Les travaux de Mars, ou l'art de la guerre divisez en trois parties
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- TRAVAUX DE MARS,
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- L’ART DE LA GUERRE,
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- TOME SECOND.
- CONTEN A N T
- La maniéré de conftruire & de fortifier toutes fortes de Villes & de Places i félon toutes les di verfes maniérés qui ont été inventées jufqü’à prefent par les plus S ça vans Auteurs s & les plus Fameux Ingénieurs qui ont traitté de cette Science : comme ERRARD, MAROLOIS, FRÏTACH, STEVIN, DOGEN, MARCHI, SARDI, DE-VILLE, le COMTE DE PAGAN & autres. Avec des Remarques fur les avantages & les defavantages de leurs Méthodes ; & le Parallèle de leurs Conftruétions avec celle de l’Auteur > & d’amples Diflertations pour & contre l’ufage des Cazema-tes, des Faufles-brayes , & des féconds Flancs : enfemble les raifons de l’Auteur, pour les Flancs & les Cazemates de fes Places.
- DEDIEZ AV ROY,
- pAR ALLA IN MANESSON MALLET, JMaître de Mathématiques des Pages de la petite Ecurie de Sa Majejlé, cy-devant Ingénieur èr Sergent-Major d'Artillerie en Portugal.
- 4
- Derniere Edition, revue, & corrigée d’un grand nombre de qui écoient reliées dans toutes les precedentes
- A LA HAYE,
- Cllcz HENRI van BULDEREN
- Libraire, dans le Pooten, à l’Enfeigne de Mezeray*
- M; D C. X C V I
- ^4 V E C E\IVILL<3E.
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- P R E F A C E.
- ’Ai long-temps balancé fur l’ordre que je devois tenir dans cette Seconde Partie , & apres avoir beaucoup de fois confulté mes Amis fur mes fcrupules , je me fuis enfin déterminé fur cette Lettre que m’envoya un des plus zelez d’entr’eux. Je veux bien la rapporter icy, non feulement parce qu’elle fait à ma décharge, mais encore parce qu’elle eft pleine de Reflexions > qui peuvent fervir fur d’autres matières.
- MONSIEUR,
- On dit que vous avez, changé le deffeinque vous aviez fait d'examiner dans vôtreLivredeFortifica-tion les differentes Maximes des fameux i_yïutheurs qui ont traité le mêmefujet & que far unfentiment de modejiie vous craignez qu'on n'empoifonne vôtre intention , & qu'on ne vous accufe d'avoir voulu donner quelque atteinte à la réputation de ces Grands Hommes. Mais parce qu'il fe rencontrera quelques mauvais interprètes de vos deffeins j faudra-t-il que vous priviez le Publie de ce qu'il y a de meilleur
- * 3 dans
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- PREFACE.
- dans U Science que vous expliquez, J & que vous fupprimiezlafeule chofe qui peut donner les véritables lumières dont les Hommes du Métier ont befom ? Vous ne nous donnerez pas une Cenfure 3 mais une Differtation & ce ne fera pas juger fouverainement que de dire vôtre penfée. L es Honnêtes Gens dijlm-gueront toujours bien la critique d’un Homme qui veut chicaner j d’avec celle d’un Homme qui veut faire des Remarques. Et qu’ont fait 3 apres tout, les mêmes Autheurs que vous voulez épargner 3 par une délicatefje un peu trop fer upuleufe ? Us n’ont pas écrit tous en un même temps 3 <& à remonter de l’un à l’autre j il faudrait donc conclure que celuy qui travaillait après un autre 3 auroit voulu déchirer celuy qui l’avoit précédé ; car ils nefont jamais convenus des mêmes Maximes. Les Sciences & les Arts nefer oient pasfifiorijfans que nous les voyons yf chacun ne s’ètoit picquè d’une louable émulation pour renchérir les uns fur les autres. Le Silence régnerait dans le Barreau & dans les Ecolesdés qu’un Orateur aparté, ilfaloit que chacun foufirivit àJon
- les fpavantes obfervations de ms derniers Ajtrcno-m0s auroient été bien frivoles, s’il avoitfalu Je tenir au Syfteme de Ftolomée. blotre Jiecle auroit été privé du fecret merveilleux des Logarithmes de celuy du Telejcope, des Pendules, & de mille autres rares inventions 3 s’il n’eût produit des Hommes qui ont ojè r’envier fur tant de grands Genies de
- l’Anti-
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- PREFACE: Vt_Aniiquité. Vous fçavez ce beau mot qui ejl fi commun parmy les DoCtes j Multùm egerunt qui ante nos fuerunt, fed non peregerunt. Vous porteriez , vous autres Meffieurs > le nom d’Ingénieurs bien mal à propos, fi vos tàlens étoient bornez aux /impies connoifiances que vos Devanciers vous ont lai/Jées. Dans cet Art j & dans toutes les autres Notions de l’Efprit j on s’accommode aux conjonctures des temps j & félonies nouveaux accidens on cherche de nouveaux remedes. Qui doute quefices grands Hommes de VAntiquité vivoient àprejent, ils nefijjent eux-mêmes des Rétractations de beaucoup de leurs Maximes? Et perfonne nelesenblâ-meroit ; car s’ils n’ont pas fait les chofes dans Vexacte perfection > on peut dire d’eux ce que dijoit Seneque avec tant d’efprit des méchantes Foëfies de Cicéron: Non fuit Ciceronis hoc vitiiim, fed temporis. En un mot Monfeur ^ votre circonfection ne fera pas expliquée au/fi favorablement que vous le penfez & quand vous paroitrez indulgent pour les fautes d’autruy j on croira que c’efidans l’efper ance que tour à tour j on le fera auffi pour les vôtres ; & que vôtre Jilence viendra plutôt de vô-tre timidité que de vôtre difcretion. Mais dites-moy fi ces Autheurs-là j &figeneralement tous les autres qui fefontfacrïfiez au Public ont prétendu qu’on n}oferoit dire mot de leurs productions? Il faut que vous vous abandonniez à la même deftinée qu’ils ont eue: On ne vous épargnera pas: Et bien vous en prendra d’avoir répondu par avance j & d’avoir
- * 4, encore
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- PREFACE.
- btcôre àprefent deux fortes raifons à oppofer de vive voixjnais deux raifons qui valent les deux meilleurs Problèmes d’Euclide jC’eJl VExpérience de vos fer-vices paffez j & V offre d’aller ejfuyer le feu, autant en Soldat qu’en Geometre j quand l’honneur de fer-vir le Roy vous y appellera. C’eft-là que la dijpute ejlglorieufe j&la bravoure légitimé.Il fer a alors permis à qui voudra j de Je battre & de Je couvrir à la Maroloise & à la Dogen. Mais en attendant j pourquoy ne pas faire unpaifible & jufle difcernement de toutes leurs Maximes ? Malgré vôtre mode fie Politique voicy un party à prendre, qui ejl fort honnête. Les gens qui portez de pafjionpour quelqu’un de ces Autheurs crieront le (qui vive ) en leur faveur , ne le feront que par un Ejprit ou de préoccupation j ou de curiojitê ou de bizarrerie. Contentez tout-à-la-fois ces trois fortes de perfonnes : Donnez-leur dans vôtre Livre ce que tons les autres Livres ont de plus ejjèntiel pour la Fortification. Ce Recueil s'accommodera au goût de tout le monde j & chacun y choifira ce qu’il voudra preferer. Tous ces Fameux Ingénieurs que le Temps, le Climat & les fentimens ontfi fort feparez P un de l’autre Je vont trouver enfemble par vôtre moyen. Jamais Officier nefit de fi belles Troupes ^ & vôtre Livre aura quelque chojè d’invincible ± quand il aura fait un Corps confiderable de tous ces grands Hommes. Après cela de quoy vous accuj'era-t-on ? Sera-ce les vouloir détruire que de les produire de la forte ; & fi qtielqu’un d’eux efl encore employé&Jûivi dans Jès Maximes
- pour
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- PREFACE.
- pour la ConftruÏÏion ou pour la Conquefle d’une Place j ne luy aurez-vous pas fait reprendre le Piquet d’une main & le Mantelet de Vautre ? AinJÎ vous aurez, fervym^quelque façon à les deterrer. Vnlà jujlement ce que vous demandent ce grand rej-peffi & cette profonde ejiime que vous avez pour eux, & voilà les raifons que fai données à tous nos amis pourjuftifier le deffein de vôtre fécondé Partie. Je leur ay promis que vous y cederiez^ parce que fai toujours cru que vous Jçaviez trop-bien la Guerre pour ne pas ceder à la force abfoluè de laRaiJon, ér pour ignorer que larefiftanceeji criminelle quand elle tient plus de V opiniajireté que du devoir. Me voilà donc affûté d’avoir vaincu celuy qui enfèigne V Art de vaincre : je vous auray contraint de cht-caner le Terrain contre tant de Grands Autheurs ; mais après ma Victoire vous ne verrezjamais rien de plus fournis que
- Vôtre tres-affe&ionné ferviteur&ramy,
- G. GUILLET DE S. GEORGES.
- Je mé fuis donc rendu aux raifons d’une Lettre fi perfuafive, & je ne donne pas feulement au Public les Méthodes de Fortifier de nos plus Sçavans Autheurs j mais encore les differentes Reflexjons que j’ay faites fur les Maximes de chacun d’eux. Qu’on ne s’étonne pas d’y trou-
- * < ver
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- PREFACE.
- ver quelquefois des redites. Quand ils fe font rencontrez comme de concert dans un même fen-timent, on ffa pû les combattre que par les mêmes raifons. D’ailleurs je me fuis imaginé que s’il fe trouvoit quelque Curieux qui affe&ât particulièrement quelqu’une de ces differentes Méthodes , il fe contenteroit de voir ce que j ’oppo-fe aux autres. Chacun de ces grands Hommes a prétendu que la bonne Défenfe d’une Place dé-pendoitdefaire grand Feu* & moy je pretens taire ce grand feu de durée, en rendre l’effet inévitable , en affurer la défenfe, & la couvrir avan-tageufement contre l’effort de PEnnemy. C’eft-là l’effentiel de la Fortification j le refte n’eff guère confiderable. Aufli je prie les perfonnes qui examineront mon Livre, de s’examiner eux-mêmes * & s’ils font gens de Cabinet & de fpe-culation, de ne pas prononcer fouverainement fur une chofe qui ne doit être jugée que parles gens qui ont du fervice. C’eft ainfi qu’il faut venir au fait, & ne pas confondre une Théorie mal digerée avec une Pratique bien entendue.
- T A-
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- TABLE
- DES
- CHAPITRES
- Contenus dans le Second Tome DES
- TRAVAUX DE MARS,
- O U
- L’ART DE LA GUERRE.
- LIE RE TROISIEME.
- De la Conftru&ion des Places félon divers Autheurs, & de iavantage'de leurs Méthodes.
- Chapitre Premier.
- RAifons de laConflruCtiondel* Auteur. Page I
- Objectons contre l’ujage des Baflions. Z
- Réponjes aux objectons que l'on fait contre l'ttfage des Baflions. ibid. Raifons des Flancs des Baflions de l'Auteur. 6
- De la longueur des Courtines des Places de I Auteur. îo
- Objections contre les Courtines. 1z
- Rfponfes aux objections contre les Courtines. 14
- De la longueur des F aces des Baflions de l'Auteur. 16
- Des
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- teur.
- Table des Chapitres.
- Des Angles flanque^ ou des pointes des Baftions de F Auteur. I 8
- Explication des principales parties des Casemates de F Auteur. 2-0 ConftruBion des Casemates de F Auteur. 22,
- Des Canons 3 des Affufts, des Cartouches If des Casemates de F Au-
- ... ' 24
- 26 28
- 34 36 4i 44
- 4 f 46
- De F ufâge de F Artillerie des Casemates de F tuteur.
- Remarques fur les Casemates de F Auteur.
- Objections contre Fufagc des Casemates.
- Réponfes aux obje Bionsfaites contre F uf âge des Casemates.
- Remarques particulièresfur F avantage des Casemates.
- Homs des Places fortifiées félon la Méthode de l'Auteur.
- Chapitre II.
- Du calcul des Places de Fauteur.
- Des mefur es en general i? en particulier.
- Pour trouver géométriquement tous les Angles & tous les Cote^qui fervent à la ConftruBion des Figures de l'Auteur. 48
- Réglés generales de F tuteur pour F Extraction des Angles de J es Figures , appliquées à l'Exemple d'un Hexagone. jo
- Suite du calcul des Angles pour la ConftruBion des Places de l'Au-teur.
- Réglés generales de F Auteur pour le calcul des Lignes de fes Figures, appliquées à l'Exemple d'un Hexagone. 5-4
- Suite du calcul des Lignes pour la ConftruBion des Places de F Auteur. j 6
- Chapitre III.
- Des féconds Flancs3 des Cavaliers & des Fauffe-braycs. Des féconds Flancs.
- Des Cavaliers.
- ConftruBion des Cavaliers.
- Des \getranchemcns faits dans les Baftions.
- De F avantage des Fauffe-braycs.
- Du defavant âge des Fauffe-braycs.
- Chapitre IV.
- Des Fortifications d'Errard.
- ConftruBion des Places félon Evrard.
- ConftruBion des Casemates & Orillons félon Evrard. Explication particulière des Casemates félon Errard. Avantages de la ConftruBion d'Errard.
- Defavantages de la ConftruBion d'Errard.
- Parallèle de ma ConftruBion avec celle d'Errard.
- S9 ibid. 6 4 66 68 70 7S
- 7S
- 76 iffuiv. 82 ibid. 86
- 87
- 88
- Cha-
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- Table des Chapitres? Chapitre V.
- Des Fortifications de Marolois. 89
- ConftruBion des Places félon Marolois. De l’ExtraB. des Angles. 90 ConftruBion des Places félon Marolois.Du Calcul des Lignes fervans à la ConftruBion defes Figures, fur P Exemple d’un Quarré. 94 ConftruBion des Places félon Marolois. Calcul des Lignes d’un
- Hexagone. 100
- ConftruBion des Places félon Marolois. Méthode de defcrire le deffein d’une Forterejfe Hexagonale. 104
- ConftruBion des Casemates félon Marolois. 108
- Des Faujfe-krayes de Marolois. 11 2
- Avantages de la ConftruBion de Marolois. 114
- Désavantages de la ConftruBion de Marolois. 11$
- Parallèle de ma CenftruBien avec celle de Marolois. nâ
- Chapitre VI.
- Des Fortifications de Stevin. Il 7.
- ConftruBion d’un Hexagone félon Stevin» 118
- Hexagone achevé félon Stevin. 122
- Avantages des ConftruBions de Stevin. 124
- Defavantage s des ConftruBions de Stevin. 12$
- Parallèle de nôtre ConftruBion avec celle de Stevin. 126
- Chapitre VII.
- Des Fortifications de Fritach. 12J
- ConftruBion des Places f don Fritach. 128
- ConftruBion des P laces félon Fritach.De l’ExtraBion des Angles. 130 ConftruBion des Places félon Fritach. Du Calcul des Lignes. 134
- ConftruBion des Places félon Fritach. Exemple du Calcul des Lignes. 138
- ConftruBion des Places félon Fritach. Du projet d’une Forterejfe Jur le papier félon les Tables calculées. 144
- ConftruBion des Places félon Fritach, pour fortifier une Figure fans calcul. 146
- ConftruBion des Places félon Fritach. Maniéré de tracer les Figures fur le Terrain, lors qu’on en peut avoir le Centre. 148
- ConftruBion des Places félon F ritach. Maniéré de tracer les F igures fur le Terrain, le Centre en étant incommodé. 1 $o
- Des Cavaliers félon Fritach. I $2
- Des Plateformes félon Fritach. 15*4
- Des Faujfe-hrayes félon Fritach. I $6
- Avantages des ConftruBions de Fritach. 160
- Defavantages des ConftruBions de F ritach. 161
- Avantage du parallèle de nôtre ConftruBion fur celle de Fritach. i6z
- Ch a-
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- Table des Chapitres! Chapitre VIII.
- Dm confiruBions des Places félon Dogen.- 163
- ConflruBion des Places félon Dogen. Angles du Polygone à fortifier.
- 164
- ConflruBion des Places félon Dogen. Du calcul des Lignes. 176 ConflruBion des Places félon Dogen. De lamaniere de tracer fur le papier le deffein d'une Place Régulière fans calcul. 192
- CvnJlruBion des Places félon Dogen. De la maniéré de dcffner toutes fortes de Fortcreffes par le moyen des Tables. 196
- ConflruBion des Places félon Dogen. Pour tracer une Fortcreffe à la Campagne. 200
- Avantages de la conflruBion de Dogen. 206
- Defavantages de la conflruBion de Dogen. 207
- Avantage du parallèle de nôtre conflruBion fur celle de Dogen. 208
- C H A P I T R E IX.
- ConJlruBion des Fortifications de Marcbi. 209
- Explication des principales mefures & parties du fécond deffein de 'Marcbi. 210
- Reprefentation du troificme deffein de Marcbi. 212
- Reprefentation du quatorzième deffein de Marcbi. 214
- Reprefentation du dix-huitième deffein de Marcbi. 216
- Reprefentation du cent-douzième deffein de Marcbi. 218
- Reprefentation du cent & vingt-cinquième deffein de Marcbi. 2 20 Reprefentation du cent & quarante-cinquième deffein deMarcbi.222 Avantages des confiruBions de Marcbi. 224
- Defavantages des confiruBions de Marcbi. 2 2 f
- Avantage de ma cmfiruBion fur celle de Marcbi. 226
- Chapitre X.
- De POrdre renforcé. 227
- ConflruBion des Places félon POrdre renforcé. 228
- ConflruBion des Fortifications félon f Or dre renforcé. 230
- Remarques fur P Or dre renforcé. '232
- Avantages de la Fortification félon F Ordre renforcé. 234
- Defavantages de la Fortification félon FOrdre renforcé. 235*
- Parallèle de nôtre conflruBion avec celle de F Or dre renforcé. 2 36
- Chapitre XI.
- Des confiruBions de Sardi. 237
- ConflruBion des Places félon Sardi. De la conflruBion d'un Hexagone. 238
- ConflruBion des Places félon Saxdi. Des Cazemates & des Orillons.
- 240 Con-
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- Table des Chapitres»
- ConftruBion des Places félon Sardi. Pet Cavaliers, 2,4!
- Avantages de la conftruBion Jelon Sardi. 244
- Dejavantages de la conftruBion jelon Sardi. Iqf
- Parallèle de ma conftruBion avec celle de Sardi. 246
- Chapitre XIL Pes ConftruBions des Fortifications du Chevalier Antoine Pt-Ville,
- 247
- ConftruBion des Places f don De-Ville. 248
- C onft. des Places félon De- Ville. Demonjhatîon de l’Hexagone. 25-0 ConftruB. des Places felonDe-Ville. Del’extraBion des Angles. 2y2 Conft. des Places Jelon De-Ville. De la connoijfance des Lignes. 25-4 ConftruB. des Places félon De-Ville. Des Epaules ou des Or illons. ConfiruBion des Places félon De-Ville. Remarque Jur la différence
- des Grillons ronds ou quarreç. 260
- Conft. des PlacesJelon De-Vil le.Des Casemates ou Places*bajfes. 261 ConfiruBion des Places félon De- Ville. Des Cavaliers. 264
- Avantages de la ConfiruBion félon De-Ville. 26g
- Defav'antages de la conJhuBion félon De-Ville. 269
- Parallèle de nôtre conftruBion avec celle du Chevalier De-Ville. 270
- Chapitre XIII»
- Des conJhruBions des Fortifications de Pagan. 271
- ConftruBion des Places félon le Comte de Pagan. 272
- ConJhuBion des Places Jelon Pagan. Pour tracer fa grande Fortification. 274
- ConftruBion des Places félon Pagan. Pour tracer fa moyenne Fortification. 276
- ConftruBion des Places félon Pagan. Pour tracer fa petite Fortification. 278
- ConfiruBion des Places félon Pagan. Des Flancs if des Ca^emat^Zo ConfiruBion des Places félon Pagan. Des Baftions, des Pgmparts, if desFoffer. ‘ 288
- Avantages des conftruBions félon Pagan. 294
- Defavantages des conftruBions de Pagan. 295*
- Parallèle de ma conJhuBion avec ceüe de Pagan. 296
- LITRE QJJ AT RI B ME.
- Des Inftrumens & des Matériaux qui fervent à l’élévation des Remparts, des Parapets & du Revêtiflèmenr des Places.
- Chapitre Premier»
- DEr Noms des principaux inftrumens qui fervent â tranfporter les terres.
- remuer if ê 299
- Noms
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- Table des Chapitré.
- Noms des infiniment qui fervent à ouvrir if à creufer tes Terrer. 300 des injlrumens qui fervent à tranfporter les terres Sun lieu à un autre. 302,
- Noms des injlrumens dont on fe fert pour voiturer les terres par le moyen des Chevaux. 304
- Noms des terres de diverje nature. 306
- Noms des différent Sables. 308
- De la compojition du Mortier. 309
- Remar ques jur le Mortiert if delà maniéré de le tranfporter. 310
- Remarques fur la charge des Hottes , Brouettes, Haquets , Oi-feaux ife. 312,
- Chapitre II.
- Ve la tnefure des Remparts, des Parapets, des Glacis ,if de leurs fondations. 313
- Ves mefures des Remparts, des Parapets if du Fojfé des Villes. 314 Maniéré de faire les fondement des Remparts if d'autres ouvrages dans des lieux fecs. - 316
- Vu tranfport des terres., avec la manière de lai fer des témoins. 318 Maniéré défaire les fondement des Remparts & d’autres ouvrages dans des lieux humides. 3 20
- Chapitre II î.
- Vu revêtijfement des Places. 323
- Ves infiniment quifervent à tranfporter les pierres pour la fabrique des Murailles if le revetiffement des Places. 324
- Ve la coupe des pierres. 326
- Vu Batiment ou de l'élévation des Murailles de pierre de taille. 328 Ve la fabrique des Portes, Guérites if Echauguettes des Places. 3 30 DesHerfes , des Orgues, des Corps-de-garde, des Ponts-levis, des Bacules, if des Barrières. 332
- Ves Chemifes ou des revêtifemens de Gaston if Fafcines des Places.
- Ve V(économie ou de la dépenfe de la Fortification d’une Place. Vu Toifé en general.
- De la me fur e ou du Toifé du folide des Remparts, Banquettes 3 fe% ifc.
- Profil des Dehors.
- Profil des Forts de Campagne.
- 334
- 336
- 337 F o{-
- 335 3-4P
- 34a
- Fin de la Table des Chapitres du Second Volume.
- LES
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- TRAVAUX DE MARS,
- ou
- L’ART DE LA GUERRE.
- » , '
- L 1 V R E TROISIEME.
- Delà Conftru£tion des Places félon divers Auteurs y ôrde l’avantage & defavantage , de leurs Methocfes.
- Chapitre Premier.
- Raijons de la ConfiruBion de V Auteur.
- Omme je vais traitter à fond dans cetroifiême Livre des différentes Méthodes pratiquées pat les anciens & les nouveaux Ingénieurs dans le T raie qu’ils donnent à leurs Battions, il me fèm-blc nece flairé de répondre auparavant aux Objections de ceux qui rejettent entièrement l’ufàge des Battions, de quelque façon qu’ils puilient être conftruits. En fuite j’expokrai Içs raiions qui m’ont empêché de fuivre les Méthodes qui ont été pratiquées jufqu’à prefent pour la con-fttu&ion des Battions, & celles qui m’ont obligé d’en prendre une particulière.
- T*m, IL
- Objsc-
- *
- A
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-
- &
- LES TRAVAUX DE MARS,
- Objectons contre Vuptge des Bajiions,
- • ’ /
- ï. Eux qui condamnent abfolument l’ulâge des Battions V-/ difent, qu’une Enceinte Ce flanque aflez d’elle même, quand elle eft dilpofée en Angles fai llans & rentrans, pour former ces fortes de Pointes , que les Ingénieurs appellent Redents : comme font ceux qui font marquez des lettres BCD, DEF, FGH ,&c de la Place marquée A.
- II. Que la Conftruétion des Battions H, I, K, &c. fur l’Enceinte d’une Place fait ordinairement détruire la moitié des Edifices de la Ville, & ruine les Habitaiis par la démolition de leurs maifons qu’il faut rafor, pour donner place au Terrain des Battions j Etquecelamême rend les Villes de-fertes & privées de la'riéfenlc des Habitans, qui faute de lo-gemens te retirent ailleurs ; ce qui n ’arriveroit pas, lî la Place étoit fortifiée à Redents , qui d’ordinaire fui vent l’alignement des maifons de la Ville.
- III. Que les frais de l’Elévation des Battions épuifent les Finances du Prince, ou celles de la Place à fortifier.
- IV. Que les Places fortifiées avec des Redents , ayant moins d’enceinte à défendre que celles qui font fortifiées de Battions, ne demandent pas une Gatnifon fi nombreufe : Car la quantité des Soldats eft toûjours à charge aux Habitans.
- V. Que la longueur des cotez des Redents donne moyen aux Affiegez d’y mettre quantité de pièces en Batterie pour empêcher le progrès des Travaux des Afliegeansî ce qui ne fè peut faire fi commodément fur l’Enceinte d’une Place fortifiée de Battions, parce que les Faces de ces Battions font trop petites, & que leurs Flancs ne découvrent pas la campagne*
- Réponje aux ObjeBims que P onfait contre l’ufage des BaJUons.
- î. p Our répondre à ces Obje&ions par ordre, il me femble que dans la page 6. du premier livre de cét Ouvrage, j’ai fait voir aflez que l’ufage des Redents n’effc pas avantageux pour la defenfe d’une Place, à caufe que leurs Angles morts ou rentrans,
- CDE,
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- OU L’ART DE LA GUERRE
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- 3
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- r4 LES TRAVAUX DE MARS,
- CDE, EFG,&c. ne font ni vus ni défendus de leurs cotez, à caa-fc de la hauteur de leurs Murailles ; ce qui n’arrive pas aux Baftions, quelque hauteurqu’ilspui (lent a voir ; car les Flancs des uns découvrent & flanquent réciproquement les parties des autres: Ex. I, K, &c.
- II. Quant à leur féconde Objection, on répond que les mai fons, que l’on eft quelquefois obligé d’abattre hors de l’Enceinte des Places pour avoir le Terrain neceflaire à l’élévation des Baftions, ne font pas en fi grand nombre, ni d’un fi grand prix que leur débris puifle ruiner les Habitans de la Ville, puilqu’on les acheté félon leur valeur quoique la plupart ne foient ordinairement que de méchantes chaumières occupées par de pauvres gens, plus à charge a la Ville, que propres à fa défenfe.
- III. Leur tioifiême Obje&ion, touchant les frais de l’élévation des Baftions de la Place, eft bien tôt détruite < en leur répondant, que les Souverains n’entreprennent jamais de faire fortifier des Places, qu’ils n’ayent auparavant pourvu àladépenfedéleurConftru&ion, foie qu’ils en tirent l’argent fur le païs en general, ou fur quelques droitsd’entrée, ce qui faitinfenfiblement un fonds fans incommoder perfbnne.
- IV. Quant à leur quatrième objection, il eft vrai que les Villes qui auroieut leurs Enceintes feulement en Redents , aurôient moins de circuit derrière leurs Murailles que n’en ont les Places fortifiées de Baftions j car ces dernières ont plus d’Angles faillans , & plus de cotez j mais c’eft juftement par cegrand nombre de cotez que l’Enceinte de la Ville eft mieux flanquée, & c’eft de quoi il s’agit. Card’obje&er , qu’il faut une plus grande Garnifon aux Places fortifiées de Baftions, qu’à celles qui n’ont que des Redents, cela ne fait rien contre l’utilité des Baftions, & jamais en bonne politique l’épargne n’a prévalu fur la fureté de l’Etat.
- V. Pour répondre enfin à leur cinquième Objection, quifoûtient que par le moyen des longs côtezde leurs Redents leur Artillerie dé-couvre toute la campagne, ce qu’on.ne fçauroit faire aux Places fortifiées de Baftions; c’eft encore pour cela «îême que les Ingénieurs rejettenr l’ufàge des Redents, àcaufèque les Aflïegeans peuvent en même temps d’une leule Batterie faire brèche & ruiner les deux cotez d’une Tenaille de Place, & y monter à l’aflàut fans crainte d’être battus de reverfc, ce que l’on ne fçauroit faire aux Places fortifiées de Baftions ; car le peu d’étendue des Faces ne donne pas lieu d’y faire de grandes Brèches, & les Flancs, qui ne peuvent être vus des Batteries de la campagne, battent toujours de revers ceux qui voudtoiene iafulter les Brèches.
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- S LES TRAVAUX DE MARS,
- V
- Raiforts des Flancs des Bafiions de /’Auteur.
- Eux qui auront vû ma Conftruétion des Places dans le chapi-trelV. page 84. du premier livre de cét Ouvrage, auront fans doute remarqué, que les Flancs de ma Méthode ne font pas perpendiculaires fur les Lignes de défenfe , comme font les Flancs d’Errard marquez AB, CD, &c. ni perpendiculaires fur les Courtines, comme font ceux de Marollois,de De-Ville, &c. qui font marquez dans le Plan par les lettres EF, GH, &c. ni tout-à*fait perpendiculaires fur les Lignes de Défenfe, comme les marquez 1K, LM, &c. qui font du Comte de Pagan ; mais qui forment des Angles de 98. degrez d’ouverture avec les Courtines, ainfi que font ceux de NO, P(£, &c.
- Je dirai donc, que j’ay négligé les Flancs d’Errard, comme c-tant rrop cachez & trop petits pour l’ufage de mes Cazemates, qui en exigent de plus ouverts. '
- A l’égard des Flancs de Marollois, de De-Ville, & de quelques autres Auteursj ils font à te vérité plus dégagez que ces premiers j neanmoins étant encore trop petits pour y faire des Cazemates , comme je les demande, je les négligé, d?aurant plus que leurs Merlons ne peuvent pas long-temps refifter aux injures du temps, ni à la violence des Contre-batteries de l’Affiegcant, à caufe qu’ils ont des Angles trop aigus.
- Je n’ai donc pas feulement rejetté les précedens, pour les rai-fons que je viens de dirermais j’ai auffi négligé ceux du Comte de Pagan, qui pour être trop expofez aux Batteries des Affiegeans, ne peuvent conferver long-temps leur défenfe : & j’en ay établi d’une maniéré qui leur donne les avantages des uns & des autres, fans être fujets à leurs défauts, comme je le ferai remarquer eh les comparant dans la fuite de cét Ouvrage.
- Je dirai de plus, que dans les frequentes converfations que j’ay eues autrefois avec le Comte de Pagan, & dans les lumières même qu’il m’a données pour la Théorie de cette Science, il m’a fouvent témoigné qir’il n’entendoit nullement faire fervir ces Flancs ainfi perpendiculaires fur les Lignes de défenfe, à des Places qui n’auroient point de Cazetffees, parce qu’ils feroienc trop expofez à l’Artillerie des Afsiep§ns,& qu’ils ne pourroient pas fournir de Contre-batterie,pour oppofer à celle de l’ennemi.
- Pour-moi je croi être le premier qui ay établi cette nouvelle façon de faire les Flancs des Battions fur une ouverture de 98. degrez, du côté de la campagne, au lieu de les faire perpendiculaires fur les Courtines..
- Mais
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- 8 LES TRAVAUX DE MARS,
- Mais pour répondre à ceux qui me pourroient demander, quelles raifons m’ont obligé à quitter ainfila fituation perpendiculaire des Flancs lur les Courtines pour leur en donner une oblique ; je leur dirai, que j’ay remarqué que ces Flancs perpendiculaires flanquent bien à la vérité les Faces obliquement; mais qu’ils ne de'couvrenr pas alfez le Foflé , ni- le deflus des Contre-fearpes, & c’eft à quoi doit fervir un Flanc quand il eft bien conftruit. De plus, je leur répondrois,queces Flancs perpendiculaires étant trop petits pour donner uue bonne défenfe, & que les miens étant plus grands que ceux-là, quoique conftruits fur de mêmes cotez de Polygone, & fur les mêmes Demi-gorges ; ils leur doivent donc être préférables : joint que fans rien ôter de la capacité des Battions, les Faces des miens en deviennent plus petites que celles dé tous les autres Auteurs ; & c’eft un grand avantage : car leurs Faces étant plus grandes que les miennes, donnent plus de moyen àl’Alfiegsant d’y faire de gràndes brèches. L’on fçait combien ces grandes brèches donnent de diffi-cultez aux Afliegez, fur tout lorfqu’ils font en trop petit nombre pour pouvoir empêcher que l’Affiegeant ne s’y loge.
- S’ils m’objeCfcoient, pourquoi donc jen’aypasfuivi la con-ftru&ion des Flancs du Comte de Pagan, puifque les plus obliques font les meilleurs : je leur dirois, que comme en toutes chofes il y a une certaine mefure à garder, auflî je n’ay pas voulu fuivre ceux de çe Comte, qui outre leur grande dépenfe pour leur conttruétion, font à ce qu’on dit trop expofez aux Batteries des Afliegeans, ainfi qu’on le peut remarquer dans le prefent Exemple, où la Batterie A peut battre en même.temps les deux Flancs B & C d’une même Tenaille de Place; ce qui ne {è peut faire fi avantageufement de la même Batterie aux Places qui n’ont pas leurs Flancs fi découverts, comme fon t ceux q ue je propofe marquez E, F, au refpeét de la Batterie G, dont les boulets ne font que blanchir ou s’enfevelir dans les Parapets de ces mêmes Flancs, à caufe qu’ilsuie les frappent qu’en écharpe ou obliquemenr.
- Maisauffi je n’ay pii m’accommoder de ceux de Marollois, de Dogen, de De-Ville, & des autres ;. parce qu’ils ne découvrent pasaffezles brèches des Battions , & ne défendent pas af-fez le Folle, ni lesConttefcarpes. Ainfî gardant le milieu des deux partis, je joiiis de leurs avantages fans êtrefujet à leurs imperfections.
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- Z» LES TRAVAUX DÉ MARS,
- De la longueur des Courtines des Places de Pointeur. ’Eft une choie toute décidée en matière de Fortification,
- qu’un lieu cil d’autant mieux fortifié, qu’il a plus de défenfe, & que celui qui eft flanqué de deux cotez, efttoû-jours préférable à celui qui ne l’eft que d’un.
- De là on petit, facilement conjecturer, que la Courtine qui eft toûjouts (ousla défenfedes deux Flancs, qu’elle a à fes extremitez, eft plus allurée, que la Face du Bàftion, qui n’eft flanquée que du feul Flanc qui la regarde.
- Ce qu i fait qu’il faut préférer, fur un même côté du Polygone, les longues Courtines aux Faces qui font & trop petites, & trop grandes; parce qu’aux petites Courtines les Battions étant trop proches, ils fe privent par leur propre hauteur de la defenfe raifonnable ; & qu’entre deux Battions trop proches un homme eft à couvert parleur propre élévation. Outre que ces Baftions-là font fi grands, queleFofle, qu’on fait devant une petite Courtine, ne'fournit pas allez de terres pour les remplir, quelque profondeur qu’on lui donne.
- D e plus, les Faces de ces Battions deviennent par ce moyen trop grandes, & leurs Flancs tellement petits, qu’on n’y fçauroit loger un nombre raifonnable de Moufquetaires pour la défenle de la Place.
- Ce n’eft pas auffi qu’il faille faire les Courtines exceffive-ment longues, quoi qu’elles foient la partie la plus forte de la Place; parce qu’en faifant les Courtines fort longues, elles rendent les Battions qui font àleurs extremitez, trop petits: car qui prolonge l’un, diminue l’autre, & outre que ces petits Battions font incapables de recevoir les terres.qu’on tirera du Folle, pour petits qu’ils puifTent être, c’efl: qu’ils n’ontpas allez de capacité pour faire des Cazemates dans leurs Flancs , ni des retranchemens fur leur Terre-plain.
- Ainfi pour déterminer la jufte longueur de ces Courtines, il faut qu’elles foient au côté de leur Polygone, comme trois
- font à cinq.
- Ofaec
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- ii LES TRAVAUX DE MARS,
- Objectons contre les Courtines.
- L^TpOus les Ingénieurs conviennent, qu’il ne faut pas
- JL conftruire les Courtines en rond, comme eft la marquée AB, ni en Angle làillant, comme eft celle de CDE; à caufe que les unes & les autres empêchent, que les Flancs ne découvrent toute l’étendue delà Courtine, & une bonne partie du Flanc oppofê l’un à l’autre.
- II. Quelques-uns difent, qu’il foroit plus avantageux de les faire toutes en Angles rentrans, commme on les voit en FGH, IKL, &c. que de les conftruire en ligne droite , comme eftcelle de MN.
- I II . Ils dilentque leur fontiment eft fondé for les Maximes des plus habiles Ingénieurs , qui ibûdennent qu’une Place eft d’autant plus forte, qu’elle eft mieux flanquée, c’eft-:à-direi qnefes parties font vûëspar de plus grands cotez; ce qui arriveroit plutôt aux Tenailles des Places, qüi au-roienr des Courtines en Angles rentrans, qu’à celles qui'lès ont en ligne droite, comme font celles que l’on conftruit tous les jours.
- IV. Ils ajoûtent que par le moyen des Angles rentrans des Courtines, leFofle, qui eft devant, en eft de beaucoup plus large, & fournit de la terre en abondance pour l'élévation des Remparts, des Cavaliers, ôedes Retranchëmens neceflaires pourla défenfede la Place, outre qu’il donne de Pefpace aux Afliegez pour combattre à couvert fous la défenfede leurs Murailles. .
- JKcponfts
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- 14 LES TRAVAUX DE MARS;
- Réponfes aux ObjeBions contre les Courtines.
- I./^NN répond à ces Objections, qu’il eft vrai que l’éten-duë de la Courtine, qui forme un Angle rentrant, comme celle qui eft marquée FGH,eft plus longue qu’en ligne droite.
- II. Mais il ne s’enfuit pas pour cela, que les coups qui partent d’un de ces cotez, comme GH, défendent mieux le pied delà Brèche, que fi la Courtine étoit en ligne droite, principalement aux Places où il n’y a point de fécond Flanc ; car l’Angle de l’Epaule O du Baftion attaqué arrêce les coups qui viennent du côte GH.
- III. Quant à la largeur du Folle de devant la Courtine, dont ils le font une fi grande affaire, il n’eft toûjours que trop large filon les réglés ordinaires, fins que pour l’augmenter il (oit befoin de conlumer à plaifir les Finances du Prince, & de ruiner une Ville par la démolition de fis maifons, pour faire place à la pointe de l’Angle rentrant FGH, qui n’apporte pas de plus grands avantages, que fi la Courtine étoit en ligne droite.
- I V. De dire que l’elpace qui fera dans l’Angle rentrant du Folié fera commode & favorable aux Aflïegez pour s’y retrancher , ce n’eft guère fi le lieu où il faut fonger à ces fortes de précautions, puifque les Attaques fi font d’ordinaire aux Faces des Battions , comme aux parties les plus foibles de toute l’Enceinte dé la Ville.
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- i6 LES TRAVAUX DE MARS,
- De la longueur des Faces des Bafiions de VAuteur.
- LA Face d’un Baftîon n’étant défendue que d’un feul côté, &par cette railon étant la partie la plus foible de la Place, lemôinsde longueur quon lui peut donner eft toujours le meilleur, pourvû qu’en la faifant courte, on ne diminue ni l’ouverture des Gorges, ni la longueur des Flancs, & que l’on conlèrve du Terrain pour conllruire des Cazemates dans ces Flancs, & un Cavalier dans chaque Gorge, 8c meme qu’on puifle ménager dans la capacité du Baftion des Retran-chemens qui retardent louvent la prifè des Places.
- Tous les Intelligens dans le Métier demeurent d’accord , que les Faces les plus petites lont les meilleures, & que fi l’Enceinte d’une Place pouvoit être fortifiée feulement de Flancs &de Courtines, on rejetteroit les Faces, comme étant la partie qui défend le moins les autres, & qui eft le moins défendue : mais puifque c’eft une neceflité d’en avoir, on les tiendra les plus petites qu’on pourra, en forte pourtant que la Demi-gorge de leurs Battions ait toûjours la cinquième partie du côté du Polygone, & que les Flancs foient conftruits fur un Angle de 98. degrez, comme nous avons dit dans le quatrième Chapitre du ï. liv. de nqtrepremietVo-lume.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 13
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- ï8 LES TRAVAUX DË MARS,
- Des Angles flanquez., eu des pointes des Baflions dé
- VAuteur.
- LA plûpart des Ingénieurs font en perpétuelle conteftation , touchant la pointe ou l’Angle flanqué de leurs Battions. Les uns les veulent toujours droits, comme ceux qui font marquez 4 : les autres ne les fouhaitent ainfi, que jufqu’à une certaine Figure : & enfin quelques autres préfèrent les Angles aigus l, aux obtus 3 , ou les Angles obtus aux aigus.
- Pour moi qui ne trouve aucune vertu dans l’Angle droit qui le rende préférable aux Angles aigus, ou aux obtus, ni l’un de ces derniers préférable à l’autre, je ne m’attache point auffi à l’ouverture de ces Angles ; mais bien à la grandeur des Flancs de leurs Battions, que je tâche à faire les plus grands qu’il m’eftpollible. „
- Ce n’eft pas que je n’évite, autant que faire Ce peut, l’An-le aigu pour la. pointe d’un bon Baftion, cét Angle étant de la nature celui de tous les autres qui refifte le moins aux injures du temps, à la violence des Batteries, & aux efforts des Mines.
- Je rejetteaulfl les Angles qui font trop obtus, puifqu’en diminuant la Capitale d’un Baftion, ils le rendent moins capable de fouffrir desRetranchemensraifonnables, ôc de recevoir les T erres du Fofle, outre qu’on n’y fçauroit faire que des Flancs fort petits.
- Mais pour faire cét Angle flanqué d’une .ouverture qui lui donne allez de folidité pour refifteraux efforts des Batteries , & à l'injure du temps, je le tiens recevable depuis 70 jnfqu’à 140 degrez, félon la nature particulière de chaque Polygone, fè réglant fur les préceptes que j’en ay donnez.
- Ex-
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- OITL’ART DE C.A GUERRE, i?
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- 10 LES TRAVAUX DE MARS;
- Explication des principales parties des Casemates
- de V Auteur.
- AVant que de donner la Conftru&ion de mes Cazems-, tes, j’expliquerai dans cette page, & en détail, toutes les parties dont elles font compofées.
- A, eft l’Efcalierpour defcendredu Rempart dans la première Cazemate, ou Place-bafle. C’eft celle que j’appelle la grande Cazemate.
- B, eft la grande Cazemate, vûë en partie des Affiegeans, quand ils font logez fur les Glacis & fur les Chemins-couverts, qui luy font oppoféz.
- C, eft le Parapet de cette Cazemate, lervant a couvrir les Canons & les Canonniers de la vûë des Contrebatteries des Affiegeans, quand ils les ont élevées ou enterrées dans les Contrelcarpes.
- D,eft la partie delà grande Cazemate enfoncée, &toû-jours couverte de i’OrilJsm, & même de l’Angle flanqué du Baftion oppofé. %
- E, eft fon Parapet.
- F, eft le Magazin des Poudrés , des Boulets , & <fautres Munitions de la Cazemate ; il doit être couvert & creufé dans la folidité du Baftion.
- G, eft l’Efcalier de la fécondé Cazemate.
- H, eft la fécondé Cazemate, enfoncée ou cachée; elle a plus de deux-tiers hors de la vûë des Ennemis,quand même ils font logez for les Contrefcarpes. On donne d’ordinaire à cette Cazemate le nom de Place-haute.
- I, eft le Parapet de cette Cazemate.
- L, éft fon Magazin , fait comme le prem ier.
- M, eft. la troiliême Cazemate ou Place-haute au niveau du Terre-plain du Baftion, On y peut loger toutes fortes d’Artillerie, tant pour tirer en barbe, c’eft*à-dire, par deflus le Parapet, que pour tirer par dedans les Embrazures qui font taillées dansl’épaiffeur de ce Parapet.
- N, eft une piece de Canon montée fur fon Aflût, propre à fer-vir dans une Cazemate.
- O, eft le Plan d’un Cavalier, avec fon Magazi n.
- Con~
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- QD-f ART DE LA GUERRE. 21
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- it LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruiïion des Casemates de VAuteur.
- S Ans m’embarraffer dans la vaine dilpute de ceux, qui veulent que le nom de Cazemate dérivé des mors Elpagnols, Oafa & mat ta, comme qui diroit, Cafa par onde fe matta , qui lignifie, Maifon meurtrière, je donne ici la Conftruc-tion des miennes.
- Suppolànt qu’on ait tracé les Battions en lignes blanches, qu’on ait fait l’Echelle de la longueur d’un des cotez du Poly -gone, & qu’elle foit divifée en autant de partieségales qu’il contient de toiles, comme il a été amplement expliqué dans le commencement de ce liyre:
- On prolonge dans le Baftion la Défenfe AB, de 6 à 7. toiles tout au plus, de Ben C. Du point C on tire CD parallèle au Flanc BE: puis l’on divilè le Flanc BE en deux parties égales,au point F,pour tirer du point G,qui eft le milieu de la Face oppo-lee AH, la ligne GF en dedans îe Baftion, remarquant où elle coupe CD, comme en I, afin de porter une toile de ï en L. En Elite on tire la ligne MLN parallèle à FI, que Ton termine de M en N, de onze toiles. On fait apres NO parallèle au Flanc BE, que l’on termine de N en O, de quatre toifes. Enfin on fait OP parallèle à FI : & ainfi tout le vuide BMNOPC eft l’étendue des Cazemates , tant de la grande, que de la retirée.
- Pour l’Orillon, on met fur la ligne de Défenlè RS lix toi-fes de E en T, & fur FG aulli fix toiles de F en V : de forte qu’unilTant VT, l’on a toute l’Epaule ou l’OrilloqFVTE, que l’on fait Iblide.
- Pour le Parapet de la première Cazemate, on luy donne en dedans une toile de hauteur, lùr trois à quatre d’épaifleur, avec huit Embrazûres , pour y loger autant de pièces de Canon ; remarquant queles Parapets des Cazemates, & fur tout celui qui eft proche de l’Orillon, & qui eft toûjours caché aux Allïegcans, ne demandent point une hauteur & une épaiffeur liprécife.
- On remarquera de plus, que la première Cazemate a lïx pu fept pieds de hauteur au deiliis du fonds du Folié.
- Des
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- m les travaux de mars;
- Des Canons , des Jlffuts, Cr des Cartouches des Casemates de routeur.
- SI l’Artillerie que l’on met dans les Cazemates étoit toujours chargée de Baies de leur Calibre, il n’y a point de difficulté que la dépenle de leurs coups feroit excdïïve pour le peu d’execution que feraient leurs Boulets : Mais mon intention eft de les charger le plus fouvent de Cartouches, marquées A ; qui font de certains Cartons, tournez en forme Ci-lindrique, comme les Etuis de nos Manchons, remplis de Baies de Moufquet, dePiftolet, d’Anneaux, de Chaînes de fer, & d’autres menues Ferrailles, fort propres à incommq-der P Aflaillant dans les Brèches, & au paflàge du Folle : principalement quand dans ces Cartouches il s’y rencontre de? Baies de trois ou quatre livres, cela lertmerveilleufomentà brifèr & rompre toutes fortes de Mantelets , de Galleries, de Traverfes, & d’autres Epaulemens.
- Pour les Affûts des Canons, je les fais comme ceux qui font marquez B, c’eft-à-dire, comme ceux qui fe trouvent fur les Vaifleaux. Ainfi dans mes Cazemates ils feront fort avantageux pour leur petitefle i car ils ne furpaflent pas en longueur la Culafîè de leurs Canons, ces Canons n’étant d’ordinaire que de vingt-quatre livres de Baie: par ce moyen leur recul n’oblige point à faire de fi profondes Cazemates, que s’ils é-toienr montez fur de plus longs Affûts.
- Pour le nombre des Canons, l’on fçaura que l’on en peut aifé-menc mettre autant dans une Cazemate qu’elle a de toifes de front. Ainfi ma grande Cazemate qui a douze toifes de front, peut aifément avoir douze pièces, pourvûquecespiecesfoienc montées fur des Affûts, ainfi que je viens de dire. LesCazema-îes enfoncées, qui ont quatre toifes de front, auront quatre Canons.
- Mais parce que le nombre des Canons, qu’il faudrait à tant de Cazemates, pourrait fembler exceffifàceux qui ont peu d’ex-perience, ilsfçauront, que comme on ne fait jamais que deux attaques à une Place, ou trois au plus : auffi luffit-il de garnir feulement d’Artillerie, les Flancs & les Cavaliers oppofez aux Faces que l’on attaque 5 ce que nous avons déjà dit ailleurs.
- De
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- OU JJART DE LA GUERRE- 4J,
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- 16 LES TRAVAUX DE MARS,
- De l'ufage de V Artillerie des Casemates de VAuteur,
- COmme je parlerai fouvent de l’avantage de mes Canons cachez, pour la défenfe des Brèches, il me femfcle qu’il eft boa de parler de l’ufage de leurs Canons.
- Je dirai donc, que le premier effort que font d’ordinaire les Afliegeans apres s’être rendu maîtres des Contrefcarpes d’une Place, c’eft de tâcher à franchir fon Foffé j foit en y creufant des traverfes, quand il eft fec ; ou quand il eft plein d’eau, en l’épui» fant, ou en îe comblant devant la partie de la Face où l’on veut attacher le Mineur.
- Pour en mieux venir à bout, ils ont accoutume de faire des Batteries dans la Contrefcarpe, ou même de les élever deflus, pour ruiner les Défenfes du Flanc qui pourraient traverferle progrès de leurs attaques. D’où vient qu’il eft comme impoffiblç de leur empêcher d’attacher le Mineur à la Face du Baftion.
- La Brèche étant donc faite, & les Défenfes du Flanc oppofé rompues, comme il arrive à tous les Baftions qui n’ont point de Canons cachez, comme les miens, les Afliegeans, après avoir reconnu la montécde la Brèche, font d’ordinaire avancer un Lieu» tenant, ou un Capitaine, avec quelque Sergent, accompagné de cinquante ou foixante Soldats, dont la moitié font armez d’Ar* mes courtes, & l’autre garnis de Pics, de Pelles, & d’autres In-ftrumens propres à faire leur logement,
- C’eft juftement ici & contre cespremiers, quel’on fe doit fer» vir de la première Batterie des Canons cachez, que l’on aura chargez de Cartouches, commençant à tirer par la piece qui eft du côré de l’OriJlon 5 & fi elle n’a point rcnverfé ceux qui s’é-toient engagez dans la Brèche, qui ne peuvent même s’y tenir couchez fur le ventre, fans être vus de fevers, on tirera la féconde & troifiême piece. Et comme c’eft la coutume que les Afliegeans ne fe rebutent pas aifément dans leur première perte, on fuivra le même ordre dans la fécondé Batterie-j fe reflbuve-nant qu’il faut recharger les pièces d’embas, tandis que celles de la troifiême Batterie font leur effet, & continuant toujours le même jeu, jufqu’à ce que l’Affiegeant ait été contraint de fc re-*irers comme cela ne manquera pas,
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- QU L’ART DE ]LA GUERRE. %f
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- î$ les travaux de mars,
- Remarques fur les Cazjemates de VAuteur.
- N On feulement les Auteurs qui ont écrit de la Fortification, mais auffi les Ingénieurs qui ont fervi, ôegene-r râlement tous ceux qui ont mêlé la pratique des Siegesà la Théorie de cette Science, ont été d’avis, qu’on pratiquât proche du Flanc, ou dans les Flancs mêmes, un endroit particulier , qui fervrt à loger quelque piece de Canon pour nettoyer le Foflé, & commander dans les Brèches. 11 n’y en a point qui ayent mieux re'ûflï dans un deffein fi important, que ceux qui ont fait des Casemates, ou Places^baflès dans {eurs Flancs.
- Mais parce que le recul des longs Affûts de leurs Canons les obligeoità tenir leurs Cazemates trop enfoncées, ilarri-voit que les Gorges de leurs Baftions devenoient trop petites, & qu’elles ne fourniflbient pas aflèzde Terrain pour s’y retrancher & défendre avec avantage î comme il paroît dans les Baftions marquez i.&z.
- C’eft aufiî ce qui donnalieu à d’autres Perfonnages plusex-perimentez dans le métier de la Guerre, de corriger les défauts de ces petites Gorges, en leur donnant beaucoup plus de largeur. Et comme ils eurent reconnu le grand avantage des Cazemates , ils les multiplièrent, en les élevant comme par étages, jufqù’àla fiauteur des Baftions} ainfi qu’il paroît aux Baftions $. & 4.
- C’étoient (ans difficulté les plus parfaites, fi leur Artillerie eût été hors de la vûë des Batteries del’Affiegeant : mais outre qu’elle étoit trop expofée, il y avoir encore ce defaut dans leurs Baftions, qu’ils les faifoientvuides, ôçpar çonfequent incapables de retranchement.
- Quant à moi, pour ne pas tomber dans les defauts des uns ni des^utres, je ne mets point la principale cléfenfe des Faces & des Brèches des Baftions, dans l’Artillerie des Cazema-tes élevées proche les Angles du Flanc 5 car ces fortes de Cazemates font trop fujettes à être ruinées par le Canon .de l’Affiegeant, foit qu’il dreffe fes Batteries fur le niveau^le
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- OU L'ART DÈ La GÜÈRRE. tp
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- la campagne, foit qu’il les enterre dans les Contrefcarpes op-polées. jylais je fais force feulement for les Canons logez dans mes Cazemates, retirées & cachées, comme elles parodient aux Battions y.&6. Parce que de la maniéré qu’elles font couvertes, tant parieur Orillon , que par l’Angle flanqué des Battions oppofez, elles ne peuvent être en aucune façon ruinées des Contre-batteries de l’Ennemi, foit qu’il les éleve for des Cavaliers, foit qu’il les enterre dansla Contrefoarpe, ou dans les Chemins-couverts, ou qu’il enfafle furie Rez-de-Chauflée, comme je le vais prouver
- Les Gorges de mes Battions à Cazemates étant plus amples dans leur folidité, que ne font celles des Ingénieurs qui font leurs Battions pleins , & ayant moins de largeur ou d’en-fpneement, que celles des Ingénieurs qui font leurs Battions vuides, cela me donne trois avantages. Premièrement, j’ay toute la liberté ne„ceflâirepour faire des Cazemates dans mes Flancs, j’ay beaucoup de Terrain pour me pouvoir retrancher dans leur Terrte-plain, 6c il m’en refte encore allez pour élever un bon Cavalier dans leurs Gorges, ce que les petites Gorges des Battions pleins, ni les grandes Gorges des Baf-tions vuides ne fçauroient permettre, faute de lieu dans les Battions pleins, & faute de terres dans les vuides. Tout cela rend fans difficulté mes Battions plus parfaits que tous les autres en general, dont les Auteurs nous ont parlé j comme on le pourra aifement remarquer dans la comparaifon que j’en ferai avec les leurs dans les pages fuivames.
- Mais avant que de pafler à la conftrudcion de m'es Cazemates, j’avancerai ici une queftion, qui efl fouvent agitée parmi les nouveaux Ingénieurs, & parmi ceux qui n’ont vu aucun Siégé.
- Us demandent donc, de quels avantages un Flanc doit être accompagné pour faire un plus grand Eu, & s’il vaut mieux élever des Fauflè-brayesau pied des Flancs, ou faire un fécond Flanc aux extremicez de la Courtine , où bien enfin de conftruire des Cazemates dans les Flancs pour
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- empêcher aux Afliegeans le paflage du Foffé, & leur conteftef l’attaque des Faces & leur logement fur les ruines des Brèches.
- .Je répondrai à cette queltion, en faifânt voir l’opinion de tous les Auteurs, qui font receus pour avoir établi les Maximes de cette Science, & de ceux auffi qui ont effectivement fervi dans les Armées, foit a l’attaque des Places $ foit à la Défende des Villes.
- Je dirai donc, qu’il n’y en a pas un qui n’admette l’ufàge du Canon, ÔC qui ne le tienne abiôlument necefîaire pour la dé-fenfè des Fofl'ez, la confèrvation des Faces, & le flanquement des Brèches ; d’où je conclurai, qu’il fera incomparablement mieux logé dans des Cazemates, que dans les Faulle-brayess Car pour ce qui regarde les féconds Flancs, ils donnent Ci peu de dcfenfe, qu’ils ne méritent pas qn’on y fafle ici de réflexion^ pour les raiions que j’en donne dans la page qui entrante.
- Pour tenir parole de ce que j’ay avancé dans la page precedente, je commencerai par les deux ErrardS, qui ont été les premiers qui ont mis en Réglés la Science des Fortifications. L’on pourra aifément remarquer dans leurs écrits, qu’ils ont fait des Cazemates aux Flancs de leurs Places, ainfi qu’il fepeutlirc dans le fécond livre de leurs Fortifications, chap. III. où ils di-fent : La capacité du logis derrière le flanc pour loger les pièces ( qu'on appelle Casemates} me fcmble fu fi fan te en l'Exagone de cinq totfes de large, à prendre à la ligne de la Courtine, & de cinq de longueur, pour loger les deux piiees d’ Artillerie, ifc.
- IV1ar,oloIs , qui admet des Faufles-brayes, fouhaite des Cazemates, comme on le peut remarquer à la fin de fon livre des Fortifications, où expliquant fes Figures 169. & 170. il dit: Je les ejlimerois beaucoup, (parlant des Cazemates) au cas qu’on les put bâtir de telle forte, qu’elles nepurent être embouchées, ni démonter les pièces d’icelles.
- Le fouhait de cét Auteur eft présentement accompli dans les miennes, puifque leurs Canons font hors la vûë des Afliegeans.
- Stevin, qui ne veut ni Faufle-braye, ni féconds Flancs, écrit dans le Chapitre IL de fon Livre des Fortifications, parlant des mefuresdes Places-bafles, ou Cazemates: La Longueur de la Place inferieure qui ejl /’ouverture entre le Merlon de la Place inferieure , if le Mer ion de la moyenne Place, de 30. pieds, ifc.
- Dogen dansle Chapitre VII. de ton premier Livre de laForti* * tifica-
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- ficatïon Reguliere, parlant de la ligne de Défenfe & du Flanc * dit: Et c'efi principalement de ces Flancs, que la greffe Artillerie feintée à propos, èr favorifée d’une di(lancejufie & raifmnable,produis a de notables effetss & que par l’effort defes boulets , ou même chargée de baies de Moufptict, elle renversera & bouleverfera comme tihfoudre les plus importons Travaux de l'Ennemi, qui fe prefentc-ront au dedans de leur portée ,àla ruine de l'Affaillant, quelque vaillant & courageux qu'il J'oit, &c.
- Sur ce que je viens de rapporter de DOGEN , on lui pourroit demander, en quel endroit du Flanc fimple on de la FaufTebraye il prétend confervcr long-tems une Artillerie foudroyante, com-mecelle qu’il deferit, fans que les Contré batteries de l’Ennemi la lui démontent, à moins que de s’imaginer, que l’Afliegeant ait entrepris fon Siégé fans Canon. Or comme il eft certain que cette groffe Artillerie, qu’il veut être pointée fort à-propos,ne fçau-roitêtre logée en feureté, que dans une bonne Cazemate, on pourroit facilement infererdefori difeours, qu’il apprôuveroié pour le moins autant les Cazemates, que les Faufîe-braÿés. Mais je négligerai les raifon nemens d’un Ayteur, qui par fon aveu propre n’étoit appuyé d’aucune expérience ni pratique de guerre, ainfi quelui-méme le confefle, dans le Chapitre XII. de'fon premier Livre, où il dit : Po«r moi qui ri'ay jamais fuivi le Métier de là Guerre, je m'en rapporte à ce qu'on en dit : Et c'efi à vous, Mef. fieurs, ( parlant aux Ingénieurs ) de vuider ce différend ; à vous, dis± je, que la faveur & le bonheur des Armes a places' en un rang fi honorable , qui ave% fouvent perdu du fang en l'exercice de vos peniblei charges, & qui ave% cfftiyé tant de Moufquetades, &c.
- Pierre Sardi dans fa Couronne Impériale, Traitté fécond, Figure 3. page 14. de la Pratique, dit •• Dipoi lontana da quefia'cin-quantapiedi ni tirercte un'altraparaüela,pure à bencplacito con il lapis, che fignifica la larghefâa délia pia^a baffe dcl Fianco: Comme cét Auteur n’admet point de Faufle-braye, on voit évidemment que tous les Flancs de fe$ Places font garnis de Cazemates.
- De Ville dansfon Livrel. Partiel, de la Fortification Ré-guliere,Chap. XXV. des Cazemates ou Places*baffes, dit : C'efi pourquoi on a laiffé ces voûtes, & onfait les Places-baffes découvertes: Et pour avoir deux Places, onfait la première plus baffe, un peu par deffus le niveau de la campagnes de façon que les coups tires^ de là,paf-fent par deffus les Parapets des Fauffe-brayess'ily en 4,ire.L’on peut voir.par les paroles de cét Auteur^ qu’il eft plus pour les CazemsÊ-tesque pour les Fauffe-brayes,comme il eft facile de le remarquer dans les trois Chapitres qu’il donne dans fon Livre, pour expliquer
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- quer en detail toutes les parties de ce qui appartient à l’ufage des Cazcmàtes.
- Le Comte de P a g a n , qui eft le plus recent de nos Auteurs, eft aufiî celui qui a eu plus d’experience dans le Métier de la Guerre. Cent Perfdnncsilluftres, qui vivent encore, font des témoins irréprochables,comme il a étéglorieufement dans le lèrvice, & qu 'après vingt Campagnes, il perdit un œil d’une Moufquéiade au premier Siégé d’Arras. Cét accident, tout funelte qu’il ctoit, fut profitable à la Pofterité ; car ayant réduit ce grand Homme à Une retr «ite pacifique, la perte de fa vûë lui donna ces lumières admirables pour les Mathématiques, dont j’ay eu le bonheur de me prévaloir dans fes conventions.
- Lui-même, pour autorifér fes Maximes, a été obligé de lé dire dans la Préface de fon Livre des Fortifications, & au Chapitre IV. qui traite des Flancs & des Cazemates. Après avoir dit en ce lieu-là, que les premiers Ingénieurs tiroient les lignes de leurs Flancs perpendiculairement lur lesFaces des Battions, par un d'elfe in de mettre plus à couvert leur Artillerie, ne cori-fiderant pas que tout ce qui voit ett auffi vû de ce qu’il regarde,
- . il ajoûtei Mais après avoir reconnu leur foibleffe en la défen/e des Places attaquées, jbit par ma prefence en plus de vingt Sièges, &c. Ce qui fait voir que ce Comte pouvoit, avec bien plus de jufti-ce, parler pertinemment de l’ulage des Faufiè-brayes & des Cazemates , que ces Meilleurs, qui n’ont jamais campé qu’à l’ombre de leurs lampes. C’eft ce qui lui fait dire dans le même Chapitré les mots qui fuivent : Atiffi me P'uis je étonné plusieurs fuis, non pas comme les autres, du peu de refijlance quefont les Places les mieux fortifiées des P ai s-bas ; mais de la réputation des Hollandais en cét Art, puifque leurs Fortifications ont fi peu dedéfenje': ( voulant dire qu’elles manquent de Cazemates ) car dans unfi-grand nombre de Travaux & de Fortereffes , à peine y trouvere%-vous des Foffes'.bien défendus de l’Artillerie ; ce qui donnant l’avantage aux Batteries des Ajfiegeans, • les Flancs Jont facilement rompus , ir la Place bien-tot perdue. En fuite de ce difeours il dit : Tellement que pour remédier à des inconvénient fi dommageables, j’ay trouvé les moyens de loger plus de dou^e pièces de Canon dans un mhneFlanc ,i?c.
- L’on peut conclure de ce't Auteur 8c de tous'les pre'çedens, non fèti-lemenr qu’ils fouhaitent tous de l'Artillerie dans leurs Flancs : mais encore que l’on ne peiic mieux la placer que dans des Cazemates, dont les Canons, pour être à couvert, feront bien plus d’effet que l’Artillerie que ceux, qui n’ont aucune experiçnce daus le Me'tiér » veulent placer entre les Faufle-brayes & les Flancs ; comme je le fais voir dans' le defavanrage des Faufie brayes fur la fin du Chapitre III.
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- ObjeBions contre Vttfage des Cazfimatf/.
- AVant que de rapporter les avantages & les delàvantages des Fauflè-brayes & des féconds Flancs, jepropolè-rai ici en general les Objections que l’on fait d’ordinaire contre l’ufage des Cazemates.
- En premier lieu on dit: Qu’on ne peut pas bâtir des Cazemates auxFiancsdes Baftionsdes Villes, fi l’Énccinte de leurs Remparts n’eft revêtue d’une forte Chemife de piètre ou de brique; ce qui eft, difent-ils, d’une très-grande dépenfo, & ce qui ne le peut pratiquer à toutes fortes de Places.
- Secondement, Qu’en faifant des Cazemates dans les Flancs des Baftions, cela empêche l’ufoge de la Moufquete-rie de leurs Flancs, qui doivent être deltinez à la défenfe de? Foflez, des Faces, & des Brèches.
- Troifiêmement, que l’Artillerie des Cazemates, tant de celles qui font vûe’s de la campagne, que de celles^qui ne le font pas, y eft très-inutile, principalement fi ces Cazemates ont des Places-hautes ; puilqu’une feule décharge de l’Artillerie des Places-balles, paria fumée de leurs amorces, & de celle de leur feu, empêchera que leurs Officiers puiflent les recharger , & les pointer aufïi promptement qu’il eft necefiâire, pour faire leu fur des A fiai Hans vigoureux, qui ne font qu’un inftant à franchir un Foffé,
- En quatrième lieu ilsdilènt, Que le Canon des Places-hautes venant à tirer, le foin ou la paille qu’on met dans le Canon tombant allumée dans les Places-balles, ne manquera pas de mettre le feu aux Munitions & aux Amorces des Canons qui font déjà chargez.
- Pour cinquième ObjeéHon iis avancent, Que les Places-hautes des Cazemates étant trop retirées, découvrent peu la campagne, & occupent la plus grande partie de k Gorge» & même du Corps du Baftion, ce qui empêche que i’onypuifle faire des Retranchemens, qui ont fortfouvenc retardé ou empêché la prife de la Ville.
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- Sixièmement, Qu’il eft impoflïbl'e, avec les Canons des Cazemates, de prendre une mire allurée pour donner à un certain But, & que la lenteur de leurs coups, toûjours entrecoupez de quelque incident, eft d’tm effet bien moins considérable avec leurs fimbles boulets, qu’une grêle de Moiïfi quetades.
- En feptiême lieu, Que l’Artillerie dès Cazemates peut être ailement démontée parcelle qui eft dans les Contrebat-teries des Alïiegeans, &que c’eft faire bien de ladépenle* pour n’en tierer aucun profit dans le belbin.
- Leur huitième Objection eft, Que l’Artillerie des Cazemates confommetrop dè Munitions, & demande trop de gens à leur lèrvice, pour le peu de profit qu’on en tire dans un Siégé.
- Dans la rïèuviême Objection qu’ils avancent, ilsdifènt: Qu’il eft fort difficile, & même comme impoffable, de trouve^ en aucun Etat ou Royaume, quel qu’il loit, allez d’Artillerie pour garnir les Flancs desBaftiûns, fi toutes les Places avaient des Flancs à Cazemates.
- Ils difent endixiême lieu, Que les Affiegeans par l’effort de leurs Bombes peuvent aifément démonter & rompre les Rodages ik les Affurç des Canons des Cazemates, & en faire écarter ceux qui y font deftinezpour leur fervice , & qu’ils' peuvent déplus mettre le feu aux Poudres & aux autres Munitions , ce qui rendra l’Artillerie inutile.
- Leur onzième Obje&ion eft, Que fi les Foflez des Villes , où l’on fait des Cazemates, ont de l’eau, cette eau venant en Hy ver à s’augmenter,foit par la continuation des plu-yes & des neiges, foit par le débordement de quelque Rivière, elle inondera tellement iesCazem.rtes, qu’elles feront enfin rendues inutiles.
- Ils ajoùtent pour douzième Gbjeétion, Que fi lesFoflèz des Villes font fècs, les Ennemis pourront aifément fur-prendre les Villes, en entrant par les Embrazûres des Mer-Ions de la Cazemare ; & fe rendre maîtres de la Place.
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- Reponfes aux Objectons faites contre l'ufage des Casemates,
- A L’égard de la première, je dis, qu’à la vérité il fèroit à fouhaiter pour la folidité & durée des Ouvrages, que lyEnceinte des Remparts fût revêtue d'une Chemife : Mais on peut bien conftruire des Cazemates aux Flancs , fans être obligé de revêtir les Courtines, les Faces, ni même toute la longueur des Flancs ; il fuffira de faire travailler avec foin au nettoyement des Cazemates : & à l’égard de la partie de la Ca-zemate qui eft du côté de l’Orillon, & qui n’eft point vue de l’Artillerie de l’Ennemi, on eu fera foûtenir les terres avec de fortes pièces de bois , travaillées en Eftançons& Arcs-bou-tans. Et pour l’autre partie de la même Cazemate du côté de la Courtine, on pourroit bien à toute extrémité fe contenter de donner un grand Talus à fès terres j mais la pierre ou la brique feroient bien rares aux environs d’une Ville, & les Finances du Prince bien épuifëes , fi on ne trouvoit pas dequoy faire à chaque Cazemate un Pan de Muraille de cinq-ou fix toifës.
- De dire en fécond lieu, que la Cazjemate prive le Flanc de l'ufage Gr du fecours du Aîoufquetj Cette Objection, qui femble avoir quelque vrai-fèmblance, n’eft neanmoins pro-pofée que par ceux qui n’ont que la Théorie de cette Science. Et en effet, ceux qui ont vû des Cazemates, 8c confideré la difpofition de leur Artillerie, remarquent facilement, que l’Orillon 8c le derrière des Cazemates peuvent contenir autant de Moufquetaires pour la défenfe des Follèz, des Faces, & des Contrefcarpes, que fi le Flanc étoit en ligne droite; car pour la fumée de l’Artillerie, qui eft à découvert dans les Places-bafïès, c’eft fi peu de chofe, quelle n’incommode en rien les Moufquetaires des Flancs & de l’Orillon, comme l’experience le montre.
- Pour répondre à leur troificme Objection,qui fôûtient,j£>«* V Artillerie des Cazjemates, tant de celles qui font vues de la campagneyque de celles qui ne le font pas ef très-inutile,
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- principalement files Cazjematesont des Places-hautes^puif-qu'une feule décharge de P Artillerie des Places-baffes, par la fumée de leurs Amorces, CP* de celle de leur feu, empêchera que leurs Officiers putffient les recharger ©’*' les pointer auf fi promptement quil efi neceffiaire 5 pourfaire feu fur des A fi faillans vigoureux, qui ne font qu'un in fiant a franchir un Foffié. Je leur répliquerai, que la fumée de l’Artillerie des Places bafl es eft fi peu de chofe , qu’elle n’incommode aucunement ceux qui font commandez pour Ion lervice * pour peu qu’ils ayent d expérience : Car qaoique de loin cette fumée paroifle fort épailfe, neanmoins ceux qui s’y trouvent engagez n’en font point incommodez , parce que l’impetuolité du tir du Canon diflîpe cette fumée. Pour le relie de l’obje&ion, j’y répons allez amplement dans la page où je parle de l’ulàge de l’Artillerie de mes Caze-mates.
- On répond à leur quatrième objection, qui dit, Que le Canon des Places-hautes venant a tirer fie foin ou la paille qu'on met dans le Canon tombant allumée dans les Places - bajfes^ne manquera pas de mettre le feu aux Munitions CP aux A-morces des Canons qui font déjà chargez., L’experience montre, que le foin ou la paille qui eft mis dans la voilée du Canon, eft toûjours porté à plus de dix ou douze toiles de la Pièce par la violence du tir. Mais ceux qui Içavent ce que c?eft des Cazemates, n’ignorent pas que les poudres & leurs autres munitions font cachées dans des Magazins, laits exprès derrière l’Ôrillon, & que les Amorces des Pièces chargées font toûjours couvertes d’un petit auvant de bois ou de fer-blanc fait en dos d’âne, que l’on met fur la Piece pour couvrir l’amorce contre la pluye & contre le feu, & que l’on ôte cét auvant quand l’on veut mettre le feu au Canon.
- Quant à leur cinquième objection , quiavance, Queles ¥ lac fi-haut es des Casemates étant trop retirées, découvrent peu la campagne, if occupent la plus grande partie de la Gorge, if même du -Corps du Bajljyn, ce qui empêche que l'on y puiffe faire des Retranchement , qui ont fort fouvent retardé ou empêché laprife de
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- la Ville- On leur répond, que bien loin que ce foie un defaut .aux Cazemates, & principalement aux Places hautes, de ne découvrir pas la campagne, ce leur eft au contraire un des plus grands avantages qu’on en puiffe efperer, puifqu’elles ne font faites que pour nettoyer leFofl'é, & découvrir le pied & la montée des Brèches. De dire que les Places-hautes empêchent les Retranchpmens, cela peut arriver aux Cazemates faites lè-lon les Maximes de quelques Auteurs ; mais à faire les Places-hautes comme je l’enfcigne, elles facilitent les Retranche-mens, au lieu d’y mettre obftacle, comme on le remarquera dans les pages fuivant.es où je traite des Retranchcmens pratiquez dans tes Battions félon ma méthode.
- * Pour répondre à leur lixiême objection, où ils difent, Qu'il ejl impoffible avec le Canon des Casemates , de prendre une mire ajfùrée pour donner à un certain But, èr que la lenteur de leurs coups,
- * toujours entrecoupe^ de quelque incident, fait un effet bien moins cohjiderdblé dvec leur s fitfiples Boulets , que celui d'une grele de ’Moufquetades : Je leur répliquerai, qu’apparemment cette objection â quelque çhofe de fin ; mais en leur difant, que cç h’éft point ici ünjeu de tirer au Blanc, mais bien de nettoyer tout d’un coup un Fofîe, razer une FacG, & flanquer la montée d’nne Brèche : ils feront forcez d’àvouër qu’il n’y a rien de plus feur, pour ces importantes executions , qu’un coup de Canon chargé à Cartouche, qui vaut mille fois mieux que leur grêle deMoufquetadés, quand mêmeeileferoitreïteréeàdi-verfesfois. En effet, elle n’eft pas affez forte pour rompre les Galleries, les Mautêlets, & les autres Epaulemens des Affail-lans; joint que ccs Baies de Moufquets peuvent par hazard donner toutes en un même endroit, ce que ne peuvent faire celles d’un coup dé Canon chargé à Cartouche, puifqu’il écarté toujours également partout, & qu’il n’y a guere d’Epaulemens que les Cartouches rie puiflènt détruire.
- Ils difent en fcptiême lieu, que /’ Artillerie des Casemates peut être aifément démontée par les Contre-batteries de Affiegeans, & que c'efi faire une grande dépenfe dans leur confiruBion, fans en pouvoir tirer aucun profit dans le befoin. Je ferois à la vérité bien de l’opinion de ceux qui avancent cét Argument, fi l’Artillerie de mes Cazemates, fur laquelle je fais force pour la défenfe des Faces & des Brèches de mes Battions, pouvoir être embouchée comme ils difent; mais étant hors de la mire des Contre-batteries, comme elle l’eft en effet dans ma Confit uêfion , cette objection n’a ici aucun lieu.
- Leur huitième objection foûtient, que l'Artillerie des Casemates
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- mates confomme trop de Munitions, & demande trop de gens à fort Jervice, pour le peu de profit qu’on en tire dans un Siégé, &c. Mais ellen’cft fondée que furie peu d’experince d’un Gouverneur, qui n'aura pas fceu faire proviiion des Munitions neceftàires dans une telle rencontre. Si le Gouverneur eft homme vigilant, il en doit toûjoürs avoir la plus grande quantité qu’il loi fera polfible. Car pour les hommes qui font employez au fervice de l’Artillerie, outre qu’il n’eft pas befoin qu’ils foient fort expérimentez, c’eft qu’il n’en faut pas pour mes canons la moitié de ce qu’il en faut pour les autres,puiïque mes canons n’ont pas f embarras des longs Affûts comme fay déjà dit, & qu’ils ne laiflènt pas de faire d’étranges fracas, étant chargez de Cartouches.
- 11 faut maintenant répondre à leur neufviême obje&ion, qui dit, Qpfil ejïfort difficile, & même comme impofjible, de trouver dans un Royaume affe% d’Artillerie pour garnir les Flancs des F laces à Casemates. Cette objection n’eft bonne à faire qu’à des gen$ qui croiroient, que quand on affiege quelque Place, on y fait autant d‘Attaques, comme il y a de Faces de Battions: mais comme ceux qui ont du fervice, & qui fefont trouvez à des Sieges, fçavent fort bien qu’aux plus fprtes Places on n’y peut faire que deux ou trois véritables Attaques, ils remarqueront ailcment qu’il ne faut pas une fi grande quantité d’Artillerié qu’ils fe l’imaginent, n’étant befoin que de garnir les Flancs qui regardent ces Attaques. Car de répliquer que l’Affiegeant changera l’ordre de fes Attaques, pour furprendre & pour tromper les Atïiegex ; c’eft une vifion tout-à*fait pedantelque ; puifqu’il eft toûjoürs bien plus facile à ceux d’une Place de conduire P Artiî ierie d’une Cazemate à l’autre, qu’à un Affiegeant de faire en un moment deux ou trois mille pas de uouvelle Tranché© pour faire une nouvelle Attaque.
- D’ailleurs, puifqu’il eft certain que dans un féal Vaiflèau du Roi on met bien So. ou ioo. pièces de Canon, qui font iujettes à fe perdre fans rellburce par la moindre étincelle de feu ; pour-quoy plaindra t-on 50. pü 60. Canons pont la défenfe d’une Ville, d’où dépend le falut d’une Province, & quelquefoisdô tout un Etat?
- Quant à la dixême objection , qui regarde le danger des Bombes » que les djjiegeans jetteroient dans les Casemates, & qui n'y ruine* r ont pas feulement l'Artillerie > mats chajferont encore Ceux qui en ont le foin > Gf mettront le feu aux Poudres : Je dirai, qu’il peut bien arriver quelque chofe de ce grand fracas aux Cazemares ordinaires, dont le front de dix ou douze toifçs n’a point de Réduit particulier. qui étant feul garanti ae la Bombe > puiflé feul aufïî remedier au de-l'ordre durefte; Mais comme le Réduit caché* de ma Cazemate n’a
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- que trois ou quatre toiles de front, il cff fort difficile , pour ne pas dire impoffiblc, que le hazardy meine une Bombe par la main. Que (î à toute rigueur cela arrive, l’Affût de mes Canons , pareil à ceux des Canons des Vailïeaux, don? neràfort peu de prife à la Bombe, & mes Munitions, cachées dans les Magafins bâtis dans l’épailfeur de la Terraffc du Rempart, ne feront point expofées à ce danger. Ec puis la Bombe rie tombera-t-elle pas fur les embarraüâns rouages de l’Anilleriè du Flanc iimplc? épargnera t-elle les Fauflè- brayes? refpeélcra-t-elle les lieux fàcrcz, & la tête des Generaux, & des Gouverneurs? Et ppur cela faut il abandonner la défenfe des Places?
- Touchant l'inondation des Casemates, dont parle la onzième obje&ion, c’elt un Argument qui n?eft bon à faire que pour les Cazemates des Villes qui feraient fituées dans les lieux bas, & environnées de Marais, ou proche de quelque Riviere. A la vérité cés débordemens pourraient rendre inutiles les C azema-tés de ceux qui n’en veulent qu’une ; mais comme j?en fais plu-lïeurSjil n’y a que la première qui puiflè erre incommodéede ces inondations ; car pour ma fécondé, qui eft conflruite à Rez-de Chauffée, elle ne peut être inondée, que toute la campagne ne le foit aufii •* de manière que j’ay toujours dans chaque Flanc deux Cazemates en défenfe.
- ' Ladernicre de leurs Obje&ions, & celle qu’ils appuyent le plus, regarde la facilité dejurprendre une Place dont le FojJ'é jeroit fec, parce qu'on y pourrait entrer par les Embrajïïres. Il faut avouer que cette objeâion, qui eft propofée comme la pierre d’achoppement dcsCazemates,a quelque chofe qui fent bien le Cabinet.
- En effet, ceux qui feferont rencontrez dans les Villes Frontières , ou qui auront du fervice, auront fans doute remarqué, que les Gouverneurs des Places importantes, je dis même les moins intelligens dans leurs Charges, ont accoûtumé, au plus fortde la paix, de faire pofer des Sentinelles aux Angles flanquez, & aux Epaules des Baftions, pour éviter les furprifes: outre qu’ils ont foin d,e faire battre l’Effrade par quelque Peloton de leurs Gardes, pour prendre langue de leurs voiiïns. Mais pour n’être point fujets à toutes ces précautions, il faut fermer en temps de paix les Embrazûrcs des Merlons avec de fimples Murailles, que l’on mettra bien aifément à bas, quand il en fera befoin.
- Pour conciulïon, je renvoyé les Ingénieurs, qui n’ont campé que fous le toit de leurs chambres, à’faire un logement fur la Brèche d’un Baftion, expofé à une bonne Casemate.
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- OU L’ART DE LA GÜERRE.
- Remarques particulières fur l'avantage des Casemates.
- MAis pour finir la differtation des Cazemates, & s’il faut ainli dire, combler la mefùre, ôc donner double charge, je rapporterai l’Exemple du plus grand Siégé dont l’Hiftoireait jamais parlé, qui eft. celui delà fameufe ville de Candie. Elle eft fortfiée du côté de Terre-ferme de Baftions à Cazemates ; & depuis plus de fèize ans les Turcs l’ont vainement entreprife , par des Attaques Regulieres de ce côté-là. Tous les Dehors de chaque Tenaille de la Place ont été emportez. En fuite ces mêmes Baftions ont fouffert l’effet d’une infinité de Fourneaux, les Aflie-geans ont fait des Brèches étonnantes à chaque Face : mais il leur a été impofîible de s’y loger, & l’Artillerie des Cazemates qui battoit dans ces Brèches, a toûjours ruiné leurs logemens, & les en a heureufement chaflez. La Françp eft pleine d’une infinité de braves gens, qui font les illult très témoins de ce que je dis. Sur tout vers les dernières années de ce fameux Siégé , les deux Baftions de Bethlehem ÔC de Panigra, le font fi bien défendus par le feu réciproque de leurs Cazemates, que les Aflîegeans ont été contraints de les abandonner : Ils tournèrent judicieu-fèment leurs efforts ducôtéduDemi-Baftion de Saint-André , & devers le Pofte de Sabionera, à caufe que ni l’un ni l’autre n’avoient de Cazemates pour les flanquer du côté de la Mer. Toute la Terre foait que les Turcs ayant conduit ôc pouffé leur Tranchées du côté de Dramata, ôc de l’Ouvrage Scofleffè, qui eft figuré par la lettre C dans le Plan qui fuit , ôc qui n’eft qu’une maniéré de Redent ou Flanc fimple, le Pofte de Saint André, qui y eft:auffi marqué A, dénué de ce côté-là delà défenfc d’une Cazemate, fut enfin emporté ; ÔC jamais il ne leur a été poflîble de le loger fur la Face de ce Demi Baftion, qui eft vué ôc enfilée de la Cazemate B de Panigra, quoiqu’ilsayentfaiçdes Brèches effroyables à cette même Face. Cet Exemple
- C * vaut
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- 4» LES TRAVAUX DE MARS,
- vaut mieux que mille raifons ; & cela eft tellement vrai, que dans T Extraordinaire s de la Gazette du 26. Septembre 1670. page 919. on remarque, que le Grand Vizir, avant que de s’embarquer pour Conftantinople, ayant pris garde au defaut ^dé Saint André, y a fait faire un Ouvrage qui avance quelques pas dans la Mer ; ce qui jufiifie qu’il avoir befoin d’être flanqué de côté*là.
- Ce qu’il y a encore ici de remarquable fur les Cazemates de Candie, c’cft, que fi ces Cazemates, quoiqu’elles n’ayent pas été conftruitcs dans la derniere perfe&ion , comme font les miennes , n’ont paslaUîé de rendre delï grands lervices, on peut bien plus légitimement elpcrer, que les Placés, qui en auront comme celles que je donne, feront capables dé faire une refiftance bien plus opiniâtre, puifque je montré dans les Chapitres failrans, que les miennes furpailènt en bonté toutes celles que les Ingénieurs ont faites ou deflinées jufqu’à prefent. Es ce que j’établis ici fera pleinement juftifié, lorfque j’aurai fait voir qu’elles ne peuvent être vûës ni des Contrebattenes que les Afiiégeàns élèveront fur des Cavaliers, ni de celles qu’ils enterreront dans les Chemins-couverts, iii enfin de celles qui perceront dans les Contrefcarpes.
- Enfin, s’il y avoit encore quelque Bizarre qui fût tellement préoccupé pour les Amples Flancs,qu’il rejettât l’ufage des Casemates, je lui confeilleroistoûjours de préférer ceux de mon premier Volume à tous les autres ; parce que mes Flancs étant faits fut un Angle de 98. degrez, ils font en état de tenir toû-jours plus de Soldats, & de pointer bien mieux l’Artillerie à plomb fur le paffage du Foffc ; outre que les Embfazûres qui fë tailleront dans mes Parapets, ne feront pas tant de travers, que celles que’on feroit dans les Flancs de D o g e n, & des autres.
- Que fi l’on m’obje&e, que ces Flancs n’étant point perpen-culaires fur la Courtine, ils feront aifément découverts des Batteries de l’AÉegeant, & que par confcquent eux & leur Artillerie nefubfifteront pas long-temps fur pied; cela pourroit bien arriver fi je les ouvrois, comme ceux du Comte de P a-g an : mais les tenant plus ferrez que les liens, & moins cachez que ceux des autres, je les expofefi peu au Canon de l’Atïie-geant, que fans dire que les Grillons les couvrent, c’eft qu’ils donnent fi peu de mire fur cét Angle, que cela n’eft pas fenfiblé en campagne à celui qui attaque; & cela ell d’un grand fervice à l’Afîiegé pour la défenfe de fes Brèches, de les Fofiëz, de du delfusdcs Contrefcarpes.
- Noms
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- 44 LES TRAVAUX DE MARS,
- Noms des Places fortifiéesfélon la Méthode de Vj4 uteur.
- £N 1666. apres que par Patente du Roi de Portugal je fus • reçû Ingénieur de les Camps & Armées, Monfieur le ;Comte de Schomberg m’envoya, par l’ordre du Roi,fortifier Arronche. Je commençai à tracer le fixiême d’Avril la Courtine , appellée, Cortina de Santa Maria d'Elvas, où je fis les Flancs fur des Angles de 98. degrez,pratiquant les mêmes mefures aux Flancs des Baftions du Château, que je traçai à la moderne, ainfi que l’on peut remarquer dans Ion Plan, qui eft dans le livre de l’Irreguliere de mon premier Volume. Je fus employé à le fortifier au retour de la ftirprile de la Baflè-ville d’Albuquerque ; où il me fouvient que faifant ma fonction d’Ingenieur, comme je marchois à la tête de ceux qui furprirent lespremiers Corps-de-garde de l’Ennemi, le Duc de Noirmoutier, auffi brave de fa peribnne qu’aucun Meftre-de-Camp de l’ Arpiée, fut tué d’une Moulquetade a deux pas du lieuoùjetois.
- En 1667. après avoir élevé deux Batteries, & conduit la Tranchée qui caufa la prilè du Château de Ferreira, Don Gonzalo Alvarez Correa, Sergent Major du Régiment de Cafiello de Vida , m’ayant demandé à Monfieur le Comte de Schomberg, je fus renvoyé à Ferreira, pour la fortifier à la Moderne , & je commençai le fixiême d’Oétobre h y tracer un Quarré avec quatre Ravelins, ou Demi-lunes, établiflant les Flancs de fes Baftions fur des Angles de 9 8. degrez.
- E111668. le troifiême Janvier Monfieur le Comte de Schomberg étant à Vimieiro pour fe remettre d’une fâcheule maladie, que les glorieux emplois de fa Charge lui avoient attirée,Denys de Melio de Caftro, General de la Cavalerie, & Joan de Sylva de Souza, General de l’Artillerie, fe trouvant alors à Extre-mos, Place-d’Armes de l’Alantejo, comme ils avoient l’œil fur les Fortifications de la Place, ils me firent l’honneur de me choifîr à l’exclufion d’un Ingénieur Italien, qui avoit été employé à quelques autres Ouvrages. Je fortifiai par leur ordre le grand Bafiion, appelle Boluardo de Santa Catburina, dont j’établis les Flancs lur des Angles de 98. degrez.
- C H A'
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- OU L’ART DE LA GÜÈRRÈ.
- Chapitre II.
- JDu Calcul des Places de VAuteur.
- A Prés avoir, ce me fèmble, rapporté, autant qu’il eftpoflible, toutes les objections qu’on peut faire contre l’ufage des Cazemates, & y avoir répondu allez amplement, je paflerai maintenant au Calcul de mes Places, après que j’aurai expofé les Mefures en general & en particulier, dont les Auteurs Ce fervent dans la Conftruétion de leurs Places avec Calcul ou fans Calcul.
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- 4$ LES TRAVAUX DÈ MARS,
- «
- Des Mefures en general & en particulier.
- LA Ligne a de longueur l’épaifïèur d’un grain d’orge,
- Le Poûce de Roi eft de douze lignes.
- Le pied de Roi eft de douze pouces.
- Le Pas commun eft de trois pieds de Roi.
- Le Pas Géométrique eft de cinq pieds de Roi,
- LaToifè eft de fix pieds de Roi.
- La Verge eft de deux toifès principalement celle que l’on nomme Rhynlandique.
- La Perche eft de trois toifès > il y a des Pais où elle eft de 20. & de 2 2. pieds.
- Le Stade eft de cent vingt cinq pas Géométriques.
- Le Mille eft de huit ftades ou mille pas Géométriques.
- La petite Lieue de France a deux mille pas Géométriques,' La moyenne Lieue de France, ou la commune; eft de deux mille quatre cens pas Géométriques.
- La grande Lieuë de France eft de trois mille cinq cens , & quelquefois de quatre mille pas Géométriques.
- L’Arpent a 3 o. toifès en longueur, & autant en largeur, ou neuf cens toifès quarrées, ou cent perches quarrées de celles qui valent trois toifès ou dix-huit pieds.
- On remarquera, que dans mon premier Livre, où jay enfèigne la Conftruétion des Places Regulieres fans Caze-mates, je me fuis contenté de donner 100. on 11 o. toifès au côté de leur Polygone : Prefentement que je vais montrera faire des Cazemates, j’avertis que je donnerai toûjours 120. toifès aux cotez des Polygones, qui eft la mefiire que les Auteurs donnent d’ordinaire à la longueur de leurs cotez du Polygone.
- On remarquera, que tous les Profils de pilles Cr de Pài-fages, qui fie rencontrent au bas des Planches fuivantes, n'y ont été gravez, que pour leur embellijfement.
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- 43 LES TRAVAUX DE MARS,
- Pour trouver Géométriquement tous les cingles & les Cote£ qui fervent à la ConftruBion des Figures de V Auteur.
- POur venir à la connoifîànce précife des Angles, & delà longueur des lignes de mes Figures par le calcul, je fup-pôle toûjours trois choies.
- I. Que l’Angle du Flanc, de quelque Figure reguliere que ce puifle être, foitde «)8.degrez.
- 11. Qu’il y ait proportion du côté du Polygone intérieur à la Demi-gorge,, comme de cinq à un.
- .111. Qu’il y ait convenance du même côté du Polygone à la Capitale, comme de 3. à i. Et fur ces fondemens je me Servirai d’une même Méthode pour l’extraéfcion des Angles , & calcul des Lignes, par le moyen des Logarithmes ou Sinus naturels: Ce qui iè fera avec plus de promptitude 80 de facilité qu’il ne s’en rencontre dans les autres Méthodes*
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- OU L*ART DE LA GUERRE,
- Ttm.IL
- Ù
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- yo LES TRAVAUX DE MARS,
- Réglés generales de l'Auteur four VExtraBien des Angles de fes Figures $ appliquées a l'Exemple d'un Hexagone•
- ON a l’Angle du Centre BAC , divifânt $60(60 3 60. par le nombre des cotez de la Fi- 6
- gure qu’On veut faire.
- On a l’Angle du Polygone DBC, eu ôtant 180 l’Angle du Centre de 180. degrez. 60
- 120
- On a le Demi-Angle du Polygone ABC, pre- 60 nant la moitié de l’Angle du Polygone.
- On a l’Angle de la Capitale & de la Demigor- 1 So ge EBG, ôtant le Demi-angle du Polygone ôo
- de 180. degrez. I2®
- Pour connoître le Demi-angle flanqué BEG,
- & le flanquant intérieur BGE »
- On féjertde lalrigonometriè.
- Au Triangle Ambligone EBG , où deux, cotez EB , BG , & l’Angle EBG font
- connus • trcc e
- On ajoûte le petit côté BE au grand côté BG >'{3^40. toifcs.* pour avoir la fomme des cotez. ~136—
- On fouftraitle petit côté BEdu grand côté/BG. 96 BG, pour avoir la différence des cotez. EBE. 40
- On fouftrait l’Angle obtus EBG de 180. de- igQ ^ grez, le refteeftla fomme des deux An- I20 gles aigus; dont on prend la moitié pour— la valeur approchante de chaque Angle 20 aigu. Et pour les avoir jufte, oa fait ce iquivafoivre.
- Sut-
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Çalcul des Angles pour la Conflruclim des Places de l'Auteur.
- N ajoute la Tangente Logarithmique de cette valeur approchante de chaque 976143 Angle aigu, au nombre Logarithmique I74^1^ de la différence des cotez, & du provenu. II5'°9(^1 •
- Onôte le nombre Logarithmique delà fom- 2133^4 me des cotez 5 le reite eft la Tangente Lo- 937607 garithmique d’un Angle, qui étant ajouté 13 d. 23 m.
- à la valeur approchante des Angles aigus 3°_________
- donnez, donnera la jufte valeur du Demi- 43 d*m«-angle flanqué BEG.
- 43- 23
- En doublant le demi-angle flanqué, on aura 43- z3 l’Angle flanqué IEF. 86. 46 m.
- Oftant le Demi-angle flanqué BEG,& l’obtus 5 ^ 2-. GBE5de 180. degrez, on a le flanquant cI2o 5 intérieur BGE. 16.37.rn. ‘
- On a l’Angle du Flanc, 8c de la ligne de Dé- 180 fenlè HFG, fi de 180. on ôte l’Angle du 98
- Flanc, qui eft toûjours 98. & le Flanc in- ï^-3‘7
- teneur qu’on a déjà trouvé. 6$. 23. m.
- On a l’Angle de l’Epaule EFH, fi de 1S0. *on ôte l’Angle fait par lalignedeDéfenlè & par le Flanc.
- 180
- 23___
- 114.37.ln.
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- OU L’ART DE LA GUERRE,
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- 5* LES TRAVAUX DE MARS,'
- Réglés generales de VAuteur four le Calcul des lignes defes Figures, appliquées* P Exemple d'un Hexagone*
- ,Premier Triangle BAC, pour avoir les lignes du Centre
- BA,èrCA.
- AU Triangle BAC, où les trois Angles font connus, *
- 8c le côté du Polygone,
- On aura le Demi-diametreBA, ajoutant le Sinus Logarithmique de l’Angle CB A avec 993753 le nombre Logarithmique du côté BC. 20791 &
- 8c de leur fomme " 120167F
- 011 ôte le Sinus Logarithmique de l’Angle 9937S3
- 60y 6O, 6O. 120. toifes.
- BAC : le refte eft le nombre Logarithmique 2,07918 .
- du Demi-diamètre, qui donne vis-à-vis le
- côté B A 120. toifes.
- égal au côté AC 9 étant sous- deux Demi- diamètres : 8c en cét Exemple de l’Hexagone ils font aulïi égaux au côté du Polygone , à caufe que le Triangle eft équilatéral.
- SecondTriangle EBG, four avoir la ligne de Défende EG.
- Au Triangle Ambligone EBG, où tous les Angles font connus, fçavoir dans cét Exemple, le Demi-Angle flanqué BEG, 45. degrez 2 3. min. celui de la Capitale & de la Demi-gorge EBG 120. degr. 8c enfin le flanquant intérieur BGE 16. degr. 3 7, min. & les cotez BG 96, toiles, &BE 40. on viendra à la connoiflance du côté EG, qui eft la longueur de la ligne de Défenfe, en cette maniéré: On àjoûte le Sinus Logarithmique de Complément de l’Angle EBG
- avec le nombre Logarithmique du
- a / 0 ** '
- cote BE.
- on ôte de leur fomme le Sinus Logarithmique de l’Angle BGE. qui donnera dans les Tables la valeur du côté requis EG,
- 9937S3
- lÔOZOf
- VÏ39&
- 94r<$3* 208327
- 121. toif.2. p.
- . Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE. jj
- Eég-le
- ^iTaemeefieCR.^el^iL tôt Àct ÜeTzeJietL <ter hnicri .
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- 56 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du calcul des Lignes pour la ConflruBiort des Places de P Auteur»
- Troifîèmc 'Triangle F H G, -pour avoir la connoijfance du Flanc FH, if de la droite FG.
- Au Triangle FHG, où tous les les Angles (ont connus, fçavoir, l’Angle du Flanc & de la ligne de Défenfe 65. degrez 23. min. celui du Flanc FHG. 9 S. degr. & en-• fin le flanquant intérieur HGF. 16. dcgr.
- 37. min. & la Courtine HG 72. toifes, on aura le Flanc FH en cette façon.
- On ajoute le Sinus Logarithmique de l’An- 944602 gle HGF
- avec le nombre Logarithmique du côté 185733__
- GH: & de leur fomme H3033f
- 011 foultrait le Sinus Logarithmique de-l’Angle HFG 99S861
- Le refte cft un Nombre Logarithmique 134474 qui donne dans les Tables la valeur du Flancpropofé HF. 22. toif a.pieds.
- Pour avoir le côté FG on ajoute le Sinus du 99957F Complément au Demi- cercle de l’Angle s4
- . du Flanc FHG avec le nombre Logarith- \
- mique de la Courtine GH : & de la fom-_*85733____
- me 1185-308
- on ôte le Sinus Logarithmique de l’Angle du Flanc & dé la ligne de Défenfe_99$'86i
- HFG. 189447
- le refte eft un nombre Logarithmique
- qui donne dans les Tables la valeur re-
- quife du côté FG 7 8. toif. 2.pieds.
- qui fouftrait de la ligne de Défenfe 121. toif. 1. pied.
- donnera pour la Face EF 42. toif. 5. pieds.
- Cha-
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- QU L’ART DE LA GUERRE. p
- Chapitre I' I I.
- pes Seconds Flancs j des Cavaliers A &des Faujje-brayes.
- DES SECONDS FLANCS.
- C’Eft unequeftion qui eft fouvent agitée entre les Ingénieurs , de fçavoir quelles font les meilleures Places, y foppofantune mêmeGarnifon, & un même nombre de Baftions; ou celles qui outre leurs Flancs ordinaires, fo fervent de féconds Flancs ; ou celles qui ne reçoivent que le Flanc ordinaire} ou bien enfin celles qui onc des Flancs à Cazemates.
- Cette queftion a divers Partifans qui la défendent différemment. Les plus anciens font ceux qui admettent les féconds Flancs } parce qu’en les établiflànt, ils penfent avoir plus de feu pour la défenfo des Brèches, & des Faces des Baftions.
- Au contraire, lès plus recens, & ceux qui ont joint la pratique à Iaraifon, en rejettent l’ufage, comme étant des défenfes qui ôtent l’avantage que donnent les grands Flancs pour incommoder l’Affiegeanc dans le paflageduFofle, & dans le logement de laBréche.
- Enefïet, fi l’on fiippofe que les Courtines &les Capitales des Baftions foient d’une même grandeur, iln’yapoint de doute que ceux qui admettent des féconds Flancs’, ne diminuent les Flancs ordinaires des Baftions, & ne les rendent incapables d’y pouvoir faire des Cazemates pour loger du Canon, Or fans difficulté le Canon étant chargé de Carton-
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- LES TRAVAUX DE MARS,'
- souches , eft d’une execution bien plus violente pour foudroyer dans les Brèches, & rompre les Epaulemens, lesGaî-leries, & lesTraverfes des AfFaillans, quen’eftpas le (impie effet de la Moufqueterie des féconds Flancs, dont les coups de Moufquets font trop foiblespour incommoder & détruire les Ouvrages des Affiegeans. Ceux qui veulent des féconds Flancs, n’y peuvent loger de l’Artillerie que for le Rempart, qui fuit l’alignement du fécond Flanc, ou for les Cavaliers élevez félon le même alignement. S’il la logent fur les Remparts, elle ne peut tirer fans la ruine totale des Parapets, acaufodu grand biaifoment qu’il faut donner à leurs Embmzûres pour découvrir en cette fouation le long des Faces du Baftion oppofë. S’ils logent leur. Artillerie for des. Cavaliers, les ruines de ces mêmes Cavaliers battus tin Canon de l’Ennemi, tombent fur la Courtine, ^empêchent l’ufage de la Moufqueterie. Outre que l’Artillerie de ces Cavaliers ne peut incommoder les Anaillans dans les Brèches. Auffi c’eftce qui me fait tenir pour ceux qui négligent" les féconds Flancs, puifqu’ils font rendus inutiles dés les premiers jours d’un Siégé par les Contre-batteries des Affiegeans.
- Pour le fécond Flanc des FaufTe-brayes, il n’a pas plus d’avantage que le precedent: car outre que la Faufle-braye ne fort que pour difputer le pafîage du Foflë, & non pour défendre une Brèche , c’eft qu’elle eft auffi-t.ôt rendue inutile, que l’Ennemi s’eft logé for la Con-tre-fcarpe, où il s’avance toujours à la faveur des Tranchées êcdes Sapes, & par fos Contre-batteries il peut fort aifémcnt rompre la Faufle-braye& tout fon fécond Flanc, avant même qu’il fo foit prefonté pour la tentative du Foflé: joint que l’Artillerie que l’on mettroic dans le fécond Flanc des FaufTe-brayes, ne pourroit tirer que par des Embrazûres , ou pardeflus le Parapet. De tirer par des Embrazüres faites fur cette, fouation , cela eft impoffible àcaufe de leur trop grand biaifoment, qui faciliterais ruine
- - des
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- & LES TRAVAUX DË MARS*
- des Parapets. De mettre auffi T Artillerie en telle manierez qu’elle tire pardefïus les Parapets fans être couverte, c’eft l’expofèr à la merci des Affiegeans. En un mot, 1* Artillerie du fécond Flanc des FaufTe-braÿes ne peut tirer qo’à la Con-trefcarpe oppofée, & ne fçauroit ni flanquer la Brèche , ni même razerla Face des Battions ; & cependant c’eft dequoi il s’agit pour empêcher l’Aflaillantde monter a l’Afïaut* & £e rendre maître de la Brèche;
- Des
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- OU LART DE LA GUERRE. (SJ
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- «4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Cavaliers.
- POur moi, qui donne volontiers dans le /ennuient de ceux qui croyent que l’on ne peut trop bien fortifier un corps de Place; je fuistout-à-fait oppofé à ceux qui négligent les Cavaliers, & qui les rejettent, comme des dé-fenfes plus nuifibles aux Afliegez qu’aux Afliegeans».
- Ceux qui les defaprouvent, difent, qu’il faut faire de trop grands frais pour les élever, & qu’êcanr trop retirez dans le Corps de la Place, on ne le peuc/èrvir utilement de leur Artillerie, ftirtout lorfque l’Ennemi eft proche de la Ville, quifqne leur hauteur même la couvre; & enfin, que fi l’Afliegeant a une fois gagné la hauteur du Baftion, il n’eft plus pomble à PAfiiegé de s’y retrancher, à caufe que le Cavalier occupe la Gorge.
- Et moi je dis tout au contraire , qu’il n y a rien de fi avantageux à une Place, après les Flancs des Baftions, que Pillage des Cavaliers: Je dis des Cavaliers pofez comme les nôtres.
- Je les veuxtoûjours élever dans le milieu des Gorges des Baftions ; car de-là ils flanquent de leur Artillerie les Faces des Boulevards oppofez ; ils nettoyent les Foflez pleins d’eau ; ils rompent les Gaîîeries des Afliegeans ; ils commandent dans les Traverfes des Foflez fecs ; ils foudroyait fur les Angles làillans des Contrefcarpes, où les Ennemis font leurs Contre-batteries; enfin ils enfilent les Tranchées, ou obligent les Ennemis d’en multiplier les Boyaux.
- Pour concîufion , ils font d’un fi grand fer vice en cér endroit pour la défenfè de la Tête des Brèches 8c des Retranche-mens des Afliegez, que par leur moyen, comme d’un nouveau Fort, on peut faire ferme contre P A fiai 1 lant, & l’empêcher de fe rendre maître du Baftion, ou du moins, lui faire confommer beaucoup de temps, qui efl le but des Fortifications. Leur Conftru&ioneft dans la page fuivante.
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- éS LES TRAVAUX DÈ MARS,
- La Conjtruftion des Cavaliers•
- POur faire le Cavalier, on prolonge la ligne de Défenfe AB jufqu’à ce qu’elle coupe la ligne du Centre DC au point E. Puis on divife î’efpace D E en deux parties égales en F. Du point F comme Centre, & de la diftance de 14. toifes, on décrit une Circonférence qui déterminera G H » pour la Baze du Cavalier.
- Pour faire fon Talus, on fait rentrer de G en L 7. pieds. Au point L on éléve la Perpendiculaire LM, que l’on détermine de deux toifes & demie, & l’on tire le Talus MG.
- Pour le Parapet j on fait rentrer de L en N 3. toifes & demie. Au point N on éléve la Perpendiculaire NO, que l’on détermine de 3. toifes5 l’on joint OM, pour le Talus fuperieur du Parapet : & abaiflànt une toife de O en P, on a la hauteur intérieure du Parapet du Cavalier j car MOP eft tout le Parapet, & P & R le Terre-plain de l’Ouvrage élevé fur le niveau du Baftion de deux toifes.
- On peut faire le Cavalier plus haut & plus bas que celui-ci, félon l’exigence du lieu, & félon la difette ou abondance des terres.
- On obfervera que dans le Parapet de ce Cavalier on fait autant d’Embrazures que l’on y veut loger de Canons, pofant toujours le Magazin du côté de l’Efcalier , qui eft vers le Corps delà Pla-ce.
- On remarquera auffi que pour conftruire des Cavaliers dans de petites Gorges, leur Centre fe mettra toujours au même point F 3 mais que l’on laiflera au moins entre leur Circonférence & le Parapet fuperieur des Cazemates quatre toifes de vuide, pour faciliter le paflage fur le Terre-plain du Baftion 3 lereftedela Gorge demeurera pour y faire le Cavalier, lui donnant fon Talus & Ion Parapet félon les mefures precedentes. Les Cavaliers des grandes Gorges auront les mêmes réglés & mefures que celui que nous avons fait au commencement de cette page, étant d’une grandeur alfez raifonnable pour fervir aux Baftions faits fur les cotez du Polygone de ilo. toifes, jufqu’à iao. qui eft la plus grande longueur que l’on pourroit donner à des côtéz du Polygone régulier.
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- OU L’ART DE LA ..GUERRE. 6?
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- 6$ LES TRAVAUX DE M ARS*
- Des Retranchement faits dans les Bafltons.
- JE ne parle pas ici des Retranchemens generaux, qui (ont ceux que l’on fait à loilîr dans le Corps de la Place pour faire tête aux Affiegeans, apres la perte du Baftion ; Je parle des Retranchemens particuliers, qui fefont à la hafte dans le Corps même du Baftion, pour défendre les Brèches, & arrêter l’impetuofité des Aflàillans. Mais de ces derniers Retranchemens il n’y en a point de meilleurs que ceux qui fe font en Angle rentrant, &qui portent le Point Angulaire en dedans la Place, comme celui qui eft marqué A.
- Cette Maxime établie, tous les Retranchemens que l’on fera dans mes Baftions fe conftruiront avec beaucoup plus d’avantage que dans les Baftiofts vuides , parce que ceux-cy manquent de Terrain.
- Je dis même, que la refiftance feroitfoible derrière des Retranchemens que l’on feroit dans les Baftions pleins, à moins qu’il n’y eût, comme dans les miens, des Cavaliers, qui par leur hauteur & leur difpofition découvrent & foudro-yentlaTête des Brèches, & les Travaux que les Affiegeans peuvent faire dans le Baftion. Déplus, je puis faire conduire de mes Cazemates des Fourneaux dans lafolidité du Rempart jufques fous les Travaux des Aflaillans, ce qui eft rres-diffi-cile à faire dans les Baftions qui n’ont pas des Cazemates ton-llruites comme les miennes ; ils font marquez des lettres B , &C.
- Davantage, fi l’on veut creufer un Fofie en Angle (aillant ou rentrant D, pour joindre enfemble mes deux Cazemates retirées, on eft aflûré d’avoir un Retranchement auffi fort que ceux que les Auteurs, qui pratiquent des doubles Baftions, nous donnent.
- Enfin, fi la neceffité obligeoit les Affiegez à ceder le Terrain, iis peuvent pour derniere refiource faire une bonnne retirade fur la Gorge de mes Baftions j & ce dernier Retranchement étant défendu du Cavalier, ménagera, peut-êire, le fàlut de la Place : Figure E.
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- De Vavantage des Faujje-brayes.
- TOut ce qu’on peut dire à l’avantage des Fauiîe-brayes^ft contenu dans le fécond Chapitre du premier Livre de Dogen» & dans le 28. Chapitre du premier Livre de De-Ville. Ils concluent l’un & l’autre, que les Foflez fecs le peuvent paflèr de Fauflè-brayes, à caulè que l’Affiegé peut faire beaucoup de Travaux dans le Folié lec, qui le défendent mieux que ne feroit la Faulle-braye* comme il fe peut voir dans la Traverlè A, & le Sillon B.
- Mais ils dilènt, qu’aux Foflez pleins d’eau, à caulè que l’Affiegé n’y peut faire ni de Sorties, ni de Travaux, il eft important d’y faire des Fauffe-brayes, marquées C,quipuiflènt tirer à fleur d’eau & dilputer le paflàge du Foflé j ce qui ne le peut faire commodément que de la F aufle-braye , à caufe que la hauteur du Rempart empêche que l’Affiegé voye le fonds du Folle: mais la Fauflè-braye qui s’approche du fond du même Folle plus que le Rempart, ne peut être rompue qu’avec pei-ne9 dans cette balle lituation s par le Cauon de l’Ennemi.
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- JD h defavant âge des Fauffc-brOyes.
- IL refaite de ce que je viens de dire dans la page precedente , que les Partifans des Fauffe-brayes n’en veulent qu’aux Foflez pleins d’eau. Mais cela conclud auffi qu’il les faut revêtir de pierre ou de brique : autrement l’injure du temps, & les eaux même du Folle, obligeront à relever fréquemment les terres des Remparts, dont les Talus s’éboulant,rempliraient la Faufle-braye, ou donneraient moyen de monter de tous cô-: ez. S’il y faut des réparations fi frequentes, la dépenfe en eft exceffive; s’il faut une Chemife, les frais font encore plus grands j mais quand elles font revêtues, voici encore un accident plus confiderable.
- La Batterie de l’Affiegeant ruine d’autant plus les Murailles, que ces mêmes Murailles font haute;, & ayant moins de Talus que les terres, elles ne demandent qu’à tomber: Auffi les éclats & les démolitions comblent la Faufle-braye, & en chaflent les Soldats, qui font contraints d’en abandonner la défenfè.
- Que fi pour éviter ces deux fâcheux accidens, de la voir combler, ou de voir les Soldats qui la défendent expofèz à ces éclats, on lui donne plus de largeur qu’à 1 ordinaire, l’Affie-geant l’enfilera de revers fort aifément. Tellement qu’elles ne pourraient être fiipportables, qu’aux Places qui ne font point revêtues; & nous avons déjà remarqué, qu’çn ces lieux-là elles donnent plus de fujettion qu’elles n’apportent d’avantages 5 car de dire, qu’elles empêcheront l’Affiegeant de fe loger iur la Contrefcarpe, & de pouffer fès Traverses, c’eftfuppo-fer qu’il fafie un Siégé'fans Artillerie. Car s’il en a, il aura bientôt abattu le Parapet de la Faufle-braye, pour haute ou bafle qu’elle puiflè être : tellement qu’il rendra bientôt inutile le Canon qui y fèroit logé, & qui fans doute ferait mieux dans des Cazematès; comme je l’ay montré dans les pages précédentes ; les lettres A,B,C, marquent les Exemples,
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- Chapitre IV.
- Des Fortifications ^I.Errard^
- Bar-le-Duc.
- SOus le nom cTErrard nous comprenons auffi fbn Neveu, qui afuivila même ConftruCtion ; & foûtemi les mêmes Maximes. Ils ont fait les Flancs de leurs Battions perpendiculaires fur les Faces; de forte que l’Angle de l’Epaule étoic droit, & celui du Flanc fort aigu, ce qu’ils, ne pratiquaient que jufqu’à l’Octogone ; car à l’Enneagone , & aux autres Figures au defliis , l’Angle du Flanc était droit. Mais afin que l’on ne nous accule pas, en voulant combattre leur Méthode , que nous nous forgions nous mêmes dey Monlires pour les détruire, nous rapporterons mot pour mot les termes de leurConftruÇtion, comme ils fê trouvent dans leurs Exemplaires; au moins fi l’on nous(oupçonnoit d'en impofet du nôtre, on confrontera les ans avec les autres* & l’on remarquera que nous avons fi bien tiréi’efprit de leurs Ecrits, que nous avons fait des Planches pour les Figures de leùt ConrtruCUon, que quelques-uns d’entr’euxont néglige de nous donner.
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- Conjlrti&ion des "Places félon Errard.
- De la Conjlruftion de l’Hexagone.
- ERrard dans le Chapitre II. de (bn II. Livre commence la Conftruétion de les Places par l’Exemple d’un Hexagone. Et voici Tes propres termes.
- „ Soit propofé à fortifier un Hexagone. D’autant que „ l’Hexagone le divifè en fix Triangles équilatéraux,
- „ Soit (ur AB décrit le Triangle équilatéral ABC: puis „ fôit fait l’Angle CAD de 45. degrez: foit faite la ligne A v E égale à là ligne BD. En après foit tirée BE. Soit divifé ,, l’Angle EADen deux également par la ligne AG, & foie „ prife DF égale àEG, & tirée la Courtine GF, comme „ auflï FH perpendiculaire fur la ligne BE. Soit prile AI éga-„ le à BH, & lôit tirée la ligne GI perpendiculairement com-„ meFH. Ainû feront décrits les deux Demi- battions AIG, „ & FHB. Et pour plus facile intelligence, j’ay tracé à la v Figure les deux Battions entiers MNAIG, & FHBLK , „ afin de faire çonnoître la Gorge du Baftion M G, & FK.
- ,, Et d’autant que la ligne du Flanc GI, ou F H, doit „ pour le moins avoir fèize toiles, nous ferons l’Echelle fè-„ Ion cette quantité, ÔC trouverons toutes les mefures des li-,, gnes de la Fortification fur icelle proportionnées, felonla ,, portée de l’Harquebuze.
- „ Que fi nous donnons dix-neuf toifes & un cinquième à ,, la ligne du Flanc, nous aurons les mefures proportionnées ,, en forte que la ligne de Défenfe AF aura cent vingt toifès, qui eft la. portée du Moufquer.
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Places félon Errârd. Demenftration de VHexagone.
- POurfnivrela Méthode de cct Auteur, & pour faire voir comme il s’énonce dans fes Demonftrations , voici celle qu’il donne dans le Chapitre 111. de Ion fécond Livre fur l’Exemple d’un Hexagone.
- ,, L’Hexagone a l’Angle du Centre de foixante degrez, x, & eft la première Figure reguliere qui peut être commo-» dément fortifiée. Commme (oit le côté de l’Hexagone 3> BC yêcfoit fait l’Angle GBE de quarante-cinqdegrez d’oa-,, verture, afin d’avoir l’Angle GBN droit.
- „ Soient tirées les lignes droites CKE> & BGL, égales, lî » eft évident que l’Angle flanquant BDC aura cent-cinquan-3, te degrez d’ouverture, par la trente-deuxième proportion » du premier livre d'Euclide ( étant les Angles DBY & 3> D (JY égaux , chacun de quinze degrez.} Apres foit l’An-3, gle GBE coupé en deux également, comme de la ligne » BF, par la neufvieme du premier d'Euclide.
- 3> Puis foit tiré le Cercle du Centre F, qui touche feule-33 ment les lignes BD, & BO, par la quatrième du quatrième. ?> d'Euclide. Soit auffi tirée la Perpendiculaire FG. 11 fera 3> manifefte que GFD fera de foixante degrez ( GDF étant ,, de trente:) car les trois Angles d’un Triangle rediligne 3> font égaux à deux droits, par la tr ente-deuxième dupre-33 mierd'F,uchde.
- „ Or GF eft égale à FZ : le Triangle FGZ fera donc équila-3» teral, & s’enluivraque ZD fera égal àZG (c’eft-à-dire, „ à FZ,) car l’Angle ZDG efl de trente degrez, comme « ZGD.
- „ Soit donepofée FGde feizetoifès, afin que cette cparf-,, fëur foit fuffifànte derefifter aune Batterie de douze Ca-„ lions, qui cftla moindre que doit avoir une Armée aflàil-3, lame, (comme nous avons dit;) FD fera de trente-deux
- toifès,
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- J&euys yattde SejJwek door J9
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- 5, toifes, & GD d’environ vingt-lèpt trois quarts.1 Et foie „ menée l’autre Perpendiculaire F H égale à F G, & con-„ tinuëe la ligne droite G F vers O. 11 eft certain que F H a & HO étant égales , F O contiendra vingt-deux toiles yy deux-tiers; & la toute GO (ou BG, que nous appelle-,, ions Parut)) trente-huit toifes deux-tiersj jointe à GD ,, vingt-fèpt toiles trois-quarts, feront ënfemble loixante-fix ,, toifes un tiers, & un douzième de toile : tellement que la ty toute BI ( qui lèra dite Ligne de Déftnfe ) fera de nonante-j, huit toifes & demie, & FI ( qui s’appellera Courtine^ de „ foixante-une toiles deux-tiers;
- 9, Or comme FI eft à IK, ainfi BD eftà D Y, B Ç Sc ,, FI étant parallèles 5 il s’enfuivra donc de cette proportion, „ que BD contenant foixante-fix toifes un tiers, DY fera „ de leize toiles & environ deux-tiers; & par confequent BY dé foixante-quatre toifes un quart, §ç la toute BC de; „ ^cent vingt-huit,&dènw^'îr e^qu’il fallôît démontrer. Tel-^ lementquecettéFottification eft accomplie, fuivant les „ quatre parties eflentielles décrites ey-devanr.
- „ Sçavoir, quei’Angle flanqué GBN eft droit: les deux 9, Angles flanquaias G FI, &KIF, (qui font àinli en An-„ gles droits, afin qu’une foule Batterie ne lés puifle ailement „. ruiner ) fe défendent l’un l’àutre: les lignes de Défenfe IB^ j, & FC, n’excedent cent toiles: les Flancs FG, & Kl, ,, fontd’épai.flèurdefeizetoiles, (qui eft uneépailfeurfufft-„ fante pour relifter à la violence de la Batterie proportion-née à cette Place, comme il fera décrit cy-apres, lùivant fj les polirions premifes : ) & la Gorge du Corps flanquant de ,, trente-deux toiles, & partant double au Flanc pour reli-* „ lier à la Batterie de deuxcôtèz. Ce Corps flanquant ainli „ formé, s’appelleraBajliort*
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- Tcrn.ll.
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- ConjlruSliondes Casemates & Orillons félon Errard.
- Tp%| Ans le Chapitre troifiême, il donne à lès Cazemates 5c JL 3 à les Orillons, les mefures en ces termes.
- „ La capacité du logis derrière le Flanc pour loger les pie-„ ces (qu’on appelle Casemate) melèmblefuffifante, en „ l’Hexagone, de cinq toiles de large, à prendre à la ligne „ de la Courtine, & de cinq de longueur, pour loger les deux „ pièces d’Artillerie, & quelques Harquebuziers & Mouf-„ quetaires: mais pour loger un Canon, il la faut tenir de „ fix toiles & demie de longueur; & cette longueur s’en-„ tend làns comprendre le Parapet du Flanc, lequel tant de „ muraille que d’autre matière doit toûjours être d’épailïeur „ fuffifante pour refifter à la violence du Canon.
- Pour l’Orillon, il dit dans le même Chapitre :
- „ La longueur de l’Orillon quarré fera de quatre ou cinq „ toifes; & pour le rond, autant que la convexité du Cer-„ cle fe peut étendre fur la ligne droite de l’Orillon quarré , „ qui ell un corps médiocre qui par là ruine ne pourra pas „ empêcher l’effet des Flancs : & le tout en forte que la ligne „ droite de l’Orillon, laquelle eft oppofée à la Courtine, „ foit parallèle à la même Courtine, afin qu’en quelque lieu „ que l’Aflaillant fe puilîe mettre fur la Contrefcarpe, il ne „ puilîe découvrir que la moitié du Flanc, &quelefurplus „ caché fer ve & falïe un bon effet à l’heure de 1* Affaut,
- Expli*
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- Explication particulière des Cazjmates félon Errard.
- Err ard expliquant plus particulièrement fès Cazematesf, & leur ufage, ajoûte ce que voicy.
- „ 'Touchant ce qui a été dit, que la largeur du Flanc, doit „ être pour loger un Canon , ou deux autres pièces feide-,, ment: la raiïon eft en ce que P Aflàillant plaçant Ion Artil-„ leriefurla Contrefcarpe vis-à-vis du Flanc, peut toûjours ,, emboucher ce qui luyfera découvert, & par confèquent „ démonter aifément la piece oppofëedire&ement.'
- „ Et quant à l’autre, elle fera retirée à couvert de l’Epaule,: „ pour faire fbn effet à l’heure de l’Afîàut, & tirer comme en 3, bricollant Contre le Pandafïailly, èc dedans les ruines de la „ brèche, en forte qu’elle ne fera veuëny endommagée, que „ la première l’Epaule nefoit ruinée: & cette façon de Flan-„ quer fera cy-aprés plus amplement démontrée $ & c’efl: „ pourquoy on ne fe peut affiner que fur cette piece couverte,-„ laquelle je defirerois être montée fur une feule Roue, avec „ fon Effieuj de longueur de quinze ou dix-huit pieds, at-„ taché par le bout fiir un ferme Pieu, comme fur un Pivot „ M, afin que par ce moyen la Piece fè puilïe bracquer à fou-3, hait, comme DCB, & faire fbn recul en tournant comme s, NO, pour être toûjours de tant mieux couverte de f Epau-3, le, avec moindre travail pour les Canonniers. C’eftfè-„ Ion l’experience que j’en ai faite au Chafteau de Sedan, le „ huitième jour de Janvier mil cinq cens nonante-cinq (en „ prefence de Monfeigneur le Duc de Boüilllon ) de la-„ quelle dépendent plulieurs autres belles fubtilitez, dont les ,, recherches ne feront inutiles pour ceux qui voudront „ défendre quelques Places.
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- Avantages de U Conftmftion d’E rrard^î Bar-le-Due.
- CEux qui défendent l’opinion de cét Auteur fê fervent des raifonsfuivantes.
- I. Qu’il donne plus de capacité à fês Battions, y faifant les Flancs perpendiculaires fur laDéfenfe, que s’il les difpo-foit d’une autre maniéré, &fur tout quand ils ont des Grillons qui les rendent beaucoup plus propres pour les fondions militaires, que ceux des autres Conftru&ions.
- II. Que les Soldats qui combattent fur des Flancs inclinez comme les fiens, battent de revers ceux qui voudroient venir à l’attaque des Portes, & qui félon lui font toûjours dans le milieu des Courtines j joint que dans cette fituation les Moufquetaires de fes Flancs font moins découverts que dans les autres.
- III. Que les mêmes Flancs de fès Battions étant ainfi ob« liques, augmentent de beaucoup la grandeur de leurs Faces, ce qui donne lieu aux Affiegez d’oppofèr un plus grand front aux Ennemis, & ce qui ne fe pourroit faire fi avantageufè-ment, les Flancs étant d’une autre manière.
- IV. Que l’Artillerie logée dans des Places-battes ou Casemates faites dans des Flancs ainfi inclinez, eft à couvert des Batteries attaillantes, qui ne la peuvent démonter fans de grandes difficultez» &fàns perdre beaucoup de temps pour Jç peu de mire qu’elles leur donnent.
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- Defavaniage de la ConftrucHon ^’Errard de Bar-le-Duc.
- CEux qui condamnent les Conftru&ions de cét Auteur * y font d’ordinaire les Objections fuivantes.
- I. Qu’il ne peut pas trouver dans un Fofléde 12.011 13, toifes de large, furz. ou 3. de profondeur, toute la terre ne-ceflàire pour faire un Rempart d’une raifonnable hauteur. Ces terres ne fuffiront pas h remplir ces larges Baftions, ni même à élever des Cavaliers, aînfi qu’il les exige, à moins que ces Baftions ne foient ou vuides, ou fort bas. Que s’ils font vuides. dés que la Brèche lera faite, on fera obligé de l’abandonner, faute d’avoir de quoi fe retrancher ; & s’ils {ont peu élevez, le moindre Commandement les foudroyera de tous cotez.
- 11. Que biaifer ainfi les Flancs pour tirer plus de défenfè, 8c contribuer mieux à la fureté des Portes & de la Courtine, qui eft la partie de la Fortification la mieux défendue par le voifi-nage des Flancs , & abandonner par ce moyen les Contrefcar-pes& les prochains Dehors qu’ils ne peuvent jamais bien défendre ; c’eft juftement, diîènt-ils, s’aflurer du plus fort, & abandonner le plus foible, contre la Maxime de la Fortification.
- III. Qu’encore qu’il fuive vue bonne maxime d’oppofer la force contre la force, il fe trompe toutefois quand il prend les grandes Faces pour les plus fortes; puifque de toute l’Enceinte d’une Place elles lont la partie la plus foible, n’étant flanquées 8c défendues que d’un feul côté.
- IV. Que lesCazemates quife font dans les Flancs ainfi tournez, ont ce défaut, qu’elles ne peuvent loger que fort peu de Canon, ce qui les rend inutiles dans l’occanon, principalement pour la facilité qu’il y a de ruiner les Mêlions de ces fortes de Cazemates, parce que leurs Pands extérieurs prelèntent un Angle fort aigu du côte de la campagne.
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- Parallèle de ma Confiruftion avec celle ^’Errard.
- I. "r\ Ans ma Conftru&ion les Battions pleins ne font point
- L/ fujets au premier défaut de ceux d’ERRARD ; car la foli-dicé & mafîe des miens peut fournir toutes les terres neceflaires pour faire des Retranchent ns ; Et quand même les Retranche-mens feroient gagnez, au moins feront-ils toujours commandez de nôtre Cavalier, qui fervira auffi à battrelur les Batteries & les autres Ouvrages que les Alïïcgeans pourront élever.
- II. Les Flancs dans ma Conftru&ion étant pl us ou verts & plus grands que ceux de la fieu ne, ont cét avantage, que non feulement ils défendent les Portes, les Courtines, les planes, les Faces & les Fofi’ez ; mais qu’ils flanquent & défendent encore les Contrefcarpes, le Glacis, & les prochains Dehors.
- III. Ma Conftruétion donne les Faces de mes Battions beaucoup plus petites que les fiennesj 8c comme les Faces font les parties les plusfoibles de l’Enceinte d’une Place, les nôtres font moins fujettes à fontroifiême défaut, qui eft de les faire grandes; car à ces grandes Faces l’Afliegeant peut faire de notables Brèches, ce qui lui eft tres-difficile dans les miennes. En effet, fi là Brèche eft faite à l’Angle flanqué, l’Aflaillant y fera vu des deux Flancs des Battions vqifins. Si elle eft faite dans l’Epaule , le Flanc oppofé la foudroyera de revers. Enfin, fi elle fe fait dans le milieu d’une petite Face, la Brèche doit être petite & aifée à être défendue par les Affiegez, ce qui n’arrive pas aux grandes Faces d’Ekrard.
- IV. Les Canons cachez de mes Cazemates » toujours difpo,-fez pour la défenfe des Brèches, feront fans doute d’une exécution bien plus confiderable que la piece feule, dont il fait tant de cas, & qui n’eft point fuffifan te pour empêcher l’impetuofité d’un Afiaut general : mais il eft manifefte que l’Aflaillant feroit rebuté, 8c contraint de ceder au feu continuel des pièces de mes Casemates.
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- Oü L’ART DE LA GUERRE. 8* Chapitre V.
- Des Fortifications ^Samuel Marolois
- Hollandois,
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- NOus donnons dans ce Chapirre les Réglés & les me» (lires que Marolois prefcrit dans (bn Livre de Fortifications. Elles (èrviront à ceux qui veulent s’attacher à Tes Méthodes, & conftruire comme lui toute; (ortes de Places, avec C aïeul ou (ans Calcul 9 ayec des Faut iê-brayes, ouavecdcsGazemates.
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- $0 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conflruiïion des T laces félon Marolois. Del’Extraftiondes Angles.
- VOici les propres termes de cét Auteur au commencement de ion premier Livre de la Fortification, où ii a pour objet la Figure Quarrée.
- „ Devant que venir à la particulière inftru&ion de la „ Fortification, traiterons brièvement de la Calculation d’i-celle; & pour ce que les Angles ne font gueres changez par „ la diverfité des delleins, il fera bon d’en bailler uneRe-» gle. generale, comme s’enfuit.
- ,, C’cft une choie receuë de tous , que la Forterefle Quarrée n’eft fi bonne que la Pentagonale, & ladite Pen-5, tagonalc moins bonne que l’Exagonale : & ainfi confecuti-3, vement. Si on recherche la caule de ceci, on remarquera „ qu’elle procédé de la petiteife de leurs Angles, ne pouvant 5, endurer tel Corps de Baftion que les Polygones fublè-„ qnens j de forte que la Forterefie Quarrée ièra pour cette 5, caule plus defedtueufe que la Pentagonale, & cette-cy plus „ vicieufequel’Hexagonale, & ainii des fuivantes, jufques 5, au Dodécagone , qui a l’Angle du Baftion droit ; ce qui eft ,, caufe qu’on eft contraint de faire les Angles flanquez plus 5, petits que la raifon de bien bâtir ne requiert,les Flancs trop „ petits, la Gorge trop étroite, & la ligne de Défenfe trop „ longue. Pour doncques proportionnellement accroître „ les Angles des Forterefles lêlon qu’augmente l’Angle de „ leur Polygone, nous prendrons la moitié des Angles d’i-,, ceux, y ajouterons i f. degrez, la fomme fera l’Angle du „ Boulevert, lequel nous nommerons Angle flanquéfi 3, l’Angle flanqué eft fouftrait de l’Angle du Polygone, re-,, ftera le double de l’Angle flanquant intérieur, lequel étant ,, louftrait de 180. degrez, refteralAngle flanquantexte-,, rieur, ou de Tenaille; & fi à l’Angle flanquant intérieur 3, eft ajouté $ o. degrez , la lômrne fera l’Angle de l’Epaule.
- „ Pour
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 91
- „ Pour trouver l’Angle du Polygone, fera delà quanti-„ té des Angles d’icelui fondrait i. le relie fë multipliera pat „ z. le produit fera la quantité des Angles droits, quccon-„ tient tel Polygone, le tout comme demonllrent les carac-
- ,, terescy-deflous.
- 5 Angles d’un Pentagone z
- 3 2
- 6
- 9 o degrez
- (0M
- 54osf 108 Angle du Pentagone
- . Si
- 0ii ainfi :
- fiSo
- gtfo\ 72degr,
- 5 —
- Angl. duPent. ioSdegr.
- ,, Et par la même réglé feront les Angles des Polygones fubfe-„ quens, commençant depuis le Quarré jufques au Dodécagone,
- 4. y . 6 . 7 • 8 • 9 . 10. 11 . 12.
- 90. 72 . 60 ♦ fi-l- 4 f • 4° O 3^X1 • 30. -A.ng.cUi Centï.
- 90.108 .120 .I2S-|. 137 . 140 •T44- I47n-] [ 70. Ang du Pol.
- C4f* S4 . 60 • <4?- 674- 70 . 72 . 73n; 7f. moitié.
- ys- *s • 1S • ij • if • I s . 17 . if • if-
- 60. 69 • 7 S • 79 f 824. *s . 87 . 88,?. 90. Angl. flanq.
- Reft^o. 39 • 4 S • 497* SH- SS • SI . S*Z- 60. dou.de P Ang.
- 180.1S0 .180 .180 . 180 . 180 .180 . 180 . 180. ^lancq. inter.
- 150.141 •ï3S 1274 .127 .123 • I2Irt. 120. Àngl.flduq,
- ry. 19- ;• 24rl- 264. 274 . 284. 2*9rl- 3°- Angl. flanq.
- 90. 90 . 90 . 90 . 90 . 90 . 90. 90 . 90. intérieur.
- 170,109- |.II2- 1164. 1174 •.1284. 119.1- 120. Ang.de l’Efp.
- ,, Et comme l’Angle flanqué du Dodécagone eft droit, » lequel eft baftant de relifter à la Batterie, quife fait auf-
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- w»
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- LES TRAVAUX DE MARS
- Suite de VExtraction des Angles des Figures félon Marolois.
- „ fi toûjours à l’Angle droit, pour ébranler tant plus la Fa-„ ceduBoulevert: on fortifiera les Polygones qui font au ,, deflusd’iceluide l’Angle droit, afin que la ligne de Défen-,, fe forte plus avant de la Courtine, pour par ainfi avoir plus „ de feu ; maislesPÉjygonesquifontau delfous du Dode-„ cagone, feront fortifiez fuivant la table précédente, & le „ Calcul qui s’en fera ci-aprés.
- 3, On abgmente quelquefois tant les Angles desBoule-3, verts, que POétogone à l’Angle droit, & ceux qui font „ au dcflus toûjours droits, & au deflbus amoindriflàns, 5, julquesauQuarré, qui a l’Angle du Bouleverdèulement 3, de 6o. degrez. Suivant quoi les Bouleverts font quelque „ peu plus amples, les Gorges & Flancs plus grands qu es ,, précédons, mais les féconds Flancs plus petits. Or pout 3, trouver chaque Angle, on fera comme s’enfuit.
- (4
- 1
- a
- t S- 6. 7 • 8
- (QO. ! \ ^ 108. P 120. 1284. *3S Angle du Polygone.
- >60. 72. 80. 1 oc 1 • " 90 Angle flanqué.
- C C 9°. 72. 80. 45* Ang du Centr. ajouté.
- ) ifo: 144. • O , ^r Hl 1 Wi- 13 S An. flanc, cxt. ou de ten.
- 3°* 36. 40. ' 427- 4Ï doub. de 1* Ang. flan. int.
- I?- 18. 20. 2lf 224 Ang. flanquant inter.
- 96. 90.. 90. 90 . 90 l’Ang. du Flan, eft touf, dr.
- ' ioy.^ 108. 1IO. Ill-f. 1 1124 Angle de l’Epaule.
- „ De même fe pourroient faire l’Angle flanqué du Deçà-
- y goneauffi droit.
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- OÜ L’ART t>É LA GÜERkE. ÿj
- ConJlrutHon des Places félon Marolois.
- ON remarquera qu’aprés que cétAuteur a établi les Réglés qu’il juge necelïaires pour trouver les Angles de les Places, il ajoute ceci.
- „ Notez, devant que palier outre, que nous nous lervirons „ enlalùpputationluivantedeladîme, laquelle donne bien „ quelque imperfection ; mais pujfque la chofe ne requiert ,, fi grande exactitude, & que même les Tables des Sinus „ Tangentes & Sécantes foqt imparfaites, il m’a femblé bon ,, de me fervir d’icelles, comme s’enliiir.
- De plus, on remarquera, que Maroloïs calculé tomes les Figures depuis le Quarré jufques au Dodécagone, fartant fur chaque Polygone trois ou quatre divers defleins. Mais pour latisfaire ici les curieux, nous nous contenterons de rapporter l’Exemple du Quarré qu’il donne dans là première Qiieftion, & celui de l’Hexagone qu’il explique dans la onzième Queltion, afin que les ayant calculées lur les Réglés ôç fur fes propres termes, on en pui fie fin re les defleins* comme il eft enfei gué dans ïes pages qui fuivent.
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- S>4
- LES TRAVAUX DE MARS,
- ConflruSlion des Places félon Marolois.
- Du Calcul des Lignes, fervant à la Conflruftion de
- fes Figures ,
- Sur l'Exemple d'un Quarré.
- LA première Conftru&ion de Marolois faite avec le Calcul , eft fur l’Exemple d’un Quarré, qu’il commence en ces termes.
- ,, Soit fait fur un Quarré (duquel le côté eft NO,con-,, tenant ^ 5. parties ) une Fortification de quatre Bouleverts, ,, la ligne de Gorge, contenant 7. des même parties, DUa „ Courtine zi. & FI, qui eft le Flanc, fait 5. & de l’Angle 5, du Flanc le tire la ligne de Défenfe par l’Angle de l’Epaule, 3, pour avoir la Face. On demande combien feront les An-„ gles, & chaque partie de telle Forterefle, lorfqite la ligne 3, de Défenfe fera 600 pieds, duquel la longueur eft en la 3, Planche pofée en la Geometrie, entre les fueilles 10z.ÔC „ 103. marquée par le caraétere 1. divifée en iz. parties 3, dont chacune fait un Poûce, & chaque Poûce en dix-par-ties égales, &eft le même pied duquel les iz. font une ,, verge, de laquelle ion Excellence ufe en toutes fes Forti-,, fications.
- Remarque. Pour fonlager le Leéteur, de fueilleter la Geometrie de Marolois, & pour lui épargner la peine de chercher le pied dont cét Auteur le lêrt pour mefurer fes Places, j’ay delïiné dans la page prélente la quatrième partie de ce pied, avec autant de juftefle qu’il m’a été pollible. Ainfi prenant cette partie quatre fois, on aura le pied entier.
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- OU L’ART DE LA GUERRE
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- j6] LES TRAVAÜX DE MARS*
- Conflru&ion des Places félon Marolois.
- Du Calcul des Ligneï d'une Figure Quarrée.
- l’Angle NIB, ou DIC.
- Sinus total — ~ iooooo
- multiplié par CD — — — — —- f
- donne produit — fooooo
- qui étantdivifépar DI. l’Angle — 21
- DIC. vient 23 S10. tangente de DIC. - •— 13*2.3*34
- Ton double 26-47-8. fouftrait de l’Angle du Polygone qui eft ici 90. degrez, reliera pour XBC. l’Angle Z B C. —. — — — 63-1 2-f i
- pour ce que les Angles NIB. N BI. font en-femble autant que l’Angle A NI. Demi-angle du Polygone, par la 32. dui*&lef-dits 26-47*8. (ouftraits toûjôurs de 1 So. de-CDF. grez, reliera l’Angle flanquant C LF. —
- Et les fufdits 13-23-34. cinquième en l’ordre ajoutez à 90. degrez, viendra l’Angle DCB. de l’Epaule D C B. — —i — 103-23.34
- Trouver NI.
- Sinus de l’Angle NB I. «si* £2409
- multiplié par BI. — — — — 600
- donne produit — — —• — — 314454.00
- qui étant divifé par le Sinus de l’Angle B N I. 70711
- NI. donne quotient pour NI. — 444703
- NB;
- Sinus de l’Angle NIB. —’ 23162
- multiplié par BI — — — 600
- donne produit «— •— — — 13897200
- qui étant divifé par le Sinus de l’Angle BNI. 70711
- B N. donne quotient pour B N. —« — —• 19
- DI. ND. DC.
- DT. NI. r 21 —- 333P.7 DT.
- ND. 28——444703 < 7 —— 111176 ND
- DC. A S —* 79411 DC
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE. jj;
- Tom. IL
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- $8 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes d'une Figure Quarrie, /«/flff Marolois.
- CI.
- DI. - - - - - 333527
- multiplié par fecante dcT Angle DI C. - 162796
- donne produit - - - - - - 34285241492
- qui divifé par Sinus total ----- 100000
- CI. vient pour CI. - - - 342852
- CB. & par ainfi fera CB. - 257148
- la moitié de CI. - - 171426
- BL. ajoûté à C B. donne fomme pour B L. - 428574
- multiplié par le Sinus de l’Angle B L P. complément de l’Angle L B P. - - 97281
- donne produit - 41692107294
- qui divifé par le Sinus total - - - iooooo
- BP. vient pour B P. - 416921
- autant fera PH. - - . 416921
- B H. & toute la B H. fera - 83384a
- NT.
- Le Sinus de l’Angle N B T. 45. - - 70711
- multiplié par B N. - - 19653 5
- donne produit - - 13897186385
- qui divifé par le Sinus de l’Angle droit BTN. 100000
- NT. donne quotient pour NT. - - 13897a
- autant fait DV. & puilque DC. fait 79411
- CV. s’enfuit que CV. fait. - - 59561
- & d’autant que ND. fait - - 111176
- BV. il faut que B V. fafle - - 250148
- AB.
- Secante de l’Angle P AB. 45. - - 141421
- multiplié par B P. - - - 416911
- donne produit - J'895997o53i
- divifé par Sinus total - - 10000c
- À B. donne quotient pour AB. - - 58960c
- duquel fouftrait B N. - - 196535
- AN. relie AN. 2 - , r 393065
- Coït
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- ïoo LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjlruftion des Places félon M arolois.
- Calcul des lignes d’un Hexagone.
- C Et Exemple eft tiré de la onzième Queftion de Tes Fortifications , où il donne ce Calcul en ces propres termes.
- „ En l’Hexagone cy joint eft la Face DC en raifon fubfef-,, quialtere à la Courtine. On demande, quand les Angles des „ Bouleverts font diftans 70. Verges, combien feront les Fa-„ ces, Courtines, & autres lignes, lorfquc la raifon de la Face 3, au Flanc eft comme ç. à 2. & l’Angle flanqué de 75. degrez, „ fuivant le Calcul qui en a été fait par cy-devant.
- „ Conjlruttion. Puifque l’Angle du Boulevert fait 75. degrez, „ fi on le fouftrait de l’Angle du Polygone, qui eft 120. degrez, „ reftera le double de l’Angle flanquant intérieur , qui fera a, 22- degrez j fon complément eft <S7-| degrez. Et puilque la 3, raifon de D C à B H eft comme 2. à 3. en pofant D C pour s, Sinustoral 100000. DF fera92388.&BH ferai500oo: 3, & par même moyen fe trouvera C B en difant 3 CD. y——.100000—.2—40000 CB.
- & par ainfi fera
- DF. — —« — 92388
- K P. — •—* — 923S8
- B H. — — — 170000
- D P. fera doneques — — 334776
- a, qui fait aufîi 70. verges, fuivant quoi on cherchera „ toutes les longueurs, comme il s’enfuit.
- DP.
- 334776
- DP.
- 70 -
- 1
- 92388 — 1931787 DF. 100000 —— 2090970 DC. 170000 —— 3136427 B H. 40000 —— 836380 BC. 38268 —— 800164 FC.
- 47188 —— . 944878 D E. 47200 — 986919 ÂB. ou EF.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE. los
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- io9 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes d'un Hexagone félon Marolo i s.
- Tangente de l’angle B CG. 67~ multiplié par BC. — donne produit »— «—<
- • qui divifé par Sinus total B G. donne quotient pour B G. »
- CG.
- 241326
- 836380
- 201919695-980
- 100000
- 2019196
- Secante de l’Angle BCG. 62.61313 multiplié par BC. — — S36380
- donne produit *— — 2185-5-6966940
- qui divifé par Sinus total — 100000
- CG. donne quotient pour CG. — 2185569
- & puifque D C. fait —« — 209095-0
- DG. toute la DG. fera —* — 42765-19
- DK.
- DK.
- \
- H K.
- DH.
- DE. fait —
- F K ou B H. fon égal la fomme pour D K. eft B C. fait — —
- F C. fait — —
- la fournie pour H K.
- les Quarrez
- la fomme eft — : •
- dont la R. eft pour DR.
- - 193*787
- - 3136425-
- - 5-068212
- - 836380
- -* 800164
- • 16365-44
- 2678276203936 25-686772876944 28365-049140880 sm 884
- /*
- Cm*
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- OU L’ART DE LA GUERRE, ioÿ
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- M4 LÉS TRAVAUX DE M ARS,
- Conflmflion des Places félon Marolois.
- Jidethode de décrire le deffein d'une Forterejfe » Hexagonale.
- JE donne ici l’Exemple de l’Hexagone, que Marolois amis à la fin de fon Calcul, pour montrer à décrire fiic-cinéfcement le deffein d’une Forterefle Hexagonale : Et voici fes termes.
- „ Soit donné à fortifier un Hexagone, duquel la Face A „ C fait 24. verges, & l’Angle flanqué 1 o. degrez : Suivant „ quoi l’Angle Flanquant intérieur fera 20. degrez &l’exte-„ rieur fera 140. degrez, &ioit la Courtine de 3 2. verges, „ qui donne la raifon de la Faceà la Courtine, comme 5^4.
- „ Pour ce faire, fè mènera la ligne occulte infinie AB} & par-„ l’aide d’un Inftrument graduaire, fe fera l’Angle CAD de ,, 20. degrez ( de 20. parce que l’Angle flanquant intérieur, „ lequellui eft toujours égal, fait ici 20. degrez) parlemo-,, yen de la ligne infinie AC, fur laquelle fè pofera la longueur ,, de la Face de 24. verges, comme de A en C: duquel point „ C étant menée la Perpendiculaire CD fur la ligne AB, le s, pofera de D la longueur de la Courtine, qui eft ici 3 2. ver-,, ges, comme de D en E ; finalement la diftance de EB égale „ à AD, & la Perpendiculaire EF égale à la diftance de CD: „ donc menant la ligne FB, qui fera l’autre Face, toutes les ,, parties de la raifon donnée feront décrites. Et pour trouver „ la Courtine,fè feront premièrement lesAngles G AB,GB A, ,, de 60. degrez ( d’autant que l’Angle entier du Polygone „ fait 120. degrez:) donc failant l’Angle AKH de 3 5. degrez , „ qui coupe A G en H, Centre du Bouleverr, & comme les „ Gorges, lorfqu’on y veut faire des Cazemates, ouauBou-„ levert élever des Cavaliers, ont befoin de plus d’étendue „ qu’autrement, nous fuppoferons qu’il fbit requis d’y bâtir „ desCazemares,& à cette fin ferons l’Angle HK A,qui autre-,, ment peut être de40. degrez, feulement de 35, fuivant
- quoy
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- OU L’ART DE.LA GUERRE, iox.
- G S
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- io$ LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite de la méthode de décrire le dejfein d’une Æorterejfc
- Hexagonalefélon Marolois.
- *
- quoy la Gorge au Flanc fera prefque comme 4. . quelque
- 5, peu plus, parle moyen de la ligne HK, coupant la ligne 3) Diagonale AG en H : duquel point H étant menée la ligne 33 HN parallèle à AB 3 on aura le Polygone intérieur î iurle-33 quel étant menées les lignes Cl, & FM, en prolongeant 33 les lignes DCenI,& EF en M, feront par ainfi décrites » toutes les parties eflentielles de la dite Fortereflè. Et pour 33 continuer le même deffein tout à l’entour, le fera du Cen-33 tre G un Cercle occulte, delà diftanceGBj&lepolèront 3, fur la Circonférence occulte la diftance AB, laquelle étant 3, la 6. partie de la dite Figure Hexagonale, contiendra la 33 ditte Circonférence juftement encore 5. telles parties, qui 3, finalement viendront à finir en A. DemêmefeferaleCer-3, cle occulte du même Centre G, ôc de la diftance GN, iiir 3, la Circonférence duquel le pofera la ligne du Polygone in-3, terieur HN, qui pour les memes caufes entreront en icelle „ cinq fois, finilïarit en H. Puis des Angles des Polygones 3, fe poleront AD, & s’élèveront les Perpendiculaires d’icel-„ les diftances jufques au Polygone intérieur , defquelles 33 étans marquez les Flancs Cl, FM, & menées les Faces, 5, onauracequieftdebefoin.
- Con-
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- OU L’ART DE LA GUERRE, __Joj
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- io8 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjtruftiondes Cazjemates félon Marolois.
- C Et Auteur, qui balance entre les Faulfe-brayes & lesCa-zemates, dit, en parlant des Cazemates, dans la fin de fon livre des Fortifications: J'ay'été quelquefois d'intention de ri* en toucher, combien que je les ejlimerois beaucoup, en cas qu'on les pût bâtir de telle forte qu'elles ne puijfent être embouchées ni démonter les pièces d'icelle, ce qui n'a été faitjufqu'àprefentqueje fçache.
- Et plus bas, ci luite d’un long difcours, il dit: Au cas qu'on les puijfe autrementpreferver qu'elles n'ont été jufques à prefent, je les voudrois approuver 3 mais comme je me fuis avifé d'un expédient, lequel je n'oferois neanmoins du tout approuver, n'eft que premièrement l'expérience & les gens confumeç en l'Art Militaire, ne Payent trouvé bon: Je poferai donc ici feulement pour avis, és Figures 169. & 170. puis il continue leur Conftruétion en ces ternies.
- „ En la Figure Ï69. ab eft l’extremité de l’Epaule , le „ double de p a embouchure de la Cazemate 3 & comme b p „ fait 150. pieds, p a fera 50. pieds \pt égal cl p a feraauflï „ yo. pieds; tv eft de 36. pieds3 de a fe mènera une ligne ,, en v, pour tant mieux découvrir le bord extérieur du Fof-a, fé, & contiendra la dite tv trois Canonniers, qui fevou-„ teront depuis e d jufqu’à t v avec les degrez , comme dé-„ montre la Figure 170. marquée entre tv & ed , de telle „ forte que, la première voûte du côté e d foit proche de la fu-,, perfide de l’eau, en augmentant ou hauflànt les dites vou-„ tes de plus en plus, jufqu’à ce que la derniere voûte vers 3i tv foit élevée au defliis la fuperficie //ç4» qui eft le Plan ,, de la Cazemate, quelque trois pieds ou environ 5 comme „ te & dv eft environ 20. pieds, on avancera tant qu’il fera „ poffible le Parapet tf 8c vg, fuivant que les Canons & le „ lieu le voudront fouffrir, pour tant plus donner de folidité „ au Parapet de la dite Cazemate. Puis s’élèvera au deflùs de „ la baüefged ledit Parapet, tellement que du dedans/> „ il foit revêtu d’un mur, pour n’être fujet à être renver-„ fé, de telle hauteur que les ennemis ne puiffent remarquer
- Suite
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- ïïo LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite de la Conftruftion des Cazjtmatesfélon M AROLOis.
- ,, k partie fùperieure de la voûte hikl9 & bien jointe, tant à la „ muraille qu’à l’Orillon ; & le dehors de bonne terre , le „ plus qu’il fera poffible, de Glacis, pour être tant moins „ fojetàêtrerenverfé auFoffé: & par ainfi feront les enne-„ mis aflaillans retardez de beaucoup. Car par ce moyen fe-,, roient contraints de ruiner l’Epaule, &de lerenverferau ,, Fofle, en l’efpac epaed, qui fera rendu à cette caufo le ,, plus profond que faire le pourra, afin que les embouchû-,, res 45.ne foientlegerement bouchées. La Place décou-,, verte / kfg eft d’environ 20. pieds , & la voûte ihl £auffi „ de 20. pieds de largeur. La ligne hiçft. d’environ quelque „ 54. pieds, la colorons x fc fait au milieu de /pour faire „ les voûtes croifées, parce que la diflance / J^eft trop gran-„ de pour y faire une fimple voûte , laquelle fervira.pour bâ-„ tir fur icelle le Parapet de la Place fnperieure, pour tant „ plus gagner de place en la Gofge, & pour loger à fec les „ Canonniers & leurs Munitions.
- ,, L’entrée en laCazemate feferaà l’endroit w «, au def ,, fous du Rempart, & voûtée depuis m en i, ôc n en 0, large de quelque 10. ou 12. pieds, ou environ, afin qu’on y „ puiiîe tant plus commodément mener l’Artillerie, &tout „ ce qu’on aura befoin en laCazemate, haute félon la necef. „ fité. L’Orillon a vy h eft entièrement maffif, afin qu’il „ foit de plus grande refiftance. Et pour tant mieux faire en-„ tendre nôtre intention , nous avons ajoütc la dite Figure „ 170. qui eft le relief en peripeéfcive, auquel fevoid le Para-r, pet delà Faufle-braye, embrazûres, &C autres choies, „ qui nous ont femblé neceflàires de déclarer.
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- iiz LES TRAVAUX DE MARS*
- Des Faujfe-brayes de Marolois.
- MArolo i s à la fin de fès Cazemates donne la Con-ftruéfcion de (es Faufle-brayes en ces termes.
- „ La Fortetefïe étantgarnie de bonnes Faufle-brayes, tant 9, aux Bouleverts, qu’aux Courtines * larges félon nos def-,, feins précedens; je voudrais que la Cazemate fe fit com-5, me nous venons de décrire à prefent, & que les Courti-9, nés fuflènt autant retirées au dedans que porte la largeur „ de laFauflè-braye avec fon Parapet; à fçavoir, que les 9, Faufle-brayes des Bouleverts fe unifient au dehors les lig-*9 nés fondamentales AB ,& les fèmblables, & au contraire a, qu’és Courtines les dites Faufle-brayes fe finiflent au de-„ dans delà même ligne fondamentale CD; tellement que „ l’efpace IFGfoit accommodé comme reprefente la Figure a, 171, pour y pouvoir placer deux pièces d*Artillerie , qui a, ne feront petit effet; & feront par ce moyen les Cazemates 3> mieux prefervées qu autrement , parce qu’on n’aura tant à 9, craindre les bricoles* d’autant que le Flanc CE fervira 9, d’arreft & de couverture à icelles, tellement qu’au lieu a, d’une Epaule, elles en auront deux, à fçavoir BP, & CE.
- „ La defcente en la Fauflè-braye , qui eft à l’entour du „ Boulevert, fe doit faire en M , fortant en Y : & comme on „ fait quelquefois des {orties fecrettes entre a P * on pourrait 3, auffî faire l’entrée delà Cazemate en cét endroit, menant a, une voûte de M en Y, à fçavoir au bas de la Cazemate. ,9 Les entrées en laFauflè-braye de laCourtîne fe doivent fai-« re eu VV , de part & d’autre ; les lettres QRSTV reprefen-9, tent l’endroit où je voudrais mettre les Cavaliers, en cas „ quejepriffe refolution d’en faire; mais comme je ne me 9, puis encore refoudre de ce point, je n’en dirai à prefent „ autre chofe.
- Avan•
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- OU L’ART DE LA GUERRE. -u}
- MoORD - G-RAVJC31 E 3T ONDEB.-'WAIXRTST VAN" MaROXXOIS .
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- IE4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages de la ConjîruBion ^Marolois.
- CEux qui s’intereffent dans les fentimens de Maro-lois» donnent à fi Conftruéfcion les Avantages fui-
- vans.
- I. Que fi maniéré cft aifée pour les fupputations avec la Dîme, parce que c’eft une Méthode plus courte que les Tables des Sinus, Tangentes & Sécantes, qui font imparfaites,& qu’elle eft auffi très-commode pour mefurer toutes les parties d’une Place, avec fon Echelle d’un pied, divifée en douze parties, dont chacune fait un poûce, étant divifé en dix parties égales.
- II. Que là (èconde Méthode de conftruire les Places fins Geometrie & fins calcul, teft auffi jufte que fi fi Conftruétion étoit fùpputée J & c’eft un avantage q ui lui eft particulier, par le moyen duquel il rend cette Science facile de commode à ceux qui ignorent la Geometrie, & l’ufage des Sinus,T angentes & Sécantes.
- III. Que (es avis pour faire des Cazemates d’une maniéré que leurs Canons, leurs Merlons & leurs Embrazûres foienr à couvert des Batteries des Aflaillans, par des voûtes élevées au devant, eft fins difficulté un moyen avantageux pour ceux qui fe veulent fervir de Place-baffe, ou Cazemate dans les Flancs.
- IV. Qu’en faifint rentrer les Fauflè-brayes dans fi Courtine, il a une efpece d’Epaulement favorable pour empêcher les bricoles de l’Artillerie des Àffiegeans, & un efpace commode pour mettre deux pièces de Canon, qui de ce lieu éminent peuvent razer & battre très-utilement tout le long des Faces, des Foftez & des Contrefcarpes.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 115
- Defavantages de la Conflruftion de Marolois.
- CEux qui font difficulté de fbufcrire aux réglés des Con-ftru&ions de cét Auteur, difent :
- I. Que là maniéré de fupputer avec la Dîme ne lui eft pas fort avantageufe, puifque lui même dans fès écrits, dit qu’elle n’eft pas des plus juftes : joint auffi que fà méthode de calculer fur le rapport d’une Figure déjà laite, avec une Echelle d’une grandeur précife, eft un embarras beaucoup plus ennuieux, que s’il le lèrvoit du Calcul ordinaire.
- 11. Que fa fécondé méthode ne laide pas d’avoir befoin de la Geometrie, puifque ceux qui en fùivent les Réglés font obligez à l’Extraétion de plufîeurs Angles , & à la connoiflàn-ce de quantité de lignes tres-enibarraflantes, pour ceux qui n’ont aucune connoiflance des Elemens de Geometrie.
- III. Qu’élever au devant des Cazemates des jambes de force, ou piles de pierre, pour foûrenir des voûtes ou des Arceaux, qui couvrent les Canons, les Merlons & les Em* brazûres de l’Artillerie des Aflâilians, c’eft retomber dans les defauts des anciennes Cazemates, qui étoient difpofées pref* que de même maniéré.
- IV. Que faire rentrer les Faufîe-brayes dans le Rempart pour éviter les bricoles, & avoir un Epaulement pour y placer du Canon, c’eft une dépenfe peu avantageufe pour ceux de la Place > puifque l’Aflaillant de fes Batteries, fimples ou croifees, peut fort aifément renverfer cette folidité, & en démonter l’Artillerie, avant même qu’il fè foit venu loger fu^ les Contrefcarpes.
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- u<5 LES TRAVAUX DE MARS,
- Ttnallch de met ConjlruHiott avec celle de Marolois.
- N
- I.'XTOtre méthode de calfculer avec lesRegles les pins ufitées JfN de la Geometrie,fans fuppofer d’autres mefures que les ordinaires, peut être aifêment entendue de ceux qui ont tant foit peu de connoiflance de l’uiàge des Triangles redilignes, & de la pratique des Logarithmes ou Sinus naturels. Mais dans celle de cét Auteur il faut être parfaitement intelligent, non feulement dans la Trigonométrie, mais auffi dans toutes fortes d’Analogies.
- II. Nôtre méthode pour décrire les Figures que nous avons expliquée dans la première Partie de cét Ouvrage, efl: bien plus avantageufe à ceux qui n’ont pas les principes delà Geometrie , que n’eft la méthode de cét Auteur , qui fuppo-fe pour deffiner fes Figures une connoiflànce des Angles & de la longueur des lignes, qui appartiennent au Calcul.
- III. Nos Cazemates font bien dégagées d’une autre maniéré que ne font celles de cét Auteur, qui fait les tiennes trop petites, & trop lùjettes à être ruinées des Affiegeans, lorf-que leurs Batteries font élevées lùr les Glacis ou les Contref-carpes: car l’Afiiegeant peut delà rendre ces Cazemates inutiles, en tirant les Piles qui couvrent leurs Canonnières: Mais les nôtres étant découvertes Sc plus retirées, font à l’abri de cette incommodité.
- IV. Nos Cavaliers, que les Atiaillans ne peuvent rendre entièrement inutiles, pour être conftruits en des lieux où ils confervent toujours leurs terres, font bien plus a durez pour la défenfe, que ne font les Epaulemcns de la Courtine de cét Auteur :car l’Âffiegeant renvedèra*ces Epaulemens dans le Folîe, quand bon lui lèmblera, làns que les Alliegez les puiflènt reparer, comme l’on peut faire nos Cavaliers.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, tif
- Chapitre VI.
- Des Fortifications de Simon Stevih
- Flamand.
- Te vin qui a paflc à bon droit pour un des plus Sça-vans de Ton fîecle , & qui a traitté de la Fortification» en tres-habile homme, n’a jamais voulu recevoir l’Angle droit ni l’aigu pour la pointe de Tes Baftions» Mais cette maxime & toutes les autres qu’il a affedées, vont être encore plus clairement reconnues dans fa Conftru&ion, que nous allons donner félon fes propres termes.
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- n8 LES TRAVAUX DE MAR S,
- I
- Conjlruftion d’un Hexagone félon Stevin.
- STev in dans le Chapitre fécond de fon livre de la Fortification,donne la Conftruéfcion de Tes Places fur l’Exemple d’un Hexagone, advertiflant que chaque côté de l’Hexagone, fur lequel f'e figurent les Battions, doit être long de 1000 pieds de Delft ( qui eft prefque égal au nôtre.) Et c’eft la longueur qu’il donne à fon Echelle. Cela fùppofé il confirme ainfi Tes figures.
- „ i. Or pour faire un pourtrait félon les mefùres fofdites, „ & pour avoir premierem ent de l’Hexangle \ je prens avec le „ compas fur l’Echelle 1000. pieds pour un côtéj & parce ,, qu’il eft égal auDemi-diametre de fon Cercle circonlcrip-„ tible, parla i y. Proposition du quatrième livre d’Euclide, „ j’en tire fur le Centre A un Cercle occulte BCDEFG,le-„ quel je partis avec la même diftance du compas eu fix par-„ ties égales, és points B, C, D, E, F, G, & tire des lignes „ de point à autre: ce qui me.donne l’Hexangle requis.
- „ 2. Je mets le compas fur 180. pieds, pour la longueur „ depuis chaque Angle de l’Hexangle jufquesau côté exte-,, rieur du Merlon delà moyenne Place, âc marque ladite „ diftance depuis B jufqucsà H d’un côté, & depuis B juf-„ ques à I d’autre côté : puis de C à K, & de G à L, ôc ainfi des „ autres.
- „ 3 Pour avoirla largeur du Flanc avec l’épaifîeur de fon „ Orillon, je tire HM longue de 140. pieds en Angle droit fur „ BC : & de même forte je tire IN en Angle droit fur BG, & „ KO en Angle droit fur CB, faifànt le même des autres „ lieux fèmblables.
- „ 4. Je tire HP 3 o. pieds, pour la largeur du Flanc, furie » côté extérieur du Merlon de la moyenne Place : lignant „ aulli 3 o pieds deKàL,&ainfi de toutes autres femblableÿ » lignes.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE, mp
- Suite de la Conflruftion d'un Hexagme félon Stev i n.
- ,, j. Je figne HR de 20. pieds en îa ligne CB, pooï ,, lepaifleur du même Merlon, &tire RS parallèle à H P, „ faïfant de même a tous les autres lieux femblables.- Puis „ je mets le point T au milieu de HR, & femblàbie » point prés de K eh V, & prés de L en X. Puis je tire y, depuis A par le point C une ligne infinie 3 pareillement „ des lignes infinies par tous les autres points femblables. ,, Puis du point T je tire une autre ligne par le point O, ,5 touchant l’infinie AC en Y. Semblablement la ligne de-„ puis le point V par le point M , touchant ^infinie A B „ en Z 3 puis la ligne Z X. Et fi en Pceuvre on n’a point ,, failly, la ligne ZX paflera par le point N. Le même fe „ fera aufîï à tous autres lieux femblables.
- ,, 6. Pour avoir la largeur du grand Fofïé, je tire îa ligne „ H M plus avant jufques à a, fi bien que M a fait 120. pieds: 5, je tire après une ligne du point Q_par le point a, jufques à j, ce qu’elle touche l’infinie AB au pointé. Après je prens 5, la longueur B£> & la marque de Càtf, àfçavoirenl’in-„ finie AC, & tire la ligne P<r, coupant Q/ en d. Ce qui „ étant ainfi, les deux lignes ed 6c bd lignifient les rayes d’i-3, celni côté de la Forterefle : & félon la même maniéré on 9J tirera toutes les autres rayes ; & le Fofie fera large depuis J, M jufques à 4 de i2o. pieds, félon le requis.
- „ 7. Pour figurer le Chemin-couvert, je tire une ligne 5, infinie de A par d, 6c par tous les autres endroits fem-5, blables. - Puis je figne depuis d jufques à e la longueur 5, de 20. pieds , pour la largeur du Chemin-couvert, la 3, où il eft le plus étroit, & tire la ligne de Q par e, juf> 3, ques à ce qu’elle touche l’infinie AB en/: puis je prens' „ avec le compas la longueur bf9 6c la marque depuis cjuC-3, ques a g , à fçavoir en l’infinie A C , & tire la li-3, gne£f , deforte que les deuxjignes^ 6c ef9 figni-,, fient le Parapet du Chemin-couvert d’iceltu côté de la
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- no LES TRAVAUX DE MARS,
- 1
- Suite de la ConfiruBion d'un Hexagonefélon Stevin*
- „ Fortereffe: &ce qui eft compris entre icelui Parapet & 5, les extremitez du raidcd^ db9 fignifie le Chemin-cou-„ vert , lequel fera de même figure aux autres lieux à l’en-„ tourdelaForterefte.
- „ 8. Pour avoir le Contre-folié, je marque le pointé au „ milieu de M a9 pat lequel je tire V i (ou pour dire encore 5, plus proprement, ladite ligne fera tirée vers P, depuis un ,5 point qui eft diftant de V vers O d’un pied, à içavoir au ,5 milieu du plus étroit delà canonnière, lequel eft déclaré 9, au précèdent article) coupant A e en K,& touchant AF „ en*'. Puis des deux cotez de cette ligue K* je tire deux pa-5, ralleies fini liantes en A e, & A/, tellement que depuis la 5, ligne K i julques à chaque ligne qui eft tirée joignant icelle» 5, on trouve l’elpace de i o. pieds,lelquels étans comptez auflï „ en la ligne Ae,ou M^, font enlèmble, pour la largeur 5, du Contre-folié au coin, qui eft à l’oppofite du milieu de 5, la grande Courtine, 20. pieds, comme il a été mis cy-de-3> vantauxmefures. Or comme cette partie de Contre-folle 5, eft delignée ici, ainfi s’achèvera tout le refte, qui eft à l’en-,, tourdelaForterefte.
- „ Pour avoir la longueur de l’Orillon de ioo. pieds, je „ marque depuis le point P en la ligne Pe ioo. pieds, com-„ me P /. Puis je tire la ligne / m parallèle à PM, à fçavoir le „ point m en la ligne MV, & le trapèze m MP l eft le Para» 5, pet requis,
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- LES TRAVAUX DE MARS»
- Hexagone achevé félon S T E v I N.
- CEtte Planche qui reprefente l’Hexagone cy-devant foï* tifié, lèrvira à faire remarquer la double Enceinte, ou la fécondé hauteur, que Stevin donne à fes Places; & quoique dans fon Livre il n’ait donné qu'un côté de cét Hexagone, jay bien voulu l’achever ici, afin de donner la commodité de reconnoître plus facilement la grandeur & la difl pofition de fes Cavaliers a fituez & élevez dans le milieu de iés Rallions.
- Avan-
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- 12$ LES TRAVAUX DE MARS*
- Avantages des Con(îm fiionsde Stev in.
- CEnx qui s’attachent aux Maximes du Doéfce Stev î N, apportent en faveur de fa Conftruétion les Argumens lùi vans.
- I. Que fes Battions, ayant toujours leur Angle flanqué obtus rendent fa Fortification beaucoup plus forte, & bien plus capable de refifter aux Batteries, que fi le même Angle étoit aigu ou droit; puifqu’un boulet qui donnerait dans la Face, à 20. pas au deflous d’un l’Angle flanqué qui ferait droit, ferait une Brèche à la pointe de 14. pieds, comme la Geometrie le démontré. Çe qui (croit encore beaucoup plus confiderable, fi l’Angle étoit aigu, & ce qùi ne pourra jamais arriver aux Battions dontiles Angles flanquez (ont obtus.
- 11. Que par fes doubles Parapets & Cavaliers il oblige FAffiegeant à des dépenfes extraordinaires , dans le doublement des Batteries qu’il fera obligé d’élever, pour ruiner les défenfes de la Place, ne le pouvant avec des Batteries (impies , puifque ceux de dedans rétabliraient fort facilement les Brèches, & autres débris de leurs Remparts fy Parapets , (oit ceux d’enhaut, tandis qu’il battroit ceux d’embas , ou le contraire.
- III. QuefesCazemates couvertes fort .avantageufement de leurs Oriîions, qui font tirez en ligne droite , fur la largeur ou alignement des Contrelcarpes , font fort peu expofe.es aux Batteries aflaillantes, à caufe de leur grand enfoncement, qui découvre &nettoye jufquesfiir les Contrefcarpes.
- 1V. Que faifant Ion Foflè & fon Coridor plus larges vis-avis les pointes des Battions que partout ailleurs, il écarte non-feulement l’Affiegeant du voifinage de la Place: mais l’engage pour franchir ces Foflez, ou (ècs, ou pleins d’eau, à de grands hazards, & à une perte confiderable d’argent & de temps, qui eft la feule fin de la Fortification.
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- OU L'ART DE LA GUERRE. tiÿ
- Defavantages des ConflruBions de S t e VI N.
- CEnx qui n’applaudi lient pas à Tes Conftru&ions dilènt:
- I. Qu’en faifant les Angles flanquez de lès Baftions extrêmement obtus , il arrive que pour éviter un mal, il tombe dans un autre, bien plus confiderable, parle peu de défaille que les Flancs lui donnent, à railon cîe leur petiteffe, califée par la trop grande ouverture de l’Angle flanqué.
- 11. Que fa méthode de fortifier eft d’une dcpenfe excelîive, pour les grands frais des matériaux de fa première 6c fécondé Enceinte*, cette dépenfe eft inévitable dans l’élévation de lès Cavaliers, qui font d’ailleurs inutiles par leur prodigieufe hauteur, & par leur dilpoficion , qui ôte aux Affiegez le moyen de le défendre. Leur hauteur eft même commode aux Aflïegeans, qui en font à couvert des qu’ils fout poftezlur la Contrefcarpe.
- III. Que lès Cazemates étant faites dans de petits Flancs, dont elles n’occupent pas la troifiême partie, il arrive que leurs Canons ne peuvent êtr^de grand effet pour commander dans les Brèches: parce qu’elles nefçauroient être flanquées de coups fichans, à caule que les A ngies flanquez des Baftions font trop obtus.
- IV. Qu’encore que fes Foflèz 6c les Chemins-couverts (oient 'plus larges devant la pointe des Baftions, que partout ailleurs, & que l’Artillerie des Cazemates les nettoye entièrement ; il fera toujours facile à-l’Afiiegeanr de s’en rendre maître , parce qu’il peut rompre les défentes des Fiances oppolez, endreflant fur la Contrefcarpe une Batterie, dontiefront peut être de plus de zo.toilès, qui ferviront beaucoup à com-oler fes Foflez, en ruinant les murailles des Baftions, dont ces larges Foflèz ne découvrent que trop le pied, & les fon~ dsmens.
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- 126 LES TRAVAUX DE MARS*
- Parallèle de noflre confiruSHon avec celle de S t e v i n.
- il eft certain que les deux extremitez du peu ou V—/ du trop d’ouverture des Angles flanquez font d’une importance confiderable, nous pouvons légitimement conclure , que la pointe de nos Baillions étant formée d’un Angle moins obtus que celle deSTEViN, elle eft par conléquent défendue avec bien plus de feu. Ce grand feu eft tiré de la grandeur de nos Flancs, qui font plus grands d’un tiers que les liens.
- II. Nos Cavaliers élevez dans la Gorge des Baftions de nôtre Conftruéfcion défendent avec bien plus d’avantage les Retranchemens de leurs Baftions , flanquent mieux les Faces & le Fofle des Baftions oppofez, que ne font pas les Cavaliers deSTEViN, qui pour être bâtis dans le milieu de fes Baftions, & élevezexceflivement, ne peuvent ni razerles Faces, ni flanquer les Retranchemens. Même ils empêchent de conftruire des Retirades dansles Baftions, où ils font élevez J Et là féconde Enceinte ne lertqu’à favorifer l’effet des mines de l’Aflïegeant.
- III. Nos Cazemates , qui occupent la moitié de leurs Flancs , qui font prefque d’un tiers plus grands que ceux de là Conftrudion, ont cét avantage, qu’avec leurs Canons retirez elles nettoyent les Foflez , & font de notables fracas dans les Brèches , ce que deux ou trois pièces ne peuvent faire dans lés Cazemates, qui font toutes en vûe aux Alliegeans.
- IV. Nos Foflez couvrent bien mieux le pied de leurs murailles que ceux de fa méthode, qui pour être trop larges à leurs Angles faillans, donnent trop de facilité à l’Ennemi de faire des Batteries for les Contrefcarpes, pour ruiner de là les Baftions Scies Cazemates qui leur font trop expoléz par fa Conftruétion.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, n?
- Chapitre VII.
- Des Fortifications d’Adam Frïtach
- Polonois.
- NOus ne donnons pas feulement dans ce Traité les Réglés que FRiTACHa prefcrites pour l’Extra&ion des Angles, & pour le Calcul des lignes neceflâires à la Conftru6tion de les Places; mais nous donnons auffi fur de pareils Exemples , lès méthodes pour deffiner lès Forceret lès lùr le papier, avec Calcul, ou uns Calcul, & les tracer en campagne avec les Cordeaux & les Piquets, luivant lès propres termes.
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- US LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Places félon Fritach.
- FRitach qui donne ta Conftru&ion de Tes Places en deux maniérés, avec Calcul & fans Calcul, expofèdans les premiers chapitres de ion livre des Fortifications des Places Regulieres,les termes dont on fe fert en la Fortification, & dans le chapitre V. les moyens d’avoir les Angles neceflàires au Calcul de ces Places , en ces termes.
- Del'Extraction des Angles.
- „ XJ Ous avons ici deux fortes d’Angles à confîderer: 3, JLN quelques-uns appartiennent aux Figures Geometri-3> ques Régulières, & quelques autres font faits d’autres li-3, gnes qui appartiennent à la Fortification.
- „ Les Angles des Figures régulières Géométriques Font „ deux: i. l’Angle du Centre. 2.l’Angle de la Circonfe-3, rence, ou du Polygone.
- „ Les Angles de Fortification font, 1. l’Angle flanque, „ 2. l’Angle flanquant intérieur, 3. l’Angle flanquant exte-„ rieur, ou l’Angle de Tenaille. 4. l’Angle de l’Epaule.
- „ Nous trouverons tous ces Angles en ce Chapitre, 6c „ montrerons comment on les cherche par l’aide des Réglés 33 desPropofitionsfuivantes, & du Calcul. &
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- 130 LES TRAVAUX DE MAÈLSj
- Conflrtiiïïon des Places félon Frit a cri.
- De l'Extraction des Angles.
- LA PREMIERE PROPOSITION.
- KLO. Pour trouver l'Angle du Centre de chaque Figure, ».
- ,, Réglé, Divifcz la Circonférence entière en 360. degrez parles ,, nombres des cotez de chaque Figure, & vous aurez l’Angle du ,, Centre KLO.
- ,, Pratique. En un Quarré y a quatre cotez, c’eft pourquoi je divi->, fè 360. degrez parle nombre 4. d’où procèdent 90. degrez pour ,, l’Angle du Centre KLO en un Quarré.
- ,, Nota. En obfervanr de même pour les autres Figures 5. 6. 7. ,, &c. on aura leurs Angles du Centre.
- LA II. PROPOSITION.
- AKT. Pour trouver l'Angle de la Circonférence.
- „ Réglé. Ce't Angle eft le complément de 180. degrez de l’Angle „ maintenant trouvé: fouftrayezdonc l’Angle du Centre de chaque ,, Figure > de 18 o. degrz, & vous aurez l’Angle de la Circonférence» ,, ou l’Angle du Polygone requis AKT»
- ,, Prat. Au Quarré l’Angle du Centre trouvé fait 90. degrez 5 je », fouftrais donc 90. degrez de 180. degrez, & le refte étant 90.de-,, grez fera l’Angle de la Circonférence au Quarré AKT.
- ,, De même en uneFigurede 6. 7. &c.
- LA III. PROPOSITION.
- CHR. Pour trouver l'Angleflanqué, & le mettre en fin lieu. Nota. Cét Auteur donne plulieurs maniérés pour avoir cét Angle, m ais celle qui luit eft fa plus ufitée.
- ,, Réglé. Ayant divifé l’Angle de la Circonférence en deux parties ,, égales, ajoutez à la moitié une neufiéme partie du Demi-cercle, ,, ofude 180. degr. à fçavoir, 20.degrezen chaque Figure, julques „ à neuf Anglesinduf. (car en toutes Figures il faut prendre l’Angle „ de 90. degrez) alors aurez l’Angle flanqué.
- ,, Prat. En un Quarré F Angle de la Circonférence eft de 9 o. degr. ,, à la moitié duquel à Pçavoi^. j'ajoûtezo.Ia neufiéme partie du De-mi-cercle,viennent 6 5 .degrez pour l’Angle flanquéCHRdu Quarré. „ De même eu une Figure de 5. 6. 7. &c.
- LA IV. PROPOSITION.
- CF A. Pour trouver l'Angleflanquant intérieur.
- „ Réglé. Souftrayez le Demi-angle du Boulevart du Demi-angle de la Circonférence, alors viendra l’Angle flanquant intérieur CFA.
- „Prat. Au Quarréle Demi-anglcdu Boulevart eft dc3z.degr.30.rn.
- >, & icDemi-angledelaCirconferenceeftde4$.degr.defquels 32.degr.
- Suite
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- xji LES TRAVAUX UE M ARS,
- Suite de l'ExtraEHon des A ttgles félon F r i t a c h.
- „ 30.min. étant ôtez, demeureront iz. degrez 30. min. pour l'Angle „ flanquant intérieur CFA.
- ,, De même en une Figure de 5. 6. 7. &c.
- LA V. PROPOSITION,
- ACF. Pour trouver l'Angle de la ligne de defenfe flanquante,
- CT du Flanc.
- ,, Réglé. Le Complément de 90. degrez de l’Angle maintenant ,, trouvé eft l’Angle de la ligne deDéfenle flanquante & du Flanc.Souf-,, traytz donc l'Angle trouvé de 90. degrez, & aurez l’Angle ACF.
- ,, /Væ«\L’Angle flanquant intérieur du Quarréell de x z.degrez 5 o.: ,, minui. lefquels étant louftraits de 90. degrez, reftcront77.de-,, grez , 50. minutes pour l’Angle déliré duQuarré. De meme ai „ une Figure de 5.6. 7.8cc.
- LA VI. PROPOSITION.
- CSD.Pfwr* trouver l'Angle flanquant extérieur ,ou P Angle deTen aille.
- ,, Réglé. Prenez le double ae l’Angle delà ligne de Défenfe flan-„ quan te Sc du Flanc maintenant trouvé. qui Fera la fomme de l’An-» gleCSD.
- ,, Prat. Au Quatre l’Angle de la ligne de Défenfe flanquante & du. ,, Flanc fe trouve de 77. degrez & 30. minut. le double duquel fait ,, 155. degrez pour la fomme de l’Angle déliré.
- ,, De même en une Figure de 5. 6. 7. &c.
- LA Vty. PROPOSITION.
- ACH. Pour trouver l'Angle de l'Epaule.
- „ Réglé. Cét Angle étant le complément de l’Angle de la ligne de ,, Défenfe flanquante & duFlanc, faifant tous-deux 1S o. degr. faut ,, ôter l’Angle ACF,de 180. degrez, & le reftefera l’Angle déliré ACH.
- ,, Prat. Au Quarré eft trouve l’Angle ACF de 77. degr. 30. min. ,, lequel étant (ouftrait de i8o.degr.rcfteront xoz.degr.30.min. pour „ l’Angle requisACH dnQyarré.De meme en uneFigurede 5.6.7.&C. LA VIII. PROPOSITION.
- HKA. Pour trouver l'Angle de la ligne capitale » & de la Gorge.
- ,, Réglé. Souftrayez le Demi angle delà Circonférence de chaque », Figure, de 180. degr. le relie fera le délire'.
- „ Prat. AuQuarrél’Angledelacirconferencediviféendeux,eftde „ 43.degr. lefquels je louftrais de t8o.degr.ilrefte 13 5. degr. ce qui „ eft l’Angle déliré HKA.. De même en une figure de 5. 6.7.&C.
- „ Notez. L’Angle de la Face & du Flanc prolongé HCG eft égal à » l’Angle ACF. GHC l’Angle de la Face & du Polygone extérieur, eft „ égal à l’Angle CFK.HKI l’Angle de la ligne capitale, &deladi-,, ftance des Polygones 1 eft égal au Demi-angle du centre KLM.
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- 134 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Places félon Frit ACH.
- Du Calcul des Lignes.
- /''Et Auteur dans le Chapitre VI. de Ton premier Livre de la Fortifica-tion des Places régulières, dit : Que quelques Ingénieurs divifent les Places ou Forterefles en trois diverfes façons; fçavoir, en grand Royal, en moyen Royal > & en petit Royal.
- Par le grand Royal ils entendent une Forterefle en laquelle la ligne de Be'fenfe'eft toujours de Ço. verges, ou de 1 zo. toifes, portée ordinaire du moufquet.
- Sous le moyen Royal ils entendent une Forterelîe, en laquelle la ligne de Défenle ne va jamais jufques à éo. verges.
- Enfin ils appellent le petit Royal une Forterefle, en laquelle les Angles flanquez font éloignez de 60. verges ; & que toutes les autres For-terelfes, qui font plus petites que le petit Royal, font appelle'es généralement Forts. Cela e'tant fuppofé, voici ce qu’il ajoute.
- ,> Nous prendrons ici en main la pi ece principale, & compterons „ les lignes félon le grand Royal. Il faut en cét Ouvrage que quelques
- lignes foient connues, fans laconnoiflànce defquelles oh ne peut „ rien effectuer avec l’Angle feul.
- » Partant nous prenons pour connues deux façons, en chacun ,, grand Royal, pour la Courtine AB 56.verges, pour la Face HC ,, 14. verges, afin qu’elle foit proportionue'e à la Courtine > comme ,. deux à trois.
- ,, Pour le Flanc AC. en la premiere façon, il ajoute a. an nombre ,, de la Figure, & il a le Flanc : comme au Quarré, il ajoute 2. à. 4. ,, pour avoir 6 8c toujours de même pour les autres Figures, 5.6.7. ,, 55. 9.10. jufques à 11, où il fuppofèque leurs Flancs font toujours „ de 12. verges. A tà féconde maniéré il fuppofe au Quarré le Flanc ,, de 8. verges, au Pentagone de 9. verges, à l’Hexagone de 10. ver-„ ges, à l’Heptagone de 11. verges, & à l’Oélogone, & aux autres ,> Figures, toujours de 12. verges; de cela fuppofé, il donne pour „ calculer les Réglés fuivantes.
- I.
- Pour trouver U ligne A F, & CF
- „ Réglé. Au Triangle CAF le Flanc CA étant pris pour le radius, ,, AF fera la tangente , &CFlafecante de l’Angle ACF.
- I I.
- Pour trouver la longueur AF.
- ,, Réglé. Ajoutez la Face HC à CF,qui eft trouyée,alors vous vient Hpf
- III.
- Pjour trouver lefecond-Flane
- „ Réglé. Souftrayez de la Courtine AB la trouyée AF,il vous reftera FB;
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE.
- HE T H.EXEXE3T BÏE iX JTIE^r 'V'OEG-EtN S IKXTACH JJJj
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- 13$ LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes félon F r i t a c h.
- I V.
- Pour trouver la longueur HC , & GC. ÿ, Réglé. Au Triangle HGC le Sinus de l’Angle HGC » qui eft droit, J, donne HC: partant le finus de l'Angle HCG donnera H G •, & le finus de l’Angle GHC donnera la longueur GC.
- V.
- Pour trouver la longueur HP.
- ,, Réglé. Au double de la trouvée HG, ajoutez la Courtine AB > & aurez la longueur HP.
- V J,
- Pour trouver la longueur GA» & IK.
- ». Réglé. Ajoutez la trouvée GC à CA » & aurez GA» ou IK » étant égale à GA.
- VII.
- Pour trouver la longueur HK.
- ,, Réglé. Au Triangle HIK» que IKfoit le radius (qui eft de même ,, longueur que GA, ) alors HI fera la tangente, & HK la fecante de 9» l’Angle HKI, qui eft de même grandeur que KLM.
- VIII.
- Pour trouver la longueur GI, ou la Gorge K A.
- »» Réglé. Souftrayez la trouvée HI de HG> demeurera IG, ou KA, ,, qui eft de lèmblable longueur.
- *
- >
- I X‘
- Pour trouver le côté de là Figure KO.
- '»» Réglé. Prenez le double de la Gorge KA, & y ajoutez la Courtine AB, & yous viendra KO.
- X.
- Pour trouver la longueur ML » & KL.
- „ Réglé. Au Triangle KLM, la moitié de la Figure KM fera le Ra-dius, ML donnera la tangente, & KL la fecante de l’Angle LKM.
- X I.
- Pour trouver HL.
- Réglé. Ajoutez la trouvée HK, étant la ligne capitale , au Demi-',, diamètre KL, & vous aurez la requilè HL.
- XII.
- Pour trouver la longueur HB.
- „ Réglé. Ajoutez les deux Quarrez HQ/& QB : de la fomme, ti-„ rez la racine quarrée.> & vous aurez la longueur HB.
- „Et ce font ici les réglés par lefquelles on trouve les lignes d’nne Place.
- Con-
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- l.}8 LES TRAVAUX DE MARS,
- CwfruBim des Places félon F ri T A c H.
- Exemple du Calcul des Lignes.
- FR i t A c h après avoir donné en XII. Réglés les moyens qu’il faut tenir pour trouver les lignes j il prend en fuite, pour venir à la pratique, l’Exçmple d’un Quarré de la première façon $ (c’eft-à-di-re, celui dont le Flanc eft de 6. verges) & ajoute ceci.
- Trafique,
- ,, En la première façon tous les Angles font allez connus p^r les », huit propofitions qui en ont traité ci-devant.
- „ L’Angle du Centre KLO, 90. degrez.
- „ L’Angle de la Circonférence AKT. 90. degrez.
- ,, L’Angle flanqué CHR. 65. degrez.
- . », L’AngleflanquantinterieurCAF,&GHC, 12. degrez 30.min» „ L’Angle du Flanc, &de la ligne deDéfenfe flanquante, fem-j[, blable à l’Angle HCG, 77.degrcz 3 o.min.
- Les lignes font auffi connues.
- „ La Courtine AB, 3 6. verges.
- „ La Face HC. 14. verges. y LeFlancAC» 6,verges.
- I.
- Tour trouver ÀF, & CF.
- ÇA, Radius, donne CA ; que donne la Tangente dç l’Angle ACF 77. degrez 39. minutes î iooeo® 6(0) 451071
- __________*(o)
- AF. 17064x6 (5)
- ÇA,Radius. CA. La Seçantè de l'Angle ACF, 77.deg.30. min.
- 100000 é(o) 46x02.3
- ________6 (o)
- CF. 177x138 (5)
- II.
- Tour trouver HF.
- CF. 1771138 (5)
- HC. H (0)
- HF. 5171138 (5)
- III.
- Tour trouver FB.
- AB. la Courtine 3600000 (o) AF. * 1706416 (0
- TB. ^«93 57417?
- Suite
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- Ho LÈS TRAVAUX DE MARS,
- Suite de VExemple du Calcul des Lignes félon Frit a ch.
- IV.
- Pour trouver HC, £7* GC.
- Sinus <îe t’AngJeHGC. 90. d. HG. Sinusde l’Angle HCG. 77. de-grez jo. minutes ?
- 100600 14(0) 97630
- _____14
- 3905x0
- 195x60
- HG. 1343110(5)
- Sinus del* Angle HGC. 90. d.HC. Sinus dé l’Angle GHC, xx. de-grez 30. minutés ?
- xooooo 14(0) 11644
- *4
- 86576
- 43x88
- GC. 51945<f (s)
- V.
- Tour trouver HP?
- HG? 1343110(5)
- ______i
- HG. doublé 4686x40 (5)
- AB. 3 6 '
- HP. 8186140(5)
- VI.
- Tour trouver GA , ou IK.
- GC. 51945^(0
- CA. 6 (o)
- GA, ou IK. 1119456(5)
- VII.
- Tour trouver HI, £r HK.
- Radius IK, donne IK 3 combien la Tangente de l’Angle HKI, 45.. degrez?
- 100000 1119456(5) 100000
- 100000
- HI. 1119456(00000
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 141
- Suite de l'Exemple du Calcul des Lignes félon Fritach.
- Radius 1K, donne IK ; combien la Sécante de l’Angle HKI. 4 5. degez?
- 100000 11x9456(5) 1414x1
- 1414x1
- 1 x 1 x 3 4477
- 19456 8 9 1 x 114
- ï 1 1 9 4 5 6 447781 11x9456
- H K. 15 8 3 1 4 5k 5 )
- vm.
- Tour trouver IG, & IK. HC. x 3 4} t xo (5)
- HI. 1119456(5)
- KM. Radius 100000
- K M. Radius 100000
- IG, ou K A. 1x13664(5)
- IX.
- Pour trouver K O.
- K A. 11x3664(5)
- P
- x
- K A donblé. 1447318 {5)
- 3J[__________
- KO. 60473x8(5)
- X.
- Pour trouver ML» & K L.
- K M. la Tangente de l’Angle L K M, 45. degrez. 3013664(5) 100000
- 100000
- ML. 3 o 13 6 6 4I0 o o00 KM. laSecantedel’Angle LKM,45.degeez. 3013664(5; 1414x1
- 1 4 1 411
- 3°
- 604
- 1 3 6 6 4 7318
- 1 1 o 9 4.6 5 6
- 30136 64
- 1109465 6
- 3 0 1 3 6 6 4
- KL. 41760961.(5)
- Suite
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- *4i LES TRAVAÜX DE MARS*
- Suite de VExemple du Calcul des Lignes félon F rit ace
- XI.
- Tour trouver HL.
- LIK. ï 5 8 3 i 46(5}
- XLi 4x7609 6(5)
- HL. 5 2S9i4i(5>
- ' XII:
- Tour trouver H B.
- QB, ou G A: 1119456(5)
- 1119456 (s),
- 6716756 5597x80 44778x4 J067 5104 1119456 1119456
- 1 x 1 9 4 5 6_ .
- tj QJ* x»Sî‘8"*7 J 59î«('io)
- HQi 5 945ixo('5J
- __5 94 3 no (?)
- 11886x400 594311 178x956 x 3 7 7148 5348808 x 9 7 1 5 6 o ,
- QHQ.3 551067 53 3 4400 Ci 6) l_iQJL 1x53181735936 (10)
- 13 6| 5713 8| 5 7l°7|o 313 6| ( 1 o; les x. Qiiatfez' H B. | 6\ o[ 4I 7l 6| 3I z| (3) [enfemble.
- j> Pair ainfi toutes les lignes appartenant à la Fortification font ici trouvées > lefquelles on calcule de la même façon en toutes autres » Figures, pour faire de leurs fommes une Table, .
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- OU L’ART DE LA GUERRE. Hl
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- 244 LES TRAVAUX DE MARS,
- ConflruEHon des T laces félon Fritach.
- Vu "Projet d'une Forterejfe furie Paper, félon les Tables calculées
- \
- APrcs que FRîTACtia montré à calculer & trouver la valeur des Angles, & les longueurs des lignes qui fervent à la Conftru&ion des Forterefïes ; il montre en fuite dans le Chap. XV.. les moyens d’en faire avec le Calcul le projet fur le papier, & fefèrvant de l’Exemple duQuarré , ci-devant fupputé, que nous donnons ici avec quelque explication, pour l’intelligence du Leéteurî ,, Je prens donCjdit-il,dans les Tables fùfdites (c’eft-à-dire, „ dans la femme des Calculs) leDemi-diametredelaFigure „ quarrée, étant marqué des lettres K,L,&faifant 4a. verg, ,, 7. pieds & 6. poûces; laquelle longueur je mefiire fur l’E-„ chelle ( cette Echelle e/l une ligne d’une grandeur k volon» 5, te9 divife'e en 60.verges) avec le Compas, & fais avec „ la même ouverture une Circonférence occulte, fur laquel-,, le je mets pour le Polygone intérieur KO, 60. verges, 4. „ pieds, ÔC7. poûces, comme montre la Table Ouïe Cal-,, cul. Cela étant fait quatre fois, tellement que les quatre ., cotez KO, OF, FB, & BK occupent fans refte la Circon-3, ference, je prens de la Table ou Calcul pour la Demi-gor-3, ge K A , 12. verges, 2. pieds, 4. poûces ; & mettant un 3, pied du compas fur l’Angle du Polygone en K, je fais avec „ l’autre pied fur le côté KO, la marque A, laquelle coupera ,3 la Gorge : une Perpendiculaire étant tirée de ce point, & 6. „ verges marquées là-deflus, vous donneront le Flanc AC. 3, De même une autre ligne droite tirée du Centre L par ,, l’Angle du Polygone K , & prolongée jufqu’à P , vous „ montrera fàligne capitale, fur cette ligne occulte de K juf „ ques en H étant mifes 15. verges, 18. pieds, & 3. poûces, ,, laquelle longueur vous trouverez en la Table ou Calcul,
- ,, marquée des lettres HK *, ainfî une ligne tirée de H enC ,, achèvera la Face: & en faifant cela à i’emour de toute la ,3 Figure, alors lepourtrait fera parfait.
- Con-
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- 14* LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftru&ion des Places félon F rit a ch.
- Pour fortifier une Figure fans Calcul.
- F Rit A ch clans le Chapitre XVIII. de Ion premier livre de la Fortification donne les moyens de fortifier les Places fans Calcul, fous plufieurs Exemples, entre lefquels nous choifirons comme lui le Quarré, auquel il donne à fes cotez io. verges de longueur, ou izo. pieds de Rhin. Lequel nombre de i o. verges on peut augmenter à volonté, fi l’on veut faire la Place plus grande : & cela fuppolé, il entre ainfi en Conftruétion.
- „ On pourtrait premièrement fur le papier le Quarré ABD C ,1e plus grand que faire fe peut: puis l’on fait une „ mefure ou Echelle félon un côté dudit Quarré, qui a été „ donné de io. verges; laquelle on doit départir en dix par-„ ties égales , tellement que chaque partie contienne une „ verge, dont une départie derechef en iz. parties fera iz. „ pieds du pais de Rhin, 6c chaque partie ~ de la verge, com-9, me nous la reprefèntons ici : puis après on tire au travers „ de A &de D, commeaufïïau travers de C ôcdeB, la „ Diagonale, laquelle s’étend au dedans de AB & de CD. „ Départifîèz un côté du Fort en cinq parties égales, comme „ ici AG, GM, MN, NH, H B: la-f eft la Gorge AG, „ & H B ; les autres-f des cotez GM,MN,&NH, font ,3 la Courtine. Du côté entier prenez -, comme ici AM, ,, pour la ligne capitale E A, ou K B. Une quatrième par-„ tie de la Courtine divifee en quatre parties égales, comme „ ici GO, OP, PQji QH, donnera les Flancs GF, ou ,, HI, mis perpendiculairement fur G, ôc H. De même „ AB étant divifée en deux parties égales en P, la longueur ,, AP, ou PB, fera la Face EF, oui K: ce que faifànt en „ cette forte de tous les cotez, jle Fort fera pourtrait.
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- s48 LES TRAVAUX DE MARS,
- * ConJlruBton des Places félon Fritach.
- Maniere de tracer les Figures fur. le Terrain , lorfqu'o»
- en peut avoir le Centre.
- SUr la fin du Chapitre XVIII. de fon premier Livre, il donne les moyens de tracer en campagne toutes fortes de Forts, & de Forterefles fur l’Exemple d’un Quarré, en ces termes :
- „ Ce Fort le mettra en campagne en deux façons; pre-mierement, quand on peut avoir le Centre, l’on prend 3, la longueur du Demi-diàmetre avec un cordeau, & on „ plante un bâton au Centre, comme en la Figure D. Puis 3, après on lie le cordeau au bâton, & on melure la dite lon-3, gueur fur la campagne , au lieu où il y doit avoir un Boule-„ vert, comme ici de D vers A ; & en A on met un bâton, a, Auffi faut-il mefurerla longueur du côté de la Figure avec 3> un cordeau, l’attachant au bâton A , & tirant enlemble les 3» deux cordeaux, àfçavoir, .le Demi-diamètre & le côté du ,, Polygone intérieur, tellement qu’ils fe touchent, com-„ me ici en B : ainfi eft un côté de la Figure bien marqué, Ie-„ quel il faut creufer auffi-ôt avec une bêche lûivant lecor-,, deau ( ce qui fe fait à tous les cotez ) & planter un bâton „ en B. Puis l’on prend la longueur du côté du Polygone „ intérieur de AB, laquelle on attache au bâton B, & „ on conjoint derechef le. dit côté du Polygone intérieur, & ,, le Demi-diamètre, qui fe touchent enfemble en F , & ,, monftrent le bout de l’autre BF, où il faut mettre un bâton, ,, & ainfi continuer au troifiême, quatrième, & dernier „ côté; tellement que voilà la Figure faite, laquelle on veut 3, fortifier.
- „ La page fui vante montre comme l’on peut fortifier, Iorf 9) que fe Centre eftincommodé.
- Con-
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- OU L’ART DE LA GUERRE,
- Sïxx 031 l'r&irilEîr OPHEl mu TE XSÏCïEE
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- ij® LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Places félon F RIT A c H.
- Maniéré de tracer les Figures fur le 7 errain , le Çent re
- en étant incommode.
- C Et Auteur dans le Chapitre ci-devant cité, parlant delà maniéré qu’il faut faire pour fortifie! les Places, de£ quelles on ne peut avoir le Centre”, dit:
- „ Mais quand à caufede quelques incommoditez l’on ne 9, peau avoir le Centre, il fe faut tenir à la maniéré fuivante. „ Choififlêzuniicu, où le Fort doit avoir un Boulevert, 6c a, plantez un bâton en ce lieu-là, commeicienB,&prenez 3, la longueur de deux Gorges BS, & B£, & la-longueur de la a, conjonction des Fl mes SE. De cette ligne & des deux 3, Gorges formez le Tïianglc BSE, & plantez un bâton en E, 3, &S;puis prolongez en ligne droite les lignes BE,&BS, s, delà longueur des cotez du Fort, comme il eft marqué en 9, la Figure deB julquesàF,&dcBjufquesà A>pour avoir les j, deux cotez du Fort: il faut auffi planter un bacon au bout ,, d’icelles deux lignes en A & F Faites de même en mar-3, quant les autres cotez, &ainfi la Figure qui doit être for-3, tifiée, fera achevée, à laquelle ondoie marquer les.Gor-3, ges, les Flancs, & les Faces; ce qui fe peut faire de mê-„ me comme on a fait au précèdent Fort quarré, en prenant 3, la Face au double, & mettant fes bouts fur les deux bouts 3, des Flancs, comme en I, & K, dont le milieu donne l’An-3, gle flanqué; & IR, & RK, font les Faces: on peut tenir la î; même procedure és autres Boulevects.
- Des
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- OU L’ART DE LA GUERRE*
- ^£Cbxs sunu? Tj
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- ]»ji LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Cavaliers félon F r i t a c h.
- F Rit A CH dans le Chapitre IX. de fontroifiême Livre de la Fortification, parlant de l’ufage & de la conftruc-tion des Cavaliers, ajoûte ceci :
- ,, Les Cavaliers font des Bouleverts élevez, ou fort hautes ,, Batteries, mis au deflus des Bouleverts , delquels on fe ,, fort contre l’ennemi, qui fo loge aux lieux qui font à l’en-„ tour de la Forterefle, afin que la Forterefle ne foit fi-tôt ,, commandée par les hauts lieux du dehors , & que l’on air „ aufiï une défenfo convenable, quand l’ennemi s y campe.
- ,, Les Cavaliers ne font pas bâtis d’autre maniéré que les „ Bouleverts, & les Remparts des Villes; ils different fou-„ lementàcaufe deleurbazet quiapourfon fondement les „ Bouleverts, & les Bouleverts ont pour leur baze la plate-„ campagne. Les Bouleverts font auffi plus grands que les „ Cavaliers, d’autant qu’ils fervent pour fondement aux ,, Cavaliers. Leur lieu eft le milieu des Bouleverts, entre „ le Parapet delquels & les Cavaliers , eftlaiflé un elpace, „ pour n’empêcher pas l’ulàge du Parapet.
- „ Leur hauteur eft diverfé, & s’accommode félon la hau-„ teur des montagnes aufquelles ils font oppofez : ils font „ au furplus tirez parallèles aux Faces & Epaules j comme il „ fevoitenla 142.Figure,enC&D.
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- i?4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Plate-formes félon F ritach.
- Après que Fritach a donné la conftruéfcion de les Cavaliers, il dit parlant des Plate-formes :
- „ On éleve auflî des Batteries au deflus des Courtines, lef-„ quelles oppofées aux montagnes, s’acquierent un autre ,, nom, & lont appellées Plateformes, d autant qu'elles font », miles fur une ligne droite, au long de la Courtine.
- ,, Leur hauteur & grandeur exeede celle des Batteries ordi-», naires, èc le rapporte à la hauteur des montagnes : leürlon-„ gueur n’eft pas toujours la même, mais bien divcrfe, félon », la quantité du Canon, qui doit être planté deflus. Leur », lieu eft au milieu de la Courtine, & par tout où il eft ne-», ceiïàire: on laille toutefois quelque elpace entre la Plate-», forme, & le Parapet de la Courtine.
- ,, Il n’eft pasbefoin que l’on étende les Plate-formes au „ dehors de la Courtine, comme on fait des autres Boule-», verts, d’autant que cela augmente grandement les dépens », & travail, à calife de la hauteur qui doit premièrement être ,» égale à cellexle la Courtine , outre celle-là qu’on y doit en-9, coreajouter, àcaufodela hauteur des montagnes, ,à la-„ quelle les Plate-formes veulent être égales. Tout cela eft é-„ viré quand on les met au deflus de la Courtine, & on n’eft », pas contraint de faire une autre hauteur, hormis celle-là ,» qui doit égaler les montagnes, d’autant que l’on a la hauteur de la Courtine pour avantage j de forte que les dépens
- v
- font amoindris, & épargnez en partie ,& l’on a neanmoins exécuté fon intention. L’autre raifon, laquelle empêche „ de n’étendre les Plate-formes au dehors de la Courtine, eft ,, que les Plate-formes étendues au dehors de la Courtine, „ ôtent la défenfe aux Epaules plus proches, combien que ,, les Plate- formes pourroient fuppléer cette faute de leurs „ cotez: mais elles ne font pas faites à cette*fin, &fontauflï ,, trop hautes *, de forte qu’il les faut employer a ce à quoi e],-s, les font ordonnées.
- Des
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- OU L’ART DE LA GUERRE, ijf
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- ï5<s LES TRAVAUX DE MARS,
- * Des FauJJe-brayes félon F r i t a c h.
- t7 Ers la fin du Chapitre IX. du premier Livre, cét Au-V teur dit parlant de Pufage des Faufîe-brayes, ou du chemin des Rondes:
- ,, Et puifque depuis quelques années pafïees s’eft décou-„ vert cette incommodité , que Pennemi s’étant approché de 5, la Ville, avoir le Rempart pour une couverture, & que le „ Rempart même n’étoit pas en fa défenfe convenable, on „ s’eft avifé d’un autre remede* c’eft qu’on a élevé un petit ,3 Rempart au pied du grand Rempart, étant nommé la 5> Fauffe-braye, duquel on peut flanquer parallèle à fhori-3, zon;* ce Flanc étant beaucoup plus fort qu’autrement, & duquel on peut faire un très-grand dommage à Pennemi.
- 3, Cette Faufle-braye, ou fa proportion, efttout-à-fait femblable à celle du Parapet ; tellement qu’au Quarré eft 3, retenue la même hauteur , cpaifleur, le même banc & ta-3, lus, fans en changer quelque choie. Aufïi eft-elle ti-3, rée parallèle aux Courtines Flancs & Faces. Le Che-3, min entre le Rempart ôc la Faufle-braye en unehgu-
- 5J
- re
- de
- r - IV. ^ ___ V. VI. VII. VIII. IX. .A x. 3
- r Angles, fera large de v —
- IS
- iS.
- 20,
- 24. 24. 24. pieds.
- „ Plusieurs font differens d’opinion, fçavoir fi la FaufTe-3, bray e doit être plus haute avec un Parapet, ou un peu plus „ baffe fans Parapet ? Quelques-uns mettent en avant l’opi-„ nion de Bar-le-duc, laquelle on peut lire au Chap. 9. du 3, premier L ivre de fa Fortification, à fçavoir ; Que tous les „ Ouvrages de la Fortification, qui font les plus proches du „ centre de la Forterefle, doivent être plus haut élevez,
- « que
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- OU L’ART DE LA.GÜERRE. *57
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- ï53 les travaux de m ars,
- Suite de la Fattjfe• brayefélon F RIT A c H.
- que ceux qui font éloignez du centre: & ce pour ce fu jet, 5î afin que les Ouvrages les plus prochès duditCentre puilknt 3) flanquer & défendre les plus éloignez. Or eft-il que la 3, Faufle-braye ayant la même hauteur que le Chemin-cou-3, vert, ne peut défendre les autres Ouvrages exteneurs, 33 qui font devant la Fortereffe j àfeavoir lesRavelins, Ou-3, vrages a cornes, Ouvrages couronnez, 8c Demi-lunes, 3> le Profil desquels Ouvrages eft femblable à celui du Rem-33 part, & par ainfi plus hauts que la Faufle- braye.
- 33 Mais d’autant que la plus-grande partie des Praticiens es 33 Pais-bas, ne bâtiflent point de Faufle- braye à ce fu jet, que 33 d’icelles l’on puifle défendre les autres Ouvrages extérieurs, 3> eu égard que le grand Rempart eft tellement bâti & or-3j donné, qu’il peut défendre tous les Ouvrages dont il a été 3, fait mention en (on lieu ; voici le principal lujet pourquoi 3, elle eft bâtie: àfçavoir, que d’icelle l’on puifle flanquer „ leFoflé, dont il importe grandement en une Forterefle 5 ,, ce que ne peut effectuer le grand Rempart, à càtife de la j, hauteur: fi rie peut-il auflïêtre plus bas pour certaines au-3, très raifons Mais ladite Faufle braye étant plus élevée, il ,, faudroit auflï que le Foflé fût fruftréde fa vûe, & ainfi de-,, meureroit fans défenfe * d’où il appert que ce n’eft pas fans „ confideration qu’on la fait fi baflè. Et combien qu’elle eft 3, faite principalement à caufe du Foflé, elle apporte nean-„ anmoins du profit, comme il eft ci-deflus fait mention, à 5, feavoir, que d’icelle l’on peut tirer fur l’ennemi, paralle-„ le à l’horizon, ce qui s’entendra quand il n’y a point de a, Corridor en une Forterefle.
- Av an-
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- iCo. LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages des Conjlruàiûm ^Fritach.
- CHux qui foufcrivent aux fentimens de cét Auteur, don-, nent à fès Conftruétions les Avantages fuivans.
- 1. Que fa Méthode de fùpputer les Angles & toutes les lignes des Places, grandes, moyennes, ou petites, eft très-cu-rieufe; puifqu’en donnant feulement larefolution ou calcul de quatre Re&angles, on peutaifément veniràlajuftecon-noiflànce de toutes les parties d’une Place.
- 11. Que là féconde Méthode de fortifier les Places fans Calcul , eft fort commode, principalement pour ceux qui fè-roient obligez de fè fortifier, fans avoir auprès d’eux des Ingénieurs & des inftrumens necefîaires à leurs pratiques ; puisque fans aucun fecours, le moindre homme de guerre n’eft que trop intelligent pour deffiner & tracer parfaitement toutes fortes de Places.
- III. Qu’élevant des Cavaliers au milieu de fes Bouleverts 9 & garniflantde Moufquetairesle Flanc de fes Battions, il a tous les moyens poflïblespour incommoder les Aflïegeans, foit dans leurs campemens , ou dans la conduite de leurs Tranchées ; parce qu’ils feront toûjours expofez à la violence de l’Artillerie des Cavaliers, & au grand feu delà Monfque-terie des Flancs» s’ils veulent entreprendre le paffage du Fof fe, ou l’attaque des Faufle- brayes.
- I Y. Que la Faufle-braye qu’il fait regner tout autour de fès Places, avec peu d’élévation, eft tres-avantageufe pour défendre le Foflé, Attirer fur l’ennemi, en razant& foudroyant le Rez-de-chauflée, principalement quand il n’y a point de Corridor en uneForterefîe.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 1S1
- DejàvantagesdesCenjtrssBions de Frit acH.
- CEux qui font difficulté d’appprouver les Réglés de cétAu-teur touchant Tes Conftruéfcions, dilènt :
- I. Que là Méthode de calculer eft trop embarrafiante pour des perfonnes qui ignorent la Trigonométrie: car on ne peut calculer lès Figures, ainfi qn’il le dit dans lès Réglés, làns une parfaite intelligence de l’ulàge des Sinus, Tangentes, Ôc Sécantes, même de la Racine Quarrée, qui font les plus délicates parties de la Trigonometrie.
- 11. Que fa féconde Méthode de fortifier lès Places làns Calcul n’eft point li facile, que toutes fortes de perfonnes Ibient capables d’y travailler làns connoilTance de l’ulàge des inltrumens; puilqu’il y faut fçavoirconftruire des Echelles, & divifer des Cercles, pour tracer lès Figures, qui fe font fut autant de diverlès réglés, que les Forts ou Forterelïes peuvent changer de Polygone.
- III. Que l’ulàge des Cavaliers élevez dans les Battions eli fort incommode, principalement quand ils font élevez comme les liens, qui parleur difpolîtionempêchent aux Affie-gez l’avantage de fe pouvoir retrancher; &lorfqu’ils font une fois pris, contribuent beaucoup à la perte de la Place, parce que les Alfaillans peuvent s’en lèrvîrpour foudroyer dans la Place.
- IV. Que lesFaulïe-braves, dont illefert pourladéfen-fe de lès Folîez, foit qu’elles foient beaucoup élevées, ou qu’elles le foient peu, apportent plus de dépenlc que de fervi-ce; puilqu’il ell fort facile à l’Allîegant, l’orlqu’il s’cftlogé fur les Corridors, de les miner de fes Batreries, principalement lices Faullè-brayesfont peu élevées, comme celles de cét Auteur : car pour peu que leur Parapet, oticeluy du Baf-tion, vienne à s’ébouler, ii n’eftque trop fuiialànt pour les rendre inutiles.’
- Avax-
- Tom. TI.
- L
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- 161 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantage du Parallèle de nôtre ConfruBion fur celledeF ritach.
- IV7Offre Mcthode qui eft fondée fur des principes fort il peu différais des liens, eft bien moins embarraflante pour ceux qui font peu verfez en Geometrîe, puilque la lïen-ne exige pour le Calcul de fes Angles & de lès lignes beaucoup plus de réglés que la nôtre, qui fe met aifément en pratique , avec l’aide lèule de l’addition, & fouftra&ion, ÔCparlefe-cours des Logarithmes 5 mais dans là maniéré, il faut être parfaitement conlommé dans l’ulàge des multiplications, des divilîons, & de la racine quarçée.
- II. Les Méthodes que nous enfeignons dans nôtre premier volume,pour delîîner toutes fortes de Places fans calcul,fbit lur le papier , ou en campagne, lônt làns difficulté beaucoup plus familières à ceux qui rfont point d’étude, que les lîennes, qui lônt tontes fondées fur des Réglés differentes : Mais pour nous dans nôtre premier volume, nous les donnons toutes d’une même maniéré, étant fort aifé en fuite de faire ces Places plus ou moins grandes, en diminuant ou augmentant leur proportion dans leurs principes.
- III. Nos Cavaliers font bien mieux dilpolèz que les liens, qu’il éleve dans le milieu de fes Bouleverts, où ils empêchent î’ufage des Retranchemens, 6c par leur perte peuvent cauler celle delà Place 5 ce qui n’arrive pas à ceux que nous élevons dans les Gorges, où ils flanquent ÔC défendent jufqu’à l’extre-mité, làns empêcher I’ufage des Retranchemens dans le Corps du Baftion.
- IV. Nos Cazemates & nos Canons cachez flanqnentavec bien plus d’avantage les Foflez 6c le Pan des Battions oppofez , que ne fait pas la Moufqueterie des Faces & des Flancs des Faulfe-brayes, de qui les coups, pour être trop éloignéz, fonttrop foibles pour empêcher que rAflïegeant, étant couvert de Mantelets, ne comble le Folié, nelefranchifle, 6c ne fe rende maître de la Faufle-braye, 6c en fuite du Baftion.
- Cha-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. %C$
- Chapitre VII I.
- Des Conftrufîions des Placesfélon Dogen
- Hollandois.
- CEt Auteur a compoféun fi gros volume fur laFortî* fication, que beaucoup de gens l’en ont trouvé en-I nuyeuxj furtout fes citations continuelles fur l’Hif-toire ancienne , ont épuifé la patience de ceux qui l’ont voulu lire: Mais comme il nelaifle pas d avoir quelquereputation, nous avons bien voulu rapporter ici fès principaux principes , pour fa première, là fécondé, & & troisième maniéré de fortifier.
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- H*4 les travaux de mars,
- Confiruftion des Places felo* Dogen.
- Angles du Polygone à fortifier.
- DOgen dans le Chapitre VI. de fon premier Livre de la Fortification Reguliere , donne la Confiru&iondc lès Places, en ces termes.
- „I» Problème. Pour trouver A RL, l’A n g l e du C e N T R e de chaque Polygone des FiguresXXXVII. „ XXXVIII. XXXIX. XL. XLI. &c. Le Cercle divifé par n le nombre des cotez du Polygone donné, montrera l’An-„ gle du Centre que Ton veut trouver. Par exemple, le „ Cercle entier divifé par quatre donnera au Quarré l’Angle „ du Centre de 90. degrezen la Figure XXX VII: ainfidu „ refie.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. Polygon. ?---------------------------------'
- U Angle du Centre A RL.
- i .. ......«———. ——
- 50.72.60.51.25.43.45.40. 36.
- 50. l’Angle du 3 60 J Centre de la Fi-4 j gureQuarrée.
- ,,II. Problème. Pour trouver l’Angle de la Circonférence O AL.
- ,, L’Angle du Centre ARLlouftrait du Demi-cercle, re£ ,, tera l’Angle de là Circonférence. Ainfi, l’Angle du Cen-„ tre du Pentagone contient 72. degrez; fi vous les fouftrayez „ du Demi-cercle, relieront pour l’Angle delà Circonfe-,, rence du Pentagone 1 o ÎS. degrez.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. Polygon. Ç Le Demi - cer-
- ^ 1 ' ---------———^180 ( cie L’Angle du
- L'Angle de U Circonférence O A L. 724 Centre. L’An-
- r---------—---------------------^ —- j gle de la Cir-
- cS.120.12,8.3 4* *^**3 5«14°* *44* Iconference.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE; jiij
- lgj
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- U* LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Angles de Dogen.
- Angles de la Forterejfe.
- „ III. Problème. Pour trouver i/A n g le du Bas-5> TI O N QBE.
- )> La recherche du vrai moyen d’établir cét Angle a excité 9> entre les Architectes opiniâtres divers partis, dontlacon-9» troverfe n’eft pas encore déterminée. Il y en a, qui ajoû-99 tant toûjours 3 o. degrez âu tiers de l’Angle de la Circo^fe-9, rence, trouvent l’Angle du Baftion, qui ne reuffit jamais 99 droit: quelques autres le veulent toûjours droit, &n’im-9, prouvent pasceluy quieft obtus. Mais les Architectes & 99 & les réglés mêmes de l’art condamnent l’opinion de ceux-59 ci : car le Quarré ôc le Pentagone n’admettent jamais le 99 droit: or quant à ce quieft de lui donner le premier lieu 9, dans l’Hexagone, c’eft ce qui ne fe peut executer que diffi-9, cilement, & mal à-propos. Quelques-uns ajoutant toû-99 jours 25. degrez au Demi-angle de la Circonférence, éta-0t bliflent par ce moyen l’Angle du Baftion , tant qu’il fe 99 trouve droit j lequel ils retiennent aux fuivans Polygones 9, lans addition : Mais ce moyen les oblige de pratiquerplu-9, fieurs chofesT'qui font contraires à laX. Maxime. Quel-9, ques autres ajoutent toûjours à la moitié du ftifdit Angle de 9, la Circonférence ry.degrezjd’autres 2.0. jufquesà cequ’il fe 9, trouve droit, après quoi ils 11e peuvent iouffrir qu’on pafle 9, plus outre. D’autres prennent deux tierces de l’Angle de la 9, Circonférence, dont ilscompofent l’Angle du Baftion, 99 pourvû que ces deux tierces ne paftènt point auffi le droit, » qui felon leur avis doit être tenu comme une borne invio-5, labié , & ne fouffrent jamais qu’on l’outrepafle. Mais 9, puifqu’il eftvrai que fans préjudice de la bonne ftruéture ,, de la Fortification, l’Angle du Baftion le peut & fe doit 99 étendre, à proportion que s’accroît l’Angle delaCircon-« ferencej il demeurera en vôtre liberté de choifir celle de i, ces maniérés qui v.ons femhlera la meilleure.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, rf*
- Suite du Calcul des Lignes de Doge n.
- „ En effet, je ne m’arrête point aux préceptes d’une Ipe-,3 culation qui n’ell foûtenuë de lfexpérience $ mais on peut 93 hardiment fè tenir à l’imitation de ceux de qui l’induftrie 33 s’eft plus exercée à drefler des Fortifications effe&ives, 33 qu’à tracer des lignes fur le papier & dans le cabinet : C’eft 33 à faire àl’ufage & à l’ennemi qui affiege & qui employé fes j, efforts contre une Place, de reconnoïtre de bien juger 3, de la force & des avantages de fâ Fortification.
- 3, Les plus approuvées de toutes ces maniérés font, pour ,3 exemple, cestrois-ci.
- 3, La première qui ajoûte xv. degrezà la moitié de i’An-,, gle de la Circonférence, pour établir l’Angle du Baftion.
- ,3 La fécondé qui le compofe de deux tierces parties de 3, l’Angle de la Circonférence.
- „ La troifiême qui ajoûte toûjoursxx. degrezà la moitié
- de l’Angle de la Circonférence. Si tu le trouves bon , Lee-,3 teur, j’en ferai la fupputation pour ta commodité.
- 3, Cherche donc ainfi l’Angle du Baftion en la première 3, maniéré. A joute 15. degrezà la moitié de l’Angle delà Cir-3, conférence. Cela mis enfêmble, s’il n’outrepaflë point le 3, droit, ce fera l’Angle du Baftion que tu defires j s’il exce-3, de, ou s’il eft égal, ( comme il eft égal au Dodécagone, v & pafié celailexcede) alors il faudra prendre l’Angle du „ Baftion droit, ou bien de xc. degrez.
- En la première maniéré de fortifier.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. XII.
- L'Angle du Bajïion Q^B F.
- C 144.1’Ang. de la f Ciiconférence
- auX,
- I —
- —' ] 72. fa moitié. J j5. degrez.
- [ MWMiWI
- r -----—*---------------î
- 50.d9.75.7-9:i7:S’.S2:30.S5.S7.SS-3S:n.90. | S7.dcgr.l’Angle
- f du Baftion au X.
- F.
- Suite
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Angles de Dogen.
- a, En la fécondé maniéré les deux tierces parties de l’Angle a> de la Circonférence font celui du Baftion, quand elles font a» au deiTous du droit.
- 1128.34.17. l’Ang. de laCirconf. au vit.
- 3- —
- 42.51.25. Son tiers. ^ 2,.
- <so. 72. 80. 85:42: 51.90.deg. à l’infini. I Sç^i.Ço.l’Angl. du
- Baftion au vu.
- 3, En la troifîême maniéré on ajoutera xx. degr. à la moitié 3, del’Angle de la Circonférence.
- En la troisième maniéré. C 135.1’Ang. de la Circonf.
- IV, V. VI. VII. VIII. IX. Polyg. *• a.u V1?:,
- ^____________________________3 ! 67. 30. la moitié.
- L'Angle du Baftion C^B E. H 20. __________
- ‘J5. 74. 80.84:17: P- 87: 30. 90. 87- 3o. l’Ang. duBaft.
- enl’Oétang-
- a, IV. Problème. Pour trouver l’Angle du Flanc r3, & DE LA Face BEF.
- ,, Il faut ajoûter au quart du Cercle la demie différence des 3, Angles du Baftion & de la Circonférence; car l’extérieur B E 34 F, que l’on defire, eft égal à ED B & DBE, intérieurs.
- En la première maniéré.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX; X.
- —--r- .... - T— 1T
- U Angle de la P ace & du Flanc F E B.
- 105.109: 30. 112:30.114:38:34.116:15.117-'
- 30.118:30.
- 135.1’Ang. delà Circonfer.
- 82. 30. l’Angle du Baftion.
- | 52.30. la Differ.
- 26.1 ç.laDemie. 90.
- 116. iy.en I’O-étog. fuivant la I. maniéré-
- Suite
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- pu L’ART DE LA G UERRE.
- ar v ut
- V-L^Êfîi'
- q\, A r ï: i x. x\>
- v^-i ïx/
- Vil 4nàu2tcnt'
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- ;*7© LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Angles de Doge N*
- En la fécondé maniéré.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. v------------------------------—------
- V Angle de la Face dff du Flanc F E B.
- r---------------------------:---------->%
- 105.108.110.111:25:43,112:30.115.117.
- En la troijièmc.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- V------------------------------------* '
- V Angle de la Face & du Flanc F E B.
- r—--------------------------------------\
- 102:30.107.110.112:8:34.113:4^.115.117.
- 33 V. Frobléme. Pour trouver l’A ng LE DE LA C A-„ PITALE ET DE LA GoRGeBAF.
- „ C’eft le complément à deux Angles droits 3 du Demi-angle 3> de la Circonférence. Il faut donc fouftraire la moitié de l’An-3, gle de la Circonférence du Demi-cercle, & ce qui reliera fera 33 pour BAFj qui eft l’Angle de la Capitale & de la Gorge.
- En toute maniéré.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- ^ ------------------------------ ^ ,
- JL’Angle de la capit. & de la Gorge B A F.
- r~-----------------------------------n
- 13 izo. 115.41-51.11 z. 3 o. 11 o. 108.
- 180. le Demi-cercle. <54.17.8. la moitié de —« l’Angl. de la Circonférence. Iif.42.52idanslevii.
- L'Angle de la Courtine & du Flanc ef toujours droit.
- ,, VI. Problème. Pour trouver l’Angle de la Flan-
- 3, OJJANTE ET DE LA COURTINE.
- „ La Demie différence des Angles de la Circonférence &r du 3, Baftion, donne l’Angle de la Flanquante & de la Courtine.Ou 3, ce qui eft le même : Toute la différence des Angles du Baftion s» & de Circonférence} partie par moitié, donne celui que nous
- cher-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. i7f
- Suite du Calcul des Angles de D o gen,
- 3, cherchons. Car l’exterieur R AL eft e'gal aux intérieurs 3) A Bf. & BI F. Ainfi quand le premier & l’un ou l’autre ,3 font rencontrez s ou ne peut pas ignorer le troifiême.
- En la première maniéré.
- IV. V. VI. VIL VUL IX. x. --------------------------------—
- 13 5. Angl. delaCirconf. 81.30. au Baftionen
- -- l’Octang.
- 51. 30. leur différence.
- L’Amie de ta Fl an y. if de la Court. BI F. j 1 r---------------------------------------—
- 15.19:30.22:30.24:3 S-|.2<Î;I5.27-;.. En la feeende.
- IV. V. VI. VII. VîTI. IX. X.
- ____________________________________>
- JJ Angle flanquant intérieur B I F.
- 2-6. 15. l’Ang. de la Courtine & de la Fian-w qu. en la 1. maniéré. ..
- 15. IS.20.21:15:43.22: 30.25.27.
- do. de la Cir- ( partie confer. J Par. ..
- j o o * > moitié
- 40. du Baftion. ; dans
- J dans
- M’Hexapone.
- En la troifiême.
- IV. V. VI. VIL VIII. IX.X-
- ^ .. .. . ________-J
- JJ* Anale flanquant intérieur B1Y A - nexagone.
- r____________J _______________, I20. 1 Angle de la frunqu.
- iz:30-x7-iG*ii:8:34:2,3:45.25-27. i & de la Courtine en la
- ^ 3. maniéré.
- j, VII. Problème. Pour trouver l’Angle du Flanc &de la F L A N qu ante.
- ,, Le complément à un droit de l’Angle delà Courtine 8: de ,, la Planquante donne l’Angle que nous cherchons : car le ,j Triangle FEI a un Angle droit.
- En la première manière. C90.
- IV. V. VI. VU. vm. IX. x. atf.iyl'Angï.dela
- 1 __________________________> Flanquante, Si
- Courtine en l’Gchmg.
- 62. 45. l’Angle de la Flanquante Si du Flanc en lai. • maniéré.
- L? Angle de la Flanquante îy du Flanc F F.
- 1 ...... .....» 1 — 1 -I.n»....—' ' "N
- 75-7o.*3o.<î7:3o.65.,2i.-26.<J3:45.d27.diT.
- Suite
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- m LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Andes de Dogen*
- En la féconde.
- IV. V. VI. VIL VIII. IX. X.
- V*_________________________________
- U Angle de la Flanquante & du FlancFEl.
- r — -r---------------------\
- 75.72.70.68:34:17.67: 30. 65.tf3.deg.
- En la troifième.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- V---------------------------------------J
- L? Angle de la Flanquante & du Flanc FEI.
- t---------------------:-----------------“">
- 77.-30.73.70.tf7.5'i:2tf.tftf:i5.tf5.tf3.deg.
- rpo.
- 17.I’Ang.de laFIan-———quante, & de la Courtine au V.
- I' 73* l’Angl. de la Flanquante &du Flanc au Pentag. W en la 3. maniéré.
- „ VIII. Problème. Pour trouver l’Angle de Te-,, NAILLE BXM.
- „ L’Angle de la Flanquante & du Flanc doublé eft égal à „ BXM, qui eft l’Angle de Tenaille que nous cherchons. Les „ Angles du Centre &r du Baftion le compofenraqffi :carFEl & GXB font égaux alternativement. Pareillement l’exte-,, rieur GXB eft égal aux intérieurs XRB &RBX>&par-„ tant MX B tout entier, eft égal à QJE5 E & A RL tous „ entiers.
- IV.
- v.__
- En la fremiere manière.
- V. VI. VII. VIII. IX.
- rtf 5.21.2tf.PAng.de X, 2- la Flanquante & ' —«— du Flanc.
- X*AngledeTenaille BXM. ^ I30.42.52.1’Anglg
- r------------------------------------- I de Tenaille en
- i'>o.i4l.iîl.llQ'Az:%z.lir.îo.lzs.izî ^ l’Heptag.luivant
- la 1. maniéré.
- En la fécondé.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- — . I , -, ..^
- L'Angle flanquant BXM.
- ----------------------------------:-V
- 170.144.140.137: 8: 34.135.130.126.
- Sukt
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- OU L’ART DE LA GUERRE. m
- Suite du Calcul des cingles de Dogen.
- En la troijîême.
- IV. V. VI. VH. VIII. IX. X.
- V. --.--------------------------------------J
- L'Angle de Tenaille BXM.
- r---------------------------------------------*
- ijj.146.140.135:41: 31.132: 30.130.116.
- ,, Il refte encore d’autres Angles en petit nombre, defî 9Î quels l’ufàge eftneceflaire; mais il ne font point differens „ en quantité de ceux que nous avons trouvez j ce qu’un ,, Geometre expérimenté pourra connoître fans difficulté.; 3, j’en donnerai les exemples fuivans en faveur de cçux-là 3, qui n’ont pas tant d’experience.
- (-BED-) rFÉK ('vertical.
- l’Augle < E B D ? eft égal à T Ang. < B I F > comme <ai terne. >NLM-> <LRP*> ‘•pofé de
- même.
- »
- J?
- »
- 3*
- 33
- 39
- 55
- 3, Enfin , il eft neceflaire de remarquer , que l’A-igîe C L K, qui forme le Flanc, eft toujours de 40. degrez en laprèmiere, & en la fécondé maniéré de fortifier; nous en traitterons au fuivant Chapitre: mais en la troifiême maniéré, cét Angle eft du tout inutile, & n’a point de quantité qui fbit allurée. Comme au LU ne lotit necelfiiites pour le Calcul, finon eu ces deux feules premières maniérés , l’Angle de la Capitale 6c du Forme-flanc M LC, & celui de la Face & du forme- flanc L C M.
- ,, IX. Problème. Pour trouver l’Angle de là „ Capitale et du Forme-flan c C LM, „ dans le Triangle C M L.
- „ Joignez à l'Angle Forme-flanc la moitié de i’Anglè de „ la Circonférence, ce qui reliera du Demi- cercle fera l’An-„ gle M L C que yous defirez.
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- 174 LES TRAVAUX DE MARS;
- Suite du Calcul des Angles deD ogêkt.
- En F me & en F autre manière. f 40. Forme-flanc.
- } 70, Demi-angle de
- IV. V. VI. VIK VIII. IX. X. j------la Circonférence
- v——-------------------------' j no.
- L’Angle de la Capitale <Ür du Forme- < iSô.
- FteCLM. 1 110. Demi-cercle!
- t--------:------------------\ \-----------------
- 95. 36. 80. 75:4^: 51-72: 30.70.68.^70. Pour leIX.
- „ X. Problème. Pour trouver l’Angle de la Face „ et du Forme-Flanc MCL.
- s, Prenez la moitié de l’Angle du Baftion, & la joignez à „ l’Angle de la Capitale & du Forme-flanc, pour complément 33 du Demi-cercle s vous trouverez l’Angle que vous cherchez, 3} à fçavoir celui de la Face & du Forme-flanc,
- IV
- V _
- En la première maniéré
- V. VI.
- VII. VIII. IX. X.
- _____________________
- 1?Angle qui eji comprit entre /a Face & le Forme-
- Flanc MCL. *
- r 1 " ..................................
- Sf.f9'-30.62:3°.<S4:$ 8:35.66:15.67:30.68:30.
- ^72.3 o. l’Angle op» pofe à la Face. 41.Ï5. leDemi-an-gle du Baftion. —— Pour vin.
- II3-45-1S0. .
- H3j45.
- 66.15.Eala 1. manière.
- En la fécondé maniéré.
- IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.
- ------------------------------—
- VAngle de la Face & du Forme-flanc MCL.
- ’t---------------------------—s
- 55.5S. 60. 61:25:43.62: 30. 65. 67,
- Crm-
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- s;<? LES TRAVAUX DE MARS,
- ConflruBion des Places félon Dogen.
- Du Calcul des Lignes.
- DOgen dans leChap.VII. de (on premier livré delà Fortification Régulière, parlant de la maniéré de trouver avec le calcul des Lignes Ichnographiques, qui fervent à deflïnerôetracer furie papier, ou à la campagne, les Figures ou Villes, {tir les Exemples marquez XXXVII. XXXVIII. XXXIX. XL. &XLI.
- „ Nous avons, dit-il, dit au precedent Chapitre, que ,3 toute l’Ichnographie efl compofee d'Angles dont nous „ avons parlé; & de Lignes, qui efl ce qui nous refie à „ traiter, & à examiner par le calcul.
- 3, I. Problème. Pofée la Face et les Angles „ du Triangle B ED des Figures XXXVII. „ XXXVII I.& fuivantes : pour trouver BD, la Surface 33 du B a (lion : E D 5 le Flanc prolonge' : B M, la diflance 33 des Basions, ou le coté du Polygone extérieur j nous po-33 fôns nôtre calcul comme s’enfuit : Tel que fe comporte le 33 Sinus total, ou le Sinus de l’Angle B D E, au regard de ,5 BE; tel efl: le Sinus de l’Angle B ED, au regard de la 3, Surface BD; & de même le Sinus de l’Angle E B D , ail „ regard du Flanc prolongé E D. Ajoûrez à la Courtine le ,, double BD, c’cft-à-dire, BDôcHM» avec DH,ou „ F K , pou«avoir la ligne B M toute entière.
- „ 11. Problème. Pofée la Face et les Angles „ du Triangle MCL, pour trouver la Capitale 3, ML, ainfi: Comme le Sinus de l’Angle ML au re-y garddeMC; de même le Sinus de l’Angle MCL, efl „ au regard de la Capitale M L.
- 3, III. Problème. Polee la Capitale LM, et ,, les Angles du Triangle L N M, pour trouver ,, la diflance des Polygones L N : la Dcmie-difjerence N M,
- 3, de laquelle le côté du Polygone extérieur exceddecôté-
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- G• H ÎT m
- A -Tp: r TC -&
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- 173 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes de Dogen.
- „ de la Forterefie : la Gorge K. L : le Flanc FF. 'le côté de la For-3, tcrejfe AL. Faites, que tel qu’eft le Sinus total, ou le Sinus ,3 de l’Angle LNM. à l’égard de LM:le Sinusde l’Angle NML 3, Toit de même à l’égard delà diftance des Polygones LN, de ,3 même encore le Sinus de l’Angle NLM à l’égard de NM. „ La trouvée MN foaftraite de la ci-devant trouvée MH, refie „ la Gorge KL. Sotiftrayez maintenant ED de LN ; reliera le ,3 Flanc EF : le double de NM fouftraitde MB , ci-defius trou-3, vé, laifiera AL, qui efl le côté de la Forterefie quç nous cher-33 chons.
- „ IV. Problème. PoféleFLANC ET LES ANGLES DU 3, Triangle EïF , pour trouver le complément de la Courti-,, welF: la partie libre de la Rayante IE : la Rayante meme IB : lè 3, Plane de la Courtine IK. Pris le Sinus rotai FË , reüffira la
- Tangente FI, &EI la Sécante de l’Angle FEI de la Ra-3, zante& du Flanc. A la trouvée IE ajoutez la Face EB, il en 3, fortira la Razante BI : IF fouftraite deFK, laifîera IK,le a, Flanc de la Courtine.
- „ V.Problème. Pofczles angles du Triangle ARP, 3» et le Côte’AP (qui eft la moitié de AL déjà trouvé) pour ,, trouver le Demi-diametre de la Fortereffe A R : la Perpendiculaire 3, fur le coté delà Fortereffe RP • la diftance duBaJlion au Centre 3, delà Fortereffe BR:pris le Sinus total AP, fera la Secante RA, ,, & RPla Tangente de l’Angle PAR. Ajoutez BAàRA, „ c’eft la BR toute entieré que nous cherchons'.
- ,, VI. Problème. Pofcz les Cotez BH & KH d u T R I a N-3, G LE BKH,pour trouver là ligne de Défenfe Fichante. Les 3, Quarrez des Cotez BH & KH peuvent autant que le Quarré a, del’Hypotenufe. Ajoutez donc les Quarrez BH & KH, la ,, Racine Quarrée du produit donnera la ligne defire'e défen-3, dantefichànteBK.
- „ En faveur de celui qui eft moins capable de raifonnement & ,, deGeometrie, il ne fera peut-être pas mal à propos d’exami-„ ner parle calcul toutes les lignes de nôtre Forterefie, pour „ fervir aune plus claire & plus facile intelligence de nos Pro-„ blêmes. Pour cét effet nous nous propoferons de fupputerles ,, nombres de l'Ordonnance d'un Hexagone, & fe trouveront en la Figure XXXIX.
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- OU L'ART DE LA GUERRE, w
- Suite dd Calcul des Lignes de Doge NT* » Les Lignes & les Angles préfuppofez :
- F K, ta Courtine 3<î.\ B E, 4« Face 24.J
- Q^B E du 3 a (lion 7?. deg.
- O A L de la Circonfer. 120. deg.
- verges. C L K, Forme-flanc 40* deg*
- Ces Angles pofez,ceux qui (uivent Iefor.taufli par même moyen.
- ARL, do. degr. l’Angle du Centre.
- F El H’Angle de laFlanquante <br duFlanc,qm font
- BE D/°7*^’\ égaux , comme verticaux.
- £lF„ de la Flanquante & de la Courtine,
- DBE / * ’ V lui étant égal, comme fou alterne.
- 3VÎ L C, 80. degrez, l’Angle de la Capitale, èr du Forme-flanc* MC L, 62 : 30. l’Angle de la Face & du F orme-flanc.
- ,, La Pratique du I. Problème. Pour trouver B D, D E, B M, „ de la Figure XXXIX.
- „ Tel qu’eftle Sinus total BE—-au regard de B E. —-telefi: s, le finus de l’Angle B E D de «7 : 30;—-au regard de BD. I00000—24 ( 0——923 S7 ( 5 — 2217 ( 2 B D.
- 2, doublée
- 4434 &
- 3<j la Courtine.
- donnent 80.34.(2 MB.
- ,, TeloueleSinustoraî B E eft à l’égard de —B E, le Sinus „ de l’Angle DBE de 22 :30.—eft de même à l’égardde-DE. loodoo—-24—— 3826S (j——918 (2.
- M ».
- Suite
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- tSo LES TRAVAUX UE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes de Dog en.
- „ La Pratique du IL Problème. Pour trouver L M.
- 3t Tel que le finus M L C. de So. deg. eft à l’égard de M C—> st le finus M C L de 62: 30 — ell de même à l’égard de—M L.
- 98480.——24—'88701 (5------2161 (2
- 33 La Pratique du III. Problème. Pour trouver EF, KL» „ NL, AL, NM.
- „ Tel qu’eftle Sinus total L M —à l’égard de LM —leSi-9i nus NM L de 60. degr.ezeftde même —à l’égard de N L.
- 100000—2161 (2—S6602—1872 (2
- ,, Tel qu’eft le Sinus total LM —à l’égard de LM—le Si-33 nus N L M de 30. degrez eft de même à l’égard de — N M.
- IOOOO—2I6I2— ÇOOOO—IO. 82 ( 2
- MB, 80:34.NM, 10S1 (2. H M, 2217. ( z Double N M. 21.62. 2 NM. 1081
- AL.58.72C2 2162 KL, 1136 ( 2laGorge,
- N L, 1872 DE, 918
- le Flanc 954 EF.
- ü La Pratique du IV. Problème. Pour trou ver FI , E 1, BI, 33 1^ I.
- „ Ainfi qu’eft le Sinus total F. F—à l’égard de EF—la a» Tangente F EI de 67 : 30. eft de même—à l’égard de FI. 100000 — 954 C 2 — 241421 ( 5 — 2303 ( 2.
- 3» Comme le Sinus total E F eft à l’égard —de EF — dé j, même la Secante F EI de 67 : 30 — eft à l’égard de EI. 100000— 954 C 2—261312 (5 — 2492 ( 2 EI.
- Î<S. F K. 24 EB.
- 23. 03 (2 FI.
- la. 97 U IK
- 48. 92 (2 IB.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE.
- 181
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- I8t LES TRAVAUX DE MARS,
- »*
- Suite du Calcul des Lignes ^Dogen.
- ,, La Pratique du V. Problème. Pour trouver RP ,AR, BR.
- s, Comme le Sinus total AP eft à Pégard —de AP— la 33 Tangente P AR de 60. degrez eft de même—à l’égard de PR. 10000—2935 ( 1—173205 ( 5 — 5805.
- j, Comme le Sinus total AP eft au regard de— AP y la Se-5, cante de 50. degrez eft de même à l’égard de — A R.
- 5S27. A R.
- 100000 — 2936 (2—200000—5872. 2151. B A.
- 8033. BR.
- 3> La Pratique du VI. Problème. Pour trouver B K.
- 8034. B M.
- Ligne FD,ou KN, 18. 71 (2 BH, 58.17 (2 2217. MH.
- 18.71(2 58.17---------------
- ----------------------------5817. BH-
- LeQjarréKN,35:00641. BH, 33837489- Quarré.
- KN, 3$00641. Quarré.
- BK> 37l33l8iI3°- Quarré.
- B K, 61 il il o. Ligne.
- "s, Avec même difpofition de Problèmes, & fuivant le même «ordre de fupputation,feront produire* tout . s les lignes différencies , fur les fuppofîtions qui font propres à la féconde maniéré, 3)8c diverfes de la première,pour être recueillies en Tables à l’ufa-s,ge de chaque Polygone. Il faut ici brévement remarquer,que la «diverfité du Calcul procédé de cellç.des Angles du Baftion en «l’une & en l’autre maniéré.Mais d’autant qu’au Quarré l’Angle du Baftion eft de même en toutes les deux : cela fait que leurs «lignes auffi fe trouvent pareilles. De la même façon, parce qu’à «l’Âng. de la Çirconfer. du Dodecangle fc trouvent toûjours
- Suiit.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 183
- Suite d{^Calcul des Lignes ^Dogen.
- j, ijo.degrez, ( duquel les deux tierces parties excédent le ,, droit, en forte que l’Angle du Baftion doit être pris droit „ en la féconde maniéré, quieft aufïifà même quantité au „ Dodecangle felonda première maniéré) c’eft ce qui fait que „ non feulement toutes les lignes au Dodecangle de l’une & », de l’autre maniéré font égales comme dépendantes de mê-,, mes préluppofitions; mais elles conviennent aufîi à tous ,, les antres Polygones qui furpaflènt le Dodecangle. Defà-„ conque la même Table que nous avons d reliée pour kfe-,, conde manière, fervirajulques al’Lïndecangle inclufive-„ ment : Quant aux autres, on pourra s’aider tant en Tune „ qu’en l’autre maniéré indifféremment de laTable affignée à „ la première. Mais pqur celles qui font mitoyennes, au „ deflbus du Dodecangle de au deffus du Quadrangle, entre „ les deux, fuivant ladiv'erfitcde leurs fuppofitions, onfe „ fèrvira de diverfes 6c differentes Tables. Orjecroi, que ,, ce que j’ai dit, fufHc allez pour l’inftrudtion'd’une perfon-„ ne intelligente, fans qu’il foit davantage befoin de perdre „ le temps en d’autres fupputations, fur les portions de la fè-„ coude maniéré : Celui-là fans doute feroit bien mal addroit ,, qui n auroic pas la capacité de l’entreprendre de lui-mê-„ me, & d’y reiillir, apres avoir compris les chofes que j’ay „ dites, de fur l’exemple de la première maniéré qu’il ade-„ vant fes yeux comme un modèle,
- 5, Que fi nous prenons l’Angle du Baftion de la quantité „ affignée en la troifiême manière, retenant la Face de 24. „ verges, de la Courtine de 36. de donnant au Flanc, au
- IV. V. VI. VIL VIII. IX. X.
- v-------------------------------->
- Poij/vones.
- (------------------------------
- 6. 7. S. 9. 10. 11. 12. Verges.
- M 4
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- IÎ4 LES TRAVAUX DE MARS,
- I
- Suite du Calcul des Lignes de Dogen.
- 5, tous les autres Angles, fuivantce que nous les avons dé-„ terminez, ne bifferontpas deconfèrver une convenable „ proportion, & produiront enfin la ligne de défenfç fichan-„ ce de 60, verges, ou quelque peu plus grande: comme les „ autres lignes de la Fortification ne bifferont pas de reüflir „ afïez heureufement, fans que nous loyons obligez de faire „ préjudice à nulle maxime d’Architeâure, qui (oit de confia „ deration.
- » Je donnerai cet avis en paflant, que pour trouver en cette ,, manière avec le calcul les Angles & les Lignes des Fortifica-,, rions qui paffent le Dodecangle , il ne faudra donner à leurs „ Flancs que 12. verges feulement 9 & prendre garde que nul ,, Flanc du Polygone ne furpafîè cette quantité; autrement 0, les autres parties de la Forterefïè en feroient incommodées, „ au préjudice de nos Maximes. En faveur de ceux qui ont ?» moins d’experience, jepropoferai les Problèmes quifui-?» vent pour la facilité du calcul.
- Suite
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- OU L’ART DE LA G UERRE. iS*
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- i86 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes ^Dogen.
- \.Probléme.PofezLE Flanc et les Angles », du Triangle FEI, desFiguresXLII ,XLIII, „ XLIV,XLV,&XLVI,pour trouverie Complément „ de la Courtine FI: le rejîdu de la Flanquante El : la Flan-„ quante elle même Bl : le Flanc de la Courtine IK. Prenez „ pour le Sinus total EF, & reiitfira la Tangente IF, 6c El la „ Secante de l’Angle de la Flanquante & du Flanc FEI : BE „ ajoûtée à la trouvée El ,compofe BI : FI louftraite de FK, „ laiflelK.
- „ 11.Problème.Polèzla Face et les Angles „ du Triangle BED, pour trouver la Surface BD: ,, le prolongement du Flanc ED:/<z dijlance des'Bajtions BM: „ la dijlance des Polygones DF. Faites, que le Sinus de l’An-„ gle BEDàPégard de BD, loir comme le Sinus de FAugle j, BDE à l’égard de BE : & que le Sinus de l’Angle DBE à Pé-„ gard de DE, Toit de même : BD double ajouté à la Courti-„ ne FK» donne BM: la trouvée ED, avec le Flanc EF» », compofe FD, qui eft la Diftance des Polygones.
- ,, III. Problème. Polèz les Angles e t le Côte* ,, LN du Triangle LNM , pour trouver la Capi-„ taie LM : la Demie-différence des Polygones MN : la G orge ,, KL : le côté de la Fortereffe AL. Prenez pour le Sinus total ,, LN i MN la Tangente en leüffira, ÔC LM la Secante de „ l’Angle NLM, de qui la pofîtion eft pareille à celle de PAn-„ gle PRL. Souftrayez la trouvée. MN de HM, refteKL. „ Ajoutez maintenant le- double de KL à la Courtine FK, il », enfbrtiralecôtédelaForterefîèLA.
- * „ IV, Problème. Polèz les Angles avec le „ côte* AP (qui eftla moitij* d~e A L ) du TrPan-„ gle P AR, pour trouver le Demi-diametre de la Forte-„ reffe AR: ^Perpendiculaire fur le côté de la Fortereffe RP:. ,, la dijlance du Bajlion au Centre de la Fortereffe BR. Le Si-„ nus total APétant pôle,PR fera Tangente, & AR Sé-„ cante de l’Angle RAP.
- Suite
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- M LES TRAVAUX DE MARS»
- Suite du Calcul des Lignes de O g EN.
- s» AB jointe à A R, fait BR, qui eftladiftanceduBaftion auCentredclaForierefiTe.
- ,, V. Problème. Pour trouver la LIGNE FICHANT* a» K B.
- „ La Racine Quarrée de la Comme des deux Quarrez B H 33 H K donnera la Ligne fichante B K, que vous defirez.
- „ La pratique des précedens Proble'mes pour trouver les li« a, gnes de la Fortification fexangulaire, fuivant la troifième ma-3, mere, en la Fig. X L i V. Toutes les autres Forterefles mul-„ tanguLires peuvent être calculées furie modèle de celle-ci 9 „ en y obiervant les changemens qui font neceffaires.
- Les Lignes &
- F K, la Courtine 36 >
- B F, la Face 24 S* verges.
- F E,le Flanc b>
- Les Anglesfuppofez.
- QJÎEduBaflion 80? .
- O A L de la Circonf. 1 ao $ ® *
- 31 Ces Angles fuppofez donnent aifément le moyen de trou» ,, ver lesfuivans, quifo tneceflaires pour le Calcul.
- F El "^70. degr. l’Angle de la Flanquante & du Flanc.
- BEüj Le vertical du precedent.
- EiF \ 20. degr. l’Angle de la Flanquante & delà Courtine. El>i y J Son vertical.
- R LA \ <jo.degr.le Demi-angle de la Circonférence.
- LMNJT Egal au precedent, comme pofé de même. '
- PRL \ 30. degr. le^ Demi-angle du Centre, égaux comme MLMJ pofezdemême.
- 9
- „ La pratique du I. Problème Pour trouver FI, EI, BI, I K.
- „ Comme le Sinus rotai E F à l’égard de E F » • de même la a, Tangente F EI de 70. degr. —— à l’égard de F I.
- iccooo—8 (o —274747 (ÿ—.21979(3 FL
- a
- Suite
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- OU L’ART DE LA GÜËRRE. ï8*
- Suite du Calcul des Lignes de Dogen.
- „ Comme le Sinus total E Fà l’égard de EF — de më-,, me la Secante F E I de 70. deg.— à l’égard de EL 100000— 8 ( 0 — 292380 ( 5 —23. 39(2 El.
- BE, 24
- B I, 47-39 U
- FK,3*.
- FI, 21.979 ( 3
- IK, 14.041 ( 3
- ,» JLapratique du II. Problème. Pour trouver DE, BM, FD.
- „ Comme le Sinus total B E eft au regard—de B E—!e Si-,, nus B E D de 70. degr. eft de même au regard — de B D. 100000—24— 3 3 969 ( 5 — 22. 5s ( 2 BD.
- 2
- 4<>. IO
- FK, 3<f.
- BM, 18.10.
- „ Alnlî que le Sinus B D E eft au regard — de B E — le Sinus ,, D B Ë de 20. degr. eft de même—au regard de D E. 10000024—34202 —S. 21 ( 2
- FE, 8.
- FD, itf. 2ï (2ouNL.
- ,, La pratique du III. Problème. Pour trouver LM, MN, „ AF, AL, AP,
- ,, Comme le Sinus total LN eft au regard —de LN—la Tangen-„ te N L M de 30. degr. eft de meme au regard —de M N. 100000— I620 ( 2— 57735 ( 5 — 9- 35SS43Ç ( 7
- ,, Comme le Sinus total LN eft à l’égard - de N L — la Secante „ N L M de 30. deg. eft de même à l’égard . — de M L. 100000—1620 (2—11^470—18. 7I76S70 (7
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- &>6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite du Calcul des Lignes de Dogen.
- AF, 13.20(1
- HM, a. 55 (2 2
- MN, 9.35(1 ———
- 26.40
- KL,ouAF, 13.20 (2 FK, 36.
- AL, <S2.40 ( 2
- AP, 3i.2o( 2
- 3J La pratique dulV. Problème. Pour trouver AR, RP, BR.
- 33 Comme le Sinus total AP eft à l’égard — de A P de même la Tangente R A P de 60. degr. eft à l’égard — de R P* 100000 - - - 31. 2 ( 1 - - 173205. - * - 54039960
- 3, Comme !e Sinus total A P eft au regard — de A P — de même 3, laSecante RAP de 60. deg. eft au regard - - - de A R. 100000 - 31. 2'( 1 - - 200000 - - - 62.4( 1
- BA, 18.7(1
- AR, 81.1 (1
- 3, La pratique du V. Problème. Pour trouver B K.
- Ligne H K, 16.21 ( 2 B H, 58, 55. (2 Ligne.
- 16.21(2 58.55: (2
- H K, 262.7641 Quarré. BH, 342g. 1025 (4 Quarré*
- HK, 262.7641 (4 Quarré*
- B K,36[9o;86[66. (4 BK, 6j ol 7[ 54 (4Ligne.
- 3, Il m’a femblé qu’il étoit à-propos de reprefenter ce calcul j, de l’Hexagone régulier, pour faire voi r à l’œil, quelle diffe-„ rence il y a entre celui-ci & les autres que j’ay ci-deflus rap-3, portez : il vous fera facile de rapporter les Lrgnes & les An-„ gles de ces trois maniérés, les examinant fousja conduite de „ nos réglés, pour en choifir celle qui fe trouvera la plus con-» venable à vôtre intention.
- Con-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 191
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- . LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjirutîion des Places félon Dogen.
- De la maniéré de tracer fur le papier te dejfein d’une Place
- Reguliere ^ fans calcul.
- DOgen dansle Chap.XVIII.defbnpremierLivrede là Fortification Reguliere , après avoir enfeigné l’utilité qu’il y a de fçavoir tracer fur le papier le delïein d’une Place, dit:
- 3, Conftruifons maintenant des murs de papier, fuivantîa „ première maniéré tant de fortifier^ue de dejfiner.Du Cen-5, trçC par le Demi-diametre CA delà Fig.L XVIII. tel 55 quel vous voudrez, loir fait leCercle EBA,&puis lôità „ plaifîr tiré le Diamètre EA. Du point Efoit appliqué au *55 Cercle EB, le côté du Polygone à fortifier 5 ( nous le fup-55 polèrons ici Hexagone ) l’Angle CEB fera la moitié de 3, l'Angle delà Cironference de la Fortereflè reguliere :au-3, quel, fuivant lapremiere maniéré de fortifier , fe devront ,5 ajoûter xv. deg. afin que l’Angle du Baftion en reüflïlîe. Il 3, faudra donc ficher 1 ’une des jambes du compas en E, & 33 de l’autre décrire par le Demi-diametre EG pris à nôtre 3, choix, l’Arc G D, qui coupera le côté E B au point F. ,3 De F en D 3 par le Demi-diametre EG qui le fbûtiendra, 3, fôit déterminé l’Arc F D de l x. degrez ; celui-ci étant 33 deux fois parti en deux , ou divifé en quatre parties égales , 3, fera F H la première quatrième partie. Ainfi comprendra ,3 l’Arc G H , décrit au Centre E , la moitié de l’Angle 3, de l’Hexagone à fortifier, plus de xv. deg. quantité re-33 quife pour l’Angle du BafHon tout entier, en nôtre pre-3, miere maniéré. Partant de G & H, a toute ouverture dti 3, compas, on coupera les Arcs au point I, par lequel on fe-33 ra palier la droite EI,& CEI fera le Demi-angle du Bà-3, ftîori." Prenez en la droite EI1a"pârtië EK, dë'têlle lon-3, gueur qu’il vous plaira*, (neanmoins enluivant la forme
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 153
- TtmTTT.
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- LES TRAVAÜX DE MARSj
- Suite de la maniéré de tracer fur le papier le dejfein d’une Fiance Régulière, fans calcul, deD ogen.
- ,, & ledeflein delà Fortereïîe que l’on defire fortifier, plus 5, grande, ou plus petite, elle fera faite plus longue, ou „ moindre à proportion ; d’autant que cette ligne E K eft 5j la Face de la Forterejfe dont fefait le dejfein. ) Par le point ,, K eonduifez la ligne KL parallèle à la ligne EB j& en cett e „ parallèle la,Face EK trois fois poféede K, parviendra an „ point L , & fera KL ligne triple à la Face EK ; partant demi-5, coupée en M, fera KM là fefquialtere : & fe comportera la „ ligne MK au regard de la ligne EK, comme la Courtine à la ,, F ace.Soit MK derechef également partagée en deux,tirant „ du point de là feétion N une Perpendiculaire fur la ligne „ KM, laquelle prolongée rencontrera la ligne E A au point ,, O ; ce fera le Centre de la Forterefle, dont fè fait la deferip-„ tion. Enfin, au Centre K, par tel Diamètre que l’on vou-dra KP, au deflus de la ligne KL, loit fait l’Atc PQ^ auquel „ le Demi-diamètre KP foit deux fois tranfporté de P en Qj ,, ôefera le contenu de l’Arc tout entier PQ deux foisLX. „ degrez: celui-ci divifé en trois parties égales, par le terme „ R, 8c le point K de la première troifiême partie, contenant „ XL. degr. faites pafler la droite RK, laquelle continuée, ,, rencontre la ligne E A au pointS ; duquel foit tirée la ligne „ ST parallèle avec K M, ou EB: ainfi l’Angle KSX, à ,, raifon des parallèles ST & KM, eft pofé de même à R ,, KP, qui eft meforé de l’Arc RP, & fora de xl. degrez, ,, qui eft la quantité requife pour le Formejlanc en notrepre-„ mieremaniéré de fortifier. Tirant la Parallèle ST, elle M coupera la Perpendiculaire N O en V : de V en T foit mife ,, la ligne S V , & puis enfin des points K & M tombent „ les Perpendiculaires KX & MY, ce feront les Flancs de „ nôtre Forterefle. Ainfi vous avez avec le Compas & la „ Réglé toutes les Lignes Ichnographiques & primitives 9 - „ d’une Forterejfe Hexagone,
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- Con-
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- M<s LES TRAVAUX DE M ARS,
- ConfiruSHon des Placesfélon Dogên.
- De la maniéré de dejfner toutes fortes do Fottereffes far le moyen des 7 ables.
- DO g e n environ les deux-tiers du Chapitre X VI11. du livre premier de fa Fortification Reguliere , touchant l’nfàge de deflïner toutes fortes de Fortereflès, par le moyen des Tables, dit:
- „ Pour tranfporter des Tables fur le papier , les Forterefc 33 fes que Ton veut décrire, on y procédera de cette façon. ,3 Premièrement, il faudra curieufement établir la mefure a-3, vant toutes chofes. Or eft-il qu’il fera en la liberté de cc-„ lui qui fait ledeflein, de choifîr la mefure de la Forterefle 3, qui doit être conftruite, ou ne le fera pas. Si la cho feeflen 3, fon pouvoir , qu’il tire promtement la ligne AB de la Figu-3, re LXXVIII. En cette ligne, depuis A jufques en C,il 3, marquera avec le compas dix petites particules égales ; en ,3 pofant aprèsdiverfes fois ces dites dix parties, prifes en-3, fèmbleenlafîifHiteAB,deCenD,E,F,G,H,I,K,L, 3, &c. Et par ce moyen il aura un Rayon ou une Echelle inde-3, terminée pour regler fès mefures. Suppofonsqu’ondefire 3, mettre fur le papier une ForterefleSexangulaire conftruite 3, fùivant la première maniéré de fortifier. La Colomnefer-3, vant à l’Hexagone, qui fè voit en la Table de la première „ maniéré de Conftruérion, donne à la ftrudure de cette 3, Forterefle, reprefèntée en la Figure LXXVII. le Demi-diamètre OS de 5 8.7$ ( z. U faudra donc prendre avec le 5, compas de l’Echelle pofée A B de la Figure LXXVIII. 3, fervant àmefurer la Forterefle que l’on veut conftruire, 5, 58. verges,7. pieds, 3. doigts; & à telle ouverture dé-3, crire le Cercle STABCD, dont la Circonférence com-3, prenne fix fois le Dsmi-diametre OS : il y aura place pour 3, tout autant de cotez de la Forterefle, ST, TA, AB, 3, BC , CD , DS. Que l’on détermine en après du point
- Suite
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- fr»8 LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite de la manière de dejfmer toutes fortes de Forterejfespm le moyen des Tables 9 félon Dogen.
- 9, S, tant devers T , que devers D,- par le même compas, cel-les qui font égales à la longueur de la Gorge de n. 3 6 ( z. 9) félon les Tables; & qui feront SX &S V. Des points 5, X & V fortent les normales XK & VN, chacune def-99 quelles foit égalée au Flanc de la Table de 9. 54 (2. Le 99 Demi-diametre O S prolongé en E , de forte que S E con-5, tienne 21. 61 ( z. parties de l’Echelle LXXVIII. fervant 9) àmefurer; c’eft la mefure affignée par les Tables à la Ca-5, pitale Sexangulaire : (ici le compas même vous fera con-99 noître la faute du Graveur ci-deflus remarquée.) E avec 9) N& K joints enfemble, reüfliront.les Faces E K & E N, 99 de longueur chacune deXXlV. verges 9 fi le compas ne 99 fe abufo d’ailleurs : & de cette façon ièra parfait & accom-5, pli tout le Baftion VNEKX. Par même moyen infti-55 tuant l’operation deT9A,B,C5D, qui font les extre-9) mitez de chacun des cotez, vous aurez enfin la defcription 99 de la Fortereflè Sexangulaire 5 toujours defignée par l’en-95 ceinte ou longueur extérieure & horizontale du Rempart 9 95 par ces lignes Ichnographiques PH 9 H G , G R 9 RI3 5> IL9LF9FV9VN9NEÏEK,KX9&G
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- Cottjîruttion des Places félon D ogen. Pour tracer une Forterejfe k la Campagne.
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- DO g E n dans le Chap. XIX de fon livre premier de la Fortification Reguliere, touchant les moyens de tracer une Forterefle à la campagne, dit :
- ,» Après que nous avons couché le deflèin de nôtre œuvre s> fur lepapier, ilrefte maintenant de tracer k la campagne » pour les ouvriers, la Forterefle même. Il faudra donc que 9i î’Architeéfce aye par devers foi l’original drefle fur les réglés ,, du precedent Chap. pour le reprefenter , ôc que toutes les Lignes & Angles y fbient exactement compris : & quil air en outre un Cercle Géométrique bien partagé en degrez& fcrupules, & une chaîne d'arpenteur , divifeeen verges, pieds, & doigts. Ainfi meublé, de O, qui eftle Cen-„ tre de la Forterefle à conftruire préfùppofé en la Figure ,» LXXVII. il tirera devers E (où le doit établir le Baftion, ,, en casque la nature de l’afliette du lieu, &queledeflein 9, de l’Ingenieur le requiere en cét endroir, ) le rayon de la mi-9, re OE, marqué & rendu vifible par les perches *, P, „ afin que la chaîne le puiflè étendre mieux & plus également „ entre les points extrêmes O & E de tous cotez : après 9, qu’il aura mefiiré de O en la ligne OE, devers £,.58. „ verges, 7. pieds & 3. doigts, le Demi-diametre de la Forterefle tombera fiir le point S, qui fera defigné par un piquet fiché en terre en cét endroit. Dé- là l’Inftrument Géométrique arrêté furie Centre O, on tournera fes deux pin-nules immobiles vers le piquet S, jufquesàcequ’iltranf-paroiflè au travers de toutes les deux : les curfoirs ou pin-n’ules mobiles de l’Inftrument, fe doivent ici écarter de ces fixes, concourantes avec la ligne OS, de£o. degrez, (qui eft l’Angle du Centre de toute Figure qui fe doit tracer) & puis en droite ligne, ou bien par le rayon de la mire qui
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- OU L’ART DE LA G UERRE, ïoi
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- Suite de la maniéré de tracer une Forterejfe à la campagne, félonDogen.
- ,, pafle parks pinnulesmobiles, on plantera àdifcretion le „ piquet », ou Z j & foie tterechef tnefuré en la ligne O Z, „ Je Demi-diametre de laForterefle 5 8.73 (2. qui de O fe s, terminera au point T , fur lequel il faudra drefler une ,, perche pour le marquer: &par ce moyen vous aurez dé-,, jaun côté de laForterefle fexangulaire ST, exactement „ égal, en le mefurant à la verge , à fon Demi-diametre s, O T, fi ce n’étoit que Ton eût mal-à-propos trop étendu ,, l’Angle S O T j à quoi il faudra prendre garde, oulecor-„ riger : Les autres côte? TA, AB, B C, feront trouve? ,, par fèmblable moyen. Au refte on attachera un cordeau ,, fur les piquets T & S, & le tendant, on tracera premier „ & principal rayon ou fctllon de la Forterefle, à la largeur „ d’un demi-pied , ou environ , defignant tout autour „ exactement les cotez de la Ville. Mais s’il y avoir crainte „ que le cordeau T S, pour être trop long, ne fût caufè de „ quelque erreur, ce fera le foin des Pionniers d’obfèrver ,, d’autres points dans le milieu de la ligne TS, y pofànç „ pour marque les piquets X & Y, d’efpaceenefpaceàdif-„ cretion: & tenant le cordeau bien tendu, premièrement „ il fera attaché au piquet X, & de celui-ci en Y, ainfi de fui-„ te ; afin que ce premier rayon & feillon forme-ville reü£ a, fifle bien droit, & ne gauchiffe point.
- ,, Arrivant que nous n’euflïons pas d’Inftrument Geo-„ métrique, nous ne laideron s pas d’executer nôtre deflein ,, en cette façon: (çnquoi neanmoins il nous faudra con-„ duire avec une grande circonfpeCtion, cette maniéré é-„ tant fnjette à beaucoup d’erreurs , principalement aux „ grandes ffruCtures ): nous prendrons deux cordeaux, donc „ l’un fera égal au Demi-diametre , l’autre au coté de U For-„ terejfe à conftruire : le cordeau du Demi-diametre, attaché
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- OP L’ART DE LA GUERRE. 203
- Suite de la maniéré de tracer une Forterejfe à la campagne ,
- felonD o gen.
- a, par un bout au piquet du Centre établi en O , fera tiré de l’au-a, tre versle point S, qui eft l’endroit deftiné pour le Baftion: a, un piquet planté en S, on y attachera le cordeau de la mefure du 3} coté de la F orterejfe, l’un & l’autre bien tendu, ( à quoi devront 33 prêter la main quelques aides ** dans les dations du milieu du j, cordeau OS:) &les ayant traînez tout autour, il faudra „ faire en forte que les extremitez libres tant du Demvdtametre 3, autour duCentreO ,que du côté, autour de S, concourent „ en T: là on plantera un piquet, & ce fera le coté delà Ville 33 ST, que l’on marquera d’une trace ou feillon de demi-pied de 33 largeur. On attachera derechef le cordeau du cotés. T , &on 33 le tendra, jufques à ce qu’il fe rencontre en A avec le cordeau 33 du Demi-dwnetre OA : ainfi fera TA le fécond côté du deffein 33 de la ForterefTe. La maniéré de trouver les autres cotez, juf-33 ques à ce que vous ayez accompli tout leCerde,eft tout d’une 33 forte en tous les Polygones, employant feulement autant de „ cordeaux qu’il en eft requis, fuivant la quantité de leurs De-33 mi-diametres & des cotez qu’ils doivent avoir.
- ,> En cas qu’il arrivât qu’on ne pût avoir aucune ftation dans „ le Centre de la Ville, à caufe de quelques bâtimens, ou d’au-33 très empêchemens femblables, on y procédera de cette façon; 33 De S, qui eft l’endroit dçfigné pour le Baftion, on tirera en 33 T 3 qui eft à peu prés le lieu qui doit couvrir un autre Baftion, „ le côté S T, de la longueur qui eft reqnife: on plantera un 33 piquet en T,pour le remarquer. Le Cercle Géométrique fiché 33 en S, on formera f Angle de la Circonférence delà ForterefTe 33 ( ici de 120. degrez ) ainfi comme les pinnules immobiles de 33 l’Inftrument montrent le piquet T,de même les mobiles mon-33 treront la ligne S D , par le moyen de laquelle avec T S, fera 33 fait l'Angle de la Circonférence T S D de 120. degrez. En la
- ligne infinie SD fera mefuré le côté de la ForterefTe, qui fe ter-„ minera en D: par cette même operation on trouvera le ref-33 te, la difquifition de l’un refîemblant entièrement à l’autre.
- 33 Les cotez TS, S D, DC, CB, B A, ayant été établis de la -, fortes fi fichant l’Inftrument Géométrique en A, on vient 33 àformeravecBAl’Angledei2o.degrez, ayant exa&ement 33 le piquet T au rayon de la mire fortant de A, toutes chofes fe-,, ront en bon état, & tous les Angles bien établis. Que fi ledit 3> rayon de la mire,fortant de A,pour la conformation de l'Angle
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- Suite de U maniéré de tracer une Forterejfe à la campagne, félonDogen.
- s, delà Circonférence, ne tombe pas fur le point T, mais deffus ? j, oudefious icelui, alors, attendu que nous n’avons pas exae-,, tement rempli le Cercle, il faudra tenir pour confiant, que j, nous aurons failli de quelque coté en la conformation des An-,, gles : ainfi en réitérant l’operation nous en corrigerons la fau-,, te ; en quoi il fera très- à-propos de bien arrêter les cotez de la „ Forterefl'e., tous enfemble». marquez par les piquets A, B, „ C, D, S, T, avant que l’on commence feulement de creufer „ le feillon du premier.
- „ Nous avons dqnc les cete% de la Ville, vifiblës par le feillon „ ou rayon de campagne d’un demi-pied de largeut. Mainte* 3, nant de chacun Angle de Circonférence,par exemple de T en „ Y, & Y, on contera les Gorges T Y : on fichera l’Inftrument ,, cnYjde tellefaçon,* quepar fespinnulesimmobiles de part 3, & d’autre on apperçoive d’un côté le piquet T,deî’autrele 3, piquet S,& que les curfoirs& mobiles s’écartent des immo-„ biles par le quadrant du Cercle : & en la ligne ou rayon de la „ mire que les pinnules, cpnftitnéés delà forte, forment, on „ contera le Flanc Y M de jufte longueur : lui donnantauffi une „ trace pour le feparer de l’autre fonds. On aura la Capitale en „ prolongeant le Demi-diametre.de la Ville, ce qui fe peut aî-,, fément faire, fuppoféle Centre j mais en casque le Centre „ ne foit pas donné, on prolongera le Demi-diàmetre par une „ ligne qui coupe en deux l’Angle de la Circonférence. L’An-„ gle fera coupé en deux, ou par lé moyen du Cercle Çeoqietri-,, que, ou en la forte qui fuit : la Y Y tirée au deflous des deux ,, Gorges, eft partagée en deux en «j puis on pouffe dè niveau „ l’infinie de n par T, j>our être coûtée & finie en Zfû| vapt la ,, quantité qui eft requife à la Capitale : Z le terme du conte, „ joint avec M, donne la¥ace, que l’on remarquera & difeer-„ nera de la campagne auffi par la FoflTette Z M : & par ce mo-3, yen feront reprefentées aux yeux des ouvriers, les traces de 3, toutes les lignes Ichnographiques Z M Y X K E, &c.
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- âo6 LÈS TRAVAUX DÉ MARS*
- Avantages delà Conftruftionde D o Gen.
- CEux qui s’attachent aux Maximes de cét Auteur donnent à Tes Conftru&ions les Avantages fuivans.
- I. Que là Méthode eft facile à être réduite en pratique pat les Relies de fes Problèmes, qui montrent à calculer tous les Angles & les lignes d’une Place, pour pouvoir enfuite la deffiner & tracer lurle Terrain, conformément aiix réglés & aux demonftrations de la Geometrie.
- II. Qu’élevant des Contre-murs ou Faufle-brayes au pied & tout autour des Remparts, il empêche par ce moyen que l’Aflaillant s’étant logé lurles Contrefcarpes, nefafledefon Artillerie, polée furie Glacis $ ébouler les terres du Rempart dans le Foflé, pour le combler, & fe faciliter le paflàge de l’un , & la montée de l’autre.
- III, Que l’ufage de fon fecond-Flanc fort étendu fur la Courtine, eft fort commode pour la défenfe des Faces & du Fofle, qui en font très - avantageufement flanquez, par le grand feu qu’il eh tire, qui après celui du premier Flanc, eft la défenfe là plus ufitée & la plus forte pour être la plus proche,
- & la plus oblique.
- IV. Que l’ufage de la Moufqueterie pour defendre les Brèches, le Fofle & le Pan des Battions , eft beaucoup meilleur, & coûte beaucoup moins que celui du Canon,' dont l’effet ne fait pas une fi grande execution que feroit une grêle de moufquetades, qùi peut fort aifément nettoyer tout le Fofle, & faite quitter prife à l’Aflaillant, quand même il feroit far la montée de la Brèche*
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- OU L’ART DÉ LA GUERRE. 207
- De
- efavantages de la ConjlruBion de D ogen,
- CEux qui s’éloignent des Maximes de cét Auteur, dirent :
- I. Que Tes Problèmes pour être trop longs & trop difficiles , rebutent la plupart de ceux qui ne font pas des mieux entendus dans la connoiflance de lâGeometrie, où les exemples & les operations qu’il donne, demandent trop de fpecu-lation pour des perfonnesque lui-même fuppofè ne pofledcr cette Science, que foiblement.
- II. Que fesFaufte-brayes font plus de parade que de fcr-vice, pui{qu’il eft fort aifé à l’Afîaiîlant de les rendre inutiles , foie en les comblant au pied des Epaules par la violence de fes Batteries, croifées contre cét Angle, ou renverfànt les dé-fenfes du grand Flanc for celui de fes Faufle-brayes.
- III. Que l’uiâge de fon focond-Flanc eft une défenfe plus dommageable à une Place, qu’utile à fa défenfe; puifque la raifon & l’exper i ence font voir, que plus un Baftion a de fe-cond-Flanc, plus le Flanc en devient petit, la Face grande, & l’Angle flanqué aigu, qui font les défauts d’une bonne Conftru&ion ; & prétendre que du focond-Flanc on empêche •l’Aftaillant de franchir le Fofle, & de fe loger dans la Brèche, c’eft une prétention frivole; attendu que la moindreTraver-fe, Gallerie, ou Epaulement, ne fera que trop capable de mettre l’Affiegeant à couvert, quand il n’y a que de la Mouf-queterie pour nettoyer le Foflé.
- IV. Que fi les frais de l’Artillerie font plus grands que ceux du Moufquet, auffi le (ervice qu’on en tire, eft en échange incomparablement plus conflderable : puilqu*un feul coup de Canon chargé à Cartouche , eft capable de nettoyer le Fofle, d’y renverlerles Traverfes, les Galleries, & les autres Epaulemensde l’Aftaillant, même de foudroyer dans la Brèche, ôc de contraindre l’Àfliegeantd’en déloger,, de quelques Mantelets qu’il fe puifle couvrir ; ce que ne peut faire la Mouiqueterie.
- Avon*
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- io8 LES TRAVAUX DE MARS,
- uivantage du Parallèle de nôtre CotijlruEHon fur celle de Do gen;
- I.T)Our peu qu’on ait d’intelligence de la Geometrie, il eft X aifé de fupputer les lignes & les Angles de nôtre maniéré de fortifieranais il eft évident que la Méthode de D o g e n demande, non feulement une profonde connoifîànce de la Trigonométrie, mais encore celle de la Racine Quarrée.
- II. Nos Cavaliers, Cazemates, & Canons cachez, découvrent dans les Brèches, nettoyent les Foflez, razent les Faces, battent & foudroyent les Batteries alïàillanres, & ont encore cétavantage, qtfétant déplus grand effet, ils font auffi de moindre dépcnfe, que ne font les Fauflè- braycs, dont les frais exceflïfs répondent mal au peu de fervice qu’on en tire.
- III. Le feu de l’Artillerie de nos Cavaliers, chargée de Cartouches, & l’horrible fracas de celle des Cazemates, principalement des Canons cachez qui fichent dans les Brèches, fans que l’Aflaillant les puiffe démonter, font fans difficulté des defenfes bien plus vigoureufes& plus affûrées que celles qu’on tire de la fimple Moufquecerie des premiers & féconds Flancs, dont les coups, pout être trop éloignez de l’Ennemi , deviennent trop foibles , & ne foauroient l’empêcher de fe loger dans le Fofïé, d’y faire des Traverfès , de poufler des Galleries, de conduire fes Mines, & enfin de fe loger fur les ruines de la Brèche.
- IV. Nos Places qui fe fervent du Moufquet pour leur dé-fenfè , ont cét avantage, qu’avec la même épargne elles peuvent non feulement lefèrviren tout temps de lagtêledeleur Moufqueterie, mais encore vomir d’effroyables torrensde feu, tant des Cavaliers , que des Canons cachez de nos Ca-zematesjfàns qu’ils apportent aucun empêchement aux Mouf-que'taires ; ce qu’on ne peut faire dans les Places qui font fans Cazemates : où comme l’on eft obligé de mettre l’Artillerie furie Rempart, elle fè trouve bien-tôt à découvert, pour être trop expofee aux Batteries de l’Affiegeant.
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- OU L’ART DE LA GUERRE* 2©?
- Chapitre IX.
- ConftruBion des Fortifications du Capitaine François de Marchi, Bedonnais a & Gentilhomme Romain.
- CEt Auteur qui s’efl: particulièrement attaché à la Con-ftrudlion & à l’ulage des Cazemates , nous en a donné plufleurs defleins dans un livre Italien, intitulé , Délia Arcbitettura Militare j imprimé l’année 1599. à Breice, Ville de l’Etat deVenile. Il y donne cent-foixantc & une Planches, concetiës fur des defleins diffe-rens: il proteftequ’il lésa tpus inventez, & que plufleurs perfonnes patticuliercs lui en ont volé plufleurs projets.
- Pour épargner aux curieux la peine de recouvrer ce livre , quieA ungro s in folio , & tres-rare, je rapporterai dans ce Chapitre quelques-uns de fe.s Plans, & citerai les pages d’où je les ay tirez.
- Ex-
- Tom> IL
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- iio LES TRAVAUX DE MARS,
- Explication des principales Aie fur es , Gr Parties dte fécond deffein du C. JF. DB Marchi.
- AVant que nous entrions dans l’explication des defleinsde cet Auteur, il eft neceflaire que l’on fçache qu’il fe fert de deux fortes de Mefures, fçavoir, du Palmé Romain , de la Canne Romaine, &c.
- Le Palme Romain eft une étendue qui répond à huit pouces & cinq lignes de nos Mefures Françoifes.
- La Canne Romaine, qui eft de la longueur de dix palmes Romains, répond4 fix de nos pieds de Roi, onze pouces & quatre lignes, ou à une toife& prés d’un pied.
- ' Pour donner raifon du rapport qui eft entre les differentes parties du fécond deflèinr ou Hexagone de cét Auteur, je me fervi-rai du côté de fon Polygone intérieur A B, comme d’une Echelle diviféeen 16. parties égaies, dont dix font employées pour la Courtine CD.
- La Demigorge A C occupe trois dixièmes de la Courtine
- CD.
- La Capitale A E occupe cinq parties, ou la moitié de la Courtine.
- La ligne de Defenfe razante EF tombe fur la quatrième de la Courtine, & comptend douze des parties dont la Courtine en contient dix.
- La Face F G, avec fon Orillon G, eft longue de fept dixièmes de la Courtine.
- La largeur de la Cazemate CI, entre la Courtine &l’Oril-lon, eft d’une neufviême partie de la Courtine.
- L’Enfoncement de la Cazemate K L, fans y comprendre l’épaifleur de fon Parapet, eft d’une onzième de la Courtine.
- La largeur de la Cazemate LM, dans le corps du Baftion , eft d’une fixiême partie de Ta Courtine.
- La largeur de l’Orillon quarré N G, eft de la huitième partie delà Courtine.
- L’épaiffeur du Parapet, des Courtines, desCazemates & des Foflez, eft d’une trente-fîxiême partie de la Courtine.
- La largeur du FofleE O, devant l’extremité dé la Face du Baftion, eft de la cinquième partie de la Courtine.
- La largeur du Foffe B Q_, depuis la Courtine jufqu’à l’Angle rentrant dela.Contrefcarpe, ou de la Gorge duRavelin, eft de la quatrième partie de la Courtine.
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- ’plz LES TRAVAUX DE MARS,
- ReprefcntMtion du Trpifiéme dejfeirt du C. F. D E M A R C H I.
- CEt Auteur dans fontroifiêmedeflein reprefènteun Hexagone , fortifié de Cazemates , avec des Oriilons ronds ; & devant l’entrée de chaque Gorge des Baftions il éleve un Cavalier , qu’il croit très-propre pour faire une bonne défenfe : de plus, il veut que fon Folié foie large, creux & plein d’eau, comme étant une très-bonne maniéré de fortifier.
- Pour mefurer les parties de fon defïein, il fait une Echelle fur l’étendue comprifè depuis l’Angle flanqué d’unBaftion, jufqu’au milieu d’une Courtine : Cette étendue A B ,qui cft reprefèntée dans le Plan de la Tenaille de la Place par la ligne C D, eft divifëe en cent Cannes Romaines, qui répondent à peu prés à 115. de nos toifes, dont on a fait l’Echelle E F de pareille longueur, pour en faire le rapport fur nos mefùres Françoifes.
- Pour mieux faire concevoir les defleinsSc lespenfées de cét Auteur, j’ay reprefenté avec élévation ou Ortographie au bas delà Planche prefènte & des fuivantes, les deflèinsde Tenailles de fes Places, furie même trait qu’il nous les a donnez dans fes Plans Ichnographiques, qui font aufli re-prelentez au haut de nos Planches.
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- iï4 LES TRAVAUX DE MAR S,
- Reprefentation du Quatorzième déficit* duC,F.D e Marchi.
- CE Capitaine, après avoir propofé dans onze deflèinsdiffe-rens plufieurs Places fortifiées de Baftoins tant à Cazema-tes que fans Cazemates , &dont les Courtines forment des lignes droites, patte enfuite à fon douzième deflein , où il repre-fente comme on peut fortifier les Places avec des Cazemàtes, en faifant leurs Courtines en Angle rentrant. Pour autorifer davantage fa penfée, il en.donne plufieurs Exemples dans les del-feins j2.14-18. &c. des pages 55. 58. <S2- &c.
- Dans l’Eftampe de la pageoppofée je donne une Tenaille de fon douzième deflein page 5 S. où l’on remarquera que l’Echelle A B qu’il forme de l’étendue de CD, qui eft la moitié de fon Polygone extérieur CE,eft de 13.0. Cannes, ce qui répond à peu prés a138.de nostoifes, reprefentées par PEchelleFG, qui eft de la même longueur, que celle de A B.
- Cét Auteur dit qu’il fait fa Courtine en Angle rentrant, afin que quand fes Plate-formes & Cavaliers & les Flancs defes Battions feront ruinez, une partie du côté de l’Angle rentrant de la muraille, défende l’autre côté qui lui eft oppoié.
- Pour moi, je m’étonnerois qu’un homme aulîi habile que le Capitaine de Marchi eut avancé cette propofition, lï pour l’excufer-je ne fongeois qu’il y après de cent ans qu’il a écrit, & qu’une infinité de fieges & d’experiences nous ont donné des lumières qu’il ne pouvoit pas avoir.
- Mais aujourd’hui la plupart encore de Ingénieurs de cabinet perfiftent dans cette erreur, quiétoit un defaut de fon fiecles car lefervice effectif nous a fait connoître, que la partie extérieure des Angles renrranseft toujoursmal défendue., & que l’épaiffeur du Parapet qui régné derrière ces Angles, empêche de voir & de défendre le pied extérieur de la murailles de forte qu’une-Courtine formée par des Angles morts, retranche du terrain de la Place, & laiflè un logement affûré à l’Affiegeant, comme je l’ay plus amplement expliqué dans mon premier Livre , en parlant des têtes des Ouvrages à Tenailles, & dans la page 14. de ce Volume,
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- 3lS LES TRAVAUX DE MARS,
- Rtprejentation dtt Dix-huitième dejfcin dit C. F. De Marchi.
- T\E ce que j’ay dit dans les pages precedentes il eft aifé de conjecturer, que je ne fuis point pour les Courtines faites en Angle rentrant, fi ce n’eft par l’effet du hazard dans quelque Place Irreguliere, où l’on eft obligé de luivre l’alignement de la Figure bizarre du terrain.
- Auffi je ne reprefente ici qu’en faveur des curieux une Tenaille du Décagone de la dix-huitiême Figure ou deflein du Capitaine de Marchi.
- On y remarquera, que l’Auteur couvre l’Angle rentrant de la Courtine d’une Plate-forme, d’où les Faces de fes Battions commencent à tirer leur défenfe. Dans fon deflein il élève vingt Cavaliers, dix fur le Rempart au milieu des Courtines, & les dix autres vis-à vis la Gorge des Battions du côté de la Place , contre un mur qui fert d’une nouvelle Enceinte à la même Place.
- 11 y a neuf à dix ans que feu Mr. le Comte Tôt, AmbaïTa-deur deSuede en France, me communiqua quelques Plans, qu’il avoitfait defliner félon les maximes de cét Auteur, & s’imaginant avoir fait une grande découverte en faveur de la Fortification, il mevancoit fur toutes chofes le fecours d’une longue Batterie, drefléedans le Folié félon l’alignement de la Face duBaftion, qui eft continuée jufqu’à la Plate-forme de l’Angle rentrant de la Courtine. Il pretendoit que l’Artillerie de la Courtine étant logée plus haut que celle de cette Batterie baffe, tireroit pardeflus, & en feconderoit 1* effet. Mais je lui fis conçevoir, que les Bombes des Afligeans defoleroicnt les Officiers deftinezau fervicede cette nouvelle Batterie; que la multiplicité des Embrazures neceffaires à tant d’Artillérie afîbi-blifloit extrêmement les Parapets de la Place, & la privant du fecours de la moufqueterie, lui ôtoit fa pri ncipale defenfe. J’ajoutai, que ces Batteries, élevées l’une fur l’autre, étant toû-jours expofées à l’Artillerie de l’4.fliegeant, il ruinera bien-tôt le revêtiffement de la plus haute, & en fera tomber les éclats & les terres fur la plus batte ; ce qui étant joint à l’effet des Bombes, n’y mettra pas feulement le defordre parmi les Officiers qui ont la conduite des pièces, maisenfevelira le Canon même, & rendra inutile la dépenfe exceflive de Ces Batteries baffes. Le Comte fe rendit à mes raifons après les avoir bien conteftées.
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- u« LES TRAVAUX DB MARS,
- Reprefentdtion du Cent-douzième deffein du
- C.f. De Marchi.
- CE Capitaine dans le cent-douziême de les defleins repre-fente un Pentagone (ans Cazemates, ayant les Flancs des Baftions divifez chacun en deux parties égales.
- La première partie du Flanc du côté de la Courtine fait vers le dedans delà Gorge du Baftion une maniéré de Demi-cercle , marqué A. Et l’autre partie du Flanc eft aulïi difpofëe en maniéré de Demi-cercle par dehors l’Angle de l’Epaule du Baftion, marqué B.
- LeTerre-plain de ces deux Demi-cercles eft d’une même hauteur que le Terre-plaindu Baftion, &leur Parapet a la marne épaifleur & la même hauteur que le Parapet de la Place.
- Le Parapet du Demi-cercle marqué A, eft coupé de plu-fïeurs Embrazures, où ce Capitaine loge plufieurs pièces de Canon, pour s’en fèrvir comme d’une Place haute ou Caze-mate élevée; Et l’avance de l’Epaule ou Demi-cercle B 1ère d’Orillon «t cette Batterie.
- Pour défendre avec plus de fureté l’approche des murailles dé fon Pentagone, il y fait deux Foflez, qui font feparez l’undç l’autre par . un Sillon ou une maniéré de Chemin-cou-vert.
- Il veut que le Foflequi eft le plus proche de la Place, foit fêc^ afin de s’y pouvoir retrancher & combattre en cas de befoin; & ildenreque le FofTédu côté de la campagne foit plein d’eau , afin de découvrir par où les Affiegeans feront leurs Anaques.
- On peut remarquer ces Foflez dans le Plan Ichnographique & dans l’Ortograpnique que j’ay deflinez dans cette planche , où le Foflé marqué C eft fec, & celui de D eft plein d’eau.
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- no LES TRAVAUX DE MARS,
- JReprefentution du Cent~vingt-cinquicme dejfein du C. F. De M a b. c h i.
- CEt Auteur reprefente dans ce dcflein la Tenaille d’un Hexagone, dont les Battions tirent leur défenfe du milieu de la Courtine.
- Sur le Terre-plain du Rempart depuis la Gorge du Baftion jufqu’au talus intérieur du même Rempart, ce Capitaine éleve un Cavalier marqué A, où il loge quantité d’Artillerie, pour battre dans le Baftion qui eft devant lui, & le long des Faces des Battions qui lui font (ont oppofées.
- Au devant de ce Cavalier dans les terres du Baftion il creu-feun Fofle marqué C, qu’il prétend être d’une grande utilité aux Afïîegez 9 pour arrêter la vigueur des Afliegeans, qui auroient gagné par le moyen de quelque Brèche le deflusde la Face du Baftion.
- Les Flancs de lès Battions font faits comme ceux du cent* douzième dettein, que j’ay reprefente dans la page précédente j c’efl: adiré que chaque Flanc eft divifëen deux parties égales j & que la partie qui eft plus proche de la Courtine fait * la figure d’un Demi-cerle, dont la convexité regarde la Gorge du Baftion. Il y met une Batterie qui fait l’office d’une Cazemate élevée, & l’autre partie du Flanc eft arondie.au dehors de l’Angle de l’Epaule du Baftion , pour fervir d’Qrillon a cette maniéré de Cazemate élevée.
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- m* LES TRAVAUX DE M ARS,
- Rcprefentatien du Cent-ejiutrante-cin^uiêmedejfeiH du C. F. De M a rcHi.
- CEt Auteur commence dans le cent-vingt-feptiême de fes defleins, à parler de certains Ouvrages, qu’il élève dans le Foflé de la Place, vis à vis l’Angle flanqué d’un Baftion ; il nomme ces Ouvrages du nom general de Pontoney & les Ingénieurs modernes les ont nommez Contregardes : toutefois quand ces Ouvrages font partagez en plufieurs pièces , il appelle particulièrement Pont ont ceux qui font préci-fément conftrtiits devant l’Angle flanqué du Baftion , comme cft le marqué A, & donne le nom d'Aloni à ceux qui font devant les Faces des Baftions , comme les marquez B.
- Il afleéte auffi quelquefois de faire des Cazemates dans ces Ouvrages détachez, pour y loger quelques pièces en batterie, comme il fe peut remarquer dans le izy.&dansle 144. de fes defleins.
- Mais dans la reflexion qu’il fait fur le cent-quarante cinquième deflein, dont nous reprefentons ici la Tenaille avec élévation, il dit que le Baftion doit toûjours être d’une troi-fiême partie plus élevé que la Gontregarde , & que cette Contregarde pour être bien faite doit couvrir un peu plus que la Face du Baftion.
- Il ajoute que la diftance comprife entre le Baftion & la Contregarde doit être à peu prés de l’étendue que les trois pièces de Canon occupent à la Cazemate, afin qu’elles puif. fènt nettoyer & défendre tout le Fofle qui fe rencontre entre le Baftion & la Contregarde.
- Ceux qui feront curieux de voir plufieurs de ces Contre-gardes avec leur élévation, n’ont qu’à regarder le Plan de la Ville d’Elvas dans la page 3151. du premier tome de cét Ouvrage.
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- Avantages des Conflruftions du Capitaine de Marchl
- CEux qui fe plaifent a lire lés penfées de cét Auteur, lui donnent les Avantages fuivans, & difent:
- I. Que par le grand nombre des defleins qu’il a donnez dans fon livre fur routes les maniérés de fortifier les Places, les Ingénieurs peuvent trouver des defleins tout-faits & propres à convenir au Terrain des Places qu’ils ont à fortifier.
- IL Que les raifonnemens que cét Auteur fait fur chacun de fes defleins 5 font de grands avantages pour les Ingénieurs qui font venus après lui, &qui s’en peuventforvircomme d’un devis, pour regler le détail & l’ordonnance des parties d’une Place fortifiée ou à fortifier.
- III. Que l’ufàge de plufieurs Batteries ou Cazemates retirées dans les Flancs, avec un Cavalier devant la Gorge de Tes Battions, foparé du même Baftion par un Foflè qui régné d’une Cazemate à l’autre * eft un avis dont on lui eft très-obligé.
- IV. Que l’invention de fos Contregardes eft d’une grande utilité pour empêcher l’Efoalade & lafurprifo des Battions, & pour ôter la facilité aux Affiegeanç d’y attacher le mineur.
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- OÜ L’ART DE LA GÜÉRRE. «/
- Désavantagés des Conflruftions du C. F. de Marchi,
- CEùx qui ne donnent pas dans lefentiment de cét Auteur, lui font d’ordinaire les objeétions fuivantes. i. Quelegrand nombre desdefieins qu’il adonnez touchant les diverfes maniérés de fortifier les Places, n’eft pas d’unfî grand avantage que l’on s’imagine, puilqu’il ne donne ni ne fuit aucune réglé fixe, fur laquelle on puilî'e le déterminer, ayant le defaut de certains fçavans, qui fuppofent que l’on enrende tout ce qu’ils écrivent. Car dans la plupart de les defleins il a négligé de marquer la valeur des Echelles qu’il y donne, & qui font prefque toutes de differentes longueurs 8c de difîèmblables m e-iiires.
- 11. Quant au raifonnementqu’fl fait fur ces defleins, on ob-jeéte que d’abord cela femble être quelque chofe de fort utile; mais que dans le fond, comme ils ne s’étendent prelque tous que fur des Places Regulieres, les Ingénieurs n’en peuvent tirer aucun avantage confiderable, püilque ces raifonnemens fontaf-feélez à des delfeins particuliers; defoi te qu’entre mille defîeins nouveaux que l’on propofera, à peine en trouvera-t’on un feul qui convienne avec un des liens.
- III. Que la multiplicité de fes Cazémates, Cavaliers & Batteries demande trop d’Artillerie, de Munitions, & d’Officiers : Ce qui doit particulieremeut faire rejetter les Courtines qui forment des Anglas rentrans, à caufe des grandes ruines qu’elles auront caulees dans leur Confirudion parla démolition des maifons de la Ville, fans que la Place en tire beaucoup d’utilité , puilqu’un Afliegeant en ruine les défenfes dés les premiers jours du fiege.
- IV. Que fes Contregardes ne fe peuvent pas faire fur toutes fortesde terrain fans des dépenfes exceflives, & qu’elles demandent une garde trop nombreufe, qui même peut être facilement coupée pat un Afliegeant, qui feignant d’attaquer ces Ouvrages par la tête, lesirafurprendrepar la Gorge, principalement li leur Fofleeft fec, comme il le fuppofe à la plupart de ces fortes de Travaux. Ils ajoutent qu’ôn doit faire peu d’état des Caze-mates qu’il met aux extremitez de ces Contregardes pour nettoyer le Foflé, & empêcher P Afliegeant de monter à i’Afiaut : car un General qui fçait la guerre, ne manquera pasd’infulter & de fe rendre maître de cét Ouvrage, & de l’Artillerie qu’il y trouvera tout à-propos pour pointer contre la Ville, ce qui lui é-pargnera la peine & les longueurs d’en faire venir de fon camp. Ter». //. P Avan~
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- ti6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantage de ma ConftruBion fur celle du C. F,
- DE MaRCHI.
- ï. *1L A méthode qui donne par les mêmes réglés & par
- XVJL les mêmes exemples le moyen de fortifier toutes fortes de Places Regulieres fur le pied d’une même Echelle , & qui met en état de défenfe toutes fortes de Poftes, quelque irrégularité qu’ils puifTent avoir, eft une facilité qu’on ne trouve point dans le livre de cét Auteur.
- IL Quelesrailonnemensquejefaisfùr les définitions & les ufages de tout ce qui appartient à l’Art de fortifier, font plus intelligibles & plus neceflàires aux Ingénieurs que les explications qu’il donne dans fbn livre fur le fujet de fes def-fèins, parce qu’elles ne font le plus fouvent que la redite des pages précédentes.
- III. Que fès Courtines en Angles rentrans retranchent trop du terrain de la Ville, où l’on le pourroit fortifier* mais que les nôtres faites en lignes droites, peuvent être aifément enfilées & nettoyées d’un feul coup de Moufquet ou du Canon logé dans une Cazemate : ce qui ne fe peut faire aux Courtines formées par deux lignes qui fe coupent pour former un circuit exceffif, dont la dépenfe eft grande, & profitable feulement à l’Ingenieur, & à ceux qui demandent des Garnifonsnombreufès, pour le fafte plutôt que pour la ne-ceffité. Joint que nos Cazemates accompagnées de leurs Canons cachez & de leurs Cavaliers de figure ronde, qui laif-fent le paflage libre pour aller de la Ville dans le Baftion, 8c du Baftion à la Ville, font dans leur conftruéfcion de bien moins de dépenfe que les fiennes, qui apportent beaucoup d’embarras & bien moins de fervice.
- IV. Que l’ufàge des Demi-lunes que j’affeéke pour couvrir l’Angle flanqué d’un Baftion, eft d’un aullî grand fe-cours que fès Contregardes , mais d’une dépenfe bien moindre dans leur élévation, & d’une garde bien plus petite pour ieurdéfenfèi
- Ch a-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. ii%
- Chapitre X.
- De V Or dre Renforcé.
- QUoique cette maniéré de fortifier, que Von appela le Renforcéj {bit attribuée à divers Auteurs Italiens & particulièrement au Capitaine de Marchi, Gentil-homme Romain , je me contenterai de la donner dans les termes que l’a rapporté le R, P. B ou rdiN5 dans fon Livre des Fortifications.
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- 4i8 LES TRAVAUX DE MARS»
- ConftruSHàn des Places félon V Ordre Renforcé.
- LE pere Bourdin fiirda fin de jfôn Livre des Fortifications, donne la Conftru&ion de l’Ordre Renforcé eh ces rennes:
- „ Le Cercle étant fait, & dans le Cercle la Figure ou re „ Polygone & les lignes outre-paflantes, tirées du Centre „ par les pointes des Angles, un des cotez de la Figure VV ,, eft divifé en huit parties égales , defquelles une eft donnée ,, de part & d’autre, pour la Gorge VT, reftentfix, def-,, quelles deux font prifes de part & d’autre, TL & T S, ,, pour les petites Courtines, & les deux qui reftent font „ baillées pour la Courtine intérieure C H. L C & S H font ,, les Arriéré-flancs, tirez à plomb des points.L & S, & ,, pris égaux à la Gorge V T : T T, la grande Courtine ; TI, „ le Flanc ordinaire élevé à plomb du point T, & pris de ,, la grandeur de la Gorge \ IO, le Pan ou la Face du Ba-„ ftion, faite par la petite ligne de défenfe HO, conduite „ du Flanc intérieur H par les Extremitcz des Flancs L, I.
- ,, Le trait de la Face de la Figure étant fait, l’Echelle fo „ préparé de la forte : La petite ligne de défenfe H O eft pri-„ fe à l’écart, & diviféc en 15 o. ou 140. toifes, ou fi l’on fo „ veut fervir du Flanc pour regler l’Echelle, le Flanc eft di-,, vifé en z 2. parties égales pour les fix Angles , fepe Angles, ,, huit Angles, pour le neufviéme Angle j & les autres au ,, deflus,. en 24.
- „ La pointe du Baftion pourra être droite ou aigue, à „ difcretion, dans les Places à plufieursBaft ions, fi on les ,, veut droites.
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- M LES TRAVAUX DE MARS,
- Confiruftion des Fortifications félon V Ordre Renforcé
- If Es Auteurs de cette Méthode ne fe fervent point de fup-JLi putations Géométriques pour trouver la valeur des Angles , & la longueur des lignes de leurs Figures.
- Il fe contentent de melurer les Angles avec des Demi-cercles, quand leurs Figures font faites; & ils mefurent leurs lignes avec des Echelles prifes fur la longueur de la petite ligne de défenfe, fur lef quelles ils font lés rapports des autres lignes pour en trouver la valeur précifè. .
- Nous paierons aux avantages que ce R. Pere à écrit dans fon Livre en faveur de cette Conftruâdon, & enfuitenous rapporterons les objections de ceux qui condamnent cette méthode. Enfin nous finirons ce Chapitre par le Parallèle de nôtre Conftruétion avec celle de céc Auteur. Cependant voici une Figure qui reprefente l’élévation d’un corps de Place félon cette maniéré de fortifier.
- Remar-
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- ij*‘ LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur l'Ordre Renforcé.
- LE Capitaine de Marchi, dont j’ay cite I’Archi-teéfcure Militaire, & rapporté les Conftruétions dans le Chapitre precedent, a donné au public, après les pages 66. 68.78. ôcc. de Ton Livre, plufîeurs defleinsqui approchent fort de l’Ordre Renforcé ; & même il eft probable que ceux qui depuis peu nous ont donnécét Ordre, enavoient pris le premières penfées chez cét Auteur. Quoi qu’il en loir, jereprefente dans le Plan qui eft ici les Tenailles de Place de les 1 z. z 4 & 3 4. defleius.
- Cét Auteur, qujfe déclaré ouvertement pour lesCaze-mates, s’eft étudié à les multiplier le plus qu’il a pû, comme on le peut remarquer dans les trois T enailles ABC,CDE, & E F G, deflînées fur fon vingt-deuxième deflein, qui eft le Plan d’un Oétogone, Il prétend que tout le terrain du Rempart qui eft derrière les Courtines enfoncées B, D, F, eft une Plate- forme propre a défendre la grande largeur du Fofté qui régné devant les Angles rentransdelaContrefcarpe, tandis que dans la mêmeTenaille de Place l’Artillerie desCazemates H,I>K,L, fera feu contre les Affiegeans dans le refte du FofTé.
- La Tenâille G M N reprefènte celle d’un côté de Ion vingt-quatrième Plan, qui eft un Hexagone, où il avance fur la Courtine une Plate-forme faite en maniéré de Baftion plat. Il prétend que le feu de la Moufqueterie de cette Plate-forme, qui flanque les Faces des Baftions, étant joint avec celui des doubles Cazemates de fès Flancs,fèra une très-bonne défenfè.
- Quant à la Tenaille O P Q, qui eft deflinée fur celle de fou trente-quatrième deflein, il dit qu’elle eft de l’invention du célébré Gioda fan G allô, qui la propofàau Pape Paul III. quand on voulut commencer à fortifier la ville de Rome avec dix-huit Baftions. Le Capitaine d e M a R c H 1 la foûtient excellente pour fortifier une grande Place, à caufe de fès doubles Cazemates, &du Cavalier qu’il veut que l’on éleve fur le milieu du Rempart de la Couenne, où il prétend que l’on faffe la porte de la Ville.
- Av art'-
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- * . * ; .
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- *54 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantage de la Fortification félon V Ordre Renforcé
- YOici les propres termes du P. Bourdin fur les Avantages de cét Ordre Renforcé.
- „ I. Il rend la Place plus capable, ou enferme plus de ter,-4, rain, avec pareil nombre de Battions; enforte que Ion Neuf-angle eft auffi capable que l’Onzangle des autres „ Ordres ( ou Conftruélions. )
- „ II. Il a les défenfos plus commodes & plus affinées , „ tant à raifon des Flancs bas, ou Places-baffes qui font ,, doublez, qife pour les Flancs ordinaires, qui font hors de ,, la portée du Moufquet de l’Ennemi: tellement qu’il a les ,, commoditez de deux lignes de défente, longue ët courte* „ fans neanmoins en recevoir les incommoditez.
- „ III. Toutes les parties de la Place font également flan-j, quées; & les Pans des Battions, qui dans les autres Ordres „ ne ibnt défendus que d’une feule Batterie, le font ici de „ deux: en forte qu’il a les avantages de la Faufle-braye fans » les defàvantages.
- „ IV. U fournit le' moyen d’avoir de beaux Dehors bien » flanquez, & au dedans des Cavaliers, des Retranche-» mens, & d’autres Ouvrages.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 23*
- Defavantage de la Fortification félon l'Ordre Renforce.
- CEux qui rejettent cette Méthode la combattent de la forte.'
- I. Que ce n’eft pas un avantage fort particulier à cette Conftruéfcion , d’enf ermer plus de terrain avec neuf Battions, que d’autres n’en enfermentavec onze? puifquela ligne dedéfenfe, félon cette méthode, y eft extraordinairement grande, & patte les communes, qui ne font que de 100. ou 120. toifes, tout au plus,la petite y étant de iyo. Sc ia grande de 200. & plus.
- II. Que les Flancs de cette Conftruéfcion étant doubles* font aufli de. double dépenfe, quoi qu’ils n’apportent aucun avantage particulier , puifqu’tme feule traverfe flifHc pour mettre l’Aflaillautà couvert de ces fortes de Flancs: le plus éloigné de ces mêmes Flancs eft de nul effet pour défendre les Brèches avec la Moufqueterie, parce qu’il ne la peut flanquer. Et pour le Canon, l’Aflaillant le rendra inutile dans fes Cazemates, parce qu’il eft trop en vue des Contrefcarpes oppofées.
- 11L Que toutes les parties qu’il dit être flanquées de deux défenfès, ne le font véritablement que d’une feule : car pour les deux petites Batteries qui flanquent les Faces de fes Battions, elles peuvent être aifement ruinées par celles de l’Af-fiegeant, logé fur la Contrefcarpe.
- IV. Que les Dehors faits fur la Contrefcarpe de cette forte de Conftruétion, doivent être fort petits, fi l’on veut fè fèrvir des doubles Flancs pour leur défenfe, ou extrêmement grands, & par confèquent faciles à être foudroyez de la campagne, fi l’on en veut couvrir toute la Courtine j ce-qui eft le principal ufage de Dehors.
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- îj« LES TRAVAUX DE MARS, '
- Parallèle de nôtre Conflrttfâion avec celle de l'Ordre Renforcé.
- I’^Totrc Conftrudion, qui ne donne pas fos Bafiipns& JL>I fes Angles flanquez fi foibles ni fi aigus que cette McthoJe, enferme toutefois bien plus de terrain fur une même grandeur de Circonférence que cette maniéré, qui fait rentrer fon Rempart dans l’enceinte de la Place,
- II. Nôtre Conftrudion faite fur une mefure pareille à celle de cette Méthode, a cét avantage, qu’un de nos Flancs eft prefque égala deux de ceux-ci, &que nos Canons cachez font bien mieux à couvert des Batteries de l’Ennemi, que ceux que l’on mettra dans des Cazemates confiantes dans les Flancs de cette Fortification, d’où les Moufquetaires ne peuvent tirer jufqu’à l’Angle flanque du Baftion oppofé, pour en être trop éloigné, ce qui ne fe rencontre point dans nôtre maniéré.
- III. Que l’on peut avec bien plus de juftice dire, que
- toutes les parties d’une Place fortifiée a nôtre maniéré font également & doublement flanquées, que ne font les parties de cette Méthode, ou il n’y a que les Pans du Baftion oppofé à ces Flancs qui peuvent êcre défendus de ces deux Batteries: Mais dans la nôtre les Courtines, les Flancs, les Faces, & lesFoflez font toûjours également fous lesdéfenfes de la grande Cazemate& des Canons cachez, qui ne peuvent être ruinez comme les leurs. '
- IV. Que les Ouvrages extérieurs que l’on élevera fur nos Çontrefcarpes, comme Ravelins, Demi-lunes, &c» feront, fans difficulté, bien mieux proportionnez aux Maximes de cette Science, qui condamnent les petits Ouvrages, & rejettent ceux qui font trop-grands j les uns pour être incapables des fondions militaires, & les autres pour être trop faciles à être foudroyez des Ennemis.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 237
- Chapitre XI;
- DesCcnftruëUons^Pierre Sardi,
- Italien.
- LE Livre de céc Auteur porte pour titre Corona} &c. Nous avons traduit & abrégé la Conftru&ion de les Places & de fes Cazemates , qu’il donne dans fon fécond Livre : & la voici dans toute la juftefle de les Exemples.
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- Zl% LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruâian des "Places félon Sardi.
- Delà ConjlruEUond'un Hexagone.
- CEt Auteur oblige d’abord de faire une Circonférence de la grandeur de la Place qu’on vent faire, ôc de divi-fer cette Circonférence en autant de parties qu’on louhaite de cotez ; comme pour l’Hexagone, il la divifè en fix parties égales, pour avoir les fix cotez du Polygone. Il fuppofè que (on Echelle, qui fè divifè en &qo. pieds Géométriques , ioit de la longueur d’un des cotez du Polygone, & après cela il entre ainlî en pratique.
- i, On prend fur l’Echelle cent-cinquante pieds, & por-„ tant une pointe du compas au point A, qui eft l’Angle du ,, Polygone, on détermine à droit & à gauche, fur les deux ,, cotez AF, & AB, les points dès Demi-gorges G, H; ,, & à ces points G, & H, on fait tomber des Perpendicu-,, laires, que l’on détermine de la grandeur des Demi-gor-„ gesenV, & X, pour avoir la longueur des Flancs GV, „ & HX. Enfuite pour avoir les Faces & l’Angle flanqué, ,, on divife la Courtine G M en 8. parties égales, êc de la „ plus prochaine de M, comme N, on tire une ligne par „ lefommetduFlanc, jufqu’à ce qu’elle coupe la ligne du „ Centre prolongée au point P, & ainfî on a la ligne de dé-5, fenfèrazante NP, ÔC la Face VP; & fi on joint XP, ,, on aura le Baftion & F Angle flanqué requis. Pratiquant le ,, même partout, la Figure fe trouvera achevée.
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- Oü L’ART DE LA GUERRE. 4j9
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- 240 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conflruftion des Places félon S A R d i ,
- Des Cazjemates Cr des Orillons.
- AU defious de la fécondé Figure du fécond Livre de la pratique de cét Architecte, l’on trouve les Réglés ôc les melures qu’il faut obferver pour faire des Cazemates & des Orillons, que nous avons traduits, & mis en abrégé, en ces termes.
- „ Pour la Cazemate, ondivifeleFlanc GV en trois par-,, ties égales, afin d’en prendre une pour avoir le front G Qj ,, ou bien on prend fur l’Echelle 5 o. pieds, troifiême partie ,, de 150.quieftla longueur du Flanc, pour donner cette „ même grandeur à GQ^ Puis de la même meiure de 50. ,, pieds, oh fait la ligne OD parallèle à GQ : cette ligne ,, O D eft l’enfoncement de la Cazemate , que l’on Tait ,, quarrée fur le côté G ; avec cette remarque, que pour
- ,, mieux fe fèrvir du Canon, on l’élargit à droit & à gauche ,, du côté de l’Orillon & du Rempart, en mettant de Q^en „ C îo.pieds, & i5.de G en L, commeaufli 15. pieds „ de D en T,& 10.de O en E: & unifiant LTEC,on a la jufte capacité delà Placebafie, ou Cazemate.
- Quant à l’Orillon, il le fait ou rond, ou quarré.
- Pour le quarré, il porte fùrlalignededéfenferazantede „ V en R j o. pieds tirant de Qen S, milieu de la Fa-„ ceoppoleelR, une ligne droite, il mefure de Q en Y „ cinquante autres pieds ; de forte qu’en joignant Y & R ,, d’une ligne droite, il a l’Orillon quarré.
- Pour faire le rond, il fait du point Y, & de la diftance Y Q, oude50.pieds, un Arc vers lé Flanc; puisdupoinc R, & de la diftance R V, ou de 50. pieds, il fait un fécond Arc vers le Flanc; & de leur interfèâion C, & de la diftance CY, il fait l’Arc YR, qui forme l’Orillon rond.
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- 7o tn.II'
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- 24a LES TRAVAUX DE MARS,
- Conjlruttion des Places félon Sardi.
- Des Cavaliers.
- SArdi après avoir fourni à chaque Place-b'afle trois pièces de Canon 9 & prefcrit la même quantité pour les Parapets retirez de fès Flancs , qu’il appelle Parapet de Place haute y ajoûte, que cette quantité de Canons eitneceflaire à une Place Royale , afin d’empêcher, par un feu continuel, l’Aflaillant de le loger fur les ruines de leurs Brèches. En fuite il donne le lieuse les melures qu’il faut obferver pour la Con-ftru&ion de les Cavaliers, qu’il pratique ainli.
- Il bâtit fes Cavaliers juftement au milieu des Courtines, & fait les Faces parallèles au Parapet du Rempart, deladi-ftancede3o.pieds.
- U donne autaludde leurs murailles 8. pieds, & xj.àleur épaiflêur: de maniéré que là muraille du Cavalier avec fon talud eft de i j. pieds.
- La grolfeurou Tépaiflèurde lès Cavaliers, làns conter la fblidité des murailles, eft de 5 o. pieds ; & y ajoûtant celle des murailles, cela fera89.pieds: remarquant que la muraille de derrière n’a qu’un pied de talud.
- Le Front des Cavaliers qui eft toûjours égal, eft de 180. pieds, & le derrière de 150. pieds. Il place d’ordinairey. pièces d’Artillerie fur leur Terre-plain, dont trois battent la campagne, & les autres quatre dans les Baftions voifins, deux de chaque côté.
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- 144 LES TRAVAUX DE MARS,
- Avantages de la ConjlrufHon félon Sardi.
- CEux qui reçoivent la Conlhu&ion de cet Auteur, lui donnent les Avantages fuivans.
- I. Que lès Battions ayant leur Angle flanqué aigu> font que les Faces d’un même côté de la Place fe peuvent défendre avantageulèment l’une l’autre, & tenir lieu de Flanc, en cas
- II. Qu’en failant les Courtines petites, à l’égard des Faces, il approche plus prés fesdéfenlès, pour les mieux flanquer ; le feu de lès Flancs lè ramaiïe, St le joint mieux par ce moyen avec celui des Courtines.
- III. Qu’en élevant lùr le milieu de lès Courtines de puif-fans Cavaliers, fur lelquels il place lèpt pièces, il incommode merveilleulèment l’Aflàillant dans Ton Campement, dans l’ouverture des Tranchées, & dans la continuation de lès Approches.
- 1V. Qu’il tire de grands avantages de la Batterie qu’il met fur le derrière de la hauteur de là Cazemate, où il loge la meilleure Artillerie, & dont il pratique lesembrazûresdansle Parapet qui couvre la Gorge du Baltion ; parce que de ce lieu avantageux, il bat dans les Foflez, flanque la Brèche, & empêche l’Alïicgeant de monter à FAflàur.
- Des-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 24*
- Defavantages de la ConjiruEHon félon S A R DI.
- CEux qui négligent cette Conftru&fon, y ppppfont les difhcultez foivantes.
- X. Que c’eft faite fond fur une méchante maxime, de vouloir l’Angle flanqué aigu, afin que les Faces d’un même côté de Place fo puiflent défendre réciproquement les unes les autres, après la perte de leurs Flancs, &de leurs Cazematesf Cette défenfeeft tres-inutile j car il eft évident que fil’Af-lailkiut a pû rompre des Flancs, & ruiner des Cazemates couvertes d’Orillons, il pourra bien plus aifomeut ruiner le Parapet des Faces, qui lui font tout-à-fait envûc, & entièrement expofez.
- 11. Qu’en fàifànt les Courtines moindres que l’ordinaire , les.Flancs deviennent fort petits, & les Faces extrêmement grandes j ce qui éft oppofé aux Maximes de la Fortification , qui veut le contraire, afin que des grands Flancs on tire plus de feu pour défendre plus avantageufement les Faces & les Foflez oppofez ; à quoy le voifinage des Flancs, pour proche qu’il puifie être, eft inutile, puilqu’ils ne flanquent pas tous deux d’un même cpté.
- I if Qu’il eft allez difficile de trouver partout des terres fuffifàntes ppur élever de fipuiflàns Cavaliers j même qu’il eft allez rare de rencontrer partout des Magazins garnis de tant de Munitions, & de tant d’Artillerie qu’il en exige. Sur tout, la hauteur de les Cavaliers ne fort qu’à découvrir & battre de loin, fans incommoder beaucoup l’Ennemi, qui fçaura s’en couvrir par les Yallons, les Rideaux, & les autres avantages de terrain.
- IV. Que la fécondé Batterie, qui eft la plus élevée de celles qu’il deftine pour la défenfo des Foflez & des Brèches, fora facilement ruinée des Afliegeans, pour être tout-à fait en y ûe, & expofée à leurs Batteries : for tout quand ils voudront fo rendre maures des Faces, pour y faire Mine , Brèche, & monter à l’Aflaut.
- Q 3
- Parai-
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- i4S LES TRAVAUX DE MARS,
- Pafaile le de ma Conjlruftion avec celle de S a RD I.
- I. T Es Faces de mes Baftions font plus avantageufêment
- JL# défendues par les Canons cachez, que les liennes par les défenfès tirées du Parapet des Faces; puifqueles Aflie-geans ont accoûtumé de ruiner ces Parapets par leur première Batterie : joint que quand ils demeureroient en leur état, toutes fes défenfès n’étant que fichantes , feraient de peu d’effet, pour la trop grande diftance qui fè rencontre entre les deux Angles flanquez.
- II. C’eft une choie afldrée, que le peu d’étendue de fes Courtines , & le voifinage de fes Flancs ,à l’égard de les longues Faces, ne contribuent en rien à la bonté d’une Fortification ; puifque les Faces fbnr également défendues par les Flancs , proche ou loin, quand la défenfè n’excede pas la portée du Moufquet : il eft donc beaucoup plus jufte de faire les Faces petites & les Courtines grandes, comme nous fai-fons, afin de fuivre ponduellement les maximes de la Fortification, qui les exigent ainfi.
- III. Outre que nos Cavaliers élevez dans la Gorge de nos Baftions découvrent la campagne, qu’ils battent les Contre-fearpes, & nettoyent les Foffez, ils razent de plus le long des Faces 9 & peuvent fort aifément rompre les Galleries & foudroyer dans les Traverfès; ce que ne peuvent faire ces Cavaliers élevez fur le milieu de fès Courtines, quoi qu’ils fbient entièrement oppofez aux Batteries des Aflaillàns.
- IV. Nos Cavaliers & les Canons cachez, qui fichent dans les Brèches, fans craindre les Batteries aflâillantes , ont fins difficulté des avantages que n’ont pas ceux de fà féconde Batterie , qui ne font couverts que d’un fimple Parapet, qui peut être aifément démoli, & renverfé dans la Place-baffe *, & c’eft pour cela que nous préférons nos Canons cachez à cette Batterie, dont nous pourrions même nous fèrvir , fi nous croyions qu’il y eût de l’avantage.
- CH Ar
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 24?
- Chapitre XII.
- Des Conftrunions des Fortifications du Chevalier Antoine de-Vhle, François.
- NOus rapporterons dans les pages fui vantes les réglés, les mefures & les demonftratibns que ce Chevalier donne pour la ConftruCkion de Ces Places, tant de celles qui fefont fans calcul, que de celles qu*il a luppu-tées : Et afin de ne rien omettre de ce qu’il érablit pour la perfection d’un Corps de Place, nous expofbns enluite lesdi-
- verfes maniérés de faire des Cazemates aux Flancs, & d’éle-
- __ > *
- ver fur les Basions Sc fur les Courtines des Cavaliers# des Plate-formes.
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- M LES TRAVAUX DE MARS,
- Conftruftion des Places félon d e-V ille.
- DAns le Chapitre VIII. de fa première partie, ce Chevalier commence la Conftrudion de Tes Places fans calcul > en ces termes :
- „ L’Hexagone eft la première Figure qu’on peut fortifier,
- „ leBaftion demeurant Angle droit; c’eft pourquoy nous „ commencerons pat celle-là; de laquelle ayant donné la „ méthode, on s en fervira en même façon pour toutes les „ autres Figures régulières.
- ,, On conftruira premièrement une Figure reguliere, „ c*eft-à-dire, ayant les cotez & les Angles égaux, d’aurant „ de cotez qu’on voudra que la Figure ait deBaftions: ce „ qui (è fera, décrivant un Cercle aufli grand qu’on voudra, „ & le divifànt en tant dé parties qu’on veut avoir de cotez à ,, la Figure, comme fera demonftré après , & tirant du ,, point d’une divifion à l’autre des lignes.
- „ Dans cette Figure nous avons mis un Hexagone, ail* ,) quel ayant montré comme il faut faire un Baftion, on fera „ de même iur tous les autres Angles. Soient les cotez R H, „ HL, d’un Hexagone, & l’Angle du côté K HL, fur le-3, quel il faut faire un Baftion.
- ,, Ondivifera l’un des cotez HL en trois parties égales, ,, & chacune d’icelles en deux, qui (bit H F d’un côté, & „ H Q de l’autre , chacune la fixiême partie de tout fon cô-„ té H R , ou H L, qui feront les Demi-gorges des Baftions: „ & fur les points Qjk F foient élevez perpendiculairement ,, les Flancs M Q, E F, égaux aux Demi-gorges. D’une cx-,, tremité du Flanc à l’autre foit menée M E : Toit prolongé le ,, Demi-diametre SH, pafiant par l’Angle de la Figure, au-,, tant qu’on voudra : & foir IA égale à 1E. Apres foit menée ,, A E, & A M, qui feront le Baftion Q M A E F redangle, 5, & prendra autant de défenfede la Courtine qu’il fe peut; ,, laquelle oncônnoîtra où elle commence, fi on prolonge ,, les Faces AE, AM, jufques à ce qu’elles rencontrent icel-„ le Courtine en B & K : la ligne de défenfc fera A C.
- Con-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. *49
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- _'A. ANTKOmE
- •Jdèt Haiasen. des Jüdders dlrrflcmi de pille
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- Hchell de,
- 180 j>as jfûOTne,
- % : ScfiaeL van. J. 8 O
- lartdtnet-ersJc/rred&n*
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- LES TRAVAUX DE MARS»
- ConflruftioH des Places félon De-Ville.
- Démonftration de V Hexagone,
- DE - V i l l e après qu’il a donné la Conftruétiori de rHexagonedansfonChapicreVILI.il en expofe dans le même Chapitre la Demonftration en ces termes.
- „ L’Angle du côté R H L eft divife en deux également pat ,, le Diamètre H S, 16. Propof. 4. 3c le côté H F eft égal au „ côté H Qj par la Conftruétion, & H G eft commun : „ donc les T riangles H G F, H QG feront égaux, 4. Propof. „ 1. & l’Angle F G H égal à QG H, & le côté F G égal à „ QG. Maintenant avec les Triangles GIE, GIM, fi à „ G F, G Q, on ajoûteles égales F E, QM , les tontes GE, „ GM feront égales, 3c le côté IG étant commun, & les An-„ gles M GI, E GI auffi égaux, MI, E1 feront égales, & „ les Angles MIG, El G auffi égaux » & par confequent „ droits, 10. def, 1 : de même feront MIA, El A. 13. „ Propof. i.Par après, puifque IA a été faite égale à IE, „ les Angles IA E, IE A feront égaux, 5. Propof, 1. Mais „ AIE étant droit, chacun des autres fera demi-droit, 3 2. ,, Propof 1. De même fè démontrera l’Angle MAI êcre ,, demi-droit: Donc le total MAE fera droit, qui eft la „ pointe du Baftipn, &ainfi des autres.
- On remarquera que cette Méthode ne peut fèrvir aux Places de moins de fîx Battions, parce que les Flancs & les Gorges demeurans de jufte grandeur, le Baftion vient Angle aigu.
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- *;* UES TRAVAUX DE MARS,
- ConflruFHon des Places félon D e-V ille.
- DAns le Chapitre IX. delà première Partie du premier Livre des Fortifications de d e-V ille, il y montre à faire l’Extra&ion des Angles de fes Figures , en ces termes.
- „ Pour avoir la cortnoiflancedes longueurs de toutes les ,, lignes du Plan,il faut faire la fupputation de tous les Trian-,, gles de la Figure, laquelle fe fait par les Tables des Sinus , „ ou par les Logarithmes : nous mettrons comme nous les ,, avons fiipputées par les Sinus, qui font jufques à cette 5, heure les plus connus.
- „ Avant que parler des lignes, il fautconnoître les An-99 glesj comme s’enfuir.
- DeVExtraEHon des cingles,
- „ £11 PP os o ns la Figure être un Hexagone ( (bit vûc „ »3 la Planche cottée 18. ) l’Angle du Centre H R L étant „ <So. degrez, l’Angle du côté K HL fera cent-vingt. Ce „ qui (è trouvera par ce que Clavius a démontré fur la $1. du „ premier d’Euclide, divilànt 5 60. parle nombre des An-„ gles de la Figure , 8c le quotient qui eft toûjours l’Angle „ du Centre, l’ôterde 180. le refte fera l’Angle du côté, „ dont la moitié, ici RH L, (era <?o.degrez; 8c l’Angle », B H A (era 110. par la 13. Propof 1. & H A B étant de „ 4 ç. comme il a été démontré en la Conftruétion, H B A „ fera 15. appelle d aucuns, Angle flanquant intérieur , par „ la 32. Propof. i.&ABC 165.Paf après E F B étant droit, „ F E B fera 75.&IE A étant 4 5. par la Conftru&ion, GEI ,, (êra de 60. par U 13. Propof 1. & les deux enlèmble GE A „ feront toy.puifque El G eft droit: EG1 fera trente de-„ grez, & les deux Angles ONB.OBN feront égaux, „ chacun de quinze degrez: l’Angle.flanquant AOPfera ,, 1 j o. degr. le tout par la 31. propofition du premier d’Eu-„ clide. Ce qui fe démontre d’un côté, le même fera enten-,, du des autres,
- Cen-
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- 254 LES TRAVAUX DE MARS*
- Conflruftion des Places félon De-Ville.
- - JÛe la Connoijfance des Lignes.
- G Et Auteur , enfùite de l’Extraction des Angles dans le même Chap. IX. pour la fupputation des lignes, dit: „ Maintenant on fera la (upputation, comme s’enfuit.
- „ En l’Hexagone le côté de la Figure eft roûjours égal à „ fon Demi - diamètre * comme il eft démontré par Euclide, „ Propof. i$. du quatrième.
- 5, Pour le côte EB,comme leSinus de l’Angle EBF,!) 882.' 5, Au côté F E, trente pas :
- „ Ainfi le Sinus total 100000.
- 5, Au côré E B 51 / 5. pas, quatre pieds.
- 59 Pour le côré F B} comme le Sinus total E F B * 100000. 55 Au côté E B, 11 f. pas, quatre pieds :
- 55 Ainfi le Sinus de l’Angle F E B, 75. degrez, 965 93.
- 5, Au côté F B, iii. pas 5 quatre pieds.
- 5, D’où s’enluivra que le Baftion commencera la défenfe „ à huit pas un pied dans la Courtine 5 quiiontlaligneBC, 5, d’autant que toute la Courtine G O eft 12 o.
- ,5 Pour le côté H G, comme le Sinus de l’Angle H G F, 5, 30. degrez 5 0000. Au côté H F , 3 o. Ainfi le Sinus total 55 100000. Au côté H G, 6o. pas.
- Pour le côté GF, comme le Sinus total de l’Ang. G F H, „ 100000.
- „ Au côté G H 5 60. pas : Ainfi leSinus de l’Angle GHF, „ 60. degrez , qui eft 8660 3. Au côté G F. 5 2. pas quafi j „ à là quelle lion ajoûte F E, 30. pas, la toute GE lera „ 82. pas.
- 3, Pour le côté IG, comme le Sinus total 100000. Au ’;‘~5, côté GE,82.
- 5> A infi le Sinus de l’Angle G E1,60. degrez, 86603.
- ' ,, Au côré I, G , 71 . pas : la ligne IH fera donc onze pas. 5, Pour le côré IE, ou IA, comme le Sinus total 100000. ,j Ail côté E G, 8 z.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERRE. xjj
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- *5$ LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite de la Supputation des Lignes félon D E-V ille.
- „ Ainfi le Sinus de l’Angle AGE, trente degrez j- yoooo.
- ,, Au côté I E, 41. pas : Donc la toute A H fera yz. pas.
- ,, Pour le côté ou Face du Baftion A E, comme le Sinus de „ l’Angle IA E, 4f. degr. 70711. Au côté 1 E, 41. pas :
- „ Ainfi le Sinus total 100000. Au côté AE, y8.quafi. D’où „ s’enfuit que la toute A B fera 173. pas, quatre pieds , EB „ ayant été trouvée 115. pas quatre pieds.
- „ Pour trouver la ligne de défenfe A C, il faudra s’aider de ,, la Perpendiculaire BD, & trouver les deux portions A D , „ D C, comme s’enfuit.
- ,, Comme la fomme des deux côtez A B, B C enfemble, qui „ eft 1S z. A la différence d’iceux, qui eft 165. pas, trois pieds : ,, Ainfi la touchante de la moitié des deux Angles inconnus „ mis enfemble, qui font quinze, & leur moitié fept degrez, ,, trente minutes, & la touchante de cette moitié 13 i6y.
- „ A la touchante de la différence des Angles inconnus au „ deffus, ou au deflous de la moitié, 6. degr. yo. min. qui ajoù-„ tez à l’une desmoitiez, proviendra 14. degrez. zo. min. pour „ le plus grand A C B s & par confequent l’autre DAB fera de „ 40. min. D’où s’enfuivra que l’Angle DBA fera de 8 p.degr. 33 zo.ir.in. & l’Angle DB C 75.degr. 40. min.
- ,, Maintenant foit fait, Comme le Sinus total 100000.
- „ Au côté BC,8. pasrAinfi le Sinus de l’Angle DBC 96887.
- „ Au côté D C, qui fera fept pas, quatre pieds, deux-tiers.
- „ Et pour l’autre partie AC, Com. le Sinus total 1000000. ,, Au côté AB, 173. pas quatre pieds : Ainfi le Sinus de l’An-,, gleABD,99993»
- „ Au côté À D, 174. pas. D’où s’enfuit que toute la ligne de ,3 défenfefera 181. pas, 4. pieds, deux-tiers, qui eft un peu ,, plus que le côté de la Figure, lequel nousfuppofotis 180.
- „ Pour faire plus facilement fans la Perpendiculaire, ayant ,, trouvé les z. Angles A CB, ABC, on fera, Comme le „ Sinus de A CB, 1164.
- „ Au côté CB, huit pas, un pied :
- „ Ainfi le Sinus de C B A, c’eft-à-dirc de fon fupplément, ,, julques à 180. qui eft quinze degrez, & fon Sinus zç 8 82.
- „ A u côté CA, qui fera comme devant, environ i8z. pas.
- ,, Toutes ces fupputations, excepté cette derniere , peu-3, vent être vérifiées parla 47. du premier.
- Con*
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- OU L’ART DE LA- GUERRE. ij7
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- *5* LES TRAVAUX DE MARS,
- Confiruftion des Placesfélon D e-V ille.
- JD es Epaules eu des Orillons.
- CEt Auteur dans le Chapitre VIII. & XXIV. de Ton premier Livre de la Fortification, Partie première, traitte des Orillons, & de leurs mefures, en ces termes.
- ,9 Pour achever de parler des parties du Baftion, il refie „ à dire du Flanc couvert. L’on divife d’ordinaire tout le ,, Flanc en trois parties, defquelles on en donne deux: fça-„ voir celles qui font vers le dehors, à l’Orillon, oul’Epau-„ le; & l’autre tiers vers la Courtine fert pour le Flanc cou-„ vert, oulaCazemate: tellement que la Cazëmate aura 8. „ pas, un tiers de large aux Places ordinaires, &dix aux „ Royales, & l’Orillon 16. ou zo. pas : Nous parlerons des „ ufàges & de la forme de cette partie en particulier cy-après. „ Maintenant nous dirons de l’Epaule, laquelle on avance „ autant que le Flanc couvert eft large, qui eft le tiers de tout „ le Flanc: elle fert pour couvrir une partie du Flanc, la-„ quelle onrefèrve pour défendre les Faces des Baftionsop-„ pofez, & les Foflez. Il y en a de deux façons, ronds ou „ quarrez.
- „ Lorlqu’on en voudra faire , on divifèra le Flanc A B en „ trois parties, &du tiers C on tirera la ligne CD, corre-„ fpondante à la pointe du Baftion oppofé A. Apres on fera la „ droiture de l’Epaule CE égale au tiers duFlancCB: Et „ où elle rencontrera la Face de fon Baftion prolongé, com-„ me ici au point D, je mets un pied du compas étendant „ l’autre jufquesàE, &je fais la portion deCercleFE: fur „ le milieu de laquelle G, pour Centre, je fais l’Orillon rond, ,, lequel on peut faire quarré, comme E F , en menant F E „ parallèle au Flanc.
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- *æ>
- 3-Tsm\nz.T&
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- i6q LES TRAVAUX DE MARS,
- ConfirutHon des Places félon D e-V il. le.
- Remarque fur la différence des Orillons, Ronds
- ou Quarrez..
- AVant que de pafler à la Conftru&ion des Cazemates ou Places-bafles, je rapporterai ici le fentiment du Chevalier Antqine d e-V i l l e , fiir la queftion qu’il propose dans la fin du Chapitre XXIV. où il examine quels font les meilleurs des Orillons ronds ou desquarrez.
- ,, On tient (dit-il) les Orillons ronds, comme les mar-„ quez i. en la Planche p. meilleurs que les autres, a caulc „ qu’ils ont moi ns de prifc, & font moins fojets à être ébré-„ chez: mais ils font auffi de grande dépeniè, &defluss*y „ peuvent rangermoins de Soldats , qui tirent directement ,, a la Face du Baftiorioppofé. Aux quarrez , tous ceux qui ,, feront rangez defllis , tireront commodément à l’autre „ Baftion. C’eft pourquoi je les aimerois mieux ainfi, pour n éviter la dcpenlc, & augmenter la défenfo.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 161
- Conflruftion des Places félon D e-V i l l é.
- Des Cazjemates ou Placcs-bajfes.
- DE-Ville dans le Chapirre XXV. de Ton premier Livre parlant des Cazemates, ou Places- balles, dit : ,, Autre-fois on failoit aux Flancs des voûtes, où l’on „ mettoit le Canon tout couvert: & par deflus ils enfai-„ foient d’autres pour mettre d’autres Canons:mais cela n’efl:
- plus en ulàge, à caufe des grandes incommoditez qu’on a „ vû arriver èn ces Places ; car après qu’on avoit tiré, lafu-,, mée remplifloit de telle façon ces voûtes, qu’il étoitim-9, pollible d’y demeurer dedans, ni rien voir pour recharger, 3, quelques- loûpiraux qu’on y pût faire , outre que l’étonne-33 ment du Canon ébranloit tout} & l’Ennemi tirant dans ces 33 voûtes balles, les éclats & les débris blelïoient & tuoienc 3, ceux qui étoient dedans, 8c en peu de coups les mettoienc 33 en ruine: celles d’embas étant rompues y celles de deflus 3, tomboient d’elles mêmes. C’elt pourquoi on a laide ces 3, voûtes, & on fait les Places-balles découvertes : Et pour 3, avoir deu-x Places, on fait la première plus balle, un peu „ par deflus le niveau de la campagne ; de façon que les „ coups tirez de-là, paflent par deflus les Parapets des Fauf-„ le-brayes, s’il y en a.
- 3, Les mefure?, quant à leurs Faces, font du tiers du 3, Flanc, ou de la moitié, comme nous avons dit} leur pro-3, fondeur en dedans eft de quatre pas, qui font pour les Mer-„ Ions, fix pas pour le dedans à mettre les Canons, & trois „ pour les voûtes, lofqu on les met en ce lieu. La Place-balle „ doit aller en élargiflant du côté de la Courtine, afin que le 3, Canon qui eft là,pui(Te être pointé vers la Contrdcarpe.
- 3, Du côté de la Courtine doit être l’entrée, oq voûte,
- 3, qui doit commencer au dedans de la Ville, paflànt par deC 3, fous le Rempart, de la largeur 8c hauteur fuffilànte, pour ,, pouvoir mener par là le Canon Sc les m'unirions.
- R 3 De
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- ïfft LES TRAVAUX DE MARS;
- Suite des Casemates , ou Placcs-bajfcs %
- (hlàfi De-Ville.
- De l’autre côté vers l’Epaule il doit y avoir une petite „ poite avec la delcente pour aller dans le Folié, laquelle „ fèrt pour faire des ferries à couvert, & pour aller fecrete-„ ment dans icelui : on petit suffi la faire par dedans le Bafti* „ pn du côté de l’Epaule. Aucuns eftiment qu’elle eft plus „ à-propos en cét endroit, d’autant qu’il y a plus de place, ,, & n’incbmmdde pas les Cazematës : Mais des autres difenc „ àüffi, que torique l’Ennemi fera logé à la Face du Baftion, „ dé ce côté cëtte defcente ne fervira plus, &onne pourra „ faire aUcune fôrcie. Il fera mieux défaire la defcente qui >, vienne du haut du Bàftion ; & à la Place-balle on fera une ,, porte, par laquelle onpùifle entrer dans cette defcente : „ & ainfi quand l’entrée d’enhaùt fera rendue inutile par „ l’Ennemi,on fe fervira dé celle-ci.Il faut que cette defcente „ foit Elite, de façon qu’on y puifle monter & defcendre à „ cheval, afin que la Cavallèrie puifle aufli fottir par là, lorfl „ qu’il y en a dans là Placé. Lé tout fe verra plus facilement „ en là Figure de la Planché dixième, oû A B C eft toute l’E-» pàulc ouOrillon;HIfont les Mérlons >FHlGle Plan „ de la Cazemate j F G font lès voûtés pour tenit les Canons „ & les munitions à couvert s K eft la (ortie dans le FofTé de »» la porte fècrette j L le lieu.où eft la defcente , MeftlèFof* », lé j N eft un peu de retraite de la Courtine , afin que le Ca-»> non qui lui eft proche, puifle être pointé partout, 8c qu’on » qu’on puiffe pafler autour : À cette même fin efl: l’efquive-„ ment & raggràndifTèment de ladite Place vers le dedans, », comüiè On voit par la ligné N, qui ne fuit pas la droiture », delà Courtine. O efl la voûte qui pafle fous les Remparts », par où l’on mène les Canons dans la Place-bafle. '
- ,, En aucunes Places on fait affez prés dés Flancs, en la „ Courtine , quelques RèdéntS, pour empêcher quélé Ca-non ne donne en bricole dans le Flanc j comme il a été dit », ci-devant.
- Con-
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- Conjlru&ion des Places félon D e-V ille.
- Des Cavaliers.
- CE Chevalier dans le Chapitre X X X111. de fon Livre de la Fortification, Partie première, dit, parlant des Cavaliers :
- ,, Depuis l’invention de la Fortification moderne, outre les „ Remparts & les Parapets, on a fait les Cavaliers, qui font „ de beaucoup plus éminens que les autres Ouvrages qu’on fait dans la Place.
- ,, Leur forme eft diverfe j aucuns les font quarrez, comme „ les marquez j\ & 6. ou bien quarrez-longs, comme les mar-„ quez J.&7. de façon que la plus longue Face foitdu côté ,, qu’ils doivent faire la principale défenfe» comme la Figure „ RF, Planche 16.8c font fort bons àinfi.
- „ D’autres les font en la forme fuivante, marquée 2. qui eft „ quafi comme la precedente, hormis qu’ils en ocent l’Angle ,, qui eft du côté du Battions de façon que la plus grande Face „ regarde le Baftion oppofé : mais ceux-ci doivent être mis aux „ Courtines, comme il fera dit apres.
- „ Je voudrois qu’au lieu qu’ils font la Face plus longue parai-,, lelc à la Courtine, ils la fifient perpendiculaire à la Face du ,, Baftion, prolongée au moins le plus qu’il fepourroit, corn* ,, me R Q.
- „ Les ronds ou en ovale marquez 3. & 4. font auflî très bons, „ & femblent meilleurs que les autres, parce qu’ils font plus „ contenans: car de toutes les Figures Ifoperimetres, leCer-,, cle eft le plus capable.
- „ Par après on peut mieux ranger & pointer les Canons de „ tous cotez, parce qu’ils font face partout, ce qu’on ne fait ,, pas fi commodément aux quarrez. Les ronds ont moins de „ prife, & par confequent font moinsfujets à être ruinez.
- „ Ils doivent être de terre, pour éviter la ruine 8c les éclats. „ Or afin qu’ils fe foûtiennent, il leur faudra donner fur trois ,, pieds deux de talud, & en terrain mauvais autant de talud que „ de hauteur.
- Suite
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- OU L’ART DE LA GUERR& zi}
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- ISS LES TRAVAUX DE MARS,
- Suite des Cavaliers félon D e-V ille.
- Vu lieu où doivent être mis les Cavaliers,
- m Aucuns lés mettent à l’entrée du Baftion entre deux „ Flancs, comme les marquez 4.5.7. Ceux qui prennent », la défenfe feulement du Flanc, font mieux de les placer là „ qu’autre part, afin qu’ils puifTent découvrir & défendre „ la Face du Baftion oppofe; mais ils occupent aufti les „ lieux des Places-hautes, lesquelles feront autant d’effet „ que les Cavaliers, & partie du Baftion ; 8c font de peu ,, d’effet pour tirer dans la campagne, étant trop retirez en „ dedans, 8c empêchent les Retranchemens.
- „ Ceux qui commencent la défenfe dans la Courtine, les „ doivent mettredepuis où commence la défenle dans ladite „ Courtine jufques vers le Flanc, comme les marquez 1.1.3. „ tournant la Face plus grande en Angles droits, ouappro* ,, cnant vers la Face du Baftion oppofé; ¶infiilsn’em-„ pêcheront 8c n’occuperont pas la place des autres défenfes ; „ ainfi les redoublant, découvriront grandement dans la y traverfê que l’Ennemi fera pour approcher le Baftion. C’eft „ là le lieu le plus propre pour les placer.
- „ Lorfcpe la défenfe commence beaucoup plus que dans „ la moitié de la Courtine, on les mettra au milieu d’icelle; „ mais il faudra qu’ils foyent comme quarrez, 8c que la poin-» te correfponde à la campagne, & les deux Faces aux Baf-„ dons plus proches qui font aux cotez, comme le marqué S.
- „ Il faut qu’entre les Cavaliers 8c les Parapets il y ait fix ou „ huit pieds d’efpace, afin que les Soldats puiffent pafllr 8c „ tirer entre-deux , 8c que les ruines n’aillent pas dans le „ Folié: cét efpacefera taillé dans l’épaifleur du Parapet, „ parce que le Cavalier L couvre afTez la Place fans le Para -„ pet. Le tout fè void en la Figure; où la Courtine foie „ . N L ; là où commence la défenfe, I ; 8c le Cavalier R P 5 le „ Parapet coupé à moitié F R ; le chemin ou lefpace entre le „ Cavalier & le Parapet, F R.
- jîvan-
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- Avantages de la ConjlritSHonfélon D e-V ille.
- CEux qui fuivent la méthode decét Auteur, qui eftun des plus côrifiderables de F rance , donnenc à là Con-ftruéfcion les avantages fuivans.
- I. Que 1’Angle flanqué de lès Battions étant toûjours droit depuis l’Hexagone jufques à la ligne droite, lui donne un excellent moyen de défendre les Brèches, & d’empêcher les Aflaillans démonter àl’Aflaut, pour le grand feu qu’il tire des féconds Flancs, caufé en partie par l’ouverture de cét Angle flanqué, & la longueur de ces Courtines, qui font les parties les plus fortes de la Place.
- II. Que faifant les Demi-gorges d’une lixiême partie du Polygone, & le Flanc de même grandeur, ilenrelùlteque lès Battions le trouvent fort bien proportionnez au corps de la Place, & capables d’y faire toutes fortes de Retranche* mens.
- III. Que là Cazemate, faite perpendiculaire for fon Flanc, a cét avantage for celles qui font perpendiculaires fur la défenfe razante, qu’elle donne plus de prilè à fon Artillerie, foit pour foudroyer dans les Brèches des Battions, ou renverfer les Traverlès & les Logemens que les Aflaillans élcveront dans le Fofle.
- IV. Que fesFolkz n’ayant qu’une médiocre profondeur for une largeur toujours égale au Flanc, donnent affèz de terre pour élever les Remparts , & pour remplir lès Battions, ce qui eft un avantage fort conliderable pour éviter la
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- Defavœntages de la Conjfruftionfélon D e-V ille.
- CEux qui ne donnent pas volontiers dans le féntiment de ce Chevalier, pour la Conftru&ion de fes Places-, ont accoutûmé d’oppôfer à lès Maximes les objections foirantes,
- I. Que c’eft s’attacher à Un principe peu aflllré, que de croire que l’Angle flanqué étant précifément de50.deg.aic quelque vertu au deflus de ceux qui font obtus, puifqueles obtus étant plus maflifs (ont moins fujets à être ruinez que les droits* joint que pour avoir du fécond Flanc, que^Enne-mi ruinera dés les premiers jours du Siégé, il fait fês Courtines trop longues, & fes Battions tçop petits,
- 11. Qu’il fait fés Gorges trop petites,' fous une proportion qui ne lui donne aucun avantage poutiàire ce:te partie fi étroite , en la voulant proportionnée à la grandeur d’un corps purement chimérique, qui félon fes Maximes, n’y peut foire aucun Retranchement qui foit flanqué, principalement quand ces Gorges fe trouvent occupées de ces Cazemates: car alors l’intervalle entre les deux, eft fi étroit qu’on n y peut foire qu’une Barricade, qui eft la piece la plus defedtueu-fe de la Fortification, étant toûjours en ligne droite, & par confèquent fans défeniè,
- III. Que le Front de fa Gazemate, n’étant le plus fou-vent que du tiers de fon Flanc ( qui de lui-même eft fort petit ) lui fournit trop peu de terrain pour foire une bonne Batterie. Que s’il lui donnoit la' moitié du Flanc , ils afTûrent que l’Orilion feroittrop foible, & fa piece cachée trop aifément découverte de la Contrefcarpe oppofée.
- IV. Que fi fon Folle, qui n’eft que d’une médiocre profondeur, donne affez de terre pour remplir fés Battions, à caufe delà grande quantité qu’il en fout tirer devant ces longues Courtines, il ne pourra donc pas jôüir de l’avan tage des FofTezcreux, &àfond-de-cuve, que lui-mêmeaffûreerre les meilleurs, étant obligé de l’avoikr, àcaufedelaperiteflè de fés Battions. Ainfipenfont éviter la dépenfc, il ne fe fortifie qu’à demi.
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- %79 LES TRAVAUX DE MARS,
- ' Parallèle de nôtre ConftruEHon avec celle dtt Chevalier De-Ville.
- I.VTOs Battions ayant leurs Angles flanquez plus ouverts que J-N les liens, font bien moins {ujets à s’ébouler, foit qu’ils nè foient que de terre, & moins (ujets à être renverfez par l’Artillerie, fuppofant qu’ils ayent une Chemife, que ne le /ont pas ceux de fa Méthode, qui font toûjours droits j joint
- Sue pour la défenfe des Brèches, il n’y a point de doute que la iréche, que les Affiegans feront dans nos Faces, ne foit mieux défendue de nos Canons cachez, que les Brèches qu’on f croit à fes Faces, qui n’ont pour toute défenfe qu’une moyennne Ca-zemate : car pour les féconds Flancs, 1* Aflaillant les rend inuti* les quand bon lui femble.
- II. Les Gorges de nos Battions étant plus grandes que les .tiennes,' font auffi plus capables d’y recevoir toutes fortes de Retranchemens : & quelque figure qu’on donne à ces Retran-chemens, ils feront toûjours (ous la défenfe de nôtre Cavalier ; ce qu’on ne peut pratiquer dans la Gorge des Battions de ce Chevalier, parce qu’elles font trop petites, principalement quand i 1 y a des Cazemates.
- II I. Nos Cazemates ayant leur front toûjours de la moitié des Flancs, qui font dans nôtre Conftruttion plus grands que les fiens, n’incommodent en rien les Gorges de leurs Battions, à caufe du peu de profondeur que nous leur donnons, pour lape* titefle des Affûts des Canons j &ces Canons ont cét avantage par leurs difpofîtions, & par celle des Flancs, de découvrir plus aifément tout.ee qui fe fait dans les Brèches, les Foflèz, les Contrefcarpes, & les autres lieux, que ne fait l’Artillerie des Places-baffes de ce Chevalier.
- IV. Nos Battions étant d’une plus grande capacité que les liens, & leur Courtine mieux proportionnée à leur grandeur , font que fur fes mêmes mefures nous pouvons tenir nosFoflez
- fdus creux, & même les faire à fond-de-cuve, pour jouïr de ’avantage de leur profondeur , que lui-même affure être les meilleurs, ce qu’il ne peut toutefois executer, pour fes Courtines trop longues, & fes Battions trop petits.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, *71
- Chapitre XIII.
- Des ConJiruBions des Forttâ Pag AN) tn
- 'cations du Comte de rançois.
- N Ons finirons cetroifiême Livre, fie commencerons ce Chapicrepar le troifiëme du Livre dm Fortifications de ce Comte, où apres avoir faix remarquer la différence qu’il y a entre les Places Régulières, il s’explique dans les termes que voici.
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- m LES TRAVAUX DE MARS*
- ConflruElion des Places félon le Comte de P a G A N.
- 5)T)0ur vous inftruire detoutes ces Fortifications [parlant X de la dtverfit é des. Places $ il dit:)
- ,, Et pour vous montrer les moyens de les facilement con-„ lïruire, je commencerai en vous apprenant, qu’elles font ,, diftinguées en Grande, en Moyenne, & en Petite, pour „ fubvenir à toutes lesvarietez quinaiflent en eét’Art. Ec „ que je ne donne qu’une feule Réglé efi chacune, depuis „ le Pentagone jufqu’à la ligne droite, afin de reprefenter „ une même Face de Fortification en tous les côtez des Poly-„ gones, félon mes precedentes Maximes. Car il efttres-„ certain qu’entre plufieurs & diverfos méthodes il y en a „ toûjours unequieft la meilleure, &qui mérité lapréfe-,, rence, comme la plus parfaite: Aufli après une longue ,, recherche des trois, les plus avantageufès de toutes , je „ n’en pou vois choifir de plus convenables à mes opinions, ,, que celles que vous verrez dans les trois Figures foivantes , ,, fondées fur autant de bazes de differentes longueurs, Ôc „ reprefentées avec les meftires des Demi-diamètres ,&au-,, très parties des Polygones, jnfqu’au douzième feulement, „ puifque les Places Regulieres n’arrivent que rarement à ,, douze Baftions. Mais afin que la diverfité de ces bazes ou „ côtez des Polygones, n’apportât de notables changemens , en la bonté de ces diverfès Fortifications, les Flancs, où re-,, fide la principaleaâion de la force, en font prefque de mê-„ me largeur: quoique les longueurs des Courtines, des „ Faces des Baftions, Ôc des lignes de défenfe en foient beau-„ coup inégales.
- ,, Toutefois ces différences n’imporrentpas tant, &ne font confiderablesqueparlavarietédcslignesdedéfenfe: „ la plus longue n’cft que de fix-vingt toiles, du coin du „ Flanc à l’endroit du Fofle où l’on pafte ordinairement „ les Gallerics: Etdeplus decent-foixantejufqu’auxCon-„ tre-batteris des Aftaillans furlaContrefcarpe, afin que le
- Canon
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- OU L*ART DË LÀ GÜERRÈ.
- Canon & la Moufquetterie des Ennemis en incommodent ,, moins les Cazemates retirées. Et d’autant que les propor-„ tionsdela féconde Réglé s’éloignent moins de celles de la „ première, j’eftime que ma Grande & Moyenne Fortifica-„ tion doivent êtreplûtôt recherchées que la derniere ou pe-„ tite, parce que fa ligne de Défenfe n’eft au plus que de ,, cent-douze toifes, & qu’un pareil nombre de les Baftions „ contient beaucoup moins d’efpace & detenduë: Nean-„ moins la différence en eft peu fenfible, & m’en remettant „ du choix a ceux qui s’en voudront fervir , je pafîerai à leus „ en montrer la pratique par des Réglés toutes nouyelles.
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- rîom, //.
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- 274 LES TRAVAUX DE MARS;
- Confiruftion des Places félon le Comte de Pag A N*
- Pour tracer fa grande Fortification.
- "Tairez la bazc A B elfe zoo. toiles, & la divilez en deux j» X également au point D. Puis tirez du point D la ligne », perpendiculaire DC de 30. toifes de longueur} Et en-», fuite les deux lignes deDéfcnlè, partans, l’une du point », A, palTant en C, St allant en N, & l’autre du point B, pa£ » fane en C, & allant en M, toutes deux de raifonnable lon-»> gueur.
- „ Cela fait, marquez fur leflites lignes de Défenlêles », deux Faces des Battions AË,&BF,de6o.toifeschacu-,, ne; Puis les complemens des deux lignes de Défenle C M, „ &CN, l’un & l’autre de37. toifes. Et enfuite tirez les „ deux lignes des Flancs de E à M, & de F à N, & la ligne de „ la Courtine de Ma N.
- „ Ainll voustiacereztres-facilement, & avec autant de „ diligence que de jufteflè , toutes les Faces delà grande „ Fortification, en obfervant toûjours la même réglé lùr les „ bazes de 200. toiles, dont les principales parties lèront :
- „ Les deux Faces des Battions A E ,& B F, de 60. toiles: „ les deux Flancs E M, & F N, de 24. toiles St deux pieds ; la j, Courtine M N de 70. toiles St 5. pieds ; les lignes de Dé-„ fenle MCB,&NC A,de 141.toifes St2..piedschacu-», ne ; & l’Angle flanquant A C B de 14G. degr. .& 3 6. mi-„ nutes.
- „ Mais quant aux Angles des Battions St des Polygones, „ ils le trouveront en cette maniéré. Otez de l’Angle flan-„ quant de la Fortification l’Angle du Centre du Polygo-„ ne, St vous aurez les Ailgles des Battions dudit Polygo-„ ne: puis prenez le complément Xf Demi-cercle de „ l’Angle du même Centre pour les Angles du Polygone, „ formez parles cotez ou bazes de 200. toifes, autour de la ss Circonférence du Cercle.
- . Con*
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- pyê LES TRAVAUX DE MARS,
- ConfiruBiondes Places félon le Comte de P a G A N*
- "Tour tracerfa moyenne Fortification.
- Irez laBazeAB de 180. toifes, & lasdivifez en deux
- 1 également au point D. Puis tirez du point D la ligne „ perpendiculaire D C de 3 o. toiles de longueur, & enfuite a, les deux lignes de Défenfe, partans, l’une du point A, 9, paflànt en C> & allant en N, & l'autre du point B, paflànt 3, enC, & allant en M, toates deux de raifonnable Ion* 9, gueur.
- „ Cela fait marquez fur lefdites lignes de Défenfe les deux. 3, Faces des Battions AB, & B F, de 55. toifes chacune; „ Puis les complemens des deux lignes de Défenfe CM,&. „ C N, l’une & l’autre de 3 z. toifes : Et enfiiite tirez les „ deux lignes des Flancs deEàM,&deFàN,&la ligne de „ la Courtine de Ma N.
- „ Ainfi vous tracerez tres-facilement, St avec autant de „ diligence que de juftefle, toutes les Faces de la moyenne ,, Fortification, en obfèrvanttoûjours la meme Règle fur les „ Bazes de 180. toifes, dont les principales parties feront :
- „ Les deux Faces des Battions A E, & B F, de 55. toifes; les „ deux Flancs EM, & FN, de 24. toifes ; la Courtine MN de „ 60. toifes &4. pieds; les lignes de Défenfe MC B, & „ NC A, de 116. toifes'& 5. pieds chacune; & l’Angle
- flanquant A C B de 143. degrez & 6. minutes.
- ,, Mais quant aux Angles des Battions & des Polygones , „ ils fe trouveront en cette maniéré. Otez l’Angle du Cen-„ tre du Polygone de l’Angle flanquant de la Fortification , 3, St vous aurez les Angles des Battions du dit Polygone: 3, puis prenez le complément au Demi-cercle de l’Angle du 3, même Centre, pour les Angles du Polygone, formez; „ par les Cotez ou bazes de 180. toifes , autour de laCir* 3, conférence du Cercle.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. i7T,
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- *78 LES TRAVAUX DE MARS,
- Conflruftion des Placesfélon le Comte de Pag A N.
- Pour tracerfa petite Fortification.
- *T“*Irez la Baze À B de i<fo. toiles , & la divifèz en deux „ X également au point D. Puis tirez du point D la ligne perpendiculiare DC de 30. toiles de longueur, & enfuite 5, les deux lignes de Défenlè, partans, l’une du point A , 9) payant en C, & allant en N, & l’autre du point B, paflant „ en C, & allant en M, toutes deux de raifonnable longueur.
- 99 Cela fait marquez fur leldites lignes de Défenlè les deux 99 Faces des Battions AE,& BF, de 50. toifes chacune; ,9 Puis les complemens des deux lignes de Défenlè C M, êc 9, C N, lune & l’autre de 27. toifes. Enfuite tirez les deux 9, lignes des Flancs deEàM,ôcdeFàN,&la ligne de la ,9 Courtine de M à fsf.
- 9, Aintt vous tracerez très-facilement, & avec autant de 9, diligence que de juftefle, toutes les Faces de la petite Fo,r-99 tifïcadon, en obfervant toûjours la même Réglé fur les 99 Bazes de 180. toifes, dont les principales parties feront ;
- 9, Les deux Faces des Battions A E , & B F, de 5 0. toiles; 9, les deux Flancs EM, F N, de 23. toifes pieds; la 99 Courtine MNde 50. toiles &4. pieds; les lignes de dé-99 fenlè M C B, & N C A, de 112. toiles 3. pieds chacune ; 99 Et l’Angle flanquant A G B de 138. degrez & 54. minu-^ tes*
- 9, Mais quant aux A ngles des Battions & des Polygones, 9, ils fe trouveront en cette maniéré. Otez l'Angle du Cçn-9, tre du Polygone de l’Angle flanquant de la Fortification , 9,, & vous aurez les Angles des Battions dudit Polygone; ,, puis prenez le complément au Demi-cercle de l’Angle du „ même Centre, pour les Angles du Polygone, formez 9, par les cotez ou bazes de 16ç. toifes ^autour de la Circou-ference du Çeçle.
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- ÇonJtruEHon des Places félon le Comte ^Pâgan.
- Des Flancs Cr des Casemates.
- v'XJOus avons déjà dit de quelle utilité font les Flancs en h „ jL il défenfè des Places,ne connoifiant rien de plus impor-„ tant, nideplusconfiderableen toutes les parties des For-,, tifications. Les premiers qui ont depuis l’ufage du Canon 9, mis en Art cette Science, tirent les lignes de leurs Flancs 9, perpendiculairement des Faces des Baftions, par un def-„ fein démettre plus à couvert leur Artillerie, neconfide-rant pas que tout ce qui voit eft auffi vû de ce qu’il regarde, „ Ce qu’étant apperçù des fui vans, ces vieilles Maximes furent incontinent changées, & les Flancs toujours con-„ ftruits tombans perpendiculaires fur la Courtine. Mais „ apres avoir reconnu leurfoiblefle en la défenfè des Places ,, attaquées, Toit par ma prefènee en plus de 20. Sièges, foie 9, par les relations des autres, où jenétoispas; j’aypenfç 5, qu’en tirant les Flancs perpendiculaires fur les lignes de Défenfe, ma Fortification félon mes nouveaux projets en 3, fèroit de beaucoup plus parfaite : Ce qui me porte à negli-9, ger les deux premières Méthodes des Flancs, pour éta-9) blir cette derniere, comme j’ay fait dans les 3. Réglés 5, de mes Fortifications, où toutes les lignes des Flancs font 9, 2. Angles droits furies lignes de Défenfe. Or la raifon que 99 j’apporte en faveur de ce fondement, ne confifté qu’en la „ confédération déjà dite, de n’eftimer que l’effort du Ca-„ non contre le pafïage des Galleries : Car qui peut douter, „ après tant de fâcheufesexperiences des Afîaillans faites en 9y divers Sieges, quêtant que l’Artillerie eft en état dans les ,, Flancs il ne foit tres-difficile de pafTer auxBaftions,& pref-,, que du tout impofïible 5 pouvant appuyer cette vérité par „ beaucoup de fameux exemples,!! la briefveté que j’affeéle, „ & la crainte de vous être ennuyeux ne m’empêchoit de vous en inftruire. Auffi me fuis-je étonné pluiieurs fois,
- «on
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- OU L’ART DE LA GUERRE. iSt
- Suite des Flancs V* des Casemates du Comte de Pagan*
- 3, non pas comme les autres , du peu de refiftance que font „ les Places les moins fortifiées des Pais-bas, mais de lare-„ putation des Hollandois en cét Art, puilque leurs Fortifi-„ cations ont fi peu de défenfe: Car dans un fi grand nombre ,, de Travaux & de Forterefies, à peine y. trouverez vous 3, des Fofîez bien défendus de l’Artillerie} ce qui donnant 3, l’avantage aux Batteries des Affiegeans, les Flancs font 3, facilement rompus 8c la Place bien-tôt perdue. Or ce n’eft 3, pas feulement en ces Provinces, plus glorieufes d’avoir 3, cultivé cette Science, que de l’avoir perfectionnée, ou 3, ces defauts font ordinaires &frequen s; mais par tout ail— ,, leurs, op l’on en fuit aveuglément les Maximes. Telle-3, ment que pour remedier à des inconveniens fi dommagea-,3 blés, j’ay trouvé les moyens de loger plus de 11, pièces de 3, Canon dans un même Flanc, lequel ne pouvant être battu 3, que d’un front égal à la largeur du Fofle de 16. foifes, ne 3, fçauroit être inferieur à la Batterie des Ennemis fur la Cou-? „ trefearpe; mais au contrairre beaucoup plus fort par le 3, nombre de l’Artillerie, & par les Parapets & les Plate,-for-3, mes achevées, devant que l’Ennemi foie en prefènee : De 3, forte que s’il faut pour paflér le Folié, que toutes les pièces 33 des Flancsfôient démontées, les Aflaillansauront beau-„ coup de temps à perdre en cette action, & plus encore û „ la difficulté d’en pouvoir battre les trois Canons cachez, „ ne fe peut vaincre.
- 3, Mais pour voué montrer enfin quelles font les nouvel-3, les difpofiticns de ces Flancs fi avantageux, je vous en ,, expliquerai les Figures fuivantes, où lesmefures y font „ toutefois fi parfaitement obfèrvces,qu’il ne fautfeulemenc 3, que les voir pour les bien comprendre.
- ,3 Les premières lignes des Flancs des trois Fortifications ,, y font divifées en deux: La première partie du côté de la 33 Courtine toûjours de douze toifes pour la largeur du Flanc 3} retiré} 8c le refte jufqu’à la Face du Baftion pour l’O-
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- 9, rillonouEpaulemeut, de douze toifes & deux pieds en la 3, grande Fortification ; de douze toifes en la moyenne ; & 3) de onze toifes & deux pieds en la petite.
- „ Tous les Flancs retirez font divifez en 3. Cazemàres de w diverfes hauteurs, & chacune diftinguée en Plate- forme „ dé quatre à cinq toifes de large, & en Parapet de trois d e-3, paiflèur.
- ,, Ils font tous formez fur les lignes de Défenfe prolon-n gées, occupant les Demi-gorges des Battions, & toutes 33 les lignes de ces trois Parapets font parallèles entr’elles, „ & perpendiculaires fur le prolongement débités lignes de „ Défenfo : Les autres diverfitez font telles par les variables 9j longueurs des Demi'gorges des Battions.
- En la première Figure3
- 9j La Forme du Flanc du Pentagone delà petiteForri-,j fication, eft en particulière remarque, d’autant qu’en ce », feul Polygone de mes trois Fortifications regulieres, les jj Demi-gorges des Battions, ou prolongemens des lignes jj de Défenle, ne font que de 2 z. toifes au plus ; & partant le jj premier des trois Parapets ne peut être que fur la première 5, ligne du Flanc entier, & les Plate- formes des deux pre-j, mieres Cazemates que de quatre toifes de large.
- j, La derniere ligne du fécond Parapet de ce Flanc eft de
- 14. toifes de longueur, & la derniere ligne du troihême j, Parapet de 14. toifes & demie, clofes par une autre ligne jj oblique pour y pouvoir loger deux pièces de Canon, ca-„ chées à la Batterie des Ennemis du bord de la Contrcfcar-j, peoppofée.
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- Ainfi vous aurez de l’efpace en tout ce Flanc pour y „ mettre treize pièces de grofle Artillerie : à Içavoir 4. dans „ la première & balle Cazemate, dont le Parapet de 12. toi-3, Tes doit contenir quatre Embrazûres en diftances propor-3, données: Quatre dans la fécondé & moyenne Cazemate, 33 dont le Parapet de 14. toifes doit aulfi contenir quatre Em-3, brazûres, en telle proportion, que celle du côté du Ba-33 ftion loit prilè en partie dans l’épaifleur delà Muraille, 3, pour être à couvert : Et cinq dans la troilîême & haute Ca-33 zemate, égale au Rempart de la Place, dont le Parapet de 33 quatorze toiles 6c demie doit contenir cinq Embrazûres , 33 en telle dilpolition, que celle du côté du Baftion (bit pa-33 reillement à couvert comme l’autre : Ce qui eft fi facile à „ comprendre, que tant de paroles y font plûtôt fuperfluës
- 3, queneceflaires.
- En la fécondé Figure ,
- j, La Formé des Flancs du Pentagone de la moyenne Fer* 33 tification, 6c de l’Hexagone delà petite, fe voit repre-3, fentée, d’autant que les Demi-gorges de ces deux Poly-3, gones arrivent à 26.6c à 27. toiles. La première ligne du 3, premier Parapet a 5. toiles dejetraite dans l’enfoncement 33 du Flanc, & la derniere ligne du même Parapet a quator-3, ze toifes de long. La derniere ligne du troilîême Parapet 3, a quinze toifes de longueur, afin d’avoir au long delàlig-33 ne oblique de ce Flanc trois pièces à couvert, des treize 33 Canons de Batterie qu’il peut contenir comme l’autre. ,3 Les Plate-formes ne font que de quatre toifes de largeur, 33 les Parapets de trois, 6c les Casemates aulïi dilpoiées en 3, haute, moyenne, & balle: De forte que depuis lapre-33 miere ligne dé tout le Flanc, julques à la derniere ligne 3, du troilîême Parapet, il s’y compte 24. toifes d’enfon-w cernent;
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- Suite des Flancs GF des Casemates du Comte de P a g A N*
- En la troijiême Figure,
- „ Parole la forme des Flancs du Pentagone delà grande j, Fortification, de l’Hexagone de la moyenne, del’Hep-,, tagone de la petite, & generalement de tous les autres „ Polygones des trois Fortifications, jufqu’à la ligne droite, j, dont les moindres Demi-gorges des Battions excédent le
- nombre de trente toifes.
- „ Mais parce que la différence de ce Flanc à celui du Pen* „ tagone de la moyenne Fortification n’eft qu’aux feules lar-„ geurs des Cazemates, celles-cy de cinq toiles, les autres de „ quatre, & tout le reftelèmblablej Je n’en dirai pas da-„ vantage, finon qu’en tous ces Flancs les portes ou entrées „ des Cazemates doivent être dans les Remparts du côté de ,, la Place.
- Et en la quatrième Figure,
- ,, Le Profil du Flanc du Pentagone de la grande Fortifïca* „ tion fe trouve reprefenté avec toute forte de juftette, & fi-„ guré lùr laMuraille de la Demi-gorge ou prolongement de ,, la ligne de Défenfe. La plus baffe ligne de main droite „ montre le fonds du Foffé, & la retraite de cinq toiles de 5, le première Cazemate. Les trois Cazemates s’y voyent en ,, leurs juftes proportions: la première ou la baffe delà hau-„ teur de deux toifes, la féconde ou la moyenne de quatre, 6c ,, latroifiêmeoitlahautedefix, à compter le tout du fonds ,, du Foffé, & fùppolànt la hauteur du Rempart de la Place ,, de trois toifes furie niveau naturel de la terre, &lapro-„ fondeur du Folié de trois toifes au deflous.
- „ Que fila hauteur du Rempart, & la profondeur du „ Folié n’écoient, par exemple , que de quatre toiles en
- „ tout, il en faudroit réduire les proportions des Cazemates
- „ à 8. pieds de hauteur pour chacune, & laiffer tout le relie 33 femblable & conformément aux mefures de l’Echelle de „ ce Profil, dont l’intelligence n’eft que trop aifée.
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- QU L’ART DE LA GUERRE.
- Vtrtûof van &et Aotyste StryH ag Je^vur, vandejüxlve &eel,Je Àoirate van dé Wal van Jej rxdenZÿnàe, vit dejfrondvan Je Gracié tôt aen de voet der Sotjhvrma van de Gondÿne -
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- ûonflruftion des Places felori le Comte de P AG AN# jDes Bafiions , des Remparts 9 Cr des JFoJfez..
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- TOas les Ouvrages des Fortifications & des Travaux de terre ne confiftans qu’en Fofîez ôc en Remparts, ceux-là fontpaflez après les Défenfes rompues par le Canon » & ceux-cy furmontez apres avoir été renverfez par les Mines. Maisoppofant par mes nouvelles inventions l’Artillerie a l’Artillerie pour la défenlè des Foflez, il me fauc de même oppofer la Mine à la Mine pour la conler-vation desRemparts, afin de n’apporter pas plus de retardement aupaflàge de l’un, que de difticulcez & de longueur aux Attaques de l’autre. A quoi ne pouvant toutefois arriver (ans apporter du changement en la dilpofition intérieure dbs Battions, je vous en fais voir maintenant cette nouvelle Figure, & en fon double Rempart la commodité delespouvoir défendre allez long-temps pour ei* maintenir davantage les Places. Car fi le Baftion eft tout rempli de terre, comme ils le font ordinairement, les Ennemis font toûjours au deflous de vous, & par la violence des Mines ÔC des Fourneaux réitérez, ils vous forcent en moins de trois jours à vous rendre, & vos Retran-chemens intérieurs & peu profonds ne vous donnent que le feul avantage de traiter pour le fâlut & pour la vie. Que s’il n’eft environné que d’un fimple Rempart, & que le temps & les autres occupations des Soldats ne vous permettent pas d’élever un. grand & convenable Retranchement, vous êtes pour lors contraint à capituler, devant que le Baftion fbit ouvertpar la première Mine: Mais fi après le Rempart vous avez un Folié de raifonnable profondeur , & puis un autre Rempart auflï haut que le premier, de même qu’en ce Plan d’un Baftion parfait & achevé félon mes nouvelles maximes , vous pourrez alors entretenir fort long temps les Aflaillans dans l’occu-parhn de gagner le premier Rempart, tant par les trois
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- ,, Canons cachez de vos Flancs, que par les Contremk ,, nés faites fous vôtre Rempart à loifir, &du fond du fè-5, coud Folle. Que fi nonobftant ces diffiGultez les Enne-3, mis fè logent furie premier effet de leur Mine, vous les 3, combattrez alors par front de vôtre fécond Rempart a 3, coups de pièces de Moufquet, par Flanc & à coups de 33 main des deux cotez du premier Rempart, & prenant 93 promptement le deffous h la faveur du fécond Foflé, vous 3, les rcn ver ferez par des Fourneaux faits à la hâte: Ainfi 3, vous fèrvant toûjours du même artifice, vous les obli-33 gerez à recommencer plusieurs fois le même jeu, avecau-3, tant de perte pour eux, que pour vous d’avantage & de ,3 gloire. Cependant afin de les empêcher de palier deflous 3, le fécond Folle, pour miner le fécond Rempart, & s’ou-33 vrir tout d’un coup le chemin au centre du Baftion, ne 3, manquez pas de faire creufer une profonde Tranchée le 3, long du fécond Fofle, du côté de la même Attaque.
- 3, Sans parler donc des autres avantages de cette nouvelle 3, difpofition des Battions, ni des autres Retranchemens qui 33 s’en font ordinairement vers la Gorge j jepafferai àl’ex-33 plication de cette Figure, reprefèntant le Plan d’un ÈaC „ tion parfait de l’Hexagone de ma grande Fortification , 3, pour fervir de modèle general à tous les autres, nediffc-3, rans entr’eux que par la variété des Angles, &parlesdi-3, verfes longueurs des lignes.
- Nota. Le LeEbeur remarquera que pour lui faciliter cet Exemple, au lieu de lui reprefenter feulement le Baftion precedent 9 comme il fe trouve dans le livre de ce Comtey je lui expofe ici fon Hexagone, fe pouvant fervir pour l'intelligence de fon difcours, de celui que nous marquons de la lettre A 5 ou de quelqu autre de la même Figure,
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- Suite des Baflions9 des Remparts, des FoJfez9 félon le Comte de P a G A N.
- 99 Tous les Remparts de cette Figure font de 7. toifosdc 1, largeur, comprifes les 3. toifes des Parapets, dans lefl 99 quels fe remarquent aufli les Murailles de 3. pieds d’épaifo 95 leur.
- 99 Le Rempart, des Courtines & des Battions, qui eft ce-,9 luy de la Place, eft de 6. toifes de hauteur, depuis le fond 99 du Folle jufqu’au T erre- plain de fa fuperficie, fur laquelle 99 s’élève le Parapet, de 6. pieds de haut en dedans, & de y. 9, en dehors, auquel tous les autres Parapets font femblables.
- 9) Le grand Folié de la Place eft de 16. toifes de largeur, & 99 de 3. de profondeur: s’il étoit plus large, la Contrebatte-99 rie des Ennemis auroittrop defrontforlaContrefcarpe, 9, & en incommoderait davantage le Flanc oppofe. Mais 99 s’il eft plus profond il eft encore meilleur, parce qu’il en 99 rend plus difficiles aux Ennemis, & les defcentes, Scies 99 paffages.
- 5, Les deux Flancs de ce Baftionfont femblables à ceux 39 de la traifiênie Figure du quatrième Chapitre. Et pour le 99 danger des furpriîes, à raifon de leurs baffes Gazemates, 99 des Murailles de fimple maflonnerie y doivent être bâties 99 for tous les premiers Parapets des Flancs d’une hauteur 99 égale à celle de la Place, lesquelles feront facilement abat-99 tues , lorfque l’occafîon s’offrira de vous fervir de vos 9> Flancs, en cas de Siégé.
- 99 Les deux Faces du petit Baftion du Centre partent toû-99 jours des coins du Flanc, & font conduites parallèles aux „ Murailles des Faces de tout le Baftion, formans un me-99 me Angle.
- 99 Lé Rempart en eft de la même hauteur, & de la même 99 largeur de celui de la Place, & le Parapet tout fèmblable , 99 s’unifiant au troifiême Parapet des Flancs.
- 9, Quant à la largeur du Fofié compris entre le premier & i» le fécond Rempart du Baftion, elle n’eft pas toûjours
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- ,, fèmblablej mais unpeudiverfè, félon la Fortification & „ le Polygone: Et là profondeur de deux toiles ou plus, fc-,, Ion le temps , ou la dépenlè.
- „ Et pour la communication du dedans de la Place avec „ le premier Rempart du Baftion , les quatre Portes des „ Flancs en font les plus commodes paflagesj comme il le ,, voit en cette Figure.
- ,, De la grande Contrefcarpe, defon Folié, ôcdelape-,, rite Contrefcarpe qui le couvre , j’en parlerai au Chapitre ,, fuivant, n’étant miles en cette Figure que pour reprefen-„ ter la forme qu’elles doivent avoir vers les Angles flanquez, ,, ou pointes des Battions, aux Faces defquels toutes les li-„ gnes de ces Contrefcarpes font parallèles.
- ,, Mais pourfçavoir de combien eft l’ouverture ou la va-,, leur de l’Angle de ce Baftion de l'Hexagone de ma grande ,, Fortification, faites comme il vous eft enfeigné dans le ,, troiliême Chapitre, ôc vous le trouverez de 86. degrez, 8c „ 3 6. minutes. Car ôtant l’Angle du Centré de l’Hexagone „ de 60. degrez de l’Angle flanquant de ma grande Fortifi-„ tion de 146. degrez & 3 6. minutes, il vous reftera pour ,, l’Angle des Battions de cét Hexagone 86. degrez & tren-,, te-fix minutes.
- ,, Et quant à ce qui concerne les Taluds des Remparts de „ terre, la malïonnerie des Murs, & tant d’autres chofes „ communes 8c ordinaires, je m’en remets à la conduite „ des plus expérimentez, & à ladiverle nature des Ter-,, rains, de la pierre, ou de la brique. Seulement ajoûte-,, terai-je, qu’il ne faut point d’autre chemin pour les R011-,, des que la Banquette du Parapet, afin de n’augmenter pas „ davantage la largeur du Rempart, que je louhaiterois plû-„ tôt, s’il fepouvoit, être moindre, pour la facilité des
- Contre-mines cavées du fond du fécond Folié. Ainfi ne „ failànt que des Guérites à tous les Angles du Baftion, 8c ,, des Embrazûres dans les Parapets, les Rondes en pour-„ ront ailément voir le pied de la Muraille.
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- Avantages des ConftruBionsfélon le Comte de P a g A NT.
- CEux qui fui vent les opinions de ce Comte, attribuent à Tes Conftru&ions & Maximes les Avantages que voici; I. Que par les nouveaux projets on peut facilement dei-lîner 8c tracer toutes fortes de Places, avec autant de promptitude que de juftefîe, non feulement pour la Conflruétion des petites, & des moyennes, mais même des grandes, en quelque lieu qu’elles foient fïtuées$ avec cét avantage, que le Pentagone de cette Méthode enferme autant deTerrain que l’Hexagone des autres maniérés; &ainfi des autres Figures, IL Que par fes nouvelles Maximes de faire aux Battions deux Fofîez& deux Remparts, d’oppofèr l’Artillerie à l’Artillerie, & la Mine à la Mine, il n’empêche pas feulement les Affiegeans de combler & de franchir le FofTé, avec leur facilité ordinaire, quand ils fe font avancez fur les Con-trefearpes; mais même il leur ôte avecl’ufàge des Fourneaux, toute la commodité de le pouvoir loger furies ruines des Brèches.
- III. Qu ayant trois Canons cachez, que les Affiegeans rie peuvent incommoder de leurs Contre-batteris, foit pour être trop éloignez delà Bricole, ou pour être trop cachez dans l’Epaulement de leurs Baftions , il ri y a point de difficulté que les Atlaillans en feront metveilleulèment incommodez dés qu’ils paroîtront, ou qu’il fè voudront loger fur les ruines des Brèches, parce que fes pièces y battent de revers.
- IV. Que fon fécond Baflion avec fon Rempart efl uri puifiant obftacle à l’Afïàillant, quand il fè fera engagé dans le fécond F ofîe : car alors il efl toûjôurs au milieu des A P* «fiegez, qui de tous cotez le peuvent aifément battre & brûler, avec Mines, Fourneaux, Gauderons, Bombçs, grenades & autres Inflrumens à feu.
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- Defavantages des Conflruttions dit Comte de P A G A N.
- CEux qui ont peine à recevoir les Maximes de ce Comte , avancent contre fès Conftru&ionsles obje&inns fui-vantes.
- I. Que s’il eft vrai que par de mêmes réglés on peutdef-fîner & tracer toutes fes Places avec cét avantage, que les Pentagones, & les Hexagones de fès Maximes égalent les Hexagones, & les Heptagones des autres Conftruétions ; il eft aulïi très-véritable de dire que fes Battions, qui ont leurs Gorges vuides, avec des Faces extrêmement longues , & des Flancs toûjoursexpolez aux Batteries des Affiegeans , font des défauts qui fiirpaflènt tous ces premiers avantages.
- 11. Que fès triples Cazemates four trop découvertes, Sc trop fiijettesà fè voir ruiner de l’Artillerie des Attaquans , qui peuvent fortaifément de leurs Contre-batteries emboucher leurs pièces, & enfuite franchir le Folié, & monter dans le Pan duBaftion, fans craindre la Moufqueterie de fes Flancs, qui en font trop éloignez.
- III. Que le nombre de les trois Canons cachez ne lùffic pas pour empêcher l’Alîàillantdefelogerlîirles ruines de la Brèche, parce quil peut dans le temps que l’on recharge lès pièces, s’y enterrer, ou y élever des Epaulemens.
- IV. Que la Conftruétion de fon fécond Baftion , qui n’eft qu’un Retranchement, qui augmente la dépenfedeia Fortification déplus d’un tiers, quoiqu’il foit vnide, n’eft pas une piece fort difficile à prendre, puifqu’à la faveur d’u-lie féconde Mine, on peutailement s’en rendre maître, 6c de la Place enfuite , fans que les Alïiegez puiflent dans ccrte extrémité élever aucun Retranchement dans ce Baftion vui-de, pour traiter avec liberté de leur falut.
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- Parallèle de ma Conftruttion avec celle dit Comte de Pag an.
- I. T^TOcre Méthode de fortifier fur le Polygone intérieur, afin d’approprier aux Remparts l’ufagc des vieilles Murailles , & la facilité que l’on a de conftruire toutes fortes de Places avec un même principe, eftfans difficulté une maniéré plus aifée que les fiennes : car il a befoin d’autant de diverfes réglés qu’il fe rencontre de Polygones diflemblables, fans compter l’embarras des parties proportionnelles qu’il faut prendre. D’ailleurs les défauts de fes Battions vuides, de fes Faces excef-iïves, & de fon Flanc trop découvert, donnent toute forte de préférence à notre Conftruétion, qui n’a aucun de ces défauts.
- II. Par nos Cavaliers, que l’Âffiegeant ne peut ruiner, parce qu’ils font toujours maîtres de fon terrain, nous épargnons la dépenfe de la fecondç & troifîême Cazemate de ce Comte j puifqu’on affûre, comme il eft vrai, qu’elles font trop expofées à la vûë des Affiegeans t & quoique nous nous puiffions fervir avec plus d’avantage que lui de la troifîême Cazemate, nous la négligeons en quelque façon, pour nous fervir de l’Arrillerie de nôtre Cavalier, qui eft d’un fervicebien plus confîderable.
- III. Par la dif pofîtion de nos Flancs, & la Conftru&ion de nos Cazemates enfoncées, qui cachent bien plus d’Artillerie que les fiennes, nos Canons y font placez avec bien plus de feu-retépour lapetitefledulieu, qu’ils ne font dans l'extremité de fes grandes Cazemates, quispeuvent être aifément découvertes du defliis des Contrefcarpes vis-à-vis des pointes des Battions, à quoi les nôtres ne font point expofées.
- IV. Nos Battions étant toujours pleins & folides, donnent moyen de s’y retrancher avantageufement, & d’y mieux difpu-terîe terrain, qu’on ne fçauroit faire dans lesfiens, qui font-toujours vuidesî fur tout, fi l’on joint nos deux Cazemates enfoncées, & que l’on pouffe des Fourneaux par leurs Magazins. Tout cela donne des avantages que ne donne pas fon fécond Ba-ftion, où même on ne peut faire ferme auffi avantageufement qu’on le peut faire de nôtre Cavalier,
- Fi» du troiftime Livre.
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- LES
- TRAVAUX DE MARS,
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- L’ART DE LA GUERRE.
- LIVRE QUATRIEME.
- DE L’ELEVATION DES REMPARTS,
- ET DU REVETISSEMENT DES PLACES.
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- LES
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- L’ART DE LA GUERRE.
- LIVRE &UJTRIÉME.
- J)es Inftrnmens & des Matériaux qui fervent 4 l3élévation des Remparts j des Parapets & . du Revêtiftement des Places,
- Chapitre Premier.
- jPes noms des principaux Inftrumens qui fervent à remuer & à tranfporter les Terres,
- COnime jufqu’à prcfent j’ay traité allez amplement des moyens qu'on pouvoir tenir pour tracer, tant fur le papier qu’à la campagne, toutes fortes de Places félon les differentes Maximes des Auteurs Anciens & Modernes, qui ont traité decétArtj je paflerai maintenant à leur Scénographie, où je traiterai de leurs Matériaux, &de la jnaniere de les bâtir.
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- LES TRAVAUX DE MARS,
- Noms des Inftrumens quifervent k ouvrir O* k creufer les Terres.
- POur fuivre l'ordre naturel du Travail, 6c pour donner une entière connoiflance des Terres, 6c des Outils qui peuvent fèrvirà les creufer, je commencerai par les Inftrumens qui fuivent :
- Le Pic marqué A,eft l’outille plus utile que nous ayons pour faire ouverture en toutes fortes de terres, de fables, & de lieux graveleux : fbn manche eft ordinairement long de trois pieds à trois pieds & demi, &fon fer, qui fe termine en pointe, eft environ d'un pied.
- Le Hoyau B a fbn manche de même longueur que le Pic , mais fon fer devers la pointe eft large de deux poûces 6c demi, ou de trois poûces : Il fèrt pour travail dans les terres fortes, féches,' engelées, ou pierreufes 'où le Pic ne faifànt que fbn trou, ne peut rien leparer. s
- La Pelle marquée C, fert à aflembler les terres que le Pic, ou le Hoyau ont leparées : la longueur de fbn manche eft d’ordinaire de trois pieds, 6c fa cueillere, ou là partie d'embas , eft de douze à quinze poûces de longueur fur huit de largeur : les plus fortes font de bois de chêne, & les communes de haître.
- La Pelle marquée D, fèrt particulièrement dans les pais où les terres font fortes, ce que le vulgaire .nomme ordinairc-jirgile^ terre graffe, ou terre à potier: leur manche eft d’ordinaire de trois pieds à trois pieds & demi, 6c leur cueillere eft d’un pied de longueur fur fix poûces de largeur; le plus fouvent cette partie eft ferrée jufqu’à fès deux tiers, pour «re de.plus longue durée, & pour mieux couper les Gazons, à quoi elles font fort commodes.
- La Bêche E a fa cueillere ou la partie bafïè toute de fer : fon manche eft un bâton environ de trois pieds de longueur; le defliis delà cueillere eft taillé à plat, afin que le travailleur y appuyé fon pied; la longueur de la cueillere a les mêmes di-jatenfions que celle de ia PeUép.
- Noms'
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- .$©» LES TRAVAUX DE MA RS*
- Noms des Jnfirttmens quifervent à tranfporter tes Terres
- d'un lieu k un autre.
- LA Hotte A eft faite d’ordinaire d’ofier ou d’autre bois qui fc peut plierrDans les Atteliers du Roi elles doivent tenirlhuit pouces de terre cubique, mais le plus fouvènt elles en tiennent plus ou moins, les Vaniers n’ayant pas tou)ours égard à cette jnefure.
- La Broiiette B eft faite de bois de fapin ou d’autre bois fort le* ger : Celles que l’on fait pour les Atteliers du Roi, quand elles font de fapin, ont leurs flafques ou longs cotez de quatre pieds, dix pouces & fix lignes de longueur, fur un pied ou quinze poû-ces d’épaifleur : Exemple C D.
- La largeur de la Flafque, vis-à-vis le milieu de la Caifle où l’on met la terre, eft de huit poûces : Exemple EF.
- La plus petite largeur des Fiafquès eft de trois poûces: Ex: GH* La plus petite largeur des Bras eft de deux poûces: Exemp. CI* La longueur dei Bras eft d’un pied & neuf pouces: ExemjxCK* La longueur de la Caiffe par fa partie d’enhaut eftd.’un pied 8c onze pouces: Exemple KL.
- La longueur des Fléchés eft chacune d’un pied f deux poûces & fix lignes: Exemple LD.
- La largeur de la Caifle par fon fond du côté des Bras eft de treize poûces : Exemple MN*
- La hauteur de la Planche de la Caifle du côté des Bras, ou du derrière de la Caifle,eft d’onze poûces 8c fix lignes: Exemp.OP* La largeur de la Caifle par le haut du côté des Bras eft d’uti pied trois poûces : Exemple K*.
- La longueur delà Caifle par fon fond, ou fa partie inferieure, eft d’un pied & deux poûces : Exemple O Q.
- La largeur de la Caifle par fon fond du côté d’avant, ou de la roue, eft d’un pied & deux lignes: Exemple RS.
- La hauteur de la planche de la Caifle du côté d’avant, ou de la youë', eft de deux pieds : Exemple QT.
- La largeur de la Caifle du côté d’avant par le haut eft de. deux pieds & deux poûces: Exemple LV.
- L’Eflieu de la roue entre les Flafqueseft long d’un pied, 8c a de grofleur**. poûces & 3. lignes, & fert de moyeu à recevoir les Rayes j il eft creux en dedans, où l’on fait pafler une verge dé fer qui fe rend dans les Flafques, & autour de laquelle le moyeu & la roué tourne.
- Le Diamètre de la Roué, en y comprenant les jentes, eft d’uiï pied & fix poûces. Nom
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- Noms des Inflrumens dont on fe fert pour voituref Us Terres par le moyen des chevaux.
- LEs pîus ufitez font les Tombereaux A, & le Camion B.
- Les Tombereaux font de differentes grandeurs, félon les differens Attelages qu’on y veut meure : Les plus petits, où l’on ne met qu’un cheval, tiennnent un peu plus d’un quart de toife de terre cubique, &„ceux où l’on en attelle deux 5. tiennent beaucoup plus. Dans les Atteliers du Roi à iTerfailles les Entrepreneurs fourniflent d’ordinaire les Tombereaux,& donnent pour l’homme ou Chartier,St pour le cheval, quarante fois, & cinquante-fixfols quand il y a deux chevaux attelez àii Tombereau.
- Le Camion, qu^n’cfl proprement qu’un Tombereau à trois roues, eft auffî de differente grandeur : il y en a qui le preferent au Tombereauc, à caufede la facilité qu’il y a à le charger & décharger, n’étant pas fi élevé fur fès roues ÿ principalement fur celle qui eft devant, comme on le peut remarquer dans les defteins que je donne ici;
- Le Camion defti né pour l’Attelage d’un cheval, a depuis Textremité defon derrière jufqu’à celle de fès timons, huit pieds & neuf pouces de longueur : Exempte A B. '
- La longueur de la Caifïe par le haut eft de trois pieds huit poûces : Exemple C D.
- - La longueur de laCaifle par embas eft de trois pieds & deux poûces : Exemple E F.
- La hauteur delaCaiflèeft de deux pieds ÔC demi, &par fois de trois pieds par devant: Exemple F D.
- La largeur de wCaifle par devant eft de deux pieds & S. poûces.
- La largeur de la CaifTe par derrière eft de trois pieds. L’Eflieu d’une extrémité à l’autre a de longueur cinq pieds SC quelques poûces.
- Les grandes Roues ont quatre pieds 8c demi de Diamètre j il y en-a-encore de plus hautes & de plus bafles.
- La petite Rouë a un pied & neuf poûces, & quelquefois deux pieds de Diapaetre. Noms
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- T«m. II
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- 3©$ LES TRAVAUX DE MARS,
- Noms des Terres de divtrfe nature.
- POur parler amplement des differentes na-m •’s des Terres, qui fe rcncontrentdanslesFondemens, je. uippoferai d’abord que le lieu où l’on veut creufer, foit en plat-pais, & non déroché, & qu’on fçache que l’on appelle Délits la feparation ou veine qu’il y a entre des terres de differentes natures, & que Bottfin eft la terre qui touche contre les lits ou le banc de pierre.
- Le Boulin eft quelquefois li pétrifié, qu’il fembie être de la même nature de la pierre ; & l’Appareilleur doit avoir foin , quand il donne le trait à fa pierre , que le Boulin ait été enlevé de deffus.
- La première Terre, marquée A, eftappellée communément par les Jardiniers & les Laboureurs, bonne Terre, parce que c’eft celle qu’on cultive : les Ouvriers en Maffonnerie appellent cette Terre première Terre j Elle porte environ 18. à 20. pouces de hauteur, & quelquefois jufqu’à deux pieds, félon la différence deslieux: cette première Terre eft noire de fa nature.
- . Enfuite de celle-là eft la Terre blanche, marquée Bî. elle porte ci nq ou fix pieds de hauteur, plus ou moins félon la diver-lité du terrain & du païs où l’on creufe, car les païs fablonneux n’en ont guere.
- La troifiême Terre C s’appelle CaittoUage blanc, gravais, & tuf. Elle porte jufqu’à deux pieds de hauteur, & eft quelquefois précédée de quelques Délits de fable D.
- La quatrième Terre marquée E, s’appelle Terre grajfe ou Marne; elle porte jufqu’à 3. pieds en hauteur, & elle eft de couleur blanche. Au dedans de cette quatrième efpece de Terre il fe rencontre un Délit de pierre marqué F, appel lé Banc de boiss elle porte environ 1 ç. poûces de hauteur : les Eaux perdues courent au deffus î on appelle ces Délits, la banne Terre.
- Plus bas que le Banc de bois, il fe rencontre deux Bancs de Marne fort dure, qui portent enfemble cinq à fix pieds, &ne font diftinguez l’un de l’autre que par un Délit humide, qui en fait toute la feparation : Exemple G.
- Enfuite vient le gros CailloüageH, qui porte par endroits jufqu’à 8.0119. pieds de haut, & au deffus eft un Délit de fable de cinq pouces de hauteur, &plus. Enfuite eft la Roche marquée I.
- Noms
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- Noms des different Sables.
- DAns la page precedente on a pû remarquer où l'on trou-voit le plus fouventles Délits de fable; mais comme il fè rencontre des Terrains qui font plus fàblonneux les uns que les autres , & que ces fables font d'autant plus ou moins gras, qu’ils font plus ou/noins humides, ou entremêlez de terre, je ferai remarquer ici leurs differentes natures.
- Parlant generalement des Sables , les uns font Mâles & les autres Femelles.
- Les Sables Mâles fè diftinguent dans un même lit d’avec le Sable Femelle, parce qu’ils ont une couleur plus forte ; & comme les Sables font blancs, jaunes, noirs, ou rouges, le Sable Femelle eft toûjours plus blanchâtre.
- Le Sable Mâle eft préférable au Sable Femelle pour bâtir dans des lieux humides, ou expofèz aux flots des eaux.
- Le Sable Femelle n'eftpas le meilleur pour travailler aux murailles qui font expofées au foleil du Midy, pour être d’une nature par trop defféchante.
- Le Sable de deftusla campagne n’eft pas fî bon, ou pour mieux dire, il ne vaut rien pour les Bâtimens, étant trop maigre ; celui qui fè tire dans la terre eft meilleur , étant toû-jours plus gras.
- Le meilleut Sable dans les pa’is chauds eft celui de Rivière , qui eft entre le gros & le menu : En ces Quartiers c’eft celui qui fait du bruit quand on le manie. Le fable qui eft fort mêlé de terre n’eft pas fi bon que celui qui en a moins.
- Le bon Sable fe connnoît facilement lorfqu’il eft moiiillé , ôc qu’il ne s’attache point aux mains ; car alors c’eft fîgne qu’il eft bon: le pire eft celui qui devient bourbeux quand on le met dans l’eau.
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- OU L’ART DE LA GUERRÈ. 305
- De la compâjttion du Mortier.
- J’Ay déjà dit qu’il ri y a point de meilleur labié pour bâtir que celui deRiviere, ou que celui qui fait du bruit en le maniant; & je me fouviens que lorfque je faifois travailler à deux Mines, qui couvroientla porte du'ChâteaudeFereire, fi-tué à l’extrémité de l’Eftramadoure, Province d’Efpagne, les Mineurs s’attachoient plutôt aux corps des pierres pour les réduire en pièces, qu’à les defunir par leur joint: auffile fable du Mortier de cét ouvrage avoir été apporté de la Riviere du T âge. Il eft vra i que la Chaux qui avoit été mêlée avec le fable, avoit été faite de pierre de marbre : ce qui m’a fait remarquer que la Chaux de Portugal fait un Mortier plus' dur qu’en ces Quartiers, parce qu’elle eft faite d’üne pierre qui tient fort de la nature du marbre, & qui eft beaucoup plus dure que celle dont on fait la Chaux en ces Quartiers. La Chaux la plus gralle eft toûjours la meilleure : après celle-là on préféré la plus pelante, ou celle qu’on a peine à broyer avec le Rabot.
- Le Mortier fe fait en diverfès maniérés , mais voici la meilleure & celle que j’ay le plus pratiquée : Lorfque la Chaux for toit du four, & étoit encore toute chaude, nous la fai-fions couvrir de fable, y mettant 3. Brouettes de fable contre une de Chaux. Ce n’eft pas qu’il faille toûjours fuivre cette mefure; car ilfe trouve du fable d’une telle qualité, que 6. Brouettes de ce fable peuvent fbûtenir une Brouette de Chaux, & le Mortier en fera meilleur que celui qui fe fait de fable maigre 9 où il faut mettre prefque autant de Chaux que de fable.
- La véritable eau pour faire le bon Mortier doit être de puits, de pluye, de rivières, ou de fontaines ; celle des marais n’eft pas fi bonne : car pour celle de la Mer elle n’y vaut rien, tenant toûjours le Mortier humide, àcaufedefon acrimonie.
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- 3io LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur le Mortier, CP" de la maniéré ds le rranfporter.
- COmme dans le.Chapitre fuivant je parlerai des Fondations & del’Elevation des Murailles qui fervent de revérifiera enc aux Remparts des Villes & aux autres Ouvrages de Guerre, je crois être obligé de dire ici la maniéré de rranfporter le Mortier, puifqu’il eft le principal lien de la Mafîbnnerie.
- Mais j'avertirai en pafianc que les murs que Ton bâtit à fec ou fans mortier, ne valent rien pour foûtenir des fardeaux confide-rables, comme font ceux des revêtifïcmens des Places, qui doivent refifter à l’éboulement & à la pefanteur des terres du Rempart & d es Parapers ; à coule que tôt ou tard ces fortes de murs à fec fe démentent par l’infînuation de l’air, qui fe glifianr entre les joints des pierres les mine infenfiblement vers leur milieu, & fait qu’une pierre ainfi rongée fe cafte facilement par cét endroit i parce que celle qui eft au defius Se en liaiion vers ce milieu, la fend par le grand poids qu’elle foûtient, & fait démentir ou renverfer le mur, ce qui n’arrive pas quand routes les liai* fons des pierres font bien garnies de Mortier.
- Le Mortier ayant donc été fait des matériaux fpecifiez dans la page precedente, Ôt enfuite ôté de fon Baffin A, le porteur du Mortier, que quelques-uns nomment Goujat ou Vol ter f en çhargerafonOifeauB, qui pour être bien placé, doit être pofé fur le Chargeoir C, qui eft haut d’environ quatre p;eds, 6c fait de moilons ou de plâtras, pofez les uns fur les autres : Quand l’Atelier eft grand, & qu’il faut beaucoup de Mortier, on fera le Chargeoir comme eft la marque D > avec une longue planche.
- Il n’y a point d’inftrument plus commode pour porter le Mortier en toutes fortes de lieux que l’Oifeau : fît je m’étonne de la fierté des Efpagnols & des Portugais, qui ne s’en veulent point fervir, àcaufe qu’il faut le porter fur les épaules, qu’ils deftinent feulement pour les armes, auffi ne voit-on chez eux aucuns crocheteurs, tous leurs Mariolles ou Porte-faix portant lesfardeaux furleurs têtes j deforte que leurs Voliers chargent auffi leur Mortier fur la tête avec des Planches de liege, & font fouvent trois ou quatre voyages pour un, àcaufe qu’ils n’en peuvent guere porter à la fois, principalement quand il faut monter une Echelle , où fouvent en changeant de main ils renverfent tout à bas. Ce qui ne leur arriveroit pas, s’ils fe fer-yoient de l’Oifeau.
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- OU L'ART DE LA GUERRE. ?n
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- jt> LES TRAVAUX DE MARS,
- Remarques fur la charge des Hottes , Brouettes , Haquets y
- Camions , O iféaux, &c.
- ENgeneral tous les animaux à quatre pieds ont les deux jambes de devant plusgrofles & plus courtes que celles de derrière, à caufe quelles portent plus fur leur train de devant que fur celui de derriete, le premier ayant a foûcenir la tête, le col, les épaules, & la plus grande partie du corps de l’animal, avec Tes inteftins (qui font comme le Centre delà, principale force : ) Mais le train de derrière ne confifte qu’aux deux fefles de l’animal.
- Auffi le train de derrière femble n etre plus élevé que celui de devant, qu’afin d’y tomber plus aifément par cette difpofî-fion, & des deux n’en faire qu’un, qui ait un feul Centre de force 8c de gravité ; ou que par la chute du train de derrière fur çelui de devant, il oblige les jambes de ce dernier train à quitter le terrain fur quoi elles fe repofbient, pour en prendre un autre plus large où elles (oient moins preflées ; ÔC c’eft cettç impreffion du train de derrière fur celui de devant qui caufe la vîtefle du mouvement de l’animal, & qui le foulage en l’obligeant d’occuper un autre terrain que celui où il étoit inr commodé.
- Auffi Texperience fait voir, que quand on charge une bête de fomme plus fur le derrière que fur le devant, elle avance moins, & même s’accule ou tombe à la renverfè; ce qu’elle ne feroit pas fi la charge étoit pofée vers lé garot où refide le Centre de force & la gravité de l’animalj & cela à caufe qu’il fe trouve deux Centres de gravité, un fous les jambes de devant pour lapefànteur de l’animal, &un autre fous le train de derrière pour.ja charge qui y efl pofée, qui par là pe-fànteur s’oppofeau mouvement naturel de l’animal, quieft d’aller en avant, lorfque pat fon poids elle ne demande qu’à chercher fon Centre de gravité.
- Ç’eft fur ces fortes dé reflexions que les Ingénieurs veulent que les Hottes, les Tombereaux, les Camions, les OU féaux,&c. (oient plus hauts par le devant, & moins élevez que par le derrière, afin qu’étant plus chargez fur le devant, ils n’ayent qu’un même Centre de force & de gravité pour fou -lager le porteur pu ce qui tranfporte les terres. Ch a-
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 313
- Chapitre II.,
- De la me fur e des Remparts , des Parapets ^ des Glacis 3 &c. & de leurs Fondations.
- CE Chapitre fait une des plus difficiles parties de P Ar-chireéhire Militaire, & comme foh fujet eft fore utile aux Intendans& aux Ingénieurs, qui font travailler aux Fortifications des Placés, rant pour connoître la quantité des terres qu’il faut vuider dans les Fondations, que pour fçavoir le nombre & la quantité des Matériaux qu’il faut avoir pour élever les Remparts, les Parapets, & les Murailles ouRevctiflemens des Places; j’aycrûqtie je lui devois faire tenir ce lieu, &yajoûterles melùres tk l’eftimation qu’on fait pour les terres que l’on cranlporte d’un lieu à un autre.
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- 914 LES TRAVAUX DE MARS,
- JD es me furet des Remparts , des Parapets Cr du
- Fojfedes Pt lies.
- DAns la page 5)7.dit premier livre, où jay parlé de la Conftru&ion des Remparts & du Fofle des Villes, j’ay dit qu’il n’ét oit pas poffible de garder les mefures exactes des Remparts, des Parapets ,&c. à caufe de la petitelT; des Plans.
- Mais maintenant que nous allons travailler fèrieufement au tranlportdes Terres, tant pour creulèr les Foflez, que ' pour élever les Remparts , les Parapets & les autres parties d e l’Ortographie, c’elt ce qui m’oblige à expoler la Table fui-vante, où les mefures de toutes les parties {ont marquées en pieds ) dont les iix font la toile.
- TABLE.
- FIGURES. |iv| v|vi|vii|viii! ix
- Bafe du Rempart 1 AC. |,4|6°166| 72J 7»l 84
- Talud extérieur du Rempart 1 IC 1 61 7I 7I 8| 9l 9
- Talud intérieur du Rempart 1 AG. I11I14I1 5I 16\ i8| 18
- Hauteur du Rempart 1 GH. 111114!i 5| I6| 18I 18
- Sommet du Rempart 1 HL.. i 3 6U 9I44148! Ml 57
- Ba(e du Parapet du Rempart 1 RL. i 1 2-114| 151 18I 20| 2-4
- Talud extérieur du Parapet 1 LT. I l| il il il 2I Z
- Talud inferieur du Parapet 1 RM. 1 1| li il 11 »l I
- Hauteur extérieure du Parapet TO. 1 4l 4I 4I 4I 4l 4
- Hauteur inter leur c^du. parapet 1 MN. 1 6\ 6\ 6\ 6\ 6 i 6
- Sommet du Parapet 1 SO. 1 9111U 2-1 Ml 17! 1 i
- Largeur de la Banquette 1 QX. 1 3l 3b îl 3l 3i 3
- Hauteur de la Banquette 1 PQ; ' 1 il 11 il i| il I
- Tcrre-plara 1 HP. {a1l2.1i2.5lx7 | i«i 19
- Lifiere 1 CB. | 6\ 6\ 6| (,\ 61 6
- Largeur du Fojfc 1 BD. |7i|84!96|io8|ito|i 151
- Talud inferieur CT* extérieur du Fcfje | B V, YD. >11 oj 10 j 1 o| 1 x| 1*1 I 2
- Profondeur du Fojfé 1 VK.YZ -1 10/io| I ol îl| ï il II
- Largeur du fond àu Fojfé 1 KZ. I51I64I76I 84I 96)108
- Coridor ou Chemin-couvert DE. |ii| 15I15l I7l 2I| il
- Hauteur du Parapet du Chemin- couvert | 1 4 | 6| 6\ 6| 6\ 6| 6
- Bdfe du Par. du Chemtn-couv. on : (Jlacts\ IF. |<>9i^9!691 70)74) 79
- La Banquette (e fait furies mimes mefures que celle du Parapet.
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- OU L’ART DE LA GUERRE, jij
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- 3i6 LES TRAVAUX DE MARS,
- Jiianiere de faire les Fondentens des Remparts , -O* dCautres Ouvrages dans des lieux Jecs,
- t
- Omme les Fondemens ne font que pour chercher la
- \^j Terre-Hernie, que les Ouvriers appellent d’ordinaire 7 uf ou Bartc de bois, ou pour trouver la vive Roche, on fera averti qu’il n’y a point de Fondement à faire, fi la Roche paroît d’abord fur le Rez de la campagne. C’eft pourquoi luppofant qu’il faille foiiillerla terre au lieu où l’on veut élever quelques Remparts, ou Murailles, on obfervera les précautions foi van tes.
- Premièrement, il faut Ravoir, fi la terre a déjà été autrefois remuée ou tranfportéede quelqu autre lieu; car fi elle l’avoitété, on n’approfondira point dedans, fans étayer les deux cotez du Fondement avec des Planches & de fortes pièces de bois , longues de la largeur du Fondement, afin d’empêcher que les terres ne s’éboulent, & qu’e'n s’éboulant, elles n’enfeveliflent dans leurs ruines les Ouvriers qui fer-voient au travail.
- Ces Etais marquez A, fè mettent d’aurant plus prés les uns des autres, que la terre eft plus ou moins pierreule, fablon-neufo, ou nouvellement remuée, ou apportée d’ailleurs. Car pour la terre forte & naturelle, elle n’a pas befoin d’être étayée, ou ne le doit être que fort legerement, étant affez capable de lefoûtenfr d’elle même.
- On remarquera que pour donner liberté aux Brouettes, qui tranfportentla terre des Fondemens, on leur doit faciliter un paflage ou plufieurs , pour aller & revenir avec liberté. Ce chemin fe laiflera large environ de deux pieds & demi allant en ferpentant, julqu’au bas des Fondemens, afin de gagner le terrain ; Exemple B.
- Les Ponts qu’on fait tant pour la conduite des terres, que pour le tranfport des autres matériaux, doivent être faits au milieu des Courtines, comme celui de C ; auprès des Flancs, comme le marque D j & devant les Faces, comme celui de E.
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- 318 LES TRAVAUX DE MARS,
- Du tranfport des Terres, avec la maniéré d'y laijfer
- des Témoins.
- JE viens de dire dans la page précédente qu’en fouillant les Fondemens, on dévoie y laifler un chemin large de deux pieds, ou de deux pieds & demi, principalement dans les Foflez creux, afin de donner liberté à ceux qui traniportent les terres, d’y conduire leurs Brouettes ; mais cela luppofo qu’il y ait un autre chemin par lequel on vienne remplir les Broüettes: Exemple A.
- Car autrement il faudrait tenir ce chemin de la largeur de quatre pieds ou environ, afin que les Travailleurs enflent la libertéde paflèr les uns auprès des autres (ans s’incommoder : Exemple B.
- Les Témoins font de certaines hauteurs, faitesdelamê-tne terre qu’on tranfporte, à laquelle on ne touche point ; on les faille dans les Fondemens & les lieux qu’on vuide, afin de icavoir au jufte combien on a tiré de terre en toiles ou en pieds cubiques.Une toife,ou un pied cubique,eft une toife,du un pied en quarré, tant en longueur, en largeur, qu’en profondeur.
- . Les Pionniers & les Travailleurs ont un grand foin quand ils font des Témoins, de choifir toûjours la partie de la terre la plus haute, afin d’avoir plus de profondeur à melurer ; mais les Ingénieurs & les perfonnes entendues les marquent à leurs entrepreneurs, en leur en donnant en lieu haut & bas, afin de faire leur roifé par tout égal, fi faire fe peut : Exemple C.
- Le prix du tranfport des terres dépend delà nature du terrain oc de l’éloignement du lieu où on les tranfporte : Car plus on approfondit un Fondement ou Fofle, & qu’on mene la terre proche ou loin, plus ou moins on en donne dupied ou de latoife. Quand c’cll: pour tranlporter la terre d’un Fof-féordinaire, on donne deux deniers du pied cube pour la conduire dans l’alignement du Rempart; quand on fouille une fécondé entreprise on donne un liard; après, quatre deniers; quelquefois on donne jufqu’à deux liards, mais il faut que le Folié foit creux , ou les Remparts bien élevez, ou les Ponts bien éloignez du lieu qu’on vuide. Ma-
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- 5io LES TRAVAUX DE MARS*
- Maniéré défaire les Fondement des Remparts O* d’autres Ouvrages dans des lieux humides.
- IL n’y a gueres de terrain humide qui ne (oit d’ordinaire ou en Marécage, en Bas pais, proche le courant d’une Rivière , ou fur le rivage de la Mer *, pour lors ne pouvanr creu-fer dans les terres fans y rencontrer auffi - tôt de l’eau, fï l’on eft obligé d’y élever des Murailles, on eft contraint pour les affermit, de piloter leurs Fondemens, afin d’en rendre l’af-fietteplus forte, & la Muraille plus aflûrée.
- Les Pilotis A font de certaines pièces de bois, que l’on fait plus ou moins longues, félon que la terre ou fable font plus ou moins liez enfèmble , étant quelquefois longues feulement de cinq à fix pieds, & quelquefois julqu’à 10.& 11. mais toûjours d’un bois fort dur, comme eft le chêne, qui a la propriété de s’endurcir dans l’eau. Le pied des Pilotis doit être ferré, afin d’entrer avec plus defacilité dans le fable, le banc de bois, ou la terre forte: Exemple R.
- Pour enfoncer les Pilotis en terre, l’on fert de la Hie* agencée & foûrenuë par trois pièces de bois, & élevée à force de bras, afin que quand on vient à la lâcher, elle chafïele Pilotis en terre; Exemple C«
- Lorfquè le Fondement des murailles eft piloté, l’on remplit de libage, de cailloux, ou de terre forte le vuide qu’il y a entre les têtes des Pilotis; puis avec de fortes planches qui doivent être de chêne, fi faire fèpeut, on lie ces. têtes les unes aux au très,le tout avec de bons bandages & des cheville* de fer .Cette façon de lier les Pilotis s’appelle Treillis ou Grily Si c’eft fur ce Treillis qu’on commence à pofèr les premières affifes de la Muraille, avec cette remarque que les pierres doivent être cimentées & lices enfemble avec des chaînons de fer qu’on y plombera pour les mieux arrêter : Exemple D.
- Ch a-
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- OU L’ART DE LA GUERRE, jîf
- z4e deeL
- • X
- Ttw.lh
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- pu L’ART DÈ LA GÜÈRRE.
- Chapitre II L Du Revêtijjemnt des Places.
- J’Entens parler fous le nom de Revctiflement des Places, de l’élévation des Murailles, que l’on fait d’ordinaire autour de la partie extérieure du Rempart, afin d’empêcher que fes terres ne s’éboulent par leur trop grande élévation ou par les eaux de pluies.
- Pour en venir à la pratique, je donnerai d’abord les nom s des principaux Inftrumens qui fervent à conduire les pierres t à les mettre en chantier & les mettre en œuvre*
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- 3*4 LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Injlrumens qui fervent k tranfporter les pierres pour la
- fabrique des Murailles, O* le Revëtiffement des Places.
- T A Pince A fert à feparer les pierres , & à les élever les unes de defïus les autres, ou à les pofer en chantier pour en faire la coupe, La Pince qui eft toujours de fer, efl d’ordinaire longue de trois pieds & demi à quatre pieds : elle eft courbée vers fa pointe, qui eft fendue en dents, afin de donner plus de prife en de certaines rencontres.
- Le Levier marqué B,eft une piece de bois d’orme, de frêne ou de quelqu’autre efpece de bois doux ( il eft long d’ordinaire de cinq à fix pieds, & a un de fes bouts taillé en lame de couteau, pour entrer plus facilement dans les joints des chofes que l’on veut feparer. On s’en fert préférablement aux Pinces, quand on veut 1 ever de gros fardeaux , à caufe qu’il donne plus de prife par fa longueur.
- Le Bar marqué C, eft fait de bois de chêne, ou de frêne, 8c quelquefois de fapin, qui n’eft pas le meilleur : il fert à tranfpor-ter à bras les pierres qui font taillées. Le Bar pour être bien fair, doit avoir fon treillis long de deux pieds & demi, fur deux pieds & trois pouces de large, lés bras font longs de deux pieds de parc te d’autre de fes extremitez.
- Le Chariot marqué D, eft d’ordinaire de bois de chêne, de hêtre, & le plus fouvent de fapin : il à fon timon percé en deux endroits pour y paflerdeux groflés chevilles de bois, que tiennent ceux qui le conduifenc, & où ceux qui le tirent attachent leur bricoles.
- Le Harna marqué E ( que quelques-uns nomment de Carrière, pour le diftinguer de ceux qui mènent du plâtre) n’eft proprement qu’une forte charette auffi faite de bois dé chêne ou de frêne : il fert à porteries libages ou les pierres qu’on employé aux fondemens des murailles, & même celles que l’on appelle Pierres de taille, dont on fait les Angles, les Chaînes & lesPare-mens des Murailles.
- Le Benar marque' F, eft une maniéré de gros chariot à quatre roues : il fert pour voiturer les plus grolles pierres par le fecours deplufieurs chevaux.
- Le Boulin G eft un brin de bois de hêtre, de chêne, de frêne, d’orme, &c. de la longueur de 5 .à 6. pieds: il fert à faire & àfoûtenir les échafaudages des Mafïbns, 8c dans la neceftité il 1ère de levier.
- La Cofe marque'e H, eft une planche de chêne ou de fapin , dont les Maffons fc fervent pour faire leur échafaudage.
- Echafaudage eft une maniéré de plancher fait de planches en faillie, horsd’un Mur qu’on veut élever. De
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- LES TRAVAUX DE MARS»
- De la coupe des Pierres.
- JE ne parle point ici du trait & de là coupe des pierres qui
- fervent à faire les Panneaux, des Trompes, des Vi(tes
- Saint Gilles, & de quantité d’autres beaux Ouvrages qui font
- l’enrichiflèment de l’Architecture civile; mais me tenant à
- mon fiijet, je dirai qu’une pierre de taille s’appelle Quartier,
- Carreau ou Lot ; & qu’une pierre a d’ordinaire fîx faces,
- principalement celles qui fervent à faire le Revêtilîement des
- Villes, ou le Parement des Murailles.
- | *
- Les faces oppofées d’une meme pierre ont le même nom, & par confequent une pierre qui a fix faces, a trois noms, à fçavoir, Lits, Doëles, & Têtes.
- Quoique generalement on appelle Lit le joint de la pierre qui pofê contre une autre : neanmoins c’eft comme une réglé generale en Architecture de dire, une pierre eft far Ton lie, lorfqu’elle eft pofee, comme elle fe rencontre dans la carrie-? re, qui eft toujours comme parallèle à l’Horizon, ou à la fa-perfide de la terre.
- On appelle Lit d’une pierre les deux cotez qui touchent uneautre pierre.
- On appelle Do'èle deux faces delà pierre qui regardent le haut & le bas.
- Et on nomme Tête de la pierre le parement de la pierre qui paroît hors & en œuvre.
- Le Panneau, que quelques-uns nomment Vouloir, eft une Carte, une feüille de fer-blanc, ou une piece de bois cour pée félonie trait qu’on veut donner à la Tête ou au Lit de la pierre.
- La Chaîne eft l’arrangement des pierres de taille, qu’on fait au milieu d’une Maflonnerie, ainfi qu’on peut remarquer par les lettres A, B, C.
- On remarquera, que tous les Angles des Battions doivent être de pierre de taille, avec vive arrête, finon à l’Angle du Flanc, qui doit être arrondi quand il n’y a point de Cazema-tes ; afin d’empêcher que le Soldat ne fe glifle entre le Flanc & h Courtine, & ne defèrte de la Gamifoù. Du
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- gVS LES TRAVAUX DE MARS,
- Du Bâtiment ou de VÉlévation des Murailles de pierre de taille.
- J’Avertirai d’abord que les Muraillles, (bit de pierre, foit de brique, qui approchent plus du plomb, font celles qui Ce foûtiennent le mieux; 8c que c eft pour ce fùjet que les Architectes dans l’élévation de leurs Maifons,. les font toutes à plomb, excepté quelque peu de frit qu’ils leur donnent en retraite, afin que le comble ne les pouffe: mais il n’en eft pas ainfi dans la Conftruétion des Remparts, des Murailles &des Chemifes qu’on éleve dans la Fortification; car l’Ennemi ayant toujours le deflein de les deftruire avec fonCanon, on eft obligé de les faire pancher ou talttter du côté de la Place, afin que ion Artillerie donnant contre, les Boulets ne faflent que les blanchir, ou s’enfevelir dedans ; ce qui n ’arri-veroit pas ainfi,fi ces Remparts & Murailles étoient à plomb : car les Boulets du Canon. donnant dans le pied de la Muraille , le defifus venant à s’écrouler , feroit montée à l’Aflie-geant, & facilitcroit l’entrée de la Place.
- Pour bien faire les Murailles , on leur donne fiir cinq pieds de hauteur un de talut, de telle maniéré qu’unë Muraille de vingt-cinq pieds de haut, doit avoir cinq pieds de talut: Exemple A.
- Le talut fe fait én cette maniéré: Le Fondement étant élevé jufqu’à fleur du Fofle, ou Rez*de-chauffée, onpofe les Maîtres ou Réglés fur l’alignement des Murailles, &on fait taluter ces Maîtres avec un inftrument appellé Efcarpe , marqué E, qui eft une piece de bois coupée félon la grandeur du talut, ainfi qu’il fè voit dans la Figure C, &dans la pratique D.
- Aux Murailles de brique on leur donne le même talut, y fai fan t dediftancc en diftance des Chaînes ou jambes de for-#e: Exemple B.
- Dè
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- De la fabrique des Portes, Guérites , CrEchavgtiettes
- des Places»
- I 1
- LEs Guérites font d’ordinaire de pierre ou de brique, & quelquefois de bois, mais alors il y en a qui les appellent Echauouettes.
- o
- Le véritable lieu pour pofer les Guérites c’eftaux Angles flanquez des Battions, & aux Angles des Epaulés.
- Quelquefois on en met au milieu des Gourtirles: Exemple A. A fin que les Guérites fbient bien faites, elles doivent être défiguré ronde, en Pentagone ou Hexagone, & élevées en faillie fur la pointe de l’Angle : leur plancher doit être dans le même alignement que le Cordon, quieftune efpece de Liteau, qui montre lafeparation du Rempart d’avec le Parapet: Exemple B.
- Jay dit que les Guérites doivent être en faillie ou moitié hors d’œuvre, & c’eft afin que la Sentinelle qui/era dedans , puifle plus facilement découvrir & le long des Faces, des Flancs &des Courtines, &même tout le FofTé, s’il étoit poffible: Exemple C,
- Leur hàuteür doit être de cinq à fix pieds, fur trois ou trois & demi de large: Exemple D.
- Les Portes font beauconp mieux placées au milieu des Courtines, que partout ailleurs, à caufe de la'grande largeur du Folle, & du voifinage des deux Flancs, qui en rendent l’entrée plus difficile, &ladéfenfeplusafTûrée: Exemple E.
- Les Portes qui doivent êcre armées de leurs Pont-levis , Herfès & Bacilles, ont d’ordinaire 14. à 15. pieds de haut, fur 10. à 12. de large: leur Guichet doit avoir en hauteur tout au plus trois pieds, ou trois pieds 6c demi, fur deux de large, afin qu’un homme n’y patte qu’avec peine, Le Guichet de la haute-Ville d’Albuquerqué en Efpagne, pour êcre de cette façon * fut caufe que nous ne la furprîmes point en 1669.
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- ü? LES TRAVAUX DE MARS;
- Des Herfes ^ des Orgues , des Corps-de-garde 9 des Ponts-, levis, des Bacules O* des Barrières.
- A Toutes les entrées des Villes on fait toûjours de doubles Portes. On met au deflus de celle qui eft du côté de la Place, une Herle Sarafine faite de plufieurs pièces de bois, armées par embas de pointes de fer, ôc difpofëes en forme de T reillis: Ton ufitge eft de (ùppléer au défaut de la Porte étant petardée ou rompue. La Herfè eft attachée par une corde à un Moulinet, qui eft au deflus de la Porte, & la Herfe s’abbaifi fèou tombe par deuxCoulifles, qui (ont entaillées dans les deux cotez de la Porte :Exem. A» Mais parce qü’en fichant quelques doux dans les Coulifles,ou mettant au deflous quelques Chevalets, on peut empêcher la Her(ê de tomber., on s’eft avili d’en faire d’une autre maniéré, qu’on appelle Orgues, qui font plufieursgrofles pièces de bois, chacune attachée par une corde ou par un Moulinet qui eft au deflus de la Porte; de maniéré que lâchant le Moulinet, toutes ces pies-ces de bois tombent debout, & bouchent le paflage de la Porte , quoique elles foienr rompues en partie : Exemple B»
- On fait au devant de la Porte qui regarde la campagne un Pont-levis, qu’on éleve avec la Bacule, qui eft en dedans la Porte, &qui foûtient le Pont-levis avec deux fortes chaînes : Exemple C. . ,
- Tout auprès de IaPorteildoityavoirunCorps-de-garde avec deux portes, pour courir plus aiféraent aux Armes, & des Râteliers pour les foûtenir : Exemple D.
- •Enfuite du Pont-levis eft le Pont-dormant, qui eft d’ordinaire de pierre, Ôeferoit bien mieux de bois; tout proche il doit y avoir un Corps-de-garde, élevé fiir des pièces de bois, & détaché du Pont, afin d’éviter les (ürprifos, & les entre-prifesdesPetardiers: Exemple EF. '.
- La Bacule marquée G, fert à fermer l’entrée du Pont-dor-roarit, & au devant eft la première Barrière, la fécondé étant (ur l’alignement des Palifîades, que l’on plante au deflus du Chemin-couvert, hautes de quatre à cinq pieds ; le tout eft marqué des lettres G, H. Des
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- 3M LES TRAVAUX DE MARS,
- Des Chemifes oh des Revêtijfemens de Gazjon O* de Fafcinei
- des Places.
- Es Revêtiflèmens des Places, ou les Murailles, fervent
- JL* naturellement à empêcher que la terre du Rempart qui s’éboule, ne comble le Folle : mais lorfqu’on fortifie des lieux où la pierre eft rare, & qu’on eft obligé de fe fervir de Gazon ou de Fafcines, on les fera comme il s’enfuir.
- Pour les Gazons, on choifit une terre grafle, pleine d’herbes, & on les fait larges d’un demi-pied fut une même haii-teur. Leur longueur eft d’un pied, quelquefois d’un & demi* félon la bonté du terrain. On les taille en telle maniéré que leur fbliditéfoit de figure triangulaire, ou que le derrière dé leurs paremens ou faces aille en pointe, afin que mêlez & en-taflèz avec le refte de la terre du Rempart, ils s’accommodent mieux, &compofent une feule mafleavec tout le corps dit Rempart: Exemple A.
- Pour les mettre en œuvre * on creufera leurs Fondemens de 8. ou i o. poûcesçn terre, puis l’on pofèra le premier Lit de Gazons que l’on attachera à la terre avec de bonnes chevilles de bois: le fécond Lit qu’on mettra au deffu s, doit être en liaifon, c’eft-à-dire , un par deflus les joints des autres qui font défions. On continuera toujours de cette manière dans tous les Lits, jufqu’à ce qu’on ait attrappé la hauteur du Rempart. On femeni entre les mêmes Lits de la graine d’avoine, de chien-dent, & d’autre herbe liante : de cette maniéré ou achèvera le Révêtiffement de Gazon ; Exemple B.
- Mais fi le Terrain n’étoit pas propre à faire des Gazons, on fe fervira alors de Fafcines, & on en pofera d’abord un Lir, que l’on attachera en terre avec de fortes chevilles de bois: en-fùite l’on mettra au deflus un Lit de terre, que l’on battra fortement ;, & puis au deflus on mettra un autre Lit de Fafcines, qu’on attachera avec de bonnes cheville/de bois, qu’on tâchera de faire enfoncer jufqu’aux autres Fafcines : & continuant ainfîdefuite, en multipliant les Lits de Facines, félon la difetee des terres, on élevera le Rempart & fon Rèvê-tiflement, comme il eft marqué dans l’Exemple C.
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- LÈS TRAVAUX DE MARS,'
- Utrefois les Souverains & les Communautez traltoient
- JLX avec des Ingénieurs pour fortifier leurs Villes, conformément au deflein qu’ils en propoloient, & pour les leur rendre en état de défenlè dans un temps limité; étant du devoir des Ingénieurs de fe pourvoir de Terres, de Pierres, de Chaux, d’Attelages, de Brouettes, de Pelles, & de tous autres Inftrumens neceflàires pour rendre un Ouvrage ache-
- vé.
- Dans cette vûe les Ingénieurs calculoient la largeur, la longueur , Sc l’épailfeur des Remparts, SCdes Parapets ; afin de lçavoir au jufte combien il falloir de terre, de pierre, ou d’autres Matériaux, pour toute l’Enceinte delà Place, Sc pour connoître au vrai combien il falloir creulèr Sc élargir les Fof-fez, Sc en combien de temps cela fe pouvoit faire : Ainfi ils difoient combien il failloit dépenfer.
- Maintenant on ne traite plus de cette maniéréLes Souverains ont des Ingénieurs particuliers, Sc des Intendans » dont les uns donnent le deflein des Fortifications, les autres fourniflènt la pierre, &d autres les Attelages: Ceux-là ont foin défaire hâter les Ouvriers dans le Travail, & ceux-ci ont l’ordre de fournir l’argent. En un mot cela pafle maintenant par tant de mains, qu’il eft difficile de lçavoir combien une Place coûte à faire élever, à moins qu’on n’aflemble tous leurs comptes en un ; ce qui ne fe peut faire qu’aprés que l’Ouvrage fera entièrement achevé.
- Mais la belle Oeconnomic pour fortifier une Place, eft de ne pas faire ces Remparts d’une hauteur extraordinare, Sc cela pour deux railons : la première eft, que c eft une dépenle exceflive Sc inutile 3 l’autre que ces Remparts fi élevez empêchent que ceux qui font derrière le Parapet, puiflènt défendre le Folié ÔC les Chemins-couverts j joint que les Remparts Sc les Parapets élevez font trop fujets aux Batteries des Aflïe-gcans. Du
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 337
- Du Toife' en general.
- IL y a dansl’Architecture Militaire suffi-bien desInten-dans & des Experts pour juger 8c pour melùrer les Ouvrages, qu’il y en a dansl’Archite&ureCivile; c’ertpourquoi je ne m’arrêterai pas à déduire fort au long la maniéré de leur Calcul : mais je dirai que des Toifes de travail étant multipliées par T oifès, il en vient des T oifes quarrées.
- Les Toiles étant multipliées par pieds, il en vient des pieds, dont les lix font la Toife quarrée, & chacun des mêmes pieds vaut lix pieds quarrez.
- La Toife multipliée par des poûces, donne des pouces; & pour chaque poûce il faut prendre un demi-pied quarré, qui font feptante & deux poûces quarrez.
- Les pieds multipliez par des pieds, donnent auffi des pieds, dont il en faut trente-lix pour la Toife quarrée.
- Les pieds multipliez par poûces, donnent des poûces, dont il en faut dpuze pour le pied quarré; & chacun de ces poûces vaut douze poûces quarrez.
- Les poûces multipliez par poûces produifènt des poûces, delquels 144. font un pied quarré.
- On remarquera que dans le Toile le vuide efteftimé&: melûré comme lolide, 8c que les Colomnes des Portes, des Architraves, des Frilês, des Modelons, 8c generalement tout ce qui eft enrichi de Mouiûres 8c d’autres Ouvrages dé fculpture, lèfontàl’eftimation, ou fe mefurent au pied.
- Ces principes bien entendus, fervent merveilleufement dans le Toile, qui demande une grande habitude dans les multiplications 8c les réductions de plufieurselpecesenune meme dénomination ; ce qui eft allez long 8c ennuieuxà faire à ceux qui ont beaucoup d’entreprifes. Auffi on le refout avec beaucoup plus de promptitude 8c làns grande différence, par l’ulàge de 1*Arithmétique en Difme, ainfi qu’on le peut remarquer dans les Chapitres de ma Gcomctrie curieule qui en traitent,
- Tom, IL
- De
- y
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- jj8 LES TRAVAUX DE MARS»
- De la mefure du Teifédu folide des Remparts, Parapets $ Banquettes, Fojfet9 Crc*
- ON toife toujours le corps du Rempart en particulier auflî-bien que celui du Parapet & de fa Banquette j & ajoutant leurs Tommes particulières en une feule, on aura toute la capacité du Corps ou du folide qui environne la Place.
- Soit à mefurer, par exemple, la folidité de tout le Rempart* depuis A, le milieu d’une Courtine, jufqii’à D, l’Angle flanqué d’un Baftion. Pour cét effet il faut avoir tecours à la Plani-metrie , & fçavoir combien la baze de tout ce Rempart ABCDEFGH contient de toifes en fuperfîcie. De plus il faut venir à la connoiffance de la fuperfîcie fuperieure du Rempart IKLMNOPQj» & fçavoir auflî combien elle contient de toifes en fuperfîcie j & ces deux fuperfïcies étant ajoutées ens femble, feront une fomme de laquelle on prendra la moitié.
- Puis foîent connues & ajoutées enfemble les bazes des cinq Pyramides R,S, T, V, N, qui fe forment aux Angles ren-trans, & qui ont leurs fommets fur le Rez-de-chauflee, & leur baze dans la folidité du Rempart j La fixiême partie de leur addition foitajoûtée avec la moitié exprimée dans l’article pré^ cedent.
- De plus foitfouftrait de cette derniere fomme totale la fîxïê-me partie de l’addition des bazes des autres cinq Pyramides Z. Y. 1.2. 3. qui fe forment aux Angles faillans, & qui ont leurs bazes fur le Rez-de-chauffée, & le fommet en haut. Enfin foit multiplié ce refte par la hauteur du Rempart, & on aura la jufte folidité de tout le Rempart de l’Exemple propofé;
- Continuant de même fur tous les autres Battions, on viendra à la connoiffance de toute l’Enceinte du Rempart de la Ville.
- Pour les Parapets & les Banquettes, on fuivra les. mêmes Réglés.
- Le Foffé fe trouve comme le Rempart, n’étant qu’un Solide renverfé.
- La Figuré 4. reprefente deux Pyramides de l’Angle rentrant B. Et la Figure deux Pyramides de l'Angle Taillant G.
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- J4» LES TRAVAUX DE MARS,
- Projil des Dehors.
- LEs Dehors , qui approchent le plus prés du Centre de la Place doivent toujours être les pl us élevez, afin de comman* der aux premiers, s’itè venoient à être pris » & eux-mêmes doivent être plus bas que le Corps de la Place, afin d’être toujours fousfadéfenfe.
- Ainfi la hauteur des Dehors fe limite félon la hauteur de la Place i & comme il eft très-rare de trouver deux Places d’une même hauteur, auflî eft-il très-mal-aifé de donner au jufte Pèle* vation précife des Dehors.
- Les terres qui fervent à élever les Dehors, fe tirent toûjours de leur Foffé. Ainfi on doit élargir & creufer ces Fofièz en telle forte, qu’on ait fuffifamment de la terre pour faire leurs Remparts, Parapets & Glacis.
- Pour le Ravelin A, quand il n’eft environné que du Chemin-couvert, fon Rempart fera affez élevé de 4. ou 5. pieds, ou d’une roife tout àü plus fur le Rez-de-chauflee, afin qu’il commande fur le Glacis du Chemin-couvert,’ & fur tout lereftede la campagne. Son Parapet doit être comme celui de la Place, c’eft-à-dire, de 6. pieds de haut, fur 1 <ç. d’épaiffeur tout ail moins. Quand les terres du Foffé font en abondance , on en remplit la capacité des Glacis, ainfi des autres Ouvrages.
- Quand un Ravelin B eft précédé d’un Ouvrage à Cornes C > alors le Rempart du Ravelin fera de 8. pieds de hauteur, & ce-lui'de la Corne de 6. afin que le Terre-plain de la Corne foit fous le feu du Ravelin. Le Parapet de l’un & de l’autre fera à l’épreuve du Canoîj, fi faire fe peut, auffi-bien que le Parapet des Ouvrages fuivans.
- Quand après un Ouvrage à Cornes il fe rencontre un petit Ravelin D, ou quelqu’autre Ouvrage, leur Rempart, fi l’on y en fait, doit être bas. C’eft pourquoi il fera affez élevé de 5. Ou 4. pieds fur le Rez-de-chauffée • & fi cét Ouvrage étoit encore précédé comme d’une Tenaille E, ou d’un Bonnet-à-prê-tre F, on ne leur fera qu’un Parapet, afin que des Ouvrages fi éloignez foient fans élévation, & fujets auxdéfenfes des autres Dehors qui font derrière.
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- OU L’ART DE LA GUERRE. 54s
- Y 3
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- m LES TRAVAUX DE MARS,
- Profil des Forts de Campagne.
- ON fait quelquefois de ces Forts auprès d’une Ville pour fortifier des Commandemens, des Paflages de Rivières, & d’autres Poftes, qui pourroient faciliter la prife de la Place. Les Affiegeans en fortifient auffi leurs Lignes de Circonvallation, leur Parc, & leur Quartier des Vivres.
- De tous les Forts de Campagne il n’y en a point de plus ufirez que la Redoute & les Forts à Etoile, à quatre ou à cinq Angles, qui font neanmoins plus foibles que le Quarré fortifié de quatre Demi* baftions. ,
- Tous ces Fortsfont grands, moyens, ou petits.
- Les petites Redoutes A fervent d’ordinaire de Corps-de-gar-des dans les Tranchées. Elles ont leurs cotez longs de tf.toifes. Les moyennes les ont de 8. & les grandes de 12. & plus, félon l’étendue du lieu qu’on defire occuper.
- Les petites n’ont d’ordinaire qu’un fîmple Parapet, avec une ou deux Banquettes; II n’eft pas neceflaire que ce Parapet foie à l’épreuve du Canon ; 8. ou io. pieds d’épaiueur fuffifent, avec un Fofle de pareille largeur, à cinq pieds de profondeur.
- Les moyennes B fervent à défendre les lignes de Circonvallation. Ellesont trois ou quatre petites Banquettes, ou un petit Rempart, élevé fur le Rez-de-chauffée de 4.ou pieds, afin qu’elles découvrent & commandent fur la Ligne de Circonvallation. Leur Fofié doit être plus large que celui de la Circonvallation de 4- ou y. pieds, & la hauteur de leur Parapet au-deflus des Banquettes fera de 4. pieds.
- Les grandes Redoutes C n’ont point de mefure déterminée pour leur Rempart : mais leur Parapet doit toujours être à l’épreuve de l’Artillerie, & leur hauteur au-deflus des Banquettes de quatre pi eds & dem i.
- Les Profils des Etoiles E, & des autres Forts de Campagne F, grands, moyens ou petits, fe feront fur les mefures des Redoutes précédentes, à raifon de leur grandeur & étendue. Oti remarquera que tous les Forts de Campagne doivent être frai-fez pour empêcher la defertion des Soldats.
- ABLE
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- TABLE ALPHABETIQUE
- D U
- SECOND TOME DES
- TRAVAUX DE MARS
- O U D E
- L’A R T m LA GUERRE.
- 3
- A.
- Banc de pierre.
- Bar.
- pfuts de Canon. Barrière.
- ÿ*ge 24 Baftions pleins. 44 Baftions vuides. 221 Bêche.
- 2 Benar.
- 500 Boulevards.
- 44 Boulin.
- 48 Boufin.
- 310 Bçoüectç.
- Àlbuquerque.
- jileni..
- Angle mort.
- Argile.
- Àronche.
- Ârpenr.
- Atelier.
- 64.
- ibicL.
- 3 H
- 33* 68 ibid„ 300. 324 IjP. 1 "J 2
- 324
- 306
- 502
- B,
- C.
- BAcules. 330.332 Ailloüage.
- Banc de Bois,, 506 V-jCaiflç,
- 30(î 302.304
- Camion
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- TABLÉ.
- Camion.
- Candie.
- Canne Romaine.
- Canons cachez.
- Carreau.
- Cartouches.
- Cavalier. 20.64.66.15$ Cazemates. 20.3 4.41 * 11 o.
- 259.278 Chaînes.
- 3°4
- 41
- 210
- 16
- 3i6
- H
- F
- F.
- Àfcines.
- Faulle-brayes.
- Chargeoir.
- Chariot.
- Chaux. Contregardes. Corps-de-garde.
- 326
- 3 10
- 324
- 309
- 222
- 33*
- Ferreira. Flalique. Fondemeris. F rit. Fritach.
- p.
- b.
- .Elits. De-Ville. Doele.
- Dogen.
- Dole.
- G
- Azon.
- 334 70. ju
- IIO
- 44
- 302
- $i6
- 328
- 127
- 334
- Gio da San G allô. 232
- D
- 306 S. 32.247 32 6 8.31.163 324
- Goujats.
- Gravois.
- Gril.
- Guérites.
- Guichet.
- 3IC
- 306 2(ib
- 3.3®
- H.
- Ë.
- EChaffaudâge.
- Echarpe.
- Echauguettës.
- Errard.
- Èlcalier.
- Efcarpe.
- Etais.
- HA ma. Herles.
- 324 Hie.
- 8 Hotte. 330 Hoyau.
- C 3 1 • 7 >
- 20
- Eigne.
- 324
- 33°* 3 35 320
- 3e-
- 324
- 4<S
- Lirv
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- TABLE.
- Lit.
- Lot.
- 326.
- Places-hautes. 20.^4.37
- M.
- Agazin.
- M Marchi. Mailbn meurtrière. Maîtres.
- Mariolles.
- Marne.
- Marolois.
- Mille.
- Mortier.
- 20 209 22 328
- 310
- 306
- 6. 31.89
- ¥
- 309
- Plate-formes. Pointe de Baftion. Pont-dormant. Pont-levis. Pontoni.
- Ponts.
- Portes.
- Pouces.
- Q,
- Q
- .Uartier.
- O.
- Ilèau. Orgues. Orillon.
- R.
- O
- P.
- 310 TJ Edents.
- 332 X\. Redoute. ,22.82.260 Retirade.
- Retranchemens.
- Revêtiflement.
- P
- Agan.
- (î.33.271 Palme Romain. 21 o
- S.
- Panneau.
- Parement.
- Pas.
- Pelle.
- Perche.
- Pic.
- Pied.
- Pilotis. Pince* Places-baffes,
- 32 6 ÇAble. ibid. l3 Sardi.
- 46 Seconds-Flancs. 300 Scénographie. 46 Stade.
- 300 Stevin.
- ¥337
- 32d
- 3 H 20*261
- 154
- 18
- 33*
- 33°-33*:
- 222
- 316
- 330
- ¥•337
- 326
- 2.4
- 342
- 68
- ibid.
- 334
- 308
- 32.237
- 60
- 299
- 46
- JM‘7
- Témoins.
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- T A ô L Hi
- T,
- Emoins. Terres* Teftes. Toile. Tombereau. Treillis.
- Tuf.
- 3,S V v8ef
- 304 V Vouer* 316 Voufloir.
- 4^337
- 364 326 ^ 306
- 4«
- 310
- 316
- Fin du Second Tïtot*
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