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Dictionnaire des ponts et chaussées, contenant les règles de la construction, les usages, les ordonnances de police, et les arrêts qui concernent l'entretien des grands chemins
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- DES PONTS
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- CHAUSSÉE Si
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- 1U 1SÀ.M
- DICTIONNAIRE
- jë <§ jpoxnPA
- E T
- £ m: w $ $ M jë <§ s
- CONTENANT
- t>es réglés de là confirufiion, les üfages, les Ordonnancés de police, /« arréfr ^uz concernent l’entretien des
- grands chemins $ un tableau, des chauffées que les ‘Romains ont confirmées dans l’Helvétie, avec les auto* irités les preuves, tirées des monuments de l’antiquité\
- Dédié k
- LEURS EXCELLENCES
- De là république de bernej
- Par H. E x c h a q u E T , Architefte - Ingénieur âei Ponts & Chauffées,
- À LA U S A N N Ei C h fc z MOURER, Librair] Et à PARIS,
- Chez LA GRANGE, Libraire., rue St. Hondréj vis-à-vis le Lycée & le Palais Royal.
- m. d. ec. Lxxxni.
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- t V ]
- F R É F A C E,
- J. m Utilité bien reconnue de l'art de conftruire les Ponts & les Chauffées, a excité l'émulation des Ingénieurs : on a percé de belles routes au travers des lieux quifembloient être inacceffibles; on a conftruit des ponts, dont l'exécution hardie a étonné: l'étude de l'art & la pratique, ont été les guides nêceffaires pour exécuter ces ouvrages. Sans la théorie, on ne fer oit point parvenu à ce degré de perfection , auquel la maçonnerie des ponts a été portée de nos jours ; depuis que la Géométrie a été appellée au fecours de cet art, qu'elle en a éclairé la pratique, les ouvrages ont ceffé d'être abandonnés au hafard, au tâtonnement, aux réglés arbitraires des ouvriers ; on a proportionné leur force aux efforts, qui tendent à les détruire. La conftruBion a été foumife à des réglés fures, mais qui font cependant encore ignorées^ d'un grand nombre d'Entrepreneurs &
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- *i P R E F A CE:
- de Conftruiïeurs, que l'on charge d'exécuter deï ouvrages difficiles, & même que l'on confulte fur des projets , dont l'étendue efi bien au - delà de leurs connoiffances. llferoit donc utile au Vu-blic, que les Artifles de cette claffe, fuffent inf-fruits; mais cen'eft pas me théorie favante3 dé-veloppée, avec une fuite de problèmes & de dé-monflrations mathématiques , qu'il faut leur offrir : la plus grande partie des Entrepreneurs des Maçons, «’oTzf ni le temps, «/ les prin-, wi fecours néceffaires, pour faire une étude fuivie de la théorie de l'art. Aujfi je me borne à préfenter , dans cet ouvrage, les prin-cipales réglés de la conftniiïion des ponts & chauffées, où les éleves & les ouvriers, qui les ignorent, les trouveront rangées par ordre âU phabétique ; & comme je fuis bien éloigné d'avoir la prétention d'écrire pour des favans, je néglige la précifion des réfultats géométriques , lorfqu'une propofition en devient plus fimple , fans cependant que cette négligence puiffe occa-fionner des erreurs préjudiciables dans l'exécution des ouvrages ; j'ai bailleurs eu foin d'écar
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- FRET A C Êi viï
- fer de ce petit ouvrage, tout ce qui notant pas fondé fur les réglés d'une bonne théorie, ou fur des expériences conflatêès, auroit pu induire en erreur les ouvriers, & les Entrepreneurs, qui font chargés de la conjiruïïion des ponts & chauffées.
- Pour que les proportions & les réglés de pratique que je donne, ne foient pas dénuées de preuves j & pour fuppléer aux démonstrations, que les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas de donner, je me fuis impofê la loi de citer des autorités. f
- Comme j'cli cru qu'il êtoit ejfentiel d'ajouter î aux réglés de conflruBion, les Ordonnances de Police, & les ufages relatifs à l'établijfement & û l'entretien des ponts & chauffées ; cette partie n'a point été négligée.
- On trouvera dans cet ouvrage, plu fleurs loixl particuliérement celles que LEURS EXCELLENCES du Confeil Souverain de la Fille de Berne , ont fait publier en 1744.
- Quoique l'on ne dût pas s'attendre à trouver J dans un Diftionnaire d'art, un tableau hiflori-
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- tiïï PREFACE,
- que des chauffées, que les Romains ont confirul* tes dans la Suiffe, fai cru que ce tableau ne fie* roit pas entièrement déplacé, 0? même qu’il fe* roit plaifir à quelques Leffieurs.
- Enfin, pour rendre mon ouvrage aujfi utile au Public, qu’il m'a été poffible, fai ajouté les figures néceffaires à V explication du fujet que fat traité’
- Si je n'ai contribué en rien à la perfe&ion de l’art j fefpére du moins, que mon ouvrage fera un témoignage du dejir que fai, de me rendre utile, en préfentant au Public, les principes que les Maîtres de l’art ont avoués.
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- DES PONTS
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- CHAUSSÉES.
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- ÀCCOLLEMENT, ou ACCOTTEMENT, f. ».
- un efpace de terrain entre les bordures du pavé ou l’aire de gravier & les folles d’un chemin : on l’appelie aulîî Berme.
- 1. Il eft nécelfaire d’éloigner les folles de quelques pieds des pavés & de l’aire de gravier, pour que les matériau* ne tombent pas dedans ; & cet eipace fert aulîî d’élargilfement pour le chemin.
- 2. Les Bermes des chemins de traverfe n’onti Couvent que deux â trois pieds de largeur j mais
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- % AI L
- la réglé ordinaire eft de donner, à chaque accot-tement, le fixieme de la largeur du chemin.
- 3. On leur donne un peu de pente contre les foffés, pour faciliter l’écoulement des eaux du chemin.
- AILE DE PAVÉ,//.
- Côté en pente de la chauffée d’un pavé, depuis le tas droit jufqu’à la bordure.
- AILES DE PONT,//. ^/.
- Murs qui foutiennent les bergeà de la riviere, vers les têtes des culées d’un Pont.
- 1. Les murs en aile font aux culées, ce que les ayant-becs & les arriere-becs font aux Piles : ils contre - butent les culées avec lefquelles ils doivent être en liaifon, & ils les défendent contre le courant de l’eau & contre le choc des corps durs qu’elle charie.
- 2. L’évafement des murs en aile eft pour l’ordinaire de 4f degrés; on peut auffi le régler fur celui des faces des avant-becs & des arriere-becs des piles : quelquefois ces murs fe font en prolongement des culées, & parallèlement à leur face.
- 3. L’épaiffeur moyenne des murs en aile doit être d’environ le fixieme de la hauteur des terres de la berge qu’ils foutiennent, outre deux pieds qu’on ajoute.
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- 4. On obferve ordinairement de donner une retraite de. 2 à ? pouces, aux murs en aile, au niveau de la naiflance de la voûte j & l’on talude ces murs , au-deflus du focle, de deux pouces par pied, ou quelquefois d’un huitième, ou d’un douzième de leur hauteur.
- f. On obferve auffi pour l’ordinaire de terminer en glacis le deifus des murs en aîle, pour fuivre le talud des terres de la chaulfée.
- AIRE DE GRAVIE R, f. f.
- C’eft une couche de gravier que l’on étend à la furface des chemins.
- 1. Rien ne contribue autant à la bonté des chemins qu’une aire de gravier bombée, bien, battue & étendue avec foin, à laquelle on donne environ un pied d’épaifleur, & fouvent moins de 10 pouces.
- 2. Tous les graviers ne font pas également bons i il faut choifir celui dont les parties font de la groffeur des noix, ou au moins de celle des fèves : le fable fin ne fait que de la boue & de la pouffiere, après avoir été brifé par les charrois : le gravier gras, mêlé à un peu de glaife, prend tout de fuite confiftance ; furtout fi l’on étend l’aire pendant qu’il eft mouillé, & cette aire devient fort dure : mais quand le gra-
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- vier contient beaucoup de terre 3 on doit le pa£ fer à la claie, pour le rendre pur.
- 3. Dans les montagnes où l’on ne trouve point de gravier, 011 eft obligé de fe fervir de rocaille ou de pierres calcaires, brifées, pour l’aire des chemins : quelques ingénieurs préfèrent meme au gravier , des petites pierres dures, caffées fur place, furtout s’il eft fin.
- 4. R faut, en formant l’aire des chemins, avoir foin que les gros cailloux qui fe trouvent dans le gravier, ne reftent pas à la fuperficie j ce qui la rendroit inégale & incommode aux voitures : on entraine les pierres au fond de l’aire, en étendant le gravier avec un rateau de fer, à me-fure qu’on l’amene.
- f. Il vaut mieux étendre le gravier de l’aire d’un chemin , en deux couches, que de le placer tout de fuite en une feule. Voyez Empierrement3 art. 12.
- 6. Un temps fec eft le plus favorable pour recharger de gravier un chemin, dont le fol eft bourbeux.
- 7. On fe fert de piquets de repère, placés au milieu du chemin, de 3 en 3 toifes, pour étendre également le gravier, foit en plaine, foit en pente réglée.
- 8. Dans les rampes des montagnes, il eft à
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- propos de faire pencher l’aire des chemins d’un demi pied vers le bord fupérieur, plus qu’en contre-bas 5 ce qui rend ces chemins plus fûrs & plus folides : l’écoulement des eaux de pluie le faifant par ce moyen du côté de la montagne où Les terres font plus fermes. ( Injlru&ion pour T entretien des Ponts & Chauffées delà Principauté de Basée , 1782 , art. 13> )
- 9.. Dans les lieux où l’on manque de gravier, on lait des retenues dans les ruifleaux & dans les torrens, avec des claies ou des fapins couchés avec leurs branches , pour arrêter le gravier que les eaux charient. ( Voyez Carrière).
- ALIGNEMENT,/.».
- C’eft la ligne de dire dion d’ün cheminw i°. On trace l’alignement d’un chemin avec des jalons ou des perches, placées de- diftance en.diftance, qui marquent le milieu du chemin; (P/. Lfig. i.)> & ayant pofé de côté & d’autre des piquets, fuivant la largeur convenue » on- fait? des filions parallèles, tracés au. cordeau.
- 2. On doit parcourir plüfièurs fois & examiner avec foin le terrain, avant de s’arrêter à l’alignement d’un chemin que l’on projette. Il fe préfente ordinairement plufieurs confidérations, fur lefquelles on doit porter fon attention, pour tara»
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- cer un chemin dans l’alignement le plus avantageux.
- 5. On doit préférer en général les endroits élevés & fecs, aux lieux bas & humides; l’expofi-tion du midi, à celle du nord, ou à celle qui eft ombragée; un fol graveleux, à un terrain de peu de confiftance : il eft furtout très-important d’éviter les lieux bas & ferrés, où les eaux de pluie fe raifemblant, peuvent emporter la chauffée , où les neiges s’amalfent, & où il fe forme des glaces en hiver ; les rampes des collines, où il fourd des eaux qui peuvent caufer des éboule-mens confidérables ; les marais dont la couche limoneufe eft profonde, les fondrières & les montées trop roides.
- 4. On doit chercher les alignemens droits, les points de vue agréables, & éviter, autant qu’on le peut, les finuofttés inutiles ; cependant il vaut mieux faire le circuit d’une montagne, ou d’une colline efcarpée,, que de la traverfer, à moins que l’alongement du chemin ne foit trop conlidérable.
- f. Lorfqu’on veut réparer un chemin creux, inégal, rampant, finueux, ou expofé à être inondé & gâté par les eaux ; la première attention eft de bien examiner , s’il ne feroit pas avantageux de le reconftruire fur un nouveau fol; car fouvent, par une économie mal enten-
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- À N T f
- due, on fait une réparation qui ne donne aucun agrément au chemin, ou qui fans corriger fes défauts, l’expofe à de nouvelles dégradations , qui multiplient les frais d’entretien : il eft donc fouvent très - utile, pour la commodité du public', & même par économie, d’abandonner un. vieux chemin , malgré . les frais de l’achat d’un nouveau terrain, furtout fi l’on peut faire des accourciffemens par de longs alignemens, ou éviter des ravins, le voifrnage d’un torrent, le bord d’un lac,'des terrains humides & bourbeux, des montées & des defcentes trop roides.
- AMONT ^ AVAL,/, w.
- Contre-haut & contre - bas ; termes pour exprimer dans les Ponts & Chauffées le côté d’en* haut & celui d’en-bas*
- ANTICIPATION,//.
- C’eft l’ufurpation d’un particulier fur un chemin public.
- i. Les anticipations font défendues dans Part. Ç de l’ordonnance Souveraine de la police des chemins, de 1744, fous peine d’une amende de fo Liv. ou même de la prifonj & la Loi 14, fol. 139, du Coutumier du Pays-de-Vaud, condamne ceux qui anticipent fur la voie publique*
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- S À CL U
- à un florin d’amende, pour chaque pas de 3 pieds de roi de terrain ufurpé.
- 2. Pour prévenir les anticipations, & confer-ver la largeur des chemins, il eft à propos que. les bornes foient fixées par des Commiflaires , & qu’il y ait dans chaque diftriét de voyerie, un livre qui indique l’emplacement des bornes, & qui fixe la largeur des chemins: ce livre doit être fait non-feulement avec exa&itude, mais suffi avec l’authenticité néceifaire : car fouvent les bornes tombent, fe perdent, & même les haies des terres contiguës & les bornes placées fur les talus des chemins creux, gliifent, & in-fenliblement ces chemins font rétrécis de plu-fleurs pieds : alors les pofleifeurs des terres voi-fines conteftent ces anticipations involontaires, fl le public n’a aucun titre à leur oppofer.. (Voy, Borne, art. 1 & 2.)
- APPAREIL, f. m.
- C’eft l’art de tracer les pierres, de les bien tailler & pofer î art principalement néceifaire dans la conftru&ion des arches des Ponè.
- A CL U EDUC,/
- C’eft un canal couvert, ou coulilfe que l’on conftruit pour l’écoulement des eaux au travers d’un, ehemin.
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- A CL U 9
- 1. On conftruit les aqueducs en maçonnerie, ou à pierres feches, pour le paflage des petits ruiifeaux, ou pour la décharge des eaux d’un, fofle profond : on fait fur les grands ruiifeaux des aqueducs doubles, ou à deux vuides, au lieu de ponceau. (PL V, figf. 13 & 14.)
- 2. On pave le fond des aqueducs , qui doivent avoir au moins un pouce de pente par toife courante : les piédroits doivent être conftruits folidement 5 les dalles de la couverture font de pierre dure, d’une épaiffeur de 8 à 12 pouces, d’une portée fuffifante furies piédroits, & pofées en recouvrement l’une fur l’autre, ou bien jointes l’une contre l’autre ; puis recouvertes de branches de pin ou de genevrier, de foin de marais, de mouife, ou de gazons renverfés, & enfuite de terre & de gravier.
- 3. On donne pour l’ordinaire au vuide des aqueducs, 18 à 24 pouces de largeur, & 24 à 30 pouces de hauteur; de façon qu’un homme ou du moins un enfant puifle y entrer, pour le nettoyer, lorfqu’il fe trouve engorgé. Il eft d’ailleurs nécelfaire de s’informer des hautes eaux d’un ruilfeau, fur lequel on conftruit un aqueduc , pour lui donner un vuide affèz grand pour le palfage des eaux qui s’y rendent dans les tems de pluie!
- 4» On connoit la quantité d’eau qui paife dans
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- un canal, en multipliant la fedtion verticale de l’eau par . les deux tiers de la racine quarrée de la hauteur de l’eau de la fedtion.
- f. Il eft ordonné aux Communautés, dans l’art. 6, de l’Ordonnance Souveraine de 1744» de nettoyer les coulifTes au moins deux fois, par an.
- 6. Lorfqu’un chemin neuf partage une prairie arrofée, on conftruit aux frais de la caiife du chemin, les aqueducs néceifaires pour l’arrofe-ment.
- ARBRES, ( Voyez Contravention, art. 1,8?
- Avenue.)
- ARC DE RADIER, f. ni.
- C’eft un mur en arc de cercle, conftruit en aval d’un Pont, ( Voy. PL F, fig. 17.) pour le garantir des dégravoiemens. ( Voyez Radier. )
- ARCEAU,/.».
- C’eft la petite arche d’un ponceau.
- ARCHE ,f.m.
- C’eft l’elpace voûté qui eft entre les piles d’un Pont. ( Voyez Ceintre. )
- 1. On fait pour l’ordinaire les arches des Ponté en plein-ceintre, ou on les furbaifle au tiers ; & quoique plufieurs ingénieurs modernes peu-
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- ARC il
- fent que l’on peut porter le furbailTement des arches jufqu’au quart de leur diamètre, il eft plus fûr de s’en tenir au tiers pour les grandes voûtes: celles qui font le plus furbailfées exigent plus de foin dans l’exécution & dans le choix de la pierre dont on les conftruit ; & d’ailleurs les conftru étions anciennes paroiifent conf. tater, que plus les voûtes font plates , moins elles ont de durée. (Mr. Faite, fuite du cours d* Architecture de Blondel, tom. 6, chap. 6. )
- %. Je n’ai trouvé dans aucun auteur la def. cription de l’épure des premiers vouifoirs de tête d’un Pont, qui font ordinairement croflette dans les murs en aile, à caufe de la liaifon qui doit fubfifter entre les murs dont il eft compofé. Si les murs en aile n’étoient. pas taludés, ce trait n’auroit aucune difficulté : mais comme on talude pour l’ordinaire ces murs , j’en donnerai une conftruétion à la portée des appareilleurs qui ont quelque connoilfance de la géométrie pratique de leur art.
- On forme l’angle d’évafement b a d9 du mur en aile; ( Voy. Fl. VIII, fig. aç.) on porte la retraite bd du talud de ce mur en aile perpendiculairement fur la ligne de face ad du même mur, en telle forte qu’elle touche par fon extrémité la ligne a b de la face du Pont prolongée ; alors il fe forme un triangle reétangle a b d9
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- dont l’hypothénufe a b eft l’alongement de la face du Pont par le haut : le côté U eft, com-» me je l’ai dit, la retraite du talud du mur en aile, & le troifîeme côté a d, eft le raccourcie, fement du mur en aile par le haut: on trace enfuite l’épure du Pont de grandeur naturelle; on éleve une verticale e m, fur la naiifance de la voûte e, & on tire une horizontale m n, par le haut de la face du Pont ; fur cette horizontale , & du point d’interfedfon m, de la verticale , on porte l’alongement a b de la face du Pont j puis de P extrémité n, de cet alongement de face, on tire la ligne d’encoignure n e, de la face du Pont & du mur en aile, jufqu’à la naiifance de la voûte : on divife cette ligne d’encoignure kî, en autant de parties que l’on veut faire d’afîifes ; & par les points de divifion , on tire des lignes au centre c, de la voûte, dont celles du bas donnent les joints de tète des vouf. foirs, qui doivent faire liaifon dans le mur en aile & leurs panneaux de la face de l’arche : en-fuite , pour avoir les panneaux de parement dans le mur en aile, on fait un triangle rectangle eon, dont la ligne d’encoignure en9 eft l’hypothé-nufe ; le raccourcilfement de la face du mur en aile par le haut eft la bafe e o, que l’on porte depuis la naiifance de la voûte. Et pour avoir l’autre côté mo du triangle » qui doit être la li-
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- gne du talus du mur en aile, on prend l’hypo-thénufe d’un triangle fait avec la hauteur de la fece & avec la retraite du talus du mur en aile: enfin il ne relie plus qu’à tirer par les points de divifion de la ligne d’encoignure n e, des lignes perpendiculaires fur ce dernier côté no du triangle redtangle, & l’on aura les joints de lit des retours en croflette dans le mur en aile* & les panneaux de tête de la partie des voufloirs dans ce mur en aile.
- La régie que l’on fuit pour déterminer l’é-paiifeur des voûtes, eft fondée fur un grand nombre d’expériences que nous devons à des praticiens inftruits, & elle n’eft point du relfort de la géométrie. On donne pour l’épailfeur aux arches à leur clef, le vingt-quatrieme du diamètre, auquel on ajoute douze à quatorze pouces; en obfervant que pour les voûtes fur-bailfées, 011 prend le double du grand rayon pour le diamètre de l’arche. ( Archite&ure Hydraulique de Mr. Belidor, fécondé Part. tom. 2,, liv. 4 , chap. 11, Cours iPArchitecture de{ Mr. J. F. Blondel, tom. 6, chap. 6.)
- 4. Les reins des voûtes doivent être remplis de maçonnerie à peu près au niveau de l’extrados de la clef. ( Mr. Belidor, Archite&ure Hydraulique, fécondé Part. tom. 2, liv. 4, ch. II.3 y. Les arches des fonts doivent être en nom-
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- bre impair; & fi l’on y fait attention, on verra que cette régie n’eft pas de pure fantaifie, ni de la mode qui admet le lendemain ce qu’elle a défapprouvé la veille : cet ufage eft fondé fur ce que le fil de l’eau eft ordinairement au milieu de la riviere, où fe portent les arbres & les glaces qu’elle charie, & où elle a le plus de rapidité: il eft donc à propos qu’il fe trouve un vuide plutôt qu’une pile dans un endroit de la riviere, qui eft expofé non-feulement au plus grand choc des eaux, mais encore à celui des •corps durs qu’elle entraîne. Cette pile feroit d’ailleurs un écueil pour le palfage des batteaux.
- 6. Il vaut mieux conftruire toutes les arches d’un pont également élevées, que de faire au milieu une maîtreife-arche beaucoup plus grande que les autres, à moins quelle ne foit néceffaire à la navigation de la riviere.
- 7. La nailfance des arches eft ordinairement au niveau des baffes eaux de la riviere, & jamais au-deffous; leur hauteur à la clef doit excéder au moins de ? pieds les plus grandes eaux. ( ArchiteBure Hydraulique de Mr. Blondel, fécondé Part. tom. 2, liv. 4, chap. 11.)
- 8* On doit avoir foin dans la conftruétioiî d’une voûte, de pofer en même temps de chaque côté, les vouffoirs correfpondants ; & même lorfque l’on a rejette la pouffée fur les culées,
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- dans une fuite d’arches, on doit non-feulement conftruire toutes les voûtes en même tems, mais encore avancer chaque côté également, & les fermer toutes enfemble.
- 9. Les vouffoirs de tête des Ponts doivent être de pierre de taille dure ou de tuf, qu’on évite de pofer en délit, & qu’on fait arriver en prolongement de coupe, jufques fous le cordon, pour fortifier les tètes & marquer extérieurement plus de folidité : même quand la voûte eft considérable, on prolonge les vouffoirs intérieurs en queue fans fin dans les reins , ce qui eft préférable à les extra-doffer, ou à les retourner en croifette, & ce qui favorife l’égalité du taffementi tandis que les crampons, les croffettes & les em-brevemens des vouifoirs le dérangent & occa-lionnent les écartemens, les lézardés & l’ébranlement des voûtes. ( Cours d?ArchiteBure de ikfr. J. F. Blondel, tom. <>, chap. I, art. )
- 10. Comme il feroit fou vent très-difficile de trouver des pierres d’un affez grand appareil pour faire les vouffoirs d’une piece 5 on peut les faire de plufieurs pierres»
- 11. Il eft à propos de tenir les joints des vouf. Loirs médiocrement ouverts , avec des cales comme de ? à 6 lignes pour les grandes arches: les joints trop petits font éclater ou épaufrer les arrêtes) & ceux qui font trop larges augmentent
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- beaucoup le taflement, & peuvent même entraîner la chûte de la voûte. Les joints des vouf-loirs du Pont de Neuilly, dont les arches ont 120 pieds de diamètre, ont été tenus ouverts de 6 lignes, & l’on n’a pas remarqué qu’il fe foit fait aucune épaufrure.
- 12. On coule du bon mortier clair dans les joints des vouloirs, & pour qu’il ne s’échappe pas, on fiche de la filafle le long des joints, par-deflous & à la têtes enfuite la clef étant pofée, on bande la voûte, en enfonçant avec force des gros coins de bois dans les joints.
- 15. Quoiqu’on ne puifle pas prévoir bien jufte quel fera l’abaiiTément d’une voûte , pendant qu’on enleve le ceintre , & après qu’elle a reçu toute fa charge, on fait que l’aifaiiTement à la clef va en général à environ la moitié du vuide de tous les joints des voulïbirs. ( Cours d’Archi-te&ure de Mr. J. F. Blondel, tom. 6, ch. i, art. 12.)
- 14. Les tirants de fer qui traverfent les arches d’une tête à l’autre, font quelquefois utiles pour les contenir & empêcher les écartements s ces barres de fer ont fouvent 24 lignes fur 30 de groifeur, & elles pefent environ 14 PB. le pied courant: les ancres des deux bouts font pour l’ordinaire courbés en S.
- if. Qn place quelquefois les armes du Souverain
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- A S S *7
- verain au-deflus de la maîtrefle-arche à ou fur la clef d’un Pont.
- ASSEMBLAGE,/:»».
- C’eft la maniéré d’alfembler les pièces de charpènte.
- 1. L’aflemblage par embrevement eft une ef. pece d’entaille en maniéré de hoche , fans mor-taife, & qui reçoit le bout des pièces de décharge.
- 2. L’aflemblage par entaille fert pour joindre bout à bout, ou en retour d’équerre , deux pièces de bois, par mcifion. Les entailles ne doivent pas être trop profondes, pour ne pas aifoi-blir les pièces de bois.
- 3. L’entaille à queue d’aronde s’élargit par lé bout, pour retenir l’écartement.
- 4. L’aflemblage à tenon & à mortaife, eft une ouverture d’une piece de charpente qui reçoit le bout taillé de jufte grofleur d’une autre piece : la mortaife ne doit pas être plus large d’un tiers de la piece de charpente, ni bien profonde, pour qu’elle ne l’afFoiblifle pas trop.
- 5". L’aflemblage à rainure & à languette, eft une coulifle qui reçoit une efpece de tenon continu fur la rive d’une planche, réduite à environ, le tiers de l’épaiflèur.
- B
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- iS A V A
- A S S ï S È, f. /.
- C’eft en maçonnerie un rang de pierres potées de niveau.
- AVAL. (Voyez Amont.)
- AVANT-BEC & ARRIERE-BEC, f. m.
- Ce font les deux pointes d’une pile de Pont, en amont & en aval.
- 1. Il eft nèceflaîre que les piles foient conf-truites avec un avant - bec & un arriéré - bec, qui leur fervent de contre-forts, d’éperons ou de défenfes contre le courant de l’eau, & contre les corps durs qu’elle cbarie, & qui empêchent les dégravoiements en aval.
- 2. On fait pour l’ordinaire l’avant-bec a, & l’arriere-bec b, en triangle, ou en demi - cercle: (PL VIII, fig. 24.) & (P/. X, fig. 30.) mais je donne là préférence à ceux dont le plan eft un triangle équilatéral mixte, que l’on trace avec deux arcs de cercle, ayant pour rayons Té-paifleur de la pile, & pour centres les extrémités de fes flancs.
- 3. Le couronnement chaperonné des avant-becs & des arriere-becs doit être élevé au-deflus des plus hautes eaux de la riviere.
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- ' A V. E ï3
- AVENUE,//.
- Chemin avec des lignes d’arbres de chaque côté.
- i. Les grands chemins bordés de lignes d’arbres, font très-agréables, foit parleur ombrage, foit à la vue : on ne doit pas négliger cet agrément aux abords des villes.
- a. Les arbres doivent être plantés à quelques pieds au dehors des folles, & non fur les ber-mes des chemins.
- 3. La diftance d’un arbre à l’autre fe régie lue leur grandeur : 50 à 40 pieds de diftance fuffit pour les grands arbres, & 2,0 à 50 pieds pour les moyens.
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- BAJOYERS» f. m. $U
- . Ce font les bords d’uné riviere, près des çuléés d’un pont.
- BANDER ÜNE ARCHE* v. a8.
- C’efl: mettre là clef à une arche, & la ferrer à Force de coins dé bois & d’éclats de pierre dure.
- BAN Q.U ETTEJ/.
- C’efl: uii petit cheniiii relevé pour les gens dé pied, à côté de celui des charrois : on l’appellô aufli Trottoir.
- i* Comme ces chemins retirés font commodes pour les gens de pied * on en fait près des vil* les , fur les ponts * fur les quais à & même quelquefois dans les rues larges.
- 2. Les banquettes doivent être un peu relevées au-deflus du chemin des charrois.
- ÉAiBACANE,/:/.
- Ouverture qu’on làiife aux murs qui foutieii^ lient des terres, pour écouler les eaux.
- i. Les bàrbacanes font très-utiles aux murs d’épaulement & de rideau*
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- BAT if
- 2. On les fait pour l’ordinaire de 4 pouces de largeur & de 6 pouces de hauteur*
- BATARDEAU» f. m.
- Efpece de digue qui fert à fonder les ponts » & à y faire des réparations dans l’eau. ( PL IX^
- fig. 26 & 27. y
- 1. Les Batardeaux doivent avoir une épaifleur à peu près égale à la hauteur des eaux qu’ils, ont à foutenir, à moins qu’elle ne foit de plus de dix pieds, Pour réfifter aux eaux courantes, on porte quelquefois l’épailfeur des batardeaux juf-, qu’à une fois & demi la hauteur de l’eau.
- 2. Ils font bordés de chaque côté d’une file de pieux éloignés d’environ 3 pieds l’un de Pau* trej on garnit l’intervalle de pal-planches, de 3 pouces d’épaifleur : chaque file de pieux eft liernée par le haut & contenue l’une avec l’autre , par des entre-toifes elpacées de 6 pieds de. diftance ; on remplit le batardeau de glaife ou, de terre franche corroyée » après, que le fond en. a été déblayé,.
- 3. Quand on fonde une pile par le moyen d’un batardeau, il faut le retirer ou l’éloigner de l’ouvrage qu’on fonde , autant qu’il y a de profondeur,
- 4. Lesfimples batardeaux faits de.terre,, fans pieux ni pal à planches, qu’on employé quejU
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- 'zi BER
- quefois, doivent avoir 6 à 7 pieds de largeur au
- haut, avec des taluts à terre coulante.
- f. L’épuifement des eaux d’un batardeau fe fait avec diverfes machines, & pour l’ordinaire on le continue jour & nuit.
- BATTERAND, fi m.
- GroiTe maffe de fer à long manche, pour ca£ fer des pierres.
- Les petits pefent 8 à 10 ib. & les gros 12 à Ij* ib. ils doivent être bien rechargés d’acier.
- BERGES, /./.*/.
- Ce font ies bords, ou levées des rivières & des chauffées, qu’on appelle aufïi Talut.
- 1. Il eft néceffaire de bien conftruire & d’entretenir foigneufement les berges des chauffées nu bord des rivières & des lacs, parce qu’elles font expofées à être détruites par les eaux courantes , ou par les vagues.
- 2. De tous les ouvrages qu’on oppofe à l’im-pétuofité des eaux, il n’en eft pas de plus fim-ple, de moindre dépenfe, & qui ait mieux réufîi, que les épis & les digues formées d’un tiflu de fafcinage, piquete, garni de couches de gravier, & dont les têtes font enracinées dans les terres : les fafcines doivent être grandes & bien liées ; chaque couche eft attachée avec des rangs de
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- BER , 25
- piquets clayonnés s. & elle eft recouverte drun lit de gros gravier de 6 à 7 pouces.de hauteur; le tout bien battu & ferré : la largeur, de la fondation des épis doit être au moins d’une fois & demi fa hauteur ; & il eft néceifaire que cette hauteur foit de quelques pieds au-deffus des plus hautes, eaux: il eft d’ailleurs à propos de débar-raifer le lit des rivier.es & des torrens, pour plus grande fureté des digues qu’on le.ur oppole. ( Mr. Belidor, Architecte Hydraulique, fécondé Pari, tom. %, liv. 4, chap. 2.,)
- 5. Qn conftrüit. auffi les berges dès. chauffées de murs de maçonnerie à, bain de mortier, ou de murs fecs , faits- de gros libages en talutcomme dans les chemins qui. traverfênt des montagnes. ( Voyez Epaulement. )
- 4. On le contente fouvent dè faire les taluts en contre-bas des. chemins, à terre coulante.* & d’y planter des buiffons, ou de les clayonner pour affermir lès terres & empêcher les éboule-ments ; ou l’on dreffe ces taluts en glacis gazonné. L’elpece de faule, appelle par Mr. De Hallér* falix foliis glabris inferne glands, jnlis tomeniojtf, eft très-propre à caufe dè fes racines rampantes * à retenir les terres des berges, & à garnir les digues & les chauffées de. gravier 5 cet arbrifféau reprend très- bien de bouture. On peut aufli affermir les terres des taluts dés chemins: efcar*
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- pés, en y femant des graines de bouleau , d’aune & d’elparcette, ou en les gazonnant.
- f. Il eft quelquefois nécelfaire de conftruire «ne rigole pavée au haut du taluts, en contrebas d’un chemin efcarpé, dont les terres font rapportées , pour le garantir des éboulements, que l’égoût des eaux de pluie du chemin occa-lîonne. (PL Ilî^jig. f 8? 7.)* Les bordures de la rigole d, doivent être relevées du côté op-pofé au chemin, pour foütenir les terres d’une petite levée ou trottoir, e.
- 6. L’ufage eft de drefler les taluts en contre-haut d’un chemin, à l’angle de 4^ degrés avec l’horifon : mais comme cette inclination ne fuffit fouvent pas, pour prévenir les éboulements, on conftruit des petits murs en rideau, pour l’ordinaire de 5 à 4 pieds de hauteur, & qui font faits de pierres plattes. Cependant l’ouvrage tiflu de fafcines dont j’ai parlé, me paroît préférable à un mur en rideau, pour foütenir les berges qui s’éboulent5 furtout où il fourcille des filets d’eau.
- 7. Lorfque les Berges, vers les têtes des murs en aile d’un pont, font expofées à être emportées par les eaux de la riviere, on peut les garantir , & enraciner folidement ces ailes, au moyen du même ouvrage tiffu de fafcines de faule & d’aune, piqueté & garni de gravier.
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- B O M 2%
- 8. H eft fouvent nécelfaire de défendre de paître le bétail fur les taluts des chemins efcarpés , qu’il feroit ébouler.
- BERME, /./. ( Voyez Accollement. ) béton, y: m.
- Mortier de pozzolane, de terralfe de Hollande, ou de cendrée de Tournay, dont on fait ulage dans les fondements des ponts, & des autres ouvrages hydrauliques, & qui eft très - bon.
- BOIS, f. m. ( Voyez Ceintre de Charpente & Charpente. )
- BOMBEMENT,/: m.
- C’eft la convexité qu’il eft nécelfaire de donner à l’aire de gravier d’un chemin, pour que les eaux de pluie s’écoulent.
- 1. On doit avoir l’attention de ne donner que le bombement nécelfaire à un chemin 3 le vingt-quatrieme de fa largeur fliffit : un chemin trop bombé eft incommode j les chariots qui s’écartent du milieu, courent rifque de verfer, & bientôt ils font de profondes ornières, en palfant continuellement par le même endroit., ( Mr. Hal-dimand, Mémoires de la Société Economique de Berne, année 1J62,, %me partie.
- 2. On fût qu’un chemin rampant exige moins
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- 2.6 B O R
- de bombement que celui qui eft en plaine ; & comme la diminution du bombement doit être proportionnée au plus ou moins de pente du chemin j je propofe de le régler, comme fuit : le vingt-quatrieme de la largeur du chemin étant fixé pour le bombement en plaine, on retranchera dans les montées le trente-fixieme de ce bombement , par chaque pouce de pente par toife.
- 3. Le bombement des chauffées pavées ne doit pas avoir plus d’un trente - fixieme de leur largeur ; 011 peut même nejui donner que le qua-rante-huitieme.
- 4. On doit recharger de tems en tems les chemins avec du gravier, pour eonferver le bombement qui leur convient.
- f. Il eft facile de vérifier le bombement d’un chemin, avec un cordeau tendu au travers., & qui eft arrêté dans les coches, de deux jalons divifés en pouces.
- B O R D I E R, /. m.
- On nomme Bordiers les propriétaires des terres aboutiffantes à un chemin public , & qui font chargés de fon entretien au droit de leur poffef. (îon. ( Voyez Entretien, art. 3.)
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- B O R
- BORDURE DE PAVÉ,/./.
- Rang de pierres plus grofles que les autres pavés, qui font aux bords de chaque côté.
- BORNES,//.
- C’eft une pierre plantée en terre, pour limite de la largeur d’un chemin, ou pour écarter les roues des chariots, d’un bâtiment, d’un parapet de pont, d’une berge de chauffée ou d’un foffé. Il y a auffi des bornes qui fervent à limiter les diftri&s d’entretien des Communautés.
- 1. Les bornes de largeur font néceffaires pour prévenir les anticipations fur les voies publiques; on les fait ordinairement de pierre de taille, de 3 pieds de longueur, de 6 à 8 pouces fur io à 12 pouces de groffeur, & on les enterre d’environ 2 pieds de profondeur. (P/. XII, jig. 38-)
- 2. L’article 11 de l’Ordonnance Souveraine, de 1744, pour la police des chemins, attribue à 1’Il lustre Chambre i>es Péages, le pouvoir de régler le bornage des grands chemins : & la Loi 1, fol. ^47, du Coutumier du Pays-de-Vaud, prefcrit la formalité du bornage des chemins, publics , par quatre hommes affer-mentés & commis par les Seigneurs Baillifs ou de Jurifdi&ion.
- 5. Il eft défendu par l’article f, de l’Ordon-
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- 2g B O R
- nance de 1744» d’enlever les. bornes des chemins , fous peine de 50 liv. d’amende, même de la prifon : & la Loi 26 » fol. 241 , du. Coutumier du Pays-de-Vaud, prefcrit aux laboureurs, ou propriétaires voifins, d’avifer dans 24 heures , s’ils ont fait tomber une borne par accident, fous peine de f florins d’amende aux contrevenants , & les condamne à une punition corporelle, s’ils l’avoient fait à deflein.
- 4. Les bornes des diftriéts d’entretien doivent avoir au moins 4 pieds de longueur, dont la. moitié eft enterrée , & 16 à 1 g pouces de grofleur ; (Pl. XII, fig. 36. ) 011 les taille proprement, le deflus en pointe de diamant. On grave fur les faces latérales la lettre initiale du nom de la Communauté, chargée de l’entretien du chemin, avec le nombre des toifes courantes du diftricft, & fur le devant, le numéro. Quand ces bornes, font à la limite de deux bailliages , 011 y ajoute les lettres initiales des noms de ces bailliages, au-deflus de celles des Communautés.
- Les bornes qu’on appelle Bouferoues ne font pas en général d’une grande utilité ; elles font bien-tôt renverfées ou brifées par les chariots vuides qui font abandonnés de leurs conducteurs j & il eft plus fûr de conftruire contre un précipice un petit mur fec, recouvert de gazons, de 2 pieds de hauteur au-deflus de l’épaulement.
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- B Ô Ü n
- t«i unè rigole pavée, dont la bordure extérieure eft relevée 9 que d’ÿ placer plufieurs bouteroues.
- 6. Il eft cependant néceffaire de mettre des bouteroues dans les contours des chemins, aux tètes des aqueducs, & fur les pontSi
- 7- . Les bouteroues doivent être gros 5 folides, bien affermis & enterrés profondément: ceux que l’on met la première année dans des terres rapportées ne tiennent jamais biem
- 8- On fait des bouteroues de pierré de taille J en cône tronqué ÿ avec un filet & uhe calotte au hauts (PA XII, fig. 37.) leur longueur eft d’environ 4 pieds 5 leur groffeur de 18 à 20 pouces à la culaffe, & de 10 pouces au haut.
- BOUTEROUEj/iw. ( Voyez Borneî art. f, 6, 7 & 8-)
- BOUTISSE, //.
- C’eft une pierre dont la plus grande longueur eft dans le corps du mur*
- BRISE-GLACE, f. m.
- C*eft devant une palée de pont de bois, du côté d’amont, un rang de pieux en maniéré d’avant-bec. ( Voyez Eperon. )
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- BUT
- B ;i O U E T T E, f. fi
- C’eft une caiiTe à deux bras, avec une roue » pour le tranfport des terres.
- 1. La cailTe des brouettes doit contenir environ un pied cube & demij mais dans le tranC. port des terres, on ne compte que fur un pied cube & un quart, à caufe que les terres ont beaucoup plus de volume, dès qu’elles ont été remuées.
- 2. La roue des brouettes doit avoir environ 2i pouces de diamètre.
- BUTÉE, ( Voyez Culée.)
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- C A ï
- V
- C.
- CAILLOU, f. m.
- Pierte dure, ordinairement arrondie, dont on fe fert pour paver les chauffées. ( Voy. Pavé. )
- . CAISSE A GRAVIER, f. f.
- Caiffe longue que l’on place fur un chariot l pour le tranfport des graviers & dès fables.
- 1. Les caiffes à gravier doivent être faites de fortes planches ; on double les côtés & le fond aux deux bouts, où elles portent fur les eflîeux du chariot i & on lie les caiffes avec trois bandes de fer.
- 2. Ces caiffes doivent être un tiers moins larges au fond qu’au haut, pour avoir la facilité de décharger le gravier, en les renverfant avec un levier.
- ?. Les caiffes à gravier d’une grandeur moyenne , cbntiennent environ 16 pieds cubes 5 on leur donne 12 pieds de longueur de vuide, ij pouces de hauteur, 12 pouces de largeur au bas, & 18 pouces au haut.
- CALE, f. f.
- Coin de bois mince, pour arrêter la pofée des
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- yz CAR
- pierres dé taille , principalement des vouffoirs
- d’une voûte.
- Oïl met des cales de bois de chêne entre les joints des vouffoirs , à deffein d’empêcher les arrêtes de fe toucher & de s’épaufrer, lorfqu’on ruine le ceintre d’une arche de pont.
- CALIBRE , f. ni.
- Modeîe ou profil fait de bois, pour régler le bombement d’une chauffée, (P/. VI9fig. I8-)
- On trace les calibres en arc de cercle, dont ïa corde eft la largeur de la chauffée , & la hauteur du fegment eft le bombement fixé. Pour faire ce trait, on peut fe fervir des mêmes méthodes qui font enfeignées pour le ceintre de l’arche fur-baiffée, faite d’un feul arc de cercle. ( Voyez Ceintre, art. % & 3.
- CANIVEAUX, / m.$l.
- Ce font les plus gros pavés , qui étant alîis alternativement avec les contre - jumelles, traver-fent le milieu du ruiffeau d’une rue.
- CARREAU,/, m.
- Pierre qui a plus de longueur en parement," que de queue dans le mur, & qui eft pofée alternativement avec la boutiffe, pour faire liaifon.
- CARRIÈRE,
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- CA' R
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- CARRIERE, y:/.
- Lieu creufé ten terre, d’où l’on tire la pierre â bâtir, ou le gravier.
- 1. Quand on n’apperçoit pas de gravier à la furface de la terre, on fait, pour en trouver, des fouilles fur les hauteurs, aux endroits fecs & arides, où il fourd des filets d’eau.
- 2. La brèche aréneufe & les gralets, font un indice de la préfence du gravier.
- 3. Les couches de gravier font pour l’ordinaire fous la couche végétale, ou fous celle de fablon, & rarement fous un banc de pierre calcaire , ou de grès molafle , ou fous une couche épaiife de glaife : 011 a cependant trouvé à Amf-terdam un. lit de fable de 51 pieds d’épaiifeur, fous une couche de glaife de 102 pieds j &l’on voit à Cartigny, près de Geneve, fous une couche d’argille , de 70 pieds d’épaiifeur, des lits de fable & de gravier, de izf piedsj (Mr. De. SaitJJure, Voyage dans les Alpes, tom. i, ch. 3.)
- 4. Les couches de pierre & de fable font pour l’ordinaire parallèles les unes aux autres, horizontales en plaine, & inclinées comme le terrain dans les montagnes , quoique l’on trouve auflï quelquefois ces couches en défordre, & ces matières dans une confufion qui préfente l’image d’un monde en ruine. ( Mr. De Bujfon. )
- C
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- 34 CAS
- Dans les vallons étroits , les couches de la même matière fe retrouvent fouvent de chaque côté du vallon & au même niveau.
- 6. Lés buttes de terre élevées , les collines & les plaines au pied d’une montagne, d’où descend un torrent, font les lieux où l’on eft le plus alluré de trouver des pierres & des graviers.
- CASSIS,/!»/.
- C’eft une voûte renverfée en pavé, ou de maçonnerie de pierres de taille.
- i. Dans les fondrières & au pailage des petits torrents, on fait quelquefois des pavés en voûte renverfée au lieu de ponceau : mais pour réfif-ter aux ravines & aux débordements, les callîs doivent être conftruits folidement de pierres de taille, en forme de voulfoirs , qui outre la cambrure de leur profil, ont encore leurs joints en coupe, & dans une direction contre un centre en aval. (PL V, fig. if, 16& 17.)
- 1. Les callîs faits de pierre de taille, ou feulement de pavé de grolfes pierres pofées en vouf. fure bombée contre l’amont, peuvent aulîî fer-vir de radier , & garantir un ponceau des affouil-lements en aval.
- 3. Les callîs au travers des chemins doivent iètre larges & peu profonds, pour qu’ils ne cau-fent pas des fecoulfes incommodes aux voitures.
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- zs
- C E ï v
- CEINTREj f. nu
- CPeft lé trait de l’arche d’un Poilt.
- 1. Nous donnerons quelques méthodes de tra* cer les voûtes fur-baiflees : quant au trait de l’arche en plein ceintre , il eft fi connu de tous les ouvriers, que chacun peut l’exécuter.
- 2. Pour faire le trait d’un ceintre de voûte fur-bailfée d’un feul aire de cercle, dont la montée eft fixée b on ajoute au quarré de la moitié de l’ouverture, divifé par le double de la montée , foit hauteur de la voûte, la moitié de cette montée -, ce qui donne le rayon qui doit fervir au trait de Parc de cercle: (PL XI, f g. 31.) & ce rayon étant trouvé , il.eft facile d’en fixer le centre c, qui eft le point d’interfedlion de deux arcs de cercle décrits avec le même rayon * & ayant pour centre les naiifances de l’arche.
- Quand la montée de l’arche eft du quart de fon ouverture, le rayon eft égal à deux fois & demi la montée de l’arche.
- Démonftration.
- Soit d, égal à la montée de l’arche > & 4 i, l’ouverture ou diamètre de l’arche, r, le rayon de l’arc du ceintre.
- En tirant du centre de l’arc, une perpendiculaire fur fa corde, & un rayon à une de fes extrémités , nous aurons un triangle- rectangle,
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- dont le rayon eft l’hypothénufe, la moitié de la corde, ou de l’ouverture de l’arche eft un des côtés, & la différence du rayon à. la montée, eft le troifieme - côté : ainfi rr sa 4 dd >i< rr 2 d r d d, à caufe que le quarré de l’hypo-
- ténufe eft égal à la fomme des quarrés des deux autres côtés du triangle re&angle : en tranfpo-ïant d’un membre à l’autre, la grandeur négative — 2 d r a en fouftrailant de part & d’autre la même grandeur rr, & en aditionnant '*b dd à 4,ddj l’équation fera réduite à 2 dr ~ f dd; puis en divifantles deux membres par zd, nous aurons r ~ 2 2 d 3 ce qu’il falloit démontrer.
- 3. On peut fe fervir d’une autre méthode, qui eft enfeignée dans les élémens de Géométrie, pour trouver le centre d’un arc de cercle, paf-fant par trois points fixés. L’ouverture & la montée d’une arche étant données , 011 éleve la ligne de montée fur le milieu de la ligne tirée d’une naiflance à l’autre j puis on décrit à une même ouverture de compas, huit arcs de cercle, ayant pour centre les naifîances de l’arche, foit les extrémités de la corde, & le haut de la ligne de montée 5 de forte que par les points d’interfec-tion de deux de ces arcs, on puiffe tirer deux lignes droites perpendiculaires, fur le milieu de celles qui paflèroient depuis l’intrados du milieu de la clef aux nailfances de la voûte j '& le point
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- C E r 37
- d’interfè&ion de ces deux perpendiculaires fera le centre cherché de l’arc de ceintre.
- 4. L’ovale du jardinier fert de trait de ceintre pour les arches fùr-baiifées en demi-ellipfe, dont voici la conftrudion ; (Pl. VIII, fig> 23.). Le diamètre, de l’arche & la hauteur de fa clef, au-delfus du niveau de fa naiifance, étant fixés, on tire la ligne 11 a n, diamètre de l’arche , ou le grand axe de la courbe, & 011 éleve perpendiculairement fur le milieu, la ligne de hauteur ac, qui eft la moitié du petit axe; puis on porte la moitié du diamètre de l’arche, depuis lè milieu c de l’intrados de la clef, fur le grand axe, à droite & à gauche, pour avoir les deux foyers /,. /, de la courbe , où l’on fixe les extrémités d’un cordeau, ou plutôt d’un fil dè fer, égal en longueur au diamètre nan de l’arche, avec lequel on trace la courbe, en faifant couler la pointe d’un outil par le pli du fil de fer tendu; CThéorie & Pratique de la coupe des pierres de Mr. Frezier, tom. 1, liv. 2, chap. 2.)
- On peut vérifier ce trait par des perpendiculaires élevées fur le diamètre , à égale diftance du centre, qui étant limitées par la courbe', doivent être égales.
- f. Il ne fufïit pas de faire le trait de ceintre de la voûte en demi-ellipfe, il faut encore tirer les joints de tète. Ayant dîvifé la courbe en au*
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- 38 CEI
- tant de parties que l’on veut faire de voulions, on tire de chaque foyer /, /, aux points de di-vifion des vouffoirs , des lignes droites prolongées /fg', enfuite de ces points de divilion comme centres 5 on décrit des arcs de cercle g ni g, entre les deux lignes tirées de chaque foyer : on divife ces arcs en deux parties égales, puis on tire des lignes du point »/, de divilion de ces arcs, aux divifions de la courbej & ces lignes font les joints de tète de l’arche j ( Théorie & Trafique de la coupe des pierres de Mr. Frezier > tom. I, liv. 2, chap. 4. )
- 6. Mr. Pitot, Ingénieur des Ponts & Chauffées , & Membre de l’Académie Royale des Scient ces de Paris, a donné dans les Mémoires de PA-. cadémie, année 1726, une méthode de faire le trait de ceintre de la voûte furbaiffée par PafTem-blage de trois arcs de cercle ; & comme c’eft une imitation de la demi - ellipfe, aulîi parfaite qu’il eft nécelfaire dans la pratique, nous la rapportons ici.
- Sur le milieu a, du diamètre bb> (PL IX9 jig. 26.) on éleve perpendiculairement la ligne de montée a m, que Pon porte fur le diamètre depuis la naiflànce b, de la voûte en n, & en-fuite la moitié ni, de na, depuis a, en p; puis ayant décrit du centre 0, &fur np, comme diamètre j un demi-cercle nlp, qui coupe la ligne
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- CEI -3*
- dé montée am, en /,• on porte la corde lp> depuis le point p, en ci & la diftance ac, de l’antre côté du point a ; ce qui donne les deux centres c, c, des arcs inférieurs b g, bgi enfuite fur ces. deux centres , & avec la diftance de l’uii à l’autre, on fait le triangle équilatéral c cf, dont le fommet f, eft le centre du grand arc fupé-rieur gmg, de la courbe, & les. côtés fc, fc, prolongés jufqu’à la courbe, déterminent la jonction du grand arc avec les deux petits en g, g.
- On juge bien que les joints de tète des vouf. foirs compris dans chaque arc de cercle, qui forme le ceintre de cette voûte, doivent être tirés du centre qui a fervi à le décrire.
- 7. Mr. Voch, Ingénieur Allemand, a auffi donné: le trait d’une voûte furbailfée, dont le diamètre & la montée font fixées; quoique fa méthode ait moins d’élégance que celle de Mr. Pitot, qui donne trois arcs de cercle, chacun de 60 degrés , nous la rapportons auffi. On commence par élever fur le milieu du diamètre de l’arche-une perpendiculaire . que l’on prolonge au-def-fous ; enfuite on porte fur le diamètre depuis le point d’interfedion, à droite & à gauche, une fois & demi la différence du demi diamètre à la montée de la voûte.; & fur la perpendiculaire, au-deffous du diamètre, deux fois cette même; différence ; les trois points ainfl trouvés, font
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- les cèntres des trois arcs de cercle , dont le ceintre de la voûte fera compofé ; & pour fixer la rencontre de ces arcs de cercle, on tire depuis le centre du grand arc fupérieur, des lignes droites palfant par les centres des petits arcs inférieurs, qui font fur le diamètre. ( Traité de la conftru&ion des chemins, par Mr. Voch, ouvrage écrit en allemand, §. 54. )
- 8. On a une autre méthode très-facile de faire le trait de ceintre par trois arcs de cercle i mais elle donne aux arches moins de fur-baiifement que le tiers de leur diamètre : 011 divife le diamètre en trois parties égales : les deux points de divifion font les centres des deux petits arcs inférieurs, chacun de 60 degrés> puis en füfant un triangle équilatéral fur la fécondé divilioil, l’angle qui lui eft oppofé, fera le centre du grand arc fupérieur, auffi de 60 degrés.
- CEINTRE DE CHARPENTE, f. m.
- C’eft un aifemblage de pièces de bois de charpente, fur lequel 011 bande une arche de pont: on l’appelle auffi Armature.
- 1. Les ceintres de charpente & le déceintre-ment des goûtes, font des parties eifentielles de la conftrudion des ponts : car d’un côté , en donnant aux ceintres une force infuffifante, on expofe la vie des ouvriers» & la voûte-à une
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- chute, qui entraîne la perte des matériaux, qui peut occafionner un gonflement des eaux de la riviere & combler fon cours : d’un autre' côté, en faifant les ceintres beaucoup plus forts qu’une prudence éclairée ne l’exige , on eft entraîné dans des dépenfes inutiles : il eft donc d’une grande conféquence que les Infpeéteurs des Ponts & Chauffées, & les entrepreneurs, prennent
- toutes les précautions néceffaires pour bien affu-rer les ceintres & leur donner une force convenable , en les faifant pofer folidement fur des maffifs, ou fur des pierres laiffées en boflages vers les premières retombées de la voûte , & en les élevant affez pour que les hautes eaux de la riviere aient leur cours libre. Le déceintrement doit fe faire avec prudence, en abaiffant peu à peu & à diverfes reprifes, les ceintres, pour que la voûte s’affaiffe également par-tout , & que dans le cas qu’elle menaçât ruine, 011 pût encore la réparer.
- On s’affure, par le calcul, que la force des ceintres eft( bien proportionnée à la charge de la voûte, pour qu’une crainte mal fondée, ou une confiance aveugle n’entraîne dans un excès de dépenfe, ou ne faffe tomber dans une faute bien plus blâmable, & que l’on ne pardonne pas même à un ignorant, celle d’occafionner la chute d’une voûte par la foiblefle des ceintres.
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- 2* Trois proportions fervent au calcul de la charge d’une voûte fur les ceintres de charpente. Par le moyen de la première, on trouve le poids d’un pied cube de pierre quelconque, dont on la conftruit. Le poids du pied cube de Berne , d’une pierre dont on a pefé un petit bloc plongé dans l’eau & hors de l’eau, eft à %% IB. pelante ur du pied cube d’eau, comme le poids du bloc de pierre hors de l’eau eft à la différence de fon poids dans l’air & dans l’eau. ( Second Appendice de la Théorie & de la Pratique de. la coupe des pierres de Mr. Frezier, tom. 3 , ch. 12.) Quoique la pierre de roche çalcaire qui eft ordi-imirenaent celle que l’on employé dans ce pays à la conftrucftion des ponts , péfe en général 120 à 1 ^y itS. le pied cube* cette propofition eft d’une grande utilité dans plu heurs circonf-tances,
- 3. La fécondé propofition que j’aurois pu me difpenfer de rapporter , n’eft ignorée que d’un petit nombre d’ouvriers. Le produit de la longueur d’une voûte, depuis une tète à l’autre, & de la courbe, moyenne entre l’arc de fon intrados & de fon extrados, multiplié par l’épaif-leur moyenne de la voûte, donne fon toifé.
- 4. La troifieme propofition eft que les cein-t:es de charpente d’une voûte en plein-ceintre, 11e font chargés que d’environ les quatre-neuf-
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- viemés du poids entier de la voûte, avant que la clef foit pofée. Nous devons cette proportion à Mr. Couplet' qui en a donné la démonftration dans les Mémoires de l’Académie Royale de£ Sciences de Paris, année 1729* ( Voyez aujjî le fécond Appendice de la Théorie & de la Pratique de la coupe des pierres de Frezier, tom. 3 , ch. 12.)
- Il faut obferver que les voûtes chargent d’autant plus les ceintres, que leur fur-baiflement approche de la plate-bande ; à quoi on doit avoir égard dans le calcul de leur charge.
- f. Deux proportions nous conduifent enfuite dans la recherche de la. force des ççintres dç charpente : premièrement, l’expérience a appris, qu’une piece de charpente peut porter, étant pofée debout, un poids à peu près égal au produit de f8 quintaux, par le nombre des pouces quarrés de Berne, de fa grolfeur. Mr. Frezier dit dans le fécond Appendice de la Théorie & de la Pratique de la coupe des pierres & des bois, tom. 3, chap. 12, qu’une piece de bois de chêne, d’une ligne de roi en quarré, porte f© ib. étant pofée debout ; Air. Pitot avoit trouvé qu’elle pouvoir porter, dans cette fituation un poids - de 60 ib. mais comme le chêne n’eft pas également fort, il réduit auflî ce poids ‘ à fo ib. ( Mémoires de VAcadémie Royale des Sciences de Paris, année 17z6.) Quant'au bois de fapiir, je ne crois
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- pas qu’on puifle lui affigner une plus grande force qu’au chêne, pour porter verticalement, àcaufe de fa flexibilité : il réfulte cependant des expériences de Mr. Parent, rapportées dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences de Paris, année 1707, que la force du fapin en po-lition horizontale, eft à celle du chêne à - peu-près dans le rapport de 6 à
- 6. Secondement, c’eft un principe de mécanique , que la-force rélative d’une piece de bois inclinée, comme un arbalétrier, une jambe de force, une décharge, eft à fa force abfolue, comme la moitié de la diagonale du parallelo-grame formé par les deux pièces de charpente inclinées & correfpondantes avec leurs parallèles, eft à la longueur d’une de ces pièces inclinées; ou pour parler le langage des ouvriers, la piece de décharge a une force pour foutenir un poinçon, qui eft à fa force entière, comme la longueur du poinçon eft à celle de la piece de décharge ; enforte que plus ces pièces de char^ pente font inclinées, moins elles ont de force. ( Mémoires de l'Académie Royale des Sciences de Taris, année 172 6, & fécond Appendice de la Théorie & de la Pratique de la coupe des pierres & des bois de Mr. Frezier, tom. 3, chap. 12. )
- 7. En faifint ufage des principes que nous venons d’établir, non feule niant on trouvera la
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- charge d’une voûte fur ces ceintres de charpente, mais encore on proportionnera avec fûreté la force de ces ceintres au poids qu’ils doivent foutenir, avant que la clef foit pofée, en ob-fervant, premièrement, qu’on ne doit faire entrer dans le calcul de la force d’un ceintre que les arbalétriers,>les jambes de force, les décharges cSc les courbes , & qu’on ne doit compter pour rien les moifes & les potelets, qui 11e fervent qu’à entretenir l’aifemblage des pièces principales : fecondement, qu’il eft de la prudence de ne compter que fur la moitié de la force qui réfulte du calcul, à caufe des entailles de l’af-femblage & des défauts qui peuvent fe trouver dans le bois; ainfi on divifera la charge de la voûte fur les ceintres, par la moitié de la force rélative de l’aifemblage d’une ferme de ceintre trouvée par le calcul, & le quotient indiquera le nombre des fermes qu’il convient de donner aux ceintres de la voûte.
- 8- Le bon arrangement & l’aifemblage des pièces d’un ceintre, en fait la force : chaque piece principale doit être appuyée & contrebutée par fa correfpondante ; l’aifemblage ne doit conlîfter qu’en quelques légères entailles, & en quelques moifes qui entretiennent les pièces de bois, fans les affoiblir, ni par de grandes entailles, ni par de profondes mortaifes,
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- 9. Il vaut ihieiix mettre des couchis avec des radeaux ou des coins de bois , fous chaque cours de vouifoirs, que de fe fervir d’un plancher ceilitre , pendant la conftrudion d’une voûte faite de pierres de taille.
- 10. Pour trouver la hauteur convenable de 1a polîtion de l’entrait, on éleve depuis la nailfance de la voûte une verticale n b, & du milieu de l’intrados, c, de la clef, on tire une horizontale, cb5 (P/. VIII„ jtg. 23.); puis du point d’interfedion b, da ces deux lignes , on en tire une troilieme bf au centre /, de la voûte j je dis de l’arc fupérieur, fi la voûte eft faite de plulieurs arcs de cercle ; & le point d’interfec-tion d, de cette derniere ligne b f, avec la courbe du ceintre, déterminera la hauteur de la polîtion de l’entrait. (Mr. Pitot, Mémoires de VAcadémie Royale des Sciences de Paris, année 1726.)
- 11. La clef d’une voûte étant pofée, & fes vouifoirs bandés, le ceintre de charpente fe trouve alors déchargé virtuellement du poids qu’il avoit à foutenîr , mais non pas effectivement.
- 12. Pour que le déceintrement d’une voûte s’opère avec fuccès, 011 enleve les couchis & les taffeaux du ceintre que l’on avoit pofés pendant fa conftrudion fous chaque file de vouifoirs, à différentes reprifes, en commençant par le bas de chaque côté de la nailfance, & en avançant
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- peu à peu contre la clef, ou l’on abaiffe toutes les fermes du ceintre enfemble, mais doucement par le moyen des coins ou des vis, afin que le taffement fe faffe uniformément par-tout : il eft auffi très-important d’entreprendre le déceintre-ment d’une arche de pont, avant que le mortier coulé entre les joints foit fec 3 car la charge, en l’écrafant, lui feroit perdre toute fa liaifon. ( Mr. Patte, Cours d’Archite&ure, tom. 6, ch. 1, art. 12.)
- CHANTIER, f. m.
- C’eft le lieu où l’on travaille à la conftruc-tion d’un Pont, ou d’une Chauffée 3 c’eft: auflï la compagnie des ouvriers & des voituriers qui travaillent fous la conduite d’un ïnlpedeur, & qui doivent être fournis aux régies d’une police exaéte.
- 1. Les heures du travail & du repos doivent être réglées, fuivant les faifons de l’année, foit pour les voituriers, foit pour les ouvriers.
- 2. On ne doit admettre d’autres fradions de la journée , que la demi & les quarts 5 le travail au-deffous n’eft point compté.
- 3. Les manouvçiers doivent avoir leurs pelles & leurs pioches en bon état 5 le chantier leur fournit les brouettes & les autres engins.
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- 4. Les dimenfions des caifles à gravier & des tombereaux des voituriers font fixées.
- 5". On peut donner des tâches aux ouvriers & aux charetiers, pour exciter l’émulation dans le chantier î & comme il eft avantageux que la tâche des chargeurs dépende de celle des attelages , parce qu’ils fe preflent réciproquement, & que l’ouvrage avance, on établira la proportion du nombre des pionniers à celui des attelages, en donnant un chargeur pour chaque vingtaine de caifles à charger, outre les piocheurs né-. ceiTaires.
- 6. Les ouvriers doivent être féparés par ban* des, pour éviter la confufion, & diftribués le plus avantageufement & de la maniéré la plus utile.
- 7. Il doit y avoir des piqueurs ou des furveil-lants exads, établis pour noter les ouvriers pa-relfeux, caufeurs ou mutins, & ceux qui s’ab-fentent; il feroit même utile qu’il y eût dans un chantier nombreux, un ou deux furveillants fe-crets, choifis parmi les ouvriers, connus pour avoir du zèle.
- Les piqueurs doivent avoir foin des outils & des engins achetés de la caifle du chemin.
- 8. Les ouvriers pareifeux & ceux qui mettent le défordre dans le chantier, doivent être renvoyés tout de fuite.
- 9. Les
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- 9b Les ouvriers du chantier doivent être reconnus trois foisle jour par un appel, le matin, à midi, & le foir*
- i o. Le nombre des charrois doit aufli être contrôlé , en remettant des marques aux voituriers , que les piqueurs retirent chaque foir, pour les faire infcrire.
- 11. L’Inlpe&eur doit tenir une lifte exa&e des journées & des charrois qui font réglés à la fin de chaque femaine, & payés par le caiflier.
- 12. Avant de commencer les ouvrages d’un chantier, il eft à propos de bien examiner où il eft le plus avantageux de commencer, pour que le tranfport des matériaux fe faife aifément ; il faut aufli être pourvu des outils & des engins nécelfaires.
- C H A R i O T, f. nt.
- Char propre pour voiturer des marchandifes* i* Les grands chariots des rouliérs Suifles on£ pour l’ordinaire f pieds de largeur de voie.
- 2. Les voituriers doivent avoir des gardes-' roues, pour enrayer dans les defcentes. ( Voyez Contravention, art. 7. )
- 2- La charge des chariots eft limitée dans les Ordonnances de Police, à 40 quintaux. ( Voyez Contravention , art. g. )
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- CHARPENTE,//
- C’eft un ouvrage fait de bois, comme un pont ou lin ceintre .d’arche. . ( Voyez AJJemblage. )
- ï. Le pied cube.de bois de chêne vert pefe ép IB. & .le pied de chêne fec IB. Le bois léger ne pefe que 30 IB. le pied.
- 2. Une piece de bois de chêne porte debout, fùivant diverfes expériences qui ont été faites , 53 quintaux,, par chaque pouce quarté de la ;bafe.
- q. Une piece de bois de chêne de 10 pieds ide longueur &,de 10 pouces ; d’équarriilage, po~
- fée horifontalement, porte dans fon milieu un pbids de 486 quintaux: or le poids qu?une piece ..deicharpente , pofée horizontalement, porte dans •Ton milieu, eft en proportion avec le produit du ,quarré de fa-hauteur verticale par Ta largeur horizontale , divifé par fa longueur. (Science .des Ingénieurs de Mr. Beiidor, liv. 4, dbap. 2.')
- ,4. Une piece de -bois., pofée obliquement, porte un poids dans fon milieu, qui eft à celui qu’.elle porteroit., étant jpofée horizontalement, comme la longueur de la poutre eft à la longueur •horizontale correfpondantè.
- •CHARROI.,/: m.
- “C’eft la voiture des matériaux pour la conf druétion ou l’entretien des chemins»
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- 1. Quand les voitures des graviers & des autres matériaux fe font par corvées, il eft utile ,de dônn.er des tâches aux voituriers,, pour'accélérer l'ouvrage ; & f on peut .fixer un nombre de manouvriers ou de pionniers à chaque voiturier, pour charger & pour faire les déblais j or .comme la tâche des uns dépend de celle des autres, ils fe prelfent réciproquement, .& l’ouvrage avance.
- 2. Quand les .charrois fë font à .prix d’argent, il eft plus avantageux de les payer par voyage ipdà la journée ; & le piqueur donne chaque /ois au voiturier uiie marque, que f on coupe à un coin, fi le chariot n’eft pas fuîEfamment chargé ; & ,dans ce cas,, on ne paye que denii-Voiture.
- 3. four bien régler la charge des charrois, ort peut remettre aux voituriers .au lieu de caiïfes,, des planches d^üne longueur .& d’une largeur convenable , foit pour le fond, foit pour les cçv ,tés du chariot: Ces planches font percées au bout, J^our alfuje.ttir par dés chevilles les failfëaux de paille qui retiennent le gravier. On fe fert d’une marque à feu fur les bords & au bout des planches , pour que les voituriers ne puifient pas diminuer leurs dirrienfionsi
- .La .Charge du chariot ^ordinaire etft -d'environ 16 pieds cubes de gravier., ou .de terre.
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- f. Un chariot attelé de trois chevaux mene facilement une charge de if quintaux.
- 6. Un attelage ne peut guere être aflujetti à plus de huit heures de travail par jour i c’eft même trop en hiver.
- 7. On compte qu’il faut 10 à 12 minutes à un chariot attelé de chevaux, pour aller & revenir à cent toifes de diftance > même lorfque l’attelage eft bon, on 11e compte que 8 minutes en plaine : il faut de plus 8 minutes pour décharger un chariot de terre, & pour retourner le chariot , & 4 minutes pour dételer deux chevaux & les atteler à un autre chariot.
- 8. On compte qu’il faut 20 à 24 minutes à un homme , pour charger un chariot de terre ou de gravier ; deforte qu’on peut afligner à un chargeur vingt à vingt-cinq chars de terre à charger , en un jour d’été.
- 9. En faifant ufage de ce qui a été dit dans les articles précédents, 011 appréciera les voyages , ou 011 donnera des tâches aux voituriers, fuivant la diftance du tranfport : en divifant 480 minutes par le temps employé pour chaque voyage 5 le quotient exprimera le nombre des voyages que l’attelage doit faire par jour.
- CHAUSSÉE,];/.
- C’eft un grand chemin, conftruit pour l’ordj-
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- naire en levée de terre, foutenue de berges en talus, ou de murs d’épaulement.
- 1. Il faut élever les chauffées, pour que les eaux ne puiffent pas fe répandre par - deffus ; dans. les marais, la levée de terre doit toujours être plus haute que les eaux, outre rélévation de l’empierrement ou du pavé.
- 2. Lorfque la chauffée côtoyé une riviere fu-jette à fe déborder, il faut en garantir les berges par des buiffons, des claies, des murs de maçonnerie, ou de grandes pierres plates, po-fées à fec.
- 3. Lorfque la chauffée traverfe un marais, on commence de pofer fur le gazon des grandes faf. cines de bois verd, d’une longueur égale à la: largeur du chemin , bien liées & arrêtées enfem-ble, & par-deffus une bonne couche de foin de marais, fur laquelle 011 met la terre des foffés qu’on élargit & qu’on agrandit, fuivant la hauteur qu’on veut donner à la chauffée, en rangeant bien les gazons fur les bords du chemin & au-deffus; & quand ces gazons ont bien repris , & que le tout a une bonne confiftance „ on charge le chemin de pierres & de gravier.
- CHAUSSÉE ROMAINE, f. f.
- Ancien chemin conftruit par les Romains.
- 1. Nous donnerons un tableau des Chauffées
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- Romaines de 1-Helvérie, & nous rapporterons les principales preuves de l’ancienneté de leur conf. trudion , fans cependant entrer dans un grand, détail des autorités que nous avons fous les yeux*
- LTtinerair-e d’Àntonin * dans lequel on trouve les chemins militaires des Romains , les lieux du paflage des troupes, les Rations & leurs diftan* çes, eft une autorité d’un très grand poids. Quoique cet Itinéraire porte le nom d’Antonin , les Antiquaires ne font pas d’accord fous quel Empe-» reur Romain il a été fait : les* uns- l’attribuent à Jules Céfar, d’autres à Marc-Aurele , à Antoniiu le Pieux, & à Caracalla; le favant Schœpflin croit qu’il a été augmenté fous plufieurs Einpe^ reurs, & qu’il fervoit à donner- les ordres pour la marche des troupes. Alfqtia Ulujlvata, tom. i a-fol. 613.
- 2.: La table de Theodofe, mife au jour par Peutiiiguer, eft aufli une autorité très-préçieufe » c’eft une carte géographique, deflinée fur un plan qui n’eft point géométrique, & qui paroît avoir été faite vers la fin du quatrième liécle, par ordre de l’Empereur Theodofe le Grand 3 elle indique par des chiffres les diftancçs des lieux les Rations des grands chemins de l’Empire Romain, pour fefvir à la' conduite & à la marche des armées. Schœpflin , Al fat, llluflmt. font, l, fol. 6lo, & fequent, a
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- Les colonnes milliaires Romainès' qui ful> (îftent encore-, & qui ont été déterrées en divers [ieux, font une troifieme preuve des chemins conftruits par les Romains, que l’on ne peut pas révoquer en doute.
- Les Romains dreffoient ces-colonnes au bord des chemins, de mille en mille , pour indiquer aux voyageurs les .diftances- itinéraires qui avoient été- mefurées : elles portent des infcriptions à l’honneur des- Empereurs qui ont fait conftruire ou réparer ces chemins. C. Sempronius Gracchus, Tribun du peuple, eft l’inventeur des milliairesi Tîutarc. in vit a C. Gracchi, cnp 9,
- 4$ - On voit encore de nos jours quelques veC* tiges des - chauffées que les Romains ont conf* truites dans l’Helvétie ; elles font pour fordi* naire élevées de quelques pieds au - deffus des campagnes qu’elles traverfent, & elles n’ont que* 8, 10, 1 2, jufqu’à 16 pieds de large. HygU nus, -auteur du deuxieme fiecle , dit que les: chemins Romains avoient communément 12 pieds de large& la Loi des douze Tables ne fixe* que 8 pieds'de largeur aux chemins,- & 16 pieds* dans les contours.-
- S* L’ancienne tradition-nous fert. quelquefois-' de guide dans la recherche-des chemins qui ont? été confiants par- les Romains 5 nous trouvons auifi des. preuves de-leur antiquité, dans les?.
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- noms qu’ils portent encore de nos jours. Dès le moyen âge, plufieurs 'chauffées conftruites par les Romains dans les Gaules, furent appellées VEJlrée, ou VEJlraz , Stræjfel, chemin pavé; Hohe-Strafs, chemin élevé; Heyden-weg ou Heyden-ÔVra/r, chemin des Payens : les mots l’Etrée en Gaulois, ou l’Eftraz en patois du Pays-de-Vaud, ainfi que Strafs en langue Allemande , viennent du latin, Strata. Wachterus & Frifchius, in Glo-fariis fuis Teutonicis. Schcepflin, Alfat. lllujlrat. tom. I, fol. S7, 2fi £5? fequent. Hadrien de Va-, lois} Notice des Gaules, 142.
- 6. Des auteurs anciens, en parlant de l’Hel-vétie i ont donné quelques lumières fur les chemins que les Romains ont conftruits dans ce Pays.
- 7. Les chemins Romains étoient, tantôt pavés de cailloux, ou de grolfes pierres plates, tantôt couverts de gravier mêlé de terre glaife. Les Romains les élevoient en chauffée au-delfus des terres voifines : mais les peuples qui leur fuccé-derent, ont négligé l’entretien des chemins, & ne les ont point conftruits en chauffée élevée; delorte que c’eft par cette élévation qu’011 peut reconnoître pour l’ordinaire les anciennes chauf. fées qui ont été conftruites par les Romains.
- S. Dès qu’une chauffée Romaine traverfe un marais, une forêt, ou des campagnes incultes,
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- & que ce chemin a été abandonné dès les anciens temps, il efl probable qu’on en trouvera quelques vefiiges.
- 9. L’Itineraire d’Antonin, & la Table de Theo-dofe, ne font mention que des routes militaires, & l’on ne peut pas conclure de leur filence fur un chemin, qu’il 11’exiRoit point encore fous l’Empire Romain. Schœpflin , Alfat. Illujl. tom. 1, fol. 6il.
- 10. Les routes Romaines avoient des Rations,
- appellées Manfiones & Mutationes. Les voyageurs trouvoient dans les premières toutes les commodités du logement : Manfio étoit un lieu où les troupes s’arrètoient & où elles pouvoient repofer : c’é-toitungîte à la fin d’une journée , d’environ vingt milles, & une Ration de poRe où les voyageurs s’arrêtaient; & Mutatio, étoit milieu où l’on chan-geoit dans les courfes publiques, de voitures, de chevaux, ou d’autres bêtes de trait & de fomme. Schœpfliu, Alfat. Illujl. tom. I, fol. 257. !
- 11. La poRe, Curfus publiais, fut réunie au fifc du Prince , fous le régné d’Adrien. Spartianus , in vit a Hadriani, cap. 7.
- 12. Sous les Empereurs Romains, l’emploi de Voyer, Curator Viarum, étoit réuni à celui de Pro-conful, ou de Gouverneur de Province. Schœpflin, Alfat. lllnfl. tom. 1, fol. 2*0.
- 12. Bergier obferve, que fi le nom des Empereurs efi mis fur les milliaires au nominatif, c’efl
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- une preuve 'que ces Princes les avoient'eüx-mênrès ordonnésî au lieu que, quand ces monuments étoient érigés à l’honneur des Empereurs par les Magiftrats, chargés des réparations des chemins » o’étoit au datif, qu’ils mettaient le nom du Prince.
- 14. Les deux lettres MP, que l’on trouve fur les milliaires, dans l’Itineraire d’Antonin, & dans k Table de Theodofe , lignifient Mille Pajfus, un mille Romain,-qui eft d’environ 500 toifes de 10 pieds de Berne , chacune : il paroit cependant que ces lettres MP, indiquent auffi quelquefois la lieue ou le- mille Gaulois, fur-tout dans les pays où cette mefure étoit en ufage. Schœpjlm, Alfat. Illujt. tom. E* fol. 574.
- 1 f. Les trois lettres LEG,> à la fuite des chiffres, qui fe trouvent en quelques endroits , dans les ma* nufcrits de l’Itineraire d’Antonin, lignifient Lengœt & indiquent vraifemblablement qu’on doit compter les diftances en lieues Gauloifes, qui font d’environ 750 toifes de Berne, plutôt que par milles Romaines. Schœpjlm, Alfat.liluft. tom.1, fol. 574. D'Anville-y Eclaircijfements géographiques fur P ancienne Gaule > pag. 115 & ftiiv.
- ï6. Dans ce Tableau des routes Romaines de k Suilfe , j’ai foin d’indiquer par la lettre L les diftances . foit de l’Itineraire d’Antonin ,. foit de la Table deTheodofe, qui paroilfent avoir été mefurées en Leugdou lieues Gauloifes, d’environ 7 jo toifes de Berne.
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- cosimnn
- PAR LES ROMAINS,
- DANS L’HELVÉTIE;
- Avec les autorités & les preuves tirées des monuments de tantiquité*
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- Anciens Noms des Lieux dit PaJJage, avec leurs âijlances.
- Suivant ITtineraire d’Antonin. Suivant la Table de Theodofe.
- Via a b Italia in DM. M.P. Gallias . . . Dift. M.P.
- Cenava . £ . Gennava - - .
- Equeftribys « . 17 Colonia Equeftris L. 12
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- Noms qu'ils portent aujourd'hui. Temps de la conjlru&ion, ou du rétablijfement du chemin par les Romains*
- DiJÏ
- lieues
- per Alpes Grajas .
- Geneve . , „ , fSous le régné de l’Em-\ pereur Eliogabale, & J fous celui de Vibius J Trebonius Gallus, & / dèfonfïls Volufien, L dans le 3me fiécle.
- Verfoix . i , . Z f La première année 1 du régné de Trajan, y fan 98 del’EreChré-£ tienne.
- Coppet . . . . * 4
- Nyon . . . . i!
- Promentou . . . 5
- Le Pont de La Dou-live , . . . I ÇRéparé fous Je régné 3 de Septime Sévere, 3 dans le commence-, C ment du 3 me fie'cle.,
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- C H K
- Anciens Noms des Lieux du PaJJage ", Mite leurs dijlances.
- Suivant d Jtinerain. d'Antonin. Suivant la Table df Theodofe.
- f* DM. VI. P* 1 Dijl. M.P:
- tacu Laulbmo : 20 Lacüm «Lofonne ; Lis
- itlrba. i8 Abejl : : . . f
- Ariorica" ; . yifontione . . J L.ié Abiolica ; l . L. 16
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- C H À
- Moins, qu'ils portent aujourd'hui.
- m.
- 7zc««
- Rolle •; ; ; . 1
- Allamand . . . 1 1
- Buchillon . . . l 1 3
- St. Prex. . , 1 ï a
- Morges . j. : . 3 .4
- Laufanne,lîtuée an-
- ciennement àVidy
- Entre-Roches . . 4
- Orbe r. . . II
- Bail aigues . . . %
- Jougne en Fran-vche-Comté . . I2
- Pontarlier . . . 3l
- Befancon . / * 10
- Temps de la eonftruStioni ou du rétablijfement du chemin par les Romains.
- ‘Réparé fous le régné de Baflîen CaracallaV . l’an 314.
- Sous le régné d’Adrien , l’an ij9., qu fan 120.
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- Autorités & preuves tirées des Monuments de VAntiquité.
- Jules Céfar dit * en parlant des Helvétiens t qui alloient chercher des nouvelles demeures dans les Gaules, cinquante - huit ans avant la naiiTance de Jéfus-Chrift, qu’il y avoit deux chemins de l’Helvétie dans les Gaules ; l’un par Colonges & le Pas de la Clufe, & l’autre pat Ge-neve, où l’on pafloit le Rhône fur un pont.
- „ Erant omnino itinera duo, quibus itineribus ,3 domo exire poifent; unum per Sequanos, an-3, guftum & difficile, inter montem Jurant & ,3 flumen Rhodanum, quo vix finguli carri du-,3 cerentur, nions autem altiffimus impendebat, 3, ut facile perpauci prohibere poifent : alteruni 9, per provinciam noftram, multo facilius atque 33 expeditius : propterea quod Helvètiorum inter 3, fines & Allobrogum qui nuper pacati erant, j, Rhodanus fluit iifque nonnullis locis vado 3, tranfitur. Extremuiii oppidum Allobrogum eft, j, proximumque Helvetioruni finibus, Genevaj 33 ex eo oppido pons ad HelVetios pertinet Jul. Cæf. de Bello Gallico, lïb. i, cap. 6.
- On voit à Geneve trois colonnes milliaires, avec des infcriptions : la première, qui eft fur la Treille, paroit avoir été érigée à Antonin Helio-gabale> t
- IMP
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- C H A
- 6S
- IMP CAES
- DIVI MAGNI ANTON! NI PDF D SEVËR NE POS >
- TRIB POT MIL P
- La fécondé eft à la Pdiflerie.
- IMP CAES
- CVIBIO TREBONIA ' ,
- NO GALLO PIO FELTCI A VG PONTIFICI MAX TRIB POTES COS ÏÏPP IMP CAES
- CVIBIO ANNIO GALLO TREBONIANO VOLVSIANO
- jSfote. Oh peut lire comme fuit, Finfcription du milliaire de ia Treille de Geneve, quoique les trois prëmiefes lettres SEV du mot Séveri, à la troifieme ligne > & les mots Marcus Aurelius Aniotiinus, ne fe voieht plus fur ce marbre» Imptrator Caefar, Divi Maghi Pii Filiils , Divi Severt Flepos, Marcus Aurelius Antoninus * Tribufiitia Pote fi tatis, Mille PaJJiis, ( feu ) Milliariüm pofiuit.
- Pfott. Les fix premières lettres du mot Trebotiiatto de la derniere ligne de l’irifcription du marbre de la Pelifferie, font effacées.
- E
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- a C H A f
- La' troifieme a été déterrée à Verloix, & tran£ portée à la place du Molard à Geiieve.
- IMP CAES NÉRV VLP TRAIAN AVG GERM PONT MAX TRIBVN POT COS n M P VIII
- Ï1 paroit que ce dernier milliaire compté les milles de la diftance itinéraire, depuis Nyon, Colonie Equeftre de l’Helvétie, plutôt que de Geneve, ville qui étoit dans une autre province.
- On a aulîi trouvé à Nyon une colonne milliaire , avec les reftes d’une infcription : ' elle pa-roît avoir été dreflee par ordre de l’Empereur Gordien III * vers le milieu du troifième fiecle»
- ANTONINVS GORDIANVS TRIB POTm COS C I EQ_ id eflfortè Colonia Julia Equefiris >
- Note. Il ne refte que les lettres fuivantes * de l’inf* cription du milliaire de Nyon;. à la première ligne ...... ONI
- à la fécondé . k , . » * . . AN
- a la troifieme . *.................TIII C
- à la quatrième. k ...............CI EC -
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- , . C H A 67
- Nyou eft fans doute la Colonie Equeftre dont les anciens ont fait mention, & qui eft connue par plufieurs infcriptions. Pline, Hijl. nat. lib. 4, cap. 17. Guichenon , Hijl. gênéalog. de la maifon de Savoye, tom. 1, pag. 27. Schœpflin, Al fat. 1U lujlr. tom. r , fol, 130.
- Dans l’ancienne notice des Gaules * on trouve Civitas Equejlrium, Nojodunus, feu Nevidunum.
- L’ancienne route palfoit dans le village de Pro* mentou , dont le nom vient du latin Frômonto-rium.
- On a déterré * eii 1782, près de Pandien pont de La Doulive, un milliaire, qui compte fept milles de diftance itinéraire de la Colonie Equef. tre : le chemin a été reconftruit depuis jteu de temps, & il eft beaucoup plus court qu’il n’é* toit anciennement. Cette colonne paroît avoir été dreflee par ordre de l’Empereur Septime Severe.
- SEPT
- SEVER
- NOBILISSlMVS PON TES ET VIAS VETVST CONLABS RESTIT COL EQ_ M P Vïï
- Le village d’Allaman, qui eft fur la route, pourroit bien avoir reçu fon nom du latin, Ad
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- Lemamtm, à caufe de foirvoifinage du Lac Léman. En conftruifant le chemin neuf, on a découvert près de ce village diverfes antiquités Romaines.
- J’ai trouvé des reftes de. la Chauffée Romaine * fur la hauteur à l’Eft du Pont de PAubonne : cette ancienne voye traverfe un petit bois près du village de Buchillon 5 elle eft élevée de 5 à 4 pieds, & fa largeur"eft de 8 à 9 pieds: à côté de cette chauffée, on voit encore la carrière qui a fourni aux Romains les graviers & les pierres pour fa conftru&ion. C’eft en prenant pour guides , Pitineraire d’Antonin, la carte de Theodofe, & quelquefois l’ancienne tradition, que j’ai découvert , en parcourant des lieux incultes, quelques veftiges des routes Romaines. Il eft incertain ft le village de Buchillon, que quelques Antiquaires ont pris pour l’ancien Portus Abuc'mi, dont la notice des Gaules fait mention, l’eft réellement. Sehœpfiin, Alfat. Illujîrat. tom. 1, fol. 130.
- Le milliaire de St. Prex, qui^ a été tranfporté fur le Pont du Boiron, près de Morges, paroit avoir été érigé Pan 214, à l’Empereur M. Aure-litts Antoninus Caracalla. Les chiffres qui mar-quoient le nombre des milles font entièrement détruits.
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- M AVRELIVS ANTONENVS PIVS FEL GERM MAX BRIT MAX PONT MAX TRIB POT XVI IMP II COS IIII PROCOS FORTISSIMVS INVICTISSIMVSct M AVG ... INV PACATOR ORBIS VIAS ET PONTES VETVSTATE COLLABS RESTITVIT
- L’infcription Romaine, déterrée à Vidy, près-de Laufanne, & que l’on conferve dans l’Hôtel-de-Ville, prouve que Loufonna étoiü l’ancien nom de cette ville: le géographe anonime de Ravenne, qui paroit avoir écrit dans le neuvième fiécle, l’appelle Laufom. Bochat, Mémoire fur Fhift, anc.. de la Suijfe, tom. 3, pag* 5II.
- Note. On lit difficilement l’infcription du milliaire de St. Prex : les quatre premières lettres M AVR fe voyent encore fur le marbre; mais le refte.de la première ligne eft détruit : à la fécondé ligne, les lettres FE du mot Fel pour Félix, font accolées, & les trois lettres GER du mot Germanicus, font effacées : à la troifieme ligne, les deux lettres NT du mot Pontifex, font accolées : à la feptieme ligne , les trois lettres NTE du mot Pontes, font accolées, de même que les deux lettres TE dans Vetuflate ; & à la derniere ligne, les deux lettres 1T de la fin du mot Rejlituity font, effacées.
- E J
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- ,70 t H A
- Le milliaire déterré en 1640, à Entre-Roches, a été érigé à l’Empereur Adrien : nous en rapporterons l’inlcription dans la fuite, à l’article du chemin de Laufanne à Avenche.
- On peut luivre les veftiges de la Chauffée Romaine depuis la rive orientale de la Venoge, à travers le marais d’Eclépens j à Entre - Roches, dans le marais d’Orny, dans les champs & les prés qui y aboutiffent : cette chauffée entre dans l’ancien chemin de l’Eftrazj &en divers endroits, l’on en retrouve les veftiges jufqu’à Orbe. Qn voit aufli au-deffus du marais d’Orny, à environ dix toifes de diftance de cette ancienne chauffée , la carrière qui a fourni les graviers pour fa conftru&ion.
- L’omiflîon de Urba, dans la Table de Théo-dofe, paroît être une faute des anciens copiftes, puifque cette ftation fe trouve dans l’itineraire d’Antonin, & que la diftance de 16 lieues Gau-loifes jufqu’à Abiolica, aujourd’hui Pontarlier, ne peut pas être prife de Laufanne s qui en eft beaucoup plus éloigné.
- Le paffage du Mont-Jura, d’Orbe à Pontar-lier, étoit fans doute connu, avant que Jules Cé-far eût conquis l’Helvétie.
- n RelinqueBatur una per Sequanos via, qua > « Sequanis invitis, propter anguftias, (Helvefcii)
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- » ire nonpoterant”. C'&far de Be.Uo Gallicolib. i, cap. 9.
- La ville de Pont-Ailier, Pons Sln* où Fort croit que l’Empereur Ælius Adrien' fit conftruire un Pont fur le Doux, eft Ariorica ou Abiolica des anciens. Guiliiman.. de rebus Helvet. Iib. 1, cap. 4, & lib. 2, cap. 2. Bochat, Mémoires fur FHijjoire ancienne, de la Suffis tom. I.» pag. 158^ 1
- E 4
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- Anciens Noms des Lieux du pajfage, avec leurs dijlances.
- Suivant P itinéraire d^Antonin. Diji. M.P. Suivant la Table Theodofe, de
- Via ab Italia . . <. in Gallias Difl. M.P.
- Summo Penino . Infummo Pennino
- O&oclurq 1 . Tarnajas . . . 12 O'cloduro , . . Tarnaias . . . 3>S' 12
- Penne Locos I , 13 PennoLucos . . H
- Vibiico . . . . 9 Vivifço. . . 9
- Bromago ; ; . L*9 Viromàgus J . L'9
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- Noms qu'ils -portent aujourd'hui.
- Temps de la conjlru&ion ou du rétablijjement du chemin par les Romains.
- Dijl.
- per Alpes Penninas. Lieues
- Le fommetdu grand ÇSous le régné de Conf-< tantin le Jeune, vers
- St. Bernard. L l’an 559.
- St. Pierre . . . 2?
- Martigny . . , Si
- St, Maurice . .. . 31
- rSous le régné de Lici-
- St. Tryphjon. . . li \ nius, foit fous Conf. tantin, aucommen-
- Aigle . . . . ? ÿ ) cernent du quatrie-C* mehécle.
- Roche . . . .
- Villeneuve , . . a
- Chillon . . . . 4 i
- Clarens . . . . 4 a
- Vevey . . . . ï I
- St. Saphorin . , a ? ÇSous le régné de Clau-L de, l’an 47,
- Chexbres . . , i a:
- Près du lap de Bré . 4 3 ;r
- Aucret, ancienne Abbaïe . . . 4 I *
- Oron . . . . 4
- Promafens . . . 2 I 1 2
- Sous Rue . . .
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- Anciens Noms. des.: Lieux du pajjages. avec îettxs dijiances.
- Suivant Pitineraire d'An tonin. I Suivant la Table de 1 Thendofe.
- Miunodunum M.P. 6 Minodum . Diji. M.P. 6
- Aventicum 7 h. 13 Aventicum n 18
- Helvetiorum S Heletiorum s
- Petinefca Z Z . L.ia ' Petenifca l • L.14
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- Noms qu'ils portent aujourd'hui.
- Di
- Moudon.
- Lucens . . .
- Villeneuve .....
- Granges..........................
- Fitigny .
- Payerne..........................
- Corfelles . . . . ,
- Dompierre........................
- Domdidier........................
- Avenclie . . . . .
- Faoug . . • •
- Meiry ...........................
- Morat .....
- Montelier . . . *
- Chiétres . . . » .
- Frefcheltz.......................
- Kalnach .
- Tribey...........................
- Brugg......................t
- Boujeant, près de Bienne, appelle en langue allemande, Boezingen
- i
- i
- i
- ?
- Z
- Z
- 2
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- Anciens Noms des Lieux du pajfage, avec leur difiances.
- Suivant Vitineraire â'Antonin. Suivant la Table Theodofe. de
- M.P. Dijl. M.P.
- Saloduro . . . L. io Salodurum . . L. 10
- Augufta 7 Rauracum A L* 22 Augufta 7 Ruracum 5 L. 2z
- Artalbinno. . 17 Arialbinum . . L. 6
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- C H A
- Noms qu'ils portait aujourd'hui.
- 77,
- Soleure î ; ï l
- Olten .
- Le Bas Hauenftein Hombourg . .
- Zeglingen . *
- Guelterkinden Siflach . . ; ,
- Lieftel . , . »
- Augft . ... . *
- Muttenfc .... Binningue, à demi lieue de Basle Holé .....
- ï
- 4
- Dijl.
- lieues
- X
- ï
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- Autorités & preuves tirées des Monuments de l'Antiquité.
- Suivant le rapport de Strabon, qui vivoit dans le commencement du premier liécle , le paflage des Alpes Pennines étoit très - rapide & étroit. M Alter ( tranfîtus ex Italia in Galliam ) per Ben-„ ninum montem brevior, fed idem adclivis & „ anguftus. Strabo, Geograph. lïb. 4.
- Le Summum Pennimm des anciens eft le font» met du grand St. Bernard. Gtiichenon, Hijloirë généalogique de la Maifon de Savoye, tom. I ,
- . pag. 28.
- O11 voit à St. Pierre, dans le VaJlais, une colonne milliaire, avec cette inlcriptioil :
- IMP CAESARI CONSTANTINO P F INVICTO AVG DIVI CONSTANTIN! AVG FÎLIO BONO REIPVBLICE NATO
- f. c. val. xxnn.
- Il paroit que ce niilliaire compté là diftailce itinéraire, depuis Martigny, qui étoit nommé anciennement Forum Claudii Valenjium,• delorte que cette colonne doit avoir été placée fur le haut de la montagne du grand St. Bernard ; comme Mr. De Saufïure en a fait la remarque. Voyages dans les Alpes, tom. 4, chap. 42.
- Cefar, Pline, & diverfes infcriptions Romaines
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- nous font colinoitre l’ancien O&odiirus ] âujôur-ti’hui Martigny. Guilliman. de rebus Hehet. lib. 4, cap. 3. Plantin. de Antiq. Popul. Hehet. fnitim.
- Le château de St. Maurice étoit appelle an-^ dennèmént, Tarnaias, & le bourg portoit le nom â’Acaunüm ou â1Agaumm, fuivant les actes du commencement du lîxieme fiécle. GuiU limon, de rebus Hehet. lib. 4, cap. 3. Bûchât, Mémoires fuY PHiftoire ancienne de la Suffi, tom. 1, pag. 139.
- Le Pont de St. Maurice fur le Rhône, paroît être un ouvrage Romain.
- J’ai vu au fud de la colline de Charpigny, entre St. Maurice & Aigle, les veftiges d’un che^ min Roinain, coupé dans la roche, qui fert de bafe à cette colline^
- Le milliaire déterré à St. Tryphon, & que l’on conferve aujourd’hui dans l’Eglife d’Ollon, compte 17 milles de diftance itinéraire à'OBodu-rum, qui paroît 5 comme nous l’avons dit, avoir été auffi nommé , Forum Claudii Vallenjtum.
- IMP. CAES. VAL LICINIANO. LICINIO P; F. INVICTO. A VG F. CL. VALL. OCX M. P. xvn
- Il eft incertain li la Chauffée Romaine paffoît
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- CH A
- dans le bourg d’Aigle} il y a même plus d’apparence qu’elle traverfoit le marais qui eft au couchant : cependant ce bourg eft très-ancien , & il a probablement reçu fon nom d’un corps de cavalerie Romaine, appellé Ala, qui y étoit en quartier. Guilliman. de rebus Helvet. lib. I, cap. il. Bochat, Mém. fur l'Hijl. anc. de la Suffi, tom. i j PaS’ i-3 3»
- Simler, Guilliman, Plantin & Bochat, font du fentiment que Villeneuve eft l’ancien Penne Lucos : le géographe anonime de Ravenne l’appelle , Penne Locus.
- Vevey eft nommé par ce géographe, Bibifcon, & dans les aétes du moyen âge, Vivifcum.
- Le milliaire de St. Saphorin compte trente-fept. milles de diftance d’Avenche j il porte cette inf-criptioli :
- TI CLAVDIVS DRVSI F CAES A VG GERM PONT MAX TRIB POT Vil LMP XII P P cos mi F A XXXVII
- Mr* De Bochat croyoit que la route Romaine, de Vevey à Moudon, palfojt à Attalens > mais il paroît plutôt qu’elle avoit fa dire dion par le bord du Lac Léman , jufqu’à St Saphorin j 8c
- de-là
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- C H A gi
- de-là au Lac de Bré : l’ancien chemin de Vevey, par Attalens, tendoit à Romont & non à Moudon.
- On trouve encore au-deffus du petit lac de Bré , dans une plaine marécageufe , quelques vef-tiges d’une chauffée Romaine, qui a été démolie, pour conftruire, avecfes matériaux, la nouvelle chauffée.
- Promafens, village du canton de Fribourg, eft vraifemblablement l’ancien Bromagus. (Guilliman. de rebus Helvet. lib. I, cap. 4.)
- D’autres antiquaires croient que Bromagus , fitué où eft aujourd’hui le lac de Bré, a été fubmergé. Cluvier, lib. 2 , cap. 4. Plantin. Helvet. ant. & nûv. cap. if.
- L’infcription votive que l’on conferve dans là maifon-de-ville de Moudon, nous apprend que l’ancien nom de cette ville, eft Minnodunum. ( Cluvier, lib. 2, cap. 4.) Bochat, Mém.fur l’HiJl. anc. de la Suijfe, tam. I, pag. $6.
- Quoique les anciens ne faffent aucune mention de Payerne, il paroit que cette ville eft ancienne : 011 attribue fa fondation à Paternus ; conjecture qui eft cependant très-incertaine. Guilli-man, de Reb. Helvet. lib. I , cap. 4. Schœpjlin, Al fat. lllujlr. tom. 1, fol. î83-
- Un très-grand nombre d’infcriptions & d’antiquités Romaines, déterrées à Avenche & dans les environs , font des monuments de l’ancienne
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- grandeur de cette ville, que Tacite appelle la capitale de l’Helvétie. Hijl. lib. I, cap. <58. Gu.il-limon, de Reb. Helvet. lib. I , cap. 3. Schœpflin. Alfat. Illujl. tom. ï, fol. 130.
- Elle eft nommée dans la notice des Gaules, Civitas Elvitiorum Aventicus.
- On voit de nos jours les relies d’une chauffée Romaine qui traverfe le marais au - delîous d’Avenche, jufqu’au lac de Morat, qu’elle cô~ toyoit à PEU: cependant une autre branche du chemin militaire des Romains peut avoir paffé à l’occident du coteau de Vuilly, & avoir côtoyé la rive du lac de Neufchâtel, comme Mr. Sinner l’a dit j Voyage dans la Suijfe Occidentale, tom. 2, chap. 13. -
- Plulieurs routes s-’étendoient d’Avenches aux différentes villes de l’Helvétie : fes habitans prirent foin d’ouvrir ces routes dès les premiers temps de la domination des Romains 5 ils dreffe-rent meme des autels aux Divinités qui préli-doient fur les chemins. On a déterre en 1744, près d’Avenche , un de ces autels, qui porte Pinfcription fuivante :
- BIVIS
- TRIBVTS
- QVADRVBIS
- En 175*3 , on trouva près de l’hôpital de Mo-
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- C H A g?
- rat, au - deffus de la nouvelle route , les reliés d’une chauffée Romaine, qui avoit fa dire&ion de Meiry à Morat.
- Il relie encore de nos jours des velliges de la chauffée Romaine, dans le marais depuis le village de Montelier jufqu’aux champs de Gimy * où l’on voit aulîi les ruines d’un château fur une hauteur 5 ce lieu effc près de Chiétres, village ancien, appelle en latin, Ad Carceres.
- Cette chauffée , dont le fond effc de tourbe durcie, recouverte d’une couche de gravier, d’environ deux pieds d’épaiffeur, à quarante-huit pieds de large.
- On peut encore fuivre les velliges de ce chemin , conftruit par les Romains, dans les marais & les communes de Chiétres & de Frecheltz, entre l’Afpi & les champs de Kalnach, au def-fous d’Arberg, jufqu’au village de Brugg, où font les relies d’un ancien pont fur la Thiele.
- L’ancienne tradition & les noms de Heyden-tvegî 8c de Hohe-Strafs, que l’on donne dans le pays à ce chemin , ne laiffent aucun doute fur font antiquité. Voyez art.
- Il paroît auill par les velliges d’un ancien canal, que l’on voit encore au-deffous d’Arberg, que les Romains ont conftruit, dans ce pays, des ouvrages pour faciliter la navigation depuis Aven-che fur l’Aar.
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- Le village de Tribey, fitué entre l’Aar & la Thiele, fur la chauffée Romaine, dont nous parlons, eft ancien; on y trouve des ruines d’édifices , des médailles, & d’autres antiquités Romaines.
- Les Antiquaires ne font pas d’accord fur la fî-tuation de Vetiusfca ; fuivant Guilliman &Tfchudy, c’eft Buren ; fuivant Cluvier & Cellarius, c’eft Bienne ; fuivant Gaudard , c’eft Tribey ; & fuivant Schœpflin , c’eft Boujeant, appelle en langue allemande, Bœzingen. Alfat. Illufrat. tom. i, fol. 172.
- Les ruines d’anciens édifices, & diverfes in£ criptions Romaines, déterrées à Soleure, nelail-fent aucun doute fur l’antiquité de cette ville. Guilliman. de Reb. Helvet. lib. 3, cap. 10. Plan-tin. Helvet. antiq. & nov.
- Le palîage du Haut-Hauenftein, à travers le Jura, n’eft ouvert que depuis peu de temps j & l’ancien chemin de Solodurum à Aiignfia Rau-racum, paffbit à Olten, le Nider-Hauenftein & Zeglingen. Schi£pjlin , Alfat. Illujîrat. tom. 1, fol. 172.
- O11 trouve des antiquités à Zeglingen.
- La Colonie Romaine à'Augujla, eft appellée par Pline, Colonia Raurica} & dans la notice des Gaules , Cajlrum Rauracenfe. (Plin. lib. 1, cap. 17.)
- On voit encore de nos jours, près du village
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- C H A 8f
- d’Augft, à deux lieues de Basle, plufieurs monuments de l’antiquité & de la grandeur de la ville d ' Angola. Rauracum. Schœpflin. Al fat. lllufi. tom. I, foi 130, 149 &fequent. Bruckner. Def-cription dit Canton de Basle, 23me partie.
- Le village de Muttenz pourroit bien avoir été une ftation de pofte Romaine, fi fon nom vient du latin Mutatio. Ce lieu eft fitué au - deflous. des anciennes forterefles de Wartenberg ; & l’on y a trouvé plufieurs antiquités- Romaines. Bruckner. Defcrip. du Canton de Basle , 23 me partie.
- 'Le village de Binningue eft vraifemblablement l’ancien Arialbinum. Schapjlin. Alfat. lllujlrat. tom. 19 fol. ço & 187. BrucknerDefcription dit Canton de Basle, 23 me partie.
- Si quelques manufcrits de Pitineraire d’Anto-nin , portent 17 milles de diftance d’Augujla Rau~ racum à Artalbinum, c’eft une faute des anciens copiftes, qui peut être corrigée par la Table de Théodofe, qui ne compte que 6 milles, ou 6 lieues GauloifeSï
- Holé eft, à ce que l’on croit, Olino, connu par l’ancienne notice de l’Empire d’Occident. Beatus Rhenanus, Rerum German. lib. 1, fol. 14 & 276. Schœpfiin. Alfat. lllufi. tom. 1, fol. ç.cr
- & m.
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- 86 Anciens Noms des C H A Lieux du pajjage, avec dijiances. leurs
- Suivant Vitinéraire à'Antonin. Suivant la Table Theodof?. 1 de
- Di fi, M.P. Difi. M.P.
- Via ab Italia in Brigantia . . . Gallias, per Brigantio . . .
- Arbore Felici . . 20 Arbor Félix . . L. 10
- Finibus . . . . i 20 1 Ad Fines . . . 21
- Vituduro , . . Le g. Abefi.
- yindonifla . . . 24 Leg. VindonilTa . 8
- Rauracos I : . 27 Augufta 0 L. 22
- Leg. Ruracutn £
- Artalbinno . . . i .17 l Arialbinum . . L .6
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- C H A
- 87
- Noms qu'ils portent aujourd'hui. Temps de la conjlrn&ion ou du rétabliffement du chemin par les Romains*
- Dijl.
- Alpes Rhæticas. . Bregentz . . . lieues.
- Rheineck . . . 2
- 'Wartenfée . . I
- Rofchach . . .. I
- Arbon .... 2
- Romishom . . . 2
- Pfyn ..... f
- Frauenfeld . Le Vieux 'Winter- II
- tliür .... ->
- Gloten .... 4
- Alt-Regenfperg iî
- Buchs. .... i
- Baden .... C Sous le regue de Tra-
- M 2 6 jan,ran9&.
- Windifcb . . . : 2
- Broug .... i Z
- Boëtzberg . . . ‘ 2
- Frick ....
- Rhinfelden ‘ . . 3
- Augit . . . . i
- Binningue . . .
- -F 4-
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- 88 C H A
- Autorités & preuves tirées des monumens de t antiquité.
- Deux anciens chemins, l’un d’Italie, paffant par les Alpes Rhétiques, & l’autre venant de la Pannonie, fe réüniffoient à Brigantium, aujourd’hui Bregentz, ville du Tyrol, fituée à l’extrémité méridionale du lac de Confiance, dont Stra-bon parle , liv. 4, pag. 14a.
- Les Romains avoient ouvert deux paflages de l’Italie par les Alpes Rhétiques : il paroît que l’un de ces chemins alloit de Clavenna, aujourd’hui Chiavenne, par le mont Spltigel & la vallée de Schams', à Coire, Mayenfeld, & Bregentz s & l’autre, commencé par Jules Céfar, & fini par Augufle, paffoit le mont Jules, où l’on voit encore de nos jours , à côté du chemin , deux, colonnes groffiérement travaillées, fans bafe ni chapiteau, dreffées par les Romains, comme un monument de cet ouvrage. “ Sub Julio, & 03a-„ viano , per Alpes Julias, iter fa&unt ejl. (Rtifus Fejlus in Breviarioé)
- Rheineck & Wartenfée , étoient anciennement des fortereffes. On paffoit le Rhin près de la première , nommée Ad Rhenum Guilliman. de Rébus Helvet. lib. 1, cap. il.
- Am mien Marcellin, dit, que Arhor Félix, aujourd’hui la petite ville d’Arbon, étoit une for-
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- C H A 89
- tereffe ; Hifi. lib. 31. Guilliman. de Reb. Heîvet. îib. 1, cap. il. Plan tin, Helvet. ant. & nov.
- Romishorn étoit àuffi une fortereffe fous l’empire Romain.
- Le village de Pfyn étoit anciennement appelle Ad Fines. Plantin. Helvet. ant. & nov. Bochat, Mémoires fur PFIifioire ancienne de la Suijfe, tom. I, tai- I09*
- On voit encore de nos jours les veftiges d’une chauffée Romaine, entre Frauenfeld & le vieux ’Wmterthi.ir. Il refte auflî quelques ruines de la fortereffe de Vitudiirum , dans le vieux 'Wïnter-thiïr, où les Romains entretenoient une garni-fon. Guilliman. de Reb. Helvet. lib. I , cap. 3. Plantin. Helvet. ant. & nov.
- Le grand nombre d’antiquités que l’on a trouvées à Cloten , & particuliérement les infcrip-tions que l’on y a déterrées en 1724, font préfumer que des troupes Romaines ont été en quartier dans ce lieu.
- On aaufli découvert en 175*9, des antiquités Romaines à Buchs : fuivant les infcriptions qu’on y trouva, la Légion XIX y avoit fon quartier.
- Baden eft une ville ancienne, dont l’hiftorién Tacite fait mention; elle étoit appel!ée, Aqitœ, Helvetica, ou Cajlellum Aquarum. Guilliman. de Reb. Helvet. lib. I, cap. 3. Bochat, Mémoires fur VHiJl. ancienne de la Suijfe, tom. 1, pag. 123.
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- 90 C H A
- Le milliaire de Baden, drefle à l’honneur de Trajan, compte les milles de diftanee depuis Avenche.
- Vindonrjja, ville des Ambrons, dont Tacite fait mention, Hijl. lib. 4, cap. 61 £9* 70, eft appellée dans la notice des Gaules, Caftrum Vin-domjjenfe. On en trouve aujourd’hui les ruines dans le village de Windifch & dans fes environs. Clavier. Geograph. antiq. lib. I, cap. 3. Guilliman. Habsbourg, lib. 2 , cap. 1, de Reb. Helvet. lib. I, cap. 3. Schœpjlin. Al fat. Illujl. tom. I , fol. 13 O.
- Le Pont de Broug, fur l’Aar, paroît être un ouvrage des Romains ; & le Boetzberg, Mons Vocetius des anciens , étoit vraifemblablemeiit un palfage ouvert, lors de la défaite des Hel-vétiens, par Cénina, Général de Vitellius. Tacite dit, en parlant de cette défaite., près de la forterefle de Baden : at.Undique populatio & „ cædes, ipfi in medio vagi abje&is armis , magna „ pars Saucii aut palantes, in montem Vocetium » perfugere. Hijl. lib. I, cap. 6g.
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- C H A 91
- Le Boetzberg eft appelle par Tacite, Mons Vocetius. Schœpflin. Alfat. lllujlrat. tom. 1, fol. 3. ( Guilliman. Habsburg. lib. 2, cap. I.) Sebajlian. Munjler. Cofmographia univerf lib. 3, fol. 41
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- 9» C H A
- Anciens Noms des Lieux du pajfage , avec leurs dijlances.
- Suivant l'itinéraire d'Antonin. Suivant la Table Théodofe. de
- Diji. DiJl.
- M.P. M.P.
- Via ab Aveiltico Vefontionem . .
- Aventicum Aventicum
- Helvetiorum 5 Heletiorum i
- Eburoduiio L.17
- Urba Abefto
- Ariorica I . Abiolica . . L. 6
- Vifontione . . L. 16
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- Noms qu'ils portent aujourd'hui.
- C H A
- n
- Temps de la conjlru&ion du chemin par les Romains.
- Difi.
- lieue:
- ufque. Avenche. Payerne Yverdon Treycovagne Mathoud . Orbe . . Moncherand Baîlaigues . Jougne . . Pontariier . Befançon .
- JSoiis le régné de l’Em-£ pereur Septime Seve-L re, l’an 2,0Z,
- Si
- 10
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- 94
- C H A
- Autorités & preuves tirées des monuments de l'antiquité.
- Yverdon eft l’ancienne Eburodunum, que la notice des Gaules appelle Cajlrum Ebredunenfe. Schœpflin. Alfat. Illujlrat. tom. I, fol. 130. Gidl-liman. de Reb. Helvet. lib. 1, cap. 3.
- Le milliaire d’Yverdon, déterré à Treycova-gne, compte 21 milles de diftance itinéraire depuis Avenche : il a été érigé à l’honneur de Sep-time Severe & de fon fils Baflîen Caracalla.
- IMP CAES
- L SEPT SEVERO PÏO PERT A VG ARAB A PARTHIC MAX PP COS ET IMP CAES M AVR ANTONINO PIO FEL COS
- AVENTIC ELV XXI
- Rote. Plufieurs lettres de l’infcriptîon d’Yverdon font doubles ou accolées : les dernieres lettres ELV lignifient Helvetiorum.
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- C H A
- 9S
- Si Pontarlier eft l’ancien Abiolica , comme plufieurs Antiquaires l’ont dit, le nombre des milles de diftance, porté dans la Table de Théo-dofe , paroît confirmer que l’omiflïon d5 Urb a eft une faute des anciens copiftes de cette Carte,
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- Anciens Noms des Lieux du pajfage avec Unis dijlances. .
- Suivant Vitinéraire d’Antouin. 1 Suivant la Table Théodofe. de
- Difi. M.P.
- Via à Loufonio . Lacu Laufonio Vivifcum . . . Lacum Lofonne .
- Vibifco : . . Vivifco . . . *3 m
- Noms
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- e m a n
- Noms qiùils portent aujourd'hui. Temps de ta confiruBïm dtê chemin far les Romains*
- Dijl. .
- lieues
- ufque
- Laufanne ; i * C Sous ie tfegiîe d’Antcrè
- Paudex . * » • I < nin le Pieux, Pari L H J*
- Lutry . . * * i 8
- Vilette » * - * • â
- Cully . - < • i 5 •
- Glerolle . . • I S Sous îe régné dé
- St. Sapkorin . . I 8 ) Claude, Pau 47*
- Vevey . . . . 3 4
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- G H A
- 98
- 'Autorités & preuves tirées des monuments de
- ...-....... T antiquité.
- L’ancien chemin Romain , près de Laufanne , eft encore appelle de nos jours , VEJlraz, du latin Strata.
- Il relie deux colonnes milliaires du chemin de Laufanne à Vevey: la première, déterrée à Paudex, & tranlportée à Laufanne , dans la cour de la maifon de Moniteur le Miniftre Levade, près de l’Eglife de Notre Dame, a été érigée à l’Empereur Antonin le Pieux : la fécondé, placée aujourd’hui dans l’Eglife de St. Sapho-rin , a été drelfée à l’honneur de Claude , l’an 47. .
- O
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- C H A
- 11 paroifc par une infcriptioii, trouvée à St. Prex, en 1744, que Cully étoit anciennement nommé Cloclia.
- . LÏBERO PATRI COCLIENSI P SEVERVS LVCANVS
- V. S. L. M.
- G %
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- ïoô C H A
- Anciens Noms, des Lieux du pajfage 3 avec leurs diflances.
- Suivant ritinéraire Suivant la* Table de
- d'Antonin. Théodofe.
- Dijl DiJl.
- M.P. M.P.
- Via a Loufonio, .Aveiiti-
- Lacu Laufonio Lacum Lofoime
- Bromago . . . Viromagus . .
- Minnodunum . . 6 Minora ni . . . 6
- Aventicum 7 L.iS Aventicum "J 18
- Helvet'orum * Heîetiorum S
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- C H A loi
- Noms qu'ils portera Temps de la conjlru&ion du
- aujourd'hui. chemin par les Romains.
- Dijl.
- lieues
- cum ufque per ripam Lemant
- Lauiànne . . . . C Sous le régné d’Anto*.'
- Paudex . . . . I i | < nin le Pieux, l’an ! C 14?. •
- Lutry . . . . i 8 . 00
- Cully .... I
- Glerolle . . . I
- St. Saphorin . . 1 SSous le régné de ClauS y de, Pan 47.
- Chexbres . . . 1 4
- Près du Lac de Bré !
- Au Cret . . .
- Oron .... X
- Promafens . . . I
- Mou don . . . 4 2
- Payerne . . . U
- Avenches . . . 2 —
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- 102 C H A
- Autorités & preuves tirées des monuments de l'antiquité.
- La colonne milliaire de Paudex porte l’infcrip-tion iuivante, & compte trente-huit milles de diftance itinéraire depuis Avenche.
- IMP
- CAES T AEL HAD ANTONIN A VG PIO P M TRIB POT COS III P P AVENT MP XXXVIII,
- Le milliaire de St, Saphorin dont nous avons précédemment rapporté Pinfcription, compte tren-te-fept milles de diftance d’Avenche. Ainlî cette colonne milliaire ne compte qu’un mille de moins que celle de Paudex> tandis que la diftance de çps lieux eft d’environ fept milles. On peut concilier cette différence des diftances itinéraires
- Note. On peut lire l’infcription du milliaire de Paudex comme fuit : Imperatori Cafari Tito Hadriano An-tonino , Augufio , Pio, Pontifia Maximo , Tribuniti# Potejiatit, Confuli tertiùm , Patri Patrià, Avçntkum, Milliarium pofuiû XXXVIII.
- On fait qu’Antonin le Pieux eft nommé ftr plufieurs médailles & fur quelques marbres, Titus Aelius fila-dnanus Antoninus. (Lexicon Antiquit. Roman. Pitifci* tom. i, fol, 6j & ng. )
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-
- C H A
- io*
- portées fur ces colonnes , avec celles des lieux, en fuppofant que le chemin de Laufanne à Aven-che , qui paffoit, fous le régné de Claude, à St. Saphorin, a été reconftruit environ un fîécle après, fous le régné d’Antonin le Pieux, dans une diredion qui le racourcit, & dont on peut encore fuivre les veftiges dans la plaine maré-cageufe du Grenet, au-delfus du lac de Bré , où cette chauffée rejoignoit la route de l’Italie à Avenche par les Alpes Pennines.
- Sous le régné d’Antonin, le chemin de Lau-failli è à Avenche de voit doncpaifer à travers les: monts de- Lutry & de Cully : ce qui met parfais tentent d’accord les milliaires antiques-avec léç diftances des lieux, & avec la diredion de. la. chaufl'ée Romaine dont on trouve des veftïges dans la plaine du Grenet.
- Noms des lieux du pajjage..
- Laulantie .
- Paudex Lutry
- Savuy .
- Au Grenet,. près du Lac de Bré Au Cret Oron .
- Promaféns . .
- Moudon.
- Payerne ....
- Avenches ... * «
- G
- 4
- Dijt.
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- 104 C H A
- Anciens Noms des Lieux du pajfage, avec' leurs dijlances.
- Suivant l’itinéraire d'Antonin. Suivant la Table de Theodofe.
- Difl. Diji.
- yïa à Loufonio . Aventicum , .
- Lacu Laufonio - . Lacum Lofonne
- Aventicum 7 Helvetiorum 5 Aventicum n Hel etiorum r
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- C H A
- io>-
- Noms qu'ils portent aujourd’hui. Temps de la conflniBion du chemin par les Romains.
- Difl. lieues
- ufque per rupem, didlam Entre-Roches.’
- Laufanne . . . Entre-Roches 4 C Sous le régné vd’A-s drien, Pan 119 ou
- Bavois .... 1 2 C l’an iao.
- Chavornay . . 1 2 C Sous le régné de Sep-% time Severe, l’an 208 L ou 209.
- EfTert .... 1 2
- Ependes . . . X 2
- Yverdon . . . I
- Payerne . - . ï
- Avenche . . . 3 , -, - * -
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- 105
- C H K-
- Autorités & preuves tirées des monuments dé V antiquité..
- Le milliaire d’Entre-Roches, qui a été tranC. porté dans le château d’Orny, compte 41 milles de diftance itinéraire depuis Avenche»
- IMP
- CAES TR F AELIO HADRIANO A VG PM TRIB POT COS un PP AVENTICVM M P XXXXI.
- Note. La lettre E du mot Aelio , à la fécondé ligne
- de Pinfcription du milliaire d’Entre-Roches, paroit être
- un 1.
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- C H À ioy
- O11 voit dans, le village de Chavornay, une infcription fur un marbre , qui paroit être un milliaire érigé à l’Empereur Septime Severe & à Septime Geta fon fils.
- IMP CAES D SEP TIMIO SEVERO PETRI NACI A VG ARME 1
- ADIABENIC PARTHI CO MAXIMO P P COS IIII SEPTIMIO GETAE CAES COS II
- Note. On n’apperqoit plus fur le marbre de Chavornay , les lettres PTIMIO GETAE de la fixieme ligne, ni COS II de la feptieme ligne.
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- iog C H A
- Anciens Noms des Lieux du pajfage, avec leurs dijlances.
- Suivant Vitinéraire d'Antonin.
- Suivant la Table de Theodoj'e.
- Difi.
- M.P.
- Dijl. M.P.
- Via ab Aventico ad Petram Pertufam .
- Sequanos & Rau-
- Aventicum
- Helvetiorum
- Aventicum
- Heletiorum
- Petiriefca
- L.13
- Petenifca
- L. 14
- Epomanduo . •
- Epamanduoduro .
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-
- C H A io<?
- Noms qu'ils portent aujourd’hui.
- Temps de la confiruBion du chemin par les Romains. j
- Dijl.
- licites
- jracos per rupem
- didam.
- Avenche
- Boujeant - . . 7|
- Soncebos . .
- Pierre-Pertuis .
- BeUeley „ .
- Mandeurre en 9 ' Franche-Comté
- i
- io
- j t Sous le régné d’une s Affociation dans le \ C Bas-Empire,
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- uo C H À
- Autorités & preuves tirées des Monuments de V Antiquité.
- Cette infctiption eft gravée au haut de la Ru* che de Pierre-Pertuis.
- NVMINI AVGVS TORVM
- VIA FACTA PER M
- DVNIVM PATERIVM
- flVIR COL HELVET
- Guillitnan, Wagner, & quelques autres Antiquaires, ont cru que ce chemin avoit été ouvert pendant la première Aflociation à l’Empire Romain, fous le régné de Marc-Aurele & de Lucius Verus : mais la latinité & les caractères de cette infcription, qui ne font pas du beau Romain , font préfumer qu’elle eft du bas Empire.
- Pierre Pithou & Chriftiaii Urftice, ont lû, Pa-terium, plutôt que Parternum. thjlice, Abrégé de VHiJioire de Basle, chap. i, & Chroniques ds Basle, îh. I, chap. 2.
- Note. Dans l’infcription de Pierre-Pertuis, la lettre V du mot Augujîorum, de la première ligne eft placée dans le G; on né voit qüe lé trait fupérieür du T, & les lettres OR du même mot Aiiguftorum, font entièrement effacées: les deux premières lettres FA du mot fct&a de la troifieme ligne, une partie de la lettre N * & la lettre 1 du mot Duniurh, là lettre 1 du mot Pâte-rium de la quatrième ligne, ne fe voyent plus ,• & les deux lettres YM à la fin du mot Paterium font accolées.
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- ni
- C K A
- Jë crois que le Duumvir de la Colonie Helvétique d’Avenche, qui a fait conftruire cette route, s’appelloit, Dunius Paterius.
- La famille de Paterius n’étoit pas inconnue à Rome : le Code & Xiphilin, en font mention.
- Mandeurre, fur l’ancienne route de la Province Sequanoife à celle des Rauraques , eft l’ancien JEpomandurum, auflî appelle par le géographe anonime de Ravenne, Mandroda, Schœpflinl Alfat. lllujlrat. tom. I, fol. 198. ( Bochat, Mé-moires fur VHiJloire Ancienne de la Suijfe » tom. i, pag. if3 & fuivantes*
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- II2
- en k
- Anciens Noms des i Lieux du p ajfâge.
- Noms qu'ils portent aujourd'hui.
- Via ah Àventico , Aventicum . . .
- Noidenolex « .
- ad ; ; ï •’ ; j
- Avenche ? ; *, . ;
- Morat ..... ï Montelier . , . *
- Sitgy
- Campelen, ou Champion
- Thiéle.............
- St. Blaife . • . . ;
- Neufchâtel. . ; : ^
- Temps
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- C HA 113
- Temps de fa cmiflrti&ion du chemin par les Romains.
- Dijt.
- lieues
- Néocomenfes,
- 15
- 1
- il
- 5 *
- 3
- 4
- 1
- Sotis le régné d’Adrien, dans le deuxieme liecle.
- H
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- C H A
- 114
- Autorités & preuves tirées des monuments dè l'antiquité.
- Deux anciennes routes fe réunifloient près de Montelier, à l’extrémité du lac de Morat : la première dont nous avons parlé, avoit fa direction au Nord-Eft, & alloit àSoleure; & celle-ci paifoit au Nord-Oueft de Montelier, à Sugy, où la chauffée étoit encore vifible au commencement de ce fîécle, & où les hautes eaux du 3ac l’ont enfin fubmergée : on trouve des vertiges & même une grande partie de cette ancienne chauffée , dans le marais près de Gampelen , elle eft élevée au-deffus du terrain de 4 à 6 pieds., même de 8 pieds en des endroits : les habitans du pays la nomment, Heyden-weg, chemin des Payens.
- On voit encore de nos jours, au bord de la Broïe, dans un lieu nommé, Vers la Tour du Chêne , les fondemens d’une tour , où l’on per-cevoit anciennement le péage.
- On a déterré des médailles & d’autres antiquités Romaines, près du Pont de Thiéle.
- Neufchâtel eft nommé Noidenolex, dans l’ancienne notice des Gaules & dans quelques in£ çriptions Romaines. Guilliman. de Rebus Helvet. lib. 1, cap. 3. ( Bocbat,’ Mémoires fur l'hijioire an* tienne de la Suijfe * tom. I, pag. 8f.
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- G H A îif
- On a trouvé, en 1^97, près de Neufchâtel* où étoit fitué l’ancien Noidenolex, une colonne milliaire, dont rinfcriptioil à demi effacée, ren-fermoit le nom d’Adrien, & le chiffre numérique de la diftance itinéraire d’Avenche : preuve de l’exiftence du chemin de communication entre Avenche & Neufchâtel. Sinner, Voyage dam la SaiJJe occidentale, tom, i, chap. 13.
- H %
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- U 6 C H A
- Anciens Noms des Lieux du pàjjage.
- Suivant F itinéraire d’Antonin. Suivant la Table de Theodofe.
- Via ab Aquis Hel-ViiidoniiTam. veticis . . , .
- Vindonifla . . . Vindonifla . »
- Saloduro , . . Salodurum . .
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- Noms qu'ils portent aujourd'hui. Temps de la conjlru&ion du chemin par Us Romains.
- Diji. lieues
- Salodurum ufque. per . * ; : z
- Baden . . . . > Sous le régné de Tra-
- A jan, Pan 9g.
- Windifch . . . 2 '
- Altebourg . . . 1
- Wüdeck . . . ij
- Arau . . . . 2
- Olten . . . .
- Soleure .... 6i
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- ÏIS C H A
- Autorités & preuves tirées des Monuments de l'Antiquité.
- Le militaire de Baden, qui a été transporté dans la Bibliothèque publique de Zurich, compte 8 y milles de diftance itinéraire, fans doute depuis Avenche.
- LMP CAESARI DIVI NERVAE F NERVAE TRAIA NO A VG GERM PONT MAX TRIB POT COS n PP DES PI MP LXXXY
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- C H A 319
- Les veftiges de cette chauffée Romaine font encore vifibles dans une forêt, entre Baden > Wildeck & Arau.
- H paroit par les ruines & les infcriptions déterrées à Altebourg,. que ce lieu étoit.une for-tereffe des Romains. Guillimm. Habsburgiacum lih. 2, cap. a.
- H 4
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- C H A
- ne
- Anciens Noms des Lieux du pajfage.
- Via à Gannoduro, hodie î Gannodurum . ; , i
- Ad Fines
- i
- i
- ï
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- C H A IZI
- Noms qu'ils portent aujourd'hui.
- Temps de la conjiru&mi du chemin par les Romains.
- Difl.
- lieues
- Burg ad Fines
- Burg, foit . . .J
- Auf-Bourg, furie Rhin , vis-à-vis de Stein . . .
- ufque t r 1
- Sous le régné de Calcula , l’an 37.
- Pfyn
- il
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- 122
- C H A
- Autorités & preuves tirées des monuments de l’antiquité.
- Quelques antiquaires ont cru que la ville de Stein , fur le Rhin, étoit l’ancien Gannodurum , dont il effc parlé dans la géographie de Ptolo-mée -, mais comme cette place étoit dans l’Hel-vétie, & que Stein eft au-delà du Rhin, dans la Germanie, il paroît que Gannodurum, étoit plutôt litué où eft aujourd’hui le village de Burg, & où l’on voit encore.de nos jours les ruines d’une forterelfe. Guillimani de reb. Helvet. lïb. i, cap. il. Flantin. Helvet. ant. & nov.
- On conferve dans l’Eglife de Burg une colonne milliaire, érigée à Caligula, comme l’on croit, la première année de fon régné, à Poe-cafion de la chauffée qu’il fit conftruire, de Gannodurum à Pfyn, Ad Fines.
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- C H A 123
- Voici les reftes de l’infcription de ce mil-liaire :
- IMP CAES CAIVS PONT MAX TRIB POT PP PROC
- 'Note. Les deux lettres OT à la fin de la fécondé ligne du marbre de Burg, font en partie effacées.
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- C H A
- Anciens Noms des Lieux du pajjage.
- Via ftrata, hodie ad Néocomenfes.
- £
- Vicus . V . .
- Noms qu'ils, portent aujourd'hui.
- dida Z Z
- Gex .
- Vefency
- Sous Bonmont . Gingius Trelex Coinfins Vieil .
- Luins
- Burfins ' .
- Mont-defloirs Fechy .
- Aubonne »
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- De l’Eftraz.
- C H A
- I2T
- w
- lieues
- 2
- U
- Temps de la conjlru&ion, ou du 7’établijjement du chemin par les Romains.
- Gefîa
- Réparé fous le.regne de l’Empereur Gordien III, l’an 241.
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- 126
- c n a
- Anciens Noms des Lieux du pajjage.
- Noms qiïils portent aujourd’hui.
- UtU
- Lavignÿ ï l a
- Buffy . . *
- Clarniont. . *
- Cottens i * *
- Grancÿ . *
- Senarclens . *
- Dizy . * *
- La Sarra .
- Pompaples . *
- Orbe . . „
- Mathoud .
- Succevaz .
- Treÿcovagiies ,
- Grandfon .
- Concife .
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- C H A
- î*7
- Temps de la cùnjlruciion, ou du rétablijjement du chemin par les Romains.
- mjt.
- lieues
- 4
- I
- If
- I
- i
- ?
- If
- i‘*
- Sous! le régné de Septime Severe, l’an 202.
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- 128 C H A
- Anciens Noms des Lieux du pajfage. -
- Noms qu'ils portent aujourd'hui.
- Noidenolex
- Vaumarcus ï
- St. Aubin. . :
- Boudry . ;
- Colombier *
- Auvernier
- Neufchâtel . ;
- Ancien
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- C H A Î29
- Temps de la conjlru&im » ou du rétablijfement du cheminpar les Romains*
- Difi.
- lieues
- I
- 5
- 3
- ?
- /
- Sous le régné dfA~ drien, dans le deu-» xieme fiécle.
- I
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- 130 C H A
- Autorités & preuves tirées des monuments dë t antiquité.
- Le nom de l’Eftraz dérivé du latin Strata 5 que ce chemin porte de nos jours, indique qu5il exif. toit déjà fous l’Empire Romain. ( Voyez Partie cle 5-)
- On croit que cette ancienne route venoit de Lyon, & qu’elle paifoit au Fort-de-l’Eelufe & à Colonges.
- Le village de Vich, à une demi lieue de di£ tance de Nyon, pourroit bien avoir été bâti par la Colonie Equeftre : fon nom femble indiquer une fondation des Romains.
- Le milliaire traniporté de l’ancien chemin de l’Eftraz, près d’Aubonne, à St. Livre, dans la maifon de Mr. De Morzier, porte l’infcription fuivante, & compte douze milles de diftance itinéraire de Nyon, où étoit placé le milliaire chef de file dont nous avons parlé dans l’article du chemin de Geneve à Befimçon.
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- C H A m
- ÎMP CAES M ANTONINVS GORDIANVS PIVS FELIX PONT MAX TRIB POTIIII.COS VIAS ET PONTES VETVST COLL REST M P XII.
- Ii paroit par cette infcription, que le Pont d’Au-bonne fut réparé l’an 241, fous le régné de Gordien IIL
- O11 croit, que l’ancienne ville d’Urba, aujour--d’hiii Orbe, dont l’itineraire d’Antonin fait mention , étoit la capitale du Pagus Vrbigenus. Guii-> liman. de Reb. Helvet. lib. I, cap. 4. Plant in* Helvet. ant. & nov.
- Note. Il ne refte de l’infcription du milliaire de St. Li« vre , que les caraéteres fuivants :
- IMP CAES M ANTONI G0RD1AN PIY FELI PONT MAX TRIB I III COS VIA ET PON TVST COLL t MP XII.
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- 13Z C H A
- La colonne milliaire de Treycovagne , dont nous avons rapporté l’infcription dans l’article du chemin d’Avenche à Befançon, a été érigée à l’Empereur Septime Severe & à fon fils Baflien Caracalla.
- Nous avons dit précédemment, que Neufchâ» tel eft nommé Noidenolex, dans l’ancienne notice des Gaules, & dans quelques infcriptions Romaines } & nous avons ajouté que la colonne milliaire déterrée en 1797’, dans l’ancien Neuf-châtel, avoit été érigée à l’Empereur Adrien, Suivant une ancienne tradition du pays, les Romains avoient conftruits un chemin, deNeuf-chàtel, par la montagne de DieflTe, à Pierre-Pertuis.
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- C H A ÏJÎ
- !Anciens Noms des Lieux du paJJage. Noms qu’ils portent aujourd’hui.
- Difi.
- lieues
- Iter à Condate , per montem Ju-hodie didla des Albonam tifque raflum, feu via Remy.
- Condate . . . St. Claude . . St. Cergues . . 6
- Arzier ; : . î ?
- Burtigny. . . i
- Aubonne t . 1 2|
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- C H A
- m
- 'Autorités & preuves tirées des monuments de f antiquité.
- Les plans des anciennes reconnoiflances de la Baronnie d’Aubonne, portent : ct Chemin de }3 Burtigny à Aubonne, appelle des Remy, ou ?3 des Romains, venant autrefois de St. Claude”,
- La ville de Stf Claude eft ancienne : la Table de Théodofe l’appelle, Condate. Schœpfin. Alfat. lllujl, tom. i, fol. 264, Bochat, Mémoires fur fllijioire ancienne de la Suijfe, tom. 1, pag. 75?.
- CHAUX,/:/,
- Pierre calcinée, ou cuite dans un four , que l’on détrempe avec de l’eau & du fable, pour faire le mortier. /
- 1. La chaux doit être faite avec des pierres calcaires dures 5 les marbres, les cailloux des torrents , & les pierres grifes, qui reffemblent à celles de meuliere , avec lefquelles on fait la chaux maigre, font les meilleures. (Mr. Belidor, Science des Ingénieurs , liv. 3 , chap. 3. Mr. Patte, Cours d'Architecture, tom- ? 9 3 » chap. f,
- artl J. )
- %. La chaux doit être bien ouite} celle qui a été éventée dans le tranlport, ou gardée longtemps dans un lieu humide, n’eft pas bonne 5
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- C H A ïjf
- la chaux bien cuite fonne comme un morceau de terre cuite. ( Mr. Belidor, Science des Ingénieurs , liv. 3, chap. 3.;
- 3. La bonne chaux répand, quand on l’éteint, une fumée abondante & fort épailfe, & elle s’attache au rabot.
- 4. Il faut avoir loin de bien éteindre la chaux avec une quantité d’eau convenable, en la remuant rfortement avec le rabot : trop d’eau noyé les fels de la chaux, & diminue fa force; trop peu la brûle & la réduit en une pouflîere, qui 11e donne que peu de liaifon au mortier. On ne doit pas éteindre la chaux en grand tas, mais peu à peu. Mr. Belidor, Science des Ingénieurs, liv. 3, chap. 3 & f.
- f. La chaux maigre eft d’une fi bonne qualité , pour les ouvrages qui font expofés à l’aétion de l’eau & aux injures de l’air, qu’on la préféré à la chaux ordinaire , pour les Ponts , quoiqu’elle foit d’un ufage moins économique : dans la compolition du mortier , elle prend beaucoup moins de fable ; elle fe defleche & fe durcit promptement.
- Des Savants, des Chymiftes célèbres, ont faits des recherches fur les propriétés de cette chaux , & l’analyfe des pierres dont 011 l’a fait.
- Mr. Bergman a trouvé, que la pierre de Lena, en Suède, qui donne une chaux maigre, excel-I 4
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- 13* C H A
- lente, contient de la manganefe, & ne doit fes qualités qu’à ce minéral, qui fe trouve mêlé avec
- eUe' ï
- Mr. de Morveau ayant répété les expériences de Mr. Bergman, fur les différentes efpeces de chaux maigres dont on Te fert en France, a trouvé que celle de Brion, en Bourgogne, contient auffi de la manganefe ; il eft même parvenu à donner à la chaux commune, les propriétés de la meilleure chaux maigre, en y mêlant une petite quantité de manganefe. Mémoi~ y es de r Académie de Dijon, année 1783» fécond femejire.
- Mr. De Sauffure a auffi répété les mêmes expériences fur les pierres à chaux maigre, de Sa-voye, principalement fur celle de St. Gingoulph, qui paffe pour la meilleure : l’analyfe a manifefté des indices, li ce n’eft pas de manganefe, du moins de la préfence du fer. Voyages dans les Alpes, tom. 3, chap. 23, §. 731.
- Mr. "Wild, Inlpedeur général des mines du Canton de Berne , a^auffi trouvé que la pierre à çhaux maigre du Gouvernement d’Aigle, contient du fer & du gypfe.
- De ces expériences réitérées , 011 pourra vrai-femblablement tirer l’avantage d’opérer artificiellement une chaux maigre, par le mélange des matières ferrugineufes ou infolubles dans les agi-
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- C H A . ^ 1*7
- des, avec la pierre calcaire ordinaire, & fe procurer , par ce moyen, dans les pays qui n’ont point de pierre à chaux maigre , une chaux douée de toutes fes propriétés.
- •La chaux maigre doit être employée peu de temps après avoir été éteinte , & étant fufée, elle ne peut plus fe conferver dans des foifes, comme la chaux commune. Mr. Belidor nous apprend que celle des environs de Metz y devient dans l’efpace d’une année , âufli dure que la pierre. Science des Ingénieurs , liv. 3, chap. 3.
- La chaux maigre a un fond de couleur fauve , claire, veiné de violet, quelquefois avec des parties de couleur verte : la pierre nofi calcinée eft compacte, grife, le fond eft coupé par des couches irrégulières, noirâtres, ou il eft parfemé de taches noires, quelquefois veiné de fpath calcaire blanc, ou mêlé de fable quartzeux. Cette pierre donne une chaux diautant meilleure , que ces veines, noires dans la pierre crue, & violettes dans la chaux, font plus abondantes, Mr* De SauJJkre, Voyages dans les Alpes, tom. 3 , chap. 23.
- 6. Le tonneau de chaux eft d’environ 2f pieds cubes, & le pied cube de chaux pçfe environ 44 ib.
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- 138 C H E
- CHEMIN, f. f.
- C’eft un efpace de terrain deftiné au paflage du public.
- 1. Les grands chemins font de tous les monuments , de la grandeur Romaine, les plus dignes d’admiration, fi l’on confidere leur utilité, leur étendue, la folidité de leur ftruélure & leur magnificence.
- 2. Les grands chemins doivent être folides , commodes, agréables & fûrs j les perfonnes chargées de leur entretien doivent non feulement les maintenir dans un bon état, mais encore les rétablir , lorfqu’ils ne font pas bons, l’intérêt public le demande, & tous les peuples policés ont faits des réglements fur cet objet: outre l’agrément que les chemins procurent, on convient qu’ils font la fource de la richelfe d’un pays, par le commerce qu’ils favorifent, & par le tranfport des marchaiidifes qu’ils attirent.
- 3. Les grands chemins demandent des foins & une attention foutenue , pour être entretenus dans un bon état.
- Leur police renferme trois fortes de régies -, les unes regardent la bonne conftrudion, d’où dépend la folidité des chemins, & qui les met dans l’état où ils doivent être pour la commodité & la fureté du public : les autres défendent d’y
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- C I M i$9
- rien jeter ou dépofer qui incommode le paflage 9 où elles fixent leurs limites & préviennent, les anticipations. (Voy. Contravention & Anticipation.) Enfin, les troifiemes obligent aux réparations. C Voy. Entretien.')
- 4. Le principe de l’art de conftruire les chemins , eft d’en détourner les eaux, enforte qu’elles ne féjournent ni dans le fol ou fur l’aire, ni à côté & dans leurs taluts.
- CHEMIN DOUBLE, f m.
- Chemin à deux chauffées , l’une pour aller, & l’autre pour venir, afin d’éviter la confufion. Les Romains ont conftruits des chemins doubles.
- CIMENT, f, m.
- Mortier fait avec de la brique ou de la tuile pilée , & réduite en poudre.
- 1, Le ciment doit être employé dans la maçonnerie des ouvrages baignés des eaux, fur-tout pour les joints, aux parements des culées a des piles & des murs en aile des ponts.
- 2. Le meilleur ciment eft fait de tuilleaux bien cuits, concaifés & pulvérifés, de mâche-fer, broyé, d’écailles de fer des forges , de charbon de terre, le tout incorporé avec de la chaux vive, éteinte fur le champ, bien corroyé au rabot à force de, bras.
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- 140 C L A
- CISELURE,//.
- C’eft le bord fait avec le cifeau, autour du parement d’une pierre de taille.
- CLAYONNAGE,/. 7«.
- Ouvrage fait de piquets & de menues branches de bois, pour retenir les terres d’un talus, qui s’éboulent.
- Pour bien conftruire un clayonnage, on commence par planter au pied du talus, un rang de piquets de faules, de peupliers, ou d’aune, de 12 à if pouces de diftance l’un de l’autre; (P/. IV, fig. 8 & 9>) on égalife de niveau les terres derrière la ligne de piquets , de la largeur d’environ iz pouces, & l’on en plante un fécond rang# on entrelace enfuite les clayons au premier rang, en obfervant que leurs tètes foient appuyées contre les piquets du fécond rang, & qu’ils entrent dans les terres de toute la largeur du gradin, qui eft d’environ 12 pouces : chaque clayon doit être pofé en avançant d’un piquet, puis l’on recouvre le premier gradin d’une couche de terre battue, qui eft appuyée par la première claie : on continue de la même maniéré le clayonnage par gradins g, g, avec des rangs de piquets a, a, a, a, du bas jufqu’au haut : pour que l’ouvrage foit folide & de durée, les
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- C O N 141
- clayons doivent être de bois flexible, qui reprenne de bouture, comme de faule, de peuplier , ou d’aune j & l’on fait cet ouvrage en automne ou au printemps, avec du bois nouvellement coupé, avant que la feve monte.
- CLEFJ/.
- C’eft le voufloir du milieu, qui ferme une arche.
- CONTOUR,/?»,
- C’eft la courbe circulaire d’un chemin , aux endroits où il ne fuit pas un alignement droit.
- 1. Les contours des chemins doivent être plus larges que dans les alignements droits, la réglé ordinaire eft de les rélargir d’un tiers. ( Mr. De Luder, Traité de la conjlru&ion des chemins. )
- 2. Dans les montées, on doit avoir l’attention de diminuer la pente des contours , à caufe que dans ces endroits, la charge des voitures repofe prefque entièrement fur les cheveaux de timon.
- Les contours doivent être tracés en arc de cercle, fans jarrets j & le rayon du grand cercle extérieur doit être au moins de 60 pieds, pour que les grands chariots paflent aifément 5 & même pour que les pièces de charpente de 100 pieds de longueur, y puiflent pafler librement , il faut que ce rayon foit d’environ 80 pieds, fi le chemin eft d’une largeur moyenne.
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- 4. On trouve la longüeür d’une pièce de chai> pente, qui peut être voiturée dans un contour donné, comme fuit: on multiplie le rayon du grand cercle du contour, par huit fois la largeur du chemin; enfuite on retranche de ce produit le quadruple du quarré de cette même largeur du chemin; enfin 011 extrait la racine, quarrée de ce refte, 8c elle donne la longueur de la pièce de charpente que l’on cherche.
- La propofition inverfe de celle de l’article précédent eft utile, lorfque l’on veut déterminer le rayon, qui doit fervir à tracer le grand cercle d’un contour, pour que les pièces de charpente d’une longueur donnée , puilfent y paifer: on divife le quarré de la longueur de la pièce de charpente donnée, par huit fois la largeur du chemin; puis on ajoute au quotient la moitié de cette même largeur du chemin, & l’on aura la longueur du rayon cherché, pour tracer le grand cercle extérieur du contour.
- Voici la démonfiration. Premièrement, la corde du grand arc extérieur du contour, tangente au petit arc intérieur, doit être égale à la longueur de la pièce de charpente, en fuppofant que les deux elïieux du chariot fur lequel on la tran£ porte, foient alignés dans la dire dion des rayons de l’arc de cercle du contour : fecoudement, la ligne tirée perpendiculairement du centre de l’arc
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- C O N 142
- de cercle du contour fur la corde > la partagera néceffairement en deux parties égales * & cette perpendiculaire fera égale à la différence entre le rayon du grand arc extérieur & la largeur du chemin: troifiemement, en tirant un rayon à une des extrémités de la corde, on aura un triangle redangle. Soit, b, la longueur de la corde, égale à celle de la pièce de charpente ÿ c, la largeur du chemin ; & r, le rayon du grand arc de cercle extérieur du contour j nous
- aurons l’équation, ÿy~ — 2cY>bcc, à caufe
- 4
- que le quarré de l’hypothenufe eft égal aux quar-rés des deux autres côtés du reétangle : en tranf. polant la grandeur négative —- icr, d’un membre à l’autre, & en fouftraifant de part & d’autre la même grandeur rr, l’équation fera réduite à
- bb
- *t<2cr^ ~ ^cc y divifant enfuite les deux membres par 2c, on aura r~ce qu’il fal-8c 2!
- loit démontrer.
- J’obferverai qu’il ne faut compter pour rien la largeur des accollemens du chemin, fi l’on veut que les pièces de charpente paffent libre-, ment.
- 6. Pour tracer régulièrement un contour de chemin en arc de cercle, d’une grandeur don-;
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- 144 C H A
- née, & réunir deux alignements déjà tracés, oïl commencera par planter deux jalons dans chacun des alignements: (F/. 7, fig. i.) puis on placera un jalon au point d’interfedtion d, de ces deux alignements ; enfuite 011 partagera l’angle formé par les deux alignements, en deux parties égales, pour avoir une ligne ed, à égale diftance de chacun : enfin, en portant un cordeau de la longueur du rayon donné, perpendiculairement fur un des alignements, de telle forte qu’il touche par une de fes extrémités cette derniere ligne, on aura le centre/, du contour, pour tracer cette courbe avec le rayon donné.
- 7. Quand le rayon du contour eft trop grand, pour le tracer avec un cordeau arrêté au centre; on commence par le tracer aufli régulièrement qu’on le peut, à vue d’œil, en plaçant des piquets à égale diftance les uns des autres , comme de trois en trois toifes; enfuite on le perfectionne avec trois jalons, qui étant pofés en alignement & à égale diftance, donnent le moyen de dévoyer fucceflivement tous les piquets du même nombre de pouces; en répétant l’opération à chaque piquet, jufqu’à ce que le contour foit complettement tracé.
- CONTRA*
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- G O N t4j*
- CONTRAVENTION» f. f.
- C’eft une violation des loix de la Police des chemins.
- 1. Nous rapporterons ici les principales loix, réglés ou défenfes , que l’injuftice & la négligence des hommes, ont obligé le Gouvernement de faire publier.
- Il eft défendu, par Part. î » de l’Ôrdonnâncô Souveraine de 1744 » pour la Police des chemins : „ De laiffer prendre pied à aucun arbre ni buif. „ fon., ou brolTailles » dans les bois, que les che-„ mins traverfent, à la diftance de vingt-cinq J, pieds de chaque côté du dit chemin j de plus „ de planter fur les polfelîions qui y aboutirent, j, aucun arbre plus près des haies & clôtures, „ qu’à douze pieds d’dpace, fous peine de fe „ les voir arracher, & de payer une amende ,j de 5 liv. permettants feulement de les appro-„ cher un peu davantage des dites haies , dans „ les enclos & les vergers, qui fe trouvent dans ,j les villages, ou tout joignant, à condition j, néanmoins qu’on falfe enforte, que les grands-„ chemins n’en foient ni embarrafles, ni cou-9> verts de leurs feuilles.
- 2. Et par l’art. 2, de la même Ordonnance, il eft prefcrit : cc de tondre régulièrement, tou-,j tes les années, les haies vives, qui avoilinent
- K
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- 145 C O N
- » les chemins publics, & de retrancher des ari „ bres les branches qui s’y étendent.
- 3. Il eft défendu, par l’art. 3 , de l’Ordonnance de 1744, “aux gens de la campagne & 33 aux laboureurs, de jeter dans les dits che-53 mins, les pierres qu’ils amalfent fur les champs* 33 mais ils les amoncéleront à côté, d’efpace en 3, efpace, ou les tranfporteront dans les lieux 33 qui leur feront marqués par les Voyers ou ,3 Inlpeéteurs des chemins j afin qu’en cas de ,3 befoin, on puilfe s’en fervir à combler les or-33 nieres : ils n’y jeteront point non plus le bois, 33 ni les branches d’arbres ou broflailles coupées 33 fur leurs terres, ni les autres immondices de ,3 leurs poffeffions ; & fe donneront de garde d’y 33 placer des tas ou des creux de fumier, ou d’y 33 répandre quelqu’autre vilenie que ce foit, 33 qui puilfe les rendre fales & mal-aifés.
- 4. Il eft dit dans l’article 4, de l’Ordonnance de 1744 : cc Afin que les chemins publics ne foient « plus endommagés par les eaux dont on fe fert 33 pour égayer les terres v les particuliers ou pot „ fefleurs des pièces àboutilfantes aux dits che-« mins, ne devront plus y faire palfer les dites 33 eaux, mais les conduire au-dedans de leurs ,3 polfellions 5 &' par tout où le palfage de ces ,3 eaux traverfe les grands - chemins , on aura ,j foin de les faire couler par delfus des gondo*
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- C H A 147
- » les bien pavées, ou par des couliffes pavées & ,, couvertes, fi bien a{furées & entretenues , que les chemins n’en puiflent recevoir aucun 3, dommage r fous peine de f liv. d’amende, ou 3, d’uiie fomme plus confidérable à proportion, s, en cas de récidive.
- Il n’eft pas même permis aux particuliers, d’ar-rofer les prés qui aboutiffent aux grands chemins, de façon à les endommager par des égouts d’eaux : c’eft cependant une opinion affez répandue dans ce pays, que le public qui entretient les chemins, doit les garantir à fes frais des égoûts d’arrofement. je me contenterai de citer une Loi du Code des quatre Mandements d’Aigle, fol. 189 & 190, pour oppofer à ce préjugé: „ Perfonne 11e fera obligé de recevoir dans fa ,3 pofTefîîon l’eau, qiie le voifin aura creufé & ,3 trouvé dans fa poffefîion, non plus que l’eau „ qu’il y auroit fait venir de loin, & qui natu-33 Tellement ne prendroit pas fon cours par-là; „ ainfi il fera au foin de ce voifin, qui aura ainfi creufé, de fonger aux moyens de per-M dre les eaux de fa poffefîion, de maniéré 33 qu’elles n’endommagent ni le public, ni les ,3 particuliers, fous peine de ban de cinq florins ,3 & du dommage.
- ?. Quiconque aura la témérité, (dit l’art, f, de l’Ordonnance Souveraine, de 1744); “de
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- 148 C O N
- jj remuer ou d’enlever les bornes des grands». ,3 chemins , ou de pofer fa cloifon ou fa muraille ,j fur ceux-ci, &c. fubira la peine d’une amende jj de yo livres, voire même celle de la prifon, » fuivant la gravité dé fon cas»
- 6. Il eft défendu, par le même article y, de l’Ordonnance Souveraine, cc de boucher & de M détruire les folfés & les conduits d’eau, ou ,3 d’endommager les chemins de quelque autre j, maniéré, fous peine d’une amende de yo li-„ vres, voir même celle de la prifon, fuivant j, la gravité du cas»
- La défenfe de labourer les terres jufqu’au bord des folfés des chemins, eft manifeftement com-prife dans cet article de l’Ordonnance Souveraine j car on ne peut pas labourer plus près de % pieds des folfés, làns endommager le chemin.
- 7. Il eft défendu aux voituriers d’enrayer dans les defcentes f ms gardes - roues : il feroit même utile de ne faire ufage que de gardes-roues de bois, & d’interdire les gardes-roues de fer, qui font fort étroits.
- 8. L’Ordonnance du 24 Juin 1773, défend de charger plus de 800 pots de Berne, de vin, fur un chariot, & d’atteler un fécond chariot derrière, fous l’amende de 20 Üv. Bernoifes : elle défend auffi de charger plus de yo quin-
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- C O H 10
- taux, compris le poids du chariot, fous l’amende de io liv. par chaque quintal au-delà.
- 9. En France, les reglements des Ponts & Chauffées défendent tout auvent, banc, ou degré faillant fur une rue ou fur un chemin public, fans permiffion des Voyers ; de même tout fouterrain, cave , creux, ou carrière, fous un chemin ou fous une rue: il eft auffi défendu de tirer des pierres à bâtir dans les berges des chemins.
- Ait prator. in via publica, itinereve publicofa-cere , immUtere quid, quo ea via, idve iter dete-rius foi fiat, veto. (Lex 2, §. 20, ff. id eft, Digeftorum „ ne quid in loco publicQ. ) (Aediles) Cuvent mtern, ut nullus ejfodiat vias, neque fuh-ruat, neque conflruat in viis aiiquid. ... Aediles autem mulBent fecundum legem : & qüod fa&um eft dijfolvant. ( §. 2. de via publica).
- 10. La défenfe d’enlever des pierres- du lit des rivières & des, torrents, en aval des Ponts, eft fans doute • comprime dans la défenfe générale d’endommager les chemins, art. f, de l’Ordonnance Souveraine de 1744 5 puifque par - là on peut eaufer des dégravoiements fous les culées & fous les piles des Ponts, & même entraîner leur chûte.
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- ifo C O N
- CONTRE-FORT, f. m.
- Efpece de pilier pour fortifier un mûr d’épaule ment : 011 l’appelle aufli Eperon.
- 1. Comme les contre-forts fervent d’appui aux terres & aux épaulements, ils doivent avoir une bonne liaifon avec ces murs. On c-onftruit ordinairement les contre-forts au-dedans des terres; ils ont cependant plus de force pour rélifter à la poulfée, quand ils font au-dehors du mûr d’é-paulement.
- 2. Les proportions les plus convenables aux contre-forts dépendent fouvent des circonftances ; cependant leur longueur eft pour l’ordinaire d’environ une fois & demi la racine quarrée du nombre des pieds de la hauteur du mûr d’épaule-ment; leur épaifleur à la racine des deux tiers de leur longueur, & à la queue, des deux tiers de celle de la racine.
- CONTRE-GARDE, f.f.
- Efpece de crèche faite de grands quartiers de pierre dure, pofésT à fec au pourtour d’une pile de pont de maçonnerie, pour le garantir du courant rapide d’un fleuve.
- CONTRE-JUMELLES, f.f pU
- Pavés qui fe joignent deux à deux, Sç qui
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- COR ifi
- font liaifon avec les caniveaux & les morces9 dans le milieu des ruiifeaux des rues.
- CONTRE-PENTE, f. f.
- C’eft dans un chemin, une pente qui a fou inclinaifon contraire à une autre pente , peu éloignée 5 deforte que la montée du chemin eft interrompue par une defcente.
- On doit éviter, autant que l’on peut, les contre-pentes , & aligner un chemin fur le penchant d’une montagne , de façon que la montée ne foit pas trop interrompue par les inégalités du terrain.
- r- CONTRIBUTION, f. f. Voy. Cotifation.
- ' cordon,;*.
- C’eft une moulure en faillie aux faces d’un pont, on l’appelle aulîî Plinthe.
- Les cordons d’un pont doivent être pofés au niveau de l’aire du pavé j on les cbnftruit de pierres de taille, emboîtées les unes dans les autres.
- CORVÉE-PUBLIQ.UE, /. /.
- C’eft le travail fans falaire, que le peuple doit, pour la confection & pour l’entretien des chemins publics.
- i. Les corvées bien réglées pour rentretien
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- C O R
- 3f2
- des chemins publics, ne font, dans ce pays, ni onéreufes au peuple, ni ruineufes pour l’agriculture : premièrement, le Souverain applique toujours , par une fage adminiftration, une partie des revenus de l’Etat, à la conftruction & à l’entretien des chemins : fecondement, les villes & les communautés qui ont des revenus, s’empret fent de concourir aux frais néceifaires à l’établit fement des bons chemins : troifiemement, dès que la charge eft confîdérable, Leurs Excellences , par un foin paternel, taxent les terres, pour foulager le pauvre peuple.
- Il n’elfpas moins vrai que les corvées languit fantes & mal dirigées, font une fervitude & un fardeau fur les particuliers , qui fans produire de fruit, fatigue , accable & gêne la liberté du peuple y il eft donc très - important qu’elles foient bien conduites, & qu’elles faffenfc le plus d’ouvrage poffible dans le moins de tems poffible , pour ne pas perdre a la fois les journées précieu-fes qu’on exige fans falaire, & le fruit que l’Etat en peut tirer.
- 2, Il eft indifpenfable qu’il y ait des Infpec-teurs ou des Voyers intelligents, pour bien diriger les travaux, diftribuer les ouvriers, noter les abfents, les pareifeux & les mutins ; il faut auffi qu’il y ait de la fubordination & de l’émulation parmi les corvéables : pour maintenir la
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- cor in
- fubordination, l’Infpecteur doit toujours être présent aux ouvrages; il doit être choifi'd’un caractère ferme, & il doit être confédéré dans le lieu. Il faut punir ou amender, fuivaht les cas, les cor-vables réfra&aires.
- 3. Comme le mobile de l’intérêt manque à la corvée, l’Infpe&eur peut fouvent lui donner de l’activité par des tâches, diftribuées avec équité aux corvéables ; il eft arrivé quelquefois, que des corvées ont été li bien conduites, que le produit a furpaffé celui des journées à prix d’argent ; il faut cependant être en garde contre la méthode pratiquée en quelques endroits, de dé-compofer un ouvrage public , en une grande quantité d’ouvrages particuliers , ou de petites tâches données à chaque corvéable ; ce qui peut entraîner le défordre & la confufion : car il eft très-difficile de conduire avec fuccès, & de mettre de l’union dans un ouvrage déchiré & divifé en mille parties différentes ; il faut un temps infini à un Directeur, pour tracer chaque portion, veiller à fon exécution particulière & la recevoir.
- 4. Les tours de corvée doivent être fixés pour toute une Communauté, ou par détachement, fans que chacun puiffe choifir à fit volonté , le jour de fon travail; ce qui entraîneroit le défordre , & retarderoit l’exécution de l’ouvrage : on fpécifie dans l’ordre le nombre des hommes
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- If4 C O T
- & celui des chariots qui doivent être proportionnés fuivantla nature de l’ouvrage & l’éloignement des voitures.
- Les corvées des charrois font comptées & réglées fuivant les bêtes de trait & des attelages des habitans de la campagne.
- COTISATION,/./.
- C’eft la contribution réglée par le Souverain pour l’étabMement d’un chemin.
- 1. Tous les hommes jouiifent de l’avantage que les chemins procurent ; le commerce & l’agriculture y trouvent la facilité des tranfports, la célérité, la sûreté & l’économie ; ainfi tous les individus de l’Etat font intéreffés, plus ou moins, à leur étabMement & à leur entretien : ils doivent y contribuer, & la contribution doit être proportionnée à la jouiflance. ( Vattel, Droit des Gens, liv. i. chap. 9. §. 102. Burlamaqui, Principes du Droit politique, III Part. chap. ?. §. 27. )
- 2. ' La contribution étant impofée, avec juftice, fur] tous les individus de l’Etat, en proportion de l’utilité que chacun en retire, il par oit d’abord que les propriétaires du produit net des terres, font tenus les premiers à la conftrudion & à l’entretien des chemins publics, puifque le revenu de leurs, terres augmente confîdérablement par l’économie du tranlport des denrées du lieu de la
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- C O T iss
- production à celui de leur confommation : de forte qu’en impofant une contribution de la moitié des fraix de conftruétion des chemins fur les terres, on n’exige rien que de très-jufte des propriétaires. D’un autre côté, comme les cultivateurs, qui font en même t^mps voituriers, trouvent dans l’établilfement des chemins, le double avantage de faire les charrois plus promptement, avec moins de bêtes & avec moins de rifques ; eu conféquence, ils doivent équitablement contribuer, en Faifant, fans fil aire, les voitures de pierres, de gravier 8c des autres matériaux néceifaires à l’entretien des chemins. Enfin, les particuliers qui font la confommation des denrées, gagnant par la facilité du tranfport de leur approvifionnement, ne font pas trop chargés, en faifimt par corvée les ouvrages manùels. Ainfi, chacun contribuant à--peu-près, non-feulement fuivant fes facultés, mais auffi fui-vant fa jouiifance , le pauvre laboureur & le manœuvre qui ne poifede que fa pelle & fa pioche, 11e font ni furchargés de corvées, ni détournés que le moins poflible de la culture des terres. Ajoutons, que les propriétaires des grands domaines gagnent à payer directement l’impofition fur leurs terres, par une plus abondante récolte, fruit d’une culture fuivie & moins interrompue par les corvées exigées des cultivateurs.
- 3. Pour rétablir la répartition des cotifations fur
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- iï6 COU
- les terres, il eft néceflaire d’avoir un cadaftre, qui doit naturellement, s’établir fans fraix & avec une forte d’exaditude, en ordonnant à chaque communauté, dans le diftrid de l’impofition, de donner un état de la contenance des divers fonds de terre de fon territoire : état qui doit être dreifé dans une aflemblée de la communauté., fur la déclaration de chaque poifeifeur de terre 5 chacun étant intérelfé à contrôler la [déclaration de fon voifin, dont l’infidélité augmenteroit fa charge i le cadaftre fe fait fans fraude.
- 4. Leurs Excellences accordent gra-cieufement les trois cinquièmes des fraix de la conftrudion des grandes routes.
- f. En France, dans l’Empire d’Allemagne, & dans la plus grande partie de l’Europe, les fujets font chargés de la conftrudion & de l’entretien des chemins. (Traité de la conjlru&ion des chemins, far Mr. Voch, Ingénieur Allemand „ art. 10. ) Sous les Empereurs Romains, perfonne n’étoit exempt de la cotifation pour les chemins. Igitur ad injlru&iones reparationefque itinerum pcmtiumque mdlum genus hominum, nulliufque dignitas ac vénérations meritis cejfare oportet. ( Lex 4. Codicis de privil. dom. aug. )
- C O U C H I S, f. m.
- C’eft une piece de charpente d’environ fix pou-
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- GRE if7
- ces d’éqüarrilfage, qui repofe avec des coins ou tafleaux fur les courbes d’un ceintre de charpente, pour porter un cours de vouffoirs d’une arche, pendant fa conftrudion.
- COÜCHIS,/: m.
- C’eft auffi la forme de fable d’environ un pied d’épaifleur, qu’on met fur les madriers d’un pont de bois pour y affeoir le pavé.
- COULISSE,/:/.
- C’eft un aqueduc. ( Voyez Aqueduc.*)
- COUSSINET,/»/.
- C’eft la pierre qui couronne un piédroit de voûte,1 dont le lit de deflous eft de niveau , & celui de deifus en coupe, pour recevoir la première retombée de l’arc.
- C R A M £ O N, / ml
- C’eft un morceau de fer coudé ou à queue d’aronde, qui fert à lier enfemble des pierres de taille.
- CRÈCHE,//. '
- Elpece d’éperon bordé d’une file de pieux, & Rempli de maçonnerie devant & derrière les avant-becs d’une pile de pont de pierre.
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- if8 CUL
- La crèche de pourtour environne toute une pile.
- 1. Les crèches, principalement celles de pourtour , font fou vent très-utiles, pour empêcher le dégravoiement des fondements d’un pont.
- 2. La crèche d’aval d’une pile doit être plus longue que celle d’amont, parce que l’eau dégra-voie plus à la queue de la pile que devant.
- 9. Les crèches font faites de gros libages j ( PL IX.fig. 26 & 28 ) on les borde d’une file de pieux de chêne u, enfoncés au refus du mouton, recépés à environ trois pieds au-deflus du lit de la riviere, liernés, moifés & bien retenus avec des tirants de fer v , fcellés au corps de la pile e.
- C R O S S E T T E S,f.f.pl.
- Ce font les retours des vouifoirs dont la coupe des joints n’eft pas fuivie.
- Dans les grandes arches, les joints fuivis des vouifoirs font préférables aux crolfettes. ( Voy. Arche, art, 9.)
- CULÉE ou BUTÉE,//
- C’eft le malîif de maçonnerie qui arcboute la poulfée de la première & de la derniere arche d’un pont.
- 1. Pour donner aux ponts une folidité à l’épreuve des plus grandes charges des chariots , &
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- CUL if?
- pour mettre la réfiftance des piédroits au-deffus des plus grandes pouffé es accidentelles, on augmente* l’épaiffeur des culées d’un fixieme de celle des piles ; qu’il faut ajouter à l’épaiffeur fixée par la réglé qu’on trouvera à l’art, i. du mot Pile.
- (Mr.Belidor, Archite&ure hydraulique. Part. 2. font. 2. liv. 4. chap. 11.)
- 2. Quand un pont a plufieurs arches, on rejette quelquefois tout l’effort de la pouffée des voûtes contre les deux culées, en donnant peu d’épaiffeur aux piles, qui ne /font alors deftinées qu’à porçjfr le poids des arches 5 & dans ce cas, pour donner une force convenable aux culées , on ajoute à l’épaiffeur de chacune, la moitié de ce que l’on a retranché à toutes les piles. Le pont de Neuilly, ce chef-d’œuvre de l’art, foit qu’on le confidere du côté de’ fa belle conftruc-tion, foit du côté de l’exaditude & de l’intelligence que l’on a mis dans cet ouvrage, a été conftruit fuivant ce procédé, qui n’eft qu’une application différente des réglés du iyftême de la pouffée des voûtes.
- 5. On conftruit le parement des culées de pierres de taille dures, pofées fur leur lit de carrière, affemblées en carreaux & en boutiffes, les carreaux de deux pieds délit au moins, & les boutiffes de trois pieds de queue, bien liées les unes aux autres & aux libages intérieurs3 avec des
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- i£o CUL
- crampons de fer fcellés en plomb : quant à Fin* térieur de la maçonnerie, on la fait de gros liba-ges les plus jointifs qu’il fe peut, de même hauteur de lit que les pierres de taille, pofés à bain de mortier f en bonne liaifon, & les joints remplis d’éclats de pierre dure j chaque affife de pierre de parement eft ordinairement pofée en retraite depuis le bas du fondement jufqu’au niveau, des baifes eaux de la riviere, & de-là à plomb ju£ qu’à la naiifance de la voûte. Pour le fondement des culées, voyez le mot Fondation.
- dalles;
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- D Ë Ë
- 161
- D.
- DALLES,/./^/.
- Pierres plates qui fervent à couvrir des murs ou des aqueducs.
- DAMES,//, pl
- Petites langues de terre couvertes de leur gazon j pour fèrvir de témoins, lorfqu’on toife les déblais de terre.
- DÉBLAI g? REMBLAI* f. m.
- C’eft le tranfport des terres que l’on leve d’uu endroit, pour les placer dans un autre*
- Le déblai eft l’excavation des terres , & lé rent« blai eft la levée des terres rapportées*
- i* Les déblais & les remblais de terre foitü pour l’ordinaire un objet fi confidérablè dans la conftrudlioli des chemins, qu’il eft très-important d’en bien diriger le travail, de façon que les dé* biais d’une part faflent * autant qu’il eft poftible, remblais de l’autre j que les terres ne foient pas tenues plufieurs fois, & que le prix des ouvrages foit bien réglé j ce qui demande urie grande attention & un détail recherché.
- 2. Pour régler le prix des déblais & remblais *
- fuivant la dureté des terres & la diftance du
- 1.
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- \Gi D Ë B
- tranfport, on fe rend attentif, foit’par Pinfpe&îoii, foit par un travail d’elïai, au nombre d’ouvriers dont l’attelier fimple doit être compofé, en fui-vant les principes que je vais détailler.
- 3. Un attelier fimple eft toujours compofé > i°. d’un feul chargeurs 20. d’autant de brouetteurs qu’il y a de relais s & 011 fixe les relais à dix toifes de diftance en plaine, & à fix ou fept toifes en montée. ( Voyez la Science des Ingénieurs de Mr. Belidor, liv. 3. chap. g.) 30. Le nombre des piocheurs dépend de la dureté de la terres quand elle a une ténacité peu confidérable & ordinaire, on compte uii piocheur par attelier (impie : même on n’en compte aucun, fi la terre a été nouvellement remuée, & fi elle eft légère. 40. Quand il y a des épuifements d’eau à faire, plus ou moins confidérables, on peut compter un ou deux ouvriers.
- 4. L’expérience a appris qu’un attelier fimple déblaie facilement, & fait le tranfport d’une toife cube de terre, en trois journées s car un homme charge en un jour, au moins trois cent trente-trois pieds cubes de terre, & un brouetteurles tranfporte à la diftance de dix toifes en plaine.
- Mr. le Maréchal de Vauban a trouvé , que le produit de la journée d’un homme eft plus grand dans les travaux des fortifications, que le réfui-
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- D E B 163
- fat des expériences que je rapporte ici; ( Science des Ingénieurs de Mr. Belidor , liv. 3. chap. 8.
- Quand on remet les déblais & les remblais de terré à entreprifej oii accorde à l’entrepreneur, outre le prix des journées de travail jugées néceffaires pour le tranlport, depuis cinq bâches jufqu’à huit bâches par toife cube, pour fourniture d’outils & bénéfice d’entreprife;
- 6. Dès que le tranlport des terres éxigë plus de trois relais, ou qu’il fe fait à plus de trente toifes de diftance, je crois qu’il vaut mieux fe fervir de charrois que de brouettes, ou du moins de tombereaux à bras, ou traînés par un chevaL Un attelage bien fervi avec deux chariots, dont l’un fera en marche s tandis qu’on chargera l’autre , peut faire en un jour près de trente voya* ges à trente toifes de diftance, & mener environ une demi toife cube de terre.
- 7. Le pied cube de terre ordinaire pefe 70 à 80 ffi.
- 8* Il faut veiller fur les ouvriers, pour qii’ils he jettent point de troncs ou de branches d’ar* bres dans les levées de terre des chauffées;
- 9. Les terres rapportées s’affaiffent bientôt dans les temps de pluie, & leur affaiffement eft plusi ou moiils grand , fuivant la nature des terres & la hauteur des remblais. Les terres végétales s}af* faiffent beaucoup plus que le gravier * & que le
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- fable. Les remblais de terre végétale ont uh a£ faiifement qui va jufqu’au quart de leur hauteur.
- 10. Il faut avoir foin de détourner les eaux qui fe répandent fur les remblais de terre des chauffées j elles délaient ces terres, incommodent les ouvriers & rendent le paifage impraticable.
- 11. Sans un travail d’eifai, il eft difficile de faire l’eftimation des déblais de la rocaille ou du roc fêlé, pour lefquels on fe fert de pics » de gros marteaux, de coins & de leviers de fer. Pour les déblais de la roche, voyez le mot Mine.
- DÉ CEINTRER, *. aS.
- C’eft abailfer & démonter le ceintre d’une arche , après qu’elle a été bandée, & que les vou£ foirs en font bien fichés & jointoyés. ( Voy. Ceintre j art. 12.)
- DÉCHARGE, f. f.
- %
- Piece de charpente d’un pont de bois ou d’un ceintre qui eft pofée obliquement, & qui étant contre-butée par fa correfpondante, foulage la charge.
- DÉDOMMAGEMENT, f. m.
- Indemnité. ( Voyez ce mot, Indemnité.)
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- D I G
- DÉGRAVOYEMENT, f. m.
- C’eft l’effet que produit l’eau courante, en déchauflant & défacottant les fondements des ponts j à quoi on remédie, en faifant une crèche autour de l’ouvrage endommagé. ( Voy. Crèche.}
- D ;É L I T, f. m.
- C’eft la polee d’une pierre en fens différent du lit qu’elle avoit dans la carrière : c’eft une malfaçon en maçonnerie.
- de vis, y:»
- C’eft un mémoire détaillé des ouvrages, façons, quantité & qualité des matériaux, avec l’eftimation d’un chemin, ou d’un pont.
- DIAMÈTRE D’ARCHE, f. w.
- C’eft l’ouverture d’une arche, ou une ligne droite tirée d’une naiflance de la voûte à l’autre.
- digue , y:/.
- C’eft un maffif de terre ou de pierre fonde dans l’eau, pour foutenir une berge & empêcher les inondations. ( Voy. Berges. )
- 1. En général, les digues doivent être élevées de quelques' pieds au-deflus des plus hautes eaux.
- 2. On fait ordinairement les digues de terre bien battues lit par lit, fans aucun mélange de
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- J66 DIR
- gravier , ni de fable ; on leur donne fouvent vingt pieds d’épaifleur au fommet, en obfervant que ïe talud intérieur ait une fois & demie fa hauteur , & l’extérieur une fois & quart. On éleve en même temps que les terres, un bon corroi de glaife de iîx pieds d’épaifleur dans l’intérieur; quelquefois on fait des revêtements de maçonnerie des deux côtés.
- f 3, Qn peut faire une digue de la maniéré fui, vante, pour détourner un bras de riviere d’en, viron trois pieds de profondeur. Après avoir creufe à fec le canal qu’on veut donner à la riviere, on fait plufieurs rangs de râteliers en forme d’éçhel, les, qu’on pofe en écharpe, & de la hauteur de l’eau ; on les arrête par des piquets , des pieux, des liens, des entretoifes, des traverfes & des décharges ; enfuite on garnit de fafcines préparées peur cela, l’entre-deux des rangs, de râteliers, & l’on charge les fafcines de pierres & de cailloux ; l’eau, détournée par ce moyen, finit de çreufer le canal, tandis que la digue fe fortifie de plus en plus,
- DIRECTION DES CHEMINS, f. f.
- C’eft le département des Magiftrats, chargés de l’adminiftratiqn des affaires qui concernent les ponts & chauffées.
- Lu Dire^iqn des chemins ou le départementa
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- D O U 167
- eft compofé de deux Seigneurs de l’Illustre Chambre des Péages.
- DOUELLE,;/.
- C’eft le parement intérieur des vouloirs d’une arche.
- P 4
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- E M P
- ï6g
- E,
- BAUX D’ARROSAGE, f.f. pl.
- Voy. Contravention, art. 4.
- ÉCHAFAUD, f. m.
- C’eft un plancher porté fur une charpente s pour fervir aux maqons à élever les murs,
- EMBREVEMENT, f. m.
- Voy. Ajjemblage, art, 1,
- EMPIERREMENT, f. m.,
- C’eft un lit de pierres, ou un pavé bâtard, fous l’aire de gravier, que l’on fait pour affermir d’autant plus l’aire des chemins.
- 1. Il eft néceffaire de faire des empierrements aux chemins, pour en affurer le fol, fur-tout où les charrois enfoncent, comme fur le fablon & fur le tuf mouliné , où il y a des fources,
- 2. Avant de faire l’empierrement fur les levées de terre, il faut laiffer bien affeoir les terres, pendant près d’une année, à moins qu’elles n’aient été battues par couohes, ou fucceflx-yement affermies par les charrois & par des gran-
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- des pluies, qui favorifent leur prompt affairement.
- 3. Dans les chemins de traverfe, on fe contente quelquefois de faire l’empierrement, en jettant, fans ordre, des pierres, qu’on recouvre d’une aire de gravier: il feroit cependant mieux de placer les groffes pierres au fond , les petits cailloux enfuite, & fur le tout environ un pied de gravier, qui s’iniinue en partie dans les in-tervàles de l’empierrement.
- 4. La fécondé maniéré de conftruire les empierrements, eft de pofer les pierres debout, en pavé bâtard.
- f. La meilleure maniéré de conftruire les empierrements & que l’on fuit généralement dans ce pays , eft de les faire par encaiffement j (PL III, jig. ï & J.) On établit deux lignes de bordure nn, avec des pierres dures de 1 % à if pouces de longueur, pofées debout ou de champ dans la terre, & dégauchies au cordeau par le haut; enfuite une ligne (ta y au milieu de la chauffée , élevée fuivant le bombement réglé, & des lignes ou cordons 00, aulTi de greffes pierres dures au travers du chemin , de toife en toife, ou de deux toifes en deux toifes, pofées avec le calibre, qui eft une planche profilée , fuivant le bombement du chemin : après que toutes ces lignes font faites? on remplit les
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- chambres, on vuide des petites pierres & des
- cailloux bien égalifés & battus avec la demoifelle»
- 6. Dans les chemins rampants , on releve quelquefois les cordons ou lignes au travers du chemin , de 6 pouces au - deifus du refte de l’empierrement ; ce qui fert d’avertilfement, dès qu’on les voit paroître, que le chemin doit être rechargé de gravier.
- 7. Mr. De Luder confeille dans, un ouvrage fur la conftruclion des chemins, écrit en allemand, & imprimé à Francfort, en 1779, de n’employer pour les empierrements que des pierres dures, d’une grolfeur & d’une forme convenable , en piramide ou en cône, toutes pofées fur la bafela pointe en haut, & en bonne liai-fon j de rebuter les pierres plattes & les rondes,, 8c d’enfoncer enfuite des éclats de pierre; dans les joints, à grands coups de mafle > enlorte que l’empierrement ne faife plus qu’un maflif ferré très-dur, & uni par-delfus.
- 8. Comme il eft d’une grande importance que les. empierrements des grandes routes foient fondement faits, les Infpeéteurs ne doivent point permettre aux ouvriers de les recouvrir tout de fuite , avant qu’ils aient été vifîtés, pour prévenir les mal-façons*
- 9. O11 ne doit point employer de pierre mol-lafle ou grès tendre aux empierrements, à moins
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- que le terrain ne foit très-fec & que la mollaffe 11e foit recouverte d’une couche de pierraille dure.
- 10. L’Infpeébeur ne doit pas permettre que les chariots paffent fur l’empierrement, avant qu’il foit couvert d’une couche de gravier ; & lorfque la uéçefîité oblige les chariots de paffer dans un chemin où l’on confirait un empierrement , on fait un côté, pendant que les charrois palfent de l’autre 5 & le palfage n’eft pas interrompu.
- 11. Les empierrements n’ont pour l’ordinaire que les deux tiers de la largeur du chemin, & ils font appuyés par les accottements.
- 12. Pour que le gravier dont on recouvre la chaude e, entre mieux dans les intervales de l’empierrement, & qu’il en remplilfe bien les joints, on doit le pofer en deux couches, dont la première fera bien battue & affermie par les charrois , avant que l’on recharge la chauffée de la fécondé couche de gravier. Nous avons eu oc-cafion. de remarquer plus d’une fois, que les empierrements fur lefquels 011 place tout de fuite une couche fort épaiffe de gravier,, confervent très - longtemps des vuides où les eaux de pluie pénétrent, & en ramolliffant le fol, occafionnenfe des flafçhes & des ornières.
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- 17* END
- EMPATTEMENT,/: m.
- C’eft une plus grande épaiffeur de maçonnerie qu’on donne au fondement d’un mur.
- Les empattements des murs en aile des ponts, & des épaulements des chaude es, qui font op-pofés à la pouffée des terres, doivent être proportionnés non feulement à l’effort avec lequel elle agit, mais encore au défaut de confiftanc© du terrain.
- ENCAISSEMENT, f. m.
- C’eft une efpece d’empierrement. Voy. Empierrement , art.
- ENDUIT,/ m.
- C’eft le revêtement de mortier d’un mur de limoufinage ou de moilon.
- 1. Le mortier dont on fait les enduits, doit être bien préparé , avec de la honne chaux & du fable pur de lac ou de riviere : le fable de terre ne doit être ni nouvellement tiré de terre, ni avoir été expofé longtemps à l’air : dans le premier cas, le fable fait fécher le mortier trop promptement, & l’enduit fe crevaffe ; & dans le fécond cas, la pluie diffout aifément l’enduit, & le change prefque en terre.
- 2. Le mortier doit être employé clair, & le parement du mur légèrement chargé de l’enduifc.
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- Ë N T 17*
- Ë N G I N S , / m. ph
- Ce font en général toutes les machines & les outils dont on fe fert pour la conftruélion des ponts & chauffées.
- L’Infpe&eur d’un chantier doit avoir un inventaire des engins, & les piqueurs ont foin de les retirer & de les mettre en fûreté.
- ENRAYURE, / f. Voy. Contraventions,
- art. 7. 4
- ENTAILLE, f. f. Voy. AJfemblage, art. Z.
- ENTRA I T, y: nt. '
- Maitreffe-piece d’une ferme de eeiiitre, dans laquelle s’affemblent les arbalétriers ou contrevents , & le poinçon.
- ENTREPRISE,//.
- C’eft l’engagement qu’un entrepreneur prend d’exécuter un ouvrage fuivant les conditions du marché.
- î. Il eft fouvent très - avantageux de remettre les ouvrages à entreprife à des ouvriers, qui ayant leur intérêt pour chaffavant, les exécutent plus promptement & à moins de frais j mats ce moyen économique ne réuflit qu’autant que l’on a le plus grand foin de prévenir toute fraude,
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- ou mauvaife conftruétion * par des marchés bieii fpécifiés, fur un devis arrêté, par une infpedion fuivie, & par une réception de l’ouvragé, qui ne foit faite qu’après un examen rigoureux.
- 3. Les déblais & les remblais de terre, font les ouvrages que l’on peut donner le plus fure-ment à entreprife.
- Lorfque l’ouvrage eft confidérable, & qu’il eft fufceptible d’être divifé, on le partage, pour avoir plus de concurrence, en plufieurs parties, d’une étendue moyenne ; & après des publications , on remet chaque portion aux entrepreneurs , par adjudication au rabais.
- 4. Les entrepreneurs font garants des ouvragés qu’ils ont faits : mais comme aucune Loi ne fixe dans ce pays le terme de la garantie, il eft bon de le régler dans les marchés que l’ori fait avec eux.
- En France, les entrepreneurs font garants de leurs ouvrages, pendant dix ans, à compter du jour qu’ils ont été finis : fi leur dégradation vient d’une mal-façon, mais non des cas fortuits d’une force fupérieure j & fi l’ouvrage eft de terre, ou d’une matière médiocre, la.garantie n’efi que ilx ans.
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- ENTRETIEN, f. m.
- C’eft une partie de la police des chemins, qui conlifte à les tenir dans un bon état, & qui oblige aux réparations.
- 1. La haute police des chemins eft attribuée à l’Illustré Chambre des Péages^, & aux Seigneurs Baillifs, qui donnent les ordres de réparer les chemins * lorfque leur entretien eft négligé par ceux qui en font chargés.
- 2. La propriété ou le droit de péage, n’oblige point le P r i n c e à la confection & à l’entretien des chemins publics. Et quoique l’on dite que les péages ont été établis par les anciens peuples, pour fournir aux dépenfes des grands chemins, le péage eft aujourd’hui reconnu par les Jurifconfultes, pour un droit du Souverain, dont l’origine eft très-ancienne. Suivant Plutarque , Denys d’Halicarnalfe & Tite-Live , le péage 9 chez les Romains, étoit déjà établi fous les Rois. Dans l’Empire d’Allemagne, il n’y a que l’Empereur qui ait le droit d’établir des péages, & ce n’eft même que du confentement du College des Electeurs. ( S. Striyck PanàeB. lib. 39. tit. 4. ) E11 France , c’eft aufli un droit royal, & qui ne peut être établi que par une concefîion du Prince. Si quid veBigalis nomme exa&um fit , quod a principe" conjlitutum non fit, non folum non debetur, fi à em&um rejiituitur, ( Loi derniere,
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- î7*> fi- N T.
- cod. de exadt. trib. ) Or * fi celui qui entretiens un chemin, ne peut impofer aucun péage fur les marchandifes qui y paiTent, le péage n’eft poiut un droit qui dépende de fa confection, ni une rémunération des fraix de Ion entretien. C’eft donc à tort qu’on prétendrait que Leurs Ex-* CELLENCES doivent entretenir à leurs frais les grands chemins, à caufe du droit de péage. Auffi, fuivant les Us & Coutumes du Pays-de-Vaud, l’entretien des ponts & chauffées eft pour l’ordinaire à la charge des Communautés, chacune riere fon territoire. Il eft dit dans la Re-connoilfance générale du Bailliage d’Yverdon de 1666* n°. 49. “De plus, chacune des dites Villes ,5 & Communautés doit auffi maintenir, riere „ leur diftriél, à leurs propres fraix & dépends, j, les chemins & charrieres publiques, comme „ auffi les ponts & planches riere leur diftriâ:, „ fans aucune réferve
- 5. Si l’ufage établi oblige les bordiers, dans quelques endroits, aux réparations des chemins aboutiifants à leurs terres, cet ufage eft fondé fur le droit de paifage que le public avoit originairement fur la terre aifujettie. Le propriétaire bordier ayant fixé un elpace déterminé & fermé pour le chemin, il eft tenu de le fournir en bon état & de l’entretenir à fes fraix : mais les terres des bordiers n’ayant dans l’origine d’autre fervi-
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- fcucle que celle du pàiTage libre $ ils rie font pas obligés d’entretenir les ponts, ni de conftruire des ouvrages confidérables * comme des pavés réglés: ouvrages qui fe font aux fraix de la Corn* munauté.
- 4. Leurs Excellences fe font chargée^ par bonté paternelle, de l’entretien de certains diftriéts de chemins, pour foulager de pauvres Communautés} mais la faveur qu’un bon Prince leur a faite * ne dilpenfe pas ces Communautés du devoir de porter, autant qu’elles le peuvent i de prompts fecours de leurs bras ou de voitures ÿ pour l’entretien de ces chemins * lorfque la néceffité Je demandei f. Quelquefois pour foülager les Communaux tés, fur le territoire defquelles 011 conftruit urt chemin neufi I’Illustre Chambre des Péages i fait une répartition de l’entretien par diftridts, fuivant le pouvoir qu’elle a reçu du Souverain; ( Voyez aru îi. de l'Ordonnance de police des chemins de 1744. )
- 6. Les grands chemins demandent des foins êè Une attention foutenue * pour être entretenus: dans un bon état 4 & fouveiit een’eft qu’à grands fraiX qu’on peut réparer quelques années de négligence. La police des chemins exige qu’il y ait des Infpeéteurs ou des Voyers établis pour en • faire la vilite*
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- 7. Il eft dit dans l’art. G de l’Ordonnance Sou* veraine de 1744 , cc que les Communes du Pays „ en général, & chacune en particulier, dans le M diftrid & le département qui 'lui fera affigné, „ devront dégager & nettoyer les foliés & les 3, coulilfes deux fois par an, à tout le moins , 3, favoir au printemps &• en automne. Item , com-5, hier de temps en temps les ornières, & con-33 duire du gravier fur les chemins , quand il en. 33 fera befoin : & dans les cas extraordinaires 5 33 lorfqu’il furvient des débordements d’eau & ,3 des inondations par les ravines & les éboule-33 ments de la terre, &c. elles devront accourir J, au fecours des dits chemins avec des mains 33 fuihfantes , pour arrêter les progrès du mal & „ réparer celui qui fera adueliement fait
- 8. Il eft prefcrit, dans l’article 7 de la dite Ordonnance , u aux mêmes Communes d’avoir ,3 foin de faire voiturer une fois par an , dans la „ faifon qui leur conviendra le mieux, des pier-„ res & du gravier, qu’on placera par monceaux 39 à cinquante pas de diftance à côté des che-„ mins, .ou qu’on pofera dans des endroits qui 33 feront marqués pour eet effet par les Voyers, ,3 afin qu’aufîi-tôt qu’il paroitra des défeduofités 33 dans les dits chemins, on ait à la main de quoi ,3 y remédier
- 9. Article 8 de la même Ordonnance. ct E6
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- » afin que les dites Communes foient plus foi-„ gneufes à maintenir les chemins & à en répa-» rer les brèches à temps, chacune dans fou dé-n portement, on établira dans les villages rel-„ pedtifs, des Voyers ou Infpecleurs des dits che-„ mins. Et ceux-ci feront obligés d’en faire fré-» quemment & régulièrement la vifite, pour voir „ s’ils n’auront point reçu de dommage j & au „ cas qu’ils viennent à en remarquer, ils en aver-„ tiront auffi-tôt la Commune , afin qu’on y por^e 5, incelfamment du remede. Et lors des grandes „ pluies, ces mêmes Voyers auront foin de faire „ une tournée le long des chemins, accompagnés „ d’un ou deux hommes du village, pour être „ attentifs à prévenir le mal qui pourroit y ar-M river j & à nettoyer & à ouvrir les foliés & les M rigoles, ou pour aller quérir du fecours , au cas ,, que le mal aille en augmentant. Au furplus, « ces Inlpeéleurs feront rapport à nos Baillifs des. ,3 cas graves & extraordinaires, & en fuivront 33 les ordres”.
- io. Article 9 de la même Ordonnance. “Nous," ,3 fur ce, mandons & commandons très-expref. „ fément à nos Lieutenants & Baillifs, d’invigi-„ 1er- à ce que les dits grands chemins foient ,3 dûement maintenus j & de s’informer foigneu-33 fement, fi les Voyers ou Infpecleurs qui fe-M ront établis 3 s’acquittent fidèlement de leur
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- „ devoir, & (i les Communes leur tëndeiit main „ comme il faut. Voulons, qu’en cas de négli-,5 gence, foit de la part des dits Voyers ou des „ Communes, ils châtient les coupables fuivant „ que les circonftances l’exigeront, & les con-„ damnent même en réparation des fraix & dom-„ mages que leurs manquements auront cau-st fés
- ii» Art. io de la même Ordonnance. “ Enjoi-„ gnons auffi, par les préfentes, aux poftillons „ & aux cochers du pays , qui, à l’occafion de 0 leurs voyages , appercevront des brèches & des „ défauts dans les grands chemins, d’en donner „ inceflamment connoilfance, foit dans la Capi-M taie, à Notre Chambre ou Direction des Péa-„ ges, ou au dehors à nos fufdits Baillifs, fui-. „ vant les lieux où ils les remarqueront
- 12. Article 11 de la même Ordonnance. ct Fina-„ lement, afin que la préfente Ordonnance foit „ obfervée plus exactement, & que tout ordre „ néceflaire, au fujet des grands chemins qu’elle „ concerne, foit dûement donné, non-feule-„ ment Nous laiifons à Notre dite Chambre ou M Direction des Péages, le foin d’infliger en con-„ formité, aux contrevenants, les peines dues à „ leurs tranfgreflions, & d’en exiger les amen-„ des fus-énoncées, dont un tiers reviendra à ,j notre fifc 3 un autre au Seigneur Baillif, riere
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- ^ lequel la contravention aura été. faite , & l’au-„ tre au délateur j mais auffi la même Chambre 3, fera authorifée, en vertu du pouvoir que Nous 33 lui avons actuellement départi, à régler en « outre , pour le préfent & pour l’avenir, toutes 33 chofes par rapport au bornage des. grands che-3, mins & des carrières à graviers ; la répartition 33 des diftriCts ou départements des. dits chemins » ,, l’établilfement des Voyers & Inlpe&eurs, la 33 vifitation des chemins, & telles autres affaires 33 qui en dépendent.
- ,3 Ainfi arrêté & conclu dans l’Affemblée de ,3 Notre Grand Confeil > le 20 Avril de l’année 33 1744 ”•
- ij. L’établiffement des ouvriers chargés de l’entretien des grands chemins, chacun dans un diftridt plus ou moins étendu, fuivant l’importance du chemin & la quantité d’ouvrage que fon entretien exige , nous paroît être très - avantageux au public, & bien propre à parvenir au but déliré, d’avoir des chemins toujours bien entretenus. Les fraix de cet établiffement feroient vraifem-blablement moins confidérables que ceux que la négligence des Communautés, à entretenir les grands chemins, entraîne tous les jours & occa-lionne à l’Etat. Si, d’un côté, cet établiffement entraîne une dépenfe annuelle de L. 12000, en fuppofant foixante ouvriers occupés de l’entretien
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- des divers diftriéls des grands chemins de ce Canton, avec une paie de L. 200 par homme; d’un autre côté, il préfente les plus grands avantages ; & même les chemins étant mieux entretenus & les ornières aulîi-tôt comblées , les grandes charges des chariots leur cauferoient peu de dommage; ainfi la charge limitée par l’Ordonnance à quarante quintaux, ne pourroit-elle pas être portée à cinquante ou à foixante quintaux, & dès-là le produit du péage des marchandifes de tranfit, augmenté proportionnellement à l’économie & à la plus grande liberté, que les entrepreneurs de charrois trouveraient dans ce moyen de favorifer le tranf-port des marchandifes étrangères?
- Ces ouvriers pourvus d’une pelle , d’une pioche , d’un râteau de fer , d’un batterand ou malle, & d’une brouette, doivent travailler continuellement au chemin de leur diftrid; fiir-tout, ils ne doivent point l’abandonner pendant les grandes pluies, pour détourner les eaux qui peuvent l’endommager; ils combleront tout de fuite les ornières, dès qu’elles paraîtront, au moyen des tas de gravier & de pierres, que les Communautés font tenues de leur fournir en tas, placés en provifion de cinquante en cinquante pas à côté du chemin, fuivant qu’il eft prefcrit dans l’art. 7 de l’Ordonnance Souveraine.
- Ces ouvriers auront foin d’ouvrir les Dgoles
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- & les foifés, & de faire rapport des contraventions aux Ordonnances de police des chemins. ( Voyez Contravention. ) Ils feront furveillés par les Voyers, les voituriers, les paftants, & en général par le public. Quant à leur commiffion, il vaut mieux qu’elle dépende directement de I’Il-lustre Chambre des Péages, que d’être un office de Communauté, qui fe donne pour l’ordinaire plutôt à la faveur, qu’à l’activité & qu’à l’affiduité au travail.
- ÉPAUFRURE,]:/.
- C’eft un éclat qui fe fait à l’arrête d’une pierre de taille.
- ÉPAULÉE, f.f,
- C’eft l’interruption d’un ouvrage de maqonne>-rie, qui n’eft pas conftruit de niveaumais par redens ou à diverfes reprifes.
- É P A U L E M Ë N T, f. m.
- C’eft un mur qui fert à foutenir une chauffée ou un chemin efcarpé.
- 1. Il a fallu une longue fuite d’expériences & d’obfervations faites avec attention fur le talud que les terres prennent naturellement, & fur la maniéré dont leur pefanteur agit contre les re-yêtements , pour déterminer avec quelque pcéci-
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- fion, îa force qu’il faut donner aux revêtements de maçonnerie des levées de terre 8c des chauffées. La réglé que je vais donner pour proportionner l’épaiffeur de ces murs à la pouf, fée des terres qu’ils doivent foutenir, m’a paru commode dans la pratique , & fon réfultat fe rapporte à - peu - près à celui d’une formule algébrique de Mr. Couplet, de l’Académie Royale des Sciences de Paris, & à la table des revêtements , donnée par Mr. Gauthier, Ingénieur des ponts & chauffées, qui avoit acquis une grande expérience dans la pratique. (Mémoires de P Académie Royale des Sciences de Paris, an* née 1727.)
- 2. Les murs de revêtement, ou les épaule-ments des chauffées, doivent avoir d’épaiffeur moyenne , le fixieme de la hauteur des levées de terre, auxquels 011 ajoute deux pieds en fus , quand le talud des murs eft d’environ un fixieme de leur hauteur : en obfervant qu’on peut diminuer un peu cette épaiffeur, li le mur a plus d’un fixieme de talud. J’avoue que cette réglé n’ayant aucun égard à la différente nature des terres, qui ont plus pu moins de pouffée, expoferoit les revêtements, fi elle ne mettoit pas leur force au-deffus des cas défavorables. Je fais que quelques auteurs ont afîigné beaucoup moins d’épaiffeur aux revête-
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- ments ; mais à moins qu’on n’y ajoute des coii-, treforts, ou que quelque circonftance ne diminue l’eiFort , avec lequel les terres agiffent, il vaut mieux s’en tenir à la réglé que je donne, que d’expofer les murs d’épaulement des chauf. fées, à être endommagés ou même ruinés par l’ébranlement des voitures, joint à la poulTée des terres.
- 3. On talude pour l’ordinaire les murs d’épaulement d’un lixieme de leur hauteur, ou de deux pouces par pied. ( PL IV, fij. 10 & h.) Quelquefois même d’un quart'de leur hauteur, & on les éleve à plomb du côté des terres a. Quant aux murs fecs d’épaulement, 011 les talude pour l’ordinaire d’un quart ou d’un cinquième en dehors ,* on les éleve à plomb en dedans , & on leur donne deux pieds d’é-paifleur au haut. O11 fait enforte qu’ils repofent fur un bon fonds,' dont l’afliette eft un peu inclinée contre le chemin, & 011 jette de la pierraille derrière en d, pour faciliter l’écoulement des eaux. ( Mr. Gauthier, Traité de la conjlru&ion des Ponts & des Chemins. )
- 4. Il faut donner beaucoup d’empâtement c, au fondement des niurs qui foutiennent des terres, du côté oppofé à la poulTée, & laifler au bas des ouvertures e, appellées barbacanes, pour l’écoulemçnt des eaux & pour fécher les
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- terres qui font appuyées par ces murs. On conftruit auffi des pierrées derrière les murs d’épaulement d.
- f. On peut auffi employer avec fuccès (P/. IV, fig. 12.) des contre-forts g , pour aflurer les épaulements & pour ménager la maçonnerie.
- ( Voy. Contre-forts. ).
- 6. Oii fait ufage des murs d’épaulement dans les lieux ferrés & étroits, aux avenues des ponts & aux paifages des enfoncements, qu’on appelle dans ce pays des crafes. Dans les rampes des chemins, qui coupent en écliarpe les montagnes, on conftruit des murs fecs.
- ÉPERON, / m.
- C’eft un ouvrage conftruit devant une pile de pont, pour réfifter aux matières que l’eau entraîne j c’eft auffi le nom qu’on donne aux Contre-forts. ( Voyez ce mot. )
- On enfonce des files de pieux ou de pilots, couvertes de pièces de charpente inclinées contre la pointe de l’éperon.
- ÉPI, f. m.
- C’eft une elpece de digue , conftruite de coffres de charpente remplis de pierres, ou faite d’un tiflu de fafcinage piqueté, tuné & garni de couches de gravier.
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- ÉPURE,//.
- C’eft la figure ou le trait de grandeur naturelle d’une voûte de pont, qu’on trace fur une aire ou contre un mur, qui fert aux appareilleurs à lever les panneaux pour la coupe des vouflbirs.
- EXTRADOS, f.m.
- C’eft la curvité extérieure d’une arche.
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- F O N
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- F.
- F LA-S C HE, fif.
- C’eft un elpace dans un pavé ou dans l’aire d’un chemin, qui s’eft enfoncé, à caufe de la mauvaife conliftance du fol* ou par une fuite de mal-façon.
- FONDATION, f. f.
- C’efl: l’ouverture fouillée en terre » & l’ouvrage que l’on fait pour fonder un mur , ou un pont de pierre.
- 1. Quand on. ne trouve pas un bon fond, pour la fondation d’un pont, on eft indifpenfa-blement obligé de piloter, ou du moins d’établir un grillage ou un radier. Voy. Pilotis, Grillage, & Radier.
- 2. Il y a quatre méthodes pour fonder un pont fur une riviere confîdérable > premièrement, en détournant la riviere pendant l’ouvrage , par un canal: fecondement, en conflruifant le pont à fec, à l’entrée d’une prefqu’isle, formée par la riviere, qui revient en contournant, puis en drelfant fon cours après la conftru&ion du pont:, troifiemement, en fondant dans l’eau, par le moyen des batardeaux. Voy. Batardeau#. Qu a-
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- triômement, en coulant de la maçonnerie à fond. Architecture Hydraulique de Mr. Belidor, tom. 2, de la fécondé Partie •> >liv. 3, chap. Il, 05* liv. 4, chap. 12.
- 3. Avant d’établir les fondemens d’un ouvrage confidérable, fur-tout d’un pont, il faut avoir l’attention de bien fonder le terrain, pour con-noître fa ténacité * & pour apporter les précautions nécelfaites à la fureté de l’ouvrage*
- 4. Les frais confidérables des bâtardeaux dont on fait ufage pour fonder les ponts & les épui-fements d’eau, qui font même quelquefois im-pratiquables, dans une riviere profonde, ou du moins lu jets à des accidents qui font perdre tout le fruit du travail d’une campagne, ont déterminé d’habiles Ingénieurs à fonder les ponts fans batardeaux & fans aucun épuifement d’eau. Mr. Labelye eft le premier qui ait fait ufâge, dans la conftru&ion du pont de Weftminfter, de cette méthode, qui confifte elfentiellement à faire un cailfon ou une elpece de grand bateau plat, ayant la forme d’une pile, qu’on fait échouet fur le fond, après l’avoir dragué, s’il eft folide & fur des pilots bien battus, & recépés de ni-veau au fond, s’il eft douteux.
- On entretient le cailfon en l’amarrant à des pieux, pour le couler à fond dans fa jufte polî-tion, au moyen de la charge même de la ma-
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- çonnerie » à mefure qu’on la conftruit : les bords du Caillou font toujours plus élevés que la fu-perfide de l’eau , & on les détache, pour refer-vir à un autre caiiTon, lorfque la maçonnerie eft élevée au-deffus de l’eau.
- Il eft fans doute très - important de fonder les ponts dans le temps des baffes eaux, & le fuccès de l’ouvrage dépend fou vent de l’attention que l’Ingénieur a de confulter les gens fen-fés de la contrée, fur les crues ordinaires de la riviere, fur la faifon des baffes eaux la plus conf. tante, qui eft ordinairement l’automne; pour ne négliger aucune des précautions que la prudence exige.
- 6. En général, la maçonnerie des culées & des piles des ponts eft élevée par retraite, de 3 à 4 pouces par allife, jufqu’au niveau de la terre, ou du lit de la riviere j & fi l’ouvrage eft de quelque importance , 011 conftruit pour l’ordinaire la première aflife & les bordures des fui-vantes, de pierres de taille.
- 7. Quand on fonde une palée de pont de bois fur un fond de roc, on fe fert de deux tonneaux fans fond, dont l’un a un grand diamètre j on les place dans le lit de la riviere, le petit dans le grand, & l’entre-deux bien glaifé, fur - tout par le fond j enfuite ayant épuifé l’eau de cette
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- efpece de batardeau , 011 fait des trous dans le roc pour y. enfoncer les'pieux de la palëe.
- FORME DE P AVÉ, /. /.
- C’eft la couche de fable fur laquelle on afleoit le pavé.
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- C’eft l’efpace creufé aux deux bords d’un chemin, pour l’écoulement des eaux.
- .1. Les foifés qui bordent les chemins, font pour l’ordinaire nécelfaires pour l’écoulement des eaux.
- 2. Comme les foifés font expofés à. être comblés par les éboulements de terre des taluts, & par les dépôts de matières que les eaux entraînent , l’Ordonnance de Police des chemins pref. crit, art. 6, de les nettoyer, au moins deux fois par an ; les terres qu’on en tire, doivent être dépofées fur la berme : on fe gardera de les jeter fur le milieu des chemins ; ce qui les ren-droit fales & bourbeux, à moins que ce 11e foit du gravier : iî ces terres, qui font le plus fou-vent un limon gras, s’accumulent fur la berme & empêchent l’écoulement des eaux du chemin dans le foifé, il faut les céder ou les vendre aux poifeifeurs des terres voifînes.
- 5. Là largeur des foifés eft communément de 3 pieds) quant à leur profondeur, elle dépend
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- de la nature du terrain j lorfqu’il eft bas & liiL mide, ils doivent être larges & profonds ; & dans ce cas on fait un revêtement de gazon, & on en talude les bords.
- L’Arrêt du Confeil du Roi* en France, du 3me Mai 1720, ordonne de faire les foifés de 6 pieds de largeur au haut, de j pieds au bas * & de 3 pieds de profondeur, avec les pentes néceffaires.
- 4.- Les foifés en contre-haut des chemins , où il fe rend beaucoup d’eau, doivent être profonds & avoir une pente fuffifaiite, comme d’un pouce par toife*
- f. Aux bords des chemins rampans & où les eaux creufent, on pave les foifés, ou du moins 011 les aifure avec de la pierraille battue , ou en y femant du gazon*
- 6* Les côtés des foifés doivent être taludés s’ pour que les terres ne retombent point dedans.
- FRETTEJe
- C’eft un Cercle de fer dont on arme un pieux ou un pilot à la couronne, pour qu’elle ne s’é-* date pas en l’enfonçant*
- NI
- GARDE.'
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- ü R È
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- G.
- G ARDE-F QU, fi ta*
- C’eft un parapet de maçonnerie , ou une ficè de charpente aux côtés d’un pont, pour empêcher qu’on ne tombe dans l’eau*
- GARANTIES f. f. Voy. Entreprise , art. 4.
- G A Z O N N E R, v. a&.
- C’eft faire un ouvrage de gazons plaqués ou aflemblés.
- 1* Les'gazons coupés dans les prés bien herbus & un peu humides, font les meilleurs.
- 2. Afin de bien joindre les gazons, on lés bat & on les arrofe: oii les pofe ordinairement en liaifon.
- GONDOLE,/./,
- Rigole pavée. Voy* Rigolé*
- GRAVIER, f. m*
- C’eft du gros fable dont on fait l’aire des chemins. Voy. Aire de gravier Carrière.
- G R È S, / f».
- C’eft une pierre dont on pave les chemins, lorfqu’elle eft dure.
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- GRILLE,/./, ou GRILLAGE, / mi
- C’éft: un aflemblage de grofles pièces de charpente , qui fe croifent quarrément, pour affeoir un fondement fur un terrain qui n’eft pas afîez ferme.
- 1. L’aifemblage des traverflnes avec les lon-guerines, (P/. II, fig. 31 £5? 34.) doit le faire tant plein que vuide, par des entailles peu profondes , comme du quart de l’épailfeur de chaque pièce, pour qu’elles n’en foient pas trop alfoiblies, fans chercher à les affleurer.
- 2. On conftruit une bonne maçonnerie entre les grillages, arrafée au niveau du delfus 5 & pour ne point intercepter la liaifon de la maçonnerie , on pofe rarement des plate-formes fur les grillages.
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- HAIE, ,
- Clôture des terres aux bords des chemins. Voy. Contravention, art. 2.
- HEURT, f. m.
- C’eft l’endroit le plus élevé d’une chauffée, ou le fommet de la montée d’un pont.
- Le heurt d’un pont ne doit pas être bien élevé àu-deffus de fes avenues.
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- JALONS, f. m. pl
- Ce fônt des perches blanchies, pour tracer les alignements d’un chemin: les jalons de repere fervent à regler les pentes. Voy- Pente.
- JARRET,/: m.
- G’eft un 'défaut dans le contour d’un che-min, dans la rondeur d’une arche de pont, ou dans le raccordement d’un chemin en plaine, avec une montée.
- INDEMNITÉ,//.
- Dédommagement que l’Etat accorde aux particuliers à qui l’on prend du terrain, pour l’é-tabliiTement des Chemins, ou pour des dommages caufés à leurs terres ou à leurs bâtiments.
- 1. On indemiiife équitablement les propriétaires des fonds de terre endommagés, fuivant une taxe juridique, faite par deux hommes d’office, ou preu - d'hommes, a/fermentés & commis par le Seigneur Baillif du lieu.
- 2. Les eftimateurs ne doivent avoir égard dans la taxe d’indemnité, qu’à la valeur réelle des fonds, eftimés fur leur produit, fans confidérer
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- I N D Ï97
- îe plus ou le moins de commodité & d’agrément particulier, que le chemin peut caufer au propriétaire , & fans aprécier les avantages de fan_ taifie , qui ne font point un produit réel, comme les arrondiffements. ou la figure du fond, les: projets de bonification, le prix d’achat, ou une vente arbitraire.
- Qu’un propriétaire fefaffe illufion, & dife hautement.: a Je fuis le maitre de mes terres., on ne peut m’en dépouiller fans, mon confente-„ ment, & fans me payer le prix que je veux ,5 y mettre ” l’eftimateur éclairé n’a aucun égard à fes réclamations; il fait que l’Etat, propriétaire d’origine, de tous les fonds de terre a con-fervé des droits, fur cette propriété& que dès. que le befoin public le demande, il peut la réclamer & rentrer en pofleffion, en payant, la valeur du fond.
- Puifendorf,. Grotius, & plulleurs autres Ju-rifconfultes., font du. fentiment, que les biens, de la terre étaient originairement; en communion À tous les hommes, & qu’il faut, de nécef-fité, une convention ou une renonciation de la part de la fociété,. pour établir la propriété ex-clufive : la communauté primitive ne pouvant fubfifter dans une fôciét.é nombreufe , l’établif-fement de la propriété individuelle des biens efij devenue nécelfaire pour le bon ordre & la tran«
- N ?.
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- 198 I N B
- quilité; mais cette fociété a dû néceifairenierit conferver le droit de rentrer en polfeffion des terres, dès que le befoin de l’Etat l’exige. Le Souverain a chez tous les peuples ce droit, que les Jurifconfultes appellent le Domaine éminent ( Vattel, Droit des Gens , liv. I, chap. 20, §. 243. ) Burlamaqui , Principes du Droit Politique, 3 me Partie, chap. ?, §. 24, 2? 26.
- 3. La taxe d’indemnité étant fondée fur le principe de juftice, qui veut que chaque propriétaire foit dédommagé de telle forte, qu’il ne perde, ni ne gagne, & que fa rente foit toujours la même qu’auparavant 5 les eftimateurs 11e doivent point avoir égard aux cens fonciers , à caufe que la totalité du cens étant porté fur le refte de la cenfive j d’un côté, l’Etat acheté un terrain , décharge de cenfe , & de l’autre, le propriétaire en reçoit un prix équivalent. Je fuppofe pour exemple , qu’une terre produife une rente annuelle de L. 8 » & qu’elle foit alfujettie à un cens foncier, de L. 6, le produit net eft donc L. 2 5 on prend la moitié de cette terre pour un chemin, & on taxe cette moitié fuivant fa rente, fans égard au cens, à L. 100, qui eft le capital de la rente de L. 4, au 4 pr. §; je dis que le propriétaire confervera toujours une même rente, après avoir été indemnifé.
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- I N D
- 199
- Par la moitié de la terre qui lui refte . . L. 4 ..
- Par l’intérêt au 4 pr. § de l’argent qu’il reçoit en indemnité..........................L. 4 .*
- Enfemble . . . L. 8 ••
- Le cens entier dont il refte chargé à déduire ....................................L. 6
- Le produit net refte comme auparavant L. z ..
- Mais fi l’on bonifioit encore à ce propriétaire la portion du cens qui étoit établi fur la partie de la terre occupée par le chemin, fous prétexte qu’il refte chargé de tout le cens, quoiqu’il ne poflede plus que la moitié de la terre, il recevroit de plus, en indemnité, L. 7f, qui eft le capital de la moitié du cens ; & dès-là , en tout, L. 17^, dont l’intérêt au 4 pr. cent ,
- eft...................................L, 7 ..
- La rente de la moitié de la terre qui lui
- refte..............................L. 4 ..
- Enfemble . . . L. 11 ..
- Le cens déduit......................L. 6 ..
- Refte de produit net . . . L. f ..
- Enforte que par cette derniere maniéré d’in-demnifer les poifeifeurs des terres, fujettes à cens, on augmente leur rente, comme l’exemple propofé le fait voir : mais il n’eft ni équita-
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- . 300
- I N D
- bl'e, ni permis aux eftimateurs d’enrichir les particuliers aux dépens de la caifle des chemins.
- 4. Les eftimateurs ne doivent pas non plus avoir égard aux franchifes de dixme, de lods , & de cens, parce que la franchife n’eft autre çhofe que la confufion actuelle de la propriété du fond & de la dixme, ou la réunion ancienne du domaine utile au fief : or comme le Décima-teur & le Seigneur de fief ne payent point de cotifation des chemins, pour les dixmes, les lods &les cens, il n’eft pas jufte d’accorder d’indemnité pour la perte de la dixme ou du lod, fur les terres occupées par un chemin j l’ufage en cela eft conforme à l’équité : car fi d’un côté., les terres à franchife , quoique, d’une plus grande valeur, ne font pas plus appréciées dans la taxe d’indemnité j d’un autre côté, elles ne font pas plus chargées que d’autres, dans le cadaftre de la cotifation.
- On paye à part l’indemnité pour les haies, que les propriétaires des fonds de terre font obligés d’établir, à droite & à gauche, d’un chemin neuf.
- 6. On toife le terrain pour l’indemnité, juf. qu’aux bornes, qui fe placent ordinairement à un pied en dehors des haies. En vain l’avidité d’un propriétaire reclameroit le toifé jufqu’au de-là des haies 9 fous prétexte que les haies né-
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- ceflaires à la clôture des terres , le privent de la produ&ion fur l’efpace occupé par ces haies j la taxe juridique des terres occupées par un chemin, tient lieu d’a&e d’acquifition j & par cet a&e public, l’Etat, qui eft acheteur, ne doit payer que ' le prix du terrain qu’il reçoit, jufqu’aux bornes j joint aux frais de l’établilfement des haies, avec d’autant plus de juftice, que fi les haies occupent du terrain, elles produifent du bois.
- 7. Quand 011 endommage des terres pendant la conftruétion d’un chemin, foit par le paflage des voitures de matériaux, foit par des dépôts de terre, ou d’une autre maniéré} 011 indem-nife le propriétaire , en lui payant le cinq pour cent de l’eftimation du terrain que l’on endommage j & on lui accorde une ou deux années de dédommagement, & même plus , fuivant le temps que fon terrain refte fans produire.
- g. Lorfqu’un chemin neuf coupe l’entrée d’une maifon, ou d’une terre, on indemnife le propriétaire , ou on rétablit une nouvelle entrée aux frais de la caiife du chemin,
- ' 9. On ne paye point d’indemnité à une Communauté, pour les fonds communs} ces terres font reftées à la Communauté pour l’ufage du public.
- 10. Quoiqu’en droit, l’Etat 11e doive aux propriétaires bordiers, d’autre in de milité pour les
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- I N' D
- chemins, que Ton drelfe fur leurs fonds, que l’abandon du vieux chemin aboutilfant à leurs terres; la bonté paternelle du Souverain s’étend jufqu’à leur payer en entier la valeur du terrain qu’on leur prend. Dans l’origine, ces terres ayant été aifujetties à un padage , ou chemin public; dès qu’il n’eft pas bon, & que le Prince trouve néceflaire de le changer, il eft inconteftable que le propriétaire bordier ne peut refufer un meilleur paiîage. Si la Loi 2, fol. 277, du coutumier du Pays-de-Vaud, ordonne, en cas de difficulté , une commiffion de preu-d'honu mes, neutres, pour régler le paffage de dévêti-titre des fonds particuliers, & li l’ulage du pays eft d’en fixer le paifage, en cas de befoin , fans indemnité; à plus forte raifon, l’Etat, polfelfeur d’origine, doit avoir le même droit, lorfque la néceifité le demande. De cette Loi, on peut conclure, que toutes les polfeffions fe doivent naturellement le paifage de l’une à l’autre : ce qui eft encore confirmé par l’art. 6, de l’Ordonnance Souveraine des parafions à clos.
- On peut auffi inférer, que le public a eu de tout temps, des droits, fur les terres polfédées par les particuliers ; de ce droit de pâturage de toute ancienneté des Communautés , fur les pof-fdlions des particuliers, dans l’étendue de leur territoire, qu’on appelle parcours,
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- En France , l’Arrêt du Confeil d’Etat du Roi, du 26 Mai 1705", ordonne , que les chemins neufs feront drefles fur les terres des particuliers, fui-vant les alignements ordonnés par les Tréforiers de France, fans aucune diftinétion ; & qu’il fera accordé aux particuliers le terrain aboutilfant du vieux chemin abandonné, pour tout dédommagement.
- 11. Comme les eftimateurs peuvent fe tromper dans la taxe des terres, le polfelfeur a le droit de demander une revifion de taxe; & la Direction du chemin neuf peut auffi en demander une troilieme & derniere., qui doit fe faire fuivant le dilpofitif de la Loi 3 , fol. 491 , du Coutumier du Pays-de-Vaud, par trois Jurés, neutres.
- 12. On transporte la totalité du cens foncier d’un terrain fur lequel on conftruit un chemin neuf, fur la partie du fond qui relie au particulier , fans qu’il foit en droit de déguerpir , après avoir reçu l’indemnité, à moins qu’il ne le falfe du confentement du Seigneur foncier; car il pourroit, en déguerpilfant, enlever fraudu-leufement le droit du Seigneur. Je fuppofe pour exemple, qu’on paye L. ifo, d’indemnité à un particulier, à qui l’on a pris les trois quarts de fon champ, ellimé en totalité L. 200, le champ eft aflujetti au cens foncier, de L. 4, dont le
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- capital eft L. ioo; le produit net au 4 pr. cent, fera auffi de L. 4. Je dis que fi l’emphitéote déguerpit, après avoir reçu l’indemnité, il gagnera L. fo, & le Seigneur de fief les perdra; puifque l’emphitéote poffedera alors un capital de L. ifo, au lieu de la jouiflance du produit net du champ, qui n’eft que L. 4, & que le Seigneur de fief perdra un cens annuel de L. 4, contre la reprife d’un fond de terre , qui ne vaudra plus que L. yo. Il feroit injufte, qu’un emphitéote pût abufer de cette circonftance , pour priver le Seigneur foncier d’une partie de fes droits.
- 15. Les eftimateurs reçoivent deux florins par demi - journée , ' pour taxer ou faire revifion de taxe , de fonds de terre , ou de dommages, dans la banlieue, foit îneJJeillerie, jufqu’à la diftance de demie-lieue; & pour une journée entière, fi c’efl: hors de la banlieue, au-delà de demie-lieue , fix florins, toutes chofes comprifes ; (Art. 79 du tarif des émoluments , réglés en Çonfeil Souverain, le 30 Juin 1769. )
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- INGÉNIEUR
- C’eft un homme verfé dans l’art de conftruire les ponts & les chauffées j qui donne le plan d’un projet, qui en fait le devis, qui trace l’alignement fur le terrain , & qui conduit l’ouvrage.
- 1. L’Ingénieur des ponts & chauffées doit avoir acquis non - feulement toutes les connoiffances dans la théorie de fon art, la géométrie , l’archi-teélure hydraulique, l’appareil & la méchanique > ïttais aufli il doit être verfé dans la pratique, pour combiner avec précifion les avantages & les inconvénients d’un projets pour en prévoir les obf-tacles & les furmonter, pour proportionner la force & la folidité des ouvrages qui tendent à les détruire, & oppofer une réfiftance fuffifante aux eaux & aux autres agents de leur deftruétion.
- 2. L’Ingénieur, qui réunit l’exacftitude à l’intelligence d’un praticien inftruit, fait un examen fuivi, prend des informations, parcourt plufieurs fois les lieux, & fonde le terrain, avant de s’arrêter à un projet.
- Inftruit des avantages qu’un chemin procurera aux habitants de la contrée, de la nature du fol, des lieux où l’on trouvera des matériaux pour fa conftruétion, des hautes eaux, des inondations , des torrents & des ravages qu’ils cau-fent, l’Ingénieur trace le chemin & en dreffe le projet.
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- 20S ING
- Il fe préfente ordinairement cinq confîdérations principales dans les projets d’un chemin ; premièrement, la ligne la plus courte ; fécondé ment 5 celle qui a le moins de montée 5 troifiemement, le meilleur fol, qui eft un terrain graveleux & qui procure de grands avantages, la folidité de l’ouvrage.& l’économie de la conftrudion; quatrièmement , le paifage en des lieux habités, qui favorife le commerce, & où les voyageurs trouvent des fecoursj cinquièmement, la facilité de l’exécution.
- Enfin, lorfque le Gouvernement a approuvé un projet, & que l’Ingénieur a reçu l’ordre de le faire exécuter , il doit fe pourvoir à temps des matériaux néceifaires, & s’appliquer à confi. truire un ouvrage commode, agréable & folide , fans négliger l’économië dans l’exécution, &fans perdre de vue ces principes, que les eaux doivent être foigneufement écartées des chemins , que rien 11e doit être négligé dans les ponts, pour prévenir les aifouillements fous les culées & fous les. piles, & que tout doit être facrifié à la meilleure maniéré d’empêcher les dommages fourds, çaufés par les eaux , & de vaincre les efforts redoublés de leur fubtilité & de l’impétuofité de leur courfe.
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- î N S
- inspecteur,/; w.
- C’eft un homme qui a la conduite d’un ouvrage Ou Pin'fpedion d’un chemin.
- 1. Un Infpedeur doit fouvent vilîter les ouvragés qui lui font confiés i il doit avoir une attention foutenue fur tous les objets, comme de bien régler les travaux, de diftribuer les ouvriers le plus avantageufement & de la maniéré la plus utile , en les féparant par bandes, pour éviter la confulion : il doit régler à la fin de chaque fe-maine, les liftes des journées des ouvriers, fui-vantles faifons, les charrois, & leurs prix fuivant les diftances.
- 2. L’Infpedeur des ponts & chauffées doit joindre l’exaditude & l’adivité au zele dans là com-niiflion j il viiîtera tous les matériaux qu’on emploie , pour voir s’ils font d’une bonne qualité > il prendra toutes les précautions nécelfaires pour ne pas être la dupe des ouvriers infidèles & des entrepreneurs de mauvaife foi, & pour que l’exécution des ouvrages ne foit pas interrompue par des obftacles imprévus.
- 5. L’Infpedeur doit donner des inftrudions par écrit aux piqueurs & aux entrepreneurs.
- 4. L’Infpedeur doit profiter des faifons favorables pour exécuter les ouvrages.
- f. L’Infpedeur fera fouvent rapport à fes fupé-
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- zot J O ï
- rieurs du progrès des ouvrages, & exécutera les
- ordres qu’il en recevra* '
- 6. Il feroit utile qu’il y eût dans chaque bail* liage un Inipeéteur des ponts & chauffées inftruit y. il contiendroit par fon infpe&ion les Voyers de village peu exacts, & il inftruiroit ceux qui ignorent l’art de conftruire les chemins. Car peut-on attendre des Gouverneurs de village, même toujours de ceux des villes , qu’ils auront foin de l’entretien des chemins, & qu’ils en feront les> réparations avec exactitude?
- INTRAD OS,f.m.
- C’eft le parement intérieur d’une voûte & fop-pofë de l’extrados.
- JOINT S, f. m.pl
- Ce font les vüides ou eipaces entre les pierres de taille.
- i. Lés joints des vouffoirs d’une arche doivent être tenus médiocrement ouverts j trop d’ouverture aux joints occafionne urt grand abaiffement de la voûte , & trop peu fait éclater ou épaufrer les Vouffoirs, lorfqu’elle prend fa charge. Les joints du pont de Neuilly, dont les arches ont cent-vingt pieds de diamètre, ont été tenus ouverts de fix lignes, & l’on n’a pas remarqué qu’il fe foit fait aucune épaufrurer
- z. Oit
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- %. On peut huiler avec un pinceau les joints apparents des piles & des culées, pour, empêcher que le courant des eaux ne les dégrade , mais le mieux eft de les refaire avec du mortier de chaux & de ciment pafle au tamis, & de les frotter enfuite fortement avec une petite barre d’acier, jufqu’à ce qu’ils aient acquis une couleur ierrugineufe. Les joints du pont de Neuilly ont été refaits fuivant ce dernier procédé*
- JOURNÉE,//.
- C’eft le temps du travail d’un homme pendant un jour.
- 1. Pour que les journées à prix d’argent foiertt fru&ueufes, les ouvriers doivent être furveillés & bien dirigés -, il faut que rinipedteur foit attentif à l’ouvrage que chacun fût, pour renvoyer les parefleux*
- 2. Les heures de travail doivent être fixées 5 pour l’ordinaire , on le commence à cinq heures du matin & on le quitte à fept heures du foir * en prenant quatre heures pour le repos & pour les repas, il refte dix heures de travail pendant huit mois de l’année, favoir, en Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre & O&obre* Et pendant les quatre autres mois qui font d’hi-
- O
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- J OU
- ver, le travail n’eft que de fept heures. ( Mr. Belidor, Science des Ingénieurs, liv. 3. chap. 8*) 3. Lorfque l’ouvrage eft confidérable, & qu’il y a plulîeurs atteliers, il eft difficile que les ouvriers foient bien furveillés, s’il n’y a pas au moins un piqueur ou un chaiTavent fur cinquante ouvriers.
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- K L 1
- su
- K.
- IC LISEO METRE > f. nt.
- C’eft un infiniment gradué, avec un plomb s pour prendre ou pour régler les pentes des chemins.
- i. J’ai trouvé l’inftrument dont je vais donner la defcription, commode dans la pratique 5 ( PL II, fig. 2. ) c’eft une efpece de planchette d’arpenteur, pofée verticalement fur fon pied, d’environ 18 pouces de longueur & de 10 de largeur, fur laquelle on affujettit une alidade Vers le haut : on tire une ligne du bas en haut, perpendiculairement fur le milieu de l’alidade, & une parallèle à l’alidade au bas de la planchette , qui fera perpendiculaire fur la première 5 on fait à la planchette , près de l’alidade , & lur fa perpendiculaire, un trou dans lequel entre une cheville, qui porte au centre un fil avec un plomb : on porte à droite & à gauche , fur la parallèle à l’alidade, du point d’interfeélion de fa perpendiculaire, la dixième partie de la diftance de ce point au centre de la cheville, où le fil eft affujetti : cette divifion en dixième, indique un pied de pente par toife courante, en Ion-
- O %
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- K L 1
- gueur horizontale, & non fuivant la longueur de pente : on fubdivife enfuite ces dixièmes, en douzièmes, pour avoir les pouces de pente par toile j & pour la commodité de l’inftrument, on peut tracer au bas de la planchette, un arc de cercle, dont le centre eft le point où le fil eft aflujetti : on gradue cet arc, en tirant des lignes depuis le centre par les points de divifion de la parallèle à l’alidade. Toutes les lignes & les di-vifions doivent être faites exa&ement, pour la jufteffe de l’inftrument.
- 2. On prend les pentes avec cet inftrument, (PL 77, fig. 2.) en failant tenir dans l’éloignement, un jalon de repere b, de la hauteur de l’alidade a, avec laquelle on vife le jalon ; le fil de l’inftrument indique fur l’arc de cercle gradué , la pente cherchée : on peut vérifier la juf. teife de l’inftrument, en le retournant de droite à gauche.
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- L A R
- ai?
- L.
- LANGUETTE, f. Voy. AJfemblage 9 nr*. ï.
- LARDOIRE, / / Voy. Sabot.
- LARGEUR D’UN CHEMIN,/./.
- C’effc ïa diftance d’un fofle à l’autre, ou l’ef-pace qui fert au palfage.
- 1. La largeur des chemins doit être proportionnée à leur deftination, à la difpofition des lieux & à la nature du terrain fur lequel ils font conftruits: à ne confidérer les grands chemins que par leur utilité, une largeur de 24 à 30 pieds eft fufRfante, outre les foliés j cependant lî l’on veut réunir l’agréable à l’utile, cette largeur ne fuffit pas., fur-tout aux avenues des villes.
- 2. Les chemins de traverfe n’ont fouvent pas au-delà de 16 à 20 pieds de largeur. Les che>-mins fendus ou taillés dans le roc; les.chemins efcarpés, fur la côté des montagnes, & les chauffées fort élevées , ont quelquefois moins de 20 pieds de largeur, à caufe des frais confidéra-bles qu’une grande largeur entraîneroit.
- 3. Les chemins doivent être plus larges aux
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- 2i4 L É Z
- contours, que dans les alignements droite. Voy.
- Contours, art. I.
- 4. Le pouvoir de régler & de changer la largeur des chemins , effc attribué à I’Illustre Chambre des Péages. (Voy. l'art. 11, de l'Or-donnante Souveraine, de 1744.)
- LAYEJ/.
- C’eft une petite route ou ouverture droite, dans un bois , pour y pouvoir tracer un chemin.
- LEVÉE DE TERRE, f. f. Voy. Déblai
- & Chauffée.
- LEVIER, f. m.
- Inftrument de bois ou de fer, pour foulever un grand fardeau.
- LÉZARDES,/ f.pl.
- Fentes où crevalfes qui fe font dans les murs.
- Les lézardes qui fe manifeftent dans un mur neuf, font pour l’ordinaire une marque que le fondement ne repofe pas fur un bon fol; quand elles montent tout droit en s’élargilfant, c’eft une preuve que le fondement a cédé des deux côtés ; & lorfque ces crévalfes commencent par le bas, & qu’elles vont toutes fe rencontrer, comme en un point, c’eft un ligne que le fondement eft corrompu, dans le milieu de fa Ion»
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- LIE aif
- gueur feulement î quand il n’y a qu’un feul côté, ou un angle du mur qui ait cédé, les lézardes s’inclinent pour l’ordinaire du côté oppofé.
- LIAISON,//.
- C’eft l’arrangement des pierres de la maçonnerie ou d’un pavé, fait fuivant l’art, enforte que les joints ne fe rencontrent point.
- L I B A G E, f.m.
- C’eft un gros quartier de pierre brute, dont on conftruit les fondements & les maffifs.
- LICE, f.f.
- C’eft la barrière ou le garde-fou d’un pont de bois.
- LIEN, f. m.
- Piece de bois dans les ponts, qui ferfc à lier enfemble les autres pièces de charpente.
- LIERNE, / /.
- Piece de bois qui fert à entretenir les files de pieux, d’une palée de pont avec des boulons j on fait aufli ufage des liernes dans les batardeaux.
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- L I T
- 2Jé
- LIMOUSINAGE,/:»/.
- Maçonnerie faite de petits moillons ou de cail ioux à bain de mortier*
- LIT, /. m.
- C’eft le côté d’une pierre fur lequel elle re pofoit dans la carrière 5 & celui qui lui eft op pofé , eft le lit de deifus.
- »
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- MAD
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- M.
- MAÇONNERIE,//.
- C’eft l’art de conftruire les ouyrages faits de pierre & de mortier} c’eft auffil’ouvrage même, qu’on appelle mur, ou muraille.
- 1. La première régie de la maçonnerie, eft de pofer les pierres en bonne liaifon , & fur leur lit de carrière, fi elles en ont un.
- 2. Les pierres doivent être bien garnies, affermies, & unies les unes aux autres, par le moyen du mortier , préparé avec foin. Voyez Mortier.
- 3. Quoiqu’il entre plus ou moins de mortier dans la maçonnerie de moellons , on eftime qu’il faut environ 3 tonneaux de chaux, de 25 pieds çubes chacun, & 20 caiifes de fable, pour une toife cube de maçonnerie.
- 4. Le pied cube de maçonnerie de moellons, de granité ou de cailloux, pefe environ 120 ÎB. 8c quand les moellons font de roc calcaire, elle ne pefe qu’environ 110 ÎB. le pied cube.
- MADRÎER S, fi m. $.L
- Greffes planches*
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- MASSE,//.
- Gros marteau à long manche. Voy. Batterand.
- MESURE 9 f. f.
- Quantité prife ou donnée, pour proportionner un ouvrage.
- 1. Le pied & le pouce de Berne dont nous nous fommes fervis dans cet ouvrage, ont à peu près un dixième de moins que ceux de Roi ou de Paris.
- 2. La toife courante, de dix pieds de Berne, eft de 9 pieds 4 lignes de Roi, ou à peu près une toife & demi de Roi: la toife quarrée de cent pieds de Berne, eft un peu plus de deux toifes & un quart de Roij & la toife -cube de mille pieds de Berne, eft environ trois toifes & quatre dixièmes de Roi.
- 3. La lieue a été fixée par I’Illustre Chambre des Péages, en 1781, à dix-huit cent toifes, de dix pieds de Berne chacune.
- M I L L I A I RE, /: «.
- Pierre, ou colonne, fur laquelle eft marqué la diftance d’un lieu à un autre.
- 1. On place les milliaires au bord des grands chemins 5 on grave fur la face le nom de la ville capitale, (Fl. XII, fg. 3f.) où eft placé le mil-
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- MIN 219
- liaire chef de file, & le nombre des lieues de la diftance.
- 2. Les milliaires Romains, font des colonnes d’environ 8 pieds de hauteur, & de 20 pouces de diamètre, avec une bafe cubique, portant des Infcriptions avec le nombre des milles Romaines, qui font d’environ 500 toifes , de 10 pieds de Berne. C. Gracchus eft l’inventeur des colonnes milliaires. ( Voy. Chaitjfée 'Romaine, art. 3.
- MINE, f. f.
- C’eft un trou percé à l’aiguille, dans le tocn ou dans des pierres, pour les faire fauter avec de la poudre à canon.
- 1. Un attelier de trois hommes, dont deux percent avec une aiguille de fer acérée , & le troifieme arrache les pierres ébranlées par la mine , ne fait guere fauter par jour au-delà de 80" pieds cubes de roc calcaire, ou de 60 pieds de granité dur, & confume environ deux tiers ou trois quarts de livre de poudre, pour la charge des pétards : ainfi fi l’on fait le prix de la journée de travail, & ce qu’il en coûtera pour les outils & la poudre, on pourra eftimer la toife cube de roc calcaire, ou de granité fauté à la mine, ayant égard à leur dureté.
- 2. Lorfqu’on fait fauter à la mine, des pierres ifolées, on doit diriger la fufée fuivant la
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- 220 MIN
- longueur des pierres, pour produire plus d’effet.'
- 3. Quand on mine le roc fous l’eau”, 011 met dans la mine, des boîtes de fer blanc, du diamètre du trou, & allez longues pour qu’elles s’élèvent au-delfus du niveau de l’eau ; on peut aullî fe fervir de boites de carton goudronné : on prétend que les mines fous J’eau font plus d’effet qu’à Pair.
- 4. La dureté du roc ou des pierres que l’on fait lauter , & la profondeur de la mine , en déterminent la charge, qui eft pour l’ordinaire, de 2 à 5 onces de poudre par chaque pied d’ap-profondiffement, foit d’environ un quart de la profondeur du trou, perfcé de if à ig lignes de diamètre. J’obferverai ici, que la poudre à canon de ce pays eft beaucoup plus forte que celle que l’on fabrique communément en France.
- 5. O11 enfonce un peu de papier dans la mine , pour en deffécher le fond, & pour garantir la poudre de l’humidité : on bat fur la charge de la pierraille ou de la brique caffée, en con-fervant la communication à la fufée, avec une petite broche de fer, nommée êpinglette. -
- Pour prévenir les accidents qui arrivent aux mineurs , qui chargent fans précaution, on doit les obliger à mettre de la terre glaife au fond de la mine, pour que P êpinglette , en frottant le fond, ne faffe feu,
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- 22 î
- M O I
- ê. Les grandes aiguilles font préférables aux courtes, que l’on frappe avec un marteau , quand on perce la mine dans le roc calcaire ; mais les petites valent mieux' pour le granité dur : un feul mineur fuffit pour frapper la petite aiguille ou le cifeau , & pour le mettre en mouvement.
- 7. Les grandes aiguilles ont environ 6 pieds de longueur, & les petites 2 à ? pieds: la largeur du tranchant acéré eft d’environ ij* lignes aux grandes aiguilles, & d’un pouce aux petites.
- 8. Les bourroirs, pour la charge de la mine, ont 2 pieds à 2 pieds 6 pouces de longueur, & 7 à 8 lignes de diamètre de groffeur.
- 9. Le marteau à mine pefe environ 5 ib.
- 10. La curette & l’épinglette , ont 2 pieds 6 pouces à £ pieds 6 pouces de longueur; l’é-pinglette doit avoir un anneau au gros bout.
- M O I L O N, f. m.
- Pierre qu’on employé brute dans la maçonnerie. -
- moïses,;/.^
- Pièces de charpente, qui étant jointes enfem-ble par leur épaiifeur, avec des boulons ou avec des crampons de fer, fervent à entretenir les autres pièces d’un aflemblage de charpente, les
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- 2.2'Z
- M O R
- palées ou les files de pieux des ponts, & les principales pièces d’un ceintre.
- MONTÉE D’ARCHE, f. f.
- C’eft la hauteur perpendiculaire, depuis le niveau de la naiffance de la voûte jufqu’à l’intrados de fa clef, qui eft égale dans l’arche, en plein-ceintre , au rayon de la voûte.
- MONTOIR A CHEVAL, f. m.
- C’eft une pierre en degrés, que les Romains plaçoient aux bords des chemins , pour fervir à ceux qui montoient à cheval, parce qu’ils n’a-voient pas l’ufage des étriers.
- MONUMENT, f. m.
- C’eft un ouvrage en pierre ou en marbre avec une infcription, élevé au bord d’un chemin, à la mémoire du Prince ou des Magiftrats, qui ont fait conftruire ce chemin. (P/. XII, fg- 39-)
- M O R C E S, f. f. pi.
- Ce font les pavés qui commencent un revers, & qui avancent pour faire liaifon.
- MORTIERJw.
- Composition de chaux & de fable, ou de ci*.
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- M O R 2,2^
- nient , broyés avec de l’eau , pour lier les pierres.
- 1. La foîidité des ouvrages de maçonnerie, dépend principalement de la bonne qualité du mortier, qui doit unir les pierres indilfoluble-ment les unes aux autres, & fe durcir quelque temps après avoir été employé j mais comme les ouvriers ne mettent pas en général aflez d’attention dans fa préparation, il eft de la plus grande importance, que les Infpeéteurs & les Entrepreneurs faifent un bon choix de la chaux, du fable , ou du ciment, qui entrent dans la compo-fition du mortier, & qu’ils veillent fur les ouvriers qui le préparent ; puifque la bonne qualité du mortier eft la bafe & le fondement de la bonne maçonnerie. Voyez Chaux, Sable, & Ciment.
- 2. Il eft néceflaire , dans la préparation du mortier, de bien corroyer la chaux avec le fable, ou avec le ciment, & c’eft cependant ce que l’on néglige le plus fouvent j car au lieu d’employer les ouvriers les plus vigoureux, pour gâcher le mortier pendant longtemps, avec peu d’eau, & à force de bras, ,comme les anciens le faifoient ; cette préparation eft aujourd’hui abandonnée à la pareffe des manouvriers les plus négligents, & à lafoiblefle des apprentifsles plus jeunes, qui le corroyent avec beaucoup d’eau,
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- 2i4 M O R
- pour éviter la peine ; & c’eft là la première câüfe du peu de folidité & de liaîfon d’un grand nombre de murs, conftruits de nos jours, qui menaient d’une ruine prochaine, les ouvrages qu’on deftinoit à la poftérité.
- 3. La jufte proportion de la chaux '& du fable , eft encore néceffaire pour faire du bon mortier : mais comme la dofe de ces matières dépend de la nature de la chaux & de la qualité du fable, la feule expérience peut apprendre aux ouvriers à bien dofer la chaux & le fable, après avoir reconnu leurs différentes qualités. Mr. Hig-gins, auteur d’un ouvrage fur la chaux & le mortier , écrit en anglois & imprimé à Londres, en 1779, ayant fait plufieurs expériences fur la préparation du mortier, dit, qu’il ne faut mettre qu’environ une partie de chaux éteinte fur fept parties de fabie ; cependant Mrs. Belidor & Da-viler, affurent, que le mortier doit être com-pofé en général d’un tiers de chaux lur deux tiers de fable. On juge bien que cette grande différence dans la dofe des matières, vient principalement de la différente qualité de la chaux qu’on employé.
- 4. Le mortier fait de chaux - vive, auffitôt après qu’elle a été éteinte, eft préférable au mortier de chaux éteinte depuis longtemps, dans la
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- M O K 22f
- maçonnerie des ponts & des murs d’épaulement des chauffées.
- f. Après avoir corroyé le mortier à force de bras, on le laiffe repofer en grand tas, pendant un ou deux jours, puis on brouille chaque jour une fécondé fois la quantité de mortier qu’oil doit employer auflitôt après.
- 6. Le mortier-loriot, qui ne différé du mortier ordinaire que par l’addition d’un cinquième ou d’un fixieme de poudre de bonne chaux vive , bien cuite & paffée au tamis, eft très-bon 9 & il féche fur le champ : mais, comme on ne peut obtenir, fuivant ce procédé , la bonne qualité du mortier, fans la plus grande exactitude, doit dans le choix des matières , foit jdans leur., proportion, & fans de grands fraix, pour piler la chaux & la paffer au bluteau ou au tamis on en fait peu d’ufage dans la maçonnerie des ponts & des chauffées.
- 7. On trouve dans le Mémoire de Mr. dé la Faye, *fur la maniéré de bâtir des Grecs & des Romains , un procédé pour préparer le mortier, que Mr. Mengin, Architede à Nancy, a auflï employé avec beaucoup de fuccès, dans plu-ileurs ouvrages qu’il a fait conftruire.
- On remplit de fable un baquet, à demi plein d’eau, puis 011 forme fur un plançher préparé>
- P *
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- 226 M O R
- avec une mefure de ce Table, ml petit baflîii J comme font les manœuvres} enfuite on plonge dans le baquet plein d’eau, une demi mefure de pierres de chaux} & quand les gros bouillons ont Gefle à la furface de l’eau, on jette cette.chaux dans ce baflin, & on la couvre parfaitement avec le fable : fi la chaux, en fe diflolvant, exhâle fa vapeur méphitique au-de-hors, en fe faifant jour à travers le fable, les manœuvres ont l’attention de boucher tous les paflages par lefquels cette vapeur peut s’échapper : enfin, on mêle parfaitement ces matières ; & tandis qu’un maçon employé une augée de ce mortier, qui prend tout-de fuite confiftance, & qui réfifte à toutes les injures de l’air, fon manœuvre lui en prépare un.autre, en obfer-vant toujours le même procédé. Mr. de la Faye a éprouvé, qu’en rempliflant de fable un feau à demi-plein d’eau, le fable verfé fur un demi feau de pierres de chaux trempées, contenoit exactement le volume d’eau nécefiaire pour faire le mortier , pourvu que l’on conferve la vapeur humide & méphitique de la chaux, & que l’on prépare ce mortier fur un plancher non fpongieux.
- Philibert De Lorme, confeille aufli de couvrir la chaux d’une couche de fable, pour cou-
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- MUR %ij
- Server la vapeur qui s’en exhale * lorfqu’on la détrempe.
- MORTAISE,/./. Voy. AJfemblagei art. 4.
- MUR EN AILE, Voy. Ailé;
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- N' I V*
- #*8
- N.
- NAISSANCE D’ARCHÉ,f.f.'
- C’eft le commencement de la courbure de la voûte,
- NIVELLEMENT,/!».
- C’eft l’opération qu’on fait avec un niveau, pour connoître ou pour régler la hauteur d’un lieu à l’égard d’un autre, ou la pente d’un chemin.
- 1. On a plufieurs elpeces de niveaux 5 i°. celui avec l’eau : c’eft un infiniment compofé de deux bouteilles de verre qui communiquent en-femble par le moyen d’un tube , & qui font fup-portées par un pied. z°. Le niveau de pofeur, qui eft une réglé avec une ligne tracée perpendiculairement deffus, du haut de laquelle tombe un fil portant un plomb. 3?. Le Klifeomêtre, qhi eft aufîî une efpece de niveau , qui marque les degrés de pente. ( Voyez le mot Klifeomêtre. )
- 2. Lorfqu’on fait des grands nivellements pour des conduites d’eau, il faut prendre une ftation au milieu de la diftance, pour éviter les erreurs caufées par la réfradlion des vapeurs de l’air, & par la différence du niveau apparent au vrai niveau , qui eft d’un peu plus de trois lignes fur cent toifes, & qui eft proportionnelle auxquarrés des diftançes.
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- CRN
- 22?
- O.
- OEIL DE PONT,/.»*.
- Ouverture ronde au deflus d’une pile & dans les reins des arches d’un pont.
- Les Oeils des ponts font faits autant pour aie-ger l’ouvrage, que pour faciliter le paifage des grandes eaux.
- ORNIERE, f. f.
- C’eft la trace creufe que les. roues des: chariots font dans les chemins.
- Lorfque les chemins ont des ornières, il faut les recouvrir d’une couche de gravier, à moins que ce défaut ne vienne de ce que l’on n’a pas eu foin de relever les graviers nouvellement placés fur la chauffée; & dans ce. cas, on peut fe contenter de caifer des pierres dans ces ornières, ou d’y mettre du gros gravier, en gra-tant les bords avec le pic , afin que les nouveaux matériaux pujflent mieux fe lier avec les anciens. Enfuite on les bat fortement avec’la demoifelle, parce que fans cette précaution, les matériaux feroient tout de fuite jettés hors des ornières par les roues des voitures qui y paiferoient * comme l’expérience le.Lut voir.
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- O U V
- OUTIL,/: ml
- C’eft un infiniment qui fert à l’exécution manuelle des ouvrages.
- Les outils & les engins d’un chantier font confiés à la garde des piqueurs.
- OUVRIER DE DISTRICT, f. m.
- C’eft un ouvrier chargé de l’entretien d’uri diftrûfi de chemin. ( Voy. Entretien, art, 13.)
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- PAR
- S3î
- P.
- PAL-PLANCHE,/:/.
- Doffe ou planche affûtée par un bout pour être pilotée.
- P A L É E , f. f.
- C’eft un rang de gros pieux efpacés affezprès les uns des autres, liernés, moifés & boulonnés, qui étant placés buvant le fil de l’eau, fervent de pile, pour porter les travées d’un pont de bois.
- panneau;/.».
- C’eft l’une des faces d’une pierre de taillei'
- C’eft auflî un moule ou modèle de carton ou de bois, pour tailler une pierre & qu’on leve fur l’épure.
- PA.RAPE T,/ m.L
- C’eft un mur d’appui fur un quai ou fur un pont.
- 1. Les parapets des ponts doivent avoir trois pieds à trois pieds fix pouces de hauteur, & depuis quinze à vingt-quatre pouces d’épaiffeur.
- 2. On les conftruit ordinairement d’une feule
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- fyi P A V
- alîîfe de pierres de taille, emboîtées les unes dans les autres, plutôt que de les lier avec des crampons de fer fcellés en plomb.
- PAREMENT, f. m.
- C’eft ce qui paroîfe d’une pierre ou d’un mur en dehors.
- P A R P A I N, adj.
- C’eft un mur dont les pierres de taille font toute l’épaiiTeur.
- patin,;®.
- Piece de bois couchée fur un pilotage , & fur laquelle on pofe les plate - formes, pour fonder dans l’eau.
- pavé,/: j».
- C’eft une aire de chemin faite de pierres ou de cailloux pofés en liaifon.
- 1. Les Romains pavoient les grands chemins à l’imitation des Carthaginois, qui ont conftruit, dit-on, les premiers avec foin leurs chemins.
- 2. H n’eft pas inutile de paver les chemins dans les terrains bas & humides, dans les def-centes expofées aux eaux qui s’amaflent pendant les grandes pluies, & dans les villages, où les payfans créufent les chemins, en ramaflant des
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- P E N
- boues pour engrais j on pave auffi la chatiffée des ponts.
- 3. Souvent l’on fe contente de paver une partie de la largeur du chemin. Ainfî l’Ordonnance ( en France ) ne prefcrit que if pieds de Roi de largeur aux chauffées pavées des grands chemins, les deux côtés ne font point pavés.
- 4. C’eft une réglé de n’employer aux pavés que des pierres & des cailloux les plus durs. On doit les pofer debout ou de pointe, fur une couche de fable graveleux, au moins de fixpouces d’épaiffeur. Les cailloux doivent avoir environ demi pied de longueur, & ils doivent être à-peu-près égaux 5 quand ils font de différente groffeur, on choifit les petits pour fervir au haut de la chauffée, les gros fe placent en bas & le long des bordures, qui ont au moins un pied de longueur & fix à huit pouces de groffeur.
- f. Dans les montées, on commence de conl-truire le pavé plutôt au bas qu’au haut.
- PENTE,/:/.
- C’eft rinclinaifon d’un chemin qui monte.
- 1. Les pentes doivent être adoucies autant qu’on le peut, foit par des* cjéblais au haut de la montée & par des remblais au bas, lorfqu’elle n’eft pas longue, foit par des contours qui diminuent la pente, en alongeant la montée.
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- 2U P E N
- 2. Quand un chemin a plus d’un pied de pente par toile-courante, ou d’un dixième de fa longueur, les charrois ne le peuvent monter qu’avec beaucoup de peine, & ne le defcendent qu’en enrayant 5 ce qui eft préjudiciable au chemin par les ornières qu’ils caufent.
- 3. On-doit donner aux chemins rampans une pente égale* autant qu’il eft poflible, excepté aux contours, où elle doit être un peu adoucie pour foulager les chevaux de timon, fur lefquels repofe prefque toute la charge des charois, à caufe de l’obliquité des traits des chevaux de-devant. Il faut aufti avoir l’attention de raccorder le haut & le bas d’une montée avec la plaine par un adoucilfement, & éviter dans le profil du chemin les jarrets, qui choquent la vue.
- 4. Les divers alignements d’une montée ont leurs pentes réglées ou moyennes,, en raifon in-verfe de leur longueur.
- f. On réglé les pentes des chemins ( ?/. II * jtg. 3. ) avec trois jalons de repere a, b, cy de la même longueur, d’environ quatre pieds, & qui portent au haut un objet, pour diriger la hauteur à la vue. On peut auffi régler & même prendre les pentes avec l’inftrument ( fg. 2. ) appellé Klifeomêtre, qui eft une efpece de planchette graduée. ( Voy. le mot Klifeomêtre. )
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- P I E PIED,/: m.
- Mefure. Voyez et mot Me fur e.
- PIERRE,/:/. Voy. Carrière.
- P I E R R É E, / /.
- Canal fouterrain confirait de pierres feches, pour l’écoulement des eaux. On l’appelle aufli Coulijfe.
- 1. On confirait des pierrées pour deffécher le fol d’un chemin où il fourd des filets d’eau, & les taluds qui s’éboulent i on en fait aufli derrière les murs d’épaulement.
- 2. On commence par creufer un fofie jufqu’au ton fond, dans lequel on arrange trois pierres, dont deux fervent de piédroits, & la troifieme de couverture. On fait pour l’ordinaire le vuide peu confîdérable : enfuite on jette des pierres & des cailloux deffus, fans autre ordre que celui de mettre les plus petits au-deflus. On doit avoir foin de recouvrir le tout de mouffe, de branches de genevrier ou de gazons renyerfés.
- PIEUX,/ m. pl
- GrofTes pièces de bois de chêne, qui fervent aux palées des ponts de bois, à retenir les berges des chauffées, les digues & les batardeaux.
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- 256 P I L
- p i l E,y
- C’eft un maffif de forte maçonnerie, dont le plan eft prefque toujours un exagone alongé, qui féparê & qui porte les arches d’un pont de pierre, ou les travées d’un pont de bois.
- I. On fait que les piles & les culées arcbou-tent la pouifée des arches d’un pont, & dès-là qu’elles doivent avoir une force rélative à cette pouifée; mais l’expérience feule ne fufRt pas pour nous apprendre à proportionner la réiiftance d’un piédroit, à l’eifort que les vouifoirs d’une voûte font pour l’écarter. La certitude & la préciiîoii de la théorie l’emportent fur de iîmples ufages, toujours incertains & fouvent faux, que fuivent les ouvriers. Pluiîeurs Mathématiciens célébrés s De laHire, Parent, Couplet, Belidor & Frezier, ont donné des formules qui mettent en équilibre la réiiftance des piédroits, avec la pouifée des voûtes ; mais comme l’on ne peut les entendre lans une connoiiîance des mathématiques, que peu d’ouvriers ont, j’ai cherché une réglé qui fut sûre pour l’exécution des ouvrages, commode dans la pratique, & qui fut entendue des ouvriers : la voici. On donne aux piles pour épaift feur, le neuvième du diamètre de l’arche en pleimceintre 3 auquel on ajoute la racine quar-
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- ML' 237
- ïee du nombre des pieds de la hauteur des piédroits. Voy. Racine quarrée.
- Quant aux piles des arches furbailfées au tiers, on prendra le feptieme du diamètre de l’arche, en y ajoutant la racine quarrée de la hauteur des piédroits, & le quart en fus de cett.e même racine. Cette réglé donne un réfultat à-peu-près le même que la formule de Mr. De la Hire, dont il a donné une démonilration dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences de Paris , année 1712, & dont l’expérience a enfuite confirmé plu-fieurs fois la jufteife. Mr'. Frezier a rapporté dans la Théorie & la pratique de la coupe des pierres, tom. 3, chap. 12, des faits qui prouvent que les réglés fondées fur la théorie de Mr. De la Hire font juftes.
- Mr. Belidor a donné une réglé dans l’Architecture hydraulique, tom. 2 de la fécondé part. îiv. 4. chap. 11, mais qui n’eft point générale, & qui fuppofe une hauteur de fix pieds aux piédroits. Le P. Deran , Mrs. De la Rue & Gauthier ont aufli donné des réglés pour proportionner l’épailfeur des piédroits à la pouiTée des voûtes i mais ces réglés font vifiblement faulfes dans plufieurs cas, puifqu’elles n’ont aucun égard, ni à la hauteur des piédroitsni à la charge, ni à l’épailfeur des voûtes. Je prie les perfonnes qui auront quelque doute fur cette
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- P I L
- affertion, de lire ce que le favant Ingénieur Frc£ zier a écrit fur la pouifée d^s voûtes dans le chap. 12 du tom. ? de la Théorie & de la Pra-tique de la coupe des pierresr
- J’ai cru qu’il étoit de mon devoir de donner cet avis aux ouvriers & aux éleves des ponts & chauffées, qui, fur la réputation de ces auteurs, peuvent être induits en erreur , au préjudice des ouvrages qui leur font confiés. Au refte, Ci des auteurs eftimables n’ont pas réuffi dans cette fo-lution, c’eft qu’on ne peut y parvenir qu’à l’aide de la géométrie, & qu’ils l’ont négligée. Je dois avertir, pour ne point tomber dans la faute que je viens de relever, que la réglé que je donne, fuppofe l’épaiffeur des arches établie fuivant la méthode qui eft indiquée au mot Arche, art. 3. & que ces arches ne font chargées que d’environ quinze pouces d’épaiffeur de terre & de pavé au-deflus des clefs; que même elles font conftruites d’une pierre d’un poids à-peu-près égal à celui de la maçonnerie des piles; car il n’eft pas douteux qu’on ne puiffe donner moins d’épaiffeur aux piédroits d’une voûte légère * conftruite en tuf, qu’à ceux d’une voûte de pierre dure.
- 2. En général, lorfque les voûtes fout fur-baiffées, 011 peut prendre pour Tépaiffeur des piles le neuvième du double du grand rayon»
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- P I L Z}?
- au Heu de celui du diamètre de l’arche , en y ajoutant, comme il a été dit précédemment, la racine quarrée de la hauteur des piédroits.
- 5. Quelquefois on rejette l’effort de la pouffée d?une fuite d’arches fur les deux culées , & alors on 11e donne aux piles que la force néceffaire pour foutenir le poids dont elles font chargées. Voy. Culée, art. 2.
- 4. On conftruit les piles avec beaucoup de précautions. Les fondements font élevés par retraites & en dégrés. Voyez Fondation. Les parements font de pierres de taille dures, affemblées en carreaux & en boutiffes ; les carreaux de deux pieds de lit au moins, & les boutiffes de trois pieds de queue, cramponnées les unes avec les autres & aux libages qui forment l’intérieur de la maçonnerie, comme il a été dit pour les culées. Voy. le mot Culée, art. 5. On refait les joints apparents , comme il eft détaillé au mot Joint, art, 2. On conftruit les avant-becs & les arriere-becs en îiaifon avec le maffif des piles & de la même maniéré que ces piles. V. ces mots, Avant-bec & Ar~ riere-bec.
- PILOT ou PILOTIS,/! m.
- C’eft une piece de bois ronde, employée de fa groffeur , affilée par un bout, qu’on enfonce en terre, pour affermir un terrain,
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- 240 P I t
- 1. On arme de fer la tète & la pointe des pilots,' pour les enfoncer jufqu’au refus du mouton ; la tête eft couronnée d’une frette, & la pointe reçoit un fer pointu, à quatre branches , qu’on appelle fabot. Quand le terrain oppofe peu de ré-lîftance, il fuffit de brûler les deux bouts du pilot, au lieu de les armer de fer.
- 2. On elpace pour l’ordinaire les pilots à trois pieds de milieu en milieu, ou même à quatre pieds de diftance, & rarement tant plein que vuide. On enfonce des pal-planches entre les pilots de bordage, dans des rainures pratiquées aux côtés , pour fortifier l’ouvrage & empêcher le dégravoiement des eaux, & après avoir recépé ou coupé la tête des pilots de niveau, on aflem-ble à tenon & à mortaife ( PL IX, fig. 26 & 27. ) des chapeaux q, q, fur ceux de bordage y,yy & on place en travers fur ceux de remplage z, des racinaUx x, x, aflemblés à queue d’aronde dans les chapeaux, pour contenir & empêcher l’écartement.
- 3.On enfonce les pilots avec une machine appel-' lée Sonnette-, voy. ce mot $ & comme ils doivent être enfoncés jufqu’au refus, on les ente, lorf-.qu’ils ne font pas aifez longs pour porter fur le bon fond.
- 4. Lorfqu’on fonde fur pilotis, 011 commence pour l’ordinaire à enfoncer ceux du milieu les
- premiers
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- £ î CL 241
- pifëmièfs i parce que lorfqu’on place Cétix des bords les premiers , 011 reiîerre fi fort le terrain qu’on iie peut plus faire entrer les pilots du milieu.
- f. On peut employer dubois defapinou d’aune pour piloter, quand ori manque de chêne , on augmente la dureté & la durée des bois , en brûlant leur furface.
- Pour que la grofleür des pilotsToit proportionnée à leur longueur, le diamètre doit être d’un douzième de leur longueur. On alonge la pointe depuis un & demi à deux diamètres du pilot. ( Cours d’Archite&. de Blondel, tom. liv. 3. ch. S* art. 5.)
- P I au EUR,/: nu C’eft dails un chantier* un homme prépofé fur ies ouvriers, pour veiller à l’emploi du temps 5 on l’appelle aulli ChaJJavént.
- 1. Les piqueurs doivent être exads & adifs * ils doivent veiller fur les ouvriers * fans les perdre de' Vue , & les reconnoitre trois fois chaque jour pat Un appel, le matin * à midi 8c le foin ils feront rapport fans partialité des ouvriers pareifeux ou mutins,pour qu’ils foient congédiés par l’Infpedeur 5 ils contrôleront le nombre des charroisen remettant des marques aux voituriers, qu’ils retireront chaque foir j pour les infcrire,
- 2. Les piqueurs doivent avoir foin des brouettes* des planches, des outils & des engins qui font achetés de la cailfe du chemin* & en fendre compte*
- 0-
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- 5. Dans un chantier, il faut au moins un fur* veillant fui: 'cinquante ouvriers.
- PLATE-FORMES DE FONDATION, //
- Pièces de bois plates, arrêtées avec des chevilles de Fer, fur un pilotage , ou fur un grillage , pour y affeoir une maçonnerie.
- PLINTHE,/, m.
- C’eft le cordon d’un pont, lorfqu’il eft en moulure plate. Voy. Cordon.
- POINÇON,/ m.
- Piece de charpente , pofée verticalement, avec laquelle s’afîemblent les arbalétriers fou les contre-vents».
- POLICE DES PONTS CHAUSSÉES, // Voy. Contraventions, Entretien, Ponts & ChauJJeeK
- PONCEAU,/ m.
- C’eft un petit pont d’une arche, pour pafler un ruilfeau.
- PONT, / m.
- C’eft un bâtiment de pierre ou de bois, quelquefois de pierre & de bois tout enfemble, fur lequel 011 traverfe un fleuve, une riviere ou un torrent.
- 1. Lorfque l’on conftruit un pont, la principale attention doit être de le garantir des fu-
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- £e‘urs St des efforts redoublés d’un élément rapi-de, qui travaille fans-ceffe à ruiner cet ouvrage j ennemi d’autant plus dangereux * que feS attaques font plus cachéesj en effet, rien ne doit être négligé, pour prévenir les affouille-ments fous les culées & fous les piles d’un pontî pour cela, .il faut que le fil de l’eau foit droit fous le pont & ne tournoyé pas en aval ; il faut aufft que les culées & les piles foient folides & bien fondées fur pilotis, fur un grillage, ou fur un très-bon fond. Voy. Fondation, Pilotis, Gril* lage.
- Quelquefois on entoure d’une crèche, les piles & les culées , ouvrage compofé d’une file de pieux & rempli de maçonnerie. Voyez le mot Crèche.
- 2. On doit apporter la plus grande attention dans le choix de l’emplacement d’un pont, ert fondant exactement les profondeurs de l’eau, de toife en toife , ou de 2 en z toifes, dans le temps des baffes eaux $ puis, en fondant auffi le terrain fous l’eau, on dreffe des profils de la profondeur de l’eau.
- 3. Il faut enfuite prendre des informations exaéles fur les plus hautes eaux de la riviere * faire la recherche des matériaux néceffaires à f e-xécution de l’ouvrage, & s’affurer de leur qua-
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- Ijté, de leur prix, & de la difficulté des voitures.
- 4. Les ponts doivent être placés quarrément fur la riviere , dans un lieu où le cours eft droit. ( Archite&ure de Palladio, 3me Partie, chap. 5.)
- 5. Les ponts ne doivent pas embarraifer le cours des hautes eaux; une trop grande épaif. feur des piles & une faillie confidérable des culées, en reflerrant le lit de la riviere, peuvent, par le gonflement des eaux, du côté d’amont, occalionner des affouillements très-dangereux, & dégrader le pied des piles & des culées : on prévient ces accidents, & on empêche que les eaux ne fe répandent dans la campagne, dans le temps des grandes eaux, par des canaux de décharge, qui rejettent les eaux furabondantes. (Belidor, Archite&ure Hydraulique, fécondé Partie, tom. 2, liv. 4, chap. 11.)
- 6. La largeur des ponts fe réglé pour l’ordinaire fur celle du chemin, à moins que cette largeur n’entraîne une trop grande dépenfe.
- 7. Les terres de la chaulfée d’un pont, entre les murs d’épaulement, & fur la voûte , doivent être battues, avant d’y afleoir le pavé.
- 8. Les palées & les culées des ponts de bois, font des files de pieux couronnés & coëffés d’un gros fommier ou travcn ; on foutient & on arrête les poutrelles fur les travons, & fur des plate-
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- formes, ou fous - poutres., qui portent, par le moyen des contre-fiches, appuiées fur les moifes des palées & fur les pieux 5 on fixe les moifes avec des boulons de fer. Les palées des ponts, fur-tout leur avant - bec , font fouvent revêtus de dolfes.
- On pave l’aire des ponts de bois , en obfer-vant de faire le ruiifeau au milieu, parce que la forme bombée des pavés arc-boute & poulfe les bordures, les poteaux d’appui & les entre-toifes, & détruit leur liaifon en peu de temps. Dans les rivières rapides , les. palées doivent être faites de files de gros pieux , avec empâtement : 011 enfonce les pieux au refus du mouton, à 3 pieds de diftance vers le bas & à 2 pieds au haut, ils font coëffés , liernés , & moifés , ayant aufli des contre-fiches & des étançons, de grof-fes pièces de charpente.
- Pour la méthode de fonder une palée de-pieux fur un fond de roc, Voy. Fondation, art. 7.
- 9. La chauffée des avenues d’un pont, doit être à peu près de niveau avec le pavé, & avoir peu de pente. (Architecture de Pailaâm, %me Part. chap. f.)
- 10. O11 trouve par le calcul, la charge qu’un; pont de bois peut porter.
- Veut-on connoitre la force des décharges d3 df fuppofées de 9 pouces d’équarrilfage? (Pi. Vh
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- fig. 19 & là.) On multiplie leur quarré, 81 pouces, par 58 quintaux, force abfolue d’un pouce quarré de bois, dans une polîtion verticale, le produit eft 4698 quintaux: mais comme la longueur du poinçon a, eft à celle d’une décharge d, comme 1, eft à 4, la force relative n’eft que du quart de la force abfolue 5 ainfi les quatre décharges du pont auront une force pour porter le travon c, du milieu, par le moyen des étriers de fer, de 4698 quintaux, que l’on réduit à la moitié, pour la fureté s favoir, à 3349 quintaux, Voy, Ceintre de Charpente, art. j & S.
- Quant à la force du travon c, du milieu, qui foulage la portée des poutrelles de la travée,, pn la trouve par le calcul fuivant :
- L*’expérience ayant appris, qu’une pièce de bo s, pofée horizontalement, de 10 pouces d’é-quarriftagé , & de 10 pieds de longueur, porte 486 quintaux 5 011 multiplie le quarré de là hauteur verticale 100, par fa largeur 10, dont le produit eft ïooo, qu’on divife par la longueur 10 pieds j ce qui donne le nombre 100.
- Le travon ayant 10. pouces de hauteur, dont le quarré eft 100, qui multiplié par fa largeur 9 pouces, produit 900, divifé par la longueur J f pieds, donne le nombre 60. Or le premier nombre 100 , eft à 486 quintaux, comme le dernier nombre 60, eft à 291 § quintaux, poids
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- que le travail e, peut porter dans fou milieu, Voy. Charpente, art. 3.
- 11. Pour faire le calcul de la force d’un pont de charpente, comparée à fonpropre poids, nous, fuppôferons quatre fermes d’alfemblage à ce pont, de 160pieds d’ouverture. (P/. VII,fig.21 22.)
- Les principales pièces de charpente ayant la pouces d’équarrillage j la force ahfolue d’une piece fera de 83$2 quintaux: mais comme deux décharges d, d, carrefpondantes, n’ont, par leur difpofition, qu’une force rélative, comme 14 eh; à 24 j nous trouvons, par la réglé de proportion , que leur force eft de. . ... 4872 quint.
- Les deux entre-toifes. e, e, du bas,. qui déchargent à droite & à gauche un poinçon p, ayant une force rélative comme 3 eft à 23,, leur force eft de . . . . 1089 quint.
- Et l'es deux entre-toifes b, h, du haut, avec une force rélative , comme 1 eft à 24 . . . 348 quint.
- Enfemble 6309 quint,
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- Et comme l’on ne compte que la moitié de la force trouvée, pour la fûreté , les quatre fer-mes auront une force de , , 12,613 quint»
- Le poids de la charpente d’environ 8000 pieds cubes de bois de chêne, àfplfe. le pied , , , 4000 quint.
- Le poids du pavé, avec celui des armatures de fer » , , , 4000 quint.
- Le poids gooo quint, La force excédante , , , 4618 quint,
- PONTS & CHAUSSÉES, f. m. & f. fl.
- C’eft le Département qui réglé tout ce qui a rapport à la Police, à la çonftruéUon & à Pen-tretien des grands chemins.
- 1. La garde & la fur-intendance des grands* chemins font attribuées par le Souverain, à l’Il-IUS.tre Chambre des Péages. ( Voy. l'art, lime de l'Ordonnance Souveraine de la Police des che* minsy de 1744, )
- z, .Les Seigneurs Baillifs font Hauts-Voyers, & Juges de première inftance des caufes refer-vées à la Haute-Voirie; on peut appeller de leur fentence devant l’Illüstre Chambre des Péa- . ges ; de forte que les procès & les différends qui s’élèvent au fujet de la conftruçtion <Sç de
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- l'entretien des cherfrins, ne font point du ref. fort des juftices inférieures & ordinaires.
- J. Les Communautés n’ont pas la propriété des chemins publics dans leur territoires elles ne peuvent ni les vendre , ni les changer, fans le confentement de l’Illustré Chambre des Péages. En France, il n’y a que le Roi qui puiife vendre un chemin public. Viarn publicam fopuhis non utendo, amittere non potefi. ( Lex. 2. ff. id eft, Digeflorum de via publica. ) Le Prince feul, comme conferyateur du bien public, peut en dilpofer.
- 4. La jouiifance immémoriale du paifage public , fur les terres des particuliers, prouve la propriété du chemin en faveur du public. Viœ vicinales, quæ in agris privaiontm collatïs fa&æ [mit, quarum memoria non extat, pnblicarum via-rum numéro [tint.,.. (Lex ultima §. 1. if. de lotis & itineribus publicis.)
- 5% Les Villes & les Communautés qui veulent rélargir un chemin, fur le fond d’un propriétaire qui s’y oppofe, doivent s’adrelfer, par requête, à l’Illustre Chambre des Péages, pour obtenir le terrain nécelïaire, à la taxe juridique.
- 6. Lorfqu’un particulier refufe des pierres, du fable, ou des autres matières nécelfaires à,la çonflrutiion d’un chemin public, qui font aban-
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- données flxr fes terres, la Direétion du chemin doit s’adreffer à ^Illustre Chambre des Péages , qui tient du Souverain le pouvoir de faire prendre, fur les terres des particuliers , les matériaux pour la conftruétion des chemins, en les indemnifant: droit inconteftable du Souverain. Voy. Indemnjté, art. 2.
- Un Arrêt du Bureau des Finances de la Généralité de Paris, du 8nie Janvier 1760, fait défenfe, à deux propriétaires de terres, d’enlever , d’une fabliere fur leur propre fond, aucun fable, fous peine de L. 500 de France d’amende , parce que ce fable a été trouvé bon pour la maçonnerie des ponts & chauffées.
- 7. Les Seigneurs Baillifs font publier les dé-fenfes aux particuliers , d’enlever les fables, les graviers, & les pierres qui font répandues dans les Communes, dans le lit des torrents , & fur le rivage des lacs, lorfque le befoin, pour la conftru&ion des ponts & chauffées, l’exige. Les Conlèils des Villes & des Communautés, établis pour ad miniftrer les biens publics, doivent auffi défendre d’enlever des Communes, les pierres & les autres matériaux, qui peuvent être né-ceffiires à la conftru&ion des chemins; car fi l’on manque de matériaux , la charge commune augmente, & le bien public ne doit point être facrifié à l’intérêt de l’individu»
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- POT âyi
- Le rivage de la mer & des lacs appartient inconte ftablement au public ou à l’Etat, & non aux poiielfeurs des terres aboutiffantes. Mr. Va-tel, Droit des Gens, liv. I, chap. 23, §. 290. . Mr. Lebret, Traité de la Souveraineté, /m. 2, chap. 14. Ripæpublicæ funt, ( Lex. 3. jp. minibus.
- Tout ce qui eft compris, depuis les hautes eaux des lacs & des rivières, & ce qu’elles renferment , eft réputé bord & rivage, fuivant les Jurifconfultes.
- $. On ne reçoit pas contre les Entrepreneurs, ou contre les ouvriers, la faille du falaire de leur travail.
- P O T E A U-G U I D E, f. m.
- C’eft un- pôteau élevé au bord d’un chemin, pour indiquer la route aux voyageurs.
- 1. Les pôteaux-guides font très-utiles; les uns dans les chemins de montagnes , où il tombe beaucoup de neige, pour fervir de guide, lorf. qu’en hiver 011 n’apperçoit aucune trace du chemin; les autres, qu’on nomme , mains, fe placent dans les croifées des routes qui font éloignées des habitations.
- 2. Les pôteaux-guides des chemins de montagne, doivent être élevés d’environ 10 pieds, hors de terre , & enfoncés de 2 § à 3 pieds en
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- POU
- terre : on les place au bord du chemin, de 40 en 40 toifès, ou de % o en f o toifes j 011 brûle la partie du poteau qui entre en terre, jufqu’à environ un pied au-deffus, & même la pointe du haut, pour conferver le bois & le préferver de la pourriture.
- POUSSÉE, f. m.
- C’eft l’effort que fait une voûte par fon pied > contre les murs fur lefquels elle eft bâtie 5 c’eft auffi l’effort des terres contre les murs d’épau-lement qui les appuyent. Voy. Arche, File> Epatt* isment.
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- Ü E
- Q-
- CLU A I, f. m.
- Mur d’épaulement élevé au bord d’une rivière, pour foutenir une chauffée, & retenir les terres de la berge,
- Les quais doivent être conftruits, lion feulement avec la folidité des murs d’épaulement, mais aufli avec les précautions qu’exigent les digues de maçonnerie, expofées au courant & au choc des eaux.
- QUEUE D’ARONDE, f.f. Voy. Atfmblage, art. 3.
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- R A D
- '2Ï4
- R.
- RACINAUXJ m. pî.
- Pièces de bois qu’on arrête far les pilots.
- RACINE Q.UARRÉE, //.
- C’eft un nombre qui ayant été multiplié par lui-même , a produit un quatre.
- On trouve la maniéré d’extraire la racine qüar-rée d’un nombre , dans tous les éléments de mathématique ; ceux qui ne la connoiflent pas, peuvent trouver les racines quarrées, en les cherchant par le tâtonnement.
- RADIER, f. m.
- C’eft un ouvrage de maçonnerie* & de charpente , que l’on conftruit entre les piles & les culées des ponts.
- 1. Les radiers fervent à fonder les ponts lur un fol fablonneux, dont on ne peut pas facilement atteindre le bon fond avec des pilots. On fait auiïï des radiers pour empêcher les dé-gravoyements en aval d’un pont.
- 2. Après avoir dragué & nettoyé le fond de la riviere, bien de niveau dans toute l’étendue d’un
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- REC afjf
- pont que l’on veut fonder, (Pl. VIII, fig. 23 & 24 ) 011 place des traverfines i, i, puis on bat de la terre glaife dans les intervalles, en-fuite 011 pofe les longuerines u, u, & on conf. trait.un plancher d, de fortes d.offes pofées pa-Tallelement entre les longuerines, & bien clouées fur les traverfines, avec des grands doux ébar-bés de 8 pouces de long : enfin, on recouvre ce plancher d’un maflîf de maçonnerie r, qui s’étend fur toute la longueur & la largeur du pont, & qui en liant le fond de la riviere avec fes bords, oppofe une réfiftance aux plus grands efforts des eaux.
- 3. On confirait auffi des murs de radier, qui traverfent la riviere ou le torrent, depuis la tête c, d’un mur en aile jufqu’à l’autre c, en aval d’un pont 5 ( P/. V, fig. 17. ) On les fonde de 3 à 4 pieds de profondeur au-deffous du lit de la riviere j ils doivent être ceintrés en contre-haut par leur plan , & recouverts de pierres de taille en coupe & en forme de vouffoirs, comme les Cafïïs. Voyez ce moi CaJJis. ^
- RECEPER.ti. aB.
- C’eft couper la tète d’un pieux ou d’un pilot , pour le mettre de niveau avec des autres.
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- REV
- srs
- R É G A L E M E N T, / ml
- C’eft la rédu&ion d’un terrain, au niveau ou à la pente réglée.
- REINS DE VOUTE, f.m.pl.
- C’eft la maçonnerie de moilons , qui doit renî-* plir l’extrados d’une arche de pont, jufqu’à fort couronnement.
- REMBLAI, f. m.
- C’eft le travail des terres qui font rapportées, pour former une chauffée. Voy. Déblai.
- REMPLAGEJw.
- C’eft la maçonnerie des reins d’une voûte*’ RAINURE j Voy. Ajfemblage, ari. f.
- REPERE,/.®.
- C’eft une marque, ou une coche, qu’on fais pour arrêter un niveau ou un alignement.
- REPRISE,/./.
- C’eft une réparation ou refeétion de mur, par fous-œuvre.
- RETOMBÉE,//.
- C’eft la première affife d’une voûte.
- REVERS
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- REVERS DË PAVÉ, f. m.
- G’eft l’un des côtés d’un pavé » depuis le ruif fèau du milieu.
- REVÊTEMENT*/:*»;
- G’eft un mür d’épaulement* Voy. Ep animent*
- RIDEAU > f.nt.
- G’eft un mur en contre-haut d’un chemin» pour foutenir le talus, ou le pied de la berge.
- Dans les chemins dé montagne, on fait les murs de rideau» de 3 à 4 pieds dé hauteur» avec des pierres plates. Voy. Epaulement.
- RIGOLE» f.f.
- Ouverture ou enfoncement en terre, pôut l’écoulement des eaux d’un chemin : on l’appelle aufft Gondole.
- 1. Les rigoles d’égout » qui traversent les chemins , doivent être bien pavées avec des pierres choifies & pofées debout 5 elles fervent au paf-fage des petits ruifleaux, ou pour la décharge des eaux d’un folfé peu profond*
- a. Les rigoles d’égoût doivent trâvetfer perpendiculairement les chemins » ou à peu près,
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- & leur enfoncement ne doit pas aller an - delà du dixième de leur largeur, pour qu’elles ne Gaulent pas beaucoup de fecouffe aux voitures.
- 5. Dans les montagnes où les chemins font rampans, on pratique, de diftance en diftance, comme de 40 en 40 toifes , des rigoles d’égout „ pour détourner les eaux des grandes pluies, qui coulent dans les chemins, & qui entraînent le gravier 5 ces égoûts fervent auffi de repofoirs aux charrois qui montent.
- 4. Les rigoles d’égoût, que l’on conftruit dans les montées, font fouvent Laites en chevron bri-fé, f g f, ( PL 111, fig. 7. ) dont le plan forme un angle obtus, qui a fon fommet g, au milieu du chemin : on divife la largeur du chemin en huit portées égales, on en donne une à la hauteur du fommet, g, de cet angle, au-deffus des côtés /, /, en contre-bas de la rigole : on approfondit le bas de ces rigoles de 4 à j pouces, tandis-que le fommet 11e l’eft que de 2 à ^ pouces; leur pente eft pour l’ordinaire de 9 à 10 pouces par toife courante : ces rigoles font pavées de f i\ 6 pieds de largeur, fur une couche de gros gravier bien battu & affermi.
- 5. On doit éviter de placer les rigoles en travers , dans les contours des chemins rampants.
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- R ô U *ï<s>
- € ôii pôut donftruitre des rigoles pavées, au tu de foiFé j dans les defcentes, où les eaux eofent 5 & où elles gâtent l’accottement du lemin»
- route,]:
- Ceft un grand chemin*
- K A
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- ‘SON
- S.
- SABLE 9 f. m.
- Terre compofée de petits cailloux, ou de petits éclats de pierre , dont on fait ufage dans la préparation du mortier»
- Le Lble doit être un peu groffier ou grave* leux, & non terreux ; celui qui contient des pa ties terreufes, doit être lavé avec foin dans de l’eau courante.
- SABOT^e
- Armature de fer dont on fe fert pour garnir la pointe d’un pilot.
- SONDE,/./.
- C’eft une tarriere, Ou branche de fer qui a plufieurs bras qui s’emboîtent les uns dans les aunes, pour reconnoitre la qualité du fond d’un terrain.
- On ne doit jamais fonder les ponts, avant d’avoir fondé le terrain.
- SONNETTE,//
- C’.-Pc une machine compofée de deux monta.ns p'onib, avec un mouton qui peut couler enue deux, & qu’on leve par le moyen des
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- SUR 2£t
- cordages & des poulies, pour le fàire retomber enfuite fur un pilot qu’on enfonce en terre.
- L’effort de la percufîion du mouton fur un pilot, eft le produit de fon poids, par la racine quarrée de la hauteur d’où il tombe.
- SUR-BAIS SE ME NT,/, m.
- C’effc le trait de tout arc qui a moins de hauteur que la moitié de fa bafe,, & qui eJQb au-çleffous du plein ceintre.
- R l
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- r e m
- S6z
- T,
- TALUD./w.
- C’eft Pinclinaifon fenfible du dehors ou du parement d’un, mari c’eft auffi le bord incliné des terres d’un chemin, foit en contre-haut3, foit en contre-bas. Voy. Berges.
- T A Q_U ETS, / m.ph
- Petits piquets qu’on enfonce dans la terre pour fervir de reperes.
- TAS DROIT,/ m.
- C’eft une rangée de pavés fur le haut d’une chauffée,
- TASSE, adj.
- Qui a pris fa charge ou fan affaiffement,
- TASSEAU» /w.
- Petit morceau de bois pour porter les couçhis. Ihr un peintre de charpente.
- T AXE,//. Voy. Indemnité.
- T É M Q I N, f. m.
- C’eft une petite hute de terre laüTée dans un
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- TOI %(,$
- déblai, pour en reconnoître la profondeur lorC-qu’on en fait le toifé.
- TENON , / ».
- Voyez Ajfemblage, article 4.
- . TIRANT DE FER,/.».
- Groife 8c longue barre de fer, avec un œil ou trou à chaque extrémité , dans lequel on paife un ancre , pour empêcher l’écartement d’une arche de Pont. Voy. le mot Arche, art. 14.
- TOISE,/ /.
- Mefure. Voy. ce mot.
- T O I S É,/ ».
- Mefurage.
- Les éleves des Ponts & Chauffées doivent s’appliquer à l’étude des éléments de géométrie. Cette fcience leur eft néceffaire, pour faire avec jufteife le toifé des ouvrages, des matériaux & du terrain des chemins. J’ai un avis à donner à ceux qui ne fe font pas encore appliqués à cette étude: c’eft de faire attention dans le mefurage, que les dimenfions des furfaces, longueur & largeur, & celles des folides, longueur, largeur & hauteur foient prifes perpendiculairement» les unes fur les autres,
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- T R A
- TOMBEREAU, f. ml
- Efpece de charrette avec une caiife.
- 1, La caifîe d’un tombereau à bras doit, contenir environ huit pieds cubes; & celle d’un tombereau pour un cheval, environ douze pieds cubes.
- 2. Les roues des tombereaux doivent être hautes d’environ quatre pieds de diamètre. Il eft néceifaire de couvrir avec une feuille de tôle l’intervalle entre l’effieu & le moyeu de la roue, pour que. la terre qui tombe en chargeant , ne s’introduire pas dans le moyeu, & n’empêche pas la roue de tourner.
- TRAVÉE,//.
- C’eft la partie d’un plancher de pont de bois ,’ contenue entre chaque palée ou file de pieux.
- On foulage la portée des travées avec des trayons. & avec des contrefiches.
- TRAVERSIN ES, y! f. pl
- Solives qu’on entaille dans, les pilots.
- T R A V G N S, f. m.pl.
- Ce font, dans les ponts de bois, les mal-’ trefies pièces qui fervent de chapeau aux files
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- , T R O
- de pieux, & qui portent les travées des pou-, trelles du plancher.
- TROTTOIR,./.»
- Chemin retiré pour les gens de piéd. Voyez •Banquette»
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- V O Y
- V.
- VOITUREVoy. Charroi.
- V O U S S O I R ,f. m.
- C’efi: une pierre taillée en coupe9 pour former une voûte. Voy. Arche.
- V O U T E,f.f.
- C’eft un arc de maçonnerie 9 dont les pierres fe foutiennent les unes les autres. V. Arche.
- VOUTE RENVERSÉE,//. Voy. CaJJls.
- V O Y E R, /. m.
- Infpedteur des ponts & chauffées. Voy. le mot Infpe&eur.
- Les Voy ers doivent, fuivant qu’il leur efê prefcrit dans l’art, g. de l’Ordonnance Souveraine de 1744, faire fréquemment la vifite des chemins confiés à leur inspection, faire réparer tout de fuite les brèches, faire nettoyer & ouvrir les foffes, être attentifs à prévenir les dommages caufés par les eaux, & faire rapport aux Seigneurs Baillifs des cas graves, pour en recevoir les ordres.
- 2. Les Voyers étant particuliérement chargés de veiller à l’entretien des chemins publics, doi-
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- V O Y 267
- vent a/Huer aux corvées & en diriger les travaux» ils doivent avoir foin de faire combler les ornières, recharger les chauffées de 'gravier, déblayer les éboulements de terre & les amas de neige des chemins , réparer les couliffes & les pavés gâtés ; ils doivent auift faire note des défauts des chemins que Ton n’a pas encore corriges , comme des contours trop aigus ou trop rampans , des parties de chemin expofées aux inondations , des montées trop roides, des fondrières & des boffes; enfin, des contraventions aux ordonnances de police des chemins, comme 'embarras ou anticipations; pour en faire un rapport pa: écrit.
- 3. Les Voyers doivent être inftruits de l’art de la conftru&ion des chemins, & des ordonnances qui regardent leur police.
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- Z I G
- 268
- Z.
- Z I G Z A G.
- Ce terme exprime les fmuofités d’un chemin: On eft fouvent obligé de faire les chemins en feigzag dans les montagnes, pour en diminuer la. pente*
- y i ut*
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- 'EXPLICATION Ï6$
- EXPLICATION
- DES PLANCHES.
- Planche e r e m i e r e.
- Figure i. Plan d’un projet de chemin, qui préfente un alignement tracé avec des contours & avec des lignes droites, qui font tangentes des arcs de cercle des contours, pour éviter les jarrets.
- font les centres des arcs de cercle d’un contour.
- d, le point d’interfe&ion de deux alignements prolongés.
- e, ligne à diftance égale des deux alignements précédents.
- f, centre de l’arc de cercle d’un Contour.
- Planche IL
- Fig. 2. Infiniment appelîé Klifeomêtre, aveo lequel on prend la pente des chemins.
- a, efi une alidade par laquelle on vile le haut du jalon.
- b, jalon de la meme hauteur que l’inftrument.'
- c, repere placé au pied du jalon.
- Fig. 3* Trois jalons de repere, a9 b9 c, alignés;
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- EXPLICATION pour régler une pente, en plaçant des rdpè4 res d, e, e, au pied de chacun.
- Fig. 4. Profil d’une chauffée, dont les déblais d’un côté, font remblais de l’autre.
- a , jalon d’alignement au milieu du chemin.
- b, b, bermes, ou accottement.
- c, c, lit de l’empierrement.
- d, taluden contre haut.
- e, fo'lé en contre haut.
- g, talud en contre-bas.
- Le deffin fait voir la plus grande élévation que l’on donne aux remblais, pour que l’affaiffe-ment des terres ne rende pas le chemin peu* chant en contre-bas.
- Planche III.
- Fig• S- Profil d’une chauffée avec l’empierrement & l’are de gravier.
- a, empierrement & aire de gravier bombés.
- b, b, accottements.
- c, foffé.
- d, foffé pavé, avec la bordure relevée du côté extérieur, pour foutenir les terres d’une petite banquette ou trottoir , e.
- Fig. 6. Profil d’une chauffée pavée.
- a , pavé bombé.
- b, bi accottements.
- Fig. 7. Plan d’une chauffée avec les bordures^
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- 'DES FLANCHES. »7i
- lignes & cordons de l’empierrement. a, a, ligne de pavé au milieu de la chauffée. h , b, &, h, accottements. c, foffé.
- <1, folTe pavé.
- e, banquette.
- f* g* f? rigole d’égout
- », , bordures de pavé.
- 0,0,0} cordons de pavé au travers du chemin. Planche IV.
- Fig. 8* Profil d’une berge revêtue d’un clayonnage.
- a, a, a, a, rangs de piquets à chaque gradin. g, g , g, gradins que l’on recouvre de terre après que les clayons font entrelacés aux piquets. Fig. 9. Plan du clayonnage précédent.
- Fig. 10. Profil d’un mur d’épaulement avec un parapet.
- a, la chauffée.
- b, parapet.
- c, empâtement du fondement. dj pierrée.
- Fig. 11. Profil d’un mur d’épaulement 9 fans parapet.
- a, la chauffée.
- c, empâtement du fondement
- d, pierrée.
- £, barbacane.
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- Ï7® JE X P tic A T ION
- Fig. 12. Plan d’un mur d’épaulement avec üii contrefort* cl , talud du mur. c, empâtement du fondement. g, contrefort.
- o,o, ligne ponctuée qui indique le retranchement d’épaifleur du mur d’épaulement, à caufe des contreforts.
- Planche V.
- Fig. 13. Elévation d’un aqueduc double. et, le haut de la chauffée. b, b, les vuides de l’aqueduc,
- Ci c, dalles de couverture de l’aqueduc. dt avant-bec du pié-droit du miHeu. g, g, murs en ailé.
- Fig. 14. Plan de l’aqueduc précédent. b, bi les deux vuides. à i avant-bec.
- Ci piédroit du milieu. fi fi pié-droits ou culées." g, g, murs en aile.
- Fig. if. Profil d’un cafïîs, ou d’un arc de radier# Fig. 16. Plan d’un caflis.
- a, la bordure d’amont, en pierres de taille.
- b, la bordure d’aval, aufli èn pierres de taille, avec les joints en coupe.
- Fig. 17*
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- 'T> E S P tdn CH E s: »73r Fig. 17. Plan d’un arc de radier. e» Ci extrémités des culées ou des murs enaüe> qui fervent d’appui à Parc de radier.
- Planche VI.
- Fig. 18-Calibre d’un bombement d’une chauffée.’ à, e i ligne horifontale de la largeur de la chaut fée. i
- m i montée du bombement.
- Fig. 19. Elévation d’un pont de bois, ou pont volant, de 32 pieds d’ouverture.
- a, poinçon.
- b, b, poutre qui fert de tirant à l’ailemblage*
- c, travon foutenu par des étriers de fer» d3 â, décharges.
- c, e, plate-formes ou travons. g, g, culées du pont.
- Fig. 20. Plan du pont précédent de 16 pieds de largeur.
- 1, b, tirants.
- Ci Ci travon du milieu. e, e, e, e, plate-formes. p 3 $ i p i poutrelles de la travée.1
- Planche VII.
- Fig. Si. Elévation d’un pont de charpente de 160 pieds d’ouverture, dont l’affemblage com-pofé de fept compartiments en forme de vaut
- S
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- *74 EXPLICATION
- foirs, eft ceintré, avec une montée de ao pieds? foiù d’un huitième de l’ouverture.
- a, a, a, poutres.
- b, b, b, entretoifes qui s’arcboutent réciproque» ment l’une l’autre.
- Ci O, Ci travons. di d 9 d, décharges.
- e, e, e , entretoifes d’en-bas, qui font dilpofées comme les côtés d’un poligône régulier » dont le rayon du cercle circonfcrit eft de 170 pieds. gigt culées conftruites d’une forte'maçonnerie. pi p i pi poteaux ou poinçons inclinés qui ont leur diredion contre un centre.
- Fig. 2,2. Plan du pont de charpente [précédent, de pieds de largeur : à quatre fermes d’af. femblage.
- a, a i a , 0, poutres qui doivent être renforcées1 par des poutrelles de remplage.
- Ci Ci Ci Ci travons,
- 0,0, plate-formes.
- TiYiTi liens.
- Planche VIII.
- Fig. Q}. Profil d’une arche de pont fur-bailîée au tiers, avec le trait, appellé , ovale de jardin • nier i & avec fon ceintre de charpente, a y le milieu du diamètre de l’arche, e» la clef de la voûte,
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- £> E S PLAN CHEZ.
- e, entrait du ceintre de charpente.
- /, /, les foyers de la courbe en ellipfe. i, i, traverfînes.
- n, n, naiflances de l’arche.
- o, o., corbeaux de pierre, fous la nailfance de l’arche.
- pj p-, poteaux. r, radier.
- t j t, les piles de l’arche. u, u, u, u, longuerines.
- Fig. 24. Plan de la fondation en radier des deux piles de la figure précédente.
- a, a, les avant-becs.
- b, b, les arriere-becs.
- dt d9 plancher du radier.] i»i, it traverfînes. u, u y u, u, longuerines. i y t y les piles.
- Fig. 25. Le trait des vouffoirs d’une arche, qui font croffette dans le mur en aile taludé. L’angle b, a, à, eft l’évafement du mur en aile. c y eft le centre de l’arche.
- c, la naiffance de l’arche.
- e nty ligne verticale fur la naiifaiice de l’arche. c n ligne d’encoignure, du mur en aile à la face du pont.
- S %.
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- 276 EXPLICATION
- Planche IX,
- Fig. 26. Profil d’une arche furbaiifée au tiers ^ avec le trait par l’alfemblage des trois arcs de cercle.
- a, Le milieu du diamètre.
- b, b, Nailfaiice de l’arche.
- Ci c, Les centres des deux arcs inférieurs, à, Culée.
- £i Pile.
- lit, La chauflee du pont. m, La clef de la voûte.
- q9 Chapeaux fur les pilots de bordage.'
- Ti Y, Les reins de la voûte.
- fi Le centre du grand arc fupérieur.
- ti Batardeau.
- Ui Crèche bordée d’une file de pieux. v, Tirant de fer, fcellé au corps de la pile, pour retenir la crèche. x, Xi Xi x, Racinaux.
- y > y > y > y > Pilots de bordage de la fondation. z, Zy Pilots de remplage.
- Fig. 27. Plan de la fondation d’une pile, au niveau de l’aifemblage des chapeaux & des racinaux {ur pilotis. a. L’avant-bec. h i L’arriere - bec. g» qfq, q, Chapeaux.
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- DES PLANCHES' 377
- a?,/, Files de pieux du batardeau.
- x3 x, x3 Racinaux. *
- Fig. 28. Plan, de la fondation d’une pile, avec une crèche.
- U3U3U3 Rang des pieux qui bordent la crèche.
- X3X3X, Racinaux, qui portent fur des pilotis.
- Planche X.
- Fig. 39. Elévation d’un pont à trois -arches, de 36 pieds de diamètre, furbaiiTées au tiers.
- Fig. 30. Plan de la moitié de la chauffée du pont précédent, de 30 pieds de largeur.
- Planche X I.
- Fig. 31. Elévation d’un pont, dont l’arche eft en arc de cercle 5 la montée eft du quart de fon ouverture.
- a, Arc de radier de pierres de taille.
- b3 b. Grillages de la fondation.
- c, Le centre de l’arc de la voûte.
- Fig. 32. Plan de la moitié de la chauffée du pont précédent, de 20 pieds de largeur.
- fl, Parapet.
- b, b, Evafenients du parapet.
- J, â. Bornes.
- e 3 e 3 Bordures du pavé.
- Fig. 33« Plan de la moitié des culées du même pont.
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- m EXPLICATION DES PLANCHES!
- a, a, Les culées.
- b, b, Les murs en aile.
- gi g, Epaulements.
- Fig. 34. Plan des grillages de la fondation du même pont, compofés de traverlines & de Ion-guerines, qui font aifemblées quarrément pas-entailles.
- Planche XII.
- Fig. 3<T- Plan & élévation d’un milliaire.
- Fig. 36. Plan & élévation d’une borne de diftriél d’entretien.
- Fig. 37. Plan & élévation d’une borne , appellée communément, Bouteroue.
- Fig. 38. Plan & élévation d’une borne de largeur, pour limiter un chemin au droit de l’héritage des particuliers.
- Fig. 39. Plan & élévation d’un monument, pour être élevé à la mémoire d’un Prince , ou des Magiftrats, qui ont fait conftruire un chemin.
- Ce monument préfente des tables renfoncées & en faillie, pour y graver des infcriptions. On peut auffi fculpter au-deifous du couronnement, des cartouches avec des armoiries.
- FIN.
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- ERRATA*
- pag. lign.
- 14. 23. Architecture Hydraulique de Mri
- Blondel, lif. Archite&ure Hydraulique de Mr. Belidor.
- 33. 8* gralets, lif. galets.
- . première, fur ces ceintres, lif fur les ceintrestf
- 58- 20 & 21. milles Romaines,///! milles RomainsJ 107. 6 & 7. PETRINACI, lif. PERTINACI.
- 116. 4. ab Aquis Helvetiis, lif. ab Aquis HeU
- veticis. (Cette faute a été corrigée dans la moitié de l’édition.)
- 1^4! y. fuivant les bêtes de trait, lif. fuivant: le nombre des bêtes de trait.
- iff. dernière. Pour rétablir , lif. Pour établir.
- 170. première, on vuide des petites pierres & des cailloux, lif. ou les vuides de petites pierres & de cailloux.
- 184, 18. auxquels on ajoute, lif. auquel on
- ajoute.
- 20f. 14. des ouvrages qui tendent, lif. des
- ouvrages aux efforts qui tendent.
- 219. 6 & 7. milles Romaines, lif. milles Romains.
- 27,6, 16. prépare un autre, lif. prépare une
- autre.
- 231. 2. Doffement, lif. Doffe. (Cette faute
- a été corrigée dans une partie de l’édition.
- 2Ç2. 8- par fon pied, lif. par foti poids.
- 258, 16. huit portées égales > lif. huit parties
- égales.
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