- Accueil
- > Catalogue général
- > Gautier, Henri (1660-1737) - Traité des ponts, ou il est parlé de ceux des Romains et de c...
Traité des ponts, ou il est parlé de ceux des Romains et de ceux des Modernes
-
-
- p.n.n. - vue 1/259
-
-
-
- p.n.n. - vue 2/259
-
-
-
- %tnf w
- TRAITÉ DES PONTS,
- OU IL EST PARLE DE CEUX DES ROMAINS & de ceux des Modernes j de leurs maniérés, tant dé ceux de Maçonnerie, que de Charpente $ 8c de leur difpofîtion dans toute forte de lieux.
- Des projets des Ponts, des Matériaux dont on les conf-truir, de leurs Fondations, des Echafaudages, des Cintres , des Machines * & des Batardeaux à leurs ufages*
- De la différence de toute forte de Ponts j foit Dormans* ou fixes foit Mouvans 8c Flotans, Volans, Tournans, à Coulifles , Pont-levis à Flèche , & à Baccule , &C;
- Avec l’explication de tous les Termes des Arts qu’oii employé à la conftru&ion des Ponts* 8c les Figures qui démontrent leurs differentes parties.
- Et lés Edits, Déclarations, Arrêts & Ordonnances qui ont été rendus à l’occafion des Ponts 8c Chauffées, Rués, Bacs, Rivières. Des Coutumes obfervées fur ce fait. De leur entretien. Des garanties. Des Péages , 8c des Reglemens fur les Carrières.
- Augmenté d'une Dijfertation fur les Culées, Viles, Voujfoirs , & Poujfées des Vont s.
- Par le Sieur Gautier , Archite&e, Ingénieur , & Inf-pèdeur des Ponts 8c Chauffées du Royaume.
- A PARIS,
- Chez An dre’ Cailleau, Place de Sorbonne, au coin de la rué des Maçons,à S. André.
- ’md'ccYx 111.
- AFEC APPROBATION ET PRIVILEGE ÏTü ROT
- Page de titre n.n. - vue 3/259
-
-
-
- p.n.n. - vue 4/259
-
-
-
- A MONSEIGNEUR
- DE BERCY,
- CONSEILLER D’ETAT.
- INTENDANT DES FINANCES,
- Ayanc la Commiflion des Ponts & Chauffées du Royaume.
- ONSEIGNEUR,
- JL’attention que vous donner au Rétablijjc-tnent des Ponts & Chauflées de France, a fait naître l’Ouvrage que fay l’honneur de vous prefenter. J’ay crû que pour féconder vos Def. Jeins, je dévots ramajfer toutes les Réflexions
- p.n.n. - vue 5/259
-
-
-
- E P I T R E.
- que m'a fait faire une Expérience de plusieurs années dans la conduite de divers Ouvrages publics d’une des plus vafies Provinces du Royaume. ^
- Les Romains, dont les Maximes font fi refieÛables, en avoient tellement reconnu l'utilité & les avantages , qu'ils en faijoient une des Parties effentieües du Gouvernement : Et les Monumens qui nous refient encore aujourd'hui, confervent les Noms des Çonfuls qui en ont eu la conduite.
- En effet, M O N SEIGNEV i?, n'efl-ce pas le moyen de rendre le Commerce fioriffant, & d’attirer l'abondance dans l’E-tat, apres des Guerres fi longues & fi opiniâtres f Et le Roy, toujours attentif au bonheur de fies. Sujets, ne pouvait rien entreprendre de plus avantageux, pour leur faire goûter les douceurs de la Paix qu'il vient de leur donner.
- jdujfipeut-on dire, MONSEÎGNEZdR, que les grands Ouvrages que vous faites exécuter avec tant de foins, pour le Rétablifjement des Routes & des Ponts, n immortaliferont pas moins fan Nom „ que toutes les autres * Le Languedoc,
- p.n.n. - vue 6/259
-
-
-
- HPITRE,.
- MervciUes de fon, Àugufle Kegne. isf les Peuples, ^oublieront jamais les Bienfaits de .LOU IS LE GRJ ND, confcrve-ront en meme temps pour Vous me éternelle reconnotffance, J'ay l'honneur d’ejlre, avec lin très profond reffeff*
- MONSEIGNEUR,
- A Paris, le premier Aouft 1714.
- Vôtre très humble , 8ê très obéilTant Serviteur, GAUTIER,
- p.n.n. - vue 7/259
-
-
-
- p.n.n. - vue 8/259
-
-
-
- TRAITÉ
- DES PO N T S
- ET CHAUSSÉES.
- CHAPITRE ‘PREMIER.
- Des fonts en general, ou il efi parlé de ceux des Romains, & de ceux des Modernes.
- E tout ce que les hommes ont imaginé de mieux pour faciliter leur commerce , il eft certain que ce font les Ponts qu’ils ont pratiqué fur les grandes & petites rivières. Si les Romains, autrefois, ont fournis les peuples au-delà des plus grands Fleuves qui terminoient leur Empire., ce n’a été qu’en y pratiquant des Pont» pour les traverfer. Et les Souverains d’aujourd’hUy ne fijauroient vaincre leurs ennemis, enporrant audelà des limites de leurs Etats, leurs Armes vi&orieufes, qu’ea faifant faire des Ponts fur les grandes rivières qui lea feparent, & qui s’oppofent à leurs conquêtes*
- De tous les Ponts qui ayent jamais été, s’il en faut croire l’Hiftoire, on convient que celui que fit faire
- A
- p.1 - vue 9/259
-
-
-
- % Traité î>ès Potfîs
- Trajan fur ie Danube , a été le plus grand , & le plias beau. Comme leFieuve, fur lequel il le fie conftruire , eft extrêmement large, il falloir que le Pont fût aufS fort long. Car il étoit compofé de 10 Arches hautes de 350 pieds, Scieur ouverture d’une pile à l’autre étoit de 16b, ou d’environ 25 toifes. Ce qui faifoit une longueur de Pont d’environ 600 toifes, environ 490 toiles de Paris, car le pied ancien Romain eft de n pouces du pied de Paris. Les dimentions d’ün pareil ouvrage font prefque audcflùs de toutes les idées des Architectes d’aujourd’hui, s’il eft vray qu’elles ayent été ainfi» Ce Pont étant fini, les Romains furent combattre les Barbares par delà le Danube. Adrien fuccefièur de Trajan, le fit enfuire abattre pour empêcher que ces mêmes peuples vaincus ne profirafTent de l’avantage de ce Pont pour traverfer lemcmeFleuve duDanube,afin de' porter leurs Armes jufques dans l’Empire Romain. Voicy l’infcriprion qu’on a trouvé de ce fuperbe Pont.
- Provibentia Augusti veri Pontificis
- VIRTUS RoMAHA ÇL.U I D NON DOM ET 5 SVB JüGO EÇCE RAPIDUS ET DANUBIUS.
- C’eft ainfi que j’ay trouvé cette infeription dans un Auteur Italien. En voicy fa correction, fuivant l’avis de Monsieur de Lille, Hiftoriographe du Roy, quia examiné cet ouvrage, & à qui le Public en a obligation y qu’il a eue d’une perfonne qui l’a copiée mot à mot fur les lieux, 8c qu’il faut lire, Quid non domat t fub jugum ccc6 trahit ur, & Danubius.
- Lés Piles de ce beau Pont Ce voient encore dans le milieu du Danube. Il fut confirait entre la Servies & la Moldavie , un peu audelïùs de Nicopoli.
- On compte encore pour des Ponts célébrés, renommez dans i’Hiftoire, celuy que fit faire Darius fur le Bofphore de Trace. Celuy dqgXerxes fur rHelIcfpont, celuy de Pyrrhus projette fur le Golfe Adriatique , 8c
- p.2 - vue 10/259
-
-
-
- ut CftÀussi'ss; ' jj
- 'de Caligula. Celuy de C*far fur le Rhin. ^4h Si. P, Sertii.
- Les Romains avoient encore à Rome dé tres-beaux Ponts fur le Tibre. L’Empereur Adrien fie bâtir le premier , qui eft le Pont Ælius, à préfent le Pont Saint-Ange le plus beau de tous ceux qui font aujourd’huy d Rome i & dont on voit une partie de la figure de ce beau Pont dans la Planche première,il fut appelle Ælius du furnom de l’Empereur Adrien j qui s’appelloit ainfi, ôe qui le fit bâtir auprès de fon Maufolée, â prefent le Château Saint-Ange.Onrappellaenfuite le Pont Saint-Ange , à caufe d’un Ange qu’on prétend avoir vû â l’entrée de ce Ponti II étoic garni audefïùs d’une couverture de bronze, fupportéc par quarante-deux colomnes.
- Le deuxieme étoit le Pont Triomphal, Planche deuxième , qui n’eft plus, te dont on voit les ruines encore dans le Tibre , fur lequel pafïoient les Empereurs Romains, te les Confuls à qui on décernoit le triomphe, on ornoit pour lors ce beau Pont de tout ce que- l’Art pouvoit imaginer de mieux , on y verfoit des Efl’ences , on y parfemoit des fleurs , les parfums n’étoient point épargnez, le peuple étoic régalé de toutes fortes de liqueurs & de plufieurs mets. Les Dames Romaines fur-tout avoient le plus de part â tous ces divertiflèmens 9 ou comme meres, ou comme époufes des Vainqueurs. La Mufique, te la Simphonie n’y étoient point oubliées» & tous les autres plaifirs , à l’occafion de cette grande journée, où l’on voyoit palier les Rois vaincus chargez de chaînes , te attachez au Char du Vainqueur.
- Letroifîéme* étoit le Pont Janieulenfis, à prefent Ponte-Sixte, à caufe que le Pape Sixte IV. l’a fait rétablir l’an 1475. Ce Pont étoit anciennement de Marbre.
- Le quatrième, éroit le Pont Cæftius , â prefent le Pont Saint-Barthelemy , qui fut rétabli du temps de l’Empereur Valentinien. On y lit fur un marbre l’ink cription fuiVante»
- A ü
- p.3 - vue 11/259
-
-
-
- 4 Traite' des Pontî
- D o » t n i înostri Imper. CæsaIiis Ttj Valentinianüs^PiüSjFceliXjMa *. Victor, ac Triumf. semper Au g. Pont. Max.
- G E R M A N I C. M A X. A L A M A N N. M A X. FRANC.
- Max. Go th ic. Max. Tri b. Pont. VII* I m P. VI. C o n s. 11. P. P. &c.
- Fl. VALENs,Piu$,FœLïx,Max.Victor* ac Trivmï. sempe r Aüg. Pontif. Max. Germanic. Ma x.Gothic. Max. Tri b. Ponï. VII. Imp. VI. Cons. II. P. P. &c.
- Fl. Gratianos, Pi us,Fcblix, Max. Victor, ac Triumf. semper Av g. Tr ib. Pont. Max.
- Ge R MAN IC. M A X. A L A M A N tî. MâX. F RAN C. Max. Gothic. Max. Tri b. Pont* II L I M p. II. Cons. Prim. P. P. P.
- Pontem Fœliciî nominis Gratiani ivüsümSenatos, ac Populi Rom. CONSTITBIj DEDICARIQJUE JüSSERÜNT.
- Le cinquième, étoit celui qu’on nommoit Fabricius, ouTarpeius, à prefcnc Ponte- Cafpi, ou de las quatro Capas. Voy. la planche troifiéme.
- Le fixiéme , étoit le Pont Senatorius, vel Palatinus, àprefent, di Sanéfca Maria. Voy. la planche quatrième.
- Le feptiéme, étoit le Pont Horatius,01im-Sublicius, un des plus beaux Ponts de Rome , 8c duquel on voie encore les ruines dans le Tibre,& qui n’a pas été remis. J’en rapporte l’élévation telle qu’un Auteur Italien la fait voir dans Tes ouvrages des Antiquitez de Rome. Voy. Planche cinquième, 8c dont la Figure me paroît extraordinaire & bizarre, de voir un deuxième Pont
- p.4 - vue 12/259
-
-
-
- JT C IT./ü S S E'jï.Si f
- aaîflant fur le premier, & dans un pareil' ouvrage y voir appliquer dès caJomnes, Sc les autres ornemens dé l’Architecture , qui font qu’il reflèmble plutôt à un Portique, ou à' un Arc de Triomphe, qu’à un Pont.Ce Pont fut rétabli deux fois du temps dès Romains. L& première, par le Roy Ancus-Martiùs, aveedè là Charpente Sc des Fers, où il y avoir des Ponts-Levis pour laifTér paffer les bâteaux. Et enfuite, fut bâti de pierre* du temps d’Horatius Codes, il fut enfuite refait par Æmilius Lepidus, Prêteur. *, quelque temps après par FEmpereur Tibere.. Il fut encore renverfé fous l’Empir re d’Othon 5 fut enfuite rétabli par Antonius Plus.
- Le huitième enfin , eft hors de Rome, Sc audefïus à-deux milles , qu’on appelle Milvius, ou dü Molle, fur là voye Flaminienne.Voyi planche fixiéme.
- Outre ces Ponts des^Romains nous en avons dés Mô-dernes.qui ont leur mérité. On peut compter en France ceux d’Avignon, du Sàint-Efprit, & de Lyon furie Rône ; le premier eft abatu, il n’en refte que quelques Arches dù côté d’Avignon. Le deuxieme fubfifte en enr rier *, on peut dire que c’eft un des plus beaux Ponts dé lTJnivçrs ; on en voit tout en long la Figure dans là planche feptiéme , chôfe particulière dans ces. trois Ponts,,c’eft que leur pîânn’éft pas en droite ligne ; fur-tout dans ceux d’Avignon & du Saint-Efprit. L’angîè: eft peu fenfîble dans celui de Lyon ; on ne s’én apper-çpit pas > Sc c’eft du côté d’amont-Peau. Mais pour lés deux précedens, il eft certain qu’ils font un angle, ont. une efpecedé courbure, dont la convexité s’oppofe ait courant dès eaux.du Rône , comme fi par cette difpofi-tioa cintrée & arc-boutée, l’ouvrage dévoit êtrepliis^ aflliré à mieux.réfifter au poids Sc au courant dès eaux&, Voici l’Hiftoire de ces trois Ponts qu’il eft bon dé fça-voir comme véritable ,, & afFèz particulière... Voy. le X», de Trévoux*
- Lé Pont d’Avignon étoit compofé dé i&. Arches ,,
- Alite
- p.5 - vue 13/259
-
-
-
- $ Thaiîï' des Ponts
- long de 1340 pas, faifant environ 500 toifes, fut çonv? mencé en 117É, & achevé en 1188. Le fchifme de Benoît XIII. &deBonîfaccIX.Iuifut fatal ; carçeluy-14 qui tenoit le Siégé a Avignon, fit pour fa fcurcté démolir quelques Arches du Pont en 1385 ; les Habirans d’Avignon en 1410, pour fe délivrer de la garnifon Catalane que Benoît XIII. y entretenoit, firent fauter par le moyen d’une mine la Tour, qui défendait la tête drç Pont.
- Le plus grand mai arriva en i<Sai , que la négligence a reparer une Arche tombée caufa la chute de trois au-? très. Enfin, en 1670, le froid fût fi violent, que le Rone gela à porter pendant plufieurs femaines les Chariots, les plus pefans. Le dégel furvcnu,des montagnes de glace heurtèrent contre les piles, les ébranlèrent & firent tomber quelques Arches.
- Cependant la troifiéme pile du côté d’Avignon avec une Chapelle de Saint Nicolas, qui eft bâtie deflus,s’eft toûjours foûcenuë contre ces accidens.
- Saint Benezet qui fit bâtir ce Pont s'appelait Petit-Benoît , étoit Berger, & n’avoit que douze ans lorf-que par des revellations réitérées, le Ciel lui commanda de quitter fon troupeau pour cette entreprilè , ÔÇ qui s’en étant acquitté, bâtit encore le Pont de Lyon. Baronius confirme cette Hiftoire, par une Bulle d’innocent IV. par d’autres de Clement V. de Boniface yill.& de Jean XXII.
- Moniteur Magne Agricole d’Âix, dit que fur le déclin de la deuxième Race de nos Rois, 8c le commencement de la troifiéme, lorfque l’Etat tomba dans une efpece d’Anarchie , & que les Grands félon l’étendue dé leur pouvoir s’érigèrent en Souverains,il n’y eut plus defeu-rcté pour les Voyageurs, furtouc au paflàge des Rivières. Ce ne furent que des exa&ions violentes , & des brigandages. Pour arrêter ces défordres, des perfonnes. pieafçs s’afiocierent, formèrent des çonfraternités qqj
- p.6 - vue 14/259
-
-
-
- * T C H A V S S E^E S.’ 7
- devinrent un Ordre Religieux, fous le nom dès Fferes. du Pont. La fin de leur Inftirut écoit de donner main-forte aux Voyageurs, de bâtir des Ponts , ou établir des Bacs pour leur commodité, & de les recevoir dans les Hôpitaux fur les bords des Rivières. Il fe faifoit des Quelles dans toute l’Europe, & furtout dans la. Chrétienté.
- Leur premier établifTemenr fut fur la Durance, en.; un endroit des plus.dangereux, qu’on nofnmoit pour' cette raifon Maupas, dans l’évêché de Cavaillon. L’Evêque les favori fa , de même que celui d’Avignon , 8C: dans la fuite cet endroit fut appellé Bonpas.
- Delà forcit Saint Benczetpour aller à Avignon, où il' arriva le 13 de Septembre 1116., juftement au temps que l’Evêque prêchoir, & tâchoit de fortifier l’efprit du peuple contre la crainte d’une Eclipfe de Soleil qui devoir arriver le même jour. Benezet éleva fa voix dans, l’Eglife, ôc dit qu’il venoit bâtir un Pont. Sa propofi-tion fut acceptée du peuple avec applaudilïèment, mais; rejettée avec mépris par les Magiftrats, & par ceux qui fe croyoient les plus fages. Comme c’étoic alors une aétion de pieté > & de dévotion de bâtir des Ponts, ôc qu’Avignon fe gouvernoit en République populaire, le peuple l’emporta , & chacun contribuai la bonne-œuvre, foit de Ion argent, foit de fon travail ,• fous la direction de Benezet aidé defes freres ; & qui par le grand nombre des miracles qu’il faifoit,animoit le zele de tout le monde.
- Sur la troifiéme pile ii;fit élever une Chapelle â l’honneur de Saint Nicolas,Prote<5feeur de ceux qui navigenc fur les rivières, que l’on voit encore. Il y fut mis après fa mort, qui arriva en 11.84, & fon tombeau devint un, lieu célébré de pèlerinage , où il s’operoic beaucoup de miracles. Il avoir eu foin d’établir une Maifon Converv». tuelle, &ün Hôpital, laiflântâfesfreres celui de tiauer l’ouvrage du Pont»,
- Am
- p.7 - vue 15/259
-
-
-
- 5 TuAiti* bïs Ponts
- Dans la fuite & en 12.65, en entreprirent un autre
- à. Saint Savourin-du-Port >à prefent Pont Saint-Efprit,
- 6 s’y établirent avec un Hôpital comme a Bonpas&à Avignon.
- . Le Pont Saint-Efprit eft infiniment plus beau êt plus hardi que ceux de Lyon & d’Avignon, il eft compofé de 19 grandes Arches, à ce non-compris fept autres pèti-tes. Il a des Arches de 15 à iS toifes d’ouverture, tant du plus quetlu moins qui donnent une longueur de Pont de plus de 400 toifes, on a un foin tout particulier pour fon entretien qui fe fait avec de gros blots de pierre de taille , dont on entoure les piles , à mefure que ces gros quartiers de pierre coulent à fonds lorfque les eaux dégravoient le pied despiles, on en met d’autres par deflùs ceux qui s’enfoncent,qu’on lie avec de crampons de fer ; de maniéré que l’ouvrage eft toujours çonr tregardé par cette défenfe. Le Roy a établi un Droit qu’on appelle de Petit-blanc fur Je paflage du Sel qui monte par le Rône pour Lyon, & pour les Traites étrangères, à raifon de quelques deniers pour chaque minot, qui produit 6. à 8 mille livres tous les ans , uniquement deftinés pour l’entretien de cet ouvrege.
- Le Pont de Lyon fur le Rône a 10. Arches. On remarque de plus à ces Ponts qu’ils écoient défendus, & qu’ils le font encore par des Tours, afin de pouvoir aC-furer leurs paftàges. On peut voir la façade de celui de Lyon dans la planche feptiéme, qu’on appelle Pont de la Guillotiere.
- On compte encore en France pour de tres-beaux Ponts modernes, le Pont Royal des Thuilleries, Voy. planche feptiéme.Gelui de Touloufe fur la Garonne. Voy. planche huitième , & une autre Arche de celui du Pont Neuf de Paris, dans la planche neuvième.
- Si l’on quitte la France , & qu’on pafte en Angleterre , on y verra le Pont* de Londres. Voi planche dixiéme, ï’çn rapporte l’éleyationdune Arche cellequ elle
- p.8 - vue 16/259
-
-
-
- IT C H.À U S S 1*1 3. 9
- m’a été donnée. Le Pont de Londres fut commencé fous Henry 11. l’an 1176, & achevé fous le régné de Jean fan noa. Depuis ce temps-là il aéré diverfes fois brûlé* détruit par les glaces, & autant de fois réparé. Ce fuc ùn Prêtre nommé Pierre de Cole-Church qui en fut le principal Fondateur, 8c non un Archevêque, comme quelques-uns l’ont dit. Le Roy & laVille contribuèrent à la de'penfe > ce Pont eft de pierre de taille, il a 15 Arches , ou 125 toifes de Paris* 800 pieds de long, & 30 ou de 28 pieds un huitième de large, on dit 6q ou de 57 pieds un quart, car le pied de Londres eft les quacorze-feiziémes de celui de Paris, de haut. Les deux côtés du Pont font en partie occupés par deujç rangs de maifons, on a établi un fonds confîderable
- pour l’entretien , le Pont eft perpétuellement battu 8c inondé par le flux 8c reflux de la Mer. Les grands Vaifr féaux qui montent dans la Tamife, ne vont pas audef-fus du Pont, mais les petits y peuvent pafTer. Ses piles font parfaitement bien contregàrdées par des crèches.
- Si l’on pafle en Italie, on y verra aufli de tres-beaux Ponts , on compte pour un tres-beau Pont celai d’Alexandre Farnefe, Duc de Parme.
- Palladio nous donne pluficurs deflèins de tres-beaux Ponts , & rapporte la plupart de ceux que les Romains ont fait bâtir, comme celui dcRimini fur la voye Fla-minieftne ; ceux de Vicenfe fur la Bachiglione & fut la Rerone. Il donne de plus deux Ponts de pierre de fou invention qui font très-beaux j le premier eft magnifique , fur lequel il ne prérendoir pas que les Voitures paffaflënt, compofé de Loges, de ptufieurs rues, Portiques , Frontons, fupportant des ftatuës de marbre, ou de Bronze, pour amortiffèmensà fonouvrage.
- Il y a encore un tres-beau Pont à Madrid tout près d’une des portes de cette Ville,qu’on nomme le Pont de Segovie, fur la Riviere de Manzanarés. pans les Relations du Levant par Poulet, on y trou**
- p.9 - vue 17/259
-
-
-
- je dis Ponts
- ve que le Pont d’nne feule Arche de la petite Ville de Munfter fur la Narante dans la Botnie, eft d une con-ftru&ion infiniment plus hardie que celle du Pont Rialre de Venife,qui eft aufli dune feule Arche, & qui paflè pour un chef-d’œuvre de l’Art, bâti en 1591, du dëflèin de Michel Ange, 8c d’une portion d’arc qui a plus de 34 toifes de bafe. Il n’y a point de Ville au monde où il y ?it tant de Ponts qu a Venife : En voici le nombre quar-
- tier par quartier.
- Au quartier de Saint Paul yj Ponts,
- A celui de la Croix. 35
- A celui du Canal Regio» 75
- Aceluidel’Arcenal. ' 74
- A l’Ifle des Juifs. 9
- A celui de Dorfo-Duro. 6j
- £t à celui de Saint Marc,. 44
- Total, 359 Ponts.
- Une des choies qui impofe le plus à l’homme, c’eft un fuperbe Pont fur un grand Fleuve. La hardieflè des grandes Arches, compofées d’une infinité de petits matériaux , foit de pierres, foit de briques, fi bien unis enfemble qu’ils forment enfin par leur liaifon 8c par leur pefanteur un pafiàge aflùré aux Hommes 8c à toutes -les grandes Voitures, à traverfer des torrens 8c des Rivières les plus larges & les plus rapides.
- Les hommes ont imaginé tant de differentes fortes de Ponts pour fervir à leur commerce, â leur focieté, à leur feureté , 8c pour leurs conquêtes , qu’on n’a rien oublié ce femble fur cette matière,. Dans le commencement , 8c même encore aujourd’hui chez les Peuples les plus fauvages, où les Sciences & les Arts ne font point connus, on fe contente d’abatre des arbres au bord des rivières qu’ils veulent traverfer, 8c les couchant à travers, ils les couvrent de fafcines , 8c du gazon pour leur fervir de paflàge fur les plus petites rivières &lfut
- p.10 - vue 18/259
-
-
-
- BT ClAWSÎl'ls; Ji
- les ruiffeaux ; mais d’abord «ju’une tiviere confiderable fc prefente à eux, il faut qu ils fe fervent de leurs Capots pour leur feryir de Pont au cas ils ne puiflentpas jagayer » ou bien font obligés de faire des radeaux avec des pièces de bois, de rofeaux, &c. liés enfemblc. Tous moyens plus ou moins commodes pour trayeffer les rivières en guife de Ponts.
- On fait des Ponts de tant de maniérés, par rapport à la. fîtuation des lieux, à la néceffité, & aux matériau^ qu’on a à employer, qu’ils font plutôt de* pierre en certains endroits , & plutôt de charpente en d’autres , à çaufe de la commodité qu’on a de trouver des pierres propres aux premiers, & qu’on n’a que des bois à employer aux derniers. On peut enfin traverfer les rivières par tant de differentes fortesde Ponts,queje vay les rapporter toutes j c’eft-à-dire, celles qui loue les plus enufage.
- PALLADIO.
- la pratique dans cette forte de matière en enfeigné plus que tous les Livre. Palladio eft le feul qui traité plus au long des Ponts. Tout ce qu’il dit en general fe réduit à faire connoîtte que les Ponts font les principales parties d’un chemin, qu’il eft furprenant de voir qu’ils forment proprement un chemin fur l’eau, &C que les propriétés d’un Pont font, i«, d’être bien dref-fe£, i93 commodes, 3°, durables s 4°, & enfin bien ornés.
- Les Ponts font bien drefïes , Iorfqu’ils font placés furlaRiviere qùarrément, & non de biais ou en écharpe , ôc qu’ils font bien allignés.
- Les Ponts font commodes Iorfqu’ils font de niveau au grand chemin qui y aboutit,ou que les rampes foient douces & imperceptibles, & la voye large. Ils font de durée Iorfqu’ils font bien fondés ôc conftruits félon l’Art avec de bous matériaux, & enfin ils font bien or*.
- p.11 - vue 19/259
-
-
-
- îi TrAiti* dis Ponts
- liés lorfqu’on les décore fuivant les réglés 8c le bon’ goût de l’Architecture qui convienne à des ouvrages ruftiques, 8e à de mafTes lourdes 8c pcfantcs de maçonnerie dont ©neonftruit les Ponts.
- Palladio donne encore d’autres préceptes , mais qui b*ont pas Lieu dans toute forte de Ponts pour en faire une réglé generale. Il faut fe conformer bien fouvenu à la fituation des lieux , & aux paffages pour y établir les Ponts,quelques difficultés qu’on y rencontre , au lieu que Palladio, dit que pour conftruireun Pont, il faut, 1°, choifir L’endroit de la Riviere où l’eau foitla moins profonde, afin qu’ilfoit de durée, & où le fonds foie égal & ferme, comme de Roc & de T uf. Ilfaut éviter» &°, les endroits où Peau tournoyant fait des gouffres ôc des tourbillons, 8e où le fonds eft de fable 8e de gravier-, parce que ces matières font facilement emportées par la violence des grandes eaux qui changent ordinairement le lit de la Riviere, ôc qui fappent les fondemens des piles, 8c caufentfouventla ruine des Ponts. 30, Et enfin , il faut que le fil de l’eau foit droit 8e fans coudes ou finuofités dans les rivages, parce que ces détours ve*» nant avec le temps à être détruits par la force du courant IesPonts.deviennent comme ifolés,ôc fans épaules, outre qu’il s’amaffè en ces endroits mille ordures que la riviere y chârie, ÔC qui s’arrêtant au bout des piles» bouchent à la fin l’ouverture des Arch- s* #
- Toutes les difficultés que rapporte Palladio fe rencontrent bien fouvent aux endroits où l’on veut projeter un Pont. C’efl: à l’habileté de l’Architc<5te de les fur-monter par l’Art, car il peut s’y en rencontrer encore davantage. On n’auroit pas moins fait le Pont Neuf* 8e celui des Thuilleries aux-endroits où ils font placés, quandtoiit cela s’y ferait trouvé. Mais quand on peut opter, c’eft tres-bien fait de fuivre- ce que dit Palladio.
- Après cela cet Auteur die qu’il y a de deux fortes de Ponts, dont les uns font d.e bois, ôc les autres de pierre? que je vay rapporter^
- p.12 - vue 20/259
-
-
-
- . IT C«AÜ$5 1>ES? ï|
- t3elui qui eft fait fuir le Torrent appelle Cifffione au pied des Alpes, entre les Villes de Trente & de BalTane» en Italie, eft forme par fixtravées égales, Reporte entièrement en l’air fur une longueur de près de 17 toifes » entre les culées bâties fur fes bords. Les pièces quicom-pofent ce Pont, voy. Planche 12 Figure iI#, font cinq poutres ou fommiers de 12 pouces de gros *, 8c autant longues que le Pont eft large, difpofées fuivant le fil de l’eau, parallèles entre elles, & éloignées à diftances égales de 16 à 17 pieds l’une de l’autre. Chacun de ce* fommiers porte â chaque bout un poinçon droit auquel il eft attaché par des étriers , ou des clefs de fer, que Palladio appelle des harçons bien cloués par un de leurs bouts au poinçon j & partant pat l’autre «au travers du fommier fur lequel iis font arrêtés par de bonnes clavettes j les poinçons font aftèmblés par le haut dans trois pièces de bois qui embraflent chacune trois de ces poinçons , celles des bouts s’appuyant de chaque coté furies culées, comrebutent en montant contre celle du milieu, laquelle s’étend parallèle au niveau du Pont. Les mêmes poinçons fe tiennent par le pied à des fa-blieres qui portent les gardefous de la longueur du Pont. Le poinçon du milieu 8c ceux qui font près des culées, font encore contrcbutés à leur fommet par des bras, ou contrefichés , aflemblées aux pieds des autres poinçons. Les folives couchées en long fur les poutres, & recouvertes font le plancher 8c le chemin du Pont, dont la force conrtfte en l’aflèmblage de fes parties, laquelle s’augmente en fc reflèrrant, d’autant plus que U pefanteur des fardeaux qui traverfent le Pont, eft grande, & la tiennent plus en raifon. La commodité en eft auffi confiderable, en ce qu’il n’y a point de rampe, 8c qu’il continue fur le niveau des chemins qui y aboutif-fent.
- Palladio dit qu’il n’y a point de Pont fait fuivant la deuxième màaiere.Voy.planche ufig. deuxième, quoi-
- p.13 - vue 21/259
-
-
-
- $4 . /Î'HAITi' DBS P©NTl
- qu'on Fait atiiirc qu’il y en a en Allemagne. Ën effet J Monfieur Blondel qui rapporte tout ce que Palladio ditj affuife efi avoir vû un pareil à Nerva, Ville qui appartient au Roy de Suède, fur le Golfe de Finlande, aü fonds de la Mer Baltique. Les divifions de la longueur du Pont font en nombre pair,afin qu’il y ait un poinçon 6c un fommier au milieu,
- L’aflèmblage du troifiéme. Voyez la Planche douzième Figure troifiéme, eft enfermé dans un Arc du Cercle fur-baiffé. Les divifions font en nombre impair, il y a de thaque côté une longue contrefiche engagée par le bout d’enbafc'dans le mur de la culée.
- La quatrième maniéré. Planche douzième Figuré tjùatriéme, eft faite en*forme de voûte, ou de cintre, 6c les aflèmblages entre deux poinçons, font difpofés commodes vouflôirs. Les divifions font en nombre impair , afinqu il y ait un voufloir dans le milieu qui ferve de clef* La longueur des poinçons doit être la onzième partie de la largeur de la Riviere. Chaque poinçon doit fuivre le centre du Cercle qui fait le Pont. Les pièces d’enhaut 5c d’enbas font toutes parallèles, contrebu-tées aux deux bouts par des bras,ou contrefiches po fées en Croix de Saint André. Les poinçons des deux extrémités doivent être bien arrêtés fur les culées , 5c pofés dans toute leur longueur fur le maffif.
- Si l’on fuppofoit, dit Monfieur Blondel, pardefious ce deflèin un autre alfemblage * égal à celui de ce Pont* f ouvrage en feroit infiniment plus fort.
- C’eft fur cette penfée qu’on avoit projette de faire un Pont fur la Seine vis-à-vis de Seve audefïus de Saint Cloud\ pour abréger le chemin de Verfailles.
- A l’égard des Ponts de pierre, Palladio y obfervé quatre chofes, i°, les têtes des Ponts ou les Culées, z°, les piles, 30, les Arcades, 40, & le payé qui eft fait fur les Arcades.
- Les culées doivent ctte trçs-folides,Ies faire aux en-
- p.14 - vue 22/259
-
-
-
- St Chàwss i'bs; ï|
- droits où les rivages font de Roc, ou de Tuf, oii de bon terrain , autrement il faut les afïùrer par l’Art > paç d’autres piles , & par d’autres Arches.
- Les piles doivent être en nombre pair » afin qu'il f ait une Arche au milieu, où eft ordinairement le plus grand courant de l’eau. Ce qui rend l’ouvrage plus fort* plus égal, & plus agréable à la vûë -, il faut les fonder dans la faifon dé l’année, pendant laquelle les eaux font les plus baffes, comme en Automne j & fi le fonds eft de Roc, ou de Tuf, ou de bon terrain pierreux, on ÿ mettra les premières affiles des fondations, fans creu-fer davantage. Mais s’il eft de fable ou de gravier, il fera bon de 1 oter jufqu’à ce que Ion trouve un fonds fo-lide j ou fi la chofé eft trop difficile, il faut au moins en ôter une partie & piloter 1er elle. 11 faut avoir auparavant fermé le côté de la Riviere où l’on doit travailler avec des batardeaux, & lui lailïèr la liberté de fon cours par l’autre*
- Les piles ne doivent pas avoir moins engroflcur d’une fixiéme partie, ni ordinairement plus du quart de la largeur de l’Arcade ; leur ftruéture doit être de gros quartiers de bonne pierre bien liés enfemble avec des Crampons de fer, ou de rnéta il, afin qu’au moyen de cet enchaînement elles fbienç,comme d’une feule pierre* Orra accoutumé de faire des Avances ou faillies au bout des piles à Angles droits , & quelquefois en demi Cercle pour mieux fendre l’eau, & refifter aux coups des arbres, & des autres chofes que la riviere charrie lorf-quelle eft groffe»
- Les Arcs doivent être fairs de pierres fort longues & bien jointes j les plus forts font ceux qui font à plein-cintre , parce qu’ils portent entièrement fur les piles fans fe pouffer les uns les autres.
- Quand on eft contraint par la trop grande hauteur,on peut les faire à Arcs diminués ou lurbaiffés, en forte que leur hauteur a plomb fur la ligne de leur corde foie
- p.15 - vue 23/259
-
-
-
- H \ Traiti' »n Ponts
- le tiers de la même corde ; auquel cas il faut; extrême^
- ment fortifier les. Culées.
- Après cela Palladio donne les deffeins de quelques Ponts antiques, ou de Ton invention. Le premier, eft celui de Rimini bâti par Augufte fur une Riviere de toifes de large, fait de cihq Arches, dont lés trois du milieu font égales, & de 25 pieds chacune, & les deux autres feulement de 20 pieds j les Çulées font chacune de 7 pieds & demi, les piles font de n pieds j leurs avant-becs à Angles droits i les Arches à plein cintre ) le Bandeau a de hauteur Un dixiéme de la largeur des Arches. La faillie des piles ne monte pas plus haut que î’impofte, aüdeffus de laquelle il y a des tabernacles, 8é des niches pour placer des ftatuës. L’ouvrage dans toute fa longueur eft couronné d’une Corniche élevée au-deffiis du Bandeau à une hauteur égale a celle du même Bandeau, & d’un parapet aùdeffus, orné de fon Zocle, de fa Bafe & de fa Corniche,de travail Tofcan & maffif
- Il fait enfuite la defeription du Pont qui eft fur la Bachigîioné * de 16 toifes de large j compofé de trois Arches^ chacune de 21 pieds & demi -, les Culées ont 3 pieds 6c demi de large, 6c les piles 5 pieds. Les avant-becs â Angles droits. Les Arcs font furbaifles Ôc leur Fléché, ou leur hauteur eft un tiers de la même Corde, rant à l’Arche du milieu qu’aux autres deux. L’affife de pierre fous les Couffins a allez de faillie en dedans des Arches pour foûtenir les Tir ans des Cintres. La hauteur du Bandeau eft égale à tin douzième de la largeur de fon Arche. L’efpace au droit de la Clef delà grande Arche , entre le Bandeau &la Corniche qui régné dans toute la longueur du Pont,eft égal à.la moitié delà hauteur du Bandeau. La Corniche a des Modillons comme le précèdent.
- Voici le Pont fur la Rerone dont il fait auffi le détail, 6c où la Riviere a auffi 16 toifes de large *, le Pont eft compofé de 3 Arches -, celle du milieu eft de 29 pieds,les
- deux
- p.16 - vue 24/259
-
-
-
- BŸ € AUSBl'lt; I7
- €eut autres de 25 chacune j les Culées n'ont que 3 pieds ic demi, & les piles 5 pieds, leur faillie à Angles droits! les Arcades furbaiflées ; les Bandeaux ont la mêmeproportion que cy-devant» Le Parapet cft «ouronné d’une Cymaife»
- Talladio donné encore ütt dcflein de Pont 2 fa manie-te,fur une Rivière qui a 30 toifes de large,entre les deux Bajoyecs des Culées, ne fait que trois Arches j celle du milieu de 10 roifes, & les deux autres chacune de 8, le* piles ont 2 toifes ou un cinquième de la largeur de la grande Arche s elles fortent hors du vif de la largeur du Pont, afin d’avoir plus de force pour réfifter à la violence du courant , & à Angles droits. Les Arcs font furbaüTés, & leur hauteur à plomb fur J’impoftc eft le tiers de leur largeur. Le Bandeau a un dixfepriéme de la largeur de la grande Arche , & un quatrième de celtes des petites, le rout couvert d’une belle Corniche tk Parapet»
- ALBERT,
- Leôn-Baptifte Albert dit, que les parties d’un Pone font les Piles, les Arches, & le pavé auddîùs. Lehauc du Pont à fon grand chemin pour le païfâge des bêtes 6C des chariots, & fes paliers ou banquettes à chaque côté , pour la commodité des gens à pied, fermées au dehors par leurs appuis ou parapets. Hn quelques endroit* les Ponts font couverts, dit-il, comme étoit autrefois le Pont d’Adrien à Rome, appellé maintenant le Pont Saint-Ange , qui éroic le plus beau, & le plus fuperbe de tous, Sc dont il ne pouvoir voir le* ruines fans vénération»
- $our la ftru&ure d’un Pont, il faut lui donner, dit-il , la même largeur qu’au grand éhemm qui y aboutir* Les piles doivent être pareilles en nombre Sc en grandeur. Leur largeur doit être le tiers de celle de l’ouvcr-
- . . B
- p.17 - vue 25/259
-
-
-
- & ThaïtV pis P ©w.t*
- turc de l’Arche. Il faut contre le courant de Peau Pair® des avances fur les piles en forme de Proiicsde Galeres, qui ayent en faillie la moitié de la largeur de la même pile j & qui foient élevées audefius des eaux les plus hautes. Il en faut faire autant de l’aikiecôré aval-l’eaut en forme de poupes, qui ne feront pas defagréables , fi leurs pointes font coupées > ou plus émouftëes que les autres- Iln’eft pas mal, dit-il, qu’au droit des avances il y ait de chaque côté des contreforts , ou pilaftres , montans jufqu’au haut du Pont pour mieux fpûtenir.Ies flancs j &. leur largeur par le bas ne doit pas erre moindre que les deux tiers de celle de la pile j l’impoft© de l’Arche doit être entièrement hors de l’eau. Les or-nemens.de l’Archireéture Ionique, ou plutôt Dorique. Leur hauteur aux Ponts confidèrables ne doit jamais être moindre que d’un quinziéme de la largeur de Pou-ver,ture.
- Pour donner plus de grâce aux Appuis ou Parapets > il faut, dit-il, difpofer par cfpaces égaux des pied’eftaux quarrés, à la réglé & à l'équerre, fur lefquels on peut aflèoir les Colomnespour fpûtenir la couverture,fi l’on veut que le Pont foit couvert. La hauteur décès Appuis, avec leurs Bafes&leur Corniche, doit être de quatre pieds. Les efpaces entre les pied’eftaux doivent être fermés d’un Mur avec les mêmes ornemens.La Corniche ne doit être que d’un Talon ou d’une Cymaife qui régné dans toute fa longueur, leur Bafe a les mêmes orner mens renverlés & pofés fur un Zocle. Les Paliers ou Banquettes des cô:és doivent être élevées d’une marche ou de deux au«h (Tus du pavé du milieu. La, hau.teur des Colomnes qui foîiriennenr la.couvemire,doic être égale, avec fon entablement, à la largeur du Pont.
- SERLIO.
- Serlio rapporte qu’au Pour Sixte les piles ont îptiers
- p.18 - vue 26/259
-
-
-
- 1T CBAÜSSî'iî;
- de la largeur des grandes Arches 5 l’Arc plus grand que le demi Cercle de la hauteur d’un fixiéme du diamètre. Le Bandeau de l’Arc, a dans fa plus grande hauteur un douzième de la même largeur, la Corniche cft un quinzième i les piles à Angles aigus fur des avances à empa-temens.
- Au Pont Saint-Ange les piles o*it la moitié de la largeur de la grande Arche qui eft à plein-cintre. Le Bandeau a de hauteur un neuvième du diamètre de l’Arche. Les piles portent fur un grand foubaftement en forme de Zocle quarté , élevé de quelques pieds fur le niveau ordinaire de l’eau, par faillie en dehors tout i l’entour de la pile. Son Eperon en demi Cercle qui qui monte jufqu’à la moitié de l’Arc, un pilaftre quat re audeflus, fon parapet avec des pied’eftaux à diftanccs. égales qui fervoient à foûtenir, fui vaut le fentiment d’Albert, les 42 eolomnes qui portoient la couverture du Pont. Les Arches étoienr à plein Cintre.
- Le Pont de Quatro-Capi, autrefois Fabritius , que l’Auteur rapporte, dont il ne refreque deux Arches qui-font égales , Sc à plein Cintre, a la pile de la largeur de l’Arche, avec un Eperon arondi, une niche audeflus. Le Bandeau des Arcs eft ruftiquej & fa plus grande hauteur, eft un dixiéme de la largeur de l’Arche.
- Le Pont Milvius a les Arches à plein Cintre , portés fur des importes à hauteur du tiers de leurs diamètres » les piles ont la moitié de la même largeur, leurs avant-becs en demi Cercle, le Bandeau des Arcs n’eft qu’une plinte s fa hauteur cft un dixiéme du diamètre de l’Ar* chc, fur les piles il y a des Niches fans ornemens.
- £ LO ND £ L.
- Teû Moniteur Blondel de l’Academie Royale des Sciences, cct habile homme, a fait bâtir à Xaintes fur la Charente, jufqu où eft porté le reflux de la Mer, un
- p.19 - vue 27/259
-
-
-
- Thaiîi' »ï3 Posts Pont de pierre ; ce fut en l’an 1665, les piles de ce Ponts font comme 3 à 8, par rapport à leur largeur, à la comparer à l’ouverture des Arches ; la pile du bout vers le Pont-levis , & qui fertde Çulée, a un fïxiéme de largeur de plus j à caufe qu’elle doit fou tenir de-ce côté, la poufîee de tous les Arcs, qui font à Cintre baiffés, afin de mettre la hauteur des impüftcs audeflus des eaux ordinaires de la Rivière, fans rien altérer au niveau du vieux Pont.
- C’eft là tout ce queles plus habiles Arc’hiteftes nous ont donné par écrit de la proportion des Ponts , mais pour nous donner des raifons démonftratives, perfon-ne ne l’a pas fait encore", ils ne font pas fait même du Fuft de leurs Colomnes ; quelques mefures qu’ils nous donnent des uns 8c des autres, qui fervent à nous con-duireptmr les imiter, ils ne nous donnent aucune rai-fon pourquoi ils ont fait la choie ainfî, plûtôt d’une façon que d’une autre.
- Les plus habiles Architectes ne conviennent même pas entr’eux, 8c enfemble des proportions qu’ils donnent aux bâtimens, non feulement par rapport à leur Ibliditê, mais même par rapport à heurs ornemens ; tant il.eft.vray quelcsArts&lcs Sciences font encore bien imparfaits. Tout cela dépend d’un certain goût,de certaines idées que les hommes ont differentes les unes des autres & endifferens fiécles , qui fert fanspouvoir en donner aucune raifon, que la chofe paroît plus belle & meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’étoic il y a cent ans ; tout le reforme échange -, il en eft de même de la matière des Ponrs. Autant d’Architcéles, autant d’avis differens. On le voit par rapport à tout ce que j’ay rapporte cy-de-vant d’eux; ils ne nous donnent aucune raifon pourquoi ils font les Piles, les Culées , les Arches , Ôcc. d’une telle largeur, ou d’une telle épaiflèur, & ceux qui travaillent aujourd’hui fur les exemples des Anciens , ne gavent pas non plus pour quelle raifon ces Auteurs ont
- p.20 - vue 28/259
-
-
-
- fcî C H-À U S S:E^E 5» ar
- travaillé aînfi. On fe conduit feulement par des idées, qu’onne peut pas démontrer, mais qui paroiflènt allez vraifemblables pour pouvoir ctre fuivies, à l’exemple de rant d’autres qui ont réiiffi ailleurs , &où Ton dit que l’ouvrage eftbeau & folide ; parce que les proportions entre les parties qui le compofent, y font obfervées.. Comme je cherche fur cette matière , pour n’avoir pas pu trouver dequoy me fatisfaire & me convaincre fur rout ce que l’on a dit jufqu’ici; j’ay publié lâ-deflus mes doutes,.dans le s, cinq Difficultés que j’ay propofées aux Sçavans à refoudre, que j’ayinferezàla fin du Traite de h Conftru&ion des Chemins, & à la. fin de celui-ci, ou. chacun pourra les voir, pour tâcher d’en avoir la folu-tion , &,que le Journal des Sçavans a jrapporrez. encore en Août 1715 -, jyferai.de mon mieux d’abord que mes occupations me le permettront. Il feroit à fouhaiter que quelque habile homme s’en mêlât, pour refourdre ces difficultés, afin de les rendre aiféesau Public.
- Monfieur de la Hiie de l’Academie Royale des Sciences, y a travaillé ; mais ceux qui ne font pas auffi fçavans que luy, n’y peuvent rien comprendre*, pour ne fçavoir pas l’Algèbre; il s’elt énoncé avec les termes abftraitsde cette Science, que les Ouvriers & les demi Sçavans ne connoiflent pas , 8c par conféquent qu’ils n’entendent, pas, pour en pouvoir profiter,
- CHAPITRE II.
- Dé là divtfion dés Fonts.-Es Ponts font ,; ou de maçonnerie enrie-- rement ,.
- Ou de maçonnerie 8c. de- charpenta 9 comme font ceux où les pi^s font maçonnées , 8c le paflfage. d’une pile à. l’autre sffi
- une travée de poutrelles
- SilT
- p.21 - vue 29/259
-
-
-
- êx Traite' des Ponts
- Ou bien de Charpente feulement.
- Il y a encore plufieurs autres fautes 4c Ponts particuliers , comme font , ' i°, Les Ponts flotans. i°y Les Ponts volans,
- 3°, Les Bacs.
- 4% Et enfin les Ponts-levis, qui font ou à une fléché 3 ou à deux, ou à bafcule ,ou à couliiîès, ou toutnans , Ôte. . . .
- De toutes ces maniérés différentes, on en parlera en particulier dans la fuite.
- Mais comme on ne peut pasconnoître toutes les différences de ces Ponts, fans dérailler les parties qui les compofcnt , & les moyens dont on fefert pour parvenir à les projetter Ôc à les établir -, je vais propofer celles qui font les plus abfolument neceflàires , parce que connoiffant celles-ci , la raifon, le fens commun , l’érude de la Geometrie , la Phyfique , les Mécaniques, l’Àrchiteéfcare, ôc l’expérience > feront çonnoître les autres.
- CHAPITRE III.
- Les noms dés parties des Ponts faits de Maçonnerie*
- N Pont de Maçonnerie, quel que ce foit „ a deux Culées, qui font fes deux extrémités’, faites avec des murs de renforts , quelquefois contre des rochers , ou des terrains propres à foutenir l’effort des poufléesdes Arches , fuivant la difpofition des lieux.
- 2. Les Ponas ont une ou plufieurs ouvertures propres àlaiffer paflèr les eaux des Rivicres , projettées afièz grandes pour recevoir toutes les eaux des inondations j
- p.22 - vue 30/259
-
-
-
- * t Chaussas, .15
- qu on appelle Arches dans les grands Ponts, Arcade# dans les Aqueducs , 8c Ponts-Aqueducs ; audeffüs desquels on faitpaffèr quelque conduite d’eau ; 8c Arceaux dans les Ponceaux qu’on fait fur des Ruiffèaux, fur des Folles> ou fur des Canaux.
- 3. Les Piles font ce qui fertd’appuy afupporter les Arches , dont plufieurs font fans Avant-becs & fans. Arriere-becs , 8c quelques-unes ont des Avant-becs , fans Arriéré becs quand elles fonr fondées fur le roc ,où l’on ne craint point le dégravoyement.
- 4. Les Avant-becs des lîfles, qu’on divife en Avants becs 8c Arriere-becs, ou Avant-bfcc d’Amont , 5c Avant-bec d’A val j dont celui d’Amont eft fait p®ur di-vifer les eanxi palïèr fous les Archesa brifer les gla», ces, & à dérourner les arbres & autres chofes, pour éviter leur heurtement contre les Piles -, 8c celui d’Avai pour interrompre le bouillonnement des eaux, 8c leurs cours rapides, après qu’elles ont paflë fous les Arches ». &leur faire fuivre leur droit fil.
- Toutes ces chofes fe font fi. différemment dàns-toutes fortes de Ponts, par rapport à la matière, à la fituatiom des lieux , àJa butée plus ou moins grande, à la pefan-teur des corps , 8i au bon 8c mauvais fondsqu’on rencontre , qu’on les déduira toutes en particulier, dans. la fuite de cet Ouvrage.
- Les Ponts.ont encore phafieurs autres parties , quî né font pas autant efiènrielies comme les quatre que nous venons de nommer. Ce font les Gardefols, les-Banquettes, les Bouteroucs, lesœils de Pont, 8c tous: les orneraens dont on peut fe fervir pour les décorcx* &c.
- p.23 - vue 31/259
-
-
-
- Traite' des Poîjts
- *4
- CHAPIT RE IV.
- Les noms des parties des Ponts de charpente*
- qu’on appelle Pile dans unPont de pierre» cft nommé ici Palée, qu’on fait avec un , deux, 5c trois rangs de fil de pieux > qu’oa liernc, ou qujpn moife , &c. fuivant le plus ou le moins d’ufage qu’on en veut faire, La Culée eft appellée également Culce en un Pont de bois , comme en un Pont de pierre j 5c les pieux donc Ja Palée Se la Culée font cornpofés , font couronnés ôC coëfFés d’un gros Sommier ou Travon , pour fppportec Jcs differentes Travées , qui font à un Ponfde bois un effet femblable à celui que les Arches ou'Arceaux font à un Pont de Maçonnerie.
- Les Poutrelles dont les Travées fonr compofées de differens cours à l’ufage des Ponts de bois , fervent comme à la place des Rouflbirs qu’on employé dans les Ponts de Maçonnerie j 5c dont les enrrevoux de ceux- ci font recouverts de grofïes Planches ou Madriers , qu’on appelle Doflfes , 5c improprement Couehis , à caufe qu’elles fervent à porter le Couchisde fable » quand on pave l’Aire d’unPont de bois.
- Les Poutrelles d’un Pont font ordinairement foula-gées 5c tenues en raifon fur des Plateformes ou Sou-poutres, qui portent fur lesTravons & les Plateformes par des Contrefiches ou Bras qui portent fur les Moi fçs des Palces, &c fur les pieux > & les Moifes enfin font foulagées par des Chantignolles Sc des Boulons. C’eft einfi que les unes ont liaifon avec les autres ; &c que pures jointes cnfcmble portent la charge du Pont. Outre ccs parties, il y a celles qu’on nomme Pièces
- p.24 - vue 32/259
-
-
-
- I T ChAüSS |f| s. il
- Je Pont, qu’on met eh rang, des Dofîes, de deux en deux roifes, ou de trois en trois, mais plus longues , qui ferrent à porter & à entretenir les Poteaux d’ap-puy des Liflès & les Liens, les Garde-couchis, ou le» Doffts de bordure, qui fervent à entretenir les bords, des pavés ; Sc les Guettes, Guettions , Croix de Saint-André , & Entretoifes, qui fupportent la Lille , 8c l’entretiennent différemment par differentes décharges.
- On pave l’Aire des Ponts de Charpente , mais c’effc toujours beaucoup mieux en obfcrvant de mettre le rui jèau au milieu , plutôt que de donner une forme bombée au pavé , à caufe que cette difpofîcion arebouru fi fort les Doffes des bordures , les Tenons Sc Mor-toifes, les Poteaux d’appuy , & des Entretoifes, qu’elle les force fans celle , & les ruine bientôt ; d’autant plus quç l'écoulement des eaux des pîuyes y entraînant beaucoup de boue, cela leur entretient une humidité qui les pourrit bientôt. Il feroit infiniment mieux de faire un Pavé tout uni à un Pont de Charpente , 8c le couvrir d’un Toît a deux égouts, pour éviter la pluye s que cela le conferveroit beaucoup , Cependant longues années ; au lieu qu’il faut être fans celle après à y faire des répa-rations.Ccs Ponts ainfi couverts ferviroient de retraite aux paflàns en temps de pluye. On prétend qu’ils fervi-roientaufli à retirer les Brigans, Si c’eft pour cette feule raifon qu’on ne veut pas qu’on les couvre. A tout cela il y a bien des chofesà dire pour 8c contre , que je ne rapporte pas , comme étant plûtôt du fait de la Police , que de celui d’un Auteur, qui ne doit fe mêler que de la matière qui fait fonfujet.
- On voit les parties d’un de ces Ponts de bois couverts, dans la Planche 15 , Figurez , conftruit par Palladio à Baflàno au bas des Alpes, aux confins de l’Italie ,*fur la Riviere de Brenta , qui fe va jecter dans le Golfe de Ve-nife. Lé Ponteft de 180 pieds de long,ou de 32 Toifes de Paris, qu’il divife en cinq parties égales, qui font-
- p.25 - vue 33/259
-
-
-
- %i TR-'aXT V ®!S PoKTÎ
- quatre rangs de Palées diftanres les unes des autres d© 34pieds & demi, ou de $6 pieds,qui font fixToifes quatre cinquièmes de Paris , car le Pied de Veni’fe contient *53 lignes & un quart du Pied de Paris. Il rapporte toutes Itsautres principales mefur.es de cet Ouvragé.
- L’autre Pont, Planche 13, Figure premier©, eft de Pin-* vention deMathurin Joulfe. CePonr eft à deux étages * le plus bas peut fervir pour le palFage des Chariots ». & pour la Cavalerie , & celui auddfuspour l’Infanterie. Les Piles ont deux Toifes de large , & l’efpac© d’une Pile à l’autre eft de cinq Toifes [5c demie.a
- Le dernier imaginé , que je donne pour projet, eft propre à traverfer une Rivicre qui a depuis vingt-deux a vingt-cinq Toifes de large , ' où les Bateaux peuvent commodément palier, & dont les Culées font élevées jufqu’à l’Aire du Pont,[Planche 17, Figure première,] qu’on a fnppofç de niveau..
- chapitre V.
- Des f rejet s des Ponts.
- L y a tant de chofes à fçavoir pour l'execution d’un Pont , foir de Charpente, foi© le Maçonnerie , qu’il eft bien difficile de rouver un homme qui les polïede toutes, également bien. On eft encore trop heureux quand dans un Ouvrage de confequence on rencontre plufieurs hommes enfemble , qui fçavent bien entr’eux tour ce qui y convient le mieux. On ne fçau-roit trop priferun habile Charpentier , non plus qu’un habile Appareilleur. Ces deux performes font pour l’ordinaire la tête , les Ouvriers les bras, & l’Ingénieur on l’Infpe&eur bien entendu, l’ame de l’Ouvrage, pour
- p.26 - vue 34/259
-
-
-
- ST ChàüSS e'x ». zj
- feoncifier enfuire les affaires, foie pour la prompte execution , foie pour la bonne maniéré : & je foutiens qu’il n’efl: paspoffiblequece Conducteur , qui fera un Ingénieur ou un Architecte, oti un InfpeCteur , foie habile , 8c que l’onpuiffe compter fur luy , s’il ne fçait la manœuvre qu’on doit tenir pour faire l’Ouvrage. Il n’eft pas poffible non plus qu’il fçache cette manœuvre, s’il heconnoît les parties & les matériaux qui le doivent ^ompofer ; & cela a tant de liaifon avec les Outils, les? Echafaudages, les Sondes, les Machines pour tirer SC enlever de gros fardeaux, les Chapelets, les Vis fans fin , les Hollandoifes, les Puits à roue, les Pompes 8C les Baçquets qu’on employé pour epuifer les Fondations , les Batardeaux de tant de maniérés, les Encailïè-mens, la maniéré d’anter les pilots, les grandes Tarie~ res'pour forêter les rochers félon leur confiftançe, les Cintres, les Afièmblages , la Coupe des pierres, SC une infinité de choies qu’on ne peut ggs prévoir ; qu’il eft certain que dans l’execution d’unPônt confiderable* on doiteftreuniverfel, & n’ignorer rien du métier de? l'Architecte, qui fuppofe la connoifiance de toutes ces chofes, fi l’on veut réuffir.
- Je vais donner par ordre, des Mémoires de routes ces chofes en particulier, en projetant un Pont, fuivant l’expérience que j’en ay.
- Lorfqu’on projette un Pont, on doit commencer,
- i°, Par lever un plant du local qui foit fort jufte j ce plan marquera prçcifémcBt l’étendue de l’eau, celle des graviers , s’il y en a, les bords de la Riviere , & les chemins ou les rues qui aboutirent à ce Pont.
- 2°, On projette fur ce plan le Pont en queftion , foit de Maçonnerie , foit de Charpente, avec la quantité d’Arches 8c de Piles ou de Palées, 8c de Travées. On pofe toujours quarrément le Pont fur la Riviere qu’il doit traverfer ; 8c jamais de biais, à caufe de la fauffe équerre de la coupe des pierres qui portent à faux.
- p.27 - vue 35/259
-
-
-
- • TftAlTlr fil S P aKTÏ
- 3*», On trace fur ce plan une ligne qui coupe Te Pon£ par le milieu , & on en fonde la profondeur de l'eau de toife en toife, ou de deux en deux, de trois en trois-, comme la necdîké lé demande le plus. Le fondage fe fait ou avec une perche qu’on divile en pieds , au bout de laquelle on fcelle un poids de plomb convenablé, fi le courant de l'eau le demande. Au defaut de cela, on fe fcrt: d’un Boulet de Canon attaché au bout d’une corde, qu’on a auparavant divifce en pieds & en toifes-, ou bien d'un gros poids de Romaine, d’un gros caillou au défaut dii Boulet de Canon,qu'on met dans un petit fac, pour être plus fûrement attaché au bout de la corde. On fe fcrt de plufieurs moyens plus ou moins propres , fuivanc la rapidité de l’eau que l’on a à furmonter. Tout cela fe fait par le moyen d’un Bateau, 'qu’on fait conduire aufli de différentes manières , ou par un cable qui traverfe la Rivière, ou par d'autres-cordes que l’on amare au bordj^des arbres, ou à des piquets que l’on a plantés exprefierhent, autour defquels on palîe plufieur-s fois le cable pour le retenir , Sc qu’on lâche à mefure qu’on en a de befoin, pour faire aller le Bateau plutôt d’un côté que d'un autre.
- 4°, Les fondes de l’eau étant faites Sc rapportées fur le plan, elles fervent pour dreflèr le profil de la Riviere, qui marquera au jufte la haureur de fes bords , la profondeur de l’eau qu’on aura trouvée, & la ligne deffous l’eau, foit qu’elle {oit gravier ou rocher, à quoy il faur avoir attention, Sc en marquer la.différence fur le profil.
- 5°, Le profil ainfi levé, doit ffervir â faire faire une Sonde de fer de la longueur qu’il convient, pour fonder audefibus de la profondeur de l’eau , lé gravier ou le fable qu’on y trouve j Sc on ne péuts’afïurer encore de rien jufqu’ici, qu’on ne fçache cette profondeur : & pour cela on fe fert de deux moyens, ou d’une Sonde de fer, qu’on fait faire expreffément, qui. a en tête
- p.28 - vue 36/259
-
-
-
- ST CfeA* Sfelffife %$
- ^onr couronnement un gros anneau, au travers duquel on pa/Te les bras d’une Tariere plus ou moins grand , pour la tourner j elle a audeflïis une tête pour pouvoir Ja battre & la faire entrer jufqu’à un fonds de confiftan-ce au travers <5c audeflous du gravier. Elle a outre cela fon bout barbelé fait en pointe à quatre angles, de maniéré qu’ayant été enfoncée jufques fous le gravier, & dans partie du roc , ou dans le terrain de confiftance qu’on a trouvé audefïbus du gravier s on la tourne à plufieurs reprifes, pour emporter dans fes barbelures quelque petit brin du terrain de confiftance qu’elle a rencontré, qu’on retire enfüice, & que l’on rapporte pour le reprefenter dans le Mémoire que l’on drefle pour cela, afin defçavoir quel eft ce terrain. Il y a des Sondes d’une autre maniéré s qui ont une petite poche comme un Limaçon au bout en forme .de Tariere, laquelle ne prend point du fable en la tournant fuivane un feus, & qui prend du terrain audeftbus du fable où ou l’a pouftéc en la tournant d’un autre. Les Sondes font toutes d’une pièce* pour être plus fût es, quand on le peut j quelquefois elless’ajuftent fuivant la facilité du terrain qui le permet ainfi * quelquefois elles ne fervent de rien , furtout quand le gravier eft trop gros , & qu’il s’y rencontre de gros cailloux que la Sonde ne peut pas écarter. Pour lors on fe fert d’un pieu de Chêne aron-di, fait de brin d’arbre le plus droit, de 3,4,5 , à $ pouces de diamètre , que la profondeur du terrain £ fonder détermine, qu’on arme d’une lardoire au bout, pour pouvoir écarter les cailloux, 8c d’une frété à la têre pour pouvoir refifter aux coups de la Maflè , d’un, deux à trois manches , avec laquelle on enfonce la Sonde.
- Tout cela ne fe peut faire fans beaucoup de foins 8i decirconfpeéfcions , &fans quelque dépenfe*, mais suffi on a la fatisfaéfcion de bien faire , & de rappçrter fidèlement fur le profil la profondeur du fable ou du gta-
- p.29 - vue 37/259
-
-
-
- |jg . Traité des Ponts Vier que l’on doit piloter, ou que l’on doit enlever pouf* la fondation des piles, afin d’y aflèoir les batardeaux convenables j & tant qu’on ne fçait pas cette profondeur i on ne peut point projetter un Pont j on ne voit point clair j on ne peut pas en dreflcr l’état dedépenfc* ptiifqü’on ne fçait pas jufqu’où porteront les bois, ni quelles précautions on peut prendre pour là fureté da iOuvrage.
- 6°, Quand ori à reconnu la confiftance de tous les terrains, fable, terre-glaife, roc , &c. on travaille fû-rcment fur le profil quon en a fait \ on y dreiïè le projet du Pont, foit qu’il foit de Maçonnerie, foit qu’il foit de Charpente > & on fçait pour lors quelle profondeur doivent avoir les pilots & les pieux qu’on y enfoncera , pouren faire l’eftimation, & pour en marquer la grodeur par rapport au plus qu au moins qu’on a à fonder.
- y°, Cela étant fait $ on s’informe des Voifins des lieux, de la hauteur des plus hautes inondations, que îa mémoire des plus anciens du pays peut rapporter , & l’affiircr par leur âge. On doit faire des marques à cette hauteur , ôc fuppofant trois pieds audefl’us pour être l’intradofTe des Arches du Pont qu’on Veut projetter , ou bien la Travée des poutrelles d’un Pont de bois qui eft le même > on réglé l’Ouvrage en forte que l’on fçait jufqu où les plus hautes inondations peuvent arriver, & jufqu’à quelle profondeur on peut porter les fondemens des piles & despalées.
- 8°, On s'enquête enfin après, des matériaux qu'on doit employer pour faire l’Ouvrage.
- F&ur un Fent de fierre-
- On s’informe d’où l’on peut prendre la pierre de taille, fon éloignement, la facilité , ou la difficulté; plus ou moins grande pour la tailler.# fon tranfpart # fi
- p.30 - vue 38/259
-
-
-
- tt Ciiïm'n. jï
- Ôatnrepîus ou moins forte par rapport à Peffort qu’elle fouffrira érant preflee par .les réins des Arches j fi elle eh peut fupporter le ffort & le poids j car il y en a qui’ font fi tendres qu’elles éclatent, furtout quand elle* ne font pas pofces en coupe, ou que les Voulïoirs font trop petits i fçavoir la prife ôc la grandeur qu’il faut donner à ces Voulïoirs ; s’il faut enfin fe fervir de cailloux , ou d’autres pierres mal façonnées, ou bien de la brique pour Iibjge ôc pour limofinage ; ce qu’il eri coûtera par pied cube, ou par toife cube, les vuides déduits, ou les ruides compris, par rapport à la Charpente des Cintres, dont l’un peut compenfer l’autre} la chaux d’où elle rient, fa nature , quand elle fait prife a ou d’abord employée, ou longtemps après j la journée des Ouvriers, la facilité des vivres , la commodité des lieux, le nombre des Travailleurs, pour finir l’Ouvrage dans un jçertain temps, avant les pluyes de l’Automne qui font déborder les Rivières •, mettre à l’abri les matériaux , pour n’être pas emportés par les inondations ; & mille autres précautions qu’il faut avoir 9 Êc qu’on ne peut pas toutes rapporter.
- Pour un Pont de Charpenté.
- On s’informe d’où l’on tirera les bois, s’ils font fain* &de recette, le temps pour les faire venir, leur dépen-ie, & à combien ils reviennent rendus fur les lieux j combien la façon pour les employer en pilots, combien en cintrage , ôç les mettre en place ; la quantité qu’il en faut, en faire un compte , de même que de ceux qu’on doit employer aux cintres & aux échafaudages ; avoir tous ces matériaux prêts en leur temps , pour commencer fans interruption >ôc pour finir l’Ouvrage avant les Saifons contraires à la perfe&ion des jjonts, ôc qui par des inondations emportent ordinairement ce qu’on 9*ayoirpû achever, Ôcc. On réglé encore îa largeur de§
- p.31 - vue 39/259
-
-
-
- fi tuA'tf e; i)ii PoNti
- onts,par rapport à la foule du peuple qui y pafle delîuS# & aux grandes routes qui y àboutiflènr. On réglé encore la haureur & la largeur des Arches, par rapportai! commerce & à la navigation.
- Toutes ces choies fervent enfin à drelîèr Un Projet jufte , pour être rapporté avec connoiflance decaufeau Miniftrequi l’a ordonné, à qui ion rend par cd moyen un compte fidele. On peut ajouter ou diminuer à ces connoilîànces , par rapport au plus ou au moins dont on en aura de belbin,& fuivant lesoccafions des lieux, qui les augmentent ou les diminuent;, A tout cela l’ex-perience eft un grand Maître, qu’on n’acquiert le plus louveutqu’après avoir fait beaucoup de faùces. je vais donner le détail de routes les parties de ces Projets.
- CHAPITRE VI.
- De la grandeur des Ponts, proportionnée à la quantité des eaux qu ils doivent recevoir lors des inondations»
- ’ Ay déjà rapporté que quand on projette un ^ont, on s’informe de la quantité des eaux qui palïènt dans la Rivicre fur laquelle on 'e veut conftruire, afin de faire les Arches &les Travées fuffifarfiment grandes pour les pouvoir toutes contenir. La réglé ordinaire eft de faire l’intradoflè des Arches à l'endroit des défis, ÔC lesTravées des Ponts de Charpente,troispieds audeffuS des plus hautes inondations. On n’obferve pas la même réglé à toutes les A rehes d’un Pont ou il y en a plufîeurs i on fe contente de la fixer à cellè qui eft au milieu , & la plûpart des aucrél qui viennent après diminuent pour l’ordinaite, afin de pratiquer une rampe aifée audellus, pour gagner la hauteur du' Pont. Il y a beaucoup de
- Ponts
- p.32 - vue 40/259
-
-
-
- ï't C a Av i s iri s* ||
- fronts ou cela eft ainfi ; mais le plus fur feroît que toutes les intradofïès des Arches fufïènt d’une même haureur „ trois pieds aüdelïus des plus hautes inondations , quoique moins larges , fi l’on vouloic j en clevanr davantage la naiflànce des Cintres , pour empêcher que les eaux ne fufïènt point forcées à pafïèr audefïous > ce qui fait creufer le pied des piles, & renverfer enfin, & bien fouvent, tout l’Ouvrage par ce défaut.
- Il y a encore des Ponrs où l’intradofïè des Arches eft: quelquefois les deux à trois toifes plus élevée que les plus ha\utes inondations j autre malfaçon & inutilité » quand on peut l’éviter , & que la navigation ne la permet pas i à caufe que les grandes Voitures fouffrent beaucoup pour monter la rampe de la plupart de ces Ponts , qui font pour l’ordinaire tres-rapides à caufe de leur trop d’élévation.
- Les piles des Ponts diminuent beaucoup la largeur du lie ordinaire des Rivières ; ôc cela fait auffi que les eaux font fort preflëes dans les Arches lors des inondations. Les Rivières pour lors creufent entre -les piles, êc fous les Arches, de maniéré qu’elles mettent en profondeur ce qu’on leur a diminué, ou ôté de leur largeur * c’eft auffi une des principales caufes de la ruine des Ponts. On ne doit.jamais projetter des Ponts dans des endroits ferrés , à moins qu’on ne les puifïè fonder fur le roc, & qu’on ne prenne des précautions extraordinaires , que nous rapporterons, ci-après. Si l’on diminue d’un tiers la largeur d’une Riviere, en y pratiquant un Pont, par l’emplacement des piles, éù que cette Riviere n’ait que deux toifes de profondeur dans cet endroit lors de fon cours ordinaire , on peut compter quelle acquerra une toife de plus de profondeur , lors des inondation», à caufe qiron la refferrera. par la maçonnerie des piles qu’on y pratiquera , d’un tiers de'plus. On peut éprouver ce que je rapporte dans un même lit de Riviere, où l’on verra que fon courant
- C
- p.33 - vue 41/259
-
-
-
- *34 T «.ai ti7 ®i« Ponts
- fera deux fois plus profond à l’endroit où fôn lit ne ferai que la moitié moins large qu’il n eft ailleurs, à moins qu’il nefe trouve au fonds dé cet endroit des terrains •de différente nature & de différente confiftance, où des eaux nepuiffent pas creufer également partout.
- Les Rivières n’augmentent 6c ne diminuent que parce qu’il pleutplus ou moins. Il y a des Pays où il pleut plus qu’en un autre fonvoifin; la quantité de pluyé qui tombe à -Paris , fuivâne M. de la Hire, eft de dixneuf pouces, une année portant l’aurre, ou environ. M. le Comte de Pontbriand, qui a fait de pareilles obfcrvarions en fon Château près de Saint-Malo, a trouvé 24 .pouces <j dignes 3 6c le Pcre Fulchironà Lyon , a trouvé 36 pouces ^ lignes. Si l’on joint ces trois quantités bien différentes les unes des autres , on aura une réduction de 16 pouces 9 lignes, qu’il tombera d’eau fur ia furface de la terre depuis Lyon jufqu a Saint-Malo , pendant une année. Le vent, le folcil, la terre, les plantes, ôcc. confomment une bonne partie de cette eau y le reftant coule dans le penchant des Vallons, dans les Ruiflèaux, dans les Rivières , 6c dans la Mer , 6c paffent fous les Ponts qu’on oonftruit fur les Rivières. Si l’on mefure fut une bonne Carte l’étendue du pays qui ramaüïe toutes les eaux qui coulent dans la Riviere fur. laquelle on a bâti un Pont , on trouvera que celles qui paflèntdans le Fleuve du Rofnc fous le Pont Sainc-Efprit, viennent d’une étendue de pays qui a
- 2.800 lieuesquarrées. Celles du Pont-Royal de Paris,. 1700 Cel ! es du Ti bre à Reine , 1100
- Celles du Rônc à Lyon, 800
- Celles de la Garonne à Touloufe, 44s>
- Et celles de laTamife à Londres, 430.
- Par cemoyenfur des Cartes on verra la différence de tous ces Fleuves plus ou moins grands, 6c le plus 6c le moins d’eau qu’ils peuvent donner ,6c qui paffe fous
- p.34 - vue 42/259
-
-
-
- ! T C K À tr S S ï'e 5. 5|
- tes Ponts defquels nous avons rapporté la figuré. Si l’on eube l’étendue des lieues quarrées que nous venons de rapporter , à raifon de 16 pouces 9 lignes de hauteur, on aur a la quantité de toiles cubes d’eau, qui palis tous les ans fous tous çes Ponts , diftra&ion faite de tout ce que les verits, le foleil, les plantes> &c. peu* vent diffiper.
- Ces remarques Semblent pouvoir fervir à une perfcr-ne qui projette un Pont , afin de regler l’ouverture des Arches, plus grandes en un endroit de la France , qu’en un autre , par rapport au plus & au moins de pluye qui tombe en un endroit plus qu’en un autre , & par rapport a l’étetadue de la terre que les Rivières parcourent s Mais on ne doit pas compter Ià-ddliis-, on ne doit tabler que fur le témoignage des plus Anciens du- pays -, & ce que je rapporte cft plutôt du curieux , que de l’abfolument necefiaire, pour diverfifier la matière des Ponts.
- Ce que je vais rapporter tend â la même fin. Plusieurs ont cru que les inondations qui arrivoient do temps en temps , étoient caufées par certaines révolutions & par des périodes réglées, qui- revenoienr après plufieurs Siècles, comme auparavant. L’exemple des obier varions qu on a faites à Rome fur le Tibre , depuis prefque que cette Ville , qui a été autrefois la Capitale de l’Univers, a été fondée , & depuis fes premiers Rois., confirme le contraire ; puifqu on prouve par un compte & par des remarques exa&es, qu’on en a faites, que jamais aucune inondation comparée avec une autre qui l’afuivie, n’a eu aucun rapport avecles précédentes. En voici le dénombrement.
- L’An 340 de la Fondation de Rome, le Tibre déborda extraordinairement.
- L’An 391.
- p.35 - vue 43/259
-
-
-
- T R.-a ÏTl' UES POTTT S L’ An 557 inonda deux fois.
- 591, deux Fois.
- 600, ce fut comme un deluge pendant deux fois.
- 7<*5-
- s75»
- Du depuis le Tibre a inonde pluficurs £bis::
- Sous l’Empire de Velpafien.
- de Nerva. de Trajan. d’Adrien. d’Antonin Pie. de Marc Aurele.
- •de Maurice.
- Dans le temps du Pontificat du Pape Gio IÏL de Grégoire II. d’Adrien I; de Nicolas I. de Grégoire IX.. de Nicolas III. d’Urbain VI, en 1373?* de Martin. V. de bixte IV. d’Alexandre VI. de Leon X. de Clement VII. de Paul IV, en 1557. de Pie V , 8c SixreV, en 1589.
- Sc de Clement VIII, en 1598.
- p.36 - vue 44/259
-
-
-
- È T CH A'ttSSlfES».
- CHAPITRE VII.
- De la rapidité des eaux fous les Ponts » & des.moyens de l'éviter* -
- L efl: certain que lés piles des Ponts ne fe-
- dégravoyent & ne tombent le plus fouvent en ruine , que par la rapidité des eaux qui: fouillent jufques fous leurs fondemens. Si:
- Ion peut diminuerîe courant d’une Rivie-
- ___l _:i... _r» __ r______________
- re, il eft fur qne les piles d’un Pont ne feront pas;
- en danger d’être fîtôt renverfées ; & l’on ne diminue le courant des Rivières que pardeuxmoyensd
- Le premier , c’eft en rallongeant leurs cours , en le faifant circuler dans une plaine, s’il eft poffible , &
- les grands détours qu’on luy fait faire , diminuent fa.' pente, luy font perdre fa vîtefte par. rapport à fon* plus grand contour. C’eft de ces moyens dont les An-,
- ciens fe font fervis , pour rendre les Rivières navigables , ou la dilpofirion du pays le permettoit , à caufe* qu ilsn’âvoiènt pas la fciencede faire des Eclufes. Mais-eette maniéré n’eft pas praticable .pour arrêter le cours -, d’un Fleuve à l’endroit & à l’occaiîon d’un Ponr. Le* deuxieme & dernier moyen qu’on a de diminuer le courant d’une Rivière à l’endroit d’un Pont , ô£ que le&> Anciens n’ont pas connu non plus ; c’qft qu’on arrête' tout court le fonds des Rivières les plus rapides , par-des fils de pieux' & de pal à planches , qui coupent le fii* de Peau dans le fonds de fon lit, & le foûîevent à la> hauteur qu’on veut, pour ne point fouiller les Fondations d’un Pont que l’on peut pratiquer airifï dans les; Rivières qui ne font pas navigables. On vient de l’expérimenter au beau P-ont-Neufde Touloufe , où ia G»>
- p.37 - vue 45/259
-
-
-
- 38 Traite* ©bs Pont»
- ronne creufe , fous une des piles de la plus grande Arche , depuis que la Digue du Moulin du Bazacle, qui eft audeftbus, a été emportée il y a quelques années. Elle fai foie une retenue d’eau au bas de cet ouvrage, qui y rendoit les eaux tranquilles, &c s’y faifoit, par conséquent , un dépôt de gravier, qui chaufloit le pied des. piles. Ce qui n’arrive plus à prefent, où il y a un courant , qui met dans un danger évident ce magnifique Pont, fi on n’y remédie , car la rapidité des eaux.a dé-chaufte jufqu’audeflbus des fondemens, une des piles, j’ay donné un deftein pour reparer le pied de cet ouvrage , que je rapporterai ailleurs, en fon lieu, &: que j’ay fait par les ordres de Monfeigneur de Bafville, Intendant de Languedoc.
- Les eaux augmentent, & diminuent dans les Rivières, par rapport à leur plus , ou moins de pente , qu’elles trouvent en coulant dans leur lit, tel qu’elles ont creufé peu à peu, depuis le commencement des fie-cles, quelles ont commencé de couler , & qu’elles creu-fent davantage chaque jour , à force d’y entraîner du gravier, & des Cailloux, lors des inondations. Tou» ces Corps en defeendant frorent les Bancs des Rochers, qui contiennent les Rivières, &: les agrandifîènt tels que nous les voyons aujourd’hui. C’eft pour l’ordinaire à ces endroits de Roc où les Rivières font les plus retenues audeflus, & plus tranquilles , & où elles paftênt avec plus de rapidité , à caufe de leur chute > ce font auflî ces Roches qui ont fait connoître aux hommes qu’à leur imiration, & par le moyen de l’Art on pouvoir rendre tranquilles les Rivières, & navigables , par des retenues ; en forte qu’on fait perdre aux eauxleur rapidité audëfl'us,que l’on leur rend audeflbus par la chute quelles ont à fauter par ddïus TEclufe qu’on leur a pratiquée par l’Art. Et c’eft de'ce moyen dont on doit fefer* vir pour empêcher le dégravoyement d’un.Pont, lorf-qu’ih/eft pas fondé fort bas,,& bien d’autres qui ne
- p.38 - vue 46/259
-
-
-
- *t Chàus sVis. ^
- dépérilfënt que par ces dégravoyemenf, faute d’attention , Iorfque là. navigation le permettra.
- Le Pont de Cour fan en Languedoc, un des plus^ beaux Ponts de cette Province * fuir, la Ri vie re d’Aude,, Dioecfe de Narbonne, écroula par ee défaut ; il fut enfuite remis. J’eus l’honneur d’être nommé par Nofièi-
- fneurs des Etats du Languedoc, pour en faire la véri-cation , & la réception ; je trouvai qu’une des-anciennes piles à laquelle on n’avoic pas travaillé, écoitr creufée audeffbus ; je fis un plan,& un fondage de com-> bien toutes les piles étoient creufes pour lors. Sur l’avis que je donnai en rapportant cette affaire à Monfei-gneur le Goux, Archevêque de Narbonne, Préfidenr des Etats, &àMonfieurde Montferrier, Syndiô General de la Province, on fit à cet .endroit dangereux une jettéè de gros quartiers de pierre qui remplirent le creux du dégravoyement de cet ouvrage, qui dudepuisa relié en bon état, & ne s’eft point démenti j cette découverte me fit penfer plus loin , elle me donna occafion de dreG fer un Mémoire, par lequel je fkifois voir que la plupart des anciens Ponts notaient renverfés par les eaux que faute d’attention...
- i°i Que les Ingénieurs, fis. A rchiteâres, qui étoient chargés des Travaux Publics , dévoient avoir un plan, ôc un fondage de chaque Pont.
- i°, Que ce fondage devoit être vérifié chaque fois , d’abord après une inondation, pour y-connoîcre le changement qu’elle y auvoit apporté.
- 3#; Que fi l’inondation avoir fait des dégradations eonfiderabies, autour de quelque pilé, on doit d’abord la remblayer avec de gros quartiers de pierre pour «v remplir lès fondemens ou bien y projeteer des fils de pieux , dé là Maçonnerie à fonds perdu, des encaiflfe-naens , des Crèches , &c. tous moyens plus ou moins propres à contregaider le pied de ces fortes d’ouvrages. Par ces précaution on évite que. les Fonts ne foaffi ~ C.i»>
- p.39 - vue 47/259
-
-
-
- '40 Traite'’ ses Ponts
- point renverfés. Quelques batelées de pierres tranfpor* tées dans des femblables endroits, empêchent bien fou» vent la ruine d’un Pont qui a coûté des fommes immen-fes : Et quand les Ingénieurs des Ponts & Chauffées des Généralités, tiendroient dans leurs Régiftres des Plans fondés de tous les Ponts de leur Département faits un tel jour, & qu’ils rapporteraient la différence que les inondations y auroient caufé d’abord après qu’elles auroient paffé, ils reconnoîcroient les endroits dangereux qu’il faudroit reparer , à quoy on pourroit. remédier lut le champ, avant qu’il furvîne un autre débordement, qui pût achever de faire écrouler lou*-vrage.
- On fait couler les Rivières plus ou moins vîte, plus ou moins on les reflèrre; je m’explique. Quand on projette un Pont fur une Riviere, il eft certain que les piles de Maçonnerie, oulespalées de fils de pieux qu’on y projetre, diminuent le lit de la Riviere, for laquelle on veut faire le Pont, comme j’ay rapporté auparavant, Suppofons içy que cette diminution foi t d’un cinquième, 0n peut compter feurement lors des inondations , que les eaux creuferont le lit d’un cinquième, de plus qu’eh» les ne creufoient pas avant la conftruétion du Pont, a çaufeque les eaux mettent en profondeur çe qu’on leur fait perdre de leur largeur. Il eft certain, encore quéiç lit de la Riviere, ayant été rétreffidun cinquième , les eaux qui fonr toujours les mêmes en quantité, dans leur courant, depuis leurs fources jufques à la Mer 9 divifées dans des Ruifièaux > ou réiinies dans les Fleuves , paffent avec une vjeeffe plus grande d’un cinquième , dans l’endroit où l’on les a relferrées, pour y faire un Pont, &par confequent foiiillent fes fondemens, où elles ont plus de prife d’un cinquième, & elles emportent avec ce premier cinquième de plus de vîteffe* des Cailloux , & les corps qu’elles n’avoient paspû en-r lever gyeç un çinqiuénie 4e moins de pefonteuç, ou 4$
- p.40 - vue 48/259
-
-
-
- it Ch Av s s e'bs. 41
- vîtefïè, que je compare l’un égal à l'autre j fi l’on rêtreC fifloic le courant de touc un Fleuve de la moitié fur toute fa longueur , il n’y a pas de doute que les eaux que ce Fleuve contenoit auparavant, ne coulalTent avec le double de rapidité j & au contraire qu’elles ne di-minuaflènt leur vîteflè de la moitié, fi on les élargilfoit de la moitié plus qu’elles ne feroienr. C’eftpour cette ’raifon que les Epys>& tous les ouvrages qu’on confirme fur les Rivières pour les rétreffir , ou pour les élargir, & les éloigner, ou en rapprocher le cours, font défendus par les Ordonnances des Eaux& Forêts, Art.40,44 & 44, duTitrede la Police, & confe^vation des Forîtsm Baux & Rivières de France. Le Pont Royal, par exemple , des Thuillcries, a fur la Seine une longueur de 70 toifes, fes piles barrent la largeur de la Riviere, ou la diminuent d’environ un douzième ; c’eft fans difficulté que les eaux pafiènt un douzième plus vîce fous les Arches, qu’elles ne paflbient auparavant, lorfque le Pont n’étoit pas fait.
- Par la même raifon, on eonclud, que le Pont-Neuf audeflusde celui des Thuilleries, étant, par exemple , deux fois plus Ipacieux que celui des Thuilleries dans les ouvertures de fes Arches, car elles font environ 96 roifes de vuide en longueur, au lieu que 'celles du Pont des Thuilleries n’en ont qu’environ 56 , l’eau de la Seine qui palïè à tous les deux, lors des grandes inondations , doit palier moitié moins vîte au Pont-Neuf,qu’elle ne paflè à celui des Thuilleries,& les précautions qu’on a prifes à établir les fondations du Pont-Neuf, quand elles auroient été la moitié moins grandes , que celles dont on s’eft fervi, lorfqu’on a fondé le Pont-Royal des Thuilleries, ellesréfifteroient égalemînt au courant des eaux de la Seine, comme peuvent faire celles qu’ôn a employées au Pont- Royal des Thuilleries, qui doivent erre le double plus affinées. Eç fi le? eaux de la Seine, enfin, n’emportent qu’un caik
- p.41 - vue 49/259
-
-
-
- 4* Tuâitendis Pont*
- loti d*une livre pefant fous le Pont-Neuf, aquoy pet*-vent aller toutes lés vîtefles de leur mouvement, & leur pefanteur -, les memes eaux pafTant fous le Pont-Royal-desThuilleries enlèveront un caillou de deux livres pefant , à proportion de la grandeur des ouvertures des Arches de l’un & de l’autre Pont, & du refferrement des eaux, lors des débordemens. Toutes ce&idées doivent être de l’eflence d’un homme qui projette un Pont.Elles s’étendent encore h loin dans la pratique, quelles deviennent infinies dans l’execution par leur variété, Sc par rapport aux divers courans qu’on leur fait prendre» qui plus ou moins réunis, font plus ou moins des effets furprenans, aufquels qn ne s’attendoit pas ; ainfi on ne fçauroit faire trop de recherches fur ces matières..
- Si l’on vouloir examiner encore , comme on le doit ». la force que les eaux ont fur les mêmes corps, de fem-blable matière, mais de differentes grofïeurs , on ver-roir la raifon pour laquelle elles entraînent le fable plutôt que le gravier, & celui-ci plûtôr que les cailloux, SC enfin, ces derniers plûtôr que de gros blotsde pierre, quoique tous compofés d’une même matière. Et quand' on fçaura que le mouvement joint à tous ces differens corps en grofïèur, enleve ceux qui ont le plus de furfa-ce par rapport à leur pefanteur, on ne fera pas furpris de tous ccs effets, & on en rendra d’abord la raifon-Ainfi, le fable ayant plus de futface dévelopée dans fon pourtour, par rapport à fa pefanteur, que lie gravier quieftplus gros , l’eau enlève plûtôr le premier que le dernier , parce quelle a plus de prifefur luy. Ainfi do même en remontant. L’on voit par là, que les corps, plus ils diminuent, plus ils augmentent en fur face ; en forte, que par rapport au mouvement, n’ayant pref-que que des furf aces, & fort peu de corps, ils deviennent-enfin fi légers que le moindre mouvement les emporte , comme on le voit, quand ils font réduits en pouffiere ; l’or, par exemple, réduit en feuilles , eft emporté par le moindre vent.
- p.42 - vue 50/259
-
-
-
- t Ch Au s s iri s* 43
- Tout ce que nous venons de dire étant fçu, on doit paiïèr aux autres moyens dont on Te fert pour conftrui-re des Ponts ** comme font i’abaiflèment des eaux des Rivières.
- CHAPITRE VIII.
- De l'abattement des eaux des Rhieres, & de Us maniéré de les détournerfour établir les fondations d’un Pont.
- U a n d on veut travailler aux fondations d’un Pont, on fe fert de la Taifon de toute l’année la plus propre, comme cft celle de l’Eté, après la fonte des neiges.
- Si la Rivieredans laquelle on doit fonder les piles d’un Pont eft fort encaiflee, & entre deux montagnes ; $c qu’il ne foit pas poflïble d’en divertir le cours dans une pjaine, on fe contente de fonder une pile l’une après l’autre, & par des batardeaux en écharpe, qui dirigent le courant des eaux de la Rivieredans un de fes bords feulement, ou qui entourent l’ouvrage. On rend tranquilles les eaux dans l’endroit des piles qu’on veut fonder, & o£ on éleve les fondations au-deffus de la naiflànce des Cintres , ÔC jufqu’à la retombée de l’Arche , pour pouvoir après travailler en tout temps, foità pofer les Cintres, toit à finir le Pont dans -fa perfe&ion. Après qu’ona ainfi détourne les eaux d’une Riviere, pour établir fur la moitié de fa largeur les fondations des piles, on remet le courant des eaux à l’endroit que l’on a fondé les premires piles par un autre batardeau contraire au précèdent qu’on démolit, pour enfin achever de fonder le refte du Pont comme on 1a commencé.
- Quand on a toutes ces ehofes dans l’cfprit, pn exa-
- p.43 - vue 51/259
-
-
-
- ^4 Traits1 dis Ponts'
- mine encore s’il n'y a point de Digues de Moufin au-’ defTous qui foûleve le cours des eaux, qu’il faur abfolu-medt faire rompre dans l’endroit le moins dommageable de la Digue , Ôc y faire palier la Rivière pour en-abaidèr les eaux autant que l’on peut. Ces ruptures fc font en dépouillant la Digue de toutes fes traverfes, de tous fes encaiflèmens, ôc de tout ce qui- en retient l’eau dans l’endroit même, où l’on en fait l’ouverture ; on ne laifle que les pilots ôc les pieux , pour pouvoir fervir: a refermer ces ouvertures , après que les piles du Pont font fondées, ôc élevées audedïis des eaux de la Digue du Moulin.
- Mais lorfque dans une Riviere, où l’on veut fonder «n Pont, on a la facilité d’en divertir les eaux, comme Iorfqu’il fe rencontre une Ille, ou un Illon, ou Iflbt, & que l’on peut faire palier la Riviere en un feul de fes. courans, cela facilite infiniment l’avancement des ouvrages ; il en cft de même quand on rencontre une plaine, où la Riviere a beaucoup d’étendue lor fqu?elle inonde, ôc qu’elle fe remet enfuite dans un feul courant, quand elle eft réduite à fes eaux ordinaires : on fonde,, pour lors, les piles du Pont, dans toute l’elpace de la plaine, que la Riviere ne parcourt pas, lors de fes badès eaux ; Ôc quand tous ces elpaces font fondés , on fait un Canal au travers de tous ces oùvrages finis, par où-l’on dérive peu à peu le courant des eaux, ou l'on les re-ihet avec des ouvrages fort fimples , fuivant la difpofi-tion des lieux ; en coupant le courant de la Riviere le plus haut que faire fe peut, & dans l’endroit de fon cours, où elle a le moins de profondeur..
- Quand ;e n’ay eu que trois pieds de hauteur d’eau à combattre, pour divertir le cours d’une Riviere, & la remettre dans un autre Canal, fait par la main des hommes, je me fuis fervi de certains ouvrages très aifés fans pilots, par rapport à la difficulté qu’il y avoit d’en trouver fur les lieux. Ces ouvrages aifés ne font que de
- p.44 - vue 52/259
-
-
-
- *t Chaussées;
- bateliers en forme d’Echellcs,qui portent la hauteur de l’eau de la Riviere que l’on veut détourner, que l’on ,pofe de côté, aplomb, & verticalement au travers dtt cours des eaux, & en écharpe, vis-à-vis, & un peu aüdefïôus du Canal de dérivation que l’on a déjà prati-tiquépar lamain des hommes, dans lequel la Riviere doit entrer comme dans un nouveau lit. Les eaux de la Riviere par ce moyen paflènt au travers desBareauxde ces Râteliers , tandis qu’on les allure par le haut, & par le bas avec des piquets , qui en traverfent les côtés» & que l’on bat à la malle, d’une à deux mains i on fait plufleurs rangs de cés Râteliers, qui traverfent ainfi la Riviere en ferme de Digue, &: au travers de tous Ica vuides des Bareaux , les eaux paffent fans interruption. Les côtés de ces Râteliers étant bien liés par des traver-fes, par des liens , par des entretoifes, & par des décharges qui les affurent de tous côtés ; le Canal» de dérivation étant creufé, prêt à recevoir les eaux de la Riviere , on jette à l’entre-deux de ces Râteliers plufieur* Fafcines, dont on en a fait déjà bonne provifion à pied d’œuvre que l’on charge, ou de Cailloux, ou de pierres, pour les faire couler à fonds devant les Râteliers j ce qui fait enfler la Riviere, & la contraint peu à peu à rentrer dans le petit Canal de dérivation qu’on luy a préparé auparavant. On a la fatisfa&ion de voir qu’à meiiire qu’on ferme le cours ordinaire de la Riviere , les eaux qu’on retranche de fon courant augmentent dans celui du nouveau Canal de dérivation, en forte que ce dernier n’étant pas pour l'ordinaire qu’un dixiéme, ou un vingtième de celui de la Riviere que l’on ferme, on le voir agrandir à vûë d’œil, l’eau entraînant tout ce qu’elle rencontre, comme un des rochers qu’on n’avoit pas pû enlever , Touches d’arbres , ôc racines que les ouvriers n’avoient pas pu arracher , en forte que dans *4 heures que les eaux y ont pafle, il devient fpacieux , & propre à recevoir toutes les eaux de la Riviere, fuf-fenr-eiles deux fois plus grandes.
- p.45 - vue 53/259
-
-
-
- 4# Tuai»»* ô'es Points
- C’ell de cette maniéré > dont je me fais fervi il y a environ 15 ans, fur la Riviere de la Nefte, dans la plaine d’Aventignaii , qui va.fe jetter dans la Garonne au bas des hautes Pyrénées fur Montrejaux,cù les Mâts ne pouvant floter que contre des rochers qui mettoient. chaque jour les Ragers en danger de périr, ôc où il s’en étoit déjà perdu, ne couroient plus aucun rifque en tra-verfant la plaine ; c’eft de ce même moyen dont je me fuis fervi encore , avec des ouvrages aufli aifés, ôc aulïî foibles, que j’ay détourné la Riviere d’Aude , 'dans lès baltes Pyrénées, aux‘mêmes fins, en tant d’endroits que fon cours changea > partout où ces Amples ouvrages furent conftruits ; c’eft enfin fur la Riviere d’Orb audeffiis de Befiers, où je me fuis fervi encore de pareils expédiens , pour détourner cette Riviere , à l’u-fage du Moulin des quatre Rade», & à lafollicitation de Monfeigneur de Roufîec, Evêque de Befiers, où j’eus jufquesà 5 pieds de hauteur d’eau à détourner.Les côtés de ces Râteliers ne font que des Arbres fendus avec des coings, Ôc percés en guife d’Echelles i l’Aulne , le Peuplier , &c. font tous arbres propres à cela \ les troux fe font avec de groftes Tarières i ou avec de petites Haches , efpacés les uns des autres de 10 à iz pouces, ôc les Bareaux de ces Râteliers ne font que de brins de Buis, &de bout de branches de toutes' efpcces fem-blables à des piquets de z à 3 pouces de diamètre, tant du plus que du moins, car il en faut avoir de toute fç>rte. Il femble que la première inondation qui fur-vient doit emporter tous ces foibles ouvrages ; je n’en ay vû emporter aucun,quelques grandes qu’ayent été les eaux qui font furyenuës après, à oaufe que ces ouvrages étant bas, les eaux ne font que glifter deflus , ÔC les inondations les comblent fi fort de gravier , ou de fable, qu’on ne les retrouve plus, le plus fouvenr, après qu’elles ont pafié , qu’en fouillant les tas de gravier, dont ils font couverts, où tous les Bois pourriftent en-fuite par fucccflion de temps.
- p.46 - vue 54/259
-
-
-
- * t Ch a vu s ir« si
- Quand enfin, pour derniere reflourceonpcut abaif-fer les eaux d’une Riviere, d’un à deux pieds , par rapport à fa pente -, en recreufant fon lit, c’eft encore faire beaucoup 5 & on ne fçauroit croire combien ce peu d’eau de hauteur qu’on abailïè,épargne des épuifemens, Çc facilite les fondations des Ponts audeïïous des Batardeaux. On déblaye pour cela les bords de la Riviere de tout autant de gravier qu’on le juge a propos , & dont on la veut élargir pour en abaifier les eaux -, car il cft certain que plus on l’élargira plus elle abaiflèra, fui-vant le principe dont j’ay parlé cy-devant, & les eaux perdront de leur hauteur a proportion durctreflîllè-ment qu’on leur fera quitrer en les élargiiïànti On déblayera après le gravier, & le fable qui fe trouvera à un pied , & un pied 8c demi audeiïous de la fuperficie des eaux. On s’attachera encore a abaiflèr les eaux 4 l’endroit des chutes , où elles ont le plus de retenue , où l’on trouve des reflauts qu’on dégravoyera avec des Fourches renverfées , des Grateminots, des Harpes de Fer , & des Hcrfes renverfées, qu’on fait tirer par de* Chevaux, ou par des Bœufs , en guife de labour, lorsque les bras des hommes n’en peuvent pas venir à bout. On fe fert encore de pluficurs piquets qu’on plante dan* ces endroits , où le courant des eaux n’eft pas alfez rapide pour en dégravoyer le fonds, contre lequel on cloue des planches, qui forçant Beau à pafler pardeiïous avec plus de-poids, & par conféquent avec plus de rapidité , on luy fait enlever , & creufer des tas de gravier qu’on auroit eu beaucoup de peine d’ôter autrement. On fait encore des Bateaux qui portent des Couliffes au me* me ufage , que l’on amare avec des Cordes , Sc que l’on place fur les endroits qu’on veut dégravoyer , en les y laiflant repofer quelque temps ; l’eau que ces Bateaux preflèparddïbusen renfermant le cours de la Riviere, la fait palfer avec tant de vîtelfe, plus on les charge , qu’enfin les eaux mêmes fe creufent leur lit. O11 fe fert
- p.47 - vue 55/259
-
-
-
- 4» Tüaite^ DSS Pont»
- de tous ces moyens,plus ou moins aifés,fuivant les ôcci* Jfions où ils conviennent le mieux, que la prudence dsl celui qui dirige les ouvrages employé* où il trouve le plus à propos , afin d’avoir moins de peine à fonder les piles d’un Pont,ayant moins de hauteur d’eau à enlever*
- CHAPITRE IX.
- Des Outils*
- L n’eft pas toûjoürs neceflaire, me dira-1-» on , qu’un Ingénieur, ou un Architecte connoiïïè tous les Outils , dont on fe ferc pour la Charpente & pour la Maçonnerie» je crois, que qui les ignore, & ne fçait pas leur ufage * peut tomber dans de grands defauts , lorsqu’on feraobîigé d’entrer dans le détail d’une affaire , Ibit en difeouranr, foit en fe voulant énoncer dans un devis. Un peu d’attention, fait qu’on 'connoît bientôt tous les Outils. II y a toûjours de la honte à ne fçavoir pas , & de la gloire à n’ignorer rien de ce qui regarde la Profeffion qu’on a embrafie. Meilleurs Felibien, de là H. dans fon Ouvrage de Charpenterie, Daviller, & plufieurs autres, montrent à connoître tous les Outils, dont on fe fert dans la Charpente , & dans 1*Architec-. ture , où l’on peut les aller examiner, fi on les veut connoître , & quelques momens fur les lieux à les manier comme ils font faits, & en voir leur ufage. entre les mains des Ouvriers qnand ils travaillent, font infini* ment plus d’impreffion dans nôtre efprit, que la leéfcure de tous les Livres qui en parlent*
- 3F!
- CHAPITRE X
- p.48 - vue 56/259
-
-
-
- CHAPITRE X.
- De l'employ des Bois.
- Ans la fuite des temps, & peii à peu l’arc de là Charpenterie s’eft perfeélionné ; on a converti les ehofes en des ouvrages mieux èntendus.On a équarri les bois qu’on n’em-ployoit qu© bruts auparavant ; on a imaginé des mortoifes au lieu des troux , 6c des tenons a là £Iace des cheville^ : & les ehofes font venues -fi avant dans cet art de là Charpente , par rapport aux Mécaniques , que l’on fçait les proportions que l’on doit donner à la groffèur 6c à la longueur des pièces , pour pouvoir faire un tel effort dans les Ponts, & dans toute autre forte d’ouvrage ; c’eftun malheur extrême fi oii les employé trop gros, ou rrop foibles, ou trop courts ; fcar on tombe dans des défauts très-fâcheux. Le trop de bois en certaines rencontres rend la charge de l’ouvrage fi pefânte, que le bâtiment audefîbus écroule bien fouvent par ce défaut ; comme suffi il éclate , Ce partage & tombe en ruine par la foibleflé des bois, loriqu’ils font employés trop minces *, extrémités qu’on doit éviter i & qu’il n*y a que la pratique qui nous enfeigne là bonne maniéré.
- Si on Jaiffe les Entrepreneurs les maîtres de fournir les bois à raifort de tant le cent des folives , fans leur marquer les dimenfions qu’ils doivent avoir, il eft certain qu’ils en eniployent îe plus qu’ils peuvent en grof-feur, pour ÿ trouver davantage leur compte j mais lorfqu’on leur réglé les grofïèurs & les longueurs dans Jë Devis, on eft à l’abri de leurs furprifes. Le Devis doit énoncer les quantités & leurs dimentions> leur natu-
- p.49 - vue 57/259
-
-
-
- jô TrXIT!7 DES P'Ô NT 5
- re-, la différence, les qualités, & en défigner l’employ».
- M. delà Hire dans l’arc de Charpenterie donne par une Table , lè^s groïTcurs que doivent avoir les bois » par rapport à leur portée, qui augmente de trois en trois pieds , depuis douze jufqu a quarante-deux pieds de long, que Ton peut voir ci-après, & que M. Bullet rapporte aufli. On fera de cetre Table l’ufage qu’on trouvera à propos, pour l’appliquer où Ion verra bon erre.
- Longueur.
- 12 pieds.
- ! 5------
- i8-------
- 2 11 1
- 24-------
- 27-------
- 33-------
- 3*f------
- 39-------
- 4^—------
- Largeur, i o Pouces.
- j ï----
- ï3-----
- 13 1
- 1......
- —
- 20———
- Hauteur.
- 12 Pouces.
- il-------
- 18—------
- i?----—
- CHAPITRE XI,
- Ves qualités des Sots, de leurs tfpeccs > & de leur Coupe*
- A bonne qualité des bois, c’eft d’être fains, à droit fil, non roullés , ni gelifs, qui n’ayent point de fentes , & fans gerfures. Les arbres ont pour l’ordinaire trois fèves; celle du Printemps, l’autre en Juillet '§c Aouftj & l’autre en Octobre 3 cette derniere eft
- p.50 - vue 58/259
-
-
-
- IT Chaùsü'ij; Ja
- ^eu fenfible, feulement la remarque-t-on quelque peu aux Sapins , s’il en faut croire aux Bûcherons des Pyrénées , qui me l’ont dit ainfi ; je ne l’ay pas apperçue.
- On prérend que la coupe des bois n’eft bonne que depuis le mois d’Octobre , jufqu’au commencement du mois de Mars , dans les derniers quartiers de la Lune; Sc hors ce temps-là, le bois eft fujet à être mangé des vers. La manière de les couper, eft qu’il faurles cerner par le pied jufqu a la moitié du cœur , Sc les laiflèr ainfi quelque temps, afin que l’humidité inutile eh forte , & que coulant par cette entaille au travers de l’aubour dans les Chênes , elle ne vienne point à fe corrompre dans le bois, & le gâter ainfi.
- Toutes ces précautions font tres-bonnes j mais roue ce que je puis aftiirer , c’eft qu’ayant refté longtemps dans les Pyrénées, je n’ay pas vû obferver ces déclins des Lunes pour .la coupe des bois ; feulement qu’elle eft bonne à faire depuis quils ont quitté leurs feuilles , jufqu’â ce qu’ils commencent à groflir leurs bourgeons* qui eft dans le mois de Février, Sc dans la fin de Janvier en certains pays, où la fève commence àfefaiie voir plûtot ou plus tard , Sc eft plus hâtive, par rapport au climat plus chaud : Que les bois font fujets à fe gâter les uns plus que les autres , â caufe du terrain plus ou moins gras Sc humide , où ils croUTenc ; conw me ceux de la Forêt des Fanges dans les baflès Pyrénées, périflènt plûtôc que ceux qu’on prend à la Forêt de Couftaufa, qui eft beaucoup plus élevée, Sc dans un pays plus fain. L’on voit donc des Forêts de Sapin entières , qui produifent des pièces où le ver s’y met dans quelques années qu’on les a employées , quelques précautions qu’on prenne de les couper dans la bonne faifon , Sc dans le déclin de la Lune, à caufe que le fonds du terrain qui les produit, eft fi humide, Sc les bois fi hâtifs i Sc fi bien venants , que dans dix ans ils grof-filfent le double de ceux qui croifleut dans les lieux plus
- p.51 - vue 59/259
-
-
-
- .$2 Traite* bis Ponts
- «levés ’, • & moins humides, & dans la coupe desquels
- le ver ne fe mec point, ou rarement.
- J’ay vû faire une expérience fur la vermoulûre des Lois de Sapin, coupés dans les hautes Pyrénées, à toute • forte de Lunaifon , par M. Rigord, autrefois Com-iniiîàire de Marine> 6c à prefent Subdélegué de Mon-fieur l’intendant de Provence à Marfeille. il. eut diffc-rens échantillons de bois de Sapin , coupés en toute «Saifou , numérotés , avec chacun fon étiquette , qui tnarquoit le temps qu’ils avoienc été coupés j qu’il fai-foir garder dans une grande Caillé, pour voir dans la fuite lequel de tous ces échantillons commenceroit le premier à fevermouler. Je ne fçais ce que cette épreuve eft devenue ; peutêcre n’a-t-elle pas été fuivie i elle méritoit de l'être, ppur éclaircir ce fait j car on n’y voit pas bien clair encore faute d’expérience.
- Les nouveaux Phyficiens prétendent que tous les vers qui s’engendrent dans les bois, ne viennent que des différens œufs que la fève apporte depuis le bout de leurs racines , que les vers qui fourmillent dans la terre, dépofent dans les pores ligneux , &qui enfuice étant montés dans le corps de l’arbre, viennent à y éclore après un certain temps ; & c’eft d’où l’on peut conjecturer que les terrains humides qui nourrirent le plus de vers , en produifent davantage aux plantes qui y croilïènt, 6c quelles pourrilïènc plutôt : ce qu’on ne voit pas arriver aux bois qui font nourris 6c élevés dans des lieux moins humides 6c plus fains , ou les vers ne font pas en h grande quantité.
- Ce qu’on a remarqué fûrement fur ces faits , c’eft que les Mouches font des œufs j que ces œufs.deviennent vers, qui fe nourrirent 6c croilïènt, 5c qu’enfîn ces vers redeviennent Mouches , ou immédiatement, ou en foufFrant une métamorphofe moyenne, comme les versa loye , qui fe renferment dans une coque , ou Ce .changent en fève, qu’on appelle Aurtlia, Les Mouches
- p.52 - vue 60/259
-
-
-
- it Châus.szVs.
- piquent* les fruits qui leur conviennent, 8c y depofenc-un.œuf, qui forme le vers, dont Je fruit eft mangé. It peut arriver que de fembjablës Mouchesfaftènt la mê-me chofe dans les arbres ôc. dàfta les bois tendres , ôc qui leur conviennent, comme font ceux dans les lieux , humides, ou qui font aifés à pénétrer, comme l’Aubier..
- Le bois, des Sapins n’eft propre à la conftruétion des Ponts , que pour le cintrage des Arches, faute d’autre-meilleur bois , pour échafauder , &pour fervir à amener des pièces a caufe de fa legeretc, qu’il eft facile à: manier ,& qu’on prétend qu’il porte plus, & qu’il eft: plus fort qu’une pareille piece de Chêne , lorfqu’on remployé de toute fa longueur on n’a jamais vû plier le Sapin foiis le fais ; il cafte plutôt, au lieu que Ic Chê-né.plie & charge beaucoup les Ouvrages. Le bois de-S.apin pourrit, bientôt, quand il eft mouillé, & qu’il eft cjçpofé au grand air. Il eft tres-propre à être employé a couvert, 8c pour lors il'dureplufieurs Siècles : il fert
- four pilotis, 8c ne pourrit jamais fous l’eau* Oh ne employé ordinairement que pour des retenues d’ouvrages, 8c rarement pour des fupports, à caufe qu'ils éclate fous le fais. Le Chêneau contraire dans les Ouvrages des Ponts , eft employé pour la charge , & pour-des retenues d’ouvrages , à caufe qu’il dure longtemps ejpofé àlair , 8c ne pourrit jamais dans l’éau. Les Anciens ob fer voient dé brûler les bouts des Pilors, prétendant par là empêcher qu’ils he pouriffent ; mais on ne • garde plus à prefént ces précautions j on les regarde • comme inutiles , à caufe qu’on voit que lè bois de Chêne employé fous l’eau ne pourrît point,8c employé dans lç terrain ordinaire, pourrît également brûlé , comme-quand il-ne left pas.
- Le Sapin des Pyrénées à l’iifage dé là-mâture, ne dure -que quatre à cinq ans -, celui des Alpes davantagej ÔCr celui du Nor-d, ou celui qui vient deMoskou, ourecks; dix à douxe ans. On veut que les premiers ayent toutes*.
- Diii
- p.53 - vue 61/259
-
-
-
- 54 T R À r T I* DIS, Po MTS
- leurs forces au dehors, ou à la circonférence , & qu’ils ayent le cœur cendre ; au lieu qiie les derniers ont le cœur dur, 8c molle la circonférence.
- Dans les bois de Chine on ôte l’aubour, qui eft une circonférence de bois blanche & plus cendre autour de l’arbre , que ne l’eft le cœur , & qui eft bientôt percée des vers , fi on l’employe dans les ouvrages du dehors ; tuais dans les ouvrages fous l’eau , on ne garde point ces précautions : on employé les pilots de toutes leurs groflèurs, après qu’on en a ôté l’écorce , en les alignant autant que faire fepeut.
- Le Pin eft un bois prefque femblable an Sapin qu’on employé a différens ufages , qui eft plus pefant, infiniment meilleur, qui dure plus expofé à l’air, 8c qui ne pourrir jamais fous l’eau.
- Il n’eft rien enfin de tel que le Chêne pour la Charpente des Ponts *, mais on doit auffi fc fouvenir que quelque ouvrage qu’on faflè de Charpente , à l’ufage d’un Pont pour le Public, celui de Maçonnerie eft à préférer , dût-il coûter fix fois plus. *, à caufe que celui-ci eft fait pour toujours -, au lieu que l’autre de Charpente eft (ans ceffe à recommencer 8c à refaire , 8c qu’il coûte beaucoup pour l’entretenir.
- Il y a de trois fortes de Chêne $ du blanc, du noir » & du verd. Les deux premières croiffent bien Ibuvent enfemble dans une même Foreft * on ne les connoîc qu’à l’écorce , dont l’une eft lifTe 8c blanche » & l’autre eft rude & obfcure. On ne met point de différence dans la qualité de leur bois j on n’en trouve pas même partout d’une de ces efpeces ; &c ce font de ces deux-là dont on fe fert pour la Charpente des Ouvrages i & on n'em-ploye le Chêne verd que pour le chaufage , pour des fufeaux, & des dents de différens rouages , ou de différentes machines , comme de tous les bois prefque le plus pefant 8c lé plus dur , & qui ne çroift pour l’ordi* naireque dans les pays chauds.
- p.54 - vue 62/259
-
-
-
- ït Chàusss'b s.' #
- Il y a de trois fortes de Sapins, le mâle & la femelle, & la troificme eft l’If, dont on ne fe fert pas dans, les Ouvrages de Charpente, â caufe qu’il eft rare & petit y feulement dans ceux de Menuiferie.
- Il y a de deux fortes de Pins » les uns Wanchus, qui croiftènt dans les plus hautes Montagnes \ 8c les autres-unis, fort droits., 8c un bouquet à la cime, qui croif-. fent ordinairement dans des climats tempérés 8c fa-blonneux.
- C’çft une chofe admirable de voir tous ces arbre& chacun fuivant fon .efpece , garder differentes hauteurs, dans rAtmofphere fur le penchant d’une haute montagne , quoique le terrain où croiftènt tous ces arbres foie le même au haut comme au bas. Les Pins pour l’ordinaire croiftront dans la plaine dans des endroits fablonneux, les Chênes naîtront au pied de la montagne 8c au bas; des vallons *, les Hêtres fuivont apres , qui viennent au-deflùs des Chênes, 8c vont fe perpétuer jufqu'au pied} des Sapins , qui font audeftus, 8c qui tiennent le plus, haut 8c ie dernier rang dans les plus hautes montagnes. L’air qui les fait tous vivre , en les faifant refpirer par le moyen de leurs traquées ligneux, fuivant la différence de fes modifications plus ou moins pefantes > doic être la principale caufe de leur production , puifque ces différentes fortes de plans d’arbres gardent différent, degrés de hauteur dans latmofphere, en maniéré d*Amphithéâtres , fur les plus hautes montagnes » 8c que le terrain qui eft le même au haut & au bas delà, montagne , nçn produit pas partout également.
- p.55 - vue 63/259
-
-
-
- Thaite' des Ponts
- CHAPITRE XII.
- De la mefurç & àu Toifé des Bots.
- N mefure les bois de différentes maniérés. La meilleure & la plus commode eft celle du cent de folîves , qu’on pratique le plu$ dans les Ouvrages du Roy. Le cent de loli-ves fait trois cens pieds cubes, ôc par con? fequent trois pieds cubes font une folive.
- Si l’on mefure une piece de bois fuivant les dimen-: fions ci-après , en multipliant la largeur par la hauteur en pouces, &le produit de ces deux-ci par le dernier terme, qui eft la hauteur, on aura le nombre des fo-lives qu’on demande.
- EXEMPLE,
- Toifes. Pieds. Pouces.
- Longueur, z---—- o *-r- o
- Largeur, o - o---------6 >$<* Pouces,ou 3 Pieds.
- Hauteur, o----»---q — <> 3
- On multiplie £par£ , qui donnent $$ pouces ; or 36 pouces font 3 pieds ; & ces 3 pieds font la moitié d’une toife. Ôn prend la moitié de la longueur de z, qui eft 1, ou une folive 5 de maniéré qu’une piece de bois qui a de long deux toifes fix ponces fur fîx pouces de gros, ou d’équarriflàge , fait une folive, ou trois pieds cubes. Par cette maniéré on peut mefiirer toute/forte de bois tres-aifément , & en faire le compte.
- On peut encore calcule? les bois tn les réduifant tous en pieds cubes, & divifanr le total par trois, cela vous donnnera le nombre des folives que vous cherchez.
- p.56 - vue 64/259
-
-
-
- ET CHAüS ï^ï J,
- Par exemple,
- On veut fçavoir combien donnera la piecedeboisci-defïus, de deuxtoifes. On couche fur le papier n^ieds, éç multipliant les 6 pouces par rz pieds , cela donnera 6 pieds > quil faut encore multiplier par les fix autres pouces s ce qui donnera 3 pieds cubes , ou une folive» On a encore d’autres maniérés demefurer les bois» & pour cela, on divife la folive en 144 chevilles, donc chacune eft de 5 pieds de long, 6c d’un pouce de gros» &par confequent chaque cheville contiendra 36 pouces cubes. Mais je trouve cette maniéré moins propre quç les precedentes , dont je me fuis toujours fervi pour expédier plus promptement mps calculs : M. de la Hire donne une Table pour ce calcul.
- Quand on a plusieurs pièces de bois de différentes longueurs, 6c de même grolïèursou d’écarifïige, comme font certaines folives , poutres , 6cc. on les ajoute enfemble, pour n’en faire qu’une longueur, & on en fait le compte comme ci> defïus.
- Les pilots 5c les pieux fe mefurent autrement que les bois équarris, à caufe qu'ils ne font pas également gros àuxdeux boucs , 6c qu’ils font pour l’ordinaire arondis} &pour cela on les mefure au milieu de la piece chacun a part, ou l’un après l’autre 3 6c cela avec un cordeau tout autour, qu’on rapporte fur une Réglé divifée en pieds & pouces,, fur laquelle on voit la circonférence du pilot que l’on quarre, fuivant l’ufage ordinaire de la Géométrie : on fait un état .en colomne , qui porte le nombre des pilots employés dans l’Ouvrage que l’on çpife à mefure qu’on les voit mettre en place.
- Voicile modèle dont je me fuis toujours fervi.
- p.57 - vue 65/259
-
-
-
- $ Tuaiti' »*s P-o.kt$
- Etat des pilots employés a la Pile de du Pont de le, &c.
- Numerots. j 1 | Long. 1 — Circonf. 1 Redu&ion 1 | en quarré. | | Redu&ion ( captés cub.
- ! ° 0 J 0 •
- * 1 [ &C. 1 1 1 1
- Pour éviter la peine qu on a de calculer les bois, fonds, j’avois penjÇé de dreffer une Table fur toute forte de longueur & de groflcur de bois, j’en conféra* tm jour avec le Sieur le Blanc, habile Géomètre , Ingénieur dans les Ponts te Chauffées, qui me dit y avoir travaillé. Je le priai de me faire voir fon Ouvrage » qu'il me montra, te me le donna. Je le rapporte cy-après, c’eft à luy à qui le Public en a l’obligation : on abrégé beaucoup la matière par une femblable Table.
- Table pour l'ufage du Tnfé des Wts ronds.
- Circonférences* Pouces. Diamètres. Pouces. Ligues Superficies. | Pouces.
- l8 5 8 *5T
- 19 6 0 -i II î7f •
- 20 6 * T î-V
- 21 6 s ir
- 22 7 0 10
- 25 7 2 “
- 24 7 7 7, ”T
- f *J 7 < II‘7T 4*7
- p.58 - vue 66/259
-
-
-
- IT Chausse^*.
- Circonférences. Pouces. Diamètres. -Pouces. Lignes. I Superficies. ' Pouces.
- 16 8 st
- *7 8 57^
- 28 8 Ia? 6-2-1.
- *9 9 66±
- II 6
- P 9 11 71 —* IL
- 31 9 10-i ' XI 7*7
- 3* ÏO 1 2“^ 8ï-L.
- 33 10 £ 86-J1
- 34 10 « 9*^ 11
- 35 11 17 57-—
- 3* T 1
- 11 57 103-
- * 37 ; Tl
- 11 5“ 108
- 38 12 *» ”47
- 3? 12 4-“ 121
- 40 12 8 £- I277
- 41 13 oi U I337
- 42 13 4~ 140 —
- 43 * 13 8T .14^7
- 44 14 0 *54
- 45 14 37 a
- A6 14 . 7ir i*8-f
- '47 H IX-i- 11 i74
- p.59 - vue 67/259
-
-
-
- Traiti* dis Ponts
- 66
- Circonférences. Pouces. Diamètres. ; Pouces. Lignes. Superficies. Pouces.
- 48 *5 3— II i837
- 49 *5 JJL II I?o— . n.
- 50 *5 îo1! 11 198-1.
- 51 16 %o$±_
- 51 16 ii 21 5i II
- 53 16 10-i h 11
- 54 17 3-i- 11 *31 — II
- 55 17 240JL II
- 5^ *•7 *45>-L II
- 57 i zS 2JL II
- .58 18 . H-
- 59 18 8JL n 27^-i-
- €0 19 ïJ^ n 286’-L u
- €1 *9 29<f_J,
- *2 *9 74 3°57'
- *3 20 4 O—> II 31 5-1-}
- Je n’ay pas cru devoir continuer cette Table pour la,, mefure des bois ronds, audelà de 20 pouces de diame-* tre i à c.aufe que rarement en employé-t-on de cette groiTeur, & audelà.
- p.60 - vue 68/259
-
-
-
- « T C H A U S S l'i s: jjfo
- *Vfagc de cette TaUc #
- Pour mefurer la folidité d’un pilot, !il en faut prendre la circonférence au milieu, en réduifant la pointé qui a été affûtée pour recevoir la Iardoire. Cette mefu-re fe fait avec une fifeelie , 5c ayant trouvé 30 pouce» de circonférence , & la longueur de 19 pieds , il faut chercher dans la Table 5c dans la Colomne des circonférences , celle de 35», qui donne pour diamètre du pilot 11 pouces 4 lignes ï2*» &pour fuperficie de fon circuit in pouces en quarré, qui eft dans la même ligne ÔC dan» la Colomne des fuperficics , laquelle on doit multiplier parijpi'eds, longueur du pilot.; ce qui produit 2*9$* que l’on divife par 144 > valeur des pouces d’un pied quarré.; & le quotient 15 feront les pieds & pouces cubes que le pilot contient, dont les trois font la foli-ve : ainfi fi on prend le tiers, on aura 5 folives 1*2. que le pilot contiendra. ***
- On opérera de même de tous les autres.
- p.61 - vue 69/259
-
-
-
- Première Table. I Seconde Table. J Ttoifiéme Table.
- Dix millième de pièce.
- 'O O HN N b Vo O oo O
- * >» ° ^ ON O Vo w as (s t h O ON
- ** ^ V'N 'û M c\ O N ^ ^ f\ÛO O H rj* Vq
- ™ N N H Pi **
- Circonférence. Pouces. | S g. ^ ? jry*-$ o »
- I Dix millième de pièces. Circonférence. Pouces. Millième de pièces. Circonférence. Pouces.
- î>.>' l'' H N ii >r-\ ws st* CS OO O VO Vo ?T
- on\o «s h a\fv»Vo q
- »Osr>w ersTj-^sVo J^.00 O w
- ^ Vo |>oo OO CS Q w
- oo os o *-<
- H «ys^t*°~Vo f^OO Cs O m H m tJ-NNelNele(e|e|t<s«sfntnNS
- i Vo 0\el Vo O O >-i f'-. pps O J'"' <\| ih Os
- t ri mU-«\ûOO 0\ n e) f ^|N Os O ci -cj- Vo
- 1 N Pl Pi Pi Pi ri WSPfiMsenMSPnsj-'^^-sj-Tt'
- i>o-\\o1''vOOOsOhNp(S'^-j pr>p<srriP<SPPSTj-'e}--ei-'ej-'<^-
- OS^VO V'S tJ- -e}- TJ- v'~' 'û h- OS w CVS So OOOO OsQp-1 pi m ^ '"N \û oo O »->
- Circonférence. Pouces. |
- j Cenriéme de pièces.
- | Circonférence. Pouces.
- J Centième de pièces. Circonférence. Pouces.
- <n r- oo os
- ri ci Pi Pi N Pi
- s}- Vo |S C\ h Pi t}- Vo OO ppv «ss cvs ers •cf- rt-
- us u m p« m sf- vs\o t^OO Os O
- p«s sJ- rj- ^sf- ~pf- -pj- sj- rj- <^s
- fs» ON Q H li
- .{ vp.r^ r-«> ®v o m
- OO CS O M «i PPS -vf .Vo OO OS O W Pi PO sh
- M HHfifiiitiHrifiPiNmwwipm
- p.62 - vue 70/259
-
-
-
- ÏT C H AU S Sï'ï 8« fj
- Monïréur Sauveur Maître dés Mathématiques de» Enfans de France % de l’Académie Royale des Sciences, qife'j’ày prié d’examiner cet Ouvrage des Ponts, m’a fait l’honneur de m’envoyer la Table ci-de dus, pour l’ufège des'bois ronds, çlelaquelle le Public pourra profiter. Comme la ligne courbe qui fait la circonférence d’un pilot, eft incomménfurable , tous les calculs qu’on a pû faire jufqu’aujourd’huy, n’ont jamais été bien juftes. On approche de la vérité dans cette hypothefe, autant qu’on peut, par une infinité de recherches que les plus grands Geometres ont fait fur ce Problème. C’eft pour cela que M. Sauveur a compofé trois Tables* & dont la troifiéme eft plus jufte que les precedentes * à çaufe de fa pr écifion, qui approc ne le plus de la vérité qu’on cherche.
- Car la troifiéhie Table eft dix fois plus jufte que la fécondé, &la fécondé que la première.
- L’erreur dans chaque Table eft au plus un fur le double du nombre des pieçes. Ainfi la circonférence étant de iS pouces, l’erreur dans les trois Tables eft au plus de i fur ii, fur 120, fur 1194.
- Et fi la circonférence eft de 31 pouces, l’erreur dans les trois Tables eft au plus de 1 fur 196,1058,9582.
- Il paroît par ces erreurs que la féconde Table fuffir.
- Dans chaque Table la première Colomne marque la circonférence moyenne d’un bois rond, exprimée par pouces. .
- La fécondé Colomne marque dans la première Table les Centièmes d’une piece de bois d’un pied de long.
- Dans la deuxième les millièmes.
- Dans la troifiéme les dix millièmes.
- Ainfi faifant des multiplications avec la première Table , il faut retrancher deux chiffres ; avec la deuxième trois chiffres j avec la troifiéme quatre chiffres.
- JEXEMPLE.
- XJa pilot de 36 pouces de circonférence par fon mi'-
- p.63 - vue 71/259
-
-
-
- ?4 T R AIT b' DE ft PolwT!
- lieu, &I5» pieds de long*, on demande combien il contient de pièces de bois ?
- Vis-à-vis de 36 on trouve dans les trois 'Tables 24 * ijS> » i3&7> que Ton multiplie par 15)*, on aura par la première Table 45* pièces, ou 4 m_pièces ; par la fécondé 4, 541, ou4ü
- .f©
- Far la troifiémê, à peu près la même chofe, fçaVoït
- 4» 5353* . , .
- Voici l’artifice de la troifiémê Table, fiir laquelle les deux autres ont été faites.
- M. Sauveur fuppofe que la circonférence d’un pilot étoit d’un pouce , & pour avoir Ion diamètre il dit: Comme 355 eft à 113 , ainfi la circonférence 1 éft à jù
- qui fera le diamètre. Il multiplie la circonférence 1 par le diamètre , ce qui donne 4 fois la bafe du cylindre}
- ainfi la bafe du cylindre
- Une piecé de bois contient 3 pieds cubes , ou 144 .chevilles de 3 pieds fui' un pouce quarré ; ou 432 chevilles d’un pied de long fur un pouce quarré. Il ditenfuité Si 43 z chevilles d’un pied de long font une piefce, com* bien n.amiï d’iin pied de long ? Il trouve W. pièces
- de bois, pour un cylindre d un pied de long , & d’uri pouce de circonférence. Et puis pour avoir le nombre qui répond à la circonférence 20, il dit î Comme le
- .TU
- quarré de la circonférence i eft à , ainfi le quarré
- 400 d’un pilot qui a 20 pouces de circonférence ; [ car ïts pièces augmentent en proportion des quarrés des
- circonférences,] eft à 6*" qui eft le nombre des pièces d’un cylindre qui a 20 pouces de circonférence i & un pied de long.
- Enfuite ajoutant quatre zéros au premier nornbro ^«1344^“* j il divife le numérateur 4520.0000 par le
- dénominateur
- p.64 - vue 72/259
-
-
-
- 1T CHAUSSÉ!. <?5
- dénominateur 613440,1e Quotient eft 737,que Monfîeur Sauveur a mis dans la Table, vis-à-vis de 20, & ainfi des autres. Qui eft une des plus grandes précisons qu’on ait pû inventer jufqu’au jour d’hui.
- CHAPITRE XIII,
- Des Pilots, & Pds-a-Ptanches.
- E s Pilots font de differentes longueurs SC de differentes grofïèurs, fuivant que le® lieux où il faut les employer , different en-tr’cux. Plus la fondation eft profonde , SC que Je poids qu’ils doivent fupporter eft grand, plus iis doivent être peuplés, & avoir de grof* feur. On en met 18 à 20 à la toife quarrée , tant du plus que du moins, quand furtout le poids du mur eft con-fiderable. On les coeffe différemment, pour en aftiirer latêre, afin qu’ils ne puiffent point dutout s’écarter du defïbus de la Maçonnerie qu’il faut qu’ils fupportent. On fc fert de corps d’arbres de 10 à 15 pouces de diamètre à la. tête, tant du plus que du moins, que Ion couronne d’une Frète, pour l'empêcher d’éclater fous l’effort de la Sonnette quand elle l’enfonce.
- Le bout eft ordinairement armé d’une Lardoire qui a depuis 5 â 15 ôc 20 livres de poids , fuivant Iagroffeun des Pilots > cette Lardoire, qu’on appelle Sabot, ou Moufïle, en certains endroits à trois ou quatre ailles ou branches, chacune percée de 4 à 5 doux, à tête plate » pour l’alfurer aux quatre faces du bout du Pilot qu’on aainfi affûté en pointe. On met même quelquefois u» petit Dez de fer entre le bout du Pilot qu’on coupe quarrétnent, & le fonds de la Lardoire, afin qu’il foie plus affuréentre les Branches, 8c que le bois ne fe refoule pas. E
- p.65 - vue 73/259
-
-
-
- $£ Traite' des P ©nt9
- Moniteur Ballet dans fon Traité d’Archire&ure, dir*. qu’il faut que les Pieux aycnt autant de pouces de diamètre, qu’ils doivent avoir de pieds en longueur pour être proportionnés. Ainfi pour piloter, celui qui aura 12 pieds de long , doit avoir douée pouces de diamètre* Ceux-qui auront neuf pieds de long, doivent avoir *T|>oiices de diamètre, &cc. Cette proportion luy paroît bonne,depuis 6pieds jufqu’à i2jmais fi.lesPieuxavoienc ï 6 à 18 pieds de long, il fuffira qu’ils ayenr 13 à ^pouces de diamètre ; & xe qui eft affûté en pointe pour le planter doit avoir deux fois & demi à trois fois au plu» Je diamatrc du Pieu. Ainfi fi le Pieu a 9 pouces de diamètre où Ton l’affûte, il doit être affûté en long de 27 pouces. Et pour faire une fondation fôlide, il prétend qu’ils doi vent être peuplés tant plein que vuide.
- Les Pilots à Rainure font ceux qu’on choifitles plus droits, & qu’on équarri même bien fouvent pour être employés en bordage, fuivant la profondeur où ils doivent êtremisj& fuivant la longueur des Pals-à-PIan elles on fait les Rainures plus ou moinslarges, toujours avec un pouce ou huit lignes de jeu pour les recevoir. Ainfi, fi la Pal-à-P lanche a 3 pouces d’épais, la rainure en doit avoir quatre. Si la Pal-à-PIancne a fix pieds de long, elle doit avoir deux ponces d’épais, & la Rainure près ce trois de large. Si la Pal-à-Planche a 12 pieds de long/ qui eft pour l’ordinaire la plus grande longueur de ces fortes de bois, elle doit ayoir 3 pouces d’épais, & la Rainure4, .& ainfi à proportion des profondeursqu’on veut atteindre j obfervant de donner toûjours 2 pouces de creux aux Rainures des Pilots.
- On n’a pas plûrôt enfoncé deux Pilots à plomb avec leurs Rainures, & que l’on plante l’un proche de l’autre à peu-prèsdelalargeur des Pals-à-Planches qui doivent être de u à 15 pouces de-4rge,fur qtioy on fe régie quand on bat les Pilots, que l’on bac à l’entre-deux une Pal-à-Planche dp calibre. Çecce Pal-à-Planchç écarte les
- p.66 - vue 74/259
-
-
-
- i T C ft a Ü S S 1*E s. éf
- t>iIocS s’ils font rrop ferrés,à force d'être battue avec la Sonnette dans leurs Rainures» fuivant k difpofition du fable, ou du gravier mouvant i oùûls font plantés. Cela étant fait, ôn bat un autre Pilot, & enfuite une Pal-à-Planche a l’entre-deux, & ainfi toujours confécutive-inent demême, eh parcourant le pourtour de l’ouvrage qu’on veut fonder.
- On ârrheîës Pals-à-Planches de Lardoires, quand le terrain dans lequel on les bat, eft rempli de Cailloux fur lequel le bout en pointe de la Pal-à-Planche peut s’é-taouflèf » ou fe refouler, comme le bout d’un Pilot * quand on le bat àplufieurs reprifes, Iorfqu il rencontre du Roc, qui rüincTa Lardoire, & dont la pointe fe refoule fur le vif du pocher. On couronne encore les Pals-à-Planches d’une Frète, comme les Pilots, en les affûtant par les côtés pour être battub’s, toûjours fur le mi* lieu de leur bois.
- La Planche dix-feptiéme, Figure 4, fait voir la raà-hiere dont le bout du Pilot eft armé, le profil de la Lar* doire , comme il doit être façonné pour en faire fâiré im modèle qu’on envoyé aux Martinets où l’on les forge, leur nombre, le poids, &c. On fait des Pilots de £apin, & de Pin, de même que des Pals-à- Planches, je m’en fuis fervi dans l’occafion utilement, lorfque je n’ay paspû trouver d’autte bois pour mieux faire, furtouc dans les emplaccmens qui doivent être couverts d’eau à toujours*
- Eü
- p.67 - vue 75/259
-
-
-
- *8 Traiïi^ des Po»ts
- CHAPITRE XIV.
- Des Echafaudages.
- L y a bien du génie à fçavoir drdïèr un Echafaudage. Les Ouvriers ont leurs maniérés en toute forte d’endroit, où ils ont coutume de travailler i mais d’abord qu’ils ont des ouvrages extraordinaires , ils perdent la Carte, 8c font obligés d’y penfer plus d’une fois.IIs prennent pour l’ordinaire avis de leurs Confors. On ne fçauroic apporter trop d’attention à de pareilles chofes. Il y a beaucoup de la faute de celui qui conduit un ouvrage de conféquence, de ne faire pas aflémbler tous les principaux bons Ouvriers, pour prendre leurs avis touchant les Echafaudages à faire dans un ouvrage confiderable,furtout dans les Ponts. Quand un malheur cft arrivé, on blâme toujours l’Ingénieur, ou i’Archi-teéte quieft en chef pour faire faire le travail s 8c celui-ci a toujours à Ce reprocher, quand il arrive du mal aux Ouvriers qui n’ont pas I’efprit de fçavpir fe conduire , êc .d’alïurcr les Echafaudages, fur lefquels ils doivent travailler.
- Dans le rang des Echafaudages, je fais entrer les Ponts de Charpente qu’on drefle pour abréger le fer vice, & pour le faciliter. Les Anciens nous ont laifle des marques des précautions qu’ils prenoient pour s’échafauder dans les grands ouvrages qu^ils faifoierit ; & au lieu des troux de Boulin, que nous laiflons ordinairement dans répailTèur des murs, pour alïurer les Poutres â. fupporter les differens étages des Echafaudages, ils laiflbient des Corbeaux, & des pierres en faillie, tant dans les Cintres des Arches vers les reins, 8c les retont*
- p.68 - vue 76/259
-
-
-
- ET CHAUSSEES. '
- bées en avançant les doüelles, ou l’inrradofïê des Vouf-foirs, un pied & demi, ou environ dans l’ Arche, que dans les paremens des murs de tête des Ponts vers le* reins des Arches, fur les piles où Ton les voit encore pour fervir au pofage des pierres qui dévoient faire la façade de l’ouvrage. Les trouxde Boulin dans une Archç font toûjours un mauvais effet, qu’on ne referme jamais bien j au lieu qu’une pierre en faillie, peut être, fi l’on veut retaillée, fuivant le vif du mur, & ne faire jamais, aucun tort à l’ouvrage.
- Ôn voit arriver tres-fouvent des malheurs pour n’avoir pas bien Cintré des Arches, pour n’avoir pas biens étançonné les Echafaudages.
- Dans les réparations qui furent faites ail Pont Aque-. duc antique du Gard, par la Province du Languedoc,. & fuivant les.ordres de Monfeigneur de Bafville, Intendant, afin de l’empêcher de dépérir, un Echafaudage vint à manquer deuxTailleurs de pierre avec l'Entrepreneur tombèrent de 15 à iîtoifes de haut, fur un Roc vif, deux relièrent roides morts fur la place y l’Entrepreneur en échapa par le moyen du Trépan, Ôc en perdant dans cette chute pîüfieurs pièces de fon Crâne.
- A Montfrin, petite Ville du Languedoc, où le Seigneur faifoit travailler à la Sculpture d’un Fronton de Ion Château, l’Ouvrier qui en étoit chargé; fut allez imprudent de ne pas afïùrer fon Echafaudage, quiluyi manqua fous les pieds 5 il eut cependant Ife temps de fe retenir à la Corniche avec fon Cizeau qu’il empoignoit d’tine main, fans jamais le quitter, en guife de Cheville dans un joint.On accourut pour lïiy tendre uneEchel-Ie, ainfifufpcndu d’une main, gardant cette fituarion. fans jamais dire le moindre mot, afin de ne perdre pas; fes forces.
- Un de fès camarades le fut prendre pour lè faire dcC*. cendre j il le trouva fi roide & fans mouvement qu’il eût; beaucoup de peine pour le retenir,. & le defeendre awk
- E iife
- p.69 - vue 77/259
-
-
-
- 7© Traite' dis PqKts
- bas de l’Echelle, fans qu’il pût prononcer aucune para*' je. Il revint enfin, peu à peu, mais il a gardé fa maint gauche pendant plus de fix mois, fans Ja pouvoir ouvrir avec liberté , à caufe de l’effort qu’il avoir fait à foûte-nir tout fon corps pendant le temps qu’on reflet à Iç yenir fecotirir.
- Ces malheurs doivent être évités par la prudence de celui qui conduit l’ouvrage ; il doit tout yoir , çrre partout, &c rien ne fe faire fans en être averti, L’un &l’aur tre de ces deux cas m’ont été racontés par l’un des En** trepreneurs des ouvrages mêmes > lorfque je fus vérifier 8c recevoir fon travail du Pont du Gard.
- Les Echafaudages font tous differens les uns des ailr très, autant que les ouvrages où l’on les faits different cntr’cux.
- C’eft donc au génie > 8c à la conduite de celui qui a 4 tiire&ion de l’ouvrage, de les faire plutôt d’une maniéré que d’une autre , & de ne permettre pas qu’ils fç faiïènt, fans qu’on ne foit convenu de leur difpofition, des bois qu’il y faut employer, & des précautions fûres, qu’on doit prenne pour les bien établir.
- Les Cintres à un Pont, font comme un Echafaudage , pour foutenir lesVoüfioirs de l’Arche * & ces Cintres eux mêmes ont befoin dfc plufieurs, Echafaudages , bien fouvent pour pouvoir être dreffés, & mis en place. On ne fçaitroit croire combien il en coûte pour conftruirç un grand Pont, qui a furtout une profondeur d’eau con-fiderabîe , 8c un courant rapide audeffous, où l’on ne peut établir, ni Trctaux > ni Etançous, pour pouvoir pofer les premières pièces de Charpente d’un Cintre, <Sc qu’on ne peut même détourner les çaux.Ona recours bien fouvent à un , 8c deux fils 4c Pieux qu’on plantç vers le milieu dé l’Arche, entre les piles, ou en d’autres endroits pour s’y affiirer, à des bateaux qu’on attache aux piles , 8c fur lefquels on établit des étages , 8c de$ Çharpentes pour çommençer à pofer les principales par-?.
- p.70 - vue 78/259
-
-
-
- I r C h À.ffSîi'i s*:
- tîescfcs Cintres. Toutes ces differentes manoeuvres de* mandent des foins tous particuliers, beaucoup de pa* tiénce , & encore plus d’adrefïè, & de génie. Audi onde doit pas être furpris fi dans- la plupart des Ponts les Entrepreneurs demandent qu’on leur pafle le vuide des Arches , commepleinde Maçonnerie, depuis leur naiflance dans le toile, par rapport à la quantité des bois qu’il faut employer dans lés Cintres, qui fe montent bien fouvent tout compté, autant que la Maçonnerie des vuides , cftimés pleins. Ce font enfin, des Forêts de bois qu’il faut employer pour Cintrer dé grandes Arches. Il n’y a que la pratique, & la néeciîité dans ces fortes de cas ,qui enfeigne la maniéré de s’échafauder > qui différé dans tous les endroits, par rapporta la différence dés lieux , & à celle des Ponts. Ainfi, on ne fçau> roit établir des régies certaines, & generales ; pour ce» fortes d’ouvrages de Charpente..
- CHAPITRE XV.
- Des Cintres, Mortotfo$> é‘ Poutres armées.
- N ne fçauroit faire un Pont de Maçonne* rie firàs Cintre ».le Cintre cft comme lame* de l’Arche, & le modèle fur lequel il dois êrrebâtii & fi le Cintre n’eft pas bien dre£ïe l’Arche fuivra fa mauvaife difpofition..
- Les conditions da Cintre, font, qu’il doit être plus»: Fort que la charge qu’il doit fupporter î 6c les parties» du Cintré, encr’eîles doivent eompofer un Tout pour porter également chacune partie de la charge à proportion deleurs dimentions.. C’eft ici où cclUi,qui donne-le deffein d’un Cintre^ doit employer toutes les ré-, gles dés méchaniques *. ou des forces.mou vantes* &.cb:
- EiiU
- p.71 - vue 79/259
-
-
-
- jl Traits' dis Pomts
- la Phyfique, afin de proportionner la pefanteur de Pars
- à la force de l’autre.
- Un homme qui raifonne dans ce qu’il fait, peut donner le détail du poids qu’il doit faire fupporrer à toutes les parties d’un Cintre ; & les uns foût'enant les autres, jfervir comme tout autant de Leviers pour faire effort, & mettre en équilibre la charge. Je fçay que plufieurs qui ont fait des Cintres , & qui donnent encore aujourd’hui des deffeins, n’ont jamais appris les Régies des forces mouvantes, & n’ont pas laide que de donner de tres-beaux projets de Cintre , qui ont parfaitement Sien réüflî à éleyer des Arches de Ponts ; mais cela n’eft pas.une raifon qu’ils puifTent toûjours également bien faire. Il y a du hazard dans leur fait \ & tant qu’un Maître Charpentier n’apportera pas des raifôns delà force quedoir fupporter chaque partie quicompofe le Cintre dont il donne le deffein, on doit toûjours douter de fon ouvrage.
- Comme les forces dans les deffeins des Cintres fe multiplient à l’infini, plus on y ajoûte des parties qui fupporrent l’effort les uns des autres j les difeours que je pourrois faire là-deflus n’auroient jamais fini.Jerap-portedes exemples des ceux qui ont travaillé fur cette matière. Ou peut voir Monfieur Blondel, dans celui qu’il rapporre qui a fervi à bâtir l’Eglife de Saint Pierre*1 qu’il dit eftre de l’invention d’AnronioSangàlIo, de io toifes de diamètre. Je donne les Cintres de Mathurin Jouffè. Planche 18, Figure itc, ze ti 3e,
- La première , eft une Ellipfe dont le grand diamètre eft d’environ 18 toifes ; la féconde, eft un plein Cintre, & la rroifiémede même, de 9 toifes de rayon.
- La Figure quatrième reprefente un Cintre pour la plus grande Arche d’un Pont qu’on avoit projette adof-feràcelui de l’Aqueduc du Pont du Gard , fait d’une portion de Cercle, dont la Corde étoit d’environ 18 toifes, dreffe par feu le Sieur Daviller. J’ay été envoyé
- p.72 - vue 80/259
-
-
-
- ÏT Chabisi'es. 7$
- fur les lieux du depuis , & ayant trouvé que fe peu vois épargner quelque chofe dans l’emploi des Bois » & dans le compte que j’en ay rendu, je projett2i le Cintre, Fig. cinquième. J’en propofe encore un autre de pareille grandeur, Fig. fixiéme» Tous les autres qui font audef-fous, Fig. 7e, 8e & 9e, font de 11, 6 & 4 toifes de diamètre , que je donne aufli pour des projets de beaucoup moindres ouvrages , qui peuvent être augmentés , ou diminués, fuivant ï’ufagc plus ou moins grand auquel on voudra les employer.
- Les Cintres plus ou moins forts, fe pofent à l’endroit des Arches qu*on veut conftruire plus ou moins près, à près, fuivant le poids, & l’étendue de l’ouvrage , de 3,4 & 5 pieds de diftance d’entrevoux. C’eft ici où le génie de celui qui conduit le travail, doit réiinir toutes les forces de plufieurs Cintres à fupporter tous les
- Foids des matériaux dont l’Arche eft compofée. Comme on en peut faire certainement un compte , on en peut faire auffi un de celui des bois, &les comparant enfem-ble, en tirer les conféquences neceflTaires à l’ouvrage.
- Quand une fois la grandeur des Cintres eft déterminée i on trace à terre fur un Etalon la figure de l’Epure* avec les rraits,pour fervir à la coupe des pierres , afin d’en dreftèr les differens pancaux, fi c’eft une EiJiplè. Cefa n’eft que pour les grands ouvrages qu’on prépare ainfi à terre une Aire planchoyée, & un Chantier ex-prefifément -, car pour des Arceaux, fuivant leur grandeur , on fe contente de tracer leur Epure fur des murs bien unis, dans des grandes Salies, fur des carrelages, & où il peut êcre permis.
- Les Cintres ordinaires, pour de petits ouvrages font compofés ordinairement, d’un entrait ,vd’un poinçon s de deux Arbalétriers, ou à leur place de pièces de bois cintrées, fur lefquelles on pofe les doifes, qui fuivent le trait de l’Epure, 8c fur celles-cy , enfin les Vouftoirs en coupé de l’Arceau, ou de l’Arche qu’on veut conftruire.
- p.73 - vue 81/259
-
-
-
- 74 Traitir bis Ponts
- La charpente d’une Armature de Cintre, s’amortoi-fe différemment, fuivant l’ufage & l’effort qu’ônluy veut faire faire. >
- Elle s’amortoife par embrèvement, & par entaille, lorfqu’un Arbalétrier porte fur un entrait, 8c toute autre piece qui fait un pareil ufage, comme une décharge.
- A joint quarré, lors qu’une piece en fupporte une autre à plomb, ôc quarrement, comme fait la tête d'on Pilot, qu’on cocffe d’un Chapeau, ou d’un Travon.
- A Epaulemcnt, comme quand on fait porter une Longueraine, ou une Lierne à côte de la tête d’un Pilot que l’on boulonne après, pour fervir à pouffer un £1 de Pals-à-planches à l’entre-deux.
- A Mordant, 8c à Renfort, fuivant le plus ou le moins, dont on en a befbin , lorsqu’on veut faire porter par about une piece à côté d’une autre orizontalement,
- En About de Lien , comme quand on amortoife la décharge d’une Liffe, avec la pièce de Pont, Ôc le poteau d’appui.
- A Tenon à Tournice, Iorfqu’on veut pofer une pièce fur une autre en décharge.
- Et enfin à Tenons 8c Mortoifes doubles, Iorfqu’on veut garder plus de fureté, 8c de mefures dans les grof-les pièces qui en ont le plus de befoin, comme plus renforcées.
- Le Tenon, eft pour l’ordinaire le tiers deîl’épaiffeur de la piece, 8c j’eftime que quand il feroit les deux cinquièmes, il n’en feroit que plus fort, 8c la mor-toife qui le recevrait, auroit du bois fuffifammenc de chaque côté pour s’entretenir , afin que le tout comparé cnfemble à proportion des épaiffeurs des uns& des-autres, fut également fort.
- Les Poutres armées font neceflaires pour mettre à do longues travées de Ponts de Charpente, lorfqu’une feule Poutre, qui cft pour l’ordinaire trop foible, n@
- p.74 - vue 82/259
-
-
-
- K T C H A U S S l'i S. 7|
- fuffirpas pour fupporter tout le couchis d'un Pont. On les renforce donc avec deux ou trois autres poutres moins longues, que l’on amortoife les unes & les autres en décharge.
- Je donne pour cela la maniéré dont fe fert Mathurin JouÆè, où l’on voit comme dans la planche 19e, Figure première, la poutre eft fortifiée par les deux décharges.
- En la Figure troifiéme* elle eft aufli rafliirée par deux décharges, avec une troifiémepiece au milieu qui rend le roiit encore plus fort.
- Et enfin la Figure deuxième., montre encore une autre poutre armée avec deux décharges, entaillées par un bout de toute leur épaiffeur dans la poutre, les unes &C les autres boulonnées , & bien chevillées , foit avec des Etriers, ou autrement à leurs abouts, aufquels on peut mettre des plaques de plomb pour mieux porter l’une contre l'autre-, quand il y a trop de jour dans les traits de Scie.
- La maniéré de feu Mathurin Joufle, qui a paffé juf-qti’à nôtre temps, a donné aux nouveaux, occafion de |>enfer encore plus jufte, en faifant des poutres armées, fuivant la Figure 4e.
- Sur toutes ces maniérés on peut plus ou moins augmenter , ou diminuer les chofes, pour faire l’effet qu’on fouhaite dans les divers projets des Ponts de Charpente qu’on veut faire.
- La maniéré de décintrer un Pont, doit faire encore toute l’occupation de celui qui a conduit l'ouvrage juf-ques là. C’eft ici où l’on peut appliquer avec raifon le Proverbe du Sage ; qu’en tout ce qu’il fait il doit prendre garde à la fin , à laquelle il deftine la chofe. C’eft ici où il reçannoît bien des fautes qu’il n’avoit pas prévîtes. Les Cintres ne fe démontent qu’en les relâchant,
- on ne peut les relâcher, qu'en defaccôtant peu à peu çe qui les fupporte, qui font comme les calles, & les çqins de bois doiu on s’eft fervi pour'les âffurer dans
- p.75 - vue 83/259
-
-
-
- 7* Traïti? dis Ponts
- le commencement. On relâche peu à peu ces accote-mens dans les Cintres, afin que la Maçonnerie qui pefe deffus, prenne également partout fon affaiffement, en fe relâchant partout à proportion de toute l’étendue de l’Arche. On Iaifïè même le Cintre en place quelque temps fous œuvre, pour voir fi l’Arche travaille , ôc fait effort fous le fais, & fuit le Cintre. On y fait même des Repaires à l’endroit des Clefs qu’on vérifie de temps, en temps. Quand enfin, on voit que les Vouffoirs ont fait tous leurs efforts fous la charge, on defactôte entièrement tout l’ouvrage, ëc on en retire les doffes* enfuite les Courbes, les Pbtelets d’appui, les Décharges, les Liernes, les Poinçons, les Arbaleftriers, les En-traits , & les Echafaudages donc on s’étoit fervi pour cela.
- On arrache aifément les Pieux qui fe trouvent engagés au milieu de l’Arche, qu’on a fait fervir pour fup-porter les Echafaudages.On les perce à la tête.On paffe un morceau de cable par le trou qui tient au bout d’un Levier, par le moyen duquel on tourne le Pieu qui le déracine du lieu où l’on i’avoit planté ; pour lors on le ibûleve de deffus l’eau, avec une Pince entre deux Bateaux , ou par le moyen des Enfraitsdes Cintres qu’on fait fubfifter encore â cet effet, s’il eft de befoin juf-qu’âla fin ; d’autres fe fervent d’une Chevre avec fon tour, qui avec une Corde paffée à fa Poulie iffè le Pieu en haut, tandis que d’autres le battent avec une longue folive, en l’ébranlant par les côtés.
- Quand par un malheur extrême, Inrfqu’on décintre» i’Arehefuit le defaccôternent de la Charpente, & que lonreconnoît qu’infailliblement tout l’ouvragé écrou-leroitfans l’aflèmblâge des Cintres qui le maintient,du moins on a la fatisfa&ion de démonter toute l’Arche fans rien perdre des matériaux que la façon , pour la reprendre de nouveau à mieux faire félon la reforme qu’on aura jugé à propos d’établir d’une autre manier
- p.76 - vue 84/259
-
-
-
- 1T ChAosse'ks. jy
- d l'ouvrage, foit en meilleure Chaux, foit enVoufToirs déplus longue portée, & dune coupe plus jufte, &c. C’eft ici une précaution que je rapporte, que peu fui-vénc, & dont ont fe trouve très mal quelquefois,quand pour avoir décintré tout à coup une grande Arche qui n’a point fait encore de prife, on la voit travailler à tout moment par des éclats dans les Vouloirs, qui enfin ne pouvant plus fupporter la charge de l’ouvrage , s’éfondre dansla Rivière , où tous les matériaux perif-•fent, ôc ferment bienfouvent le paflage d l'a navigation. J’ay vû arriver de pareils malheurs à des Ponts confide-rables, qu’on auroit pu éviter fi l’on eût fuivi ces maximes.
- CHAPITRE XVI.
- Des Machines, '& Engins,
- Aa les Machines & Engins, on enrend tout ce qui eft propre à remuer des gros /fardeaux, & a multiplier les forces de maniéré qu’nn homme puifiè faire feul avec la Machine, ce que deux , & plufieurs ne fçauroiènt faire autrement.
- Les Machines dans les ouvrages font propres à divers ufages i les unes fervent à enlever , & à foûlever des grands fardeaux, comme les Grues, les Tours, les Engins, &Efcoparches, les Chèvres, les Crics, les Singe*, les Verrins& les Leviers.
- Les autres fervent à les tranfporter d’un lieu à un autre, comme font les Rouleaux, les Chariots, les Tours, les Vindas, ou Cabeftans, & les Diables, qui font des . grands Chariots a Vis , qui enlèvent pardeffous, & entre leurs Roues,les grands fardeaux qu’on veut trank por ter d’un lieu en un autre.
- p.77 - vue 85/259
-
-
-
- £§' ÎRAlfl1 DBS P O lî T Ü
- Dans les Fondât ions on employé les M achinfcs qui fer» Vent aux épuifemens, comme font les Puits à Roue, les Chapelets , les Hollandoifes, les Vis fans fin, les Pompes , &c. Mais de toutes je n’en trouve pas de plus propre que celle du Baquet qui eft la plus fimple. Toutes les autres dont je me fuis fervij m’ont tres-fouvent plus embaraïîe dans les ouvrages quelles ne m’ont profité. Il ne faut qu’uneClavettepour rendre inutile unChapelet, Ce avant qu pn en ait pofe un autre en place, les fourcil-lemens qui coulent toûjours , rempliflent en peu' dé temps les excavations qu’on avoir déjà épuifées. Les Vis fans fin d’Archimedene vuident pas fort haut les eaux fans des peines incroyables, je né trouve enfin rien de plus naturel que les bras des hommes joints au Bacquet à deux Ances , ou à deux poignées , qui fans interruption épuifent fans ceflc, nuit & jour à differentes hauteurs, & à differentes reprifes; & qui font relevés à chaque heure, ou de deux en deux heures par leurs camara-des.Et quand quelques-uns tombent malades,les hommes qui ne manquent jamais dans les travaux, remplacent bientôt ceux qui viennent à quitter par quelque indifpb-fition.On fera voit cette manœuvre, lorfque je parlerai desBâtardeaux,qu?il faut établir exprefïement pour cette forte d epuifement, qui eft la plus feure* Sc fans courir aucun rifque de manquer à l’ouvrage.
- Les Hollandoifes ne portent pas l’eau aflèz haut, êc les Puits a Roue tiennent un trop grand efpace , au lieu que les hommes qui baquettent* fe rangent dans de fort petirs endroits, autour des fondations, 8c des Batardeaux , où l’on en range la quantité qu’il en faut, 8c que l’on augmente àmefurc qu’il vient une plus grande abondance d’eau par des nouveaux fourcillemens qu’on ii’avoit pas prévu, 8c qu’il faut enfin épuifer. Chacun a enfin fes maniérés. On fe fêrt des plus commodes, pat rapport aux occafions, 8c aux difficultés qu’on trouva plus ou moins grandes.
- p.78 - vue 86/259
-
-
-
- «T GhàUSS1*BS*
- fii
- »
- CHAPITRE XVII.
- Des Batardeaux*
- É s Batardeaux font alitant differens entrl eux, que les ouvrages aufquels ils doivent; fervir, different cnfemble.
- Quand pour fermer des Canaux, ou des Foffez » on peut faire des Batardeaux de fimple terre, on doit les préférer à tous autres -, mais leur attache doit fe faire à un terrain ferme, les Bois , les Pierres, de les Fafcines qu’on peut employer à ces fortes d’ouvrages,font tres-nuilibles. Les uns de les autres , font tranfpirer fans celle les eaux qui les renver-fent le plus louvent.
- On ne doit pas non plus attacher ces Batardeaux de terre a des murs. La terre ne fe lie jamais avec la pierre», moins encore avec la taille, & les eaux fe filtrent fans celte à leur entre-deux , ou dans les joints que la terre; ne peut pas garnir. J’en ay vû arriver des accidenstres fâcheux.
- Les Batardeaux faits de terre, doivent être élevés; plus que la fuperficie des eaux qu’ils retiennent d’un, pied & demi, ou de ce qu’on juge à propos, de avoir de couronne unetoife , avec le taluddes terres, tel que leur pefanteur leur fera prendre départ, & d’autrepar la nature j de c*eft ainfi qu’on les peut pratiquer dans les eaux dormantes.
- Quand c’eft pour traverfer un Folle,un bras de Riviere qu’on veut détourner d’autour d’une fondation de pile, pu de tout autre ouvrage , de que le Batardeau demande de plus.grandes précautions, par rapport à la hauteur çautx qu’il doit fupporter, de où elles font courantes
- p.79 - vue 87/259
-
-
-
- . Tk'à-iïi* dïs Pottîs on doit faire le Batardeau avec des Pieux, plantés de 3 en 3 pieds de diftance, fur la longueur de parc & d’autre de la largeur du Batardeau*
- Ces Pieux ferbnt arrêtés par le devant, de part ôC d’autre, d’une longue Raine, ou d’une Lierne, arrêtée par des entre-toifes', amortoifées à moitié j le tout chevillé , ou boulonné, fuivant l’Art. L’entre-deux des Pieux fera garni de Pals-à-Planches, armées de Lardoi-res , ou affinées en pointe de même que les Pieux, fui-•vant le plus ou le moins de confiftance du terrain dans lequel on les plantera avec une mafTe de t à 3 Mançhes, ou bien autrement on les garnit de Vannes. Toute la Charpente entrera ainfi dans terre tout au moins un quart de la hauteur de l’eau qu’elle doit foûtenir. C’efl: la proportion que j’ay roûjours gardée dans les occa-fions de cette nature que j’ay fait conftruire, & dont je me fuis bien trouvé. Je fuppofe pour cela que le terrain eft d’une çonfiftance aflèz forte, & ordinaire, & que ce ri’eft, ni fable, ni bourbe.
- r Autre difficulté *, c’eft la largeur que l’on doit donner à ces Batardeaux,par rapport à la hauteur de l’eau qu’ils doivent fupporter. Je dis qu’elle doit être égale à celle de Teau. Ainfi, un Batardeau fera de trois pieds de large de dedans en dedans œuvre, entre la Charpente, îorfqu’il n’aura que trois pieds d’eau à fupporter ; & qu’il doit avoir deux toifes de large, Iorfqu’il aura deux torfes d’eau à retenir ; j’établis mon raifonnement fur la pefanteur des corps, qui n’ont de retenue que par rapport à la Diagonale de leurs quarrés. Ainfi, un pouce d’eau avec fa Bafe de retenue, qui formera un triangle reéfcangle, ne donnera par fes deux côtés que deux pouces qui feront en équilibre avec i’hypotenùfe de ce même triangle reétangle, dont les côtés font égaux, qui ne vaut &: ne pefè non plus que deux pbuces. Et par là tous les deux étant contrebanlancés, ne feront aucun effort l’un contre l’autre. La terre au contraire pefera
- p.80 - vue 88/259
-
-
-
- B T Cha.wsse'es. 8ï
- jptus que Peau de vingt-trois foixante-douziéme, le fable de foixante foixante- douzième j mais comme il eft mouvant, 6c qu’il laifïè plufieürs petits vuides entre Ifes parties des uns & des autres, feau pafte au travers* C’eft a caufede celaqu’on ne s’en fert pas dans les Batardeaux par cette mauvaife dilpolîtion. La picr e d’un (vingt-un foixanterdouziéme, 6c le bois de Chêne moins que l’eau de douze Soixantième. Tout cela eft fuppofé dans des eaux allez tranquilles, mais fi les eaux font courantes 4 par rapport à leur plus ou moins de rapidité on fait les Batardeaux plus larges ; c’eft- à-dire , d’une hauteur & demie, ou dedeuxqu’ellesontde profondeur*
- L’entre-deux de ces Batardeaux doit être un cor-toyement de terre-glaife.Il y a plus de précaution qu’on ne penfe pour faire un bon corroyement.Pour qu’il foie dans l’ordre , on bat la terre-glaife, fur un plancher Fait exprelfément près l’ouvrage , qu’on réduit en morceaux gros comme des noix, 6c où il n’y ait pas le moindre brin de fable* On l’arrofela veille du jour quoi» doit l’employer, afin de l’hume&er 4 6c la préparer. Le lendemain matin on la foule aux pieds, 6c on en fait des pelotons, ou des malles, telles qu’un ou deux hommes peuvent porter avec ia Civiere , avec le Bayard , ou avec la Broüerre, qu’on va renverfer, 6c couler à fonds du Batardeau, qu’un ouvrier corroyé avec un Tampon , arrêté au bout d’un bâton fouloir, 6c cela jufqu’à la fuperficie de l’eau qu’il faut retenir.
- Les Batardeaux autour des piles pour fervir aux épui-femens, doivent être faits avec bien plus de précautions. Quand une fois on a déterminé la profondeur dans laquelle on a à fondet la pile d’un Pont, fuppofé que ce foie d’une toife avec des emparemens, 6c des retraites d’un quart de la hauteur, on fe retire du pied de l’ouvrage à Maçonner, de pareille largeur qu’il doit savoir de hauteur* Et l’on poulie pou,r lors tout autour
- p.81 - vue 89/259
-
-
-
- $2 T X A1 T *' BÜIS P o N T S
- de la pile deux fils de Pilots efpacés les uns des autres detoife en toife , ou de trois pieds, plus ou moins fuî-vant les eirconftances des lieux, que l’on garnit de longues- raines,à l’entre-deux defquelleS on-bar de Pals-à-IManches , de 6, 9a 12 pieds de profondeur , ou que l’on vanne des planches en travers, fuivant la ïieceffité •qu’il y a de les faire plus ou moins longues. Ce Batardeau ainfi établi par un double fil de Pieux, & Pal-à-plançhes, arrêté par des entre-toifes, eft déblayé à trois pieds tout au moins audéflbus des plus balles eaux de la Riviere, & jufques au fonds de confiftance, s’il eft poffïble , fuivant les oceafions, lequel déblai on regarnit de cerre-glaife. On fait, après l’enlèvement dn gracier de remplacement de la pile, fur route l’étendue du Bâtardeau , à deux pieds ou à un pied & demi au-deffdus de la profondeur des plus baffes eaux de la Rivière. Après quoy on place les Machines à épuifer les eaux fur les bords, &le plus près du Bâtardeau. On •y en place plus ou moins, fuivant la néeelfire qu’il y a de tçnir l’emplacement à feepour donner le moyen aux Travailleurs d’enlever les déblais , & â faire les fouilles pour fonder la pile auffi baffe qu’on fe l’eft propo-fé , & que les fondes qu’on a fait de l’ouvrage l’ont déterminé.
- J’ay rapporté cy-devant les Inftrumens dont on fe ferc pour les épuifemens. Je me fuis fervi des uns & des autres. Et je ne me fuis jamais mieux trouvé pour être feur de mon fait, que del’établiffement â plufieurs étages des petits refervoirs de planches faits expreffement, dans Jefquels les hommes deux â deux, enlèvent &puj-fent les eaux avec des Bacquets à deux mains , ou deux Manches , & les vuident pardeffus les Bâtardeaux dans des écouioirs, & des Canaux de planches qui les con-duifent dans le courant de la Riviere.Leprofil de la Figure que je donne pour cela, fait voir à l’inftant cette maniéré qu’on fait plus ou moins haute, fuivant la
- p.82 - vue 90/259
-
-
-
- iT Chau s si'ïî. t)
- düanticé desdéblais qu’on a a enlevcr,& a fondée fore
- bas.
- Cf&cjtidSjCfe* c-feCfeÆ>Æ)^î>cjÇjÆ»tXi
- CHAPITRÉ XVIII.
- THs Fondations des Ponts.
- È tous les Auteurs Architectes qui nous ayeiit donné des régies pour fonder le* Ponts j, Scartiozzi eft le feul qui en a parlé* Il dit qù’dn les fonde de quatre maniérés differentes.
- ta première, cil renfermant totit à l’entour l’efpà-fce, dans lequel on veut bâtir, par des Bâtardeaux faits de Pieux fichez jufqu’au fermé, à deux rangs bien fer--hies j & bien liés par de bonnes Amoifes, '& de Liens* remplis entre-deux, decraye, ou d’autre terrain qui arrête Peau. Après qiioy il faut vuider l’eau de dedans* & creufer la fondation félon la qualité du terrain , le pilotant même * s’il eft néceflaire i dans lequel il faut aiïeoir les murs des fondemens. Cette maniéré n’eft bonne que pour bâtir fur les Rivières qui ne font ni trop rapides, ni trop profondes.
- La deuxième, fe fait en conftruifant les fondemens fur des Grilles, ou Radeaux de bon bois de Chêne bien forts Ôc bien liez, foûtenus fur la furface de l’eau avec des Cables, ou des Machines, & les bâtifîant de gros quartiers de pierre cramponnez, 3c joinrs avec bon Mortier de Chaux, ou de Pozolane, ou Ciment i puis les laifîànt defeendre avec les mêmes Cables , 3c Machines doucement, 3c bien à plomb jufqu’au fonds de l’eau, comme on a fait, dit-il, au temps de l'Empereur .Çlaude au Port d’Oftie, 3c comme Draguet Reys fit au fieclepalfé à Conftantinople, en la belle Mofquée qu’il
- FiJ
- p.83 - vue 91/259
-
-
-
- 84 T ». A I T tf t> E S P O H T S
- fit conftruiredansla Mer. Cette manière demande un
- bon fonds , égal & bien uni.
- Latroifiéme, eft défaire couler, ou toute, ou la plus grande partie dç l’eau du Fleuve en quelqu’autre endroit, foit en luy faifant un autre lit, ou en le Iaifi-fant tomber dans des folles profondes, en quoy il faut ufer , dit-il, de grandes diligences , avoir tous fes matériaux prêts, & grand nombre d’Ouvrièrs qui puifïènt avoir fuffifamment avancé l’ouvrage en peu de temps, afin que la Maçonnerie ait fait bonne prife, & fe foit Un peu affermie, avant que l’on foit obligé de remettre le Fleuve dans fon premier lit.
- La derniere qui eft celle dont il croit que Trajan s’eftfervi pour la conftru&ion de fon Pont fur le Danube , eft de creufer un nouveau lit dans l’endroit oû le Fleuve fe rapproche de luy-même,après avoir fait un grand coude , ou détour, puis bâtir le Pont â l’aife» & à pied fec à cet endroit. Et lorfqu’iltft bien affermi, ouvrit le partage au courant par les deux bouts, en fermant avec de fortes Digues le premier lit, par lequel le Fleuve couloir en fe détournant de fon droit cours. Et cette maniéré, dit-il, eft la plus feure de toutes.
- Pour fonder les piles d’un Pont, fi le terrain eft molaftè , il faudra piloter, après avoir ôté autant qu’il fe pourra de ce terrain. II en faut faire autant s’il eft de fable , ou de gravier *, & creufer le plus bas que l’on pourra tour a l’entour de la pile à une diftance raifon-nàble, laquelle il faut renfermer avec des Pieux fichés, & bien attachés l’un â l’autre , remplifïànt cet efpace entre la pile 8c les Pieux avec de la craye , ou du terrain fort qu’il faut battre &: affermir.’ Ce qui pourra, pour quelque temps empêcher que le courant ne dégarni fïè le de flous des piles, emportant le fable , & n’en caufe la ruine.
- Les Piles doivent aller depuis le bas en haut en diminuant. Les Arches être en nombre impair, pluséle-
- p.84 - vue 92/259
-
-
-
- 1T C H AU tS ErE.-S- 8$
- vées que l'es plus hautes inondations j I’Archire&ure des Ponts doit être unie ,, de ruftique.
- Scamozzi donne enfuite le deflèin de Ton beau Pont, de pierre , ôc. un autre de charpente. On peut voir le profil de ce dernier, dans le Traité de la Charpenteries par Monfieur de la Hire.
- Monfieur Blondel rapporte la maniéré dont il s’eft. 1ervipour fonder le Pont.de Xaintes fur la Charante», qu’il a fait bâtir.
- L’ancien Pbnt avoit été renvet fé , parce qu’il avoit été fondé fur de. laglaife qu’on avoit pilotéen for ta qu’il trouva que le. regonflement du terrain ayant, fait remonter les Pilots, avaient jette bas le Pont.. Les Pilots par le renflement de la glaife fortoient de plus d’un pied audeflîis du niveau des autres..
- Les fondes alloientdans cette glaife jufqu’à Go piedsi de profondeur, faites d’un grosTarier dont les bras, étoient de Fer, de la longueur de 3;pieds chacun, qui s emboîtoient l’un à l’autre avec de bonnes Clavettes. Après avoir fait creufer à.7 pieds audeffous. dut. fonds de l’eau, tout l’ouvrage contregardé, & entouré' d’un bon Batardeau, mis les Excavations de la foiiille. de niveau , il fit pofer une Grille de bois de Chêne fur. toute la fondation de 12 à 14 pouces, de gros , tant; plain que vuide , & quarrémentfur la longueur & largeur de tout le bâtiment en platée, occupant non feu-, lement l’endroit des piles, mais encore, le Radier, ou. Je vuide des Arches..Les Chambres de la Grille remplies de bons quartiers de pierre de taille, le ddfu» couvert de Madriers de 5 à 6 pouces d’épais, bien chevillés fiie toute la Grille. Enfuite fur cette Charpente*, on a bâti une fondation de Maçonnerie de 5 pieds d’é-paifleur. Le tout de niveau, avec bonnes pierres de. taille pour parement bien cramponées. C’eft fur cette platée de ^pieds d’épais qu’on a élevé les piles,qui pouc
- F iife
- p.85 - vue 93/259
-
-
-
- %6 Traits' des Ponts
- |a premiere année furent feulement montées à la hauteur des importes, afin qu’elles puflènt pendant l’hiveç faire bonne prife.
- Monfieur Blondel fait voir enfuite,que quelques précautions que les Architectes prennent pour aflèoir les ouvrages fur de bons fondemens, elles font fort conjecturales & incertaines, il compare pour cela i’Ar-chite&eà un Médecin qui ne travaille que fur des conjectures,
- Qui a dit à ce premier , dit-il, que bâtilFant fur un fonds de confiftance qui luyparoît tel, il neferencon-r tre pas une molartè, ou mauvais terrain audeffous de celui-ci, & que le poids de l’Edifice peut affairer, 8ç xenverfer par-là,
- A cette occafionjepuis rapporter un exemple fem-blable arrivé à une des Ifles d’OleronoudeRé, où le Roy faifant bâtir des Fortifications, un pan de mur écroula, quoique bâti fur un Banc de Rocher , à caufe qu’audertous il y avoir un creux qu’on ne pouvoir pas prévoir. C’eft ainfi que la chofe m’a été racontée.
- : Monfieur Blondel rapporte pour confirmer ce qu'il dit, c’eft que les gros rpurs de l’Eglife duVal-de-Grace à Paris, s’affaiflèrent par un coté, quoique bâtis en un bon fonds, à caufe qu’ilffe trouva audefTous de grands creux qui avoient été faits autrefois pour tirer de la pierre à quelques toifes audefîous , ôc où il y avoir eu des Carrières.
- Michel-Ange Bonarotea fait fonder le Dôme dp Saint Pierre de Rome, avec toutes les précautions ima-ginables.Cet ouvrage n’a pas Iaiffé que de s’entr’ouvrir, à quoy on a remédié en le liant d’une ceinture de Fer, (d’unegrandeur, & d’une groflèurextraordinaire, qui a coûté plus de cent mille écus.On eftime que cette fraction du Dôme eft un effet des eaux de fource qui coulent fous terre, du haut des Montagnes du Vatican, & du Janicnlç, qui ont dilayé les fondemens de çf
- p.86 - vue 94/259
-
-
-
- * T C »A ü S S jE S. 87*
- grand Edifice. Ainfiperfonne par ces exemples , &par< plufieurs autres».ne peur, jamais répondre des fonda* tiens d’un bâtiment..
- La Corderiede Rochefort, du defïein dé Monfieur Blondel ,a 116 roifes de longueur non compris les pavillons* qui font aux deuxbouts, & 4 toifes de largeur, entre les murs,à 2. étages,bâtie fur ungrillage,tant pleine que vuide, de 10 à 11 pouces de gros, pofé fur un fonds de terre-glaife. Sur ce même grillage on a établi des plate-formes bien chevillées , enfuite une couche de pierres de taille,& bons libagesaprès,montant toujours-le bâtiment avec des alfifes réglées, & de niveau partout également, afin qu’il n’y eut pas plus de poids d’un côté que de l’autre , pour faire équilibre dans toutes-les parties de Touvrage. Ce Bârimentainfi élevé a parfaitement bien réüfin
- Monfièur Blondel remarque encore que lès matériaux; à Paris» n’ayanr pas la même folidité que célix qui font «n Iralie,qui peuvent être de Marbre, Ôc infiniment plus durs, ne permettent pas qu’on faflfè à Paris des Ponts avec autant- de délicatefle, & auflx dégagés que ceux qu’on fait en Italie,qui ont beaucoup moins d’épaiffeur à l’endroit des-Clefs des Arcades.
- C’eût la tout ce que j’ay pu ramafier des Auteurs Architectes qui ont traité'de la matière des Ponts, & de-leurs fondations. Je vay propofcr mes conjectures fur ces difficultés..
- Quand entre lès Batardeaux, on a enlevé les déblais pour fonder une pile, & que le fonds qu’on a atteint pour L’établir j jufqu’où rôns’étoitpropôfé de fonder» eft de confiftance, ou bien de gravie r, oude fable rap-porté , ôcc. On prend difFerens partis-
- Si le fonds eft de confiftance, il eft , ou uni, .ou en rampe , oubiendé niveau, de roc* oudautre terrain plus ou moinsrfolide \ ôc de quelque nature que foie k fonds, de confiftanceon doit.le mettre de niveau*
- Eüife:
- p.87 - vue 95/259
-
-
-
- 88 Traiti' des Ponts foit dans le tout, Toit en partie, & par reflàuts, Sa établir deffus la Maçonnerie qu on encadrera de quelques polices, fi le temps, Sc les épuifemens le permettent , Sc fuivant la difpofition du terrain. On établira après la première affife de pierres de raille , de même que tous les paremens, jufques à la hauteur des plus baffes eaux, où l’on commence ordinairement la naif-fance des Arches , fuivant le plus ouïe moins qu’elles doivent être élevées. Les fondations en parement feront faites avec des retraités^* fuivant la hauteur'des alîïfes, qui doivent être toutes de niveau. Le reliant de l’ouvrage bâti fuivant l’Art, & avec les matériaux que le pays peut fournir, foit en Moëlons de Carrière, foit avec Cailloux, ou bien de Brique. De tous.lefquels oh peut compofer par ordre un corps de Pont parfaitement beau Sc folide.
- Si le fonds qu’on a déblayé n’eft pas de confiftance* Sc quon le foit propofc de fonder les piles du Pont avec des Grillages, peuplés de Pilots de remplage , Sc débordage, avec des Pals -à-planches, entre des Pilots à Rainure, ou fans Rainure , toute cette Charpente qu’on doit avoir toute prête , doit être pofée inceffamrrjent, pour épargner les épuifemens qui con-fomment en frais ceux pour le compte de qui ils font faits.
- On pofe, i°, la Charpente de la Grille*, 2°, les Pilots de remplage, en obfervant de commencer par ceux du centre , Sc fuivant ainfi toujours en tournant juf-qu’à la circonférence, où doivent être plantés ceux de bordage. Si l’on commençoir par ceux-ci ils relïèr-reroient fi fout l’entre-deux du gravier, qu’ils entour-reroient , qu’il ne feroit pas poflible d’y battre enfui-te des Pilots de remplage, de û compare que le terrain deviendroit ; de maniéré qu’on a raifonde dire que quand on a enfermé de cette façon un terrain de nwuv^ife çonfiftançe par des Pilot? de bordage y
- p.88 - vue 96/259
-
-
-
- IT ChAüsse'ïs. $9
- 9c des Pals-à-planches, avec un Grillage au milieu. On peut fonder feurement un corps de pile fans Pilots de remplage , à caufe que tout le terrain entre les Pilots de bordage, forme un corps fi dur qu’il peur fupporter quelque poids que ce foit, dont on veuille le charger , parce que le terrain fur lequel on l’établit, qui eft devenu très ferré , ne peut plus s’écarter audelà des Pilots de bordage , & des Pals- à-plançhes dont il eft environné, de comme contregardé par un mur.
- Chaque Pilot qu’on bat avec la Sonnette, fait £ peu près dans le gravier , dans le fable, ou dans le terrain où l’on lé plante, des Cercles autour de luÿ qui ébranlent les parties du fable, & les écartent de fon centre, tout comme une pierre qu’on jette dans l’eau , écarte celles de ce liquide., où l’on voit que depuis .l’endroit de fa furface où on l’a laiffée tomber, les parties de l’eaus s’en écartent par des lignes circulaires, & qui vont communiquer leur mouvement bien loin, jufqu’à ce qu’elles rencontrent d’autres corps qui leur réfiftent, & contre lefquels elles réfléchiffent. C’eift de cette maniéré que lesProts écartent les fables autour d’eux, & les reflèrrent quand ils trouvent d’au* .très Pilots de bordage qui les renferment, & qui ne leur laiftènt pas la liberté de scchaper audelà en le réfléchiffant,
- La différente qualité du terrain de confiftancc plus ou moins mauvais qu’on trouve en fondant des piles, fait de la peine à ceux qui n’ont pas toute l’experience qu’il faut pour ces fortes d’ouvrages, & pour prendre fur le champ le meilleur parti. J’en vay rapporter Un exemple.
- Le Pont de Courfaq en Languedoc, dont j’ay déjà parlé i fut renverfépar une inondation, il y a en-• viton 10 à 12 ans.
- Les ruines de ce Pont en tombant remplirent les yub
- p.89 - vue 97/259
-
-
-
- Traité » i s Points des, & les creux des fouilles que les eaux avoienc fàîfc enledégravoyant. Il y en avoit qui- paroiffbierit au de-hors de la faperficie de l’eau» On propofa de rétablir ce Pont. On fit à l'accoutumée un Batardeau autour de la pile pour fùpporter la grande Arche, qui étoir de u toifes d’ouverture, ou environ, avec toutes les, Suites des matériaux de Charpente qui accompagnent de pareils ouvrages , & qui Ce moritoîént à près de dix mille livres. On ouvrit les fouillés dé ce grande Batardeau. On enleva tous les matériaux du Pont autant qu’on put, qui a voient écroulez , afin de fai-' re place à la nouvelle Maçonnerie qu’on devoir établir pour conftruire la pile. Quand ori fut prêt à fonder, on fonda l’emplacement de l’ouvrage, on ne trouva que du haut, & du bas, tantôt 3 à 4 pieds, & tantôt 15 à 16, fans confiftance, fur lequel5 terrain; on devoir pofer un Grillage,. L’Infpeôbeur reprefenta ces difficultés à Moniteur de Bafville, Intendant ,, «qui chargea Moniteur de Montfèrrier, Syndic General, de faire aflembler les Ingénieurs, & les Arc-hiteéfcçs de la Province. Je fus appellé pour donner mon a vis. Les uns vouloient tranfportér la pile dans un fonds plus uni, de quitter remplacement du Batardeau déjà, fait, & conftruire une Arche de 15 à 16 toifes d’ouverture > les autres au contraire prétendoient la diminuer en rapprochant la pile pour là (ortir de l’aplomb de ce mauvais terrain , qui n’étoit que du haut de du bas. Je fus chargé paf la Compagnie de fonder 1 ouvrage. J’en fis le Plan , que je rapporrai à l’Afténv blée , à qui j’en rendis compte ; mon avis fut contraire à tous ceux que y ay rapporté cy-dèflus. Je fis voir que quoy qu’il ri’y eut que du haut & du bas, les Pilots longs de courts, portant également partout, ren-doient l’ouvrage également folide, dans tout fonethr placement, de qu’ainfi on ne devoir plus faire aucuiie différence du haut de du bas dans, cçttç fondation
- p.90 - vue 98/259
-
-
-
- it Chaussais. H
- tC qu’on la dévoie concevoir, comme portant par-; roue également. Qu’on épargnoit par cet endroit di* mille livres à la Province, fans compter fa réfection des Cintres qu’il falloit Changer, te qu’on mettoit a cecte Campagne les fondations hors de l’eau pour finir l’ouvrage dans l’année ; & autrement, quelqu’au-tre parti qu’on prît, on ne pouvoir pas fonder plus feuremenc, ni épargner les dix mille livres , ni finir l’ouvrage en fi peu de temps. Mon avis fur fuivi. L’ouvrage a réüfji. Et il eft aujourd’hui permanent.
- Je vay rapporter par digrefÉon deux autres exem* pies de fondations bien plus difficiles que la précédente , que ceux qui font nouveaux à ces fortes de çhbfes feront bien aifes peuteftre de fçavoir , pour en faire un bon ufage, fi la chofe leur convient, & que l’on ne trouve pas dans les Livres qui traitent del’Ar-çbire&ure. •
- Le premier eft, que je fus chargé de faire le Plan , Coupes, Devis , te ’eftimation du Bâtiment des Officiers des Gabelles de Peccais. Ce Bâtiment peut loger 30 â 40 Gardes, Directeur, Procureur, Principal, Conrrolleur, Commandant, Brigadier, Aumônier , &c. Le Bail paflé, l’Entrepreneur traça les allignemens fuivant le Plan, fit lès fouilles , & trouvai un bout du Bâtimept fur toute fa largeur, après avoir enlevé les premières croûtes qui couvroient le terrain , un fonds de fi peu de confiftance, qu’un chambranle de de deux toifês. dè long, entroit dans le terrainvafeux fans beaucoup de réfiftance, prefle â la main fans trouver aucun fonds , te duquel chambranle je me fervis en guife de fonde, faute de trouver mieux. Je fus appelle pour mettre ordre â ce vilain endroit, & pour l\ifïurer. Je fis ouvrir pour lors toute l’excavation d’un bout à l’autre , & au lieu de deux pieds qu’elle avoit île latge , pour porter en parpainun mur de pierre de taille de ù à 15 pouces d’épais, je Ja fis élargir de 3
- p.91 - vue 99/259
-
-
-
- £2 Traite' dis Ponts
- pieds. J’établis dans tout cet efpace des racinaux, & des plateformes faires de vieux fommiers de Sapin fur lefquelles on bâtit les fondations jufqu’au rez de Ghauffée, par differentes retraites réduites à 3 pieds. Après cela je calculai quel étoit le poids que devoir avoir le Bâtiment audeffiis de cette fondation, foie en comble, plancher, murs de refend, & d’un Efcalier dérobé qui devoir porter partie deflus, & ayant trouvé un certain nombre de milliers pefant, je fis charger cette fondation d’un tiers de plus quelle ne le devoir erre , en rangeant deffus un maffif de pierres de taille à fec, qui luy firent prendre un fonds de confiftance de 7 à 8 pouces plus bas qu’elle n’étoit auparavant. De maniéré que tout ce maffif ne devant porter que les deux tiers de la charge qu’on venoit de luy mettrai l’épreuve, 11 ne pouvoir plus ceder à un moindre, poids. Je le fis bâtir auffi quelque temps après fans hélîter. Il s’y fit cependant des rizees oulegardes de peu de conféquence, que je fis reboucher proprement ; & l’ouvrage en eft demeuré là.
- L’autre exemple, eft de l’Eçlufe de Silvereal |fur le bord du petit Rêne, à deux lieues près de la Mer en Languedoc, qui a 10 toifes de large , & 28 de long dans œuvre , depuis fa porte de défenfe d’amont à cellet d’aval.
- La porte d’amont, eft bâtie fur une platée de 10 toifes de long, & d’environ 4 toifes &; demi de large. Le maffif devoir être lié avec deux anciens murs de Quay, de maniéré qu’après avoir fait faire les' excavations , je trouvai un fonds de vafenoir, mêlé de petits coquillages, qui reffembloit tout à fait à de la tourbe, ou â du fumier, & dans lequel je faifois entrer une fonde de fer de 15 pieds de long, avec une main fans réfiftance, & fans trouver aucun fonds. Dans cette fâcheufe fituation je fis enfermer tout l’emplacement ,• uvçç un fil de Pilots de Sapin â Rainure de 16 à xS
- p.92 - vue 100/259
-
-
-
- IT ChAusss'ïiî ; 5î
- pieds de long, & avec des Pals-à-planche! de il pieds de long encre des longues-raines, bien {boulonnées» & clavetées en dedans. Sur ce terrain de fi peu de confîftance, ou plutôt fur ce bourbier , car tous^ les environs tremblotent quand on y marchoit delïus» comme fi c’eût été un Matelas de Laine, je fis faire un arrafement de Maçonnerie en pierres de taille» & continuer ainfi à l’élever en parement, en forte que jugeant qu’il cederoit# au poids dont on l’alloic charger , ôc qu’il s’afFaifièroit, je fis poferles Jouit» lieres des portes , ôc les Eperons de l’Eclufe 6 pouces plus haiit qu’ils ne dévoient être. Je ne liay point cette Maçonnerie avec la vieille des murs de Quay , à laquelle elle devoit être adoflee. EfFcéfcivement tout l’ouvrage defcendoit, & tafiôit à mefure qu’on lemon-roit. Je vifitois chaque jour les repaires que j’avois pofez , pour fçavoir de combien étoit le tafïèment * mais enfin, je fus afTez heureux que de le finir, & de voir que les 6 poucés que j’avois pris de plus, pour fixer le feüil des Poires, à l’endroit des Jouillieres, -& des Bajoyers, éroient defeendus de 5, & à un pouce près, à quoy je m’étois rencontré. Après que tout ce nouveau Bâtiment eut fait fa charge & pris fbn tas, je le liay avec le vieux mur. Il s’y fit dans la fuite quelque rizée qui n’a pas été confiderable, & le tout a fublïfté, & eft en bon état depuis i<£ à 17 ans que je l’ay fait fonder.
- Il n’y a pas dedo^e , que lorfqu’on enferme un terrain de niauvaife confîftance, avec des Pals-à-pjan-ches , on ne le rende folidc. Plus les Pals-à-planches font profondes, plus l’ouvrage qu’on bâtit eft feur. On pourroit fçavoir par les méchanlques jufques à quelle profondeur' il faudroit battre les Pilots, & Pals à-planches pour retenir un terrain de mauvaife confîftance, à Iuy faire fupporter telle chargequ’or^ propoferoit. Je reviens â mon fujetv
- p.93 - vue 101/259
-
-
-
- 04- ÏHÀiTfc* DES PoNtS
- Quand les fondations font toutes fur du Roc, bu uh courant d’éaü ne peut pas permettre d’établir un pilotage -, & que le Roc eft entièrement a découvert dit gravie*, mais feulement couvert de’certaine hauteur d’eau i oh doit prendre des précautions toutes nouvelles pour y établir la fondation d’uhe pile;
- Quand la chofe ne vaut pas la peine d’y établir un Batardeau pour fonder l’ouvrage ; & qu’il ne s’agit que de rompre , ou d’unie quelques pointes de Roc dans l’eau, on le fait aifément avec la mine, pourvu que ce ne foit qu’à deux à trois pieds de profondeurs On fait le trou avec l’aiguille, que l’on bat à l’ordinaire de il à 15 pouces de profondeür.On y fcelleavec du gravier Amplement, ùne boëte de fer-blanc de calibré, chargée de poudré, & qui a fa fufée aüdeffus de l’eaü , par le moyen d’ün petit tuyau de fer-blanc auquel on met le feu à l’ordinaire; On ne fçauroit croire l’effet des mines dans l'eau, il eft plus violent que dans l’air. Je n*en ày pû trouver la raifbn, que dans la cotaparaifon que j’en ay faite de la preffion de l’air , & dé celle de l’eau autour du Roc que l’on mine. Et comme le pied cube de l’eau pefe 71 livres plus que celuy de l’air, l’effet de la poudre dans l’eau doit Etre 71 fois plus violent qu’il ne i'eft dans l’air, à caufe qu’il trouve 71 fois plus de réfiftance. J’ay été obligé de -faire miner plufieurs Rochers dans les Rivières, Sc fous l’eau dans les .Pyrénées, qui empêchaient le paflage des Mâts , & le fer-blapc me manquant pour en faire des boëces à charger les Mines, la neceffité raèfit penfer , fi avec du Carton collé je n’en pouvoir pas faire de femblables à celles de fer-bianc; Effcéti-vement j’en fis faire, & j’ÿ réüffis, je les fisgaudron-ner enfuite avec de ia Poix à Ja place du Gaudron, de même que la fufée, & elles firent le mêmeeffet que celles du fer-blanc.
- Quand il faut abfolument creufer dans le RoC
- p.94 - vue 102/259
-
-
-
- Ht fcAÔ'SSEV*, jj
- •deu* à 5 pieds de profondeur, pour y planter un Pieu à l’ufàge des Digues-, Ôc des retenues d’eau, 8c que ce* la ne Te peut faire qu’avec le cifeau, & la malle à & pieds de profondeur fous la fûrface des eaux, on fe ferc d’un encaiffemént en guife d’un tonneau fait expreffé-ment, vuide des deux bouts, qui çfttf pouces plus haut que lafuperficiedeseauX, & qui a 8 à y pieds de diamètre , que l’on place dans l’eau , en forte que le Roc que l’on veut percer fe trouve au milieu. On furchar-ge l’encaiftcment de maniéré que le courant dé la Rivière ne l’emportepas. On a enfuite un autre plus petit encaiflèment, avtflfi en guife de tonneau, beaucoup plus petit que le précédent, mais de pareille hauteur» que l’on place au milieu du premier précifément à l’endroit où l’on doit creufer le calibre du Pilot, qui a 3 & 4 pieds de diamètre , 8c ouvert auffi des deux bouts que l’on furchage de meme, pour le tenir en raifon. Cette difpofition..d’en£aiflement Iaiflc deux vuides à leur entré>deux pleins d’eaù. Dans celui du petit tonneau , un de 3 à 4 pieds qui eft au milieu du grand, 8C l’autre entre le grand, & le petit, qui eft de 2 pieds, à 2 pieds 8c demi de large. Cela étant fait, on bat toutes les douves de ces tonneaux enencaiftènfëns,pour les faire porter pareillement fur le haut, ôc le bas du Roc fur lequel on les a placés, fans y laiflèr aucun fable ni gravier à l’entre-deux. On garnir d’un corroyement de terre-glaife, l’entre-deux des encaifïemens. On épui-fe enfuite l’eau qui eft dans le milieu, ou un Ouvrier fe place à fec, & fait le trou du Pilot dans le Roc à coups de Cifeau, & dé mafïè, à la profondeur qu’on luy demande. Il y place le Pilot de calibre à l’effet qu’on veut. Ces fortes d’ouvrages font propres pour amarer des cables à retenir un Pont volant, un Pont flotant, 8c à établir des brifes glaces pour conferver un Pont dormant de Charpente, un de Maçonnerie, 8c à affiner une Chauffée de Moulin, &c.
- p.95 - vue 103/259
-
-
-
- jfg ïftÀÏ.T*' DSS POUTI
- L’dütre moyen donc on fe fert pour aflurer un Piîor dans le Roc* ne s employé que lorfqu on a pareillement le Roc à découvert. On doit même fuppofer que le Roc eft molaflè , & aifé à forêrer. On fait un Echafaud af-furé fur l'endroit que Ton veut travailler , on en fait encore un autre plus élevé, à une toife aiideflùs tant du plus que du moins pour tourner une Tariere allurée au bout d’un Fuft de bois de Chêne, où elle eft clavetée , & retenue avec des Virolles ; & au haut du Fuft elle a un manche pour la tourner à deux mains. On la pofe au travers de deux Echafaudages pour la tenir en raifon avec des pièces de bois , afin de fqrêter toûjours dans le même trou, & pour le rencontrer à l’y remettre toutes les fois qu’on la retire pour en fortir le vafe quelle fait en fouillant le Roc. Ces Tarières percent le Roc à 4& 6 pieds de profondeur, & fous la furface des eanx , depuis 6 a iz pieds. Le trou qu’elles font eft de la groflèur des Pilots ordinaires. On doit ren-* dre tranquilles les eaux où l’on fof ête, afin qu «lies n’apportent point du gravier, & des Cailloux au creux ©ù l’on travaille avec la Tariere. On arrête bienfou-* vent le gravier & les cailloux que la rapidité des eaux y peut entraîner, en mettant à fonds de l’eau , & au-deflùs du trou qu’on forête, au bout d’un Pieu de brin, deux planches en Angle, cloüées, qui couvrent le trou que l’on veut faire.
- Il y a tant de maniérés de fonder, qu’il eft bien difficile de les rapporter toutes. Je vay donner les principales,outre celles que j’ay indiquées cy-devant.
- On fonde fur des jettées, comme pour des moles, après avoir coulé à fonds dans la Mer plufîeurs gros quartiers de pierre. Ontaluflèles ouvrages, en forte que les flots de la Mer ne fafïènt que gîifïèr deflus pour ne les pas defunir, car s’ils y font rouler les quartiers de pierre, ils diminuent enfuire à vûë d’œil en s’aron-diflant, en fe brifant les uns contre les autres, de
- manière
- p.96 - vue 104/259
-
-
-
- ï T ChAUSSE^ESî ÿf
- Snaniere qu’ils deviennent à U fin du pur fable, comme on voit au Port de Cette en Languedoc , où le Mole n’eft pas à couvert des tempêtes , comme font ceux de Toulon & de Marfeille, qui font entourés de plufieurs hauteurs, qui parent les coups des groffès mers. Les jettées étant faites, on les lie avèe des chaînes de pierres maçonnées depuis les plus baffes mers , avec des Revétiflêmens de maçonnerie, furlefquels Maflîfs on bâtit des Phares, des Magafins, des Batteries, des Quays, &c. comme l’on a pratiqué â quelques-uns de ces Ports de Mer, que je viens de citer*
- On prétend que celui de Toulon eft fait, i°,Par une Jettée de plufieurs gros quartiers de rocher, à certaine hauteur, & de niveau»
- 2°, Par plufieurs grands Grillages , qu’on a pofé fur cette arrafe, & de niveau, à certaine dîftance fous la fuperficie des eaux.
- 3°, Par des Encaiffèmens fur ces Grillages, bâtis êc maçonnés jufqu a la fuperficie des plus baffes eaux , avec de bons Paremens de pierre de taillé du côté de la Mer , pour refifter aux flots, lorfque les bois des En-caiffèmens auront manqué»
- 4°,Et enfin par une Batiffe audeffus des Encaiffèmens, de certaine hauteur pardeflus les plus hautes mers, 8c dont les Paremens puiffent refifter aux plus grands moa-vemens dés flots»
- On fonde fur des terroirs de différentes confiftances* en cherchant toujours le fonds qui n’a pas été remué * fur lequel on fait des épargnes confiderables en maçot>-neriei lorfque celui qui conduit un ouvrage eft affèz économe pour cela. On le|pit dans les exemples que je rapporre des ouvrages de maçonnerie dont j'étois chargé à la Citadelle de Nifmes, il y a environ 28 ans, 8C où une hauteur extraordinaire d’un Angle faillant d’e.n-velope.n’tft fondée que parreflâuts, qui épargnèrent beaucoup au Roy 8c a la Province, Planche ne.t Figure
- p.97 - vue 105/259
-
-
-
- •^B Traite* des Ponts
- 4.®. O fi lé voit encore dans le Profil d'une Courtineî Fig. 5e i & de la face d’un Baftion de la même CitadeHe, ©ù certainement j’épargnai près de la moitié de l’ouvrage par les retraites que je fis pratiquer au rocher , contre lequel j’adoflài le mur. Et c’eft de la même maniéré qu’on peut profiter dans les Culées dun Pont > iorfqu’on trouve fur les bords des Rivières où elles doivent être projettées, des difpofitions allez fortes & allez favorables pour fupporter toutes les butées des Arches.’ Quand on trouvera du roc,on peut n’y faire qu’un Parement, 6c le fervir du roc même pour Culée > cela épargne les grandes épaifieurs de maçonneriequ’tm cil obligé de donner aux Ponts dans ces endroits-là » où pour plus grande fureté on y projette encore des Contreforts plus ou moins grands , ou plus ou moins forts. C’eft >, dit-on, pour mieux afîurér la Culée î Sc celaeft vray : rhais fi on demande jufqu’à quel degré de force ces ouvrages doivenr arcbouter l’Arche d’urt Pont, c’eft ce qu’on ne fçait pas encore, 6c cela n’eft pas démontré : tant il eft vray que la plupart des hommes fe conduisent plutôt par la coutume de ce qu’ils ont vu faire à autrui, que par la raifon qui doit fervir de réglé à tous.
- On fonde fur des racinaux 6c fur des plateformes, en mettant les premiers fur la largeur de la fondation, & les derniers fur la longueur, lefquelson cheville eii-femble pour les tenir en raifon (bus le fondement de l’ouvrage, comme on le voir fous la fondation du Baftion de la planche 11, figure a, qui n’eft fondée que fur un pareil ouvrage de charpente.
- On fonde encore plus fiprement, lorfquc le terrain de l’ouvrage n’eft pas de confiftance, en le pilotant en travers de les fondations, 6c en cocftantles pilots avec des racinaux qu’on y cheville, & fur ceux-ci en long on pofe des doffes, ou les plateformes , qu’on cheville encore fur les racinaux, fur lefquels enfin on élève les çnurs de fondation.
- p.98 - vue 106/259
-
-
-
- 1 T C H A ü S s'B S. ff
- On fonde «ncore fur des fimples grillages, fans rien plus.
- On fonde avec grillage ôc pilotage de remplage, ob-fervant de battre les pilots dans les vuides du grillage» deux à chaque chambre diagonalement oppofes ; chaque chambre étant, tant plein que vuide» de deux pieds à deux pieds ôc demi en quarrc, fuivanc le befoin de fourrage, ôc la charpente du grillage de la grofïcur que les bois porteront, c’eft-à-dirc , de io à iz ôc 15 pouces de gros.
- On fonde encore avec pilots ÔC pals-a-planches de bordagç, pour conferver & contregarder le pied d’une fondation, afin de nôtre pas fouillée par le courant des eaux , fie pour en enfermer le terrain, qui pour lors ne pouvant plus pouffer, fupportc la maçonnerie qu’on y a projetté deffus.
- On fonde avec encaiflemens ÔC avec des barques qu’on fait faire expreflëment, dans Iefquclles on range les matériaux, ôc que l’on coule après à fonds différemment , fuivant le befoin qu’on en a \ fur lefquels maflifs que l’on lie de différentes maniérés, on confirme dans la mer des murs de Quay, dgs moles, des magafins, ôc dans les Rivières des piles, fuivant les difficultés qu’on rencontre, plus ou moins grandes, qui le demandent plutôt d’une maniéré que d’une aurre.
- La maniéré de fonder diffère autant que les ouvrages différent les uns des autres *, c’efi pour cela auffi qu’on doit fe fervir plûtôt d’un moyen que d’un autre, par rapport au bon ou au mauvais ufagequ on en peuc tirer 5 ôc il n’y a que la prudence de celui qui fait la Devis, qui doit aller fur les lieux , ôc voir tout j Ôc dé celui qui eft chargé de l’execution, qui puiflènt fait© finir un ouvrage folidemenc ÔC avec honneur. Il s’agit de concilier l'un avec l’autre. Celui qui fait le Devis, doit le dreffer en établiffant un ordre tout comme s’il devoit l’exccuter luy-même,- ôc dans les projets des
- p.99 - vue 107/259
-
-
-
- TBO TR AlTl' DIS PoïTTS
- 'Ponts, qui eft une des matières où il ÿ a le plus à pren» dre garde, oif doit être plus circonfpeâ: qu’en toute autre ; tout y doit être clair, afin qu’on en puiflè jugef > Tien d’extraordinaire & de furprenant. On doit éclaircir les difficultés, furtotit dans les fondations -, rendre aifées les chofes, donner les inftruétions necelfaires pour l'execution : point de mots équivoques, qui faflènc prendre-une cho'fe pour l'autre s écouter les avis de tout le monde , 5c fuivre le meilleur ; fe montrer à .tout le monde , pour voir fi l’on peut faire mieux. C’cft par là qu’on fait les chofes avec connoiflance de caufe, SC 'qu’on réufïic pour l’ordinaire.
- Le Pftnrde Celle qui eft fous le Canal Royal de Languedoc , n’eft fondé que fur de gros cailloux, dont plufieurs en malle font pris enferable, & congelés par une matière pétrifiante , qui les a ainfi unis en forme de banc, 5c que la Riviere à force de creufer fon lit & fes bords, a fait ébouler du haut du niveau de Iaplaine, qui en eft toute parfemée. Ce Pont ne s’eft point démenti dans tout ce qui a été ainfi fondé fur un gros gravier cailloutage, qui étant d’ailleurs retenu de tous côtés par des hauteurs , & comme enfermé, fait une affiette folideen équilibre à tous les autres corps qui l’environnent. Ce que je cite , ne doit pas être un exemple que l’on doive agir ainfi de même partout où l’on trouve de femblables gros cailloux la moindre circonftance change les chofes du tout au tout -, Ôc en cent endroits •où l’on trouve de gros cailloux, peutêtre ne s’en trouvera-t-il pas un de favorable , fur lequel on puiffè ta-.bler la fondation d’un Pont femblable à celui-ci.
- On prend encore d’autres précautions à fonder un Ponr , quand les entredeux des piles, ou les radiers fous les Arches font tout à fait mauvais. On enferme les •têtes des Ponts d’amont 5c d’aval par des fils de pieux & des pals-à-planches, en traversant l'entrée &la fortie des Arches par un cintre renyerfé, qui porte fous les
- p.100 - vue 108/259
-
-
-
- *T Chaüssb'ïs. ias:.
- gîtes s & où Ion fonde fur une platée. Les têtes des, voufïoirs dé cecintrerenverfé cane d’amonc que d’aval doivent être caillées à place-bande renverfée. C’eftainfi;' que prefque tous les-Aqueducs du-Canal Royal du Languedoc font fondés, & dont j’en ay fait conftruire plu-fîéursil y a 2.5 à x6 ans , qui eft la-feule reflburce que. l*àrt a puinventer, pour empêcher les ouvrages d’être.' emportés par la rapidité des eaux* 8c d’y creufer audef-fous dés fondemens.
- GH A .PITRE XIX.
- Des f orties des Ponts de Maçonnerie.
- *1°, Des Culées ér des Ailes..
- SsSSSiNe culée dé* Pont doit avoir; dû côté de-: | fil f Arche dés recrakes en fondation égales à HHU-celtes des pilés, fila dîfpofition des lieux lé* gÉgggjj demande ainfi ; & ce jufqu’à la hauteur des:.
- plus balles eaux de la Riviere , &rdepuis la naiflânee de*l’Arche en haut , elle doit être luppofée- à, plomb fur (es côtés *, mais lorsqu’une culée a des ailés de face oujd&retour , on leur donne aadcià du vif qui-fupporte la culée, un calud d’un éjuart de fa hauteur ou d’un cinquième , fuivant la confiftance de la maçonnerie plias ou moins forte, par rapport a la prife dur mortier, dans lequel certaine chaux alTure plutôt un? ouvrage en un mois , qu’une autre en deux aas ; 8c. celai pour foutenîr le poids,dés terres dont on remblaye lés derrière des murs.
- Les Ailes, foit en retour, foit en face, fui vront Lè décoration de tout l’ouvrage, rant dans îês Zocles, que*
- , dàns les-Plintes, Cordons, Entablemens, Bahus., 8c dbnt on peut orner un Pont j allés auront à' leur cou*
- G.iij-,
- p.101 - vue 109/259
-
-
-
- loi Trait b* bis Ponts
- ronnementtouc au moins deux pieds , fi elles portent lin quart de hauteur s 5c trois pieds , fi elles n’en ont qu’un cinquième.
- Quand les Ailes n’ont point de retour , mais qu’elles fuirent l'alignement des Têtes duPont, elles àrcbou-tcnt davantage lès Culées, en forte qu’elles les aflùrent beaucoup plus. Les Ailes fuirent ordinairement la rampe des Ponts.
- On fait des Contreforts à ces Ailes, comme au milieu 5c au derrière de îa Culée, en guife d’Eperons, fuivant qu’on eftime que les murs peuvent pouffer * mais non pas par une raifon de réglé ni de proportion qu’on n a pas pû t rouver encore.
- Les terres dont on remblayera le vuide entre les Ailes du Pont, feront battues foivanr l’art » afin de former une Chauffée qui ait aflèz de confiftance pqur y placer une forme de pavé , fuivant l’ufàge du Pays , avec un ruiflèau au milieu , pour l’empêcher de pouffer les Ailes des Ponts 5c les murs de foutenement des Chauffées, fuivant la démonftration que j’en ay faite dans le Trait© des Chemins , Chap. u ,page *7,
- CHAPIT KE XX.
- 3Des Piles des Ponts, des Avant becs, & des ceils de Ponts.
- E s Anciens donnoient aux piles des Ponts la troifiéme partie de la grandeur des Arches , même jufqua la moitié. Voyez Ber-gier Liv. 4, Chap. 35. Les Modernes ont trouvé que cela étoit trop, & en ont donné moins, comme un quart Sc un cinquième. Les un*
- p.102 - vue 110/259
-
-
-
- 3 T C H A tT S S e'e S.
- & tes autres n’ont aucune raifonlà-deflus*, & fi o»en recherche la caufe aujourd’hui, peutêtre fera-t-on dans; la même peine.
- , Je vais établir la queftionw
- . Il n’y a pas de doute que les piles des Ponts ne fup-portent la moitié de là maçonnerie des deux Arches qui-font à leurs cotés, aies prendre depuis le milieu des/ Clefs» Si l’on réduit toute cette maçonnerie, & qu’on la-place fur l’aplomb des piles entre leurs côtés , on ne fera pas fort furpris de voir qu’iine pile qui n’a que deux-/ roifes de large , qui eft le quart des Arches qui ont huit toifes d’ouverture, ne puiflè porter cette réductiony & plus on fera larges leS‘ piles , ôc moins haut montera.' là réduction, & moins elles porteront de poids. Il s’agit de trouver ce que ces piles peuvent porter-,ou doivent porter par rapport à leur largeur , prife à la naifiance des cintres, ou depuis l’endroit le plus bas, quelles ont; lie moins de largeur..
- Une pilé de deux toifes de làrge, qui aura à fés cor es ; des Arcnes-de huit toifes d’ouverture , & une épaifîèur à la Clef d’une toife, portera environ fix fois en hauteur ce qu’ellè a de largeur. La queftion eft de fçavoir fi cette charge qu’on a trouvée, eft trop pelante fur le plan de la pile ; ôcû on pourroic encore l’augmenter ou la diminuer, fans craindre ce qui pourroit en arriver. Ce Problème me paroît difficile à refbudre il fetn-blé qu’il ne peut être refout que par l’expérience qu’on a de la force des matériaux qu’on trouve fur les fieux , qui fupportent plus ou moins le fardeau dont on les charge, fuivantle plus ou le moinsqu’ils font compactes & ferrés.. Les exemples qu’on voi r aux Eglifes * confirment ma penfée , dans les piliers d’une hauteur bien plus grande que dans le cas qu’on propofe ici, ôc qui, fupportent des Nefs & des Comblés infiniment plus= pefants. Gn peut dire que cela ne vient que de là bojpté des matériaux, dont ils font c0nft1ui.es, qui n’éclarenfi*
- GMifc
- p.103 - vue 111/259
-
-
-
- i©4 Traite' des Ponts
- point fous le faix, comme ont fait ceux de la belle Igli-lè deMontauban, qui faute de donner du temps au mortier de faire prife, pour trop hârer l’ouvrage, & le monter trop vite, s’eft écraféluy-même plusieurs fois fous le poids des matériaux dont on l’a voit confirme. J’ay été appellé pour donner mon avis, afin d’éviter d’autres rechutes ; ôc après avoir reconnu que les pierres que l’on cmployoit aux piliers & aux pilaftres* éclatoient fous la charge, que les briques s’étoteftt moulues fous le fardeau 9 Ôc le mortier s’écoic froifle ÔC réduit en poudre dans les ruines de cet ouvrage fous le ras ; mon avis,a été de monter la maçonnerie jufqu’à la Baifl'ance de là Nef audelîiis de l’entablement i de la couvrir après de charpente , & tout autre ouvrage fore leger , afin d’y faite le Service Divin pendant certain nombre d’années , jufqu’à ce que le mortier ôc les matériaux euffènt acquis une confiftancc , ôc pris enfem-ble, pour ne faire qu’un même corps; & après ce temps-là reprendre l’ouvrage pour le parachever dans la Nef fuivant le deiïèin. Et cela à l’exemple d’un des plus habiles Archite&es de fon temps, qui après avoir entrepris de parachever un Bâtiment très confiderable , où les Architectes avant luy avoient échoué , en forte quo lorfqu’ils vouloient decintrer l’ouvrage, tout écroiiloic à l’inftant. Celui-cy. ayant reconnu enfin que cela ne venoit que parce que les matériaux n’avoient pas eu le temps de faire prife enfemble, il entreprit de le remettre ; il commença par le monter jufqu’à la naiflance du cintre , qu’il couvrit s’abfema pendant un certain temps j au bouc duquel il revint, ôc dit la raifon qui l’avoit obligé de s’éloigner,& qu’il étoit prêt d'achever fon entreprife. En effet, il la finit avec admiration, ôc fon ouvrage a relié tel qu’on le voit encore aujourd’hui à Rome.
- Cette hiftoire eft arrivée au Bâtiment de Saint Pierr® dcRome. On prétend que Michel-Ange qui s’en étoit;
- p.104 - vue 112/259
-
-
-
- IT Chacssb'is. 105
- chargé, rua un homme pour avoir pretexte de s’abfen-. ter , &pour laifler faire corps à ce Bâtiment", en forte que voyant le temps qu’il pouvoit reprendre fon ouvrage, & le finir, demanda la grâce, qu’il obtint, Sç.vint à Rome achever ce qu’il avoir commencé. On doit rendre juftice à la mémoire 8c au mérite de ce grand homme , pour ne le croire pas capable d’une mauvaife adion, qui l’auroit deshonoré pour toujours : on doit croire plus vraifemblablemenr que pour défendre fon honneur ou fa vie , il avoir tué malheureufement un homme dans une rencontre, 8c que cela fur caufeide fon abfence , & favorifa fon ouvrage en même temps par un pur hazard. Comme les Dômes ont beaucoup de rapport aux Arches des Ponts , puifque les uns 8c les autres font établis par les mêmes principes ; Michel-Ange eft celui de tous les Architectes qui a le plus excellé en cette matière : fon modèle de celui de Saint Pierre de Rome eft de 21 toifes & demie de diamètre intérieur > celui de Sainte Sophie à Conftantinoplc eft dedixhuit toifes de diamètre, fait fous l’Empereur Juftinien, par Anthemius de Traies 8c IfidoreMilefien j 8c celui de l’Hôtel Royal des Invalides de 12 toifes ÔC demie, mais infiniment plus riche que les précedens par la magnificence deçornemens.
- Il me paroît que pour juger de l’épailïèur d’une pile 8c du fardeau qu’on peut luy faire fupporter, c’eft d’e-xaminer les matériaux des lieux voifins , dont on veut fefervir â Tufagedes Ponts, &voir les anciens Bâti-mens , comme font les Tours, les Eglifes , les Clochers, &c. où l’on a employé les mêmes matériaux, voir leurs épaiflèurs, le mortier 8c la chaux dont ils ont jpû être bâtis , afin que fe conformant â leur maniéré , on fafte des ouvrages en Ponts également folides.
- Les piles ont des avantbccs , qui aftiirent le Pont contre le courant de l’eau , contre les glaces , contre toute forte de corps qui y viennent heürter lors des
- p.105 - vue 113/259
-
-
-
- Io6 T RA ITE' DIS P O N T S
- inondations, qui les divifent &c leur donnent la fuite fous les Arches. Les avantbecs font de differentes figures ; chacun les fait fuivant l’ufage qu’on fe propofe , auquel ils peuvent le mieux convenir , foit pour leur durée , foit pour faire des effets meilleurs les uns que les autres.
- Une pileaum avantbec, & tres-fouYent unarriere-bec. Le premier cft l’avantbec d’amont, & le dernier l’avantbec d’aval. On fait leur angle de faillie tantôt quarré, ou de 90 degrés , ou aigu, pour mieux divifer le courant de l’eau.*& tantôt arondi. On arme quelquefois l’avantbec d’amont de bareaux & de cr ampons de fer, pour rompre plus facilement les glaces , pour leur refifter , &pour conferver la maçonnerie : on ne garde pas ces précautions aux arrierebecs. On doit laiffèr leur angle de faillie toujours aigu, pour, mieux réunir le courant des eaux, & leur donner la fuite, afin de lès empêcher de bouillonner & de gravoyer par là les fondations. Les avantbecs affinent certainement les têtes des Ponts. On doit les regarder comme des areboutans. On les monte jufqu’au rez de chauffée du pavé, audeffiis du Pont, quand on le juge à propos, pour en maintenir la façade &.en mieux aflurer les gardefous & le pavé; & cela tantôt en pointe à deux taluds, & tantôt à un feul, garnis à leur chape de dales à joints recouverts, pour laiffcr écouler les eaux des pluyes, en pratiquant au bas de ce talu'd pour ornement une plinte pour fervir de couronnement à Tavantbec.
- Les avantbecs ne fe montent bien fouvent que juf-. qu’à lanaiffàncedu cintre de l’Arche. De là en haut on leur pratique un chaperon pour les couvrir, qu’on couvre à joints recouverts de dales, afin d’avoir audeffiis l’efpace des reins des Arches libre, pour y pratiquer des; ceils de beuf, ou des œils de Pont.
- Ces ceils de Pont fe font de differente maniéré ; les uns en guife de portes ou de paffàges, comme au Pont
- p.106 - vue 114/259
-
-
-
- ÏT ChAüSSî'u. ie7
- du Saint- Efprît •, les autres ronds arec,décoration, comme font ceux du Ponrde Touloûfe. Ces œils de Pont foulagent beaucoup louYrage de Ton poids , épargnent de la maçonnerie , & font place aux eaux des inondations, pour pafler au travers*, ce qui les fait diminuer d’autant plus dans les Arches, pour les rendre pins libres. Les œils de Pont fervent encore pour dégager les
- f>iles de tout ce qui peut s’y arrêter , capable de forcer e Pont, en y faifant defeendre des hommes qui à coups de haches mettent en pièces tout ce qui s’y àr&êre, Sc qui peut ébranler les fondemens des piles, comme font les arbres lors des inondations. Les Anciens prati-quoient des Niches bien fouvent à la place des œils de Ponts, où ils metroient des figures de leurs Dieux , &. celles des Dieux des Fleuves, couchées quelquefois au-defiTus des avantbecs, pour fervir d’amorcifiêmenc. Le Chriftianifme qui a fuccedé au Paganifme , y a mis à leur place des figures de nos Saints, à qui on a voué la plûpart de ces ouvrages.
- Je ne donne pas la manière de tracer ces œils dé Pont, ni la grandeur qu’ils doivent avoir dans les reins des Arches par rapport à leur cpaiflèur & à leur burée, qui Ce réunit toute au milieu de ces vuides, dans lesquels ôn doit prendre les précautions que l’art demande dans la coupe des pierres dont leur parement inferieur & leur paflage doit être revêtu. J’étendrois trop la matière , s’il falloir que ie rapportaflê tous ces details > feulement peut-on dire encore que ces œils de Pont fervent d’ornement, quand on les veut décorer. On pratique bien fouvent a leur place des efcaliers ? de petites loges, & des caves *, mais il faut pour lors emprunter beaucoup de l’art.
- A l'égard des reins des voûtes, il y en a qui ne garnirent point jufqu’au haut leur entredeux entre les Arches d’un mafîïf de maçonnerie , afin de ne point trop furcharger l’ouvrage $ ils fe fervent feulement de
- p.107 - vue 115/259
-
-
-
- ioS T * A I T D E s P O N T S-
- la terre bien battue, lit par lit j 8ç on garnie de maçonnerie l’endroit de la pouffée des Arches, &non jufqu’a. l’arrafemcnt de l’extradofïè des Clefs. Chacun a la maniéré & fes raifons particulières, pour croire de faire mieux : mais la maçonnerie, à mon avis, eft infini* ment mieux que tous,ces remblais de terres, qui certainement corrompent tôt ou tard la maçonnerie des Arrhes , & furtout les Voufïbirs..
- chapitre XXI.
- Pes Arches & des Foujfoirs.
- Lus les Arches font grandes , quand on projette un Pont, plus les piles, les culées * & lés voufïbirs doivent augmenter, ôc avoir de portée à proportion. Nous n’avons point de réglé fçure pour déterminer: la grandeur des Voufloirs dans les Arches. Ce n’cft que furies ouvrages déjà faits, 5c fur lés Antiques que Ion peut prendre des modèles , & faire une réglé de proportion pour ces principaux matériaux aufquels confifte prefque toute la force des Arches , & à leur arange-ment.
- J’ay obfervé qu’au Pont du Gard , ouvrage des Romains , les voufloirs excradofïes étoient de quatre pieds, de queue aux Arches qui avoient dix toifës d’ouverture , & que ces mêmes voufïbirs avoient de langueur de lit quatre pieds & demi, & quinze pouces d’épais à la douelle j & que lepaifleur de l’Arche à la Clef pouvoir être de cinq pieds.
- Sur ce fondement on peut faire une réglé de proportion pour toute forte d’Arches à plein cintre ; en forte que n on fuit là règle de l’Arche antique du Pont .dût
- p.108 - vue 116/259
-
-
-
- ST ChA* ssi'is. ro$
- Gard , on trouvera que fi dix toifes d'ouverture d’une Arche donnent 4 pieds de queue de vouflbir, que cinq toifes ne donneront que deux pieds j 15 toifes, 6 pieds ; ao toifes, 8 pieds ; 8c enfin 15 toifes , 10 pieds. Je ne voudrois pas fuivre la même proportion dans les arceaux depuis cinq toifes en bas , a caufe que cela redui-roit le vouflbir d’un arceau d’une toife d’ouverture environ de 6 pouces feulement de queue , au lieu tout au moins d’un pied 8c demi qu’on doit luy donner. De maniéré que filon comparoic le vouflbir d’un pied de demi de queue pour un arceau d’une toife de large, avec celui de deux pieds de queue pour un arceau de cinq tdfifes de large , la réglé feroit mieux fuivie & mieux proportionnée , par raport à la force des matériaux 8C à leur portée. Il eft certain qu’un grand Pont qui porte une grande voiture, eft bien moins chargé, qu’un Ponceau qui porte la même voiture. Ainfidans ce dernier les vouflbir s doivent être proportionnes au poids des voitures qui y paflène deflus , 8c non pas aux matériaux dont on les conftruira , qu’ils doivent fupporter , Ôc qui ne font pas fortpefants. Si lapèfanteur des voitures diminuoit à proportion delà grandeur des Ponts fur lefquels elles paflènt, la première réglé de proportion pourroit êtreobfervée mais comme elle augmente à proportion de ce qu’on fait les arceaux plus petits * on doit faire leurs voufloirs proportionnés au poids qu’ils doivent fupporter , & non pas à ceux des grandes Arches, où le même poids neft qu’un point par rapport à leur folidité 8c à leur mafle.
- Il eft encore certain que les matériaux de plus ou moins de confiftance, contribuent au plus ou moins de folidité des ouvrages ; que des voufloirs de crois pieds de queue, aflureront mieux une Arche de dix toifes d’ouverture, quand ils feront compades 8c bien reflèr-rés , que ne feront ceux de quatre pieds , qui feront de moindre confiftance, comme bâtis de pierre rendre*
- p.109 - vue 117/259
-
-
-
- lio T R a i t \r » e s Pont*
- &ceft de la Phyfique d’où l’on doit tirer ces connoif» fances. J’eftime que fi l’on fuit ces fortes de proportions , on ne tombera pas dans des Fautes que font cous les jours ceux qui ne font pas entendus dans les ouvrages. J’en vais rapporter un exemple dans un Pont que la brenfeance m’empêche de nommer.
- L’Arche avoit écroulé > elle étoit de douze toifes d’ouverture , & les vouffoirs , quoique de pierres fore tendres, avoient pardeflhsce defaut trop peu de queue pour faire retenue, nullement proportionnés à la réglé que je viens de rapporter. Comme il n’y a que les vouf-foirs qui tiennent en raifon l’ouvrage, & que la maçqp-herie qu’on mec ordinairement audeflîis , efl: faite de niveau fuivant les aflifes de la façade des Ponts , il efl: certain que ces aflifes ne font encore qu’accabler les vouflbirs, & les fur charger » & que ce furplusde maçonnerie n’eft propre que pour achever d’effondrer l’Arehe , Sc non pas pour la foiilager , paoins encore pour là renforcer. Je fusappellé pour donner mon avis fur l’écroulement de cette Arche j j’ay trouvé que la coupe des pierres par rapport au cintre furbaiïfé étoit bien faite > fur laquelle pourtant on fe récrioit comme fifouvrage avoit manqué parla. Enfin j’aflurai quepout rétablir ce Pont les voufloirs en clavade dévoient avoir une plus grande longueur , que je donnai, qu’on fui-vit *, & qu’ils dévoient être de pierre de plus forte con-fiftance: & l’ouvrage bâti ainfi, a parfaitement bien réufli;
- Il eft certain que Paris feul fournit les plus habiles Archite&cs de l’Europe -, les précautions qu’ils ont prifesau Pont-Royal des Thuilleries , dans la pofe des voufloirs, dont les queues font fans fin, êc qu’on a pro. longé depuis la retombée des Arches , en montant vers la Clef; en forte qu’on peHt dire que jufqu’au cordon, ou jufqu’auptès du rez de chauflec du pavé , audeffus tout n’eft que vouflbir en coupe, fuivant l’épure des
- p.110 - vue 118/259
-
-
-
- ït C h A a s S Efi j» m
- Arches qu'on voit en tête , fur environ le tiers de la grandeur de l’Arche dans tout l’endroifoù elle fait le plus d’effort. Ces voufloirs en coupe font rallongé* après leurs qutuës > en fuivant la même coupe ; comme on le peut voir dans la Planche 7*, où eft le defi'ein de ce Pont réduit fur la meme échelle de ceux du Saint-Efprit & de la Guillotiere fur le Rône, afin de pouvoir les comparer enfemble plus facilement d’un coup d’ceiï.
- Ce n’eft pas parce que le vouflôir eft entier , qu’il allure mieux l’ouvrage > c’eft fa longueur ôc fa portée dans les reins de l’Arche qui le lient & le tiennent en raifon ; & la coupe jufte achevé de pèrfe&ionner le tour. On peut aifement prolonger un voufloir, pourvû qu’on fuive fa coupe dans fon prolongement, Sc qu’il n’y ait pas de vuide à l’entredeux des uns & des autres, & de les cramponer fi l’on veut. Mon avis feroit de les pofer tous à fec les uns contre les autres dans les alfifes, à la maniéré des Anciens, ôc de ne les garnir de mortier fin que par abreuvement. C’eft fans difficulté que quand on les couche fur des lits de mortier , la prife de celui-ci pour fi forte qu’elle puifle être, ne l’cft jamais d’un millième du corps de la pierre de raille des vouftbirs^ pour fi tendre qu’elle foir , que l’on y employé. Dans les plus beaux ouvrages des Anciens nous voyons que la plûpart des voûtes , arceaux , arcades Sc arches con-ftruites de gros quartiers de pierres de taille, on n’y a point employé de mortier, ni aucun crampon , Sc que tout y eft à fec 5 ils ne l’ont employé qu’aux voûtes Sc arceaux faits de moëlonnage.Le mortier n’afiure l’ouvrage que dans la liaifon des petits matériaux, & les gros blots de pierre font fuperieurs à la foibleflè du mortier j les grands voufloirs des Ponts ne Ce foutiennenc enfin Sc n’aflurent l’ouvrage que par leur propre pefan-tcur, jointe à leur coupe , qui les empêche de Ce defü-nir *, & cette même pefanteur qui eft la caufe le plus fouvent de la*ruinè des plus grands Edifices , eft dans
- p.111 - vue 119/259
-
-
-
- tii Traite' des Poî*ts
- les Ponts la feule caufe qüi les allure, fans laquelle on
- n’y pourrait ^pas réuflir.
- On ne doit pas être fùrpris fi des François Compagnons Tailleurs de pierres, ayant pénécréaudeflùsde l’Egypte, le long du Nil, Ôc audefl'us de quelques-unes de fes Cararaéfes, chutes d’eau affreufes, ayant Fait un Pont de pierre dans un des endroits de ce Fleuve fort étroit entre deux rochers; ils furent regardés comme des Demidieux. Les peuples de ce pays-là tres-igno-rans, mais très-dociles, fe moquoient de I’entreprife des François ; l’ouvrage étant fini ,'on venoit de toutes parft des environs , pour pafferle Nilfur cet ouvrage, ne pouvant comprendre que des pierres ainfi agencées les unes contre les autres, puflènt fe foutenir en l’air. Effectivement la coupe des pierres qui eft l’ame de toures les voûtes ôc de tous les Ponts de pierre, doit être regardée comnàe le principal fondement ^pour les conftruire. .
- On fait des Ponts tout de brique : on fe contente en quelques-üns pour la ptopreté, pour la fureté & pour la décoration , de faire les arrêtes ôc les encoignûrçs de pierres de taille. Celui de Touloufe peur fervir d’exemple. Egalement on pofe la brique en coupe, comme fi c’étoit de la pierre détaillé, en luy fâifant (pivrele trait de l’épure qu’on a déjà tracé. Il s’agit qu’elles foient bien cuites , ôc le morricr bon & fin, ôc qu’on foit affuré de la chaux, afin qu’elle falîè bientôt prife ; car s’il faut plufieurs années pour cela, on ne doit gucres compter fur un ouvrage qui languit.
- Dans les Ponts de brique ôc de maçonnerie les matériaux doivent avoir été expofés à l’air & à la pîuye pendant un an , c’eft-à-dire , un Hyver ôc un Eté ,.pour re-jetter au bout de ce temps-là, toute la brique ôc les pierres de taille qui n’auront pas été à l’épreuve du grand chaud de l’Eté, de la gelée de l’Hy ver : ôc les Inlpec-teurs des ouvrages doivent les fyire pafly toutes en ré-
- vûe
- p.112 - vue 120/259
-
-
-
- ïT Chaüssi;ï!, 'irj
- Vûc l’üneaprès Iaatre, & fur le champ fairecaflerou écorner toutes celles qui ne font pas de recette. On ne fçauroit prendre trop de précautions pour des ouvrages de cette confeqüencc * aufquels bien fouvent on ne peut plus remédier j quand une fois ou les a employées. Les plus grands ouvrages des premiers hommes n’onc été faits qu’avec de la brique *» la Tour de Babel, &les murs de Babylone n’étoient uniquement compofés qu’avec de la brique ; on y trouve la brique auffi faine qpe le premier jour qu’on l’y mit : pour mortier ce n’étoic que du Spaltum, efpece de bitume qu’on tiroir d’un Lac voifin , fuivant ce qu’on prétend, avec lequel, SC entre les joints des briques onmettoic de la paille pour faire liaifon ., qu’on voit encore toute entière , quand avec un marteau on romp quelque piece de brique avec le ciment qui y eft lié, s’il en faut croireoe que les Voyageurs nous rapportent»
- Nous ne voyons pas que les Anciens ayent fait beaucoup de Ponts où les Arches foient fort furbaiflees» Lorfque les Arches dans un même Pont ont été plug grandes les unes que les autres , & leurs Clefs-Cepen-dant d’une même hauteur s ils ne les ont ain&mifes de niveau qu’en établiÆànr la naiflfancc des plus grandes Arches dans les piles audelïbus de celles des plus petites à proportion de leur grandeur» Ils ont fait ainfi lesPonts toujours à plein cintre ,& plûtôtquede lesfurbaiÆèr par des ellipfes, ils ont mieux aiméfe fervir d’une portion d’un plus grand arc, comme j’ay remarqué au Pont du Gard.
- Les Gots qui dntfticcedéau bon goût de l’Architec-ture Romaine, ont fait des Ponts en plufieurs endroits de la France, avec des Arches Gothiques, c’eft-à-dire à tiers point , comme certainement prétendant par Ji faire moins de pouffeejfoit dans les Bâtimens. publics, comme dans les Ponts que nous voyons en plufieurs endroits, foit dans les particuliers, de même que danq
- H
- p.113 - vue 121/259
-
-
-
- H 4 T S. AI T B* DÉS POSTS
- lesEglifes que nous voyons bâties de leur temps. Céî Arches Gothiques éievcnt trop la voye dans les Ponts.
- Les Modernes au contraire par un changement & une nouveauté ordinaire à tous les fiecles, ont fait des Arches en ellipfes, afin de diminuer la rampe des Ponts, Sc en faciliter la montée aux Voitures. Viendra enfin quélqu’âutre temps où l’on verra encore du changement dans les chofes, aüfquelles on fera prendre quçl-qu^urre figure particulière qui fera à la mode des nommes d’alors , & qui leur plaira. On commence d’admi-ter les Arceaux furbaiffes , encore davantage les Plate-bandes ; enfin tout ce qui eft le plus compofé, où Ton force davantage la nature , où il y a le plus de travail » 4te ou l’art furprend le plus, c’eft ce qui eft au jourd’huy le plus à la mode.
- ; De cesjtrois maniérés d’Arches, on peut dire que celle qui eft à tiers-point, ou gothique , eft capable de porter un plus grand fardeau que celle qui eft à plein cintre ; & celle cy beaucoup plus que la /urbaiflëc,ou celle qui eft en ellipfei la première eft la plus'élevée , la fécondé l’eft moins , & la dernierê eft la plus rampante & la plus baffe. Les unes 5c les autres augmentent ou diminuent leurs pouffees â proportion de leurs difpofî* dons i & par confequent on les employé différemment » par rapport à leurs ufages.
- p.114 - vue 122/259
-
-
-
- *t C'aAursi'jES. iij
- CH A P I T RE XXII.
- Des Couronnements des Ponts', des Gardefous, & des autres parties qui les terminent.
- N termine pour l’ordinaire les Ponts avec quelques ornemens, comme d’ùné plinte d’un cordon, d’un entablement > d’autres Antiques avec une cymâife. On décore meme leur façade a vec des Cadres , & tout ce qui peut les orner fuivant les différens projets de ceux qui les ordonnent, comme on le voit dans lëPonc Aqueduc du Canal Royal du Languedoc, Planche xx, Fig. 7, qui eft parfaitement bien décoré.
- On pofe ordinairement des Gardefous à tous les Ponts, depuis 15 à 18 & 14 pouces d’épais , fiiivant lai grandeur & la confèquence des Ponts , qu’ôn termine en baliu, ou par une Tablette 5 l’un & l'autre plus où moins grands par rapport à tout l’ouvrage s qui portent en dehors une faillie d’un pouce ou environ, en guile de plinte. Les quartiers de pierres de taille joints en-femble avec des tenons de différentes maniérés. Les figures que j’eri rapporte avec leurs explications, feront connoître plus facilement les chofes , que tous mes di£-dours. ' ' ' " J ‘ ” ’
- On fait porter quelquefois en tête du Pont & à fon milieu4;' foit à Ton entablement , foit au milieu de lai Clef, les Armes du Souverain, ou de l’Etat, ou de la Perfonfteqüi le fait conftruire à fes dépens, de qui if releve, qu’on décore fuivant les ordres qu’on en donner Qncontregarde les gardefous des Ponts pour l’ordi* naire avec des bornes oubdntrouës fcellées danslëpav<? avec mortier,que l’on fait plus ou moins grandesTirivant
- tlij
- p.115 - vue 123/259
-
-
-
- tx$ T *» A iT if ©ES V O lï * *
- l’importance de tout l’ouvrage ; & ce afin de détourner les dlicux & les rouages des Chariots des gârdéfous, qui font bien foüvent (ans cela renverfespar leur heurt, ou par leurs ppulfëes. '
- Les de (Tu s des Ponts font pour rordïnaire pavés, SC quelquefois garnis de deux banquettes en guife de Quais, comme aux Ponts des grandes Villes , à Paris, à Touloufe, &c.pour lervir au palfage des gens depiedj qn.conferve le milieu pour les Voitures & pour les Attelages. Au Pont-Neuflepaflàgede Caroffès eft de cinq toiles de large , & celui des Quais ou banquettes de deuxtoifes trois pieds chacune, où plusieurs Marchands étalent leurs marchandifes, en fe ferrant d’environ la moitié de oet efpace, pour les y ranger.
- Dans le temps des guerres on ferme les Ponts par des Tours, pour y établir des Corps-de-garde, afin d’empêcher le palïàge aux Ennemis, &c. On y fait des bar-rieres,& d’autres ouvrages plus ou moins confiderabies, pour fervir à leur défenfe , ou à les décorer s comme defuperbes Portes d’entrée, ou dés Arcs de triomphe , &ç.fuivant la neceffîté qu’il y a, qui les détermine ainfi plutôt d’une maniéré que d’une autre.
- CHAPITRE XXIII.
- Ves Ponts conduits *vec Maçonnerie & Charpente*
- g!|p^p|p£s Ponts font ceux qui ont les piles de maçonnerie, & le pafiàge audelîùs fait avec &€|^|'une ou plufieiirs travées de poutrelles. On ne prend point aux culées deçes Ponts toutes les précautions que l’on cherche à celles qui fervent aux Ponrs faitsentierement.de maçonnerie, on en tourne feulement le profil devant derrière. Oa
- p.116 - vue 124/259
-
-
-
- ET Ç-’H'A'V'S S S* Iï7
- fait un talùd ordinaire d’un cinquième de hauteur en dehors de la culée. On monte le mur à plomb en dedans du côté des terres, auquel on donne trois pieds de large à Ton couronnement. Les-murs en aile portant Parapet* font eonftruits fuivant les réglés de l’art, 8c les rem-blayemens entre-les mues-faits auffi à d’ordinaire..Les travées qu’on conftruit audefïùs des piles, ne font faites ni plus ni moins.que celles qu’on conftruit aux Ponts qui font tous de charpente : & ainfi parlant de ceux la dans là fuite , ou je les rapporterai, on verra lé détail de leur conftruétion dans cçpx ci. On pofe des Sablie-resou des Plateformes fur les Piles , fur lefquelléson range les Renforts & les Soûpoutres .qui doivent ftip-porter les Travées des Poutrelles. . Je donne le plan»
- frofiî 8c élévation d’un Pont fuivant cette maniéré], ou cm voit toutes les parties ,,&jfurtout celles* de la maniéré dont la maçonnerie a été établie fur un pilorage », avecGrillagej conrregardé de Pab-à-planches qui enferment les graviers & les fables fur lefquels-le Pont eft conftruit. La maçonnerie eft faite dé trois differens matériaux, fçavoir de pierres de taillé aux encoignures», de briques en diftèrens lits pour faire liaifon 8c parement,.^ de. cailloux mélangés , çour- fervir à garnir léur entredeux : tout cela ménagé en forte que ne fai-fànt qu’iin même corps, compofe un ouvragé également beau & folide.
- Chacun dans- fon artch'erclie à- qui fera mieux. Les Appareilleurs dansda coupe des pierres font des Arches: qui fur prennent-Jes humains : .les Charpentiers ne font pas moins-admirer lés hommes dans la distribution de leurs Charpentes à former differentes maniérés de Ponts* On le voit, dans - ceux que propofe Palladio ». que j’ày-rapportés ci-devant.
- ’ Les Figures 18c $ de là Planche 1 ie» m’ont été données, par K4. Fayolle Infpeéteur des Ponts & Chauffées, qui: m’a.allure afoit.été.ainfî proiçttécs 8c exécutées,dans;
- Biii
- p.117 - vue 125/259
-
-
-
- ai8 Traiti'. iiis Ponts
- des Rivi.eres.,où les eauxjfonc fort rapides. La Figure ie eft dé 6 toifes de large d’une pile à l’autre ; & la de dix toifes , que je trouve mieux imaginée que la fécondé , de route maniéré.
- Ceux de Lyon qu’on vient de faire tout de nouveau, Planches 16e & 17e, font voir jufqu’où fe peut étendre la fcience du Charpentier.
- Qu’on joigne enfin à l’homme les qualités defçavoir la Coupe des pierres, celles de la Charpente ,1a Phyfi-que & les Mécaniques , on le rendra capable des plus grands ouvrages qu’on puifle propofer. Je fuppofe pour acçeflbire les aurres qualités de l’honnête homme, qui fervent de principes à celles ci.
- CHAPITRE XXIV.
- De la differente maniéré des Ponts de Charpente* 1° t Des Ponts de charpente Fixes & Dormant»
- Alladio explique la figure du Pont de Charpente que Céfar fie faire fur le Rhin pour le rraverfèr , tel qu’il eft décrit dans Ces Commentaires, Livre 4, que Céfar rapporte ainfi.
- Rationcm. igitur Pontis hane infiituit. Tigna bina fefquipedatrn paululurn ab imo praacuta , dimenfa ad altitudinem fluminis, inter'vallo ÿedum duorurn inter Je jungebat, Hac cum machinationibus immif-jd in fluminc dejixerat, Fijlucifque adegerat, non, fubüco modo direffia ad perpendiculum y Jed prona,ac faftigi-ata , ut fccmdûm natmam fuminis procum-berent. Bis item contraria duo ad eundem màdum juncln intervallo pçdttm qttadragemm ab inferme
- p.118 - vue 126/259
-
-
-
- 1T C H A.U S S- E^E 5.-
- farte » contra vim atque impetum fiumims converf» fiatuebat. Hœe rnraque infuper bipedalibus trabibus ïmmijfis » quantum corum Tignorum junftura difia-bâti biftis utrinqucFibulu ab extremâ parte difii-nebantut- jQuibus difdufis, atque in contrariam partem rcvinctis, tanta erat operis firmitudo, atque ea urum natura , ut quo tnajor vis aqua je incita-vif ethoc arcïius iiligata tenereniur: Hœc divefîa-injeciâ materiâ contenebantur, ac Longuriis Crati-bufique conjhrnebantur i Ac nihilo feciùs Sublica ad. inferiorem partem fluminis obliqué aâjiingtbanîurs quapra Ariete fubjecla , ét cum omni opéré, conjun-cl a vim fiuminis exciperent & ali a item jupra Fonïem. mediocri fiatio, ut fi arborant tmnei, five navts dejiciendi operis caufde fient A Barbaris tmjfa 5 jbis defenjbribus earum rerum vis minueretur. > nm, Fond notèrent.-
- Voici comme Palladio rapporte lé deflein, dont ce Pont étoit conftruit, Planche 14e.
- A Ce font deux Pieux en profil., d’un pied & demi d’épaiflfeur appointés par le bout d’en bas, plantée dans le Rhin deibiais , diftanciés de deux-pieds ; figurés' par IK en élévation.
- B Ce font lesdeux autres Pieux qui s’oppofent ai* courant de l’eau , éloignés de A de 49 pieds....
- Ç Eft le profil d’un de ces Pieux.
- D Eft un Lien amortoifé qui foutient par un cncafc trement en entaille .> la Poutre qui eftaudeftùs G D.
- £ Eft le profil de ce Lien...
- F. Ce font les Pontrelles qui formenr la Travée.dix Pont, pofées tant pleinsquc vuides entre lesEntre-
- ’VOUE»
- GL Pieu^ qui arcboutent îaBalée pour {avenir m
- H.iiiîv
- p.119 - vue 127/259
-
-
-
- no Traite' des Ponts
- raifon contre la rapidité de l’eau.
- H Brife-glace pour empêcher que les troncs d’arbres, ni rien autre chofenepuiflè nuire à lapalée du Pont, compoféede deux Pieux KI.
- 1H C’eft l’élévation des deux Pieux de la Palée avec celle du Brife- glace H.
- R Eftl’efpacede la Paléepour recevoir UPoutre ou Travon , afin de fupporter la Travée} ÔCC. *
- Qu’il foit vray que le pont fur le Rhin dont parle Céfar dans Tes Commentaires , eût une pareille figure, c’eft fur quoy on ne doit pas tout à fait compter j fi la chofe n’eftpas vraye, elle eft fort bien imaginée. Sur la defcription que nous fait Céfar de ce Pont, on pour-roit figurer d’autres deflèins qui feroient certainement plus aflurésque celui que nous donne Palladio. Comme toute la force de cet ouvrage de charpente ne confifte qu’aux entailles des Liens des Pièces qui .le compo-fent, je ne trouve pas qu’il y eût de la fageflè décompter fur un pareil deflein de Pont, à caufe qu’un feul Lien venant à manquer , il faut que la Travée écroule i au lieu que de la maniéré dont on fait aujourd’hui les Ponts de charpente , quand la moitié des bois dont ils font compofés, & qui les aflurent, viendroienc à manquer , ils feroient infiniment plusieurs que n’cft celui dont Palladio nous donne lafiguse,
- A peu près, & d’une femblable invention , Scamozzi nous donne un deflein qu’on trouve dans fon Ouvrage & dans celui île Mathurin Joufle , traduit par M. de la Hire : chacun pourra juger de ce deflèin fi l’on peur prendre des modèles de femblables ouvrages pour les mettre en execution : comme je ne table que fur ce qui eft, & non pas fur ce qui n’eft pas , c’eft que perfonne ne s’eft avifé encore de fe fervir de pareils ouvrages pour les mettre en execution, avec beaucoup de raifon. Plufieurs chofes qu’on imagine, font bonnes pour le Cabinet, qu’qn n oferoit mettre en pratique»
- p.120 - vue 128/259
-
-
-
- IT ChAüîSI^E 5. Til
- Les Ponts de Charpanre, fuivant la bonne manière du temps, & non celle des Auteurs qu’on ne fuit pas, font ceux qui font plantés avec un ou deux fils de Pieux pour palées. Ils font plus ou fnoins larges, fuivant la grandeur des routes , & du nombre des perfonnes qui y doivent palier delïiis. Ils font élevés auffihaut que la navigation qui fe fait aux Rivières qu’on leur fait tra-verfer lejdcmande. On fait encore une de leur travée aufii large que celle des Ponts audeflus , & audelïous qui fervent à faire palier les plus larges Bateaux pour le tranfport des Marchandées.
- Ils font à une, deux, ou plulieurs palées.. Ceux qui ne font qu’à une palée, font les plus légers, qu’on fait plus ou moins larges, & qu’on ne peut réduire pour y faire palier des Chariots qu’au moins à dix pieds de large,qu’on plante fur un fil de Pieux, compofe de 5 Pilots, tout au moins , efpacés.les uns des autrei d’environ 4 pieds , 8c un de chaque côté enaîle, tous cocffés, & arrêtés d’un feul fommier, 8c moifés à la fuperficie des plus balles eaux, terminés par des rravées , & des liffes à l’ordinaire. Ce font là les moindres des Ponts de Charpente les plus réguliers, pour tr a ver fer des limples Riviçres. Ceux au contraire qui font à un plus grand ufagç, font faits de 3 à 4 toifes de large, ou environ, de % à 3 rangs de fils de Pieux pour palées, cocffés, liernés , & moifés félon l’Art, avec des con-trefiches à deux rangs, pour les entretenir telles qu’on le juge à propos.
- Laplûpart de ces palées ainfi doubles,8c triples, font pour l’ordinaire contregardées du côté d’amont par un avant-bec de pilotage, enguife de brife-glace qu’on revêtit de planches par dehors, depuis les plus balles eaux de la Riviere, jufques aux plus hautes des inondations , afin que Iorfque les eaux charient des glaces, & des arbres, les uns 8c les autres ayent moins de prife fprlç corps des palées, 8c qu’ils ne faffent que glilfej:.
- p.121 - vue 129/259
-
-
-
- *n Trait b' des Ponts
- Onefpace dans les Ponts qui ont ainfi des travées.» les Pieux de 3 en 3 pieds par en bas, tant du plus que du moins, qu’on réunit au haut à un pied & demi, à 2 pieds, pour chaque vuide d’entrevoux ; de forte que faifant une plus grande largeur en bas , ils renforcent; davantage le Pont en maniéré d’empatemencpeur ré-fifter davantage à tous les efforts des eaux , & de tout ce qu’elles entraînent qui peut s'y arrêrer. D’ailleurs, le terrain du fonds de la Riviere dans lequel les Pieux font plantés, n’effpoint tant tourmenté , ni divifé par l’effort du plantement des Pieux, & par conféquent le fonds en eft plus aflùré > moins il eft divifé.
- Quand la Riviere dans laquelle on projette un Pont de bois eft fort ençaiftee, pour l’ordinaire elle eft plus profonde.
- Plus elle a de profondeur d’eau, plus il faut prendre des précautions à l’égard des Pieux. Si la profondeur d’eau eft d’environ25 à 30 pieds, les Pilots ne peuvent point prendre que 6, 8 à 10 pieds, dans lé terrain au-deiïous des eaux., fuivant qu’il eft plus ou moins' de confiftance , c’eft dans ces endroits où les palées doivent être doubles, & triples , pour mieux s’entretenir enfemble, liées avec des chapeaux, & des moifès à la fuperficie des plus baflès eaux. De là en haut jufqu’à l’aire du Pont, &c aux travées , les Pieux doivent être entés, foit dans les moifes, foit audefliis , fuivant la: maniéré ordinaire , afin de faire-une portée de Pont de 4 à ç toifes de haut, audefHis des plus bafïês eaux, pour le pafïàge des Bateaux, &c pour celui des eaux-, lors des inondations qui en doivent terminer la hauteur. On ne fçauroir mieux voir toutes ces maniérés, que par les exemples des Ponts que je rapporte, Planches i6« & 17e» où l’o-n trouve les.coupes & les élévations de ceux de Lyon qu’on vient de çonftruire tout de nouveau. On revêtir bienfouvent les palées des Ponts avec des dolïès s & furtouc leur avant-bec, depuis les pïus:
- p.122 - vue 130/259
-
-
-
- ET C HAUSSEES. Uj
- .baffes eaux, afin que les Arbres ne s y arrêtent pas en paflant, en entrelaçant leurs branches, & leurs racines entre les Pieux.
- CHAPITRE XXV.
- 2°,. Des Ponts fixes, & mouvons, qui comprennent tous les Ponts-levis•
- i°, A deux Fléchés,
- 2°, A une Fléché•
- 3°, A B accule.
- 4°, A Coultjfes.
- 5®, Et Tournant.
- N.peut établir à quelque Pont fixe que ce foit, & dormant, toute forte de Ponts-levis , comme à un Pont de Maçonnerie, & à un de Charpente auffi.
- On en peur aufli établir à un Pont de Charpente mouvant, comme eft celui qu’on fait fur des Bateaux, qui eft flotant. Acaufe que ces fortesde Pont ne font pas fort élevés audeflus de la fupcrficie des eaux des Rivières où l’on les pratique, comme le répréfente la Figure ze,Planche 24e, & celle delà Planche 25e, Figure 1re, où l’on voit un double Pont-levis qui s’élève d’un côté & d’autre , pour laiffer une efpace fuffifant propre au paflage des plus grands Bateaux. Et au contraire, onfefert d’un feul Pont-levis pour défendre le paffage devant la Porte d’un Château, ou d’üne Ville.-Ces Ponts-levis font compofés ordinairement de deux Fléchés , qui tournent par des Tourillons , dans des Crapaudines, que les pieds droits de
- p.123 - vue 131/259
-
-
-
- «4 Traite' »is Po»ti
- Maçonnerie ou des potaux de Charpente fupportentv On fait ces Ponts, en forte que les Fléchés foient toujours parallèles, & égales aux Ponts quelles doivent lever. Et la ligne tirée d’un.T ouf illon, ou du centre de l’Eflieu des Fléchés,au centre de l’Eflieu duPonc-levis, doit être encore parallèle, & égal? i celle dc.fc chaînes qui fervenr à lever le Pont.
- Les piectsd’un Pont-levis font,. j°, Les deux Fléchés. i°, L’Eflieu.
- 3°, Les Entre-ToifeSi 4°, La Culafle.
- 5 , Et. la Croix de Saint André.
- Toutes ces pièces doivent tenir en équilibre les chaînes , & le Pont-levis qui eft audeflous, & dont les pièces font, i°, L’Eflieu.
- 2°, L’Entre-Toifè.
- 3°, Le Chevetre..
- 4°, Les Poutrelles..
- 5°, Les Doflès ou Plancher que les Pbutrellçs fup* portent.
- II y a des Ponts-levis à une Fléché que l’on met ordinairement à côté d’une grande Porte de Ville, à ua Guichet, ou à une Poterne, pour laiflèr déüler les gens , un à un, & qu’un homme à cheval peut quelque.-fois feulement palier. La Fléché de ce Pont eft-portée fur un Eflïeu tournant plus ou moins grand fuivant la difpofition du paflage. Et le bout de la Fléché eft garni d’un Çolier , ou d’un Anneau audedans, duquel tourne un Arceau de fer delà largeur du Pont-levis qui s’élève avec deux chaînes.
- Il y a des Ponts-levis à Raccule. J’ay fait faire des uns, & des autres. On doitobferver dans les uns, 8c dans les autres de mettre le Tourillon toujours au mi-lieu des Fléchés, afin de garder l’équilibre delà Char-
- p.124 - vue 132/259
-
-
-
- Ht C H À U 5 S IfE S. tlf
- Çiiïte, (dît en le levant, Toit en l’abaiftant. Quand le ourillon éft audedous des Fléchés , il eft certain qu’il «ft plus aflùré, mais auffi le jeu dit Pont-levis eft très difficile. Il faut 5 à 6 hommes pour le relever, & s’abat avec trop de précipication contre le derrière de l’avant-corps de la porte. J’en ay vû des accidens très fâcheux. Un Soldat à la Citadelle de Nifraes dans la Chambre du Pont-levis de la porte du Secours, fut écrafé , 6C moulu contre le mur, 6c cela n’arrive jamais quand les Ponts-levis font bien en équilibre.
- On joint ordinairement des chaînes à la Culafïè des Fléchés pour les pouvoir lever facilement, & les tenir en contrepoids. On charge à cet effet par un en-caiflement le derrière du Pont levis,entre l’entre-toife» & la Culafte qu’on remplit de Boulets de Canon, ou de la Maçonnerie jufqu’à ce que le tout foit contrebalancé , & en équilibre.
- On fait des Ponts-levis à Couliflè, mais ceux-ci nei font pas fi aifés que les autres, ni fi prompts à fervir , à moins qu’on ne ferme les Portes , ou les Barrières auparavant, ce qui demande bien fouvent trop de temps, pour ne fe mettre pas aflez tôt à couvert d’une furprife. On tire ce dernier avec une chaîne qui eft attachée à fa Culafïè, 6c qui paflè au travers d’une fente, ou d’un trou qu’on pratiqne au bout du plancher de fa chambre.
- On en fait auffi des Tournans, fur.un feul Pivot. Et tous ces Ponts-levis font plus ou moins uriles, fuivanc les endroits où l’on les pratique ? 6c fuivanc l’ufage Éi-quel on les deftine.
- p.125 - vue 133/259
-
-
-
- Trait*' des Pohts
- ii£
- {$£3 üÇjC&À iSüiXà Jlj A Jfc» Æ 'Æj tXjcüft*
- CHAPITRE XXVI.
- Po»/i Mouvons * fa Volms,
- i°» Xej Monvms qui font les Ponts à Bateau, & à Pontons$ c' "
- 20, Le; Folans, font les Bacs à Traille.
- 3°, //« 2te« 4 GremuïlUttt•
- 40, Xw Ponts Folans.
- £ s Ponts mouvans à Bateâu, font établis ordinairement fur des Fleuves ou fur des Rivières où les mauvais fonds, & d’autres raifons ne permettent pas qu’on puifïè y projetter d’aurres Ponts à piles, ou à palées. Onconftruit les Ponts mouvans fur des Bateaux qu’on fait expreffément plats audeflbus* êc de la longueur convenable à la largeur du Pont que l’on projette. Ces Ponts fe meuvent, & font flotans, en fuivant toujours-la hauteur de l’eau, comme quelle foir, dans fon état d’inondation , ou dans fon état naturel , ou lorfqu’elle eft tout à fait baflç. On donne ordinairement $ à 4 toifcs de diftance de bord à bord d’pn Bateau à l’autre , & chaque Bateau ayant z toifes de^arge, une poutre de 5 à 6 toifes de long, détermine la diftance de chaque Bateau de milieu en milieu. De maniéré que peuplant chaque travée des poutrelles qu’il y convient, on les lie près à près avec d’autres poutrelles fur les Bateaux , en forte que le tout fait un enchaînement de Pont de la largeur de la Riviere. Ces Ponts fe conftruifent ordinairement fur les bords des Rivières, Ôc fuivant leur courant en defcendant,
- p.126 - vue 134/259
-
-
-
- *T ClïAÜSiSE^S* U7;
- pour mieux mettre à portée les Bateaux, & lés dilpo-ler fuivant le cours de la Charpente. On les couvre dë dolfes, une lilîe à Tes côtés, avec des Banquettes pout fervir de fivges > & étant enfin finis, fuivant la lar* geur de la Riviere , on les monte tous d’une piece par des cordages, que des Tours &d’es Vindas dévuident *n montant. On les tient enfuite en raifon avec des An-chres qu’on a jettées en plufieurs endroits de la Rivière , on a des fils de Pieux qu’on a plantés exprefTémenc audelfus de fon courant.On affiire ces Ponts floransaux Bords des Rivières à leur entrée & fortie avec des ouvrages de Maçonnerie en forme de Quay , qui leur fervent d’attache. Et on fait à l’endroit le plus propre, & le plus profond delà Riviere, où eft pour l’ordinaire le palfage des Bateaux qui fervent à la navigation i un ou deux Ponrs-levis, fuivant la largeur qu’il importe d’établir à I’ufagé du commerce que les Bateaux Marchands déterminent.
- On ne fait ainfi de grands Ponts à Bateaux'flotans pour traverfer un grand Fleuve , que lorfqu’on eft maître des deux bords de la Riviere. Mais lorfqu’on ne fe peut afïitirer qu’un bord, & que de l’autre on y rencontre l’Ennemi qui doit en difpucer le paffàge, on difpofe le Pont flotant tout autrement qu’on n’a fait celui-ci ; c’eft-à-dire, qu’après l’avoir conftruit fur le bord de la Riviere, dont on eft le maître, où l’on l’af, fute à fon attache \ on fait descendre peu à pêu avec des cables, fon autre bout, que des Tours dévuident également en descendant , jufqu’à ce qu’il aille rencontrer l’autre bord de la Riviere où l’Ennemi eft pour f ordinaire retranché pour en empêcher le paftage. Oa doit alors l’aller forcer dans fes Retranchemens, pour être maître de leur bord , afin de faire une attache à la fortie du Pont fur le bord de la Riviere. On jette après des Anchres dans la Riviere , & audelfus pour aJTurer mieux le milieu du Pont,qui ne l’eft auparavant
- p.127 - vue 135/259
-
-
-
- ïïS' Traiti/ dés î^oifï*
- que par les cables que les- Tours foûtiennent en taifott fur lebordde laRiviere, & par côté. Ces Ponts ainfi conftruitspour lepaflàge d’une Armée, fon fore légers, faits de plufieurs Bateaux, ou Pontons de Cuivre, 8c de Cuir , que des cordages lient les uns 8c les autres à certaines diftanees, 8c que des folives fort legeres tiennent en raifon pardeffus, qu’on couvre de planches auffi, préparées expreffément. Ces Ponts fe retirent enfuite auffi facilement qu’on les a établis. On les'fait de toute forte de Bateaux, grands’& petits, qu’on peut trouver dans le cours de laRiviere ou l’on eft le maître. A leur défaut on fe fert de tout ce qui peut floter aifé-ment fur l’eau, qu’on lie différemment, fuivant la dif-pofirion des chofes, & l’occafion» Car on fe fert dans le befoin de tonneau, de poutres de fapin entières, d’autres creufées expreffément, 8c gaudronnées, de peaux de houe enflées,, de faifleaux, de rofeaux, &c. On couvre ces Ponts par des liflès que l’on garnit de toi lies , afin découvrir les Travailleurs, quand le befoin le demande, 8c pour ne voir pas ce qui fe fait au derrière, ni les gens qui paflent defliis. Ces toilles fervent encore à foûtenir le Pont, lorfque les vents montent laRiviere.
- 2e, Les Ponts volans font les Bacs de toute maniéré, que les hommes ont inventé différemment, fuivant la lieceffité, 8c la difpofition des lieux;
- Les premiers,& les plus Amples font ceux qui fe font en paflànt au travers d’une Riviere, un cable que l’on file fur le bord du Bateau autour d’un Tourniqueté Et l’on traverfeainfi les Rivières dans desBateaux plats, les grandes & petites Voirures. Les cables coulent à fonds quand le Bac ne traverfe pas la Riviere pour jaiflèr la navigation, 8c le paflàge des Bateaux Marchands à monter ouàdefcendre.
- On fait encore des Bacs plusaifés dans les Canaux * où les eaux font foûtenucs par des Eclufçs, où elles
- n’our
- p.128 - vue 136/259
-
-
-
- t T CâÀtrss i'u. tiéf
- h*ont point de courant. C’eft qu’on attache le Bac d« part & d’autre,avec une cor de,ou un cable,dont le bout de chacun eft lié à un Piquet fur le bord du Canal. De cette maniéré on a la liberté de part & d’autre de tirer de chaque côté du Canal le Bac pour le faire aborder où l’on eft, pour paflèr de l’autre en amenant la corde à foy. On fait fervir à cès fortes de Bacs, à la place d’un Bateau, plufieurs poutres de fapin que l’on lie avec des planches en travers qu'on y cloue deflus eft formede plancher,pour y faire paflèr des petite s voir u* res, des troupeaux , &c.
- $°, Quand les Bacs font mieux entendu», on les dirige , py le moyen d’un grand cable qui rraverfe le Fleuve en diflerens endroits, lorfqu’il eft trop large, comme dans les courans, entre plufieurs Ifl.es, où il fe partage.
- Ces cables font tendus fort haut» autant que les bateaux qui fervenr au Commerce, le permettent pour pouvoir paflèr de flous.
- Ces cables font tendus par le moyen de différent tours de chaque côté de la Riviere fur dés enfoutche-mens de deux à trois corps d'arbres que l’on plante fur Tes bords. L’on paflè une Grenouillette autour de Ce cable à laquelle on arrache une corde, qui prend au Bac fur un de les bords à un cinquième ou environ de fa longueur, de maniéré qu’en changeant cette corde d’un côté & d’autre du Bac, fans qu’on fe mêle plus de rien, que de diriger le Gouvernail, le Bac traverfe la Riviere par la force de l’eau qui le prend par le côté, .& le pouflè de même, de maniéré que la Grençuillectc courant toujours le long du cable, & à différentes re-prifes,leBac arrive par cette difpofition de part de d’autre à chaque bord de la Riviere.
- La derniere manière qu’on a imaginée encore, pouf traverfer un grand Fleuve avec un Bac, c’eft le Pont volant,qui n’eft qu’un bateau attaché au bout d’unlonâi
- p.129 - vue 137/259
-
-
-
- Traiti' des Pomti cable , arrêté au milieu de la Riviere, & fort loin aà-«deffiis, plus la Riviere ouïe Fleuve qu’on veut traverser a de largeur. Ce long cable eft fupporté par des petits bateaux de diftance en diftance , autant quelles eaux de la Riviere le permettent., afin qu’il ne les touche pas, pour en empêcher la dire&ion. Ce qui em-pêcheroit le Bac de traverfer la Riviere.
- Cette derniere manière porte leftac de part & d’autre <de la Riviere « d’un mouvement à peu près ferablable aux vibrations d’une pendule.
- Les Bacs dans les grands pafïàges ., peuvent être à ;yn & deuxjpateaux, avec un plancher audcflùs. Le plus 3?as dans le fonds de la Barque peut fervir à faire palier Ja Cavalerie, ôc celui auclelïus pour faire palier les gens à pied , ou l’Infanterie.
- Monfieur Parent a examiné que l’Angle que fait le plan de l’aile d’un Moulin à vent, avec un perpendi-culaire au cours du vent, dans la pratique ordinaire autour de Paris, étoit de 18 degrés 16 minutes, cet .Angle eft différent en différens autres Pays. Il n’en a pas pû déconvrir la caufe. Or cet Angle, dit-il, eft très fenfiblement éloigné du plus avantageux i tel qu’il a démontré dans les Elemens de Me ch. & de Fhyfic. qui doit être de 35 degrés & demi, 8c qui eft le même que l’Angle d’un gouvernail qu’on trouve dans la manœuvre des Vaiffeaux ; le quarré de iaTangenrede ce dernier , étant la moitié de celui du Rayon.Voilà donc une reforme qui mérite qq’on y fade attention.
- C’eft par le moyen de cet Angle plus ou moins ouvert,que leeourant de l’eau fait avec le côté du bateau , que le Pont va plus bu moins vîte d’un bord dê Riviere ai’ay tre, de même que les ailes d’un Moulin à vent.
- p.130 - vue 138/259
-
-
-
- *t Chaos«i'i». «i
- CH A P I T RE XXVII.
- Des âéfenfes des Fonts, i°, Des Frife-glaces,
- 4°, Des revêtîfiemens des Files dtgraveyéts » ofi des Crèches.
- Es Brife-glaccs four plus ordinaires st la tête des Ponts de Charpente, d’amont l’eau s qu’à ceux de Maçonnerie* à caufe que ceux-ci ont pour l’ordinaire plus de force àréfïfter au poids, ôH à. l’heurt des pi'eees de glace que les Rivières entraînent* Cependant on ne fçauroit prendre trop de précautions dans toute forte de Ponts, de quand on feroit des Bri-fe-glaces devant ceux de Maçonnerie, dans les Pay# qui font les plus füjets aux glaces , comme font ceux qui approchent le plus du Nord, & qui font voifin9 des Alpes , & des Pyrénées, où le froid eft plus fore en France que dans les plaines,ce ne feroit que le mieux. Quels chagrins n’a-t-on pas de voir audevant d’unPonc contre les piles , des tas dé glacés arrêtées., qui montent bien fouvent auffi haut que le Gardefol , & qui font un poids immenfe fur l’ouvrage ? Ne feroit-on pas plus aife de les voir arrêtées à certaine diftance audeffus par desBrife-glaces Maçonnées, ou établies par des Pieux, à un, deux, ou trois rangs de palées, fuivanC que la néccffité le demandero'ic ? Les Brife-glaces, foie de Maçonnerie , foit de Charpente, fe font à peu près de la largeur des Piles , ou des palées des Ponts qu’ils concregardent. Il n’y a rien de fixelà-delïùs , furquol
- p.131 - vue 139/259
-
-
-
- Traite'’ ©e« Ponts on puiflè tabler, que les coûtumcs des lieux, & la nc-ceflïté des cbofesqui le demandent plûtôt d’une maniéré que d’une autre, ôc que la raifon doit toujours conduire.
- 2°, Les Rivières changent fans celle la difpofïtion de leur lit. Un arbre couché dans Ton courant, un ro-oher renverfé , une jettée , un épy , & tout autre ouvrage, font varier li fort une Riviere, que changeant •dans un endroit par de nouvelles lignes de réflexions que Iuy font acquérir les nouveaux corps, dont on les embaralîe, cé changement fe perpétue bien fouvent audellous , & fe fait fentir jufques près de la Mer, de maniéré que ce qui étoit gravier auparavant, devient un gouffre , 6c ce qui étoit une profondeur d’eau fe comble de gravier. J’en ay vu tant d’effets par les ouvrages que j’ay fait faire au milieu , 6c fur les bords des Rivières , que je Tay toujours éprouvé de même. Ce font ces différens changemens qui dégravoyent aujourd’hui un côté d’une pile , la creufent un autre jour dans un autre de fes côtés , que peu à peu la minent en différens endroits , & raffoibliffent, en forte que par le grand poids dé tout l’ouvrage, le Pont s’éfondre au-deffous des creux où les eaux ont fouillé.
- Si l’on peut, enfin, empêcher que îles Rivières ne dégravoyent les Piles en changeant ainfi de courant, il cft certain que les Ponts fubfifteront toûjours , 6c pour cela on fe fert de divers moyens.
- On bat divers fils de Pieux, autour des avans-becs des Piles dégravoyées, autant que la Sonnette peut
- J'oüer tout autour, à caufe quelle ne peut fe placer à 'endroit des Crèches fous les Arches , pour y planter une pareille Charpente, où les curvités des reins font trop bafîès pour le permettre, on fe contente de battre dans ces endroits des Pieux avec la malfe à deux & trois Manches,& de lier là tête de tous, avec des Chapeaux à Rainures, & Pals-à-planches ,pour achever de revêtir tous les côtés de la pile.
- p.132 - vue 140/259
-
-
-
- BT Chaussas. * t& m Les Gts des Pieux- fe mettent à une toife , ou 9 pieds foin- des faces, & du pied des piles. On s’écarte ainfi. tant du plus que du moins, afin de ne rencontrer pas avec la pointe des Pieux les premières retraites des-fondemens, que l’on abatroit infailliblement, fi l’Armature des Pieux y portoit défias. Ce qui feroit capable de ruiner le pied de l’ouvrage, de le faire renver-fer , au lieu de l’afiürer. L’autre raifbn qu’on a de s’é-eaFter ainfi du pied de l’ouvrage, e’éft que tant plus on s’en éloigne, plus la Crèche eflf fpacieufe pour pouvoir contenir davantage des matériaux en jettée, foie à pierres perdues, qui vont remplir le vuide audefious des piles en roulant les unes fur les autres, ou bien de la Maçonnerie à fonds perdu , qui coule ainfi partout , &oùelle fait prife d’abord quand elle eft faite furie champ avec de la Chaux éteinte à l’inftant. Tous moyens plias ou moins convenables , fuivant la difpofi-i tion des lieux. Quand enfin, la Rivière vient à creufer audefibus de tous ces ouvrages, lès matières dont on les a bloqués, & remplis, fuivent les creux des tour-noyemens des eaux-, & lés garniflent en descendant plus bas- ; ce que l’on eonnoît audeflus de la Crèche ou Ion voie qu elle fc dégarnir, ôc que l’on regarnit de «ouveaui.-
- On doit remarquer que quand les jettées fefbnt dans ces endroits à pierres féehes, on doit employer des plus gros quartiers de pierre, mêlés avec des plus petits, afin que ceux-ci rempliflent les vuidesquife trouvent entre les grands.
- Les revécifièmensdes pirés-du Pont Sainr-Efprit,nc font autre ehofe que de grands quartiers de pierre de taille , qui portent leur coupe autour des piles , ponœ les garnir parfaitement bien en tout fens, <Scque i’on lie avec des crampons de fer,où il eft néceflàke.Et à mesure que ces rangées de pierres defeendent au bas des pi-?, îesià caufc que les eauXifouillént audefious,pour en refe
- L iii
- p.133 - vue 141/259
-
-
-
- i$4. Traite' dis Ponts
- plirledégravoycment , on en remet d'autres pardeffu$ qu’on fait venir par bateaux des Carrières du Roy, qui font à deux lieues audefïus près du Bourg. Ces Carrières font uniquement affectées pour l’entretien du Pont Saint-Efprit.
- Plufieurs obfervent de couronner ces ouvrages d’un Talud couvert de Dales* ou autrement , comme l’on peut voir au Pont de la Guiilotiére, fur le Rône à Lyon , & ailleurs. Mais je n’eftime point tant cesTa-luds , comme lî l’ouvrage étoit couronné de niveau. Le premier fait toûjoursefFort pour s’écarter de l’aplomb des piles, & pour pouffer en dehors la tête des Pilots qui les fupportent *, au lieu que le dernier ne faieaucun de tes mauvais effets , &n occupe point tant de place fous les Arches pour faciliter davantage le pafïàge des eaux.
- Il eft certain que tous ces revétiffemensde piles, 6C ces Crèches rétrefïïflènt le’lit de la Riviere, ce qui donne au courant des eaux une fuite beaucoup plus rapide entre les Arches.
- Si celui-ci devient plus dangereux, le pied des piles s’affure davantage aufïi, par le revétifïèment qu’on leur pratique, fans lequel le Pont périroit bien fou-vent. C’eftainfiqu’on fouffreun moindre mal, pour çn éviter un pire.
- p.134 - vue 142/259
-
-
-
- il Chausse'*s.
- *3®
- CHAPITRE XXVIII.
- DtBionnaire des termes des Arts, dont on fe fertdam* ht conjiruBion des Fonts » contenus dans, le pre-fent. Ouvrage y par ordre Alphatique*
- A
- B a.t i s.. Goupe dé Bois dans une Forer , c’eft aufli dans une Carrière route la. pierre que les Carriers ont abatuë , ou-arrachée.
- About. G’effc l’extrémité d’une piece de Bois , depuis une entaille, ou une mortoife , quota employé dans un Cintre j dans un Eônt de Charpente, &c,
- Abreuvoir. Petit Augerfaitde Mortier , pour^remplir de coulis, ou de Mortier fin, les joints desVouffoirs; d’un Pont, &c.
- Aiguille y ou Poinçon. Piece de bois de bout dans unt Cintre, enrretenuëpar deux Arbalétriers, quelquefois courbes , pour porter les. dolîès à confiruirc d’un Pont, & par un entrait, Planche i8-, Figure, il, E D..
- Aire de Pont... C’eft le deffiis d‘un Pont fur lequel otar. marche, pavé , ou non pavé. FVye^le profil. Planche 15 , DE C.
- Amarer, terme de-Marine, & de Riverain,, qui figni-fie attacher une chofe avec une autre, par le moyenr d’on cable, &c.
- Amoife. Piece de bois entje deux moifes, qui fért à entretenir Faflèmblage d’une palée de Pont., Planche: 16 y dans l’élévation 3. DC*.
- p.135 - vue 143/259
-
-
-
- *3$ Traite' de* Pont*
- Amont. Terme dont .on fe fer t pour marquer ce qui eft audeflus d’une chofe, comme l’avant-bee d’une pile, eft l’avant-bcc d’amont, & l’arriere-bec celui d’aval qui eft audeflous du Pont. Planche itf, DC. dans le profil.
- Amortiflëment, ou couronnement d’un ouvrage \ c’eft tout ce qui en termine la hauteur, comme le garde-fol, celle d’un Pont, & le Bahu, ou la Tablette, celle de ce même Gardefol. Planche zz, K X. Elévation, Fig. 19.
- Anchre. Barre de Fer en dehors a plufieurs figures, attachée au bout d’un tirant, ou de bois, ou d’une chaîne, pour entretenir les murs de tête , de face, & les aîies d’un Pont, lorfque les pouftees des Arches les écartent, ou bien le poids des terres donc on les a chargés ; furtout les Pavés bombés qu’on pratique à l’entre-deux. Une culée du Pont de Saint Maur eft ainfi çontregardée, fur la Riviere de la Marne à z lieues de Paris. Le Pont de Befters fur là Riviere d’Orb en Languedoc,eft ainfi aftùré avec des Anch* es, & des tirans pour empêcher que les murs de face ne s’écartent audeli de leurs aplombs.
- Anter un Pilot, c’eft le joindre bout à bout avec un au-trequi eft trop court, & quin’a pasaftèz déportée pour fervir de renfort à un Ponr. Ce qui fe fait par entailles, ou autrement, &c. Planche 1 S, Fig. ï > z, 3 & 4.
- Apareilleur, Ouvrier qui trace les pierres & les vouf-Loirs d’un Pont * & qui eft pour l’ordinaire celui qui conduit le mieux l’ouvrage, comme le plus entendu.
- Arbalétriers. Sont pour l’ordinaire les deux pièces dans un Cintre de Pont, qui portent en décharge fur l’entrait, & quis’amorroifent à une aiguille, ou poinçon. Ce font ces deux pièces fur lefquelles on pofeles potélets qui portent lçs courbes, & celles-,
- p.136 - vue 144/259
-
-
-
- IT ChAüSSe'bï. ï$7
- cî les doffes. Planche dix-huit, Figure dixiéme.
- Arbre. C’eft pour l’ordinaire la plus force piece d’une Machine qui fert à lever des fardeaux, qui porte à plomb ordinairement, & fur laquelle tournent la plûpart des autres qu’on place au plus haut d’un Pont, pour enlever du plus bas, les Voufloirs, & les matériaux les plus lourds.
- Arc à l’envers, ^rc renverfe, ou Cintre renverfé, c’eft un Arc bande en Contrebas, pour entretenir les plies d’un Pont entre les Arches, afin qu’elles ne taf. fent, ou ne s’affaiffênt, qu’on pratique dans un terrain de foible confiftance,& dont on s’efl fervi dans la plupart des Aqueducs du Candi Royal du Langue- doc , afin que les eaux nepuilïènt point foiiiller fous les fondations des culées , & des piles. Planche 25, Fig. z, EF G H. Sec.
- Arcade. C’eft dans un Aqueduc, dans une Egîife, dans unBâcimenr confiderable,ce qui fe termine en voûte, & qui a été cintré. Planche 22, Figure 1. *
- Arcboutant. Toute maçonnerie,avec une portion d’Arc qui fert de Contrefort à un mur , qui cft prêta ren-verfer * ou toute piece de bois qiii fert à contrctenir les pointais des Echafauds , les poutrelles d’un Pont de Charpente, comme la Contrefiche. VCon-trefiche.
- Arceau. C’eft la voûte, ou la petite Arche d’un Pon-ceau. Planche 22, Fig. îy , Elévation.
- Arche. Voûte qui porte fur les culées d’un Pont, ou fur des piles. Maîrreftè Arche, celle du milieu d’un Pont, pour l’ordinaire plus grande que les autres. L’Arche diffère de l’Arceau, en ce que celle-ci eft extrêmement grande , où une grande Rtviere pafle deffous ordinairement, au lieu que l’Arceau n’eft autre chofe que la petite ouverture d’un Ponceau depuis 3 pieds à 2 toifes d’ouverture, tant du plus que du jnoins, & où il paffe un ruiflèau, ou quelque Ravine. Planche i<>, Fig. S,
- p.137 - vue 145/259
-
-
-
- j3$ Traite' des Ponts
- Archp extradoftee, eft celle dont les Voufloirs font égaux en longueur, parallèles à leurs doüelIes,& qui ne font aucune liaifo«encr’eux,.ni avec les aflifes des reins. La plûpart des Ponts antiques, font ainfi extradolîes. Celui de Notre-Dame à Paris , le Pont du Gard, les Arceaux, & Arcades des Arenes de Nifmes. Le Pont d’Avignon». &c. Planche35, Fi-§ure 4-
- Arche d’aflemblage, eft un Cintre de Charpente bombé , & tracé d’une portion de Cercle, pour faire un Pont. Planche 18 , Fig. 1, 2, 3, &c.
- Arrête. C’eft l’Angle d’une pierre, d’une piece de' bois, &c. •
- Arriere-bec d’une pile, c’eft la partie de la pile, qui eft fous le Pont du côté d’aval, au lieu que Pavant-bec eft celle qui eft du côté d’amont, 5. Planche^, Fig. 2, profil.
- Armature. C’eft toure forte de Lien de fer qui fert à alfurerune piece de bois , &c. *
- Aflèmblage en general, c’eft la maniéré de joindre une ou plufieurs pièces de bois à Fufage des Cintres des Ponts. Feye^ Planche 19, Fig. 8 , $>„ 10, 11, 12,13, 14 & 15 , & Planche 18, Figure 6 & 1*, ôc Chapitre 15.
- Afllfe de pierre, eft celle qui pour l’ordinaire eft d’une même hauteur, ou de même échantillon..
- Aval. VAmont.
- Avant-bec. C’eft la pointe d’une pile qui fert à fendre l’eau,qu’on couvre pour l’ordinaire dédales à joints recouverts,de même que l'arriere-bec,qui eft audef-fous du Pontoppofé à celui- ci. Planche 22, Figure 7> N-
- Aubour, C’eft le blanc du bois de Chêne , qu’on ne doit employer que fous l’eau & eh Pieux ; il eft ftijet » être percé par les vers, employé aux ouvrages du dehors. Il fait une cerne autour du corps de l’arbre fous 1 eeotee, de certaine épaitëcur*
- p.138 - vue 146/259
-
-
-
- I T C H A V S S S.
- B
- *3t
- B A h u. Profil bombé, ou à deux pentes, foir eu bois, ou en pierres, comme l’affile de pierre qui couronne ordinairement un Gardefol, quand elle n’eft pas travaillée en tablette ; une Lille, &c. Bajoyers. Ce font les bords d’une Riviere entre les Culées d’un Pont.
- Baliveau. Vvytz. Bois.
- Bandeau. Voyt^ Extrados.
- Banquette de Pont. C’eft le chemin le plus relevé à côté d’un Pont, oùpalïènt ordinairement les gens à pied.
- Bacquet. Inftrument à puifer de l’eau, Planche
- 21e, Figure 6e.
- Batardeau. Ouvrage pour retenir les eaux, F'oyez Planche zi, Figure première,
- Bayarc. Inftrument qui fert à deux hommes, pour porter differens fardeaux.
- Baye. Voytz Radier.
- Binard. Chariot fort à quatre roues, où les Chevaux font attelés deux à deux, & qui fert a porter de gros blots de pierre, comme des Vouftoirsà l’ufaged’un Ponr.
- Bloquer. C’eft remplir une Fondation de mob’llons fan* ordre, comme dans l’eau , quand on rétablit le de-gravoyement d’une Pile , qu’on a entourée auparavant d’un pilotage & de Pals-à-planches , d’une Crèche. Planche 23, Figure première , E F N ME* Bois , félon fes efpeees, fes façons 8c fes défauts. Bois vif eft celui qui porte du fruit.
- Bois mort eft celui qui n’a plus de vie, $c qui eft fans humeur.
- Mort-Bois eft celui qui vit, mais qui n’apporte point de fruit.
- p.139 - vue 147/259
-
-
-
- *40 Tr A IT *' DES POlTTS
- Bois en étant eft celui qui eft debout.
- Bois d’entrée, eft celui qui eft entre verd & fec.
- Bois gifant, eft celui qui eft coupé & abatu.
- Bois Taillis , eft celui qui ne patîepas l’âge de quarante ans, & dont la coupe fe fait de dix ans en dix ans.
- Bois en grume , eft celui qiii vient d’être coupé, & qui eft ébranché fur terre, propre à faire des Pieux & des Pilots.
- Bois de brin , beau brin d’arbre & de tige, eft.un arbre d’un feul jet, â peu de branches, bien droit, bien nourri, & de droit fil.
- Baliveau fur fouche , eft un brin d’arbre ou rejetton II; plus beau de tous ceux qui reviennent fur un feul pied.
- Bois de retour , qui ne groflît plus, &qui dépérit chaque jour par la vieilleflè.
- Bois qui a quarante ans , eft appelle Futaye fur taillis-*, depuis quarante jufqu’à foixante, demi Futaye \ depuis foixantejufqu’à deux cens ans, vieille haute , 6c vieille Futaye s depuis deux cens ans 6c audelà., Bois de retour.
- Bois bouge , eft celui qui eft courbe, & qui a du bombement.
- Bois noueux j eft celui qui a plufieurs nœuds , qu’on ne doit point employer à porter de long.
- Bois roulé, eft celui dont les cernes font feparés, qui ne font pas corps avec tout l’arbre, & qu’on doit re-jetter. *
- BoisgeHf, eft celui qui a des gerfuresou des fentes caufées par la gelée.
- Bois tranché , eft celui qui a des fils obliques.
- Bqis carié , eft celui qui a des nœuds pourris.
- Bois vermoulu, eft celui qui eft piqué des vers.
- Bois rouge, eft celui qui s’eft échauffé ; c’eft ainfi que je jugeai les Mats qu’on avoit fait veuir de Canada, que feu Monfieur Begon Intendant de Rochefon me
- p.140 - vue 148/259
-
-
-
- ST Ch AÜSS B^l f* ' m
- chargea d’examiner il y a environ quinze ah?.
- Boulins. Ce font des pièces de bois qu’on fcelle dans un mur, pour fervir à échafauder : on appelleTroux de Boulins, ceux qui relient dans les Ponts après qu’on en a tiré les Echafaudages & les Cintres.
- Boulon eft une groflè Cheville de fer , qui a une tête ronde, & fon bout percé, pour recevoir une Clavette , & dont on fefert à divers ufages dans les. Ponts, comme pour boulonner des Liernes, des Moifes , des tètes de Pilots , &c. dans les Palées des Ponts , & dans les Pilots debordage, pour aflurer une Fon* dation. Planche21 * Figure3 , AB.
- Boureroue, & Borne en certains Pays, c’eft la pierre qu’on plante fur les bords des Ponts 3 à leur entrée & fortie, de diftance en diflance, pour détourner le rouage des Chariots & leurs cflieux de la pouflee SC heurt contre les Gardefols, afin de les conferver* Planche 22, Figure 8, £ & D.
- Boutiflè , pierre dont la longueur eft dans le mur. Planche i%; Figure9, A B.
- Bouzin, c’eft le tendre du lit d’une pierre» qu’on nq doit point employer en maçonnerie.
- Breteler # c’eft drelïèr le parement d’une pierre.
- Briques pofées de champ ou de camp, font celles qui font pofées de côté, & non fur leur plat. Planche 23, Figure 3, D E R.
- Brife-glace * c’eft un ouplufieurs rangs de pieux du côté d’amont, & audevant d’utie Pile de Charpente, ou Palée , pour la conferver des glaces, du heurrement des corps d’arbres, que les inondations entraînent. Les pieux des Brifes-glaces font d inégales longueurs, en forte que le plus petit fert d’Eperon. Ils font couverts d’un Chapeau rampant qui les tient en rai fon , pour briferles glaces , & conferver la Palée. Planche 15, dafîs le profil S £ ^
- p.141 - vue 149/259
-
-
-
- «fi Ta. ai ti* dis Pont»
- C
- CAbeftan ou Vindas, Machine qui fert à tirer dd gros fardeaux, au milieu de laquelle tourne une : fufée orizontalement, avec des bras, qui dévuide le Cable , qui ameneles gros fardeaux.
- Camion, efpece de Chariot à quatre roues , attelé de , quatre Chevaux, qui fert à porter des pierres. Carreau ou Pannereffe, c’eft une pierre de taille po-fée différemment que n’eft la Boutifïè, & dont toute la longueur & la hauteur fe voit en parement ou en • face. Planche 22, Figure 9, A Fi Chantignoll'e, petit Corbeau de bois fous un Taffèau dans un Comble, ou fous une Moife dans un Pont de bois, &c. entaillé & chevillé, afin d’aiïiirer une PaléedePont. Planche 15, Figure première , E J7. Chapeau de fil de pieux , pièce de bois attachée avec des chevilles de fer fur les couronnes d’un fil de pieux, & quelquefois amortoifée. Planche 16, profil D C. Chapelet, Machine qui fert aux épuifemens d’une Fondation.
- Chevalement, efpece d’étaye , faite d’une ou de plu-fieurs pièces de bois.
- Chevalet ou Tréteau, qui fert pour échafauder, feier, &c.
- Chevre , Machine qui fert à enlever de gros fardeatfx, compofée de plusieurs pièces de bois , qui portent au fommet une Poulie, & an bas un Moulinet, afin de • dévuider le Cable, qu’on appelle autrement Guindal, de guinder, ou qui éleve un grand fardeau.
- Cintre , eft un aflemblage de Charpente qui fert pour porter les Voufloirs, & la Maçonnerie d’une Aiche, lorfqu’on la eonftruit. Planche 18, Fig. 1,2,3, Coins. Voufloirs.
- Contrefiches, Pièces de bois en décharge, qui fervent à
- p.142 - vue 150/259
-
-
-
- *T Chabssi'ï,4|
- ? entretenir & fupporter les poutrelles d’une Travée de Pont de Charpente. Planche 15, élévation N P, oüMQ.
- Couchis, fe prend pour la forme de fable d’un pavé, de même que pour les DofTes de l’Aire d’un Pont de bois, qu’on range en travers fur la Travée. Plancha 15, élévation G.
- Couffinet, c’eft la première pierre ou VoufToir d’une Arche, qu’on pofe à fa naiflance, dont le joint du defïbus eft de niveau, & celui du defïus en coupe , & fur lequel commence la retombée de l’Arche qui monte aufli haut que les Voufloirs pèuvent fc fup-porter les uns les autres fans Iiaifons , fans être maçonnés , & fans être retenus par aucun Cintre. Planche 19, Fig. 6, 1,4/
- Crèche, eft une efpece d’Eperon bordé d’un fil de pieux, rempli de maçonnerie , devant & derrière les Avant-becs de la pile d’un Pont de pierre : La Crèche d’aval doit être pliS1 longue que celle d’amont, parce que l’eau dégravoye davantage à la queue de là pile. On appelle Crèche de pourtonr , celle qui environne toute une pile , & qui eft faite en manière de Batardeau, avec un fil de pieux, à fix pieds de diftance ou environ, refepés trois pieds audeftus des plus baffes eaux de la Riviere , liernés & moifés, s’il importe, de même que retenus avec desTirans de fer, fcellés au corps de la pile, ou bien arrêtés par des aflemblages de Charpente , & remplis d’une forte maçonnerie de quartiers de pierre, pour empêcher que l’eau dégravoye & déchauflfè fous les fondations d’un Pont, comme on l’a pratiqué avec beaucoup de précautions au Pont- Royal desThuilîe-ries, du deflèin de feu M. Manfart Architeéle du Roy j Planche a 3, Figure première E F: & fuivant le deffein que j’ay donné pour affurer les piles du Pont de Touldüfe, par ordre de M. de Bafvilic Intendant de L anguedoc.
- p.143 - vue 151/259
-
-
-
- 144 Traite'des Ponts
- prie , Infiniment tres-aifé à porter , & quieft d*unô grande Force pour foulever de grands fardeaux* Cours de poutrelles d’un Pont de bois, eft une même rangée de.poutrelles, continuée dans une&plufieurs Travées.
- Crofletes, Voytz. Vouflbirs.
- Croix de Saint André, Charpente qui porte en décharge la Lifled’unPontde Charpente, ôc tient e» rai-lon les deux fléchés d’un Pont-le vis. Planche 15 élévation I.
- Culée ou Butée , c’eft lemaflif de pierre qui areboute la pouflee de la première &c derniere Arche d’un Pont. On donne auflî ce rçom à la Palée des pieux qui retiennent par des Vanhes les. terres derrière ce maffif. Planche 15, Figure 2, 7“ O R, & les Van-
- nes
- D
- DAles , pierres plates#jui fervent a couvrir les Chaperons des Avant-becs des piles d’un Pont, ce qui fe Faitçn coupe de joints recouverts. Décharge , toute piece de bois qui en foucient une autre, ou qui la rient efi raifon par côté, comme un Lien, une Guette, une Contrefiche , &c. Planche 15, profil C Gy Figurez , C.
- Décintrer, c’eft démonter un Cintre de Charpente d’un Pont, apres que l’Arche eft bandée , & que les Vouflbirs en font bien fichés 5c jon&oyés. Dégravoyement, c’eft lorfque l’eau déchauflè & defac-. côte des pilots de leur terrain, par un bouillonnement continuel > à quoy on remedie en faifant une Crèche ou un Batardeau autour du pilotage ou de la fondation. Planche 23 , Figure première , G NM• Diable, grand Chariot à quatre roues, qui par des Verrins fert a enlever entre fes rouages 8c pardef-fôus , les plus grands fardeaux, pour les conduire i pied d’œuvre. Doflc,
- p.144 - vue 152/259
-
-
-
- IT CüAwSSï'lS. I4J.
- ÎJofTe, greffe Planche qui fert à échafauder, voûter * qu’on pofe fur les Cintres des Ponts, qu’on met pour Couchis, & en travers d’un Pont. î)ofïè de bordure, eft celle qui fert à retenir une forme de pavé fur un Pont de bois, qu’on appelle autrement Garde-terreou Garde-pavé.
- Douelle, c’eft le parement intérieur d’une Voûte, SC la partie courbe du dedans d’un Voufïoir, qu’on appelle autrement Intrados dans l’Arche d’un Ponr* Planche i*, Figure 7, 4, C,
- E
- Echafaudage, c’eft l’aflèmblage des ’pïeces necef-faires pour drefler des Echafauds , & s’échafauder , à drefïèr un Cintre, &c.
- Échafauder , efpece de plancher fait de DofTes portée# fur des Trêtaux ou fur des Baliveaux & Boulins fceW lés dans les murs, ou ctrefillonnés dans les Bayes des façades, pour travailler feurement j qu’on employé différemment à l’ufage des Ponts , & à la ba-tifîe des maifons. Les moindres qui font retenus pat des cordes, fe nomment Echafauds volans.
- Êchafïès d’Echafaud, grandes perches debout, nommées auffi Baliveaux, qui étant liées & antées le*, unes fur les autres, fervent à échafauder à pluficurs ctages, pour ériger les murs, faire les ravalemens * &les regratemens , qu’on appelle auffi ragrcmens. Ëtelon , c’eft l’Epure de toute forte d’afïcrobiages de Charpenterie,qu’on trace fur une efpece de plancher* fait de pIufieursDoïïes,difpofées &• arrêtées pour cet effet fur le terrain d’un Chantier, & de niveau, oui bien uni. L’Etelonapour centre un gros morceau de pieu planté en terre, qui porte en tête une fiche dé fer, autour de laquelle on fait tourner un Chambranle pour marquer i’Épuré $c la Coupe des Vouf-
- K
- p.145 - vue 153/259
-
-
-
- 3 T A a i T V ti i A Hïîts
- foifs, k>r%ie l’Arche èft à plein Cintre. Planché ï$. Figure prerâieré, E F D C.
- Efcoperge , piece de bois avec une Poulie , qu’on ajouté au bée d’une Gi ue » ou d’un Engin , pour lujr do nner plus de volée.
- Ellipic , Cintre d’une Arche furbaiflee à anfe de panier» ou à moitié d’une ovale. Planche iS » Figure première, B C D F E.
- Empâtement » c’eft la plus large cpaiïïear d’ùne fondation de piles, à Ton commencement. Planche 20» Figure 1, Û4 O.
- Encaiflement, c’eft tout ouvrage de Charpente dans lequel on coule à fond perdu de la maçonnerie, des . pierres feches , &c. dont on revêtit une pile en forme de Batardeau, foit avec des pals-à-plariches , foit avec des vannes, comme la Crèche, ôcc. Planche 23, Figure 3, E R D, DG QJR..
- Encadrer, c’eft dans le roc pratiquer tin enfoncement pour y aftèoir la première affife d’une Fondation.
- Engin , c’eft toute machine quifert en générai A enlever , a porter , à traîner » &c. En particulier il lignifie la machine d’un Foucauneau compofé d’un arbre, de trois areboutans, potence en haut d’un Etourneau tournant fur un pivot, qui ferr a monter les plus gros fardeaux, par le moyen d’un Treuil à double rang de bras. L’Engin eft monté d’une Efcoperge.
- Entrait , piece de bois dans un Cintre , qui porte les arbalétriers en décharge, & le poinçon d’une Charpente, lespotelets , &c. PlancheiS ,FigureiùyEG.
- Entretoife , route piece de Charpente qui lèrt pour entretenir deux autres pièces à l’ufage des Cintres ôC des Ponts de Charpente , des Bârardeaux, &c.
- Entrevoux j c’eft Pefpace vuide d’un Pont de Charpente , entre les poutrelles, des pieux dans les palées,'&c.
- Epure, c’eft la figure d’une piece de trait fur un mur, à terre , fur un plancher , &c.
- p.146 - vue 154/259
-
-
-
- IT CflAVS SkVs. I4?
- Efmiîler , c’eft parer une pierre avec le marteau têru. Errefillon, piece de bois ferrée entre deux Dofles pour empêcher i eboulemént des terres dans la fouille des tranchées d’une Fondation » d’une Culée, des murs en aîle de Pont, &c.
- Extrados eft la curviié extérieure d’une Voûte , d’une Arche, des Voufloirs d’un Pont ; & intrados celle du dedans. Planche 19,Figure6, ABC. qu’on appelle autrement le Bandeau de l’Arche , & l’Archivolte , iorfqu’ilcft figuré fuivant le Pont d’Adrien. Voyez Planche première.
- F
- F Ace. d*un Eperon, ou Avantbec de pile, c’eft un de fes deux côtés qui le termine.
- Fil de pieux eft un rang de pieux quelquefois équarris ÔC plantés dans une Riviere, pour fervir de palée à un Pont, ou à autre diofe, qu’on couronne d’un Chapeau ou d’un Sommier à tenons & mortoifes , on bien avec des chevilles de fer. Planche 15, voyez le plan. Flache , eft le Eord d’une piece de bois qui n’eft pas équarri, & où la pelure ou l’écorce a été enlevée. Flanc d’une pile, c’eft un de fes côtés qui la termine fous une Arche.
- Fléchés de Pont-levis ou de Baccule, ce font les deux pièces de Charpente qui font route la longueur du Pont, au bout defquelles font attachées les chaînes pour lever le Pont, ou bien pour le fuppoi ter dans la Baccule. Planche 16 , Figure 4, A D.
- Fondation, c’eft l'ouverture fouillée en terre, dans laquelle on fonde une pile ou tout autre ouvrage de maçonnerie.
- Fondement, c’eft la maçonnerie d’une pile, ou de tout autre ouvrage , enfermée dans la terre jufqu’au rejs de Chauflèe.
- Kij
- p.147 - vue 155/259
-
-
-
- *4$ Traité Ponts
- Fondement continu, maflîf en maniéré de platée, foù$ 1’'étendue de toutes les Arches d’un Pont > où l’on pratique des Cintres rcnverfés & des platebandes ren-verfées aux entrées & forties. Quelques Aqueducs, des Arcs antiques , & des Amphithéâtres ont été bâtis de cecte maniéré, à caufe du grand poids de ces 'ouvrages , qui demandoient ainfi un grand eropate-• ment. Planche 15, Figure i, E I.
- Fondemens à piles , ceux qui font.«par intervalles, *& en décharge , pour éviter la dépenfe , ou parce que les vuides ont trop de diftance i ce qui lé fait par piliers ifolés ou liés avec Arcades, en tiers-point •, ou enfin par Arcades renverféès , comme dans le Fondement continu. Voyez l’Art icîeci-deflùs.
- Fonder , c’eftâftêoir les fondemens d’une pile fur im terrain eftimé bon, & de confiftance ,çcomme la roche vive , le rocher de fable, la terre harurelle qui n’apoint été éventée, ou fur pilotis ou Grille, lorf-qüe le terrain eftmolafiè & fluMe, tels que font la vafe , la glaife & le fable mouvant.
- Fondis, efpece d’abîme où le terrain eft de tres-mau-vaife confiftance , caufée par des fources , &c. Fondrière, fonds detrès-mauvaife confiftance, le plus foùvent dans le fonds d’une Colline, entre deut Montagnes , de terre rapportées , & où il faut ufer de grandes précautions, lorfqu’on y veut fonder un Pont.
- Frète , cercle de fer dont on arme la couronne d’un pieu , d’une piloris , d’unpal-à~planche, pour l’empêcher d’éclater, quand on les bat au refus du Mouton. Planche 17, Figure 5, AB. On ditaulfi fréter un pilot, comme aufli le fraper, le battre & l’enfoncer.
- m
- p.148 - vue 156/259
-
-
-
- * T Ch.A U $ $ l'if fi
- G,
- *43
- GArdefol j c’cft aux côtés d’un Pont de pierre , un? petit mur à hauteur d’appui, qui luy fert de bordure , & empêché les paflàns de fe jetter en bas*. Gardeterre , Voyt^ Dolfe de bordure..
- Gerfure, Bois.
- Glaife, terre-glaife , &: terre-grade, dont on fe fert pour faire les Batardeaux , en la corroyant.
- Glaifer, c’eft faire un corroi de glaife bien pétrie $C: battue , pour en. garnir un Batardeau de Charpente * ou autre, &c.
- Graisroche formée de plufieurs grains de fable eon-denfés 8c pétrifies enfemble. Il y a du grais dur 8c du mol. La poudre de grais ne vaut rien pour faire d«, mortier *, elle eft tropgrafle , la chaux n’y hape pas elle eft défendue , de même que de mêler du grais-avec du moellon.. Le ciment fait prife avec le grais; Grateminotefpece de pelle renverfée attachée au bout d’un long manche, 8c dont les côtés font relevés , pour fervir à. creufer fous l’eau , à retirer le. gravier pour unir les fondations 8c déblayer les Batardeaux.
- Gravier ou gros fable, dont le meilleur eft celui qu’on? tire des Rivières,8c q.ui.eft tres-propre pour du mortier à blocage..
- Grille , aflemblage de groftes & longues pièces de bois qui fe croifent quarrément , étant efpacées ordi-. nairement tant plein que vuide s’entretenant, par dès entailles à queue d’aronde, qu’on établit de niveau fur un fond de glaife , ou tout.autre terrain > .qui ne doit pas être éventé par le pilotage, pour fonder defliis , comme on le pratique dans les Pays-bas- 3 8c particulièrement en Hollande •, 8c comme ont éîé çonftruits par M, Blondel laC.orderie de Rochefon^
- p.149 - vue 157/259
-
-
-
- IjCf T*. A IT l' DIS PoîITÏ
- &c le Pont de Xaintes fur la Charente; Le Pont do Perpignan eft fondé fur un Grillage piloté, à caufe que le terrain étoit fablonneux & garni de caillotage» qu’on a enfermé avec des pals-â- planches. Voyess Planche 23, Figure 4, FS TT Z,
- Gruë, grande machine qui fert à. monter les fardeaux. Ses pièces font l’Arbre, ou Poinçon, avec fes arc?-boutans, Empatemens & Moifes , la Grue , la Roue» le Tambour, le Treuil, &c.
- Guette,toutep-ecede Charpente inclinée, qui porte en décharge contre une autre, pour Lafoulager* comme celle qu’on met fous la liflè d’un Pont, que l’on croife fouvent avec deux Guetcrors , pour former une Croix de Saint-André. Planche 15 , élévation L /.
- Guindal, FChèvre.
- H
- HEurt, c’eft l’endroit le plus élevé, ou le fommet de la montée d’un Pont j d’après lequel on donne à droit ou à gauche la pente pour l’écoulement des eaux , lorfqu’on ne peut pas les faire aller d’un même côté.
- Hollandoife, machine en forme d’une grande pelle, fafpenduepar une corde entre trois foliveaux croi-fés, pour fervir aux épuifemens d’une Fondation ; comme elle n’éleve pas fort haut les eaux, elle n’eft pas non plus d’un grand ufage. On en fait à la main propres pour fervir à un homme feul,' qu’on garnit de fer-blanc, & .qui élevent l’eau à plus de trois pieds du fonds des excavations.
- Hye, Foyez, Mouton.
- I
- Intrados 5 Vyt\ Extrados,
- p.150 - vue 158/259
-
-
-
- * T C HAUSSAS. 15*
- h
- LArdoirç > armature du bout du* pilot. Planche 173. Figure 4., Y Z QJ£A.
- Larmier, c’eft une retraite de maçonnerie ordinairement dans un Pont Gothique, terminée par un taluicfc & une faillie qui fert d’ornement à une pile, à une façade de Pont en guife deplinte, de cordon, Ôçc. levier, Barre de brin d’un jeune arbre, de fix à neuf pieds de long » propre à être maniée, qu’on entaille par un bout en forme de coin, pour aider a lever un gros fardeau par le moyen d’un appui, qu’on met audelïbus , qu’on nomme Orgueil.
- Lézardé ouRifée, c’eft dans toute forte de maçonneries., une fente caufée par une mauvaife fondation, liibage , gros moellon plat & mal-fait, de quatre à cinq* a la voye, qu’on employé équarri à pareraens bruts' dans les fpndemens des piles des Ponts, tien, toute pièce de Charpente de Pont qui porte en décharge contre deuxautres, & les lie, comme fait celle qui aflùre le poreau d’appui d’une Lilfe avec la. pièce de Pont en faillie. Planche 15 , Figure 1, C. tierne s pièce de bois qui fert à entretenir les .fils des. pieux a une palée avec Boulons. . Elle fert au même ufage à kconftru&ian des Batardeaux, qu’on appelle Longueraine , lorfqu elle eft employée à pouffer des fils depals-à-planches. La. Lierne eft different^ de laMoife , en ce quelle n’a point d’entaille pour accoler les pieux. Lierner c’eft attacher des Lierne s.. Planché ai, Figure 8., Ai'N G J.
- Limofînage , c’eft toute maçonnerie faite de moellon & bain de mortier, &.dreljfée au. cordeau avec parc-mens bruts. k
- Lille , c’eft la piece &C main courante qui couronne a bouteur d’appui k Gardefpl d’un Pont de bois. Lilk
- & iiiiiv
- p.151 - vue 159/259
-
-
-
- 154 T^aiti' bis Ponts
- Ce prend auffi pour tout le Gardefol. Planche 15, Elé-s yation AC D J}.
- Xit de Pont de bois, c’en eft le plancher , compofé de poutrelles, <de Trayons avec fon couchis de Doffes. Planche 15, profil F D E C C?.
- Longueraine, V'Lierne.
- Louveu r, Ouvrier qui fait le trou à une pierre pour la louver , comme à un Voufloir , pour y mettre la Louve, qui eft un morceau de fer avec un œil comme une main , qu’on met dans le trou du Voufloir, avec deux Louvetaux , qui font deux coins de fer* ce qui fert à l’enlever du chantier lur le tas du Pont » pour le mettre en place, par le moyen des Engins,
- M
- X K Achine , c’eft tout ce qui fert à augmenter les
- «iVXforcesmouvantes. Il y en a fixprincipales,fça-voir, le Levier, le Tour, la Roue dentée, la Poulie, la Vis, & le Coin.
- Maçonnerie. Il y en a de fix fortes chez les Anciens.
- La première étoit en Echiquier ou maillée , dont les joints étoient obliques.
- La fécondé, des Carreaux de brique de plat, garnis de moellons.
- La troifiéme , de cailloux de montagne ou de Ri-, viere à bain de mortier.
- La quatrième, de pierre incertaine ou ruftique > comme étoient pavés les grands chemins.
- Lacinquiémé, de Carreaux de pierre détaillé en Iiaifon.
- Et la fixiéme , de remplage, qui fc faifoit par le moyen de certains encaiflemens femblables aux Batardeaux , qu’on rempliftoit de moellons avec mortier. On bâ-it à prefent fuivant les moyens, Us Ô6 Coutumes des pays,
- p.152 - vue 160/259
-
-
-
- «T Chaussi'ss. 150
- Madrier, gros Ais, qui fert de plateforme , qu’on attache fur des Racinaux, pour alTeoir fur de la glaife» ou fur un terrain de mauvaife çonfiftance , un mur quel que ce foit. Planche 13, Figure 3, F G.
- Maîtreflè Arche , où Arche Avalante, celle où palïènt les Bateaux , dans les Ponts qui traverfent des Rivières navigables.
- Moifes, pièces de bois en maniéré de plateformes avec entailles, lefquelles jointes enlèmblc par leur épaif-four avec des boulons, fervent à entretenir les pa-lées , ou les fils de pieux des Pons , & les principales pièces des Grues ,• Gruaux, & autres machines. Planche 11 , Figure 7, E F ,G H.
- Montée de Pont, c’eft la hauteur qu’il y a depuis le reï; de chauffée de faCulce, jüfqu’au Heurt des deux pentes de la Maîtrefle Arche. Le Pont-Roy al des Thuil-ler ies a fept pieds & demi de montée fur trente-trois toifes de long.
- Mort-bois, Bois.
- Mouton , c’eft dans une Sonnette un bout de poutre frété, retenu par des Clefs audevant des deux mon-tans , & levé à force de bras. La Hye cft différente duMouton, en ce quelle eft plus pefante, & qu’on la leve avec un Engin, par le moyen d’un Moulinet, pour la laiflçr enfuite tomber en lâchant la Dcclique,
- O
- /îy I l de Pontouverture pratiquée dans le rein des '•^Arches, qui rend l’ouvrage plu sleger , & facilite le paffage aux inondations. Ces œils de Pont font ronds, quelquefois en forme de paffàges.Voyez Planche 8 & 7, à l’élévation du Pont Sainc-Elprit,
- p.153 - vue 161/259
-
-
-
- *;4 TràitV »** Zr ONT s
- P
- P Al-à-planche, DofTe affûtée par un bouc, pour être pilotée, & entretenir une Fondation, un Batardeau, &c. Cet affûtement eft tantôt à moitié: de la planche, & tantôt en écharpe, & tout en un biais ou en un fens, pour mieux ferrer les unes contre les autres.' ; qu’on coupe en onglet & à cha'nfrain, pour mieux couler dans la Rainure les unes dans les, autres entre les joints des Longueraines. Quand on les couche en long du Batardeau, on les appelle Vannes.
- Palée, c’eft un rang de pieux employés de leur groflèur, & placés affèz prés les uns des autres ÿ liernés ,moi-fés & boulonnés de chevilles de fer, qui étant plantés fuivant le fil de l’eau , fervent de piles pour porter les Travées d’un Pont de bois..Planche 15, voyez le plan.
- Patins ou Racinaux, pièces de bois que l’on couche fur un pilotage, & fur iefquelles on pofe les plateformes: pour fonder dans l’eau & ailleurs, fur un terrain de mauvaife confîftance. Planche x>, Figure 4, O Ry P S àc HI Figure 5.
- Piece de Pont, greffe folive plusépaiffè qu’une Dofle , qui traverfe une Travée de Pont de bois, & porte en dehors*, dans laquelle à l’endroit des Liflès on amor-toife les poteaux d*appui, & les Liens pour les entretenir. Voyez Planche 15, profil F G.
- Pied cube. Suivant différera matériaux fa pefanteur ». F'pyez Voye de pierre.
- Pied-de-Roy, dont on fe fert pour l’ordinaire à mefu-rer les ouvrages publics en France, & dont les fix fontlaToife. Le Pied eft compofédedouze Pouces, le Pouce de douze Lignes, & la Ligne de douze Parties , plutôt que de dix , pour plus facilement en
- p.154 - vue 162/259
-
-
-
- JT Cf A Vf $ e'b s*
- calculer la valeur dans les toifés , fi la préciiton 1s demande. . . '
- Pieds antiques fuivant Davillcr, compares au pied*
- de-Roy. pouc. lign. part.
- Pied d Alexandrie , contient i x 2 2
- Pied d’Antioche, *4 i r 2
- Pied Arabique, H 4 •
- Pied Babylonien, 12 i 6
- Sçlon Capellus, 14 8 6
- Selon Monheur Petit, U IO 6
- Pied Grec, H 5 6
- .Selon Moniteur Perrault, 11 5 Q
- Pied Hebreu, Pied Romain félon Riccioli, ï 3 & Vilal- 3
- pande, ii i 8
- Selon Lucas Pæcus, IO IO £
- Qui eft la longueur de celui du Capitole.
- Les piedsModerries comparés au pied-de-Roy en quelques endroits de France, & Limitrophes.
- Pied d’Anvers, 3© 4
- Pied d’Avignon , &dePrbvence, 9 w 2
- Pied de Befançon en Franche-Comté, 11 5 2 2
- Pied de Cologne, IO
- Pied de Dole, 13 2 3
- Pied de Dijon en Bourgogne, TI 7 2
- Pied de Geneve, 18 JL.
- Pied de Grenoble, 12 7 T 2
- Pied de Liege, IO 7 6
- Pied de Lyon, Sept pieds & demi font la toifè de 12 7. 2
- Lyon. Pied de Lorraine, IO 9 2
- Pied de Mâcon en Bourgogne, 12 4 .3
- lien faut fept 8cdemi pour Iatoife.
- p.155 - vue 163/259
-
-
-
- lîgn.
- I
- . S
- 3
- ti
- part;
- % cé T n Ai T if »i s P ont *
- pouc.
- Pied de Mayence* . H
- Pied du Rhin, 11
- Pied de Rouen, iz
- Pied de Sedan, i o
- Pied de Strafbourg, io
- Pied de Vienne en Dauphiné, T i
- Pieux» pièce de bois de Chêne, qu’on employé de leur grofleur pour'faire les paléesdes Ponts de bois, ou qu’on équarrit pour les fils des Pieux, qui fervent à conftruire les Batardeaux, que l’on, arme d’une Lar-doire. Les Pieux font difFérens des P.»lors, en ce qu’ils ne font jamais tout à fait enfoncés dans la terre , & que ce qui en parcît audehovs eft fouvent équarri. Planche 15, OR. 12, Pieux. Dans le profil. Pieux de garde, ou de bordage, font ceux qui font au-devant d’un pilotis plus peuplés & plus haut que les. autres, & recouverts d’un chapeau. On en met ordinairement audevantdç la pile d’un Pont pour ea empêcher le dégravoyement. PL 2$, Fig. 1, FIA Lj Pile. C’eft un maffif de forte Maçonnerie, dont le plan eft fouvent exagone, barïong, & qui fépare 6c porte les Arches d’un Pont de pierre,. Planche 25, Fig. h BDMNGE.
- Pile percée, eft celle qui a aiidefttis de fes Avant-becs, d’amont & d’aval une ouverture en forme de pafïk-ge , cintrée, pratiquée: dans le rein des Arches , afin de faciliter lecourant rapide des grandes eaux, comme au Pont du Saint-Efprit. Vbyez. œil de Pour,. Pilotage , c’eft dans l’eau, ou fur un terrain de mauvaise confiftance , un efpace peuplé de pilotis fur lequel on fonde. Pl. 1.j, Fig. 1.
- Pilot 5c pilotis , piece de bois de Chêne, ou d’autre bois qui ne pourrit pas fous l’eau, employée de fâ grofteur, affilée par un bout, quelquefois armée d’u-jieLardoireà quatre branches, 8ç frétée en fa cou-
- p.156 - vue 164/259
-
-
-
- Châvssi'i*: 157
- fcôftne d’un Cercle de fer. On nomme pilotis de Cordage, ceux quiborden t, ou environnent le pilotage, Sc qui portent les patins, ou racinaux. Et Pilots de remplage-, ceux qui ,gatniflènt l’efpace piloté* Il en entre 18 à ze dans une toile quarrée. Le piloris eft différent du Pieu, en ce qu’il eft tout à fait enfoncé dans la terre, & que partie du Pieu paroît et» dehors, ou aùdeflus de l’eau dans unepalée.
- Pilots de retenue p font ceux qui font audehors d’une fondation, & qui foutiennent le terrain de mauvai-fe confîftànce fur lequel une pile de Pont eft fondée. PI. zj> Fig- i>F I, A L.
- Pilots de fupport, font ceux fur la tête defquels la pile eft fuppor.tée,comme dans ceux qu’on plante dans les Chambres d’un grillage. PI. 13, Fig. 4, O Q^R P.
- Platée , eft un de fondement, qui comprend
- toute l’étenduëd’un Bâtiment.
- Plateformes de fondation , font des pièces de bois plates arrêtées avec des ch<#illes de fer fur un pilotage, pour afïeoir la maçonnerie de (Tus, &pofées fur des racinaux, ou des patins aumême ufage. PL 15, Fig* hGH,
- P6inçon. Aiguille.
- Pointai, piece de bois mife en œuvre, & aplomb pour fervir d’Etaye, & fupporrer un Echafaudage.
- Ponceau. Petit Pont d’un ou deux Arceaux, &c. pour paflèr un RuilTeau, ou un Canal. L’on en compte a Venife jufqu’à 3 jo.
- Pont de bois, eft celui qui eft fait avec palées, & travées dé grofles pifcces de bois, ou avec travées fur des piles de Maçonnerie.
- Pont-levis, eft Gelui^qui fêléve devant la porte d’une Ville, d’un Château, d’un Pont dormant, d’un
- autre dotant, &c. par le moyen des Fléchés, Sc des Chaînes. Planche 16, Fig. 4, ADFE.
- Pont à Fléché, eft celui qui n’a qu’une Fléché, avec
- p.157 - vue 165/259
-
-
-
- IJ* T r a i tt' 6 k s P © fc t s
- une anfe de Fer qui porte deux chaînes pour enlever un petit Pont audevant d’un Guicher. Planche ij, Figurej, TSR. ? .
- Pont dormant, eft cdui qui eft fixe, & qui ne bouge pas. Planche25, Figure 2, AU
- Pont à Baccule , eft celui qui fe lève d’un côté, & s'a-baiflè de l’autre, étant porté fur le milieu par un Eflïeu. PI. 26, Fig. i, A B C.
- Pont à Couliffè. Pont qui fe glifle difiis œuvre, en tra-verfant un fofîé, comme à Saint Germain en Layc* PI. z4, Fig. 7 & 8, H G. & A D.
- Pont tournant» Celui qui tourne fur un Pivot» PL iô9 . Fig 3 ) D EL Àd.
- Pont Aqueduc. Celtfi qui porte un Canal, une conduite d’eau. PI. xt, Fig. i, i& 7.
- Pont volant. Celui qui eft fait d’un, ou de deux bateaux joints enfemble par un plancher, entouré d’une baluftrade, ou gardefol, avec un, ou plufieurs Mâts, où eft attaché par un bout un long cable, porté de diftance en diftance fur des petits bateaux jufi-qu’à une Anchre, où l’autre bout eft arrêté au milieu d’une Riviere. En forte que ce Pont fe meut comme une pendule d’un côté de la&iviero à l’autre, par le moyen d’un gouvernail feulement. Il fe fait . quelquefois à deux étages pour paflèr plus de monde, ou delà Cavalerie & de l’Infanterie en même temps. PI. 24, Fig. 1 s O P On appelle encore Pont volant, tout bac qui pafle d’un bord de Riviere à l’autre , par le moyen d’une Grenouillétre, ôc d’un Tourniquet. PI. 24, Figfîre4, A BT Z X, &Fig. 3.
- Pont flotant. Eft celui qui eft faitfte pontons de Cuivre, de bateaux ordinaires, de bateaux de Cuir, deTonneaux, on de poutres creufes qu’on jette fur une Riviere , Sz qu’on couvre de planches pour faire pafTer promptement une* Armée. Pi. 24, Figure 2, AB.
- p.158 - vue 166/259
-
-
-
- Ht Ch Afrss rts.
- PôûtrêHe. Ceft dans un Pont de Charpenté ïa pièce de bois enguife de folive, qui fupporte IcÇouchis* PI. 15, Fig. 4, DD.
- Poteau d’appui, eft celui dans nn Pont de bois qui porte fur la piece de Pont qui fopporte les liftes, 8c qui eft entretenu par des Liens , 8c des Guettes. PI, zx $ Fig. 4, S K
- Poteau montant. Ceft dans la conftru&ion d’un Pont de bois, une piece retenue à plomb par deux Con-trefiches aùdeftcms du lit du Pont, & par deux décharges audéflus du pavé, pour entretenir les liftes.
- Potelets. Pêtit poteaux, fur lefquels portent les liftes d’un Pont de bois. PI. 15. Elévation, C & D.
- Puits à roue, Machine qui fert à enlever les eaux d’une fondation, compofée de différentes roues ; dont l’une enlève avec des godets les eaux des fondations i & l’autre la fait tomÉfey^ar le moyen d’un arbre, 6c d’un long bras, «SK attéle un cheval. Les puits à roue, occupent i^Ftrop grand èfpace pour pouvoir être employés en toute forte de fondations.
- R
- R Acinaux. Piece de bois, comme des bouts de fo-lives, ou plus plattes, & plus larges qu’épaiftes, arrêtées fur des pilotis , fur lefquelles on pofe les madriers, ou plateformes, pour porter les fondations dans les lieux de mauvaife confiftance. PL xx , Fig. iyIG.
- Racinaux de Grue , pièces de bois croifées qui font l'empâtement d’unè grue, dans lefquelles font af-ferablées, l’Arbre, 8c les Arcboutans.
- Radelier, & Rager en d’autres endroits des Py renée#, homme qui conduit les Radeaux de toute forte de bois. ♦
- Radier. C’eft l’ouverture, 8c l’efpace entre les piles,
- p.159 - vue 167/259
-
-
-
- ï&o
- T*.àitè; dis Ponts
- & les Culées du Ponr, qu’on nomme autrement l Bayes , 8c le bas Radier.
- Reins de l’Arche d’un Ponr, c’eft la Maçonnerie dû inoëllons, qui remplit l’Extrados de l’Arche jufquà fon couronnement, où l’on peut ménager des Caves, & d’autres petits efpacespour foulager la pile.
- Rempîage, fe dit du milieu, & de tout le gros du maf-fif d’une Maçonner je de fondation , du corps d’unû pile, &c. • '
- Repere- Marque certaine eh un endroit fixe 8c déterminé , par laquelle on peut connoître les différentes hauteurs des fondations , qu’on eft obligé de cou* Vrir. L’Ingénieur , ou celui qui les fait faire en doit rapporter le Profil , & les refiàuts 8c retraites, s’il y en a-, 8c y laifTer même des fondes pour les juftifier, s’il le faut, lors d’une vérification. •
- Refeper. C’eft couper avec bfltoignée, ou avec la Scie, la tête d’un pieu ou d’up f^B|[ui refufe le Mouton, parce qu’il a trouvé de la^Hne, & qu’il faut mettre de niveau. *
- Retombée. C’eft chaque affife de pierre en vouflbit qu’on érige fur la première, qu’on appelle Couflî-net d’une Arche qui en forme la naifiàncc, Sc qui par leur pofe peuvent fubfifter fans Cintre. PI. 19 , Figures 6 8c 8.
- Rifée. f^eyea Lézardé.
- Rouleau, grofTe piece de bois arondie en Cylindre , qui fett à porter , &c à conduire les plus pefans fardeaux , qu’on fait tourner bien fouvent avec des Barres 8ç Leviers.
- S
- Abot 8c Lardoire , c’eft la même chofe, armature
- ) de fêr dont on fe fert pour armai la pointe d’un pilot, FtytX, Lardoire.
- Semelle
- p.160 - vue 168/259
-
-
-
- 1T Chaüssi'is. Jgx
- Semelle d’Etaye , pièce de bois couchée a plat fous le pied d’une Etaye d’un chevalement, ou d’un, pointai, pour fervir à aflurer le pied d’un Echafaudage.
- Singe* Machine compdfêe d’un treuil qui tourne par <ïts manivelles, autour de deux folives en forme de Croix de Saint André, 8c qui fert à enlever de gros fardeaux.
- Sommier. Voyez Travon.
- Sonder un terrain , c’eft avec une Sonde en chercher la profondeur.Cette bondeeft faite en forme degroflè Tariere, dont les bras de fer de trois pieds de long chacun , s’emboîtent l’un à l’autre avec des Clavettes. Quelque bon que paroifleun terrain, on ne doit pas fonder deflus qu’après l’avoir bien fondé. Pl. ùp Fig. j , A B H.
- Sous-poutre, piece de bois fous les poutrelles dut* Pont. 1. PL 15.
- T
- T Ablette. C’eft l’amortiflement en jpierre de taille ' d’un Gardefoi de Pont, difpofe de plat, 8c non arondi , ni à deux pentes audeflus , qu’on nemme-roit pour lors Bahu. Pl. 22, Fig- 9, X Tariere. Voyez Planche 21, Figure 4, AF, & Sonde* Tour, & Vindas, Machines qui amènent de gros fardeaux en tournant. Le Tour eft différent du Vindas, en ce que celui-ci tourne verticalement, & ie Vindas orizontalement. Voye^ Cabeftan.
- Tourillon. C’eft route grofTe cheville de fer qui fert d’Eftieu à toute chofe qui tourne, comme à un Pont-levis
- Tçavée de Pont,c’eft une partie du plancher d’un Pont de bois contenue entre deux fils de Pieux , 8c faite de poutrelles, foulagées quelquefoispar des Liens, & Comrcfiches, dopcle* ççitrevouxfont recouverts
- L
- p.161 - vue 169/259
-
-
-
- sS»i Traite' »is Pohtï
- de '^rafles Doflès ou Madriers, pour porter le Conclus.. Pl. 23, Fig. 4, CB,
- Travons, ou Sommiers, ce font dans un Pont de bois, les maîtrefles pièces qui en traverfent la largeur , autant pour porter les travées des poutrelles , que pour fervir de chapeau aux fils des Pieux,qui forment la palée» Pl. 15, Profil. L.
- V
- VÀnne, font les Doflès, dont on fe fert pour arrêter les terres à un Batardeau, derrière la Culée d’un Pont de bois. Pl. 15, Fig. 2, QJl.
- Verrin. Machine cômpoféè de deux Vis qui fert à élever des gros fardeaux.
- Vindas. Voyex. Cabeftan.
- Vis fans fin , Machine qu'on prétend avoir été inventée par Archimede, pour épuifer les eaux d’une fondation, Sc donc le corps Cylindrique a une ca-nelure vuide en dedans, par ou montent les eaux en tournant.
- Voufiôirs, ou Coins, ce font Ie$ principales Sc plus grofies pierres qui forment l’Arche d’un Pont, Sc fon bandeau, qui a à peu près la forme d’un coin. Il y en a qui font à telle égalé, Sc d’autres à tête inégale , comme les Carreaux, Sc les boutilïès pour Faire liaifon. Les Vouffoirs tous femblables fervent à faire des Arches extradoflees. Les Voulions à Crofièttes, font ceux,qui retournent par en haut, pour faire liaifon avec une alïife de niveau, & de face. PI. 19, Fig. 6,1, 2, 2, &c.
- Voye de pierre, c’eft une charetée d’un ou de plufieurs quartiers de pierre qui doit porter au moins 15 pieds cubes. Et le pied cube pefe pour l'ordinaire 165 livres.
- Il y en a qui pefent l’un plus que l’autre, fuivant les
- p.162 - vue 170/259
-
-
-
- H T C H A V S S l'fi *. jtfj
- différentes Carrières , & dont les grains font plus reflèrrés les uns que les autres*
- Le Marbre pcfe 253
- La Brique 130
- La Tuille szj
- L’Ardoife
- La Terre 9$
- Le Sable 13Z
- La Chaux 59
- L’Eau 71
- Le Bois de Chêne 60
- Il n’y a point de régie fans exception, & l’on trouve des unes &c des autres matières de différentes ef-peces cydeflus , qui pefent plus les unes que les autres.
- CH AP I T RE XXIX.
- Explication des Figures.
- Es Planches ire, z«, f, 4e, 5e & 6*, répré-fentent divers Ponts des Romains qu’on a rapportés dans le premier Chapitre de cet Ouvrage, où l’on peut voir leur explication.
- Flanche feptiême-
- Reprefente, i°,-le Pont de la Guillotiére fur le Rône à Lyon , dans iequel on peut remarquer les Toursqu’ony a conffcruites deflus pour en défendre le paiïàge, en cas de befoin, avec les réparations qu’on a faites au pied des piles de ces Tours, & à celles des Arches qui font tout auprès 5 que le Roue dégravoy oiç
- p.163 - vue 171/259
-
-
-
- Traite' des Po^ts autrefois , 8c donc le deflus des Crèches eft couvert d’un Talud de Dalcs à joints recouverts * & que nous rapportons ailleurs, devoir être mieux fi on les fait -de nivèait.
- z°, Le Pont-Royal des Thuilleries fur la Seine à Paris, qui eft tout uni, 8c fans ornemens , & où l’on Voit que pour la folidité de cet ouvrage, on a poufleles queues dés Voufloirs, fur environ un tiers audeflus, 8c vers le rriilieudes Arches.
- En forte que comme la Clef eft Pendroit où il y a le plus à craindre dans la pouflëe du Pont, les VouflôirS augmentent auffi plus dans cet endroit qu’en tout autre, plus ils en approchent , &plüs ils vont atteindre près de l’Aire du pave ; 8c dont les Vouftoirs ont comme des retours à Crofïcttes.
- 3e, Le Pont du Saint-Eforit fur le Rône, 8c fur lequel on voit également desTours qu'orna élevées deflùs quelques-unes de fes piles pour en défendre le palfa* ge. L’on y remarque encore les paflages qu’on a pratiqués dans les reins des Arches, afin d’en alléger la Maçonnerie. Et enfin, on y remarque encore les réparations des piles, qui fe fait avec de grands carriers de pierres qui font toute l’épaiflcur des Arches, 8c qui débordent dans les Arches, &c autour des Avant-becs,
- Hanche huïltéttoè.
- Reprefente l’Elévation du Pont deTouloiife du coté d’aval, qui a cent toifes de long, 8c les piles de 4 tories de large, desoeilsdePont, une Corniche pour entablement , les Voulions en têtes de pierre de taille avec des Cornes de Vache , qui par leur coupe en ciianfrain » facilitent aux inondations le paftàge des arbres Ions les Arches , 8c les empêchent de s'écorner* Le dedans des Arches avec plufieurs Chênes auffi de pierres de railles, & lereftant du parement de brique*
- p.164 - vue 172/259
-
-
-
- I T c H A u s s e'i s.. Planche neuvième*
- Reprefente une partie du Pont-Neuf de Paris, avec; le plan de fes Cornes de Vache, qui anticipent fur partie des Avant-becs qu‘on a monté en tourelles pour y pratiquer des loges , fi l’on vouloit, le tout décoré d’un fort bel entablement, avec des Confol les-qui font; un. très bel effet à tout l’ouvrage,
- Planche dixième.
- Reprefente une partie du Pont de Londres,dont oj». peut vqir la defcription à la fin du Chapitre premier, & qui eft prefque tour garni audefïùs, des maifons que je n’ay pas. voulu deffiner fur ce morceau d’élévation, afin de ne rendre pas la chofe confufe. L’on y voit les hautes & baffes marées , qui dévoient donner des foins inconcevables a ceux qui le firent fonder. Et le projet d’un pareil ouvrage , avec l’ordre qu’il y a à obfêrvcr pour l’établir, eft un des faits des plus habiles Ar« chitc&ps.
- Planche onzième*
- La Figure première reprefente le Pont Rialte de Ve-nife , duquel il eft parlé à la fin dû Chapitre premier,
- La Figure 2e, reprefente un Pont de Charpente donc le deflfèin m’a été donné. De même que celui de la Fig, 3j.% le Chapitre 23e.
- Planche deuxième*
- La Figure tre, 20, 3e & 4e, reprefentent 4.Ponts-de Charpente fupportés par des piles de maçonnerie , Sc dont la travée porte fur toute la largeur de la Puviere- « dudeftein de Palladio. Chapitre iec & z.^
- h iif
- p.165 - vue 173/259
-
-
-
- t€€ Traité' bis Ponts
- Planche treiziéme,
- La Figure ire, reprefenre le profil, & l‘élévation d’un Pont de Charpente conftruit lur des piles de Maçonnerie, de l’invention de Mathurin Joufie, à deux étages, Le plus bas T} dans l’élévation pour faire pafïèr la Cavalerie , où l’on voit les Cavaliers de côté, 8i de front en X, dans le profil. Le deuxième en A 8c Zt où l’on voit l’Infanterie de même palTèr de côté , & de front dans les deux de {Teins particuliers. Au furplus on voit encore la difpofition de la Charpente, à laquelle on peut ajoûter ou diminuer fuirant l’Art, & fuivant les difpofitions des lieux. L’on peut remarquer encore que DE, doit être la haureur des plus hautes inondations, pour mettre à l’abri la Charpente de tout l'ouvrais qui eft couverte d’une toiture de planches à deux égouts , 8c toujours la plus legere qu’on peut. Ce qui conserve l’ouvrage pendant des fiecles entiers , tant que l’humidité ne pénétre pas les bois,
- La Figure deuxième a été expliquée dans le Chapitre premier.
- La Figure reprefente en profil une fondation T, fur trois pilots M h K, avec des racinaux audefîùs chevillés fur la tête des pilots , 8c des plateformes après en long, 8c audeiïussuffi chevillées en IF, furlcquelles enfin, on établit la Maçonnerie T*.
- La Figure 4e, reprefente le plan de la meme fondation , dont la largeur eft déterminée par rrois pilots R V O, ponélues , & couverts de racinaux R O, ou S P, ponélués , 8c de doflès pour plateformes en long S Rt Sec. qui achèvent de couvrir la largeur de la fondation, eu portant fur les racinaux, où l’on les cheville,
- Planche quatorzième.
- Reprefente la Figure dupont de Cæfar fur le Rhin,
- p.166 - vue 174/259
-
-
-
- *T Chaüssb*ës.
- faivant fa penfée de Palladio , où l’on voit le courant de ce Fleuve, félon la difpofition de la Fléché, & comme le tout eft expliqué plus au long dans le Cha.-pitre *4Ç.
- Flanche quinziéme*
- Reprefenre en profil une palée de Pont de Charpente ordinaire, dans laquelle on voit que les pilots font plantés depuis la fuperficie des plus bafiès eaux O JR, en X V, qui eft le fond des eaux, 8c en Z Y, qui eft le fonds du gravier , 8c où commence le roc, ou un fond de confiftance qui n’a jamais été remué par la Riviere.
- Cette palée reprefente encore les moifes OQ, placées aux plus baffes eaux de laRiviere, 8c qui aflurenc le pied de l’ouvrage aufli bas qu’il eft permis à l’homme de le faire ; par d’autres Moifes NM, 8c enfin * par des Lier nés fi Ton veut O F, F Q, qu’on peut réduire aufli en Moifes fi l’on veut.
- Cette palée eft contregardée par deux pilots de défende qui font ceux à fes extrémités qui portent l’ouvrage de biais , &en décharge. Elle eft encore contregardée par un Brife-glace , compofé i°, de trois pilots 2°, cocffés d’un chapeau S R, talufte, afin de parer le heurtement des Arbres, 8c des glaces en biai-fant , 3®, 8c enfin, de plufieurs Moifes audeflous qui les entretiennent avec le corps de la palée.
- Le plan de toute la palée eft marqué audeflous par ua, fil de pieux avec celui des Moifes.
- La palée eft couronnée,
- i°, Par un gros.fommier L.
- 2°, Par 7 renforts, ou fous-poutres, qui entretien--nent 7 poutrelles audeflus en H.
- 3°, Et fur celles-ci les doflès, 8c lés pièces de Pont: F.G.
- 4°, Qui portent les poteaux d’appui BD AC.
- 50, Avedes Liens MF À.G*
- L.iiil;
- p.167 - vue 175/259
-
-
-
- Î*$ Traiti' bis Pomts
- 6°, Et enfin un’pavé D ECX à deux revers, avec un Ruiflèau au milieu E, Ôc un couchis de fable audelfous d’environ 6 pouces.
- Dans l’élévation de cette même palée on y voit, i®, Le premier pilot de défenfc h Z. a0, Les trois moifes M N Q.
- 3°, Les Contrefiches à deux rangs P N, qu on pe peut pas voir dans le profil.
- 4°, Les Chantignolles P S, qui foulagent les Moifss, & qui les alïurent par une petite entaille dans le pieu de la palée,
- 5°^ Le fommier L.
- 6°, La fous-poutre /„
- 7°, La poutrelle H, qui forme le premier cours d’a* val on d’amont l’eau.
- 8°, Les dolfes G, dans le rang defquelles font les pièces de Pont, & aufquclles font amortoifés les poteaux d’appui AB, 8c entre lefquellcs font les bordures, qu’on appelle en certains endroits Gardeterre H, êc audelïuslalilTe A B, aùdeflbiis de laquelle font les po-telets, & entretoifes D C, avec les Guettes £, ou les Croix de Saint André lr çompofée d’une Guette ou de deux Guettrons.
- La Figure première, reprefente en un plus grand volume, x
- i°, Une partie d’un pieu C JE.
- 2°, Les Chantignolles E JF, allurées avec des fiches, 3°, Les Moifes audefius.
- 4°, Les Contrefiches fur les Moifes, qui prennent bien fouvent fur le corps des pieux.
- 5°, Et enfin des Moifes audefliis avec leurs Boulons A B, dont la tête eft en A, qu’on clavette en B t mais afin d’éviter que quelques perfonnes mal intentionnées ne démontent ces boulons , ce qui affoiblit beaucoup la palée, j’ay penfé pour les en empêcher, de perçer le boulon AB, en ÇDa afin depalfer
- p.168 - vue 176/259
-
-
-
- IT C HAUSSAIS. ify
- fon trou un.c clavette a pointe , & tête perdue,C I> traverfant le corps de la Moife, que l’on ne peut plus enlever après, fans des précautions extraordi* naires.
- La Figure 2®, reprefente,
- 1°, Une culée de ce même Pont adoflcc fur un bord de laRiviere PO.
- i°, La fuperficie des plus bafïès eaux N M.
- 3°, La fuperficie des plus hautes inondations L /.
- 4°, Un pilot de culée MR.
- 5°, Les doflès en Vanne pour remplir le reitW blai des terres Q^O T, qui doivent fupporter le cou» chis de fable, & la férme de pavé T S,
- 6°, Lefommier IQ.
- 7°, La fous-poutre HT.
- 8°, La poutrelle G.
- 9°, Les dofïes ou le couchis du Pont JFT.
- i o°,La bordure, E, ou le gardeterre, qui n’a qu’uné “dofle, ou madrier de n a 15 pouces de large, & de 7 a 6 pouces d’épais qu’on pofe de champ.
- ii°, Les entretoifes-D, des Liflès.
- 12°, Une Guette €,
- 130, La LifTe B.
- Ï4°, Le poteau d’appui A,
- Flanche feizièm*
- Reprefente îe profil & l’élévation du Pont de Belles cour fur la Saône.
- On voit au bas de l’élévation le plan de la palée à double rang, qu’on a réduit en petit, avec celui des Moifes.
- Dans l’élévation on voit les deux pieux à double rang de la palée NM, ôc le couronnement audeflus à l’ordinaire, & dont la lilïê eft faite différemment de bien d’autres endroits fans décharges, fans Croix de Sain?
- p.169 - vue 177/259
-
-
-
- *7© Traite1 des Ponts
- André, Sc fans Guettes, 8ç Guettrons, mais feulement avec des entretoifes à deux rangs, ou double, & triple cours de liffes, chaque poteau d'appui alluré par des. Liens, comme on le voit dans le profil en A 8c Bt tout le Pont garni feulement de dolfes, la double palée moi-fée 8c liernée, battue à refus du Mouton jufqu’au fond de confiftance/ifjtraverfànt le gravier HKàt cinq à fix pieds , 8c la profondeur de l’eau F H audeflus*, & dont E F marque le niveau , lorfqu elles font les plus: baffes, 8c C D, lorfqu’elles font les plus hautes.
- D Ci marque l’avance de l’Avant-bec d’Amont horsL duPont, terminé en pointe, pour fervir deBrife-gîa-•çes, qu’on revêt de planches , afin que les branches 8c les racines dés arbres lors des inondations, ne s’y arrêtent pas en s’entrelaçant dans les jours des pieux. On. planchoye de meme tous les dehors de la Palée à la môme fin.
- La Figure ire reprefentele plan d’un pilot anté à deux 8c trois pieds de hauteur , en forte qiie fi’ les Abouts, des deux pieux font ainfi entaillés, comme porte la Figure ABC D i bien quarrément à un & deux pieds de hauteur j, un pieu s’amorroifera l’un à l’autre» de maniéré qu’il ne pourra s’écarter en aucun fens.
- On fe fert de lanternent des pilots , lorfque les bois n’ont pas allez de portée ; comme au Pont de Saint Vincent de Lyon fur la Saône, où les eaux, par exemple E G, dans le profil Figure 16, ont 10 pieds de hauteur , 8c Gl io pieds -, ce qui reliera audelïiis de E, n’aura plus que îopieds, fuppofé que le pilot planté n’en ait que 40 ; 8c celaeft même rare de trouver plufieurs pieux ou pilots de cette longueur, également bien proportionnés j de forte que reliant environ 10 pieds audeffùs. de E , où font les plus baffes eaux, on fait à cet About de dix pieds l’entaille en croix ABC D , Figure première, ou l’entaille par le milieu E Ft Figure 2, & donc lanternent eff; figuré par l’élévation de la Figure 5 a en
- p.170 - vue 178/259
-
-
-
- it Ch a vs s'es. îji
- GH, afltirépar un Boulon de fer claveté en H, ou bien cerclé par un Etrier,
- Quand les pilots font gâtés par fuccefîion de temps, à l’endroit des plus balfcs eaux E F dans le profil, onfe ferc de la Figure 4 , pour les anter , en les coupant en plein. & de niveau , en forte que la moife N'M, les entretienne au. milieu de leur coupe , ce qui leur fort d’Errier <te de Lien.
- Les pilots dépérirent plutôt à l’endroie des plus baffes eaux , &un peu audeflus, qu’en tout autre endroit de la palée , à caufe que les eaux des Rivières augmentent ou diminuent fans celle dans ces endroits-là par les pluyes ou par la fechereffe -, & ce changement de flux & reflux échauffe fi fort la Charpente de la palée dans cet efpace, que les pilots en font plus ufes qu’en tout aurre endroit.
- Quand enfin les pilots de 30 à 40 piedsde long, ont échauffe la palée depuis E en / , dans le profil, on ante les autres fur ceux-ci depuis E F, jufqu’à D C , & au-dcflùs, qui font entretenus par des Moifes, des Lier-nes, des Entretoifes ôedes Revétiflêmens ; en forte que le tout ne fait enfuite qu’un même corps ; & l’on ne fait ainfi les palées doubles & triples, que par rapport à la profondeur de l’eau , où une feule palée feroir trop foibie Sc vacilleroit, fi elle n’étoic fourenue par plufieurs à côté, qui toutesenfemble renrretiennent & fe lienç infiniment mieux, pour refifter davantage aux inondations , & à tout ce qui pourroit les ébranler.
- Planche dixfeptiêmc,
- Elle reprefente l’élévation du Pont Saint-Vincent de Lyon fur la Saône , quia deux Travées femblables à celle C B 3 de u toifes , Sf. une de 15 toifes ou environ ; les palées FGH> de plufieurs^de pieux recouverts de planches E D t pour être Ipuregardés. La ligne
- p.171 - vue 179/259
-
-
-
- VJ% T r A i t s* Dis Po n t *
- !>on&uce audeflus marque la hauteur des plus haute*: inondations. On voit à. ce Pont de Charpente les Travées différentes , comme d’une plus grande portée, & ainfî compofées différemment, qu’on peut couvrir pour mieux enconferver la Charpente. La feule Figure du deftèin fait mieux comprendre les pièces dont tout l’Ouvrage eft compofé, que tous les difeours qu’on pourroit tenir fur ce fujet. '
- La première Figure reprefente l’élévation d’une Travée de Pont, qu’on peut faire de zi à 15 toifes d’ouver-ture D C, tant du plus que du moins, avec des piecesde bois C A, £>B, &c. de cinq à fïx pieds, de long -, qu’on moife plus ou moins , fuivant l’effort plus ou moins grand qu’on veut leur faire faire j & quon lierne en travers , comme il eft reprefente dans le profil en P Qj N O , &c. qu’on établit fur des Plateformes &c fur des Sablières S R, qui conviennent aux Culées CD, fur tefquelles ce Pont eftfupporté. On peut armer un Pont de plufieurs Cintres ainfî afïurés, d’une largeur deTra-vées extraordinaire j & fur une Riviere ou Ton. ne fçau-roit pratiquer aucune Palée au milieu, par les difficultés qui s’y rencontrent ; commelorfqu’elle eft extrêmement encaiffëe, Auffi l’on voit que ce Pont eft de 60 à 70 pieds élevé audcftùs du Chaperon des Piles, que l’on peut monter depuis D jufqu’à M, qui eft l’Aire du Pont *, où bien que l’on peut tenir plus bas, en ne le cintrant qu’à la hauteur B A. Ce Pont eft couvert de Charpente, comme le reprefente le profil IL de la Figure deuxième. Le plan des Piles eft marqué par EF & Gy qu’on peut fuppofer comme adofTées à des murs ou aux bords efearpés d’une Riviere. E F,la fuperficie des baffes eaux j & C D, celle des inondations. Je propofe cet exemple pour fervir de projet à des ouvrages à peu près femblables, & qui feront d’une confina étion infinimeimgdus forte que toute celle des autres Ponts de Çha^Pitc,. que j’aye produit jufqu’ici 4
- p.172 - vue 180/259
-
-
-
- iT Chaüjsi'h; t 17*
- Une feule Travée d’une feule Poutrelle 5 qu’on peut renforcer plus ou moins , fuivant qu’on y employera plu» ou moins de Pièces parallèles D £ > C A, &c. qui arc-boutent le Cintre de la Travée , qui fera à deux, trois ôc quatre cours, fuivant Tufage quon en voudra faire* M.I dans l’élévation ôc dans le profil, marquent la hauteur du paflàgeduPont recouvert de la toiture IL,
- La Figure troifiémereprefente la tête d’un pieu CB, affûté à la Couronne , pour recevoir une Fiêce de fer B A, ‘afin de l’empêcher d’éclater fous le coup de la Sonnette.
- La Figure quatrième reprefentè en un plus grand volume le bout d’un pieu armé de fa Lardoire A Z ôc de laquelle on tronque la pointe Z XôcT,comme inutile, à caufe qu’elle eft trop foible, ôc qui s’é-moufïèroit à la rencontre d’un gros caillou > ôc que l’on réduit en forme de grain d’orge ou de pointe de diamant en Z pour avoir plus de prife fur tout ce qu’elle rencontre} étant certain que f angle Z F ty moins aigu que celui de Z XT, aplus de force à refifter atout ce quela Lardoire rencontre. On épargne même le poids du fer. La Lardoire a pour l’ordinaire quatre aîles ou quatre branches, une à chaque face du bour dut pilot qu’on a ainfi affûté ; comme A Z, en profil, ôc X en face avec quatre à ciifq trous à chacune * pour y mettre des doux de barque* Le bout du pilot affûté doit être tronqué en Z T, pour porter à plomb Ôc de plat dans le fond de la Lardoire environ trois à quatre pouces ; ce qui fait que le bout du pilot ne fe refoule fitot dans le corps de la Lardoire , en écartant les Aîles, ôc én les ruinant par la pefanteur des coups avec lefquels on l’enfonce. C’eft là une précaution à prendre daqs le modèle qu’on en,fera pour envoyer aux Forges, ou aux Martinets , où l’on travaille pour l’ordinaire a cette forte de ferronnerie. Les Lardoires font depuis 5 jufqu'àz© livres, fuivant lagrolfeur des pilots ou des
- p.173 - vue 181/259
-
-
-
- ijA- 1r RAlTîr DES PoltTS^
- pieux:, &. des lieux plus ou moins difficiles à penettef*. On en fait aufli pour les Pals-à-planches, qui font fort rétrdfies, ôc fuivant la coupe de leur Fuft*
- Planche Dcxhuméme*
- j’ay déjà rapporté dans le Chapitre iy, tous les Cin-» très de cette Planche. Je vais faire feulement remarquer dans la Figure première * qui eft une Ellipfe dû deflèin de Mathurin Joufle, &c dans toutes leskautres Eilipfcs, les Voufloirs dont ondoitconftruireles Ponrs ainnfurbaifles , qui doivent être proportionnés félon le plus grand rayon dont on fe fert pour tracer la partie de l’Epure qui a le plus de portée , & non pas félon le demi diamètre de l’Ellipfe. Ainfi dans rEllipfe Figurepre-miere , le demi diamètre C L étant de neuf toiles, pouvant former une Arche de iS toifes d’ouverture > on doit fuppofer cette Arche comme ayant iz toifes , à eau fe que DE eft tracé par le rayon A E, qui a n toifes* Ainfi au lieu de quatre pieds qu’on donneroit,par exemple, aux Voufloirs, à caufe de 18 toifes d’ouverture que peut avoir l’Arche, on doit leur en donner quelque chofe de plus,à proportion de iz toifes que l’Arche por-teroit, comme fai^nt partie d’un arc Z) E , dont le rayon eft de n toifes. Ainfi l’Ellipfe Figure première, qui n’eft que de iS toifes, fait autant d’effort comme fi cetoit une Arche à plein Cintre de 11 toifes*
- Dans la fécondé Figure , il n’y a rien de particulier à obferver , non plus que dans la troifiéme , chacune faifant un plein Cintre de 18 toifes d’ouverture *, je ferai feulement remarquer dans la troifiéme , que pour épargner de la Charpente dans les Cintres, on peut faire fortir des Voufloirs en Confolles ou Corbeaux P* X> pour les fupporrer à cerraine hauteur de la retombée , plutôt que delà commencer à la naiflànce de l’Arche, & défaire destrouxde Boulin. On peuclaifler encorç
- p.174 - vue 182/259
-
-
-
- HT ChàussiVs. 17£
- Car la façade du Pont, vis-à-vis les reins des Arches, des pierres en faillie B C, pour fervir à s’échafauder, afin depofer les Cintres des Arches, en rallongeant les Echafauds en B ; Sc enfin , que les Voufïoiis n’étant, par exemple, que de quatre pieds de queue à la nailfan* ce du Cintre Z T, & jufqu’audeiïus delà retombée * doivent être plds longs, plus ils approcheront de la Clef Ct fuivantla ligne ponéfcuée C £ B, quicommen-ceraàlarerombée B, oubienàlanaiflancedu Cintre; ou , par exemple , devant avoir huit pieds eh M O , ils auront cette portée , ainfi rallongés en coupe, ou en plufieurs parties, s’il n’eft pas poflible de les avoir de même tout d’une piecejufqu’à l’Aire du Pont en O , à tnoins que l’on n’eût les Carrières fort près, & la pierre de taille commodément.
- Les Figures 4,5, 6,7, §, Ôc 9, ont été rapportées dans le Chapitre quinziéme, aufquelles je n’ay rien à ajouter.
- La Figure dixiéme reprefénte la maniéré dont les pièces de Charpente des Cintres qui portent en décharge , doivent être amortoifées. Ainfi F G étant un Entrait > ôc D T un Arbalétrier, on doit faire l’entaille D E quarrément fur D F, & la mortoifè FFdans la pièce F G par embrevemenr.
- La Figure onzième marque une partie d’un Entrait EF, & partie d’un Poinçon B D, dont le bout E s’a-mortoife par un Tenon dans l’entrait, en forte qu’il ne doit qü’y être entretenu , fans que le gros du bois du Poinçon D Bt touché fur celui de l’Entrait E F d’un à. deux-pouces.
- Planche dixncuvie'me.
- La. première Figure reprefenre une Poutre armée E C (7, par deux autres Poutres en décharge A D)AFi fuivant le deflèin de Machur in Joulfe.
- p.175 - vue 183/259
-
-
-
- kjê Traite'© s s Î?ont$
- il donne encore une autre maniéré, Figure fécondé i plus forte par plufieurs Redans M, L0 K, en foula* géant la Poutre qui eft audefious, par deux autres au* deflus, qui <e joignent en H.
- Enfin , il donne encore la troifiéme maniéré , Figure troifiéme, en armant la Poutre QJR. , par trois décharges F O, ON> &C.NN. .
- La Figure quatrième reprefente la maniéré d’aujour* d’hui, jpar le moyen de laquelle on a renchéri fur cet Auteur, en unifiant parfaitement bien la Poutre armée TXy.en forte qu’il ne paroît pas quelle ait été entaillée en Y D B, & accollée par T S en TC A. Il en eft de même de l’autre piece S V.
- Les Figures cinquième & fixiéme, reprefentent les youflbirs d’une Arche, & leurs noms, fçavoir :
- i, Eft le Couflinet ou premier Voufioir , ou commencé la naiftance du Cintre»
- 2,2, 2 , &c. Vouflbirs de tète dans un Pont, & Clavaux dans une Voûte*
- $ , La Clef où l’on met pour l’ordinaire les Armes de celui à qui appartient le Pont, &c qui le fait conftruirc» AB C, L’Extrados»
- 6,8,9, L’Intrados Sc Douelle»
- 5, (», Lit de Douelle.
- 6 & i, Joint de face ou de tête»
- 5 & 7, Joint de Douelle»
- A9t >8-3 Hauteur de la retombée.
- Figure feptiémc reprefente l'Empâtement d’une foti* dation , à laquelle on donne L H , le quart*de la hauteur LM, lorfque le fond L Q, eft de confiftance; i& au contraire, quandc’eft un fond douteux, on donne - le ties s ou la moitié L /, de la hauteur LM> avec des Retraites CE, à proportion de la grandeur de l’Empâtement.
- DIVERS ASSEMBLAGE S. Figure S, Aflèmblage à Tenons & fimples Mortoifes.
- Figure
- p.176 - vue 184/259
-
-
-
- ÏT ChawSîb'is. ijf
- ïigüre 5), à doubles Tenons ôc doubles Mortoife*.
- Figure 10 , Tenon à mordant.
- Figure u , Tenons à renfort. '
- Figure it, Tenon & Mortoife avec enbrevement Si a hoche.
- Figure 15, Tenon ôc Mortoife à bout de Lien.
- Figure 14, Tenon & Mortoife tournice.
- Figure 15, Tenon à épaulement.
- Planche vingtième,
- £lle reprefente le Plan d’une fondation à Grillage* avec fes pilots de remplage ,1,1,3,4 > jufqu’au nombre de 41, avec fes pilots de bordage à rainure ôc pals-à- planches , depuis n** 41 jufqu’à 76 inclufiveiiient. Ce Grillage en fondation eft plus ou moins long ôc large , plus la fondation a d’Empatement.
- On remarquera que chaque chambre de Grillage eft garnie de deux pilots pour l’ordinaire diagonalement oppofés, que l’on peuple plus ou moins , fuivant le bon ou mauvais fond qu’on rencontre. Ce pilotage de remplage eft diftribué en forte que l’on y voit l’ordre qu’il faur obferver pour battre les pilots , en commençant par le centre n° i,& fuivant le rang des chiffres, jufqu’d n0 jé > au lieu que fi on commençoit en rétrogradant * il ne feroit pas permis de difpofer des pilots de remplage en fondation, fi on avoit commencé par ceux de bordage, comme on l’a démontré auparavant»
- La Figure féconde fait voir en un plus grand volume, un pieu de bordage , comment il eft difpofé avec fa Lar-doire ou Sabot E , fa Rainure C D , pour recevoir la Pal-à planche , les Longueraines&Liernes C.4, dont on coëffe la tête des pilots qu’on boulonne en A B , ôc qu’on clavette en B, en dedans de l’ouvrage, ôc ja-.«nais en dehors.
- . La Figure troifiéme fait voir encore plusprécifément
- M
- p.177 - vue 185/259
-
-
-
- tÿ8 A IT î' B ï * P OTK T *
- i’armarare en têce de ces pilots liernes, $Ç dont les Longueraines & les Liernes FE > h G, font encaftrées à côté & dans la tête des pilots> boulonnées en L /, clavetées en ï E, avec des Pals-à-planches à leur entre-deux M Ny 8c dontl’efpace entre les Longueraincs & les Pals-à-planches MN, eft feulement, où doit être de la largeur des Rainures defdits pilots , afin d’être tenues en raifon, comme reprefente la fécondé Figure , 8>c que les têtes des Boulons 8c les Clavettes doivent être frétées , & affuréesprès à près des Liernes.
- La Figure quatrième reprefenre en élévation l'Avant-bec d’une pile fondée for le Grillage precedent, avec fes pilots de bordage 8c pals* à- planches , dans laquelle on voit que tous les pilots portent fur un fond de con-fi fiance , comme for un roc en jQj, que la Riviere n’a encore pûcreuferplusbas , & que ce même pilot T a percé le lit de gravier P fur lequel on a pofé le Grillage f O. Les pilots de bordage Ü font arrêtés par les Longueraines O P, & chacun boulonné en tête, comme le reprefente l’Elévation. Ils font encore garnis de leurs pals-à-planehes à leur Entredeux, jufqu’en S, quicftla plus grande profondeur d’eau qu’on trouve dans la Riviere avant que de fonder la pile, & dont l’ef pace S cft regarni dans la fuite de pierres, quand la Rivière vient à creufer audefious de S, fuivantla maniéré que je rapporte dans la Planche ij , Figures i, a, 3 i 8c cela parce que les pals-à-planches R S, ne peu-Ventpas être battues plus avant j foit parce quelles rencontrent de gros gravier j foit parce qu’on trouve que les pilots fuppléent parleur refiftance à toutes les variations 8c à tous les dégravoyemens de la Riviere.
- Planche vingt uniéme.
- La Figure première reprefente en profil la maniéré de faire des Batardeaux à quatre reprifes, ou de dix à
- p.178 - vue 186/259
-
-
-
- IT Chàüssi'is. 179
- douze pieds de hauteur. Ainfi BAL étant la fupcrficic des eaux de la Riviere audeflôus de laquelle il faut creu-fer les fondations d’une pile, ou de tout autre ouvrage , on pofe le Tiran E L, qu’on allure par les pieux £ F, A G, H K , 5c L Ai. Dans l’efpace A Bon. forme le Batardeau A B C D, qu’on allure en tête par une Entretoife ou un Tiran E BAIy que l’on arrête par des Licrnes / 5c A, que l’on vanne enBDôc AC , ÔC l’efpace ABC D, corroyé de terre glaife jufqu’au fond du gravier CD. On entoure ainfi d’un pareil Batardeau la fondation d’un ouvrage , en forte que files fondes qu’on en »a faites auparavant , portent qu’il faut creufer douze pieds £7*, pour pofer les Plateformes /£, Figure fécondé \ on s’écarte de douze pieds de l’endroit que l’on veut fonder depuis 4, E ; 5c le Batardeau étant fini, on vuîde les eaux de £ en £ pardefliis B A, ou elles coulent dans des Epanchoirs vers la Riviere. L’on treufe en même temps la profondeur EP de trois pieds, & les déblais érant enterrés à cette profondeur, on établit de nouveau un autre rang de pieux audelïbus N que l'on garnit en dedans du terrain N, avec des Vannes. L’on place au de Ifiis l’Auge NP, dans laquelle ceux qui épuifent en O P, verfent les eaux avec un Bacquet A B, Figure i, en N P, 5c ceux-ci audeflus de EL *, 5c ainfi toujours en delcendant en S B, 5c juf-qu’à 17* y où pour lors l’on établit le pilotage AQEG, Figure féconde, garni deracinaux G1, & de Plateformes L /, avec des pilots de bordage à Rainûre 5C pals-à-planches A B ; audeflùs defquelles fondations on établit la Maçonnerie telle qu’on s’eft propofé , IN avec des Retraites IN3 pour la faillie de l’Em-patement.
- La Figure troifiéme reprefente un pilot ou pieu planté à refus de Mouton, qu’on veut retirer de fon emplacement , on fuppofe qu’il fort audeflus du terrain ou de i’eau H G , d’environ deux à trois pieds. On le perce
- Mij
- p.179 - vue 187/259
-
-
-
- iSo ÏRAiti' des Ponts
- en B , on y paflèle Levier AB C , que l’on entrelacé par un bout de groftè corde B D, au bout de laquelle &c en D on met un Crochet Z>, ou un Levier , ou toute autre force, pour tenir en l’air le pilot, à mefureque le Levier A BC le tournera autour de Ton centre. Le pilot n’aura pas plutôt fait un demi tour ou un tour fur luy-même , qu’on le déracinera après tres-aifément par le moyen d’un autre Levier en Z); & s’ileft dans un fond d’eau j il fortira bien fouvent de luy-même, à mefure qu’on le tournera fur fon centre, que l’eau fou-levera. J’ay rapporté ailleurs encore l’autre maniéré donc on fe fert pour déraciner les pilots.
- La Figure quatrième reprefente une grandeTariere pour forêrer un rocher E ET, afin d’y planter un pieu audeftbus de la fuperficie de l’eau H G j la pelle de la Tariere E ET, claverée en D , dans le Manche E A * que les Manivelles CB tournent par la force des hom-mesSqui font poftés fur l’Echafaud IM, & dans lequel la Tariere pafle à une ouverture pratiquée entre des folives MN, avec un autreplancher audeflous, & tout près de la fuperficie des eaux H G en L G, où on la fait paftèr aufli.
- La Figure cinquième reprefente une Sonde dont le Lout H eft barbelé , que l’on tourne par un Manche A B, quand on le juge à propos , & dont la tête excede l’anneau , pour pouvoir être battue avec une Mafle de fer. /
- Audeftus du rocher , & autour de la pelle delà Tarière, Figure quatrième, on voir la maniéré dont on fe fert pour étancher l’eau audeftus d’un rocher, parle moyen d’un Batardeau qu’on a rapporté ci-devant j où l’on voinla plus petite Cuve O P , au milieu de laquelle , quand fon efpace eft épuifé d’eau, l’Ouvrier peur percer le rocher avec le Cizeau de le Maillet en E F T, de qu’il s’afture auparavant par la double grande Cuve S T X, de donc i’enrredeux de l’une à l’autre
- p.180 - vue 188/259
-
-
-
- 1 T C H A V S S l'E S.. I&ï
- STRQ, OPFX, eft garni d’un corroyement de terre-glaife.
- La Figure 6, reprefente un firaple fil de pieux pour fervir depalée à un Pont de io i iz pieds de large , a fi* furés par deuxmoifes EF, GH, boulonnées en AB, 8C clavetées en C..
- La Fig. 7, reprefente le même fil des pieux lier-nés par I L, MN, boulonnés & ciavetés en OP, &
- Planche vingt-deuxième.
- La Figure i, reprefente une partie de l’élévation du Pont du Gard, dont les Arcades font de près de io toi-, fes de large, avec les voufïbirs exrradoffcs , un avant-bec F, du côté d’amont feulement en E. Foye"^\e profit Fig. i, avec un paflâge pour les hommes à pied, 8c & cheval, fur. le premier Pont , à l’endroit de la cymai-fe , &du gardefol C, fon Aqueduc eft audeftbus de l’en-r tablement en bahu A.
- La Fig. 3 , reprefente un corps de batifie, comme la, face d’un baftion d’une pile, &c. fondé feulement fur littgrfilage 2? £ M, tant plein que vuide*
- La Fig. 4,reprefente un Angle faillant d’une enceinte , ou de tout autre ouvrage, bâti fur une rampe AB, & dont les fondations font ménagées , fuivant difFe-rens reffauts AD, DE, 8c EF, tous de niveau , pa» rapport au bon, & au mauvais fond de confiftancc qu’on rencontre, ainfi que j.’ay- fait fuivreâ la Citadelle de Nifmes.
- La Figure 5 , reprefente le profil d’une Courtine â U., même Citadelle, où j’épargnai près de la moitié de U Maçonnerie , en employant dans le corps du profil fe Roc 1HC.
- La Figure 7, reprefente l’élévat ion du Pon t Aqueduc de Cefle, fondée fur de gros cailloux en ML I-HI, & qui fupporte le Canal Royal du Languedoc , comme?
- M iü
- p.181 - vue 189/259
-
-
-
- 482 Trait i' »is Ponts
- on le voit dans le profil en O P ; 5c où l’on a pratiqué
- une berme * ou paflàgepour les chevaux du tirage O Q;
- La Figure 8, reprefçnte le plan d’un Gardéfol ras de terre pour un ponceau Fig. dans lequel on voit les differentes maniérés dont les pierres de taille en tablette font affurées en R, avec un crampon en 4>, avec une calle de pierre-vive, qui prend de parr & d’autre dans les mortoifes des pierres qu’on a taillées auparavant j en P, à onglet ; en O, à tenon quarré, ou à queue d’aronde. Ce petit gardéfol fera infiniment plus alluré, s’il eft conftruic par carreaux, & bourifïènt alternativement , en obiervant que les extrémités foienc toûjours terminées par des boutifles ET,DS, dans lé plan à pierres-fiches, qui font les mêmes que XZ,FT, dans 1 élévation. Wne au milieu P Q, dans le plan qui eft la même que A B, dans l’élévation, 5c les carreaux en-, tredeux RQ,PO, dans le plan, ou ÀX, 5c AZ, dans l’élévation ED, marquent les deux bouterouës.
- Planche •vingt-troifiéme.
- Les Figures i, 15c 3, reprefentent les plans, élévation , & ouvrages de rempietement, pour reparer une pile dégravoyée, telle qu’eft une de celles du Pont-Neuf de Touloufe, où l’on voit Fig. 1, que G Ai N, a été emporté & dégravoyé par le courant des eaux, en forte que MN, ne porte fur aucun fond, fuivant la pente du gravier CMNIS, qui termine la profon» deur de l’eau.
- De manière que pour reparer cet ouvrage je projer-tai autour de la pile R, Fig. 3, la Charpente E, Df A, B, C, & dont les Pals-à-planches font marquées dans la Fig. 1, par IFL A, en profil, 5c en élévation Fig. 2, par CQB E S î 5c les pilots en plan Fig. 3, E, D, A, B, C, par QT, ZT, & CB, Sec. le tout conftruic 3 pieds audefTus des plus baffes eaux HC, Fig. 1, où les
- p.182 - vue 190/259
-
-
-
- S r C H A U S 5 EfE f. 1%
- Pals-â-planches font arrêtées, par des lierhes & Lon-gueraines à cette hauteur en H, & C, & à leur tefte par OP, A, &ç. font liées par EB, & GD, Fig. i, qui font les mêmes que IL, DR, GH, QR, &c. dans le plan Fig. $•> a (Turent fi fort l’ouvrage qu’il ne fçauroie. s’écarter audelà des piles. «D’autant.plus que le tout eft lié par des entretoifes ER, MB, PF, & c. pour ne faire* qu’un même corps,qu’on garnit de Maçonnerie à;fonds. perdu.depuis EF; en NI, Fig. i, cette Maçonnerie $tant rctenuë par les Pals-à-planchcs FI, Fig. i, qui. portent dans le fable,oa dans le gravier plus ou moins* commeon le voit de l’autre coté de la pile en AL, elle va remplir le dégravoyement GM N, oùfaifant corps empêche qu’à jamais la Rivierene puiflè plus fouiller audefious comme elle avoit fait auparavant > & enfin, lorfqu’elle vient à creufcr audefious , & que la Maçon-, nerie fuit le terrain qui la foutient,& que ledefius FE, s’enfonce jufques à H G., on remblaye de nouveau l’ef-pace EFG H, jufqu’à ce qu’enfin la Maçonnerie qui n’avoit été établie qu’en BES, Fig. 2, & venant à couler jufques fur le Roc , ou fur le fond de confiftance BTT, où la Riviere ne peut degravoyer plus bas., on regarnit de nouveau l’efpace B E S QZC, tandis que le aeflbus B.ESTTB, fe trouve occupé par l’ancienne Maçonnerie. On reconnoît ces' dégradations , & ces-ehutes.de Maçonnerie par lesencailtemens RED, DQ~ Æ,qui coulent au bas,& lorfqiiele couronnementERDa qu’on a garnit de pierres plâtres, de briquçsde champs, &c. fe ruine & s’éfondre.
- Les Figures 4. & $, reprefentent i°, Fige p partie du plan d’une pile avec grillage ffZYST, pilots de rem-plage dans les chambres du grillage, Pals-à-planches à onglets , portant entr’elks leurs rainures A B, CZ;;, avec pilots de bordage en tefte CD-, Et la Fig. 4, repre-fente en élévation le même plan de la pile , tantôt en. profil commet,le grillage. EF, le pilotage P,R,QJQ;ï
- M.Üii
- p.183 - vue 191/259
-
-
-
- s$4 TrAitï'des Pe,NTS
- avec les Pals»à-planches de bordage NE, EM. Et tantôt en élévation comme en DC^audeffous de laquelle on voit le devant des Pals à-planches GLIM.
- On voit de plus audeffus de ces piles la Charpente d’un Pont de bois, dont EE, marque (a lous-poutrej DD, la travée X, L piece de Pont en rang des dolfes, ôc du couchis ; V, le gardeterre, ou bordure füF, l’en-treroife ; SV, un poteau d’appui ,Z, une déchargé, ou Lien -, T, une Croix ‘ aint André.
- On voir enfin, combien les difFerens matériaux dont on s’eft fervi pour conftruireles piles,ont été ménagés, 8c employés, comme la pierre de taille en parement, où les pins hautes eaux, lors des inondations , peuvent le plus dégrader ces fortes d’ouvrages.Enfuite de là au-deffus de la brique, 8c aux Angles de la pierre de raille. Et enfin, dans le corps de l’ouvrage, dans le profil -AB, on voit à différentes couches & affifes, tantôt des lits de cailloux, & tantôt d’autres de brique eu liaifon.
- Planche vingt-quatrième.
- La Figuiie i,reprefenreun Bac, ou Pont volant qui traverfe la Riviere de $ en z, lorfqu’il eft amaré en-P, fuivant la ligne de direction O G, ôc la difpofition du gouvernail OS, 8c traverfe la même Riviere de zen 5, lorfqu’il eft amaré en Q,par une diteétion route contraire. Et ce mouvement fe fait à peu près comme les vibrations d’une pendule, fuivant le long cable amaré à une Anchre qu’on a coulée à fond au milieu de la Rivière , &'qu’on fait fupporter par des petits bateaux, afin que le fil de l’eau n’en interrompe pas le cours,
- La Figure 2 , reprefente un Pont flotant conftruit fut des bateaux qui ont leurs attaches en B 8c ^départ & d’autre de la Riviere, 8c qui font tenues en raifon par des Anchres /, ou pardesfilsde pieux LM, avec de§ cables MB, MÇ, MD, ou bien par que chaîne
- p.184 - vue 192/259
-
-
-
- 1T Chavsse'ii. rë$
- lu, au bout de laquelle il y a un gros anneau » où les cables HE, HE, &c. font amarcs pour retenir) par la proue les bateaux. Quelquefois à la place des cables, pn fe fert de longues folives de Chêne, dont l’arrête eft abatuc qu’on garnir d’anneaux, & de branches de fer aux extrémités, qui font d’un beaucoup plus long ufage que tous les cables gaudronnés. On laiflè ordinairement i ccs Ponts un pallàge pourfervir à la navigation , par exemple en B, où l’on met un, ou deux Ponts levis} comme on le voit beaucoup mieux dans la Fig. i, Pi. 2$.
- La Figure 3, reprefenre un Bac, dont le cable T X, fe dévuide dans le bateau , autour d’un Tourniquet, coule à fond, & ne paroît plus fur l’eau, quand le Bac eft arrivé à un des bords de la Riviere.
- La Figure 4, reprefenre un autre Bac qui eft dirigé par un gouvernail E, par un cable Z A, attaché en qui le fait aller en C, & par une grenouillette Z, qui coule vers X. autour du c.;ble TX, tendu fur des en-fourchemens de plufieurs arbres élevés fur les bords de la Riviere en X, 5c TE'.
- La Figure 5, reprefente le plan de la grenouillette, ou crapaudine où l’on voir que la poulie a tourné le long du cable BC, orizontalemenc, &• que le cable B C, fe dévuide encore fur deux autres poulies , tourniquets F G, DE, qui tournent verticalement par-deftiis le cable j HI, marque le cable où eft amaré le bateau.
- La Figure 6, reprefente la même poulie, ou grenouillette en profil. Ainfi N, eft la poulie A, dans la Figure 5, LM, font les deux tourniquets qui tournent verticalement marqués en D E, FG, Fig. 5. Et enfin, O P, eft le cable CB, dans la Figure 5, &c TX,
- Figure 4.
- La Figure 7, reprefente le plan d’un Pont à Cou-îiflès, dans lequel on voit que G, qui eft le Chevêtrç,
- p.185 - vue 193/259
-
-
-
- Ai Tuaitir bis PoirTt
- & qui porte fur lePont dormant G,fe gliffe dans œuvré jufques à L, par fa culaflè H, 8c pour lors le chevetro G, vient fe ranger fur l’allignement MN.
- La Figuré 8., fait voir le profil dé ce raêmfc Pont, où. ^ marque le chevêtre, 8ç la culaflè fera rangée dans oeuvre le long de fa chambre jiifques en F,8c qu on fait courir fur des petites poulies àüdeflous en D, avèc.urt. plancher audeffusen P, audeffous duquel on le range.
- f lanche vingt-cinquième.
- La Figure i, reprefente deux Pbhts-îevîs pratiqués fur un Pont flotant à bateaux, où l’on voit que la fu-perficie des eaux eft toujours la même en S, 8c les fonds de cale des bateaux en  T, que les poutrelles qui tiennent en raifon les bateaux font marquées par jQJP", les Ponts-levis en VM, MO, qu’on tient en raifon par là longue poutre MO, qu’on amire en Mr, que VM fele-Ve en HG, par la chaîne AM, qui doit être toujours parallèle à la ligne pon&uée, tirée d’un Tourillon à l’autre BV", OP, 8c que les Fléchés CB A, s’abàtent par la chaîne CD, que la culaflè de la flèche eft retenue par le traverfier C,8c ne peut même s’abatte fous dtCquand* la poutre HO, n’y feroit pas, à caufe que la fléché rc-pofe fur le chevêtre qui traverfe la largeur du Pont. Tous les poteaux d’appui fur lefqùels 8c entre lefquels jouent les fléchés du Pont-levis, font plus ou moins, aflurés en décharge, 8c entretenus par des Liens, comme IL, 8cc. avec une liflè X
- La Figure 2, reprefente un petit Pont-levis A R, pour une poterne fort legere , que deux foldats peuvent lever par deux chaînes CD, fupportées par deux poulies, autour defquelles elles tournent.
- Cette Fig. 2, reprefente encore par IH, HG, FE, des Cintres renverfés , maçonnés en coupe, à caille que le Pont qui traverfe un fofle, eft fur un fond do
- p.186 - vue 194/259
-
-
-
- tt C ftAussi'i». »*7
- tnauvâife confiftance. Il eft enfin établi für une plarée.
- La Figure 3, fait voir un Pont-levis par un guichet, qu’un foldat feul peut lever, & abatre par le moyen dune feule fléché R S T, qui tourne fur un Effieu P jQ, fur des piiaftres , poteaux, &c. & dans des Tourillons en P & que deux chaînes XM, ZO, attachées à tin Arceau de fer MO, font lever lorfqu’elles font attachées auchevêtre MO, qui porte fur lefeuil du Pont dormant, & que la flèche joint au bout R, par un anneau.
- La Figure 4, reprefente partie d’une Arche extra-doflee , où l’on voit que les voufloirs EDCB, n’ont pas plus de portée lés uns que les autres fur leurs inferieurs, PG HA ; & que leurs joints par tefte & dé côté , n’ont aucune liaifdn les uns avec les autres pour faire corps enfèmble, en forte que la rangée A M B, n’a aiucune liaifon avec la rangée de voufloirs HOC.
- La Figùre 5, fait voir une partie d’Arche toute différente de la précédente, en ce que les voufloirs S, R,
- P, O, ont une liaifon avec ceux du deflbus, & que leurs joints de tefte & dé côté ne fe rencontrent pas enfem-ble, & que leurs queues ont differentes longueurs ; les uns & les autres forment tantôt des boutifl'es, & tantôt de carreaux en parement, comme on le voit dans ceux de la première aflife VXT, qui ne fe rencontrent pas avec ceux de l’affifeaudeffus TX,
- Planche vingt-ftxiéme.
- La Figure 1, reprefente un Pont-levis a baeeuhs ABC, dont le chevêtre s’élève en E, où il fera rangé dans la feuillure de la porte qu’on luy a pratiquée ex-preflëment, & la culaffe des fléchés s’abat en M, dans la Chambre , ou l’on defeend par le petit Efcalier H, & 7,5, 8, dans le plan. L’on voir qu’il eft mieux de faire fupporter la baccule par un Tourillon qui foie ajj
- p.187 - vue 195/259
-
-
-
- T * A I T l' P E S P 0 N T 9 milieu des fléchés BD, que s’il étoit audeflbus en D. Onabaifteia baccule par la chaîne JA, ou bien dans le plancher BL, en L, on y pratique un reflort en loques où l’on arrête la baccule quand on l’a levée , & que l’on abat par le moyen d’une détente, & d’une chaîne.
- La Figure z, reprefente le plan de la meme baccule où l’on voit les deux fléchés AO, BR, le chevêtre À B, les poutrelles i, 2, 3, qui doivent fupport er les doflès dont on les couvre. L’entretoife Z, l’Eflieu avec kjs Tourillons N P, autre entretoife VX, la Croix de Saint André SX, VT, autre entretoife ST, la culaftê OR, la Chambre N. H. B. P, Sc le bout du Pont dormant
- *,ïo' ,
- La Figure 3, reprefente un Pont tournant fur un pivot A. en forte que E D. venant prendre la place de JH. le chevêtre prendra celle de G F. & pour lors l’efr pace du fofle jufques au Pont dormant fera fans paffage. J). P. O. N. eft l’efpace de la Chambre du Pont tournant où il fe place.
- La Figure 4, reprefente un Pont-levis fur un Pont de Charpente dormant, où les fléchés D A. doivent être fupporrées par un Tourillon au milieu delapiece, êc retenues par un poteau de fupport E C. audeftus duquel eft une traverfe en C ; les poreaux de Jouillieres BI. & de fupport CE, doivent être afturés enfemble par de petites entretoifes, LT. &e. & par des Liens a côté des liftes / H. B G. ; le reftant du Pont dormant conftruit à l’ordinaire avec fa lifte, poteaux d’appui potelers, Croix de Saint André, &c.
- p.188 - vue 196/259
-
-
-
- st C n a & s s e7e s.
- CHAPITRE XXX.
- Cinq difficultés qtt on propofe aux Scavans a refondre*
- Uelle doit être l’épaiffeur d’une culéei ians toutes forces de Ponts 8c ponceau* le Maçonnerie , à proportion de la grandeur des Arches, & Arceaux, 8C des poids qu’elles doivent fupporter.
- x°, Quelle doit être la largeur des piles, par rapport à l’ouverture des Arches & Arceaux , ôc des poids dont on les charge.
- 3°, Quelle doit eftre la portée des voufloirs, depuis leur intradoffè, à leur extradoffè, à toute forte de grandeur d’Arche & d’Arceau à l’endroit de la Clef.
- 4°, Et enfin, de toutes les Arches 8c Arceaux fixés fur un même diamètre, quel eft celui qui pourra porter de plus grands fardeaux. Quelles proportions détermineront au jufte les efforts des uns 8c des autres, foit de l’ellipfe, ou de quelque fut b ai flè ment qu’on veuille faire foit du plein Cintre, ou enfin du tiers-point, ou Gothique.
- ) °, A ces quatre propofitions on en joint une cinquième , qui eft, de marquer au jufte quel doit être le profil des murs de fourenement, pour' retenir les terres d’une Chauffée, des Turcies, desTerraffès, des Ram-parts dans les Fortifications à toute forte de hauteur,
- . 8cc. On prétend que feu Monfieur le Maréchal de Vau-ban a donné'un pareil profil pour les Fortifications,qui peutfervirà tous les cas qu’on propofe ici, qui peut foûtenir depuis iojufqu’à 90 pieds de hauteur de terre nouvellement tranfportée, 8c non raflife. Mais comme il n eft fondé que fur l’expérience de plus dé cinq
- p.189 - vue 197/259
-
-
-
- ij>P Traite' nis Pohti
- cens mille toifes cubes de Maçonnerie, bâties à cent cinquante Places fortifiées fous les ordres & fous lé* Régné de Louis le Grand; à quoy ce profil a été toujours employé avec fucccs. On en demande la démonftration , avec là réfolution des quatre Propofi-tions précédentes ; afin que par des réglés certaines on projette ces fortes douvrages, &c perfonne jufqu’au-jourd’hui n’en ayant donné aucune folution.
- Les hypothefes qu’on établira pour principes > doivent être connues, certaines, évidentes, & dont on ne puiflë pas douter.
- On demande qu’on s’explique avec des termes & un langage connu, afin que tout le monde l’entende, 8c en puiffe juger»
- CHAPITRE XXXI.
- Edits, Déclarations, Arrefis, Ordonnances & Réglé-mens four les Ponts & Chaulées, grands Chemins »
- 1lues dans les Filles, Bacs, Rivières, &c*
- '"1 L n’y a point d’Officier fervant dans les I Ponts & Chauffées, qui ne doive être pré-| venu de tous les Reglemens qui ont été faits j àl’occafion des grands Chemins, des Rues, des Ponts, des Rivières, des Bacs qui font les Routes dont les hommes fe fervent pour leur commerce, fans lefqueiles tout périroit bientôt , fi elles étoient interrompues. Je donne donc en abrégé le précis de tout ce qui a éré ordonné de plus important fur ces fujets , par ordre des dates, plûtôc que par ordre des matières, que chacun rangera comme il trouvera à propos, 8c aufquels on pourra ajouter , s’il importe. Meilleurs les Tréforiersde France font les feuls Juges
- p.190 - vue 198/259
-
-
-
- 1T Cmavjsî'ii. 191
- •pour le fait des Chemins ; en cas de conteftation 5c <i’appel, on ne peut porter la Caufe qu’au Confeil.
- Il n’y a que le Roy ou Ton autorité Royale qui puifïè changer les Chemins, Ruelles, Sentiers, Voy es, Rues i car tous font à Iuy. ViAm publicam Pepulus non utend0 amittertnon pote fl.L. 1, ff. dePiapublica <inere t &f.
- Par l’Ordonnance de 1415 , les Juges Royaux étoient Juges de tous les Chemins par tout le Royaume. Par celle de 1508,1a Jurifdi&ion fut transportée à Meilleur® les Tréforiersde France.
- En Décembre 1*07, Henry IV , par fon Edit établit la fon&ion&les droits de l’Office de Grand Voyer, 5C de fes Cotais ; il Veut,
- i°, Quele Grand Voyer, ou autres par luy commis , ayent la connoiÏÏance de la Voirie tant des Villes, Faux-bourgs & grands Chemins *, 5c que les Tréforiers de France connoîtront des différends qui interviendront fur ces faits.
- , i°, Que Iorfque les Rues 5c grands Chemins feront encombrés, ou incommodés, les Particuliers feront -oter les empcchemens.
- 30, Qu’il ne fera fait aucunes Saillies, Avances, 5C Pans de bois, ni aucuns Encorbeillemens en avance * pour porter aucuns murs, & porter à faux fur Iefdites Rues j mais bien faire continuer le tout à plomb , depuis le rez de Chauflëe ; redreiTer les murs où il y aura, ply ou coude , en donnant des alligneraens.
- 4P* Qu’il ne fera fait aucunes Jambe's-Eftrieres, Encoignures ,Cave, ni Caval, Formes rondes en faillie» Sièges , Barrières , Contre-fenêtres , Huys de Cave, Bornes, Pas, Marches, Montoirsà Cheval, Avenues , Enfeignes , Etables , Cages de Menuiferie, Chaffis i verre, autres Avances fur la Voirie, fans le confente-ment du Grand Voyer.
- 50, Que les Treillis de fer ne doivent aucun droit, quand iis a excédent pas les murs aux fenêtres furRuës,
- p.191 - vue 199/259
-
-
-
- i$% Traite' des Pofcfs
- Sc payeront trente fols quand il s excéderont.
- 6°t Défend de faire des Caves fous Rues , on ne doit point faire de degrés fur Rues, planter Bornes aux coins d’icelles,ès entrées des maifons, pofer Enleignes* fans permiffion.
- 7°s Ne jetter dans les Rues i eaux, ni ordures par les Fenêtres de jour ni de nuit, faire Préaux, ni Jardins ea faillie aux hautes fenêtres , ni tenir liens, terreaux, bois dans les Rues 6c Voyes publiques plus de Z4 heures* fans incommoder les pafl'ans.
- 8°, Ne faire Eviers plus hauts que le rez de Chaulïee.
- 9°,LesRués feront nettoyées les quatre grandes Fentes de l’année y les immondices des Villes fispnt portées aux champs, aux lieux deftinés aux Voiries.
- io°, Les Sculpteurs, Charrons, Marchands de bois, Teinturiers, Foulons , Fripiers , &c.ne doivent point mettre fur Rues leurs marchandifes, ni mettre fècher fur perches de bois aux fenêtres fur Rues 6c Voyes publiques leurs marchandifes.
- n°, Le Grand Voyer 6c fes Commis a infpeétioft du Pavé des Rues, Voyes , Quays, Chemins , Scc.
- iz°, Les Marchés ne doivent point être faits dans les Rues, mais dans les lieux accoutumés.
- Les Auvents ne feront accordés que de dixpieds depuis le rez de chauffée.
- 140, Sera commis en chaque Ville une petfonne capable pour donner les allignemens fur les Rues, fans qu’il foit befoin de Sergent pour le faire lignifier.
- JExtrait tiré de l'Edit du Roy, portant Reglement general pour les Eaux & Forefis i en Juillet 1607.
- Du Titre des Routes & Chemins Royaux és Forefis » & Marchepied des Rivières.
- Article I. En toutes les Forêts des palTages *
- où
- p.192 - vue 200/259
-
-
-
- it Chiosu'ii. 19,
- où il y a, & doit avoir grand Chemin Royal fervant aux Coches, Carottes, Meflagers & Rouliers des Villes à autres , les grandes Routes auront au moins foixante & douze pieds de large ; & où elles fe trouveront en avoir davantage, elles feront confervées en leur entier.
- Art. II. S’il écoit jugé necettàire de faire de nouvelles Routes , pour la facilité du Commerce ôc la feuretr publique , en aucune de nos Forêts ; les Grands Maîtres feront leurs procès verbaux d’allignement ôc du nombre , ettènce ôc valeur des bois qu’il faudra couper à cet effet i qu’ils envoyeront avec leurs avis à nôtre Confeil, ès mains du Controlieur General de nos Finances ,pour y être par Nous pourvu.
- Art. III. Ordonnons que dans fix mois, du jour de la publication des Prefentes, tous bois, épines ôc brouf-failles qui fe trouveront dans l’efpace de foixante pieds, es grands Chemins fervans au paffàge des Coches ÔC Carottes publics > tant de nos Forêts, que de celles des Ecclefîaftiques, Communautés, Seigneurs Ôc Particuliers , feront ettàrtées ôc coupées , en forte que le Chemin foit libre & plus feur. Le tout à nos frais ès Forêts de nôtre Domaine , ôc aux frais des Ecckfiaftiques, Communautés., Ôc Particuliers , dans les bois de leur dépendance.
- Art. IV. Voulons que dans fix mois pattes, ceux qui fe trouveront en demeure , foient mu 1 étés d’amende arbitraire, & contraints par faifie de leurs biens, au payement tant du prix des ouvrages necettàires pour fettartement, dont l’adjudication fera faite au moins difant, au Siégé de la Maîrr jfc > que des frais & dépens faits après les fix mois, qui feront taxés par le Grand Maître.
- Art. V. Les arbres &bois qu’nl conviendra couper dans nos Forêts, pour mettre les Routes en largeur fuffifante, feront vendus ainfi que le Grand Maître avi-fera pour nôtre plus grand profit ; & ceux des Lccle-
- N
- p.193 - vue 201/259
-
-
-
- te>4 Traite' des Ponts . . . I
- fiaftiques & Communautés leur demeureront en corn-penfation de la dépenfe quils auront à faire pour l’effitr-tément.
- Art. VI. Ordonnons que dans les Angles ou Coins des Places croiféës, triviaircs&biviaircs, qui Te rencontreront ès grandes Routes & Chemins Royaux des Forêts , nos Officiers des Maîtrifes feront planter in-ceffamment des Croix, Poteaux , ou Pyramides , à nos frais , ès Bois qui nous appartiennent ; & pour les autres , aux frais des plus voifins & interelîcsf; avec In-fcriptions 8c marques apparentes du lieu où chacun conduit} fans qu’il foie, permis à aucunes perfonnes de rompre, emporter, laccrer ou biffer telles Croix, Poteaux , Infcriptions ou Marques j à peiné de trois cens livres d’amende , 8c de punition exemplaire.
- Art. VII. Les Proprietaires des héritages aboutif-fans aux Rivières navigables, laiflèront le long des bords vingt- quatre pieds au moins de place en largeur, pour Chemin Royal & trait des Chevaux, fans qu’ils puiffent planter arbres, ni tenir clôtures ou hayes plus près que trente pieds, du côté que les Bateaux fe tirenr, & dix pieds de l’autre bord *, à peine de 590 livres d’amende, confiscation des arbres, & d’être les Contte-venans contrains à reparer 8c remettre les Chemins en ctat à leurs frais.
- Ordonnante de Mejfieurs les Tréforiers de France, du 17 Décembre 1686.
- i°, Tous les Chemins allans de Province en Province , & de Ville en Ville, auront quarante-cinq pieds de large.
- 1. a°> Que les Chemine allans des Bourgs & des Villages aux Villes de rraverfe, auront au moins trente pieds.
- j°, Que les Proprietaires desTerres voifines fe retireront chacun en droit foy ,pour laifïèr aux Chemins
- p.194 - vue 202/259
-
-
-
- *t ChAtfssi'is... 1^5
- les largeurs ci-delîus mentionnées, que toutes les hayes, ronces;, Scc. feront coupées, & qu’on n’en pourra planter qu’à lix pieds près du bord defdits Chemins » abattront toutes les buttes & tertres qui feront aude-vant de leurs Terres & Vignes j feront auiïï les folles pour l’écoulement des eaux, qu’ils relèveront tous les ans au premier Oétobre.
- Déclaration du Roy, du 16 Juin iépj, au fujetdc la hoirie & des Rues.
- i°, Défend aux Maçons de ne rien faire fans avoir pris les commiflïonsde M. le Grand Voyer.
- i°, Pour toutes les avances dans les rues , fera de-; mandé permiffion.
- Ordonnance du Roy du premier Avril iépy, qui porte:
- i°, De reformer toutes avances excedans huit pouces , comme Seuils , Appuis de Boutique , &c. dans les Rues.
- z°, De ne point fendre le bois fur les Rues, mais bien fur de? billots, &c.
- 3°, De ne point faire aucuns Balcons, Avant-corps, Travail, ou Auvent à Maréchal, ni Auvents encintrés ou forme ronde, audevant de leurs Maifons ou Boutiques , qu’après en avoir demandé per million, encon-fequence des confentemens des deux Proprietaires voi-fins j ou iceux préalablement ouis , où il echet *, à peine de démolition , confifcation des matériaux, & de l’Amende de 20 livres.
- Arrefi du Confetl d'Êtœt dn Roy, du 26 May ijq$ , qui ordonne :
- Que les Ouvrages de pavé qui fe feront de nouveau
- N ij
- p.195 - vue 203/259
-
-
-
- tÿS Traite' dïs Po n Ti
- par Tes ordres, & les anciens qui feront relevés, feront conduits du plus droit allignement que faire fepourra, ïuivant qu’il fera ordonné par les Tréforiers de France , ace commis dans la Généralité de Paris, Sc par les Commilfaires départis dans les autres Généralités ; auquel effet il fera paffe fans aucune diftin&ion au travers des Terres des Particuliers, aufqueis pour leur dédommagement fera délaiffé le terrain des anciens Chemin* qui feront abandonnés : & en cas que le terrain def-dirs anciens Chemins ne fe trouvât pas contigu aux héritages des Particuliers fur lefquels les nouveaux Chemins paffèront, ou que la portion de leurs héritages qui refteroit, fût trop peu confîderable pour pouvoir être exploitée féparément -, veut Sa Majefté que les Particuliers dont les héritages feront contigus tant aux anciens Chemins qui auront été abandonnés, qu’aux
- Î>ortions des héritages qui fe trouveroient coupés par es nouveaux Chemins , paieront fuivant l’eftimation qui en fera faite par Iefdits Commilfaires, de la valeur du terrain qui leur fera abandonné ; lequel dédommagement fe fera en deniers , lorfque le prix defdites portions d’heritages n’excedera pas deux cens livres î Sc lorfqu’il excedera ladite fomme, il leur fera donné en échange par Iefdits Proprietaires, des héritages de pareille valeur , fuivant l’évaluation qui en fera faite par Iefdits Commilfaires *, lefquelles échanges feront exemptes de tous droits de Lots & Ventes, tant envers Sa Majefié , qifenvers les Seigneurs particuliers.
- Ordonne en outre Sa Majefté, qu’il fera fait des folles de quatre pieds de largeur fur deux pieds de profondeur, à lVxtrémité des Chemins de terre qui font de chaque côté du pavé, de quelque largeur qu’ils fe trouvent à prefent dans les grandes Routes allant de Paris dans les Provinces, dont l’entretenement eft employé dans l’Etat des Ponts & Chauffées. Ec lorfqu’il n’y aura point de Chemins de terre déterminés, il ea
- p.196 - vue 204/259
-
-
-
- IT C HAUSSEES. I97
- fera fait à crois toifes de diftance du pavé de chaque côté danslefdites grandes Routes , 5c à douze pieds dans fes Routes moins confiderables -, & ce tantpour 1 écoulement des eaux, que pour conferver la largeur des Chemins, 8c les héritages riverains > lefquels folles feront entretenus par les Riverains, chacun en droit foy.
- Et pour la fêureté des grands Chemins, Sa Majefté faitdéfenfes à tous Particuliers de planter à l’avenir des arbres, linon fur leurs héritages, & à trois pieds de diftance des foffés féparant le Chemin de leurs héritages. Le tout à peine de dix livres d’amende contre les Concrevenans.
- Enjoint Sa Majefté aufdits Sieurs Commilïaires départis , 5c aufdits Tréforiers de France, chacun dans leur Département, détenir la main à l’execution du prefent Arreft, & de rendre toutes les Ordonnances necelïàires , lefquelles feront exécutées nonobftanc oppositions ou appellations quelconques. Et en cas d’appel, Sa Majefté s*en referve à Elle & à fon Confeii k connoilïànce.
- Ordonnance de Mejfieurs les Tréforiers de France du s S May , 1714 .
- Ordonne que dans trois jours pour toutes préfixions 5c délais, à compter du jour de la lignification ou publication , tous Particuliers proprietaires d’heritages aboutilPans fur & le long des grands Chemins de cette Généralité de Paris , feront tenus chacun en droit foy, de faire des folles à dix huit pieds de diftance de k bordure du pavé defdits grands Chemins ; comme auflî défaire à travers leurs héritages tous les dégorgemens necelïàires pour recevoir les vuidanges defdits folles * 5c de curer & entretenir e» bon état à l’avenir lefdits folles j en forte que les cauxpuilTent y avoir leur écou^ N iii
- p.197 - vue 205/259
-
-
-
- i*$ Traite' des Ponts
- lement libre ; à peine de cent livresd’araende » 8c d’y être mis des Ouvriers à leurs frais 8c dépens. Faifons itératives défenfes à tous les Laboureurs , 8c autres particuliers, de poufïèr leurs Labours 8c Charues au-delà defdits foflës, 8c jufque fur le bord defdites Chauffées 8c Chemins de terre étant à côré d’icelles : comme suffi de mettre ou décharger aucuns fumiers , décombres, 8c autres immondices, fur 8c à côtédefdiccs Chauffées 8c Chemins de terre, ni de laiiTer auçunes Charettes, Harnois, Mole de Fouin, bois de Cha-ronnage , 8c autres choies généralement quelconques, dans les Rues 8c paiîages des Villes, Bourgs & Villages de cette Généralité s à peine de confifcation, & de cent livres d’amende. Faifons pareillement défenfes fous les mêmes peines d’amende, 8c autres qu’il appartiendra , à tous Particuliers , de faire aucuns trous 8s fouilles fur 8c à côté defdites Chauffées & Chemins de terre, fous quelque prétexte que ce foit, même d’y prendre du fable, de la pierre, 8c autres matériaux.! 8c à tous Meuniers & autres qui exploitent 8c font valoir des Moulins qui font attachés à des Ponts, de faire 8c pratiquer fur les Chaperons des Piles defdits Ponts de petits Jardins, 8c de demeurer garants & refponfa-bles du déperiiïement d’iceux, 8c rerabliiTement qu’il y conviendra faire. Enjoignons aux Entrepreneurs du rétabliifement 8c entretenement defdits grands Chemins , de tenir la main chacun en droit foy dans l’étendue de leur Route, à l’execution de nôtre prefénre Or-donnrnce *, &: en cas de contravention, d’en faire leur déclaration au Procureur du Roy, pour y être pourvu ainfi qu’il appartiendra,
- p.198 - vue 206/259
-
-
-
- *T C H A S $ e'e S.
- m
- CHAPITRE XXXII.
- *
- Des Coutumes qu'on obferve en différent endroits dur Royaume > fur les Chemins, en cas de contrevention..
- AR l’Article 15a,de la Coutume deTroyes* rédigée en 1505», il eft dit: Que li quelqu’un laboure , ou rraverfe en labourane-un Chemin Royal, ou autre grand Chemin ôc Voye publique , y a amende dé foixante fols ; & s’il fait raye ouverte au long defdits. Chemins, en entreprenant fur iceux, ÿ a pareillement amende de foixante fols.
- L’Article 5 de la Coutume de Vitry en Perthois, ré--digéc en 1502 , porte Que celui qui atteint de labourer les grands Chemins , Voyes , Sentiers , les Paf-quis, & les Termes qui font féparation de Finage B l’amendé eft de foixante fols.
- Therouane Article 6, l’Evêque à caufe de fon Evêché,, eft Seigneur fpirituei & temporel de ladite Ville, des Flocs , Flegards, Chemins & Voyeries.
- Artois Article 5 , en 1509 & en 1543-, la Juftice du Comté s’étend es Flbçs , Flegards, Chemins & Voye-
- ries.
- De Lille, Article 17 : Aufdits Seigneurs , Hauts-. Jufticiers, ouVïcomtiers, appartiennent tous les Chemins, Flocs , Flegards , &i'es autres plantes & croif-. fans fur iceux.
- Article 9 de la Coutume de Normandie , rédigée eu 1577 : Doit le Vicomte faire, reparer les Chemins, Ponts. & PalFages , &c.
- Bayonne , Titre 18;, rédigée en 1514’. Tous les voi-fins des lieux contribuent à la réparation des Ponts folles', ou autres, lieux voifinaux».
- N-iiiF
- p.199 - vue 207/259
-
-
-
- too T AAI te' bes Ponts
- Article 3 du Titre 36 de la Coûrume de Solle, rédigée en 1510 eft défendu par la Coutume de Menar, lefdits Beftiar per los camis de Us Campée h es. Et qui fty lo contrari dmpagarptr cafcun cap de beftiar, & per caf-cune vegade une targe , la mktat per lo Rey, fir l'antre metat per lo parti de accnfante.
- CHAPITRE XXXIII.
- De la largeur des chemins, fixée fuivant lés Coutumes de plufieurs provinces.
- *
- N Bourgogne, le Sentier eft d’un pas ‘emi de large , qui' font quatre pieds demi.
- Le Chemin finerot de 18 pieds.
- Le grand Chemin 30 pieds.
- ' A Seniis, art. 171, Chemins Royaux 40 pieds. Ailleurs 30 pieds.
- Valois, art. 194, le Sentier 4 pieds de large.
- La Carrière 8 pieds.
- La Voye 16 pieds.
- Le Chemin Royal 30 pieds , dans les bois 40. Amiens, art. 184, les Chemins Royaux 60 pieds.; Boulenois, art. 156, Chemin Royal 60 pieds. Chemin de traverfe 30 pieds.
- Chemin-Châtelain 20 pieds.
- Le Sentier 2 pieds & demi. ;
- Clermont, art. n6y le Sentier 4 pieds de large;
- La Carrière 8 pieds.
- La Voye 16 pieds.
- Le Chemin 32 pieds.
- Le Quint, ou Chemin Royal 64 pieds, chaque pied ne contient que 11 pouces.
- p.200 - vue 208/259
-
-
-
- 1T Chaussi'i*. 1*1
- Saint-Omer, art. 15, grands Chemins 60 pieds.
- Chemin de traverfe, ou vifcomtier 30 pieds.
- Tours, art. 59, Ladunois, art. i.duChap. 3.
- les grands Chemins 16 pieds.
- Le Voifinau S pieds.
- Maine, art. 70, Anjou, ayt. 60, Grand Chemin Peageau 14 pieds de large.
- Bergier prétend que les grands Chemins des Romains avoient 60 pieds de large, divifés en trois parties , 20 pieds pour la partie du milieu qui contenoic le pavé,& 20 pieds pour chacune des autres qui étoient en pente , 6c quiformoient les Chemins de terre."En d’autres endroits ils peuvent erre réduits à 45 pieds i füivanr l’Ordonnance des Eaux & Forêts 60 pieds déterminent ceux dans les bois.
- Il n’y a rien de fixe pour la largeur des Chemins. Meilleurs les Treforiers de France les peuvent réduire, ou bien les élargir davantage fuivant la commodité des lieux, & l’affluence des peuples qui eftplus grande aujourd’hui , parce que c’eft à une Ville où ils vont, 6C qui étoit autrefois bien moindre , parce que ce n’étoit qu’un Bourg, un Village, un Hameau, 6c peutêcre une feule maifond’un Particulier , Iprfque les hommes ont commencé de peupler la Terre, & de s’agrandir. Ainfi les Chemins peuvent augmenter en largeur ou bien diminuer , fuivant la nécefficé des chofes.
- Le Roy par un Arrêt de fon Confeil du a fixé la largeur des Chemins de Normandie à 24pieds, fans que ladite largeur puiiïe être occupée par des Hayes, FoiTés, 6c Arbres. Et s’il s’en trouve dans cette étendue, ils feront coupés. Que les Riverains ne pourront planter Arbres qu’à dix pieds de diftance de chaque bord.
- p.201 - vue 209/259
-
-
-
- toi Tuaiti' ois Fonts
- CHAPITRE XXXIV.
- ' V
- De l'entretien des Fonts è chauffées.*
- Amseftla feule Ville du Royaume, où les Routes qui vont y aboutir font les plus fréquentées. Audi y prend-t-on des rae-fures extraordinaires, & toutes autres que celles qu’on employé dans les Capitales des autres Provinces.
- De toutes les Routes qui about iflènt a Paris, les unes font plus fréquentées. L’on prétend que celle qui vient d’Orléans l’eft davantage qu’aucune autre. On veut auffi qu’on ait plus d’attention à fon entretien % foit pour y marquer tous les ans un plus grand nombre de relevés-à-bout, foit pour y faire des réparations, &c. Et à proportion du plus, ou du moins de ces ouvrages, l’entretien doit auffi fe monter à un plus haut prix.
- Les conditions ordinaires aufquelles les Entrepreneurs fe foumettenü pour l’entretien des Routes dans la Généralité de Paris, font mifes cy-aprcs, fuivantleur rang -, & fur le toiféquien a été fait auparavant des pavés, ou des autres parties du Chemin qu’il y a à entretenir, contenant un certain nombre de toifes dont chaque Route eft compofée, Meffieursles Treforiersde France adjugent au moins offrant, & qui font les conditions meilleures, les ouvrages pour le terme de neuf années confécutives j fçavoir , i°, Que l’Entrepreneur dudit récablilFement, 5c en-tretenemenc fera tenu de relever à bout par chacune des neuf années de fon bail la quantité de toifes quarrées de pavé, aux endroits qui Iuy feront
- p.202 - vue 210/259
-
-
-
- HT ChAVsii'ii, *q|
- marqués , & indiqués par l’Ordonnance par écrie du Sieur Commiflàire , à ce député par la Compagnie, fur les rapports des Officiers du Pavé,qui feront fairs en prefence dudit Sieur Commiflàire, laquelle Ordon-i» nance contiendra l’allignement, la pente, & la forme à donner aufdites Chauffées à relever à bout.
- a9, Dans les relcvés-à-boutdu pavé de grais, Icperic fera employé féparément du grand : en forte néanmoins que les Entrepreneurs ne pourront employer queiîx rangées au plus du petit pavé, après lefquels ils feront tenus de mettre du pavé d’échantillon pour la foliditc de l’ouvrage.
- 3°, De hauflèr & retrancher les terres jufqu’à crois pieds, aux endroits où il fera neceflàire, pour rendre les Chauffées égales autant qu’il fera poflible, & ce eu les relevant-à-boùt, Sc de droitallignemenr.
- 4°, De rétablir &c faire les accôtemens de terre de toutes les Chauffées contenues en fon bail, & de cel« les qui feront par luy faites de neuf, dans le cours d’i-celui, fur la largeur de fix pieds de chaque côté, & de niveau en toute leur largeur aux bordures defdites Chauffées, obfervant de faire les taluds defdits accô-temens en penre douce le long d’iceuxpour les foûte-nir, lefquels accôtemens proviendront des retranche-mens des terres excedantes, & au défaut feront pris des Berges audelà des Chemins de terre , qui feront laifles de trois toifes de large de chaque côté, aux endroits où il fera poflible , & de retrancher les terres qui fe trouveront exceder le niveau des bordures dans toute la longueur, & largeur defdits accôtemens.
- 5°, De fournir Ies matériaux neufs néceflàires des qualités requifes \ fçavoir, le pavé de grais du plus dur du Pays, où font lefdites Chauffées, & de 7 à 8 pouces de gros eatoutfens, net, après avoir été retaillé quarrément, & de les pofer de bout, &de champ dans tous les ouvrages ; lefquels matériaux l’Entreprer
- p.203 - vue 211/259
-
-
-
- €04 Traite'dis Poïtti
- neur fera tenu de faire décharger audelà defdits acco-temens, & de telle maniéré qu’ils n’erabaralïènt poinc les Chemins de terre.
- 5°, L’Entrepreneur ne pourra employer au rétablit fement des Chauffées faites de neuf pendant le cours élu precedent bail, & de celles qui feront par luy faites, pendant ce prefent bail, que du pavé d échantillon de 7 à 8 pouces, & de la qualité dont lefdites Chauffées font conftruités.
- 7°, De purger toutes lefdites Chauffées de grais de tout le pavé tendre , & de caillou qui fe trouvera > & de n’employer de vieux que celui qui eft le plus dur, -&T au moins de 4 à 5 pouces de gros en tout fens, après avoir été retaillé , fans qu’il puiffey être employé aucun caillou, que celui feulement qui fera neceffairç pour fervir de garni, ou remplage entre les bordures, avecdéfenfe audit Entrepreneur d’employer fur lefdites Chauffées aucune pierre ni caillou dans les relevés-à-bout, ou réparations fimples qui feront ordonnées.
- 8°, De ne point employer le gros caillou avec le petit, pcle-mêle, mais feulement le long des bordures , SS fur le rein des Chauffées qui portent tout le fardeau des Chariots, & mettre le petit caillou fur le haut des mêmes Chauffées, en adouciffànt la pente , & de re-dreflêr , & réhauffèr lefdites Chauffées qui font obliques, ou enfoncées , pour les rendre de droit alligne-ment, & de hauteur égale , fuivant l'Ordonnance du *>ieur Comtniflàire.
- $Q, De raffèoir le pavé defdites Chauffées fur une bonne forme de fable du plus rude, & graveleux, Sc au moins de fix pouces d’épaiffeur.
- iO°,De ne remployer les vieilles bordures que des plus dures, & qui ayent ail moins un pied de long, fix pouces de large,& huit pouces d’épaiffeur, «. où il en manquera, en fournir de neuves de grais, ou au caillou du plus dur du pays, d’un pied & demi de long, un pied un
- p.204 - vue 212/259
-
-
-
- it Chaussées. aof
- quart de large, & un pied d cpaifleur, poféesen queue» & boutiffe, encre-deux , une, les plus quarrées avec moins d’échancrure , &de remplage de caillou qu’il Te pourra , fans que les Entrepreneurs puiffènt employer aucun moellon, ou pierre blanche, mais feulement du grais , ou caillou des longueur, largeur, & qualités cy-deflùs fpecifiées.
- n°, D’entretenir lefdites Chauffées chaque année, Sc durant le cours dudit bail, avec les matériaux neufs neceffàires, des qualités dont elles font conftruites, Sc des échantillons cy-de (Tus expliqués j en forte qu’il n’y ait ni trou percé, niflache , ni roiiagc, Sc que le tout foit très roulant.
- ii°, De ne fournir aux Chauffées de pierre, ou de caillou, que du plus dur du pays, & de ne l’employer que de bout, & de champ au moins de ffx pouces.
- 130, De ne remployer le vieux caillou que des quali-tez du précèdent article, Sc pofé de même.
- 140, De ne pofer tout le pavé, tant de grais que de caillou qu’en bonne liaifon, & de ne faire les .joints que quarrés, & larges de huit lignes au plus pour le pavé de grais.
- 150, De ne prendre de fable, ni terre, foit pour les accôtemens , ou pour les hauffès proche les Chauffées, finon aux endroits où il fera neceffàire d’en ôter pour élargir les Chemins de terre j & au défaut il eu fera pris aux fterges des foffes, après avoir laiffé defdirs Chemins de terre, qui feront comme dit eft en l’article 4, aux endroits où il fera poflîble, au moins de trois roifes de large de chaque côté des Chauffées, aplanis, & égalés fans les embarafler des rebuts qui en provicn-drontffefquels rebuts feront mis & battus à la hye dans les accôtemens, Sc joignant les bordures, pour leur fervir de contre-bordure.
- 1 <5°, De ne faire aucuns trous fur lefdits Chemins, & d’empêcher qu’il n’en foit fait jau contraire de rem-
- p.205 - vue 213/259
-
-
-
- io£ tRAlTIf Bîl PflMTt
- plir ceux qui pourroient y être, |fin d’en rendre le paf-fage plus libre *, & de s’informer foigneufement des noms de ceux qui auront mis des fumiers, ou d’autres encombremens fur lefdites Chauffées, ou fur les Che inins de terre à côté d’icelles, & même dans les Villes, Bourgs & Villages, où paffent lefdites Chauffées , ÔC d’en faire la déclaration au Procureur du Roy pour y être pourvu.
- 17®, D’entretenir en bon état durant le cours de fon bail toutes les Chauffées ÿ contenues, fur les longueurs, & largeurs y déclarées, & auffi celles qui feront par luy faites de neuf dans le couis d’icelui fans en rien prétendre.
- 180, De décombrer chaque année toutes les Chauffées, afin quelles foient découvertes, & apparentes, lors des réceptions ; comme auffi de tranfporter les dé-combremens audelà des accôtemens, & des Chemins de terre.,
- 190, De décombrer & entretenir pendant le cours de fon bail tous les ponceaux, d’une , ou deux Arches qui font fous lefdites Chauffées , avec leurs ailes, 8c parapets ; & ce des matières, & qualités, qui font con-ftruits, fans neanmoins y comprendre les cas fortuits, ni les Ponceaux dont les Particuliers peuvent être tenus à caufe des Péages qu’ils reçoivent.
- 20°, Sera tenu l’Entrepreneur de commencer les ouvrages dans le mois de Mars de chaque année, & de les parachever , & de les mettre en état de réception à la fin du mois d’Août.
- 2i°, De faire recevoir les ouvrages au plus tard au mois de Septembre de chaque année, après que par les Officiers du pavé, en prefence du Sieur Commiflàire à ce député , rapport de vifitation aura été fait de l’état defdits ouvrages, lequel fera certifié par ledit Sieur Commiffaire.
- 22°, De faire toifer, & recevoir pareillement, 8C
- p.206 - vue 214/259
-
-
-
- IT Chaussais. 20f
- de rendre à la fin dudit bail lefdits Ponceaux & Chauffées en ben état des longueurs & largeurs y déclarées.
- ij°, De netranfporter par l’Entrepreneur le tout ,ni partie de fon bail, fans le confentement de nofcüts Seigneurs, à peine de nullité.
- 24°, De ne pouvoir fe pourvoir fur les conteftations qui pourroient furvenir pour l’execution dudit bail, ailleurs qu’au dit Sureau, à peine de nullité, Sc de 500 livres d'amende*
- 25°,De donner bonne & fufKfante caution pour feu-reté & execution de tout ce que deffus.
- 26°, Les vifites extraordinaires, ôc les rapports qui feront faits en confequence par les Officiers du pavé, au fujetde l’inexecution des Baux, fur les Ordonnances defditsSieursTréforiers de France, feront taxés par lefdits Sieurs Commifïàires ; avec défenfes aufdits Officiers du pavé de prendre autres , ni plus grands droits que ceux qui leur feront taxés,à peine de reftitu-tion, & d’y être pourvu fuivant la rigueur des Ordonnances.
- Quoique la formalité des adjudications foit de même dans toutes les Généralités du Royaume, les conditions des Devis d’entretien , ne font pas toujours fem-blablesàccllesdelaGeneralitéde Paris. Meilleurs les Commiflaires départis dans les Provinces, fuivant l’avantage que l’Etat, ou le Public peut recevoir de U differente maniéré d’adjuger les ouvrages, font ajoû-ter, ou diminuer aux conditions portées par le Devis. De maniéré qu’une telle pièce de pavé dans une telle Route, contenant tant de toifes quarrées, fera entretenue , & en bon état, pendant le terme du bail, à raifon de tant la roife quarrée, tantôt à 1 fol 5 tantôt à 2,- tant du plus que du moins, par rapport à la quantité des voitures qui palfént fur la Route*, furtout s’il y a des gros Rouliers 5 & par rapport à l'éloignement des
- p.207 - vue 215/259
-
-
-
- ï©* Traiti' as s Ponts
- matériaux qu’il faut employer pour faire les réparations.
- Dans d’autres endroits enfin, fans fpecifier les toifes quarrées, on énonce les Chauffées en entretien à tant par toife courante, où toute autre partie de Route fur une telle longueur & largeur qu’on donne à entretenir tous les ans pour une certaine fomme, fuivant que les lieux , ou les ouvrages le demandent plûtôt d’une maniéré que d’une autre, comme font furtout les Chemins ferrés, ou les Chauffées de Grève, ou garnies de gravier, &c.
- A l’égard des Ponts aufquels on ne fçauroit apporter trop de précautions, les Entrepreneurs ne s’obligent ordinairement qu’à l’entretien des menues réparations , comme font celles des Pavés , des Bornes, ou Bouterouës , & des Gardefols j ou bien des Liffes à ceux de Charpente, des formes de fable, & couchis qui foûtiennent le pavé, &rc. comme menus ouvrages, qui font à la vûë de tout le monde, & à la bienféance' deTEnti-epreneur ; & qui font les parties des Ponts les plus fujettes à être dégradées, qu*il importe le plus de tenir en bon état, foit pour la confervationdc touc l’ouvrage, foit pour l’utilité du Public.
- Les avenues de tous les Ponts font ordinairement les parties des Routes les plus maltraitées, & qu’il paroît qu’on doit le mieux entretenir, qu’on doit fpecifier dans le Devis, devoir être entretenues en bon état fur la longueur de tant de toifes, avec empietemens, & gravier audeffus , fi elles ne font pas pavées. Et les avenues des Chauffées qui font pour, fprdinaire toû-jours en mauvais état par la chute qu’y font les Rou-liers lorfqu’ils les quittent, où il fe forme prefque toûjours des creux, & de très vilains bourbiers, doivent être comblés avec des empietemens , & des en-gravemens, fur la longueur de 6 à io toifes,pourêtre toujours en bon état d’entretien.
- p.208 - vue 216/259
-
-
-
- 1 t Chaü s sifs». 10$
- J'ay rapporté ailleurs les précautions qu*on garde en Languedoc, pour empêcher les piles des Ponts de dépérir , ôc dont les Entrepreneurs ne veulent point Ce charger d’entretenir, ôc oùd’abôrd aprèsque les inondations ontpafïë, on fait un fondage pour fçavoir fi les eaux ne les ont pas dégravoyées , qu’on confronte avec celui qui avoit été*fait auparavant ; ôc parla différence qu’on y trouve, on reconnoîc le défordre qui vient d’y arriver- Sur lechamp l’Infpeéteur delà Province marque la quantité des toiles cubes , de gros quartiers de pierre qu’il importe d’y employer, pour arrêter le pied des piles , ou bien y marquer les autres ouvrages qui y conviennent, comme les Crèches qu’on adjugea celui qui fait les conditions meilleures, ôc que l’on mer en œuvre ineefiàmment, pour prévenir une autre inondation qui pourroit achever de ruiner, ou de renver-fer ce que la précédente auroit déjà entamé.
- C’eft par ce moyen que le plus fouvent on évite la chûte de ces grands ouvrages, dont la plupart ont coûté des fommes tres-confiderables, ôc qui intereffent fî fort lé Public, que le commerce en eft d’abord interrompu , ou retardé ; ÔC qu’il importe fi fort de tenir toûjours en bon état, qui certainement ne déperiflènt pour l’ordinaire que par le manque de ces attentions.
- La Coûtume de Bretagne Article 4,9, porte, que les Seigneursdoivent mettre les deniers de leurs amendes pour reparer les mauvais Chemins, ôc s’il n’y a des amendes, les voifins des Chemins doivent contribuer a leurs réparations.
- La Coûtume de Saint Orner, Art. i6, oblige de même les voifins à re parer les Chemins.
- La Coûtume de Bourbonnais, Art. 36, oblige les Ha-bitans des Paroiffès de reparer ôc entretenir les Chemins , Ponts ôc Paffages.
- La Coûtume de Solle, Article $6, Idem que l’Article precedent.
- p.209 - vue 217/259
-
-
-
- aïo Trai-ïi' pïs P omx*.
- 'Par l’Ordonnance clu mois de May 1413, IeRoycofft-mande à tous les Sénéchaux, Baillifs, Prévôts, &au* très Juges de Ton Royaume, de tenir la main que les Chemins foient réparés, & que les Habitans des lieux, foit par taille, ou impôt, y contribuent.
- CHAPITRE XXXV.
- De là garantie des Ouvrages Publics & Particuliers.
- Es Maçons, Charpentiers, & autres, font garans de leurs ouvrages durant dix ans , a compter du jour de leur achèvement ,'fî le mal qui arrive à l’ouvrage provient de la maleraçon, & non d’une force fuperieure , comme d’un cas fortuit. Ainlî l’ouvrier remettra l’ouvrage à fes dépens, s’ileft de peu de con-fequence , & s’il nepalïèpas la valeur d’une livre d’or. Mais s’il palTe une livre d’or, le particulier qui Fait bâtir fournira les matériaux.
- Si l’ouvrage eftde terre , ou d’une matière médiocre , la garantie durera ïîx années ; & en cas de contravention de la part des Entrepreneurs, la Loy veut qu’ils foient fouettés, rafez & bannis. Cette Loy cil citée par Harmenopolus > dans fôn troifiéme Livre, Titre 8.
- La Loy ne regarde point l’Archite&e qui donne le delïêin, mais bien les Maçons , les Charpentiers , 8c les Couvreurs. On veut qu’elle ne s’étende pas fur les Menuihers, Plombiers , Carîeurs& Paveurs. Cependant ceux-ci ne font pas moins coupables des défauts de leurs ouvrages par ieurs malefaçons.
- Il me paraît que celui qui donne un delïêin doit le garantir. De même d’un Devis. Mais celui qui l’execu-
- p.210 - vue 218/259
-
-
-
- * T C H A U S S l'fi S. 2 *fc
- 6e y doit être obligé doublement, afin de tenir en reg,le un chacun, ; pour les coutraindre à bien faire, ou qu îls. ne fe mêlent pas d’une chofc qu’ils n’entendent pas. Suivant la Loy , Omnes, on veut qu’on loit garant des. ouvrages pendant 15 ans. Et que l’obligation même pâlie jufques aux heritiers de l’Entrepreneur.
- Jufqu’au jour d’hui il n’y apoinceu d’Ordonnance de nos Rois qui ait abrégé ce terme, & il ne peut être limité ni racourci âu gré de l’Entrepreneur , à une feule année du jour que les ouvrages ont été'finis. Ces maniérés de ftipulér nedétruifent point la Loy. Il n’y a que les cas fortuits qui impofént, & aufquelson a égard.9 comme font les Incendies, les Tremblemens de Terre, les grands débordemens, les Glaces aux. Ponts-, les., abatis par les Guerres , les Tonnerres, &c. Gette garantie d’un an & un jour, après que les ouvrages font finis, lors de leur réception, c’êft plutôt une formalité qu’un droit, quipuifle autorifer la,malefaçon de l’Entrepreneur. Il n’éft pas pofiible non plusque celui qui fait la vérification de l’ouvrage, fi habile qu’il fo;t quand il le reçoit, & qu’il ne l’a pas vu bâtir , en réponde. Il n’y a que le temps de quinze années qui foie le véritable Juge, Sc qui décidé de ces faits. On veut pourtant qu’un habile homme qui fçait fon métier 9 trouve les défauts d’un ouvrage de Maçonnerie, lorf-qu’il a été mal fait. L’experience dans ces occafions efii un grand maître, qui en apprend plus que tout lès Li** vres en fçauroient dire.
- p.211 - vue 219/259
-
-
-
- il* Traité dis Pohts.
- CHAPITRE XXXVI.
- Des Péages
- HOmme les grands Chemins appartiennent au Roy, auftï Sa Majefté ordonne qu’ils (oient réparés à fes dépens •> mais ceux où il fe levé des Péages par des Seigneurs.par-ticuliers, c’eft aux frais du Droit des Pca-* ges , qu’on racommode les grandes Routes,
- En O&obre 1508, Article 18 , il fut ordonné par Sa Majefté, que ceux qui prennent Péages, Barrages, &C autres Treus ou Devoirs, feraient contraints chacun i fon égard à faire faire les réparations des Chemins.
- Article 107 de l’Ordonnance d’Orléans 1560 , dit que ceux à qui les Droits de Péages appartiennent, feront tenus d’entretenir en bonne & dûe réparation les Ponts, Chemins & Palfages : autrement le revenu defdits Droits ferafaifi, pour être employé aux réparations *, & en cas d’infufBance , repeter les deniers de ceux qui les auront reçus, jufqu’à la concurrence defdites réparations.
- Par cette Ordonnance le Peager eft obligé de refaire le Pont, s’il vient à tomber 5 c’eft une fuite du peu de foin qu’on a eu de l’entretenir : mais Ci c’eft par un cas fortuit, comme par des glaces , &c. pour lors le Peager n’eft oblige à le rebâtir qu’à proportion de ce qu’il reçoit du revenu.
- Il a été jugé par un Arreft du Parlement du 4 Mars 15ôiy qu’un Seigneur Peager n’eft recevable à quitter au Roy le Droit de Peage , au moyen des grandes réparations à faire à un Pont, ou bien parce qu’il le faut bâtir à neuf, ^7^ Bacquer, Chapitre jo, aomb, 16,
- p.212 - vue 220/259
-
-
-
- IT C HAUSSEES. *!$
- L’Article 28 2 de l’Ordonnance de Blois 1567, établie la mëmechofe à 1 egard des Peagiftes, que pour l’Afti-. che & encretenemenr ou Pancarte.
- L’Article 355 de ladite Ordonnance de Blois., porte-de faire faifir fur les Travers & Péages , pour les de-, niers en provenans, ctre employés aux réparations des; Ponts , Chemins & Chauffées,
- La Coutume d’Auvergne, Chapitre 15, Article 16\, énonce la meme c.hofe. Celle de Poitou de même, Art., 12. Celle d’Acsidem, Titre 12. Celle de Tours, Article 845 d’Anjou, Article 60 > du MaineArticle 69.
- Le 2 Avril 1605, il fut donne Arreft du Gonfeil auxr mêmes fins des réparations des Ponts, Paves, Chaufiëes, é autres Ouvrages publics j pour les Drqits.de Péages* & Levées.
- En 160 fie 11 Avril, il fut encore rendu un Arreft dut? Confeil, oùr le Roy ordonne que commandement fera, fait à tous. Peagers & Barragers, de mettre les Chauffées âc Pavés en bon ccat s finon, faire faifir, l'efdits^ Peagers. *
- L’Article 14 de la Déclaration du 31 Janvier 1*63.», porte de faifir non feulement le revenu des Péages ; mais; encore celui des Terres des Peagers , pour être em^ ployés aux. réparations en queftion, fuivant les marchés qu’en feront Meilleurs les TreforiersT.de France s-. Si mieux maiment lefdits Seigneurs Peagers abandonner lefdits Péages.. Il me paroit que lefdits Péages ne doivent pas être abandonné^par les Seigneurs Peagers,. qu’après que les Ponts & Chauffées auront été mis en bon état ; pour lots le Roy.doiç sfen charger t,6c, non autrement.
- L’Arreft du Confeil du 5 Mars, 16$$, ordonne Ia.mê-toe chofe que les préçedens.
- . Les Péages doivent contribuer non feulement à entretenir les Ponts &Chauffées deslgrands Chemins, mais encoreceuE.de traverfe avvoiûaaux é petits,, qui
- Q üh
- p.213 - vue 221/259
-
-
-
- il* T.raiti' des Ponts .
- Font dans la: Jurifdi&ion des Peagers} fuivatit laDeckw ration du mois de Janvier 1663.
- L’Article premier du Titre des Droits de Peage , Travers , ôc autres, du Reglement général des Eaux ôc Forets , fupprime tous les Droits de Peage fans titre , Ôc veut que toutes Barrières , Digues , Chaînes ôc autres empêchemens aux Chemins , Leyées, Pont?, Paf-Fages, Rivières, Eclufes ôc Pertuits, pour la perception de ces Droits , foient ôtés &c rompus.
- L’Article 5 du même Titre : N’enrendons qu’aucuns de ces E)rpits foient refervés, même avec Titres ÔC poffdhons > où il n’y a point de Chauffées, Bacs, Eclu-Fês 8ç Ponts z entretenir, Ôç à la charge des Seigneurs §C Propriétaires.
- Dans l’Article feptiéme fuivant : Ordonnons qu’il foit fait une Pancarte, laquelle fera mife ôc arrachée fur des poteaux aux entrées des Ponts, Paffàges Ôc Pertuits, cù les Droits font prétendus * fans les pouvoir autrement lever ni exceder fous aucun prétexte, eonobftant tout ufage contraire -, à peine de punirion exemplaire contre les Contrevenans, même de reftitution du quadruple envers les Marchands,«outre l’amende arbitraire envers Nous.
- CHAPITRE XXXVII.
- # -
- 3P> es Carrières, avec lesRéglemens quon y doit obferver%
- Ans lç Reglement général des Eaux & Forêts * au Titre de la Police ôc conferva-çion des Forêts, Eaux & Rivières-, Article 40 : Ne feront tirées terres, fables, & autres matériaux, à ffx toifes près desRi?-yieres navigables, à peine de cent livres d’ajçnçndçj
- p.214 - vue 222/259
-
-
-
- IT C HAülSï'l J. 21$
- L’Arreft du Confeil du 23 Décembre 169©, fait dé-•fenfes d’ouvrir des Carrières dans l’étendue ôc au* rein» des Forets du Roy , fans la permiflïon de Sa Ma-jefté , ôc l’attache du Grand Maître» fait que lefdites Carrières foient de pierre, fable, argile, &c.
- L’Ordonnance touchant la ChalTe, du 4 O&obre i$77, défend d’ouvrir les Carrières qu’à 15 toifes des. grands Chemins i enjoint de- recombler inceiïamment les fonds ôç troux abandonnés, &c.
- Les Carrières qu’on ouvre en différens endroits a font caufe bien fouvent de plusieurs maux. Les Entrepreneurs pour l’ordinaire, après en avoir tiré les matériaux qui leur conviennent, les abandonnent fans les combler , ou les fermer. Ce qui çaufe aux unes des Mares , où bien fouvent on trouve des gens noyés \ d’autres fervent de retraites aux Voleurs , pour s’y cacher , fuivant qu’elles font à leur portée j d’autres font caufe qu’à la Chafïè ou autrement, ôc pendant la nuit ces fortes d’endroits font très-dangereux , ôc où l'on fe précipite par mégarde. Ce font comme tout autant de piégés malheureux où les hommes ôc le bétail peu-? vent périr, ôc y prendre du mal, qu’on peut éviter en faifant exeeuter contre les Entrepreneurs la rigueur des Ordonnances,
- $ ! N,
- p.215 - vue 223/259
-
-
-
- table des chapitres.
- Ch Api T"\ E S Ponts en general 3 où il eftpar.
- TRE I. 1-J le de ceux des Romains, & de ceux des Modernes. pag.i
- Ch ap. II. De la divifon des Ponts en ceux de Maçonnerie entièrement, en ceux, de Charpente & de Maçonnerie 3 & en ceux de Charpente feule-ment. u
- III. Les noms des Parties des Ponts faits de Maçonnerie. îz
- IV. Les noms des parties desPonts deCharpente. 24
- V. Des projets des Ponts. 26
- VI. De la grandeur des Ponts, proportionnée k la
- quantité des eaux qu'ils doivent recevoir lors des inondations. 32
- VII. De la rapidité des eaux fous les Ponts, &
- des moyens de l'éviter. 37-
- VIII. De l'abatffement des eaux des Rivières 3 &
- de la maniéré de les détourner, pour établir les fondations d'un Pont. 45
- I X. Des Outils dont on fe fertpour travailler aux Ponts. 48
- X. De l'employ des bois*. 49
- X I. Des qualités de s bois 3 de leurs efpeces & de
- leurcoupe. 50
- XI ï. De la Me fur e & du Toifé des bois. 5 6.
- XIII. Des Pilots & Pals.k-planches,. 6$
- p.216 - vue 224/259
-
-
-
- TABLE DES CHAPITRES.
- XIV. Des Echafaudages. 68
- XV. Des Cintres 3 Mortoifes, à* Poutres armées. ji
- XVI. Des Machines & Engins k enlever ^conduire } & à épuifer. 77
- XVII. Des Batardeaux. 7.9
- XVIII. Des Fondations des Ponts. 83
- XIX. Des parties des Ponts de Maçonnerie 3
- de leur proportion. t\ Des Culées & des Allés, toi X X. z°3 Des Piles des f onts, des Avant-becs, & des œils de Ponts. 102
- XXI. 30, Des Arches & des Kouffoirs. 108
- XXII. 40, Des Couronnement des Ponts de Ma-
- çonnerie , des Garde fols 3 Boute roue s 3 Banquettes & P ave 7^. . 115
- XXIII. Des Ponts conduits avec Maçonnerie & Charpente. 116
- XXIV. Des differentes maniérés des Ponts de . Charpente 31°, Des Ponts de Charpente Fixes & Dormans. 118
- X X V. 2°, Des Pontsfixes & mouvait s , qui comprennent tous les Ponts-levis 3 T> k deux Fléchés 3 2°, a une Fléché , 3*, à Baccule, 4°, à Couhjjes y 5°j & Tournant. 113
- XXVI. 30, Des Ponts mouvant & volans, qui font3i°, les? ont s à b ait eaux & k pontons. 2 °3Z,es Bacs à T raide 3 30, a Grenouille -3 40, & le* Ponts volans. 126
- XXVII. Des Défenfes des Ponts, i«, des Brife-glaces 3 i°, des revêtiffemens des Piles degra-voyèes > ou des Chrèches.. 13 ï
- p.217 - vue 225/259
-
-
-
- TABLE DES CHAPITRES.
- XXVIII. DiBionnaire des termes des Arts dont on fe fert dans la confiruBion des Ponts de Ma* çonnerie dr de Charpente, contenus dans lepre-fient Ouvrage, par ordre alphabétique. 13 j
- XXIX. Explication des Figures qui démontrent
- les differentes parties des Ponts, dr les ouvrages qu'il y convient faire. 163
- XXX. Cinq Difficult és qu'on propofiè aux S ça.
- vans, arefoudre. 18.9
- XXXI. Edits , Déclarations 3 Ane fis, Ordon-
- nances dr Reglemens pour les Ponts, & C h au fi fiées} grands Chemins, Rues dans les Villes, Bacs, Rivières, &C 190
- XXXII. Des Coutumes quon ohfierve en différent endroits du Royaume, fur les Chemins.^ en cas de contravention. 199
- X X X 111. De la largeur des Chemins y fixéefini* vant les Coutumes de plu fleurs Provinces. 200
- XXXIV. De l'entretien des Ponts dr Chauffées.
- 202
- XXXV. De la garantie des Ouvrages publics dr particuliers. 210
- XXXVI. Des Péages. 212
- XXXVII. Des Carrières, avec les Reglemens quon doit y obferver. 214
- FIN DE LA TABLE.
- p.218 - vue 226/259
-
-
-
- DES PONTS.
- OU IL ÈST PAÈ.LE DE CEUX DES ROMAINS
- & de ceux des Modernes ; de leurs maniérés, tant de ceux de Maçonnerie, que de Charpente 5 8c de leur difpofition dans toute forte de lieux.
- £)es projets des Ponts, des Matériaux dont on les conftruit, de leurs Fondations , des Echafaudages , des Cintres, des, Machines, & des Batardeaux à leurs ufages.
- ï)e la différence de toute forte de Ponts , foit Dormaiis, ou, Fixes-, foit Mouvans 8c Flotans * Volans , Tonrnans, à Coulifïès, Ponts-levis àFlcche, SeàBacculei &c.
- Avec lexplication de toiis les Termes des Arts qu’on employé: à la conftru&ion des Ponts, 8c les Figures qui démontrent: le*urs differentes parties^
- Et les Edits, Déclarations, Ârrefls 8c Ordonnantes c[m ont été rendus à l’occafîon des Ponts 8c ChaufTées, Rues, Bacs, Rivières. Des Coûtumes obfervées fur ce fait. De leur entretien. Des garanties; Dçs Péages, 8c des Regle-mens fur les Carrières.
- A PARIS,
- Chez À*îi>re' Cailleau, Quay des Auguftins, prèp la Rue Pavée * à Saint André.
- MDCCXVI.
- AVEC APTRGBATIOM ET PRIVILÈGE JDV ROT,
- p.n.n. - vue 227/259
-
-
-
- p.n.n. - vue 228/259
-
-
-
- AP P R 0 B AT 1 O N.
- J’A Ÿ lû par tordre de Monfeigneur le Chancelier % le Traité des Ponts & Changées ; Sc je n’y ayriefl trouvé qui doive en empêcher l’impreflîûm A Paris le 23 Décembre 1715.
- DÈLISLE.
- PRIVILEGE DV ROT.
- LOUIS par la grâce de Dieu, Roy de France & de Navarre :
- A nos amez & féaux Confeillcrs les Gens tenans nos Cours de Parlement, Maîtres des Requeftes ordinaires de nôtre Hôtel, Grand Confcil , Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils , & autres nos Jufticiers, Saut. Notre bien amé And r b* Cailleau, Libraire à Paris t Nous ayant fait expofer qu’il luyauroitefté mis en main un Man'ukrit qui a pour titre , Traité des Ponts & chauffées, Sc defireroic donner au Public une Differtation fur les Culees, Piles , Vouloirs, Pouffe es des Ponts, &c. s’il Nous plaifoit lui accorder nos Lettre» de Privilège pour la Ville de Paris feulement. Nous avons permis & permettons par ces Prefentes audit Cailleau de faire imprimée ledit Livre en telle forme, marge, caraéterc,.conjointement ou, feparément, & autant defois que bùn lui femblera, & de le vendre & faire vendre & débiter par tout nôtreRoyaume pendant le temps, de dix années confecutives, à compter du jour delà date defdites Prelentes. Faifons défenfeç à toutes'fortes de perfonnes , de quelque qualité & contition qu’ils foient, d’en introduire d’ImprelEon étrangère dans aucun lieu de noftre obéiflance ; & à tous Imprimeurs, Libraires & autres, dans ladite Ville de Paris feulement, d’imprimer ou faire imprimer ledit Livre en tout ni en partie, & d’yen faire venir , vendre, & débiter d’autre impreflion que dé celle qui aura efté faite pour ledit Expofant, fous peine dcconfiï-cation des Exemplaires contrefaits , & de mille livres d’acnendc contre chacun des eontrevenans , dont un tiers à Nous , un tiers à l’Hôtel-Dieu de Paris, l’autre tiers audit Sieur Expofant, Se. de to.us dépens, dommages & interdis : A la charge que ces Pre-lentes feront enrcgiûrées tout au long (ut le Regittre de la Con*^
- p.n.n. - vue 229/259
-
-
-
- inuiauté des imprimeurs & libraires de Paris, 8c ce dans trois mois de la date d’icelles ; que l’Impreffion dudit Livre fera faite dans noftre Royaume 8c non ailleurs , en bon papier 8c beau caraâerc, conformément attx Reglemen&de la Librairie ; & qu’avant que de l’expofer en vente , il en fera mis deux Exemplaires dans noftre Bibliothèque publique, un dans celle de noftre Château du Louvre, & un dans celle de noftre très* cher & féal Chevalier Chancelier de France le Sieur de Voyfin, Commandeur de nos Ordres ; le tout à peine de nullité des Prefentes : Du contenu defquelles vous mandons & enjoignons de faire jouir ledit £x-pofant, ou fes ayans caufe , pleinement & paisiblement, fans foufîrir qu’il ieur foit fait aucun trouble ou empêchement. Voulons que la copie' des Prefentes, qui fera imprimée au commencement ou à la fin dudit Livre , foit tenue pour dûement lignifiée j & qu’aux copias collationnées par l’un de nos amez & féaux Confeillers - Secrétaires , foy foit ajotuée comme à l’Original, Commandons au premier nôtre Iluilficr ou Sergent , de faire pour l’exeeution d’icelles, tous Aéfcs requis & nccefïaires , fans demander autre permiflion , 8c nonobftant clameur de Haro , Charte Normande & Lettres à ce contraires : C a r. tel eft nôtre plaifir. D o tt n k' à Paris le vingr-troifiéme jour du mois de Mars, l’an de grâce mil fepr cens feize , & de nôtre Régné le premier. Signé , parle Roy en fon Confcil, F O ü QJJ E T.
- Regiftréfur le Eegiftre Ne 3 de lu Cemmmauté des Libraires <&> Imprimeurs de Paris, page is+s, N. 1381. conformément au* Hèglemens , & notamment a l’Arrefi duConfetl du 13 Aoufi 1793. A Paris, le 3e Mars 1 y t$. Signe', DELAULNE, Syndic»
- p.n.n. - vue 230/259
-
-
-
- PREFACE.
- E S Auteurs qui ont traité de l’ArchiteC-
- ture, n’ont point donné de réglés pour conftruire des Ponts. Ils n’ont point traité à fond cette matière, ni donné aucun détail, ils n’en ont parlé qu’en paffant} ils ont fuppofo qu’un Architc&e qui n’ignore rien de ce qui concerne fa Profeffion, devoir fçavoir tout ce qui regarde les Ponts. Quelques-uns, comme Scamozzi, Palladio, Serlio, &c. ont donne des modelés des Ponts de Maçonnerie, ou de Charpente ; Vitruve & Vignolle n’en ont rien dit. J’ây tiré de ceux qui en ont traité tout ce qui a pu convenir à mon fujet, & je rapporte tout ce qu’ils ont public ou fait fur cette matière , lorfquc j’ay crû que cela pouvoir être de quelque ufage au Public î mais partout où j’ay vu que je pouvois aller audelà en augmentant, ou en diminuant, pour éclaircir davantage les chofes, je l’ay fait en forte qu’elles fuflent plus aiféesà pénétrer. J’ay joint à tout celal’expe-rience que je puis avoir de tous ces Ouvrages, depuis plufieurs années que je travaille, &: que je rapporte, afin que ceux qui ne fçavcnt pas puiflent en profiter, pour qui uniquement j’ay fait cc Traité.
- J’ay mis les chofes en réglé autant que j’ay pû.
- p.n.n. - vue 231/259
-
-
-
- P R E F A C Ë.
- Pour y réüffirj’ay crû qu’il en fallolt donner les raifons» Je prouve mes conjectures par des expériences, je rapporté toutes les précautions dont je me fuis fcrvi ailleurs, pour ne pas manquer dans ces fortes d’ouvrages, qui font des plus difficiles, &: qui méritent le plus d’attention, comme une des parties de l’Archite&ure où il y a le plus de précautions à garder, plus de lieu à craindre & a douter, laquelle ori ne fçauroit jamais trop apporter de moyens pour l'affûter.
- Le fujet des Ponts eftaffez vafte pour donner de l’occupation aux plus habiles, & pour rapporter pat des exemples les moyens qui conviennent davantage à ces fortes d’Oüvirages, afin de les pouvoir mieux afTurer. Jüfqu ici personne n’a traité de cette matière autant qu’elle le mérité. J’ay ofé l’entreprendre St la propofer,-Je foühaite que quelqu’autre faffe mieux, afin que tout le monde en profite davantage.
- p.n.n. - vue 232/259
-
-
-
- pl.1 - vue 233/259
-
-
-
- Pons TrittjvïphaïvI 3 .
- Pi/, nf
- pl.2 - vue 234/259
-
-
-
- Pcxisrs FABiRrcitrs, Pu irr?
- pl.3 - vue 235/259
-
-
-
- pl.4 - vue 236/259
-
-
-
- pl.5 - vue 237/259
-
-
-
- ^ia aj - s'inncaijv" s'-Nio^
- pl.6 - vue 238/259
-
-
-
- PrvKxm "RnvAT, Q TrTTTvT.-EVTims. a Pâtit.'? _ .SUR I>A Seine ,
- Pi/. VU
- pl.7 - vue 239/259
-
-
-
- pl.8 - vue 240/259
-
-
-
- »Si(perfides des^BcujesEï
- jPUj-AKT ' de*r Cornes desT'ache^
- pl.9 - vue 241/259
-
-
-
- pl.10 - vue 242/259
-
-
-
- Pccsr*' d:&Kta:i>tb xmVbjsïïiS» bâti bw
- pl.11 - vue 243/259
-
-
-
- pl.12 - vue 244/259
-
-
-
- PL. XIII.
- ipririniBriniff
- ni'uHii inl
- pl.13 - vue 245/259
-
-
-
- Profil dfPontdr Cæ/SAïl ætjr. ue> PPeldst
- pl.14 - vue 246/259
-
-
-
- Planche. XV.
- Fxofil
- Fier,
- T
- pl.15 - vue 247/259
-
-
-
- PONT DT BETI/ECQURtSUR TA PAONNE)ATYON -
- i® A
- Tîs.XVl.
- i ? f Ç >
- i r v— —1 i—rn Il 1 1.1 l 1 1 TV r i vt i'"i r Mil IJ- .1 ». ), ,!.
- JLJmLju1 1
- ff}i 'i (u/i1 \s.jr-
- N X/ K ihk JVI
- pl.16 - vue 248/259
-
-
-
- P CW T ST VUNTCBISTT I/YON StTJFL I/A iSAONNB. ,
- ü, T,
- pl.17 - vue 249/259
-
-
-
- pl.18 - vue 250/259
-
-
-
- pl.19 - vue 251/259
-
-
-
- pl.20 - vue 252/259
-
-
-
- pl.21 - vue 253/259
-
-
-
- Plan, ff*
- fo- .Q^<jP ojj
- JElevatiarv ~~
- X-_______-A______X Fzg.ix.
- jpx.xxn.
- Fia.y.
- pl.22 - vue 254/259
-
-
-
- pl.23 - vue 255/259
-
-
-
- pl.24 - vue 256/259
-
-
-
- Superficies de^s Eauaz>
- K 1
- F] G
- ~rVv~A.
- pl.25 - vue 257/259
-
-
-
- pl.26 - vue 258/259
-
-
-
- vt .VonperaIjbra, SK7 Æmricra Architectup
- pl.n.n. - vue 259/259
-
-