Les travaux de Mars, ou l'art de la guerre divisez en trois parties
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- LES
- TRAVAUX DE MARS,
- O U
- L’A RT DE LA GUERRE.
- DIFISEZ EN TROIS PARTIES.
- La première, en&igne la Méthode de fortifier toutes fortes de Places Regulieres &r Irregulieres. La fécondé, explique leurs Conftruélions, félon les plus fameux Auteurs, qui en ont traité jufqu’à prefent, & donne auffi la maniéré de les bâtir. Latroifiême, enfeigne les fonctions de la Cavalerie Si de l’Infanterie, traite de l’Artillerie, & donne la Méthode d’attaquer & de deffendre les Places. Avec un ample détail de la Milice des Turcs, tant pour l’Attaque que pour la DefFenfe.
- Ouvrage enrichi de plus de quatre cens Planches gravées en Taille-douce,
- o
- DEDIEZ AV ROT9
- pAR AI, L A IN MANESSON MALLET*
- Maître de Mathématiques des Pages de la petite Ecurie de Sa Majejlé, cy-devant Ingénieur èr Sergent-Major a Artillerie en Portugal.
- T O M E f R EMIE U.
- Dernicre Edition, revue, & corrigée d’un grand nombre de fautes qui croient reliées dans toutes les precedentes.
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- i / 9 / 9
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- A L A H A Y E,
- Chez HËNRI Van BUIDERÊN ^Marchand Libraire, dans le Pooten, à l’Enfeigne de Mezerat,
- M, D C. XC V I. "
- V E C ¥ \1 V l Ï E G E.
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- AU ROY.
- IRE,
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- Si ma témérité eft aujourd'hui excufable, ceft feulement à caufe que V O S T R E MAJESTE’ a toujours fait fes princi-pales delices des TRAVAUX DE MARS, Qf que je nefçaurois mieux offrir ces glorieux Exercices, qu'au plus in-
- * 3 fati-
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- E P I S T R E.
- fatigable de tous les Conquerans. Toute ïEurope qui admire ceux de V. efi perfuadée que ce que la Fable a dit autrefois des TRAVAUX DE MARS Roj de Thrace y quelle erigea en Dieu, VHiJloire le dira avec bien plus de jufiice, des TravauxdeLO UIS XIV. P. 4M. n en a jamais pris qui n’ayentfervy au repos de fes Peuples, & d la gloire de fon Régné* Lorfque j’artiois l’honneur déporter le zïAdoufquet dans fon Régiment des Gardes , j’appris da?2s cette belle Efvoie les premières Leçons, qui m’ont donné des lumières pour cêt Ouvrageç Et la Paix que Tous âviezjt glorieufement accordée à tant d’Etats y ayant porté ma deftinée en Portugal, auprès du Roy Dom ALPHONSE , Çÿ3 enfuite auprès du Sereniffime P R I N. CE REGENT, quiaujourd’huy remplit dignement le Throne, j’eus alors davantage
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- E P I S T R E. vaut âge de joindre la Pratique aux Idée? quefavois déjà conçues de ce bel ±Art. Au fort du Service ou ma Charge mappelloit, &* du milieu des belles Occasions qui fe pajfoient en ce Pais - là, j’eus lajoye d’entendre le bruit des Conquêtes de V O S-TRE MAJESTE’. Ce fut pour moy une fatisfaction incroyable de les entendre dans une eArmée , compofée de la pluf-part des Nations de l'Europe > où ce récit avantageux de Nos llluflres Travaux nétoît point mendié, Qf où la force de la Vérité l'arrachoit de la bouche de beaucoup d’Etrangers , qui font naturellement jaloux de la gloire de nôtre Nation. Les mou-
- O
- vemens de joye que f en fentis furent aug-mente^par le Traité de Paix entre les Conformes d'Efpagne Qf de Portugal, qui me dégageant honnêtement du fervice où f étois attaché , me donna lieu de courir
- * 4 en
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- E P I S T R E. en France, a deffein de facrifer ma viê four les intérêts de mon Prince. J’eus l’honneur à mon retour > de rendre mes profonds refpecls dVOSTKE MAJESTE’, Qp de recevoir au même temps des marques dô fa libéralité. Mais ayant trouvé que J a modération avoit arrêté faFdleur, Qf donné la Paix à fes Ennemis, j’appli-quay mes foins à mettre au jour en faveur de ma Patrie les Obfervations quefavois faites fur l’Art Militaire. Cpuoy que le Public les ait ajfe^ bien reçues , il faut pourtant avouer quelles étoientimparfaites ; Qf que même il me feroit aujour-d’huy impojfible de les luy redonner plus exaBes, fi je n’avois étudié avec attention les fameufes Campagnes que V O S-TRE MAJESTE’ à terminées depuis ce temps-là avec tant de gloire. C'eft-lâ qu’Elle a donné des Leçons aux plus
- grands
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- E P I S T R E. grands Capitaines de VUnivers : Çffcejl de là que faj emprunté te quily a de meilleur dans le Livre que je Luy viens offrir avec une tre s-prof onde vénération $ toujours prêt à ver fer mon fang pour fon fervice quand Elle niordonnera de joindre les effets aux paroles > comme ejlànt avec un zjle très-ardent tres-jïn-çere,
- SIRE,
- DE VOSTRE MAJESTE’,
- > ,
- Le très humble, tre$-obeï{Tant,&: tres-fidelle ServireurS: Sujet,
- ALLAIN MANESSON MALLET.
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- yJTï <J7} <J& <J\) tifo <J7} UO liQ UQ OO UO <ito U/}
- ««8888058?*“
- <^e^<^C(n<vnvi^C/r>ç*nc*r> v; > c^n c/r* <vr> cp or> ç/n c^r>
- $9?? •??????????????•
- AVERTISSEMENT,
- Servant de Préfacé.
- E nombre des Places que j’ay fait fortifier en Portugal > en Et pagne & ailleurs, m ayant donné une expérience toute autre que celle qui s’acquiert dans les Livres, je fis part au public il y a treize ans de ce Traité de Fortification. Il eut le bon-heur d’agréer aux plus fçavans du Meltier, & d’é-tre en moins de trois années traduit en ilufieurs langues differentes , quoy qu’il : ut bien moins parfait que celuy qui va paroîtredans cette fécondé Impreffion. Je lay enrichy de quantité de nouveaux Traitez , & de plufieurs Maximes & Remarques particulières, que j ay tâché de conformer
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- AVERTISSEMENT.
- former aux excellentes Maximes de Mon-fieur de Vauban Gouverneur de la Citadelle de l’Ifle , & Lieutenant general des Armées du Roy : lès lèrvices & les ouvrages prouvent allez quil eft incomparable en l’Art de fortifier 8c d’attaquer les Places.
- J’ay divifé cet Ouvrage en trois parties. La première contenant la Confiruétion des Places Regulieres, Citadelles 8c Dehors, (oit (ur le Papier , foit fur le Terrain , avec la Méthode de lever toutes fortes de Plans , de les réduire de grand en petit, 8c de petit en grand, «5c de les modeler $ 8c la manière de fortifier toutes fortes de Places irregulieres, & vieilles Enceintes, tant celles qui lont bâties dans les Plaines ou dans les Vallons, finies Montagnes, dans des Marais, que cefi les qui font environnées de Lacs , d’E-ftangs, de Rivières, ou fi tuées fur le bord de la Mer.
- La fécondé Partie donne & examine les diverfès C on A mêlions ou Méthodes de fortifier
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- AVERTIS SEME NT.
- tifïer les Places félon Errard, Marolois, Fritach, Stevin, Dogen, Marchi, Sar-di, De-Ville, Pagan, &c. 8c fait le parallèle de leurs Conftruétions avec celle de l’Auteur, 8c donne auffi d’amples Difc fertations pour & contrelufagedesCaze-rnates, Fauffe-brayes 8c féconds Flancs : avec les differentes maniérés de creufér les Fondemens, de tranfporter les Terres ? d’élever les Remparts , & de bâtir l’En-çeinte 8c revêtiffement des Places & Travaux de guerre.
- La derniere donne les Noms, Char-, ges 8c Devoirs des Officiers d’infanterie, de Cavalerie 8c d’Artillerie , traite des Evolutions anciennes, 8c modernes, eq general 8c en particulier : de 1*Artillerie 8c Fonte des Pièces : de la compofition des Poudres 8c Feux - d’Artifice , 8c des Inftrumens qui fervent ou à la Défenle ou à l’Attaque des Places , Villes & autres lieux : 8c parle de la conduite 8c de la marche des Troupes 8c des Armées, de leurs Çampemens $c de leurs Siegesj enfin de
- 1 Atta*
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- oi F E R T 2 S S Ë ME ÎSTT.
- l’Attaque & de la DefFenlè des Places ; & traite de leurs Capitulations & Redditions', Et enfin donne un Traité de la Milice des Turcs , & de leur maniéré d’attaquer & de deffendre les Places.
- Gomme j’ay remarqué que les Figures inftruifent merveilleufement dans les LL vres de Mathématiques , quand il s’agit d’expliquer les difficultez qui s’y rencontrent principalement dans les Fortifications ; je me luis attaché dans cette fécondé Impreflion à donner quantité de nouvelles Planches gravées tres-proprément-. J’y ay adjoûté des Defïèins correfe pouf lervir de réglés à ceux qui veulent apprendre d’eux-mêmes à deffiner. Les Maximes de la Perlpeétive y font oblervées autant que Font pu permettre la petitefle des Planches & la conduite de mon Sujet Le$ Intelligens y trouveront la dégradation des Figures lêlon leur lointain 5 8c je n’en don-neray qu’un lêul exemple pour répondre à une Objection qu'on m’a faite* Elle eft fondée lùr la Planche 113 . du premier Va*
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- AVERTIS SE MENT
- lume, où Ton prétend que les Figures des Ingénieurs qui vont meforer les Angles C & D, font plus grandes qu’il ne fau-droit. Ce qui foroit vray, fi les Ingénieurs paroiflbient a&uellement me forer ces Angles , mais là diftanee qui eft entre leurs pieds & le pied de la muraille, montre af-lez qu’on a prétendu les faire voir , lors qu’ils marchent pour s’approcher de l’Enceinte, dans une adion qui marque ce qu’ils y vont faire.
- Je fuis encore obligé de dire un mot touchant la juftefle & la fidelité des Plans qui font icy. On s’étonnera peut-être d’en voir qui reprefenteront un Dehors de plus ou de moins, qu’il ne s’en rencontrera d’icy à quelques années aux Places qu’ils figurent. Ce changement viendra de la prudence d’un fage Gouverneur, qui raffine inceffamment for la Fortification de là Place , & ne touche pas feulement aux Dehors, mais encore à l’Enceinte principale, quand il le juge à propos. J’ay levé moy-même la plulpart de ceux qui
- font
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- FER TISSE MENT.
- font dans cet Ouvrage , les autres mont été obligeamment communiquez par les plus habiles Ingénieurs du temps $ & il eft à croire qu’ils y ont oblervé toute la jufteflè poflïble,
- TABLE
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- TABLE
- <
- DES
- CHAPITRES
- Contenus dans le Premier Tome DES
- TRAVAUX DE MARS,
- O U
- L’ART DE LA GUERRE.
- LIVRE PREMIER. De la ConftruÏÏion des Places. Chapitre Premier.
- Du dcflein de l’Autheur , & de l’origine de la Fortification Ancienne & Moderne. Page i
- DE F Origine de la Fortification.
- Observation.
- Ch a-
- OC t'*
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- Table des Chapitres-Chapitre II.
- De la connoiflànce des Lignes, Angles, Triangles , & Figures neceflàires pour la Fortification. Avec le moyen de faire plusieurs Echelles & Demi-Cercles pro-»
- ' près à la conftrudion des Places. p
- Elemens de Gcometrie necefaires à la Fortification. 10
- Des Points & Lignes. * là-même.
- Des Superficies, Termes 3 & Figures. i a
- Du Cercle.' 14
- Des Angles. 16
- Des Triangles. 18
- Des Figures de quatre cotcg. 20
- Des Figures des plufieurs cotc%. là-même.
- Méthode de tracer les Lignes parai Ides. 22.
- Méthode pour tracer les Lignes perpendiculaires. 24
- De la divijion des Lignes droites, ou de la CunjlruBion des Echelles. là-même.
- Maniéré de divifer des Lignes droites en parties égales , par le moyen du Compas de proportion. 28
- ConftruBion du Rapporteur ou Demi-Cercle. 30
- Ufage du Rapporteur ou Demi-Cercle pour connoître l'ouverture d'un Angle ReBiligne. 3 a
- Méthode de décrire fur une Ligne déterminée ou non déterminée, une Circonférence pour y infer ire & marquer autant de Polygones réguliers que l'on defirera. 34
- Méthode pour faire une Circonférence & y inferire autant de fois que l'on voudra une ligne donnée & terminée. 36
- Maniéré de divijer une Circonférence enparties égales par le moyen du Compas de proportion & des Réglés de /’ Arithmétique. 38 Manière de divifer une Circonférence en parties égales par le moyen du Compas de proportion, Jans Arithmétique. 46
- Méthode de décrire une Circonférence qui pajfe par trois points don-ne%. 42
- Pour trouver le centre inconnu d'une Circonférence. là-même.
- Tom. I.
- * *
- Ch a
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- Table des Chapitres;
- Chapitre II T« Définition de la Fortification.
- 45
- Divifon de la Fortification. 46
- De la Fortification en particulier. 4^
- t>e Plchnographie, ou Plan. Des Noms, des Lignes l? autre?par* ties qui entrent dans la Defcription des Placer.
- Des Angles qui entrent dans Plchnographie ou Description des Places. J4
- Plan, ou Defcription Ichmgraphique d’une P lace reguliere accompagnée de Dehors. f 6
- De POrthographie, Profil, ou Reprefentation de la hauteur des Ter-rafles, <£r des largeurs & profondeurs des Foflcg. 6o
- De la Scénographie, ou dénombrement dès principaux corps dyOuvrages parfaits, & injlrumcns achevé^, qui fervent à la âé-fenje des Places. 64
- De la Scénographie , ou Dénombrement des pr incipaux corps a Ouvrages parfaits, 4d desinf rumens achever qui fervent à P attaque des Places. 6 S
- Chapitre IV.
- De la conftru&ion des Plans en general 9 & particulièrement du Plan des Places regulieres. 75
- Des Noms que reçoivent les Places regulieres à raifon de leurs Cote% & de leurs Angles. 74
- De Pufage des Plans en générât. 76
- De Pufage particulier des différent Polygones. 78
- Maximes generales de la For tifi cation régulière. 80
- De la Fortification de P Hexagone ou Figure dejïx côte%, félon les Règles ordinaires. - 82
- De la ConfiruBion de P Hexagone ou Figure de lix coter, félon les Règles de P Auteur. c 84
- Méthode' de mefurer les longueurs des Lignes qui forment mi Plan. ‘ 84
- Remarques fur la portée du Mottfquct. 88
- Méthode
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- Table des Chapitres.
- "Méthode pour connaître Couverture des Angles d’un Plan. 92/
- ConflruBion des Faujjes-brdyes* 94
- Chapitre V.-
- Conftru&ion des Remparrs, Parapets yRuës 9 Places d*A& mes, Foflez, Chemins-couvercs.& Glacis. 97
- ConflruBion des Remparts, Parapets y Portes & Fojfe% des Placés régulier es. 9 S
- ConflruBion des Chemins-couverts èT Glacis. 300
- ConflruBion des Places d’Armes, Rfies èr Maifons dts Places Régulières . 103.
- Plan d'une Figure reguliere achevé [don les Règles precedentes , avec la maniéré de rsprejènter le Fojfé Jec , ou plein d’eau.
- 304
- Remarque fur le fojfé que l’on fait au pied du Glacis* 106
- Chapitre VL
- ê
- î)e la Conûriv^ion des Dehors^ X05*
- CfrtflrnBion des Ravel ins,- iïo
- ConflruBion des Demi* lunes» I ï a
- Plan d’une Place reguliere, fortifiée deRavelins y Demi-lunes# ère. / 314
- ConftruÜion des Ouvrages à Tenailles , fimple éf double. 116» ConflruBion des Qiicuîls d’Ironde, èf des Bonnets à Prêtre* liS»
- ConflruBion des Ouvrages à Ccrms. 1ZO
- ConflruBion de ta Corne à double Flanc. 122i
- ConflruBion de la Corne Couronnée. llrp
- Remarques fur les longs cote% des Quvrdges â Tenailles, des Qucud d’Ironde , des Bonnets à Prêtre des Ouvrages â Cornes'. ï 26
- Remarques fur les Têtes des Ouvrages à Tenailles ; des Queues d’Ironde; des Bonnets à Prêtre & des Ouvrages à Cernes* 3*28 Con'lhuftkn des Ravel ins ou Demi-lunes à contre-gardes, 2 3©
- * * 2 C #!*•
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- Table des Chapitres; ConjhuBion des Ouvrages à Couronne. Remarques fur les Ouvrages à Couronne.
- T)es Couleurs & Enluminures des Elans .
- 13*
- 134
- 136
- Chapitre VIT.
- De la Conftru&ion des Citadelles.
- De Cufage des Citadelles. là-même.
- ConflruBton des Citadelles à quatre Bafiions. 142
- ConflruBion des petites Citadelles à quatre Baflions. 144
- ConflruBion des Citadelles à cinq Bajlions. 146
- ConjhuBion des petites Citadelles à cinq Bajlions. 148
- ConflruBion des Citadelles que Con élevé hors Cenceinte des Vtl-1er. ISO
- Remarques fur la ConJlruBion des Citadelles que Con éleve hors Cenceinte des Villes. 15*2
- Chapitre VIII.
- De la reprefèntation des Plans fur le papier 5 avec l’élévation, & la maniéré de les mettre
- en perfpe&ive. 155
- Méthode pour donner les hauteurs aux Bajlions d’un Plan félon la PerfpeBive Cavalière. I $6
- Méthode de donner les hauteurs aux Remparts, Parapets & Fofje^, d’une Place dejjlnée fur le papier. 1^8
- Préceptes pour donner leTalùs aux parties d’un Plan, élevé félon la.
- perfpeBive Cavalière. 160
- Méthode de mettre unPlan en pcrfpeBive félon les réglés de la per-fpeBive ordinaire. I fa
- Remarque fur la Méthode de mettre les Plans en perfpeBive vnhrai-rc. î 64
- Re flexion fur les plans éleve%, éjr mis en PerfpeBive. 166
- Méthode de donner les jours & les ombres aux corps élevez• 168
- Me: ho-
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- Table des Chapitres.'
- Méthode de donner les jours & les ombres à un Plan reprefenté avec élévation fur le papier. I 70
- Chapitre IX.
- De la Méthode de modeler les Plans.* 175
- Maniéré de modeler un Plan avec de la terre à potier. 174
- De la maniéré de modeler les Dehors. 176
- De la Metbode de jetter en moule les BaJlions& autres Ouvrages modelé178 Méthode de reprefmter avec dubois un Plan en Relief. 180
- Chapitre X.
- De la Conftru&ion des Places (îtr le Terrain. 18 j
- Des inflrumens quifervent à tracer P enceinte des Placesfur le Terrain. 184
- Méthode de tracer dei Circonférences fur le Terrain. i 86
- ConJlruBion des Places régulier es fur le Terrain par le moyen de leur Echelle. 188
- ConJlruBion fur le Terrain des Places regulieres, defquelles <tn ne peut avoir le centre. 19°
- Méthode de tracer fur le Terrain les Bajlions des Places regulieres.
- Méthode de tracer f ir le Terrain les Rgmparts & les Fofeç. 194 ConJlruBion des ïÿvelins & demi-Lunes fur le Terrain. 196
- Cha
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- Table des Chapitres;
- Chapitre XI.
- pe la maniéré de lever les Plans pour les reprefênter
- fur le papier. i?5>
- "O es injlrumens qui fervent à lever les Flans, & les rapporter fur le papier. 200
- Méthode de cormoxtre la longueur des cotes* & les ouvertures des Angles , foit par le dehors » ou par le dedans d’un lieu pro-pofé. 202
- Méthode de mettre au net fur un papier le Plan d’une maifon, dont on connaît les cote% if les Angles. 2,04
- Maniéré de lever le flan des Hameaux , Villages & autres Imitations qui n’ont point d’enceinte. 2C6
- Méthode de tracer fur le papier le Plan des lieux qui n’ppt point d’enceinte. 210
- Méthode de lever le Plan d’une Placefortifiéc. 212
- M-tthode pour connaître la longueur des côtc% lût P ouverture des angles , des lieux dont on lève les Plans, lorfjue leurs côte% & leurs Angles fe trouvent rompus. 214
- Méthode de lever les Plans avec la Pouf oie. 216
- Méthode de le ver le P landes Villes ennemies. 218
- Méthode de lever le Plan d’un païs, en mefurant la dijlance d’un
- lieu a l’autre.
- 220
- Méthode de lever le Plan d’un païs dont l’entrée n’efî pas libre, & de mefurer les difiances d’un lieu à un autre. 222
- C H A-
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- Table des Chapitres^
- Chapitre XII.
- Des Méthodes qu’il faut tenir pour copier lp$ Plans, Sc les réduire proportionnellement de grand en petit,
- & de petit en grand. 215
- Méthode de copier les Plans par le moyen du treillis. 226
- Méthode de copier un Plan en le calquant par le moyen d’un papier huilé. 229
- Méthode de copier un Plan par le moyen d’une feiiille de colle de poiffon. 230
- Maniéré de copier les Plans par le moyen de la vitre. 231
- Méthode de copier un Plan en le pic quant. là-même.
- Méthode de copier un Plan Jclonfd véritable grandeur, ou bien en plus grand ou plus petit volume, Jelon les principes de la Geor
- metrte.
- VJ*?
- 4
- L IFR B
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- Table des Chapitres.
- LIVRE SECOND.
- De la Fortification Irreguliere.
- Chapitre Premier.
- Des avantages & defavantages des Places fortifiées ou à fortifier , avec les maximes & les noms des principaux ouvrages qui font particuliers à la Fortification Irreguliere. 235,236.238. 240.&242
- Maximes de la Fortification Irreguliere. 244
- Noms des principales pièces qui fervent dans la ConflruBion des Places Irrégulier es. * 246
- Chapitre II.
- Des Principes generaux, 6c de la Conftru&ion des Places Irregulieres, tant avec enceinte que {ans enceinte, &
- premièrement des moyens cotez. 249
- Méthode pour fortifier une Place Irreguliere. 252
- Méthode pour fortifier une Place Irreguliere qui n'a point encore d'enceinte. 254
- ConJlruBion des Pçmparts, des Parapets, des Foffe%, des Chemins-couverts , èr des Glacis des Places Irregulieres. 256
- Méthode d'ordonner les Places d'Armes 3 les Marahes' & les Rjrüs des Villes Irregulieres. 258
- Méthode de conjîruire ou placer les portes des Villes Irregulieres. 260
- Méthode d'élargir ou de diminuer les Angles d'un Polygone. 262
- Cha-
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- Table des Chapitres»
- Chapitre III.
- Delà Méthode de fortifier les PlacesIrregulieres qui ont de longs cotez & un grand circuit.
- M ctbode de fortifier les P laces Irregulieres qui ont quelques cote% capables de recevoir un Bajlion Fiat. 266
- Méthode de fortifier les Places Irregulieres , qui ont quelques côte % capables de recevoir plufieurs Bajltonsplats. 270
- Remarques fur la Fortification des longs côtejç, qui. peuvent être prolonge% o« retranche4. 272.
- Méthode de fortifier les Villes en fe fervant de leurs anciennes, enceintes, J'uppofant qu'ilfoit libre de les aggrandir ou retrejftr en quelque partie. 2,74
- Méthode de fortifier les Villes fur l'enceinte des vieilles murailles. 2,76
- Rewwr-ÿtftt/tt»: /« BaJHons plats.* 278
- Méthode de fortifier les longs côte% qui forment des Angles aigus. 2.8.0
- Méthode de fortifier les longs côte% qui forment des Angles, rentrant. 2,84
- Méthode de fortifier les Villes quife font aggrandies. 28 6
- Méthode de fortifier les Villes d'une nouvelle enceinte, en y enfermant l'ancienne. 288
- Chapitre IV.
- De la Méthode de fortifier les Places Irregulieres qui ont de petits cotez, en ligne droite ou en ovale. 291
- Méthode de fortifier les P laces Irregulieres, qui ont quelques petits cotez, qui pris enjemble peuvent être défendus par des Baf-tions. • 292
- Méthode de fortifier les Villes dont on ne peut augmenter ni diminuer le circuit, ni meme travailler fur leurs enceintes. 294
- Methe-
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- Table des Chapîtfres,
- Méthode defortifier les V laces où fort nef eut rtcn augmenter ni ds-mimer, ni même travailler Jur leurs enceintes. 296
- 'Méthode de fortifier les Villes qui ont quelque partie de leur enceinte en ovale. 298
- Méthode de fortifier fienceinte des Villes de Figure ronde. 300
- Chapitre V.
- Des Villes limées dans les Plaines & dans les Marais. 3 05
- Méthode defortifier les Villes fttuées dans les P laines. 304
- Méthode de fortifier les Villesfuuée s dans les F laines, & dont les foffe% font extraordinairement larges. 306
- Méthode defortifier les Villes fituées dans les Marais. 30S
- Méthode de fortifier les Avenues if Chemins-creux y qui fe rencontrent -proche des Villes* 3 ïo
- Remarques fur les Demi-Lunes détachées. 312
- Méthode de fortifier les Villes ftiiésr dans les Plames , quifont commandées (fiune hauteur ou de p/ujieurs. 314
- Méthode de fortifier les Villes fttuées dans lés Fiâmes y ou le Terrain ejl fort peu inégal. 3 i6
- Méthode acfortifier les Villes lors quyon ne peut s’étendre au delà de leurs Glacis* 318
- Méthode de fortifier les Villes fituées dans les F laines,mais entourées de Cavains, Fondrières & petits Lacs. 320
- Chapitre Vl.
- Des Villes limées fur les Montagnes.- 323
- Méthode de fortifier les Villes fit nées fur lefommet des Montagnes. 324
- Méthode de fortifier les petites Villes if les ChâteauxJrtue% fur les Montagnes. 326
- Méthode ae fortifier les Villes bâties fur le Roc. 32$
- Méthode de fortifier les Villes bâties fur des hauteurs quifont environnées de F laines. 330
- Méthode
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- Table clés Chapitres.
- fdethoie de fortifier les Villes bâties en partiefurie penchant, if eft partie au pied des Montagnes; 332
- CHAPiTRE VII.
- Des Villes fituées fur le rivage des Mers & des
- Rivières. 335
- Méthode de fortifier les Vides fituécs fur un Rot? bordé de la Mer. 3345
- Méthode de fortifier le rivage des Villes fituées proche de la Mer.
- 33S
- Méthode de fortifier les Parts de Mer. 340
- Méthode de fortifier le côté des Villes fituées far le rivage de quelque Lac. 34 z
- Méthode de fortifier les avenues if les defeentes des Rivières qui paient dans une Vide ou auprès. 344
- Chapitre VIII.
- De la Conftru&ion des Citadelles Irregulieres. 347
- ConfiruBion des Citadelles Irregulieres fituées dans un plat pais.
- • . 34S
- ConfiruBion des Citadelles Irregulieres fituées fur quelques hauteurs proche de s Grandes Vides. 3 JO
- ConJlruBion des Citadcdes Irregulieres fituées proche des Villes JVl/t-ritimes. 3 JS
- Chapitre IX.
- Des Forts de Campagne, & de leurs Lignes de
- communication.
- 355
- 35 6 M ethi-ie
- Noms des differents Forts de Campagne.
- Méthode de fortifier les Forts de Campagne en "triangle.
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- Table des Chapitres*
- Methoie de faire un Fort À Etoille. 360
- Méthode de fortifier un Quart é. 3 62.
- Metbode defortifier un Quart é~ long. 364
- ConftrttBion des Redoutes. 366
- Des Forts détache4. 368
- Méthode de fortifier les Commandement qui fe rencontrent proche des Villes. 370
- Méthode défaire des Lignes de communication, qui répondent des Villes aux Forts. 372,
- Fia de la Table des Chapitres*.
- LES
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- LE S
- TRAVAUX DE MARS,
- ou
- L’ART DE LA GUERRE.
- LIVRE PREMIER.
- De la Conftru&ion des Places.
- Chapitre Premier.
- Du dejjein def Auteur -, & de VOrigine delà Fortification Ancienne & Moderne.
- Ans certe nouvelle Edition des Travaux de Mars nous ajoûterons un grand nombre d’inftruârions fingulieres , ôc de pratiques . nouvelles qui ont efté fouhaitées dans rîm-preffion precedente : parce qu’en effet elles ne font pas feulement neceflàires à l’Art de Fortifier, mais encore à toutes les parties du l’Art Militaire ; comme il fera facile d’en juger par le projet que nous allons donner de cét Ouvrage.
- Nous le diviserons en trois Volumes; & chaque Volume en deux livres.
- Dans le premier livre, nous donnerons les termes & les définitions des Lignes, des Angles & des parties qui entrent dans la conftru&ion des Figures ôi des Places qu’on veut mettre en état de défenfo : & nous enfoignerons à décrire & à fortifier 4es Places Régulières félon la Me-Tome I. A thode
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- z LES TRAVAUX DE MARS,
- diode que nous avons introduite, & à laquelle nous nous femmes déterminez.
- Dans le fécond livre, nous expliquerons la maniéré de fortifier les Places Irregulieres, quelque bizarre que puif-fe être leur enceinte & leur fituation.
- Le troifiême livre expliquera les raifons de nôtre Méthode, que nous comparerons avec celle de nos plus célébrés Autheurs, après les avoir toutes déduices & exa-minéesà fond.
- Le quatrième, enfeignera l’ufàge des Inftrumens & des Matériaux qui fervent à l’Elévation des Remparts 6c Parapets des Villes, &c.
- Le cinquième, traitera des Evolutions nouvelles, ain-fi qu’elles fe pratiquent dans les Armées du Roy 5 & en-fèignera l’ufàge de l’Artillerie, des Bombes, des Car-canes & des autres Machines à feu.
- Le fixiême, s’étendra fur la Marche des Troupes, fur l’ordre des Batailles , fur l’attaque & défenfè des Places ; & donnera un petit Traité de la Milice des Turcs.
- De l'Origine de la Fortification.
- L’Hiftoire ne nous apprend point le nom de celuy qui a inventé l’Art de Fortifier j & l’on peut préfumer que dans les premiers fîecles la prudence & la neccffité mirent cet art en ufa-ge. Lorfque les hommes n’avoient encore que des habitations champeftres, & que pour toutes richeffes ils ne pofîedoient que des Troupeaux, ils firent desJEnceintes compofées de troncs & de branches d’arbres mêlez de terre, pour s’afïurer contre l’avidité & la violence de leurs voifins. Ceux qui ont traité de la Fortification avant nous, ont déjà reprefenté le mefme: Exemple A.
- Enfuite l’injuftice &l’infolencedeshommesvenantàs’aug-menter, les plus pacifiques s’affocierent, & abandonnant les campagnes, bâtirent des Retraites, qu’ils nommèrent Villes, les environnant de murailles pour s’afïurer contre les furprifes : Exemple B.
- Mais pour refîfler aux efforts auffi bien qu’aux furprifes des ennemis ,
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- 4 LES TRAVAUX DE MARS,
- nemis, ils élevere.nt de petites murailles ou parapets au deffus des plus greffes, derrière lefquelles petites murailles ou parapets ils affuroient l’execution de leurs flèches, en fe couvrant contre celles du party contraire, & s’oppofoient à fes approches : Exemple C.
- .Apres cela, pour faciliter l’effet de leurs flèches, ils pratiquèrent des ouvertures ou Créneaux, de diftance en diftance , dans ces petites murailles ou parapets.: Exemple!).
- Ce fut alors une conteftation continuelle entre l’affiégeant & l’affiégé, pour voir à qui fe furmonteroit plutôt par l’induftrie que par la force. Ainfi l’affiégant, pourfeprecautionner contre les Créneaux, fe couvrit de boucliers & de rondaches, qui îuy donnèrent moyen de gagner en feureté le pied de la muraille , & d’y monter avec des Echelles : Exemple E.
- Et pour détruire cette muraille, l’affiégeant inventa des Béliers ou machines de bois, fortifiées de fer, qui étant fufpen-duès, & puis poufïées à force de bras, battoient la muraille avec impetuofité , y faifoient brèche, & favorifoient l’affaut qu’il y donnoit : Exemple F.
- Les affiegez cherchant un remede contre ces machines, bâtirent le pied de leurs murailles en talus, de forte que le coup du Belier venant à glifler le long dé cette pente, perdoit de fa force, & devenoit fouvent inutile : Exemple G.
- Mais parce que l’affiégeant, fans le fecours du Belier, pou-voit brifer la muraille à coups de pic, de marteau & de fem-blables inftrumens, les affiégez firent avancer en faillie le parapet de la muraille ; & dans le deffous de l’Avance, pratiquèrent des ouvertures appellées Mâchicoulis, propres à jetter des pierres ou des feux d’artifice fur la tête des affiégeans; & par ce moyen ils remedioient à la fappe ou rupture de la muraille : Exemple H de la Figure i.
- L’affiégeant pour favorifer fes approches &fepofter au pied des murailles malgré le fecours des Mâchicoulis, inventa pour principales machines des Galeries mobiles faites de bois,montées fur des roues & couvertes endos d’ane : fous cét Abry ils fài-foient jouer leur Belier en toute fureté contre le pied des murailles qui n’eftoient point en talus, ou bien ils s’en fervoient pour couvrir ceux qui étoient commis pour la démolition des murailles : Exemple I.
- L’affiégé pour obftacle à ces Galeries, s’avifa d’environner d’un foffé tout le circuit de.la Place; & par cette profondeur s’oppofoit utilemenr à l’approche des machines : Exemple K.
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- Les affiégeans cherchèrent le moyen de combler les foflèz en fureté, malgré l’obftacle de ceux qui étoient derrière les Créneaux & Mâchicoulis, & pour ce fujet, ils inventèrent plufieurs machines, propres à lancer des pierres fur les deffenfes de la Place.
- Jufques alors l’enceinte des murailles & du Rempart avoit efté conduite en ligne circulaire, ou bien en plufieurs lignes droites, qui formoient feulement des Angles faillans j ce qui neanmoins défendoit mal le dedans duFoffé, &n’empêchoitpasquel’af-liégeant ne le comblât. C’eft pourquoy les affiégez s’aviferent de conduire ces Enceintes par des Angles rentrans & fortans, qu’on a depuis appeliez Redans: Exemple M.
- Il eft vray qu’avec ces avances & ces retraites le foffé eftoit mieux flanqué qu’auparavant, mais il y avoit toujours au pied de l’angle rentrant un efpace que les Traits des affiégez ne pou-voient défendre àcaufe de leur hauteur : Comme il eft évident par l’exemple N.
- Pour y remedier, les affiégez inventèrent l’ufage des Tours, & à chaque angle faillant ils en élevoient une qui découvroit & défendoit l’angle rentrant : Exempl e O.
- Comme le tir & le cours dç la flèche fe fait en ligne droite, & que la convexité des Tours rondes ne pouvoir être veuë ni flanquée félon unelongueur, on s’avifa de faire des Tonrs quarrées, qui n’étoient proprement que des angles faillans. vers la campagne : La diftance d’une Tour à l’autre eftoit de la portée d’une flèche j & fur cette mefure on en bâtifloit autant que la longueur de chaque muraille en pouvoit contenir, de forte qu’il n’y avoit aucune partie de l’enceinte qui ne fût défendue: Exemple P.
- Enfuite le peid de ces Tours fut environné d’un petit chemin, qui eftoit couvert d’une muraille, pour empêcher la defeente dans le Fofîe j & c’eft ce qu’on a depuis nommé Fauflêbrayé : Exemple Q.
- Les affiégeans voyant que ces Tours leur difputoient l’approche des murailles, s’aviférent d’élever auffi des Tours plus hautes , qu’ils bâtifîoient fur le bord extérieur du fofîe, qu’on appelle Contrefcarpe : De ces poftes élevez ils découvroient l’af-fiégé dans fes Tours, l’en chafloient à coups de pierres, deflé-ches, de dards & d’autres machines, tandis qu’ils commandoient des foldats détachez qui venoient efcalader ces murailles, & qui s’en rendoient les maiftres.
- Cette maniéré d’attaquer & de détendre les Places continua,
- jufqu’à
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- OU L’ART DE LA GUERRE. ?
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- 8 LES TRAVAUX DE MARS;
- jufqu’à ce qu’en l’année 1378. ou 1380. Bertholde Schwart Cordclier, trouva le fecret de la poudre à canon, quoy que plufieurs afllirent que l’invention en eft dûë aux Chinois. Auffi-tôt chacun rechercha les differens ufages où la poudre pouvoir être employée ; on inventa le moufquet & enfuite le canon. Alors on changea la maniéré de fortifier les Places, en donnant d’abord plus de folidité ou d’épaififëur aux Remparts & aux Tours. Puis les affiégez ayant remarqué que les Tours rondes, & même les quarréesavoient toujours quelque endroit qui.n’é-toit point vu au corps de la Place j & que les Mineurs des Af-fiégeans y pouvoient conduire leur travail fanscraindrelefeu de la Place : on changea la figure de ces Tours, en les faifant terminer en longue pointe vers la campagne, ce quimettoitl’affié-geant à découvert j on diminua la hauteur de ces tours, on augmenta leur folidité, & on laiifa à découvert le Terre-plaïn qu’elles enfermoient, dont plufieurs eftoient fous des voûtes. En cét état on les nomma Battions, on y logea une partie de la garnifon dans des corps de gardes, & on y plaça les pièces qui battent la campagne ; ils font reprefentez de la lettre R.
- Obfervation.
- ON remarquera que la plupart des Figures des Profils, des Villes, & des Payfàges, que nousavonsmifesaubasde nos Planches, n’y ont efté gravées que pour fervir d’embellilfe-ment, & faire naître à la jeune Noblefle le defîr d’apprendre àdeffiner; d’autant que dans la Fortification, ledefleinn’eft pas feulement d’une bien-feance cavalière, mais encore d’une aecefîltéabfoluë.
- Cha*
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- OU L’ART.DE LA GUERRE.
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- Chapitre I. .
- De la connoijjance des Lignes Angles j Trian-
- gles , & Figures neceffaires pour la Fortification.. lyLvec le moyen défaire plufieurs Echelles & Demy-Cercles propres à la confiruffion des Places.
- DE tous les Chapitres de ce Volume, celui-ci me paroît un des plus neceflaires ; puifqu’aprés avoir nommé les differentes efpeces de Lignes, d’Angles, & de Figures Géométriques qui entrent dans la Fortification,' il donne les moyens de conftruire les Echelles & Demi-cercles dont on a befoin dans la pratique de cét Art.
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- i© LES TRAVAUX DE MARS»
- Elcmcns de Géométrie neceflaires à la Fortification,
- Des Points , Lignes.
- ^jTÔus emprunterons d’Euclide laplûpartde ces Définitions. •-N Le point eft ce qui n’a aucune partie. Cecy définit le point Mathématique. Car les Géomètres en établiffent deux, un Mathématique , & l’autre Phyfique. II ajoutent que le point Mathématique eft purement intellectuel > tel que feroit celuy que l’imagination conçoit dans la région de l’air, lorsque nous y portons un rayon vifiiel. Le point Phyfique eft celuy qui eft fenfible & materiel, & qui eft reprefenté actuellement par une pointe de compas, ou par une ponctuation de la plume ou du crayon .* Exemple À.
- Ligne eft une Longueur fans Largeur. Les Géomètres éta-blifteut deux fortes de lignes , auffi bien que deux fortes de Points; &difent, qu’il y en a une Mathématique ou intellectuelle, & une Phyfique ou materielle. L’intelle&uelle eft celle que nous avons definie, &l’onconnoît qu’elle eft produite par l’écoulement d’un point Mathématique ; ainfi le rayon de veuë n’a rien de fenfible ni de materiel. Mais la ligne Phyfique eft celle qui par un cordeau ou par un trait de plume ou de crayon reprefente la Mathématique : Exemple B.
- Il y a deux fortes de lignesPhyfiques ou materielles : La ligne droite, & la ligne courbe.
- La ligne droite eft celle qui eft également étendue entre le point qui la commence, & le point qui la termine : Exemple C.
- La ligne courbe eft celle qui n’a pas cette égalité d’extenfion \ 8c de qui le premier point ne couvre pas tous les autres qui font compris jufqu’au dernier : Exemple D.
- Lignes Parallèles font celles qui eftant fur un même plan ou fuperneie, confervént toujours entr’elles une même diftance ; ou qui eftant prolongées à l’infini ne fe rencontreront jamais .‘Exemple E.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, it
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- 12 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Superficies, Termes 5 Cr Figures.
- çUperficie eft ce qui a Iongeur & largeur fans aucune profon-deur. Les fuperficies font parfaitement reprefentées par les Ombres 3 car l’étcnduë d’une ombre marque une longueur de largeur fans profondeur: Exemple F.
- Il y a plufieurs fortes de Superficies, à fçavoir, la plane ou platte : Exemple G.
- La convexe : Exemple H.
- Et la concave : Exemple I.
- La Superficie plane eft celle qui eft également étendue entre les lignes qui la terminent; onia peut reprefenter parle deffus d’une feüiïïe de papier bien étendue, ou par le defîiis d’une table bien applanie.
- La Superficie convexe eft celle qui environne & termine un corps arrondi, &peut être reprefentée par la partie extérieure d’un globe, ou d’une boule.
- La Superficie concave eft celle qui termine intérieurement un corps arrondi, quand il eft creux. Elle eft reprefentée par la fuperficie intérieure d’une voûte, ou par le dedans d’une calotte.
- Terme eft l’extremité de quelque chofe. Ainfile point qui commence une ligne & le point qui la finit, font les termes de la même ligne : Pareillement les lignes font les termes de la Superficie. Ainfî les Lignes ou l’extremité d’une Table font les Termes de la Superficie reprefentée par le defliis de la table.
- Figure plane cft celle qui eft contenue fous un terme ou fous plufieurs termes. La Figure plane dont il eft ici queftion, ne peut mieux être reprefentée que par la furface de l’eau contenue dans un baffin qui feroit calme ; car fi cette furface eft terminée par une enceinte dont le trait foit circulaire, la figure eft contenue fous un fenl terme ; mais fila furface eft bornée par une enceinte dont le trait foit de deux, de trois ou de plufieurs autres lignes, la figure fera contenue fous deux, trois ou fous plufieurs autres termes : Exemple K, & L.
- L’on* remarquera qu’il n’y a jamais défiguré plane contenue fous deux lignes droites, car deux lignes droites n’enferment pas un efpace.
- Outre la figure plane il y a la figure folide, M, c’eftàdire, un corps qui a longueur, largeur & profondeur ; un Dé à jouer donnera l’idée d’une figure folide reguliere; car chacun de fes cotez eft égal à l’autre, & fa longueur, fa largeur & fa profondeur font auffi égales. Bu
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- 14 LES TRAVAUX DE MARS,
- Du Cercle.
- CErcIe eft une figure plane contenue’ (bus une ligne courbe, qui eft appellée Circonférence, & qui en toutes Tes parties eft également éloignée d'un point pris au milieu du Cercle. .Ce point s’appelle Centre. La lettre A marque la Circonférence ; tout l’efpace qu’elle renferme eft le Cercle, qui eft ici ombragé, & B eft le Centre.
- Arc de Cercle C, eft une partie indéterminée de la circonférence, c’eft à dire, tantôt une petite partie, tantôt une grande.
- Degré E, eft un petit Arc qui fait la trois-cent-fôixan-tiême partie d’une circonférence. Car, en general, chaque circonférence de Cercle, grande ou petite, eft di-vifée en trois-cens-foixante degrez , & chaque degré eft divifé en Ibixante parties, appelléesMinutes, &c.
- Diamètre du Cercle F, eft une ligne droite qui pafle par îe centre & fe va terminer aux points oppofez de la circonférence , divifànt le cercle êt la circonférence chacun eii deux parties égales.
- Demi-diamètre ou Rayon G, eft une ligne droite tirée du centre à la circonférence du cercle.
- Demi-cercle H, eft une figure comprife par un Diamètre & par un Arc de 180. degrez, qui font la moitié de la circonférence.
- Quart de cercle I, eft une figure comprife par deuxde-mi-diametres, & par un arc de po.degrez, qui font le quart de la circonférence.
- Corde ou fbutendante dans un Cercle, K, eft une ligne droite qui, fans palier par le centre , fe termine à deux points de la circonférence. Ainfi il y a la corde de 20. ou de 30. degrez, lorfqu’elle porte un arc de20, oude50, ou de plus ou de moins de Degrez.
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- i6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Angles.
- ANgîe plan eft^l’inclination de deux lignes qui fe rencontrent en un point fur un même plan : Exemple A. Le point où lè forme l’Angle eft appelle Point Angulaire.
- Angle folide (comme nous l’entendons ici) eft celui qui eft formé par la'rencontre de deux fùperficies planes : Exemple B.
- Les définitions fuivantes ne regardent point l’angle fo-ïide ; elles appartiennent aux angles plan s.
- Angle Reétiligne eft celui qui eft fait de deux lignes droites: ExempleC.
- Angle Circulaire, ou Curviligne , eft celui qui eft fait par le concours de deux lignes courbes : Exemple D.
- Angle mixte eft celui qui eft fait par la rencontre d’une ligne droite & d’une ligne courbe : Exemple E.
- Angle droit eft celui qui eft fait par une ligne qui tombant lur une autre ligne n’incline & ne panclie pas plus d’un côré que d’autre ; de forte que les Angles formez de part & d’autre, font égaux entr’eux : Exemple F. Et quand deux lignes tombent ainfi l’une fur l’autre, elles font appelles Perpendiculaires; &par les Artifàns Lignes à Plomb, ou Lignes à l’équerre: Exemple G.
- L’ouverture des Angl« eft meforée Ôc déterminée par des arcs de cercle : Ce qui nous a obligé à définir le cercle, avanr que de définir l’angle.
- Angle droit eft celui qui eft mefuré par un arc de 90. de-grez , qui forme un quart de cercle: Exemple H.
- Angle obtus eft celui qui eft plus grand qu’un droit, & qui eft mefuré par un arc de plus de 90. degrez: Exemple I.
- Angle Aigu eft celui qui eft plus petit qu’un droit, 8c qui eft meforé par un Arc moindre que 90. Degrez.
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- Tôm.I.
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- iS LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Triangles,
- T Riangle A, eft une figure qui a trois cotez qui forment trois angles.
- Le Triangle fe confidere ou félon les cotez, ou félon lès Anglesj & fur cette diverfité il reçoit fix noms differens. Les trois premières définitions le confidereront félon les cotez, 8c les trois autres lèlon fes angles.
- Triangle Equilatéral eft celui qui eft formé par trois lignes égales: Exemple B.
- Triangle Ilolccle eft celui qui à deux cotez égaux : Exem-pleC.
- Triangle Scalene eft celui qui a les trois cotez inégaux : Exemple D.
- T riangle Reétangle eft celui qui a ùri:arigle droit ; & pour lors chacun des deux autres angles eft aigù : Exemple E.
- Triangle Ambligone eft celui qui a un angle obtus$ & pour lors chacun des deux autres angles eft aigu : Exemple F.
- Triangle Oxigone eft celui qui a les trois angles aigus ; Exemple G.
- Les trois angles de tout Triangle reétiligne étant pris en-fèmble, valent deux angles droits, & font precifénient me-furez par 18 o. degrez qui font la moitié de la circonférence.
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- 2o> LES TRAVAUX DE MARS,
- Des figures de quatre cotez»
- QUadrilateres, ou figures Quadrilatérales, font celles qui /ont terminées par quatre cotez. Elles font confi-derees félon les fix efpeces fuivantes.
- Quarré eft une figure de quatre cotez égaux, qui forment clés angles droits : Exemple A.
- Quarré-long ou Re&angle , que les Artifâns appellent Bar long, eft une figure de quatre cotez, quiadeuxcôrez oppofèz plus longs que les deux autres, & dont les quatre angles font droits: Exemple B.
- Rhombe ou Lozange eft une figure de quatre cotez égaux, mais qui a deux angles oppofez obtus, & les deux aunes angles aigus : Exemple C.
- Rhomboïde eft une fîgure'de quatre cotez, qui en a deux oppofèz plus longs que les deux autres, & qui a deux angles oppofèz obtus, ot deux angles aigus : Exemple D.
- Trapèze eft une figure de quatre cotez qui a feulement deux cotez parallèles, mais inégaux : Exemple E.
- Trapézoïde eft uue figure de quatre cotez qui n’a aucun côté parallèle : Exemple F.
- Diagonale eft une ligne tirée au travers d’une Figure pour aller d’un angle à l’autte : Exemple G.
- Des figures de p lufieurs cotez»
- /
- POlygone eft le nom general que les Ingénieurs donnent à toutes les figures qu’ils fortifient j nous en parlerons amplement dans le chapitre quatrième.
- Corps ou Solide eft ce qui a longueur, largeur, & épaiC-fêur, comme nous avons déjà dit : Exemple H.
- Cube eft un fblide, compris fous fix fiiperficies égales : Exemple I.
- Aîetho*
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- 22 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de tracer les Lignes Parallèles.
- LEs Lignes Parallèles, que nous avons dit être celles qui conlèrvent toûjours une diftance égale entr’elles , & qui ne fe rencontrent jamais, fe* conftruifent en la manière fuivante.
- Soit la Ligne AB, à laquelle on veut faire une Parallèle qui paiïe par le point donné C. On prend pour ce faire la plus courte diftance C, à la ligne AB, comme en D ; & on fait de cette grandeur au point E, pris à volonté ftir AB, l’Arc F, afin de conduire par le Sommet F , la Parallèle CF : Exemple i.
- Ou par une autre voie, on met la Réglé à l’uni de la Ligne AB, & l’on ouvre le Compas de la largeur de CD, afin de faire couler un pied du Compas à l’uni de la Réglé, & l’autre pied marquera en blanc la Parallèle requife CF : Exemple 2.
- Pour la faire plus Geometriquement,tirez du point C, oui vous voudrez, fur AB, la Ligne CD; dupointC décrivez l’Arc DE, à volonté. Du point D tracez auffi l’Arc CF. Delà grandeur de l’Arc CF déterminez l’Arc DE au Point G. Tirez enfui te la Ligne G C, de telle longeur qu’il vous plaira j elle fera parallèle à la Ligne AB ; Exemple 3.
- Metho-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 23
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- 24 LES TRAVAUX DE MARS,
- # ...
- Méthode pour tracer des Lignes Perpendiculaires.
- POur faire avec l’Equerre une Ligne Perpendiculaire au point C, dans la Ligne A B, on fera convenir une des branches de l’Equerre fur la Ligne AB, en forte que le Point angulaire de la même Equerre réponde prècifément au Point C» pour conduire le long de l’autre Branche la Ligne DC, qui fera la. Perpendiculaire requife. Figure I.
- Pour faire des Perpendiculaires fans le fecours de P Equerre. Figure i.
- D^nsîa Ligne EF on demande au point G la Perpendiculaire GH. Prenez fur EF , de part & d’autre du Point G, les parties égales GI, & GK : puis ouvrant un peu davantage le Compas., vous ferez des Points I, & K, deux arcs qui fe couperont en L. Tirez LG : vous aurez la Perperidiculaire demandée.
- Pour tirer une 'Perpendiculaire d?un Point donné hors
- d'une Ligne. Figure 3.
- CUr la Ligne MN on demande unèPerpendiculaire qui vienne ^ du Point O, lïtué hors de la même Ligne. Du Point O, faites un Arc de Cercle qui coupe la Ligne MN aux Points P, & De ces Points P, & C^, Elites deux Arcs qui fe coupent en R. Tirez OR, Perpendiculaire requife.
- Sur la Ligne ST faire une Perpendiculaire T P. Figure 4.
- P Renez à difcretion le Point X, au defliis de la Ligne ST. De ce Point X, & de l’Intervalle XT , décrivez un grand Arc de Cercle YTZ, qui coupera la Ligne donnée au Point O. Tirez indeterminément OX, qui coupera le même Arc en P. Tirez TP : vous aurez la Perpendiculaire demandée.
- De la Divifon des Lignes droites 9 ou de la ConflruEHon
- des Echelles.
- T7Chelleeft une Ligne droite, qui étant divifée en un certain nombre de parties égales, fert à divifer félon le même nombre toute antre Ligne propofée.
- L’ufage de l’Echelle eft abfolument neceflaire aux Ingénieurs pour defiiner les Plans de leurs Ouvrages, & en mefurer les Parties.
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- Sa Longueur eft arbitraire, mais on remarquera que les plus grandes font toujours les plus exa&es, parce que les Divifions d’une grande Ligne font toujours diftiu&es, & celles d’une petite toujours plus confufes.
- On propofe la Ligne AB, Figuré i. pour en faire une Echelle de 120. Parties égales.
- Au Point A, qui eft une des extremitez de la Ligne AB, tirez indeterminément la Ligne AC, faifant tel Angle qu’il vous plaira avec la ligne AB.Sur AC prenez cinq Parties arbitraires, qui feront AE, EF, FG, GH, HI. PuisauPointB, qui eft l’autre extrémité de la Ligne AB, faites la Ligne BK, parallèle à AC, félon les pratiques de la page 22. Portez fur BK cinq Parties égales aux cinq Divifions de AC, telles que feront BL , JLM,MN, NO, OP. Enfuite par les Points relatifs &oppo-fez de ces deux Parallèles, tirez en blanc les Lignes EP, FO, GN, HM, IL : elles couperont la Ligne propofée AB en fix Parties égales. Que fi une de ces fix Divifions de cette Ligne AB, comme celle de BR, eft fubdivifée en 20. Parties égales, on aura une Echelle de 120. Parties qui fervira aux Pratiques des pages fuivantes.
- Voicy une autre conftrudiond’Echelle beaucoup plus commode , & qui étant une fois préparée fervira pour divifer autant de Lignes qu’on voudra, grandes ou petites. Figure 2.
- Tirez la Ligne AB indefinie. Vers l’extremitéB, prenez dix petites Parties égales, qui fe termineront en D. Portez dix fois BD de D en A. Ainfi AD fera divifée en cent Parties. Sur AD faites un Triangle Equilatéral ADC. Du Point C par chaque Divifion, tirez les Lignes CA,C 90. G 80. C 70.C do.&c. Pour l’ufage de l’Echelle ifuppofons qu’on veuille divifer la Li-, gne EF en dix parties égaies, & fubdivifer chaque partie en dix autres. On prendra avec le Compas la longueur de EF : & po-fant une des jambes du Compas au Point C i on coupera dé l’autre jambe la Ligne CA au Point E, & k Ligne CD au Point F". On tirera EF, qui fera divifée en autant de parties proportionnelles que AD. Que fi fur la même Ligne on veut a voir les petites parties de DB, on tirera CB, & on produira EF de F en G. La Ligne FG pourra être divifée en autant de petites parties que DB, en tirant des Lignes occultes du Point G à chaque Dk vifion de DB : & ces Lignes occultes diviferont FG en dix petites parties, qui ferviront à déterminer toutes les parties de EF.
- Maniéré
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- î8 LES TRAVAUX PE MARS,
- ‘Maniéré de divifer les Lignes a le moyen du Comp
- 'as uc rruyurtton.
- T E Compas de Proportion A» eftl’inftrument le plus propre J-' que nous ayons pour divifer des Lignes fur le papier.
- Cét infiniment compofé de deux branches mobiles, a fur fes faces ou cotez plufieurs Lignes deftinées à differens ufages. •
- Sur la face où l’on voit écrit Parties égales , il y a deux longues Lignes qui partent d’un Centre commun, & fe feparent pour aller chacune fur fa branche particulière jufqu’à l’extremité des mêmes branches.
- Dans la plupart des Compas de Proportion chacune de ces Lignes eft divifée en zoo. parties égales i & c’eft de cette Divi-fîon qu’on fe fert pour la divifion dés Echelles & de toutes les Lignes droites qu’on veut divifer en parties égales.
- Par exemple, pour divifer la Ligne AB en trois parties égales, cotez d’un Polygone, imaginez-vous un nombre qui puifTe être divifé precifément en trois nombres égaux : comme par exemple 120. dont la troifiême partie eft 40. L’un & l’autre nombre eft marqué fur chaque branche du Compas de Proportion. Prenez avec le Compas commun la longueur de la Ligne AB, & ce Compas ainfî ouvert, portez-en les deux pointes fur les nombres 120. marquez fur chaque branche du Compas de Proportionouvrant fes branches mobiles jufqu’à ce que la Ligne AB puifïe convenir de part & d’autre aux nombres 120. Ce Compas de Proportion ainfî ouvert, prenez avec le Compas commun l’Ouverture ou Intervalle qu’il y a entre les deux Points marquez 40. Et cét Intervalle porté fur la Ligne AB, la divifera exactement en trois parties égales î parce que le nombre 40. eft la troifiême partie du nombre 120.
- On auroit la même operation, fi au lieu du nombre 120. on avoit choifî le nombre 90. & que de ce nombre 90. on eût pris 30. pour avoir une troifiême partie de la Ligne AB. Ainfî du nombre do. on auroit pris à même fin le nombre 20. pour avoir lin tiers de la même Ligne. Mais les grands nombres donnent toûjours, en Mathématiques, lesDivifîonsplusexaéles; ainfî nous préférons 120. aux nombres 90. ou 60. Ce qui fervira de Réglé generale.
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- Conjiruftion du Rapporteur ou Demi-Cercle.
- LE Demi-Cercle ou Rapporteur décrit ou tracé fur du Carton , fur du Cuivre, ou fur quelque autre matière, eft le plus utile de tous les inftrumens de Mathématique, & l’ufage en eft le plus feur & le plus commun. Il fert à mefurer l’Ouverture des Angles, à lever les Plans, à former l’Enceinte des Figures, & à les réduire du grand au petit, & du petit au grand : Il fert auffi à la Compolition de la plupart des autres Inftrumens de Mathématique j & comme il eft le plus fïmple il eft le plus exaft.
- Pour le conftruire, on tirera la Ligne AB, delà longueur qu’on le veut: on divifera cette Ligne en deux parties égales, au Point C, fuivant les pratiques precedentes. Sur le Point C on élevera la Perpendiculaire DC, &ori prendra DC égale à CA. Puis le Compas ouvert de la longueur CA, on décrira du Point C l’Arc ADB, qui fera une moitié de Circonférence, & qui déterminera le Demi-Cercle, comme-il eft marqué dans la Figure I.
- Pour le graduer, ou y marquer les Degrez, on décrira du Centre C cinq autres demies Circonférences, en telle forte que les deux, qui font deftinées pour les Divifions des Degrez foyent beaucoup plus proches que celles qui doivent êtrediviféesde cinq en cinq Degrez, ou de dix Degrez en dix Degrez, comme on le voit au Demi-Cercle marqué z. Puis le Compas eftant ouvert du Demi-Diamètre CA, on le portera trois fois de A en E, de E en F, & de F en B. Chacune de ces Seétions vaudra 60. Degrez. On les divifera chacune en trois, qui vaudront20. Degrez ; puis chacune de ces trois en deux, qui vaudront dix Degrez ; & chacune de ces parties auffi en deux, pour avoir les cinq Degrez ; & enfin chacune de ces dernieres parties en quatre, pour avoir en détail la Divifion des Degrez.
- Ces Degrez fe marqueront alternativement, un blanc & l’autre noir, comme on le voit dans l’exemple de la page-cy à côté. On pourra même vuider ou échancrer la matière inutile du Demi-Cercle , à l’entour du Centre, pour s’en pouvoir fervir plus commodément dans la Conftruéiion & réduction des Pians.
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- VJ âge du JR apporteur où Demi-Cerclepour connaître V Ouverture d'un Angle Rcftiligne.
- IL faut premierementrcmarquer que lesGeometres voulant indiquer un Angle , fe fervent de trois Lettres, dont celle du milieu marque le point Angulaire> & les deux autres lettres jointes à celle du milieu marquent les cotez qui comprennent l’Angle. Ainfi voulant indiquer l’Angle qui eft ici ponctué, ils l’expliquent par les lettres ABC, ou ce qui eflla même choie , CBA. S’ils veulent defigner celui qui eft ombré, ils le marqueront par les LettresCBD, ouDBC, &c. à la Figure i.
- Voulant connoltre la grandeur de l’Angle EFG, on pofè le Centre du Rapporteur au Point F, & l’on fait convenir fon Diamètre lurlaLigneFG: Le Degré par où pafîè l’autre Ligne de l’Angle comme en H, marque l’Ouverture precifè de l’Angle. On en verra la pratique dans le Chapitre 4. de ce Volume, ou nous traitons de la Réduction des Plans. Figure!.
- Pour connoître les Angles avec le Compas commun , on mettra un pied du Compas fur le Point I du Rapporteur , qui eft le Point où le Diamètre & la Demi-Circonference fè coupent : puis on portera l’autre jambe du Compas au Centre du Rapporteur K. Que fi le Centre du Rapporteur étoit gâté,, on prendra la Corde de foixante Degrez, qui eft toujours égale au Demi-Diamètre. Enfuite on portera lé Compas ainfi ouvert, au Point Angulaire L: de ce Point L on décrira un Arc entre les Lignes LM & LN , prenant l’Arc Mi'ï, & le rapportant fur la Circonférence du Rapporteur, comme del en O: les Degrez compris entre I &O, détermineront la valeur de l’Ouverture de l’Angle MLN. Figure 3.
- Meths~
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- Méthode de décrire fur une Ligne déterminée ou non déterminée , une Circonférence ^poury inferire Cr marquer ’ autant de Polygones Réguliers que l'on dejtrerd,
- SI ia Ligne eft déterminée comme AC, on la divilera en autant de parties égales que Ton veut avoir de cotez de Polygones, par la voye des Echelles que nous avons données dans la page i8. Puis prenant la Diftance A C , on fera du Point A, deflus & deflous la Ligne , les deux Arcs D & E : & du Point C la même Operation en D & E. De la Section de ces Arcs , on tirera la droite D E, qui coupera AC au Point F. Puis de F, & de l’étendue FA, on décrira la Circonférence A C. Ènluite du Point D on tirera par le Point de la féconde divifion G, la Ligne DGM ; cnlôrte que la Diftan-ce M A appliquée fur la Circonférence du Cercle, la divilera en cinq parties égales, aux Points A, H, I, K, M. De ces Points on tirera les cinq cotez du Polygone A H, HI, IK, KM, &MA,
- Mais fi la Ligne AC étoit indefinie, comme efl: AB, alors on portera de luire fur cette Ligne, de A vers B,, autant de parties égaies que l’on veut avoir de cotez de Polygone; ÔC ces parties le termineront en C. Puis on prendra la Diftance AC, pour faire au deflus & au deflous de la Ligne AB les ArcsD&E, & achever l’Operation comme cy-defi fus, pour avoir une Circonférence divifée en autant de parties que l’on le l’étoit propôfé.
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- Aiethode pour faire une Circonférence, cry infcrire autant de fois que F on voudra une Ligne donnée terminée.
- NOus venons de donner dans les pages precedentes le moyen de faire fur un Diamètre une Circonférence où l’on pourra infcrire autant de cotez de Polygones qu’on voudra j ce qui fert beaucoup pour décrire les Figures Regulieres, quand le Diamètre efi: déterminé ; mais comme il arrivéfouvent, & principalement fur le terrain, qu’on donne plutôt un côté que le Diamètre d’une Figure > nous expliquerons cette maniéré dans l’Exemple fuivant.
- On demande à faire une Figure Reguliere de cinq Cotez, & l’on fouhaite que chaque Côté ioit égal au Côté donné AB. On divife d’abord la quantité de 3 60. ( qui eft le nombre des Degrez d’une Circonférence ) par le nombre des Cotez que l’on demande i par exemple, pour la divifer en cinq parties, qui font le nombre des Cotez d’un Pentagone, il vient au quotient 72. que contient de Degrez l’Angle du Centre du Pentagone -, on ofte enfuiteces72de 180.valeurdestroisAnglesd’unTriangle, & il vient 108. pour valeur de l’Angle du Polygone ; & cette va-leurdeioS. étant partagée en deux, donne 54. Degrez, pour la valeur de chaque Demi-Angle du Polygone j Cela fuppofé :
- Aux deux extremitèz de la ligne donnée AB on fera par le moyen d’un Rapportent les deux Angles ABC & BAC, de ^4. Degrez, chacun, qui eft l’Ouverture du Demi-Angle du Polygone pour une Figure de cinq Cotez •* Cette Operation,le fait en cette maniéré: On pofe le Centre du Rapporteur au Point A de la Ligne donnée AB, faifant convenir le Diamètre du Rapporteur lur la même Ligne. Puis de cette Ligne fur la Circonférence on comptera 54. Degrez, qui fe termineront en D. Du Point A, parlePointD, on tirera la Ligne ADC. On réitérera Iamême pratique au Point B, qui eft l’extrémité de la Ligue AB donnée: & les deux Lignes AC &BC, formeront le Centre de la Figure au Point C., De ce Point C, & de la Diftan-ce CA, on en décrira une Circonférence, fur laquelle appliquant defuite la Ligne AB, on formera une Figure de cinq cotez , qui feront chacun e'gaux au côté propole AB, & qui donneront la Figure du Pentagone.
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- JMàniere de divifer une Circonférence en Parties égales , par le moyen du Compas de Proportion, O' des Réglés de l'Arithmétique.
- J’Ay dit cy-devant que le Compas de Proportion avoir deux faces : celle où l’on voit écrit Parties égales , nous a fer-vi pour la divifion des Lignes droites; l’autre qui s’appelle for Cordes, a plufieurs lignes deftinées à differens ufages ; mais les deux plus grandes qui font marquées par des Ponéfcuations jufqu’à iSo. éc qui répondent à la divifion du Demi-Cercle, nous vont forvir à divifer line Circonférence, en tant de parties égales qu’on voudra.
- On propofo la Circonférence ABC DE, pour être di-yifee en cinq parties égales.
- Il faut premièrement par une Réglé d’Arithmétique divifer le nombre de 3 60. par le nombre de 5. Le quotient donnera 72. Quefion vouloit divifer la même Circonférence en plus ou moins de parties, on diviferoit aufli le nombre de 3 60. par un plus grand ou moindre nombre, & l’on re-tiendroit la valeur du quotient dans* la mémoire , comme-dans nôtre Exemple nous retenons la valeur du quotient 72. Cela fuppofe, on prend avec le Compas commun le Demi-DiametreAF, que l’on porte fur la Ligne des Cordes du Compas de Proportion, ouvrant les branches plus ou moins jufqu’à ce que ce Dcmi-Diametrc AF convienne for les Points marquez 60. dans les deux Lignes des Cordes. Le Compas de Proportionainfi ouvert & fixe, on prendra avec le Compas commun l’Ouverture des nombres 72. qui font chiffrez for les deux Lignes des Cordes ; & cette Ouverture du Compas commun portée for vôtre Circonférence la divifera précisément en cinq parties égales.
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- $£. •a'HTiano vt aa x-av.i no
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- jManiere de divifer me Circonférence en Parties égales, par le moyen du Compas de Proportion, fans Arithmetiqne.
- MAis fi on ne vouloit point faire une Réglé Je Divifion, voici une Mehode pour s’en pouvoir pafler, en fe-fervant de la Ligne des Polygones marquée fur les parties égales du Compas de Proportion.
- Ayant donc décrit la Circonférence propofée, on en prendra le Demi-Diametre avec le Compas commun, dont on portera une jambe fur le Point marqué par le chifre 6. dans les Lignes des Polygones du Compas de Proportion, ouvrant & fermant ce Compas de Proportion jufqu’à ce que l’autre jambe du Compas commun tombe fur l’autre Point chifré 6, de l’autre Ligne des Polygones. Les deux branches du Compas de Proportion demeurant alors fixes , on portera les deux jambes du Compas commun fur les nombres qui fpecifient le Polygone que l’on veut décrire, comme fur les nombres 7, fi c’eft pour un Heptagone, fur ies nombres 8 , fi c’efl pour un Oélogone ’y ou bien félon nôtre Exemple fur les nombres 5, qui déterminent le Pentagone. Car cette derniere Ouverture du Compas commun étant portée fur la Circonférence qu’on à décrite, la divifera en autant de parties égales que l’on aura fouhaité.
- Aîetho-
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- 4i LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de décrire me Circonférence qui pajfe par trois
- Points donnez.*
- SOyent les trois Points donnez A, B, C. Prenez une Ouverture de Compas qui excédé un peu la moitié de la Dif-tance qui eft entre A&B: De cette Ouverture, & du Point A, faites les deux Arcs en D & E 5 l'un defîits la Ligne imaginaire AB, & l’autre deflous. De la même Ouverture Sc du Point B, faites deux autres Arcsqui couperont les premiers aux Points D & E. Par ces deux Points, tirez en blanc la Ligne D E. Puis par la même pratique faites des Points B & C, deux Arcs qui fe couperont aux Points F & G. T irez aulîi en blanc la Ligne F G par ces deux Sections ; elle coupera la Ligne D E au Point H, qui fera le Centre du Cercle. De forte que prenant pour Demi-Diametre la Défiance HA, AB, ouHC, on décrira une Circonférence qui paflèra par les trois Points donnez. Figure i.
- Pour trouver le Centre inconnu d'une Circonférence,
- P Renez fur la Circonférence propolee trois Points à volonté A,B,C. Ouvrez le Compas d’une étendue qui pâlie un peu la moitié de laDiftance comprife entre A & B : puis des Points A&B, faites des Arcs, defiiis & deflous, qui fe couperont en E&D. Tirez la Ligne ED occulte; Faites des Points B & C, deux autres Arcs qui fe couperont aux Points F & G. T irez en blanc la Ligne F G, qui coupera la Ligne ED au Point H; Ce Point H fera le Centre que l’on cherche. Figurez,
- Ch a-
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- LES TRAVAUX DE MARS, if
- Chapitre III.
- De la Définition & Dvvifion de la Fortification $ &dts Termes Generaux & Particuliers qui Jer~ ment à la ConflruÏÏion* Deffenfe & %Jîttaque des Places.
- Définition de la Fortification.
- LA Fortification eft un Art qui cnfcigne la maniéré de rendre un lieu plus fort qu’il n’étoit auparavant; afin qu’un petit nombre d’hommes , foûtcnus de Munitions, puifife refifter à un plus grand»
- ' V
- Dlvifion
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- 46 3LES TRAVAUX DE MARS,
- T>ivifionde la Fortification.
- ON divifè ordinairement la. Fortification en Naturelle , Artificielle, Ancienne,'Moderne, Reguliere, Ir-reguliere, Offënftve, &Défenfiye,
- La Fortification Naturelle concerne les lieux que la Nature a fortifiez, (bit par l’avantage de leur fituation fur des hauteurs* ou par Tobftacle des eaux qui en défendent l’approche.
- L’Artificielle eft celle qui regarde les ouvrages inventez pour augmenter les avantages de la fituation naturelle, ou pour en reparer les défauts.
- , L’Ancienne eft celle des Premiers Temps, qui défendois une Place par l’ulàge des T ours rondes ou quarrées.
- La Moderne eft celle qui défend une Place par la conftruc-tion des Battions & dés Dehors.
- La Reguliere a pour objet les Figures ou Polygones qui ont leurs cotez & leurs Angles égaux, & qui font défendus par des Ouvrages dont les parties relatives fon égales & uniformes.
- Llrreguliere confidere les Figures qui font inégales par la diverfité de leurs Angles & de leurs cotez ; & s’attache à les défendre par des ouvrages convenables à leur défe&uofité.
- L’Offenfive regarde les diverlès maniérés de nuire h l’Ennemi ; & fuppofe, particulièrement un General d’Armée qui tient la Campagne, & qui veut faire un Siège ; de forte qu’elle a pour but principal la Marche des Troupes, leur Campement, les Ordres ou Difpofitions de Batailles, & l’Attaque des Places.
- La Défenfive regarde les precautions&rinduftriequele parti le plus foible oppofe au plus fort ; & luppofe particulièrement un Gouverneur de Ville, qui connoüîant le fort & ie foible de fa Place, tâche de la conferver contre les Surpriks ou contre les droites Attaques.
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- 4* LES TRAVAUX DE MARS,*
- De la Fortification en particulier.
- LA Fortification, étant regardée comme l’Art des Ingénieurs , fuppofo un long détail de fondions. Elleenlei-gne à faire des Plans Arbitraires, à lever des Plans effectifs, à contraire differentes Places & differensOuvrages, aies reveftir de Murailles, à creufer leurs Foftéz, à conduire tous les Travaux qui fervent à l’Attaque & à la Défenfè des Places ; en un mot, elle demande que l'Ingenieur foitDeflinateur, Architecte, Mineur, Machinifte & Bombardier.
- Comme il s’agit ici duDeflcin ou delà Reprefèntation des Places, je dirai, que les Ingénieurs y emploient trois maniérés differentes, qu’ils appellent Ichnographie, Orthographie, & Scénographie.
- L’Ichnographie me donnera lieu d’expliquer tout ce qui regarde les Plans qu’on deffine fur le papier, & ceux qu’on trace actuellement dans la Campagne. Les premiers font ici reprefentez par la Figure A, & les autres par la lettre B. Cette Explication fera compofée de tous les Termes qui conviennent aux Angles 8c aux Lignes employez dans la Conftruc-tion des Places Regulieres & Irregulieres.
- Sous l’Orthographie nous comprendrons les Largeurs & Hauteurs desTerraffes de la Place 8c de fes Dehors; aufïi bien que la Largeur & la Profondeur des Fofl'ez, en ïuppo-fànt que cela foitveu de profil, c’eftàdire, par une Sedion perpendiculaire fur la Ligne Horizontale, ou rez- de-chauf* fée ; comme on le voit dans les SeCtions marquées C.
- En traitant de la Scénographie nous parlerons de l’Achèvement des Ouvrages de Guerre; comme des Forts, Demi-Lunes & autres Travaux qu’on aura mis en leur perfection , foit qu’ils foient defijnez fut le papier, ou reprefèntez en relief. " '
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- De tIchnographie , ou Plan. Des Noms , des Lignes Ct autres Parties qui entrent dans la Description des Places.
- À Eft la Circonférence : Les Ingénieurs la confiderent dans leurs Plans Réguliers en Intérieure & en Extérieure. La Circonférence Intérieure eft celle, qui pafle par les Angles des Murailles de la Place : Exemple A. Et la Circonférence Extérieure eft celle, qui patte par la Pointe des Angles des Baf-tions: Exemple A a.
- BD, eft la Ligne du Centre, ou la Diftance qu’il y a du Centre de la Place à un des Angles de la Figure.
- DC, eft le Côté du Polygone intérieur .\ Il reprefente la Muraille» qui enferme intérieurement une Place depuis un de fes Angles jufqn’à un autre.
- VXFGH, eft le Trait ou Plan d’un Baftion : Il y en a de plufîcurs fortes, que nous fpecifierons dans le premier Chapitre de la Fortification Irreguliere. Les Battions achevez font de grottes mattes de terre, quelquefois revêtues de gazon , de brique, de pierre, ou d’autres matériaux: leurufage eft dej contenir à couvert quantité de Moufquetaires, & de loger de P Artillerie pour battre la Campagne, défendre les Dehors, nettoyer les Foffez, & flanquer le Corps de la Place. On donne d’ordinaire le nom de Baftions Royaux, à ceux qui font capables de refifter aux efforts d’une Armée Royale, qui eft celle qui mene un Train d’Artillerie pour l’Attaque des Places. Les Ingénieurs diftinguent les Baftions Royaux en Grands, Moyens, & Petits: Les grands font ceux, qui ont ordinairement leurs Capitales de 40. Toifes, les moyens de 34. & les petits de z6. Dans le fécond Chapitre de la Fortification Irreguliere nous parlerons amplement de la capacité de leurs Gorges, & de l’é-tenduë de leurs Flancs.
- HV, eft la Gorge d’un Baftion; ou la Diftance comprife entre lesdeux Flancs du Baftion : c’eft le Terrain où les Aflié-gez font d’ordinaire leurs derniers Retranchemens.
- C V, eft la Demi-Gorge du Baftion ; ou la Diftance comprife depuis l’Angle de la Figure jufqu’à l’Angle de la Courtine ou du Flanc. Cette Ligne eft d’une grande utilité pourlaCon* ftruélion des Places.
- CF, eft la Capitale d’un Baftion ; ou l’étendue qu’il y a depuis l’Angle delà Figure jufqu’à la Pointe du Baftion.
- FG, eft la Face d’un Baftion j ou la partie du Baftion, qui s’é-
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- tend depuis la pointe du Baftion jufqu’au Flanc j c’eft la partie la plus foible de l’Enceinte de la Place, àcaufequecette partie eft la plus expofée aux Batteries des Affiégeans, & la moins flanquée de la Ville, n’étant défendue que du Flanc qui lui eft oppofé; ce qui donne lieu d'ordinaire auxAlliégeans d’y faire leurs Brèches.
- HG, eft un Flanc s ou la partie du Baftion qui répond de la Face à la Courtine: C’eft le Pofte d'où les Afliégez défendent la Courtine, le Flanc, & la Face qui lui font oppofez, & d’ou ils peuvent nettoyer le paflage des Foflez, battre fur les Contrescarpes , fur les Glacis, & même dans quelques Dehors : Ce qui donne lieu d’ordinaire aux Affiégeans de ruiner ces Flancs à force d'Artillerie dés le commencement du Siège.
- H, eft une Cazematej Nous en parlerons en traitant de la Scénographie , aulfi bien que de fon Orilîon & de fes autres parties.
- HL, eft la Courtine j ou la partie du Côté du Polygone qui eft entre deux Demi-Gorges : C’eft le Pofte le mieux défendu de l’Enceinte d’une Place, à caufe qu’il eft fous la défenfe des deux Flancs qui font à les extrêmitez : c’eft pour cette raifon qu’on y fait d’ordinaire la Porte de la Place.
- FGHLTE, eft une Tenaille ou Face d'une Place Régulière 5 elle confifte en deux Faces, deux Flancs & une Courtine.
- PO, eftlaBaze, ou le Pied du Rempart ouTerrafîe delà Ville: Nons parlerons du Rempart & de fes parties ci-aprés, en traitant de l’Orthographie.
- PZ, eftle Parapet; ou la Terre qui couvre les Moufquetai-res qui font fur le fommet du Rempart. Nous parlerons aulfi plus amplement du Parapet & de fes parties, en traitant de l’Orthographie.
- HI, eft le fécond Flanc : on le nomme aulfi quelquefois Flanc Oblique, ou le Feu de la Courtine j c’eft, à proprement parler, toute l’étendue de la Courtine, d’où l’on peut voir la Face du Baftion oppofé. Dans les Plans il femble que le fécond Flanc foit d’un grand avantage pour la Défenfe de la Face du Baftion oppofé : Mais leslngenieurs defervice le rejettent & le laiffent aux Ingénieurs de Cabinet, comme tres-inutile ^parce qu’étant ruiné dés les premiers jours du Siège, particulièrement quand Ion Terrain eft fablonneux, le fécond Parapet qu’on fait derrière le premier, ne découvre & ne défend plus le Baftion oppofé. Sur le papier il lemble que cette défenfe foit excellente ; mais la pratique en eft méprifable fur le Terrain, outre qu'il diminué trop le Flanc,d’où dépend la véritable défenfe.
- P 2 HE i eft
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- rjï LES TRAVAUX DE MARS,
- HE, eftlaLîgnedeDéfenfe: Cette Ligne, qui va du Pied du Flanc, à la Pointe du Baftion oppofé, eft longue tout au plus de la portée ordinaire du Moufquet de but en blanc, qui eft environ de 120. Toifes. Cette Ligne eft d’un grand ufage pour la Conftruffcion des Plans, en ce qu’elle détermine les Faces & la Longueur du Flanc.
- IE, eft la DéfenfeRazante ou Flanquante s cette Ligne détermine fur la Courtine la Longueur du fécond Flanc, & va razer la Face du Baftïon oppofé.
- FQN, eftleFoffé, ou la Profondeur qui eft aux environs de l’Enceinte de la Place. Nous çn traiterons particulièrement en parlant de l’Orthographie.
- RYMS, eft la Contrefcarpe ; ou le Bord du Foflé du côté de la campagne.
- 1,2,3, eft le Chemin-couvert ou Coridor.
- 4, 5 , £, eft la Bafe ou Largeur du Glacis ou Efplanade, autrement le Pied ou la Bafe du Parapet du Chemin-couvert. Nous en parlerons particulièrement en traitant de l’Orthographie.
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- Des Angles qui entrent dans V Ichnographie ouDefcription
- des Places.
- JA Y déjà dit qu’on niarquoit un Angle par trois lettres, & que celle du milieu niarquoit toujours le Point où fe faifoit l’Angle.
- Angle faillant, ou Angle vif, eft celui qui porte fa pointe au dehors de la Figure, comme eft l’Angle XFG.
- Angle rentrant, ou Anglc mort, eft celui qui porte fa pointe en dedans, ou vers le Centre de la Figure, comme eft le marqué RQS.
- CBD, eftl* Angle du Centre, ou du Milieu de la Figure: il eft formé par la rencontre de deux Demi-Diametres tirez du Centre aux deux plus prochains Angles de la Figure.
- ACD, eft l’Angle du Polygone, de la Circonférence ou de la Figure : il eft formé par la rencontre de deux cotez du Polygone.
- ’XFG, eft 1* Angle flanqué du Baftion : il eft fait par la rencontre des deux Faces du Baftion qui forment fa pointe. Il y a quelques Ingénieurs qui appellent cet Angle, l’Angle du Baftion.
- FGH, eft l’Angle de l’Epaule : il eft formé par la rencontre d’une Face & d’un Flanc.’
- GHI, eft l’Angle du Flanc ou de la Courtine: il eft fait de la rencontre du Flanc & de la Courtine. Comme les Foflez font fecs en Portugal, les Efpions & les Deferteurs fe fervoient de la commodité de cet Angle pour fe glifler & defeendre du Rempart , en mettant un de leurs coudes contre la Courtine & l’autre contre le Flanc j Ce qui nous obligeoit de donner à cet Angle un Trait Circulaire.
- HKG, eft l’Angle Flanquant: il eft fait d’une partie de la Courtine & de la Ligne de Défenfe Razante, quand il y en a une, ou de toute la Courtune & de la Ligne de Défenfe, quand il n’y en a point de Razante.
- RQS, eft l’Angle rentrant de la Contrefcarpe : il eft fait par deux Lignes de la Contrefcarpe, qui portent leur pointe vers le Centre de la Place.
- PRQ^, -eft l’Angle faillant de la Contrefcarpe : il eft formé par la rencontre de deux Lignes de la Contrefcarpe, qui portent leur pointe vers la campagne.
- P Un,
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- $6 LES TRAVAUX DE MARS,
- JHan, ou Défit iption Tchnograp hicjue et me F lace Reguliere
- accompagnée de Dehors.
- T Es Ingénieurs appellent Place ou Tort, le Terrain qui. eften-J-* fermé de toutes parts de Foffez, de Remparts , ou de Parapets» & dont la défenfe ne fe tire d’ailleurs que de ceux qui font commis à fa garde.
- Les mêmes Ingénieurs donnent le nom d’Ouvrage au Terrain qui eft entièrement environné de Foflezj mais qui n’eft fortifié ou couvert de Rempart ou Parapet que du côté de la campagne» & dont une partie de la Défenfe eft tirée du Corps de la Place.
- - Ils ont inventé les Dehors pour couvrir des Chapelles» des Eglifes, des Monafteres, des Châteaux, des Maifons de Plai-fance, des Hauteurs» des Fontaines, & autres lieux, quife trouvent hors de l’Enceinte d’une Place, & qu’on a deflein de conferver contre la fureur d’un Affiégeant, parce que la prife en feroit prejudiciable aux Afliégez. Mais comme ces fortes de lieux font ordinairement de différentes figures, on a auffi inventé differentes Conftruétions de Dehors, dont nous décrirons ici les plusconfiderables.
- A, eft un Ravelin, que le Soldat nomme d’ordinaire Demi-lune : cét ouvrage, que l’on éleve fur la Contrefcarpe devant la Courtine, eft d’un grand ufage pour couvrir le Pont & la Porte d’une Place.
- B, eft une Demi-lune j cét Ouvrage fe conftruit fur la Contrefcarpe vis-à-vis de la pointe du Baftionj Elle n’eft plus guere en ufage, à caufe qu’elle n’eft défendue qne des Ravelins.
- C, eft une Tenaille : cét Ouvrage a fa tête ou fa partie plus avancée vers la campagne, formée par deux Faces, qui font un Angle rentrant, & dont les Ailes qui font parallèles, vont répondre de la Tête à la Gorge de l’Ouvrage, qui eft d’ordinaire une partie de la Contrefcarpe.
- D, eft une Tenaille double, ou un Ouvrage dont la Tête eft formée par quatre Faces, qui forment deux Angles rentrans & trois faillans, & dont les Ailes qui font parallèles, viennent répondre de fa Tête à fa Gorge.
- E, eft une Queue d’Ironde, ou un Ouvrage qui a fa Tête formée par deux Faces, qui font un Angle rentrant, & dont les Ailes vont faire Angle au milieu de la Courtine.
- F, eft
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- ?8 LES TRAVAUX DE MARS,
- F, eft un Bonnet de Prêtre, ou un Ouvrage dont la Tête eft formée par quatre Faces, qui forment deux Angles rentrans & trois faillans, & dont les Arles vont faire Angles au milieu de la Courtine.
- G, eft un Ravelin ou Demi-lune à Contregarde : cét Ouvrage eft fort eftimé, à caufe qu’il n’y a aucun côté qui ne foit fous le feu de la Places & que la defeéhiofiré de l’Angle mort ne s’y trouve point, comme dans les Ouvrages que nous venons de nommer cy-deffus. • -
- H, eft une Corne: cét Ouvrage (que les Ingénieurs préfèrent à tous lesprecedens, pour enfermer un grand Terrain, à caufe de la bonté de fa défenfë ) a fa Tête fortifiée de deux De-mi-Baftions joints par une Courtines fes Ailes ou longs cotez, qui l'ont parallèles, vont d’ordinaire fe terminer fur la Contref-càrpedelaPlace.
- I, eft une Corne à double Flanc: cét Ouvrage a là Tête fortifiée comme un Ouvrage à Cornes s niais elle a deux Flancs fur les deux longs cotez, qui étant prolongez, iroient faire Angle au milieu de la Courtine.
- K, eft une Corne couronnée : cét Ouvrage, qui n’eft qu’une Corne dont la Tête eft couverte d’une Couronne, a autrefois été bien plus en ufage qu’il n’eft maintenant, à caufe de fa grande dépenfe & du peu de Terrain qu’il y a pour s’y retrancher.
- L, eft une Couronne ou Couronnement : cét Ouvrage eft ordinairement compofé d’un Baftion qui eft à la Tête, & qui fe joint à deux Demi-Battions par deux Courtines, une à la droite, l’autre à la gauche s comme il embrafle beaucoup de Terrain, on s’en fert pour enfermer & fortifier un Fauxbourg, ou quelque autre lieu d’un grand circuit.
- Il y a encore quelques autres Ouvrages outre ceux-cy s mai», comme ils appartiennent plus à la Fortification Irreguliere qu’à la Reguliere, on en trouyera la Conftruâion dans le Traité de l’Irreguliere.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, sj
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- €o LES TRAVAUX DE MARS,
- De P Orthographie y Profil, ou Reprefentation de la Hauteur des Terrajfes $ des Largeurs O* Profondeurs
- des Fojfez..
- LEs Ingénieurs , pour marquer les differentes Largeurs & Hauteurs des Terrafîes, & les Profondeurs & Largeurs des Foflez d’une Place, ont accoutumé de les reprefenter par un Profil, ou Se&ion, qu’ils fuppofent y être faite vers le milieu d’une Courtine, ainfi qu’il eft reprefenté au bas de la Planche fuivante, où j’ay écrit P r o F11.
- Mais comme cette Sedtion eft tres-difficile à concevoir, n’étant qu’un fimple Trait, nous avons reprefenté dans le haut de la Planche, un Eaftion accompagné de deux moiticz de Courtines avec leurs Remparts & Foifez , afin que l’on pût facilement raporter les parties d’un Profil à l’autre. Voici les noms de chaque pieceen particulier.
- A 8, eftla Ligne de Terre : cette Ligne reprefente le Rez-de-chauffée, ou le Niveau de la campagne, fur lequel on éleve les Terrafies, & où l’on creufe les Fofiez.
- AB, eft la Diftance des Maifons au Rempart : cette Diftance ou Rue, montre, que pour bien fortifier une Place, il ne faut fouffrir ni Eglife, ni Monaftere, niMaifon proche du Rempart, pour ôter, à ceux qui y logeroient, une facilité de côr-refpondance avec les Ennemis.
- B C E D, eft le Rempart, ou la Hauteur des Terres qui couvrent un Place, & qui donnent moyen aux Afiiégez de commander fur les Travaux des Affiégeans.
- B C, eft la Baze ou le Pied du Rempart : c’eft-à-dire, la Largeur du Pied des Terres qui font entre le Fofîé, & les Maifons de la Place.
- DE, eft le Sommet du Rempart : c’eft, à proprement parler , toute la Largeur fuperieure du Rempart.
- FD, eftla Hauteur du Rempart, ou l’élevation de fa Ter-rafle.
- BD, eft le Talus Intérieur du Rempart, ou le penchant de la Terraffe du côté de la Ville. Cette Pente eft d’ordinaire fi adoucie , qu’on y peut monter à cheval.
- EC, eft le Talus Extérieur du Rempart, ou le penchant de la Terraffe du côté de la campagne. Ce Talus eft fouvent reveftu de Gazon, de Brique, ou de Pierre.
- NQEIj cftle Parapet, ou la Terrafic qui eft élevée au deffus
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 6i
- du Rempart, pour couvrir les Soldats afîiégez contre l’effort de l’Artillerie des Afliégeans.
- KNj eft la Hauteur Intérieure du Parapet: cette Hauteur eft d’ordinaire de fïx pieds pour couvrir les Moufquetaires : on donne à cette Hauteur quelque Talus pour fe mieux fbûtenir.
- NO, eft le Talus Supérieur du Parapet, ou Sommet du Parapet: quèlques-uns l’appellent Glacis du Parapet: les Afîiégez y pofent leurs Moufquets pour faire feu dans la campagne, & tirer en plongeant fur le bord extérieur du Foflé, ou Contrefcarpe.
- LO, eft la Hauteur Extérieure du Parapet : elle eft toujours moindre que la Hauteur Intérieure, à»caufe de la pente que doit avoir le Sommet du Parapet. On donne d’ordinaire à cette Hauteur autaut de Talus qu’au reveftiflement du Rempart ; Mais il y a des Ingenicursqui veulent, qu’aux Places reveftuës s cette partie du Parapet tombe à plomb fur le Cordon.
- E, eft le Cordon : c’eft une Avance de pierre qui régné au tour du Reveftiflement, à l’endroit où le Parapet porte fur le Rempart du côté des Foflèz.
- * Garde-fou, eft une petite Muraille élevée à plomb fur le Cordon pour couvrir un petit Efpace ou Chetfiin, qui eft entre cette Muraille & le Talus extérieur du Parapet. L’ufage de ce petit Chemin eft, d’empêcher que les Terres du Parapet n’éboulent dans le Foflej Et l’ufage delà Muraille eft de couvrir ceux qui font les rondes dans ce petit efpace.
- PHI, eft la Banquette : c’eft une petite élévation de Terre enformededegrez, au pied du Parapet, du côté de la Place, pour donner moyen aux Moufquetaires de la Place, de tirer par defliis le Parapet du côté de la campagne.
- PD, eft le Terre-plain : c’eft le deflus du Rempart entre fort Talus intérieur & la Banquette de fon Parapet: Entres autres ufages il fert de paffage aux Rondes: Il eft dangereux d'y planter des Arbres, parce que pendant un Siège, le bruit que le vent excite dans lesfeüilles, empêche les Afîiégez d’entendre les Travailleurs des Afliégeans.
- CR, eft la Lifiere, Relais, Berme , ou Pas de Souris: c’eft une Largeur de Terre au pied du Rempart, du côté de la campagne, deftinée à recevoir les débris de la Muraille, ou Terrafle, & pour empêcher qu’ils ne comblent le Foflé. Quand cette Largeur eft couverte d’un Parapet, on lui donne le nom de Fauffebraye, ou de Baffe Enceinte.
- RST, eft le Parapet de la Fauflebraye.
- TV, eft la Lifiere, Relais, &c. comme ci-devant.
- VYZX,
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- 6i LES TRAVAUX DE MARS*
- VYZX, eft le FofTé : oula Profondeur qui eft autour de la Place. Nous parlerons des Avantages & des Defauts des Fof-fezfecs, & des Foffez pleins d’eau, dans le Livre qui traite de l’Attaque des Places. Mais nous dirons ici que les plus creux & les plus larges font eftimez les meilleurs.
- VY, eftl’Ëfcarpej ou la Pente de la Terre qui eft au pied de la Muraille de la Place, ou de la Lifiere.
- 2, eft la Cuvette, d’autres difent Cunette: c’eft un petit Foflé, que l’on fait d’ordinaire dans lesFoflez fecsj il fert à faire couler les immondices du Fofle j maisfon plus grand ufa-ge eft de fournir de la terre pour faire un Retranchement qui dé* fende le paflàge du Fofle, & qui donne moyen de découvrir où les Afliégeans veulent conduire leurs Attaques.
- ZX, eft la Contrefcarpe j ou le Talus du Fofle qui regardé la Place $ dans les Foflez de quelques Villes, la Contrefcarpe eft reveftuë & n’a aucun Talus.
- X4, eft le Chemin-couvert ou Coridor : Le Soldat lui donne d’ordinaire le nom de Contrefcarpe. Le Parapet du Glacis met ce Chemin hors de la veuë de la campagne j il n’y a point aux environs de la Place un Pofte plus dangereux pour les Afliégeans, à caufe du voifinage des Faces, des Flancs & des Courtines de la Place.
- 678, eft le Glacis ou Parapet du Chemin-couvert : Sous ce nom les Ingénieurs entendent parler de toute la mafledes Terres qui fervent de Parapet au Chemin-couvert, & dont ledef-fus va en pente jufqu’au niveau de la campagne : c’eft fur la Tê-> te de ce Glacis où l’on plante d’ordinaire les Paliflades.
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- 6» LES TRAVAUX DE MARS,
- De la Scenographie^ou Dénombrement des principaux Corps d'Ouvrages parfaits, Cr In fi rumens achevez. 9 quifervent à la Défenfe des Places.
- A Eft une Ville: c’eftun amas de Maifons environné de Murailles & deFoflez, qui fervent à couvrir & à défendre ces Maifons contre l’infulte des Ennemis.
- B, eft la Place d’Armes. Dans les VillesRegulieres elle occupe le Terrain qui eft aux environs du Centre de la Place, & en a la même Figure ; c’eft auffi le lieu où l’on pofe le principal Gorps-de-Garde, & où les Soldats de la Garnifon viennent le ranger en Bataille for le point de monter la Garde » pour être enfuite diftribuez chacun dans leur Pofte. Ordinairement , dans le temps des Alarmes, les Soldats qui ne font point de Garde ont ordre de s’y trouver avec leurs Armes.
- C, font les Marchez : qui font des Places publiques, de differentes figures, pratiquées en divers endroits de la Ville, pour la vente & diftribution des Denrées neceffaires à l’ufage de la vie.
- D&E, font les Maifons: Sous ce nom les Ingénieurs n’entendent pas parler feulement des Maifons des Particuliers; mais auffi de tous les Lieux publics, comme font les Egliles, les Prifons, les Arcenaux, 8cc.
- 1, eftunBaftion: Quelques-uns lui donnent le nom de JBou levard 9 quand il eft fort grand.
- L, iont des Cazemates: Quelques-uns les nomment Places-baffes 9 ou Flancs-bas. Les Cazemates font des en -foncemens à découvert, que l’on pratique dans les T erres d u Flanc; en tirant vers la Capitale de leurs Baftions. Ilyaplu-fîeurs fortes de Cazemates 9 mais celles - là font eftimées les meilleures, dont PAffiégeant ne peut voir ni démonter PArtillerie. Elles font deftinées à loger plufieurs pièces de Canon 9 qui étant chargées a Cartouche ou de Ferrailles 9 empêchent les Affiégeans de fo loger for la
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- ou l;art de la guerre.
- montée des Brèches. L’utilité des Cazemates eft fi grande , que nous avons été obligez d’en faire un Chapitre exprès „ dans le commencement de nôtre fécond Volume, pour prouver leurs avantages.
- <?, eft unOrillon; ou une Avance de Terre, vers l’Angle de l’Epaule d’un Baftion à Cazemate. L’Orillon eft quelquefois rond, quelquefois de figure quarrée; & il lêrt à couvrir l’Artillerie des Cazemates contre les Batteries des Affié-geans.
- P, eft un Retranchement: c’eft le travail que l’on fait derrière un Pofte attaqué, pour empêcher quel’Afliégeant ne fe rende maître d’emblée, ou de vive force du Terrain qui eft derrière.
- 7, font des Fraifos, ou pliifieurs Pièces de bois fichées dans la Muraille : au deftous du Cordon : Aux Places qui ne font pas revêtues on les met au pied du Parapet. Leur ulàge eft d’empêcher la Defertion de les Surpaies par Efoa-lade.
- M, eft une Plate forme j ou une Elévation de terre for le Rempart le long d’une Courtine : Elle fort à mettre des pièces en Batterie. Quelques-uns la confondent avec le Cavalier.
- N, eft un Cavalier : ou une Hauteur de differente figure, élevée dans la capacité d’un Baftion: Il fort à mettre des Pièces de batterie, pour commander dans la campagne, & obliger les Aflïégeans à s’écarter de la Place; à commencer leurs Travaux de fort loin ; & à faire ces Travaux plus folides, St plus enfoncez dans les terres.
- O, eft une Contremine : ou une maniéré de Puits que les Affiégez creufent dans la folidité de leurs Terraftes : Dans la partie la plus creufo de ces Puits ils pratiquent plufieurs petits Rameaux ou Conduits foûterrains, qui courent de parc St d’autre fous les terres de la Place , pour tâcher de donner jour, St d’éventer les Mines que les Affiégeans y pourraient faire.
- S, eft une Guérite : c’eft un petit Bâtiment de Pierre ou Tom.l. E de
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- 6<S LES TRAVAUX Î>Ê MARS,
- de Brique fait de differente figure, pour mettre à couvert une Sentinelle contre l’injure du temps.
- T , eft une Echauguette : c’efl le nom ordinaire que les Soldats donnent aux Guérites de bois.
- V, eft une Porte, accompagnée de fbn Pont de Pierre: cePonteftappellé par quelques-uns Pont dormant, àcaufe de là fituation folide fur des piles ou jambes de force. Aux Places de Guerre les Ponts de bois font préférables à ceux de pierre, à caufe que les premiers peuvent être facilement brûlez.
- R, eft un Pont-levis, ainfi nommé àcaufè qu’il fe levé du côté de la Porte, par le moyen de deux Chaînes de fer attachées à des pièces de bois, appelleées Fléchés.
- F, eft une Citadelle, ou un lieu fortifié de Battions. Nous en parlerons amplement dans le Chapitre XII.
- G, eft le Réduit, le Château, le Donjon ou la Maifon du Gouverneur : ce lieu eft feparé du Terrain de la Citadelle par un Fofle. Il y a d’ordinaire dans ces fortes de lieux une Tour élevée, de laquelle on découvre dans la campagne, & où eft leBéfroy, ou la Cloche pour fonner la Retraite & les Alarmes.
- H, font les Cazernes, ou Logemens des Soldats. Elles font faites de plufieurs maniérés \ mais celles qui font les moins élevées, font toujours les meilleures.
- K, eft un Cofre, ou un Parapet couvert dans un Fofie.
- 8, eft la Citerne de la Citadelle : ou une maniéré de Cave pavée, où fe rendent, par divers canaux & ouvertures, les eaux des pluies qui tombent fur les toits des édifices qui en font les plus proches.
- LesRavelins, les Demi-lunes, les Tenailles, fimples & doubles, les Queues d’Ironde, & les autres Ouvrages, comme la Corne, la Couronne, la Corne couronnée, marquez des lettres X, Y, Z, i, i, 3,4, ç, ont déjà été définis dans les pages precedentes.
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- OU L’ART DE LA GUERRE; èf
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- <58 LES TRAVAUX DE MARS,
- 5 I
- De la Scénographie , ou Dénombrement des principaux Corps à'Ouvrages parfaits , Cr des Inftrumens achevez. ^ qui fervent à Vuittaque des Places.
- AEft le Profil, ou l’Afpeéfcd’une Place, étant veue par un de lès cotez. •
- C, eft l’Efcalade : ou une Entreprifè faite contre ceux de la Ville, à la faveur de plufieurs Echelles.
- E, eft une Mine: c’eft, à proprement parler, une Ouverture que l’on fait dans un Corps folide , & que l’on charge de Poudre, pour faire écarter & fauter quelques parties de ce corps. Nous parlerons de leurs differentes maniérés, dans nôtre troisième Volume.
- D, eft une Brèche: c’eft le Débris de quelqtieTerrafîe ou Muraille, ce qui peut arriver par la caducité des Murs, par la violence de l’Artillerie, par l’effort de la Mine, ou par plufieurs autres caufes..
- G, eft la Tête de la Tranchée, ou la partie de la Tranchée 1^ plus avancée vers la Place; c’eft aufïi le lieu où l’on commence la Sape, ou l’Ouverture que l’on fait d’ordinaire fous le T errain du Glacis, pour en faire fauter la T erre, & gagner à couvert la Contrefcape.
- H, eft une Attaque: ou une Infulte que l’on fait à un Pofte dont on veut fè rendre maître.
- I, eft la Tranchée, ou Ligne d’approche : c’eft un Chemin que les Affîégeans creufent, en jettant la terre du côté de la Place, pour fè couvrir contre le feu des Afliégez. Les differens Détours ou Branches des Tranchées font ordinairement appeliez Boyaux.
- K, eft une Ligne de Communication, ou maniéré de Boyau qui communique d’une Tranchée à l’autre. Elle fert à fècourir la Tranchée, fans être obligé de pafTer par le camp.
- L, eft une Redoute, ou un fortQuarré; ilfèrtd’ordinaire à favorifer les Pionniers, ou gens qui travaillent
- aux
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- OU L’ART DE LA GUERRE. «5>
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- 70 LES TRAVAUX DE MARS,
- aux Tranchées , leur fervant de Retraite pour fe défendre quand l’Affiégeant les contraint d’abandonner leur travail*
- M, eft une Batterie : fous ce nom, les Ingénieurs entendent la Dilpofition de l’Artillerie prête à faire fon effet. Le nombre des Pièces d’une Batterie n’eft point déterminé : Mais les Soldats appellent d’ordinaire une Batterie Royale, celle qui eft dreffée vers le quartier du Roy , êc qui exce-de le nombre de huit Pièces. Les Ingénieurs donnent ordinairement le nom de Batterie Foudrpiante à celle qui eft élevée; Exemple M: d’Enterrée, quand elle eft creu-fée dans la terre ; Exemple N : & de Simple , quand elle n’eft couverte que de Gabions ; comme eft la marquée O.
- P, eft l’Ouverture de la Tranchée, oulePofte, oùîes Affiégeans commencent à creufer la terre, pour fe couvrir contre le feu de la Place, en y pouffant leurs Lignes d’Approches. On appelle auffi ce Pofte Queuè de la Tranchée.
- Q, eft une Ligne de Contrevallation. Cette Ligne eft un Foffé d’où on jette les terres du côté du Camp : fon principal ufage eft d’empêcher les iurprifes que ceux d’une Place pourroient tenter parleurs frequentes Sorties, contre ceux du camp.
- R, font des Chauffe-trappes: ou des Cloux à plufieurs pointes, dont il y en a toûjours une qui eft tournée en haut : On les feme dans le Chemins, pour empêcher le paflagede la Cavalerie; & dans les Brèches, pour arrêter l’impetuoffté de l’Affiégeant.
- S, eft un Chandelier : ou plufieurs pièces de bois, attachées enfomble, en maniéré d’un Banc renverfé. Ils fervent de Parapet quand on les remplit de Fafcines.
- T, font des Fafoines ou Fagots faits de menus Branchages. Les Fafoines forvent à plufieurs uliges ; à faire des Parapets fur des Rochers, en les
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 71
- pofànt entre des chandeliers, à combler les Foflez, &c.
- V, font des Gabions, ou de grands Paniers, faits d’or-? dinaire d’Ofîer j on les remplit de terre, pour faire les Parapets des fimples Batteries.
- Y, font des Corbeilles, ou de petits Paniers, qui font, plus larges par le haut que par le pied : Les Moufquetgires en mettent d’ordinaire plufieurs l’un contre l’antre, afin de tirer à couvert, par l’intervalle ouvuidequirefteentrelepiedde ces Corbeilles.
- Z, eft une Gallerie, ou une ancienne Machine de Bois, faite en maniéré d’Allée couverte, qui forvoit autrefois à couvrir le Mineur dans le paflage du Folié.
- r, Sont des Paliflades de Camp, ou plufieurs pièces de Bois liées enfemble ; on les appelle Paliflades de Camp, par diftinéfcion, à caufo qu’étant jointes plufieurs enfemble, elles font en état d’enfermer tout le Terrain deftiné au Campement d’une Armée.
- 2, Sont des Paliflades Ferrées : On les plante dans de petices Rivières, & lieux marécageux , pour empêcher qu’on y pafle facilement à pied , ou avec des Barques.
- 3 , Eft un Cheval de Frifo, ou unegroflepiecedeBois à plufieurs Faces : Elle eft lardée de gros Piquets ferrez ordinairement par leurs bouts : Les Chevaux de Frilè font d’une grande utilité dans les Brèches, pour arrêter l’impe-tuofité de ceux qui donnent l’Aflàut.
- 4, Eft une Barricade, ou Machine de Bois portative , pour boucher un paflage, ou avenue.
- 20, Eft un Mantclet : Ils font quelquefois faits d’une ou de plufieurs Planches jointes enfomble; Onlespoufle, on les porte devant foi, pour fo couvrir de la Mouiqueterie de la Place lorfque l’on ne veut point creufer de Tranchée pour en approcher.
- 5 5 Sont des Saufliflons> ou grofles pièces de Bois; on s’en fort pour affermir les Chemins gâtez, quand on veut faciliter le paflage de l’Artillerie.
- E 4 21, Sont
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- TL LES TRAVAUX DE MARS,
- ai, Sont de petits Sacs-à-terre. Nous en parlerons fort amplement dans nôtre troifiême Volume , en parlant des Inftrumens & Machines qui fervent à l’Attaque & Défenfe des Places.
- 6, Eft un Camp, ou le Terrain qu’une Armée occupe, quand elle fejourne & fe retranche a la Campagne.
- io, Eft le Quartier des Vivres, ou le Logement des Vi-yandiers.
- 8, Sont les Huttes, ou les Logemens de l’Infanterie.
- 5>, Eft le Parc de l’Artillerie, ou le lieu où l’on garde le Canon & tout ce qui eft neccflaire pour ion fèrvice, aufïi-bien que les Feux d’Artifice.
- 5, Sont les Barraques, ou les Logemens de la Cavalerie.
- U, Eft là Place d’Armes, ou la grande Place qui eft proche le Quartier du Roy : C’eft là où l’on pofte le principal Corps de Garde.
- i z, Eft une Sentinelle, ou Factionnaire : C’eft un Fan-taflin armé, pour prendre garde à la fureté du Camp.
- 14, Eft la Ligne de Circonvallation: Elleconfiftedans un Fofîe, dont on jette la terre du Camp. Son principal ufa-ge étoit autrefois d’empêcher le Secours que la Place pou-voit efperer du côté de la campagne; maintenant elle eft pour empêcher la Defertion. Nous en parlerons plus particulièrement dans l’Attaque des Places.
- 13, Eft le Quartier du Roy , ou le Logement du General.
- 15, Eft un Fort à Tenaille. 16, Eft un Fort à Demi-Baftions.
- 17, Eft un Fort à Chemife. 18, Eft une Redoute.
- 15>, Eft une Vedette, ou un Cavalier armé, pour la même fonction que la Sentinelle.
- Chà-
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- ou l’Art de la guerre. 7*
- Chapitre IV.
- De la ConftruBion des Plans en général, ér particulièrement du Plan des Places Régulières.
- ON ne lçauroit faire de grands progrez dans la Conftruc-tion des Plans, fl on ne poflede par la mémoire, les difïèrens noms que les Ingénieurs ont donnné à chaque Polygone, ou Figure, que nous allons expliquer à la tête de ce Chapitre. Mais ceft encore une neceuité de febienfêrvir des Maximes que nous donnerons enfiiite, pour la Con-ftra&ion des Battions, qui doivent fortifier ces differentes Figures.
- e j
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- 74 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Noms que reçoivent les Places Régulières, a raifon de leurs Cotez., C7* de leurs Angles.
- IL y a des Ingénieurs qui propofent le Triangle Equilatéral pour la première des Figures Regulieres, qui font capables d’être fortifiées j Mais il y enaplufieursaurres, qui en rejettent l’ufàge, à moins d’y être obligez par une difpofition formelle du Terrain, & par l’impombilité d’y en conftruire d’une autre Figure. En effet, fi on y conftruifoit des Baftions ordinaires , ils auroient leur Angle flanqué d’une Ouverture au deflous de fbixante Degrez $ ce qui répugné à une des Maximes fuivantes, qui dit, que, U Angle flanqué [d'un Baflion Régulier doit être four le moins de foixante DegrezSur cette obje&ion, qui paroîtinconteftable, nous commencerons par le Tetragone ou Quarré.
- Tetragone ou Quarré eft une Figure ou Polygone qui a quatre Cotez égaux, & quatre Angles droits.
- Pentagone eft la Figure qui a cinq Cotez égaux, &cinq Angles de pareille Ouverture.
- Hexagone a fix Cotez égaux, & fix Angles de même Ouverture.
- Heptagone a fept Cotez égaux, & fèpt Angles de pareille Ouverture.
- O&ogone a huit Cotez égaux, & huit Angles de même Ouverture.
- Enneagone a neuf Cotez égaux, & neuf Angles de pareille Ouverture.
- Décagone a dix Cotez égaux, & dix Angles de même Ouverture.
- Endecagone a onze Cotez égaux, & onze Angles de pareille Ouverture.
- Dodécagone a douze Cotez égaux, & douze Angles de même Ouverture.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 7f
- r\ OCTOGO
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- 7<S LES TRAVAUX DE MARS,
- De l'afage des Plans en general.
- LEs Architectes ne jettent jamais le fondement de leurs Edifices qu’aprés en avoir deffiné plufieurs Plans à fimple trait, & reprefenté plufieurs Elévations fur des Modellesreïterez. Par ces moyens-là ils corrigent leurs defiàuts avec une profonde réflexion j ils retranchent ce qu’ils voyent inutile 5 & augmentent les parties necefiaires.
- Dans cette même veuë, l’Ingenieur, avant que de rien tracer fur le Terrain, doit faire plufieurs Plans & plufieurs Model-les du Corps & des Ouvrages de fa Place, en general & en particulier ; afin de ne. rien creufer ni élever fans meure deliberation , ces fautes étant bien plus confiderables que celles d’une Maifon.
- Même un Gouverneur, un General d’Armée, ou celui à qui le Pri nce confie la Conduite d’un Siège,doit toujours avoir deux ou trois differens Plans de la Ville qu’il défend, ou qu’il alîiége j afin que par le Plan Ichnographique A, qui reprefente les Fortifications de la Place en fimple Trait, il puifle juger delà Grandeur des Courtines, de l’Etendue des Flancs, de la Longueur des Faces, de la Capacité des Baftions, de l’Ouverture des Angles , de la Largeur des FofiTez, & de l’Etendue des Dehors de la Place : Toutes ces chofes font necefiaires pour défendre une Place, ou pour l’attaquer j pour affeoir un Camp, déterminer les Attaques, conduire les Tranchées 5 ou bien enfin pour examiner les endroits de la Place qui ont befoin d’être fortifiez.
- Pour le Plan Topographique marqué B, qui reprefente le Corps de la Place, & fes Environs, il eft d’un grand fecours, tant pour ceux qui défendent, que pour ceux qui attaquent une Place ; car on n’y découvre pas feulement la Solidité & Hauteur des Remparts, la Grandeur des Talus, la Largeur & Profondeur des Foflëz, avec les Détours des Chemins, l’Eftat de chaque Avenue, & la Situation des Portes de la Place ; mais aufii on y remarque tous les Ruifieaux, Fontaines, Ma-refeages, Eftangs, Rivières, Vallons, Montagnes, Bois, Maifons, Eglifes & autres particularitez qui fe rencontrent autour des Villes, & dont la connoifiànce eft importante aux Alfiégez & aux Afliégeans. Il y a quelques Ingénieurs, qui, à l’imitation du Chevalier Antoine de Ville, reprefentent leur Plan en perfpeCtive, comme celui qui eft marqué C : mais cette Méthode eft à rejetter, puifque en plufieurs endroits d’un Plan, les petits Cotez font reprefentez plus longs que les grands; & les plus grands moindres que les plus petits. Ve
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- De Fufage particulier des différent Polygones.
- T Es Ingénieurs fe fervent du Tetragone A, onde la Figure -*-# quarrée, pour la Conftruéiion des Forts qu’ils élevent fur des hauteurs & autres lieux, qui n’ont pas de grandes étendues* ils s’en fervent aufîi quelquefois pour la Conliru&ion des petites Citadelles.
- Le Pentagone B eft d’un grand ufage pour les Citadelles, à caufe que cette Figure eft avantageufe pour commander en même temps à la Campagne & à la Ville > ainfi que nous le démontrerons en parlant des Citadelles.
- L’Hexagone C eft employé quelquefois pour les grandes Citadelles ,. & pour les moyennes Places. C’eft auffi la Figure que les Auteurs ont accoûtumé de prendre pour rendre raifon de leurs Conftruâions, comme il fe peut remarquer dans ma fécondé Partie.
- L’Heptagone D embrafle un Terrain fort avantageux pour la Conftruétion d’une Citadellepôürveu qu’elle puifîe être con-ftruite fans gâter l’Enceinte de la Place.
- L’O&ogône E comprend un Terrain.fort commode pour les grandes Villes, &pour celles qui font avantagées dé quelques Rivières î principalement quand on p>eut difpofer leurs Battions d’une telle maniéré que l’Entrée & la Sortie des Rivières foie dans quelqu’une de leurs Courtines j afin que des Flancs des Battions voifins on puifîe découvrir & arrêter ceux qui vou-droient entrer & fortir delà Place fans permiüîon du Commandant.
- L’EnneagoneF, DecagoneG, &e. fe dejffinent plutôt par curiofité, que par neceflité j car il n’y a point de Places Régulières de dix Cotez j il h’y a.même que la feule Place de Palma-Nova dans le Frioul, qui foit de neuf Cotez Réguliers : Cbar-Jeville eft un Oétôgone : Philisbourg, Manheitri, &Coëvor-den, font des Heptagones : Perpignan, Cazal, & Milan ont leurs Ciradellesde fix Battions j & une infinité d’autres Villes ont les leurs de cinq & de quatre.
- Toutes ces Figures fe conftruironr parles mêmes Principes que je donnerai ci-aprés, dans la Cônftmitiou du Tetragone 3 félon ma Méthode.
- Maxi-
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- 8o LES TRAVAUX DE MARS,
- Maximes Generales de la Fortification Reguliere.
- LEs Ingénieurs appellent Bajlions Royaux, ceux qui fe con-ftruifent par l’authorité des Souverains , fur l’extremité des Poligones de 80. jufqu’à 120. Toifes, qui eft la Portée ordinaire du Moufquet, dont les Affiégez fe fervent pour la défen-fe de leurs Battions.
- On donne encore à ces Battions le nom de Royaux, à caufe que par l’étendue de leur Terrain ils font capables de plufieurs grands Retranchemens, de loger en même temps plufieurs Batteries, &derefifter, par leur , folidité, aux efforts des Mines, & aux plus vigoureufes Attaques d’une Armée Royale, qui eft celle qui conduit avec foi de l’Artillerie. Dans cette veuë les Ingénieurs établifîènt les Maximes fuivantes.
- Première Maxime.
- QUeles plus grands Cotez des Places Régulières n’excedent pas l’étendue de la Portée ordinaire du Moufquet, qui eft de 120. Toifes ; afin que les Battions, qui feront conftruits à leurs extremitez, ne foient pas hors de déf enfe.
- Seconde Maxime.
- QUe les plus petits Cotez des Places Régulières ne foient ja-, mais au deflous de 80. Toifescrainre qu’étant plus petits leurs Battions ne foient pas capables des fondions Militaires.
- Troifième Maxime.
- Courtine qui lui eft proche-, & tout lé pied du Baftion qui lui eftoppofé.
- Quatrième Maxime.
- QUe toutes les parties d’une Place foient flanquées, c’eft*à-„dire, veuës de Flanc ou de Côté. ,
- Cinquième Maxime.
- QUe les parties flanquées ne foient pas éloignées des flan-. quantesau de-là de 120. Toifes, portée du Moufquet $ qui eft l’Arme la plus ufitée pour la Défenfe des Places ,
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- OU L’ART DE LA GUERRE. St
- Sixième Maxime.
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- QUe d’un Flanc on découvre, fans aucun empêchement, la . Courtine, le Flanc, la Face, &leFofle, qui lui font op-pofez, & même le Glacis de la Contrefcarpe.
- Septième Maxime.
- QUe les grandes Gorges des Baftions foient préférables aut petites j parce qu’on peut taire en divers temps, dans les grandes Gorges, divers Retranchemens, ce qui eft impoffible dans les petites.
- Huitième Maxime.
- /~\Ue les Courtines, qui occupent à peu prés les trois parties 'x d’un Côté du Polygone divifé en cinq parties, foient préférables aux plus grandes, qui rendent les Baftions trop petits.
- N eufvième Maxime.
- QUe les Faces, dont l’étendue approche des deux-tiers delà ^Courtine, foient préférables aux plus grandes i car les plus petites font toujours meilleures.
- Dixième Maxime.
- QU’on tienne encore pour principe eflentiel, que la force ou bonté d’un Baftion ne dépend pas de l’Angle flanqué aigu , droïc, ou obtus ; mais feulement du grand feu tiré des Flancs oppofez à fes Faces.
- Onzième Maxime.
- Q’
- Ue l’Angle flanqué d’un Baftion Régulier foit pour le moins ouvert de foixante Degrez.
- Douzième Maxime.
- QUe les Foflfez profonds, ou à fond de cuve, foient preféra-, blés aux Foflfez larges, quand les uns & les autres ne four-niftent qu’une même quantité de terre , pour l’élévation des Remparts, Parapets, &c.
- Tom. /.
- F
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- «î LES TRAVAUX DE MARS,
- De la Fortification de VHexagone , ou Figure de fix Cotez >
- félonies Réglés ordinaires.
- QUoy qu’il y ait prèfque autant de differentes manières de conftruire les Battions, qu’il y a eu de differens Auteurs qui ont traité de la Fortification j ainfi qu’on le peut remarquer dans nôtre fécond Volume : Neanmoins, dans ces commencemens nous nous contenterons de donner un Exemple de la maniéré du Chevalier Antoine de Ville.
- La Circonférence ABCDEF étant tracée de la grandeut que l’on defire faire l’Hexagone , & cette Circonférence étant divifée en fix parties égales, aux Points A, B, C, D, E, F , on tirera en lignes occultes les fix Cotez du Polygone AB, BC, CD, DE, EF,FA, ainfi qu’il a été dit dans le fécond Chapitre. Puis on prolongera les Lignes du Centre,1 en blanc, au de-là des Angles du Polygone.
- Enfùite on fera les Demi-Gorges AG, & AH, de la fixiêmc partie d’un Côté du Polygone, comme AB. A ces Points de Demi-Gorge G & H, on fera tomber fur les Courtines, les Flancs perpendiculaires GI, & HK, chacun de la grandeur d’une Demi-Gorge AG, ou AH. Enfùite on tirera-la droite Kl, obfèrvant qu’elle coupera en L la Ligne du Centre prolongée, qui paflê par l’Angle du Polygone A. De ce Point L, comme Centre, & de l’Intervalle LK , on décrira la Demi-circonférence KMI ; remarquant qu’elle coupera la Ligne prolongée du Centre en M, afin de tirer de ce Point Mies Faces MK, & MI, pour achever un Baftion: & continuant la même pratique à tous les autres Angles du Polygone , l’Hexagone fera fortifié ; ainfi qu’il fe voit dans cette Figure.
- De
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- 84 LES TRAVAUX DE MARS,
- De la Conjlruttion de VHexagone, ou Figure de Jix Cotez , filon les Réglés de VAuthewr.
- ^TOusavertirons, que les Réglés que nous allons donner pour LN la Conftruttion d’un Hexagone , font les mêmes qu’il faut obferver pour le Pentagone, Hexagone, Heptagone j & généralement pour toutes les autres Conuruâlons des Figures Régulières.
- La Circonférence étant faite de l’étendue qu’on veut donner à l’Hexagone, & divifée en lix parties égales, avec les Lignes du Centre, tirées en blanc, & les fix Cotez du Polygone AB, BC, &c. on fera les Capitales, divifant un des Cotez du Polygone, comme AB, en trois parties égales s afindetranfporter une de ces parties au delà des Angles du Polygone fur toutes les Lignes du centre, prolongées de A en E, de B en F, &c.
- Pour les Demi-gorges, on prendra la cinquième partie d’un côté du Polygone, comme AB; & des Points A & B, &des autres Angles du Polygone, on mettra cette partie pour Demi-gorge, auxPointsG, H, &c. fur tous les Cotez du Polygone.
- Pour faire les Faces, les Flancs, & les Courtines, on tirera en lignes occultes les lignes de^Defenfe HE, GF, & toutes les autres, des Points des Demi-gorges aux extremitez des Capi taies j puis au Point d’une Demi-gorge, comme G, on mettra le Centre d’un Rapporteur, enforte que fon Diamètre convienne avec AB, Côté du Polygone, pour y faire enfuite l’Angle du Flanc HGI de 98. Degrez j remarquant que la Ligne GI coupe la Défenfe HE au Point L, afin d’avoir EL pour la Face , LG pour le Flanc, & GH pour la Courtine.
- Pour achever la Figure, on tranfportera. la Face EL des extremitez de toutes les Capitales, comme F, &c. fur toutes les Lignes de Défenfe, commedeFenM, deFenN, &c. pour avoir la grandeur des Faces: Et joignant les extremitez de ces Faces, aux Points des Demi-gorges H & L, &c. on aura les Flancs MH, & KL, & la Courtine fera GH : ce que pratiquant de même au refte de la Figure, l’Hexagone fera achevé , comme il fe voit dans l’Exemple prefènt.
- L’Echelle fe fera de la longueur d’un des Cotez du Polygone.
- Metho•
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- 'Méthode de mefurer les Longueurs des Lignes qui forment
- un Plan.
- POur cette pratique on fiippofe que dans le Plan propofé on connoît la longueur d’un des Cotez du Polygone: Ainfi dans cét Exemple > l’ayant fuppofé de cent Toifès, on mettra cette longueur à part, pour en faire une Echelle divi-fee en cent parties égales, félon les Préceptes que nous en avons donnez dans le fécond Chapitre de ce Volume.
- On mettra les Chiffres convenables aux differens nombres de ces Divifions, comme ils paroifïent dans l’Echelle de ceQuarré, qui eftfortifiéfelon nôtre Méthode.
- Pour fe fervir de cette Echelle , on prendra avec un Compas l’étendue de la Ligne qu’on veut mefurer ; pni s on appliquera cette longueur fur l’Echelle, qui indiquera fiirfès Divifions le nombre des Toifès que la Ligne conrient. Par exemple, voulant connoître l’étenduë de la Courtine GH, on ouvrira le Compas de cette longueur, & portant une de fes jambes fur le premier Point de l’Echelle, on remarquera ou l’autre jambe tombera, comme fur la Divifion marquée 60. ce qui détermine la longueur de la Courtine.
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- SS LES TRAVAUX DE MARS,
- - Remarques fur la portée du Moufquet.
- ON remarquera, que je ne donne que ioo.Toifes an Côté du Polygone ; & que félon ma Méthode il n’en doit jamais avoir plus de i io. principalement aux Places qui n’ont point de Cazemattes. Ce qui eft contre la Méthode vulgaire ; car ordinairement on donne à chaque Côté du Polygone 12.0. Toiles, qui déterminent la portée du Mouf-quet de but en blanc. Je dis de bu&en blanc, car on ne doute point que les Moufquets, dont on fe fertprelèntementen France, ne portent plus de 120. Toiles; Mais comme la violence de leur coup Ce ralentit fonfiblement au de-là de 120. Toiles, & qu’elle ne peut plus mettre un homme hors de défenlè, c’eft ce qui m’oblige à rejetter les Baftions conftruits fur des Cotez de 1 îo.Toilès. Eh effet, quand les Affiégeans auront rompu le Flanc A, deftiné à défendre la Face oppo-fée B, & qu’ils auront contraint l’Aflïégé de faire’un nouveau Flanc C derrière le premier, pour fe retrancher plus avant dans le corps du Baftion , alors ce nouveau Flanc C fera trop éloigné de la pointe de la Face qu’il doit défendre ; car c’étoic tout ce que pouvoir faire le premier, qui n’en étoït éloigné que de 120. Toifes. Ainfi les Affiégeans, n’ayant plus à craindre la Moulqueterie de ce lecond Parapet, pourront pal-fer le Foffé à la faveur d’un fimpleMantelet, & feront en fèureté fur la Brèche que les Affiégeans auront faite vers l’Angle flanqué ; ce qui n’arrivera pas aux Places qui ont la Détente plus courte que de la portée de 120. Toiles.
- En effet, c’eft un defaut tres-confiderable à ceux qui ne veulent point de Cazemates , d’établir precifément leur Ligne de Défenfe de la portée du Moufquet, quoy qu’ils le faflent pour deux raifons. Premièrement, afin que l’Affié* géant, s’étant logé fur les Contrefcarpes, ne puifle de cette diftance incommoder de fa Moufqueterie, les Affiégez qui font à la défenfe du Flanc oppofé : Et en fécond lieu,
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- ils prétendent fous cette étendue de no. Toifes enfermer beaucoup de Terrain avec un petit nombre de Battions.
- Mais la première de ces raifons ne peut êcre propofée, que par des gens qui n’ont que la Théorie de cette Science, ôc qui s’imaginent qu’auffi-tôt que les Alïiégeans le font logez fur les Contrelcarpes d’une Place, toute leur étude eft de tirer des Coups de Moulquets contre un Flanc qui eft éloigné d’eux ( félon mon calcul ) de plus de 113. Toifes, à caufè de la largeur du Folié, & du lieu où ils éleveront leur Parapet. Cependant les Alïiégeans dans une fi grande diftance ne peuvent découvrir que le Sommet de la tête des Soldats Affiégez, qui, folon l’ordre de la Guerre, n’auront pas manqué de Corbeilles , ou de petits Sacs à terre for le Talus fuperieur de leur Parapet ; ce qui fait que de deux mille coups que les Alïiégeans tirent contre ce Parapet, à peine entrouvera-t’onun, ou deux qui portent j aulïi les Alïiégeans, au lieu de s’amu-for à faire des Décharges de Moulquets for les Flancs, éle-vent des Batteries for la Contrefoarpe, pour ruiner & démolir les Parapets de ces Flancs, & obliger ceux qui font derrière d’en élever d’autres dans la lolidité du Baftion, ce qui diminue leur défenfe de huit ou dix Toiles: Car le premier Parapet qu’on leur a ruiné, eft de trois ou quatre Toiles d’épailleur, l’Enfoncement de la Brèche eft de deux pu trois Toifes pour le moins, & l’Epaiflèur de leur nouveau Parapet de deux, ou trois Toifes. Ç)’où il arrive que la portée de leurs Moulquets ne va plus ju£ qu’à l’Angle flanqué du Baftion , & qu’il y a un elpace de huit ou dix Toiles, pour aller fans péril à l’Aflaut, & fe loger en toute aflïïrance dans la Brèche ; à caufe que la Défen-fè, qui portoit julqu’à l’Angle flanqué, eft retirée dans le corps du Baftion oppole. C’eft pour remedier à ces accidens , comme j’ay déjà dit, que: je ne donne que 100. ou no. Toiles aux Cotez des Polygones qui n’ont point de Caze-mates; afin d’avoir toûjours une défenfe plusraifonnable,
- pour
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 91
- pour battre dans la Brèche, qui potirroit être faite vers l’Angle flanqué, nonobftant quelque débris qu’on puifie faire dans le Flanc qui regarde la Brèche.
- Quant à la leconde railbn, qui prétend, lur des Cotez de 120. Toifes, enfermer beaucoup de Terrain avec peu de Battions 5 je répons que l’épargne eft toûjours bonne à faire, pourvu, quelle ne nuile point a la perfeétion des Ouvrages , mais qu’elle eft blâmable quand elle 11’a pour fin que l’avarice. La bonté d’une Place ne confifte pas dans le petit nombre des Battions ; mais bien dans la bonté de fes Défendes. On ne demande pas, quand on afîiége une Place, combien elie a coûté à fortifier*, mais on s’informe fort foigneu-femcnt, de qu’elle nature font les parties qui la flanquent : ÔC l’experience montre allez, que les longues Défenlès font toûjours les pires; puifque leurs coups font à moitié amortis avant qu’ils arrivent au lieu qu’il faut flanquer; ce qui n’arrive pas aux Places qui ont leurs Défenlès mieux proportionnées. Aufli lïippolànt un même Terrain, j’aime mieux faire un Heptagone, bien défendu fur un Côté de 100. ou 11 o.Toilès, que de faire un Hexagone mai défendu lur un Côté de £2o. Toifes; & toutes çhofes bien confiderées, on trouvera que les frais feront prelque égaux, tant â l’Hexagone, qu’à l’Heptagone; car ce qui le retranche dans le nombre des Battions, le remet à peu prés dans l’étenduè des longs Cotez.
- En un mot, pour conclure ce Dilcours, j’aime mieux qu’une Place loit fortifiée avec plufieurs Battions qui le défendent vigoureufement, que d’en avoir un petit nombre mai défendus, pour épargner quelque argent. Etmapènfée n’cft pas fi nouvelle qu’elle ne fût déjà teuuë pour Maxime eflentielle du temps de Fritach, qui a écrit, que plus une Forterefle a de Battions & plus elle eft forte ; comme on le peut remarquer dans Ion premier Livre de la Fortification des Places Regulieres, Chap. 1 y. pag. 14.
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- Méthode pour connoître VOuverture des Angles d'un Flan*
- ENtre les, differens Inftrumens qui fervent à connoître l’Ouverture des Angles, il n’y en a point dont l’ufa-ge (bit plus (impie & plus facile que celui du Raporteur ou Demi-cercle, furtout quand l’Inftrument eft de corne bien tranfparente.
- Quoyque nous ayons expliqué ci-devant la maniéré de mefurer les Angles Redilignes, maintenant qu’il s’agit des Places, il ne (èrapas inutile d'en repeter la pratique lur un exemple tiré des Places mêmes.
- Suppofànt qu’on veuille connoître l'Ouverture ou la quantité de l’Angle flanqué MFN, on remarquera que file Rapporteur eft de cuivre, on pofèra (on Diamètre le long de la Face MF: mais fi l’Inftrument eft de corne, on appliquera fon Diamètre fur la Face même, en obfervant toûjours que le Centre convienne precifément fur le Point où les deux Lignes forment l’Angle flanqué F. Alors l'Arc OP, compris entre les deux Faces, déterminera la valeur de l’Angle.
- Cette pratique fert generalement à mefiirer tous les Angles jpentrans & fortans, formez par des Lignes droites.
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- 24 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjlruttion des Fauffes-brayes.
- LA Faufle-braye eft une largeur de Terrain, en façon de Chemin, qui régné entre le Pied du Rempart & le Bord du Fofîe 5 & qui, pour défendre ce même Fofle, eft couverte d’un Parapet, tiré parallèlement à toute l’Enceinte de la Place.
- Les Fauffes-brayes ne font point en ufage en France, en Italie , ni dans tous les païs où les Remparts font revêtus de pierre î car l’experience a fait remarquer, quecesrevêtiflemensétans brifez par l’Artillerie des Affiégeans, envoyent des éclats qui font un ravage extraordinaire fur les Soldats deftinez à défendre la Faufle-braye 5 de forte que l’Affiégé, étant contraint d’abandonner un Pofte fi dangereux, il fe trouve que lui-même a préparé un logement à l’Ennemi., qui ne manque pas de l’occuper.
- Toutefois pour contenter le goût de tout le monde, & fatis-faire aux curieux, j’en donne ici la Conftru&ion.
- Pour defliner fur le papier la Faufle braye des grandes Places, on prend la cinquième partie du Flanc;& pour les petites la qua.-triême. Sur le Terrain,cette largueur eft de trois à qûatreToifes. Ayant donc ouvert le Compas de la longueur de la quatrième ou cinquième partie du Flanc, on applique la Réglé par le dedans delaFigure fur le Trait qui en marque l’Enceinte; puisfaifant couler, au delà de ce Trait, une des jambes du Compas le long de la Réglé, l’autre jambe marquera des Lignes blanches d’un Angle à l’autre, parallèles à toutes les parties du Trait : Par ce moyen la largeur de la Faufle-braye ABC fera déterminée ; & la Ligne blanche fera marquée d’une Ligne noire, dont le Trait fera moins chargéqne celui du Corps de la Place, afin d’en faire ladiftinétion.
- Le Parapet de la Faufle-braye, qui eft ici ombré, fe fait parallèle à la Faufle-braye, de la même largeur que relui du Rempart, c’eft-à-dire, de la quatrième ou cinquième partie du Flanc» ainfi qu’il fera expliqué plus au long dans le Chapitre fui vant.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 9?
- Chapitre V.
- ConftruBion des Remparts * Parapets j Rues / Places d’jîrmes j FoJJeZj Chemins-couverts & Glacis.
- JE commenceray ce Chapitre en avertiflànt, que dans les petites Dimenfions de mes Plans» il napasétépollïble de garder lès Mefiires exa&es des Remparts» Parapets» Rues, Folïez, Chemins-couverts, & Glacis. Je ne les re-prefente que pour en donner une Idée generale, & faire di-flinguer ces differentes parties, avec toute la proportion qui peut entrer dans des Figures de fi peu d’étendue. Mais fi on veut les tracer dans toute leur juftefîe, (bit for le Papier, oui fur le Terrain, on n’a qu’à confulter les Profils que j’en ay donnez dans le quatrième Livre de cçt Ouvrage.
- Çait*
- Tw.f.
- G
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- LES TRAVAUX DÉ MARS,
- Conftruftion des Remparts, Parapets 9 Portes O* Fojfez,
- des Places Régulier es.
- deffine fur le papier le Rempart des Figures, en prenant L' avec le Compas les deux-tiers de la Demi-gorge ÂB, ou la longueur du Flanc B K» afin de déterminer au dedans delà Figure le Rempart par la Ligne FG , parallèle au côté du Polygone AS j ce qui fe fait en cette maniéré: OnpofelaReglele long du côté du Polygone AS » & le Compas étant ouvert de la mefure que je viens de dire, on coule une des jambes du Compas le long de la Réglé» & l’autre jambe marquera au dedans de la Place la Ligne FG» qui déterminera la largeur du Rempart: ce qui étant continué à tous les cotez de la Place» on aura la largeur de la Bafe du Rempart,ainii qu’on le peut remarquer dans’ cét Hexagone.
- Pour tracer le Parapet IL, on prend avec un Compas la cinquième partie du Flanc aux grandes Places , ou la quatrième aux petites, afin de faire, au dedans de la Place, des Lignes parallèles aux Faces, Flancs & Courtines.
- La Banquette fe fait aufli au dedans de la Place, toûjours parallèle au Parapet, 5c le plus prés du même Parapet qu’il fera poffible.
- Les Portes fe marquent au milieu des Courtines par un petit efpace blanc: Exemple K.
- Pour donner la largeur au Foffé, on produit indeterminé-ment les Lignes du Centre, tant celles, qui paflent par le milieu des Courtines, que par les Angles des Polygones. Puison prend la longueur d’un Flanc, comme BK, dont on fait vers la campagne la Ligne SP parallèle à la Face MK, & cette Ligne parallèle fera la Contrefcarpe. On remarquera enfuiteque cette Contrefcarpe coupe au Point P la Ligne HO, quipaflè parle milieu de la Courtine î & l’on portera du Centre H l’Ouverture HP de H en V, de H en X, &c. fur toutes les Lignes qui paflent par le milieu des Courtines. De la même maniéré on prendra du Centre H la Diftance HS, qui eft le Point où la Çontrefcarpe coupe la Ligne du Centre, qüi paffe par l’Angle du Polygone, afin de tranfporter du Centre H cette Ligne HS fur toutes les Lignes relatives tirées du Centre, pour avoir les Points Z, D, C, &c. De ces Points an tirera a ceux qui font vis-à-vis des Courtines les Lignes SP, PZ, Z V, VD, &c. qui formeront la Contrefcarpe, ainfï qu’il eft reprefenté dans ce Plan. Con-
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- Çonftru&ion des Chemins-couverts 0- Glacis.
- ON deffine le Chemin-couvert furie Papier, en prenant pour les grands Plans la cinquième partie du Flanc, & pour les petits 5 la quatrième .* de cette ouverture de Compas on fera de la Contrefcarpe FG, vers la campagne, une Ligne, qui lui fera parallèle, comme celle de NO; & l’étendue qui retrouvera entre ces deux Lignes FG & NO, fera le Chemin-couvert.
- Le Glacis, qui eft proprement la largeur du Terrain qu’on donne au Parapet du Chemin-couvert, fe fait parallèle à la Ligne qui termine vers la campagne le Chemin-couvert. Sur les Plans, on lui donne une largeur égale à la longueur du Flanc-* Et on le trace en la maniéré fuivante.
- Le Compas étant ouvert de l’étendue qu’on veut donner au Glacis, comme , dans nôtre Exemple, de la grandeur d’un Flanc, on pofera la Réglé à l’uni de la Ligne du Chemin-cou-vert NO, pour faire couler le long de la Réglé une des jambes du Compas, dans le même temps que l’autre jambe marquera la Ligne IL, pour avoir la largeur du Glacis. Contiuriant les mêmes pratiques vis-à-vis des autres côtez de la Contrefcarpe , on aura les Chemins-couverts & les Glacis propofez.
- Proche delà tête du Glacis, du côté du Chemin-couvert, on aura foin d’y marquer une petite ligne pour reprefenter fa Banquette , & fur le Glacis une ponctuation pour les Palilfades.
- On remarquera que le Chemin-couvert, que les Soldats appellent le plus fouvent la Contrefcarpe, n’eft dans les Ouvrages achevez qu’un efpace qui fuit le Foffé du côté de la campagne, large de deux à trois toifes, fait au niveau de la campagne; ou creufé un peu plus bas félon la necelîité du terrain,ayant toujours au devant de foi un Parapet hautdefîx pieds, avec une ou plu-fieurs Banquettes. Sur le Glacis, & à la diftance de 2. à 3. pieds du fommet du Parapet, on met d’ordinaire les Palilfades les plus ferrées que l’on peut quand elle font faites de gros branchages; mais on aura foin à celles qui feront faites d’un bois fcié, de laif-fer éntr’elles de petits efpaces, par lefquels ceux des Chemins-couverts tirent par delfus le Glacis qui fe joint infenfiblement au niveau de la campagne, le plus loin qu’il eft poflible.
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- toi LES TRAVAUX DE MARS,
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- Conflruftion des Places d'armes, Rues, cr Mai fort s des
- Places Regulieres.
- T Es Ingénieurs dans leurs PlansReguliers,veulent que la prin -•*-* cipale Place d*Armes occupe toujours les environs du Centre de la Place j & que faügure particulière foie femblable à celle du Plan.
- Que dans les grandes Villes il y ait d’autres Places d* Armes, où l’on puifle bâtir de grands Corps de Garde, &desCazernes deftinées au Logement des Troupes qui font en marche pour aller d’une Garnifon à l’autre.
- Que les petites Places d’Armes, & les Marchez, qui n’ont point de grandeurs, de figures, ni de lieux affeélez, foient confinâtes toujours dans les endroits les mieux peuplez, & proche des grandes rues.
- Pour conftruire une grande Place d’Armes, on divife en cinq parties égales une des Lignes du Centre, qui va répondre à un des Angles du Polygone, comme celle qui eft marquée A B. Le Compas étant ouvert d’une de ces cinq parties, on fera du Centre du Plan Aune Circonférence, qui coupera toutes les Lignes du Centre aux Points C,D,E,F,G,H. Tous ces Points étant joints de Lignes blanches donneront la Place d’Armes, femblable à la figure du Corps de la Place.
- Pour l’ordonnance & difpofition des Rués, on en fait toujours une proche & parallèle au Rempart, les autres fe tirent le long des Lignes du Centre qui vont rendre depuis la Place d’Armes, jufqu’au Rempart vis-à-vis les Angles des Polygones, & vers le milieu des Courtines. On ménage la communication de toutes ces Rués qui doivent repondre de l’une à l’autre. Le nombre de celles qui croifent n’eft pas déterminé, neanmoins on ri’en reprefente d’ordinaire que trois ou quatre, comme on le peut remarquer dans cét Exemple.
- La largeur des Rués dans les grandes Villes eft ordinairement dej.ou4. toifes. Dans les grands Plans elles ont la cinquième
- f>artie du Flanc, & dans les petits, la quatrième. Quand on es tracera fur le papier, on les fera parallèles aux lignes blanches qu’on a tirées du Centre, comme fi ces Lignes blanches leur dévoient fervir de ruifleaux.
- Les Intervalles, ou efpaces ifolez, qui font renfermez dans les Lignes des Rués ^marquent où l’on bâtit les Eglifes, Mo-safteres, Maifohsy & autres Edifices publics.
- Plan
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- io4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Plan d'une Figure Reguliere achevé félon les Réglés precedentes , avec la maniéré de reprefenter le Fojféfec ,
- ou plein d'eau.
- POur rendre ces commencetnens plus familiers à ceux qui ne (ont pas accoûtumez à tracer lùr le papier, j’ay deffiné ici le Plan d’un Hexagone, fortifié félonies Réglés, où ils pourront facilement remarquer les Places d’Armes, les Rues, les Maifons, les Battions, les Remparts, les Parapets, les Portes, les Ponts, les Folfez, les Chemins-couverts, & les Glacis, dilpofez dans l’ordre qu’ils doivent être.
- On remarquera que j’ai ajoûté à l'entour des Battions & des Courtines de cette Figure, auffi-bien que des fiiivantes , une petite Ligne en dehors de la Place, du côté du Folié, marquée des lettres A, B, C. Cette Ligne reprefènte la Ber-me ou k Relais : Son ufage eft de conferver le Pied des Murailles contre les eaux croupiflantes, & d’empêcher que les terres en éboulant, ne comblent le Fofféj principalement quand les Places ne font point revêtues.
- Lorlque dans un Plan on voudra reprefenter un Folié fec, il fuffira d’y mettre une Ponétüation , telle qu’on la remarque dans la partie du Folié où font les lettres A, B, C. Mais fi on vouloir reprefenter un Folié plein d’eau, on y fera des hachures félon l’une ou l’autre des trois differentes maniérés que je propofe, & qui font marquées des lettres D, E, F.
- Si l’on defire mettre des Dehors à un Plan, ou à quelques-unes de les Tenailles, .on fe contentera de tracer la Contref-carpe en Lignes blanches, fans y mettre le Chemin-couvert & le Glacis, qui doivent être reprefentez ail de-là de ces Dehors.
- Remar•
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- ipf LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur le Fojféque Von fait au pied du Glacis.
- TLy a des Ingénieurs qui veulent couvrir le pied de leurs G la*
- à* d’unFo/fé fec, ou plein d’eau, qu’ils fortifient même d’une Palifiàde-* Exemple A.
- Ceux qui en condamnent l’ufage, difent, que lapetitefiede ce Fofîe ne peut empêcher l’Afliégeant de le faigner s’il eft plein d’eau , ou de le combler facilement s’il eft fec, afin de s’en ferait1 de logement, &même d’un terrain tout difpofé à faire des Batteries enterrées ; Exemple B.
- De leur obje&er que le feu des Aflïégez, qui feront à la défèn-fe des Paliflàdes, incommodera beaucoup les Affiégeàns quand il fera fécondé du feu du Chemin-couvert :
- Ils rejettent cette objection & difent, que fi les Affiégez veulent défendre cette Paliflade , il faut neceflàirement que leur Moufqueraires qui font derrière, fur le Chemin-couvert, jeef-fent de tirer, fînon qu’ils tüeront ceux de leur parti qui font à la défenfe de cette Palifiàde.
- De foûtenir encore, que les Soldats que l’on commandera pour défendre cette Palifiàde, feront tous gens choifîs& d’execution .*
- II répondent, que l’on en pourroit peut-être bien trouver quelque^nombre pour défendre Un lieu d’une petite étendue, mais qu’ils n’en auront pas afiez pour fournir aux differens endroits du pied d’un Glacis s qui a deux fois plus de circuit que le Chemin-couvert, où l’Afliégeant peut faire plufieurs faufies Attaques.
- Ainfi leurs objections font fàns fondement-* joint que le Soldat, qui fera à la défenfe de la Paliflade duFoffé, fera bien moins d’effet que s’il étoit derrière la Paliflade du Chemin-couvert, à caufe que dans ce dernier poftefa retraite eft feure, fous les défenfes de la ville-* mais à la Paliflade duFoffé, il perdra courage au moment quelle fera attaquée ; parce qu’il n’a aucun refuge afluré, & qu’étant renfermé entre deux Paliflàdes , fur un terrain qui va en montant, il faudra que fa retraite 1 expofefans refource à la veüe & au feu des Affiégeàns.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. io$ Chapitre VL De la Conftruffim des Dehors.
- COmme c’eft un avantage fort confiderable à une Place, d’être environnée de Dons Foiïez , & d’un bon Rempart : C’eft auffi un notable défaut quand il fê rencontre aux environs de fes Contrefcarpes des Concavitez ou Elévations qui peuvent fèrvir deLogemens ou de Rideaux aux Affié-geans, 8c qui leur facilitent la conduite de leurs Tranchées, l’élévation de leurs Batteries contre la Ville; & c’eft ce qui a obligé les Ingénieurs d’inventer plufieurs fortes de Dehors, afin que par la diverfité de ces Travaux avancez, on puifle remedier à ces défauts ; comme il le voit plus au long dans la fuite de ce Chapitre.
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- *10 LES TRAVAUX DE MARS»
- ConfiruBion des Ravelins.
- ON fait le Ravelin À, prenant avec un Compas l'étendu?
- de la Courtine BC, pour faire des points B & C, extre-mitez de la Courtine , deux Arcs qui doivent fe couper fur la Ligne qui pafle par le milieu de la Courtine en D : puis de ce point Don tirera deux lignes blanches aux Angles des Epaules E, F y remarquant qü’elles couperont les Contrefcarpes en G , & H, afjn qu’en tirant en noir DG, DH, IG, 1H, on ait les Faces & Demi-gorges du Ravelin IGDH.
- ttSi l’on vouloit faire le Ravelin plus reflerré , on tireroit du fommet de là Capitale D lès Faces aux points0,&P9 qui font les deux-tiers du Flanc , pris depuis la Courtine, comme au Ravelin S : bu bien à la moitié des Flancs Q^&R, comme au Ravelin T : ou enfin aux Angles des Flancs.
- On fait fon Fofle, ouvrant le Compas de la moitié de la grandeur du Flanc de la Place, & pofant la Réglé le long de la Face du Ravelin, enfaifant couler une jambe du Compas à l’uni de la Réglé , l’autre jambe marque en blanc la Con-trefcarpe du Ravelin NM. Faiiànt de même à l’autre côté, on aura la Contrefcarpe NML , qui donnera la largeur dra Folié.
- Le Rempart des Ravelins fe fait en dedans parallèle à fes Faces, de la moitié ou des deux-tiers du Flanc ; & le Parapet de la quatrième, ou cinquième partie au môme Flanc.
- L’on remarquera que les Ravelins, que quelques Auteurs appellent Moineaux y & les Soldats Demi-lunes y font fort en ulàge, pour couvrir les Courtines, les Portes, de les Ponts des Villes : On leur donne moins de hauteur qu’aux Remparts de la Place, afin qu’ilsfoient toujours expofoz an Feu des Affiégez, en cas que l’Ennemi voulût s’y loger. Leurs Parapets, aufli bien que ceux de tous les autres Dehors, doivent être a l’épreuve du Canon 9 c’tft-à-dire, pour le moins de l’épaifleur de dix-huit pieds
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- OU L’ART DE LA GUERRE, il»
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- ni LfeS TRAVAUX DE MARS,
- ConftruEHon des Demi- lunes.
- ON fait la Demi-lune A, prolongeant les Jeux Faces du Baftion au de-là de B, Angle flanqué du Baftion. De ce point B, & de la diftance BC, on fait l’Arc CDouïes Faces prolongées co'upentla Contrefcarpe. Au point E, où l’Arc coupe ia Capitale prolongée, on applique de E en F les deux-tiers de la Face du Baftion, ou deux cinquièmes de la Courtine, pour déterminer la Capitale EF: & menant d’F une ligne occulte à l’Angle de la Contrefcarpe G, on détermine lur la Face prolongée en H, la hauteur du Flanc CH, qu’il faut tranlporter de Déni, fur l’autre Face prolongée. Puis unifiant tous ces points, on aura la Demi-lune en noir ECHFID, que l’on pourra tranfporter devant tous les autres Battions, pour en avoir de femblables.
- Son Folié fe fait parallèle a fes Faces & Flancs , de la largeur de la moitié de celui de la Ville, comme font ceux de tons les Dehors.
- Son Rempart, Ion Parapet, & là Liziere, le font au def-fus de lès Faces, de la même épaifleur que ceux des Ravelins, avec cette remarque, qu’on ne doit point faire de Parapet à leurs Flancs, de peur que l’Alïiégeant les ayant emportez, ne s’y épaule contre les défenfes des Ravelins, qui font d’or-dinare les derniers attaquez.
- L’on remarquera que les demi-lunes s’élèvent toujours devant la pointe des Baftiôns, 8c font allez ailées à connoître d’avec les Ravelins, qui ne fe font que devant les Courtines, ouïes Portes des Villes, & qui ont toujours leur Demi-gorge en ligne droite 9 au lieu que les Demi-lunes l’ont en ligne circulaire , ou en croilïànt. Mais quoyque i’ulàge dans les Armées ait donné le nom de Demi-lune à tous les Ouvrages que l’on éleve lur le bord du Folle, l’on doit toute fois, fi l’on veut parler jufte, y apporter quelque différence: appelhnt Ravelins 9 ceux qui s’élèvent devant les Courtines ; 8c Demi-lunes , ceux qui fe conftruifent au devant des Battions 9 comme il fe voit dans la Figure prelènte. ïUrb
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- Tem.î. M
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- «4 LES TRAVAUX DE MARS,
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- Plan £ une Place Reguliere, fortifiée de Ravelins , Demi-lunes , Ctc,
- !E raffemble dans ccttc Figure la plupart des Travaux que j’ai enfeignez dans les Pages précédentes , pour expofer ne d’un coup l’ordonnance des Remparts, des Parapets, des Foflez, des Chemins-couverts, des Glacis, des Rave-lins & des Demi-lunes.
- J’efpere que cét Exemple fera d’un grand fècours à ceux qui commencent à travailler aux deffeins des grands Plans ; puisqu’ils y remarqueront, comme il faut que toutes les parties s’unifient les unes avec les autres, & comme les Chemin-couverts doivent être continuez parallèles aux Faces des Demi-lunes, pour aller enfuite fe communiquer avec ceux des Faces des Ravelins, afin d’avoir les Places d’Armes des Contre^ carpes, que nous avons marquées ici des lettres A, B, C , D.
- On remarquera que fi l’on veut deffiner quelque grand Dehors pour couvrir la têtedeceux ci, il faut avoir le foin de ne pas marquer en encre les Contrefcarpes de la Place, ni celles des Ravelins, & Demi-lunes qu’aprés que ceux de ces grands Ouvrages feront tracez; afin que tous cesFoflezfe communiquent fans interruption, principalement aux Places qui ont leurs Fofiez pleins d’eau ; comme on le pourra remarquer dans les divers Plans que nous donnerons ci-aprcs.
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- ntf LES TRAVAUX DE MARS,
- Conflruftion des Ouvrages a Tenaille, Jiwple <7* double.
- ON fera la Tenaille fimple R, en mettant la Réglé lelong de la ligne CD, qui pafle par le milieu de la Courtine ST: puis on ouvrira le Compas commun de la moitié de la longueur d’une Courtine, & l’on fera couler une des jambes du Compas le long de la Règle, pendant que l’autre jambe marquera en blanc la longue ligne H V. On fera de même pour celle de GX-Pour déterminer ces longues lignes ou cotez de l’Ouvrage, on prendra la longueur du côté du Polygone AB, ou , ce qui vaudra beaucoup mieux, celle d’une Courtine & d’une Demi-gorge , pour porter une des jambes du Compas ainfi ouvert au point G, Angle de l’Epaule du Baftion voilîn 3 & où l’autre jambe tombera fur la longue ligne GX, comme au point E, le long côté fera déterminé : on le pourra marquer en noir jnfqu’à la Contrefcarpe de la Place, telqu’efticiEI. On pratiquera la même chofe pour l’autre côté LF.
- Pour former la tête de l’Ouvrage, on tracera en blanc des points E, & F, une ligne, qui fera divifée en deux parties égales par ligne CD, qui palïe par le milieu de la Courtine : puis l’on divifera une de ces moitiez ED en deux parties égales, pour porter une de ces parties de D vers le côté de la Place en M, fur la ligne qui pafïe par le milieu de la Courtine. Et fi l’on tire en fuite en noir les lignes ou Faces EM, & MF ,1a tête de l’Ouvrage fera formée de deux Angles faillans & d’un rentrant.
- Pour la conftruétion de la Tenaille double, il faut d’abord en faire une fimple, fuivant les préceptes que je viens de donner, avec cette remarque, que les lignes de fa tête ne doivent être marquées qu’en blanc : & cela fait, l’on divifera chaque Face ou Ligne qui forme l’Angle rentrant EMF, en deux parties égales en O, &Ps &la diltance MD auffi en deux parties égales, pour porter une de ces parties de D en Q^, fur la ligne qui palïe par le milieu de la Courtine.
- Enfin fi l’on joint de lignes noires les lettres E, O, P , F, la tête de la Tenaille double fera faite, ayant trois Angles faillans & deux rentrans.
- Les Remparts, les Parapets, lesFofTez, les Chemins-couverts, & les Glacis de ces Ouvrages, auront les mêmes mefu-res que ceux des Ravelins ci-devant expliquez.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 117
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- ai? Î.E§ TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Queues d'ironde , O* des Bonnets
- k Prêtre.
- POur faire la Queue d’Ironde, on met lalongueur du côté du Polygone AB fur la ligne du Centre qui pafle par le milieu de la Courtine,de C enD : & à ce point D l’on fait paf-lèr une ligne en blanc, parallèle à la Courtine» que Ton termine de D en E, & en F, par la moitié d’une Courtine de la Place.
- Pour faire ces deux longs cotez, on tire en blanc des points E 5 & F, deux lignes au milieu de la Courtine C, ob-lèrvant où elles coupent la Contreicarpe aux points R, & S, pour tracer en noir fes deux longs cotez ER, & FS.
- On tracera là tête, en divifant la ligne EF en quatre parties égales ; & l’on fera rentrer une de ces parties de D en M, fur la ligne du milieu de la Courtine, pour tirer en noir du point Mies lignes ME, & MF,qui formeront la tête de la Queue d’Ironde.
- Pour conftruire un Bonnet à Prêtre, on fera d’abord e.n blanc une Queue d’Ironde, comme je viens de l’enfeigner : cela luppofé, on divifera les lignés ME, &MF, qui forment l’Angle rentrant de la tête de la Queue d’Ironde, en deux parties égales, aux points O, & P : & mettant une de ces parties de D en Q, fur la ligne qui pafle par le milieu de la Courtine, on tirera eh noir les lignes EO, OQ, QP, PF ; ce qui donnera la tête, & les longs cotez du Bonnet à Prêtre. Mais on remarquera que ces longs cotez ET, &FV,aufli bien que les longs cotez dé la Queue d’Ironde, le terminent lùr la Contrefcarpe du Ravelin, quand il y en a un derrière ces Ouvrages.
- Leurs Remparts, Parapets, Lifieres, Foflez, Chemins-couverts, & Glacis fe feront comme aux Ouvrages prece-dens.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. »#
- H 4
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- «O LES TRAVAUX DE MARS,
- ConfiruSHon des Ouvrages à Cornes.
- ON diftingue ces Ouvrages en grande & petite Corne. La grande Corne marquée T, eft ainfi nommée à caufe que Tes Demi-Baftions ont plus de capacité que ceux de la petite V. La' conftru&ion de leurs longs cotez eft toute femblable à celle des Ouvrages à Tenaille: Mais leurs têtes fe font en cette manière.
- Pour former la tête de la grande Corne, on tracera en blanc des points E, & F, une ligne, que l’on divifera en trois parties égales aux points X, Y : puis l’on fera rentrer une de ces parties fur les grands cotez, de E en M, & de F en N, pour tirer en blanc la ligne MN. L’on divifera auffi cette ligne MN en trois parties égales, aux points O, P. Puis on tirera des points O, X, & P, Y, deux lignes blanches, que l’on partagera chacune par la moitié aux points Q, & R : & les parties qui feront vers la Courtine, fe marqueront en noir, pour former les Flancs OQ., & PR. Ayant auffi tiré en noir les Faces EC^_, & FR, on aura achevé les deux Demi-Baftions : & le terrain de l’Ouvra-gè à Cornes fera déterminé par les cotez marquez des lettres I, E,CbO,P,R,F,L.
- Pour la tête de la petite Corne on divifera la ligne EF en quatre parties égales, aux points X, Z, Y: puis l’on fera rentrer une de ces parties fur les grands cotez de E en M, & de F en N, pour tirer en blanc la ligne MNj laquelle on divifera auffi en quatre parties égales, aux points O, S, P. Puis des points 0,X, & P, Y, on tracera deux lignes blanches, que l’on partagera chacune par la moitié : & les parties qui feront vers la Courtine, fe marqueront en noir, pour avoir les Flancs OQ^& PR. Ayant auffi ti ré en noir les Faces EQ^, FR, on aura achevé ces deux Demi-Baftions, & la Corne.
- L’on donnera à ces Ouvrages des Remparts, des Parapets, des Foffez, des Chemins-couverts & des Glacis, femblablesà ceux des Ouvrages precedens.
- Dans la conftruftion des Ravelins ou Demi-lunes, qui fe «iettent ordinairement devant la tête des petites Cornes, on füi-vra les mêmes réglés qui ont été enfeignées ci-devant dans la page où il eft traité des Ravelins.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, lit
- H?
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- £â* 1.ES TRAVAUX DE MARS,
- Conjlru&ion de U Corne k double Flâne.
- A Corne étant deflinée en lignes blanches, on tirera des
- JLJ extrcmitez de (es Angles flanquez E,&F, deux lignes occultes au point C, qui eft le milieu de la Courtine de la Place} comme on a pratiqué aux Queues d’Ironde. Puis de ce point C, & de l’étendue CT, extrémité de l’Angle (aillant de la Contrefcarpe du Ravelin , on fera en blanc l’Arc STO , obfervant que cét Arc coupera les lignes blanches aux points V, X ,Y, Z, afin de joindre de lignes noires les points L, V, X,E. Ce qui déterminera l’Aile droite de la Corne, dont VX eft le Flanc. Et unifiant aufli de pareilles lignes les points I, Z, Y, F, on aura l’Aile gauche de la Corne, & YZ en fera leFlanc.
- Le Rempart, le Parapet, leFofié, &c« fe feront corn* me aux Ouvrages precedens.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, nj
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- Î24 LES TRAVAUX DE MARS,
- ConflruéHon de la Corne couronnée,
- T A grande Corne étant deffinée, ainfi que je l’ai enfeigné •*-# dans la page 120. on divifera fon Polygone extérieur , ou la ligne de fa tête AC, en trois parties égales j & des points A & C, & de l’étendue de deux des ces parties AB, on fera deux Arcs en D : & du point de leur feétion D on tirera aux Angles flanquez des deuxDemi-Battions les deux lignes blanchesD A & DC. Puis l’on divifera chacune de ces lignes en trois parties égales j & aux premiers points du côté des Demi-baftions E , & F, on tirerales deux lignes EG,& FH, parallèles aux Faces des De-mi-baftions j & on les déterminera de E en I, & de F en L, de la longueur de ED, ou de FD. Puis au point I,& de la diftance IE, on fera l’Arc EM, que l’on terminera de la même overture du Compas, de E en N, pour tirer les lignes apparentes IN, & IE. Au point N on tirera en blanc la ligne N 2 ail bas de la capitale du Demi-Baftion, pour marquer en noir la ligne NX jufqu’à la Contrefcarpe, & l’on aura un Demi-baftion.
- On fait de même pour l’autre Demi»baftion : c’eft-à-dire, que du point L comme Ceiitre, & delà diftance LF, on fait l’Arc FO, fur lequel pofant l’ouverture du Compas,. de F en P, on tirera en noir les lignes FL, & LP, & l’on fera P 3 comme NX.
- Pour faire le Baftion, on donnera à fa Capitale DQ,la moitié de la longueur DE. Et les Demi-gorges DT , & D V feront chacune de la troiliême partie de DE. Ses lignes de défenfe fe tireront de l’extremité de la Capitale Qjaux points E, & F. Et pour faire les Flancs, & déterminer les Faces, on élevera aux points des Demi-gorges T, & V, les perpendiculaires TR, & VSjjufqu’auxlignes de défenle où elles détermineront lesFlancs TR, & VS : & les lignesC^R, & QS,feront les Faces j. que l’on marquera en noiraufîî bien que les Courtines TE, & VF.
- Si l’on veut les Angles du Flanc plus ouverts que les droits, ainfi que font ceux de ma Méthode, on n’aura qu’à faire l’Angle ETR de 98. Degrez d’ouverture, auffi bien que celui de F VS.
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- ns LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur les longs cotez, des Ouvrages a Tenaille , des Queues dTronde, des Bonnets a Prêtre, ty des Ouvrages a Cornes.
- LEs Ingénieurs ont remarqué, que les longs cotez des Tenailles (impies & doubles, des Queues d’Ironde, des Bonnets à Prêtre, & même des Ouvrages à Cornes, ne font défendus que des Faces des Baftions de la Place: Et que cette défenfo étant de la portée du Moufquet, eft peu aflurée, à caulè que les Moufquetaires cachez derrière le Parapet de ces Faces A, & B, ont peine à faire porter leurs coups julqu’à l’extremité de ces longs cotez C& D.
- Ils onr auffi fait reflexion, que ces Parapets de ces mêmes Faces nedemeuroient pas long-temps en défenfe, IesAffié-geans les ruinant facilement de leur Artillerie.
- Pour donc remedier à ces défauts, les mêmes Ingénieurs fe font avifèz d’élever fur les cotez de ces grands Dehors, des Flancs E, & F, dont j’ai donné la Conftrudion for l’Exemple d’une grande Corne.
- Quelques-uns trouvent h redire for les Angles flanquez des Demi-Baftions de cét Ouvrage, à caulè que leur Ouverture eft au dellous de 60. degtez.
- Mais on leur répond, que la Maxime qui regarde ces £o. degrez, n’eft proprement que pour les Travaux qui ont beaucoup d’élévation, comme font les Battions de la Place, les Ravelins, & les Demi-lunes, qui auroient peineàrefifterà l’injure du temps, & à la violence de l'Artillerie des Ennemis, fi ces Angles avoient une moindre ouverture. Mais comme les grands Dehors, dont nous parlons, ont fort peu d’élévation, la malle de terre, comprile par ces Angles, peut facilemeut fubfifter for fon pied, & refifter d’autant mieux à la Batterie des Alliégeans, qu’elle en eft fort peu découverte : & leur donne fort peu de prife.
- Remar»
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- il» LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur les Têtes des Ouvrages à Tenaille, des Queues tCIronde, des Bonnets à Prêtre, cr des Ouvrages à Cornes.
- T Es Ouvrages à Tenaille {impie & double, les Queues d’I-*-/ ronde & les Bonnets à Prêtre, font trés-defedlueux du côté de leurs têtes j & l’on ne s’en doit fervir que dans une grande ”ne-ceffité, qui doit venir du côté du terrain qu’on veut fortifier j la dépenfe étant prefque égale aux Ouvrages à Corne , qui font de meilleure defénfe.
- Il eftaiféde montrer le peu de défenfe qu’ont les Angles ren-trans des Ouvrages dont il s’agit. Car, par exemple, fi l’on attaque la Tenaille A , par l’Angle rentrant de fa tête, il eft évident que les Moufquetairesqui font fur le Rempart B, & derrière le Parapet, ne peuvent découvrir les Afliégeans, quand ils fe feront poftez fur l’Angle rentrant de la Contrefcarpe C, dans le FolTé D, ou au pied du revêtifîement de l’Angle rentrant E, à caufe de la hauteur du Rempart, & de l’épaifleur du Paradet de l’Ouvrage.
- De répliquer, que les Remparts de ces Ouvrages n’ont pas beaucoup d’élévation j & que les Moufquetaires, qui font derrière le Parapet, découvriront facilement leur Contrefcarpe , Je dedans dnFofle, & le pied de l’Angle rentrant j c’eftjufte-ment dire, que ces Ouvrages peuvent être facilement commandez de la campagne, ou être emportez d’emblée faute de hauteur. Mais de dire que les Moufquetaires du dedans découvriront le Foflé proche de l’Ouvrage, cela peut arriver vers la pointe des Angles faillans F, & G , mais nullement devant l’Angle rentrant E dont il eft queftion.
- De dire auffi, que fi les Affiégez ne peuveut incommoder de leur Moufqueterieles Afliégeans dans le Fofle, au moins ils les brûleront avec des feux d’artifice j c’eft répondre obliquement, & ne pas aller au fait : car on peut auffi bien jetter du feu d’artifice dans un Fofle qui fera en ligne droite, que dans celui qui fera en Angle rentrant. Mais pour peu que le Mineur des Affié-géans ait d’adrefle, il fçaura bien-tôt fe loger en feureté dans l'Angle rentrant de l’Ouvrage par le moyen des Mantelets ferrez, ou couverts de lames de fer blanc. Ce qui n’arrive pas aux Ouvrages à Cornes, qui ont tontes les parties de leur tête flanquées de leurs Flancs.
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- ConfiruBion des Ravelins, ou Demi-lunes à Contregardes.
- LEs Ingénieurs Modernes ayant remarqué les défauts qui fe rencontrent aux Angles rentrans des Ouvrages à Tenaille, des Queues d’Ironde & des Bonnets à Prêtre, & voulant neanmoins occuper fur les Contrefcarpes vis-à-vis de la Courtine autant de terrain que ces Ouvragés en occupent, afin d’oppofer aux Afliégans un front égal de Moufquetaires^ ils ont trouvé depuis peu l’invention d’élever deux Contregardes vis-à-vis les Faces du Ravelin, conftruit fur l’Angle de la Contrefcarpe de la Place, & en donnent la Conftruétion en cette maniéré.
- Le Ravelin ou Demi-lune A ayant été tracé félon les Réglés de la page no. on prolongera en blanc le trait de fes Faces BC, &DC, au-delà de fon Angle flanqué C, vers la campagne en E» & F. On produira auffi en ligne occulte les lignes de fes Con-trefearpés GH, & IH, vers K, & L, obfervant que toutes ces lignes fe couperont aux points M, & N.
- On prendra enfuite ayec le Compas commun la moitié d’une Courtine de la Place s & pofant la réglé à l’uni de la ligne AH, qui paffe par le milieu de la Courtine, on fera couler une des jambes du Compas le long de la réglé, pendant que l’autre marquera en blanc la ligne GP parallèle à celle de AH.
- Mais comme l’Angle GPM eft trop aigu & au deflous de 60. degrez, on divifera Ta Face du Baftion qui eft vis-à-vis, en trois parties égales j & du premier point Q, qui eft proche de l’Angle de l’Epaule, on tirera en blanc la ligne QP, obfervant où elle coupera la Contrefcarpe en R, pour tirer enfuite en noir les lignes RP, & PM, qui feront les Faces d’une Contregarde.
- On pratiquera les mêmes réglés pour faire l’autre Contregarde. Les Remparts, les Parapets, lés Foflez, & le Chemin-couvert , fe feront aux environs des Faces des Contregardesf félon les mefures que j’ai données à ceux des Ravelins j & l’on ménagera leur communication, ainfi qu’il eft reprelenté dans les Demi-lunes à Contregardes T.
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- ConftruBtort des Ouvrages k Couronne.
- /^VN fait l’Ouvrage à Couronne, en tirant fort longue la ligne du Centre qui pafïe par le milieu de la Court! ne KZ : puis on termine cette ligne de A en B, de la longueur d’un coté & demi du Polygone. Enfuite on fait de l’Angle rentrant delà Contrefcarpe C, & de la diftance CB, l’Arc DBE, pour pofer defîiis d’une part & d’autre de B, jufqu’aux points F, & G, la longueur d’une Courtine & d’une Demi-gorge de la Place. Puis on tirera les lignes blanches ou occultes FB, BG, qui donneront les Polygones extérieurs de la Couronne.
- Pour avoir les Ailes ou longs cotez de la Couronne, on tire' ra des points F, & G, des lignes aux Angles des Flancs de la Place K, & Z 3 afin qu’ils fe trouvent terminez fur les Contref-carpes aux points H , & I : & les lignes FH, & GI, étant marquées en noir, détermineront ces cotez. On divife après la ligne FB en trois parties égales, & une de ces parties fe met de F en L, de B en M j & de G en N j fur la ligne qui paiïe par le milieu de la Courtine, & fur les longs cotez, pour avoir lieu de tirer les Polygones LM, & MN.
- Pour faire lesDemi-Baftions, qui ont toujours leurs Demi-gorges égales à leurs Capitales, on prend FL, que l’on met de L en O, & de F en a : puis on tire la ligne blanche O a, que Ton coupe par la moitié au point Q_: & tirant en noir le Flanc OQ, & la Face FQ^, le Demi-baftion fera achevé. On en fera de même pour l’autre Demi-Baftion, en mettant GN de N en P, & de G en 4, pour tirer en blanc la ligne P 4, que l’on coupera par la moitié au point R, afin que tirant en noir le Flanc PR, & la FaceGR, le Demi-baftion foit achevé. On y put aujji faire les Angles du Flanc de 98. Degreç d'ouverture.
- Pour faire le Baftion, on divifera fon Polygone LM en cinq, parties égales, & l’on portera une de ces parties de M en X, & de M en Y, pour avoir les Demi-gorges. Au point X on tirera une Perpendiculaire, ou bien, félon nôtre méthode, on fera un Angle de 98. Degrez, pour tirer la ligne XS, obfervant qu’elle coupera la ligne de défenfe BO en S, pour avoir le Flanc XS, & la Face SB. Et fi l’on tranfporte la longueur de la Face BS fur la ligne de défenfe BP en T, elle fervira de Face : & TY en fera le Flanc.
- Le Baftion & les Courtines étant marquées en noir, le corps de l’Ouvrage fera achevé, &on y tracera les Remparts, Parapets, & Foffez, comme aux autres Ouvrages ci-devant expliquez. . • Rfmar-
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- Remarques fur les Ouvrages * Couronne,
- COmme ces Ouvrages font d’une grande garde , il faut, avant que de les conftruire, remarquer avec foin, files Habitans de ces lieux-là font en aflez grand nombre, & d’une profeüion à les pouvoir défendre en cas qu’ils foient attaquez.
- Car de faire fonds fur les Soldats de la Garni fonde la Place, ce feroit tres-mal prendre fes mefures j uu Gouverneur qui fçait la guerre, ne laiflera jamais fortir de fa Place un aullïgrand nombre de Soldats qu’il en faut pour défendre des Ouvrages fî fpatieux; principalement fi la Garnifon eft foible, fi elle ne lui eft pas bien affe&ionnée, ce qui n’arrive que trop fouv|nt, ou bien enfin s’il en craint la defertion, par les bruits, & parles billets que les Affiégeans font courir, en promettant au foldat af-fîégé la liberté, & de l’argent pour fe retirer ailleurs. Il doit encore appréhender qu’une fi nombreufe partie de fa garnifon venant à être enlevée, ou forcée, il ne foit enfuite trop foible pour fe défendre, & ne fe trouve contraint de faire une honteufe Capitulation : en rendant un bon corps dè Place, pour en avoir voulu conferver un bien moindre.
- De prétendre qu’au défaut des Soldats on contraindra les Bourgeois à la défenfe de ces Poftes, c’eft un projet plus foible que le premier. On fçait par expérience que le Bourgeois n’eft gueres propre qu’à défendre les maifons, & les rues, ou qu’à fe potier à couvert derrière le Parapet du Rempart : cardés qu’on lui parle de la défenfe des Dehors, ilfemutine, & croit que l’on en veut à fon bien, ou à fa famille. En un mot, la véritable défenfe de ces grands poftes fe doit tirer des Habitans qui y font. . ,
- Il faut encore bien prendre garde fi ces Habitans-là, que nous fuppofons être en grand nombre,' ne font pas des gens factieux, divifez entr’eux, ou mal-intentionnez pour les Habitans de la Place. Car en ce cas il faudrait y conftruire un Fort où il y eût un Gouverneur 5r une bonne Garnifon affeélionnée au Prince, de peur que ces Habitans ne fe fortifiaiferit contre la Ville, & que d’un Ouvrage ils n’enfifTent une Citadelle. Mais fî l’on ne craint point ce changement, il eft toujours bon de démolir dans ces poftes les maifons & autresliéux forts qui regardent la Ville, afin que les Affiégeans ne s’en puiftènt prévaloir contre la Place, s’ils viennent à fe rendre maîtres de l’Oiivrage,
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- pes Couleurs Cr Enluminures des Plans.
- CEux qui feront curieux d’enluminer leurs Plans, fèfer-viront des Couleurs & des Méthodes Clivantes.
- Les Rues fè laiflent d’ordinaire en blanc.
- * Les places des Maifons s’enluminent de rouge, c’eft-à-dire avec du carmin legerement détrempé, ou à Ion détour, J’on fè fèrvira de rofette, prenant foin de toucher le dedans des Places plus legerement que fur leurs bords.
- Le Terre-plain des Remparts doit être d’une couleur de terre feiche, c’eft-à-dire, d’une couleur qui participe de la jaune & de la verte 5 on la fait en mettant un peu d’eau de verd-de-gris calciné , avec de l’eau de gomme-gutte: à faute de gomme-gutte, on mêlera l’eau de verd-de-gris avec de Peau où on aura trempé dfe la graine d’Avignon. Il faut avoir foin quand on enluminera le Terre-plain, de lui donuer une teinte un peu plus forte pioche de la Banquette, que partout ailleurs, où elle doit être fort claire.
- La Banquette du Parapet du Rempàtt, &de tous les autres Parapets de la Place, fè laiflè toujours en blanc.
- Les Parapets ont d’ordinaire une teinte plus forte que celle de leur Terre-plain: pour le marquer on fe fert d’encre de la Chine détrempée de telle maniéré qu’elle ne foit que grife.
- Le Revêtiffement de terre eft marqué d’ordinaire par le fèul trait noir des Courtines , des Flancs , 3c des Faces. Mais quand il eft de brique, l’on marque de rouge les Courtines, leurs Flancs , & leurs Faces , en fè fer-vant de carmin, ou à fbn défaut, l’oir prend du vermillon. Mais fî le revêtiflèment étoit de pierre avec des chaînes de pierre de taille , on les marquerait d’un petit trait noir, fort proche le trait noir des Courtines , des Flancs & des Faces} & dans le petit efpace qu’il y aurait entre
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- ces traits, l’on y marqueroit aux Angles, & le long des Faces, Flancs, & Courtines, des ponduations de diftance en diftance, environ de la moitié du Flanc pour repneferiter les chaînes ou jambes de forces.
- Le Foflc fec doit être enluminé comme le Terre-plain de la Place, ôc on lui donnera une petite teinte d’eau de gomme-gutte proche des bords.
- Le Foflé d’eau s’enluminera d’eau de vercWde-gris, dont le milieu fera d’une teinte bien plus legerc que proche des bords:
- Le Chemin-couvert aura une teinte fort claire, comme celle dont l’on s’eft fervi pour le Terre-plain.
- La Banquette du Chemin-couvert demeurera en blanc.
- Le Glacis le marque de la même couleur que le Terre-plain de la Place , en y ajoûtant un peu d’eau de verd-de-gris, pour rendre cette couleur un peu plus verdâtre; au défaut de cette couleur l’on le fert d’encre de la Chine, aveccette remarque, qu’il faut toujours ombrer la partie proche des PalilTades & des Angles plus fort qu’ailleurs, & donner alternativement une teinte plus forte à un côté du Glacis qu’à l’antre.
- Quant aux Paylàges des environs, les Chemins font d’ordinaire laifîêz tout blancs.
- Les Ruiflèaux Ôc Rivières font enluminez comme les
- r— *
- Foflez pleins d’eau.
- Les Terres Labourables ont des touches de jaune &de verd-de-gris appliquées legerement, ôc tirées à peu prés parallèles.
- Les Prairies ont plus de touches vertes que de jaunes.
- Les Arbres font touchez d’eau de verd-de-gris du côté de l’ombre, ôc fort legerement d’un peu de jaune du côté du jour.
- Les Maifons s’enluminent de la couleur du Terre-plain, mais fort tendrement du côté du jour. Leurtoid, quand il eft de tuilie, fe marque legerement avec du ver-
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- millon détrempé dans de la gomme d’Arabie: fi elles font d’Ardoife, on fo fèrt cje blem
- Les Terrafles les plus proches doivent avoir leur jour plus dair & leurs ombres plus fortes que celles qui font repreien-tées dans le lointain.
- Les Elpiciers ou les Enlumineurs vendent les couleurs que nous venons de Ipecifier.
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- Chapitre VIL.
- De U Conftruflion des Citadelles.
- Citadelle eft un lieu fortifié de Battions, qui commande à une Ville, & qui a été bâti par le Souverain delà Place, ( quelques-uns ajoutent ) ôc pour en couvrir le Port, fi la Place efl maritime.
- On die que la Citadelle ett fortifiée de Battions, pour la diftinguer d avec les Châteaux, qui n’ont que des Tours rondes, ouquarrées.
- On ajoûte, qu’elle commande à une Ville, pour faire voir que la Citadelle différé des Forts, qui ont des Battions, foit qu’on les conttruife dans des plaines, fur des Rivières, ou fur des hauteurs éloignées de la Place.
- Enfin on dit qu’elle eftbâtiepar le Souverain de la Place, pour montrer que les Forts à Battions, que les ennemis éle-vent aux environs d’une Ville qu’ils affiégent, & qui même en ett commandée, ne doivent pas être confiderez comme des Citadelles, & portent Amplement le nom de Forts ^ n’étant pas conftruits par l’ordre du Souverain de la Place.
- Il ett vrai, quaprés la prifè de la Ville, ou la levée du Siège, quelques-uns de ces Forts peuvent être confèrvez pour fèrvir de Citadelle ; mais ce ne fera que par l’autorité de celui qui ett Souverain de la Place, quoi qu’ils ayent été d’abord conftruits pour une autre fin.
- De l'Vfage des Citadelles*
- QUand les Ingénieurs veulent exprimer la grandeur ou la pe-. mette d’une Ville de guerre, ils ne confiderent pas la grandeur de fon Enceinte, ni celle defes Travaux, mais feulement la quantité de fes Habitans ordinaires j & dans cette veuë ils diftinguent toutes les Villes en Petites, Moyennes & Grandes.
- Les
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- Les petites Villes font celles dont la Garnifon ordinaire fur-pafTe de beaucoup le nombre dès Bourgeois. Celles-là n’ont pas befoin de Citadelle.
- Les Moyennes font celles s où la Garnifon eft à peu prés égale au tiers ou à la moitié dù nombre des Habitans. Ces fortes de Places ne méritent pas encore de Citadelle,à caufe que les Bourgeois ne fçauroient faire aifémentdes Affemblées feéitieufes, fans être découverts parles Soldats de la Garnifon qui logent par billets chez les Bourgeois.
- Les grandes Villes font celles , dobt la Garnifon auroit peine à faire la cinquième ou la fixiême partie des Bourgeois ; pour lors, il y faut conftruire une bonne Citadelle, afin de mettre la Garnifon & le Gouverneur à couvert de l’infulte des Bourgeois 5 principalement quand c’eft un peuple fa&ieux, rebelle ou nouvellement conquis, & chez qui l’obeïflànce & la fidelité font peu allurées.
- Il y a differentes opinions touchant la fituation des Citadelles. Quelques Ingénieurs les veulent au milieu des Villes, afin de commander & d’affujettir également toute la Place, & d’empêcher plus facilement les Intelligences, les Aflemblées,& les Séditions que pourroient faire les Bourgeois contre l’autorité du Prince. Mais ces raifons paroifient foibles, puifque lesGar-nifons de ces Citadelles ne peuvent avoir correfpondance ni fe-cours de leurs Princes, en un lieu dépendant de la volonté des Bourgeois rebelles, qui s’étant rendus maîtres des Portes de la Ville, en empêcheront la communication.
- D’autres Ingénieurs, pour éviter judicieufemeut ces irtconve-niens, les détachent du corps de la Place, &les élevent entre la Ville & le lieu où l’ennemi pourrait afleoir fon Camp. Mais les bâtir en cette fituation, fans avoir des raifons preflàntes, c’eft aller, ce me femble contre leurs ufages j puifque leur principale fin eft d’affujettir les Bourgeois à leur devoir, d’empêcher l’intelligence qu’ils pourroient entretenir avec les ennemis de l’Etat , ce qu’on auroit peine à executer, fi elles étoient éloignées des Villes, & que la communication de la Place leur fût tout-à-fait interdite.
- Les autres me femblent avoir plus de raifon, quibâtiffent, quand on le peut, les Citadelles partie dans l’Enceinte delà Ville, & partie en dehors, afin que le Gouverneur de la Citadelle foit maître & de l’entrée du côté de la Campagne, & de l’entrée du côté de la Ville, fans dépendre de la volonté des Bourgeois.
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- ConfirtiBion des Citadelles h quatre Basions.
- A Prés avoir rejetté les Citadelles qui fe font au milieu d’une Ville, à caufe de leurs trop grands défauts, je donnerai ici la Conftruétion de celles, qui le bâtiflent partie dans l’enceinte d’une Place & partie hors de fes Murailles.
- On choifira pour leur lîtuation le Porte le plus avantageux qu’il fera poffible, c’eft-à-dire, l’endroit d’où la Citadelle peut commander à la Ville, fans en être commandée 5 & pour joüir de l’avantage du terrain & de la commodité des eaux, du moins autant que la Place le requiert.
- Quand on eft maître du terrain, il la faut faire d’une telle capacité que fes Baftions foient prefque auffi grands que ceux de la Ville, afin que l’Affiégeant ne trouve pas plus d’avantage dans l’attaque des uns que dans celle des autres. En effet, fi les Baftions d’une Citadelle étoient beaucoup plus petits que ceux de la Place, l’Affiégeant ne manqueroit pas d’y conduire d’abord fa Tranchée j & quoi que les Faces de ces Baftions euffent peu d’étendue, il trouveront toujours moyen d’y faire une Brèche raifonnable, & pourroit monter à l’alfaut en toute affûrance , puifqu’il n’auroit pas grand feu à eftuier d’un petit Flanc, tel que feroit celui d’un Baftion plus petit qu’un Baftion de la Ville..
- Si l’on veut donc conftruire une Citadelle à quatre Baftions d'une raifonnable grandeur : On prendra la longueur d’une des Courtines & moitié d’une Demi-gorge de la Place , un peu plus, ou un peu moins, félon l’étendue du terrain que l’on defire enfermer. Puis de l’Angle faillant de la Contrefcarpe D ( ou l’on veut établir le Centre le la Citadelle ) on décrira la Circonférence EHGF , que l’on .divifera en quatre parties égales aux points E, H, G, F. De cesquatre points on tirera en blanc les quatre cotez du Polygone EF, FG, GH, & HE. Enfuire on achèvera la Figure félon lesRegles que j’ai données dans le Chapitre de la Conftru&ion des Places.
- Son Rempart, fou Parapet, & fon Forte fe feront ainft qu’il eft: enfeigné dans le Chapitre qui traite de la Conftruétion des Remparts, Parapets, &c.
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- Conflruttion descentes Citadelles a quatre Baftions.
- IL arrive fouvent que le terrain deftiné pour une Citadelle n’eft pas aux choix de l’Ingenieur, & qu’on lui prefcrit de la conftruire dans un lieu borné par le cours d’une Riviere, par la rencontre d’une Hle trop étroite, ou qu’on la veut litucr fur une Montagne dont le fommet n’a pas un efpace où l’on le puifle étendre pour faire lès Baftions prelque aulli grands que ceux de la Place.
- En de femblables occalions l’Ingenieur doit s’accommoder à la nature du Terrain, & donner neanmoins à la Circonférence de là Citadelle le plus grand Diamètre qu’il lui fera poUîble.. Surtout, il employera fes foins à mettre deux Baftions du côté de la Place, afin de défendre la porte de la Citadelle qui fait communication avec la Ville.
- Il faudra neceflâirem ent démolir les Flancs des Baftions de la Ville, s’il y en a qui regardent la Citadelle, comme il paroît à ceux qui font ici marquez des lettres L, I.
- Les Faces de ces Baftions feront prolongées dire&ement, avec leurs Remparts & leurs Parapets, qui doivent aller in-{ènfiblement finir en pente au Folfé de la Citadelle, afin quelle leur commande.
- Mais pour rendre ce pofte plus avantageux, l’Ingenieur fera en forte que le terrain de la Citadelle ait plus de hauteur que celui de la Ville.
- J’ai deflîné cette Citadelle & quelques-unes des lùivantcs fur des Hexagones fortifiez félon les anciennes Méthodes, afin que ceux qui auront des Plans , où ils ne voudront poi nr changer la forme des Baftions, y puiftent conftruire des Ci-tadelles lèlon mes Maximes.
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- i4(S LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruiïion des Citadelles à cinq Baflions.
- IL n’y a point de Figure plus avantageufe pour faire le corps d’une bonne Citadelle, que celle d’un Pentagone : là dif-polîtion qui oppofe trois Baftions aux Afliégeans & deux aux Habitans, fait qu’elle commande à la campagne & en même temps à la Ville, fans que ces Baftions loient trop engagez dans l’enceinte de la Place, ou que l’on (bit obligé d’abattre une partie des maifons bourgeoifes pour faire là Place d’Armes , ai nfî qu’il arrive à celles qui ont leur figure quarrée.
- Pour les faire avec quelque proportion, eu égard au corps de la Ville & à la grandeur de fes Baftions, on prendra l’étendue d’une Courtine, ou un peu plus i & de cette étendue on décrira une Circonférence, dont le Centre À fera entre l’Angle flanqué d’unBaftion, & l’Angle faillant de la Con-trefcarpe.
- On divifèra enfuite cette Circonférence en cinq parties égales, aux points B, Ç, D, E, F, oblervant de mettre le point C du côté de la campagne fur la ligne du Centre, qui étant prolongée, pafle par l’Angle flanqué du Baftion, afin que les deux points D,&E, qui font du côté de la Ville, en foiént également éloignez. De ces points l’on tirera en blanc les'cinq cotez du Polygone BC, CD, DE, EF, & FB: & après avoir aufE tiré en blanc les cinq lignes du Centre AB, AC, AD, AE,ÔC AF, on achèvera la Figure comme je l’ai enfeigné en traitant de la Conftruétion des Placés.
- Le Rempart, le Parapet, le Folle, les Chemins-couverts, & les Glacis fè feront comme aux autres Places Regu. lieres.
- On fait ordinairement deux Portes à la Citadelle, une du côté de la campagne, & l’autre du côté de la Ville : - chacune doit être couverte d’un Ravelin ou Demi-lune, tracée félon les réglés que j’en ai données dans leur Chapitre, avec un Rempart, Parapet, Folle, Chemin-couvert & Glacis.
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- ?4S LES TRAVAUX DE MARS,
- ConjlruEHon des petites Citadelles k cinq Baftions.
- LEs mêmes incommoditez de terrain qui ont obligé les Ingénieurs à conftruire de petites Citadelles à quatre Baftions, leur en pourront faire bâtir à cinq, & ces accidens fuppoferonc aufli la même méthode que j’ai expliquée, en recommandant de décrire ces Citadelles avec le plus grand Diamètre qu’il fera poffible, pour embrafler un plus grand terrain.
- S’il fe rencontre desPoftes qui femblent également avantageux pour la Conftruétion d’une Citadelle, l’Ingenieur mettra en parallèle leurs défauts, & leurs avantages, & préférera le terrain qui n’eft pas commandé.
- Il fera reflexion fur le nombre & fur la qualité des maifons Bourgeoifes, qu’il faudra démolir pour la conftru&ion de la Citadelle, &pourfonEfplanade, ménageant, autant qu’il fera poffible, le foulagement des habitans & les deniers du Roi, qu’il faudra employer à l’achat de ces bâtimens. Car encore qu’il faille préférer le fervice du Roi à tout autre intérêt, ilferafes efforts pour éviter avec prudence le mécontentement des Bourgeois, & pour leur ôter, autant qu’il pourra, les fujets de fe plaindre & de murmurer.
- II établira le Centre de la Citadelle à la pointe d’un Baftion , comme danscét exemple, ou bien à l’endroit qu’il trouvera le plus commode j mais il aura foin que les deux Baftions qui regardent la Ville, ne foient pas enfermez par ceux de la Ville. Même il remarquera qu’il faut toujours rompre lesdéfenfesdela Ville du côté de la Citadelle, afin que fi les habitans venoient à fe révolter, ou les ennemis à s’en rendre maîtres, ils ne puffenc en tirer avantage. SurtoutîldémoliralesFlancsLM,&com-me j’ai dit ci-devant, il continuera leurs Faces en ligne droite, & leurs Remparts en pente, pour diminuer infenfiblementjuf-qu’au Folle de la Citadelle, afin qu’elle commande fur la plus grande partie des défenfes de la Ville qui feront de fon côté.
- Ilobfervera, autant que faire fe pourra, qu’il y ait une Efpla-nade ou grande Place entre le Glacis de la Citadelle, & les maifons de la Ville. Cette Place fait un grand obftacle aux entrepri-fes que les Bourgeois pourraient faire contre la Citadelle .* car ils n’en pourront approcher qu’à découvert, ou par Tranchées.
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- lyo IÆS TR AVAUX DE MARS,
- Conjlrtittion des Citadelles que Von éleve hors Venceinte
- des Villes,
- ON ne Içaufoit repeter trop fouvent les differentes railôns qui obligent un Ingénieur à bâtir une Citadelle hors l’enceinte d’une Ville. Par exemple, il faut quelquefois la conftruire fur une hauteur détachée, que l’Affiégeant ne manquerait pas d’occuper pour battre la Ville ; ou qui du moins lui ferviroit à couvrir fon camp contre le feu des Affié-,gez. Quelquefois il s’y rencontre des marais ou des fources d’eau neceflaires aux habitans, qui en doivent fortifier le terrain pour les conlerver. Bien louvent la Ville eft tellement bâtie en longueur , qu’une de fes extremitez ne Içauroit commander à l’autre; ou bien elle eft compofée de plufieurs quartiers tellement feparez par des Foffez 6c par des Remparts, que ces differentes parties ne peuvent être commandées d’un feul pofte de la Place. En femblables occafions l’In-genieur choifira hors de l’enceinte des murs un terrain propre à bâtir la Citadelle; & fera ce choix avec beaucoup de circonlpeétion.
- Soit qu’on donne à ces Citadelles la figure d’un Quarré, d’un Pentagone, ou d’un Hexagone, il faut toûjours faire en forte que leurs Battions puiflent commander à la Ville. C’eft pourquoi entre le Centre de la Citadelle 6c les Angles de l’Epaule des Battions de la Ville, il ne faut pas que la dit* tance excede la longueur de 16o. à 18o. toiles. Et leur Circonférence ne doit guere être plus grande que deéo. àSo. toiles, afin que les Battions de ces Citadelles Ibient à peu prés de la grandeur de ceux de la Place, ainfi qu’on le peut remarquer à ceux de la Citadelle de la Ville deLeuve, fituée en Brabant fur la petite riviere de Géete.
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- 152 LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur la Conffruftion des Citadelles que Von élevé
- hors Venceinte des Villes.
- S’il arrivoit que le pofte choifi pour la conftru&ion d’une Citadejle, fût éloigné de la Place au de-là de 11 o. toifes, ou de la portée du Moufquet, il faudrait, après que la Citadelle ferait conftruitc , abattre les murailles & combler les Foflez de la Ville qui regardent la Citadelle, & couvrir de deux lignes de communication le terrain qui fè rencontrerait entre la Citadelle & la Ville.
- Il y faudrait même conftruire, fur les longues lignes ou cotez, de diftance en diftance, dans les Poftes les plus avantageux, des Redoutes, & de petits Forts, pour flanquer ces lignes,& en affurer mieux la défenfè, ainfi que je l’explique plus amplement fur la fin du Traité de la Fortification Irrégulière , en parlant des lignes de communication.
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- Chapitre VIII.
- De la Reprefentation des Flans fur le Papier ; avec l} élévation j & la maniéré de les mettre en PerfpeÏÏive.
- APrés avoir amplement expliqué les méthodes qu’il faut tenir pour ddlïner à (impie traie, les Plans des Places Regulieres, je vais donner les moyens de les reprefènter avec quelque élévation, ce qui fe fait en deux façons.
- La première, par de (impies lignes qui font perpendiculaires ou parallèles entr’eiles, & que les Ingenieurs appellenc Per(pe<5ti ve Cavalière ; & les Peiurres, à Veue d’Oifèau.
- La fécondé, en déterminant un point de veuë félonies réglés de la Perspective ordinaire.
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- $t$6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Afethodepour donner les Hauteurs aux Baftions d'un Plan , félon la Perfpe£Hve Cavalière.
- POur en venir à la pratique, il faut que le Plan ne foit defîiné qu’en lignes blanches, & qu’au dellous du Plan on tire une ligne droite AB, qui fera parallèle au bas du papier ou du vêlin ; ou bien on la fera parallèle à la partie du Plan que l’on veut voir en Face. Cette ligne reprefente lé rez-de-chauflee, ou le niveau de la campagne. •
- Puis des Angles rentrons & faillans du Plan , on tirera fur cette ligne, des Perpendiculaires en blanc, comme font ici CD, EF, GH, IK, LM, NO, &c. Mais ce qui doit être foigneufe-'ment remarqué, on ne tirera point des Angles du Plan les Perpendiculaires qui tomberoient Air fon Rempart, & qui entre-roient dans le corps de la Place.
- , On tirera les Perpendiculaires, en faifant convenir fur la ligne AB le bout d’une Réglé, ou le côté d’une Equerre, jufqu’à ce que l’autre côté, qui fait l’Angle droit, touche les points Angulaires du Plan, pour tirer enfuite au defîous de ces points & le long de la Réglé, des lignes blanches CD, EF, GH, &c.
- On donnera à ces lignes blanches, la longueur du Flanc de la Place, ou un peu moins, que l’on portera de C en D, de E en F, deGenH, delenK, deLenM, deNenO, &c. que l’on marquera en noir.
- On tirera auffi d’un gros trait en noir les lignes des Bafes DF, FH, &c. Au point H on fera la ligne HI parallèle à la Courtine , qui fera terminée au Flanc I. Et ce fera une Réglé generale, que d’un point feul on mènera une ligne parallèle à faplus proche.Rn-nn continuant à tirer des lignes des autres points, onaural’af-pe£l du Plan en élévation ; & l’on y pourra donner les ombres, ainfi qu’il fera enfeigné dans les pages fuivantes.
- On remarquera qu’il y a des Angles comme T, V, X, Y, Z,. &c. dont les Perpendiculaires tombant dans l’enceinte de la Place, ne peuvent fervir à montrer l’élévation extérieure des Baftions : Car cette partie extérieure eft cachée à l’œil par les hauteurs intérieures du Rempart, & du Parapet j ai'nlî que l’on le pourra remarquer dans la conftru&ion que je vais enfeigner dans Ja page fui vante.
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- Méthode de donner les Hauteurs aux Remparts , Parapets, Cr Foffez, à?une Place deffmée fur le Papier.
- LE Plan étant tracé en lignes blanches, on en viendra à la pratique en cette maniéré.
- Apres que l'on aura tiré au deflous du Plan la ligne AB, on donnera l’élévation du Rempart en faisant tomber de Tes Angles plus éloignez C, D, E, des lignes perpendiculaires fur la ligne AB, par le moien de l’Equerre , comme je l’ai expliqué dans la page précédente. Puis on mettra de C en F, de D en G, & de E en H, les deux tiers d’un Flanc de la Place. Enluite on unira de lignes noires les points F,G, & H. Aux points F & H on tirera auffi en noir les lignes FI & HK, parallèles aux lignes du Rempart CL & El, & l’on aura la Bafe vifîble du Rempart IFGHK.
- On remarquera qu’il n’eft pas bcfoin de faire defcendre des Perpendiculaires fur la ligne AB des Angles du Rempart IMNLi à caufe que ces lignes blanches entrent dans la largeur du Rempart, & qu’elles ne peuvent fervir à faire voir la hauteur intérieure du Rempart O, qui eft caché par fa hauteur extérieure P.
- Pour donner la hauteur, du Parapet, on fera tomber de fes Angles faillans & rentrans des lignes en blanc & perpendiculaires fur la droite AB, & on leur donnera pour hauteur la quatrième partie du Flanc. Enfuite on les joindra pour avoir le Parapet des Faces, des Flancs, & des Courtines.
- On remarquera qu’il n’eft pas neceflàire de faire tomber les Perpendiculaires dans l’épaifieur des Parapetsj car un point fufiiE pour tirer une ligne parallèle à une autre ligne, comme je l’ai enfeigné dans la page precedente, en parlant de la Bafe delà Courtine HI.
- Pour le Fofle, on fera auffi tomber de fes Angles faillans & rentrans, des lignes blanches, & perpendiculaires fur la ligne AB, & on les dérerminera d’un tiers d’un Flanc de la Place pour reprefenter leur profondeur. On remarquera qu’il eft inutile de tirer des Perpendiculaires qui ne tombent pas dans le Foffé, car c’eft un indice que du côté d’où elles tombent, on ne peut pas voir la Contrefcarpe à caufe du niveau delà campagne.
- Les Ouvrages extérieurs, comme Ravelins, Demi-lunes, Tenailles, &c. auront leurs hauteurs en tirant de leurs Angles des Perpendiculaires en blanc fur la ligne AB, avec cette remarque,que les Ouvrages qui feront les plus prés du corps de laPlace, doivent avoir plus de hauteur que ceux qui en font plus éloignez.
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- fcÈ-S -T RÀ'Vaüx de mars
- Préceptes pour donner le Talus aux parties d'un Plan élevé félon la Perfpettive Cavalière,
- O N élevera en lignes occultes le Plan, félon les réglés de la Perfpe&ive Cavalière, que je viens de donner dans les pages précédentes. Et quoi qu’il n’y ait point de Place fortifiée à la Moderne,avec des revêtiffemens élevez à plomb ou perpendiculairement fur le rez-de-chaufiee, neanmoins je trouve cette méthode d’une grande facilité pour leur donner dés Talus fur le papier.
- Et je l’affeéte d’autant plus, que ç’eft la véritable maniéré que les plus fçavansArchite&es pratiquent, quand ils veulent donner le Talus à quelque folide, ayant accoutumé deledeflinerà plomb, pour y marquer enfuite plus facilement les Talus.
- Mais quoi qu’il n’y ait point de réglés certaines pour donner des Talus aux Plans, à caufe que les inclinations ou talus des murailles font extrêmement differens j neanmoins pour contenter ceux qui font curieux d’en donner à leurs Ouvrages, ils n’auront qu’à fe fervir des préceptes fuivans.
- Les lignes qui reprefentent les Vives-arreftes, ou Angles fail-lans, & celles des murs qui font les Angles rentrans, ne doivent point avoir de talus, enapparence, quand ils font dire&ement oppofez à l’œil qui les regarde : Exemple A, & B.
- Les Talus qui font faits à droit ou à gauche fur les extremitez des Angles flanquez, font plus fenfibles, Sr paroi fient plus incliner à induré qu’ils s’écartent davantage du milieu du Plan : Ainfi l’Angle C talute plus en apparence que l’A.ngle D & 1* An* gleE, quoique dans la nature leurstalusfoient égaux. *
- Les parties faillantes d’un Plan doivent être d’ordinaire re-prefentées plus larges par leur pied , que vers leur fommet : ainfi la Face FGeft plus large parfon pied qu’elle ne l’eft à fon fommet Hï.
- Les parties qui viennent de haut vers bas, à l’égard de celui qui les regarde, doivent paroître avec autant de largeur par le pied, que par le haut : ainfi la partie inferieure du FlancGK femble n’avoir pas plus de longueur que la fuperieure IL, ce qui n’eft pourtant pas dans la nature.
- Les parties qui font face également vers celui qui les regarde, & qui font accompagnées d’autres parties à leur droite & à leur gauche, ont toujours leur pied de moindre longueur que vers le haut : Ainfi la partie KM du bas de la Courtine eft moins longue que fa partie d’en haut NK j à caufe de fon Talus.
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- 16i LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de mettre un Plan en Perfpettivc félon les réglés de
- la PerfpeEHve Ordinaire.
- LE Plan étant deflïné en lignes blanches, comme on fuppofe celles du Plan marqué A, on tirera vers le haut du même Flan la ligne droite BC parallèle à une des plus grandes & des . plus éloignées du Centre, comme eft la Courtine DE.
- En fuite de tous les Angles du Plan, foitfaillansourentrans, on fera tomber des lignes blanches & perpendiculaires fur cette ligne BC.
- Audeffusdelamême ligne BC on en tracera une autre, qui lui fera parallèle, d'une diftance prife à volonté, comme eft la ligne marquée FG.s Enfuite on fixera delfus cette ligne FG le point H, pris, autant que foire fe pourra, vis-à-vis du Centre A. De ce point H on tirera en blanc des lignes à tous les points où les lignes perpendiculaires du Plan A viennent tomber fur la ligne BC.
- Oh fera après à côté du Plan la Ligne IL parallèle à la ligne HA, d'une diftance prife à volonté: &fur cette ligne IL on fera; tomber de tous les Angles faillans & rentrans du Plan A des Perpendiculaires.
- Puis on tirera dans un efpace particulier la droite MN,portant delfus, de M en O, la diftance IL, avec tous les intervalles des points qui s’y rencontrent. Au point O on élevera la Perpendiculaire OR.
- On fera la ligne PQ, parallèle à MN, de la diftance BF. Puis du point Q_, pris à volonté fur cette ligne PQ, on conduira des lignes droites à tous les points marquez fur la ligne MO, qui couperont la Perpendiculaire OR.
- On remarquera fur la ligne BC les points S, T, où tombent les Perpendiculaires les plus éloignées du Plan, tant à la droite qu'à la gauche , comme font ici celles des Angles flanquez B&G.
- A ces points S, T, on élevera les deux Perpendiculaires SV, & TX, fur lefquelles on portera de S & de T toutes les interférions qui fe rencontrent fur la ligne OR. Puis on joindra avec des lignes blanches les même ferions de SV avec celles de TX, & l'on obfervera où elles coupent les fuiantes de BC vers le point H, afin qu’uniffant toutes les ferions avec des lignes noires, félon le rapport dç cellesdu Plan, on ait le Plan enper-iperive, marqué Z*
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- s$4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarque fur la Àfethode de mettre les Plans en PerfpeèHve Vulgaire.
- JE rcprefente ici avccélevation un Pentagone pareil à celui de la page precedente, élevé félon les règles de la Per-fpedive Ordinaire.
- On objede contre cette Méthode , qù’elle *eft fort en-nuieufè , principalement à ceux qui font peu verfez dans cette Science, à caufe des difficultez qu’ils trouvent à dégager le grand nombre de lignes qu’ils font obligez d y tracer.
- Ils ajoûtent qu’elle faic reflembler les Places regulieres à des irregulieres, en raccourcifïant les lignes, & changeant la proportion de la Figure, à mefurç que fes parties femblent s’éloigner de l’œil qui là regarde.
- A cela on répond, que cette Méthode rêprefèntant les objets comme ils apparoiflent dans la nature, eft beaucoup plus eftimee des Sçavans que la Perfpedive Cavalière,
- Aufli les objedions touchant le grand nombre de lignes & la difformité des objets, ne peuvent être faites, que par des gens , qui fuyent le travail, ou qui ne goûtent pas les beau, tez de l’Optique, & les effets de les diminutions. Car pour peu que l’on s’applique à mettre quelques Plans en perfpedi-ve, on fçaura fort bien diftingner les Plans réguliers d’avec les irréguliers : les réguliers ayant toutes les parties de la droite relatives à celles de la gauche, & toujours d’une même grandeur & d’une blême diminution, à mefure qu’elles concourent au point de veuc J ce qui n’arrivera pas dans un Plan irrégulier.
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- ï?i •a'a'aano vn aa xnvâ no
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- 16$ LES TRAVAUX DE MARS,
- jRefiexiopsfur les Plans élevez., Cr mis enperfpeSHve.
- E Chevalier Antoine de Ville dans fon livre de Fortifica-
- •*-* tions imprimé à Lyon en l’année 1628. adonné plufieurs Plans de fon invention , dont quelques-uns font élevez furies réglés de la Perfpeétive Cavalière, ainfi que ] e l’ai enfeigné dans ce Chapitre.
- La plupart des autres font élevez & mis félon la fantaifie en maniéré de Perfpeétive Vulgaire, comme on le peut remarquer dans les Exemples A,& B, que j’ai tirez du même livre, p. 184.
- Ceux qui font pour cette maniéré de reprefenter les Plans fans fuivre les réglés de laPerJpe&ive Vulgaire, difent : Que par cette méthode on reprefente les objets éloignez d’un Plan , ainlï qu’ils apparoifïent dans la nature, à l’œil qui les voit d’une diftance qui n’eft ni trop proche ni trop éloignée.
- Ils ajoutent, que, félon leurs réglés, les objets éloignez paroiffent bien plusfenfibles,& fe dégagent bien mieux que dans la Perfpedtive Vulgaire, où les parties qui tendent vers le point de veuë, n’ont prefque aucune grandeur ni aucune figure.
- Pour moi, je me conforme au parti contraire, qui combattant cette méthode foûtient , qu’entre les objets égaux, de. quelque diftance qu’ils puiffentêtre veus, les plus proches pa-roiffeut toûjours les plus grands, ou du moins prefque égaux, mais jamais plus petits que les éloignez j ce qui eft contraire aux pratiques du Chevalier de Ville, puifque la Face CD efl: plus grande que celle de EF dans le Fort B, quoi que la Face EF foit la plus proche dans le Plan GeometralA, & dans celui mis eh Perfpettive.
- Je leur foütiens auffi, que quand ils font les objets éloignez plus grands, & qu’en même temps ils diminuent ceux des cotez , c’eft juftement éviter une petite faute pour en faire plufieurs tres-confiderables ; puifque par cette maniéré les cotez des Figures n’ont point de longueur, quoi qu’ils foient veus de prés, tandis que les objets veus de front & dans un grand lointain, ont une longueur qui choque les expériences & les effets de la veuë.
- Enfin, leur méthode n’ayantpoint de réglés certaines, change bien plus la figure d’un Plan régulier, que ne fait la Perfpec-tive Vulgaire : cette derniere imitant la nature, qui fait diminuer à l’œil & avec ordre toutes les parties d’un Plan félon leur diftance; ce que ne font point les Plans de ce Chevalier, eh cela contraires à la Nature & aux pratiques des meilleurs Pein-
- tres & des plus habiles Ingénieurs.
- Méthode
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- i<58 LES TRAVAUX DE MARS,
- Jidethode de donner les fours Cries Ombres aux corps élevez.•
- AVant que de traiter en particulier des Jours & des Om-, bres qu’on donne aux Plans élevez fur lé papier, il eft bon de fçavoir, que tous lçs corps opaques, ounontrank parens , jettent une ombre toûjours oppofée au côté d’où vient le jour; & que quand on veut ombrer, on affeéte de marquer les Plans ou Faces qui font tournées vers la lumière, par des traits parallèles au côté d’où elle vient; & les parties ce ces corps qui font le plus dans l’ombre, fe marquent aufïî par des hachûres qu’on tiré de haut en bas.
- On appelle en general Teinte l’ombre qu’on donne à un corps.
- Les Faces les plus expofées à la lumière ne doivent être ombrées que d’une teinte fort tendre, c’eft-à-dire, d’une hachure qui foit quafi imperceptible, principalement du côté qu’elles paroifïent être les plus éclairées ; ainfi qu’il fè voit dans les Faces A.
- Quand un corps jette de l’ombre fur un autre, on doit remarquer avec foin fon rayon de lumière, afin d'ombrer le defïous plus fortement que. le defîus , qui ne doit prefque point avoir de teinte: Exemple N.
- Quant aux Faces fuperieures, qui ne reçoivent la lumière qu’en glifïant, comme font les Faces marquées G, elle doivent avoir une hachure plus ou moins forte, félon que les Faces feront plus ou moins éclairées les unes que les autres.
- Les Faces qui font oppofées à la lumière,doivent être touchées d’une teinte ou trait plus chargé que les autres i principalement quand elles font fort proches de l’œil qui les regarde.Cc que l’on diftingue par le basauPlan, qui eft toûjours pris pour la partie plus proche de celui qui le regarde : & ainfi le corps Y eft eftimé plus proche de l’œil qui le regarde, que n’eft le corps marqué A.
- Quand un corps eft élevé fur un autre, fon ombre doit dimi^-muer àmefure qu’elle s’éloigne du corps qui eft pofé defîus l’autre: Exemple Y.
- Quand un corpsa fes cotez'en talus, & qu’il eft éclairé de front, fon ombre fait la même figure que le corps:Exemple Q.Et cette ombre eft plus ou moi ns grande que le corps lumineux eft plus ou moinsélevé fur l’Horifon. Me-
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- m LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de donner le four O* lès Ombres* un Plan repre* fente avec élévation fur lepapier,
- POur donner le jour, & par confequent les ombres, aux Battions, Remparts, Parapets, Fottez, Ravelins, & autres Ouvrages, que l’on reprefente d’ordinaire avec quelque élévation fur les Plans que l’on deffine fur le papier, il n’y a qu’à fe reflouvenir des Préceptes que j’ay donnez dans la page precedente; & qu’à pratiquer autant que l’on pourra les Réglés Vivantes.
- Les Ingénieurs, à l’imitation des plus fameux Peintres, feignent prefque toûjours que leurs Plans font éclairez du côté gauche au refpe^f de celui qui les regarde, fondez fur l’habitude que l’on fe fait.des le bas âge à regarder les objets de la main gauche vers la droite. Ce n’eft pas que cette Réglé foit lï univerfelle, que l’on ne les puifle feindre être éclairez d’un autre côté : mais nous nous attacherons à cette maniéré, comme étant la plus ufitée» On obferveraque tout ce qui eft élevé ou abaitte vers le côté droit du Plan, qui eftla gauche de celui qui le regarde (fuppo-fant que le jour vienne de ce côté lài) tout cela, dis-jë, doit être touché d’un trait tendre & leger, c’eft-à-dire, prefque fans aucune hachure, n’y ayant que les joints des Pierres qui doivent y paroître, fi le revêtiffement en eft fait: Exemple A. Au contraire, tout ce qui eft vers le côté gauche du Plan , ou vers la droite de celui qiii le regarde, doit paroître plus ombré, félon l’Exemple B. Toutefois avec cette diferetion, que ce qui femble être plus proche de celui qui regarde, doit être plus fort, comme C, & finir infenfiblement d’une maniéré tendre & legere, à proportion que la chofes’éloigne de l’œil, comme D.
- Pour les Faces qui ne regardent ni juftement la gauche ni pre-cifement la droite, comme E, & F, la gauche n’en doit point être ni fi forte, ni fi tendre, que fi elles étoient tout à fait dans l’ombre, outoutàfaitexpoféesàlalumiere.
- Pour celles qui font parallèles à la Bafe du Tableau, comme G, elles n’ont qu’une demi-teinte; avec cette remarque, que l’Angle, qui eft du côté d’où vient le jour, doitavoir une teinte forte, & .marquée félon le cours de la lumière : Exemple H.
- Si l’on veut feindre que le jour vient éclairer le Plan d’un autre côté, on le pourra fuppofer, enfuivant les mêmes Réglés que ci-deflus; ainfi qu’il fevoit dans l’élévation du Fort de S. Lucie, qui fert de Citadelle à Ia Ville d’Elvas en Portugal.
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- Chapitre IX.
- De la Méthode de modeler les Flans.
- IL n’y a rien qui reprefènte mieux une Place achevée » qu’un Plan élevé en bois ou modelé en terre à Potier, en plâtre, ou de quelque autre matière folide, & qui puüîè obéir à la main, comme eft le plomb.
- Il n’y a pas long-temps que l’invention de modeler des Plans eft reçeuë en France, & je croi que celui de Pignerol, que je fispour le Roîen 166$. devant que je pafîàfle en Portugal eft le premier qui ait été prefenté à là Majcfté. Je le fis par l’ordre de Mr. le Marquis de Pienne , qui étoit alors Gouverneur de Pignerol, & qui fit ce prelènt au Roi. J avoue que j’en pris les idées fur l’Ouvrage d’un Ingénieur Italien, mais je puis dire que par là je donnai un Modèle en France à beaucoup d’autres, que l’on a fait depuis d’une maniéré for» achevée.
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- Maniéré demodeler un Plan avec de la 'Terre k Potier„
- CEux qui voudrontmodeler en terré à Potier, feront provi-fion de plufîeurs Ebauchoirs ou petits inftrumens de bois de differentes grandeurs : quelques-uns feront taillez;par un de leurs bouts en lame de couteau, comme on les voit en A, ou taillez en Angle ou en Equerre., comme font ceux deB,&C. 'On aura auffiune écuelleou rafle pleine d’eau, & quelques petits linges ou torchons.
- La terre à Potier dont on fe fervira., doit être nette, & fans jpetites pierres, à demi-molle &aifee à manier. ;
- Pour faciliter la pratique de modeler àceux qui n’y ont jamais travaillé, ils commmenceront par le deflein d’un Baftion, 8c le feront le plus grand qu’il leur ferapoflible., afin d’en mieux diftinguer les.principales parties & les talus. Sur tourils ajoüte-ront la largeur des talus aux environs des Faces,desFlancsi& des Courtines, comme il eft tnarquéde la lettre D, afin que le Baf-tion ait fa largeur par en haut quand il fera achevé.
- Suppofant donc que l’on ait defïiné fur un ais le Plan d’unBaf* tion j comme celui qui eft marqué E ,on fichera danscét aisfur le trait du Rempart & dans fa largeur, quantité de petits doux ou de grofles épingles, qu’on y fera entrer jufqu’à la moitié de leur longueur, pour arrêter & faire tenir la terre à Potier , qui étant féche échapperait de la planche : Exemple F.
- Enfuite il faut applam* 8c mettre au niveau le deffus de toute la terre à Potier avec uh Ebauchoir, que l’on tiendra le plus net qu’il fera poffible, en mouillant & l’efluiantfouvent: Exemple F.
- L’on fera le talus extérieur de la moitié ou des deux-tiers de fa hauteur, en coupant la terre avec un Ebauchoir taillé en lame de couteau, comme ilparoît en G. Enfuite furie deftusdela terre à Potier on marquera l’épaifieur du Parapet : Exemple H. Puis avec les mêmes Ebauchoirs, taillez en lame de couteau & à l’Equerre, ort ôtera la terre à Potier du côté de la Place, fans toucher à la largeur du Parapet, & l’on .retranchera de cette terre jufqu’à ce que le Parapet paroifle avoir fa hauteur, afin de ménager après au pied du Parapet la Banquette I, avec les mêmes inftrumens.
- Eufuite ayant mis le Terre-plain au niveau, on fera le talus intérieur du Rempart L égal à fa hauteur, par le moyender l’Ebauchoir taillé en lame de couteau. Ainu le Baftion fera achevé» comme il eft marqué en M.
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- De la maniéré de modeler les Dehors.
- SI l’on le reflouvient de ce que je viens de dire pour modeler un Baftion , il fera fort aile de modeler en terre à Potier une Place enticre, puifque fon enceinte n’eft ordinairement formée que de Battions & de Courtines, principalement aux Places Regulieres. Ce fera meme un grand avantage pour modeler les Dehors, en cette maniéré.
- Suppofons que l’on veuille modeler un Ravelin ou quel-qu’autre Ouvrage, on tracera fon Plan fur quelque planche, Exemple A, en ajoûtant à fon pied vers la campagne la lar-geur du talus que l’on lui veut donner.
- Puis à l’endroit où doit être le Rempart B, on fichera dans la planche quantité de petits cloux.ou épingles, pour tenir la terre plus ferme contre la planche; ainfi que je l’ai dit ci-devant en parlant de la méthode de modeler un Baftion.
- Enfùite avec un Ebauchoir ôn unira le defiiis de là terre à Potier, en la mettant au niveau ou parallèle audefîusdela planche le plus qu’il fera poffiblc : Exemple C. Puis avec l’Ebauchoir taillé en lame de couteau, on coupera la partie extérieure de la terre à Potier pour marquer le talus extérieur du Ravelin, qui talute d’ordinaire de la moitié, quand il eft fans revêtiffement, ou dû quart delà hauteur, quand il eft revêtu de brique : Exemple D.
- Après on marquera proche de ce talus fur le deffùs de la terre à Potier la largeur du Parapet, pour ôter avec les Ebau-choirs la terre de deflus le Terre-plain, afin d’avoir la hauteur du Parapet.
- On y ménagera auffi la Banquette; & après avoir uni le Terre-plain, l’on fera le talus in^rieur du Ravelin égal à fa hauteur, comme on le peut remarquer dans le Ravelin E, qui eft reprefonté veu par fa Gorge.
- Le Ravelin F, qui eft fraife, eft foppofé veu par fon Angle flanqué j & le Ravelin G eft veu du côté d’une de fes Faces.
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- 173 LES TRAVAUX DE MARS,
- Delà méthode de jet ter en JMoulë les BaflionsGr* autres Ouvrages modelez.
- QUand on veut modeler une Place Reguliere accompagnée , même de fes Dehors, il fuffit de modeler un defesBattions, & les deux moitiez des Courtines qui s’y terminent, y ajoûtant leur Foffé,Ie Chemin-couvert,&le Glacis,ainfi qu’il eft figuré par la lettre A. En un mot, des differentes pièces qui coin-pofent l’Ouvrage propofé, il fuffira de modeler une piece de chaque efpece, afin d’en faire des Moules qui ferviront après à multiplier ces mêmes pièces, & quand elles feront jointes enfemble, elles formeront l’enceinte de la Place que l’on veut reprefenter.
- Pour faire les Moules dans leur petfe&ion,il faudra que les pièces modelées foient taillées en telle forte, que les parties les plus élevées foient plus étroi tes par en haut que par leur pi edi & qu’il n*y ait point de concavité plus large par le bas que vers le haut, afin que la piece jettée en moule puiffe plus facilement fe déchaufler.
- La piece à modeler étant donc taillée félon les précautions que je viens de dire, onia pofera à niveau dans un baquet qui aura des bords de tous cotez, comme il eft marqué en B i ou bien onia pofera fur une planche, où l’on fera un rebord avec de la terre à Potier, ou avec quclqu’autre matière. Enfuite ou huilera de toutes parts la piece-modelée, principalement dans les Angles rentrans, & dans les autres, concavitez , qui pourraient retenir le plâtre dont on veut faire le moule.
- Pour faire le Moule, on prendra du plâtre en pierre, que l’on broyera le plus fin qu’il fera poffible 5 puis ayant mis de l’eau dans une Auge, on y j ettera ce plâtre avec la main legere-ment & par petites pincées : & lorfque le plâtre commencera à fe prendre, on le coulera fur la piece moulée, jufqu’à ce qu’elle en foit raifonnablement couverte, & lans y toucher on le laiffe-ra prendre fa confiftance. . >
- Enfin lorfqne l’on connoîtra qu’il eft bien pris, oh renverfera la planche ou la piece modelée, & l’ayant tirée l’on trouvera fon moule dans le plâtre.
- Pour fe fervir de ce moule, après qu’il fera bien fec, on l’huî-lerade toutes parts, & l’on y jettera le plâtre, ou bien mieux de la pâte de carton, que l’on coulera de la même maniéré que je viens de dire. Ainfi oh fera facilement.autant d’une même piece que l’on en defirera, ayant foin après que l’on les aura retiréesdu moule, de les reparer, en ôtant ce que le moule y aurait laiffé d’imparfait. Me~
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- iSo LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de reprefentèr avec du bois un Plan en relief.
- LE Plan étant deffiné d’une grandeur prifè à volonté fur quelques Planches de bois de fapin, ou d’autre bois aifc à couper, on fè fervira de bois de tilleau pour faire les Baftions & Dehors; car ce bois ayant fort peu de nœuds, iè taille nettement.
- Ce tilleau étant fcié de la hauteur que l’on veut donner au Rempart du Plan, on le taillera en plufieurs longues parcelles, dont les unes répondront à la longueur des Courtines, & à la largeur du Rempart : Exemple A. Les autres égaleront la capacité des Baftions: Exemple B.
- Puis unifiant toutes ces pièces enfemble avec de la colle forte, on formera l’enceinte du Rempart de la Place : Exemple C.
- Enfùite avec des Fermoirs ou petits ciféaux marquez D , on taillera le talus extérieur & intérieur du Rempart, félon la pente que l’on leur vëur donner : quand l’exterieur repre-fente de la pierre ou de la brique, on lui donne la quatrième partie de (a hauteur; pour l’interieur , qui reprelente la pente du Rempart du côté de la Ville , il eft égal à la hauteur du même Rempart, comme nous l’avons déjà remarqué dans les pages precedentes.
- Pour faire le Parapet du Rempart, ori en fera un petit Panneau bu Profil; c’eft-à-dire, on coupera un petit morceau de carton ou de bois, Exemple E, qui reprefentera là hauteur , la largeur, & le talus du Parapet, fans oublier là Banquette, On donnera ce petit Profil à unMenuifier, ou plûtôt à un Ebenifte ( ce dernier ayant des verlopes plus fines, & lui plus d’adrefle à pouffer des moulûres que le premier ) & ils en feront de grands morceaux, en forme de réglés: Exemple F. On les taillera enfuite félon les differentes grandeurs des Courtines, des Flancs & des Faces, tout à l’entour du bord extérieur ou revêtiftementdu Rempart....
- On peint d’ordinaireies Remparts & les Parapets de couleur de terre. Le
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- '*82 LES TRAVAUX DE MARS,
- Le revêtifTementdu Rempart fe peindra en façon de pierre ou de brique, félon la nature de l’ouvrage que l’on voudra re-prefentcr. Quand il eft de pierre, on peint de blanc tout le talus extérieur, & l’on trace avec une plutne lesliaifons avec du noir: Et quand il eft de brique, on le peint de rouge, 8c l’on marque îesiiaifonsavecdu blanc.
- Le Fofféfe taillera dans la planche félon la largeur que l’on lui aura preferiteen traçant le Plan, & l’on donnera à fa Con-trefearpe le talus qu’on aura déterminé.
- Quand on veut reprefenter le Folfé fec, en le peint d’une couleur déterre; maisfïoo le veut plein d’eau, l’on y collera au fond & par defîus du talc ou du verre.
- Pour faire le Parapet & la Banquette du Chemin-couvert, ou ce qu’on appe lie du nom general de Glacis, on fera un Profil de carton ou de papier, à peu prés pareil à celui qu’on a fait du Rempart, celui du Glacis ayant fon;talus fuperieur bien plus étendu: Exemple G, de la page precedente. On donnera ce Profil àunEbenifte, pour en avoir de longues parcelles, que l’on taillera enfuite félon la difpofition du Glacis du Plan.
- Les PalifTades que l’onpofe fur la tête du Glacis, font faites ordinairement de dents de Peigne.
- Pour les Ravclins, les Demi-lunes, & les aurresDehors, on fera leur Rempart de bois de tilleau > & des pareils morceaux dont on a fait les Parapets & les Glacis de la Place,• on en fera auffi leurs Parapets & Glacis.
- Si l’on veut reprefenter quelques hauteurs aux environs de. la Place, on fefervira de carton, que l’on enfoncera ou élevera' avec de la colle forte, ou bien mieux d’une plaque de plqmb fort mince, qu’on élevera ou enfoncera avec un petit marteau de bois, jufqu’à ce qu’on imite les élévations, ou hauteurs des montagnes propofées. Et pour cacher la couleur du plomb, on le peindra félon celle de la Montagne,ou bien on y collera de la laine, que lesTondeurs tirent de defîus les ferges & les draps qu’ils accommodent j ce quifervira auffi pour reprefenter les campagnes, & leur donner les différentes couleurs que le terrain exige.
- LeTronc desarbresfefaitd’un fil de Richard, plusgrosque celui dont on fe fert pour faire leus branchages : On donne à ces arbres la figure de ceux que l’on veut imiter, & on charge leurs branches de laine de Tondeurs,pour y reprefenter leur feuilles.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. iS3
- Chapitre X.
- De la ConfiruBion des Places fur le Terrain.
- TOut ce que j’ai dit jufqu’à prefènt du deflein des Places deffinées fur le papier, ou modelées, n’a été que comme un acheminement à travailler plus facilement fur le terrain.
- Et c’eft ici la pratique la plus neceflaire à fçavoir, puis qu’elle contient la fin de tout ce que nous avons dit dans les Chapitres précédais. L’on y rcülïira avec d’autant plus de facilité, qu’on aura mieux retenu ces mêmes Réglés: car elles font auffi generales pour tracer les Plans fur le terrain, qu’elles ont été faciles pour les defliner fut le papier.
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- i&f LES TRAVAUX DE MARS,
- j)es Inftrumens qui fervent a trotter Venceinte des Places
- fur le Terrain.
- LEsInftrumens les plus commodes pour tracer les Fortifications fur le Terrain, font les Piquets 8c les Cordeaux. Les Piquets font de deux maniérés, grands 8c petits.
- Les grands ont environ quatre à cinq pieds de longueur, & quelquefois plus: Ils fervent pour aligner, ou tirer des lignes droites dans les vallons, & autres lieux embaraflez de petits Buifions, Brofiailles, ou Jardinages.
- Les petits Piquets font d’un pied ou deux de long, 8c for-vent pour tendre les Cordeaux contre terre, & à l’uni desquels on bêche ou fîllonne la terre : les uns 8c les autres font marquez de la lettre A.
- Les Mailloches font auffi de deux maniérés, grandes & petites, & font marquées de la lettre B: elles fervent à enfoncer les Piquets.
- Les Cordeaux C doivent être de plufieurs fortes. Les gros fervent pour aligner aux travers des Buiflons, & terres labourables , 8c les plus déliez, pour faire les Perpendiculaires, 8c pour tracer les lignes deDéfenfo.
- La Bêche D fert à fillonner ou bêcher la terre le long des Cordeaux , & cette terre étant levée, montre le defleïn de la Place au défaut des Cordeaux.
- Le Hoyau E fert à travailler dans les terres fortes, féches, engelées, ou pierreufes, ayant fon fer plat par le bout, & large de deux ou trois poûces.
- La Brouette F fert à tranfporter les terres pour vuider les Foflez & élever les Remparts & les Parapets des Places.
- L* Angle de Bois G, qui eft formé de deux Réglés attachées & mouvantes enfemble par un de leurs bouts, &qui font arrêtées d’une troifîêmë, fert à tracer les Angles du Polygone, lors qu’on ne peut avoir le Centre de la Figure.
- Le Plan H, defliné fur le papier, ainfi que l’on le veut deflî-ner à tracer fur le terrain, fert à’donner la grandeur des lignes, & les ouvertures des Angles.
- Le Demi-Cercle L, divifé en fes 180. Degrez ou parties égales, donne le nombre des Degrez qui mefurent les Angles.
- LaToifeM, marquée defix pieds, donne lesmefures, les pieds & les poûces en lignes, qui fervent pour la Conftruâiou des Places, & de leurs parties. Me-
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- i86 LES TRAVAUX DE MARS,
- JMethode de tracer des Circonférences fur le Terrain..
- ON ne fait guere fur le terrain de Circonférence avec le Cordeau, fi ce n eft dans les lieux de fort petite étendue, parce qu’il faudrait fouvent abattre les Hayes , Buif-fons & Broflàilles, même applanir ce qui eft élevé, ou re-haufler ce qui eft creux ; autrement le. Cordeau n’y pourrait pas glifler , ni palier partout également : neanmoins ces difficultés furmontées, on les pourrait tracer en cette maniéré.
- On fichera un Piquet au lieu où l’on defire faire le Centre de la Circonférence, comme en A : & à ce piquet on attachera un Cordeau de l’étendue du Demi-diamètre que l’on donne à la Circonférence. Au bout de ce Cordeau on mettra un piquet, avec lequel on tracera la Circonférence fur le Ter-rain, en tournant autour du Centre; mais avec cette précaution, qu’il faut tenir ce piquet bien à plomb: car fi on biaife là pointé vers le Centre, il diminue la Circonférence, comme en l’exemple B; Au contraire il l’augmente, comme en C. Mais’étant lié vers le haut & le bas de deux Cordeaux, comme en D , ce piquet le conlèrvera toûjours à plomb. v.
- Mais fi le lieu fe trou voit rabotteux, ou tellement incommodé, quon'ne pûr pas tout-à fait l’applanir, il faudrait alors prendre une gaule , ou plufieurs jointes enfemble, de la longueur duDemi-diametre, comme il eft marqué en E. A lès deux extremi'tez elle fera percée, afin d’être mobile, en la mettant au piquet du Centre F. Et a l'autre troii, qui fêta à Ion extrem ité G, on palïera une Corde chargée d’un plomb. Puis en faifant tourner cette réglé à l’entour du Centre , on aura foin de lâcher, ou d’élever le plomb félon l’occafion, & d’oblèrver les points qu’il marquera dans les lieux concaves H, dans ceux, qui font élevez I, ouapplanisK; afin qu’en joignant ces differens points les uns avec les autres, on ait le trait de la Circonférence auffi bien dans les parties concaves, que dans celles qui font élevées, Con-
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- *88 LES TRAVAUX DE MARS,
- Cenftruftion des Places Régulières fur le Terrain, per le moyen de leur Echelle,
- LA Circonférence étant tracée félon les Réglés precedentes* on la divifera en autant de parties égales,que l’on deürera de Baftions,comme dans cét Exemple en cmqparries A,6,C,D,E* pour avoir un Pentagone. Puis les cotezdu Polygone étant marquez par des Cordeaux aufli bien que les lignes du Centre* ou fuivra les mêmes réglés que nous avons enfeignéesdansle Chapitre de la Conftru&ion des Places • ou H l’on a un Plan tout; fait avec fon Echelle, on le fervira des pratiques fuivantes.
- Si les Capitales des Battions confideréesfur le Plan contiennent trente-trois parties de l’Echelle, & un tiers d’une de ces parties, on mettra trente-trois toifes, & deux pieds, qui font relatifs aux divilîons de l’Echelle, fur tous les Cordeaux prolongez au de- là des Angles des Polygones,vers l’extremité des.Cor-deaux qui détermineront les Capitales, comme de A en H, de B en L, de C en R,, & ainfi des autres , où l’on fichera de longs piquets.
- Puis fi les Demi-gorges des Battions du Pentagone deffiné fur le papier ont vingt parties de l’Echelle, on mettra vingt toifes d’une part & d’autre des Angles du Polygone du Terrain, fur les cotez du même Polygone, pour y déterminer les Demi-gorges , comme de C en O, & en N, de B en T & en G, & ainfi des autres Demi-gorges, où l’on plantera des piquets.
- Puis de ces piquets.on étendra des Cordeaux aux Capitals op-pofées, comme RT, NL, LF& ainfi des autres lignes de Défenfe.Et regardant fur le Plan combien chaque Face contient départies fur l’Echelle, comme ici quarante-huit, on mettra quarante huit toifes fur ces Cordeaux, qui reprefentent les lignes deDéfenfe départ & d’autre des Capitales, comme de R en S, & de L en V, & ainfi dés autres Faces, où l’on fichera des Piquets. '
- Puis on attachera un Cordeau au piquet de la Demi-gorge N , & l’on l’étendra à l’uni du piquet S de la Face RS, pour avoir le Flanc déterminé NS : ce qui étant pratiqué partout d’une même façon, on achèvera le Pentagone fur le Terrain * ainfi qu’il eft deffiné fur le papier. ,
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- OU L’ART DE LA GUERRE. i95
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- sÿo LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftionfarte Terrain des Places Régulier es , defquelles
- en nef eut avoir le Centre,
- JE fatisfais ici à la plus grande difficulté qui fe rencontre dans la Conftruétion des Places fur le Terrain, qui eft depouvoir tracer les cotez du Polygone,fans être obligé de décrire une Circonférence autour des lieux dont on nefçauroit avoir le Centres j’en donnerai ici la Méthode par le moyen de l’Angle de la Figure.
- Cét Angle du Polygone ou de la Figure fe trouve, en divi-fant 3<Jo. Degrez par le nombre des côtezdu Polygones puis ©nôterale quotient de IS o. Degrez, le refte donnera P Angle du Polygone. Par exemple, voulant avoir l’Angle de la Figure d’un Pentagone, on divife jdo. Degrez par cinq, qui eft le nombre des cotez du Pentagone, le quotient donnera 72. qui étant otez de 180. donneront 10S. Degrez pour la valeur de PAngle que l’on cherche.
- Soit A une Place quePon defire fortifier en Pentagone,à Pen-tourde la quelle on ne peut décrire aucune Circonférence pour y tracer les côtezdu Polygone. (
- On fe fervira. de PAngle de bois B, &Ton pofera le point de l’Angle au Centre du Demi-cercle D,faïfant convenir la branche de Pinftrument le long du'Diametre du Demi-cercles puisoa ouvrira Pautre branche,. jufqù’à te que toutes les deux forment l’Angle de là Figure, qui eft ici de 10S» Degrez. On arrêtera alors fe s deux branchesavéc une réglé,marquéeDj& ces trois pièces étant bien attachées ou cloüées enlemble on s’en fervira amlL On fichera en terre un grand piquet où l’on defire faire le Centre d’un Baftion, comme au point F s & y pofant PAngle de bois, on étendra un cordeau le long d’une d ç fes branches K : ce cordeau fera déterminé en G par la longueur de joo. oui 10. roi-fes,qui feront la longueur du côté du Polygones& l’on mettra un piquet au point G. On tranfportera enfui te PAngle de bois au piquet G., & l’on fera convenir le côté de PAngle de bois avec le côté effe&ifFG : puis on tendra un cordeau le long de l’autre jambe X, & l’on lui donnera l’étendue du côté du Polygone juf-qu’enH, où l’on fichera un autre piquet.
- Au point H on tranfportera encore le même Angle de bois pour appliquer & faire convenir le côté de Pinftrument avec le cordeau, & étendre de ce même piquetle cordeau le long de l’autre côté pour déterminer de H en I, la même longueur d’im côté du Polygone.
- Et continuant ces pratiques aux points I,&: L, l’on formera la Figure, & l’on aura les cinq cotez du Polygone que l’on s’étois 'propofé, * Me-
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- LES TRAVAUX DE.-MARS,
- Méthode de tracer fur le Terrain les Bafiions des Places Régulières.
- LEs cotez- du Polygone étant tracez fur le Terrain, parle moyen de l’Angle de bois, ainfi que je lai expliqué dans la page precedente, ou par quelqu’autremaniéré, on tracera en cette façon les Battions qui doivent couvrir les Angles des Polygones , fuppofant que le Plan qu’on s’eft propose , ait été deffiné à part avec (on Echelle : Exemple A.
- On mettirera fur les cotez du Polygoue, de part & d’autre des piquets A, C, B, &C. autant de'toifes, pour former AE> AD,BL,&c. que les Demi-gorgés du Plan K contiennent de parties de leurs Echelles ; comme par exemple 20. toifes au Pentagone, (uppofant que l’Échelle qui eft toûjours de la longueur d’un côté de Polygone, ait été divifée en 100. parties égales.
- Pour les Capitales, on mettra aux piquets de chaque Demi-gorge E, & D, deux cordeaux d’une même grandeur, pour les joindre enfemble en F, afin que le cordeau AF ferve de ligne du Centre prolongée. Sur le cordeau AF, on pofera pour Capitale autant de toiles de A en G, que la Capitale d’un Battion du Plan a de parties prifes fur l’Echelle.
- Pour les Faces & les Flancs,on fe fervira de deux cordeaux, dont l’un attaché au fommet de la Capitale G aura autant de toifes que la Face d’un Battion du Plan contient de parties prises fur l’Echelle 5 l’autre cordeau fera attaché au piquet de la jDemi-gorgeE, & aura aufli autant de toifes, que le Flanc du Battion deffiné fur le papier a départies. Ces cordeaux fe joignant en H, on aura déterminé fer le Terrain la Face GH, &1e Flanc HE. ...
- . La pratique étant reïterée partout ailleurs, achèvera le Pentagone furie Terrain: & la même chofe s’obfervera en toute autre Figure.
- Manie-
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- Aiethode de tracer fur le Terrain les Remparts
- CT” les Fojfez..
- LEs Battions des Places étant marquez fur le Terrain avec des Cordeaux ten dus, on tracera aux environs les Remparts & le Fofle, en cette maniéré.
- Pour tracer le Rempart, on prendra dans le Plan K, fur la ligne du Centre, la largeur du Rempart, comprifè depuis l’Angle du Polygone , jufqu’à l’Angle intérieur du même Rempart.
- On portera cette largeur fur l’Echelle, pourobferver le no mbre des parties qu’elle contient, & l’on mefurera autant de toiles iùr tous les Cordeaux EB, FC, qui repreièntent les lignes du Centre, à commencer au point E&F, qui marque le Centre du Baftion, tirant vers le Centre de la Place. On plantera des Piquets à chaque extrémité de ces mefùres B, & C ; & tirant des Cordeaux d’une extrémité a l’autre, on aura tracé le Rempart,
- Mais s’il arrivoit qu’on n’eût point de Cordeaux quirc-prefentaflent les lignes du Centré, comme il arrive aux Places dont le Centre eft inacceflïble., alors on attachera un Cordeau au Piquet R, pointe du Baftion, afin de prolonger la Capitale RD vers le dedansde la Place, comme DA ; & l’on donnera àD A le nombre dés toifes deflïnées pour l’épaifleur du Rempart, dans le Plan K.
- Pour le Foflé, on obfervera fur une ligne du Centre prolongée au de-là des Battions du Plan K, combien la largeur du Fofle y contient de parties prifes fur l’Echelle ; & l’on mettra fur les Cordeaux qui repreientent les Capitales prolongées FG, & HI, autant de toiles de G en L, & de I en M. A chaque point on y plantera des Piquets, afin que les Cor-Meaux tendus des Angles des Epaules N & O à ces mêmes Piquets , donnent fur le Terrain la largeur du Foflé ; & LPM fera la Contrefcarpe : & en continuant la même choie, on. achèvera le Fofle tout autour de la Place.
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- OU L’ART DE LA GUERRE; ï5j
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- ConpruSbion des Raveiins O* Demi-lunes fur le Terrain.
- Y E Corps de la Place &fon Folle étant tracez fur le Terrain avec des Cordeaux tendus, on fera les Raveiins & Demi-lunes en cette maniéré.
- Pour le Ravelin, on regardera dans le Plan K, defliné fur le papier, combien les Gorges d’un Ravelin contiennent de parties de l’Echelle, afin de mettre autant de toifes fur le Terrain, depuis O, qui eft l’Angle rentrant de la Contrefcarpe, jufqu’en P & R. On plantera des Piquets à tous ces points : puis on attachera deux Cordeaux à ces Piquets, chacun d’autant de toifes que les Faces du Ravelin defliné fur le Plan, contiennent de parties de l’Echelle du Plan. Enfuite on joindra ces deux Cordeaux enX, où l’on plantera un Piquet: & le Cordeau qui fera tendu le long des Piquets O, P , X,R, donnera le Ravelin -3 à l’entour duquel on fera un Foffé parallèle aux Faces, & large de la moitié du Foffe de la Place : Exemple O.
- Pour la Demi-lune A, on la tracera fur le Terrain, en prolongeant avec les Cordeaux les Faces & Capitales du Baftion, au devant duquel on la veut élever. ApréS on prendra la diftance comprife depuis la pointe du Baftion D, jufqu’au point où la Contrefcarpe coupe les Cordeaux des Faces prolongées, comme en B & C. De cette diftance on tracera la Gorge de la Demi-lune BEC, & l’on plantera des Piquets à ces mêmes points B, E , C. Puis on regardera fur le Plan combien la Capitale de là Demi-lune a de parties mefurées fur l’Echelle, afin de mettre fur le Terrain autant de toifes de E en F, pour la Capitale de la Demi-lune EF. Au point F on mettra un Piquet j puis on regardera fur le Plan K combien les Flancs de la Demi-lune contiennent de parties de l’Echelle, afin de mettre autant de toifes fur les Cordeaux du Terrain des Faces prolongées, comme ici de BenI,&deCenL, où Ton plantera des Piquets j &le Cordeau qui tournera aiftour, donnera fur le Terrain la Demi-lune A, devant laquelle on fera un Fofléde la moitié de celui de la Place, & les Remparts & Parapets, félon le mefures que nous avons déjà données.
- La même méthode fervira pour tous les autres Dehors. .
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- Chapitre XI.
- De la manière de lever les Flans pur les reprefenter fur le papier.
- »
- AVant que de nommer les Inftrumens qui fervent h, lever les Plans, j’avertirai le Lecteur, que les plus fimples & les plus grands font toujours les meilleurs ; & que pour lever les Plans dans leur juftefle, il n’y a point de voye plus allurée que celle de mefurer leurs cotez avec la toifè effective, & prendre leurs Angles avec le Mefurangle, 8c que tous les autres Inftrumens, comme la Bouflole, le Compas de Proportion, le Graphomecre, l’Aftrolabe, les Miroirs, la Planchette, & tant d’autres, que les Geometres ont inventé, fervent plût ôt à la curiofité, qu’à la pratique, principalement quand c eft pour lever un Plan avec exactitude ; car les Inftrumens compofez ne donnent jamais les Angles aufïï precifement que fait le Demi*cercle.
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- Des Infirumens qui fervent k lever les Plans , Gr les rapporterfur le papier.
- JS repreferite en cette page lesInftrumens que l’experîence m’a fait reconnoitre être les plus commodes & les plus juftes de tou%ceuxque j’ai plufieuts fois mis enufage daçs les Plans que j’ai levez.
- Le premier marqué A, que j’appelle Mefurangje, fert à con-noître la valeur de toutes fortes d’Angles, rentrans &faillans. Cét Inftrument fe fait d’ordinaire de cuivre, en cette maniéré.
- L’on prend deux lames de cuivre, chacune environ de trois pouces de large, & d’un Ecu blanc d’épaiiïeur. Surl’extremi-téd’une de ces lames, on graduera un Demi-cercle, ou 1S0. Degrez; & à l’extremité de l’autre lame, juftemcnt au milieu de fa largeur, comme au point H, on laiiïera une petite rondeur, afin d’y faire un trou, dans le quel on fichera un clou bien arrondi, & on l’appliquera & rivera juftement au Centre du Demi-cercle de la première lame, pour avoir le mouvement libre.
- On peut allonger ces deux lames de cuivre par deux autres de bois, bien dégauchies, & de même largeur, entaillées l’une dans l’autre, comme il fe void dans l’înftrument marqué A.
- L’înftrument marqué B, eft une Boufiole, qui fert anffi à connoîtreles Angles: mais d’une autre maniéré que le Mefuran-gle, comme je l’expliquerai ci après.
- On fait la Boulloîe d’un ais, que l’on coupe bien à l’Equerre. Un des cotez de cette Bouflole,comme CD,doit être plus grand que les autres, le milieu de ce Quarré fera creufé en rond, pour mettre dans le fond un Cercle divifé en 3 <îo. degrez, commençant à compter ces Degrez de B tirant vers T, continuant toujours jufqu’à 360. Au Centre de ce Cercle on clevera un Pivot, ou pointe, pour foutenir uue aiguille aimantée, de deux ou trois pouces de longueur.
- L’înftrument marque E,eftun Demi-cercle, montélurfon genoüil, pour fervir& prendre la diftancedes lieux inaccefli-bles.Celui qui eft marqué F, eft un Rapporteur, ou petit Demi-cercle de cuivre on d’autre matière ; il fert à tracer & connoître les Angles fur le papier. L’înftrument G eft une Chaîne de fer, oudecuivre, diviléeen plusieurstoifes, pieds, pouces,fervanc à mefurcr toutes fortes de longueurs.
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- JMethodc deconnoijlre la longueur des cotez, ZT les ouvertures des Angles, foitpar le dehors 9 oupar le dedans 9
- d’unlieupropofé.
- POur entrer par un Exemple facile dans la pratique de lever les Plans, je commencerai par celle d’uneMaifon.
- On mefurera d’abord avec la Chaîne un côté delaMaifon, comme AB 5 & on obfervera le nombre des toifes, des pieds & des pouces, & même jufqu’aux lignes. Après on tirera à la main, & fans réglé, une ligne fur un papier, qui fervira comme d’un Brouillon memorial pour le deffein du Plan, écrivant en chiffres le long de cette ligne autant de toifes, de pieds, de pouces, &c. que contientle côté dela Maifon AB. On écrira même aux extremitez de cette ligne lés lettres A, B, pour diftin-guer les pratiques l’une de l’autre j ce qu’Ôn marquera de même à tous les autres cotez delaMaifon, dont on prétend lever le Plan.
- Pour les Angles,on aura l’ouverture de l’Angle Taillant ABC, fi on enferme cét Angle avec les jambes du Mefurangle,& qu’on obferve fur le Demi-cercle, combien il y a de degrez couverts par la branche fuperieure : Ce nombre, de degrez cachez eftla precife valeur de cét Angle faillanr B. Puis on marquera au bout de la ligne tracée fur le papier au point B, la valeur de 1? Angle : on fera de même pour tous les autres Angles faillans de la Mai-fon. *•
- Pour les Angles rentrans, on pofera laTêteduMefurangle dans l’ Angle ABC, en étendant les jambes ou réglés du Mefur-angle à l’uni des deux Murailles qui forment l’Angle; & l’on obfervera les degrez cachez fur le Demi-cercle de l’Inftrument,qui donneront la jufte valeur de l’Angle rentrant. Amefurequ’on travaillera, on figurera confufément fur le papier les pratiques qu’on aura faites, marquant à chacun des cotez la longueur de leurs mefures actuelles, auflï bien que la quantité des Angles formez par ces mêmes côtez.On continuera de la même forte la reprefentation confufe, & la mefure effeétive des côtez & des Angles, tant, faillans que rentrans, foit par le dedans ou le dehors de la Maifon : & ainfi l’on aura fur fon papier la valeur de tous les côtéz & Angles, pour en faire un Plan au jufte s comme il fe verra dans la page fuivante.
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- Jldethode de mettre au net fur un papier le Plan d'une Aiaifon 9 dont on connoît les cotez. O* les ^Angles.
- SU.ivant l’exemple precedent, & fuppofànt qu’on ait écrit fur un papier qui fert de Broiiillon memorial, les mefu-res prifes au jufte des cotez 8c des Angles des murailles de la Maifon, 8c qu’on veuille avoir le Plan au net 9 on le fera en cette maniéré.
- On tracera au haut du papier une Echelle, divifée en grandes , ou petites parties , félon qu’on veut faire le Plan grand ou petit.
- Enfiiite, on tracera au bas du papier du Plan une ligne que l’on déterminera de A en B, d’autant de parties prifes fur l’Echelle, qu’on aura trouvé de toifes, de pieds, 8c de poûces , fur la ligne"AB du Brouillon, pour fpecifier la valeur du premier côté mefuré de la Maifon.
- Puis au point B on fera l’Angle ABC, de la quantité dé l’Angle ABC du Broiiillon memorial. Cét Angle fe fera en cette façon.
- On pofera le Centre d’un Rapporteur au point B, enforte que le Diamètre convienne avec la ligne AB.Puis on comptera fur la Circonférence du Rapporteur, de gauche adroit la quantité des Degrez marquez à l’Angle relatif du Broiiillon memorial ABC, pour tirer à ce point déterminé une ligne droite 9 qui reprefentc le fécond côté mefuré de la Maifon.
- On déterminera enfuite le côté BC d’autant de parties prifes.fur l’Echelle , que l’on a écrit de toifes, de pieds 8c de poûces ait côté BC du Brouillon memorial.
- Au point C on fera l’Angle BCD égal à l’Angle BCD du Broiiillon memorial, en cette façon. .
- On pofera le Centre du Demi-cercle au point C, SrleDia-, métré le long de BC, pour y compter de droit à gauche la quantité des Degrez trouvez à l’Angle BCD du Broüillon,. &l’on tirera le troifiême côté de la Mailon.
- ‘ Aînfi déterminant tous les cotez&tousIesAnglesdu Plan, conformément aux cotez & aux Angles du Broüillon memorial, on mettra au net un Plan femblable à celui de la Maifon, corn me il fe void dans cette Figure. Md-
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- JManiere de lever le Plan des Hameaux , Villages 0“ autres Habitations qui n’ont point d'enceinte.
- SQus ce titre je comprens toutes fortes de portes ou d’habitations qui ne font pas enfermées par un feule Clôture, comme {ont plufieursFermes, Métairies,Hameaux, Villages, &c„ Cette proportion eft d’autant plus curieufe qu’elle eft d’une grande utilité aux Geometres& aux Ingénieurs, à qui on fait fouvent de femblables queftions, ou qui par de preflantes raifons fe trouvent obligez à lever le Plan d’un lieu de cette nature.
- Selon nôtre fuppofition ces fortes de Portes n’ont point d’enceinte limitée : quelques-unes de leurs maifons font entièrement détachées & fans Clos ou Jardinsjquelques autres en font accompagnées, & même enfermées de Murailles'ou de Hayes, qui leur fervent de Clôtures.
- L’Ingenieur qui entreprendra de lever le Plan de ces lieux, doit exactement s’informer qu’elle étendue de Terrain on déliré qu’il comprenne dans fonPlan,'afin d’éviter la faute que font la plû-part de ceux qui 1 event des Plans, en n’y reprefenrant que la jufte étendue du lieu qui leur eft propofé, fans y faire voir les avenues & les autres lieux circonvoifins, dont la connoiflan» ce eft très neceflaire.
- S’il arrivoitdonc qu’on lai/ïât au choix de l’Ingenienr l’éten-duë de fon Plan, comme cela arrive prefque toujours, je lui confeilleroisde le faire d’une grandeur où il pût marquer toutes les avenues, les hauteurs, les fontaines, & non feulement les lieux publics, mais encore les particuliers qui fe rencontrent aux environs jufqu’à la portée du Canon, & même plus loin, fi cela fe peut.
- L’Ingenieur ayant donc déterminé fon Terrain avec prudence , fera tendre des Ficelles ou petits Cordeaux le long des Murailles, des Clos, ou des Jardins, des Hayes ou des Folïez de ce Terrain, jufqu’à ce que ces Cordeaux fe rencontrent, & forment des Angles foit rentrans, oulaillans, comme les Angles A, B, C,D, E. Puis ayant planté des Piquets à chaque.Point Angulaire, on y attachera des Cordeaux, qui formeront une maniéré d’enceinte autour du Hameau ou Village.
- Mais s’il arrivoit que de quelque côté ces lieux n’euflent aucune Muraille qui pût faciliterl’étenduë des Cordeaux, l’Inge-nieur feroit une maniéré de nouvelle enceinte, en plantant plufieurs Piquets éloignez, à peu prés, les uns des autres de cent toifes, ou de la portée du moufquet,' comme ici aux points F > G,H, I, &c. Puis d’un Piquer à l’autre il tirera des Cordeaux,& fur cette pratique il lèvera le Plan qu’il fe propofc. U
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- Il eft à remarquer, que fi le Flan qu’on veut lever n’eft que pourreprefenterladifpofition que les maifons peuvent avoir lés unes à l’égard des autres, & quelle figure elles forment toutes enfemblej alors il eft libre à l’Ingenieur de planter Tes Piquets où bon lui femblera, c’eft-à-dire, proche ou loin des Maifons de l’habitation ; car l’enceinte que les Cordeaux formeront en paflànt par ces Piquets, fera une enceinte imaginaire, & qui ne fervira que d’un moyen à pofer les maifons chacune dans fa propre fituation, cette enceinte ne paroifiant plus quand le Plan fera mis au net fur le papier, comme je le dirai ci apres.
- Mais fi l’Ingenieur defire fe fervir de l’enceinte qu’il veut former avec les Piquets, pour lors il les doit pofer avec une-grande circonfpeélion, c’eft-à-dire, ni trop prés, ni trop loin de l’habitation. Comme par exemple, les Piquets A, B, C,D, font trop prés de l’habitation ; car quand on aura tendu les Cordeaux AB, BC, CD , il y aura fi peu d’efpace entre les Maifons & les Cordeaux, qui reprefentent l’enceinte de la Place, qu’on ne pourra faire de Rempart dans un fi petit intervalle.
- Si on objeéte que l’on démolira ces maifons pour donner an Rempart les proportions necefiaires, c’eft juftement chercher à faire une double dépenfe, & s’attirer la haine des Habitans du lieu & de fon Prince, pour avoir manqué de prévoyance.
- Auffi de vouloir écarter trop loin l’enceinte de la Place, comme on voit aux Piquets E,F,G, ce qui fe fait fouvent pour n’être pas obligé d’acheter quelque maifon, c’eft tomber dans une extrémité encore plus condamnable guela première ; «puif-que lès grandes enceintes demandent une plus grande garde, une plus forte Garnifon, & plus de Vivres & de Munitions j ce qui caufe ordinairement la reddition des Places.
- Pour garder en cette rencontre quelque méthode raifonnable, on doit planter les Piquets aux endroits deftinez à la conftruc-tion des Battions.
- Dans cette veuë l’Ingenieur doit les pofer dans les lieux les plus élevez ou les moins commandez, & laifïer juiqu’aux plus prochaines maifons une diftance de 20. oude 2<j.toifes, cequi eft à peu prés l’épaifleur que l’on donne au Rempart qui couvre les Angles des Polygones, & à la rue qui eft du côté de la Place.
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- Méthode de tracer fur le papier le Plan des lieux qui n'ont point d'enceinte.
- AYànt formé à la faveur des Piquets & des Cordeaux, une enceinte aux environs des lieux qui n’en ont point, onfe fervira, félonies réglés precedentes, delaToife &duMefur-angle, pour prendre la longueur & les Angles de ces nouveaux cotez, que l’on écrira précifément fur un Pian groffierement deffiné à peu prés félon la figure du lieu à reprefenter, comme eft ici le deifein marque A, ainfi que je l’ai déjà dit dans les pages precedentes, dont on fuivra les méthodes.
- On fera donc une Echelle, foit au milieu, foit à l’extremité du papier où l’on veut reprefenter le Plan.
- Puis on tracera vers le bas ou vers le haut du papier une ligne , que l’on déterminera d’autant dç parties prifes fur l’Echelle, qu’on aura trouvé de toifes, de pieds & de pouces fur la ligne du Brouillon memorial qui reptefentera la Face AB. Puis au point B on fera l’Angle de l’Epaule ABC, conforme à l’Angle relatif du Brouillon memorial, ce qui fe fera en cette façon.
- On mettra le Centre du Rapporteur au point B, le Diamètre à l’uni de AB : puis on comptera fur la Circonférence du Rapporteur , de gauche à droit, la quantité des Degrez marquez Z l’Angle du Brouillon ABC, pour paflér à ce point déterminé la ligne droite BC, qui reprefente le fécond côté mefuré, qui eft t le Flanc,
- On déterminera enfuite ce côté ou Flanc BC, d’autant de parties prifes fur l’Echelle, que l’on a écrit de toifes, de pieds, & de pouces au côté BC du Broüillon. Puis pour faire au point C l’Angle BCD, égal à l’Angle du Flanc BCD du Brouillon memorial, on pofera le Centre du Rapporteur au point C, le Diamètre le long de BC, pour y compter, de droit à gauche, la quantité des Degrez trouvez à l’Angle BCD du Brouillon, pour tirer le troifiêmé coté, ou Courtine.
- Enforte que déterminant ainfi tous les cotez & les Angles du Plan , conformément aux cotez & aux Angles marquez au Brouillon memorial, on fera le Plan du lieu qu’on defirc.
- Méthode
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- iiî LES TRAVAUX DE MARS.,
- JMethode de lever le Plan d'une Place fortifiée.
- ON commencera, fi l’on veut, àmefiirer les cotez paf la Face AB, en étendant la Chaîne le long de la même Face, afin de remarquer la quantité des toiles, des pieds, & des pouces, qu’elle contient dans Ion étendue. On marquera tout cela fur le papier du J3roüillon memorial, pour avoir * comme ci-devant, la longueur des Flancs &des Courtines. La pratique en eft tout-à-fait femblable j mais on écrira toû-jours avec foin , fur le papier du Brouillon memorial, le nombre de leurs melùres, & l’ordre des pratiques.
- Pour les Angles làillans, comme eft l’Angle flanqué ECF, on enfermera cét Angle avec les jambes du Mefiirangle, pour remarquer lùr (on Demi-cercle, la quantité des Degrez qui le* ront couverts par la branche fuperieure de l’Inftrument ; cette quantité des Degrez donnera lajufte grandeur de l’Angle Flanqué: Puis on fpecifiera là quantité ou ouverture liir le Brouillon memorial, avec le quantième de Ion operation. De cette maniéré on viendra a là connoiflance des Angles de l’Epaule, & de tous les Angles làillans.
- Pour avoir les Angles rentrans, comme font ceux des Flancs GDH,onmetla tête du Mefurangle dans l’Angle, & on pofe une de lès jambes le long de la Courtine, & l’autre le long du Flanc, & on remarquera la quantité des Degrez couverts par la branche fuperieure. Cette quantité eft la jufte valeur de l’Angle duFlanc, qu’il faut écrire fur le Brouillon memorial, avec la quantième operation, pour mettre enfui-te le Plan au net, comme il eft eufeignédans la page 104. & dans la precedente.
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- ii4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode pour connoijlre la longueur des Cotez /’Ouver-
- ture des Angles., des lieux dont on lève les Plans, lorsque leurs Cotez Cr leurs Angles fe trouvent rompus.
- QUand les Murailles font éboulées, ouïes Angles rompus , ou que les lieux dont on veut lever le Plan, ne lotit pas tout-à-fait clos de murailles, comme font d’ordinaire ceux qui font proches des Rivières, des Etangs, des Fofe fez, St autres lieux à demi-fermez; ou bien ceux qui font feulement environnez de Hayes, ou de Paliflades} on en doit lever le Plan en cette maniéré.
- L’on mefure avec îa Chaîne les parties de la Muraille qui font éboulées, en appliquant la même C haine le long des par-ties qui reftent entières, paflant par deflus les ruines, comme s’il n’y avoit rien de renverfé, comme dans l’Exemple A.
- Mais fi l’Angle de la Muraille, c’eft-à-dire, l’endroit où deux Pans de Murailles fe touchent, étoit rompu, on tendra à l’uni du relie des Murailles deux Cordeaux, obfervant où ils fe joindront enfemble, pour y planter un Piquet. Il fera pour lors libre de mefiirer l’étendue de la Muraille, com me il fe yoid en l’Exemple B.
- S’il ferencontroit quelque lieu fans élévation, où-l’on ne reconnût feulement que les anciens veftiges, il n’y auroit qu’à planter des Piquets aux Angles, pour y tendre des Cordeaux, comme il eft marqué dans l’Exemple C. De cette maniéré on peut lever le Plan de toutes fortes de lieux, environnez d’E-flangs, de Rivières, de Précipices, &c.
- Pour les lieux dont le Circuit a quelque rondeur, on les décrira dans quelque Figure quarrée, la déterminant par des Perpendiculaires, qui limiteront leur grandeur.
- Pour les Angles rompus, on les connoîtra par le moyen des Cordeaux, & duMeforangle, félon les Préceptes de la page précédente. Parce "que ces Cordeaux tiennent lieu de Murailles effectives, qui auraient été élevées, otî que l’on po urroit élever fur ces Angles.
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- U6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de lever les F Uns avec la Boujfole.
- LA pratique de la Boufîole le fera ainfi. Après avoir mer furé les cotez qui forment l’Angle avec une Chaîne, divifée entoiles, en pieds & en pouces, on l’écrira lùr un Brouillon memorial,, comme nous ayons dit en la page 202. Et pour çonnoître, par exemple, l’Angle flanqué FRS, on appliquera le long côté de Ia BoufloleàTuni du côté FR , en obfervant le nombre des Degrez que marquera la pointe du Nort del’éguille, comme dans eét Exemple, trois Degrez. Puis on tranlportera la Boulîoïe, mettant fon grand côté a l’uni de l’autre côté qui formel'Angle, comme RS, afin de remarquer le nombre des Degrez qui coupera la pointe du ÎSJort del’éguille, comme dans cétExemple, 4$. Degrez. Alors on ôtera le petit nombre 3. Degrez, du plus grand 45. & reliera 42. Degrez, qui ôtez de 180. Degrez, donneront 138. Degrez, pour la valeur de l’Angle FRS. Cette Réglé eft generale pour toutes fortes d’Angles làillans & rentrans.
- On remarquera, que fi en ôtant le petit Ànglè du plus grand, comme par exemple, ôtant 45.Degrez de 2.70.8c quelerefte fût 225. Degrez, alors ne pouvant ôter les 2 2 5. Dégrézde 180. Degrez-, on pratiqueroit le contraire, c’eft-à-dire, qu’il faudrait ôter 180. Degrez des 22 lerefte 45. Degrez ferait la valeur del’Angle requis.
- Tous les cotez & les Angles étant connus, tant des lieux incommodez que de ceux qui font fur pied, & toutes ces mefures écrites lur le Brouillon memorial, félon l’ordre & le temps de chaque pratique, on en fera un Plan au net, comme il eftenlèigné dans la page 2.04. ,
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- ii8 LES TRAVAUX DE MARS,
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- Méthode de levef le Plan des Filles ennemies.
- JE ne m’arrêterai point ici à la pratique de lever le Plan par dehors avec des Inftrumens, comme font le Bâton de Jacob, le Quarré Géométrique, le Demi-cercle, le Compas de Proportion , la Planchette , & une infinité d’autres Inftrumens , que les Geometres ont inventez pour venir à la connoif-fance des lieux inacceffibles. Car quoique ces Inftrumens foient ingénieux dans la Théorie, & même quelquefois très-juftes dans quelque pratique faite en lieu feurj l’on peut dire avec vérité , que fi l’on prétend s’en fervir à lever le Plan des Villes ennemies, fans la permiffion de ceux qui y commandent, il faut être dépourvu de tout jugement, & donner aveuglément dans les vaines & creufes fpeculatio'ns des Geometres pacifiques, & des Ingénieurs de cabinet, qui s’imaginent que pour lever le Plan d’une Ville ennemie, ou affiegée, il n’y a qu’avenir fe prefenter devant fes Travaux avec un grand appareil d’Inftru-mens & de Piquets , avec autant de tranquillité que s’ils travail-loient fur le papier. Mais pouf venir au fait, il faudroit avoir lettre, que le Canon de la Place refpe&eroit ce fracas d’Inftru-mens, pendant les diverfes ftations que l’on y doit faire, ou que les Batteurs d’Eftrade ne viendroient point fe faifir de l’Ingc-nieur j & le regaler de quelque chaîne.
- Un Ingénieur adroit referve fa vie pour une meilleure occa-fion, outre qu’un Plan levé de la forte eft imparfaits car par le moyen de ces ftations éloignées on peut bien faire des Cartes Topographiques, & reprefenterles Profils des Villes j mais ce n’eft pas de quoi il s’agit. Quand on ne peut donc pas appliquer a&uellement la Toife & le Receveur d* Angle, il faut que ITngenieur fe glifîe dans la Place fous le titre d’un Marchand ou d’un Transfuge ; & que s’étant fait une longue habitude de con-noître les Angles à la veue, & demefurer defon pas les longueurs des lignes ou des cotez, il lève le Plan de chaque Ouvrage & même du corps de la Place, avec le plus de prudence qu’il pourra, en déguïfant leurs véritables figures fous difiërens gro-tefques d’animaux, dont les parties lui lerviront de memorial* pour mettre fon Plan au net lorfqu’il fera hors de la Place.
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- a?t> TRAVAUX DE MARS,
- JMethede de lever le Plan d'un Pais, en me fur an t la difiance d'un lieu a l'autre.
- QUand on voudra lever lePlan d*un pais,on remarquera fi Fon .peut parcourir librement Ton étendue, ou fi Faccés en eft défendu, comme il ar rive quand le pais eft occupé des ennemis* de-r forre que tout ce qu’on peut faire, c’eft de le découvrir de loin.
- Si on peut encrer dans le païs, & parcourir la diftance des lieux, on la mefurera aveç une corde longue de cent 011 de deux-eenttoifes, plus ou moins, formant des lignes droites, autant qu’il fera poffible, fans avoir égard à l’obliquité des chemins qui conduifent d’un lieu à l’autre. Ces diftances, & le nom des Villages & des autres lieux feront foigneuferpçnt écrits fur le Brouillon memorial K.
- Poqr mefurer en ligne droite d’un lieu à un autre, on fera comme les Geomecres, on fichera en terre un Piquet proche de, chaque lieu, & au bout des Piquets on mettra du papier, ou quelque morceau de linge, ou fi ce font des branches de chico-more, on en ôtera l’écorce vers la partie d’enhaur, pour les diftingucrdeloin. Puis regardant du Piquet Ale Piquet B, on fera ficher en terre dans leur intervalle pîufieursautres Piquets , en telle forte que tous enfemblene fafient qu’une même ligne, ce qu’on vérifiera en borneyantj enfprteque le fécond Piquet C cou vre IetroifiêtneP, & le troifiême couvre Je quatrième E, & afnfi des autres » s’il yen a, qui fe doivent confondre tous en un feul. C’eft ainfi qu’on déterminera Je plus oourt.che-min qu’il y a du Moulin de Feurviere au village de Qucnel dans l’Exemple que je propofe.
- Avant donc marqué fur le Brouillon memorial tous les noms dès Villages, & la diftance qu’il y a entr’cux, on fera à part fur le papier, où Fon veut reprefenter la Carte, une Echelle à voîonré. Puis tirant fur ce papier une ligne droite, comme celle qui eft marquée EG, on prendra fur l’Echelle la diftance qu’il y a entre le Moulin de Fourviere au Village de Blaines j onia pofera de H en I : puis ouvrant le Compas, & le portant fur l’Echelle,. on prendra la diftance qu’il y a du village de Blainw à celui de Ville.Dieu ; on. fera du point I l’Arc P : enfuiteon prendra fur F Echelle la diftance comprife du Moulin de Fourvie-re au village de Ville-Dieu, pour faire du point H un Arc, qui fe. coupera en P. Ce qui marquera la pofition du village de Ville-Dieu. Ainfi réitérant la même pratique, on aura le Plan, oula Carte du lieu propofé, & Fon y ajoutera les noms de chaque
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- OU L’ART DE LA GUERRE. i»i
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- n£ LES TRAVAUX DE MARS,
- Jidethode de lever le Plan d'un pais dont Ventreê n'efl pas Vibré , cT de mèfurer les dijtances d’un lieu à un autre.
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- A L’imitation des Geometres je me fervirai de la Planchette, dontïlsfo fervent quand ils veulent lever le Plan des lieux accefîibles ou non.
- La Planchette A n’eft autre chofe qu’un ais bien applani , long à peu prés de 12.à 15.pouces, &largede 8.011 10. & dont les cotez font en Angles droits : elle eft garnie d’une Genouillère, qui fert à la tenir for un pied à trois branches , & qui donne fieu à la tourner librement. Enfuite il faut appliquer uniment for cette Planchette la feuille de papier for laquelle on veut reprefonter le Plan, lafaifant tenir par'defllis la Planche avec .de la cire ou qùèlqu’autre matière gluante. Puis en quelqu’endroit de cette feuille de papier on y tracera une Echelle marquée B. Enfin on fera provifion d’une réglé, & de plufieursgrandes épingles avec deux Piquets, chacun d’une toile de haut ou environ.
- Ces choies ainfi préparées, fuppolânt que l’on veiiille avoir: la pofition des lieux C,D,E,F,G,H,I, fans aller actuellement d’un lieu à l’autre, on choifîra dans un Terrain uni deux ftations, tî’où l’on puifie découvrir les lieux propofezi On fichera à ces ftationsfoles Piquets A, I. On mefurera la diftance des Piquets, que l’on fuppofe dans cet Exemple de 80. toiles.; que fi elle eft moindre ou plus grande, on fora l’Echelle B de plus ou de moins de parties. Puis Ton tirera parallèlement vers un des cotez de la Planchette la ligne K L, de la longueur de quatre-vingt toifes prifes furl’Echc-lle B. Aux points^K, & L, on fichera deux grandes épingles. La Planchette étant ainfi préparée, &ajuftée for fon pied, à la place du Piquet A, qui Fera la première ftation, on la tournera julqu’a ce qu’en bor-neant on voye les deux épinglesK, L, & le Piquet I en meme ligne droite. Enliiite on pofera fur la Planchette la réglé contre l’épingle K, & l’on tournera la réglé ( en tenant
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 12?
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- £24 LES TRAVAUX DË MARS,
- toûjours la Planchette dans fa première difpofition) jufqu’à ce qu’on voye un des obj ets propofez, comme eft le marque H, pour tirer avec un crayon, ou avec de l’encre, une ligne: le long de la repie fur le papier de la Planchette.
- Enfuite apres avoir remis le Piquet au point A, on portera la Planchette au Piquet I, fécondé ftation. AcePiquetlon difpofera la Planchette comme on a fait au point A, la tournant de côté & d’autre, jufqu’à ce que les épingles L, K, de la Planchette, & le Piquet A, foient eh ligne droite. Pour lors mettant la réglé contre 1 épingle L, & la tournant vers les difïerens objets, comme vers le marqué H, & fiicceffivement vers les autres, on tirera fur le papier de la Planchette le long de la réglé, autant de lignes qu’il y a de lieux obfervez. Par cette pratique on trouvera fut ce papier que les lignes de ces obfervations fe couperont avec la même proportion que les rayons de vûë fè font coupez 5 & chaque point de feétion mar«* quera la pofition des objets propofèzj comme on le peut remarquer dans la Carte ou Plan qui eft au bas de la page precedente.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 225
- Chapitre XII.
- ï)es Méthodes qu’il faut tenir pour copier les Flans j & les réduire proportionnellement de grand en petit j & de petit en grand.
- AVant que de finir le Traité de la Fortification Régulière , où j’ai expliqué amplement les differens moyens de faire 8c de lever les Plans 5 il me femble qu’il eft avantageux de donner ici plufieurs Méthodes pour les copier, foit qu’ils (oient delïïnez fur du papier ou fur du vélin, ou qu’ils (oient peints en huile, ou en détrempe. J’y ajoûterai auffi les réglés qu’il faut obferveçpour les réduire de grand en petit, ôc de pet i t en grand ; parce que l’ufage en eft très-frequent 8c trcs-utile.
- AU
- Tcm, L
- P
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- «6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de copier les Plans par le moyen du Treillis.
- ON appelle Treillis une certaine difpofition de lignes droites# qui étant tracées d’une diftance égale entr’elles, de haut eu bas & de droit à gauche, fe coupent, & forment des Carreaux d’une même grandeur, ainfi que ceux d’un Damier: Exemple A* Pour faire le Treillis, on tracera fur les bords fuperieur & inferieur du Plan que l’on veut copier, deux lignes droites BC » DE, parallèles entr’elles. On les divifera cnacune en un même nombre, de parties égales, & dont les points relatifs, du haut & du bas, foientà l’équerre les unsaurefpeâ: des autres. Puis on tirera avec du crayon, ou avec du fufin, des lignes droites de chacun de ces points à fon relatif & oppofé.
- On fera la même pratique fur les côte? du Plan , en tirant de là droite à la gauche les deux lignes FG, de HI, parallèles entr’elles , & perpendiculaires fur les deux premières lignes BÇ , DE, formant toutes quatre un Quarré ou un Quarré-long. On divifera enfuite ces deux lignes FG, &HI, enunmêmenom-bre de parties égales j mais de la même largeur que celles des lignes BC, DE. Puis des points relatifs & oppofez on tirera an crayon ou au fufin des lignes qui formeront avec les premières des Quarrez égaux entr’eux. Enfuite on marquera chacun de ces Quarrez d’une lettre ou d’un chifre I, 2, 3,4> &c. ainfi que l’on le peut remarquer au Treillis qui eft deffiné fur le Plan A.
- Pour copier le Plan A dans fa precife grandeur, on fera un femblable Treillis fur le papier K, pour le deffiner j & l’on marquera fur les Carreaux relatifs les chifres 1,2,3,4,5, &c. afin qu’en rapportant au crayon ou au fufin dans chaque Carreau du Treillis du papier, tout ce qu’il y a dans chaque Carreau chi-fré des mêmes lettres fur le Treillis du Plan, on ait fur le papier une fidelle copie de ce Plan, que l’on mettra plus au net en pafi. Tant de l’encre fur les traits, que l’on aura marquez au crayon ou au fufin, puis enfuite on efïàcera avec de la mie .de pain les Treillis marquez fur le Plan & fur la copie.
- Mais fi on vouloit que la copie fût plus petite, ou en plus grand volume que le Plan que l’on veut copier i il n’y auroit qu’à faire fur le papier un plus petit ou un plus grand Treillis, avec cette remarque, que les Carreaux du Treillis delà copie doivent toûjours être égaux entr’eux, & en pareil nombre que Jes Carreaux du Treillis du Plan. Il faut auffi que les Carreaux relatifs à ceux du Plan foient chifrez des mêmes lettres, pour copier comme je viens de dire.
- C’eft par le moyen de ces Treillis, ou petits Carreaux deflï-nez au crayon ou au fufin, que les Peintres, les Ingénieurs, & les Graveurs imitent & contrefont les Stampes ou Plans, donc ils veulent avoir une fidelle copie. On-
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- »i8: LES TRAVAUX DE MARS»
- On remarquera toutefois qu’apre's la copie faite ils ne fçau-roient efiàcer nettement les traits du crayon ou du fufîn, qui ont fervi à marquer les Treillis, y reliant* toû jours, malgré leurs foins, quelque marque qui montre que le Plan a été copié fur un autre, & qu’il ne doit point être regardé comme Original, & même que l’Original a été copié} pour prévenir ces foupçons & ces defauts on fera le Treillis en cette maniéré.
- Après que le Plan que l’on veut copier fera bien étendu fut une table, au lieu de tracer fur le Plan les deux lignes BC, DE, on les tracera fur la table, & après qu’elles feront divifées en parties égales, comme il a été dit ci-devant, on fichera dans la tableaux points des divifions des épingles, Ou de petits doux , pour attacher des fils, oudesfoyesqui répondront aux épingles ou aux clouxoppofez & relatifs. Ces fils qui pafferont par aef-fus le Plan fans le gâter tiendront lieu des lignes marquées au crayon ou au fufîn qui font tirées des lignes BC, DE, repre-fentées dans le Plan À de la page précédente.
- On pratiquera la même chofe pour les deux lignes FG & HI : car au lieu de les tracer fur les deux cotez du Plan, on les marquera fur la table avec les mêmes précifions que fi on les traçoit defîus le Plans puis aux points de leurs divifions on fichera des épingles ou petits doux, où l’on attachera des fils que l’on cou -duira aux épingles ou aux doux relatifs oppofez. Ainfi ces derniers fils formeront avec les premiers des Carreaux égaux, Se on aura un Treillis/fur le Plan aufli jufte que s’il étoic marqué au crayon ou au fufîn.
- Si l’on veut copier le Plan dans fa jufte grandeur, on fera un Treillis de la même maniéré, c’eft-à-dire, avec des fils bandez fur le papier deftiné à cette copie, afin qu’en obfervant ce qu’il y a dans chaque Carreau du Plan, on le rapporte dans chaque Carreau relatif du papier : ce qui étant exactement obfervé, on lèvera les fils ou les foyes de l’un & de l’autre Treillis, fans qu’il refte aucune marque fur l’Original ni fur la Copie.
- Si l’on veut faire la copie plus grande ou plus petite que le Plan, il n’y a qu’à faire fur le papier de la copie un Treillis plus grand ou plus petit que celui du Plan} mais le nombre des Carreaux doit toûjours être égal fur l’un & l’autre.
- Méthode
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- OU L’ART DE LA GUERRE. *29
- Méthode de copier un Plan en le calquant par le moyen d'un
- papier huilé.
- L’Huile d’Afpic a cette propriété, qu’en rendant un papier tranfparent, on ne laifle pas d’écrire & de defliner dçflus avec de l’encre commune, ce qui ne fè peut/aire fi commodément fur un papier imbu d’une autre huile, à caufe delà graille des autres huiles qui empêche l’ençre de s’y attacher, & d’y faire impreflion.
- Quand on voudra donc copier ou oontretirer quelque Plan qui eftdeffiné fur du papier, on préparera un autre papier, qu’on frottera d’huile d’Alpic, & qu’on laiflera fécher durant quelque temps, même on le frottera deflus&defïbusavec dé lamie de pain, en lepreflant un peu pour ôter & fécher l’huile qui y réitérait, &qui fèroit capable d’imbiber & de gâter le Plan que l’on veut copier.
- Enfuite on étendra le Plan le plus uniment qu’il fera poffi-ble, ôç le papier huilé étant appliqué delîiis en laiflera voir exactement tous les traits.
- Alors ayant taillé une plume fine, dont le bec fera fort long, on la trempera dans de l’encre commune, & parcourant tous les traits du Plan, ouïes marquera exactement fur ce papier huilé qui donnera la copie fidelle du Plan propofé.
- Ce même ufage fèrvira pour copier toute forte de tableaux, pients en huile bu en détrempe. On en fera après une copie au net par le moyen d e la vitre, comme il fera di cy-aprçs.
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- 4*0 LES TRAVAUX DE MARS,
- jMetùode de copier un Vlan par le moyen d'une feuille
- de colle de poijfon.
- QLiane! on craint de gâter un Plan, ou de donner quelque indice qu’on l’ait copié, je confeille de quiter l’ufagc du papierhuilé, qui laifle toujours fur l’Original l’odeur de l’huile d’Afpic, &qui même en rend les traits jaunes parla fuite du temps.
- Ainfi pour copier un Plan (ans aucun de ces accidens, on (è fervira d’une feuille de colle de poiflon, comme le pratiquent les Peintres & les Graveurs, quand ils veulent copier quelques ftampes ou tableaux , iansqu’on s’en apperçoive.
- Ils font les feuilles de colle de poiflon en cette maniéré : Ils prennent un rouleau de cette colle, & choififlent delà plus blanche j puis ils (èparent & détachent une maniéré de petites fetiilles qui compolent le rouleau, & les mettent toutes cn-femble dans un chauderon bien net, ou il y a deux ou trois fois autant d’eau claire que le rouleau a de grofleur. Enfuite ils font chauffer cette eau infçnfiblement Turun feu lent ôc fans flamme, pour amollir la colle, qu’ils font enfuite boiiil-deux ou trois boitillons pour lui faire jetter fon écume.
- Pour faire les feuilles ils prennent des Planches de cuivre de la grandeur qu’ils veulent donner à ces feuilles, & après avoir appliqué delà cirelur un coté de la Planche, qu’ils mettent exa&ement de niveau, ils font couler fur cette cire la colle à demifroide, qu’ils étendent & rendent mince le. plus qu’ils peuvent, en gliflànt deflus les barbes d’une plume: puis biffant quelque temps refroidir cette colle, ils la lèvent de deflus la Planche en maniéré d’une toile de foye fort mince, transparente & propre à copier un Plan, comme fi c’étoit une feuille de papier frottée d’huile d’Alpic, mais qui n’en a point les defauts.
- Enfuite ils contrefirent ce defîein par le moyen de la vitre , comme il fera dit cy-aprés.
- A
- JM a*
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- OU L'ART DE LA GUERRE. î}ï
- Maniéré de copier les Plans par le moyen de la vitre.
- QUand on eft prefle de copier un Plan dans fa jufte grandeur , je ne trouve point d’expedient plus court & plus fur que de fe fervir de la vitre.
- Si le Plan eft petit on fe fervira des vitres ordinaires,principa-letnent de celles où il n’y a pas beaucoup de plomb : mais fi le Plan eft grand, les glaces de carrolîe font d’un grand fecours.
- Pour le copier, on choifira une feliille de papier blanc 8c fin, que l’on attachera par Tes extremitez avec plufieurs épingles fur le Plan que l’on veut contretirer. Enfuice on pofèra le Plan fur la vitre, que l’on fuppofe être garnie d’une bordure, & l’ayant arrêté à cette bordure avec des épingles qu’on aura fichées dedans, alors on verra au travers du papier tous les traits du Plan, que l’on copiera avec facilité foit au crayon ou à l’encre.
- Méthode de copier un Plan en le pic quant.
- Otland on n’a point de vitre propre pour copier un Plan, on le peut toutefois contretirer dans toute fbn étendue» en le picquant comme je vais dire.
- On étend lùr une table la feuille de papier blanc, fur laquelle on veut copier le Plan $ puis on met (ur cette feuille le Plan à copier, que l’on attache par les extremitez de l’un 8c de l’autre , de crainte qu’ils ne fe feparent.
- Puis l’on prend une éguille, on une longue épingle bien fines avec laquelle on prcque jufqu’à la feuille de papier tous les Angles du Plan que l’on veut copier.
- Enfin en détachant 8c levant le Plan de déflus la feiiille de papier, on y verra les mêmes points que l’on a pi quez au Plan, 8c ces points étant joints de lignes conformes à celles du Plan , on aura fur le papier blanc la copie qu’on s’çft propofée.
- Il faut avoir foin de faire couler l’ongle derrière le Plan & la copie, afin de boucher les troux que l’éguille ou l’épingle y auraient pû tailler.
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- Jji LES TRAVAUX DE MARS,
- \Methode de copier un Vlan [Aon fa véritable grandeur , ou bien en plus grand ou plus petit volume, félonies Principes de la Géométrie.
- LEs Geomerçes, entre un très-grand nombre de moyens qu’ils ont cherchez pour copier leurs Figures & leurs Plans, n’en ont point trouvé de plus exaCt que celui du Rapporteur & de l’Echelle du Plan.
- Quand ils veulent donc copier dans fa précife grandeur un Plan propofé, ils tracent fur le papier deftiné pour cette copie, une Echelle de la même étendue que celle du Plan.
- Puis mefurant la grandeur des lignes & l’ouverture des Angles du Plan par le moyen de Ton Echelle, & d’un Rapporteur, ils tracent par le même fecours de fêmblables lignes, & forment les-mêmes Angles fur leur papier ; & s’ils ont été corrects , ils ÿ trouvent la véritable figure du Plan qu’ils s’étoient propofé.
- Si on veut que la Copie d’un Plan foit plus petite que (on Original, il n’y à qu’à faire l’Echelle de la copie plus petitç quç celle du Plan : & au contraire, fi l’on veut une copie plus grande, il n’y a qu’à faire l’Echelle de la copie plus grande que celle du Plan-
- LES
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- LES
- TRAVAUX DE MARS,
- O U
- L’A RT DE LA GUERRE. LIVRE SECOND.
- DE LA FORTIFICATION
- IRREGULIERE.
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- AVERTISSEMENT.
- JVfqu'k prefent fai travaille a enfeigner la méthode de fortifier les failles CP“ les Citadelles , fuppofant que leur Terrain puijfe être enfermé dans Vétendue de quelque Figure Reguliere.
- Mais comme ilfe trouve des jijfiiettes fi bizarres, ou plutôt des Filles avec des Enceintes fi Irregulieres , qu'il efi prefque impoffible de les fortifier Régulièrement, tant pour la diverfitéde leurs cotez , dont les uns font trop longs, cr les autres trop petits 9 quepourêtré environnées de Précipités , deFailons, d'Etangs 9 de Rivières, de Collines 9 vu de Montagnes'. Dans cette fituation il efi bien difficile, C?° zæéW comme impoffible 9 de leur faire prendre une autre Figure que celle que la Nature leur a preferite.
- De cette nature font les Filles bâties proche des Mers , les Jfiès, ou fur le penchant O* le fomffictdes Montagnes , avec de grandes ou petites Murailles 9 des Tou^s Rondes du Qnarrées 9 environnées de Foffiez 9 ou fans Dehors. ^
- Tous ces lieux-là ne pouvant être réduits fous des Figures Regulietes 9 fefbrtifieront neanmoins à la Moderne, c’efi-k-dire 9 autant que le Terrain le pourra permettre, e^ que R Ingénieur fe pourra conformer aux Maximes de la Fortification Reguliere 9 ci-devant expliquées 5 Cr à celles qui font particulières k la Fortification Irreguliere , que nom allons donner ci-après, avec des Réglés courtes O" faciles pour reparer les defauts des cotez trop longs ou trop petits , Cr reêhfier les Angles d’une trop grande ou trop petite Ouverture,
- LES
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- LES
- TRAVAUX DE MARS,
- ou
- L’ART DE LA GUERRE. LIVRE SECOND.
- De la Fortification Irreguliere.
- Chapitre Premier.
- Des Avantages Dejavantages des Places Fortifiées9ou*
- Fortifier 9 avec les Maximes Cr les Noms des princi-paux Ouvrages qui font particuliers à la For-tification. Irreguliere.
- E principal objet Je la Fortification Irreguliere efl: % ^ ^^aut des Places, tant celui qui peut
- ^ IÆ|) venir de la nature & de l’Irrégularité du Terrain ,* que celui qui aijroit déjà pûfeglifler dans là Con-ftru&ion de leurs anciens Travaux. Dans cette vue j’ai jugé qu’il leroit très neceflaire d’expliquer les Avantage? 8c les Defavantages que les Places peuvent tirer de la diverfité de leurs fituations, afln qu’on n’entreprenne pas d’y travaillerde nouveau fans connoiflànce de caule : Mais comme Errard, Stevin, Fritach, &C le Chevajier de Ville font les plus fameux Auteurs qui ayent traité de cét Art, j’ai tiré les reflexions foi-uantes en partie de leurs écrits, & en partie de mes expériences.
- Avan-
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages des Places ftuéesfur les Rochers ou Montagnes.
- CEs forte? de Places peuvent être aifément fortifiées,.n’ç-tant pas neceflàire d’y creufèt de fort grands Fofïèz, ni d’y élever de grands Remparts, pour fe mettre à couvert des lieux circonvoifins. Leur Terrain ne peut être facilement miné» à caufè de la dureté de la Roche, & du grand talus qui eft ordinairement au pied de ces fortes de lieux; d’où vient que les Mines y peuvent être éventées aifément. L’Afîiegeant n’y peut conduire fes Approches, tant à caufè du manquement de terre, que parce que fes Travaux font toûjours vûs& commandez des Affiegez. Le Canon des Affiegeans n’y fçaurok .être conduit qu’avec peine , à caufè du trop grand talus de ces lieux-là, outre qu’il ne peut pas y faire grand fèrvice, étant trop expofé aux Batteries des Affiegez. Enfin ces Places joiii£ (ènt ordinairement d’un air fi pur Sc fi fàlutaire* queles m^-diesn’y font pas à craindre.
- Vefavantagesr des Places füuées fur les Pêchers If Montagnes.
- LEs Places élevées for les Hauteurs ne peuvent pas toûjours être fortifiées félon les Maximes de l’Art, à caule de la Figure bizarre de leur Terrain, ou de celle des Rochers., & fou-vent il s’y trouve des Poftes qui font fans défenfè. Le Terrain des Montagnes eft d’ordinaire fèc ou fàblonneux, & peu propre à la Conftruéfcion des Travaux de Guerre : Il eft ordinairement peu fpacieux, & le plus fouvent dépourvu d’eau ; s’il y a des Fontaines ou des Puits, ils tariflent d’ordinaire l’Efté, èc l’eau des pluies qu’on y conferve dans des Cifternes, peut être aifément corrompue. La Garnifon n’y peut être compofée que d’infanterie, la Cavalerie étant inutile for ces hauteurs , d’où elle ne peut deftendre, & où elle ne peut monter que par des défilez, dont l’Affiegeant fera toûjours le maître, 11 eft très-difficile de ravitailler les Places de cette nature, à caufe de la difficulté d’y conduire des Charois, ou d’y faire monter des Beftes de fomme. Si la hauteur eft exceffive, les Approches de l’Affiegeant font faciles, parce que l’Artillerie des Affiegez n’y Icauroit tirer en plongeaut. Avan-
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- OU L’ART DE LA GUERRE, ztf
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- ij8 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages des Places fituées far la pente des Montagnes.
- G Es fortes de Places n’ont befoin que d’une oti de deux avenues du côté de la Vallée, le derrière de leur Montagne étant d’ordinaire inacceffible. Le Circuit de ces Poftes, quoi que grand , n’a pas befoin d’une forte Garnifon, encore qu’il puifle contenir beaucoup de Troupes. La Cavalerie en peut fortir commodément pour faire des courfèsaux environs, & fe retirer en diligence fous l’abri de l’Artillerie de la Place. Les eaux vives y font communes.
- Defavantages des Places fituées far la pente des Montagnes.
- IL fe trouve peu de ces fitutations qui ne foient commait-dées de front ou de revers : Leurs Fontaines font ordinairement au pied de leurs Montagnes^ & hors de l’Enceinte de la Place : Le retour de la Cavalerie peut être facilement empêché par les troncs d’arbres dont on ferme les Paflàges, outre que ces fortes d'avenues étant le plus fouvent bordées de Hayes, font propres à drefTer des Embûches. '
- Avantages des Places fituées dans les Vallées ^ oh environnées de Montagnes,
- LE Terrain de ces Places étant d’ordinaire gras, efttres-propre pour toutes fortes d’Ouvrages: l’eau s’y trouve enabandance, & elles peuvent être fecourues facilement.
- Defavantages des Places fituées dans les Vallées , ou environnées de Montâmes.
- O
- COmme ces Places font commandées de toutes parts, & que les Affiegez ne peuvent paroître à la défenfo de leurs Remparts, fans s’expofer au fett des Afliegans , les Ingénieurs les trouvent incapables d erre fortifiées, 6c ny veulent pas confumer inutilement les deniers du Prince.
- A van-
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- Avantages des Placesfituées en pleine Campagne.
- DAns cette forte de fituation le Terroir eft fertile & avantageux pour la fubfiftance de la Garnifon: Le Terrain eft favorable à l’I ngenieur, qui peut donner aux Places Irregu-lieres une Figure qui approchera dés Regulieres : Il eft propre à la Confttuéfcion des Battions & à l’élévation des Remparts: En toutes faifons les eaux y font en abondance par la facilité d’y creufer des puits: On s’y peut retrancher avantageufe-ment: Les Sorties de la Garnifon font faciles aufli bien que les RavitailleraenS.
- Defavantages des Places fituées en pleine Campagne.
- L Es Affiegeans donnent peu d’étendue à leur Circonvallation ; & leur Camp n’eft commandé d’aucune part : ils jouïflènt de la fertilité du pays qui eft derrière eux : ils peuvent facilement détourner le cours aesRuifleaux & des petites Rivières qui paflent dans ces Places> ce qui donne moyen de fài-gner leurs Foflez : On y conduit aifément les Lignes d’Approches, ôt il eft facile de faire des Mines dans les Battions, des Affiegez.
- Avantages des Places fituées dans les Marais.
- CEs fortes de Places ont peu davenuës par confoquent ne demandent pas de grande Garde, même la Garnifon n’y fatigue pas beaucoup. Leur Terrain eft tres-propre à l’é* levation des Ouv rages de Guerre. Les Cavaliers élevez fur les Remparts obligent les Affiegeans à camper fort loin des Murs de la Place. L’Ennnemi n’a pas de Terrain pour faire des Contre-batteries, 8c ne peut creufèr une Tranchée fans trou* ver des eaux qui la reniplillent.
- ‘ Defavantages des Placesfituées dans les Marais.
- CEs Places font fojettés au mauvais air: l’eau n’y eft pas faine ni bonne à boire, à moins quon ne l’appof te de dehors. Les Marais en peuvent être faignez durant l’Efté, & dans l’Hy ver on les peut franchir à la faveur des Glaces. Elles font difficiles à être fecourucs, à caufe qu’elles ont peu devenues. Avan-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. ***
- Tcn\ T,
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- i4s LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages des Places Jttuées proche des grandes Rivières,
- CEs Places font riches à caiife du Comm erce, & peuvent être bien fortifiées, & avoir dans leurs Magafins tout ce qui eft neceflaire pour une bonne défenfe. Quelquefois on y peut faire des Retenues pour inonder le plat-pays.
- Defavantages des Places jituées proche des grandes Rivières,
- CEs grandes Villes font fujettes auxFadions&aux Ligues : un Affiegeant fe prévaudra du Cours de la Rivière pour conduire dans fon Camp tout ce qui lui fora necefiai-re , pendant qu’il en ôtera la commodité aux Affiegez.
- Avantages des Places Maritimes,
- CEs fortes de Places n*ont pas befoin de grandes Fortifications du côté de la Mer, un feul Parapet bordé d’Artillerie fiiffit pour leur défenfe : Quand on les veut aflïeger, il faut avoir deux Armées, une de T erre, & une de Mer. Elles peuvent être fecouruës du côté de la Mer, principalement dans le gros temps, lorlque les vaiflêaux font obligez de prendre le large.
- Defavantages des Places Maritimes.
- CEs Places demandent une grande Garde, tant pat Terre que par Mer: Elles font fort fujettes aux émotions, & à faire ligue auec les Ennemis de l’Eftat : Leur perte ouvre l’entrée du pais à l’Ennemi, lui fort de retraite afiûrée, & caufe d’autant plus de mal qu’il eft difficile de les reprendre.
- Maxu
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- *44 LES TRAVAUX DE MARS*
- Maximes de la Fortification Irreguliere.
- Première Maximei '
- •»
- U Ne Place eft ditte Irreguliere ,lorfque fes cotez corref.
- pondans ne font pas d’une même longueur, ni les Angles correlpondans d’une même Ouverture.
- Seconde Maxime,
- ON réduira, autant qu’il fera polïïble , le Corps d’une Place Irreguliere à celui d’une Reguliere, afin de tâcher de rendre fa force partout égale;
- Troijiême Maxime,
- LEs Baftions entiers quoique difformes feront preferez aux Demi-baftions, & les Demi-baftions aux Redents;
- Quatrième Maxime,
- ON prefereta les Baftions pleins de terre aux Baftions vui-des, ces derniers n’ayant pas de Terrain pour s’ÿ retrancher;
- Cinquième Maxime,
- LEs Baftions de grande étendue, & dont le Terrain eft:
- beaucoup découvert, doivent être rejettez du nombre des bons Baftions, puifque les moindres Cavaliers ou Hauteurs des Aflîegans peuvent àifément découvrir & battre de dans.
- Sixième Maxime.
- LEs Baftions fort proches les uns des autres, &trop élevez , feront aulli rejettez de la bonne Fortification , puilque par leur hauteur les Affiegeans font à couvert des coups de la Place, dés qu’ils fe font avancez fur les Contre^ carpes & vers le milieu du Folié.
- Septiê-
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- Septième Maxime.
- QUe les flancs qui ont des Cazemates fans empêcher l’n-i'age 4e la Moufqueterie, (oient préférables aux Flanc? où l’on ne (e ferc que du (èul Moulquet pour défendre leFof-l'é, &c.
- Huitième Maxime.
- QUe les Cazemates, & principalement celles qui (ont garnies de Canons cachez, (oient préférables aux Faut îe-brayes, qui (ont entièrement expofées aux Batteries des A£ liegeans, con (truites fur les Contrelcarpes & dans les Fofle^
- Neuvième Maxime.
- QUe les Faces des Baftions, comme les parties les plus foibles de la Place, (oient défendues de la Moulquete-rie & du Canon des Flancs oppofez.
- JN’ems
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- *4S LES TRAVAUX DE MARS,
- Noms des principales Pièces qui fervent dans la Con-flruÜion des Places Irregulieres.
- A Eft un Bàftion Régulier ; II eftainfi nommé àcaufe que , les Flancs font égaux entr’eux, & que fes Faces font aulfi d’une égale longueur.
- B) eft un double Baftion, ou un Baftion qui eft chargé d?un autre. ' , ,
- C, eft un Baftio'n compofé, ou un Baftion qui a fes deux De-mi-gorges de différente grandeur.
- £>, eft un Bàftion difforme, ou un Baftion qui n’a pour toute Gorge qu’une ligne droite.
- E j eft un Bàftion plat, où un Baftion élevé fur le côté d’un Polygone.
- F, eft un Baftion à Tenaille, ou un Baftion qui a fon Angle flanqué coupé en Angle rentrant.
- G, eft un Baftion détaché, ou un Baftion qui ne communique à la Place que par le moyen d’un Pont.
- H, eft un Dcmi-Baftion, ou une Avance au Rempart ave<* deux Flancs & une Face.
- I, eft un Baftion camus,, ou un Baftion conftruitfur un Angle rentrant : quand fes deux Faces ne font qu’une ligne droite, on lui donne feulement le nom de Plate forme.
- L, eftunFer-à-cheval, que quelques-uns nomment Pâté: c’eft un Terrain défiguré ronde, fitué dansunFofîé, ou dans un Marais.
- M, font des Redents, ou des Flancs difpofez les uns après les autres, en maniéré de fcie.
- N, eft une Contregarde, ou maniéré de Baftion ou deDe-mi-baftion élevé dans leFoffé vis-à-vis l’Angle flanqué, pour 'couvrir les Faces d’un Baftion.
- O, eft un Sillon, ou Chemin de Terre qui coupe un Fofté en deux parties.
- P, eft une Bonnette , que l’on nomme auffi une Flèche; c’eft une maniéré de Parapet fait en Angle Taillant, que l’on confirait à la tête de l’Avant-Foffé, ou devant le pied du Glacis.
- Pour les Ravelins, les Demi-lunes, les Ouvrages à Tenaille fim pie & double/H es Queues d’Ironde, &lesautres quifer-vent à couvrir les lieux incommodez, ils ont été expliquez af-fez amplement dans le livre de la Fortification Reguliere, pour s’en pouvoir fervir dans celui-ci, lorfqu’ilenferabcfoin.
- C H A-
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- Âef* ShMrrt tobde^M.
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- OU L'ART UE LA GUERRE, a4*
- Chapitre II.
- J}es Principes generaux& de la ConflruB'm des Places Irrégulier es tant avec Enceinte que Jans Enceinte > & premièrement des moiens Cotez.
- QUoique le fojet de la Fortification Irreguliere foit fort vafte, (néanmoins je dirai, que tous les cotez qui *compofent l’Enceinte d’une Place Irreguliere, foit qu’ils forment des lignes droites ou courbes, peuvent être confiderez en Petits, Moyens, & Grands.
- Les petits cotez font ceux, dont la longueur s’étend depuis une feule toile jufquà quatre-vingt; ces fortes de cotez^ à càulè de leur peu d’étendue , ne peuvent avoir de Battions liir leurs Angles , & ne font d’ordinaire fortifiez que par des Battions & Ouvrages détachez : Exemple A.
- Les moyens Cotez font ceux, qui s’étendent depuis quatre-vingt toiles julqu’à cent-vingt. Ceux-là font toujours fortifiez de Battions fur leurs Angles : Exemple B.
- Les longs Cotez font ceux, qui depuis cent vingt-tôilës s’étendent indeterminément. Ceux-là font ordinairement fortifiez d’un Baftion plat dans leur milieu, ou de plufieurs Battions plats, de diftanceendiftance, félon leur étendue: Exemple C.
- Les moyens Cotez le trouvent le plus fouvent dans l’Enceinte des Places Irregulieres, & chacun d’eux en particulier fefubdivile en Petit, Moyen & Grand Coté. Tous les Battions que l’on fait for leurs Angles, font nommez généralement Baftions Royaux.
- On remarquera foigneulèmeqt, qu’à ces Baftions Royaux les Flancs conftruits fur l’extremité des Cotez , doivent augmenter de longueur à mefure que ces mêmes Cô-
- ' .Q.J tcz
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- tez augmentent d’étendue ; de forte que les Battions, qui font faits à l’extremité d’un Côté du Polygone de 80. toifes, ont 16. toifes de Flanc; Ceux qui ont le Côté du Polygone de 5? o. toifes, ont 17. toifesde Flanc $ Ceux qui ont le Côté du Polygone de 100. toifes, ont 18. toifes de Flanc; Ceux qui ont le Côté du Polygone de 110. toifes, ont 19. toifes de Flanc ; Et ceux qui ont le Côté du Polygone de 120. toifes , ont 20. toifes de Flanc, & à proportion dans les fractions.
- Tous ces Flancs étant conttruits fur un Angle de98.De-grez, félon nôtre méthode, deviendront encore plus grands qu’ils ne font ielon les mefures ci-defTus données.
- H y a quelques Ingénieurs qui appellent les Battions Pifttô Hoyaux, quand leurs Flancsne s’étendent que depuis quatre* vingt jufqu’à quatre-vingt-dix toifes; & donnent le nom de Moyens Royaux à ceux , dont les Flancs font depuis nonante juiqu’à cent toifes ; & enfin ils appellent Grands Royaux les Battions, dont les Flancs s’étendent depuis cent jufqu’à cent-dix toifes.
- Méthode
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode four fortifient une Plaçe Irreguliere.
- JS commencerai à fortifier les Places Irregulieres par celle* qui font capables d’être fortifiées de Savions Royaux, c’eft-a-dire, dont lespôtez du Polygone s^étendent depuis 80. juf-qu’à 120. toifes. Enfuite je donnerai le moyen de fortifier les longs&les petits cotez.
- Soit une Ville Irreguliere ceinte de Murs AB, BC, CD, DE, EA, que l’on defïre fortifier à la Moderne.
- On prendra la longueur d?un des plus grands cotez de la Place, ou de fon Plan, comme eftle côté AB, que nous fuppo-fons dans cét Exemple être de 120. toifes : fur cette longueur on Fera à part l’Echelle TV, de 120. parties égales , pour exprimer la portée du Mopfquetv
- Enfuite ayant meiuré avec l’Echelle tous les cotez de la figure, on verra s’il y en a qui foient moindres de So. toifes, bu qui en contiennent plus de 120 : car en ces cas il feudroit fortifier ces eôtez felcm les réglés dont on fe fervira pour les petits & grands côtez, ce qui n’eft pas maintenant de nôtre Exemple.
- On fera les Demi-gorges A F, B Ç, B H, C I,C K, D L,&c. de la cinquième partie des cotez de leur Polygone, comme on a fait aux Blaces Regulieres.
- * Pour avoir les Flancs, on fera à ces points des Demi-gorges les Angles des Flancs de 98.Degrezd'ouverture G F M,F G N, IHO,If IP , &c. Et pour déterminer la longueur precile des Flancs, pn remarquera combien a de longueur chaque côté du Polygone, qui porte ces mêmes Flancs. Par exemple, ayant remarqué que le côté du Polygone A Beft de 120. toiles, on donnera à chacun de fes Flancs F M, & G N, 20. toifes de haur teur, felqn le precepte qui a été donné dans la page précédente. Si le côté étoit de no. toifes, comme celui de B C, on donnera à chacun de fes Flancs HO, & IP, 19. toifes, & ainfi pour les Flancs des autres cotez.
- Pour faire les Faces des Battions, on tirera les Lignes de Dé-fenfe depuis les points des Demi-gorges jufqu’au fommef des Flancs j & ou ces lignes fe coüperont, elles formeront la pointe des Battions, comme on le peut remarquer parlesDéfenfes F1 N, & IQ, qui forment P Angle flanqué du Baftion Q. Et de même celles de H P, & L R, déterminerontl’Angle flanqué S. Ce que pratiquant partout de la même maniéré, les Battions & la Place ou le Plan feront achevez j les lignes QN, & QO, étant les Faces du Baftion B > & le$ lignes S P , & S R, étant les Faces du Baftion C. .. . . Jdetht-
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- 2J4 les travaux de mars,
- Jkfethode pour fortifier me Place Irreguliere qui n'a point
- encore d’Enceinte.
- SI l’on vouloir fortifier quelque Poftequi ne lût point enfermé, Exemple A, l’Ingenieur en lèverait le Plan, ainfi que je l’ai enfeigné ci-devant, en parlant des lieux qui n’ont point d’Enceinte.
- Sur fon Plan il traceroit une Enceinte avec toute la prudence neceffaire. Sirous les cotez ne paffoientpas 120. toifes, ou n’étoientpas au defTous de 80. il les fortifieroit félon les Réglés de la page précédente.
- Mais fi l’on obligeoit l’Ingenieur à fortifier ce Pofte fans en lever le Plan, il le pourroit facilement en plancant à fa volonté aux environs les Piquets B, C, D, E, F, G : toutefois avec cette précaution , de ne les planter que dans les lieux les plus élevez, autant qu’il lui ferait poffible, à caulè que les Baftions occupent d’ordinaire le terrain qui eft aux environs de ces Piquets.
- Il auroit même grand foin de ne pas trop éloigner fès Piquets du lieu à fortifier, de peur d’en fermer trop de T errai» , & d’y faire plus de Baftions qu’il ne faudrait. Il doit auffi prendre bien garde de ne les pas approcher trop prés des maiîons , & de laifler affez de Terrain pour faire le Rempart. t,a iiiefu-re qu’il pourra donc tenir pout éviter ces défauts eft, dé ne pas écarter ni approcher (comme j’ai déjà dit ci-deflus) les Piquets de plus de 20. à 25. toiles des mailons qui font vis-à-vis les Angles des Polygones BCD, CDE, &e. àinfi qu’on le peut remarquer dans le Plan.
- Après que ces Piquets feront plantez filon ces précautions , il fera regner un Cordeau le long de ces Piquets pour former l’Enceinte BCDEFG, qu’il fortifiera félon les réglés precedentes-, & fes Baftions fê trouveront conformes à ceux quç j’ai pon&uez autour de l’Enceinte fuppofée de la Place A.
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- LES TRAVAUX DE MARS;
- ConJtrufHon des Remparts, des Parapets , des Pofez,, des Chemins-couverts y àr des Glacis des Places Irregulieres.
- SÜivant la Maxime qui dit, que Ton réduira autant qu’iî fera poffible le Corps d’une Place Irreguliere à celui d’une Reguliere, afin de tâcher de rendre fii force partout égale , il faut tenir les Battions les plus égaux entr’eux que l’on pourra, & fo fouvenir aulïi que les Remparts d’une Place Irregu*, liere doivent être tous d’une même cpaifieur^ &lesFofl«i d’une même largeur, afin qiie l’Affiegeant trouve partout les mêmes obftades.
- Si l’on veut donc donner au Rempart des Places Irregulie-res, une épaifieur qui foit proportionnée, on prendra fur leur Echelle l’étendue de 18; toiles, qui font les parties proportionnelles entre la longueur des petits & des grands Flancs* De cette étendue de 18. toifes on le tracera parallèle aux petits, aux moyens, & aux grands cotez de la figure: Exem-» pie A.
- La latgeùt du Parapet remarquera aux grands Plans de retendue de la cinquième partie du Rempart, & aux petits de la quatrième : Exemple B*
- La Banquette marquée C, eft deffinée par un petit trait que l’on fair fort prés du Parapet.
- La largeur des Folfëz le fera parallèle aux Faces des Baftions, de l’etenduë de 18. toiles prifes fur l’Echelle du Plan :• Exem* pie D.
- Le Chetïiin-côuvert fora de la même largeur que le Parapet, & fera parallèle à la Contrefcarpe : Exemple E.
- Le Glacis le fait de i’étenduc du Rempart, parallèle aulïi au Chemin-couvert: Exemple F. v
- La Banquette du Chemin-couvert, marquée G, -fo fait parallèle & le plus proche de la tête du Glacis qu’il eft poffible: Exemple G.
- L’Avant-folTé, ou le Folle du Glacis, fo fait autour du pied du Glacis de la largeur du Parapet 5 Exemple H.
- Me.
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- WlIlMSMMMMWMgHAl
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- ïjS LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode d'ordonner lés Places-d' Armes, les Mar chez, 9 les Rués des Filles Irrégulier es.
- LOrfque j’ai traitté des Places-d’Armes, des Rues & des Marchez des Villes Regulieres, j’ai fait remarquer, que îeursgrandes Rues, tant celles qui vont aux Baftions, que celles qui aboutiflent aux Courtines, doivent toujours répondre à la Piace-d’Àrmes, & que cette Pîace-d’ Armes doit être faite juftement au milieu de la Vïîle, afin que les Troupes qu’on y tient (bus les Armes pendanc un Siégé 9 puillent ï'ecourir plus commodément les lieux attaquez.
- Mais dans les Villes Irregulieres, ces Places-d’Armes ne fc peuvent pas toujours faire dans leur milieu , qui eft bien fouvent l’endroit de la Ville le plus peuplé, & où font les Eglises, les Palais, & les autres lieux qu’on defire co nier ver ; Alors on fait ailleurs ces Places-d’Armes, ces Rués & ces Marchez, félon les précautions & les Maximes fiiivantes.
- ï. On choifit pour les Places*d’Armes le lieu de la Ville le moins élevé, ÔC le plus caché aux élévations 6c hauteurs de U Campagne, afin que les Troupes qui s’y afîembleront, ne puifient être decouvertes des Aflïegans.
- IL On tâchera de faire cesPlaces-d’Armes entre la Ville. & 1e Château ou la Citadelle, s’il y en a: Toutefois en telle maniéré que de tous cotez elle (bit couverte de Mailons, pour en ôter la vue aux Ennemis.
- IIL Pour les Rues j on fera ènforte que les plus grandes aillent Ce rendre en ligne droite à la Place-d’ Armes, & qu’elles répondent à toutes les autres, débouchant & démolifîant-les Culs-de- Sacs qui empêchent les S oldats de fecourir le lieu attaqué.
- IV. Les Marchez de ces Villes Irreguliercs, aufïi bien que ceux des Places Regulieres, n’ont point de lieu déterminé: mais ils doivent toujours erre éloignez le plus qu’on pourra de la Pîace-d’Armes. Et c’eft ainfi que font les Places-d’Armes, les Rues & les Marchez de la ville de Graveline.
- Metho-
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- OU L’ART DE LA GUER.RE. ijÿ
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- %6o LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de confiruire ou placer les Fortes des Villes Irreguüeres.
- IL y a fort peu de Villes Anciennes qui nayent encore leurs Portes défendues d’un grand nombre de Tours, qu’on élevoit autrefois au devant, pour empêcher à coups de traits les Afliegeans d’en approcher avec leur Beliers: maisprefen-tement quel’ufàge des Tours eft changé en celui des Battions, on obferve de placer les Portes au milieu des Courtines, principalement aux Places Regulieres, où l’on eft d’ordinaire maître de l’Ordonnance des Rues: Mais aux Places Irregu-lieres, où l’on eft obligé de fuivre l’incommodité du Terrain, & la difpofition des Rues Anciennes, il faut, pour bien placer leurs Portes, fuivre, autant qu’il eft poffible, les Réglés & les Maximes fuivantes.
- I. On fera le moins de Portes qu’il fera polüble à une Ville, & ce fera toujours le meilleur.
- II. Elles feront d’autant mieux placées, qu’elles approcheront de plus prés du milieu des Courtines, parce qu’elles font également défendues des deux Flancs. Celles qui font bâties dans les Flancs font pires que celles des Courtines ; car dans un Flanc elles font embarras, & empêchent que la Face du Baftion oppofé n’en foit défendue ; celles qui fè percent dans les Faces lônt les plus defe&ueufes dé toutes , puifqu’el-les ne font défendues que d’un feul Flanc, & qu’en cette fï-tuatioh la Porte eft dans le lieu le plus foible, & le plus expo-fé de toute l’Enceinte de la Place ; ce qui rend même les Sorties des Affiegez plus aifées à découvrir.
- III. Les Portes doivent être toûjours couvertes de quelque Ouvrage, comme d’un Ra velin, d’une Tenaille, &c.
- IV. Le deflous des Portes, ou l’épaifleur du Rempart, doit aller en tournant, non feulement pour empêcher l’effet du, Pétard j mais encore afin que la Porte étant rompue, les Af-fîegeans n’enfilent de leurs Batteries la Rue qui y répondroit en droite ligne. J’ai remarqué étant à Anvers, que les Portes de la Ville font aînfi conftruites. Me-
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- 2Sz LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode d'élargir ou de diminuer les uingles d'un Foljgone.
- AVant que de traiter de la Fortification des longs cotez, il eftneceflaire que l’on remarque, qu’il y a des Angles qu’on peut ouvrir quand ils font fort aigiis, d’autres qu’on peut diminuer, quand ils font extrêmement obtus. Il y en a aufïi quelques autres, où l’on ne peut ni ajouter, ni retrancher aucune chofo, comme on remarquera dans la fuite de ce Livre.
- Ceux dont on peut corriger l’excès ou le defaut, fo rectifieront en cette maniéré.
- Le Plan étant levé & mis au net, on élargira l’Angle ABC, de l’ouverture qu’on defirera ; comme par exemple, fi l’Angle ABC étoit de 80. Degrez, on le fera de 120. comme à l’Hexagone, en mettant le Diamètre du Rapporteur, ou petit Demi-cercle , à l’uni de la ligne AB, & le Centre au point B, pour compter fur la Circonférence delà ligne AB 120. Degrez, afin de tirer par ce point déterminé la ligne BD : & cette même ligne fera déterminée de la longueur d’un côté ou deux du Polygone, jufqu’au concours de l’autre côté, s’il, paroît fur le Plan que le Terrain le puifle permettre.
- Pour corriger l’Angle obtus EFG , & le rendre moins ouvert, on mettra le Diamètre du Rapporteur le long de la ligne EF,&le Centre au point F, pour compter fur la Circonférence le nombre des Degrez que l’on demande, comme ici 120. afin de tirer la ligne FH, qui rendra laFigure capable d’être fortifiée plus regulierement qu’auparavant.
- On corrige de cette maniéré les défauts des Angles, pour rendre les Figures plus approchantes des Regulieres.
- Ch a-
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- ou L’ART DE LA GUERRE, atff
- Chapitre III.
- De la Méthode de fortifier les Places Irrégulier es qui ont de longs côtez & un grand Circuit.
- ILeft important de rappeller ici en mémoire ce que j’ai dit au commencement du fécond Chapitre de çette Fortifi-catipn Irreguliere, que les Ingénieurs fous le nom de grands côtez comprenoient tous les cotez qui excedoientl’é-tenduë de izo. toifes, & qu’ils fortîfioient d’ordinaire ces longs côtez avec unBaftionplat, ou avec plufieurs de la même efpece.
- J’avertirai encore, que trois ou quatre toifès déplus ou dëmoins for la longueur du côté d’une Figure Irrégulière, ne font pas allez confiderables pour faire changer les réglés & les mefùres que je donne pour l’Ordonnance des Battions plats, à caufe que les Faces de ces fortes de Battions font courtes 3 8c Jeurs Flancs fort longs.
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- i66 LES TRAVAUX DE MARS,
- Jkfethods de fortifier les Places Irrégulier es, qui ont quel* que s cotez, capables de recevoir un Baftion plat.
- S Oit à forti fier la Place marquée A, oa un Plan, dont le côréBC (bit fuppolé contenir cent toiles, & duquel on veut lèlervir pour faire l’Echelle. On tirera en quelque lieu vers les bords du Plan la ligne blanche DP, fur laquelle on prendra DF égale au coté donné BC. Cetre partie DF feradi-viiée en cent parties égales, félon les differentes Méthodes de faire les Echelles, expliquées dans le Chapitré fécond de la Fortification Reguliere.
- Mais comme la portée du Moufquet eft ordinâircment limitée à iio. toiles, &que cette diftance doit être necefîai-rement comprilè entre la pointe du Baftion, & les Flancs op-polèz qui la doivent défendre, on ajoûtera au cent parties de Ja ligne DF vingt autres parties qui lè termineront en E, pour reprefenter 120. toiles.
- On feroit une pareille Echelle de 120. parties, s’il fe trou-voir un côté de 60.80.90.200. 220. toifes, loiten augmentant la ligne, qui ne contiendroit pas les 120. parties, ou en retranchant de la ligne ce qui excederoit les 120. toiles. Ce qui fervira d’une Remarque generale pour la Conliruélion des Echelles des Places Irregulieres.
- Enlûite on examinera avec l’Echelle la longueur de chaque côtéde la Placé j &tous les cotez compris depuis 80. toiles julqu’à 120. feront fortifiez félon les réglés des moyens coter expliquées dans le Chapitre precedent.
- Mais s’il arrivoit que les cotez excedafient 120 toifès, comme dans nôtre Exemple, où nous fuppofons le coté CG de 160. le côté Hl de 200. &lecôtéKBde 240. toiles, alors lèlon la Méthode fuivante il faudroit conftruire un Baftion plat au milieu de chaque côté. "
- On divifera donc le côté C G en deux parties égales au point L, pour avoir CL, LG, quileront conlideréescom-me les deux côtez d’un Polygone,
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- *6* LES TRAVAUX t>E MARS,
- Ondivifera auffila longueur CLen cinq parties égales,' afin que la partie la plus proche de L, quieftLM, lèrve de Demi-gorge au Baftion plat, & que la plus proche de C , qui çft CN, foit auffi une Demi-gorge du Baftion C.
- On divilera de meme en cinq parties 1 autre coté LG, pour avoir les Demi-gorges LQ, & GP.
- Puis aux points N,M,Q,P,on fera fur un Angle de 98. de-grez la longueur des Flancs, qui fera déterminée par la longueur d’une Demi-gorge, comme de N en Q, de M en R , 2e O en S, & de P en T. Enlûite on fera tomber au point L la Perpendiculaire LV, pour y déterminer la CapitaleLX, qui fera égale à deux Demi-gorges.
- Puis du point X on tirera aux points R & S les Faces XR > XS, qui achèveront le Baftion plat MRXSO.
- Il arrive lôuvent qu’au lieu de faire un feul Baftion plat fur un côté de 160. toiles, on en conftruit deux petits, dont les Centres font à 80. taifes l’un de l’autre. Mais les bons Ingénieurs nefe fervent que rarement de ces petits Battions» £c ils leur en preferent de moyens ou de grands, parce que le Terrain des petits n*a pas allez d’étendue pour faire des Rc« tranchemens capables de relifter aux efforts des Alïïegcans,
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- .Méthode de fortifier les Places Irregulieres 5 qui ont quelques cotez capables de recevoir plufieurs Bafiionsplats.
- DAns l’Exempleprécedent )*aï fuppofé, que le plus grand côté de la Place ou du Plan fût de 140. toiles. Mais s’il arrivoit qu’on en trouvât de plus grands, comme dans l’Exemple que je donne en cette page, alors il faudroit divifer chaque côté de la Figure en pîulieurs parties égales., neanmoins avec cette précaution, que les plus petites parties ne fulTent pas moindres que de 80. toifes, & que les plus longues n’excedattent pas 120.
- Par exemple, que le Plan A foit celui qu’on defire fortifier. S’il y a de moyens cotez, comme ceux qui font marquez des 1 et-tresAB, CD, EF, on les fortifiera félon les réglés precedentes. A l’égard des longs cotez, comme eft celui qui eft marqué BC, que je fuppofe plus long que 240. toifes, il faut confiderer que le Baftion plat X, qui feroit conftruit dans fon milieu, f'e-roit hors de défenfe. Aïnfi on divifera ce côté en trois parties égales, pour voir fi ces diflances peuvent recevoir deux Ba{-tions : & comme dans l’Exemple de cette ligne BC , qui eft fuppofée de 264. toifes, ces diftances étant de 8S.toifes, ne feront pasau défions de 80. & ne pafferonrpas 120. alorson y conftruiradeuxBaftions plats, félon qu’il a été enfeigné danslà page precedente.
- Mais fi le côté étoit d’une fi grande étendue, qu’en y confîrui-fant deux Battions plats ils fe trouvafient hors de défenfe, comme il arriverait au côté DE, qui eft fuppofé de 3<57. toifes : Pour lors il faudroit divifer cette ligne DE en quatre parties égales, dont chacune mefurée fur l’Echelle (ëroit de 94. toifes, qui feroit une diftance raifonnable pour lraire des Battions plats , puifque les plus eftimez font ceux qui ne font éloignez qu’envi*. ronde 100. toifes.
- Enfin on fui vra ces mêmes réglés pour le côté F A, & même pour tous ceux qui feroient plus grands ; ënfc refîbuvenanrqu’ep divifant ces longs cotez en autant de parties que l’on voudra, ces parties ne foient pas moindres que de 80. toifes, ni plus longues que de 120. pour les raifons que je viens de dire.
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- Remarques fur la Fortification des longs cotez , qui peuvent être prolongez ou retranchez*
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- IL arrive louvent dans les Places Irregulieres que quelques-uns de leurs cotez ayant plus de izo. toifes, ont leurs extremitez trop éloignées pour pouvoir être défendues par des Bâtirions Royaux; Mais il arrive aufli que ces mêmes cotez n’ayant pas 16p. toifes, font incapables d’avoir un Baftion fur le milieu de leur longueur,parce que ce Baftion lèroit trop proche des autres.
- Cette difficulté le rencontre dans le Plan A. Car le côté CD étant de 140. toifes, eft trop long pour avoir des Battions aies extremitez, & trop court pour être capable d’un Baftion plat à Ion milieu. En ces occafîons l’on obfervera les réglés fuivant es autant qu’il fera poffible.
- On examinera fi le terrain permet que ce côté puiflè être prolongé vers l’une ou l’autre de fes extremitez, comme vers le point C, en y ajoûcant 20. toifes de C en F, ce qui rendra ce côté de 160. toiles, & donnera moyen de conftruire un Baftion plat fur l'on milieu. Neanmoins avec cette précaution, que le côté B F, qui tiendra lieu du côté BC, ne foit pas au deflous de 80. toiles, ni au deflus le 120.
- Mais fi ce côté CD ne peut être prolongé, il en faut retrancher une certaine étendue, donc le refte puifie être fortifié de Battions félon les réglés ordinaires. Ain fi dans le même Exemple, du côté CD 011 retranchera 40. toifes de C en G ; & le relie GD n’étant plus que de 120. toifes, aura un Baftion Royal lur chacune de fes extremitez. Mais on tiendra toû-jours pour Maxime, que le côté B G, qui tiendra lieu de B C, ne pafte pas 120. toifes, & ne foit pas au deflous de 80*
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- Afctbode de fortifier les Villes , enfe fervant de leurs ancien-nés Enceintes, fiuppofiant quil fioit libre de les aggran-dir y ou retrejfir en quelque partie.
- D Ans les pages precedentes nous avons dit, comme on prolonge ou retranche les longs & les petits cotez > mais dans celle-ci nous parlerons de ce qu’il faut éviter en fortifiant les. Villes fur leurs anciennes Murailles, fuppofant qu’il loit libre d’augmenter ou retrancher ce qui en feroit défectueux.
- I. Le Pian des vieilles Murailles étant levé, avec leurs Tours, rondes ou quarrées, s’ilyena, on prendra fur l’Echelle du Plan la longueur de i oo. ou 120. toiles, & de cette ouverture l’on marquera lur les lignes du même Piaule lieu où doivent être conftruits les Battions, en s’accommodant le plus qu’on pourra à la vieille Enceinte.
- II. Maison s’écartera de ces vieilles Enceintes, comme dans l’Exemple A, quand les vieux cotez feront rentrans, afin d’éviter d’y faire des Plate- formes ; car les Battions plats (ont d’une meilleure défenfe.
- III. Ou bien l’on fera rentrer les cotez en dedans, comme dans l’Exemple B, pour éviter les Angles aigus fàillans, qui font les Angles les plus imparfaits de la Fortification 5 à caufe qu’on n’y peut faire que des Battions coupéz, ou des Ouvrages à Cornes.
- IV. Ou bien enfin on fui vra la nature des cotez, avec cette condition, que la diftancedes Battions qui y feront élevez, n’excedera point i2o. toifes, depuis l’Angle du Flanc, jujfqu’à l’Angle flanqué duBaftion bppofé: Ce qui efl la ligne de Défenfe.
- La ville'd’Olivença, en Portugal, ett fortifiée de cette maniéré.
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- Méthode de fortifier les Villes fur /’Enceinte des vieilles Murailles.
- S’il arrivoît qu’on voulût fortifier une Ville qui fût raifon-nablement peuplée, & dont l’Enceinte n’enfermât que la jufte étendue du Terrain qu’il faut pour faire une bonne Place, ou bien que cette Enceinte pu Muraille fût d’une é-paifleur capable de fervir de Cbemiièpout la nouvelle Fortification , dors on la fortifierait en fuivant ces Réglés.
- Premièrement, Si tous les Angles fàillàns de la Muraille croient éloignez les uns des autres environ la portée du Moût quet, on feroit â chaque Angle j des Baftidns les plus, égaux entr’eux qii’il feroit poffible ^ tant pour la grandeur, que pour la hauteur: tenant pour principale Maxime j que de chaque Flanc on pnifle défendre l’Angle flanqué j le Folié, & même la Contrefcarpe & le Chemin-couvert du Baftion oppofé.
- II. On confervera les Tours & vieilles Murailles, qui fê pourront rencontrer dans lès Gorges des Battions } car c’eft autant de Retranchemens tous faits, en cas que les Affiegeans vueillent emporter la Place d’Aflatit.
- III. On confervera aüffi les Tours, les Chafteaux, & les autres pièces élevées proche des Murailles, fuppofant qu’on ne pnifle changer leur figure, & que de-là on puiflè incommoder les Affiegeans : car alors on élevera devant ces T ours quelques Ravelins ou Demi-lunes.
- IV. Il faut encore conferver les Tours qui fe rencontrent dans le milieu des Courtines, quand elles n’y font pas une grande faillie ; parce qu’étant remplies de terre, elles ferviront de Cavalier, pour foudroyer dans les Travaux des Ennemis. On élevera au defliis de ces Tours les Flancs des Battions de leur grandeur ordinaire, afin de nettoyer lesFoflez, & défendre les Faces ; C’èft ainfi qu’eft fortifié Nieuport.
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- îj* LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur les Baftims plats.
- QUand dans une Place, comme celle qui eft ici marquée A,
- . on rencontre de longs cotez BC, EF, qui ne peuvent être retranchez ni prolongez, & qu’au milieu on n’yfçauroit faire unBaftion plat, àcaufe qu’ils n’ont pas l’étenduëde 160. toi-fes, alors il fera bon de conftruire à leurs extremitez des Baftions compofez B, ou des Baftions difformes C ,» ou bien enfin de faire dans leur milieu un Moineau G.
- Les Baftions compofez & difformesdoivent garder dans leur Conftruâion les Maximes generales de la Fortification, c’eft-à-dire, qu’ils foient tou jours fous la portée duMoufquet, que leurs Faces n’excedent jamais la longueur des deux-tiers de leurs Courtines, &que l’ouverture de leur Angle flanqué ne foitja-mais au deflous de 6p. degrez.
- Les Moineaux font proprement de petits Baftions plats, qui-femblent entretenir unedéfenfe commune entre deux Baftions trop éloignez. Leur Gorge doit être égale à la différence qu’il y a entre iao. toifes, où finiftent les grands Baftions Royaux, & i6o. toifes, où l’on commence à établir unBaftion plat. Leur Capitale doit être égale à leur Gorge, & chaque Flanc à la moitié de la Capitale. .
- Le Rempart des Moineaux a moins dé hauteur que celui de la Place, afin que les Moufquetaircs logez dans les Flancs des Baftions oppofez, puiffenttircrpardefllisleMoineau, & défendre une partie de la Face de ces Baftions oppofez.
- Il y a un Moineau de cette maniéré qui couvre les murs de l’Arcenal de.paris, &qui eftfitué entre deux Baftions fi éloignez, qu’ils.font hors de la défenfc duMoufquet. On verra encore de ces Moineaux dans le Plan deBreda, que je donnerai à la fin de ce livre, en parlant des Citadelles Irregulieres.
- On remarquera que les Baftions E, &F, proche du Moineau, ne doivent point avoir leur Flanc, ni leur Demi-gorge plus grands que de;ïé. oui$. toifes, de crainteque dans quelques Figures chaque Face H, St I, ne devienne égale aux deux-tiers de la Courtine : Ce qui arriveroit particulièrement aux cotez quin’tfnt point deBaftion plat, fi ces Demi-gorges &ces Flancs pafîoi ent 16. ou i S. toifes.
- Jldetho*
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- Met h ode de fortifier les longs cotez, qui forment des jingles aigus.
- ON fuppofe dans cette Queftioti que ces Angles fbient fi?
- tuez d’une telle maniéré qu’on n’ait pas la liberté d’en rien retancher, foit parce qu’ils enferment quelques Eglifes , ou quelque magnifique Palaisqu’on ne veut pas démolir , ou bien que le Terrain ne permette pas qu’on leur donne une autre figure.
- Cette Queftion parojt fi épineufè chez les Ingénieurs, que c’eft ordinairement celle qu’ils propofênt à leurs Elèves quand ils veulent juger de leur mérité.
- Pour fortifier ces Angles aigus, on fortifiera d’abord les cotez qui les forment félon les Réglés ordinaires, par des Battions fimples pu plats. Puis on remarquera quelle Figure font les lignes de défenfe des Battions qui lêroientconftruits fur ces Angles aigus. Car fi ces Lignes de défenfe fe vont joindre fort loin, en formant un A nglc fort aigu, comme eft celui qui eft marqué E, du Baftion A, pour lors on le fortifiera d’un Baftion à Tenaille^ confirait fur les Réglés fui vantes. Mais fi ces Lignes de défenfe, au lieu de former un Angle, viennent à s’élargir, à mefure qu’elles font continuées vers la campagne, comme font celles de l’Angle B,c’eft une marque que cet Angle aigu ne peut être fortifié que par un Ouvrage à Cornes.
- Pour faire le Baftion à Tenaille L; fes Flancs CD, 8c GF, étant déterminez félon les Regels ordinaires, on fera fes Faces en mettant tout au plus trente à quarante toifes de D eh H, & de F en I, fùf fès longues Faces DE & FE. Des points H, & I, on tirera en blanc la ligue HI, que l’on divifera également au point K: de çe point K on tirera une ligne au point L, qui eft l’Angle aigu à fortifier ; en-fuite on divifera la ligné HI en quatre parties égales, pour faire rentrer une de ces parties de K en M fur la ligne KL: de ce point M on tirera les lignes MH & MI, qui formeront un Angle rentrant ; èc le trait du Baftion à Tenaille CDHMIFG fera achevé. On y fera le Parapet félon
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- îes Réglés ordinaires. Il y a un Baftion de cette maniéré h Grave, comme l’on le peut remarquer dans le Plan qui eft ci-apres, en traitant des Redoutes.
- Ceux qui voudront fortifier ce Baftion d’trn Retranchement , comme je le reprefente au Baftion N, traceronr deux fois la largeur du Parapet dans la capacité du Baftion -, & la largeur la plus avancée vers le Centre du Baftion lèrvira de Baie au Parapet du Retranchement;
- On remarquera que le Terrain qui forme PAngle rentrant ÿ doit être plus bas que celui du Retranchement, afin de faciliter la découverte du Fofîê, & donner moins de prifo à PAC-fiegeant.
- Ceux qui voudront encore mieux s aftûrer de PAngle rentrant de ce Baftion , le pourront couvrir d’une petite Demi-lune marquée O.
- Elle doit être éloignée de cinq ou fîx toiles de P Angle rentrant : fa grandeur eft arbitraire -, mais elle ne doit pas être vue delà campagne, & fon Parapet doit être fort haut avec desEmbralures, pour couvrir ceux qui font dedans, du feu des Contrcfcarpes.
- Ces fortes de Demi-lunes, qui font l’office de Caponme-res, fervent beaucoup pour empêcher la defteme du Fotlë.
- Mais s’il arrivoit, comme j’ai dit en parlant du Baftion B » que les Lignes de défenfe, au lieu de s’approcher, s’ëcarraf-fontconfidcrablement, pour lors au lieu d’un Baftion à Tenaille on y feroit un Ouvrage a Cornes en cette maniéré.
- On coupera l’Angle aigu CLG en d;ux parties égales par la ligne KL, que Ton produira vers la campagne. Puis du pointL, & de l’étendue tout aù plus de 40. à f o. toiles, on fera l’Arc HI : l’on portera deffiis cét Arc trente toiles de K en H, êc de K en I, & l’on tirera en blanc la ligne HI. Puis fans avoir égard aux lignes de défenfe ,on conduira des Points H 5c I au fommet des Flancs D & F les lignes HD, & 1F, pour les grands cotez de l’Ouvrage à Cornes 5 dont la tête fc fortifiera, comme il a été dit dans la page 49. eh parlant de k Conftruétion des grandes Çomés»
- jMsths*
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- Méthode de fortifier les longs cotez, qui forment des cingles rentrons.
- CQmme il n’y a rien de fi frequent nidefidiflemblable dans les Places Irregulieres que les Angles rentrans, je donnerai la facilité de les fortifier, en. les reduifant fous les trois efpe-cesd’Angles aigus, droits & obtus.
- Pour l’Angle aigu qui fe rencontrera dans quelque partie Taillante de la Place, comme il eft marqué par la lettre A,ce fera une Réglé generale de le couvrir d’un Baftion : Mais s'il fe rencontre dans quelque partie de la Courtine,. comme celui qui eft marqué B, il n’a befoin d’aucune Fortification, fon ouverture étant afiez défendue par le feu des Flancs qui en font proches. P’ailleurs , iln’eft pas à préfumer que les Affiegeansattaquent un Angle fi-rué de la forté;car ils auroient à traverfer toute la largeur du Fof-fé qui régné devant la Courtine,& à effuyertoutlefeude la Place ; outre le danger d’être enfuite battus de revers de la partie C , quand ils voudraient monter à l’aflàut fur le côté D>.
- A l’égard des Angles droits, fi les cotez qui les forment n’ex-cedent pas 120. toifes, ils n’ont befoin d’aucune Fortification, parce que ces mêmes cotez leur fervent de Flanc : Exemple E. Mais pour les Angles droits, qui auroient quelque coté plus long que I 2Q. toifes, comme l'Angle F, on fera fur ces cotez nn Baftion plat, ou quelque Redent, comme il fera enfeigné çi-apres: Exemple G.
- Pour les Angles obtus, quand lesBaftionsquifontà leur extrémité fe peuvent défendre, il n’eft pas neceftqire d’y rien con-ftruire : Exemple H. Mais fi cesBaftions nefè défendent pas recipi oquement, oh élevera fur cét; Angle un Baftion camus en cette maniéré.
- L'Angle obtus IKL ayant le côté de ioo. toifes, on le fbrti-' fiera à l’ordinaire; &aupointde la Demi-gorge N on élevera la Perpendiculaire NM, de 18. toifes. Pour le côté KL, qui eft fuppofé de 160. toifes, ou de plus, on le divifera également en O, ou en autant de parties qu’il fera capable de Recevoir dé Baftions plats.
- . Au point O on fera un Baftion plat: fur le point de la Demi-gorge P on élevera la Perpendiculaire PQ, delà grandeur d’un des Flancs du Baftion plat. Enfuite on. tirera là ligne MQ, que Pon divifera en deux parties égales au point R, pour tirer la ligne KR. Puis de R on mettra RM de R en S, pour tirer les Faces SP, & S(^, qui achèveront le Baftion camus NMSQP.
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- %%$ LES TRAVAUX DE MARS9
- Méthode de fortifier tel Villes qm fe font œggrandies.
- ÏL y a des Villes, qui outre leur ancienne Enceinte ièfonï aggrandies par la jon&ion de quelques Villages, on par laccroiflement de quelques-uns de leurs Faux'bourgs j Er quelquefois ces Fauxbourgs, pour être plus on moins élevés que les Villes , fe font tellement peuplez, qu’ils font comme de féconds Corps de Places, quota defireroit toutefois con-fcrver en les fortifiant, afin de n’êcre point obligé, en cas de Siégé, à les démolir. Suppofànt donc que leur fituation fût plus propre à conferver les Villes, qu’a les incommoder j on les fortifiera en fuivant les précautions fuivantes.
- L On tâchera de rendre leur Fortification égale partout, c’cft-à-dire, qu’elle foitaufïï reguliere à une Tenaille qu’à l’autre, obfervant, autant que faire fe pourra, l’égalité des Murailles, & des Ouvrages extérieurs.
- II. Si on ne peut pas joindre les deux parties en une, pour ne faire qu’un Corps de Place, on fera du moins en forte, que chacune tire fa défenfe de loi- même, afin que la perte ds l’une n’attire pas la ruine de l’autre.
- III. Les Battions & les autres Ouvragesqui fe trouveront proches de l’une & de l’autre partie, doivent être également élevez, afin que l’un ne commande point à l’autre,
- IV. On choifit un lieu commode pour faire une Citadelle qui commande tout à la fois, êda Ville, & lelieuqu’on’y veut joindre. La ville de Turin eft fortifiée de La forte.
- Meth&~
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- OU L’ART DE.LA GUERRE. i8»
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- iS8 LES TRAVAUX ÜE MARS*
- Jldethode de fortifier les Villes d'une nouvelle Enceinte $ en y enfermant V Ancienne.
- ON eft quelquefois obligé de fortifier lés Villes , qui par la fuite des temps fé font tellement remiplies dé peuple* que l’on a été contraint d’occuper les Remparts, les Foflez , & les autres lieux de leur Enceinte. Cela arrive fouvent aux Villes Capitales des Provinces ou des Royaumes} pour lors énles enfermant d’une nouvelle Enceinte 9 il faudra fùivré les Réglés & les précautions qui fuivent;
- I. En augmentant l’Enceinte de la vieille Ville , on ne fera point la nouvelle d’une étendue fi grande, que laGarni-fbn, jointe au fècours des Bourgeois , ne foit allez forte pour garnir tous les Poftes , & pour faite même un Corps, capable defecourir&de pourvoir aux neceflùez imprévues des Alïauts, & h la perte des Soldats.
- II. En étendant laChemilè de la Fortification nouvelle, On fiiivra, autant que le Terrain le pourra permettre, les Maximes de la Fortification Reguliere * qui font de faire les Battions les plus uniformes que l’on pourra, en les éloignant l’un de l’autre tout au plus de i oo. à 120. toiles.
- III. Les Battions ou autres Ouvrages, qui s’élèveront liir le penchant ou au pied des Hauteurs ^ feront épaulez du côté de ceux qui font plus élevez, afin que la perte de ces derniers, ne caufe point celle des autres;
- IV. La nouvelle Fortification enfermera, s’il eft polfible, tous les lieux couverts & tous les Commandemens d’où les Afliegeans pourraient foudroyer & incommoder ceux de la Place j après s’en être rendus maîtres.
- On a fortifié de cette maniéré la ville de Lisbone, dont voici le Profil & le Plan 9 que j’ai levé par l’ordre du Roi de Portugal, en l’an 1666.
- Ch a-
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- OU L’ART DE LA GUERRE, itÿ
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- OÜ L’ART DÈ LA GÜERRE.
- Chapitré IV.
- De la Méthode de fortifier les Places Irregulieres qui ont de petits Gâtez j en Ligne droite ou en Ovale.
- IL n’y a gtiere de Place, en quelque fituatioù qu’elle (bit * qui n’ait quelques petits cotez, que le haZard ou la prudence des hommes y ont formez, pour occuper ou pour couvrir les Figures bizarres d’un Terrain marécageux, ou pour joindre plufieurs grands côtez qui formeraient iàïis ces petits une Enceinte d’une trop vafte étendue} ou bien enfia
- {jour enfermer le pied d’une où de plüfieùrs Montagnes, donc es fëparations pourraient faciliter l’entrée d’une Place.
- Pourremedieràtoüsces défauts, il n’y a qu’a fuivreles Réglés que je propôfe dans ce Chapitre, où d’abord je drin* nerai la Méthode de conftruire des Battions fur ces petits cô-tez, & je dirai ce qu’il faudra faire quand il ctt irapoffible d y en conftruire.
- T *
- .Mctho”
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- a*» LES TRAVAUX DE MARS»
- Aîethode de fortifier les Places Irregulieres, qui ont quel-ques petits cotez,, qui pris enfemble peuvent être défendus par des Bajlions*
- SOit propofêe à fortifier une Place Irreguliere, dont quelques côcez ontmoins de 80. toifès.
- Si le Plan de la Place n’eft pas accompagné de fon Echelle „ on en fera une félon les Réglés precedentes, en prenant arbi--trairement un de fes cotez que l’on iuppofe être connu.
- En fui te PIngeniçur fortifiera ce Plan en le fèrvant des plus grands cotez, autant qu’il lui fera poffible, & lans avoir égard à l’étendue’des petits cotez, il ménagera fi bien leur dilpofï-tion, qu’ils puiflent former une Figure approchant de la régulière : Comme je l’ai pratiqué dans cét Exemple par le moyen des grands cotez BC, CD, & des petits cotez D F, GH, Hl, KL,LM,&NO, en négligeant ceux qui font enfoncez dans le corps de la Place, & qui s’éloignent de fon Enceinte , comme ceux qui font marquez des lettres FI, I K, KO, OP, &c.
- Cette nouvelle Enceinte ayant été formée for le Plan par des cotez tirez la plupart en lignes blanches, on y conftruira des Battions, félon les réglés expliquées dans les Chapitres précedens, qui enfeignent le moyen de proportionner fo nombre des Battions à l’étendue des lignes propofées.
- L’on remarquera, que quand les Battions lèront tracez fur le Terrain, les petits cotez, compris entre l’étendue de deux Battions, (bitque ces cotez forment des Angles faillans ou rentrants, feront pour le moins le même effet que s’ils com-pofoient une ligne droite.
- JMethi*
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- *S4 LES TRAVAUX DE MARS,
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- JMethode de fortifier les Villes dont on ne peut augmenter t ni diminuer le Circuit, ni même travailler fur leurs Enceintes.
- QUand on voudra fortifier des Villes donc les Enceintes ne peuvent fouffrir la Conftruétion de quelques Battions, ni d’aucun autre Ouvrage j parce qu’on trouve au pied des Murailles quelque fource d’eau vive que Ion ne peut détourner, pu parce que les Pilotis qu’on y planteroit pour fèrvir de fondemens à ces Ouvrages, n’y peuvent être attït-rez; Alors on s’écartera de la Muraille dans le fonds du Folle même, & l’on y cherchera le Terrain le plus folide pour bâtir & élever quelque Baftipn plat, obfervant les précautions & maximes fuivantes.
- I. Soit que ces Battions plats tê conftruifent prés ou loin des muraillesde la Ville, ils doivent être toûjours moins élevez que les murailles de la Place, afin que les Remparts puif-lènr commander fur ces Battions, & empêcher les Affiegean? de s’en fervir pour battre dans la Ville, çn cas qu’ils les eufi* fent gagnez.
- II. Ces Battions plats doivent tirer leur principale défenfè dq Corps de la Place: Leurs Flancs doivent auffi fe défendre réciproquement l’un l’autre. Davantage, ils doivent être également élevez, afin que la perte de l’un n’incommode point la défenfe de l’autre.
- III, On les fait d’ordinaire vuides, afin que fi T Affiegeant s’en rend maître, il n’ait point de Terrain pour s’y retrancher, & même n’en trouve point pour faciliter l’élévation de fes Batteries.
- IV. Enfin, fi ce T errain ne permet pas qu’on puifle élever dans ces Foflez des Battions plats tout autour de la Place, on p^urroit à leur défaut conftruire quelqu’autre Ouvrage extérieur, comme un Ravelin , une Demi*lune, & autre piece, ainfi qu’il fevoid au Plan de U Ville de Fûmes, qui a été fortifiée de cette manière.
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- ou L’ART PE LA GUERRE. *s>5
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- Aîethàde de fortifier les Places où l'on ne peut rien augmenter ni diminuer, ni même travailler fur leurs Enceintes.
- ON remarquera dans le Plan de cette Place ce que nous avons dit dans la page precedente, que fi l’on ne pouvoir pas élever des Battions plats au devant des Murailles des Villes, on pourroit alors Ce fervir fort utilement de quelqu’ati-rre Ouvrage; comme de Ravelins, &c. Dixmude a été fortifié de cette maniéré.
- Jldetho*
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- iÿ8 LES TRAVAUX DE MARS;
- Méthode de fortifier les Villes qui ont quelque partis de leur Enceinte en Ovale.
- IL y a fort peu de Villes , principalement de celles qui ont leur Enceinte fort Irreguliere, qui n’ayent quelques-uns de leurs cotez approchant de la Figure Circulaire ; & ordinairement ces fortes d’Enceintes ne peuvent permettre qu’on retranche ou prolongeas cotez, ni qu’on difpofe autrement de leurs Figures.
- On ne fçauroit même élever (ûr leurs cotez, ni Baftion, ni autre pièce de la Fortification Irreguliere. Et voici les moyens de mettre cette défe&uoflré à couvert.'
- I. On fera, le plus prés qu’il fera poflible des Murailles de la Ville, des Contregardes difpofées d’une telle maniéré, qu’elles tirenc leurs Défenfes de la Ville, comme il paroît au côté A.
- «
- II. Ou bien il faudroit prolonger le long côté de la Con-tregarde B vers la partie de la Ville C , d’où elle doit tirer fa défenfe ; & fil’Angle flanqué de la Contregjirde étoitau de-là de la portée du Monfquet, & qu’il ne put être défendu du Corps de la Ville., il faudroit pour lors élever nn Flanc fur le milieu du long côté de la Contre-garde, comme il paroît au point D, ce qui faciliteroit là Défenfe. C’eft ainfi qu’on a-voit fortifié le côté marqué E de la Ville de Bethune..
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- JMetkode de fortifier l'Enceinte des Villes de Figure ronde.
- T Orfque l’Enceinte des Villes eft.de Figure ronde, & -JL* qu’elle le trouve capable de recevoir des Baftionsj pour la fortifier, on marquera fur les Murailles , ou dans le Circuit extérieur, ladiftance qui doit être entre les Centres des Baüions, c’eft-à-dire, la longueur de ioo, nô,ou 120. toiles: Mais on réglera la longueur des Flancs, enlorteque la rondeur ou convexité delà Muraille, qui doit fervir de Courtine, ne puiflè empêcher qu’un Flanc découvre l’autrej & c’eft ce qu’on remarquera dans le Plan de. la Ville de Bru-
- ges,
- qui eft fortifiée de cette maniéré,,
- Ch a-
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- Chapitre V.
- Des Vülesfituées dans les Fiâmes ,
- & dans les Marais.,
- J’Ai déjà dit que la Conftruétion des Villes eft autant dit femblable qu’il Te rencontre de differens Terrains. Maintenant je traiterai dans les pages fui vantes des divers accidensqui fe peuvent rencontrer aux environs de ces Villes, foit qu’elles loient fituées proche des Bois, fur des Rivières, ou entourées de Montagnes : Enfuite je paiîerai a celles qui font fituées fur les fommets & les penchans des Montagnes, & autres lieux de difficile accès.
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- J0f LES TRAVAUX DE MARS,
- Jlfethode de fortifier les Villes fituces dam les Plaines.
- LEs Villes bâties dans les Plaines, dont le Terrain eft partout uniforme, fe fortifieront toûjours régulièrement, pnifqu’il eft libre d’élever leurs Baftions, ÔC decreufer leur Foflé à volonté ; c’eft pourquoi nous renvoyons le Le&eur à nôtre premier Livre, qui en parle. Si on vouloir faire des Cazemates aux Flancs des Baftions, comme on en voit dans les Flancs de la Ville dePalma-Nova, qui eft fituée danslc Frioul, on enverra la Conftru&ion dans nôtre fécond Volume.
- Metke*
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- 3<3s- LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes fi tuées dans les Plaines , &* dont lés Fojfez. font extraordinairement larges.
- Aüx Villes qui font firuées dans des lieux bas &aquati-, ques, Ton eft obligé, fi l’on veut avoir les terres ne-celiaires pour fortifier leurs Enceintes, ou élever leurs Remparts , d’étendre la largeur du Fofle au de-là des mefures ordinaires, principalement dans les lieux où le Terrain eft lî humide qu’aprés y avoir cteufé quatre ou cinq peids on trouve l’eau; Alors pour empêcher que l’Affiegeant ne le rende maître de ces Foflêz, & qu’il ne les franchifle aifëment, on les fortifiera en cette maniéré.
- I. Si la Place a déjà quelques Baftions, ou quelqu’autre Ouvrage qui flanquent & défendent la Muraille, on fichera feulement en divers endroits du Foflé un double rang de Pieux, que l’on coupera à fleur d’eau, 8c que l’on armera au deflus de Crochets 8c pointes de fer, afin d’arrêter 8c empêcher le pafîàge aux barques des Alïiegeans.
- II. Si l’on a du labié, on en fera une traînée environ le milieu du Fofle, demi-pied plus bas que le niveau de l’eau, afin que les Barques de l’Affiegeant, en le voulant franchir, y demeurent échoiiées, ou qu’elles ne s’en puiflent dégager, comme elles le pourroient faire de ces Pieux, dontonfcdé-barrafle en les fcianr.
- III. Si avec des Falcines, des Terres, ou autres Matériaux on pouvoir faire fur ce fable un Sillon, avec des Battions, desRavelins, des Demi-lunes, & d’autres Ouvrages , cette forte de Fortification feroit préférable aux precedentes.
- IV. On remarquera que les Baftions, les Ravelins, les Demi-lunes, 8c les autres Ouvrages de ce Sillon, doivent être d’une même hauteur : mais toûjoursplus bas que l’Enceinte de la Ville, &plus hauts que le Chemin-cou vert qui fuit le Foflé. La ville de Doiiay eft fortifiée de cette maniéré.
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- Méthode de fortifier les Filles fondes dans les Marais,
- LOrfque les Villes font bâties dans des Marais, 8c fituées d’une telle maniéré qu’on ne peut rien ajoûter de nouveau à leur Enceinte ,. ni à leur Contrefcarpe, linon quelques petits Ouvrages, qui pour être peu élevez, ou en trop petit nombre, ne peuvent garantir les habitans 8c leur Place de tomber au pouvoir de l’Ennemi : alors on fortifiera, à la portée du Moufquet, ou tout au plus, à celle du Canon, les avenues 8c chemins de ces fbçtes de Villes, avec des Forts de Campagne i & l’on y obfervera les précautions & Maximes füivantes.
- I. Avant que de cotfftruire ces Forts de Campagne, on doit re marquer fi les Marais qui environnent la Place, ne peuvent point être defléchez, car pour lors il faudrait les épuifêr, & enfuite fortifier ces Villes çornme les précédentes : Mais fi on reconnoît qu’il eft comme impoffible à l’Affiegeant de deflecher ces Marais, alors il faudra faire des Forts à ces avenues ainfi qu’il fera enfeignéci-aprés.
- j I. On examinera fi ces Marais peuvent être vuidez par la rupture de quelques Canaux, Digues, ou Eclufes, fituées proche de la Ville, afindefelesaflïïrerpar des Forts qui les couvriront, 8c empêcheront que l’Affiegeant ne s’en rende maître, au préjudice de la Place.
- III. Il faut obferver, fi les avenues & chemins de la Ville font de terre naturelle, ou tranfportée $ fi cette terre eft à fec, ou entrecoupée de Canaux, haute ou baffe, en plat-païs, ou différemment élevée, afin d’en occuper toujours la partie la plus ferme, 8c la plus haute.
- IV. Ayant reconnu que les eaux n’en peuvent être vuidées, avec toute i’induftrie de l’Affiegeant, & que la terre des Chemins y eft bonne, ferme, 8c bien aflûrée, alors on élevera proche ces Chemins,ou tout auprès, plufieurs Forts, avec des Battions , Demi- battions, &c. comme il fera enftigné ci-aprés j mais on oppofèra toûjours les plus grands Ouvrages du côté des Affiegeans: La Ville de Bolduc a été ainfi fortifiée.
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- JMetbode de fortifier les A venues Gr Chemins creux , qui fit rencontrent proche des Filles,
- ILfe trouve fort peu de Villes, principalement de celles qui font 6tuées dans les Plaines, ou qui ont leur Terrain inégal, qui n’ayent leurs avenues enfoncées pu couvertes de rélevatiou de quelques Murailles, de Hayes, ou de terres des Foffez qu’on ycreufe, pour ôter aux paflans & au beftail la liberté d’entrer dans ces terres, foit qu'elles foient labourables, ou qu’elles confiftent en jardins. Et comme les Ennemis, à la faveur de ces Murailles, ou élévation de terre, fe peuvent fervir de ces Chemins , comme d’une Tranchée, pour fegliffer jufquesau pied du Glacis, on doit démolir ces Murailles, &comblerces Foffez &ces Chemins, en applaniflant les terres qui font éle? vées fur leurs bords j ou fi la dépenfe en étoit exceffive on élevez ra des Demi-lunes détachéesdans ces Chemins, ou dumoins fur ces mêmes bords.
- I. Ces Demi-lunes, que nous appelions détachées, font faites comme des Baftions plats, & leur hauteur eft félon la ne-ceffité du Terrain, c’eft-à dire, avec plus ou moins d’élévation, que les Chemins fe rencontrent plus ou moins profonds; ^vec cette remarque, que leur gorge, qui regarde toujours le Foflé de la Ville, foit vuide & fermée d’une fimple Muraille, & qu’elles ne foient pas éloignées des premiers Dehors plus que de la portée du Moufquet.
- IL Leur Parapet doit être à l'épreuve de l’Artillerie, & leur Terre-plain en penchant.
- III. On fera un Puits au milieu de leur Place d’Armes, afin que les Feux d’Artifice en y roulant, y puiffent faire leur effet.
- IV. L’experience des Sieges a fait remarquer à ceux qui en ont élevé à la tête de leurs Ouvrages, qu’elles étoient d’un grand effet, pour effuyer la première fureur d’un Affiegeant, principalement quand il y en a plufieurs à côté les unes des autres, à la diftançede do. à So.toifes. Du temps que j’étois dans les Gardes, & en Garnifon à Arras, où jelevoisle Plan que voici $ j’eri remarquay une à la tête delà grandeCorne deGuiche, &r cinq oufîx autres, entre le chemin de Cambray, & celui de l’Abbaye d’Avénesi elles font marquées dans ce Plan des lettres A: je les reprefenteen plus grand volume dans la page Vivante.
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- âta LES TRAVAUX DE MARS,
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- Remarques fur les Demi-lunes détachées,
- LEs opinions des Ingénieurs font partagées fur l’élévation de$ Demi-lunes détachées. 11 y en a qui ne veulent pas qu’on éleve autour d’unp Place aucun Ouvrage, qui ne foit enfermé dans l’Enceinte du Chemin-couvert dont elle eft environnée j parce que fi on les élevoit ailleurs, ils ne pourraient pas être fe-courus facilement, & qu’étant pris ils commanâeroient dans les Chemins-couverts, & faciliteraient la conduite des Travaux dé l’Affiegeant.
- Quelques autres, qui eftimept ces précautions, difent, qu’à la vérité il eft dangereux d’élever au de-là des Glacis des Ouvra-, ges, qui par leur prife incommoderaient ceux de la Place : Mais ils ne tombent pas d’accord, que ce foit une neceffité d’enfermer dans un même Chemin-couvert tous les Travaux que l’on eft obligé de faire pour défendre l’approche d’une Places puifque l’experience fait voir tous les jours que les Affiegez coupent eux mêmes leurs Ouvrages & Chemin-couvert, ou qu’ils y élevent des Traverfes pour feparer la partie qui en eft attaquée, de celles qui rielefontpas. '
- Mais ceux-là fùivent la meilleure opinion, qui eh examinant le Terrain des environs d’une Place, tâchent de ne laiffer aucun Porte favorable à l’Affiegeant, & qui ne font point difficulté d’élever des Demi-lunes proche des Vallons & des autres lieux qui couvriroicnt les approches de l’Ennemi. Et quoique l’on fçache bien que ces fortes de Demi-lunes ne peuvent pas faire une longue refiftance, neanmoins elles font capables de faire confommer du temps à un Affiegeant dans fes differentes Attaques, & dansle Travail de fes Batteries. Car on objeéte inutilement que leur prife commandera dans les Travaux & furie Chemin-couvert de la Place, puifqu’elles n’ont point de Reoir part ni de Parapet du côté de la Ville, comme on le peut remarquer dans les deux qui font marquées des lettres A, & B. Si l’on dit que leur Terrain couvrira l’Affiegeant, le remede eft aifé, puifqu’il n’y a qu’à faire une Mine fous leur Rempart, que l’on fera jouer en fe retirant, ce qui fera périr les plus hardis des AP* fegeans, éboulera le Rempart, & jettera les terres de part d’autre.
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- pu PART DE LA GUERRE- 31?
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- 314 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes [ituées dans les T laines 3 qui font commandées d'une Hauteur , ou deplufieurs.
- IL y a fort peu de Villes fituées dans les Plaines, quinefoient d’ordinaire fous quelque Montagne » Commandement ou Rideaux, qui couvrent & facilitent à l’Ennemi l’approche de leurs Foffez. Entre celles qui ont ce défaut, celles-là font efti-mées les pires qui en ont en plus grande quantité, principalement quand ces Commandemens ou Rideaux viennent de loin finir fur leurs Contrefcarpes, ou fort proche , car pour celles qui enfsroienttout-à-faitenvironnées, outre qu’elles font d’orui-nairemal-faines, c’eft qu’on ne les doit point fortifier, puif-qu’elles peuvent être battues de toutes parts. Quant à celles qui font commandées d’un endroit, ou deplufieurs, on les fortifiera furies Réglés & Maximes fuivantes.
- I. Si le Commandement eft prés, on s’en afsûrera (le Corps de la Place étant fortifié) par quelque Ravelin, Demi-lune, Corne, ou autre Ouvrage, qui conviendra mieux à l’Irrégularité du Terrain.
- 11. Si cette hauteur ou Rideau vient de loin, on pouffera des Ouvrages les uns 2rti devant des autres, en telle forte que celui qui eft plus proche du Corps de la Ville, foit défendu de la Place même, & défende celui qui le devance. On continuera ainfi ces Ouvrages, jufqu’à ce qu’on fc foit rendu maître du lieu qui commande à la Place.
- III. Si l’eminence ne s’étend pas fort loin, la Fortification qu’on y fera ne doit erre ni fur le fommet de la hauteur, ni à fon pied, afin qu’étant dans le milieu, elle puiffe battre dans les Tranchées des Ennemis, ou qu’étant prife, elle n’incommode point ceux de la Ville.
- I V. Si les Commandemens font proches de la Ville, & qu’ils voyent de revers les Soldats qui feroient à la défenfe des Flancs, ou des Faces du Baftion, on fera dans le même Baftion des E-paulemens pour les couvrir j ainfi que j’ai fait à Arronches, où je fis auffi fortifier, par l’ordre du Roi de Portugal, en 1666. le Château & une Courtine. Les Epaulemens font marquez fur le Plan des lettres A, B, C. &c.
- Ces Epaulemens ne font autre chofe qu’un amas de terres etj forme de Parapet, que l’on peut revêtir de pierre, ou de brique, pour refifter plus long- temps aux injures du temps.
- Meîho-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 31$
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- ji<? LES TRAVAUX DE MARS,
- Afethoale de fortifier les Villes fîtue'es dans les Plat* fies y où le Terrain ejl fort peu inégal.
- a
- COmme il n’y a point de Terrain plus avantageux pour faire une bonne Placé, que celui où la Ville peut commander fur toutes les avenues , pn fortifiera ces fortes de Places en fuivant les précautions fuivantes.
- I. En failànt la Fortification la plu$ Reguliere qu’il fera patt. fible, on tâchera d’avoir des Battions pleins, afin de les tendre plus capables de dilputer le Terrain contre les Attaques.
- 11. Si les Fottez font focs, on les fera les plus creux qu’il ferapoflïble. Et c’eft ce qu’on appelle, k fond de cuve > avec cette condition neanmoins, que les Battions foient capables de recevoir les terres qui fe tireront des ces Fottez.
- III. Si les Fottez font pleins d’eau, & qu’on fatte des Dehors for les Contrefcarpes, pn préférera toûjours les Ponts de bois à ceux de pierre, ces derniers étant plus malaifez à être rqinezque ceux de bois, que l’Alfiegé pourra brûler, les Dehors étant perdus.
- IV. Si l’on veut renforcer les Ravelins que l’on conftruira for les Contrefoarpes, on peut même en faire deux, l’un devant l’autre, pourvu que celui qui eft plus proche delà Place foit plus haut que celui qui le devance du côté de la Campagne. C’eft ainfi que font faits ceux qu’on a fort judi-çieufomentconftruitsala Ville d’Àth, dans le pa'is de Conquête, comme l’on les peut remarquer dans le Plan que voici , ou ils font marque? des lettres A, B, C, D, èçc.
- Àietho-
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- GU L’ART DE LA GUERRE. 317
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- jiS LES TRAVAUX DE MARS,
- jliethode de fortifier les Villes lorfiqu’on ne peut s'étendre
- au de4k de leur Glacis.
- QUand on veut renforcer les Chemins-couverts , on élevé quelquefois devant le pied de leur Glacis des Bonnettes , & même dés Ouvrages à Tenaille, à Cornes , à Couronne , ainfi que nous les avons enfeignez dans le Livre de la Fortification Régulière.
- Mais lorfque le'Terrain ne permet pas qu’on s’étende au de-là du Glacis, alors on ne fait pas le Parapet des Chemins-couverts en ligne droite; mais fur chacun de leurs cotez on fait une Avance où Redent, qui a de hauteur, ou de Capitale, la moitié de fa largeur , & cette largeur cft d’ordinaire de la grandeur d’un des Flancs de la Ville, c’eft-à-dire, de vingt avingt-quatretoifes, afin que des Faces de ces Redents on flanque plus avantageufement le defïus& le bord des Glacis.
- Quand on juge qu’un,de ces Angles ou Redents, n’eft pas fuffifànt pour unébonne défenle, on en fait plufieurs, les uns auprès des antres. Ainfi que l’on peut remarquer dans le Plan delà Ville de Hefdin en Artois.
- CesRedents fontmarquez des lettres A,B,C,D, &c.
- \
- Jiiethe»
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- «if 'a-a^ano va aa x'ava no
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- iù> LES TRAVAUX DE MARS;
- Aiethode de fortifier les Villes fituées dans les Plaines , mais entourées de Cubains , Fondrières,
- petits Lacs,
- IL y a des Villes qui font incommodées au de-là de leurs Glacis, de CavainSj de Fondrières, de Lacs, ou de Vallons, qui femblent faciliter à FAflïegeànt l’approche des Contrefcarpes, foie à caufe que ces eaux fo defléchent en Efté, foit parce qu’en Hyver elles fe glacent.
- I. Alors fi ces mêmes eaux ne peuvent être enfermées pat quelque Ouvrage extérieur de la Place, comme d’une Tenaille, d’une Corne, ou d’une Couronne, du moins on les doit joindre enfemble par un Fôfle, & la terre qu’on tirera du Fofiefervira pour élever un Parapet du côté delaPla-ce.
- IL L’on donnera à ce Parapet la Figure la plus propre pour fe bien flanquer j comme feroit celle des Battions, des Demi-baftions, des Redents, &c.
- III. On pofora du. côté des Vallons, des Fondrières, 8c des Lacs, les Défenfès les plus fortes, comme étant les lieux les plus dangereux pour les fiirprifès, à caufo des Rideaux ôz des Glaces, & même de l’ufàge des Clayes$ dont les Ennemis fo peuvent fètvir pour les franchira
- De cette maniéré on a fortifié les Environs deLandrecy* ainfi qu’il fe void dansle Plan, où l’on a joint les deux Fondrières ou Marais A, & B, par le Folié & Parapet AB; On remarquera la même choie fur les autres Tenailles de k Place.
- Cha-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 325
- Chapitre VI.
- T) es Villes fituées fur les Montagnes.
- LAplûpart des Villes qui font bâties dans les pays fècs, ou qui (ont élevées fur le penchant ou fômmetdes Montagnes, ontcét avantage, qu’on n'y peut entrer que par une oja deux avenues } le relie y étant d’ordinairc fortefcarpé, parlais, ou par la nature. Ces fortes de Places, manquent le plus fouvent de Puits ÔC de Fonraines: mais on y remedie par des Ciliernes 9 qui retiennent confervcnt les
- eaux des pluyes. On fortifiera le Corps & les Murailles de ces: Places , àinfi qu’il fera dit dans les pages fui vantes.
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- 324 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes fituées fur le fommet
- des Montagnes.
- IL ne fe rencontre point de Portes plus difficiles à fortifier que ceux des Places fituées fur le fommet des Montagnes 5 car outre que leur Terrain eftprefquetoûjoursdeRoc,c’eft qu’il fèmble que la nature ait preferit à ces lieux de certaines figures capricieufes, qu’il eft impoffible de changer pour leur en donner de plus regulieres, quelque diligence qu’on y puifi fe apporter.
- I. Aulfi tout le fecret de leur fortification eft d’approprier à leurs Murailles & à leurs Angles faillans des Baftions {impies ou doubles, grands ou petits, réguliers ou difformes , avec des Contregardes dans leurs Foflez, & des Ravelins, des Demi-lunes, & autres Ouvrages fur leur Contrefcarpe.
- 11. On avancera même leurs Chemins- couverts en forme d’Eperonou Redent, pour gagner le Terrain qui pourroit nuire aux Affiegez, fortifiant auffi de Bonnettes ou Flèches les endroits de la hauteur où l’Ennemi fe pourroit loger.
- III. Il s’en void quantité dans le Plan de Montmedy, elles font marquées des lettres A.
- IV. Pour rendre l’accès de ces Flèches plus difficile aux AffiegeanSjOn plantera au devant quantité de Paliflàdes, hautes feulement de quatre à cinq pieds hors de terre.
- JPfetho*
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 3* f
- X ?
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- ji« LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les petites Villes , les Châteaux fituez fur les Montagnes.
- Uhfqu’on voudra fortifier quelques petites Villes 9 o* quelques Châteaux » s’ils font enfermez de bonnes Murailles ,, on foivra ces Maximes,
- I. On tâchera d’employer ces Murailles pour faire des Courtines j Et pour les Tours, qui font d’ordinaire aux ex-tremitez de ces fortes de lieux, on tâchera auffi de les enfermer dans les Gorges des Battions qu’on y fera.
- II. Mais on remarquera que ces Battions ne doivent jamais avoir leurs lignes deDéfenfo plus longues que ioo.ou .120, toifes -, & a elles excédent cette longueur, on doit mettre quelque Battion plat dans leur milieu.
- III. Les Tours qui fe rencontreront dans lé corps des Battions , fe doivent razer & réduire a la hauteur d’un Simple Cavalier, afin que les éclats de çes mêmes Tours n’in-commodent point les Afliegez, qui feraient employez à la defenfe des Battions 9 lors qu’elles foraient battues du Canon de l’Affiegeant.
- IV. Toutefois tors qu’elles font fi tuées du côté ou l’on ne craint point le Canon des Affiegeans, alors on les laiflè fur pied pour fervir de Guerite à découvrir de loin. De cette maniéré j’ai entièrement fortifié pour le Roi de Portugal le fameux Château de Fereire, après avoir eu l’honneur d’éle^er les Batteries, & de conduire les Tranchées au Siégé qu*y mit Monlîeur le Comte de Schomberg9 qui s’en rendit maître le 2 7. Avril 1667.
- On remarquera que l’Angle (aillant que fait la Muraille, au point A , fut laiifé de la façon, à caufe de la dureté du Roc ; maisleBaftion plat qui couvre la Porte, défend iobliquitc de cette Enceinte.
- Met ho-
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- OU L’ART DE LA GUERRE, ji?
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- S LES TRAVAUX DE MARS,
- Jüethode de fortifier les Villes bâties fur le Roc.
- AUx Villes qui (ont fur le Roc, il eft très-difficile, 8c même impoffible, de pouvoir creufcr le Foiré plus bas •que quatre ou cinq pieds, la dureté de la pierre, ouplûtôtla dépenfe pour la tirer, y étant excelïives.
- I. Alors pour écarter l’Ennemi, pour découvrir mieux les environs de la Ville, & occuper ce qui pourroit nuire à la Placé, on élargit ces Foftez, & avec des Contre-gardes on couvre les Battions de la Ville.
- IL Les Contregardes ont des Remparts & des Parapets, 8c font faites comme des Demi-battions; On en fait quelquefois comme des Demi-lunes, que l’on pofe dans le Fofle, au devant de la pointe des Battions. Elles different des Demi-lunes qui font toûjours élevées for les Contrefcarpes.
- III. Il y a même des Contregardes qui n’ont aucune figure, étant leulement en ligne droite: Mais foit qu’elles foient enDemi-baftion, en Demi-lune, ou en Ligne droite, elles doivent, autant qu’il eft poflïble, tirer leur défenfe du Corps de la Place, & avoir toûjours leur élévation moindre que celle des Battions, & des autres Ouvrages du Corps de la Ville.
- IV. Mais auffi , elles doivent être plus hautes qiie les Contrefcarpes, ainfique nous avons dit ailleurs, afin qu’elles com -mandent l’Efplanade, & les autres lieux circonvoifins. De cette maniéré eft fortifiée la Villed’Elvas, dont voici le Plan, ciuej’ailevéeni6<S7.
- Met ho-
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- 350 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes bâties fur des. Hauteurs , qui font environnées de Plaines.
- IL n’y a point de fituation plus avantageufe que celle des Villes bâties fur des petites Montagnes, qui lèmblent naître & finir ail même lieu , principalement quand ces eminen-ces iont entourées de toutes parts d'une pleine Campagne; car alors elles commandent fans être commandées. Elles font rnaitreffes de leur Terrain, & incommodent tellement PA(-fi egeant dans fon Camp, qu’il éft contraint de le faire fort é-loigné de ces Murailles. 11 ne peut faire fès approches qu'à force de profondes Tranchées, avec grande perte de temps. En fortifiant ces forces de Places,on foivrales Réglés & Maximes fui vantes.
- 1. Comme ces Places ont toûjours quelques vieilles Enceintes , on tâchera de s’en fervir pour en foire des Courtines ou des Retranchemens dans les Gorges des Baftions.
- 11. Si ces Murailles avoient une double Enceinte, ou une Fauffè-braye, comme c’eft l’ordinaire des vieilles Clôtures» on les laifferoit for pied,avec leurs Angles fàiltans ou rentrans, pourvu que leur alignement n’empêchât point la Défenfe des Basions, & que pardefius la hauteur de ces Murailles, derrière ldqndles on feroit le Rempart, ceux de la Ville puffèntdécouvrir le pied des Conirefcarpes : car autrement il foudroit les démolir, & les rendre d’une hauteur plus reguliere.
- 111. Sur chaque Baftion on élevera un Cavalier pour tirer dans la Campagne, & obliger les Ennemis à s'enterrer fort avant dans l’approche de leurs Tranchées , & confommer plus de temps à l’élévation de leurs Batteries.
- IV. Si l’Enceinte de la Ville efh juftemeiit au pied de la hauteur , on foivra cette Enceinte dans la nouvelle Fortification, ou l’on s’en écartera fi elle ne i’enfermoit pas, afin d’occuper toute la hauteur avec des Baftions , des Demi-lunes, ou avec des Forts détachez. L’on a ainfi fortifié la Ville d’Evora, de laquelle j’ai levé le Plan en 1666. lorftpie je faifois travailler aux réparations du Baftion des Peres de la Compagnie de J e-s u s qui eft ici marqué A. Me-
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes bâties en partie fur le penchant 5 en partie au pied des Montagnes.
- CEtte forte de fituation eft la plus commune de toutes celles qui font employées pour bâtir des Villes, s’en trouvant fort peu, tant des anciennes que des nouvelles qui ne foient de cette nature : & comme ces Places joiiifTent des avantages & des incommoditez des Villes fîtuées dans les Plaines, & de celles qui font commandées, il faudra, en les fortifiant, fuivre, autant qu’il fera poflible, les Réglés & les Maximes fuivantes.
- I. Il faut fe rendre maître de la plus haute partie de la Montagne, foit enybâtiflànt un Fort ou une Citadelle, fôit en failant cfcarper les avenues & les lieux acceffîbles » fi la nature y avoit donné quelque commencement.
- 11. La nouvelle Fortification occupera tout ce qui peut commander de revers à la Place, en y bâtiflant des Forts que l’on joindra a la Ville; ainfi qu’il eft enleignédansleChapi-tre des Forts de Campagne.
- III. On fortifiera feparément la parue haute de la Ville, en la détachant de celle d’embas ; afin que la plus haute, comme étant la plus forte, & celle où doivent toujours être les Ma-gazins, les Munitions & les Cifternes, fbit en état de faire tête aux Ennemis, en cas qu’ils euflent enlevé la partie bafle.
- IV. On évitera dansles Fortifications qu’on y fera, l’ufage des Demi-battions, qui font feulement avantageux aux Forts de Campagne, étant des Corps trop foibles pourladéfenfe d’une bonne Place. De cette maniéré en 166j. j’ai commencé avant la paix, par l’ordre du Roi de Portugal, à corriger ces défauts à la Ville d’Eftremos. En travaillant au Baftion qui eft marqué A, j’ai été contraint de faire l’Angle flanqué fort obtus pour la dureté de la Roche de Marbre, qui ne permit pas de s’étendre plus loin ; car pour le Baftion B , je l’ai fortifié regnlierement avec fàChemifè.
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- OU L'ART DE LA GUERRE. 3;;
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- OU L’ART DE LA GUERRE, 33*
- Chapitre VII.
- Des Filles fituées fur le Rivage des Mers & des Rivières.
- APres avoir parlé fort amplement des Villes qui font bâties dans les Plaines, ou for le Commet des Mon-, tagnes , nous traiterons prefentement de celles qui iont proche des Mers 9 foit que ces mêmes Villes (oient «tuées dans les Iües9 en Terre-ferme, ou dans des Penin-iules, foit enfin qu’elles foientfor des Rocs dans des lieux; bas, ou fur des Côteaux, & que la Mer y ait Reflux ou nom Mais afin de traiter generalement de toutes les Villcs qui font proche des Eaux , nous parlerons aufli de celles, qui font fituées fur des Eftangs, Lacs & Rivières.
- Maho~
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- 33<f LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Villes fituées fur un Roc ,
- bordé de la Mer.
- IE ne parlerai point ici de l'Enceinte de Villes qui regardent les cotez de la Terre-ferme, puifque pour les fortifier , loitregulierement, loir irrégulièrement, onn’aqu’àfuivre ce qui a été dit dans les Réglés & dans les Maximes des Chapitres précedens. On reparera à force d’Ouvrages l’imper-feétion & l’irrégularité de leur Terrain. Je traiterai donc ici des cotez qui font battus des Flots de la Mer ; &: pour les fortifier , on obfervera les Réglés Sc les Maximes fuivantes.
- I. Tous les Ouvrages qu’on élevera du côté des eaux , principalement quand elles y viennent dans les Marées, doivent être revêtus d’une forte Chemife de pierre, foûcenuë par derrière de quantité d’Efperous.
- 11. La nouvelle Fortification fuivra, autant qu’il fera pof-fible, la figure capricieufe de la Nature, pourvu qu’une partie défende l’autre, afin de ne rienlaifl'er dont l’Ennemi puifle tirer avantage.
- III. On doit enfermer & occuper toutes les Roches qui pourroienr faciliter la defeente des Barques aflaillantes.
- IV. On élevera, fi l’on peut, plufieursEnceintes, l’une audeflus de l’autre, afin que dans les petites Marées la plus baffe Enceinte puifle tirer à fleur d’eau, & que les plus hautes puiflentcommander furies Vaifleaux. Outre que cette fécondé & cette troifiême Enceinte feront le même effet dans la haute Marée; elles ferviront encore merveilleufc-ment contre les furprifès, qui font difficiles à exécutera des Places fortifiées avec ces précautions. De cette maniéré on a fortifié Saint Giào de la barre de Lisbone , Place cftimée imprenable du côté de l’Océan. En voici le Plan, que j’ai levé par l’ordre du Roi de Portugal, le i y. Juin 16 6 7.
- Mctho•
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- }38 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier le Rivage des Villes fit nées proche de la Mer.
- E Terrain des Villes Maritimes eft quelquefois fi bas,
- JL, que dans les moindres Marées-les Eaux entrent dans leurs Rués, même avec allez de force pour porter des Barques d’une grandeur & pelànteur confiderable.
- Souvent auffi les Villes qui font fituées proche des Mers où il y a fort peu de Reflux * ont leurs Quais fi peu élevez, que les eaux battent proche des Maifons. Pour fortifier ces fortes d’endroits, & empêcher que les Ennemis n’y faflènt des de£ centes, & ne jettent du monde pour forprendre les Villes par là, on fortifiera tous ces Rivages d’un bon Parapet garni de fa Chemife, & l’on donnera à ce Parapet une Figure capable de fe bien flanquer, comme feroit celle d’un Baflion, d’un Demi-baflion, &c.
- On élevera de diftance en diftance quelques Cavaliers ou Plate-formes, fur lelquelles on montera quelques groffes pièces de Canon , qui îerviront merveilleufcment pour tenir l’Ennemi à la largue, & pour empêcher l’approche 6c la def-cente de leurs Barques.
- C’eftainfiqu’eft fortifié le Ri vagede la Ville de S. Malo 5 comme l’on peut voir dans fon Plan.
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- 340 LES TRAVAUX DE MARS,
- Méthode de fortifier les Ports de Mer.
- IL y a des Ports de Mer Naturels qui fe font faits d’eux -mêmes en fonne de Golfe 9 & des Artificiels qui ont été raillez à force de bras dans les Falaifes, creufez dans le Roc, ou gagnez dans les Mers par le fecours des Fafcines, Cailloux & Pilotis. On fortifiera les uns & les autres fur les Réglés & les Maximes fuivantes.
- • I. Quand on pourra difpofèr de la Fbrtification de la Ville, on tâchera de l’ordonner de telle maniéré, que l’entrée de ces Ports fe trouve au milieu d’une Courtine, afin que les deux Flancs des Battions voifins en défendent l’entrée 6c la (ortie.
- II. Si le Terrain de la Ville étoit élevé, & le Port au pied de cette hauteur, & qu’alors la Fortification de la Ville, pour être trop élevée , ne pût défendre l’entrée du Port, on choifi-roit un lieu pour bâtir une Citadelle , qui commanderoit à la Ville, aufli bien qu’au Port.
- III. Au défaut de ces Citadelles, pour aflûrer le Port, & pour empêcher les Ennemis & les Pirates de venir brûler & piller les Vaifleaux qui feroient à l’Anchre, on fortifiera lés Plages & Rivages de Cavaliers & de Plate-formes, fur lesquels on montera quantité d’Artillerie pour reculer l’Ennemi.
- IV. On élevera un Môle ou des T ours dans la Mer même, pour couvrir l’entrée du Port: & pour plus de fèureté, on choifira l’endroit le plus étroit de l’entrée du Port, pour y bâtir deux petits Châteaux oppofez, quienaflûrerontlepafla-ge, comme on le peut remarquer dans le Plan que voici.
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- $4* LËS TRAVAUX DÉ MARS,
- Méthode de fortifier le côte des Pillés Jituees fur le Rivage de quelque Lac.
- LOrs que proche des Villes il fe rencontre des Lacs qui aboutiflent par quelqu’une de leurs extremitezaux terres de l’Ennemi, & que les Lacs gelent en Hy ver, ou qu’ils font allez forts pour porter des Bateaux $ alors pour év i ter les fùrpifes on fortifiera ces fortes de Villes lùr les Réglés 6c les Maximes fuivantes.
- I. On fera l’Enceinte de la Ville la plus reguliere qu’il fera poflible, & l’on tâchera de faire une petite Muraille ou Faut fe-braye entre le Lac & la Fortification de la Ville, pour empêcher l’approche des Murailles,
- 11. On pouffera la Fortification de la Ville jufques dans les Eaux du Lac, afin que l’Ennemi ne puiffe prendre terre pour montera l’Efcalade, ou pour l’empêcher de fortirfans bruit & fans embarras de lès Bateaux pour monter à l’Asfaut, fuppo-fànt qu’il eût fait Brèche par quelque Mine fecrette. L’Ar* tillerie logée fur ces Ouvrages avancez dans l’eau, coulera les Vaiffeaux de l’Ennemi à fond, & l’empêchera de fe ranger en Bataille lùr fes Bateaux.
- III. Sur le côté de ces Villes on élevera des Tours fort hautes pour découvrir de loin : & entre ces Tours on fera des Cavaliers ou des Plate-formes, garnies de quantité de Canon , pour découvrir & pour.battre le long du Lac.
- IV. S’il fort de ces Lacs.quelques Rivières qui palîent dans la Ville, l’entrée doit être foigneufement fortifiée par de bonnes T ours ou doubles Baftions, lùr les quels on tiendra quantité d’Artillerie. Ces ToursSc ces Battions ne doivent pas être fort hauts, ou bien ils doivent avoir à leurs pieds plufieurs Plate-formes pour découvrir l’entrée & la for-tie des Rivières, qu’on fortifiera de quantité dePieux garnis de Pointes de Fer, ou plutôt de Pieux à double rang par dedans la Ville 3 laiflant feulement un petit paflàge pour la liberté des Bateaux: & de nuit ces palïàges feront fermez avec une Chaîne , Ôc meme avec deux, s’il le faut ; ainfielt fortifiée la ville de Geneve, du côté du Lac. Me-
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- 344 LES TRAVAUX DE MARS,
- Aieth ode de fortifier les Avenues O* les Defcentes des Rtvie-res qui pajfent dans une Ville ou auprès.
- LOrfque les Rivières qui patient dans les Villes, ou qui en lavent feulement les Murailles, viennent de Terres Ennemies , ou qu’elles s’y vont rendre > fi Pon veut empêcher que l’Ennemi le ferve de l’avantage du courant de l’eau, pour approcher fes Troupes de la Place, on fortifiera lesDeicen-tes & les Avenues de ces Rivières félon les Réglés Çt les Maximes fuivantes.
- I. Si la Rivière pafle au travers de la Ville, on fera à Ion embouchûre & à fa fbrtie des Redens, & même des Ouvrages plus confidetables, fi on peut.
- IL Si la Riviere eft étroite, on bâtira un petit Fort fur des Pilotis à la portée du Canon , du côté que l’on craint l’Ennemi; mais fi la Riviere eft large, on conftruira deux Redoutes fiir les Rivages oppofez. Ces Redoutes fervent à loger des Sentinelles : elles font fort hautes, & ont un Plancher, où l’on monte avec une longueEchelle, que la Sentinelle retire quand elle eft montée, & elle la defcend au Soldat qui vient en faction ; ces fortes de Sentinelles font excellentes contre les fur-prifes.
- III. Si la Riviere ne fait que baigner un des cotez de la Place, & que ce côté foit fort long, on feraunBaftionou deux fur la longueur, & à fes extremitez on élevera deux Cavaliers pour découvrir & battre les avenues de la Riviere.
- IV. On empêchera la communication des Eaux des Fo£ fez avec celle des Rivières, par quelques Digues ou par des Eclufes, que l’on défendra de quelque Ouvrage extérieur; ainfi que l’on peut remarquer dans le Plan de la Ville de Rave-ftein, Ville fituée fur la Meufè, auprès de Grave, & dépendante des Hollandois.
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- OU L’ART DE LA GUERRE.
- Chapitre VIII.
- Ve la Confiruffion des Citadelles Irregulieres.
- QUoique les Réglés que j’ai données dans le Chapitra de la Conftruéfcion des Citadelles Regulieres, fem-blent fuffire pour enfeigner cette Conftru&ion auprès uc toutes fortes de Villes propofées ; neanmoins il fe peut trouver des Terrains fi bizarres, que ces Réglés, pour être trop generales, ne donneront pas une parfaite intelligence delaqueftion. C’eft ce qui m’oblige d’en preforire do patticulieres dans ce Chapitre, afin quil n’y ait guerre de Ternin, quelque irregylier qu’il foit, où l’on ne puiflê bâtir une Citadelle : fuppofant toûjours que ce Terrain foit aflez grand pour l’Enceinte dontelleabefoin, qu’il ne foit pas trop éloigne de la Place où la Citadelle doit commander,
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- r5$ LES TRAVAUX DE MARS*
- ConJlrHttion des Citadelles Irregulieres Jîtuées dans un Plat-pars.
- OjUand les Villes font dans un Pais plat * & que PAflîette & le Contour de la Place fe trouvent dune même hauteur* files Murailles font auffi d'une même épaifteur, ce qui le rencontre rarement , alors on y conftruira des Citadelles félon les Réglés & les Maximes fuivantes.
- I. On choifira pour la Citadelle le lieu delà Ville le plus découvert de maifons , & le moins embarrafle de Rues.
- II. On la fortifiera du côté de la campagne de quelque Dehors, qui ne cede point en bonté aux autres Ouvrages extérieurs, qui couvrent les cotez de la Place, afin que la Citadelle, étant plus forte, foit la derniere attaquée j fur tout, ou fera en forte qu'elle ne tire point là Défenfe du Corps de la Ville.
- 111. S’il fe rencontroit quelque Baftion de la Ville qui fût proche de la Citadelle, & que le Flanc du Baftion la regardât, alors de deuxchofesl’une, ou il faudraitrompre ce Flanc pour continuer la Face du Baftion jufqu'auprésduFofledela Citadelle, ou bien il faudrait de neceilité élever un Cavalier dans la Citadelle, qui pût commander au Flanc, & foudroyer dans le Baftion qui en ferait fi proche.
- IV. S’il fè rencontrait un Baftion de la Ville qui fût e« partie vis-àrvis de la Citadelle, &quipûtfervir tout àla fois de Défenle à la Place & à la Citadelle, alors on s’en pourrait fort bien ferviren faifantdeux Ponts, dont l’un communiquerait du Baftion dans la Ville, & l’autre de la Citadelle dans le même Baftion. Tellement que fi la Ville ou la Citadelle venoit à être gagnée, l’Affiegé, qui conferveroit encore l’une ou l’autre, pourrait tenir bon dans le Baftion, en rompant le Pont qui répondrait à la partie gagnée. Cela fe peut remarquer au Baftion A de la Ville de Breda, dont voici le Plan.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. H’
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- jîo LES TRAVAUX DE MARS,
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- Confruclion des Citadelles Jrregulieres ftuées fur quelques Hauteursproche des grandes Filles.
- IL fe rencontre des Villes qui ont leur Enceinte d’une étendue fortvafte, comme font celles qui renferment quantité' d’E-glifes,, deConvents, de Palais, & d’autres lieux magnifiques.
- Ou bien il arrive que ces grandes Villes étant fortifiées de tous cotez, les forces de l’Eftat, & les revenus du Prince ne fuffi-roientpaspourentrerenirlaGarnifonqu’ilyfaudroït: alors on fe contentera d’en fortifier feulement une partie, en y conftrui-fant une Citadelle félon les Maximes fuivantes;
- I. Pour cette Conftruétion, on choifiralelieudela Ville le plus élevé, & qui fans être commandé, püifife commander pour Je moins à un tiers de la Ville j On ménagera même fur la plus grande hauteur un Terrain que l’on fortifiera à part, pouffervir de Réduit au Gouverneur en cas debefoim
- II. Le Pofte que l’on fixera pout conflruire ia Citadelle doit toüjours avoir du côté de la campagne fon Terrain proche de quelque avenue de la Ville, ou du courant d’une Riviere : Et l’entrée de la Citadelle de ce côté-là doit être facile & commode, afin que le Souverain y puifïe faire entrer } quand bon lui femblera, des hommes & des Munitions.
- III. Surtout on aura foin que ce lieu ait quelquesfources d’eau vive, quelques Puits de bonne eau, ou du moin»quelques Cifternes : Car il ne faut faire aucun fonds fur l’eau qui vient de dehors par des Tuyaux, Rigoles ou Aqueducs, que les Aflic-geans ne manquent jamais de ruiner auffi-tôt qu’ils forment le Siégé.
- 1V. Si le Terrqin des Battions de ces fortes de Citadelles n’eft pas naturellement allez élevé pour commander fur les Mai. fons qui en font proche, on fera fur ces Battions des Cavaliers, qui par leur hauteur découvriront & feront feu fur les Poftes qni les environnent, & qui pourraient commander à ces Battions.
- On a fortifié de cette maniéré la Ville de Villa-Vicoza, demeure des Anciens Ducs dé Bragance, Ayeuls des Rois de Portugal qui régnent de nôtre temps, voici le Plan que j’en ai levé, & le Profil que j’en ai fait l’année itftfS.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 3;i
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- 35a LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjlruëlion des Citadelles Jrregulieres Jhuées proche des Villes Maritimes.
- î. T’Ai déjà dit, que les Villes Maritimes, étant la plupart J fur les Frontières de l’Etat, doivent être fortifiées av ec toute forte de précaution, principalement fi elles font grandes, & qu’elles ayent du commerce avec les Etrangers.
- II. Il eft même de la Politique du Souverain que le Com -mandement de ces fortes de Places ne foitpas toujours entre les mains d’un fèul Chef, de peur qu’un Gouverneur trop abfolu n’abufè de fou autorité.
- III. Il faut même que Ma, Çarnîfon , que le Souverain y entretient, ait un Commandant particulier, qui ne fçau-roit être mieux logé que dans une bonne Citadelle.
- IV. Il ne faut pas s’attacher rigoureufement au nombre dfesBattions de ces fortes de Citadelles ; mais il faut prendre garde avec foin, qu’elle commande en même temps, fi cela fe peut, à la Campagne des environs, à la Ville, & à (on Port. C’cfl ainfi que la Citadelle de Dunkerque a été con-ftruice.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 553
- Tara. I.,
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- OU L’ART DE LA GUERRE.
- Chapitre IX.
- Des Forts de Campagne j & de leurs Lignes de Communication.
- IL fe trouve quelquefois des Terrains fi petits & fi bigarres , que l’Ingenieur avec tout fon art n y peut conftruire aucune des Figures Regulieres pu Irregulieres que j’ai proposes ci- devant î neanmoins il y a fouvent une neceffité de fortifier auüi bien les petits Poftes que les grands, principalement quand ils commandent à de grandes Villes , ou qu’ils & trouvent fur leurs Avenues, ou à l’extremité d’un Pont, & de quelqu’autre pafiàge confiderable, qu’il fautne-ceflairement occuper. C’eftpoury remedierque je propofe dans ce Chapitre plufieurs Fortins de differente Figure, afin que félon la petiteflé & l’irrégularité du Terrain, on puiûe fè fervir des uns ou des autres.
- Z *
- Notai
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- tf<s LES TRAVAUX DE MARS,
- Noms des différons Forts de Campagne.
- A Eft eft un Fort Triangulaire à Demi-baftions.
- , B, eft un Fort Triangulaireà doubles Demi-baftions. C, eft un Fort Triangulaire à Battions plats.
- D, eft une Redoute ou un Fort Quarré.
- E, eft un Fort a Tenaille.
- F, eft un Fort Quarré àDemi-baftions.
- G, eft un Fort Quarré à doubles Demi-baftions.
- H, eft un Fort à Chemift.
- ï, & K, font des Forts à Etoille à cinq & à fix pointes.
- L » eft un Fort à Cornes.
- Metho*
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- OU L’ART DE LA GUERRE, j;?
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- j;3 LES TRAVAUX DE MARS,
- JMethode de fortifier les Forts de Campagnè
- en Triangle.
- U)rfquc le Terrain d’un Commandement, onde quel-qu’autre lieu , eft de Figure Triangulaire, ou que cette Figure eft la plus commode pour enfermer & fortifier le Pofte dont l’on veut s’aflurer, on fera aux extremitez de ce Terrain desDemi-baftions, en cette maniéré.
- On divileraun des cotez du Triangle ABC en trois parties égales: on prolongera le côté AB en E, d’une de ces parties, pourlèrvir de Capitale. Sur le côté BC on prendra pour Demi-gorge B F, de la grandeur de B E ; puis au point F on fera'le Flanc F H, de la moitié de B F, & l’on tirera HE pour la Face, & le Demi-baftion fera achevé. Ce qui é-tant pratiqué fur les autres cotez & Angles, on aura le Trian-gle, fi l’on y fait le Rempart & le Fofle, chacun des deux-tiers, ou de la grandeur du Flanc î ainfi que l’on peut remarquer au Plan du Triangle A, qui eft fortifié de même.
- On remarquera que fi le Triangle n’étoit pas precifément régulier, c*eft-à-dire, fi les cotez n’étoient pas tous égaux, ou les Angles d’une meme ouverture, on pourra neanmoins le fortifier avec des Battions ou des Ouvrages à Cornes, fur cette Maxime, que les Angles flanquez des Battions & des Demi-baftions ne loient jamais au deflous de 60. Degrez ; ainfi qu’il fe peut remarquer au Plan de Clermont, proche de Sainte Menehould.
- Les Triangîes à doubles Demi-baftions fe conftmifent fur les mêmes réglés.
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- ©U L’ART DE LA GUERRE,
- sîa
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- (3ffo LES TRAVAUX DE MARS,
- Afethode défaire un Fort à Etoille.
- QUoi que la Conftruétion de ces Forts ne fe devroit donner que dans le Traité des Sieges, parce qu’ils font dun grand ufage pour fortifier les Lignes de Circonvallation, le Parc de l’Artillerie, & le Quartier des vivres : neanmoins comme leur Figure eft fort commode pour enfermer de petits Châteaux , des Eglifès, des Chapelles, des Fontaines, & d’autres lieux particuliers, qui fè rencontrent proche des Villes $ on les conftruira, tant fur le Papier, que fur le Terrain, en cette maniéré.
- I. On fera une Circonférence, dont le Diamètre fera de h grandeur que l’on defire l’Ouvrage ; ÔC cette Circonférence fe divifè en (jx parties égales, pour avoir fix cotez égaux.
- II. Que file lieu a fbn Centre incommodé, on fait ces fix cotez avec l’Angle de bois, ou Mefurangle, ainfiqu’ila été dit dans la Conftruétion des Places fur le Terrain, Chapitre X. page i <)0. du premier livre.
- III. Les fix cotez étant tracez, on en divifèra un, comme BC, en quatre parties égales j &fiir le milieu Donéle-vera la Perpendiculaire DA, égale à une de ces quatrièmes parties: puis pour avoir l’Angle rentrant, ou de Tenaille, on tirera les Faces B A, CA. Ce qui fè pratiquant fur les autres cotez, on achèvera l’Etoille : son Rempart fera comme celui des Ouvrages précedens.
- IV. De cette maniéré a été fortifié le Fort de Quenoké en Flandres. Pour celui de Rebus, qui eft au bas de la Planche, il fervira d’Exemple, pour montrer que l’on fait ces Forts de plufîeurs maniérés ; mais toûjoursavec cette condition, que leurs Angles fàillansne foient jamais plus petits que de tfo.Degrez; car alors il faudroit prolonger ou couper ces cotez, ou bien élever quelque piece détachée au devant.
- JMetht*
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- OU L’ART DE LA GUERRE. ;<i
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- 3Si LES TRAVAUX DE MARS,
- •V _
- JMethode de fortifier un Quatre.
- Lors qu’on veut fortifier quelque Pofteou Château, &
- 1 qu’on ne juge pas que le lieu mérité la dépenfe d’y con-fhuire des Battions, ou que le Terrain n’en permet pas la Conftru&ion, alors on y fera des Demi-baftions en cette maniéré.
- I. Après avoir divifé un des cotez du Quarré AB en trois parties égales, on prolongera ce même côté d’une de ces parties , comme de B en E, pour fèrvir de Capitale. Sur l’autre côté BC on prendra BF, pour Demi-gorge, de la grandeur de BE : puis au point F on fera le Flanc FH de la moitié de BF , & l’on tirera HE pour 1a Face ; & le Dëmy-baftion fera achevé.
- 11. On pratiquera la même chofè pour couvrir les Angles: & pour les Remparts, Parapets, & Foflez, on fnivra les Maximes precedentes ; & le Quarré fê trouvera fortifié , comme il le void dans la figure D.
- 111. Toutefois fi le lieu du Quarré à fortifier, étoit con-iîderable , & qu’il méritât la dépenfe d’une bonne Fortification , alors on tâchera de le fortifier , ainfi que je l’ai enfèi-gné dans les pages 81. & 84. du premier livre.
- IV. Mais file Terrain étoit de Roc, fort efcarpé, on. que ce fût quelque Cap de Mer, & Promontoire, il fau-? droit alors s’accommoder àla nature du lieu; & s’il n’éroit pas pofliblede couvrir les Angles avec des Battions ondes Demi-battions, on fera fur les cotez des Battions plats ; comme on peut remarquer au Fort de Blavet.
- Ces Battions plats, quoi qu’ils ne tirent leur défenfe que des cotez du Polygone, ne laiflent pas d'être d’un fort bon ulàge; puifqu’à ces fortes de Places, qui font avancées dans les eaux, on ne fait jamais les approches par des attaques Régulières , comme on fait aux Places fituées en Plat-païs.
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Jldcthode de fortifier un Quarrê-long.
- Quoiqu’il y ait pin Heurs voyes pour fortifier les.Qùar-rez-longs, nous eftimons celle-ci préférable à toutes les autres, comme étant la plus approchante des Maximes de la Fortification Reguliere.
- I. Pour faire leurs Battions, on déterminera leurs Demi-
- gorges de la cinquième partie d’un de leurs petits cotez les Capitales d’une troifiême, afin de tirer les Défenfes des ex-tremitez des Capitales aux Demi-gorges. Enfuite, on fera au point des Demi-gorges les Angles du Flanc perpendiculaires, ou de 8. degrez d’ouverture , & l’on tirera le Flanc qui fera déterminé par,1a rencontré de la Ligne de Défenfe. •#;
- IL Les Faces re tireront dé l’extremité des Flancs , ju£ qu’aux pointes des Capitales.
- III. Pour les grands cotez, on fera au milieu un Bafticiii plat, comme le marqué Av ou ünè Avance, comme Là marquée B, qui aura autant de Capitale que de Gorge ; & chacun
- foit double du petit.
- IV. Le Château dé.Mufly en Lorraine ett bâti fut lefom-met d’une hauteur : il à.ioh pied fortifié prefcjuë de cette manière, ainfi qu ou le peut remarquer dans Ion Plan.
- Gét Exemple ièrvira pour montrer, que',:quand les Quar-rezne font pas Réguliers, on approprié leurs Battions & leurs Avances en tellenaaniere , que,leurs Angles laillans ne foient jamais au deflous de do. degrez d’ouverture, ni la longueur des Défenlès au de-là de 2 oo; ou i 20. toifes.
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftton des Redoutes.
- LEs Redoutes fervent quelquefois pour fortifier les Lignes i de Circonvallation, . & de Contrevallation ; fur tout, elles font fort ufitées pour afiûrer la conduite des Tranchées & la communication des Boyaux.
- I. Celles qu’on éleve pour la Défenfe des Lignes de Circonvallation font quarrees, ou en lozange : un de leurs cotez fait face du côté de la campagne, oubienellesyprefentent une pointe de leurs Angles, afin que les cotez qui forment ces Angles foient défendus de la Ligne de Circonvallation, comme on le peut remarquer en celles qui font reprefentées dans le Plan du Siégé de Grave. Les unes & les autres font marquées des lettres A, & B.
- 11. Les Demi-redoutes , que j’ai dit fervir quelquefois pour la Défenfe des Lignes de Circonvallation r font particulièrement employées pour les Lignes de Contrevallation, ainfi qu’on les voit diftribuées dans la Ligne de Contrevallation de ce Siégé, où elles font marquées de la lettre C.
- III. Les Redoutes n’ont point de grandeur déterminée, les unes étant de dix à quinze toiles d’étendue en quarré, plus ou moins, félon la neceflité du Terrain, & le nombre des gens qu’on y veut pofter.
- IV. Les Redoutes ou Demi-redoutes, qu’on éleve aux Lignes de Circonvallation , onttoûjours leurs Fofïèz du côté de la campagne.: Scies Redoutes ou Demi-redoutes, qu’on conftruit fur les Lignes de Contrevallation ', ont leurs Foflez du côté de la Ville, de la largeur environ de quatre à cinq toi-fes. Pour leur Rempart, qui n’eft proprement qu’un Parapet , il s’élève de huit à dix pieds au defîus du Rez-de-Chauf-fee, ayant trois ou quatre Banquettes pour clever le Soldat commis à la défenfe de la Redoute.
- Des
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- *68 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Forts détachez.,
- AYant que de parler des Commandemens qui fe rencontrent proche des Villes, voici quelques Maximes que
- I. Lorfqu’aux environs de leurs Villes, & au de-là des Fortifications de leurs Pla'ces, il fe rencontre quelques Bafles-villes ou Fauxbourgs, lefquels pour leur trop grande étendue ne peuvent être enfermez de l’Enceinte de la Place, ou que leur Fortification étant fort baffe, peut être fort aifémentef-caladée ou démolie par l’ennemi: Alors les Gouverneurs de ces fortes de Villes doivent avoir foin de faire élever quelque Fort fur leurs avenues , à la diftance de la portée du Canon, ou environ,afin que les Gardes qui y fèrônt envoyées puiflent découvrir l’Ennemi, 8c empêcher la furprife de ces baffes Villes ou Fauxbourgs. Comme je faifois ma charge d’ingénieur, l’année 1667. nous furprîrnes le zo. de Décembre la baffe Ville d’Albuquerquè, pour n’avoir pas eu de ces forces de Forts, pour découvrir 8c arrêter nôtre Marche.
- II. Ces Forts feconftruirontaufli bien du côté de l’Etat, que du côté de l’Ennemi, afin que ceux de la Ville foient en ailûrance de toutes parts.
- III. La Figure de ces Forts fora félon la necefïité du Terrain, c’cft-'a-dire, en Redoute, en Tenaille, ou en Etoille.
- IV. Leur Foflé fe fera le plus creux & le plus large qu’il fora pofîible, c’eft- à-dire, du moins de trois à quatre toifos de largeur j & d’une & demie ou deux de profondeur, pour éviter l’Efcalade ; & on en fraizera les Remparts pour empêcher la defertion des Soldats. On les fera comme ils font def-finez dans la page fuiv apte.
- Metho*
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- OU L’ART DE LA GUERRE, 3«Æ
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- )7» LES TRAVAUX DÊ MARS,
- Méthode de fortifier les Commandement qui fe rencontrent proche des Ailles.
- I. T Orfqu’environ la portée du Cânon, plus ou moins, il
- I ^ fe i encontre de grands Commandemens, ou de pei tires Montagnes auprès d’une Place, on les fortifiera $ afin d’empêcher que l’Affiegeant né s’en rende maître dés le premier jour du Siégé, & qu’ils ne lui fervent avantagea-fement pour l’ouverture & la conduite dé les Tranchées, qu’il pourroit ailément pouffer ÿufques fur les Contrefoar-pes de la Place.
- IL Comme ces Commandemens font éktrémement nuifibles , principalement quand ils ne font pas fort éloignez des Places, ils doivent être fortifiez avec des Forts de campagne, conftruits comme nous venons de dire. Ils doivent être revêtus d’une forte Chemife , & foûtenus d’un bon nombre d’Efperons , pour les rendre de plus longue durée. *
- *
- III. Pour leur grandeur & leur Figure, ils doivent toûjours être allez grands pour occuper tout ce qui eft ac-ceflible fur le Terre-plain de ces Comnîandemens , pour fe flanquer;
- IV. Ainfi on ne s’arrêtera nullement au choix des Figures particulières $ quelque forme bizarre que ces Forts puif-font avoir. C’eft ce qu’on peut remarquer dans le Plan & aux environs de la Ville de Setuval* que j’ai levé par l’ordre du Roi de Portugal5 lè fixiême May i66jï
- *
- Met ho-
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- ©U L’ART DE LA GUERRE. «ï
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- -07Ï LES TRAVAUX DE MARS,
- Jlitthode défaire des Ligrtes de Communication qui répondent des failles aux Forts.
- LOrlqu’on a fait des Forts confiderables pour gagner les Poftes qui pôurroient commander la Ville ou fes avenues, & qu’on veut aflûrer la Marche de ceux qu’on y envoyé en garde, & empêcher que les Affiegeans ne les enlèvent entre la Ville & les Forts, on y fait des Lignes de Communication en cette maniéré.
- I. On fait deux Foflêz des deux cotez du Terrain qu’on veut enfermer, &C la terre de ces Foffez fe jette du côté du Terrain où l’on fe veut retrancher, afin qu’elle ferve à faire un Parapet, qui doit être, fi faire fe peut, à l’épreuve de i’^rtillerie.
- II. Quand les Forts font proche des Villes, on fait leur FofTé de leur Parapet en ligne droite, tirant leurs Défenfes des Faces des Battions de la Ville, & des Forts qui fe communiquent.
- III. Mais s’ils en font beaucoup éloignez, oii fait ce Fof-fé & fon Parapet en Angle (aillant, pour fe flanquer avec plus d’avantage; même on les accompagne de Redoutes, & de Demi-redoutes, & quelquefois de Forts tout- entiers.
- IV. L’Exemple des uns & des autres fe voit dans les Lignes de Communication de Villa-nova 4 fituée proche de la Rivière de Minho en Portugal.
- Fin du Premier Volume.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, m
- •VtexjuroYA
- Jj’latte &rorîd vànde^bvtetL
- i art, CemeertfchtifS HnU.ti.vtm.
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- TABLE ALPHABETIQUE
- ’ •
- PREMIER TOME
- DES
- TRAVAUX DE MARS
- O U D E
- I/ART D E LA GUERRE.
- A.
- Ailes.
- Angle aigu,
- jtf.58 16 ibid. Md. 184.19b
- A ngle circulaire.
- Angle Curviligne.
- Angle de Bois.
- Angle de la Circonférence. 54 Angle de la Courtine. Md. Angle de l’Epaule. ibid. Angle droit. i<5
- Q> t
- Angle du Baftion. 54
- Angle du Centre. ibid. Angle du milieu de 4a Figure. ibid.
- Angle du Polygone, 54.190 Angle du Flanc. 54
- Angle flanquant. Angle flanqué. Angle mixte.' Angle mort. Angle obnis. Angle plan.
- Angle rediligne.. Angle rentrant de fearpe.
- Angle (aillant. Angle folide. Angles rentrans. Angles (ortans. Angle vif.
- Arc de Cercle. Armée Royale. Attaque.
- ibid.
- ibid.
- 16
- 54
- 16
- ibid. 1(5. 31 la Contre-
- 54
- ibid.
- 16 6
- ibid.
- 54 !4 50.80 68
- Avance.,
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- T. A I L E.
- Avance. 318
- Avant - fofle. 106.2 56 C.
- CAmp. j\
- Capitale d’un Baftion. 50
- BAnquette. 61 Carmin. 1 46
- Barlpng. 20 Cartouche. 64
- Barraques. 72 Càvains. 326
- Barricade. 71 Cavalier. 65
- Baftion. 8.50.64 Cazemate. 5 c
- Baftion à Tenaille. 246 Cazernes. 66
- Baftion camus. ibid. Centre. 14
- Baftion compote. ibid. Cercle. ibid,
- Baftion détaché. ibid. Chaîne. 206
- Baftion double. ibid. Chandelier. 70
- Baftion en Angle rentrant. Châteaux. 139
- ibid. Chaulle-trappes.. ?d
- Baftion plat. ibid. Chemin-couvert. 52.62.106
- Baftions Royaux. 50.80 Cheval de Frite. 71
- Batteriecreuiée. 70 Circonférence. 14.36.42.50.
- Batterie enterrée. ibid, 186
- Batterie foudroyante, ibid. Citadelle. 65.137
- Batterie Royale. 70 Citerne. '66
- Batteries. ibid. Cofre. ibid.
- Batterie fimple. 70 Commandement. 514
- Baze du Rempart. 51 Compas de proportion. 28
- Bêche. 184 Contregardes. 246.328
- Béfroi. 66 Contremine. 65
- Beiiers. 4 Contrefcarpe. 6. 5*. 62. iïô
- Berme. 61.104 Corbeilles. 71
- Bonnet à Prêcre. 58.118 Cordeaux. 184
- Bonnettes. .246.318 Corde. ’ 14. j.8
- Boulevard. 64 Cordon. 6i
- Bouftole. 200 Coridor. 52.62
- Boyaux. 68 Corne. 58.12P
- Brèche. ibid. Corne à double Flaiic. 5 8.
- Brouette. 184 lit
- Aâ 4 Ctfrtië
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- E.
- ’ A B L e;
- Corne couronnée. 58.124
- Corps. 20
- Corps opaques. 168
- Côté du Polygone. 50
- Couleurs. 136
- Couronne. 58.132.134
- Couronnement. 58
- Çourtine.
- Créneaux. 4
- Cube. 2Q
- Çunette. 62
- Çuyette. ibid. *
- 1"'\Ecagone. 74
- JU* Devrez. 14.30
- pemi-baftion. 124.246
- Demi-cercle.4. 30. 184.200 Demi-diametre. 14
- Demi-gorge d’un Baftion. 50 Demi-lune. 56.112
- pemi-lune à Contregarde.
- 5»
- Demi-lune détachée. 310.
- 512
- Diagonale. 20
- Diamètre. 14
- Diftance des maifùns au Rempart. 60
- Dodécagone. 74
- Ponjon. 66
- Çouble Baftion. 246
- EBauchoirs. 174
- Echauguette. 6&
- Echelle. 24.266
- Echoiiées. ( barques ) 306
- Enceintes. 2. 6
- Endecagone. 74
- Enluminures. 136
- Enneagone. 74.78
- Epaulement. 314
- Elcalade. 6S
- Efcarpe. 62
- Elplanade. 5 a
- F.
- F Ace d’un Baftion. 50 Face d’une Place. 51
- Falcines. 70
- Factionnaire. ' 7 a
- Fantaflin. ibid.
- Faillie-braye. 6.514
- Fer-'a-chevai 246
- Fermoirs. i8q
- Figure plane. 12
- Figure lôlide. ibid.
- Flanc. 51
- Flanc-bas. <>4
- Flanc oblique. 51
- Flanquer. 80
- Flèches. 66.246.3 24
- Feu de la Courtine. 51
- Fondrières. 3 20
- ^orr. 56.13$!
- Fort
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- TABLÉ.
- fortàchemife. 72 Heptagone.
- FortàDemi-baftions. ibid. Hexagone.
- Fort à Tenaille. ibid. Hoyau.
- Fort de campagne. 308 Huttes. Fortification ancienne. 4 Fortification artificielle. 46 J.
- Fortification défenfive. ibid.
- Fortification irriguliere. ibid. TChnogfaphie. Fortification moderne, ibid. Jjnfulte. Fortification naturelle, ibid. Jours; Fortification ofienfive. ibid.
- 74-78
- ibid.
- 184
- 7Z
- 68
- 168.176
- Fortification reguliere. ibid. Folié, 52.62.98
- Fofl'é a fond de Cuve.81.316
- L.
- Fofié d’eau. Folié lec. Fraifes.
- H7
- ibid.
- gne.
- G.
- ï ^
- JL*Ligneà l’Equerre. Ligne à plomb.
- ^ 5 Ligne courbe.
- Ligne d’Approche.
- id
- 16
- ibidi
- 16
- 68
- Ligne de Circonvallation. 71
- Ligne deCommunication.68
- CTVoions. 71 Ligne de Contrevallation. 70
- JGaleries mobiles. 4.71 Ligne de Défenfe. 52
- Garde-fou. 61 Ligne de Défeule razante. 52
- Glacis.
- Gomme-gutte; Gorge d’un Ballion; Graine d’Avignon. Grandes Villes. Grands Royaux. Guerite.
- H;
- 52.62. 100 Ligne de terre.
- 136 Ligne droite.
- 50 Ligne du Centre;,
- 136 Ligne flanquante.
- 140 Ligne Horizontale.
- O
- Ligne Mathématique, Ligne phyfique. Lignes parallèles.
- 25T»
- 66
- 60
- 16
- 52
- 48
- ici)
- ibid.
- 16.22
- Lignes perpendiculaires. 16.
- tt
- Xl
- TAchûres. 168; 170 Lifiere.
- Hauteur du Rempart. Logemcns.
- 60 Logemenr du General
- 24
- 61. 6z
- lOcf
- . 7*
- Longs
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- TABLE.
- Longs cotez. Lozange.
- 249
- 20
- M.
- \yTArais. Jl vJL Marchez, 320 64
- Mâchicoulis. 4
- Mailloches. 184
- MailonS, 64,102
- Mantelet. 7i
- Mefurangle. 199.200
- Mine. 68
- Minutes. 14
- Modeler. 174. fuiv.
- Moineaux. 110
- Moules. 178
- Moulûres. 180
- Moyennes Villes. 140
- Moyens cotez. 249
- Moyens Royaux. 250
- N.
- J^îveau. 60
- 0.
- y"\Ctogone. V--' Ombres. 74.78 168. j 70
- Parties égales. Pas de louris.
- Grillon. 65
- Orthographie. 48
- Ouverture de la Tranchée.70 Ouverture des Angles. 16
- Ouvrage.
- P Alidades. 62.100 Palilîàdes de Camp. 71 Paliflàdes ferrées. ibid. Panneau. 180
- Parapet, f 1.60. <51.62.98 Parc d’Artillerie, 72
- 28 61
- Pâté. '1&> 246
- Pentagone. 74 78
- Petites Villes. 140
- Petits cotez. 249
- Petits Royaux. 2 $ o
- Pied du Rempart. 51.60 Piquets, 184
- Place. 5 6
- Places-balTes. 64
- Places d’Armes. H 102
- Places publiques. 64
- Plan. 184.188.190.192 Plan Ichnographique. 76 Plan Topographique. Place-forme. 65.246
- Point. 10
- Point angulaire. 16
- Polygones. 20.40.4 6
- Pont dormant. 66
- Pont-levis. ibid.
- Portée du moulquet. 80.88 Portes. 66.98.260
- Profil. 60.68.180
- Qua-
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- t A B L E.
- i^XUadrilateres. 20
- Quarré. 20.74
- Quart de Cercle. 14
- Quartier des Vivres. 7»
- Quartier du Roi. ibid.
- Queuë de la Tranchee. 70
- Queue d’Irônde. 56.118
- R.
- TJ Ameaux. H
- XV Rapporteur. 30
- Ravelin. 56. IIO
- Ravelin à Contregarde, 58
- 130
- Rayon. 14
- Rayon de lumidte. 168
- Rectangle. 20
- Redans. 6
- Redoute; 68.72
- Réduit. 66
- Relais. 61.104
- Rempart. 60.98
- Retranchement. *5
- Revêtiflement. 61
- Rez-de-chauflëe. 48.6Ô
- Rhombe. 20
- Rhomboïde. ibid.
- Rideau. 109.3 14
- Rofette, 136
- Rue. 60. 102
- S.
- ÇAcs-à-terre. fl
- OSauciflons. 7*
- Scénographie. 48
- Second Flanc.
- Sentinelle. 7*
- Sillon. 246.305
- Solide. l6
- Sommet du Rempart* <5 0
- Soutendantc. n
- Superficie. l z
- T.
- *ThEinte. 168
- X Tenaille. 56.116
- Tenaille double. ibidi
- Tenaille d’une Place. 51
- Terme. IZ
- TerrafledelaVillc. 66
- Terre à potier. 174
- Terre-plain. 6î
- Tête de la Traticliée. 68
- Tête d’Ouvrage. 5*
- Terragone. 74.78
- Tilleau. 180
- Toife. 184
- Traînée. 306
- Tranchée- 68
- T ransfuge. 218
- T rapezc. 20
- T rapezpïdë. ibid.
- Traverses. 312 Triaa-
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- TABLE.
- Treillis. 226
- Triangle Ambiigone. 18 V.
- Triangle Equilatéral, ibid. 74
- Triangle Ifolcele. 18 "Y TEdette.
- Triangle Oxigone.. ibid. V Verd-de-gris.
- Triangle redtangle. ibid. Villes.
- T riangle fcâlene. ibid.
- Fin de la Fable du Premier Volume,
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