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Cours de la science militaire, a l'usage de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie, du genie et de la marine. [Tome dixieme, contenant le Traité de] la défense des places
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- A La Haye chez Jeatst vkist htjren
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- COURS
- DELA
- SCIENCE
- MILITAIRE»
- A V U S A G E
- de l’Infanterie, delà Cavalerie^ de l’Artillerie, du Genie, et de la Marine, par
- Mr. BàRDET DE VîWÆNEUVIf
- Capitaine <& Ingénieur ordinaire au fervice de Sa ^ ’efte le F 'viles.
- LA DÉFENDE DES PliA^ÉS.
- % /r.c\ s'.n nc\
- -8W*~----
- A L A H A Y Es Chez JEAN VAN D U R £ N. M, D, C C, X X I î,
- A Vf C PRIVILEGE.
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- f«WObGfo^«^^»a?r5î^|!:
- PRIVILEGIUMi
- CAR0LUSSextus, DivinâFa«* Clementiâ RleBus Roma-norum Imperator femper Auguf-* tus y ac Germanité , Hïfpamarùm , Hungarlœ , Bohemiœ , Dalmdtiæ , Croatie y Sclavoniæ Rex, Archïdux Auflr'ue, Z)^at Burgundiæ, Styriœ7 Carniolæ , Ê? Wirtenberg# y Cornes Tyrolis.
- Agnofcimus & notum facimus tenore prdentium Univerfis, quod, cum Nobis Joannes Duren, ejufque Fiiii Cives Hagæ Comitum, & Bibliopolæ Franco-furti adMœnum , & Lipiiæ, humillimè exponi curârint* quem in modum N. Bardet Villeneuve Scientiam Mi lit a rem i» Oflavo prelo committe-re refolverint : Vereantur autem* ne Æ* mulorum invidiâ hanc Editionem imî-tantium,iii3pendii & laborisfuifruâufruf-* tren-
- (swuwvaidre} Stà& îtûdd/d/erJ.
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- u PRIVILEGIUM.
- trentur, ideoque Nobis demiffè fuppli-cârint, quâtenus eorum indemnitati Privilégié Noftrô Cæfareo fuccurrere cle-mentiffimè dignaremur, Nos fubmiffæ pa-riter ac æquæ eorum petitioni annuen-dum cenfuerimus ; ac proinde Automate Noftrâ Cæfareâ omnibus & fmgulis Bibliopolis, Bibliopegis, Typographis & aliis quibufcunque rem Librariam feu ne-gotiationem Exercentibus, firmiter inhi-bemus, vetamus, ac interdicimus,nè quis fupranominatam N. Bardet Villemuve Scientiam Militarem fub hoc aliove Titu-lo, aut hac aliâve formâ, feu, ut aiunt, formato, per Decem Annorum fpatium, ab hodierno die computandum , Intrn Sacri Romani Imferii & Regnorum rDitio-numque Nofiraram hœreditariarum fines re-cudere, vel aliis ad recudendum dare, aliorfumve impreflam apportare, vel dif-trahere citra præfatorum Impetrantium , Hæredumque ac fuccefforum voluntatem & affenfum in fcriptis obtentum aufit vel præfumat. Si quis verô fecus faciendo Privilegium hoc Noflrum, feu Interdic-tum violare contemnereque præfumpfe-rit, eum non folùm ejufmodi exempla-ribus ubicunque locorum reperds, per-peram quippè recufis, feu apportatis ; quæ
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- PRIVILEGÏUM. ni
- di&us Joannes Düren ejufque filii, fi-ve propria authoritate, five Magiftratûs lllius loci auxilio fibi vindicare poterunt : de fado privandum, fed & Quinque Mar~ carum Auri ÿuri pœnd Ærario feu Fifîo Nojîro Cœfareo & Farti læfie ex aequo pendendâ, omni fpe veniæ fublatâ,tnulc-tandum déeernimus, dummodo ténor hu-jus Noftri Priviiegii in fronte libri impref-fus reperiatur, & confueta quinque Ex-emplaria Confilio Noftro Imperiali Au-lico exhibeantur, Mandamus itaque omnibus & fingulis Noftris, & Sacri Romani Imperii, Regnorumque & Domi-niorum Noftrorum hæreditariorum fub-ditis & fidelibus diledis, tara Ecclefiaf-ticis quam Sæcularibus, cujufcumque (la-tûs, gradûs, dignitatis, aut Ordinisex-titerint, prælertim vero iis, qui in Ma-giftratû conÜituti, vel fuo, vel fuperio-rum fuorum locô aut nomme jus jufli-tiamque adminiftrant, nè quempiam Pri-vilegium hpc Noitrum Cæfareum impu-nè violare , fpernere aut tranfgredi pa-tiantur ; fed fi quos contumaces compe-rerint, conftitutâ à Nobis muldâ eos pu-niri & quibufcunque modis idoneis coër* ceri, quàtenus & ipii graviffimam Nof-tram indignationem & prædi&ara poç* * %
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- *. PRIVILEGÎÜM.
- Dam evitare voluerint. Harum teftimq-nio litterarum > manu Nqftrâ fcriptarum & figilli Noftri Cæfarei appreffione muni-tarum , quæ dabantur in Civitate Noftrâ Viennæ, die vigefima fexta Januarij, An-nô millefimo feptingentefimo quadra-gefimo, Regnorum Noftrorum, Romani ÿigefimo nonô , Hifpanicorum trigefimq feptimo, Hungariae & Bohemiæ parité? ÿigefimo nono.
- ÇAROLUS,
- ( L. S. )
- Vt. Jo. Ad. Comes de Mets ch.
- Ad Mandatum Sacræ Cæfarese Majefiatis proprium.
- J. J. Haveçk de Waldstatïen.
- TA-
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- TABLE
- DES
- C H A P I T R E S,
- DU TRAITÉ
- DELA
- Défense des Places.
- CHAPITRE PREMIER.
- DEvoirs & Fondions d’un Gouverneur dans.
- une Place Afliégée. Page i. £5? fufa. Fonctions de VEtat-Major de Ja Place. 3.
- Manière de regler la Garnifon d'une Place. 9.
- Çomment on doit diftribuer les Pojl'es. 14*
- CHAPITRE IL
- De qu’elle manière & en quel teins on doit faire les Sorties. iS.
- *
- 3
- C H A-
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- Comment on doit défendre les Chemins-couverts. Page 24.
- CHAPITRE IV.
- Manière de Défendre les Folles pleins d’eau.
- 3 6.
- Manière de Défendre les Fojfés fecs. 38.
- C H A P I T R E V.
- Comment on doit Défendre la Demi-Lune. 42. Défenfe des Contre-gardes, du Corps de la Place. 45?
- Manière de fe précautionner contre les Mines. 50.
- Comment on doit Défendre la Brèche. 52,.
- /iutre Défenfe , par le mdien dyun Fojfé que Von remplit de feux, derrière la Brèche. 57.
- C H A P I T R E VI.
- pe la Défenfe d’une Citadelle. 59.
- C H A P I T R E VII.
- Manière de Capituler, & les Articles qu’on doit demander. 62.
- Ordre que les Officiers de T Etat- Major 13 la Gar-nifon doivent tenir en fortani de la Place. 6g i
- Ce qu'on doit obferver quand V ennemi lève le Sié*
- 71,
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- ji es C H A P ï T R E s: m
- CHAPITRE VIÏL
- t)e la Défenfe d’une Place fituée fur le Roc.
- Page 75.
- CHAPITRE IX.
- De la Défenfe des Places Contre-minées. 7?.
- CHAPITRE X.
- Défenfe qu’on doit oppofer à des Attaques de
- différentes efpéces. 84.
- Maniéré de fe Défendre contre TEfcaUde. ibid.
- Manière de fe Défendre contre le Pétard, les Stratagèmes £5? la Trahifon. 87.
- Manière de fe Défendre contre les Attaques# Emblée & contre celles de Bombardement. 89.
- Manière de fe Défendre contre les Attaques Bruf-quées. 90;
- Manière de fe Défendre contre les Blocus. 91.
- C H A P I T R E XI.
- Attentions qu’on doit avoir fur les avantages qui fe rencontrent aux Places, fuivant leur Conftru&ion ou Situation. 92.
- CHAPITRE XII.
- De l’Approvifionnement des Places. çfé
- Explication de la Table des Garnifons £5? des Muni-nitions de Guerre £5? de Bouche né ceffaires aux Places félon leur grandeur. ibid.
- Ufa-
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- tfm TABLE des CHAPITRES.
- Ufage de cette Table. Premier Exemple*
- Second Exemple.
- Ifroifiéme Exemple. Quatrième Exemple. Remarque fur les Artifices* Autre Remarque. Exemple.
- Page 9 <5. ibid.
- ibid.
- ioo.
- lôr.
- 102.
- Fin de là Taéle du TraIté de la Défense des Places.
- AVIS
- Au Relieur.
- Il doit obferver de laifler le papier blanc aux Planches, afin qu’on puifïe les voir au dehors du Livre ; & les onze Planches de la Défenfe des Places, doivent être placées toutes enfemble à la fin de ce volume.
- BERICHT
- Aan den Boekbinder.
- De elf-Platen van Défenfe des Places , moeten aan ’t einde van dit Deely aile te zamen, geplaatfi ‘worden, latende het wit papier daar aan , op dat dezelvs konnen uitgefiagen mer den.
- TRAI-
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- TRAITE
- DELA
- DÉFENSE
- DÈS
- P L A G Ë I
- CH AT IT RE PREMIER.
- Devoirs, et Fonctions d’un Gof»
- VERNEUR DANS UNE PLACE
- Assiégé e.
- feroit une maxime très bonne k $$ g fuivre , que de munir les Places I C p frontières d’un Etat, de toutes les H M chofes néceflaires nour leur de'fenfe mmm en cas de Siège ; c’eft pourquoi ceux qui y commandent, n’en peuvent allez reprèfenter la néceffité. ils y font les plus in-térefles, puifque le blâme d’une mauvaife Dé-fenfe ne retombe que fur eux ; & on fait d’ailleurs dans quel embarras on fe trouve, lorfque l’ennemi eft à portée d’affiéger une Place qui eft A dé-
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- i i a Dépensé
- dépourvûë des chofes néceffaîres à fa défenfe , & qu’elle ne peut recevoir quelques gros Convois.
- Suppofé qu’une Place qui fera menacée d’un Siège, fe trouve dépourvûë, celui qui y commande doit fe précautionner de bonne heure pour y mettre ordre. Pour cet effet, il doit faire faire un état de tout ce qui lui eft nécef-faire, & l’envoïer à la Cour, afin que le Minière donne les ordres qu’il juge néceffaires pour lui fournir ce qu’il demande; &comme un Gouverneur pourroit être embarraffé fur les noms, la qualité, & la quantité des munitions dont il a befoin, à proportion de la grandeur de la Place où il commande, on trouvera à la fin de ce Traité , des Tables, où les noms & la quantité de ces munitions font fpécifiés, fuivant la grandeur des Places, avec une inflruétion pour Pufage de ces mêmes Tables, auxquelles il pourra avoir recours en cas de befoin.
- Je fuppofe qu’il aura dans fa Place de bons Officiers- d’Ardllerie, Ingénieurs, Canonniers, Bombardiers, Mineurs, Artificiers, Armuriers, Charrons , Charpentiers, & autres ouvriers : pour peu que la Place foi-t confidérable, on n’y manquera pas de ces fortes de perfonnes. Si la Place étoit un dépôt général d’une frontière, il tâcheroit d’en faire fortir tout ce qu’il a de trop, afin que l’ennemi en la prenant ne s’en empare point. Il fait fortir auffi les gens fuf-pe&s, inutiles, ou fans aveu. Il fait defarmer les habitans, s’il n’efl: pas bien affûré de leur fidélité. Il établit des places-d’armes dans tous les quartiers de la Ville, pour contenir les bourgeois & les foldats; mais quand il connoît que les bourgeois font fidèles, il fe contente feulement de prendre les précautions néceffaires pour empêcher
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- à Ê S F t A C E Si $
- pêcher le defordre & le prévenir : en ce cas* On leur laifîe leurs armés, on les emploie autant qu’on peut à la garde de la Place on les laiffé même tirer fur les remparts s’ils en ont envie*
- Fonctions de P Etat-Major dé la T lace.
- IL efl à préfumer que la Place e£t poiirvûë d*üd bon Etat-Major, & d’une certaine quantité d’Officiers d’expérience , capables de fuppléer au défaut du Gouverneur ou du Lieutenant dé Roi, s’il arrivoït qu’ils fufîent abfens, pu hors d’état de faire leurs fondions. Ces Officiel doivent être d’un cara&ère difîingué au-deffuS des Colonels, afin qu’ils les puiffent commander $ & donner lés ordres dans les pofies ou ils fé trouveront éloignés du Gouverneur, dans des Occafions imprévûës.
- Le Confeil doit être compofé dè cés Officiers, avec le Lieutenant de Roi, le Majora l’Ingénieur en chef & le Commandant de l’Artillerie j avec Iefquels le Gouverneur délibéré dé tout ce qu’il y aura à faire de confidérable. L’Intendant, s’il y en a , ou le Commifîairé ordonnateur, y doivent auflî entrer, principalement lorfqu’il s’agira de la fubfiflance des troupes, du paiement des travaux, oü de prendre quelque réfolution extraordinaire : il feroit même à propos que ces perfcnnes fufîent nommées par la Cour. Le Gouverneur doit cependant être toujours le Préfideot & l’Ordonnateut de toutes les réfactions qui feront prifes.
- Il prend ôc choifit deux Aides-de-Camp, fi la Place efl petite, & trois ou quatre fi elle tÛ grande : le Lieutenant de Roi en doit avoir deux, parce qü’ii commande toujours dans les A 2, dë*
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- 4 la Défense
- dehors, où il ne fe peut qu’il n’ait beaucoup d’affaires, & par conféquent il a befoin de quelqu’un pour porter les ordres d’un pofîe à l’autre. Le Major a fes Aides-Majors, 8c on les augmente autant qu’il en aura befoin.
- L’Ingenieur en chef doit avoir fous fes ordres trois ou quatre bons Ingénieurs pour le féconder, des Infpeêïeurs 8c Entrepreneurs des Ouvrages, gens ordinairement du métier, 8c d’autres , dont il faudra s’affurer de bonne heure.
- Celui qui commande l’Artillerie , doit être un Lieutenant de ce Corps, 8c même un Lieu-tenant-général lorfque ce fera une Place confi-dérable ; il doit avoir un fécond Lieutenant fous lui, deux Commiffaires - provinciaux , quatre Commiffaires ordinaires, quelques extraordinaires , un bon Garde-magazin, 8c des Aides fûrs & connus, pour aider au remuement 8c aux tranfports des poudres hors 8c dans les maga-zins, & des autres munitions. Il doit y avoir au-moins une Compagnie de canonniers, & un Bataillon qui ne foit deftiné que pour le fervice de l’Artillerie. Rien n’eft plus néceffaire qu’un bon Officier de Mineurs, qui ait avec lui vingt ou trente Mineurs; il faut pareillement quel* ques Officiers de Bombardiers.
- Il faut que le Gouverneur ait dans fon cabinet un coffre dont il aura une clef, & l’Intendant l’autre ; il doit y enfermer les ordres fecrets de la Cour pour ce qui regarde la Défenfe de la Place, &. qui marquent jufqu’où le Souverain defire qu’elle foit portée, auffi-bien que les ordres de la Cour pour celui qui fuccédera au Gouvernement en cas qu’il mourût pendant le Siège, & un certain nombre de Commilfions en blanc, & de Brevets, pour remplacer les
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- des Places. 5
- Officiers des Corps qui viendront à manquer.
- Il faut encore qu’il ait dans fa Place un Intendant ou Commiffaire Ordonnateur, & fes Secrétaires, lefquels doivent être munis de tous les ordres néceflaires pour pouvoir exercer la Charge d’intendant ; deux Commiflaires des Guerres , un Tréforier & fes Commis, & une fom-me affez confidérable en caiffe pour païer la garnifon pendant trois mois, les travaux durant le Siège, & pour fatisfaire aux petites gratifications qu’on doit faire aux Officiers blefles, & aux Soldats qui fe font diftingués dans quelques occafions. Il doit encore avoir un Com-mîfîaire des Vivres, & deux ou trois autres Commiflaires avec leurs Boulangers, & tous les fours & inftrumens néceflaires à la boulangerie ; un Prévôt & dix Archers, avec un Exécuteur de la haute Juftice. Outre cela, il faut qu’il y ait dans la Place un Direêleur de l’Hôpital & fes Commis , avec les Médecins & Chirurgiens néceflaires, ainfi que nous l’avons déjà dit; quelques Apoticaires & leurs garçons , avec leurs boutiques garnies de tous les remèdes & drogues propres à la Medecine & à la Chirurgie , lefquelles drogues doivent être bien choi-fies & de bonne qualité.
- L’on doit avoir auffi des Infirmiers, Cuifi-niers, Blanchifleurs, & autres perfonnes nécef-faires pour avoir foin des malades & des bief* fés, avec une grande quantité de linge & de charpie.
- Quand un Gouverneur fe voit inverti ou près de l’être, il fait lui-même une revûë bien esç-aêle de fa garnifon, afin de connoître pofitive-roent ce qu’il a de troupes en état de fervir. Il A 3 fait
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- jf £àDe? PENSE
- fait pareillement un état de tous les bourgeois s artifans, & gens de travail, pour pouvoir s’en fervir pendant le Siège, félon qu’il en aura be-foin, foit pour la défenfe de fa Place, ou pour les emploïer aux retranchemens & aux ouvrages , & même au mouvement de l’Artillerie pour foulager fa garnifon. Il fait faire des inventaires fidèles de tous les bleds, & des pro-vifions que les habitans auront chez eux; & il tient un bon ordre pour empêcher que la con-fommation ne s’en fafie avec trop de profufion, en réglant pour chaque famille ce qui fera né-çeflaire pour fa fubfiftance.
- U donne ordre qu’on fafie des états des bateaux , des toiles, cordages * outils, fers, vieux-linge , huile, poix, gaudrons, plomb, remèdes’, Médecins, Chirurgiens, Àpoticaires. & généralement toutes les chofes qui peuvent contribuer à faire une bonne Défenfe, ou au foula-gement de fa garnifon, afin de s’en fervir dans le befoiq. Le Subdélegué de l’Intendant, ou un Commiflaire doit avoir un mémoire de toutes ces chofes, & il prend un foin particulier pour empêcher qu’elles ne foient emploïées ou confirmées par les habitans, & mifes à un autre ufage qu’à celui du fervice; mais on doit les païer raifonnablement aux particuliers qui les auront fournies.
- îl faut deftiner un nombre de bourgeois ou d’habitans pour prendre garde au feu, & même pour éteindre celui qui fera caufé par les bombes & par les boulets rouges. On les diftribue par troupes en différens quartiers , avec des chefs à chaque troupe; & pour en venir plus aifémentà bout, on a la précaution de faire mettre dans le milieu des rues quantité de tonneaux
- rem-
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- ses Puces, t
- f.emplis d’eau : on peut-même faire dépaver les rues, ou-bien les couvrir de fumier, pour diminuer l’effet des bombes.
- Dans les Places on fe fert des Couvens dé Religieux pour y mettre les blefles & les malades de la garnifon, en leur fourniflant des lits, des vivres & des remèdes. On obferve que chacun de ces Couvens prenne foin d’un Régiment ou d’un Bataillon, enforte que les Religieux foient obligés de retirer les malades & les blefles de leurs maifons ou de leurs poftes, en les faifant porter dans leur Couvent fi-tôt qu’ils feront blefles & qu’on leur aura donné avis de leurs maladies. Le Subdélegué ou lé Commiflaire doit avoir eu foin dès le commencement du Siège de deftiner un nombre fuffifant de perfonnes pour tranfporter les blef-fés: il les diflribuera à chaque Maifon Reli-gieufe, avec des brancards ou voitures pour en faire les tranfports, en prenant garde qu’ils ne foient tourmentés que le moins qu’il fe pourra. On évitera par ce moïen l’embarras d’un Hôpital, lequel venant à fe remplir, comme il arrive toujours en de pareilles occafions, peut caufer beaucoup d’infe&ion * & donner de laconfterna-tion à une Place afliégée. Lorfque tous les malades & les blefles feront ainfi difpofés, ils en feront mieux foignés, & s’ils font Catholiques, les Sa-cremens leur feront plus foigneufement admi-niftrés ; outre que cette occupation convenable à des Religieux , les rendra utiles pendant lé Siège, & ioulagera beaucoup l’Hôpital. Mais afin que cela fe puifle exécuter plus exactement, il feroit bon de tenir deux Religieux de chaque Communauté , aux poftes où feront les Regimens & les Bataillons qui feront affeétés. à
- A 4 leur
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- g iji Dï’fe-nse
- leur (Souvent, afin qu’à mefure qu’il y aurade$ bluffés, ils les faffent porter tout auffi-tôt dans leurs Maifons, pour y être panfés & fecouru§ proipptement par les Chirurgiens, deftinés â çgt emploi dès le commencement du Siège.
- Pès que le Gouverneur eft affiné que fa Place fera affiégée, il fait combler, autant qu’il lui efl poffible, les chemins creux & les trous qui font au£ enyirpns de la Place, lefquels peuvent fa-yorifer les approches des ennemis; & comme jl y a peu de Places qui n’aïent quelqu’endroit plus foible que les autres, & qu’il lui efl de la (dernière importance d’en ôter la copnoiffance à £eu:$ qui l’afiiégent, il prend la précaution de faire tenir dans ces endroits, dès le jour de l’in-yeftiture, pendant la nuit, deux ou trois cens hommes çouchés fur le ventre, hors des palif-fades avec dçs fufiïs. On les difpofe en demi-çercle, les deux premières troupes de chaque extrémité étant comme attachées aux paliffades ; le refte par pelottons, de fix tout-au-plus, feront éloignés des autres de vingt ou trpnte pas çhacun, ce qui doit embrafier un grand terrein. Toutes ces petites troupes ainfi djfpofées & aïant de quoi faire à leurs compagnons un lignai dont ils feront convenus, demeurent dans un grand filence jufqu’au jour, & ne s’ébranlent que lorfqu’ils auront vû palfer quelqu’un. Les premiers qui s’en feront apperçus , feront le fignal en fe levant ; les autres feront la même, çhofe en fe refferrant tous, & marchant aux
- Î>aîilïades, ils prendront fans difficulté ceux qui eront palTés, comme dans un filet, fans que leurs efcortes puiffent l’empêcher. Cela fe peut faire fans rien hazarder ; car fuppofé que les ennemis marchent avec une grande efcor.te,
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- des Place s«
- 9
- fis s'en appercevront, & fe retireront aifé-ment.
- Quand on ne veut pas fe fervir de ce moïen, jl eft abfolument néceffaire de mettre des petits partis fur le ventre devant les chemins - couverts, à cent pas des paliffades, pour les mêmes raifons que l’on vient de dire ; on doit pareillement tenir une petite troupe de cavalerie de chaque côté de la Place, pour faire pendant la nuit une patrouille qui puilfe foutenir ces détachemens d’infanterie dans le befoin. ,
- Manière de régler la G ami fin d'une
- "Place.
- N doit compter prefqu’un quart d’une gar-
- vJ nifon exempte du fervice ordinaire, parce qu’une partie eft emploïée pour le fervice de l’Artillerie, à aider dans les magazins, à en tirer les munitions, à les porter & mener aux endroits où il eft néceffaire : d’autres font emploies .aux travaux des fortifications , pour faire des retranehemens, ou autres chofes femblables. 11 faut mettre de ce nombre les armuriers, ou différens autres ouvriers qu’on tire des troupes pour emploïer chacun à leurs métiers; de même que les blefles, les malades, & les de-ferteurs, que je comprends pareillement dans ce quart; ce qui fait voir évidemment que ce n’eft pas trop diminuer d’un quart pour tout ce que nous venons de dire. Le Gouverneur nomme des Chefs à toutes les différentes ef-péces d’Ouvriers , lefquels on établit, autant qu’il eft poffible , dans des lieux allurés , afin qu’ils puiffent travailler avec plus de facilité.
- A 5
- On
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- lô LA DÉPENSE
- On doit divifer le refie de l’infanterie en trois parties, dont on defline l’une à être en garde , l’autre au bioiiac , <& la dernière en repos. On fait les mêmes deflinations pour la cavalerie : celle qui efl en garde prend la droite ou la gauche, ou un autre pofle, félon qu’on le jugera à propos ; celle qui efl de bioiiac efl difpofée par brigades fur les places & les carre-fours de la Ville, pour prendre garde au feu , & empêcher qu’il ne s’y fafle d’afTem-blées tumultueufes , & l’autre reliera en repos. La cavalerie tient les chevaux fellés pendant le jour; & lorfqu’il s’agira d’une for-tie confidérable , elle montera à cheval. La garde d’infanterie & le bioiiac fe* tiennent fous les armes, & les gens de repos les prennent auffi. Ils s’aflemblent devant leurs ca-zernes ou logemens, où ils demeurent fans marcher, pour empêcher qu’il.ne fe pafle dans la Place rien de contraire au fervice ; & ils fe tiennent prêts à fecourir les remparts, s’il en efl befoin.
- Il faut féparer en trois les troupes de garde , dont les deux tiers font deflinés à foute-nir les attaques , & l’autre à occuper les pof-tes non - attaqués. On fait du bioiiac la même divifion que de la garde, & il prend pof-te fur les remparts immédiatement derrière elle , & dans les endroits les plus à portée de la fecourir.
- On doit encore fubdivifer la garde en trois, dont deux parties font deftinées à faire feu pendant les deux premières heures de la nuit, & feront rélevées par l’autre tiers ; & de deux heures en deux heures les tiers fe fuccéderont les uns aux autres, tant que la nuit durera.
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- des Puces,' iï
- Ï1 faffit pendant le jour d’entretenir le feu par huit ou dix hommes , qu’on pofe dans les an* gles faillans du chemin-couvert, pour avoir vûë fur les attaques : ceux-ci feront relevés de deux heures en deux heures. On fait pour l’ordinaire un feu continuel pendant la nuit, parce qu’on fuppofe que la tranchée chemine, & fur-tout devant tout le front attaqué; mais pendant le jour il fuffit d’avoir fes armes toutes prêtes, & de tirer lorfqu’on voit remuer, & feulement à ce qu’on voit. Cette difpofition doit être fuivie jufqu’à ce qu’on foit contraint par la diminution de la garnifon de la changer. Je crois que ce petit abrégé fuffira pour donner une régie de la force nécelfaire d’une garnifon, & une idée pour la diftribution des troupes pendant le Siège.
- Il faut mettre au haut de quelques Tours ou Clochers, deux ou trois perfonnes pendant le jour & la nuit , pour; découvrir ce qui fe pafle aux environs de la Place , & avertir en cas que le feu fe mette en quelqu’endroit de la Ville.
- Il efl à propos que le Gouverneur d’une Place afliégée fafle un arrangement, dont il confie l’exécution à plufieurs Officiers, & charge chacun de quelque détail particulier , afin d’établir un ordre qui foit facilement exécuté. Il n’eft pas poffible qu’il fafle tout par lui-même, il doit même éviter autant qu’il peut tous les petits détails, fans cependant les perdre de vûë, afin d’avoir le tems de s’occuper à des chôfes plus importantes.
- Quand il a réglé le fervice des troupes , il donne un ordre pour les Officiers de Jour, qui doivent prendre leur parti deux-mêmes dans
- l’oc-
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- JS £A DÉFENSE
- î’occafîon, fans attendre le commandement du Gouverneur, qui pourrait arriver trop tard. Il choifit un Officier aétif & entendu , pour faire la fonélion de Major-général: fou vent c’efl la Cour qui le nomme, & on prend ordinairement le Major du plus ancien Régiment de la garni-ion. C’efl lui qui donne tous les jours l’ordre aux troupes ; il fait garnir les attaques des chemins-couverts & des autres ouvrages ; il veille à la fûreté des magafins ; il fait tous les détache-mens imprévus qu’il faut faire des troupes ôc des travailleurs dont on a befoin; il fait faire & fournit toutes les fafcines & les gabions nécef-faires; il entre généralement dans tous les dé^ tails, il en tient un journal, en rend compte au Gouverneur, & l’avertit des chofes effentielles qu’il efl à propos d’exécuter ; il donne par écrit aux Officiers de Jour l’état des troupes qui font dans chaque pofle, les inflruit de la difpofition que le Gouverneur a faite , l’avertit de ce que l’ennemi peut entreprendre la nuit ou le jour, & des fignaux qu’on doit faire, dont on donne avis à tems aux troupes, crainte des furprifes & de confuflon ; enfin il doit affilier à tous les Con-feils de guerre.
- On charge ordinairement le Lieutenant de Roi de faire exécuter toutes les difpofitions né-ceffaires pour la défenfe des Ouvrages de dehors , à moins qu’on n’en charge quelque Offir cier-général , comme il s’en efl vû plufieurs exemples. Le Major de la Place affifté des Aides-Majors , efl chargé du détail du dedans, contient les bourgeois, prend chez eux tout ce qu’il trouvera néceffaire à la défenfe de la Place, & en tient un regiflre. Il y a des corps-de-garde où il prend des dçtaçhemens, pour fair
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- re exécuter tout ce qui eft ordonné ; il a foin de faire lever les ponts , ouvrir les portes pour les Sorties & autres expéditions ; il vifite fouvenc les atteliers & les travaux, pour en rendre comp-te au Gouverneur.
- Le Gouverneur fait afîembler tous les jours les principaux Officiers des Corps, pour convenir avec eux de ce qu’on doit faire pour la défenfe, pour augmenter les troupes dans quelques portes, pour former un projet, changer les batteries, enfin pour perfe&ionner quelqu’Ou-vrage. Le Major-général met tout cela par écrit* & fait exécuter tout ce qui a été réfolu. Les Majors des Brigades, ceux des Regimens, les Aides-Majors de la Place, les Ingénieurs, les Officiers d’Artillerie, les Commirtaires des Guerres, & les Commis des Vivres , fe rendent exaête-ment, chaque jour,chez le Gouverneur, où le Major général dirtribue l’ordre à chacun, fuivant le détail qui le regarde; il donne par écrit aux Majors des Brigades les détachemens qu’ils doivent faire, de même que l’heure & le nom de l’Officier qui les doit commander. Les Regimens & les autres Corps doivent envoïer tous les jours chez le Gouverneur un Officier , avec un Sergent & un Caporal, pour y recevoir les ordres qu’il eft obligé de donner de moment à autre.
- Il faut que le Gouverneur ait auprès de lui des gens de confiance, pour donner à l’Armée, de tems en tems, avis de fa fituation ; mais comme ce moïen n’eft pas fûr, on doit convenir de quelques fignaux, qu’on peut régler fur un nombre de coups de canon tirés pendant la nuit, ou par des falots aux clochers, en certains tems de la nuit, lefquels peuvent être apperçus de
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- l’Armée , ou de la Place la plus proche, cjüi f répond. Ces fignaux font d’une conféquence infinie pour les afliégés, qui prennent leur parti fuivant la connoilïance qu’ils leur donnent de la proximité ou de l’éloignement du fecours.
- Le Gouverneur aïant pris ces précautions 9 abfolument néceffaires , il prend auffi de juftes inefures pour la diflribution des munitions de guerre & de bouche ; & c’eft à quoi il doit avoir une attention particulière. Il donne pour cet effet des ordres bien pofitifs, afin qu’on ne fafle aucune diflribution fans ordre , & qu’on lai rende un compte exaél de ce qui s’en fera jour par jour , principalement pour ce qui re~ garde la poudre & le plomb, comme étant ce qu’il y a de plus de conféquence<
- Comment on doit diftribuer les Tofles.
- D’Abord que le Gouverneur s’apperçoit qu’on inveflit fa Place , il doit ordon-ner à tout le monde de fe rendre aux endroits qu’il leur a deftinés, & à l’exercice des emplois qu’ils doivent avoir pendant le Siège; Il fait connoître aux principaux Officiers les pof-tes qu’ils doivent occuper, qui, après en avoir pris poffeffion, les font voir aux Officiers fu-balternes , afin que lorfqu’on en fera la diflribution , ils aient moins de peine. Il doit faire prendre les armes aux troupes fans confufion* Il envoie les Officiers d’Artillerie aux batteries * & fait monter la Cavalerie à cheval. Il ordonne aux petits corps -de- garde qui font dehors* d’être alertes , auffi-bien qu’à l’Infanterie, qui fera dans les logemens avancés pour les foute-nir. On met la cavalerie dans les ehemins-
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- couverts, afin qu’elle foit plus à portée de for-tir , s’il eft néceffaire. Dans cette fituation, on doit lailfer approcher l’ennemi fans l’inquiéter du canon, afin que dans ces entrefaites les petites gardes avancées puiffent attirer quelques troupes de curieux, comme il arrive fouvent, & qu’elles puiffent debufquer fur eux , & les pouffer , obfervant de ne point s’engager de forte qu’on puiffe être coupé par la cavalerie ennemie.
- Le Commandant de l’Artillerie fait faire plu-fieurs atteliers, & deftine des Maîtres Ouvriers à chacun pour les conduire ; il y place des petits corps-de-garde , pour veiller & empêcher qu’ils ne foient interrompus.
- On ne doit tirer d’abord que fort peu de canon , & même avec de petites pièces , ou avec de groffes foiblement chargées, ainfi que nous l’avons dit au Traité d’Artillerie *, auquel je renvoie le Leêleur, parce que nous n’en parlerons plus ici que par occafion.
- Le Gouverneur fait tout fon poflible pour favoir le jour que les ennemis ouvriront la tranchée, de quel côté ils le feront, & s’il y a une ou plufieurs attaques. On pourra cependant s’en appercevoir par les mouvemens qu’ils feront en portant des fafcines, ou - bien on en peut être averti par des efpions , qu’on ne doit point épargner dans de pareilles occafions. Pour-lors on doit mettre prefque toutes les pièces de canon de la Place, à barbette entre les batteries qu’on aura faites, les groffes fur les remparts & fur les cavaliers , & les petites dans les Ouvrages de dehors : on y peut joindre auffi quelques mortiers. On jette à
- l’en-
- * Ou Cours de Scient* Militaire, Tqm. 6, 7. & 8.
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- l’entrée de la nuit quantité de balles coihpo-fées de feux d’artifices, qui brûlent ce quelles rencontrent, & éclairent la terre de l’endroit où elles tombent à près d’une portée de rnouf-quet; ce qui fait qu’à la lueur on découvre les travailleurs & ceux qui les foutiennent, comme en plein jour, & donne la facilité de pointer le canon & de tirer facilement fur eux. Ce moïen eft très capable de faire perdre bien du monde aux affiégeans , & de retarder les travaux : on peut s’en fervir depuis le commencement du Siège jufqu’à la fin ; & lorfque leé ennemis font plus près, les affiégés peuvent les jetter avec la main fur les glacis ou dans les folles.
- Outre cela , on fe fert de tourteaux gaii-dronnés, qu’on met dans les rechauts à parapet , difpofés le long des chemins-couverts & des autres Ouvrages. On jette auffi de ces tourteaux devant les travaux des ennemis, & des barils foudroïans que les foldats portent en-avant, & auxquels ils mettent le feu; dans ce moment on fait celfer tous les feux de la Place , & la clarté de tous ces feux fait découvrir plus facilement les boïaux & tranchées que les ennemis pouffent en-avant, & les mouvemens qu’ils font pour attaquer. Potir-lors on les augmente fur tout le terrein par où ils font obligés de déboucher ; <& la moufque-terie, dont on dirige tout le feu fur la tête des travaux , fait un grand effet, & les recule.
- On peut encore fe fervir du canon pendant la nuit, mais il faut arrêter un coin de mire fous la culace , & en avoir un autre où il y ait plufieurs petits crans : on examine penj dant le jour le cran avec lequel on pointe
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- jufte la pièce , afin de s’eh fervir pendant la nuit. Mais il ne fuffic point de pointer à la même hauteur, pour tirer jufte ; il faut encore retenir la pièce par fa droite & par fa gauche , avec deux pièces de bois bien droites, larges de fix pouces, épaiflës de quatfe & de la longueur de la platte-forme. On les cheville également & parallèlement , fuivant la distance des deux roues , pour les contenir dans leur recul, afin que la pièce puiflè fé mettre en batterie dans la même fituation qu’elle a tiré , & que fon boulet frappe le même objet où elle a été pointée durant 1© jour.
- Cependant les afliégéans auront des moïens pour rendre à la fin ces feux inutiles, & par-conféquent l’artillerie pendant la nuit ; ainfi, lorfque les affiégés verront que tout ce qu’ils ont oppofé n’aura pû empêcher les ennemis de mettre leur canon & leurs mortiers en batteries, ni d’avancer leurs tranchées, pour-Iors ils ne doivent plus s’opiniâtrer par canon contre canon : mais il faut faire furtout un grand ufage des pierriers, pour jetter des pierres dans les tranchées quand elles font près de la Place , ce qui incommode beaucoup ceux qui font dedans , & principalement pendant la nuit, pat la difficulté de s’en garantir.
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- C HA TITRE SECOND.
- De QUELLE MANIERE, ET EN QUEL TEMS ON DOIT FAIRE LES
- Sort i es.
- LOrfque les Sorties font faites à propos, & par de bonnes troupes, on peut beaucoup retarder les travaux des afliégeans, & par-con-féquent tirer un Siège en longueur. Le Gouverneur d’une Place fe régie pour les faire, fur la manière dont fa Place eft attaquée : elle peut l’être par des lignes parallèles, qui eft l’attaque la meilleure & la plus fûre ; ou Amplement par des zig-zag , ce qui ne fe pratique qu’aux Places de peu d’importance , & où il y a une foible ' garnifon.
- Quand on eft attaqué par des parallèles, les Sorties font dangereufes , & on rifque de n’en tirer que peu d’avantages, & une grofle perte ; cependant on juge fouvent de la vi-goureufe Défenfe d’une Place , par les forties d’éclat qu’un fait pendant le Siège : cela tourne plûtôt à la réputation d’un Gouverneur, qu’à l’utilité du Prince, puifqu’il eft certain que le retardement qu’on caufe à l’ennemi ne peut entrer en comparaifon avec la perte qu’une garnifon fait dans de pareilles occafions, & qu’il eft néceflaire de conferver les troupes pour la défenfe du chemin-couvert & des autres Ouvrages. Cependant les grandes & fréquentes Sorties ont été fort en ufage dans les derniè* res guerres; ce qui fait préfumer que ceux
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- qui fe font fervis de ce moïen pour faire tirer un Siège en longueur, en ont reconnu l’utilité , & doit rendre fort circonfpeét à décider fur un.fujet où les opinions font parta* gées , même parmi des gens fort expérimentés dans la Défenfe des Places.
- On pourroit cependant fe conformer aux Maximes de Mr. le Maréchal de Vauban, qui a alluré pluüeurs fois n’avoir jamais vû que les Sorties aïent fait de grands effets centre les attaques bien conduites. Les raifons qu’il en apporte font, que fi on fort de loin pour entrer dans les travaux des afliégeans, ils ramènent toujours les troupes delà Sortie jufquesdans les chemins - couverts , tuant pour l’ordinaire quantité de monde; & que fi les tranchées des ennemis font près , on fait encore moins d’effet, parce qu’ils font bientôt affemblés, & ne manquent jamais de les repouffer, avec perte du côté des affiégés. Il n’eft que trop certain qu’un homme perdu de leur côté, égale ou fui-paffe la perte de fix ou fept hommes des afliégeans. Il ne prétendoit pas pour cela s’oppofer abfo-lument à l’ufage des Sorties, mais il ne vouloic pas qu’elles fuffent fréquentes : il vouloir au-contraire qu’on n’en fît qu’avec beaucoup de circonfpeftion , & toujours par furprife, en prenant bien fon tems pour tomber brufque-ment fur l’ennemi, & en fe ménageant beaucoup fur la retraite, dont on doit bien sulfurer en cas de befoin.
- Il convenoit qu’on devoit inquiéter les travailleurs le plus qu’on pouvoit pendant la nuit, & faire pour cet effet des petites Sorties de huit ou dix hommes choifis, lefquels fe coulant fur le ventre, donnent l’allarme, en faifant grand B 2 ' bruic
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- bruit & en jettant quelques grenades ; après quoi ils doivent fe retirer fort vite : cela peut donner aux travailleurs des tranchées un prétexte de s’enfuir, fans qu’il foit aifé de les en empêcher, ni de les raflembler de toute la nuit, & caufe un retardement bien confidérable. Mais comme à là fin il eft à préfumer que les af-liégeans s’accoûtument à ces faulfes Sorties, & qu’il peut arriver par-conféquent que les travailleurs ne s’en ébranlent pas; lorfqu’un Gouverneur s’en apperçoit , il fait pour-lors fuc-ceder une Sortie férfcufe , laquelle renverfe fans difficulté les travailleurs & ceux qui les foutiennent ; il a foin de faire retirer enfui-te les troupes derrière les paliffades, fans s’opiniâtrer au combat, de peur d’avoir bientôt toute la tranchée fur les bras.
- Il eft à propos, après que les troupes font rentrées, dejetter quelques balles à feu, & de faire dans le moment un grand feu de canon fur les ennemis, qui feront en defordre : pour cet effet, on ne poftera ce canon que pendant la nuit, & on aura foin de retirer pendant le jour celui qui fera à barbette, pour ne pas l’expo* fer aux batteries des affiégeans. C-’eft la conduite que Mr. de Vauban veut qu’on obferve dans les Sorties, jufqu’à ce que la tranchée ne foit plus qu’à trente ou quarante pas des palif-fades, afin que les troupes ne courent pas rif-que d’être coupées. Pour-lors n’appréhendant plus les mêmes inconvéniens& aidés de leurs chemins-couverts & de tous leurs Ouvrages, les afliégés peuvent tenter quelque chofe de plus confidérable, foit de combler une partie des tranchées, ou d’enlever le canon de quelques batteries. Jufques-là le parti le plus fage
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- a prendre, eft de fe contenter, félon lui, de donner quelqu’allarme, de renverfer ce qu’on rencontre , & de faire une fage & prompte retraite.
- On peut encore faire quelques autres chicanes , comme par exemple de porter pendant la nuit des rangs de tonneaux ou de gabions , depuis l’angle Taillant de la contr’efcar-pe, en s’avançant dans la campagne de trente ©u quarante pas, afin d’enfiler le matin la tranchée , & d’empêcher qu’on n’y travaille pendant le jour. On peut mettre derrière ces tonneaux ou gabions, des fufiliers , & même une petite pièce de canon, dont les affiégeans n’ôferoient entreprendre de fe rendre maîtres, fans s’expofer à être paflfés par les armes. Il faut remplir ces tonneaux ou gabions de matières combuftibles , afin de pouvoir les brûler , fi les ennemis venoient pour s’en faifir : on ne peut cependant mettre cela en ufage, que lorfque les embrâfures des batteries ennemies ne font pas tournées de ce côté-là.
- C’eft à-peu-près la méthode dont on fe fert pour ce qui regarde les Sorties qu’on fait, lorsqu’une Place eft attaquée par des parallèles ; car fi elle ne l’étoit que par des tranchées en zig-zag, en ce cas un Gouverneur hazarde de faire de plus grandes Sorties au commencement d’un Siège, parce que dès qu’on a renverfé la tête d’une tranchée conduite de cette manière , on la nettoie facilement, ne trouvant guères de réfiftance , fi ce n’eft aux places-d’armes, lesquelles n’arrêtent pas une Sortie vigoureufe. Mais lorfqu’on fait de pareilles entreprifes, les troupes doivent être accompagnées de travailleurs , avec des outils pour abbatre les traa-B 3 chées,
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- chées, à mefure que les gens armés en chaf-fent les ennemis ; & on doit porter des clous d’acier pour encloiier le canon.
- Avant que de faire une Sortie, on difpofe des troupes dans des lieux qui la peuvent fa-vorifer , en tirant fur les ennemis qui vou-droient s’y oppofer ; on doit pareillement faire mettre de l’artillerie en état, en lieu où elle puifle faire un grand feu lorfque les troupes rentrent. L’infanterie qui efl: fur le rempart du Corps de la Place , des demi-lunes, des contr’efcarpes, & des dehors, doit faire la même chofe , parce qu’ordinairement les affié-geans pourfiiivent vivement & avec beaucoup de troupes celles qui font forties, & lorfqu’ils approchent des Ouvrages de la Place ils en reçoivent un dommage confidérable.
- On doit faire les petites Sorties pendant la nuit, parce que ce n’eft que pour retarder le travail des ennemis, & qu’ils ne peuvent connoître fi elles font faufles ou férieufes-, ni le nombre des troupes dont elles font compo-fées. Au-contraire, les grandes Sorties doivent fe faire en plein jour, parce que tout le feu qu’on aura préparé de la Place peut agir pour les favorifer. L’expérience a fait connoître qu’elles réüfliflent mieux à la pointe du jour, qui eft le tems où d’ordinaire les tranchées font le plus négligées, par la fatigue que les foldats ont eue pendant la nuit, dont la plûpart s’endorment pour-lors aifément; ou vers le midi , parce que c’eft le tems où les Officiers-généraux donnent à manger aux Officiers de la tranchée , & que la garde de la cavalerie efl: à pied, aïant fes chevaux débridés. Il peut arriver que tout ce qui efl: dans la tranchée
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- étant furpris, les gens fortis faflent bien du détordre avant que les Officiers toient retournés à leurs polies, afin de raflembler les troupes pour s’y oppofer.
- Il eft inutile de faire remarquer que ce ferôit fort mal prendre ton tems, que de tenter de pareilles entreprifes à l’heure qu’on relève la tranchée , puifqu’on auroit à faire aux troupes qui la défendent & à celles qui la montent: mais, comme on l’a déjà dit, ces Sorties ne peuvent guères réüflir lorfque les tranchées font fort éloignées, par la raiton que les troupes peuvent être coupées par la cavalerie ennemie. Un Gouverneur prudent doit ménager ton monde, & ne pas l’expofer mal à propos.
- Mais afin de donner quelques régies fur ce fu-jet, les bonnes & véritables Sorties ne fe doivent tenter que lorfque les tranchées font à cent ou cent vingt pas des paliffades. La manière de les exécuter , eft de faire tortir de la contr’efcarpe les troupes qui y font deftinées, par la tête & par les deux flancs qui voïent la tranchée de la droite & de la gauche , afin de couper par ce moïen la tranchée par le milieu , & que celles qui attaquent par la tête puiflent renverfer toutes les troupes qui font devant elles ; & pour-lors, celles du relie de la tranchée les voïant ainfi mêlées, ne peuvent guère> fecourir les leurs.
- Il faut avoir des troupes deftinées à marcher droit aux batteries, lesquelles tâchent de brûler ou de rompre les affûts, & d’encloiier le canon. Voici encore une idée pour la difpofition d’une Sortie. Il faut régler le nombre des troupes fur celles qi»’on croit que les ennemis auront dans les tranchées. Gn fait marcher à la tête des B 4 gens
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- gens commandés, un ou deux bons Sergens, âs douze Grenadiers, lefquels feront foiitenus par deux Officiers, deux Sergens & trente Grenadiers ; ceux-ci font fuivis par vingt hommes armés de cuiraflès, d’hallebardes & de piftolets j on en faitfuivre cinquante, armés de Fléaux au bout defquels on met une boule de fer qui a huit têtes fèmblables à des clous, & de Faulx emmanchées à revers , ce qui fait un furieux effet fur les foldats qu’ils rencontrent. Ceux-là doivent être foutenus de cent fufiliers ou grenadiers, & ceux-ci de deux cens autres, avec de la cavalerie, dont le nombre fera réglé félon celui qu’on aura dans la Place. Si les afliégeans font plu-fieurs attaques, on peut faire de pareilles Sorties en même-tems ; mais il faut dilpofer fagement la retraite , & donner le commandement de ces entreprifes à des Officiers de tête & de caraêlè-re, qui n’aïent point trop de vivacité, mais dont le fens-froid & la prudence accompagnent la valeur.
- CHAT IT RE TROISIEME.
- Comment on doit De’fendre les Chemins-couvert».
- ON a vû dans tout ce que nous avons dit ci-devant, un précis de la conduite qu’un Gouverneur doit tenir avant qu’il foit invefti, & pendant qu?il eft affiégé, jufqffà ce que les ennemis foient à portée d’attaquer le chemin-couvert. Il doit en énvifager la perte comme le prélude de çelie de fa Place; ç’eft pour-
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- quoi il faut qu’il mette en ufage, pour la retarder , tout ce qu’il a de vigueur, & toutes les chicanes dont il peut être capable. Dans cettç vûë , il doit avoir pris depuis long-tems les me-fures néceffaires, pour y faire une vigoureufe réfiftance.
- Le Gouverneur voïant que. les ennemis per-fe&ionnent leur dernière place-d’armes, & qu’ils fe préparent à venir attaquer le chemin-couvert, doit leur en faire paifer l’envie en les. faifant attaquer eux-mêmes , dans le tems qu’ils s’y attendent le moins. Il faut pour cela choifir la petite pointe du jour, ou peu de tems auparavant , pour les furprendre, & les trouver endormis , ou fatigués de la nuit. Cette Sortie doit être vigoureufe, & fuivie de bon nombre de travailleurs, pour combler la tranchée à mefure qu’on avancera. Ces derniers n’appréhendant plus d’être coupés, ils . peuvent s’obftiner au combat bien plus long-tems que les autres fois, afin de donner à leurs travailleurs le tems de faire ce qui leur a été ordonné ; tout cela réüffira d’abord avec affez de facilité, étant inolii jufqu’à préfent qu’une tête de tranchée fe foit foutenuë contre une groffe Sortie.
- Lorfque les affiégés auront réüffi dans tout ce qu’ils fe feront propofés de faire, ou en partie, ils feront leur retraite le plus fagement & le plus utilement qu’ils pourront du côté de leurs paliflades ; & comme il n’efl pas apparent, pour ne-pas dire impoffiblè, qu’ils ne foient pourfuivis par tout le feu de la tranchée, qui ne laiffe pas d’entraîner quantité d’autres gens après eux, les affiégés feront dans ce tems-là jouer les fourneaux les plus avancés dans la campagne, lef-quels doivent être chargés pour une pareille oc-3 5 .
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- cafion : cela jettera de nouveau l’épouvante parmi leurs ennemis , & enterrera toujours quelques uns des plus échauffés.
- Si les afliégés jugent à propos de faire volte-face , & de profiter de la confufion des allié-geans, ils le pourront fans beaucoup de rif-que, & puis ils fe retireront dans leur Place. Pour favorifer leur retraite, leur canon doit tirer inceflamment aux endroits où on verra venir du fecours aux ennemis; & après la retraite, il doit tirer par-tout où on verra venir quelque troupe. Ce que je viens de dire, pour éviter les répétitions, doit s’obferver à toutes les Sorties que le Gouverneur jugera à propos de faire faire à portée du chemin-couvert de fa Place. Si ceux qui attaquent, après avoir réparé le dommage que la dernière Sortie leur a Fait, prennent le parti de fe rendre maîtres du deffous pour s’affurer du deffus, en ce cas les afliégés auront encore de l’avantage, par la raifon que leurs galeries & leurs fourneaux étant faits, ils n’ont qu’à écouter du côté que viennent leurs ennemis, & les laiffer tranquillement approcher jufqu’à une certaine portée; ils doivent enfui-te faire joüer une fougafle , laquelle rendra inutile tout ce qu’ils auront fait jufques-là: de forte que à moins que les àflïégeans, par pur hazard, ne rencontrent les galeries des afliégés , ils ne fauroient les empêcher de s’en fer-vir.
- Je veux encore que le bonheur, ou le fâ-voir-faire de ces premiers, leur ait fait rencontrer ces galeries ; les afliégés qui les attendent à - bout - touchant, feront à la vérité obligés de les rendre inutiles, en faifant fauter leurs fourneaux de peur de fauter eux-mêmes
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- s’ils attendoient plus long-tems; mais ce fera toujours aux dépens de ceux qui en auront fait la découverte, & de tout ce qui fera deffus; ce qui fera perdre aux affiégeans bien du tems , & leurs plus habiles gens.
- Il ne fera pas hors de propos d’expofèr ici les différentes opinions de plufieurs Officiers-généraux habiles & expérimentés dans la dé-fenfe du chemin-couvert.
- L’opinion du Maréchal de Vauban étoit, que pour les Places dont l’ennemi peut envelopper la tête des attaques, on ne doit pas les défendre de pied-ferme, parce que dès que l’ennemi a gagné le haut du parapet, il peut plonger dans le chemin - couvert, enfiler les défenfes, & envelopper en même-tems ceux qui le défendent. Le fécond inconvénient qu’il y trouve, eft que le feu du rempart, tant du Corps de la Place, que des autres Ouvrages , demeure fans aftion, & par-conféquent nuifible, puif» qu’il feroit autant de mal à ceux qui le défendent qu’à ceux qui attaquent. Par-là il conclut, qu’on ne doit laiffer que très peu de monde dans les angles faillans dès que l’ennemi eft à portée de pouvoir fe jetter deffus, ou qu’on y voit de la difpofition, & qu’il faut en ce cas donner ordre aux troupes qui feront dans les chemins-couverts, de faire leurs décharges bien à propos , quand l’ennemi marchera pour attaquer. Il veut enfuite,que l’on fe retire par la droite & par la gauche, ou par le fonds des fofTés quand ils font fecs, en fe rangeant le long du bord pour fe couvrir à mefure que l’ennemi avance , afin de l’expofer autant qu’il eft poffible au feu du rempart, lequel ne fauroit manquer de lui caufer de grandes pertes ; & que lorfqu’il fera
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- affoibli & en defordre, les troupes qu’on aura dilpofées reviennent à leurs poftes, pendant que d’autres fortiront dehors par la droite & par la gauche, & prendront les ennemis en flanc, en même teins que les troupes qui feront revenues dans le chemin-couvert les aideront à les chaffer par le feu & par les coups de main.
- Mais au-contraire, fi l’ennemi eft obligé de faire les attaques par des avenuès moins étendues que le front de la Place, comme par une digue ou chauffée, ou que la Place foit environnée d’un avant-foffé qui ne puiffe fe traver-fer que par des ponts, & qu’enfin il ne puifîè aborder le glacis qu’en défilant; pour-lors, fi le chemin-couvert étoit doublement paliffadé, & bien traverfé, Mr. de Vauban convient qu’on peut hazarder de foutenir la défenfe dç. pied-ferme, mais jamais autrement.
- Cependant , quoique ces raifons paroiffent plaufibles, & qu’on fe fente obligé de s’y conr former, par la déférence qu’on doit à la grande expérience & à l’habileté de celui qui foutient ce fentiment, cependant, dis-je, on ne prit point ce parti à la Défenfè de Lille en 1708 L’avis contraire, appuïé de bonnes raifons par un Officier-général qui eut ordre de s’y jetter, & qui avoit beaucoup d’expérience dans l’Attaque & la Défenlè des Places , prévalut fur celui de Mr. de Vauban, qui fut cité par les autres Officiers généraux ; & on prétendit que ce fut à lui qu’on dut la forte réfiftance que les Alliés trouvèrent dans les fept attaques qu’ils furent obligés de faire pour fe rendre maîtres du chemin-couvert, dans lefquelles .ils perdirent plus de monde que dans une bataille.
- Op avojt fait planter des doubles paliffades
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- far tout le chemin-couvert du front attaqué, h quatre pieds de diftance des autres, fur le talus de là banquette, & d’un pied & demi plus baffes. On pofta dans les pilaces-d’armes & dans les angles faillans, autant de troupes qu’ils en purent contenir fans embarras, & on laifla tout ce qui étoit entre deux fans troupes, & expofé au feu des remparts. On y avoit pris la précaution de ne point mettre de troupes fur les remparts vis-à-vis les places-d’armes du chemin-couvert & des angles faillans, afin que les fol-dats qui y étoient poftés ne fuffent point incommodés du feu du Corps de la Place. On avoit mis de gros détachemens dans les Ouvrages qui étoient vis-à-vis des angles faillans, dans le défi fein de les faire fortir fur, l’ennemi, en même-tems que ceux qui étoient dans ces angles, lesquels dévoient les attaquer fi-tôt que deux fourneaux, qu’on avoit pratiqués deffous chacun d’eux l’un devant l’autre, auroient fauté.
- Cette difpofition fut fi bien exécutée, & réüflit fi parfaitement, que les ennemis furent repoufles de tous les côtés avec une très-grande perte, excepté d’un angle faillant où ils fe logèrent , parce que les troupes qu’ôn avoit ordonné pour foutenir celles qui étoient dans cet angle, furent commandées pour en foutenir un autre. C’eft à ceux qui voudront faire quelque ufage de cette inftru&ion , à prendre leur parti fur ces exemples, lorfqu’ils fe trouveront dans l’occa-fion de les pratiquer. Pour moi, je n’ai point aflez de témérité pour vouloir décider lequel eft le meilleur ; je me contente de marquer plu-fieurs précautions qu’on peut prendre, & les chicanes qu’on peut mettre en ufage, pour faire
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- acheter à un ennemi l’avantage de fe voir maître du chemin-couvert.
- On peut pratiquer des flèches ou lunetons à tous les angles faillans, comme on fit à Ypres en Flandre, & comme il y en a à Strasbourg. Ils donnent bien de la peine ; ce font de petits Ouvrages avancés dans la campagne, de huit ou dix toifes de face, dont chacune peut conte» nir quinze ou vingt hommes : leur parapet, & celui de la communication qui y conduit, doit être paliiTadé comme celui du chemin-couvert, &conftruitdelamême manière. On y peut mettre des arquebufes-à-croc, & de petites pièces de canon, afin d’en tirer continuellement fur la tranchée. On peut aufli y pratiquer des puits, pour conduire des galeries, & faire fauter des Fourneaux aflez avant dans la campagne. Outre tous ces avantages , ces chicanes produiront encore celui d’obliger les afliégeans à aller bride, en main, & à partir de loin pour attaquer la contr’efcarpe, qui eft la chofedu monde la plus dangereufe, parce qu’étant obligés d’efluïer long-tems un très-grand feu , ils s’éclairciroient confidérablement avant que d’y parvenir. Il efl: néceflaire outre cela d’avoir double palifla-de, qu’on ne" doit porter que lorfque l’ennemi efl: à portée d’attaquer le chemin-couvert, pour lui en dérober la connoiflance ; & cela ôte aux afliégeans l’envie de fe jetter dedans. Il y en a qui font d’avis de faire devant les palilfades un petit foffé d’un pied & demi de large, & de trois pieds de profondeur, afin d’empêcher l’effet des grenades.
- Les afliégés peuvent encore mettre à fix pieds de la première paliflade, des caiffons à deux doigts de diftance, enterrés de lix à fept
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- pieds ; ce font de petits coffres de deux ou trois pieds de long , qu’on remplit de poudre, auxquels on met le feu quand on veut, par le moïen des fauciffons qu’on conduit avec des auges dans le chemin couvert : on les peut faire fauter l’un après l’autre, ou tout d’un coup.
- Si on veut mettre des places d’armes hors d’infulte, & difputer long-tems le chemin-couvert , le meilleur moïen efl: d’y pratiquer de bons réduits bien revêtus, lefquels puiffent contenir cent cinquante hommes* avec le chemin-couvert à l’entour, qui fervira de fécond feu aux deux branches voifines de la contr’efcarpe. Les réduits doivent être enterrés comme ceux qui font à Luxembourg , afin de mieux rafer le glacis, & de n’etre pas en prife au canon des afïiégeans , qui feront obligés de les attaquer dans les formes, en établifTant des batteries fur la crête du chemin-couvert, ou en y attachant le Mineur, ce qu’on ne peut faire que pied à pied. Les ennemis trouveront de grands obfta-cles pour s’en approcher & pour s’en rendre maîtres , car ils rencontreront dans l’étendue des deux branches du chemin-couvert de ce réduit , des troupes pour la foutenir Elle doit être ouverte du côté de la Place , d’où on fait fortir au befoin plus de troupes que l’ennemi n’en peut préfenter lorfqu’il veut l’attaquer par les faces, ce qui obligea attaquer en même-tems le chemin-couvert de cet Ouvrage, afin de pouvoir l’envelopper.
- Le Gouverneur qui a un grand intérêt à dé* fendre cet Ouvrage, remplit d’un grand nombre d’hommes le terrein qui le voit à revers, & fon chemin couvert ; ce qui le mettant hors d’infulte d’un coup de main, oblige l’ennemi à une difpo*
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- fition férieufe, & à l’ouvrir de toutes parts avec le canon. Lorfqu’un Gouverneur l’a fou-tenuë autant qu’il a pû, il fonge à l’abandonner: il n’y laifle que peu de monde pour inquiéter l’ennemi & le tenir en refpeèt, & il fe met en état de la faire fauter, par des fourneaux qu’il aura fait préparer delfous tout le terrein où l’ennemi peut fe loger. Ces Ouvrages font d’autant meilleurs, que- l’ennemi doit fe rendre maître du chemin-couvert de la Place en même-tems ; autrement il ne pourroit garder ce réduit dont il fe feroit emparé, parce que les afliégés fe-roient encore alfez en état de faire marcher des troupes pour l’en chalfer.
- On peut encore pratiquer, fous le parapet du chemin-couvert, outre ces cailfons dont j’ai parlé , des fougalfes enfoncées de huit à dix pieds, allant delfous le glacis de quinze ou dix-huits pieds. La fougalfe eft un diminutif d’un fourneau, qui doit avoir fon entrée par le chemin-couvert , dans les Places de conféquence & régulièrement fortifiées. Il y a une galerie principale, qui a fon entrée dans le fonds d’un folTé, & une quantité d’autres communiquent à la principale ; ce qui eft une chicane prefque inépuifable, pourvû qu’il y ait beaucoup de poudre dans la Place. Les communications doivent être enfilées, autant qu’il fe pourra, de quelques endroits de la Place , afin d’empêcher les ennemis de s’en fervir pour faire la defcente du folfé. De cette parallèle ou galerie, on pouflè quantité de rameaux, le plus avant qu’on peut fous le glacis ; dans la longueur de ces premiers rameaux on en fait encore d’autres à droite & à gauche, directement fous les palilfades, & on tient toujours les fourneaux prêts à charger,
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- ger, afin de les faire fauter avec Je logement que les ennemis auront fait deffus, lorfqu’on le jugera à propos, après s’être fervi inutilement des coups de main pour empêcher qu’on ne s’y loge.'
- Ce font à-peu-près les précautions qu’on doit prendre, pour fe préparer à une vigoureufe réfi-fiance au chemin-couvert; mais lorfque l’ennemi fera furie point de l’attaquer, ce qu’on reconnoît par fes apprêts , & par les mouvemens qu’il fera dans fes tranchées , c’eft pour-lors qu’on fe doit bien tenir fur fes gardes, afin de n’être pas furpris On obferve pour cet effet un grand filence; on jette pendant la nuit quantité de feux d’artifices, éloignés le plus qu’on pourra delapalifiàde, afin de voir venir les ennemis de plus loin, & de pouvoir les choifir. On doit avoir des gens fûrs , fine des Officiers, ou Sêr-gens, dans tous les endroits où on fe propofe de faire joiier des fougaffes, caiffons,. ou fourneaux s’il en refte encore d’avancés, afin de fou-tenir les Mineurs qui font pr.opofés pour y mettre le feu, & de les faire fauter bien à propos.
- 11 faut tenir fur les remparts les batteries de canon , de mortiers & de pierriers en état d’agir vigoureufement, lorfqu’on le trouvera né-ceffaire. Le rempart doit être bordé d’infanterie pour faire un grand feu ; les troupes qui défendent les paliffades doivent foutenir fans s’ébranler les premiers détachemens des ennemis , qui ne pouvant les emporter d’emblée derrière les doubles paliffades qui font entières, leur feront peu de mal : au-conrraire ils en recevront beaucoup, étant découverts depuis la C tête
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- tête jufqu’aux pieds, & les afliégés montrant à peine le haut du chapeau.
- Les grenades des afliégeans ne feroient pas non-plus grand mal, fi on pouvoit pratiquer un petit foflfé , comme je l’ai dit; & celles des afliégés ne peuvent manquer d’en produire, étant jettées au-milieud’une groffe troupe, commeefl d’ordinaire celle des attaquans. Les premiers dé-tachemens des afliégeans font fuivis d’autres, & ceux-ci des Bataillons entiers, fur-tout lorf-que la réfiftance efl opiniâtre. C’efl: dans ce tems-là que les afliégés, qui ne fefont paspropo-fés de tenir contre une multitude d’ennemis qui fe poftent fur tous les angles de la contr’efcarpe, comme c’efl le droit de la guerre, les voïant de revers, doivent faire joüer leurs fourneaux ou fougafles, & leurs caifîons, après avoir fait une décharge à-bout-touchant. Pour-lors ils fe retirent, pour laifler la liberté d’agir au feu des remparts, où il doit y avoir dans de pareilles occafions de petites pièces de canon aifées à remuer, avec lefquelles on fait un feu continuel pendant l’attaque. Ce feu , joint à celui des autres endroits , éclaire beaucoup les afliégéans. Après qu’ils l’auront eflfuïé pendant un tems cpnfl-dérable,le Gouverneur peut tenter de faire une Sortie, pour tâcher de chaflèr les ennemis des lo-gemens qu’ils n’auront encore qu’ébauchés, & pour les combler. Si cette tentative réiiflit, le® troupes fe mettent derrière lespaliflades, & doivent s’y foutenir jufqu’à ce que les ennemis les en délogent encore, afin de tenir bon le plus qu’elles pourront, ne devant jamais fe lafler de les incommoder.
- Cependant, on doit fuppofer en même-tems qu’ils rétabliront à la fin leurs logement
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- mens , après en avoir été repoufles plufieurs fois, & qu’ils s’y foudendront; les afïïégés de leur côté feront la même chofe, dans les endroits du chemin-couvert qui ne font pas occupés par les ennemis, & dans tous les petits portes, traverfes, & places-d’armes. Ils pourront fe porter fur ceux des affiégeans, foit pour les inquiéter, ou pour en renverfer une partie, & les obliger par cette manœuvre à les venir attaquer , & à prendre pied à pied tous ces loge-mens qui les incommodent. Tout cela ne fau-roit manquer d’allonger confidérablement le Siège , & de faire perdre beaucoup de monde aux affiégéans. Cependant lorfqu’ils s’en font rendus les maîtres à force d’attaques & de monde , il ne refie plus aux affiégés d’autre reffour* ce que celle de faire fauter la contr’efcarpe, avec les paliflades & les logemens qui feront deffus, & cela par le moïen de la galerie parai- PI, $ lele au revêtement du foffé, s’il y en a une. w 4. On peut encore faire une nouvelle chicane, en fe logeant fur les décombres qu’auront fait les fourneaux, par le moïen de certaines paliflades dont on doit avoir fait provifion, attachées de quatre en quatre, ou de fîx en fix, avec des arc-boutans en - dedans pour aider à les foute-nir : c’eft ce qui fe pratiqua au Siège de Candie.
- Chacune de ces paliflades doivent avoir quatre crampons & quatre crochets, afin de pouvoir les attacher les unes avec les autres à mefure qu’on les pofe; on peut en moins d’un quart d’heure en pofer une centaine, pourvh qu’on s’entende bien.
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- CUA*
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- la De* pense
- CH A TITRE QUATRIEME.
- Maniéré de Défendre les Fossés pleins d’eau.
- LOrfque tous ces logemens ont e'té pris & repris plufieurs fois, & qu’ils font demeurés à l’afliégeant, il effc certain qu’il s’y fortifie, & qu’il y établit des batteries-, pour ruiner les Ouvrages qui leur font oppofés. Pour-lors un Gouverneur fe réduit à s’oppofer à la defcente du folié, & à fon palfage. S’il efl: plein d’eau, on peut fe fervir pendant la nuit de quelques bateaux armés, pour faire un grand feu dans les endroits où les ennemis font les defcentes ; on peut même mettre fur ces bateaux quelques petites pièces de canon , toutes montées fur des affûts marins, pour tirer fur ceux qui jettent des fafcines dans le folié afin de le combler.
- Pour cet effet, il faut prendre les pièces de canon qu’on aura confervé dans les flancs pour défendre les foliés remplis d’eau; car les ennemis étant obligés de faire des ponts de fafcines, avec des épaulemens pour fe couvrir de ce flanc, leurs travaux feroient bien inquiétés. Si les éclufes retiennent une grande quantité d’eau, on n’en doit laifler qu’une partie dans le folié ; & lorfqu’on verra que le pont de fafcines fera avancé, on pourra lâcher les éclufes, qui rendant de l’eau avec abondance, feront foulever i les
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- des Places.
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- les fafcines, & entraîneront ou renverferont le pont.
- On doit encore fe fervir, autant qu’on peut, de feux d’artifices, de bombes & de grenades, pour miner ou brûler les ponts & les galeries; mais quand les ennemis font en état d’attacher le Mineur, & que leurs logemens font faits, on peut bazarder un bon Sergent, avec quelques grenadiers bien déterminés & armés à l’épreuve du moufqüet, pour tâcher d’égorger les Mineurs, ou du-moins pour leur faire abandonner leur travail par le moïen des grenades qu’ils jettent dans leurs logemens, en cas qu’ils ne puiffent les tuer ni les enlever.
- Comme de telles entreprifes ne peuvent fe faire dans un foffé plein d’eau, qu’avec de petits bateaux, on pourroit faire mener par des gens détachés un petit brûlot pour mettre le feu au pont de l’ennemi, s’il y avoit apparence que cela fût pratiquable; on peut encore avoir recours à des bombes, qu’on attache au bout d’une chaîne de fer a-ffez longue pour les faire defcendre fur les logemens des ennemis , & dont les fufées foient chargées & ajuftées de manière qu’elles faffent leur effet à-point-nommé en tombant fur lesdits logemens , pour .que les Mineurs n’aïent pas le tems de le lauver , & qu’ils fe trouvent écrafés fous les ruines. Cela peut fe pratiquer à la défenfe de tous les dehors, comme à celle des battions. On ne fauroit trop s’attacher à retarder le travail des Mineurs, parce qu’il n’y a que les fourneaux qui puifient ouvrir une Place revêtues la voïe du canon, pour faire une brèche prati-quable, étant bien longue & bien incertaine. Voilà les chicanes qu’on peut mettre en ufage C 3 pour
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- $8 LA De' PENSE
- pour ce qui regarde les foliés remplis d’eau, & qui ne peuvent fe pratiquer; il en eft de même po,ur les folles des Ouvrages détachés, & pour .ceux des demi-lunes.
- Manière de "Défendre les Fojjés fecs.
- LA première attention qu’il faut avoir pour défendre les Foliés fecs, eft de ne pas laif-fer furprendre les brèches des deux baftions , parce que l’ennemi peut feindre de n’en vouloir qu’à la defcente du folié , tandis qu’il fe prépare à emporter les baftions. C’eft alors qu’il n’ou* blie rien pour rendre les brèches pratiquables. Le Gouverneur prévient cette furprife, en s’op-pofant à la defcente du folié par le feu des tra-PI. z. verfes ou caponnieres marquées A. B qu’il y a fait pratiquer, ou par celui des tenailles ou faillies-braïes. s’il y en a. S’il n’y en a pas, on fait de bons logemens vers les flancs des baftions, lefquels doivent être fi enfoncés, que les ennemis , qui dans ce tems-là font logés fur le bord du lofle, ne les puiflent voir. On y peut mettre de petites pièces de canon, qui jointes à celui qui doit être caché derrière l’orillon, & qu’il eft facile de conferver , donneront bien de la peine aux afîiégeans au pallage du folié, & pourront empêcher les Mineurs de s’attacher, tant que ces logemens fubfifteront. C’eft pourquoi on les doit défendre jufqu’à l’extrémité, parce que les afliégeans s’en étant rendus maîtres & les aïant détruits, ils feront fûrs du pallage du , fofle , & libres d’attacher le Mineur aux baftions. Mais les aflié-gés ont le même avantage que leurs ennemis, pour foutenir ces retranchemens & pour le coup
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- de main, parce qu’ils ne fauroient les attaquer par un front égal à la largeur du folle, & que les afliégés peuvent être fecourus à tout moment, & recevoir tout ce qui leur eft nécef-faire par la faufle porte qu’il faut avoir derrière l’orillon; ainfl c’eft l’endroit d’une Place où les afliégés peuvent & doivent faire le plus de réfiftance.
- Ces logemens peuvent être encore contre-minés comme les autres, en mettant des caif-fons enterrés par-devant, auxquels on mettra le feu comme à la contr’efcarpe. Si les aflié-geans, pour les emporter plus facilement, jettent un gros Corps de troupes dans le folle, les fourneaux, fougafles, ou caillons qu’on y peut pratiquer joüant à propos, & étant foute-nus par les feux d’en-haut, foit d’artifices, ou de facs-à-poudre, de bombes, de grenades , de la moufqueterie du baftion oppofé à ces logemens, tout cela, dis-je, ne peut produire qu’un étrange défordre, & qu’une groflfe perte aux afliégéans.
- 11 y a encore des moïens très-utiles pour inquiéter les ennemis dans le travail qu’ils font pour la defcente du fofle : c’efl: d’envoïer pendant la nuit des détachemens de cinq ou fix hommes, pour écouter où les afliégéans travaillent à percer le revêtement du fofle; & lorfque ces petits détachemens s’appercevront qu’ils auront fait un trou, ils feront une décharge dedans, & fe retireront à côté pour recharger : comme ils ne courent aucun rifque, ils peuvent recommencer la même manœuvre jufqu’à ce que les afliégéans aïent un pofte dans le fofle.
- Il y a encore une autre manière pour défendre un fofle fec. Il y faut faire pour cela C 4 des
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- des traverfes & des logemens, ou autrement des caponnieres, qui font des Ouvrages qu’on fait dans la terre , ou pliitôt un fofle couvert de pièces de bois & de planches, fur lefquelles on jette de la terre. Dans ces Ouvrages on met des moufquetaires , qui tirent par des créneaux faits de manière qu’on a de la peine à connoître les lieux d’où, fort le feu. On les défend par des coups du main, par le moïen de l’artillerie qu’on met dans les flancs bas, enfin par des mines ou fougafles. Ces chicanes doivent fe mettre en ufage dans les défenfes des folles des Ouvrages avancés , comme Ouvra-ges-couronnés , Ouvrages-à-eornes & demi-lunes j ce que je marque afin de ne pas tomber dans des redites , parce que l’Attaque de ces Ouvrages détachés doit être la même que celle du Corps de la Place , & par confisquent la Défenfe doit erre femblable,
- Si les afliégés ont confervé quelques fourneaux fous le chemin-couvert, aux endroits où les afliégeans auront établi leurs batteries pour battre- en brèche, ce qui efl abfolument néceflaire, & fe peut faire , à moins que les ennemis ne les aient découverts , comme il efl: de leur intérêt de le faire, il fera tems de les faire fauter ; & c’efl: la dernière reflource des afliégés pour caufer du dommage aux ennemis fur le chemin-couvert.
- Ordinairement les ennemis font fauter le revêtement du fofle par trois ou quatre endroits , afin de pouvoir faire fortir beaucoup de troupes de front, & ils s’emparent à la fin , malgré la jréliftance que les afliégés peuvent faire, de tous Jes logemens du fofle, parce qu’on'doit enfin ce-
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- der à la force & à la multitude. C’eft pour-lors qu’ils fe mettent en état d’attacher le Mineur aux Ouvrages dont ils font obligés de fe rendre maîtres avant que d’attaquer le Corps de la Place. Suppofé que les ennemis fe foiept emparés des Ouvrages-couronnés & à-corne, s’il y en a du côté de l’attaque , & qu’ils aïent fait pour y parvenir les difpofi-tions dont on vient de parler ; ils doivent alors prendre leurs mefures pour l’attaque de la demi-lune qui couvre la courtine entre les deux battions du front attaqué. Les afliégés difpu-tent autant qu’ils peuvent le pafTage dp fofle, & en même-tems ils travaillent à contre-miner la demi-lune , afin de tâcher de découvrir les mines d.es ennemis , & de faire en for te d’aller au-devant d’eux pour éventer leurs mines: ceux qui font chargés de cet ouvrage,'doL vent cefler leur travail lorfqu’ils les entendront venir avant qu’ils aïent achevé leurs mines , & peuvent les attendre pour les tuer. Lorfqu’on voit que le Mineur commence fon trou dans un folle fec, on y peut faire jetter quelques facs de poudre, y faire rouler des grenades & des bombes, & y jetter du bois gau-dronné & tout allumé, pour y mettre le leu; on doit y en jetter beaucoup, afin que la fumëç # le feu empêchent le Mineur de travailler.
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- CH A-
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- CHAPITRE CINQUIEME.
- Comment on doit Défendre la Demi-Lune»
- ’Eft en cet endroit où le Gouverneur ! doit emploïer toute fon induftrie , pour
- défendre & pour raffembler tout le feu que peut avoir la demi-lune & fon foffé. Si le folle elt plein d’eau, il interrompt la conftruc-tion du pont que les ennemis y font, par un feu continuel de moufqueterie , de grenades , de feux d’artifices, de bombes, & de canon tiré à cartouches , placé dans les faces des battions , des tenailles ou fauffes - braies, s’il y en a qui voient ce folfé.
- Cependant comme il eft bien difficile, malgré ces précautions qui ne fervent qu’à gagner du tems , d’empêcher à la fin les Mineurs de faire jouer leurs mines, & qu’enfui-te les afliégeans ne fe logent fur le haut de l’angle de la demi-lune , ou fur les débris de l’effet de la mine ; un Gouverneur qui veut fe défendre pied à pied, a pris la précaution de pratiquer un retranchement à la gorge de cette Pi. z. demi-lune, comme celui marqué C ; & lorf-qu’enfin l’ennemi débouche de fes tranchées pour donner l’affaut à la brèche , on fait rouler dans le moment plufieurs bombes, dont les fufées font raccourcies de la moitié, afin qu’elles crèvent plûtôt. En même-tems on
- lit un grand feu de tous les endroits du Corps
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- de là Place qui découvrent la brèche 5 & fi malgré cette réfiftancê , l’ennemi s’opiniâtre dans cette attaque, les afliégés fe préfentent alors aux deux faces des baftions qui défendent la demi-lune , pour faire deffus un feu continuel. On fe fert à Cet effet des pièces de canon qu’on a pris la précaution de mettre dans les flancs des baftions ; on les tire à cartouches , & dans le haut de la brèche de la demi-lune, lorfque le terrein le permet; & fi les ennemis continuent encore leurs attaques, on met alors le feu aux fourneaux préparés fous ce terrein. On place avec beaucoup de diligence des chevaux de frife fur tout le front de la brèche ; les aflîégés fe placent derrière, & après avoir fait une décharge de leurs armes, ils peuvent prendre des faulx à revers, des crocs & des pertuifannes. Pendant ce tems-là, d’autres troupes fe jettent dans le refte des faces de cet Ouvrage, pour faire feu fur celles qui remplifîent la brèche, où on peut oppofer un plus grand front de troupes que l’ennemi n’en peut préfenter : pour-lors les troupes de la demi-lune protégées par ce feu fupérieur , peuvent renverfer par des coups de main celles qui fe préfentent pour y pénétrer , & les forcer à fe jetter en defordre dans les tranchées.
- Mais fi malgré tous ces efforts, les ennemis à force de monde obligent les affiégés d’abandonner la demi-lune , & de fe retirer dans le réduit qu’ils auront pratiqué à la gorge , le Gouverneur doit faire alors tout fon poflible pour les en chaffer avant qu’ils y foient établis par aucun logement. C’eft pour cette raifon qu’il doit tenir quelques detachemens de
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- troupes clioifies à portée de faire cette expédition , dans le même moment que la demi-lune fera emportée , & que celles qui étoient chargées de la défendre en auront été chaf-fées : c’eft le moment de. réüffir, plûtôt que d’attendre plus long-tems, parce qu’on trouve ordinairement en defordre l.es ennemis qui y font entrés. Mais après qu’on l’a défendue pied-à-pied ', & qu’on a fait tous fes efforts pour la çonferver, fi on eft enfin abfolument .obligé de l’abandonner, il ne faut pas manquer de la faire fauter par les fourneaux qu’on a dû pratiquer , & qui doivent toujours être chargés & prêts à jouer. Pour cet effet, il ne faut pas ceffer de faire un grand feu de canon & de moufqueterie, de deffus le rempart de la Place qui protégé la demi-lune, parce que les ennemis ne pouvant être couverts par aucun logement , y feront une perte confidérable avant que d’y être établis.
- Les Mineurs ne doivent mettre le feu aux fourneaux qu’à mefure que les ennemis occupent le terrein de cette demi-lune , laquelle fera tellement bouleverfée , & battue du feu des battions, de la courtine, des tenailles, ou fauffes-braïes, s’il y en a , qu’il fera impoffible à l’ennemi de découvrir où feront établies les communications qui la défendent. Il ett très important de foutenir ces Mineurs, pour empêcher que les affiégeans ne les embarraffent par leurs travaux , & n’y furprennent les troupes. Souvent il y a des réduits conftruits dans les demi-lunes qui font revêtues , & où il y a un foffé , principalement dans celles qui couvrent les portes des Places. S’il n’y en a point, on y pratique un retranchement, & on doit
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- défendre l’un ou l’autre le plus què l’on peut, parce que tant que les affiégés en feront les maîtres, les ennemis ne pourront faire de bat* teries defîus, pour battre en brèche la partie de la courtine que la demi-lune couvre ; ce qui prolongera le Siège, & fera perdre aux af-fiégeans plus de monde.
- !Défenfe des Contre-Gardes , & du Corps de la P3lace.
- QUand les Contre-gardes enveloppent les battions de la Place, comme à Landau & au Neuf-Brifac, & que ces battions couvrent des Tours baftionnées, comme Mr. le Duc de Savoïe’ en avoit fait faire à la Citadelle de Turin devant les battions des demi-lunes, cela fait une excellente fortification; elle eft fi bonne, qu’elle donne moïen de foutenir un aflaut pareil à celui qu’on foutiendroit au Corps de la Place, & fans courir aucun rifque qu’elle foit emportée. Si donc un Gouverneur a l’avantage d’en avoir à la Place qu’il défend, les afliégeans feront obligés de les attaquer avec les mêmes mefures qu’on attaque le Corps.de la Place ; c’eft-à-dire de faire la. defcente du foflfé , de le combler , & d’efliiïer toutes les chicanes dont on a déjà parlé ils feront encore obligés ' de commencer par y faire brèche avec le canon, d’y attacher le Mineur pour rendre la brèche plus pratiquable, d’y donner enfuite un affaut, & de s’y retrancher , fi tant eft pourtant qu’ils réüfliflent d’y faire monter du canon, & d’y établir des batteries pour battre en brèche les battions & les Tours baftionnées de la Place.
- Tout
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- Tout cela eft une affaire difficile pour les affiégeans, & doit leur caufer une grande perte , avant qu’ils en foient venus à bout. On peut comprendre par-là combien on doit efti-mer une pareille fortification, pourvû qu’on fe foit précautionné pour fe mettre en état de la bien difputer; c’eft-à-dire, que la garnifon foit encore affez forte pour le faire. Car nous avons vû pendant les dernières guerres, des Gouverneurs de Places emploïer tant de chicanes pour défendre leurs dehors & leurs chemins-couverts, faire un fi grand nombre de Sorties pour fe les conferver long-tems, & affoiblir fi-fort leurs garnifons , qu’ils ne fe font plus trouvés en état de foutenir leurs contre-gardes. D’autres au-contraire ont fait bien moins d’efforts pour défendre leurs dehors, afin de pouvoir foutenir leurs contre-gardes avec beaucoup d’opiniâtreté. Les avis font partagés fur l’une ou l’autre conduite, que deux Officiers-généraux ont tenûë dans la Défenfe d’une Place de réputation en Allemagne. Il ne feroit pas prudent de décider lequel des deux partis il convien-droit de prendre dans une pareille occafion ; on le contentera de marquer qu’il feroit à propos de ménager la garnifon d’une Place , de manière, qu’on pût bien défendre fes dehors, & fe trouver en état de bien difputer des Ouvrages auffi confidérables que font les contre-gardes. Un Gouverneur peut y réiifîir, en ne faifant des Sorties que bien à propos, en défendant fes dehors pied-à-pied par des chicanes, comme traverfes, retranchemens, fougaf-fes , caiffons , & les autres moïens dont on a fait mention ci-deffus.
- Quand un Gouverneur a affez de troupes
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- pour défendre les contre-gardes de la Place, il obfervera, pour le faire , les mêmes mefu-res qu’on trouvera ci-après, pour foutenir l’af-faut des battions Je ne les marque point ici pour ne pas tomber dans des répétitions inutiles : j’ajoûterai feulement un moïen dont on pourroit fe fervir dans ces occafions. Ces fortes de fortifications font ordinairement accompagnées, comme à Landau & au Neuf-Brifac, de tenailles, qui couvrent la courtine & qui font entre les deux battions , devant lefquels font les demi-lunes. Dans le moment que les afliégeans fe difpofent à attaquer les contre-gardes , il faudroit mettre dans les tenailles du front attaqué, autant de grenadiers qu’elles pourroient en contenir fans confufion ; afin que, par le moïen d’une communication , qu’on pra-tiqueroit quelque-tems auparavant, de cette tenaille à la contre-garde , & aux deux fi elles font attaquées en même-tems , comme cela fe pratique ordinairement, les afliégeans y étant entrés, & travaillant à s’y établir, on pût prendre ce tems où ils font dans une efpéce de confufion , comme ils ne peuvent manquer d’y être , pour faire fortir par la droite & par la gauche ces grenadiers. Ceux-ci entrent par les communications dont je viens de parler , c’eft-à-dire par les côtés des contre-gardes, & en furprenant les ennemis ils les prennent par les flancs , & ne manquent pas de les ébranler : alors étant foutenus par des troupes, qu’on fait fortir en même-tems des battions ou des Tours baftionnées, par les pôternes qui doivent être pratiquées dans leurs orillons , il efl pref-que certain qu’ils viendront à bout de chafler ceux qui feront dans les contre-gardes , &
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- qu’ils donneront bien de la peine & du tra« vail aux affiégeans.
- Mais lorfqu’après ce moïen, ou d’autres qu’on aura emploies , on eft obligé abfolument de les abandonner, on fe fervira de la dernière ref-fource, qui eft d’avoir dans ces contre-gardes des fourneaux prêts & chargés , afin de les faire fauter. Il faut néanmoins faire en forte , fi cela fe peut, d’en conferver quelques-uns pour les faire joüer lorfque les affiégés auront établi deflTus des batteries pour battre en brèche le Corps de la Place; ce qui pourra fe faire lorfqu’il n’y aura pas d’eau dans le fofîe. On doit dérober autant qu’on pourra aux ennemis la connoiflance de l’endroit où ils font placés, aufli-bien que les faucifions, parce que les affiégeans ne manquent pas d’interroger les prifonniers qu’ils font dans l’attaque des Ouvrages, pour tâcher de découvrir les fourneaux. Il y a encore une attention à avoir ; c’efl; de ne faire les communications de la tenaille aux contre-gardes , que lorfque les affiégeans feront prêts de les attaquer, parce qu’autrement elles feroient vûës, des ennemis, qui les dé-truiroient à coups de canon ; ce qui pourroit leur donner quelque connoiflance de ce deflëin, & leur faire prendre des mefures pour en empêcher l’exécution. Les affiégés qui n’ont plus que le Corps de la Place à défendre , fe fervent de toutes les chicanes qu’ils peuvent mettre en ufage pour incommoder les ennemis dans le fofle, comme celles de jetter des bombes du haut de leurs murailles, & d’en porter où on veut, dans une auge faite de trois planches clouées enfemble, laquelle on peut conduire à l’endroit que l’on fouhaite par le moïen d’un bâton
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- qui y eft attaché pour la baiffer ou haullèr.
- On peut accommoder pendant la nuit quelques endroits du flanc ou de la face du bafl tion , qui puiffent voir le logement du Mineur , afin de mettre une pièce de canon fur un affût marin pour le renverfer, après qu’on aiira jetté aux environs de ce logement quantité de feux d’artifices , pour donner la facilité aux canonniers de pointer leurs pièces dans cet endroit.
- On peut encore pratiquer des trous, dans l’é-paiffeur de la muraille du flanc du baftion op-pofé à celui qu’on attaque; on les élargit par le dedans , affeX pour pouvoir contenir un homme à Ion aife ; & on les réduit prefque à rien ad-dehors, afin qu’on ne foit pas apper-çu, & qu’on püiffe voir tout ce que les ennemis feront dans le foffé. Il faudra bien fe garder de tirer de ces trous, parce qu’on les ren-droit bientôt inutiles avec du canon. Pour éviter cet inconvénient, on y met un homme intelligent , fans armes, pour remarquer tous les mouvemens des ennemis, & fur-tout pour connoître le tems qu’ils chargent leurs fourneaux ; ce qui'fe peut difcerner aifément par la quantité de foldats qu’on voit porter, les uns des facs-à-terre remplis de poudre, & les autres du bois pour étançonner les fourneaux. Ceft dans ce tems-là qu’on ne doit point épar* gner les feux d’artifices, les bombes, ni les gré-nades, & il faut mettre, s’il fe peut, tout le foffé de ce côté-là en flammes, ce qui doit produire un grand defordre aux afliégeans. On verra encore, par le moï'en de ces trous, quand les Mineurs fe retireront pour faire fauter leurs fourneaux ; cela donnera aux afliégés le tems de D fe
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- fe retirer de leur côté , & de fe défendre quand on voudra les attaquer. Après avoir donné ces remarques, pour faire connoître de quelle manière les affiégés fe fervent des feus d’en-haut , il eft à propos de faire voir les inoïens qu’on met en ufage , pour défendre la galerie derrière l’épaiflèur de la muraille 3 lorfqu’il s’en trouve une*
- Manière de fie frécautiomer contre les Mines.
- IE moïen le plus fûr pour fe précautionner ^ contre les Mines,eft,qu’au-lieu d’attendre les Mineurs des affiégeans, on aille à leur rencontre; & lorfqu’il n’y aura plus que deux ou trois pierres à enlever pour percer la muraille, on doitfe hâter pour les p:évenir, afin de pouvoir les tuer à coups de piftolet, les chafler, ou les obliger .de recommencer: au-lieu qu’en les attendant, & en faifant une ou deux fougaffes, dans la moitié ou les deux tiers de l’épaiflèur de la muraille , elles crêveroient à - coup - fûr la galerie ; & étoufferoient ceux qui feroient dedans. Les affiégeans ne manqueront pas de revenir à ce trou pour y jetter des bombes & des grenades , & chafler ceux qui font dans la galerie : cela doit avoir été prévû par les affiégés , qui, pour fe foutenir, feront des épau-lemens qui traverferont l’a galerie , afin de fe mettre derrière pour éviter les éclats des bombes & des grenades. Mais comme ils ne fauroient réfifter long-tems contre la fumée, qui les étouffe à la fin, malgré le vinaigre qu’ils prennent de tems en tems , ils doivent avoir recours à leurs foupiraux, qui aboutiflent au
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- haut dù parapet, & qui doivent être couverts de madriers , afin d’empêcher que les débris du canon ne les rempliflent. On jettera par ces foupiraux , du gaudron, de la poudre, force grenades, & enfin tout ce qui peut remplir la galerie de feu & de fumée, & empêcher les ennemis de s’y foutenir, quand même les Mi" heurs de la Place en feroient fortis.
- S’il n’y a point de galerie, on emploie d’autres moïens pour découvrir les endroits où les Mineurs des ennemis travaillent. Lorfque les battions font creux , oh les rencontre aife-ment ; mais quand ils font pleins, on les peut découvrir en voîant de la lumière, ou en entendant du bruit, par des trous qu’on a faits dans la terre , deffus, defîous & aux côtés * avec des tarrières & de longs forets d’acier, dans lefquels on pafle enfuite des cannes creu-fes pour mieux entendre. On peut y mettre encore aux endroits fufpeêts, une aiguille frot* tée d’aimant ; ou-bien on place des tambours d’efpace en efpace fur tout le terrein des deux battions attaqués , fur lefquels on met de petits pois fecs, des aez, ou des petites houles de liège enfilées dans des crins de cheval ; âù fi le frémifiement que le travail du Mineuf excite . dans la terre fait remuer ces petits corps, ou même la corde du tambour, on juge du lieu où on travaille à la mine , & on fait des puits ou des contre-mines pour découvrir le rameau des Mineurs , lefquels on fait périr par des feux d’artifices, de la poudre% ou des grenades -, ou - bien on rend leurs mi-* nés inutiles en y jettant de l’eau.
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- Comment on doit ^Défendre la Brèche.
- SI le Gouverneur , malgré toutes les précautions qu’il a prifes pour gagner du tems en prolongeant la Défenfe, & après avoir mis tout en ufage , fur-tout s’il attend du fecours, fi, dis-je, malgré toutes ceschofes, il ne peut empêcher l’ennemi de faire des mines pour rendre pratiquables les brèches qu’il aura faites avec le canon, il doit prendre toutes lesmefures convenables pour la bien défendre. Il doit, pour le pouvoir rifquer, avoir un ou deux retranche-mens fur les baftions attaqués, ou au-moins un PI 2. à-la gorge , ainft que ceux marqués D. E, F. G. Il ne doit point attendre pour cela que l’ennemi ait fait brèche ; il faut qu’il les falTe conftruire fl-tôt qu’il fait pofitivement les pièces que l’ennemi attaquera. Il prend fes précautions pour qu’on ne puiffe reconnoître l’état de fa brèche ; il la fait réparer pendant la nuit avec de la terre & des paliffades, il la fait nettoïer, en fait ôter les décombres, &les fait porter ailleurs; il la fait ef-carper & y pratique quelques fougaffes, il y fait mettre des chevaux de frife, des chauffes - trapes & des planches remplies de clous, qu’on enterre, aïant foin de les faire remplir de matièrescombufti-bles, pour les allumer lorfqu’il fera tems. A l’égard des rétranchemens, il les fait affez éloignés de la mine de l’ennemi pour n’en être pas enlevés; & il ne les fait pas faire fi hauts, qu’ils puiffent être ruinés par le canon qui bat les premières défenfes, ou qu’ils puiffent mettre l’ennemi à couvert; il ne les fait pas faire non-plus fi bas qu’ils foient commandés par la première brèche : il fait enforte qu’ils foient bien
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- flanqués, & qu’ils battent le lieu qu’on abandonne, il difpofe un grand feu de canon à la brèche, <& de moufqueterie dans les flancs oppofés aux brèches. On a grand foin d’éclairer pendant la nuit, par des feux d’artifices, les fofles& les brèches, étant néceffaire d’être inftruit à tout moment de ce que les ennemis peuvent faire.
- Si le foiré eft plein d’eau, on jette pendant la nuit fur les ponts des affiégeans, des crocs ou des ancres, lefquels font attachés à des cordages qu’on tire avec des cabettans , ou à force d’hommes, qu’on place pour cette manœuvre dans les flancs des battions, de la courtine ou de la tenaille. On peut encore enterrer plufieurs petites pièces de canon chargées à cartouches, & pointées de haut en-bas, de manière qu’elles puiflent battre toute la furface du terrein. On en place d’autres dans les retranchemèns & dans les traverfes qui défendent tout le front des brèches. On met le refte du canon partie fur des affûts , partie fur des pièces de bois, aux endroits où il n’empêche pas les troupes d’agir; & il doit être pointé fur les brèches, & fur le terrein bù les ennemis font obligés de fe découvrir. On difpofe enfuite les troupes pour la dëfenfe de la brèche : lorfqaon voit que les affiégeans feront prêts de faire joiîer leurs mines, on en peut faire trois Corps féparës; on en pofte un vis-à-vis de la brèche, & les deux autres à droite & à gauche; mais on les fait tenir un peu éloignés, afin que les ruines ne puif-fent pas les incommoder. On tient tout-prêts les foldats qui doivent fe porter fur la brèche; ce font des cuiraffiers, armés de pertuifannes & de faulx emmanchées à revers. Si-tôt que les mines auront fait leur effet, ils y marchent*, P 3 parc.§
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- parce que c’eft le tems que les affiégeans prennent pour donner l’affaut. D’autres doivent être deftinés à y jetter des grenades, des pots-à feu, des barils, ou facs déliés & pleins de poudre, auxquels les grenades & les bombes mettent le feu i & on doit difpofer ces chofes de manière qu’on s’en puifle fervir fans confunon & fans embarras. Il faut auffi avoir tout-prêts des chevaux de frife armés, pour les faire rouler au-bas de la brèche, afin d’en rendre l’accès plus difficile. Ces gens armés ne doivent fe préfen-ter fur la brèche, que lorfque les ennemis feront à portée de la pertuifanne, afin de n’être pas ex-pofés au feu du canon des affiégeans, ni à celui de quelque mine qui n’aura pas fait fon effet en même-tems que les premières.
- On tiendra chargées à cartouches quelques pièces de canon qu’on aura confervées dans le flanc oppofé, ou celles qu’on aura pû placer, afin que pendant l’a&ion elles puiffent tirer fréquemment fur les affiégeans, lorfqu’ils fe préfen-teront pour monter à la brèche. On pourra auffi y placer des moufquetaires. Quoique dans ces occafions les affiégeans faffent un feu violent de toutes les tranchées, il ne faut pas que les affiégés prennent le change, en tournant leur feu de ce côté-là ; mais ils doivent s’attacher uniquement aux troupes qui attaquent les brèches. On fait porter les armes & les munitions néceffaires pour cette défenfe, & on les diftribue avec ordre, dans les endroits où les troupes font poftées. Il dt bon de placer devant tout le front des retranchemens, un rang de paliffades , pour arrêter tous les premiers coups de main ; & on y pratique des barrières pour le paffage des trçupes,qui doiventfepofter
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- fur îe haut des brèches pour les défendre. On fait charger à propos lès fourneaux qu’on aura fait pratiquer fous le terrein jufqu’au pied des-brèches, afin de renverfer les endroits où les affiégeans voudront les établir, lorfqu’ils en au-, ront pris poffeffion. C’efl: dans cette difpofi-tion, que le Gouverneur d’une Place doit attendre l’ennemi lui-méme, & c’efl: la feule oc-cafion dans un Siège, où il doit conibattre en perfonne, & où il doit emploïer la valeur de tous ceux qui relient dans fa Place, pour empêcher que les ennemis ne l’emportent.
- Lorfque ces difpofitions feront bien faites, 6c fans confufion, 6c que ces moïens feront emploies tout à propos, il efl; bien difficile que les affiégeans ne foient repoufles, quelques troupes qu’ils aient emploie à cette attaque , & qu’ils ne faffent une perte fi grande & fi confi-dérable , qu’ils foient obligés de fe retirer ; cela fuffit auffi pour les rebuter, & fouvent à un. tel point, qu’ils prennent le parti d’abandonner une pareille entreprife, comme on l’a vû arriver plufieurs fois. Quoique ces exemples foient rares, un Gouverneur doit toujours efperer, 6c faire tous fes efforts pour y parvenir, afin de s’immortalifer par des aètions dignes de gloire.
- Cependant fi fes premières défenfes ne peu? vent lui procurer un fuccès fi glorieux, elles peuvent au-moins rallentir l’impétuofité des ennemis , & lui donner le teins de réparer fes brèches, avec des tonneaux, des barils, des paliflades, & d’autres matériaux qui y font propres : mais il ne doit pas perdre un moment ; car, comme c’efl: dans de pareilles extrémités qu’un homme de cœur doit fe fignaler, il n’ou-|)lieriende tout ce qui' efl: pratiquante, pour-P 4 era-s
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- empêcher que l’ennemi n’emporte fa Place d’af-faut, ou même qu’il s’établifïe par aucun logement fur les ruines de fes battions.
- Enfin, lorfque les afliégeans ont vaincu tous les obflacles qu'on leur a oppofés par toutes ces défenfes, ils en viennent aux mains avec les troupes qui défendent la brèche. Le Gouverneur doit foutenir ce combat avec beaucoup de fermeté .& d’opiniâtreté, & jufqu’à telleex-trémité, qu’il ne lui refie aucune refTource que celle de fe retirer, avec ce qu’il a confervé de monde, dans le retranchement qu’il a fait, de manière qu’il y puifTe encore foutenir un af-faut s’il a allez de monde , à moins qu’il n’en foit empêché par la confidération qu’il a pour les habitans de la Place, afin de leur épargner les fuites fâcheufes qui leur arrivent, lorfqu’une Place efl emportée d’affaut, ou que par les ordres qu’il a reçus de la Cour, il ne foit obligé de fauver les troupes qui lui refient, & qui ont fouvent expofé leur vie, comme-il arrive dans le cours d’un long Siège. Mais fi de pareilles raifons ne le retiennent, il peut hazarder une aélion derrière ce retranchement, &, après y avoir fait les derniers efforts, fe retirer avec ce qui lui reftera de troupes, dans un réduit i lequel il pourroit avoir difpofé dès le commencement du Siège, pour y faire fa capitulation. C’eft alors , pour peu qu’il l’obtienne raifonnable, qu’il n’auroit plus rien à ajoûter à fa gloire; ce qu’il peut efperer, fi l’ennemi efl généreux & touché de fa valeur.
- Autre
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- Autre 'Défenfe, par le mo'ien d'unFoj/e qu'on remplit de Feux derrière la Brèche. ,
- IL y a encore quelques moïens pour défendre une brèche, qui ont réüfïï en quelques endroits, & qu’on pourroit mettre en pratique. C’efl de faire un foffé profond devant tout le front de la brèche, & de largeur raifonnable : on le remplit de grofles pièces de bois, en y mettant des matières combuflibles, afin d’y pouvoir mettre le feu aifément, lorfqu’on le trouvera à propos. On fait pour cet effet auprès du folié un grand amas de bois, afin qu’on foit continuellement en état d’entretenir le feu fi-tôt qu’on l’y aura mis ; ce qui fe doit faire dès le moment qu’on aura pris le parti d’abandonner la brèche. Dès que les ennemis font montés deffus, ils trouvent un obflacle invincible, qui les arrête fi abfolument, qu’ils font contraints de fe retirer, ou de recommencer une autre attaque, pourvu qu’il y ait dans la Ville affez de bois pour entretenir ce feu; ce qui ne fera pas difficile, parce que dans une femblable oc-cafion on ne fait point de difficulté de démolir pluûeurs maifons, pour fe fervir des bois de charpente, des cazernes même, lefquelles font prefque inutiles pendant le Siège, à caufe de la grande quantité de bombes qu’on y jette. On ne doit point enyifager ce qu’il en coûteroit pour les rebâtir, puifqu’on s’en trouveroit bien dédommagé, fi par ‘un pareil moïen en confervoit une Place, qui par fa fituation peut être d’une grande conféquence.
- Mais afin de pouvoir pratiquer un pareil foiTe, il faut que les battions foient pleins, D 5 &
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- 58 ÎA DEPENSE
- & n’y travailler que fur la fin du Siégé, afiia que les ennemis n’en foient pas avertis par des prifonniers ou par des efpions, parce qu’ils pourroient en ce cas prendre des mefures pour rendre ce ftratagême inutile, en s’attachant à faire des brèches à la courtine du front attaqué , fon rempart n’aïant pas allez de capacité pour' y. pratiquer la même chofe. On doit outre cela faire un retranchement derrière le folié enflammé, & fur les flancs, afin d’y pouvoir pofter de l’infanterie, qui feroit un feu continuel fur ceux qui entreroient dans le baftion, ou qui voudraient tenter d’éteindre le feu du folle il faut encore avoir des gens cachés, qui jettent continuellement du bois ; on y doit mettre aufîi quelques petites pièces de canon pour lé défendre ; & fi les toits des maifons qui font aux environs font allez. élevés , on y logera autant qu’on pourra des moufquetaires} pour faire un feu continuel fur le baftion.
- Ordinairement, lorfqu’une Armée nombreufe attaque une Place de conféquence, elle y fait deux ou plufieurs attaques , pour occuper ou pour fatiguer les afliégés : ils font pour-lors obligés de garnir également les polies, d’artillerie & de troupes. Mais fl un Gouverneur eft dans l’incertitude de la faufle ou de la vraïe attaque, il défend d’abord l’endroit le moins acceflible de la Place en même-tems que les autres, jufqu’à ce que l’ennemi en foit rebuté ; alors il diminue avec prudence les troupes de cette attaque, pour les pofter où elles feront plus utiles. Lorf-qu’on voit jour à retarder une des attaques par la défenfe vive de quelque polie avancé , rien ne met plûtôt les afliégés en état de connoître la véritable attaque.
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- Lorfqu’il arrive que les travaux des deux attaques font également avancés, & que les afîïé-geans peuvent les pouffer en même - tems , & tâcher de pénétrer dans quelqu’endroit, on doit alors difpofer les défenfes de manière qu’il y ait fuffifamment des troupes dans les polies, & d’autres à portée des attaques, pour foutenir l’endroit le plus ménacé. Comme le Gouverneur ne peut être par-tout, il doit charger ceux qui commandent dans ces polies, de l’avertir de ce qui s’y paffe, afin qu’il faffe fur le champ les détache-mens néceffaires pour leur défenfe.
- Mais fi les ennemis changent une des attaques, à caufe de la difficulté qu’ils trouvent à la pouffer, alors le Commandant y porte fes forces & fon artillerie : mais il feroit dangereux de dégarnir abfolument les polies de la première attaque, où l’ennemi peut revenir pendant la nuit pour furprendre les affiégés.
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- CHAPITRE SIXIEME.
- De la Défense d’üne Citadelle.
- LEs Villes d’un peu d’importance ont ordinairement une Citadelle ou un Château. On s’y retire après la capitulation, & on obferve la'même conduite pour la dillribution des vivres & des munitions de guerre, qu’on a gardé pour la Défenfe de la Ville. Mais on doit prendre des mefures pendant le Siège de la Ville, pour y faire tranfporter de bonne heure, non-leulement tout ce qui fera néceffaire pour fa Défenfe, par - rapport à fa grandeur & à fes
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- <56 u Défense
- fortifications, mais encore afin de ne rien luif-fer dans la Ville qui puiffe fervir à l’ennemi. Il feroit même à propos que tout y fût transporté cinq ou fix jours avant la reddition de la Ville, quand même on feroit obligé d’en tirer tout ce qui conviendroit pour le refte du tems qu’on pourroit s’y Soutenir. Ce feroit , à la vérité, un peu plus de peine & de foin, mais il ne feroit pas à comparer avec J’avantage qu’on tireroit de cette précaution, & le dommage qu’on recevroit fi on laiUbit à l’ennemi quelque chofe qui pût le favorifer & lui Jèrvir à pouffer l’afliégé. D’ailleurs on ne fau-roit trop avoir de munitions, lorfqu’on veut faire une bonne Défenfe. On doit bien prendre garde de ne pas tomber dans l’inconvénient où Je font trouvés quelques Commandans de Places , qui aïant attendu à l’extrémité à faire ces tranfports dans leur Citadelle, y ont trouvé de l’oppofition de la part des bourgeois , qui Se voïant à la veille de changer de domination, ont empêché qu’ils ne tiraffent de chez eux les vivres dont ils avoient befoin, les troupes n’étant plus en état de le faire par la force, comme elles auroient pu faire quelques jours auparavant.
- Le refte des troupes qui a Servi à la Défenfe de la Ville, étant fort affoibli, doit être bien ménagé, dans la vûë de, disputer pied-à-pied les Ouvrages de la Citadelle. Il arrive quelques-fois qu’on eft Surpris dans une Place , avant qu’elle Soit pourvue de toutes les munitions né-ceffaires pour fa défenfe ; ce qui oblige le Gouverneur de tirer une partie de celles de la Cita-delle.'Il faut prendre Soin de cacher aux troupes cette extrémité, dont les afiiégeans fe-
- roient
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- DES P L A C E & tfî
- roient bien-tôt informés par les déferteurs, ou par les prifonniers.
- Il faut diminuer le feu delamoufquèterie&dn canon, qu’on réferve pour les approches & pour lés aètions de main. On garde un bon ordre pour la diftribution des munitions, & on ufe d’une grande économie pour celle des vivres. 11 feroit à fouhaiter qu’il y eût un dépôt d’argent allez confidérable par païer les troupes & les travaux ; rien n’anime plus le foldat que lorf-qu’il trouve fur le champ fa recompenfe: au défaut de l’argent, le Gouverneur en fait faire de fa vaiffelle , ou-bien on donne des billets du Tréforier , ou des pièces de cuivre qu’on fait païer comptant après le Siège.
- Quand le Gouverneur fe voit à l’extrémité, il en donne avis au Général qui commande les troupes de fon parti, ou à fes Supérieurs, avec lesquels il doit être convenu de quelques marques fecrettes, pour reconnoître les lettres véritables d’avec les faufTes. . Il alfemble le Con-feil, & repréfente la nécelîité & l’état de la Place ; il dreffe un Mémoire des dépenfes qu’on a faites, des foldats morts, de ceux qui ont été tués ou bielles, des malades ou perdus, & de tout ce qui manque, & le fait figner aux principaux habitans & à tous les Officiers.
- S’il n’y a point de Citadelle, de Château, ou de Réduits, où la garnifon forcée puiffe fe retirer , le Gouverneur qui fe détermine à foutenir un affaut général, doit y fuppléer, en faifant retrancher une ou plufieurs Eglifes, ou autres endroits les plus forts, dans lefquels le débris de fes troupes puiffe fe réfugier, pour éviter dans les premiers momens là furie du vainqueur, & y capituler dans la fuite, comme on l’a vû en quelques endroits.
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- il ii Défense
- droits, & notamment àTreves. Lorfque la gaf-nifon eft'forcée de faire cette manœuvre, la cavalerie doit faire l’arrière-garde de tout, & charger tout ce qui voudroit s’oppofer à la retraite. Mais li au-contraire l’ennemi efl bien reçû & repouffé plufieurs fois, de forte qu’il foit contraint de fe loger feulement fur la brèche, & que néanmoins le Gouverneur fente fes forces fi épuifées, qu’il ait lieu de craindre d’être emporté par une nouvelle attaque , ôc réduit à l’extrémité que nous venons de marquer, alors il doit demander à capituler. Il y auroit même de la témérité de ne pas le faire, fur-tout quand on n’efpere aucun fecours, fans lequel la réfi-ftance la plus obftinée fe termine prefque toujours par une rédu&ion plus ou moins honorable. Il doit encore prendre fur Cela l’avis du Confeil de guerre, comme nous l’avons dit;
- CHJTITRE S ET TI RM E,
- Maniéré de Capituler, êt les Articles Qju’ ON DOIT DEMANDER.
- ÇÜppofé que la néceffité contraigne de prendre cette trifte réfolution, on fait ap-peller fur la brèche par un tambour, & on arbore en même-tems un drapeau blanc, ce qui lignifie qu’on veut capituler. On demande en-fuite qu’en attendant qu’on foit convenu des Articles de la capitulation, toutes les hoflilités ceffent de part & d’autre, juftju’à ce que le Général ennemi ait donné la reponfe. Cette teponfe eft quelques*fois difgracieufe , parce
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- DES PtACES. 6$
- ‘que le Général, lorfqu’il fait que les.afliégés font réduits à la dernière extrémité, n’en donne point d’autre que celle de demander la garni-ion prifonnière de guerre, ou même à difcré-tion. Si on eft forcé d’y confentir , le relie eli bien-tôt fait, puifqu’il ne relie plus qu’à pofer les armes, & à fubir la loi du vainqueur; mais fi au-contraire on eli en état de fe faire accorder des conditions honorables, on fe donne des otages de part & d’autre. Le Gouverneur choifit entre les principaux Officiers ces ôtages, pour la fûreté réciproque , tant de la parole donnée pour la fufpenfion des hollilités, que pour l’entière obfervation des Articles dont on doit convenir. Entre les ôtages qui font ehoifis dans la Place, il y en a un chargé des Articles que le Gouverneur demande lui être accordés pour rendre la Ville. On doit toujours former fes demandes un peu fortes, parce qu’en toutes fortes de marchés, il y a toujours quelque chofe à rabattre, & principalement en celui-ci. On peut voir fur cela le recueil de diverfes Capitulations de Places, qui à été imprimé: on en trouvera de toutes les efpé-ces. Voici à-peti près celle qui eft la fuite d’une Défenfe, telle que nous venons de fa rapporter , vulgairement appellée les Honneurs de la Guerre. Je fuppofe dans cet exemple une Ville où la Religion Catholique eft dominante»
- A R T I C LE PREMIER.
- QUe la Religion Catholique Apoftolique & Romaine fera maintenue & confervée * dans la Ville & lieux de fa dépendance , ainfi qu’elle y eft préfentement établie, & que
- tous
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- Ô4 eà Défense
- tous les Ëccléfiaftiques, les Communautés, U-niverfités, Collèges, Commanderies, & Hôpi-taux demeureront en pofleflion de leurs Biens, Droits , Privilèges, Immunités &c.
- A R T I C L E II.
- CEc Article doit comprendre tout ce qui concerne la Juflice, comme Parlement, Cour Souveraine, Roïale , ou autre , & ce qui concerne les Magiftrats, dits Officiers de Ville, pour la confervation de leurs Charges, Biens & Privilèges, & pour tous les Habitans.
- ARTICLE III.
- LEs Prifonniers faits de part & d’autre feront rendus réciproquement, fans rançon , en quelque nombre qu’ils fe trouvent avoir été pris, depuis le jour de l’inveftiture de la Place, juf-qu’à celui de la ceflation des hoftilités ; mais non pas les chevaux , lefquels demeureront à ceux qui les ont a&uellement.
- ARTICLE IV.
- IL fera fourni par les affiégeans, tant de chariots couverts, dans lefquels le Gouverneur pourra faire mettre quoi & qui bon lui femble-ra , fans que fous quelque prétexte que ce foit, l’ennemi puifîe non-feulement les vifiter, mais même regarder ce qu’ils renferment; ceux qui feront dedans pouvant y être mafqués, ou de-guifés, comme il leur plaira.
- A R*
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- ' » es Places*
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- ARTICLE V:
- Es Officiers & Soldats, & tous autres ftlilî-
- Li taires de là garnifon, lefquels font blefles Ou malades , pourront réfier dans lés Hôpitaux,-bu dans lés logis où ils font actuellement, avec
- les gens néceflaires pour en avoir foin, jufqü’à ce qu’ils foieht en état d’être tranfportés ; lé tout au fraix dé l’âfliégeant : & lorfqu’ils feront guéris, ou en état de fortir, il leur fera fourni par ledit affiégëant, des pàfleports & voitures à fes fraix , & les efcortes néceffaires , pouf qu’ils puiflent fe rendre au même lieu où ; la garnifon fe fera retirée * & ce par lè mêmè che-
- min:
- article vi.
- T Es Eccléfiafliques, Gentilshommes, Ma-I è giflrats, & autres habitans qui voudront fortir dé la Ville & de fes dépendances, pourront le faire avec la garnifon, & librement encore deux ans après l’évacuation , pour aller habiter telle Ville ou tel lieu qu’il leur plaira* fous la domination du Souverain à qui appartient la Ville qui capitule., & ce avec leurs meubles, femmes, enfans & domefliques. Pour Ce faire, il leur fera donné des pafleports & efcortes liiffifantes , & fera permis de plus aux* dites perfonnes de vendre leurs biens immeu* blés * & d’en emporter le prix fans difficul-
- A R-
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- t A De’ PENSE
- 'article VII.
- LE Gouverneur , ni qui que ce foit de la garnifon , ne pourront être inquiétés ni recherchés pour les dommages qui ont été cau-fés ou faits pour les néceffités de la guerre, foit dans la Ville, ou dans fes dépendances, par le feu, par les dégradations des maifons, l'enlèvement des beftiaux, ou autrement.
- ARTICLE VIII.
- LEs dettes légitimement contra&ées, pour le fervice du Souverain, ou par les Officiers ou autres de la garnifon, feront reconnues, & fûreté fera donnée pour le paiement d’icelles, par écrit certifié du Commmaire des Guerres, îans que pour ce fujet on foit tenu de donner otages ni nantiffemens, de quelque nature que ce loit.
- ARTICLE IX.
- NUI des afîiégeans ne pourra, fous quelque prétexte que ce foit, interrompre la marche de la garnifon, lors qu’elle fortira, ni entrer dans les rangs, pour y débaucher les cavaliers ou foldats , & les faire déferter ; & ce quand bien même lefdits foldats ou cavaliers en feroient confentans : fi cela arrive, ils feront tendus fur-le-champ, & punis comme infracteurs.
- A R-
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- DÉS P L À CE Ü 67
- ARTICLE X.
- SI la Place eft maritime, on compofe un oii plufieurs Articles pour ce qui concerne la Marine, contenant entr’autres chofes : Que les Vaiffeaux du Souverain, & ceux appartenans à fes fujets, pourront fortir du Port le jour que la garnifon fortira de la Ville, ou au premier vent! favorable, avec leurs provifions, agrès & artillerie, pour fe rendre à tel endroit} & que Ü en faifant route il furvenoit un vent contraire, qui les obligeât de relâcher dans le même Port, ou dans tel autre que ce foit appartenant à l’ennemi , ils iie pourront pour ce fujet être réputés de bonne prife ; & au-contraire il leur férà donné tous les fecours néceflaires, avec paffe-ports, ou efcorte fuffifante.
- ARTICLE XL
- T Ë Gouverneur, ou Officier-général conümari-I y dant en chef, les Lieutenans-généraux Jes Maréchaux-de Camp, les Officiers de l’Ëtat-Major de la Place, l’Intendant, les Commiffai-res des Guerres, les Tréforiers , Directeurs* Contrôleurs, Ingénieurs, Mineurs, Canonniers* Bombardiers, Artificiers &c. avec toutes les troupes de la garnifon, à pied & à cheval,leur9 femmes , enfans, domeftiques, meubles & é-quipages, chaque foldat ou Cavalier aïant vingt coups à tirer, & des vivres pour tant de jours, avec tant de canons & tant de mortiers d’un tel calibre, aïant chacun un ou deux affûts de rechange , & auffi vingt coups à tirer, pourront fortir de la Place, le tel jour , à telle heure * E 2 par
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- par la brèche,ôü par une telle porte, les trotf* pes armées, tambours battant, trompettes Tonnantes , drapeaux & étendarts déploïés, pour Te retirer à telle Ville ou à tel endroit, diftant de tant de lieues, & ce par le plus court chemin. Pour ce faire, TAfliégeant leur donnera bonne & fuffifante efcorte , & toutes les voitures néceflaires, Toit par eau ou par terre , & cela à Tes dépens.
- ARTICLE XIÏ.
- X Oïennant ces conditions accordées de bonne-foi , lefquelles feront entendues à la lettre , & non par aucune fubtile & faufle interprétation, & fans que TAfliégeant puifle y faire aucune contravention , foit par droit de répréfailles, ou autrement} après que les ratifications en auront été échangées, & les ôtages réciproquement donnés pour la fureté commune & la foi promife, les Afliégés livreront aux Afliégeans, le tel jour & à telle heure, une telle porte, fous la voûte intérieure de laquelle il fera conftruit une barrièredont le dedans fera gardé par les Afliégés, & le dehors par les Afliégeans , les uns & les autres obfervant dé ne laifler entrer ni fortir qui que ce foit, fans le confentement des deux Généraux, qu’après l’entière évacuation.
- Après être convenu de ces conditions v tou d’autres qu’on peut encore demander, fui-vant les lieux & Toccafion, on remet à l’ennemi les clefs de tous les magazins. Avant que de les rendre, il ne faut pas manquer d’en retirer les vivres, & les autres chofes accordées par la capitulation $ car on ne feroit plus reçû à
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- des Puce s; 69
- ks reprendre après que ces clefs auroient été remifes. On doit favoir à cette occafion, que fuivant l’ancien ufage, la garnifon qui capitule doit avoir des munitions de guerre & de bouche pour trois jours, pour être reçûë à capituler; autrement, fans contrevenir à la capitulation, on peut la faire prifonniere de guerre. En remettant les clefs, on doit montrer à ceux qui viennent relever les gardes dans les poftes & dans les ouvrages, les mines, fourneaux, <& fougaffes qui y font encore en état; & enfin le moment de l’évacuation étant venu, la garnifon doit diriger fa marche comme il fuit.
- Ordre que les Officiers de /’Etat - Major & la Gami/on doi vent tenir çn fortant de h T lace.
- I T TW détachement de Cavalerie & d’In-fanterie, pour faire l’Avant-garde, pù doit être le Commandant de la Cavalerie.
- IL Tout le bagage avec de petits détache*-mens, de diftance en diftance pour la fûreté, & pour aider à pafler les mauvais pas qui fe peuvent rencontrer dans Je chemin.
- III. L’Artillerie précédée fuivie des trompes qui y font attachées, & de tous les Officiers particuliers qui en dépendent, avec les Ingénieurs, Entrepreneurs, Tréforiers &c.
- I V. Un Officier-général à la tête dq Corps de Dragons.
- V. Ùn autre Officier-général à la tête de la Cavalerie.
- VI. Les chariots couverts environnés d’une
- J>opne garde,
- S I
- VU. Un
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- VII. Un Officier-général à la tête de l’Infanterie , laquelle doit marcher en colonne renver-fée, c’eft-à-dire, le plus ancien Régiment à la gueuë de tout.
- VIII. Le Gouverneur ou Général commandant, précédé des Officiers-Majors de la Place, le Lieutenant de Roi marchant à fa droite, & le Commiffaire à fa gauche un peu devant lui.
- La marque la plus honorable pour une gar-pifon, eft de fortir par la brèche, & même d’y faire paffer la cavalerie, pour montrer combien elle étoit acceffible ; mais avant que de demander cette claufe, il eft à propos de voir fi elle eft en effet pratiquable , parce qu’autrement l’ennemi pouvant obliger la garnifon d’y paffer, conformément à l’Article de la capitulation, on fe trouveroit dans la néceflité de l’ouvrir foi-même, ce qui feroit une chofe bien honteufe: elle eft cependant arrivée de nos jours.
- Si la garnifon de la Ville paffe dans la Citadelle, le Gouverneur doit fur-tout n’y laiffer entrer aucunes bouches inutiles. A cet effet, un des principaux Articles de la capitulation doit être, que les malades, bleffés, équipages, & cavalerie fuperfluë puiffent fe retirer dans une Ville nommée j & au cas que cet Article effentiel fût refufé, on doit fans balancer fe réfoudre à la dure néceffité de les abandonner, plûtôt que de s’expofer en les gardant à être obligé de rendre bien-tôt la Place.
- Ordinairement l’Armée ennemie fe range en deux haïes de bataillons & d’efcadrons, entre lefquelles la garnifon paffe ; & comme le Général y paroît à leur tête, tous les Officiers de la garnifon doivent en paflfont le faluer des armes, drapeaux & étendarts, pourvû néanmoins que
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- ses Places. 7*
- ceux de l’Armée ennemie en ufent de même pour le Gouverneur ou Général-commandant.
- On doit bien traiter Pefcorte ennemie, pour laquelle on laiffe des otages, qui ne reviennent que lorfqu’elle efl retournée fans avoir été in-fultée.
- Ce quon doit obferver quand VEnnemi lève le Siège.
- A Près avoir montré de quelle manière on évacue une Place, ce qui eft une cérémonie bien trille pour de bons fujets, fur-tout quand ils ont fait tout leur poffible pour fe procurer un meilleur fort, je dirai par oppolition, que 11 la triltelTe ell grande lorfqu’on a le malheur de fe trouver dans ce cas, la joïe n’efl pas moindre, lorfqu’une garnifon voit furvenir une Armée, qui après avoir bien battu l’afliégeant, le contraint de léver le Siège, & vient triomphante au fecours des affiégés. Alors toutes les fatigues & les peines palfées font bien-tôt oubliées. Cette joïe ne doit pas cependant faire oublier de couronner l’œuvre; pour cet effet on doit charger en queue les troupes ennemies qui font contraintes' d’abandonner les tranchées, à quoi celles de la garnifon fe porteront bien fû-rement avec ardeur.
- Soit que la Place ait été fecouruë, ou qu’elle ait été prife, les Officiers qui ont fait leur devoir pour la bien défendre , font également dignes des louanges & des recompenfes du Souverain. C’efl pourquoi, un Gouverneur qui efl: honoré par une belle & vigoureufe réfiflance, dont il leur a l’obligation, doit emploïer tout fon crédit, jufqu’à négliger même fes propres Ê 4 inté-
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- t a Défense
- intérêts , pour leur en procurer, & principale-ment aux bleffés & eftropiés ; en quoi le Miniftrq doit l’aider de tout fon pouvoir, afin qu’en pareille occafion,' laquelle eft fans contredit la plus terrible de la guerre, chacun redouble fes gfforts pour mériter les mêmes grâces.
- Le Gouverneur ou Commandant dans une Ville afliégéè, à ordinairement un pouvoir dù Souverain, pour remplir les Charges qui vac-cjuent pendant le Siège, jufqu’à celle de Colonel jnclufiverpent. putre celles qui vacquent, il peut encore accorder des dignités par des brevets particuliers ; mais il doit être fort circonfi peêl dans la diftribution de ces dernières, craim te de caufçr des jaloufies capables de rallentir j’ardeur de plufieurs bons Officiers; ce qui pro-duiroit un très mauvais effet. C’eft pourquoi, je meilleur eft de laiffer les uns & les autres dans l’efperance, en ne donnant qu’aprè.s je Siège ces fortes de marques de diftin&ion. jL.es Commiflions ou Brevets que le Gouverneur donne, font expédiés avec cette claufe : en vertu du pouvoir que le Roi nous en. a donné, fous le bon plaifir de Sa Majefté.
- ‘ De tous les expédiens qu’on vient de propo-fer pour la Défenfe d’une Place, il y en a beaucoup dont on ne peut faire aucun ufage en certaines Places, où la difpofition des Ouvrage? ne le permet pas, & où les chofes effentielles manquent; mais rien ne peut empêcher le Commandant de les pratiquer, lorfqu’il eft expérimenté , & qu’il a tout ce qui lui convient pour fa Défenfe.
- * On doit remarquer encore, que les Places ont des Défenfes differentes fuivant leur fituation, & qu’on lps fondent avec plu? ou moins de force?.
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- bis Places. ^
- L’expérience &la valeur d’un Gouverneur lui font prendre le meilleur parti, & lui font trouver dans l’occafion des reffources, pour réparer les accidens qui arrivent, & profiter des fautés de l’ennemi.
- Quoiqu’on ne foutienne prefque plus d’affauts aux brèches du Corps de la Place, dans la crainte d’expofef des troupes qui ont bien fait leur devoir, & les habitans à être emportés de vive-force , cela ne doit pas empêcher qu’on ne prenne les mêmes précautions que fi on avoit ce defi-fein: elles fervent toujours à retarder la prife de la Place, & donnent le tems d’en faire lever le Siège, ou d’y jetter des fecours , comme nous en avons un exemple dans le Siège de Lille , où le Maréchal de Boufflers aïant tout difpo-fé pour foutenir un aflaut aux battions attaqués, obligea le Prince Eugène de faire brèche à là courtine, pour éviter la réfiftance qu’il auroit trouvée aux premières attaques, ce qui lui coûta bien du tems.
- Malgré les attentions d’un Gouverneur'pour fauver fagarnifon, & les habitans, ileft quelques-fois obligé de foutenir un aflaut. Ce qui doit l’y engager, c’eft lorfqu’il a affaire à un ennemi qui ne veut pas lui accorder une capitulation auflï honorable que le mérite la Défenfe vigoureufe qu’il aura faite. 11 doit alors tout rifquer, pour ne pas permettre qu’une garnifon qui s’eft fignalée par plufieurs aftions de courage, forte d’une Place fans recevoir les honneurs, qu’un ennemi, fi dur qu’il foit, ne peut refafer à la valeur.
- Le Gouverneur d’une Place afliégée doit pa-roître pendant le tems de la Défenfe avec une E 5 çon-
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- contenance affurée, fans inquiétude, & l’efprit libre; il doit entretenir fa garnifon dans cette difpofition , vivre honnêtement avec tous les Officiers , marquer cependant quelques préférences à ceux qui fe font diftingués par leur application & par leur valeur, mais ne donner fa confiance qu’à un petit nombre : il doit néanmoins s’ouvrir affez aux Officiers diftingués, pour qu’ils n’aïent pas fujet de fe plaindre de lui, 11 eift néceffaire qu’il parle fouvent aux fol-dats pour les animer, & les obliger à bien faire leur devoir; il doit être libéral envers tous, mais fur-tout envers ceux qui fe font diftingués, afin de donner de l’émulation aux autres. Il doit fermer la bouche à tons ceux qui parleront de fe rendre, fi ce n’eft après avoir fait une vigoureufe réfiftance, afin qu’on foit content à la Cour des Officiers & des troupes qui compofent fa garnifon, & qu’il puifîe être en état de leur procurer des grâces, pour lefquelles il ne doit point épargner fes peines ni fes follicitations. C’eft le feul moïen , comme on l’a déjà dit, de pouffer la Défenfe de fa Place jufqu’aux plus nobles efforts: à moins qu’il n’eût des ordres précis d’en ufer autrement, il doit s’y conformer, & en faire part au Confeil de guerre , lorfqu’il croira qu’il fera tems de les meftre en exécution.
- Rien n’eft plus important pour le fervice, que de donner au Commandant d’une Place le pouvoir de faire des grâces à ceux qui fe diftinguent par des aélions de valeur, & de nommer aux emplois va-cans. Nous avons des exemples récens de Com-mandans d’un cara&ère diftingué, comme de Maréchaux de France, qui ont nommé pendant un Siège des Officiers - généraux, dont la nomina-
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- des Place ai. 75
- tion a été confirmée par la Cour. Cette prérogative qu’on confie à un Commandant, excite un chacun à fe diflinguer , comptant que fa re-compenfe efl prochaine, & lui fera donnée, fans qu’il foit obligé de folliciter, par celui qui efl témoin de fes aétions.
- Enfin le Gouverneur d’une Place doit avoir en dépôt un mémoire détaillé du fort & du foible de fa Place , auxquel les principaux Officiers puiflent avoir recours, pour s’en fervir, en cas qu’il fe trouve hors d’état de commander, ou qu’il foit tué.
- CHAPITRE HVIÏIE'ME.
- De la Défense d’une Place située sur le Roc.
- POur défendre des Places qui font fituées fur le roc, & qui ne peuvent être difputées avec tant d’induflrie, l’opiniâtreté eft- une des qualités la plus néceflaire à un Gouverneur. Il doit mettre toute fon habileté en œuvre dès le commencement du Siège , & fe fervir de fon artillerie & de fa moufqueterie ; car comme dans cette forte de fituation, il n’y a pas ordinairement des dehors, ni beaucoup d’Ouvrages, il y a aufli bien peu de défenfes. Elles fe rédui-fent prefqu’à de petits flancs , où on ne peut mettre que du canon en batterie dans les com-mencemens; mais il faut referver les bombes, grenades, feux d’artifices, & les pierres, pour jetter fur l’ennemi lorfqu’il efl animé au pied du roc, lequel fe trouvant efcarpé met une Place
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- à couvert de toutes fortes d’infultes. Les Meneurs même feront bien embarraffés pour l’effet de leurs fourneaux, quand bien ils trouveroient de la facilité à les faire, parce que l’effet de la poudre fe portant ordinairement à l’endroit le plus foible, les fourneaux ne manquent pas de îè jetter en-dehors, ne pouvant enlever ce qui eft deffus. De cette façon, les alhégeans fe trouvent prefque dans l’impoflibilité de pouvoir prendre ces fortes de Places, lorfqu’elles font entièrement efcarpées & hors d?efcalades, quel-qu’indufirie qu’ils puiffent mettre en ufage, furr tout fi le Gouverneur a la confiance de ne point s'ébranler à toutes les fommatîons & menaces qu’on peut lui faire de fe repdre; mais il doit, pour ne pas s’y voir réduit, ménager fes vivres & fes munitions avec une grande économie, & fur-tout fes citernes, qui doivent être toujours à couvert de l’effort des bombes.
- Pour ne pas donner de terreur à fa garnifon & la ménager, il doit tenir, tout ce qui'n’eft pas de garde & aèiuellement opcupé à la Défenfe, dans les foûterreins, lefquels font abfolument néceffaires dans ces fortes de Places ; autrement les troupes feroient bien-tôt accablées par les bombes, que les afliégeans ne manquent pas de jetter en abondance, n’y n’aïant que ce feul moïen pour réduire ces fortes de Places. Ou met dans les poftes néceffaires à garder, feulement quelques foldats, pour avertir le Gouverneur de ce qui fe paffe aux attaques, & pour jetter des bombes, grenades, feux d’artifices, & des pierres fur les logemens des ennemis qui font les plus près de la Place, afin de les inquiéter , & d’en faire périr autant qu’il eft pof-fible. Mai? jl faut allument fe défendrç avec
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- opiniâtreté, & qù’il y ait des foûterreiùs ; fans cela la garnifon feroit bien-tôt écrafée par les bombes des affiégeans, âinfi qu’on l’a déjà dit; & ces fortes de Places n’aïant pas beaucoup de capacité , les magazins des vivres & des poudres feroient bien* tôt détruits, s’ils n’étoient pas dans des lieux à toute épreuve. C’eft ee qui oblige fouVent les Places de cette nature à fe rendre très-vite, bien qu’elles paroiflent inacceffibles.
- Cependant, quoique nous aïons tâché de ne rien omettre de la conduite qu’un Gouverneur doit tenir, & que nous aïons*marqué tout ce qu’on peut mettre en pratique pour la Défenfe d’une Place, avec valeur, opiniâtreté & fagef* fe, il peut y avoir encore bien des obferva-tions à faire fur une matière fi étendue. C’eft à un Commandant expérimenté de prendre fon parti, fuivant les différentes fituations où il fe trouve. Ceux qui font chargés d’une fi importante commilfion, pourront fuppléer par leur habileté & par leur expérience, à ce qui manque ici ; on connoîtra feulement par le détail qu’on vient de donner, que, quoi-que ce ne foie pas une petite entreprife de prendre une Place bien fortifiée & bien munie de tout ce qui lui efl: né* celfaire, défendue par une garnifon brave & commandée par un homme de valeur & d’expérience , cependant il n’y a pas de Places imprenables dans le fiécle où nous fommes, parce qu’on a trouvé fi-bien l’art de les mettre en poudre , par la grande quantité d’artillerie avec laquelle on les attaque, qu’il efl: impoffible d’y réfifter, à moins qu’elles ne foient lècouruës.
- Cette manière d’attaquer les Places, qui n’a commencé que fous le Régné de Louis quatorze, & qui a étéfuivie & mifeen pratiqua par les Etrangers.*
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- 78 làDe’fensë
- fait qu’il n’y a prefque point de Places en Frân» ce, ni même en Europe, où il ne foit nécef-faire de travailler, pour réparer le défaut qu elles ont de fe trop montrer. De la manière qu’on les attaque, elles font beaucoup meilleures quand les fortifications ne fe montrent point, ou qu’elles ne fe montrent que le moins qu’il efl poflible.
- CH A TITRE NE V VIE** ME.
- De la Défense des Places Contre* Minées.
- IL efl: fûr que fi on yfaifoit bien attention, & qu’on voulût proportionner la Défenfe d’une Place à la manière dont on les attaque aujourd’hui, les Contre-mines en devroient faire une des principales ; car de fe borner à la défenfe fupérieure , ou extérieure , ce n’efl pas aflez , & l’afliégé y aura toujours du def-fous : c’efl pourquoi il efl: de fon intérêt, ne pouvant lui oppofer un front égal, de l’attirer dans des terreins étroits, où avec un petit front il puifle rendre inutile celui de l’ennemi qui lui efl infiniment fupérieur , & le réduire à un front é-gal : c’efl ce qu’il peut faire par le moïen des Contre-mines. C’efl prefque Tunique voïe qu’il puifle prendre ; car il n’eft pas de fon intérêt d’expofer fes troupes en Campagne, ou dans des jorties, où il y a fouvent plus de bravoure que de prudence , & où la perte qu’il fait, fi petite, qu’elle puifle être, efl infiniment au-deffus de celle qu’il peut caufer à l’ennemi»
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- C’eft pourquoi, félon moi, au lieu de fortir, il doit plûtôt s’enterrer. Lorfque l’ennemi vient à lui par des tranchées, il doit aller à l’ennemi par des lignes de contr’approches , afin de pouvoir l’enfiler & le voir de revers dans fes travaux. Si l’ennemi vient à lui par fappe , il doit faire de même ; & fi l’ennemi s’enfonce de dix pieds, il doit s’enfoncer de quinze ou vingt, parce que dans les mines, celui qui a le defîous eft toujours maître de celui de defliis.
- Une efcoiiade de Mineurs qui vont fous une tranchée , fous des logemens , ou fous des batteries, & qui les font fauter & déconcertent les travailleurs, valent vingt fois mieux que des Bataillons entiers qui fortiroient. fur ces mêmes tranchées ou batteries , & ne rifquent pas tant, ou pour mieux dire pref-que rien j c’eft pourquoi il femble que la Contre-mine foit le feul champ de bataille où l’affiégé puiffe fe battre de pair , & même avec une grande fupériorité fur l’affiégeant; car celui-ci perd fon avantage du nombre, & c’eft dans les Contre-mines que cinq ou fix Mineurs ou travailleurs représentent toute une Armée , qui hors de là fe trouve de quarante ou cinquante mille hommes , & quelques-fois davantage. L’affiégé au-contraire y recouvre un avantage que réellement il n’a pas ; il op-pofe fans difficulté le même nombre, & fi les galeries des contre-mines font préparées d’avance, il en peut oppofer un plus grand.
- Il n’y a perfonne, qui entende le métier de la guerre , qui ne fâche les difficultés qui fe rencontrent dans la conduite des Mines, que l’affiégeant eft obligé de faire ; & fi fes Mineurs font écrafés, ou tués dans leurs trous,
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- gô U DéïHS!
- il ne fauroit les remplacer avec autant de fa» cilité que le peut faire l’aflîégé, qui peut alleir dans fes Contre-mines de plein-pied, & fanS aucun rifque d’y être ëcrafé par l’éboulemeni: des terres.
- Il n’y a pas même entre lës deux partis jufqu’àc 3’imagination ; qui ne foit contre l’affiégeant & ne liii forme mille cliiméres ; au-lieu que l’affié-gé n’en à point à combattre, parce qu’il conçoit tous les tours & détburs de fes labyrinthes foûterreins, & qu’il y peut faire le brave ; tandis rque le Mineur ennemi a le ftialheur d’en faire la découverte à fes rifques, parce qu’il ne fait où il eft, & où il va. Le Mineur ennemi èft obligé le plus foüvent de travailler d’une main , & à genoux, & de fe défendre ou atta^ quer de l’autre. Non-feulement fes mains, mais même fes fens font partagés : la vûë lui ferc foiblement pour conduire fon travail par des routés fi obfeures -, l’ouïe eft appliquée à écouter li le Mineur de l’aflîégé travaille, & fouvent if eft fort embarraffé à pouvoir juger de quel côté ; l’odorat y eft fouvent biefle par les vapeurs foûterreines, ou par la refpiration interceptée par la trop grande condenfation de l’air.
- Le* cas eft bien différent du côté de l’aflîégé ,• fes Mineurs pouvant attendre en tonte fûreté Ceux de l’affiégeant, fuppofé que la Place foit Contre-minée d’avance ; & fi elle ne l’eft pas , il n’ëft pas'fort difficile, avec un peu de recherche & de travail, de s’affurer du lieu où travaille le Mineur ennemi, & fe mettre à portée de l’attendre : & lorsqu'on s’apperçoit qu’il eft prêt à donner dans la contre-mine ^ on peut le prendre, le tuer , ou l’étouffer dans fon trou.
- Enfin l’aflîégé a tant d’avantages fur l’affiégeant
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- D E S P t A b Ë èï Ht
- clans les combats fôûterreins , que je fuis extrêmement furpris qu’on les mette fl peu en ufage, & que l’ennemi puifle s’emparer fi facilement d’une Place par le moïen de la Sappe & de la Mine; s’entend de celles qui peuvent être contre * minées. C’efl: pour cette raifon que les Princes ne devroient pas épargner ni regretter l’argent qu’il en coûte pour la con-ftru&ion des galeries de contre-mines, ni pour la folde d’un Corps eompofé d’habiles Mi*' neurs, fur-tout pour les Places importantes. & qui font les clefs des Provinces & des Roïau-mes, & dont la perte eft d’une grande con-féquence. Le tout bien confideré, cette dé-penfe n’efl pas abfolument bien grande-, eu égard à ce que coûte une Place * & à l’intérêt qu’on a de la çonferver.
- On peut par le moïen dès contre-mines, nom* feulement défendre opiniâtrement tout le glacis & Je chemin-couvert, mais auffi tous les Ouvrages extérieurs & ceux du Corps de la Place pied à pied; & lorfqu’on fera contraint d’en abandonner quelques-uns , pn y pourra laifïer établir l’ennemi, & enfui te l’enfévelir fous les ruines de cet Ouvrage * tout autant .de fois qu’il prétendra fe rétablir fur ces ruines ; ainfi cju’onTa fait voir au Traité des Mines, inféré dans le Traité d’Artillerie *. Par ce moïefi un Gouverneur ne fera pas obligé de battre la chamade fi-tôt qu’il verra les battions de fa Place ouverts , & les pacages de leurs fofles prefqu’ache-vés, comme cela arrive ordinairement. ; ce qu’il ne peut faire avec honneur, car un baftion à peine entamé n’honore jamais beaucoup celui qui l’abandonne ainfi.
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- * Ou Cours de Science Militaire, Tom. 6, 7 , & 8*
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- ît 1 A DÉ PEIÏSE
- On obje&era peut-être, que les foîdats font découragés lorfqu’ils fe voient réduits à leur dernier retranchement ; mais fi ces re-tranchemens font faits de longue main, & eom-
- Ph 2. me on ^es v°ft marqués dans la fécondé Planche, il eft fûr que non-feulement ces mêmes foldats défendront la brèche avec valeur, fur-tout s’ils ont de bons Officiers pour les commander, mais même le premier retranchement, parce qu’ils -en verront un fécond tout entier & en état de les recevoir,& derrière lequel ils pourront encore obtenir une capitulation digne de leur bravoure.
- L’ennemi dans ces différentes attaques fera toujours de très groffes pertes, parce que l’affiégé lui peut oppofer un auffi grand front que le fien, & même plus, & qu’il eft obligé de fe loger fur les décombres d’une, brèche & d’y -faire monter du canon, pour fe rendre maître d’un retranchement dont le feu eft fi voifin , & pour ainfi dire à bout touchant. D’ailleurs les contre-mines peuvent le faire fauter; & s’il a la précaution de fe rendre maître de toutes celles qu’il a lieu d’appréhender, avant que de monter à l’affaut, comme il eft de fa prudence de le faire, il ne le pourra qu’après la perte d’un tems très confidérable, & qui quelques-fois .lui eft très-cher.
- PU 3. La Planche 3. fait voir les galeries de contre-mines qu’on peut conftruire au Corps d’une Place doflt les foffés font pleins d’eau, de même que dans les Ouvrages extérieurs, fous la con-tr’efcarpe & les glacis.
- PI, ^ La Planche 4. fait voir la conduite; des galeries de contre-mines fous le Corps de la Place dont les foffés font fecs ,, ainfi que fous ces mêmes foffés , fous les demi-lunes, che-
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- des Placer 83
- mins-couverts , glacis ,-<& lunettes détachées : on n’y a marqué que les galeries les plus baffes, ou les plus enterrées, afin d’éviter la confufion qu’auroient pû caufer les fupérieures.
- Je finis ce Chapitre en averdffant ceux qui conduifent la charge des Mines, qu’ils doivent faire attention au fardeau à enterrer & à la ténacité des terres ou des parties qu’il faut fepa-rer; que ce fardeau eft toujours en raifon triplée de la ligne de moindre réfiflance, & que la ténacité des parties à feparer n’efl qu’en raifon doublée ; qu’entre les corps femblables, les grands ont moins de fuperficie par-rapport à leurs maffes, que les petits par-rapport à la leur ; que les ténacités étant mefurées dans les maffes femblables & homogènes par les fuper-ficies, elles fuivent les mêmes proportions ; qu’enbn les charges des fourneaux, félon qu’ils font plus grands, & par conféquent plus profonds , doivent fe diminuer félon la proportion des ténacités, ou , ce qui efl la même chofe, félon la raifon doublée de leurs lignes de moindre réfiflance, 6c que cette diminution doit fe faire fur la charge-premièrement établie parla raifon triplée de ces lignes de moindre ïéüflan-ce.
- On voit, par ce que je viens de dire, la né-ceffité de la Géométrie pour l’ufage certain des Mines: la fimple pratique non-feulement n’entendra point ce qui vient d’être dit, mais même il fe rencontre des cas à i occafion defquels elle ne réüffic que rarement.
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- LA DE* FENSÊ
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- QHATITR E DIXIEME.
- De’fense qu’on doit opposer a des Attaques de différentes espe’ces.
- Manière de Je Défendre contre VEfcalade.
- SI quelqu’endroit du rempart de la Place fe trouve d’un accès facile , foit pour être trop bas, foit à caufe de quelques brèches, ou faute d’un folle , il faut y remédier le plûtôt qu’il eft poffible, en réparant la brèche, en relevant le rempart, ou en creufant un folié devant les endroits où il n’y en a point. Quand ce folié eft plein d’eau, il faut avoir foin de le faire nétoïer de tems en tems, afin d’empêcher que la boue ou la vafe venant à s’y ramafler, ne fournille le moïen de le palier fur des claies ou fur des fafcines, que l’ennemi peut jetter def-fus afin d’en affermir le fonds. Lorfque ce folié eft fec, il faut y faire faire une grande lunette , de dix ou douze pieds de large fur cinq ou fix de profondeurdans le milieu de laquelle on peut faire planter une rangée de palilfa-des. Si le rempart n’eft revêtu que de terre ou de gazons, il faut prendre garde que les fraizes en foient toujours en bon état, & avoir foin de faire remettre des palillades par-tout où il en manquera. Il faut avoir des crocs & des fourches, pour renverfer les échelles dont l’ennemi fe fert pour efcalader les Ouvrages, & fe fer-vir en cette occafion dé quantité de feux d’ar-
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- DES PlACEi B$
- tifîees de toute efpéce, pour embrafèr tout ce qui fe trouvera dans Je fofle. Si le fofle eft plein d’eau, & quelle vienne à fe gêler pendant l’hiver, il faut en couper la glace dans le milieu, de la largeur de quinze ou vingt pieds, & en arranger les glaçons en tas, du côté de la Place.
- On peut encore pendant la nuit tenir des gardes dans les dehors, |&avoir des partis qui battent l’eftrade autour de la Place: il faut auffi faire obferver la difcipline & l’ordre parmi les gardes, foit dans la Place, foit dans les dehors. Avec ces précautions, on eft prefque certain que l’ennemi ne formera jamais de femblables entreprifes : ou du-moins on fe trouvera en état de pouvoir s’y oppofer avec fuccès. Nous avons dit dans le Service journalier de l’Infante»-rie, de quelle manière les Officiers, Sergens, & autres perfonnes doivent fe comporter étant de garde, pour prévenir les furprifes : c’eft pourquoi nous ne le répéterons pas ici , non plus que les précautions qu’on doit prendre à l’ouverture & à la fermeture des portes.
- Les fentinelles ont ordinairement deux fortes de confignes, favoir les générales & les particulières. Les générales, font celles qu’elles doivent toujours obferver dans quelques poftes qu’elles foient, comme de crier qui va-là à tous ceux qui partent, à moins qu’on ne le leur ait défen-du; de faire écarter les paffans du chemin en préfentant leurs armes, & de ne fe laiffer approcher abfolument de perfonne. Les particu^ lières, font celles qu’on doit obferver félon le porte où on eft en fa&ion; par exemple, fi on eft aux portes ou aux barrières avancées,d’avertir le corps^dergarde fi-tôt qu’on apperçoit des trou-?
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- 8 6 L a ' D e’ ! E N s î
- pes; de ne laifler jamais embarrafler les ponts par des charettes ou des bêtes de charge, d’arrêter celles qui entrent ou fortent, jufqu’à ce qu’on fâche qu’il n’en vient point de l’autre côté; d’arrêter les étrangers à pied ou à cheval qui veulent entrer dans la Ville , & d’appeller le Caporal. Celui-ci doit s’informer d’où ils viennent & qui ils font, il met leur nom par écrit & le donne au Major , ou-bien il avertit l’Officier, qui doit les faire conduire chez le Gouverneur , fi l’ordre eft tel.
- Dans les Villes de guerre bien réglées, on tient aux portes des gens à qui on donne le. nom de Confignes, & dont le foin ert d’écrire le nom des étrangers qui entrent ou fortent, afin que le Major confrontant leurs mémoires avec ceux que lui donnent les aubergiftes, cabaretiers & autres perfonnes qui logent du monde chez eux, puirte favoir combien il y a chaque jour d’étrangers' dans la Place, qui ils font, & où ils font logés. On ne doit pas permettre qu’un étranger refte dans la Ville, lorfqu’il n’y a plus rien à faire, ni qu’il vifite les remparts & les fortifications fans permiflion ; & lorfqu’on furprend un efpion, on doit en écrire auiïi-tôt à la Cour, afin que fon châtiment n’étant pas différé, puif-fe intimider les autres.
- Pour éviter le defordre en cas d’allarme, foit qu’elle vienne du dedans, ou du dehors, on af-figne des portes à chaque Corps, ou Compagnie d’infanterie , de cavalerie , ou de bourgeois , avec ordre de s’y rendre dès qu’ils en feront avertis, & de ne pas les abandonner, à moins qu’ils ne foient commandés ailleurs; car autrement l’allarme étant donnée, chacun fe porteroit en confufion vers l’endroit qui en au-
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- des Places.
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- roit donné le fujet, & l’ennemi pourroit profiter de ce defordre pour furprendre la Place ,d’un autre côté.
- Manière de fe 'Défendre contre le Detardy les Stratagèmes & la Trahifen.
- E pétard, & les autres furprifes dont nous
- allons parler, ne feroient pas des attaques
- qu’on ôfât entreprendre , fl toutes les Villes, étoient bâties & gardées comme le font aujourd’hui les Places de Guerre ; mais comme il s’en trouve beaucoup qui font très mal fortifiées , n’aïant fouvent qu’une fimple muraille, fans dehors , fans chemin-couvert, & même fans fofifé, <& qu’ordinairement il y a bien peu de gens de guerre dans ces fortes de Places, nous dirons en paffant de quelle manière on peut fe défendre dans ces occafions, contre les furprifes des partis que l’ennemi peut en-voïer pour les piller, fans être 'obligé d’y faire avancer fon Armée.
- I. Contre le pétard. Il faut mettre des pa-iiflades & des barrières avancées devant les. portes , foit qu’il y ait des ponts , foit qu’il n’y en ait point, afin que l’ennemi ne puifle pas approcher fans qu’on en foit averti par le bruit qu’il fera en les brifant. S’il y a quelque partie du rempart qui flanque la porte , on y mettra du canon, s’il fe peut, & on aflignera ce polie à quelques moufquetaires, avec ordre de s’y rendre, & de faire feu dès que l’allarme fera donnée. On tiendra des grofles pierres fur le haut de- la muraille, pour jetter contre tous
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- 3$ ia Défense
- des trous à la porte, pour tirer contre le pe-tàfdier , y ' mettre une bafcule pour le faire tomber dans le fofle, s’il y en a, ou faire une efpéce de fouricière pour le prendre par le corps ; on peut encore tenir au corps-de-garde de$ petits canons chargés à mitrailles, & braqués contre la porte ; enfin on peut l’embarraf-fer avec des chariots, tables , & barils pleins de fumier : & pour arrêter ceux qui feront entrés , on tirera toujours de deflus la muraille contre les autres, tandis que ceux du dedans fe ipettront en état de repouifer l’ennemi.
- II. Contre les flratagêmes. Il faut réparer tous les endroits des remparts par où l’ennemi pourroit s’introduire dans la Place , faire bâtir les vieilles portes faciles à détnafquer , boucher & combler les foûterreins, mettre des doubles grilles aux égoûts ou aqueducs, avec des fentinelles pour les garder , en un mot en faire fermer toutes les embrâzures, ou autres ouvertures qui fe trouvent trop baffes. S’il n’y a pas de ponts devant les portes, on y mettra des paliffades, & des barrières avancées , où on tiendra des Confignes pour arrêter lès étrangers, & vifiter les chariots, qu’on ne laillera paffer que les uns après les autres, fans leur permettre de s’arrêter ou d’embarraffer le paflage. On fermera de même les entrées des rivières, & on y vifitera foigneufement toutes les barques.
- III. Contre la trahifon & les intelligences. Il faut étqdier de près le cara&ère des habitans, & de la garnifon s’il y en a, empêcher les afïemblées de jour ou de nuit, faire obferver exactement les patrouilles, avoir grand nombre d’çfpioqs , qui puiffent informer des dém.ar-
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- des Places. 8g
- ches qu’on peut faire , veiller foigneufement à celles des perfonnes fufpe&es, & tâcher enfin par fes bonnes manières de gagner l’amitié de tout le monde : c’eft le meilleur moïen d’éviter la trahifon.
- Manière de fe 'Défendre contre les Attaques d’Emblée , & contre celles de Bombardement.
- ON, n’attaque d’emblée que les Places dont la garnifon eft extrêmement foible. C’eft pourquoi un Gouverneur doit toujours dans ces occafions avoir des gardes avancées, pour être averti de bonne heure des démarches de l’ennemi, & avoir le tems de faire rentrer dans la Place ceux qui font dans les dehors, fans s’obftiner à les défendre.
- . Pour les attaques par bombardement, il faut tâcher de renverfer par de bonnes Sorties les batteries de l’ennemi, & d’encloiier fes mortiers. Si c’eft du côté de la Mer que l’attaque fe fait, il faut tâcher de brûler la Flotte ; mais fi on ne le peut, il n’y a qu’à fouffrir patiemment jufqu’au bout, tâchant de contenir les habitans, & leur promettant de les faire dédommager par le Prince; ce qu’il faut faire enfuite effe&ivemcnt, afin qu’ils foient plus fermes , s’il fe préfentoit une femblable occa-fion.
- } Quand les Places ont des environs couverts d’eaux, de marais, ou de canaux, on peut faire dç grands bateaux avec des parapets à l’épreuve même du canon , fur lefquels on mettra des batteries, pour inquiéter l’ennemi & le pren-E 5 dre
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- 00 IA De’hsse
- dre de revers par-tout où il travaillera , pour l’arrêter au partage des folles, brûler fes ponts, foutenir & défendre les Ouvrages attaqués, & détruire les logemens que l’affiégeant voudroit faire fur la brèche.
- Si l’ennemi attaque par des chauffées, ou Fur un front très étroit, fans pouvoir faire des pla-ces-d’armes affez étendues, il faudra faire fou-vent de vigoureufes Sorties, étant très difficile dans ces occafions qu’il puiffe en empêcher le fuccès.
- S’il y a quelques fauxbourgs aux environs de la Place, le plus fûr feroit de les rafer; mais fi cela ne fe peut, il faut les enfermer dans des Ouvrages-à-corne ou à-couronne, lefquels doivent être contre-minés & avoir de bons foffés, obfervant toujours qu’ils foient bien défendus. Il faudroit auffi, fi cela fe pouvoit, contre-mi-ner la plupart des maifons, afin que l’ennemi venant à s’en rendre le maître, ne pût pas les faire fervir de retranchement.
- Enfin s’il y a une Citadelle, & que l’ennemi l’attaque pour réduire plûtôt la Ville, il. faut rompre toutes fes défenfes du côté de la Place, & en faire d’autres fur l’efplanade, pour faire tête à l’affiégeant lorfque la Citadelle fer$ prife.
- Manière de fe cDe'fendre contre les Attaques Brufquees.
- S’il y a quelques chemins creux, rideaux,ou autre endroit couvert qu’on n’aura pas eu le lems d’applanir, & à la faveur duquel l’en-ïiemi puiffe former çette attaque, il faut l’eu
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- des Places. 91
- éloigner le plus qu’on peut, fans lui permettre de s’y établir ; & s’il a profité de cet avantage, jufqu’à s’emparer de quelque dehors , il faut alors tout hazarder pour l’en chafler, & tâcher enfuite de fortifier cet endroit beaucoup mieux qu’il ne l’étoit auparavant. Il eft bon dans ces occafions d’avoir toujours un Corps de ré-ferve dans quelque lieu fûr, afin de pouvoir donner au plûtôt & fans défordre fur l’aflié-geant. Le lefte de la Défenfe fe fera comme nous l’avons dit ci-deflus.
- Manière de fe 'Défendre contre les Blocus.
- IE feul remède dans ces fortes d?attaques, _j eft d’avoir, s’il fe peut, de grandes pro-yilions^ d’établir des gens qui veillent à leur confervation, les changeait fouvent de place de peur qu’elles ne fe gâtent, & qui ne les diftribuent que félon le befoin. Il faut contenir les habitans & la garnifon le plus qu’on peut, fous apparence d’un prompt fecours, & attendre avec patience que ce fecours arrive en effet, ou que le mauvais tems oblige l’ennemi à décamper : fans s’amufer à faire des Sorties, à moins qu’on ne fût en état de forcer quelque quartier & de faire entrer des provifions ; car autrement l’ennemi étant loin de la Place , on fe mettroit en rifque d’être enveloppé dans fa retraite.
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- LÀ D E* F E N S ï
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- CH A PITRE ONZIEME.
- Attentions qu’on doit avoir sur les Avantages q.ui se rencontrent aux Places, suivant leur Construction ou Situation. #
- TOutes les Places ont quelques propriétés particulières, qui leur font avantageufes, quand on fait les découvrir <5ç en profiter. Par exemple, s’il y en avoit une qui fût coupée en deux par une rivière , chofe allez commune , c’efl: une propriété dont on peut tirer plufieurs avantages.
- I. Si l’ennemi attaque par un des côtés de l’entrée ou de la fortie de cette rivière, & qu’il n’oçcupe pas l’autre , on pourra fe prolonger fur celui qui ne fera pas attaqué, & prendre des revers fur lui.
- IL S’il attaque par les deux côtés de la même rivière à la fois , fes attaques étant divi-fées, il aura de la peine à les foutenir, & fera obligé d’augmenteï*de beaucoup les troupes de la tranchée ; fi-non il fera expoféà être battu à l’une ou à l’autre de ces attaques par les Sorties,à eau -fe de la difficulté des communications fur cette ri? vière ,lefquelles lui font interrompues par le ca*» non.
- III. S’il y a des retenuè's d’eau, ou éclufes à l’entrée de cette Place; en retenant les eaux on pourra inonder quelques parties des environs^ comme à Oudenarde, Tournai, Condé, Menrn, Doüai, Valenciennes, Strasbourg, &
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- DBS Fuces. p$
- plufieurs autres Villes, qui ont ces avantages, au moïen defquels une partie de leur circuit devient inacceffible. A cet avantage fort confi-dérable en lui-même, on peut encore en ajoûter un fort grand, qui eft de ménager, fi l’on peut, les courans dans les foffés.
- IV. Si la Place eft environnée de marais, qui n’en permettent les approches que par des chauffées, c’eft un grand avantage, en ce que les tranchées en font toujours mauvaifes , & fujettes aux écharpes & enfilades du canon de la Place; ce qui rend leurs marches fort lentes & fort meurtrières, & donne moïen à la Place de défendre fon chemin-couvert de pied-ferme, & le loifir de préparer des retranchemens aux autres parties.
- V. Si une partie du circuit de la Place eft fi-tuée fur des rochers efcarpés & hors d’efcala-de, c’eft autant de pièces inacceflibles, & par conféquent un grand avantage; en ce que cette partie n’a pas’ befoin de beaucoup de foin, ni de gardes confiderables pour fa fureté.
- VI. S’il y a de grands dehors à la Place, comme des Ouvrages-à-corne ou à-couronne, ou quelque Ouvrage équivalent, ou de plus que les dehors ordinaires, ce fera autant de moïens d’en pouvoir redoubler la Ddfenfe, ou de la prolonger confidérablement; parce qu’on peut opiniâ-trer la réfiftance de ces pièces, fans crainte que fi elles font emportées de vive-force, cela puiffe expofer le Corps de la Place à quelque événement fâcheux.
- VII. S’il y a des demi-lunes doubles, dont les intérieurs foient revêtus, c’eft un moïen fûr de prolonger la défenfe de la grande demi - lune, & de faire valoir tous les autres petits retranchemens
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- qu’on voudra y faire , fans crainte que leur prife puifle être fuivie d’un fuccès qui mette la Place en danger.
- VIII. S’il y a des places collatérales , qui aient des vûës ou quelques croiféesfur les fronts attaqués, fi on en fait faire un emploi convenais, ce fera encore un embarras pour l’ennemi, auquel elles cauferont du retardement, pour fe garantir de leurs effets.
- IX. S’il y a quelque flanc dans le front attaqué, dont le terrein expofé directement ne puifle être occupé par les batteries ennemies, ce flanc fera très funefte à l’ennemi, parce que pouvant y faire ufage du canon & de la moufqueterie dans le tems des aiïauts, on pourra lui faire manquer fon coup, & lui caufer une grande perte.
- X. S’il y a des retranchemens revêtus dans les haïtiens attaqués, & qu’ils foient préparés de longue main, enforte que l’ennemi ne puif-fe pas les ruiner par fes batteries du dehors, la garnifon pourra hardiment foutenir plusieurs aflauts au Corps de la Place, fans craindre qu’elle puifle être emportée.
- XL S’il y a une vieille enceinte intérieure fur pied, en tout ou en partie, quelle foit revêtue , ou qu’elle avoifine le derrière de la fortification moderne attaquée, on pourra , félon quelle fera difpofée , la faire fervir d’un bon retranchement, à même fin que les précédentes.
- XII. Si le folle de la Place eft revêtu, l’ennemi en allant à l’aflaut fera obligé de défiler par les feules ouvertures & defeentes qu’il fe fera fait; ce qui.lui caufera undéfavantage con-fidérable.
- CH J-
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- des Places,
- ra^^^6565S6SBMS6S6^raSSS§®S56SS6üS
- CHAT1TRE DOUZIEME.
- De l’Approvisionnement des Places.
- JE vais ajouter à tout ce que nous venons de dire, des Tables, dans lefquelles on trouvera tout ce qui eft néceffaire pour appro-vifionner les Places, de munitions de guerre & de bouche, par-rapport à leur grandeur, à la force de leur garnifon, & fuivant que l’on juge que leur Défenfe peut être pouffée.
- Explication de la Table des Garnifons, & des Munitions de Guerre & de Bouche, nécejfaires aux F laces félon leur
- C"* Es Tables font divifées en dix-huit colonnes. PI. f.
- j Dans la première , font marquées les <5. y 8. fortes de munitions, uftenciles,matériaux & at- 9* w*h tirails néceffaires; dans la fécondé, font fpécifiés en détail les noms de chaque efpéce; dans la troifiéme, font marqués les mefures & les poids auprès des articles, à propos defquels il y a quel-qu’obfervation à faire. On trouve une lettre de l’Alphabet mife entre des crochets; il faut chercher dans les Notes qui font au-bas des colonnes, la lettre marquée auprès du nom , au moïen de quoi on faura ce qu’il faut ob« ferver par-rapport à cet article.
- Dans toutes les autres colonnes , efl marqué le nombre de ces munitions néceffaires
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- $6 £ A D b’ F È N 3 g
- rapprovifionement de chaque Place, depuis quatre battions jufqu’à dix-huit,.
- Les gros chiffres qui font au haut de chaque colonne, marquent le nombre de battions dont la Place eft compofée, ou les équivalens : aind le 4- marque le quarré; le 5. le pentagone, le 6. l’hexagone, aintt de fuite jufqu’à 18.
- Usage de ces Tables.
- Premier Exempte.
- jp/. f, ÇJI on veut favoir quelle doit être la garnifoft O d’une Place à quatre battions , qui peut avoir lieu de craindre un Siège; fuivant cette hypothéfe, il n’y a qu?à regarder vis-à-vis l’article des- garnifons ; à la colonne marquée 4. on trouvera 1400. hommes de pied , & au-deffous 240. chevaux, pour le nombre de la garnifon, tant d’infanterie, que de cavalerie ou dragons. Ce nombre a été fupputé fur le pied de 600. hommes par battions , & le dixiéme du total de l’infanterie pour ce qu’il faut de cavalerie ou de dragons. Ces derniers font préférables, parce qu’ils peuvent mettre pied à terre & agir comme l’infanterie. S’il fe trouve d’autres dehors que les demi-lunes , il faut augmenter à proportion , en mettant, par exemple, huit cens hommes de plus pour un Ouvrage-à-corne , douze ou quinze cent pour un Ouvrage-p. couronné, cent hommes pour une contre-gar-f* de , ou lunette détachée, & ainfi des autres Ouvrages à proportion, aïant foin d’augmenter toujours la cavalerie d’un dixiéme de l’infanterie.
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- Second Exemple.
- Oï on véut favoir de combien doit être îagar-nifon d’uhe Place à douze baftions, il faut fuivre le nombre des colonnes de la même page jufqu’à douze ; & en defcendant vis-à-vis des garnirons, on trouvera fept mille deux cens hommes de pied, & au-deflous fept cent vingt chevaux.
- Troifiéme Exemple.
- POur favoir ce qu’il faut de poudre dans une Place de fix baftions , il n’y a qu’à chercher l’article des poudres, vis-à-vis du nombre fix, qui eft au haut de la colonne ; on trouvera 280000. livres , qui eft la quantité qui convient à cette Place, fuivant l’eftimation dp ce formulaire.
- Quatrième Exemple*
- iOur favoir la quantité de plomb néceîTaire
- à la même Place , par rapport aux pou-dres, on le trouvera au-deffous, & ainft des autres. S’il fe trouvoit des Places .à quatre baftions, dont le circuit fût moindre que celui du polir gone de 180 toifes., on pourroit fe fervir de
- la régie propofée pour les Ouvrages-à-corne ; s’il s’en trouvoit encore de plus petites, on pourroit diminuer à proportion, félon ce qu’on auroit. conje&uré de plus avantageux de fa ré-fiftance, & du nombre des hommes emploies à fa Défenfe. Il faut néanmoins que cette diminution ait toujours rapport aux formulaires, St aux difficultés extraordinaires , qui peuvent contribuer plus ou moins à retarder le progrès des attaquesj car c’eft toujours fuivant cela qu’il
- G
- faut
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- X À D E* F E N S E
- faut le régler. Mais comme il y a toujours des parties inacceffibles dans le circuit de la plûpart des Places, en ce cas, dans celles où cela fe trouvera, on pourra diminuer l’état des garni* fons & des munitions, à proportion de l’étenr due inattaquable dudit circuit.
- Si, par exemple, dans une Place de 18 baf-tîons, il fe trouvoit un efpace de fon rempart équivalent à 3 battions qui fût inacceflible aux attaques réglées, il faudroit emploïer la colonne de 15 pour venir à la jutte proportion. Comme il arrive aqffi que la plûpart des grandes Places ont des Forts détachés ou dépepdans, comme le Fort François, & les Redoutes du Suifle & du Lapin àBergues, le Fort-Niolet à Calais, le Fort* Blanc & le Fort-de-Pierres à Strasbourg &c., qui font autant de furcharge pour les garnifons des Places & pour les munitions , il faut y avoir égard, faire le calcul de leurs befoins par rapport à la durée de leur Défenfe & au nombre d’hommes qu’il y faut emploïer, & enfin l’ajoûter à celui de la Place. Par exemple, s’il s’agifloit d’un quarré à quatre battions, dont le poligone fût de 120 toifes feulement , on pourroit réduire le nombre de la garnifon à 1200 hommes de pied, & 120 chevaux; & s’il étojt queftion d’un petit quarré, tel que pourroit être un qui n’auroit que 100 toiles de poligone, on pourroit réduire ce nombre à 4 , à £ ou 602 hommes de pied & 60 chevaux au-plûs. Ce nombre eft mal-proportionné à la vérité, mais les Places n’en peuvent pas contenir davantage ; il faudra donc s’en contenter : encore faut-il qu’il y ait des’foûterreins, ce qui ne fé pratique guères dans de fi petites ForterelTes.
- S’il fe trouve des Places d’un plus grand
- cir-
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- »M Pucîj. 99
- eifcuit que de dix-huit battions Royaux, il eu faudra augmenter les munitions à proportion , & par rapport à la plus prochaine dont Je ch> cuit fera moindre , ce qui eft fort aifé. Par exemple, la Table étant faite pour la colonne de 18 battions; fuppofé qu’il fût queftion de faire un Etat de garnifon & de munitions pour 19, on demande quel doit être le nombre de la garnifon , & la quantité de poudre néceffaire à fa Défenfe par rapport à l’ordre de cette Table ? Je regarde la 18eme colonne., & je vois qu’elle doiç être de 10800 hommes ; j’en prends la 18e“e partie qui eft 600, & je l’ajoûte à 10800, vient 11400 pour les hommes de pied. Je fais la mêmechp-fe pour la cavalerie, qui eft de 1080 chevaux, dont la i8eme partie eft 60, & je les ajoûte à 1080, il vient 1140 pour la cavalerie. Ainfi' la garnifon d’une Place qui aura 19 battions de circuit, fuivant la proportion de ce formulaire, doit être de 11400 hommes de pied, & ÿt 1149 chevaux-
- A l’égard des poudres, fi à la Place de 18 battions on trouve qu’il en faut 840000 livres, en y ajoutant le i8eme il viendra 88666/ livres^ & ainfi de toutes les autres munitions, dont Je dénombrement peut tomber fur les proportion? obfervées dans cet Etat, lefquelles ne font pas tout-à-fait générales, y aïant bien des endroits où on ne l’a pas fuivi/ & d’autres où on ne l’a fait que jufqu’aux colonnes de 9. 10. 11. & 12, battions, par ce qu’il y a de certaines fournitures, dont la confommation ne feroit pas plus grande pour une Place de i Abattions, que pour une de 12. - C’eft pourquoi on s’en tiendra aux quantités qu’on a cru fufiifantes : du-furplus, où la chofe fe remontera, il fera aifé de juger pourquoi on l’a fait ainfi. 11 y a une chofe k obfer-G 2 ver
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- ïi De'ïESS!
- ver dans la fuite de ce Mémoire, qui eft que le# proportions des poudres, plomb, mèches, boulets, & grenades, fedevroient régler par rapport au nombre des battions ; mais comme c’ett principalement fur l’étendue du front de l’attaque que cela doit rouler, qui ordinairement n’eft pas plus grand à une Placé de 18 battions qu’à une de 12 ou 15, on y a eu égard en arrêtant la proportion de ces munitions : cela fait qu’on ne demande pas plus de poudre pour une Place de 18 battions, que pour une de 15 ; encore ne va-t-on jufques-là qu’en confidération de ce que les remparts des Places de 18 battions aïant beaucoup plus d’étendue que celles de 1 2, il leur faut plus de canon pour les garnir. Au refte, ce Mémoire n’ett pas propofé comme une inftruêtion à fuivre au pied de la lettre,: mais pour avertir de ce dont on a abfolument befoin dans les Places, & pour apprendre à les munir le plus exactement qu’il fera poflible, par rapport à leurs forces, & à la refiftance qu’on en doit efperer; enforte qu’il n’y manque rien d’eflentiel de tout ce qui peut être nécefîaise à une bonne Défenfe.
- Remarque fur les Artifices.
- N s’étonnera peut-être que j’aye tant mis ' de feux d’artifices dans là Table; il ett
- vrai qu’on n’en fait pas à préfent une grande confommation dans les Sièges'; mais ce ne doit pas être une raifon de les fupprimer, puifque ce défaut ne vient uniquement que de ce qu’on défend mal les Places ; au lieu que fi on les défendoit comme on le doit faire, on ferpit convaincue que telle quantité qu’il y en eût dans une Place, elle ne feroit pas trop grande.
- On a fait un Article dans les Tables, pour le
- 'Va-
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- îf E S P L A C Z S. ïdt
- Tabac , parce qu’il eft abfolument néceflaire au foldat, qui s’en eft fait une fi grande habitude qu’il ne peut s’en pafler. Cette habitude ne fe borne pas aux fimples foldats, l’Officier en prend auffi , foit en poudre, ou à fumer ; & e’eft ce qui a obligé, comme nous venons de le dire, d’en faire un Article dans les Tables.
- Autre Remarque.
- QUoique la fourniture des vivres ne foit prd-pofée que pour quatre mois dans les Tables fuivantes, cela s’entend de celles qui doivent fortir des magafins du Roi pendant un Siège de cette durée ; car s’il s’agiffoit de foutenir un Blocus, cela feroit différent. Pour - lors il faudroit être pourvû au-moins pour une année, tant pour la garnifon, que pour la bourgeoifie qu’elle peut contenir.
- Dans la fuppiitatjon des munitions de bouche, on a compris deux jours maigres par femaine, quoiqu’on n’en obferve guères dans une Place affiégée ; & fi on l’a fait, ce n’eft qu’en faveur de ceux qui vivent régulièrement , ce qui fe trouve principalement parmi les Officiers ; joint à ce que, par les dangers continuels auxquels ils font expofés dans un Siège, ils font plus circon-fpe&s & réfervés fur leur conduite à l’égard de la Religion.
- On fuppofe la ration de pain de deux livres pefant, parce que fi elle n’étoit que d’une livre & demie, comme elle eft ordinairement quand les troupes font en repos, elle doit être plus forte pendant un Siège, pendant lequel le foldat eft accablé de. peines & de fatigues, & que le plus fouvent il eft réduit à fon pain feul, fans avoir de quoi pouvoir faire de la foupe, comme G 3 il
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- io2 la Défense
- il fait quand il ett en repos & dans fon quartier;
- Comme il n’y a point d’Arfenal ni deMagazins des vivres dans les Villes de guerre, où jl n’y ait une partie des munitions néceflaires à leur Défenfe, pour avoir ce qui y manque, & ce qu’on y doit ajoûter, par rapport aux munitions demandées dans les Tables ci-jointes, il ne faut que compter les battions de la Place, ou leurs équivalens, & voir à quelle colonne de cette Table il fe trouvera avoir le plus de rapport, & en foire un extrait de tous les articles ; enfuite il faudra faire une autre Table divifée en 3 colonnes ; la première fera l’Etat de l’approvifionne-ment néceflaire à faire , la 2. celui qui fe trouvera dans les magafins de la Place & qui pourra fervir, & la 3. ce qu’il faudra ajoûter à cette fécondé colonne, pour remplir les fufdits magafins, félon la quantité demandée dans la première.
- Exemple.
- SOit une Place de fix battions, dont les magafins ne font point fournis de tout ce qui leur ett nécelfaire; vous ferez une Table de trois colonnes, comme celle qui fuit ; à côté de ces colonnes vous écrirez le nom des munitions dont vous avez befoin pour l’approvifion-nement de cette Place : vous marquerez en chiffre dans la première colonne, vis-à-vis chaque Article, la quantité des munitions demandées ; vous marquerez pareillement dans la fécondé, vis-à-vis chaque Article, ce qu’il y en aura dans la Place, de bonne qualité & en état de fervir ; vous marquerez aufli dans la troifiéme, vis-à-vis chaque Article, le furplus des munitions nécettaires à ajoûter à celles de la fécondé colonne, pour que les deux fommesde ces deux
- colon-
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- ȕs Pi ace s, joj
- colonnes jointes enfemble, foient égales à celle de la première, Article par Article, ainfi que vous pouvez le voir dans le modèle ci-.après.
- Il n’y a point de Ville, fi petite qu’elle puif-fe-être , dans laquelle on ne puiffe trouver quelque fecours, foit par le fervice perfonel des ha-bitans , * & de quelques ouvriers néceflaires, foit pour les munitions de guerre ou de bouche qu’on en peut tirer, principalement dans les grandes, où il fe trouve beaucoup de moulins, & quantité de bled, de vin, d’huile, de légumes , & des fruits de toute efpéce. Il en eft de même des Villes Maritimes, où pour l’ordinaire il y a plufieurs fortes de marçhandifes propres à la fourniture des Arfenaux, & dont les Gouverneurs & Intendans doivent faire des Etats , & s’afliirer de bonne heure de ce qui pourra leur convenir , fans attendre que le débit journalier qui s’en fait les ait épuifé.
- C’eft un fecours fi confidérable, qu’il y a plu* fleurs Villes où on pourra trouver la plus grande partie des munitions néceflaires, fi on a foin de les bien rechercher ; par exemple, à Marfeille, à Toulon, au Havre de Grâce, à Dieppe, à Brefl:, & généralement dans tous les Ports de Mer. L’on trouve ordinairement dans tous ces lieux, toutes fortes de bois, beaucoup de canons & de boulets , des cordages de toute efpéce , du gaudron, du fer, des clous, de la poudre, du plomb, des grenades, & une infinité d’autres munitions. D’ailleurs il y demeure ordinairement olufleurs Armateurs, qui y apportent des marcnandifes de toute efpéce , lefquelles peuvent contribuer confidérablement à la fourniture des magafins ; outre que le commerce de pareilles Villes y attire une grande quantité de toutes fortes de bons ouvriers tant en fer qu’en G 4 bois ;
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- **o4 &a Défense des Places.
- bois, dont les Gouverneurs, Intendans, Officiers d’Artillerie , & Ingénieurs peuvent profiter , chacun félon leurs befoins.
- Noms des Mumdons. j Etats des munitions néceflaires dans la Place, Ce qu’il y a prefen-tement dans les Magasins. Celles qu’il y.faut de plus pour rem- : plir le i nombre .de lapre-1 miére colonne.
- Infanterie. . . . 3600 1500 IIOO
- Cavalerie. . . . 360 100 z6o
- Scptier de froment.. 1706 rooo 70 6
- Seigle 8*3 7 co 153
- Pois. ..... 19a 150 4Z
- Fèves. ..... iz8 100 z8
- Lentilles iz8 90 38
- Poudres z8ocoo zooooo 80000 ;
- Plomb 34146a 170966 170456
- Mèches 60000 45000 15000
- Pietres-à-fufil. . . 7Zcoo zocoo IZOOO
- Moules à faire 40
- Balles à la fois.. . 10 zo 0
- Moules de calibres des
- Arquebufes à crocs.. 4 I 3
- Cuillère de fer à fondre
- du plomb.. . . . 20 10 10
- Au-refte, pour ce qui regarde l’Artillerie , je n’en ai parlé, dans mon Traité de l’Attaque , non plus que dans celui-ci, que comme en parlant; j’ai traité cette matière dans mon Ouvrage exprès fur ce fujet. T)e même, je n’ai point répété ici ce que j’avois déjà dit dans le volume précédent ; car enfin on fent bien , que pour connoître bien la Défenfe des Places, il faut s’inf-truire des Attaques qu’on peut faire. T’ai efperé que moii travail feroit utile, j’ai évite de le rendre volumineux inutilement.
- ‘ Fin dv Traité de la Défense pes Places*
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- I )KK F K\C I'. DES PLACEE.
- fPl.4
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- DEFERE DES PIECES.
- Tl.
- Table des Ccunisons, etr des JiLuiiùtiorts de & tienne et de bouche nécessaires cutcc éPLices selon leur faj rcuieleur
- Grande ter
- des Ville s.
- Garnis ûU:
- S estions 4
- InfantericOV)
- Cavalerie
- hommes
- 240 O 240
- 3ooo 30 o
- 6
- 3600 3 6 o
- 7
- 4200
- 42.0
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- 66 00 66 o
- an az 1 .14 d7 ^8 ! 1
- T zoo T 800 8400 go 00 9600 10 200 10800 1
- ? 20 7 8o 840 g 00 960 1020 1080
- 3360 36.0 0 3840 40 8 O 43 20 4560 4800
- 16 80 1 8 00 1920 2.040 2l6 O 228 0 240 0
- 3 86 419 45 t 484 514- 546 57 8
- 2 57 27 8 300 3 2 2 3 ai 3 62 3 8 4.
- 247 2 6 8 288 3 08 3 3 t 3 52 37 2
- 29 3 t 34 3 6 38 4* 43
- %9. 3 î 34 3 6 3 8 4 f 4 3.
- 276 19 9 3 22 3 44 3 7 0 392 416
- 25 2 2? 2 2 g 3 3 Z 3 3 4 Z 3 6 z 3 8 3
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- 5 O 54 5 8 6 1 6 6 6 8 7 2
- 2P 3 l 34 3 6 3 8 4 l 4 3
- 2P 3 l 34 3 6 3 8 4 1 4.3
- 22937 23626 2 53i4 27002 28 69 Z 3 03 79 32068
- 21Ô37 23626 ' 25314 27002 2869 Z 30 379 .3 2 0 6e
- 8 06 8 26 894 962 103 l f / 04 1242
- 33 l 7 3593 3869 ±14.0 4426 4702 4PP°
- 958 104 2 1 Z 2*6 IX 84 z 248 l3 5o ! Z428
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- Visrres (b)
- (Froment.
- tSeàale............
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- <Xerc*x.Ç&)------- -
- Lentilles .(e)____
- His________________
- Orqemcmdée........
- Orge en qraïn.Çfj...
- Toivre.............
- doux de Cerofle...
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- Axdx.Çj),..........
- Oiqnons.çh'.).....
- Lard falé. (i)_____
- (Boeuf ou Vache.(1c)
- iMûutonfljÇn)
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- BeUrre fade .(p)...
- Bonne huile. Ça).....
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- 1857 2 18572
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- 3120 1 £6 O
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- 47 20 26 20 26 1
- 2 02 6l 750 3041 8 72 60$
- 780 78o 25 6 257
- 26
- 14
- 29
- des trouves -, ou. il nj a que les Soldats eûtes Cavaliers: je- dis tune provision pour trois mois, les deux tiers defroment:, et [autre de seigle ..Le-Jepiier est eftimè 23 5
- deuxji ejlimées ajbc hommes,
- (ffBourfa
- par jour a duup
- , lajixiéme partie comptée peur le dechèt, 2,0 tètes pour une hotte. (1î)cDiftribuesffur le pied de deux par jour a chaque Chambrée, les planes compo, jées de 20.tètes chacune, te dechêt compris.. QQ-Aédemi- quarteronpar ration pendant les cinq jours cjras de la semaine.,la dixiéme partie comptéepour le dcckètr, (1c) Sur le pied de demi livre par ration pendant les cinq jours pras de lajimaine,la 10 er5± partie comptéepour le déchet,et chaque boeiif ou vachefar le pied de 35o livres pesant l'un portant l'autre. (IjPour les Officiers malades et bleffiésjur le pied dune livre pour chaque Officiel e t autant pour les biffes et malades, le nombre des Officiers eftimé cl 200,et chaque moutonpesant autour 3o .livres tun portant loutre, (ni) cfaccu.fOû [athée, tout ce- qu'on en qo ouvra trouver àc noiirir chez le s particuliers, dans lesffossés des dehors de la délace, dans les Cloîtres, et partout ailleurs, et ou on. le pourra. (rÇpPour les jours maipres de 3 mois,d compter deux jours parfatnaine> a raison dutv quarteron par jour à Jiaque Soldat. (0) Ou Stock-Fifch e. Çp) OïlJondujA demi quarteron par ration pendant deux jours de lafemaine. (qJDc noix ou noisette,pour éclairer, ou peur les facrupcs des jours nvcUpres. (r) Ce qu'en en pourra avoir. ÇsfPour les -malades . (t)tDe h amie qualité .
- asile t de yiîl&ncuA/e, ivt-V et
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- 1 7 19 22 24 2 6 29 31 34 36 38 41 43 46 48 5o
- 216 2Ô8 320 373 430 48 2 636 58 8 641 694 746 7 99 869 piZ 946
- 648 30 4 960 1119 1290 1446 1605 • 1764 l92ï 208 2 2238 2397 2577 2736 2838
- 72 9° 108 126 144 1 62 X8o 198 21 6 23-4 25 2 270 28 8 3 06 1 324
- 28836 35964 4 320 0 60426 67664 64 800 72036 79t6r 4 8640 0' 93636 100872 108000 IIÔ128 122 364 129574
- 28830 36904. 43200 60436 67564 648OO 72036 79164 86400 93636 100 872 108000 MSI 2 8 122364 129674
- $12 1146 136 8 1495 18 24 2067 2290 2 5 13 2736 2 863 2990 33 49 3648 38 8 1 4109
- l ÔO 200 240 280 320 3 60 400 440 48O 520 s'ôc 600 640 6dO 72°
- 8 0 100 120 140 160 180 200 220 240 2 60 280 300 3 20 34° 3 60
- 3 ao 40 0 480 660 Ô40 720 800 880 960 lo 40 1120 1200 1280 1360 1440
- 2,40 300 360 42 0 480 5 40 60 0 66 O 720 7 8 0 84 0 900 960 1020 1080
- 3ao 400 480 660 640 72c 800 880 960 1040 1X20 120 0 128o 13 6 0 1440
- 40. 50 60 70 80 9° IOO 1 / O l 20 i 3.0 I 40 1 5 0 l66 170 180
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- 2400 3000 3000 4200 48 00 ^400 6000 6600 7200 7âoo 8 400 9000 9600 1020 0 10800
- 120 Ifo 180 210 240 270 3oo 330 3 6o 390 420 45 0 48° 510 540
- 4 6 8 LO 1 2 14 16 l 8 2o 22 24 26 28 3 0 32
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- 8 tô 12 14 16 18 20 22 24 2 6 28 3o 32 34 36
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- 12 M 16 ^8 20 22 24 20 28 30 32 34 3 6 3 8 ! 40
- 40 50 60 70 80 90 ÎOO tto 120 130 140 150 160 170 | 180
- 160 0 2400 32oo 4000 4800 5600 6400 720 0 800 0 3000 8000 8000 8000 30 OO j (IOOO
- 2400 3200 4000 4800 5600 6400 7200 8000 8000 8000 8000 80 0 0 8000 .7, j 8000
- 3 20 0 4000 4800 s6o 0 6400 7-20 0 8000 880 0 • 960 0 1040 0 1120 0 12000 12000 1 20 0 O ) 120 00
- 4000 480 0 5Ôo 0 6400 7200 8000 880 0 QÔOO 10400 I 1200 12000 120 OO 12000 120 O G | 120 0 0
- 4800 56o 0 6400 72 0 0 8000 8800 g6 00 10400 Z 1200 12000 128 0 0 136oo . 14400 102 O G i ibOOO
- 6 000 ao 000 24000 28000 32000 36O OO 40000 43200 47200 49600 52000 5"3 600 54400 ^.ocj JÔOOO
- 4° 60 60 70 80 100 110 120 130 140 160 l6o «-'H . 180
- (Soûla
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- 4 JVLùulitis dchevalJg „ Jlaulitis <L brus.ÇCy
- au sort.
- | Bierre.(£).... Eauxde-Vie.Qé).
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- 1 Padit. .
- Sottes
- AvoinesCH)
- TéLcudies de C'H&pvtaJL.
- (n)
- L,ltS.(lj_______; _ .
- Cerner turc.(K) \Draps de rechange,..
- } Draps mortuaires.(L) » Chemises de rechange.
- fJNâppes.. .. _......
- fiorviettes........
- Fagots. (M)________
- sBoù de corde
- Dures
- Cordes
- Canon.Çp dezap..
- Canon dx
- c/brtiCUri
- 16
- Canon.de ta... Canon de 8. -Canon de 4.®
- e .<
- Total des CanonsjQ 'Boulets du calibre de 24
- Boulets de 16. ....
- \ Boulets de ta...
- )Boulets de g....
- '«Bouletsde p.(dj
- w
- Total des Boulets. >
- A.rqu&hiues.(f).
- QÇjDeio ci 12 pieds de diantePrej chacun ctvec les logetncns néctsjaires pour les Boulanget'sTPetrains, Chaujfours, Etaux,^Bureaux pour la dghribution dupain,Pelles/fourgonsTables, Maifs a.pétrir, Chaudières,boisjFxçots e&c.Fout cela, doit être en quantitéJuffisante pour pourvoit' etnp loger continuellement nombre de Boulangers à chaque jÇfuty ungfour de n pieds de large sur 13de long,peut cuire par jour défais, etcontenir chaque J’ois 5oo rations. ÇB) Capables de moudre chaciui six Jeptiers dcbledpar
- 'vent
- dant ^ ^
- pour trois mois. ÇÉ)TroisJ’ois autant que. de w, (FjDiftribues a raison de deux, petites mesures par jour}de celles que les Brandev-irvicrs vendent unjolaux Qfoldats. Qj)Jiations réduites en bottes de 20 livres pesant, Estimation, augmentée du tiers a, cause des autres chef aux. (ï£) Aurais on de-4.de boisseaux mesure de Paris par ration^ équivalent- à 3 picotins de 160 pouces cubes^chacun, leJeptier complet pour 32 rations,et\e, dechet à £pour cent.(T)Garnis de leurs châlits,paillasses ctntatelats/travers siius découvertes. (K)De rechange jou pour" doubler.(L)Pour eAisJév&tir les morts .(M)J?otir l'Hôpital. (NJlLjhut pour (Hôpital une Batterie dp.. Cuisine Conaplette,a/vec tous les ustcucites nécessaires,et une grande quantité de vaisselle cCétain et de terre,pour (usage des malades et des blessés . (p)Jlontés ofunr- lewrs- affûts .(2>) Ou autres,-montes. (Q)Les pièces de 3. £.etQ.(Jbnt a-peu-pres aufit bonnes que celles de 4 > quand il se troupe des boulets de ces calibres emjwfft, santé quantité.5'lt se trouve des pièces dejer avec des boulets du calibre(on ponrrajortbien s’enservir dans les dehors,pour vu qu'elles agent été éprouvées, en, di ,, minuant un peu, la charge, ordinaire. QQA. 400 par pièces. QjEt autres .(T)A.rquebus es deroes, garni esc) e, leurs Chefalets .
- Barâetde 'Villeneuve iW et délin,.
- pl.6 - vue 122/127
-
-
-
- 1T¥ uit, âe lu Table des Garnisons, et âtj MuniUonj éie, Guerre* et âe 'bouche nc.cc Clives .lux JPl&ces Jeton leur g rj.n denr. Q..'£
- TJf.ff.tst^e DE.} Place,;
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- d& res&r'Ve cl haufrroü;
- <LÿC.
- Pieivuers de 18 pouces, (j/)..
- Artilhrie
- Panters.ÇÇj______________
- Pombes Ç2>_______________
- A \Grenadu ci main, et^e 33..
- Jt/filts Pour Pièces de 2 4 i£{...
- Tour Pièces de tâ.. ....
- TourPiéces de 8..........
- \VourPiéces de 4 ,(£j.....
- CAffûts de Place .(pg....
- .4 tjsjç. miismpS Affûts déTierriers.-
- °^a0 j -Affûts de Mortiers.(fff) \Affuts d petits Mortiers.
- {Plattefformes. Cj§6.......
- Pour Mortiers etPierriers Covn.tr de mire .(3j -
- Fauter nés.QÇ)..........
- Leviesy. .......... _ . .
- Fcowviüons. (fy-...!____
- Dccforqeovrs.(M)........
- SemeMes.ÇN)............
- Portières .(O)..........
- Fronteaux de Mire.......
- Criks............. . _
- Gros Criks.............
- CheAWes.(0. ...........
- Chevrettes.............
- Traêncaux.............
- Pinces deJer.(Q)........
- Cables.Qï).............
- Prolonges Jlmptes .(SJ_
- Prolonges doubles......
- Fr dits commuais .(5j.__
- Gros traits d Canon.®...
- Travers. (J0...........
- Autres cordages .fyjj .. .Toises Hamois complets .(ff).. Chevrettes .(gg
- 3
- 3
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- 123
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- ‘49
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- 1Ô8 168 168 to 10 10 to 10 6 8 10 30 30 30 3 O 3 O 1068 58 30
- 12 1 2 12 l6oo 3400 72000 17
- *9 23 25 177 20 20 20 120 ÔO
- 364 167 710 * 157 157 177
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- to to 10 10 16 72 IO " 30 30 30 30 30 1136 & o 36
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- 18 6 20 20 20 120 60 37^ l66 752 166 té 6 18 6 18 6 186 10 to 10 10 lo ?6 to 30 30 30 30 30 1202 64
- 30
- Ç/b)(De diamètre. (j3)iDu, calibre de 33,pour tirer des grenades du meme' calibre. (CjPour Us Mortiers-pierriers. ÇÔjPour le calibre, de. tz, &t de g pouces de diamètre.(S) Ou équi^ valentes. @jAbas rouage,pour toutes les P iécesaIsjb-ntràmeilleurprix qiiefy'autres j non compris qu ils ne peuvent gudres etre démontés. (dffjJùe 12, pouces, aient tout ce <fui leur est nesceffairo . ff)T>e 18 pieds de long sur to pieds 6pouces *-de large, accommodées (Légiste, etHeurtoirs nécessaires ,un tiers en reserve, et plus que de pièces. XT-ne Piatte-çffornti' pour être' bienffcùte, doit être composée dun Heurtoir de f pieds de longueur sur 6 d 7 pouces quarres, et de 18 madriers de vo Pieds 6 pouces, réduits de longueur sur un de large-,posee sur S gis tes de 18 pieds de Icrujaewr sur g dê pouces degrosseur : le tout clcriié à tête percLuê dans les bois, et bien utiimemt, avec une pente de 4pouces, du dei~riêre au dtvant.Les' plaMeseformes des Mortiers ont 6 à 8 pied-s quartés, et sont ordtnairemestvt d& madriers redoubles en. croix, de J cv 8pouces dfépaisseMr ensemble, etp o/es de-mue au sur la. tertre miparavant bien battuJe et applante . (g&Lainxyctié plus qua de Morties-s. (3j3par pièce de Canon. ÇfejDe tout calibre ,un tiers plus que le nombre, des ^pièces. ÇCJ\ Garnis de leurs rejouloirs a Uuitf'e- bout. (J/iyBour débouches- les- lumières. 0j Autant que d'affûts. (G)A leprewoe du, mousqiveF,garnies de leurs châssis, (ff) Garnies de leurs Poulies, Levi ers j.et cables. (G&Oe çjèpneds de longueur. (PS)T)e g pouces détour sur 6 toises de longueur. pfjJJe 16 lignes de diamêtre/ur 6 toises de loiuj. (fjPe to pieds de
- longueurfur çpp ou ces de tour. $ pouces de t&urjîir .10. pieds de longueur. QVjüe 4 toises de long^sur 3i ^pouces de tour . pÇjPartie dè~îa groiïeur du, doigAfetpartie de lagros.
- seur du pouce . (yJPerun des chenaux détroit: çgj P/anchet/ex s ^pour nveseer des rwuAvvtions de toute, espece. . <s
- pl.7 - vue 123/127
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-
- DEFENDE des Placer .
- Mil
- rV'ÏMfe de la Table <hs (remisons, et des Munitions de, éuerre. et de 'bouche necessaires aux T laces selon leur grandeur.
- ÇZTaiïf I bastions
- Ar 6 7 8 9 to U *2 £3 14 t5 17 18
- 40b 5oo 600 700 800 900 tooo noo 120 0 1300 140 0 1500 lébo 17° ° 1800
- l5 20 26 3o 35 40 45 50 55 60 65* 70 75 80 85
- 400 500 600 700 800 9°° looo noo 1200 I3oo 1400 IS00 1600 Ipoo I800
- 200 25 o 3qo 35o 400 45o 5oo 55o ÔOO 65o 700 75o 800 85o _^oo
- 80 too 120 140 v6o 180 200 220 240 260 280 3oo 3 20 340 3ôo
- too 125 vso 175 zoo 22 5 2 5.0 2 75 3 00 3 25 3 5o 3 75 400 4a5 45o
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- 800 IOOO 1200 1400 1600 1800 2000 2200 2400 2000 2800 3 0 00 3200 3400 3600
- 200 250 300 3 50 400 45o 5oo 55o 600 650 700 75o 800 85o 900
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- 2000 2.500 3000 3 500 4000 45oo 5ooo 5500 60 00 ÔOOO 6000 6000 6000 6000 6000
- 4000 5000 6000 7ooo 8000 9600 loooo toooo toooo toooo toooo toooo toooo loooo loo 00
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- 20 22 *4 26 28 30 32 34 35 36 3 6 36 36 36 36
- 4c » $0 60 70 80 90 VOO 100 100 too 100 10 0 100 too 100
- IC ) 12 14 i6 18 20 > 22 24 26 28 3o 3o 3o 3o 3o
- 8 10 12 H 16 18 20 20 20 20 20 20 20 2 0 zo
- te » vs 20 2 5 3o ’ 35 4° 40 40 4° 40 40 40 4° 40
- 8 10 » ta \ H 16 : 18 20 22 - 22 22 22 22 22 22 22
- ArfiJlerieJJ^g;
- ÇPldtlck&s debois blanc 'ois affaire des ponts .(bb) otages, (ce)-. -
- steia0uûi*£z:&mi.
- dfMatériaux de réserva
- Manches doutils.fèë).
- Bois blanc.(jfj---Toises.
- Chevaux defrisetgÀ______
- Huniers dpatajretQMf,---
- focs d terreÇa)___:_____
- <Ma.rted.ux à 2pointés .(jf) Marteaux poùvtus.(ll).
- Tranches----------4______
- Betitespinces de fer. (înm)..
- Coins diefer.....•......
- Ciseaux..........j.......
- Mafles defer.-----1.....
- Telles defer courbéesj..
- Outils àMineurJ,f coupes courtesJÇin)';...
- Baniers à 2 onces.(od). J.
- Tarrierespourfender ....
- Betites haches......
- , v / •' 4 • ’ ISO’CsG'S
- Bots a étayer les mutes.(pp)
- Crosse-toile, (qq)_.Aubes
- Cordages .(hr)...; Toises...
- Chandeliers defer.Qs)...
- \ftanches de bois blanc.(tt).
- CBaUeaux. (âô)....!......
- ( üraguéts. (WtP)........
- ^metoulf^fjf!rUsfa“x
- -pour Uf TlaceAEcoupes cteboù.fxx).......
- d- ;1 :: „ iBaulx est cr ois font.Qju)
- ou dy a de J£rûCS a,troispointes.(zz)
- JEjôCLUX. .(vv) .( Louchets tranchans.Qe)
- (ÿÂ)ÇrariUes de bretelles.(bb)I)e. 8f cuces dèpaûfje,ur,ét lopouces letour.(cc)l)& 6pieds de long et3pieds de large .(dd)Be ôfieds de lorry sur gpcuces d’épaiffeurjet tpûdde large. (eé)I)e touteforte.(fffËropre àfatre des rade aux, de 7 a8pouces quarrés fur to d iz.de langueur.(gfA4 rangs de. pointesj dont les arbres auront 12 pieds de longueur sur d à6pou. de diam.) les pointes aidnt % pieds de long depart et dautre, sur zo lignes de diamètre .(hfÿDe tS pouces de hauteur surtz de diam.. par le haut, réduits âtopou,par-en-bas.(u)T>e% pou. de diam.Jîir zopou.de long.(JfÿBien arcerés.(lt)Tar un. beat,etàtètefouleèjacerèa,etcourtemmanches.(m.hpI)e z^pteds de long. (nrÿ'Em.manchées.(5o)Pour vuidef- les terres. ÇpjfBe 3 d. p pou. qiuirres fier 4f pieds de. long .(qipForte e tferre ej propice dfaire desJauctssons .(rr)T)unpouce de diamètre .Qs)Pour les -mineurs, avec une pointe en bas ettautre en équerre. (tQEpdisfes de z poulet longues de un.pied,pourfaire des brouettes, coffres,etfougaj,ses .(vv)Les équipages des Mclus es fupqfes en bon état) et le iripù. ou nécessaire dcause des actidens qui peuvent arriver, ce quïlfaut bien olferverj suivant les Places oucm.se trouvera.. (uü)I)e 3o pieds dt long sur 8 de largej et z pieds de prefondeur ou approchant. (w-ufBourenlever tes vases dufond dufossé. (xnç)Pour épuiser les eaux. ffPour^cgupe r Us herbesfur Usfonds dufossé.(z£)R.exourbe'esjpour tirer lesgros gazons ,et autres ordures dufonddufofé-
- éBardstde VilUneuva ùev.ét
- •m
- pl.9 - vue 125/127
-
-
-
- DEFERE DE^ PLACES .
- Plao.
- V mdJutie de u Table des Camùons et des Munitions de duerre et de 'bouch& 'nécessaires attoc Tlaces.Jeton leur grandeur.
- ïïîfiËtr { Partions 4
- 6 7 e> 9 . JO JL 12 jt4 36 37 ^8 :
- 10 12 H 16 18 20 20 20 20 20 20 20 2 0
- 20 2 6 3o 35 40 40 4° 40 40 40 40 40 4°
- 40 5o 5o 5 0 5 0 5o 5o 5o 50 5o 5o 50 5o
- 40 5o 5o 5o 5o 50 5o 5o 50 5o 5o 5o 50
- 6 7 8 9 10 to 10 to to to IO to to
- 300 35o 400 46 0 £00 550 600 . 600 600 600 600 600 600
- 1000 1200 1400 0 0 1600 16 00 1600 16 00 1600 16 00 1600 1600 i6oo
- 20000 25000 30000 35000 40000 40000 40000 40000 40000 0000 40000 40000 40000
- 40000 50000 5oooo 50 000 50000 50000 5oooo 50000 5oooo 50000 5oooo 5oooo 50000
- 600 . 700 800 900 1000 1100 1200 l3oo 1400 1500 1600 PT 00 I800
- 280000 326666 372232 420000 466666 513333 560000 606666 653333 700000 746666 783333 840000"
- 170966 19946° 22795$ 256449 284043 313438 341932 370426 398921 4274^ 455909 484404 512898
- 60000 70000 80000 90000 100000 lioooo 1200 00 lîoooo 140000 i5oooo 160000 170000 180000
- 36000 42000 48000 54000 60000 66000 72000 78000 84000 90000 96000 102000 108000:
- 3 5°° 4250 5000 5750 6500 725o 8000 8750 9500 10250 11000 U 750 12250;
- 20 25 30 35 40 40 40 40 4o 40 40 40 40 j
- 20 23 27 31 34 37 40 40 4° 4° 4° 40 40:
- 4 5 6 7 8 9 to to IO 10 10 to lo
- 20 23 27 31 34 37 40 40 40 40 40 4° 40
- 20 23 27 31 34 37 4° 40 40 4° 40 40 40
- 480 560 640 72 0 800 880 960 1000 1000 lOOO 1000 lOOO lOOO,
- 30 60 70 80 go 100 too too too too 100 too too
- 50 60 70 80 90 too too 100 too too IO 0 10 0 too
- .30 <ôo 70 80 90 IOO to 0 10 0 too too too too 10 0,
- too 120 140 18 0 200 2oo 200 20 O 20 0 20 0 20 0 200 20 O
- 12000 14000 l6ooo 18000 20000 22000 24000 24000 24OOO 24000 24 000 24000 24000
- 700 800 900 1006 1100 1200 1300 1300 1300 1300 1300 1300 13 OO
- 3 4 5 6 7 8 9 to 10 IO 10 10 10
- 30 35 40 1 45 So 5* 60 65 70 75 80 85 9°
- 6 7 8 9 to 11 12 12 12 12 12 12 tz
- to tz *4 16 18 20 20 20 2o 20 20 20 20
- 10 tz 14 16 18 20 20 20 20 20 20 20 20
- 3 0 36 40 46 5o 5 5 60 ÔO ÔO 60 60 60 60
- A 1Wi> f &rdflLs ec}*tt*<4)-
- JATZUIC1 1C.IMoyennes de 30pieds-.........
- Outils j?OUV ÛcjA-Utres petites écli&Uù,(àc)
- cidetLS dliJ&U,) CrccsJ^errés. (ad)..
- \Fonpes d eietndreUjeu- .... Travisions deftjaÙons,dU. épieds .(ctf) - -matériaux quAG-abions de 3pieds.(gg)..
- nejbrvt néceffaiJFascines............
- res CjU6 dans IjPiquetrs de3pieds.(gk)..
- 1 attente desJugelgiattesfutailles..:,....
- (a£)
- /Poudres., ‘plomb. (Si).-.
- . • L ivres.
- Pierres dj?ustl.(^ç)i- ......
- Pierres dpiftolet.(alj\.....
- Moules abattes .Çtnù) j......
- duiüieres (ait).....:.......
- Moules.(âg)_________........
- Tricoises. (dp) ... .....
- Couteaux ou ciseaux, (bp)...
- - Mesures dejer blanc, (aq)...-
- les Plombsj J Mesures dîme livreur).............
- Dune âemi—livre. (ar),......
- Dunguartercn.Çir)... ;.-----
- Charges-
- __Pour Us fusils ...........
- Pour les pistolets^-....
- Papier commun,.. :.Homes.
- Coffres de rempart, (at)....
- Cire neuve..........; Quintaux.
- Pcùc raisiné.........Quintaux.
- P O tx. noire.......! Quintaux
- yGoudron.............Tonnes..
- Iscs 'Poudresj
- (Scieurs accom
- jtacjtieMens
- 6
- CO
- 20
- 20
- 4 200 600 10000 20000
- 4° °
- 186664 U3977 40 000 24000 2000 iO
- 14
- 2
- *4
- H
- 3 20 30 30 30 60 8000 400 i
- 8
- i5
- 30
- 30
- 5
- 2 5o 800 t$ooo 30000 500 2,33333 142471 50000 30000 2730
- i7
- 3
- *7
- 17
- 400
- 40
- 40
- 40
- 80
- 10000
- 600
- 2
- 20
- 4
- 6
- 6
- 20\
- 23
- 5
- 8
- 8
- 25
- j (db)l)e 3opieds de long. (dc)De îq pieds, (aefPropres (Livrer les maisons en-bas.(ae)jlfautjkire provision, dune bonne epidntite de Fourches pour hutte r dans Us d&hors/de Fr es lieras de 10pieds de long,
- "fie Corniersjde perches, de pailles, en(fiais,pour couvrir* les hutigards et se coucher.(âf)I)&-hauteur, sur 4-% de diamètre. (àufÿDa diamètre,sur autant de hauteur. (àk)Pe longueur. ÇtijPar rappor îUa. quantité de poudre destitue pour la mousqtieterie, comptant sur 3 O coups par livres de poudre, et de dix-huit balles à la livre de plomb. (oftBien. choisies,d zopour chaquefusil.(at)A 2opc chacun. (5m) Afaire 40 balles aAafoisjSeÀoti, te calibre delaPUce.(àn)Afbndre le plomb, (qÿlki calibre des Arquebuses d crocs, (dp) Oatenailles droitier le plomb. (StpJdour le canon, regîees sur U- charge ordinaire, le- tiet's et le quart déchargé de chaque pièce, d-cause de.la dvsersitè des calibres. (ar)Pour la distribution aux Troupes .(âs)T)ejkr-blanc;pour arquebuses dcrocs. (atjPour les dehors j de 6pieds de long} 3 pieds de large , sur 2pieds etr-pde profondeur, mesure interne, le vuide séparé en 3 parties égales; le couvercle fait an. dos dan&j qui n ouvre que de la moitie,amu 3 petites armoires pour des munitions, de tout bien gaudronnè,et couvert dlune peau de boeufpaffée avecfort poil.
- ^Bardâtde ^HUmc-UA/e, tm/ &t delirv.
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- DEFERE DES PLACES.
- Pl.u.
- VTtfiiu de hcTaSfe des Garwiscrru.et des Mimvtioru de Guerre et de Bcxuclit -nécessaires aux Places
- îarutiotié cte b-lierre
- selon céur grandeur.
- { Jêcutions 4
- 4 5 6 7 8 9 10 n n 13 14 15 j6 17 18
- 2 3 4 5* 6 7 8 8 8 8 8 8 8 8 8
- 4 5 6 7 8 9 to U 12 12 12 12 12 12 12
- 6 8 to tz 14 15 16 t8 2° 20 2 O 20 2o 20 ZO
- 2.00 3 00 400 5 00 600 700 800 8 00 800 800 800 800 800 800 8 00.
- too l5o 20 0 25o 3oo 35 0 4oo 4oo 4oo 40 0 4oo 400 4oo 4oo 4oo
- aSoo 3ooo 3500 4.000 4^0 0 5 000 55 00 6000 6000 ÔOOO ÔOOO 6000 6000 6000 6000
- 600 700 800 9°° tooo tooo •tooo tooo tooo tooo tooo tooo tooo tooo tooo
- 6 8 IO 12 13 14 t6 18 20 ZZ 24 26 28 3 0 30
- 20 z5 30 16 40 4* 5° 50 5a 50 5o 5o £0 5o 50.
- too t5o 200 z 50 3oo 3 5o 400 4 5o 500 5oo 5oo Soo 5oo 5oo 500
- too l5o 200 Z$o 3oo 35o 400 450 5oo 5oo 5 00 5oo 5 00 5o 0 500
- too l3o l5o 170 200 230 250 3oo 3oo 3oo 3oo 300 3oo 300 3oo
- too t5o zoo z5o 3oo 3 5o 400 450 5oo 5oo 50 0 £To 0 5oo 50 0 500
- too iSo zoo zSo 3o 0 35 0 40 0 45o 5oo £00 5 00 5oo 5oo 5oo 500.
- tôoo Qo O O 2000 2200 2400 260 0 2800 3ooo 34°° 38oo 4.000 4.000 4000 4000 4000
- t6oo O 0 00 T* 20 0 0 2200 2400 2600 2800 3ooo 3400 38oo 4000 4.000 4000 4000 4000
- to 15 20 2 5 3o 35 4° 4ô 5o 5o 5o 5o 5o 5o 5o
- 5o 60 70 80 90 100 too 100 too too too too too too too
- 4° 5 0 60 70 80 90 too too too too too too too too too
- ZOO 3oo 400 50 0 600 600 60 0 600 600 600 600 600 0 0 600 600.
- 6 8 to tz H 16 18 20 zz 24 26 28 30 3o 3o
- 200 z5o 3oo 400 606 600 700 800 900 900 900 900 900 900 9°°
- 46 ZO z5 30 3 5 40 45 5o 55 60 60 60 60 60 60
- ZO z5 3o 35 40 45 50 5 5 60 60 60 60 60 60 60
- 60 80 too 1 zo 140 tôo 480 zoo 200 200 2°<^ | 200 200 200 200
- to iè 20 Z5 •30 35 40 45 5o 50 59 *- 50 5o 5o 50
- .' ,z 3 é S 6 7 8 9 to to to 10 to to to
- 1 2 . 3 . 4 . 5 6 7 8 9 . to to to to to to
- 6 8 10 12 t4 16 . 18 zo 20 20 20 20 zo zo 20
- 8640 to8oo «2900 tSoôo 17220 49380 zt 540 23700 26860 3ot8o 32340 345 00 36660 38820 38820
- Artillerie.
- Suite des Tou? cires, plombs, et leurs accom y>axjnù*rLens
- Huile de ftoix. fQ[Bartqaes.
- Huile de Uft. (2)___; Barques.
- tSilif-_____________[Quinfatvi
- Chandelles. (3).— \Livres...
- Flambeaux de cire.\.........
- Salpêtre............[Livres..
- Soilffre............'iL ivres...
- Charbon de bois blomlQuintaux
- Lampes..............
- Ficelle commun e...\Livres
- Ficelle double............
- Papiergris..........[Rames
- Far chemins. (4)... [Féaux
- Fer-blanc..........Feuille
- Chus d demi picards é...
- Clous a,crochets....[...
- Lanternes chutefetJbuid&^Jc chacune Réchauds de rempart. [....
- Poulies. ($)...........
- CordCUjesjpourlefj>outicj'\Toùes.(6) Fil retord double .(f) [Livres...
- Aiguilles communes... ;.....
- Aiguilles de bourre tiers...
- Petits Maillets .{$)......1.
- Baguettes, (g)..............
- Paires de Cffeaux.(tÔ). .... Balances. (tt.............
- Romaines .(3.2}_____ 1’.......
- Pesons communs.g........
- Tabac. Q^)... . . . . jXitvr&r„
- (j) Chçde noisette pour les lampes, (z) Ou de péîr&ol.(3)ï)e huit à ta livre.QjjPour les cjdrgoufjes. (5jT)e £ pouces de diamètre,g amies de leurs moufles. (6)De lagrofjêur du doigt. Çf)Pour coudre. (8)Pour chaîner les Fusées. Qj)Pour le même ujape .(idsBour couper de la, toile et du -papier. (tî)A.vec des poids pourpejer depuis 3 jus gu a too. (tz)Pourpe/er depuû ioojusgtiàSoti (gfojupojarib g. pipes par jour ai chaque homme, cemiptasvt a chaque. Place 3 mois detenas ;qui étant bien, menace pourra durer d'avantage ; une livre de tabac contient t2opipes d!expérienceJàtteÇgue nous poj’ons pour too a cause du decketjtgzpetitespnpes, ett6o moiennes
- de ViiteneToieittv.it âelm,.
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