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Le spectacle du feu élémentaire, ou cours d'électricité expérimentale
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- LE SPECTACLE DU FEU ÉLÉMENTAIRE,
- OU ÿ,.4i
- COURS d’électricité
- expérimentale.
- Où l’on trouve l’explication, la caiife & le méchanifme du Feu dans fon origine, de-làdans les corps, fon a&ion fur la bougie, fur le bois, & fuccefllvement fur tous les phénomènes éle&riques ; où l’on dévoile l’abus des pointes pour détruire le tonnerre : on y explique en outre la caufe de la chûte des corps au centre de la Terre, celle de l’afcenfion de l’eau dans les tuyaux ca-* .pillaircs , ôcc. Que le feu eft le reffort, l’air l’agent du méchanifme^de l’Univers. Avec io fig. entaille-douce.
- Par Me. ChCrA BIQ UE A U, Avocat, Ingénieur Privilégié du Roi , pour tous fes Ouvrages de Phyfique & de Méchanique.
- Chez Belin, Libraire, rue Saint Jacques, près Saint Yves.
- M. D C C. L X X X V. Avec Approbation y & Privilège du Roi.
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- Ouvrages fur la Phyfigue que ton trouve le rnîrùe Librairie,
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- Recherches Fur l'Electricité, par M. Marat in-8. fig........................
- fig. 51.
- K««r
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- AVANT-PROPOS.
- DE's que les Lettres de Moniteur Franklin ont paru , je n’euffe pas manqué d’exécuter fes nouvelles Epériences, fi mes occupations m’euffent làifle un moment libre pour y travailler. Le fpeélacle champêtre méchanique de la perdrix rouge ingenieufe m’ayant occupé, tant chez le Roy, qu’en mon Cabinet, à peine ai je eû le tems de lire l’Ouvrage de Moniteur Franklin; Enfin le bruit des barres éleâriques devenu trop intereffant m’a forcé à me livrer à cette partie. Le io. Juin dernier je fis pofer une barre à l’Hôtel de Mouy, rue Dauphine, fur l’endroit le plus ifolé de la Mailôn ; Cette barre 834. pieds de haut ; elle fort libre d’environ 23. & toute fon élévation peut être à 50. pieds du rez de chauffée. Pour faciliter l’expérience, j’ai introduit un fil de fer de communication à la barre, maintenu par des cordons de foye. Ce fil de fer def-cend à la fenêtre de mon Cabinet ; de force que s’il paffe un nuage éleêlrique , on tirera désetincélles du Cabinet avec un fil de fer coudé; non que: je penfe décharger un nuage de la foudre , Biais feulement üans le A
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- v AVANT-PROPOS.
- deffein de fatisfaire les Curieux.
- Cette barre à peine pofée , il m’ell furve-nu des affaires intereffantes qui m’ont occupé près d’un mois. Voyant accroître journellement le faux préjugé des barres , je me fuis trouvé obligé de me foulever iur des erreurs de faits confiderables, où on donnoit •tête baiflee fans voir aucun Phyficien s'en plaindre. Au moment où jetois prêt à livrer au Public une feuille volante à ce fu-jet, je me fuis trouvé lié de plus en plus à refouiller la matière dans fon origine. Je me fuis embarqué fur des apparences qui ne m’avoient pas paru devoir me conduire li loin. Pour ne pas perdre de vue mon fujet, j’ai tout négligé , je me fuis renfermé en moi-même ; j’ai cherché des expériences familières, afin de parler aux yeux pour parvenir if être entendu détour le monde. *Si je n’ai pas le bonheur d’un fuccès general, .j’aurai du moins l’avantage de perfuader tous ceux qui mé fuivront fans partialité & fans prévention , fouvcr.t lource malhcureu-fe du peu de progrès dans les lciences. Un Sçavant ou du moins membre d’une So-
- * Toutfsles expériences que j’ai imaginées , feront marquées d’une * ; & celles que j’ai priées pour parallèle dans l’explication du MéchaoUme , leront marquées d’unc'J.
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- .*4 VA NT - P RO P 0 S. 3
- tsieté qui l’eft aflurément, détruit fur l’étir quette du fac ce qu’il ignore, ou qu’il nç peut comprendre. Il a honte d'applaudir à celui qu’il veut être fon inférieur, il refui? de s’ççlaircir,,il a plutôt fait de condamner. S’il s’agit de qyelque phénomène de fa fphe-re , il dit qu’il donne les chofes toutes unies, & que le refte ëil une fupercherie qu'il mé-r prife , faute de pouvoir définir. Voit-on les Efprits s’allier , travailler de concert î Non, chacun eft envieux de donner du lien, ou durnoins de le publier, quoiqu'il appartienne fouvent légitimeroent à un autre. Les exemples n’en font que trop fré-quens : on trouve fi peu de perfoones du même talent qui s'allient pour travailler dp concert, que nous ne parviendrons jamais au degré où l'homme pourvoit atteindre. J? fuis un çros-petit citoyen , cependant polir des chofes. qui peuvent concourir au bien ge-JBeral, les ( ùtieux de bon fens qui ne fe çrouvent pas munis des inftrumens convenables pour-expliquer leurs idées naiflant.es,, •peuvent Jvenir chez moi, comme dans-une Bibliothèque publique'; je feraj charmé , fi .je puis concourir à l’avancement. Leschofes •les plus petites en appparence j mènent fou-yent l’eiprit fort loin. . ,j
- J.e.fenaque .cette difgreffian aura fes An-
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- '4 AVANT-PROPOS. tagoniftes ; mais elle ne déplaira pas aux (tudieux : les belles fleurs ne jfortent pas toujours des plus grands & plus beaux jardins.
- Ce méchanifmeque je dévoile,cette Electricité experimentale n’a aucune expérience qui ne lui foit foumife. On les reprendra en plus grande partie , fur-tout celles qui femblent mériter une certaine explication , & on paflera légèrement fur les autres. Elles •ne fe donneront que pour aider les perfon-nés qui ne feraient pas à portée d’en faire la compilation. On les mettra dans un ordre commode pour ceux qui voudraient les exécuter. On ajoutera à la fuite les obfcrvations convenables pour faciliter le fuccès des expériences ainfi que des machines, avec quelques Notes fur les expériences qui femblent n’avoir point de connexion avec les autres. Je ne défignerai aucune machine, tous nos Auteurs en ont fourni à fuffire. M. Boulanger a donné la defcription au net avec lé plan dè celle que j’ai imaginée , tant pour la commodité publique, que pour la mienne particulière.
- -Je ne rappellerai dans cet Ouvrage aucun fyflémede ceux qui ont écrit fur l’Electricité. Ce ferait embarrafler fort mal à propos les Leâeurs, puifqu’aucuns n’ont ap-
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- AV A NT-PROPOS- 5
- proché du but. Ils n’ont fait que rendre compte de ce qu’ils ont vû , & die ce que les autres voyent également. A peu près comme une perfbnne qui croyant expliquer le mé-chanifme d'une montre, dirait qu’en cette montre, il y a un balancier qui va & qui vient, des roues qui tournent, une éguillequi marque les heures, fans cependant nous apprendre quel cft le relfort,. l’agent qui conduit & comment il conduit. C’eft ce mé-chanifme , ce reffort qu’il faut expliquer en défignant toutes fes fondions fur tel phénomène qu’on puifle propofer. Il fembleroit qu’on dût établir ce méchanifme avant d’attaquer les barres qu’on a annoncées pour détruire le tonnerre. Comme il y a des erreurs de fait à cet égard , on commencera par les vérifier, & fuccefiivement à fon tour le méchanifme confirmera leur inutilité Se leur iniuflifance.
- On n’a pû s’aflurer dans cette carrière qu’en remontant à l'origine du feu, & en l’examinant dans toutes fes progrefiions. On y reçonnoîtra qu’il eft l'efprit ae vie de tous les êtres en general, le principe de la génération humaine ; que malgré les differens degrés du feu & de quelque maniéré qu’il foit combiné, il eft toujours le même, quoique fur differentes- matières & differens
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- g A ŸÀfiT ^PROPOS. corps.' Siléfeu fétt dlntëlligence pour Ief-prit de feu élêâfique, ce dernier de fon cô-fë n’a rien qui ne confirme tous les progrès de l'autre, Si ils hé different que par le plus 6u lê moins de parties fpitirueUfes, fe trou-vant dans des gradations differentes qui en varient les effets. Enfin on apprendra que l’efprit de feu & l’efprit d’air font les agens ftctets du mécïianilme de l’Univers, dont l’action le perpétue à la faveur des différentes àtmofpheres du feu j qui font autant de vùidé , où l’air trouvant une iffùe continuelle, y entre, eHxhaffant d’autant I’elprit de feu, dont l’artendartce fe porte au firmament ; au lieu que l’efprit d’air tend toujours au centré de la terré ,• où font les atmo-fpîieres à remplir pour fe mettre en équilibré. Dès là Oh parviendra à connoftre que la différence de l’air ordinaire, d’avec 'l’efprit d’air , & l’efprit de feu d’avec le feu, nëceflife l’âfcefifion de l’eau dans les tuyaux capillaires , & la gravitation des corps au centré de la terre. Phenomertes dont on n’a tendu aucune ràîfon jtifques à prefent.
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- ÉLECTRICITÉ
- EXPERIMENTALE»
- CHAPITRE PREMIER,
- Erreur défait fur les pointes annoncées pour, détruire le Tonnerre».
- R.O U V E R dansTexpériëriCe déqaoit expliquer le méchanifme de l’Eie&ri-cité , & prouver l’inf^fance des pointes , pour détruire le Tonnerre* e’efl. ce qu’on lepropofede démontrer..,
- Comme les faits font ordinairement desimpref-fions qui déterminent pour le fond > il faut prévenir le préjugé. II fout donc les confiâtes, pour n’en impofer à perfonnei On a cependant commencé par des faits érronés furie Tonnerre Le Public raconte mille fois au-deflus de ce qu’il a vu & entendu ; & partie de ceux qui auroient dû réfléchir A iiij
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- g Electricité;
- fur cë qu’ils voyoient, n’ont eû que des yeux po^
- pulaires. Ce torrent eft lâché». Cependant il fera
- facile de remettre les chofes au premier état *
- lorfqu’on voudra s'affilier dë la vérité par l’expé^
- rience.
- Quoique les nouvelles expériences fur i’Eledrk cité y faites, à Philadelphie , par M. Francklin x laiffen* entrevoir un rapport entre le feu de la foudre de' le“Huidè Eledffqùë ; cét Auteur ayant formé lès conjedures avec une imagination qui a entraîné un grand fuffrage on ne peut s’empê-. cher 'de s’élever fur le prétendu effet des pointes annoncées dans le Public ,pour détruire le Ton-»
- L’idée qu^on s’étoît faîte à Paris , de- pouvoir-diffiper le Tonnerre , étoit donc rélative aux Obr férvations &; Expériences de M. Francklin, & les étincelles qu’on a tirées d’une barre pofée fui.vant le fyftême de cet Auteur, ont donné lieu à des con-féquences très-flatteufès , làns s’appercevoir qu’on, péchoit dans leur principe. Car il y a une- erreur de fait dans leLivre deM. Francklin. Lorlqu’il annon-» ce pag. 28. 29. & 156. qu’une pointe tenue au-de flous du Condudeur , à la diftance d’un pied , fuffit pour détruire l’Eledricité par l’écoulemenç fubit qu’elle entraîne ; il eff confiant que la pointe tenue à un pouce du Condudeur, n’empêçue pas, d’en tirer des étincelles, non plus que l’éguillé n’empêche pas d’éledrifer le boulet, ni le canon de fufil, toutes chofes égales. Il faut donc bien rabattre de l’idée publique des pointes. Malgré l’expérience du iq Mai dernier , faite par les foins de M. Dalk tard, à qui la Société fera toujours redevable dq la première entreprife & de plufieurs découvertes* $« i« Attaquer les pointes d’une erreur de fai;*
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- Experimentale.
- fie doit rien diminuer du mérite de l’Ouvrage de M. Francklin. Il avoue lui-même page 153, édn tion de Paris 1752. feptiéme ligne : » Depuis que, » je les ai mifes par écrit, & rappellées à un exa-» men plus févére, j’avoue de bonne foi qu’il me' »refte quelque doute à cet égard mais n’ayant-» rien de mieux, je ne les rejette pas abfoluraent » pour qu’un LeCteur ingénieux ait occafiom d’en » trouyer une plus parfaite. » Cette erreur tombe donc fur ceux qui ont' publié tropiégérement dans; une gazette , un fait faux , comme une vérité de principe.
- L’erreur de fait ci - deflus devroit fuffire pour anéantir cette idée, que la barre piiilïe attirer par un écoulement fubit une nuée Electrique, & ladé* charger de la foudre. Comme on a des comparai-' fons a nous oppofer avec l’effet réel des étincelles: arrivé aux barres, il faut combattre ces. comparai-; fons, toutes ingenieufes qu’elles foient, non dans un. éfprit de critique ; mais pour dévoiler la vérité.: Commençons par la réalisé du Phéqoméne à la-barre, i
- I. Expérience,
- Que l’on tienne au-deflbus du Conducteur, ainfi qu’on l’a déjà obfervé, non à un pied, mais à un. pouce, la pointe d’une éguille, fi on eft fur le gâteau , on en tirera des étincelles, fans rien dimi-t nuer de l’EleCtricité. Si on pofe de la même ma-niere une infinité d’autres pointes, toutes également donneront des étincelles , fans diminution de celles du Conducteur.
- Ces faits conftatés par l’expérience, il n’eft pas furprenant qu’on tire des étincelles de la barre , fans diminution du Tonnerre,
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- 10 Electricité
- Pafïons a l’expérience de la balance que l’on? compare à un nuage éledrife, renfermant en lui la. foudre.
- Un poinçon d’Orfévre ou corps émouffé attire le baflin de la balance éle&rifée, enluifaifantdé-pofer fon feu ; mais en préfentant la pointe à ce même baflin , quoiqu?à côté du poinçon la balance reïte en équilibre , & eft déchargée de fon feu. éle&rique par l’écoulement imperceptible qui s’effc fait par la pointe.
- II. Expérience•
- L’effet de la pointe réuflit à la vérité dana cette expérience, même avec une petite balance.. Le peu qu’elle tire n’eft pas capable de faire abaif-1er le baflin éledrifé, Ckap. 7. Seâf. 4. S-mais fuppofons que la pointe pût attirer le feu éle&ri-que du baflin aufli fubitement qu’on a voulu l’infî-» suer , qu’en réfulteroit-il ? Rien du tout. Au ref-çeddu Tonnerre, la comparaifon eft fauffe à tous égards. Nous n’avons aucun nuage métallique qui puiflèêtre le contenu Sc le contenant. Si cela étoit r on n’eut pû tirer des barres que quelques étincelles , & le nuage eut été fur le champ déchargé aux rifques de ceux qui ont opéré. Le porte - voix deM. le Monier prélènté par l’embouchure, en-fuite par le pavillon, & enfuite couché, &c. fi le nuage eut été dans l’efpece de la balance, tous ces corps Peuffent attiré pour dépofer fon feu , tel qu’en l’expérience du poinçon. Mémoire lu à VA-cadémie en ijâz. 11 faut encore fuppofer que le nuage defcende afîez bas, & qu’une fois au-defliis de la barre, il y demeure le tems qu’il faut pour procurer l’écoulement de tout le Phénomène. Ou-
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- Exp èrïmeritâU. I<
- tfe ces raifons invincibles , l’expérience va-nous certifier lafeibleflè & l’inutilité des pointes par les deux fuivantes.
- I. Expérience.
- Je pofe fiir une table une bouteille fortement éleétrifée , il en fort une aigrette fenfible ; j’y préfente la pointe même à un pouce , l’aigrette n’en a pas moins de force & de divergence. 11 y a plus, je touché avec cette pointe le fil de fer de la bou-teille à plufiears reprifes ; cette bouteille eft encore en état de donner la commotion , & elle n’eft totalement déchargée que dans le cas où on laiflè-roit la pointe au fil de fer pendant quelques minutes*
- II. Expérience.
- Je mets la pointe à un pouce du CondudéUr » j’éledrife Un carreau de vitre de fôiste pouéés \ mon carreau fie décharge malgré la pointe, & of. n’en fait pas moins l’union du métal au verre avec une explofion & un contad très-glapiflànt. Cefc faits que l’expérience certifie, font fans réplique ; & fi quelque expérience mérite d’entrer en compa-raifon avec la foudre, ce font aflùrément ces deux dernieres. Outre qu’elles en marquent la violence , elles ont pour contenant le verre qui fera le nuage, & pour contenu la limaille ou atomes ter-reftres ramaffés , enveloppés & comprimé s avec Un torrent de fiâme que differens chocs ont pû occafionner,
- S, i. Suivant ce qui réfulte des faits la pointe ne peut être d’aucun ufage par fon inflfifance, Sç les çorps plus gros, droits, couchés équivalent
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- 72 Electricité
- & plus au poinçon. Un feul choc, ou étincelle tiret? de ces corps & barres, auroit attiré & porté toute l’élafticité de la foudre. *
- S. 2. Comme on a obfervé que les barres pointues fe chargent de plus en plus, il y a tout lieu de décider que cette charge vient d’une acmof-phere que le premier moteur entretient par düffe-rens frotemens qui infinuent toujours une flâme nouvelle, tant que l’orage dure, & tant qu’il fe forme différentes atmofpheres à toutes les barres qui peuvent fe rencontrer dans la nuée éleârique ians détruire la foudre, comme l’expérience nous l’a démontré ci-devant. Et qui e/l-ce qui ignore qu’une étincelle de feu fournit à allumer toutes Jes bougies qui fe préfentent, fans altération de la première ?
- M. Francklin connoiflbit la valeur de ces faits inconteftables, lorfqu’il a dit : » Après avoir re-
- mis tes pointes à une épreuve plus févére , je ne >> les ai pas trouvées fans difficulté. » Il en ièntoît toute l'inutilité au refpeét du Tonnerre, & le mécanifme de l’Eleftricité achèvera d’en faire voix totalement l’impoflibilité.
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- Expérimentale:
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- CHAPITRE II.
- Idée du mêcanifme de l'Univers, pour parvenir à celui de; i’Elefîricité*
- I^Ntreprëndre lèméchânifmé de l’Elqc-i tricité, après que l’Anonyme de l’Hiftoire de l’Eledricité { imprimée à Paris ij5z.) s’eft érigé en Paris pour diftribuer la pomme, c’en ou mé-prifer le jugement de ce nouveau Paris, ou revenir par oppolïcion contre ce même jugement.
- Pour revenir par oppolition , il faudrait que quelqu’un l’eût reconnu pour Juge fur une contef-tation indécife. Donner aux plus Sçavansde l’Europe , comme au plus foible Citoyen qui peut penfer, un Arbitre, un Juge inconnu , il n’y a qu’un Jupiter , un Souverain qui le puiife faire;. Encore connoît-on fes Commiflaires : eft-ce dofic du confentement des parties que cet Anonyme décide ? Oii a-t-il pris ce caradere ? Où font les expériences qu’il a faites , & dont il nous ait fait part, pour s’ériger en Juge ? Eft-ce avec cet Ingénieur de l’Académie Royale des Sciences, l’u-jiique pour montrer avec perfèdionune machine éledrique, cité page 231., qu’il a puifé fes principes , & trouvé l’expérience 6. qu’il dit devoir s’exécuter, fans dire qu’il l’a faite, page 131. fécondé partie, &c. Cet Anonyme en nous citant un pareil Ingénieur, devoit mettre fon Livre à la Bibliothèque Bleue , afin d’équilibrer leur mérite J cet Anonyme vient mettre cet hom-
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- .vMhëxiuti
- lûe fur là fcéne , comme un quelgifun » qui »Te contente de peu , par goût & pour ’le pro-» grès âfi la Phyfi<J*e: » » vient ealüiîfi décider des Expériences de Meilleurs Gilbert , Oçto-gueritk, Boyle., .tfeusîjpç y.toy » >
- Muchémbroek V le Pere Gordon , Vincler , Vallon, l’Abbé Nolkt, le Monier / Ballabert, &c. Eft-ce enfin l’Abbé Mangin qui a requis fon fofTrage ? Il avoir eû, ikmtYïto, celui dé l’Académie de ©ijonqui lui faifoit du moins5 honneur. Mais celui d’unirtconnu.-d’un Anonyme, eft d’un bien petit poids, & d’un Anonyme qui ne donne rien de lui, fmort des traits de prôte^jén à quelques •Sçavans furémertt très - -peu!-'Sa:ttés; de fon
- Î1 ferôit à fouhafeer-qUe tAnonÿiftë fîk^tiffi ba* bile iPhyficien , qu’il éfrbon CopÀlé. H éftfi exad qu’il copie même jufqu'aùx 'fautes d^nSprelfion ; il donne»le nom defoufflèt à la commotion qu’on reffent dans ^expérience du Tableaiï -magique de Ml iptanklin, -fans1 S-’affftèrCé voir que cémdt" a été corrigé'dans l'Errata ,6c qu’il avOitétéddpnefqus le noin de foülBet pour compléter l-’hiftôir'e füppo-fée des conjurés. iNotreAnony me. remplit -trois Volumes pour attaquer peffonnellemené nombre d’Auteurs refpeâabfes, en déchirant, tronquant y parlant dans être inftruif , même accufant les autres de dpfaner des fyltêmes-dont ils étoient redevables :a desÀuéêürs --Anonyr mes ;atàÉnt, que de-fpàVôir s’ils '<«&• pâfteht pas de ces^nêmes Auteui?sycô'mme il arrive âü refpeét deM. Boulanger ,doht il' prend lui-mêméla'fùb-flance y en donnant là-pomme à l’Abfeé -Mangin. Ses 'Mitions, -félon luimieux rdifonhées & fon-
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- que occulte dè l’Abbé de Valmont, Edit. 1693. pag. 8a. Bayle de atmofph. wrpor, Poliniere 5. Edit, pag, 14J âù j.utome z. Manuel Philofophit-que, tome i. pag^iéo. & foivantes qu’ii a copiées mot à mot en donnant le fyfféme de l’Abbé Mangin à lajpage i14. lefyffême,pag. 13 9. Nature du Fluide Éle&rique 156. combien il y a de fortes de feu éledrique, &c. ( feconde partie de l’Hif-toire de l’Eleétricité. ) On fçait que le Manuel Philofophique n’eft encore jqu’un Copifte , une efpèce de Dictionnaire ; il ne nous efi donné que Fous ce titre. Si l’Ouvrage decetAnonyme eût.étfé moins fatyrique, il.pourroit être canllderé en quelques parties, tout tendant au* bien; En effet nous devons toujours .tenir quelque compte à ceux qui s'efforcent d’entrer en lice. Si quelques-uns fe font •trompés, méritenfcils des coups de Satyre ? L’intérêt de la focseté/eïl de tout , rkmaffer, afin 4e chctiffr .tout cp qui pourra fervir à l’édifice.Ceux quï auront travaille vainement/feront âffez peinésade ne pas participera tla .couronne* fans être encore -gratuitement & groffiérementtadiriés. . ,
- - -Notre Anonyme ;qui fait métier ii’Ecri vain, dit qu’on lui adrefle ce qu’on aunude nouveau fur l’E-ïêftricité j qu’ilile'pidDliera avec. éloge , en fe ré-fervantaulîiie droit de faire appercevoir lés iflf-prïfes,Il4i voulu ôter 'une paillé àM. l’Abbé Noi-lèt , au fujét deM.®ivàti jpag* 1I9.0I90.1y.
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- ?ïsS . Electricité
- partie ; & il fe laiflê écrafer par une poutre , dàrifi le même moment ; qu’il rétorque contre lui toute la morale qu’il a faite à M. l’Abbé Nollet. Il fen-tira à fortiori de quel ordre il parle. Encore M» l’Abbé Nollet pouvoit-il efperer par confraternité » que dans la vûe & pour le bien de la focieté, il auroit une meilleure audience*
- - Notre Anonyme attend en réplique ceux qui oferont parler* A cette même réplique de gens fans nom, je n’ai point de réponfe, & ils ne font point capables d’arrêter le torrent qui me mene, n’ayant d’autre but que d’éclaircir les faits pour conftater -la vérité fans mefeftimer qui que ce foit. Au contraire , je refpede fort les Grands-hommes qui ont travaillé utilement» Je me fais gloire de m’iftruire avec leurs Ouvrages, & j’eftime toujours ceux qui ont crû bien faire. Tous ont concouru à l’avancement ; je n’ambitionne nullement le fufîrage ni l’éloge de ces Ecrivains cabaliÆes qui font un métier de la Satyre. Ainfi il faut toujours être en garde contre de tels écrits, & les honorer d’un (bu--verain mépris., plutôt que de leur ouvrir une réponfe ; les chofes les plus vrayes, les plus belles, les plus jufles, pouvant toujours être noircies. Je n’entends point attaquer ici cesGrands-hommes dont les compilations font de leur fphere, & qui ne les font que pour le bien public, en donnant des correftions fuivant le tems , & des Commentaires utiles à la Société. Cette difgreflion était dûe à notre Anonyme. Abandonnons - le entièrement, & fuivons notre iùjet.
- S* i. Je me. fuis fervi du terme d’idée du mé-chanifipe de l’Univers, parce que ce mcchanifme demanderait feul un Volume tout entier pour traiter le fujetplus à fond, Pans lé précis où jjôn fe
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- JE xperimentaU. 17
- fe renferme pour ne prendre que ce qui a traie à l’Ele&ricité , on efl obligé de remonter jufqu’au Soleil. Le Firmament, la Lune, les Etoiles , &c. dont on ne rend aucun compte, n’interromperonE rien du fyftême , parce qu’ils en font indépendant.
- Ouvrons les yeux feulement fur les' quatre Elemens connus, le feu, l’air, leau & la terre ; l’Element du feu eft le premier , eu égard aux autres Elemens : il efl: placé au Firmament, & efl: l’agent de tous les autres. 11 n’y a que lui qui puiflè fubfifter feul ; c’eft dans fon fein que les autres ont pris leur origine. Le Créateur a placé dans cet orbe de feu, celui de l’air beaucoup plus petit. Or cet air n’a pû fouftraire, le feu de fon continent ; ce même feu étoit néceflaire à fon exi-ftence, pour rendre ce fécond Elément fluide : en effet ce ne feroit qu’une maflè informe-, inanimée , fi le feu n’empêchoit fa réunion.
- §. 2. L’air formant dans le premier Elément du feu une grande atmofphére, cependant plus petite que celle du feu : ce qui efl relié de ce leu, a formé un autre globe pur, tout efprit, fans mélange que nous admirons fous le nom de foleil,dont la force & la chaleur réunies , pénètrent tout.
- S. 3. Le globe du fécond Elément, d’air & feu tout enfemble , en renferme un autre qui efl: celui de la terre ; & cette terre ell le continent de l’eau, l’un & l’autre beaucoup moins lourds & beaucoup plus petits que le globe d’air. Ce globe d’air plus lourd, & fupérieur les maintient dans fon fein , où ils ont été formés. Aufli font-ils imbus d’air & de feu, dégagés des atomes ordinaires de l’air groflter.
- S- 4» La terre pour contenir dans fes pores, cet
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- efprit d’aîr & de feu, ( c’eft le nom qu’on doit leur donner au refped de l’air grolîîer ) n’eft cependant point fluide. C’eft parce que cette matière n’eft pas’remplie comme l’ai,r,de globules qui glif-fent les uns fur les autres. Elle eft au contraire un corps opaque qui s’aflèmble en maffe, par le frôlement de lès parties tenaces, dont la quantité & qualité réliftent en volume à ladivifion flamifique, tant qu’il n’y a que l’efprit de feu & d’air qui la pénétré, fans autre matière qui fourniffe à ce feu , qui ledeireche & débarralTe de fes contraires : comme il fe fait aux feux fouterrains ; aux Monts, Gi-bel dans la Sicile, Hecla en Mande’, Vefuve, dans la Campanie, & autres dans les Mes Molucques, dans les Mes Philippines, dans le Pérou, dans l’Amérique , &c. qu’on doit ici moins conliderer comme terre, que comme un^aflèmblage de fouf-fre, Zin , Bitume, réfervés a ces Cantons, que la force folaire , l’air, le vent, & les differens contads, échauffent,embrafent, en écartant de def-lus le feu le peu de parties qui s’oppofoient à fon adion fur ces corps. On peut regarder du même œil, les mines, les fouffres, &c.
- §. 5. Je fens que l’on oppofera que ce fyftéme eft idéal ; mais dès que cette idée eft relative à tous les effets de l’Eledricité , qu’elle ne fe dément en rien dans tous fes Phenomenes : on eft certainement fondé à dire avec aflurance, que tous les êtres dans ces mêmes Elemens font remplis & imbus de l’efprit de feu, quoiqu’ils enveloppent ce feu , qu’ils l’étouffent,lui ôtent fon élafticité, fa force, fa couleur. Ainfi le feu , quoique fubdivifé, mélangé , réfide toujours dans les pores de tous les Corps lëparement ou conjointement avec l’air, fous telles formes qu’ils ayent, tant par origine, que par
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- celles que l’Àrtifte peut leur donner. Cependant ce feu, quelque vif qu’il foit, ne peut exercer fon action , tant qu’il fe trouve enveloppé & refTerré en petites parcelles , par les globules d’air & autres corpulcules. Nous nommerons dans la fuite , ces globules peintes d'efprit de feu.
- S. 6. Ces parcelles pointues d’efprit de feu, peuvent être féparées de cet air & corpufcules, à l’abri dé certains corps 011 elles peuvent s’allier feules» Mais pour entrer dans ces corps particuliers, il faut qu’elles foient comprimées par des chocs -, par le frotement qui écarte leurs contraires. Ainlx dégagées , elles fe divergent , s’étendent en pointe avec une extrême élafticité fur tout ce qui les avoilinelorfque l’air par fa pefanteur s’infinue dans ce feu beaucoup plus léger, il le preflfe continuellement jufqu’à fa réunion, & alors fon équilibre ell rétabli.
- S. 7. Cet efprit de feu, dont tous les êtres particuliers font remplis, eft donc une machine à dif-ferens agens, qui pour fe mouvoir a befoin d’un moteur : le frotement eft le moteur , la clef,'qui remonte le reflbrt; & l’air eft le reflbrt, le poids qui mene le méeanifme, tant qu’il trouve de quoi s’infinuer.
- §. On dit ici, s’infinuer ; une chofe dans laquelle les autres font, n’a pas befoin de s’infinuer ; les parties font dépendantes du tout, & en font in-difpenfables & inféparables. Mais on réfléchira que le fluide de l’air renferme dans fon fein , des corps, des agens, qui repouflènt, reflèrrent, compriment ce même air, par leur déplacement, leur réunion dont chaque atome eft fufceptible.
- Malgré le fyftême de Newton qui n’admet pas le plein impoffible félon lui pour le méeanifme de
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- rjjniyers ; on dlftinguera que ce plein efl; fyfcep-tibles d'être comprimé, relferré, que le frqteipenç eÜ là force fupérieure qui comprime. Cette force jiîeft pqçafionnée que par les differentes matières pppofées les unes aux autres par leurs ppfanteur & leurs pores plus ou moins durs, où l’air & i’efprit de feu fe trouvent plus ou moins libres dans leurs -chutes. Le paffage des uns aux autres jufqu’à la réunion de l’équilibre fe fait fans avoir befpin d’efpace, dans un. fluide tel que l’air , où to.ut ell contigu. Dès-qffun point indépendant a trouvé une force eh lui qui le pqülîè > il tourne ou comprime fa colonne ou cercle fans aucun yuide ni efpace: ce qui ne s’accorr de pas ayec Newton,qui veut que deux pierres mi-^es, l’une fur l’autre ne puiffent être féparées, fans cè yuide & fans cette efpace.
- . J’admettrai volontiers çe vuide, cet efpace au -refpèél de la terre, ou de tout autre corps matériel j immobile, où l’on voudroit mettre la pierre : fi je çonlidére l’air qui environne, je dirai qu’il ne faut point d’efpace, puifque tout.le*corps efl: contigu ; mais qu’il y a une rotation de l’air par le feflprt de l’agent qui mene. Voilà comme il faut entendre cette compreflion. Je ne puis même écrire fans cette compreflion du même air ; tous nos mou-vemens inftantanés y font fujets : mais d’un'e manière infenflble, puifque la caufe mene l’effet.
- Dans un fluide plein qui efl: en petits globules, tout efl: donc fphérique , & a la liberté de circuler ; chacun des cercles fous telle forme qu’il fe plie, a fon élafticité, c’eff-à-dire , la liberté de tourner fur fpn axe , de forte que le déplacement fe fait fans vuide , fans efpace. Un homme tient de toutes parts à une roue, il en fait partie, fig. i. plane, i,
- . Cependant fans vuide en avançant > ü fait mar-
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- ExpiriméntàU. iî
- éhér àvant iui la roue qu’fl a poüffe dtl comprimé. Cette expérience eft perfualivé. La fluidité èft lé pivot; la matière eftlaroùe, le cerclé incomef-table.
- , Au re'fped dé detix objets dont on en vôudroi* féparér un,ilfaùten dire de même, fig. z. plane, i; La pierre A. emportée a tourné lé cerclé en laifTanç celle B. Le fluide d’air greffier à fuccédé en fe divi-fant toujours par continuité autour de la pierre B : & le fluide fpirkaeuxa eû fen libre coûte à travers cette même pierre B. ; de forte que le déplaéëmënè s’eft fait de celle A r fans .vuide, fans efpaee. Ce fluide n’a.pas moins fes colonnes perpendiculaires , horifontalesenfin en, tout fens , fui.vant que le choc détermine la ligtié.
- Si la coffiprelfion & le réffbrt dé Pair rie fotié point de Vuidéeïi cette' re'ric6ft.tre>iL y à cependant bièfi des OccàfiOris, oii des Corps en fe: ïaflembldftt en forcé, én foia titicôtiGàëïiibie dans l’aif., Cësi objets ràlfêiilbiés fôrmërittîri^iobej.ùnéatmoffhé.-xe particulière <jtü tefoùîe d’Uut'afit fe rèflbït dé i’air qui occupoit lé tout, niéiâhgé cependant dé la partie qui s’eft affémbîée ,& qui né change r'iéri acé tout, finoft que dé déplacer ; mais là grande fcéii-dâncé dé l’air à: fa réunion pat fa péfàntëur fûpé^ . rieure à toütès , preffé beaucoup fon refforr. ÂttfR-cet air trouvant a y pénétrer pat quelque càffàf pour lors il y tombé coftwhe; dans un efpacé-j iiri vuide & & chûtè fe fait dV’èc. d’autant plis dé &rce & d’^tL^bê Patmdffjîëreeftpius ïégeré& l’air plus p'efànt t Ènfuite il entré endivifant ce* corps qüi S’etoïéfit âffeftibié’s , oh dofit.it S’êioît é-carté, & l’équilibre eft. auffi-tôt. rétabli chaque-partie a repris fk placé.
- La eaûfe dé la péfantéur. de l?air * mi. plut ai de
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- a Electricité
- la gravité des corps, que M. l’Abbé Nollet aflure n’être jufqu’ici dans aucuns Ouvrages, & qu’il abandonne, pag. ioi. 6e leçon , tome z. pour fe dédommager par les effets, fembleroit faire un préjugé ; mais j’ai inftruit mon Le&eur de quitter tout efprit de partialité, & de me fuivre pas à pas , puifqu’il trouvera fur tout ce que je propofe , la caufe des, effets, confirmée par l’expérience. Le fluide du feu & tous les autres plus, légers, font la caufe dé fa pefànteur , de fon adion, fon ref» fort indubitable,
- I. Expérience. *
- Parlons préfentement aux yeux ; examinons ce méchanifme, reconnoiffbns en les effets. J’ai mis dans un grand bocal, fig, 3, plane, 1, des corps de: differentes natures, fer, plomb , fable , pierre x graine , boiV, poudre de, buis, un petit mouvement Sç feringue, &c. J’emplis ce bocal d’eau x de je le bouche exadement pour ne former qu’un orbe : j’agite enfuite la houteille ; chacun de ces corps prend fa place fuivant fa pefànteur. Quelques, chocs font détendre le petit mouvement ; il agit * mais un peu plus lentement qu’en plein air , à caufe du frottement de l’eau, qu’il faut vaincre & refouler dans ce vafe : je tire le piftpn de la feringue , elle s’emplit, je le repouffe, elle éjacule l’eau, en rayons affez fenfibles. Le moindre petit coup de doigt fur la bouteille , agite les petites parties de poudre de buis avec une. activité incroyable ;& les corps pefans ne font pas feulement ébranlés,
- II. Expérience. *
- Mettezdans une jatte deux livres de vif argent,
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- Exp ériMmtalc. 23
- fig. 4. plane.. 1. feroezdeflùs de la fine.- poudré-'de buis, & faufilez pour faire partir la poufliëre : il en reliera une fine blanchâtre ; prenez une petite touche de bois, & donnez une petite agitation à la matière dans la direction A. È. vous verrez que fi le frottement efl tant foit peu fenfible, l’ondulation de la matière a circulé comme le bâton, en remplaçant au même inflant fans aucun vuide ; c’en un cercle qui a tourné. Si on avance d’environ un demi pouce ou plus avec cette petite touche, en la faifant aller devenir au milieu. : vous dif-tinguerez alors en continuant le frottement, toutes les lignes, du reflort de la eompreflîon ; & il fa fait à l’endroit d’où part le mouvement un courant diflinèl de la poulfiérode buis, par une réunion de cercles qui prend une route toujours directe au mouvement, fans, que le reflort de- la comprefîîon cherche à en déranger le cours par. les côtés : cette expérience efl encore aufli.jufîe que facile-à. vé-
- S» 9. Nous avons remarque- cî-devant; que de tous les êtres imbus d’efprit de feu, il en étoit- encore refté un amas ; que cette fagefle fuprême a réuni en globe, que nous, admirons , avons-nous dit, fous le-nom.deSoleil, &. qui combe fous nos fons, telle qu’une-quantité fuppofée defîx livres de vif-argent, au refpeél d’un petit globule de.-ce même vif-argent y fubdivifé à, l’infini.,, qui perd.fa couleur , fa forme» & s’échappe à, nos yeux : ce globe dq feu réel eft aufii le même au;refpe& de nos parcelles d’efprit. de-feu que nous rie voyons point, a moins .qu’elles, ne foie.nt écrafées & ralliées.pas le frottement avec i’aix., dont les chocs continuels forment la fiâmes
- S. 1.0. Ce Soleil forme une grande atmofphétft
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- diftin&e de l’air, qui étend fa chaleur autant que fes rayons. 11 eft infini, inaltérable, étant un efi-prit fans mélange dont les forces pénètrent tout. C’eftun efprit pur qui ne raflèmble aucun atome pour fa propre fubftance. Il n’a pas befoin d’un nouvel agent, ne confommant rien de terreflre, & ne perdant rien de fa force primitive , quoique fouvent interrompue par les nuages.
- S. il. Cependant les rayons folaires dilatent, deifechent les parties aqueufes , huileufes & ter-refîtes, parles differentes fermentations, chocs, contacts , qui forment entre les petits globules d’air , d’efprit de feu & de matière, une infinité d’atmofphéres dans la nature; fur les végétaux, fur tous les atomes & corps qui s’exhalent ; non par l’attra&ion du Soleil qui n’attire rien ( ce qu’on di-foit improprement jufqu’ici ; ) mais parce que l’air tendant à s’introduire par fa pefanteur & fon ref-fort dans ces petites atmofphéres, qui font autant de petits vuiaes, il les fait monter & circuler pendant toute la végétation, & pouffe de même les autres atomes détachés , qui s’exhalent anflî de la même manière dans les differentes colonnes de l’air, jufqu’à ce qu’ils fe trouvent en équilibre, ou que les corpufcules fe joignent ; ce qui nous fournit tous les differens phénomènes,dont la nature eft fui-ceptible & remplie.
- • $.1.2, Comme toutes les chofes créées dans le continent de l’air, font empreintes de cette matière, fans laquelle elles n’ont pu être conftruites; aufit cet air a-t’il un libre cours dans les pores des métaux les plus compa&s , <5ç généralement dans tous les êtres, exçepté ceux engendrés dans des atmofphéres flâmifiques, que l’air n’à pû pénétrer , fois par leur origine , pu par leurs çompofés, tel
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- Èxpèrïmcntale. ij
- que le verre qui fe fabrique, & fe forme dans la violence & au centre d’un feu, où l’air ne peut at* teindre qu’aux environs de fon atmofphére , pont l’animer ; aufli ce verre une fois refroidi, endurci * n’eft point fufceptible du paffage de l’air : il n’y a que l’efprit de feu réel auquel il ne peut fe fouf-traire. Chaque par tie de matière accumulée n’ayant pas la force d’expulfer celle de l’atmofphére où il eft engendré ; le fluide s’y fait jour, & c’elt ce qui forme les pores du verre.
- $. ij. Les corps des végétations une fois hors de feve , après leur maturité décroiffent ; l’air y prend le defl'us , & d’autres atomes y abondent. Ces êtres font-ils fecs , les pores épurés, ils n’ont plus d’atmofphére en eux, plus de progreffion dé vie ; mais leurs pores font toujours ouverts & fùf-eeptibles du paflage de l’air, & des parcelles d’ef-prit de feu , ou tout au moins de celle du feu ; telle rédu&ion qui leur arrive, lorfqu'il y a un agent , qui produit ce feu.
- ^ S- 14. Il fie faut pas confondre ici l’air qui paflé à' travers les pores des corps, des métatvs, &e. comme l’air ordinaire : quoique le même ; parce que l’air qui entre dans les pores, eftépuré des atomes,infectes & corpufcules groflîérs, heterogenes , dont il ell chargé, en tant qu’il nous environne ; car en pàk fant en nous, il fe fait une filtration de la matière qui devient d’autant plus fluide & ^irrtueufe. C’ell ainfi que tout s’engendre dans la nature,par les progrès du Soleil ; lès végétaux y minéraux, animaux raifonnables & ferai fonnabïes, Les végétaux fe renouvellent continuellement par la force des rayons folaires ; leur réproehiétion eût infinie par les graines qu’on conferve, où l’air & le feu font fans action , jutèju’à ce que le frottemeist, les chocs &*•
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- laires excitent & animent chaque efpèce de matière. Les végétaux qui confervent leur tronc par la force de leurs racines , font des corps ou l’adion du feu eft toujours confervée , quoique la température des faifons l’affoibliflè beaucoup. Tantôt les grandes chaleurs ouvrent les pores, les deflechent trop , tantôt l’air trop lourd & épais n’y pénétré plus avec la même adivité. Le feu y eft languit-fant ; les brouillards, les fraîcheurs étouffent la fu-perficie ; & le feu eft confervé comme fous la cendre, jufqu’à ce qu’il trouve un tems où l’efprit d’air ôc de feu puiffe vaincre ce qui s’oppofe à fa fortie , à fon adion, & que l’air puiffe s’y infinuer, pour faire pouffer toutes chofes : mais l’efprit de feu., l’air & la matière, une fois éteints dans les animaux , ne fe renouvellent plus. Pour les perpétuer, le Créateur a attaché, imprimé dans ces animaux, unefubftance de vie perpétuelle par la génération dont le frottement eft l’agent ; les animaux des deux efpèces, font la matière fpiritueufè que lo frottement affèmble & dilate pour en former une atmofphére ignée d’efprit de vie : qui s’opère, lorfque les efprits font en parité de rarefadion pour s’enflâmer par le contad ou paffage de l’air à la réunion des deux efprits frottés, tel que nous en-flâmons l’efprit de vin; Chap. 5. S-18. & 19 ; lorf-qu’il eft allez fùbtil & en parité, pour s’allier par le contad avec le fluide éledrique, finon le coup eft manqué ; il faut procéder à un nouveau contad jufqu’à l’inflâmation. Enfuite cet efprit de vie fe perpétue & reçoit fon aliment par une continuité d’efprit de feu & d’air qui fe ralie toujours jufqu’à notre mort, fansattradion, ni répulfion; termes généraux qui ne lignifient rien. Le Créateur a imprimé les fens animaux , de ces fens font pouffes
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- Expérimentale. 2.7
- & excités par le plus ou moins d’adivité, de domination d’une atmofphére plus ou moins pefante , que l’air & le feu animent ou détruifent dans. les differens canaux qui répondent aux vibrations de l’homme ; & fi l’homme ne fe fert de la raifon dont le Grand Artifte nous a gratifié , il cedera infailliblement à çes atmofphéres dominantes. Une lampe tire à fa fin, la vigueur de la lumière s’affoiblit ; fi on n’y remet de l’huile, elle s’éteint. L’homme fenfible aux foiblelTes , à la diminution ou fur-charge des agens qui font en lui, cherche à remettre de Phuile pour avoif ce feu , cette lumière au degré où il la fentoit auparavant. C’eft la caufe de l’in'ftinû animal. L’atmofphére qui le précédé , ne reçoit pas fes contraires. Ces matières deman-r deroient feules des .Volumes : nous n’avons promis qu’une idée. Il feroit à fouhaiter que nous puif-fions parvenir à connoître la nourriture de notre atmofphére de feu & d’air qui entretient cette vie, ces contraires : mais cette matière eft délicate & épineufe. Je ne fuis pas affezbon Anatomifte pour m’étendre davantage ; & mon tems ne me perT met pas cette étude, ni des difgreflîons fi longues. Il faut rentrer à notre fujet, ou plutôt le continuer ; car ce mécanifme fi naturel nous conduit imperceptiblement au développement de la matière éle&rique.
- S. 15. Malgré tous ces progrès de notre parcelle d’efprit de feu que l’Aftre folaire a produit par le frottement, les chocs, les fermentations, le palîà-ge & mélange de differens efprits & matières, leur pefanteur & chûte d’atmofphéres en atmofphéres ; je ne puis paffer fous filence un feu plus fenfible qui tombe fous nos fens, que nos befoins nous font délirer à chaque inftant ; il vient du Soleil, ou de nos parcelles d’efprit de feu.
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- $. ié. Le Sôleil par l’aflèmblâgé dé fê$ rayèris portés für un objet combuftible , nous procure cè feH. On fçait communément qu’Un miroir concave, même un (impie verre de lunette, éft capable de ramaffèr les rayons folaifes ; que c-és rayons fé convergent en pointe, qu’ôu riôiîime foyer , oii point de réunion, qui forme une petite atmofphére dé cê feu réuni : dans lequel l’air qui eft en l’objet ou qui environne cet objet, vient s’infinuer ; laÉ. moindre petite parcelle qui y entré par fa pefan-tear,eapulfe une pareille partie de féü , qui attachée à la matière fofcrne fur cette matière une autre petite atmofphére, oit l’air tombe de nouveau ; chaque partie s’accroît ; lés chûtes font un choc, un frottement continuel. Plus l’âtmofphérè de feu s’agrandit ; plus l’air y fait de progrès, & l’un & Pàutre font toujours en a&ion par l’agitâ-tioiî qu’ils donnent à cette atmofphéte , jùfqu’à cê que l’e'fprit de feu ait fubdivifé toutes les parties de la fftatiere , & l’ait réduite à rien qui puifïe s’oppofer à la réunion de ce feu ; a-t’ii tout parcouru ? L’air par fa pefanteur s’infimié infenfihlè-méht;ùü plutôt l’air qui le comprime, le forcé dé fé faire jour , dé s’évaporer. Comme il fuccéde proportionnément dans cette atmofphére autant d’âir ,-qUe deperté d’efprit de feu, l’équilibre fë trouve rétabli. Plus de feu fenfible , ni défi âme t parce qu’il n’y a plus d’àétion.
- S* 17- Gommé il faut une réunion des rayoni folaifes pour parvenir à raflèmbler ce fëù de la première éfpèee, auflî nos parcelles d’elprit dé feu dânS la féconde efpèce, ont befoin dé confèr-vet ces Oarcélles fans leS fubdivifer, comme ôii fait par I’Elë&ricité. Il faut donc un contaét viô-lénfj fur dés corps propres à conferver ce feu dariS
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- toute fa force ; au lieu que l’Eledricité écrafe 8ç fubdivife nos parcelles de feu avec trop de douceur & de fineife : ce qui produit une expenfion fubite de la matière en pointes infiniment petites ; qui plus elles fe propagent dans l’air au refped de fon volume, moins elles ont de force : telle qu’un morceau de verre qu’on tire à l’infini devient aufli doux que la foye. 11 faut donc au lieu de la fubdi-vifer , en avoir une forte parcelle ; il faut au fe-cours du caillou & de l’acier, forcer par un choc, un frottement fubit, une des parcelles de cet efprit de feu à entrer dans un corps où elle fe trouve à l’abri des corpufcules ; ce que nous faifons par le contad du briquet avec la pierre. L’étincelle dér fendue parce, corps, agit avec toute fa force fur l’amadou, où ce feu trouve en tombant une nour velle cellule, qu’il parcourt & embrafe, fans marquer de flâme, jufqu’à ce qu’il ne trouve plus de quoi agir, & qu’il foit étouffé par les autres fluides. L’amadou épuré de matières , ne réfifte pas long - temps à l’adion du feu ; l’équilibre fe rétablit.
- S. 18. Approchons une allumette à l’atmofphére de cet amadou , auflitôt l’air qui étoic en adiop à poufler les parcelles d’efprit de feu dans les pores de l’amadou , infinue cet efprit fur lefouflre, ( qui eft un compofé de nos parcelles de feu coagulées à des parties terrellres. ) Ce feu d’abord devient bleuâtre, tant qu’il parcourt fans mélange fon même élément, ce fouffre , cette matière où il eft feul ; mais eft-il parvenu au bois ? Son at-molphére eft-elle réunie ? L’air qui arrive par les côtés dubois, agite violemment cette flâme; & comme les pores de ce bois où elle fie porte , font très-fecs & inflâmables , l'air y a plus d’adipn,
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- foit qu’il l’environne, ou qu’il vienne des pores , fuivanc que ce bois efl plus où moins éle&rique.
- Ce qu’on aura lieu de reconnoîcre dans les S- -a**
- & 2.2.. ci*après. 11 fe communique ainli à la bougie ; & nous le communiquons de même à toutes matières, en proportionnant ce feu par degrés, juf- qu’à ce qu’il foit au point que nous voulons. Nous j augmentons fon activité par les ioufflets, afin de j précipiter l’air ; cet air fort des corps non éleétri- j ques ( c’eft à dire où l’efprit d’air & de feu font | en concurrence.) Pour y faire entrer le fluide de feu, j & aux corps éle&riques ( où l’efprit de feu efl feul) l’efprit d’air environnant, pouflè la matière fondue ou le globule de feu dans la meche ; & l’air continue d’arriver par lés côtés de cette meche, j entre la cire & l’atmofphére.
- S. 19. Nous ne pouvons nous difpenfèr de faire j ici quelques obfervations, pour plus ample intelligence de ce Méchanifme. Quoique nous ayons re- j marqué que l’effet des atmofpheres confiflât dans un amas fuffifant d’une efpece, qui efl en état de \ réfifter & de reflèrrer les corps qui l’avoifinent, quoique plus péfans, tant que la matière s’y accu- I mule , & qu’elle peut réfifter à la compreffion de | celle qu’elle reflerroit. Si nous voulons tirer la | matière du milieu de cette atmofphere , il faut j lui ouvrir un canal pour la faire fortir & avoir une | force qui la pouffe. Dans l’efpece de la parcelle S de feu, le caillou doit être électrique, c’eft-à-dire g ne contenir que le feu pour être meilleur. Alors ce 1 frotement ou contaél fait en même - tems deux I effets. 11 force les parcelles d’efprit de feu qui fe I trouvent fous fon coup, & les fubdivife à l’abri de j l’air, que ce coup a repouffé pour extraire le fluide f feul ; & forme aufli-tôt atmofphere. Et avec la | même promptitude de activité inexprimable, cet 1
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- Experimentale. 3 z
- efprit d’air de l’acier par fa pefanteur entre d’autant dans l’atmofphere du feu , & l’ayant forcé à prendre auffi fubitement place dans une partie des pores de cet acier ; l’air environnant cette parcelle de feu , produit des chocs, agite, enflâme celui qui efl dans cette parcelle d’acier, que l’air ref-ferre tant qu’il trouve de la réfiflance. Cet air ferrant ainfi de tous côtés ; par fa réunion, fcorie & détruit toute cette parcelle. Enfin défi un coin que l’air frappe , & qui agit tant qu’il trouve quelque chofe qui lui réiifte : ce qui entretient d’autant l’atmofphere ; & alors cette étincelle efl d’un rouge blanchâtre clair, où l’air domine, & efl vainqueur. La parcelle d’acier n’efi plus qu’une cendre, une terre, incapable de s’oppofer à l’adion du feu ni de l’air, dont l’équilibre fe rétablit ; mais fi cette parcelle d’acier n’efi pas chargée d’air en proportion, & que la poudre ou parcelle d’efprit de feu y domine trop : la réunion ae ce feu fans un air fuffifant, fait que la parcelle d’acier n’efi point brûlée; ce feu ayant gliflé fans entrer dans les pores.Cet te parcelle d’acier ne peut être attiréepar l’aiman.
- De ce principe aufîi certain, qu’il eft jufle & naturel , il fuit que ces proportions graduées ne .pouvant être exades dans les effets, la caufe efl fujet-te à toutes ces variations : qui tombent cependant fous nos fens , de façon à ne pouvoir nous laiffer aucun doute.
- S. 20. Nous- venons de dire que la pierre doit être éledrique. Ce n’efi pas qu’on ne puiffe avoir du feu de deux corps éledriqùes, ou de deux corps non éledriqùes ; mais il y a plus de difficulté. Bat-tés deux pierres à fufil l’une contre l’autre ; comme l’air n’a point de prife fur ce feu, il efl rouge fans vigueur : il efl éteint prefqu’en naifîant ; Pair
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- 2 2 JEleciricité
- extérieur l’étouffe en l'environnant. Les corps non I éle&riques frottés n’étincellent point par un choc I l’un contre l’autre. Une parcelle d’acier qui con- I tient de l’air, & l’autre qui en contient aufli, ne 1 peuvent faire un vuide ou plutôt d’atmofphçre ; les 1 pefanteurs & les forces font égales. Cependant par | un frotement.continuel du fer & de la lime , &c>. I Les parcelles de feu s’affemblent, parce que la i matière qui s’ule emporte les parties de l’air, 1
- & les écarte petit à petit , pendant ce tems §
- les parties de feu s’accumulent, fe refoulent & I
- exercent leur adion au dedans ; l’atmofphere de I
- feu continue, s’accroit : l’air eft toujours relîerré. I
- Ce feu rallié à un certain degré trouvant des corps 9
- qui lui apportent de l’efprit d’air , il embrafe ; |
- linon il brûle fans s’enflâmer à défaut d’air en de- |
- gré de proportion. Les autres métaux^ font trop j
- mous pour cette opération.
- §. 2i. Nous connoiffons fuffifamment l’origine ! du feu ; la pefanteur de l’air en remonte continuel- j lement le reflôrt au refped des efprits. Mais nous n’avons encore rien dit a l’égard des corps & ma- J
- tieres non fpiritueufes, dont les parties fubdivi- I
- fées |jk les vapeurs humides s’évaporent en fumée. J
- Nous n’avons pas expliqué, pourquoi nous avons dçux matières mélangées dans la hougie, au lieu que dans le feu de bois-, il ne s’en .trouve qu’une j fenfible.
- Une bougie que l’on préfente à une autre , ou I à une allumette enflâmée , reçoit ce feu ; & l’atmofphere d’efprit de fçu, n’eft pas plutôt formée , que dans l’inftant, il s’en fait une fécondé de l’ef- I prit d’air, que la chaleur pénétre en entier; c‘e11 même la caufe de fa rareté, parce que cette chaleur écarte les autres corpufcules, dont l’air ordinaire
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- Expérimentale. 33
- îiaîre'eft chargé, & cette chaleur vient de faction de l’air & du feu fur la matière. L’atmofphere de Pefprit de feu ne peut foucertir long-rems la corn-prefîion de l’air-, s’il n’a de quoi exercer fon action , & il n’a point d’a&ion fans air. La cire & là mèche font remplis d’efprit de feu ; comment l’air fe fera-t-il jour ? Qui lui ouvrira Un canal ? C’eft par la mèche que l’éfprit d’air environné, & dont la pointe elt dans l’atmofphere du feu, que l’air s’infinuera. Rendons ce Phénomène encore plus fènfible. Car ne pourroit-on pas dire ; fi la mèche . ne contient que l’éfprit du feu, étant éleétrique, en l’approchant d’une autre, elle n*a pû être animée par une parcelle d’air qui foit entrée dans i’atmof-phere dé celle allumée, & qui en ait chafie autant d’efprit de feu. Comment a-t-eile eu fon feu, fa lûmiere ? Elle l’a eu fur le champ, fans le fecours de l’air. Mais par la qualité de la matière qui n’étant qu’une avec l’autre, eft comme une continuité de foudre dans l’allumette , ou une allumette allumée qui en allümeroit Une autre ; & dans l’inl-tânt la plus petite partie de ce feu a formé Une atmofphere environnée par l’air , auffi-tôt raréfié à la circonférence du feU, auquel la mèche facilite le paflage pour entrer dans fon atmofphere. Ce même air par fa pefanteur fait monter la cire par les petits canaux du coton. Aufîî voyons-nous que la prelfion de cet air fur la cire forme un concave, fig. y. plane. 1. Comme l’éfprit de feu dont la cire eft remplie ne fe rallie pas, & que les canaux une fois réduits en cendre ne peuvent le fixer, il s’échappe en pointe, pouflfé par l’air, & avec l’air à mefure que ces canaux ne lui refiftent plus, & ils entraînent avec eux en fumée dans l’air les parties fpiritueufes de la matière. L’atmofphere du feu
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- defcend à mefure que ces canaux font divifés ; le volume du feu que la mèche introduit par la pref-fion de l’air, étant toujours égal, ainfi que fon évaporation, l’atmofphere efl: toujours lamême , & les parties terreflres de la médie tombent en cendre. Les colonnes d’air perpendiculaires font obligées de couder fur la matière; comme l’adion de l’air produit la chaleur, il fond la cire dans la forme de fon arc, de fon jet, de fon paflàge à la mécfie. Arrivé à l’atmofphere du feu , il s’échappe en flâ-me avec la fumée, à mefure que la pefanteur de l’air lui en fournit d’autre. Ainfi cette atmofphere ayant toujours un canal ouvert qui fournit, il lui faut une ifîiie , fans quoi il n’y auroit point d’action. Cette adion étant perpendiculaire, l’air arrivant en delfous, & s’échappant en delîïis de l’atmofphere ; des corps qu’on y préfente, ne font ni pouf-lés ni repouffés. Car il n’y apoint.de rayons aiver-gens ni convergens.
- $. zz. Les deux matières que nous trouvons dans la bougie donnent lieu à une atmofphere détachée, Ce petit corps déjà mèche la retient, & tire fa fubftance de la cire ; c’en ce qui diminue la propagation de ce feu , de cette lumière , pour nous en lailfer jouir plus long-tems ; au lieu que le feu dè notre foyer , enfin le bois étant un corps qui n’efl: que mèche, l’atmofphere du feu eft en lui & fur lui. 11 ne s’eft pas plutôt attaché à une partie , qu’il s’allie continuellement aux autres qui lui font contiguës autant comme le bois efl: fec, ou que le feu efl: excité & rallié par un grand air qui efl au dedans de la matière, & qui arrive encore par le dèhors. Et comme il y a des parties aqueufes 8c fpiritueufes à exhaler, il n’y a point encore d’at-mofphere éledrique. 11 efl dans l’epece de notre bougie, fig. 6. plane, i.
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- . • ËxpèrimentaU. . j'j
- Cependant fi on prend des petites plumes oü atomes fort légers, qu’on les mette au-deffus de ce feu, ils font chaflës par le feu que l’air de deflous agite, 8c qui emmene le même feu en pointe 5 Comme il perce en diffêrens ehdroits , Pair qùi vient pour y fournir, ne pouvant pouffer les parties brànchuës de cet efprit de feu, frliffe à coté1, & les pouffé quelquefois en bas. Ces jets irréguliers forment' Une atmofohere d’une autre efpecé que l’Eledricité. iL’air fortânt par la flâmè de fé divifarit , conduit dés colonnes ou cercles d’air dans la forme expliquée ci-devant. On peut les remarquer en la fiildite figure. Les lignes ponctuées indiquent l’a&ioh des colonnes d’air.
- §. 23. Si l’air gr'offièr fe trouvoit borné fanspôü-voir'prendré fon cours, arriver & fortir, comme lorfqu’on met Une bougie fous un récipient’ , ou qu’on bouché une cheminée'dé l’ouverturÎT dii foyer; dès-lors les parties aqüèufes, terreftrés, huileufes de la fumée ne pouvant fe faire'jour, s’accumulent dans le récipient; elles s’affaiffent , chargent 8c compriment aê plus en plus l’efprit de feu & d’air, 8é infenfîb'lèmênt'l’étouffeht plus oü moins vitè a'raifon dé là grândëur du récipient, Ou autant comme le feù peut de lui-même fublifter. Car'fi une mèche étoit extrêmement petite de courte fous un grand récipient, la bougie fé/con-fommèroit entièrement. L’efpfit de feu 8c d’air ne manque point , ni n’eft poirtt étouffé par la vapeur de la fumée, ni par fon affaiffément qui alors n’ell pàsaflcz confiaérable pour détruire l’action ; il fe trouve toujours affez de courant en cette occafion : au lieu que dans les autres cas, faction ceffe faute'd’écoulement de de jeu deî’air qui puiffè entretenir ce méchanifme.
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- 3 6 ÊUHricitê
- 5. 24. La péfanteur de l’air néceffaire dans ce méchanifine, & d’accord avec tous les effets , ne laiffe point douter de cette péfanteur, vû même qu’on reconnoîtra, chap. 5. cinquième effet, $. 13, & 14. chap. 7. $. *4* -25. & 26. qu’elle eft encore prouvée de vifu. Je pourrois me difpenfer d’en dire davantage : mais cette péfanteur eft trop rélative à la gravité des corps, pour omettre d’examiner fi notre méchanifine pèche en quelque chofe fur cette gravité. Loin d’être en erreur , nous y reconnoîtrons le principe & le fondement de cette gravité.
- §. 25. Obfervons en effet pour caufe invariable & indubitable, que l’atmofphere de feu perpétuelle que les rayons folaires, le feu ordinaire & tout le méchanifine des mouvemens & frottemens fur tous les corps ou matières, occafionnent continuellement , font autant de vuides où l’air & l’efprit d’air, s’infinue fans relâche. De-là vient la pente naturelle & déterminée des colonnes d’air au centre de la terre, ou les frotemens fe font fur la matière. Comme cet air en rentrant détruit ces at-mofpheres, quand il peut s’y infinuer , il force l’efprit dé feu à prendre Ton cours en fens contraire vers le Firmament, où ce feu a une tendance continuelle , dès que ce feu n’eft point accumulé & fupérieur aux colonnes d’air environnant ; car dans ce dernier cas, lé tonnerre luit lé courant de l’àir vers la terre, où il fe divifequand l’air s’eft infiriué pour reprendre l’équilibre.
- S* 26. L’efprit dé feu toujours contigu & fai-fant partie de chaquè globule d’air grolfier,, rend cet air fi fluide, fi a&if, fi élaftique, que èe courant ne peut être vû , ni tomber fous nos fens.
- 'Le corps qu’on expofe aux colonnes de cet air,
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- én fuit le courant, de même qu’un corps quelconque fuit le courant de la riviere fur laquelle il a été mis, à moins qu’une force motrice n’en dérange la dire&ion.
- S- 27. Si. on fe repréfente bien cette flexibilité de l’air en tout fehs , on concevra aifément pourquoi nos mouvemens font fi libres au milieu de l’air fi pçfant, & malgré cette détermination des corps, au centre de la terre ; cette détermination étant fi infenfible, qu’elle ne dérange rien de cette mobilité, dès qu’il y a la moindre împulfion.
- On oppolèra peut être que l’air étant pelant par lui-même, & étant de plus la caule de la péfanteur des corps du plus au moins, ces corps remplis d’ef-prit d’air femlbient ne devoir pas, avoir une chute fi précipitée . & que l’air de delfous ne paroit pas de-voir fléchir*
- Pour rendre une idée fénfible de cette chute & péfanteur dans l’air même ,, je prendrai pour com-paraifon une gerbe de bled qu’on voudroit pofer tout doucement fur des épis, fur piedfôit qu’on la mette fur la hauteur-, foit qu’on la couche fur la longueur. Ces foibles épis ne pourront foutenir à beaucoup, près la péfanteur de cette gerbe.
- Qu’on compare à. préfent l’efprit d’air avec l’ait greffier. Les globules de l’air groffier font aflùré-ment de demie ligne Sç plus de diamettrefiiivant les Expériences iur fes tuyaux capillaires , chap. 5.. fixiéme effet, S*. 27.. ch.ap. 7.fect. ^.ai^ au lieu, que l’efprit d’air dégagé des atomes, qui l’envi-ronnent, eft d’une divifibilite infenfible.;ôr, cet ait. groflier enveloppé de fies atomes & d’efprit.deféu* eft l’épi de bled fur pied dans le champ y dont 1er volume de fon globule tient autant d’écart à proportion que. cet épi de bled..L’efprît d’air de de fett
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- réupis ,à,pn çorps pu matière, liés & reflêrrés dans les porçs de ce corps , éft comme la gerbe <Je BleT. fAinfî Jes moindres petit? corps font toujours îiaturèïlèment plus loürds que les colonnes d’air greffier., Me voilà fatisfait des que je ne.peux plus révoquer .en doute cette péfânteur de J’air dans le?, corps ., plus que dan? l’air même, toutes çhpjfes égales, -V-- - '.Li
- 2§ï ‘putre la p.efantejü;fpéçifiqd64,0 fairdans les .corps, la matieree4 ' encore péfante dlelle-même, comme nous en pouvons juger par le verre <Sc autres corpséleéïriques terxeftres , allies parles Quilès & les fels, Sçc. En tant que, matière, ils font donc epeore pelants , & même dans la réunion 6c fmeflfe dès porfes, la matierè plus multipliée donné lieu à une plus grande pefanteur de matierè.
- Cette m£^re elè fi nécelfaire au méchanifiné de l’ynivers , que |ans elle tout feroit inutile,. L’air'ferpit un cocher , le feu les çheyaux fans carroflè pour exercer leur a&ion. La matière eft la huche que fend le Bûcheron, le feu elt lç coin, & cet au le Bûcheron,
- $. 29. pe quelque façon qu’on confidére cette matieje , dés qu’il fera queflion de la gravité 6c tendance à-ja terre , toute# égal. Notre, colonne, d’air ne foutiendra pas plus la plume que le plomb,, fans marquer fon elafticité 6c fluidité ; il n’y aura de différence que dans la viteflè qui fera proportionnée à la pefanteur du corps, dans l’air groflier feulement ; car cette pefanteur nç fe peut marquer dans le vuidé ou fur l’efprit d’air. La plume 6c le plomb font égaux. Les colonnes font parallèle? 6ç auffi ferrées que celles du dedans de la matière,. & la matière jouit de fon poids, Audi applatit-oç*
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- Expérimentale. $$
- extrêmement le plomb, pour le mettre d’égale péfanteur à la plume , afin que fés colonnes également a&ives fiéchilîènt de la même maniéré.
- Ce détail ainfi que cette derniere partie du feu femblent étrangers à notre fujet ; mais comme ils nous font tonnoître les differens degrés ou notre efprit de feu nous conduit, en lui procurant les forces néceflaires , il allure fa caufe dans tous fes effets, & fért à démontrer que ce feu n’eft qu’un foUs differens degrés.
- Cm
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- EU&rîcitl
- CHAPITRE IIR
- De la matiereEleclrique.
- • ; I « T J ...
- JL-celle du feu, parce qu’elle n’eft chofeque ces parcelles de feu que nous fçavons être répandues par tout. Si-tôt qu’un corps eft frotté , ou en contad avec un autre, où ces parcelles puiflënt fe raflêmbler , elles fe détendent avec viteflè, s’applatiflent, s’àllongent en pointe ; elles forment un coin qui divife tout par le fe*. cours de l’air, qui frappe par fa péfanteur infiniment au-deflùs de celle du feu.
- §. 2. La prévoyance 'du Créateur n’a pas donné Ù cet efpriç de feu la liberté de tout confommer * & ravager indiftin&ement par les differens chocs qui peuvent arriver dans la nature. Il a feulement limité fon aétipn à des corps particuliers dans les pores ou canaux defquels il puiflè exercer toute ion activité , lorfqu’il rallie a lui allez de force pour y parvenir, ainfi que nous avons remarqué dans le Chapitre précédent, où l’air & l’efprit de feu ne font pas fuffifans. Il faut encore des objets fur lefquels ils puilfent exercer leur aétion. Ce feu éledtrique a aulfi des gradations par où il faut pafièr. Rendons ce Phénomène fenfible. Allons à l’expérience.
- $. 3. Nous pouvons çonfiderer cet efprit defe^ çornme une goûte de couleur rouge quelconque jettée dans l’eau. Cette matière né donne qu?un ^fnple coloris jouge qui forme d’abord une petite
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- Expérimentâtes ,££
- jttmofpheré colorée, qui fe détruit infenfiblement par la compreffibilité de l’eau, 6c la divifibilité de la matière comprimée ; mais fi cette couleur tombe fur un tiffu propre à la recevoir, elle y féjourne 6c s’y -fixe totalement jufques dans toutes les parties où elle trouve des pores propres à la contenir, & à la garantir des autres, qui lui font contraires.
- S* 4. Pour ralfembler. l’efprit de feu par le frot^ tement, il faut que cet efprit de feu forte d’un corps, & que celui qui frotte, puilfe le recevoir feul à l’abri de l’air dont la péfanteur s’oppofe tou? jours à fa réunion. Ce corps l’écrafe & le fubdivife à l’infini, & fa réunion avec l’air intermédiaire qui l’agite en.fe divifant, nous donne la couleur de l’air & du feu tout enfemble, c’eft- à - dire, d’un rouge blanchâtre & un peu .bleuâtre, qui eft la flâme. Cette flâme ne fe manifefte que fous le frottement, fi elle ne trouve un tiflu ou des corps particuliers, où elle puilfe fe loger & fe brifer. Elle eft comme notre couleur rouge. Elle a fon at-înofphere infenfible, Le grand volume d’air la con-. fond , ôc l’équilibre fe rétablit. Mais préfentons à ce feu un : corps qui lui foit propre, ou il puiflê fe loger, nous le verrons exercer fon adion fur ce çonps, çqmme la couleur fur le lien.
- La couleur d’un grain de çoçhenille raffèmblée fera peu fenfible dans notre eau > fi elle n’eft proportionnée en volume. Ajoutons - en phifieurs grains : notre couleur réunie fera un corps djftind : mais ne trouvant rien à teindre, ce ne fera que de l’eau & de la couleur rouge. Yoiçi positivement l’effet de l’Eledricité primitive. Elle çft renfermée en fon atmofphere, C’eft de l’efprit de feu, fpus le frottement, Préfentons, difoqs-
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- £2 Électricité
- nous, à cette couleur , un corps qui lui foît propre. ( 11 y a encore une chofe à confiderer à cec égard : quoique ce corps foit capable de recevoir cette couleur, il ne la recevra cependant qu’en fu-perficie , fuivant fon efpece , fi on ne joint à cette couleur un mordant capable de préparer & fixer cette couleur ; ) c’eft encore ici notre Eledricité qui fe manifefte bien à des corps de differens métaux par communication , fans être de ceux où le feu fe caraderife facilement par le frottement.
- $. 5. A-t’on joint à la couleur le mordant convenable qui produife par fes atmofpheres & chûtes de l’air , une circulation dans les pores de l’étoffé ?
- Elle parvient à fon point de perfedion. De même approchons - nous de ce feu éledrique, un corps i très-fpiritueux, inflammable & épuré des contrai- j tes du feu, aufli fubtil que ce feu eft léger ; alors | Un fimple contad ralfemble en ce moment & comprime aflèz d’air pouf qu’il s’ihfinue dans la matière fpiritueufe qui eft à la rencontre, & l’en-flâme. Mais fi cette matière eft plus péfante que le fluide & l’air épuré de l’atrtiofphere éledrique , elle ne peut s’allier, & s’enflâmer : le nouvel air que le contad apporte, n’exerce fon adion que fùr l’air qui chafle autant de fluide enflâmé, fans | entrer en adion dans ia matière fpiritueufe qui ! n’eft point au degré requis.
- S. 6. Lorfqu’il eft enflâmé , fi on introduifoic j cependant des corps fort combuftibles par degré, on parviendroit à un grand feu. Voilà où fe borne j la force de l’Eledricité. Get efprit de feu s’échappe en pointe, reprend fa forme & fon équilibre» !
- S- 7* Examinons maintenant la machine élèc-trique ; voyons fi les effets s’accorderont dans tou- £ tes les Expériences âvée la matière dont je viens de donner l’intelligence.
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- JLxpenmentaLe. 43
- Les accidens qui arrivoient dans l’ufage de? globes , & la grande dépenfe des machines m’a fait fervir du cylindre, dont nous fommes redevable? au Pere Gordon, ( quoiqu’après lui un Artiftede Paris fe foit fait afficher comme Inventeur de? Machines cylindriques. ) J’ai rendu cette machine très-commode par des appuis diagonaux qui par7 tent de là tablette, & fe griffent fur tous les planchers ; de forte que ces machines font les plus fia-? blés & les plus fimples qui ayent été imaginées jufqu’à préfent. L’accident arrivé tout récemment au globe de M. l’Abbé Nollet, a encore déterminé bien des perfonnes à préférer le cylindre au globe. 11 ne faut, ni grand apprêt, ni emplacement pour cette machine ; & toutes les Expérien7 ces s’y font exa&ement ; le moindre demi tour d’archet fait paroître l’étincelle. C’efl avec ces mêmes cylindres qu’on verra opérer les plus fortes Expériences , avec autant d’avantage que les globes , fuivant les tem? & les lieux.
- Npus venons de voir que la matière électrique n’efl autre chofe que des parcelles de feu, ( la fub-divifion de ces parcelles nous fait adopter le terme de poudre de feu électrique, ) extrêmement fub-tiles, répandues par tout d’origine ; qu’ainfi elles réfident dans l’air & dans toutes chofes créées. Cette matière par fa divifibilité entre dans tous les pores nop électriques concurremment avec l’air aont-ils font remplis, Les corps électriques ont des pores où cette matière efl feule. C’eft ce dont il faudra toujours fe refîouvenir.
- S* 8. Cette matière qui fe dérobe à nos yeux, la raffemblerons-nous de la même maniéré que nous avons fait avec la pierre & le briquet ? Non. La machine que nous indiquons efl differente ;
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- 44 jElectricité
- comme nos effets font ici moins violens, il nous fuifit d’un frottement doux qui écarte l’air & les corpufcules qui enveloppent & entraînent cette poudre d’.efprit de feu. Ainfi nous prendrons feulement un tamis très-fin r comme nous' ferions pour avoir une graine mélangée avec plufieurs autres de differentes groffeurs.
- Cherchons ce tamis éleétrique. Le méchanifme de l’Univers nous a ci-devant inftruit, & l’expérience nous a fait connoître qu’il n’y a que les verres, ou les corps réfineux , le fbuffre, &c. & ceux formés dans (les atmofpheres du feu dont nous puiffions nous fervir. Le verre eft le meilleur. Le mince eft préférable. 11 faut un corps qui puiffe recevoir , & l’autre donner.
- §. 9. Les métaux, demi-métaux & autres corps, &c. quoique formés par le feu, ont des parties ter-reflres, qui confervent toujours leurs pores très-ouverts , laifîànt un libre cours à l’efprit d’air & de feu. La preffion que cet air oppoferoit à chaque parcelle de matière électrique plus legere, l’empê-cheroit de pouvoir fe raffembler & former une at-mofphere ; & fans une atmofphere qui dilate, & fans air refoulé qui comprime , point d’aétion., C’eft pourquoi tous corps non éleétriques ne peuvent raflêmbler l’Eleétricité que par communication ; quoique ces mêmes corps fer vent néanmoins1 au frottement, c’eft-à-dire à le conduire au cylindre; de même que l’acier avec la pierre, commet nous avons remarqué ci-devant.
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- Expérimentait.
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- CHAPITRE IV.
- Du frottement du coujfm avec le Cylindre. O n T o N s maintenant la machine avec foi»
- 1V1 tamis ; un cylindre de verre fera ce tamis capable de ramaflfer féparément la poudre d’efprit cie feu ; & un couffin qui frottera à ce cylindre, apportera & nous fournira continuellement cette matière au premier coup d*archet, fig. 7. plane. 1.
- Si le couffin eft feulement appliqué auprès du cylindre, quoique les pores du couffin laifïènt un libre cours à la matière , ils n’ont pas plüs d’aptitu-de à la rendre qu’à en recevoir de nouvelle. Lorsque tout eft tranquille, & que l’air peut paflèr entre le couffin & le cylindre, la péfanteur efl égale. Si on le tourne très-rapidement, fa rondeur laiflè glilïèr l’air ; le mouvement de l’archet & le roulement du cylindre de droit à gauche écarte des feuilles d’or expofées au-deflous fur un carton, fans les faire aller ni revenir. Un globe tourné rapidement, imprime feulement un ébranlement à peine fenfible à quelques cercles d’air environnant, fans les faire tourner. Un cylindre ou globe qui aurait des rainures ou des petites aubes : ces rainures écartant l’air pendant la rotation , refouleraient les cercles ou colonnes d’air contigus, de la même maniéré que le mouvement fe feroit fait, fuivant que la force de ce mouvement pourrait les étendre, ou que les autres colonnes forceraient l’air environnant de fe replier, fans le lailfer pénétrer plus avant.
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- Approchons notre couffin fort près du cylindre, de-façon qu’il preffe contre; ou tenons lès mains-un peu ferrées contre le globe , ce qui effila même chofe ; alors oblervons quels font lès effets, enfuite nous chercherons la caufe.
- Le premier effet nous démontre que le frottement force les premières parcelles de poudre d’ef-prit de feu qui fe trouvent en preffion, & qu’elles je raffemblent & marquent uneflâme fenfiblë en fe féparant.
- Le fécond, que cette poudre d’efprit de feu fe raffemble en parité du frottement, c’eft-à-dire fur les endroits frottés fans arriver par les côtés.
- Le troifiéme , que les corps élèétriqués ne détournent ni n’empêchent la matière d’arriver au couffin , pour entretenir l’atmofpherè du cylindre. ( On avoit crû fur des apparences allez marquées que ces corps éleéfcriques empêchoient la communication au conducteur', en mettant un verre épais fous le couffin. )
- Le quatrième, que forties par les pores de ces canaux, ils forment une ligne droite entrant de la même maniéré dans les pores du verre.
- Le cinquième, que l’air enfermé dàns le cylindre, ne permet pas à l’efprit dè fèü éleétrique desy accumuler, parce que ce flüide eleétrique foulant & comprimant l’air de tous côtes ; cet air ne pouvant plus être refferré, force le feu éleétrique de replier ôc de fortir en dehors par lés pores du verre oppofés au frottement ; ce qui forme atiripfphere.
- Le lixiéme, que lès corps légers que Ton préfente à cette atmofphere d’efprit dè feu, font pouffes jufqu’au cylindre, Sè repouffés aü Corps qui les préfente à l’atmofphère, tant que ce corps y refte.
- Lefeptiéme, que quelque corps non éleétrique
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- Expérimentale. ^
- qu’on approche du cylindre ou de Patmofphere , on y voie un point lumineux. Si c’eft une pointe , elle forme une petite aigrette divergente.
- Le huitième, le dpigt qu’on y porte, reçoit cette flâme fenfible, fans piqueure ni contaét.
- On verra évidemment par les obfervations fui-vantes, qu’elle eftlacaufe des effets cirdeifus.
- OBSERVATIONS
- SUR LE PREMIER EFFET.
- Le frottement force les premières parcelles de poudre d'e/prit de feu qui fe trouvent en. preffion. Etant rafjemblees^ elles marquenti une fi âme fenfible à leur fcparation.
- S* i. Le couffin ferré contre le cylindre, tient le globule d’air qui eft mélangé de la poudre d’efprit, de feu, dans un état de preffion par la colonne d’air fupérieure répondant au cylindre ; tel qu’un jet d’eau dont on boucheroit l’ajutage avec le. doigt pour l’empêcher de fortir,.fig. 9. plane. 1. Le doigt tiendroit en preffion la colonne d’eau. Le reflort de cette preffion parle frottement force la-poudre d’efprit ae feu à s’allonger , & fe refferrer dans les pores du verre enchaffàiit en dedans celle qui étoit dans les pores de ce. même verre ; en même- tems auffi ,que cet air fe -deflàifit de la. poudra d’efprit de feu, il eft écarté par les côtés.par l’ac-tivité de cet efprit de feupar fa réunion fupérieur en force, aux globules d’ak enYkPOnant. D’ailleurs
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- £8 ' ÈkÙfîcitl
- cet air par fa péfanteur, ne peut enfcore reflèr dâris cette atmofphere. Il efl donc rejetté à la circonférence ; ainfi il fait place à d’autres globules d’air qui font à leur tour dépouillés de leurs parcelles de feu, & enfuite écartés de la même maniéré par un frottement réitéré, dont l’a&ion épurant & l’efprit de feu& l’eforit d’air ; cet air pendant le départ efl enaftion, il tait choc à l’efprit de feu, & nous fournit la flâme que nous appercevons fous le frottement.
- S. z. Si nous allons à l’expérience, trouverons-nous de quoi nous affiner * que tandis que l’efprit de feu s’accumule, l’air efl écarté ? Nous lereconnoîtrons fenfiblement, fi nous verfons un peu d’hufie > dans une affiette ; elle formera une atmofphere ou étendue d’environ un écu de fix livres ou plus. Enfuite verfons une quantité fuffifante d’eau, pour remplir là furface de cette affiette. Remettés des goûtes d’huile de la largeur d’une pièce de douze fols, plus ou moins, de differentes façons ; prenés enfuite un petit bout de plume ou autre chofe quelconque f avec laquelle on puifïe conduire un petit globule d’huile au grand ; & obfervés lors de fa réunion , fig. io. plane, i. que l’eau qui àccompagnoit la partie d’huile, ne pouvant fe faire jour dans cette atmofphere, pendant que l’huile fe joint, cette eau eft écartée, & ne faifant qü’unè tendance elle pouffe & refferre chaque globule qui arrive de la . même maniéré. Il efl encore facile de l’entendre par les principes fuivans.
- S* 3* Les principes veulent qüè deux corps inégaux qui vont par concurrence à un autre qui peut les extraire, tel qu’un bluteau fuppofé où l’on met la farine & le fon ; les principes veulent, dis- je , que le plus gros foit écarté, pour laifïer la place à celui qui arrive par continuité à la fuite de l’autre.
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- Expérimentale. 49
- Il ne peut refter en place pendant l’a&ion du fro-tement qui en fournit continuellement ; il ne peut non plus retourner en arriéré ; il n’a pas de force fupérieure aux autres pour les repouffer, & il a plus d’aptitude à entrer où il trouve moins de ré-fi fiance. Par la même raifon l’efprit de feu électrique eft pouffé par les côtés le long du verre ; puisque l’atmofphere du fluide extrêmement léger , & l’air très-péfant, fait un vuide au refped de l’air , & lui facilite l’écoulement. Mais comment, dira-t-on , le premier globule d’air, & fucceflivement d?autres peuvent-ils fe perpétuer par ce coufîin au-deffous au frottement ? c’en le fecond effet.
- OBSERVATIONS
- SUR LE SECOND EFFET.
- La poudre cCefprit de feu fe rajfemble en parité du frotement, c eft-à-dire fur les endroits frotés , fans arriver par les cotés•
- 1. Nous avons reconnu dans le chapitre fécond qu’il n’y a aucun vuide dans la nature, & que fans vuide les corps peuvent agir. Ainfi il n’eft point étonnant, que fans faire un ébranlement de toute la maffe, la poudre d’efprit de feu s’accumule par le frotement fur un corps qui peut la tenir en réferve contre l’air ; d’où il réflilte qu’il eft de toute impoflibilité que la matière arrive des côtés, ne trouvant jour que par le couffin qui lui ouvre un canal dans l’atmofphere ; elle doit donc toujours y monter. Comme le verre ne conferve que l’ef-
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- çô Electricité
- prit de feu, & rejette le globule d’air, il nous relie a expliquer qui elt-ce qui en fournit à ce couffin , par continuité.
- J. z. Nous avons fait voir que l’air écarté par la preffion, & entré dans l’atmolphereéleélrique qui l'a.rejette, rentrait dans fon élément primitif du feu, où il ne peut palïèr fans être, imbu de cet ef-, prit par continuité. Ainfi réuni dans l’air , ils forment des colonnes, des cercles de renvoi par def-fous le couffin, quelque éloigné qu’il foit du cylin-, dre, dans la forme qu’on peut remarquer, fig. io.. plane, i. L’air B. qui fort à côté du couffin,. ell dillingué par dés petits 0 Q. Celui qui ferme l’at-J mofphere, C. efl ponduée autour de cette atmof-mofphere, que l’air tend à relferreren comprimant l’efprit de feu -éleéhique, pour reprendre imperceptiblement fon équilibre.
- §. 3. Ne peut-on pas nous reprocher que ce circuit ell imaginé à pfailîr ? que l’expérience ne vient point au fecours ? l’expérience de l’eau avec l’huile , & la jatte où ell le mercure agité par un corps intermédiaire , fig. 4. & 9. plane, x. nous ont affiiré ce fait , autant qu’il ell poffible, & furabon-damment les principes des fluides le veulent. C’ell de, leur elfence : en effet, comment v.oudroit-on que l’air au fortir du couffin, & hors de f acmofphere, re-, prit fon cours, &;• coudât pour rentrer ; il faudroit qu’il dérangeât’toutes les colonnes parallèles à fa fôrtié, qui ell dîre&e, comme on peut le remarquer en ladite fig. 10. & que la matière des pores du porte couffin ou du couffin ouverts de côté, ’ (c’ell-à-dire horifontalçment) fut chalfée ou chàflat.. le courant du globule d’air, & de poudre d’efprit ' de feu montant. Comme ils n’ont pas de force fu-^ périeure à cette- matière contenue dans les pores,
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- Experimentale.
- il faut qu’ils prennent leur chemin en deflbus de la colonne qui eft en marche au couffin , & dont la tendance? n’eil point interrompue par le deflbus ; au contraire il doit faifir l’endroit qui facilite leur cours, & où ils trouvent moins deréfiftance.
- 4. Cette marche au couffin fembleroit laifler à délirer un mouvement démonilratif , comme nous lé voyons, dans plulieurs autres Phénomènes'.: ici il n’en faut point attendre , ce n’eil que l’air dont nous ne pouvons diftinguer les traces. Les atomes qu’on y peut préfenter , ne font aucun jeu ; le globule d’efprit d’air quittant l’âtmofphere éledrique ,.fait choc à fa colonne, fans que chaque globule foi t agité. Il n’y a comme au choc des corps que la derniere bille , ou globule de, la colonne qui porte le coup de ce mouvement. L’action étant éteinte par le palfage. 4ans,l’air greffier, il reprend fon a&ion à l’entrée cle l’âtmofphere où il eft libre de tomber. Ainli 'jj faudtoit fe refufer aux régies établies , à la raifbn, p.qur ne pas concevoir le cours indilpenfal3le.de ce fluide électrique , par le defldus. du porte-couffia.
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- 1électricité
- OBSERVATIONS
- SUR LE TROISIEME EFFET.
- Les corps électriques ne détournent ni n empêchent la matière £ arriver au couffin 9 pour entretenir l'atmofphere du cylindre. ( On avoic crû fur des apparences allez marquées 9 que ces corps électriques empê-choient la communication au conducteur, en mettant un verre épais fous le couffin. )
- Cet effet renferme trois objets à examiner, i °. Si les corps électriques, fous le couffin, ou une perfonne fur un gâteau ou autre corps électrique , portant la main au cylindre , détruifent & otent le cours de la matière éleCtrique, fans en fournir à ce coifffin, au frotement.
- zQ. Si cette atmofphere qui fe forme autour du cylindre ou du globe, fe trouvant toujours remplie , pourquoi faut-il qu’on porte la main, ou un conducteur, pour que celui qui fournit la matière éleCtrique , puiffe fe charger de cet efprit de feu éleCtrique, qui avant ne fe manifefloit point en lui.
- 3°. Enfin pourquoi à ce conduCteur cet efprit de feu éleCtrique ceife.
- S. i. Pour l’intelligence de ces trois objets, on reprendra bien des expériences, dont la variété » le plus ou le moins de précautions, & d’obferva-tions, ont donné lieu d’errer fur ces faits; pour m’a£
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- Expérimentale5 > furer, je n’ai pas été fi heureux que l’Anonyme dé THiftoire de l’Ele&ricité. Si Meffieurs Boze & Watfbn ont bien retourné leur imagination, & fé font trouvés embarraffés, je ne l’ai pas été moins qu’eux. 11 m’a fallu bien dgytentatives, & des expériences réitérées de di™fes maniérés ; je n’ai pu, que par cette voye être d’accord fur le courant de là matière éle&rique , entrant. & fortant.
- L Expérience,*
- S- 2. Pour lever tout doute, fi la matière venoît du plancher & voir fi elle en étoit abfolument dépendante; j’ài fufpendu la machineéleâxiquepar des îbyes prifes de differens côtés, pour, la rendre foli-de, fig. 11. plane, féconde, j’ai établi un fil de fer de communication à mon condutteur ordinaire, & ayant éle&rifé pendant un lpng-tems, j’ai toujours trouvé la même égalité dans le Phénomène.,
- J’ai retranché la communication, du condu&eur* & n’ai laifie qu’un fîmple fil de fër pour y pouvoir toucher. L’Ele&ricite a toujours donné en proportion au limple fil de fer. J’ai enfuite établi une communication de ce fil de fer à la porte par le côté ; plus dEle&ricité. Cet effet retrouvera fa placer & fes obfervatîons. particulières, où plutôt c’en: le même qu’au feptiéme effet, $. 1. ch. 5. J’âî remis le fil de fer au conducteur, & je me fuis mis fur un gâteau pour tirer l’archet , l’Ele&ricité n’a pas moins donné. Affûté que l’air étoit néceflaire à l’entretien du Phénomène, fans dépend re des corps particuliers du plancher, il m’a fallu vérifier fi, la machine ou, du moins le couffin condüdeur de la matière , étant fur des corps éle&riques , il fe fai-foit. un amas de l’efprit.de. feu. fur ces corps éle&ri?
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- ' Electricité
- ques, qui pût écarter l’air, & l’empêcher d’arriver par les côtes dû verre : voyant qu’il né .pouvoir venir par- deffous, par la nature de ce corps électrique mis fous le couffin jour cet effet.
- II. Expérience•
- J’aitnis un verre épais de près de deux pouces en deffous du couffin, fig. 12. plane, fécondé, ayant attaché ce couffin au verre avec de la foye ; enfuite pai arrêté aux deux côtés des pilaftres cette foye qui tenoit & forçoît le couffin à toucher contre le cylindre. Ayant éledrifé 4^5. minutes, le con-dudeur n’a plus donné d’étincelles,
- . Quoique M. Francklin nous annonce ce fait, je ne me fuis pas arrêté à la légère ; le méchanifme d’un verre plus mince ou, plus épais à un certain point, ne donnant pas plus d’accès l’un que l’autre a l’air, & à l’efprit d’air, j’ai toujours réfifté à cettè expérience, enforte que j’ai cherché à écatter le çorps éledrique du cylindre.
- III. Expérience, *
- J’ai monté la machine à éledrifer fur le bord d’une foupente élevée d’environ 12. pieds. Le couffin étoit tenu au-deflous du cylindre par un grand bâton qu’une perlonne tenoit étant fur le gâteau. Ce qui faifoit un grand éloignement entre le gâteau & le cylindre ; & pour fixer ce couffin au cylindre , je l’ai attaché du haut par une foye qui traverfoit le corps de la machine. Ayant d’abord porté la main au cylindre pendant que je faifois aller l’archet, celui qui tenoit le couffin fut auffi-tôc éledrifé : afluré par-là de la placé propre à
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- Expérimentale.' _
- nous produire le Phénomenè pour juger plus fen-Tiblemenc, j’ai enfuite établi uh petit condu&eür du fil de fer aü cylindre pair Une foye qui le te-noit fufpendu ; & comme on étôit gêné pour la hauteur du couffin, & que lé bâton qui leportoit , s’approchoit à deux pouces du corps , j’ai pris une tringle que j’ai fait couder pour nous éloigner à •fuflîrb,,. fig. 13. plane, féconde , & ayant donné quelque coup d’archet, PEle&ricité s’eil fait fentir peu de tems au petit condu&eur A. en s’affoi-bliflanc peu à peu. Enfuite dans cet état ne trouvant plus rien , je fuis defeendu en faifant reprendre l’archet à une autre perfonne , j’ai fait recommencer fortement ; fé petit condudeur A. a redonné quelque étincelle de .feu rouge, dont le 'gâteau a pu être condudeur. Etant à bas,. j’ai approché le doigt de la jambe de celui qui étoit iür le gâteau, fans en tirer aucune étincelle. Cependant j’ai trouvé qu’il y avoit un peu d’efprit de feu , par l’approche d’un petit liège, que je tenois fufpendu à une foye, lequels’eflporté à la jambe en la fuivant un peu pendant que je l’ai élevé, quoi-qu’écarté dé plus d’un pouce de fa perpendiculaire,.
- IV. Expérience. *
- .«^SS^'térifié cette Expérience d’une autre manië-re à^mufieurs fois. Au lieu d’élever la machine à je' laiffée en place ;.mais ayant ôté ïissSffî^ouffin de deflôüs , je l’ai porté au côté , & éloigné de la. pieds, fig. x4^planc. féconde.
- L’Eleâricité ayant celle comme en l’Expérience précédente, je n’ai trouvé aucune marque d’E-ledricité aux pieds de la perfonne qui tenoit le porte-couffin-J’ai réitéré plufieurs fois, ôt je. nié-
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- Electricité
- De la différence venoit du chao-
- rment de gâteau/En effet ayant repris l’autre de veille, il s’efl: trouvé qu’on a remarqué comme auparavant des traces d’éleâricité aux fouliers de celui qui étoic fur le gâteau, par l’approche du petit liège. Ce gâteau avoit une petite fente pref-qu’invifible, qui introduifoit quelque globule d’ef-prit d-air. Occupé à chercher le méchanifme, & la raifon de cette extin&ion du Phénomène au con-duéteur, malgré le frotement il m’a fallu tenter de nouvelles Expériences , & recommencer les mêmes à différent jours.
- V. Expérience»
- J’ai fait éleétaifer plus d’une demie-heure, tenant en ma main le gros verre fur lequel étoit maftiqué le couffin , ce couffin appliqué contre le cylindre, fans voir pour cela arrêter l’Ele&ricité du condu&eur.
- VI. Expérience.
- J’ai monté enfuite fur un gâteau, & ayant éleo trifé, malgré le verre tenu fous le couffin, on a re-. $û les étincelles à l’ordinaire. On en tire aufli de celui qui ell fur le gâteau, mais plus foibles. Et malgré un long-tems je n’ai pû voir arrêter l’Electricité ; quand on ell fatigué , que le couffin ne ferre pas, on fent l’Electricité diminuer ; mais appuyé- t-on un peu le couffin en forçant la main, fur le champ elle fe ranime comme avant & propor-tionnément. au frotement : celui qui ell fur le gâteau, peut lui même tirer l’étincelle du c©n-du&eur.
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- Experimentale.
- 5?
- VII. Expérience. *
- Si je prens la chaîne du conducteur, tenant l’au-I tre main avec le verre au cylindre , lé conducteur n’a donné aucun ligne de l’EleCtricité , foit | qu’on ait mis fimplement la main au cylindre, ou i qu’on ait tenu le couffin garni de fon verre, étant i toujours fur le gâteau , fig. 15. plane, fécondé. f
- VIII. Expérience• f
- J’ai détruit la communication du conducteur , & ayant fimplement la main au cylindre, étant - toujours fur le gâteau , le conducteur s’eft chargé a l’ordinaire. J’ai répété pluiieurs fois pendant des demi-heures & heures , fans difeontinuer ; dans cette pofition j’ai toujours tiré des étincelles du conducteur,
- IX. Expérience.
- Je charge de la même maniéré une bouteille à ï| l’eau ou limaille, &c. armée ou non armée ; ce | qu’on expliquera par la fuite ; & âyant quitté la main du cylindre & ôté la bouteille du conduc-J teur, je mets pied à terre ; & portant la main J gauche au fil de fer de la bouteille, on a une vio-1 lente commotion. La commotion efl la même fans fe déranger de deffus le gâteau,
- X. Expérience.
- J’ôte la communication du conducteur , & ref-tant fur le gâteau, portant une main au cylindre
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- j8 EUth-ieiti
- pour froter > fi on vous touche, on ne relient rien du tout. Il y a feulement atmofphere au cylindre , & on ne remarque aucun ligne au courant électrique à la perfonne qui eft fur le gâteau;
- XI. Expérience.
- Mais fi une autre perfonne porte la main B. fig. 16. plane, fécondé, fur le cylindre , il devient introducteur de l’EleCtricité, & l’autre A. eft le conducteur qui la reçoit. De forte que fi ces deux per-fonnes fe touchent , ils tirent une étincelle, à l’ordinaire, proportionnément à ce conduCteur, ôc très»-fouvent plus foible.
- XII. Expérience.*
- Ayant remis le conduCteur avec une communication au plancher, ou une perfonne fur le plancher mettant la main au conduCteur, fig. 17. plane, fécondé , étant toujours for le gâteau avec une main au, cylindre, fi l’on vous approche le doigt, on tire l’étincelle ; mais toujours plus foible qu’en la maniéré.ordinaire d’éleCtrifer. Si on porte le doigt au conduCteur, on remarque une très-petite étincelle, & lès feuilles y font agitées, poulîees , & repouf-fées. Celui qui eft fur le gâteau, tire l’étincelle plus forte que les autres.
- J’âi recommencé l’Expérience quatrième avec une autre cylindre, & le même bon gâteau ; il ne m’a pas été poftible de faire cefler l’EleCtricité.
- Avant que d’entreprendre l’explication de notre Phénomène, fur les corps éleCtriques, fur tout par rapport au verre ,< annoncé par M. Francklin, j’ai recommencé de nouveau ces Expériences avec un
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- linge ployé en feize , de deux pouces en quarré> mis par-deflus le couffin adapté au verre. J’ai tiré des étincelles pendant cinq minutes ; & il ne m’a pas été poffible d’en tirer d’avantage du conducteur , quoiqu’on ait fortement éle&rifé. Le linge en étoit même comme en petite charpie extrêmement fine.
- Dans le même moment fans verre, mais avec le couffin ordinaire , j’ai eû des étincelles au conducteur pendant 4. minutes 30. fécondés, comme à l’ordinaire : & enfiiite elles font venues à rien, même en deux minutes.
- J’ai repris le verre & le couffin, en le tenant au cylindre pour entretenir la même force du frote-ment, & je n’ai pû en une demie-heure parvenir à détruire l’Eleâricité avec le même gros verre.
- Il fe fait atmofphere à ce verre , comme au cylindre. On reffent comme une toile d’araignée qui vous réfifte. On ne remarque la lumière dans l’obfcurité qu’au lieu du frotement.
- §. 3. Le verre épais dont je me fers m?ayant échappé, & donnant fur le verre du cylindre tournant , a jetté tout d’un coup un brillant de lumière à diftinguer les objets ; & m’ayant échappé une fécondé fois, mon cylindre fe caflâ. J’avois écarté toute lumière pour examiner le courant de la flâme fous le frotement. J’aurois été immanquablement eftropié, fi je me fuffè fervi d’un globe, au lieu que mon cylindre tomba en morceaux fur le plancher fans s’écarter.
- La variété de ces Expériences m*a fait encore recommencer partie de ces Expériences avec le verre & gâteau bien féchés ; je n’ai pu arrêter l’E-ledricité au çondu&eur.
- Le lendemain j’attachai le couffin avec du maf-
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- tic à mon morceau de verre, & mon verre au porte-couffin. Enfuite ayant fait éledrifer pendant 7* minutes & demie, l’Eledricité s’arrêta au conducr teur.
- Je fis rééledrifer, tenant le verre en-deflbus avec la main, au lieu du - porte couffin ; l’Eledricite. ceflà plus vite.
- J’ôtai du maftic qui étoit relié au verre, & je fis rééledrifer ; elle s’arrêta encore en très - peu de tems.
- Impatient de la variété des expériences que j’avois fait la veille, je mis fur le couffin qui étoit toujours fur le verre, un linge ployé en long , & tenant le verre à la main contre le cilindre , 1 Eledricité ne s’arrêta point. Voyant que la longueur du linge excédoit le verre, je le ployai en double beaucoup plus petit que le couffin. Avec ce linge je ne pûs arrêter l’Eledricité du condudeur. Je poufiài ce linge à bas, & remis le couffin, tenant toujours le erre; 6c l’Eledricité s’afïbiblit bien promptement. Je remis dix fois alternativement le linge & le couffin : mais avec le linge je ne pûs jamais arrêter l’Eledricité, qui s’arrêta toujours en peu de tems avec le couffin.
- Ayant éledrifé le couffin fans verre deflous, ( ce couffin étoit le double de celui maftiqué au verre ) je ne pûs arrêter l’Eledricitérj’avois mouillé unpeu la vis pour empêcher le porte-couffin de bailler ; mais ayant mis derechef le petit couffin qui avoit fervi avec le verre pour voir fi cela dépendoit du couffin, l’Eledricite ne diminua pas, tandis que ce couffin étoit fur l’autre. N’ayant plus lailfé que le dernier, l’Eledricite dégénéra & s’arrêta. Voulant décider fi c’étoit ce défaut d’épaiiîèur, je ployai «n double ce même couffin, l’Eledricite fut un
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- Experimentale. 6 r
- peu plus de temps à diminuer & à s’arrêter : toutes ces expériences faites dans le même tems ; le couffin étoit un peu déchiré aux coins, & la houet-te de foye paroifloit. Ayant repris le couffin doublé , & l’ayant maftiqué au verre, il fut au moins du double plus long-tems à décliner ; à la fin, l’E-leCtricité du conducteur devint peu fenfible»
- Ayant recommencé le lendemain avec le gros couffin fans verre deflous, l’EleCtricité s’arrêta après 8. minutes de frotement. Le cilindre étant très-chaud par le frotement, je mis fur le champ le linge ployé fur le couffin : malgré la chaleur du cilindre je ne pûs arrêter l’EleCtricité du conduCteur. Ainfi il ne faut point attribuer l’arrêt de l’EleCtrt-cité au cors éleCtrique, ni à la chaleur du verre qui étoit extrêmement chaud, de même que le linge , fans pour cela arrêter ; mais il faut juger & décider que c’eftle cuir échauffé & la foye du couffin qui empêchentl’air de porter la matière à l’atmofph® re avec la même force & adivité, & ainfi l’empêche de parvenir au conduCteur.
- S. 4. Ces expériences ne nous permettent pas de douter qu’il y a une erreur fur ce fait. La communication au plancher n’efl: pas néceflàire, ainfi que nous l’avons reconnu. Le verre n’interrompt rien. L’atmofphére qui n’elt jamais détruite au cilindre & au globe, en font la preuve encore plus évidente. Or cette matière fi aétive comprimée par toutes les colonnes d’air , ne peut éviter le choc & le renvoy au couffin, malgré le verre ou autre corps éleCtrique ; parce que cette matière eft un fluide qui fe détourne aifément : ainfi au lieu d’abonder alors préeifément par les tuyaux direCts, le mé-chanifme fe dirige différemment. 11 fouffre fans fe contraindre, fans blefièr Tordre des fluides, Té-
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- Çz Electricité
- çart de l’objet, l’obftacle ; & gliflant à côté du verre, forme auffi des colonnes courbes , comme nous l’avons dit ci-devant. Ch. z. §. 8. & au 4e Ch. S. 3. ze. effet, dont l’adion & marche ne peut fe manifester en la perfonne qui eft fur le gateau.
- L’expérience de l’huile du mercure, fig. 4. & 9. plane. 2. nous démontre ce détour, ceméchanifme fenfiblement. On a obfervé que ce cours ne tombe pas fous nos fens, quoique le mercure nous le certifie fenfiblement. Notre efpèce ne différé qu’en ce que le mercure eft un corps fenfible & didind dans notre air : mais cet air ne peut l’être à notre égard, que par l’adion du frotement & les chocs ; ainli que nous avons lieu de le reconnoître dans tout ce méchanifme. , ? . . .
- Il n’eft donc point étonnant que fur un corps é-ledrique, on ne trouve point de marque d’Elec-. tricité en la perfonne qui eft; fur ce corps , parce que cette perfonne fait partie de la colonne d’efprit; d’air & de feu qui fournit au couffin, fans marquer d’adion. Mais le frotement a-t’ii formé & mis en mouvement l’efprit de feu éledrique , ce feu né cherche point à rétrograder ; il s’adapte au corps du cilindre , où il fait fon atmofphére , ce qui eft démontré au S* dernier du ze. effet ci-devant, & notamment au §. lo. & 11. du 4e. effet ci-après, & au J, 1. du ze. effet Ch. 5. . . :
- S. 5 • L’explication des autres Phénomènes, c’eft-à-dire, la raifon pourquoi cette Eledricité marquée au condudcur, s’arrête ; & pourquoi la perfonne qui eft fur le planeher,mettant la main au ci-lendre, rend éledrique celle qui eft fur le gateau , dont on ne tiroit aucune étincelle , doit être re-mife au Ch. fuivant $, 5. du 2. effet ; & les autres expériences particulières de la.c«nmocion avec la
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- Expérimentale•' 65
- bouteille, &c. au Chap. général des Expériences. On ne les a placées en ce Chap. que pour conffa-ter les faits eifentiels au développement du me» chanifme.
- \ OBSERVATIONS
- SUR LES IV. ET V» EFFETS.
- Les far celle s de poudre cCefprit de feu [orties des fores du coujfm 9 forment une ligne droite & entrent, de la mèmemaniere dans les fores du verre. Lair du cylindre force le feu i êle Urique de replier fous la même direc-
- tion , & dèfor tir en dehors far les fores i du verre oppofês au frotement ; ce qui for-! me atmqfphere•
- I Ces obfervatipns font en partie rélatives au 2. & 3e. effets; la caufe en efl toute décidée. Le renvoi que fait l’air du dedans du cilindre par fon reflbrt* force l’efpritde feu à rétrograder hors du verre, à mefure qu’il échape de deifoüs le frotement. Car tandis qu’il efl fous le frotement, il exerce fon action contre l’air du dedans , & le force de reculer d’autant. Mais chaque partie > qui fe dégage en échappant çe frotement, eft rendue avec la même élafticité, $ç de la même maniéré que le choc eft venu. Rien ne détermine cet efprit de feu fi prompt, fi a&if, à rèçevojr aucune çourpe. La loy des corps a reiîorts, veuf qu’un corps qui arrivé à un plan qui lui réfifléçé corps foit repouffé par la même ligne, de même que . l’angle de réflexion efl égal à gle d’incidence. j •
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- 64 Electricité
- • $• Ceux qui tiennent pour un tourbillon , diront que la rotation imprime des courbes, eu é-
- rià la réfiftance des rayons, qui ont à repoufler à vaincre les parties d’air : outre que leurs moyens font faux , l’expérience eft au fecours, & nous fait totalement voir le contraire, & que tous les rayons de cette atmofphère font droits au dedans & au fortir du cylindre , fig. 18. plane. 2e.
- I. Expérience.
- Cette Expérience eft de M. Hauskbée. Il imagina de mettre un cercle de fer à un pied de diftance de la furface d’un petit globe,non perpendiculairement , mais latéralement ; il avoit attaché à ce demi cercle des fils de laine, allant jufqu’à demi pouce ou 3. lignes du globe. Ces fils perpendiculaires étoient pendant la rotation attirés *tous enfemble par la furface du globe, & fembloient tendre vers Ion centre ; & cette tendance fubfiftoit 4. ou 5. minutes après le frotement ceffé. La direction de ces fils étoit dérangée , dès-qu’on en approchoit le doigt ou autre corps ; ils en étoient attirés ou re-poulfés fenfiblement.
- IL Expérience.
- S* 3. Le même Auteur ayant introduit dans ce globe un axe garni dans fon milieu d’un cylindre de bois, fig. 19. plane. 3. à la furface duquel é-toient attachés pareils fils , ces fils s’écartoient en rayons, & tendoient du centre à la circonférence. Donc il n’y a aucun tourbillon. L’efprit d’air qui tend à comprimer , n’a nas à fe détourner. Tous les rayons font tendus au centre du cylindre ou
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- il, . Expérimenta!:. g
- dn globes rien rfagite la matière ; les lignes font tout au plus ébranlées fans détourner en aucune maniéré; Ainfi point de tourbillon.
- _ S- 4. Ne pouvons - nous pas encore ajouter les Hxpenences Vivantes , quoique l'urabondantes en preuve, des qu’ellès nous inftruifent de la nature &
- S,Ir2fednefibîerfph&e *****“* e"“
- III. Expérience. *
- L’èfprlc de feu éleétrique arrivé par des pore» droits, ell repoulïe de même, feulement à rai-fon de la largeur du frotement. Veut-on s'en convaincre ? Il faut prefenter perpendiculairement fur e cylindre dans la même ligné de la calotte qui le re(Terre , & ce du coté oppofé à l’archet ; il fa}’ dis-,e, prelenter une petite balle de liege fufpendue par un fil de foye fort fin. On tiendra cette balle a la hauteur d’un pouce au-defliis du cylindre. Vous voyez cette balle quitter fa perpé'u-diculaire pour prendre la direélion du frotement, fig. 20: plane. 3. par où.fort l’efprit de feu élec-trique, que l’air plus rare à l’approche du fiuide de feu, pouffe continuellement ; & cette bouleeft tenue dans cet état fans être emportée à la circonférence du cylindre. Or l’âtmofphére naturelle d’ef-pnt de Feu, n’efl qu’aü-defius de ce frotement. Si nous diminuons la largeur (fitfrotement, la petite balle ne prendra toujours fa diredion, Ion point, qu’a là colonne perpendiculaire , pour fe fixer au premiër ràvori dë'feii montant, qui tant qu’il la parcourt, la foûtient comme la petite balle de Iiegè que nous mettons au jet d’une fontaine de Eompreffion.Si dans d’aufrês Expériences, les ob-
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- S 6 Electricité "
- jets préfentés femblent prendre une autre direction, ce n’eft que les objets que nous y préfentons , qui forment cette différence, & dans une autre ef-pèce : ainfi que nous aurons lieu de le reconnoître dans la fuitè.
- $. 5. Il me paroit néceffaire de s’expliquer plus énergiquement fur cette atrïiofphére, parce qu’elle ne remplit pas de lumière toute l’étendue que nous comprenons fous le nom d’atmofphére. Une balle fufpendueaudeffus du'cÿlindre, dans les Expériences précédentes & fuivantes, efl encore dans l’atmofphére, fans que je voyé lâ moindre flàme environner totalement le cylindre ; je n’en apper-Çois même que fous le frotement qui fè divife eh croiflànt, parce que c’en: la forme de la preffion du frotement. Cette flâme eft plus forte aux extrémités extérieures du couffin dans les parties qui touchent , qu’au milieu qui preflè davantage , ou on ne diftingue point cette lumière. *
- » * M. Francklin n’a rièn épargné pour fonder fon mécha-» nifme, pag. 19p. Il dit que dans l’obfcurité. on peut voir; * le fluide éleéirique fur Je couflîn en deux demis cercles ou » croiflàns, l’un lur le devant, l’autre fur le derrière, pré-» cifément dans l’endroit où le globe & le .couflîn fe fépa*. » rent. Dans le croiflànt antérieur, le feu pafle du couflîn » dans le verre. Dans l’autre il quitte le verre, & retour-» ne dans la partie poftérieure du couflîn. Quand on appli-» que le premier conduéleur pour tirer le feu du verre, le x croiflànt dé derrière difparoit. » Il ell.le feul qui à l’a.p-proche du conduéleur , ait vû ce croiflànt. de flâme difpa-, roître. Celui de derrière.& de devant parôiffèht àflurémenC toujours également, tant'que le couflîn y eft:.; te croiflàrit-ne diminue, même fans partagé diftinét.,. que Ibrfque l’ Eleélricité s’arrête au conduéleur , comme on le verrà ci - après. Il fe trouve bien des erreurs de fait que j’ai peine à reprocher à M. Francklin. Comme cés erreurs lui font toutes favorables, je. ne.puis penfer que ce foit lé Térritoi-
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- Êxpèrimèhtâtèï
- • $. 6. Si nous nous reffouvenons qué Cétte poudré d’efprit de feu aflèmblée à la faveur du verre oïl elle entré, écarte l’air dés côtés, nous reconnût* trons bien fenfiblement cés diftin&ions de la flâ* me ; fous le milieu du couffin la flâmé y eft plus épurée j l’air plus écarté ; têt élément du feu nô donne point fa lumière ; fa fubdivifion trop fpiri-tueufé l’écbappe à notre vûé ; les corpufcules en-* vironnant jufqu’à notre oeil > lé couvrent, & nous empêchent de le reconnoître, tant qu’il n’eft: point en adion par l’air* L’air qui s’échappe par les côtés, & le feu qui s’épuré, tandis qu’il entre dans lé verre, font des chocs aifferens qui prq.duifent de petites atmofphéres , d’air & de feu : dont le frotement fait le départ, & noüsrend par fon a&iott la flâme , une ltimiere fenlible. Ce feu eft floté pat l’air Comme l’eaü dans la vanne d’un moulin $ tet ëfprit d’âir au lortir du frotement, fe trouvant féparé par fa nature à ne pouvoir relier dans l’at-mofphére que formé l’efprit de feu ; ainfi plus de flâme : de même l’atmofphére du feu fubfiftant feul, rien ne l’agitant, plus de lumière. Quoique le feujélide toujours eh atfnofphére, il ne peut fa éâràderifër avec lui même, étant fans a&ion dans fa grande divifion»
- Nous ne le diftînguons point non plus dans lé Cylindre* .Son pâffage à travers le verre, ne tombe point fous nos fens. L’air du dedans du-cylindre ne s’allie point avec lui. Il n’a point de prife dans fon atmofphéré* Ils y font diftin&s fans mélange,
- ÎB qui nous induife ën erreur, pour s’accommoder au fyfté* me de cet Auteur , dont l’Ouvrage néanmoins mérite toujours beaucoup ; fi je combats plufieurs faits , l'éloigne-rient j'uftiôera tout. Je fuis obligé de dire vrai, fur ce que |’ai vu avec plufieurs Observateurs exaéts. -
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- parce que cet aîr n’efl point raréfié au degré de ïefprit de feu» Ainfi leur atmofphére, leur choc ne peuvent s’allier» L’un dominan t trop fur l’autre , ils ne font que fe comprimer jufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli, que cet air ait tout repouiïe au déhors. Ceft là l’atmofphére du feu éle&rique pur , qui n’efl vifible qu’à l’approche d’un corps où il puiffe fe brifer & s’attacher , tel qu’on le recon-noîtra dans le Chap. fuivant.
- IV. Expérience. î
- S» 7* Ne nous obje&era-t’on point à prefenc qu’une bouteille vuide d’air, fuivant le terme ufité , que nous entendons ici, d’air groffier, donne la flâme au-dedans , dès qu’on la frote & l’agite fimplement avec fecouflè ? ( Pour le fuccès de cette Expérience , il faut des matras de grandeur proportionnée ou Pair raréfié ne domine pas , de même que Ji ils font très-petits ; Vefprit de feu électrique étant fupérieur , il ne fe marqitera aucune flâme. ) Le fro-tement agitant cet efprit de feu éleélrique & d’air, celui du feu électrique qui y entre, produit des chocs & des fecoufles à l’efprit d’air ; leur mélange inftantané, & la tendance à l’équilibre de l’efprit d’air à chaque atmofphére d’efprit de feu naif-îant, nous donne cette flâme telle qu’au-deflous du couffin.
- V. Expérience. t
- Le vif-argent lumineux eft dans la même ef* pèce ; en le fecouant, il tient lieu du frotement, & l’efprit d’air, & l’efprit de feu réunis , marquent la lumière & la flâme.
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- Expérimentale, 69
- Nous pourrions encore rapporter ici Pingénieufe expérience des bouteilles du vuide de M. l’Abbé Nollet ; mais elle fe trouvera jointe au dernier Chap. de réunion des expériences choilïes , avec celles dé la machine pneumatique.
- $. 8. Quoique le frot.ement n’augmente point l’atmolphére d’efprit de feu une fois fixée , que. proportionnément à l’étendue de l’objet frotté ; comme l’atmolphére-de notre feu ordinaire ,& de la bougie qui eft toujours la même , tant qu’il y a égalité de mèche ou d’objet qui entretient ce feu; il fe fait, néanmoins deux courants bien differens..
- Dans l’atmofphére de la bougie ,, il y a un canal ouvert par où l’air conduit la cire à la mèche, Sç agite le feu qui s’évapore à mefure que cétte mèche ne peut plus les retenir » & que le feu ne trou-ve plus rien à parcourir , du moins à force égale.
- S. 9. Dans l’atmofphére fpiritueufe électrique,, fiâmifique y les deux courans du. feu & de Pair , arrivent par concurrence en deffous de la mèche qui eft le couffin ; mais ils n’ont pas le même départ pour entretenir fon aétion,. L’efprit de feu ici s’accumule fur le. verre ; il n’en rongeni n'en di-vife aucune partie. Aulfi ne s’en exhale-t’il rien ; Pair nlayanc point d’entrée: dans-, l’atmofphére ,. {k fortie eft dç-côtécomme nous l’avons exactement expliqué.. Quant à l’efprit de feu- >, il ne-s’exhaler point, parce quîil n’a rien de terreftre à. évaporer*, G’eft u.a,efpEit,pur ; ion aCtion eft.tonte differente. Il s’étend fuivanc qu’il peut; repouf-fer & écarter la.mafTe qui l'environne &, parvenu à fon degré, de force, eu égard à la, pefantcur &. charge de la température-, il- n’y a- que la même-matière en preffion qui fournie k L’atmofphére * tant que le frotement. dur.e,.. Comme une velfifc
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- jpo E.kciritltà
- qu’on fouffie, refte toujours tendue, tant que l'on jouffle ; mais cede-t’on , l’air du déhors Ià preffe j, fc l’équilibre fe rétablit. C’eft une fontaine dans fon lit , qui lorfqu’elie a une charge proportionnée à là fource, n’a point d’écoulement, qu’elle ne trouve de quoi fe propager.
- 5, 10., Geç air en déclinant étouffe l’efprit de fou ; la flâme arrêtée auffitôt que le frotement a Çeffé, il ne s’agit plus que de l’efprit de feu a que cet air environnant confond, en affaiffant cet efprit 4e feu dç cercle en cercle,
- V I. Expérience. *
- L’Expérience peut-elle prévenir nos objections ? Examinons. Je prends un très-petit morceau dê liege, taillé en forme de larme que je fufpends à Une foye fine, d’un pied de long, Je l’approche de l’équateur de l’atmofphére du cylindre, fig, 41 • plane. 3.
- Après avoir éle&rifé un moment, je fais mettre l’archet bas , & j’obfeyve que ce petit liege s’é-. carte de la perpendiculaire par la force de l’efprit de feu éledrique. Cet effet eff contraire à la 3 e, Expérience ci-devant, La pofition étant differente % le méchan.ifme ne petit être le même, La première balle eft obligée d’aller chercher les rayons droits. <Se perpendiculaires au' frotement, & celle-ci eff fur le champ expofée à ces mêmes rayons, Cepenr d ant l’aif raréfié qui avoifine, & tend toujours dé fon coté à comprimer cet efprit de feu 3 cet air , disrje employé Ion reflbrç fur çe petit corps, fur lequel il a plus de prife , & lui ouvrant un paffa-ge dans l’atmofphére éle&rique , il le pouffe enfin '|iîfqü’au ç^lindre ; çomme lç froççment çeffé ^ l’ai^
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- Expérimentait.
- comprime à fon tour l’efprit de feu à rentrer ; c et efprit en rétrogradant tient ce petit liege attaché au cylindre en le courbant & prenant en arc fus ce cylindre»
- VIL & VIII. Expériences. *
- Pour m’affurer davantage, pendant que ce petit corps eft ainfi adapté,je fais.décrire une courbe à la foye, en la lâchant de maniéré qu’elle ait la liberté de glilfer par fon poids de deflus lecylin-dre, fig. 2.2.. plane. 3. Quoique cette foye dût naturellement tomber , elle s’adapte aufîi en arc au contour du cylindre&. y refte de même que le liege, tant que l’atmofphére dure » & lorfqu’eüe vient à ceflèr , le liege & la foye quittent dit bas, fig. 23» plane. 3. parce que la tendance de la perpendiculaire A. B. eft plus prête à vaincre la pref-fion de la matière qui rentre en équilibre , que celle qui eft au diamètre de l’armofphére A..
- Si l’efprit de fèu ne faifoit que glifler fur le verre , cette.fayene demeureroitpas attachée jufqu’à la fin à la partie fupérieure ; elle quitteront du haut.. C’eil. un défaut de ne-pas vouloir s’entendre.,. La flâme ne pafle point au-dedans du verre , à travers, le verre. Elle eft un mélange d’air qui n’y peut entrer ; mais l’efprit de feu éle&riquey paiTs le parcourt. C’eil la diflin&ion qu?il fautfaifir pour le-concevoir fans équivoque (ce~qu’op expliquera en? çore plus fenfiblemenc daps Jes-. Expériences delà bouteille ;}, l’Expérienpe fuivante proUve^-mieux
- cette gradation atmofphérique , cet afiaiffement. de. l’air. * & la forme de. l’atmofphére..
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- Electricité
- I X. Expérience. *
- S- ir. Je tiens perpendiculairement la petite boule de liege au-defius du milieu du cylindre ^ fig. 24. plane. 3. l’atmofphére éledrique ne peut foutenir cette balle fans la porter à la circonférence, par la courbe droite ou gauche; de même qu’une balle qu’on lâcheroit fur le fommet d’une fphére , rouleroit toujours àlacirconferenced’uncôté ou d’un autre, par le plan le plus court fans circuler : Si l’arc de l’atmofphére eft plus grand , la petite balle dl plus écartée ; cet arc diminue à mesure que l’atmofphére diminue , & que l’efprk de feu eft comprimé , & réduit à l’équilibre.
- L’Expérience prouve donc évidemment que % l’atmofphére du feu. fans flâme , eft rélative au frotement, & à l’étendue du frotement.
- Les fixiéme, feptiéme & huitième effets ont trop de. liaifon avec ceux qui arrivent dans l’atmofphére de communication, pour les reprendre à prefent; Us auront leur réponfe dans le Chapitre fuiyant. ‘
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- Expérimentale,
- n
- CHAPITRE V,
- Du conducteur ou propagation, de FElectric cité aux corps non-élcffriques,
- N Ou s fçavons que l’atmofphére éleétrique eft d’autant plus étendue, que la température de l’air plus ou moins chargée lui réfifte ; que fi- tôt qu’on arrête le frotement, l’air extérieur comprime l’efprit de feu, & l’affaifle jufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli,
- §, i. Nous avons reconnu ci-devant des corps propres à recevoir l’Eieétricité par communication , & incapables de la recevoir par le frote-r ment, parce que les pores de ces corps ou métaux, étant, avons-nous dit, remplis d’efprit d’air, ces corps ne peuvent fervir à former d’atmofphéré dans le même ait aufll péfant, qui remplit aulîî précipitamment le lieu du frotement, Ils en forment encore moins dans l’air groflier qui les envL ronne , ainfi la matière du feu ne peut s’y accumuler. Comment donc s’en fervir a préfent pour raflembler la même matière f Nous nous en fervi-rons par la mçme raifon. Les pores de ces métaux ou corps non électriques rempis d’efprit d’air & de feq , font autant de tuyaux où le fluide éleêtrique va par concurrence, & peut s’infinuer , iorfqu’ilen fortira l’efprit d’air, pour faire place à, Un air nouveau > à notre poudre d’efprit de feu râ-refié par le frotement. Qui fera fortir çet efprit d’air , & fera entrer cette poudre d’efprit de feu ? Ç’elt l’inégalité de péfanteur, Nous ën ayons déjà
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- yç Electricité -
- rendu compte : mais pour rendre ce fait plus fen-fible, ayons recours à une Expérience familière en Phyfique fur la péfanteur & l’équilibre des corps fluides, fig. 2.5. plane. 3.
- I. Expérience. *J*
- L’on met une petite bouteille pleine de vin dans un grand gobelet où il a de l’eau, furpaflànt totalement cette bouteille. Le vin refie dans cet état ; l’atmofphére plus legere réfifle au plus péfant , parce qu’ils ont leur colonne contiguë. L’eau à niveau du goulot, ne peut forcer celle du vin, tant qu’elle n’a pas de quoi le recevoir , & qu’elle s’op-pofe autant à fa fortie qu’elle le preflfe. Elle n’a point de canal ouvert pour lui faire prendre fon cours. Ces deux matières font ici en parité ; notre efprit de feu plus leger que l’efprit d’air, réfifle à la preffion de l’air environnant, tant que le frote-ment accumule de l’efprit de feu à fon atmofphére x Sa le maintient dans cet état ; l’air grolfier efl la bouteille qui environne l’efprit de feu, & le comprime. Cet efprit de feu éle&rique enfermé , effc notre vin plus léger ; l’efprit d’air efl l’eau , qui efl le corps péfant, qui veut s’infmuer. L’efprit de feu ne peut pas repouffer l’air tout à la fois ; l’efprit d’air ne peut pas non plus y entrer tout à la rois,. Quel parti prendre pour avoir cette matière ? Ï1 faut ouvrir un paffage au fluide du feu , où il puiflè être garanti de la maflè de ce même air qui le re-fouleroit toujours ; il faut un canal qui le défende, & il faut que ce canal ne foit pas trop grand pour que le vin s’y diflingue, finon la péfanteur de l’eau ne laifleroit pas af]ez de force ni de tems à celle du vin, pour être apperçû , -fans être-mélangé;
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- Expérimentale. f$
- J'équilibre féroit fur le champ rétabli. De même fi le canal éledrique étoit contigu à un plancher, ou à la terre , au lieu d’être fufpendu par des foyes ; le fluide électrique ne pourroit s’y accumuler ; & ne pouvant fuffire à remplir une li vafte étendue ,
- S il feroit confondu ; il faut donc que l’air groflier en-I vironne les corps, & qu’il les limite à un objet , qu’il puiife preflèr , & où il puifle circuler,
- 11. Expérience, t
- Otons notre bouteille de dedans le gobelet, Faifons fortir un peu de vin du goulot , & remettons notre bouteille dans l’eau comme elle étoit, Alors le petit goulot ayant ouvert un cannai à l’eau, à l’abri de celle qui l’environne , cette eau tombe dans la bouteille, fait fortir le vin par concurrence ; 6c nous voyons très - diflinde-ment ces deux matières caraderifées l’une à côté de l’autre, fans mélange ; l’une confervant fa pé-fanteur, l’autre fon élafticité, comme dans le pat fe-vin, fig. z6. plane, 3.
- S’il fe trouve entre ces deux fluides des corpuf-cules légers, ils font poulies & repoufles fuivant le torrent de ces deux matières ; à moins qu’on ne prenne un paife-vin trop large du tuyeau de fépa-ration, comme trois fortes lignes, & au-deffiis, où l’eau & le vin font tout d’un coup confondus, ainfl qu’on fa ob.fervé ci-deflus,
- III. Expérience*
- $. 2, Sufpendons donc notre condudeur, c’eft-à-dire une barre, un canon de fufil, un corps de 1er tîtenç » QU autrç .quelconque non éjedriquç
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- ÿ6 Electricité
- avec des éledriques, comme des cordons de foyè ; oupofons-le fur d’autres corps électriques , tels que le verre, les réfines. Enfin ayons foin que ce corps foit diftind d’autres corps non électriques, l’air extérieur l’environnant de toutes parts ; & joignons à ce condufieur non électrique une communication jufqu’à Patmefphere cylindrique , afin de faciliter le courant de l’efprit de feu. Ce corps de communication du cylindre au conducteur, doit aufli être non éleCtrique , parce qu’un tuyeau de verre n’établiffant pas un courant d’efprit d’air & de feu , ne peut être fuffifant. Un tuyeau de verre ouvert ^ court de deux lignes , laifle pafler Pair , & le condudeur fe charge foiblement. Sfil eft plein & long de 8. pouces, ou un pied ; ce conducteur ne fe charge point.
- Voyons les effets. Si-tôt que nous les connoîr trons, nous en rendrons la caufe fenfible par des Expériences & des réflexions, toujours fondées fur les principes, qui nous aflureront dans cette carrière ténébreufe.
- I E F F 6 T,
- Je remarque d’abord qu’ayant fort éledrifé le cylindre, fon atmofphere étant bien formée, fi je ceffe le frotement, & que je mette fur le champ les petites plaques de communication, il ne monte rien au condudeur , quoique l’atmofphere dure aflèz de tems , & que lès corps qu’on y préfenee foient pouffés & repouffés.
- II. Effet.
- Si je continue le frotement, les petites plaques joignant au condudeur, à. Piaffant ces mêmes pla-
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- Expérimentale. yy
- qués & tout le condudeur font remplis d’efprit de fou, qui fe caraderife en flâme, en aigrette aux extrémités des carrés , des pointes, des étoiles & petits fils de fer ou de laiton. Ce qui fait une atmosphère autour des plaques & du condudeur ; mais bien differente de celle du cylindre ou des corps éledriques.
- III. Effet.
- Cette différence d’atmofphere ne change rien des petits corps légers qui y font poüffés & repouf-les ; lorfque l'objet qui préfente ces corps, fe préfente toujours pour les recevoir & renvoyer.
- IV. Effet.
- Si on abandonne à cette atmofphere un corps extrêmement léger , il ne s’adapte pas an canen’ ou condudeur, comme au cylindre. Le petit liège efl repoufle, de la foye prefque invifîble ne fourf tient pas long-tems.
- V. Effet*
- Il n’y a point de différence des corps non électriques , qu’on approche de cette atmofphere de communication. On voit à l’une & à l’autre atmofphere, la flâmé ou aigrette, tant que le frotemène dure. On les voit encore, fi au lieu du froteroent, on agite ces corps.
- VI. E F FE T. ‘ •
- Si on approche un corps non éledrique, comme U doigt, 6*c. on reçoit cette flâme fans piqueure
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- Électricité . ^
- ai contai à l’atmofphere cylindrique ; au liéU qu-à l’atmofphere de communication, on fent une pi-queure, un contad.
- 7* Effet*
- Si ôn met le doigt ou autre corps , ôu enfin une chaîne au condudeur qui communique aülfi à d’au-* très corps non éledriques t jufqu’à terre, ou adhérence , on ne peut remarquer aucun ligne d’Elec-trkité au condudeur ; mais le cylindre n’a pas moins Ton atmofphere, & les corps y font pouffé* & repoufles, telle pointe qu’on préfente au cylindre,
- 8. Effet*
- Si au lieu d’étàblir une communication à toute la maflè, on lève promptement les plaques du conducteur > après qu’il a été charge d’éledricité ; quoique les plaques ne touchent plus au cylindre > f’atmofphere fe conferve au condudeur*
- REFLEXIONS
- SUR LE PREMIER EFFET.
- U atmofphere firmet, qu'on irrite le frote-ment , & qu'on mette fur le champ les petites plaques de communication au cylindre j il ne monte rien au conducteur 3 quoie que latmofphere dure ajfez, de tems, & que les corps qtlony préfente, fiient pouffes &. repoujfés.
- • S* ! Ce premier effet ne répond pas à l’Expé-
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- Expérimentale. 7<pî
- rîence du pafle-vin cité : ces plaques foürnîfiènt bien l’efprit d’air & .dé feu dans ratmofphëfe cylindrique ; mais elles ne font point remonter d’autant l’efprit de feu éledrique , parce que le fluide du feu rétrogradé. 11 a changé fon cours , fi-tôt que le frotement a celfé. 11 avoit une force expulfive ; & cette force manquant par le frotement, l’air environnant regagne infenfiblement, & a fur lui une force compreflïve -, à laquelle fe joint l’air des plaques , j ufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli.
- §. z. Les petites plaques de communication pré-* Tentent en vain un canal à une eau qui fe retire. La péfànteür de l’air n’efl: pas fuffifante pour exercer fon adion dans cette atmofphére en renvoi ; & l’efprit d’air & de feu qui font en concurrence dans ces métaux , chap. 7. fed. 4. des pointes , 5. 20. loin de forcer l’efprit de feu éledrique à fe relferrer, & prendre fon cours à côté d’eux, ou iis trouvent plus de réfiftance , ils le repouffent, ainfi que nous l’avons déia obfervé , en concurrence avec l’air extérieur : ce qui arriveroit pareillement à notre bouteille du pafle-vin, .fi le. corps de.la bouteille avoit une iflîre flexible à la preflion de l’air, & que ce vin pût s’extravafer ailleurs , où il auroit plus d’aptitude à s’infinuer, qu’à remonter en prefîion à côté de l’eau. Ainfi l’Expérience ne cloche ni ne fe contredit en rien. Elle viendra en parité en fon tems. La chûte de cet efprit d’air dans l’atmofphere., ne change riendans les .corps de communication 9 puifqu’il ni fait.rien remonter; ainfi ils n’ont aucun courant, ni aucune adion fen-fible. Ces côrps n’innovent en rien, en fe joignant à leur femblabl.è ; auifi n?y fept -on aucun effet. Cette réflexion efl fi rélative à fa caufe qui n’efl qu’une, qu’on paflè au fecôrid effet.
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- Electricité
- REFLEXION£
- SUR LE SECOND EFFET.
- (Continuant le frttement , fendant que les petites plaques joignent le conducteur, à l'inftant ces memes plaques & tout le conducteur font remplis d'efprit de feu, qui fè ~ car acier ife en fl âme , en aigrette aux extrémités des carrés , des pointes 9 des etoi-leSy dr des petits fils de fer ou de laiton; ce qui fait une atmofphere autour des plaques gr du conducteur ; mais cette atmofphere efl bien dijferente de celle du cylindre, ou des eorps électriques^
- $. i. Ce fécond effet dépend totalement du fro-tement : ce frotement remplit & force tout d’un coup fatmofphere électrique à fon degré par continuité. Cette atmofphere peut être comparée à notre paffe-vin , autant que le vin efl renfermé par le verre , comme notre efpnt de feu électrique l’efl par l’air environnant. La communication defcend jufques dans l’atmofphere électrique : de même que le tuyau ou goulot de la bouteille donne prife à l’eau pour agir fur l’atmofphere du vin ; de même âufli l’air extérieur qui environne ce corps de communication , efl; l’eau qui environne la bouteille qui efl dans le grand gobelet dont la péfanteur chaffe autant de feu électrique. Pour rendre la comparaifon jufle en tout fens, il
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- Expérimentâtes 8 c
- ne faut pas rigoureufement s’attacher à la lî-militude dans l’adion ; car la péfanteur de l’air qui arrive par les plaques de communication, n’agit que par le frotement. Ce frotement ré-fiftant à cette péfanteur, à cet efprit d’air & de feu inféparables , tant qu’ils peuvent avoir un libre cours enfemble, & l’air s’écartant à la circonférence , fait d’autant place à l’efprit de feu éledrique , qui eft continuellement accumulé par ce frotement, & avec tant d’adivité, que le premier globule d’air ayant faifi une parcelle d’efprit de feu . éledrique, & fucceflîvement une infinité d’autres, leur grande fluidité & adiyité les réduit fur le . champ en deux colonnes ., l’une montant & l’autre defeendant. L’air du dehors environnant le canon, fe fuccéde dans l’atmofphere cylindrique à la circonférence; en même tems, & en même proportion l’efprit de poudre de feu éledrique fe . replie à côté, & y monte concurremment jufqu’à ce qu’il ait rempli tous les pores de la ligne droite . du canon ou autre corps , & par rétrogradation ceux des côtés. Ayant donc rempli toutes cescavi-. tés, autant.qu’eUes en peuvent tenir, & félon que cet efprit a plus ou mçins d’adivité , il fortne : atmofpherecette atmofphere eft toute feu au . dehors des ppj-es du condudeur, fig- 27* plane. 3. .diftinguéepa^ les hachures en petits rayons A.
- . Quant au dedans, l’efprit d’air y eft en concurrence, figuré par; petits points & hachures ; parce que l’efprit de feu ne peut s’allier comme il fait au dehors. Il le fait cependant un courant d’efprit d’air & de feu, lqrfqu’on préfente un corps à cette at-mofphece , ainfi qu’il eft expliqué dans le courant de ce chabi ifinon il refte limité dans fon canal,
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- $2 Electricité
- tonne de péfanteur en marche, & celle de renvdi des plaques au condudeur. Il peut s’établir encore d’autres cercles & colonnes , lorsqu'il y a des pointes ou carrés qui donnent prife, & un courant à l’efprit d’air pour pénétrer dans l’atmofphere. La vûe de la principale diredion fait aifément concevoir les autres.
- $. 2. Les foyes ou autres corps éledriques qui fervent de fupport, donnent cours , & fe remplit-fent de l’efprit de feu éledrique , cjue l’efprit d’air ne peut pénétrer, au moins jufqu’a quelques pouces. Ainli fi ces fiipports font alfez longs , ou le verre affez épais , luivant qu’on les employé , l’efprit d’air ne pouvant pénétrer dans l’atmofphere où l’efprit de feu èft iùpérieur 9 cet efprit d’air des corps non éledriques joignant n’entraînant que le fuperflude l’atmofphere excedant, que lefrote-ment continnel engendre en fus de l’atmofphére ; il ne fe fait point de flâme en cette occafion , le fuperflu n’eftpas allez réuni en force.
- Quoique notre Expérience du pafle - vin différé en quelque partie, on n’en fent pas moins la même caufe ; & on conçoit aifément que quoique l’air ne prenne pas la place de l’efprit de feu , comme l’eau qui fe met à la place du vin ; on conçoit, dis-je, que dès que cet air s’unit à la circonférence , c’en la même chofe ; & dès que l’efi-prit de feu fournit à proportion aux tuyaux de communication , c’en comme fi dans notre paffe-vin il y avoit un réfervoir fans bornes qui fourniflè
- $. 3. Nous avons quatre corps qui agiffent dans le paffe-vin ; * & nous n’en avons que trois qui
- * Eau, vin, verre qui contient la matiete, & l’air.
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- Expérimentale. 85
- agiffent dans l’Eledricité. L’air ne doit entrer pour rien dans l’Expérience du paffe-vin. Si l’eau a une péfanteur fpecifique fur celle du vin, il efl indubitable que l’air eft la caufe de la péfanteur de l’eau fur celle du vin, par la nature du vin qui contient en lui plus de parties de feu. Ce qui eft la raifon des inégalité du plus ou moins de péfanteur dans ces deux fluides , & dans tous les corps. Dans ce cas l’air ne peut être confidere comme un quatrième agent, Ses fondions ne font que la péfanteur. Le verre eft le continent, tel que l’air groflier l’eft de l’atmofphere. Ainfi nos fens ne peuvent fe refufer à ce parallèle.
- S« 4. Nous remarquons que le torrent du feu éledrique par communication, nous laiflé entrevoir la flâme ou la lumière aux plaques qui fro-tent liir le cylindre , aux mailles des chaînes , & aux parties aiguës. Dans toutes les circonftances où cette flâme fe caraderife , ce font autant de chocs & petits frotemens des deux matières qui en font la caufe , ainfl qu’on l’a démontré ci-devant , Chap. 4. premier effet, $. 1. Le paflàge du cylindre aux petites plaques ne fe fait pas à l’entrée fans effort, fans frotement, ainfl que de maille en maille , &c. Mais les aigrettes qui fe forment aux extrémités des pointes , étoiles, &c. ont un frotement qui femble moins faiflr notre jugement ; il ne fe fait aucun paffage d’un corps dans un autre. Si on fait attention que l’air, que l’atmoiphere éledrique épure , entrant par ces extrémités,pointues des pores, quoique les même sdu corps , oçcafionneun frotement different tel que la derniere figure nous le repréfente par la divergence de l’efprit defeuep l’atmofphere: ( dans toute la longueur nous recpnnoiffons que les rayons qui partent
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- g ^ Électricité .
- des pores , font une maflè d’efprit de feu dominant , où l’efprit d’air n’a pas aflez de prife ooür y marquer fon adion , par une lumière , ou flâme ; àu. lieu qu’à l’extrêmite des pointes , il ne fe trouve que très-peu de pores qui lancent cet elprit de feu éledrique; ) nous dirons que cette pointe donne au feu électrique une iffüe plüs facile à l’air., qui peut d’autant plus lui réfifter , qu’il s’y accumule par fa péfanteur, fig. 28. plane. 3. il palfe un premier filet de feu éledrique qui fe fait jour ; il en fuc-céde enfüite un fécond , &c. comme la réunion eft fort étroite , l’air des côtés le reflérre , Sc le lie confidérablement. L’air qui fe préfente pour arriver à cette pointe par continuité , fend, écarte^ extravale ce feu fi comprimé de tous côrés. Ce feu fi reflerré en entrant dans l’air , y reçoit autant de frôtement & de contad par fa fubdivi-lionqUi nous fournit de belles aigrettes , fuivant que les jets, la compreflîon & l’adion font plus ou moins grandes ou violentés avec une couleur bleue, blanchâtre.'
- Si 5. Nous avons remis à ce paragraphe à expliquer pourquoi la perfonne qui eft iùr le planchër portant la main au globe ou cylindre, rend électrique cèlle quièft fur un gâteau , ou corps électrique qui formoit le frotément au Cylindre, en y appliquant la main. Les obfervations qui ont précédé fur le méchanifmé dé l’Eledridté, nous dif-pënfent de nous étendre beaucoup pour l’intelligence de cette Expérience. Dès-lors qu’une perfonne eft fur un gâteau , & qu’elle coopéré au fro-tement , elle fournit la matière à l’atmofphefe de l’efprit de feu, qui s’accumule au verre ; mais fi-tôt qu’une autre perfonne porte une main au' cylindre ; celui qui étoit fur le gâteau devient élec-
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- Expérimentale. (9: 85.
- trifé, c’efl - à - dire , reçoit l’Ele&ricité. Comme l’Eledricité ne peut, prendre fon cours hors de l’at-mofphere , que lorfqu’elle trouve un corps ou des tuyaux dans lefquels elle puiüe fe propager ; elle ne peut fe propager en la perfonne. qui communique au plancher ; l’efprit de feu qui fe fait au cylindre excédant l’atmofphere , n’efl 'pas fuffifant pour remplir la perte qui fe feroit en cette perfonne. Ainfi il faut que la matière abondant paç l’une & l’autre, dégorge par celui où elle trouve moins de réfiflance. La fontaine d’attradion qui efl un jet d’eau à fyphon,dans le vuide, peut ki entrer en parallèle ,ng. 25. plane. 3..’
- I. Expérience, t
- L’eau du baffin A. efl la matière éle&rique fans frotement ; le robinet efl le frotement, eu égard à la première partie d’eau lâchée ^qui a fait un vuide d’air greffier. ( On r.enverfe cette fontaine, & on met de l’eau pax le canal à moitié de la phiole.. Enfuite on pofe la fontaine fur fon pied , & on lâche le robinet; pour faire fortir l’eau- jufqy’à 1. à 2. lignes au plus au - defliis.du jet ; puis on ferme vite la canelle,_& on remplit d’eau le baffin A. on rouvre la canelle& ce jet dure dans la phiole jufqu’au haut d’icelle tant qu’on fournit de l’eau au baffin.. ) Ainfi, ce robinet donne cours à l’eau A., par la preffion de l’air extérieur, qui malgré le vuide. de. la. phiole ne. pourroit y faire, monter l’eau., en jet, s’il n’y avoit un courant établi par le-robinet. Ce vuide n’étant que d’air grof-fier , efl rempli d’efprit d’air, qui réfifle à-., la- ptef-fion de l’eau & de l’air ,, tant qu’il n’y- a; point, diffue. Si. on. ferme le robinet ,, cette. eau s’accu?
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- 86 Electricité
- mule au-deflüs de fa l'ortie, & remplit l’entrée de la colonne perpendiculaire, qui fait ce vuide. Alors la colonne de deflbus n’ayant pas la force de tepoüfl'er toute la maflè, il n’y a plus d’adion. Si le tuyau B. n’étoitpas au moins les deux tiers de la phiole en fus fur la longueur, la colonne d’air raréfié fe feroit jour, 5c ne pourrait réfifter à l’entrée de l’air groffier ; ainfi 1 adion retournerait. Voici les variétés que nous elfuyons dans le Phénomène éledrique. Dans l'Expérience que nous citons, la perfonne qui eft fur le gâteau, devient condudeur de l’efprit de feu , & l’autre produit la matière au frotement, ainfi il devient fujet à l’atmofphere & contad du condudeur ordinaire.
- N’y a-t?il point ici contradidion à dire que la matière doit fluer par où elle trouve moins de ré-fiftance ? Dès-que l’air peut également conduire la matière en circulant autour de celui qui eft fur le gâteau, comme* par celui qui n’y eft point, il n’y à pas plus de raifon à prétendre que l’efprit de feu fera plus en perte dans l’un, qiie dans l’autre ; la réfiftance eft égalé, puifque l’un auffi-bien que l’autre fervent à fournir la matière au couffin.
- S- 6. Il faut ici réfléchir qu’entre la matière né-ceflàire à former le feu éledrique, & le feu électrique accumulé, il y a bien de la différence ; l’efprit de feu éledrique , fi vif & fi adif, a auffitot rempli le corps, fur lequel il fe propage, 5c y fait atmofphére, à la faveur du corps éledrique qui le foutient ; au même inftant cette atmofphére ferme le paflage à l’air environnant. Alors la perfonne fur le gateau, eft un tuyau rempli d’efprit d air 5c de feu dans tous fes pores , 5c d’atmofphé-re d’ejprit de feu à la circonférence ; au lieu que la perfonne qui communique au plancher, offre un
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- Expérimentale• 87
- canal fans bornes que l’efprît de feu ne peut rem-
- Ëlir. Or la matière du feu éledrique fupérieure à fprit de feu, prend fon cours, & arrive fous le frottement par la main de celui qui eil fur le plau»
- $. 7. Les corps éledriques intermédiaires au couffin, ne font affurément pas lacaufe de l’ex-tindion de l’Eledrieité aucondudeur, comme on Ta ci-devant démontré* 11 faut elfayer de rendre raifon de cette extindion fi variable. Eft-ce au couffin, eft - ce à la chaleur du verre * ou à la. température de l’air qu’il faut s’en prendre ? Il me paroit fort difficile de fe réfoudre. On trouve dans l’Expérience tant de contrariété, que la caufe s’échappe , fe dérobe ; fe montrant tantôt dans l’un , tantôt dans l’autre* Au moment que j’écris, jefens que j’avance fans voir la fin que je me propofe. Je penfe , & rien ne me fatisfait. Je cours encore à l’Expérience, & c’efl dans les ténèbres que je vais chercher la lumière*
- 11. Expérience, *
- J’éledrifèdoncde nouveau avec mon couffin fans verre* ni autre corps éledriqueintermédiaire; après quelque tems le fèu éledrique du condudeur s’arrête. J’ôte toute lumière pour découvrir la marche de ce feu éledrique. Je ne vois point de flâme au couffin malgré le frottement ; cependant j’obfer-ve qu’il y a une atmofphére au cylindre laquelle je diftingue après le frottement eelfé, en approchant unepetite balle de liege fufpenduepar la loye , ou des petites feuilles d’or*
- D’où, l’on doit affiirément augurer que l’efprît d’air ne peut arriver, librement par le couffin , puif-
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- 88 ... 'ÉUÈrïcitS : . r. .
- qu’on ne voit point ce jeu. de flâme au départ dé l’air. Or il faut réfoudre que l’èfprit de feu par la force du frotemeht, St la chaleur qu’il rend à là circonférence, n’étant que ce feu ; il faut, dis-je , réfoudre que cet efprit de feu écarte l’air qui né peut venir jufqu’au lieu du frotement, & qui con-féquemmçnt n’apporte point de nouvelle matierel Alors le conducteur fert de frotement ; l’air qui arrive par les plaques, aufqüdles on diftingue la lu4-miere ou la flâme, rend fes plaques alinftar de la parcelle d’acier du briquet qui eft trop chargée d’elprit d’air, à proportion du feu qui elt entré St quiabforbant cette atmofphére, détruit & repouife ce feu fans pouvoir le faire propager. Cet efprit de feu fe perd par le couffin , au lieu d’arriver par lé couffin qui redevient condudeur. S’il y a un corps éledrique intermédiaire à un corps non éledrique * î.l y forme fon atmofphére,ainfi que nous venons de voir dans le paragraffe précèdent,.
- III. Expérience* *
- J’ai encore revérifié dans le même tem.s de fana lumière cb courant de feu, de flâme manquant ait couffin, dès-que le condudeur ne donne plus.
- J’ai enfuite pris le linge que j’ai placé fous mon couffin : malgré le frotement je n’ai pû voir arrêter l’Eledricité , & durant tout ce tems , on voit toujours la flâme au couffin ; ( la lumière étant cenfée éteinte, ) le verre ne s’échauffe pas moins qu’avec le couffin. Le couffin garni de foye * n’a pas tant d’aptitude à introduire l’air & l’efprie d’air , que le linge. Ce linge ployé lui ouvre plus de jpur ; au lieu que le couffin s’échauffe à un degré, que la peau en rend une odeur forte. Cefc
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- Expérimentale.
- pores font plutôt remplis de ce feu, ainfi que la foye ; il n’y a pas allez d’air pour vaincre & donner cours à l’atmofphére. Auffi cette Electricité ceiïant , nous mettons ordinairement du blanc, comme pour deffécher & rafraîchir le cylindre ; mais la vraie fonction de ce blanc, n’el$ que d’introduire l’air,& empêcher que le couffin ne foit éledrique, pour pouvoir raffembler de nouvelles matières fous le fortement.
- S. 8. L’atmofphére de communication des corps non-éledriques , diffère en ce que dans ceux-ci , l’efprit de feu éledrique, & l’efprit d’air font en concurrence dans ces pores ; le feu éledrique en réunion au déhors à la circonférence forme l’at> molphére, comme nous venons de l’expliquer : au lieu que nous avons vu que l’atmofphére cylindrique eft fans mélange; le feu éledrique y eft feul. Ce cylindre ou corps éledrique ne fourniflant point de canaux où l’air puiffe entrer ; un petit corps étranger pouffé par l’air environnant, quoiqu’à la rencontre d’un autre corps éledrique, peut former ce tuyau , ce canal jufqu’auprès du cylindre; il peut encore être comparé avec la petite bouteille du paffe-vin qui nous donne bien une idée fenfible du méchanifme du fluide éledrique du cylindre, par fa propagation aux autres corps. *
- $. 9. Comment s’imaginer l’adion de tous ccs pores de l’objet de communication ? Quand nous preferiton* un corps rempli d’efprit d’air qui puifiè entrer dans cette atmofphére,nous voyons à travers l’eau le petit blet de vin prendre perpendiculairement une colonne, parce qu’il n’y’a qu’un objet; ne pouvons • nous pas penfer qu’une multitude de pores répétée dans ces corps, en fe préfentant à la fois, n’auront pas. la même tendance ? L’Expérieiv-
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- ce viendra - t’elle confirmer notre jugement ?
- IV» Expérience. *
- J’ai coupé le goulot d’une bouteille à médecine, 15g. 30. plane. 3. affez avant pour pouvoir y placer neuf tuyaux de verre de plus d’un pouce de hauteur, les tuyaux de deux lignes de diamètre, fauf celui du milieu qui peut en avoir quatre. J’ai enfuite empli cette bouteille avec du vin rouge ; & l’ayant mile dans un grand bocal, je l’ai remplie d’eau. Audi tôt j’ai vû avec furprife fortir le vin de cinq de ces tuyaux; qui perçant perpendiculairement & fans mélange, fe réuniflbient a la furface de l’eau , & les quatre autres tuyaux équivalant à caufe de celui du milieu aux cinq premiers,recevoient la chûte des colonnes d’eau, laquelle poufloit proportion-nément le vin au dehors.
- Cette fortie diftin&e & fans mélange, étoit contre mon attente. Je penfois, comme en l’Expérience ordinaire du paffe- vin, que l’eau defeendroit par chaque tuyau, & y feroit monter le vin par concurrence. Comme mes tuyaux font aflèz grands, le vin comprimé par l’eau qui eft defeendue jufques dans la bouteille, a trouvé moins de réfiftance à paflèr par des tuyaux féparés , qu’à reprendre une colonne ferrée à côté de l’eau. Quoique cette Expérience m’ait plû, je ne m’en fuis pas tenu là ; ces tuyaux me laifîbient encore des foupçons.
- V. Expérience.*
- J’ai pris un gobelet de verre ordinaire que fai fermé d’une plaque de fer-blanc maftiquée autour. Cette plaque a une trentaine de trous d’une demie
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- Experimentale.
- ligne chaque ; excepté un de cinq à fix lignes pour mettre plus commodément le vin. Ayant empli ce verre, j’ai bouché le trou,& j’ai remis ce gobelet dans mon récipient que j’ai auffi empli de nouvelle eau, fig. 31. plane. 4. Dans l’inftant l’eau entrant par une partie de ces trous, a rechaffé d’autant le vin, dont chaque filet diftind dans toute la hauteur jufqu’à l’eau, forme un effet femblable à celui de la bouteille. Cette fécondé Expérience m’a conduit à la troifiéme qui me fembloit meilleure pour mon fujet. Je voyois dans ces deux premières que l’air ne pouvôit faire exercer la péfanteur de l’eau, & le jet du vin que d’un même fens. Faire auffi un vafe rempli de trous en tout fens, pour me figurer les pores du condu&eur, rayonnant de tous côtés ; l’entreprife paroiflbit oppofée au bon fens ; il n’y a pas plus de raifon qu’a , vouloir emplir un panier percé. Mais comme je ne me décourage pas aifément ; qu’à chaque difficulté il faut eflàyer de fe retourner ; je me fuis imaginé de faire un petit cylindre d’un pouce & demi de diamètre fur pareille hauteur avec des trous extrêmement petits ( trois m’ont manqué pour avoir les trous trop grands depuis une ligne jufqu’à une demie ) en def-iiis & en deflous, Sc tout autour avec un de fix lignes en deffiis , où j’ai mis un tuyau de verre de près d’un pied pour pouvoir emplir ce cylindre auffitôt que je l’aurois plongé dans l’eau, fig. 3 2. plane. 4.
- VI. Expérience. *
- J’ai verfédu vin par ce canal. Comme mes trous font très-petits, le vin s’efl accumulé dans le petit cylindre avant- l’eau ; mais l’eau environnant de toutes parts, ne pouvant foucenir cette atmofphere
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- du vin fans y entrer auffi-tôt par fa péfanteur r alors j’ai vû, & trouvé ce- que je cherchois. Le vin a formé des jets de tous côtés, & l’eau entroit à mi - partie pour rechafler le vin, jufqu’à ce que l’équilibre fût rétabli. Tous ces jets ont fuivi la di-reétion droite de leur fortie ; mais ceux des côtés; & de deflous fe font repliés par les extrémités pour remonter fur la furface de l’eau , fiege de fon équilibre, à raifon des petits rayons de vin mon-tans. Cette Expérience, quoiqu’elle différé en quelque chofe, ne met pas moins le flambeau dans le coin le plus obfcur.. Qui pourra fe refufer aux éton-nans effets des atmofpheres fi répétées dans la nature y & ne pas comprendre leur méchanifme !
- RÉFLÉXIONS
- SUR LE TROISIEME EFFET.
- La différence d'atmofphere ne change rien ; les petits corps légers y font pouffes & repouf fés, lorfque l'objet qui préfente ces corps fe-préfente toujours pour les recevoir & renvoyer•
- 5* i. Cet effet trouve là caufe dans le précédent,, Sc fe voit aufîi très-clairément dans les Expériences. Ce courant d’efprit d’air , & d’efprit de feu électrique , permettent-ils de douter un moment que des atomes très-légers foient emportés dans cette atmofphere par l’air qui les conduit, & par l’efpric de feu qui les repoufle? Examinons, avons - nous dit, le paflè - vin ; nous reconnections le même.
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- effet par une infinité de parcelles fenfibles, qui font pouflees & repouffées de même qu’à notre cylindre.
- §. 2. Ces deux courans ne fembleroient pas demander une plus ample recherche. Cependant il y a bien des obfervations à faire ; car on peut nous oppofer qu’un corps léger expofé à l’atmofphere du cylindre, ne doit pas être pouffé à cette atmosphère , & repouffé du cylindre au corps qui a pouffé.
- §. 3. Quoique nous ayons déjà obfervé dans ce dernier chap. qu’un corps léger tenu par une foye , & préfencé à cette atmofphere , eft pouffé par l’air qui s’infinue fur ce corps , & lui ouvre enfin un paffage dans l’atmofphere , où étant une fois arrivé par fa péfanteur & fa chute , il s’adapte au globe ou cylindre , ôc y eft retenu , le frotement étant arrêté ; à moins que ce corps ne foit trop lourd pour rélifter à la preflion du feu éle&rique rentrant ; cette aCtion du corps emporté au cylindre , dans ce cas, n’eft point pour cela en parité à l’atmofphere de communication , ni au paffe-vin. Où trouver donc cette égalité ? G'eft lorfqu’un corps non éleétrique préfente à cette atmofphere une parcelle quelconque éleétrique , ou non électrique , telle que de petites feuilles d’or ou de métal. Alors l’efprit a’air Sc l’efprit de feu électrique prennent leur cours, comme au corps de communication , par les pores de tous ces canaux du corps non électrique ; ce corps leger eft forcé dé les fuivré, & de céder à la péfanteur de Pair qui l’entraîne. Sa colonne ayant établi un canal dans l’atmofphere, le feu éleétrique y abonde. Comme cet efprit d’air arrivé jufqu’au cylindre, ne peut refter avec cet efprit dé feu ; pouffé par ce
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- 94 Electricité
- feu il fe replie 5c s’unit à la circonférence, tandis qu’une parcelle de ce même feu, & fucceflivement une autre jufqu’à l’infini, fuit & entretient par l’effet du frotement la colonne d’efprit de feu qui fe porte au corps préfenté : ainfi tout corps leger eft emporté par l’efprit d’air. Si ce corps eft trop léger, filandreux , divifible & électrique, la colonne d’efprit d’air, comme on l’a déjà obfervé , l’attache contre l’objet, parce qu’il n’a point de reflbrt , & que le feu éleCtrique paffe à travers. Comme l’air n’a point de prife , il refie attaché ; au lieu que s’il a du reffort, il cède à l’efprit de feu que cet air egmiene. Ainfi ces corps font poulies & repoufles fans affluence ni effluence, & encore moins fans attraction, &c. termes occultes qui défignent des effets, fans rendre raifon de la caufe.
- I. Expérience•
- La petite feuille de métal enlevée en l’air, 6c qu’on promene avec un tube bien éleCtrifé ; dans l’inflant qu’elle a été approchée de ce tube, il s’eft formé une petite atmofphere. Cette feuille re-pouflee par le tube qui à une atmofphere dominante , s’en écarte toujours. Mais eft - elle touchée d’un autre corps non éleCtrique ? Sa colonne reçoit l’impulfion ; & la chute de Pair que ce corps non éleCtrique lui apporte, la renvoyé jufqu’au tube, pour fe oharger de nouveau d’efprit de feu, en iuivant la colonne de fa chute, & celle de renvoi que l’efprit de feu,éleCtrique fait au même jnilant; elle entretient ainfi ce jeu & ce courant éleCtrique.
- Si on touche cette feuille d'un corps éleCtrique, comme d’un bâton de cire dE’fpagne, poix., réfi-
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- Expérimentale.
- ne, &c. elle dépofe fon feu à ce corps. L’air écarté n’ayant point.de prife entre ce corps , il le reflêrre au contraire en-deflbus , en l’environnant dans fon atmofphere. Rien ne le repouflè. 11 relie adapté au corps électrique.
- Entre les corps éleCtriques , il y a une oblbr-vation elfentielle à faire : c’elt que le verre creux & mince ayant urt air intermédiaire qui agite & repoulfe l’efpric de feu de la feuille d’or , l’air A. environnant, fig. 3 3. plane. 4. s’infinue entre le verre au moment de la répulfion, il s’en empare fous la même colonne, & facilite fa chute. Avili toutefois la foye, le verre & plateaux, quoique éleétriques produifent prefque l’eflèt des corps noa éleCtriques, à caufe que l’air fe trouve fupérieur , ôc confond le peu d’éleCtricité en lui donnant cours par ce petit corps, en rejettant l’efprit de feu. C’elt fous ces modifications qu’il ne faut pas perdre de vûe, qu’on répond d’avance à plufieurs Expériences, qu’on citera à la fuite au Chapitre des Expériences détachées , qu’on a promis à la fin de cet Ouvrage.
- $. 4. Il y a encore une circonllance à oblèrver aux atmofohereséleCtriques & de communication: c’elt que h un corps apporte une petite parcelle de métal à une atmofphere , & que ce corps qui apporte, foit très-promptement retiré, cette parcelle d’or s’envole , fans revenir , & fuit toujours au départ un rayon droit.
- La-parcelle de feuille d’or dépofant fon air en entrant dans cette atmofphere , a pris autant d’ef-prit de feu éleCtrique, qui fait à fon tour une nouvelle atmofphere fur cet or, que l’atmofphere cylindrique ou de communication rechaflè aulfi-tôt. L’atmofphere éleCtrique cylindrique rechaf-
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- . Electricité
- fe cetôr, en écartant la parcelle d’efprit d’air, que le cylindre ne peut fupporter. L’atmofphere de communication la renvoyé , parce que cette feuille arrivée par la colonne d’efprit d’air , fans pouvoir pénétrer le corps de communication , pour luivre cette colonne ; cette feuille, dis-je, eft obligée de reprendre par fa légèreté la colonne de l’e£ prit de feu for tant ; l’efprit d’air étant auffi rejetté a la circonférence. La feuille ainfi rechaflee fans corps qui lui dirige une colonne de renvoy , ( qui n’en: autre chofe qu’une perte de cet efprit de feu caufée par un efprit d’air précipité ) s’échappe de ratmofphére, & jouit enfuite en liberté de la moindre agitation de l’air ordinaire ; elle eft fujette à la tendance naturelle des corps , c’eft-à-dire, au centre de la terre : au lieu que lî on laide 1er: doigt , 'ou une platine de fer-blanc, &c. ce petit corps ; ou atome fuit la diredion par où cet efprit de feu prend fon cours.
- II. Expérience•
- $. 5. Si au lieu d’une petite parcelle de feuille de métal, ou autre corps léger, comme loye hachée imperceptible, de la poudre de buis, du ta-bat , &c. on en met une quantité fur un corps quelconque, ces petites parcelles de matière font auffi-tôt pouflees au cylindre, ou au canon , par l’air qui y va. Leur renvoi d’efprit de feu .étant contigu, il fe forme une liaifon de cés petits corps; Chaque petite parcelle s’accroche mutuellement, & s’accumule en piramide, joignant ces deux corps où fe paflè l’adion du mouvement. L’efprit de feu éledrique, & l’efprit d’air circulent à travers ces matières ralliées que ce torrent emporte dans
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- Expérimentait, 07
- ces colonnes d’aâion & de rcaâion. A la fin l’aii qui domine, fi-tôtqu’on écarte le doigt,,déraqge les colonnes, & diffipe ces petits atomes pour reprendre l’équilibre.
- RÉFLÉXIONS
- SUR LE QUATRIEME EFFET.
- Si on abandonne à Vatmofphere un petit corps extrêmement léger , il ne s'adapte point au canon ou conducteur 9 comme au cylindre. Le petit liège efi repoujfé, & la foye prcf-. quinvijible ne foutient pas long-tems•
- S* r» La caufe de ce quatrième effet a reçû fa réponfe dans le précédent, puifque l’air agit au canon , au conducteur par concurrence ; rien ne fixe ce corps léger à relier contre ce conducteur , vû le contaCt qu’il reçoit dans fa chûte; il eil re-chaffé par fbn reflort. Quelquefois auffi il tient un
- ru, fuivant que FaCtion prend fon cours, & fuivanc petiteffe de ce corpufcule; ce qui caufe ces variétés. Au lieu qu’au cylindre nous avons reconnu une caufe toute évidente de cette tendance, & ce par des principes incontestables, le frotement ceffane.
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- Électricité
- Sf-
- RÈFLÉXIONS
- SUR LE CINQUIEME EFFET.
- M ri y a. point de différence des corps non élec« triques qu’on approche de cette atmofphere de communication. O#/ wd ^ tune & à Pautre atmo fphere , /* ou aigrette ,
- A*»/ que le frotement dure. On les voit encore 9fi au lieu du frotement on agite ces corps,
- 5. 1. Cet effet efl totalement relatif au fécond, .où.il «In expliqué avec fa caufe. Cette flâme eftici la même,.caufée par le même frotement, choc , contàd , & preffion de l’air fortant, & d’efprit de feu entrant , tant que le frotement du cylindre dure. Car ce frotement cefTant, plus d’a&ion plus de choc, plus de lumière; l’air eit à la circonfé-
- I» Expérience•*
- . J’ai fait entrer par la calote d’un cylindre, un fil dé fer de cinq pouces, ce fil eft pointu. J’ai rebouché ce côté extérieur avec du maftic. Dès ' que le cylindre tourne fous le frotement, ce fil de fer rayonne dans toute la circonférence du cercle que le frotement lui imprime, fig. 34. plane. 4. au lieu qu’il'arrête , fi oh celle d’éledrifer.
- L’air du dedans du cylindre exerce fon a&ion avec le feu éle&rique qui y pâlie ; il fait fur ce fil de fer des chocs , & conta&s continuels , qui
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- Expérimentale.
- •entretiennent: çet atc,, qu ç.ç cercle de lumière jdarwt le cylindre par la même, caufe, ’ ' ' .
- ’ Xi. .Expérience. *
- 5.2. Je préfente à cepté^tmQfphereun petit tube de verre ; il eft lumineux au bout., quoique corps éle&rique, parla même fàifon du jeu que l’ai* fait le long & airiledans de ,ce tuyau , qui le rend à cet égard conkne non éleétrique,, faufque cette lumière fur un corps électrique, n’elt pas fi claire : car elle rend une nâme prefque d’un rouge laque. Ce feu y domine à caufe du verre.
- III. Expérience. *
- $. 3. Si je prélénte un corps totalement électrique où l’air n’ait aucune prife:, comme un bâton de cire d’Efpagne , un petit tube de; verre fort & plein, un bâton de maflic , &c. ils ne donnent aucune lumière, quelque force qu’ait l’atmofphere. Preuve furabondante de la néçeifité de l’aétion de cet efprit d’air, & de là chute alitée dans tous les degrés où il iè rencontre des atmofpheres éleétnV ques entretenues par le frotement ; puifquefans le frotement, plus a’adion, chap. 2$. :.r.
- IV. Expérience
- S. 4» Ayant celfé la rotation du cylindre , fi on préfente à l’atmofphere cylindrique, ou du conduc; teur, une pointe, comme une éguille à emballer, des cifeaux, un poinçon, &c. ri ne paroît point de flâme de lumière à ces pointes ; mais fi. on agite fortement ces corps, cette agitation ébranle
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- tob Electricité
- ïefs colonnes d’efprit de feu par Pair qui fort, & qui feroit porté à la circonférence, fans ce frotement, qui fe fait dans l’atmofphere. de l’efprit de feu. Cet efprit de feu, 6c cet efprit d'air en a&ion, donnent la lumière, ou flâme par la preflion de l’air environnant -, que l’agitation ébranle & force de rétrograder pendant ce frotement.
- RÉFLEXIONS
- ^SU.R LE SIXIEME EFFET.
- Si on approche un corps non éleEtriqué, comme le doigt, &rc. on reçoit cette flâme fans piqueure ni contact à Catmofphere cylindrique ; au lieu qu u l’atmofphere de commua nidation, on rejfent une piqueure & un
- - contait»
- - $. r. Dans l’une & l’autre atmofphere, cet effet nous fournit de la flâme , de la lumière. Sa caufe ëft la même que celle que nous venons d’expliquer. Mais la piqueure, & le contaél font bien diffe-rens. A l’approche de l’atmofphere cylindrique, ou des globes & bouteilles, on ne relient qu’un petit cri de l’efprit -de feu, que l’air du dedans pouffe a ce même doigt., ou autre corps , tel qu’on a expliqué ci-devant, dans fon mécnanifme, à l’appro» che d’un corps quelconque Cet efprit d’air & de feu inféparables fans frotement, ne trouve point de réfiftarice dans fa chûte fur le cylindre. C’eff: un coup de marteau fur un Corps mou, 6c fans reflort, par fa grande lïneffe & légéreté ; il ne rend aucun fon hi contad.
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- Experimentalei jqj
- 5. *'. Comme l’efprit 4e feu en adion ^trouve dans le moment de cette chute dçquois’infmuer , il ne peut fouf&ir cette préifion, ni cette entrée » fans fortir d’autant. La rencontre & réunion de cet efprit de Feu éledçique qui s’allie avec l’efprit d’air, qui efl au corps , ou doigt» pu il rentre , eft-cequi forme un très-petit pétillement, par l’humidité, & quand l’Eleoricité eft forte ; fouvent même il n’eft pas fénfible, il n’eft que flâmifiqùe par le concad,,-6c foé mélange au paflage de ce'corps.
- §. 3. L’atmpfphere de communication dû conr dudpur , auquel on préfente un corps non éledrique,, a aucontraire un effet fort fênfible, & très-furprenant. Car dès qu’on continue par lé frote-ment 6c la rotation , de donner cours à ce feu éleo trique, en lui préfentant un corps non éledrique à on efl: comme frappé. Examinons bien, cet effet , 6c fçachons pourquoi à l’approche d’un de ces corps non éledriques, il fe fait une explofion, un contad, une piqueure, tel qu’un coup qu’on re-cevroic..
- Le corps qup nous approchons du. eond'udeur* étant depaturea repouflèr l’air de ce condudeur * 6c à ouvrir un canal à la matière éledrique pac-l’efprit d’air qp’il apporte à cette atmofphere cette matière éledrique comprimée 6c reflèrréft par l’air qui l’environne, ayant u» reffbr.t fort actif pour s’élancer dans Ge canaL avec éclat, 6c y exercer toute fon adion ; ce corps 6c cette matière» dis-je » font les principes de cette adion^
- 1, Expérience.
- L’air qui entre par le corps, non éledrique», «onuae A^fig. 35, plane. 4. ouïe doigt B. qu’oi*
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- iè± , Electricité. •
- approche jüfqV^l’atmôfphere éledrique-y frappa parfachûte,‘& fépouïTe au même inftant, celui ait tondùdeur ; c’eftle contad électrique. Mais cét ‘neffifiïf d’air' ii’àpû: ent'r'er dans l’atihofpheré, farts ~4fWl n’en 'forte âütànt d’efprit de feu éledriqtre ert
- péït^dans le; doigt; j.en j gfenant fon cours._/
- . rî*;,4-: Si ïe cbrps'qtiW.^ préfenté ëft retiré promptement ; rfa^aift pas fourni alfez de teips ni d’ouverture pou^icÉaiïer tout l’efp/it de feu envir Yonnànc' te condùdéür y & détftijre l’atmofphëré f cequ’onobferve;!lütfquele frotement eft celfé ;.) il, dis-je, ce'corps retiré, on rapproche le même doigt, en reportant de nolivel efprit d’air ; on lent encore un conta&;, une piqueure, mais bien Inferieure. Le mélange d’efprit.d’arr entré dès la première approche, ayant d^unmpaflbibli l’élafti-cité de l’eiprit de feu, élédrique, donc l’atmof-jphere eft bien diminuée en s’échappant par le doigt '; l’air environnant s’étant auffi rapproché d’àutante. Retouche-tonune troifiémè fois fuivant le rems ? tout l’efpçit de feu éledrique fe trouve écoulé & évaporé. L’air environnant' a repris l'équilibre; autour “de ce cpndüdëur , Sc infenfible-ment l’atmofphere cylindrique indépferident, s’af-faifle, & rentre auflî en-équilibre , fans fuivre lé ëondùdeur, comme fEipérience le démontre, en approchant du cylindre un; petit corps leger. Là petite lame de liège fufpënÜue à làfoyés’ÿ adapte* ainfî qu’on l’a obférve ci-devant : au lieu qu’au condudeur , fi-rot qu*if n’y a plus de marque fen* frble au doigt, il n’attire plus rien.
- II, Expérience.*
- S. 5. L’on peut par comparaifon examiner une
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- Expérimentâtes xof.
- yeflîe bien enflée. La fohere qu’elle décrit, 'èffc l’étendue de fôn atmofpnere. Si on retirèîa7 bouche ou le chalumeau dé l’ouvèrture, l’airexté-rieur tendà làcomprimer, 8ca.l’àffaiffer en cha£ fant l’air comprimé ; mais fi fans attendre,, on la perce ,. ou qu’on la creve , l’air greffier ayant !ü.n& colonhé directe ,par cette ouverture, fe prêté-plus vite à celui qüï étroit comprimé; ôc fîonlapét-ce une fécondé fois , cette véffie ne peut plus côi> tenir de matière fluide affembtée ,. parce que:Fé-quilibré eft rétabli, rien ne retenant & ne fixant cet air.
- Mais fi lè frotement continue , Fefprit de feil éleârîque fi aftif,aâufli-tôt rempli fon atmofpheré; & le contad èfiauffi violent, à chaque fois . qu’on porte le doigt an conducteur.
- $. 6. Je vois bien le méchanifme de cet efprit d’air dc de cet efprit dé feu éledtrique , aufli - bien que fon entrée & fâ fortie : mais ce paflagé différent, ne mé fait pas encore concevoir ces effets vid-lëns du contad. Retournons • â cette atmofphérè formée dans tûüs les pores du conducteur * & examinons d”e près tous lès degrés de cette atmofphé-re: Dans èeS corps non-éleètriques, l’efprit d’air & dé feu y font éji concurrencé;.
- Ne va-t’on pas dire à préfent : pourquoi' l’efprit de feu s’accumulant ne chaffe-dl pas Pair -dè-ce canon , dé ces corps hon-éléétrîques ? C’eft parce,que la proportion de l’efprit d’air comme dit feu, y efîr gardée , tel que dans les globules d’air, lé paffe-vin ; c’eft tout' ce. quüls peuvent- faire que .d’établir léur choc'& leur aétion l’un à côté de l’autre, &L de former un courant qui les réunit,.comme iiofeul corps & tendance, cel^ qufe l’eau- & le vin. Ce vîrt. a-t’il percé fa colonurf 11 s,’a£Temble & fë réunie
- ; ' ' GW**
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- iô4 -:••• ' ' EleBricîti
- en atnpofphére : aufli l'elprit dè feu éledriçpie, ne trouvant glus de canaux PU fe loger, le réunit à la circonférence, où il abonde de tous cotés en fe fai* faut jour; il dilate toutés Lés colonnes d’air gorflîer, cfeil-à-dire, il écarte les çorpùfeules dont cet air eft chargé. Cet air dilaté dépend encore de cette atmosphère, formé l’étendue du reflort des co-
- lonnes agitées! L’efprit d’SÙ du premier corps qu’on approche, trouve une ifliie facile par ces colonnes d’air ébràniées;il ya jufqû’à l’atmofphére éledrique, & s’allie à l’efprit d’air épuré environnant cette at-jnofphére. La colonne ébranlée répondant à cette atmofphére, préfenteun canal à l’elprit de feu électrique , qui s’y -propage. Les corps légers qu’on offre a ce courant, fuivent ces colonnes ; ils font pouflesd repouffésu Cet air qui arrivé à l’atmof-pheredùfeu, fans la pénétrer entièrement, ne forme; aucun contad contre ce, fluide éledrique trop leger. Mais approche-t’on auprès de l’atmofphére f On voit la lumière., là flâme, par laréunionde ce feu éledrique, & par fon adion à entrer à ,côté de l’efprit-djif. Pénétré-t’on jufqu’au plus rârë de cette atmoipliére ? Alors lé corps non- eldrique apportant a cetté'àtmofphére, l’efprit d’air ; cet ef-prit d’air extrêmement lourd, pe pouvant foutenir fon poids.f de même que le vin ne peut foutenir la péfanteur de l’eau ; ce corps, dis-je , tombe en malfefur fon femblable , à la colonne d’air du canon. Il fe fait par cette chute un contad d’autant plus vif de violent, qüe l’atmofphére efe pjus rare
- plus étendue. Cette chute fl adÂve, ne s’eÜ faite^ qu’en repouflant,. on le répété , autant d’efe prit de feu éledrique, & ayee la meme précipita*
- . _r 4 . ^ •
- $• 7, L’Expérience du paflè-vin^hous abiçn
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- Expérimentale. ibj
- montré le courant & le paffage d’un corps dans un autre, auffi-bien que fon méchanifne ; mais dans le pa!Tage de cette atmofphére, nous n’y avons rien trouvé qui marquât de la violence. L’air comprimé dans le fufïl à vent, peut très-bien entrer ici en comparaifôn ; qu*on pouflè la foufpape qui retient cet air pour eh laifler entrer de nouveau, fi on tient la main un peu près , on fent fortir cet air avec une violence qui repouffe la main. Comme cette Expérience n’eff pas à la portée de tout le monde, j’ai imaginé la fuivante.
- III. Expérience• *
- $. 8. Je prends un récipient dont le bouton eft creux , fig,. 36. plane. 4. je mets dans ce récipient une petite balje de paulme ou de bois. J’emplis ce récipient aux deux tiers d’eau , en tenant la balle deflus le trou, pour empêcher l’eau d’y.entrer. Je retire de côté la tringle qui tenoit cette balle; auffi-tôt, l’eau fe précipite dans la cavité du bouton , chaffe Pair avec violence, repouffe & jette la balle hors de l’eau , dont on reçoit un conta# affèz fen-lible pour une Expérience auflî fimple & familière. La fontaine de eompreffion, lèfufiî, 6*c. font pour des effets plus violens que le fimple conta#.
- $. p. Çe conta# ne fe fait que vis-à-vis les corps non-ele#riques, Les éle#riques ont une atmofphére de feu- trop légère pour former ce conta#, S. 3, du 3Ç. effet Chap, 5. au lieu qu’au xobjets de communication on porté l’efprit d’air contre l’ef* prit d’air. C’eft un marteau proportionné au clou. Cet air fait pofitivement le çnoedes corps ; il n’a prife que fur lui-même,
- IQ, La douleur que nous reffentons, eft pi-
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- ïo6 . Eleëricitè- ^
- quinte, & ne refîemble pas tout à fait à celle d’un
- iimple coup que l’on recevroit.
- Pour rendre raifon de cette différence, qu’il nous foit permis de. nous fervir de la comparaifon fui-:vante. Si on frappe d’un coup de poing, un corps quelconque, on reflçntira un contait ; mais fi à côté de ce corps, on joint une pointe : alors on ref dentira non-feulement le contait, mais encore une piqueure pccafionnée par cette pointe. C’efl: ; pté-cifément ce qui nous arrive dans cette occafion : lorfque l’air fort de notre doigt, & qu’il entre dans l’atmofphére éledrique, il tombe fur l’air du con-dudeur ; ce qui fait le contad. Cet air par fa chûte prelfant l’efprit de feu éledrique, renvoyé ce même fluide par la colonne contiguë ; ainfi le doigt •reçoit le contad par l’air qui reprend fonéquilibre : & au même inftant il relfent la piqueure , ocGafion-née par l’efprit de feu, qui s’échappe par ce même
- l’efprit d’air lortant du doigt, lait choc contre l’efprit d’air fortant du canon. ; cela eft bon, me -dira-t’on Mais cet efprit d’air qne fois forti, votre .doigt rïeft pas le corps quiporcefe coup : cependant il en reflênt la douleur. Accordez-vous-avec -vous-même, ou rendez- nous cet effet plus fenfi-ble'; car dès-que l’efprit d’air ne revient point: lur le doigt, il ne peut y.avoir de contad..
- Les exemples ou comparaifons pour fe le rendre fenfible, font fondés, & à la portée du jugement, dès-qu’çn ne fait, tomber la comparaifon que fur lesoarties qui en font fufceptibles.
- _ La balle, comme nous l’avons yû dans PExpé-rience ci-devant,, ne peut fuivre l’eau dans fa chute jufques dans le bouton .du récipient > mais elle remonte par l’adion de l’air plus léger, qui s’échap-
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- Expérimentale. ~iç>f
- pe , comme notre efprit de. feu qui vient à la main par la même colonne. L’ébranlement & le j renvoi à. la main , fort du reffort de la maffe qui | entre : écc’eft l’élafticité du choc arrivé à la chute | de l’eau darts’le bouton, qui ébranle la.colonne, &
- I produit Je.contad par contre-coup au doigt, ou balle qu’pn, préfente à la rencontre. De même le çoup.porté à notre doigt * ne .doit .être entendu autrement. Çet efprit d’air îi’eft pas comme une goûte d’eau qui tomberait, & qui auroit été diftante ôc féparée du doigt ; la multitude de ces globules fe fuccédent, de façon qu’ils ne font qu’un même corps, une même tendance avec le doigt. Ainll il èft incônteftable qu’il relient tout l’effort du coup , dès - que la colonne n’eft point tranchée par aucun corps intermédiaire.
- Nous avons des degrés plus violens dans le con-tad, à qui. on a donné le nom de commotion ; c’eft [ la matière du Chap. fuivant.
- I S. u. L’effet du contad, & fon méchaniûne fi évidemment démontré, fembleroit nous autorifer | à y renvoyeplimplement les effets.qui y font réla-I tifs. L’Expérience des liqueurs enllâmées par ce contad, eft trop çurieufe, & a trop de vrai-femblanr | ce au principe de la vie humaine, pour que je la | paffe li légèrement, & que je diffère plus long-tems à en parler. Rien n’eft fi admirable que cette inflâmation à l’approche du doigt par ce contad.
- S. 12. Ce qu’on a dit du feu au Chap. a. §. 12. j 13. & 14. tout vrai-femblable qu’il foit , ne fe trouve pas fatisfaire l’imagination. Quoiqu’on n’ait aucun méchanifme de vrai-femblance qui puifle tant foit peu concourir contre ce fyftéme, que je I propofe, 1 ’on veut aujourd’hui avec raifon, quand | il fe peut, & que U matière eu eft fufceptible 3 on
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- froS Electricité
- Veut, dis-je, voir des Expériences démonrtratives qui appüyent notre raifonnement. J’ai fenti pendant un long-tems , qu’on rie manqueront pas dê jn’oppofer que l’efprit d’air & fa péfanteur, ne font pas démontrés. J’ai long-tems cherché, pour convaincre les plus obtîntes ; ( quoique perfuadé que quiconque voudra lire avec réflexion tout ce Traité , conviendra aifément de la jufteffe & néceflîté abfolue de tout ce méchanifme, réglé par la péfanteur de l’air. )
- IV. Expérience.
- Ayant rempli d’eau un petit vafe, que l’on pofe fur la palette du conducteur, fi on porte le doigt au-deffusde la liqueur , elle s’élève en jet, vers le doigt, comme il fe fait ordinairement à tous les fluides. Cet élévement eft à l’inftar de la flâme que nous voyons dans l’inflâmation de'l’efprit de vin , au moment du contaCE Son adivité eft fi grande, qu’on a pu décider fi cette adiorivenoit au corps eledrifé, ou de celui qui en approchoit. La péfanteur eft fi grande , & l’efprit de feu fi élaftique, & fi léger, que le coup de cette chute & renvoi ne donne pas le tems à î’Ôbfervateur leplus exad-, de remarquer d’ou vient cette adion. Car cet ef-prit de feu éledrique eft auflî prompt que. la réflexion d’un miroir.
- S. 13. La queftion étant reftée îndécife iufqu’à préfent, j’ai imaginé l’Expérience fuivance , pour en rendre raifon. '
- V. Expérience. *
- -î’ai fait fondre de la eue dans un petit- vafe de
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- Expérimentait. toi)
- métal, fig. 37. plane. 4. cette cire fondue m*arendii le même effet que l’eau ci-deflus : mais ayant laifle un peu refroidir cette cire , j’ai reporté mon doigt avec confiance, perfuadé que je trouverois la péfan' teur de cet efprit d’air. Aulfi ai-je vû avec fatisfàc-tionque cette péfanteur, cet efprit d’air, tombant fur la cire , y fait une concavité. Cette cire étant un peu réfroidie,ne peut fuivre l’a&ivité de l’efprit de feu ; fa ténacité , fes colonnes contiguës réfif-tant à la preffion de l’air, empêchent cette cire de fe porter au doigt ; on ne reçoit que l’efprit de feu feul.
- S. 14. Ce concave affez creux, marque bien évidemment cette chûte & péfanteur : qu’il y a deux objets, l’un qui pouffe, & l’autre qui eft pouffé. Celui qui eft pouffé , eft l’efprit de feu. La fiâme le caraétérifeà la rencontre de l’air. Ce concave , cette péfanteur eft la même autour de la mèche & àl’aflemblagedes rayons folaires, qui brûlent auffi en creufant; parce que cet air eft toujours le même, dans toutes les progreftions du feu.
- §.15. l’efprit de feu fort de cette cire éle<ftrifée;ce la eft certain; mais il ne fort pas de fon propre mouvement ; il n’a fon a&ion qu’autant qu’il eft prefle & comprimé ; cette compreffion ne lui vient que d’un corps étranger ; ce corps tout invifible qu’ii eft , nous eft connu dans fon aélion avec Pair, & non dans fon même élément ; de même que nous ne pourrions voir dans l’eau des effets de comprefi fion de l’eau , fi elle nous environnoit de toutes parts. Mais l’adion tournée fur un corps, nous dé-termineroit à décider de fon mouvement, de fon entrée , & defafortie. C’eftce que la cire un peu réfroidie nous dévoile par ce concave démonfi-tratif, & de plusde quatre lignes de profondeur.
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- fci© . JÊleUrldité
- §. i 6. La bôuteille du Phofphore luiftineuk, qu’il faut déboucher, ne nous fait - elle pas encore fentir tout l’effet de cet air, que c’ell de fon aCtion que dépend la flâme ? "f
- S. 17» Si dans cette Expérience l’efprit de feu avoit en lui une force a&ive, même dépendante du frotement ; ce que nous appelions Electricité, il fortiroit de la cire en monticule à l’approche du doigt, & même fans le doigt ni autre corps quelconque ; ce qui n’arrive pas aux corps électriques ; puifque fi on préfente un bâton de cire d’Efpagne, ou un tube de verre plein , &c. au lieu du doigt, il ne fe fait aucun mouvement fur la cire. S’il y a quelques petits tubes qui en produifent, c’eft que l’air coule à côté > ou au dedans de ce tube, & qu’il n'eft pas parfaitement éleétrique , comme on l’aobfervé S- 3. furie 3e. effet ci-devant.
- Y aura-t’il quelqu’un qui puifïe fe refufer à ce méchanifme ? Non : je penfe que d’une commune opinion nous admirerons ce principe de tout, & qu’en fuivant de près cette connoifiance, ce prodige toujours adorable dans fon Auteur, nous travaillerons à l’appliquer à nos befoins : quoique je doute que nous en puiffions tirer quelqu’avanrage direét par l’Eleétricité ; parce que nous n’avons en nous rien de fi fpiritueux avec quoi il puiffe s’allier. Cependant fa connoiffance nous fera juger des progrès de bien des chofes, & réfléchir fur des effets, qui neproviennent fouvent que de cette caufe par les différentes atmofphéres qui fe forment, & par l^aCUvité ou paffage de l’air li violent dans les fermentations : qui font autant d’effets électriques.
- §. r8. Quand toute notre étude fe borneroit à connoître feulement la caufe de tous les phénomènes , notre raifon auroit déjà beaucoup gagné. Sj
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- Experimentale. lit
- ïa matière eft trop fpiritueufe pour notre ufage db** meftique , l’incompréhenfible Auteur de toutes' chofes y a pourvû, en nous la fourniflànt dans les degrés qui font à notre portée, & avec plus d’aifance. 11 veut bien encore fouffrir que nous parvenions à la oonnoilïànce de notre génération, de notre vie, par l’exemple de l’inflâmation de l’efprit de vin.
- Le frotement, principe de l'atmofphére de l’ef-prit de feù autour de l’efprit de vin, continueroit inutilement, fans que pour cela cet efprit de feu, & cet efprit de vin puillènt s’allier l’un à l’autre ; ce font deux corps légers, l’un l’efprit de feu, l’autre la mèche & canaux bien épurés, où il eft fans attion ; il n’ont pas plus de tendance à s’unir l’un que l’autre ; leur nature les tient fans aétion, tel qu’une pendule dont le reflort n’eft pas monté : l’agent manque. L’air cependant eft au corps non-éle&rique qui contient & environne la matière , prête à agir, lorfqu’il pourra s’allier. Porte-t’on l’efprit d’air fur ces deux matières ? Si la raréfaction eft égale , & que l’efprit de vin foit aflëz alkoolifé, ou la mèche affez fine & déliée ; cet efprit d’air fait une chûte dans l’atmofphére du feu, dont le contad de l’efprit d’air , enflâme cet efprit de vin au milieu de cette atmofphére. Ainfi cet efprit de vin eft feulement une matière, une mèche qui fournit de petites cellules fléxibles, que cet efprit de feu & d’air parcourt, & évapore juf-qu’à la fin.
- S. 19. Nos fens peuvent bien ici nous rendre raifon de la parité de ce phénomène dans la génération.
- Le frotement doux, écarte les parties d’efprit d’air qui s’oppofent au paffage , à la chuté d’unè matiér-e fpiritueufe, que nous nommons liqueur fé-
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- ininale. Ce frotement électrique fait en noüs ürtè fenfation, un chatouillement, par la finelîè des pointes d’efprit de feu, à mefure que la rarefadion fe fait, & que cet efprit de feu s’accumule à l’endroit froté. Alors la liqueur ne pouvant foutenir la légèreté de l’efprit de feu accumulé en atmofphére, quitte la place & vient tomber dans la matrice, où ell auffi l’atmofphére : le vagin n’ell que le conduit qui mene au réfervoir général , qui ell cette matrice. Il y a chez le fexe féminin une partie fexifique , cette partie ell à ce fexe; ce que la partie fexifique de l’homme, ell à l’homme. Cette partie ell fujete à pareille raréfaction , chatouillement & fenfation. Cette même partie, fait encore partie du frotement. Les pointes d’elprit de feu font même plus fenfibles chez le fexe féminin, puifque l’adion du clytoris en fournit, & que le Iphinder ou entrée du vagin ne peut raf-fembler ce même feu fans, fentir auffi la douceur de fes pointes : l’irritation , la violence ne détruit point l’adion de l’atmofphére.
- Le fexe féminin ell dépofitaire des petites fphé-res humaines qui font à l’ovaire. Ces petites lphé-res font une matière éledrique fans aélion, làns vie ; comme une bougie non-allumée, ou un œuf prêt à recevoir lè feu de vie, le pépin ou graine : ou enfin comme l’amadou ou allumette qui attendent cet efprit de feu. Tous ces corps fans l’adion, ne peuvent rien opérer, non plus que la pierre à fufil & le briquet, qu’on peut appeller ici en com-paraifon, ne produifent aucun feu fans contad, Chap. 2. S. 17. & ip.
- L’ûéuffans chaleur au degré requis, ne peut pas former de fœtus : il ell feulement la matière fpiri* tueufe,
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- tueûfe, comme les graines donc nous faifbns ufa-ge. Mais ont elles acquis le degré de végétation, enfin l’a&iori , la vie ? Alors lamadere fpiritueufe prend une croiflance terrellre qu’elle reçoit par degrés , en.fe formant de la forme convenable à la matière. La maturité arrivée, c’eft alors un fruit : l’œiif produit un animal.
- Pour parvenir à donner à notre petite fphére humaine , l’efprit de vie, la partie fexifiquede l’homme & celle de la femme par des frotemens réitérés , produifent leurs atmofphéres. Lorfque l’homme ne peut plus foutenir la rareté de fon atmosphère , l’eîprit de feu & d’air, ou plutôt la liqueur -Séminale tombe dans la matrice. Si l’atmofphére s’eft faite en pareil degré de rarefaétion chez le fexe féminin, la chûte Séminale de l’homme à la réunion des deux atmofphéres, occafionne une commotion,par le départ de l’air à la circonférence,qui unit la petite Sphère tombée de l’ovaire , & ne fait plus qu’un corps de la liqueur féminalè avec le germe ou matière de lovaire. Cet efprit de feu allumé par le contaél, ayant donc traverfé la petite pellicule dans fon union avec le germe, a fur le champ animé la matière , tel que l’efprit de vin. Enveloppés & deffendus dans notre petite fphére, nous recevons infenfiblement & par degres des alimens Spiritueux, & nous ne naif-fons qu’au bout du tems que le Créateur a limité pour être en état de recevoir les alimens terreftres.
- La chûte de la liqueur dans le fexe féminin,produite par le frotement du clytoris, n’entre pour rien dans la génération ; elle n’eft établie que pour la décharge & courant de l’atmofphére ignée , né-ceflaire à cet efprit de feu.
- Quoique l’idee foit flattée par cette progre.lio»
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- Electricité
- de la vie, je crois en avoir aflez dit ; cette matière mérite des bornes. Nous avons appris que nous vivons par l’entretien de ce feu éledrique. Nous en connoiflons la fragilité, fans pouvoir en connoî-trela durée : employons nos momens utilement.
- Dans le moment que je femble quitter cette matière , je la reprends pour prévenir une objedion qui m’eft furvenue, avec quelque addition, pour plus ample intelligence de ce Phénomène.
- S. .2.0. On nous oppofera que M. Watfon tient, que nous ne devons pas confondre ce feu élémentaire avec la flâme vitale & le calidum ïnnatum des Anciens, puifque nous trouvons qu’on peut tirer d’un animal mort autant de ce feu , que d’un animai vivant, pourvû que l’un & l’autre foienc également éledrifés.
- V I. Expérience. *
- Ces Expériences réitérées de part d’autre, & dont j’ai voulu m’aflurer auflî, font certaines.
- Quelques-unes m’ont fourni un Phénomène particulier, lùr-tout un lapin mort, attaché au conducteur par les pâtes de derrière, fig. 38. plane. 4. Ce lapin avoit une queue aflêz longue, dont la portion y fit porter le doigt par préférence. Cette queue à la faveur du poile augmentoit fon atmof-phére environnant ; aulïï la chûte d’efprit d’air que ce doigt y lança, agita cette queue de façon que celui qui y portoit le doigt, s’imagina que l’E-ledricité reflûfcitoit le lapin. Ce manège réulfit autant de fois qu’on y porta le doigt ; ce qui prêta à rire à la compagnie par l’adion de cet animal dins cette partie extérieure du corps. La chûte d’air par fon poids la fit bailfer ; mais l’efprit de
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- feu électrique fi aCtif par fon courant, ramena cette queue par la colonne d’efprit de feu, autant qu’il pût approcher & communiquer fon atmofphére, comme les autres corps qui font poulfés & re-poulfés.
- S. 21. Si M. Watfon eût faifi le méchanifme qui nous régie , il eût reconnu que ce feu éleétrique n’a rien de different de celui de la vie. Il eft toujours le même quant au feu ; mais en même tems il feroit convenu, que fon aétion efl: differente dans la matière. La vie ni la mort ne changent rien dans les pores ; l’efjprit d’air & l’efprit de feu y réfidenc toujours jufqu’a ce que les fubftances ayent changé de nature : mais ils y réfident différemment. Le feu électrique fur les corps vivans, ne pénétre que les parties extérieures de notre corps. De - là il s’accumule en atmofphére autour de nous ; au lieu que fur les corps morts il parcourt toute la maffe : ou plulôt toutes les colonnes d’efprit de feu font agitées dans toute la matière, & enfuite forment atmofphére à la circonférence , de même qu’au corps vivant. Ce feu ne fubfifle dans l’une & l’autre ef-pèce qu’à la faveur de la communication du premier moteur où efl le frotement ; caufe unique de cette atmofphére. Ce feu électrique efl fans action jufqu’à ce qu’on lui ouvre un paffage , par un corps étranger qu’on apporte à cette atmofphére , ou jufqu’à ce qu’il vienne en contaét avec une matière auflî fpiritueufe, fur laquelle il puiffe exercer fon aétion.
- Nous venons de reconnoître que nous fommes formés d’un efprit de feu pareil à celui de l’Electricité pendant tout le tems du frotement ; mais nous avons vû auflî que par le contaét des efprits inflâmables, ce feu s’ell fixé à la matière fpiri-
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- Il 6 ElectricitéJ
- tuèufe , 5c qu’il fubfilfce alors de lui - même, au fe-cours de l’air, qui entretient fon adion au dedans, tant qu’il trouve de la mèche à confommer.
- zz. Il y a donc une différence totale. Pour l’entretien du feu vital, il faut une mèche qui fai-fiffe fur le champ l’efprit de feu éledrique, pour eonfèrver l’adion que l’efprit de feu a reçue, par le contad de l’air ; de même que la bougie allumée a-befoin d’un canal, qui fourniffe la matière: il faut une ilfue qui entretienne cette adion. Chap. z. §. zi. zz. Sc 23. Ceméchanifme efî: aufli le même dans l’inflâmation de l’efprit de vin. Le corps qui contient -est efprit de vin , renferme l’efprit d’air 5c l’efprit de feu : fi cet efprit de vin étoit dans du verre, il ne s’enfiâmeroit pas, parce que le verre confervant l’atmofphére , empêcheroit l’air d’agir à force égale. L’efprit de vin eft un nouvel agent, qui , s’il fe trouve en parité de l’Eledrici-té fur un corps non - éledrique , reçoit l’efprit de feu dans le moment du contad ; Sc cet efprit animé dans cette mèche,fubfifle jufqu’àce qu’elle foit confommée, évaporée, ainlique nous l’avons déjà expliqué.
- Cette différence d’adion de l’Eledricité au feu vital, eft comme fi nous difions, il ne faut pas confondre & confiderer comme le même, le feu qui échaufferoit extérieurement une lanterne, 5c celui d’une lampe qui brûleroit au dedans ; parce qu’on a éteint la lampe. Ce feu extérieur provient d’un autre agent ; il n’échauffe pas moins la même lanterne. 11 en faut dire de même au refped des corps morts ou vivans ; l’Eledricité n’environne pas moins l’extérieur de ces derniers , comme elle agit auffi .fur toute la matière des premiers.
- S. 1-23 • L’adion fe perpétue en nous par les ali-
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- mens qui font portés dans une trémie,'.d’où ils s’é-puifençà.mçfure que le frotement évacue la matière. Cette matière tourne en chile, & le chile.fe forme en ;/ang ; le fang entretient l’a&ion de l’efprit de^ feu - Çc .d’aiç , il . porte la chaleur & la nourriture-à notre • corps <, en s?étendànt générale^ ment dans tous.lës yaiiTaux & veines.
- §. 24.. Accoutumés dès .le berceau à remplir Fat-mofphére d’efptit de feu ; notre corps fenfible à: rabbattemçnt, à la foibleflè * s’il, n’eft dans fon même équilibrefait naître, en-nous la. faim. & la foif. La boiflon eft nécelfaire pour délayer les matières, & empêcher l’efprit de feu de prendre le delfus. L’eau eft. la meilleure-pour ceux qui- fonc-remplis 4’atmofphére électrique ; elle apporte plus d’air que. le-vin. Auffi ceux.qui boivent plus d’eau,, confervédt, plus de liqueur féminale^
- S- z%c Si ‘notre atmofphére du feu excite en nous l’abbattem'ent & la fbiblefîe par les béfoins fa furcharge d’un autre coté, en arrête l’a&ion dans tous les tuyaux &. conducteurs , de: la même maniéré que l!Ele<ftricité: s’affaiffeoüs&rrê.te,. Chap». 5. $• y..J*» effet ; d’où l’on peut juger que la-fub-llance ou feu de vie accumulée, au cerveau y fait-une atmofphére : que cette atmofphére remplie , eft comme la bouteille chargée. Ce méehamfme, demat^leroit;un.Traité entier;il ne fera pas aiféde le rendre dans un vrâi .jout. Quoiqu’il en foit» voici toujours un, méçhanilme plauiibfev 11 ne le peut que cette furcharge fe/affe aiUeurs qu’au cerveau, dont la tranfpiration fé-fait par des canaux. 4c un ficre.fi fin , que ce qui s’évappore n’empêche
- Sas l’atmoiphére du feu de prendre le deffus & de ominer.» L’atmolphéEe une fois remplie & fur* chargée , plus d’aftion : il faut que cette: as.-*-
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- mofphére foit diffipée par les évaporations 3c füeürs. L’écoulement une fois fait, l’atmofphére du frôtefftent reprend fon cours pour recharger fes Canaux, fa mèche : ainfi alternativement le fom-meil nous gagne, nous ne pouvons le vaincre ; mais nous pouvons le retarder par une grande dif-lîpation, qui empêche ou détruite l’atmôfphére,qut s’ôppofe à ce Courant. Voilà en précis le méchanif-me de l’homme. Cette a&ion celfante il n’y a que le corps fans mèche; c’eft la euilliere fans efprit de vin ; cette euilliere ne reçoit pas moins l’efprit de feu & d’air , fans qu’ils acquièrent une union, une aftion fuivie : le contâd ne pouvant allumer l’efprit de feu avec l’air, fans une matière qui les retienne ; finon ce n’eft qu’urt ftmple éclair , que l’air dominant étouflè fur le champ. - • -.
- §. 26. Il me relie encore une petite difficulté à lever. L’efprit de vin enflâmé eft - il capable de recevoir l’Electricité, un courant d’efprit de feu Sc d’air ? Non , il eft rempli d’un feu fupérieur à l’Eleétricité ; il ne peut que circuler autour de fon atmofphére : mais le conducteur, ce qui ne dépend point de l’atmofphére de la mèche , en eft fufcep-tible. Ainfi il n’y a en nous que l’extérieur de notre corps qui le reçoit ; il ne palfe point dans notre fang & chair qui en font remplis. Il l’environne fans que fon aftion en foit pour cela augmentée * malgré le contaét & la commotion , que nous recevons fur les parties ferifitivés non - électriques dont nous fommes composes, & nonobftant l’Expé-
- * Le très-peu de trânfpiration que M. l’Abbé Nollét * remarquée fur les corps éïeétrifés pendant cinq heures , Point relative au fang, mais à la rareté de l acmof-
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- Expérimenta!é. j jty
- rience du fiphon capillaire, où. l’eau acquiert plus, de célérité.
- VIL Expérience.
- Empliflez d’eau un petit feau de fer-blant,üg.. 39. plane. 4. dans lequel vous mettez un fiphon capillaire. Vous obferverez que l’eau tombe goûte à goûte ; mais fi vous l’éle&riféz, cette eau acquiert une célérité, un courant continuel. M. l’Abbé Notlet a régulièrement obfervé, que cette accélération ne paroiffoit qu’aux tuyaux capillaires. Les Expériences qu’il a faites avec differens tuyaux, ne laiflent fur ce fait aucun doute. CetteExpé-rience fe trouvera aufii auClrap; général.
- S- 27. Cette Expérience marque à la vérité que les fluides peuvent acquérir de l’accélération & plus de fluidité par l’Eledricité ; mais la comparai Ton n’eft bonne qu’au refped d’un tuyau capillaire , où l’a&ion de l’eau fe trouve languiflànte ; parce que l’air goflier n’a rien d’aflez péfant en aefliis, & d’aflez. léger en deffous pour donner un courant à ces tuyaux capillaires, fans l’Eledricité. Cette petitéffe des tuyaux tient les globules d’eau ferrés , de forte qu’ils ont peine à fortir : ils ne font tourner leur cercle ou colonne, que très-lentement , eu égard au frocement de ces tuyaux. Mais fi. l’Eledricité efl communiquée à cette eau , dans le moment il fe fait une atmofphére qui écarte cet air groflier au loin. La péfan-teur de l’efprit d’air en l’eau , ne trouve plus, de réfiftancéfau contraire elle a une chute facile à çaufe de l’atMofphéredu feu qui environne ce tuyâ». Cètte caufede la célérité & fluidité dan*, les tuyaux capillaires , ne peut donc entrer en coi&r-
- Hüij;
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- 120 Elettricitc '\
- paraifbn .avec notre fapg; ; en accélérer > ni ert in*--. terromprel’adion ; puifqu’il a cette adiomefilui,. dans un degré de force bien au defiüs d’une Ample-atmofphére éledriqu.e,quiué peut produire de chaleur. Notre fang eft encore fupérieur à l’atmofphé-re éledrique , de même que l’atriiofphérè de'la bougie, de tout ce qui èft flâme,.
- VIIh Expérienceé *
- §. 28. J’éledrife un bougie par le moyen d’un fil de fer qui paiTe dans, la flâme, figv 40. plane. 4^ Çe fil de fer coude pour joindre la bougie pofée fur un guéridon de fer : ce guéridon eft fur un gâteau. Ce fil de fer paflè de deux pouces au-delà delà mèche-, & on reçoit en éledrifant., un contad au bout.de ce fil de.fer. J’ai porté le doigt à la flâme" vis - à - vis; le fil de fer* & j-î n’ai remarqué aucun figne de l’Eledricité. Le chandelier & le guéridon donnent le contad.;
- IX. Expérience**
- $. 2.9. Jfe retire la bougie à la .pointe du fil de fer, fig. 41.. plane. 4i ciMan chandelier Sc. guéridon rhe donnent toujours, le contad , & je ne ref-fens aucun figne d’Eledricité, vis- à- vis la flâme 1 mais je porte le doigt au fil de fer en A. à un demi pouce, ou un pouce delà flâme'de la bougie; je ne re^ns encore aucune marque d’Elgdriçité- :j il faut être à un pouce & demi ou deux pour avoir, le contad:du fil de fer. L’Eledriçiçé ;étant forte s de petites feuilles d’or font pouflees. ôc repouflees au fil de fer, au corps de la bougie, ou chandelle.* & non à la flâmev • • ; . y... ,,
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- ExpêrimmtaU. tsx
- . X. Expérience. *
- $• 30. Ayant ceffé la rotation du cylindre, j’emporte précipitamment & horifontalement le chandelier de deflùsle guéridon ; je reçois le conta# du chandelier. Ayant coupé ainfi la colonne de communication , je retourne porter le doigt an conducteur , au fil de fer : j’ai un petit contad ; je touche enfuice au guéridon de fer, & j’ai encore un autre petit ccrtitad,
- S- 31. L’Eledricité fe propage affinement aux corps non-éledriques libres, gliffiant à côté de l’at-mofphére.du feu de la bougie , fans la traverfer ; puifque ce feu n’eft point fenfible au fil de fer qui coupe diamétralement cette -bougie!, & qu’il n’eft fenfible qu’à la diftanqe d’un pouce & demi du centre delà bougie ; où l’Eledricité environnante fe. propage au fil de fer : l’efprit d’air ne pouvant fe cara&érifer qu’à cette diftance.
- La bougie fans être allumée, & dans l’atmof-phére éle&rique^communique aufïï l’Eledricité, nonobftant l’Expérience de M. Waïts dont parle M. l’Abbé Nollet dans fes recherches fur l’Electricité , nous la rapportons ici pour vérifier le fait.
- XL Expérience.
- En cette Expérience, fig. 42. plane. 4. on po-fe deux bougies dans leurs flambeaux fur une planche de plus de deux pieds de longueur, diftante du condudeur .de ié. à 18. pouces. J’ai pofe cette planche fur un guéridon de fer. Ce guéridon eft fur un gâteau. Les lumières éteintes, n’empêchent point que les feuilles ne foienc enlevées ; de plus
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- 122 ' Electricité
- j’ai même reçû le Conrad de l’étincelle, quoique l’Eledricité perde beaucoup de fa-force, fur la table & gâteau. En vérifiant l’Expérience dans l’inf tant que je venoîs d’éteindre ces bougie ; je conviendrai que j’ai d’abord été dans la même confiance que M. l’Abbé Nollet. Mais comme j’avois éprouvé le contraire ci-devant» avec une; bougie qui n’étoit pas récemment éteinte, j’ai étf peine à concilier ce contrafle. Un peu de réflexion m’a fait aller au condudeur , & je n’ai prefque point trouvé d’Eledricicé. J’ai jugé que l’exhaïaifon de la fumée , quoique les bougies euflènt été éteintes avec une mouchette, arrëtoit l’Eledricité. j’ai fait ouvrir les fenêtres pour introduire de nouvel air. Un peu après ayant rééldrifé , j’aï découvert que la fiâme n’avoit point la puiflance de conduire l’Eledricité , ni d’empêcher qu’elle fe propageât. j’ai tiré malgré la lumière éteinte une étincelle du petit condudeur A. cette étincelle néanmoins proportionnée à la perte qui fe fait : mais au moins auffi fenfible qu’avec les bougies allumées.
- XII. ExpériexciJ*
- Dans le tems le plus propre à l’Eledricité , & malgré une forte éledrifation, ayant fufpendu une barre fur des cordons de foye , allez diftante néanmoins du condudeur, pour qu’elle ne puifïè pas en recevoir l’Eledricité ; fi etitre; cette bârre & le condudeur on fait Un grand feù0n verra que l’Eledricité ne fé propage pas à cette; barre, quoique la flâme rempliflè l’efpace,'& établilTe une communication du condudeur a ; cétte barre.
- S- 32-. Le battement du pouls qifoii a trouvé plus adif à Montpellier d’un'e fixiéme partie» ne
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- Expérimentale. 12}
- fe trouve pas ici de même. Quelque confiance que j’aye aux perfonnes de mérite.qui l’ont certifié, j’ai éprouvé le contraire plufieurs fois.
- • XIII. Expérience,
- M’étant mis fur un bon gâteau , tenant à la main une chaîne qui répondoit auçondudeur, fig. 43. plane. 5. je me fuis fait éledrifer devant mie pendule à fécondés; j’ai, compté pendant une minute, 62. 64. 66. battemens de pouls ; plufieurs fois 62. & 64. pendant chaque minute d’éledrifation ; & fans êtcel éledrifé , 64. 70. plus .& moins ; de forte qu’il ne me paroit pas qu’on puiflè ftatuer aucune accélération. J’ai éledrifé avec plufieurs perfonnes, & de ces hqmmés qui ne fe laiflènt pas frapper l’imagination ; l’Eledrieité ne leur a caufé aucune accélération. Dans des Expériences de cette nature, le tout dépend des perfonnes plusou moins prévenues ; car fouvent un petit contad fait faire des cris, & frappe l’imagination à tant de perfonnes , de l’un & de l’autre fexë, qu’ils ont la fièvre à l’approche de l’Eledrieité. L’odeur porte à la tête à quelques-uns. J’ai vû chez moi des Médecins & des. Philofophes, n’ofer recevoir le fimple contad. Or fi ce battement du pouls a augmenté à Montpellier , cen’eft pas une conférence pour y compter, puifqu’on ne réuffitpas par-tout, line paroit pas poffible d’introduire cet efprit de feu dans notre lang, qui eft ainfi que nous l’avons remarqué , à un degré au deflùs par la chaleur de la matière. L’Expérience du fiphon & du thermomètre font d’une autre efpèce. On a expliqué celle du fiphon. PaiTons à celle du thermomètre.
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- Electricité
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- XIV. Expérience-,
- S. 33. M. l’Abbé Nollet a fait tout ce qu’il ‘a pû pour électriier un thermomètre, & voir monter, » foit la liqueur, foit le vif-argent. Tantôt le ter-33 mométre pofé fur une cage de fer non-éleétri-» que éleétrifée, fufpendue par des foyes ; tantôt » en expofant ces boules de thermomètre dans des. » aigrettes d’une groffe barre, il tenoit ce tube » attaché au bout d’une baguette , & cela fans fuc-» cès. Ces Expériences réitérées, plufieurs fois, il
- n’a pas vu monter la liqueur , malgré' dix heures 3> d’éledrifation. Il penfe que ceux, qui ont vû un s» autre effet, n’ont pas pris aflez.de précaution 3> pour empêcher une chaleur étrangère d’arriver 33 au thermomètre. 3>
- A Montpellier on a vû monter cette liqueur. M. Jallabertnous le cite. M. l’Abbé Nollet & lui ne foqt pas des perfonnes fufpeètes.: comment les concilier ? Sera - ce le'défaut de précaution dont le plaint M. l’Abbé Nollet?
- Ceux ^qui prendront pour ces. Expériences un grand & un p'etit thermomètre ,-feront en état de juger que M. Jallabert/& l’Abbé:Nôllèt font peut-être d’accord fans le. fçavoir. ,Gar aVéc- uii petit thermomètre, pofé fur un guéridon de fer ,fig. 44. plane. 5. Ce thermomètre a dix. pouces de long ,, près de deux lignes de diamètre,: demie ligne de jet ou liqueur, la boulé 8. lignes & demie : un hl de fer entoure cette boule, en régnant le long du tuyau & conducteur ; ce guéridon efl: placé fur un gâteau. Ayant fait éleétrifer ; eh deux minutes, l’Eleétrité monte d’une ligne & demie & plus. Ce. que j’ai répété plufieurs fois avec le même iuccès,
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- fans qu’il foit befoin de paffer.dix heures à élec-trifer. L’atmofphére n’augmente point en chaleur pour éleétrifer long-tems ; lorlqu’elle eft une fois a fon point., le refte eft tems perdu, à moins qu’on ne veuille voir les effets plus long - tems : de même que le fon de la cloche n’augmente point, fi-tôt 'qu’elle efl une fois en branle. On juge de ce degré aifément dans le même air. Après deux à trois minutes , il ne faut pas efperer plus de dilatation , ou de légèreté dans l’air environnant.
- Au lieu qu’un grand thermomètre de deux pieds huit pouces de long , deux lignes & demie de diamètre, ouverture de la liqueur une ligne, boule feize lignes ; nous n’avons pû y appercevoir aucune augmentation, de quelque façon qu’on ait éleétrifé.
- Il faut conféquemment que M. Jallabert fe foit fervi d’un petit thermomètre , & que M. l’Abbé Nollet ait fait ufage d’un grand, comme j’ai fait pour découvrir ce contracte. De ces deux effets contraires, on en demande à préfent la caufe!
- S. 34. Examinons ce qui fe paffe dans le petit thermomètre pendant l’éledrifation.L’efpritde feu qui s’infinue dans la boule & la liqueur , ne peut y entrer fans en augmenter le volume par fa dilatation,& fans chaffer autant d’autreefprit de feu électrique en perte par le corps qui tient le thermomètre. Pendant cet écoulement, ce feu éleâri ^ue eft en aftion au dedans,avec le peu d’air & efprit d’air de la liqueur ; cette aétion fe marque en montant d’un degré & demi dans ce thermomètre. L’atmofphére éleétrique eft-elle chaffée, la liqueur a repris fon niveau.
- Le gros thermomètre faciliterait auflî-bien l’écoulement du feu électrique, fi dans celui-ci l’ef-
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- 12& Electricité
- prit d’air fupérieur ne l’empêchoit de pénétrer ] ou du moins s’il ne l’abforboit à ion arrivée, & ne le repoufloit, comme feroit une groflè boule avec une très-petite ; celle-ci allant frapper fur la groflè, feroit repouffée aufli-tôt, fans que la groflè reçût le moindre mouvement.
- Il me paroît non-feulement douteux, mais im-poflîble, que nos paralytiques éiedrifés, ayent re-çû du fecours par l’Eledricité. Les efforts qu’ils ont fait, l’idée, la prévention, & le défir, ont occa-fionnéle miracle fans l’Eledricité; elle a feulement difpofé les efprits. Vpici une fécondé preuve de l’infuffifance éledrique, & que la caufe de la gue-rifon vient d’ailleurs ; les remèdes chauds & vio-lens, avec les fridions qu’on a données aux parties ont tous un pouvoir & une force au deflus de l’E-ledricité pour la Ample propagation ; même s’ils font poufles à un certain degré , ils peuvent former atmofphére, par conféquent une chûte nécef-faire de l’air & du feu fur ces parties ; ce que ne peut faire l’Eledricité qui a fon frotement externe. Voilà tout ce qu’on peut raifonnablement augurer de ces évenemens, lans en attribuer la caufe à l’Eledricité.
- Mais ces paralytiques, outre qu’ils ont été élec-trifés, ont eû la commotion. Si cette commotion eût été donnée, comme il pouvoit arriver au degré ou nous perçons une main de papier, ou nous tuons un animal. * Ces pauvres affligés auraient bien pû êtrebleffés, au lieu d’être guéris. La violence leur a laiffé des piquotemens, que les parties encore fenfitives à la fecouffe , ont pû recevoir
- * C L’animal a un trou dans les chairs par où s’eft conduit le feu réuni, le faftg eft brûlé, extravafé , & coagulé. Dans le paffage & départ de l’air , & aux poumons, l’air ayant dominé fur ce feu palTant, ce fang eft d’un rouge vermillon. )
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- JExpérimentale;
- dans des petits canaux où le feu éle&rique a péné* tré, en chaffant l’air. Les nerfs ébranlés par l’écoulement du feu éledrique, l’air arrivant pour rer prendre l’équilibre, ont pû faire remarquer une adion aux parties moleftées, fans que la guerifon foit venue ae l’Eledricité. Je puis dire avec autant de vrai-femblance, que fi on eût donné des coups de bâton à ces pauvres affligés., & que leur idée eût été prévenue , le prodige auroit pû arriver comme par l’Eledricité.
- Si le méchaniûne de l’homme étoit bien démontré , trouveroit - on que ce fût par l’effet du mouvement ou accélération qu’on put réparer des nerfs qui ne font pas leurs fondions ? Ne reconnoîtroit-on pas au contraire que la force de cette adion dépend d’une autre caufe. Chacun des os font tous éledriques. Ils ont autant de petites atmofphéres chargées d’efprit de feu, dont l’écoulement fe fait par les nerfs , &c. reportées au cerveau , où chacune des atmofphéres, dépendante de celle du cerveau ; y reçoit par nos volontés , une fenlàtion qui détermine nos adions fur une de fes parties* Cette partie ne pouvant plus foutenir atmofphére, ou privée de l’air, fi ces canaux font feoriés, elle eft incapable d’être rétablie par l’Eledricité. Un automate n’a rien de dérangé dans fon mouvement. Son reffort, fon poids eft très-bon ; mais un fil qui tient au levier qui fait aller le bras, eft cafte, j’au-rois beau effayer d’augmenter le reffort, le poids : ce que j’ajouterois, feroit fuperflu. 11 faut vite chercher le levier de ce bras, remettre la corde, & notre méchanifme ira, comme à fon ordinaire. Si un corps étranger agit fur le bras comme l’Electricité, ce bras agira fuivant fa force motrice dont il reçoit l’impulfion ou le coup. Si ce choc a par
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- Y2,8 Electricité
- liazard racroché le fil de ce bras : cela eft étontiatië & admirable. C’efl: un pinceau jette de dépit, qui en glapiffant, a perfectionné l’ouvrage du Maître , au-deffus de fes propres lumieres.Lamédecine doit étudier ôt chercher à développer ce Phénomène. Si le parfait méchanifme de l’homme étoit totalement connu, nous avancerions à grands pas, pour perfectionner un art fi utile, dans lequel néanmoins on a fait de notre fiécle des progrès con*-fiderables.
- Si l’Electricité n’étoit pas une matière aufli fpiri-tueufe qu’elle l’eft, & qu’on fçûtqui domine, ou de l’air, ou du feu ; on pourrait compter qu'en dilatant l’air environnant, & l’efprit de feu s’aflèm-blant en atmofphére autour des corps , elle y fe* roitquelqu’effet. Comme cette dilatation d’efprit de feu & d’air, n’eft qu’un efprit, il ne peut nuire à notre fanté , il ne peut jamais être fupérieur à notre fang. Cependant le contact-, ou plutôt cette commotion, dont nous traiterons au Chap. fuivant, font des effets , dira-t’on, capables de porter l’ef-froy à l’inftar de la foudre. Audi ces effets font-ils forcés, ainfi que nous venons de le dire, ils peuvent parfaitement caufer de la douleur , eftropier ceux qui font aflêz imprudens pour s’y expofer. Donc,dira-t’on, l’Electricité paflè dans notre fang, elle y paflè dans le moment de la commotion, de même que l’air groflier eft chafle par l’eau fi - tôt qu’elle reprend équilibre, Exp. ci-après ; c’en ce dont on convient pendant cette action feulement.
- XV. Expérience. *
- Le contact & la commotion peuvent être com parés à une veflie dans l’eau , fig. 45. plane. 4 chargée
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- Expérimentale, fié
- Chargée de toute la malfe de l’eau , où plutôt à Une veffie chargée d’un poids que le fouffle a écarté en élevant cette veffie ; li on laiflè échapper le vent par une fimple piqueure,l’air qui fort de la veffie , occafionne une petite impulfion. Si le trou eft plus grand, le conta# eft plus fort, le poids def-cend plus vite ; & comme, il eft toujours foutenu , il n’y a que la chûte de l’air contre l’air du dedans ; maiscreve-t’on la veffie aux deux bouts , le poids tombe avec force : on a outre le conta# à la rencontre de l’air, avec l’air, le coup de cette malîè de l’air , qui occafionne la fecouife. Cette Expérience nous aide à dévoiler ce qui fe paflè dans la commotion. Le coup n’eft qu’au dehors , mais la douleur fe porte au-dedans. Je ne m’étonne pas fi quelques perfonnes ont employé un pareil remède fans fuccès. Je crois ne rien hazarder de foutenir qu’il eft très-imprudent de le mettre en ufage. II n’en eft pas de même des végétaux. Ces corps tirent leur fubftance du Soleil, de la chaleur ; l’ef-prit de feu & d’air environnant, peuvent y. prendre le deflus, eû égard à la fineiTe de la mèche ou matière qui entretient cette végétation. 11 fe pour-roit encore faire que l’Ele#ricité accéléré le retouc périodique du fexe, & rende les évacuations plus abondantes pendant qu’on eft éle#rifé ; parce que ce font des parties qui ont un cours. Cet amas du fang qui eft deftiné à la nourriture du fœtus, s’accumule,& ne dégorge de fon atmofphére,. que lorf* qu’il y a une furcharge, qui fe fait proportionné-ment aux influences fublunaires qui dominent. La ,chûte peut en être accélérée,comme en la fontaine ci-apres, fig. 54. quoique je doute fort de ces faits. Je crois encore moins qu’une perfonne qui a été cle#rifée, devienne plus prompte à la conception.
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- tu .M/Æebl
- Ceux, qnï opt donné créance à ces Phénomènes, «•ment aflùrément des intérêts particuliers, ou bien Us ont changé la forme d’éledrifer. On a beau élec-trifer l’efprit de vin, s’il n’ell aflez fpiritueux, on ne parvient pas à l’inflammation.
- REFLEXIONS
- SUR LE SEPTIE’ME EFFET.
- Si on met le doigt, ou outre corps, ou enfin une chaîne au conducteur , qui communique auffi à d’autres corps non - eleSriques tjuf-qu'à terre ou adhérence, On ne remarque aucun figne d'Electricité au conducteur ; mais le cylindre na pas moins fon atmof-phére, & les corps y font poujfés efi repouf-fès, quelque pointe qu'on préfente au cylindre.
- $.1. Ce feptîeme effet s’entendra aifément dès-qu’on réfléchira, que ce corps qui apporte de l’efprit d’air à l’atmofphére éledrique fournit à cet cfprit de feu un courant fans bornes, que ce feu éledrique ne peut remplir , par le trop d’air qu’il faudroit comprimer, on conviendra qu’il ne peut pas s’accumuler ; par conléquent qu’il ne fait aucune atmofphére. Qu’ainfl il n’y a point d’action , ni de marque fenfible de ce feu éledrique au-dehors-, l’airfupérieur le confond & l’étouffe, fans qu’on en remarque aucune trace , finon aux petites plaques du condudeur touchant au cylindre.
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- Èxpïmtutûahi
- §' i. Le 'cylindre néanmoins a toujours fou &tïfiofphére fenfible». Les corps .y lont pouffes & repouffés, telle pointe même qu’on préfente à cette amofphere. cylindrique ; parce que cette atmofphére eft réduite au même état, que lorsqu’il n’y a point de condu&eur. L’air en ce point eft en parité de notre petite bouteille de vin dans le gobelet, fans air ou iffiie qui lui ouvre un canal. La colonne d’efprit d’air trop forte, ne peut fe prêter à l’écoulement de l’ef-prit de feu , tant qu’on ne borne ce canal, en proportion, de la matière que le frotement peut fournir* >
- R E FL EX 10 N S
- SUR LE HUITIEME EFFET.
- Si au lieu £ établir une communication » tou* te la majjc , on leve promptement les plaques du condulieur, apres qu'il a été chargé eCEleSricité ; quoique ces plaques ne touchent plus au cylindre , Catmofphére fe ccnferve au conducteur.
- Dans cet effet les plaques, retirées avec un corps électrique, ( le frotement ceffé ) coupent & fé« parent l’atmofbhére cylindrique. Cette derniere atmofphére renèrrée par l’air extérieur , luit la diredion que nous avons démontrée , Chap. 4. je. effet, s. 10. Ce condudeur étant indépendant , ayant fon atmofphére féparée, elle s’affaiffe auffi imperceptiblement par l’air environnant 5
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- 152 Electricité ' _ . „
- fans que la communication ôtee ait rien diminue du condufteur. Le contact eft cependant plus foible ; parce que la divifton a donné plus de pri-fe à l’air pour comprimer.
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- Expérimentâtes
- m
- G H A p ITRE VL
- Les atmofphéres du feu eleéîrique accumulée$ aù verre 9 produifent la commotion.
- LA propagation de ce feu éledrique fe Fait de-bien des maniérés, & à tous corps non - électriques, mis ou fufpendus fur des corps électriques les effets du contad font toujours les mêmes : mais fi des corps non - éledriques font; mis dans des corps éledriques, üuï conservent l’Eledricitér comme le verre ; PEledricité communiquée à ces. corps, y forme deux atmofphéres , dont l’approche n’eft plus l’effet du contad, il change de nom.. On l’appelle commotion -, terme qui nous annonce une fécouffe plus violente , & qui eft au - deffus. de ce contad, dont nous allons expliquer le raé-ehanifine dans ce Chapitre. Nous ptenons-à cet effet une bouteille à. médecine bien éledrique. On l’emplit d’eau, ou limaillede fer.,. ou de cuir vre , ou bien du plomb qu’on, met jufqu’aux trois, quarts. Enfuite on prend un bouchon, de liegeà travers duquel ©npaffe un fil de fer. ou laiton, qui communique jufqu’au tiers de l’eau de là bouteille ou limaille-, &; l’autre-bout fe ployé-en crochet. On a foin de donner un coup de- pince à ce fil de fer, pourférmer un arrêt :en deffus & en deflbus de-ce bouchon ,, de peur que ce fil defer. n’échappe la première Expérience nous tracera eette-figure , S* i. ae. effet ci-après r- vous, mettez enfuite.-cette bouteille an condudeur.
- Iü*
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- É&mcîtè
- h4
- *..........I. Effet. ...............
- Si on tâifle cecte bouteille au condu&eur, & qu’on éleCtrife , on ne fent d’autre effet à l’ap-prOthe de cette bouteille, qu’Utie atïnofphére d’esprit de feu, telle qu’au cylindre* 4 . ...
- ...........II, E F F e T,
- Si je tiens cette bouteille en deflbus par continuité, l’efpace de deux à trois minutes, & qu’on touche en fuite de l’autre main au eondu&eur * ou au fil de fer de la bouteille > on refient alors un coup ; dont la lecouffe ébranle tout le corps, & fe marque fenfiblement aux poignets, aux brasaux* coudes , ù l’eftomae, fujyant lçs perfonnes ., ou plutôt fuivant les differeos tempéramens. Cette commotion arrive de bien des maniérés, qui par-*, tent toutes du mémo principe, Lçs bouteilles, do*? rées ou non dorées, les quarreaux de vitres, &£. font de la même efpece, pourvû qu’ifcfoient gar-s. pis dé corps non électriques, attachés où non atta,-* «fiés aux éle^riques.;
- III, E F F e I,
- Si on met une balle de plomb fùfpendue au con», duCteur, & qu’on pofe la bouteille garnie de fon. crochet, à deux lignés au-deffous de cette balle, La, bouteille mife fur un plateau de verre ou corps; éledrique, qu’on préfènte à i’atmofphere de cet-, te bouteille, à une ou deux lignes une.clefou autre corps non éleCtrique. un peu arrondi, il fe faiq alors un courant d’air dç d’elprit de feu, quife marque à la balle de plomb s au fil de fer; on le voit
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- Expérimentale. îjj
- encorë à la clef, tant que la bouteille :péüt fournir de l’ëfprit d’air , & fe charger de Pefprit det feu éleéfoique. - - • - Z."
- IV. E F F E T; .
- Une bouteille félée j qui tient cependant-l’eau i ne peut fe charger d’Ele&ricité, fi la fente ell adhérente à la main qui la .tient. Pareille fente , fêlure > ou caffure à jour ne diminue rien, au cylinr
- dre.
- V. E .f
- Que la charge réfide dans la matieré non éieè* trique. Verfôns-nous de l’eau éle&rifée,' en tombant iùï la main elle porte un contad. v. si?
- VL Effet • -y *
- Lâ.bôuteilîe chargée par; lezcondudenr ^ou ail-cylindre , entretient: Ibn atbïôfphere au dedans lorfqu’elle eli fur des corps éleéhiques, ou fufpen-dues IDdëis Corps éle&rfques ::Mâii Ajbtvfrp|’<l>che> ï un corps non éle&rique, ou qu’on la prenne dans la main.* teeourafltf.d*efpritA-defeu. .change de dirêdiott .avec aigrette*. i°. Un grelot ïuf-pendu à-coté de cette bouteille, eft pouffé,. St repouffé fuivant ce chahgementzd’adion.. 30.. Deux, bouteilles que l’on, tient chargées , approchées, l’une de - l’autré,, ne fe déchâigent:.p.ointi. 40 *^bon -approche l’une à corédePautre,, elles fe déchargent, toutes deux; 5?.. Unes*bouteille chargée & approchée d^une-autre- qui; ne' l’eÆpninc ^ la .per-? fonne relient la moitiediieoug ,, & les deux bou-v teilles font à demi-chargées,
- liiîp
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- 6 *' Elatricîte
- -•;:Cesr;Expérienccs .qui femblent* vàrier /.dépend dent toujours du même principe. M. Fran'cklin eft encore ici en erreur de fait & omiffion : qu’une bouteille foit chargée par le côté, elle fe décharge également par le crochet, fans qu’il foit befoin de toucher le côté. Il eft vrai que M. Francklin a raâfonhé iùr ces Expériences , fa'ris lesvérîffier différemment, pour fçavoir fi elles ne fe contredis foient pas. C’eft ce qu’on a fait ici de bien des maniérés, pour remplir mon deflèin, ôç marcher à pas fûr. Au (fi trouvera-t-on fur ce même effet 16. Expériences nouvelles.
- Nos Obfervations fur ces chefs auront leur principe, dans les précédens chapitres. Les routes differentes.; que. l’efprit de'feu éleârique, & l’efprit d’air parcourent., ne peuvent nous éçhappjer, & leur déguifement,ne nous empêchera pas de les re-connoître, .. : " T '
- OBSE R VA TIONS
- — SUR LE PREMIER EFFET.
- O» refont à, rapproche de ta bouteille une atmôfphere d'efprit de feu x comme au, cylindre•
- $* i. Ce premier effet , eft toujours le mêm toutes les fois qu’ii fe trouve des corps éle&riques à qui on joint un corps non éledrique , qui lui fournit par lefrotement l’efprit de feu éledrique ; le canal que ce corps élednque offre à la matière cledrifée , s’emparant de celle qu’il accumule., &
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- Expérimentale. \yy
- alors cette atmofphere efl telle qu’au cylindre & fur* tous les verres ; on fent comme une toile d’araignée qui vous réfifté a l’approche de la main. Ce verre l'oit en panneau ou bouteille, ( la forme ni l’épaiffeur n’y fait tfien , ) la porcelaine & prefque tous les corps éledriques renflent cette atmofphere fenfible ; fauf les corps réfineux qui produifent l’écoulement de l’efprit de feu , fous des modifications du plus au moins. Cet efprit de feu éledri-que aflemblé, cette atmofphere produit les mêmes effets qu’au cylindre. Cependant à là bouteille dont nous parlons fur ce premier effet, & où nous avons mis de l’eau jufqu’aux trois quarts, il fe fait à l’approche de cette atmofphere un petit craquement de l’efprit de feu, qui efl repouffé par l’efprit d’air , qui efl: dans cette eau, limaille, &e. Ce petit cri fe fait auffi au verre fans limaille, &c. lorfqu’ils .font -vis-à-vis des fils de fer éledri-fés ou pofés deffus, dès qu’ôn approche le dos de Ja main vis-à-vis.
- §. 2. C’efîici le lieu de rendre raifon pourquoi, l’on met cette eau , limaille, &c. dans la bouteille ou autre verre , ou vafe équivalent. Ces corps éledriques feuls ne faifant qu’ùn amas d’ef-prit de feu éledrique , on a penfé & effayé d’y mettre de l’eau*; on a reconnu par les effets fiïivans que cette eau ou limaille , &c. fe char-geoit ; que pour cet effet, il étoit néceffaire d’y mettre la main, ou autre corps équivalent : on a encore reconnu & fenti, en portant l’autre main à ce fil de fer de la bouteille, qu’il fe faifoit une charge au refped de cette eau ou limaille, laquelle charge n’arrive point lorfqu’il n’y a rien dans la bouteille, quoiqu’on foit cependant convaincu que l’efprit ae feu s’y accumule ; lï elle efl trop pleine, elle ne
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- * Electricité
- fe charge prefque point. Cette frappante Expérience enveloppe le fécond effet ; aum les réflexions lui font communes.
- OBSERVATIONS
- SUR LE SECOND EFFET.
- Si on tient la bouteille en dèjfous , & qu an porte la main au fil de fer "ou canon , on rejfent la commotion. Cette commotion air rive de bien des maniérés.
- •I.-Expérience.
- $. i. La bouteille , fig. 46. plane. 5. remplie aux trois quarts d’eau ou limaille ' reçoit le feu électrique par un Ample fil de fer accroché au con-duéteur, ou touchant; defon fil de fer un corps élec-trifé pendant que le frotement dure. L’efprit d’air qui tombe , & fe joint à l’atmbfphere du canon, comprime Péfprit de feu éleélrique, en lui laiffanr un paffage à côté de cet efprit d’air & de feu inféparable, qui occupe toujours par continuité les corps non électriques. Cet efprit de feu électrique fi aétif, qui s’allonge en pointe dans le fil de fer, trouvant enfuite un corps éleélrique, comme le verre, où il entrefansréfiftance ; il s’infmue fur le champ dans.cè verre, il le^ remplit & environne, plutôt que de s’attacher à. exercer fon aétion fur chaque goûte d’eaù ou chaque grain , de limaille ; ce qu’il ne peut, faute d’écoulement de l’ef-prit dé feu, qui une fois réunià: ce verre, fans cou-
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- Expérimentale. 13 £
- rant, fans aétion, fait atmofphere au dehors dû verre, ou cet efprit de feu électrique fe cara&erife , comme nous venons de le dire,, avec un périt pétillement ; parce que l’air du dedans, on le répété, repouffe & fait relîort fur ce jet, qui fe lance aii doigt , qui lui préfente une iltue. Au lieu que lorf-qü’il n’y a rien dans la bouteille , l’efprit d’air que la main préfente, ouvre un paflage, & un écoulement à l’efprit de feu éleétrique, qui entre fans violence, poulfé par l’efprit d’air qui le force, de la maniéré qu’on a déjà obfervé.
- S. -2. Gommé cette atmofphere fur le verre, cet amas, ne produit point d’effet par l’inaétion ; & que pour avoir'cette adion, il faut empêcher cet amas,
- II. Expérience,
- ' S* 3 • On prend cette bouteille dans fa main, fig. 47, plane. 5, alors l’efprit de feu éleCtrique arrivant , fur lé verre de cette bouteille, trouvé, comme nous venons de l’expliquer , en l’Expérience précédente-, une iffiie, ou canal par la main’ de celui qui tient cette bouteille. Cette perfonné apporte à cette atmofphere l’efprit d’air; cet air fait rentrer autant d’efprit de feu ele&rique en perte , lorfque cette perfonne touche au plancher, enfor-te qu’il ne fe peut plus faire d’amas à cette bouteille ; alors elle devient feulement un corps qui contient la limaille, tel que notre canon, qui eff fufpendu, ou porté par du verre ou cordons dé foye; & alors, auffi chaque grain de limaille , globule d’eau , oit les pores des feuilles de métal adaptées au verre, & remplies d’efprit d’air & de feu électrique, font autant de petits' conducteurs ôç, Ç^nawx féparés, <|ui agiffent les mis-fur les aurres,
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- ïao Electricité
- dont l’adionefl plusdivifée. L’ajr fupérieurfe fiie-cédant, entretient le jeu, & l’aâion de cet efprit de feu électrique fur chacun de ces petits corps* On ne remplit point totalement les bouteilles,pour donner du jeu à ces petites atmofpheres, qui fan? cela, feraient étouffées & fans aétion, ni-une atmof-phere générale néceffaire à la commotion. Il faut entendre que cette atmofphere efl un amas de cet efprit de feu éleélrique environnant, & excédant le deflîis de l’eau , jufqu’au goulot compris de cette bouteille. Cette fécondé atmofphere a fon méchanifine marqué très-fenfiblement dans la charge de cette bouteille. Car dès quelle efl chargée * 31 on la tient à la main , l’efprit de feu rétrogradé & prend cours par le fil de fer, où l’air le pref-fant, forme une aigrette fenfible, qui défigne aflù-rement bien cettë atmofphere, S* 3.4. 5. & 6. du 6e. effet. . ..
- Si la bouteille, étoit trop pleine, l’efprit de feu ne ferait pas fupérieur ; l’air arrivant fermeroic l’entrée & le jeu à l’efprit d’air du dedans : quoiqu’on mît la main à la bouteille , il n’y auroitpas un plus grand effet qu’au condu&eur , lorfqu’on toucherait ce fil de fer de la bouteille.
- S- 3. Vient-on à interrompre cette aétion , à ouvrir un paflàge nouveau, en apportant de nouvel air ; cet efprit d’air refoule jufqu’à la première atmofphere de la bouteille , & chaflfe par le conducteur en rétrogradant l’efprit de feu eleétrique> qui formoit cette atmofphere. Cette première at-xnofphere détruite ‘t l’efprit d’air prend auffi-tôt fon cours fur les. petits canaux jufqu’au verreen chaf-fant, par la main, l’efprit de feu de cette, fécondé atmofphere. Alors l’air en renvoi pour reprendre fonéquilibre, par ces deux courants^rem-
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- place l’efpnt de feu éledrique ; fa réunion fe fait avec un choc violent en contre-coup, qui ébranle toute la maflè ; l’un ne voulant pas plutôt céder que l’autre. La fenlibilité paflè aux jointures des os. Ce font autant de corps ébranlés qui font choc pour paflfer des uns aux autres. La trépidation , la fecoüflè , le contre-coup n’eft point partagé , tel nombre de perfonnes intermédiaires qu’il y ait. Dès que nous formons la maflè , que le feu éledrique circule fur nous , le refled fe porte au corps avec toute fon élafticité, & l’équilibre fe rétablit.
- S. 4. Reprenons pour plus ample intelligence tout le jeu de ce méchaniûne. On ne fçauroic trop venir à la charge pour fe faire entendre, dans une matière auffi délicate à faifir.
- III. Expérience,
- La figure 48. plane. 5. préfentant le doigt A• porte de l’efprit d’air dans l’atmofphere du con-dudeur , l’efprit de feu éledrique s’échappe & prend fon cours en perte par les pieds de cette perfonne ; l’équilibre fe rétablit , fi-tpt qu’il eft entré aflèz d’efprit d’air dans cette atmofphere , pour rechaflèr tout l’efprit de feu éledrique. Ce feu fe trouve confondu dans fon élément, dès que l’adion eft détruite, tant par la preflion de cet efprit d’air , que par celle de l’air ordinaire..
- IV. Expérience.
- Si cette perfonne défignée en la fig. 48. ou 49. porte la main C. au-deflous de la bouteille , en l’empoignant ; alors l’efprit d’air arrivant à l’at-
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- tyt . ; Ëleftiïcitl
- njofphere par la main A. que l’onprefente, oceâ-fionne deux effets; cet air tombe dansTatmofphere éleCtrique du çondudeur, ou fur le fil de fer de la bouteille, ( on peut toucher le fil de fer de la bouteille comme le conducteur ) & donne un cou* yant à l’efprit de feu, pour le faire échapper par le corps, oc de-là par le pied , D. Gette main A» eft un canal, une ouverture qui détruit toute l’at-mofphere B» Au même inftant que l’atmofphere B. eft détruite, l’air extérieur fe joignant à cet ef-prit d’air, force les atmofpheres des petits canaux a repouffer l’efprit de feu par les pores du verre en-defïous ; oh la main fe faifillànt de cette atmof-phere naiiîànte, à caufe de l’efprit d’air qu’elle y apporte, donne auflî cours à l’efprit de feu : de forte que ce même feu électrique ayant des canaux ouverts par les deux bras, vient au corps jufqu’à la rencontre, & jufqu’à ce qu’il forte en perte par les pieds. Son palfage ne fe peut faire fans at-raofphere jufqu’à fon union, & direction eh perte. Çette perte nous fait recevoir la chute de l’air rentrant, qui avoit été écarté pendant le paffage
- ce feu. Cet air fi vif , fi aCtif à reprendre équilibre, retombe en maflè avec la même élafticité qu’il a été écarte ; ce qu’il ne peut faire fans choc1* ni; fans contre-coup à fa réunion;.:
- :: V. Expérience.*
- Je fufpends autour d’un cercle telle quantité de boules qu’il faut pour remplir la circonférence dé ce cercle (pris du diamètre de chaque boule , figure cinquante, planché cinq. Je retiré une de çes boules en arriéré, le cercle.'alors n’eft point parfait ; c’en l’effet de toutes les perfonnes avant
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- Expérimentale.
- de porter la main à Patmofphere. Je lance la bille, c’eft l’effet de l’efprit d’air arrivé par celui qui a approché la main A ; le coup fournit l’efprit de feu, qui paffe à toutes ces billes. Dès quelles fe joignent, ce coup ou efprit de feu que le choc a formé, fait atmofphere ; comme toutes ces boules ont uhe même tendance , chacune a auffi fon atmofphere : cette atmofphere doit avoir une perte, dès que le choc eft donné ; auffi l’air arrivant à chaque bille pour reprendre équilibre par les deux côtés, frappe toutes ces billes avec la même violence. Le contre-coup, la fecoufle & l’égalité des corps fait un écart. l’air rentrant en équilibre des deux côtés. Le même effet fe fait en nous ; nous fommes forcés de nous quitter les mains, pour céder à l’union de l’air à fon équilibre.
- S. 6. L’effet du contad & de la commotion dont nous venons de parler, ne fe paflè point du tout au dedans de nous; mais au dehors, par la maffe de l’air qui nous fait reflèntir le poids de fa chûte. Prouvons encore ce fait.
- VI. Expérience. *
- Je prens un petit cylindre de verre, fermé d’un côté , je mets dedans une petite figure. Le vuide de la bouteille, fig. 51. plane. 5. fera l’ac-mofphere éledrique, qui environne cette figure. Je tiens ce petit cylindre par une petite tringle maftiquée à fa furface. Je le plonge précipitamment dans un fceau de verre. L’eau arrivant avec véhémence dans ce vuide, frappe cette figure mobile , & fait voir la force avec laquelle elle eft re-pouffée. Si cette figure eut été fiable & fixée au cylindre, elle auroit reçu l’élaflicité de la chûte ,
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- *44 Electricité
- 8c de l’arrivée de l’eau , qui tend à fé mettre eiî équilibre. C’eft là le premier effet du contaél. L’air ayant un libre cours pour rétablir l’équilibre, la maffe n’eft point ébranlée, li-tôt que la figure eft fupérieure en force.
- Dans la commotion l’a&ion eft bien differente.
- VIL Expérience. *
- Je prens un autre tube ouvert des deux bouts, l’ayant plongé précipitamment , & avec une feule figure mobile , ainfi qu’en l’Expérience dernière ; cette figure reçoit la maffe de l’eau, arrivant des deux côtés, elle forme un choc de réunion ; dont la chute & aéfcion ébranle la figure, & la maintient entre ces deux corps , forçant l’air de fortir avec bruit. C’eft ainfi qu’agit d’abord l’ef-prit d’air, contre l’efprit d’air à lafuite de l’atmof-phere électrique, d’où n’ait un contait d’autànt plus violent, que l’atmol'phere eft plus grande. Pendant que l’efprit d’air cherche a prendre l’équilibre , l’efprit de feu eft fort comprimé ; l’endroit par où il s’échappe , reçoit fur fa maffe toute la chûte de l’efprit d’air , 5c de l’air environnant. * Cette compreffion de l’air, pendant que l’efprit de feu s’échappe , eft très-violente ; elle reflerre au même inftant toute la force de la commotion dans la colonne de fa direction. Cet ébranlement, ce coup eft extérieur : mais la douleur plus violente
- * Les cas où l’effet fe porte au dedans de nous, c’eft lorf-qu’on limite cet efprit de feu réuni, à palier à travers un corps, en y établiflànt un courant ; alors ce feu réuni, ayant expulfé l’air qui s’eft trouvé à fon palïàge, l’équilibre doit le rétablir , fi cette partie a pu rélifter faris être détrui-
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- Experimentale. r 54
- pafi“e au dedans où elle répond différemment, lui-vant la réfiftance de la perfonne ébranlée , pu la foiblefîè des parties qui reçoivent tout à coup cette union de l’air.
- VIII. Expérience, *
- Deux petites figures ou deux autres petits corps , même deux bouchons de liège mis au cylindre , fig. 5x. plane. '. étant plongés de la même maniéré , font choqués, & ont le coup de la commotion de la même force. Le paflage à plufieurs perfonnes eft égal ; parce que chaque perfonne ne peut éviter cette fecoufle & union de l’air à l’équilibre. 11 ne lé fait point de perte des uns aux autres. C’eft un naufrage qui arrive , un plancher qui en tombant écrafe également tous ceux qui font malheureufeuient deuous.
- IX. Expérience.
- $. 7. Cette même Expérience de la commotion , fe fait de bien des maniérés, en lailfitnt fimplement tomber un fil de fer dans un verre plein d’eau jufqu’au trois quarts, ou bien encore dans une bouteille l’arge d’ouverture, Scc. ce fil de fer part du condudeur. Si c’eft un verre, on tient le gobelet du verre, fig. 5 3. plane. 5. la pâte paflant à travers les doigts , afin que i’efprit de feu prenne dire&ement fon cours par cette main, au fortir des pores du verre , ôc facilite , par l’écoulement de cet efpritde feu, la charge de l’eau, limaille ou plomb, &c.
- §. 8.Cet écoulement eft fi néceffaire à i’adion, que fi on prend le verre fimplement par la pâte
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- Électricité
- A. la diftance de cette pâte au corps, donne lieu à und atmofphere éleârique trop forte, que l’air de la main ne peüt diffiper; il ne fe peut pas faire de charge, faute d’écoulement, parce que l’elprit d’air que la main apporte à la pâte du verre, ne peut fe faifir de l’efprit de feu éledrique, trop éloigné de ces petits corps, Sc qu’il ne peut avoir prife fur hii.
- §. 9. Si on fait des vafes avec des corps électriques , comme de la cire, de la poix, où dufouf-fré, Sec. Sc qu’on fe ferve de cés vafes , au lieu de ceux de verre, il nè s’y forme point d’atmof-phere capable de produire la commotion. D’où vient la différence de ces corps électriques.
- Dans ces derniers, ainfî que les foyes Sc gateaux de réfine , l’efprit dé feu a bien là liberté de s’écouler par les pores de ces corps ; ils fe prêtent à fon pacage, Sc fortanr fans violence, fans effort, c’eft un courant inanimé, fans aétion ni atmofphere en rentrant dans l’air : on le fent même à là main, pendant qu’il traverfe la cire, Scc. au lieu que paflânt à travers le verre, dont les pores n’o-béiflent point, il fait effort pour paffer.
- S. 10. Le plomb, l’eau, la limaille , Scc. porte bien l’efprit d’air au fil de fer, Sc l’efprit de feü defeend bien à ce plomb ; l’air arrivant en def-fus fournit à cette aéfcion pour faire fortir continuellement l’efprit de feu eleétrique : mais l’efprit de feu pénétrant tout à coup, la cire , la poix, le fouffre , Scc. il ne fe fait point d’aftias de ce feu autour de ces petits corps, plomb, limaille, eau, Scc. au lieu qüe ces corps fur du verre, l’efprit de feu, étant obligé d’être.fortement rdferré, ne fort pas fi vite qu’il ne s’en accumule ; enfin il gagne le deflus, comme fait l’eau d’une fontaine in-termittônte.
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- •Mxperim&ntûhl I ^7
- X. Expérience, f
- t’emplis donc la fontaine intermittente, fig. 54. plane. 5. L’eau tombe naturellement danslebaf-îin, trouvant jour à agir par la colonne d’air qui arrive aa-deiïùs de la furface de l’eau ; mais dès que l’eau bouche le pulfage de cette colonne d’air, répondant à la furface de l’eau, cette eau relie jufqu’à ce qu’infenfibiement cet air puilfe faire un vuiae au refped de cette eau. *
- S» 11. de même ici l’efprit de feu éleèlrique accumulé , & qui fait atmofphere, empêche la continuité de l’écoulement, en interrompant l'adion ;
- * Cette eau ne peut agir malgré fa péfanteur, fi la colonne d’air fur laquelle elle ell luiréfiile; cette colonne d’air , quoique plus légère que l’eau , lui réfifte tant quelle ne trouve point de vuide , & qu’elle n’a pas la liberté de céder en tournant. Elle n’a pas cette liberté, s’il y a quelque corps intermédiaire entr’eux : la figure 1. plane. 1. auroic beau eflàyer de tourner la roué , fi cette roue étoit tranchée d’un corps intermédiaire ; il faudroit vaincre cet obftacle , & attendre qu’il fût détruit pour qu’elle puifle tourner. Comme il faut que l’eau accumulée, qui interrompt le cours de l’air, foit écoulée & diflïpée, pour que l’air puifiè circuler , fous le poids de l’eau.
- Si ce trou des jets étoit aflèz grand , pour qu’une première goûte d’eau pût diriger une colonne circulaire, qui lui faflè une efpece de vuide pour agir, alors elle faifiroit le chemin le plus court, & trouvant ainfî à s’infinuer y vuideroit ces tuyaux, malgré que la furcharge de l’eau du badin bouchât Pair. Or ce n’eft point la péfanteur de l’air grodîer qui occafionne ce courant : on l’a mal à propos entendu de la forte jufqu’ici, ainfi que dans les Expériences qui y ont rapport. Il me femble déjà entendre plus d’un parti fe foulever fur ces nouveaux principes , quoi qu’il en foit, je ne m’effraye point ; le tems, & la raifon appuyée des Expériences, ramèneront tout à fon point.
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- 4f$8 Electricité
- l’air ne pouvant plus aborder malgré la main, qui porte en vain cet efprit d’air, il faut àlors ce Conrad pour la détruire ; ainfi cette différence loin de détruire notre méchanifme, vient au renfort pour nous le rendre plus fenfible & plus certain , comme nous l’allons remarquer dans l’Expérience fui-yante.
- XI. Expérience, *
- S. il. Si on met dans une calotte de cire dés petits grains de plomb , le jeu de l’air arrivant par la main le long de cette calotte, en fe précipitant fur ces grains, chalfe ces grains à plus de fept à huit lignes de hauteur , fig. 55. plane. 6. comme s’ils voûtaient fortir ; ce qui n’arrive pas au verre, qui écarte l’air par l’étendue de fon atmosphère éledrique ; au lieu que l’atmofphere qui fe fait à ces grains n’étant pas aflez réunie, l’air abondant les expulfe, ou du moins ceux fur qui il fe trouve avoir plus de prife , c’eft-à-dire, ceux des bords, dont l’efprit de feu s’allonge pour s’échapper par le canal que lui préfentent les doigts les plus proches ; les autres grains ont leur cours en perte à travers la cire.
- S* 13 • Ne va-t’on pas fe foulever, & dire qu’on fe fert cependant de cette cire , &c. pour accumuler cette ele&ricité. Les foyes, les gâteaux , &c. dont on fe fert, fontnéceflîtés à une proportion & épâif-feur pour pouvoir produire atmofphére aux corps pofés deffus ; auffi plus le gâteau eft épais, plus l’efprit de feu a peine à s’échapper ; l’atmofphére en devient plus grande, jufqu’au point où elle peut arriver: alors l’excédent de cette atmofphére, prend fon cours. Quand cet efprit de feu çledrique force la digue de fon atmofphére, il fe fait une per-
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- Expérimentale'. jjyy.
- te qui:ne s’arrête, ni ne peut s’accumuler. II. n’y a. pas pour cela deux, fortes cfEledricité , comme avoir penfé M. Dufay, en admettant une Electricité vitrée & une refineufe-
- §• 14. M. l’Abbé Nollet a éledrifé avec un globe de foudre ; quoique l’effet ait été plus foible , l’efprit de feu que le frotement a engendré , e!i bien diffèrent de celui qu’iL faut conferver pour la charge d’une bouteille.. Celui du frotement qui s’accumule tout d’un coup au corps éledrique , étant fur fon axe ,. écarte l’air de toutes parts ; il peur conferver l’efprit de feu éledrique pendant un tems fuffifant pour fe caradérifer,.par la quantité que ce frotement fournit. Mais pour recevoir ce feu électrique, comme condudeur , il y a bien de la différence; Dans les corps qui. n’ont point de reflbrt „ & qui n’admettent pas l’air, ce feu eft étouffé, il eft éteint , & détruit à mefure qu’il vient pour fd : propager : au lieu que confervant fon reffort dans le verre,dont les pores font plus fins & durs, il s’accumule ; la différence n’eft donc point dans refprit. de fey éledrique , mais dans la qualité des corps éledriques.
- S* 15. Le carreau de vitre-donnela commotiony par le renvoi de'l’efprit de feu en fens contraire , comme dans la bouteille ,, ainfr que- les- bouteilles du vuide- de M. l’Abbé Nollet, dont nous parlerons au Chap..général des Expériences»
- $. Le papier qui eft percé , n’eft qu’une dé-jnonftrationdè la violence de réunion àla rencontre de cet efpritde feu.éledrique-, quipaffant à travers le verre pour s’unir à celui qu’on porte par deffus le papier, brife tout ce quis’oppofeà fon palfage. Comme- cette “réunion a une colonne que rien ne peut déranger., fefprit. de feu fe fait jour en défions.
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- Xjo Electricité
- du verre ; l’efprit d’air & l’efprit de'feu êledrique à la réunion fur une matière fi fine , la perce par la fineflè de fes pointes réunies. Ce feu trop vif «St trop fpiritueux , ne nous laiflè qu’une marque instantanée de cette adion par une noirceur qui le diftingue ; ce corps du papier n’étant pas encore allez lpiritueux pour retenir cetefprit de feu » il le laifle échapper & évaporer fur le champ ; ce feu n’a pas le tems de le brûler, l’équilibre étant auffi-tôt rétabli. Dans l’Expérience du Phofphore d’Angleterre qu’on enflâme dans un papier par le frote-ment, la flâme coule en éfleurant & noirciflànt ce papier. Cette noirceur efl diredement la partie humide & terreftre , qu’il faut vaincre & difliper ; mais cet efprit de feu trop fubtil s’échappant promptement * fou vent ne peut'confommer le papier.
- S. 17. C’ell encore par la commotion, que l’or Semble s’infcrufter dans le verre même. L’efprit de feu éledrique arrivant feul à fa rencontre fur ce métal, où il a un libre cours , chaflè l’air de ce métal ; comme cet air n’eft pas à force égale, il eft forcé de céder, & d’exercer fon adion dans la place où il eft; & comme l’efprit de feu domine au verre,, & fur le verre, qui renferme cette petite bande de métal, & qu’il tend toujours à expulfer l’efprit d’air, dès qu’il domine; cet air eft écarté par fon action, il brilé ce métal,en s’échappant.
- L’efprit d’air chafle , cet or n’eft plus que feu & or ; il a l’aptitude du fluide éledrique , &il fèmble le fuivre à travers le verre, où il eft adapté comme vitrifié,.
- 5* 18. Réflechiffons ici que ce métal d’or, dont l’air eft chalfé par l’efprit de feu dominant > ne laiflè donc entre le verre & lui aucun air, qu’ainfii
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- Experimentale.' JI.5JR
- le verre & l’or font en parité de matière.
- XII. Expérience, f
- Comme les marbres mouillés, les hémifphéres de Magdebourg , le cpir.mouillé jetté fur un: pavé , iig. \p. plane. 6. font en parité avec leur adhèrent. vW ... ,.
- L’e^rit d’air- le plus vif ,., pté d’entre l’or & le •verre , les reflerre & unit par fa péfanteur , comme une même matière inattaquable, à l’eau régale. Les petits coins des efprits de cëtte eau qui fouillent par-tout, n’ont point de prife entre ces deux corps. L’or & le verre alliés enfemble, ne font plus qu’une nature , que l’efprit de feu électrique peut parcourir & pénétrer, fans les divifor.
- K iiij •
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- Electricité-
- O BS REVAT 10 NS
- SUR LE TROISIEME. EFFET.
- Si on met une bjdle de.plomb fqfpcnd'ue au conducteur , dr qu’on pofe [a bouteille garnie de fin crochet h deux ligtus au-dejfout de cette boule , la bouteille rnife fur un plateau de verre cm corps étcitrique, qu'on préfente d latmofphére de cett.e bouteille , à une ou deux lignes , une clef ou autre corps non éleUrique, un peu arrondi , il fe fait alors un courant d’air & d’efprit de feu, qui fe marque a la balle de plomb , au fil de fer , & a travers le verre a la clef, tant que la bouteille peut fournir de loffrit d’air , & fe charger de Fefprit de feu, clellrique.
- i. Nous avons remarqué jufqtfidi, que l’efprîe de feu électrique a befoin d’un froterrient continuel pour fon entretien ; qu’il lui faut_ke nouveaux canaux pour fa propagation ; que lorfqu’il eft aflem-blé au conduéteur , iieft comme dormant, juf-qu’à ce qu’il trouve ces nouveaux canaux ; & que s’il trouve un corps éleétrique, il s’y affemble feul. Il faut aétuellemenr entendre iur ce troifiéme effet > qu’on offre en vain un autre canal à ce feu éleétrique j dès-que tous les petits canaux font remplis decec el'prit de feu électrique ( & que ce feu électrique réuni, a formé une atmolphére. Ainü la
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- Expérimentale. ï
- clef ou doigt qu’on préfente à l’équateur de cette bouteille, ne renouvelle point l'action, parce que cet efprit d’air ne peut penetrer ; au lieu qu’avant que les petits grains de limaille, ou globules d’eau ayent été remplis, l’efprit de feu électrique pouf-foit fon feu, fon adion à travers le verre, qui fai-foit un courant en perte : comme ce courant vient dé l’air qui a cours dans ces parcelles, il faut qu’il puiflè fournir jufqu’à ce que tout foit rempli.
- I. Expérience.
- Le fil de fer de la bouteille, fig. 57. plane. 6. porte l’efprit d’air à la balle, & reçoit le feu électrique : comme cet efprit de feu éledrique eft fi adif, fi fubtil, il remplit au même inftant la bouteille , où il trouve moins de réfiftance, & Ce porte au dehors en atmofphére. L’efprit d’air de la clef qui préfente un canal à cçt efprit de feu, re-chaffé par le reflort de l’efprit d’air qui agit fur les petits canaux, s’en relfaifit au fortir du verre, avec un petit contad ( à caufe du renvoi de l’efprit de feu , dont le reflort & l’àdion, avons-nous ait , occafionne cette petite piqueure & contad , & eû égard à la rencontre de la colonne d’air extérieure , quienvironne l’atmofphére, & toujours en adion fur la limaille, eau, crc. )
- $. 2. Cet efprit de feu éledrique parce canâl fans bornes que lui offre la clef, eft en perte , & conféquemment ne s’accumule point fur le verre. Audi l’efprit d’air faifit ce moment, & arrive en deffus de chaque grain de limaille, pour agir contre cet efprit de feu, dont il fe fait autant de petites atmosphères, eû égard à chaque grain ou globule. Le frotement qui pouffe cet efprit
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- X Electricité
- de feu à ces canaux > fait à chaque fois atmoiphé-ré au verre , il faut la détruire ; cet efprit de feu , ayant, on le répété, plus d’aptitude a entrer où il trouve moins de réiiflance, il faut préfenter la clef : mais cette clef n’emportant pas tout au même inftant, à caufe de ce frotement continuel , qui ne laiflè pas affez de tems à l’air pour s’infinuer affez fubitement, afin de remplir tous ces petits canaux, il faut donc attendre un certain tems pour gagner le defliis petit à petit, & parvenir à les remplir. Audi la main entière, un corps de métal qui enveloppe les bouteilles en godet , donne lieu à ces bouteilles de le charger plus précipitamment , parce qu’il empêche l’atmofphere de prendre fi vite le defliis, en conféquence l’air a plus de prife au - dedans. Dès - que les petits canaux font totalement remplis, l’elprit de feu électrique qui s’amaflè au - defliis de l’eau, au reliant du verre, écarte, & ôte le courant à l’air : plus de communication ; le verre ne fert alors que de fuf-penfion à ces petits canaux , de même que la foye fert à foutenir notre condudeur. Tout l’elprit d’air qu’on porte à cette foye, ne détruit point l’at-mofphere ; il faut précifément que l’elprit d’air y pénétré par le conta#, comme nous l’avons expliqué. ^ Ce conta# ne marque qu’au fil de fer , & non à travers le verre ; au carreau de vitre, il fe donne fur la dorure ; ce qu’on comprendra aifé-ment. Le carreau de vitre qui fe charge d’eiforit de feu , ainfi que tous les corps éle#riques , dont on reçoit la commotion , la charge & décharge ne, different en rien : la caufe eli commune. Ges mots de décharge ne demanderoient- ils point une démonllration expérimentale par la balance ; il f^ut,ici nous contenter des effets relatifs que nous
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- Expérimentale. 155
- /entons , & que nous ne fendrions point fans cette charge. Nous ne pouvons pefer un corps éleétrique & non-éleétrique ; parce que comme électrique , il a toujours les pores remplis d’efprit de feu ; comme non éleétrique, ils font en parité d’efprit d’air & d’efprit de feu. L’aCtion qu’ils acquièrent, n’augmente point la charge. Cette légèreté elt dans l’atmofphére environnant -, conféquemment hors de ces corps , point de poids appréciable par la balance.
- S* ?. L’efprit de feu éleCtrique qui s’accumule , force le verre, & fouvent il perce avec éclat ; ceci . eft fort accidentel. Je fais les Expériences très-fré-I quemment : depuis plus de iix ans , il ne m’a ja-mais éclaté de bouteilles. Au re/le la polfibilité eft naturelle. Nous avons des bouteilles qui fe trouvent plus minces dans des endroits que dans d’autres ; où il peut s’être fait quelque petit globule, oh l’efprit d’air foit prêt à pénétrer , ou fe foit trouvé en réferve par quelque grain de matière, de fable, de terre, ou d’humidité , qui peut établir Une communication au dehors. Alors il eft: tout, feniîble que la réunion de l’efprit d’air du dedans , avec celui dé la main, doit faire un violent contaCh Si cet effet n’étoit pas accidentel, & qu’il vînt d’une trop forte comprefîion du total, la bouteille éclateroit différemment. Au reâe , il ne paroît point poffible qu’il arrive de la compreffion ; parce que l’efprit de feu arrête l’air, ilrre pénétré plus , tout cet air environnant foutient la bouteille » l’efprit d’air & de feu, lorfqu’ils font en aâion avec l’eàu o'u limaille’, ont de l’étendue pour exercer eette a&ion en tout fens. On remplit, comme nous l’avons obliqué , les bouteilles. jufqu’aux trois quarts, afin que l’efprit de feu puiffe être
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- 15 6 Electricité
- proportionné, & que l’efprit d’air des petits ea-naux ait de quoi exercer fcn adion, & former une atmofphére au-deflùs des globules d’eau. De même une bouteille trop petite, doit avoir une certaine quantité d’eau ou limaille, finon l’efprit de feu éteint l’a&ion de l’efprit d’air, & de l’air ordinaire ; il faut garder une proportion , dont la régie eft fouvent l’eflài.
- O BSERV AT 10 N S
- SUR LE QUATRIEME EFFET. ‘
- Une bouteille fêlée ^ qui tient cependant F eau, ne peut fe charger d'Eleéïricité 9 fi la fente efi adhérente à la main qui la tient• Pareille fente & coiffure k jour 9 ne diminue rien au cylindre•
- S. i. Ce quatrième effet du paflage du fluide éledrique à travers le verre, eft fort conteftépar M. Francklin, pag. 183. S* 8. » Il tient que nie » fluide éledrique avoit la liberté de paffer à tra-» vers le verre, il s’écouleroit par la main qui lui » offre un courant, tel qu’il fe perd & s’écoule, » lorsqu’une bouteille eft félée.
- Pour vérifier ce fait, j’ai caffé une bouteille remplie de limaille ; au lieu d’une felure que j’eulfe déliré faire, ils’eft fait en même tems fur le côté un trou en rond d’un pouce de diamètre, & la fêlure part de ce rond jufqu’au delfous delà bouteille. J’ai felé une autre bouteille fans trou, l’effet eft égal.
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- I. Expérience,
- Si on l’éledrife tenant la mainen-deflbus, vous fentez à chaque inftant que vous prenez la bouteille, une piqueure en contait, & la bouteille ne fe charge point, quoique la main y foie fore long-tems.
- II. Expérience. *
- J’ai pris cette bouteille d’une autre façon, fig. 58. plane. 6. j’ai mis ma main du côté oppofé au trou, & un peu éloignée de la fente ; la limaille étoit réunie pour ne point approcher de cette fente , cette bouteille s’elt chargée à l’ordinaire. .11 faut que le fil de fer foit un peu coudé en dedans pour toucher à la limaille ; fi on n’ufoit pas de cette précaution , la bouteille ne fe chargerait point. Avec ces précautions , on reffentira la commotion comme dans l’Expérience du carreau de vitre, du verre d’eau, & autres corps éledriques garnis de non éledriques.
- S. 2. L’elprit d’air ne peut pénétrer du dedans au-dehors, & s’unir au corps non éledrique dans toutes les façons de charger ; Jans quoi il eft im-poflîble que l’efprit d’air & l’efprit de feu réunis , ne faflènt fur le champ équilibre. Or la bouteille féléene contient plus d’efprit de feu rallié en atmof-phére, dès que l’efprit d’air a fon cours. Cet et prit d’air pafle d’autant plus librement à travers une fêlure, qu’il parcourt les pores des métaux & vafes qui n’en contiennent pas moins ces fluides , eau, vin , liqueurs, &c. Cette explication éft bien fuffifante pour fentir l’impoflibilité de cette charge.
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- jfyg • Electricité
- 5. 3. Quoique l’efprit de feu électrique ait un libre cours à travers lès pores du verre, il ne l’a
- Su’autant qu’on lui offre un canal. Mais nous avons émonrré que ce canal efl inutile ft-tôt que Fef-
- Frit de feu a pû fe réunir, & arrêter le cours de efprit d’air.
- S. 4. Une fêlure n’apporte aucun empêchement à l’effet des cylindres.. Je me fuis fervi pendant trois ans d’un, cylindre caffé. Sur la fin, il s’en étoic même détaché ün morceau de trois pouces de fuperficie , les effets n’en étoient pas moins vifs. Ainfi cela efl: égal pour affembler l’efprit de feu éle&rique par le frotement.
- $. 5. Laflâmene paffe pas à travers le verre; mais le feu y paflè. Je me fuis crû obligé de rapporter toutes les Expériences que j’ai tentées, pour me certifier ce méchanifme.
- III. Expérience.*
- J’ai éle&rifé un grand carreau de verre de deux pieds quarrés , au moyen d’une chaîhe qui tomboit aefîùs, fig. 59. plane. 6. & j’ai préfenté au-deffous de cequarreau, un plateau de verre fur lequel étoient de petites hachures de feuilles d’or : ce plateau étoit pofitivement au milieu , répondant à l’à
- Elomb de la chaîne. Ayant fait aufîï-tôt éleétrifer, îs feuilles d’or furent enlevées , pouffées & re-pouflees alternativement du plateau au quarreau.
- IV. Expérience. *
- J’ai mis des feuilles en divers endroits, toujours au-deffous du carreau j elles ont toujours été pouf-fées & repouffées.
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- Expérimentale:
- V. Expérience. *
- J’ai préfeïité de petites feuilles d’or au côté de ce carreau, elles font poulfées tantôt au-dedùs, tantôt au-deifous ; ce qui prouve indubitablement qu’il fe fait fur le champ une atmofohere à ce verre, qui circule autour, s’épanouit, & retourne en deffous pour s’adapter au plateau, où trouvant un canal, elles s’échappent.
- VI. Expérience. *
- Sur le même carreau, j’ai mis en monceau autour de la chaîne, une certaine quantité de ces petites feuilles d’or, comme on peut l'oblèrver en la fig. ci-deflùs citée. Elles font écartées de côté & d’autre ; en y préfentant le doigt, elles font repouffées à la chaîne.
- VII. Expérience.*
- S. 7. J’ai fufpendu par une foye une parcelle de feuille d’or ; je l’ai mile dans une petite bouteille, d’environ trois pouces de longueur , fur un pouce 6c demi de diamètre, la bouteille bien bouchée 6c malliquée. Ayant employé toutes lortes de façons pour éleârifer en dedans, la feuille d’or n’a donné aucun figne d’Eleflricité.
- VIII. Expérience. *
- S- 8. J’ai pris un grand bocal A. j’ai mis au fond «0 petites feuilles d’or hachées. J’ai couvert ce •ocal d’un autre verre concave, qui porte fur l’ori-
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- . Electricité
- fice du bocal, auquel je l'ai maftiqué. J’ai fufpen-du ce bocal par des foyes au condu&eur , figure 60. plane. 6.
- J’ai fait tomber une chaîne B. du condu&eur, dans le verre concave qui ferme la bouteille , & ayant fait éle&rifer, les feuilles d’or fe font enlevées du bas en haut afièz rapidement, donnant des marques de pulfion & répulfion.
- IX. Expérience•
- J’ai recommencé cette Expérience quelques heures après , elle n’a pas réulîi avec tant de vigueur ; ce que j’ai attribué au maftic, qui pou-voit être encore chaud quand j’ai commencé cette Expérience.
- X. Expérience. *
- J’ai pris une bouteille à Médecine dans laquelle j’ai introduit de petites feuilles bien menues. J’ai fufpendu cette bouteille à des foyes, fig. 61. plane. 6. les feuilles d’or ont été pouflees de côté, a cau-fe de la chaîne; elles, ont paru comme plus agitées par le goulot.
- X I. Expérience.
- J’ai vérifié le lendemain l’Expérience du grand bocal & celle de la bouteille, elles ont rendu les mêmes effets ; cependant le grand bocal n’a pas poufle & repouffe les petites feuilles d’or fi vivement que dans la première Expérience.
- XII.,
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- . . Ëxpïnmehtzdti 0%
- XII. Expérience» * _
- Si 8-» j’âi fait faire par un émail leur de petite* Wteilles longues eh figure d’œuf. J’ai mis dam chacune des feuilles d’or hachées , & les ai fait fermer hermétiquement. En ëledrifant'il ne m’a pas été pbïïïblé de remarquer aucun figne d’électricité , malgré la chaîne , '& de. quelque façon que j’àÿe çrél'enté lè doigt à ces petits Corps ixë qui m’a fait juger que la petite bouteille', privée en partie d’efprit d’air , ëtôit tout à coup chargée de feu, & que le feu du dedans efi fupérieur à l’air environnant.
- ~ XIII. Expérience, *
- J’ai reconnu la mérité dé cè fait, en ouvrant Un® de cé$ bouteilles; l’eîprit de feu dominant toujours t elle n’a ddnnë aucune marque d’EledHcr-té,-quoiqu’on ait porté lâ,màih au petit œüfyrÔfc qu’il y eût un petit fil défèr communiquant âtf ëë-dans. t-.. .
- XIV. Expérience. *
- >aî ëhfii.ite rhis du plomb granülé dans Céttb petite bouteille , afirid’y,introduire de réfpriç a’air y 8c a^ht porté ‘ le doigt ad fil de fèï dë cetté boutëiHè, j’ai réçü uri petit cOntad. /
- Si qv Fàifôris quëlqüS* réflexions- fur ces Expériences. Les quatre premières marquent biéh que le verre ell fur le champ imbu de l’efprit de feu ; que ce feu parcourt tout ce corps éledrique en tout fens, fans qu’il foit poflible de décider fi cet efprit de feu paffe à travers.
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- jéi Électricité
- * S. 10- Les cinq dernieres ne nous laifletlt aucun douce fur ce fait. Les premières, difons-nous, trop petites contiennent fur le champ trop d’efprit de ieii.pourdqnner cours à l’air d’agio* Mais danscel-les?<ci'ou cet air eft refervé, on y remarque & dif-'tlngpe fenfiblement ce courant d’efprit de feuélecr trique ^quoiqu’iln’y entre point d!air jnpuy,eau , jparçeqûe fefpxit de.feu. ayant,feulement un coûtant fous difterent,es colqnnes, il ne peût empè-t&'erjqu.eTeiprit d’air clés .petites feuilles nè s’umflè .aux .colonnes d’air, en fè. faififlant d’autant d’efprit de feu ; ces feuilles une fois'remplies font repouf-’lees, éc relient fans q&ion à la circonférence du verre jufqu’à leur décharge. J’ai prçfenté.le doigt au côtévis - à - vis quelqu’unes de ces petites feuilles. On . voit fouvent- celles -vis - à - vis de ce doigt ., donner cours à Tefprit de feu qu’elles .contiennent, par un petit:.mouvement qu’aucune des autres environnant ne reflent. On ne peut donc révoquer pn doute ce pafîàge de Pefprit ci e; .feu éleéfrique à travers le verre , quoiqu’il en fpit environné par l’atmolphere. qui s’y forme ; çette atmofphere ne s’y forme aflurément qu’après avoir d’abord rempli perpendiculairement , & en tout fens, tous les pores" dè ce verre, dont l’i-naûion ne nous permet pas de juger aifément dans .bien des Expériences. La plume, agitée dans le '.cylindre vuide d’aip & autres Expériences.de cette ’efpece, que Moniteur franklin rejette, fajçis pous .en donner la caufe , fe, trouvent jexpüquées^par ce ziiéchanifme. -,t
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- OBSERVATIONS
- SUR LE CINQUIÈME EFFET.
- La charge réfide dam la matière non éle ffri-* que7 elle porte le contact.
- S* i. Elle rélide dans la matière , eeïa eft certain» Nos Obfervations & le méchanifme en font d’accord, auffi-bien que i’Expérience, puifque tenant un verre d’eau chargé 4’éledriçité, fig. 53*. ci-devant plane» 5. l’ayant retiré tout doucement de deflbus le fil de fer, je porte, le contact a ceiul fur qui je verfe la première goûte d’eau»
- §» 2. Cette Expérience eft allez difficile» Jël’al recommencéeplufieurs fois , pour m’en affurer. J’aî penché l’eau au bord pendant qu’on éle&rifoit, afin de préparer la voye , c’efl~à-dire, l’atmofphe? re , fans quoi il y a comme impoffibilité de réuf-fir : parce qu’en verfant., quoi .qu’infenfiblement, l’efprit d’air, à le tems de repoufièr l’efprit de feu» L’eau ayant donné fon feu éledrique au corps non éledrique, c’eft-à-dire , à la main fur laquelle or» l’a jettée , j’ai remis de l’eau^ dans le verre ; cette eau a encore donné quelque figne d’éledricité, & en préfentant au dedans un petit liège , il eft pouffé au verre ; preuve infaillible que la charge n’eft que dans la matière. Quoiqu’il arrive qu’une même bouteille chargée de limaille ou plomb cr.anf» vafédans.un gobelet mis fur un gâteau ou dans une autre bouteille, ne rafîemble rien, & .quy remettant de nouvelle matière , elle donne marque d’éledricité, tout cela ne prouve rien\dg
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- _ MkÏÏrièïïi ' %
- contraire. ï)ans l’inftant qu’on a retiré la bouteille du cqndu&eur, fans fil de fer adhérent, l’air efl en preffion , & tend à renvoyer l’efprit de feu dans le verre ; & fi-tot qu’on touche , qu’on ôte, ou qu’on verfe, l’efprit de feu éle&rique de chaque cfarps efl rechafle fucceffivement au fond , tant qu’il y a adhérence : & infenfiblement il ne refie plus que l’efprit de feu accumulé dans le verre , il a fon at-mofphere, comme au cylindre. N’ayant pû être totalement détruit par l’écoulement , les petites feuilles y font pouffées & repouflees à l’approche dujdoigt. Si on met de nouvelle eau ou autres corps non éleéiriques en proportion de la bouteille, cette derniere matière ayant reporté des canaux à cette atmofpbere qui environne le verre , la première parcelle de matière, porte l’efprit d’air, qui fe faillit d’autant d’efprit de feu, & par continuité les autres, & la bouteille elt rechargée ; mais elle â beaucoup perdu de fa force. D’ailleurs je demande fi c’en dans le verre que réfide la charge qui fe fait au conduéleur ; on en a fouvent de fortes étincelles. Cé n’eft donc qu’au refpeél des corps non éleélriques que la charge fe fait. De l’eau qu’on jette avec une feringue à une perfonne fùr un gâteau , & dont on tire l’étincelle, celle qui tombe par continuité dans un vafe fur un gâteau, & quipoiv te aulîi l’étincelle, marquent bien que la charge efl dans la matière. Le verre n’efl que le réfervoir où s’accumule l’efprit de feu, & dont la difpofition SC la nature donnent lieu à la charge, comme la fontaine de héron donne lieu à une plus violente com-preffion que le fimple jet, fig. 8. plane. î. ci-devant, qui n’a qu’une première chute de l’eau dans la colonne d’air,au lieu que l’autre a deux contre une» Ayant donc rempli cette fontaine de héron, fig»
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- Expérimentafc*.
- 61. plane. 6. par le petit canal E. qu’on a ren--verfe pour cet effet ; ayant enfuite mis un bouchon à ce tuyau E. on redreflè la fontaine-, le jet en haut. Sur le champ une partie de l’eau A. fe porte en la boule B. en repouflànt l’air ; & l’efpace A. B. fe trouve vuide d’air groflier. Jettons promptement de l’eau dans le godet C, toute la maflè CL fur le champ fait choc contre l’eau. B ; & l’eau B. trouvant une iflue bien libre, s’élance avec violence , & fait un choc contre l’eau fupérieure A. dont l’élafticité & le choc font monter cette eau à un pied, & plus, au-deflùs de fbn niveau.
- S. 2.. Nous reconnoiflons même dans cette Expérience tout l’effet delà commotion,.par, le reflort de cet efprit d’air, qui étant plus léger entre les deux bouteilles A. B. refprit d'air reffèrré <$ç allié par l’eau,, étant beaucoup plus péfant, y fait d’autant plus de progrès en cnûte qui fe marque au? jet qui fort avec impétuofité. Ce jet forme contact à la rencontre, avec vent & fon, par fou activité k frapper la colonne d’air qui lui renfle.
- S. 3. Dirons-nous, à préfent que cette compref-fion vient de la bouteille? La propofition ferois bien abfurde & ridicule. Nous conviendrons donc que cette comprefljoneftdans la matière, c’eft-à--dire dans l’eau,.au refpeéfc de l’air que le verrez eft le contenant qui a facilité la raréfa&ionde 1’air* qui étoit intermédiaire aux deux phioles A. B. de-même que l’efpsit de feu éleéVnque à la faveur du verre eft en atmofpheFe autour des petits canaux, qui contiennent la matière , la charge : ils font: comprimés avec d’autant plus de force ,_ qu’il fêlait une-chute, un reflort,une nouvelle aCUyite pour vaincre cette matière aflèmblée entre ce& deux atmofpheres, comme nous avons dk à l’arci.-cle précédent. L iij
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- 166' . Electricité
- OBSERVATIONS
- SUR LE SIXIE’ME EFFET.
- la bouteille chargée par le conducteur y ou au cylindre , entretient fon atmofphere au dedans y lorfquelle efi fur des corps électriques ou fufpendus a des corps, électriques ? mais fi on approche , Io. un corps non électrique y ou quon la prenne dans la main , le courant d'efprit de feu change de direction avec aigrette. 2°. Un grelot fufpendu )t coté de cette bouteille y efi poujfé & repouffé fuivant ce changement £ action. $°. Deux bouteilles que l’on tient chargées ^approchées lune de 1 autre y ne fe déchargent point. 40. Si on approche luire à coté de lautre , elles fe déchargent toutes deux. 5°. Une bouteille chargée & approchée d'une, autre qui ne lefi point y la perfonne rejfent la moitié du coup, & les deux bouteilles; font a demi-chargées.
- S. i, Ce fixiéme effet a fon jeu & méchanifme dans l’a&ion de l’air & de l’efprit de feu,qui va--ïient & rétrogradent fuivant l’impulfion qu’un nou-^ sel efprit d’air leur occafionne*
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- Expérimentale* t&p
- I. Expérience
- S- La bouteille chargée par le crochet ou par le côté, étant tenue par un cordon de foye , fig.
- 63. plane. .6. on ne.remarque aucune aigrette au fil de fer A ; l’air ne peut agir fur ces petits canaux, limaille ou eau y au dedans de cette bouteille , à caufe de l’atmofphere d’efprit de feu dominant , marqué par des rayons.
- II. Expérkrpcé.-
- S* J. Mais portons-nous la main droiteau cuï de cette bouteille, en la lâchant delà gauche-, fig.
- 64. plane. 6. l’atmofphere du feu éledrique de-l’Expérience ci delfus , s’écoule d’abord par cette? main ; parce qu’alors l’air agit fur chacun de ces. petits grains changés ; il comprime & chafle ltef-prit de- feu, au meme inftant que l’air a pû- péné--trer l’atmofphere du dedans de cette bouteille/ à-la faveur de l’écoulement-qui s’efl: fait par lamaiu de deflbus. Cet air force l’efprit de feu de l’atmofphere du verre au-deflus de la limaille, de remonter par le fil de fer ^oîülfe.fait deux courants, jufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli. Ce courant ne peut fe luccéder au fil de-fer , fans fe marquer au dehors ; vû que l’efprit d’air entrant pour rem-, placer, fait contad avec l’efprit de feufortant „ Sc._ caufe ainfi l’aigrette.
- §. 4. 11 faut faire- attention, que îorfqu’on dît ici, & dans bien d’autres occafions , que l’air ne-peut entrer à caufe de l’atmofphere, ce rfeft qu’au-refped d’une adion marquée & caraderiféeau de«-hors j. car tenand&bouteille par le cordon de foye^
- Liiij
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- *68t Electricité
- elle ne fe déchargèrent pas moins infenfiblement ; parce que cet air environnant, tendant à ion équilibre , prendroit enfin le delfiis, & il n’y aurait plus d’Eleftriciré. Cette compreflion fe ait fans flâmq, comme aucylindre , dès que le froternent ceffe. S- io. &ri. duf. effet.çhap.4.
- III. Expérience.
- S- 5, Qu’on préfente au fil de fer ou à la bouteille une petite balle de .liège tenue par une l'oye. Ayant une fois touché le fil de fer, elle eft fort repouffée à la circonférence, comme lorfqu’ort la. préfente au cylindre pendant le frotement. La caufe eft auffi la même. $. 10. du 5=. effet, chap. 4.
- IV. Expérience.
- §. 6. La bouteille fur le plateau de verre , fig. 65. plane. 6. où tenue par le cordon de foye , eft la même chofe ; on en fait fortir l’aigrette en por-tantlamain au corps de la bouteille. Il faut que la bouteille foit bien chargée pour ces Expériences.
- V. Expérience,.
- S. 7, Si on fufpend un grelot par un petit fil d’argent à 5. à 6. pieds de hauteur, & à 4. ou 5. pouces de la bouteille , fig. 66, plane. 6, la bouteille bien éleftrifée, dans cette polition le grelot n’agit point, l’efprit de feu eft dans l’inaélion, l'air le comprime ians courant. Le.grelot lui offrirait bien un. petit canal, fi l’efprit de feu ne replioit delà même maniéré qu’il ell entré , jufqu’a ce qu’011, lui préfente un corps,[qui perce la première atmot
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- Experimentale. 16$
- phere, & occafione la répulfion de l’efprit de feu des petits canaux au dehors du verre, ainli que nous aurons lieu de le remarquer dans les Expériences fuivances. .
- $. 8. Si on porte le doigt ou autre corps non éledrique au fil de fer, fig. 6y. plane. 6. au même inftànt l’efprit de feu, qui étoitréfervé en at-mofphere dans le verre, au-deflus de l’eau, ou limaille , prend fon cours en perte par ce corps non éle&rique préfenté. ( On dit en perte, quand l’efprit de feu ne peut s’accumuler. ) La colonne B. a’efprit d’air, & fuceeffivement l’air, ayant trouvé jour à pénétrer l’atmofphere, agit fur les petits canaux , & tend à chafler & comprimer l’efprit de feu de cette fécondé atmofphere. S’il fe préfente le moindre petit canal, l’efprit de feu s’échappe en fuivant fon cours, la bouteille ayant été chargée par le crochet. L’effet eft cependant le même chargée par le côté, parce qu’il ne fe peut faire d» courant different ; lorfqu’on préfente un canal en-perte par le crochet, l’efprit d’air détruit) également l’atmofphere, & paffe aux petits canaux , enfeite repoufle l’efprit de feu à travers le verre, fi le canal qu’il trouve peut dominer ; auffi le grelot ne peut refier fans que l’efprit d’air dont il eft condudeur, ainfi que fon petit fil d’argent extrêmement fin, ne faffe une chû te-dans cette atmofphere , & n’y établiffe un courant d’efprit de feu, qui retient d’autant ce grelot au corps de la bouteille. L’air environnant reffemnt l’atmofphere qui diminue, pouffe & maintient le grelot contre les verre. Lorfque ce grelot s’élance fur une forte at-mofphere, en apportant l’efprit d’air , fa chute plus vive , L’agite , & le fait circuler autour de la uoutçille, Ce corps rond en arrivant avec viteffe »
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- jyo . Electricité
- ne peut dans cette chûte violente relier à fa colonne. L’efprit de feu eft fupérieur, il tend à écarter l’air à la circonférence ; dès que ce grelot a été écarté, il tombe fur une colonne latérale , circulaire à la bouteille ; quelquefois il fait le tour > l’E-le&ricité étant très-forte, le plus fouvent il eft renvoyé ; fon à plomb l’entraînant, il eft balancé jufqu’à ce qu’il puilfe fe fixer. Cet effet arrive fou-vent avec flâme par l’a&ivité de l’efprit de feu à s’unir, & à percer à côté de l’efprit d’air.
- VI. Expérience.
- S. 9. Si on préfente le doigt B. au corps de la bouteille, fig. 68. plane. 6. diamétralement au grelot, ce grelot eft repouffé ; parce que l’efprit d’air ne faifant plus fortir d’efprit de feu en perte par le crochet A. faute d’un écoulement dans les petits canaux , il n’y a plus de courant, plus d’adion ; l’efprit d’air que le grelot apporte, eft trop peu : le canal que le fil d’argent offre, n’eft pas non plus fuffifant pour donner l’écoulement à l’efprit de feu des petits canaux , & par-là operer la décharge de l’atmofphere fupérieure C ; ainfi il eft obligé de reprendre fon à plomb. Cette atmofphere n’étant pas détruite fi mbitement, on eft obligé de porter le doigt à la bouteille. Ce doigt dans l’inf-tant portant beaucoup d’efprit d’air à cette atmofphere , le canal qu’il ouvre à cet efprit de feu , la détruit bien plus vite, & le grelot quitte la bouteille. plutôt
- S. 10. J’ai vu quelquefois un contad à l’approche du grelot à la bouteille. La caufe eft la même que celle qu’on a donnée au S* 3* fur le troifié-me effet de ce chapitre.
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- Expérimentale. iy%
- $. n. Le doigt qu’on porte au fil de fer, ne donne point de contait, ou du moins très-peu ; parce: que l’efprit d’air nouveau eft en adion de répul-fion, & qu’il s’unit en compreflion, fans trouver de réfiftançe contre un corps qui s.’en va.
- VII. Expérience.
- S* 12. On prend deux bouteilles à l’eau non armées, qu’on charge parles crochets : tandis que vous tenez ces bouteilles de chaque main, approchés les crochets l’un de l’autre, vous ne reflèntés aucun choc, contad, ni étincelle, fig. 69. plane. 6. Tandis que nous tenons une bouteille chargée, l’ef-prit de feu éledrique a un écoulement en perte par celui qui tient, * & un dans l’air par le fil de fer. La péfanteur de l’air chaflê & comprime la première at-molphere A. enfuite la péfanteur de l’air B. agiflànt de la même maniéré fur l’eau, limaille ou plomb , qui font autant de petits condudeurs, rétablit infen-fiblement l’équilibre, en y fubftituant un autre efprit d’air & de feu ordinaire, &c. Ainfi approcher une bouteille chargée à une chargée, il n’y a ni étincelle ni choc ; le fluide éledrique n’a aucune aptitude à changer fon cours: l’air fait le même effet fur les deux. Elles ne fe déchargent que comme elles auroient fait fans être contiguës ; chacune a fon écoulement diftind, & il n’importe que ces bouteilles foient dorées ou non. ( On dore les corps des bouteilles depuis Sç compris le cul jufqu’aux deux tiçrs du corps, quelques-unes moitié. ) Dif-tindion que M. Franklin a omis , & qui eft ef-fentielle, au moins dans les Expériences fuivantes,
- * On a mis des petits rayons aux mains, pour marquer ee vourant,
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- Ij2 Electricité
- puifque les effets font differens. Pour faire fentîr cette différence, on remarquera dans la gravure une hachure plus pleine & plus noire , qui fera connoître celles qui font dorees. J’ai mis une f aux Expériences que j’ai cherché avec les bouteilles non armées, pour venir en comparaifon avec celles armées de M. Franklin.
- VIII. Expérience. t
- S* 15* Touchés le côté de l’une des deux bouteilles ci-deflus au crochet de l’autre, il n’en ré-fuite encore aucune étincelle , fig. 70. plane. 7.
- Dans cet état rien n’innove en l’aCtion électrique ; chaque bouteille a fon courant en perte par les mains qui tiennent, & l’air agit de même qu’en l’Expérience ci-devant.
- 5. 14. Mais fi vous pofés une des deux for un corps éledrique , & que vous la preniés par le crochet, approchés le côté de cette bouteille au crochet de l’autre, il en réfulte quelquefois une éteincelle, fans que les bouteilles foient déchargées.
- S- 15. M. Franklin a fait ces Expériences avec des bouteilles garnies : aulïi l’effet n’eft pas de même, puifque tenant la bouteille A. par le crochet , fig. 71. plane. 7. la bouteille B. tenue dans la main, comme ci-devant, a fa direction & écoulement del’efpritde feu éleCtrique par cette main B. & par le crochet C. feulement dans l’air. L’efprit de feu ne s’unit pas au corps A. pour s’échapper par cette main A. qui n’établit point de canal en perte à l’efprit de feu, par un écoulement fubit , faute de pouvoir pénétrer l’atmofphére des petits canaux, donc l’aCtion & décharge avec
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- Expérimentale. 175
- le tems , fe tournerait cependant imperceptiblement en renvoi par cette main A. L’air & l’ef* prit d’air environnant, ne fait que comprimer fé-parément l’atmofohére de chaque bouteille : la direction de cet efprit de feu, ainli fixée dans chaque atmofphére, l’air environnant, dis-je , les af-faiffe également ; au lieu que fi l’efprit d’air arrive par un corps non éleCfcrique, qui produife un échappement fubit de l’efprit de feu , les deux atmofphéres fe détruifent fur le champ ; ce qui forme la commotion & décharge des deux bouteilles.
- S» 16. On trouve quelquefois un fimple contaâ à l’union des deux courans de matières électriques* fuitout fi la bouteille efl humide ; quoiqu’il puiflè arriver par la grande charge de la bouteille, & par la chûte précipitée de l’efprit d’air dans l’atmof* phére, & par l’union de l’air, environnant à foa équilibre.
- IX. Expérience. î
- S* 17. Approchez les crochets l’un de l’autre, on fent la commotion , & une des bouteilles n’eft point encore déchargée, c’eft-à-dire, celle qui eft tenue par les crochets,fig. 72. plane. 7. & l’autre B. l’eft proportionnément à l’écoulement qui s’eft fait au moment de l’attouchement : fi on fait toucher plufieurs fois de la même maniéré, la bouteille B. fe trouve alors déchargée entièrement» La bouteille A. donne une forte commotion en la prenant lorfqu’on y porte le doigt ; d’où il efl: aifé déjuger que c’eft la bouteille B. qui a donné la première commotion, pujfqu’elle efl déchargée : ces effets font en tout aaccord avec le méchaniûne.
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- jprq Electricité
- Ce méchanifme fe préfente ici différemment ? l’efprit de feu électrique eft naturellement en perte par le crochet, & par la main de la bouteille B. par la compreflion de la colonne d’air D. La colonne d’air C. agit très - foiblement fur la bouteille A. à caufe de l’atmofphére première, qui fe cohferve à cette bouteille A. comme la main de la bouteille A. eft un corps non électrique,qui apporte par le crochet qu’elle tient, de l’efprit d’air, ainfi qu’un canal en perte à l’efprit de feu. Cet air arrivant aufli fubitement, que l’efprit de feu s’éclipfe , & crevant tout d’un coup, l’atmofphére première de la bouteille B. & la fécondé des petits canaux d’eau ou limaille , &c, on reflent tout à coup le coup de la: commotion, au moment de là réunion à l’équilibre:; l’effet eff: le même, comme fi on eût porté le doigt au crochet de la bouteille B. aufli ne faifant qu’un même cercle, la bouteille A. n’a pas fouflert la moindre décharge , puifque la prenant à la main, & touchant le fil de fer , on a, comme on l’a déjà obfervé, la commotion de cette bouteille A. n’y ayant èu.que la bouteille B. de déchargée.
- X. Expérience.^
- S- i-8. Les bouteilles non armées ne fe chargent par les côtés, que comme un condu&eur. L’effet n’en eft pas plus grand. Ayant retiré la bouteille qui touchoit parle côté au condu&eur, fi on porte le doigt au coté qui touchoit le conducteur, on a une très - foible étincelle avec un très - petit pétillement , fans rien remarquer, en touchant dans lin autre endroit. Si on pofe la bouteille fur un plateau, on obfervera de ne quitter le fil de
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- JZxpirimentâk. 175;
- fer, qu’après qu’elle fera fur ce plateau ; la reprenant enfuite en deflous, fi on touche le fil de fer* on a l’étincelle du contad, c’en-à-dire , telle qu’au condudeur.
- La bouteille non garnie , fig. 73. plane. 7. que l’on lient par le crochet contre le condudeur , ne fe peut charger ; cependant l’efprit de feu qui perce , & entre vis-à-vis les rayons qui partent da condudeur, va en perte par la main qui tient le fil de fer. Comme il ne fe fait point ici de courant d’efprit de feu éledrique, & d’efprit d’âir , mais feulement un écoulement en perte de l’efprit de feu éledrique, par la main de celui qui tienc la bouteille , les parcelles de limaille ou codons nés d’eau, répondant au fil de fer par la main., ne font que comme un fimple fil de fer, ou tringle de communication, où l’efprit de feu n’a pû s'accumuler au degré de chaflèr l’air , & d’y former utmofphére. Ainfi on n’en peut tirer qu’une fim*-ple étincelle : encore doit - elle être tirée de l'en* droit par où ce feu éledrique eft entré, & feulement vis - à - vis ; parce qu'ayant retiré la bouteille du condudeur, fig. 74. plane. 7. l’adion éledrique eft changée ; il n’entre plus rien par le côté
- 3ui touchoit au condudeur ; au. contraire l’efprit e feu de l’atmofphére fe diffipe par la main t l’efprit d’air abonde en charge fur les petits canaux; & fa fortie par le chemin qu’il s’eft frayé , occa-fionne une foible étincelle; parce que l’efprit de feu s’unifiant, & rétabliflànt l’équilibre, l’air fait un petit choc à fa réunion , bien different néanmoins de celui qui fe donne à la rencontre d’un pareil air, & lorsqu’il s’élance avec violence en traverfant fon atmofphére, Ici ce n’eft que fon Vnion à fon équilibre, l’atmofphére celfante ; ce
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- t7é ËleSrkitl
- qui doit s'entendre pour toutes les Expériences
- de cette efpèce.
- II. Expérience,
- S* 19. Les bouteilles armées fe chargent par le côté , & il eft indifferent de toucher la dorure par le côté qui étoit adhérent au conducteur, ou par deffous ; il fuffit qu’on en touche la dorure, pour avoir la commotion. -
- Ce méchanifme différé donc, à caufe que la bouteille eft garnie, fig. 75. plane. 7.
- Cette bouteille A. en cet état, eft comme une perfonne fur le gâteau : cetce perfonne eft le corps non électrique adapté en armure à la bouteille touchant au conduâeur. Le verre intermédiaire à la perfonne qui tient la bouteille par le crochet, eft le gâteau, qui porte à terre par la main qui communique au plancher, par ou fe fait l’écoulement de l’efprit de feu.
- L’attouchement dans ce parallèle, eft cependant different, l’un ne donnant que le contact ; au lieu qu’avec la bouteille, on reçoit la commotion.
- La commotion eft à raifon de la limaille , ou eau, &c. intermédiaire qui reçoit une charge, & qui fournit enfuite une fécondé atmofphere au verre, & la bouteille fe trouve chargée comme fi .on la tenoit par le cul, excepté que la perte d’el-prit de feu éleétrique s’en va ordinairement par le deffous, & qu’en cette efpèce , faction eft retournée : ce feu s’échappe par le crochet, ce qui arrive toutes les fois qu’on charge par le côté. L’efprit de feu électrique .& l’air, ont par continuité le même courant fur l’armure ; cet efprit de feu
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- Expérimental*, \yy
- prend fon cours au total fur chaque partie de limaille à côté de l’efprit d’air , gagne enfuite le deiïus , & forme atmofphére ; le fuperflu' a fa force & réfiflance contre l’air, il s’échappe par la main qui tient le crochet.
- La bouteille non armée, n’a pas moins fes petits canaux ouverts, & prêts à recevoir l’efprit de feu ; comme cet efprit de feu n’arrive que vis-à-vis l’endroit qui porte au conducteur , ce peu qui arrive , fe propage fans pouvoir fournir à toute la matière, comme fait l’armure, qui affemble dans l’inftant beaucoup de feu, jk à fuffire pour former l’atmofphére indifpenfable en cette aétion.
- §. 2.0. On ne conviendra point ici, qu’il faut, que la bouteille chargée par le côté, fe décharge par le côté , puifque le côté oppofé à la charge , comme le deflbus de l’armure, où la moindre partie touchée la décharge également ; chacune de fes parties étant contiguës, elles ne font qu’un même corps , dont l’Expérience nous vérifie le fait.
- Si M. Franklin eût pris la bouteille dans fà main , dans la forme qu’on a dit ci-devant, 8c qu’il eût enfuite porté l’autce main au crochet, la commotion qu’il auroit fentie, ne lui auroit pas permis d’avancer ce fait ; parce qu’il eft fort indiffèrent que l’effort fe faflè d’un côté ou d’un autre , lorfque l’agent qui frappe, a de quoi exercer fon adtion.
- XII. Expérience,
- S- 2i. Prenez deux bouteilles armées, chargées par les crochets , une dans chaque main ; approchez leurs crochets l’un de l’autre, il n’en reful-tcra , ni étincelle, ni choc ; le méchanifme eft le
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- même qu’au paragraphe 12. ci-deflus, feptiéme Expérience.
- XIII. Expérience.
- * $. 22. Pofez une des bouteilles armées fur le verre : levez-la par le crochet: appliquez Ton crochet àu côté de l’autre ; il y aura une exploüon, St les bouteilles feront déchargées.
- Nous avons à remarquer, que cette Expérience lté s’accorde point ayec la huitième , quoique la même dans le contai. L’armure change tout le méchanifme, fig. .76. plâftc. 7. de donne lieu à Une chûte d’efprit d’air dans l’atmolphére de la bouteille B. ce que la bouteille fimple non garnie ne fait point ; elle ne donne point de Courant à i’efprit de feu , lorfqu’on les approche,; au lieu qu’en celles armées, re'fprit d’airde l’armure A , qui tombe dans l’atmofphére du fil de fer & bouteille B, chaffe tout I’efprit de feu dé cette bouteille B par la main.qui la foutient, en détrui-fant les deux atmofphéres. De même que l’air C, arrivant à la bouteille A, à caufe du coûtant que l’armure a occaliohnë, détruit la première atmof-phére , Sc donne cours à I’efprit de feu éledrique des deux côtés ; fçavoir I’efprit de feu éleétrique des petits corps & canaux dans l’armurë A, & fucceffivement par la-main B, tandis què I’efprit de feu de la première atmofphére, s’échappe en perte dans la main qui. tient le crochet A, de forte qu’il ne fubfifte plus d’atmofphére. L’union de I’efprit de feu en s’échappant, a fa’ié un vuide très-léger; l’air circulant auffi vite pouf rétablir l’équilibre, on en reçoit toutè la charge ,' & la péfanreur en-contre coup. Enfin les deux bouteilles
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- font déchargées, en fe vuidant l’une par l’autre 1 comme un même canal.
- XIV. Expérience. *
- S* 23. Si au lieu de faire toucher le çrochet au côté , vous faites toucher les deux crochets , on relient la commotion .;, la bouteille tenue par le crochet, n’eft point déchargée ; le paragraphe 17. de l’Expérience 9. reçoit ici fqp application ; l’arr mure ne change rien à i’atmofphére du dedans de la bouteille en fe touchant par les crochets, ainii il fufEt d’y renvoyer.
- XV. Expérience•
- §. .24. Chargez deux bouteilles, l’une par le crochet, l’autre par le côté ; appliquez le crochet de l’une au côté de l’autre, il n’importe pas, il n’y aura, ni choc,, ni étincelle* La huitième Expérience ne fembleroit différer en rien avec cette derniere; cependant nous çfbferverops d’abord , hg. 77. plane. 7. que la bouteille ,B. a été chargée par le crochet, ôc qu’on la tient par le côté. La bouteille A. chargée ,par le côté , ed tenue par le crochet, ainfi tenues, elles confervent leur action .éledrique dans le même état que pendant •leur charge. L’écoulement de l’efprit de feu électrique de la bouteille Â., s’en fait par lecrophet; * ainfi l’efprit de feu éledrique eft dans cette même diredion. Celui de la bouteille B. eft en perte
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- parla main.; tous les deux tendent à s’éloigner l’un, de l’autre par l’adion de l’air C. qui fait échapper les deux atmofphéres par la main A. au lieu de faire venir l’efprit de feu en chûte dans le même courant ; ce qu’il faut pour produire le choc & la commotion ; l’efprit d’air de l’armure ne fait point de chûte au crochet B. parce qu’il ne peut mouvoir aucune colonne qui lui facilite un vuide , où il ait prife,comme la fontaine intermittente, quand l’eau eft au-deflùs de fon trou, 11. ioe. Expérience ,
- & la note. 2e. effet du préfent Chapitre; car dès que les petits canaux ne fe prêtent point à recevoir lefeu qu’il faudrait qu’ils entraînent pour circuler- aflez,& feire la décharge de l’atmofphére, la bouteille A. ne peut exercer d’adion fur la bouteille B. elles fe retirent aulîî vite l’une que l’autre : ainli point de décharge : cette Expérience eft la même que la feptiéme ci-deflüs.
- XVI. Expérience.
- $.25. Pofez fur le verre celle que vous teniez par le crochet, levez-la enfuite par les côtés, c’eft- à-dire, la tenant à la main. Préfentez les deux crochets l’un contre l’autre , il y aura ex-plolîon & décharge des deux bouteilles.
- Dans cette Expérience , fig. 78. plane. 7. l’action eft la'même qu’en la treiziéme. La,bouteille B. donne cours à l’efprit de feu éledrique par la main dont on la tient/Lé crochet de la bouteille A. par fa charge, a fon cours par ce crochet ; fon union avec le crochet B. ne fait plus qu’une même tendance & courant. L’efprit d’air de l’armure de la bouteille A. chargée par le côté , • trouve des colonnes «Sc cercles flexibles par la main A, qui em-
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- mene d’autant l’elprit de feu, 6c aînfi en perte par les deux mains ; ces deux bouteilles font en tout en union 6c parité. Elles ne font qu’un courant d’efprit de feu à leur approche. Cette approche lî fubite, écartant tout à coup l’efprit de feu électrique , l’air agit, 6c reprend équilibre en les déchargeant toutes deux , par le renvoi en contre coup dans les deux mains.
- XVII. Expérience. *
- $. 26. Si au lieu depréfenter les deux crochets * vous préfentez indifféremment un des crochets, au côté, il ÿ aura commotion, 6c la bouteille dont le crochet a touché , eft déchargée-;., l’autre redonne la commotion en y touchant avec l’autre main.
- Cette Expérience préfente de même courant au feuéledrique, que celle ci-devant. Mais le mé-chanifme eft. bien different dans l’adion, fig. jy*. plane. 7. La bouteille A. eft dans Pel'pèce de la neuvième ci-deflus; étant approchée de B. par le côté, Befpr-it d’air de l’armure de la bouteille, opère le contad 6c commotion en renvoi par la. main A. comme li on eenoit au lieu de l’armure, un fim-ple fil de fer ; l’efprit de la bouteille A. n’ayant fon cours que par le crochet, ne reçoit point de contad •> les rayons de feu qu’on figure à lamain A. font en perte de la bouteille B. ainii l’un va par un côté 6ê f autre par l’autre* Au lieu qu’en l’Expérience treiziéme, $• 22.1e courant de l’efprit de. feu accéléré toujours, 6c tombe dans l’armure; conféquem-ment ces bouteilles doivent fe décharger toute* deux.
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- XVIII. Expérience. *
- S. 27. Les deux bouteilles chargées, l’une par le crochet, l’autre par le côté, pol'ez fur le verre celle que vous teniez par le côté , reprenez-la pat le crochet : approchez les deux crochets l’un de l’autre, il n’y a ni étincelle ni commotion.
- L’efprit de feu éleârique des deux bouteilles A. B. fig. 80. plane. 7. a fon cours en perte par les mains qui tiennent les crochets, quoique le courant de la bouteille B. dût renvoyer fon feu éleârique par l’armure, & la bouteille A. par le crochet. L’air environnant l’armure B. ne donne point de cours à l’efprit de feu ; or il n’y a point d’écoulement précipité. Chaque bouteille le décharge par la compreffion de l’air qui fait Huer l’efprit de feu par les deux mains, fans arriver des deux côtés. Ce feu éleârique a plus d’aptitude à fuivre celui des atmofphéres , que l’air fait toujours remonter par les mains ou crochet A. B. 11 ne faut point perdre de vue que l’atmofphére de feu éleârique prend toujours fon cours par les crochets, pendant que l’air chalfe & rétablit l’équilibre dans Jes petits canaux de l’eau ou limaille.
- XIX. Expérience. *
- S. a8. Si on approche les deux côtés des bouteilles de la demiere Expérience tenues par les crochets, on reçoit la commotion, & les bouteilles font déchargées.
- Ces deux bouteilles, fig. 8r. plane. 7. approchées par le côté , forment la même marche éleârique qu'en la feiziéme Expérience. Cet ef-
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- prit de feu électrique en.fQrt.aut.de la bouteille B. prend un cours direft dans le corps de l’armure A’„ & en perte par la main A. La fecouflè ou d^ moins la commotion Ce fait à l’ordinaire par l’aif qui reprend fon équilibre.
- XX. Expérience* *
- $. 29. Si au Iku de toucher les deux côtés, ©n fait toucher indifféremment le côté d’une des bouteilles au crochet de l’autre, lès tenant toujours par les crochets, la bouteille dont le crochet a tour ché, refte chargée, l’autre fe trouve déchargée fç^ Ion la force d’Ëleétricité.
- Cette Expérience , fig.. 82. plane. 7. efl la meme que la. neuvième ci - deflùs. L’avion électrique paflè de la main B., en À. de même que fi ce n’étoit que la main B., qui eût touché avec un fimple fil de fer.
- XXI. Expérience* *
- S 30. Deux bouteilles armées, éîeétrîféès par les crochets, enfuite pofées fur deux plateaux de-verre , fig. 83. plane. 7. touchant avec un are de-fil de fer C.. les. deux crochets , les deux côtés, un côté & un crochet, point de décharge des bouteilles; mais fi on porte l’arc du crochet d’une bouteille à fôn côté, elle le décharge àrordinaire-C’efi: le même effet, fi,on charge une bouteille par le côté , 6c l’autre par le crochet..
- Le fil de fer en touchant aux crochetsa donné une petite étincelle fort foible.
- Les bouteilles ou crochets A. A. donnent? chacun. un courant à l’èfpnp de feu,, &ns avoir plu*
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- d’aptitude à s’unir par cet arc, que par l'approche des mains ; mais étabüffant par l’arc un courant en chûte , on en conçoit aifemem la décharge, fui vant qu’on la démontre»
- XXII. Expérience. *
- . $. 31- J’éle&rife par. le crochet une bouteille non garnie de dorure, l’ayant pofeé fur le plateau de verre ou corps éle&rique ; ayant porté l’arc du crochet au côté plufieurs fois de fuite, la bouteille ne fe décharge point totalement : lorfqu’elle eft armée , elle fe décharge au contraire tout d’un coup avec éclat, en une feule fois.
- L’approché de l’arc à la bouteille non armée , rend communément une très-foible étincelle au fil de fer;quelquefois il en donneune plus forte avec éclat, fans que pour cela la bouteille foit totalement déchargée. 11 faut la toucher plufieurs fois, & même plus de douze fois, avant de la décharger entièrement, l’efprit de feu fe confervant en renvoi alternativement au plateau. Ce même arc touchant au côté du crochet, prefqu’à la furface de la limaille, on remarque une agitation très-fenfi-ble à quelques-unes des parcelles de limaille de la bouteille non garnie.
- L’arc qui touche ne préfente qu’une très-petite décharge ou colonne B. à l’efprit de feu électrique , qui a fon cours par ce corps, & ne tire qu’une étincelle, fig. 84. plane. 8. Cet arc fur ce corps éle&rique, en donnant cours à l’efprit de feu, reçoit le conta# de l’air environnant, qui s’unit & remplace les côtés de la bouteille, lorfque l’a#ion eft violente : ce qu’on a expliqué, $• 1. *e. effet, $. 3. 3e. effet, S. 10. 6e. effet de ce Chapitre.
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- Experimentale. 18 j
- S- 3-î- Si la bouteille eft armée, il eft égal qu’elle foin fur un corps éleârique ou non électrique. Cette armure , ainfi que nous l’avons obfer-vé dans l’action éleârique , emmene & détruit l’atmofphére éleârique fur le champ, par la quantité de ces canaux réunis au corps de la bouteille. La chute & le contact étant yiolens, l’efprit de feu exerce fon aâion en tout fens : l’équilibre fe rétablit fur lechamp.
- S- 33. La limaille qu’on voit agitée , tandis que le fil de fer elt porté du corps de la bouteille non armée au crochet, marque l’adion de l’efprit de feu éleârique , que l’air agite en circulant par le petit arc qui lui offre un courant, & dont le renvoi avec éclat à la bouteille garnie , détruifant l’atmofphére du dedans, rétablit l’équilibre.
- XXIII. Expérience, t
- S- 34. Deux bouteilles, fig. 85. plane. 8. ai*-mées & garnies de limaille, l’une A. chargée par le crochet, l'autre B. fans être éleârifée, étant pofees fur des plateaux de verre ; ces bouteilles fe touchant par leurs crochets ; fi on touche les deux côtés de l’armure avec l’arc, il fe fait une explo-fion avec éclat. Celle qui étoit totalement chargée , fe trouve déchargée à moitié , & l’autre devient à moitié chargée. Si on touche les crochets, point d’effet. Si on touche du crochet A. au côté B. idem ; mais fi on trouche du crochet B. au côté A. il y a explofion.
- Si les deux bouteilles font tenues dans les deux mains , & qu’on les approche l’une de l’autre par les crochets , c'efl la même chofe que d’approcher l’arc ; on ne reflent que la moitié du coup, fig. 86. plane. 8.
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- EXPLICATION.
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- La bouteille A. en adion à l’approche de celle B. qui préfente un canal en perte a l’efprit de feu éledtrique , détruit ainli fa première atmof-phére. Ce feu éledrique, par fes mains ou l’arc produit l’écoulement des petits condudeurs de la bouteille A. en B. L’efprit d’air qui fuccede en A. pour rétablir l’équilibre , ne peut faire fortir le total de l’efprit de feu éledrique , parce que cet efprit de feu arrivant en B. y prend fon niveau par l’air fupérieur qui le contrebalance, comme l’eau dans un liphon qui tranfvafe une liqueur d’un vafe dans un autre , fig. 87. plane. 8. Or la commotion n’eft que de moitié , cet efprit de feu n’ayant fait qu’une Ibrtie de moitié, la chûte & renvoi de l’efprit d’air, & de l’air pour fe remettre en équilibre, a fait moitié moins d’effort que pour vaincre le total.
- En touchant les crochets des bouteilles avec l’arc, fig. 88. plane. 8. cet arc ne fait rien de plus que la chute de l’air grollier; il poulie en renvoi l’efprit de feu éledrique par le cul de la bouteille A. cette bouteille ne communiquant avec B. dans cette adion , cette adion, dis-je, eft fuperflue ; ellenefert ni à charge ni à décharge.
- XXIV. Expérience. *
- 5- J 5. Je prends une bouteille armée, ou non armée , je la pofe contre ma jambe nue, ou couverte d’un bas de foye ou laine, tout eft égal ; cette bouteille, fig. 89. plane. 8. eft fufpendue par une foye doublée, pour empêcher cette bouteille
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- Expérimentale. ï %y
- de tourner. Je porte de l’autre main un bout de l’arc à ma jambe au côté oppofé à la bouteille , ou vis-à-vis lè corps de cette bouteille , & l’autre bout de cet arc au crochet de la bouteille ; aulîl-tôt je relfens la commotion dans le poignet , de à l’épaule du bras dont je tiens l’arc ; * j’ai encore fenti au même mitant un froidement à la jambe vis-à-vis la bouteille.
- $. 36. Dans toutes les occafions où on s’ell fer-vi de l’arc pour toucher , celui qui le tenoit, n’a rien reflenti ; pourquoi dans cette Expérience la commotion fe porte-t’elle au bras ? Cherchons cette caufe , nous la trouverons dans les Expériences fuivantes, par lefquelles nous reconnoîtrons que le feu élearique , qui a coutume de prendre le chemin le plus court, fe détourne pourtant, lorsqu'il ell forcé.
- XXV. Expérience. *
- S- 3 7. Au lieu de l’arc fimple , je prends un autre arc qui a pour manche ou poignée un tube de verre , fig. 90. plane. 8. alors la commotion fe porte à la jambe des deux côtés ; l’efprit de feu éleélrique fort par le pied , ce qui occafionne un treiïàillement dans tous les doigtsdu pied
- XXVI. Expérience. *
- $. 3 8. J’éleétrife de nouveau cette bouteille; la tenant fufpendue, je porte un bout de l’arc fimple
- * On a distingué ce paflàge & courant de l’efprit de feu , & remplacement de l’air par des petits points » & des rayons pour la ibrtie de l’efprit de feu.
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- à l’armure de cette bouteille , & l’autre bout au crochet : elle fe décharge, fans que je reflènte le moindre contad.
- Cette derniere Expérience nous eft d’un fort indice pour le méchanifme des deux antérieures. Les deux atmofphéres de la bouteille que nous fçavons être au-deffus de la limaille, au verre & au-dedans, ou du moins autour de la matière, font forcées par l’efprit d’air qui arrive, & qui circule de l’une à l’autre, jufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli fans chercher à lortir par le bras. Les colonnes de part & d’autre qui accompagnent cet arc , cette courbe, n’ont pas plus d’aptitude à céder. L’efprit de feu trouvant à fe déchargerpar ce fil de fer où eft l’atmofphére, la chute de l’efprit d’air s’y porte, fans toucher à ce bras qui n’a reçû-aucun courant. Mais quand la jambe eft intermédiaire , alors ce courant interrompu, fe porte de la jambe à l’épaule , au poignet, de - la à l’arc, & de l’arc à la bouteille , comme fi la jambe étoit uneperfonneintermédiaire au fil de fer, & que cet arc fût une autre perfonne. L’atmofphére que fait ce torrent en paffant de la jambe au bras, remplacée aulîïtôt par l’air , porte le coup , le choc aux jointures, pendant que l’équilibre fe rétablit.
- Dans la fécondé Expérience, la colonne d’ef-prit de feu n’a aucune aptitude à prendre le long de la cuifTe & du bras. Ce chemin eft fermé par le verre. L’efprit de feu éleéfcrique eft obligé de prendre fon cours par le pied : forcé de fortir à l’arc de fer qui lui préfente un canal en perte par le pied , qui ne fait qu’un même courant ; alors la bouteille fe décharge, l’équilibre fe rétablit. Comme l’atmofphére a pris ton cours par les pieds, la malfe de l’air y porte le coup.
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- XXVII. Expérience.*
- §• 39- En cette Expérience , fig. 91. plane. 8. i’Eleéttriciré prend aufli le chemin le plus court. Dans la pofition fuivante, trois perfonnes reçoivent la commotion ; la perfbnne A. étant fur un gâteau , ayant la main à la bouteille ; la perfbnne B. fur une chaife, reçoit à fa jambe la main de la perfonne A. la perfonne C. porte aufli la main à la même jambe de la perfonne B. & l’autre main à la boule ou chaîne du conduâeur. Cette Expérience , dis-je, prouve que l’Ele&ricité paflè encore à travers les chairs de la jambe B. lorfqu’elle efl forcée, & qu’elle n’a point d’iflùe plus prompte, ou qui lui réfifle davantage ; elle part par le pied de la perfonne B. où elle fait une preflion fubite : au lieu que il la perfonne A. n’efl point fur un gâteau , la perfonne B. ne relient rien , & fila perfonne C. touche, il n’y a qu’un contait au bras qui touche ; & comme la perfonne A. tient la bouteille , elle reflènt pareillement ce contait.
- XXVIII. Expérience. *
- S- 40. Je mets mes deux jambes l’une contre l’autre, fig. 92. plane. 8- tenant la bouteille électrifie à côté ;une autre perfonne tenant l’arc, le porte au corps de la bouteille, & à mes jambes, au côté extérieur à la bouteille. Celui qui tient l’arc , ne reflènt rien. L’atmofphére ne fe porte point au corps ; elle pafTe à mes deux jamhes où elle porte le coup, avec treflaillement & commotion , & s’échappe enfuite par les pieds où efl la tendance & perte de l'atmofphere, qui fe forme au jnoment du choc.
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- EUBriciti
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- XXIX. Expérience.
- ’ $. 4t. Deux bouteilles chargées pofées fur une table à cinq oü fix pouces de diftance, l’une chargée par le crochet, l’autre par le coté , fig. 93. plane. 8. on fufpend une balle de liège entre les crochets de ces deux bouteilles ; ce liège pouffé par l’air de l’atmofphere du crochet B. en eft repouffé avec l’efprit de feu électrique, dont il s’eft chargé fur le champ en entrant dans cette atmof-phére , jufqu’au crochet A. y décharge Ion feu. Remporté de nouveau à l’atmofphére B. cette balle eft fuçceffivemènt lancée de l’une à l’autre bouteille : au lieu que fi ces deux bouteilles font chargées par les crochets, fig. 94. plane. 8. le petit liège ifeA: point porté au crochet A. plutôt qu’au crochet B. quoiqu’en dife M. Franklin , qui erre encore en fait, d’autant plus qu’on -a peine à le faire toucher à l’un ou à l’autre. En approchant la balle au-deffus , au côté, le petit liège eft toujours écarté, il ne devoir donc pas-dire page 51. » Lorfque le liège aura été attiré & repouflë par » l’un, il ne fera pas attiré par l’autre.
- Les deux atmofpheres qui rendent l’aigrette aux fils de fer, n’ont pas plus d’aptitude :a recevoir ce liège , l’une plutôt que l’autre. Ce liégeencre deux forces qui le repouflènt, n’a point d’aâion fupé-riëure ; il eft cependant fort agité. Car fi on approche cette petite balle., ou plutôt les deux bouteilles à la fois, à deux ou à trois pouces de diftance , ayant foin de les avancer uniformément , alors la petite balle refte en équilibre :; mais s’il arrive que l’une ait été plus approchée que l’autre , la petite balle tombe dam l’atmofphere
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- ËxperimentaUl X£f
- k plus proche , faille le crochet, & y refte tant que Patmofphere dure. Si la balle a trop d’écart, ou qu’elle foie d’une certaine péfanteur , elle s’en retourne entre les deux'crochets, fans nouvelle ac-
- Ce petit liège eft-il détaché, comme il eft empreint de l’efprit de feu, il a fon atmolphere particulière , il eft plus léger ; fi on lui préfente un corps non éle&riqùe , l’efprit d’air tombe dans cette petite atmofphere , & adapte à ce corps le liège mobile , par la preffion de l’àir environnant, jufqu’à ce que l’équilibre foit rétabli.
- XXX. Expérience•
- $. 42. La bouteille étant chargée à l’ordinaire , fi on quitte la main qui tenoit cette bouteille, pour la porter au canon ou conducteur , fig. 95. plane. 8. vous tirez une étincelle pétillante. Re-portez-la une fécondé fois, fi l’Eledricité n’eft extrêmement forte, vous n’en tirez plus d’étincelle ; mais allez à la bouteille, fi elle eft garnie de métal, vous tirerés l’étincelle ; fi elle n’eft pas garnie , vous n’ayez qu’une flâme fans choc. Touchez la bouteille garnie plufieurs fois , vous n’en tirerés point d'étincelle que vous n’ayez retouché le canon. Aiiïfi il faut aller alternativement du canon à la bouteille. Le même jeu des étincelles fe fait également étant fur le gâteau.
- S; 43* Que quelqü’autre perfonne tire la fécondé étincelle, elle n’en recevra pas plus de -feuélec-trique, l’acmofphere étant retournée.
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- Electricité
- E XPLICA1 là N.
- *9*
- Le frotement celle , ayant porté la main B , l’efprit d’air qui arrive au condudeur, comprime & renvoyé l’efprit de feu Eledrique au cylindre & à la bouteille , s’ils enj peuvent encore contenir ; & ce condudeur fe trouve déchargé , par l’ex-panfion qui s’eft faite de fon atmofphere d’efprit de feu éledrique environnant, tant au cylindre, à la bouteille , que par le canal en perte que la main offre en arrivant à cette atmofphere. Porte-t-on la main C. à la bouteille , elle'fournit un écoulement en perte de la charge_ des petits canaux de la bouteille , la fécondé atmofphere fe détruit ; l’air qui a prife, renvoyé l’elbrit de feu de la première atmofphere de cette Bouteille au «condudeur ; de forte qu’y portant la main, après avoir quitté la- bouteille, on reffent un contad, & il fe fait pareil renvoi d’elprit de feu & d’air, juf-.qu’à extindion & réunion a l’équilibre.
- XXXI. Expérience.*
- $. 44. Je defeends dans un récipient, la bouteille de limaille, chargée par le crochet; cette bouteille eft tenue par une foye longue de trois pieds; cette foye eft attachée au condudeur ; le fond du récipient eft couvert de plomb granulé, oh j’ai femé de petites hachures de feuilles d’or. Je fais éledrifer fortement, ces petites feuilles ne donnent aucun ligne d’Eledricité; mais ayant joint la chaîne du condudeur, fig. 96. plâne. 9. jufqu’au crochet de la bouteille, dans l’inftant les petites feuilles font agitées pendant quelque tems ; elles
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- Expérimentale» lo^
- s'écartent enfuite à la circonférence, 5c ne donnent plus de lignes d’Ele&ricicé , quoiqu’on porte la main vis-à-vis.
- Mais ii au lieu de porter la main en deflous du récipient, on la porte à la chaîne de la bouteille, après avoir celle d’éle&rifer, dans l’inftanc ces petites feuilles font agitées de nouveau , poufïees 5c repouffées avec vivacité, jufqu’à ce que l’armof-phere foit totalement détruite.
- Si on met. la main fous le récipient pendant l’éleétrifation, l’effet ne continue pas plus, que lorsqu'on a Simplement touché , parce que la main reftant, emporte l’Eleélricité en perte.
- S» 45. Cette derniere Expérience jointe aux autres , ne confirme t-elle pas évidemment tout l’ordre 5c méchaniime de l’efprit de feu Eleétrique ; que ce ne font point ici des efforts d’imagination bazardés. L’efprit de feu qui s’échappe par làfoye* «fl fi fubdivifé à l’infini, 5c fans reflbrt , qu’il, fe perd fans faire d’atmofphere,, où l’efprii: .d’air du crochet de la bouteille purifie 'arriver, pour établir par continuité un courant d’elprit de feu dans la bouteille.
- La chaîpç ou. fil fdè fe* qpi Joint le crochet , efl dans4’«rpeée orc^nâir«.-L’efprit-de feu étend fes rayôns , forme atmofphere au dehors de la bouteille ;.- cet efpriç de feU.fe.marquë par l’agitation des petites feuillès : .là Jftain donnant un libre cours au fuperflü de fai -Seconde atmofphere de cette bouteille,. ce^petits^eôrps font au (fi une petite atmofphere; à leur point, l’atmof-
- phére extérieure de la^outeille prenant le deifus, ils ne marquent plus d’aétion ; ils font écartés à la circonférence, 5c unis aux corps éleéfriqvies, jui— qu’à ce que le feu de l’atmofphere loit tout difîîpé.
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- *94 •. . Électricité
- Alors l’écrit d’air des petites feuilles arrivant de nouveau a l’atmofphere de la bouteille, agite encore les petites feuilles d’or.
- $. 46. Si on porte la main B. au crochet, en retirant celle A , n’établit-elle pas encore vifible-xnent un autre courant à l’efprit de feu par ces petites feuilles, dont les atmofpheres au dedans de la bouteille ,& au récipient, fe trouvant détruites , donnent un libre cours à Pair pour agir ? Ces petits corps dégagés recommencent de nouveau leur jeu éledrique.
- On s’eft fuffifamftient étendu lur cette propagation du feu éledrique. Le chapitre des articles fé-parés renferme encore des Expériences qui y auront rapport. Voyons à préfent s’il ne nous refte plus d|éffet$ nouveaux : la couleur, le vent, le petit cri ou fon qui accompagnent les aigrettes, l’odeur de cèfeu éledrique, & les pointes pour produire les écoulemens éledriques , feront l’objet du Chapitre fuivant, en quatre fedions.
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- Experimentale;
- m
- CHAPITRE VII.
- De Codeur, de la couleur des aigrettes , du fon, du vent ou fixement, jointes
- jour jroduire les écoulemens Electriques.
- SECTION PREMIERE.
- De la couleur des aigrettes lumineufes & des étincelles électriques.
- S» i. T A couleur ne fe préfente à nos yeux que JL; rouge dans fon principe & fa fin. L$s étincelles des pierres à fufil & du briquet nous marquent ces différences, $. 19. chap. 2.. ainfi qu’un charbon bien confommé , le champignon d’une bougie, d’une lampe , où l’air n’a plus.dation , n’eft que rouge ; au lieu que le feu de flâme eft d’un rouge blanchâtre mêlé de bleu au fortir du corps combuftible ; Ces mélanges nous laiflenc entrevoir toutes les couleurs des efprits dominais. Le feu mélangé à la terre, dégagé de l’air, eft une pétrification dont le mélange produit une couleur jaune-citron ; mais ce feu fe marque-t-il avec l’air
- rie frotement ou communication , le rouge, bleu & le blanc s’y diftinguenc , & le jaune eft peu fenfible aux yeux ; le rouge pour le feu do-• menantle bjanc pour l’efprit d’air, le bleu pour le firmament, comme l’orbe général de tout,;& le citron pour la terre ou fouffre allié au feu.
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- •Électricité
- dans nos yeux , ne vient que du plus de domina-‘tîori de l’une fur l’autre , qui en change les nuances & la tranfparence. Tout feu & lumière rend ces couleurs, li on les obferve avec les priûnes.
- I. Expérience, *
- Comme PEle&ricité eft toujours le même feu, fa couleur , ne s’échappe point aux prifmes. Les aigrettes nous permettent peu de recevoir toutes les couleurs : mais fi on porte le doigt , & qu’on obferveexadement à chaque étincelle ou conta#, les couleurs s’y diftinguent, comme en la flâme de la bougie.
- ' $• 3. La confômmation des corps terreftres mé-
- langés & brûlés par les fpirirueux , nous laiflè une cendre grade opaque, qui eft le noir , dont le mélange aux autres remplit toute la variété de -nos couleurs , dans leurs differentes nuances & 'tons.
- II. Expérience,
- Prenés une baguette d’un pied & demi, atta-chés-ÿ des rubans , qu’on nomme faveur, on peut j '• leur donner un tiers d’aulne de longueur. On les éloigne d’environ deux pouces les uns des au-très, & tenant la baguette par un bout, on les préfente parallèlement aü conduéteur , à un pied plus -oh moins, fuivàht le tertis, fi g. *97. plane. 9. Le ruban noir efl pouffé au conducteur de plus loin 'que les autres ; après lui le blanc , le rouge, le bleu, le violet, le jaune.'
- $• 4. Cette approche , cette accélération differente des couleurs y éft fondée enraifon de leur légèreté, & cette légèreté à raifon de l’efprit de
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- Experimentale. 197
- feu qui y domine , & de la matière-qui tient le grain de Coye plus ou moins ferré. Cette eau le & méchanifme elt fimple & fenfible, quoiqu’elle femble fe contrarier ; car fi le noir ell plus fpiri-tueux & plus léger, il devroit être moins pouffé que le blanc, le corps, plus péfant ayant plus d’aptitude à tomber dans l’atmofphere éleétrique ; ce que nous éprouvons en cirant ou en mouillant le ruban qui approchoit le moins : car en cet état il. s’approche & fe précipite plus vite-
- EXPLICATIONL
- S- 5. Le ruban étant très-électrique, la colonne de feu ébranlée fe porte au ruban, pour y établir un canal en perte. L’efprit d’air environnant, s’adapte à ce ruban, & le pouffe en allant en chûte au conducteur. Le ruban par là couleur a le grain, plus ou moins ferré , & l’efprit d’air y a aulfi plus, ou moins dfe prife ; mais s’il ell mouillé, ciré , ou gommé, l’air a bien plus de prife , &. ce ruban fe précipite plus vite.
- SECTION IL Eu fixement ytm fin étittrjqueavec vent..
- S-. i. Cè Ipuffle , cevenc,.ell.une fuite des chutes de l’aiçpéfant.dans les.differentes atmolpheres» de fa fortie-, de fon entrée dans les different canaux ; cette aôion ne fe peut caraCterifer autrement : fa fortie ,.fon entrée tranchées „& preffée à ces canaux, eii inévitable. L’Expérience de l’éolipile fl familière, nous difpenfe, d’en, dira davantage
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- rÿSr Electricité
- cependant n’ayant pas toujours une éolipile fous nos yeux, qu’on obferve à fon défaut une pom-me qui cuit ; fouvent l’air yeftfi comprimé par la raréfaction du feu , que cette pomme crève avec un cri ou fiffiement : il en efl de même de' l’Ele&ricité, la compreiîîon de l’air environnant fatmofphére, & l’ilfue que cet air a par les carrés ou pointes, où l’atmofpnére du feu n’eft pas fi réunie ,• que l’air n’y puiffe entrer, & y prendre cours, en faifant fortir l’efprit de feu électrique, cette compreflion & iffue, dis-je , ne fe peut faire fans fiffiement, cri ou fon & fans vent. Cet effet efl une fuite dépendante de l’adtion.
- SECTION III.
- De Codeur.
- S. i. L’odeur que le frotement produit , en accumulant l’efprit de feu électrique , efl dure, pénétrante prefque comme le Phofphore d’Angleterre , le fouffré^ allumé ; c’efl l’expulfion où départ des parties acqueufes, gra(Tes & terreflres de l’air greffier , dont les colonnes font frappées & refoulées, que l’efprit de feu éleârique cnafle des corps non électriques, ferrugineux & fulphureux.
- $. 2.. Cette odeur tient toujours de la nature du corps qu’on éleélrife : car le plomb granulé élec-trife, rend une odeur femblable à celle qu’on ref-fent, lorfque l’on fond du plomb.
- La même chofe nous arrive dans le feu ordinaire : qu’on y jette un os, &c. l’pdeur ne change-t-elle pas tout à coup par l’adtion de ce feu à aif-fiper toutes les parties grades. Le couflina à caufè
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- Expérimentale-. jpp
- du ciïîç qui s’échauffe, rend une odeur d’un cuir approché du feu. Mais il ne le manifefté aucune odeur au verre, qui étant engendré dans i’élement du feu, eft dégagé de toute terreftréité.
- SECTION IV.'
- Des pointes pour produire les écoulement E le étriqués*
- Les pointes ont été l’objet du premier Chapitre , rélativement aux faits dont on a dévoilé l’erreur & l’abus.. L’inutilité des pointes & leur foi-bleffe, a été légèrement retournée en puiffance dominante ; c’eft ce qu’il faut actuellement prouver.
- S. i. Nous avons démontré l’erreur défait, Sa qu’il étoit faux que la pointe pût à un pied arrêter & diffiper l’Eleétricité ; qu’elle ne l’arrêtoit pas même à un pouce de diftance. Sa puiftànce eft. encore inférieure en tout point : car que je préfente le doigt à un pied du conducteur étant fur le-gâteau, je fuis plus fortement éleétrifé,,qu’avec la pointe d’une aiguille. L’Eleétricité fe communique à un guéridon de for éloigné de plus d’un pied d’Une chaîne qui rient au conducteur.
- §. i. Outre cette erreur que je veux bien paffer pour un inftant, dès que je répondrai que cette pointe& mille autres', tel qu’un hériffom, fig. 103.. plane. 9. expofées à l’atmolphere du premier moteur , ne produifent aucune diminution, que toutes fè chargent également ; ce qui. eft un fait véritable , fi elles font lur de bons gâteaux, ou luf-pendues par des foyes. Je demande ii je ne puis.
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- ras conclure avec plus de vraifemblànce, que fa barre eft de toute inutilité , Sc que le feu qu’elle nous fait fentir & appercevoir , provient du premier moteur , & non du conducteur.
- §. 3. Je fçais qu’on a dit que le feu éleélrique fe portoit d’un nuage à un autre, & que dès-là on ti-'Ut que ces de^x nuages font à l’inftar du conducteur : fi on eft rempli de fon fujet, & qu’on con-noifle les effets de l’Electricité , on fentira d’abord combien on en a impofé ; parce que pour que le nuage foit à l’inftar du condudeur, il faut qu’il foit aufîî à l’inftar des effets ; ce qui n’eft pas à beaucoup près , car aux çondudeurs il n’y a jamais de commotion , il n’y a qu’un eontaéh
- S. 4. Pour expliquer la foudre, on nous donne pour coùiparaifon la commotion qui a un autre principe* Que l’Auteur & fes Partifans s’accordent donc avec eux-mêmes* Il ne faut pas que les parallèles difeordent, finon c’eft un piege où lton attrape ceux qui vont fur la foi des autres , Sc qui ne rénechilîènt pas affez. Mais vient-on à l’Examen, la pointe eft émouffée, affoiblie jufqu’à l’inutilité, par la fauffeté de ces comparai fons.
- §. 5. On a mis une barre d’où l’on tire de? étincelles pendant un orage; on aerefejc.plus rien après l’orage paffée, donc la barre a détfuit &-di£ fïpé l’orage. Voilà comme le Public raifonne..
- Raifonnons préfentement par principe ; en établi fiant un courant dans les corps non éledriques, ils n’expulfent point la matière, elle y réfide toujours : ces corps ne fervent que de jeu Sc canaux capables de lui donner cours , dès que le frotqment l’anime. C’eft une montre qui a toutes fes roues toujours prêtes à marcher ; mais il faut que le xno-teur foit monté, enforte qu’une parcelle ayant cté
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- Expérimentale. ±ot
- animée de cet efprit de feu électrique, elle communique auffi-tôt avec toutes celles qui lui font contiguës, ainfi que le choc des corps communique fon aCtion à toutes les boules qu’il touche. Cet efprit de feu arrivé au bout du conducteur , s’attache aux autres parcelles du dehors. Comme ce font autant de petits corps libres & légers, ils s’écartent à la circonférence, tant que Fefprit de feu peut les pénétrer & dilater ; enfuite il rétrogradé en tout fens, ce qui forme l’atmofphére, ainfi que nous l’avons déjà expliqué, chap. 5. ae. effet, S* 1. & 1. Cette atmofphére formée, il n’y a plus de courant, que ce qui s’échappe par les foyes ou fupport , ou lorfqu’on y porte quelque corps nouveau, comme fi à un mouvement on joint de nouvelles roues, ou au choc des corps une augmentation de billes.
- S. 6. Or la moindre parcelle d’efprit de feu électrique de l’atmofphere du frotement, fournit la vie & l’aCbivité jufqu’au dernier globule, où il puifle fe propager & exercer fon adion ; c’efl-à-dire à tous les corps non-éle&riques fufpendus ou foutenus par des électriques ; dès-là fi la barre tire fon efprit de feu du premier moteur, ou d’un corps de communication , auquel ce premier moteur fourniffe, il n’y a point d’altération.
- S. 7. Si on établit une communication du plancher à la terre par un fil de fer, qu’on a indiqué pour faire l’écoulement de la nue électrique , l’écoulement fe fera bien au refpeéi de la barre ou condu&eur ; on n’aflemblerà plus d’atmofphére par l’épanchement fubit qui fe feroit fait de l’ef-prit de feu dominant en furcharge , mais ce principe de feu ne fera pas détruit. Voyons-en la preuve par comparaiiôn. Lorfque nous portons la main
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- %<y% Electricité
- au condudeur, communiquant d’ailleurs au plancher , nous obfervons que ce conducteur ne fournit ni étincelle ni contact : les plaques de ce conducteur adhérentes au cylindre ou globe, & le couffin n’en donnent pas moins leur lumière , qui marque fenfiblement qu’il ne fe fait aucune diminution du feu électrique, qu’opère le frotement. Ce feu, quoiqu’il ne puifle s’accumuler pour faire atmofphere, ne coule pas moins dans les barres, ou dans la perfonne qui porté la main au conducteur. Or fans atmofphére extérieure , ne pouvant pénétrer au-dedans des edrps, nous n’y reconnoil-fons point le courant de ce fluide électrique : ainfi qu’une cloche ne peut propager le fon au-delà de fon conducteur, ou du corps qui forme la cloche, fi l’on fe fert pour battant d’un fimple clou d’épingle contre une cloche dix millle fois plus grofle que ce battant. Si le corps de cette cloche eft au contraire plus mince , en proportion que fon battan ; l’atmofphére du fon, ou fa propagation fera étendue proportionnément aux colonnes d’air ébranlées par la force du frotement dé ce battant ; & même cette propagation augmentera toujours graduellement a la cloche, fi elle eft toujours auffi mince. Si cette cloche eft augmentée en grandeur , épaiflêur & maflè, le choc, le frotement de ce battant ne fera plus fur des corps égaux, la maflè arrêtera le fon jufqu’à zéro. Pe plus fi vous portés la main à une cloche ordinaire> vous interrompes cette atmofphére , comme celle de l’Eledri-cité, qui eft très-comparable au fon dans la propagation de fon atmofphére, & dans la célérité de fon contad , nonobftant le fentiment de M. le Monier, qui détermine la vitefle de l’Eledricité trente fois plus grande que celle du fon.
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- Expérimentait. ioy
- S- 8. Si M. le Monier eut comparé l’effet de la propagation éledrique dans le conducteur , rélati-, vement au premier moteur & au frotement, il n’eût point trouvé cette différence dans l’efpece-ci après.
- I. Expérience.
- Si je mets un canon de fufil pour condudeur de l’efprit de feu éledrique, qui part de notre cylindre, on remarque que la propagation efl fubite.
- S* 9. Mais fi je prens vingt - quatre barres de fer de neuf à dix pieds , les ayant fait mettre fur des bouteilles , l’Eledricités’eft propagée par degrés , 8c a été trois fécondés pour arriver du condudeur à la derniere des barres diflribuées dans trois fal-les. Comme j’avois commencé par mettre ces barres les unes après les autres, j’ai remarqué qu’après douze coups d’archet, le frotement arrêté , on ti-roit jufqu’a vingt-trois étincelles de fuite de deux barres , au lieu qu’on ne tiroit que douze étincelles de fix barres , & feulement trois ou quatre des vingt-quatre ; bien entendu que chaque fois on les a rééledrifées. J’ai enfuite établi une communication à la barre que j’ai fait pofer fur la mai-fon ; ayant fait joindre un fil de fer du condudeur de cette barre à celle de mon cabinet, ( cette barre a plus de quatre-vingt dix livres de fer, à caufe de fon pied triangulaire qui pofe fur trois bouteilles , ce pied eft fait dans cette forme triangulaire par la néceffité du terrein, & pour être tranfportable , le fil de fer a encore plus de cinquante pieds , ) les étincelles y ont été portées, en s’affoibliflknt néanmoins à peu de chofe près du degré des autres.
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- £04 Electricité
- $. io. La matière étant la même dans ces corps» comme au premier condu&eur, elle n’a befoiit que du choc pour recevoir fon activité, & pour former enfuite lbn atmofphére. Chaque parcelle relative établiflànt fon courant, j’ai jugé que ce choc étoit interrompu, ou du moins que l’efprit de feu éle&rique fe perdoit : j’en ai attribué l’écoulement au fupport. En effet j’ai mis par terre, autour des bouteilles , fig. 98. plane. 9. de petites parcelles de feuilles d’or fort menues, & ayant éledrifé, ces feuilles d’or font pouffées & repouf-fées au verre. Ainfi cette perte de l’efprit de feu, qui s’accumule fur le verre , fait qu’il ne fe fai t prefqae point d’atmofphére aux barres ; ce qui a occafionné le retard , & a empêché leur grande charge. Ces feuilles d’or agiffent plus fenfiblement à la première barre qu’à la fécondé , & à la 3 e. qu’à la 4e. où elles ne font prefque point fènfibles.
- §. 11. Alluré de cette perte, qui ne fe remarque point à mon canon de fufil, à mon porte-voix fuf pendu par des cordons de foye ; j’ai fùfpendu de même plufieurs de ces barres, çlles ont augmenté l’Ele&ricité, au lieu de fe trouver plus foible qu’à, mon canon ordinaire* J’ai pofé enfuite la première barre, d’un bout fur un gâteau, communiquant de l’autre bout aux autres barres Apportées par des foyes ; malgré la maflè du gâteau, je n’ai point remarqué de diminution au refped de la foye.
- S. 12. Ce que j’ai obfervé de particulier aux barres fur les bouteilles, c’efl: que les étincelles, quoique foibles, s’y tirent en plus grande quantité ; parce que le verre qui accumule l’efprit de feu éle&rique, fait atmofphére, en rend alternativement aux barres, dès qu’on les décharge ; au lieu
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- Èxpirimentale. ±ôÿ
- que dans le conta# des autres barres, ou conducteurs pofés fur des foyes ou gâteaux ; tout l’efpric de feu éle#rique efl en perte par celui qui porte le conta#. Expérience 30e. $. 42. 43. chap. fixié-me, 6e. effet.
- Il faut donc entendre que lorfqu’il fera queftion de la célérité de la propagation, on n’admettra point ces fortes de conducteurs extraordinaires.
- La propagation des condu#eurs fur les foyes, ou corps réfineux, eft femblable à celle du fon, en tant que nous comparons le battant avec la cloche, comme la communication du frotement avec le condu#eur. Car au même inflanc que ce battant a frappé , toute la cloche entière efl ébranlée en toutes fes parties ; il y a irrégularité dans la com-paraifon de M. le Monier.
- L’efpace que le fon a parcouru pour fe faire entendre, éllun fécond effet, qui ne peut s’appareiller avec la propagation de l’Elearicité ; car cet efpace ne peut aller en parallèle qu’avec l’étendue de l’atmofphére éle#rique, qui s’accroît fuccef-îivement, & proportionnement à la réfiflance & à la force de l’Ele#ricité.
- Le coup du battant de la cloche repouffe tous les petits globules d’eiprit d’air & de feu dans tous les canaux. Leur choc violent, le conta# que donne ce battant, ébranle tous ces petits corps réunis , qui augmentent l’a#ivité du fon, qui fe perd d’autant moins , que dans la forme fphérique, ils reçoivent dès angles en rayons de renvoi des uns aux autres. Ce mouvement ébranle la mafle de l’air environnant qui fe trouve dilaté dé plus en plus, & forme l’atmofphére du fon d’autant plus grande, qu’il trouve moins de réfiflance dans cet air environnant.
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- $. 13. C’eft auflilaraifon pourquoi dans l’Eleétri* : cité un condu&eur de ferjblanc , ou carton garni de feuilles d’or ou papier doré, & généralement, tous les corps ronds, produifent proportion gardées plus d’atmofphere que les fers carrés ; l’efprit d’air environnant l’atmofphére, y a moins d’iflùe.
- §. 14. Difons donc que la célérité de la propagation , & tout choc de corps contigusmais libres dans leur fortie, eft inftantanée , & enfin la . même ; fauf les atmofpheres qui different à s’étendre , eû égard à la réfiftance qu’elles trouvent dans l’air environnant, & à la force qui les agite. Le coup de battoir, la lumière du canon, &c. de cette efpece, la propagation de ce battoir à la balle, l’attouchement du feu à la poudre du canon, font la vraie propagation de ces corps ; mais l’atmof-phére ou efoaee, où nous les entendons, eft comme l’atmolphére de l’Eleétricité & du. Ion.
- IL Expérience,
- S. 15. Je rapporte finalement l’Expérience de M. le Monier ; il avoue , qu’elle l’a fort embar-ralfé, & qu’elle a rènverfé tout le fyftême qu’il s’étoit formé ; il a.fufpendu 1314. pieds de fil de fer fur des cordons de foye, fig. 99. plane. 9. & . ayant éleârifé ce fil d’archal : » Si on approche le doigt ide fon extrémité A. l’Ele&ricité celle » aufiî-xot à. l’extrêmiié ;B. Or il eft vifible que m la matière répandue dans toute fa longueur, eft,
- 'pour ainli dire, rappellée fur fes pas, & fe porte y> vers le doigt. On ne fçauroit dire que cette » matière foit élancée dans le métal par l’explo-• » bon de l’étincelle, puifqu’elle fe porte au con-» traire vers l’endroit où fefait cette expiofion, ,& » la produit peut-être elle-même.
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- Expérimentale. s&p
- Si le fyftême que M. le Monier s’étoit formé , eût été celui que notre méchanifme nous développe , il eût reconnu, ce fil de fer étant éledrife , & l’atmofphere formée, que ce fil de fer, dis-je, eft femblable au réfervoir du fufil à vent, qui nous eft décrit dans la Phyfique de Defaguliers, où nous voyons que le magafin eft un double canon, qui entoure ce fufil ; que ce réfervoir chargé de la compreffion de Pair , comme notre Eledricité dans fon atmofphére , ne part avec éclat que par la chute de l’air raréfié & comprimé qui s’échappe par la fous-pape dans l’iniiant que l’air greffier lui offre un vuide , où il vient reprendre fon équilibre , il lort autant d’efprit d’air raréfié qu’il entre d’air ordinaire. Il en eft de même de î’èf-prit d’air que le doigt porte à cette atmofphére. Il détruit fur le champ & aufli fubitement l’efprit de feu éle&rique , qui formoit cette atmofpheré ; l’air entrant rétablit l’équilibre. On peut ;donc , rfen déplaife à M. le Monier, dire que l’air eft entré, & s’eft lancé pour fe mettre en équilibre, en chaftànt l’efprit.de feu,qui fort, fans venir fur fes pas. Ce feu ne fort pas par le côté B. que l’air ferme & environne autour de fon atmofpheré ; au lieu que fi on porte le crochet de la bouteille en B. & le doigt en A. pour recharger ce fil de fer, la fortïele.fera en A. qupiqu’entréparB. parce que la main A. lui ouvre un canal, & fait une elpece de vuide : comme au choc des corps , la derniere;bille quitte ; mais 'fî cé'fte.dérniërébijle n’a point d’efpace à parcourir qu’elle Coif fixe » alors la première a reçu le cphtre-coup, & renvoi éledrkjue fur elle-même-; Cette a&ion eft- fi fubite, qu’il ne faut aucun élè&romettre pour en juger j dès que l’agent ne peut rien fans îa fdrUe
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- • 2o8 • Electricité
- de l’autre, il n’y a nul inftant à compter.
- §. 16. Je me fuis un peu écarté, mais la difgref-lion étoit utile. Revenons & rappelions-nous que nous difions qu’il ne fe fait aucune diminution du feu électrique par la pointe qui communique au plancher.
- S. 17. Si ce principe du feu plus aflemblé , proportion gardée, & toujours froilfé & agité par les nues , eft notre foudre, notre tonnerre, comme on n’en peut douter, fur-tout lorfqu’il a raflemblé dans fon fein , des corps non éle&riques, comme l’eau , &c. *.
- Il n’efl: pas douteux que l’atmofphére de ce feu n’eft point altérée par les barres ni les pointes, & tous les corps éle&riques environnaiis, comme l’Expérience le prouve ; il faut la rencontre d’un nuage non éleCtrique, dont la communication opère l’évaporation en interrompant le frotement, & en établilfant en même tems la réunion en contrecoup jufqu’à l’équilibre ; finon il va en chûte dans
- * Arrêtons : on dit comme l’eau , &c.. Nous avons reconnu ci-devant par la divifion des élémens, que l’air eit feu 6c air. ( L’air eit feu 8c air , comme l’eau 8c le vin mélangés enfemble ils font inféparables de leur nature, eu égard à leur proportion;, ce que nous, avons reconnu jufqu’i* ci, en apprenant la façon de les extiraire l’un de l’autre. ) Or ne doit-on pas comprendre en ce fens qu’il eft an nombre des corps non éleéttfques ? Non. Les corps non éledtriques ont une matière terreftre , un .corps qui fixé , arrête & limite cet efprit de;feu 8c d’air à ce çorps-, en telle quantité de la matière,, au lieu que l’air n’a aucune réunion forcée, fes colonnes font libres & toutes flexibles ; conféquemmënt l’air par fa péfante'ur, 8c l’efprit de feu par fa légéréré, ayant occafionné fur des petits corps détachés, differentes atmof-
- Fhères, leur réunion, eft le corps indépendant del’air ; ^ air n’eft en ce cas qu’une bouteille qui contient ,1a ma-
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- , Êxpérimehtàtè» -K 20$
- î’air > Se s’élance fur terre, jufqu’à ce qu’il trouve dés corps non éle&riques, dont le contact évapore , & rétabliflè enfin cet équilibre»
- S- 18. Gomme il s’adapte plutôt dans fa ehûtë à des corps non électriques , il ne faut pas pour cela en conclure, qu’il y ait de l’avantage dans les barres & pointes , pour détruire le Tonnerre ; parce qu’on ne peut juger de la force du contaCt qui arrivera, eu égard à l’oppofition que fera l’ef-prit d’air de ces corps» Ainfi > il y a plus â craindre de mettre des barres , que de n’en point mettre , à moins que ce ne foit en plaine campagne , où le Tonnerre venant à être fupérieür en force à fon écoulement, le danger ne feroit pas confide-rable, ne trouvant perfonne à fa rencontre.
- M. le Monier a reçû des étincelles à fa barre & pointe expofée dans un tems où il n’y avoit pas le moindre orage» Comme on peut compter fur l’exa&itude dé fes Expériences, on doitauflî en augurer que ces barres fe chargent d’Ele&ricité à l’inllar des corps approchés à une machine électrique , où cet efprit de feu fe propage, tant qu’il trouve des corps fur lefquels il puifïè exercer fon adion.
- $. 19. Il n’y â donc plus à combattre que la comparaifon de la balance , la-vidoire des efprit? pointus.
- Cette Expérience a en elle quelque chofe de frappant. Si la pointe dilîîpe ce feu éledrique,fans abbaifler la balance, il n’en réfulte que de la foi-bleffe dans la pointe; elle peut être en parallèle avec une petite parcelle qui ouvriroit un canal prefqu’m' fenfilble à la foüpape d’un fùfil à vent bien chargé. Si je prends ce fufil pour le tirer après 5. à 6. heures qu’il auroic fallu pour détruire la compref-
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- Electricité
- lion de l’air du dedans, je ne puis plus avpir l’effet que j’attendois, s’il ne le fût point fait de perte. Mais malgré cette perte, ce petit jour, fi j’avois tiré le fufil après avoir chargé, ou peu après, je demande aux l'edateurs des pointes, s’ils youdroient encore au bout d’une heure recevoir le coup que peut porter ce fufil; il eneft de même duTonnerre; le dirigera-t’il à leur volonté, & ne les exterminera-t’il pas avec leur pointe, fi la nue creve par un con-tad ala rencontre d’un autre nuage,fuppofé le premier moteur arrêté, ou que celui - la même fût indépendant comme nos bouteilles ?
- $. 20. Cette éguille, cette pointe, malgré tout, dira - t’on, a une puiflfance au - dcflus du poinçon, puifqu’à côté du poinçon, & ce poinçon mis a la même hauteur qu’auparavant, puifque cette pointe -, dis-je, quoique plus balfe, ôte la vertu au poinçon , & décharge infenfiblement la balance. Ce poinçon, je l’avoue, elt fans effet fur la balance, fitôc qu’il eft accompagné d’une pointe, parce que cette pointe ayant la colonne extrêmement line ne trouve pas tant de réfiftance pour arriver & percer l’atmofphére ; elle pouce l’air plus aifé-ment, & reçoit de plus loin l’efprit de feu élec-tique. L’Expérience de l’eau dans les tuyaux capillaires fig. 100. plane. 9. f. qui excède fon niveau d’un pouce & plus, eft un fluide parallèle de l’eau au refped de l’eau. Cette fine colonne A. parvenue à ce degré par le choc , n’a point affez de liberté & de force pour contrebalancer la colonne B. cette fine colonne encore arrêtée par le frotement de ce tuyau capillaire, relie en fiipériorité, fans bleffer la loi de l’équilibre ; c’ell pourquoi la pointe monte plus aifémenc, & en proportion de la réfiftance de la colonne.
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- Expérimentale* âit
- S* il. Si je verie de l’eau dans un fiphon dont la petite branche ait deux lignes d’ouverture, ôt même beaucoup moins , au lieu d’être capillaire comme celle defignée en A. fig. ioo. ci-devant J l’eau que je verfe dans ce vafe prend fur le champ l’équilibre» Cette eau plus péfante que l’air envi* ronnant, mais retenue par le verre , ne peut tomber au centre de la terre» Tout ce qui eft plus péfant doit aller au fond : ainfi fait l’eau qui renvoyé l’air en- deflus à fon équilibre , tant que les globules d’eau ont une force & une liberté de fu-périorité. Cette eau étant plus péfante, eft aulü toujours fupérieure tant qu’elle trouve du vuide, ou ce qui eft le même , qu’elle peut fléchir ôc faire tourner le moindre globule d’air environ-nant ; car dès que l’ouverture eft une fois aifesS grande pour que cette goûte d’eau communique avec liberté fa chûte & fon choc à cet air , l’eau eft contrebalancée des deux côtés à force égale, au refped de chaque goute;ie vuide eft des deux côtés au moyen de la flexibilité des cercles qui le prêtent avec une aétivité prelque inconcevable. L’eftet eft le même fur un fléau de balance, ou un levier fur fon point d’appui ; ce levier ne s’éleve-t’il pas * eû égard à fon point d’appui , & à la force de la puiflànce? L’ébranlement que la foible colonne a eû à la chûte & arrivée de cette eau dans le fiphon à branche capillaire A. eft la caul'e de fa première élévation. Cette eau reflferrée dans ce tuyau capillaire , & y écant balancée, ces globules trop petits, ont confervé leur afcenfion, en ne trouvant pas d’ilfue aux tuyaux capillaires pour vaincre aucun globule d’air, & acquérir un vuide une a&ion nécelfaire : d‘où l’on eft fondé à dire que chaque globule d’air eft au moins d’une forte ligne *
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- 2 ta Électricité
- d’où fuit aufTi la néceflicé de faire des petits trolis k Xine fontaine de compreffion , à la tour de Danaé> Expérience de l’Auteur» aux Tatevins , &c. Chap. 5. 6e.effet, 7e. Expériencepag. 119 Chap. 6. 2e. effet, 10e. Expérience, pag. 147. S’il étoic poiïible de mettre de l’eau fans caufer de choc , on leroit convaincu du fait ; il eft malgré cela fi fèn-fible, que Je ne penfe pas qu’on puiiïè s’y refufer.
- Comment comparer à préfent la pointe avec cette eau ? fi l’eau a une raifon & caufe naturelle de fa ténacité & afcenfion ; la pointe en fait tout autant, ou plutôt la matière n’eft remplie que de tuyaux capillaires, que l’efprit d’air occupe continuellement. Or l’ébranlement de la mafle, le choc des colonnes de l’air, toujours extrêmement flexibles à la moindre puiffance, font circuler l’efprit d’air jufques dans la pointe ; & lorfque cet efprit d’air trouve un vuide, un air aufli raréfié que lui, ou même plus rare,telle que l’atmofphére électrique , il s’y unit, & il y tombe avec plus de célérité que l’air qui fort du marteau ou poinçon ; cet efprit d’air du marteau préfente Un faifceau réuni qui étant obligé de faire plus d’écart fur les colonnes où il a aptitude, eft retardé à proportion de la réfiftance c’eft une loi invariable en méchanique.
- On revient à la charge & l’on dit encore la pointe à côté du poinçon , ôte la vertu au poinçon : à cela je réponds ; cet efprit d’air qui s’échappe par la pointe, perçant donc plus vite l’atmofphére éleârique , en lui facilitant un canal en perte, eft la caufe cefîante de l’a&ion qu’opéreroit le poinçon, s’il étoit feul ; car dès que ce poinçon ou marteau apporte un faifceau d’efprit a’air à l’atmofphére qui a déjà pris cours, cet efprit d’air, dis-je, balance un peu le baffin, fans venir à bout de le faire
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- Expérimentale,
- baiflèr ; l’efprit de feu de l’atmofphére rie fe prête point à prendre un courant par ce poinçon ; ainfi cet air refie à la circonférence pour comprimer & forcer plus vite l’efprit de feu à reprendre-équilibre,ayant plus d’aptitude à fuir par ce courant, que d’en former un fécond. Si je preiîè fortement avec un poinçon une veflie remplie d’air, je la-creve , s’il n’y a point d’iflùe par où l’air puifïe s’échapper ; mais s’il y a. le moindre petit trou y je ne puis la crever- ; elle obéit à mon impulfïon dès qu’il y a une décharge , un couranE ; ce qui ne donne pas plus de vertu à cette pointe.. Encore pour réuflîr dans cette Expérience- comme dans. la. vef-.. fie, ne faut-ii pas donner un coup de poinçon trop, fort ; car il creveroit la veflie, & l’air fe ferait joue fans attendre l’évaporation du. petit trou de la-pointe. Audi a - t’on foin de ne pas approcher le, poinçon un peu près de la balance ; car approché a un demi pouce de mes petites balances, malgré U: pointe du même niveau, que ce.-poinçon &.à coté, la balance ne baille pas moins.
- M..Frank)in, pag. 26. convient que pour.qu’un,-corps émoufle produife le même effet que la poim» te , il faut qufil fbio approché à un pouce- de dif-tance-, &; qu’il tire une étincelle.. Ceux qui- ont voulu faire- valoir les barres & pointes au..- deflust de l’Auteur , doivent porter tout le poids du détour qifon, a. pris pour effayer, der tromper le public.
- §. 22. Veut-on fe-convaincue encore mieux de l’inutilité des pointes, &.s’alïùrer qu’elles attirent, ainfi que le- poinçon, eu plutôt que l’efprit. de feu v porte la balance en venant à ce- poinçon , & à la. pointe, toutes forces égales d’ailleurs , lul-pende? à un fil de foye double une feuille de mé-. tal, fig. 101. plane. 9. * O iij
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- 2,1 jf. Electricité
- S. 23. Approchez la bouteille pour charger cette feuille , ce qui fe. fait en y touchant ; dès que cette feuille eft chargée , elle a fon atmofphére ; & li elle eft dans fon à plomb , proche d’un corps éiedrique où non éiedrique , elle s’y envole, s’y applique, & fe colle avec le corps éiedrique ; s’il eu; non éiedrique, elle dépofe fon feu, & l’air fu~ périeur la chaflè.
- §. 24, J’ai pris un marteau à tête ronde , qu’on nomme un marteau à emboutir ; j’ai préfenté ce marteau au-deffous de cette feuille. Si on faifit exadement le milieu , cette feuille marque une courbe qui caradérife la chute de l’efprit d’air ; mais il ne peut foutenir cet équilibre, même fig, 101. plane. 9, elle fe baiffe comme un levier fur fon point d’appui , lorfque la puiflance eft fupé-yieure à la réliftance,
- §, ^5, Si je préfente ce marteau au côté de cette feuille, quoiqu’un peu éloigné, elle s’y lance, & fe décharge à l’inftant. Si je préfente à cette feuille éledrifée une pointe, ou une éguille, quelque fine qu’elle foit, hg. 102, plane. 9. * ( celle dont je me fuis fervi, étoit fi fine , que pour la préfenter de plus loin, je l’ai mife au bout d’une plume, ) cette feuille vient fe lancer à la pointe , mais elle n’eft pas’ pour cela privée de fon feu éiedrique. Cette feuille étant plus étendue en furface , contient plus d’éledriçité que l’éguille : aufli s’y ap-proche-t’elle alternativement 5,. à 7, fois, juf-qu’à çe qu’elle ait tout difiipé,
- S* 26, Si on écarte la foye qui fufpend la feuille d’or, de façon qu’elle tienne cette feuille horifon-talement, ou qu’elle faffe beaucoup moins de courbe \ fi-tôt qu’on l’a éledrifée, elle rêfifte & re~ paufte, pat fon atmofphére,l’ait qui formoit fa. çoyy-
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- Expérimentale^ 21$
- be. Si on y touche avec quelque corps., elle y dépofe Ton feu, & reprend fa courbe.,
- $• 27. * Je prends le marteau rond , & je l’ex-pofe au - deffus de cette feuille nouvellement rechargée. L’on voit alors diftindement la ehûte de l’efprit d’air arrivant,qui fe remarque par la courbe qui fe fait : la pointe produit le même effetde cette feuille eft pouffée & non attirée ; fon efprit de feu li adif, fi-tdt qu’il peut pencher, gliffe dans la colonne contiguë. L’air arrivant lui fait faire la baffecule fi, précipitamment, qu’on a cru devoir juger qu’il y avoir une attradion , terme qu’on ne pouvoir définir autrement ; au. lieu qu’il y a une chute d’efprit d’air , qui repouffe autant d’efprit de feu dans ce corps, qui lui facilite-un paffage. Cette foible chute de l’air & renvoi d’efprit de feu en proportion , feroit tout à fait impuiffant au refped de la foudre , fuppofé que le premier moteur n’entretînt point cet écoulement, & que ce feu eût la complaifance d’atteudrê fon épuifement. & fa décharge.
- S. 28. Nous avons reconnu l’infuffifance des pointes aucondu&eur , au premier moteur ; fi nous les fuivons par - tout, nous découvrirons toujours qu’elles font chimériques pour détruire le Tonnerre ; fon effet fur les corps éledriques garnis & chargés, tels que nos bouteilles de la commotion, eft encore fans réplique. Prenez? un'e éguille attachée à un fil de fer , au lieu d’être attachée à la plume , tfel que noos l’avons indiqué ci- devant, & portez cette pointe au fil de fer de la bouteille chargée, que vous tenez- de l’autre main';: vous avez la commotion à l’ordinaire.. Ainfi abandonnons les pointes : dilbns cependant quelque choie fur l’analogie qu’il y a des éclairs ,, & du Ton-O iiij
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- 4 t 6 Electricité
- nerre avec les Phénomènes éledriques. Voyons à nous mettre en état de porter un jugement certain-furces effets II bifarres & fi terribles, dont nous n© pouvons efperer de nous garantir, qu’en nous mettant à l’abri fous des corps électriques , où l’efprit de feu n’ayant point de communication avec l’air , ne fafié que glifïer fans contad ni commotion * il faut lui faciliter pour cet effet des corps non électriques environnant, où il ait plus d’aptitude à, le propager en perte,
- §. 29. Les éclairs rouges fans éclat, partent de deux nuages éledriques,qui fefroifient l’un l’autre, de la même maniéré que j’ai éprouvé en tenant-\in gros verre foys le cylindre qui m’a caffé en éledrifant, $, 3* 3e* effet, 12e, Expérience, Ch, 4. c’eff ici le premier effet du frotement ? l’efprit de feu entre en charge. Quand le bruit ne fe liicr cède point, c’eff qu’il ne s'exerce que fur le nuage éledrique avoifinant. Mais trouve-t’il un nua-î ge chargé d’eau & corpufcules non éledriques , il lui fournit cet efprit de feu ; ce nuage ren contré par un autre de même nature non .éledrique , ce dernier apporte un contad contre, la char-, ge des autres ; le contad fe répété fi l'ubite-s inent, qu’il femble- un boulet de canon qu’on,, roule fur une voûte, de planches, Cette continuité a lieu pendant la charge de ce nuage , comme, la bouteille qu’on charge à deux lignes du conducteur; on y reconnok un contad continuel pendant la charge ; le bruit eff accompagné d éclairs très-vifs. Enfin ce dernier nuage éledrifé de mémo par une communication ou chute de l’atmof-, phére , trouve dans fa courfe où il eff environné 3’autres nuages non éledriques, &.c. ces nuages que l’air agite ça s’unifiant de tous çôtés,loxfqu’ffs,
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- Expérimentale.
- parviennent à la rencontre , forment le contait violent de la commotion. Cet efprit de feu réuni tombant contre des nuages totalement électriques & chargés , n’a pas plus d’aptitude à fe porter aux uns qu’aux autres ; fon courant l’entraîne dans l’air fur les corps où il peut exercer fon aition, Comme cet amas de feu eft infiniment au-delfus de notre Ele&ricité & contait, fon atmosphère éleitrique eft extrêmement violente, & les effets en font aufli très-dangereux , la bizarrerie. eft la même ; cependant nos Expériences nous mettent en état d’en juger.
- S. 30. La foudre échappée de fon nuage,eft pouf-fée par les colonnes d’air environnant en tout fens ; celle qui répond à un corps non électrique , eft la plus foible a fon égard, & où il a plus d’aptitude a fe rendre, s’il ne trouve aucune force qui le rejette & l’oblige de s’élancer ailleurs : ce qui fem-ble fe prouver par la maniéré dont il tomba à Jan-ville en Beauce en 1743. fa colonne en perte ré-pondoit au Clocher de la Ville; il brifa quelques fers ; il fut à l’Horloge où il coupa une corde des cloches ; de - là il fe lança au bénitier qu’il arracha, éc porta derrière la Vierge, qui eft au haut de l’Eglife , & ainft de cfiûte çn chûte, il fe perdit & fe diflîpa,
- EXPLICATION
- du Phénomène*
- En arrivant à l’Horloge, ce corps non éleftri, que n’étoit pas fuffifant pour opérer fur le champ la perte totale de l’efprit de feu. L’efprit de feu dominât la partie d’ajr qui y écoit entrée ; cettô
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- jtl 8 Electricité
- nie d’air noyant pû modérer l’aétion de Fefprie ïu , ce feu au contraire par fon atmofphére pro-duilit un contact, dont le choc & renvoi détruifit ce qui fe trouva à fa rencontre , tel que la corde.
- Le bénitier fouffrit l’effet d’une commotion par la charge d’eau & le contad qui y arriva avec at-mofphére. Le contad violent n’ayant pû être fu-périeur, ni détruire le relie de ce feu , l’air en fui-vant Ion courant, fon atmofphére pour reprendre l’équilibre , força 6c emporta ainli le bénitier.
- S. 31. Dans ces momens decontad & commotion , fi les matières, avoilinant le contad, font combullibles au degré que nous avons remarqué ci-devant dans les Expériences du feu,Chap. 2' $, 18. & fui vans, elles s’embrafent. Il en ell ainli de tous fes effets. On a vû des métaux de differentes efpèces alliés enfemble, comme li on les eût fou-des : ce phénomène ell à l’inllar de l’or , uni au verre, Chap. 6. 2e. effet, $. 17. 18.
- S- 3-2- Il y auroit une infinité d’exemples à citer fur les effets de la foudre. Nous nous bornerons à celui qui arriva à Paris le 8. du mois de Juin 1747. à*6. heures 3. quarts du foir. Une nuée fort épaifîè parut au-deffus du clocher des Grands Augullins. Cette nuée s’abbaiffant & s’ouvrant, lança un globe de feu qui vint tomber fur le coq du clocher de leur Eglife ; il divifa ce coq en deux parties ; une fut lancée dans le parterre du Cloître, l’autre moitié fut partagée en trois, dont l’une tomba du côté du Pont Saint Michel, la fconde fur le toît de l’Eglife, du côté de la vallée , & la troiliéme enfin fut emportée dans la grande cour du Couvent. Ce globe ae feu giiffa le long des fers qui formoient la flèche, & les écarta des chevrons , à un defquels la croix, relia néanmoins
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- Expérimentale. . .219
- toujours attachée. Ce globe de feu dépouilla toute la flèche du clocher, de forte qu’il n’y relia point d’ardoifes,. De-là il tomba fur le toit du Cloître qui effc au-deflbus, d’où il fut donner dans une fenêtre de l’efcalier du Jubé , du côté de ce même Cloître ; il arracha tous les carreaux de cette fenêtre prefque hors de leurs plombs , de façon qu’ils n’y tenoient chacun que par une petite partie ; il perça chacun de ces carreaux d’un trou rond de la circonférence d’une balle de plomb. Il pafla enfuite dans l’Eglife, après avoir arraché une pierre du mur fous la fenêtre des cloches de l’horloge. Arrivé dans l’Eglife par le côté droit, il traverfa au côté gauche, & fut couper en deux parties le cordon de la fonnette qui répond à l’orgue, cette partie détachée fut portée fur les formes des Chantres, Suivant cette aîle gauche, il coula le long du tableau où efl; repréfenté Henri IV. qu’il perça en quatre endroits, comme fi c’eût été des trous d[ai-guille ; de-là fur la droite, il fut arracher une pierre au-deflùs de la porte de la Sacriflie. Cette pierre fut divifée en deux parties, dont une fut lancée fur la pierre facrée de l’Autel , l’autre derrière l’Autel, En parcourant le Chœur, il brûla les fou-cils d’un enfant d’environ huit ans, qui fut huit jours fans voir clair. Il reprit enfuite par la Nef , brûla le bas entier d’une fille de dix-huit ans , fans lui endommager la jambe, & remonta enfin par le clocher, où il noircit plufieurs pièces de charpente , en laiflànt une odeur de fouffre qui fe répandit fur la voûte de l’Eglife. Tels font les effets qu’il produifit, & les routes qu’il a paru tenir fuivant les faits & conje&ures ; car malgréla quantité de
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- 22Ô Electricité
- de vifu. La frayeur fi naturelle au bord du dan-;
- fer, efl bien capable d’ôter le fang froid qu’ilfau-roit avoir pour examiner des faits auffi furprenans que terribles.
- Caufe de ces The'mmenes.
- L’explication de tous ces Phénomènes 8c autres femblables paroîtra fenfible, quand on reconnoî-tra , comme nous l’avons déjà fait, que la foudre, ce globe de feu , a une tendance aux corps noiv éledriques, êc qu’il efl; encore à refiort, quoique fluide, lorfqu’il efl forcé de céder au contad qu'il reçoit par l’air environnant, qui cherche à réta-* blir l’équilibre des differentes atmofphéres , que ce feu fait fur tous les corps, où fa tendance le porte pour fa décharge.
- La nuée étant aflez baffe, le coq s’eft trouvé préfenter un canal en perte à cette foudre. Toute la nuée contiguë a occafionné une commotion , dont le premier contad h’a pû fe faire fur ce clocher , fins que le globe de feu réuni, n’ait écarté de fon atmofphére les barres proportionnémenc à la réfiftance qu’il falioit pour laiffer paffer & épancher ce globe de feu. Les chocs ont renvoyé la force de l’atmofphére du côté de la fenêtre du Jubé ; ce globe de feu s’eft enfuite étendu, & a rempli les vitres & plombs. Ce feu, pour fe faire jour, a écarté de côté tous les plombs des vitres ; comme chaque plomb non éledrique , s’eft trouvé réuni dans le contad au centre de chaque at-mofphére que ces carreaux ont reçu , ils ont été-obligés de céder au feu dominant ; Fefprit d’air chalfé a fait fe trou, le refte de l’atmofphére dé-fendoic le verre, êc l’a conferyé daas fon entier*
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- ÈxpèrîMniâtè. lit
- Gomme chaque plomb a été forcé de la même maniéré, auffi tous les carreaux de vitre ont-ils eû ce meme trou.
- La pierre de derrière l’horloge s’oppofoit à la colonne de ce feu ; l’air écarté l’a arrachée & emportée. Cette violence & contad remplacé par î’air a repoufle fubitement ce feu dans differens angles, en le renvoyant comme une balle de paul* me. Il eft ainfi fufceptible d’autant de bizarrerie , que le renvoi des angles & des courbes peut dominer ; dès-là il eftlingulier , mais compréhenfible , qu’il acomme joué à la paulme dans l’Eglife des Auguftins ; qu’en paflant près d’Henri IV. il fe lôit porté quelques petites colonnes divergentes qui ayent occafionné ces piqueures ; que ce feu porté à angle droit, ou tombé à bas, foit rejailli à la pierre d’au - deflus de la porte de la Sacriftie , de même qu’à celle d’au-defliis de l’horloge ; que leconta&ait divifé la pierre, & l’ait éclipfée d’un côté & d’autre ; que renvoyé en ligne droite, cependant latéralement à la jambe de cette fille , il ait brûlé fon bas , de même qu’un flambeau qui auroit pafle rapidement, fans avoir le tems de faire plus de ravage. Ce feu de la foudre dans fon atmofphére fpiritueufe, n’a point donné prife à l?air, ainfi n’a point occafionné de douleurcet air ayant fur le champ repris l’équilibre, & étouffé ce feu fpiritueux ; qu’ainli l’enfant ait eu le fouril brûlé & perdu la vûe pendant huit jours , ce font des fuites naturelles du paflage de ce feu, l’efjpric d’air de l’œil ayant été altéré , & ayant foufferc pendant ce paflage.
- L’odeur eft une fuite des bois brûlés & des corps froifles > dont la partie fulphureufe a été attaquée, fans que l’air ait eû le tems de le difliper par
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- Electricité
- parcelles. Cette odeur ne provient que des corps que le Tonnerre a lacéré & parcouru, Chapitre y* Sedion 3. de l’odeur.
- Solution.
- Tous les faits ci-devant vérifiés & constatés par les diverfes Expériences , ne nous ont-ils pas dévoilé ce fecret milterieux de l’Eledricité ? Pouvons-nous douter qu’il ne foit le même que notre feu ordinaire fous une elpece plus Ipiritueufe ? que fa légèreté dans fa réunion, fa fineflè & la péfan* teur de l’air qui cherche toujours à reprendre fon équilibre, ne foit le principe & la caufe de tous ces effets, fous les modifications fpiritueufes qu’on a établi entre l’efprit d’air, avec l’air groffier, & l’efprit de feu éledrique avec le feu même ; que relativement à ces mêmes effets, l’Eledricité eft de tout tems ; auffi a-t-elle toujours été reconnue par les frotemens de differens corps, comme l’ambre , la cire d’Efpagne , &c. qui enlevent la paille. Son fuccès & accroiffement eft l’ouvrage de bien des Sçavans qui ont mis tout en ufage , fur - tout depuis quelques années, pour découvrir partie des Phénomènes qui nous ont enfin amenés à la vraye découverte des atmofphéres. Ces atmofphc-res font de vrais vuides ou reflorts que l’efprit d’air remonte continuellement jufques dans les plus pe-tits atomes & progreffions de la nature. Ce qui entretient la tendance & courant de l’air au centre de la terre, & celui du feu au Firmament ; & ainfi là tendance des corps au centre de la terre. C’eft fous cette diftindion fenfible de l’air groffier d’avec l’efprit d’air , que nous reconnoilfons que le moindre des corps çft plus lourd que fa co*
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- Experimentale. '21$
- Ionne d’air par l’union de l’efprit d’air à la matière beaucoup plus péfante que l’air greffier , d’où vient la chute ou accélération plus ou moins vive. Nos Expériences nous font au ffi remarquer que cec air greffier ne peut fe prêter à l’aétion de l’eau dans les tuyaux capillaires , même jufqu’à demie ligne d’ouverture ; parce qu’a cette proportion la matière ne peut vaincre & faire tourner le globule d’air ; qu’ainli l’a&ion étant arrêtée, l’eau des tuyeaux , capillaires ne peut reprendre fon niveau, & l’eau des fontaines intermittentes , tate-vins , Tours de Danaé, Syphons, &c. refte fufpendue , malgré fa péfanteur, jufqu’à ce qu’elle trouve un vuide, ou qu’elle puiffe vaincre l’obftacle , & faire circuler la colonne d’air ; (ans attendre , comme on le pen-foit ci-devant, que l’air vienne preffer fur lafurface de l’eau. C’eft par cet air & îeu réunis en adion fur la matière , que nous vivons, tant que nous pouvons entretenir, & fournir la mèche à ce feu; à moins que quelqu’accident ne l’éteigne fubite-ment , fans attendre l’atténuation & confomma-tion de la matière, ou à moins que quelque at-mofphére n’arrête le courant de l’air. Nous forâmes encore inftruits que l’efprit de feu éledrique & l’efprit d’air n’agiffent que fur la matière Tpi— ritueufe ; qu’ainfi l’Eledricité ne peut être d’aucun ufage pour notre foulagement, & que prife dans fon exçès, & forcée de paffer , elle doit être fort préjudiciable, en chaffant & écartant par fon paffage , l’air & l’efprit d’air du lieu où fes fondions font néceffaires à la vie. Enfin il ne nous refte aucun doute que les effets de la foudre ne peuvent être calmés ni arrêtés par la foiblelfe des pointes, & qu’ainfi tout l’avantage de l’Eledricité eft de nous démontrer fenfiblement cette grande oeuvre & mé-
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- fait Électricité
- •chanifirié dé l’Univers, qu’il faut travailler à ap-cl-quer à chaque corps en particulier, pour en con-ïoître la foibleffe ou la domination , & par la ton* courir au bien de la fociété»
- Chapitre
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- -Expérïmentedt.
- CHAPITRE VIII.
- La maniéré dont on doit faire les Expériences de FEletfricite'f avec les Objirvations convenables pour en faciliter le fucces , & quelques Notes furies Expériences qui femblent ri avoir point de connexion avec les autres t divifces en trois ferions. *
- PREMIERE SECTION.
- Comment on doit faire les Expériences de l'Electricité.
- PREMIERE EXPERIENCE.
- ON préfente au cylindre une petit tringle de bois , où font attachés des fils de laine à une traverfe en forme de rateuu ; ces fils préfentés à deux ou trois lignes, tendent en ligne droite au cylindre , Chap. 4. 4e. effet, S- a. pag. £4. fig. 18.
- Si on a un axe traverfant un cylindre garni de pareils fils de laine , tous ces fils fe dreffent en ligne droite du centre à la circonférence, Chap. 4. 4e. effet, S. 3. pag. 64. fig. 19. plane. 3.
- * Pour plus de Commodité, ou rapproche de fuite les Ex. périences qui fé font avec les mêmes inftrumcns, comme le gâteau, les bouteilles, Stc.
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- Une balle expofée aû-deflùs de la calotte du cylindre , eft portée au-deffus du frotement, en quittant fon à plomb, Chap. 4.4e. effet, S. 4. pag. 65. fig. 20. plane. 3.
- IV.
- Lé Cylindre bien éleftrifé, arrêtés le frotement ; préfentés enfuite la petite larme de liège , elle eft écartée ; elle s'adapte enfuite au cylindre en arc , Chap. 4. 4e. effet, S-10. pag.70. fig. n.planc.3.
- ; _ V. . , ,
- Si on lâche la foye jufqu’au tiers du cylindre, le bout tombant en bas, cette foye s’adapte & s’allie au cylindre, où l’àtmofphére finîflànt, on remarque que ce liège quitte du bas, Chap.4. 4». effet , S-10. pag. 71.bg. 22. & .23. plane. 3.
- VI.
- Tenez au-déffus du cylindre Une petite balle de liège, & cela exactement au milieu, l’àtmofphére chaffera cette balle à droite ou à gauche, Chap. 4. .4e. effet,-S-11. pag. 72.fig. 24. plane. 3.
- c...-. yij. y;;;.;;':;.
- VouS!.obfervez que ceux qui portent les, doigts, ou le couflin ,.autcyJindfe.ou.au globe,. font lumineux , fans picotement ni fùpturèdanscliair .j con»-
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- Expérimentale. 'zxp me il Te fait en touchant; un- corps non éle&riqua éledrifé.
- VII fi
- Que l’on pré fente au globe pu cylindre un couteau à i . z. 3.4. à 5» pouces plus de l’équateur du cylindre, fui vànt la force de l’Elé&rické, on le remarquera lumineux. ; •
- IX.
- Si on ypréfente des corps légers, ils font pouffes & rëpoüfles ; fi on y approche le doigt, onn’y remarque qu’une flamme fenfible fans piqueure.
- . . X...
- Qu’On arrête le frotement après avoir bien élec-triféle cylindre* & qu’on lâche les plaques du coït* du&eur ; l’Eledrickéne fe manifefte point au cou* du&eur. ' ksi
- . H*
- .. Quepl’pn fafle toucher le tpyau -de fer blanc.ou barre; de fer., :<S*c., ceux qui le touchent, en tirent des ëjrinoeUes plus ou mpips fortes ;lelôn lé tems ? Chapi 5..(ÿ. effet, S- 3.pagViqi. fig.^j.planc.4.
- X Ur
- Qu’on ajoute une petite -tringle de fer au bout d’un bâcOn bien fec; fixez cependant ce bâtbnyjçar le mdÿen d’une corde, au caTion bu barre, lesetin-celles îqttë.vdus,tirerez dubâtqii feront plus fiiftës'k quoique fitns-petillement ùi*bruit ; au lieu que cel±
- Pij
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- 2.ZÎ ElSnciti
- les delà barre fe feront entendre. Il ' me fi on prend fon habit par la baiq
- 1 eft de mê-
- „______ ____,_, pour ap-
- procher delà chaîne lin bouton de cuivre doré, il ne fe fait pas de contad ; l’efprit de feu coule def-fus avec bruit au départ de l’air ; mais fi oh tient la main.au-defibus dubonton , quoiqu’à travers l’habit, le contad eft à l’ordinaire ; la colonne d’air eft ébranlée, & porte le coup jufqu’au doigt, fans int terruptiou.
- XIII.
- Au lieu de tuyau, fufpendez une rafle de chicorée auprès du cylindre, vous en tirerez des étincelles, comme d’un corps métallique.
- -, L’arbre de Jupiter ou pot de bafilic, ( on jette un peu d’eau fur la terre ) mis fur la barre , les branches ont a leurs extrêmitées des aigrettes lumineu-
- • Qu’on adapte au canon , le bout à l’étoille, on
- remarque à chaque extrémité une aigrette de feu
- avec vent, loffqu’on apflroche un peu le dedans de 4amain, Chap. 5. ne. effet, S.-^-pag. 84. fig. zi.
- plane. 3.
- XVI.
- Un petit hériflbn fournit une quantité prodi-gieufe d’aigrettes , & prelque point de .contad, parce que l’atmofphere d’efpric de feu éleÔriqu? domine beaucoup-plus, que l’air, à la faveur de?
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- Expérimentale. *551
- pointes, & vûla quantité réunie & proportionnée: au fujet , fig. 103.
- XVII.
- Un gland d’or ou d’argent en frange, fait une gerhe lumineufe de quatre à cinq pouc.es de. long.
- XVIII.
- Plufieurs verges de fer fur une table > à deux lignes les unes des autres , & de la chaîne qui communique a l’Eleétriciçé ^on voit couler le feu par toutes les extrémités-.
- XIX..
- Adaptez au- condu&eur une -petite jatte remplie de cirejblanche? faices-la fondre , portez enfuite fe doigt aurdeflùs , la cire commençant à fe refroidir fur les bords vous verrez que votre doigt: imprimera un concave , ce que ne fera point un bâton de cire d’Efpagne ou de verre , qui ne donnera aucune marque de péfaoteur., Chap. 5. de. effet , S* 13. 14. 15.16. & 17; pag; iq8.-.fig, 37. plane.
- Dix-fept Expsrlenc.es fe font avec le gâteau.
- Que l’on donne une.euîllïere- à-la main de celüi qui eft: fur le gâteau , que l’on y mette de l’efprit de vin , & qu’une autre perfônne plonge perpendiculairement le bout du doigt au . milieu de la çuilliere; ilenflammora-l’eiprkde'vin; fr ©îvpréfente
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- C$a Electricité
- un morceau de glace,qu’on tient avec une fervtettô pliée, pour ôter l’humide, fi on préfente, dis-je , cette glace au jet d’une éolipile remplie d’efprit de vin , en tenant la caflblette, cetefprit de vin fera pareillement enflammé, Chap. 5. 6e. effet, S«
- Que l’on fafle mettre quelqu’un fur le gâteau » qu’il applique une main au cylindre garni de fon couffin, & l’autre au-deffus de corps légers , ils font poulies & repouifés.
- XXII.
- Au lieu de mettre la main au cylindre , qu’on tienne la chaîne ferrée ; qu’enfuite on touche quelqu’un , ou qu’on foit touché , on en tire des étincelles lumineufes avec pétillement.
- XXIII.
- Cette même perfpnne étant fur le gâteau, que l’on prenne du tabac dans fa tabatière, le tabac fera lumineux ; fi la tabatière a du métal, on en tirera des étincellles.
- XXIV.
- La perfcnne fur le gâteau, qu’on lui donne une épée à la main , on verra fortir du bout une aigrette de feu avec vent, que l’on fent en approchant la paulme de la main auprès. Ceci fe lait & fe voit encore fur les angles des barres, ou au bouc de la chaîne ou des fils de fer, &c*
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- Experimentale.
- XXV.
- Ht
- Si on a un écu dans les dents , ou autre pièce de métal, (car tous les métaux & demi-métaux reçoivent l’Eie&ricité par communication , au lieu que tous les corps réhneux , les criftaux & verres l’arrêtent,.) li l’on touche eette pièce, ou que celui qui eft fur le gâteau touche une autre perfomie qui l’a entre fes dencs, vous reffentez un picotement en voyant l’étincelle. Si l’Ele&ricité étoit forte, il y auroit du danger.
- XXVI.
- Si celui qui eft fur le gâteau tient une chaîne à. la main, & que d’icelle il en frappe en coulant fur des habillemens d’or ou d’argent, ilsparoiffent tout en feu. Ce qui s’étend a toutes les perfonnes contiguës par lefdites étoffes.De même fi on tient un plat; d’argent ou autre , & qu’une autre perfonne en approche un pareil, il fe fait une flamme confidera-ble.
- XXVII.
- Unverreêvafé remplîaux trois quarts de limaille fine, ce verre mis fur un gâteau, on fait plonger dedans un fil de fer ou chaîne;!! on empoigne le verre , il fe forme à l’inftant une efpece de pavillon lumineux, dont chaque parcelle décrit une para.-bole d’aigrettes lumineufes.
- XXVI IL
- Si l’on met un. plat d’eau fur les gâteau qu’on
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- à}* ' Electricité
- l’éleflrife, en laiffant pancher dedans un bout de chaîne, on tirera de cette eau des étincelles pétillantes.
- XXIX.
- Si on met dans cette eau un petit vaiflêau,, ou un figue de liège, & qu’on y préfente le doigt, il court, & eft amené en fuivant le doigt ou autre corps, fig. 104, plane. 9.
- XXX.
- Si on met fur le gâteau un plat d’argent, ou de métal bien écuré, à moitié rempli d’eau , & que la chaîne foit à huit ou neuflignes de la furface de l’eau , l’aigrette fort de la chaîne,
- XXXI.
- Qu’on ait une lumière au - delïbus du canon ou chaîne, à quelque diftance du cylindre , elle ôte la vertu aux corps éleâriques par leur approche fans gâteau, parce qu’elle fe communique en perte autour de cette lumière, & de-là à lacire , au chandelier, 6-c,
- XXXII.
- Il faut pofer la bougie fur un guéridon de fer , ou autre pofé fur le gâteau » Chap. 5. 6e. effet $. a8. fig. 40, plane. 4. pag. 110. On fera palier un fil de fer à travers la fiâme de- cette lumière de foc-te qu’il excède de deux pouces au - de là de la mèche ; on ne tire d’étincelle qu’à un pouce & demi de la bougie, & aucuns corps ne font pouffes ni
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- Expérimentale. 233
- XXXIII.
- On retire la bougie à l’approche du bout du fil de fer, fans toucher la flâme, mêmes Chap. & effet, $. 29. fig. 41. plane. 4. pag. 120. A la pointe du fil de fer, on ne reffenc point de contaéfc.
- XXXIV.
- On met deux bougies fur une planche, fig. 42. plane. 4. S* 31. mêmes effet & Chap. pag. izi. Sz on préfente des petites feuilles d’or à la boule ; elles font enlevées ; bougie allumée ou non allu-
- XXXV.
- Trois perfonnes fur differens gâteaux aflêz près pour pouvoir fe toucher , la première perfonne approche le doigt de la barre fans la toucher, & en excitant une étincelle, elle reffent une piqueure : elle retire ie bras du côté de la barre pour toucher la fécondé perfonne , l’étincelle paroît, & la piqueure fe fait fentir. Si elle approche la main du vilàge de la troifiéme, on apperçoit l’étincelle, & la piqueure fe fait encore fentir.
- XXXVI,
- Chargez une bouteille étant fur le gâteau, elle n’acquerera pas une Ele&riçité fi forte à beaucoup près, & une perfonne qui touchera le fil de fer, n’en tirera qu’une étincelle fans reffentir de commotion.
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- Electricité
- XXXVII.
- La bouteille donnant PEleâricité aux corps qu’elle touche , on en tire de ces mêmes corps touchés ; comme fi tenant d’une main une bouteille éle&rifée, vous touchez une perfonne qui eft fur le gâteau, ne communiquant pas d’ailleurs à l’E-learicité ; retouchez enfuite cette même perfonne du bout du doigt ; vous en tirerez des étincelles , comme fi elle avoit été éleétrifée par le globe ou cylindre, avec la différence que l’Ele&ricité ne fera pas fi forte.
- XXXVIII.
- Cinquante - neuf Expériences fe font ave.c les bouteilles, carreaux de y erre > &c.
- La bouteille à médecine garnie étant éle&rifée , on verra au bout du fil de fer ou laiton une aigrette lumineufe avec fifflement, comme le bruit d’une pomme cuite pour ; cet effet on préfente le dedans de la main au fil de fer , cette aigrette dans le tems favorable dure cinqminutes,fig. 64. plane. 6. S* 3. & 6. 5e. effet y & pag. 167.
- XXXIX.
- Si on a un cordon de foye à cette bouteille, & qu’on la lâche de la main gauche, dont on la tenoit, cette aigrette difparoîtra fur le champ ; en la reprenant elle reparoîtra. Ces effets fe répètent tant que l’Ele&ricité dure , fig. 64. plane. 6.. mêmes paragraphe de Chap. pag. 167».
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- Expérimentale.
- XL.
- Qu’on tienne la bouteille bien éle&rifée dans une main, & que de l’autre on touche au fil de fer, on reflènt à l’inftant un coup dans les bras, au coude, & à la poitrine, fig. 48. plane. 5. $. 3. ae. effet, Chap. 6. pag. 141.
- X L I.
- Si au lieu de porter la main au fil de fer, on fe prend par les mains comme pour dan fer , que le dernier du cercle vienne toucher le fil fer de la bouteille, à Pinflant,fil’Ele&ricité eft forte, toute la compagnie relfent un fort coup.
- XL II.
- Si deux personnes tiennent un tube de verre rempli d’eau, un fil de fer communiquant des deux bouts, il fe voit un éclat de lumière fi fubite, qu’il paroit venir des deux côtés.
- XLIII.
- Mettez un fil de fer à un liège , plongez-le dans un plat ou autre balfin d’eau ; après avoir éle&rilé une bouteille, fi on met le bout du doigt dans cette eau, tenant de l’autre main la bouteille élec-trifée, & qu’on faflfe toucher le fil de fer de la bouteille à celui du liège ? on reflentira un coup à l’ordinaire.
- XLIV.
- Au lieu d’un vafe plein d’eau, on peut en emplit
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- 2 3 6 Electricité
- deux , & les éloigner l’un de l’autre ; de maniera que celui qui tiendra la bouteille puifle mettre le doigt de la main gauche dans un, & faire toucher de l’autre main le fil de fer de la bouteille à celui qui eft dans le premier vafe ; alors toute l’afièm-blée fe tenant par les mains, celui qui commence le cercle ayant un doigt dans un des vafes, & celui qui finit le cercle dans l’autre , le coup fe communiquera même, (ans que celui qui tient la bouteille , ait d’autre communication avec le cercle.
- X L V.
- On peut aufîî éle&rifer un grand canal d’eau dormante, en mettant dans l’eau un liège chargé de fon fil de fer. Ce liège fe met à la portée de pouvoir être touché par lefilde fer de la bouteille; celui qui tient la bouteille dans l’autre main a une chaîne, ou un fil de fer allez long pour traverfer diamétralement le balîîn , ou le canal ; une autre per-fonne tient d’une main l’autre extrémité de la chaîne, & alfez tendue pour ne pas toucher l’eau , ce dernier a fon autre main dans l’eau du balîîn ; celui qui à la bouteille, touche le fil de fer , du liège, àl’inllant l’Ele&ricité fe communique, & ou,eft frappé aux deux bras,.
- X L V IV
- Si l’on fait tenir une barre de fer par le milieu à une perfonne ; qu’une-autre perfonne mette le doigt ferme fur une des extrémités de cette barre ,,qne de l’autre main il prenne une bouteille éle£trilée>l & falfe toucher fubitement le fil de la bouteille à l’autre extrémité de la. barre , cette perfonne qui]
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- Expérimentale. 237
- a approché, fera frappée à l’ordinaire, aux coudes, &c. Si la bouteille eft bien éleftrifée, & qu’elle foie bonne , celui qui tiendra la barre, ne reiïèntira au* cime impulfion.
- X L V11.
- Si au lieu de cette barre on prend un fil de fer, & qu’on le fàfle tenir à plufieurs perfonnes en cercle , de maniéré que la derniere tienne le bout à deux ou trois pouces de l’extrémité , pour que celui qui tient l’autre bout, & qui a la bouteille,puiflè y faire toucher le fil de fer de fa bouteille , il n’y aura que ces deux perfonnes qui reflentiront le coup.
- XLVIII. j
- Mais fi on rompt le fil de fer en diflferens endroits ., & qu’on en tienne un bout de chaque main jufqu’à ce que le cercle foit fini, ceux qui tiendrons dans les endroits rompus , feront frappés comme aux deux extrémités, & ceux qui tiendront dans les autres intervalles , où le fil fera plein , ne ref-fentiront rien, pourvu que le fil de fer foit bien lec»
- X LIX.
- La bouteille éle&rifée au canon , fi on touche fubitement le canon, ouïe fil de fer de cette bouteille,qu’on tient ferme de la main gauche,par def-fous, on fe fentira frappé. . . .
- L.
- Sufpendez auprès du cylindre une phiole pleine
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- £38 Electricité
- d’eau, ayant une paille verte recoudée èn fiphon, la branche la plus courte dans l’eau defcendant dans un vafe de Porcelaine ou verre à demi plein, d’eau, que celui qui tient le vafe , tiré l’étincelle de la paille , il aura une fecoufie violente.
- LI.
- Si toute la compagnie fe tient par lès mains, 8c que la première tienne bien la bouteille delà barre, & que la derniere touche la barre ou fil de fer, ils reffentiront tous le même coup.
- LII.
- Il fera bien plus fort, fi on met un fceau d’eau au-deffous de la barre, & qu’on laide plonger tout le culot de la bouteille ; ayant un doigt dans l’eau, & de l’autre tirant l’étincelle > pna une fe-coufle violente.
- L J IL
- On peut fufpendre également un fil de fer à la barre ou canon, faifant entrer ce fil de fer dans un vafe de verre rempli aux deux tiers, ou dans un autre de métal mis. fur un plateau de verre. La première perfonne de la bande tient la bouteille Ou flacon fortement par le bas; & la derniere vient toucher le canon ou fil de fer. Tous fe ferrant les mains, on reçoit à l’inftant la Commotion, Chap. 6. ze. effet, pag. 145. fig. 53. plane. 5.
- LIV.
- - Si au lieu d’eau on met une livre de fer dans un
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- Expérimentait.
- bocal de vçrçe mince, foie que ce bocal foit de verre blanc ou vert, qu’on fafle defeendre le .fil de fer dans cette eau ; qu’on éle&rife cette bouteille, qu’enfuite on y touche, on reffent un coup à peine fenfiBle ; fi au lieu d’une livre de fer, vous mettez à la place une demie livre de limaille , la commotion eft plus de trente fois plus forte.
- LV.
- Le Tableau magique eft l’effet de la commo* tion.Voici la mahiere de le préparer parM. Franklin mot à mot. Ayant un grand portrait avec un cadre & une glace , fuppofez que ce foit celui du Roy, ôtez-en l’eftampe, Sc coupez-en une bande a la diftance d’environ deux pouces du cadre tout autour ; quand la coupure prendrait fur le portrait il n’y auroit pas d’inconvénient. Avec de la colle légère, ou de l’eau gommée, fixez fur lé verre dè la glace le bord du portrait, en le ferrant & l’unifiant bien. Alors rempliflèz l’efpace vuide en dorant la glace avec de l’or ou du cuivre en feuille. Dorez pareillement l’intérieur du derrière du cadre tout autour, excepté le haut , & établiffez une communication entre cette dorure & la dorure du derrière de la glace, remettez la planche ou le carton fur la glace , Sc ce côté eft fini. Retournez la glace, Sc dorez exa&ement le côté antérieur fur la dorure du derrière, Sc lorfqu’elle fera féche, couyrez-la, en collant defiiis la bande qui a été coupée du portrait. Par ce moyen le portrait paraîtra tout d’une pièce comme auparavant. Seulement une partie eft derrière la glace & l’autre devant : tenez le portrait hôrifontalement par le haut, Sc pofez fur la tête du Roy lifte petite
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- 2^.0 Electricité
- couronne dorée & mobile. Maintenant fi le portrait eft éledrifé modérément, & qu’une autre perfonne empoigne le cadre d’une main , de forte que fès doigts touchent la dorure intérieure, & que de l’autre main elle tâche d’enlever la couronne , elle recevra un foufflet * épouvantable & manquera fon coup. Si le portrait étoit puiffam-ment chargé , la conféquence pourroit bien être aufli fatale que celle du crime de haute trahi fon.
- Nous avons trouvé qu’elle eft fatale à de petits animaux, mais que l’adion n’eft pas affez violente pour en tuer de grands. Le plus gros que nous ayons tué , eft une poule.
- L’Opérateur qui tient le portrait par l’extrémité fupérieure,où l’intérieur du cadre n’eft pas doré, à delfein d’empêcher la chute du portrait, ne fent rien du coup, & peut toucher le vifage du portrait fans aucun danger : ce qu’il donne comme un témoignage de fa fidélité.
- L VI.
- Les carreaux de vitre, Chap. 6. ^e. effet, S* 15. fe chargent comme les bouteilles,en leur communiquant l’Eledricité , fig. 105. plane. 9. pag. 149.
- LVII.
- Une main de papier eft percée en la pofant fur la dorure d’un carreau de vitre ; fi on porte le contad de la commotion en prenant un arc donc
- * Que le Ledteur ne s’attende nullement à recevoir ce foufflet ; c’ell ici une petite rufe pour amufer le Public ? comme on l’a remarqué ; ainfi qu’on ne s’attende à recevoir autre çhoc que le coup de la commotion.
- on
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- Expérimentâte, 2.^.1
- on porte un bout en deffous du carreau , & l’autre en deffiis; du papier perpendiculairement l’un à l’autre, ;Cbap> 6. jze. effet §.; 16. pag.. 149.
- 'Lviii, : ,
- La petite languette dvor's’adapte au verre pat la commotion , Ghajx ,6 c ze. effet, §. 17. pag. 150. fig. 106. plane.' 9.' Voici de quelle maniéré -M. Franklin, l’affonnée-fans figure ; .j’en ai ajouré une pour , plus ample , intelligence , fans .quoi il feroit difficile de réu,ffir. pour bien des perfonnes. Prenez une feuille d’or , d’argent , ou de cuivre doré,communément appellée feuille de cuivre, ou or d’Hollande , coupez. de cette feuille des bandes longues, dcvéjtroiies de la largeur d’une paille.. Placez une de,ces bandes,-entre.deux lames de verre poli , qui , foient environ de la largeur de votre doigt; fi une bande d’or de la.longueur. de la feuille n’eft pasaffez longue pour le Verre , ajoutez-en une autre à fon extrémité , de forte que vous puiffiez avoir ,une petite partie qui déborde à chaque extrémité du .verre -attachez; enfemble les deux pièces de verre d’ün- bout à l’autre, avec un bon fil de foyè : alors placez-lés de maniéré,qu’elles faffent partie d’un cercle éledrique , les extrémités de l’or qui pendent au - déhors , fervant à faire l’union âvec.les autres parties du cercle : portez le coup au trâvers., par le moyen d’un grand vafç ou d’un : carreau, de verre éledrifé : li vos larpes d:e .verre; 1 demeurent entières , vous verrez que; l’or manque, en; plufieurs endroits, & vous trouverez ;à fa place des taches métalliques fur les deux verrez Ces taches fur le verre fupérieur & fur le verre inférieur , font exadement femblables, jufqües dans
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- £*2, ËUÈriciti
- le moindre trait, comme on peut les diftinguer en les tenant à la lumière» Le métal nous a paru avoir été non-feulement- fondu , mais mébiè vitrifié, ou autrement fi enfoncé dans les pores du verre, qu’ils paroiifentle défendre contre l’a&ion la plus puilfante de l’eau-forte & eau régale.
- tix;
- Outre que PElêârifcité. nous fait conrioître des phénomerres aulfi bizarres que ceux dé là fendre , nous pouvons les rendre amufàns de dîverfes maniérés» Pour délàffer 1’efprït de nos Speâàteurs, j’ai imaginé pour leur divertiiïemenr là- magicienne électrique fumomméë Bacchâ vèrÜdtïè : cét-tè ligure hérifièr les cheveux, frappe ceùix-qui en approchent, fi~ leur demandé eft injùftè ou téméraire ; au lieu qu’elle accorde fa protection par un mouvement de !tête à ceux qu’elle favprife d’une bonne répônfei ;
- ; On ne trouve ici que l'effet, je mé réferve le méchanifmè de cette Expérience,' afiri que chacun ait le plaifir de déployer fon imagination. Avec un peu de réflexion, on la trouvera aifémer#.
- LX. h
- La bouteille s’éledrife encore par un plateau de verre ; fi on met fur ce plateau une clef joignant la cable fur laquelle eft le plateau, bû-verra un ruiflèau de feu qui femble fortir de cette bouteille, Chap. 6. 3e. effet, J» 1. fig. 57. plane. 6» pag. 15 5* elle efl: la même que celle qtii eflcitée ea ladite figure 57. ; v;\î'do/,-5
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- bouteille étant bien éle&rifêe, Î* mettrê Cm fon plateau , à coté d’un grelot, fufpendu par un fil d’argent le plus fin qu’on peut, & toucher le fil de fer de la bouteille * le grelot eft attiré , reftanç à la bouteille tant que vous avez le doigt au fil de fer ; & touchant le corps diamétralement, il eft tepouffé, Chap. 6. 6e. effet §. 7. pag. 16p. fig, 67. & 68. plane. 6.
- LXII»
- Si on fe fefc d’ün tube de verre ou bâton réfiw heux , comme cire d’Efpagne, &c. pour toucher le fil de fer de la bouteille, le grelot ne fera point attiré ; & fi on le mouille, il fera l’effet des autres corps, il faut qu’il foit mouillé entièrement, car à moitié cela ne fuffit pas.
- LXIIL
- Si on füfpend à une partie éloignée de la faite un cercle de fer, & qu’au milieu d’icelui on y fafîa pendre une balle tenue par une corde ; que cette corde foit elle-même au for tir du cercle fufpendue par des cordons de foye dans fa longueur , & qu’à l;autre extrémité on y faffe pêndïé un anneau de fer, ou piton pour la tenir à plomb , & qu’enfui-» te on touche la corde en l’anneau, l’Eleftricité fe communique à toute la corde ; en force que ii on tient en deffous de la balle, des petites feuilles d'or fur un livre ou carton , elles feront lancées ÿ pouffées & repouffées. »
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- 'Èleûricitl
- LXIV.
- Sans toucher la corde de la bouteille, fi on fou* the, feulement avec ladite bouteille, le cercle de fer fufpendu par des foyes , les feuilles d’or font également pouiTées & repouflees , même à l’approche, & à quelque diftance du cercle de fer.
- LXV.
- L’on met dans un plat de la limaille bien féche & bien nette ; ce plat pofé fur une table, ou même par terre , on met dans ce plàt fix bouteilles garnies de leurs, crochets, avec un fil de fer qui les unit toutes, fig. 108. plane» io. Ayant établi une communication au cylindre, fi vous portez un arc du crochet des bouteilles au plat, il fe fait une étincelle très-brillante, qui part comme un coup de piftolet. Si on prend un arc, comme je l’ai marqué en la figure , cela eft plus commode. Cette Expérience eû toujours celle de leyde qui eft variée.
- LXVI.
- Deux bouteilles chargées par les crochets, tenues dans les deux mains, & approchées des qro-chets , ne fe déchargent point, Chap. 6. 6e. effet, $. iz. pag. 171. fig. 69. plane. 6.
- LXV IL
- Ces deux bouteilles touchées du côté au crochet , point d’étincelle , mêmes Chap. & effet , S. 13. pag. 17a. fig. 70. plane. 7.
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- Expérimentale*
- LX VIII.
- Une de cès deux bouteilles tenue parle crochet* appliquez le crochet de l’une au côté de l’autre , point d’effet, mêmesChap,. & effet, S• 14. pag*, 172. fig. 71. plane. 7.
- LXIX.
- Approchez les crochets l’un à l’autre, on lent, la commotion ; il n’y a. qu’une bouteille de déchargée , fçayoir celle qui çft tenue par le crochet î même Chap. même effet, §. 17. pag. 173, fig,
- 72. plane, 7. - ’
- LXX.
- Une- bouteille- non armée, chargée au conducteur , on, n’en tire qu’un petit contaét, l'eulemenç vis-à-vis l’endroit quia été préfenté auconduéteur ; inême Chap. même effet, S,. 18, pag. 175...fig»
- 73. 74. planç. 7.
- CXXI.
- La bouteille armée garnie Te charge par le côté ; il eft indifferent par- quel côté on la touche pour la décharger : même Chap., même^ effet, $. iÿ,. pag. i76.;fig.75vplanç. 7.
- LXXII.,
- Charge? deux bouteillçs armées par les crochets, 5c approche?:les , l’une de l’autre, il n’en réfultera ni étincelle ni chqç Expérience 66. ci:devant, & $.,îu çag. 177.
- Q«1
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- Electricité
- LXX1II.
- H*
- Denx bouteilles armées; chargées par les crochets , une tenue par le crochet, & approchée au côté de l’autre, il y aura explolion & décharge; même Ch. même effet, p, 178., 5. 22. fig. 76, pl, 7,,
- LXXIV.
- Chargez deux bouteilles armées , l’une par le crochet, & l’autre çar le côté ; appliquez le crochet de l'une au côté de l’autre , il n’y aura ni choc ni étincelle : même Chap, même effet, S. a,j, pag, »79* fig- 77- pl»nc- 7-
- LXXV,
- Pofez fur le verre celle que vous tenez par le crochet ; préfentez les deux crochets l’un contre î’autre, il y aura exploffon, les deux bouteilles déchargées ; même Chap. même effet, S- aj, pag. j80, fig. 78, plane. 7.
- LXXVI.
- Au lieu de préfenter les deux crochets , portes. Je crochet de l’une au côté de l’autre ; la bouteille touchée du crochet, fera déchargée ; même Chap. même effet, S. 26. pag. 181. fig. 79, plane, 7.
- Lxxvil.
- Les bouteilles chargées, l’une par le crochet, l’autre par le côté ; approchez les deux crochets l’un de l'autre, il n’y aura , ni étincelle, ni com-
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- Expèrïmmtatei
- ’’ Lxxyiîi.
- _ Approchez les deux côtés, on reçoit la commo-' tion, & les deux bouteilles font déchargées : mêmes Chap.& effet,S*.28. pag. 184. fig. 8upl. 7.
- LXXIX.
- Si au lîetr de touchëfles'deux côtés, on fait éoih cher indifferemrÀent tin côté, celle qui eft touchée-du crochet au côté, eft déchargée : mêmes Chap», & effet, S* ^9* pagv i 83. fig. 82. plane., 7..
- lxxx;
- Deux bouteilles armées éle&rifées par les eror chets, & miles fur des plateaux de verre , enfuitef-touchées, avec un arc de fil de fer : mêmes. Cha.p< & effet, S- 30*. pag.. 183. fig. 83. plane. 7..
- ixxxi.
- On. ëleébife une bouteille non armée.* ©n la pofe fur le plateau de verre; ayant plufieurs fois de fuite porté l’arc du crochet au côté,la bouteille ne fe décharge qu’après que l’arc y a été porté plus de quinze fois , & on remarque, une agitation fur la fuperfieie de la limaille,,' figv 84., plane.. 8. & 31. mêmes.Chap,.& effet, pag. 184^
- XXXXII.
- Deux bouteilles arméesgarnies de limaille, l’une éle&rifée Ôc Vaucronon éle&rifée; bondes,
- Q iiii
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- Eiè&rïeiié
- touche de l’arc par les. deux côtés, les deufc crochets fe touchant d’ailleurs , elles font à moitié déchargées : mêmes Chap. & effet, $». 34, pag* 185^ .fig, 85. plànc. 8. -
- txxxni..
- Si on les tient dans les mains, & qu’on les approche des crochetsjimêpje effet: même Chap. s. 3*, ,pag. 185. fig. 86. plane. 8,
- lxxxîv.
- Touchant les crochets des bouteilles avec l’are, les bouteilles étant for lès plateaux de verre, point d’effet; : même Chap. de.effets , 34, pag, 186.
- fig. 87. plane, 8.
- ' :i’‘ " LXXXV.
- Une bouteille armée ou non, tenue contre la jambetirant l’étincelle à travers cette jambe & le, crochet, la commotion pprtée au bras. : même Chap. & effet, §. 35. pag. ^86. fig. 89.plane. 8,
- U XXXVI,
- Si on change d’arc, & qu’on en prenne un garni de verre, là commotion fe porte au pied memes Çhap. Ôc effet, & $. 38;, pag, 187, fig-: 90^ plane; 8-..
- Uxxxvii,
- Une perfonne tient la bouteille étant for un gâ-téaü / tine autre montée for une chaife , & la UQb
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- Expérimentait,
- fiéme eft par terre ; la première & la troi fiéme' perfonne portent le doigt à la jambe de la fécondé , toutes trois ont la commotion , & PEle&rici-té prend le chemin le plus court, en s’échappant par le pied de celui qui eft fur la chaife : mêmes Chap. & effet,. S. 39. pag. 189. fig, 91, plane, 8,
- LXXXVIII.
- La bouteille à côté des deux jambes, l’arc tenu par une autre perfonne, l’Ele&ricité paffe aux deux jambes : mêmesChap. & effet, S» 4°- Pag-fig. , plane. 8,
- LXXXIX,
- Deux bouteilles chargées , l’une par le côté, l’autre par le crochet, préfentëz une petite balle de liège fufpendue par une foye, cette balle eft lancée de l’un à l’autre crochet : mêmes Chap. &i effet, S* 41. pag, 190^,93, plane. 8,
- Si les deux bouteilles font chargées par les crochets , le petit liège n’eft point porté d’un côté à, l’autre : memes Chap. & effet, mêmes page & paragraphe, fig. 94. plane. 8,
- M. Franklin a encore donné , outre cette Expérience , une petite araignée faite, d’un petit morceau de liège brûlé, les pâtes de fil de lin,& leftée: d’un ou deux grains de plomb; en la tenant fufpendue à une foye, entre une bouteille chargée & un fil de fer, qui communique au plancher, elle s’adapte alternativeuienç à. ce fil de fer, & au cro-çheç de la bouteille.
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- EUSricUi
- ÏJO
- xCI.
- La bouteille de limaille chargée par le crochet, fufpendue à une foye, dans grand bocal, ne fe charge point, il faut y joindre une chaîne , dans Imitant les feuilles font agitées : mêmes Chap. & effet, S- 44- Pag- *9-- fig- 96. plane. 9.
- XCII.
- La bouteille étant chargée à l’ordinaire , portez la main ; vous tirerez une étincelle ; reportez - la enfuite à la bouteille , vous en tirez une autre , & ainfi alternativement : mêmes Chap. & effet, S. 42. pag. 191. fig. 95. plane. 8.
- XCIII.
- Mettez des barres fur des bouteilles à vin , éta-bliffez une communication de ces barres au con-duéteur, mettez enfuite des feuilles d’or hachées autour de ces mêmes bouteilles, qui font à terre , les feuilles d’or y font pouflèes & repoulfées, Chap. ?. feét. 4. g. 10. pag. 204. fig. 98. plane. 9.
- XCIV.
- Si on tire l’étincelle du conduéfeur , tandis qu'une bouteille efl chargée , le contaél eft renvoyé jufques dans lès jambes , principalement celle fur laquelle le corps eft appuyé. L’effet fe fait auflî principalement fentir à la cheville du pied ; fi on a les deux jambes par terre, le contaâ fe porte aux deux.
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- Expérimentale, zrti.
- xcv.
- On fait une roue éledrique , e’efl: M. Francklin qui parle , qui tourne avec une force extraordinaire. Une petite fléché de bois élevée perpendiculairement pafle à angles droits à travers une planche mince, & de figure ronde d’environ i z, pouces de diamètre , & tourne fur une pointe de fer, fixée dans l'extrémité inférieure , tandis qu’un gros fil d’ârchal, dans la partie fupérieure traverfant un petit trou dans une feuille de cuivre, maintient la flèche dans fa fituation perpendiculaire. Envi* ron trente rayons d’égale longueur, faits d’un chaflis de vitre coupé en bandes étroites, fortent horifon-talement de la circonférence de la planche, les extrémités les plus éloignées du centre, excédant d’environ 4, pouces , fur l’extrémité de chacun efl: fixé un dé de cuivre ; maintenant fi le fil d’archal de la bouteille éledrifée par la voye ordinaire, efl: approché de la circonférence de cette roue , il attirera le dé le plus proche, & mettra ainfi la rouô en mouvement. Ce dé dans le paflage reçoit une étincelle, & dès-lors étant éledrifé, il efl repouf* fé & chafle en avant, tandis qu’un fécond étant attiré , approche da fil d’archal,'reçoit une étincelle , & efl: chafle après le premier ; de ainfi de fuite, jufqü’à ce que la roue ait achevé un tour. Alors les dés déjà éledrifés, approchant du fil d’archal, au lieu d’être attirés comme auparavant, font au contraire repou fies, & le mouvement cefle à l’inflant. Mais ti une autre bouteille , qui a été chargée par les cotés, efl placée auprès de la même roue, fon fil d’archal attirera le aé repoulTé par le premier, de par U doublera la force qui fait
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- %tÿZ Electricité*:
- tourner la roue , 3c enlevant non-feulement le feu qui a été communiqué aux dés par la première bouteille ; mais leur en dérobant même de leur quantité naturelle, au Heu d’être repouffés, lorf-qu’ils reviennent auprès de la première bouteille, ils font plus forcement attirés ; de forte que la. roue accéléré fa marche, jufqu’à fournir avec une grande rapidité iz. ou 15. tours dans une minute ; Sc avec une telle force que le poids de cent rixdales, dont nous la chargeâmes une fois, ne parut en au-«une maniéré ralentir fon mouvement. Comme M. Franklin n’a pas figuré cette roue, non plus que fa fécondé ci-après , j’ai crû devoir les reprendre
- Silus ample intelligence , n’ayant en vûe que uire mon Leéteur.
- XCVI.
- Une bouteille non armée , garnie de doux d’épingle ne fe charge pas tant que les autres. Après la commotion reçue , on voit encore la flâme agitée au bout des doux d’épingle, & former l’aigrette, à l’approche de la main au fil de fer , quoiqu’on pe tire aucune étincelle du fil de fer.
- XCV1I.
- L’eau d’un verre bien chargée d’Ele&ricité, porte le contad, chap. 6. effet, $. 7. pag. 145. fig. 53, plane. 5,
- xcviii.
- La balance de feuille d’or eft pouflee & repouf-fée plufieurs fois par la pointe, & par le marteau à
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- Expérimentale.
- forger, Chap. 7. Sed. 4. S- 23. page 214. f plane, o.
- XCIX.
- 102.
- Cette balance marque une courbe , un concave à l’approche de la pointe , comme à l’approche du marteau, §. 24. mêmes chap. & fed. pag.214.jfig. 102. plane. 9.
- La roue qui tourne d’elle-même, fig. 110. plane, ïo. dit M. Franklin, quoique conltruite fur les mêmes principes, paroît encore plus furprenante. Elle eft faite d’un panneau de verre mince & rond de 17. pouces de diamettre, doré en entier fur les deux cotés , excepté deux pouces fur le bord. On arrête alors deux petites hemifpheres de bois avec du ciment, au milieu des côtés fupérieur & inférieur, oppofés à leur centre, & fur chaque une forte verge de fil d’archal longue de 8. ou 10. pouces, qui font enfemble l’axe de la roue. Elle tourne horizontalement fiir une pointe à l’extrémité inférieure , de fon axe qui pofe fur un morceau de cuivre cimenté dans une faliere de verre. La partie fùpérieure de fon axe , traverfe un trou fait dans une lame de cuivre cimentée à un fort & long morceau de verre, qui le tient éloigné de cinq ou fix pouces de tout corps non éledrique , & l’on place a fon fommet une petite boule de cire ou de métal, pour conferver le feu. Dans un cercle, fur la table, qui foutient la roue /font fixes 12. petits piliers de verre, à la diftance d’environ 4. pouces, avec un dé fur le fommet de chaque pilier. Sur le bord de la roue eft un petit boulet de plomb, communiquant par un fil d’archal avec la dorure de la furface fu-
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- Ëkiïricltê
- périeure de U roue , .& à 6. pouces environ, eft uti autre boulet communiquant de la même maniéré avec la furface inférieure. Lorfqu’on veut charger La roue par fa furface fupérieure,il faut établir une communication de la furface inférieure à la table lprfqu’elle eft bien chargée , elle commence à s’é* branler ; le boulet le plus près d’un pilier, s’avance vers le dé qui eft lur ce pilier , l’éleCtrife en paflànt, & dès-lors eft forcé de s’en éloigner ; le boulet fuivant, qui communique arec l’autre furface du verre , attire plus fortement ce dé , par la railbn que ce dé a été éjeétrifé auparavant par l’autre boulet, & ainji la roue augmente fpn mouvement , jufqu’à ce qu’il vienne au point d’être déterminé par la réfiftance de l’air. Elle tournera une demie-heure, & fera l’une portant l’autre ap. tours dans une minute, ce qui fait 600. tours dans une demi-heure. Le boulet de la furface fupérieure,-donnant à chaque tour, douze étincelles aux dés, ce qui fait 72.00. étincelles, & le boulet de la fur-face inférieure, en recevant autant des dés , ces boulets parcourent dans ce tems l’efpace de près de 2$qo* pieds. Les dés font bien attachés , & dans un cercle fi exaft, que les boulets peuvent paffer à une petite difeance de chacun d’eux. Si au lieu de deux boulets, vous en mette? huit, quatre communiquant avec la furface fupérieure , & quatre avec la furface inférieure, placés alternativement t lefquels huit étant environ à 6. pouces de diftance, complètent la circonférence ; la force & la viteflè feront beaucoup augmentées, la r,oue faifant 50. tours dans une minute , mais elle ne continuera pas à tourner fi long-tems, fig. uo« plane. 1 p.
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- Expérimentale;
- CL
- *îï
- Si on approche des rubans , que l’on tient à une petite baguette , éloignée d’un demi-pied plus ou moins, félon le tems , les rubans noirs font toujours pouffes & repouffés de plus loin, & plus fortement que les autres; fi on mouille ceux qui. font les moins éleâriques , ou qu’on les cire , ou qu’on les gomme, ils font alors plus éleâriques que les autres , Chap. 7. I,Sed. S, 3. pag. 196. £g. 517. plane, ÿ.
- CIL
- Que l’on mette de la poudre fur une petite pué Jette adaptée à la barre, fitôt que l’Eleâricité le fait fentir , vous voyez la poudre s’enlever.
- cm.
- Si vous préfentez de pareille poudre en deflbus de la palette, celle de deffus fera pouffée, & celle de denbus repoullëe.
- CIV.
- Si on met de la poudre fur un couteau, elle s’en ira auffi à la diliance de cinq à fix pouces de la barre.
- Si on préfente le doigt perpendiculairement aué deffus de la palette, où ell cette poudre de bouis, elle ferarepouffée au doigtjulqu à 6. ou 7. lignes , & plus ; la poudre étant bien line, «tirez le doigt
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- Electricité.
- peu à peu , il fe fera comme une petite pyramide ou colonne contiguë , telle que fait l’aiman avec la limaille jufqu’à un pouce & demi de hauteur*
- CVI.
- Si on met uft petit vafe plein d’eau fur la palette, avec un fipnon capillaire, Peau étant élec-trifée, on la voit couler rapidement, au lieu qu’au* paravant elle ne tomboit que goûte à goûte ; fi on y préfente le doigt ou la main , cette eau s’incline, & eft repouffée, Chap. 5. 6e. effet, S* 2.è. pag. 119. fig. 39. plane. 4. Il n’y a que les tuyaux capillaires, où M. l’Abbé Nollet ait reconnu de l’ac* çélération. A une ou deux lignes' de diaméttre , point d’accélération > Peau fe vuidant en autant de tems, éleétrifée, comme non éle&rifée.
- c'y il
- ' Suivant PExpérience de M. l’Abbé Nollet, aux tuyaux d’une demi-ligne de diaméttre & aü def-fous, il y a accélération. L’eau tombant en zigue-zague forme un goupillon, dont les jets précipités dans un plat, forment fur la fur face de Peau , des goûtes de feu, qui paroiffent même plus dans Un vafe rétréci.
- CVIII.
- . Une petite éponge hume&ée, attachée au canon ou. autre conducteur, fi on paflè la main par-def fous, il tombe une pluye fine. La Tour de Danaév au lieu d’éponge, fait le même effet..
- CIX.
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- Expérimentale*
- CIX.
- Sï on met fur la platine, ou palette, de la limaille de fer ou cuivre, & qu’on préfente la main def-fus., il en fort des gerbes de feu.
- De l’encre & de l’eau mife dans deux gobelets égaux, les présenter fur le tuyau ou barre de fer , ou fous la platine fphérique , il fe fera des monticules ; l’encre s’élève plus haut.
- CXI.
- Qu’on préfente, entre deux platines fphérique? de fer-blanc, de petites découpures , ces plaques étant d’ailleurs à la diftance de quelque pouce , l’une tient au conducteur , & celle de delfous on la foutient dans fa main, ou avec un guéridon a vis, pour haulfer & bailfer fuivant le belbin ; ces petites découpures , dis - je, font en continuelle agitation, pouflees & repouflees dans le courant de l’efprit ae feu éleCtrique & de l’efprit d’air ; elles fautent & danfent ; ce font les pantins électriques, fig. iii. plane, io. Il fe fait ici un effet contraire au vaiffeau, ou ligne, car les pantins s’en-fuyerit,& fontrepoulfés en leur préfentant le doigt.
- CXIL
- Si on approche la tête nue en - delfous de la platine , les cheveux fe drelfent, & fi on y touche, on fent plulieurs petillemens.
- R
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- • ' Electricité
- CXIIÏ.
- y
- Des feuilles d’or mifes dans un vafe de verre & couvert d’une plaque de réfine, foudre , ou cire , &c. ne font prefque point agitées ; fi vous les couvrez avec une plaque de métal, bois, elles s’élancent fortement : Expérience du bocal, fig.
- ... Si on pend des doux de Cordonnier à un fil d’art gent extrêmement fin, ce filefl attaché à la barre pour recevoir l’Ele&ricité ; fi on approche de ces petits doux , un timbre que l’on tient, ces petits marteaux étant poulies <3c repoulfés, font le carillon éledrique, fig. 11 z plane, i .
- Sans- tenir le timbre, on peut le faire pendre en-deffous d’une plaque de plomb A. & ce avec une foye jufqu’au timbre ; les petits doux tenus par le fil d’argent agiront pour frapper en B. fi on met une chaîne ou fil de fer qui communique du plancher aù timbre en-deflôus , comme D. afin d'entretenir l’adion.
- CXV. -
- - • Si on fufpend un fil d’argent entre le condudeur Sc. un cadre d’oré, & ce à un pied de dillance de l’un & de l’autre, Ce fil eft poulfé 8c repoülfé alternativement du condùdeuir au côté du cadre, 8c du cadre au. condu&eur. Au côté du cadre où il touche, il donne des étincelles qui réjaitliflènt fur *out le contour du cadre, & airiii à toutes dorures qui pourraient être èôntigues»
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- On voit monter la liqueur du thermomètre en deux minutes, fig. 44. pag. 1.2.4. S- 33-
- cxvii?
- Il faut approcher un matras vuide d’air groflier auprès du cylindre ou condudeur ; l’efprit de feu s’y propage , & donne la lumière fans frotement contre ce matras.
- CXVIII.
- Le baromètre lumineux naît du même principe ; s’il eft approché de l’Eledricité, il rayonne^ & forme un ruiffeau de feu éledrique.
- CXÏX.
- Une fenille d’or à travers le récipient, fig. 114, plane. 10. pofée fous la machine pneumatique, îuit tous les mouvemens du tube qu’on y préfente*
- cxx.
- Les bouteilles du vuide de M. l’Abbé Nollet , qui donnent la commotion fans être garnies d’eau ou limaille, &c, elles fournilfent beaucoup de lumière à l’approche des mains, fig. 11 5. plane. 19.
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- Électricité'
- SECTION IL
- Obfervétions pour faciliter le fucch des Expériences.
- *' - L
- L’utilité des machinés cylindriques àappuis diagonaux , confifte io. En ce qu’elles font moins couteufes & aufîi fortes ; lorfqu’on y adapte des conducteurs proportionnés avec des coulîins plus ou moins grands, elle augmente à raifon des furfa-ces defdits fers ou tuyaux , & non à raifon des maf-fes , à moins que la furface n’en foit confiderable , & qu’il y ait en ce cas une très-forte éle&rifation , toujours dépendante du plus ou moins de reflort de l’air.
- . Elle augmente aufîi à raifon des bouteilles ; aînfî il faut les étudier gradatim, comme on fait au battant d’une cloche qu’il faut proportionner àl’épaif-feur de la cloche ; la proportion efl la même.
- 20. En ce qu’on ne court aucun rifque d’accident comme dans celle à la roue , dont on a tant d’exemples , qu’on craint de s’en fervir.
- 30. En ce qu’elles font plus portatives, & plus en état de faire fur. le champ les effets par tout, Sç avec bien moins d’embarras.
- IL
- Il faut avoir foin, lorfqu’on choifit des cylindres êc des bouteilles, de prendre les plus unies, autant qu’il fe peut, «5c celles qui font fans bouillons
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- Expérimentale. ±6t.
- & grains de fable. J’ai fait épreuve de pîafieurs * auffi-bien que de plufieurs globes, qui, quoique très-bien choills, n’onc produit aucun effet : pareille chofe eft' arrivée à pwfïeurs de mes amis ; ce qui mé fait croire qu,e c’en le degré dé. cu.iflbn.qui èn empêche l’eflfet, les pores ne iè trouvant pas aflez ferrés. Lorfque- ces cylindres ou- bouteilles Ion t fraîchement montés , ls ne font fouvent éleâri-ques qu’au bout de quelques jours : ce ne peut être, que la, vapeur grade du majlic qui a’eft. point encore, diifipée..
- Le maftic pour la monture des cylindres ou globes , efl un compofé de poix & poix-réfine par égale partie : on y joint, fi l’on veut, un quart de cire.jaune.
- IV.
- On fait lès gâteaux avec le même .compofé fans cire ; ou fi on en met, il faut qu’elle fait en - defîus, n’étant mife que pour durcir.
- V.
- Si lègâteau s’étoit cafle en tombant, il ne vau-droit plus rien ; il'faut le refondre , ou prendre un fer. chaud pour réunit, les. parties,. >.
- VI.
- Si on jette dè l’eau defliis, fine fêta plus, d’effet» sîil n’eft efluyé & léché.
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- Electricité.
- ja6z
- VII.
- Il faut obferver que celui qui eft fur le gâteau , foitifolé, & ne foit touché de qui que fefoit ; il faut avoir les pieds au milieu , & les robes feront levées pour ne point toucher au gâteau.
- VIII.
- La bouteille s’éle&rife en approchant le fil de fer du cylindre pendant une ou deux minutes. Il faut avoir la main bienféche, tenir la bouteille en-defious : fi la bouteille fie charge trop d’Ele&ricité , elle pete dans la main, en faifant quelquefois un fimple petit trou ; ce qui caufe un bon pinçon. On évite ces inconvéniens par l’ufage, & en prenant garde à la bouteille, tandis qu’elle s’éle&nfe ; car on apperçoit dans l’intérieur une petite flâme lu-mineufe qui annonce qu’elle doit éclater, par l’ef-prit d’air qui fe fait jour à travers quelques grains ou bouillons : fi la bouteille eft fans grains ni bouillons, elle ne erevera point.
- L’Ele&ricité fe garde dans la bouteille pendant vingt - quatre heures, & plus, lorfque le tems eft favorable.
- X.
- On prendra garde en éleftrifant la bouteille, de ne point floter l’eau de façon à mouiller le goulot ; il elt eflentiel qu’il loit fec, ainfi que tout ee qui doit fervir à l’Eledricité.
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- Expérimentalev
- XI.
- L’emplacement de la machine & le lieu contribuent encore beaucoup à rendre l’Eleidricité plus ou moins forte. U eft même quelquefois impoffible de faire les Expériences: il m’efl arrivé dans un tems de S. Martin , les pluyes étant continuelles , tel feu , que j’aye mis dans une falle baffe parquetée * l’Ele&ricité n’a pas pû fe caradtérifer. La perfonne pour qui étoit la machine , fçavoit que le cylindre étoit bon ; nous chargeâmes la machine dans un Fiacre , & nous fûmes du Faubourg S. Jacques à l’Abbaye S. Martin : je montai la machine à l’éledrifer dans une chambre au fécond, où on n’a voit point fait de feu del’hyver, malgré plus de 15. jours de pluyes continuelles, & dans le mo-ment qu’on éleârifoit,. je fis toutes les Expériences; fauf l’inflâmation de l’efprit de vin,qui1 ne peut fe faire par la trop grande humidité de, l’air..
- Xi L
- On met dans la bouteille à médecine, dé ta limaille au lieu d’eau ; mais l’eau produit plus d’effet? le petit plomb granulé, a autant d’effet que l’eau. Il faut plus de tems pour charger la bouteille de limaille , qu’il n’en faut pour celle de l’eau ; cette eau ou limaille fe met. aux deux tiers; quelques-uns empliffent jufqu’aux trois quarts..
- XIIL
- Dans la chaleur il arrive qu’on, ne peut pre(que point tirer d Ële&ricité. fur-tout depuis dix heures K iiij
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- '* 64 Electricité
- du matin jufqu’à fix du fôir ; parce que la chaleur & fueur forment une humidité qui ôte Je cours à ce phénomène. La quantité des haleines produit encore le même effet ; fou vent j’ai vû P’Ele&ricité s’arrêter tout à coup , après avoir bien été, fans pouvoir alors en appercevoir la caufe, & fans avoir pû la faire reprendre, quoique j’aye attendu un tems pour laiüer refroidir le cylindre, que je pen-fois alors trop échauffé. On met du blanc au couffin pour deffécher, Chap. 5.2e. effet, §. 7. 3 e. Expérience, pag. 89. j’ai vu encore celfer , en ouvrant la porte pendant le tonnerre & grêle.
- XIV.
- Les pantins , découpures, doivent être prefque ovales & en œufs, ils s’élèvent mieux.
- Sur l’article 6 r. j’ai vu arriver le grelot à la bouteille fans y refter,quoique j’eufle le doigt au fil de fer. Ayant vû partir le feu de la bouteille, je me trouvai embarraffé ; je m’apperçus qu’elle étoit humide , & que le plateau étoit fur une boête garnie de cuivre ; ayant fait fécher le goulot, 6c ôté la boête, tout reprit.
- XVI.
- Sur l’article 21. il faut que l’efprit de vin foit échauffé pour faciliter l’effet .: on met une bougie en-deffous de la cuilliere pour l’échauffer, ou on y met direâement le fou ; moins il y a d’e%rit de vin, l’effet en eft plus prompt.
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- Experimentalel XVII.
- ' On interrompt tous les effets, en mettant le doigt à la barre , parce qu’alors l’Ële&ricité prend fon cours par celui qui touche ; elle fe perd par le plancher, fe confond, & efl:réunie avec l’air grof-fier.
- XVIII.
- On peut faire partie des Expériences fans la machine pneumatique ; l’efprit d’air a un courant par les platines qui fournit à fuffire pour cette aétion , quoiqu’on remarque qu’elle foit plus foible , les atmoîphéres n’étant pas ii étendues..
- XIX.
- On peut fubftitaer les végétaux atix corps mé-J talliques.
- XX.
- La flâme d’une chandelle paflee deflôus le cylindre & les barres , réuflit quelquefois à ôter l’humidité des brouillards.
- XXI.
- Pour la commotion, les phioles, & les vafes de verre minces produifent plus d’effet.
- XXII.
- L’eau chaude & bouillante augmente confidera-felement l’effet ; le feu de lampe peut échauffer.
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- ÉUUridtt
- XXIII.
- Deux doigts au globe ou cylindre font moins que toute fa main. Il faut garder une proportion ; trop de mains nuiroient. Il n’en eft pas de même des bouteilles qu’on éle&rife par communication en les tenant.
- XXIV.
- En Angleterre ils fe font fervis d’une lame de plomb ou métal pour envelopper jufqu’au col les bouteilles à éle&rifer, ce qui rend la charge & décharge plus promptes ; nous les dorons à préfenc pour cet effet.
- XXV.
- Onréuffit mieux à avoir de belles étincelles avec «ne maffe un peu arrondie, qu’avec des pointes & des fils de fer ; la jointure du doigt ployé vaut mieux que le bout du , doigt.
- XXVI.
- De même que nous avons vu que la chaleur nuit, le froid eft également préjudiciable. M. l’Abbé Nollet remarque qu’il nuifoit à fix degrés au-deflous de la glace , les fenêtres ouvertes ; mais
- 3u’ayant fait fermer les fenêtres avec bon feu en-edans , l’Ele&ricité fut paffablement bien , juf-qu’à ce que le froid eût repris.
- XXVII.
- Le plus fur moyen de détruire l’humidité , eft de
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- Experimentale. «267
- changer les foyes des fuports, en en mettant de nouvelles bien feches ; nous ne pouvons cependant réuffir que foiblement lorfque les vapeurs humides -dominent.
- XXVIII.
- Quand on éleCtrife avec des tubes, on les frote avec du chamois , & on les ferre dans un étui doublé de flanelle.
- XXIX.
- Pour augmenter les baifers électriques, M. Franklin dit,qu’un des deux étant furie gâteau, prenne à fa main une bouteille éle&rifée, & l’autre le fil d’archal , il en fort d’abord une petite étincelle ; mais s’ils approchent leurs levres pour fe baifer , ils feront frappés & étourdis. Je confeille d’ufer de .prudence dans les Expériences où l’efprit de feu tend à fa réunion des deux côtés ; or on chargera très - modérément.
- XXX.
- Un fil d’argent très-fin que l’on met du conducteur au cylindre , produit la propagation auflï vite, mais avec moins de force, qu’un fil de fer d’une ligne : ce fil, quelque fin qu’il foit, faifant partie du tout, communique proportion gardée à là force & à l’aCtivité qu’il reçoit dans ces parcelles. Cependant un fil de fer plus gros d’une ligne , ne paroît pas fournir plus de feu & d’étendue àl’at-mofphére, qu’un autre beaucoup plus gros. ( Le premier degré efl: fuffifant,& proportionné aux petits globules qui reçoivent le choc.) La proportion n’y elt plus , parce qu’il faut trois chofes dans la proportion, i<>. le frotement, z°. que celui qui ac-
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- Electricité
- cumule puifle eontenir. 3°. & que le tuyau de décharge puifle recevoir ; de même que 1& cloche que nous rappellerons encore ; outre la proportion au battement, il faut que le frotement foit affez fort pour que ce battant produife des chocs affez répétés, finon ce gros battant fera moins d’effet qu’un plus petit, donc les chocs feront plus agités.
- SECTION III.
- Notes fur certaines Expériences qui fem-blent n avoir point de connexion avec
- *- les autres.
- PREMIERE NOTE.
- Si le fil de fer de la bouteille eft écarté , en cou-dant, on ne peut détruire l’atmofphére , malgré la clef qu’on préfente continuellement au corps de la bouteille, Chap. 6. 3e. effet, 1. Expérience , pag. 153. parce que le fil de fer affez éloigné de .rat-mofphére, y établit un courant continuel, & il fe fait affez de perte au-dehors , pour empêcher la furcharge de cette atmofphére, & fans cette fur-charge l’aâion de Tefprit de feu éleélrique continue auffi par la clef, quoique foiblement.
- IL NOTE.
- Dans le Chap. 4. 3e. effet, 8. & 9e. Expériences , pag. 57. l’a&ion de l’air néceflaire à la conduite de l’efprit de feu* pour porter au cylindre, n’eft point interrompue par la perfonne qui eft fiir le gâteau, ni par la main qu’elle porte à bouteille,
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- Expérimentale.
- non plus qu’un fil de fer qui couche feulement 1® corps de la bouteille fufpendue au condu&eur , & de là au couffin : Expérience de M. Franklin, pag. 218. parce que nous avons remarqué qu’il n’étoit nullement néceffaire de toucher au plancher pour apporter la matière. Au contraire nous avons vû que les pores toujours prêts à fe prêter, changent & établiflènt des colonnes & cercles , qui varient fiiivant la réfiftance qu’ils trouvent. L’air conduit le globule d’autant plus librement, que tout fe prête à l’aâion ; le ftotement du couffin faifant un vuide par fon atmofphére, la colonne répond fut le champ à la bouteille qui a befoin d’un courant pour fa charge ; or ce feu n’eft pas plutôt au fil de fer, qu’il eft rallié à l’air, & ainfi peut toujours opérer la charge, jufqu’à ce que le verre & les petits condu&eurs foient remplis. La perfonne étant fur le gâteau, produit le même effet, c’eft le chemin le plus court ; quoique rien n’empêcheroic la matière d’arriver, & de circuler encore par les pieds jufqu’au couffin , auffi-bien que l’efprit5 de feu en perte par cette perfonne ; comme lorfqu’on fe met fur le gâteau, pour être éleétrifé à l’ordinaire , l’écoulement & la furcharge de l’atmpfphé» re eft toujours en perte par le gâteau & les foyes. Ainfi l’aifance qu’ont les colonnes à fe prêter, doit tirer d’inquiétude dans ces differens Phénomènes , & cette Expérience ne différé en rien de la onzième, mêmes Chap. & effet, pag. 58. expliquée au Chap. 5.2e. effet, pag. 84. $. 5.
- Si le fil .de fer de la bouteille dont parle M.' Franklin, porte contre le verre, mis fous le couffin; il eft certain que le verre âbforbant le peu de courant de l’efprit de feu , fortant de deflbus le fro* cernent, empêche te charge de la bouteille ,1’açn
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- Electricité
- tion n’en fubfifte pas moins fous ce frôlement.
- III. NOTE.
- Les bouteilles du vuide dont M. l’Abbé Nollec a reçû la commotion, fig. 115. plane. 10. ne different de la commotion ordinaire , que par la forme ; car la longueur des barres tient lieu de limaille ou d’eau , dont les écoulemens de leur at-mofphére fe fait par les foyes pour en opérer la charge, comme a un eondu&eur. L’efprit de feu entretient & forme une fécondé atmofphére dans la bouteille, à la faveur des robinets qui facilitent l’écoulement de l’efprit d’air qui étoit réfervé dans l’intérieur du verre ; l’approche des mains réitérée pour voir les belles aigrettes que produifent les étincelles, a encore donné plus de cours à l’écoulement de l’efprit de feu , pour faciliter la charge & la fécondé atmofphére. Les étincelles qu’on a tirées de la tringle de fer, ont. produit l’écoulement & charge de la première atmofphére ; ainfi il n’y a rién d’étonnant & de moins naturel dans cette Expérience, que dans les autres bouteilles ordinaires.
- IV. NOTE.
- Sur l’Expérience 7e. du 3 e. effet , Chap. 4. % i $1 plane, a. page 57. on obfervera qu’il n’y a plus d'action. C’a fl la même colonne qui circule f ou l’air ne peut faire de pélànteur, puifque d’un côté & d’autre l’entrée de ces tuyaux porte à ïatmofphére éleârique de l’efprit d’air, fans offrir un canal en perte pour établir l’aétion ; conféquem-ment il n’entre rien dans ces canaux j ils n’offrent
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- Expérimentait. rff
- aucune iflîie, aucune colonne n’ayant pas plusd’ap. titude l’une que l’autre à la recevoir.
- V NOTE.
- Téle&rife un condu&eur de verre, un gros tube de 4. pieds de long, avec un autre de trois pieds de long , trois lignes d’ouverture defeendant jufqu’a» cylindre. Les petites balles ou larmes de liège y font portées comme au cylindre, fauf que l’efièc n’elt pas li fenfible à beaucoup près. De petites feuilles d’or préfentées deffous , font pouflees & repouffées de defliis un carton.
- Ces tuyaux électriques étant dans l’atmofphére, il s’écoule affez d’air au long & au-dedans, pour enlever autant d’efprit de feu > dont aucun corps ne peut fe garantir. Ce que nous avons obfervé * Chap. 5. S* a. 3e. Expérience, pag.76. S* 2. 3** effet, même Chap. pag. 8a.
- On trouve la nécelîité de cet air , fi on met au bout de ce condu&eur éleârique un petit t;ube de trois lignes d’épaiffeur bouché du bout; s’il porte àur près du cylindre, on voit qu’il ne fe conduitjplus d’efprit de feu au conducteur ; or l’air efl nécef-fàire à la propagation.
- ' VIe» ET DERNIERE NOTE.
- Nous avons vû ci-devant, Expérience 104. plane,
- 9. qu’un petit vaiffeau vient au doigt ou autre corps qu’on lui pré fente , & qu’au contraire les petits pantins éleétriques, Expérience m. plane.
- 10. font repoufles par les corps qu’on en approche.
- ... Si-tôt qu’on approche dans l’atmofphere , l’air
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- 47-2 'ËUiïriéità qui entre, & le fluide éle&rique repoufle au même corps, pour prendre fon cours,.font une colonne courbe circulaire qui environne ce petit vaiflèau ; cette action doit néceflàirement emmener le petit vaiflèau qui eft fur un fluide. Il n’a pour point fixe que d’obéir à l’adion de cette colonne qui ïèrtvèloppe , & l’approche jufqu’à ce qu’il foit arrivé au corps préfenté. ..
- Le pantin entre deux plaques un peu fphéri-ques, eft au contraire repoufle. La raifon en eft differente, -ainfî que l’efpéce. Les deux plaques fphériques, fig. iii. plane, io. fourniflènt l’écoulement éle&rique par la perfonne qui tient la plaque de deflfous. Or le doigt que vous préfentés fur le côté à cet objet , préfente vainement un tuyau pour ouvrir un canaf a l’efprit de feu électrique, cwi eft fi a&if, qu’if s’épuife par la dire&ion qu’il-s’eft ouverte ; • le doigt quîon préfente, por? tant un air qui ne peut percer celui du feu qui a pris fon cours,-il repoufle par fa péfanteur ce petit corps, qui eft libre dans l’atmolphére, Si dont il îfoittoujours ladire&ion.
- FIN.
- TABLE
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- TABLE
- DES MATIERES.
- Contenues dans ce Volume, & Sommaire inftruâif fur chaque Chapitre*
- il tfi effentiel de parcourir ci Sommaire après VA-vatit-Ptopos, pour avoir une idée de la matière , & la mieux concevoir, lorfqu’on lira chaque Chapitre. ïl fè trouve en outre quelques réflexions 6* Expériences échappées dans le courant de l’Ouvrage y 'qtiûii Lecteur fera bien àifi de retrouver. Elles peuvent prévenir fis difficultés , & applanir fis doutes i ainfi avant de décider, ùn aura attention de voir , s’u n’y a rien à reprendre > fait en cette 'table y foit au renvoi des pages en differtns Chapitres , où les effets fi trouvent rapprochés ; foit enfin aux Obfirvations & Notes , qui font la fécondé & troifiéme Section du dernier Chapitre.
- CHAPITRE PREMIER.
- Erreur de fait fur les pointes.
- PÔur réduire les chofes au premier état , on commence par relever les erreurs de fait, fur les pointes annoncées, pour détruire le Tonnerre,
- La pointe tenue au-deflôus du condu&eur
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- *74 TABLÉ
- pêche pas d’en tirer des étincelles, non plus que f’éguille n’empêche pas d’éleéhifer le boulet, ni le canon de fulil, toutes cho(es égales., pagK 8* XJne infinité de pointes mifes au-deflous du con-du-leur,n’empêchent pas encore de tirer des étincelles de ce conducteur, première Expérience. 9* SecondeExpérienee.La balance abaiflee par le poin-çôn, & non par la pointe , eft un fait dont on ' Convient. - .. " *o*
- Mais on reconnoîtra que c’eft l’inertie & im-puiffance de la pointe au relpeét de la balance.. - ’ ’ • ideip.
- Et Chap. 7. Seét. 4. §. r 9,. £©9..
- Première Expérience. La pointe ne diminue point l’aigrette d’une bouteille chargée. 11
- . Seconde Expérience. Le carreau de vitre le déchar-r ge , & on perce le papier malgré H pointe te-. nue en-deflous du çonauéteür. idem.
- La barre s’éleârife par les nuées , comme une bougie eft allumée par unç autre, fans diminution, ni altération de cette première ; ce que le méchanilme du Chap. 7. Seà. 4. acheva de nous, certifier. _ \z^
- CHAPITRE JI,
- fdéç du mêchanifme de l'Univers y pour parvenir à celui de l'Electricité^
- L’Elément du feu eft le premier* eu égard aux fubféquens; il fubfiftefeul, il eftl’agent de tous>? Ôc les autres ont leur origine en lui. 17.
- eft le fécond Elément j il eft plus: petit,
- ** *4W\
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- DES MATIERES. 47*
- Ce fécond Elément plus petit, eft dîvifé en globules; chaque globule a réuni à fa matiereâu-tant d’efprit de feu , qu’il en peut contenir t ( comme l’eau fait Air le vin, & tous corps pé-fans fur les légers, en tant que-fluides. ) ^excédent de cet efprit de feu s’eft trouvé réuni ea globe , pour former le Soleil, don t la force & la;, chaleur pénétrent tout. idem..
- La terre & l’eau font une matière,.. ou dès corps, formés dans ce fécond Elément ; ils. font imbus des globules d’efprit d’aic & de feu-,, dégagés des atomes, infeétes, &C...& autres matières: qui n’y ont aucun cours , S» 3. idem..
- La terre n!eft- point fluide-; c’eft un eompofé- de-parties branchues, qui s’accrochent les unes & les autres ; ce qui-caufe fon opacité ^fà mafTe^ tant qu’elle n’eft point dominée par Uefprit de-feu,. S- 4* 18.,
- €e fyftême n’eft point idéal',, il eftnéce-ffité aux effets, qui y font- tous relatifs , 5. 5. idem.
- L’efprit de feu & d’air, réfide toujours conjointement ou féparément dans, les cor ps,. fous telles formes qu’ils ayenr; mais il ne peut exercer fon a&ion-, tant qu’il eitreflerré dans .les globi>-les d’air. . lÿ..
- On nomme ces globules, pointes d'efprît de feu >. pour marquer que cet efprit, de feu n’eft que-pointes , telle-divifîon qu’il ait... ( Gn ne s’eft; pas toujours rigoureufement fervt de ce terme ^ on l’a négligé , lorfqufon a.,prévu que le Le^èus-avoit foin la matière. ) idem.
- Ou peut.4 l?abri de certaias-corps v oît le feu peut. fe raflèmbler feul, ©n peut., dis-je ,.fépaterles patCèllfes pointues dfefprit de feu. de. feu£.-globii^ le d’air.r Çe feu, extrait du. globule d’air, ne le^ Sik
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- *7* TABLE
- quitte qu'en écartant d’autant cet air, Sç fe$ cott* traires ; ce feu réuni fe diverge toujours en pointe for tout ce qui l’avoifme , lorfqu’il eft pou® par l’air qui le pojirfuit > & poulfe juf-qu’à la réunion à l’équilibre, S* 6. page 19. La légèreté de ce feu, & la péfanteur de l’air , . font le reffort & la clef qui remontent continuellement le méchanifme » S- 7* idem*
- Tout eft plein dans la nature , S- 8. idem.
- Le vuide eft cependant indifpenfable , & Newton penioit doâemenc en l’admettant ; il lui manquait un rayon de lumière , une diftinétion, fans laquelle il n’a pu fe faire entendre. Il ne s’agit que de reconnoître ce vuide , malgré le plein. 20.
- Quatre Expériences le prouvent ; le vuide n’eft que • la légéreté d’une matière réunie , qu’une plus péfante tend toujours à divifer & remplacer ; première efpece de vuide. 21
- L’efpric de feu & l’efprit d’air plus ou moins do-minans dans les corps ou matières, font la cau-fe de leur plus ou moins de péiànteur , §. 2j. & i8. , ^ pag. 37. & 38.
- Quoique l’Expérience du bocal, fig. 3. plane. 1. page 22. ne contienne que de Peau , les frote-mens des agens produifent autant de petites at-mofphéres éle&riques, qui facilitent l’a&ion des corps renfermés dans ce bocal ; ce frotemenc fait ici un vuide d’une fécondé efpece , &c.
- idem.
- L’un & l’autre vuide ne fe caraâerifent que par la grande flexibilité & mobilité de tous les Cercles & colonnes d’air. 23.
- Ce vuide une fois connu fous le nom d’atmofphé-res, qui eft ion terme propre , par l’amas &
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- DES MATIERES. à??
- réunion de matière , peut encore conferver celui de vuide ,. à caufe de fes fondions. Ôn remonte au feu du Soleil pour l’entretien de- ces atmofphéres journalières, & le mobile du mé-chanifme de l’Univers > §. jo. pag. 23*
- Ce Soleil eft un efprit pur , fans mélange, qui n’a befoin d’aucuns corps terreftres' pour fa fubftan-ce ; auffi eft - il inaltérable & infini, étant totalement indépendant de fa nature. .24..
- Ou obferve qu’il ne faut pas confondre-l’air grof-fier avec l’efprit d’air, 5. 14. 23..
- On démontre que ce n’eft que par cet agent que-tout s’engendre dans ia nature ,• les végétaux * les minéraux , les animaux , & la régénération humaine, $... idem- 2.6^
- parag. 19. ni...
- Le feu dont nous jouifîbns pour nos befoins, ou vient du Soleil., ou de nos parcelles d’efprit de feu ,. S- 1 5- Z7*.
- On raffem.ble les rayons fblaires avec un miroir concave , ou une fimple lunette ; cette réunion fur la matière , y forme une atmofphére, où le progrès de-l’air, qui s’infinue , pouffe & agite ce feu par continuité fur cette, matière, jufqu’à fa défi: ruélion, $. 16« 3.8..
- La. mani ere de tirer la poudre d’efprit de feu des corps, eft. differente, on ne la raflèmble pas fi aifeme-nt que le feu du. Soleil ; parce qu’il faut écarter l’air qui la refîèrre & la confond ; ain-li il faut avoir un corps qui la conrienne feule ,. & un autre- tout prêt à. la recevoir au.même inflant; Pour-que cet autre puiflè-la recevoir, il faut un agent qui l’y pou fie. . La pierre à fuûl efl le corps qui contient cet efprit de feu feul ; nous recon-noîcrons à cet effet fous le nom, de corps;Eiec-S iij
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- ï7S T À B L Ë
- trîqüe , tous ceux de cette nature ; & pou*1 corps non Eieélrique, tous ceux qui ont l’eiprit de feu 6c d’air par concurrence, ( comme eit le briquet. ) Dans l’action du concadt, à l’approche de ces deux corps froides , l’eiprit de feu fait atmofphrére , l’efprit d’air de l’alcier y tombe , en même-tems l’efprit de feu rentre d’autant dans cette parcelle d’acier. Cet efpric de feu que l’air agite de pourfuit continuellement, exerce l'on aétion en tout fens fur la matière , julqu’à ce qu’elle foit réduite en cendre, 17» 18. 19» pag. 28. 29. 30.
- On peut encore tirer le feu de deux corps non Electriques , mais il y a trop de difficulté , $. 20.
- 31*
- De cette étincelle on pafle à l’amadoue , à l’allumette., 6c par ces degrés, on vient allumer la bougie-. On remarque que dans cette bougie il y a deux matières fenlibles , la mèche 6c la cire ; on apprend que de ces deux matières , l’une n’eft que le canal de l’autre, dont l’une fournit à ce canal pour en limiter Patmofphere éc la durée > ce que nous ne reconnoilibns point dans le bois, où la matière a autant de canaux que de pores. Nons y voyons fenfiblement l’action de Pair & du feu ; leur entrée , leur fortie , ce qu’ils emmenent, comme la fumée; que le départ des matières terreltres en cendre , tombe à terre, 6c en quoi ce courant d’aétion différé de l’EleÂricicé, S. 2.1. 6c 22. pag. 32. 33. 6c 34.
- Il faut un écoulement pour entretenir le feu ; il faut que l’air conducteur de la matière fpiritueu-fe ignée , le fuccéde fans obftacle, finon il eft étouffé comme la bougie fous un récipient, ou «ne cheminée bouchée, $. 23. 35
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- DES MATIE RE S.
- Oh obferve pour caufe invariable du méchanifme de l’Univers , les atmofphéres perpétuelles qué le feu folairè , & les agens terreftres entretiennent ; ces vuides recevant par continuité la chû-te de l’efprit d’air, il établiflênt la néceflité de la gravitation des corps au centre de la Terre ; parce que toüs les corps & matières font plus pé-fans que l’air ordinaire , quoique d’origine la caufe de leur péfanteur. Toute la matière eft Créée dans l’air , elle conferve fa péfanteur , quoique devenue Eleâriqué 5 parcë qu’il n’y a que le vuide, fes canaux de reiferrés dans cette matière, fans expulfion de ladite matière ; âinfi la péfanteur y eft confervée , même plus ; puif-que les pores plus ferrés allient plus de ma-tiere, S>24.25,20.27.i8.29. pàg. 36.37-38.
- Ce détail du feu, lôm d’être étranger à l’Eleftricité, , il nous confirme qu’il n’eft qu’un dans fes degrés.
- 3 9‘
- CHAPITRE III.
- De la matière ËleSriquè.
- CË T T Ë màtiere eft la meme que celle du feti de la pierre à fiifil, il faut aufli pour la raf-, fembler un corps propre à la recevoir ; elle a fes degrés de force bien inférieure , aufli la ribm-merons-nous poudre d’efprit de feu Ele&rique, pour cara&érifet fôn extrême divifion. Il ne faut point de contait violent pour là raflembler , il ne faut qu’un fimple tamis allez fin. Un cylindre de verre fera ce tamis, & le frotement de ce tamis
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- corps Eleâriques , avec un corps non Eleétri-que, qui foumiffe & apporte continuellement cette matière, La matière une fois réunie, eft àiors fiifceptible de çontads fenfibles ; fi on les donne fur des matières très - fpiritueufes , elle les enflante. Ce feu marque une couleur que nous nommons fl&me, Çette couleur n’eft fenfir ble que fous le frotement, & au départ & ar-* tivée de l’air, ou iorfque l’air fait quelque chute en s’unifiant à la matière ; voici où fe borne la force de i’Elecfcriçité ; cependant fi on joignoit des matières très-çombuftibles par degrés , on parviendrait au plus haut degré du feu. Les corps non Electriques ne peuvent fçrvir à rallier par le frotement notre poudre d’efprit de feu ; l’air y domine trop pour être châffé fans une violence bien au-deflus du fimple frotement. Ce Chapitre a 9, parag.p. 40. julques 4c compris 44,
- chapitre; iv.
- Du frotement du couffin avec le cylindre,
- E couffin doit être ferré contre ce cylindre ^
- Ce Chapitre eft compofi? de huit effets eijfentiels. Le frotement affemble & tamife les globules d’air, pour en extraire la poudre d’efprit de feu feul , & leur départ marque unç flâme fenfible, Obfervations firr çet effet en 3, parag. & .2, Expériences, 47,
- Second effet, La poudre d’efprit de feu fe rafièm, fcîe fiir les endroits bottés * & dan* vtëm
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- DES MAT 1ERE S. diredion que le frotement. La matière y arrive toujours en deflous du couffin. Obfervations en' 4. parag. avec 3. Expériences. pag. 49.
- Troifiéme effet. Les corps Eledriques ne détournent ni n’empêchent la matière d’arriver au couffin, pour en entretenir l’atmofphére du' cylindre. Obfervations en 5. parag. & 12. Expériences. 5 2.
- Voyez auffi la fécondé note, Sedion 3. Chap. 8.
- 2.6 8.
- L’armofphére fe conferve toujours fous le cylindre , les corps Eledriques n’arrêtant point la matière qui fournit au frotement, $• 4. 61,
- L’adion ell feulement changée , l’efprit de feu prend fon cours différemment, §, 7. 87*
- Quatrième & cinquième effet. Comment fe forme l’atmofphére cylindrique ; il ne fe fait point de tourbillon ; la matière entrant en ligne droite , fort de même. Les Obfervations fur ces effets font en r 1, parag, neuf Expériences. 63.
- Sixième effet. Les corps légers font pouffés jufqu’au çylindre, & repouffés au corps qui les préfente. Septième effet.Les corps non Eledriques expofés à cette atmofphére, font lumineux avec aigrette. Huitième effet. Le doigt qu’on préfente à cette atmolphére , reçoit cette flâme lumineufe fans, piqueure ni contad, Ces trois derniers effets font renvoyésau Chapitre fuivant. # 72*
- Et leurs Observations for ce Chapitre fuivant, font;
- au 3e, effet, Pag'9b
- Au 5e. effet. p*g-9*'
- Êt flu6e, effet. I00‘
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- TABLE
- *8*
- CHAPITRE V*
- t>u conducteur ou propagation de VÊle&ricitl aux corps non Electriques»
- ON a reconnu que ces corps étoient incapables de ralfembler l’Eleâricité par le frotement , 6c qu’ils n’étoient propres qu’a la propagation , pag. 73» parce qu'étant remplis d’efprit d’air, ils ne peuvent former d’atmofphére dans le même air ; au lieu que la pélanteur de cet efprit d’air arrivant dans une atmofphére formée , il en fait fortir autant d’efprit de feu de cëtte atmofphére, di& qu’il y a un courant qui fournit le vuide ; car fans courant point d’aâion : comme l’eau dans les palfe-vins fait fortir autant de vin, qu’il entre d’eau. Oh rapporte h. Expériences de Comparâifon très-fenhblés , & démonftratives ; on y voit même l’entrée & fortie des petits corps qu’on préfente à cette àt-mofphere, pag. 74,
- Voyez la note 4. 3 e. Se&ion du Chapitre 8. pagk
- Comment le coiidu&eur fè joint au cylindre ou atmofphére, 3e.Expérience, 75*
- Les foyes & gâteaux font les fupports des conducteurs ; ce que nous devons entendre par conducteur, c’eft un canal , un réfervoir* où cet efprit de feu peut s’accumuler : or il faut proportionner le réfervoir àlamatierë, pag. 136* & 204 ou tout au moins le fil de communication, 3 e. obfervation, fe&ion fécondé, dernier
- Chapitre. pag. z6i.
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- DES MATIERES; *9,
- La communication fe fait foiblement aux corps éledriques fufpendus ; elle ne s’y fait point du tout, s’ils font pleihs & longs d’un pied ou environ ; au lieu qu’un tuyau de verre, ouvert de deux lignes, l’efprit d’air trop proche , facilite - un certain écoulement, §. 2. pag. 76.
- Et la fedion troiliéme des Nottes , Chap. 8. 5. note, pag. 271.
- Ce Chapitre renferme huit effets.
- Le premier. Pour connoître la forme & étendue de l’atmofphére, on employé l’Expérience qui nous fait voir que cette atmofphére formée, eft en affaiffement, fi-tôt le frotement ceffé ; le canal qu’on offre à cet efprit de feu eft inutile , & l’air des petites plaques , qu’on defcend à cette atmofphére, s’unit en force, pour comprimer plus vîte cet efprit de feu, tel que le poinçon , fait fur la pointe : Chap. 7. fed. 4. des
- Les réflexions, pag. 78. 79.
- Le fécond effet eft le paffage & entrée de l’efprit de feu aux condudeurs pendant tout le frotement ; cet efprit de feu rélide dans la matière , fe communique à toute la colonne dès le premier choc ou frotement, fans expulfer l’air. 11 fe remarque en aigrette aux extrémités des carrés & pointes , ce qui fait partie de l’atmofphére, qui •différé de celle des corps éledriques. Les réflexions fur cet effet font appuyées de fix Expériences , neuf parag. pag. 80. jufqu’à 92. $. 5. 6. & 7. fed. 4. du Chap. 7. pag. 200. 201. 202. il eft même bon devoir jufqu’à 207.
- 'Nouvelle obfervation à une objedion qu’on fe
- Ifait fur ce fécond effet. Pourquoi cet efprit de feu éledrique, qui s’accumule fur une barre »
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- fourniflânt à tous les pores également , ne produit pas le même effet , comme lorfqu’il eft parvenu a la parcelle détachée du briquet,dont il efl; parlé ci-devantPLa raifon que l’on en a donnée , efl que l’efprit de feu efl trop fpiritueux &. fubdivifé ; à cela il faut ajouter que l’adion, la vie dépend d’un contad imprimé dans la matière. Dr l’efprit de feu, qui communique à tous les conducteurs, y arrive fans contad ; il ne fe fait point de fortie détachée, comme dans la. parcelle d’acier : ( cette parcelle d’acier , n’a pas plutôt reçu l’efprit de feu, que n’ayant qu’une petite parcelle de matière proportionnée, oit l’air nouveau pourfuit toujours le feu, jufqu’à ce qu’il ait confommé tous les pores de cette petite parcelle , l’adion s’y perpétue ; & cette action divifant la matière, produit la chaleur. ) Toutes les parcelles réunies dans un condudeur, établiflent un courant diftind ; ce corps léger n’a pas le tems de limiter, & arrêter fon cours ; l’air le pourfuit fans mélange , ni adion au-de-dans de ces condudeurs ; de même que l’eau ne s’allie point avec le vin , dans la branche du paffe-vin, cité fig. 26. plane. 3. pag. 75. & notamment la trentième, même planche, pag. 99. où l’eau & le vin prennent le chemin , ou ils trouvent moins de réfiftance ; au lieu qu’une goûte d’eau fur une de vin s’allie ; de même la parcelle d’air & de feu, fur la parcelle de matière en adion par le contad , n’a plus de courant diftind ; l’air domine au-deffus de la pointe du feu, le globule d’eiprit d’air & d’efprit de feu n’entre fur çe petit corps qu’à proportion que les premiers font fortis. Le contad que l’on donne fur l’eipric de feu, accumulé en atmof-
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- DES MATIERES. 48$
- phére au corps non éle&rique , ne porte pas le feu éle&riqueàces corps ; au contraire, il vient én perte au corps préfenté ; l’air écarté par degrés de raréfaction, ne s’alliant point, ne peut agir à moins qu’on offre à la rencontre une matière fort inflâmable, dont la rarefaétion tienne lieu de la violence du contaét qu’il faut pour porter l’a&ion dans la matière. L/inflâma-tion donnée , l’atmofphére change , & c’efl: un courant fans amas , tel* qu’au feu expliqué ci-devant. Il n’entrait point le feu feul, & il ne peut pàs produire les chûtes d’air naturel, que nous éprouvons dans l’écoulement des atmosphères éle&riques.
- Troifiéme effet. La différence d’atmofphére ne change rien au refpeCt des petits corps légers qu’on prélènte, tant que le corps qui préfente, refte pour les recevoir : ^.Expérience, 5e. paragraphe , pag. 9z. jufqu’à 97.
- Le quatrième effet diffère, en ce que ces corps abandonnés à l’atmofphére de communication , ne s’adaptent point au canon comme au con-du&eur97.
- Cinquième effet. Les corps préfentés à. l’une, & l’autre aemofphéres, rendent également l’aigrette pendant le frotement, & fi au lieu du frotement, on les agite. Réflexions en quatre Expériences , pag. 98. jufqu’à 100.
- Le fixiéme effet diffère aux corps cylindriques, la flâme fè porte au doigt fans piqueure ni Conrad ; au lieu qu’on reffènt cette piqueure & contad à l’atmofphére de communication. Quinze Expériences nous développent ce curieux phénomène. Les réflexions font en 34. paragraphes , pag. 190. jufqu’à 139.
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- m TA B t E
- Elles nous font voir que quoique l’efprit de fer» s’accumule au conducteur , il n’expulfe point pour cela l’efprit d’air ,. qui eft en ce conducteur, S- 6. ^ gag. 105.
- La cinquième Expérience allure fans équivoque la péfanteur de l’air, & de l’efprit d’air ; de-là nous fait connoître avec les fubféquentes, que les coups que nous recevons, ne font que les effets de cet air péfant , qui ayant été écarté par l’efprit de feu, retombe fur nous, pour reprendre- fon équilibre. ç
- Elles nous font connoître que le feu éleétrique eft le principe delà vie humaine ; mais qu’une fois., uni à la matière ou mèche dont notre corps eft compofé, il eft en action & agitation continuelle à un degré de force & chaleur que l'Electricité ne peüt acquérir d’elle-même. Quoique d’un autre côté ce "feu éleébique ait en lui un pouvoir de faire des atmofphéres & diftradion totale de l’air, en pouvant s’acGumulerôt par là dêrepouffer l’air; & de produire à-fon rétabliffe-
- ~ ment, à l’équilibre-des effets très-forprenans. Ce qu’au contraire notre feu fopérieür ne peut faire , l’air ayant une iflue d’un côté , & s’échappant continuellement de l’autre, il pouffe toujours, parfen aétion , lapoînte dans toute la matière , fans pouvoir 'extraire- le feu feul ; c’eft ainfi que {s’entretient le feu de vie. Mais fi ce courant varie , que -l’air foit totale-ment écarté parl’affemblage ; & trop de domination de l’efprit de feu,ce;font des engorge -mens ou atmofphéres qui arrêtent le méchanif-me, que la loupë médicale cherche à prévoir : dès quelle pénétrera ces atmbfphéres , on ira à pas fur. Ce .feu çfe’âjique étant donç infé-
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- DES MATIERES, *9? rieur çn force, il ne pénétré point notre fang ; il ne paflè point en nous, à moins qu’il ne foie forcé, & réuni en force fuffifante pour fe faire jour, & écarter d’autant l’efprit d’air du lieu où j. il eft ; s’il eft inférieur., il ne fait que circuler autour. de nous , pag. u6. & i i 8,
- L’Eledricité accéléré la chûte de l’eau dans le liphon capillaire, 119,
- Sans ùccélerer le mouvement du pouls, 123* L’on voit monter la liqueur dans un petit thermomètre, S, 34, 125
- Les Paralytiques n’ont pu obtenir une guerifon direde par l’Eledricité, 126*
- Le feptiéme effet marque toujours une atmofphé-re fenfible au cylindre, quoiqu’on ne puiflè rien fentir au condudeur , lorfqu’on y touche, ce conducteur communiquant d’ailleurs à terre ; parce qu’en ce cas, laperfonne , ou lès conducteurs , ne peuvent rien conferver de fenfible , l’Eledricité ne fourni fiant pas un feu capable de remplir toute la terre, dès que le canal eft fans borne, ou plutôt il ne fait point de vuide ,
- 130.
- Le huitième effet. On n’arrête point l’atmofphére du condudeur, ni du cylindre, en interrompant ieur union*
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- T A B LE
- CHAPITRE VL
- tes àtmofphctes du feu électrique accumulées au verre , produifent la commotion.
- OUtre lès condudeurs que nous avons recoû* nus dans le Chapitre dernier , PEledrici-té fe propage encore différemment fur les corps non éledriques, mis ou affemblés , fur ou dans du verre ; cette propagation alors produit deux atmofphéres ; la première au refped du verre , la fécondé au refped de ces corps non éledri-ques. Il faut également, pour leur écoulement & entretien, un canal en perte, pour produire leur atmofphére. Les bouteilles à médecine font plus en ufage que les autres : on les garnit d’un ni de for ; on les remplit d’eau, limaille ou plomb ; cela elt à peu de chofe égale ; on explique la maniéré de ies préparer & de s’en fer-yir. On a réduit leurs effets à fix principaux , pag. 133.
- Le premier. La bouteille fans canal en perte , ne rend qu’une atmofphére telle qu’au cylindre , 1
- Le fécond. Si on préfente un canal, les atmofphéres fe forment ; on relfent, à l’approche de la main, qui vient en interrompre le cours, ünè piqueure , un contad d’une violence , qui lui a fak donner le nom de commotion. L’efprit de feu fe perdant des deux côtés à la fois , vient à la rencontre ; l’air qui remplace cette atmofphére, ce vuide qui s’efl fait dans lepaffage ,
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- DÈS MATIÈRES, ±%9
- iftôus frappe avec fecouflè:& contré-coup. Douze Expériences nous certifient ce paflàge ! du feu , & te rétabliflèment de l’air à fon équilibre ,
- 138, jufqù’à 145,
- Tous les corps Eleâriques ne font pas capables.de produire i’atmofphére de la commotion , les gâteaux, cire, &c. il n’y a que le verre, $. 8* - 9-12- P*g& -- , 14.8.
- L’atmofphére formée fans, courant , arrête , comme la fontaineintermittente, par le défaut! d’ac-• tion,$. ID./Ugi •: x . : tf.6.
- Cette fontaine intermittente .appellée ici en coin* paraifon, en y réfléchiflknt , nous. préfente- & décide une queftion. intérefîante. en Phyfique. On avoit penfé jufqu’itf que l’eau atténdôiç la preflion de Pair pour agir; on étoit bienodans l’erreurv cette eau plus' lourde.que l’air!> ©Attend point de péfanteur ? mats .un vuide, une liberté, de circuler, 10e. -Expérience * fa 00-
- te ,pag. . .-.j , c'-ît- '
- 'Etpag. , s, t-, u
- On cüftingue aifément cettè aétion .<& ^cqur^nc d’efprit de feu , qui cherche à -s’éjchappieri.pâi les canaux qu’il peut rencontrer uon voitûqu’il enlève. & emmene avec iiiidn gerit,plomb gra-, nulé, §. 1 z.pag. ^ 1 *48*
- La commotion du carreau de- vitre , au lien 4? bouteille , .vient de la même eaufe & maniéré ; ce ne font que les mêmes Expérieneesîdé-guifées. Ôn perce la main de papier. L’ca^ left privé d’air en s’unifiant au verre ; ces. yfolèhs . effets font femblables à peux du Tonnerre ;> ce n’eft toujours que le paflàge .du feu , quûécar-tç l’air ; .la violence du feù brife & pénétre , tout* L’air étant écarté de deux corps, qu .îqiA&ce
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- s;° - T A B L E .
- : -diffêcens métaux & nature, ils font unis en un , atiffid’oi n’eft ni fondu ni vitrifie , ij- .
- jjj *49*
- Troificme effet : pour prouver le canal & la ne-•_ ceffité de l’entrée & écoulement continuel du feu Eledrique , la réflexion eft jointe a une Ex-. oénencey pag. " - • .;!/ * ' *5J*
- Quatrième effet: une bouteille fclee ne peut le charger d’Eledricité fi la fente eft adhérente à la^main qui la tienr. Les fentes & caflures ne «uifent point au cylindre. Far cet effet M. Franklini a cherché -à prouver .que l’Eledricite . ne paffoit point à travers le verre. 14. Expé-. riences, 10. paragraphes nous font voir que l’ei- prk. de feu y paflè * & parcourt le verre libre-, meut; s’ifnepaffoit point, il n’y auroit point de charge* JVÏ. Franklin eft en contrafte avec lui-' même ; il n’y a que-laflâme qui n’y pafle point ;
- lbrfque nous ; l’appercevons. dans une bou-“ tôille fermée , &c. ce n’eft que le jeu de l’ef-prit d’air du dedans qui fournit cette flâme, r jfdg.21 yS». nol'. jufques y compris lapag. ,162.' Cinquième: effet : la charge ou atmofphere réfide dans la matièreaulfi-bien qu’au verre ; hors
- - du -verte,eile porte le .contaft ; ce qu’on obfer ve
- • en trois "paragraphes5, pag. 163.
- Sixième effet fies bouteilles chargées par leçon-
- - du&eur ou au'cylindre , la diredion & épan--chement de ces atmofphéres changent fuivant
- les'différons courans qu’on y étabüt. L’équili-V bre fuit cette charge par-tout ; les corps y font 0 portés comme au eylmdre , & répoufles de la même maniéré : il y a à obferver que les bouteilles pour fe charger avec plus de force , ou du moins plus vite , on les dore j ce qu’on a
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- D E S M AT I E RE S. nommé Armure. Les effets different entre celles armées , &. celles non armées. Le même principe & méchanifme ne fe dement point» malgré la variété de * i. Expériences, & 1» differente façon de les charger & décharger. Elles font divifées dans 44.. paragraphes ypag. 166* jufqtfà la pag. 192.
- Et.troifiéme note >. Seét 3 ..du Chap. 8. pag. 270
- CHAPITRE VIE
- De Vodeur, de la coutèur des aigrettes , dît fon , die vent ou fixement % & des pointes pour produire les écoulemens Electriques , expliqués en quatre Sections.
- PREMIERE SECTION..
- De la couleur.-.
- LA couleur n’efl produite que par le feu, & n’eft rélative qu’à ce même feu, mélangé d’air & matière pendant l’adion. On en établit la gradation, à raifon du plus où moins de domination fur la matière , & dans la. matière : de là on en fait la nuance de toutes les autres. L’explication eil en 5. paragraphes* 2. Expériences,^. *95-
- ©
- TT,
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- TABLÉ
- SECTION II.
- Du Jïfjkmetit y ou fort Électrique, avec vint*
- La fécondé Se&ion éft fur ie bruit, foil où cïî, avec fifflemenç ou vent, qu’on reffent & qu’oa entend aux aigrettes ; il n’eft caufé que par l’ao v tion & chute de l’air dans tous les aifferens vuides ou atmofphéres, pag. 197.
- SECTION III.
- De lodeur.
- Cette odeur ne vient que du froidement & départ des parties fpiritueufes , de la matière attachée fur les corps, & de l’efprit de fèu du dedans qui eft aflez agité pour commencer à exercer fou, aétion fur les parties fpiritueufes à fa rencontre. Comme ce feu n*établit point d’aétion alfez déterminée , d’entrée & fortie dans les pores , mais feulement autour, c’eft-là raifon pourquoi cette odeur fe çonferve, fans s’exhaler, pag. 198*
- SECTION IV.
- Des pointes pour produire les ecoulemens Electriques«
- L’erreur & l’abus fur les faits ont été démontrés * on fait voir à préfent qu’une barre n’a point dif-fipé l’orage , jx>ur s’être trouvée eledrifée. I Quoiqu’il ait pû arriver que la foudre s’y fuit
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- DES MATIERES. *** lancée, plutôt qu’ailleurs, dès qu’elle s’eft trouvée à fa rencontre. ) La matière n’eft point ex-pulfée des corps éleâriques, quoi qu’elle ne foie pasfenfible aux conducteurs en pertefqui touchent a terre. L’efprit de feu du frotement ne coule pas moins, ou ce qui eft4e même, ne produit pas moins le choc & l’aâioh à celui de la matière. Aux condùteurs limités il n’y a aucun tems à attendre ni à obferver pour la propagation : ç’eft toujours le choc des corps, La première bille touchée a communiqué fon feu à toutes également ; ( la propagation de l’Electricité eft auffi prompte que celle du fon , par* ce que la propagation du fon, ne doit être prife que du battant arrivant à la cloche ; fon attouchement efl: inftantané comme l'Electricité. On ne doit confondre l’étendue de l’atmofphere , l’efpace où on entend le fon, avec le coup du battant, qui efl un effet électrique, & en tqut pareil à l’Electricité ) au lieu que s’il y a un vuide intermédiaire à remplir , comme pour fupport, (i on prend des bouteilles, ce choc efl interrompu ; il ne peut former d’atmofphére t & s’accumuler extérieurement, qu’après que les bouteilles ont été imbues de cet efprit de fou? alors il fe fait un retard } c’efl la différence des atmofphéres, qui a fait ce retard ; l’atmofphérè de l’Electricité, ou du moins fon étendue, n’eft pas plus prompte que le fon „ toute proportion gardée. Une pointe que l’on tient à une toifo & plus de l’Electricité, n’eft pas luiflineufe fut le champ, & on a cependant fur le champ le Contact : on a encore omis l’Expérience fuivan-te. * Je fufpends par un fil de fer ou chaîne une balle de plomb au bout de iz, barres difperfées
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- dans plufieurs faites , & fapportées comme-mr conducteur ; on préfente au - deflbus de la balle un petit guéridon où font des feuilles d’or hachées fort menu. On voit ces feuilles enlevées , aufli vite qu’on commence à mouvoir l’archet ; fi on annonce le mouvement par un cri précipité , les feuilles paroiflènt devancer la voie. Le fon & l’Eledricité , tout choc, &c. ne different en rien , prôportion gardée ; on voit l’effet de l’un auflitôt qu’on entend l’autre , 15. paragraphes trois Expériences nous le prouvent./»^. 199.
- On reprend le fujet des pointes ; l’on démontre que les barres ne peuvent rien produire d’avantageux* par l’analogie du Tonnerre ; on fait encore voir le faux & l’abus de la balance , dont les Se&ateurs des pointes ont fait flèches ; l’on termine cette Seftion par quelques Phénomène des plus intéreflâns fur le Tonnerre , notamment celui arrivé aux Grands Auguftins en 1747. Finalement fuit la fblution de cet ouvrage . page 218. jufqu’à 224
- Su la page 95. lafeuilled’or éleéfriféq, à laquelle on prefente une boule de verre éleârifée, ditM. Dufay, eft rejettée ; on obfervera que deû parce que ce corps éle&rique ayant une atmofphére formée , ne peut donner cours à l’atmofphére de ce petit corps.
- Sur la fixiéme note, page 271. l’atmofphére diminuante par l’écoulement, néceflrte encore cette tendance au doigt.
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- CHAPITRE VIII.
- La manière dont on doit' faire les Expériences de l'Electricité , avec les Obfervations convenables pour en faciliter le faccès . On trouvera finalement quelques Notes Jur les Expériences qui femblent n'avoir point de connexion avec Us autres.
- SECTION PREMIERE.
- La maniéré dont on doit faire les Expériences de 1'Electricité.
- CES Expériences font au nombre de 120. On a réuni les plus intérelfantes & les plus belles ; on n’a point repris une partie de celles qui font diftribuées dans cet Ouvrage , qui ne font que pour la certitude du méchanifine, pag.22.y 6zc.
- SECTION SECONDE. Obfervations pour faciliter le Juccès des Expériences.
- Ces Obfervations font au nombre de n'ente , pag. 2.60. & fuivantes.
- SECTION TROISIEME.
- Notes fur certaines Expériences qui femblent n'avoir point de connexion avec les autres..
- Ces notekfont au nombre defix, pag. 26$.
- On n’a pas expliqué le méchanifme du feu Electrique fur chaque Expérience énoncée en la Section première du Chapitre 8. parce que ce feroic
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- *?£ TABLÉ DE5 MATIERES, &ê.
- fouvent des redites ; il fuffit d’avoir mis le Leêteur en état de faire l’application des principes, & d’être fur qu’ils font invariables.
- Les deux mues deM. Frankli|i n’auroient pas befoin d’une plus ample explication que leur effet ; cependant on obfervêra en deux mots que le mé-çhaniüiie fe conçoit aMement par les Expériences expliquées. L’elprit d’air des petits dés fe porte au fil de fer de la bouteille, de même que les autres corps fufpendus on lâchés ? vont àun corp éleétri-fé. Dès que cette roue eff extrêmement mobile , elle.fuit, comme tout autre corps ,.l.â direction , le courant de la bouteille chargée par le crochet ; chacun de ces dés & verre ayant leur charge & at-mofphére fans écoulement, ils ne peuvent plus fe charger ; mais dès qu’on change de bouteille, celle chargée par le côté ayant reçu une charge diamétralement , au lieu de perpendiculairement, la main ou le corps non éie&rique adhèrent, ne repouffe pas Pefprit de feu des petits canaux en perte par le haut, mais latéralement ; conféquemment l’elprit de feu des petits plombs & verre de la roué, à pkis d’aptituae à s’unir en perte par la bouteille f en comprimant l’elprit de feu qui ell déjà en affaiflèment & perte.
- La fécondé roue préfente encore moins de difficulté ; plie reçoit fa charge comme le carreau de vitre & la bouteille ; chacunp^Æte^ess balles ont
- voir l’écoulement de l’efpijpît^^, «Se rendre à la balle de deflous altertôiveifent ,æj de là en perte par la tige ; de fortêMfoe^écoutwnent, le
- Coup, & ne finit que lorfqu’tm^Fi^fofrotement. ’ - - • Fin delà Table,
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