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Nouvelle fortification, tant pour un terrain bas et humide que sec et élevé, representée en trois maniéres sur le contenu intérieur de l'exagone à la françoise
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- NOUVELLE
- FORTIFICATION,
- TANT POUR UN TERRAIN BAS ET HUMIDE, QUE SEC ET E’LEVE’,
- Reprcfentée en trois manières fur le contenu intérieur de
- LEXAGONE
- A LA FRANÇOISE,
- Où Ton fait voir quelîeefl: la Force des Foflèz
- focs modernes, & de ceux qui font pleins d'eau*
- «yfvec une méthode moderne de Fortifier ïes Places
- Maritimes, auffi-bien que celles qui font jïtueés furie bord des Rivières, cr comment elles doivent être battes.
- Comme aulïî l’Attaque de chaque méthode,^comparée tant en fa force particulière, qu’en fa dépenfe, â la Pratique de Fortifier les Places à la Françoifc.
- Par feu MlNMO BARON DE COIHORN^
- nérai de P Artillerie, Lieutenant - Général cic F Infanterie, Directeur - Général de* Fortifications des Provinces - TJniet, Gouverneur de la Flandre, & des Fortereffes fur l’Efiaut, &>V.
- Traduis du Flxmend en
- A LA HAT Eifj
- Chez Henry van Btjlderen, ManpiandLibraire^ dans le Pooten, à l’Enfeigne de M £ z
- M. JD C C« V t
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- A MONSIEUR,
- GUILLAUME LE
- VASSEUR DES ROQUES,
- DIRECTEUR DES APROCHES, ET DES FORTIFICATIONS, AU SERVICE DE LEURS HAU* TES PUISSANCES.
- Le Traite de Fortification publie1 depuis plusieurs années par <£Adon« fleur le Baron de Coehorn, étant * £
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- E P I T R E.
- généralement e filmé de tous ceux qui connoiffent le prix des bons Ouvrages , fiai fuivi le confeil qui ma été donné de le faire Traduire en François, pour l'utilité des perfonnes qui n entendentpas la Langue Flamende. Cette TraduBion étant enfin achevée, fiai crû, MONSIEUR, devoir Vous l'offrir préférablement à tout autre. Vous ave^ une vénération toute particulière pour la mémoire de l'iîlufire Général à qui mus fommes redevables de ce Traité / Vous ave^ eu l'honneur de le future prefque dans toutes les occafions où il s'eft fignalé d'une manière fi éclatante, pour le fervice de fa Patriej Vous lui ave^ vû mettre en pratique les excellentes maximes qu'il enfeigne dans cet Ouvrage: ce
- Grand Homme, qui connoiffoit Votre capacité, l'application avec laquelle Vous fervie^ ïEtat, Vous a toujours honoré de [on eftime Qf
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- E P I T R E.
- de fin amitié. Toutes ces raifins me font efperer que Vous recevrez avec plaifir le prefint que je Vous offre, ne pouvant Vous en faire qui puijfe Vous être plus agréable ; je fuis,
- MONSIEUR,
- Vôtre très-humble & très-obéïïFant ferviteur,
- HENRI van BULDEREN,
- *
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- PRE-
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- PREFACE.
- A ceux qui s appliquent a VEtude de la Fortification*
- j^OUS donnâmes au g Public, il y a quel-p ques années, la For-p tification du Penta-gone Royal, avec les Ouvrages détachez , où nous joignimes le plan de la Ville de Coevorden, *avec les chan-gemens avantageux qui y ont été Faits, auquel deffein nous trouvons la force , ( felon la métbpde moderne ) par le couvrement des Flancs, Ibit en ne laiffant autre Terrain pour la Contre-batterie des Af-fiégeans, qu’à la diftance de cent çinquante-deux toifes du Flanc d’en-
- haut,
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- PREFACE haut, ou en failânt des * Battions * détachez devant les Angles des Bat tre Pentagone tions capitaux, qui ne lainent aux At Fortife% fiégeans quevingt-fix toiles de Terrain pour leurs Contre- batteries , contre loixante des Flancs haut 8c bas 5 outre que par le Canon caché,
- ( Traditores ) & par l’Orillon, nous commandions d’un Angle de dix dé-grez la brèche que l’ennemi êtoit obligé de faire proche de l’Orillon pour éviter un comblement au milieu de la Face, par un fofle large de quarante-fix toifes, celui proche de l’Orillon «étant que de vingt-huit toiles. * Au relie nous avons fortifié le dit Pentagone devant chaque ' Courtine par deux demi-Baftions,
- 8c un entier, qui le défendent l’un l’autre par leurs Flancs. Mais devant chaque Courtine de Coevorden nous avons fait conftruire trois Bat tions détachez, qui fontauffidéfendus par divers Flancs. Outre cela
- * 4 les
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- * Mallet dans la fin de la Préface de la fécondé Partie des Travaux de Mars.
- PREFACE, les Tirs-en-brêchc y font de vingt-deux , ou quarante dégrez tous à la portée du Moufquet ; lcfquels Bat tions détachez on eft obligé d emporter avant que de pouvoir attaquer les Battions capitaux.
- Nous fortinrions par une fembla-ble, & par plufieurs autres manières, là où on ne conftruit que deux Ouvrages détachez devant chaque Courtine, & où mêmes les foffez de la Contreicarpe font défendus perpendiculairement par les Flancs de la For tereffe capitale ; G nous /apposions, comme la méthode Françoifo le fait, que fa force confifte feulement en cela, que l’on rende le feu des Flancs continuel, Qf leurs effets inévitables. * On entend par ces dernières paroles les Canons cachez derrière rOrillonT ( Traditores. ) Mais je ne vois pas encore , comment ils pratiquent cela ; car je montrerai que leurs Flancs ne font pas couverts,
- mais
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- PRE FAC E. mais effectivement ouverts, puilque pour leurs foibles Ravelins ils ne peuvent pas empêcher que l’Eni-emi ne ruine ces Flancs par une bien plus grande Contre-batterie.
- Tous lejfquels défauts nous corrigeons par cette méthode , & quelques autres ; car fi jamais les Flancs ont été couverts, 8c les Tirs-en-brê-che grands, on les trouvera tels dans nôtre Deffein de Coevorden. Si donc toute la force dune Fortereffe con-fifte dans les Tirs-en-brêche, ouïes Canons couverts , comme iZAâallet l’affure, ledit deflèin donnera bien plus de fàtisfaCtion que celui de cet Auteur , parce que fà brèche naeft commandée que par fix à fept dé-grez, & que fes Flancs font trop ouverts.
- Mais parce que la multitude des Ouvrages détachez déplaifoit à beaucoup d’Ingenieurs dans nôtre dit Traité, & à ceux-là même qui * j croyoient
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- PREFACE.
- croyoient que les vieux Ravelins, les Demi-Lunes > les Ouvrages à Corne, & Couronnez, 6c autres femblables Ouvrages inutiles 9 étoient avanta* geux à une Forterefle, nous dirons, que pour des raifens fofdites nos de£ feins précedens ne font pas à comparer avec la Méthode moderne de Fortifier. Mais fi l’on les revêt de murailles, on fait trop de dépenfe; ce quon doit pourtant faire pour donner lieu aux Tirs-en-brêche, ce qui en eft le plus eflentieh
- Nous n’aurions pas donné au Public le Pentagone, fi des raifons particulières ne nous euffent obligé de le faire ; outre que nous ne pouvions pas nous en diipenfer dans le deffein que nous avions d’y conftruire autant d’Ouvrages détachez, qu’il eft pof. fible félon l’art : enfiiite nous nous femmes trouvez obligez d’y joindre la Fortification de Coevorden, parce qu’on la croy oit de moins de for^
- ce,
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- PREFACE.
- ce, que nous ne lavions rendue.* * nya-u
- _ 1 . Fig. B. du dit
- Et comme nous avons promis dans Traité, ledit Traité d’enfèigner au Public de meilleures méthodes, nous làtis-faifons ici en quelque manière à nô-trepromefïè, d’autant plus que ledit Pentagone ne peut être appliqué quà un Exagone. Alors elle aura une ligne de défenfe de cent quarante toi-fes de bien plus de force. Mais ce que nous appliquons à Cocvorden, ne peut être pris que pour un Epta-gone, comme CoeaJorden même.
- Çe que nous donnons à prefent, confifte dans la Fortification du contenu intérieur de l’Exagone Royal François de 57600. toiles carrées, çe que nous faifons de trois manières.
- Nous avons clioifi la méthode Françoilè, parce que nous n’en avons pas trouvé julqu’ici de meilleure parmi ceux qui lè font appliquez à la Fortification. On nous en a communiqué le Plan il y a quelques an-*
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- PREFACE, nées, fous le nom d’un Ingénieur renommé. Mais fi par hazardiln’efl: pas le véritable , & qu’il différé en quelques parties, on nous excufera, n ayant pû en trouver un plus exaét.
- C’eft là la méthode fi agréablement reçue dans prefque toute l’Europe, dont les François s’attribuent l’invention. Mais on me pardonnera , fi je dis, que cela n’eft pas conforme à la vérité : puifque dans un tems où l’on étoit encore fort peuverfé dans l’Art de Fortifier, je veux dire l’an i j8y. ( Speckie, qui eft un Alleman fort renommé ) l’aenfei-gnée prefque de la même forte dans Ion Traité de l’Archite&ure des For-terefles dans les Planches N°. 8. & ii. excepté que les François y ont changé quelques choies , principalement à l’égard de l’épaiffeur des Grillons, où ils ont avec beaucoup de raifon ajouté la FaufTe-braye détachée devant la Courtine.
- Mais
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- PREFACE.
- Mais cette méthode de Fortifier qu’a-t-ell'e que desFlancs découverts, y ayant fur le Parapet de la Contre-fcarpe bien plus de Terrain pour les ruiner. * Cela étant fait, les Allié- * rayez, gez ne pourront pas empêcher les F,£mA^Sm Aflïégeans de remplir les foflez capitaux, leur feule défenfe étant de défendre la brèche, qu’ils commandent d’un Angle de neuf dégrez.
- Ne peut-on donc point s’étonner que pendant un fiécle entier l’on ait fi peu corrige la Fortification, d’autant plus quelle degeneroit tellement, que peu après Spéculé , on ait reçu BarUduc en France, 8c dans les Païs-Bas, la méthode de cTldarolois, 8c de Frytag. Ces deux derniers ont été en telle eftime, qu’en beaucoup de Pais on a jfuivi leurs manières, comme des régies communes , tellement qu’en ces derniers tems on a conftruit félon leurs defleins j quoique la méthode Françoife moderne
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- PRÉFACÉ.
- derne commençât déjà à être en vague, & que Heideman 8c Mallet nous en eufïènt donné de meilleurs deffeins fur deux Polygones d’une certaine Fortereffe, avec cette feule différence qu’ils ont pris une plus grande défenfe, & que les Flancs y font fait perpendiculaires, les Oril-Ions omis, 8c n’y ayant des Fauffe-brayes que devant la Courtine & les Flancs. Les autres Polygones font Fortifiez àlaFrançoifè , hormis qu’il ny a point une Fauffe-braye détachée devant la Courtine.
- Il paroît donc, que l’on a pu durant tout un fiécle fuprimer la vérité j 8c qu’au lieu de jfuivre fon deffèin, on s’eft attaché jufqu’à l’extremité à des méthodes Amples.
- Voilà les raifbns qui nous ont porté à publier ce Traité. Nous donnons nos trois deffeins des Figures, qui ne différent guéres , quoique nous pufïîons agir autrement :
- ce
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- PREFACE, ce que nous failons, pour foulager autant quil eft pofîible, ceux qui s’appliquent à l’étude de la Fortification, mais on leur donne la même méthode de défendre, que l’on a donnée à la moderne. La différence confifte pourtant en ceci> que nous rendons nos Flancs plus grands, les couvrant entièrement contre les Contre-batteries , de forte quon ne les peut découvrir , qu’après un long travail, & de très peu de Front; aufli commandons nous nos brèches dans les Faces capitales par des pièces cachées * d’un Angle, non pas de neufdégrez, fg*, Tradi‘ comme la méthode Françoifè, mais d’un Angle de dix f, onze *, & dix- | fept § dégrez; outre que nous avons ^al encore beaucoup de Tirs-en-brêche, + ïoa,°~ êc des reux tant couverts , que de-couverts, qui commandent d’un An- goneRojal gle plus grand. Après cela nous t,g% leur donnons cette force , que l’on trouve dans les folfez fées.
- II
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- PREFACE.
- Il faut avouer avec Heideman, Alalletyôc autres célébrés Ecrivains, que la principale force d’une Forte-relfe doit commencer auflî-tôt que les Aflîégeans le font avancez à la faveur de leur Remplage proché des Battions capitaux des Fortcrefles modernes : mais il faut avouer auflï, que l’on ne tirera pas de la méthode Françoiiè le même avantage que de nos defleins. La raifon eft, que les Aflïégeans ayant fait la brèche, attaché le mineur, & achevé le Remplage, ouvriront par leurs Mines premièrement la brèche , & ruineront la Contre-galerie, * joignant la brèche. Cela fart, on préparé par le cours de diverfès Galeries beaucoup de Mines au-deffous du Baftion, dont les Aflîégez en pou-ront bien découvrir quelques-unes, mais il ne leur fera pas poflîble de les rendre toutes inutiles. Après cela, ayant faitfauter une Mine, &
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- PREFACE, tiré par tout le Canon, fur la brèche, pour faire une confufion, on monte à l’aflaut. Si les Afliégez le retirent, alors les Aflaillans auront l’occalion de pénétrer dans laFortereflè; mais s’ils tiennent ferme, on fèra-aux mains julqua ce qu’on y ait attiré un grand nombre des Afliégez 5 & alors on fera fauter une ou deux Mines préparées au-deflous du terrain, où le trouvent les Afliégez, après avoir donné quelque lignai aux Aflaillans pour les avertir de le retirer un peu. Nous ne doutons point,que tout cela ne loit toujours capable de confondre tellement ceux qui défendent la brèche, que les Afliégeans continuellement fécondez, y pourront pénétrer, & forcer les Afliégez de quiter le Bat tion, & de le laiflèr aux victorieux.
- Si Ion conlîdere bien tout ceci, on trouvera que ceft là la véritable attaque des Fortereflès modernes.
- Nous, au contraire, ne donnons point oçcafion aux Afliégeans de ** mon-
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- PREFACE, monter à l’affaut fur le Raftion capital ( fçavoir de l’Exagone Royal ) quand ils ont traverfë le foffé capital par le moyen du Remplage. Car ils le doivent auparavant porter à nôtre Face baffe, & fe maintenir contre tant de défenlês, que nous avons décrites depuis pag. 60. julqu’à inclufivement. Apres cela ils font obligez d’effuyer tous les Tirs cachez, qui commandent dans leurs logemens le long du côté extérieur de la Face baffe par des Angles de lèpt dégrez & demijulquesàonze& demi $ contre lefquels ils ne fe peuvent couvrir, à caufe du peu d’elpa-ce qu’ils trouvent, pour leur logement for un Rempart fi étroit. Ils doivent encore après tout cela emporter l’Orillon, & ruiner la Batterie Souterraine 5 fons quoi ils ne pou-ront paffer le foffé lec , ce qui leur caufera bien de la peine, comme je le montre depuis pag. d/.julqua ^z. inclufivement. Les Alfiégeansfont
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- PREFACE, enfin obligez de paflèr le fofle fèc, large de feize toiles, entre deux Parapets qu’ils doivent conftruire pour venir à la brèche, laquelle ils doivent faire dans la muraille de la Face capitale. On ne trouve pas une de ces défenfes dans les ForterelTes Fran-çoifes, ou modernes.
- Nous venons avec eyix à l’aflàut fur la brèche, que nous commandons ici par nos Canons cachez> comme il a été dit, d’un Angle de dix-fept dégrez, & du plus haut de l’Orillon de vingt-deux dégrez, où la méthode Françoifè n’a tout au plus que neuf dégrez. Nous gardons outre cela aufofle fècdevant l’Orillon, qui refte encore entier, quelques défenfes , qui cauferont beaucoup d’incommodité aux Aflïégeans dans le tems qu’il voudront donner l’aflaut.
- Nous avons montré ainlî toutes fortes de feux cachez tant du Canon , que de la Moufqueterie, que les Aflïégeans ne peuvent point, ou très-dif-** % fici-
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- PREFACE, ficilement ruiner, & où ils Je doivent loger, ou qu’ils font obligez de paffer. Nous pouvons faire outre tout cela des Sorties très fûres, & à couvert, fans que l’ennemi nous oie pourfuivre dans la retraite , qu’avec grand delavantage ; ce qui donne une très grande force à nos deffeins, les retraites caufant très fouvent la perte de toute la Fortereflè. Déplus, les Afliégeans ne pouront paffer nos fo£. lèz fecs par la Mine ni par la Sape, puilque ils font creufez julquesà l’eau: ce qui fe peut faire à beaucoup de foflez à leur grand delavantage.
- Nous avons tous ces avantages, puilque nous, pouvons donner à un fofle lec toute la force qu’ont les fol! fez pleins d’eau. S’il y a donc des forces dans l’un & l’autre , on les trouvera ici conjointes.
- Au relie nous conftruifons l’Ofto-gone Royal, de l’Exagone Royal. Et quoique l’Oétogone foit de plus de dépenfe, nous ne craignons pas de
- dire,
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- PREFACE, dire, quefàdéfenlèn’eft pas à comparer ànôtreExagone, où nous avons fait conftruire tout ce qui peut re-fifter à un long Siège.
- De plus nous démontrons un retranchement* dont la force lùrpaffe infiniment tous les retranchemens, que nous avons jamais vus , quoiqu’on le puiffe conftruire avec fi peu de dépenfe.
- Dans la Fortereffe capitale de l’Ep-tagone Royal nous avons fiiivi la méthode Françoife, excepté que nous y avons tout autour ordonné un large foffé lec avec des Ravelins, qui nous donnent de grands avantages dans la défenfè,comme on verra dans fon lieu.
- Nous avons fait conftruire autour de tous ces deffeinsune Contrefcarpe fans foffé, que nous jugeons très né-ceflaire pour recevoir les fècours, qu’on peut autrement facilement couper , n y ayant point d’entrée dans la Fortereffe que par les ponts , que les Aflïégeans "peuvent couper.
- ** 3 Le
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- PREFACE.
- Le lecours au contraire peut fe lau-ver dans les Contrelcarpes fans fofle $ qui font aufli très nëceflaires pour faire des Sorties à couvert , qui eau-font autrement plus de dommage que d avantage aux Afliégez, & que l’on ne peut pratiquer d’une Gon-trefcarpe enceinte d’un foffê , puif-que ceux qui les font, font attachez à de certains ponts fin* le fofle, 8c que les Affiégeans peuvent facilement découvrir 8c rendre leur retraite fort difficile. En ceci nous fuivons aufli la méthode Françoifo, excepté que nous aflurons les Angles rentrans d’une autre manière par des doubles feux.
- Mais pour fàtisfaire à ceux , qui jugent qu’une Contrefcarpe fànsfoflé eft perdue dès la première attaque, comme il le faut avouer de beaucoup de celles que l’on trouve ordinairement, nous montrons à l’Eptagone Royal une Contrefcarpe avec fon fofle *, & quoi qu elle foit de peu de
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- PREFACE, dépenle, nous croyons cependant, que fi force eft beaucoup plus grande, que Ton ne trouve à aucune autre. Mais nous ne l’ordonnons point, quen faifint conftmire devant elle une autre Contrefcarpe fans fofïé pour les raifons fufdites.
- Nous avons fortifié toutes nos Contrefcarpes fins fofledans les Angles rentrans 5 mais au contraire , s’ils étoient conftruits à un foffé fie, nous afliirerions principalement les Angles faillants. Et parce qu a la dite Contrefcarpe environnée d’un foffë nous avons conjoint les forces d’un foffé plein d’eau , & d’un fie , nous y avons fortifié auflï bien les Angles fiillans, que les rentrans.
- Nous nousfommes bien imaginé, que l’on auroit beaucoup de peine à comprendre nos deffeins , comme étant, tous nouveaux 5 c’eft pourquoi nous les avons très amplement décrits, en donnant les Profils -aufiS parfaits qu il a été poflible. Et pour **4 plus
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- PREFACE, plus grande intelligence, j’ai montré l'intérieur & l’extérieur des Battions capitaux de PExagone Royal en relief; où nous faifons voir aufli les Oriîlons, les Galeries enfoncées , & autres 5 comme au fît les marches & les relevemens des Angles4 des Faces battes, &c. 5 parce qu’il étoit impottible de reprefenter tout cela parfaitement dans nos Figures. Et afin que nôtre Ravelin foit mieux compris , nous l’avons reprefenté en grand, comme il paroît en le voyant par dedans} ce qui fufïïray à ce que nous croyons pour Inintelligence des Battions détachez, & des Ravelins de POârogone Royal j qui ne différent guéres de ceux de l’Exagone Royal ; de forte que nous avons fait tous nos efforts pour faire comprendre nos deffeins au Le&eur dès la première vûë. Mais on en connoîtroit mieux les avantages par des modèles en relief faits de bois., ou autre matière, enforte que les pointes des Battions fuf-fent éloignées Pune de Pautre de huit à dixpiez. Alors on feréprefenteroittoutes les parties ^ comme dans la véritable For-terefle; ce qui feroit particuliérement d’ufage, lorfque quelque Prince ou Etat voudroit faire fortifier quelque Place. Ainfi on pourroit en former divers deffeins, pourchoifir le meilleur, après en avoir bien confidçré tous les avantages &
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- PREFACE, les defavantages. On éviteroit ainfi beaucoup d’abus , que l'on commet, par de beaux Defleins, ou autrement.
- Nous avons montré après cela par diverfes attaques la force de chacun de nos defleins. On m'objectera fans doute que dans la défenfe des Forterefles tout ne fe fait point comme on l’écrit, puifque la confufion s’y mettant une feule fois, peut ôter beaucoup d’avantages. Nous répondons, que nous avons tellement ordonné nos Forterefles, que les Afliégeans ne peuvent ôter les moindres avantages aux Afliégez. Mais un Gou-verneurdoit être pourvu de toutes cho-fes néceflairesj & à proportion de la connoiflance qu'il a des Fortifications., on peut être afluré qu’il fera fon devoir. Nous ajoûtons qu'un fage Gouverneur n’aura pas feulement les avantages que j'ai montrez , mais il en pourra encore pratiquer d’autres. C’eft pour ces rai-fons j que des Villes , qui ne font pas bien fortifiées, font une grande refiftan-ce, au lieu que des Places bien fortifiées font bien-tôt perdues ^ faute d’un Gouverneur expérimenté $ dont Scheiters dans fa Fortification pag. 73. nous fournit un exemple. Car il faut autant degenie pour bien défendre une Place, &refifter à toutes fortes d'attaques que pour la bien fortifier. Pour comprendre l’efti-**5 me
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- PREFACE, me qu’on doit faire d’un fage Gouverneur , il ne faut que faire attention à ce que difoit un grand Ingénieur François, Qu’tl efperoit de faire en forte , que tous les Officiers Commandans de fa Majefléferoient capables de bien défendre une Fortereffe.
- Et afin qu’on connoifie plus évidemment la force des ouvrages de nôtre méthode, nous avons à l’exemple de Mallet comparé chaque partie particulière avec la Françoife , ou la moderne , & montré en quoi nos méthodes la furpafient de beaucoup.
- Mais cela ne fuffiroit pas, fi nous ne convainquions ceux qui régardent nos méthodes comme de trop de dépenfe, & les décrient auprès des Puiftances, comme s’il étoit impoffible d’y fufîire 5 car nous avons bien compris, qu’il ne leur refie aucune occafion de les attaquer que par-là. C’eft pourquoi nous avons comparé les dépcnfes des murailles néceffaires à la Fortification moderne avec celle de nos deffeins , pour lequel effet nous en avons choifi une entre autre, dont les For-terefles modernes font revêtues.
- 11 paroît par les calculs , que pour toutes les murailles de nôtre Eptagone Royal, on a befoin de foixante - quatre millions, deux cens foixante - fix mille, & treize briques. Au contraire pour tout l’Exagone Royal moderne
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- PREFACE.
- Fig. A. on a befoindecent 6c treize millions» deux cens foixante 6c huit mille» 6c huit cens trente-quatre briques, pour le revêtir comme on fait à prefent. De forte que nous en employons prefque la moitié moins.
- De même pour tout nôtre Exagone Royal il faudra pour le revêtir, feptante-feptmillions, quarante-quatre mille6c trente-huit briques. I/Exagone Royal moderne au contraire a befoin de cent 6c cinq millions, cinq cens feptante-trois mille ôc huit cens vingt-deux briques. De forte que nous n'employons ici que treize briques contre vingt-une.
- Et enfin pour tout nôtre O&ogone Royal nous n’avons befoin, quand la Face bafle du Baftion détaché eft revêtue d’une muraille du fond du fofîé, que de cent 6c cinquante-trois millions, trois cens foixante-fept mille, 6c foixante-quatre briques. Au contraire le fufdit Exagone Royal François avec fes petits Battions revêtus dans les Ravelins , à l’exemple de ceux de la Ville de Menin en Flandre, demande cent vingt 6c neuf millions, fix cens un mille 6c cent cinquânte-deux briques. Nous n’en employons donc que fix contre cinq.
- Mais il faut remarquer ici, que nous avons conftruit des logemens de maçonnerie dans toutes nos Contrdcarpes que
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- PREFACE.
- nous n’avons point calculez dans les def-feins François , ou modérnès. Outre ceci nous faifons revêtir de doubles murailles & de Contre - galeries * toutes nos Faces } qui nous font d’un grand avantage dans la défenfe. Nous n’avons au contraire calculé aux defleins modernes qu'une muraille & une Contre-galerie. De là vient, que nôtre nombre de briques eft d’autant plus grand. Car la différence dans PExagone & i’Epta-gone feroit bien plus grande, fi dans nos calculs nous n’avions conté qu’une ipu-raille , & une Contre-galerie& point de logemens dans les Contrefcarpes, comme fait la méthode Françoife.
- On pouroit aifément fuputer les dépen-fes des muraillesen calculant pour chaque mille, le mortier , le ciment, & le travail &c. Mais nous omettons cela pour des raifons importantes, outre que le travail j & la matière coûte plus en un lieu qu’en un autre ; & chacun peut faire çette fuputation félon la connoifiance qu'il en a.
- N'eft* ce donc pas une entreprife bien hardie j que d’attaquer la méthode moderne Françoife de fortifier, qui eft pre-fentement tant en vogue& de faire voir qu’elle n’eft pas de tant de force que l’on lui a attribuée ? Si donc nôtre travail & la peine que nous avons prife pour le public, rencontroit des Ingénieurs, qui
- par
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- PREFACE, par quelque motif ne l’aproùvaflent pas ,
- & qui préferafient la méthode moderne, il faudra bien que nous nous contentions, n’étant pas les premiers dont le confeil falutaire a été rejetté. 11 en faut raconter deux exemples mémorables qui fe trouvent dans Speckle. Le premier arriva â la Fortification d’Anvers environ l’an 1540. quand M. Frântsen, Ingénieur de la Ville j tâchoit de difpofer l’Empereur Charles V. a faire conttruire les Battions plus proches l’un de l’autre 5 pendant qu’on difputoit là-deflus en prefence du Comte de Buren j du Duc â'Alve jScde Gonsaga j qui foûtenoient qu’ils dévoient être éloignez l’un de l’autre de quinze à feize cens
- Î>iez d’Anvers*, l’Empereur gagné par * Cepde es raifons des derniers, dit enfin, Mon cher Maître, vous »’entendez pas ms con-fiderations comme ces Généraux : caronat- ^ZVeZngt-taque toujours une folle ou elle eft plus foi-ble j ce que font Us Courtines : &fi VEnne mi y monte à l’ajjautles deux Bajiionslm cettèpropor-peuvent eau fer beaucoup dédommagé, car il t,eydclns^-n'attaquera pas un Bajtion qui eft défendu SsJ*‘ 5°‘ des deux côtes,, & par devant de la Motif queterie j & des Flancs par le Canon, un tir de quinze à feise cens pies efl foible.
- Outre cela ces Généraux Caprouvent ainfi ; ils rentendent bien. Vous rfaves donc qté à fuivre nôtre confeil Ce que l’ingenieur fit.
- Sa Majefté quelques années après vifitant
- cette
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- PREFACE, cette Fortification „ ledit Frantzen lui montra que les Flancs dévoient être plus grands & plus proches l’un de l’autre. Charles V. répondit : Mon Maître , je vous entends mieux à cette peure quy auparavant > je vois que vosfentimens ont été bons, quoique je ne les aje pas Juivis. Cela efifait. U faut vous accoûtumer à être contredit, lors que vous voulez fortifier. Nôtre fentiment même eft fouvent rejette'en beaucoup de cho-fes: nous fommes accoutumez à cela. Faites de même i quand vms voulez fortifier aux dépens $ autrui. Le fécond exemple arriva au même Auteur à Ratisbonne Pan 1576. ^ où il avoit été mandé., ôç même que plufieurs autres Ingénieurs renommez d’Italie, d’Allemagne., & du Pais-Bas, par PÇmpereur Maximilien II. pour délibérer fur la Fortification de quelques Places Frontières d’Hongrie, & d’ailleurs. L’Empereur élût le Général Lazare Schwendi Prefident de l’aflem-blée > où l’on difputa fur les Angles trop obtus j & trop aigus des Battions ., qui entre les Ingénieurs de ce tems-là cau-foient beaucoup de difputes ., & que Speckle rejetta comme très nuifibles, ce qu’il offrit de démontrer par divers def-feins. Son Excellence Schwendi lui dit , qiftl devoit prendre garde à ce qu’il faifoit, puifque tous les Ingénieurs du monde fe con-formoient à Vopinion contraire ; & qu’il trouverait.
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- PREFACE. ver oit des adver[aires. Mais Speckle ayant mis au net toutes fes confidérations j Son Excellence, après les avoir foigneufemenc examinées, changea bientôt d'opinion.
- Nous aurons donc aufiiun grand contentement pour nôtre peine, fi bien-tôt, à l’exemple de cet Ingénieur d’Anvers, 6c de Speckle j nous recevons l’approbation 6c l’aplaudiffement général du public.
- Mais comme quelques Ingénieurs ne pourroient pas être entièrement fatisfaits de cet Ouvrage croyant le pouvoir facilement réfuter par des raifons fondamentales, je les prie de fe défaire de leur préjugé j de péfer 6cconfidérer tout ce que j’avance d’un jugement meur 6c definte-refle, 6c de ne rejetter rien fans l’avoir examiné. S’ils ne fe fentent pas convaincus alors, nous fouhaitons qu’ils paroif-fent en public, 6c qu’ils ne critiquent point ceci, ou cela, mais qu’il contre-difent l’Ouvrage entier depuis le commencement j comme nous avons attaqué les méthodes Françoifes,ou modernes.
- Nous ne débitons pourtant rien ici pour des véritez infaillibles. Au contraire nous fouhaitons très-volontiers entendre ceiix qui peuvent corriger nos fautes, ou par de meilleurs raifons, ou par une expérience bien fondée.
- TABLE
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- TABLE
- DES
- MATIERES
- Contenues dans ce Volume.
- CHAPITRE I.
- a N quoi conjfie la force de toute la For* tification, félon le fentiment de VAu-
- De Flanquer Couvrir. ibid.
- De ne donner aucune terre ni front aux j4ffiégeans9 mais les conferver abondamment four fa défenfe, f Four être h tous moment aux mains avec les jûffié-geans, leur difputant le terrain de ce front fié fié.
- Four couvrir les Murailles.
- CHAPITRE II.
- Des Méthodes modernes de fortifier a la Françdtfe. Nous frofofons par exemfle un Exagone Royal * contenant 18800. toifes quarrées defuperfieie. 9
- Defcriftion defes Contrefcarpes« ibid.
- Des Dehors. 10
- De ïOuvrage Capital. 11
- Comment l’on doit attaquer les Fortifications modernes, 1 z
- Fre-.
- NOO
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- DES MATIERES.
- Premièrement des Contrefcarpes. ibid.
- De l'Attaque des Dehors. j f
- Del'Attaque du Corps de là Place* 17
- Conclufion. Ip
- CHAPITRE III.
- La première Méthode pour contraire un Exagone Royal j contenant dans fes Polygones intérieurs 18800. toifes, fous les Fig. B.&G. 20
- Defcription de fes Contrefcarpes. ibid.
- Defcription de la Couvre face. 24
- Defcnption des Ravelins. ibid.
- Defcription de l'Ouvrage Capital, 29
- Defcription des Profils Fig. C.pour les Plans Fig. B.
- cr G. 41
- Attaque fur V Exagone Royal décrit, dont les Poly-gonès intérieurs contiennent 28800. toifes de fuper» ficie, fous la Fig. B. 45
- Première attaque f»r fis Contrefcarpes. ibid.
- La feGonde Attaque. / 41
- 7roifiéme Attaque. 46
- Defcription de la quatrième attaque de laFortereffe Capitale. 58
- Comparaifon des forces entre les Méthodes Françoifès ou modernes y de fortifier, Fig. A.çr R. /**
- première de l'Auteur, Fig.B.Cr G. 73
- Defcription des C ontrefcarpes. ibid.
- Quels font l eurs defavantages. 74
- Contrefcarpes ont aucontraire ces avantages. 75 Comparaifon des forces des Ravelins. 7 (S
- Les avantages des Ravelins de la méthode moderne Fig. A. font ceux ci. ibid.
- Les defavantages font ceux qu'on va voir. 77
- Avantages des Ravelins François filon la féconde manière de fortifier Fig. R. 7 8
- Defavantages. ibid.'
- Mes Ravelins ont au contraire ces avantages. 79
- Autres avantages de mes Ravelins. 80
- * * * Com-
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- TABLE
- Comparaifin des forces de l'une Cr de l'autre Forte-reffe Capitale. 84
- Les avantages de la Fortereffe Capitale félon la Méthode Françoife ou moderne Fig. A. Cr R., pour ce qui regarde les Flancs couverts , font : Premièrement de la Fig. R. ibid.
- Defavantages. 8 y
- Les avantages & defavantages de la Fortereffe Capitale Françoife, en ce qui regarde la couverture des Flancs félon leur deuxième méthode Fig. A. Ce font les Juivans. 85
- Mes Flancs au contraire, pour ce qui regarde la meme chofe , ont ces avantages. ibid.
- Autres avantages des Fortifications Françoifes , ou modernes. 88
- Defavantages. ibid.
- Autres avantages de ma première manière de fortifier la Fortereffe Capitale. 89
- JEn quoi cette maniéré de fortifier furpaffe encore la Fortification Françoife, ou moderne. 95
- Si F on n'approuve point cette manière d*attaquer, nous en montrerons les avantages fur la Méthode moderne de Fortifier filon la deuxième manière décrite ci’ de(fus 5 h fi avoir en attaquant dire élément la T our de pierre par le lieu rempli Na. 15. 1 o 1
- Calcul des dépenfes des Murailles que F on applique à la Méthode moderne de Fortifier à la Fig. A., comme auffi de celles dont F Auteur fi fertdans fa première Méthode, Fig. B. O* G. 107
- Defiription des Murailles dont les Fortereffes modernes font revêtues. i bicL
- Calcul des Murailles des Méthodes moderne Fig. A. pour un Polygone, ou Baftion, avec fa Courtine, CrlcRaveltn. 110
- Calcul des Murailles dont F Auteur fi fert dans fa première Méthode de Fortifier, Fig. B, GrG. 11 g
- CHA-
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- DES MATIERES. CHAPITRE IV,
- Defcription de l'Eptagone Royal, Fig. H. K. Cr L. qui eft une féconde manière de Fortifier l'Exagoric François Fig. A., contenant entre fis Polygones intérieurs 2%8oo. toifes. Il 7
- Defcription de fa première Contrefiarpe. ibid.
- Defcription de la fécondé Contrefiarpe, 118
- Defcription des Ravelins, I z I
- Defcription delà Fortereffe capitale. 124
- Defcription des Profils Fig. 1.pour les Plans des Figures H. IC Cr L. 126
- Defcription de l* Attaque fur l’Eptagone Royal décrit Fig. H. dont le contenu e(l égal a celui de l'Exago* ne François, ou moderne Fig. A. 12?
- Defcription de la première attaquefur la Contrefiarpe extérieure. ibid.
- Defcription de la féconde attaque fur la fécondé Contre fcarpe. . 128
- Defcription de la 3. Attaque aux deux Ravelins. 154 Comparaifon des Forces entre les Méthodes François fis, ou modernes de Fortifier Fig. A.&R.& la fécondé Méthode de V Auteur Fig. H.& K.iâi» Premièrement entre leurs Contrefiarpes. ibid.
- Defavantages. 161
- Avantages de ma Contrefiarpe extérieure152 Comparaifon des Forces entre les Ravelins modernes , cr ma Contrefiarpe intérieure. ibid.
- Les avantages des Ravelins modernes Fig. A. ibid. Defavantages. ibid*
- Avantages Cr Forces des Ravelins filon leur deuxième Méthode de Fortifier Fig. R. ibid.
- Defavantages. 163
- Avantages de mon intérieure 9 ou féconde Contre-fcarpe. ibid.
- Comparaifon des forces entre la Fortereffe capitale de la Méthode Françoife Fig. A. O* R. les Ravelins,
- CP la Fortereffe capitale de mon Éptagone Royale 157. % Defa*
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- T A B L E
- Dcfavantage». ibid.
- Avantages, Cr defavantages de la Fortereffe capitale Françoife,pour couvrir les Flancs Çdon leur fécondé maniéré Fig. A. • ibid.
- Mes Flancs au contraire, quant 'k ce qui regarde la , maniéré de les couvrir , ont ces avantages. iC8
- Autres avantages des Fortifications Françoife s ou modernes. * 169
- Defavantages. - ibid*
- Les autres avantages félon la deuxième Méthode de Fortifier de /’ Auteur dans les deux Ravelins font.
- 170
- Detail des Forces que V Auteur a dans cette Méthode, après que les deux Ravelins font emportez.. i 7 6
- Calcul des dépenfes des murailles, que l’on applique aux Fortifications modernes à la Fig. A., zr de celles dont VAuteur fe firt dans fa fécondé Méthode Fig. H. K. GrL. \ 184
- Defcription des murailles, dont les Forterejfes modernes font revêtues. iBïd.
- Calcul des Murailles pour revêtir félon la Méthode moderne de Fortifier, a la Fig. A.pour un BaHion ou Polygone, avec fa Courtine cr Ravelin. 186
- Calcul des Murailles dont l'Auteur fe doit fervir pour revêtir fis Remparts, Gr logemens , Grc. de fa fécondé manière de Fortifier, Fig. K. CrL. 188
- CHAPITRE V. Defcription des Figures OBogonalles M. Gr 0., qui font une troifiéme Méthode de Fortifier ledit grand
- Exagone Royal. I91
- Defcription des Contrefcarpes* ibid.
- Defcription de la Couvre-face. 19$
- Defcription des Ravelins. 194
- Defcription du BafHon détaché. 199
- Defcription de la Fortereffe capitale. 202
- Defcription des Profils dans la Fig. AT. pour les Flans Lettre O, 204
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- DES MATIERES.
- Attaque fur l'Oélogone Royal décrit Fig. M. dont le contenu convient avec celui de VExagone Royal François Fig* A. 2.06
- Première attaque fur la Contrescarpe, ibid.
- Seconde attaque fur la Couvre-face. 207
- Troifiéme attaque, qui efifur Le Ravelin. ibid. Quatrième attaque, qui efi fur le Baflion détache'. 109 Dêfcription de la cinquie'me attaque, qui eftkia For-tereffe capitale, 216
- Comparaifon des Forces entre les Méthodes Françoi-fes , ou modernes, Fig. A. & R. , Cr la troiféme manière de Fortifier de l'Auteur Fig. M.ÇrO.ii1) Comparaifon des Forces des Contrefcarpes. ibid.
- Leurs defavantages. ibid.
- Avantages de mes Contrefcarpes. ibid.
- Comparaifon des Forces des Ravelins. 2 26
- Les avantages des Ravelins François Fig. A. quand on les confirait avec un petit Ba(hon 9 comme on peut voir Fig. R. ibid.
- Defavantages. ibid.
- Les avantages des petits Bafiions dans ces Ravelins font. ibid.
- Leurs Defavantages. ibid.
- Mes Ravelins ont au contraire ces avantages. 227 Comparaifon des forces entre la Fortereffe capitale Françoife Fig. A. Cr le Baflion détaché de T Auteur Fig. M. O. ibid.
- Les avantages dé la Fortereffe moderne Fig. A. quand au couvrir des Flancs, font. ibid.
- Les avantages de mon Baftion détaché , quand au couvrir des Flancs font. 228
- Lès autres avantages de la Fortereffe capitale félon la Méthode Françoife, ou moderne, font. 229 Defavantages. ibid.
- 'Autres avantages de nôtre Baflion détaché. ibid. Avantages Cr Forces, que nous avons dans ces Baf-" f ions détachée , prcferablemem k la Fortereffe capitale
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- TABLE
- taie Françoife, félon la première Méthode d’attd-* querpar le Remplace 'N°. \\.kla Face baffe, 230 Les avantages félon la fécondé manière d’attaquer ce Baflion détachépar le Remplace N°. 15. préféra-blement k la Méthode Françoife. 2 j 1
- Avantages de la Forterejje capitale de R Auteur, ibid. Calcul des dépenfes des Murailles, que l'on fait fui-vant la Fortification moderne k la Fig. A., jct de celles dont l'Auteur fe fert dans fa troifiéme Méthode de Fortifier Fig. M.Cr O. 233
- Defcription des murailles dont les Forterefjes moderne sf ont revêtues. ibid.
- Calcul des Murailles dont l’ Auteur fe doit fervir dans fa troifiéme Méthode de Fortifier Fiçr. M.CrO.iia,
- CHAPITRE VI.
- Comment on Fortifie k la moderne me Place fituée fur le bord d'une Rivière. 228
- CHAPITRE VII.
- De quelle manière P Auteur Fortifie ici fur le Rivage de la Mer, ou fur le bord d’une Rivière. zqi
- C H A P I TR E VIII.
- Pourquoi l’Auteur a borné fa Méthode de Fortifier k un Horizon fixé, cr comment il faut Fortifier félon ladite Méthode fur un Horizon plus élevé. 249 Profils que nous donnons k l’Exagone Royal fur un Horizon, qui efi de dixpiez au-dejfus de l'eau ordinaire en Eté. 2 31
- Profils que nous donnons k un Eptagone Royal fur un Terrain plus élevé. 254
- Profils que l’Auteur donne k l'OBogone Royal, fur un Horizon .élevé d’onze k douze piez au-dejfus de l’eau ordinaire en Eté. 2 57
- CHAPITRE IX.
- De la hauteur des plattes-formes des Batteries, que les Affiége.ans doivent faire pour enfiler ruiner
- lesfojjezfics, Cries Orillonspar-deffus les Faces bajjes, Cr les Remparts antérieurs. 258
- L’EXA-
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- 1
- LEXAGONE
- ROYAL.
- CHAPITRE L
- En quoi cônfifte la force de toute la Fortification, félon le fentimenc de l’Auteur.
- De Flanquer & Couvrir
- Lu sieur s autres ayant, déjà traité .cette matière fort amplenîent, nous ne nous propoferons point pour.but d'expliquer ici de quelle manière on a tâché de tems en tems de bâtir une For-tereflc, qui fe puiffe bien
- flanquer & couvrir.
- U fuffira de dire , que l'on couvre les Flancs On couvre les d’une Forterefle, ou par fes propres Lignes, ou bien par les Ouvrages extérieurs ou Pièces déta- les Dehors. ^ chéts, A La
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- t De la force des Fortifications,
- De quelle ma- La pratique des Hollandois faifoitvoir, qu'un qucHoiiandoi- flanc étoit a^ez couvert de front, paruneDemi-fc a montré aies lune devant la pointe du Bafiion Capital; & que toftvm. pour le guarantir des coups croifez,on ne devoit met-
- tre qu'un Ravelin devante milieu de ia Courtine.
- Son înfuffi- Mais quand on confidera, qu'une Demi «lune fme.' couvroit bien le Flanc, mais qu'elle donnoit trop
- de terrain aux Affiégeans, pour placer leur Con-trebatterie, on vid bien que cet Ouvrage étant de fi peu de force, la Contre'batterie fe pouvoit faire d'autant plus promptement.
- ÜÎ5 Amfi on a lieu de s'étonner pourquoi cette des Hollandois a manière foible de fortifier des Hollandois a été %t!fuê ïar l'eçûë de tant de Nations : tellement qu’on la trouve prefque en tous Païs, auflîbien dans un terrain aquatique, à quoi on l'avoit feulement deftinée, que dans un terrain fec ; quoique Speckle, & d'autres célèbres Ecrivains du Siècle pafle leur enflent fourni des defleins bien meilleurs , mais qui avoient pourtant quelque chofe à corriger, particuliérement dans leurs Profils.
- "Les yaîfons qui Nous n'en avons pu trouver d’autres raifons, imt obligé les au- qUe cenes (iu ménage , que cette Pratique Hol-
- tres Nations de t r. . °0 1 r .r *.
- iafmvrs. landoile enfeignoit ; & que ces bonifications ont fait beaucoup de réfiftance dans ces tems - là fur plufieurs Places Frontières.
- Son incapacité Mais dans le tems que les Afliégans commen-
- dêmontree par cérent à fe fervir d'autres moyens, que l'on n'a-dans les attaques, voit pas encore pratiquez juiqu alors, &que Ion tant parce qu'elle y^J, que pour préparer leurs Aprocbes, Batteries canon caché, que & G alertes, il ne leur lalloit pas la fixieme par-Rcm ms/w du tems qu'on y employoit autrefois, ontrou-étoient ^accejjibics vu que cette méthode étoit fort défedueufe en F*r mt, beaucoup d'endroits , tant parce que les Flancs n'étoient pas couverts, que parce qu'ils n’avoient
- point
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- De la force des Fortifications* $
- point de canon caché ; ainfi quand les Aflîégeans avoient tranfporté leurs Galeries &c. les Affiégez n’ofoient point attendre l’affaut, leur Rempart n’étant point revctu de muraille, & la Berme le rendant par tout acceflîble.
- Pour donc couvrir les Traditores * fi néceflaires, Fagan, Mallet, Heideman, & autres Ecrivains renommez de ce fiécle fe font avifez de rebâtir lesOrillens aux épaules, & cics Contre-gardes devant les faces des Basions. Et quoique celles-ci donnaient plus de ieureté, elles ne laiifoient pas pourtant,, avec les anciennes Demi-lunes, de donner tant de front aux Aflîégeans , que leur Con-trebaterie y étant placée , étoit fuflïfamment capable de démonter les Flancs : Or ce même Speckle ayant fait voir manifeftement Pan 15851. dans Fajîno, qui avoit écrit dix ans auparavant, combien ce défaut étoit confidérable, & qu’en lés retréciflant il les avoient rendues meilleures, je ne me faurois aflez étonner, que des Auteurs fi re-« nommez y foient retombez.
- Nous n'avons pu trouver dans nos Méthodes de meilleure couverture qu’une Contre-garde, que nous appellerons Couvre-face, à caufe qu’elle efl; placée devant la Face ; & que nous ne féparons point du Badion Capital par un foflé fec , large de 20. à 25. piez, comme a fait ledit Speckle; mais que nous plaçons au delà d’un foffé large de 20. à 2 f toifes ; & que nous muniflons d’un Parapet large de 20. piez au fommet; de forte que fa baze n’eft que de 28. à 38. piez , afin qu’il ne refte- point de terrain aux Aflîégeans pour placer leur Contre - baterie. On verra la figure dans la planche B. G. M. & O.
- Par ma féconde manière je couvre les Flancs par un fécond Rempart continué, qui, avec les A 2 Gslé-
- Corrigez. par Pagan, Mallec, <!r Heideman.
- * ou Canon cachez.
- Cette corrcElton ne laijferoit pat pourtant de dentier avec les Demi-lunes trop de terrain auxMf-fiégeans. Laquelle faute a été dé]* corrigée par Speckle dans Pafino 1589.
- Liaient n'a pû trouver dans fes Méthodes de meilleure couverture que les Couvre-faces. Comment on les ordonne, afin qu’elles ne donnent peint de terrain eux •AJfié-geans pour placer leur Contre, baterie.
- ^Auîrt manière de couvrir, qui né donne non plus de front aux vdjjiégcanf,.
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- i’Orillon eft cufji néceffaire pour vom/rir.
- titre Orillon four couvrir les Flancs.
- Trois raifons, pourquoi il eft préférable au premier,
- L'iAutettr cou-tire tous fesfeux Ur tes fijfejcfecs.
- 4 De la force des Fortifications
- Galeries doit avoir quarante-quatre piez.de baze , ayant aulïï un Parapet large au fommet de 20. piez. Le Ledeur le pourra trouver dans les Fir gures H. K. L. & Q. Et parce que la Galérie fous le Chemin-couvert avec les murailles ( dans la Figure I. N°. 2. ) eft large de piez, il n’y reliera que lix toifes de terre pour la baze , ce qui n’eft pas capable de contenir les Contre batcries des Alïiégeans.
- Je couvre auffi mes F Une s Capitaux d'un Orillon, auquel je ne donne pas tant d'épaiffeur que les Anciens Auteurs ont fait, mais feulement dix toifes , ou un peu d'avantage, félon la Pratique Françoife, afin de faire battre mes Traditores dans la brèche par un Angle plus ouvert.
- Secondement je couvre mes Flancs (dans la fig.B. G.M.&O. ) d’un Orillon en forme d’une Tour de pierre, que je préféré à l’autre , parce qu’il ne diminue pas les hauts Flancs, & qu'il augmente de beaucoup le Flanc du milieu , au lieu que les Flancs faits félon la Méthode Françoife ( dans la Fig. A. ) diminuent tellement par Y Orillon, qu'ils en font racourcis d’un tiers. Ce font là les principales raifons pourquoimes Flancs dans la Fig. B. G. M. & O. font bien plus grands que dans la Fig. A. &c. D'ailleurs mon Orillon eft avancé de 24. toifes devant le haut Flanc, & par conléquent il le guarantit bien mieux des coups croifez ; Et en troifiéme lieu cette Tour donne de grands avantages dans les attaques, que nous décrirons dans la fuite.
- Outre les fufdites manières de couvrir les Flancs, on trouvera encore dans la fuite divers autres feux entièrement couverts fur les foflez fecs des Rave-lins y (des Coffres, des Galeries, &. des Caponieres enfonceés & autres tels Ouvrages. Et dans les foffez
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- De la force des Fortifications'. y fecs des Basions capitaux , on trouvera les feux: d'enhaut & d'enbas des Tours; comme auffides Galeries & autres forties enfoncées, fi bien que les Affiégeans auront beaucoup de peine, avant que de pouvoir ruiner aucun de ces feux couverts dont nous venons de parler. Et par conféquent nous bâtifions fur un terrain bas & aquatique, fuivant ce que Fournier a très bien remarqué dans fon u4rchiteiïurc Militaire, que les Ouvrages doi- ra^bnsdtEmt-vent être difpofez de manière qu'ils puifîent bat- nier, tre l'ennemi non feulement en front, mais auffi en flanc, & même de revers.
- De ne donner aucune terre, ni front aux Affiégeans} mais les conferver abonâam* ment four fa défenje.
- IL eft âifé de faire voir ’ que nous otons aux Affiégeans la terre & le front. A cette fin nous faifons creufèr le Chemin-couvert delà Con^ trefearpe, depuis le Parapet (félon que le terrain eft élevé) en taluflant jufqu'à fleur d'ei#i. Auffi nos Cquvre-faces , foufaces des Ravelins, & des Bafiions Capitaux n’ont elles pas affez de terre pour y loger ; & afin que les Aflîcgeans ne puif-fent pafler les fofTcz fcçs des Ravelins, & des Baf-tions Capitaux par le moyen dehSape, ni trouver de terre pour s’y couvrir, nous les avons fait creufer jufqu'à un-demi pié au-deiTus la fleur de l’eau. C’eft pourquoi les Affiégeans, pour couvrir le foffé fec du Ravelin , feront obligez de porter la terre à la diftance du Glacis de la Con-trefearpe, c’eft à dire, de 38. toifes par-deflus ce qu’ils auront rempli ; mais pour remplir le grand Fofle, ils porteront la terre prémiérement
- A 5 au
- Peur Ster là terre aux Affiégeans , on fuit creufer les Chemins-couverts de /rfContrefcarpe japfu'à l'eau.
- Les Couvre-faces eïre. n'ont peu eijfez. de terrain pour y pouvoir loger.
- On aprofondii auffi les fojfez. fecs pour ne donner point deterrç aux 'Affiégeans.
- Jufjues où les Affiégeans font obligez, de porter leur terre.
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- On aie duffi le Front aux ~4f-fiéfeans, afin qtt'ilsn’ayent des logement par le feu de largeur de Couvre-faces,
- &c.
- Les iséjfiegez. 'tonfervent au contraire un grand Front pour leur deïen»
- A
- 6 De la force des Fortifications.
- au Glacis jufques aux Couvre-faccs à la diftance de z8. toiles. Et en y joignant leur largeur, comme auffi celle du grand FolTé de 24. toiles, ôn verra qu'ils la doivent porter à la diftance de 58. toifes, avant qu'elle fbîtàla Face intérieure du JBajhon Capital. Et tout cela le doit faire à la vûë d’un fi grand feu, qu'outre que la. chofe demande un très grand travail, elleparoîtprefque impofiîble.
- Nous ôtons le Front aux Affiégeans, le donnant d'une grandeur fufïifante aux Affiégez, pour obliger les Affiégeans de prendre leurs logemens aux Soufaces, tant des Ravelins, que des Bafiions Capitaux, là où trouvant très peu d'efpace ils pourront toujours être vûs de revers. Les Affié-gcz auront au contraire les deux foflez fecs , par où ils pourront toujours attaquer les Affiégeans dans leurs logemens, non feulement en front, mais auffi en flanc, avec tant de monde qu'il jugeront à propos, & même les en chaffer. Et en cas que l'on ne l'entreprenne qu'avec peu de monde , les Affiégeans ne l'oferont point pour-fuivre, k caufe que ces foflez fecs font fort vivement flanquez , & défendus des feux couverts. Et comme nous entendons, ceci de la Fig. B. G. M. & O., il fera plus aplicable encore dans la Fig. H. K. & L. parce qu'en ces dernières, le foiîc fec environnant la Fortereffe , la Cavalerie des Affiégcz peut agir à couvert, fans incommoder l'Infanterie.
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- De là farce des Fortifications*
- 7
- Four être à tous moment aux mains a*uec les Affiégeans j leur difputant le terrain de ce front pé à pié,
- VOilà les avantages d’un terrain fec fur un ter- w
- rain. aquatique , quand on le fortifie félon montages d'un l’Art & la Pratique moderne : c’eft en confidé- ^JfTejfiuunter-ration de ces avantages que les Ingénieurs les plus rai* bas filon u célébrés 1 ont toujours eltime, comme la rorce^de derne. la Fortification; parce qu’il n’y avoit point de feux tant grands qu’ils fulfent, qu’on ne pût ruiner, ou qui pufient empêcher que les Ennemis ne les paffafient, quand on ne leur refiftoit pas pié à pié j & ce dernier point étant le plus elfen-ticl de la Fortification, nous l’avons aufifi apliqué à une Forterelfe fur un terrain aquatique. Et ainfi en fuivant cette méthode, nous y trouvons non feulement un avantage très-confidérable par raport à la force de l’Ouvrage, qui furpaflè de beaucoup, tout ce que l’on peut faire en fuivant les autres maximes qui me font connues, mais nous y rencontrons encore une grande épargne, en ce que cette méthode nous fournit lés moyens de commencer nos Ouvrages de Maçonnerie non pas du fond des folïez , mais feulement très peu deifous le niveau de la campagne.
- A cet effet nous avons mis ( dans la Fig. B. Et pour avait G. M. & O. ) un foffé fec devant les Ravclins . ces *VAnta-
- „ - - * gts en ce cas-ct,
- & nous lavons couvert d un lecond Rempart, non* avons or-afin que. quand les Afïïégeans auront palfé le mf°Fi foffé plein d’eau avec leurs Galeries, & le ferontJ logez fur ce Rempart, on puilïe à couvert s’approcher d’eux à tous momens, & les incommoder par des feux d’artifice, & même chafïer des
- A 4 loge* “ ' ! ,
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- Par laquelle let affiégeans peuvent être incommodez. à lom moment dans lefojfé fec, ir contraints de le gagner pié à tux
- $et*udcmamêfe.
- Ces fojfez, fies feraient de peu d'utilité, fil’on nemunijjbit les Ouvrages qui les bordent par
- fwt Mitraille, '
- 8 De la force des Fortifications'.
- logemens. Car tant que les Affiégez pourront conferver l’ufage de ces foriez fecs devant les Rave lins &c. les Affiégeans rie feront point en état d’attaquer le Ravelin. Et comment fe logeront-ils fur la brèche, les Affiégez pouvant à tous mo-mens & à couvert s’approcher d’ëux de deux cotez , outre que les Affiégeans fc trouveront entre les feux de ces Tours , .& des Faces Capitales? Nous jugeons donc par là que les Affiégeans ne doivent point fonger à donner l’aflaut avant qu’ils fe foient emparez de tous les foflez fecs qu’ils pourraient rencontrer en chemin 5 comme il paraîtra plus clairement par la defeription de leurs défen-îes.
- Et afin que les Affiégez ayent plus de front & moins d’empêchement pour incommoder les Affiégeans, tant dans leurs lorries que dans leurs retraites, nous avons ordonné un fofle fcc tout autour de l’Ouvrage Capital, comme les Fig. H. K. L.&QJe montrent, qui fe couvre auffid’un fécond Rempart, où les Affiégez, tant dans le Ravelin, que devant les Faces capitales, pourront agir à couvert contre les Affiégeans , non feulement avec l’Infanterie , mais auffi avec la Cavalerie quand ils voudront, s’ils jugent néceffaire d’incommoder l’Ennemi par ce moyen-là.
- Et e’eft par ces moyens que les Affiégez étant couverts , difputent le terrain pié à pié aux Affiégeans , comme on le verra ci-après.
- Pour couvrir les Murailles.
- TSJOus avons tellement difpofé nos Murailles i qu’elles font à couvert des Affiégeans ^?ar un fécond Rempart, Car nous ne croyons point
- que
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- Des Méthodes Françoifes de fortifier. 9
- que l’on puifle bâtir une Muraille fi forte, qu’elle puifle réfifter à une grande Artillerie ; & quand cela fe pourrait, les dépenfes en feraient immen-fes. C’eft pour cela que nous aimons mieux la bâtir à peu de frais fur un fonds ferme, & la couvrir d’un Rempart ; ce qui donne beaucoup de peine aux Afliégeans pour la bâtre ; & en la couvrant de cette manière, nous trouvons de grands avantages, tant par raport à l’épargne, que par raport à la défenfe.
- CHAPITRE IL
- Des Méthodes modernes de fortifier à la Françoife. Nous propofons par exemple un Exagone Royal, contenant 2 8 800. toifes quarrées de fuper-ficie. Voyez la Fig. A.
- Defeription de fes Contrefcarpes.
- NOtre but n’eft point de traiter'amplement la ConfiruElion de cette Fortification , puifque la Méthode Françoife moderne eft allez connue aux amateurs de cette Science. Jugeant qu’une Forterefle ne fe doit point régler félon l’une ou l’autre manière de calculer, mais que les Calculs fe doivent régler félon la qualité de la Fortreffe. Ainfi nous commencerons par les Contrefcarpes, comme nous ferons aufïi par tout dans la fuite.
- On abaiffe aujourd’hui le Chemin-couvert des Contrefcarpes d’un pié & demi, ou de deux piez A { "" " audef-
- Qui, pour être cachée de la farte, donne beaucoup de peine aux Jiégeans pour U battre.
- *Tour<juoi l’^Auteur ne décrit point UCoa~ ftru&ion de cette Fortification.
- De l'abaijfenunt du Chetcia-couyert,
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- Efplanadc ou Glacis.
- Redatis.
- Traverfes dans te Chemin-cou
- vert.
- Crochets dans TEfplanade four le pajfage entre les Traver-/«.
- ralifladesJÎO' /'Efplanade, & auprès la première Banquette.
- "Pourquoi les François n'ont point d'avant-Met..
- Pourquoi on ne parle des Ouvrages à Corne qu'en pajfant.
- 10 Des Méthodes FrdMÇolfes de fortifier. audeflous de l’Horizon. Ce terrain eft bas ou élevé, & on y fait une Efplanade au devant de i<î. à 20. toifes , avec deux Banquettes : mais aux Angles rentrans des Contre}carpes on fait des Redans, qui rafent l'Efplanade avec des Traverfes. A leurs extrémitez dans le Chemin - couvert on place auffi des Traverfes femblables dans les Faces prolongées , qui rafent- une partie du Chemin-couvert ; & pour communiquer, on fait un crochet de 6. à S. piez de large dans le Parapet du Chemin* cou vert, comme on voit dans la Figure A.
- Tout autour de cette Contrefcarpe régne un rang de PalifTades diftant de 3.à 4. piez du Parapet, & de 3. à 4. piez de la première Banquette du Chemin-couvert; ces dernières ont des barrières pour faire les forties en cas de Siège. '
- Et parce que le principal but qu'on fe propofê dans la conftruétion d’une Contrefcarpe, ne con-fifte qu'à pouvoir faire les forties & fes retraites toujours à couvert, les François ne font point de foiré devant leurs Contrefcarpes : ce qui leur ôte-roit ces avantages, & les pourrait arrêter à de certains Ponts , quie les Affiégeans peuvent très facilement découvrir.
- Des Dehors.
- NOus n'avons pas non plus deflèin de montrer, de quelle manière on conftruit aujourd’hui les Ouvrages à Corne ; quoique les François en ayent bâti, tant à la grande qu'à la petite Citadelle de Strasbourg , comme aufïî à la V ille même, & à Ypres, s'il en faut croire les Plans. N'ayant point toutes les circonftanccs qui les y ont pu obliger, nous n’en dirons rien, finon
- que
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- Des Méthodes Françoijès de fortifier. n
- que ces Ouvrages, à caufe du grand circuit, & Leurs de leur peu de défenfe, ne valent pas les grandes dépenfes des Murailles dont ils font revêtus. fcLfi du^Lt On met ordinairement un Ravelin devant la Courtine: & quoique nous ne le trouvions que mm ejidéfaire très rarement avec des Flancs dans les Deffeins planai?/* François, nous en avons pourtant trouvé con- courtine, ftruits de la forte fans en pouvoir pénétrer les „ raifons. Ils revêtent ces Ravelms d’une Murail- plument le, depuis le fond du foflc jufqu’à 8.ou io. piez #»»*MuraiUe audeffus.le niveau dudit foffé; l’épaiffeur au fom- /JJ? met étant ordinairement de 3. à 4. piez; la hau- nnt*»-teur depuis le fond du fofte eft environ de 17. à 19. piez. On éléve le Rempart audeffus ce revêtement félon que le befoin le requiert.
- De V Ouvrage Capital.
- ON fait aujourd’hui l’Ouvrage Capital félon la vouvraget*-Méthode Françoife, quoique cette conftruc-tionne s’accorde point par tout, mais en diffère en de Françoife ^ quelques parties , comme cela fe peut voir dans T(ptî l’oii la Fig. A. P. & Qj j ces deux dermeres étant pri- quelques w-fes de ces Méthodes. A ce que nous jugeons droiUm ces Plans François s’accordent beaucoup avec Spec-kle dans la Fig.No. 8., excepté qu’on y trouve quelques petits changemens de peu d’importance.
- Cet Ouvrage Capital eft entièrement revêtu si* revêtent d’une Muraille, qui commençant à deux piez au JliîSt deflbus le fond du foffé, 8c s’élévant julques au raille très égaijp. Parapet, ou un peu au-deflous , eft du moins de la hauteur de 20. à 24. piez, 8c de i’épaiffeur de plus de 4.34. piez & demi, deforte que l’é-paiffeur fur la retraite avec le Talus intérieur 8c extérieur doit avoir 10. à iz. piez, contre lequel on attache l,es contreforts, Ils revêtent 3e même
- le
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- Les Frénfou est confirait une Fauffe- braye éfex. joliment devant la Cour-due.
- Cette Faufle-braye efi auffi revêtue d'une Muraille depuis le fond dufojfé.
- Pourquoi les Orillons font À préférer aux Epaulemens.
- Examen de leurs forces.
- Tri Des Méthodes Frkîlçoifes de fortifier'. le haut Flanc d'une muraille à la hauteur du Flanc moyen.
- - Les François ont très-joliment inventé un Ouvrage devant la Courtine , qu'ils appellent une Faujfe-braye, que nous appellerons Bajfe-courtine y parce que ce terme a plus de raport avec les autres dont nous nous lervons. Cet Ouvrage eft très utile , tant pour avoir un troiliéme Flanc, qu'ils placent à la portée du Moulquet, que pour pouvoir éloigner plus les Bafiions l’un de l'autre,'& pour avoir plus d'elpace pour couvrir les Pontons. Le Chemin - couvert de cette Fauffe - braye n'eft éloigné de la Muraille de la Courtine que de 5. à 4. toiles, en étant léparé par' un petit folié.
- Les François revêtent aulïî cette Faujfe - braye d'une Muraille depuis le fond du folle : ce qui fait que cet Ouvrage eft d’une très grande dé-penfe.
- Et comme on voit dans ces nouvelles Méthodes, tantôt des Orillons, tantôt des Epaulemens, nous nous déclarons avec Stevin pom les Orillons ; parce qu'ils ne forment point d'Angle aux Faces y mais un arrondiflement, où les boulets ne fe peuvent prendre fi facilement pour le pouvoir brifer & ruiner.
- Comment Pon doit attaquer les Fortifications modernes.
- Premièrement des Contrefcarpes.
- NOus avons déjà parlé des Contrefcarpes, & pourquoi elles ne doivent point avoir de fof-fez. Examinons-en prélentement la force.
- Pourxet effet nous fuppoferons, que les Af-
- fiégeans
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- Des Méthodes Frariçoifes de fortifier. ï 3 fiégeans ont pouflé leurs A proches à unediftance convenable du Glacis : alors ils pourront faire l’attaque d’un gt'and front , & le pofter tant aux pointes des Redans, No. 1. & 2. qu’aux Angles laillans, No. 3. & 4. pour pouvoir ainli rafer les deux cotez du Chemin-couvert ; & pour chaffer les Afliégez de derrière lesTraverfes qui font aux Angles l'aillans , il ne faudra que le pofter près du No. 5. 6. & 7. les failant retirer par les Grenades & par la Moufqueteric. Et parce que les Travcrles dans le Chemin-couvert me lervent auf-fi-bien de couverture qu’aux Afliégez; il ne fera nécelfaire que de me couvrir dans le Flanc, tout le long du folle près du No. 8. p. & 10. Et c’eft alors^que l’on pourra par-delfus leldites Tra-verfes incommoder les Afliégez , qui font lur YEfplanade, entre ces Traverles & les Redans, tellement qu’il leur fera impolïible de s’y pofter; que reftera t-il alors aux Afliégez, que de ruïnêt par leurs fourneaux & feux d’artifice les loge-mcns, que les Ennemis ont pris , tant entre ces Traverles qu’aux Angles rentrons & faillans, & d’y faire des Sorties ? Mais quand les Aflîégeans ne fe font point avancez dans le Chemin-cou vert, les Afliégez feront obligez de fe mettre à découvert fur YEfplanade, & d’en venir aux mains. Et parce que les Paliflàdes font placées tout près , ou fur lesTraverfes de YEfplanade-, les Afliégez ne pourront faire ces Sorties , qu’à la faveur des barrières & ouvertures dans le Glacis, qui font expoiées à la vûë des Aflîégeans, & qui par confé-quent .ne peuvent pas être d’une grande utilité aux Afliégez. Auflï ces barrières ne fe peuvent fi bien fermer dans la retraite, que les Alfiégeans ne trouvent moyen d’y entrer, & d’en chalicr& maflacrer facilement en même tems tout ce qui
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- h'^Auteur rejette ces Contre-fcarpes, À caufe de leur faiblejfe.
- DefdVMt/t£es des Paliffades JModernes auprès ou fur T Esplanade.
- CornüUn.
- Ï4 Des Méthodes Françoifes de fortifier, s’y trouve, parce qu’ils peuvent être toujours les plus forts j & "que les Afliégez n’ont d’autre retraite que celle des Places d’armes , les pointes defquelles peuvent être enfilées des Afliégeans, & on ne les pourra féconder que par-deffus le Pont du Ravelin , qui eft à la vûë des Angles faillans du Chemin-couvert: de forte que cela fera auflî de peu de conféquence. Ces raifons me font rejetter de telles Çontrefcarpes, qui n’ont point d’autre foûtien , & que l’on doit compter pour perdues dès la première attaque. Et en cas que l’on veuille les défendre obftinément, & chalfer les Afliégeans de leur retranchement auprès des Paliflades; les Afliégez y pourront perdre bien du inonde , tant à caufe qu’ils font toujours contraints de fe battre avec defavantage contre les Afliégeans fur YEfplanade, que parce qu’ils font obligez de s’avancer & de fe retirer le long de ces Chemins - couverts enfilez. C’eft pourquoi 9 il me femble, qu’il vaudroit beaucoup mieux laifler tout cela , & employer bien plus utilement le monde dans-des Sorties continuelles; pour empêcher les Afliégeans d’y prendre pofte.
- Il faut que nous confidérions ici, que les Pa-liflades placées le long du côté intérieur, ou au-delfus du Parapet de la Contrefcarpe , font très nuifibles, aux Afliégez. qui font-dans le Chemin-couvert, quand leur Canon y jouë; c’eft pourquoi nous les rejettons aufli ; mais nous en ordonnerons d’autres en leur place , qui ne font point vues des Afliégeans que lors qu’ils viennent à l’aflaut.
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- Des Méthodes Françoifes de fortifier, i j
- De VAttaque des Dehors,
- NOus n’avons marque dans ce Plan qu’un Ra-velin ; car nous pallons fous filence les Ouvrages tant à Corne que d’autres , que Ton ne conftruit que pour des raifons particulières. Ces Ravelins qu’ont - ils qu’une défenfe oblique fur leurs foftèz, qu’ils tirent de la haute Face du BaflionCapital? Et fi l’on conftruit des Cazema-tes pour avoir la défenfe du Canon plus bas, les Contre-batteries des Affiégeans placées fur L'Ef-planade oppofée à No. 12. & 13., y joueront fi vigoureusement, que ces Ouvrages voûtez cn-femble avec le Parapet , qui eft deflus, feront entièrement ruinez dans peu de tems : & alors il ne reftera que le repentir d’avoir fait tant d’inutiles dèpenfes, & ce qui eft le pis, il feront cau-fe d’une grande brèche ; deforte que cette Contre-batterie fait deux effets : le premier eft , qu’elle ruine la défenfe fur le folle du Ravelin, & l’autre, qu’elle fait une brèche fi grande dans la Face capitale , qu’il n’eft pas befoin de l’agrandir par des Batteries nouvelles.
- Y aura-1-il beaucoup de peine à prefent de forcer ce Ravelin > après qu’il y a une telle brèche dans la Face l Nous croyons que. non : & quoi qu’un Gouverneur ofe défendre juique à l’extrémité un Ouvrage détâché , comme s’il étoit joint au Corps de la Place, parce qu’il ne perdra dans le premier que le monde qu’il faut pour le défendre, il .eft pourtant de fon devoir de le défendre avec autant de feureté qu’il fera poflible , & de ne le pas abandonner à l’Ennemi. Et parce que nous voyons bien, que nous ne pourrions éviter cela ici que très - difficilement, quand les Aflïé-
- çeans
- Pourquoi Cm n'a pas confiront ici des Ouvrages à Corne.
- Foîliltjfe des Ravelins.
- Defavantages des Flancs retirez, pour la défenfe des Rave-lins.
- Pourquoi ceux qui les battent m tirent plus d'avantage que ceux qui les ont bâtis.
- On demande quand ily a une brèche dans lu Face du Rave-lin ,fion a beaucoup de peine à l'emporter ? O* répond que non.
- Pourquoi m Ouvrage détaché peut être défendu plus opiniâtrement que le Corps de la Place.
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- 'Pourquoi on s'tfl fervi des Ravelins parmi les anciens comme on fait aujourd'hui.
- Toiblejfe de leurs raifons*
- luttes raifons d'une fécondé attaque.
- Troijtémerai-fon pourquoi ces Murailles font inutiles.
- Les retranchement qu'on y fait font de peu d'utilité dans un terrain aquatique,
- lê Des Méthodes Françoifes de fortifier. geans attaquent le Ravelin avec une grande force , pourquoi ne nous fêroit-il pas permis de dire, que ces Ouvrages , qui n'ont point d'autre défenfe; & qui coûtent beaucoup à caufe des Murailles élévées du fond du fofle, ne font que des peines & des dépenfes inutiles, fi ce n’eft que l'on veuille acheter fort cher la belle vue des Murailles.
- Je n’ignore pas que l'on conftruit ces Ravelins principalement pour couvrir les Flancs, & les guarantir des Batteries croifées ; mais je laifle au Ledeur à juger, fi l'on ne conferve pas aflez de front pour les démonter , puifque l'on peut placer une Contre-batterie de 66. toifes fur Y Efpla-nade^ près du No. 14. à i’oppofite des trois Flancs & de YOrillon, de 68. toifes ; outre que le Ra-vélin étant pris, donne aufli 20.toifes de terrain pour les Batteries croifées près du No. 15. & tout cela ne feroit-il point fuffifant pour démonter ces trois Flancs des Afliégez ? Nous n’en doutons point. Par conféquent il eft permis de dire, que ces Ravelins qui coûtent tant, ne couvrent les Flancs que très-foiblement. Et fi on les conftruit pour obliger de donner une fécondé attaque au Corps de la Place, nous en avons fait voir la foiblefle» & l’inutilité de leurs dépenfes. Mais fi on les bâtit feulement pour couvrir les Flancs & les Portes , il n’eft pas befoin de les revêtir d'une Muraille qui coûte tant?
- Le Ledeur m'exeufera de ce que les Contre-batteries ne fe trouvent point au bord du Parapet de YEf-planade, & qu'elles ne font marquées dans le Ra-velin que par des lignes ponduées, parce qu’autre-. ment cela auroit trop brouillé le deflèin à mon avis.
- Pour ce qui regarde leurs rctranchemens, cl-ils font de peu de considération. Mais fi on y conftruifoit des Caponiéres & Bonnettes, comme
- nous
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- Des Méthodes Françoifes de fortifier, ty ïious en avons marqué dans nos Ravelins Fig. B. G. M. & O* &c. Nous les jugerions de plus d’utilité étant faits félon nôtre méthode , & préférables à tous autres retranchemens , non feulement à caufe qu’ils font déjà faits , mais parce qu’ils font auffi inacceffibles, qu’ils donnent une retraite allurée aux Affiégez, & qu’ils ne peuvent être ruinez que par le Canon.
- Ve VAttaque du Corps de la Place.
- QUand les Affiégeans, par le moyen defdites Contre-bateries auront ruiné les Flancs, de-monté le Canon, fait une brèche, &paf-fé le folle avec les Galeries, ils pourront faire l’attaque, & s’emparer du Baflion Capital, paf-fant par la brèche, s’il n’y a que peu de Soldats pour la défendre. Les Mines que les Affiégez auront pu faire fous cette brèche dans la Muraille deflous l’eau, comme c’eft l’avis de quelques uns, & tous les autres que l’on pourroit avoir fait* dans le Bafiton , ne pourront pas empêcher cette attaque , parce qu’on les fait jouer infruc-tueulement par les faufïes attaques. Mais en cas que la Forterelfe eût une grande garnilon , les Affiégeans feroîent obligez d’agir avec plus de précaution, & il feroit néceflaire de faire découvrir & ruiner les Contre-mines par le Mineur, avançant en même tems ces Mines dans le Baf-tion* L’on conduit ces Mines par diverfes Galeries , afin qu’elles ne puifient être toutes découvertes, & rendues inutiles par les Contre-mines des Affiégez, & c’eft par ce moyen que les Affiégeans incommodent beaucoup les Soldats, qui y font poftez pour défendre la brèche ; ce qui eft évident, parce que les Affiégeans ne font pas B jouer
- ToUrqUolnctu les fortifions dont UJkited'm» autre minière.
- Comment il faut attendra l'ajfwt, lagar-nifon étant foible-
- Les Mines tant dans la Muraille que deffotu la brèche fi perdent par la foujfi at-tajtte.
- En tas à'uns forte garni fin il faut pim de précaution pour dé-t ouvrir ér ruiner les Contre-minerm à" auffi pour induire les Mines par diverfes Go-lcries dans le Jlafiion,par-defi fus lefquelles ils trouvent moyen d’attirer l’Mjfié-gé par une faujjè attaque, & les faifant joüer en même tems ren-verfint importent la confufion par tw.
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- Dans ce moment il faut donner l'affam général.
- "Vnfiul homme peut caufirdela confufion.
- Pourquoi il efi dangereux d’attendre l’aJfaUt général où il n'y apoint deretran-thtment.
- Et s’il y en a, veux qui défendent la brèche ne doivent point fi retirer par les forties dtt retranchement , à coups des conféquences dangereufis qui i’enfuivent.
- %Ainfi ces re-trancbemens ne font Utiles qu’à défendre la brèche opiniâtrement, ou alors il faut vaincre ou mourir.
- iS Des Méthodes Françoifes de fortifier. jouer ces Mines avant que d’y avoir attiré les Af-fiégez par la faufle attaque. Il y a donc lieu de croire, que cela porte la confufion parmi les Soldats , principalement parmi ceux qui y font defïus, & renverfe en même tems tout ce que Ton a fait pour défendre la brèche. C'eft alors que les Aflîégeans doivent donner l’aflaut général en bon ordre, pour en tirer un bon effet.
- Voici ce qu'il faut remarquer à l'égard des Af-fiégez, qu'un feiil homme quelquefois met tout le refte en confufion ; auffi la peur d’être lurpris altéré, & intimide les plus allertes & intrépides. C'eft pourquoi il eft très - dangereux d'attendre l'aftaut général fur le Bafiion, quand il n'y a point de retranchemens. Et s'il y en a, comment ceux qui défendent la brèche pourront-ils fe retirer par les forties du retranchement, en cas qu'ils foient forcez par les Affiégcans, fans que ceux-ci n'y entrent pèle mêle avec eux ? Deforte que le retranchement eft de peu d’utilité dans une Place Capitale , quand on veut défendre la brèche de vive force, ou bien il faut abandonner ceux qui la défendent à la fureur des Aflïégeans s'il s'en rendent les maîtres. Et je ne ferois point d’avis qu'à l'occa-fion d’une défenfe fi opiniâtre on doive ouvrir les forties du retranchement, pour y recevoir les battus, à caufe des dangereufes conféquences que l'on a vu naître en beaucoup d'occafions, je les ouvrirais feulement pour en tems & lieu y laiffer paffer quelques fecours.
- C'eft pourquoi nous aimerions mieux leur ordonner quelques petits retranchemens de Paliffades pour s’y retirer. Mais parce que nous n'avons point defiein d’expliquer ici plus amplement, de quelle manière on peut faire des bons retranchemens avec peu de peîne, tant dans
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- Des Méthodes Fraftçolfes de fortifier. ip les B a fiions pleins, que dans les vuides, quoique les premiers foient de béaucoup préférables aux derniers, tant pour la défenle que pour le retranchement; nous n’en dirons rien d’avantage à l’heipe prefente.
- CONCLUSION,;
- LE Leâeur me pardonnera, G cet Exagone A.
- diffère un peu en quelques endroits de la manière moderne de fortifier; nous.n’en avons pu avoir de meilleur. Et parce que le même Def-fein fe trouve parmi les Amateurs, & qu’il m’a été donné , il y a quelques années, de la part d’un Ingénieur renommé de ce tems, j’ai cru le pouvoir mettre ici : d’autant plus que l’on m’afi. fure que diverfes Frontières, qui font de con-léquence à prefent, & que j’ai des raifons de ne nommer point, font fortifiées fuivant ce De{-fcin.
- J’ai été en doute G cette Figure étoit bien la véritable Méthode Françoise, parce qu’on y pou-voit donner quelques toiles de Flanc déplus. C’eft pourquoi je reprélente lous la Fig. P. une autre partie d’un Exagone fitué fur le bord d’une Rivière , félon la Méthode Françoife , comme le font aulfi les Ouvrages Capitaux dés Fig. H. K. &L.
- . Mais puifque ce Deffein m’a été donné comme un Plan véritable, je l’ai voulu fuivre ponduel-lement, quoique nous ne différions pas beaucoup à io. ou 12. toifes de Flanc plus ou moins , jugeant que la force d’une Fortcreffe ne confifte pas en cela ; & comme ledit Plan comprend justement 28800. toifes dans tes Polygones intérieurs, nous ayons réglé tous nos Deffems là- defitls, afin B 2 d'en-
- Excufe de Pointeur.
- Lu foret d'une F arterejfe ne con-Jîfte pas en quelques toifes de Flancs plus ou moins.
- Grandeur de ce Plan, égal aux Deffe\nsfuivants.
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- JD es CoHtref-carpcs.
- On crtufe h Chemin-couvert.
- Ltgemens dt Maftnntrie*
- 2o fiefcription de VExagone Royal, d’enfermer un pareil efpace dans nos Fortereflfes.
- CHAPITRÉ ÎIÎ.
- La première Méthode pour conftrui-re un Exagone Royal, contenant dans fes Polygones intérieurs 28800. toifes, fous les Fig. B. & G.
- Defcription de fes Contrefcarpes,
- NOus réprefentons ces premières Méthodes fous la Fig. B., & leurs Profils fous la Fig. C., & nous les décrirons depuis le commencement jufqu’à la fin, pour donner auLeéfceur une idée plus parfaite.
- Nous fuppofons pour cela le terrain en être élevé de quatre piez au-deflus le niveau de Peau , comme nous le trouvons dans beaucoup d’endroits de nos Provinces Unies.
- De laquelle hauteur nous commençons àcreu-fer le Chemin-couvert de la Contrescarpe de trois piez au Parapet, en raluffant jufqu’àu niveau du fof-fé de la largeur de 1 x, toifes. On place des logemens de Maçonnerie aux Angles rentrans de l’ép^iffeur de leur muraille & d’une & demie , ou bien de deux briques élevées à la hauteur de YEfplanade , qui avec le Chemin-couvert creufé eft de fept piez & demi. Ces Murailles ont des créneaux tout autour pour détendre le Chemin-couvert qui eft devant eux. Devant ces logemens à la diftance de trois piez de ces murs régne un rang de Pa-liffades, pour empêcher l’ennemi d'y attacher le ‘ ' fêtard;
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- Hefcription de YEseagom Royal. iï Pétard j & afin qu'il ne puifle ruiner ce logement de derrière par le Canon qu’il pourroit planter fur YEfplanade , nous faifons un Parapet dans le milieu dudit Chemin-couvert, qu’on nommejja Travcrfe, haut de fept piez & demi, & large au fommet de dix-huit piez, traverfant le Chemin-» couvert jufqu’au fofle. Devant ces Traverfes, comme auflï devant toute YEfplanade^ il y a deux Banquettes ; cette Traverfe nous fert d’un fécond logement, qui rafe tout le Chemin-couvert. Et afin de les afliirer contre l’Efcalade on plante deux rangs de Paliflades devant ces Traverfes, qui font fermées tant aux Murailles defdits logemens , qu’au Parapet de YEfplanade par d’autres Paliflades, ou il faut faire des Bariéres , comme on le montre dans la Fig. B. par des Lignes ponduées ; mais dans la Fig. G. j’en donne le Profil autant que cela s’eft pu faire. Et pour avoir une idée parfaite de ces logemens, nous les avons fait marquer plus grands dans la Fig. K.
- Pour mieux garderie Chemin - couvert devant les logemens, nous conftruifons un Coffre avancé de fix toifes dans YEfplanade, large de huit piez, revêtu de planches , laiflant une ouverture en front d’un pie ôç demi defliis YEfplanade, le couvrant de gazons contre les feux d’artifice. Voyez la Fig. C. No. 6. Ce Coffre répond dans le Chemin - couvert par de petits foûterrains ; on y fait des Embrazures , afin que de fes Galeries l’on puifle tirer fur ceux qui pourraient avoir forcé le paflage du Coffre , & pour guarantir les Paliflades qui font aux Traverfes des Redans du Canon des Afliégeans, nous les ordonnerons tellement, qu’on les puifle mettre debout & les abaifler par le moyen d’une poutre tournante,, de la longueur environ de deux toifes.
- B 3
- Parapet peur couvrir les loge-mens.
- €t<juifirtd'm fécond logement.
- Coffre duns /’Efplanade.
- Qui eft joint d'une branche att Chemin-couvert.
- Oh place des PaliJJades tournant contre les Traverfes de4 Redans.
- En
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- Comment il lu fmtfairt.
- il Description dè VEieagone Rojaî.
- En voici la conftruâion. Plantez le long des Traverfes deffus la fécondé Banquette des pieux de l’épaifleur de 7. ou 9. pouces diftant l’un de l’autre d’environ 10. à 12. piez, ou d’autant que les poutres tournantes feront mobiles , prenez garde que ces pieux doivent être fix pouces plus bas que le fommet des Traverfes. Après cela il faut faire au fommet de ces pieux des trous quarrèz , dont chaque côté ait quatre pouces & demi » tond par embas , néanmoins tellement conftruit qu’il y relie une féparatiort de bois de l’épaifleur d’un pouce j c’eft dans ces trous que tourneront des chevilles de bois rond , de quatre pouces & un quart de diamètre, que Ton fait aux extrémi-tez d’une poutre de 5. à 6. piez d’épaifleuç, dans laquelle les Palilfades doivent être placées. On couvre ces trous d’une petite plaque de fer, large de deux pouces, qui d’un côté eft attachée par une charnière, & de l’autre par un verrou. On plantera les Paliflades dans ladite poutre de 5. à 6. pouces d’épaifleur , en y fkifant des trous où il faut pafler des chevilles î ces Paliflades en doivent fortir de la longueur de trois piez & demi ; de-forte qu’étant pofées de bout, elles furpaflent de trois piez le fommet des Traverfes ; & étant abaif-fées les pointes pendront en bas, & s’apuyeront fur la Banquette. Et afin qu’elles puiflent fe tenir debout il faut faire un trou au travers de ladite poutre, & y pafler une cheville de fer. Nous paflons les Paliflades dans la poutre par le moyen d’un trou fermé de chevilles de bois , afin de les pouvoir bien-tôt réparer en cas que les Af-fiégeans en minent quelque chofe , comme ils pourront faire s’ils pointent le Canon de jour & y tirent de nuit quand elles feront de bout. Le tout eft fait fur l’Echelle, & nous en ayons abaif-
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- De feriptt on de VExagone. Rayai. 2 J
- fé une partie & élevé une autre 9 comme on le pourra voir dans la Fig. F. No. 3. .
- Les Redans & les Parapets qui traverfent le Chemin-couvert font bordez en dedans de ces fortes de Palifl'ades dont je fais grand cas, tant à caufe de la défenfe que du ménage.
- La défenfe confiftc en ce qu elles ne font pas ï'W* vues des Aflïégeans pendant le jour, que quand ils donnent l'aflaut, & à caufe de cela ils ne les ruineront point par le Canon ; & les éclats ne tueront point les Affiégez, qui jouiront en attendant de tous les avantages qu'ils en peuvent efpérer.
- Ces Palifl'ades font auflï d'un grand ménage i Un*#, parce qu'elles fe confervent dans les Magafins; & n'ont que faire de relier toujours aux Traverfes. Et quand même elles y relieraient, encore dureroient elles plus îong-tems que les autres, parce qu'elles font hors de la terre , car l'expérience a fait voir que les Paliflades qui font plantées dans la terre pourriflent la plupart. Ai nu je laifle à juger aux Amateurs , fi ces Paliflades ne font pas préférables aux autres , dont on s'eft fervi jufques à prefent fur le Glacis , qui ne font que nuifibles aux Aflïégez ; principalement fi le Canon de l’Ennemi y jouë.
- Au relie on plante auflï un rang de Paliflades Le refît Ja tout le long de la première Banquette du relie de PaliJTae{tf' la Contrefcarpe, ©u il y a des Bariéres pour faire les Sorties.
- B 4
- Dejèripi
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- De A* Couvre» face.
- Haifin du pin de largeur an fondement.
- L* ^Auteur ne fait point des Ber mes devant les Hemparn de terre.
- Des Rayelins.
- ’Vefcription de l’Ëxagone Royal;
- Defcription de U Couvre-face.
- Après ces Contrefcarpes & Chemins-couverts 8cc.
- nous avons une Couvre-face toute de terre , qui avec le Parapet n’eft au-deffus de l’Horizon que de 11. piez ou deux toifes: ayant un Talud pié fur pié, tant en fon intérieur qu’à l’extérieur, raifant la crête du Parapet de vingt piez d’épaif-feurj & afin qu’il ne refte pas de terrain aux Af> fiégeans pour placer une Contre baterie , on n’y fait que deux Banquettes, de forte qu’il n’y aura de largeur à la bafe feulement que 43. piez.
- Le fofle eft large de quatorze toifes, à la Couvre -face de fix » mais au Coridor de cinq piez d’eau en Eté. Voyez Fig. B. & G. & le Profil Fig. C. N°. <5.
- Le Le&eur pourra remarquer, que je ne fais jamais faire des Bermes devant les Remparts de terre , pour ne laifler aucun terrain aux Afîîé-geans : mais pour prévenir les ruines je donne un Talud fuffilànt. Et contre les orages, & l’écoulement de l’eau, je fais mettre tout le long de ces Remparts, & à la diftance de deux piez au-delà des poutres de fapin, que je fais attacher l’une à l’autre , tellement que le bout de l’une foit un peu plus avancé que le bout de l’autre.
- Defcription des Raveîins.
- PArlons prefentemènt des Raveîins. Je les coir-vre d’un fécond Rempart, que j’apellerai la face d’enbas du Ravelin. Ce Rempart eft de quatre piez élevé au-deflus de l’Horizon : fur ce Rempart je fais conftruire un Parapet , dont la crête eft large dt io, pie* j & apres celui-ci )’ordonne
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- Defcription de l'Exagone Royal. z ç donne un Chemin-couvert, & une Banquette de fept piez enfemble ; deforte que la crête du Parapet Toit de dix piez au-deflus de l’Horizon , & par conféquent afTez haut pour couvrir la Muraille du Ravelin, qui n’en eft élevée que de huit piez. Mais je veux que ce Rempart Toit à* la pointe de fept piez au-deflûs de l’Horizon d'une diftance de vingt-quatre toifes, afin qu’on ne le puifle enfiler. Nous ne donnons pas plus de baze a cette Face d’enbas que quarante piez, afin que les Alïiégeans ne puiflent y trouver du terrain pour placer une Contre-batterie, ou faire quelque logement. Je fais faire devant cette Face un foflé large Largeur & de dix-huit toi les, & profond à la Face de onze, trtp»ti<wdH mais au Corridor de dix piez deflous l’Horizon. ®e*
- Entre cette Face & la muraille je fais un Chemin- Fefèfee, & couvert large de feize toifes, que nous appellerons futilité. le fofle fcc, qui au milieu eft de la profondeur de quatre, mais aux cotez de deux piez & demi, afin que les Affiégeans n’y puiflent pafler par le moyen de la Sape.
- Aux extrémitez de ce fofle fec, à la diftance de Coffres aux fix toifes du grand foffe j'ordonne des Coffres, que ^tsdeceMé j’éleve au-deflus de l’Horizou de quatre piez , les revêtant de deux cotez d’une muraille large d’une brique, avec des créneaux au front. Je les couvre de planches & de terre de l’épaifleur d’un pié & demi ; devant ces Coffres je conftruis deux Banquettes élevées au-deflus du fond du .-fofle de trois piez & demi, afin qu’on puifle commodément défendre le fofle fec par-defliis ces Coffres. J’ordon- . Lw petit fif-ne devant ces Coffres un petit foflé large de quatre à fix toifes, & profond de cinq piez.
- Pour entrer dans le fofle fec, je fais derrière le Sortie derrière Coffre tout au travers du Rempart du Ravelin, Z*Coffrc’ conftruire une Sortie de Maçonnerie, large de cinq ^ per£dr™r‘
- B J piez, fff, dans leftJfe
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- yAtttre Coffre.
- Seconde entrée.
- Troijleme
- &e-
- 0 n élevé U pointe de la bajj face.
- 16 Defcriÿtion de VExagone^Royal. piez, & dans la muraille intérieure du ' Coffre je fais vine ou deux portes. Pour communiquer au’ fofle fec devant le Coffre on peut monter fur les Banquettes, & ainfi pafler le Coffre & Ton petit fofle, & puis defeendre. Mais quand ou veut être couvert en y entrant, on commencera derrière le Coffre à la diftance de 4CU^ toifes , & fous le Chemin-couvert, un autre Coffre'de Maçonnerie , lui donnant la longueur de douze à quatorze toifes, comme on voit Fig. F., & dont lë Profil eft Fig. C.N°. 4. Il y a des créneaux dans la muraille extérieure , qui eft faite comme les autres qui font fous le Chemin-couvert de la bafle face du Bajiion Capital, dont Reparlerai ci*après: deforte que ce Coffre fera pour le moins avancé de quatre toifes devant le petit fofle, afin que par fes portes 011 puifie entrer dans le fofle fec.
- Outre ces paflages on en aura un troifiéme avec un pont & Bacule par-deflus le petit fofle. On couvre ce paffage d*un rang de Paliflades éloignées de quatre toifes- de la muraille de la Face Capitale du Ravelin. Elles font très utiles pour faire les Sorties, & faciliter les retraites, quoique plus propres pour ces dernières, à caufe que par leurs guichets on peut courir tout le long de la Face, & fe retirer fur l’un ou l’autre pont derrière le Coffre jufqu’au fofle capital. On voit ces Paliflades , ces ponts, & ces planches dans ladite Figure. Mais nous montrerons leur utilité- dans l’Attaque de l’Odogone , parce que nous n’en avons point parlé dans l’Attaque de l’Exagone.
- Le Le&eur pourra voir dans les Profils Fig. C: * N°. 4. que ledit Coffre fous le Chemin-couvert, au bout de la Face d’enbas, a befoin d’un Rempart élevé de fept piez au-defîus de l’Horizop ; & pour mieux garantir le fofle fcc de l’enfilade,
- on
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- Dejcription dé VExagonc Royal. 27 ôn Coaftruit la pointe de cette face en forte , que fôn Rempart foit par Fétenduë de 30. toifes de cinq picz, & le refte de quatre piëz au-deffus de l’Horizon; comme nous le taifons voir clairement dans la Fig. F. No. 1.
- Au foffé capital derrière chaque Coffre il y aura un front pour 144. hommes , en contant pour chacun un quarré de quatre piez, ce qui n’eft que trop pour faire des Sorties:
- A l’Angle de la face d’enbas j’ordonne une Ca-portière de Maçonnerie, & j’y fais faire des créneaux tout au tour, comme Ton voit dans cette Figure. Et parce qu’elle eft trop grande, je la fépare de murailles en trois parties par dedans, la couvrant de poutres & de planches , où je fais mettre pour le moins trois picz & demi de terre contre les feux d’artifice. Cette Caponiere doit être conftruite en telle forte que fa couverture foit de niveau avec fa hauteur égale à la crête du Parapet de la face baffe , & qu’il y refte entre ce Parapet là & la muraille de la Caponiere un Chemin-couvert large de fept piez.
- Pour entrer dans cette Caponiere on fait une Galerie au travers de l’Angle au*deffous le Rempart du Ravelin, dont on fait les murailles avec du ciment d’une telle hauteur , qu’elles foient d’un pié & demi au-deffus du foffé fec, y faifant des créneaux de chaque côté. On les couvre de planches & de terre d’un pié & demi en rondeur contre les feux d’artifice. Et afin que l’on puiffe aifément courir deffus, on fait par-ci par-là une marche de Maçonnerie de la hauteur d’un pié & demi.
- On pourra auftî de la Caponiere entrer dans le foffé fec par une porte au-deffus de la Galerie deffous l’Angle.
- Et
- F y tnt derrière chaque Coffre pour ceux qui font des Sorties.
- Ciponiére dans la pointe de la face bttjfe.
- Sa hauteur.
- Galerie dans le fojjé fec pour entrer dans la Caponiére.
- Marches de pierre, & pourquoi.
- Forte datfs U Caponiére.
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- 28 Defcription de PExdgiûi Royal ',
- Ego&t <Uns u Et afin que les Affiégeans ne fe puiflènt fervîr * e“e* de cette Galerie , on conftruit un égout de Maçonnerie depuis le baffin du Ravelin jufques dans la Galerie même, par lequel les Affiégez la puif-Jcnt toujours remplir d'eau, & la rendre inutile aux Affiégeans dans l’attaque , quand même ils l'auroient fait fauter.
- Le Le&eur trouvera le Profil du Rempart 6c du Parapet du Ravelin dans la Fig. C. No. 4. Mais comme il a dans un lieu une communication couverte large de douze piez derrière le Parapet, nous l’avons élargi à la pointe du Ravelin juiqu'à vingt-quatre piez, pour avoir affez de front dans l'attaque. Ce qu'on ne fait pas par tout, pour ne pas donner trop de terrain aux Affiégeans.
- On le pourra auffi voir dans le Ravelin agran* di.Fig. F. No. 1.
- Caponiére & Dans le Ravelin j'ordonne encore une Capo-duR»- niere, dont les murailles font épaiffes d'un pic& vélin. demi, où l'on met des poutres de S. à 10. pou-
- ces , que l’on couvre de planches chargées de terre julqu’à la hauteur de trois piez contre les feux d'artifice en cas d'un Siège. Après cela je fais éléver encore de huit piez ces murailles & à l'é-paifieur d’un pié, pour conftruire une Bonette 5 en forte qu’il y ait au - defliis de ladite terre une muraille ou Parapet de la hauteur de cinq piez. Pour monter dans la Bonette j'ordonne un degré pour monter à la Caponiére, qui aura des portes fufïifantes tant vers le foffé, que des deux autres Lw utilité, cotez ; & à* la première il y aura un ponton, pour pouvoir toujours tranfporter les derniers Soldats jurement dans le Corps de la Place. Par le moyen de cette Caponiére 6c Bonette les Affiégez oferont attendre l'alfaut, & en cas qu'ils foient contraints de céder ils fe pourront retirer derrière les Palifi-
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- Defcription de V Exetgone Royal. 2 9
- fades, qui s’étendent jufqu’au Rempart du Ra-velin & au folle capital; enfuitefaire des Sorties; puis qu’il fera prefque impdffible aux Affiégeans de fe pofter dans le Raveltn, étant fous le feu de la Caponiére & de la Bonette. Et en cas que les Afïiégez fe trouvent forcez d’abandonner le Ra-vehn ( ce qui ne fe peut que les Afiiégeans n’ayent pofté leur Canon fur le Rempart du Raveiin pour ruiner ces deux Ouvrages ) ils pourront toujours commodément entrer de la Caponiére dans le ponton & fe retirer. Outre ces avantages je juge ces Ouvrages aufli très utiles pour un Corps de garde, tant pour ceux qui font dans les Ra-velins que dans le foflé lec.
- Defcription de VOuvrage Capital.
- APrès avoir traité de la Defcription des dehors, il faut parler de i’Ouvrage Capital-.
- Les Baftions Capitaux font environnez d’un fécond Rempart fans B'erme, que nous appellerons auffi la Face d’enbas du Bajlion Capital. Il effc élevé de fix piez au-deffus de l’Horizon, ( mais les Anglçs en font élevez de neuf piez à retendue de vingt-quatre toifes ) ayant un Parapet dont la crête eft large de vingt piez à terre roulante pour les raifons fufditcs. Il y a devant le Parapet une Banquette large de trois piez , & un Chemin - couvert de cinq , fous lequel on fait conftruire une Galerie & une Tour, comme l’on verra ci - après , maçonnée de l’une à l’autre, de trois piez au-dëlfus de l'Horizon, voûtée, & couverte d'un pié & demi de terre en pente contre les feux d’artificè. Ces Galeries font par tout crenellées avec des foûpiraux pour que la fumée puifle fortir ; & elles font par dedans * fcparées
- par
- Les Baftions Capitaux ont aulji une Face bcjfi-
- Galerie fous le Chemin couvert.
- • Voyez Fig. C No. 2.
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- On Us fépayé par des portes.
- Fajfages pour jentrer.
- * Voyez p. ia.
- FoJJé fie devant /«Baftion capital-
- Valiffadcstout autour du Baf-tion capital.
- L'ùfage de ces Falijptdes.
- 30 Defiription de l’Exagone Royal, par des portes à- la diftance de deux à trois toiles. Mais pour aller du Chemin-couvert de cette Face baffe dans le foffé fec » on fait des degrez de diftance en diftance. Les entrées font dans la place baffe de la Casemate, dont nous parlerons , comme auffi par la Galerie enfoncée au-deflous 1‘Anglc du Bajlion capital, par le foiïé fec jufqu'à I’ex-trémité de la Face baffe. O11 conftruit certë Galerie de même manière que celle qui va par le fofle fec devant l'Angle du Ravelin dans la Caponiére. On * fait auffi diverfes portes dans ces Galeries fouterraines pour aller dans le foflé fec, comme on voit Fig. D.
- On conftruit derrière cette Face baffe un foffé fec large de feizetoifes, de la même manière que celui du Ravelin.
- On plante dans ce foffé fec un rang de Paliff. fades tout autour des BaJHôns capitaux , à la diftance de quatre toifes des murailles, tellement qu'elles enferment une des deux Sorties aux ex-trcmitez, & laiflent l’autre pour entrer au foffé fec.
- On plante ces Paliflades, parce que quand on fait des Sorties dans le foflé fec par la Sortie ouverte , il eft à craindre d’être vigoureufement repouffé , & pourfuivi par les Affiégeans : ce qui fera plus dangereux quand ils ont forcé une partie de la Face baffe. En ce cas-là il ne ferait pas poflible de fe retirer par la Sortie ouverte du foffé fec, dans le Chemin - couvert du Flanc , fans qu'on puifle empêcher que les Ennemis n'y puif-fent entrer pêle-mêle avec les Aflïégez par accident, & y caufer de grandes confufions. Pour les éviter, les Afliégez fe retireront premièrement par les barrières que l'on fait dans ces Paliflades en divers endroits : delà ils pourront çntrer par les
- portes
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- 2)efcription de VExagone Royal, 31 portes enfermées de ces Paliflàdes dans le Chemin-couvert du Flanc moyen : & on pourra ainfi éviter tous les dangers. Nous les marquons par des points Fig. B., mais elles font entièrement deffinées Fig. F. No. 1. On montre aufli leurs utilitez dans l’attaque de l’O&ogone, dont on parlera.
- Les murailles de la face du Bajlion Capital font Hauteur de u de douze piez & demi au-deflus du fofîe fec, & muraille de u deux piez au-deflous de la face baffe du même Mfa *' Bajiion , afin qu’elles foient couvertes aux Affié-geans. Le fondement eft de fix piez au-deffous de l’Horifon du folle fec. On les fonde fur des poutres fuffifament enfoncées, &on les pourvoit d’une fécondé muraille & d’une double Contre-galérie. Ces Maçonneries empêcheront bien mieux la face capitale de s’ébouler que ne font les mo» dernes.
- On m’excufera fi je ne donne point les Deffeins Tournai de mes murailles , & fi je ne montre pas avec combien peu de dépenfes je les fais conftruire, fils, ni la defirif-non feulement doubles , mais aufïî avec deux Contre-galeries, qui nous font d’un grand avan- * tage fur les Alîaillans ; quoique chaque muraille de nos faces ne requiere que trois huitièmes des briques que l’on employé dans les murailles modernes. Le refte de mes murailles fe pourra faire avec environ la moitié des briques de mes faces. Je ne les donne point, dis-je, parce que je veux referver pour moi quelque chofe dans cette méthode de fortifier. C’eft pour cela que l’on ne doit pas regarder les murailles dans ces Profils comme fi je les faifois ainfi conftruire. Us marquent feulement la hauteur & les places où je les crois utiles dans nos projets. Nous ne montrons que le Profil & le trait fondamental des Tours que nous couftruifons. J’élevc
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- Elévation tin “Rompait au-def fus de la mur aille de la face.
- Muraille de la face.
- Elévation du “Rempart au-def-fusdt la mur aille.
- Place bajfe à Canon dans la Courtine rentrante.
- g i Defcription de VILxAgone Roy*lm
- Jeleve le Rempart de la face capitale de fïx piez au-deflus de la muraille, & j’y ordonne un Parapet , dont la crête eft large de vingt piez. Je remplis ce Baftion entièrement de terre, tellement que l'eau de pluye puifle s'écouler par les gorges.
- Je fais revêtir le Flanc du Baftion Capital d'une muraille élevée de neuf piez au-deflus de l’Horizon ; & je fais creufer le Chemin-couvert du Flanc moyen de deux piez & demi d'un côté, & du côté du Rempart de quatre piez.
- J'éleve le Rempart au-deflus de la muraille de fept piez 9 afin qu’il foit égal à la face, qui cft de feize piez au-deflus de l'Horizon ; & j’y fais conftruire un Parapet, dont la crête eft large de vingt-quatre piez.
- Je continue cette muraille du haut Flanc jufqu'à la Courtine droite; mais celle de la Courtine rentrante doit être plus haute de trois piez pour être égale à la crête du Parapet du Flanc moyen, qui cft d'onze piez au-deflus de l’Horizon. Et afin qu'on ne puiflè entrer du Flanc moyen dans la Courtine, on ne conftruit point fon Rempart ni Parapet par l'efpace de quatre à fix toiles, à me-furer de la muraille de la Courtine.
- Sous cette Courtine rentrante la fortie cft au travers du Rempart, tant devant le Flanc moyen que tout autour du Baftion &c. On maçonne cette Sortie de manière qu'il y ait des deux cotez une place bafle pour y mettre du Canon, & que le tout ne foit que de la longueur de neuf toifes, & en dedans de la profondeur de dix-huit piez. Je conftruis ces Sorties en forte qu'il y ait des doubles portes larges de dix piez, afin qu'à me-fure égale, & à la diftance de douze piez il y ait afîèz d'efpace daçs çes places balles pour quatre
- Canons
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- Defîriptioft de VExagone Royal. 3 j Canons fur des Affûts marins. Je leur fais faire des foûpiraux contre la fumée qui pafîe par le Parapet du Rempart, pourchaffer les Afliégeans, en cas, qu’après avoir emporté la Tour de pierre , ils voulurent pafler le Chemin*couvert du Flanc moyen.
- Ce Flanc moyen a un Rempart de cinq piez au-deflus de l’Horizon, & un Parapet, dont la crcte eft large de vingt-quatre piez, derrière il y a une Banquette & un Chemin - couvert de dis piez. Mais parce que cet efpace n’eft pas aflez large pour placer le Canon, on l'élargit en tems de Siège jufqu’à vingt-quatre piez par un plancher fait de bonnes poutres & folives : & comme le principal effort du Canon fe fait fur ces dix piez fus-mentionnez, le plancher ne fera pas fort endommagé.
- Nous ne donnons pas plus de terre aux Bâte-* ries, afin que l'ennemi, après avoir emporté la Tour, n'y trouve pas beaucoup de terrain. Et les Aflîégez pourront tant plus commodément ôter ce peu d’efpace , afin que les Afliégeans foient plus découverts du Flanc oppofé , &
- qu’ils ne puiffent trouver aucun lieu pour fe couvrir.
- Je fais maçonner la muraille de la Courtine droite commençant du Flanc moyen par un fofîe large de fix toifes, & profond de fept piez d’eau en Eté. Mais je ne Téleve que de fix piez au-defTus de l'Horizon, de forte qu'avec Tabaiflcment du Chemin-couvert devant la Courtine elle foit haute de neuf piez & demi. A11 milieu de cette Courtine j’ordonne une Sortie large de dix piez, comme il eft dit ci-defîus.
- La Courtine Capitale a un Parapet, dont ïa ' C crête
- Et pourtant.
- Muraille de la Courtine.
- La Courtine Capitale,
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- Pourquoi le T^empart eft fi
- Courtine baffe devant la Captait.
- Fojféfce.
- De rCrillon, tu Tour de pierre.
- 3 4 Description de VExagone Royal» crête eft large de vingt piez, & derrière un Chemin-couvert large de vingt*quatre. Son Rempart n’eft que de douze piez au-deflus de l'Horizon , afin qu’il puifle tant mieux commander le Ravelin qui eft devant.
- Devant cette Courtine Capitale nous faifons un Rempart de deux piez au-deiïus de l'Horizon, & un Parapet au-deflus, dont la crête ait la largeur de vingt piez: & derrière j’ordonne un Chemin-couvert, qui avec la Banquette Toit large de fept .piez. On courbe ce Rempart devant la Courtine Capitale pour avoir plus de défenfe, & afin que l’on ait plus d’efpace pour la Sortie qui va au travers de la Courtine. Nous appelions cet Ouvrage la baffe Courtine. Ses faces font d’un même Profil; mais fes Flancs ne font avec leurs Parapets que de trois piez au-deflus de l’Horizon, afin qu’on puifle mieux commander les autres Flancs au delà du fofle. Nous avons conftrüit fes Faces & fa Courtine plus haut, afin qu’elle puifle mieux couvrir le Flanc bas & la muraille de la Courtine capitale, qui avec le Parapet eft de huit piez au-deflus de l'Horizon. Cette Courtine bafle fert auflfi pour n’être pas obligé de maçonner depuis le fond du foflé la muraille de la Courtine d'en haut. , ' ,
- Entre cette haute & bafle Courtine op creufe un fofle fec de quatre piez au milieu, de deux & demi du côté de la muraille, & de trois du coté du Rempart jufqu’au fofle de l’eau devant le Flanc moyen , pour y pouvoir marcher plus à couvert, & afin que la muraille de la Courtine foit plus haute de deux piez & demi.
- Nous avons jufqu'ici parlé des Dehors de la Forterefle Capitale. Il refte que nous montrions comment nous conftruifons VOrillon, que nous appelions la Tour de pierre. Oa
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- Defcriptoin de VËxdgone "Royal$5
- On voit la Figure dans les Planches. Mais pour en donner une idée jufte & diftin&e autant qu'il nous eft pofïible, nous en parlerons plus amplement. J'ordonne de commencer Tes fonde-mens de fix piez au*deflous de l'Horizon. Voyez les Profils Fig. C. N°. 2. 5. & 7. Ce que nous expliquerons plus clairement.
- On fonde la maçonnerie d’enbas fur des pilo* toe quelle m*-tis, & on la commence de deux piez plus bas que n'eft le fond du fofle. J'ordonne qu'elle foit de la largeur de cinq à fix piez jufqu’à la hauteur de l'eau en Eté. Et pour l'affermir j'y fais des Contreforts, dont chaqu'un eft long de quatorze, Cis c®"t.re-& large de trois piez & demi, diftant de neuf 1 ler*' piez l'un de l'autre, à mefurer de milieu en milieu. Je les fais lier en haut par des arcs auifi hauts que font les Piliers ; & après encore l'un à l'autre en haut, de forte que le plus haut de ces 1
- arcs foit de fix piez au-de (Tou s de l’Horizon, après-que les intervalles entre chaque pilier font remplis jufqu'au deffous des arcs d'une terre féche 8c bien prefiée.
- Le bas de ces murailles étant conftruit de la forte, nous expliquerons nos Profils & le trait fSamntlu fondamental de cette Tour, montrant de quelle forte nous conftruifons & achevons cet Orillon> tant pour la défenfe, que pour le tenir ferme.
- Sur chaque pilier j’en fais conftruire un autre ^«fwrilîers. haut de vingt-deux piez, à meiurer du côté in- **Contreforts* térieur de la muraille de devant. Et parce que les piliers d'enbas n'ont que quatorze piez de longueur, on maçonne le refte aufii fur des Pilotis de la hauteur qu'ont les autres , afin qu’ils ne puiflent s’enfoncer. Ces piliers feront élevez à la hauteur de neuf à dix piez, mais le refte fera de fix piez d’épaifleur, s’élevant tellement vers le C a côté
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- Titubants par devant que par derrière.
- Leur dijiance.
- Grandeur & ipaijjem des ms*
- 'Ratfon de letir
- . Muraille qui feme les piliers.
- '$<? Description de VËxAgom Royal, côté du mur extérieur qu'il s'y trouve de dix piez & demi au-deffiis de l'Horizon, c'eft à dire, d'un pié & demi plus hauts par devant que par derrière, afin que l'eau de pluye puifle s’écouler. Je les ordonne auffi à la diftance de neuf piez, à mefurer comme il eft dit ci-deftus; & je les lie de leur commencement jufqu'en haut par deux arc*, dont la rondeur eft du côté de la Placé. Le premier arc fiera de dix, & l’autre de fieize piez, à mefiurer du côté intérieur de la muraille. Le premier arc fera de dix piez entre le côté extérieur de fa rondeur, & le côté intérieur de la muraille antérieure, & l'autre arc de fieize piez: le premier fera épais de douze, mais l’autre qui eft le plus proche de la muraille de devant fera épais de fieize pouces, & de la hauteur des piliers. Nous les courbons du côté de la Forteréfle, tant parce qu'ils font plus fermes du côté de la terre, que parce qu'ainfi il ne pourra pas fi facilement être ruiné par le Canon de l'ennemi. Au refte les piliers fupérieurs fieront liez par les arcs, comme il eft dit des premiers, après que les intervalles feront entièrement remplis tant de terre fiéchc que des débris, que nous jugeons ici très bons, parce que le Canon des Affiégez y pourra faire un grand carnage entre les Afïiégeans, en cas qu'ils voulurent le loger dans la brèche.
- En conftruifant ces piliers & ces arcs > on y Liftera divers faux trous, qui ne fieront remplis que de briques fans mortier , comme aufti dans la muraille des Caz.emattes à décrire. Ces trous me donneront occafion de faire par tout ma Contre-galerie avec peu de peine, fans être aperçu des ennemis.
- Cela étant ainfi achevé, j'ordpnne de lier & de fermer ces piliers par une muraille, dont le
- fonde-
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- Defcriptlon de VExagone Royal. vj
- fondement, fera auffi de fix piez au-deflous de l’Horizon fur des Pilotis, & elle s’élèvera de neuf piez au-deflus de l’Horizon. Je la fais épaifle de deux piez & demi fur la hauteur de neuf, en contant d’enbas : le refte qui eft de fix piez ne fera que d’un pie & demi d’épaifleur. On lie cette muraille aux arcs, comme aufii à ceux des Souterrains, dont nous parlerons.
- Nous avons marqué les fondemens de toutes les murailles de cette Tour, qui font d’une épaif-feur égale, excepté celle qui eft devant la Bate-rie ioûterraine où font les Êmbrazures, qui doit être par tout plus épaifle d’un demi pié.
- Les arcs de ces Souterrains, tant pour le Ca-» Eptifeur da non que des autres, ne feront par le defliis de mmaillcs\ leurs voûtes, qui ne font épaifles que de deux à trois piez au-deflus de l’Horizon , que de dix piez. Nous les attachons aux murailles des cotez, & les failons de la hauteur des murailles intérieures. Nous ne donnons pas plus dé hauteur à ces voûtes, afin que le Canon de l’ennemi n’y puif-fe toucher. Je les couvre de fix piez de terre, ce que je croi aflèz contre les Bombes. J’ordonne le Chemin-couvert de cette Tour égal à celui du Rempart Capital: & afin que l’eau ne puifle Ih fautlei nuire a ccs voûtes je les lais un peu pancher vers m peu. le Chemin - couvert du Flanc moyen , pour les preferver de l’eau qui vient au travers de la terre fur les arcs des piliers, pour couler par un égout dans le petit foflé à décrire.
- J’ordonne au mur de devant la Batterie foûter-raine fix Embrazures & douze foûpiraux pour la fumée, les Embrazures à la diftance de deux toi-fes l’une de l’autre. Les foûpiraux doivent paf-fer obliquement par les voûtes & la muraille de devant. Je çonftruis le Chemin • couvert de Ig C 3 Batte-
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- Degré dans le Souterrain tneyen.
- tmjltiiclieto de* Piliers, o» Contreforts,
- St les raifons'.
- La face baffe de la Tour doit être revêtue d’une muraille longue de huit toi-ref.
- 3# Defcriptien de VBxagone Royal.
- Batterie Souterraine un peu plus haut que n'eft le foffé fec devant la Face capitale, fçavoir, de trois piez au-deflous de l'Horizon. Mais les deux autres Magazins pour la poudre & autres munitions auront le pavé égal à l'Horizon.
- Je conftruis un degré dans le Soûterrain moyen pour monter dans le Chemin-couvert de la Tour. On voit toutes les portes & les fenêtres pour éclairer le degré & autres lieux dans les Fig. D. & E. > leurs Profils & trait fondamental Fig. C. N°. z. 5, & 7., où Ton montre auffi comment on peut aller du Soûterrain de la Batterie dans la Galerie fous le Chemin-couvert de la face baffe.
- Et comme nous avons conftruît tous ces piliers d’un Angle droit hors de la muraille de devant, & après félon leur rondeur nous faifons conftruire obliquement ceux qui font à la fin de la Tour, à la hauteur de vingt piez à compter de la face baffe, comme aüfli leurs voûtes. Ce que l'on voit dans ledit trait fondamental. Les raifons pourquoi je les fais ainfî font, qu’en cas que les Aflîégeans vinflent à porter leur terre pour remplir du côté de la face baffe, ou tout au travers du foffé capital, proche du petit foffé devant la Batterie Souterraine, tâchant ainfi d’entrer dans la Tour, ils rencontraffent ces piliers & leurs voûtes dans la meme forme, que s’ils l'euflent attaqué en Front.
- C'eft pourquoi je fais revêtir d'une muraille de huit toifes de longueur du fond du foffé cette partie de la face baffe , qui eft du côté de ce petit foffé Fig. C. N°. 7. Lett. A., & je la fais encore pourvoir entre la muraille de devant & la Galerie de piliers & de voûtes, comme il eft dit de la Tour ; excepté que celles-ci ne feront que de fept pie? au-deffus de l'Horizon. Les intervalles
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- Defiription de l'Exagone Royal, 3$
- Vallès doivent être remplis de terre & des débris, comme il efl dit ci-deffus, afin que les trois pièces de Canon Lett. B., comme auffi le Canon caché des Flancs puiffcnt faire un grand carnage par cés débris entre les Aflîégeans, en cas qu'ils s'y logent. Mais ce qui me porte principalement pour ces Maçonneries , c’eft que je donne ainfi beaucoup de difficulté aux Aflîégeans s'ilsyveu- *
- lent jetter leur terre pour combler & ainfi donner l'affaut fur la Tour.
- J'ordonne les murailles des cotez de cette Tour ^ Hauteur & au-deflus des Embrazures de la même épaifleur que je donne aux autres , & fi hautes quelles foient de quatorze piez au - deffus de l'Horizon ; afin que par la face baffe elles puiffent être cachées au Canon des ennemis. Mais j'éleve la muraille deffus la porte de la Batterie Soûterraine de quinze piez au-deffus de l'Horizon, en gardant la même épaifleur. Ainfi elle y fera plus baflè d’un pié qu'au Parapet, où elle eft de feize piez, pour décharger l'eau de pluye. Après cela on l'élévera encore de quatre fur un pié d'épaif* feur, par un mur de fermeture.
- En parce que la muraille dçffus les Embrazures n'eft que d'un pié plus haute que le Parapet de la face baffe , par où on peut facilement monter dans la Tour, on élévera cette muraille de quatre piez à ladite épaifieur , c’eft à dire, de deux piez au-deffus du Chemin-couvert de la Tour. Delà on montera par le degré proche du Parapet de la face de la Tour jufqües à fa hauteur, & on défi* cendra jufques à la muraille de devant. Ainfi la face d’enbas fera de dix piez plus baflè que la muraille de la Tour, fans que l’on puiffe craindre aucune furprife.
- On conftruira fur le Chemin-couvert de Ta C 4 Tour
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- Ces TotlŸS font eujfi des Corps de garde, &des M&gafins, .
- Vêtit fojfs â'cAft entre la Tour &
- kfojfi fic’
- ’Embri.îMŸes £r Serties,
- Fonts de bois.
- 4© Defcription de FExagom Royal.
- Tour en Front un Parapet, dont la crête fera large de vingt-quatre piez, mais elle ne doit être que de feize fur les Embrazures. Et dans le tems d’un Siège je la diminuerais bien de quatre piez par dehors, parce que fa muraille, peut être ruinée par le Canon de l'Ennemi, & la terre tomberait dans le petit fofle : le Parapet ferait néanmoins afiez large.
- Ces Tours fervent auffi d'un Corps de garde d’en bas & d’en haut d’une Place d’Armes. Et elles feront d’une grande utilité en cas que l’Ennemi voulut furprendre une telle Forterçffe. On pourra auffi dans leurs Souterrains garder & con-> ferver toutes fortes des provisions , horfmis la poudre ; car la cave à poudre n’eft conftruite que pour le Canon dans le tems d’un Siège, crainte de trahifon, ou d’autre inconvénient.
- Nous avons jufqu’ici décrit cette Tour & fes murailles en donnant le trait fondamental Fig. C. N°. 7. Nous ne doutons pas que nous n'en ayons donné une idée diftinéie, lî l’on compare la Fig. D. & E., où l’on voit un tel Baftion dans l’une par dedans, & dans l’autre par dehors.
- J’ordonne entre la Tour & le fofle fee un petit fofle d’eau large de fix toifes, & profond de flx piez d’eau en Eté, que je fépare du Chemin-couvert du Flanc moyen par lés murailles qui lient celles de la Face capitale & de la Tour, & qui font de huit piez au deflus de l’Horizon, & épaif-fes d’un pié & demi. Dans une defquelles eft fait trois Embrazures, & dans l'autre deux portes avec autant d’Embrazures, comme l’on voit dans les Profils Fig. C. Np. 5-& 2. On fait devant chacune de ces portes de petits ponts de bois, ayant douze piez de long fur huit de large, qui par un fjîffifant contrcppis fe hauflent d'un côté, &s’a-
- baiflçnç
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- Defcription de l'Exdgone Royal. 41 baiffent de l’autre : ce dernier tombe dans line cave maçonnée, même quand il y auroit deux hommes fur l’autre. Et afin que l'autre bout ne fe rompe en tombant, il doit s'appuyer fur un corps de matière douce ; & quand on veut paflèr le pont on l'abaiffe par une roue de fer. L un fera caché aux Afiiégeans dans la cave des Batteries, 8c l’autre derrière la face. Le refte de ces ponts fe fonde fur des Pilotis enclavez.
- S'il y a encore quelque chofe que l’on ne comprenne pas afTez, on le pourra voir dans la Defcription des Profils , & de l'Attaque fur cette Fortereffe, que je vais donner.
- Defcription des Profils Fig. C. pour Us Plans Fig. B. & G,
- LE Profil N°. 1. montre comment on voit la haute & la baffe Courtine, & fon foffé fec, où il eft le moins large au bout de la face baffe.
- On pourra aufîi remarquer que toutes les murailles que l’on y voit élevées de defTus le foffé fec, font fondées & commencées de fix piez au-defïous de l'Horizon, afin que l'on puiffe dans le tems d'un Siège creufer la terre de ces fofîèz, fans nuire aux murailles jufqu'à l'eau ordinaire en Eté. Mais afin que les murailles ne fe puif-fent gâter, on y jettera la terre à une telle hauteur qu’elles foient garanties de l’eau, que nous laiffons ici d’un pié & demi plus haute que n’eft le fofïé fec. Mais il faut fe régler félon que l'eau hauffe en Hiver;
- Le Profil N°. 2. montre la Face Capitale du JBaftion, & celle d’en bas , comme aufîi VOril-Ion avec fes Embrazures & foûpiraux à fumée.
- Çj ~ On
- Haute & baffe Courtine.
- lAct du Baf-tiou tn haut & en bat. Tours, Galeries, & Sorties.
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- Face de Grillon & lefojfé capital.
- Flancs fupc-rieurs, moyen & beu.
- Couvre-face,
- &e.
- Trait fondamental de i‘O-rillon.
- 41 Defcription des Profils de PExagotte Royal. On y voit auflî les deux Sorties & les Embrasures d'entre-deux, avec la Galerie fous le Chemin-couvert de la Face baffe : & comment on voit dans la Tour quand on eft dans le foffé fec devant la pointe du Badion Capital. Nous avons ainfi ré-prefenté cette Tour, ou Orillon, afin qu’on y puif-fe voir de deflus, pour en avoir plus de clarté.
- Le Profil N°. 3. montre la face de Y Orillon î comme auflî le foffé capital.
- Dans le Profil N°. 4. nous rcprefentons la capitale & la baffe face du Ravelin, avec leurs Coffres du côté du petit foffé, les regardant du milieu de celui - ci. Nous y marquons auflî leurs Meurtrières & Couvertures de planches & de terre ; comme encore le travers des Coffres fous la face baffe, & de quelle manière elle commande le foffé fec.
- Le Profil N°. 5. réprefente les Flancs fupé-rieurs, moyen & bas ; on y peut auflî comprendre comment YOrillon eft ordonné avec fes trois Embrazures d’en bas. Ce Profil réprefente auflî la porte de la Batterie Souterraine, les fenêtres & les degrez, en regardant du foffé fec du Flanc fu-périeur.
- Le Profil N°. 6. ne fert qu’à donner une idée de la Couvre-face, & de fon foffé, du Chemin-couvert de la Contrefcarpe & de Y Efplanade •, comme auflî la fituation du Parapet des Redans, & des Paliffades tournantes. Après cela on y voit les Coffres 9 & combien commmodement ils peuvent l'un fur l’autre commander YEfplanade.
- Nous venons de marquer dans le Profil N°. 7. le trait fondamental de la Tour, ou Orillon ; & comment la conftruétion doit être commencée de fix piez au-deffo.us de l’Horizon. O11 n’y oublie pas le trait fondamental des murailles, Lettre A,
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- long de huit toifes du côté de la face bafle. On y. a encore ajouté le fondement des murailles devant les trois Embrazures , & de l'autre devant les deux Embrazures. J'y ai fait de plus marquer les deux Sorties avec leurs ponts ; comme auffi les murailles intérieures , & leurs portes pour entrer dans les Souterrains. Enfin j'y ai indiqué le lieu des degrez à C.
- Attaque fur TExagone Royal décrit,
- donc les Polygones intérieurs contiennent 28800. toifes de fuperficie, fous la Fig. B.
- Première attaque fur fes Contre[carpes.
- AYant donné une ample Defcription de cet Exagone Royal , nous ne ferons connoître fa bonté que par des attaques, que l'on fait en plufieurs manières. Nous ne doutons pas que le Le&eur ne puifle par l'un & par l'autre afiez comprendre cette Méthode de fortifier.
- Pour n'ennuyer point le Le&eur, nous paierons les commencemens du Siège, fuppofantque les Aflïégeans fe font avancez par les A proches juf-qu'à 20. ou 24. toifes de Y Efplanade.
- De là commençait l’attaque fur YEJplanade des Angles faillans devant les Redans N°. 1. & z. pour jetter leurs Grenades dans le Chemin-couvert^ ils doivent tâcher d'enfiler le Chemin-couvert des deux Angles faillans , & d'en chalfer les Ennemis pour s'y pouvoir loger.
- Us doivent auflï fe loger en même tems aux Angles des Places d'Armes. Mais comme nous
- y avons
- On montre le, bonté d’une For-terejftpar l'attaque.
- On pajfc les commencemens des Sièges.
- Les ^ijjiégeans doivent jetter leurs Grenades dans le Chemin-couvert. four fe loger dans les trous.
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- Tour quoi les ’iAjfaillans fe doivent emparer du Redan , m l'iaced' Aunes.
- 44 .Attaque fur VExagone Royal. ,
- y avons un Coffre, avec de la Moufqueterie on peut empêcher le paflage avec des Demi-piques, & l’on peut faire feu des ailes des Coffres fur ceux qui auraient forcé le paflage, quoi qu'ils ne puf-fent point pénétrer dans le Redan, à caule des Palilfades tournantes.* Ce Coffre ôte aux Aflail-lans le moyen de jetter des Grenades dans le Redan , & de prendre pofte à les Angles faillans au tour du Parapet, & de les enfiler de deux cotez , comme il a été dit Chapitre II. dans l’attaque fur les Contrefcarpes.
- Il paraît donc que les Alfiégeans ne peuvent ôter les feux des Redam, ou Places d* Armes ; qui étant doubles, tant des Coffres que des Redans, défendent les Angles faillans. Et par ce moyen les Aflïégez peuvent à tous momens faire des Sorties , & être foûtanus dans la retraite.
- L’on voit par là que les Alfiégeans doivent emporter tout d’un coup les Redans s’ils veulent être maîtres des Angles faillans de fes Contrefcar-pes.' Et pour s’en rendre les maîtres ils doivent s’approcher du Coffre avec des facs à laine, des Gabions , & Falcines, &c. Tout cela ne fe peutfaire fans beaucoup de peine, parce que les Alfiégeans font obligez de les apporter fous le feu de la Con-trefearpe. Et même, quand on auroit chafle les Alfiégez des Angles faillans, le feu des Couvre-faces & Faces baffes des Ravelins y peuvent fortement commander. Et quand ce feu ne ferait pas fuffifant, les Alfiégez pourront par des Sorties empêcher le deflein des Alfaillans. Mais en cas que les Alfiégeans enflent couvert quelques toiles du Coffre par des facs à laine, les Alfiégez pourront par leurs Fourneaux,qui feront tout prêts, faire fauter le logement, & faire en même tems des Sorties pour les chaflçr.
- Pofons
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- • Attaque fur VExagone Royal: 4$
- Pofons que les Aflïégeans fe foient donc ren- 2«*nd lti dus maîtres du Cojfrejls ne pourront pourtant point 'foSf^nmd» entrer dans le Redan , ni rompre les Paliffades Coffre, ü ne tournantes par le Canon, à caufe que les Aflïë- ITHfelnindlls gez y font poftez. Et les Aflïégeans y étant en- ^ chemin-cou-trez pourront y relier , a caule que les leux ca- «efcarpt. chez du logement de pierre défendent très-fortement ce Chemin - couvert. Auflï ne peut-on pas ruiner ce logement par le Pétard, à caufèdes Pa-liflades qui font enfilées des deux cotez. C'eft pourquoi les Aflïégeans feront obligez de méner Où Us font une ou deux pièces de petit Canon au Redan, & de afin et ainfi le logement de maçonnerie. Tout cela fe fait à la vûë des Couvre-faces, & du Rempart bas du Ravelin: outre que les Sorties conti* nuelles peuvent empêcher l'Ouvrage de l’Ennemi.
- Il parait donc que ces Contrefcarpes font de bien uùficetu Con-plus grande utilité que ne font celles que l'on a “ef“rPe efl pratiquées juiqu a prelent. Car elles lont a cou- moderne. vert de toute furprife par des Redans renforcez,
- & elles obligent l’ennemi à bien d’autres cérémonies que ne font les modernes , que l'on prend la plupart au premier aflaut, comme nous avons vu très fouvent, fi ce n'eft qu'il y ait une grande quantité de monde pour les défendre.
- La fécondé Attaque.
- AYant emporté les trois logemens des Contref- Attaque fwtA carpes l’ennemi fera la fécondé attaque fur la Couvrc'facc* Couvre'-face avec le comblement N°. 4. d'un foflé large de quatorze toifes, défendu par le Ravelin.
- Mais parce que ces défenfes font tout à fait découvertes , on les peut facilement ruiner & emporter. :
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- ^Attaque fur ta baffe Face du Ravelin.
- Treis manières.
- La première*
- Intonvmitns.
- 46 \Attaque fur VExâgont Royal,\
- Troifiémt Attaque.
- APrcs cela on fera la troifiérae attaque fur la Face baffe du Ravelin , en paflânt un foflé large de feize toifes jBanqué par la face capitale du Baflion, comme auflï par la face d’en bas, & par YOrilloh.
- Il faut diftinguer ici, fçavoir,fi les Affiégeans porteront leur terre pour combler à la Faffe-baffe N°. 5. ou à la Caponicrc N°. 6. ou au Coffre N°- 9-
- S’ils la portent entre la Caponiére & le Coffre à la face bafle du Ravelin, comme N°. 5. ils y rencontreront les inconveniens iuivans.
- Premièrement» ils doivent fe loger fur le penchant extérieur de la face d’en bas ; où les Aflïé-gez les pourront continuellement incommoder en Front du fofle fec par des Grenades & autres feux d’artifice 5 & fi cela n’eft aflez , les Aflîé-gez peuvent fecondement fe porter à couvert dans le foflé fec en une fi grande quantité que bon leur femblera, & attaquer le logement de l’ennemi en bon ordre, tant en Front qu’en Flanc de deux cotez, & les faire déloger. Troisièmement, ce logement eft vû de derrière d’un Angle de vingt-deux dégrez de la face bafle du Baftion capital. Et comme les lieux, d’où on peut faire feu fur l’ennemi font tout entièrement couverts par la Couvre face, qui eft en avant, il fera impoffible aux afliégeans de les ruiner, où de s’y loger.
- Nous fuppoferons pourtant, qu’ils peuvent s’y loger. Oferont-ils pour cela entrer du logement dans le fofle fec, pour tâcher de fe rendre maîtres de la Caponte're , ôc du Coffre du foflé capital ?
- Nous
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- Jlttaqut fur FExagone Royal. 47
- Nous difons que cela eft absolument impoffible, Et quatre rai-à caule que l’un & l'autre eft maçonné ; &leder- linu nier encore défendu par un petit foffé, & par une Galerie de douze à quatorze toifes , qui eft fous la baffe face. Outre que les Aftiégeans feroient ainfi obligez dé s’expofer aux feux » tant de la Caponiére, que de la Galerte, & de ceux du Coffre, ou qui paftent par deffus ; En troifiéme lieu, les Affiégez pourront les incommoder du Ravelin par, des Grenades , feux d'artifice &c.
- Enfin faire des fortics de deux cotez, les harceler, & chaffer, De forte que ces entreprifes feront prefque toûjours fans iuccès.
- Examinons prefentement, fi les Affiégeans en Battait il1 faifant à cette face baffe au fond d'un foffé une d'<ràM' Batterie humide, ne pourront point ainfi ruiner la muraille de la face, & par conféquent y monter à l'affaut par la brèche.
- Nous répondons, que la conftruâion d’une Lapremiii* Batterie à cette face d'enbas, dont le fondement n’eft que de trente-huit piez , eft très-difficile 3 «mmau* premièrement, parce que l'affiette eft dans un fofle humide. En fécond lieu , les Affiégeans auront bien de la peine à couvrir le côté de cette Batterie contre les feux de la baffe face du BafUon capital, parce qu’elle eft commandée par un Angle de vingt-deux degrez. Troifiémement, comment pourront les Affiégeans faire & garder une Batterie, quand les Affiégez font en état à tous momens de les incommoder à couvert par des Grenades, & en fautant par deffus le Parapet, de chaffer les Travailleurs? Auffi cette affiette ne pourra pas être aflèz ferme dans un foffé humide, qu'elle ne s'affaiffe, & par fon peu de fermeté les coups feront fort incertains. On pourra enfin ruïner cette Batterie par des Fourneaux.
- Puis
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- 48 Jittdque fur VExagom Royal.
- Stande manière, puis donc que cette Batterie à la face baffe du Ravelin eft fi difficile à conftruire & à conferver, il faut confiderer fi les Affiégeans ne feraient pas mieux de faire une ouverture dans cette face pour en rompre la muraille,
- raifins Je réponds premièrement, que les Affiégeans
- «« tontmre. font obligez de jetter la terre par derrière dans le fofféj ce que les Afliégez peuvent' empêcher à tous momens par des Grenades. Secondement, en fortant fur les Travailleurs : &ce travail ne fe peut faire qu’à la vûë de la face baffe du Baftion capital, qui y domine fortement, comme l’on a déjà dit, à caufe de l’Angle de vingt-deux degrez. Troifiémement les Affiégeans feront aufïï bien incommodez par des Fourneaux. Enfin en quatrième lieu ,v les Afliégez pourront remettre la terre que l’ennemi pourrait avoir ôtée, & rendre par là ce travail de plus longue durée.
- ' Trtijiême ma- Et fi l’on demande fi les Affiégeans ne pour-' mer*' roient pas ôter la terre de la. face d’en bas par
- si* raifonta» des Mines, nous répondons qu’une Mine peut tmratre. mieux remuer la terre que l’ôter. Et ces Mines feront de peu d’effet dans un Rempart de trente-huit piez de longueur. Les Afliégez les pourront encore incommoder par des Contre mines : & ils feront toujours en état de remettre la terre ôtée. Aufli les Afliégez pourront-ils chafler les Mineurs tant de fois qu’ils veulent, & ruiner leurs Travaux. Et enfin on ne peut faire la Mine , qu’à la vûë des feux couverts, qui à caufe de l’Angle de vingt-deux degrez peuvent très facile* ment empêcher le travail du Mineur. on avBÜe une j] faut pourtant avouer , que l’ennemi pourra
- ie ces maniérés, r • ,l , r a>n 1
- faire quelque chofe , & c eft pour cela que nous convenons d’une de ces manières.
- Les Affiégeans ne pourront*ils donc pas monter
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- Attaque fur VExagone Royal.. qÿ
- ter à l’aflaut pat la brèche pour s’emparer du Ra» vélin ?
- Nous répondons, que les Afliégeans {ont obligez de le taire à la vûë de quatre feux couverts } tant de la Caponicre, de la Galerie enterrée, que du Coffre, & par-dcflïis le même, dont ils ne font pas en état d’ôter un féul. Auflï l’ennemi doit-il, à la vûë de fes feux, paflcr le foflé fec de feize toifes. Secondement les Aflïégez fe pourront mêler avec les Afliégeans quand ils veulent monter à l’aflaut. En troifieme lieu, les Aflïégez pourront par leurs Mines fous la brèche confondre & chaffer les Aflaillans, qui ne pourront pas ruiner ces Mines , ni y attacher leur Mineur ; car les Aflïégez le pourront toujours chafler. Quatrièmement les Aflïégez pourront néanmoins être couverts dans le foffé lec de l’autre côté de l’Angle du Ravelin , & beaucoup incommoder l’ennemi |3ar la Moufqueterie , & lui rendre la retraite très-difficile.
- Puis donc qu’il paroit que les Afliégeans, non-obftant la brèche faite par l’ùne ou l’autre manière, ne peuvent* pas monter à l’aflaut par le foffé fec fans pafler les feux couverts ; examinons %Amï monte. s’ils ne le peuvent pas faire en faifant deux Tra-verfes dans le foflé fec pour aller à la brèche,
- N°. 7.
- L’on répond , que. les Afliégeans auront pre- ^uflidefappnm miérement bien de la peine à faire cesTraverfès, vée’ defquelles les Aflïégez ne peuvent pas toujours s’approcher à couvert & incommoder les Travailleurs par des Grenades, ou en fautant par-deflus les en chafler. Secondement les Afliégeans doivent porter la terre à la diftance de quarante toifes avant que d’être au foffé fec. En troifiéme lieu les Aflïégez pourront emporter lesfacs àter-D re,
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- Seconde attaque far le Rave-lin.
- Incommodités»
- 50 jâtüque fur l’Ëxagone Royal. rc, fafeines, & autres matériaux. Et puifque cela fe peut faire par tout, les Affiégeans ne pourront guéres avancer, parce qu’ils ne peuvent pouffer leur travail qu en Front. . En quatrième lieu les Affiégez pourront jetter entre cette terre apportée, des Coffres à feu remplis de Bombes & autres feux d’artifice , & les allumer au grand defavantage des Affiégeans. En cinquième dieu, cette terre à remplir fera à la vûë de la Face capitale & de Y Grillon, qui y peut commander & la diffiper. Enfin quand les Affiégeans auraient furmonté toutes ces difïïcultez, ils ne pourraient pourtant point empêcher les Affiégez de les accompagner des deux cotez de la brèche, & d’y monter avec eux dans le tems dé l’affaut.
- On voit affez par toutes ces incommoditez, que l’ennemi eft obligé de faire l’attaque d’une autre manière.
- Il faut donc confiderer, s’il ne peut pas attaquer avec plus de facilité, en portant la terre à remplir à la face baffe de la Caponiére, N°. 6.
- Pour répondre à cela, il faut fçavoir premièrement > que le logement à cette face baffe fera très-difficile à conferver. On pourra auffi incommoder les Affiégeans par des fourneaux dé là' Caponiére. Les Affiégez y auront auffi bien de l’avantage, à caufe qu’ils peuvent agir à couvert , en bon ordre, & d’un bien plus grand front jetter des Grenades , faire des forties, 8c caufer toutes les incommoditez dont nous avons parlé ci-deffus. En quatrième lieu , les Affiégeans font obligez de le rendre maîtres de chaque retraite de la Caponiére ; ce qui leur peut caufer bien de la peine, parce que les Affiégez s’en peuvent approcher à couvert de tous cotez. Il faut favoir en cinquième lieu , que toutes les retira-
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- Attaque fur VExagone Royal. jf
- des font Minées; dont les Aflîégez fe pèuvent fervir en cas de befoin.
- Pofons que l’Ennemi fe foit emparé de la Ca+ poniére : il devra pourtant fe loger fur fes débris , à la vûë de tous les feux, tant des deux Faces capitales & baffes des Bajiions, que des deux OriU Ions.
- Quand les Afîîégeans feront maîtres de la Ca-poniére, ils pourront enfin par de petites pièces de Canon ruiner les Coffres maçonnez qui font au bout du fofTé fec, quoi qu’ils foient à la vûë defdits feux. Mais ils feront pourtant obligez de fe rendre maîtres en quelque manière de la Galerie enfoncée, & de la ruiner.
- Contre ce qui eft dit premièrement, les Af-fiégez pourront remplir les Coffres de terre s'ils voyent que les Afîîégeans tâchent de les ruiner. Et ainfi ils demeureront en état de conferver leurs feux au-deffus des Coffres. Contre ce qui a été dit en fécond lieu, les Aflîégez pourront par un Canal préparé remplir cette Galerie d’eau quand ils en feront chaffez, afin que les Afîîégeans ne s’en puiffent pas fervir. Auflï ils ne pourront point fe décharger de cette eau , à caufe qu’elle vient du grand foffé.
- Et puifque les Afîîégeans du logement defliis la Caponiére ne peuvent pas par leur Canon faire une brèche dans la muraille de la face, ils feront obligez de Sapper du côté de la Face d’enbas prefque jufqu’à ladite Galerie N0.5., & de faire la brèche par une ouverture dans la Face baffe. Nous' avons ci deflus fait voir les incommoditez qui fe rencontreront ici.
- La brèche étant ainfi faite, les Afîîégeans feront néanmoins obligez de faire deux Epaulemens N°.7. au travers le foffé fec, pour pouvoir monter à l’afîaut. £) a Les
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- .Autre fappojî-tton.
- Ttyonfe.
- t^utre moyen.
- Héponfî.
- $i Attaque fur l'Ëxagone Royal.
- Les Affiégez pourront aulîi au contraire ôter la ^erre que Ton auroit apportée, comme il e£t dit ci-deflus, incommoder les Travailleurs par des Grenades, & les en chalîer à tous momens : outre que ces Parapets couvrent aulîi les Affiégez contre ceux qui fe font logez fur la Capomçre ruinée.
- Pour cet effet les Affiégez feront des Blindes devant les Coffres brifeZ, comme nous avons marqué N°. S., y faifant des ouvertures en quelques endroits, que l’on couvre par d’autres Blindes, tellement qu’on les puifle rafer en Front dû Coffre maçonné fous le Chemm * couvert de la Face balle.
- Suppofant que les Affiégeans ayent formé leurs Parapets N°. 7. par ce folié fec, il eft néanmoins à examiner s’ils peuvent pour cela monter à l’af-faut.
- Nous répondons, que l’ulage du folle fec ne fera pourtant point ôté aux Affiégez ; & c’eft pour cela qu’ils feront en état de monter par-def-fus le Parapet dans la brèche avec les Affiégeans d’un côté j & de l’autre d’incommoder les Af-faillans par des Grenades, & autres feux d’artifice : deforte que cette entreprile ne fera d’aucun fuccès.
- Mais en cas que les Affiégeans ne montaient pas feulement dans la brèche, mais qu’ils entrât lent aulîi des deux cotez dans le folié fec, pour éviter ces incommoditez& pour frufter les Af-liégezde ces avantages, je réponds, que cela ne, fe pourra faire fans grande perte du côté des Affiégeans , parce que les Affiégez peuvent incontinent fe retirer derrière les Blindes, & delà faire grand feu. En fécond lieu, ces derniers font en état de jetter de la Face fupérieurc du > des
- Grena-
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- Attaque fur VExagone Royal. 55
- Grenades, & autres feux, & non feulement de les chafler, mais encore de faire feu entre les Af* faillans dans leur retraite ; & quand ceux - ci le feront retirez, les Affiégez pourront faire des Sorties de deux cotez , & ainfi empêcher i’aflaut ; ou bien ils pourront eux-mêmes, du Ravelin, entrer dans la brèche , & fe mêler avec les Aflié-geans, & en cas de néceflîté fe retirer par le foffé fèc derrière les Blindes.
- Accordons que les Afliégeans fe loient rendus maîtres de la brèche, & qu’ils y logent pour ruiner les Contre - mines & renverfer la Face , on » pourra néanmoins faire feu fur eux de derrière les Blindes, & de l’Angle flanqué du Bajlibn Capital par une Angle de vingt-huit & vingt de-grez ; contre quoi ils ne feront pas couverts. Les Contre-mines des Affiégez les incommoderont vauffi beaucoup. En troifiéme lieu, les Affiégez pourront à tous momens chafler les Aflaillans de la brcche.
- Pofé que les Afliégeans n’entrent- pas feulement dans la brèche, mais qu’ils pouffent jufques dans le Ravelin même, ils courent beaucoup de danger par les feux de la Caponiére, de la Bonnette, & de la Moufqueterie derrière les Paliflà-des, qui fe continuent de h Caponiére jufqu’au Rempart du Ravelin ou foffé capital. Car ces feux de la Bonnette commandent le Chemin-cou-vert du Rempart du Ravelin.
- Ne faut - il pas conclure que l’ennemi n’atta- 0» rejette aujfi quera j?oint la brèche qu’il ne foit en fureté de l*J‘^xie”se ma<\ deux cotez, afin, que les Affiégez ne le puiflent attaquer dans les Flancs ? Pour venir à bout de cela, les Afliégeans fe doivent rendre premièrement maîtres du foffé fec: ce qui ne fe peut faire plus promptement que par la terre à remplir N°. 6»
- D 3 Yers
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- 5,4 Attaque fur VExagone Royal.
- vers la^Caponiére, & N°. 9. vers le Coffre.
- Avant que de pouffer plus avant, il faut faire reffouvenir le Ledeur, que les Affiégez peuvent faire des Sorties dans le foffé fec, en toute fureté, pendant que les Afîîégeans ne s’en font point emparez, C'eft qu'ils peuvent fortir delà Caponiére tatfint. & des deux Coffres N°. 8. La raifon eft, que les Affiégeans ne peuvent pas .de leurs logenlens enfiler le fofféfec*ducôté de la pente extérieure de cette face bafle, parce qu'elle eft au-deffus de quinze piez. Et fi les Affiégeans tâchoient un peu de l'abaiffer, ils n'oferoient pourtant point tirer fur le foffé fec , parce qu'ils s'expoferoient trop à la face du Ravelin. Outre que les Mousquetaires de la face du Ravelin leur pourroient répondre fans aucun empêchement, à caufe que l'Ennemi n'oferoit tirer fur eux de la Campagne de peur de tuer fes propres gens, qui feroient logez à la face baffe. Troifiémement les Moufque-taires de cette face bafle feroient à la vue de la face capitale , & de celle d'enbas du Baflton qui les commanderoit extrêmement par derrière. En quatrième lieu , fi les Affiégeans enfiloient la moitié de ce foffé fec, ils ne fçauroicnt pourtant empêcher que les Afïïégez ne paffaflent en) fureté enbas du côté de la face baffe, & n'y fiffent des infultes aux Affiégeans pour les incommoder.
- Laprifede U Quand même les Affiégeans auroient pris la t** cet raiforts. Capomere, ils ne pourraient pas du logement tait fur les débris enfiler le foffé fcc , parce qu'ils y feroient trop à la vûë de deux Faces capitales & des Orillons. En fécond lieu, ils ne pourroient pafler le foffé fec jufqu'à la brèche qu’à la faveur d'un Parapet, qui les empêcherait d'enfiler.
- Troifîcnte mâ- Nous avons montré ci-deflus fuffifamment, mère d'attaquer combien de difficultez les Affiégeans rencontre-
- • 6 • ront
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- Attaque fur VExagom Royal, ff
- ront quand ils porteront à la Caponiére leur terre à remplir N°. 6. pour s’en rendre maîtres, & de la Galerie enfoncée. .
- Pour avancer d'avantage, les Afîîégeans la porteront en même tems vers le Coffre N°. 9» pour l’emporter.
- Pour empêcher les Afîîégeans de remplir le fofle N°. 9., les Afïïégez auront des moyens in-fallibles & d’un effet immancable, que nous ne communiquons pas à prefent pour des raifoas, par lefquels ils pourront tellement ruiner ce que les Affiégeans auroient pu avoir rempli, que ces derniers pourraient avec un tiers moins de tems tranfporter la Galerie N°. 6., qu’ils ne devraient employer à l’autre travail. $
- Les Affiégeans ayant pénétré jufqu’à la face bafîè feront obligez d’y former un logement 5 car c’eft folie de la vouloir pafîèr par-deflus tant que le feu du Coffre n’eft pas ruïné, & les Affiégez pourront à tous momens de ce Coffre faire des Sorties fur le logement, & l’incommoder par des Fourneaux. En fécond lieu » ce logement fera par derrière à la vûë de la bafîe face capitale du BajHon de la première, par un Angle de trente degrez , que les Affiégeans ne pourront point couvrir, ou qu’ils ne pourront couvrir fans beaucoup de peine.
- Puifque les Affiégeans ne peuvent pas facilement furmonter ces difficultez’, voyons s’il leur ferait plus facile s’ils portoient leur terre à remplir N°. 6., comme il eft dit auparavant à la Caponiére t & qu’ils s’en emparaflqnt ainfi, ou par quelque autre moyen, en brifant de là les Coff fres au foffé fec N°. 8. ; .& qu’ils SappafTent du côté de la face d’enbas , pour fe rendre maîtres du Front derrière le Coffre ruiné.
- L'Jhtmr rèi
- ferae quelque} moyens.
- Quatrième manière d'attaquer le Ravélin.
- Il
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- vimye moyen.
- $6 Attaque jur VExagone Royal.
- Il faut répondre, que les Affiégez, outre ces in-commoditez ont à remplir de terre les Coffres de Maçonnerie dont ils fe peuvent pourtant fervir pour faire des Sorties, comme auffi des autres qui font encore en état fous le Chemin-couvert de la face, bafle, qui font d’une longueur de douze à quatorze toifes. Et pour faire cela plus à couvert, ils doivent faire devant un de ces Coffres des Blindes N°. 8., dont nous avons parlé, qui ne feront éloignées du petit fofle que dç deux toifes : ils pourront s’en couvrir, faire des Sorties, & s’y retirer. En fécond lieu, cette Sappe fe fera de plus en plus à la vûë des Faces capitales du Bajîion, & elle deviendra pour cela tant plus oangereufe. Troifiémement, les Aflaillans feront contraints de fe rendre pié à pié maîtres du Coffre fous le Chemin - couvert de la face d’enbas, où ils trouveront bien des incommoditez, comme l’on dira ci-après. Les Affiégeans enfin 9 quand ils auraient même emporté ce Coffre, y feraient vus de tout le feu de l’Ouvrage capital, s’ils tâ-choient d’empêcher que les Affiégez ne les en fif-fent déloger.
- En cas que les Affaillans jugent plus à propos d’aller de la Caponie're emportée par le fofle fec au Coffre, pour l’emporter auffi, ou pour fe loger au petit fofle, pour empêcher ainfi les Sorties; je réponds, que cette approche fera de très-difficile execution , parce que les Affiégez s’y peuvent rendre à tous momens, les incommoder par leurs Grenades, chaffer les Travailleurs. La Tour de pierre ou YOrillon, pourra en fécond lieu caufer de grandes incommoditez aux Aflail-lans. Les Affiégez pourront en troifiéme lieu à tous momens diffiper la terre apportée. En quatrième lieu, ils pourront) comme il a été dit,
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- jetter entre cette terre des Coffres à feu, qu’ils peuvent allumer au grand defavantage des Aflic-geans.
- Les Afliégeans ayant furmonté toutes ces diffi-cultez, & s’étant poftez au petit fofle , ou rendus maîtres des Coffres, il reliera peu de défenfe ; mais la Çaponie're & la Bonette N°. 10. produiront cet avantage, que les Afliégez pourront néanmoins faire une dure retraite ; laquelle on ne leur ôtera qu’après qu’ils auront rempli la brèche des Coffres à feu , Bombes, & autres telles chofes, en attendant ainfi l’affaut. Et en cas que ceux-ci deviennent trop foibles, ils fe retireront derrière les Paliffades de deux cotez de la Caponiére &c. & c’eft alors qu’ils pouront tenir ferme contre les Affaillans , tirer de la Caponiére & de la Bonette fur eux, & tuer quantité de monde ; ce qui eft fécondé par le feu de la haute Courtine & de YOrillon. Mais fi les Afliégez veulent encore hazarder quelque monde, ils pourront chaffer les Afliégeans des logèmens qu’ils ont fur le rempart du Ravelin , après avoir tiré une volée de Canon fur eux. Mais puifque les Afliégez n’y fauroient relier long-tems, ils fe contenteront de ruiner ce logement-là , & entrant par les Paliffades dans Tes pontons, dont les bords font élevez de tous cotez contre la Moufqucterie, ils bifferont quelques Soldats pour la défenfe de la Caponiére , & de la Bonette. Ceux-ci obligeront encore les' Affaillans de placer leur Canon fur le Rempart du Ravelin; qui y eff pourtant très mal affure à caufe du feu lufdit. Car ils ne pourront pas brifer la muraille de devant la Caponiére par le Pétard^ parce qu’elle eft défendue en front tant par le feu de la Tour de pierre , que par le fien meme d’enhaut , & d’enbas : c’eft pour cela , D 5 qu’on
- ^Avantages dt /<t Caponiére <â* de la Sonette.
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- Pourquei l'auteur n'a pas
- rempli les Rave-lins de terre.
- La quatrième attaque au tra-i>trs du ftjfé fie du Corps de la Place.
- Longueur des Flancs.
- Contre-bate-ties aux Cou' rre-faccs.
- 58 Attaque fur VExagone Royal. qu'on la doit contraire en pointe , & non pas droite & plate. Et c’eft là l’abus qu'on a commis dans la Fig. B. Quand le Canon des Aflïé-geans y commence à foudroyer, les autres le retireront par le ponton reliant, après avoir eu loin des Mines pour les faire joücr quelque tems après.
- Il y aurait encore d'autres défenlès dans cer Ravelin, fi nous Feulïïons rempli de terre ; mais comme nous la croyons ici nuifible, nous n'en parlerons plus.
- C’eft jufqu’ici que nous avons démontré toutes les manières de défenfes que l'on peut faire de ce Ravelin.
- Defcription de U quatrième attaque de la FortereJJe Capitale.
- P A fions à la quatrième attaque , qui fe doit faire au travers du folle lèc, vers le Bajlion capital.
- Les Afiïégeans feront obligez de démonter trois Flancs, de la longueur de b‘z. toiles, de même que celui de l'OrtUon, qui eft de 8. toifes.
- S’ils plantent leur Contre-batterie fur la Couvre-face qu’ils ont emportée N°. 4., ils feront nécelfi-tez de faire la platte-forme dans Ion folié , puisqu'elle n’eft au fondement que de 43. piez, & de fe couvrir d'un côté à l'épreuve N°. 11. contre le plus proche Ravelin N°. n. ce qui eft d'un travail exceflif. Audi ne Içauroit-on faire un fondement folide fur un folle rempli, à caufe que la terre s'affailîe & tremble continuellement, à moins qu'il n’y ait du terrain, pour une Contre-batterie de 36. toifes,à la diftance du Flanc d’en
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- Attaque fur VExagone Royal. haut de 220. & de celui d'en bas de 180. toifes.
- 1 Mais quand les Afliégeans veulent agrandir leur Contre-batterie jufqu'à 46. toiles , ils la doivent placer fur VEfplanade N°. 13. Et alors elle fera éloignée du Flanc d’enhaut de 260. toiles : Aulïï leront-ils obligez de démolir la Couvre-face à la longueur de 3 6. toiles, ce qu'ils ne peuvent faire, fi ce n'eft que les Travailleurs loient couverts d'un côté contre le Ravelin d’un Parapet à l'épreuve, N®. 12. qui lera pour le moins de 10. à 12. toifes de longueur. Les Afliégeans aimeront mieux s’épauler que de tâcher de le rendre maîtres du Ravelin, à caufe des défenfes dont nous avons parlé.
- La démolition de ces 36. toifes de la Couvre-face lera aufli de grande difficulté au Fronts parce qu'elle le doit faire à la vue de 90. toiles des Flancs, hormis les Angles des Baftions capitaux,
- & des faces baffes. Plus on ôtera de terre, plus le travail fera-t-il dangereux ; parce que le Canon des Flancs y perce continuellement, endommageant & chaflant les Travailleurs. Ils ne lauroient aufli en venir à bout par des Mines, parce qu’elles remuent plutôt la terre qu'elles ne l'ôtent, comme il a été dit.
- Outre cette Contre batterie lur VEfplanade de Contre-bate-46. toifes il y a affez de place dans le Ravelin ^/«^Rave-emporté pour une Contre batterie de \z. toifes : mais parce que celle-ci eft très oblique , & à la vûë de la haute & bafle Courtine, elle fera de peu Depe» d'effet. d'effet.
- Si l'on accorde, que ces nouvelles Contre-batteries de 78. toifes, & qui font à une fi grande diftance, peuvent en quelque manière démonter les vieilles & fermes Batteries des Aflîégezde88. toifes j les Afliégeans oferont*ils pour cela entre-
- pren- ,
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- 6o jittaque fir VExagone Royal.
- 2,'iAattiirpoji c}re leurs attaques en apportant leur terre à rem-loffcr le foféfec pur a la face bafle du Baftton capital N°. 14. ou
- capital.
- la porteront - ils du Ravelin à YOrillon N°. 15. ? Ou bien feront-ils l’une & l'autre à la fois ?
- Parce quil y a à faire des considérations particulières fur chacune de ces attaques, nous en parlerons feparément ; & premièrement de celle qui fe doit faire à la face d'enbas N°. 14.
- La première. Accordons donc, que les Affiégeans, nonob-
- stant tous ces Flancs, ont porté leur terre à remplir à la Face baffe N°. 14., il eft toujours évident , qu’ils lont obligez de la porter avec leiFaf-cincs, & autres chofes néceflaires à une grande diftance du logement N°. 2. par un paflage nouvellement rempli, à la Couvre-face ; le fofle de laquelle ils doivent pour cela couvrir à la vûë de la haute & bafle Courtine : ce qui caufe auffi bien de la peine. Après ils y doivent prendre pofte, ce que les Affiégez leur peuvenr difputer à tous momens. En fécond lieu les Affiégeans pourront à peine fe couvrir dans le logement- contre les feux des deux Orillons. Troifiémement ils ne pourront fans grande difficulté emporter une petite partie de la Galerie 'maçonnée au-deflous du Chemin-couvert de cette Face bafle. En quatrième lieu, les Affiégez pourront leur faire re-fiftance par des Contre-mines & des fourneaux, que l’on peut facilement préparer dans les faux, trous de la muraille intérieure de la Galerie, fans que l'ennemi s’en apperçoive. Enfin le Canon couvert des Affiégez pourra d'un Angle de 8£*. degrez commander, & beaucoup incommoder ledit logement ; puifque les Affiégeans ne peuvent point s'épauller contre le gros Canon.
- Si nous accordons aux Affiégeans dix à douze toiles de cette Galerie , pourront-ils pour cela
- creufer
- Cn accorde aux affiégeans io. à 12 toifis dt la ^ ali rie.
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- Attaque fur VExagone Royal. 61
- creufer un trou dans lafacebafle, & par cette ouverture faire une brèche dans la muraille de la face capitale i
- Il faut fçavoir, I. Que les Afltégeans doivent faire cette ouverture, fans pouvoir empêcher que les Afliégez ne foient continuellement au Chemin-couvert, d’où ceux-ci les peuvent incommoder par des Grenades» & autres feux d’artifice. x. Les Afliégez pourront à tous momens donner fur les Travailleurs, & les chafler. 3. Les Afliégeans ne pourront pas par leurs Mines ôter la terre , parce quelles la remuent feulement. 4vLes Afliégez pourront les empêcher par des Contre-mines , & faire échouer leur deflein. 5. Les Afliégez pourront fuppléer la terre ôtée ou remuée. 6. Les Traditores & le plus 'élevé des Orillons commandent ce travail.
- En cas que nous accordions que les Afljégeans par l’ouverture faite ayentbriféla muraille, pour-roient-ils pour cela faire leurs Parapets No. 16. de cette ouverture jufqu’à la brèche, & à leur faveur monter à l’aflaut ?
- Cela nous paroit tout-à-fait impoflible, 1. parce que les Afliégez peuvent ôter la terre apportée, les rFafcines, &c. 2. Ils peuvent à tous
- momens jetter des Grenades & autres feux entre les Travailleurs. 3. On ne les pourra pas empêcher de donner en bon ordre fur les Travailleurs, des deux cotez & du Front par-deflus leurs Parapets , & de les en chafler. 4. Les Afliégeans ne peuvent pas dans le fofle fec pourfuivre ceux qui font des Sorties, lorf qu’ils font obligez de fe retirer, parce qu’ils peuvent par des B arriéres Te cacher derrière les Paliflades qui vont du côté d’enbas de la muraille de la face. Les A ffiégeans, au contraire, en les pourfuivant, fe doivent
- Six raifim.
- On accordéauffi l'ouverture dans laface baffe.
- %difins au contraire.
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- Les affligeant doivent toujours ôter le feu de derrière.
- Divers moyens pour cela.
- Le premier moyen par la
- Sappe.
- €t Attaque fur VExagone "Royal.
- vcntexpofcr à un grand feu, tant de la Galerie que du plus élevé de l'Orillon, & de la face capitale ; contre lequcls ils n’oferont point tirer, de peur de nuire à leur propre monde, comme il a été remarqué ci-deffus. Et ces feux-là pourroient faire un tel ravage entre eux, qu’à peine un feul homme s’en fauveroit-il. %. Il n’eft pas pofli-ble que les Affiégeans puifîent remplir quelque lieu entre fix gros Canons qui font dans le Souterrain , & deux qui font entre les portes des Sorties , dont les boulets font de dix - huit jufqu’à vingt-quatre livres de fer, & qui font fi proches. 6. Les Moufquetaires de la Galerie pourront tellement incommoder les Aflaillans de derrière, qu’il ne leur fera pas poflible de monter dans la brèche. 7. Ceux qui font au plus haut de la Tour de pierre, ne pourront pas feulement incommoder ce travail là, mais aufïî la brèche même , parce qu’ils y voyent d’enhaut.
- Puis donc que les Affiégeans ne doivent jamais laiffer derrière eux des feux , ils ne pourront monter à cet affaut s’ils ne fe font, par quelque manière , rendus maîtres de la Galerie fous le Chemin-couvert depuis N®. 15. jufqu’à N°. 17., comme auffi de l’enfoncement devant la pointe du Baflion.
- Us doivent s’emparer de cette Galerie, foit en Sappant du côté de la face baffe t & en ruinant la Galerie, foit en marchant à côté de cette même Galerie pour la ruiner-, & en chaffer les Af-fiégez.
- Si les Affiégeans entreprennent par la Sappe de fe rendre maîtres de cette Face baffe & de la Galerie depuis N°. 15. jufqu’à N°. 17, les Af-fiégez de la Galerie les empêcheront, & les feront fauter fans cçfle par des Fourneaux. 2. Les
- Affié-
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- Jlttaque fur l’Exagone Royal. 65 Afliégez feront auflï en état d'entrer à tous mo- . mens dans la Sappe, & de chafler les Travailleurs par des Grenades & des Bombes. 3. Les Afliégez pourront de YOrillon continuellement ruiner la Sappe d'un Angle de treize jufqu'à dix-huit degrez, parce que la terre extérieure ne peut pasconierverrépaiffeurde iz.piez. 4. U Or Mon le plus proche N°. 15. pourra voir d'une hauteur de neuf piez en droite ligne dans la Sappe, & la ruiner, parce que fon Chemin - couvert eft de quatre piez au-deflus de la crête du Parapet delà Face d&enbas..
- Si les Afliégeans tâchent de marcher du côté Deuxième de la Galerie même, pour s’en rendre maîtres, moyen' ils ne pourront en venir à bout, qu'en avançant pié à pié , parce que la Galerie eft féparée par de fuffifantes portes à la diftance de chaque trois toifes, deforte que chaque partie doit être gagnée par des Mines du côté de la muraille intérieure.
- 2. Les Afliégez peuvent avec peu de peine préparer leurs Contre-mines pour empêcher tout cela , par iefquelles 5. ce travail feroit d'une très lente execution. 4. Quand la Galerie même feroit ruinée, les Afliégez pourront néanmoins beaucoup incommoder l'Ennemi par derrière, 8c faire échouer fon deflein, parce qu'il refte encore Puiage du foffé lec. 5. L'Orillon le plus proche pourra nuire beaucoup à la Galerie emportée & aux Travailleurs, puifqu'il commande ce travail de plus en plus.
- En cas que les Afliégeans, pour éviter untra- TwjUmemtym, vail fi lant, tâchaient d'entrer par force dans le foffé fecj de ruiner par des Pétards & des Bombes /# /«» la Galerie j & de brifer fa. muraille extérieure,* je foûdens, qu’ils font obligez de le faire à la vûë defdics huit Canons cachez, & de ceux des deux
- Gale-
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- 64 Attaque fur l'Exagow Royal.
- Galeries, comme auffi du plus élevé de l’Orif-Ion, contre lcfquels ils ne fe peuvent couvrirj deforte qu’une pareille entreprife ne ferviroit qu’à expofer leur monde inutilement à tous ces feux. i. Les Affiégez peuvent auffi fe tenir en bon ordre derrière l’Angle du Baftion N°. 18. , & s’avançant obliquement 9 faire force feu fur eux. Et en cas que les Affiégeans fe trouvent ainfî contrains de fe retirer, les Affiégez les chargeront du haut de la Face fupérieure, pendant qu’ils montent par-deffus de la Face d’enbas, fans rc-çevoir aucune incommodité, parce que le» Affiégeans n’ofent point répondre de la Couvre-face, de peur de tuer leurs propres gens. Voilà encore donc une entreprife fans effet.
- Et quand les Affiégeans auraient détruit en quelque manière ces Galeries depuis N°. 15. juf-qu’à N°. 17- > ils feraient néanmoins obligez de faire leur logement du côté de cette Face baffe fur un grand Front, parce que ces logemens font vûs en dos par ksTraditores, & de Flanc parles Tours.
- Surmontant toutes ces difïxcultez nous fuppo-ferons, que les Affiégeans fe foient emparez de la Face bafîe & des Galeries, & même qu’ils s’y logent. Us pourraient certes en ce cas avec plus de fureté faire une ouverture dans cette Face baffe, pour faire la brèche , Jî nous ne l’avions pas déjà accordée. Mais il cft à confidérer s’ils pourraient pour cela monter à l’aflaut par la brèche.
- Nous jugeons que cela ne fe peut point fans qu’ils s’approchent à couvert entre deux Parapets N°. 16. Et comme nous avons montré ci-devant l’impoffibilité de la conftrudion de ces Parapets, nous y renvoyons lej-edeur.
- Mais pour accorder tout ce qui eft poffible,
- nous
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- Attaque fur VExâjrone "Royal* G% nous fuppoferons encore que les Affiégeans , non,-, obftant ces difficultez, ont conftruit ces deux Parapets de la Face balle jufqu’à la brèche, pour monter à l'aflaut à leur faveur, il reftera pourtant ençore deux moyens aux Affiégez pour l'em-pêcher.
- Le premier eft, que les feux continuels de la Batterie loûterraine, & particuliérement ceux du plus élevé de YOrillon peuvent voir & tirer inçefi-îamment dans la brèche. Le fécond confiée eu ce que les Affiégez peuvent dans le folie fec empêcher en bon ordre Paflaut des deux cotez » 8ç. principalement de derrière P Angle de l'autre Face» en montant par - defliis ces deux Parapets, & fè mêlant avec les Aliaillans ; 8c ainli cet aflaut ne fera d'aucun fuccès.
- Ces coups dans la brèche, tant d'enhaut que d’enbas de vingt-trois degrez, &de fi près, font fi confidérables , que nous ne croyons pas qu'un •homme qui s'y entend, tâche d’avancer plus loin fans avoir ôté cette défenfe.
- Le fécond,moyen, qui eft de lé mêler avec le$ Aliaillans des deux cotez, & principalement de derrière l'Angle de l'autre Face, eft allez démontré ci-devant dans l'attaque fur le Rcmelin\ oui nous avons fait voir que les Affiégeans ne peuvent point enfiler le fofle fec de la Face balle.' C’eft pourquoi les Affiégez s'en peuvent ferviç tant que l'Ennemi ne s'eft pas encore emparé du Coffre au folle capital, & qu’il leur refte l’ufage de YOrillon, Car les deux Chemins-couverts les plus élevez de POrillon découvrent d'abord d’en-haut les Affiégeans quand ils font le moindre mouvement pour les enfiler.
- Si l’on m obje&e que l'ennemi ruinera par fc$ Batteries le Parapet fupérieur de POrillon, 8ç
- -.................... 3B • m
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- 66 . Attaque fur PExagonc Royal.
- qu'il ôtera ainfi la vûë en brèche, & cette défaite toute eonfidérable qu'elle eft,* je dis, que les Profils C. N°. 2. & 7., comme auffi la defcrip-tion de leurs murailles, montrent aflcz que la terre n’y eft pas mife fi également qu'à d'autres murailles, mais qu'elle y eft quàfi roulante comme les points dans ledit Profil N°. 2.1e marquent ; deforte qu’après cela il y refte encore un Parapet , dont la crête eft large de dix piez. Mais parce que cette épaifleur n'eft pas fufïïfante, on l’augmente de fix; & cette largeur fuffira, parce qu'on n*y fait point d'Embrazures. Secondement, les Affiégeans feront obligez de faire deux Batteries pour cela, l'ùne près du logement N°. 2., & l'autre dans le foffé fec du Ravelin N°. 7. & 8., 6c encore une troifiéme dans le Ravelin près No. to. pour tirer des coups croifez fur l'Orillon. Mais <cette dernière fera à la vûë de beaucoup de feux de la Fortereffe Capitale , & d'une, grande difficulté. Troifîémement, le Parapet par-defîus lequel on tire principalement dans la brèche, 6c qui eft juftement au-defîus de la Batterie foûtei> raine, eft couvert en Front par la Face capitale baflfe, 8c de côté par la Couvre-face. Et comme tes Affiégeans le peuvent enfiler quoique très-dbliquement du logement N°.2., les Affiégez lé peuvent en quatrième lieu facilement aggrandir par dedans. En cinquième lieu, les Affiégeans ne pourront pas ruiner les voûtes par le Canon, parce qu'elles font plus baflès que la. Face d'en-bas, & couvertes par celle-ci, comme aüffi par la Couvre-face. Les Bombes enfin y feront de peu d’effet, parce que ces voûtes font couvertes de terre pour le moins de ûx piez d’épaiffeur.
- Ce font les difficultez que les Affiégeans rencontrent quand ils veulent monter à l'afïaut fur
- la
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- Attaque fur VJLxAgone Royal, la Face capitale, fans s’être emparez de VOrtllon , tant parce qu’il empêche tous les moyens de remplir la Batterie foûterraine, que parce qu’il voit fortement en brèche.
- Pour prendre YOrillên, il faut que les Affié-geans portent lejir terre à remplir, à la Face d’en- { bas, & qu’ils s’emparent d’une partie, & de la Galerie entre le lieu rempli & l’Orillon, pour prendre enfuite celui-ci.
- Nous avons ci-devant montré diverfes manières dont les Affiégeans fe peuvent fervir pour prendre la Face d’enbas&la Galerie: & pour ne point ufer de redites, nous fuppoferons que les Affiégeans fe font avancez jufqu’à cette partie de la Face baflè, ou elle eft revêtue de muraille.
- Après cela ils devront prendre les huit toifesi de cette Face avec les piliers, arcs, & cintre des voûtes, dont nous avons parlé dans la defeription de VOritton : les Affiégez pourront s’y défendre :
- Premièrement, li les Affiégeans tâchent de paf-fèr cette partie par le moyen de laSappe, les Affiégez leur causeront bien des incommoditez par la Contre-mine, parce qu’elle eft déjà préparée dans la Galerie maçonnée par les faux trous, & qu’on la peut faire fauter fans être aperçû ni entendu. Les Affiégez pourront auffi jetter del’O-rillon toute forte de feux d’artifice dans laSappe. En troifiéme lieu, les trois Canons, dont les boulets font de dix-huit jufqu’à vingt - quatre livres, qui font aux cotez des * Sorties, feront à caufe de leur proximité, un grand effet dans les débris, dont les intervalles des piliers font remplis, 8c mettront les Aflaillans dans un defordre terrible. En quatrième lieu , les Affiégeans ne pourront Sapper dans ces débris qu’avec beaucoup de lenteur. Cinquièmement, les Affiégez pourront à E % tous-
- Mejint peut 'rendre Z’Oiil» on.
- Dcfenfeti
- * Voyez Fîg C. No. j.
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- £8 Attaque fur PExagonc Royal.
- tous momens fortir fur les Travailleurs, les incommoder par des Grenades & des Bombes, &c. comme il eft dit ci-deflus. Les Traditores enfin ' les commandent d’un Angle de douze -degrez, & le plus haut de l’OrillonTes voit de dix huit. Les • Affiégez ne fauront fe couvrir contre ces feux à caufe de la proximité*
- Suppofons que les Affiégeans ont furmontc toutes ces difficultez pour monter à l’aflaut : ils font obligez de pourfuivre pour gagner l’Orillon ; où ils trouveront ces défenfes :
- I. Ils devront percer ou brifer la muraille extérieure de l’Orillon & de la Face d’enbasj auffi la terre qui eft en avant doit-elle auparavant être ôtée. 11. Ils feront ici dans la Face capitale 9 qui y voit beaucoup, &leur peut caufer bien de l’incommodité , parce que fon Chemin - couvert eft élevé de quatre piez au-deflus du Rempart & du Parapet d’enbas. III. Le Canon le plus proche qui eft près des Sorties, leur fera le plus incommode à l’entrée de l’Orillon, parce qu’il voit plus droit que les autres : ce que les Affiégeans ne peuvent empêcher s’ils ne rempliflènt le petit folié, qui eft au-deflous de l’embouchure du Canon ; ce qui eft de très-difficile execution. IV. Les Affiégeans auront bien de la peine à percer les piliers qui font maçonnez au travers de la longueur de vingt-deux piez, parce qu’on n’y peut pas faire des Mines fans que les Affiégez s’en ap-perçoivent; les intervalles étant remplis des débris , qui fbnt qu’on les entendroit d’abord. V. Les Traditores & Y Or Mon, les premiers d’un Angle de treize degrez* & l’autre de vingt, y commandent tellement, que les Affiégeans ne s’y peuvent loger. VI. On pourra auffi les incommoder dans leurs logemenç, tant à la Face baffe
- que
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- Attaque par TExagene Royal. €<Ji
- que près de l’Orillon, par des moyens dont je ne donne pas ici le détail. VII. Les Afliégez incommoderont beaucoup l’ennemi par les faux trous qui font dans la muraille intérieure de la Batterie foûterraine, comme aufli dans les piliers des deux cotez; & ils lui refifteront par un Front bien large » là où il ne peut attaquer que par le devant.
- Il paroît donc, que les Affiégeans auront bien de la peine, & qu'il leur faudra bien du tems, pour remplir premièrement près de la Face d’en» bas N°. 14. & pour delà s’emparer de l’Orillon N°. 17. & ruïner la Galerie.
- Examinons Ci les Affiégeans ne feraient pas mieux, s’ils s’approchoient de l’Orillon par leur terre à remplir N°. 15. & tâchoient de le prendre auparavant, pour ôter fes grandes défenfes tant du haut, que du bas de la Batterie foûterraine ; puifque l’ennemi rempliflant près de la Face baffe N°. 14. eft néanmoins obligé de prendre l*Ou rillon.
- I. Je répons qu’il fera bien difficile aux Affiégeans de tranfporter leur terre à remplir par le foflé capital N°. 15. parce qu’il eft trop proche des Flancs, & de la haute & bafle Courtine. Audi ce travail fera plus difficile , parce que les Epaulemcns devront être plus maffifs. II.* On empêchera les Affiégeans de tranfporter leur terré par des moïens fuffifans, que je ne décris pas ici. III. La Tour maçonnée commandera d’un Angle de vingt degrez, & les Traditvres de treize, dans la brèche de l’Orillon ; contre quoi l’ennemi ne fe peut couvrir ; auffi fera-t-il fort endommagé par les débris. IV. Les Affiégeans n’y pourront que très-difficilement former leurs Mines , étant contrains de percer les voûtes & les E î piliers*
- Deuxième ma-ni ère d'attaque? la Fortcrejfe ffât* pitale.
- I. Mejttfy 3
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- ?/. Moyen.
- Htÿetti'
- fyifins.
- yo Attaque fur VExagone Royal. piliers 5 contre quoi les Affiégez ont préparé leur Contre-galerie. De forte que cette attaque fera de très-difficile execution, & caufera la perte de bien du monde.
- Si les Affiégeans jugent pouvoir plus facilement remplir en tranfportant la terre à la Face d’enbasN0. 15. près le petit foflé, pour fc garantir du Canon, qui voit en brèche ; je foûtiens que les incommôditez fufdites s’augmenteront , outre que ce Canon y commandera un peu moins dans le commencement.
- Premièrement l’ennemi s’expofera dans le logement à la muraille près le petit fofïé à tous les feux d’artifice , qu’on y fait jetter de la Tour par des goûtiéres. II. II y peut être furpris à tous momens par le folié fec ; lefquels empêche-mcns ne fe rencontrent point près de l’Orillon : & il devra pourtant loger dans les débris de la Tour pour la prendre , & ainfi il fera auffi vu des. Canons qui voient en brèche.
- Suppofons que les Affiégeans fe font emparé, en quelque maniéré de l’Orillon : alors les Affiégez le devront ruiner entièrement par les Mines préparées, pour obliger l’ennemi de loger fur cés débris à la vûë de tous les feux de la Courtine des Flancs, & de la Tour. Mais les Affiégez doivent auparavant ôter un peu de terre des voûtes pour caufer plus de dommage à l’ennemi dans les débris. Auffi doivent-ils rétrécir le Flanc moyen de la Tour maçonnée, afin que les Aflail-lans n’y trouvent point ou peu de terre, & qu’ils foient plus à la vûë des Flancs oppofez.
- Quand les Affiégeans ont pris cette Tour de pierre, les Affiégez ont entièrement perdu d’un côté l’occafion de faire des forties. Mais fi ceux-ci ont ruiné la Tour, les Traditores, & le plus
- haut
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- Attaque fir l*Exagom ReyaV. .71 haut de l’autre Tour pourront par-delfus les de-bris voir en la brèche de la face, capitale, les premiers d’un Angle de dix-neuf degçez , & le dernier de vingt-trois à la diftançe de cent vingt-fix toifes; & le Flanc d’enhaut de cent quarante-fix toifes. Ce qui eft très confiderable , principalement à l’égard de la Tour, tant à cauiede fa hauteur,' que parce qu’elle commande bien plus que ne font les pièces de Canon moderne qui voyent en brèche.
- Après la prife de cette Tour de pierre les Affiégeans feront obligez de fe rendre maîtres de la Face balTe entière jufqu’à N°. 17. & de ruiner fa Galerie, comme auffi l’enfoncement. Mais parce que nous avons ci-devant allez remarqué les difficultez qui s y rencontrent, nous n’en dirons plus rien.
- Puis donc que les Affiégeans ne peuvent em-*
- lentement la Tour de pierre , & la /<* Fmmjft ta. Face d’enbas avec fa Galerie jufqu’à N®. 17. ils devroient pour gagner du tems, ( ce qui eft le principal dans un liège, ) faire en même tems l’attaque fur la Tour de pierre N°. 15. & fur la Face balfe N°. 14. ;
- On peut alfez concevoir de ce qui eft dit auparavant tout ce que les Affiégez peuvent faire pour leur defenfe. Et quand les Affiégeans fe-roient déjà logez à la Face balfe de ladite Tour jufqu’à N°. 17. ils ne pourroient pas pourtant empêcher que les Affiégez ne filfent des lorries du folfé fec, qui eft devant l’autre Face jufqu’à la brèche, pour fe mêler avec les AlTaillans. Car nous avons montré ci-devant, que les logemçns à la Face d’enbas ne peuvent point enfiler le folfé fec.
- C’eft pourquoi les Affiégeans doivent cou-E 4 ftruig
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- Venclüjîon mtt attaque.
- f£ JittAquè for P Exogène Royâl.
- ftruirë un fuffifant Parapet depuis N°. 17. ju£« qu’à la Face capitale N°. 18. & le munir par de* dans de Chevaux de frifc , & d’autres pareilles machines, pour empêcher , que les Affiégez n’y paflent, & après cela les Affiégeans. doivent autant ruiner l’Angle de la Face d’enbas , afin qu’ils puiflent rafer le foflé fec entr’elle, & le Parapet. X. Pour empêcher la conftru&ion de ce Parapet les Affiégez fe doivent fervir de huit gros Canons, qui font tant dans le foûterrain qu’entre les portes des Sorties , contre leiquels les Affiégeans ne peuvent point fe couvrir. II. Les Affiégez peuvent ôter la terre aportée , comme suffi les machines. III. Ils pourront continuellement harceller & chafler les Travailleurs , en jettant entre la terre des Coffres à feu , & des Bombes, que l’on allumera alors , & leur cau-fer d’autres incommodités félon les occafions.
- Si les Affiégeans, nonobftant tout cela, avoient confirait ce Parapet de maniéré que les Affiégez n’y puflènt pafler pour fe jetter dans le fofle lec emporté, & dans la brèche, les Affiégeans pou-roient en toute fureté monter à l’affaut^, mais pas autrement, qu’à la faveur d’un feul Epaule-ment dans le fofle fec contre le Flanc d’enhaut, & la Tour du Baftion le plus proche.
- Alors les Canons couverts des Flancs, que l’ennemi ne peut démonter , y commanderont d’un Angle de dix-fept degrez , & ceux de la Tour de vingt-deux.
- Nous pourrions encore donner ici d’autres moyens de fe défendre aux Affiégez, tant à notre fécondé muraille , qu’à la double Contre* galerie. Mais parce que nous ne décrivons point notre méthode des murailles , nous n’en dirons rien, comme auffi non plus,, comment nous re-
- tran-
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- Attaque fur VExagont Royal. 75
- tranchons nos Baftions, ni de quelle manière nous confirmions les autres Galeries contre les Afiaillans. Et puifqu’on fe peut aufïi fervir de beaucoup de ces défenfes dans les Fortifications modernes, nous fuppoferons que ces derniers avantages ne font qu'égaux.
- Le Lefteur peut remarquer ici , qu'on ôte toute la terre des foflez fecs , & principalement où l’ennemi doit attaquer, aux murailles jufqu'à la fuperficie de l'eau : & en cas que le Siège fe fit dans un tems où les foflez fecs feraient inondez , il les faut remplir de terre jufqu’à la hauteur de l'eau, afin qu’on y puifle marcher à fcc.
- Comparailon des forces entre les ^
- .Méthodes Françoifes ou modernes., tf
- de fortifier, Fig. A. & R. & la pre- qx i<\ * miére de l’Auteur., Fig. B. & G. —
- Æ— *9-
- Premièrement des Contrefcarpes. ç______ > 3 -
- Les Contrefcarpes Françoifes ont ces avantages.
- I. T Eur Chemin-couvert efl baille de deux piez
- fous une ligne égale, pour faire YEJpla- modernes,rpW nade tant plus baffe , & pour donner moins de terre.
- II. Ce Chemin-couvert eft à la moitié des Redans y & de l'Angle faillant , coupé d’un Parapet, pour pouvoir rafer par-deflusj
- III. Et pour empêcher que les Affiégeans, qui font fur les Angles faillans, n’y puiflent enfiler des deux cotez que jufqu’à ce Parapet.
- IV. Toute Y Efpianade eft défendue d'un feu
- continuel des Redans. E j V. Le
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- 74 Comparaifon entre les Méthodes Françoifes
- V. Le Chemin-couvert de cette Contrefcarpe eft défendu contre l’infulte de l'ennemi par le rang des Palifladcs, qui font fur VEfplanade & fur la Banquette inférieure;
- VI. Ce Chemin-couvert & Éfplanade font défendus des Ravelins & des Baftions Capitaux, quand les Alïiégez les ont quittez.
- Quels font leurs defavantages.
- Dtfmanttitu I. /^\N peut jetter des Grenades dans leur Re-
- V-/ dans, fans qu’ils le puiflent empêcher que. par de (impies feux.
- II. Ils ne peuvent que très-difficilement empêcher les Affaillans de prendre pofte à la fois, tant fur les Angles faillans N°. 3.££4., que fur ceux des Redans N°. 1. & 2., pour pouvoir de là ra-fer de part & d'autre le côté intérieur du Parapet , & ôter lefdits feux. C’cft alors que les Af-dégez font obligez de quitter cette Contrefcarpe, qui n’a pas d'autre défenfe.
- III. Les Redans, en qui confifte toute la force de VEfplanade, parce qu'ils doivent en rafant empêcher que les Alïîégeans ne fe poftent fur les Angles, ne font qu’un (impie feu.
- IV. Les Palififades des Parapets de VEfplanade font à la vûë des Batteries de la campagne , qui pour cela les peuvent facilement ruiner, & eau-fer bien du dommage par les éclats.
- V. Les défenfes des Basions Capitaux, & des Ravelins fur les Angles faillans , font de peu de confidération, à caufe de leur hauteur.
- VI. Ces Contrefcarpes étant attaquées n’ont point de retraite dans elles-mêmes ; c’eftpour cela qu’il les faut quitter en confufion.
- VII. Ces confufions caufent (ouyejit la perte
- des
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- & lui. manière de fortifier de V Auteur. 75 des Ouvrages les plus proches; comme il cft arrivé plufieurs fois.
- Mes Conîrefcarpes ont au contraire ces avantages.
- I. T Eur Chemin - couvert eft baifTé félon que
- •*—' l’Horizon eft élevé & panche en déclinant vers l’eau en Eté , tant pour y laiffer moins de terre , que pour faire que la Cavalerie y puifïè être couverte.,
- II. Le Chemin-couvert de mes Contrefiarpes eft enfilé par les Parapets, 8c YEfplanade par les Redans d’un double feu.
- III. Ces Redans le défendent eux-mêmes, tant par les Parapets 9 que par les logemens de maçonnerie.
- IVé Les Angles faillans étant abandonnez font encore défendus par la Couvre-face, & par celle d’enbas du Ravelin.
- V. Le Parapet de terre à côté dudit logement efl: muni par-devant de deux rangs de Palifla-des, & par-dedans de Paliflades tournantes, outre que le Front efl: aullï défendu par la Couvre-face, & Face hajfe du Ravelin.
- VI. Ces Paliflades tournantes ne pourront être ruinées par le Canon, parce qu’elles ne font pas hauflTées dans Je tems de l'attaque.
- VIL On ne les peut couper, parce que les Afïïégez y font poftez pour l'empêcher.
- VIII. Les Afllégeans ne peuvent pas marcher par-deflus les Coffres, puifque cela efl: principalement empêché par des Demi-piques.
- IX. Ceux qui les auroient pû palier fe trouvent
- par-devant dans le feu des Redans, & de côté dans celui des bras des Coffrer, X. On
- Avantages de met Contref-carpes.
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- j6 Comparaifon entre tes Méthodes Françoifis
- X. On ne peut jetter dés Grenades dans les Redans, parce que les Alïàillans le doivent tenir éloignez d'eux à la diftance de plus de dix toiles, & les jetter par - delTus les Paliflades tournantes. Et même quand il y en auroit de jettêes, elles ne feraient d'aucun effet, puilquc les Coffres les empêchent d’y tomber.
- XI. Les logemens de maçonnerie font des retraites allurées , & alTez défendues dans leur Front,
- XÎI. On ne lauroit ruiner leur muraille par le Fêtard, à caule du rang des Paliflades qui y font à la diftance de trois à quatre ~piez.
- XIII. Et elles font gardées par ceux qui font dans les logemens.
- C’eft donc au Le&eur à juger lefquelles de ces Contrefcarpes font de plus de défenfe.
- Comparaifons des forces des Ravelins.
- Les avantages des Ravelins de la méthode moderne Fig. A. font ceux-ci.
- .Avnesdu I. yLs font défendus par toute IaFace capitale. pion'îmr J- IL Leurs murailles n'y donnent point de prtmién métho- Fermes,
- III. Ils ne font pourtant acceflîbles que par la brèche.
- IV. Ils garantiflent les Flancs des coups croi-fez , en gardant les portes des lurpriles.
- Us
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- €r U /. manière de fortifier de P Auteur, 77
- Les dejavantages font ceux qu’on va voir.
- I. TLs n’ont qu’une défenfe de la Face capitale, L*mdef*va#ï
- J- qui à cauie de la hauteur eft facile à ôter.
- . II. Cette défenle eft fort oblique.
- III. Ils n’ont rien de couvert.
- IV. Les Batteries des Places baflcs fous* la Face des Bafiions capitaux font bien une défenfe, mais font bien-tôt démontées, &caufent ainfi plus de dommage que de profit, comme nous avons montré dans l’attaque fur les Dehors des Fortifications modernes,
- V. On ne peut dire qu’aucune partie (oit couverte, tant qu’il refte aflèz de lieu pour la découvrir & brifer.
- VI. Les murailles des Ravelins font tout-à-fait expofées au Canon ennemi, & pour cela bien-tôt ruinées.
- VII. Ces murailles étant commencées de def-fous le fond du fofle, ont trop peu de défenle pour une fi grande dépenfe.
- Puifqu’on m’a fourni le Deflein de la Ville de Ménin, que les François ont fortifié il y a quelques années, ce qu’on m’a donné pour un véritable Plan, comme nous en avons fait graver une partie à la Lettre R., où l’on voit que les Rave-lins font coupez par un petit Bafiion, qu’ils revêtent auffi-bien d’une muraille que le Ravelin, nous en donnerons auffi les avantages»
- Avan-
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- 78 Comparaifon entre les Méthodes Françoifes
- 7e
- *2^3 % •
- Avantages des Ravelins François félon la fécondé manière de fortifier Fig. ti. yt
- ’+Avantaoes des Ravelins François félon la fe-(onde méthode.
- I. petit Ba/Hon pourra beaucoup incommo-der les Affiégeans dans leur logement fur le Ravelin.
- IL £.es Affiégez confervent ainfi toujours une fûre retraite.
- III. Les Affiégeans doivent planter le Canon fur le Ravelin, pour ruiner la muraille du petit Bajlion.
- IV. Ils font obligez de paflfer fon petit foffé à la vue du Flanc capital, & de la Face de la Fauf-fe-braye.
- V. Ce Bajlion étant emporté ne garantit pas feulement, à caufè de fa hauteur, les Flancs capitaux d’une Batterie croifante fur le Ravelin, mais étant déjà rempli de terre, il oblige encore l’ennemi de remplir fon petit folié pour pouvoir con-ftruire une fî grande Batterie croifante. Et étant vuide if contraint les Affiégeans de renverfer par le Mineur fa Face en Front, & le Flanc, & de les abailfer tellement que cette Batterie y puiffe être plantée.
- Defavantages.
- Defavantages. /r"'iEs Ravelins & Bafiions ne couvrent point les Flans capitaux, & ne les garantiflent pas des coups croifez qui viennent de la campagne , puifqu’on peut drelïer une Batterie deux fois plus longue que n’eft le Flanc d’enhaut, fur YEfpla-nade en leur Front.
- II. Outre qu’il y a un lieu de feize toifes pour une Batterie croifante daps la pointe du Ravelin,
- ces
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- Cr la /. manière de fortifier de VAuteur. 79 ces deux feront affez capables de ruiner le Flanc d’enhaut, & celui de la Faujfe - braje du Baftion capital. (
- III. Ces petits Baflions ne donnent point une retraite fure aux Soldats, parce que leurs Gorges ne font pas coupées pour les. pontons, & peuvent être enfilées de l’Angle du Bafiion capital.
- IV. Les murailles de ces petits Baflions, qu’on éleve du fond du folle, font d’une grande dépence.
- Mes Raveïins ont au contraire ces
- I. TLs font défendus par l’entière Face d’enhaut ^tvmagtsd*
- X & d’enbas du Bafiion capital. ?TIins dJ
- II. Ils font une haute & une balle défenfe. l'Exagan» %oy*l
- III. Ces détenfes font prefque perpendiculai- dkriu res.
- IV. Mes Faces baffes du Bafiion capital font couvertes contre le Canon de la campagne, à caufe de la Couvre-face qui eft en avant.
- V. Et même plulieurs toifes en font entièrement couvertes.
- VI. Les coups couverts de la Face capitale d’enbas du Baftion commandent les logemens à la Face baffe du Ravelin près de la Galerie N°. 6. y. & 5)., par des Angles de treize, vingt-deux,
- & trente-quatre degrez.
- VII. Les Faces d’enbas des Raveïins t quoique pas revêtues d’une muraille, n’ont point de Ber* wtf., 8c font pourtant affez fermes contre le battement de l’eau.
- VIII. L’ennemi ne pourra pas li facilement monter la brèche de cette Face baffe j parce que
- les
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- Autres avantagés des Rave-lins dt l'*Au-tttfr.
- 8o Comparaifin entre les Méthodes Françoifes les Afîîégez peuvent à tous momens, de leurs lo^ gemens, entrer dans lefofle fec, fi les Affiégeans prennent plaifir à s’expofer aux feux de tous cotez.
- IX. Ces Ravelins & Couvre-faces couvrent les Flancs entièrement contre le Canon de la campagne.
- X. Ils font enfin une double défenfe fur lefof-fé de la Couvre-face, fi l’ennemi y veut planter fa Contre - batterie, pour démonter les Flancs, où y faire une ouverture pour executer là même chofe.
- Il me fembleque j’ai donné un détail plus que fuffilantdes avantages de ma méthode, pour pou* voir balancer ceux de la première &dela fécondé des Ravelins modernes. Voyons*en encore d’autres.
- Autres avantages de mes Ravelins.
- I. TLs confiftent en cela, que les Affiégeans fc
- A devant rendre maîtres de plus de fix à huit toifes de la Face d’enbas& s’y loger, ils font obligez de s’expofer à ces trois fufdites fortes de Canons qui voyent en brèche.
- IL Ils doivent auffi emporter une partie de cette Face de derrière l’Angle de la Caponiére, & s’y loger.
- III. Et là ils feront encore expofez aux Canons couverts de l’autre Face baffe du BafUon capital.
- IV. Les Afîîégez pourront à tous momens jet-ter des Grenades dans les logemens de l’ennemi, & par des Sorties l’en 'châtier.
- V. Les Affiégeans fe doivent auffi rendre maîtres de la Caponiére; ce qu’on leur peut difputer,
- en
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- là / manière de fortifier filon l'Auteur. St en fe lervant des moyens dont on a parlé ci-deCfus.
- VI. Auffi font-ils obligez d’emporter la Galerie enfoncée.
- VIL Et de planter une Batterie fur la Capo* niére pour ruiner les Coffres qui font au folle a où nous avons marqué un N. 8.
- VIII. Auffi devront-ils couvrir cette Batterie avec quelque peu de gens, pour fe garentir de furprilè, parce qu'il n'y a que peu de terrain.
- IX. Que pour cette raifon, il cft prefque im-poffible de la conferver, les Affiégez pouvant l'attaquer à tous momens avec tant de monde qu’il leur plaît, & encloüer le Canon.
- X. Cette Batterie & fes gardes font expolcz aux feux des Faces d’enhaut desBafiions capitaux & des Orillons.
- XI. Les Affiégeans font contrains d’emporter une Face balle entière, comme auffi une grande partie de l’autre, pour trouver ainli l’occalionde brifer la muraille du Ravelin.
- XII. Cette prife le devra faire par la Sappe à la vûë de la Face d’enhaut s & de celle d’enKas du BajHon capital , dans lefquels ils découvrent entièrement, &qui peuvent de beaucoup empêcher ce travail.
- XIII. Les Affiégez jetteront continuellement des Grenades dans la Sappe, & donnant fur l’ennemi l’en chafleront.
- XIV. Il eft donc prefque impoffibk d’execu-ter ce travail, où l’on cft fi fortement commandé d’un côté, & où il faut de l’autre à tous momens refifter à ceux qui font des Sorties.
- XV. Et en cas que l’ennemi fut déjà logé à cette Face d'enbas, il ne peut pourtant point enfiler le fo!Té fec du Ravelin, étant obligé de laif-fer cet avantage aux Affiégez.
- XVI,
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- 8z CompArdfon entre les Méthodes Françoifis ’ XVI. Tant à caufe des continuelles Sorties ;
- XVII. Que parce qu'ils ruinent & renverfent toutes fortes de machines , dont il a befoin pour fe couvrir.
- XVIII. Ht puifqu'ils remplaçent la terre que l'ennemi avoit ôtée pour pouvoir ruiner la muraille par cette ouverture.
- XIX. Les Affiégez ne peuvent pas monter à Faflaut fur la brèche , s'ils n’ont auparavant entièrement emporté le folié d’un côté.
- X X. On les empêchera de fe rendre maîtres de la Face baffe, ou de la Galerie près deN°. 5. jufqu’à N°. 9., par la Sappe, outre tous les feux qui y voyent & les frequentes Sorties.
- XXI. C'eft pour cela qu'ils doivent paffer même le foffé fec.
- X X11. Ce qui eft très-difficile 5 parce qu'on les peut furprendre dans leur travail des deux cotez.
- XXIIL La haute Tour empêchera auffi de beaucoup ce travail.
- XXIV. Les Affiégez peuvent toûjours faire des Sorties à couvert, par le moyen du Coffre fous la Face d'enbas du Ravelin.
- XXV. C’eft pourquoi l'ennemi doit emporter le Coffre.
- XXVI. Et quand ils fe font rendu maîtres d’une moitié du foffé fec, & qu'ils fé font logez de l'autre côté de la Face baffe du Ravelin, ils ne fàuroient pourtant monter à l’affaut qu'ils n’ayent porté leur double Parapet N°. 7. dans le foffé fec jufqu'à la brèche. L'un de ces Parapets doit être conftruit £c confervé contre les feux de la Tour, & les Faces d’enhaut & d'enbas du Baftian capital , & l’autre contre les Sorties des Affiégez du foflé fec qui eft deyant l’autre Face.
- XXVII.
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- Cria 7. maniéré de fortifier £lon VAuteur. 85
- XXVII. Outre que ces Parapets ne peuvent être achevez que fort près d'un grand feu ;
- XXVIII. Que les Afliégeans ne peuvent démonter qu’obliquement de YEfplamde N°. 2.
- XXIX. Audi font-ils obligez de porter de fort loin les matériaux pour fe couvrir.
- XXX. Ils ne trouvent point de terre dans le fofîc fec.
- XXXI. La Face d’enbas ne la fournit point à l’ennemi j puifqu’il n’y en a pas trop pour fe lo* ger & pour fe couvrir.
- XXXII. On défend la brèche de la haute Face du Baflion d’un Angle de dix-fept degrez, contre lequel l’ennemi ne fe peut couvrir.
- XXXIII. Lés Canons qui tirent dans la brèche y voyant clairement à la diftance d’environ cenit toifes, font d’un très grand avantage à caufe de la proximité.
- XXXIV. C’eft pour ces raifons, que les Allié-* geans, pour agir avec plus de fureté, devroient remplir de terre deux lieux à la fois au delà du foffé du Raveltn , fçavoir, N°. 5. & 6.> ou N°. 6. & 9. Mais, puifque nous avons montré ci-devant, que le dernier de N°. 9. eft de très-difficile execution » ils feraient mieux de remplir le premier;
- XXXV. Pour pouvoir ainli fe loger fur un Front plus grand à la Face baffe, & mieux refi-fter aux Afîiégez, & par ces deux lieux remplis porter plus vite les matériaux requis.
- XXXVI. Ces avantages leur coûteront pour-, tant bien du tems.
- XXXVII. Les Àffiégez ne pourront jamais être furpris dans le Ravelin , à caufe de la Caponiére & de la Bonnette, dont la dernière , outre d’autres avantages, commande auffi le Chemin-couvert du Ravelin.
- F 2
- XXXVIHi
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- 84 Comparaifin&ntre les Méthodes Françoifes XXXVIII. Et c'eft pour cela que les Af-faillans n'oferaient pourfuivre les Affiégez s'ils étoient forcez par un furieux afïaut de quitter le Ravelin.
- XXXIX. La Caponitre donne encore l'occa-fion aux Affiégez de chaflèr les Affiégeans de ce qu’ils auraient emporté.
- X L. Et oblige les Affiégeans de planter leur Canon fur le Rempart du Ravelin pour la ruiner.
- X LI. Ce Canon ferait auffi à la vûë de plu-fleurs feux de la Forterefle Capitale.
- XL II. Les Affiégez ne font pas obligez de quitter le Ravelin avant que l'ennemi ait planté le Canon fur Ion Rempart, & tiré fur lui.
- X L111. Il refte alors encore aux Affiégez une fûre retraite par la Caponicre dans le ponton.
- X LIV. Auffi celle-ci eft-elle minée j & on la peut faire fauter quelque tems après.
- Comparaifbn des forces de lune & de Fautre Forterefle Capitale.
- Les avantages de la Forterefle Capitale fe« , Ion la Méthode Françoife ou moderne Fig.
- jî.&R. j pour ce qui regarde les Flancs couverts 3 font: Premièrement delà Fig. R.
- ^Avantages du !• "CHe ne donne point de lieu à ufte Contre-bat-fortifierions Sh terie pour rompre les Flancs, fi ce n’eft, ™»ir?£rdemitr qu’on peut tirer en croifant des deux bouts des Flancssotnerts. Flancs en paflant l'Angle du Bajlion capital, & celui du Ravelin, comme nous l’ayons marqué par des .points dans la Fig. R. II. Ses
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- er la I. manière de fortifier de VAultw, 8 y
- II. Ses Ravclins garantirent les Flancs des Bat-» teries croifantes de la campagne.
- III. Le petit Bafiion empêche en quelque manière la Batterie troifante qu'on, peut planter dans le Ravelin,
- Defavantagês.
- I. T A fuldite Contre-batterie fmYEfplanade N i. eft de la longueur de trente-neuf toiles contre les Flancs de trente-un toiles.
- II. On peut planter fur le Ravelin une Batte» rie croilanteN0. 2. de quinze toifes, &fur le petit Bafiion une de huit toifes, enfemble de vingt-trois toiles ) pour tirer fur les Flancs,
- III. On peut placer lur YEfplanade N°. 4. une femblable Batterie de* douze toifes, pour rompre YOrillon obliquement.
- IV. Les Flancs de trente-un toifes ne font pas fuffifans contre les deux Batteries N°, 1. & 2. de cinquante-quatre toifes, outre celle du petit Baf> tion de huit toifes, N°. 3.
- V. On ne peut donc pas dire que les Flancs font couverts contre les Contre - batteries , & les croifantes ; puifque l'on trouve bien plus d'elpace pour les ruiner.
- Nous avons dans ladite Fig. R. entièrement fuivi le Deflein François : mais parce que nous jugeons qu'ils fe pourraient fervir de trois FUncsj l'un lur l'autre , & que la force de leur Fortification confifte entièrement en Flancs, nous nous fommes donné la liberté de changer & d'augmenter ce Deflèsri François jufqu'à trais Flancs dans A., quoique l'original n’ait que deux Flancs. Nous l’avons .fait pour leur donner autant d’avan-F 3, tages,
- BefaVdnUigeti
- Voyez Fig. R.
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- 86 Contparaifon entre les Méthodes Françoifis tages, que nous nous en fommes donné dans nos Plans.
- Les avantages & defavantages de la For-terejfe Capitale Françoife, en ce qui regarde la couverture des Flancs félon leur deuxième méthode Fig. A. Ce font les fuivants :
- I. /'"'XN peut planter des Contre-batteriesN°. 14.
- ^ Fig. A. fur YEJplanade de foixante - huit toifes, & une croifante dans le Ravelin N°. IJ. de vingt'toifes, contre les trois Flancs de foixante toiles; de forte que les Flancs de laForterelfe ca-pîtale ne font pas capables d’_y refifter.
- Mes Flancs au contraire > pour ce• qui regarde la même choje * ont cet avantages.
- Jtva»M£éi des Planes del'oiu* mr.
- I. TLs font couverts en Front, & contre les Bat-
- A teries croifantes par la Coiwre-face, qui eft en avant.
- II. Les Alïîégeans ne peuvent pas planter une Contre - batterie fur la Couvre * face, parce qu’elle n’eft que de quarante*trois piez de bafe.
- III. Ils font pour cela obligez de faire la Platte-forme dans le fo!Té, ce qui caule bien du travail & une telle Batterie fera inlufEfante , à caufe de Ion mouvement continuel.
- IV. Ils font aulïi contrains de fe couvrir fulfî-famment dans F aile contre le Ravelin le plus proche N°. 11., parce que cette Batterie, & ce travail lont à découvert à ce Ravelin.
- V. Cette Batterie ne peut être que de trente-
- fk toifes. VI. Elle
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- O* la T. maniéré de fortifier de V Auteur '. £?
- VI. Elle ne fe peut pas conferver contre des Flancs fi grands.
- VII. On peut augmenter cette Contre-batterie de quarante -fîx toifes, quand on la plante fur YEfplanade.
- VIIÏ. C'eft pourquoi les Afliégeans {ont obligez de démolir ces trente - fix toifes de Couvre* face.
- IX. ]Et de le couvrir dans l'aile d'un Parapet st l'épreuve de dix toiles de longueur dans le rofle de la Couvre face contre le Ravelin N°. n.
- X. Ce travail eft auffi tout à découvert aux Flancs capitaux , 8c aux Angles des BafHons les plus proches,
- XI. La Contre-batterie lur VEJplanade eft éloi-* gnée du Flanc denhaut dedeuxtent loixante toifes î cette diftance étant bien grande à l'égard des Batteries que l’on fait contre les Fortifications modernes.
- XII. Outre celle-ci on peut encore en planter
- une autre fur le Ravelin, dont la longueur lera de douze toifes. 1
- XIII. Mais qui fera pourtant à la vûë de la Tour, & de la haute & bafle Courtine.
- XIV. Cette Contre-batterie fera donc difficile à maintenir, & de peu d'importance.
- XV. Ces deux nouvelles Contre-batteries enfin de foixante-dix-huit toifes ne pourront pas refifter contre quatre-vingt-deux toifes des vieux & fo-lides Flancs, outre les feux de la Tour, & delà haute & baffe Courtine.
- De forte que mes Flancs font bien mieux cou* verts que ceux des Fortifications modernes.
- *4
- Autm
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- Hefte des dvan-tetges des Fortifications modernes.
- Befavtottges'.
- $8 Cmpamfift entré les Méthodes Françoifis
- Autres avantages des Fortifications Fr an-pif es, ou modernes.
- I. Telles ne donnent point de Bernte au pié du
- A-r Rempart, puis qu'il eft revêtu d'une muraille, & conféquemment point de place à la Face pour l'aflaut, que par la brèche.
- II. Les murailles les garantiflènt d'une furpri/è.
- III. On lès peut en casdebefoin défendre avec peu de monde , & mener le refte de la garnifon en campagne; parce que ces murailles ne donnent pas de lieu à l'aflaut.
- IV. Les Traditores commandent la brèche, dans la Fig. A. d'un Angle de neuf degrez, & dans la Fig. R. d'un Angle de fept degrez.
- ,V. La Face des Baflions capitaux dans la Fig. A. efl: défendue par quarante toiles, & dans la Fig. R. par trente-une.
- Nous croyons avoir expliqué tous les avantages qui fe peuvent trouver dans les Fortifications Françoifes, ou modernes. Si nous en avons omis quelques-uns, on nous excufera , puilque cela n'eft pas fait à deflein , mais par abus, ou bien parce que nous ne les connoiflons pas tous.
- I. T Eurs murailles font toutes à découvert à la A* campagne, & pour cela plus faciles à être brifées par des coups croilez.
- II. Ces murailles caufent de grandes dépenfes , puifqu'il faut les élever depuis le fond du fofle.
- III. Et que les François revêtent leur Faufe-
- braye
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- O* la T. manière de fortifier de l’Auteur. 89 hraye d’une muraille auffi depuis le fonddufoflé; ce qui n’eft pas néceffaire pour la force de la For-terefle.
- IV. Ils doivent racourcir leur Flancs d’un tiers, ou environ, pour avoir pn Orillon,
- V. Leur Courtine ne défend point, ou défend peu le foffé qui eft devant la Face.
- Autres avantages de ma premt&e manière de fortifier la FortereJJe Capitale.
- I* "jV/TEs Faces baffes des Baftions capitaux, quoi-
- dyS. qu'elles ne foient pas revêtues de muraille, n’ont pourtant point de Berme, & n’ont néanmoins rien à craindre de l’eau.
- IL Mes murailles de la Face capitale, & des Galeries fous la Face bafle, & des Tours maçonnées les garantiffcnt certainement des furprifes.
- III. Pour cette raifon elle peuvent être défendues par peu de monde.
- IV. Les Afliégeans font oblige? de remplir de terre deux lieux, c.’eft-à-dire,au delà des foffez de la Couvre-face, qui, quoîqu’obliquement font défendus par la haute & baffe Courtine y & au delà du foffé capital N°. 14. Ce qui leur coûtera bien du travail.
- V. Toute cette terre, ces fafcînes, facs à terre, &c. doivent être portez de bien loin, & principalement jufqu’au grand.fofléi
- VI. Les Traditorescommandent la brèche, ou les premiers logemens de la Face bafle du Bafiion capital pour lé moins d’un Angle de fept degrez & demi, & pour le plus d’onze & demi.
- VII. Les Afliégeans font obligez de loger dans ces commandemens tout le long de cette Face
- F j bafle
- Autres avantages delà manière dt l’Auteur.
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- 90 Comparaifon entre tes Méthodes Françoifes baffe de terre jüfqu’au devant l’Angle flanqué du Baftion capital à la longueur de foixante - fix toi-fes , pour faire un grand Front contre les Aflié-gez.
- VIII. Auffi les Afïiégeans ne fe peuvent couvrir , fur une fi longue ligne , contre des Tra-ditores, qui les voyent de revers.
- IX. Nous ne racourciffons point nos Flânes pour avoir Y Or Mon, mais nous les laiflons entiers.
- X. C’eft pourquoi mes Flancs défendent de quatre-vingt toifes les BajUons capitaux, au lieu que les Méthodes Françoifes à la Fig. A., n'ont que foixante toifes, & dans le fécond Plan Fig. R. n’ont que trente-une toifes.
- XI. Mes murailles enfin font toutes couvertes contre les Batteries de la campagne î c’eft pourquoi, pour les raifons dites ci-deffus, on aura bien de la peine à les battre.
- Tawtqmi iyu- Nota. Je ne revêts pas la Face baffe du Baftion capital d’une muraille. Premièrement, pour évi-d'témmuraille, ter la dépenfe. Mais fi nous le voulions faire, nous cauferions bien des difficultez aux Affié-geans en tirant continuellement dans les débris de ces murailles ; & il leur feroit prefque impof-fible de garder leur logement dans la brèche, & d’y paffer. Secondement, nous jugeons que les Afïiégeans doivent faire l’attaque à la Tour N°. 15., & l’ayant emportée ils pourraient pafïèr le foffé fec, ou du côté intérieur de la Face baffe, fans être obligez de paffer du côté extérieur : & ainfi ce revêtement qui.coûterait tant me fe-Si v»n mar- r°h de peu d’utilité. Mais fi nous accordions
- de vatt^ue fur l’attaque fur la Tour de pierre, nous pourrions i*Tour,/y«- n . . ' _
- t e»r dtnnt i can- visu
- futirer, t'il nt f*nt . Agrandir ce Dtfeint en fiUtngeant lu liÿtti de defenfi.
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- €T la 1. ntanlire.de fortifier de l* Auteur. pi étendre ce Plan , qui a prelentement fa ligne de défence decentfixtoifes, tellement qu’il l’au-roit de cent trente. Alors fon Polygone intérieur, qui eft de cent cinquante toifes, ièroit augmenté jufqu’à cent quatre-vingt-quatre. Ce qui aggrandit les Polygones intérieurs jufqu’à 44160. toiles.Mais en ce cas nous aurions de la Face du Baflion capital la ligne de défence de cent foixante & douze toi* fes. Ce qui feroit, à ce que nous jugeons, un peu au-delius de la mefure. Car autrement il n’eft que de cent quarante toifes à la juftediftan-ce pour la Moufqueterie,&c. Nous avons pour la fatisfadion du Leéteur dans la Fig. G. marqué une Echelle de deux cent toifes, par la Lettre A.
- Nous croyons, que'tout le monde fera d’accord , que nos avantages dans la Fortereflc capitale font plus confidérables que ceux des Méthodes Françoifes, ou modernes ; principalement au regard de la ligne de défence, fi Mallet a dit la vérité dans le commencement de fa fécondé Partie, où il traite des Cazjemates : elles en font plus fortes ; ce qu’il établit par l’exemple de la Ville de Candie, quoique la brèche de la Face gauche du Baftion Bethtchem, étoit commandée d’un Angle de fix degrez, celle de la Face droite de dix, la Face droite & la gauche du Baftion Ponigra d’onze degrez ; le demi Baftion de S. André d’un Angle de fept & demi, & la Face droite du demi Baftion Sabioniere d’un Angle d’onze degrez & demi. Nous avons tiré ceci du Deflein que le Chevalier & Harcourt a fait faire lui - même, & qui eft publié par iV. Ftjfcher. Mais Scheiters nous montre dans fa Fortification , que la brèche de la Face droite de Panigra, & celle de la gauche de Saint André, étoit commandée chacune d’un Angle
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- Les tirs en brèche de Candie étaient à me grande difiance.
- Ceux de l'auteur font tous de près.
- pz Comparaïfort entre les Méthodes François de fept degrez & demi, & celle de la Face droite de Sabioniere d'un Angle de quinze degrez par le Baftion Vitturi : de forte qu’il y a de la différence entre ces Auteurs.
- Toutes ces lignes de défence ont été extrêmement longues, quoique nous ne fçaehions point la longueur de leur mefure. Mais nous voyons aflèz évidemment, qu’elles ont excedé de beaucoup les cent quarante toiles: de forte que laMou/quete-rie,&c. y a été de peu d’effet. Si elles ont pourtant été d’une telle efficace , comme il a paru, que ne feront les miennes, qui peuvent incommoder les logemens à toute la Face baffe par le Flanc d’enhaut,. à la diftance depuis cent fix jufqu’à cent foixante-deux toifes, d’un Angle de fept & demi jufqu’à onze degrez & demi, contre quoi l’ennemi ne fe peut couvrir ? Les Afliégcz peuvent encore planter toujours un Canon couvert dans la Tour» qui commandera les logemens dans la Face baffe d’un Angle depuis onze jufqu’à dix-neuf degrez, à la diftance depuis quatre-vingt-huit jufqu’à cent quarante-quatre toifes. Ces défences obligeront fans doute bien d’avantage l’Ennemi de quitter l’attaque, comme les Turcs ont aufli été contrains devant Candie, parce qu*ilsne pouvoient pas loger fous ces défences fichantes depuis fix jufqu’à onze degrez aux Baftions Bethle-hem) Panigra,& S. André, étant obligez, pour éviter ces avantages des Affiégez, de changer toute l’attaque, & de la porter du côté droit & gauche des Baftions S. André & Sabioniere, où les Faces n’étoient pas défendues par du Canon couvert. Et ç’a été ce défaut qui a caufé la perte de cette fameufe Forterefle» Mais parce qu’il n’y a pas un feul lieu dans ma Forterefle fans ces défences, & d’autres plus dangereufes,
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- Cr la /. manière de fortifier de VAuteur. 93 l'ennemi devra abandonner le Siège félon ledit exemple , ou il fera obligé de fe tenir dans ces dangers pour accomplir fes delfeins.
- Ce font ces défences , ou Traditores, en qui Spc.ck.te fait confiftcr la principale force des Flancs y que Von ne peut ruiner. Voyez fa première Partie dans le commencement du Chapitre 15. Heideman dans fa première Partie pag. 27. dit: Que c'efi Vunique mojen pour confirver long - tems une Forterejfe. Mais pour conclure, Mallet parle en ces termes : Le plus effentiel de la Fortification c'efi défaire le feu durable, CT d'en rendre l'effet inévitable, d'affurer ainfi la défenfe, Crdc la couvrir avec plus d’avantage contre la force des A(fié-geans ; le refie de la défenfe t? étant pas de gratîde eonfidération. Voyez vers la fin de la Préface de la fécondé Partie de fa Fortification.
- Nous pourrions à ce propos citer un plus grand nombre d*Auteurs , mais puifque nous croyons que deux ou trois Ecrivains confirment allez que la force de la Fortification confifte dans ces lignes de défence fichante, nous n’en avons plus cité, d’autant plus, que c’eft l’unique fondement de la Fortification moderne.
- Si donc la défence fichante de-Mallet defix de-grez & demi dans fon Exagone Royal à la diftan-ce de cent douze toiles, & le Deflein François Let. A. de neuf degrez, à la diftance de cent quarante-deux toiles , à mefurer du Flanc d’en-haut, eft d’un fi grand avantage , que ne'feront tous mes tirs en brèche , qui commandent les logemens des Affiégeans à la Faffe balle de terre du Baflion capital tout le long de foixante-fix toiles, depuis fept & demi julqu’à onze degrez & demi, à la diftance depuis cent feize jufqu’à foixante- quatre toiles. Celui de la Face d’enbas,
- Sentiment du Ecrivant les plus renommez, fur les tirs en brèche, comme de Speckle & Heideman.
- L’tAutcurcen-clttd par les termes de Mallet.
- Tir en brèche de Mallet.
- Ceux de l' auteur dans la For-terejfs capitale.
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- Dm Rave-lin.
- 94 Comparaifon entre lis Méthodes Françoifes qui eft revêtue de muraille, commande par douze .degrez, à la diftance de cent dix toifes ; célui de la Tour par douze degrez & demi, à la diftance de cent deux toifes ; celui de la Face capitale par dix-fept degrez , à la diftance de cent foixante-deux toifes , toujours à mefurer du Flanc d'en-haut. Nous pouvons encore planter un Canon caché fur la Tour, qui puiffe aufli commander ces logemens à la Face baffe tout le long de foixan-te-fix toifes par un Angle depuis onze jufqu'à dix-fept degrez, à la diftance depuis quatre-vingt feizc jufqu'à cent quarante-fix toifes, la brèche dans la Tour par vingt degrez à la diftance de quatre vingt-quatre toifes, & celui dans la face capitale du Baflion d'un Angle de quarante-quatre degrez à la diftance de cent quarante-quatre toifes.
- Les logemens de la Face d'enbas du Ravelin font aufli fortement commandez par la Face du Baflion capital, qui eft couverte par la Couvre-face, qui eft en ayant, comme on l'a déjà dit plufieurs fois.
- Il faut donc avouer, que tant de fi confidéra-blés tirs en brèche paffent de beaucoup les modernes , quoi qu'on les eftime comme la feule force de la Fortification. Mais nous y en ajoûtons encore d'autres, comme nous avons montré dans le commencement de cet Ouvrage.
- Puis donc que Mallet dit, que le refle de la défenfé eft de peu de conftdération, ( il parle de la fortification moderne ) nous nous y conformons très volontiers, étant contens d’avoir montré dans nôtre Fortification bien plus de défenfes , tant des tirs en brèche, que de ce qui regarde le couvrir des Flancs, & autres, que l’on ne trouve pas dans la moderne,
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- çr U /. manière de fortifier de ? Auteur. py
- Un quoi cette manière 4e fortifier Jurpafie encore la Fortification Françoife, où moderne.
- I. T Es Affiégeans doivent former leurs loge-
- •L-r mens tout le long de la Face baffe entière jufqu’au devant de la pointe du Bafiion capital par Tefpace de foixante-fix toiles , loit en Sap-pant, ouenfejettant dans le fblîe fec, pour emporter la Galerie , ou en paHant du côté de la Galerie même. Nous avons ci-devant aflez re-prefenté, qu’ils s’y rencontrent. Nous ferons quelque detail du premier* parce qu’il fervira à faire clairement voir l’autre.
- II. Si l’ennemi l’entreprend par la Sappe,
- III. Les Affiégez y pourront à tous momens jetter des Grenades, & en faifant des Sorties chaf-fer les Travailleurs.
- IV. Les Allîégez lui peuvent refifter de la Galerie fous la Face d’enbas, & ruiner le travail par des Fourneaux, ou autrement.
- V. C’eft pourquoi la Sappe fera bien lente, d’autant plus qu’elle fera à la vûë du plus haut de la Tour, qui la pourra commander.
- VI. Il fera prefque impoffible aux Affiégeans de fe couvrir contre tous les feux cachez, & découverts, qui font à cette Face d’enbas,
- VIL Et de continuer leur travail du côté de cette Face d’enbas dans ces feux, en refiftanten même tems aux Affiégez, puifque cette Face eft très mince;
- VIH. Et tant par ce que les Affiégez peuvent à tous momens s’approcher à couvert des Affiégeans ;
- IX. Qse parce que les Affiégez fe peuvent
- jetter
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- 5>tf Comparaifin entre tes Méthodes Françoifis jetter avec tant de monde, qu'il leur plaît, dans les Jogemens des Affiégeans , ' •
- X. Où ils ne peuvent pour des raifons fufdi-tes pofter que peu de monde. #
- XI. Comment pourront-ils donc conferver ces logemens ?
- XII. Auffi ne peuvent-ils être fecourus , que par le fofle capital, s’ils s'élargilfent d’un grand Front à la Couvre-face , & rempliffent Ton folle de terre; puifque la Couvre-facc ne fournit point de lieu pour des logemens.
- XIII. Et cela leur coûtera bien du travail.
- XIV. Mais fi les Affiégez veulent faire une {ortie avec quelques deux ou trois cens hommes, ou environ, ils doivent faire avancer leur corps principal fur les lieux remplis , & s'y mêler avec les Affiégeans , pour pouvoir tant mieux mafla-crer les autres.
- XV. On obligera ainfi les Affiégeans de fe retirer. Et les Affiégeans n’oferont point pourfui-vre les affiégez dans le £offé fec , parce qu'ils fe trouveroient ainfi environnez de tous cotez des feux de la Galerie enfoncée, & de l'autre, comme auffi de la Tour de pierre.
- XVI. Et fi les Affiégeans tachent de fe retirer du folié fcc dans leurs logemens , les Affiégez furpalfant la Face balle, les faluëront du plus élevé de la Tour, & de la Face capitale.
- XVII. Les Affiégeans ne doivent pas feulement s'alïurer d'un côté de ces foixante-fix toifes de la Face baffe, mais ils font contraints de loger auffi depuis fa pointe julqu'à N°. 17. pour pou* voir tant mieux ôter aux Affiégez l'ufage du folfé fec, & pour faciliter & défendre le Parapet, qu'ils y doivent conftruire N°. iB.
- XVIU. L'erçnçmi fe trouvant dans ces logemens
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- Cr U L manière de fortifier de V Auteur. 97 mens ne fera pas feulement à découvert aux Tra* ditores des autres Flancs ;
- XIX Mais auffi aux tirs en brèche cachez du plus proche Ravelin N°. 11. d'où l'on commande très fortement derrière le Coffre au foffé capital d'un Angle depuis le vingt-deuxieme jusqu'au trente-huitième degré , & près de la Capo» nière & Bonette, qui font dans le même Ravelin t d’un Angle depuis le dix-fèptiéme jufqu'au vingt-cinquième degré j contre quoi il ne fe peut couvrir» ni marcher du côté de cette Face baffe, ni achever fes logemens.
- XX. Les Affiégeans fe doivent auffi emparer: de la Galerie enfoncée,
- XXL Et ruiner les Paliffiides tout le long de la muraille de la Face d'enbas.
- XXII. Les Affiégez peuvent empêcher tout ceci à couvert, d'un grand Front» & à force jointe.
- XXIII. L’ennemi au contraire doit d'un petit Front, & à découvert, poutfer ce travail pié à pié, & ainfi perdre bien du tems.
- XXIV. Les fix Canons de la Cazjmatte^ def-fous de la Tour, & les deux entre les deux Sorties , leurs peuvent faire grand dommage dans le-foffé fec par leur Cartouche.
- XXV. Le feu de deffuslaTour y commandant auffi bien fortement.
- XXV^ Les Affiégeans doivent encore emporter huit toifes de la Face baffe revêtue de Muraille, à la Tour.
- XXVII. Ce logement fera à la vûë des deux Canons cachez d'un Angle depuis onze & demi jufqu’à douze degrez. & demi, & du nlus haut, de la Tour d’un Angle depuis dix-fept jufqu'à dix-huit degrez & demi.
- XXVIII,
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- 98 Compnraifon entre les; Méthodes Frmçoifes
- XXVIII. Les Affiégez peuvent de la Tour jet-ter des Bombes, & autres feux d'artifice dans cette aproche.
- XXIX. Les Traditores, d’un tel Angle, & de fi près r pourront faire un grand carnage entre les Affiégeans dans ces débris. '
- XXX. Audi rennemi aura-t-il beaucoup de peine à fè rendre maître de ces huit toifes de revêtement de la Face baffe, puisqu’il ne la peut pas paffer, lès Contreforts étant à peu près auffi longs , que la Face d’enbas eft épaifle.
- XXXI. Cette Face balle ne peut-être endommagée qu’à terre roulante , à caufe des cintres de maçonnérie.
- XXXlI. Les Affiégez ont leur Contre galeriè i par tout prête par de faux trous , qui font remplis de briques, pour refifterà l’ennemi, 8c empêcher le Mineur.
- XXXIII. Les trois pièces de Canon, qui font du côté de la Cazematte, pourront par la muraille caulèr de grands dégâts entre les Affiégeans.
- XXXIV. L’ennemi ne peut pas démonter ces Canons, ni faire céder leurs feux.
- XXXV. Les Afliégez pourront auffi empêcher ce travail-là par des Grenades , de frequentes forties , 8c par des Fourneaux, 8c caufer bien de l’incommodité.
- XXXVI. Les Affiégeans font auffi obligez d’emporter la Tour de pierre ;
- XXXVII. Ce qui eft de très-difficile exécution , puifque les Tradttores, 8c le haut de la Tour commandent de fi près fes débris, les premiers d’un Angle de treize & demi, & l’autre de vin^t degrez ; contre quoi ils ne fe peuvent, que très difficilement couvrir.
- XX X VIII. Les Affiégez ont encore ici de
- grands
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- 0“ la T. manière de fortifier de F Auteur. 99 grands avantages, parce que leur Contre-galeriey a caufe de ces faux trous, eft toujours prête, fans être entendu des Affiégeans.
- XXXIX. Les Affiégeans auront bien de la peine à paiïer les arcs & piliers des murailles traverf-fans.
- XL. Audi ne peuvent-ils faire des Mines autour de la Contre-galerie fans être découverts des Affiégez.
- XLI. L'Ennemi doit exécuter tout ceci avec peu de monde,
- XLII. Les Affiegez pouvant employer tant de monde, que hon leur femble.
- XLIII. Auffi ceux-ci demeurent*ils toujours lçs maîtres d’une Tour de pierre, qui commande, l’autre moitié du fofTç fççj
- XLIV. Par lequel les Affligez. peuvent toujours faire des forces, fans aucun empêchement, en. alarmant i'ennemi;âf fe jettant dans, fes loge-mens ;
- XLV. Ce pouvant en. tout cas retirer fans empêchement le long de ce fofîè £ec.
- XLVI. Les Affiégeans ne peuvent eu aucune manière commander ces foffez fecs de leur loge-mens, à la pointe de la face baffedu Baftim capital, comme il eft montré ci-devant.
- XLVII. Parce que les logemens, d'où l’on enfilerait les foffez fecs, fe trouvent dans les feux d’enhaut, 8c d’enbas des Tours , 8c des Canons qui font proche entre les deux forties.
- XLVIII> L'ennemi n'ofe point pourfuivre les Affiégez dans la retraite , à caufe du feu de la Galerie, qui eft fous le refte de la Face d'enbas , & de celui du plus élevé de la Tour de pierre.
- XL1X. C'eft pourquoi les Affiégeans font obligez de conftruire un Parapet dans le foffé fecN°.
- G x ïSj
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- ioo Comparaifon entre les Méthodes Françotfes 18., tant pour éviter ces feux, que pour empêcher les Sorties.
- L. Mais ce Parapet ne peut être conftruit qu’à la vûë de tous les feux qui en font proche;
- LI. Et pour cette raifon il ne peut tenir ni terre, ni fascines, ni des facs à terre, ou à laine j contre huit pièces de Canon fi proche , dont les boulets font depuis dix-huit jufqu’à vingt-quatre livres.
- LII. Outre que les Afliégez peuvent empêcher la conftru&ion de ce Pa/apet en plufieurs manières, comme il eft dit dans fon lieu.
- LIII. Néanmoins, ce Parapet étant achevé, il faut de toute néceflîté que les Aflïégeans faf-fent une ouverture dans la Face baflè près de N°. itf., pour pouvoir ruiner la Face.
- LI V. Auflï rt’oferont - ils pourtant monter à l’aflaut que derrière ce Parapet N°. 16., à caufe que les Afliégez commandent le foflé fec par la Tour, les Flancs, & la Courtine.
- L V. Les Afliégez peuvent néanmoins paffer par-deflus le ParapetN°. 18., & faire une diversion entre les Aflaillans ;
- L VI. Si ce n’eft, que les Aflïégeans fe retranchent d'une grande force dans le fofle fec derrière des Traverfes ; auquel cas ils feroient en état de refifter à cela.
- LVII. Les Aflïégeans doivent néanmoins monter à l’aflaut à la vûë de la Tour d’un Angle de vingt-deuxdegrez, àladiftance de cent vîngt-fix toifes , & des Traditores du Flanc d’enhaut d’un Angle de dix-fèpt degrez , à la diftance de cent quarante-huit toifes. Ce confidérable tir-en - brèche furpafle de beaucoup la méthode moderne, étant d’une telle défence, que les Aflaillans ne fe peuvent point couvrir dans la brèche,,
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- O* la /. manière de fortifier dé V Autour'. loi ni monter à l’aflaut, qu’avec grand defavantage & perte de monde. Pour éviter cet inconvénient les Aflîégeans feraient obligez d’élever ce Parapet N°. 16. à la hauteur de la Face capitale, pour la pouvoir monter,à la faveur de celui-là. Mais nous croyons que cela eft impoflible;
- LVIII. Tant parce que les Flancs Tempe-chent,
- LIX. Que parce que les continuels feux d’artifice , & autres obftacles que l’on peut faire de deflus le Rempart, dont nous ne parlons pas ici, y font de grands defordres.
- LX. Outre tous ces avantages, nous avons encore celui, que nos murailles ne font pas commencées du fond du fofle fec , mais feulement au-deffous de l’Horizon folide.
- Si Von n'aprouve point cette manière d'attaquer j nous en montrerons les avant d? ges fur la Méthode moderne de Fortifier félon la deuxième manière décrite ci-défi fus ; à fçavoir en attaquant directement la Tour de pierre par le lieu rempli N°. M-
- I. T Es Aflîégeans doivent remplir ce lieu No. | , iy., non feulement à la vûë des Flancs , mais aufli de la Courtine d’enhaut, & de la moitié de celle d’enbas. ‘
- II. Ce qui Te doit faire tout proche defdits feux. .
- III. Audi le pourra-t-on incommoder & en
- rendre l’exécution bien difficile par de certains moyens, dçnt pous ne parlons pas ici pour des railons. G 5 IV. Les
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- toi Contp&dtfon etffle les Miibodes Françoifes
- IV. Les Traditores commandent la brèche dans la Tour d’un Angle de treize degrez & demi, & le dédits de là Tenir y domine d’un Angle de vingt degrez.
- V. De forte qu’il n’eft pas pratiquablede fe loger dans les débris entre dés feux fi dominans à la dif-tance de cent, quatre-vingt-dix,&qùâtre-vingt-quatre toiles.
- VI. Auffi eft-il très-difficile d’abaiflèr les murailles de la Tour , à caufe des cintres de déùJc fortes;
- VIT. Où la terre ne tombera qu’en roulant, comme nous le montrons par des points dans le FrofilK0. 2. Fig. C.
- VIII. Et l’ennemi ne peut pas forcer ces cintres de la Tour par dès Bombes, parce qu'ils font couverts de fix piez de terre.
- IX. Les Affiégez peuvent préparer la Contre-galerie par de faux trous, qui font dans les murailles, arcs, & piliers, fans être entendus des Affiégeans.
- X. Et lès Affiégeans ne peuvent , à caufe de cela, pouffer le travail qu’avec bien du danger;
- XI. Les Affiégez étant en état d’y jetter continuellement des Grenades & des feux d’artifice,
- XII. Et de faire des Sorties avec tant de monde , que bon leur femble, pour faire déloger l'ennemi de la brèche.
- XIII. Les Affiégeans ne fe doivent pas feulement emparer de la muraille de devant, avec fes arcs & piliers, mais auffi de tous les fouterrains.
- XIV. Ce qui ne peuvent faire de deffus la Tour, à caufe des feux dans lefqüels ils fe doivent loger.
- XV. Les Affiégeans font obligez d'avancer dans ce travail pié à pié, parce qu’ils peuvent être in-
- com-
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- Cr U /. manière de fortifier de VAutour. 105 eôtamodez par les Affiégez qui peuvent leur refi* fier par tout.
- XVI. Ces foûterrâins fout aüffi en divers lieux xtiunis de Mines voûtées > pour les faire fautet quand les Affiégez font forcer dfe quitter la Tour.
- XVII. Et ces Mihes étant màçohnécs au - def-fous de l’eau ne peuvent pdiîit être ruinées par les Affiégeans ;
- XVIII. Et en fautant elles peuvent ruiner tbus les logemens, que l'ennemi pourrait avoir faits dans où deflüs la’Tour.
- XIX. Les Affiégez peuvent ôter la terre qui eft au-deffus des voûtes contre les Bombes, quand ils fe voyeht obligez de lès quitter, pour ne lailfer point beaucoup de terre dans lès débris oà les Mines ont fauté.
- XX. Auilï les Affiégeans font - ils obligez, à caule de ces iauts de faire de rtOüvèauit logemens dans ces débris pour fe couvrir.
- XXI. Et ces logemens feront fort bas, tant £ caufe que les briques en fautant fe Hifpèrfent beaucoup , que parce que les Mines qui ont fauté & les caves doivent auparavant être remplies.
- XXII. Ces logemens dans ces débris feront très-difficiles à faire, & encore plus à confervcr.
- XX111. Aüffi étant fur la ruine de la Tour ^ font - ils prefque de toutes parts dans les feu* de la Fortercfle.
- XXIV. Lès Affiégeans ne pourront que difficilement enfiler le foiTé fec de ces logemens fur les débris de la Tour, en cas qu'ils y pti fient prendre pôftè , pour empêcher lès Sorties des Affiégez, puifqii’iîs feront fort bas, & trop commandez du Flanc haut le plus proche, comme aüffi de la Courtine,
- XXV. Si les Affiégeans tâchent d’élever cette
- G 4 Tour
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- ri©4 Comperaifort entre les Méthodes Françoifis Tour ruinée, 'quoique cela eft très - difficile, ils pourront encore moins incommoder le fofféfec.
- XXVI. Les Affiégez peuvent continuellement du Chemin-couvert du Flanc moyen attaquer cé* logemens lur la Tour.
- XXVII. Auffi l’ennemi doit il fe rendre maître de huit toiles de la Face baffe, qui eft revêtue de muraille près deN°. 15.
- XXVIII. Ces murailles pour des railbns fufdi-tes lui cau/eront bien de la difficulté;
- XXIX. Les Affiégez pouvant à tous momens y jetter des Grenades, & empêcher l’aproche par de continuelles Sorties.
- XXX. Les Traditores & le deffus de Ja Tour, pourront auffi par des Angles fufdits beaucoup incommoder le travail de l’ennemi.
- XXXI. Auffi les Affiégeans font-ils obligez d’emporter pié à pié toute la Face baffe, depuis la Face baffe revêtue , jufqu’à la pointe du Baftion capital.
- XXXII. Ce qui fe doit faire par une des ma-., niéres décrites , dont nous ne parlerons pas davantage.
- XXXÎII. Les Affiégez peuvent fort incommoder ce travail par les Traditores, & la Tour, qui y eft jointe;
- XXXIV. Et l’empêcher à tous momens par des: Sorties, qu’ils peuvent faire à couvert.
- XXXV. Et en cas que les Affiégeans de leur logemens au*deffus des débris de la Tour, enfilent en quelque manière le foffé fèc , ils ne pourront pourtant point empêcher les Affiégez de faire des Sorties ci & là de derrière une Blinde , que l’on peut faire près des portes de la Galerie fous la Face baffe, ni de fe mêler avec l’ennemi.
- XXXVI,
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- cr U /. manière de fortifier de P tuteur» 10$
- XXXVI. Les Affiégeans ne doivent pas feulement emporter la Face baffe jufqu'à la pointe du JBafiion capital, mais auffi delà à l'autre côté jufqu'à N°. 17.
- XXXVII. Où ils trouvent lesfufdites difficultés.
- XXXVIII. Outre les confidérables lignes de défence du Ravelin N°. 11., tant derrière fon Coffrey que près de la Caponiére, & la Bonnette, qui commandent cette Face bafle entre fon Angle, & N°. 17. des Angles depuis dix-huit jufqu'à vingt-trois dcgrez.
- XXXIX. L'ennemi étant près de cet Angle, fe trouvera encore à découvert du côté de la Tour, qui eft encore en état, comme auffi de les feux j
- X L. Et il aura bien de la peine à furmonter toutes ces difficultez. >
- XLI. Audi doit-il emporter la Galerie enfoncée.
- X L11. Etant obligé pour mieux affiner fes logemens, tant contre ces huit gros Canons, que contre les Sorties de conftruire le Parapet N°. 18. par le folle fec.
- X L111. Ce' travail fera de grande difficulté , parce qu’il fe doit faire à la vùë de ces huit gros Canons, dont les boulets font depuis dix- huit jufqu'à vingt-quatre livres.*
- X LIV. Auffi les Alfiégez le peuvent-ils empêcher par des Sorties, des Grenades, & des Coffres à feu , ou en ôtant la terre, dont l’ennemi s'eft fervi pour remplir, fans que celui-ci puifle faire beaucoup pour leur refifter.
- XL V. Et quand ce Parapet ferait achevé, les Affiégeans feront néanmoins obligez de faire une ouverture à la Face bafle N°, 16., pour ainfi pouvoir ruiner la Face.
- G j XL VI.
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- iàti CâfëpJtbaifiri entré tin Méthodes Françàifes
- XL VI. Et ils n’oferont point monter à l’af* faut, parcè que les Affiégez commandent le foft fé fec par la Tour, les Flancs ± & la Courtine.
- XL VII. Auffi les Affiégez peuvent paflèr pàr-delFus le Parapet N°. 18., & faire une di-verfion entre les Aflfaillans.
- X L VI I I. Si ce n’eft que les Àffiégeans- fe retranchent d’une grande force dans le folle fec derrière des Traveriès, auquel cas ils feroient en état de refilter à cela.
- XLIX. Voyez la Seétion qui précédé faune* diatcment, art. 57. 58. 59. & 60.
- De ce que nous venons de dire il eft aifé de concevoir quels feroient les avantages des AOié-gez , fi l'ennemi attaquoit à la fois la Forterelfe capitale par les lieux remplis N°. 14. & 15. pour pouvoir agir d*ün Front plus large, comme il ell dit du Ravelin, & pour gagner du tems, ce qui doit être le principal but des Aljégeans.
- Mais nous n’en dirons plus rien pour n’ennuyer point le Leâeur.
- Nous avons auffi de grands avantages dans nos Murailles, & Contre-galeries, fur les Méthodes modernes de Fortifier : mais parce que nous n en donnons point la defcription, comme il eft dit ci-deflus j nous ne parlerons point de ces avantages.
- Calcul
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- comme belles de la /. mniére de ÏAutenr. 107
- Calcul des dépenfes des Murailles que l’on applique à la Méthode mo-derrte de Fortifier à la Fig. À., comme aufii de celles dont l’Auteur fe fert dans fa première Méthode, Fig. B.
- & G.
- Difcrifiion ides Müràillës dont les Forteref-Jes modernes font revêtues.
- SI nous entreprenions dé faire un Calcul parfait des parties particulières des Murailles, tant aux Angles qu*ailleurs , comme quelques-uns ont fort inutilement fait une fupputation du roifée des terres » nous nous donnerions beaucoup de peine en ennuyant le Leôfceur. Mais nôùs ferons lé Calcul de chaque deux toifes de muraille, en faifant la fupputation félon lalongueur des lignes dans chaque Figure.
- Et pour cela nous donnerons premièrement la defeription des murailles de chaque partie particulière de Tafortificatibn moderne, à la Lettre A.
- Et après cela nous poferons chaque partie des murailles de nôtre première Méthode Lett. B. &
- G. félon le Calcul de chaque deux toifes ; mais niôus n'en donnerons point les Profils pour des raifons fufdits.
- Les murailles , dont la Face capitale Fig. A. des
- eft revétùë, font à la crête d'une épaifleur de quatre piez & demi, & d'une hauteur depuis le fond du fofle de vingt-trois piez, & elles talu- Etpremiircmm fant d'un pic en dehors fur cinq piez, & en de- * t* Face, .dans la moitié moins ; deforte quelles font au
- fon*
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- Ctmbien de briqua font requifes four chèque deux toifes de mitraille de la Face ta[ii~ taie
- Profil det murailles de la Courtine & des Flancs.
- 108 Calcul des depenfis des Murailles modernes, fondement épaiffes d'onze piez & deux cinquièmes d'un pié. Elles font par dedans pourvues de Contreforts , dont l'un eft éloigné de l’autre de quatorze piez, de milieu en milieu. Ces Contre-forts font larges à la muraille de fix piez, & au bout de quatre j & long de dix piez par le bas, à la hauteur de vingt. Ces Contreforts talufent obliquement du côté de la Contre-galerie, .tellement qu’à leurs bouts l'ouvrage intérieur de cette Contre-galerie eft large de cinq piez. Ses ; ambages font hautes de fix piez & cintrées , deforte qu’étant épaiffes d'un pié & demi, elles font égales au ta-lud des Contreforts. Le fondement de ces murailles doit être épais de deux piez, & large de deux & demi, parce que le paflàge de cetteCon-> tre-galerie eft de deux piez au> deflous de l'eau ordinaire en Eté, il doit être pavé.
- Pour deux toifes d’une telle muraille il faut 98766. briques, chacune de la longueur de deux tiers d'un pié, dont douze font deux toiles, c eft-à-dire de huit pouces.
- La muraille des Courtines 8c des Flancs eft épaifle à la crête de quatre piez, & élevée depuis le fond du folle à la hauteur de vingt piez : de-forte qu’elle eft de dix piez au-deffus de l'eau ordinaire en Eté, qui eft de quatre piezau-deffous de l'Horizon, comme nous avons pofé dans nôtre première Méthode. Cette eau fera à la profondeur de fept piez à la muraille, qui déclinera comme celle de la Face.
- Il y aura aulli des Contreforts à cette muraille de la longueur de huit piez par le bas. Ils feront épais à la muraille de cinq piez, & aux bouts de quatre, & hauts de feize, d'où ils déclineront en taiufant également ayec la hauteur de la muraille.
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- comme celles de la 1. manière de l9Auteur. 109 Ces Contreforts font éloignez l’un de l'autre de quinze piez, à mefurer du milieu. '
- Deux toiles d’une telle muraille contiendront 61829. briques de la grandeur fufdite.
- Du côté extérieur du Flanc moyen régnera une muraille revêtant le Rempart païapx oxi Flanc d’en-haut ; elle doit être de la hauteur de dix piez, & enhaut de l'épailTeur de deux' piez & demi, talu-fant par dehors d’un pié fur la hauteur de cinq piez ; deforte qu’elle fera épaifle de quatre piez & demi au fond, où l’on joindra des piliers qui feront épais à la muraille de trois piez, & aux bouts de deux, & à mefurer hors la muraille delix piez i montant à ladite hauteur, de étant éloignez l’un ' de l’autre de dix piez, de milieu en milieu.
- Deux toifes d’une telle muraille auront 16200. briques.
- La muraille fous le Flanc d’enhaut, & delà jufqu’à la Courtine droite doit être d’une même conflruâion.
- La FauJJe-braye doit être revêtue d'une muraille, qui fera ennaùt épaifle de trois piez, &dela hauteur de feize piez depuis le fond du foffé, talufant comme l'autre d’un pié fur cinq, & par dedans la moitié moins , deforte qu'elle fera au fondement de fept piez & de quatre cinquièmes. Il y aura aulfi des Contreforts long de huit piez, à mefurer hors la muraille , & à celle* ci de quatre &demi, aux bouts de trois & demi, &en quarré de la hauteur de treize piez, montant de là obliquement jufqu’à la hauteur de la muraille.
- Ces Contreforts feront auffi éloignez l’un de l’autre de quinze piez, à melurer du milieu. Aufli cette muraille là fera de trois piez au-deflus de l’Horizon , & aura toujours fept piez d'eau ordinaire en Eté.
- Profil desmn railles de la PaulTe-braye.
- Selon
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- Profil tU U muraille k la Face du R»YC-
- lia.
- U o Calcul des dépmfes des Murailles modernes, Selon un bon Calcul deux toiles de cette muraille-là auront 3 8907. briques.
- Le ReeueUn fera revêtu d’une muraille , dont la crête fera épaifle de trois, piçz neuf pouces, de la hauteur de dix - neuf piez depuis le fondement, talufant dedans & dehors coname les autres. Auffi y aura-1; - if des Contreforts à la même dilfançc, comme il eft dit ci-deflus. Ils feront long de h,uit piez, à mefurer hors la muraille, & dans le quarré hauts de {eize piez, en Talufant comme lçs autres. On maçonnera à ces Contreforts une Contre -galerie de cinq piez en quarré , dont les murailles feront épaiffes d’un pié & demi. Elle doit être çipfcrée de la même épaifleur. Les piez de ces murailles des cotez doivent être larges de deux piez , & épais d’qn pié.
- Deux toiles de ladite muraille contiennent 8^*3 5. briques.
- Calcul des Murailles de Méthode moderne Fig. A., four up Polygone, ou Bafitm , avec fa Courtine, & lc Ravetm,
- IL y a deux Çaceç dju Bafion capital & des Or*/-lofts , dojit la longueur eû de cent cinquante-deux toifes. Deqx de ces toiles ont befoin de 98766. briques ; il y aura donc en tout - . 75,06216,
- Et puifquç les Contreforts des Orillom, au lieu de dix piez doivent être longs defeize, on y devra joindre pour ces dix toiles à chaque Oriïlon, pour les deux Orillom, - - - 100000.
- Les deux Flancs moyens de la longueur de quarante toifes, la Courtine droite, qui eft longue de quatre-vingt-douze> enfemble de cent trente-deux
- toifes,
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- comme telles de la J. manière df l'Auteur. i%i toifes, ont befoin pour chaque deux toifes de pi82^). briques; &ainfien tout de - 4080714.
- Du côté extérieur du Flanc moyen régne une muraille , revêtant le Rempart jufqu’au Flanc d'enhaut, & delà du côté de ce Flanc fupérieue jufqu’à la Comme rentrante , & delà jufqu’à la Comme droite. Le tout eft de la longueur de quarante-quatre toifes ; qui deux fois contez font quatre - vingt - huit toifes, dont deux requièrent 16200. briques » defbrte qu’il en faut en tout - . . « - - 712800.
- La Comine, les Flancs , $ les Faces de la Faujfe-braye font en tout de la longueur de cent deux toifes, 8e deux toifes ont befoin de 38997. briques; c’qft en tout - - 19.84217*
- Les deux Faces df un Ravjilifofont de la, longueur de cent toifes: deux ont befoin de.642 3 3. briques. 11 en faudra donc en tout «.• - 3211630.
- Toute la fomme pour un Baflm avec fa tint, Faujfc-braye, &: Rayçlip, félon la méthode moderne Fig. A., contient dix-fept millions , cinq cens mille, & non an te-cinq mille, fix cens, & trente-fept briques.
- Calcul des Murailles dont VAuteur fe fart dans fa première Méthode de Fortifier* Fig. B. & G.
- LEs Faces de mon Bafim capital font de la ; longueur de quatre-vingt-deux toifes,; deux avec fqs doubles murailles , à Contre-galerie, ayant belpixr de 45700. briques; donc quatrc-vingt-deux toifes en auront • - 2873700.
- Les deux Flancs, d’enhaut ont la longueur de
- foixante
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- Calcul dt la Toüi&e.
- 112 Calcul des dépenfis des Murailles modernes, foixante toifes. On peut conftruire deux toifes avec 27999. briques 3 donc pour le tout il en faudra - - 8 3 9970.
- Les deux Courtines rentrantes ont enfemble la longueur de vingt-huit toifes: de vingt toifes avec la Cazjsmate, deux requièrent 37135. briques, & des autres huit toifes , deux ont befoin de 28500. donc enfemble - - - - 485350.
- Les deux parties de la Courtine droite, qui va par le petit fofle devant le Flanc moyen, à la longueur de douze toifes, demandent pour deux toifes 65000. briques, donc pour le tout il faudra à - - - - - 390000.
- Le refte de cette Courtine droite eft long de foixante toifes, on peut conftruire deux toifes avec 18657. briques 3 donc il ne faudra pour le tout que --- - - 559710.
- Pour chaque cintre de maçonnérie devant le fofle de la Tour, il eft long d’environ fix toifes, & avec les ailes d’environ huit toifes ,' de forte que chacun calculé à 20000. briques, on trouvera enfemble - - - 160000.
- La muraille de devant la Tour, qui eft longue de vingt-fept toifes, comme aufli les Contreforts, les Cintres, &la muraille extérieure de la Face baffe, revêtue à la longueur de huit toifes , avec fes Contreforts & fes Cintres, à favôir depuis l’endroit où cela commence à être maçonné de fix piez au-deftous de l’Horizon, contient enfemble - 777494*
- Les murailles extérieures de la Tour, lors qu’elles font commencées de fix piez au-deftous de l’Horizon, requièrent pour deux toifes 27540. briques 3 donc pour vingt-fept toifes il en faudra - - - * - . « 371790»
- Pour
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- comme celles de la h manière de P Auteur. ïXÿ Pour deux toifes des Contreforts fuperieurs à la longueur de vingt-deux piez, avec leurs arcs ou cintres de trois Fortes fur les Contreforts inférieurs décrits , il faut 58306. briques. Et puifqu'on trouve en mefurant du milieu dix-huit toiles, il faudra pour le tout * - .524754.
- Le pilier court au Flanc moyen, qui cft de la longueur de quatre toifes, & que j'eftime de deux toiles de longueur, donc - - 58306.’
- La muraille qui joint ces Contreforts les uns aux autres, fera à la hauteur de neuf piez, épaifle de trois ; le relie , fçavoir à la hauteur de lîx piez, ne fera épais que de deux. Il faudra donc pour deux toiles 12636. briques, & pour feize toifes ----- 1010S8.
- Le fondement des deux murailles du milieu ne fera que.de quatre piez au-deflous de l'Horizon; & chaque muraille fera épailfe de trois piez, 8c élevée jufqu'aux arcs ou cintres qui font de trois piez au-deltas de l'Horizon; ce qui fait fept piez cnfcmble. Et comme il faut pour deux toiles 6804. briques, il faudra pour vingt-trois toi/es - - - - - 78246.
- L'arc, ou cintre de la voûte de la Batterie baffe Cazemattée , qui a la longueur d’onze toiles & deux piez, ayant de circuit vingt-trois piez* & la voûte épailfe de deux piez & demi, il faudra - - - - - 111780*
- L’autre voûte ayant feize piez de circuit, & étant de la même épailTeur que l'autre, on aura befoin de - - - 76760.
- La muraille extérieure de la Batterie Cazemattée cft longue de douze toifes, & commencée de huit piez au-delfous de l’Horizon, & épailfe de quatre piez jufqu'à trois au-deflus de l’Horizon» le refte à la hauteur de treize piez n’étant épais H que
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- î 14 Calcul des dépenfis des Mur ailles modernes, que de trois. Il faudra donc pour cela 1613 5 z<
- La muraille au-defîus de rentrée de cette Ca« iematte cft longue de quatre toifes, & de là juf-qu'aux piliers courts a la longueur auflï de quatre toifes, qui font huit toifes enfemble, étant commencée de fix piez au-deflbus de l’Horizon, & épaifle de trois piez & demi jufqu’à la haute.ur de quatre & demi au-defliis de l’Horizon, (où Ion comprend aufli la rondeur des voûtes, car autrement elle ne feroit épaifle que de trois piez comme l’autre, ) & de là jufqu'à la hauteur de dix piez & demi, a l’épaifleur de trois, & outre cela encore jufqu’à l'élévation de cinq, & épaifle d’un & demi ; il faudra pour le tout - 5)6957.
- La muraille de Cercle, où font les deux Sorties, & trois Embrazures , de la longueur de huit toifes, &de la hauteur de douze piez, épaifle de deux, enhaut d'un & demi, a befoin de 3888.
- Les piliers ou Coutreforts fupérieurs defditcs huit toifes de la Face balTe , font de fopt piez, élevez avec leurs arcs ou cintres au-deffus de l'Horizon ; à fçavoir de trois piez , tant qu'ils font droits, & de fix piez entas. Ils font donc de la hauteur de neuf piez , & épais de deux. Il faudra pour un 10692. briques , & pour cinq piliers - - - - - 53460.
- La muraille de jon&ion longue de huit toifes, & haute de neuf piez, & félon la rondeur des arcs confédérée également haute d'onze piez, & épaif-fc de deux, aura befoin de - - 28512.
- L'arc droit de dedans, qui eft haut dé fix piez, & de trois piez, & félon îa rondeur de l’arc en-haut de deux piez, enfemble d’onze piez, la rondeur étant large de douze piez, & épaifle d'un; il faudra pour cinq arcs - - 17820.
- L’arc droit anterieur eft de la même longueur
- &
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- tomme celtes de U /. ntanlerî de tAuteur, llf & largeur, mais épais de feize pouces ; il eft donc requis félon la proportion - - 25760.
- La muraille de devant de cette Face bafle, qui cil au-deflus de la muraille d’enbas déjà calculée* ( qui eft de lix piez au-deflous de l'Horizon ) eft de trois piez au-dcffus de l’Horizon, & pour cela de la hauteur de neuf piez 5 enbas elle eft épaiffc de quatre piez, talufant d'un pié en dedans par quatre piez, qui fait deux piez Se un quart, fc courbant auflî en dedans d’un demi pié fur les neuf piez 9 deforte que fa crête fera large de deux piez & neuf pouces. Il eft donc requis pour deux toifes le nombre de 26144.briques, &pour huit toifes z - s - * 104976;
- Deforte que le nombre dés briques de toute la maçonnerie de la Tour, & le revêtement de huit toifes à la Face bafle, comme auffi de la mu* raille de Cercle, Se delà julqu'au Flanc, eft de - - 2590923.'
- Et puifque ces murailles de h Tour doivent être conftruites deux fois à chaque Ra{Uony ce nombre fera - - - 5181846.
- Il y a cent vingt-huit toifes de Galerie maçon-* née au-deflous dé la Face bafle du Raflion capital, & deux toifes ayant befoin de 5994. briques, il faut pour le tout - - * * 383616.
- Et vingt-quatre toifes fous la Face bafle du JRavelin requièrent - - - 71928.
- La Galerie enfoncée par le foflé fec du Baftion eft longue de vingt-fix toifes, Se deux toifes h conftruifent avec 5994. briques , comme les au-* très ci-devant, deforte que pour le tout il en faudra - 77922»
- La Galerie enfoncée par le fofle fcc du Rave-lin, a la longueur de douze toifes. Ce qui fait H * fuivanç
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- i lé Calcul des dtpenfes des Murailles modernes, fuivant le même calcul - . 3 5974*
- Le» deux Faces capitales du Ravelin ont l'étendue ^le quatre-vingt-dix toifes, & deux d'icelles demandent 21473. briques 5 donc pour toutes il faudra - - - - 516879.
- Le Coffre par le fofle fèc du Ravelin étant long de feize toifes, a une muraille haute de fept piez, & épaifle d'un pié. Il faut donc pour deux toifes 2044. briques, & pour deux Coffres - 52704.
- Il faut pour la Caponiére dans le fofle dtt Ravelin - - - - 87580,
- Pour la Caponiére & la Bonnette 83591. briques ; pour un pilier de maçonnerie au milieu , où l'on met des foliveaux 2104. briques ; en-fcmble - - - - - 85696,
- Pour les logemens de maçonnerie des Contref-carpes, chacun ayant de pourtour cinquante-deux toifes de muraille, épaifle de deux briques, delà hauteur de huit piez } pour deux toifes on a befoin de 3456.briques, donc pour deux logemens devant chaque Courtine il en faut avoir - 179712.
- Ainfl la quantité pour les murailles de ma première méthode Fig.B. & G., éft pour un Polygone de douze milles, huit cens, quarante milles, flxcens, & fcptantc-trois briques,
- Deforte que la différence de nia méthode à la moderne eft de quatre millions, fept cens, cinquante-quatre mille, neuf cens, & foixante-qua-trb briques; étant environ la proportion comme de quatre à cinq.
- Nonobflant cette grande différence, mes Faces capitales des Basions & des Ravelins, Fig. B. &G., feront revêtues d'une double muraille; & en cas que nous ne la faflions pas double, la différence fera encore plus grande. Ce
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- tomme celles de U /. manière de VAuteur, tij Ce grand ménagé refultc uniquement de ce que nous commençons nos murailles fur le Terrain folidc, & non pas depuis le fond du folie; ce qu’il faut faire félon la méthode moderne, fi l’on les veut garantir des furprifcs. Et quoique nous ne le faflîons point, nous en retirons pourtant les avantages, comme on l'a montré ci-devant.
- chapitre I V.
- Defcription de l’Eptagone Royal,
- Fig. H. K. & L., qui eût une fécondé manière de Fortifier l’Exagone François Fig. A., contenant entre fes Polygones intérieurs 28800* toifes.
- Qefcription dé jà première Contrefcarpe.
- NOus donnons cette fécondé méthode Fig."
- H. K. & L., & les Profils Fig. I., que nous décrirons aulli entièrement pour rendre la chofe plus intelligible.
- Pour avoir quelque changement dans mon Défi fein précédent, nous poferons ici un Horizon de trois piez au-deflus de l’eau en Eté.
- je fais conftruire la première Contrefiarpe en cmuJc»^ aprofondiflant cet Horizon; & clic ne diffère en rien de celle que nous avons décrite ci - deflus, linon que nous ne donnons à YEfplanadc des Angles faillans qu’une hauteur de quatre piez & demi au - deflus de l’Hprizon ; deforte qu’avec la Banquette elle n’en fera plus bafle que d’un pié & demi Depuis cette Banquette le Chemin-cou-vert déclinera à la longueur de douze toifes juf-H 3 qu’à;
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- ï 18 Defcrîctiott del'Eptagotte Royal.
- qu'à l'eau en Eté du foffe de la fécondé Contre^ carpe, à fçavoir d’un pié & demi fur toute cette largeur. LEfplanade fe perdra infenfiblement vers là campagne fur la diftance de quatorze ou feize toifes.
- ««Rçâms. Mais les Redam auront, comme auparavant,’ un Parapet de fix piez au - deflus de l’Horizon, pour y pouvoir placer les Coffres, Il y aura dans ccsRedam des logemens dé maçonnerie, &pour cela l'on aprofondira d’un pié & demi, comme auparavant le Chemin-couvert entre ces logemens & le Parapet des Redans, afin que leurs murailles foient de la hauteur de fept piez & demi, étant pourtant couvertes par le Parapet des Redans, comme auflï aux cotez par des Parapets de terre, qui auront comme les autres deux Banquettes, pour pouvoir fufïïfamment défendre ccs logemens. Outre ceci l'on munira le Redan, & les Angles de Paliflades fermes & tournantes, comme il eft dit de l'Exagone Royal , où cette Çmrefiarpe eft amplement décrite,
- Dejcription de U fécondé Contrèfiarpe.
- Lafmnie iT^Ette Contre(carpe eft féparée de la fécondé par Contrefcarjjc, un f0fle large de quatorze, &de la profondeur de fept piez de l'eau en Eté î on y fait un Rempart, qui eft de trois piez au-dcfTus de l'Horizon. La crête du Parapet de ce Rempart eft large de vingt piez , & décline à terre roulante vers le fofi~é, pour ne donner aucun pié aux AI-fîégeans ; & l’on préferve auffi cette terre pan-chante par des folives contre les infultes de i'eau.
- Ge Rempart aura une Banquette large de trois piez, & un Chemin-couvert large de cinq; defor-te que le fondement fera large de quarante-deux
- piez,
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- Dejcription de VEptdgone Rdjtaï. tï'% piez ; mais les Angles des Faces feront par l’eA pacç de vingt toifes plus hautes d'un pie pour être mieux couvertes de l’enfilade.
- Les Redans entre les Flancs à décrire auront auflî un Rempart, qui fera de trois piez au-def-fus de l’Horizon , & un Parapet , comme il eft dit des Faces. Ce Rempart aura trois Banquettes , chacune haute d'un pie & demi, 8c large de trois; deforte que le fondement fera large de trente-huit piez. Il y aura un Coffre fous le Redan > haut de fix piez & demi, & large de fept, tellement que fur la couverture des planches il y ait deux piez & demi de terre. Ce Coffre fera pourvu de meurtrières & foupiraux comme les autres. Et pour y pouvoir entrer à couvert, on fera une Galerie enfoncée de ce logement maçonné à décrire dans le Redan, tel que celui qui pafle le fofle fec du Ravelin de l’Exagone Royal.
- On fait ce Coffre dans le Parapet du Redan , pour empêcher les Afiaillans de pafîer outre: car s’ils donnoîent un furieux affaut, montant parla crête de la Face au delà du Parapet dans le grand Chemin-couvert N°. io. 8c 11., ils pourraient bien s’emparer du Redan ; mais parce qu’il y a un Coffre fous Je Parapet, 8c une Galerie enfoncée par le Chemin-couvert vers le logement maçonné N°. 8.15.16. & 9. (dont on voit la Figuré, fes murailles feront épaiifes d’une brique 8c demie, 8c élevées de neuf piez au-delïus du Chemin-couvert creufé, bien creneilé pour laMoufquetterie. Et pour les garantir des Pétards, on plantera un rang de PaliiTades à la) diftance de trois à quatre piez d’elles, ) ils fe trouveront entre trois feux, contre lefquels ils ne pourront tenir pofte étant obligez de fe retiref vitement.
- Pour garder ce logement contre le Canon qu’ont H 4 peut
- Coffre fout 14 Rcdan.
- Ëi pourquoi
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- tio Defiription de VFptagone Royal, peut planter fur les Angles faillans pour Icbrifer, No. 8. iy. i6. & 9. , je fais conftruire par le Chemin^ couvert au bout du Flanc, des Parapets, No. 10. & xi., qui font de foc piez au-deflusde l’Horizon , & dont la crête cft large de feize piez.
- Du Flancs ie Ia Entre ces Parapets & le Redan les Flancs font
- Contîcfcarpe, un peu circulaires, pour pouvoir tant mieux commander le logement à la Face. Ces. Flancs n’auront qu’un Parapet élevé de fix piez au-deflus de l’Horizon, dont la crête fera large de vingt piez 5 on y fera une Banquette large de trois piez; dc-fortc qu’en contant le Chemin-couvert aprofondi d’un pié & demi, il y aura deux Banquettes.
- Le Chemin-couvert devanfc les logemens fera aprofondi de deux piez au déclin de dedans du Rempart, & panchera de là vers les foflez jufqu’à l’eau en Eté, mais celui qui eft entre les Parapets y 8c dans les Redans fera abaiflé d’un pié & demi aux Parapets & au Rempart, pour y être plus à couvert contre l’enfilade des Aflîégcans, en cas qu’ils euffent en quelque manière élevé YEjplanade de la première Contrefcarpe> pour ne leur point laifîèr de terre.
- Et pour aflurer davantage les Angles faillans j’y fais faire des logemens de maçonnerie, comme on voit dans les Planches, les murailles d’un pié & demi d’épaiffeur, & hautes defept au-def-ïiis de l’aprofondiflement du Chemin-couvert. Il y a tout autour des Meurtrières, 8c des Sorties aux deux cotez des Flancs.
- itoPaliflades. Et pour tant mieux aflurer ces logemens, on plante tout autour à la diftance de cinq piez de leurs Angles un rang de Paliflades de cinq piez de hauteur; & on les continue tellement en droite ligné, qu’elles ne foient auprès des Parapets N°.
- 10. &
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- Defcrîption de VEptatone Royal. lit
- îo.& II., éloignées du folle que de trois toifes. On les continue aufli à la même diftance du côté intérieur du Parapet jufqu'aux logemens des Redans. On fait dans ces Palifiades en divers lieux des barrières pour faire des Sorties.
- Pour la fureté du Parapet de terre on le Palif-fade} & afin qu’on puilTe avoir une communication plus facile avec le Chemin-couvert de la Face, on fait aulïi une Sortie dans le Parapet, où il y a à chaque bout une barrière.
- J’ai fait marquer toutes ces Palifiades par des points dans les Figures H. K. & L., où je ren« voye le Leâeur.
- Vefiriftion des Ravelins.
- ENtre cette féconde Contrefcarpe & le Rempart antérieur on fera un fofle large de vingt-quatre toifes, & profond deffous l'Horizon de douze à treize piez.
- De la terre de ce foffé on formera tous les Ouvrages fuivans tant qu'elle peut fournir, & le refte de la terre du fofle fec aprofondi. Premièrement un Ravelin, dont le Rempart eft de fix piez & demi au-defliis de l'Horizon, qui s'élève tellement vers l’Angle, qu’il y eft haut de neuf piez. Le Parapet eft large en la crête de vingt piez, ayant une Banquette & Chemin-couvert qui font enfémble d'une largeur de fépt piez. Ce Rempart & Parapet déclinent à terre roulante vers le rolfé, étant munis contre l'eau par des poutres, comme on l'a déjà dit plufieurs fois.
- Les Flancs de ce Ravelin auront un Rempart élevé de fix piez au-dcflus de l'Horizon, dont le Parapet fera large de vingt piez, & deux Banquettes cnfcmble de fept piezt, déclinantes à terre H $ rqu*
- Dts Rtyclins.
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- Redoutes dont tes Ravelins.
- ni ÏÏefcriptïon de VEptagone Royal. roulante vers le foiïé, pour n’y pas laifler fine Ber me. Et on garantit le Rempart contre l'eau comme ci-deffus»
- On conftruit auffi aux Flancs de ce Rayelïn un Rempart tout autour du fofle fec à décrire, à la hauteur de neuf piez au-deflus de l’Horizon , avec fon Parapet large de vingt piez, &une Banquette large de trois, avec un Chemin - couvert de fix piez. Le Rempart & le Parapet talufant vers le fofle à terre roulante pour des raifons fuf-dites.
- Sous ce Rempart, comme auffi fous les Faces & Flancs des Ravelins, on maçonne des Galeries voûtées, à la hauteur de fix piez & demi de jam-bage. Les murailles font épaifiès d’un pié ^demi, garnies de «rénaux. Pour pouvoir venir dans les Chemin-couverts au-deflus d’elles, on y maçonne des degrez. Auffi y fait-on quelques portes pour entrer & fortir, & encore d'autres par dedans, qui féparent la Galerie par chaque trois toifes. L'on voit la conftruâion Fig. I., entre les Profils N°. 2. & 5.
- On maçonne auffi des Redouta dans les Rave» lins, comme lefdites Figures montrent. Elles ont une muraille élevée de dix piez au-deflus du fofle fec à décrire, & épaiflè félon le befoin. A la diftance de feize piez de cette muraille antérieure on en maçonne encore une autre de la me-» me hauteur. On met fur ces murailles des poutres épaiflès de neuf & de douze piez, que l'on couvre de planches. On met fur celle-ci un Parapet , dont la crête eft large de quatorze piez, & qui décline à terre roulante vers le dehors. Ce Parapet pourra garantir les planches-des Bombes, &c. On fait dans la muraille de devant des créneaux & des Erabrazures, pour y placer du Canon
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- Vefiription de PEptagone Royal. ïlf non fur des Affûts marins, tant pour la défenfc du foffe fec qui eft en avant, que pour démonter les logemens des Afliégeans dans la Face du Ravelin. Dans la muraille intérieure on fera deux portes & beaucoup de créneaux. Après cela on fermera les cotez de là Redoute d'une muraille éle-
- vée de huit piez au deflus du foflé fcc, comme on voit dans la Figure. On y fait aufli deux portes & des crénaux par tout. Cette muraille doit être épaifle d'un pié & demi. Et afin que la fumée n'incommode pas cette cave, l'on fera des fou-piraux maçonnée dans le Parapet qui eft au-deffus.
- On pourra par deux degrez de maçonnerie monter dans le Chemin - couvert large de fix piez. Nous l'avons rcpréfenté autant qu'on le peut faire dans le Profil N°. j. Fig. I., comme aum Fig. K., où nous renvoyons le Lecteur.
- Devant ces Redoutes » & entre les Flancs des Ravelins, & devant l’Ouvrage capital, on efcave tellement les foflez fècs au milieu, qu'ils font égaux à l’eau ordinaire en Eté; mais on les creufc aux cotez d'un pié & demi au-deflous de l’Horizon , afin que l'eau de pluye ne gâte pas les murailles. Voyez les Profils N°. i. 2. 3. & 4.
- Nous n'élevons pas davantage ces ;murailles Pourquoi des Redoutes, afin qu'elles foient aflcz couvertes TZZ%ZvL par la Face qui eft en avant. Elle feront affez hautes contre les Affaillans, en cas qu'ils fuffent ,
- par force venus dans le foffe fec. Nous donnons à ce foûterrain de la Redoute une fécondé muraille, tant pour y mettre des poutres, que pour üaflurer 8c fermer fuffifàmment, fi par nazardles murs de fermeture de la Redoute venoient à être brifécs. Et pour cela j'y fais faire deux portes pour pouvoir entrer dedans ces foûterains.
- Et afin que le paffagc vers la Galerie maçon*
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- 114 ' Dejcription de PEptagotie Royal. née fous le Chemin-couvert du RavelinSoh aulfi couvert , on plantera un rang de Paliflades depuis la Redoute jufqu'au côté intérieur & extérieur du. Flanc du Ravelin, & on fermera le dernier d'un autre rang à la diftance de trois toiles du folle jufqu'à la Face balle du Ravelin. Et ainii les palTages vers la Gâterie fous la Face d’enbas du Ravelin feront couverts.
- On fait ci & là des barrières dans cesPalilTades pour faire des lorties. Nous les marquons par des points dans la Fig. H. & entièrement dans la Fig. K.
- Nous laiffons un folle fec de douze à quatorze toifes entre les Faces du Ravelin , & la Redoute. Mais je fais conftruire un folle large de vingt toi-» fes entre, les Remparts d'enbas , & les Bafiions capitaux, que j’ordonned'aprofondir, comme on Ta dit ci-delTus , faifant diverfes portes dans les murailles intérieures des Galeries maçonnées pour y pouvoir entrer, fans oublier des degrez, afin de pouvoir monter dans le Chemin-couvert.
- Defiription de la FortereJJe capitale
- * u T'Eleve la muraille de la Face capitale de quinze capital! 8 ,0n I piez au-delîus du foffe lecj Et puifquc la Face balle du Baftion capital eft élevée de quinze piez, avec fon Parapet au-delîus de l'Horizon, elle couvrira allez cette muraille, qui n'eft au-delfus de l'Horizon que de treize piez 8c demi. On munira cette muraille d'une fécondé, & dé - deux Contre-galeries, tellement qu’elles pourront bien mieux refifter aux Afïiégeans , que ne font les modernes, & ne feront pas fi-tôt ruinées. Cependant elles ne coûteront que la moitié des
- dépen-
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- Defcription de PEptagone Royal. 12$ dépenfes qu’on fait pour les modernes.' Nous ne les donnons point pour des raifons.
- J’ordonne les murailles des Flancs moyens; & Fiîncï* & des Courtines également de huit piez aii-deflus de ao^çSSaL l’Horizon , deforte qu’elles foyent élevées au-def-fus du folié fec de neufpiez&dcmi, ce qui fuffit pour empêcher qu’on ne le monte. Et comme le Rempart avec Ion Parapet de la Courtine bafie eft haut d’onze piez , cette muraille le couvrira aflez ; car les briques brifées & fautantes pour-roient autrement bien nuire aux Affiégez. On conftruit au milieu de cette Courtine au travers du Rempart une fortie large de douze piez,
- J’éleve les Remparts au-delTus des murailles de la Face capitale de neuf piez & demi,. delaCoar-tine dé huit piez, & du Flanc moyen de quatre piez. Les Parapets de la P ace capitale, & de la Comine ont une crête large de vingt piez, &ce** lui du Flanc moyen une de vingt-quatre piez.
- On donne à ce Flanc un Chemin-couvert de huit toifes ; & on éleve encore le Flanc fuperieur de dix piez au-deffus de l’autre, donnant auflî à la crête du Parapet vingt-quatre piez. Et comme le Rempart de ce Flanc haut & moyen, d’écline d’un pié par pié , ceux des Faces capitales 8c des Comines, ne pancheront que de trois pouces fur pié. Et ainfi tout fera affez ferme.
- J’ordonne encore un ouvrage devant la Courti- Courtîae<f«*-ne capitale, que nous appellerons Courtine bafl'e bas' dont on pourra voir la forme dans les Figures, ayant une Efplanade à fa Courtine, & à fa Face de cinq piez au-deffus de l’Orizon; fcs Flancs font plus bas d’un pié, où l’on forme un Parapet, dont la crête eft large de vingt-quatre piezj avec deux Banquettes : mais je donne aux Flancs un Chemin-couvert de quatre piez, comme on peut
- voir
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- litf Dejcription de VEptagone Royal. voir aux Profils Fig. 1. N°. i. & 4. Cette Cour* tint bafle eft revêtue d’une muraille à la hauteur du Rempart, de forte qu'elle fera élevée au def-fus de l'eau en Eté de fept à huit piez, & en état d'empêcher, qu’on ne la monte* On fait auffi $on (ctit fojfé. Un fofle devant large dedixtoifes, & profond de dix piez au*dcflous de l’horizon. On doit laifler des ouvertures de maçonnerie aux Faces , pour faciliter les Sorties par-defllis fon petit fofle , comme on voit dans les Fig. H. K. & L.
- Taiîjfades h u Tout au tour du Bafiion capital à la diftanee tnuraiiit delà <je qUatrc toifes de la muraille, on plante un rang aceatp* 4 paiiffades % où l’on fait des barrières en divers lieux. Et pour cela nous avons pourvu le fécond pont d'un petit pont-levis, mis depuis le premier pont du côté de YOrillon , pour entrer dans le foflé fec derrière la* *Comine bafle. Le ledeur verra ceci, comme tout ce que nous avons décrit dans les planches, & leldites Figures.
- Defiriftion def Profils Fig. L four les Plans des Figures H. K. & L.
- LE Profil N®. 1. montre la haute & la baflê Comtinè avec les murailles, & le Chemin-cou-vert r comme auflà le petit fofle devant la Courtine bafle. Nous avons marqué par des nombres les hauteurs, largeurs, & profondeurs. çbfervatitn «- 11 faut remarquer, qu'on laiflè aux piez de
- ctjjaire. toutes les murailles la terre plus haute d'un pie & demi , que n’eft le fond du fofle fec, afin que l’eau de pluye ne leur foit point nuifible ÿ Et l'on haufle d'autant cette terre, que l'eau d’Hiver monte, pour la même raifon. Mais dans le tems d'un Siège l'on applanira toute la terre dans ces ’ foflez
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- jittaque fur VPmgone Royal. ny foflfez fccs à l'égalité de l'eau qui s’y trouve alors, où bien d'un demi pié au - deffus, afin qu'on y puiffe marcher à fec. J'entends qu’on fane ceci 9 auffi-bien dans ce defiein, que dans mes autres, quand même, par hazard cela n'y ferait pas marque.
- Le Profil N°. 2.' reprefente la Face capitale, fon foffé fec, & la Face baffe ou Rempart, avec la galerie de maçonnerie.
- Dans le Profil N°. 3. on voit la Redoute avec fes murailles tant qu'il en faut pour la Batterie Cazjemattèe, & le Chemin-couvert pour foutenirle Parapet de terre, qui eft deffus, mais nous n'avons pas deffiné fa muraille de fermeture. On y voit auffi la Face du Ravelin avec fa Galerie de maçonnerie , comme auffi le foffé fec entre celle-ci, & la Redoute.
- Le Profil N®. 4. reprefente les trois Planes de .la fortereffe capitale.
- Enfin le Profil N°. 5. fait voir la Face de la fécondé Contrefearpe avec le foffé qui eft devant,
- Defcriptiôn’de l’Attaque fur i’Epta-gone Royal décrite Fig. H. dont le contenu eft égal à celui de TExagone François j ou moderne Fig. A.
- Defcriptioîi de la première attaque fur la Contre{carpe, extérieure.
- TSjOus pafferons le commencement du Siège, frmUreatt«.
- & parce que l’attaque fur cette Contrefcarpe tO&j! ï-eft égale à celle, qui fe fait furl’ExagoneRoyal, ntm. nous n’en parlerons point ici pour éviter les redi-
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- tz8 Attaque far l'Eptagm Royal*
- Defcriftion de la fécondé attaque fur la fi• conde Contrefcarpe.
- La fttonde AtU-que fur ta Con-trefcarpe inti» riture.
- LEs Affiegeans après avoir emporte les quatre logemens N°. i. a. ?.&4- attaqueront la Contrcfcarpe intérieure autravers d’un fofle.large de 14. toiles.
- Nous pourrions fur ce fujet, nous étendre am« plemcnt en montrant les avantages des Affiégei , en cas que les Affiegeans tâchent d’exécuter leur deflein, en apportant iterativement de la terre pour remplir le folle, & s’efforcent de gagner ainfi pié à pié depuis N°. 8. jufqu'à 9. & après cela de pouffer l’attaque jufque lur le Ravelin en rempliflant le fofle N°. zo., & enfin fur la For-terejfe capitale. Mais puif^ue nous le jugeons impoffible, comme il paraîtra dans la fuite, & pour gagner du tems, ce qu’un grand Généra! doit toûjours envifager, nous montrerons entre autres chofcs la vraye attaque félon nôtre méthode.
- Elle confifte à remplir tout à la fois N°. 5.
- & 7. aux Faces de cette leconde Contrcfcarpe, pour les emporter en même tems depuis N°. 8. jufqu’à 9. afin qu'on puilfe enfuite attaquer en même tems les deux Ravelins. On peut voir dans la figure, que l’ennemi doit remplir dans des feux perpendiculaires , & que les logemens qu’il doit faire à cette Face, font à la vûë d’un tir-en-brêche de feize degrez. Il y a peu de terre pour les Affiegeans dans cette Face, loit pour fe couvrir , & peu d’elpace pour faire des logemens, parce qu’avec le Parapet elle n’eft haute que de neuf piez, & n'a fur fa bafe qu’une largeur de quarante-deux piez.
- Puis
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- Defcription fur VEptagone Royal. 125»
- Puis donc que les Affiégeans ne fe peuvent que très-difficilement loger dans un tel tir-en-brèche, outre que les Affiégez les peuvent à tous mo-mens incommoder par des Grenades, ou fautant par-defllis le Parapet les chaffer hors des logemens, voyons fi les Aflaillans ne feroient pas mieux, aufli-tôt qu’ils feroient avancez par des remplages à la Face, de forcer d’abord le Chemin-couvert en paffant le Rempart & le Parapet, & de tâcher de s’emparer des logemens maçonnez, ou ils fe pour-roient loger, & fe défendre contre toutes attaques.
- Je réponds que fi les Aflaillans entreprennent cela, ils courent toute forte de rifque. I. Parce qu’ils fe trouvent dans les feux entre les deux Parapets N°. 10. & 11. & des logemens N°. iz. 13. & 14. contre lefquels ils ne fe peuvent couvrir. II. Les Affiégez peuvent dans des pontons à l’épreuve duMoufquet les prendre en Flanc, & les incommoder beaucoup. III. La Moufquete-rie dans ces pontons les empêchera de rompre les Paliffades , qui font à la défenfe du Parapet N°. ' 10. & 1*1. IV. Les Affiégeans ne peuvent non plus rompre les Paliffades devant les logemens, parce que le feu des Affiégez y étant fi proche l’empêche. V. Les Affiégez les pourront incommoder , & les faire déloger par des Sorties. VI. Ces Sorties feront d’un grand effet, puifque les Affiégeans n’ont point de logemens fûrs dans le Chemin-couvert de cette Contrefcarpe, tant que les logemens font en état, &que le feu n’en eft pas ôté.
- Si l’on m’objeâre, que ks Aflaillans n’entre-ront pas feulement dans le Chemin-couvert devant les logemens, mais qu’ils pafleront au ffi par les Parapets des Faces, pour fe jetter dans le Chemin-couvert coupé entre les Parapets N°. 10. & 11. & î les
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- î JO Attaque fur VEptagone Royal. les logemens N°. 8.15. 16. & 9., pour ôter ainfi ce feu là. Nous répondons I. que nous avons pour cela ‘Sjptnfe. coupé la moitié de ce Chemin-couvert par des Pa-liffades, afin qu’il Toit confervépour les Affiégez, II. Les Affiégeans -fe trouveront ici encore entre deux feux. III. Le paflage par la crête du Parapet fera à la vue des Redans, & ainfi cela fera âufïî très - difficile aux Aflaillans. IV. Ils n’oferont point attaquer les Redans, parce que le Chemin-couvert eft défendu par derrière du feu du Coffre , & en Front par ceux du logement, qui y eft con-ftruit, & de la Galerie enfoncée , outre qu’ils font feparez par des Paliflades.
- Pofons, que l’ennemi s’eft rendu maître des Angles faillans de la Contrefcarpe jufqu’à N°. 17. 18. & îÿ. & qu’il y loge dans le Chemin-couvert. Il femble qu’il ne lui reftera plus rien à faire, que de brifer les murailles des logemens par des Canons légers.
- Mais les Affiégez peuvent faire de continuelles forties, en jettant à tous momens des Grenades entre les Aflaillans, fe mêler avec eux , cn-cloiier le Canon, les chafler de leurs logemens, qu’ils ruineront avec les Batteries. En fécond lieu les Affiégez feront obligez de former leur logement, & de fc défendre en même tems'j ce qui n’eft prefque pas poffible : parce que quand on furprend quelque ouvrage, ceux qui s’y trouveront fans armes, ne le quiteront pas feulement incontinent, mais ils cauferont encore bien plus de confufion, qu’ils ne feront de refiftance.
- \Àjgrt stupt. Pour agir donc plus fûrement, & ne mettre pas le foldat par tout à découvert aux Affiégez, les Affiégeans feront contraints de fe pofter à cette Face bafle, comme il eft dit ci-dcflus, d’y faire leurs logemens, & de rompre la muraille des
- loge-
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- Attaque fur VEptagone Royal. ïg ï logemens par une ouverture faite en cette Face.
- Nous difons I. que les Afliégez peuvent enco- defafrm-re à tous momens jetter des Grenades dans les1 vtt' logemens, & par une Sortie chaiïcr les Travailleurs. IL L'ennemi ne peut pas pourfuivre les Afliégcz fans s'expofer derechef à tous ces feux. .
- III. Les Afliégez fuppléeront autant de terre, que l'ennemi en a ôté, ce qui retardera ce travail, & le rendra prefquc impraticable.
- Nous luppofons néanmoins que les Afliégeans par une ouverture , ou pour avoir planté leur Canon à cette Face, ayent ruiné les logemens,
- & que les Afliégcz foient obligez de les quiter.
- Nous demandons ce qu’il refte à faire à l'enne* mi apres tout ceci.
- Pourra-t-il empêcher, que les Afliégezne faf-fent des forties dans le Chemin-couvert près des logemens ruinez, s’ils le jugent à propos ?
- Nous répondons, quand les Afliégez fe font retiré des leurs logemens par des Pontons, ou derrière les Paliflades, que les Afliégeans fe doivent incontinent pofter aux Parapets N°. io. & il. & fe couvrir aux ailes, tant contre les Angles des Remparts au pié des Basions capitaux, que contre ceux des Faces des Ravelins, comme aufli contre lefdits pontons, pour empêcher par là les forties des Afliégez. Et en ce cas là ces Parapets ferviront de couverture, aufli bien aux Afliégeans qu’aux Afliégez.
- Contre ceci les Afliégez fe peuvent fervir def-dits feux , & particulièrement de ceux des pontons. à l’épreuve du Moufquet , que l'on fait avancer par des Rameurs, pour les prendre pat derrière, ainfl leur empêcher cette couverture; outre qu’elle fe doit achever à la vue des Flancs des Ravelins, & des logemens N°. S, 15. 16. &
- la
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- 1^1 Attaque fur VEptagonc Royal.
- 9. qui le voyent auffi de revers. Et quand même la première défenfc des pontons feroit ôtée , les Affiégez fe doivent néanmoins couvrir à la vue defdits Flancs des Ravelins , qu'ils ne peuvent rompre par les feux de la Contrefcarpe extérieure, parce qu'ils font couverts par les Faces de .cette fécondé Comrejcarpe, & à la vûë defdits quatre logemcns maçonnez, dont l’ennemi ne fauroit rompre un feul.
- Nous fuppofons encore, que les Aflîégcans fe font poftez derrière tous les Parapets de N°. io. & 11. & qu’ils font couverts contre les Flancs & les Faces des Ravel ins, comme auffi fur les aîles contre les logemens, N°. 8. 15. 16. & 9.
- Qu'entreprendront-ils après cela ? ne pourront-ils pas paffer les Parapets, & le long de la crête des Parapets, des Flancs, & des Faces, pour voir, s'ils le peuvent jetter dans le Chemin-couvert des Flancs pour brifer la muraille du logement des Redans ?
- Je répons, que cela ne fe peut faire fansperte de beaucoup de monde. I. Parce qu’ils le trouveront ainfi entre les Palifiades, & les Flancs dans les feux des logemens N°. 8. 15. 16. & 9. & de ceux des Faces des Raveltns. H. Us ne peuvent point attacher le Pétard aux logemens, lajmurail-le étant environnée de Paliflades. III. Ces Palik fades font tellement défendues tant en Front par les logemens mêmes , & en Flanc par la Galerie enfoncée que de revers par la Galérie, qui cft lous le Redan, que perfonne ne pourrait relifter à un tel petardement ou à la ruine des Paliflades. IV. C'eft pour cela enfin que les Aflîégcans ne pou-xont trouver aucun lieu à fe couvrir entre tous les Parapets N°; io, & H. & les logemens N°. 8. 15, 16. & 9.
- Les
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- Attaque fur PEptagone Roy ah ïjj
- Les Affiégeans ayant planté à tous ces Parapets N°. 10. & ii. pourront ruiner les logemens & en chafîcr les Affiégez.
- A cela on répond qu’il, eft bien difficile aux Affiégeans de faire, & de conferver une telle Bat* terie aux Parapets. I. Puifqu’ils le doivent faire d’un côté des ParapetsN0. 10.& n., lesAffiégez fe pouvant toûjours tenir de l’autre, & les incommoder par des Grenades, & autres feux d’artifice. II. un Chemin-couvert entre le Parapet & le logement défendra l’autre mutuellement pour empêcher la Baterie. III. Les Affiégez peuventauffi bien que les Affiégeans pafler par-deffus la crête du Parapet des Flancs, & des Faces , & donner fur l’ennemi. IV. Auffi les Affiégez peuvent miner Parapet, où les Affiégeans doivent préparer leur Baterie, & le faire fauter. V. Comment les Affiégeans peuvent-ils fe défendre, & pouffer le travail en même tems que les Affiégez les harcèlent continuellement par des feux d’artifice, par des attaques, & en vuidant les remplages des terres que les Mines ont ruinées , & par d’autres incommoditez ? VI. Les Affiégez peuvent enfin couvrir leur muraille par des lacs à laine contre le Canon leger. Et ainfî échoiiera le deflein de l’ennemi.
- De forte que les Affiégeans feront contraints «3e gagner le long du chemin-couvert derrière le Flanc ou de Sapper ce Flanc. Et fi les Affiégez les peuvent obliger à cela, ils auront tiré allez d’avantages de cette Contrefcarpe.
- Contre ces approches des Affiégeans par le Chenüin-couvert, comme auffi contre la Sappe par le Parapet du Flanc, les Affiégez peuvent faire tout ce qui ëfl: ditei deffus, en rendant ce travail fort lent 8c difficile.
- I 3
- Mais
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- Troifiéme MU-que fur les deux &a vélins.
- Quand les ^Af. jîcgeans fe font avancez, jufqu'à la F ace baffe.
- Peuvent Us attaquer felen la première Méthode.
- %cfiflance.
- ' Le contraire efi demonftré par fin liai fans.
- 134 Attaque fur PEptagone Royal.
- Mais quand l'ennemi a ruiné les logemens en quelque maniéré que ce foit, il obligera les Af-fiégez de les quiter.
- Dtfcriptiôn de la troifième Attaque aux deux Raveltns.
- T Es Affiégeans ayant emporté les quatre Redans, *-' & tous les logemens, ils feront leur troifié-me attaque, qui iera fur les Raveltns , pour gagner du tems. Car pour les attaquer Pun après Pautre, cela perdroit bien du tems, & rendroit le Siège trop long.
- Il faut pour cela former tellement les Bateries , qu'elles puiflent ruiner les Faces des Raveltns, comme auffi P Avant-Rempart, ou Rempart bas du Baflion capital, avec leurs Faces , pour pouvoir de là pouffer leurs Galeries jufques aux Faces des Raveltns marquées N°. 20. & 21.
- On peut voir dans la Figure les feux que les Aflîégez leurs peuvent oppofer. Mais puifqu'ils font à la vûë des Affiégeans fans être couverts, nous n'eii dirons rien ; quoiqu’ils foient prefque perpendiculaires. Nous fupoferons que les Affiégeans ont pouffé leur remplages juiqu'aux Faces des Raveltns, s'étant avancé jufque - là, où ils doivent prendre 'des logemens, & s’élargiffant ; mais puifque les Aflîégez avec toute laGarnifon, pour ainfi dire, les peuvent incommoder à couvert, les Affiégeans rencontreront ces defavanta-ges :
- I. On verra les Affiégeans dans leur logement, tant de la Face du Baftton capital, que de fon Rempart bas. II. 11 ne leur fera pas poffible de former le logement fur le talud extérieur de cette Face, & de fc défendre en même tems des Sorties
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- Attaque fur VEpagom Royal. i$| ties que les Aflîégez peuvent faire à tous mo« mens,, les Soldats ne pouvant travailler & fe défendre en même tems. III. Ils ne fe pourront point couvrir contre tous les leux d’artifice q[uc les Afllégez peuvent jetter continuellement dans cet ouvrage; & d'autant moins, quand on con-fidére, IV. que les Afliégez font ici dans leur pleine force, & qu'ils peuvent entreprendre tout ce qu’ils veulent avec tant de monde, que bon leur femble. Les Affiégeans au contraire font reftraints à des logemens fi petits, où ils ne trouvent guère de place, la Face n'étant que de trente-un piez au fondement. V. Si les Afliégcans entreprennent un vigoureux alfaut fur les Aflic-gez, fe jettant dans le fofie fcc devant la Redoute, pour chercher quelque avantage, les Afliégez fe-ron* obligez de fe retirer dans le grand foffé lec par'des barrières, où les AiTaillans ne manqueront point de les pourfuivre. Mais quand ceux-ci remarqueront qu’ils ont fait cette pourfuite, en laiffant derrière eux les feux des Galeries qui font fous les Faces, & de ceux de derrière & devant de la Redoute t & des Galeries fous les Flancs du Ravelin^ du Rempart bas, & de la baiïe Courtine , qu’ils ne peuvent repafler en leurs retraite fans perdre tout leurs monde, ils verront qu'il eut mieux vallu s’être feulement défendu dans le logement tant qu’il eut été polfible, que d’avoir fait des attaques fi defavantageufes. VI. On voit bien que ces Ravelins font garantis de toute fur-prife, & quand même les barrières des Palilïades feraient ouvertes, qu'il n'y a que du dommage à attendre pour les Affiégeans qui les voudront palfcr comme il eft dit.
- Quand les Âfliégeans feront logez à la Face balfe d’un Front de 10. li. à 14. toiles, ayant I 4 même
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- ï $<? Attaque fur l'Eptagotte Royal.
- même mïné la Galerie maçonnée dcflous fbn Chemin-couvert, quoique dans la fuite cela pa-L'JtmuîpYo- roîtra très-difficile , on demande s’ils planteront lîr'Zuru" unc Batterie près de ce logement à la Face du Æ*. Redoutc, ' vélin, pour ruiner la Redoute, ou s’ils y creufè-ront une ouverture pour la Remonter, ou bien en troifiéme lieu s’ils feront une ouverture dans cette Face par la Mine, pour pouvoir renverfer la Redoute ?
- e. Moyen. Quant au premier moyen je répons : I. Que les Affiégeans ne trouveront pas affez de place pour leur Contre-batterie à cette Face bafle, qui n’a que trente-un piez au fondement, ou qu’elle, s’abaiffera & deviendra plus ferrée par le logement. 11. L’ennemi eft obligé de couvrir ce travail au Flanc contre la Face du Bajlion capital, & le Rempart bas, deforte qu’il fera contraint de conrçpaen-cer fa Galerie N°. 20. 8c 21. depuis les Redans, pour faciliter le travail par le Parapet qui le couvre. Et c’eft à caule de cela, que 111. le logement à la Face fera tant plus dangereux pour lui, comme étant plus commandé par les Basions -capitaux & les Remparts bas. IV. On pourra par des moyens , dont nous ne faifbns ici aucune mention, lui rendre ces remplages & ces loge-mens très - difficiles. V. Comment pourra -1 - il faire une Batterie , les Affîégeans étant encore à couvert derrière la Face » & le pouvant continuellement incommoder par des Grenades & autres feux d’artifite, contre lefquels il ne fe peut couvrir. VI. Les Affiégez peuvent à tous momens donner fur les Travailleurs, & les chafler. Et puif-que les Affiégeans n’y trouven tpoint de lieu pour leur défence, &pour celles de leurs Travailleurs, il ne leur fera pas poffible de leur refifter. VII. Les Affiégez peuvent auffi continuellement renverfer
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- Attaque fur l'Eptagone Royal. 137 leur travail par des Fourneaux. VIII. Il fera difficile de fe couvrir dans un foffé plein d'eau, fans que le continuel mouvement rende les coups fort incertains. IX. Si les Affiégeans enfin réiif-fiffoient dans ce deflein en achevant ce travail, il ne leur feroit pourtant pas poffible d’empêcher les Affiégez d'enclou’cr le Canon , ou de le jetter dans le fofie;
- Confidérons auffi quelles défenfcs favorifent les Affiégez , en cas que les Affiégeans tâchent de creufer une ouverture dans cette Face, pour pouvoir de la fécondé Comrefcarpe ruiner la muraille de la Redoute.
- Nous difons, I. que les Affiégez font obligez de retirer cette terre, & de la jetter dans le foflé fcc. Ce que les Affiégez peuvent empêcher par des Grenades, & autres feux d’artifice. 11. Ils peuvent auffi continuellement fe jetter fur les Travailleurs , & les chafler. III. Ce travail fc doit auffi faire à la vûë du Rempart bas, & du Baf-tion capital. IV. Les Affiégez pourront encore continuellement fuppléer la terre ôtée, & ainfi rendre ce travail de plus longue durée. V. Enfin ils peuvent couvrir cette muraille delà Redoute par des facs à laine, pour amortir les boulets de Canon.
- En cas que les Affiégeans tâchent de faire une ouverture dans la Face par la Mine:
- Je dis, I. qu'une Mine remue &.rcnverfc plutôt la terre, "qu'elle ne l'ôte. II. Une Mine fera de peu d'effet dans un Rempart fi étroit, ne reftant que trente-un piez dans fa bafe. III. Les Affiégez peuvent aller à leur rencontré par des Fourneaux. IV. Auffi peuvent-ils fuppléer la terre retirée, & rendre le travail de plus longue durée. V. Les Affiégez font encore en état de 1 S fe
- IL Moytn.
- III. Mtytn.
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- Tourjuite de l’dttétfue.
- Deux moyens pour cela.
- I. Moyen.
- II. Moyen.
- i î S Attaque fur l’Eptagone Royal.
- fe jetter dans leurs Ouvrages, en chafler les Mineurs, & de traverfer le travail. Enfin VI. les Mineurs ne peuvent dans un Rempart fi léger fe couvrir contre les feux du Bajîion capital.
- Pour fuivre l’attaque,' il faut que nous accordions que les Affiégeans ont ruiné la Redoute par l'un ou l’autre moyen.
- Examinons ce qu'il faut qu'ils faffent encore outre cela.
- Oferont-ils pour cèia fe jetter dans le fofle fcc, qui eft devant la Redoute ruinée, & s'y pofter'J’ Ou bien en s'y jettant pourront - ils auffi ruiner la Galerie qui eft au-deflous de la Face du Rave-Lin}
- Je répons I. que cela ne fera pas poflible, parce que les Affiégez peuvent à tous momens jetter des Grenades dans ce travail, & l'empêcher.
- II. Les Affiégeans feront obligez de fe couvrir dans ce fofle fec à la vue de la Face capitale, & du Rempart bas. III. Ils fe devront couvrirai» vue de tous les feux de la Galerie, qui eft au-deflous de la Face du Ravelin. Et enfin I Y.* les Affiégez pourront à tous momens faire des Sorties, & chafler les Travailleurs.
- Si les Affiégeans fe jettant dans le fofle fec tâchent de ruiner la Galerie deflous les Faces du Ravelin, parce qu’elle traverfe leurs deflein, & qu'ils fe trouvent environnez dans fes feux , je réponds I. qu'ils ne le peuvent pas faire par le Pétard , parce que les Affiégez l’empcchent par les feux du Rempart bas N°. 22. & 23.» qui défendent ce fofle fec à couvert. 11. Ils ne peuvent pas attacher le Pétard aux murailles de la Galerie , à caufe de la défenfe de ceux qui font dedans.
- III. Les Affiégeans feront contraints de l’entreprendre à découvert, & ayec grande perte de
- monde.
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- Attaque fur l'Eptagone Royal. 139 monde. IV. Les Aflîégez peuvent toujours donner fur eux, & empêcher leurs defleins. V. Les Aflîégeans. ayant fait une ou deux brèches dans la Galerie n’ont ôté aux Aflîégez, que l’ufage de ces retraites, parce qu’elle eft féparée par des portes à chaque deux ou trois toifes.
- Il paroit donc que les Aflaillans ne peuvent pas emporter cette Galerie par force.
- Voyons s’ils ny peuvent pas réiiflïr, en paf-fant cette Face par la Sappe , & ainfi ruiner la Galerie.
- Nous répondons, I. qu’ils ne trouveront point de place dans un Rempart fl étroit, & allez de terre tant pour faire la Sappe, que pour être fuf-fifamment à couvert contre les feux du Bafiion capital & du Rempart bas. II. Les Afficgez pourront des Galeries aller à leur rencontre » lans être entendus par des écous, en faifant échoüer leur dellein. III. Ils pourront par cette Galerie facilement préparer des Fourneaux , & ruiner continuellement la Sappe: & ceux-ci feront de plus grand avantage que ceux des Aflîégeans, parce qu’ils peuvent aller à la rencontre de la bouche de la Sappe, tant en Front que de côté, les Aflîégeans ne pouvant pouflér le travail que par devant. IV. Il ne fera pas polfible que les Aflîégeans y foient tellement à couvert, que les Aflîégez ne les puiflent incommoder par des Grenades & feux d’artifice. V. Les Aflîégez commanderont la Sappe par des Bajlions d’enhaut. VI. Les Aflîégeans ne pourront point pofleder tranquillement cette partie de la Face , qu’ils ont déjà pafle par la Sappe, & où la Galerie eft ruinée, puifquc les Aflîégez y préparent par-deflous continuellement des Fourneaux , & les font fauter. VII. Enfin les Aflîégez peuvent faire des Sorties, Auf-
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- Ces Ravelin» fint les meilleurs.
- Crémière rai-fin,
- Seconde raifin.
- 140 Attaque fur VEptagone Royal. fi ne leur fera-t-il pas difficile d’en chafler l’ennemi, qui s’y trouve fur un terrain ferre avec peu de monde# & de ruiner ce travail.
- On peut donc facilement concevoir qu’elle fe-roit la peine des Affiégeans, s’ils vouloient paf-fer le long de cette Face par la Sappe, pour ruiner la Galerie. Pour cela nous le laiflons à quartier.
- Il eft donc évident que les Afliégeans ne peuvent ruiner la Galerie maçonnée que très-difficilement. Et tant qu’elle eft en état, ils ne s’en pourront pas emparer; puifque on ne pourra pas ôter aux Afliégez l’ufage de leurs Chemin - couvert , ou foflè enfoncé, les logemens de l’enne* mi qui font à la Face, ne les pouvant enfiler ; comme il a été montré ci-devant, dans le fofle fec du Ravelin de l'Exagone Royal.
- Outre les défenfes que ce fofle fec donne aux Ravelins, ils ont deux avantages fur celui de l’Exa-gone Royal décrit, & fur la méthode moderne.
- Premièrement les Aflïégez ayant fait leurs Sorties, peuvent fe jetter dans le grand foflé fec avec autant de confufion % que l’on fe peut imaginer, par les barrières , entre la Redoute ruinée & les Flancs du Ravelin, fans donner aucun empêchement à quelque partie de la Forterefle. Cet avantage eft de telle conféquence, que les Afliégez peuvent par là tout entreprendre, ayant une retraite fi fure, qu’ils n’ont pas en fuivant la méthode moderne.
- Secondement les Afliégez peuvent dans leurs Sorties fe fervir de la Cavalerie à couvert; ce qui eft d’une grande conféquence, parce qu’ils peuvent ainfi promptement exécuter leurs defleins, & renverfer tout ce qu’ils veulent. La Cavalerie au contraire n’efi; d'aucun ufage dans la Méthode
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- Attaque fur VEptagone Royal. 141
- thode moderne , (mon fur la Contrefcarpe, où elle ne peut agir, qu’à découvert, & avec grand defavantage.
- II faut fe fou venir , que la défenfe néceflaire eft toujours dans les Galeries , pour tant mieux mettre en effet tout ce qui eft dit ci-deiïus;
- Nous avons montré les défenfes du Ravelin, &c. contre lefquelles les Afliégeans ne peuvent fubfifter, n’étant pas en état de fe mettre au large fur le talud extérieur de la Face, pour refifter aux Afïiégez, ni fe fccourir que parles Traver-fes N°. 2o. & 21.
- Examinons , s’il eft plus utile aux Afliégeans de s’approcher par les Traverfes de chaque Face du Ravelin, pour pouvoir non feulement avec plus de monde repouffer les forties des Afïiégez , mais aufïi mettre en exécution leur defîein avec plus de force.
- Sur cela on répond , I. Que les Afliégeans , pour avoir ces avantages, font obligez de redoubler leur travail. IL Ils doivent aum ruiner deux fois autant d’ouvrages qui commandent ce s foflèz. III. Les défenfes des Afïiégez , que nous avons montrées ci-defliis dans la première attaque fur les Ravdins % feront les mêmes.
- Pofons, que l’ennemi s’eft emparé des deux Faces du Raveliny & qu’il a brifé fa Galerie,*
- Et voyons, s’il pourra prendre pofte dans ces folfez fècs, & les o aller par fes aproches fans aucun empêchement.
- Il faut répondre encore I. Que les Afïiégez font toujours en état de s’avancer vers l’ennemi à couvert, & de fe jetter dans fes approches. II. Les Afïiégez y peuvent aufïi jetter des Grenades, & autres feux d’artifice, fans que les Afliégeans, qui font dans les logemcns aux Faces, les puif-
- Kémarque né-cejfaire.
- Première attaque fur le R*. velin rejettée.
- Seconde manière d’attaque f le Ravelin,
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- xql Attaque for VEptagone Royal. fcnt empêcher. III. Ils peuvent auffi ruïner tout le logement, que l’ennemi auroit pu faire. IV. Les Affiégeans doivent apporter toute la terre pour fecouvrir à la vûë des Affiégez couverts derrière les Remparts antérieurs marquez N®. 22.& 23. qui leur feront fort proches , outre que la Face du Baflion capital y commande fortement.
- On ne doit pas trouver étrange , que les Af-fîégez après la perte de la Galerie maçonnée, & l’ennemi logeant déjà à la Face, puiflent néanmoins exécuter tout ceci. La raifon eft, que cette Face avec le Parapet & fon fofle eft de treize à quatorze piez plus bas que le Baflion ; & c'eft auffi pourquoi l’ennemi ne peut pas enfiler ce foffé fcc , fans fe mettre à découvert aux feux du Baflion capital, & des Remparts bas couverts.
- Nous fupoferons enfin, que l’ennemi s'eft rendu maître du fofle fec, & qu'il s'eft couvert en Flanc, ôc en Front, environ les bouts des Flancs N°. 24.
- Contre ces poftes aux bouts des Flancs, N®. 24. les Affiégez ont ces défenfes : I. Les Affiégeans ne pourront pas conftruire, & conferver un Parapet a ces extremitez N°. 24. parce que les Affiégez qui font à l’autre côté , les peuvent continuellement inquiéter par des Grenades. II. Ils peuvent auffi ôter les matériaux , avec autant de diligence que l'ennemi les aporte: parce qu'ils, ne feront point incommodez par des Grenades, & d’autres feux d’artifice, les Affiégeans n'étant pas en état de pouffer le travail, & de fe défendre en même tems. III. Le paflage vers ce Parapet a conftruire par le fofle fec du Ravelin , fera toujours commandé par le Baflion capital, & par l'avant Rempart. Les Affiégez au contraire ne font pas commandez par aucun feu des Affiégeans. IV.
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- Attaque fur l'Eptagone Royal, 143 Les Affiégez peuvent encore jetter & allumer fur ce Paparet autant de Coffres a feu , & de bombes qu'il leur plaît fans que l'ennemi le puilîe empêcher. V. Les Affiégez font auffi en état de paf-fer par deffus ce Parapet ruïné & d'en chaffer les Affiégeans, fans que ceux-ci les ofeat pourfuivre dans la retraite, parce qu’ils feroient obligez de pafler les feux des côtez de la Galerie, & ceux du Front de la haute, & de la baffe Courtine, ne pouvant répondre à aucun, fi non à celui de la Courtine capitale. VI. L'ennemi enfin eft contraint de conftruire & de conferver ce Parapet contre le Canon de la haute, & baffe Courtine, & parce que celle-ci eft fi proche, & ne peut pas être 'ruïnée, comment fera-t-il poffiblc de conftruire, & de conferver ce Parapet contre une Batterie, qui eft longue de quarante toifes .?
- Pour, continuer l'attaque , nous accorderons encore, quoique cela foit prefque impoffible, que les Affiégeans ayent achevé leur Parapet N°. 24. aux extrémitez des Flancs de l’un & de l'autre Ravelin, pour empêcher les Affiégez de faire des forties dans les Ravelins emportez, & pour couvrir les logemëns qu’ils y ont fait, contre les feux de la Courtine baffe.
- En ce cas il faut examiner , ce que l’ennemi a encore à faire : Et premièrement, s'il eft alors en état de pouffer la terre à remplir aux Traverfes N°. 2 y. & 2 6. par le grand foffé, aux Remparts bas dé la Fortereffe capitale.
- On répond, que les Affiégez peuvent défendre ces foflez par les Flancs des Ravelins, qui font de la lôngueur de vingt toifes mais parce que cette défenfe eft à la vûë de la Contrefcarpe emportée, elle fera de peu de confidération ; outre que les Affiégeans peuvent beaucoup incommoder ce feu
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- par des Grenades. Mais puifque les Affiégcz leur répondent d'un même Front, comme étant, s’ils veulent, toujours de l'autre côté de ce Parapet, N°. 24. l'ennemi n’y trouverait point d’avantage, outre que les Affiégcz font auffi en état de paflèr par-deflus ce Parapet, & de les en chalfcr. Les Affiégeans au contraire fe garderont bien de l'entreprendre, parce-qu'ils feraient expofez aux feux de la Galerie couverte fous les Flancs, & de la Cour-tine bafïc.
- Pour ôter ces défenfes du foiïe, le plus fiir fera de fe rendre maître des deux Flancs, & de leur Galerie, & de fe pofter dans les gorges des Ravelins par le Parapet N°. 27. tant pour faire en fureté lefdits remplages, ou traverfe N°. 2 5. & 26. que pour ôter aux Affiégez, autant qu’il efl poffible, par les Iogemens dans les deux .gorges des Ravelins , l’ulage des grands foflez fecs, dont nous parlerons ci-après.
- Examinons de quelle manière l'ennemi fe peut rendre maître du fofïe fec entre les Flancs du Ra-velin, ruiner les Galeries, & fe pofter à la gorge N°. 27. de l'un & de l'autre Ravelin.
- Sartre moyens L'oferoit-il entreprendre à force ouverte ? ou peur prendre p*p ruïnera-t.il auparavant, par le Canon les Gale-Rwe£?e<fa ries f°us les Flancs » & te jettera-t-il après par force entre deux, en prenant pofte dans la. gorge ? où paffera-t-il les Flancs par la Sappe pour brifèr la Galerie ? où bien enfin percera-t-il à la fois les Flancs, pour gagner pié a pié le folle fec entre les deux Flancs, par le moyen d'un Parapet pouffé en avant ?
- ï moyen. Quant au Premier moyen > de fe jetter de vive force entre ces Flancs, par deffius le Parapet N°. 24., on répond I. Que les Affiégeans ne le peu-impratiquabie. vent entreprendre, qu'avec perte de bien du mon-
- de,
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- Attaque fur l'Eptagottt Royal. 14 y monde, étant de tous cotez entre des feux , qu'ils ne peuvent ôter. II. Auflî feroit-il impoflible, de pafler les feux des Galeries, ou de les ruiner, & d'avancer en même tems leur Parapet jufqu'au N°. 27. dans la gorge. Puifqne III. Les Afliégez peuvent à tous momens non feulement empêcher cette entreprife par la Cavalerie & l'Infanterie ; mais ils les peuvent auflî contraindre de fe retirer par-defliis leur Parapet N°. 24.
- Si les Aflîégeans voyent qu'ils ne peuvent pas prendre pofte à la gorge, qu'après avoir ruiné la Galerie fous les Flancs, examinons s’ils ne pouroiçnt pas à chaque bout de leur Parapet planter quelque Canons, pour la ruiner de cette manière.
- Je répons I. qu'il leur fera impoflible de tenir le Canon à ce Parapet, à caufe que les Afliégez le peuvent démonter par l'entière Courtine, tant haut que bas. II. Les Afliégez peuvent à tous momens fe jetter dans cet‘ ouvrage, & encloüer le Canon. III. Les Afliégez fe peuvent toujours tenir de l’autre côté de ce Parapet, &r jetter tant de Grenades fur cette Batterie, qu’il ne fera pas poflible à l’ennemi d’y refter, ni de fe fervir du Canon.
- Quant aui troifiéme moyen, nous jugeons, I. que les Aflîégeans perdraient ainfi bien du tems. II. Les Afliégez fe trouvent en état de préparer, fans être entendus, leur Contre-galerie par les faux trous de la Galerie qui ne font remplis que de briques féches , & empêcher ainfl le travail de l’ennemi. III. Les Fourneaux des Afliégez le pourront auflî beaucoup incommoder. IV. On pourra encore tirer en ligne droite dans la Sappe de deflus la Courtine d’enhaut, & ruiner le logement. V. Les Afliégez pourront outre tout cela par leur haute & bafle Courtine, par les Flancs, les Orillons, & par les Faces,- commander dans les débris , & K la
- IL Uojtb
- Sms tftt.
- III. M»y*n très difficile
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- 146 Jlttapeftr PEptagone Royal. la terre remuée de la partie du Flanc emportée, y rend le logement très - difficile aux Affiégeans. VI. Enfin ils ne pouront pas empêcher que les Affiégez ne puiffent à tous momens y jetter des Grenades , ou en donnant fur eux , en chaffer les Travailleurs.
- ir. Moym. Le quatrième, ou dernier moyen feroit donc bien le plus commode, favoir de paffer le foffé fec entre les deux Flancs par un Parapet pouflé, & de faper en même tems le long de la Galerie, pour la renverfer, puifque l'ennemi, l'un defdits moyens ayant produit fon effet, feroit néanmoins pour des raifons fufdites contraint de placer le Parapet dans les gorges des deux Rave lins N°. 27.
- Trcfquetwpop je r^p0ncjs 1 comme il a été répondu fur le troifiéme moyen, que les Affiégezcauferontbien de l’incommodité par la Contre -galerie , & les fourneaux aux Affiégeans, lorsqu’ils tâchent de paffer les Flancs, & ruiner la Galerie. II. L’ennemi fera contraint d’avancer ce Parapet à la vûë de toute la baffe Courtine, comme auffi des Flancs , & des Faces. III. Ce travail fera commandé par la haute Courtinet par le Flanc moyen & haut, & par les Orillons , contre lefquels y ayant des feux fi proches, l'ennemi ne lauroit pouffer le travail. IV. Les Affiégez feront toujours en état de jetter des Grenades entre les Travailleurs, & de pafiér par-deflus leurs ouvrages pour les en chaf-fer : principalement, quand V. ils ont par des Coffres à feu fait fauter ce Parapet & fait une ouverture. VI. Les Affiégez peuvent enfin toujours emporter les machines, que l’ennemi pourra avoir aportées pour fe couvrir ; & ainfi ralentir ce travail.
- Quoique les Affiégeans ne puiffent achever
- leurs
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- Attaque far VEptagone Royal, 147 leurs Parapets dans les gorges des Ravelim, donc nous en avons marqué une N0. 27. qu'avec peine & perte de beaucoup de monde, nous leur accorderons pourtant qu'ils l'ayent fait.
- Il faut remarquer que les Afliégeans , ayant paflé environ la moitié du foffé fec entre les Flancs des Ravelins, peuvent porter leurs Remplîffages No. 25. & 16. au delà du grand folle humide» pour gagner du tems, fans que les Allïégez le puilïent empêcher. Ils font pourtant obligez pour faire ce Rempliflage de fe couvrir contre les Orillons » qui commandent en quelque manière ce foffé-là.
- L'ennepi ayant porté des remplages N°. 25.5c 16. jufqu'au Rempart bas, s’y doit loger j contre lefquels les Affiégez ont les défenfes, qui fui-vent : I. Ils peuvent continuellement jetter des grenades dans ces logemens Sc autres feux d’artifice , contre lefquels les Afliégeans ne fe peuvent couvrir. II. L'ennemi ne peut empêcher les Affiégez de paflèr ce Rempart, de fe jetter dans fes logemens, & de l'en chafler. III. Les Affié-gez rendront le logement fur le talud extérieur du Rempart bas, fi dangereux aux Afliégeans , par des Fourneaux qui les empêcheront de Front & de Flanc , qu’ils ne feront pas en état de pouvoir lubfifter , d’autant plus, que les Affiégez, en cas que l’ennemi les veule Contre-miner font en état de fe jetter dans leurs logemens, & d'en chaffer le Mineur. IV. Les Afliégez ont encore à leur avantage le grand fofîe fec , par où il fe.peuvent retirer en fureté, fans quél'ennemi les ofe pourfuivre, fans s'expofer aux feux con-fidérabîes des. Flancs , & de la Galerie : Outre que V. les Affiégez peuvent faire des Sorties fur ces logemens , à couvert, & en très bon or-K 2 dre,
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- De quelle maniéré les ^Affie-geans doivent rainer lest Unes.
- 'Premier* Méthode déformer des Conue* ksuerie».
- 148 Attaque fur VEptagone Royal. dre, avec tant de monde , qu’il leur plaît. Les Affiégeâns au contraire ne peuvent refifter aux Affiégez, qu'avec le peu de monde» que ces lo-gemens peuvent contenir & ne peuvent être fécondez , que par des Remplaces, Croirait-on donc » que Jes Affiégeâns pourront tenir ferme dans cçs logemens ? Mais fi ceux ci enfin ayant fécondé leur monde dans ces logemens, d'un puiflant renfort, & obligé les Affiégez , de fe retirer dans le fblfé fèc, ils ne les oferont pourfuivre pour les raifons fuldites.
- Quoique l'Ennemi ne fe puiffe que difficilement maintenir dans ces logemens , on fupofè néanmoins qu'il y a pris pofte, & que les Affiégez ne l'en peuvent chafier.
- Voyons premièrement ce que l'ennemi doit faire pour ruiner les Flancs :
- Les Affiégeâns doivent pour cela planter la Contre-batterie au Rempart bas, dont lé fondement eft de 3 5. piez, où ils trouvent place pour une Contre-batterie de vingt-quatre toiles, outre qu'il y a entre N°. 18. & 11. place pour une de trente toifes. Mais cette Batterie ne pourra tirer que fur le Flanc haut, à caufe de la hauteur du Rempart bas, faifantenfemble cinquante-quatre toifes contre le Flanc haut de quarante toifes j le Flanc moyen de trente , & le Flanc bas dé la longueur de vingt toifes, qui font enfemble quatre-vingt-dix toiles de Flancs. Nous lai (Tons à juger aux Con-noifleurs, fi les Contre-bateries de cinquante-quatre toifes font capables de ruiner des Flancs de quatre-vingt-dix toifes, principalement puifque la première Contre-baterie de vingt-quatre toifes doit démonter les deux Flancs bas de cinquante toifes.
- Devant que de quitèr ce fujet, il faut examiner les difficultez » que les Affiégeâns pourraient
- ren-
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- Attaque fur VEptagone Royal. I49 rencontrer en plantant leur Contre-batterie de l’avant-Rempart près N°. 26., tant à caufe de la conftru&ion de Ton lit dans unfoflehumide, que de toutes fortes d’infultes, contre lefquelles ils la doivent conferver.
- I. Les Affiégeans ne peuvent conftruire ici une Batterie fans placer une partie de fon lit dans le folle ; ce qui caufe bien de la peine. II. Le Canon fera un grand tremblement fur fon lit qui rendra les coups incertains. III. Les Affiégez peuvent par tout préparer leurs Mines par les faux trous de la Galerie fous le Chemin-couvert du Rempart bas, & ruiner les Merlons. IV. Les Affiégez peuvent aullï à tous momens jetter des Grenades fur les Travailleurs, qui feront.encore
- V. fort incommodez par leurs continuelles Sorties , qu’ils peuvent faire en bon ordre , & à couvert.
- VI. 11 ne fera preique pas poffible aux Affiégeans de mener de gros Canon fur cette Batterie , par» ce que les Remplâges par le fofle rendent la choie fort difficile. VII. Ils pourront auffi très difficile» ment changer l’Artillerie ruinée , puifquc cela fc doit faire à la vûë des trois Flancs. VIII. Les Affiégez peuvent à tous momens fe jetter fur la Batterie, encloüer le Canon, & le rouler dans le fofle; ce qui eft d’autant plus facile, que les Affiégeans manquent d’elpace pour la défendre avec beaucoup de monde. Enfin IX. il n’eft pas pof-fible, qu’une Batterie de vingt-quatre toifcs ruine les Flancs moyens & bas, qui font enfemble de cinquante toiles. Par conféquent ce travail fe-roit ujn ouvrage inutile.
- En confidération de quoi, & pour avoir une Second* Met. Contre - batterie plus longue, les Affiégeans feront h°de' obligez de la conftruire fur la féconde Contrescarpe depuis N°. n. Yers N°. 15., alors elle aura K 5 la
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- ïfo ^Attaque fur l'Eptagone Royal. la longueur de trente-fix toifes. Mais ils devront en ce cas-là démolir lefdites vingt-quatre toifes du Rempart bas. Contré quoi les Affiégez peuvent, I. de la Galerie fous le Chemin-cou vert de ce Rempart bas remuer continuellement la terre par les Contre-galeries & par des Fourneaux, & enfuite II. faire leurs Sorties pour chaffer les Travailleurs. III. Les Affiégez les peuvent encore tellement incommoder par des Grenades, & autres feux d’artifice, qu’il ne leur fera pas poffible de continuer le travail. IV. Auffi font-ils en état de jetter toûjours autant de terre par-deffus ce Rempart, que l’ennemi en pourra remplir par dedans, ce qui ne lui fervira de rien. V. Et comment fera-t-il poffible aux Alîîégeans de continuer ce travail, quand ils auront rendu ce Rempart fi étroit, en jettant la terre en arriére, qu’il pourra être percé d’outre en outre par le Canon des Flancs, & lors que perfonne ne pourra durer pour achever ce travail. VI. Comment une Con-tre-batterie nouvelle de trente-fix toifes pourra-1-elle ruiner cinquante toifes des Flancs folidement bâtis? LesAflîégcans enfin ne pourront VIL pas ôter cette terre tant que les Affiégez, étant couverts, feront en état de mettre en effet tout ce qui eft dit ci-defius. Ce qui ne leur manquera point àuffi long-tcms qu’ils feront maîtres des Galeries fous les Avant - Remparts, quand même l’ennemi en aurait déjà emporté une petite partie.
- Quoique les Remparts bas devant les BaJHom capitaux, ne donnent pas pour lesraifonsfufdites affez de terrain pour une Contre-batterie> & d’autant moins pour une Batterie croifée, nous fup-pofons néanmoins, que la Contre-batterie Ennemie de trente - fix toifes peut en quelque manière ruiner les Flancs moyens & bas de cinquante toi-
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- Attaque fur V Eptagone Royal. i j f
- fes, comme auffi la Batterie de trente toifes.peut ruiner en quelque manière le Flanc haut de quarante toifes, & que pour cela il a fait une ouverture de vingt-quatre toifes dans le Rempart antérieur.
- Examinons ce que les Affiégeans font encore vJtmt» obligez de faire. Ne pourront-ils pas faire une ouverture dans le Rempart bas près, de N°. 25.,
- & par là battre la muraille de la Face capitale,& après monter à TalTaut par la brèche ? Ou font-ils obligez de conftruire deux Parapets , depuis ce Rempart bas par le foffé fec , pour exécuter leurs delfeins avec plus de fureté? Ou bien devront-ils emporter le Rempart bas depuis No. 22. au delà du remplage N°. 25., joignant la pointe du Baflion capital, & ruiner fa Galerie ? Ou enfin rÉnnemi eft - il contraint outre cela, de fe rendre maître de l’autre Rempart bas l depuis cette pointe au delà du remplage de N0.ï6. jufqu'à l’autre Ravelin emporté, & ruiner auffi fa Galerie , pour pouvoir avec plus de fureté percer Je Rempart bas, pour faire là brèche, & conftruire le Parapet N°. 30. par le folié fec?
- rSi les Affiégeans tachent de faire une ouver- Premier moyen, turc dans le Rempart bas près N°. 25 , pour battre par là la muraille de la Face capitale, & pour monter à la brèche , ils rencontreroicnt les mêmes inconveniens , que nous avons rencontrez ci-defîijs au * demolifîèment du Rempart bas, *pag. ,î3. pour faire la Contre - batterie , excepté la cinquième & la fixiéme raifon. Deforte que Taf-faut félon ce premier moyen feroit de nul effet.
- Il en fera de même du fécond moyen, qui eft Second moyen. de monter à Taflàut entre deux Parapets pour plus de fureté : outre que les Affiégeans ne peuvent
- K q pas .
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- Troi/tcme
- moyen.
- tjî Jittaque fur PEptagone Royal. pas continuer ces Parapets depuis le Rempart bas jufqu’à la brèche , taht que les JUfiçgez confer-vent la plus grande partie dé la Galenè , comme il paraîtra évidemment dans la fuite.
- Pour ôter donc une partie des défenfçs des Afi fiégez, l’ennemi fera premièrement obligé de (e rendre maître du Rempart bas depujfN0. 22. juf-qu’au delà du remplage N°. 25., joignant l’Angle du BaJHon capital , & de ruiner la Galerie qui eft deflbus. Pour cela ils doivent pour plus grande fureté Sapper, depuis le Fl^nc du Ravelin emporté N°. 22. vers le Remplage $4°. 25.', & depuis ce même Remplage N°. 25. vers le fufdit N°. 22. , pour d’autant plus diligenter travail. Et ils s’avançeroient en même tems depuis le Remplage N°.2 5. jufqu’à T Angle du Rempart bas, & de là vers la Galerie, pour gagner du tems. Contre quoi les Affiégez fe peuvent défendre, comme il s’enfuit.
- I. Ils peuvent par de faux trous, qui font dans la muraille intérieure de la Galerie, préparer des Fourneaux, & renverfer continuellement la Sappè de Front & de Flanc. II. Ils peuvent ajaffi, fe jettantdans la Sappe, en chafler les Travailleurs. III. Les Bombes, Grenades, & autres feux d’artifice, que les Affiégez peuvent continuellement jetter dans la Sappe, leur cauferant de grandes incommodité. IV. Ils pourrqnt de Y Or Mon, comme plus élevé , commander & nettoyer la Sappe le long de ceRempàrt antérieur. V. Les Affiégez pourront àuffi fortement commander le Rempart bas emporté, par la haute & baffe Courtine , 8c par les Flancs. VI. Enfin ils peuvent exécuter tout cela d’un Front bien plus grand que n’eft celui de l’Ennemi. C’eft pourquoi nous croyons que ce travail leur fera prefque impoffible.
- Nous
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- Attaque fur VEptagone Royal. ïjj
- Nous fuppofons néanmoins, que l'Ennemi** emporté & ruïné la Galerie au-deflous du Rempart bas, depuis N°. 22. jufqu'à l’Angle devant le Bafiion capital.
- Pourra-t-il pour cela faire l'ouverture du Rempart bas près N®. 25., pour faire par-là la brèche, & faire les Parapets N0.50. par le fofle fec, pendant qu’il n'a pas encore emporté le Rempart bas & la Galerie qui eft deflous, depuis l'Angle du Rempart bas au delà du Remplage N®. 26. jufqu’à l’autre Ravelin emporté.
- Je réponds, I. Que cette Galerie étant encore en état, donne le moyen aux Affiégez de s'aprocher toujours des Travailleurs, qui font l'ouverture du Rempart bas près de N®. 25., de les incommoder par des Grenades, de fe jetter fur eux*, & de les en chafler. II. Cette Galerie empêchera fans 'doute les Àffiégeans de pourfuivre les Affiégez , ( après avoir exécuté ce qui eft dit ci-deflus, ) & à leur retraite du côté de cette Galerie vers N®. 25). III. Les Affiégez empêcheront beaucoup par cette Galerie de former les Parapets par le folle fec N°. 30. tant parce que ceux de ia Galerie y peuvent tirer,que parce que les Affiégez peuvent de là s’approcher a couvert, & empêcher l'Ennemi d'avancer. IV. Les Affiégeans ne peuvent pas rompre les Paliflà-des qui font plantées tout le long de la Face, parce que la Galerie les défend. V. Les Afliégcans enfin ayant fait une ouverture par le Rempart bas N°. 25., & conftruit les Parapets N°. 30. parle fofle fec, feraient néanmoins obligez de s’afliirer de la Galerie entière, depuis l'un jufqu’à l'autre Ravelin, & principalement de celle qui va depuis le Remplage N®. 2<5. vers la pointe du Rempart bas; car ils n'oferaient autrement enfiler les Flancs. Et quoique nous ayons aflez parlé * du démolir des K y Rempars
- Sÿdtriêmt
- mojtn.
- * Pag l jo.
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- I f4 Attaque fur VEptagone Royal.
- Rempart bas, & des inconveniens que l’Ennemi y peut rencontrer, nous jugeons, qu’il lui eft bien bien plus commode d’emporter auparavant le Rempart bas entier avec fa Galerie , depuis Fun jufqu’à l’autre Ravelin emporté.
- Il devroit pour cela s’emparer de l’autre moitié du Rempart bas, à fçavoir depuis l’Angle au delà du Remplace N°. 2 6. jufqu’à l’autre Ravelin.
- Le Leéteur n’a qu’à fe reflouvenir des ûx moyens fufdits, que les Afliégez ont mis en ufa-ge pour conferver la première moitié du Rempart bas, pour favoir comment on pourra défendre l’autre moitié.
- On ne doit pas trouver étrange, que je dis, que les Afîiégez peuvent tout faire à couvert pour empêcher la prife du Rempart bas, & la ruine* de la Galerie. La raifon eft, que ce Rempart avec fon Parapet eft élevé de dix-fept piez au-deflus du folfé fec 5 deforte qu’il n’eft pas pof-fible de l’enfiler fans fe mettre à découvert aux Faces capitales des Baflions. Et puifque-là les Afîiégez peuvent toujours s’approcher à'-couvert derrière divers Blindes, entre les Paliïïadcs, la muraille de la Face, & les Angles faillans du Rempart bas, ils feront auffi toûjours en état de féconder ceux qui défendent la Galerie. Auffi l’Ennemi ne peut pas rompre ces Paliftades, principalement tant que les Affiégez tiennent une partie de la Galerie.
- Nous accorderons pourtant encore, que les Afîiégeans, quoi qu’avec perte de bien du monde, ont emporté le Rempart bas depuis l’un jufqu’à l’autre Ravelin, & qu’ils en ont ruiné la Galerie.
- Ils pourroient en ce cas avec bien moins de peine faire leur ouverture , tant pour ruiner le
- Fiant
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- Attaque fur l’EptagoneRoyal. 15$
- Flanc moyen , que pour battre le revêtement de la Face, & faire la brèche. Ils trouveroient pourtant en démoliflant les vingt-quatre toifes du Rempart bas, les difficultez fuivantes.
- I. Les Affiégéz fe peuvent approcher d’eux à couvert , foit au jpié, le long de la Galerie ruinée, ou derrière des Blindes, entre lesPaliflades & le revêtement de la Face. II. Ils peuvent pat» fer les barrières, & incommoder les Travailleurs par des Grenades, & autres feux d'artifice. III.
- Les Affiégeans ne les pourront pas empêcher les Affiégéz de donner fur leurs Travailleurs avec tant de monde, que bon leur femble, & de les en chafler fi fouvent qu'il leur plaît, parce que les Affiégeans ne font pas en état de les féconder qu'avec peu de monde ; ce Rempart ne fourniflant point de place pour les Travailleurs , & pour ceux qui les foutiennent IV. Si l'Ennemi tâchoit avec grande force de refifter à ces Sorties, il n'oferoit pourfui-vre les Affiégéz dans le fofie fec j où il feroit cxpofé aux feux des Flancs, outre que V. la Cavalerie des Aflïégez, qui doit toujours être prête près de N°. *8. & 29., l'attaqueroit tellement de deux cotez, que perfonne prefque n’é-chaperoit. ’ Enfin VI. les Affiégéz peuvent de beaucoup retarder le travail en entaffant toujours autant de terre que l'Ennemi pourrait avoir ôtée.
- Il faut remarquer, que les Affiégeans ne peu- Pompui ks vent pas démolir ce Rempart bas que jufqu’à huit piez au*deflus du fofie fec, tant parce que les t* fôjfs'fis. Affiégéz les découvriraient trop de la Face haute, que parce qu’ils les empêcheraient par les Flancs.
- C'eft pourquoi les Affiégeans ne peuvent enfiler le fofie fec, où ils feraient obligez de planter fort haut leur Batterie de N°. 11. vers N°. 15., comme
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- L'ennemi Je doit couvrir de deux Parapets.
- ï5<5 Attaque fur VEptagone Royal. me on verra ci-après dans la Comparaifon entre cette Forterefle capitale & la moderne, dans l’article XXXV., & dans quelques-uns des fui-vans.
- Nous fuppofons encore, pour continuer la Defcription de l’attaque ,* que les Affiégeans ont démoli les vingt-quatre toifes du Rempart bas, pour rompre ainfi lefdits Flancs de cinquante toiles par une Contre-batterie de trente-fix toifes, à la diftance du Flanc moyen de deux cens toiles. Nous fuppofons aulïi qu’ils ont fait une autre ouverture dans la Face baffe N°. 25., pour pouvoir ainfi faire la brèche, quoique cela foit très-difficile fans des Batteries croifécs.
- Et nous donnons en mèmè tems à confidérer, fi l’Ennemi ne ferait pas ainfi en état de monter à l’aflaut par la brèche : mais nous jugeons que cela lui eft encore impoflible.
- I. Parce qu’il doit faire cela à la vue des II. La brèche eft commandée par les Traditores d’un Angle d’onze degrez , à la diftance de cent vingt-huit toifes; III. Les Afliégez fe peuvent toujours tenir à N°. 2 B. d’un Front de quatorze toifes, & commander inceflamment la brèche par la Moufqueterie d’un Angle de vingt-deux à vingt-trois degrez, à la diftance de cent & feize toifes. IV. L’Ennemi n’eft pas en état d’empêcher les Affiégez de faire des Sorties des deux cotez, de fe mêler avec les Alfaillans, & d’y faire une di-verfion. Ce qui fulfira pour empêcher leur def-fein.
- Il parait donc que les Affiégeans ne peuvent monter à l’affaut, ou qu’ils feront obligez de le faire à couvert de deux Parapets depuis le Rempart bas jufqu’au revêtement de la Face.
- Contre la conftrudiont de ces Parapets N°. *0.
- les
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- Attaque fur l'Bptagone Royal. 157 les Affiégez fe défendront ainfi :
- I. Les Affiégez peuvent venir à eux à couvert, foit du côté des Parapets de l'Ennemi dans la gorge du Ravelin N°. 27. , ou de leurs Sorties oppofées, & incommoder les Travailleurs pa* des Grenades, flr autres feux d'artifice. 11. Auffi peuvent-ils paffer par-deflus.ces Parapets, fe jet-ter fur les Travailleurs, & les en chaflèr. III.
- Les Affiégez ont encore l'occafion de. marcher le long des Palifladcs du revêtement de la Face derrière des Blindes y & ôter la terre aportée, comme auffi les falcines , & autres machines. IV. L'Ennemi eft obligé d’achever ces Parapets à la vûë de cinquante toifes des Flancs , contre quoi il ne fè peut fervir des Remplages. V. A quoi il ne peut répondre à caufe des Parapets, qu'il doit conftruire vers la brèche pour couvrir fa Batterie. VI. Les Affiégeans ne peuvent pas lier ces Parapets au revêtement de la Face, parce que les Affiégez le peuvent empêcher par des feux d'artifice , & autres machines qu’ils leur jetteront continuellement. VIL Les Affiégez enfin font en état de jetter continuellement àesCojfres à feu fur ces Parapets , & de les ruiner ainfi.
- Si l'on m'obje&e que l’Ennemi empêchera les objeiïtn, Affiégez de venir à ces Parapets par le long de la traverfe dans la gorge du Ravelin N®. 27. & par les fdrties oppofées, par ce que ces Parapets aufii-bien que le Rempart bas auprès de N°. 22. les commanderaient,*
- Je réponds I. Que les Affiégeans font bien obligez -aux Affiégez , fi ceux-ci leur laiflènt la paifible poffeffion de -ce Parapet N°. 27. & des logemens au Rempart bas N°. 22., parce qu'ils peuvent toujours s'approcher d'eux à couvert, & fe jetter dedans. II. Les Affiégez pourraient in-
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- 15S Attaque fur VEptagone Royal.
- commoder continuellement ce Parapet de même que le Rempart bas par des Fourneaux , l'ennemi ne pouvant refifter que main à main , parce que les Affiégez font mêlez avec eux , & qu'ils ont un Front de tout le folle fec opur opofer au fecours. Les Affiégeans au comlaire n'ayant . que leurs Remplages , l'avantage fera du côté des Affiégez, d'autant plus que les Affiégeans ne les oferont point pourfuivre à caufe de la Cavalerie, qui fe tient toujours prête près de N°. 28. outre les feux, qui font tout autour , qui découvrent dans ce fofle fec. III. Les Affiégeans ne peuvent pas enfiler ce fofle fec de leurs Traverfes N°. 27. ni par le logement du Rempart bas N°. 22., parce que ce dernier eft élevé de quinze piez au deflus du fofle fec. Car ils fe mettroient ainfîtrop à découvert de la Face capitale du Bafiion, & de la haute Courtine. Et comme les Affiégeans n'auront apparament élevé la Traverfe que de huit à dix piez au-deflus du creux de la gorge du Rave-lin, ils feront d’abord vus par la baffe, & principalement par la haute Courtine : & en cas qu'ils euf-fent abaiflfé le Rempart bas N°. 22. jufqu'à la même hauteur , ils ne fauroient fe couvrir dans les logemens contre la Face capitale , qui avec fon Chemin-couvert eft de vingt-cinq piez au-deflus du fofle fec, c’eft-à-dire de dix piez au deflus du Parapet de ce Rempart bas.
- Puifqu'il paroît donc , que les Affiégeans ne font pas en état d'enfiler les foflez fecs, à caufe des difficultez, que les Affiégez font naître continuellement , pour empêcher le paflage vers les . Parapets à conftruire N°. 30., faifons une autre
- objeéfion, & difons, que l’ennemi entrera de fes logemens dans le foffé lec, pour ôter ces avantages aux Affiégez,
- A
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- A cela on répond, que les Affiégeans n’en-coureroient ainfi, que toute forte de danger I. parce que les Alfiégez fe retireroient incontinent vers leurs gens qui font poftez dans le fofl'é fec N°. iB. & 29. Et nous croyons , qu’il n’y aura perfonne, qui n’accorde que quand II. on aura donné une décharge fur eux dans la retraite par tous les feux, qui fera d’abord fuivie par peu de Cavalerie, qui les emp'écheroit <ge remonter dans leurs logemens, qu’une telle entreprifc ne foit fort dangereufe.
- Pour pourluivre, nous fupoferons encore, que les Affiégeans ayant tout iurmonté ont joint leurs Parapets N°. 30. au revêtement de la Face.
- L’ennemi fera alors en état de monter à l’aflaut Uffaut par la brèche. Mais il reftera encore aux Affié-gez les défenfes qui fuivent :
- I. Les Affiégeans font obligez d’attaquer dans péfenfactnfi* les deux Flancs bas de la longueur de cinquante dtrM,s% toifes. II. Us doivent monter la brèche à la vûë des gens, que nous avons poftez N°. 28. où ils ont un Front de quarante toifes, qui commande la brèche par un Angle de vingt-trois dégrez à la diftance de cent-feize toifes. III. Les Tradi-tores du Flanc haut, & du moyen , commandent la brèche d’un Angle d’onze devrez. IV. Les Af-fiégez s’en peuvent aprôcher à couvert, & incommoder les AITaillans par des Grenades , ou monter près des Parapets N°. 30. en fe mêlant avec eux, pour les contraindre de fe retirer.
- Je donne au Ledeur à confidérer, fi ces quatre avantages ne font point de telle conféquence , qu’ils furpaflent de beaucoup toute la force de la Fortification moderne.
- Nota. Je parle toujours d’une Forterefle moderne, qui eft fur un terrain égal, &uni, comme
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- Lu raifins.
- *Vtytz.Tig.
- 160 Attaque fur VEptagom Royal.
- me le nôtre, bien entendu que l’une n'ait aucun
- avantage fur l’autre par fa fituation.
- Les raifons font I. que dans la méthode moderne on ne peut refifter aux Affaillans dans la brèche, qu’en front, lequel devient fort incertain aux Affiégez parce qu’on le mine autant qu’il eftpoffîble, & qu’ils ne peuvent défendre la brèche, que d’un Angle de neuf dégrez. * Auflila brèche fe fait elle très facilement, à çaufequeles murailles de la Fortification, moderne font tout à découvert à la Campagne. Ma méthode au contraire n’a pas feulement l’avantage, qu’on peut venir à tous momens aux mains avec les Affié-geans, mais encore à couvert, & d’un grand front ; les Afliégeans au contraire dans nôtre méthode font reftraints à de petits logemens. II. Auf& ont ils ce grand avantage , qu’ils peuvent, fans fe nuire, fe retirer même en confufion , s’ils y font obligez , fans que les Afliégeans ofent les pourfuivrc qu’avec grande perte. Ces confu-fions au contraire font un grand defavantage dans la méthode moderne , & caufent fouvent la perte entière de la Forterefle, comme nous le pourrions prouver par beaucoup d’exemples, même de nôtre tems. III. Je couvre tous mes Flancs, & mes murailles , de forte que les premiers ne peuvent être ruinez , & que l’on ne peut que très difficilement faire une brèche dans les dernières, parce qu’on ne peut préparer la Bateriecroi-fée qu’avec beaucoup de difficulté. IV. La brèche eft commandée par les Traditores d’un Angle d'onze degrez, & par un Front de quatorze toi-fes, par un Angle de vingt-trois toifes, V. Ges tirs-en-brèche ne font, les premiers, qu’à la diftan-ce de cent dix, & les derniers de cent trente quatre toifes. Ceux au contraire de la méthode
- Fran-
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- Attaque fur PEptagotte Royal* i6x Françoife, ou moderne, ne commandent la brèche qu'à la diftance de cent quarante-huit toiles , tous deux à une même diftance de vingt-deux toiles, à mefurer des Angles des BaJHons 8c des cotez intérieurs des Flancs hauts: Outre que VT. on conftruit une Forterelfe félon ma méthode avec environ la moitié de la dépenfe que coûte la Françoife, ou la moderne, comme nous l'allons prouver immédiatement.
- Comparaifon des Forces entre les Méthodes Françoifes., ou modernes/ de Fortifier Fig. A. 6c R. 3 6c la fécondé Méthode de PAuteur Fig. H. 6c K,
- Premièrement entre leurs Contrefiarfes« -
- . Les Contrefcarpes modernes om ces avantages,
- FJifque nous les avons amplement déduits ci- Avantages dt3 devant dans lïx articles, nous y renvoyons le ^^carpH Lecteur, pag. 73. & 74. m erm'
- Defavantages,
- NOus y avons aulfi montré leurs defavantages en lept articles pag. 74. , c’eft pourquoi nous ne croyons pas qu’il foit néceflaire d’en faire ici le détail.
- L
- Av an- '
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- l6i Comparaifon entre les Méthodes Françoifis
- Avantages de ma Contre fcarpe extérieure.
- LE Leâeur les peut voir ci-defliis pag. 75. & 76., où nous les expofons dans treize articles. Nous n’en difons rien ici, puifque cette Contrefcarpe eft égale en ceci à celle de ŸEscagone Royal.
- Nous prions ici le Leâeur, comme nous avons fait dans ce lieu allégué, de décider quelle Contrefcarpe eft la plus forte.
- Comparaifon des Forces entre les Raveiins modernes 3 & ma Contrefcarpe intérieure.
- Les avantages des Raveiins modernes Fig. c/f. font.
- AYant démontré leurs Forces pag. 76. par quatre avantages, j'y renvoyé le Lecteur.
- Defavantages.
- ON y verra auflî leurs defavantages en fept articles pag. 77.
- Avantages & forces des Raveiins Jeloa leur deuxième Méthode de Fortifier
- Fig. R.
- NOus les avons montré pag. 78. dans cinq articles tirez du Deflein de Mènin, Forte-rejGTe fur la Rivière de la Lis en Flandre, qui convient
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- Zr la IL manière de fortifier de V Auteur, I vient avec celui d’Ath, outre que le dernier n'a point de Flancs au Ravelin détâché. Nous y renvoyons le Ledeur.
- Désavantagés.
- LE S defavantages que donnent les Coupures y font auflî compris dans quatre articles, pag. 78. & 79.
- Avantages de mon intérieure, ou fécondé Contrejcarpe.
- I. O On Chemin - couvert eû enfoncé au % Fiance ^ & aux Faces d'un pié & demi, déclinant fur la largeur du foffé fec derrière les Faces de douze toifes, jufqu’à l’eau ordinaire en Eté, qui eft ici de trois piez au-deflous de l’Horizon.
- II. Le foffé devant les Faces eft défendu pat des Flancs perpendiculaires.
- III. Les Affiégeans qui logent à cette Face font dans les tirs-en-brêche des Flancs par vingt degrez.
- IV. Les Afliégez peuvent à tous rhomens jet-ter des Grenades dans ces logemens, les attaquer & incommoder par des Fourneaux.
- V. Les Affiégeans ayant obligé les Afliégez de fe retirer , ne les ofent pourfuivre dans le Chemin-couvert , à caufe des logemens de maçonnerie, & des Parapets N°. 10. & n.
- VL Ils ne peuvent pas aufît rompre ces loge*' mens par le Pétard, parce qu’ils font environnez de Paliffades.
- VII. C’eft pourquoi ils font contraints de faire une Batterie à la Face pour les ruiner.
- L z VIII. Et
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- i<?4 CompAfaifin entre les Méthodes Françoifes
- VIII. Et ils la doivent garder avec très peu de monde, à caufe qu'il y a peu de terrain.
- IX. C’eft pourquoi les Afliégez les peuvent d’autant plus facilement chafler par- leurs continuelles Sorties, qu'ils peuvent faire à couvert , cnclouër le Canon, & le rouler dans le fofle. *
- X. En cas que l’Ennemi entreprenne de faire une ouverture dans la Face , pour pouvoir ainfi ruiner les logemens, les Affiégez peuvent la remplir de leur côté.
- XI. Et comme ceux-ci le peuvent exécuter à couvert, l’Ennemi ne le pourra empêcher.
- XII. Les raifons font, que la crête de la Face de la Contrefcarpe eft de treize picz élevée au*def« fus du fofle fec ; les Afîiégeans devroient donc fc mettre beaucoup à découvert pour enffler le fofle fec. Et même quand ils le feroient, on pourrait néanmoins toûjours marcher à couvert du côté de la Face y depuis le Parapet N°. io. jufqu'au remplace N°. 5.
- XIII. Si ce n'eft que les Aflïégeans portaient le rewplage au bout de la Face N°. 17., pour fe loger ainff des deux cotez des Angles faillans, & y faire l’enfilade.
- XIV. Mais en ce cas ils feraient obligez de loger & de fe couvrir en chaque attaque dans deux tirs-en-brêche, chaqu'un de quinze degrez.
- XV. La Moufqueterie des Aflïégeans ne ferait pas capable d'empêcher que les Afliégez ne s'a-vançaflent à couvert derrière des Blindes le long des Paliflades, devant le logement de maçonnerie N°. 12. julqu'à fa pointe , & qu'ils fe jettaflent de là par le foflé fec dans ladite pointe N°. 17., pour y exécuter la même chofe.
- XVI. La raifon eft, que les Afliégez peuvent avec beaucoup de monde exécuter tout, d'un Front
- large,
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- Cr la II. manière de fortifier de l'Auteur. 16 $ large, l'Ennemi au contraire étant reftraint à des logemens fort étroits.
- XVII. Les Afliégeans feraient encore obligez de Sapper un peu du côté de cette Face, & d’y faire une ouverture , pour ainfi, de la première Çontrefcarpe, brifer les logemens.
- XVIII. Mais dans le tems qu'ils feront occupez à la Sappe, les Afliégez pourront beaucoup les incommoder par leurs Grenades pu par leurs attaques.
- XIX. Les Aftiégeans après avoir démoli les logemens font encore contrains de fe couvrir fur les ailes N°. io. & n. ? contre les Flancs & les Faces des Ravelins, comme auflï contre le refte de la Çontrefcarpe, qui empêchent cette couverture de deux cotez, lans parler des pontons à J’é-preuve du Moufquet.
- XX. Pour fe couvrir contre tout cela, les A£ fiégeans ne trouvent point de terre dans le Chemin-couvert de cette Çontrefcarpe , étant obligez d’aporter tout ce, qu'il leur faut pour cela de bien loin, & par-deflus les remplaces.
- XXr. Ils doivent pour cela fe couvrir depuis le Remplage tout le long du fofle lec contre les Ravelins, & les Remparts anterieurs , pour les pouvoir pafifer fans incommodité.
- XXII. Les débris des logemens brifez leur feront en ce cas bien nuifibles , fi le Canon des Affiégez y foudroyé.
- XXIII. Les Afliégeans s'étant couverts devant ces Parapets ne leront pourtant pas capables d'emporter le refte de la Contre(carpe devant que d'avoir ruiné les logemens de maçonnerie dans les Redans •
- XXIV. Par ce qu’ils n'ofent point entrer dans ces Redans à caufe du Coffre, & de la Galerie, L 5 contre
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- j66 Comparaifon entre les Méthodes Françoifès contré léf quels ils ne fc peuvent couvrir, & qu’ils ne peuvent ruiner.
- XXV. Outre que ces logemens ne peuvent être brifez par le pétard, à caufe des Palifladcs, dont ils font couverts.
- XXVI. C’eft pourquoi l’Ennemi feroit obligé de planter le Canon aux Parapets N°. 10.& n.
- XXVil. Et il eft très-difficile de cônferver ces Bateries , les Affiégez étant en état de s’en aprocher , & de les incommoder par leurs Grenades.
- XXVIIÏ. Ou bien les Affiégeans feront nécef-fairement obligez de les planter des deux cotez des logemens N°. 2. & 3. pour les pouvoir ruiner par les ouvertures faites dans les Faces de la Contref-carpe.
- XXIX. Contre quoi les Affiégez peuvent couvrir les logemens de facs à laine.
- XXX. Les Affiégeans ayant brifé ces logemens ne pourront pourtant pas emipccher les Affiégez de fe retirer librement.
- XXXI. Les Affiégeans enfin font obligez d’emporter de cette Contrefcarpe quatre Redans N°. 8. 1 5. i(5. & 9. qui pour des raifons alléguées leur coûteront bien de la peine.
- C’eft de cette manière que nous conftruifons, entre autres defleins, une Contrefcarpe avec un foffé.
- Mais d’autant que fes défenfes font fur un tout autre terrain , que ne font celles des Ravelins modernes , ci-deffiis mentionnées, il nous a fallu joindre enfemble tous fes avantages & en parler en général j par ce qu’en ayant examiné quelques-uns , nous n’avons pas trouvé aucune égalité entre eux & un Ravelin, comme nous l’avons fait voir d-dcftus pag. 80. cr fuiv,
- C’eft
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- Cria IL manière de fortifier de F Auteur, l€y C'eft pourquoi je donne à un chacun à confi- * dérer, qui des deux ferait plus difficile aux Aflîé-geans, où d'emporter lefdits quatre Rèdans , ou de s'emparer d'un Rave lin avec 'ion petit Bafiion détaché Fig^R.
- Comparaïfon des forces entre la Fortereffe capitale de la Méthode Françoife Fig. A.
- & R. & les Ravelms j & la Fortereffe capitale de mon Eptagone Royal.
- LEs avantages de la Fortereiîe capitale moder? jtvmuges de ne Fig. R. concernant le couvrement des u F/>rter(JP <«; Flancs font, &c. / t**
- Comme nous les avons remarqué dans trois articles pag. 84. & 8 5. où l'on les peut voir. •
- Defavantages.
- NOus n'y avons auffi pas oublié les defavantages dans cinq articles.
- Avantages, & defavantages de la Forte-rejje capitale Françoife pour couvrir les Flancs félon leur fécondé maniéré Fig. A.
- NOus les avons remarqué dans l'attaque d’icelle pag. 15. 16. 8c 17. & recité en partie pag. S<5. où le Le&cur les pourra voir.
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- I6S Comparaifort eniu Us Méthodes Françaijès
- Mes Flancs au contraire, quant à ce qui regarde la maniéré de les couvrir » ont ces avantages.
- ï. TLs font aufïî bien couverts au Front contre
- A la Contre-batterie, qu'aux cotez contre la Batterie croiiée par l'Avant-Rempart qui cft au-devant.
- II. Ce Rempart anterieur ne donne point dé Front à la Contre-batterie, puiiqu’il neft au fondement que de trente - cinq piez.
- III. Et puifque les Affiégeans font obligez de faire le lit dans le folié , il leur coûtera un grand travail. .
- * IV. Et ce lit étant fait de la forte, ne fera pas allez ferme, & à caufc du mouvement continuel, ne caufera que des coups incertains.
- V. Auffi les Affiégeans ne trouveront pas de Front à ce Rempart avancé » pour pouvoir couvrir fufïifamment cette Batterie.
- VI. Elle ne pourra être longue que de vingt-quatre toifes,
- VII. Et par conféquent elle ne fera pas capable de ruiner des Flancs de cinquante toifes.
- VIII. C’eft pourquoi les Affiégeans font obligez de former la Batterie fur la. Contrefcarpe intérieure depuis N°. n. vers N°. 15. où elle feroit longue de trente-fix toifes.
- IX. Mais cette Batterie fera éloignée du Flanc haut pour le moins de deux cens quatorze toi-fes ;
- X. & ne pourra atteindre le Flanc bas , à ihoins qu’on n’ait pour cela hauffé le Chemin-couvert de la Contrefcarpe pour le moins de fix piez,
- * par
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- ty U JJ, manière de fortifier de VAuteur, 169 par ce que les Afliégeans ne peuvent démolir le Rempart bas, que de lept ou huit piez au-deflus du foflé fec.
- * XI. Les Aflîégeans peuvent encore planter une Contre-batterie de trente .toifes fur l’Angle de la Contrefcarpe N°. 18.
- XII. Mais elle ne pourroit battre que le Flanc haut.
- XIII. Auflï ils feraient obligez d'ôter auparavant les débris du logement ruiné , puifqu’ils feraient très nuifibles, fl le Canon des Aflïégezy donnoit.
- On peut donc juger, qui des deux Flancs eft mieux couvert, & de quel côté on eft obligé de prendre plus de peine pour les découvrir , comme aufli, fi trente fix toiles d’une Contre-batterie nouvelle font capables de ruiner cinquante toifes de Flancs haut & bas, de terre raflîfe.
- Autres avantages des Fortifications Fr an* çoifès ou modernes,
- NOus les avons compris dans cinq articles pag. 88. où l’on les peut voir.
- Defavantages,
- COmme auflï les defavantages dans cinq arti* clés.
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- 170 Comparaifin entre les Méthodes Françoifes
- Les autres avantages [elon la deuxième méthode de Fortifier de Voiuteur dans les deux Ravelins font.
- I. TVÆEs Faces de Ravelins n’ont point deBer-mes, & n’ont pourtant rien à craindre des infultes de l’eau.
- II. Les Affiégeans font obligez d'attaquer deux Ravelins à la fois, s'ils veulent s’emparer de la Forterefle, étant pour cela contraints de fe fervir de deux Remplages N°. 20. & 21» ,
- III. Les foflez font commandez parles Avant-Remparts & par les Faces capitales qui leur font prefque perpendiculaires, qui quoiqu’elles /oient a la vue des Affiégeans, leur feront pourtant dé bonne défenfe.
- IV. Encore les Affiégeans doivent ils de bien Ipin aporter toute leur terre, Fafcines, facs à terre &c. & ils font pour cela obligez de faire encore deux Remplages dès les logemens N°. 2. & 3. aux Angles des Redans.
- V. Auffi leurs magazins, qu'ils doivent former dans les logemens N0. 2. & 3. & les Redans N°. 15. & 16. feront commandez par toutes les lignes de la Forterefle.
- VI. Les Affiégeans doivent encore fè couvrir aux Faces des Ravelins contre les feux des Avant-Remparts , & des Faces des Basions capitaux, qui les découvrent.
- VII. Us y trouvent auffi peu de terrain pour leurs logemens, aux Faces des Ravelins, n’ayant que trente-un piez d’affiéte.
- VIII. Les Affiégez font en état de faire à tous momens jouer des fourneaux dans ces logemens.
- IX.
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- Cr U 11, manière de fortifier de l'Auteur, 171
- IX. Les Affiégeans ne peuvent empêcher, que les Affiégez ne s’aprbehent toûjours d’eux, en jettant des Grenades, ni qu’ils né fe jettent fur eux dans les logemens.
- X. Les Affiégeans ne peuvent s’y défendre qu’avec grand defavantage étant aflujcttis à de .petits logemens, & les Affiégez auront tous les foilez fecs à leur avantage.
- XI. Âuffi les premiers ne pourront-ils faire leurs logemens & fe défendre en même tems.
- - XII. Perfonne n’étant capable de fe fervir de la bêche, & de fes armes en même tems.
- XIII. . C’eft pourquoi les Affiégez les pourront toûjours mettre en fuite.
- XIV. Mais en cas, que les Affiégeans vinlfent non feulement à leur faire tête avec beaucoup de monde , mais encore à les pourfuivre jufqu’à leurs foffé fec ,
- XV. Ils y fouffriroient grand dommage, & la perte de tout leur monde, puifque les Affiégez le peuvent toûjours retirer dans le foffé fec par des barrières qui font ouvertes aux cotez des redoutes , & laiffer les Affiégeans dans tous les feux des Galeries , des redoutes , & des Remparts anterieurs N°. 22. & 2$.
- XVI. Et par ce que ces Galeries font tellement nuifibks aux Affiégeans, ils feront obligez de les ruiner p*ar la Sape, & par les mines.
- XVII. Mais comment cela fe pourroit-il faire, les Affiégez, qui font du côté intérieur de la Face, étant en état de les incommoder par des Grenades,'& de les harceler à tous momens ?
- XVIII. Outre que lesAffiégéz fe peuvent continuellement avancer vers l’Ennemi par la Contrf* gallerie tant en leurs Front, qu’çn leurs Flanc, & l’empêcher d’avancer.
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- ComparAtfon entre lest Méthodes Françoifes
- XIX. Les Aflîégez mettant le feu aux fourneaux pour ruiner la Sappe cauferont une telle confternation entre les Afliégeans, tant ceux qui font dans la Sape, que ceux qui font dans les logemens, qu’ils les pourront enfuitechafleravec peu de monde.
- XX. N’oferoit-on donc pas dire, qu’il eftim-poflible d’emporter ni de ruiner ces Galeries par cette manière.
- XXI. Et quant même les Aflîégeans les auraient ruinées en partie par des Mines , & des Sappes,
- XXII. Ils ne pourront pourtant jamais empêcher les Aflîégez de préparer leurs Fourneaux dans la Face ruinée, & de bouleverfer continuellement leur Sappe, deforte qu’ils feront hors d’état d’achever leur travail.
- XXIII. Et puifque les Afliégeans ne peuvent par les moyens fufdits emporter les Ravelins, on pourra demander, s’ils ne feraient pas mieux, de faire leur Remplace à la pointe de la Face, de faire une ouverture dans l’une & l’autre Face pour pouvoir par icelle ruiner la Galerie par le moyen du Canon planté en N®. 10. & n.
- XXIV. je réponds que l’avantage eft toujours du côté de celui qui a le plus grand Front.
- XXV. Mais avec cette reftriâion, que ce Front là ne peut être miné.
- XXVI. Les BajUons modernes auraient autrement auflï ces avantages contre ce que nous avons pùfé ci-deflus pag. 16,
- XXVII. Et puifque un tel Front eft fans contredit couvert, non feulement aux À fliégez, mais aufli aux Afliégeans, où ils n’oferont fe jetter fans s’expofer aux feux qui les environneroient de tous cotez, comme il eft dit ci - deffiis article XVII.
- pour-
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- O* la II. manière de fortifier de l'Auteur. ï 75 pourquoi ne dirons nous pas que les Affiégez font capables de refifter, & de.tout empêcher ?
- XXVIII. Principalement à l'égard de l'ouverture dans la Face, puifqu'ils y peuvent toujours jetter des Grenades &c.
- XXIX. Audi peuvent-ils à tous momensfe jet-, ter fur les Travailleurs, qui ne pourront être fe-courus comme il faut, à caufe du peu de terrain que les logemens occupent.
- XXX. Les feux de Dehors ne ferviront de rien aux Affiégeans, à caufe queJes Affiégez peuvent incontinent fe mêler avec eux.
- XXXI. Outre qu'ils le doivent couvrir aux aîles contre les feux des Affiégez, tant des Avant-Remparts que des Bajliens capitaux.
- XXXII. Et luppofé que les Affiégeans euflent jetté tant de terre dans le folle, qu’ils fuffent en état d'achever l'ouyerture dans lu. Face par le Canon,
- XXXIII. Pourroient-ils pour cela empêcher les Affiégez, s'ils n’ont pas remis, ou entalTé autant de terre que l’on auroit ôtée, d'y fuppléer par l'un ou l'autre moyen?1
- XXXIV. Nous le nions abfolument. Et c'eft pour cela que les Affiégeans ne feront pas en état de ruïner la Galerie par ladite manière.
- XXXV. Outre que les Affiégez peuvent faire échouer leur ddfein par une Traverfe de facs à laine, ou en rempliflant une petite partie de la Galerie avec des facs à terre.
- XXXVI. Et quand les Affiégeans auraient même'emporté toute la Galerie fous cette Face-là, ils ne pourraient pourtant point enfiler le folié fec par les logemens , puis qu'il eft de quinze piez 8c demi plus bas que la crête du Parapet.
- XXXVII. -Comment pourront-ils donc empêcher
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- 174 Cemparalfon entre les Méthodes Françoifes cher les Afliégez d’exécuter tout ce qui eft dit ci-defliis, pour empêcher les Afliégeans de faire une autre ouverture à la Face N°. 20., par où ils pourraient ruiner la Redoute?
- XXXVIII. Ils ne peuvent auffi faire cette ouverture plus bas que de fept à huit piezau-delfus du folle fec.
- XXXIX. Deforte qu’ils feront obligez de hau£ fer le Chemin-couvert derrière les Flancs de la Con-trefiarpe, pour pouvoir ainfi par- deflus faire la brèche dans la Redoute.
- XL. Les raifons font, que le Canon, qui eft en bas dans la Redoute , traverfera beaucoup ce travail ; & quand les Afliégeans auront rendu la terre fi menue que le Canon la peut percer,
- XLL Les A Siégez empêcheront les Travailleurs d’y refter & d’achever leur travail.
- XLII. Auffi cette Batterie- élevée fera à la vûë de la haute Courtine, des Faces, & des Remparts antérieurs, où les débris du logement ruiné pourront caufer bien du dommage aux Afliégeans.
- XLIII. Et l’ouverture étant faite, les Afliégez peuvent avec un ou deux lacs à laine empêcher cette ruine.
- XLIV. Mais la Redoute étant ruinée, les Afliégeans auront ôté aux Afliégez l’ufage du folle fec, & ils s’y pourront loger ;
- XLV. Mais ce lera dans les feux des Remparts bas N°. 22. & 23., &des Faces capitales duBaf-tion , qui peuvent beaucoup incommoder l’Ennemi dans les débris de la Redoute ; auflï les Remparts bas ne peuvent être démontez qu’oblique-ment.
- XLVI. Alors les Afliégeans feront obligez de faire leur Parapet aux extremitez des Flancs, pour couper aux Afliégez la communication du folle
- fec
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- Cr la IL maniéré de fortifier de P Auteur, 17$ fcc devant les Redoutes, &pour fe couvrir contre les feux de Tune & de l'autre Courtine,
- XLVII. Ce Parapet fe doit faire à la vûë de la haute & de la baffe Courtine , qui à caufe de la proximité & de leur longueur rendront ce travail bien difficile.
- X L V111. Outre que les Affiégez le peuvent empêcher à coup de main, & le traverfer par les moyens que nous avons décrits dans l’attaque.
- XLIX. Audi les Afîîégeans n*oferont-ils pour-fuivre les Affiégez en leur retraite , puifqu'ils s’expoferoient aux feux des Galeries fous ces Flancs, &à ceux de h Courtine qu'ils auraient en Front & en Flanc.
- L. Et ces Galeries étant couvertes par leurs Parapets N°. 24., aie fauroient être ruinées fans y planter le Canon.
- •LI. D’ailleurs, on ne pourra conferver ce Ca* non fans beaucoup de difficultez, à caufe que ce Parapet ne fert pas plus de couverture aux Affié» geans, qu’aux Affiégez, qui s’y peuvent tenir à couvert, & incommoder l’Ennemi en toutes ma» niéres.
- LII. Les Affiégez peuvent encore couvrir ces Galeries par des Traverfes faites de facs à laine.
- LUI. Dcforte que les Affiégeans font contraints de paffer le foffé fec entre les deux Flancs à la faveur d’un Parapet pouffe avant , & de fe rendre maîtres de la Galerie par la Sappe.
- LIV. Nous avons montré ci-deffus pag. 146’. les moyens dont les Affiégez fe peuvent fervir pour empêcher cette entreprife.
- LV'. Mais pour continuer le fil de nôtre def-fein, nous paierons cela, fuppofant que l'Ennemi a pouffé fon Parapet jufqu'en la Gorge du Ravelin N°. 27. ; & non feulement dans celui-ci, mais auffi dans l’autre, ' Ne
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- ïjS Comparaifon entre les Méthodes Fratiçoifes Ne pourrait*on donc point conclure, que les Affiégeans trouveront plus de difficulté dans la prife de ces deux Ravelins, &la conftrudion des Parapets dans leurs Gorges, dont l’une eft marquée par N°. 2,7., qu'à la prife d’une Forterefle entière bâtie à la moderne ?
- Detail des Forces que V Auteur a dans cette méthode , après que les deux Ravélins font emporte
- I. T ES Affiégeans font obligez de faire deux
- •L* remplaces N°. 25. & 26. au delà du grand foffé large de vingt-quatre toifesj
- II. En quoi on abefoin parconféquentdebeau* coup de matériaux, qu'ils font obligez d’aporter par*deffus le foffé de la fécondé Contrefcarpe $ ce qui ne peut s'exécuter qu’avec beaucoup de peine.
- III. Ils feront obligez de fe couvrir d'un côté, contre une petite partie du Flanc haut, & I'O-rillon les commande.
- IV. Ces remplaces étant achevez, ils fe doivent loger au Rempart antérieur, où les Affié-gez leur peuvent à tous momens difputer les lo-gemens ;
- V. Tant en y jettant continuellement des Grc-j nades,
- VI. Qu'en fe jettant fur eux, & les en chaf-fant:
- VII. Soit qu'ils faffent auparavant jouer un Fourneau, pour le mettre en confufion, ou autrement.
- VIII. Et puifque les Affiégcz fe peuvent toujours tenir à couvert fur le Chemin-couvert de ce Rempart bas, & comme il eft dit, jetter toutes
- fortes
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- (y la TT. manière de fortifier de T Auteur. 177 fortes de feux d’artifice dans les logemens» & fur les Travailleurs, qui font occupez à les perfectionner, il fera prefque impoffible aux Affiégeans de fe couvrir contre ces feux, ni d’agrandir les logemens.
- IX. Et fi au contraire l’Ennemi fe veut 1er-vir de la Mine, les Affiégez auront tout l’avantage de leur côté, puifqu’ils ont pour cela les faux trous dans la Galerie, d’où ils les peuvent harceler de tous cotez, fans que l’Ennemi, s’ils entreprennent de pafler par-deflus ce Rempart antérieur, &defe jetter dans le fofle fec, en puif-fe chaflcr le Contre-mineur.
- X. Les Affiégez au contraire font en état de chafler les Mineurs de l’Ènnemi fans empêche*, ment, toutes les fois qu’ils font des Sorties.
- XL Les Affiégeans fe jettant dans le folié fcc font obligez de le loger entre les feux de la Galerie, & ceux des flancs, & ne fe pourront point retirer dans leurs logemens, où ils feront contraints de monter par les degrez maçonnez ci & là à la Galerie.
- XII. Cette retraite fera d’autant plus dange* reufe, que ceux qui défendent la Galerie les peuvent empêcher.
- XIII. Les Affiégeans, pour diligenter leur travail , & occuper les Affiégez de tous cotez, feront contraints de pouffer les logemens du Rempart antérieur de tous cotez, fçavoir du Ravelin vers le remplace, & d’un remplage vers l'autre, & ainfi en retournant.
- XIV. Mais les Affiégez feront, au contraire, allez en état de ruiner avec peu de peine leurs logemens fur le talud extérieur du Rempart avancé , foit en s’y jettant , & les démoliflant , ou faiiant jouer des Fourneaux pour les boule ver fer.
- M XV.
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- ï7? Compœraifon entre les Méthodes Françoifes
- XV Ce qu'ils pourront faire suffi bien aux endroits où leurs Galeries iont ruinées, que là ou elles iont encore entières.
- XVI. La raifoneft, que leurs Mineurs font toujours loutcnus par la Galerie,, qui eft encore en état , comme auffi par ceux qui fc tiennent derrière les PaliiTadcs le long du revêtement de la Face, qui font affez en état de repouffer l’ennemi s’il fe jette dans le folïé fec.
- XVII. L’Ennemi au contraire ne peut foute-nir fes mineurs, quand les Affiégez fe jettent dans fes logemens, pour en venir aux mains, comme il eft dit dans l'article dixiéme.
- XVIII. Quand les Affiégcans fe feront logez tout le long du Rempart bas depuis l’un jufqu'à l'autre Bavelmy ils ne pourront pourtant enfiler les foffez fecs, ni en ôter l’ufagc aux Affiégez,
- XIX. Parce que la crête du Parapet des Avant-Remparts eft élevée de dix huit piez au-deffus des foffez fecs.
- XX. Et quand ils entreprendraient de les en» filer par leurs Angles,
- XXL Les Flancs les commanderaient tellement, qu’il ne leur ferait pas poffible de fubfifter.
- XXII. Outre que le terre - plain à la pointe du Baftion capital les commanderait fort, puif-que’il eft de ffx piez & demi plus haut que la crête de l’Avant Rempart qui eft un pié,& demi plus haut que le Flanc haut.
- XXIII. Mais fi les Affiégeans venoient en quelque maniéré à enfiler le fofle fec, ils ne feraient jamais en état d’empêcher les Affiégez de paffer derrière les Blindes le long des Palifladcs de la Face, principalement pour prendre un logement devant l’Angle du Baflton.
- XXIV. Et cct Angle là ne pourrait être enfi-
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- U 11. manière de fortifier de l'Auteur. 179 le par les Afliégeans à caufe de la hauteur où ils font, & de la proximité de vingt toiles ; & quand cela fe pourrait, les Affiégez feraient obligez de s’y loger entièrement derrière les Blindes.
- XXV. De ce logement, de même que des deux cotez du fofle fec , les Affiégez peuvent derechef faire leurs Sorties , comme devant fur les logemens de l'ennemi au Rempart antérieur,
- XXVI. Et y attacher en pluficurs endroits des mineurs pour les renverfër.
- XXVII. Les Affiégcans ayant exécuté le fuf-dit, doivent démolir le Rempart bas d’entre la Galerie N°. 26. & Ion Angle Taillant ;
- XXVIII. Auffi les Affiégez font encore en état d'incommoder ce travail par des Grenades , ou en fc jettant fur les Travailleurs,
- XXIX. Où il trouveront peu de rcfiftance, par ce qu'un Soldat né*fe peut fervir de la bêche, & du moufquet tout à la fois ; & les premiers cauferont grande confufion, entre les fuivans.
- XXX. Les Affiégcans n'oferont pourfuivre les Affiégez en leur retraite jufques dans le folié fec, à caufe des feux des Flancs , & d'entre les Paliflades. Encore y peuvent ils joindre leur Ca-« valerie, en cas que les Affiégeans fe jettent dans le fofle fec avec beaucoup de monde non feulement pour pourfuivre les Affiégez , mais auflt pour ruiner les Paliflades.
- XXXI. Et cette Cavalerie efl; aflez capable d’empêcher ces entreprifes.
- XXXII. Etant toujours prête & à couvert con-J tre les Aflaillans près de N°. 28. & 29.
- XXXIII. Outre que les Flancs pourront de tems en tems chafler les Travailleurs , quand ils auront rendu l'avant Rempart fi étroit qu'il pourra être percé à coups de Canon.
- M a
- XXXIV.
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- x8o Cemparai fort entre Us Méthodes Françoijès
- XXXIV. Et quoi qu'il faille accorder que les Affiégeans peuvent démolir vingt-quatre toiles du Rempart anterieur d’entre le Rentplage N°. 26. & fon Angle faillant,
- XXXV. Il retiendra pourtant toujours la hauteur de huit piez plus haut que le fofle lec.
- XXXVI. La raifon cft : qu'il ne leur fera pas poffible de l'aplanir plus bas à caufe que l'Angle du BajUon capital découvriroit les Travailleurs, s’ils de/cendoient davantage.
- XXXVII. Et puifquc la crête du Parapet du Flanc bas eft de treize piez au deffus du foffé fec,
- XXXVIII. Les Affiégeans pourront faire Pat fiette de leur Batterie depuis N°. n.versN0. 1 y. du Parapet du Flanc de la Contrefcarpe, lorsqu'il fera fi haut, que le Canon pourra atteindre la crête du dit Flanc bas par delfus l’ouverture du' Rempart bas, qui pour cela doit être abaifle juf-qu'à un demi pié au delfus de l’Horizon.
- XXXIX. Mais puilqu’ils voyent un peu de la muraille du Flanc bas, l'embouchure du Canon de cette Batterie devra pour le moins être de fix piez au-deflus de l’Horizon ; & le Parapet en fera là - delfus encore élevé de quatre piez : de forte que fa crête fera aux Flancs de douze piez & demi au-deflus du Chemin-couvert ce qui caufera bien du travail.
- XL. Et parce que la plate-forme de cette Batterie doit être de quatre piez au-delfus de l’Horizon , elle fera commandée des feux de la Face capitale joignante , de la haute Courtine, & du Flanc haut.
- XLI. On peut donc comprendre que les fof-fez fecs ne peuvent être commandez par cette Batterie: & fi cela fe pouvoit, quand l'Ennemi haulferoit pour cet effet la Batterie, XLII.
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- la JL maniéré de fortifier de F-Auteur. 18Ï XLlï. Cela ne donnerait aucun autre avantage, que pour faire avec plus de fureté une ouverture dans le Rempart antérieur près de Np. 25., pour pouvoir ainfi battre la muraille de la Face capitale.
- XLIIL Et en ee cas-là les A(fiégezfe verraient fruftrez de leurs défénfes, que nous avons décri-, tes pag. ijr.
- XL! V. Les Affiégeans ne pourront pourtant point, pour des raifons fufdites, démolir l'A vant-Rempart plus bas que cinq piez deflus l'Horizon; -
- XL V. Deforte que la plattc-forme de cette Batterie doit être de neuf piez au-defïus de l'Horizon , qui éft de dix piez & demi plus haut que le Chemm-cotivert : & en cet état elle ne pourra battre la muraille par-delfus le démoliircmënt du Rempart bas, plus bas que la hauteur de l'Horizon. »
- XL VI. Outre que pour cet effet les Affiégeans ne fc peuvent fervir de Batteries croifécs ; fans lefquelles tout cela fera de difficile execution j XLVII. Principalement fi les Aflïégez tâchent de l’empêcher par des facs à laine, que les Contre-batteries de l'Ennemi ne peuvent renverfer, parce que leurs tirs ne font pas û bas , comme rious l'avons montré.
- XL VIII. Aulii il eft très-difficile d'ôter ces facs à laine, parce que les Aflïégez derrière les Pàliflades, comme auffi la Cavallerie & l'Infanterie, qui eft à N°. 28., le peuvent empêcher, outre que les Flancs commandent ce fofîe fec.
- XLIX. Suppofé que les Affiégeans euflènt ’fait une brèche, ils n'oferoierit pourtant point pour des raifons fufdites monter à l'aflaut, qu'entre les deux Parapets par lé foffé fec N*. 30. '
- M 3 L. Ces
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- ComparaiÇon entre les Méthodes Françoifès
- L. Ces Parapets auffi feront de très - difficile conftru&ion, parce qu’elle fe doit faire à la vûë des Flancs.
- LI. Outre que les Affiégez fe peuvent à tous momens aprochcr des Travailleurs, & les chaflcr avec des Grenades & autres feux d’artifice.
- LII. Ce qu’ils peuvent faire d’autant plus facilement, qu’ils peuvent venir à ces Parapets aufli-bien du cote du Rempart bas, que derrière les Paliflades.
- LIII. Auflî les Affiégeans les ayant repouffé, ne les ofent pourfuivre dans le foffe fec, parce qu’ils fe devroient ainfi expofer à tous les feux.
- LIV. Et quand les Affiégeans feroient avancez jufqucs près de la brèche, il ne leur ferait pas poffiblc de joindre ce Parapet au revêtement de la Face, parce que les Travailleurs ne fe peuvent couvrir des feux que les Affiégcz leur jettent continuellement de la Face.
- LV. Deforte que cette ouverture entre le Pa-rapet, & ce revêtement fera très nuifible aux Affiégeans , puifquc par elle, les Traditores les pourront incommoder. Auffi les Afliégez peuvent-ils les attaquer par le même endroit, en chaflcr le Mineur, & fê mêler avec les Aflaillans ;
- L VI. Outre que ceux - ci doivent monter à l’aflaut à la vue des Traditores d’onze degrez , & de tous les Flancs,
- LVII. Auxquels les Batteries croifées ne peuvent répondre, parce que ces Parapets les couvrent.
- LVIII. Ces Parapets doivent être éloignez l’un de l’autre pour le moins de huit toifes, pour monter la brèche en grand Front.
- LIX. Et à caufe de cette largeur, le Parapet devra pour le moins être élevé de dix piez au-def-
- * fus
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- Cr U II. manière de fortifier de l’Auteur. l8f fus du foflc fcc , pour empêcher l’enfilade du Flanc haut.
- LX. Dcfortc que ce haut Parapet couvrirait le Flanc moyen de la Contre-batterie.
- LXI. Outre ces tirs-en-brèche, les Aflîégez pourront fe tenir à couvert près de N«. 28. d’un Front de quatorze toifes, & commander fans relâche la brèche d’un Angle de vingt-trois degrez, à la diftance de cent & feize toifes,
- LX 11. Lefqucls ne pourront être chaflez par les Affiégeans, n’y trouvant point d’accès qu’entre tous les leux de la haute & baffe Courtine.
- LXI1I. Aufli les Afliégez font-ils'poftez pour cette fin derrière des endroits couverts, qui font bien munis de certaines machines.
- LX1V. En cas^donc qu’aucuns tirs en-brêche foyent jamais nuifiblesaux Affiégeans, ne fcra-ce pas celui - ci? Et les AtTaillans ne feront-ils pas contraints de quitter l’attaque , à l’exemple de ceux de Candie ci-devant allégué?
- LXV. Nous concluons donc, que cès avantages font incomparables au peu de force des méthodes modernes,
- LXVI. Principalement, quand on confidere, que nôtre méthode eft d’un fi grand ménagé, comme cela paraîtra dans la fuite.
- Outre tout ce que nous avons dit , nous ne manquerons pas de montrer , que nous ne comprenons pas feulement dans cette Forterefle: capitale une égale grandeur de 28800 toifes avec les méthodes Françoifes dans les poligones intérieurs Fig. A. & R, mais on trouvera I, que les foffez fecs tant de la Forterclfe capitale, que des Rave-lins fourniffent encore un eipace de 28800. toifes , qui donnent à la dite Forterefle tous ces avantages. Outre qu’on y peut aufli faire camper tant M 4 de
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- Defcription de id mitraille Sranfvift^
- ï 84 Calcul des dcpenfès des Murailles modernes de monde, que Ton veut dans le tems debefoin.
- II. Ils feront utiles pour une retraite des fuyards.
- III. La Garnifon y étant campée fera en fureté des Bombes, qui ne tombant point ici dans les maifons ne feront pas tant de dommage. Outre qu’on peut IV. éteindre facilement celles qui tombent en pleine campagne ce qui ne fe peut faire lorfqu’on eff étouffé par les maifons.
- De forte que nous ne comprenons pas 28800, toifes entre les foffez humides mais 57600. toi* fes.
- Calcul des dcpenles des Murailles , que l’on applique aux Fortifications modernes à la Fig. A. , & de celles dont l’Auteur fe fert dans fa fécondé Méthode Fig. H. K. & L.
- Vefcripion des murailles, dont Us Forte-rejjes modernes font revêtues.
- DAns le premier calcul des dépenfes, & de ce qui en diffère entre la méthode moderne , 8c nôtre première méthode nous avons attribué de certaines murailles à la méthode Françoife, ou la moderne, fans être informez au jufte de la maniéré dont elles fe conftruifent à prefent.
- Mais pour ne plus errer nous nous fommes informez au jufte des murailles, que l’on applique dans ces jours à une Forterefle. Ce que nous nous propofons, comme fi la Forterefle moderne étoit ainfi revêtue.
- Cette muraille eft haute de vingt & un piez , & épaiflç en haut de fix piez & demi, talufant
- d’un
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- comme celles de laII.manière de VAuteur. 185 d’un fixicme en dehors, fur la hauteur, & fuplon-bant d’un douzième en dedans de forte que fon épaifleur par le pic eft de huit piez & un pouce , outre une lifte qui aura encore neuf pouces de faillans. Au refte l’on maçonne une cape au-deffus de cette muraille, de deux piez en dedans de fa largeur d’enhaut, à la hauteur perpendiculaire de deux piez & demi, par laquelle il décline vers le côté extérieur de vingt pouces.
- On maçonne à cette muraille des contreforts Sa Pilaflrui éloignez l’un de l’autre de vingt piez à mefurer de milieu en milieu, larges de huit piez à la racine & de quatre piez à mefurer du pié de la muraille. Ces contreforts montent perpendiculairement à la hauteur de neuf piez , où ils ne font larges que de dcux^»iez, cinq pouces. On fait des retraittes à ces Contreforts à chaque côté de fix pouces, de forte qu’ils n’y refteront larges que de fix piez & demi, 8c s’élèveront de dix-fept piez.
- On fe fert d’une telle muraille dans une certaine Fortification pour revêtir les Faces, les Flancs,
- 8c les Courtines. C’eft pourquoi nous l’cmployc-rons aux mêmes lignes de la Fortification moderne Let. A. Deux toifes d’une telle muraille contiennent 658So. briques, & les Contreforts à proportion de la même longueur 14412. briques; dont cnfcmble 80292. briques d’une meme grandeur que nous les avons décrites pag. ioa".
- Nous ne trouvons pas une Contre-gallerie à cette muraille, quoi qu’il y ait quelques Mines maçonnées , comme nous avons dit pag. 17. C’eft pourquoi nous y ordonnons une Contre-gallerie de la même force, que nous l’avons ordonnée pag.
- 108. à la Face du deflein François, chaque deux toifes contenant enyiron dix mille briques.
- Le
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- Profil dts timmllu.
- iSS CaUul des dépenfes des Muer ailles modernes ,
- Le Profil des murailles pour revêtir le retour de YOrillon depuis le côté extérieur du Flanc moyen jufqu’au Flanc haut, & de là jufqu'à la Courtine droite, doit être pareil à celui que nous avons décrit pag. 109.
- Deux toifes d'une telle muraille avec les Contreforts félon la proportion, ont befoin de 16zoo. briques.
- Nous retiendrons auffi une muraille fèmblablc à celle que nous y avons décrite pour un revêtement de la FaujJe- brayez dont les deux toifes, comme il a été dit, requièrent ,8-^07.briques.
- Les murailles que l’on fait aux Raveltns de la dite Fortification , fonte d’un même Profil que celles des Faces, Flancs, & Courtines, outre que ces dernières font pour la pliS|>art moins épailfes de deux picz.
- Il faut pour deux toifes d’une telle muraille y compris le Cordon 77980. briques. Et parce qu’on n’y confirait pas de Contre-galerie, & que nous en avons à nos Ravelins , il faudra pour deux toifes d’une telle Contre - galerie 5 5 89. briques; donc il en faudra pour le tout 83 569. briques.
- Calcul des Murailles four revêtir félon U méthode moderne de Fortifier â à la Fig. A. j four un Bafiion ou Polygone, avec Ja Courtine & Uavelin.
- LE S Fortifications Françoifes , ou modernes, de la pointe d’un Bajtion à l’autre, confiftant en Faces, Orillons, Brifures , Flancs moyens » avec les Courtines, ont de longueur enfemble 292. toifes. Pour chaque deux toifes fans Contre-gale-
- rie
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- comme celles de la II. manière de VAuteur. 187 rie il faut 80292. briques. 11 faut donc pour ce Front - - - - 11722632.
- Les Contreforts des Grillons pour être fuffi-fans, doivent être longs d’environ feize piez au lieu de huit. Ces deux Orillons à la longueur de vingt toiles contiendront environ - 100000.
- Du côté extérieur du Flanc moyen régne une muraille jufqu’au Flanc fupérieur, de là le long du Flanc haut jufqu’à la Courtine droite, dont toute la longueur cft de quarante - quatre toifes, prife deux fois font quatre-vingt-toifes. Pour chaque deux toiles il faut 16200. hriques, ce qui fait en tout - 712800.
- Les Contre-galeries fous les Faces capitales longues de cent trente - lix toiles ; pour les deux ensemble 10000. briques, total - - 680000.
- Les Faces y Flancs & Courtine de la Fauffe-braye ayant de longueur cent & deux toifes ; pour les deux toifes il faut 38907. briques , cnfemble
- 1984257.
- Les deux Faces d’un Ravelin, longues enfem-ble de cent toifes. Pour chaque deux toifes avec la Contre-galerie il faut 73 569. briques ; donc pour le tout - - - 3678450.
- Dcforte que la lomme entière d’un Baftion avec fa Courtine 9 Faujfe-braye, 8c Ravelin , félon un jufte calcul, comtne Ton le conftruit à prefent, monte à dix-huit millions, & 878139. briques.
- Calcul
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- iSS Calcul des dépenfes des Murailles modernes 9
- Calcul des Murailles dont V Auteur fe doit fervir four revêtir fes Remparts, &lo-
- femensy &c. de fa fécondé manière de fortifier, Fig. K. & L.
- LE Bajlion capital a fes Faces de cent toifes avec VOrillon, jufqu’aux Flancs moyens. Pour chaque deux toifes aveeja Contre-galerie 5^445. briques : ce qui fait pour tout 316092.0.
- Puifque pour les neuf toifes de VOrillon il faut des Contreforts plus grands qu’aux Faces, on ÿ ajoûte pour les deux Orillons - 60000.
- Les deux Flancs moyens de ce Baflion ont de longueur enfemble foixante toifes ; pour deux toifes il faut 18543 ' 'briques ; donc pour tous enfemble. - T “ “ 85629b.
- La Courtine longûc de foixante-fix toifes, dont pour les deux toifes il faut 24489. briques ; pour tout enfemble - - - 861837.
- Les Faces, Flancs, & la Courtine de la Cour-fine baffe, enfemble longue de quatre-vingt-feize toifes. Nous prenons pour deux toifes autant de briques que Ton employé à la Fauffe - broyé de la méthode moderne, Içavoir 38907.briques. Pour tous enfemble - - -
- La Galerie de maçonnerie fous le Chemin-couvert du Rempart anterieur eft longue devant un Polygone de deux cens toiles, dont deux ont bc-foin de 12000. briques ce qui fait en tout ----- 1200000.
- Les Faces & les Flancs du Ravelin ayant de longueur cent-trente-fix toifes ; & par confequent autant pour la Galerie. Pour deux toifes il faut 9000. briques & en tout - * 612000.
- L’Avant-
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- çommt selles delà II.manière de F Auteur. i8<>
- L’Avant-mur de la Redoute eft haute avec fon fondement de dix piez, épaifle par le bas de quatre , en haut de deux & demi ; la muraille mitoyenne eft de la même hauteur , mais cpaifle de trois piez en bas, & de deux en haut. La muraille intérieure eft haute de huit piez > cpaifle en bas de deux & demi, en haut d’un & demi. La muraille, extérieure qui ferme la redoute, eft haute avec le fondement de neuf piez, épaifle d’un & demi.
- Donc il faudra pour le tout - - - 266652.
- Les logemens de maçonnerie dans la Gontref-carpe intérieure, qui font devant le Ravelin, ont une muraille de trente quatre toifes de longueur , ceux devant l’Angle du Bajlion capital n’en ont que trente - deux , & ceux des Redans en ont vingt-huit, enfemblc de quatre-vingt-qnatorze toifes : & comme ces murailles ne font élevées, que de huit piez, elles font épaifles d’un pié & demi juf-qu’à la hauteur de fix, le refte n’eft épais, que d’uni pour deux toifes3564.briques, &pour les quatre-vingt-quatorze - - - - 167508.
- Les deux Galeries enfoncées au logement du Redan ont dix toifes de longueur, pour deux desquelles il faut y00o. briques, les dix demandent - - - - * 2 5000.
- La muraille du logement dans la Contrejcarpe extérieure eft longue de quarante-quatre toifes, étant éievée de huit piez, de la hauteur de fix, épaifle d’un pié & demi, le refte n’eft que d’un pié; il faut donc encore pour deux toifes 3564. briques : & pour quatre-vingt-huit toifes il faudra - - - * 156816
- De forte que la fomme entière de mes murailles Somme entier» félon ma fuputation, eft de neuf milions, 180859. JJ
- briques pour un Polygone % comme il eft dit ci- muniiies de deflus. Mais
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- ConclHjîon,
- ipo Calcul des dépends des Murailles modernes ,
- Mais puifque nous avons fept Polygones dans ce dcflcin, & que celui des François, dont nous avons calculé la dépence n’en a que fir, toutes mes murailles calculées fur le pié de fix Polygones mon-teroient à dix milions, &71101Z. briques.
- L’on doit remarquer , qu’à la fufdite proportion par les trois derniers articles, dont les 'briques font employées aux deux Contrefearpes * nous contons 407(44. briques pour leslogémens, que nous n’avons pas contées dans le calcul des méthodes modernes.
- Et que nous ne comprenons pas dans cet Ep-tagone 28800. toifes comme le Plan François Let. A. mais 57600. toifes > comme nous l’avons rémarqué ci-devant.
- Et nonobftant tout cela nous employons tant à la Forterelfc capitale , qu’aux Contrefcarpes huit milions 167127. briques de moins, que l’on n’em-ploye à la Fortification moderne : outre que nous avons beaucoup plus de force dans nos Forteref-fes que les modernes, comme nous avons fufKf. famment montré dans leur comparaifon.
- Le Le&cur pourra juger, laquelle des deux méthodes eft la plus forte & de moins de dépence.
- CHA
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- Vejcriptiott de l'Oftagone Royal, 191
- CHAPITRE V-
- Defcription des Figures Oftogonal-les ivi. & O., qui font une troifiéme Méthode dé Fortifier ledit grand Exa-gone ütoyal.
- Vefcription des Contrefcarpes.
- NOus donnons ici une troifiéme méthode Fig. Troifiim ma-M. & O., avec les Profils pour une par- dt ^ tic fur la Fig. N., & le refte fur la Fig. X., dont nous décrirons fi amplement les Plans» que le Le&eur en fera entièrement informe.
- Nous pofons ici, pour n’avoir point un Horizon égal aux deux autres Defleins, qu’il eft de cinq piez au-dcfliis de l’eau ordinaire en Etc.
- De cet Horizon on creufe au Parapet le Chemin couvert de trois piez & demi, déclinant juf-qu'à l'eau d'etc ordinaire fous une égale ligne, à la largeur de douze toifes; & dans leurs Angles rentrans, nous formons des Redans d'une telle grandeur , qu'on y puifle maçonner un logement & un Chemin-couvert de douze toiles pour la fureté du logement , & pour les couvrir aux aîles contre lesAl-fiégeans, on conftruit par le grand Chemin-couvert .des Parapets, dont la bafe eft de quatre toifes, tellement qu'ils foient d'égale hauteur avec la muraille du logement. Devant ces Parapets on fait deux Banquettes de trois piez & demi de hauteur pour rafer le grand Chemin-couvert. Le Chemin-couvert entre les logemens, & les Redans eft de même que
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- Coffres dans fEfplanade.
- Faurntaux de~ t/ttnt Us Coffres ir Us Galeries.
- * Voyez p*g. zi.
- Et Talijpidtt.
- Ipz ïïefcription de VOttagonc "Royal.
- Ic précédent creuféfurune ligne égale de trois piez & demi, le Parapet des Redans étant de quatre piez & demi au-deffus de l’Horizon ; de forte que les murailles des logemens de la hauteur de huit piez foyent à couvert.
- Devant ces Redans en avançant de fix toifes dans YEfplanade, il y a des Coffres, comme nous les avons décrits auparavant dans les ContreÇcarpes de l’Exagone. Et pour faire quelque différence entre ces Contrefcarpes, & les précédentes, je fais maçonner ici au deflous des Parapets des Redans une Galerie d’un bout à l’autre, dont la largeur intérieure eft de fept peiz & demi, que je couvre de planches, & d’un pie & demi de terrepar-deflus, garni de créneaux & foûpiraux. On fait une Ban~ guette de cette Galerie, pour tirer par-deflus le Glacis & le Coffre ; de cette Galerie on empêchera par des Moufquets & demi-Piques, les Aflàillans de fc jetter dans le Chemin-couvert des Redans, après avoir pouffé par-deffus le Coffre; ce qui ferait autrement très-facile , parce que nous ne pofons à ces Redans les Paliffadcs qu’à la diftance de dix à douze piez du Parapet. Nous jugeons, que ces Paliffades ne doivent pas être plantées plus loin, pour empêcher qu’on ne les coupe , & afin que ceux de la Galerie puiffent d’autant mieux défendre le paflage des Barieres qui font auffi défendues par le feu du logement de maçonnérie.
- De cette Galerie il y a des pafl'ages jufques au Coffre, qui comme il eft dit * défendent les Angles des Redans.
- Et afin que ces Coffres 8c Galeries foyent mieux affurez, on fait au devant divers Fourneaux & caiffes de Bombes pour obliger les Affiégeans de les emporteravec plus de cérémonie.
- J’environne les logemens de Paliflades à la distance
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- Defcriptiort de YOÛogone Royal. i$i> tance de trois piez de la muraille contre le Pétard j & le Chemin couvert des Angles faillans eft' gardé par un rang de Paliffades, pofce à la diftance de douze piez du Parapet ; dans lefquelles il y a diver-(es barrières pour faciliter les Sorties. Le Parapet cft à cet endroit de quatre piez & demi au deflus de l’Horizon, avec fes deux Banquettes, hautes de trois piez & demi.
- Les Parapets du Chemin-couvert * ont.en Front deux rangs ae Paliffades; mais au côté intérieur il y a des Paliffades tournantes , dont il eft parlé dans la defeription de l’Exagone Royal *
- Le rang extérieur de Paliffades de ce Parapet cft joint au rang de ceux qui gardent les Angles faillans de YEJplanadc, aufquels il y a une barrière pour entrer dans le grand Chemin-couvert de la Contrefcarpe.
- Defeription de la Couvre face.
- ENtre cette Contrefcarpe & la Couvre-face9 on fait le fofié large de douze toifes , profond au Coridor de cinq piez * & vers la Couvre face de fept piez, eau ordinaire en Eté, le Rempart de cette Couvre face eft d& quatre piez au*ddïiis de l'Horizon, fur lequel eft fon Parapet large fur la crête de vingt piez avec fes deux Banquettes, leurtalud intérieur & extérieur eft pour les raifons que nous avons marqué ci-deffus à terre* roulante, que nous garantiffons pourtant contre les infultes de Peau par les moyens fufdits.
- N
- Defirip*
- * Travcrfi.:.
- * V»yez.p.tg.i'y
- De U Couvtc-face ou Contre-garde.
- * Voyez, pag-tq.
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- £>« Ravélins.
- I94 Defcription de VOBogong Royal.
- Defcription des Ravelins.
- LEs Ravelins, quoiqu’étant placez devant les Angles des Bafiions capitaux ne font pourtant pas appeliez des demi-lunes, à caufe que l’autre nom leur convient mieux.
- Ces Ravelins font couverts par un fécond Rempart que nous appellerons la Face baffe du Rave-lin. Son Rempart eft de quatre piez au-delîus de l’Horizon avec fon Parapet large de vingt piez, une Banquette, Sc Chemin-couvert large de huit piez, lavoir cette partie de la Face balle, fous la quelle le Coffre eft maçonné au folle capital de feize toifes de longueur, mais les Angles auront des deux cotez fur la longueur de 24. toifes un Rempart de la hauteur de fept piez, pour guarantir le folfé fec de l’enfilade. Devant ces Parapets je fais faire deux Banquettes, terre roulante, horfmis entre la Caponiére & le Parapet, où je laide une diftance de huit piez. Le refte de cette Face balle doit avoir un Rempart de quatre piez au-deflus de l’Horizon, & un Parapet large de vingt piez ; haut de fix par dedans, & de quatre par dehors, de plus le talud de toute la Face balle fera tant en dehors, qu’en dedans à terre roulante, afin qu’on la puifîe monter par dedans, & qu’elle n’ait pas bc-foin de Bermes par dehors, laquelle nous garderons pourtant contre les infultes de l’eau, comme il -eft dit. On trouvera tout ceci très bien delïiné dans le Ravelin agrandi N°. 1. Fig. F.
- La Galerie maçonnée eft voûtée de maçonnerie ou couverte de planches, & de terre à la hauteur d’un pié, ou d’un & demi en pente contre les feux d’artifice, avec fes crénaux, & foupiraux comme le Profil N°. 7. Fig. Lct. I. le montre.
- De-
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- Dejcription de l'OÛogone Royal. I95
- Devant cette Face baffe du Ravelin il y a un dft foflé large de dix-huit toifes, profond aupiéd'i-celle de huit piez,& au Coridor de fept pié d'eau ordinaire d’Eté.
- Nous faifons un foffé fec entre le Ravelin & Foffé fie du Ra-la Face baffe, large de feize toifes, profond à chaque côté de quatre piez fous l'Horizon, & de cinq par le milieu , ou à la hauteur de l'eau ordinaire en Eté, afin qu'on n'y puiffe trouver de terre. En tems de Siège on fait auffi creufer ce déclin fous une ligne égale, tant pour rendre le revêtement de la Face d'un pié plus haut , que pour n’y laiffer point du tout de terre. Mais à condition toutefois, que l'eau des foffez fe trouve alors de cinq piez au-deffous de l’Horizon. En quoi il fe faut régler pour ne marcher pas dans l'eau en paffant le foffé fec, ce qui s’entend auffi des autres foffez fecs. Mais en tems de Paix nous haufferions la terre à toutes leurs murailles, au- • tant que l'eau en fa plus grande hauteur pendant l'Hiver puiffe atteindre, pour les endommager.
- Aux extremitez de ce foffé fec, à la diftance Coffres aux de fix toifes du folié capital, je fais maçonner hm* par le foffé des Coffres, dont les murailles font d'une, ou d'une brique & demie d’épaiffeur, hauts de trois piez au-deflus de l'Horizon, & larges dans l'œuvre de huit piez, couverts de planches & de deux piez de terre, ou de gazons contre les feux d’artifice. Leurs murs font garnis de créneaux de deux cotez, tant pour rafer le foffé-fec, que pour faire feu fur Ceux qui voudroient fe jetter dans le' Chemin - couvert derrière le Coffre. Du côté intérieur du Coffre on fait deux Banquettes, hautes de trois piez & demi ; fon Chemin-couvert n'eft aprofondi que de trois piez au - deffous de l'Horizon , afin qu'on y puiffe être entièrement N z à
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- Utilité tles Banquettes dn Coffre.
- Petit fnjfi de-•eant le Coffre.
- Premier pAjJkge.
- Deuxième ér iret/icmepajptgc.
- * Voyez pig. *4 z 1-16. xj. aS 8C29. Caponiere dans la peinte de la Faffe Lalfe.
- ïÿ6 Defcription de VOSiogom Royal. à fcc, finon en cas d’extraordinaire fecherefi'e d’E-té, on en ereufe un peu davantage.
- De ces Banquettes on pourra rafer d’un fécond feu le foflé fcc par-de {fus le Coffre, & laifl'er derrière aflez d’cfpace pour faire des Sorties » comme il eft dit ci-deflùs pag. aj. & z6.
- Je fais conftruire devant ce Coffre un petit fof-fé large de quatre à fix toifes, afin qu’il foit mieux gardé contre les Aflïégeans; profond de dix piez au-deflous de l’Horizon ; ce qui eft de cinq piez de l’eau en Eté. La Galerie maçonnée au-deftous de la Face bafle du Ravelin eft avancée de quatre à fix toifes devant ce petit fofi-fé ; où je fais auflï autant de portes pour entrer dans le folle fec.
- Le fécond paiïage vers le folle fec eft du côté du Chemm-couvert de la Face bafle. Mais le troi-fiéme eft par le Coffre, & le Pont- levis du petit folle le long delà Face capitale du Ravelin, comme. le Profil N°. 7. Fig. I. le montre. Cette Sortie eft défendue par un rang de Paliflades ÿ à la diftance de quatre toifes de la muraille delà Face\ comme on voit dans le Ravelin agrandi Fig. F. N°. 1., où il y a aufli beaucoup de barrières pour les Sorties.
- Nous avons parlé de tout ceci fort amplement dans la Defcription des Ravelins de l’Exagone Royal *, où il eft bon de renvoyer le Leâeur.
- Je fais maçonner une Caponiere dans l’Angle de la Face bafle, dont on voit le Plan dans la fufdite Figure. Elle a une muraille épaifie d’un pié & demi, qui a des créneaux de tous cotez, haut au-deffus de l’Horizon de cinq piez. Et parce qu’elle eft trop grande 9 elle doit être féparée par des murs mitoyens avec des portes > comme on voit dans la Figure. Ces retraites doivent être
- couvertes
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- Defcription de l'OBogone 'Royal. I97 couvertes de quatre piez de terré fur des madriers foûtenus par leurs folives contre les feux d'artifice. Entre cette Caponiére & le Parapet de la B ace baffe il y aura une efpace de huit piez, qui, comme il efi dit ci-defïus, fervira pour fe défendre.
- Pour entrer dans cette Caponiére on conftruit par le Rempart du Ravelin une Galerie jufqu'à la Contre-mine: de là on l'enfonce par l'Angle du Ravelin & par le fofïé fec jufqu’à la Caponiére, tellement que fcs murailles font élevées de deux piez 8c demi au-deffus du foffé fec, de l'épaiffeur d’un ou d'un pié & demi. Cette Galerie eft lar-ge de huit piez , dans l’œuvre, bien crénellée de deux cotez, 8c maçonnée en ciment. Ces murailles doivent être couvertes par des madriers, & de deux piez de terre par-deuus, contre les feux d’artifice. Après cela, pour pouvoir pafierpar-deflus la Galerie, je fais maçonner en quelque endroit des degrez de deux piez & demi aux deux cotez des murailles.
- Auffi faut-il faire au-deffus de cette Galerie enfoncée dans la Caponiére deux portes fuffifantes, pour pouvoir faire des Sorties dans le folle fec.
- Et afin que cette Galerie ne ferve point de paf-fage aux Affiégeans vers le Ravelin y ni vers la Contre-galerie, les Affiégez étant forcez de la quitter, Ja rempliront d’eau par un conduit préparé.
- La Face capitale du Ravelin doit avoir un Rempart de dix piez aü-deflusde l'Horizon, revêtu d'une muraille à la hauteur de fept piez au-deflus dudit Horizon , & l'affiete de fon fondement d'autant au-defious, qui- fera alors de deux piez au-defious'du foffé fec, pour être mieux gardée contre la pouffée des terres. Auffi ce fondement doit être fur un pilotage. Et parce que la partie la plus baffe de la Face baffe du Ravelin N 3 avec
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- Ctponïére à" Bonnette.
- 198 Defiription de TOBogone Royal• avec fon Parapet , eft de dix piez au - deflus de l’Horizon* la muraille fera ainfi aflez garantie des Batteries de la Campagne. Cette muraille doit etre encore pourvue de fa fécondé.muraille, & d’une double Contre-galerie j dont nous avons expliqué les raifons pag. 31.
- On éleve le Rempart de trois piez plus haut que la muraille, & là-deflus le Parapet, large de vingt piez* à la hauteur defix piez par dedans, & de cinq par dehors, avec fa ‘Banquette & Chemin-couvert large de quinze piez. Et afin qu’il y ait aflez d’efpace à fon Angle pour refifter aux A£ faillans, le Chemin - couvert y fera élargi jufqu’à vingt-quatre piez. fur vingt toifes de longueur, Comme la Figure le montre.
- On voit affez lereftedans le Profil Fig. I. N°. 7. mais principalement dans le Ravelin agrandi Fig. F. N°. ï.
- Dans ce Ravelin j’ordonne une Caponiére, & une Bonnette de la même grandeur & forme, que la Figure la reprélente. La muraille eft épaiflè d’un pié & demi à la hauteur de cinq piez au def-fus de l’Horizon, & à caufe de fa grandeur je la fepare par une muraille mitoienne, pour y pofer deflus des poutres, & des planches, & la couvre de quatre piez de terre contre les feux d’artifice. Cette muraille doit encore être élevée de dix piez à l’épaifleur d?un pié, pour une Bonnette. Après cela on crenelle cette muraille tant en haut, qu’en bas. Le fonds de la Caponiére eft de trois piez au-deflous de l’Horizon.
- De plus, aux deux cotez des Sorties, au travers du Rempart du Ravelin , jufqu’à la Capo-où l’on voit le rang extérieur pondué, on fait l’Horizon jufqu’au grand folie à la profondeur de l’eau en Eté ; ce qui me donne
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- Defcription de VOélogone Royal. Ï99 de foi-même un Parapet, où je fais planter des Paliffades depuis le Rempart du Ravelin jufqu'à la Caponiére, tout au tour de laquelle je fais continuer la même profondeur de la largeur de dix piez.
- Après cela j’ordonne un autre rang de Paliffades depuis le grand foffé vers la Caponiére ; & par le rang , qui cft par le petit folle de dix piez, je fais faire une barierre , comme aufli par celui, qui cft derrière. Cela fera plus commode pour les Aflîégez, que les Paliflàdes près de la Caponiére de l'Exagone Royal * pour s'y pouvoir re- * Voyez pa* tirer, quand ils font obligez de quiter la brèche en confufion : car ils y font défendus par les feux de la Capomére. Aufli ce petit foffé fec fera plus commode pour faire des Sorties , & difputer aux Aflïègeans leur logement dans le Rempart du Ravelin. Nous avons ci-deflus, dans la defcription de l’Exagone Royal, très amplement expliqué les autres utilitez de la Caponiére, & de la Bonnette, c’eft pourquoi nous n'en parlerons pas ici.
- Defcription du Baftion détaché.
- /^E Baftion eft prefque de la meme Figure, que le capital de l’Exagone Royal , excepté que Ion Horizon caufe quelque charigement, & qu’il eft ici un ouvrage détaché, & là le Baftion capital de la Forterefle même.
- Son foffé fec eft large de feize toifes, profond au milieu de cinq piez, & couvert d’iin fécond Rempart, que nous appellerons la Face baffe du Baftion détaché. Celui-ci eft élevé de cinq piez au-defïus de l'Horizon; fur ce rempart on fait le Parapet large par la crête de vingt piez, fontalud extérieur eft à terre roulante , & fon intérieur d’un pié fur flx, fon terre-plain avec fa Banquette N q. Cft
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- De /’OrilIon.
- * Vi'yez de-p:.is pyg 34. jii/q j’à 41.
- De: Fiar.cs h,a.
- 200 Defirlption de FOFlogôfte Royal. eft large de huit piez, fous lequel je fais maçonner une Galerie large dans l'oeuvre de fept, haute d'autant y compris la voûte, qui doit encore être couverte d'un pie & demi de terre contre les feux d'artifice. Je couvre d’une telle maniéré non feulement celle-ci, mais toutes mes Galeries, comme j'ai dit pag. 29. quoique les Profils ne le montrent pas fi clairement.
- Les Angles de la Face baffe doivent avoir, fur la longueur de vingt-quatre toifes, un Rempart élevé de huit piez au-deflus de l'Horizon pour la couvrir de l'enfilade.
- Je fais revetir de muraille une partie de la Face batte de huit toifes de longueur à mefurer dcl'O-rilion, comme nous l'avons décrit pag. 38. Nous ne continuons point ce revêtement depuis un Oril-Ion jufqu’à l'autre, pour éviter ladépenfè, d’autant plus que les Afliégcans n'ofent pas ici attaquer VOrillon directement par les Remplaces N°. 15. comme nous montrerons ci-après.
- Nous pourrions faire ici une longue defcriptîon de XOrillon ; mais cela feroit inutile, parce qu’il ne diffère gu ères de celui de l’Exagone Royal, dont nous avons décrit les particularitez dans le commencement de cet Ouvrage où on pourra voir le détail & les Profils N°. 4. & 5. Fig. N.
- Les Flancs bas font au fil joints aux Or liions, ayant leur Rempart de trois piez au deflus de l'Horizon, fur lequel je conftruis fon Parapet, large de vingt-quatre piez ,1e talud extérieur a terre roulante , & l’interieur d'un pie fur fix, fbn terre-pl.ain avec fa Banquette eft large de dix piez, & le refte, comme le Profil N°. 5. Fig. N. le montre. Nous avons décrit png. 3. la conftruc-tion de leur plattc-formc ; parce que ce Chemin-couvert ré eft pas allez large, on creufe le folié fçc
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- Defcription de VOttôgone Royal. 20 ï
- derrière ce bas Flanc de quatre piez au Rempart, & de trois à la muraille du haut Flanc.
- Derrière ces foflez fecs les Faces du Baflion font revêtues d’une muraille élevée de neuf piez, quoique par abus leur Profil N°. 4. ne marque que huit piezau-deflus de l’Horizon, qui avec les quatre piez de profondeur du fofle fec fera à la hau • tcur de treize piez. Le Rempart cft élevé de fïx piez plus haut que ccttc muraille, fans comprendre fon Parapet, qui doit être large par le haut de vingt piez comme on peut voir dans le Profil N°. 4. Fig. N.
- Les Flancs du Baflion font revêtus d’une muraille haute de fept piez au-deflus de l’Horizon, qui avec les trois piez de profondeur du fofle fec fait la hauteur de dix piez. Le Rempart en eft encore élevé de fix piez, & au*deffus on fait un Parapet large de vingt-quatre piez. Ces Flancs avec le Baflion rempli doivent incliner tellement vers les gorges, que le Rempart près de la Cayant ère, au lieu de douze piez, ne loit élevé au-delfus de l’Horizon , que de dix piez pour pouvoir tant mieux découvrir ce terre-plain tant par la haute Courtine, que par les Baflions capitaux.
- A ufii fais je conflruire une Caponie're dans la gorge du Baflion détaché telle que la Figure la ré-prefente. Les fondement de les murailles font d’un pié s & demi plus bas d’un fond creufé de trois piez au-deflbus de l’Horizon, épais de deux piez, hautes de neuf, & épaifie d’un & demi. On met des poutres au - deflus couverts de planches ; 3c par deflus on conftruit encore une autre muraille à la hauteur de quatre piez, épaifle d’un pié ; on couvre ces planches de terre à la même hauteur contre les feux d’artifice. Devant cette Caponie're on creufera un fofle fec large de quatre toifes, N î pro-
- Muraille doit Face du Bajfitn.
- Murailles des Flatta du iiaf-tîin. .
- C.iponiére dans la gorge du Ritjhon détaché.
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- 202 Defcription de VOElogofte Royal. profond» comme il eft dit» de trois piez au-dcf-îous de l’Horizon*
- Gau™. Tout autour du côté extérieur de ce foffé fec je fais maçonner une Galerie large de lix piez dans œuvre à la hauteur de fept piez » que je fais couvrir de planches, & de deux piez de terre delfus, qui monte enfuîte obliquement jufque dans le Baf-tion. De cette Galerie on conftruit les autres Galeries fous tout le BafUon,
- Dans l'Angle de ce foffé fec on fait une rampe pour le Canon à la hauteur de neuf piez, fur des poutres enclavez. Et aux Flancs bas on les peut mener directement des pontons » dans leur Che-% min-couvert.
- Pour pouvoir entrer dans les fbffez fècs, je fais Stries. maçonner des Sorties de deux côtez au travers Grand fcjfé des Flancs, comme la Figure le montre. Devant bw»idt. ce Bajlioft détaché je fais le folié large de vingt-quatre toifes, profond de quatorze piez au-def-fous de l'Horizon, deforte qu'il ait ordinairement la profondeur de neuf piez d’eau en Eté.
- Defcription de la FortereJJe capitale.
- LE S Remparts des Bajlions capitaux font élevez de vingt piez au-deflus de l'Horizon; les Faces font revêtues d'une muraille haute de cinq piez delfus l'Horizon, & Ion fondement eft de deux piez plus bas que le fond du foffé, qui font quinze piez au-deflous de l’Horizon. Cette muraille eft de la même épaifleur de celle que * Voyez psg. nous avons aproprié *, en donnant laComparai-1 4‘ fon de l'Eptagone Royal, & le Deffein François.
- Nous choiliflbns cette muraille-ci, parce qu’elle eft approuvée, & que l’on s'en fert à prefent, comme noijs l’avons dit pluffeurs fois, quoique
- nous
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- Defcription de VOftogone Royal, 203 nous la pourrons faire conftruire d'une autre manière , & d'une plus grande défenfe.
- 1 Au-deffus de cette muraille on pofe le Rempart déclinant de deux tiers par pic , & là - deffus un Parapet large de vingt piez en crête.
- On continue ce Rempart & Parapet de la même hauteur jufqu aux bouts des Orillons, mais le Rempart du ’Flanc haut n'aura que feize piez de hauteur au-deffus de l'Horizon, revêtu d’une muraille haute de treize piez, fçavoir de fept au-def-fus de l’Horizon, & de quatre au deffous, les deux autres reftant pour le fondement. On continue cette muraille le long de la haute Courtine , à la referve qu'elle ne fera que de fix piez au-def-fus de l'Horizon, & d’autant au deffous, deforte qu'avec les quatre piez de profondeur du foffé fec entre la haute & balfe Courtine, elle fera haute de dix piez dans un temsde Siège, quoiqu’en tems de Paix nous ne fafïions creufer ce fofle-là que de trois piez à la muraille, penchant vers la Courtine balïe jufqu'à la profondeur de quatre piez. Nous creufons de la même façon le Chemin-couvert entre la haute & baffe Face y comme le Profil N°. 3. dans la Fig. N. le montre.
- Le talud extérieur du Flanc haut , & de la Courtine droite fera de pié fur pié, & la crête du Parapet doit être large de vingt-quatre piez. La Courtine haute a un tcrre-plain de vingt*fept piez, comme les Profils N°. 2. & 3. dans ladite Figure le repréfentent.
- Le Flanc bas a un Rempart élevé de fix piez au-deffus de l’Horizon, la crête de fon Parapet étant large de vingt-quatre piez, déclinant par dehors à terre roulante, &par dedans d'un pié au-deffous de la Banquette, Son Chemin - couvert fera large de huit piez, comme l’on yoit dans le Profil N°. 3. Fig. N. Le
- Chemln-cou-vert /a Courtine.
- Le b eu Flanc.
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- î©4 Dejcriptiott de VOBogone Royal.
- Le Rempart de la Courtine baffe n’eft que de quinze piez au*deff'us de l’Horizon, & fonChemin* couvert large de vingt-fept piez devant Je/>4« rapet. Voyez le Profil N°. 2. Le refte ne diffère point de ce qui a été dît touchant le Flanc bas. La pointe du Rempart de la Courtine baffe doit être plus élevée de trois piez contre l’enfilade du Baflion détaché. Et parce que les Chemins-couverts du Flanc bas, & de la Courtine ne font pas aflëz larges pour pouvoir contenir une Batterie, on la fait fur des poutres enclavées, comme il eft dit ci-devant. On voit auffi dans le Profil N°. 2. le petit havre avec fes murailles.
- Au refte on remplit les Eaflions de terre, mais à la rampe, qui eft marquée dans la Gorge, on ne les remplit que de feize piez au-deflus dé l’Horizon, comme il eft remarqué, afin que l’eau de pluye puiffe commodément écouler.
- Defcription des Profils dans la Fig,. N.t pour les Plans Lett. M. & O.
- LE Profil N°. 1. repréfente la Face du Bajlion capital avec fon foffé, large de vingt toi-fes-, entre celui-ci & le Bajlion détaché, étant de diverfes profondeurs.
- Le Profil N°. z. fait voir la haute & baffe Courtine 9 avec la largeur du havre, & les murailles de deux cotez.
- Le Profil No. 3. marque le haut & bas Flanc du Bajlion capital, avec le Chemin-couvert creufê à la muraille, afin qu’il foittout-à-fait couvert.
- Nous faifons voir dans le Profil N°. 4. YOril-Ion du Bajlion détaché avec fes embrazures, & Sorties, comme auffi fa haute & baffe Face., &
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- Eefcription de PQftogone Royal, 20 y le fofle fec qui eft entre deux , & de quelle maniéré il eft défendu par la Galerie telle qu’il fe préfente à la vûë en le regardant du fofle fec devant l’Angle du Bafiion.
- Le Profil N®. 5. montre YOrillon, tel qu’il fe prefente à la vûë lorfqu’on le regarde du fofle fec entre les deux Flancs, & de quelle maniéré la baffe Face y eft jointe, avec les trois embrasures dans la muraille joignante, & la fedion du Rempart, & du Parapet du Flanc d’enhaut.
- On entend par le Profil N°. 6. la muraille de la Face de YOrillon avec fon fofle large de vingt-quatre toifes, & fes diverfes profondeurs.
- Le Ledeur trouvera les Profils fuivants, dans la planche marquée par la Fig. I.
- La. haute & bafle Face du Ravelin fe fait voir dans le Profil N°. 7. avec fa Galerie, & fofle fec entre la bafle & la haute Face, comme auflï le Coffre par le fofle fec, & fes créneaux.
- Nous entendons par le Profil N°. 8. la Couvre-face avec fon fofle, & la diverfité de fa profondeur.
- Enfin le Profil N°. 9. marque le fofle du Ravelin avec le Chemin-couvert, & YEJplanade de la Contrefcarpe, de comment le Coffre , qui eft dans l’Efplanade commande la campagne, comme auflï de quelle maniéré la Galerie , qui eft au*deflous du côté intérieur de YEJplanade commande le Chemin - couvert entre elle Sc le logement de maçonnerie.
- Nous avons fait tout marquer par des nombres, pour .en avoir une idée plus diftinde.
- Le Ledeur peut auflï obferver ici ce que nous avons été obligez de remarquer Chapitre IV. dans la defeription des Profils Fig. I. pour tes plans des Fig. H. K. & L. parce que cela a auflï bien lieu ici que là. ' Atta-
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- 206 Attaque fur VOBogone Royal.
- Attaque for l’O&ogone Royal décrit Fig. M. dont le contenu convient avec celui de l’Exagone Royal François Fig. A.
- Fremiêre attaque fur la Contrejcarpe.
- LE Ledcur ayant vu par la defeription , que ’ nous en avons faite de quelle manière nous conftruifons cet Odogone Royal, nous en montrerons la force par une attaque, comme il a été fait ci-deflus.
- Ayant donc ci devant très amplement décrit l'attaque de la Contrefcarpe de l’Exagone Royal, nous ne parlerons de celle-ci qu'en partant", parce qu'elle ne diffère gueres de l'autre. Dans la première nous avons gardé les Redans par des Paliflades tournantes contre les Aflaillàns. Et dans celle-ci, ils font gardez par une Galerie deflous le côté intérieur du Parapet* afin d’empêcher les Affiégeans de fe jetter dans le Chemin-couvert entre cette Galerie , & les logemens de maçonnerie , où les feux de cette Gallerie les prendraient par derrière , & en cas que les Affiégeans fe fuflent déjà porté devant Je Coffre , & en euflent çhaflé les Affiégez, ils auraient pourtant bien de la peine à palier à la Sape, la diftance de fix toifes , qui eft entre le Coffre, & la Galerie, tant parce que les Affiégez les y peuvent rencontrer , que parce qu'ils font des deux cotez pour leur difputer l’irruption dans la Galerie, & empêcher l'entrée dans le Chemin-couvert. Et en cas que les Affiégeans euflent déjà forcé deux ou plufieurs endroits de la Galerie, ils
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- Attaque fur l'O&ogonc Royal. 207 n’en auront rendu qu’une petite partie inutile, & ils n’oferont pourtant pas fe jetter dans le Chemin-couvert , à caufe que les feux de la Galerie les prennent par derrière, pour en chafler les Affic-gez s’il eft poffible.
- Ils feront donc pour cela contraints d’apporter une ou deux petites pièces de Canon à la partie de la Galerie ruinée pour rompre le logement de maçonnerie. Cela étant fait, ils pourront entrer dans le Chemin-couvert, & forcer les Affiégez d’abandonner ce logement & le refte de la Galerie, s’ils ne les ont point abandonné.
- L’on peut aufli remarquer, que l’Ennemi aura de la peine à y garder le Canon, les Affiégez étant en état de l’incommoder beaucoup par leurs Sorties.
- Seconde attaque à la Couvre-face..
- LES Affiégeans s’étant rendu maîtres des trois logemens N°. 1. z.Sc 3., ils doivent entreprendre la deuxième attaque à la Couvre-face par le remplace N°. 4. , qui eft environné d’un foflé large de douze toiles , défendu par la-capitale & Face bafle du Ravelin. Mais puifque ces détenfes font à la vûë de l’Ennemi, elles font de peu d’avantage.
- Troifiéme attaque j qui efi fur le Ravelin,
- /^E Ravelin étant défendu de la même manié-r.e, & par les mêmes feux * que nous avons décrit dans l’Exagone Royal depuis pag, 46. juf-qu’à 58. inclusivement, nous ne la reciterons pas ici; à la referve que le folfé fec devant ia Capo-ni ère, ^ au havre de ce Ravelin , y caufe un peu dè différence. Les
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- * Voyez psg. 29.
- ♦Voyezci def-fus la deferip-tion des Rave-lins.
- ao8 ^Attaque fur VOttogonc Royal.
- Les avantagés que cette Caponiere & Ton Che* min - couvert ont fur ceux que nous avons marquez dans l’Exagone Royal, confiftent généralement en ce qu’on ofe attendre ki une plus vigou. reufe attaque , que dans la Figure décrite, dont voici les raifons.
- L Les Afliégez après une refiftance obftïnée étant contraints,à la fin,de quitter le Rempart, fe peuvent retirer dans le foflé fec devant la Ca-poniére, qui eft creufée jufqu'à l'eau ordinaire en Eté, fçavoir de cinq piez au-deffous de l’Horizon , d’où ils peuvent fc rendre derrière les Pa-lifîades par des barrières. 11. Les Afliégez élevant d'un pié le côté extérieur de ce foflé, s'en pourront fervir comme d'un Parapet, pour pouvoir de là rafer les lieux bas du Ravelin, auflï-biem que par le feu de la Caponiére. III. Les Afliégez auront dans ce foflé fee l'entrée vers la Contre-galerie , & feront ainfi mieux couverts. IV. Aufli les Afliégez fe peuvent ils aflembler dans ce foflé fec, & de là faire leurs Sorties en bien meilleur ordre fur l’ennemi, qui s’eft pofté dans le Rempart du Ravelin , & qui préparé le canon pour ruiner la Caponiére, qu’ils ne fauroient faire par les barierres des Paliflades. * V. Ce foflé fec devant la Caponiére donne la commodité aux Afliégez d'y planter un rang de Paliflades pour Flanquer comme on l’a dit ci-deflus, le fonds Horifon-taldu Ravelin quand ils continuent l’écavation de cette terre devant le Front de la Caponiére jufqu'au Rempart du Ravelin, auquel cas elle fert de Para» pet * VI. Les Afliégez peuvent dans ce terrain enfoncé, de la Caponiére jüfqu'aux Sortiesde deux cotez, au travers du Rempart du Ravelin, exécuter à couvert tout ce qui peut contribuer à leur defenfe.
- Nous
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- Æaque fur VÜBogm Royal. 20$ Nous avons fait deffiner les Galeries, 8c les lct-très dans cette Figure M. comme fi nous en avions décrit l’attaque. Mais comme cela ne difére ea rien de ceqiii a été dit dans la deiCription de l’Exa-gone Royal, nous y renvoyons le leâeur, qui f trouvera auffi l'explication de cette Figure M;
- Quatrième attaque j qui efl fur le Bajlion détaché.
- AVant que les Afliégeans puiffent pôuflér les Remplaces à la Face baffe de ce Bajlion deta* ché, ils font obligez de rompre les Flancs du pro** chain Bajlion détaché N°. 20.
- Ils doivent pour cet effet planter leur Contre-batterie fur l’Efplanade emportée de la Contrefcarpè N°. 13. de pour cela ils font obligea de démolir la Cowvre-face à l’étendue de trente-deux toifes de longueur.
- La démolition de cette Coùvre-facè fe doit faire à la vûë de foixante-quàtre toifes de Flanc, & du. haut & bas Angle du Bajlion le plus proche ; outre qu’elle eft défendue par le Raqelin N®. 11. C’eft pourquoi les Afliégeans font contraints de faire une travérle dans ce fofle pour couvrir leurs Travailleurs. Nous avons amplement montré ci-devant pag. 58. la peine qu’a l’ennémi à ôter cétfe terre.
- Les Afliégeans ayant démoli cette Couvre-face à la dite étendue , ne trouveront de terrain fur VEfplanade que de quarante:huit toifes pour une Contre batterie contré tes Flancs du Bajlion détaché , qui font de foixante-quatre toifes , & cfe rOrillon, qui efl: de huit toifes , à la diftance dis Flanc haut de deux cens quarante-deux toifes.' .
- o m
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- 210 jjttàÿue fur VQBogone Roy ah Zetfeux, dont Ils peuvent auffi. placer une Batterie croifée de ftBejîZvirX' trente toifes fur le Rempart du Ravelin emporté \ »"• mais les Affiégez lui peuvent répondre par les
- Flancs oppofez de la Fortereffe capitale de quarante , &vingt-fix toifes, qui font enfemble foi-xante-fix toifes, & quoiqu’obliquement de la Courtine haute par une Batterie de trente toifes, & d’une Ligne de huit toifes de la Courtine baffe ï ce qui fait trente - huit toifes de fécond Flanc. Nous ne ferions aucun cas de ce fécond Flanc, û les Affiégeans lui pouvoient répondre.
- Nous laiffons à juger fi la Contre batterie de quarante - huit toifes fur YEfplanade pourra rompre les foixante - quatre toifes des Flancs du Baf-tion détâché, avec les huit toifes de YOrtüon;
- Et fi la Batterie croifée fur le Rempart du Ra-ïvélin de trente toifes fera capable de ruiner foixante-fix toifes des Flancs perpendiculaires du Baftion capital, & les trente-huit toifes des fécond Flancs de la haute & baffe Courtine.
- uBaftion*' Puifque nous avons donc ici plus d’avantages ta.ché a ici plu* que dans la quatrième attaque fur le Baftion ca-nonpasïïcapZ pital de l’Exagone Royal, qui ne diffère guéres dei'ExagoneHo~ de ce Baftionjiétaché 9 nous n’avons pu nous dif-fal’ penfer de les remarquer ici.
- Nous ne doutons nullement, que le Lecteur n’ait reconnu la force de ce Baftion détâché par la defeription de l’attaque du Baftion capital de l’Exa-gone Royal, depuis la pag.60. jufqu’a7z. indufi-vement,' puifqu’il eft de la même forme & con-Erudion, c’eft pourquoi nous avons ici auffi fait marquer fes nombres, afin que ceux qui liront la defeription de cette attaque puiflent avoir recours à cette Figure.
- Dans cette attaque on confïdére pag. 60. pour la première manière, s’il ne feroic pas bon de la
- faire
- trimer* me-vitre.
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- Attaque fur l’Oftogone Royal. Ml
- faire à la Face baffe par le Remplace N°. 14.
- Mais parce que les défenfes font ici plus grandes que dans l’Exagone Royal, il eft utile de les montrer.
- I. L’ennemi doit faire le Remplace No. 14. à
- la vue des Flancs du BafUon détaché à f étendue de 64. toiles, & de YOrillon de huit toifes, qui font enfemble feptante-deux toifes. ^
- II. La Face du Baftion capital peut défendre ce Remplage J’efpace de feize toifes, par une ba-terie de vingt toiles, à la diftance de quatre-vingt-dix toifes.
- III. Les Flancs du Baftion capital peuvent
- défendre le commencement de ce Remplage, de l’efpace de lîx toifes , par des Bateries de dix & douze toifes, & YOrillon par quatre toifes , à la diftance du Flanc d’enhaut de deux-cens-vingt-deux toifes. Et quoique ce foit bien loin, cela fera néanmoins bien plus capable de renverfer des facincs & la terre ruinée , que la Contre-batterie de l’ennemi N®. 13. ne fera capable de ruiner les,Flancs folides, du Baftion détaché à la diftance de deux cens quarante-deux toifes. ^
- Ces trois fortes de défenfes pour empêcher le Remplage N°. 14. font enfemble d’une étendue de cent-dix-huit toifes. C’eft prefentement au leéleur à juger, fi les Afîiégeans peuvent trouver affez de terrain pour les ôter.
- Examinons, à la vue de quels feux l’ennemi eft obligé de faire le Remplage N°. 15. à YOrillon félon la deuxième maniéré d’attaquer que nous avons auffi ci-deffus amplement décrite pag. 63. jufques à 71. inclufivement. Il fe doit faire.
- I. A la vûë des Flancs du Baftion détaché N°. 20. qui ont la longueur de foixante-quatre toifes, & de YOrillon de huit toifes, enfemble de O z fep-
- Datuciémema-
- niért.
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- ’tli jittaque fur l'Octogone Royal.
- feptante-deux toifes, à la diftancé du Flanc haut de cent-douze toifes.
- IL Tout ce Remplace fe doit auffi faire à la vûë de la Face capitale, longue de cinquante toifes, & à la diftancé de foixante toifes.
- III. Les Afliégeans font obligez de faire les premières feize toifes de ce Remplace à la vûë des Flancs du Baflion capital, qui font d’une étendue de cinquante- fïx toifes éloignées du haut Flanc de cent- quatre • vingt fix toiles.
- On peut enfin de la haute, & baffe Courtine de la Fortereffe capitale commander ce Remplace prelque en Front, par une efpaCe de feize & quatorze toifes à la diftancé * de la Courtine haute, de Cent-vingt-deux toiles.
- Toutes ces défenfes enfemble font étendues de dcux-céns-huit toifes. N’eft il donc pas permis de dire , que l’Ennemi n’eft pas en état de les ôter, parce qu’il manque de terrain pour les ruiner ?
- Les Affiégeafrs feront pour ces raifons l’attaque fur le Baflion détaché par lé Remplage No. 14, parce qu’ils n’y rencontrent que cent-dix-huit toifés de Batteries oppofées. Mais en ce cas il né faü droit pas revêtir une partie de la Face baffe à l’étendue de huit toifes, mais depuis l’un jüf-qu’à l’autre Ortllon, afin d’obliger lés Afliégeans de loger le long de la Face baffe dans tous lefdits tirs en brèche, & d’emporter ainfi VOritton. Auffi nous ne doutons point, qu’ils n’y rencontraient encore plus de difficultez que par le Rem*, plage N®. 1$. directement fur Y Ortllon, -puifqu’ils feraient ainfi contraints de loger dans les débris du revêtement le long de la Face baffe. A cette fin nous pourrions conftruire fa muraille d’une tout autre maniéré » que Fon ne fait ordinairement.
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- Attaque fur l’Qftagone Royal. ï if
- menti Auffi ne feraient ils pas feulement obligez de loger jufques à VOrillon9 mais encore de l'autre côté de l'Angle jufqu’à N®. I7.
- Ces tirs en brèche font bien plus dangereux , rws m brida que ceux dont nous avons parlé pag. $3. & 94. dans la defeription de l’Exagone Royal, parce que par leur grandeur ils découvrent davantage,
- C'eft pourquoi nous les allons montrer.
- I. Les tirs en brèche, dans lefquels les Allié- &[wrqueu geans /ont obligez de loger , s'ils attaquent la Face bafle N°, 14. feront commandez du plus haut de TOrillon N®. 20, d’un angle depuis quatorze jufqu’à dix*huit degrez, àladiftance depuis cent-quarante-quatre jufques à cent dix toifes.
- II. Les Traditores des Flancs tant haut que bas , commandent ces logemens d'un Angle depuis dix jufques à quatorze degrez à la diîtance depuis deux-cens-feptante jufqu’à cent-trente-quatre toifes ; le tout à mcfurer au côté intérieur du P a-rapet de VOrillon, & du Flanc haut,
- Ces tirs en brèche commandent les débris des Tin en brèche} murailles de VOrillon, quand les Affiégeans l’attaquent par le Remplage N°. 15. I. Du plus haut de VOrillçn 2,0. d'un Angle de vingt-deux degrez à ladiftance de quatre-vingt-feize toifes. II.
- Par les Traditores les plus proches des Flancs haut & bas, d'un Angle de dix-fept dégrez, à la dif-tance de cent-vingt-deux toifes, à mefurer comme çirdefliis.
- Quand les Affiégeans à l'Angle de la Face bafle y voudront faire leurs logement jufqu’à N®,
- 17. le Ravelin N„. n. aura ces deux divers tirs en brèche. -
- I, De derrière le Coffre d’un Angle depuis vingt-cinq jufques à trente-fix degrez à la diftance depuis cinquante-huit jufques à quarante toifes.
- O j II*
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- 2ï4 Attaque fur VOftogone Royal.
- • IL Du terrain entre la Caponiere, & les Sorties, qui font au travers du Rempart du Ravelin, d’un Angle depuis dix-fept jufques à vingt-deux dégrez, à la diftance depuis quatre-vingt-deux jufques à fbixante-deux toiles, outre que ces lo-gemens, feront commandez du plus proche Baftion détaché.
- Nous avons fait voir jufques ici les tirs en brèche, que TEnnemi rencontreroit en entreprenant l'attaque pour emporter le fofle fec , Sc , ¥ Or Mon, par la Galerie N°. 14. ou N°. 15.
- ^Autmtirs tn ' Voyons auffi les autres tirs en brèche, à la rup-hhht. ture des murailles de la Face capitale N°. ik.
- Ceux-ci font par dellus YOrillon ruiné près de N°. 1 I. Du plus haut de YOrillon N°. 20. d’un Angle de vingt-fix degrez , à la diftance de cent-trente-deux toiles. 11. Par les Traditores des Flancs haut & bas près* de N°. 2ô. d'un Angle de vingt-deux dégrez à la diftance de cent-cinquante-quatre toifes. III. De l'Angle du Baftion capital, d'un Angle de huit degrez, à la diftance de quatre-vingt-lix toifes, à mefurer comme def-fus.
- tlus ctnjîdè* On voit par tout ceci, que les tirs en brèche rahies que ceux fur ce Baftion détaché font bien plus grands, que
- del Exwont J 'ai I
- ceux que nous avons montre pag. 9$. & 94. fur le Baftion capital de l'Exagone Royal.
- Que l'on juge donc, s'ils ne font pas beaucoup plus considérables , que ceux que l’on a pratiquez jufques ici.
- jiutreforet de Nous avons ci-devant renvoyé le Lcâeuir à l'at-
- « fie. à- taque fur les Baflions capitaux de l'Exagone Royal 5 Oriiion. pon trouve fes autres forces, & où nous avons
- dit, que nous ne pouvons expliquer les forces de nos murailles n'en ayant point donné la figure. C’eft pourquoi nous n'en parlerons pas non
- plus
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- Attaque fur VOÛogone Royal. itf plus ici, luppofant que l'Ennemi a non feulement démoli YOrillon N°. 15. mais qu'ils’eft logé auflî fur la brèche de la Face.
- 11 eft tems de faire voir aufli les autres avan- Ef^uaftion tages, que nous avons dans ce Baftion détaché tant à caufedes Contre-galeries, que les Afliégez te ,V Cfcfcî*. ont formées de l'Angle devant la Caponiere au-deflous du Baftion entier, qu’à caufe de la Galerie défions le Chemin-couvert du Baftion, & tout au tour du côté extérieur du fofle fec devant la Caponiere.
- Pour cela il faut dire auparavant, que les Af-fiégez amoindriffent autant qu’il eft poflible, la terre du Flanc bas , tant afin que l’ennemi tâchant de pafler le Chemin-couvert entre ce Flanc,
- & celui d’enhaut, n’y trouve que peu de terre pour fe couvrir, & de fe mettre en état de faire l’attaque , qu’afin qu’on le puiffe mieux commander par les Flancs du Baftion joignant N°. 20.
- Les avantages qu’on retire de la Caponiere au fofle de ce Baftion détaché, de la Galerie oppo-fée, & de la Galerie, qui traverfe de la pointe de fon fofle fec au Baftion, font ceux qui fuivent :
- I. Les Aflïégez ofent, à caufe de tout ceci, attendre l’attaque fur la hrêche jufqu’à l’extremi-té ; & en cas qu’ils ne foient pas aflez forts pour refifter, ils auront toujours une fure retraite dans le fofle fec de la Caponière. II. Les Aflîégeans n’oferont les pourfuivre crainte de s’expofer aux feux de la Caponiere , & de la Galerie oppofée.
- III. Ils ne peuvent faire cette pourfuite , & retraite-fans s’expofer aux feux de la hraute Courtine, qui commande le terre-plain de ce Baftion. IV.
- Si l’Ennemi fait les logemcns dans ce terre-plain , les Afliégez les peuvent continuellement faire fauter par leurs Mines. V. Les Afliégez ont ici O 4 plus
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- il6 Attaque fur l'Oftogone Royal.
- plus d'avantage, & peuvent refifter plus long-tems aux Affiégeans,puifque ces premiers préparent pour cela, toutes les (Paieries dès le commencement de l’attaque fur ce Bafiion. VI. Les Affiégeans feront obligez de planter leur Canon fur ce Bafiion pour battre la Caponiére. VII. Leur logement fur ce Bafiion, & leur Batterie fera à la vûë des Batteries des Faces, des Flancs, & de la Comme de la Fortereflè capitale. VIII. Les Affiégez ne feront point contraints de quiter ce Bafiion avant qu'ils en ayent fait fauter le refte par leurs mines; & alors ils auront encore une fure retraite dans le ponton à l'épreuve du moufquet, qui eft pour çela derrière la Caponiére , qui fautera auffi peu de tçms après leur retraite.
- Les Affiégeans s'étant emparé de ce Bafiion détaché feront obligez d’entreprendre la cinquième attaque.
- Dejcriftion de la cinquième attaque j qui efi à U FcrtereJJe capitale.
- LEs Aflïégeans doivent faire cette dernierc attaque en faifant la Galerie N°. zz. à la Face de la Forterefle capitale.
- Voyons les défenfes des Affiégez pour empêcher ce Remplage,
- La première eft du haut & bas Flanc du Baf tion à la longueur de foixante-fix toifes , & à la diftance de quatre-vingt-quatorze toifes avec la moitié de la Courtine balle » à la longueur de vingt-deux toifes, & à la diftance de quarante-deux toifes. Ce font tous des feux perpendiculaires; de la longueur de feptante-deux toifes.
- II. Les Affiégez peuvent de la haute Courtine
- N®.
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- Attaque fur FOftogoiïe Royal. 2 P} K°. 21. par une Batterie de vingt toifes, à la diftance de foixante-quatre toifes,défendre ces Rem-
- ue. perpendiculairement.
- III. Ils font encore en état de commander tellement ce Bafiion détaché , quand il fera emporté, par le refte de la haute Comme, que l’Ennemi n’y pourra conferver une Contre-batterie.
- Voyons quelles Contre-batteries les Affiégeans peuvent oppofer.
- I. Ils pourront battre les Flancs N®. 23. en Front par une Batterie plantée fur le Rempart du Ravelin N0. 26. longue de trente-fix toifes, à la diftance de cent-quatre-vingt-fix toifes.
- II. Aufîi pourront ils battre la haute & baffe Courtine par une Contre-batterie de vingt toifes qu’ils peuvent placer dans le foflé fec derrière le Coffre y d’où ils font le Remplage N°. 15. mais en ce cas ils font obligez de démolir une petite partie du Rempart du Ravelin. Ils pourront de même battre la haute & bafle Courtine par une Batterie de dix à douze toifes, plantée près de YOrillon ruiné N°. 19. mais ils trouvent place fur le Baf-tion pour une Batterie de trente toifes marqué N®. 28.
- III. Ils peuvent encore battre les Flancs par une' Batterie croilée de feize toifes, qu’ils placent dans le foffé fec de la Caponiére N°. 27.
- Deforte que les Contre-batteries croifées pour démonter les Flancs n’ont enfemble, que cinquante-deux toifes contre foixante-fix des Flancs.
- Les Bateries pour ruiner la baffe Comine tant du Ravelin que proche de YOrillon ruiné, n’ont enfemble que trente à trente-deux toifes contre quarante-quatre toifes de la haute & baffe Courtine N°. 21. -
- La Batterie fur le terre-plain du Béton n’eft
- Os
- que
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- itS Attaque fur l'Octogone Royal.
- que de trente tpifes , contre foixante de la haute
- Courtine.
- Que Ton juge donc fi ces Contre-batteries croî-fées de quatre- vingt-feize toifes font, capables de démonter lef dites défenfes de la Forterene capitale de cent-feptante toifes.
- Outre que les Afliégeans le doivent couvrir dans ce Baflion détaché contre les deux Faces du Baflion capital, qui peuvent battre en croifant leur Contre-batterie , qui eft dans ce Baflion là* Auflî les Afliégeans doivent guarantir fa Contre-batterie contre les Flancs capitaux à la longueur de trente-fix toifes, comme auffi contre la moitié de là haute Courtine , & fa baffe Courtine près de No. 24. qui ont enfemble une longueur de cinquante-quatre toifes, outre les défenfes du plus proche Bajlion détaché.
- Accordons, que non obftant toutes ces défen-ces qui font fi confidérables, les Afliégeans ayent fait le Remplage N°. la. à la Face capitale.
- Ils feront alors obligez de monter à la brèche fous plus de dix toifes de Traditores, qui les commandent d'un Angle dé treize dégrez. V Or Mon auffi de quatre toifes la commande d’un Angle d’onze degrez & demi, à la diftance de quatre-vingt-quatre toifes. Et parce que ces tirs en brèche font fl grands, & fl proches, nous ofons af-furer, que les Afliégeans ne fe peuvent loger fur la brèche , ni en guarantir les Mineurs, & monter à l’aflaut.
- On trouve aufli les avantages des murailles de la pratique moderne dans les miennes, c’eft pourquoi nous n’en parlerons point.
- Outre tout cela nous allons faire voir, de quelle maniéré nous ofons attendre jufqu’à l’extremi-té toutes fortes d’attaques de l’Ennemi fur la brèche fans crainte d’y être furpris. Mais
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- Attaque fur l'Oftogont Royal. 219
- Mais il faut auparavant faire reflouvenir le Le&eur de ce qui à été ditpag. 18. que les Alïié-gez n'attendent pas facilement un aflaut dans une Forterefle moderne, puifque les Afliégeans paf-lent en divers lieux à la faveur de leur Galeries {bus le Chemin-couvert àu.$ajlton9 lefquelles Galeries ne font pas toutes faciles à découvrir; aufli l'Ennemi tâchera par une faufle attaque d’attirer les Afliégez fur des Mines préparées, & les fera alors {auter. Dans cette confufion on donne le véritable aflaut, les Afliégez n'étant pas en état d’y refifter, principalement fi l'Ennemi fait encore fauter une ou deux mines , qui font un peu. plus avancées dans le Badion, & en renouvellent l’attaque. Nous difons donc , que les Afliégez {ont contraints, de refifter à ces aflàuts, d’y mourir, ou de quitter la brèche, & defe retirer dans leurs retranchemens.
- Mais puifque ce dernier eft d’une, telle confé-quence, que les Aflaillans pourraient auffi pafler en même tems par des Sorties, & s’emparer ainfi de la Forterefle entière, nous allons montrer de quelle maniéré il faut conftruire un retranchement à la faveur duquel on ofe non. feulement attendre l'attaque la plus furieufe, mais qui donne aufli toujours une fure retraite aux Afliégez, fans que la Forterefle coure aucun rifque, & d’où les Afliégez puiflent aufli faire des Sorties fur l'Ennemi, avant qu'il fe foit pofté fur la brèche abandonnée.
- Il faut pour cela des deux cotez du milieu du haut Flanc à peu près parallel à la Face, élever une muraille de fîx piez au-deflous de Y Horizon 9 & de’ dix piez au-deflus , de l'épaifleur d'un pie & demi, & de deux par le bas. On doit aufli maçonner une Comregallerie, à la largeur parallèle
- Des retranche-mens.
- Leur dtfcrip tien.
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- 210 'Attaque fur VOBogone Royal, de quatorze toifes, de largeur 8c hauteur de fîx piez, voûtée, dont les murailles doivent auffi être épaiflès d'un pié & demi, Ton pavé fera de quatre piez au-deflous de l'Horizon, & pourvûë du côté intérieur de portes, 8c de créneaux , & fé* parée par des portes à chaque trois toifes. Son . côté extérieur doit avoir beaucoup de faux trous remplis de briques feches pour, en faire la Contre-gallerie contre les Mineurs de l'Ennemi.
- Cette muraille & Galerie doivent être couvertes de terre à l’égalité du terre-plain du BafHon, Quand les Afîiégeans fe font tant avancez , qu’ils attaquent le Baftion détaché , les Aflïégez doivent .ôter la terre entre leldites murailles, & la Contre-gallerie jufqu'à fleur d'eau. Et en cas , que l’on juge, que la muraille n'eft pas aflezcapable de foutenir la terre, on la redoublera d'un autre muraille, de l'épaifleur de deux piez parle bas, 8c d’un par le haut, au refte on doit emporter la terre & démolir, autant qu'il eft poflî-ble, un des Flancs bas, 8c la muraille de deux OriU Ions, depuis le Flanc bas jufqu’au haut, afin qu’on puifle pafler du terre-plain du Rempart haut dans les Flancs bas. Cette coupure fera' alors dfun Profil tel que nous le marquons dans la planche Fig. F. N°. a» •
- Et forées. Examinons les avantages, 8c les forces, que les Afliégez peuvent tirer de ce retranchement : pour cela il faut continuer la defeription de l'attaque.
- mit raifius, On peut donc voir, que les Afliégez peuvent difputer la brèche jufqu'à la dernière extrémité', I. Parce qu'ils peuvent toujours fe retirer par deflus les murailles démolies de YOrillon, en cas que les Attaquans foient trop vigoureux. II. Iis peuvent aufli, du retranchement, défendre par le
- Canon
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- Attaque fut tùÛogone Royal. m Canon le Rempart abandonné, qui eft dé lamé-* me hauteur, ou de trois bu quatre piez plus bas.
- III. Encore les Affiégez peuvent-ils monter du Chemin-couvert du Flanc bas, & faire de nouvelles Sorties. IV. Les deux Flancs hauts, & les Courtines des Baflions les plus proches commanderont fortement le Chemin-couvert coupé, du Bajlion détâchë, tellement que les Afliégeans ne fe pourront couvrir, principalement Ci les Affiégez démoliflent le Parapet de la Face non attaquée , & qu’ils le rejettent dans le folfé. V. Les Contre-mineS des Affiégez peuvent tellement bou-leverfer les logemens des Afliégeans, qu’il ne leur fera point poffible de s'y loger. VI. Les ^avantages de ces Mines font pour les Affiégez, puis qu'ils ont tout préparé, & que les Afliégeans font obligez de les leur difputer. VII. Les Af-fiégeans font auffi obligez de ruiner la Contre-ga-lerie du côté extérieur du foffé fec devant le retranchement. VIII. Ce fera encore bien de la peine, les Affiégez leur pouvant par tout aller à leur rencontre, & les découvrir par les faux trous de la Contre-galerie.
- Si Ton m’objede que les Afiaillans ne monte- oÿtSk». ront pas feulement la brèche dans la Face > mais qu’ils pafleront avec force jufques dans les Chemins-couverts des Flancs bas, pour pénétrer par quelque endroit, à la faveur de quelque confu-fion, dans la Forterefle capitale.
- Je répondrai, que l’Ennemi ne peut exécuter cette entreprife qu’avec un très-grand defâvantage.
- I. Parce’qu’il doit palfer les feux des Affiégez, qui font dans la Galerie du foflé fec de ce retranchement. IL Parce que les Affiégez ont féparé le foffé fec de la baffe Courtine par des Paliffades, pour un logement de retraite 3 comme nous le
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- Nous accordons que l’Ennemi fe loge fur le Baf-tion fret de No,
- 22.
- zzz Attaque far VOBogone Royal. marquons par des points, où il y a des Barrières N°. 29. III. Les Affiégeans plantent trois pièces de Canon chargée des Cartouche entre le petit havre N°. 29., & la Sortie du- Flanc basN°. 23., pour rafcr le foflé fec. IV. Les Aflaillans ne trouveront point ici des avantages pour monter la Comine, puifqu’on ne peut faire brèche dans fa muraille, parce qu’elle eft couverte de la baflè Courtine. V. Les Paliflades &c. font plantées dans le fofle fec, autant devant l’une que devant l’autre Courtine.
- Pour achever la defcription de l’attaque, nous fuppoferons, que les Affiégeans ont ruiné toutes les Galeries des Affiégez, comme auffi leur Contre-galerie du côté du fofle fec.
- Les Affiégeans doivent alors enfoncer leur Canon dans le Chemin-couvert du Baflion capital emporté pour faire une brèche à ce rétranchement. Contre quoi les Affiégez ont ces défenfes :
- I. Ils planteront leur Canon fur la haute Courtine au-deflus de la Sortie entre le havre près de N°. 2i. & le Flanc haut, pour tirer prefqu’en Front fur cette Batterie là. Et comme cela fe fait d’un côté, on tirera II. tellement de YOril-Ion, & du Flanc haut fur cette Batterie, que les Affiégeans la pourront difficilement conlerver. III. Auffi ceux-ci auront-ils bien de la peine à mener le Canon par-deflus le remplage N°. 22., par la brèche fur le Baflion capital, parce que des Traditores on y découvre entièrement. IV. Les Affiégez ayant fait la brèche dans ce retranchement, feront obligez de pafler le foflé fec, & d’efluyer les feux des deux Courtines, des deux Flancs hauts, & des deux Orillons, qui le rem-pliflent .tellement par des Cartouches, qu’il leur fera impoffible de le pafler. V. Auffi peuvent-ils
- telle-
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- Attaque fer VOBogone Royal. 22$ tellement être incommodez dans ce.tte partie du BaSlion, qu’ils ont emportée par les *deux Courtines hautes, les deux Flancs hauts, & par les deux Or liions > qu’il leur fera prefque impoflïble de s’y loger. VI. Encore doivent-ils monter à la brèche, qui eft du fond du fofle fec avec le Parapet du retranchement, pour le moins de la hauteur de vingt-huit piez, à la vûë d’autant de toifes des Tradi-tores du Baflion N°. 23 ., que les Afliégez peuvent defirer, d’où ils le commandent d’un Angle depuis vingt - cinq jufqu’à vingt-neuf degrez, à une fi petite diftance. Les Àmégez peuvent enfin défendre ce retranchement jufqu’à l’extremité, parce qu’ils en ont encore un autreN°. 33. pour fe retirer.
- Il faut remarquer, que feloa les paroles mentionnées de Mallet dans fes Travaux de Mars, dans l’exemple de Candie, & félon les confidéra-tions de Hetdeman dans fon Traité ci-deflus allégué , où il dit : Que la vraye défenfe ne commence , que lors que les Ajfaillans fe logent dans la brèche , tr y montent, je dis que les Afïïégez ne jouïflent pas de ces avantages avant qu’ils ayent une fure retraite. Et comme nous avons ci-devant remarqué pag. 219. que la méthode moderne ne peut pas avoir, dans fes Bajlions, de fures retraites, d’où l’on puifle dérechef attaquer d’un Front large , comme nous pouvons faire ici juf-qu’à la brèche N°. 22. le long des Chemins-couverts des Flancs bas, & fe retirer dans les f offez fecs.entre les Courtines, que nous défendons de trois Canons cachez & chargez à Cartouche, en ôtant lés avenues le long du Parapet jufques aux autres Basions par là démolition des arcs de maçonnerie du petit havre.
- Il faut remarquer encore 5 comment ce premier
- retran-
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- 22jf. jfttaque fir VOftogofte Royal.
- rétranchement N°. 50. dont on voit lepro/î/N®. 24 dans la planche Let. F. donne cette grande défenfe à la brèche N°. 22. que Ton ne pourra défendre jufqu’à Textremité fa 'propre brèche, qui a des tirs en brèche bien plus confidérables que non pas Tautre, fi l’on n'a pas une fécondé retraite No. 3$. Celle-ci doit être conftruite de la maniéré qui fuit.
- Seconde retraite. On conftruira fes Faces près des fondemensdes Courtines de la manière qu’il a été dît ci-defius enforte qu’elles foient traverfées d’une muraille * d’où l’on doit préparer les Flancs & la Courtine environ vers le tems que les Affiégeans aportent leur terre à remplir N°i 22. au BaJHon capital, tellement qu’il y ait des Sorties N°. 31. aux deux extrémitez de la Courtine , dont chacun doit être pourvue de deux rangs d’orgues, par lefquels on laifle paffer le Soldat dans le premier retranchement pour défendre la brèche. vtiiité des or» On fe fert de ces orgues, quand les Afiaillans
- lues. par une force fupérieure ont chafle les Affiégez
- du premier rétranchement, qui fe retirant par ces Sorties, & croyant avoir fauvé aflez de monde, pour n’être pas furpris entièrement, les font tomber, en coupant l’avenue. En quel cas ceüx , qui n’y feroient pas pafle , peuvent être fécondez par les feux de cette derniere rétraite & forcer les Afiaillans de quitter le fofle fec, les obligeant de fe retirer dans la brèche emportée.
- Si la Forterefle eft encore pourvue d’aflez de monde , on peut par ces Sorties faire une nouvelle attaque fur l’Ennemi. Et fi elle en manque , on fera par des Mines préparées fauter le refte des Flancs du Balhon capital pour obliger les Affiégeans de fe loger fur le terre-plain entre les Flancs ruinez, & les feux des deux Bâfrions oppofcz. Nous
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- jittdqui fur l'Oftogotte Roy ah *2f
- Nous pourrions montrer encore d'autres avantages dans ces retranehemens ; mais pour n'en-iiuyer point le Lédeur, nous finirons l'attaque.
- Comparaifon des Forces entre les Méthodes Françoifts^ ou modernes, Fig. A &R. y & la troifiéme manière de Fortifier de PAüteurFig M.&O.
- Comparaifon des Farces des Contrefcarpes'*
- Les Contrefcarpes modernes ont ces avantages.
- NOus les avons ci-devant compris dans lîx articles pag. 73. & 74,’
- Leurs defavantageSo
- NOus les avons auffi compris en ce même îiétf dans fept articles pag. 74.
- Avantages de mès Contrefcarpes.
- ON ne trouvera point de différence entre cette' Contrecarre, & celle de YExagonè Royal * hormis la Galerie aü-Heffous du Parapet des Re~ dans, dont la force préférable à celles des moder-rres paroît allez , par ce que nous avon§ dit pag* 206. & 207. dans l'attaque. Nous avons compr& leurs autres avantages dans treize articles pag. 75, & 7<f.
- Nous prions le Ledeur dé conclure laquéltë de ces deux Contrefcarpes a plus de défenfes.
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- %ï6 Comparai fin entre tes Méthodes Françoifcs
- Comparaifon des Forces des Ra-velins.
- Les avantages des Ravel ins François Fig, A, quand on les conftruit avec un peut Ba[üon, comme on peut voir Fig, R,
- On trouve leurs avantages fans le petit Baftiott pas. 76. ou nous les avons compris en quatre articles.
- Defavantages.
- Où nous avons auffi expliqué leurs defàvanta-ges compris dans fept articles, aufquels nous renvoyons le Ledeur.
- Les avantages des petits Bajlions dans ces Ravelins font.
- NOus les avons décrits dans la fuite des avantages mentionnez compris en cinq articles.
- Leurs Defavantages.
- /^Omme suffi lef defavantages dans quatre ar-^ tides.
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- <y U lit. manière de fortifier de VAuteur, 227
- Mes Raveïins ont au contraire ces avau* tages.
- CEs Raveïins étant femblables à ceux de l’Exago-ne Royal , le Leâeur verra leur dcfcrip-tion depuis la pag. 78. jufqu’àSq.inclufivement» où leurs avantages font compris , premièrement en dix articles, & enfuite en quarante-quatre, en-femble en cinquante-quatre artides.
- Nous le prions encore de conclure,- de quel côté font les plus grands avantages.
- Comparaifon des forces entfela For-terefTe capitale Françoife Fig. A. & le Baftion détaché de l’Auteur Fig.
- &o.
- Les avantages de là Fortereffe moderne Fig. A. quant au couvrir des Flancs, font.
- ON verra dans la Fig. A. qu’on peut afleoir fur VEfplanade une Contre-batterie defoixan-te- huit toifes contre les trois Flancs oppofez de foixante toifes : & quand on conftruit un petit Baftion dans les Raveïins, comme on a fait au-deflus de la Ville de Mcnin où il a falu, pouf cela faire les Raveïins, un peu plus grands, comme on voit dans la planche Fig. P. Let. R. ont trouvera néanmoins, que l’on y peut planter une Baterie eroiièé de quatorze toifes , & fur le petit Êaftion une de douze, ènlemble de vingt-fix toifes.1 Nous laiflons à juger fi les Flancs de foixante toi? fes peuvent relilïer à foixante - huit toifes des* P z Contré*
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- Comparaifon entre les Méthodes Françoifet Contre-batteries, & à vingt-fix toifes de Batteries croifées.
- Les avantages de pton Baftion détaché $ quant au couvrit des Flancs font. .
- T^tOus atons compris fous quinze articles cii avantages dans la defcription des Bafiions capitaux de rExagone Royal pag. Ü6. & Sy. Les considérations touchant ce Baftion détaché font toutes les mêmes. Mais parce qu’il y a bien de la différence dans les lignes, nous croyons les devoir marquer ici.
- Les Aflïégeans ayant démoli la Couvre-face d'une efpace de trente-deux toifes auront du terrain pour une Contre-batterie de quarante-huit toifes fur YEf-planade de la Cohtrefcarpe, pour battre les Flancs & rOrillon du Baïiion détaché, à fçavoir foixàn-te-quatre toifes de Flancs, & YOrillon de huit toifes, enferriblc feptarite deux toifes.
- L'Ennemi trouve encore un terrain dé trente toifes fur le Ravelin emporté près de N°. 25., pour une Batterie croifée. Mais les Affiégez y peuvent répondre parfoixante fïx toifes des blancs du Baftion capital, & par trente toifes du fécond Flans de la haute Courtine No. 24. , & par huit toifes d'un Flanc perpendiculaire de la baffe Courtine, enfemble de trente-huit toifes ; & avec les dits1 Flancs enfemble de cent & quatre toifes.
- Qu’un chacun juge, fi les Afîiégeans font capables de ruiner les Flancs 9 & YOrillon du Baf tion détaché , qui font enfemble feptante - deux toifes , par une Contre-batterie de quarante - huit toifes.
- Comme auffi, fi trente toifes d'une Batterie
- croifée
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- & la HT. manière de fortifier de P Auteur, 1Ï£ croifée fur le Ravelin peuvent' fubfiftcr contre feptante-quatre toiles des Flancs perpendiculaires, & trente toifes du fécond Flanc,' Nous le nions ablolument.
- Il paroit donc, que nous couvrons bien mieux les Flancs du Baftion détaché de cette Figure, que non pas ceux de l’Exagone Royal. Et cette couverture ne peut nullement être comparée avec Celle' de la Fortification Françoife, ou moderne, qui n'en aproche pas.
- Les autres avantages de la Fortereffè capitale félon la Méthode Fr an foi fi, ou moderne, font.
- ON les peut voir ci-devant pag. 83., où nous les avons compris dans cinq articles.
- Vefavantages.
- Où nous avons aulfi montré dans la fuite tes . defavantages par autant d’articles.
- Autres avantages de nôtre Bafiion détaché.
- LE Lecfeeur peut voir par la Figure, & par la delcription, que ces Bafiiom. détachez font prefquc en tout égaux aux BafHàns capitaux de ÊExagone Royal. C'eft pourquoi, pour les comparer avec la Fortification Françoife, nous avons auffi ci-deffus pag. 89. & 90. compris leurs avantages dans onze articles , montrant en quoi ils furpalfent les Forterelfes modernes à la referve que les tirs-en brèche tant de la Face balte, que de FOrillon font ici bien plus grands.
- Nous
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- ' t}o Comparaifon entre les Méthodes Françoifis Nous ayons remarqué pag. 90. & 91. pourquoi les Faces baffes du Baftion de TExagone Royal ne font pas revêtues de murailles ; favoir : parce que nous croyons , que les Affiégeans doivent emporter directement VOrillon par le Rcmplage N°, 15. ce que nous avous fuffiffament démontré dans l’attaque. Mais parce que nous avons ci-deflus ntontré dans l’attaque fur ce Baftion détaché, que l’on doit faire le Remplace N°. 15. à la vûë
- * Voyez.p- zi de AeUx cens huit toifes de Bateries * pref*
- que toutes perpendiculaires, au lieu que 1 ç Rem-
- * Yojtz. f. u 1. plage N®. 14. n’a que cent dix - huit toifes * de
- Contre-batterie, nous concluons que toute la Face baffe doit être revêtue d’une muraille, pour avoir aulîi en cèt endrôit une force égale à celle de VOrillon.
- Avantages & forces, que nous avons dans ces Bajiions détachez preferablement à la Forterejfe capitale Françoife, félon la première Méthode à’attaquer par le Rem-plage N°. 14. à la Face bajjè.
- LE LeCèeur peut voir combien leurs avantages font plus grands pag. 89. julques à loi. in-cluhvcment où nous les avons déduits en foi Xante articles, outre que les tirs-en-brêche font plus grands dans ces Basions détachez, que dans les capitaux de l’Exagone Royal,
- Les
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- ’O* la ITT. maniéré de fortifier deV Auteur, ij'f
- Les avantages félon la fécondé maniéré attaquer ce Baftion détaché par le Rempla-ge Nj. 15. préférablement à la Méthode Françotfe.
- ILS font compris dans cinquante-deux articles pag.- ioi. jufque à 106. inclufivement.
- Aufîî pourrions nous repérer ici fes tirs-en-brê-che en comparaifon des modernes de huit à neuf degreZ fur la brcche de fa Face capitale ; mais comme nous les avons amplement montré ci-dciïiis pag. 213. & 214. nous y renvoyons le Lecteur. Outre ceci la Caponie're nous donne encore divers autres avantages dans ce Bastion, que Pon peut aufïi voir dans la defeription de la dite attaque.
- Outre tous ces avantages du Baftion détaché, préférablement à la méthode Françoife ou moderne, on trouvera encore les fuivans dans l'attaque fur la Forterefle capitale.
- Avantages de la FortereJJe capitale de P ^Auteur.
- I. T Es Affiégeans font obligez de faire le Rem-«—* plage N°. 22. à la vûë de foixante-fïx toifes du Flanc & de vingt-fix toifes de la baffe Courtine , qui font quatre-vingt-douze toifes de Flancs perpendiculaires.
- II. Auffi le doivent ils faire à la vûë dune partie de la haute Courtine fur la longueur de vingt-quatre toifes.
- III. Ils n’ont cependant contre ces quatre-vingt-douze toifes de Flancs perpendiculaires qu’une Contre-batterie dans le Ravelin N®. 26. de P 4 trea-
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- t Comparai fort entre Us Méthodes Françoifis trente-fix toifes, & une Batterie croifée dans le Raïlion détaché N°. 27. de leizc toiles , qui ne font enfemble que cinquante-deux toiles.
- IV. Il n^ft pas à prelumer que ces cinquante-deux toiles feront capables de ruiner quatre-vingt-douze toiles deldits Flancs.
- V. Les Afliégeans peuvent encore outre ces deux Batteries en élever une autre lur le Baïiion détaché N?. 28. de trente toilesde longueur, & en bas fur chaque Orillon ruiné une de huit à dix toiles, enlemblc de cinquante toiles.
- VI. Mais les Afîicgez ont au contraire le rcftc de la haute Courtine long de cinquante - quatre toiles, & les deux Faces capitalesde b 8. qui font en-femblc cent-quarante-deux toiles de Batteries.
- Pourri cette Vil. Nous lailîons à décider, fi ces cinquante jtofirtéfuZ to^cs ‘k Contre-batteries peuvent lubfifter contre wdtrnt. ccnt _ quarante - deux toiles de Batteries ; comme auffi fi nous ne couvrons pas ici non feulement bien mieux nos Flancs, mais encore fi nous donnons ici aucun Front à l'Ennemi, & fi nous ne défendons pas d’un plus grand feu le paflàgc du folle, que l’on n'a fait julques à prelent félon la Méthode Françoile, ou moderne ou de quelque autre de nôtre connoilîance.
- VIII. Les Afliégez peuvent encore défendre la brèche par les Traditores d’un Angle de treize dé-grez, & par le Canon caché, que l’on peut placer derrière la Face dans YOrillon d’un Angle de quinze dégrez & demi,les premiers à la diftance de cent-deux, toifes, & le dernier de quatre-vingt-quatre toifes. ‘
- Il y adroit encore bien des chofes à dire touchant les avantages de nos retranchement pour montrer qu'ils font préférables à ceux que l'on petit pratiquer à la Fortification moderne , mais
- nous
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- tsr la IJfl. manière de fortifier de l'auteur, i 3 j nous n'en parlerons point pour de certaines rai-ions.
- Calcul des dépenles des Murailles,
- que l’on fait iuivant la Fortification moderne à la Fig. A., & de celles dont l’Auteur le lert dans fa troifiéme Méthode de Fortifier Fig. M. & O.
- Vefcrtption des murailles dont les Forte-rejjès modernes font revêtues.
- NOusavons, pag. 107. & fuivantes, décrit les murailles, dont les Faces, Flancs, Courtines ,
- & Ravelins font revêtus à la moderne, nous nous fervirons des mêmes murailles dans cette compa-raifon des dépences, afin qu'on ne nous accufe pas d'avoir appliqué d'autres murailles, aux Fortereîfes modernes que celles, dont on fe fert efFediyement aujourd’hui.
- Le nombre des briques pag. 187. tant au Nombre des Corps de la Place qu'au Ravelin Fig. A- y eft de dix , huit milions, huit cens feptante & huit mille, & de cent trente & neuf briques.
- Et puifquc nôtre O&ogone Royal eft de bien plus de dépenfes , que les deux autres defleins mentionnez, nous fuppo.ferons à l'exemple de Menin, qui eft ici pour une partie fous la Fig.
- R. que les Ravelins Fig. A. font conftruits avec un petit Bafiion de la manière que nous reprefen-tons le Ravelin Let. S. avec fon petit Bafiion Fig. Q.
- Ce petit Bafiion a un fofle large de huit à dix toifes, d’où on éleyc fa muraille de telle épaif-P J fcurs
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- t$4 Calcul des depenfes des Mitrailles modernes, feur, que le Ravelin, qui eft devant le requierti 8c dont nous ayons décrit les murailles pag. no.
- Et parce que le Ravelin à la Françoife Fig. A. n’a que cent toiles de Faces, & que le dit Rave-lin à caufe que le petit Bafiion y eft conftruit 9 a dix-huit toiles de Faces, il faut joindre au nombre mentionné pour le différent de dix-huit toifes ( chaques deux toifes étant calculées à 73 5 69. briques ) cela fait le nombre de - - i66zm.
- Les Faces, & les Flancs, du dit petit Baftion Ont cinquante-fix toifes de longueur & de la même épefl'eur, de là Face du Ravelin dont chaque deux toifes réviennent à 73 569. briques, qui font cnfemble la fomme de - - 2059932,.
- Donc la fomme entière eft de vingt-un milions , lîx cens mille , cent , & nonante deux briques , de la dite grandeur, à chaque Polygone.
- Calcul des Murailles dont V Auteur fi doit firvir dans fa troifiéme Méthode de For-tifier Fig, M, O- O.
- NOus ferons pour cela revêtir les Faces, de la Forterefle capitale d’une muraille fembla-ble à celle que nous avons attribué au dclïein François, favoir pour deux toifes 80292. briques; par ce que pour des raifons nous ne parlons ici non plus, qu’auparavant, de nos murailles.
- Ces Faces avec les Orillons ont l’étendue de cènt-vingt-huit toifes ; les deux calculées comme il eft dit, le tout reviendra à - - 5138688.
- Les Orillons ont la largeur de feize toifes : con-féquemment félon la proportion de dix mille briques, que nous donnons de plus au deffein François
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- & celles de la III. manière de l% Auteur. 15 f 401s pag. 85., il ne faut conter ici que - 80000
- Les Flancs & les Courtines ont la longueur de Cent quarante toifes» dont les deux font 38800. briques: donc pour toutes - - .*716000.
- La muraille qui foutient le Rempart, depuis yOrillon jufqu’au Flanc haut » a la longueur de douze toifes; qui doublées font vingt - quatre, dont deux demandent 16200. briques, le tout le conflruira de 15)4400.
- Les deux Faces du Baflion détaché font longues de foixante - deux toifes , pour deux employant comme au Balhon capital de TExagone Royal 45700, briques ; on employera pour le tout - - - - - 1416700.
- Les deux Flancs ont la longueur de foixante-huit toifes , dont deux ayant befoin de 27999. briques; il en faudra pour le tout - 9519<56.
- Les deux Qnllons avec leurs murailles fans comprendre les huit toifes de la Face balle revêtue, font conftruits de briques - - 4337830.
- Les cent & quatre toifes des Galeries fous la Face bafle du Bafhon détaché, dont les deux emportent comme devant 50994. briques, font en-femble - - - - - 311964.
- Au-delfous de la Face bafle du Ravelin, il y a vingt-huit toifes de Galeries ; les deux calculées comme delfus font en^tout - - 83964.
- Les deux Faces du Ravelin ont la longueur de quatre-vingt-dix toifes, dont les deux avec la Contre - galerie demandent 22473. briques; qui font en tout - 1011285.
- La Galerie enfoncée dans les foflez fecs , tant du Bajlion détaché que du Ravelin , enfem-ble longue de quarante toifes, qui ayant lepaif-feur des autres Galeries , emportent en tout - * 119880.
- Il
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- 2 3 6 Gt/c#/ des de'penfes des Murailles nsodernes
- Il faut pour la Caponiére du jffrf/?wz4détaché près de ion havre environ - ïooooo.
- Il faut pour la Galerie près de cette Caponiére, pour deux toiles 9720.briques; donc pour quarante-quatre toiles - - - 213840.
- Pour la Caponiere & la Bonnette aqprès du petit havre du Ravelin, il faut comme deflfus 85696.
- Pour les deux logemens de maçonnerie dans la Contrèfçarpe, dont chacun a en circonférence quarante-quatre toiles de muraille ; & deux toiles demandent 3456. briques; il faudra pour toutes - - - 152054,
- Donc la fomme totale d’un Polygone eft de 914277. briques.
- Mais parce que cette ForterelTe Royale a huit cotez, au lieu que la moderne Françoife n’en a que fïx „ il faudroit félon cette proportion pour chaque Polygone vingt Sc deux milions , cinq cens, cinquante-deux mille, trois cens & fbixante-neuf briques.
- Et pour chaque côté de l’Exagone Royal François, avec les petits BaJHons, vingt & un milion fix cens mille , & cent quatre-vingt-douze briques. '
- De forte, que nous ayons de plus pour chaque Polygone 952177. briques.
- Mais puifque nous avons jugé ci-devant, que les Bajlions détachez étant revêtus de murailles ont plus de force , on trouvera , fi l’on employé pour deux toiles autant de briques , que pour deux de la Fattjfe braye du deffein François ; lavoir 38507. que pour cent- feize toifes Face baffe de chaque Bajlion détaché il faudra 2256606. briques.
- Et pour fix Polygones calculez, comme ci-def-
- lus,
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- &* déliés de la III. manière de VAuteur. 257 fus, trois raillons, huit mille , & Huit-ccns-huit briques»
- Chaque Polygone donc de ma Méthode démarP de plus, que celui de laFrançoife, troismilions» neuf cens , & fix mille ncur cens quatre-vingt-cinq briques. Et nous croyons toujours, que la défenfe que nous en tirons, furpafle infiniment la dépcnfe.
- Il faut encore remarquer, que le fofle fec du omim*uf,p Bafiion détaché, entre les petits foflez humides, aletenduë de neuf cens quatre-vingt-douze toifes quarrées, & que ceux des Ravelins, qui font aufli entre leurs foflez humides , font de l’étendue de mille quatre cens huit toifes quarrées, qui font enfemble deux mille quatre-cent toifes pour chaque Polygone 5 & pour tous les dehors 19200. toifes quarrées i lequel efpace renfermé ne fe trouve point dans les Fortifications Françoifcs, ou modernes , & qui eft pourtant très commode pour loger la Garnifon, & pour d’autres néccffitez»
- CH A-
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- îj8 Comment on Fortifie ï U moderne
- CHAPITRE VL
- Comment on Fortifie à la moderne une Place fituée fur le bord d’une Rivière.
- SI nous entreprenions de montrer les défauts des Fortcrefles modernes, que l'on a conftruites d’une Ligne droite fur le bord d'une Rivière, il faudrait que nous nous ferviffions de divers exemples. Mais parce que le tems, dans lequel nous nous étions propofez d’achever cet ouvrage, ne le permettoit pas, le Leâeur fe contentera de ce fèul exemple , qui fe trouve ici à la Fig, P. & que nous fuppofons, comme s'il étoit à peu près ainfi conftruit proche d'une Rivière large de quatre-vingt à cent toifes , ayant , quand l'eau cft baffe» du côté de fes murailles un terrain fec de fix à huit toifes ou plus, que nous marquons par des pointes , les Flancs N°. i. & 3. étant pour cela conftruits à la muraille pour rafer ce terrain fec, & pour empêcher autant qu'il eft poffiblc, que l’Ennemi ne s'en ferve.
- Cette Figure ne diffère guéres de celle que nous avons vûë chez un curieux fous le nom de tiunningHe, proche de Baie, excepté que celle - ci avoit une Faujfe-broyé, comme la Fig. A. avec un Ouvrage à Corne.
- On m'excufèra, fi'je n’ai pas gardé dans cette Figure la jufte mefure des Lignes & des Angles de la Pratique Moderne. Cela a été fait pour différer un peu du précédent Deffein François;-
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- une Place Jitûee fur le bord dû me Rivière. 2 39 puifqu’on ne fuit point entièrement fes régies en d’autres Places, & que Ton ne conftruit point des Favijfe - brayes devant les Courtines, quoique celle dont nous venons de parler fût très bien ordonnée fuivant cette méthode là.
- Nous avons vu dans les Guerres précédentes, que prefque toutes nos Fortereffes du Pais - Bas, conftruites d’une Ligne droite fur le bord des grandes Rivières ont été attaquéesle long d’icelles : ce qui fait voir, que c’étoit là leur plus fbiblecôté.
- Mais non - feulement les Fortereifes limées fuc le bord des Rivières font très foibles le long d'i-cclles ; mais on trouvera ce même défaut dans celles qui font fituées fur le bord de la Mer. Ce que nous pourrions prouver par plufieurs exemples , fi cela n’étoit pas d’une notoriété li reconnue.
- Nous pourrions faire ici une ample digrelîxon, en montrant les caufes de cette foiblefle, & comment on pourroic corriger ces défauts, auffi*bien des unes que des autres. Mais nous étant propofé d'abreger ce Traite, nous garderons ceci pour une meilleure occafion , en expliquant feulement les caulès de la foiblefle de celles qui font fur le bord d'une Rivière.
- Qui font : I. Parce que l'on voit prefque toujours que les bords font fecs en tems de feche-relfe, à la diitance de quelques toifes de la muraille: comme nous l’avons marqué par des points dans les Fig. P. & Q. Et quelque remede qu’on y puifle aporter par des têtes, des fafeines, ou d’autres chofes, quon y conftruife, ce fera une dé-penfe inutile ; l’on n’y aura jamais pendant la feche-refle d’Eté la profondeur de quatre piez d’eau ; û ce n’eft que l’on entreprit II. de rétrécir extraordinairement la Rivière devant la Forterefle,
- pour
- Cdiijis de foibltffe d'une FortereJji fit use proche d'une Rivière.
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- 240 Continent on Fortifie a la moderne pour lui donner une plus grande rapidité, & lui faire ainfi aprofondir ion lit, tant aux cotez qu’au milieu. Mais en ce cas-là III. on fouflfriroit quelquefois de. grands dommages .par la defcentc de l’eau, qui fe trouvant referrée devant la Fof-terefle par un paflàge trop étroit, pourrait .rompre les Digues, ou autrement. IV. Auffi au* roit on de la.peine à coriferver les Ouvrages deflî-nez dans la Fig. P. N°. 1. & 3., ou de quelque autre manière, conftruits pour flancquer les Digues , dans le tems que la glace vient de defcen-dre; parce que leurs Flancs s’avançant de la muraille d’un Angle droit dans la Rivière, Peau descendant pourrait caufèr de tels tourbillons, que les Digues oppofées 11e pourraient être confervées qu’avec grande dépenfe.
- V. C’eft pourquoi il faudrait mettre les fon* demens de la muraille du côté de la Rivière, fort profonds & principalement ceux des ouvrages à Flanquer.- Ce qui ne fc peut faire à peu de frais.-
- VI. Encore ne fera-t-il pas poÏÏible de confef-ver cette profondeur tout le long de la muraille dans quelques Rivières, dont la profondeur, dans un tems de fecherefle, n’eft tout au plus, que de cinq à fix piez, & qui n’eft pas de trois piez du côté des Digues.
- VII. Ce peu de profondeur fera plus confidé-rable le long de la muraille près de No. 3. que près de N°. 1. puifque le fable fe raflemblera à l’autre côté de fon Angle.
- VIII. De forte que quand les Affiégeans auront planté leur Batteries à l’autre côté de la Rivière N°. 4. 4. 4. & 5- J. 5. & ruiné les murailles, & les Flancs N°. 1. & 3., ils feront en état
- IX. de monter à l’affaut par cette brèche le
- long
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- Me "Place jltuèe fur le bord d'urte Rivière. 141 long du,Batardeau, après avoir fait auparavant écouler l’eau des foffez par la ruine du Batardeau^ jufqu’à l'égalité de l'eau de la Rivière.
- On voit donc par cçs défauts * que cette ma* niérè de Fortifier proche d’une Rivière eft de peu de défenfe. Et fi l’on change ici quelque chofe dans fes ouvrages à Flancquer N°. 1. & 2. cela ne donnera pas une véritable force ; ce que les Ingénieurs Anciens , ni Modernes n’ont pas ignoré. Mais ils ne l’ont corrigé» qu’en con-ftruifarit divers ouvrages détachez. Et ceux-ci .çtoiënt auffi fujèts aux mêmes defauts , & à plusieurs autres, parce qu’on les trouve rarement revêtus d’une muraille dans les Anciennes Forteref-fes : de forte qu’ils n’étoient que de peu d’avantage , l’attaque demeurant toujours la même du côté de la Rivière.
- CHAPITRE VIL
- De quelle manière l’Auteur Fortifie ici fur le Rivage de la Mer ou fut le bord d’une Rivière.
- ON voit par la Fig. Q. de quelle manière, en-
- tre autres méthodes, nous Fortifions fur le ruttttrf. Rivage de la Mer, ou fur le.bord d’une Rivière , fans être obligé dé conftruire du côté de l’eau, beaucoup’ d’ouvrages foit détachez , ou autres', ou de-faire une profondeur tout le long des cotez intérieurs des Digues de la Rivière, fans quoi on n'y a pas jufques ici , a ce que jefçache, trouvé tine Forterefle;
- Nous'
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- *4 ï ‘ -Ô* quelle manière l* Auteur PortiJîefirler
- Nous nous propoferons pour cela, comme ci-* defl'us, un exemple par la Let. P. favoir , comme fi l’on tâchoit de conftruire fur le Rivage d'une Rivière Let. T. une Forterefle , dont l'Horizon eft élevé de trois à fix piez au-defl'us de l'eau d'Ëté ordinaire de la Rivière, dont la largeur eft d'environ de quatre-vingt à cent toifes entre' les Digues, du côté defquelles dans le temsdefeche-rcflè il y aune rive de fix, huit, dix à douze toifes.
- Pour Fortifier un tel terrain, nous ordonnons dans la DigueN°.i.un Baflion platN°.i. avec deux Flancs , revêtu tout au tour d’une muraille, qui foutient la terre jufqu'à la hauteur demandée ; les F.'ancs font couverts d'une épaule comme on voit dans les Figures.
- Après cela nous faifons au front de la Rivière depuis N°. 3. jufques à 4. conftruire deux demi Baflions, avec des Flancs doubles couverts d’Oril» Ions du côté des dits nombres.
- Jfc fais revêtir de muraille tout ce qui eft depuis N°. 3. jufqu’à 4. mais avec une dépenfe diffé- rente. Car les murailles dépuis N°. 3. & 4. jufqu'à environ le milieu de YOrillon , doivent être fondées de peu au deflbus de l'Horizon 5 au lieu que le refte, lavoir depuis un Orillonjul-qu’à l'autre, les Faces, les Flancs bas, & la Courtine > chaque ouvrage fera elevé du fond du havre N°. 2$. jufques à la hauteur requifel
- Depuis ces Orillons jufqu'à N°. 6. & 7. on conftruira un Rempart antérieur, comme on a dit de celui, qui eft tout au tour dufôflefecdel'Ep-tagone Royal, de forte qu'entre celui-là-, &N°. 3. & 4. il y ait un foffé fec à la largeur de vingt-deux toifes.
- On couvrira enfin toutes les murailles extérieures
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- Rivage de la Mer, ou fur le bord d'une Rivière. 24f Vcs du côté de la Rivière contre les Batteries des Aflïégeans, qu’ils pourront planter à l’autre (iôtc, par la dite Digue de la Rivière N°. i. qui eft joignant, de deux cotez , lé B a fl ion détaché N°. 2. Et Fon empêchera ainfi aflez l’Ennemi de les ruiner.
- Et pour plus grande fureté nous ordonnons entre cette Digue là & le Rempart avancé, un fofie d’eau large de vingt-quatre toiles , qui doit être profond de fix piez d’eau d’Eté ordinaire : lequel nous étendons du BaJHon détaché N°. 2. de deux cotez à la longueur de deux cens quatre-vingt toi-fes j afin que les Aflïégeans ne puiflent, qu’avec beaucoup de peine, conftruire de plus près leur Batterie pour démonter les Fîmes du BaJHon détaché, De là on doit fermer la Digue de la Rivière par une petite Digue près de N°. 8. & p. à Angles droits aux Comrefiarpes de deux cotez : & delà je la fais lier par des pilotis enfoncez par je fofle de la Contrefcarpe à la deuxième Contre("« carpe. Mais de ceft! ci on eft obligé de conftruire un Batardeau des deux cotez du Rempart an-; térieur, comme il eft marqué N°. 6. & 7*
- Que fi on nous demande pourquoi nous faifons conftruire une petite Digue dejpuis celle de la Rivière jufqu’à la Contrejcarpe extérieure, nous répondons que c’eft à caufe que la Digue de la Rivière No. 1. fe pourrait rompre, quand l’eau eft haute, & caufer grand dommage à la Forterefîè. Alors nous nefaurions point de meilleur remede, que de Iaifler, par des éclufes, entrer l'éau haute de laRi-viére-de deux cotez dans le folfé extérieur du Bafi tion détaché, à la hauteur de 1a petite Digue/Et en ce cas là la Digue ne fe rompra pas fi facilement, parce que l’eau prelTe aufli bien par dedans que par dehors. II. On ne pourrait Iaifler entrer Q £
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- VtilitidttXtlH« fis.
- X44 D* quelle manière VJluteur Fortifié fur le
- dans les ports, ni faire fortir les Vaifîeaux, quand l'eau cft plus haute que la terre, ce qui arrive fou-yent, & principalement dans nos Rivières , fans que l'eau paflànt incommode le Pais.. III. On ne pourrait ouvrir les portes des Eclufes, fi l'eau de dehors étoit de trois à quatre piez plus haute, que celle de dedans , puisqu'on n'a pas ici des Eclufes contraires, qui font un Baffin , -la Digue de la Rivière n'ayant point aflez de largeur, pour cela, où l'on ne fait les doubles Eclufes , que pour plus de fureté. IV. Enfin les Eclufes, quoique légères feront pourtant aflez fuffifantes pour refl-fter à l’eau , quand celle de h Rivière, & du foffé font d''une hauteur égale ; puifqu'ellc ne prefle pas alors, comme il a été dit.
- Ces Eclufes font d’une grande utilité, & prinn. cipalement parce qu'elles font, du côté des deux Faces tdu Baftion détache, un courant d'eau qui poufle le fable & fait une jufte profondeur. Autrement il ferait facile d’attaquer ces Faces le long du Rivage fec en Eté ce «que cette profondeur nmpêche. Aufli cela Jeft - il très néceflaire pour tenir les Flancs en état de défendre le port de deux cotez , & empêcher l'ennemi par les Traditores N°. 2. d'un Angle depuis neuf jufqu'à dix-huk dégrez , de fc loger au côté extérieur du Rempart avancé, pouvoir de là pouffer l’attaque par le foffé fec à la Face N°. 18.
- Entre autres méthodes nous Fortifions d’une telle manière fur le bord d'une Rivière, fans que la fechereffe d’Eté nous caufe aucune incommodité , ou nous oblige à pofer les fondemens de la muraille à la profondeur de la Rivière.
- Pour avoir une meilleure idée d’une telle For-terefle, nous montrerons fuccinétement ce que les Affiégeans doivent emporter ayant qu’ils puiflènt
- atta-
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- Rivage de la Mer, ohfur le bord d*me Rivière, 24 f ttaquer les Faces du demi Bafiion N°. 22., ou N*>. 18.
- I. Ils font obligez de s'emparer des deux loge-* mens de la Contrefcarpe extérieure N°. 10. & 11. dont nous avons montré la force dans treize articles pag. 75.
- il. Ils doivent aufli s'aflurer de la Contrefcarpe intérieure, & s'y rendre maîtres deslogemensN9. 1 y. 13. & 16. Nous avons allez amplement décrit cette Face dans treize articles pag. i<5 j. 154. 165. 166. & fuivans.
- III. L'Ennemi eft encore contraint d’emporter l'ouvrage détaché N0. 12. dont on voit allez la défenfe par la figure.
- IV. Comme aufli le Ravdin, & de fe loger dans fa Gorge N°. 17. Nous avons déduit dépuis la pag. 170. jufque à 17 5- & par cinquante-cinq articles les incommoditez, qu'il y pourra rencontrer.
- V. Outre cela les Aflîégeans tâchant d'attaquer la Face du demi Bafiion N°. 22. font obligez de démonter les trois Flancs N°. ij^ont nous avons démontré les avantages quant à la couverture en treize articles pag. 168. & 169. Mais parce que les Aflîégeans ne trouvent point- de terrain fur la Digue de la Rivière N°. 1. pour une Contre-batterie, ce qui a été accordé ci-deflus pag. 149. & 150. fur la deuxième Contrefcarpe depuis N°. II. vers N°. 1 5. Fig. H. il ne fera pas poflible de démonter lefdits Flancs j mais ils feront contraints de fe rendre dans le folié fec à la vûë des Aflïé-gez, & de monter ainfi à l'aflàut. Nous ne croyons pas que cela fe puifle executer non feulement parce que les Afiaillans font commandez par trois Flancs à la diftance de quatre-vingt-dix toiles, mais parce qu'ils peuvent à tous mo-
- 5 mens
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- T)e quelle manière l’Auteur Fortifiefur ie rnens être incommodez de toutes fortes d’infultes des Affiégez comme nous levons fait voir ci-de-: yant. "
- Et en cas que Ton croye qu’on puifle attaquer-l’autre Face du demi Baftion N°. 18. avec plus d’avantage., nous en décrirons aufli la défenfe.
- On peut donc facilement comprendre, que les Afïiégeans font obligez pour cela de s'affiner aufli du Ravelin, & de fe loger dans fa GorgeN®. 17. pour pouvoir ainfi, autant qu’il eftpomble, empêcher les Sorties, & les retraites. Cela étant accordé, les Afïiégeans feront encore contraints de faire l’attaque, qui eft immediamentci-devant comprife dans cinq articles.
- VI. Les Afïiégeans devront après cela s’avancer le long du Rempart; antérieur depuis N°. 7. jufques à N°. 21. & s’y loger aufli bien à la vue de cinquante-deux toifes de Flancs du Baftion détaché N°. 2. que de leur Canon couvert, qui commande ces logemens d’un Angle dépuis neuf juf-qu’à dix'huit dégrez.
- VIL Ces Flattes du Bajlion détaché ne peuvent; être ruinez à moins que les Afïiégeans ne plantent une Batterie au bout du havre près deN°. 9. à la diftance de deux cens quatre-vingt toifes- Et fl elle eft trop éloignée, comme elle l’eft effectivement , il faudra remplir pour cela le havre à la vue defdits Flancs.
- VIII. Cela étant fait la Contre-batterie n’aura que la moitié de l'étendue des Flancs, & par con-féquent elle ne fera pas capable de les ruiner a Et quand même cela fe pourrait, les Traditores font en état de rendre impoflible , le logement au côté extérieur du Rempart avancé.
- On peut remarquer , que nous, avons ici cet avantage, outre ceux que nous avons marquez
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- Rivage de la Mer, ou fur le bord d’ttnc Rivière, aux Remparts avancez dans l’attaque fur l’Eptago-ne Royal ; puifqu’il n’y a point là de tirs en brê-, che fur les Remparts extérieurs après la perte du Ravelin.
- IX. il ne fera pas poffible aux Affiégeans d’attaquer la dite Face N°. 18. s’ils ne fè font logez le long de ces Remparts avancez. Et comme on l’a. dit, ces logemens ne font pas feulement com* mandez fortement par les Traditores, mais les Af-fiégez pourront ici avec plus d’avantage s’y jetter à tous momens, & incommoder l’ennemi par toutes fortes d’infulte, & même l’en chafler, comme nous avons fouvent remarqué ci-deflus pag. 147. & 148. parce que les Affiégeans ne s’y peuvent pas loger en fi grand nombre , qu’ils puiflent renfler aux Aiïiégcz; & qu’ils ne fauroient être fe-courus, qu’avec grande difficulté le long de ce Rempart antérieur.
- X. Les Affaillans ne peuvent pas éviter ces Traditores puifqu’ils ne peuvent pas emporter le Baflion détaché, quand ils auroient brifé la muraille de fa Face, parce qu’il y a là-devant un foffé profond caufé par le cours continuel de l’eau des Eclufes, ou il y a toujours quelque tourbillon d’eau , à caufe de la décente de la Rivière, qui ne permet pas, que l’on y jette quelques machines pour le remplir ; outre que ce foffé eft nettoyé par la haute & bafle Courtine N°. 20. & par la Face du demi Baflion N°. 24.
- XI. Les Affiégeans pour pouffer l’attaque feront auffi contraints de faire une ouverture dans le Rempart avancé près de N°. 21. ou d’y planter du Canon, pour battre la muraille capitale N°« 18. mais ce dernier étant tout-à-fait impoffible, ils devront tenter le premier. ,Et comment pourront- ils. faire cela, les Traditores & la Galerie fous
- Q 4 le
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- ï.'4$ De quelle manière V Auteur Fêrtifie fur h
- le Chemin-couvert du Rempart avancé étant en état de l'empêcher; outre que les Affiégez, comme il a été dit, peuvent à tous momens chaffer les Travailleurs par toutes fortes de moyens!
- XII. Et quand les Affiégeans auraient fait une ouverture dans le Rempart antérieur, elle ne fera plus baffe que de huit piez au-delfus de l'eau, comme nous avons fait voir clairement ci-devant pag. 180. En ce cas la Batterie fur la Digue de la Rivière devrait être élevée jufqu’à une hauteur impraticable pour pouvoir ruiner la muraille juf* ques à quatre piez au deffus du foflé fec.
- XIII. Ç’eft pourquoi il ne leur fera pas poffi-ble de la brifer de l’autre côté de la Rivière.
- XIV. Ils feront donc contraints de conftruire une Batterie à la Digue de la Rivière, qui doit avoir une telle hauteur, qu'elle puifle par-deflus le Rempart abaiflé, ruiner la muraille de la Face.
- XV. Mais nous croyons, qu’une telle Batterie ne fe pourra point conferyer contre tous les feus des Affiégez.
- XVI. Outre que les Affiégeans font contraints d’attaquer par la brèche NQ. i8. quand elle ferait faite, à la vûë de cinquante-huit toifes des Flancs , *N°. 24. contre quoi ils n’ont que quarante-huit toifes de Contre-batterie fur l’ouvrage détaché N°. 12. On voit bien, qu’il leur fera très*difficile de démonter les Flancs par cette Contre-batterie.
- XVII. Enfin ils doivent monter à la brèche entre ces feux, & les Traditores de vingt-cinq dé-grez, qu’ils ne peuvent pas ôter, & qui par leur longueur font d’une telle conféquence , qu’ils font feuls capables de faire échouer tous les défi feins de l’ennemi.
- Je pourrais démontrer plus de défenfes. Mais lâôtre but 11’étant que de faire voir, que nôtre
- métho-
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- Rivage de la Mert ou fer le bord d'une Rivière. 149 méthode de fortifier fur le bord d'une Rivière eft plus forte, que les autres parties delaFortereffe, ce que nous avons fuffiflamment prouvé ; & non feulement que nôtre méthode a plus de défence, mais auffi par l’eftimation de la dépenfe que nous avons comparée à la pratique de la moderne ou Françoife, diffère de beaucoup par raport au ménage , & comme nous avons entrepris de ne démontrer que ces deux points, nous n'en parlerons pas davantage.
- CHAPITRE VUE
- Pourquoi l 'Auteur a borné fà méthode de Fortifier à un Horizon fixé ôc comment il faut Fortifier félon ladite méthode fur un Horizon plus élevé.
- NOus nous fomraes (ouvent étonnez, que même dans ce temS'iciil fefoit trouvé des Auteurs, qui ayent écrit de la Fortification, fans fixer, ni borner leurs defteins à de certaines élévations de l'Horizon ; puifqu'il eft confiant, qu'un exemple peut être applicable fur un Horizon, de deux à trois piez au-defïus de l'eau ordinaire d'Eté, qui ne le feroit pas , fi cette eau étoit de douze piez au-deffus de l’Horizon 5 & réciproquement il faut s’étonner encore d'avantage, quand on voit, qu'ils appliquent non feulement leurs méthodes aux Forterefles déjà confinâtes , dont l'Horizon eft de trois à quatre piez au-deffus de l’eau ; mais qu'ils s’en fervent aulîî pour des ForterefTes, dont l'Horizon eft de foixante, feptante ou d'un plus CL 5 grand
- Chaque Hori-Z.on demande une particulière me'-thode de Forte-fier.
- En quoi cenjî-fte une grande erreur des Ecrivains,
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- *5° Pourquoi T Auteur a borné fa Méthode grand nombre de piez. Nous jugeons, & foute* nons, que la diverfité des Horizons ( nous par* Ions de ceux , qui font de deux à trois , ou de feize à dix-huit piez au-deflus de l’eau d'Eté ordinaire ) demande aufîï un changement de figures.
- Terrains difficiles Nous trouvons la plus grande difficulté dans les
- àFenifier. Terrains, qui ont enfemble un Horizon de trois
- à quatre piez, & de foixante à feptante piez au-deflus de cette eau. Et pourtant ces Auteurs donnent de femblables defleins à de tels Terrains. Mais comme ce n'eft nullement nôtre intention de Fortifier de pareils Terrains, tant parce qu'il faudroit bien du tems pour cela, que parce que nous donnons en avance ce Traité ici, & que nous le voulons démontrer par divers exemples, dont nous ne nous trouvons pas encore allez pourvus, nous nous fommes bornez dans ce Traité aux Horizons, que nous trouvons la plupart dans nos Païs-Bas, nous trouvant obligez à cela par nôtre naiflance. C'eft pourquoi nous avons expliqué nos méthodes fur des Horizons, qui font de trois i quatre à cinq piez au-deflus de l'eau ordinaire en Eté, comme on les y trouve ordinairement , & dont nous avons décrit clairement les Profils, outre de certaines chofes, que nous ne communiquons pas ici, comme il a été dit plufieurs fois.
- Mais puifque dans les Païs voifins on trouve louvent un Horizon de cinq à douze piez inclu-fivement au-deflus de l'eau ordinaire en Eté, il eft néceffaire de dire , qu'on y peut aulïï appliquer les trois méthodes expliquées, pourvu que l'on change les Profils félon les occasions , en variant les Faces bafles, tant des Ravelins, que des Battions capitaux & détachez de la première & troifié-
- me
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- de Fortifier k un Horizonfixc y €rc. içr me méthode, comme aufli les murailles, quel'ori couvre par ces ouvrages.
- Nous fuppoferons pour exemple, de Fortifier félon la première méthode un Horizon, dont l’eau ordinaire en Eté eft plus baffe de dix piez.
- Profils j que nous donnons à l’Exagone Royal fur un Horizon, qui eft de dix pezau-deffus de Veau ordinaire en Eté,
- EN ce cas la nous n’ordonnons le Parapet de la l* Contre Contrefcarpe que de deux piez au-deflus de l’Horizon, qui fe doit perdre à la diftance de huit toifes ; mais celui des Redans doit être de trois piez au-deffus de l'Horizon, où il y aura un Coffre, comme ci-devant -, le Chemin-couvert, étant aufli large de douze toifes. Les Redans doivent être enfoncez aux Parapets de fept piez au^deflous de l’Horizon, où je fais conftruire trois, & quatre Banquettes, qui fe perdent vers les foffez juf-qu'à un pié au-deffus de l’eau ordinaire en Été.
- Sur ce Chemin-couvert on fait les logemens avec une muraille de huit piez, qui eft couverte aux cotez par des Parapets, dont la hauteur eft de neuf piez,
- & avec trois Banquettes.
- La Couvre-face doit avoir un Rempart élevé de Couvre'fjtcc. deux piez au-deffus de l’Horizon, &làdeflùsuii Parapet y comme il eft dit dans l'Èxagone Royal pag. zq>, mais fa crête ne fera épaifle que de 18. piez. Il faut pourtant à l’égard de cette épaiffeur, fe regler toujours félon la bonne ou mauvaife qualité du terrain.
- Je donné au Ravelin une Face baffe , dont le ieitavelin. Rempart eft de deux piez au-deflus de l'Horizon,
- & là-deffus un Parapet de dix-huit piez en crête ;
- fort
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- Les Battions capitaux.
- i j l Pourquoi V Auteur a borné fa Méthode
- fon Rempart vers la pointe, aura l'étendue de vingt-quatre toifes, de cinq piez au-delfus de l'Horizon contre l'enfilade. Son fofle lec doit aufli être large de feize toiles, 8c profond de dix piez au;deflbus de l’Horizon, au milieu il doit être large de huit toifes ; le refte doit tellement monter vers la muraille, & le Rempart de la Face, qu'il n'yfoit que de fept piez au-deffous de l’Horizon. La muraille de la Face du Ravelin eft elevée encore de neuf piez : mais elle fera faite de douze' piez en tems de guerre, quand Ion folfé eft creufé également de dix piez. Elle fera alors alfez couverte contre les Afliégeans, la crête du Parapet de la Face baffe, qui la couvre, étant encore plus haute de fix piez. Les Galeries, tant l’enfoncée, que l’autre, les Coffres> & la Capontêre 8cc. font aflèz faciles à comprendre par ce qui a été dit en fon lieu dans la defcrïptipn de l’Exagone Royal.
- La Face baffe du Baftion capital a un Rempart, qui n’eft elevé au-deffus de l’Horizon, que de deux piez, mais les Angles s'élèveront aufli de cinq piez iur la longueur de vingt-quatre toifes contré l’enfilade. Au-deflus j’ordonne un Parapet de dix-huit à vingt piez d’épaiffeur. On doit efeaver le foffç fec de la manière, comme il eft dit du Ravelin, afin que la Galerie de maçonnerie ni la muraille de la Face capitale ne fe gâte par l’eau de pluie. Cette muraille fera élevée d’onze piez , favoir de quatre piez au-deflus de l’Horizon, 8c d’autant de piez plus baffe, que la crête du Parapet de la Face baffe, qui la couvre; le tcrre-plainduifo/frow capital doit être de feize piez plus haut quei’Hor rizon, favoir aux Angles, mais à l’extremité des Faces, de quatorze piez& derpi, & de treize piez
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- de Fortifier à uh Horizon fixé, CFc. 25$ à la Gorge, afin que l'eau de pluye s’en puifle écouler lans penetrer dans le Rempart. Les 0*7-lons de maçonnerie ont un terre-plain de quatorze piez & demi aur deflus de l’Horizon $ les pavez de Tes fou terrains feront de huit piez au-deflous dudic Horizon. Le refte de YOrillon fc voit allez par ce qui eft dit auparavant.
- La crête du Parapet du Flanc bas doit être de z,,Flinc^Vn. trois piez au-deflus de l’Horizon, ayant un Che- *"• inin-couvert large de vingt-quatre piez, qui eft alors de trois piez au*deflous de l'Horizon : le refte doit être creufé encore de quatre piéz plus profond & décliner vers le petit foffé jufqu’à un pié au-deflus de l'eau ordinaire d'Eté. La Face de la bafle Courtine, qui s'étend delà jufqu’à YOrillon fera élevée de fept piez au-deflus de l'Horizon, avec autant de Banquettes, qu’il en faut pour atteindre au Chemin-couvert du Flans bas.
- J’ordonne au Flanc moyen un Rempart de fept 1*Flanc «<*«. piez au-deflus de l'Horizon 9 & là deflus un Parapet à l’épreuve elevé de fix piez avec ü Banquette y & un Chemin-couvert de la largeur de fept piez , le talud fera à terre roulante jufqu’à la profondeur du foflé, qui eft de neuf piez au- deflous de l’Horizon. Mais ce fôfle s’élève pour les raifonsfuf-dits de deux piez vers la muraille du Flanc haut, qui eft elevée de dix piez au-deflus du plus profond du fofle j de forte que quand le foffé fec eft également creufé de neuf piez, la muraille en fera élevée de douze piez, favoir de trois piezau-def-fus de l'Horizon. Et puifque la crête du Parapet du Flanc moyen eft elevée de treize piez au-deflus de cet Horizon, cette différence de hauteur de dix piez couvrira aflez cette muraille contre lesAflïé-geans ; Encore le Chemin-couvert du Flanc haut
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- z 54 "Pourquoi P Auteur abornéfa Méthode s’élevera-t-il au deffus d'elle d’onze piez & demi.
- BajjeCourtine, La Courtine bafie doit avoir un Rempart de deux piez au-deffus de l’Horizon, avec Ton Parapet à l'épreuve, Banquette & un Chemin -couvert large de fept piez, talufant à terre roulante dans le fof-fé jufqu’àneuf piez au-deffous de T Horizon ; qui s’élève comme ci-deffus de deux piez du côté de la muraille de la haute Courtine , qui eft de huit piez au-deffus du foffé ; & ceci étant également ereufé de neuf piez , elle fera haute de dix, Ôt allez couverte par la baffe Courtine, qui avec la crête de fon Parapet eft plus haute de fept piez.
- On trouvera le refte amplement décrit dans l’Exagone Royal.
- Profils que nom donnons à un Eftagont Royal Jur un Terrain plus élevé.
- NOus fuppoferons que l’Eptagone Royal décrit ci-deffus eft fur un Terrain élevé de neuf piez au-deflus de l'eau ordinaire en Eté.
- Za Contrefcar- La • Conrrefcarpe extérieure étant ci-deffus dé-$>esxürUmt. crjte p3g. 117. & 118., nous n’en dirons rienr ici.
- Zelfiveiitr. Je donne aux Faces du Ravelin un Rempart de deux piez au - deffus de l’Horizon, outre que les Angles s’élèvent encore de deux piez contre l’enfilade. J’y ordonne un Parapet, comme ci-deffus. Entre la Face baffe & la Redoute de ma* çonnerie je fais conftruire un foffé fec de la largeur comme ci devant, que l'on creufe au milieu jufqu’à l’eau en Eté , & que je fais élever de trois piez de deux cotez, fçavoir vers la Galerie & la Jtcdoute, à caufe de l’eau de pluye.
- La defcription de la Redoute fe trouve pag. 122*
- &
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- dé Fortifier} un Horizon fixe, &cî 25$
- & 125. ; outre cela la communication voûtée doit être de fix piez, & le refte de fept au-deflous de l'Horizon.
- Les Flancs du Ravelin doivent être de la même, J>«FUnc«. épaiflèur que les Faces ; & Ton creufe le Terrain qui eft entre deux, de la manière fufdite.
- Je donne au Rempart antérieur, qui eft tout autour du grand fofîe fec, la hauteur de quatre «'«»««• piez au-deflus de l’Horizon ; mais aux Angles à l’efpace de trente-deux toifes, à mefurer de leurs commcncemensj je leur donne la hauteur de fix piez au-deflus de l’HorizÔn, alors elle aura une aflîete de cinquante piez à l’égalité de l’eau en Eté. Au-deflus je fais conftruire un Parapet de dix-huit piez d’épaifleur, avec une Banquette 3c un Chemin-couvert de neuf piez de largeur 5 fous laquelle je fais une Galerie de maçonnerie comme ci-deflus, de huit piez de hauteur dans l'oeuvre.
- Elle doit avec les murailles avoir l’épaifleur de dix piez, qui étant ôtez de cinquante piez, il ne refte que fix toiles , & quatre piez d’alîîete. Il faut conftruire le paflage de la Galerie de fept piez au-deflous de l’Horizon. Ainfi il y aura aux Angles quatre piez de terre fur la voûte, & deux par tout le refte du Rempart avancé. Mais en cas que l’on jugeât que cela ne fut pas fuffifant contre les feux d’artifice, on peut donner la hauteur intérieure de fept piez à la Galerie entre les murailles ; ôc ainfi la terre par - deflus aura l’épailfeur de trois piez.
- Il faut pour la Courtine bafle un Rempart d’un Ltl3apçmt. pié au - deflus de l’Horizon , avec un Parapet à tiae. l’épreuve; mais fon Flanc, qui eft le Flanc bas, aura la crête de fon Parapet plus élevé de trois piez. Et pour le couvrir fuffifamment, Ies Faces de cette Courtine bafle doivent avoir un Rempart de deux piez au-deflus de l’Horizon. La
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- Hauteur iet
- murailles.
- Chemin-couvert <<«B»ftion eapitaU
- Trfffe de la bajps Courtine.
- Pourquoi P Auteur a borne fa Méthode La muraille de la Face du BafHon capital doit' être élevée de feize piez plus haute que l'eau ordinaire en Eté, fçavoir de trois piez plus baffe que la crête du Parapet du. Rempart, avancé. La muraille du Flanc moyen , & de la Courtine de douze piez au - deffus de cette eau ; & celle de la baffe Courtine ne s’élève qu'à la hauteur de deux' piez au-deflous de l'Horizon.
- Le Chemin-couvert du BajUon capital eft élevé au-defïus de l'Horizon de dix • fept piez aux Angles, de feize au Flanc haut, & de quinze à h Gorge, Mais celui de la Courtine ne doit s'élever que de douze piez. Le tout doit avoir un Parapet a l'épreuve, horfmis la Face.
- Devant la Courtine balle je fais un foffé large de huk toiles, & fi profond, qu'il y ait toujours pour le moirïs fept piez d’eau»
- Et afin que l'eau de pluye qui tombe entre la haute & baffe Courtine , n'incommode point les murailles, on creufera ce Chemin couvert, ou foffé fec au milieu, jufqu'à huit piez au-defTous de l'Horizon, & on le fera haufler de deux piez de chaque côté. On conduit cette eau par des Canaux dans ledit petit foffé j. & en cas que l’eau y foit plus haute que dans le foffé capital, on la conduira par d’autres Canaux tvers ce foffé-ci.
- On trouvera le refte dans l'Eptagone Royal décrit.
- Profils
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- de Fortifier À un Horizon fixé, &C: a 57
- Profils que routeur donne à VOftogone Royal j fur un Horizon élevé d'onze à douze piez au - de fus de Veau ordinaire en Eté.
- IL n’y aurait pas grand peine à décrire auflî ces Profils. Mais puisque nous croyons, qu’on les peut bien comprendre parl’ExagoneRoyal, à qui nous avons donné un Horizon de dix piez, ilfuf-fira d’y renvoyer le Leéteur.
- Il ne refte qu’à dire, que par l’élévation de l’Horizon on peut encore donner diverfes défendes à ces figures , dont nous ne nous avons pas pu fèrvir fur le bas Horizon fuppofé.
- On peut ainfi changer les Profils, quand on veut fe fervir üeidites Méthodes fur des Horizons plus élevez.
- Et en cas qu’il fe trouve des gens, à qui les Faces bàfles, les Remparts avancez, les Galeries , les murailles, les voûtes des Orillons , ou bien quelque chofe, telle qu’elle foit, femble trop haute ou trop baffe, je dis, qu’il n’y a rien de fi facile, que de critiquer ; & que nonobftant cela il eft évident, que ces Méthodes de Fortifier généralement confiderées font d’une force extraordinaire.
- Il faut remarquer outre cela, que l’on trouve rarement un Horizon élevé de dix à douze piez au-deflus de l’eau d’Eté, qui n’ait quelques hauteurs,' ou lieux bas, félon quoi un bon Ingénieur peut ordonner fes Profils en haùffant ou en abaik Tant les Angles des Remparts bas, & des B a fiions capitaux, pour fe couvrir contre l’enfilade, cpm-
- v ' R me
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- L’Exagaxe
- Xojal.
- /. Méthode.
- 2 58 De la hauteur desplattes-formes des Batteries, me nous le reprefentons dans la Fig. D. E. & F. N°. 1. Car c’eft une erreur également groffiére, que de conftruire les ouvrages trop hauts, ou de les faire trop bas ; les défenles les plus Bafles étant les meilleures.
- CHAPITRE IX.
- De la hauteur desplattes-formes des Batteries que les Afliégeans doivent faire pour enfiler & ruiner les foflez fecs j & les Orillons par - deflus les Faces bafles & les Remparts antérieurs.
- S’il fe trouvoit quelqu’un qui voulut enfiler, & commander les foflez fecs des Ravelins, & du Baflion capital de l’Exagone Royal, ou ruiner la Batterie fouterraine de YOrillon, par une haute Batterie fur le Parapet des Contrefcarpes, il fera né-ceflaire de montrer, jufques à quelle hauteur on doit élever leurs afliette.
- Les Afliégeans doivent haufler. de treize piez le Parapet de la Contrefcarpe, qui n’eft que de quatre piez & demi au-deflfus de l’Horizon, pour avoir une afliette commode, d’où l’on puifiepar*deflus la crête du Parapet de la Face bafle du Ravelin, qui eft de treize piez au-deflus de l’Horizon, enfiler le fond du fofle fec près des Coffres.
- Mais ils doivent haufler de vingt-deux piez le Parapet de la même Contrefcarpe pour avoir une afliette capable de ruiner la Batterie Cazemattée deflous YOrillon qui eft égale à l’Horizon , par-
- dclfus
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- que Us jijfiégeans doivent faire &e. dçflus la Face bafle du Bajiion capital, dont la crê-ite du Parapet eft de quinze piez au-deffus de l'Horizon.
- Mais fi les Afîiégeans jugent la Couvre-face plus Méfait.
- propre pour cela, ils doivent haufler Ton Parapet qui eft de douze piez au-deffus de l’Horizon, defèptpiez, pour pouvoir de cette Afïïette ruiner ladite Batterie par-deffus le Parapet de ladite Face baffe. Il faut remarquer ici, que le fondement de la Couvre-face n'eft que de fept toifes & d'un pié, de forte que les Afîiégeans ont befoin de beaucoup de terre pour remplir le foffé, outre que la terre amaflee ne fera pas propre pour cela à cau-fe du mouvement de l'eau. Aufli les Afîiégeans fè doivent-ils très fuffifament couvrir à l'aile contre le Ravelin N®. 11. Fig. B., comme il eft dit dans l'attaque pag. 58. & y?.
- Voyons à quelle hauteur on doit faire la Batterie des Afîiégeans pour enfiler le Flanc bas égale à l'Horizon par-deffus le Rempart avancé del'Ep-tagone Royal*
- Les . Afîiégeans font en ce cas^-là obligez de placer leur Batterie entre N°. 11. & 15. Fig. H. ou le' Chemin-couvert eft de trois piez au-deffous de l’Horizon, qu'ils doivent hauffer de dix-huit piez pour une platte-forme. Mais le Flanc de la Con-trefearpe, dont la crête eft de fix piez au-deffus de l’Horizon, étant hauffë de neuf piez fera propre pour une platte forme. Cette Batterie eft alors éloignée du Flanc bas de cent quatre-vingt toifes.
- Il faut montrer enfin jufqu'ou il faut hauffer la Vofagmt Batterie, pour enfiler le foiié fec du Ravelin de *9Ja1, l'0<ftogone Royal, &pour ruiner, du Parapet de R z la
- L’Eptagone
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- 260 De la hauteur des plattes-fornies des Batteries, la Contrefcarpe, & de la Couvre-face \ la Batterie: Cazemattée de YOrillon à rez de terre.
- L'ennemi doit pour cela haufler le Parapet de la Contrefcarpe, qui eft de quatre piéz & demi, au-deflus de l'Horizon de dix-huit piez ; alors elle pourra enfiler le fond du fofle fec du Raveliri près du Coffre par-defliis la Face baffe, qui eft élevée de treize piez au-deflus de l'Horizon.
- Méthode U eft aufli obligé de haufler de vingt quatre piez ledit Parapet de la Contrefcarpe pour avoir une af-fiette capable de ruiner la Batterie fouterraine de Y Or Mon égale à l'Horizon, par-defliis la Face baffe du Bafiion détaché, dont la crête du Parapet eft de quatorze piez au-deffus de l'Horizon.
- On voit par la Fig. M. que le Glacis de cette Contrefcarpe, à caufe des Redans, ne donne que feize toifes de terrain ; fi les Aflïégeans donc en veulent davantage, ils font obligez de le haufler vers le logement dé pierre, dont le Chemin-cou* vert eft de treize piez & demi plus bas que la crête du Parapet de la Contrefcarpe. En ce cas il n'y aura plus de place pour démonter, de cçParapet, les Flancs du Bafiion détaché N°. 20. parla Contre-batterie N°. 1%. de forte que celan'eft d'aucun effet, fi les Aflïégeans n'élevent le Chemin-couvert creufé des Redans à la dite hauteur ,• qüî eft ici de trente-un piez, comme il a été dit.
- Méthode. Si les Aflïégeans jugent la Couvre-face plus com* mode pour cela, ils doivent haufler fon Parapet, dont la crête eft de douze piez au*deflïis de l’Horizon , de dix piez pour avoir une affiette , dont le Canon puiue ruiner la Batterie fouterraine à rez de terre, par-deflus ladite Face.baffe du Baf-tion détaché, qui eft de quatorze piez au-deflus de l'Horizon* -
- .Cette Batterie là caufera bien du travail, puif-
- que
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- que les Affligeant doiventfake, €Te, i6t que Cette Couvre face n’a que fix toiles d'épaif-feur , & quatre piez fur l’Horizon , & qu'elle doit être très fuftifament couverte à l’aîle contre le Ravelin N°. 1i. Fig. M., comme il eft dit ci-deflus.
- Il faut remarquer, que nous ri’avons montré » que la hauteur des plattes-formes des Batteries $. & que les Affiégeans doivent conftruirepar-deflus un Parapet de fix piez d’élévation.
- Nous croyons cependant, qu'il fera prelqu'im-poffible d>élever & de conferver ces Batteries à une telle hauteur contre tous les leux des Afîîégcz, principalement fur les Couvre-faccs.
- Car il faut demeurer d’accord, que l’on peut par de fi hautes Batteries enfiier toutes les Forte-reflès, dont le Rempart ri’eft que de quatorze à feize piez au-deflus de l’Horizon, comme ori en trouve beaucou p. S ans parler de tou s les Chemins-couverts de la Contrefearpè, & delà Fauffe-braye, dont les Parapets ne font que de fix piez au-def* fus de l’Horizon ; ni des dehors, ou ouvrages détachez , dont les Remparts font très rarement éleviez de douze piez au-deflus de l’Horizon.
- Et quand même cela fe pourroit faire, l'on ne peut pourtant nier, qu’il ne foit plus facile aux ÂfliégeZ d’élèver les Angles des Faces baffes, & des Remparts avancez, qu'il n’eft aux Afliégeans de hauflèr leurs Batteries pour les commander.
- FIN.
- Le Rempart de la Face baffe du SaJlionAétaché de l'Oftogone Royal Fig. N. N°. 5. au lieu de trois piez doit avoir quatre piez, afin que la Figure, & la defeription s'accordent.
- R 3
- ERRATA
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- ERRAT A.
- J?ag. Ug. Mfiz,
- 5. 29. pour couvrir le pour fe couvrir dans le folié fec. foiré fec.
- 13. 18. de s’y pofter, d’y refter.
- 19. 33. 28800. toifes", 57600. toifes carrées.
- 20. 5. 28800. toiles, 57600. toifes.
- 21. 29. embrafures, meurtrières.
- 22. ; 11. piez, pouces.
- uivis au Relieur*
- T Es Planches peuvent être placées à la fin du Livre, ou bien à la page marquée, comme le Le&eur le trouvera bon. De ces Figures quelques-unes devant être mifes à une même page, on les a marquées par 1. 2. .3. afin qu’on fçache celle qui doit précéder. Pour la commodité, il ne faut rien couper du papier fur lequel les Planches font imprimées, afin qu’on les puilfe voir tout entières, le Livre étant fermé.
- Bericht voor den Boeckbinder.
- ALLE de Platen konnen achtcr het Boeckge-bonden, en oock yder'op (ijn folio geftelt worden, naer believen vân den Leefer. De Pla-ten daer de cyge folio op ftaet fijn gemerckt met 1. 2. 3. om daer door te lien welcke eerft komen moet. $tfct oock te weten, dat voor ’t gemack van den Leefer, aUe de Platen buyten hetBoeck gefien moeten worden, en. daerom geen wit ofte papier van defelve a%efnedèn worden.
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