longueur que latre du Fourneau, & fcelléeS dans les murs, comme Fig. /. PI. III. Mais comme le feu en deux ou trois hyvers arque confi-dérablement & dérange ces barres, on peut former une petite grille de la longueur feulement du cendrier, fur 5 ou 6 pouces de largeur , & la pofer dans une feuillure ménagée dans l’âtre, comme Fig. 4. PI. IF. ou Fig. 2. PI. F. Les barreaux ayant moins de longueur fe courberont & fe déjetteront moins ; & on pourra, fans dégrader les murs, enlever cette grille pour la faire réparer. Ordinairement on élève im peu latre du Fourneau vers le fond, pour favorifer l’afcenfion & l’entrée de la fumée & de la chaleur dans le tuyau.
- 30. Le Fourneau peut être conftruit, partie hors de la Serre, partie dans le mur de la
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- ni Serre- chaude,
- Serre, comme Fig. /. PL III. Les 6 ou 8 pouces d’épaiffeur. du mur reliant entre le Fourneau & l’intérieur de la Serre contractant beaucoup de chaleur, contribuent à échauffer la Serre. Mais il vaut mieux le contraire partie dans le mur, & partie dans la Serre, comme Fig. i & a. PL V. il répandra beaucoup plus de chaleur dans la Serre. On pourra même pratiquer dans le mur, au defïiis de la voûte du Fourneau, une niche pour placer un vais-feau plein d’eau pour les arrofements, qui s’ÿ échauffera, comme S, Fig. /.
- 4°. Le Fourneau ne doit point être en plein air, qui feroit confommer trop promptement les matières, & où le vent rendroit inégale l’aâion du feu ; mais fous un hangard ou tambour fermé, ou fous une galerie large de 5 ou 6 pieds., comme Pl. III & F, régnant le long du mur du nord , qui n’aura pas be-foin de l’épaiffeur marquée ci-devant. Sous cette galerie, on pourra mettre les matières combustibles, les pots, les terres néceffaires pour des rempottements pendant l’hyver, les arrofoirs, & les outils. La porte de la Serre fera aufîi pratiquée fous cette galerie, afin qu’en entrant & en fortant on n’y introduife pas dire&ement l’air extérieur.
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- Serre-chaude. 213 50. Si l’aire de la Serre eft élevée de trois pieds ou plus au deflus du terrein, cette hauteur fera fuffisante pour la constru&ion du Fourneau, comme PL IIL Fig. /. & 2. Si elle eft de niveau avec le fol, ou peu élevée au deffus, on creufera à la profondeur néceflaire pour conftruire le Fourneau , auquel on descendra par un efcalier, comme PL V* Fig. /. & 2.
- TUYAU DE CHALEUR.
- La fumée des matières qu’on brûle dans le Fourneau coulant dans un canal, conduit, ou tuyau, en échauffe les parois , & répand de la chaleur dans la Serre. Ce tuyau fe construit de briques & d’argile corroyée, comme le Fourneau. Les joints doivent être faits & refoulés avec grand foin, pour que la fumée ne puifle tranfpirer. Un enduit en dedans & en dehors avec la même argile, refoulé plu-fieurs fois pour rapprocher les gerfures, ou mieux d’un mélange de plâtre avec un peu de chaux refoulé & frotté d’huile étant tout frais, feroit un rempart plus sûr & plus folide contre la fumée.
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- 224 S ERRE-GHAUDE.
- Autrefois on pratiquoit ce tuyau dans le mur du nord, où il fe replioit plulieurs fois prefque horizontalement depuis le bas de ce mur jufqu’au haut. Mais un peu de réflexion & d’expérience montre que cette partie de la Serre a le moins befoin de préfervatif contre le froid, puifqu il ne peut y parvenir qu’après avoir pénétré & condeiifé tout l’air depuis le vitrage jufqu’à ce mur ; & que c’eft au côté oppofé qu’il faut procurer la plus grande chaleur , parce que le vitrage préfente à la gelée une grande furface & une mince épaiffeur facile à pénétrer. Maintenant donc on établit ce tuyau autour de la Serre, fous le pavé , ou autrement, de façon que la partie la plus échauffée foit au pied du vitrage, & la moins échauffée au pied du mur du nord.
- La grandeur du tuyau doit être proportionnée à celle du Fourneau. Un tuyau trop étroit ne donnant pas un paffage fuffisant à la fumée, elle fe réfléchit fur elle-même, & le Fourneau fume. ( Un tuyau horizontal, ou contré les plus fimples notions de phyfique plus incliné vers fon extrémité que vers le Fourneau, auroit le même défaut. ) Dans un tuyau trop large la fumée coulant trop lentement, & formant, lorfqu’elle fe condenfç, un volume trop
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- Serre-chaude, 22 j grand & trop péfant pour être chaffé par la fumée plus légère (& plus dilatée en fortant du fourneau, le tuyau ne tire point. Il en fera de même, li le tuyau a une longueur ( au delà de 60 pieds ) trop conlidérable. Si une Serre excède 35 pieds de longueur , il faut partager la tannée en deux, & contraire deux Fourneaux.
- . La hauteur & la largeur du tuyau fe règlent fur celles du Fourneau. En partant du Fourneau , il aura pour hauteur environ les trois quarts de celle du Fourneau ; & pour largeur, un peu plus que le tiers de celle du Fourneau. Ainfi foit un Fourneau haut de 20 pouces, & large de 24 : on pourra donner à l’embouchure du tuyau 14 ou 15 pouces de hauteur, & environ 9 de largeur ( non compris l’évafement néceffaire pour faciliter l’entrée de l’air & de la fumée très-dilatés ). Il diminuera graduellement de hauteur & de largeur jufqu’à 5 ou 6 pieds au delà du Fourneau. Alors on lui donnera pour hauteur les deux tiers (13 pouces 4 lignes ) de celle du Fourneau ; & pour largeur , le tiers ( 8 pouces ) de celle du Fourneau. Jufqu’à 18 ou 20 pieds au delà, il diminuera encore graduellement ; fa hauteur fera réduite à 10 pouces , & fa largeur à 7 pou-
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- Serre-chaude. ces. Enfin depuis ce point il fe rétrécira peu jufqu à fon extrémité, qui fe terminera à 8 ou 9 pouces de hauteur, & à 5 ou 6 de largeur en entrant dans la cheminée, dont le tuyau aura un pied de largeur fur 6 pouces de profondeur.
- Soit un autre Fourneau haut de 14 pouces & large de 18. L’embouchure du tuyau aura
- 10 ou 11 pouces de hauteur, & environ 7 de largeur ; 5 ou 6 pieds au delà, fa hauteur fera de 9 à 10 pouces, & fa largeur de 6; 12 ou 13 pieds plus loin , il aura 8 pouces & demi ou 9 pouces fur 6 -, & fe terminera par 8 pouces fur 4 ou 5.
- Le tuyau dans l’étendue des 5 ou 6 premiers pieds s’élève beaucoup ( PL III. Fig. z9 & PL F. Fig. 1. ), afin que la fumée qui aime la dire&ion la plus approchant de la verticale, s’y porte & y coule avec rapidité. Dans l’étendue des 10 ou 12 pieds fuivants, il s’élève encore affez confidérablement. Enfuite il efi: horizontal par fon côté fupérieur, & ne s’élève par fon côté inférieur que de la mefure dont
- 11 diminue de hauteur. Son côte inférieur, qui peut ( PL III. Fig. 2. ) être de niveau avec l’âtre du Fourneau, & 4 ou 5 pouces au desfous du fond de la tannée ( PL IV. Fig. 1.8c 2.)
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- SEftfcË-CHÀÜDË. iif fie fera à fon extrémité que io ou 11 pouces plus bas que la furface de la tannée; comme on peut voir PL IPFig. U qui repréfente la dilpolition dtx tiiÿau fur les quatre côtés d’une tannée. Ainfi depuis le Fourneau jufqifâ la cheminée, ce Côté inférieur monte de i pieds & demi à 3 pieds, fuivant la profondeur de la tannée. Quelques Confttu&eurs, pour don* ner plus de glacis à Ce côté i^rieur, changent les dimenfîons ( fâriS Changer la capacité ) du tuyau fur le dernier côté de la tannée, ajoutant graduellement à fa largeur, & diminuant de fa hauteur ; de forte qu’à fon extrémité il a pour largeur ce qu’il devroit avoir en hauteur, & réciproquement en hauteur ce qu’il .devroit avoir en largeur. D’autres, au lieu de faire horizontale l’aire de la Serre, lui donnent du nord au füd un pied de pente , & par conféquent 8 ou 10 pouces à la tannée. Par Ce moyen, ils procurent beaucoup d’élévation au côté inférieur de cette partie du tuyau, dont ils réduifent la largeur & augmentent la hauteur. Si la pente paroît trop rapide, on peut, au lieu d’un glacis , faire deux marches à chaque bout de la tannée. Cette inclinaifon de l’aire d’une Serre eft très-avantageufe.
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- 228 Serre-chaude.
- Dans la partie du tüyau voifine du Fourneau , fouvent la chaleur eft affez grande pour faire rougir la brique, qui communiqueroit le feu à la tannée, fi le mur n’avoit que peu d’épaiffeur. Il faut donc , jufqu’à 6 ou 7 pieds loin du Fourneau, donner à ce mur entre le tuyau & la tannée au moins 8 pouces, en pofant la brique comme PL III. Fig. 1. & jus-qua 20 ou 3$ pieds la pofer de plat, pour donner 4 poucês d’épaiffeur. Dans le refte du tuyau, on peut la pofer de même ; ou de champ, pour n’avoir que 2 pouces d’épaiffeur, comme il eft marqué fur la même figure.
- Il vaudroit mieux faire mouler des briques de diverfes dimenfions, de 8, 6, 4, 3 pouces pour les murs de la tannée; de fort longues & larges, pour diminuer le nombre des joints, & de diverfes formes convenables aux diverfes parties de l’ouvrage.
- Mais lorfqu’on fait ufage de la tourbe, les 8 pouces d’épaiffeur près le Fourneau pour-roient ne pas fuflire pour mettre la tannée à couvert du feu ; 12 pouces feroient néceffaires dans une étendue de 12 à 14 pieds ; ou mieux on poferoit de plat un rang de briques , & de champ un autre rang parallèle, laiffant entre eux un vuide de 2 ou 3 pouces ou davantage,
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- Serre-chaude. 229 quon rempliroit de fable, ou de recoupes d’ardoise ou autres pierres fchisteufes , oit d’autres matières incapables d’ignition, comme PI. III. Fig. 3. ou PI. V. Fig. z. ou mieux encore , on pourroit y pratiquer un tuyau d’air. Il efl: évident que le mur entre le tuyau &la tannée,pour être pénétré de la chaleur, doit, à mefure qu’il s’éloigne du Fourneau, diminuer d’épaiffeur, comme la fumée diminue de chaleur.
- Le côté fupérieur du tuyau n’a pas befoin d’être cintré. On dispofe les briques comme dans la figure F PI. V. qui repréfente un tuyau large d’un pied. On le couvre dune brique, ou de deux tuiles avec un corroi d’argile ; & on pofe par deffus une dalle de pierre de liais, ou un grand carreau de brique ou de grais à bâtisse, ou d’autre pierre, de 2 ou 3 pouces d’épaiffeur, qui forme le pavé de la Serre. Si ce pavé n’étoit fait que de petits carreaux de terre cuite, de 4 ou 6 pouces il feroit néceffaire de border la tannée d’un cadre ou chaffis de bois de 3 ou 4 pouces affemblé avec des équerres de fer, pour contenir les carreaux, qui en fe dérangeant pour-roient laiffer transpirer la fumée.
- Pour faciliter le paffage de la fumée dans
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- z$o Serre-chaude. les angles ou coudes du tuyau, & l’empêcHer de fe replier & de refluer fur elle-même, il faut élargir le tuyau à chacun de fes coudes, comme PI. F. Fig. z. ou mieux y pratiquer Comme PI. III. Fig. i. un récipient ou une chambre, avec deux petits canaux bouchés en dehors de la Serre, & qu’on ouvre au befoin pour introduire un grattoir ou autre outil propre à nettoyer & ramonner les tuyaux. Sinon il faudroit , pour en retirer la fuye, lever le pavé de la Serre & la couverture des tuyaux.
- Quelques Cultivateurs confidérant que le tuyau placé fous le pavé de la Serre, couvert de % pieds ou i pieds & demi d’épaifleur près du Fourneau, & de 4 ou 5 pouces au moins dans le refte , ne communique beaucoup de chaleur qu’à la tannée, & en répand peu dans la Serre par fes autres côtés , ont élevé la tannée ( plus ou moins ) au defliis du pavé, comme PI. IF. Fig. z. de iaçon que le tuyau près du Fourneau ne foit que 6 ou 8 pouces au deflous du pavé ; que 12 ou 15 pieds au delà il foit au niveau; & que dans le relie il foit au defliis, & aboutilfe à un tuyau de tôle ou mieux de terre qui conduife la fumée dans la cheminée. Par cette difpofition, ils prétendent procurer plufieurs avantages à la
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- Serre-ghaude, 231 Serre. i°. Le tuyau répandant de la chaleur par trois de fes côtés, dont les parois n’ont, dans la plus grande partie de fon étendue , que 4 pouces d’épailTeur , échauffe plus l’air, & plus promptement. 2°. Les Plantes font moins éloignées du vitrage. 3°. Le volume d’air de la Serre eft moindre , & par confé-quent plus facile à échauffer ; car une tannée longue de 30 pieds, large de 7, les murs compris , élevée de 2 pieds & demi, remplit un efpace de près de 500 pieds cubes. Si la hauteur de la tannée rend le fervice difficile , un petit banc ou marche-pied, ou une planche qui s’élève & s’abaiffe contre les murs, le rend moins gênant.
- Cette dispofition de la tannée & du tuyau, dont je ne connois point les avantages par ma propre expérience, peut en effet en avoir quelques-uns. Mais j’obferverai que la terre pendant l’été contra&e plus de chaleur que l’air , & moins de froid pendant l’hyver ; que la différence de température de ces deux éléments eft néceffaire aux végétaux, dont les racines exigent plus de chaleur que les tiges; puifque les plantes de la zone torride, qui dans leur climat profpèrent par une chaleur de plus de 60 dégrés à la furface de la terre, & ici dans
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- 232 Serre-chau.de, une tannée de 35 dégrés de chaleur, péri-roient en pep de jours dans un air échauffé à 34 dégrés ; que par conféquent il faut dis-pofer les tuyaux de façon qu’ils échauffent plus la tannée que la Serre qui, à moins quelle ne foit vafle & fort élevée, pourroit être presque fufîisamment échauffée par la tannée. Ces obfervations peuvent auffi s’appliquer, & peut-être fervir de corre&if à ce que j’ai dit ci-devant du niveau des tuyaux de chaleur d’après des Serres qui paffent pour très-bonnes, & dont j’ai le plan fous les yeux. En les tenant plus bas, de forte que vers leur extrémité même leur côté inférieur fût environ 2 pieds au desfous de la furface de la tannée, ils commu-niqueroient plus de chaleur à la couche.
- Il eft bon de mettre vers le bas de la cheminée une foupape ou un diaphragme à clef, qu’on ferme lorfque les matières combustibles font confommées, pour conferver la chaleur, en empêchant l’air froid de defcendre dans le tuyau.
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- Serre-chaude. 233
- TUYAU D'AIR.
- Outre le tuyau de chaleur, on voit dans quelques Serres un tuyau qui y répand un air chaud. Ce tuyau repréfenté PI. IV. Fig. 3. & 4. a fon ouverture fur un des côtés extérieurs du Fourneau, comme a, A, & parcourt un ou plufieurs côtés du Fourneau, fous fon âtre , dans les reins de la voûte du cendrier. Enfuite il monte dans le mur de derrière du Fourneau , & s’y replie plufieurs fois, comme ccc, CCC. On pourroit encore lui faire parcourir plufieurs côtés du deflus du Fourneau dans les reins de fa voûte. Enfin on le conduit dans la Serre au deflus du tuyau de chaleur, comme EF, où il a une ifliie ou bouche F garnie d’une foupape ouvrant, & fermant exactement. Mais l’épaifleur de la couverture du tuyau de chaleur, qui diminue à mefure qu’il s’élève , ne permettant pas de donner une grande longueur au tuyau d’air, dont la bouche fe-roit par conféquent peu éloignée du Fourneau, il vaut mieux le faire parallèle à celui de chaleur, comme Fig. S; le prolonger autant qu’il peut être utile pour le bien de la Serre,
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- & ouvrir en divers endroits des bouches pour donner de l’air à tous les côtés de la Serre, comme il fera expliqué dans la fuite. Si on le place entre le tuyau de chaleur & la tannée , elle fera à couvert du feu ; mais elle recevra moins de chaleur, & il faudra faire paffer les bouches d’air par deffus ou par desfous le tuyau de chaleur. Si on le place de l’autre côté., il eft plus facile d’y ouvrir des bouches, & la tannée reçoit plus de chaleur ; mais on ne peut faire aux coudes du tuyau de chaleur les ouvertures marquées PI. III. Fig. (. pour le nettoyer fans le découvrir. Je marquerai bientôt la dispofition la plus avan-tageufe de ce tuyau, & la grandeur de fes bouches.
- Il eft inutile d’obferver que l’air parcourant tous les replis de ce tuyau très-échauffé par le feu du Fourneau, contra&e une grande chaleur ; qu’un tuyau de 6 pouces fur 4 répandant dans la Serre 24 pouces d’air chaud, contribue à l’échauffer, & au bien des Plantes ; que dans une Serre qui a deux Fourneaux , deux pareilles bouches de chaleur y donnant à chaque inftant 48 pouces d’air, produifent néceffairement un effet fensible fur les Plantes, & fur la température de la Serre;
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- S E R R E - C H À U D E. 235 ( La Serre-chaude de M. le Comte de Noyan, longue de 66 pieds , large de 17 & haute de 21, d’autant plus difficile à échauffer quelle a deux faces vitrées, l’une à l’eft, & l’autre à l’ouefl, & qu’elle ne reçoit point de foleil à midi, & ne le reçoit que très - obliquement depuis 9 heures jufqu’à 3 ; cette Serre n’eft échauffée que par deux bouches de chaleur, & par deux tuyaux de tôle qui s’élèvent droits depuis les Fourneaux jufqu’au toit de la Serre ; ) que ce tuyau doit être tenu bien fermé lorsqu’il n’y a point de feu dans le Fourneau, à moins qu’il ne foit néceffaire d’introduire de l’air frais ; car quelquefois une Serre étant trop échauffée, les feuilles des Plantes fe penchant & fe fanant, avertiffent que l’air a perdu fori reffort. Si cela arrive dans des tems très-froids, ou très-humides, on peut renouveller l’air par ces tuyaux qui le tirent de la galerie fermée, & non du plein air qui pourroit être nuifi-ble (*).
- (*) J’ai yû pratiqués, & j’ai fait faire de pareils tuyaux d’air à des cheminées qui fumoient par leur mauvaife construction ou leur mauvaife pofition, Ils ont corrigé le défaut des cheminées, & les ont rendues fort économiques, parce qu’ils répandent beaucoup de chaleur dans les appartements. On les réplie plufieurs fois fous le foyer, Sc même, fi l’on
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- STORES.
- On reproche aux vitrages inclinés des Serres de fe charger des vapeurs humides de la couche & des plantes , & de les diftiller fur les plantes à leur grand préjudice. Il eft facile de remédier, du moins en bonne partie, à cet inconvénient, en plaçant fous ces vitrages des Stores qui reçoivent, lorfqu’ils font abaiffés, les gouttes qui tombent des vitres, & qui interceptant une partie des vapeurs, les empêchent de s’élever jufqu’aux vitrages. Ils fe font de toile claire ou de cannevas, & peuvent aufli fervir à préferver les plantes des coups & de la grande ardeur du foleil, & à donner de l’ombre aux boutures, & aux plantes récemment rempotées. Leur largeur fera ( d’environ 4 pieds ) égale à celle des ‘panneaux
- veut, derrière la plaque. Dans le foyer, ils ne font couverts que.de grands carreaux minces, ou mieux d’une plaque de fer fondu ou battu. On fait l’ilTue du tuyau à l’endroit de l’appartement qu’on juge à propos. On peut auffï mettre en dehors du jambage de la cheminée un diaphragme, par le moyen duquel on introduit l’air frais dans l’appartement, & on lui ferme l’entrée fous le foyer. J’efpère qu’on me pardonnera cette note étrangère à mon fujct.
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- Serre-chaude. 237 vitrés, & leur longueur s’étendra au moins depuis un fentier jufqu’à l’autre. Si le vitrage a une grande portée, & qu’on puiffe craindre que le reffort en fpirale n’agiffe pas fuffifam-ment, on peut lui fubftituer un poids, comme repréfente la Fig. /. PI. F. & alors on donne plus de diamètre à un bout du cylindre, ( Fig. Z ) ou bien on y adapte une roue ; & on creufe fur la circonférence une large cannelure dans laquelle la corde du contrepoids puiffe faire les révolutions néceffaires pour le développement du Store. Pour ne point embarraffer le paffage, & pouvoir attacher contre le mur des tablettes fur lefquelles on place des Plantes, en conftruisant le mur, on y fait aux diftances convenables des cannelures , comme EEE Fig. 2. larges de 7 ou 8 pouces, & profondes d’autant, dans lefquelles on fait paffer les cordes &' les contre-poids.
- [ S’il n’y a que des Plantes baffes dans la tannée, on peut les mettre à couvert ( plus limplement ) en attachant fur le cadre de la tannée des échalas ou des baguettes de fer, avec des traverfes un peu cintrées, comme P Fig. /. & étendre un canne vas fur ces traverfes ].
- De pareils Stores placés en dehors au deffus
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- I38 $ERRE-CHAU£>Ê, du vitrage , dont les poulies feront attachées fur les chevrons, & dont les cordes paieront entre le plafond & la couverture de la Serre dans la galerie ( Fig. /. ) où les contrepoids monteront & defcendront le long du mur , pourront être abaiffés dans un inftant, & défendre le vitrage incliné de la grêle , de la neige $ des grandes pluies, & le couvrir dans les fortes gelées. Ils feront faits de toile forte & ferrée, imprimée avec de la colle de farine de riz $ pour lui conferver fa foupleffe, & peinte d'une couche de couleur à l’huile. Ils feront couverts de la pluie par des planches minces, oü quelques feuilles de tôle clouées fur l’extrémité des chevrons. Les figures repré-fentant la forme & la difpofition de ces Stores , rendent inutile un plus grand détail. Pour la partie verticale du vitrage, on la couvre avec des rideaux. Je ne connois point d’expé-dierit pour préferver les Plantes dans les Serres baffes des vapeurs qui tombent en gouttes d’eau des vitrages. Le meilleur eft de les efTuyer, ou de pafler légèrement des éponges un peu humides qui fe rempliront de l’eau répandue fur le verre*
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- Sèrre-chaudê. 239
- EXEMPLES DE SERRES.
- Après avoir parlé des diverfes parties d’une Serre, de leurs proportions, de leur difpofi* tion, de leur conftruâion, & des conditions quelles exigent, nous allons les raffembler en un corps, & former une Serre la moins défec-tueufe que nous pourrons.
- I. Si j’avois à conftruire une grande Serre, je lui doniierois une des formes repréfentées PI. FI. elliptique, comme Fig. /. ou trapézoïde, comme Fig. 4. ou coupée par deux pans aux angles répondants au nord-eft & au nord-oueft, comme Fig. 2. ou enfin celle Fig. 3. d’un parallélogramme alongé, avec une aile en retour d’équerre du côté de l’eft, qui défendroit la grande face vitrée des vents les plus froids & les plus dominants pendant .l’hyver.
- Mais ne propofant qu’une petite Serre ( PL FIL ) longue ( en dedans œuvre ) de 30 pieds, large de 11, haute de 16 & demi depuis le pavé jufqu’à l’angle formé par le toit & le vitrage incliné, je lui donne la forme d’un carré long.
- Derrière fon mur du nord, eft une galerie large de 5 pieds. L’aire ou le pavé de la Serre
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- étant élevé de 4 pieds ( ou davantage ) au deffus du fol, on entre dans la galerie par la porte A, & on monte par l’efcalier C à la Serre. B eft une croifée qui éclaire la galerie. ( Si le pavé étoit. de niveau avec le terrein, ou peu élevé au deffus, B feroit la porte de la galerie, & A feroit une croifée qui éclai-reroit la partie creufée pour la conftruâion & le fervice du Fourneau D, à laquelle on defcendroit par l’efcalier C. )
- .Le Fourneau a de fon âtre au fommet de fa voûte 14 pouces de hauteur; fa largeur eft de 20 pouces, & fa profondeur de 2 pieds & demi. S’il devoit être fervi en tourbe , il auroit 3 ou 3 pieds & demi de profondeur. La capacité du cendrier eft à-peu-près le tiers de celle du Fourneau.
- a, e , i, o , eft un tuyau d’air qui a fon ouverture en a; parcourt trois côtés du Fourneau au niveau de fon âtre ; fe replie en o, & fe prolonge autour des quatre côtés de la tannée jufqu’en E. Il a 6 pouces de hauteur fur autant de largeur.
- Le tuyau de chaleur diminue de capacité depuis 11 pouces de hauteur fur 7 de largeur, en fortant du Fourneau, jufqu’à 7 de hauteur fur 5 de largeur en entrant dans la cheminée. U
- s’élève
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- Serre-chaiTde. 241 s’élève aiiflî graduellement depuis le Fourneau jufqu’à Ton extrémité, comme il a été expliqué ci-devant. Depuis le Fourneau jufqu’à 12 ou 14 pieds, il eft placé au delà du tuyau d’air, qui s’élève beaucoup moins, & dont l’interpofition éloigne affez le tuyau de chaleur de la tannée pour la préferver du feu, comme on voit en la PI. VHI. Fig. /, qui repréfente la coupe de cette Serre prife en VX. Enfuite, comme en F , il croife par deffus, & s’approche de la tannée pour lui communiquer plus de chaleur ; & continue fon cours au deffus du tuyau d’air, l’un & l’autre féparé de la tannée par la largeur ( 4 pouces ) d’une brique , comme on voit dans la Fig. 2. PL VIII, qui repréfente une coupe prife en YZ. Du tuyau d’air il fort plufieurs petites branches comme Fig. 2. PI. VIII, terminées à fleur du pavé par une bouche qui exhale l’air chaud en divers endroits de la Serre. L’ouverture de toutes ces bouches prifes enfemble eft à-peu-près égale à celle du tuyau. Ainli, dans l’exemple propofé , le tuyau ayant 6 pouces fur 6 qui donnent 36 pouces carrés, chacune des bouches I PI. VII9 a 2 pouces & demi fur 2 pouces & demi, ou 6 pouces & quart carrés d’ouverture ; la der-
- Q
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- 141 Serre-chaude.
- nière E, qui termine le tuyau, eft un peit plus grande.
- La tannée large de 6 pieds, & profonde de 3 pieds & demi, s’élève de 8 pouces au deffus du pavé, y compris le cadre de bois épais de 4 pouces qui la borde. Elle eft horizontale pour l’agrément de la Serre , & la commodité du paffage par-tout de plain pied.
- 11 feroit plus avantageux de lui donner 10 ou
- 12 pouces d’inclinaifon au midi.
- Le paffage ou fentier autour de la tannée eft large de 18 pouces ; mais aux deux bouts de la Serre il relie un efpace vuide pour placer les plantes qui n’ont pas befoin de la tannée. Au pied du vitrage , fur le mur qui s’élève 7 ou 8 pouces au deffus du pavé, on place un rang de pots contenant les plantes qui demandent beaucoup d’air & de lumière, plutôt que beaucoup de chaleur.
- Le long du mur du nord eft une plate-bande LL, large de 16 pouces , bordée de briques pofées de champ, remplie de terre, qu’on garnit de plantes grimpantes, farmen-teufes , & autres, qui tapiffent le mur.
- A chaque coude du tuyau de chaleur eft pratiquée une chambre ou un récipient, pour faciliter le mouvement & le cours de la fu-
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- Sërre-chaüdë. 14^ filée. Cette chambre eft couverte d’une dalle de pierre afiise fur de l’argile corroyée & de la moufle, & en deflus garnie d’un anneau de fer, afin de pouvoir la lever facilement pour nettoyer le tuyau avec un grattoir, ou un balai de houx - fragon , emmanché d’un gros fil de fer, ou dune baleine, ou d’une racine d’orme, ou de quelque bois fouple.
- Le tuyau S de la cheminée , large d’un pied , profond de 6 pouces, eft garni d’une foupape ou d’un diaphragme à clef qui le ferme exactement , pour retenir la chaleur dans le tuyau lorfqu’il n’y a plus de fumée, & empêcher l’air froid d’y defcendre.
- Le vitrage inférieur ( PI. FUI. Fig. /.)haut de 9 pieds, non comprifes les plates-formes inférieure & fupérieure, eft un peu incliné , plus pour la folidité que pour l’utilité de la Serre. S’il étoit incliné à 72 dégrés & demi, comme la ligne ponétuée G, il receyroit perpendiculairement le rayon du folstice d’hyver. Mais en décembre & janvier, comme il a été obfervé, le foleil récréant plus les plantes par fa lumière que par fa foible chaleur, il importe peu que fes rayons frappent le vitrage un peu plus ou moins obliquement.
- Le vitrage fupérieur long d’environ 10 pieds,
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- 244 Serre-chaude; eft incliné a 45 dégrés. Comme des panneaux de cette longueur feroient fujets à fe courber, ils font divifés en deux parties égales, & les montants fur lefquels ils font pofés, font fou-tenus par une panne appuyée d’un bout fur le gros mur du pignon à l’eft, de l’autre bout fur le pignon de charpente, & dans le milieu fur une ferme indiquée par des lignes ponctuées , qui fupporte auffi le milieu du faîte, lie & confolide tout l’ouvrage.
- Le toit eft pareillement incliné à 45 dégrés ( il pourroit l’être moins. ) La partie qui s’avance au deffus du vitrage n’a que 8 pieds de faillie, afin que le foleil au folstice d’été frappe une partie du mur du nord , comme le marque le rayon folsticial KL. On pourroit ( Fig. 3. ) faire ce toit de 2 ou 3 pièces fuivant fa longueur, dont la largeur ou faillie feroit égale à la longueur des panneaux vitrés ; formées de cadres légers fortifiés par des équerres de fer ; couvertes des deux côtés d’une toile peinte à trois couches ; mobiles fur de fortes charnières, & par un lévier ou une bafcule, dont la corde pafferoit au travers du toit dans la galerie. Par ce moyen on pourroit élever davantage cette partie Caillante 9 & dans les gros teins & les tems de
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- Serre-chaude. 24J grêle & ’de neige l’abaiffer fur le vitrage incliné qu’elle défendroit mieux que les rideaux & les couvertures.
- II. M. de Saint-Germain, fçavant Amateur & Cultivateur des plantes les plus rares & les plus précieufes, rue Saint-Nicolas, Faux-bourg Saint-Antoine, à Paris, ayant bien voulu me donner le plan de fa Serre-chaude, je la pro-pofe comme une des meilleures & des plus économiques. C’eft ( PI. IX. ) un parallélogramme oblong , dont les deux angles, au fud-eft & au fud-oueft, font abattus ; & deux pans formés à ces deux endroits donnent au plan horizontal de la Serre la figure d’un hexagone irrégulier, long de 30 pieds. Elle eft précédée au couchant par un petit veftibule long de 7 pieds, large de 6, fur le côté nord duquel efi: un efcalier de 8 marches par lequel on defcend au Fourneau A, large de 2 pieds, & profond de 4 pieds & demi, non compris l’évafement de l’entrée du tuyau.
- Le tuyau de chaleur C eft dans toute fon étendue large de 6 pouces , profond de 8. Dans la partie de la Serre à l’eft deftinée à placer des Plantes qui n’ont pas befoin de tannée , eft une queue H ou extenfion de ce tuyau terminée par une bouche que l’on ouvre après
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- 246 Serre-chaude.
- avoir fermé la foupape de la cheminée, lorf-quil n’y a plus de fumée.
- Un tuyau d’air D large de 4 pouces, profond de 8 , ayant fon ouverture en dehors de la Serre, & paffant par le fond du Fourneau, parcourt prefque trois côtés de la tannée , placé entre elle & le tuyau de chaleur, jufqu’en B où il fe termine, & où le tuyau de chaleur s’approche de la tannée. F, F, F, F, B, font cinq forties branchées fur le tuyau d’air , qui répandent l’air en autant d’endroits de la Serre.
- Le tuyau E de la cheminée large de 2 pieds & demi, & profond de 9 pouces, eft garni d’une foupape ( à environ 2 pieds & demi au deffus du pavé ) pour donner ou interdire fuivant le befôin le paflage à l’air.
- La tannée G eft large de f pieds & demi, & profonde de 3 pieds, non comprife la bordure en bois qui a environ 9 pouces de hauteur.
- Au pied du mur du nord elt une petite plate-bande I, large d’environ un pied. Ainfi la profondeur totale de la Serre eft d’environ 10 pieds.
- La hauteur ( PI. X. Fig. 1. ) de la Serre eft de 18 pieds. Son vitrage vertical a 12
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- Serre-chaude. 247 pieds de hauteur & un pied d’inclinaifon. Le vitrage fupérieur, long de 6 pieds, eft incliné à plus de 50 dégrés , & s’étend à-peu-près fur la moitié de la largeur de la Serre.
- III. Je propoferai encore comme une bonne Serre celle qui eft repréfentée Pl. X. Fig. 2. Son Fourneau, fa tannée, fon tuyau de chaleur , fon tuyau d’air , &c. font conftruits & dispofés comme ceux de la Serre PL VIL & VIII. Les différences de leurs dimenfions ne font pas confidérables.
- Son vitrage du côté du midi s’élève jufqu’au toit, fans être partagé en vitrage vertical & vitrage incliné, comme celui des Serres précédentes; mais il eft incliné vers le dedans de la Serre d’environ 2 pieds, qui font la largeur du paffage entre la tannée & le petit mur du midi : de forte que le haut a du vitrage étant perpendiculaire fur le mur b de la tannée, les vapeurs humides qui s’attachent au verre ne retombent que fur le fentier, & non fur la couche.
- La galerie n’eft point féparée de la Serre par un mur, mais par une bonne & forte cloi-fon c d, qui a vers le dedans de la Serre la même inclinaifon que le vitrage. Ainfi cette Serre, qui à la furface du pavé eft large de
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- 1$ Serre -chaude.
- 10 pieds & demi, n’a que 6 pieds de largeur fous le toit. Cette forme de cône tronqué rend moindres le volume d’air de la Serre, & l’étendue de fon toit. Sa hauteur depuis le pavé jbfqu’au toit en a eft de 18 pieds.
- Le côté entier de l’eft, la galerie du côté du nord , & le côté de l’oueft jufqu’à l’alignement de la tannée, comme le marquent c e9 & la maçonnerie en demi-teinte , font fermés par un bon mur. Le refte du côté de l’oueft eft garni d’un vitrage vertical & fans aucune inclinaifon.
- SERRES BASSES.
- Pour cultiver l’Ananas & des Plantes baffes, on conftruit des Serrés qui ont peu de hauteur. Elles font moins difpendieufes à construire que les Serres élevées ; & le petit volume d’air qu’elles contiennent s’échauffe promptement & facilement : de forte que fi la tannée eft bien faite & remaniée à tems, elle leur donne une chaleur prefque fuffisante. Comme l’air auffi refferré perdroit bientôt fon reffort, & que d’ailleurs il fe charge trop des vapeurs humides de la couche, il eft néceffaire
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- Serre-chaude. 249 d’ouvrir fréquemment les chaffis vitrés, pour le renouveller & l’efforer; ce qui eft très-avantageux aux Plantes.
- La Serre PI. XI. Fig. 1, dont le vitrage vertical n’a que 3 pieds de hauteur, eft propre pour des plantes baffes , & même de moyennes, pour des fleurs tant exotiques qu’indigènes , Rofiers, Œillets, Lauriers-rôle doubles, Cérifiers, & autres Arbres fruitiers nains, branches de Vigne introduites de dehors, & attachées contre le mur du nord, &c.
- La Serre Fig. 4, n’a qu’un vitrage incliné," & n’a de fentier qu’entre le mur du nord & la tannée, qui de ce côté eft élevée d’un pied & demi ou 2 pieds au deffus du pavé. Comme il eft difficile d’atteindre aux plantes du devant de la tannée , qui a 6 pieds de largeur, on eft obligé de les foigner par dehors : pourquoi on fait une large retraite au mur du midi , ou bien une banquette , fur laquelle on monte pour leur donner les façons néceffaires. Les panneaux vitrés ayant au moins 10 pieds de longueur, feroient trop pefants & fujets à fe courber & à fe déjetter, -s’ils n’étoient partagés en deux , dont l’inférieur gliflè fous l’autre dans une couliffe, comme il a été dit ci-devant ; ou s’élève &
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- 2ço Serre-chaude. s’abaiffe par le moyen d’une charnière comme en R ; ou comme dans la Figure 2 , qui repréfente un pareil panneau divifé en deux, dont les deux traverfes taillées en talus op-pofé fe recouvrent & peuvent s’élever & s’a-, baiffer par le moyen d’une charnière ( Fig. 7. PL XIII. ) attachée fur l’une & fur l’autre, & fur le montant. Ces panneaux brifés peuvent auffi être employés pour les Chaffis qui excèdent 4 pieds ou 4 pieds & demi de largeur. Les Serres de cette conftruâion, quoi-qu’incommpdes pour le fervice , font affez communes. * parce qu’elles font fort bonnes pour les plantes baffes , & faciles à échauffer.
- J’ai deffiné Fig. 5. la Serre baffe qui m’a paru la plus avantageufe, & la plus commode pour le fervice. Elle a en dedans 9 pieds & demi de largeur, dont 3 & demi font occupés par une tannée dans lé fond de la Serre ; 4 lé font par une autre tannée fur le devant. Ces deux tannées font féparées par un fentier large de 2 pieds. L’inclinaifon .du vitrage ell de 30 dégrés ( elle n’eft que de 18 ou 20 dans beaucoup de Serres baffes & de Chaffis. ) Un Chaffis pratiqué contre le mur du midi comme un fupplément ou une extenfion de cette Serre, reçoit du tuyau I la même chaleur que la
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- Serre-chaude. 251 tannée du devant. Cette Serre ayant 36 pieds de longueur, le tuyau de chaleur en parcourt trois côtés , de I en L. Si elle n’avoit que 25 pieds, on pourroit le replier fur l’autre côté de la tannée du devant, en K ; & enfuite dans le mur du nord, en L, pour ne rien perdre de la chaleur qu’il peut donner. Ces trois tannées de la Serre & du Chaffis, pouvant avoir chacune un différent dégré de chaleur, font convenables aux Ananas des trois âges.
- SERRE SANS TANNÉE.
- Dans une Serre occupée par les Plantes de la zone torride, la chaleur doit s’élever au deffus de o de 15 dégrés au moins, jufquà 33 dégrés au plus. Mais une Serre deftinée uniquement pour les Plantes des climats compris entre le 23e & le 36e dégré de latitude, n’a pas befoin d’une aufîi grande chaleur. De 12 à 20 dégrés font fuffifants pour entretenir la végétation de ces Plantes, & de celles des pays moins chauds fi tués entre le 36e & le 43 c dégré qui fleuriffent à la fin de l’automne ou pendant l’hyver ( les autres Plantes de ces derniers pays n’ont befoin que de l’Orangerie. )
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- iji Serre-chaude.
- On ne fait point de couche ou tannée dans cette Serre ; mais feulement un tuyau de chaleur ( & un d’air, li l’on veut ) qui en parcourt trois côtés, foit fous le pavé, & le moins enfbncé au deffous qu’il eft pofiible , comme le marque la Fig. /. Fl. XII. foit dans les murs comme Fig. 2. & F. Fig. /. Cette dernière dispolition eft la plus avantageufe ; 1°. parce que le tuyau donne plus de chaleur ; 20. parce qu’étant moins horizontal, il attire mieux la fumée du Fourneau; 30. parce que pouvant, comme l’indique la Fig. 2, n’être éloigné du parement extérieur du mur du midi que de 4 pouces, il échauffe mieux un Châssis, fi l’on veut en appliquer un contre ce mur, que ne feroit le tuyau d’une Serre à tannée, qui en feroit éloigné de 2 pieds au moins. Si la Serre n’avoit que 20 ou 25 pieds de longueur, on pourroit replier le tuyau dans le mur du nord, comme en G, pour profiter de toute fa chaleur.
- Cette Serre, comme on l’a obfervé ci-devant, peut avoir plus de largeur, plus de toit, & par conféquent moins de vitrage incliné qu’une Serre pour les Plantes de la zone torride ; parce que la plupart des Plantes en font transportées en plein air avant que le foleil foit élevé à 62 dégrés.
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- Serre-chaude. 253 Dans une partie de la Serre, ôn difpofe des planches en gradin incliné à environ 45 dégrés, fur lefquelles on place les Plantes basses qui végètent pendant l’hyver. Les plus hautes fe rangent dans l’autre partie de la Serre graduellement fuivant leur hauteur, les moins hautes fur le devant. Celles qui font dans l’inaftion pendant l’hyver fe placent fous le gradin & fur des tablettes attachées contre le mur du nord. On donne aux tablettes du gradin un pied de largeur , pour y placer deux rangs de pots de 6 pouces, ou un rang de grands pots & quelques petits dans le vuide que les grands laiffent fur le bord des tablettes.
- Mais fi les Plantes ne font pas aflez nom-breufes pour que la place fous le gradin leur foit néceflaire, on peut lambrifler le deffous du gradin , & en fermer les extrémités par des cloifons ; & alors le tuyau de chaleur né s’étendra dans le mur du nord que jufqu’à la cloifon du gradin , & pourra fe replier. Ce retranchement diminuant beaucoup le volume d’air de la Serre, elle fera plus facile à échauffer ; & il pourra fervir à ramaffer les graines & les outils ; ou, s’il y a une Serre pour les Plantes de la zone torride jointe à celle-ci, il pourra contenir le lit d’un Jardinier, qui
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- 254 Serre-chaude.
- fera à portée de veiller fur les Fourneaux des deux Serres pendant les nuits d’hyver. Il ne faut pas cependant trop refTerrer l’efpace 'compris entre le gradin & le vitrage ; car li la mafTe d’air efl d’autant plus facile à échauffer quelle efl plus étroite, aufîi efl-elle d’autant plus facile à être pénétrée par la gelée.
- Si au bas du vitrage du midi on confirait un Chafîîs, dans lequel on ne veuille faire la couche que de fumier 5 au lieu de fermer d’un mur le devant de ce Chafïis, on peut y faire de petits piliers de bois, de pierre de taille, ou de maçonnerie, comme PP Fig. y PL XL diflants de 5 ou 6 pieds l’un de l’autre ; & mettre en dedans quelques planches minces au deffus du fumier, pour retenir le terreau. Par ce moyen, on appliquera des rechauds contre la couche , lorfqu’ils feront néceffaires.
- Du refie , cette Serre ne fe trouve point chez l’Amateur modéré dans fa pafîion pour les Plantes étrangères. Il place les Plantes de la zone torride dans la tannée & la partie la plus chaude de fa Serre, & les autres dans la partie la moins chaude ; ou bien il divife fa Serre par une cloifon vitrée en deux parties échauffées par les mêmes Fourneaux , dont l’une a une tannée , & l’autre n’en a point.
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- Serre-chaude. 255 Les triples Serres communiquant l’une avec l’autre , dans lefquelles l’admiration eft fus-, pendue entre la grandeur & la décoration du bâtiment , & les nombreufes collerions de Plantes de tous les climats, depuis la ligne jufqu’au 43e dégré de latitude, ne conviennent qu’aux Princes & aux Amateurs opulents.
- CHASSIS.
- Les Chaflis peuvent être regardés comme de petites Serres très-baffes , qui fervent non-feulement à nous faire jouir de plufieurs Plantes indigènes avant leur faifon, mais à élever & cultiver les Plantes baffes exotiques, dont quelques-unes s’y plaifent & y réufliffent mieux que dans les Serres , où l’air n’eft pas aufli fouvent renouvellé. Ils font aufli très-favorables à la germination des femences & à l’enracinement des boutures. Une couche & un vitrage compofent tout le Chaflis , l’un & l’autre peut être fait & difpofé diverfement.
- Les Couches les plus communes fe font avec du fumier récemment tiré de l’écurie, ou mieux avec du fumier remué plufieurs fois, mêlé de matières propres à àbforber fa trop grande
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- Serre-chaude. humidité, comme feuilles d’arbres , bruyère hachée, vieux tan, &c. arrangé par lits , bien dreffé , preffé & foulé avec la fourche, ou même avec les pieds, principalement fur les bords. On leur donne 4 pieds de largeur, & la longueur du Chaflis vitré. Elles doivent avoir de 18 pouces à 3 pieds de hauteur, fur le devant, fuivant la faifon, & 10 ou 12 pouces de plus fur le derrière, de forte qu’elles foient inclinées au midi ; & être élevées fur le terrein, s’il eft humide ; ou s’il eft fec, elles peuvent être faites dans une tranchée de 2 pieds de profondeur, & de 7 pieds de largeur. La Couche étant dreflee, on la couvre d’environ 2 pouces de terre ou de terreau ( il vaudroit mieux la gopter de 2 pouces de fumier de vache très-gras ; ) & on la couvre avec les Chaflis vitrés. ( Cette pratique eft ordinairement fort préjudiciable ad vitrage ; car les premières vapeurs qui s’élèvent de la Couche étant très-groflières & méphitiques, s’attachent au verre, le plombent & lui ôtent fa tranfpa-rence ;-il fuffiroit de la couvrir de paillaftons, pour la préferver des pluies. ) Lorfqu’elle a jet té fon grand feu , & que la main plongée dedans peut en fupporter la chaleur, on la garnit d’une épaifleur convenable de terre ou
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- SERRE-CHAUDE. l<jj de terreau , fuivant l’ufage auquel elle eft deftinée, & on applique fortement ces matières contre la caiffe du Chaffis en dedans, afin que l’air ne puiffe pénétrer.
- Ce Chaffis, ( PI. XIII. Fig. z. ) eff une Caiffe fans fond, large de 3 pieds, longue à volonté ( ordinairement de 12 pieds ) , haute de 8 à 10 pouces par devant, & de 18 à 20 par derrière, faite de fortes planches affemblées dans les angles à queue d’aronde avec des équerres de fer. Sur fes bords fupérieurs, des travérfes larges de 3 à 4 pouces , creufées fur le milieu de leur face fuivant leur longueur d’une cannelure pour l’écoulement des pluies, font placées à queue d’aronde & bien clouées à 3 pieds de diftance l’une de l’autre. On pofe en recouvrement fur ces traverfes des panneaux formés d’un cadre folide & bien affemblé, large de 3 pouces fur un & demi d’épaiffeur, & de deux petits bois d’un & demi ou 2 pouces fur chaque face : quelques petites tringles de fer clouées en deffous leur tiennent lieu de traverfes & les empêchent de fe tourmenter. Les bords du cadre & des petits bois font creufés d’une feuillure peu profonde, dans laquelle on pofe les carreaux de verre imbriqués ou en recouvrement par leur côté inférieur & garnis
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- 258 Serre-chaude; de bon maftic. Au milieu des traverfes d'en haut & d’en bas des panneaux, on met un bouton ou une main de fer pour les foulever & les baifler au befoin. Ils font arrêtés par de petites pattes de fer clouées fur le côté de devant de la Caille , ou par une tringle de bois attachée fous leur traverfe inférieure, qui les empêche de glilfer.
- Par le talus de la Couche, & l’inégalité de hauteur des côtés de la CailTe, le vitrage fe trouve incliné au midi, & reçoit moins obliquement les rayons du foleil.
- Comme il y a peu de diftance entre le vitrage & la terre qui couvre la Couche, l’air enfermé dans cet étroit efpace s’échauffe beaucoup , tant par le fumier que par le foleil, & les Plantes s’étioleroient & fondraient en peu de tems, fi l’on ne foulevoit tous les jours un peu les panneaux pour difliper les vapeurs humides, rendre du reffort à l’air , & fortifier les Plantes ; mais lorfque l’air extérieur eft très - froid, il faut jetter fur l’ouverture un paillafion ou une toile pour défendre les Plantes de fon impreflïon dire&e & immédiate. Pendant toutes les nuits jufqu’en mai, il efi: néceflaire ou au moins prudent de couvrir les vitrages avec des paillaffons , qu’on double
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- Sêrrê-cüaude* ijp dans les tems rigoureux. On donne aflez fréquemment de légers arrofements d'eau un peu dégourdie.
- Lorfque les Plantes prenant des accroifle-ments s’approchent du vitrage, il faut l’élever en métrant fous la caiffe des hauffes de paillé ou d’autre matière ; car le verre étant un corps compatt, il conçoit aflez de chaleur pour brûler les parties des Plantes qui feroient contiguës ou très-peu éloignées. C’efl: le moindre inconvénient de l’ufage de ce Chaffis lé plus commun , & le plus employé par les Jardiniers* Sa caiffe qui n’efl: prefque jamais portée également , parce que la Couche eft moins folide * Ou s’affaisse plus dans un endroit que dans l’autre, fe tourmente, & fe dégingandé, & les panneaux fermant mal donnent entrée au froid* Cette Caiffe étant toujours dans une chaleur humide fe dégrade & pourrit en peu de tems, quelque foin qu’on ait de la peindre, & de l’enduire d’un des vernis ci-après (*). Des
- (*) Mettez fur le feu de l’huile de lin dans un vaifTeau de cuivre. Lorfqu’elle commence à bouillir & à monter , retirez-la, & répandez delTus pincée à pincée, en faupou-drant, de la coupe-rofe blanche pulvérifée, jufqu’à ce qu’elle ceffe de pétiller $ laiffez-la refroidir j féparez l’huile limpide 8c ficcative du dépôt de parties grolfières qui s’eft préci-
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- i6o Serre-chaude; Cultivateurs intelligents ont trouvé un remède facile à ces inconvénients.
- Au lieu de Caiffe , ils font un cadre avec de forts madriers larges de $ ou 6 pouces, épais de 3 pouces, fur lequel ils entenonnent les traverfes. Ils le pofent fur de petits poteaux enfoncés en terre, bien alignés & nivelés ( PI. XIII. Fig. /.); ceux de devant hauts
- pité au fond, & qui pourra fervir à broyer de groffes couleurs. Prenez quatre livres de l’huile claire , 8c deux livres de poix-réfine j faites bouillir à petit feu , remuant toujours avec une fpatule 5 ajoutez peu-à-peu deux livres d’o-cre ou mieux de brique pulvérifée 8c paffée au tamis de foie 5 continuez à faire bouillir 8c à remuer, pour bien mêler & incorporer le tout. Donnez au grand foleil une couche de cette mixtion à toutes les faces expofées à l’air des bois des Serres & des Chalîis. Lorfqu’elle fera féche, donnez deux couches de peinture de blanc de cérufe broyé à l'huile. Si ce vernis s’étendoit difficilement, même étant chaud, on y ajouteroit un peu d’effence de térébenthine pour le rendre coulant.
- D’autres mêlent & incorporent à petit feu quatre livres de poix-réfine, dix livres d’huile grafle, 8c une ou deux livres de cendres neuves tamifées j & ils broyent les couleurs avec ce vernis, 8c les appliquent au grand foleil.
- D’autres incorporent lentement 8c à très-petit feu , une chopinc d’huile de lin, fix livres de poix-réfine, & une livre de brique pulvérifée ; ils appliquent cette compofition toute chaude fur le bois par un grand foleil j 8c lorfqu’elle eft féche & endurcie, ils peignent à l’huile par deffus.
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- Serre-chaude. 2 6i de 3 pieds ( ou de la hauteur que doit avoir la couche ), ceux de derrière plus hauts d’en-» viron 2 pieds , diftants les uns des autres de 4 à 6 pieds. Par cet expédient, le cadre étant par-tout foutenu également & folidement, les panneaux fe ferment exactement. Si les Plantes s’élèvent, la couche s’affaissant les éloigne des vitrages; & le cadre ne touchant point à la couche , ni même à la terre dont elle eft couverte, peut réfifter fort long-tems aux injures du tems. La terre eft retenue par quelques mauvaifes planches appliquées en dedans contre les poteaux & joignant exactement le cadre. S’il fe trouve quelques petits paflages par lefquels l’air pourroit s’infinuer, un peu de moufle les bouche exactement.
- Lorfque la Couche a perdu le dégré de chaleur néceflaire aux Plantes, on applique tout autour, & un peu plus haut que la Couche, une épaifleur d’un pied & demi ou 2 pieds de fumier neuf drelfé, foulé , St peigné comme celui de la Couche. Et lorfque ce rechaud ne foutient plus aflez la chaleur, on en fait un, autre, ou on le remanie en mêlant avec un tiers ou une moitié de fumier neuf, & le réta-bliflant fur le champ. Les foins & les façons que demandent ces Couches font expliqués en plufieurs endroits de cet ouvrage.
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- i6i Serre-chaude;
- Mais ce Chaffis, dont le vitrage eft peu diftant de la Couche, ne convient que pour des Plantes baffes, & pour les Semis & première éducation des jeunes élèves. On ne laiffe pas cependant d’y cultiver l’Ananas & des Plantes de fa grandeur, en plaçant le vitrage à une hauteur convenable fur les planches qui retiennent le tan, ou qui renferment toute la Couche , li elle n’eff pas enterrée de 18 pouces ou % pieds, comme elle le peut être dans les terreins fecs.
- Comme beaucoup de Plantes exotiques réuffissent auffi-bien fous Chaffis ( quelques-unes mieux ) que dans une Serre-chaude, on peut en faire dont le vitrage ait une hauteur & une forme favorables & propres pour ces Plantes. D’abord on peut faire la partie inférieure du vitrage verticale ou peu inclinée, & la partie fupérieure convexe, ou mieux à plein cintre, ou à cintre furmonté, comme Fig, 4, Des montants courbés font entenonnés foli-dement à 3 pieds de diftance l’un de l’autre dans un cadre, & dans un faîte. Le côté du nord eft divifé en deux parties inégales : la partie fupérieure, qui eft de beaucoup moindre que l’autre, eft fermée par de petits panneaux vitrés ouvrant de haut en bas, pour
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- Serre-chaude. 263 procurer de l’air & quelquefois de petites pluies douces aux Plantes , auxquelles elles pourroient être utiles : la partie inférieure eft exactement fermée par des panneaux de bois ouvrant de bas en haut, pour donner beaucoup d’air dans le befoin , & les foins néceflaires aux Plantes. Le côté antérieur eft fermé de panneaux vitrés, qui peuvent être ferrés fur le faîte, & s’ouvrir de bas en haut, ou feulement pofés dans les feuillures des montants en recouvrement ; & fi le Chaflis n’a pas une grande largeur, & que tout le fervice fe puifle faire par les volets de bois, de forte qu’il foit rarement néceffaire d’ouvrir ces panneaux vitrés, on pourra pratiquer un petit vagislas dans le haut & un dans le bas de chacun , pour donner de l’air du côté du midi, lorf-qu’on ne peut pas en donner par le côté du nord. Il n’eft pas néceflaire d’obferver que le verre n’étant pas flexible, les carreaux ne peuvent pas avoir beaucoup de longueur dans la partie cintrée des panneaux, & qu’ils formeront plutôt une portion de polygone qu’une portion de cercle.
- Secondement, on peut ( plus facilement pour la conftruCfion & pour l’ufage, & peut-être aufli avantageufement pour les Plantes ) don-
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- 264 Serre-chaude. ner à un Chaffis Fig, 5, la forme dun triangle équilatéral BAC. Des montants inclinés font attachés folidemertt fur le cadre & fur le faîte comme ceux du Chaffis précédent, & à la même diflance, pour recevoir du côté du midi des panneaux vitrés ; & du côté oppofé de petits panneaux vitrés dans la partie fupé-rieure , & des volets de bois dans la partie inférieure. On fait aufîi quelques vagislas dans les panneaux vitrés. Les bouts de ces deux Chaffis font fermés par de petits bois garnis de carreaux de verre.
- Un triangle re&angle comme EDF pourroit être préférable, parce que fes côtés auroient l’inclinaifon à 45 dégrés, la plus avantageufe dans notre climat. Mais il n’auroit pour hauteur que la moitié de fa bafe ou hypotenufe. En prolongeant le côté EF, & formant un triangle fcalène, on donnera de la hauteur au Chaffis ; le côté vitré Fc confervera fon in-clinaifon à 45 dégrés ; le côté De n’aura aucun vitrage, & fera fermé par des panneaux de bois de toute fa hauteur ; ce qui rendra plus faciles la conftruttion & le fervice du Chaffis. Ce côté n’a befoin d’aucun vitrage, même dans fa partie fupérieure ; parce que , étant peu incliné, il ne privera point les Plantes de la lumière perpendiculaire.
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- S E R R E - C H A U D E; 26$
- Sous ces Chaffis, les Plantes ont un plus grand volume d’air. Moyennant les panneaux en bois par lefquels on peut donner beaucoup d’air, & la plupart des laçons aux Plantes, on ne fatigue point les panneaux vitrés, parce qu’il eft rarement nécelTaire de les ouvrir.
- [ On trouve dans le Di&ionnaire de Miller la ligure & la defcription de deux Chaffis de même forme que les deux précédents, & d’une conftru&ion peu difpendieufe. Ils font compo-fés d’un cadre folide de longueur & de largeur à volonté, fur le côté intérieur duquel font cloués à un pied de diftance l’un de l’autre des demi cerceaux, ou des courbes légères formant un demi cercle, & contenues par une tringle de la longueur du Chaffis, clouée, ou attachée avec une maille de £11 de laiton, par deflous chacune d’elles, au fommet du cintre : ou ( pour le Chaffis triangulaire ) des lattes , ou des montants légers cloués fur une tringle au fommet du triangle. Plulieurs rangs de ficelle font bien tendus fur les lattes , ou fur les courbes, & font une révolution autour de chacune. Le tout étant bien peint, on y colle du papier, & lorfque la colle eft féche, on le frotte d’huile d’olive, ou d’autre huile claire & fans couleur, avec un pinceau ou
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- 266 Serre-chaude. line brolTe très-doiice ; & on ne place les Chas-iis fur les Couches que lorfque l’huile a bien pénétré le papier, de peur quelle ne foit emportée par la pluie , s’il en iurvient. Ce fça-vant Cultivateur allure qu’on ne peut parfaitement réulïîr dans la culture des Melons fans ces Chalïis. Plufieurs de nos meilleurs Jardiniers fe trouvent mieux du papier huilé que du verre pour quelques Plantes, pour les fe-mis, les boutures, & les Plantes récemment changées de pots. ]
- Le iieur Mallet dans un petit écrit qu’il nomme Dijfertation, ( chez Quillau, 1778. ) vante comme bien fupérieur à tous les autres un Chalïis dont il fe dit l’inventeur. Ce Chalïis Fig. 3. elt de longueur à volonté, large de 4 pieds, haut de 2 pieds & demi. Le côté antérieur AB elî: un quart de cercle, & la partie BC ell une portion du même cercle , qui forme un plein cintre. La partie inférieure CD du côté du nord n’eft point cintrée, mais droite & verticale. Elle elï: remplie par de forts panneaux de bois longs de 2 pieds & demi, hauts d’environ 20pouces, qui (de deux l’un ) roulent fur des fiches ou pentures , & s’ouvrent tant pour donner beaucoup d’air, lorfqu’il ell néceffaire, que pour foigner les Plantes. La
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- Serre-chaude. 267 petite partie fupérieure eft garnie de carreaux de verre, dont la plupart font des vagislas qui s’ouvrent au befoih. Les deux extrémités du Chaffis font fermées par un panneau vitré , dont quelques carreaux font montés en vagislas , pour donner de l’air, lorfqu’on ne peut en donner par le devant ni par le derrière, ou lorfqu’un courant d’air eft néceffaire. Le côté antérieur eft garni de panneaux vitrés, larges de 2 pieds & demi, ferrés fur le faîte ou fommet du cintre avec des fiches ou charnières à clef, & s’ouvrant de bas en haut comme BE ; on peut les enlever pour renou-veller ou pour remanier la Couche. Ils font faits de 5 montants courbés, & de 4 traverfes affemblées & entenonnées dans les montants. Tous ces bois ont 4 pouces fur chaque face ; les encoignures & les afîemblages font fortifiés par des équerres & des bandes de fer. Les autres pièces de bois de ce Chaflis font de force & de grofleur proportionnées aux panneaux. [ Il doit être très-folide , mais très-péfant & difficile à placer & à déplacer ; d’ailleurs des bois auffi épais doivent dérober beaucoup de lumière & de foleil. ]
- La Couche eft faite d’un lit de fumier de cheval, d’un pied d’épaiffeur ; ou d’un pied
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- 268 Serre-chaude. de tan, fi le terrein eft humidë ( des feuilles d’arbres féches ou de la bruyère pourroient être fubftituées au tan ) ; enfuite- d’un lit de fumier de vache épais de 6 pouces, couvert de 6 pouces de fumier de mouton & d’un pouce de paillettes de bled ( du tan feroit équivalent à ces paillettes , qui ne fervent qu’à abforber de l’humidité ). Toutes ces matières étant dreffées & étendues bien également , on les foule en marchant péfamment & à plufieurs reprifes de bout en bout. On recommence à la charger de pareils lits de fumier de cheval, de vache, de mouton, de paillettes , & enfin d’un lit de fumier de cheval. Sur une pareille Couche longue de 20 pieds & large de 4, on crible 12 fceaux ou arrofoirs d’eau ; & huit jours après, on la foule & on la marche de nouveau. Enfin on la couvre d’un pied de tan, fi elle eft deftinée pour des Ananas & Plantes délicates, ou de terre compofée & convenable aux Plantes qu’on fe propofe d’y cultiver.
- Cette Couche eft renfermée dans une Caifle de même hauteur, de même longueur & de même largeur que le Chaffis qui fe pofe defliis, & qui y eft retenu par des tourniquets de fer. Elle eft faite de forts madriers de chêne épais
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- Serre-chaude. 269 de 2 pouces au moins, retenus par plufieurs barres à queue placées à 4 pieds de diftance l’une de l’autrç, par des barres ou bandes de fer d’un pouce carré, & par une bordure en dedans de fer d’un pouce fur 6 lignes. Cette Caiffe eft pofée exa&ement de niveau fur un petit mur ou une aflise de pierre de taille qui ne s’élève point au deffus du terrein.
- ( Si la conftru&ion du Chaflis eft difpen-dieufe, celle de la Caiffe n’eft pas à bon marché. Le iieur Mallet préfère cette Caiffe à des murs, parce que félon lui l’humidité & la moifissure des murailles font inévitables. Il eft cependant bien reconnu que des murs de briques bien cuites ou de moilon dür, & de mortier de chaux & de fable ou mieux de ciment, fe chargent peu d’humidité. S’il obje&e qu’on ne peut réchauffer une Couche au travers d’un mur, on pourra répondre qu’un mur de briques pofées fur leur plat fuivant leur longueur, n’ayant que 4 pouces d’épaiffeur, fera presque aufîi promptement pénétré par la chaleur d’un rechaud qu’une planche de 2 pouces, & qu’il la confervera plus.* long-tems. Ce mur feroit encore plus folide & plus durable que la Caiffe, qui a fouvent befoin d’être renouvellée ou réparée. )
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- Lorfque fa Couche, qu’il allure conferver une bonne chaleur pendant fix femaines , a be-foin d’un rechaud, il le fait de 18 pouces d’é-paiffeur, & de toute la hauteur de la Caille ( 2 pieds & demi ) ; & il le compofe comme la Couche , de plufieurs lits alternatifs de fumier de cheval, & de fumier de vache avec de la paillette de bled ; il n’y employé point de fumier de mouton ; mais il gopte ou colle chaque lit de fumier avec de la bouze ou du fumier de vache très-gras, délayé en confis* tance de boue & facile à étendre avec la truelle ou la beche. On peut confulter fon mémoire ( dans lequel on défireroit un peu plus de détail & de précifion ) qui contient la conduite , les nfages, & les avantages de ce Chafiïs, fous lequel on peut, ainfi que fous les précédents , cultiver des Plantes aflez élevées, & même des Arbres fruitiers nains, en donnant plus de hauteur au Chafiïs vitré. Il efi: certain que les Plantes font plus à leur aife fous des Chafiïs bombés ou triangulaires, & & que, quelle que foit l’élévation du foleil, une partie du vitrage bombé efi: frappée directement de fes rayons : aulieu que les Chafiïs plats étant peu inclinés au midi, ne reçoivent dans l’hyver que des rayons obliques , & que
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- Serre-chaude. 271 dans les autres faifons ils en reçoivent de trop direâs , & fouvent de meurtriers pour les Plantes.
- On fait encore des Chaffis Fig. 6. dont la Couche large ordinairement de $ pieds, & longue à volonté , eft renfermée dans des murs, dont la majeure partie ( un pied & demi ou 2 pieds ) peut être enterrée , fi le terrein eft fec; Le mur de devant efi: haut de 3 pieds, & celui de derrière d’environ 5 pieds & demi. Ils font bordés d’un cadre ou d’une plateforme dans laquelle font entenon-nés des montants larges de 3 ou 4 pouces, & épais de 2 ou 2 pouces & demi, fur lesquels les panneaux vitrés fe pofent en recouvrement. Comme la longueur & le poids de ces panneaux les rendent difficiles à ouvrir & à fermer, on peut les faire en deux parties, comme il y en a un repréfenté dans la figure , & comme nous l’avons expliqué ci-devant. Les traverfes, feuillées ou taillées en chan-frein, s’appliquent exa&ement l’une fur l’autre , &r font ferrées de fiches comme Fig. 7. attachées fur ces traverfes & fur les montants ; de forte qu’on peut ouvrir une partie feulement, ou les deux parties du panneau.
- Si au lieu de 3 pieds de profondeur, on
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- 272 Serre-chaude. en donne 4, on pourra mettre fous la Couche un pied de fascines, ou de bruyère, ou de feuilles féches, ou d’autres matières capables de chaleur & propres à abforber l’humidité de la Couche.
- Les murs doivent être conftruits de brique ou de moilon dur, d’une épailfeur capable de résilier au froid. Et lî ce Chafiis eft deftiné pour des Ananas & des Plantes délicates, il fera prudent de faire à une des extrémités un petit Fourneau, & de pratiquer un tuyau de chaleur dans les murs ; afin que li la chaleur de la Couche vient à tomber dans un tems trop rude pour ouvrir le vitrage & remanier le tân , on puiffe y fuppléer par la chaleur du feu , en attendant un tems favorable.
- Au lieu de tuyau confirait en brique dans les murs , j’ai fait faire en dedans des murs une retraite de 3 ou 4 pouces , qui s’élève graduellement, & fur cette retraite j’ai pofé des tuyaux de grais retenus avec des crochets de fer. Les emboîtures font garnies d’étoupes & d’argile corroyée. Très-peu de feu fufiit pour pénétrer de chaleur ces tuyaux, qui ont peu d’épaifleur ; & comme ils font découverts de tous côtés, ils donnent de la chaleur par toute leur furface qui efi d’un pied au moins,
- fuppofant
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- Serre-chaude, 273 fuppofant leur capacité ou ouverture de 4 pouces : au lieu qu’un tuyau de briques pratiqué dans les murs ne préfenteroit à la Couche qu’un de les côtés, qui n’auroit que 6 ou 7 pouces de hauteur. Mais les 8 ou 10 pieds les plus voifins du Fourneau font en tuyau de briques ; parce que des tuyaux de grais pourroient ne pas résilier à la grande chaleur.
- Enfin on confirait des Chaffis comme celui qui eft repréfenté PI. XIF, dont la coupe verticale eft repréfentée PI. XII. Fig. 3. propres tant pour les Plantes exotiques, que pour les indigènes. A eft une foffe de longueur à volonté , pour une couche de fumier, ou une tannée , fuivant les Plantes qu’on y veut cultiver ; large de 6 pieds ; profonde de 3 & demi; fermée de murs d’une épaifleur à volonté ( 12 à 15 pouces ) dans leur partie inférieure, faits de moilon ou autres bons matériaux ; de 4 ou 8 pouces ( longueur ou largeur de la brique ) dans les 2 ou 3 pieds de leur partie, fupérieure, qui fera faite de briques. Le mur de derrière fera plus élevé que celui de devant d’un pied & demi ou 2 pieds, fuivant qu’on voudra donner au vitrage plus ou moins d’inclinaifon. Cette fofle fera bordée d’un bon cadre de bois, tant pour conferver
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- 274 Serre-chaude. la maçonnerie, que pour recevoir les panneaux vitrés, qui feront pofés fur des traverfes distantes Fune de l’autre d’environ 4 pieds, & affemblées dans le cadre à queue d’aronde. Si le fol eft humide, cette fofle fera élevée au defliis : s’il eft fec, elle fera plus commodément pour le fervice partie enterrée, partie hors de terre, comme PL XII. Fig. 3.
- Autour de cette fofle eft un efpace B PL XIV. & Fig. 3. Pl. XII. large de 2 pieds, profond de 2 pieds ou 2 pieds & demi, & même 3 pieds du côté du nord , fermé d’un mur de moilon C d’épailfeur à volonté, élevé à la même hauteur que le mur parallèle de la tannée. Lorfque la chaleur de la Couche tombe, on fait dans cet efpace un réchaud de bon fumier neuf foulé & marché, élevé au niveau des murs. Étant ainfl renfermé, il con-ferve & communique plus long-tems de la chaleur à la Couche, qu’un réchaud découvert.
- Il eft bon de donner un peu de pente à la fu perfide des réchauds, & à l’aire fur laquelle ils font établis, & de foire au niveau de cette aire dans le mur extérieur quelques paffages, comme E PL XIV. pour l’écoulement des pluies qui, fi elles étoient retenues, morfondraient les réchauds, & pourraient pénétrer dans laCouche.
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- RENTRÉE DES PLANTES.
- L’objet des Serres-chaudes étant de fuppîéer par une chaleur artificielle au défaut de chaleur naturelle de notre atmosphère, & de pré-ferver de Tes intempéries les Plantes des pays plus chauds; on doit y transporter les Plantes* auffi-tôt qu’elles ne trouvent plus dans notre climat, pendant les nuits, iin dégré de chaleur ou de température égal à celui dont elles joui-roient dans le leur pendant les nuits les moins chaudes. Les laiffer en plein air au-delà de ce tenue , pour les accoutumer & les endurcir au froid, c’etë par un traitement abfurde prétendre les fortifier en altérant leurs forces, & les rendre faines & vigoureufes par la langueur & l’infirmité*
- Nos Serres-chaudés renferment des Plantes i°. de la 2one torride ou des climats compris entre les deux tropiques. De ces Plantes ; les unes ne pouvant fupporter le plein air de notre climat pendant les nuits même les plus chaudes de nos étés ordinaires, on les tient confiam-ment dans la Serre. Les autres moins délicates peuvent refpirer le grand air, & recevoir les
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- 276 Serre-chaude. rofées dans une expofition chaude & bien abritée pendant environ deux mois & demi, jufqu’au tems où le thermomètre ne monte plus pendant la nuit qu’à 1 f dégrés au deffus de o, c’efl-à-dire, au plus bas dégré, de chaleur de leur patrie ; ce qui arrive année commune dans le climat de Paris au commencement de feptembre. On pourroit différer jusqu’aux nuits de 13 dégrés, qui ne font pas nuisibles à ces Plantes. Mais fous un ciel aufîï inconfiant que le nôtre, dont la température varie quelquefois de plufieurs dégrés en un très-court efpace de tems, il efl plus prudent de prévenir que d’attendre le terme extrême. Quelques jours de plus de liberté importent peu au bien de ces Plantes condamnées à près de dix mois de prifon chaque année, & ils peuvent leur devenir pernicieux.
- 2°. Des Plantes originaires des pays fitués entre les tropiques & le 36e dégré de latitude. La moindre chaleur de ces climats étant de 10 dégrés, elles doivent être remifes dans la Serre, lorfque le thermomètre ne monte plus au deffus de ce dégré pendant les nuits ; ce qui arrive ordinairement vers la mi-feptembre. Mais il efl prudent de prévenir cette époque pour les Plantes originaires des contrées les
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- SERRE-CH A.UDE. 277 plus voifines des tropiques , & de les mettre à couvert dès que le thermomètre defcend à 12 dégrés au deiïus de o.
- 30. Quelques Plantes des climats compris entre le 3 6e & le 43 c dégré de latitude qui peuvent bien pafler l’hyver dans l’Orangerie, mais qui ont befoin de plus de 10 dégrés de chaleur pour fleurir en automne ou en hyver. On doit les tranfporter dans la Serre, & en même tems que les précédentes.
- Je ne donne point pour termes les jours du calendrier, mais les dégrés de chaleur marqués par le thermomètre ; parce que rarement nos faifons ont la même température plufieurs années consécutives. Dans quelques années, les Plantes les plus délicates pourroient demeurer en plein air au-delà du 15 Septembre; dans d’autres elles y font en danger avant le premier du même mois.
- Avant de tranfporter les Plantes dans la Serre, il faut en détacher toutes les feuilles mortes ou jaunes, & les nettoyer de toute pouflière & ordure ; détruire tous les infeâes , qui ne conferveroient pas feulement leur vie dans la Serre, mais qui s’y multiplieroient ; donner un binage à la terre des pots, en ajouter de nouvelle s’il efl: néceffaire, & mouiller
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- 278 Serre-chaude; ceux qui en ont befoin. On choifit pour les faire rentrer un beau jour de tems fec, & les heures où il n’y a ni rofée ni humidité fur leurs feuilles.
- PLANTES DANS LA SERRE.
- i°. Les Plantes étant placées dans la Serre; les plus délicates dans la tannée & dans le fond de la Serre où la chaleur eft plus grande, & les moins tendres fur le devant de la Serre, & près les vitrages ; & difpofées fuivant leur hauteur, de façon qu’elles ne fe dérobent point la lumière & le foleil les unes aux autres ; on leur donne de l’air tous les jours pendant les heures où le thermomètre placé à l’ombre en dehors de la Serre, marque 15 dégrés ou davantage ( 12 dégrés pour une Serre qui ne con-tiendroit que des Plantes nées en deçà des tropiques ; ) mais pendant la nuit on ne donne aucune entrée à l’air, parce qu’il eft de 4 ou 5 dégrés plus froid que pendant le jour.
- 2°, Vers la fin de feptembre on renouvelle la couche de tan de la Serre-chaude, de la façon qui a été expliquée ci-devant, & qui fera répétée dans la culture de l’Ananas. Pendant
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- Serre-chaude; 279 quelle jette fon grand feu ( on n’y plonge pas alors les pots, on les place feulement des-fus, ) on ouvre quelques panneaux durant le jour , pour dilîiper les vapeurs humides quelle répand dans la Serre. Lorfque le thermomètre enfoncé dans le tan, ou le taft du Jardinier fait juger que fa chaleur n’a plus que le dégré convenable ( de 30 à 3 5 dégrés * ) on y plonge les pots ; & pendant quelques jours on eft attentif aux retours de grande chaleur qui arrivent quelquefois, & dans lesquels il faut foulever les pots, ou les retirer
- (*) Ce dégré de chaleur ne convient qu’aux Plantes qui en exigent le plus, & aux Plantes délicates qui font leurs productions pendant l’hyver. Il pourroit être nuifible aux autres, foit en brûlant ou altérant leurs racines, foit en mettant leur feve en aétion avant le tems. Il faut moins chercher à exciter la végétation, qu’à conferver la vie des Plantes qui donnent leurs fleurs ou leurs fruits en d’autres faifons que l’hyver. Car fi on les force, leurs poulies foibles & étiolées périront, & feront grand tort aux Plantes, qu’elles auront fatiguées. Ce n’eft que vers l’équinoxe du printems qu’il faut les faire travailler ; parce que alors on commence à donner de l’air à la Serre, 8c que bientôt on pourra l’ouvrir prefque tous les jours, 8c long-tçms chaque jour , & par conféquent fortifier les nouvelles poufles. Par les mêmes raifons , lorfque le feu devient néceffaire, il ne faut en faire d’abord qu’avec modération & précaution, & en régler fucceflivement l’augmentation fur le befoin des Plantes, 8c la rigueur du tems.
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- i8o Serrê-chaude. entièrement. Ordinairement la chaleur de cette tannée échauffe fuffisamment l’air de la Serre jufqu’en novembre.
- 3°. Enfin , lorfque le thermomètre placé en dedans de la Serre ne monte pendant la nuit quà 14 ou 15 dégrés , & que le thermomètre placé en dehors ne monte quà un ou 2 dégrés au deffus de o, on commence à allumer du feu pendant la nuit ; & à mefure que la température de la faifon devient plus froide, on augmente le feu & fa durée. Dans les Serres qui ont deux Fourneaux, on les allume alternativement, ou les deux en même tems, fuivant le dégré du froid. S’il defcend à 10 dégrés , ou plus , au deffous de la con-gellation, on entretient le feu nuit & jour, foit que le foleil paroiffe, Toit que le tems foit couvert ; de forte que les Fourneaux & les tuyaux ne refroidiffent point, & qu’on puiffe promptement augmenter la chaleur, lorfque vers la nuit le froid augmente. II faut regarnir de bois les Fourneaux vers minuit ou même après ; & vers fix heures du matin , afin que pendant les heures du plus grand froid ( un peu après le lever du foleil ) ils donnent une grande chaleur. ( Avec la tourbe le fervice des Fourneaux eft beaucoup moins fré-
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- Serre-c h'aude, 281 quent & moins gênant. ) Dans les dégels & les tems humides, quelque doux qu'ils foient, le feu eft nécelTaire pour diffiper l’humidité de la Serre, & empêcher celle de l’air d’y pénétrer.
- 4°. Pendant les nuits rigoureufes, les tems de neige & de brouillards froids, on'couvre les vitrages avec de groffes toiles, ou de la toile cirée, ou des paillaffons, tant pour con-ferver la chaleur de la Serre, que pour pré-ferver les vitrages d’être brifés par le poids de la neige ; mais on les découvre pendant le jour, auffi-tôt que la neige ou l’obfcurité du ciel ceffe, afin de rendre aux Plantes la lumière, dont elles ne peuvent fans préjudice fouffrir une longue privation. De la lumière, je le répété, un air fans humidité, & au moins 15 dégrés de chaleur aux Plantes de la zone torride (au moins 12 dans les Serres fans tannée pour les Plantes d’en deçà des tropiques ) ce font les trois points importants pour les con-ferver dans la Serre, & les faire profpérer.
- 50. Pendant ces mêmes tems, on n’ouvre aucun vitrage de la Serre pour y renouveller l’air : fouvent il ne s’y en introduit que trop par les portes qu’on eft obligé d’ouvrir pour foigner les Plantes. Mais il efl néceffaire de fou-
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- i8 2 Serre-chaude.
- lever de tems en tems quelques panneaux des Serres baffes, pour faire évaporer l’humidité, & rendre du reffort à l’air trop étouffé. On profite pour cela des heures les moins froides des jours d’un tems calme & d’un beau foleil.
- 6°. Si la chaleur de la couche tombe tellement que celle du feu ne puiffe la foutenir au dégré néceffaire, il faut remuer jufqu’au fond & remanier le tan ; & s’il ell trop con-fommé pour reprendre une bonne chaleur, en ajouter & bien mêler un tiers ou un quart de neuf.
- 7°. Dans l’endroit le plus chaud & le plus voifin du Fourneau , il doit y avoir, comme il a déjà été dit, un vaiffeau de capacité fufiisante rempli d’eau de bonne qualité, qui par fon féjour dans la Serre en acquiert à-peu-près la température. Cette eau fert à ar-rofer les plantes avec beaucoup de ménagement. Il ne faut leur en donner que dans le befoin, fur-tout pendant les tems rigoureux où on ne peut airier la ferre & en difiiper l’humidité. Les Plantes graffes, les Plantes lai-teufes, & celles qui font dans leur repos, veulent être très-peu & très-rarement mouillées. Celles qui font plongées dans la tannée, recevant de la Couche quelque humidité par les
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- Serre-chaude. 283 trous des pots, ont moins befoin d’être arrogées que celles qui font placées fur le pavé de la^ Serre ou fur des tablettes. Pendant l’hy-ver, od ne crible point l’eau fur les Plantes ; on la verfe feulement fur la terre des pots par le goulot de l’arrofoir, auquel on ajoute un tuyau de longueur convenable pour la porter fur les pots les plus éloignés. Si cependant quelque Plante trop couverte de poufîière ou d’ordures des infe&es avoit befoin d’être mouillée en pluie, on mettroit le pot fur un grand plateau , afin de ne pas répandre d’eau dans la Serre, qui en augmenteroit l'humidité toujours trop grande. Mais il eft préférable de laver les feuilles des Plahtes avec une éponge fine remplie d’eau tiédie dans la Serre.
- 8°. Lorfque le foleil vers l’équinoxe du printems commence à communiquer à l’air 14 ou 15 dégrés de chaleur, on ouvre pendant le milieu du jour quelques panneaux, afin de ranimer les Plantes affaiblies par leur long féjour dans un air étouffé & inerte.
- Les autres foins néceflaires aux Plantes pendant leur féjour dans la Serre confident à les nettoyer de poufîière, détacher les feuilles mortes , jaunes , ou moifies , faire la guerre aux infe&es ? purger la Serre de toute mal-
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- 284 Serre- chaude; propreté , 8c de tout ce qui pourroit occa-lionner de l’humidité , & corrompre & altérer l’air.
- SORTIE DES PLANTES.
- Faire paffer brufquement un convalefcent de l’air doux de fa- chambre à un air vif, & d’un régime très-modéré à une vie abondante, ce feroit l’expofer au danger. Y auroit-il plus de prudence à mettre tout-à-coup en plein air des Plantes qui n’en ont pas joui depuis neuf mois ; & de leur donner des pluies abondantes & les roféés du ciel, lorfqu’à peine elles font revenues de la langueur qu’elles ont contrariée dans une longue prifon où elles n’ont pû conferver leur vie que par les foins affidus d’un Jardinier attentif à leur dofer la quantité d’eau, d’air, & de chaleur, convenable au tempérament & à l’état de chacune?
- Depuis que la faifon commence à s’adoucir jufque vers la mi-mai, on ouvre chaque beau jour , fuivant les indications du thermomètre, plus ou moins de panneaux, & plus ou moins long-tems. Lorfque la chaleur du jour monte à 15 dégrés ( celle de la nuit n’eft encore
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- Serre-chaude. i8j que io ou II,) on ouvre prefque du matin au foir les portes & les panneaux ; mais on les ferme pendant là nuit. Lorfque la température des nuits devient de 13 ou 14 dégrés, on retire de la tannée les Plantes qui ont eu befoin d’y être tenues pendant la faifon rigou-reufe ; & on n’y laide que celles qui doivent y demeurer conftamment. On approche fur le devant de la Serre les Plantes fuccelîivement fuivant le dégré de leur délicateffe ; ou bien on tranfporte les moins tendres dans l’Orangerie.
- Enfin lorfque le thermomètre en plein air ne defcend plus pendant les nuits au deffous de 15 dégrés ( vers la mi-juin, ) on tire de la Serre les Plantes de la zone torride. ( Celles d’en deçà des tropiques ont pu en fortir environ un mois plus tôt, lorfque le thermomètre a marqué pendant les nuits 12 dégrés. ) Un fems couvert & une petite pluie douce font très-favorables pour ce tranfport. Mais fi le ciel eft pur & le foleil net, il faut placer les Plantes à l’ombre, ou leur en procurer par des abris ; quelques jours après, on leur donne une mi-ombre ; & enfin on les fait jouir du foleil pendant tout le jour. Si elles y étoient d’abord expofées, les pouffes foibles 9 éfilées,
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- 286 S. EURE-CHAUD E. étiolées, qu’elles ont fait dans la Serre, feraient brûlées par fes rayons ; en les y expo-fant peu-à-peu & avec ménagement, elles ne font point endommagées, L’expofition la plus chaude, & la mieux défendue du nord & de l’eft, leur convient le plus. Il faut ranger en-femble les Plantes grades, & celles qui craignent les pluies abondantes ou continues, afin de pouvoir facilement les en défendre avec des toiles ou d’autres couvertures, fur-tout vers le tems où elles rentreront dans la Serre. À l’article de chaque Plante, on trouvera les arro-fements & les autres foins qu’elle demande.
- Quant aux Plantes tendres qui ne fortent point de la Serre, il faut les nettoyer foigneu-fement de pouffière & d’infeûes ; leur donner autant d’air qu’il eft possible ; dans les heures de la grande chaleur, étendre un cannevas fur le vitrage, s’il eft fort voifin des Plantes, pour les préferver de l’ardeur du foleil, & du delféchement qui obligerait de mouiller très-fouvent ; les changer de pots en juillet & août.
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- SERRE-CH AUD E. iSy
- TRANSPLANTATION,
- ET AUTRES FAÇONS.
- Lorsque les Plantes l'ont devenues trop grandes pour leurs pots, ou lorfqu’elles e» ont effrité la terre, il eft nécelfaire de leur donner de nouvelle terre , & d’autres pots; Ce changement le fait une ou plulieurs fois par an, fuivant leur befoin & leur progrès. Les pots dans lefquels on les transplante ne doivent pas avoir beaucoup plus de capacité què ceux dont on les retire. Un pouce ou un pouce & demi de diamètre de plus eft très-fuffisant pour les Plantes dont la croiffance n’elt pas extraordinaire. En général, les Plantes des pays chauds doivent être plutôt un peu à l’étroit que trop à l’aife dans leurs pots. Créées pour des climats où leurs racines trouvent beaucoup de chaleur & peu d’humidité dans la terre, on ne pourrait leur procurer ces deux avantages , fi elles étoient plantées dans une grande mafle de terre difficile à pénétrer par la chaleur de la couche, & retenant l’humidité tant des vapeurs de la tannée que des arrofements j & fi leujs racines étoient
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- 288 Serre-chaude, fort éloignées des parois des pots, qui, étant une matière compare, contraient beaucoup plus de chaleur que la terre qu’ils contiennent, & ne s’imbibent prefque d’aucune humidité. Ces parois des pots font par leur chaleur li favorables aux racines, que fi quelques-unes les atteignent pendant l’été, en peu de tems elles les tapiffent entièrement d’un épais chevelu.
- Si les Plantes que l’on rempotte ont formé ce filigramme autour du pot, on le retranche entièrement avec une bonne partie de la motte. Mais fi ce font des Plantes graffes, ou lai— teufes , ou de celles qui ne veulent fouffrir ni plaies, ni ruptures , ni offenses à leurs racines, il faut jetter un peu de terre dans le nouveau pot, y placer la motte très-entière, garnir le vuide de nouvelle terre, & donner un arrofement plus ou moins abondant fuivant la nature des Plantes. On couvre la terre des pots de demi pouce de vieux tan ; ou de terreau fin, pour que les pluies & les arrofe-ments ne la plombent & ne la durciffent pas trop.
- Pour rempotter les Plantes qui végètent toute l’année fans interruption, & celles qui doivent être transplantées avec la motte entière , on confulte plutôt leur befoin que la
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- Serre-chaude. 289 faifon. Celles dont la végétation n’eft pas continue , fê dépotent pendant le tems de leur repos. Ainfi on en tranfplante dans toutes les faifons ; mais le plus grand nombre vers le commencement du printems. Il eft bon de remplir de terre & de plonger pendant quelques jours dans une couche chaude les pots defti-nés pour les Plantes très-délicates , afin que leurs racines n’éprouvent point d’interruption de chaleur.
- Les Plantes rempotées avec la motte entière ne demandent pas de foins & de traitements particuliers après cette opération. Mais celles qui font transplantées à racines nues, ou à racines & mottes taillées, doivent aufli-tôt être placées dans une Couche, & défendues du foleil jufqu’à ce qu’elles donnent des marques de leur reprife.
- Il faut tailler les Plantes & les Arbrifleaux qui en ont befoin, lorfqu’ils font dans leur repos ; ou, fi leur végétation efl: continue, après qu’ils ont donné leurs fleurs & leurs femences. Les tailler dans le temps de leur plus grande végétation, ce feroit expofer leurs productions à avorter, & eux-mêmes à fç>u£-frir, & peut-être à périr.
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- 190 Serre-chaude,
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- PROPAGATION DES PLANTES.
- Les Plantes exotiques , comme les indigènes , fe multiplient par femences, marcottes, boutures , drageons, &c.
- I. La plûpart de celles de la zone torride, & un grand nombre de celles des pays moins chauds ne pouvant perfectionner la maturité dfe leurs femences dans nos Serres, il eft né-ceflaire d’en faire venir de leur patrie. Étant recueillies dans leur parfaite maturité , laiffées dans leurs capfules, mais non dans une pulpe (*) ou un mucilage, embarquées avec les précautions connues ( la meilleure eft de les mettre dans des boîtes remplies de terre , pour
- (*) Si les graines font envoyées dans du papier, ou de petites boîtes, il faut qu’elles n’aient aucune humidité. Ainfi on lailîe entièrement fécher les capfules qui font charnues à leur bafe j les baies, la pulpe, la chair, le brou, &c. qui enveloppe les femences des fruits ; ou bien on en retire les femences, & on les Iaifle fécher à l’ombre avant de les renfermer j ou bien, fans lailTer fécher les femences après les avoir retirées des fruits, on les enveloppe de moufle fraîche , non taflee & foulée. Mais fi on les y envoyé ( beaucoup mieux ) dans du fable ou de la terre féche, ou tout au plus fraîche, on peut les laifler dans leur pulpe, chair, ou enveloppe charnue , dont l’humidité fera abforbée par le fable, ou la terre.
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- SERRE-CHAUDE. 2pî les préferver pendant la traverfée , des in-fe&es, du defféchement, & du conta& de l’air falé ) ; enfin arrivées en bon état * on les feme auffi-tôt dans des terrines ou des pots remplis de terre légère, de médiocre qualité plutôt que grafle. On feme féparément chacune dans un petit pot les groffes graines, & celles des Plantes difficiles à transplanter même en motte, parce que leurs racines craignent d’être offenfées & même d’être découvertes.
- Si l’on feme depuis la fin du printems jusqu’au mois de février fuivant, on place les pots ou terrines en un endroit de la Serre où les graines ne puiffent pas éprouver une. chaleur & une humidité fuffisantes pour les faire germer,, ni âflez de froid ou de fécherefle pour altérer leur germe. Car les Plantes annuelles dont les graines ne leveroient qu’après le printems , n’auroient pas dans le refie de nos jours chauds le tems de faire leurs productions utiles, ou agréables ; & les tiges des Plantes vivaces ne pourroient pas acquérir affez de force & de folidité pour résilier facilement aux rigueurs de notre hyver, dont la meilleure Serre ne peut pas entièrement préferver les Plantes délicates.
- Mais auffi-tôt que le mois de mars ( vers
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- 292 Serre-chaude. le 10 ou 12 ) adoucit la température des nuits , les graines antérieurement femées , & celles qu’on a pu différer jufqu’alors de femer, doivent être plongées dans une Couche chaude de tan mieux que de fumier, & entretenues dans une humidité fufîisante pour les faire germer. Lorfqu’elles font levées, on donne au plant autant d’air qu’il efl possible, afin de le fortifier & de le préferver de l’étiolement. Si les graines ont été femées féparément, & qu’il n’y ait qu’un feul pied dans chaque pot, on lui continue les foins convenables à fon efpècé, qui feront indiqués dans la fuite. S’il y a plufieurs pieds dans chaque pot, auflî-tôt qu’ils auront acquis un pouce & demi ou deux pouces de hauteur, & avant que leurs racines fe foient beaucoup étendues, on les fépare en motte, fans endommager les racines, ni même les découvrir fi les Plantes font grades, ou laiteufes, & on les plante chacun dans un petit pot, qu’on enfonce dans la Couche , & on les défend du grand foleil jufqu’à ce qu’ils recommencent à pouffer & à profiter. Mais fi après fix femaines ou deux mois les graines ne lèvent point, on les vifite, les découvrant avec précaution & fans les déranger; & fi on ne les trouve ni germées, ni renflées
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- Serre-chaude. 293 & dispofées à germer, on retire les pots de la Couche , on les place dans un endroit tempéré de la Serre ; & on les remettra dans une Couche chaude au printems fuivant.
- Nota. 1°. Des Plantes exotiques , comme des indigènes, il y a des graines qui étant femées aufli-tôt quelles font mûres, germent fur le champ , ou au premier renouvellement de faifon ; mais fi l’on diffère de les mettre en terre, elles ne germent qu’au fécond, quelquefois au troifiéme printems. La fécherefle dans laquelle on les a tenues femble avoir engourdi & rendu inertes leurs facultés germinatives ; & il faut beaucoup de tems pour les ranimer & les remettre en a&ion, fi toutefois elles ne les ont pas perdues, comme il arrive à celles qui ont été confervées trop féchement & hors de leurs capfules , ou entièrement privées d’air , ou trop expofées à l’air falé. C’efl: pourquoi j’ai obfervé que le plus sûr moyen de transporter les graines étrangères en bon état, eût de les mettre dans des Caiffes remplies de terre , dans laquelle elles font défendues de la trop grande aâion de l’air, préfervées de l’extrême féchereffe, & d’une aflez grande humidité pour les faire pourrir aux approches de nos climats tempérés.
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- 294 Serre-chaude.
- Nota. 2°. La germination des femences eft opérée par le concours de l’air, de la chaleur, & de l’humidité. Si un très-petit nombre de graines germe dans le vuide, toutes les autres ont befoin de plus ou moins d’air. Renfermées pendant un certain tems dans des bouteilles de verre bien bouchées, elles y perdent entièrement la faculté de germer. Enterrées à une grande profondeur ( 3 pieds ou davantage ) elles confervent cette vertu comme fus-pendue pendant un fort grand nombre d’années ; & auffi-tôt qu’en les rapprochant de la furface de la terre, on les foumet à l’a&ion de l’air, elle fe réveille, leur germe reçoit du mouvement, & fe développe. Les graines privées d’humidité deviennent incapables de germination, les unes lix mois après leur maturité ; d’autres un an ; d’autres deux ; d’autres trois ; un très-petit nombre au-delà de ce terme. Enfin toutes les femences, pour, être mifes en aâivité , ont befoin de chaleur plus ou moins grande, fuivant la faifon & le climat pour lefqüels les Plantes ont été créées & deftinées. Les graines de la plupart de nos Plantes indigènes entrent en mouvement aulîi-tôt que les premiers dégrés de chaleur raniment la nature ; quelques-unes attendent une
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- Serre-chaude. 295 température plus douce ; mais on femeroit inutilement dans nos potagers au commencer ment du printems des Cardons 8c des Haricots.
- Non-feulement ces trois agents doivent concourir à la germination des femences ; non* feulement ils doivent y concourir dans un certain dégré ; mais leur concours doit être confiant 8c foutenu dans ce dégré. Si des graines dont les radicules font déjà étendues , dont les plantules mêmes ont commencé à fe développer, manquent d’humidité , elles fe deflechent 8c périffent : fi la chaleur n’eft pas entretenue au dégré néceffaire, leur végétation s’arrête, 8c fi cette interruption de chaleur eft longue, elles pourriflent au lieu de lever : fi des graines font trop enterrées, ou couvertes de matières qui les privent d’air, elles demeurent fans a&ion. »
- Si donc on veut femer avec fuccès les graines des Plantes exotiques les plus délicates, il faut remplir des pots de terre légère ; y placer les graines à une profondeur proportionnée à leur grofleur, comme nous l’avons expliqué ailleurs ; donner une mouillure fuffî-fante pour bien humefter la terre ; couvrir les pots de 2 pouces d’épaifleur de gros tan, ou de moufle ; plonger les pots jufqu’au bord
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- i$6 Serr e-chaude. dans le milieu d’une Couche neuve de tan, fous un Chaflis. i°. Cette Couche confervera une bonne chaleur plus de teins qu’il n’en faut aux graines pour germer. 2°. Étant faite avec beaucoup plus de fumier qu’on n’en employé pour la tannée d’une Serre , elle jette bien plus de vapeurs humides, qui pénétrant par les trous des pots , comme il a déjà été dit, contribuent à entretenir l’humidité de la terre. 30. L’air étant nécelfairement renouvellé fréquemment à caufe de l’humidité de ces vapeurs, il a plus de reflort que celui d’une Serre. 4°. Les parties du tan, ou de la moufle, n’étant pas fort rapprochées, n’empêchent point l’aâion de l’air, mais empêchent l’évaporation de l’humidité de la terre , & dispenfent de donner de grands , ou de fréquents arrofe-ments, qui, quoique d’çau tiédie,retarderaient le travail des graines, & pourraient leur devenir nuisibles. Vers le tems où l’on peut» croire que les femences font germées, on fou-lève le tan, ou la moufle (*) ; & fi quelques
- (*) Il faut fouvent foulever la moufle, pour détruire les cloportes & autres infcâes qui fe plaifent deflous, & qui dérangent les graines fines très-peu enterrées, ou feulement appliquées fur la furface de la terre. Cette moufle ne doit être ni foulée ni preflee, ni trop épaifle.
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- Serre-chaude. 297 plantules commencent à fortir de terre, on retire ces couvertures ; pendant quelques jours on défend du foleil le plant naiffant , & on lui donne de l’air & de l’eau.
- On peut lire dans Miller un fait qui appuie ce que je viens d’obferver. Ce fçavant cultivateur, ayant épuifé toutes les reflources de fon habileté & de fon expérience pour faire germer des noix de Cacao, il retira du milieu d’une couche neuve deux des plus grands pots, fema les noix fur le côté dans le fond des trous, les couvrit d’environ deux pouces de tan, & remit les deux pots defltis. Six femaines après ayant vilité ces noix, il trouva les racines alongées de plus de deux pouces , & les plantules d’environ un pouce. Il les enleva avec précaution , les planta dans des pots, & leur donna les foins néceflaires. Le même procédé fut fuivi du même fuccès pour d’autres femences à noyaux durs qui avoient été rebelles à tous les traitements dont il avoit ufé pour les faire germer.
- II. Les drageons enracinés ne demandent pas d’autres façons que les plantes que l’on transplante. Les foins néceflaires aux drageons & aux œilletons fans racines feront expofés aux articles des Plantes qui fe multiplient par ce moyen.
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- III. Les branches les plus baffes font les plus commodes pour être couchées en terre & marcottées; mais fi elles font foibles & maigres , elles ont plus de difpofition au dépé-riffement qu’à la propogation. Il faut choifir pour marcotter des branches pleines de fanté & de vigueur, fur un arbre végétant avec force ; les courber, & enterrer la partie courbée à la même profondeur à laquelle on planteroit un jeune arbre enraciné ; entretenir dans la terre une humidité & une chaleur convenables à l’efpéce & au climat de l’arbre. Il y a des arbres dont les marcottes s’enracinent promptement & facilement ; dans les marcottes de quelques autres les germes des racines ne fe développent qu’avec beaucoup fle peine & de tems. Il eft néceffaire de faire une languette ou des incifions aux marcottes des uns, & à celles des autres de fortes ligatures pour former des gonflements ou bourrelets. Enfin on n’a pu par tous ces moyens parvenir à faire produire des racines aux marcottes de quelques-uns.
- IV. Les boutures peuvent être regardées comme des femences. Elles contiennent de même des germes, ou des rudiments de racines & de tiges ; & pour les faire développer,
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- Serre-chaude. 299 on traite les boutures comme les femences. On les plante dans une bonne terre douce & meuble , qu’on applique contre fortement, ou que l’on plombe bien à l’eau ; on plonge les pots dans une Couche ; on entretient l’humidité & la chaleur à un dégré convenable à l’efpèce & au loi natal de la Plante ; on couvre la partie des boutures qui eft hors de terre avec de la moufle fine, ou mieux avec des cloches fur lefquelles on jette un canne-vas ou de la paille , pour la préferver des rayons du foleil & du grand air qui la deffé-cheroient, & d’une trop grande transpiration qui 1*épuiferoit ; & pour la tenir dans une atmofphère un peu humide, favorable au gonflement & au développement des germes des tiges. Les foins particuliers que demandent les boutures des Plantes grafles & de quelques autres, feront indiqués à leurs articles.
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- TERRES COMPOSÉES.
- On l’a dit il y a long-tems : le même ter-rein ne convient pas à toute forte de Plantes. Cependant chaque efpèce de Plantes n’exige pas une qualité particulière de terre. Le plus grand nombre réuflit très-bien dans une vraie terre franche , dont les parties fableufes & argileufes font combinées dans une proportion qui la rend douce , fertile, perméable à l’eau. Quelques-unes demandent une terre forte ; d’autres une terre légère & prefque fans corps ; d’autres une terre grade & très-fubflan-cieufe ; d’autres une terre maigre ; d’autres une terre féche ; d’autres une terre humide ; d’autres des platras & de vieux mortiers pilés, &c. Un Jardinier doit donc avoir des terres de diverfe consiftance, & de diverfes qualités , afin de fournir à chaque Plante celle qui lui convient.
- Une terre ne peut recevoir de consiflance durable & persiflante que' d’une autre terre, ou matière terreufe. Ainfi le fable ameublira une terre compatte ; l’argile donnera du corps à une terre trop meuble. Les matières propres
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- Serre-chaude. 301 â faire la bafe des terres compofées, & à leur donner de la consiftance, font l’argile, la marne, le fable de terre, & le fable de mer.
- L’argile ( je ne parle point des efpéces d’argiles qui fe trouvent rarement & en petite quantité , & qui font employées à quelques arts & à certains ufages dans les manufactures ), l’argile de diverfes couleurs, jaune, blanche, bleue, &c. qui fe trouve très-communément dans la terre, à diverfes profondeurs, eft une terre compare , péfante , duCiile & ténace étant mouillée & pétrie. Sa ténacité la rend inepte & même nuisible à la végétation. Mais, li par des labours multipliés, elle eft atténuée & réduite en molécules fines ; ou mieux, fi des fables interpofés divifent fes parties , & en diminuent l’adhérence, elle devient la plus propre des terres à la végétation.
- La marne eft une argile mêlée de terre calcaire, ou plutôt de débris d’animaux marins, dont les fels neutres la rendent très-propre à la végétation. Elle a différentes qualités, fuivant la différente quantité de ces deux fubs-tances qui la compofent. Si elle eft grade , tendre, fans ténacité, facile à diffoudre à la pluie & à fe réduire en pouftière à l’air, les parties calcaires dominent, & elle eft très-
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- 302 Serre-chaud è. propre à ameublir & à fertiliser la terre forte; Si au contraire elle eft liante & ténace, elle participe plus de l’argile, & elle convient à l’amélioration des terres légères*
- Le fable de mer eft le meilleur de tous pour donner aux terres compares la mobilité & la fertilité. Les fables lavés des ravines & des ruifleaux, les fables ftériles, les fables volants, les fables à écurer , ne doivent être employés dans la compofition des terres qu’au défaut de fables terreux , calcaires, argileux, parce qu’ils amaigriffent la terre.
- Les engrais , & diverfes matières contenant beaucoup de fels nutritifs, donnent de la qualité à une terre. Mais ces ingrédients ne changent que paffagèrement fa consiftance : aufli-tôt quils font diflipés, elle reprend fa nature. Ainfi une terre péfante fe divifera par des labours , & par des fumiers de cheval ; mais aufîi-tôt que ces fumiers feront fondus, li on la laifle quelque tems en repos, elle deviendra compare. Des fumiers de vache rapprocheront les parties trop divifées d’une terre légère ; mais lorfqu ils feront confommés, elle reprendra fa première mobilité. Une terre com-pofée de terre compare, & de divers terreaux & engrais légers, étant pendant deux ou trois
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- Serre-chaude. 303 ans, ou davantage, remuée & paffée à la claie, ou au crible d’ofier trois ou quatre fois par an , elle fera meuble lorfqu’on l’emploiera ; mais lorfqu’elle aura été un an, ou feulement iix mois dans des pots, & mouillée fréquemment , elle fe refferrera, fe durcira ; & quoiqu'elle foit remplie de fels, les Plantes qui veulent une terre meuble y languiront.
- Il faut donc d’abord donner à la terre que l’on veut compofer, la, considance convenable par un mélange d’autres terres , ou de matières long-tems fubsiftantes ; enfuite l’améliorer avec quelques-uns des ingrédients qui y font propres, & que nous avons indiqués ailleurs. Toutes les matières étant d’abord mifes & entaffées par lits, on les mêle, & on les paffe comme il vient d’être dit. Après chaque façon on les rétablit en tas, qu’on couvre de gazons retournés , ou de grande paille, ou d’herbiers, pour empêcher le haie & le foleil de le deffécher & d’en enlever les fels, & les grandes pluies de le pénétrer, de le laver, & d’en précipiter les fels.
- Ayant donné ailleurs, & devant donner enfuite plulieurs comppfitions de terres , & les façons néceffaires, je me borne à ces notions générales. Seulement j’avertis ( les Jardiniers
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- 304 Serre-chaude. peu inftruits ) i°. qu’il ne faut jamais employer les terres mouillées, ou gelées. Ayant l’hyver on transporte fous un hangard, ou autre bâtiment couvert, mais non clos , la quantité de terre dont on prévoit avoir be-foin avant le printems. 2°. Qu’il eft néceffaire de biner fouvent la fuperficie des pots, pour empêcher la terre de fe durcir & de produire de la moufle ; il vaudrait eneore mieux en fubfiituer de nouvelle.
- ESPALIERS PRÉCOCES.
- La chaleur artificielle ne nous procure pas feulement la jouiflance d’un grand nombre de Plantes exotiques ; elle force plufieurs efpèces de nos arbres indigènes à nous donner long-tems avant leur faifon des fruits mûrs & de bonne qualité.
- Contre un mur expofé au midi, confirait folidement, haut de 9 à 10 pieds fous le larmier i épais de 18 à 20 pouces, bien ravalé, couronné par un larmier faillant de 3 ou 4 pouces & un bon chaperon, & garni de forts crochets diftants entre eux d’environ 4 pieds, & du larmier de 5 à 6 pouces, on plante dans
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- Serre-chaud e. 305 «ne plate-bande de bonne terre, à 16 ou 18 pieds de diftance l’un de l'autre des arbres fruitiers des efpèces les plus hâtives, telles que le Cérisier hâtif, celui de May-duke, celui de Pruffe ; l’Abricotier commun , celui de Hollande ; le Pêcher de petite Mignonne, ou double de Troyes , de Magdeleine , de Pourprée hâtive , de Chevreufe hâtive ; le Prunier de Catalogne, de Monfieur, de Mirabelle ; le Figuier à fruit blanc ; &c.
- Je ne donne que 16 ou 18 pieds d’étendue à chaque arbre ; parce que, étant forcé, il n’en aequérera pas autant que li fa végétation fui-voit librement l’ordre des faifons. Cependant il faut avoir égard à l'étendue naturelle de chaque efpèce : 10 ou 12 pieds entre des Pruniers de Catalogne & de Mirabelle ; 12 ou 15 entre des Abricotiers de Hollande , des Cérifiers hâtifs, font un efpace fuffisant; le Pêcher pourra s’étendre à 20 ou 24 pieds.
- Ces Arbres cultivés & traités comme nous Pavons expliqué ailleurs , ayant acquis une belle étendue ; étant garnis de bon bois ; ayant déjà rapporté plufieurs années ; promettant, & étant en état de donner de bonnes récoltes; ils peuvent commencer à être employés à l’ufage auquel ils font deftinés. Le petit
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- nombre de fruits que produifent des arbres fort jeunes qui ne font pas encore formés , ne dédommageroit pas de la dépenfe ; & li on les force avant lage, on ruine leur tempérament & leur vigueur à peine naiflante , & on les rend incapables d’une longue fécondité.
- Vers la fin de l’automne ou en janvier, par un tems doux, on taille ces arbres fui-vant les règles; mais on raccourcit un peu plus la taille , on les charge moins , & on ne laiffe que du bois bien fain & bien aoûté ; car étant renfermés, ils n’auront pas la même vigueur que s’ils jouiffoient du plein air, des pluies & des rofées du ciel ; & étant plus expofés à l’étiolement, il faut efpacer davantage leurs branches. Après qu’ils font palifles, on donne lin labour à la plate-bande, fur laquelle on peut planter en motte des Fraiiiers des bois, ou des Alpes, ou Écarlate de Vir-. ginie ; femer des Pois bas ; mettre des oignons de Jacynthes, de Narcifles , &c. & diverfes Plantés & ArbrilTeaux en pots ou en caifles> comme Cérifier nain précoce, Grofeiller, Relier , &c.
- Si, pour recueillir des fruits très-précoces, on renferme ces arbres fous les vitrages dès
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- SE.RRË-CHAUDE. 307 le commencement ou le milieu de janvier , tant pour les accoutumer peu-à-peti à la privation du plein air, que pour les préparer à la végétation en les défendant des fortes gelées , & des verglas de ce mois ; & fi environ quinze jours après on commence à leur faire fentir une chaleur artificielle, ils feront tellement fatigués de leur travail anticipé, qu’il leur faudra deux ans pour fe rétablir & recouvrer une vigueur capable de foutenir le même traitement. Ainfi il faut une grande étendue d’Efpaliers, pour en employer fucceflivement un tiers à cet ufage. Mais fi l’on diffère d’un mois , & qu’on ne place les Chafiis que du premier au quinze février, & qu’on n’échauffe les arbres que quinze jours après, le progrès & la maturité de leurs fruits étant plutôt avancés que leur végétation hâtée & forcée, on jouira un peu plus tard , mais leurs forces feront peu altérées, & ils pourront fouffrir le même traitement tous les ans, ou du moins plufièurs années de fuite.
- Chacun , fuivant fon indufirie, arrange les Chafiis de façon qu’ils ne donnent entrée ni à l’air ni à la pluie. Les uns élèvent à 4 ou 5 pieds loin de l’Efpalier PL XV. Fig. 1, un petit mur de 5 ou 6 pouces de hauteur pouf
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- recevoir une plate-forme; ( d’autres po-fent cette plate-forme fur des poteaux élevés de 5 ou 6 pouces au deffus du fol, & ils remplirent les vuides efltre ces petits pG-teaux avec de la paille ou même avec de la terre bien foulée. ) Une autre plate-forme étant appliquée contre le mur au deffous du larmier , & foutenue par de forts crochets, ils entenonnent dans ces deux plate-formes en mortaifes à mi - bois des montants inclinés, creufés fur leurs bords de feuillures fuivant leur longueur , dans lesquelles fe placent les Chaffis en recouvrement. Ces Chaffis ayant au moins io pieds de longueur, font divifés en deux parties inégales * dont la Supérieure, qui eft la moindre, peut s’ouvrir pour donner de l’air au befoin. Les deux bouts de l’Efpa-lier font fermés par de pareils Chaffis, ou par un mur, & ont chacun une porte, tant pour donner de l’air, que pour le fervice.
- Pour échauffer cette efpèce de Serre , un Auteur célèbre propofe deux moyens : le premier ,, d’élever derrière le mur d’Efpalier une Couche de 4 pieds d’épaiffeur à fa bafe, & terminée par 18 pouces, bien peignée fur fon talus & même couverte de chaume, pour empêcher les pluies de la pénétrer & de la mor-
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- Serre-chaude. 309 fondre. Mais, ce moyen, qui exige beaucoup de foin, à caufe des vapeurs humides qui transpirent , n’ed praticable qu’à,, la porte des grandes Villes où le fumier ed commun & à bon marché ; car pour une Couche & un feul réchaud le long d’un mur de 100 pieds, il fau-droit environ 3200 pieds cubes de fumier. Le fécond moyen ed de condruire des Fourneaux derrière le mur d’Efpalier, & de pratiquer dans ce mur un tuyau de chaleur replié trois ou quatre fois. C’étoit alors la façon de dispofer les tuyaux des Serres-chaudes ; la raifon & l’expérience ont fait changer cette difpofition. Je ne m’étendrai pas fur ces pratiques & quelques autres que j’ai vues employées ; je me bornerai à ce qui m’a parti le mieux fait & le plus' avantageufement.
- L’Efpalier Fig. 2. PI. XV. ed long d’environ 60 pieds, & contient quatre arbres. A 5 pieds de didance ed condruit un petit mur haut de 2 pieds, y comprife la tablette de pierre de taille dont il ed couvert. Du côté intérieur, il a une retraite de 6 pouces qui s’élève graduellement depuis la furface du terrein jufque fous la tablette. Il a dans le bas 15 pouces d’épaiffeur, & 9 au dediis de la retraite. ( On peut ne faire la plate-bande que de 4 pieds
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- 3îo Serre-chaud i. de largeur ; mais quand on la feroit beaucoup plus large, il faut ménager dans les fondements du petit mur des paflages, par lefquels les racines de Pruniers & de Cérifiers puiffent aller chercher leur nourriture au delà de cet enclos beaucoup trop étroit pour elles. ) La plate-bande de l’Espalier étant inclinée d’un pied, ce petit mur ne porte pas d’ombre au folstice d’hyver même au pied du grand mur, comme la figure le montre.* ( Au lieu de la tablette de pierre , on pourroit couvrir le petit mur avec une plate-forme de bois de chêne. Mais fi on la retire avec les Chaflis, lorfqu’elle n’efl: plus néceflaire, le petit mur découvert fera pénétré par les pluies & dégradé. Si on la laifle pour conferver le mur, elle fera bientôt ruinée par les intempéries. Ainfi il peut y avoir de l’économie à lui préférer une tablette de pierre. )
- Sous le larmier du grand mur il n’y a point de plate-forme de bois , mais un enduit bien dreffé , large d’environ 6 pouces. ( Une planche mince fcellée dans le mur pourroit être fubfiituée à cet enduit , & feroit plus fo-îide. )
- Il n’y a point de montants, comme Fig. /, pour recevoir les Chaflis. Le dormant ou ca-
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- Serre-chaude, 31 i dre des Chaffis a 3 pouces de largeur fur 2 pouces & demi d’épaiffeur. Le bord extérieur de l’un en deffus, de l’autre en deffous alternativement , eft creufé d’une feuillure large d’un pouce, & profonde d’un pouce 3 lignes, ou de la moitié de l’épaiffeur du chambranle; & les Chaffis font pofés dans la feuillure l’un de l’autre, comme Fig. 4. De bons tourniquets placés en deffous les ferrent, & les empêchent de fe tourmenter. ( S’ils étoient à gueule-de-loup , ils s’emboîteroient mieux qu’avec les feuillures, & feroient mieux contenus qu’avec des tourniquets. )
- La traverfe fupérieure eft taillée en chanfrein, comme E, Fig. S. & garnie d’une lifière de gros drap, qui ferme le paffage à l’air entre le Chaffis & le mur contre lequel il eft appliqué. La traverfe inférieure, qui forme un jet d’eau, eft pofée fur la tablette du petit mur, & retenue par un talonnet d’environ un pouce de faillie ménagé ou appliqué fous le bord intérieur du jet d’eau , comme Fig. 2. ( Si le mur étoit couvert d’une plate-forme de bois, on pourroit faire une feuillure fuivant fa longueur, dans laquelle on placeroit ce talonnet ou cette petite tringle clouée fous la traverfe comme E, Fig. 5. ) Cette traverfe fe
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- 3i2 Serre-chaude.' pofe fur un petit lit de moufle qui interdit très-bien l’entrée à l’air & à la pluie.
- •Chaque Chaflîs eft large de 3 pieds, & divifé en trois panneaux par deux traverfes moins fortes que celles du haut & du bas. Chaque panneau a deux petits bois d’un pouce & demi fur chaque face, fans traverfes. Le panneau d’en haut efl: feuillé fur les petits bois & fur le Chaflîs pour recevoir des vitres, & une ou déux petites tringles de fer attachées en deflous fervent de traverfes. Les deux panneaux inférieurs n’étant garnis que de papier huilé, n’ont point de traverfes de fer, mais de ruban de fil très-étroit qui em-brafle les petits bois , & qui fert à foutenir le papier qui efl collé defliis comme fur les bois. Les panneaux fupérieurs font alternativement l’un dormant, l’autre comme I, Fig. 4. mobile, pour donner de l’air au befoin. Il efl ferré fur la traverfe fupérieure du Chaflis , feuillé par les bords en deflous, & fermant en recouvrement fur les chambranles du Chaflîs.
- [ Il efl plus avantageux que tous ces panneaux fupérieûrs foient mobiles, & qu’ils foient ferrés fur l’avant-dernière traverfe que fur la dernière, afin qu’ils s’ouvrent de haut en bas,
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- Serre-chaude. 313 & qu'ils procurent aux arbres la jouilTance de l’air & de la lumière perpendiculaires , & de quelques petites pluies douces. ]
- Les deux bouts de l’Efpalier font fermés d’tm mur , qui, efi: fupprimé dans la figure, pour laiffer voir l’inclinaifon de la plate-bande.
- Cet Efpalier efi: échauffé par un Fourneau L, Fig. 2 & 3 , placé à une extrémité vis-à-vis le petit mur de devant. Si l’Efpalier avoit plus de longueur, il faudroit deux Fourneaux; car la fumée , après avoir parcouru 50 pieds de tuyau , conferve très-peu de chaleur , à moins qu’on ne fafle dans le Fourneau un fort grand feu , qui feroit nuifible aux arbres voi-fins. Le Fourneau & 5 ou 6 pieds de tuyau font conftruits en brique , comme ceux des Serres-chaudes ; le furplus du tuyau efi: fait de tuyaux de grais, emboîtés l’un dans l’autre, garnis de glaife ou d’argile corroyée dans les emboîtures ; efi: pofé & s’élève graduellement fur la retraite du petit mur, & efi: retenu par quelques crochets fcellés dans le mur. La bouche du Fourneau efi: ouverte dans un enfoncement ou une embrasure évafée faite en dehors du mur , & repréfentée Fig. 2. & mieux Fig. (T. Cette embrasure efi: exactement fermée par une porte P, Fig. S. dont le bas efi: dou-
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- blé de tôle du côté intérieur, & qui a dans le haut un petit guichet S, garni d’une petite feuille de tôle percée comme une grille de râpe ; ce guichèt eft placé au moins deux pieds plus haut que la bouche du Fourneau. Lorfque le Fourneau eft allumé, on fermé cette porte, dont le guichet donne affez d’air pour entretenir l’a&ion du feu; mais ne le donnant point diredementj il ne rend point cetté aâion inégale, & il ne fait point confommer trop promptement les matières combuftibles. Cette porte me paroît très-bien pratiquée, & pourroit convenir au lieu de hangar ou dé tambour aux Serres qui n’ont point de galerie. Le fourneau étant plus bas que le terrein, on y defcend par plulieurs marches.
- [ Mais on épargneroit cet efcalier, la cons-truôion du Fourneau, & le foin de le couvrir exa&ement lorfque le vitrage eft enlevé, de peur que les pluies ne le dégradent, ère. fi on lui fubftituoit un poêle de fonte comme G, Fig, y, placé en dedans de la Serre, & fervi par dehors, avec une embrasure en dehors & une porte femblables à celles dont je viens de parler. Le tuyau, partie de tôle, partie de terre cuite, feroit porté fur des crochets fcellés dans le petit mur, ou fur fe
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- Serre-chaude. 315 retraite , s’il en avoit une. L’Efpalier de M. de Montmartel , à Brunoy , étoit échauffé par un pareil poêle placé & fervi en dedans du vitrage. Le tuyau, foutenu par des fourchettes fichées dans la plate-bande, s’élevoit affez pour faire bien tirer le poêle & l’empêcher de fumer. On ne peut foutenir.le tuyau que fur des fourchettes ou de petites potences lorfqu’il n’y a point de petit mur, & que les vitrages font pofés fur une plate-forme peu élevée au deffus du fol, comme Fig, /. ]
- La chaleur qui convient à ces arbres, doit être analogue à celle qui leur fuffit dans l’air libre pour faire fucceflivement toutes leurs pro durions ; feulement elle eft anticipée de quelques mois ; par exemple en février , égale à celle qu’ils éprouveroient en avril ; en mai, égale à celle qu’ils éprouveroient en juillet, &c. Mais ce n’eft pas feulement par cette anticipation de chaleur que ces arbres prennent de l’avance; c’eft bien plus par fa continuité. L’inégalité & l’inconftance de la température de notre climat, qui varie très-fréquemment & très-fubitement jusque vers la fin du prin-tems , du chaud au froid, du fec à l’humidité , troublent, fuspendent, arrêtent la végétation de nos arbres , ruinent quelquefois les fleurs
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- 316 Serre-chaude. avant quelles foient éclofes , ou font avorter les embryons dans les fleurs épanouies , ou même jusqu’à la mi-mai malgré la protedion des feuilles, détruifent les fruits déjà gros. Les arbres fous les vitrages, n’éprouvant point ces alternatives, profitent conftamment, & leurs progrès fe font fans interruption & fans danger. Ce n’efl: donc pas d’une grande chaleur que dépend leur fuccès ; c’elt d’une chaleur foutenue, & graduée fur leurs progrès. Car fi on leur donnoit d’abord le dégré de chaleur qui ne leur convient que lorfque leurs fruits font bien noués, on les fatigueroit par un travail outré & trop prefle : ou li, lorfque leurs fruits ont acquis toute leur grofîeur, on ne leur donnoit que le dégré néceflaire pour faire ouvrir leurs fleurs, ces fruits ne pour-roient acquérir ni maturité, ni qualité. Mais fi la chaleur efl: néceflaire pour les avancer, l’air ne l’efl: pas moins pour entretenir leur vigueur ; & il faut leur en donner en ouvrant les Chaflis, ou du moins les portes, toutes les fois qu’il n’efl: pas trop froid.
- Quelques dégrés au deffiis de O pendant la nuit , & 5 ou 6 dégrés pendant le jour de plus que pendant la nuit, mettront bientôt la feve en mouvement ; les yeux fe développe-
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- Serre-chaude. 317 ront & les fleurs paraîtront. Pendant la flô-raifon, il faut donner autant d’air que la température pourra le permettre ; car, comme il a été déjà obfervé , les fleurs dans un air renfermé , ftagnant, & inerte, nouent rarement & difficilement. Aufli les arbres qu’on force dès le commencement ou même la fin de janvier, donnent ordinairement peu de fruit, parce que dans le tems qu’ils font en fleur, l’air extérieur efl: rarement aflez doux pour qu’on puifle fans danger l’introduire fous les virra-ges. Lorfque le fruit commence à groffir, il faut faire monter la chaleur à 10 dégrés pendant la nuit, & à 14 ou 15 pendant le jour. Étant enfin parvenu à fa grofîeur ,15 dégrés pendant la nuit, & au moins 2Ô pendant le jour , font néceflaires pour le faire mûrir. Depuis que les fruits ont acquis la moitié de leur grofleur , jusqu’à leur maturité, s’il fait quelques pluies douces par un vent de fud ou d’ouefl:, il fera très-avantageux pour les arbres & pour les fruits de les leur procurer, en ouvrant tous les panneaux fupérieurs.
- Après la récolte des fruits on enlève les Chaffis , & on les met à couvert des injures du tems. Si la plate-bande efl: garnie de Frai-fiers , on retranche tous les filets qu’ils ont
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- 318 Serre -chaude. produit ; on donne un petit labour par un tems pluvieux ; on continue à les éfiler pendant l’été. Vers la mi-juillet, on commence à leur donner des arrofements affez fréquents, pour jes faire fleurir & produire une fécondé récolte en feptembre ; après laquelle on les détruit.
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- ARBRES, ARBRISSEAUX,
- ET PLANTES
- DE SERRE-CHAUDE.
- ACACIA DE FARNÈSE.
- Cet ACACIA, Caflie , Mimofa Farnejiana, eft un grand Arbriffeau ou petit Arbre dont les feuilles font bipinnées , c’eft-à-dire , com-pofées de plufieurs feuilles ailées , attachées de chaque côté d’un pétiole commun. Pendant l’été, il produit des épis globuleux, fessiles, de fleurs d’une odeur agréable, & d’un jaune clair, compofées comme celles des autres Mimofa Acacia, fort petites, & fuivies de sili-ques brimes , cylindriques , résineufes.
- On en tire les graines , ou du Plant d’Italie , d’Efpagne , de Portugal, ou de la Jamaïque.
- Je ne parle point de I’Acacia d’Egypte qui produit la gomme arabique , ni de plufieurs autres Acacias des contrées chaudes de l’Amé-
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- 320 Serre-chaude. rique, & j’omettrai beaucoup d’arbrifleaux & de plantes de Serre - chaude, qui exigeroient de vafles Serres de divers dégrés de chaleur: je me bornerai à un petit nombre qui peut fubsifler dans une Serre de médiocre étendue, convenable à des Amateurs d’une fortune bornée. Je décrirai quelques autres Mimofa à l’article Smjitive.
- ACAJOU.
- L’Acajou , ou le Pommier d’Acajou, Ana.-cardïum occidentale., Lin. devient dans fa patrie ( les deux Indes ) un arbre de groffeur & de hauteur médiocres, rameux & tortueux. Ses feuilles font larges. Ses fleurs font odorantes , composées d’un calice monophylle à 5 diviflons aiguës ; d’un pétale en tube court découpé par le bord en 5 fegments réfléchis ; de 10 étamines; & d’un piftil, dont l’embryon devient un gros fruit charnu, un peu pyriforme, portant extérieurement dans l’enfoncement de fon œil, ou ombilic, une Noix réniforme dont il eft comme le réceptacle. On fçait que l’Amande des Noix d’Acajou efl: blanche, bonne à manger, d’un goût d’aveline ; que le diploé
- fpongieux
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- Â C A I O U. 31I
- fpongieux renfermé entre les deux tables li-gneufes de fon noyau, eft remplie d’un fuc laiteux & cauftique qui teint la toile en couleur de rouille prefque ineffaçable ; & que quelques Teinturiers employent ce jus dans les teintures noires.
- Les Noix d’Acajou récemment arrivées chez les Droguiftes, étant femées chacune en un petit pot rempli de bonne terre légère & plongé dans la tannée, lèvent en peu de tems, pourvu qu elles foient tenues féchement. Lorsque le Plant a befoin d’un plus grand pot, on le tranfplante en motte bien entière avec grande attention de n’endommager, ni même de mettre les racines à nud. Très-peu d’eau en été, moins encore en hy ver ; la tannée en toutes faifons ; c’eft le régime convenable à cet arbre, qui à peine acquérera la hauteur d’un petit arbriffeau dans nos Serres, n’y produira jamais de fruit, & y donnera très-rarement des Heurs.
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- ADANSON1 A.
- L’Adansonia , Baobab , Pain-de-Singe , eft un grand arbre du Sénégal & d’Egypte, qui prend peu de croifîance dans la Serre, & qui n’y produit ni fleurs ni femences. Il peut feulement y faire variété par fa grofle tige , & par fes feuilles lancéolées, Amples dans le bas des branches, trilobées, ou palmées dans le haut ; toutes caduques. On le multiplie par femences envoyées d’Afrique. Suivant la description qu’en a fait M. Adanson , il devient d’une grofleur prodigieufe.
- ADENANTHE R A.
- L’Adenanthera eft un arbre des Indes, qui fait variété dans la Serre par fes belles feuilles, d’un vert brillant, recompofées de plufieurs branches ou ramifications égales, garnies de folioles ovales difpofées dans un ordre alterne : elles font persiflantes. Il fe perpétue par femences.
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- ÆsCHYNO MÈNE. 323
- ÆSCHYNOMENE.
- Il y a plufieurs variétés de cette Plante; les unes grandes, les autres de grandeur médiocre ; les unes annuelles, qu’il faut femer de bonne heure & avancer, pour quelles fleu-riflent en juin ou juillet, & qu’elles donnent leurs femences en o&obre; les autres vivaces, qui ne produifent des fleurs & des femences que la fécondé année. Leurs feuilles font com-pofées de plufieurs lobes raflemblés par touffe, ou alternes, ou par paires oppofées, &c. fui-vant la variété. Toutes donnent des fleurs papillonnacées, plus ou moins grandes, d’un jaune plus ou moins foncé, folitaires, ou binées , ou ternées, fuivant la variété, fuivies de siliques plates, articulées, renfermant dans chaque nœud une femence réniforme. Les vivaces font fort tendres, & difficiles à con-ferver pendant l’hyver, fur-tout celle à grandes fleurs que quelques-uns nomment la gloire des Acacias.
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- CSS^r-rT-STTr.:. - ;-.r.T:rs”.:v::. 1.,. sat
- A L B U Ç) U E,
- i.L’Alêuque , ou Fleur étoilée, Albuca major, Lin. eft une Plante bulbeufe d’Amérique , qui pouffe une douzaine de feuilles radicales, longues , lancéolées , & de leur centre une tige haute de 12 à 15 pouces , terminée par un thyrfe de fleurs d’un jaune tirant fur le vert, pendantes à de longs pédicules , & compofées de fix pétales persiflants, ovales, dont les trois extérieurs s’ouvrent & fe dilatent, les autres demeurent fermés ; de lix étamines ; & d’un piflil, dont l’embryon devient une capfule triangulaire & triloculaire renfermant de petites femences.
- 2. L’AlbüQUE du Cap, Albuca minor, Lin. pouffe des feuilles étroites & fubulées , en petit nombre , & une tige haute de 7 ou 8 pouces , terminée par une ombelle de 5 ou 6 fleurs. Elle fleurit deux fois, au printems & en été.
- L’une & l’autre fe multiplie par les femences 8c par les caïeux peu nombreux ; réuflït mieux
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- Alléluia du Cap. m en pleine terre à une bonne expofition, bien couverte pendant l’hyver > que dans des pots placés dans la Serre, où cependant il eft prudent d’en mettre quelques pieds.
- ALLELUIA DU CAP.
- La racine de cette Plante, Oxalis purpurea., eft bulbeufe. Ses feuilles font composées de trois lobes arrondis , larges , velus, portées par de longues & foibles queues attachées à une grofle & courte tige radicale. De l’aiflelle des feuilles, il fort des pédicules qui portent chacun une grande fleur de couleur pourpre en janvier ou février, compofée d’un calice persiflant, court, à 5 divifions aigues ; d’un pétale divifé profondément en cinq parties obtufes ; de 10 étamines ; & d’un piflil dont l’embryon furmonté de 5 ftyles devient une capfule à 5 angles & à 5 loges contenant des femences rondes.
- Il y a deux autres Alléluia du Cap; l’un élève à 6 pouces des tiges rameufes. Ses feuilles , pour la plupart verticillées , font formées de 3 petits lobes arrondis & cordi-
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- 316 Serre-chaude. formes. Ses fleurs font folitaires , blanches ; lavées de pourpre. On le nomme petit Alléluia du Cap 9 Oxalis incarnata. L’autre , Oxalis pes-caprœ, a une tige fort courte de laquelle fortent quelques feuilles (5 ou 6 ) à 3 lobes divifés très - profondément, & des pédicules longs de 5 à 6 pouces portant chacun une ombelle de grandes fleurs jaunes.
- Ces Plantes fe multiplient par leurs racines bulbeufes féparées pendant le tems de leur repos. Comme elles aiment l’air, elles fe plai-fent mieux pendant l’hyver fous un Chaflis où l’on peut leur en donner toutes les fois qu’il eft doux, que dans une Serre.
- A L O È S.
- I.L’AloÈS fuccotrin, Aloï vera , efl: une Plante vivace, ainfl que tous les autres Aloës, dont les feuilles radicales ou inférieures, très-longues , très - étroites, fucculentes, armées d’épines fur leurs bords, comparées à celles de l’Ananas, s’étendent autour du pied , duquel il s’élève une tige haute de 3 ou 4 pieds, qui à fon extrémité fe divife en 3 ou 4 group-
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- pes ou têtes de feuilles fans ordre, réfléchies ou rapprochées les unes des autres. Ses fleurs portées par des pédicules aflez longs & attachés fur un fort long pédicule ( ou tige ) commun , font rouges , tachetées de vert, dispofées en épi, & compofées, comme celles des autres Aloès, d’un pétale tubulé, découpé par le bord en 6 échancrures ; de 6 étamines; & d’un piftil dont l’embryon furmonté d’un flyle devient une capfule ovale, triloculaire , contenant des femences anguleufes. C’efl des feuilles coupées.ou rompues de cet Aloès, qu’on retire le fuc gommo - réfineux connu fous le nom d' Aloès fuccotrin.
- 2. L’AloÈS mitré, Alo'è mitriformis , élève à 5 ou 6 pieds une tige droite, embraflee par des feuilles larges à. leur bafe, fe rétréciflant régulièrement jufqu’à leur pointe, garnies d’épines fur leurs bords & leur face fupérieure, droites, vers l’extré'mité de la tige fe rapprochant, & formant comme une mitre. Ses fleurs dispofées en corymbe cylindrique comme fus-pendues par de longs pédicules à un pédicule commun, inclinées ou réfléchies en bas, font découpées très-profondément en 6 fegments égaux ; leur tube efl: d’un beau rouge , leur bord efl d’un verd très-clair.
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- 328 S E R R E-C H A U D E.
- 3. L’AtOÈS en arbrifleau , Alo'è arbore/cens, forme une tige haute de 9 ou 10 pieds, fortement embraflee à fon extrémité par des feuilles réfléchies, larges de 2 pouces à leur bafe* diminuant graduellement de largeur jufqu’à leur pointe , dentelées par les bords, & garnies à chaque dent d’une épine courbée & forte. Ses fleurs disposées en épi pyramidal, font longues , & d’un beau rouge.
- 4. L’ÀLOÈS commun , Alo'è Barbaden/is, Aloè yera de Linnæus, poufle des feuilles larges de 4 pouces à leur bafe, terminées régulièrement en pointe, fort épaifles, armées de quelques épines. Ses fleurs en épi clair font d’un beau jaune, réfléchies en bas, portées par de courts pédicules. Celui-ci donne l’Aloès hépatique des Droguiftes.
- Comme les Aloès ne font ni de belles Plantes ni fort intéreflantes , je n’ajouterai point à ces quatre variétés & à celles que j’ai placées dans l’Orangerie, quatorze ou quinze autres qui font connues. Ils fe multiplient par les drageons ou œilletons qui naiflent du pied. En juin ou juillet on détache ces œilletons; ©n les met à l’ombre dans un lieu fec pendant
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- À L o è s. 329
- huit ou dix jours, afin que la plaie fe féche ; enfuite on les plante dans de petits pots remplis d’une terre légère & fablonneufe, mêlée, fi l’on veut, de vieux platras ou de vieux mortiers pulvérifés ; on mouille un peu, pour plomber la terre ; on les place dans une couche , les défendant du foleil pendant quelque temps.
- 5. Grand Aloès Pitt, Bois - chandelle , Agave fœtida. Je joins les Agave aux Aloès, comme j’ai fait dans la Se&ion précédente. Celui-ci a les feuilles à-peu-près de même grandeur & de même consiftance que celles du grand Aloès, mais fétides & fans aucune dentelure ni épine. Sa hampe, haute de 15 à 16 pieds , efl garnie de branches diffuses & rameufes qui forment une pyramide de 6 à 7 pieds de largeur à fa bafe, & qui fe couvrent d’un grand nombre de fleurs verdâtres, dont l’ovaire, au lieu de donner des graines , produit de jeunes Plantes, qui étant plantées fur la furface de la terre des pots, s’y enracinent, & multiplient les individus de la Plante, qui périt après cette produ&ion, fans pouffer aucuns drageons du pied.
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- 6. AloÈS vivipare, Agave vivipara. Les feuilles de celui-ci ont à peine la moitié de la longueur de celles du précédent ; elles font légèrement dentelées par les bords, réfléchies, & garnies d’épines molles à leur extrémité. Sa tige eft rameufe vers fon extrémité ; & fes branches diffuses fe chargent de fleurs femblables à celles du précédent, & fuivies pareillement de jeune Plant , par lequel on propage la Plante, qui ne donne jamais d’œilletons.
- Ces Aloès veulent conftamment la Serre-chaude ; peu d’eau pendant l’hyver ; beaucoup d’air pendant l’été ; être changés de pot ou caiffe & de terre tous les ans.
- BiiaJi1,:’- ; —.1 , „ =a
- ANANAS.
- L’ANANAS , Bromelia Ananas , Lin. Plante vivace la plus intéreffante de toutes celles qui fe cultivent dans nos Serres, pouffe un grand nombre de feuilles radicales, ensiformes , ca-naliculées, plus ou moins ( fuivant l’efpèce ) finement dentelées , excédant ordinairement 2 pieds de longueur, difpofées circulairement,
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- Ananas. 331
- fessiles, & s’embradant en partie par leur ba-fe. Du centre de ces feuilles, il fort une tige cylindrique de 9 ou 10 lignes de diamètre, haute d’environ 2 pieds , garnie de quelques feuilles beaucoup moindres que les feuilles radicales, & terminée par une rofette de feuilles très-courtes , ordinairement colorées, qui enveloppent un épi couronné de feuilles fur lequel il s’ouvre des fleurs compofées d’un calice à 3 feuilles ; de 3 pétales ; de 6 étamines portées fur un embryon qui ordinairement avorte dans nos Serres. Lorfque ces fleurs , qui ont peu d’apparence , font paffées, leur réceptacle commun grofîit, & devient un fruit plus ou moins conique , plus ou moins jaune tant en dehors qu’en dedans, d’une odeur & d’une faveur très-agréables, & furmonté d’un bouquet de feuilles qu’on nomme Couronne, dispofées comme les feuilles radicales, & fai-fant de même une gaine ouverte autour d’une petite tige.
- On didingue plulieurs variétés de cette Plante. i°. L’Ananas commun, dont le fruit ed de forme ovale , dont la chair ed blanchâtre , & dont les feuilles font très-garnies de dents aigues femblables à de petites épi-
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- 332 Serre-chaude. nés. 1°. L’Ananas Pain-de -lucre, dont les feuilles /ont auffî bordées de petites dents ou épines, avec la nervure rouge fur le dedans , & dont la peau du fruit eft d’un jaune très-pâle, & la chair d’un beau jaune. 30. L’Ananas pyramidal, dont le fruit eft à l’extérieur de couleur d’olive, & la chair d’un jaune-doré. 40. L’A N A N A s Pitte , dont les feuilles font d’un vert brillant, & prefque fans épines. 50. L’Ananas vert, dont les feuilles font bordées d’épines, & dont le fruit eft de forme pyramidale, & de couleur verte tirant fur le jaune. 6°. Le gros Ananas blanc , diftingué des autres par fon volume, & plus encore par fon parfum. 70. L’Ananas Pomme-de -Reinette, dans lequel dominent le goût & l’odeur de cette Pomme. La faveur & le parfum de tous les Ananas participent de ceux de plufieurs de nos fruits enfemble, du Melon, du Coing , de la Pêche, de la Fraife, de la Pomme, de l’Abricot , &c. & la bonté de l’Ananas consifte dans le mélange bien combiné de la faveur de plufiéurs de ces fruits.
- L’Ananas fe propage par les couronnes du fruit éclatées lorfqu’on le mange ; & par les oeilletons détachés du pied des Plantes. Après en avoir retranché les feuilles inférieures, afin
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- À N A N A S. 333
- que la partie de la petite tige qui fera enterrée foit nue, on les pofe fur une planche à l’ombre dans la Serre ou fous un Chaffis, jufqu’à ce que leurs plaies foient féchées ; ce qui exige plus ou moins de tems, fuivant la faifon, dix ou douze jours en été, trois fé-maines ou un mois en hyver. 11 vaut mieux les laiffer quelques jours de plus que quelques jours de moins. Les Couronnes ne tirant plus de fève depuis que le fruit a acquis fa maturité y cicatrifent leurs plaies en moins de tems que les œilletons, qui, jufqu’à ce qu’on les détache, tirent du pied de la Plante une nourriture abondante, & font remplis de feve.
- Si vous détachez les œilletons de l’Ananas trop foibles , ces enfants trop tôt févrés ne fe fortifieront que lentement , & ne donneront du fruit qu’un an après les Couronnes. Mais li vous ne les éclatez que lorfqu’ils font forts, bien garnis de feuilles, longs de 5 ou 6 pouces, ils feront émules des Couronnes. Le tems de la maturité du fruit n’efl: pas une époque déterminée pour œilletonner. Si les œilletons font affez forts avant que le fruit foit mûr, vous pouvez les détacher, fans craindre de faire tort au fruit. Si au tems de fa maturité ils font trop foibles , différez de
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- 334 Serre- chaude. les féparer ; & après la récolte du fruit tirez le pot de la couche , retranchez les feuilles inférieures de la Plante, & coupez toutes les autres à 3 ou 4 pouces , fans ébranler les œilletons, & en rien retrancher ; fubftituez de nouvelle terre à celle de la fuperficie du pot; replongez le pot dans une couche chaude, & donnez alfez fréquemment de légères mouillures. Les œilletons fe fortifieront en peu de tems , & fe multiplieront autour du pied. Si quelques-uns des œilletons ne peuvent être plantés aflfez tôt pour s’enraciner & fe fortifier avant l’hyver, on peut, faute de place dans la tannée, retirer les pots, les ranger dans un endroit fec de la Serre , & remettre l’œilletonnement au printems.
- Le Jardinier qui cultive un terrein doux & gras , qui n’eft ni compare ni trop léger, peut employer la terre de fon potager pour les Ananas ; ils y réuffiront bien. Mais fi fa terre ell forte & humide, il doit y mêler une quantité de fable fufiisante pour la divifer, l'ameublir, & la rendre perméable à l’eau ; & comme le fable l’amaigrit, il y ajoutera du fumier de cheval très - confommé, ou du terreau de couche faite de fumier & de feuilles d’arbres. Si a,u contraire elle eft fablon-
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- Ananas. 33$
- neufe & trop légère, il y mêlera de la terre forte, & du fumier pourri de vache, pour lui donner du corps & de la fubftance. Le terrein de la plupart des Jardins de Paris ayant par lui-même peu de qualité, les habiles Cultivateurs de l’Ananas compofent une terre de quatre tombereaux de leur terrein, deux tombereaux de terre franche, un tombereau de bonne terre fablonneufe, deux tombereaux de terreau de couches, & deux tombereaux de vieux fumier de vaches ; & s’ils jugent par la qualité de leur terrein qu’il réfultera de ce mélange une terre un peu trop forte, ils y ajoutent deux tombereaux de terreau de feuilles d’arbres. Chacun pourra la compofer comme il jugera à propos des ingrédients convenables pour la rendre graffe, fubftan-cieufe , fertile, & lui donner une consiftance qui tienne le milieu entre la terre forte & la terre légère, qualités qui réfultent d’un mélange combiné & bien proportionné de terre forte ou argileufe , de terre légère ou fa-bleufe, & d’engrais.
- Mais de quelque façon que l’on compofe les terres, elles doivent être préparées plu-fieurs années avant d’être employées ; & on peut en compofer pour un grand nombre
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- d’années ; car plus elles font vieilles, meilleures elles font. On entaffe par lits les di-verfes matières ; environ trois mois après, on remue toute la maffe, & on la paffe à la claie , afin de bien mêler les matières. On répété la même opération de trois mois en trois mois pendant la première année , & de fix en fix mois pendant la fécondé. On en forme un tas en un lieu à l’ombre ou au fo-îeil, il n’importe; & on le couvre de dépouilles & de farçlures du Jardin ( pourvû quelles ne foient pas en graine ), qui empêcheront qu’il n’y naiffe des Plantes qui l’éfriteroient ; & en fe pourriffant & fe confommant, elles y ajouteront de nouveaux fels. Tous , les ans en automne ou en hyver, on transporte fous un hangard, ou dans un lieu couvert, la quantité de cette terre dont on prévoit avoir be-foin pour les rempotages de l’hyver & du printems , afin qu’elle ne foit pas trop humide lorfqu’on l’employera. Toutes les fois qu’on en fait ufage , il faut la pafler à la groffe claie, feulement pour en rompre les mottes.
- L’Ananas ne fe plante point dans toute forte de pots indiftinftement. La forme & la capacité des pots propres pour cette Plante, font
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- Ananas. %yf
- déterminées fuivant fa force. Les Couronnes 6c les œilletons fe plantent dans de petits pots de 5 à 6 pouces de diamètre ; ils paffent enfuite dans des pots moyens qui ont un pouce ou un pouce & demi de plus de diamètre; & enfin ils feront transplantés dans de grands pots de 8 à 9 pouces d’ouverture. La profondeur des pots doit être égale à leur diamètre ; & la largeur du fond égale à leur ouverture , ou très-peu moindre , & feulement pour rendre le dépotage plus facile. Ces pots doivent être percés d’un grand nombre de trous ( ceux qui fe fabriquent à Paris ont cinq trous dans le fond , & quatre fentes fur les côtés ) pour faciliter l’écoulement de l’eau des arrofements, & l’entrée de la chaleur & des vapeurs humides de la couche. La grandeur des pots proportionnée à celle de la Plante n'eft pas le point le moins important de la culture de l’Ananas. De trop petits pots, & de trop grands font également ( les grands peut-être plus ) nuisibles au progrès de cette Plante, & de la plupart de celles des mêmes climats. Car l’air chaud d’une Serre peut bien fuffire pour leur conferver la vie ; mais pour quelles profitent , & qu’elles donnent leurs produ&ions utiles, ou agréables, des fruits,
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- 338 Serre-chaude; ou des fleurs, il faut ( je fai déjà obfervé) que leurs racines trouvent dans la terre où elles font plantées, un dégré de chaleur à-peu-près égal à celui quelles trouveroient dans leur fol natal, & qui doit beaucoup excéder celui de la chaleur de fair qui leur convient. Or moins la motte de terre dont les pots font remplis eft groffe, plus la chaleur de la couche la pénétre facilement ; & les parois des pots , matière folide & compare, contrariant plus de chaleur que la terre meuble & légère qu’ils contiennent, les racines dés Plantés fentent d’autant plus de chaleur qu elles en font moins éloignées.
- I. Les Couronnes & les œilletons étant habillés, & leurs plaies féchées , comme il a été dit, il faut remplir de terre à Ananas dé petits pots ( quelques Cultivateurs ne les rem-pliffent que de terre franche mêlée avec un peu de fable fin ; ) les plonger dans une couche chaiide , & les y laifler quelques jours pour que la terre s’échauffe ; alors planter chaque bouture dans le milieu de chaque pot à un pouce ou un pouce & demi de profondeur ; preffer & bien appliquer la terre c tre la partie enterrée ; placer ces pots dans
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- Ananas.
- la tannée de la Serre-chaude , ou dans celle d’un Chaffis à Ananas ; fept ou huit jours après, verfer fur chaque pot environ un verre d’eau ; couvrir d’une toile la partie du vitrage fous laquelle ce jeune Plant eft placé, pour le défendre du foleil jufqua ce que fa végétation montre qu’il eft enraciné ; depuis Ce tems, lui donner de l’air tous les jours , & le mouiller en pluie légère deux ou trois fois par femaine, fuivant fon befoin & la température de la faifon.
- Comme les fruits de l’Ananas mûriffent fuc-ceffivement depuis la fin de juin jufqu’à la fin de feptembre, quelques-uns plus tôt, & quelques autres plus tard, on ne peut avoir les Couronnes que fucceflivement : de même, les œilletons n’acquièrent pas tous en même tems la force convenable pour être détachés du pied des Plantes. Ainfi les uns & les autres fe plantent en divers tems & en diverfes faifons. Cependant, comme ils fe confervent long-tems fans altération en lieu fec & à l’ombre , on peut n’en faire que deux ou trois plantations principales , afin de ne pas multiplier les foins divers qu’exigeroit un plant trop différent d’âge.
- [ Si dans le tems des premières plantations
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- 340 Serre-chaude. il n’y avoit point de place dans la Serre*3 chaude , ni fous le Chalïïs à Ananas, on pour-roit mettre ces boutures fous un Chàflîs à Melons, qui leur procurera pendant le relie de l’été une chaleur fulîisante , & qui les pré-fervera de la fraîcheur des nuits. Mais à la mi-août il faut faire une couche de deux pieds de fumier bien dreiî j, bien marché, & mêlé de feuilles d’arbres féches, ou de quelques-unes des matières qui ont été indiquées ailleurs , & recouvert d’un pied de tan. Lorsqu’elle aura jetté fon feu oc quelle aura le dégré de chaleur convenable , on y placera fous un Chalïïs les jeunes élèves plantés jusqu’alors & tenus fous le Chalïïs à Melons , & ceux qu’on pourra continuer de planter jfufqu’à la mi-oâobre. En foutenant la chaleur de cette couche par le remaniement, & s’il eft nécelfaire par une addition de tan , ils y pourront demeurer jufqu’aux tbrtes gelées. Il fuffiroit même de faire une couche de > bon fumier préparé quinze jours d’avance, l’étendant fur la terre en lit épais de 18 à 20 pouces , le remuant plulieurs fois , le mouillant un peu, & y mêlant à-peu-près moitié de feuilles d’arbres féches, ou d’autres matières propres à en abforber l’humidité fuperflue, &
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- Ananas. 541
- «3e la couvrir de terreau de couches, ou de terre meuble. Le jeune Plant ne fouffrira point dans cette couche jufqu’au commencement do&obre, & même au-delà en y faifant quelques rechauds. On aura attention de donner affez de hauteur & d’inclinaifon à la couche, pour que les feuilles de toutes ces jeunes Plantes foient prefque contiguës aux vitrages. Lorfque la faifon deviendra froide, on jettera des paillaffons fur les panneaux vitrés pendant les nuits ; on bornera les Chafïîs avec de la paille ; on foutiendra la chaleur de la couche ; on mouillera plus rarement, non en criblant, mais en verfant l’eau fur les pots ; on donnera de l’air tous les jours qu’il fera fupportable ; en un mot, on donnera tous les foins néceffaires au jeune Plant pour le fortifier & le difpofer à bien paffer l’hyver. ] Au commencement d’oûobre , ou un peu plus tard, fi la température de la faifon & la chaleur des vieilles couches permettent de différer, on renouvelle les tannées tant des Serres que des Chafïïs à Ananas ; & on y arrange les plantes exotiques, comme nous l’avons dit ailleurs , & les Ananas prêts à donner du fruit, comme nous le dirons dans la fuite. Mais, les jeunes Ananas doivent être
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- 34* Serre-chaude. placés en un endroit où ils foient moins échauffés que préfervés du froid ; 13 ou 14 dégrés au deffus de o leur fuffîsent : de 16 à 18 , qui font néceffaires à l’Ananas du troi-fième âge , les feroient marquer & produire des fruits avortés. Et comme leur végétation eft prefque nulle pendant l’hyver , il ne faut leur donner d’eau que pour les préferver de la féchereffe, hume&ant plutôt que mouillant & trempant la terre ,. fur laquelle on verfe une ou deux fois par femaine un peu d’eau, évitant bien d’en laiffer couler dans le cœur & même fur les feuilles des Plantes. Au moyen d’un petit tuyau adapté au goulot de l’arro-foir, on porte l’eau fur les pots les plus éloignés.
- Nota. Le plein air , les pluies, les rofées, la chaleur de l’air & de la terre dont l’Ananas jouit dans fon climat, rendent fa végétation affez prompte & forte pour qu’il donne de beau fruit en quinze mois, quelquefois plus tôt. Dans notre climat, il eft privé des rofées du ciel ; il ne reçoit de l’eau que de l’arrofoir ; il eft environné d’un très-petit volume d’air quelquefois fans reffort, le plus fouvent fiagnant & fans mouvement, prefque toujours chargé de vapeurs humides & gros-
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- Ananas. 34$
- fières ; & fa végétation n’eft le plus ordinairement excitée & foutenue que par une chaleur artificielle : de forte que fes progrès font foibles & lents, & qu’à peine en trois ans il efl capable de porter de beau fruit. Son régime doit être fuivi avec intelligence, & rélatif à fon âge & à la faifon. Trop d’air retarde fes progrès , trop peu le rend foible & étiolé'; trop d’eau fait pourrir fes racines & fon talon , trop peu l’empêche de profiter ; dans fhyver très-peu d’eau verfée fur la terre, dans l’été plus d’eau criblée fur la plante ; au jeune Ananas une chaleur modérée, à celui qui porte du fruit plus de chaleur, plus d’air, & plus d’eau. Les Ananas de divers âges doivent donc être placés féparément, & traités différemment.
- Le Plant des deux premiers âges n’a pas be-foin d’être placé dans la tannée de la Serre pendant l’hyver. Sa végétation étant foible, & ne devant pas être excitée dans cette faifon où on ne peut lui donner de l’air que peu & rarement, il fuffit de l’arranger dans un endroit où il trouve la chaleur qui lui convient. Seulement les pieds plantés ou rempotés tard doivent être tenus dans une tannée de chaleur modérée , jusqu’à ce qu’ils ayent pouffé des racines. Les Cultivateurs d’un grand nom?
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- bre d’Ananas conftruifent de petites Serres dé 12 à 18 pieds de longueur, de 7 ou 8 de largeur , & d’autant de hauteur, dont le vitrage n’eft point brifé , mais un peu incliné. Ils y arrangent leurs élèves fur des tablettes. Les uns n’y font point de tannée , d’autres en font une dans laquelle ils placent les Plantes du Cap qui fleuriffent en l’hyver, & d’autres dont ils veulent forcer & avancer les fleurs. Elle fournit ordinairement affez de chaleur jufqu’aux tems rigoureux. Par le moyen d’un petit fourneau, d’un tuyau de fumée, & d’un tuyau d’air, on les échauffe facilement &’peu difpendieufement. Ayant attention de ne jamais élever la chaleur au deffus de 15 dégrés , le jeune plant y paffe très-bien l’hyver.
- Entre le 15 février & le premier mars, il faut faire dans un Chaflis, ou dans la Serre, une couche compofée de deux pieds d’épais-feur de fumier préparé, & d’un pied & demi de tan ( on peut employer tout tan neuf, ou mêler un tiers de vieux tan avec deux tiers de neuf ; ) lui laiffer jetter fon feu& lorsque le thermomètre enfoncé dans le tan à 10 ou 12 pouces de profondeur, ne montera plus au deffus de 30 dégrés, y placer le jeune
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- À N À N A S, 34J
- Plant. Si la température paroiffoit peu disposée à s’adoucir, & qu’on ne pût pas efpérer de pouvoir donner fréquemment de l’air au Chalîis, il faudroit d’abord pofer les pots fur le tan , ou les y enfoncer très-peu, & attendre pour les y plonger entièrement que la chaleur de la couche foit modérée# Car li les racines des jeunes Ananas étoient dans une terre fort échauffée, & fi la chaleur de l’air du Chafîïs étoit prefque conftamment au deffus de 15 dégrés , il pourroit paroître des fruits chétifs, & le jeune Plant feroit perdu.
- Depuis mars jufqu’en juin, on donne de l’air auffi fouvent & auffi long-tems que la chaleur de l’air & de la couche le permet. Depuis juin jufqu’à la fin d’août, on peut en donner prefque tous les jours depuis dix heures du matin jufqu’à quatre heures du foir,
- 6 même plus long-tems dans les jours fort chauds.
- Jufqu’au mois de juin , on couvre le vitrage de paillaffons pendant la nuit, & même au-delà de ce terme dans les printems perfé-véramment froids , comme celui de cette année 1787, dans lequel une gelée à glace le
- 7 juin a fait périr beaucoup de fruits & de légumes y & on étend deffus un cannevas tous
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- 34<S Serre-chaude. les jours où le foleil eft vif & ardent, fur-tout dans les tems orageux , pour rompre fes rayons & parer leurs coups dangereux.
- Jufqu’au mois d’avril, ou un peu plus tard fuivant la température du printems, on mouille avec l’arrofoir à goulot. Depuis le mois d’avril jufqu’à la mi-feptembre, on crible l’eau fur les Plantes tous les quatre ou cinq jours, plus ou moins fréquemment fuivant leur be-foin, mais toujours légèrement. Ces arrofe-ments en pluie lavent, raffraîchiftent les feuilles , égayent les Plantes, dérangent & même font périr les infeôes. Mais en criblant l’eau, il en faut laifler tomber le moins qu’il eft possible fur la couche , de peur de rendre fa chaleur trop humide & pourriflante ; & fi la chaleur de la couche diminuoit trop , il fau-droit la ranimer, en remuant, ou remaniant le tan, ou même en ajoutant & en mêlant de neuf.
- II. Les jeunes élèves cultivés comme il vient d’être expliqué, & conduits avec intelligence, profiteront , & la plupart pourront dans le courant de l’été demander des pots de la fécondé grandeur ; les foibles demeureront dans leurs petits pots, & ne fortiront de leur clafle
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- que lorfqu’ils auront acquis affez de force. Car les tranfplantations de l’Ananas ne font dépendantes ni de la faifon de l’année, ni de l’âge de la Plante ; mais uniquement de fa force , à laquelle le pot doit être proportionné & convenable, pour les raifons expofées ci-devant : de forte que de plufieurs pieds d’Ananas plantés en même tems, les uns qui auront fait de grands progrès , pourront être changés de pot avant un an ; les autres qui auront végété lentement & foiblement , ne devront être transplantés qu’à 18 mois , ou peut-être encore plus tard ; les uns pendant l’été , les autres en d’autres faifons.
- Après donc avoir reconnu les pieds qui font en état d’être rempotés, on les déplante ; on retranche toutes les feuilles mortes, ou moiiies ; on les nettoye d’ordures & d’infe&es ; on fupprime toutes les racines ; on met ce plant ainli habillé dans un lieu fec & chaud, à l’ombre , & on l’y laiffe pendant fept ou huit jours, afin que les petites plaies occa-fionnées par les retranchements des racines puiffent fe fécher & fe reffuyer ( on y laifle plus long-tems les pieds dont on a été obligé de tailler jufqu’au vif le talon pourri, moifi, ou mal-fain. ) Pendant ce tems on remplit
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- de terre compofée le nombre néceffaire de pots de la fécondé grandeur ; on les plonge ( fiu>tout fi la tranfplantation fe fait en une autre faifon que l’été ) dans une couche pendant quelques jours , afin que la terre s’échauffe. Enfuite on y plante les Ananas, appliquant bien la terre contre le talon ; & fi elle efl: féche , on y verfe allez d’eau pour l’humecter. On replace les pots dans la couche ; on donne un peu d’air tous le» jours qu’il n’efi: pas trop froid ; on mouille légèrement au befom; on couvre le vitrage pendant la nuit dans les faifons marquées ci-devant; & on y étend une toile pendant le grand fo-leil jufqua ce que les Plantes foient reprifes, ( environ un mois ) de peur que fes rayons trop vifs ne les fatiguent & ne faffent rougir leurs feuilles.
- On obfervera après la reprife du Plant, de ne pas exciter la chaleur de la couche & de l’air, de peur de le mettre à fruit ; car l’Ananas fort ou foible, jeune ou vieux, transplanté fans racines, ou comme parlent les Jardiniers, à-cu-nud, montrera du fruit en même tems qu’il pouffera de nouvelles racines, fi on lui donne plus de 15 dégrés de chaleur.
- Il y a des Cultivateurs qui dépotent leur
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- jeune Plant avec la motte entière, & le placent dans les' moyens pots, qu’ils garniffent de nouvelle terre dans le fond, & autour de la motte ; à moins que le mauvais état de quelques Plantes ne leur faffe juger que le talon ou les racines ont befoin d’être vifités. D’autres rompent la motte, & replantent les jeunes Ananas avec toutes les racines bien conditionnées. Je ne déciderai point laquelle de ces trois pratiques eft la plus avantageufe ; mais la première eft celle des plus habiles Cultivateurs.
- Si la couche ( de la fin de Février ) a été bien faite , elle conferve ordinairement affez de chaleur jufqu’à la fin de juillet ou au commencement d’août. Alors il faut dans un beau jour en retirer tous les pots; ajouter un quart de tan neuf, ou davantage , fi le tan de la couche s’efl: en grande partie confommé & converti en terreau ; remuer tout le tan jusqu’au fond, rompant toutes les mottes, & mêlant bien le neuf avec le vieux ; replacer les pots dans cette couche remaniée; donner de l’air ; continuer les mêmes foins ; & ne pas oublier qu’après la mi-feptembre il ne faut plus arrofer en pluie, ni aufli fouvent, & que les vitrages du Chafiis doivent être couverts de paillaflons pendant la nuit,
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- 3fo Serre-chaude;
- Au commencement d’oâobre, ou un peu plus tard, li la couche remaniée éonferve affez de chaleur au-delà de ce terme, il faut faire dans la Serre ( ou dans un Chaflis ) une couche neuve compofée d’un pied ou un pied & demi de bon fumier préparé & mêlé de feuilles féches, comme il a été expliqué, & bien foulé & marché de bout en bout ; & d’un pied & demi ou deux pieds de tan, dont moitié de vieux, ou deux tiers, s’il n’eft pas trop confommé, & moitié ou un tiers de neuf bien mêlé avec le vieux. Lorfqu’elle a jetté fon feu, & quelle n’a plus que le dégré de chaleur convenable, on y enfonce les pots. Mais li la chaleur de la vieille couche trop tombée, ou la rigueur prématurée de la fai-fon, obligeoit d’y transporter le Plant avant que la grande chaleur foit modérée , on ne plongeroit pas les pots ; on les poferoit fur la couche, où on les enfonceroit très-peu; on remueroit le tan pour l’efforer, & même plulieurs fois par jour, li le tems étoit humide.
- Pendant l’hyver, il faut foutenir une chaleur modérée, foit par le moyen du feu , foit en remaniant la couche ; l’entretenir la plus égale qu’il eft polîible, de 13 dégrés à 15 au plus ; mouiller de la façon & avec les
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- précautions marquées ci-devant ; couvrir foi-gneufement les Chaffis avec des paillaffons , ou les vitrages de la Serre avec des toiles pendant la nuit ; donner de l’air au Plant, pour le préferver de l’étiolement, tous les jours de tems doux & calme, pendant les heures où le foleil eft le plus élevé fur l’ho-rifon, depuis dix du matin jufqu’à deux de relevée.
- Vers la fin de février, on fait une couche neuve , pour y tranfporter le Plant. [ Les pieds retardés par quelqu’accident, ou provenant de drageons trop foibles, qui n’ont pu être tranfplantés dans des pots de moyenne grandeur, le feront fucceffivement & à me-fure qu’ils acquiéreront la force néceffaire. ] On donne pendant le printems & l’été les mêmes foins & les mêmes façons que l’année précédente, & on n’omet rien de ce qui peut contribuer au progrès & à la vigueur des Plantes , dont dépend la beauté du fruit ; arrofant fuivant leur befoin, la température de la faifon , & la chaleur de la couche ; donnant de l’air le plus qu’il eft poissble; couvrant les vitrages de paillaffons pendant les nuits fraîches , & de cannevas pendant l’ardeur du foleil j détruifant les infeâes, &c.
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- III. A mefure que le Plant acquiert aflez de force & de grandeur pour avoir befoin de plus grands pots, on le retire en motte entière des moyens pots, & on le place dans les pots de la première grandeur. Cette dernière transplantation ne fe détermine pas plus que la précédente par la faifon de l’année ( elle fe fait en toute faifon, ) ni par lage du Plant ; mais elle fe règle fur fa vigueur & fes progrès.
- Vers la fin de; feptembre, un peu plus tôt ou plus tard, fuivant que la couche qui a été remaniée vers le commencement d’août con-ferve plus ou moins de chaleur, on fait une nouvelle couche , dans laquelle on mêle plus ou moins de tan neuf fuivant que celui-ci eft plus où moins confommé. ( Je ne répété point ce que j’ai déjà dit à cet égard & fur la façon des couches neuves. ) Lorfque fa chaleur eft modérée au dégré convenable, on y plonge les pots. Mais il faut veiller fur cette couche; car û l’on y a employé moitié ou deux tiers de bon. tan neuf, & que le fumier ait été bien préparé , elle eft lujette dans les commencements à reprendre trop de feu ; & en ce cas, on retire entièrement les pots de la tannée , les pofant feulement deffus; ou bien
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- À n à n à $;
- ©h îes foulève de façon qu’ils n’y foient enfon* tés que jufqü’aü quart où la moitié de leur hauteur , fuivant le dégré de chaleur indiqué par le thermomètre qu’il fera bon de tenir plongé dans la tannée j jufquà ce qu’elle ait faitfon effet*
- Si la chaleur de cette couche ne fe fou* tient pas jusqu’en février, il faut remuer le tan, & même en ajouter un peu de neuf J ou faire des rechauds* fi le Chaflîs efl: propre à en recevoir; entretenir exactement le feu de la Serre fuivant la température ; couvrir les vitrages pendant la nuit, &c. &c* en utf mot, entretenir une chaleur conftamment fou* tenue au moins à 15 dégrés. A l’Ananas trans* planté dans les grands pots , 13 ou 14 dégrés îie füffisent plus ; mais à moins qu’il ne foit très- fort > une chaleur de 18 à 20 dégrés fe* roit excefîive 5 & forceroit le fruit de fe mon* trer trop tôt.
- Dans le commencement de février, s’il n’a pas été nécefîaire de le faire plus tôt, il faut re* manier la tannée jufqu’au fond , & ajouter un peu de tan neuf > s’il eft néeefiaire pour lui faire reprendre & pour foutenir une chaleur fuffisante. Vers le commencement d’Avr% on la remaniera de nouvaau, & on y mê* fera environ un tiers de tan neuf.
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- Depuis que le fruit de l’Ananas paroît jusqu’à ce que fa fleur foit paffée, il faut fou-tenir la chaleur au deffus de 15 dégrés; hu-me&er la terre avec de l’eau échauffée dans la Serre , ou même tiédie ; n’ouvrir les vitrages que lorfque lé tems eft calme & doux, & que le foleil luit, pendant les trois ou quatre heures du milieu de la journée ; remuer le tan , fi la chaleur eft diminuée ; enfin exciter & augmenter le plus qu’il eft possible la végétation de ces Plantes, fans interruption. ( Je fuppôfe que le fruit fe montre en hyver ; car s’il ne fe montre qu’à la fin du printems ou pendant l’été, on donne beaucoup plus d’eau & d’air. )
- Lorfque l’Ananas eft défleuri, on lui donne de l’eau plus fréquemment , mais toujours modérément, & on entretient une bonne chaleur au moins de 16 à 18 dégrés , afin de procurer plus de volume au fruit. A mefure que la faifon devient plus chaude, & que le fruit approche de fa maturité, on lui donne tous les jours autant d’air & auffi long-tems qu’il eft possible ; car c’eft eet élément qui donne la qualité aux fruits, comme il donne la vigueur aux Plantes.
- Enfin le fruit étant parvenu à fa maturité $
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- qui fé connoît moins par la couleur que par l’odeur, dès le matin on le fépare de la Plante avec toute fa tige ; on le conferve en un lieu frais jusqu’au tems où l’on en fera ufage, & on attend ce moment pour en détacher la tige & la couronne. On traite comme il a été expliqué ci-devant les pieds dont on a recueilli le fruit, & qui ne font plus utiles que par les œilletons qu’ils ont pouffes, ou qu’on leur fera produire pour multiplier le plant.
- Nota. Si tout le plant du troifième âge bien repris & établi dans les grands pots eft de force prefquégale, de façon qu’on puiffe juger qu’il produira fon fruit en même tems , on peut en avancer une partie, & en retarder une autre. Comme la plupart du fruit fe montre ordinairement en février & dans une partie de janvier & de mars, on prévient ce tems : dès le mois de décembre on choifit un nombre à volonté des plus beaux pieds ; on les déplante ; on retranche toutes leurs racines ; on laiffe fécher les plaies ; on les replante; on hume&e un peu la terre des pots, fi elle eft féche ; & on les replonge dans la couche. Ces pieds ainfi traités montrent leur fruit en même tems qu’ils pouffent de nouvelles
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- 356 Serre- chaude, racines , & prennent de l’avancent fur les autres. Quant à ceux qu’on veut retarder , il fuffit d’étendre des paillaffons légers pendant la grande chaleur du jour , fur une partie du vitrage où on les place féparés des autres qu’on laiffe jouir de toute la chaleur du fo-leil.
- Le fuccès de cette Plante dépend donc de l’intelligence & de l’habileté du Cultivateur à combiner dans une jufte proportion le concours des agents de la végétation, non pour lui faire promptement porter du fruit, mais pour la rendre forte , vigoureufe, & capable d’en produire de beau & de bonne qualité. D’excellents fruits venus un peu plus tard font bien préférables à de méchants fruits précoces. Les couronnes & les plus forts œilletons d’Ananas cultivés fous nos Chaflïs, ou dans nos Serres-chaudes, rarement profitent affez pour être transplantés avant un an dans les pots de la fécondé grandeur. Si avant une autre année ils ont befoin d’être mis dans ceux de la première grandeur , leur progrès n’efl pas ordinaire ; & fi avant un an , ou même quinze mois après cette dernière transplantation, ils donnent de beau & bon fruit,
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- le Jardinier peut être content & s’applaudir de fes fuccès. Il eft cependant d’heureufes fi-tuations dans notre climat, bien expofées au midi & bien défendues des mauvais vents, où l’Ananas pouvant jouir de beaucoup d’air, & être fréquemment mouillé pendant la belle faifon , prend des accroiffemens moins lents, & demande moins de tems pour payer le travail & les foins du Cultivateur.
- L’Ananas n’a point parmi les infe&es d’ennemi plus redoutable que le Pou , Pediculus cly-ptatus, Lin. Il attaque non-feulement les feuilles & fur-tout celles du cœur de la Plante, mais fon talon même & fes racines. Il y a deux tems favorables pour le détruire; i°. Peu de tems après qu’il eft attaché & fixé fur la Plante , avant qu’il ait dépofé fes œufs. Il faut alors l’écrafer avec le doigt, & avec une petite fpatule de bois dans le cœur & à la bafe des feuilles où le doigt ne peut s’infinuer ; enfuite laver la Plante, comme il va être dit. Par ce moyen, on fait périr, ou on diminue beaucoup la génération fuivante qui n’eft perpétuée que par le petit nombre d’infe&es qui ont pu échapper du maffacre. 2°. Lorfque les jeunes infe&es font errants fur les Plan-
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- 358 Serre-chaude, tes. On mouille un petit efpace de terre près le Chafiis ou la Serre ; on retire de la tannée les pots l’un après l’autre, & tenant fous le bras gauche un pot incliné , on frappe légèrement fur les feuilles de la Plante, pour faire tomber les infe&es fur ce terrein mouillé, qu’on piétine enfuite pour les y attacher. Ou bien on taille en rond de la grandeur intérieure de chaque efpèce de pots un couvercle fait ( fans aflembler ) de deux petites planches, percé au centre ou entaillé d’un paflage à-peu-près égal au diamètre du tronc ou collet des Plantes. On applique ces planches fur la terre du pot ; on pofe un ou deux doigts de chaque main fur la jointure des planches pour les tenir folidement ; & tenant le pot avec les autres doigts, on le renverfe, & on plonge dans un baquet plein d’eau, ou fuccefîivement dans plufieurs , la Plante jufqu au collet, la remuant & l’agitant en plufieurs fens pour en détacher les poux. Mais fi la langueur de quelque Plante fait juger que fes racines font attaquées de ces infe&es, on la déplante ; on la tient pendant quelques heures entièrement plongée dans l’eau ; on en lave bien toutes les parties; & fi fes racines paroiflent amaigries & altérées, on les retranche, & lorfque les
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- plaies font féchées, on replante l’Ananas dans un autre pot & de nouvelle terre. Car ces infe&es très - vagabonds pendant qu’ils font libres, errent & fe répandent fur la terre & même fur la tannée où on les découvre par le fecours de la loupe , étant li petits jufqiie vers le tems où ils fe fixent, que l’œil a peine à les appercevoir. Ces opérations fe doivent faire par un tems chaud ou doux , & par un beau foleil. Plufieurs Cultivateurs répandent fur les feuilles du cœur de l’Ananas , lorfqu’elles font mouillées , du foufre en poudre , qu’ils regardent comme un fpé-cifique contre ces poux.
- Je fçavois, & j’avois éprouvé qu’aucun in-feâe ne résilie au mercure réduit en vapeurs ; & que ce moyen a fouvent été employé avec fuccès contre les punaifes de lit, le charen-çon, la grolfe fourmi, & les autres infe&es qui dévaftent le bled dans les granges & dans les greniers ; mais je craignois que ces vapeurs renfermées dans un lieu étroit ne fulfent nuisibles aux végétaux. Pour m’en affurer, j’ai raffemblé dans une petite Serre des arbris-feaux, & des plantes indigènes, exotiques , gralfes, tendres, robultes, &c. la Pervenche-
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- $6o Serre -chaude, jrofe & quelques autres en pleine fleur. Après avoir fermé exa&ement les vitrages, j’ai mis au milieu de la Serre un réchaud plein de charbon bien allumé ; j’ai jetté fur le brafier du Sublimé corrojîf enveloppé dans un papier plié en fix ; je fuis forti fur le champ, & j’ai fermé la porte. Le lendemain je i’ai ouverte pour donner de l’air ; & quelques heures après je fuis entré ; j’ai ouvert les vitrages ; j’ai trouvé les divers infedes morts, comme j’en étois bien affuré, excepté quelques - uns des plus gros qui confervoient un relie de vie qu’ils ont perdu peu après. Ni dans ce moment , ni dans la fuite, aucune Plante n’a paru avoir reffenti la plus légère altération ni impreflion des vapeurs du mercure.
- J’obferverai, i°. qu’il faut allumer le charbon avant de le mettre dans la Serre ; parce que la fumée du charbon quelconque eft per-nicieufe pour les Plantes : 2°. que li la Serre a une certaine étendue, il faut y mettre plu* fieurs réchauds, afin que les vapeurs mercurielles fe répandent par-tout : 30. que les réchauds doivent être placés à une affez grande diflance des Plantes, pour qu’elles ne puiflent pas fentir l’adion & la chaleur direde du feu $ ©u bien il faut interpofer quelques petites plan-
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- ches ou de petits paravents : 40. que les vapeurs du Sublime étant très-dangereufes à respirer , il faut l’envelopper dans du papier affeï: doublé pour qu’on ait le tems de fortir avant qu’il foit percé & que les vapeurs commencent à s’élever : 50. qu’il paroît par les expériences que quatre gros de Sublimé corrosif fuffifent pour une capacité de 800 pieds cubes : 6°. que ce moyen doit être employé lorfque les poux font errants, ou récemment fixés fur les Plantes & encore vivants. Je n’aî point éprouvé, & je doute s’il agiroit fut leurs œufs qu’ils jettent avant de mourir, St qu’ils laiffent couverts de leur bouclier que peut-être les vapeurs du mercure ne pénétrent pas.
- A N N O N A.
- On connoît 7 ou 8 variétés d’ANNONA , ou Assiminier.
- i°. L’Assiminier Pomme-de-flan , Annom nticulata, Lin. arbre rameux, de moyenne grandeur dans fa patrie , dont les feuilles font affez grandes} alternes, persiflantes, ova*
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- 361 S E R R E-C H A U D e; les fort alongées & pointues , relevées de nervures très-faillantes. Ses fleurs font com-pofées d’un calice formé de trois feuilles petites , concaves , cordiformes ; de 6 pétales aufli cordiformes , dont les trois extérieurs font beaucoup plus grands que les autres ; d’un grand nombre d’étamines fort courtes; & d’un piftil, dont les embryons deviennent ( dans fa patrie , Philadelphie ) des fruits coniques, brodés comme en rézeau, d’un jaune orangé , charnus , contenant dans une loge plulieurs femences dures, applaties, ferrées l’une contre l’autre.
- 2°. L’ASSIMINIER Cœur-de-Bœuf, Annona fquamofa, Lin. qui s’élève moins que le précédent. Ses feuilles étant froiflees répandent une odeur forte. Ses fruits font ronds, un peu écailleux, d’un rouge pourpre.
- 3°. L’Assiminier d’Afrique, ou la Pomme-douce, Annona Africana, Lin. dont les feuilles font ovales-lancéolées, un peu cotonneufes , devient plus grand que le premier. Ses fruits font de couleur un peu bleue.
- 4°. L’Assiminier d’Amérique, Annona tri-loba 9 Lin. dont les feuilles pointues par les
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- A N O N a; 363
- deux extrémités ont près de 6 pouces de longueur , fur un & demi de largeur , & font caduques en automne; elles renaiflent au prin-tems, prefque en même tems que fes fleurs paroiflent. Ses fruits font jumeaux ou triples collés enfemble ; chaque fruit ou lobe efl: long d’environ 3 pouces & demi , fur. 18 lignes de diamètre, concave d’un côté, convexe de l’autre ; la peau efl: lifle & luifante.
- 5°. L’ASSIMINIER du Pérou , Annona Chéri-mola, dont les feuilles font lifles, luifantes, plus grandes & beaucoup plus larges que celles des précédents. Son fruit efl: alongé, & fa peau efl écailleufe , de couleur pourpre foncé.
- Ces variétés, & plulieurs autres que j’omets, fe multiplient par leurs graines envoyées de leur patrie, femées dans de petits pots remplis de bonne terre légère, & plongés dans la tannée. On tient le jeune Plant conftam-ment dans la couche, & à l’étroit dans les pots. Les première & quatrième variétés étant originaires de l’Amérique feptentrionale, peuvent être plantées en pleine terre de bonne qualité, lorfqu’elles ont acquis de l’âge & de
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- 364 Serre-chaude,
- la force, ayant foin de les bien abriter pendant les premiers hyvers : les autres veulent la Serre, & même la tannée.
- A P O € Y N.
- L’APOCYN de la Jamaïque , Apocynum fpecio-Jîssimum, élève à 3 ou 4 pieds des tiges li-gneufes & un peu rameufes , avec des feuilles oppofées, ovales, unies, d’un beau vert brillant , persiflantes. Ses fleurs , portées par de longs pédicules attachés aux côtés des branches , font grandes, d’un beau jaune , en long tube qui s’étend & s’évafe beaucoup par le bord , & compofées comme celles des autres Apocyns. Voyez dans la Se&ion précédente, page 26.
- Il fe multiplie par fes graines envoyées de la Jamaïque, femées dans des pots remplis de terre légère & enfoncés dans la tannée. Cette plante vivace étant laiteufe , elle craint l’humidité & les fréquents arrofements ; elle veut être toute l’année dans la couche de tan. Il y a plufieurs autres Apocyns de l’Amérique méridionale.
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- Arum en arbre* 365
- ARUM EN ARBRE.
- Cette grande Plante tendre, Arum arbores-cens, £/at. élève à 5 ou 6 pieds une groffe tige verte, noueufe, garnie fans ordre de feuilles oblongues, fagittées. Ses fleurs latérales & fessiles à la tige, naiflent entre les feuilles , & font compofées comme celles des autres Arums , & renfermées dans un long fpathe vert tacheté de blanc.
- Pour multiplier cette Plante, on coupe la tige par morceaux contenant chacun 2 ou 3 nœuds ; on laifîe fécher les plaies pendant 5 ou 6 femaines, comme celles des boutures des Plantes graffes ; on les plante dans de petits pots remplis de terre fablonneufe, qu’on enfonce dans la tannée, où cet Arum , qui craint l’humidité fur - tout pendant l’hyver, aime à être tenu.
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- 366 Serre-chaude;
- BAMBOU.
- C E Rofeau , Arundo Bamboa, Lin. pouffe de fa racine des tiges, qui en très-peu de tems parviennent à la hauteur des Serres les plus élevées, & acquièrent une groffeur proportionnée , celle d’une canne ( on les emploie à Cet ufage lorfqu’elles n’ont que 10 ou 12 pieds de hauteur. ) A chaque nœud elles font garnies d’une feuille de la même forme que celles de XArundo Donax , plus élargies à leur bafe; & fe terminent par des épis de fleurs renfermées dans des balles & compofées comme celles des autres Rofeaux.
- IL fe multiplie par fes racines éclatées ; veut beaucoup de terre, par conféquent de grands pots ou des caiffes , ou être planté fans pot dans la plate-bande de la Serre, & être beaucoup mouillé pendant le tems de fa végétation. Il ne profite bien que dans une tannée.
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- B A K I S T E R I a; 367
- BANISTERI A.
- XjE Banijieria fulgens, L IN. la plus inté-reflante de 6 ou 7 variétés , eft line Plante grimpante , dont les tiges grêles, ligneufes, ne font garnies que d’un petit nombre de feuilles Unies & ovales , & fe terminent par des co-rymbes de fleurs d’un, jaune rembruni, com-pofées d’un petit calice persiflant à 5 divisions profondes & aigues ; de 5 pétales dis-pofés & conformés comme dans les fleurs pa-pillonnacées ; de 10 petites étamines ; & d’un piftil, dont les embryons fe changent en fe-mences ailées.
- Il fe propage par fes femences envoyées de la Jamaïque fa patrie, qu’on feme & qu’on gouverne comme celles des Plantes tendres du même climat.
- XX.-- - .mU,'., ..s.'r.\:r..r.T.^s.^sm
- B A R L E R I A.
- CêTTE variété, Barkria coccima -, Lin. la feule dont je ferai mention , eft une Plante dont les tiges unies , hautes d’environ 4 pieds, font garnies de feuilles oppofées, ovales, den-
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- 368 S E R R Ê-C HAUDÏj telées par les bords, & pétiolées. Ses fleürsj qui fe fuccèdent pendant tout l'été* font de couleur écarlate , petites, taflemblées par petits grouppes fur les noeuds des tiges , com-pofées d'un calice persiflant à 1 grandes 3c 1 petites divifions oppofées ; d’un pétale en entonnoir divifé par le bord eri 5 fegments inégaux dispofés & conformés comme aux fleurs labiées ; de 2 grandes & 2 petites étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon fe change en une eapfule qui renferme des femences plattes.
- Elle fe perpétue par fes femences, qui mûriflent bien dans la tannée de nos Serres où elle veut être tenue ; & demande beaucoup d’eau & d’air en été, & peu d’eau & beaucoup de chaleur en hyver.
- BARTRAMI A.
- Cette Plante bifannuelle ou trifannuelle de la Jamaïque, Triumfetta Lappula, Lin. efl grande , un peu rameufe. Ses feuilles font alternes, de moyenne grandeur ( 2 pouces & demi fur 2 de largeur), dentelées irrégulièrement, divi-* fées à leur extrémité en 3 pointes ou lobes.
- Ses
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- B A R T R A M I a; 369
- Ses fleurs en long épi lâché, terminal, font Jaunes, petites, peu parentes, fuiyies de cap-fules éôhinéés , qùadrilocùlaires , renfermant' quatre femences qui mûriffent dans nos Serres. On les feme de bonne heure àü printemS : le Plant fleurira 1 f où 16 mois après.
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- B A S È L L A.
- Le Basëllà , ôü la Morelle grimpante des Malabares, Bafella rubra, Lin. efl: une Plante' ânnuèlle, rameufe, farmenteüfe, propre à ta-pifler lé fond d’urie Serré. Ses feuilles & fes hameaux font épais, fucculénts, de couleur rouge foncé. Ses fleurs petites , fans beauté, dont le pétale charnu efl: persiflant, font fiïi-vies de baies rondes , charnues , térifermanï une femence , qu’il faut femer au printems.
- as*
- B A U H I N I A.
- î L y a- 9 ou 10 efpèces & variétés de ËAü-I-IINIA, ou Ébénier de montagne, diftinguées. par la hauteur de leurs tiges depuis 4 pied» jufqu à 3.0 ; par l’ordre, la forme & le carac^
- A., a,
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- 370 Serre-chaude;
- 1ère de leurs feuilles ; par la couleur, la gran» deur, & la dispofition de leurs fleurs.
- Celui qu’on nomme Culotte de Suifle ; Bauhinia divaricata , Lin. eft un arferifleau de la Jamaïque , qui élève à 4 ou 5 pieds une tige rameufe. Ses feuilles font ovales, à deux lobes très-divergents ou écartés lun de l’autre , & terminés en pointe. Ses fleurs font disposées en panicules claires & terminales , d’une odeur agréable, blanches , fuccessives pendant l’été, compofées d’un calice tubulé, monophylle à 5 échancrures , persiflant ; de 5 pétales ; de 10 étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon devient une silique cylindrique , longue de 3 à 4 pouces , contenant 4 ou 5 femences rondes, comprimées.
- Le Bauhinia acuminata, Lin. fpécialement nommé l’Ébénier de montagne, originaire des deux Indes, élève plufieurs tiges droites avec des rameaux grêles. Ses feuilles fans ordre, portées par de longues & foibles queues, font grandes, ovales , à deux lobes pointus. Ses fleurs en bouquet terminal de trois ou quatre, font les unes rouges, les autres rouges rayées de blanc.
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- B À U H I N I A. 371
- Le Bauhinia variegata, Lin. qui croît aufîi dans les deux Indes 9 élève une tige fort* haute garnie de rameaux forts. Ses feuilles font cordiformes divifées en lobes obtus très-rapprochés. Ses fleurs en panicules claires & terminales , font grandes , d’une odeur agréable , jaunes à leur bafe, pourpre tachetée de blanc par leur extrémité.
- Je ne fais pas mention des autres Bauhinia. Ces arbriffeaux intéreffants par la longue fuc-cession de leurs fleurs fe multiplient par les graines envoyées de leur patrie , femées dans des pots remplis de terre légère placés dans la tannée. Le plant doit être mis dans des pots proportionnés à fa force, qu’il faut mettre dans la tannée au moins pendant l’hyver, & arrofer affez fréquemment dans cette fai-fon même.
- BESLERI A.
- C’est une grande Plante vivace de l’Amérique méridionale, qui a plufieurs variétés : une Besleria melitdfolia > Lin. à tige ligneufe & noueufe, garnie à chaque nœud de deux
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- yji Serre-chaude; feuilles oppofées , étroites , ovales , grossièrement dentelées. Ses fleurs (7 ou 8 ) font portées par un pédicule rameux, axillaire, Une autre Besleria. Lutea. élève fort haut une tige ligneufe , dont les rameaux, fans régularité, font garnis de feuilles lancéolées & dentelées. Ses fleurs -en gros bouquets axillaires , font d’un jaune pâle, féparément pé-diculées. Elle a une fous-variété plus grande dans toutes fes parties. Une troifième, Beslorïa crifîata, grimpante , dont leS'feuilles font ovales , oppofées, dentelées ; & les fleurs axiU laires , folitaires , tabulées , accompagnées dune enveloppe 011 collerette de cinq feuilles dentelées. Les fleurs de ces Plantes font la-r biées, monopétales à 5 fegments arrondis, & fuivies de baies uniloculaires contenant de petites femences, qu’il faut femer dès le com^ mencement du printems. Elles veulent constamment la Serre - chaude , mais une chaleur modérée.-
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- Bide ns en arbrisseau. 373
- BIDENS EN ARBRISSEAU.
- i.Le Bide ns., ou Aigremoine en arbris-feau, Bidens frutefcens, Lin. eft une Plante de la nouvelle Efpagne , dont la tige fou.s-ligneufe, haute de 6 à 7 pieds , fubsiftant quelques années , fe ramifie en plufieurs branches garnies à de grands intervalles de feuilles oppofées , ovales , un peu dentelées, & terminées par de petites grappes de fleurs radiées , jaunes , compofées de petits fleurons hermaphrodites & fémelles, qui font fuivies de femences plates garnies de deux petites aigrettes.
- 2. Le BlDENS grimpant, Bidens feandens, cfl: une variété bis ou tris-annuelle , dont la tige fous-ligneufe s’élève davantage; elle eft grêle , ainfi que fes rameaux garnis ce feuilles à 3 lobes , dentelés , & terminés par une grolTe panicule de fleurs jaunes, radiées.
- L’un & Tautre, médiocrement intéreflant, fe multiplie par les femences envoyées de l’Amérique méridionale , & peut feutenir le plei?2 air pendant l’été.
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- 374 Serre-chaude,
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- B I G N 0 N I A.
- Plusieurs variétés de Bignonjà , ( 6 0117) originaires des Pays méridionaux de l’Amérique , ne peuvent fubsifter que dans la Serre-chaude. La plupart font des arbriffeaux grimpants diftingués par la longueur de leurs far-ments ; par leurs feuilles, palmées , ailées, trilobées, ovales , cordiformes, &c. ; & par leurs fleurs, blanches , jaunes , bleues, violettes , &c. odorantes, inodores, par bouquets, en épis, en grappes, en panicules claires, &c. Toutes ces fleurs , de diverfes grandeurs, font tubulées, perfonnées , compofées comme celles des autres Bignonià , dont j’ai fait mention ailleurs. Toutes ces variétés fe multiplient par fes femences ; quelques-unes en donnent dans nos Serres ; plufieurs fe peuvent perpétuer par marcottes.
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- B i x a:
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- B I X A.
- Le BIX ARocou , efl: un arbriffeau très-délicat , rameux, d’une forme régulière, dont les feuilles, fans ordre , font cordiformes , terminées en pointe. Il feroit décoration dans la Serre, s’il y produifoit des fleurs. On le multiplie par fes femences qu’on peut trouver chez les Droguiftes , qui vendent le Rocou pour les teintures. Il veut beaucoup de chaleur , & pesant l’hyver peu d’eau.
- BOCCONIA.
- Cette grande Plante vivace de la Jamaïque ; Bocconia frutefcens , Lin. élève à 9 ou IO pieds de hauteur une greffe tige liffe , partagée à fon fommet en plufieurs branches garnies de feuilles alternes, longues de 8 ou 9 pouces , larges de 5 ou 6 , très-profondément découpées, ce qui leur donne quelque reffem-blance avec celle du Chêne. Le mérite de cette Plante consifle dans fon beau feuillage ; fes fleurs font petites & fans beauté. Elle en produiroit rarement, & fes fruits ovales con-
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- ^7^ Serre-c ha u b e; tenant chacun une femence ronde renfermée dans une loge ou cellule .charnue, ne parvien-droient pas à maturité, li elle n’étoit p$s Tenue conftamment dans la Serre-chaude. On -arrofe fobrement les jeunes pieds provenus de graines femées au printems , parce que •cette Plante eft laiteufe ; mais lorfque les tiges font devenues ligneufes , on mouille foulent , & on donne de Pair pendant les chaleurs.
- B O E R H A V Jfc.
- T .A BOERHAVIA érigée , Boerhavia erecla, Lin. eft une Plante annuelle, haute denviron deux pieds, garnie de feuilles oppofées, ovales-aigues , fort disantes les unes des autres. Sa tige droite, & fes rameaux fe terminent par des panicules claires de fleurs lavées de rouge , monopétales , campaniformes , entières par les bords, n’ayant qu’une étamine & un piftil, dont l’embryon devient une femence nue , oblcngue.
- Gette Plante & fes variétés , dont une eft trifannuelle , qui fe diftinguent- par la couleur de leurs heurs, pourprejaune-pâle, &ç. iç
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- ‘Bois A l o è s. 377 perpétuent par leurs graines femées au prin-ïems dans des pots plongés dans une couche chaude.
- £ O J S D’A L O È S,
- Le Bois d’AloéS, Sébefle, Cordia. Sebeflena, Lin. efl un arbriffeau haut de 7 ou 8 pieds, dont les feuilles font alternes, grandes , portées par de courts pédicules , ovales-oblon-gues , rudes , tournées en arrière. Ses fleurs £n groffes grappes à f extrémité des branches , portées par des pédicules rameux qui en fou-tiennent d’une à trois, font grandes, d’une belle couleur écarlate , compofées d’un calice persiflant, monophylle à 3 échancrures ; d’un pétale infundibuliforme, dont le tube efl long 9 & le bord découpé en plufieurs fegments obtus ; de 5 étamines fubulées ; & d’un piflil, dont le flyle divifé en deux efl porté fur l’embryon d’une baie féche, renfermant un noyau sillonné qui contient quatre femences.
- Cet ArbrifTeau fe multiplie par les graines envoyées d’Amérique, femées au printems. Le jeune Plant demande de fréquents arrofemcnrs,
- la tannée pendant fes deux premières an-
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- 378 SERRJP - CHAUDE,' nées. Enfuite il fuffira de le placer dans la Serre-chaude pendant l’hyver : il pourra être expofé en plein air depuis juillet jusqu’en feptembre. Son bois mis fur des charbons ardents répand une odeur fort agréable ; fes fleurs font plus grandes & plus belles que celles du Laurier-rofe. 11 y en a deux autres espèces plus délicates.
- BOIS DE BRÉSIL.
- IjE Bois DE Brésil, Cæfalpinia Brasilknjis t eft un arbre de grand ufage dans la teinture, armé d’épines crochues, garni de feuilles doublement ailées, dont les folioles font petites, ovales , échancrées à leur extrémité. Ses fleurs dispofées en épi latéral, clair & pyramidal, font papillonnacées, compofées d’un calice en godet à 5 échancrures ; de 5 pétales presque égaux ; de 10 étamines ; & d’un piffcil, dont l’embryon qui forme le calice devient une silique contenant plufieurs femences plates.
- Il fe multiplie par fes graines femées en mars, & traitées comme celles des Plantes délicates des climats chauds de l’Amérique ; & veut être tenu dans la tannée.
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- Bois de Campêche. 379
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- BOIS DE CAMPÊCHE.
- Ce grand arbrifleau, Hœmatoxylum Campe-chianum, Z/v. commun dans la baie de Campêche, tortu , fans régularité , eft armé de fortes épines. Ses feuilles font cornpofées de 6 ou 8 folioles obtufes & dentelées à leur extrémité. Ses fleurs difpofées en grappes axillaires , font cornpofées d’un calice pourpre , persiflant, à 5 échancrures ; de f pétales d’un jaune-pâle ; de 10 étamines ; & d’un piftil, dont l’ovaire devient une capfule bivalve qui renferme quelques femences réniformes.
- Il fe multiplie par fes graines envoyées de fa patrie , femées dans des pots remplis de terre légère , & plongés dans une couche chaude. Le Plant étant transplanté, on le met dans une couche de chaleur modérée ; St en automne on le transporte dans la tannée, où il veut être tenu conftamment.
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- g8o Serre-chaud e
- maMSfssr~i- t .t, -T-r.-a ;-'tT
- BOIS DE CAPITAINE.
- Cet arbriffeau , Malpighia urens, pouffe un grand nombre de rameaux fouples, garnis de feuilles excédant quelquefois 4 pouces de longueur , portées par des queues fort courtes, un peu eordiformes à leur bafe où elles ont un pouce de largeur, fe rétréciffant graduellement jufqu à leur pointe, couvertes en dehors de poils ou épines très - fines & piquantes ; elles ne font point caduques. Ses fleurs, d’un blanc quelquefois très - légèrement lavé de rouge, font dispofées en ombelle ou grouppe latéral, & compofées d’un calice persiflant formé de 5 petites feuilles ; de 5 pétales concaves, arrondis, épanouis en rofe; de 10 étamines ; & d’un piffil dont l’embryon portant trois fiiles devient un fruit ovale, cannelé, contenant trois femences offeuses.
- Il y a plusieurs autres .espèces de Malpig* hia : uiie des plus intéreffantes eff le Malpighia lucida, grand arbriffeau, dont les rameaux diffus font garnis de feuilles oppofées , ovales arrondies à leur extrémité ; & dont les fleurs en longues grappes latérales, &
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- B O I $ DE Ça P I T AI N E. 38* terminales, font les unes d’un jaune orangé * les autres lavées de rouge, & fuivies de petits fruits ovales d’un rouge foncé. Il èft aufli toujours vert.
- Ils fe multiplient par graines femées au printems fur une couche chaude ; par marcottes , & par boutures. Lorfque les pieds font forts, on peut les expofer en plein air pendant l’été. Ils veulent une bonne terre * & peu d’eau pendant l’hyver.
- BOIS I> E FER.
- Le BOIS de Fer, Sideroxylon inerme, Liy. eft un arbrifleau un peu rameux , haut de $ à 6 pieds, dont le bois eft fi compaft & fï péfant qu’il s’enfonce dans l’eau. Ses feuilles font grandes, ovales , obtufês à leur extrémité , très-lifles * & dispofées fans ordre. Cè n’eft que pour la beauté de fon feuillage, dont il ne fe dépouille point, qu’on cultive dans les Serres quelques individus de cet arbriffeau. Dans fa patrie, il produit des fleurs compo-fées d’un calice persiflant , monophylle à £ échancrures ; d’un pétale campaniforme dé-
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- 381 Serre-chaude;
- coupé par le bord en 5 fegments ; de j étamines tabulées ; & d’un pital, dont l’ovaire devient une baie arrondie , uniloculaire , renfermant quatre femences.
- On le multiplie par fes graines envoyées du Cap, femées & gouvernées comme celles des Plantes du même climat ; ou par marcottes qui ne s’enracinent qu’en deux ans. Le jeune Plant, tant de femences que de marcottes , veut être traité délicatement, tenu dans la tannée pendant l’hyver; mais lorsqu’il a acquis de l’âge & de la force, il tapporte le plein air pendant l’été à une bonne expo-fition, & il n’a pas bei'oin de la tannée pendant l’hyver.
- SS,
- R OIS DE G UITARE.
- Cet arbre, Citharexylum cinereum, LlN. devient fort grand en Amérique. Ses rameaux anguleux font garnis de feuilles d’un beau vert , ovales - lancéolées, plus grandes que celles du Laurier, dispofées par trois trian-gulairement fur chaque nœud, découpées ou échancrées par les bords, marquées de ner-
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- Bois de Guitare. 383 vures blanches très-apparentes en deffus , & persiflant pendant l’hyyer. Ses fleurs en épi lâche & clair , latéral, & terminal, font corn-pofées d’un calice monophylle à 5 échancrures, persiflant ; d’un feul pétale en entonnoir à 5 divifions; de 2 étamines longues & 2 courtes; & d’un piflil, dont l’embryon devient une capfule à 2 loges contenant chacune une.fe-nience.
- On le perpétue par fes femences, lorsqu’on peut s’en procurer ; ordinairement par boutures pendant l’été. Il aime à être mouillé , & peut être expofé en plein air pendant les trois mois de l’été.
- BOIS IMMORTEL.
- 1. Le Bois Immortel, ou l’Arbre de Corail, Erythrina Corallodendron , n’eft dans nos Serres qu’un arbrifleau dont la tige s’élève à 9 ou 10 pieds. Ses branches , qui font fortes & dispofées régulièrement, font garnies de feuilles cordiformes à trois lobes , portées par de longues queues. Ses fleurs en épis terminaux courts & denfes , font d’un rouge écarlate ;
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- 3&4 Serre-ch aud eÿ très-parentes, papillonnacées, compofées dur* calice tabulé, monophylle, découpé par le bord ; de 5 pétales , dont l’étendard efl long ÿ & les autres courts ; de io étamines, dont neuf font unies par leur bafe & d’un piftil dont l’embryon devient une silique. Ses feuilles parodient vers l’automne & fubsiflent tout l’hyvcr ; elles tombent au printems , & le» fleurs fe développent & s’épanouiffent en mai-& juin fur les rameaux dépouillés, & en font paraître les extrémités d’un pourpre foncé ou d’un rouge de corail*
- L’Ar-BRE de Corail d’Amérique r Erythrina fpinofa , fe diflingue du précédent par des épines courtes & courbées , dont le bois & même le» queues des feuilles font armés ; fes fleurs font d’un rouge très-vif..
- 2. J’omets les autres espèces de cet Arbre ; parce que dans nos meilleures Serres-chaudes elles fleuriflent rarement. On multiplie les deux dont je fais mention, ainfi que les autres , par boutures , ou par femences envoyées de TA-mérique. [ On peut tirer des graines de VEry~ thrina fpinofa de Portugal, où elles parviennent à maturité ; il efl beaucoup moins délicat qpe
- l’autre-
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- Bois Immortel: 385» îautre, & pourroit#pafler l’hyver dans une bonne Orangerie , lorfqu’il a acquis de la force. ] Mouiller aftez fréquemment lorfqu’ils font en feuilles , modérément lorfqu’ils font nuds ; leur donner fouvent de l’air.
- T-........rvriïAuar 1 . . , -,--- " -.- 1 i'«
- B O M B A X.
- Le Bombyx , Arbre à coton de foie, eft un grand arbre épineux des deux Indes , dont les feuilles caduques font palmées, ou com-pofées de Ç à 9 petites folioles lancéolées , réunies par leur bafe à l’extrémité d’un long pédicule. Comme il ne donne dans nos Serres ni fleurs ni fes groffes capfules ligneufes remplies de coton, & qu’il fe dépouille de fes feuilles , il n’y fait pas une variété fort intéreflante. Il fe multiplie par femences.
- B O N T I A.
- Cet arbrifleau , Bontia Daphnoïdes , Lu?. originaire des Barbades , eft toujours vert. Ses branches fe dispofent régulièrement en pyramide. Ses feuilles font épaifles, étroites, lé-
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- 386 Serre-chaude^ gèrement dentelées. Ses fleurs font compoféei d’un petit calice monophylle à 5 échancrures * & persiflant ; d’un feul pétale en long tube divifé par fon lymbe en deux lèvres dente-, lées ou découpées ; de 4 étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon devient une baie ovale renfermant un noyau.
- Il s’élève de femences envoyées de fa patrie ; & plus ordinairement de boutures pendant l’été. Il aime l’eau & beaucoup d’air dans les tems chauds ; & veut rarement fortir de la Serre.
- BOURREAU DES ARBRES.
- Cet arbrifleau , Periploca fruticofa , élève à une grande hauteur fes rameaux ou farments grêles , fouples , qui fe roulent autour des Arbres voifins. Ses feuilles cordiformes un peu alongées , larges de 2 pouces, longues de 3, font oppofées, & cotonneufes. Ses fleurs en grappes axillaires font petites, blanches, cam-paniformes, compofées comme celles des autres Periploca, & fuivies de siliques cylindriques contenant des femences à aigrettes fèssiles.
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- Bourreau ©es Arbres; 387 Il fe perpétue par fes femences envoyées de l’Amérique méridionale, ou par marcottes qui s’enracinent en un an ; veut médiocrement de chaleur en hyver, beaucoup d’air en été, toujours la Serre.
- BROWALLI A,
- On cultive deux variétés de cette Planté annuelle ; l’une Browallia data, Lin, eft haute d’environ 2 pieds , très - rameufe , garnie de feuilles ovales , entières , pointues, prefque fèssiles. Ses fleurs ( d’une à quatre fur le même pédicule ) font axillaires, d’un bleu foncé composées d’un calice en tube à ç échancrures ; d’un pétale en entonnoir avec un long tube, évafé & découpé irrégulièrement comme une fleur labiée ; de 2 étamines courtes & 2. longues ; d’un piftil, dont l’embryon qui forme le calice devient une capfule ovale à quatre loges contenant de petites femences.
- L’autre, Browallia dtmîjfa9 Lin. eft uri peu moins forte & moins rameufe. Ses fleurs, uniques fur chaque pédicule, font bleues, les unes plus , les autres moins lavées de pourpre*
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- 388 Serre-chaude;
- Elles fe multiplient facilement par leurs graines femées fur couche : une partie du Plant peut être mis en pleine terre ; fes fe-mences y mûriront dans les années chaudes,
- lgaaaaagTr=T.""lTTT:"'..'-m..... , „.ssaa
- BRUNSFELSIA.
- Cet arbrifleau , Brunsfel/îa Americana , LlNi d’Amérique , rameux , eft garni de feuilles oblongues. Ses fleurs font blanches , par bouquets de 3 ou 4 aux extrémités des branches, de la grandeur & de la forme de celles du grand Lizeron, mais profondément découpées par le bord en 5 échancrures dentelées. Elles font fuivies de baies rondes remplies de petites femences. Il fe propage par fes graines, par marcottes & boutures.
- CAF É.
- T .F. CAFE, Coffea Arabica, Lin. eA un arbrifleau dont la tige droite & couverte d’une écorce brune s’élève rarement au defliis de T2 pieds dans nos Serres. Ses branches, dont «elle efl garnie depuis le pied jufqu’à l’extré-.
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- Café. 389
- mité, font oppofées , & dispofées en bâton de Perroquet ; & diminuant graduellement de longueur, elles formeroient une pyramide allez agréable & régulière, li, au lieu d’être pendantes ou inclinées, elles fe foutenoient droites ou horizontales. Ses feuilles font d’un beau vert luifant, oppofées, ovales, pointues & alongées par les extrémités, ondées ou froncées par les bords, longues de 4 à 5 pouces, larges d’environ 18 lignes. Ses fleurs, plufieurs enfemble, fessiles à l’aiflelle des feuilles, font blanches , d’une odeur agréable , refîemblant à celles du Jafmin, compofées d’un petit calice à 4 échancrures ; d’un pétale en entonnoir dont le tube efl: long & étroit, & le bord évafé & découpé en 5 échancrures ; de
- 5 étamines ; & d’un piftil , dont l’embryon placé au deflous du calice devient une baie ovale contenant deux femences convexes d’un côté, & plates de l’autre, & sillonnées fui-vant leur longueur, d’abord verte , enfiute rouge,,& enfin noire à fa maturité.
- Il fe multiplie difficilement par ifrircottes
- 6 par boutures, mais facilement par fes graines , pourvu quelles foient femées aufli<-rot qu’elles font récoltées. En laiflant pendant une
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- Serre-chaud e; ou deux heures des grains de vieux Café dans de l’eau échauffée au dégré d’ébullition , on provoque leur germination ; mais je ne fçais fi l’on a éprouvé fi en mettant ces grains germés dans de la terre tenue à un bon dé-gré de chaleur, ils lèvent & prospèrent. Le plant formé , ainfi que le jeune Plant, fe contente d’une bonne terre meuble de potager ; veut être conftamment dans la Serre au même dégré de chaleur que l’Ananas ; cependant il faut lui donner beaucoup d’air pendant l’été, & l’arrofer fréquemment , mais rarement pendant l’hyver ; ne le changer de pots ou caifles , que lorfque fon progrès en indique la néceflité ( tous les ans ) ; & ne lui en donner que de moyens, rélativement à fa grandeur.
- C AL LEBASSIE R.
- Le CALLEBASSIER , Crefcentia Cujete, Lw. eft dans fa patrie ( la Jamaïque ), un Arbre de moyenne grandeur , formant une tête régulière. Ses feuilles font prefque fessiles, très-alongées, n’ayant que 5 ou 6 lignes de largeur fiir 6 pouces de longueur ? aigues par
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- Callebàssiir. 391 les deux extrémités. Ses fleurs portées par de longs pédicules qui naiflent fur le côté des branches & de la tige, font compofées d’un calice court, monophylle, divifé en deux feg-ments concaves ; d’un pétale tubulé, découpé par fon lymbe en cinq fegments inégaux , réfléchis ; de 2 étamines courtes & 2 longues ; & d’un piftil, dont l’embryon pédiculé devient un fort gros fruit de la forme d’une bouteille , quelquefois d’autre forme , dont la peau enveloppe une coque très - dure , qui renferme une pulpe molle & plufieurs femences.
- Il fe multiplie par fes graines envoyées dé la Jamaïque, ou des Isles-fous-le-vent, traitées comme celles des Plantes de ces climats. Le Plant veut la tannée, beaucoup d’air pendant l’été, très-peu d’eau pendant l’hyver , une terre fablonneufe.
- C A M A R A.
- Cette Plante vivace ou cet Arbufte, Lan-tana acukata, Lin. originaire de l’Amérique méridionale, élève à 4 ou 5 pieds une tige ligneufe , dont les rameaux font quadrangu-
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- '39* S E R R E-C H A U D e; laires , garnis d’épines courtes & recourbées J & de feuilles oppofées , ovales - lancéolées , longues d’environ 18 lignes, fur 9 de largeur, portées par des queues fort courtes. De l’ais-felle de chaque feuille vers l’extrémité des branches, il fort un pédicule long d’environ 2 pouces, terminé par une tête applatie ou en ombelle de fleurs, dont celles du centre de l’ombelle font d’un jaune-clair, & celles de la circonférence d’un rouge clair : ces couleurs deviennent très-foncées lorfque les fleurs commencent à fe paffer. Elles font d’une odeur peu agréable , fe fuccèdent pendant prefque tout l’été &: l’automne, & font compofées d’un calice à 4 échancrures ; d’un pétale en tube cylindrique évafé par le bord & découpé en cinq fegments ; de 2 étamines courtes & 2 longues ; d’un piflil dont l’embryon devient un fruit arrondi, à deux loges contenant chacune une femence ronde.
- Elle fe multiplie par marcottes & par boutures , pendant l’été , & par femences au prin-tems en pots enfoncés dans la tannée ; aime une terre légère. Le plant de boutures & de marcottes , & celui de femence lorfqu’il a acquis de la force, peut être expofé en plein
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- C.AMARA, 393
- air pendant Tété ; on le porte dans la Serre de bonne heure., afin qu’il eontinue de donner des fleurs, & qu’il perfectionne fes fe-mences ; il veut être mouillé rarement & modérément pendant l’hyver.
- On peut traiter le Camara en Plante annuelle. Le femant au printems en pots fur Couche, fous cloches ou chaflis, laiflant le Plant fe fortifier & lui donnant fouvent de l’air pour l’y accoutumer , enfin plaçant les pots à une expofition chaude & abritée, il fleurira vers le milieu de l’été, & continuera jusqu’à ce que les gelées le faflfent périr.
- Il y à plufieurs autres espèces de Camara, Lantana , Viorne d’Amérique , &c. les unes font fans épines, à feuilles dentelées , ou à 3 feuilles, ou à tige velue, ou à fleurs velues , &c. d’autres à fleurs blanches, à fleurs foli-taires, à fleurs en grappes, à feuilles fessi-les, &c.
- jSggigSl
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- 394 Serre- chaude,
- CAMERARI A.
- Cet arbrifleau , Cameraria latifolia, Lin. eft laiteux & rameux. Ses feuilles font oppofées, ovales , aigues par les deux extrémités , comparées à de grandes feuilles de Myrte. Ses fleurs d’un jaune très-pâle, dispofées en grappes lâches & terminales, font monopétales , compofées d’un calice persiflant, monophylle à 4 échancrures aigues ; d’un pétale en fou-coupe , dont le fond eft garni d’un long tube évafé par le bord & découpé en 5 fegments pointus ; de 5 étamines ; & d’un piftil, dont les deux ovaires avortent ordinairement dans nos Serres.
- Il fe multiplie par femences, & par boutures en toute faifon ; veut la tannée, & beaucoup d’air pendant l’été.
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- C A N E F I G I E R.
- 395
- CANEFÎCIE R.
- H’àrbre qui produit la Gaffe des Droguifles, Cajjîa fiftula, Lin. devient dans fa patrie un gros & grand arbre. Ses feuilles font ailées , compofées de cinq paires de folioles fans impaire , unies , lancéolées. Ses fleurs , dispofées en longs épis terminaux , font portées chacune par un long pédicule, & compofées d’un calice en tube court & évafé, à 5 échancrures ; de 5 pétales affez grands , concaves , d’un jaune foncé, ou d’un vert jaunâtre , presqu é-gaux en grandeur, & dispofés en rofe ; de IO étamines diftinéïes ; & d’un piftil qui devient une silique ( bâton ) cylindrique, d’environ un pouce de diamètre, longues d’un à 2 pieds, presque ligneuse quoique fort mince , divifée intérieurement par des cloifons trans-verfales couvertes d’une moelle douce en plufieurs loges qui renferment chacune une femence plate, presque cordiforme.
- 1. Le Caneficier de Java, Cajjîa Java-nica9 Lin. dont la Gaffe eft d’ufage dans la Médecine vétérinaire, efl: pareillement un grand
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- 39 <5 Serre-chaude;
- & gros arbre, dont les feuilles font compo-fées de douze paires de folioles fort rapprochées , oblongues & obtufes. Ses fleurs en épi clair , terminal, font un peu lavées de rouge, & fuivies de greffes siliques cylindriques , contenant comme celles du précédent des fe-mences & une pulpe moëlleufe.
- 2. Le Caneficier en touffe, Cajjia frutl-cofa, Lin. pouffe plufieurs tiges qui s’élèvent à la hauteur d’un grand arbriffeau. Ses feuilles n’ont que deux paires de folioles ovales-lan-céolées, dont quelques - unes ont environ 2 pouces & demi de largeur, fur le double de longueur. Ses fleurs, en épi terminal , font grandes, d’un beau jaune. Il leur fuccède des siliques moins longues que celles des précé-, dents.
- 3. Le Caneficier en arbre, CaJJîa arbo-refcms, Lin. élève fort haut une tige rameufe, dont les feuilles portées par dé longues queues, n’ont que deux paires de folioles ovales-oblon-gues , un peu moins grandes que celles de l’espèce précédente, un peu cotonneufes en dehors. Ses fleurs, en gros corymbe terminal, font d’un jaune-foncé, & font fuivies de sili-
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- C A N E F I C I E r: 397
- igties longues de 7 à 8 pouces , plates, contenant un rang de femenees.
- Ces Caneficiers fe multiplient par leurs graines ( celles des bâtons de Cafle récemment arrivés chez les Droguiftes font fort bonnes pour la première espèce ) femées. de bonne heure au printems fur une couche chaude. Après que le jeune Plant a été planté dans des pots remplis de bonne terre légère , on le place fous un Chaffis , jusqu’à ce que la faifon oblige de le porter dans la Serre, lui donnant fouvent de l’eau pendant l’été, & autant d’air qu’il ell: possible. On tient conftam-ment ces Arbres dans la Serre-chaude toute l’année, leur donnant peu d’eau pendant l’hy-ver. Ils croiflent aflez rapidement pour donner des fleurs dès la troifième année. Leurs feuilles fubsiftent toute l’année ; la fraîcheur de la nuit & fon obfcurité leur fait éprouver l’affaiflement & la plication qu’elle fait fubir aux Plantes fenlitives.
- Il y a un bien plus grand nombre d’espèces de Caneficiers , dont quelques - unes ne font qu’annuelles , bis-annuelles, &c.
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- 398 Serre-chaude
- CANNE A SUC R E.
- Quoique la Canne à Sucre, Arundo fac+ charifera., C. B. P. puiffe tout-au-pîus faire variété dans une Serre - chaude, on y voit avec plaifir cette Plante intéreffante pour l«t plus grande partie du monde habité. Sa racine noueufe, comme celle des autres rofeaux, pouffe des tiges garnies à chaque nœud de feuilles longues de 3 à 4 pieds, creufées fui-vant leur longueur d’un sillon blanc , garnies par les bords de très-petites dents fermes & aigues. Le nombre des tiges ou Cannes ( de 2 à 8, ) leur hauteur ( de 6 à 10 pieds,) la diffance de leurs nœuds, & la longueur de leurs feuilles, font en raifon de la qualité du fol. Une bonne terre de potager fuffit à cette Plante, qui fe multiplie par fes pieds éclatés ; fe plante dans des pots proportionnés à la force des racines ; & doit être tenue conftamment dans la tannée d’une Serre du dégré de chaleur néceffaire pour les Ananas^ & être fouvent mouillée pendant l’été.
- X
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- Caprier d’Amérique. 399
- r-; 11 ...... —............ m;
- CAPRIER D'AMÉRIQUE.
- Le nouveau Continent nous a fourni plu-fieurs efpèces de C APRI ers , dont j’omettrai les moins intéreffants.
- 1°. Le Capparis Cynophallophora , Lin. élève fort, haut une alfez greffe tige, dont les branches font très-garnies de feuilles persiflantes , d’un beau vert, grandes, ovales-oblongues , ôbtufes, d’une forte étoffe. Ses fleurs ( fouvent plufieurs fur le même pédicule ) font blanches , grandes, avec les fommets des étamines rouges, compofées comme celles du Caprier commun, & fuivies de capfules ventrues.
- 2°. Le Capparis Breynia, Lin. élève encore davantage fa tige ligneufe & rameufe. Ses feuilles ovales-oblongues, cotonneufes , font dis-pofées fans ordre. Ses fleurs en grappes ou panicules claires, terminales, font grandes** de couleur pourpre, & n’ont que 8 étamines; elles font fuivies de longues capfules charnues.
- 30. Le Capparis racemofa pouffe de longs rameaux grêles, garnis de feuilles oppofées*
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- plus grandes & plus alongées que celles du Laurier , & fubsiftant pendant l’hyver. Ses fleurs en bouquet terminal de i ou 3 , font grandes, blanches, fuivies de groffes & longues capfules remplies de groffes femences réniformes.
- Ils fe propagent par leurs graines envoyées de leur patrie , femées & traitées ainfi que le Plant qui en provient comme il eft marqué à l’article précédent.
- CAPRIER DES INDE,S.
- Le Câprier des Indes, Capparis Baducca ; eft un arbriffeau dont les branches fans épines font garnies de feuilles oblongues-ovales, persiflantes , dispofées par grouppes , d’un vert brillant. Ses fleurs folitaires, axillaires, blanches, plus grandes que celles du Câprier épineux ( Pre. Section, page 46. ), fortent de boutons plus gros, & font compoféss de même.
- Il fe multiplie par fes graines envoyées des Indes, femées dans des pots remplis de terre légère plongés dans une couche chaude. Lorsque le Plant eft affez fort, on plante chaque
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- C A T E S B Æ a; 401
- pied féparément dans un pot ; on lui donne fouvent de l’air pendant l’été ; en automne 9 on les place dans la tannée pour y demeurer conflamment, & on l’arrofe rarement en hyver,
- ÇATESBÆ A.
- Le CatesbæA , ou l’Épine de Lys, Çateshœa fpinofa, Lin. efl un arbriffeau épineux, dont les rameaux dispofés dans un ordre alterne font garnis de feuilles par touffes ou group,-pes, afïimilées à celles du Buis. Ses fleurs font latérales, folitaires , d’un jaune fale , composées d’un fort petit calice monophylle „ persiflant ; d’un pétale en très-long tube in-? cliné , évafé à fon extrémité & découpé en quatre fegments larges , réfléchis en dehors ; de 4 étamines ; & d’un piftil, dont l’ovaire avorte dans nos Serres.
- Cet arbriffeau fe multiplie par femences & par boutures pendant l’été ; veut une terre légère, beaucoup d’air en été, peu d’eau en hyver,
- Ce
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- 402 S erre-chaude;
- a
- SB
- C JE R B E R A,
- Le Cerbera Ahovai, ou f Ahovai, eff un grand arbriffeau qui pouffe plufieurs tiges, & des branches courbées, diffuses, fans régularité , nues dans leur partie inférieure, & vers leur extrémité garnies de très-grandes feuilles unies, luifantes, épaiffes , pleines d’un fuc laiteux , longues d’environ 3 pieds, larges de deux. Ses fleurs en bouquet clair & terminal font blanches, affez femblables à celles du Laurier-rofe ; en long tube évafé & découpé en 5 fegmens larges, obtus, obliques ; elles ont 5 étamines , & un piftil, dont l’embryon devient un groffe baie charnue creufée d’un sillon fuivant fa longueur, & contenant deux noix renfermées chacune dans une cellule. La mauvaife odeur de cet arbriffeau, fa mauvaife attitude, & le fuc laiteux dont toutes fes parties font remplies, indiquent fes mauvaifes qualités.
- Dans les vaftes Serres, on pourroit joindre à rAhovai deux autres Cerbera; le Manghas, dont les feuilles font lancéolées »
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- C E R B E R a: 40ÿ
- arrondies par l’extrémité ; beaucoup plus grandes que celles du Laurier-rofe auxquelles on les compare , & dont les rameaux fe terminent par de longs pédicules portant chacun X ou 3 fleurs1; & le Thêveda, dont les feuilles linéaires, de 4 à 5 pouces de longueur fur 5 ou 6 lignes de largeur, naiffent par faifceaux , & dont les fleurs jaunes font géminées ou ter-nées fur chaque pédicule latéral.
- Ces arbriffeaux fe multiplient par leurs noix envoyées de l’Amérique Efpagnole, ou par des drageons que pouffent leurs racines lorsqu’on coupe leurs tiges. Ils veulent conftam-ment la tannée , une terre fablonneufe, très-peu d’eau pendant l’hyver, modérément pendant l’été.
- CHIRONI A.
- I.Le Chironia capfulifera , Lin. foUS-arbris-feau , ou plante vivace , fous - ligneufe, ra-meufe , haute de 2 ou 3 pieds ; dont les feuilles longues d’un pouce , très - étroites , obtufes , font fort épaiffes ; & dont les fleurs terminales, d’un rouge vif, de la forme de
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- 404 Serre-chaude;
- celles de la Pervenche & compofées de même> font fuivies de capfules biloculaires, ovales, contenant de petites femences.
- 2. Et le Chironia baccifera s Lin. plus ligneux ,, plus rameux , dont les feuilles font courtes ; & dont les fleurs d’un beau rouge, beaucoup moins grandes, font fuivies de baies ovales & charnues.
- L’une & l’autre font originaires du Cap, & agréables par leurs fleurs qui fe fuccédent pendant près de flx mois.
- Ils veulent peu d’eau, fur-tout en hyver, beaucoup d’air & de foleil ; c’efl: pourquoi ils préfèrent un Challis vitré à la Serre-chaude. On les multiplie par leurs graines ( quelquefois lentes à germer ) femées aulîi-tôt quelles font mûres , dans des pots remplis de terre légère & plongés dans une couche de chaleur tempérée, arrolées affez fréquemment, mais très-fobrement. Lorsque le Plant efl: aflez fort, on le met féparément dans des pots ; on l’ex-pofe en plein air dans une fituation chaude & abritée.
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- Chrysobolan. 405
- -...........r; i,-?—T.iiaaii'
- CHRYSOBOLAN.
- Ï.-e Chrysobolan, ou Prunier Jcaque, Chryfobolanus Icaco , originaire de l’Amérique méridionale , eft un arbriffeau haut de 8 à pieds, rameux , dont les feuilles font alternes , d’une étoffe forte, ovales , échancrées en cœur à leur extrémité. Ses petites fleurs blanches, en grouppes axillaires, ont peu d’éclat. Elles font fuivies ( dans fa patrie ) de fruits ovales, de diverfes couleurs, de la groffeur de nos Prunes de Damas, contenant un noyau pyriforme , cannelé.
- Il fe multiplie par fes noyaux envoyés de Bahama , femés au printems & traités comme les femences des autres plantes des mêmes climats. Il veut conftamment la tannée où il ne mérite place que par fon feuillage qu’il con-ferve pendant l’hyver.
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- ?jo 6 Serre-chaude;
- ÇHRYSOPHYLLE.
- Cet arbre, Chryfophyllum Cainito, Lin. acquiert une affez grande hauteur dans les contrées les plus chaudes de l’Amérique. Ses feuilles font ovales, d’un vert foncé en deflùs ; en deffous d’un beau jaune , couvertes d’un coton fin , fariné & brillant, & sillonnées de cannelures parallèles , & persiflantes pendant î’hy ver. Dans fa patrie , il produit aux nœuds d’où fortent les feuilles de petits grouppes arrondis de fleurs qui font fuivies de fruits ovales, charnus, pourpre, comparés aux Prunes de Damas , contenant des noyaux appla-tis. Une autre efpèce de Chrysophylle , diftinguée par fes feuilles lancéolées , liffes des deux côtés ; & par fes fruits ronds, gros comme une petite pomme, fe trouve dans les mêmes pays.
- L’un & l’autre fe multiplie par les fe menées , veut être conflamment dans la tannée la plus chaude, peu à l’aife dans fon pot , & peu arrofé.
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- Cierge*
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- CIERGE.
- Cette Plante a un grand nombre de variétés , dont la plûpart n’ont qu’une feule tige plus ou moins haute , très - épineufe , fans branches, & fans feuilles, qui donne dves fleurs compofées d’un calice monophylle , un peu tubulé , écailleux & épineux ; d’un grand nombre de pétales longs , étroits, difpofés en rayons; d’un grand nombre d’étamines fubu-lées, courbées ou inclinées ; d’un piftil dont l’embryon placé au deffous du calice devient un fruit un peu oblong, charnu, fucculent, couvert d’une peau épineufe , & contenant un grand nombre de petites feme-nces. Les principales variétés font,
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- I. Le Cierge de Surinam, Cereus luxago-nus , dont la tige s’élève droite à une plus grande hauteur que celle des Serres les plus élevées. Elle eft relevée de iix angles écartés l’un de l’autre, & garnis d’épines aigues, divergentes, raffemblées en grouppes affez diftans les uns des autres. Sur fes angles, i,l paroît quelquefois des fleurs blanches aufli
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- if08 S ERRE-CHAÜDÉÿ grandes que celles de la Rofe-tremière. Lots* qu’il devient trop haut, on peut rattache*-dans une dispofition inclinée, ou même ho-rizontalea
- 2. LE ClERGE Serpent, Ce reus flagelliformls^ pouffe dès le pied plufieurs branches de la groffeur du doigt, toutes couvertes d’épines foibles ; elles ramperoient, fi elles n’étoient attachées à un treillage ou à des tuteurs, & elles donnent Un très-grand nombre de fleurs d’un beau rouge, qui ont moins de pétales , qui font dune forme un peu différente de celles des autres variétés, & beaucoup moins grandes. Cette variété, qui s’élève peu, & la précédente , peuvent paffer l’hyver dans l’endroit le plus fec d’une bonne Orangerie, ne les mouillant point du tout ; & être mifes en plein air pendant l’été, les mouillant peu, les préfervant des grandes pluies , & fur-tout des pluies continues.
- 3. Le Cierge à grandes fleurs, Cereivs grandifiorus, a befoin de tuteurs pour foute-nir fes tiges qui ont 5 ou 6 angles peu marqués , St qui ne s’élèvent pas beaucoup. Ses fleurs font d’une odeur agréable ; elles s’ou*
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- C I Ê R G Ë, 409
- tyrênt la nuit, & ne fubsiftent que cinq ou fix heures. Le calice ou enveloppe extérieure eft un tube long de 8 à 10 pouces, dont le bord évafé > large de 9 à 10 pouces > efl: échan-cré en rayons d’étoile, d’un jaune éclatant fur fa furface intérieure , & d’une couleur rembrunie fur fa furface extérieure. Ces pétales nombreux font d’un blanc pur ; & un très-grand nombre d’étamines d’un jaune léger fe courbent & fe penchent fur un piftil, dont l’embryon efl: furmonté d’une vingtaine de blets , & avorte dans nos Serres. Cette fleur efl; une des plus grandes & des plus belles que l’on Connoifle.
- 4. Le Cierge grêle, Cereus gracilior, dont 5a tige menue, à 9 angles obtus & très-chargés d’épines courtes, fort diftantes les unes des autres, s’élève très-haut, & donne dés fleurs moins grandes que celles de la première’ variété, qui font quelquefois fuivies de fruits pyriformes, turbinés, dont la peau efl: jaune, couverte d’épines molles , & la chair très-blanche.
- 5. Le Cierge du Pérou, Cereus Peruvianus, dont la tige à 8 angles obtus garnis de fortes
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- 410 Serre-chaude; épines divergentes, & sillonnée profondément entre les angles, s’élève droite & fort haut ; donne rarement des fleurs & plus rarement encore des fruits, dont la peau efl: rouge & épineufe.
- J’omets les autres variétés de Cierge , qui toutes, ainli que les trois dernières , exigent la Serre-chaude. Tous les Cierges fe multiplient facilement par femences, & plus ordinairement par boutures. On coupe par tronçons de longueur à volonté une tige de Cierge; ou bien on étête un Cierge, qui ne manque pas de pouffer au deffous de la plaie plufieurs branches ; on les détaché en coupant ou en éclatant , lorfqu’elles ont acquis de la force & de la folidité. On jette ces tronçons ou ces branches dans l’endroit le plus fec de la Serre pendant trois femaines ou un mois, pour que leur plaie fe féche & fe cicatrife ; enfuite on plante chacun féparément dans un petit pot garni dans le fond de pierrettes ou de gros fable, & rempli de terre fablonneufe ou mêlée avec du fable fin & de vieux mortier de chaux pulvérifé ; on donne une petite mouillure ; on applique bien la terre contre la partie enterrée de la plante ; on arrofe
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- COGO. 411
- très- légèrement tous les huit jours les pots, qu’on a placés dans une couche ou au moins dans le lieu le plus chaud de la Serre ; dans l’automne, on peut les mettre contre les murs de la Serre, & on les mouille très-peu ; car l’humidité eft le plus grand ennemi de toutes les Plantes grades.
- COCO.
- Ce Palmier , Cocos nucifera , devient dans les deux Indes où on le cultive un fort grand arbre. De fa tige formée de plufieurs couches de fibres longitudinales, il naît des feuilles excédant fouvem* 12 pieds de longueur, com-pofées d’un grand nombre de folioles alternes longues de 6 à 9 pouces, fessiles, terminées en pointe aigue & piquante. Entre ces feuilles il fort des grappes de fleurs mâles, & de fleurs fémelles renfermées dans un même fpa-the, qui font compofées d’un calice de trois petites feuilles , & de 3 pétales ovales ; les mâles ont 6 étamines & un piflil ftérile ; les fémelles n’ont point d’étamines , mais un piflil dont l’embryon ovale devient ( dans les Indes ) une grofle noix dont l’Amande eft fort douce,
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- & dont la coque fort dure, percée de trois trous à fon extrémité, eft enveloppée d’une écorce fibreufe.
- Nous ne pouvons élever cet arbre que de les noix les plus nouvelles femées fur le côté ( pour que l’humidité qui entreroit par les trous ne pourriffe pas les Amandes ) dans des pots remplis de bonne terre de potager, & couvertes de 5 à 6 pouces de tan. On plonge ces pots dans une tannée. On pourroit femer les noix dans la tannée même, fi tout le tan n’eft pas neuf ; & lorfque le plant eft bien levé, le planter féparément ; le tenir constamment dans la tannée ; le transplanter en motte dans de plus, grands pots ou caifles , lorsque fon progrès l’exigera ; l’arrofer fobre-ment.
- On trouve dans plufieurs ouvrages d’amples descriptions de cet arbre, & le détail de tous ies ufages qui le rendent très-précieux.
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- COMMELINE.
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- COMMELINE.
- T .a racine de cette Plante, Commelina tube-* rofa , Lin. eft formée de plufieurs grofles fibres charnues, & comparée à celle de l’Or-pin ou de la Renoncule; il en fort une ou deux tiges rameufes dans leur partie inférieure. Ses feuilles , qui fe ferment le foir & dans les tems froids, font ovales, cotonneufes en dehors , les unes amplexicaules, les autres pé-diculées.Ses fleurs prefque terminales, portées par de longs pédicules, renfermées dans un fpathe clos & persiflant, font composées de trois petits pétales verts ( peut-être un calice de trois feuilles ) & de trois grands, arrondis , de couleur bleue ; de 3 étamines ; & d’un piftil dont l’embryon fe change en une cap-fule ronde, triloculaire, contenant fix femen-ces anguleufes.
- Elle fe perpétue par fes graines femées fur couche au printems ; le Plant fe met en pot, qu’on place dans la Serre pendant l’hyver. Ou bien, lorfque les feuilles & les tiges font fé-* ches, en automne , on déplante les racines,
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- 414 Serre-chaude; on les conferve en lieu fec & chaud, & oni les replante au printems pour fleurir pendant tout l’été.
- Il y a plufieurs autres Commelines, dont je ne fais point mention.
- arr i :. --r ... : -, r:...,-^a
- € O N Y Z E.
- D’un grand nombre de variétés de Conyze annuelles , vivaces, ligneufes , fous-ligneufes, herbacées , &c. je ne parlerai que de deux.
- 1. Le CON YZE grimpant, Cony^a fcandens, dont la tige ligneufe , farmenteufe , rameufe, s’élève de 12 à 15 pieds. Ses feuilles ovales-ïancéolées, comparées à celles du Laurier pour la largeur & l’étoffe, font fe&siles, persiflantes, d’un vert-pâle. Ses fleurs en long épi latéral font grandes , blanches , radiées , & fuivies cj£ femences plates couronnées de duvet.
- 2. Et le CONYZE uniflore, Cony^a unifiora, qui élève à 9 ou 10 pieds une tige ligneufe, dont les rameaux longs & grêles font garnis de feuilles lancéolées, larges de 8 ou 9 lignes,
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- C O N Y Z E. 415
- longues de 3 6 , terminées en pointes : celles des petits fous-rameaux font fessiles, moindres & fort étroites. De chaque nœud de ces petites branches il fort une grande fleur blanche , latérale , avec un calice pourpre.
- On les multiplie par leurs femences envoyées de la Vera-Cruz, li elles ne mûriffent pas dans nos Serres, traitées comme celles des autres Plantes des climats chauds. Le Plant veut beaucoup d’air ( on peut l’y expofer pendant les plus grandes chaleurs de l’été, ) des arro-fements fréquents , mais modérés , & une chaleur tempérée pendant l’hyver.
- CORNUTI A.
- Cet arbrifleau, Cornuùa pyramidata , Lin. étend horizontalement fes rameaux carrés , & garnis de feuilles oppofées , un peu coton-neufes , comparées à celles du Vïburmm. Ses fleurs, dispofées en épi pyramidal à l’extrémité des branches , font bleues , compofées d’un calice persiflant, monophylle , tubulé , découpé par le bord en 5 échancrures ; d’un pétale en tube cylindrique divifé par le bord
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- 4i6 S e r r e-c h a U d e; en 4 fegments diverfement dispofés ; de 4 éta*» mines ,dont deux plus longues ; & d’un piftil dont l’ovaire devient ( rarement dans nos Serres ) une baie ronde contenant des femences réniformes.
- Il fe multiplie par fémences envoyées de Curaças , & de plufieurs Isles de l’Amérique méridionale ; & par boutures ; veut de fréquentes mouillures , & une chaleur modérée dans la Serre. Ses fleurs fubsiftent long-tems.
- COTONNIER,
- i°Xe Cotonnier commun, GoJJypium her-bacmm , Lin, eft une plante annuelle qui élève à 1 pieds de hauteur une tige herbacée, garnie d’affez grandes feuilles alternes à 5 lobes. Vers fon fommet elle pouffe quelques branches foibles, dont les feuilles font moins grandes. De l’aiffelle des dernières feuilles de ces branches , il naît de grandes fleurs folitaires compofées d’un grand calice extérieur, mo-ncphylle, divifé par le bord en 3 échancrures peu profondes , & d’un calice intérieur en coupe pareillement monophylle j mais découpé
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- Cotonnier; 417
- .en 5 échancrures pointues ; de cinq pétales bien épanouis , joints par leur bafe, cordi-formes à leur extrémité, d’un jaune très-pâle; d’un grand nombre d’étamines dont les filets font joints enfemble par leur bafe ; d’un piflil à 4 Ailes, dont l’embryon devient une cap-fule ovale de la groffeur d’une belle noix, di-vifée en 4 cellules qui contiennent des femen-ces enveloppées de coton.
- 2. Le Cotonnier d’Amérique , Gojjypium hirfutum , eft auflï une plante annuelle dont la tige s’élève à 3 pieds ; elle pouffe de longs rameaux velus. Ses feuilles un peu velues en dehors font»compofées , les unes de trois, les autres de cinq lobes très-pointus. Ses branches peuvent donner chacune quatre ou cinq fleurs d’un pourpre terne , dont les larges onglets des pétales font marqués d’une tache d’un beau pourpre. Ses capfules font beaucoup plus groffes que celles du précédent, & fes graines font vertes.
- Ces deux variétés ne font pas fort délicates. La première fe cultive dans la Pouille, la Syrie , la Sicile , & autres Pays méridionaux de l’Europe. Dès le commencement du
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- 418 Serre-chaude,j printems , il faut femer les graines dans der pots remplis de bonne terre légère, & plongés dans une couche chaude ; lorfque le Plant a acquis de la force, planter chaque pied dans un pot, & placer dans une bonne couche fous chaffis ; lorfque les pots deviennent trop petits , transplanter dans de plus grands les Cotonniers en motte bien entière, les tenant toujours fous Chaffis ; enfin fi les Plantes deviennent trop grandes pour être contenues fous des Chaffis , les porter dans la tannée de, la Serre-chaude. Elles fleuriront en juin ou juillet, & leurs graines mûriront en fep-tembre ou o&obre.
- 3. Le Cotonnier des Barbades, Goffy-piurn Barbadenfc , élève une tige haute de 4 à 5 pieds, rameufe à fon extrémité. Ses feuilles font à 3 lobes. Ses fleurs, d’un jaune foncé, font plus grandes, & fes capfules font plus grofîes que celles du Cotonnier commun.
- 4. Le Cotonnier en arbre, Gojjypium. arboreum , élève à une plus grande hauteur que les précédents une tige ligneufe & vivace, rameufe à fon extrémité. Ses feuilles font grandes , palmées à 5 lobes. Ses fleurs font d’un jaune foncé.
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- COTONNIER. 4ïc>
- Ces deux variétés fe fement & fe cultivent comme les autres ; mais elles demandent cons* tamment la Serre-chaude ; & même le Cotonnier en arbre paffe difficilement l’hyver dans la tannée de la Serre la plus chaude.
- COTYLEDON.
- Cette Plante grade a un grand nombre de variétés, dont je lie mettrai que quelques-unes dans la Serre, plus pour la variété que pour la décoration ; les autres ont été placées dans l’Orangerie,
- i. Le Cotylédon orbiculaire , Cotylédon orbiculata 9 élève jusqu’à près de 4 pieds une groffe tige herbacée qui devient ligneufe > garnie de rameaux courbés. Ses feuilles épais-les, charnues , planes , entières , prefque rondes , d’environ 2 pouces de diamètre 3 font bordées de pourpre. Ses branches fe terminent par un long pédicule nud , gras & charnu qui porte une espèce d’ombelle de neuf ou dix fleurs jaunes en long tube incliné, découpé par le bord en 5 échancrures réfléchies ; elles ont 10 étamines* & 5 fliles & quelque*
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- fois font fuivies de capfules remplies de petites femences.
- 2. Le Cotylédon lacinié, Cotylédon lad-niata, n’élève qu’à 9 ou 10 pouces une tige rameufe, droite, fucculente. Ses feuilles larges , oppofées , amplexicaules, font profondément découpées par les bords. Ses fleurs ( 7 ou 8 ), petites , d’un jaune foncé , divi-fées très - profondément en quatre fegments, font portées par un pédicule terminal, long de 5 à 6 pouces.
- O N les multiplie par boutures, dont on laifle fécher & cicatrifer la plaie avant de les planter dans des pots remplis de terre convenable aux plantes graffes marquées ci-devant pour le Cierge ; & on les gouverne de la même façon. La dernière variété exige conftamment la Serre-chaude depuis ottobre jusque vers la fin de juin ; l’autre pourroit pafler l’hyver dans une Orangerie bien féche.
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- C R A T E V a:
- CRA T E F A.
- I. Le Crateva tapia , Lin. eft lin arbre des deux Indes , dont les branches font garnies de feuilles à 3 grands lobes inégaux portées par de longues queues. Ses fleurs font terminales , foutenues par de longs pédicules, com-pofées d’un calice monophylle découpé très-profondément en 4 fegments ; de 4 pétales oblongs , épanouis , & réfléchis ; de plufieurs étamines; & d’un piftil , dont l’embryon devient ( aux Indes ) un fruit charnu, d’une odeur d’ail , contenant une pulpe farineufe, & des femences réniformes.
- 2. Le Crateva marmelos , Lin. ou Melon-poire , aufli ^originaire des Indes , efl: armé d’épines géminées. Ses fleurs odorantes font dispofées en petites grappes terminales, & font fuivies de fruits comeflibles , dont l’écorce dure renferme une chair jaune, & des femences oblongues.
- Ils fe multiplient par femences envoyées de leur patrie ; fe cultivent comme l’Ananas ; & font par leur feuillage variété dans la Serre,
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- Sërre-çhàudë
- CROTALAIRE.
- I.La CROTALAIRE à vérues, Crotalaria ver-rucofa, Lin. efl une plante annuelle , dont la tige haute d’environ 2 pieds & fes rameaux font . quadrangulaires & garnis de feuilles ovales , terminées en pointe , unies par les bords , parfemées à leur furface de petites éminences en forme de vérues , portées par des queues fort courtes accompagnées de deux fiipules en croiflant. Ses fleurs en épi terminal font d’un bleu clair, papillonnacées avec un large étendard, cordiformes, & com-pofées comme les fleurs de ce genre. Il leur fuccède des siliques courtes * renflées, qui contiennent des femences réniformes.
- 2. La CROTALAIRE blanche, Crotalaria alla, eft vivace par fa racine de laquelle il s’élève au printems plufieurs très-longues queues qui fe ramifient à leur extrémité en plufieurs feuilles ternées , dont les trois folioles font ova-les-lancéolées. Il fort pareillement de fa racine des pédicules beaucoup moins longs que les queues des feuilles, qui fe terminent par un bouquet de grandes fleurs blanches , quelque*
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- C R O T A L A I R E. 423
- J’omets 8 ou 9 autres variétés.
- On multiplie cette Plante par fes graines qu’il faut femer de bonne heure au printems en pots remplis de bonne terre de potager. Pour que le Plant puifle fleurir de bonne heure, & donner des femences, il faut l’avancer le plus qu’il efl: possible, le tenant dans de bonnes couches fous des Chaflis, lui donnant de l’air , & le mouillant modérément. La Crotalaire blanche fe met dans la Serre-chaude pendant l’hyver ; & dans fa fécondé année, elle peut être plantée en pleine terre à une bonne expofition, & y fubsifter.
- C R O T O N.
- Il y a plufieurs variétés de Croton, originaires de la Jamaïque & d’autres contrées de l’Amérique méridionale : les unes font des plantes annuelles ; les autres font des ar-brifleaux. Elles font moins propres à décorer une Serre par leurs épis de petites fleurs, qu’à y faire variété par leurs feuilles persistantes , dont la forme .& la disposition font différentes fuivant la variété , çordiformes,
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- r424 Serr e-chaude,\ lancéolées , étroites, oppofées, ternées, op«* pofées en croix , fans ordre, &c.
- Toutes fe multiplient par femences. Celles des plantes annuelles muriflent dans nos Serres ; celles des arbriffeaux y mûrifîent difficilement. Elles veulent peu d’eau, & beaucoup de chaleur.
- CY AN ELLE.
- La Cyanelle du Cap, Cyamlla. Capenjîs, Lin. eft une Plante bulbeufe. Du centre de fes feuilles , qui font radicales , longues, étroites , il fort au mois de mai une hampe terminée par une feule fleur d’un beau bleu, compofée de 6 pétales oblongs , concaves , joints par leur bafe ; de 6 étamines ; & d’un piftil, dont l’ovaire devient une capfule ronde, triloculaire , contenant des femences.
- Elle veut une terre légère ; & pafle mieux l’hyver fous un Chaffis vitré qué dans une Serre.
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- Durante.
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- DURANTE.
- Îl ÿ a plnfieurs espèces de Durante : l’une, Duranta-PlumUri fpinofa, rampante ou grimpante, dont les rameaux font armés d’épines à chaque nœud , & garnis de feuilles oblon-gues , dentelées , dispofées fans ordre ; fes fleurs en grappes courtes, latérales, font bleues, monopétales, tubulées , labiées , avec 4 étamines , & un piftil, dont l’ovaire placé fous la fleur devient une baie arrondie, terminée par 3 pointes, qui renferme quatre femences.
- Une autre, ou une variété de la précédente , Durante racemofa incrmis , dont les branches font garnies d’affez grandes feuilles oppofées, ovales-lancéolées, & dentelées. Ses fleurs en longues grappes terminales , font fumes de grolfes baies.
- Une troisième, Durante ere&a, dont la tige eft* forte , & érigée. Ses feuilles, beaucoup moindres que celles de la fécondé, font ovales. Ses branches font armées d’épines aigues, & terminées par de longues grappes de fleurs fuivies de petites baies rondes.
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- 416 Serre-chaude, J’omets quelques autres efpèces. Celles-ci fe multiplient par femences ; la fécondé fe peut aufîi propager par boutures.
- EUPHORBE.
- L’Euphorbe efl: une plante qui participe du Cierge par fa forme , & du Tithymale par fes qualités. Comme elle eft moins belle que fin-gulière & quelquefois nuisible, je ne ferai mention que de quelques-unes de fes variétés.
- I. L’EUPHORBE des Anciens , Euphorbia antiquorum , Lin. élève à environ io pieds une tige triangulaire, comme articulée & entrecoupée de nœuds à l’endroit desquels les angles font échancrés & garnis de fortes épines ; elle pouffe phifieurs branches latérales fans ordre, relevées de 2 à 4 angles,.qui vers leur extrémité produifent quelques appendices ou feuilles caduques, rondes , courtes, épais-fes; & quelquefois des fleurs compofées d’.un calice monophylle épais , renflé , divifé par le bord en 5 échancrures ; de 5 pétales laci-niés, charnus ; de 12 étamines ; & d’un pidil à 3 ffiles portés fur l’embryon d’une capfule
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- Euphorbe. 427
- ronde, triloculaire, renfermant trois femences rondes. Dans nos Serres , les fleurs tombent fans produire de capfules.
- 2. L’Euphorbe des Canaries , Euphorbia. Canarimjîs, Lin. élève dans nos Serres à 5 ou 6 pieds une groffe tige à 4 ou 5 angles armés de fortes' épines crochues , dispofées par paires ; autour de cette tige, il naît des branches groffes , épaiffes , anguleufes , épi-neufes, comme la tigë , qui d’abord s’alonge horizontalement à 2 ou 3 pieds , & enfuite réfléchirent verticalement leur extrémité, & donnent à la Plante la figure d’un chandellier à plufieurs branches; elles ne produifent aucune feuille, mais quelques fleurs.
- 3. L’Euphorbe Tête-de-Médufe, Euphorbia Caput-Medufœ , Lin. pouffe autour de fa groffe tige ronde, fans épines, couverte d’é-cailles ou tubercules imbriquées , des bran^ ches cylindriques , qui fe roulent & fe tortillent les unes fur les autres, comme la Fable dépeint les Serpens de la tête de Médufe ; elles produifent à leur extrémité de petites feuilles caduques, épaiffes , charnues , & des fleurs blanches plus grandes que celles des précédents, auxquelles il fuccècje quelquefois des femences.
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- '41S Serre-chaude,
- 4. L’Euphorbe Pomme-de-Pin , Euphorbia Fruclus-Pini, Lin. quelquefois nommé Petite Tête-de-Médufe, a quelque reffemblance avec le précédent. Sa tige groffe & courte ne s’élève qu’à 8 ou 9 pouces ; elle pouffe un grand nombre de branches foibles , menues, longues d’environ un pied , entrelacées les unes dans les autres , qui produifent à leur extrémité des feuilles très-étroites & des fleurs blanches. Cette variété n’a point d’épines.
- 5. L’Euphorbe à feuille de Laurier-rofe, Euphorbia N&rii-folia , Lin. élève à 5 ou 6 pieds une forte tige épineufe, irrégulièrement anguleufe , garnie de tubercules placés obliquement fur les angles. De fa partie fupérieure, elle pouffe des branches armées d’épines crochues plantées fur chaque tubercule, à l’extrémité desquelles il naît des feuilles oblon-gues , arrondies à leur extrémité, liffes , lui-fantes , entières , caduques, & des fleurs fe's-siles.
- Tous les Euphorbes font remplis d’un fuc laiteux très-âcre & très - cauftique. Aux Indes orientales , au Malabar , aux Canaries, &c. on leur fait des incifions pour en faire
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- Euphorbe. 429 découler ce fuc, qui, en s’épaissiffant, devient une gomme-résine que les Droguiftes pilent & manipulent avec précaution , pour éviter les fâcheux effets que la poudre & la vapeur fubtile de l’Euphorbe pourroit produire fur les yeux , la langue, & le cerveau. Les curieux qui cultivent ces Plantes feront prudemment de les traiter avec attention, & de fe préferver des vapeurs quelles exhalent lorsqu’elles font coupées, bleffées, froiffées, ou même remuées rudement.
- Elles fe multiplient de boutures faites de leurs branches coupées à un nœud , & non entre les nœuds , dans le commencement de l’été. Aufii-tôt que ces branches font coupées, on jette de la poussière fur la plaie, tant des boutures que de la Plante, pour arrêter l’écoulement du fuc laiteux ; on laiffe pendant quinze jours ou trois femaines fe fécher & fe cica-trifer les plaies des boutures ; enfuite on les plante, & on les gouverne comme celles des Cierges.
- Les Euphorbes Tête - de - Médufe & Pomme-de-Pin, peuvent être mifes en plein air pendant l’été à une bonne expofition ,
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- 43o Serre-chaude, pourvu quon les préferve des grandes pluîesâ Il eft plus sûr de laiiïer les autres conftam-ment dans la Serre , leur donnant le plus d’air qu’il eft possible. Il fuffit de mouiller ces Plantes tous les quatre ou cinq jours dans l’été, & tous les fept ou huit jours dans l’hyver, toujours fobrement, parce que l’humidité leur eft très-nuisible.
- F I C O I D E.
- On compte de 40 à fo variétés de Ficoïdes, ou Figuier des Indes, prefque toutes originaires du Cap de Bonne-Efpérance, qui feraient trop longues à décrire. Les unes font des Plantes annuelles; les autres des plantes vivaces, ou du moins qui fubsiftent en bon état plufieurs années. Les unes 11’ont point de tiges ; les autres en ont de plus ou moins rameufes. Les fleurs des unes font fort nombreufes ; celles des autres font en petit nombre ; grandes & belles dans quelques-unes ; petites & fans éclat dans quelques autres ; blanches , jaunes , bleues, pourpres , orangées , écarlates , &c. les unes dans une faifon, les autres dans une autre faifon. Elles font compofées d’un calice
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- monophylle, persiflant, très-ouvert, découpé à fon extrémité en 5 échancrures aigues ; d’un pétale en cloche évafée , divifé très-profondément en fegments fort étroits, dispofés en plufleurs rangs, percé dans le fond & articulé avec le piftil ; de 1 z à 30 étamines ; & de f à 10 Ailes portés par un embryon qui avec îe calice devient une capfule ronde, charnue, grofle & même comeftible dans quelques variétés , divifée en un nombre de cellules égal à celui des Ailes, remplies de femences très-fines. Les feuilles de presque toutes les variétés font conjuguées.
- I. Ficoïde à diamants, Glaciale, Mefewr-bryanthtmum cryfialliniim, Lin. Cette variété eft une plante annuelle qui poufle un grand nombre de branches dans une direction horizontale & prefque rampantes. Ses feuilles font peu étendues , dispofées alternativement, dç forme ovale-obtufe , ondulées par les bords. Ses fleurs ont peu d’apparence. Ses tiges & fes feuilles font toutes parfemées de très-petits tubercules diaphanes, brillants , & réflé-chiflant la lumière , reflemblant à de petites goutelettes d’eau gelée. On la feme de bonne heure au printems fur couche, & on l’avance
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- 43* Serre-chaude, le plus quil efl: possible, afin de pouvoir dans le mois de juin mettre une partie du Plant en pleine terre où il fera de grands progrès ; & une autre dans de petits pots où il donnera beaucoup de fleurs, & des femences qui mûriront.
- 2. Figuier des Hottentots , Mefembryanthe* mum tduk , Lin. Cette variété eft une des plus grandes. Ses tiges plates en forme de coutelas à deux tranchants , & presque rampantes , font garnies de feuilles jointes par leur bafe , triangulaires à trois côtés égaux. Elle donne de grandes fleurs jaunes , auxquelles fuccèdent de gros fruits comeflibles ( au moins pour les Sauvages ) de la forme d’une Figue.
- 3. Le FlCOÏDE étoilé , Mefembryanthemum flellatnm, Lin. a des tiges inclinées , dont les feuilles font cylindriques, parfemées de petites tumeurs ou vésicules, & relevées à leur extrémité. d’une étoile barbue. Ses fleurs font d’un rouge-pourpre.
- 4. Le FlCOÏDE doigt-d’enfant, Mefembryanthemum verucofum, Lin, s’élève en arbrifleau,
- avec
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- avec des feuilles cylindriques , courbées en arc, dont l’extrémité eft renflée & teinte de pourpre.
- 5. Le FlCOÏDE brillant, Mefembtyantkemum lucidum, Lin. n’a point de tige. Ses feuilles font très - larges , linguiformes * grades & épaifîes, luifantes, dentelées à leur extrémité. Ses fleurs font jaunes & très-grandes.
- 6. Le FlCOÏDE noâiflore , Mefembryanthe-mum nocüfiorum, Lin. élève une tige droite , rameufe, ligneufe, dont les feuilles font demi-cylindriques. Ses fleurs radiées, d’abord pourpres , enfuite blanches, s’ouvrent pendant la nuit ; au lieu que celles de la plûpart des Fi-coïdes s’ouvrent au milieu du jour.
- Ces Plantes fe propagent par les boutures ( par les feuilles de celles qui n’ont ni tiges ni branches. ) Pendant l’été on coupe les boutures , & on retranche entièrement leurs feuilles dans la partie inférieure qui fera enterrée. Étant ainfi habillées, on les met dans un lieu bien fec & médiocrement expofé au foleil, pendant plus ou moins de tems ( de cinq à vingt jours ), fuivant que les variétés font
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- plus ou moins greffes & charnues , afin que leurs plaies fe féchent. Enfuite on les plante dans de petits pots remplis de terre convenable aux Plantes greffes, & on les gouverne comme les Plantes de ce genre, qu’il vaut mieux changer de pots plufieurs fois par an, que de leur en donner de trop grands.
- La plupart pourroient paffer l’hyver dans l’Orangerie ; car elles ne font pas fort délicates , ni même fenfibles aux petites gelées. Mais comme elles craignent beaucoup l’humidité , il eft plus sûr de les mettre dans l’endroit le moins chaud d’une Serre. Elles feroient encore mieux fous un fimple Çhaffis vitré , capable de les défendre des gelées , où on pourroit leur donner fouvent de l’air, qui leur eft fort néceffaire. [ Quelques-unes pourroient fubsifter en pleine terre au pied d’un mur au midi, bien abritées pendant l’hyver. ] On les. arrofe fobrement comme les autres Plantes greffes, fuivant la faifon & la température. Elles peuvent être expofées en plein air depuis mai jusqu’en o&obre.
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- FIGUIERS.
- I. Le Figuier d’Adam, Bananier, Mufa Pa-radifiaca, Lin. eft une très-grande plante vivace qui peut élever à plus de 15 pieds une tige herbacée , droite , d’environ 6 pouces de diamètre à fa bafe. Ses feuilles roulées l’une fijr l’autre avant leur développement , font amplexicaules par la bafe de leur pédicule ; & lorfqu’elles ont acquis toute leur grandeur , elles excèdent quelquefois 6 pieds de longueur fur 2 de largeur. La tige fe termine par un très-long épi de fleurs raflemblées par grappes qui en contient de mâles, de fémel-les, & quelquefois d’hermaphrodites ; la grappe fort d’une gaine caduque, de couleur pourpre en dedans. Ces fleurs font labiées irrégulières , & les hermaphrodites renferment 6 étamines, & un piflil dont l’embryon devient un très-gros fruit charnu , oblong, triangulaire qu’011 nomme Banane, de qualité très-médiocre en Amérique même.
- Cette Plante fe multiplie par fes drageons enracinés quelle produit après avoir donné fon fruit, ou lorfqu’elle efl: trop à l’étroit dans,
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- 436 Serre-chaude, fon pot. On fépare fes drageons avant qu'ils aient de groffes racines qui feroient difficiles à arranger dans les pots ; on les plante dans des pots remplis de très-bonne terre légère; on les met dans la tannée, où cette Plante doit être tenue conftamment au même dégré de chaleur que les Ananas ; & lorfqu’elle a acquis de la force & de la grandeur , li Ton veut lui faire porter du fruit, & que la Serre ait alfez de hauteur f 18 ou 20 piéfls, ) il faut la dépoter, & la planter en motte dans lin bout de la tannée qui ne fera garni que de vieux tan confommé qui ne puiffe pas en brûler les racines. La grandeur de cette Plante, & la rapidité de fon progrès , exigent des-arrofements fréquents & abondants.
- 2. Le Figuier de Bengale , Ficus Benga--lenjis , Lin. eft un arbre qui de fon tronc pouffe plufieurs grandes tiges rameufes , dont les feuilles font grandes, ovales obtufes par les deux extrémités, étoffées , unies, longues de 6 pouces, larges de 4. Il produit de très-petits fruits ronds , inutiles. Dans fa patrie , il produit le long du côté inférieur de fes branches un grand nombre de fibres ou racines , dont une partie defcend jufqu à terre &
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- s’y attache; ce qui rend impraticable le pas-fage fous ces Arbres.
- 3. Le Figuier à feuille de Citronnier^ Ficus Citrifolia, Lin. eft un grand arbriffeau rameux, dont les feuilles portées par de très-longues queues, font oblongues, cordiformes à leur bafe, terminées en pointe, larges d’environ 18 lignes fur le double de longueur * entières & unies. Ses fruits raffemblés par grouppes font inutiles, fort petits, d’un pourpre foncé.
- 4. Le grand Figuier des Indes, Ficus ma--xima, Lin. eft un arbre, dont les branches font grêles & garnies de grandes feuilles oblon-gues, lancéolées, entières , longues de 6 à 8 pouces , larges de 2. Ses fruits inutiles , fphériques , petits, font d’un rouge de fang. Ses branches pouffent des racines , comme celles du Figuier de Bengale.
- Ces Arbres fe multiplient par boutures, dont on laiffe pendant quelques jours les plaies fe fécher avant de les planter dans de petits pots remplis de bonne terre légère qu’on enfonce dans une couche de chaleur modérée. Dans la
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- 438 Serre-chaude; fuite, on les met dans des pots proportionnés à leur force, qu’on tient conftamment dans la tannée, les mouillant modérément.
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- G A Y A C.
- I.Le GaYAC des Boutiques, Gnajacum officinale , Lin. devient à la Jamaïque & dans plufieurs Isles de l’Amérique méridionale un fort grand arbre , dont le bois réfineux efl: employé en Médecine , & efl: d’une dureté presqu’à l’épreuve des outils. Ses feuilles font ailées, compofées de petites folioles obtufes, prefque fessiles, dispofées par paires. Ses fleurs en grappes terminales , à 5 pétales ovales, concaves , d’un beau bleu, font fuivies de baies rondes qui renferment un noyau ligneux.
- 2. Le GAYAC bois-faint, Guajacum fanclum, Lin. devient en Amérique un grand arbre , comme le précédent. Ses feuilles font compofées de folioles longuettes, obtufes, dispofées par paires fur le pédicule commun. Ses fleurs en bouquets clairs prefque terminaux, font dentelées fur le bord des pétales, & fui-vies de baies à quatre angles.
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- Ces Arbres, quoique bien foignés dans nos Serres-chaudes, y acquièrent peu de grandeur , & ne peuvent y faire que variété par leur feuillage. Ils fe multiplient par leurs noyaux les plus nouveaux qu’on peut les avoir.
- 3. Le GAYAC du Cap, Guajacum Afrum, Lin. dont les feuilles font compofées de petites folioles aigues , & dont les fleurs ont 4 pétales d’un rouge écarlate , quoiqu’il foit beaucoup moins délicat, & qu’il puiffe pafler dans l’Orangerie , ne fleurit point en Europe.
- GESNERI A.
- C’est un fous-arbrifleau de l’Amérique méridionale trifannuel ou quadrifannuel, dont la tige & les branches peu nombreufes font co-tonneufes. Ses feuilles, fans ordre , prefque fessiles , font grandes , longues , étroites , co-tonneufes, dentelées. De l’extrémité des rameaux , & des côtés de la tige, il fort des pédicules rameux , dont chaque petite branche porte une fleur d’un pourpre terne, com-pofée d’un calice persiflant, monophylle , à 5 échancrures aigues ; d’un pétale en tube
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- 440 Serre-chaud e ^ recourbé, découpé par le bord en cinq feg-ments obtus ; 2 étamines longues & 2 courtes ; & d’un piftil dont l’ovaire devient une capfule ronde, biloculaire, remplie de petites graines.
- Il fe multiplie par femences envoyées des Indes occidentales ; veut conftamment la Serre-chaude , beaucoup d’air en été & de fréquents mais légers arrofements.
- GINGEMBRE.
- i. Le Gingembre , Amomum. Zingiber, Lin. eft une plante vivace par fes racines noueu-fes, desquelles il s’élève au printems à 2 ou 3 pieds de hauteur plufieurs tiges arundina-cées, embraffées par la bafe de feuilles longues & étroites. Il s’élève aufli de la racine des pédicules nuds , terminés par un épi ovale de fleurs bleues , prefque entièrement enveloppées chacune par une écaille recouverte d’une gaine. Elles font monopétales, tubulées, divifées en trois fegments inégaux, & renferment 2 étamines , & un piflil, dont l’embryon devient une silique triangulaire,
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- Gingembre. 441
- Cette Plante fe multiplie au printems par des éclats de fes fortes racines plantés dans des pots remplis de bonne terre légère de potager, enfoncés dans une couche de tan. Elle veut être conftamment tenue dans la tannée , plantée dans des pots de grandeur médiocre , mouillée affez fréquemment pendant l’été, peu & rarement pendant quelle eft dans l’ina&ion. L’ufage de fa racine eft affez connu.
- 2. Le Gingembre fauvage, ou le Zédoaire, Coflus Arabicus, Lin. eft une plante peu differente du Gingembre, dont la racine noueufe & traçante pouffe plufieurs tiges hautes d’environ 2 pieds, embraffées par la bafe de leurs feuilles oblongues. Ses fleurs font monopétales à trois fegments égaux St concaves, blanches, éphémères ; elles n’ont qu’une étamine & un piftiL Elle fe multiplie , & fe cultive comme le Gingembre. La racine de Zédoaire eft d’un ufage affez fréquent en Médecine.
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- 44* Serre-chaude;
- GRENADILLE.
- Plusieurs variétés de Grenadjlle peuvent tapiffer très-agréablement les murs d’une Serre-chaude. Je ne ferai mention que de quelques-unes.
- 1. LA Grenadille à feuille de Laurier; PaJJijlora Laurifolia, Lin. a des feuilles ovales, entières, d’une forte consiftance, longues de 4 à 5 pouces, larges de 2. Ses fleurs font blanches, dune odeur agréable, & leur enveloppe efl formée de trois feuilles ovales, concaves , dentelées par les bords.
- 2. La Grenadille multiflore , PaJJijlora multijlora , Lin. a des feuilles oblongues, entières, terminées en pointe , excédant fou-vent 3 pouces de longueur & 2 de largeur. Ses fleurs nombreufes & fucceffives depuis juin jufqu’en feptembre font blanches , avec des rayons pourpre , & d’une odeur agréable.
- J’omets la Grenadille à fleur rouge, & à feuille bicornue ; celle à feuille de chauve-, fouris ; celle à feuille de Lierre, &c. &c.
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- G R E N A D I 1 L E. '443
- Elles fe multiplient par marcottes en avril, & veulent une bonne terre de potager. Quoiqu’elles puiffent pafler l’été en plein air, li l’on veut les cultiver avec fuccès, il faut les tenir conftamment dans la Serre, & même dans la tannée.
- GROSEILLIER D'AMÉRIQUE.
- Le Groseillier d’Amérique, Cafius Peres-kîa, Lin. eft une plante graffe , dont les branches menues , & * fi foibles quelles ont befoin de foutien , font armées de longues épines raffemblées par faifceaux, & font garnies de feuilles ovales , arrondies , épaiffes. Ses fleurs blanches, rofacées, ont une vingtaine d''étamines , & un piftil, dont l’embryon, qui forme le calice, devient un fruit arrondi, charnu, garni de feuilles, contenant des fe-mences réniformes, enveloppées d’un mucilage.
- Pendant l’été on fait des boutures de fes branches , dans des pots remplis de terre légère , plongés dans une tannée médiocrement chaude, qu’on mouille peu & fouvent. Le Plant veut être prefque toujours dans la tan-
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- 444 Serre-ch aude; née; peu arrofé en hyver, abondamment en été, & fouvent aéré.
- GUAYAVIE R.
- Le GüAYAVIER , Psidium Pyriferum, efl: un petit arbre, ( arbriffeau dans les Serres ) dont les branches anguleufes font garnies de feuilles oppofées , ovales-lancéolées , obtufes par les extrémités , longues d’environ 30 lignes, larges de 6 lignes, portées par des queues fortes & très-courtes. Ses fleurs folitaires , belles & grandes, terminant un pédicule long de 18 lignes qui fort de l’aifîelle des feuilles, font compofées d’un calice campaniforme, mono-phylle à 5 échancrures ovales ; de 5 pétales blancs, arrondis, concaves ; de plufieurs étamines inférées au calice ; d’un piflil, dont l’embryon placé fous la fleur devient un gros fruit ovale, couronné par le calice, & contenant de petites femences renfermées dans une loge. En Amérique, ce fruit efl: d’une odeur & d’une faveur agréables, aufli aftrin-gent que la Grenade.
- Il fe multiplie par fes graines envoyées
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- G U A Y A V I E R. 445
- d’Amérique, femées en terrines remplies de bonne terre meuble de potager, plongées dans une couche de tan. Lorfque le Plant eft fort, on le met féparément dans de petits pots ; & dans la fuite on lui en donnera de proportionnés à fa grandeur. Pendant l’été, on lui donnera beaucoup d’air , & des mouillures affez fréquentes ; pendant l’hyver, on l’arro-fera très-rarement, & on le tiendra dans une tannée de chaleur modérée.
- HÉLICTÈRE.
- L’H ÉLICTÈRE, ou Arbre-à-vis, Heliclens Jfora, élève à 5 ou 6 pieds une tige ligneufe & rameufe. Ses feuilles font cordiformes, longues de 4 pouces, larges de plus de deux, cotonneufes en dehors, portées par de longues queues, & dentelées par les bords. Ses fleurs font latérales, prefque terminales, com-pofées d’un calice divifé par fon lymbe en 5 échancrures ; de 5 pétales oblongs & blancs ; de 10 étamines attachées à la bafe du pifiil dont le Hile long de près de 3 pouces fe termine par un ovaire qui devient un fruit fec, cylindrique, de 2 à 2 pouces & demi de Ion-
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- 44<$ Serre-chaude; gueur , formé de $ capfules velues, dispofées en vis, & contenant plufieurs femences réni-formes. Il y en a deux autres efpèces, dont les fruits font beaucoup moindres.
- Ils fe multiplient par leurs graines femées au printems & traitées comme celles des autres Plantes de l’Amérique méridionale. Le plant veut beaucoup d’eau & d’air pendant l’été, peu d’eau en hyver; toujours la tannée.
- HERNANDI A.
- Ce grand arbrifleau des Islds de l’Amérique méridionale, Hernandia fonora , Lin. ne peut faire que variété dans la Serre par fes belles feuilles ombiliquées, comparées pour la forme à celles du Lierre. Dans fa patrie, il donne des fleurs infundibuliformes, découpées en flx fegments, & fuivies d’un aflez gros fruit fec, oblong, percé à chaque extrémité, qui rend lin fon ou sifflement lorfque le vent pafle par fes ouvertures. Il renferme une noix par laquelle il fe multiplie. On lui donne divers noms , Arbre du Roi, fruit réformant, Jacque-dans-une-boîte, &c. Il y a deux autres espèces de Hernandia , qui ne font pas plus intéreflants.
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- H U R a:
- H U R J,
- T .F. Hura , ou Sablier, Hum crepitans, Lin. eft un petit arbre de l’Amérique méridionale, rempli de fuc laiteux. Ses feuilles font alternes , très-grandes, cordiformes, dentelées par les bords. Ses fleurs, mâles & fémelles fur le même individu, font axillaires, les unes foli-laires , les autres en épi, très-peu parentes, fuivies d’une groffe capfule ligneufe, fphéri-que, à 12 ou 15 loges féparées par des sillons profonds , & renfermant chacune une groffe femence orbiculaire. Lorfque les capfu-les font mûres , elles s’ouvrent avec éclat & lancent au loin leurs femences. Celles qu’on apporte dans ce pays-ci éclatent de même, li on les expofe à la chaleur.
- Cet Arbre , qui n’eft intéreffant dans nos Serres que par fon beau feuillage, fe multiplie par fes femences en pots remplis de bonne terre légère & enfoncés dans une couche de tan. Il veut très-peu d’eau en hyver, beaucoup d’air en été, toujours la tannée la plus chaude dans laquelle il conferve fes feuilles pendant l’hyver.
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- 44? Serre-chaude;
- H Y M É N É E.
- 1
- Xj’Hyménée, le Courbaril, le Carouge, Hymmœa Courbaril, Lin. efl: dans l’Amérique méridionale un grand arbre, dont les feuilles font d’une forte étoffe , compofées de deux lobes , ou dispofées par paires fur la même queue & fe joignant par leur bafe, arrondies & élargies par leur côté extérieur, droites 8l étroites par le côté intérieur, aigues à leur extrémité, rangées dans un ordre alterne. Ses fleurs d’une à trois fur le même pédicule, font dispofées en épi clair, terminal, & compofées d’un double calice , dont l’intérieur a
- 5 échancrures ; de 5 pétales larges & courts, jaunes rayés de pourpre ; de 10 étamines ;
- 6 d’un piftil , dont l’embryon devient une groffe silique de consiftance très-folide, longue d’environ6 pouces, large de plus de deux, contenant 3 ou 4 femences arrondies.
- Cet Arbre, qui donne la gomme élemi, s’élève de graines envoyées de fa patrie. Il veut très-peu d’eau pendant l’hyver, toujours la tannée ; eft fort tendre, & difficile à con-ferver dans la Serre.
- JASMIN
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- Jasmin d’Arabie.
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- J J S MI N D' A RA B I E.
- Le Jasmin d’Arabie, Nlàanthes Sambac, Lin. eft un arbriffeau qui élève affez haut, & foutient mal les tiges foibles & rameufes. Ses feuilles, uniesj prefque ovales, terminées en pointe aigue , persiflantes , larges d’environ 2 pouces fur 3 de longueur, font oppofées & portées par de courtes queues. Ses fleurs d’un beau blanc , d’une odeur très-agréable, facilement & promptement caduques, fucceflivés pendant une grande partie de l’année, font dispofées 3 à 3 fur un pédicule court, vers l’extrémité des branches , & compofées d’un calice en tube court, divifé profondément en huit échancrures étroites, & persiflant; d’un pétale tubulé, découpé par le bord en 8, quelquefois 10larges fegments; de 2 étamines, & d’un piftil , dont l’embryon devient une baie arrondie à 2 loges, contenant chacune une femence ronde.
- Il fe multiplie par la greffe en fente fur le Jafmin blanc commun ; mieux par marcottes au printems ; difficilement par boutures en mai ou juin fur couche fous cloche. La tannée
- Ff
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- 450 Serre-ch-aüdé;
- ne lui eft pas néceflaire , mais elle le rend plus vigoureux , & lui fait produire un très-grand nombre de fleurs. On peut l’expofer en plein air pendant rété»
- a
- J A S M I N O ï D E.
- i. Le Jasminoïde Jalmin bâtard, Galant-de-nuit, Cejlrum noclurnum , Lin. efl un ar-brifleau dont la tige droite pouffe vers fon extrémité plufieurs rameaux foibles, inclinés d’un même côté, & garnis de feuilles persistantes , alternes, unies, longues de 3 à 4 pouces, & larges de 12 à 18 lignes. Ses fleurs, par petits bouquets axillaires de 4 ou 5, portées par un feul pédicule , très-odorantes pendant la nuit, dè couleur herbacée, font petites-, compoféès d’un calice tubulé, peu profond , à 5 échancrures ; d’un pétale infundi-buliforme, découpé par le bord en 5 fegments égaux ; de 5 étamines ; & d’un piflil, dont l’embryon avorte dans notre climat;
- 2. Le Jasminoïde Galant-de-jour, Cejlrum 'dturmim, Lin. élève davantage que le précédent &. tige droite, rameufe vers fon extré-
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- J A S M I N O ï b É. 4jfï
- fiaité. Ses feuilles font persiflantes , alternes , d’une forte étoffe ', longues d’environ 3 pouces , larges de 6 lignes , comparées à celles du Lauréole. Ses fleurs dispoféés en petites5 grappes axillaires & fessiles, font blanches, composées comme celles du Galant-de-nui t, odorantes pendant le jour. Elles paroiffent pendant l’automne ; celles du précédent parois-fent péndariit l’été.
- Ces Arbrifleaux fe multiplient par les fe-mences envoyées de l’Amérique méridionale, St plus ordinairement par boutures en mai 8c Juin traitées comme Celles des autres Ârbris-ïèaiix des climats chatids. La Serre-chaude leur eft néceffairê pendant l’hy ver ; on peut les tiiettre en plein air pendant l’été.
- .. .i.... ^
- J A T RO P H A.
- 1é Jatropha , ou Manihoi, Jatropka Ma* nihot, Lin. eft une grande planté, dont la racine, qui a quelque reflemblance avec Celle du Navet, étant péléé'r râpée, débarfafféë avec expreflion de fon fuc laiteux qui eft uit poifon mortel, féchée au feu , & préparée >
- Ff *
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- Serre-chaude,' tient lieu de pain aux habitants d’une grande partie de l’Amérique méridionale. Sa tige cas» fante, quoique ligneufe, s’élève de 3 à 6 où 7 pieds , & fe divife en plufieurs rameaux tortus & mal rangés. Ses feuilles font fort grandes , alternes , palmées à fept digitations étroites à leur bafe , terminées en pointe, de grandeur inégale, dont les trois plus grandes font fumées à leur extrémité. Ses fleurs, d’un jaune très-pâle , dispofées mâles & fémelles enfemble en ombelles terminales , font com-pofées de 5 pétales arrondis, de 10 étamines réunies en un feul corps, ou d’un piftil dont l’ovaire devient une capfule à trois cellules contenant chacune une femence.
- Il fe propage par graines envoyées de l’Amérique ; & par boutures qui, comme celles de toutes les Plantes moëlleufes , s’enracinent facilement ; veut très-peu d’eau dans l’hyver, beaucoup d’air pendant les chaleurs, toujours la Sexre & la tannée.
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- JOUBAKDE EN A. R.B RE. 4f$
- JOUBARBE EN ARBRE.
- Cette Plante grafle, Semper-vivum arboreum , Lin. élève à 8 ou 9 pieds une tige charnue & rameufe. Ses feuilles font épaifles & fuccu-lentes , lancéolées , très - finement dentelées * d’un vert brillant, dispofées autour des tiges & des rameaux, & caduques à mefure qu’ils s’alongent ; de forte qu’il n’y a que leur extrémité qui foit garnie de feuilles couchées les unes fur les autres , & rangées comme les pétales des fleurs doubles en rofe. Du centre de ces rofettes, il s’élève un large épi pyramidal de fleurs d’un beau jaune , compofées d’un calice persiflant divifé en plufieurs échancrures aigues ; d’une douzaine de pétales oblongs, lancéolés, pointus ; de 12 étamines ; & de 12 ( quelquefois davantage ) piftils , dont les embryons deviennent autant de cap-fules contenant de fort petites femences.
- SA variété à feuilles panachées eft plus brillante & plus eftimée, mais plus délicate. L’une & l’autre fe propage par les boutures tenues , après avoir été coupées ou éclatées, en lieu fec pendant huit ou dix jours, & en-
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- '4*4 5 E R R E-C H A V D JS,
- /trife plantées en pots ou en pleine terre à l’ombre, & très-peu mouillées. Une honne Orangerie , pouryû qu’elle foit très - féche, (uiir à «cette Plante qui craint plus l’humidité que le froid. Pendant toute la belle faifon, on l’exppfe en plein air comme les Planter D’Orangerie,
- K A R AT A Sy
- £e KaraxaS , Bromella Pinguin, Lin. espèce «FAnanas fauvage, eft une plante vivace, dont les feuilles excédant fouvent 3 pieds de longueur , font étroites , mucronées, garnies ftir leurs bords dun très-grand nombre d’épines recourbées , & dispofées en différentes directions. Du centre des feuilles , il s’élève à 2 pu 3 pieds une tige affez forte, portant à Ton extrémité un fruit charnu, un peu conique ^ à 3 loges contenant des femences oblongues, pu .plutôt des fruits oblongs réunis enfemhle. ..Ce fruit eft couronné par. une touffe de feuil? |es, & précédé par des. fleurs tubulées.? cam-; paniforrnes , divifées çn trois fegments , qui. ont 6 étamines & un piflih
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- K A R A T A s: Jfîÿ
- On ïe multiplie mieux par fes femences j qui mûriflent dans la Serre, que par fes drageons. Il veut la même culture que l’Ananas ; & la mérite peu ; car fon fruit eft d’une faveur très-âcre & très-acide, qui le fait nommer Citronnier de terre , & fes feuilles épineufes le rendent incommode 8c difficile à manier.
- 't . irai
- KIGGELLAIRE.
- Le KIGGELLAIRE, Kiggellaria Africana , LlNi originaire du Cap, n’élève dans les Serres qu’à la hauteur médiocre d’un arbrilTeau fa tige rameufe à fon extrémité. Ses feuilles longues d’environ 3 pouces fur un de largeur, font dentelées, alternes, portées par des queues fort courtes, & fubsiftent jusqu’à la naiffance des nouvelles. Ses fleurs, en grappes latérales & inclinées , font d’un blanc herbacé , ont f pétales concaves avec chacune une glande ou ne&aire, Se paroiffent en mai ; elles font mâles fur un individu , ayant ro étamines ; & hermaphrodites fur un autre individu , ayant f hiles placés fur l’embryon d’une capfule charnue , ronde , de 7 à 8 lignes de diamètre , <qui s’ouyre en cinq valves -, & contient de
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- 456 S ER'RE-CHAÜDE, petites fementes anguleufes , qui muriffent quelquefois dans la Serre. On peut riÿ placée, cet arbrifleau que dans cette vue, afin de le multiplier par fes graines femées & traitées comme celles des autres Plantes exotiques ; car il fe perpétue difficilement par marcottes & boutures. Une bonne Orangerie lui fuffit.
- i !....
- K L E I N I A.
- Cette Plante greffe, Cacalia Kleinia , Lin, élève à 7 ou 8 pieds une tige charnue, partagée par plufieurs renflements, & produifant fans ordre & fans régularité des branches de mêmes forme & consiflance, garnies vers leur extrémité de longues feuilles lancéolées , dis-pofées fans ordre, fucceffivement caduques, & laiffant fur les branches des cicatrices persiflantes. Ses fleurs , qui fe fuccèdent depuis août jufqrien novembre, font lavées d’incarnat, dispofées en grouppe terminal, tubùlées, infundibuliformes, découpées par le bord en cinq fegments érigés ; elles ont 5 étamines, & un piftil, dont l’embryon devient une fe-mence oblongue & cotonneufe dans les Isles Canaries, mais il avorte dans nos Serres,
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- K L E I N I A, 457
- Elle fe cultive comme les autres plantes grades ; & fe multiplie par boutures traitées de la même façon, qu’on peut laiffer plufieurs mois fans les planter. Quelques Jardiniers la nomment Arbre-à-chou. Elle a plufieurs variétés diftinguées par leurs feuilles.
- , LARME DE JOB D'AMÉRIQUE*
- Cette Plante bifannuelle ou trifannuelle, Coix angulata. , Lin. élève fouvent à plus de 6 pieds une tige folide qui fe ramifie. Dans fa fécondé année , elle produit des épis de fleurs mâles , & des fleurs fémelles compofées comme celles de la Larme de Job commune, quelle furpafle beaucoup en grandeur dans toutes fes parties & fes produrions. Ses graines font un peu anguleufes.
- Elle fe multiplie par fes graines, & veut être conftamment dans la Serre, à moins que l’été ne foit fort chaud.
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- 458 Serre- chaude
- LAURIER-ROSE A FLEUR DOUBLE.
- Çet arbriffeau diffère très - peu du Laurier-Rofe, Section Iere. Ses branches, plus foibles & plus alongées, fe foutiennent moins bien ; ce qui peut-être ne provient que de fon fé-jour presque continuel dans la Serre ou fous les Chaflïs. Ses feuilles font d’une étoffe moins forte, d’ijn vert plus clair , & plus grandes ; leur longueur excède fouvent 14 pouces, & leur largeur un pouce ; elles font oppofées par paires, fouvent par trois. Ses fleurs, qui fe fuccèdent pendant la plus grande partie de Tannée, font odorantes , dispofées en bouquet lâche, terminal , & compofées d’un calice persiflant, à 5 échancrures très-pointues ; de 2 à 4 rangs de 5 ou 6 pétales placés l’un en dedans de l’autre ; le premier rang extérieur eft de la même forme que ceux du Laurier-Rofe commun ; le fécond rang eft beaucoup plus grand, beaucoup plus large & moins arrondi à fon extrémité ; tous font dentelés très-irrégulièrement & peu profondément ; teints de plufieurs tons de rouge, ou comme panachés de rouge clair & de rouge foncé, & la plupart marqués fuivant leur longueur de H*
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- Laurier-Rose a fleur double. 479 gnes & traits blancs. ( Ces pétales ne font que des divifions ou fegments d’un tube. } Ces fleurs ont fouvent 28 lignes de diamètre.
- Il fe propage par marcottes à languette j & par boutures placées dans une couche chaude. Lorfque le Plant eft jeune., il peut erre expofé en plein* air pendant l’été ; mais îorfqu’il eft en état de porter des fleurs , il doit y être peu expofé ; & pendant le tems de fa floraifon il faut le tenir dans la Serre ou fous un Chaflis ; lui donner fréquemment de l’air & de Feau. Il veut une bonne terre. Il pourrait paffer Fhyver dans une bonne Orangerie; mais fes derniers boutons à fleur périflent, & on eft privé de la beauté de cet arbriffeau jufqu’en mai ou juin qu’il recommence, à fleurir.
- LIMODORUM.
- I_E Limodorum , ou FHelleborine tubéreufe d’Amérique, Limodorum tuberofum , Lin. eft: une plante vivace, dont la bulbe poufle deux ou trois feuilles longues de 8 à 9 pouces, larges de 8 à 9 lignes, aigues par les deux mré-
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- 460 Serre-chaude; mités ; & une tige nue, longue de 12 à 18 pouces, terminée par un épi lâche de fleurs prefque fessiles , d’un rouge - pourpre, dont les 5 pétales de forme différente imitent par leur dispofition une fleur papillonnacée. Elles ont 2 étamines adhérentes au piftil, dont l’embryon placé fous la fleur devient une cap-fule à une cellule & trois valves, contenant quelques femences rondes.
- Cette Plante fe propage par fes caïeux; veut une bonne terre, peu d’eau , toujours la Serre ou le Chaflïs. Sa fleur n’a point de faifon fixe ; elle fe montre depuis avril jusqu’en oûobre.
- L I Z E R O N.
- 1. Le Lizeron rouge des Indes, Fleur du Cardinal, Ipomdia Quamoclit, Lin. eff une plante annuelle, grimpante, rameufe, qui s’élève à, J ou 6 pieds. Ses feuilles dispofées fans ordre, longues de 10 à 12 lignes, font compofées de folioles linéaires. Ses fleurs latérales , folitaires, infundibuliformes, longues d’un pouce, évafées à cinq angles , font d’un
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- Lizeron, 461
- rouge très-vif, fe fuccèdent depuis juin jus* qu’en o&obre, font compofées comme celles des autres Lizerons , & fuivies de graines qui mûriffent en automne.
- On feme fes graines en avril fur une couche chaude ; lorsque le Plant eft aflez fort, on le met en pot ; & lorfqu’il devient trop haut pour être contenu fous un chaflis , ojn le transporte dans la tannée de la Serre.
- 2. Le Lizeron violet d’Amérique, Ipomtza yiolacta, Lin. s’élève un peu plus que le précédent. Ses feuilles font grandes , entières , cordiformes. Ses fleurs font difpofées par grouppes fur le côté des branches, d’un bleu tirant fur le violet, arrondies, & non angu-leufes par leur bord. Il fe perpétue, & fe cultive comme le précédent.
- a
- LYS-NARCISSE.
- I. La Serre-chaude efl: néceflaire à plufieurs Lys-Narcisse, tels que le Lys du Mexique, Amaryllis regince , LI N. variété dù Lys-Belladone, dont il diffère par la couleur
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- écarlate pâle de les pétales, & leurs ondula* tions par les bords. Ses tiges s’élèvent beaucoup moins, & ne portent que deux ou trois fleurs;
- 2. Le Lys de Zeylan, Amaryllis Z&ylanica, dont la tige prefque ensiforme ou tranchante des deux côtés porte plufieurs fleurs blanches, dont les pétales égaux font marqués en dehors d’une raie pourpre, fuivant leur longueur. Ses feuilles font larges.
- 3. Le Lys-Narcisse des Indes, Amaryllis oritntalis, dont la tige porte plufieurs fleurs rouges en Lys qui ont les pétales inégaux!, Ses feuilles grandes, oVales-oblongues , rondes par leur extrémité, fe couchent fur lé pot ou font plantées fes grôlTes bulbes rondes1.
- 4. Le LYS du Cap ,Amaryllis Càpenjis, dont les tiges hautes d’environ 2 pieds portent déni ou trois fleurs ronges, campanulées , érigées, dont les pétales font égaux. Ses feuilles font longues, étroites, creufées d’un sillon vers leur extrémité.
- Ges Plantes , dont les feuilles ne paroiflent qu’après que leurs fleurs font paflees, fe multiplient par leurs caïeux féparés aufii-tôt que;
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- Lys-Narcisse; 46 $
- les feuilles font defféchées ; aiment une bonne terre légère ; veulent très-peu d’eau pendant leur repos, mais de légers & fréquents arro-fements pendant leur végétation , fur - tout lorsque leur tige commence à pâroître, & le plus d’air qu’il eft possible. Elles font mieux placées dans la tannée qu ailleurs.
- ' CJi'iii. 1 ... - :T"<i-J"", .1-! rsr'lii
- M A L V A V I S C.
- Le MalvAvise , ou la Mauve visqueufe > Hibifcus Maivavifctts , Lin. eft un arbriffeau dont la tige rameufe s’élève à 9 ou 10 pieds. Ses feuilles font cordiformes, entières, taillées à pans qui- forment des angles très-obtus, crénelées par le bord. Ses fleurs folitaires , axillaires, de couleur écarlate, grandes, com-pofées comme celles des Mauves , n’épanouis-fent point leurs pétales, qui demeurent roulés l’un fur l’autre ; elles font fuivies de baies arrondies, visqueufes,, rouges dans leur maturité , enveloppant une capfule dure, à cinq cellules qui renferment chacune une femence.
- Il fe multiplie par boutures en terre légère fur couche ; & peut être mis en plein air à une bonne expofition pendant une partie de l’été*.
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- 464 Serre-chaude
- MANCENILLIE R.
- L E Mancenillier , Mancinier , Argoufle, Hyppomane Mancanilla , Ll N. eft un grand arbre des Isles de l’Amérique, fort vénimeux dans toutes fes parties , & rempli d’un fuc laiteux & très - cauftique. Trop délicat pour devenir grand dans nos Serres où il faut le tenir conflamment, l’arrofant fobrement * il ne peut y faire que variété par fes feuilles persiflantes , ovales , terminées en pointe aigue , légèrement dentelées, comparées à celles du Poirier pour la forme & la grandeur, mais d’un vert plus luifant, & portées par des queues plus courtes.
- M A R A N T A,
- Cette plante vivace par fes racines noueufes & charnues, Maranta arundinacea, Lin. pouffe des feuilles radicales, longues de 6 à 7.pouces , larges de 2 à 3 , étroites aux deux extrémités , &: terminées en pointe, de la meme étoffe & prefque de la même forme que celles du Cannacorus. Ses tiges font hautes de 18 à
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- M A R A N T A. 4<5f
- 20 pouces, & un peu rameufe yers leur extrémité. Ses fleurs en épi lâche , terminal, portées par de longs pédicules, font petites, monopétales, tubulées, labiées ; elles ont une étamine , & un piflil, dont l’ovaire placé fous la fleur, devient une capfule triangulaire renfermant une femence.
- Elle fe perpétue par fes femences, & mieux par fes racines éclatées en mars, & plantées dans des pots remplis de bonne terre légère ; veut être tenue conftamment dans la tannée, lors même quelle eft dépouillée de fes feuilles & dans l’ina&ion ; craint également la fé-cherefle & l’humidité. On cultive dans les Indes un autre Maranta à tige Ample , & à plus petites fleurs, du refte prefque entièrement femblable , & aufli peu propre à décorer nos Serres. Ses racines font alexipharmaques.
- Je. ferois mention de plulieurs espèces & variétés de Mauve des Indes ou Sida, li elles ne faifoient pas .plus d’embarras que d’ornement dans une Serre. La plûpart étant annuelles, & toutes pouvant être traitées comme telles, en les femant de bonne heure au printems, ou mieux dès l’automne, & avançant le Plant, elles donneront des graines mûres en automne.
- Gg
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- %66 Serre-gh AUDE;
- s
- MARTY NIA,
- lié Cette plante, Martynid annua, Lin. élève de 2 à 3 pieds des tiges rameufes, velues, Jherbacées. Ses feuilles font longues d’environ 5 pouces fur plus de 3 de largeur, velues, yisqueufes , ovales - alongées , terminées en pointe , coupées en pans par les bords ou angulaires. Ses fleurs , raflemblées en épis courts , font lavées de pourpre , belles., com-pofées d’un calice à 5 échancrures ; d’un pétale campaniforme, dont le tube large 8c renflé a un ne&aire à fa bafe , 8c dont le bord découpé en 5 fegments obtus, deux érigés 8c trois inclinés, fait paroitre la fleur labiée ; de 4 étamines courbées l’une fur l’autre & de longueur inégale ; 8c d’un piftil dont l’embryon furmonté d’un Aile, 8c placé au deflous des pétales, devient une capfule oblongue, dont le brou épais 8c gluant couvre une forte de noyau très-dur qui eA comparé à un cerf-volant pour la forme 8c la* grofleur , ayant à fon extrémité deux fortes cornes courbées. Dans ce noyau font quatre loges, dont ordinairement deux contiennent chacune une fe-mence oblongue.
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- MARTYNIA. 467
- 2. Le Martynia de la Louifiane, Martynia 'Louifiana, pouffe des tiges graffes, visqueu fes, rameufes * qui ont befoin de tuteurs. Ses feuilles font plus grandes que celles de l’espèce précédente , la plûpart entières. Ses fleurs , lavées de rouge , dispofées & compofées de même , font fuivies par des fruits beaucoup plus longs ( de 4 à 5 pouces ), pareillement couverts d’un brou vert.
- 3. Le Martynia vivace, Martynia pérennisa a des racines noueufes, charnues, vivaces , qui pouffent des tiges annuelles , rouges , épaiffes, hautes de lo à 12 pouces; garnies de feuilles presque fessiles, oblonguês, dentelées , rouges en dehors ; & terminées par un épi de fleurs bleues auxquelles il ne fuc* cède point de fruit.
- Les deux premières espèces fe propagent par leurs noyaux femés à la fin de mats eft pots remplis de terre graffe & légère »&'plongés dans la tannée ou dans une couche chaude, & fouvent moüiilés. Le Plant fê transplante fort petit en pots , & ën peu de terris ett demandera de plus grands, étant fouvent ar-ffofé, & tenu conflamment dans la tannée. La
- Ggz
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- '468 S E R R E-e H A U D E dernière fe multiplie par fes racines éclatées Vers la mi-mars ; & veut être dans la tannée pendant le tems même de fon ina&ion. Lorsqu’elle commence à repoufler, il faut la mouiller fréquemment & fobrement, & lui donner de l’air.
- MELON ÉPINEUX,
- i. Le Melon épineux , Melon - Chardon ; Cactus Mdo-caetus, Lin. efl un plante grade d’une forme fingulière. Il reffemble à un gros Melon vert, sillonné de quatorze côtes profondes & hériffées d’épines fortes & très-aigues, & renfermant une pulpe verte, molle & aqueufe. Sa hauteur excède quelquefois 2 pieds, & fon diamètre io pouces. De fa partie fupérieure il naît des fleurs compofées d’un calice mono-* phylle tubulé, & découpé* en 6 échancrures; de 6 pétales ; de 6 étamines ; & d’un piflil, dont l’embryon furmonté d’un flile, & portant la corolle , devient un fruit charnu & conique , qui n’a qu’une cellule, contenant des femences anguleufes.
- 2. Le petit Melon épineux, Cactus Mitïs; peut parvenir à un pied de hauteur ; il eft
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- Melon épineux. 469 cotonneux & garni de petites épines foibles i fes fleurs naiflent de toutes fes parties, & font fuivies de fruits d’un beau rouge qui fubsis-tent pendant tout l’hyver, & enfuite fe deffé-chent.
- 3. Le Melon épineux prolifère, Cactus prolifcrus, un peu plus grand que le précédent , produit un grand nombre de mamelons couverts d’un duvet fin. Les fleurs nais-fent de toute part entre ces mamelons, & ne produifent aucun fruit ; mais à leur place il fort de petites branches, fi l’on peut nommer ainfi ces produâions.
- Les deux premiers fe multiplient par leurs femences jettées fur la furface d’une terre compofée de fablon & de décombres pulvé-rifés, qui convient à ces Plantes. Le dernier fe propage , comme la plupart des Plantes grafies , par les boutures faites de fes branches dont on laifle fécher la plaie. Le premier veut être placé dans l’endroit le plus chaud de la Serre pendant l’hyver , & dans la tannée pendant les autres faifons. Quoique les derniers n’exigent pas tant de chaleur , ils s’en accommodent bien. Tous craignent extrêmement l’humidité.
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- PALMIER,,
- I_e Palmier-Dattier , Phœnix Daclyllfcra, Z/iv. eft un arbre dont la croiffance eft extrêmement lente dans nos Serres, oii, quoique tenu conftamment dans la tannée, il acquiert à peine 2 pieds de hauteur en vingt ans. Sa tige fimple fans rameaux , & cylindrique, eft compofée d’une moelle gluante qui fucces-fivement devient ligneufe dans la circonférence , ( le centre eft toujours rempli par une très-greffe moelle ) & toute formée de fibres longitudinales ; fa furface extérieure confer-vant l’empreinte des queues des feuilles, qui font long-tems persiflantes, eft fort rabotteufe. Les feuilles naiffent alternativement du fom-met de la tige , & fe rangent en parafol ; leur pédicule, dont la bafe eft fort large, fe prolongeant jufquà 6 ou 7 pieds dans les arbres qui oftt acquis quelque hauteur, font garnis d’un feul rang de folioles longues de 2 à 3 pieds vers la bafe du pédicule, larges d’environ un pouce, terminées par une épine, fermées en gouttière , & relevées en dehors dune fibre faillante. Ses fleurs, mâles fur un
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- Palmier;
- individu, femelles fur un autre, font com-pofées d’un calice à 6 feuilles dispofées fur deux rangs; de 6 étamines; ou de 3 piflils, dont 2 font avortés. fCes fleurs naiflent en grappe enveloppée d’un fpathe caduc ; les fé-, nielles donnent des baies ou petits fruits ovales , dont la pulpe épaifle enveloppe un noyau oblong, ofleux, creufé d’un sillon longitudinal.
- Il fe multiplie par fes femences envoyées de fa patrie ; veut une bonne terre grade & légère, très-peu d’eau pendant l’hyver, peu & fouvent pendant fété. Lorfqu on le change de pot ou de caifle, foit pour lui en donner de plus grands, foit pour renouveller la terre, il ne faut ni retrancher ni endommager aucune de fes racines.
- PALMISTE.
- Le Palmiste, ou Chou-Palmifte, Areca ok~ raua, Lin. eft un Palmier qui élève aufli lentement & plus haut que le précédent fa tige Ample & unie, qui ne conferve que les marques légères de l’infertion des feuilles. La longueur de fes feuilles efl prefque double ;
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- 47i Serre-chaude, mais leurs folioles font beaucoup plus courtes & plus étroites , sillonnées par plufieurs nervures longitudinales , terminées par des découpures inégales avec une pointe très-aigue & molle. Les jeunes feuilles avant leur développement, étant encore renfermées dans fa tige & couvertes par celles du centre, font blanches & tendres, comme celles des Choux-pomme. On coupe environ 2 pieds du fom-met de la tige, on les détache , & on les employé en aliment comme légumes ; mais alors l’arbre périt, parce qu’il n’y a fous les feuilles aucuns yeux à bois pour produire des branches. Ses fleurs en longues grappes claires & diflitfes font mâles , ou fémelles, fur diffé-rens individus ; celles - ci font fuivies par de fort petites baies.
- Il le multiplie par fes femences, & fe cultive comme le précédent. Je ne parle point du ver du Palmifte, Chryfalide provenant des œufs qu’un Scarabée dépofe dans la moelle du Palmifte, lorfqu’il eft abattu.
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- Papayer,
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- PAPAYER.
- L e Papayer , ou la Papaye, Carica Papaya, Lin. eft félon quelques-uns un arbre , félon d’autres une plante, qui acquiert en peu d’années la hauteur des plus grandes Serres ( 18 à 20 pieds. ) Sa tige eft fort grofle, creufe, molle & herbacée. Ses feuilles , portées par de longues queues creufes, font alternes, fort grandes , découpées irrégulièrement & très-profondément en plufieurs lobes , d’un vert luifant. Ses fleurs, mâles fur un individu, font en panicules axillaires portées par de très-longs pédicules ramifiés à leur extrémité en petits pédicules qui foutiennent chacun une $eur odorante, compofée d’un calice de cinq très-petites feuilles ; d’un pétale blanc, tubulé, à 5 divifions étroites & obtufes; & de io étamines inégales. Les fémelles, fur un autre individu , font en bouquets rapprochés , axillaires , portées par des pédicules très - courts, compofées de 5 pétales , & d’un piftil, dont l’embryon devient un fort gros fruit charnu, de forme peu confiante , ovale, pyramidale, fphérique, &c. à une grande loge partagée par
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- 5 lignes fuivant fa longueur, & contenant un grand nombre de petites femences ovoïdes. Toutes les parties de la Plante & le fruit mêm© font remplies d’un lait très-âcre.
- Les graines du Papayer n’acquièrant pas dans nos Serres un dégré de maturité fufHfant, on le multiplie par celles qui font envoyées des contrées chaudes de l’Amérique, femées au printems dans des pots remplis de bonne terre légère, & traitées comme celles des autres Plantes des mêmes climats. Le Plant veut être transplanté en motte bien entière, mouillé fobrement, mais fréquemment, pendant l’été,
- 6 rarement en hyver, tenu conftamment dans la tannée.
- PERVENCHE-ROSE.
- La Pervenche-rose , ou Pervenche de Ma-dagafcar, Vinca rofea , Lin. eil une plante vivace qui élève jusqu’à 3 pieds une tige droite rameufe, dont les feuilles font oppofées, en croix alternativement. Elles font fimples, unies, ovales terminées en pointe obtufe, prefque fessiles, longues de 26 à 30 lignes, larges
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- Pervenche-rose. 475 de il ou 12. Ses fleurs, qui fe fuccèdent pendant près de fix mois, font axillaires , géminées, monopétales, tubulées, d’un pouce & demi d’évafement, découpées jufqu’au tube en 5 fegments larges à leur extrémité & de couleur de rofe d’autant plus foncé qu’il approche davantage du tube ; elles font compo-fées comme celles de la Pervenche commune, & fuivies d’une silique pointue, longue d’environ un pouce, contenant de petites femen-ces rondes.
- Cette jolie Plante qui, fur-tout dans fes premières années, a la forme d’un arbriffeau, fe propage par fes graines femées fur couche vers le commencement de mars ; étant plantée en bonne terre , & fouvent mouillée, elle: fleurira vers la fin de l’été, & fes graines parviendront à maturité. On pourra la porter dans la Serre où elle continuera à fleurir ; ou la laifler périr, & la traiter en plante annuelle qu’il efl: facile de renouveller tous les ans.
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- P E T R E,
- Le PETRE grimpant, Petr&a volubilis, Lin, eft un rare & hel arbrifleau de l’Amérique méridionale, dont les branches farmenteufes font garnies de grandes feuilles ovales, pointues par les deux extrémités, d’une forte étoffe, dispofées 2à2,ou3Ù3;& dont les fleurs en longues grappes pendantes font plus brillantes par leur calice d’un beau bleu, persiflant, campaniforme, découpé profondément en 5 larges fegments épanouis, que par leur pétale blanc en tube plus court que le calice.
- Il fe multiplie par femences envoyées de fa patrie.
- PHYTOLACC A.
- Le PHYTOLACCA en arbre, Phytolacca dioïca, élève à 18 ou 20 pieds une grofle tige li-gneufe & rameufe. Ses feuilles font ovales-lancéolées, larges d’environ 3 pouces fur le double de longueur, vertes d’abord, & enfuite rouges. Ses fleurs, mâles fur un individu * fé-
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- P H Y T O L À C C Al 477 «telles fur un autre, font dispofées comme celle du Railin d’Amérique, & compofées de même, excepté le piftil qui manque aux unes , & les étamines aux autres.
- Il fe multiplie par boutures pendant tout l’été ; veut une terre légère ; & peut être ex-pofé en plein air depuis juin jusqu’au commencement d’o&obre.
- PIMENT,
- I, He PiMENT Cérife, Capjicum Cerasiforme9 Lin. eft une plante bien faite, rameufe, peu élevée, dont les feuilles portées par de longues queues, font fasciculées, d’un beau vert brillant. Ses fleurs font compofées comme celles du Poivre-long. Ses fruits font ronds, de la grofleur d’une Cérife , & d’un beau rouge éclatant.
- 2. Le Piment pyramidal, Capjicum pyramidale , s’élève beaucoup davantage. Ses feuilles font lancéolées & très-étroites. Ses fruits jaunes, de forme pyramidale, très-nombreux, érigés, fubsiftent plufieurs mois fur la Plante*
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- 3. Le Piment Poivre-d’Oifeau , Capjicum minimum , s’élève autant que le précédent ( 3 ou 4 pieds ), & eft garni de larges feuilles arrondies à leur extrémité. Ses fruits font érigés, ovales, d’un beau rouge, petits, mais d’une faveur plus forte & plus âcre qiie ceux des autres Piments.
- Ces variétés auxquelles on pourroit join* dre le Piment Poivre -de-Poule à fruit très-rouge en cône obtus, Capjicum conoïde ; de le Piment - olive , Cdpjîcum olivct*-forme , à fruit ovale s fe multiplient par leurs graines femées -fur couche. Lorfque le Plant a cinq on fiX feuilles, on ; le plante en pot, on le laide fous les Chaffis ; dans l’automne, on le porte dans la Serre où fes fruits achèvent de mûrir, & fe confervent jusqu’en février. Alors on détruit les plantes ; car quoiqu’elles puissent fur vivre à ces premiers fruits, elles ne confervent point leur beauté, leur vigueur; & leur fécondité eft beaucoup moindre. Ces Plantes font pendant l’hy ver un bel effet dans la Serre.
- a
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- Plumeria;
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- P L U M E R I A.
- Le Plumeria , ou Jafmiu rouge des Indes, Piumeria rubra > Lin. eft un grand arbrifleau rempli d’un fuc laiteux & très-eauftique, dont les tiges & quelques branches qu’elles pous-fent vers leur extrémité, ne font que fous-ligneufes. Ses feuilles font caduques, alternes , ovales-oblongues, plus grandes que celles du Laurier , un peu obtufes. Ses fleurs, dispofées en corymbe terminal, font odorantes, aflez femblables à celles du Laurier-rofe , qui efl: de la même famille, compofées d’un petit calice persiflant divifé jusqu’à fa bafe en 5 échancrures ; d’un pétale en long tube infun-dibuliforme, à 5 divifions ovales ; de 5 étamines fubulées ; d’un piftil, dont le double ovaire devient ( dans l’Amérique méridionale ) deux capfules ovoïdes remplies de femences plates, ailées. Ces fleurs paroiflent pendant l’été, & font d’un rouge-rofe, ou de couleur de lacque.
- Cet Arbrifleau, dont il y a plufieurs variétés diflinguées par la grandeur & la for-
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- jfio Serre-chaude, me des feuilles, & par la couleur des fleurs, fe multiplie par fes femences envoyées de fa patrie, femées en pots remplis de terre légère, & plongés dans la tannée. Le Plant veut être peu arrofé, fur-tout pendant fon repos ; beaucoup airié pendant l’été ; & tenu conftamment dans la Serre, & même dans la tannée jusqu’à ce qu’il ait acquis de la grandeur & de la force. Il peut auffi fe perpétuer par boutures, dont il faut laiffer pendant long-tems fécher & cicatrifer les plaies, avant de les planter.
- g8g..,'lTrr:.:r —.,ï'i: ns.i . ___x
- POINCILL AD E.
- Ce bel arbrifleau, Poincianapulcherrima, Lin, excède quelquefois 12 pieds de hauteur dans nos Serres, & fe ramifie à fon extrémité. Chaque nœud des branches eft armé de 2 épines courbes, courtes, & fortes, & garni de feuilles recompofées, dont chaque aile ( 10 ou 12) contient un grand nombre ( au moins 8 ) de folioles d’un verd clair, odorantes étant écra-fées , étroites à leur bafe, larges de demi pouce vers leur extrémité, longues de 8 ou 9 lignes. Les fleurs, dispofées en épi terminal plus ou moins rapproché ou alongé , font
- portées
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- POINCIILÀDE. 481 portées par de longs pédicules , odorantes, panachées de jaune & de rouge , compofées d’un calice à 5 feuilles, caduc ; de 5 pétales presque égaux , arrondis par leur extrémité ; de 10 étamines ; & d’un piftil , dont l’ovaire fubulé devient une silique divifée transver-falement par des cloifons en plusieurs loges, contenant chacune une femence plate.
- Il fe perpétue par fes graines apportées de l’Amérique méridionale, femées féparément dans de petits pots remplis de terre fablon-neufe , plongés dans une couche chaude. Le Plant doit être dépoté en motte bien entière , très-peu mouillé pendant l’hyver, fai-fon où il donne fes belles fleurs, tenu constamment dans la tannée au même dégré de chaleur que l’Ananas.
- p!T" .a— 1 : .y.1-.1 a..,.-., -zss
- POIRE D’A FO CAT.
- CfcT Arbre, Laurus Perfea, Lin. commun à Saint-Domingue, à la Jamaïque, & dans toute l’Amérique Efpagnole , y élève de 20 à 30 pieds une tige , dont les branches font garnies de feuilles ovales - oblongues , un peu
- Hh
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- 43 i Serre-chaude}
- reffembîantes à celles du Laurier , d’un vert foncé, lifles , d’une forte consiftance , qui ne font point caduques. Ses fleurs, prefque terminales , font compofées de 6 pétales très-pointus ; de 6 étamines ; & d’un piftil, dont le fHle efl: terminé par l’embryon d’un gros fruit charnu , pyramidal, renfermant un gros noyau tendre & ovale. Les fleurs font blanches & petites. Les fruits deviennent en mûriflant d’un rouge foncé , & font de grand ufage pour les hommes & pour les animaux en Amérique. Dans nos Serres, il ne produit ni fleurs ni fruits ; il n’y efl admis que pour fon feuillage.
- Il fe multiplie par fes noyaux envoyés de fa patrie , femés dans des pots remplis de bonne terre légère, plongés dans une tannée, mouillés feulement pour entretenir l’humidité néceflaire pour la germination des femences. Le Plant demeure toujours dans la Serre, & fe place pendant l’hyver dans la tannée où une médiocre chaleur lui fufHt ; pendant l’été il veut beaucoup d’air.
- O N pourroit lui aflocier l’Abricotier de Saint-Domingue , Mammea Am&ricana , arbre qui s’élève beaucoup davantage dans les me-
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- Poire d’Avocat. 485 toies climats ; dont les grandes feuilles arrondies , liffes, fortes , fubsiftent toute l’année ; & dont les fleurs compofées d’un petit calice caduc, de 4 larges pétales , de plufieurs étamines , & d’un piftil , font fuivies de gros fruits fphériques , d’un vert jaunâtre, d’une faveur agréable , contenant d’urt à 3 noyaux* Il fe propage comme le Perfea ; veut un peu plus de chaleur , & être moins à fon aife dans le pot ou la caiffe où il eft planté;
- R A N D /.
- Cet Arbriffeau de la Vera-Cruz, de la Jamaïque & d’autres Isles, Randia mitis, Lin. pouffe des branches oppofées en croix , garnies d’épines courtes & de feuilles oppofées par paires , persiflantes , petites , épaiffes , ovales, un peu découpées à leur extrémité , prefque fessiles. Ses petites fleurs blanches , latérales , tubulées , ont peu d’éclat ; elles font fuivies de baies ovales contenant plufieurs femences, par lesquelles il fe multiplie.
- Il aime une terre légère entretenue fraîche par de petits arrofements ; lorsqu’il a acquis de la force, il n’a befoin que'd’une chaleur modérée , & peut paffer l’été en plein air.
- Hh z
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- RAQUETTE.
- La Raquette , Figue d’Inde, Cardaffe, eft Une plante graffe, qui a plulieurs variétés, dont les principales font :
- 1. La Raquette commune, Semelle du Pape, Cactus Opuntia , Lin. Elle pouffe des petites branches ( quelques-uns nomment improprement feuilles les branches des Raquettes, parce quelles en ont la forme ) ovales , ap-platies des deux côtés , comme articulées les unes, aux autres, ainfi que celles des autres variétés ; leur furface eft parfemée de petites tumeurs garnies de petites épines très-fines & très-piquantes ; elles s’étendent horizontalement ; font d’abord tendres, & deviennent enfuite comme ligneufes. Sur leurs côtés, & plus ordinairement fur leurs bords fupérieurs, il naît des fleurs jaune-pâle, affez grandes, compofées de plufieurs* pétales ( une dixaine ) concaves , arrondis à leur extrémité, d’un grand nombre d’étamines ; & d’un pifiil, dont l’embryon qui eft placé au deffous de la fleur, devient lin fruit un peu alongé, dont la peau
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- Raquette. 485
- eft parfemée de petits faisceaux d’épines, & dont la chair efl: rouge, & renferme plufieurs femences. Les fleurs ne paroiflent que lorsque les fruits font près de mûrir.
- 2. La Raquette Figuier d’Inde, Cactus Ficus Indica , Lin. dont les branches de la même forme que celles de la précédente, font plus grandes , fe foutiennent droites , & font parfemées de faisceaux de longues épines rangées en étoiles. Ses fleurs font plus grandes,
- de couleur plus foncée.
- 3. La Raquette à Cochenille , Cactus Cochenillifer, Lin. dont les branches pareillement ovales-oblongues fe foutiennent fort droites , font longues de 8 à 10 pouces , plus renflées, presque lifles , n’ayant que très-peu d’épines molles. Ses fleurs font petites, de couleur de pourpre.
- 4. La Raquette de Curaçao, Cactus Cw-rajfavicus, Lin. dont les branches font fort petites , cylindriques, renflées , garnies d’un très-grand nombre de fines épines blanches ; elles fortent les unes des autres fans ordre , & fe foutiennent mal.
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- 486 Serre-chau.de;
- 5* La Raquette-Cierge, Cactus Phyllan-thus, Lin. dont les branches comparées aux feuilles de Scolopendre, font minces , longues, étroites , ensiformes , fans épines, linuées par les bords , & garnies de dents obtufes tournées en arrière, desquelles naiflent les fleurs d’un jaune-pâle.
- 6. Là grande RAQUETTE, Opuntia maximal Tourn. dont les branches ovales, très-épais-fes , excédant fouvent un pied de longueur fur 8 pouces de largeur, peu épineufes * de-viennent très - dures, & prennent presque la forme d’un Cierge,
- Ces variétés, & les autres que j’omets, fe multiplient par boutures. On détache, en éclatant ou coupant, une branche ; on l’expofe en lieu fec pendant quinze jours ou plus, pour que la plaie foit bien féchée ; on la plante dans un petit pot rempli de terre légère améliorée avec de vieux mortiers de chaux pul-vérifés, ou du fablon de mer ; on le place à l’ombre, mieux fur une couche ou dans la tannée, jusqu’à ce que la branche foit enracinée. On a coutume d’expofer ces Plantes en plein air pendant l’été, & de les placer dans
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- R i v i n i a; 487
- F Orangerie pendant l’hyver près les fenêtres, afin quelles aient plus d’air & moins d’humidité ; le mieux eft de les tenir conftamment dans la Serre fur le devant près le vitrage.
- R I V I N I A.
- î. H, E Rivinia humilis, Lin. eft une plante vivace, ou un arbriffeau, dont les branches font garnies de feuilles de médiocre grandeur, alternes, persiflantes, peu- nombreufes , lancéolées , pointues par les deux extrémités , fortes, d’un vert luifant. Ses fleurs en longues grappes latérales & terminales, font fans pétales, mais leur grand nombre, & leur calice rouge, leur donnent de l’éclat : quelquefois elles font fuivies de baies rondes, d’abord rouges, enfuite jaunes.
- 2. Le Rivinia fcandens , eft un arbriffeau grimpant , dont les feuilles font grandes, lancéolées, presque fessiles, comparées à celles du Solanum. Ses fleurs en longues grappes latérales font fuivies de baies bleues.
- Ils fe multiplient par femences envoyées de l’Amérique méridionale, lentes à germer ;
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- 48S Serre-chaude; veulent peu d’eau. Quoiqu’originaires de climats très-chauds , lorsqu’ils ont acquis de la force , ils peuvent pafler l’été en plein air, & ils n’ont befoin que d’une chaleur modérée dans la Serre où ils font au moins variété par leur feuillage pendant l’hyver.
- RONDELETI A.
- I. He Rondeletia Amzricana , Lin. eft un ar-brifleau de la Jamaïque & de l’Amérique Espagnole, très-rameux', comparé au Laurier-Tin, dont les feuilles font fessiles, alternes, oblon-giies , pointues , persiflantes. Ses fleurs, en grappes terminales , font blanches, monopétales , tubulées en entonnoir, découpées par le bord en f fegments réfléchis , & fuivies ( dans leur patrie ) de capfules rondes, bilo-culaires, contenant quelques femences.
- 2. Le Rondeletia, Afiatica , eft un arbrifleau du Malabar & de Zéïlan, moins grand que le précédent , dont les feuilles, les unes alternes , les autres oppofées par paires , font presque fessiles , fortes , persiflantes , oblon-gues , d’un vert très-luifant. Ses fleurs, en grappes courtes, terminales , font odorantes.
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- Rondeletià. 489
- Ces Arbrifleaux délicats fe multiplient par leurs femences.
- RU E L L I A.
- C’est une Plante de l’Amérique méridionale, Rudlia tuberofa, Lin. dont les racines noueu-fes, tuberculeufes, charnues, dont la tige haute de 4 ou 5 pouces produit deux ou trois petites branches garnies de petites feuilles fpatulëes, de grandeurs inégales, & oppofées. Ses fleurs font latérales , binées fur un pédicule , & terminales ternées , bleues, éphémères , monopétales en long tube évafé en cloche & découpé par le bord en 5 fegments obtus. Elles paroiflent en juillet, & font fui-vies de capfules ou siliques ovales ou coniques , biloculaires , qui s’ouvrent avec éclat, & lancent leurs femences, par lesquelles cette Plante fe multiplie, dans fon pot & dans les pots voifins, fans qu’ordinairement il foit né-ceflaire de les femer. Elle veut une chaleur modérée, une bonne terre légère , & des pots très-profonds où fa racine vivace puifle piquer avant.
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- 490 Serre-chaude;
- Il y a plufieurs autres espèces de RueUia.; dont les fleurs font d’autres couleurs, moins grandes , & d’une durée encore moindre.
- SAUGE.
- On donne place dans la Serre - chaude à quelques variétés de Sauge du Cap de Bonne-Efpérance.
- 1. La grande SAUGE d’Afrique, Salvla aurea> Lin. élève à 7 ou 8 pieds une tige en ar-briffeau , garnies dans toute fa longueur de rameaux dispofés horizontalement. Ses feuilles font grifes, presque rondes, entières, excepté à leur bafe où elles font comme déchirées & dentelées. Ses fleurs en épis courts , denfes , terminaux, font grandes, d’un jaune doré.
- v
- 2. La SAUGE d’Afrique, Salvla. Africana , Lin. élève moins ( 4 ou 5 pieds ) fa tige ra-tneufe. Ses feuilles font ovales , grifes, dentelées , déchirées à leur bafe. Ses fleurs, qui fe fuccèdent presque tout l’été, font grandes , d’un beau bleu, dispofées en têtes verticillées.
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- Sauge, 491
- Quelques-uns la nomment Sauge fauvage à fleur violette.
- Elles fe multiplient par boutures fur couche au printems, fans couches en été ; veulent beaucoup d’eau pendant l’été, peu pendant l’hyver quelles pourraient paffer dans l’Orangerie.
- SENSITIVE.
- Toutes les Sensitives, ou Mimeufes ; font fensibles au toucher des corps quelconques , refferrant , fermant , inclinant leurs feuilles , plus ou moins fuivant la variété, fuivant leur vigueur , & le dégré de chaleur dans lequel elles font tenues. On en didingue un grand nombre d’espèces ; les unes font annuelles ; les autres plus ou moins vivaces; il y en a qui s’élèvent peu ; quelques-unes acquièrent la hauteur dun arbriffeau. Je me bornerai à un petit nombre.
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- 1. Sensitive baffe, Mimofa pudica, Lin. Elle pouffe plufieurs tiges ligneufes, inclinées & comme rampantes , armées de petites épi-
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- 4p2 Serre-chaude; nés crochues. Ses feuilles font compofées de quatre ou cinq feuilles ailées réunies par leur bafe à l’extrémité de la queue , comme les lobes des feuilles digitées ; ces ailes, longues de 12 à 15 lignes, font formées d’un grand nombre de petites folioles appofées par paires. Ses fleurs en petits grouppes axillaires font jaunes , compofées d’un calice à 3 échancrures ; de 4 étamines ; & d’un piftil, dont l’embryon devient une silique courte, appla-tie, noueufe , qui contient quelques femen-ces. Non - feulement fes folioles , mais auflî leurs pédicules montrent de la fenfibilité au moindre toucher.
- 2. Sensitive vraie, Mimofa Senjîtiva , Lin. Elle élève à 6 ou 7 pieds des tiges grêles, ligneufes, rameufés, épineufes. Ses feuilles portées par des queues pareillement garnies d’épines recourbées , font compofées de quatre feuilles allées plus longues & plus larges que celles de la précédente, formées d’un grand nombre de folioles oppofées par paires, lentes à s’incliner lorsqu’on les touche. La partie fupérieure des tiges & des branches porte plufieurs épis courts ou têtes latérales & terminales de fleurs lavées de pourpre, qui
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- Sensitive. 493
- ont f étamines, & un piftil, & font fuivies de siliques larges & plates.
- 3. La Sensitive d’Italie, ou de Fernam-bour, Mimofa Pe.rnambuca.na, Lin. eft fans épines. Ses tiges font penchées ou inclinées, longues d’environ 2 pieds. Ses feuilles font compofées de fix ou huit feuilles ailées oppo-fées fur la queue commune, formées de fort petites folioles deftituées de fentiment. Ainfi fes feuilles font bipinnées. Ses fleurs en petites têtes ont 5 étamines ; celles du fommet en font dépourvues. Ses siliques font longues & fort étroites. Quelques-uns la nomment Senjï-tive parejjeufe ; mais M. Linné donne ce nom à une autre Mimofa.
- Les Sensitives fe multiplient par leurs graines femées fur couche de bonne heure au printems. On transporte le Plant fur plufieurs couches fuccefîivement, pour l’avancer, lui donnant fouvent de l’ait, & de fréquents mais légers arrofements. On peut l’expofer en plein air pendant l’été, mais il deviendra plus grand & plus vigoureux , étant tenu conflamment fous les Chaflis ou dans la Serre. La dernière espèce peut y furvivre à l’hyver.
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- 494 Serre-chaude;
- solanum.
- Plusieurs Solanums, ou Morelles exoti-ques , ne peuvent fubsifter dans notre climat fans le fecours de la Serre-chaude; tel efl,
- I. Le Solanum d’Afrique, ou Pomme d’amour > Solanum Sodommtm, Lin. fous-arbris-feau haut de 2 ou 3 pieds, dont les branches courtes & grofles , armées de fortes épines courtes, font garnies de feuilles longues d’environ 4 pouces * larges de 2 , découpées profondément & régulièrement en fegments oppo-fés & dentelés obtufément, & garnies d’épines des deux côtés. Ses fleurs en petit grouppe latéral font grandes, bleues 5 comparées à celles de la Bourrache , compofées comme celle des autres Solanums, & fuivies de baies jaunes. Il fe multiplie par fes graines.
- 2. Le Solanum des Indes à fleur de Bourrache , Solanum Indicum > Lin. plante ligneufe, de même grandeur que le précédent, pareillement armé d’épines fur les branches & fur les feuilles , qui font longues de 18 lignes, lar-
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- S O 1 A N ü M:
- ges d'un pouce,,un peu cotonneuses des deux côtés > & régulièrement dentelées. Ses fleurs en grouppe plus alongé, font un peu plus grandes, & Suivies de plus grofles baies jaunes, remplies de graines par lesquelles on le multiplie.
- 3. Le SOLANUM de Caroline , Solanum Ca-rolinienfe , Lin, dont ia tige ligneuSe, haute de 3 à 4 pieds , & Ses rameaux Sont garnis d’épines droites , de feuilles fort distantes les unes des autres , un peu plus grandes que celles du précédent, cotonneufes en dehors , ovales, finuées, dentelées, épineufes. Ses fleurs en ombelles terminales & Sessiles, font grandes ., d’un beau bleu 3 & Suivies de petites baies rouges.
- 4. Le Solanum à feuille de Bouillon-blanc; Solanum Ferbafcifolium, Lin. dont la tige li-gneufe , haute de 8 ou 9 pieds , & Ses rameaux font couverts de duvet. Ses feuilles, les unes alternes, les autres oppofées, portées par de longues & fortes queues , font fort grandes , terminées en pointe aigue, ovales-lancéolées , entières, cotonneufes en dehors. Ses fleurs, dispofées en large ombelle érigée & terminale , font grandes, blanches, & Suivies de baies jaunes.
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- 4S>6 S erre-chaude,
- Le Solanum de Quito, ou Oranger de Quito, Solanum Quiiocum, Lin, dont la tige cylindrique, ligneufe & rameufe, eft garnie de grandes feuilles oppofées , découpées en 14 ou 15 fegments , couvertes d’un duvet velouté violet-clair en dedans, foncé en dehors. Ses fleurs font blanches lavées de violet , & fuivies de baies. Il fe perpétue par fes femences, & par boutures.
- 6. Le Solanum à feuille d’Acanthe, So~ lanum Acanthifolium , dont la tige herbacée, haute de 1 pieds, & fes deux ou trois branches , & les nervures de fes grandes feuilles profondément finuées , font très-garnies d’épines ; & dont les fleurs en ombelles droites & terminales font grandes , bleues , & fuivies de grofîes baies panachées de blanc & de vert.
- Ces variétés , auxquelles on pourroit en ajouter plufieurs autres, fe multiplient par leurs graines femées au printems, dans des pots remplis de bonne terre & placés dans une couche chaude. Lorsque le Plant efl: fé-paré, bien repris, & fortifié dans la couche, on le place dans la Serre , fur le devant ; on lui donne beaucoup d’air pendant l’été,
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- & de fréquents arrofements, mais modérés. Quelques-unes fe propagent bien par boutures. Toutes fleuriffent pendant l’été ; & profitent beaucoup plus étant tenues confiamment dans la Serre, qu’étant expofées en plein air peri-dant l’été. La plupart des Solanums ne font beaux & en bon état que pendant leurs deui ou trois premières années ; après ce tems , il faut les renouveller.
- S O P H O R A.
- Le SOPHORA de Ceylan, Sophora tomentofa 9 Lin. eft une plante vivace, dont la tige co-tonneufe, haute de 5 à 6 pieds , efl: garnie de feuilles couvertes d’un duvet blanc, com-pofées de 11 ou 13 folioles arrondies. Ses fleurs, dispofées en épis lâches axillaires, font grandes , jaunes, papillonnacées ; leurs 10 étamines font féparées & non réunies. 11 leur fuccède de longues siliques velues , cylindriques , gonflées & comme articulées.
- Cette Plante fe perpétue par fes femences envoyées de Ceylan , du Sénégal, de la Jamaïque ; qu’on feme en pots remplis de bonne
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- 4çS Serre-chaude; terre légère, plongés_dans une couche de bonne chaleur. On la tient conftamment dans la tannée ; on la mouille peu pendant l’hyver, & feulement pour préferver fes racines du des-? féchement.
- STAPELI A.
- I. Le Stapelia , ou la Fleur de Crapeau, Stapdia varicgata , Lin. eft une plante graffe du Cap , qui pouffe plufieurs tiges charnues & fucculentes, longues de 4 à 5 pouces , & de 7 ou 8 lignes de diamètre, dont les feuilles ne font que des éminences ou protubérances presque coniques. De la partie inférieure de ces tiges , qui font rampantes & pouffent des racines, il fort de courts pédicules portant chacun une grande fîeur tubti-lée, à 5 divifions profondes, d’une très^mau-vaife odeur, mais d’une belle couleur jaune tachetée de pourpre. Elle a 5 étamines, f cornets réunis, & un piftil dont les deux ovaires deviennent des capfules cylindriques jointes par leur bafe , presqu’auffi groffes & auffi longues que les tiges, renfermant un grand nombre de femences aigrettées.
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- 2. Le Stapelia hirfuta, Lin. pouffe de plus groffes tiges, érigées , à quatre angles, garnies de feuilles ou éminences plus Taillantes, plus érigées ; & produit un plus grand nombre de plus grandes fleurs plus étoffées, frangées, jaunes rayées de pourpre , garnies d’un duvet pourpre, qui fe fuccèdent pendant près de fix mois.
- Pour multiplier ces Plantes, on en coupe des tiges ; on laiffe pendant dix ou douze jours fécher leur plaie ; on les plante dans des pots remplis d’un mélange de terre fa-blonneufe , de décombres , & de fable de mer, li l'on efl: à portée d’en avoir ; on les place dans une couche de chaleur modérée. Elles pourroient paffer l’été en plein air, & l’hyver dans une Orangerie bien féche ; mais fi elles font tenues dans la Serre, & fous des Chalîîs, elles produiront beaucoup plus de fleurs. Il faut les mouiller très-modérément, fur-tout pendant l’hyver.
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- 500 Serre-chaude,
- T AB ER N Æ MONTANA.
- C’est un grand arbriffeau de l’Amérique méridionale , Tabernamontana Citrifolia , L I N. rameux, noueux , laiteux , dont les feuilles étoffées, pointues par les deux extrémités, d’un vert brillant , comparées à de grandes feuilles de Citronnier, font oppofées. Ses fleurs font d’un beau jaune , odorantes, monopétales, tubulées, comparées à celles du Jafmin commun, raffemblées en grouppe arrondi ou ombelle rapprochée, axillaire ; elles ne font point fuivies dans nos Serres de capfules contenant des femences. Ainfi il faut en faire venir de fa patrie , pour le multiplier. On peut aufîï le propager par boutures pendant l’été, dont on laiffe fécher les plaies dans la Serre pendant cinq ou fix jours avant de les planter. Il veut beaucoup de chaleur, conftamment la Serre, & de l’eau très-modérément.
- J’omets deux autres espèces de Tabem&mon-tana, originaires du même pays , un peu moins grandes dans toutes leurs parties, l’une à fleurs blanches, l’autre à fleurs jaunes ; elles font aufli
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- Tamarin. yoi
- délicates ; fe perpétuent, & fe cultivent de même. Toutes trois font une aflez belle variété par leurs feuilles persiflantes.
- TAMARIN.
- Cet Arbre , Tamarindus Indica, Lin. devient grand dans les climats chauds des Indes & de l’Egypte , & forme une tête très-étendue. Ses feuilles font pinnées fur un rang, compofées de 30 à 36 folioles. presque fessiles , longues d’environ demi pouce , large de 2 lignes. Ses fleurs en épi terminal font presque papillomiacées , & fuivies de longues siliques charnues , contenant quelques femences plates enveloppées d’une pulpe.
- Il s’élève de graines femées en bonne terre, & traitées comme celles des Plantes des mêmes pays. Il veut être conflamment dans la tannée, où à peine peut - on espérer de lui voir produire des fleurs.
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- Serre-chaude,
- TULIPE DU CAP.
- La TULIPE du Cap, Hœmanthus coccimus, Lin. eft une plante bulbeufe qui pouffe en automne une hampe longue de 2 ou 3 pouces , terminée par un grouppe de fleurs rouges , renfermées dans un fpathe membraneux & persiflant , compofées comme celles de YHtmantkus , 1ère. Section. Après que la fleur eft paffée, il paroît deux feuilles radicales, linguiformes, épaifles, inclinées & réfléchies fur la terre, qui persiflent jusque vers la fln de mars. On peut alors déplanter les bulbes & les conferver féchement jusqu’en août.
- Elle fe multiplie par les femences apportées du Cap , & ( très-peu ) par fes caïeux ; veut une bonne terre légère , & de grands pots ; peu d’eau , excepté dans le tems de fa fleur.
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- T U R N É R a;
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- T U R N É R A.
- Plusieurs efpèces & variétés de plantes & d’arbriffeaux de l’Amérique méridionale portent le nom de Turner. Je ne fais mention que de la plus intéreflante, Turnera ulmifolia , Lin. dont la tige ligneufe & rameufe s’élève à 8 ou 9 pieds. Ses feuilles, de moyenne grandeur * font ovales, lancéolées , dentelées, d’un vert brillant, placées à d’affez grandes diftances, comparées à celles de l’Orme. Ses fleurs font fessiles , d’un beau jaune, imitant beaucoup celles du Cifle, fuccessives pendant 8 ou 9 mois, compofées d’un calice mono-phylle, en tube oblong, à ç échancrures ; de 5 pétales cordiformes, larges, ovales ; de 5 étamines fubulées ; & d’un piftil, dont l’ovaire furmonté de 3 ftiles devient une cap-fule ovale qui contient plufietirs femences, que fouvent on efl: dispenfé de femer au prin-tems , parce que , tombant fur les pots voi-fins, elles fourniffent aflez de Plant.
- Le jeune Plant exige la tannée, des arro-
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- 504 S E R R E-C H À U D E. fements fréquents , beaucoup d’air pendant l’été; mais les pieds forts n’ont befoin que d’une chaleur modérée.
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- ADDITION;
- Ce Volume étoit achevé d’imprimer lorsque j’ai trouvé dans le Jardin de M. Vilmorin plufieurs Plantes nouvelles , tant d’Orangerie que de Serre-chaude. J’ai cru devoir ajouter ici les plus intérefîantes avec quelques autres que j’avois omifes.
- ORANGERIE.
- *»)— -----«♦
- Acacia de Gonftantinople. C’eftun Mimofa; dont les feuilles reffemblent à celles de la: Senfitive. Comme nous ne poffédons que de jeunes individus de cet Acacia, nous ne pouvons dire fi c’efl: un arbrifleau , ou un grand arbre ; & fi l’Orangerie lui fera néceflaire , ou s’il pourra pafler en pleine terre , lorsqu’il fera devenu grand. Seulement on obferve qu’il aime l’expofition du Levant.
- Arbousier à fleurs rouges. Il ne fe difiin-^ gue de l’Arboufier commun que par fes fleurs
- Kk
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- 506 Orangerie.
- teintes en dehors d’un beau rouge, qui dégénère en pourpre. Il fe multiplie par la greffe fur franc , mieux que par fes femences qui font fort fujettes à varier.
- CÔRONILLE de Crète, Coronilla argcntea, Crctica, Tourn. Elle ne diffère de la Coro-nille, page 57, que par fes feuilles ordinairement compofées de neuf folioles d’un blanc argenté. Elle a befoin de l’Orangerie.
- J A s MIN de Catalogne. Il eft dans toutes fes parties un peu plus grêle que le Jafmin Jonquille. Ses feuilles font compofées de 3 ou 5 folioles oppofées. Ses fleurs font jaunes. Il fe multiplie par les marcottes & par la greffe ; & pourroit paffer l’hyver en pleine terre à une bonne expofltion, étant bien abrité.
- Laurier-Estival , Laurus Æfiivalls, Lin, Ce Laurier, qui fe plaît dans les terreins humides & marécageux, eft un grand arbriffeau rameux dont l’écorce eft d’un rouge foncé. Ses feuilles font oppofées, ovales lancéolées, aiguës par les deux extrémités , caduques , rudes & veinées en dehors, larges d’environ ün pouce fur deux de longueur. Ses fleurs
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- Orangerie. J07 font blanches, & fes baies rouges. Quoiqu'il puifle pafler en pleine terre avec quelques abris, il eft plus sûr de le placer dans l’Orangerie , fur-tout , pendant qu’il eft jeune.
- Laurier de Bourbon, Laurus Borbonia y Lin. C’eft un arbre de la Caroline, dont les feuilles font plus longues que celles du Lau« rier commun, un peu réfléchies par les bords, aiguës, lancéolées. Ses fleurs, tant mâles que fémelles, font en grappes axillaires , portées par de longs pédicules ; & les fémelles font fuivies de baies d’un bleu très-foncé, dont le calice persiflant eft pourpre. Il ne peut fub-sifter dans notre climat fans le feCours de l’Orangerie.
- Moxa des Chinois. On a donné ce nom à une variété d’Armoife, dont les feuilles font linéaires , & l’odeur aromatique : l’Orangerie eft néceflaire pour la conferver pendant l’hy-ver. Les Botaniftes ne font pas d’accord fur le Moxa. Les uns croient que c’eft le duvet des feuilles de l’Armoife commune ; les autres que c’eft celui d’une variété différente, ou espèce de Cotonnier.
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- $08 Orangerie:
- . Thé-Bohe , Thea B ohm. Cet arbrifleau ra-meux, d’une forme aflez régulière, eft très-garni de feuilles alternes, ovales terminées en pointe , finement dentelées, larges de io ou J i lignes, longues d’environ un pouce & demi. Ses fleurs font axillaires, folitaires, ou 2 à 2, compofées d’un très-petit calice à 4 ou 6 divifions arrondies, persiflantes ; de 4 à 6, plus ordinairement 5 pétales ovales, obtus , blancs , concavfes , égaux, un peu plus grands que ceux des fleurs de Myrte ; d’un grand nombre d’étamines , fouvent plus de 200 ; d’un piftil, dont le ftyle fubulé , portant trois ftigmates , repofe fur l’embryon d une capfule à trois loges, contenant en chacune une femence arrondie.
- Les feuilles du Thé vert, Thea viridis, font plus alongées que celles du précédent ; & fes fleurs ont jusqu’à 9 pétales fur deux rangs; les trois ou quatre extérieurs font beaucoup moindres que les intérieurs.
- Ces arbrifleaux ne paroiflent pas difficiles fur le terrein & fur la culture. Une bonne Orangerie fuffit pour les défendre de nos hy-yers.
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- Serre-chaude. 509
- SERRE-CHAUDE.
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- j$i L ET RIS odorant, Aletris fragrans. Cettâ plante élève fort haut une tige noueufe, garnie vers fon extrémité d’un groupe de feuilles lancéolées , réfléchies , d’un gros vert , amplexicaules par leur bafe. Du centre de ces feuilles il fort de fort longs pédicules, diffus , garnis de fleurs blanches, imitant celles de là Jacynthe, très-odorantes, qui s’ouvrent ordinairement le foir, & fe fannent le lendemain dans la matinée. La tannée eft néceflaire pour, lui faire produire des fleurs.
- APOCYN en arbrifleau, Apocynum frutes~ cens, Lin. Il élève à 5 ou 6 pieds line tige rameufe. Ses feuilles, oppofées par paires, font oblongues, unies, d’un vert brillant. Ses fleurs en groupes axillaires,, font petites, tabulées , de couleur pourpre. Il fe multiplie pendant l’été par boutures , dont on laifle flécher la plaie pendant quelques jours; veut une terre légère, & peu d’eau.
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- f IO SEItRE-CftAUÜE.
- Asclepias de Curaçao, Asclepias Curajfa-vica , Lin. Cette plante vivace pouffe une tige droite, haute de 4 à 5 pieds. Ses feuilles font lisses , oppofées , lancéolées. Ses fleurs ,. qui fe fuccèdent depuis juin jusqu’en o&obre, font dispofées en ombelles érigées ; font fort éclatantes par la couleur écarlate de leur pétale à 5 divifionS, & par le beau jaune des cinq neôaires qui occupent leur centre; & fuivies de siliques cylindriques remplies de femences couronnées de duvet, qui étant fe-mées au printems fur une couche chaude, multiplient cette plante qu’il vaut mieux re-nouveller & traiter comme bifannuelle que Comme vivace.
- A SCLE PI AS-GÉANT, Asclepias gigantea, LlN.
- Cette plante vivace s’élève un peu plus que la précédente. Ses feuilles font oppofées, ovales, étoffées. Ses fleurs dispofées en ombelle Ample , font blanches, les diviflons de leur pétale font pointues & repréfentent une étoile. Ses fruits font fort gros , & peu alon-gés.
- Camellia, Rofe du Japon à fleur double, Camellia Japonica jlore plqto , Lin. Les feuil-
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- Serre-chaude. 511 les de ce bel arbriffeau font ovales , terminées en pointe, alternés. Ses fleurs folitaires, ou binées , axillaires, font compofées d’un calice caduc formé d’une vingtaine de feuilles imbriquées , orbiculaires, de grandeurs inégales ; d’un grand nombre ( de 5 dans la variété à fleur limple ) de pétales presque ovales , adhérents par leur bafe ; d’une centaine d’étamines ( moins dans la variété à fleur double ; ) & d’un piftil, dont l’ovaire devient une capfule à plufieurs ( de 3 à 5 ) loges contenant chacune d’une à trois femences. Ces fleurs font rouges , de la même forme, & plus doubles que celles du Gardénia à fleur double.
- Capsicum , ou Poivre-Épine^inette, Cap» ficurn frutefcens, Lin. Il éleve à 3 ou 4 pieds une tige ligneufe & vivace, rameufe dans fa partie fupérieure. Ses fruits font érigés, pyramidaux , de la groffeur de ceux de l’Êpine-Vinette. On le feme fur couche au printems ; ou le place pendant l’été fous un Chaflïs profond ; on le transporte en automne dans une Serre de chaleur modérée, où fes fruits mû-riffent, fe confervent pendant une partie de l’hyver, & font un effet agréable.
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- ’fii Serre-cha.ude.
- Capucine à fleur double, Trop&olum ma* jus flore pleno. J’ai fait mention de cette plante dans la deuxième Partie ; j’ajoute feulement ici que la Serre-chaude , ou les Chaflis, ou une très-bonne Orangerie , eft néceflaire pour la conferver pendant l’hyver.
- CASCARILLE , Croton Cafcarilla , Lin. Cette variété de Croton , la plus intéreffante, s’élève à 6 ou 7 pieds. Sa tige & fes branches font ligneufes , & garnies de feuilles oppoféès, linéaires , longues d’environ 3 pouces, larges d’une ligne & demie , & persiflantes , d’un vert clair en dedans, d’un jaune-pâle en dehors. Ses branches fe terminent par 4 ou 5 petits rameaux égaux, d’entre lesquels il fort un long épi clair de petites fleurs à 6 pétales d’un vert très-pâle 5 fuivies de baies à trois loges offeuses contenant chacune une femence ovoïde. Si l’on tient conftamment tant fous les Chaflis que dans la Serre-chaude cet ar-•briffeau dans une couche de tan, fes graines pourront mûrir, & le multiplier.
- Casse ou Canneficier à feuilles de Troëne* Caflia liguflrina, Lin. Cette plante bifannuelle pouffe une tige haute de 2 à 3 pieds, qui fe
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- Serre-chaude. 513 ramifie. Ses feuilles font ailées, compofées de cinq à fept paires de folioles ovales, oblon-gues, arrondies à leur extrémité. Ses fleurs en épis clairs, latéraux, portés par de longs pédicules , font d’un jaune-foufre , & fuivies de siliques recourbées, contenant un rang de femences plates , par lesquelles on perpétue cette plante , en les femant de bonne heure fur couche.
- CRINUM à larges feuilles, Crinurn latîfoïium, Lin. espèce de Lys-Asphodèle, dont les racines font girofles & terminées par des bulbes. Ses feuilles font fort grandes, fessiles, étroites à leur bafe, ovales-lancéolées, terminées en pointe , tachetées de pourpre en dehors. Ses tiges, & toutes les parties de fes fleurs font de couleur pourpre. Les parties qui com-pofent la fleur font les mêmes que celles de la Tubéreufe d’Afrique , Secl. L
- Cette plante fe multiplie par les drageons de fa racine détachés au printems , plantés dans des pots remplis de bonne terre, plongés dans la tannée, arrofés légèrement & fréquemment en été, moins fouvent en hyver. Elle donne presque toute l’année des fleurs d’une
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- 514 SERRE*CH AUDE, odeur agréable. Je ne parle point de deux autres espèces moins belles.
- ëugenia Jambos, Jambolier fauvage. Cet arbrifleau ( arbre en Amérique ) peut faire variété dans la Serre. Ses feuilles font oppo-fées, alongéesétroites , pointillées, aigues, pourpre en naiflant, vert-clair dans la fuite. Ses fleurs font axillaires, folitaires, quelquefois en corymbe de 3 ou 4, & fuivies ( dans leur patrie ) d’un fruit anguleux qui renferme un noyau.
- On cultive aux Indes pour fon fruit comestible un Jambolier domefliqùe, Eugenia Malac-cenjis , Lin. qui ne diffère du fauvage que par fes feuilles un peu moins étroites , & par la qualité de fon fruit. Ces arbrifleaux veulent conflamment la tannée, & peu d’eau pendant l’hyver.
- INDIGO, Indigofera tînctorid , LlN, Ce fous-arbriffeau n’efl qu’une plante annuelle dans notre climat. On la feme de bonne heure au printems fur une couche chaude ; on la cultive comme les plantes délicates , la tenant conflamment dans une couche de tan, & lui donnant beaucoup d’air pendant l’été. Ses feuil-
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- Serre-chaude. çiç les font alternes, compofées de plufleurs ( jusqu’à il ) folioles entières, arrondies à leur extrémité. Ses fleurs en épis axillaires font lé-gumineufes ou papillonnacées, & fuivies de siliques cylindriques., contenant de trois à douze femences réniformes dans autant de loges. Ces femences mûriffent en août ou fep-tembre. La manière dont l’Indigo pour les teifl* tures fe fait aux Indes avec les feuilles de cette plante, fe trouve dans plufleurs Ouvrages.
- Pervenche de Madagafcar à fleur blanche: Elle ne diffère de la Pervenche-Rofe que par la couleur de la fleur.
- Pomme-épineuse en arbre, Datura arborea, Lin. C’eft un fuperbe arbriffeau rameux,dont les feuilles portées obliquement par dç longs pédicules , font longues d’environ 6 pouces 9 larges de près de 3 pouces, pointues par les deux extrémités. Ses fleurs font blanches, nom-breufes, compofées d’un calice en forme de fpathe, & d’un grand pétale blanc, odorant , long d’environ 6 pouces , tubulé, ouvert à fon extrémité, & formant cinq angles très-pointus. Il fe perpétue par fes femences ; fe cultive comme les plantes délicates.
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- 5 i6 S E R R E-C H A U D E.
- SAUGE à fleur de Leonurus, Salvia, Leonu-roides. Ses feuilles font affez grandes & cor-diformes. Ses fleurs font d’un ponceau vif, femblables à celles du Leonurus. Elle pour-roit paffer l’Iîyver dans une bonne Orangerie; mais il efl plus sûr de la placer dans la Serre-chaude.
- Sa vonnier , Arbre à Savonnettes, Sapmdus faponaria , Lin. Cet arbre moyen dans les Isles de l’Amérique pouffe plufieurs branches à fon extrémité. Ses feuilles excédant fouvent 15 pouces de longueur, font alternes, com-pofées de 9 à 12 grandes folioles, ( quelques-unes n’ayant point d’impaires ) attachées fur une côte ou nervure commune membraneufe, pointues par les deux extrémités, larges dé plus d’un pouce, longues de 3 ou 4 pouces. Ses fleurs font blanches, fort petites , dispo-fées en grappes, ou petits épis clairs, latérales , & terminales, & fuivies ( dans les Isles ) d’une à quatre baies réunies, renfermant fous une peau favonneufe un noyau rond, poli, d’un beau noir.
- Il fe multiplie par fes femences envoyées de fa patrie , mifes dans de petits pots remplis de bonne terre, placés dans une tannée,
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- S ERRE'-CH AUDE. 517 & fouvent arrofés. Pendant l’été il faut donner beaucoup d’air au plant, & pendant l’hy-ver le mettre dans une Serre de chaleur modérée.
- Tradescantia Bicolor. Les feuilles de cette plante , qui par leur forme, leur grandeur & leur dispofition, ressemblent beaucoup à celles de l’Aloès, font colorées de vert & de violet pourpre. Ses fleurs, qui naiflent entre les feuilles , font de cette dernière couleur.
- Je ne fais .point mention de plulieurs belles plantes nouvelles de Serre-chaude , parce qu’elles ne font pas encore nommées.
- FIN.
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- .UJLL»S
- TABLE.
- ♦)-—
- PREMIÈRE
- C 0 N S TRUC TI ON & qualités d'une Orangerie 3
- Tems dJy mettre les Plantes ,
- Degré de chaleur qui leur convient3 &c.
- Page 5 & fuiv.
- Arbres, Arbriffeaux,
- & Plantes d’Orangerie.
- Acacia de Conflanùno-
- ple3 505
- Adathoda, 15
- Albuque 3 16
- Alcée du Cap 3 17
- Aletris 3 18
- Aloès, 19
- Amandier d*Afrique y 41 Anagyris 3 23
- Anthericum, 24
- Antholyfa, 2j
- Apocyn > 2.6
- Arboujîer, 28
- —— à fleur rouge ,505 Arbre d’Ambre, 29
- —— argenté 3 168
- — de cire j 30
- SECTION. Arüotis y 3i
- Arifloloche > 33
- Arum d'Éthiopie y 34
- Afclepias y 3$
- A^eaarac, ibid.
- Baccharis, 37
- Baguenaudier y ibid.
- Balifier, 38
- Barbe de Jupiter y 40
- B elle-feuille y 166
- Bois puant y *3
- Bofea y
- Brabéium 3 ibid.
- Bruyère du Cap 3 4i
- Bubon y 45
- Buphtalmum y ibid.
- Cacalia, 44
- Campanule 3 45
- Canne d'Inde y 38
- Câprier y 4$
- Câprier y ( faux ) 46
- Caracolle y 47
- Caroubier, 48
- Cafline y 49
- Cham&drys 3 31
- Chrifocome du Cap, ibid.
- Cife 55
- Çliffortia y 5*
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- T A B
- C/aritf,
- Coronille y S7
- —— </e Oere , 506
- Cotylédon, 18
- Crajfula y ibid.
- Cunonia y 59
- Cyclamen y ibid.
- Ûiofma, 60
- Etoile de Bethleem, *6
- Fabago y 46
- Ferraria , 60
- Calenia 3 61
- Géranium, 6z
- Gladiole du Cap , 59
- Glayeul y $4
- Globulaire y 66
- Grenadier , 67
- Grewia , 7o
- Guimauve d*Efpagne^ i
- Halleria y 72
- Herbe à V araignée j a4
- — à VHirondelle y I6j Hermannia , 72
- H&manthus s 73
- Héliotrope, 7/
- Jtfcee, 76
- Jacqbée d1 Afrique y i6j Jafmin, 77
- Jafmin de Catalogney $06 Immortelle j 80
- itfia, . 82
- Jujubier, ibid.
- Ketmie, 83
- Lavande, 85
- Laurier de Bourbon, 507
- ----hflival y 306
- *—* Rofea 86
- LE. 519
- Laurier- Tulipier, 88
- Lentifque j 89
- — Pérou , 99
- XiAzj Indes j }$ Limonium 3 90
- Liseron argenté> 91
- Lottier de S. Jacquest 92 Luzerne en arbre, ibid, Xyj de S. Jacques y 93 Marguerite en arbriffeau,
- i6j
- Marjolaine, j6
- Marum, 95
- Medeolay 97
- Mélianthe, ibid.
- Molle » 99
- Moxades Chinois 3 jq? Myrte > 100
- Noyer des Indes y ij (Si/ </e Bœuf) 43
- Olivier, 101
- Oranger, I03
- Limonniery 116
- Arbres qui participent de l’Oranger & du Limonnier, 129
- Citronnier, 135
- Culture y 157
- I. Terre propre aux
- Orangers, ibid.
- II. 5 e/n ij dJ Orangers,
- 140
- III. Orangers Provençaux , 141
- IV. —en Efpatier, 143
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-
-
-
- J2.0
- V. Orangers dans la
- Serre, *47
- VI. •— hors de la
- Serre, *yo
- VII. Encaiffement des
- Orangers, 153
- VIII. Demi-encaiffe-
- mentj 156
- IX. Taille des Orangers , IJ7
- X. Ebourgeonnement
- des Orangers, 163
- Orvale du Mexique3 173
- OJleofpermutn 3 i6j
- Othonna y ibid.
- Pas-d’Ane y 44
- P afferme, I6j
- Phyllis j 166
- Pïmprenelle y ibid.
- PiflacKier y 167
- 168
- 169
- 170
- 171
- I72'
- Sauge _j . 173
- Sedum pyramidaly ibid.
- Solanum y 174
- «Soaci, 176
- Stœckas citrin, 8p
- Teiragoma a 177
- Thé-Bohë , y 08
- 77z<? ye/Y, ibid.
- Thé du Japon 3 51
- Thlaspi j 178
- Thym des Isles d’Hiè-res, . 95
- Trèfle bitumineux j 179
- Tubéreufe d1Afrique y
- ibid.
- TABLE.
- Protea,
- Queue de Lion j Refeda,
- Ricin 3 Royetia
- ----------«♦
- SECONDE SECTION.
- S E RRE-C H A UD ER&E-CHA UDEy iSl
- Situation y 182.
- Expofltion, 185
- P/<?/2 horizontal, 186
- Hauteur & largeur, 18 8 Direction du vitrage, 19 6 BâtïJJe 3 20 y
- Tannée, 210
- Fourneau y 115
- Tuyau de chaleur y 2,2,3 Tuyau d’air, 2,35
- e et Châssis.
- Stores, 23 (S
- Exemples de Serres y 239 Serres baffes y 248 Ae/reyiz/zj1 Tannée y 251 Chaffis, 255
- Rentrée des Plantes, 275 Plantes dans la Serre y
- 278
- Sortie des Plantes y 284 Transplantation & autres façons, . 287
- Propagation
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-
-
-
- TABLÉ.
- Propagation des Plantes , 290
- Terres compofées, 300
- Efpallers précocesy 304
- Arbres, Arbrifleaux,
- & Plantes de Serre-chaude.
- 'Acacia de Farnèfe, 319 Acajou j 310
- Adanfonia y 322
- Adenanthera 3 ibid.
- Æfchinomene y 323
- Ahovaiy 402
- Aigremoincy 373
- Albuque y 324
- Aletris odorant3 509
- Alléluia du Cap y 32-5
- Aloès y 326
- Ananas y 330
- Annona, 361
- ^poçy/2, 3^4
- en arbriJJeaU) 5 09
- Arbre à vis y 445
- de Corail y 3^3
- Arum en arbre y 3^5
- Afclepias y 510
- AJjîminier, 361
- Bambou y $66
- Bahannier y 435
- Banijleria y 367
- Baobab 3 322
- Barleria y $6j
- B&rtramiay 3 68
- Bafellay 3 £9
- Bauhinia, bid.
- Besleria y $ji
- 5ai
- Bidens en arbrijfeau, 373 Bignania y 374
- 37$
- Bocconia 3 ibid.
- Boerhavia, 376
- Bois d'Aloès y 377
- Bréjily 378
- ----deCampèchey 3 79
- ----de Capitaine y 38»
- ----de Fer y 381
- ----üfe. Guitare y 382,
- ----Immortel y 383
- Bombax y 385
- Bontia, ibid.
- Bourreau des arbres, 3 86 Browalia , 387
- Brunsfelsia y 388
- Czz/e, ibid.
- CallebaJJier y 39®
- Camellia, 510
- Camara y 3 91
- Camer aria y 394
- Caneficïer, 39y
- Ca/z/ze d Sucre , 398
- Câprier d’Amérique y 399
- ----des Indes , 400
- Capjîcum, 5l£
- Capucine , 512
- Carouge 3 448
- Cafcarille y 512
- J9$
- -— à feuille de Tro'è-
- ne , 51*
- Catesb&a, 401
- Cerbera y 402
- Chironia y 403
- Chçu-palmifte, 47*
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- jaa T A j
- Chryfobolan > 4° 5
- Chryfophylle, 406
- Cierge y 407
- Coco, 411
- Commeline, 4*3
- Conyfey 414
- Cornutia y 4i5
- Cotonnier, 416
- Cotylédon , 419
- Courbaril, 448
- Crateva y 421
- Crinum y 5i3
- Crotalaire, 4aa
- Croton y 423
- Cyanelle, 4*4
- Dattier y 470
- Durante., 4*5
- Epine-de-Lys t 401
- Eugénie y 514
- Euphorbe , 40.6
- Ficoide y 430
- Figue d’Inde , 484
- Figuiers y 435
- Fleur de Crapeau, 49S
- “— étoilée, 3*4
- dfo Cardinal, 4<5o
- Galant de jour, 45o
- /wir, ibid.
- Gayac y 438
- Gesneria y 439
- Gingembre y 440
- Grenadïlle , 44a
- Grofeillier d’Améri-
- que y 443
- Guayayier, 444
- Hélicière y 445
- Helhborine y 459
- L E. Hernandia y 44 *
- . Hura y 447
- Hymenée, 448
- Jafmin d’Arabie, 449
- Jafminoïde , 450
- Jatropha y 451
- Indigo , 514
- Joubarbe en arbre, 453
- Karatas, 454
- Kiggellaire y 455
- Kleinia , 456
- Larme de Job y 457
- Laurier- R ofe y 458
- Limodorum, 459
- Liseron des Indes, 460
- Lys-NarciJJe y 4<5i
- Malvavifc, 4*3
- Mancenillier y 4*4
- Manihot, 451
- Maranta y 4*4
- Marty nia y 4 66
- Melon épineux, 46S
- Morelle grimpante , . 3*9
- Pain de Singe y
- Palmier y 470
- Pahmfie y 471
- Papayer, 473
- Pervenche Manche, 515
- Rofc, 474
- Petr&a y 47*
- Phytolacca , ibid.
- Piment, 477
- Plumeria , 479
- Poincillade, 480
- Poire d’Avocat, 481
- Pomme épineufe , Pommier d3Acajou 5i5
- ,3w
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-
- T A
- JRandi y . 4^3
- Raquette 3 4^4
- Rivinia , 487
- Rocou 3 375
- Rondeletia3 488
- Ruellia, 489
- Sablier 3 447
- Aaag-g d’Afrique, 490
- Sauge Leonuroide 3 5 Savonnier, ibid.
- Sebefte, 377
- BLE. 5a3
- Senfiùve y 491
- Solanum , 494
- Sophora, 497
- Stapelia 3 493
- Tabermmontana , 500
- Tamarin, 501
- Tradefcantia , 5i7
- Tulipe du Gap , 50Z
- Turnera 3 503
- Zedoaire, 441
- Page 184 , ligne 19 , ajoute^ pendant l'été.
- Fin de la Table.
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