De l'origine des forces magnétiques
-
-
- D E
- L’ORIGINE
- »
- , i D E S
- • * • forces magnétiques.
- i
- p.n.n. - vue 1/254
-
-
-
- DE L’ORIGINE *
- DES
- FORCES MAGNÉTIQUES.
- Par P. PREVOST,
- De l'Académie Royale des Sciences & Belles-lettres de Berlin, & Brofejfeur honoraire à l'Académie
- COLLECTION AlSERÊ S ART TAUX
- A GENÈVE,
- Chez Barde, M a N g e t & Compagnie, Imprimeurs - Libraires.
- &fe trouve à PARIS,
- Chez Buisson j Libraire , rue des Poitevins, hôtel de Mesgrigny. .
- M. DCC. LXXXVIII.
- p.n.n. - vue 2/254
-
-
-
- ? PRÉFACE.
- M- Æpinus a produit dans la théorie du magnétifme une révolution qu’on peut comparer à celle que Newton a opérée dans la phylique générale. Newton n’employa qu’un principe pour expliquer les lois de la nature , & ce principe fut la borne qu’il pofa lui-même à fes recherches. M. Æpinus emploie un principe analogue pour expliquer les lois du magnétifme, & content de fubordonner.ee principe à celui que Newton avoit découvert , il s’arrête, comme lui, à ce ternie & ne s’efforce pas de le franchir. Cette marche porte l’empreinte du génie , & ce n’eft qu’avec une extrême circonf-peftion qu’il eft permis de s’en écarter.
- Le principe duquel M. Æpinus dérive fa théorie eft moins fimple que celui de l’attraftion Newtonienne. Ceft l’hypothèfe de M. Franklin fur l’éleâricité appliquée au magnétifme, & réduite à des termes de « iij
- p.r5 - vue 3/254
-
-
-
- tH T RE F AC S.
- ligueur. Cette hypothèfe explique heureusement la plupart des phénomènes, & a fervi même à en faire découvrir de nouveaux. M. l’abbé Haüy l’a expofée dans un nouvel ordre, dépouillée de calculs, & perfeéhon-née à divers égards. La loi que fuivent les attrapions magnétiques rélativement aux dif-tances, a été déterminée par M. Coulomb d’une manière nouvelle & ingénieufe. Et M. l’abbé HAüven a fait un ufage heureux dans d’autres parties de la théorie. ( I )
- ( r ) Je ne parle ici que de la théorie fondée par M. Æpinus. C’eft pourquoi je ne nomme point divers Savans qui ont travaillé fur le magnétifine fans s’occuper de cette théorie. De ce nombre eft M. DE BUFFON dans fon Traité de Caimant St de fes ufages publié en dernier lieu. Cet ouvrage m’eft parvenu au moment où je livrais celui-ci à rimpreilîon, mais aller tôt pour en extraire ce qui pouvoit avoir rapport à mon fujet. — Les journaux anglois annoncent un ouvrage intitulé : Treatife on magnetifm , in theory and praSice, with original ezperiments , By TlBERIUS CavaLLO , F. R. S., auquel fe trouve joint un Appendix par
- p.r6 - vue 4/254
-
-
-
- PRÉFACE. tu
- Après tant de recherches & de décou-vertes importantes fur cette matière, il fembleroit qu’il ne dût rien refter à -faire, linon de perfectionner cette théorie çn multipliant les expériences & en cherchant de nouveaux réfultats qui pufifent offrir d’utiles applications à la phyfique ou aux arts.
- Cependant les favans Académiciens qui ont rendu compte de l’ouvrage de M. l’Abbé Haüy , laiffent entrevoir un nouveau champ
- M. le Dr. Lorimer. Je niai pu encore me procurer la leéfcure de cet dwfage. A en juger par les extraits des journaux, (en particulier par celui du Criticàl Review , aug. 1787 ) , il ne par oit pas que M. Cavallo ait adopté le fyftême de M. Æpinus , qu’il expofe cependant fort clairement. Il femble s’être attaché plutôt à recueillir les diverfes hypothèfes formées fur la théorie du magnétifme, & à raffembler des faits & des expériences particulières. J’ai par cette raifon moins de regret à n’avoir pu profiter des lumières de ce phyficien , ayant probablement envifagé cette matière fous un point de vue fort différent & prefqu’indépendant du fien.
- a vu
- p.r7 - vue 5/254
-
-
-
- vm T RÉ F AC B.
- de découvertes, où il paroit que les phyfi-ciens peuvent utilement s’exercer. “ Un feul „ principe, „ difent ces philofophes (I), „ paraît difficile à admettre dans la théorie „ de M. Æpinus ; quoiqu’il foit une fuite „ immédiate de ceux que nous avons rap-„ portés, c’eft la répulfion des molécules „ des corps. Cependant, fi l’on fait attention „ qu’il ne s’agit point ici de répulfions ni „ d’attraélions abfolueS , mais d’effets qui a, peuvent tenir à une caufe quelconque, a, par exemple, à l’egiftence de deux fluides, „ comme le penfiÉt plufieurs phyficiens » on aura moins de peine à admettre une a, hypothèfe qui eft appuyée par un tressa grand nombre de faits, & qui d’ailleurs ai n’eft point contraire à la faine phyfique. „
- (i) MM. DE LA Place , Cousin , & le Gendre. Extrait des régifires de tAcad. ttay. des Sc. du ii Juillet 1787 , à la tête de VExpofition de la théorie de Célectricité & du magttétifme par M. l'abbé Haüy.
- p.r8 - vue 6/254
-
-
-
- PRÉFACE. rx
- Quoique ces illuftres géomètres fe contentent d’indiquer la pofiibilité d’une caufe quelconque & en particulier de l’exiftence de deux fluides ; quoique leurs expreflions ne pàroiflent pas tendre directement à engager les philofophes à fe livrer à cette recherche; il eft impoffible de fuppofer qu’ils aient fait cette indication fans defTein , & on ne peut en attribuer d’autre à des amis de la vérité que le défir d’exciter à fa pour-fuite ceux qu’auroit pû rallentir le défef-poir de l’atteindre ou la penfée que tout était fait à cet égard. '
- M. l’Abbé Haüy , qui a fi profondément médité ce fujet, indique d’une maniéré plus détaillée ce qui refte à faire pour l’éclairer. “ II eft très-vraifemblable, dit cet habile phy-ficien ( I), „ que quand la nature de ces „ phénomènes fera mieux connue, on dé-„ couvrira qu’ils dépendent des actions fimul-„ tanées de deux fluides tels, que les molé-
- ( i ) Etpof. 6c. Di/c. prit. p. xvij.
- p.r9 - vue 7/254
-
-
-
- X PRÉFACE.
- „ cules de chacun d’eux auraient la pro-„ priété de fe repouiïer mutuellement, & „ en même temps celle d’attirer les molé-„ cules de l’autre fluide, enforte que l’un * des deux ferait la fonélion que M. Æpinus „ attribue aux molécules propres des corps. „ Et en note cet auteur juftifie ainfi fon affer-tion. “ Plufieurs favans ont déjà crû apper-„ cevoir, dans certains phénomènes de l’é-„ leélricité, des circonflances qui annoncent „ l’exiftence de deux fluides. Voici comme „ s’exprime entr’autres le célèbre M. De „ Saussure (I). “ Je ferais porté à regarder » le fluide électrique comme le réfultat de » l’union de l’élément du feu avec quel-» qu’autre principe qui ne nous eit pas „ encore connu. Ce ferait un fluide analo-» gue à l'air inflammable, mais incompara-„ blement plus fubtil. „ Ailleurs, M. l’Abbé Haüy s’exprime ainfl(a). “Mais il faut bien
- ( I ) Voyages dans les Alpes, T. II. p. 143. (1) Défi. prit. pag. »ij.
- p.r10 - vue 8/254
-
-
-
- T RÉ P ACE. xi
- „ remarquer, que par les termes de forces „ répulfives ou attraSives, on ne prétend „ pas défigner des forces inhérentes aui „ molécules de la matière. Car, comtire „ l’obferve très-bien M. Æpinus ( I ) , un „ corps ne peut agir où il n’eft pas. Tout „ ce qu’on entend, c’eft que deux molé-„ cules éleélriques ne peuvent fe trouver en „ préfence, fans s’écarter l’une de l’autre, „ quelle que foit la caufe qui produire ce M mouvement rétrograde. De même, une ,, molécule éMrique libre ne peut fe trou-„ ver vis-à-vis d’un corps fans s'approcher « de ce corps, quel que foit l’agent qui l’y „ follicite. „
- Ailleurs, enfin, ce même philofophe lait l’application de ces principes avoués par une famé philofophie ; forcé de reconnoitre quel-qu’obfcurité dans la théorie dont il avoit entrepris, & dont il a fi bien exécuté l’ex-
- (l) T<nta «te. pag. 7.
- tharice tliâricitatis & magnctifmi,
- p.r11 - vue 9/254
-
-
-
- * **
- xii T RÉ F A C F.
- pofition, il dillingue deux parties dans cette théorie. “ L’une, dit-il, concerne les aélions „ réciproques des corps, en conféquence si-des quatre forces qui entrent comme élé-„ mens dans la produélion des phénomènes,
- „ & l’on ne peut nier que les explications „ heureufes & mécaniques auxquelles con-» duit la fuppoiition de ces différentes for-„ ces, n’en rendent l’exillence extrêmement „ probable, quelle qu’en foit d’ailleurs l’ori-„ gine. L’objet de l’autre partie eft de dé-„ terminer la nature des agens d’où éma-„ nent les forces mentionnées, ainfî que la „ difpoütion de ces agens dans l’intérieur „ des corps, & cette partie eft fufceptible ,) d’être encore perfectionnée. Or, la diffi-» culté dont il s’agit ici ne tombe que fur „ cette fécondé partie, & il y a lieu d’ef-« pérer que les recherches des Phyficiens j> ajouteront à la théorie ce qui lui manque „ encore de ce côté , & la concilieront „ partout avec elle-même & avec l’obfer-„ vation. „ Je dois faire remarquer dans ce
- p.r12 - vue 10/254
-
-
-
- P H É F A C E. xni
- pa(Tage le mot origine, parce qu’il exprime clairement l’objet que M. l’Abbé Haüy pro-pofe aux recherches des phyficieus pour éclairer la théorie dans les points qu’elle laiffe obfcurs ; ce philofophe a bien fenti qu’il ne filloit plus être plein d’indifférence fur l’origine des forces que cette théorie fuppofe, que la nature des agens d’où émanent les forces magnétiques pouvoit feule donner la folution des difficultés qu’offroit encore cette partie de la phyfique. C’eft donc à découvrir l’origine de ces forces, à pénétrer la nature de ces agens, qu’il faut férieufement s’appliquer fi l’on veut feire des pas affurés vers la connoiffance de la vérité.
- Ces autorités en faveur de l’utilité du travail que j’ai entrepris, font également favorables à l’hypothèfe que j’ai adoptée. On vient de voir que d’illuflres phyficiens, parmi lefquels on compte M. de Saussure , ont foupçonné que le fluide éleélrique étoit compofé de deux élémens. M. de Saussure
- p.r13 - vue 11/254
-
-
-
- XIV
- W J
- PRÉFACE. cite MM. Kirwan & Lavoisier comme ayant eu quelques ide'es analogues à la fienne (I). Enfin M. de Luc a cru pouvoir dériver tous les phénomènes de l’éleéhicité, de l’hypothèfe de deux fluides combinés defquels l’un, nommé par lui fluide déférent eft comparable au feu ; l’autre, qu’il nomme matière éledrique, eft comparable à l’eau; tandis que le fluide qui réfulte de la com-pofition de ces élémens eft une efpèce de vapeur, qui nait & périt par des caufe» tout-à-fait femblables à celles qui forment & détruifent les vapeurs aqueufes. M. de Luc applique en palfant l’idée fondamentale de cette hypothèlé aux phénomènes du magné, tifine. Après avoir preffé les différences qu’offrent les phénomènes électriques & ma-gnétiques, & en avoir conclu qu’il ne peut y avoir ni identité dans les caufes qui les produifent, ni reffemblance dans leur nature, comme fubftances appartenantes à un même
- (iRt.
- p.r14 - vue 12/254
-
-
-
- TRÉ FJ CE. xv
- genre, cet illuftre phyficien admet cependant qu’à un égard il doit y avoir quelqu’a-nalogie entre ces caufes. “ Cette circonf-„ tance commune des deux clafles de phé-„ nomènes, dit-il, eit la tendance des corps „ modifiés femblablement à s'écarter les uns „ des autres , & celle des corps modifiés „ diffemblablement à s’approcher. Or, puifque „ dans les phénomènes électriques , cette ;> efpèce caradlériftique de mouvement eft „ évidemment due à la différence de quan-„ tité d’une certaine fubftance dans les corps, „ comparativement à l’état d’un certain mi-„ lieu ; je fuis porté à croire qu’il en eft de „ même dans les mouvemens magnétiques ; „ quoique ni la fubftance, ni le milieu, ne „ foient les mêmes (I).»
- ( I ) Quelques phyfiçiens , Cartéiiens & autres, ont fuppofë deux différentes efpèces de fluides magnétiques agiffant en fens oppofé. De ce nombre eft le P. Scarella , dans fon traité dt Magnat, publié en 1759, aux §§. 117,114, 395. Mais ces auteurs ne fuppofent pas la combiuaifon
- p.r15 - vue 13/254
-
-
-
- XVI -PRÉFACÉ.
- Ces conjeflures, formées par des phyfi-ciens dignes d’influer fur l’opinion, me donnent lieu d’efpérer qu’on ne rejettera point, fans un férieux examen, la propofltion qui fait la bafe de l’hypothèfe que j’établis dans cet ouvrage, favoir que le fluide magnétique eft compofé de deux fluides élémentaires. Je vais donner ici une efquifle de cette hypothèfe , dégagée de toute expreflion fymbolique, & de la difcuflion des queftions les plus compliquées.
- Les deux élémens dont eft compofé le fluide magnétique, font, ( ainii que ce fluide lui-même ), des fluides difcrets, doués d’é-lafticité, ou, pour parler plus correâement d’expanfibilité. Ils font très-fubtils & répan-
- de leurs deux fluides. D’ailleurs ces fluides agif-fent, fuivaut eux, par l’impulfion de certains courans ou de certains tourbillons, & n’ont par conféquent. aucun rapport avec ceux de mon hypothèfe. Je ne puis donc à aucun égard recourir à l’autorité de ces phyfteiens pour confirmer celle-ci.
- dus
- p.r16 - vue 14/254
-
-
-
- PRÉFACE. xvii
- dus en tous lieux. Le fer exerce fur eux une attraétion élective. Les molécules des deux fluides élémentaires s’attirent mutuellement , mais en telle forte que celles de fluides divers tendent avec plus de force à s’unir que celles d’un même fluide.
- L’attraélion éleélive du fer, retardant le mouvement du fluide combiné, en facilite la décompofltion. Cette décompofition eft produite par l’attraélion de l’un des deux fluides élémentaires , accumulé dans le voi-finage du fer. Cette attraction force l’autre fluide contenu dans le fer à fe féparer de ceki dont il fait partie, pour venir s’accumuler dans la partie du fer expofée à cette influence. Arrivé près de la furface, il ne peut fortir du fer , à caufe de l’attraélion éleétive de celui-ci. Et cet effet dure au-delà de la caufe qui l’a produit, parce que la même vertu du fer rallentit le mouvement •du fluide j lequel d’ailleurs parvient à ufie forte d’équilibre.
- b
- p.r17 - vue 15/254
-
-
-
- XVIII PRÉ F AC S.
- Tandis que l’un des fluides élémentaires fe condenfe d’un côté du fer, l’autre fluide élémentaire, (attirépar le fluide combiné), s’y raréfie & paflè du côté oppofé du fer : car celui-ci doit être toujours rempli de fluide jufqu’au terme de fàturation. Il arrive de-là que l’un des fluides n’abonde jamais à l’extrémité d’un barreau de fer , fans que l’autre fluide abonde à l’autre extrémité, ou du moins dans quelque point intermédiaire.
- Si l’on conçoit un barreau d’une longueur convenable, qui ait été fournis à cette opération, & dont les deux extrémités foient chargées de fluide pur d’efpèces différentes ; on reconnoîtra que l’une de fes extrémités attire plus & l’autre moins un même élément magnétique que ne fait pareil volume de fluide ambiant. Et par conféquent on trouvera, en y réfléchiffant, que les pôles de même nom de deux barreaux doivent fe repoufler, & que les pôles de noms diffé-rens doivent s’attirer.
- p.r18 - vue 16/254
-
-
-
- Les autres phénomènes du magnétifme fe peuvent également déduire de cette hypo-thèfe : mais comme les ouvrages de MM. Æpinus & Haüy font familiers aux phyfi-ciens, & que les phénomènes y font rapportés à la théorie avec beaucoup de foin ; j’ai cru pouvoir abréger mon travail & celui de mes leéteurs, en iàifant voir en quoi ma théorie diffère de celle de M. Æpinus. J’ai montré qu’à un égard ces deux théories coïncident, qu’une clafTe entière de phénomènes ne peut dépendre de l’une fans dépendre auflî de l’autre. J’ai dit aufli en quoi elles diffèrent, & j’ai été moins bref fur cet article (1). J’ai tâché ainfi de tenir une forte de milieu entre les deux partis qui s’offroient à moi, & de m’adreflèr à la
- ( i ) La feflion III. du chap. I. de la Partie II. eft deilinée à comparer les deux hypothèfes. La feâion II. de ce même chapitre contient l'explication des phénomènes par mon hypothèfe. Et le 3e. de ces phénomènes eft celui qui ne me paroit pas explicable par l’hypothèfe de M. Æpinus.
- p.r19 - vue 17/254
-
-
-
- XX PR Ê F A CE.
- fois aux Meurs à qui la théorie de M. Æpi-jjus eft étrangère & à ceux qui l’ont méditée. J’avoue cependant que j’ai eû ceux-ci plus particulièrement en vue , & que la lecture de cet ouvrage leur fera probablement moins pénible, comme auffi leur approbation me fera certainement plus précieufe.
- Dans tout ce que je viens de dire il n’eft point queftion de rien changer aux idées les plus communément reçues fur la phyfi-que générale. Mais en méditant mon fujet je n’ai pas tardé à voir que je ne pouvois me difpenfer ( pour faire appercevoir dans l’hypo-thèfe toute la vraifemblance que j’y trouve ) d’expofer les principes d’après lefquels j’ai coutume de raifonner. Ces principes en fait de phyfique générale font ceux de M. le Sage. Comme ils ne font connus dn public qu’en partie Ci), j’ai employé un chapitre
- ( i ) M. de Luc a développé d’une manière fort intéreflante quelques - uns de ces principes dans tes Idées fur la météorologie , & les a appliqués à la phyfique particulière.
- p.r20 - vue 18/254
-
-
-
- XXI
- PRÉ P A C E. à cet objet. Les premières feétions de ce chapitre (I) contiennent un expofé fuccinâ & fort imparfait de la doctrine de ce philo-fophe fur la caufe mécanique de la gravitation univerfelle, fur les fluides expanfifs & fur les affinités. Les feétions fuivantes du même chapitre contiennent quelques remarques qui, fans faire précifément partie de la théorie de M. le Sage , appartiennent à la même philofophie & m’en parodient de légitimes conféquences. Ce chapitre eft celui qui doit avoir le plus d’intérêt pour les lecteurs auxquels il offrira des idées nouvelles. Car, quoique les objets qui s’y trouvent traités n’y foient point expofés avec allez d’étendue; les principes de phyfique mécanique auxquels ils fe rapportent, donnent lieu à tant d’applications curieufes, & répandent tant de clarté fur les premiers phéno-
- ( I ) A l’exception du $. XXXVI. qui doit être omis par les leâeurs qui ne vèulent s’occuper que de la théorie de M. LE Sage.
- p.r21 - vue 19/254
-
-
-
- XXI, PREFACE.
- mènes & fur les premières lois de la nature, qu’à moins d’être prévenu, on ne peut leur refufer fou attention. Et le foin qu’a pris M. le Sage de rejeter tout ce qui n’étoit point fondé fur de folides bafes, met ces principes à l’épreuve du plus févère examen. L’expolition de ces principes de phyfique mécanique étant ainfi féparée de celle de mon hypothèfe, peut être lue feule par les philofophes que n’intéreQTe point la matière du magnétifme. Ceux au contraire qui n’admet-tent pas les principes de M. le Sage peuvent omettre ce chapitre à la ieéture, & l’hypothèfe fur le magnétifme n’en fera pas ébranlée.
- J’ai auffi déchargé l’expofition de l’hypo-thèfe d’un allez grand nombre de propofi-tions de dynamique, la plupart d’une extrême fimplicité,& qui, pour être admifes, n’ont prefque befoin que d’être énoncées avec ordre. Cependant il falloit les énoncer, & toutes n’étoient pas également fimples ; je les ai raffemblées fous le titre de principes . dynamiques.
- p.r22 - vue 20/254
-
-
-
- PRÉFACE. xxui
- J’ai rejeté à la fia, quelques remarques particulières, & à cette occafiou j’ai cité deux fragmens d’un mémoire de M. Æpinus qui n’a pas été traduit, & dont j’applique les principes au fujet principal qui m’occupe.
- Tel eft l’objet & le plan de cet écrit, où l’on ne trouvera ni expériences, ni calculs nouveaux, & qui n’eft deftiné qu’au développement d’une idée de théorie. Je fens combien à ce titre j’ai peu droit d’efpérer de fixer l’attention ; auffi, en foumettant mon travail au jugement du public, je ne m’attends pas qu’il l’accueille, & je ferai fatis-fait de l’approbation d’un petit nombre de leâeurs, fi je fuis allez heureux pour l’obtenir.
- p.r23 - vue 21/254
-
-
-
- F IT r £ S A CO R R I G E R ET ADDITIONS.
- — Lignes.
- i. & fuiv. Le partage cité fe trouve dans YExpo-jitioft rdifornée de là 'théorie de îéleBricité & du magnétifme par M. rdbbé U&üY au §. 127. ,
- — Phyficiens. pour lifez phyfîciens ; pour
- • — 5. obfcurs ; UJez obfcurs,
- :vio8. Nota. Au §. II. n. 2. & au §. LXXIV.
- n.. 4. je fuppofe la polfibilité d’une attradion négative. ' * '
- *— 18. naturelle, lifez fort naturelle.
- ------’ 10. des lifez de
- ------ , 24. couche, lifez courbe.
- ------ 1. X. lifez IX.
- ------- 18. le lifez je.
- ~ ~~
- * d+z 1 d+îUJ‘d+ 2 d+,
- >. ——. Nota. Au §. XCIIÏ. à la fin. Ii fuit des
- expériences de M. Coulomb,que x eft fort près de zéro. Il pàroît qü’ori en peut inférer que 6 eft négatif, & allez près de fa dernière limite
- 5.----- 14. remplacés lifez remplacé.
- ;•----- 19- Le lifez Les.
- J~---- 21. épars lifez féparés.
- S.-—" n. DB=BË 1 Sc effacez cela.
- D E
- p.r24 - vue 22/254
-
-
-
- DE L’ORIGINE
- DES
- Forces magnétiques,
- PARTIE PREMIÈRE.
- Principe 4.
- CHAPITRE PREMIER, Principes dynamiques. '
- SECTION PREMIÈRE, Premières Notions,
- $. L
- Soient pluiîeurs corpùfcules diftribués uniformément dans un certain efpace , & une ligne droite eotnprife en entier dans cet efpace. S’il fe trouve un corpufeule placé à une extrémité de cette ligne , & un fécond cor. pufcule au milieu ; il fe trouvera un troiGème A
- p.1 - vue 23/254
-
-
-
- s Principes
- : corpufcule placé à l’autre extrémité de la ligne;
- Soient des corpufcules de deux efpèces, A, B, doués des propriétés fuivantes.
- 1. Tous ces corpufcules font égaux en maflè.
- 2. Chacun d’eux attire moins les corpufcules de fon elpéce, qu’il n’attire ceux de l’autre elpèce.
- }. A l’exception de la propriété précédente; (n. 2.) ces attrapions fuivent les mêmes lois que l’attraélion univerfelle.
- 4. Ces corpufcules font aller petits pour que , dans ce qui va fuivre , on puiife les con-iîdérer comme des points ; enforte que deux corpufcules qui fo touchent font cenfés fq confondre.
- 5. III.
- Débitait; Qu’on affemble ces corpufcules deux à deux fous toutes fortes de combinaifons.
- J’appellerai molécule , deux corpufcules ainfi réunis : clément, les corpufcules mêmes : molécule pure, celle qui eft formée d’élémens ho-, mogènes : molécule mixte, celle qui eft formée d’élémens hétérogènes : fluide , une multitude de corpufcules ou de molécules : fluide pir, celui qui eft formé d’élémens homogènes:
- p.2 - vue 24/254
-
-
-
- B Y S i M I 6.0 e ». $
- fiittik mixte, celui qui eft formé d’élémens-hétérogènes : fui Je combiné, celui qui eft com- Chap, I. pôle en entier de molécules mixtes. Se&K.
- SECTION IL De t’attraSion des élément & des molécules ifoléeti
- $. I V.
- Soit tt l’attraèlion de deux élérrtens hétéro- D^01^afi gènes, b celle de deux élémens homogènes àtiond'un. la diftance AB — i. {fig. t. ) Je place au point A un élément quelconque, & au point B une m’fje molécule quelconque. J’examine l’effet de l’at-tcaffion de l’élément A, pour féparer les deux élémens de la molécule B.
- 1. Si cette molécule eft pures fes élémens ne tendent point à fe iéparer.
- 2. Si elle eft mixte s un de feS élémens tend à précéder l’autre avec la force a — b , & par conféquent, ils tendent à fe défunir avec cette même force.
- s. v.
- Soit toujours AB=t i. Aux points A, B,
- Je place fucceffivement des molécules de di-tiondedeux veries efpècet. J’examine l’effet de Paétion de Fig. u
- p.3 - vue 25/254
-
-
-
- m
- , <• > i »
- :1a molécule A , pour li i, Si B eft pure ; q de A, les élémens de !
- ï E S
- er les élémens de B. e que fuit la nature : tendent point à fe
- lA.B,
- Si A eft pure, B mixte; les élémens de B tendront à fe féparer avec la force 2 a —2 b,
- §. V I.
- Cottfervant les mêm fuppofant que les élém cule font inféparables ; les d’un élément & exprimées par les font
- 1. Une molécule pu; rogèrte, s’attirent avec une force = 2 a.
- 2. Une molécule pure & un élément homoî gène, 2 t.
- j. Une molécule mixte & un élément queE conque, a + b.
- même molé-mutuel. feront
- hétéJ
- S. VII.
- Deux molécules, à cette même Je deux mo-tirent avec les forces fuivantes. IccuUs. j Deux molécules pures héti
- diftance, s’at-
- écules, i les forces
- molécules pures hétérogènes, 4e molécules pures homogènes, 4 fc
- p.4 - vue 26/254
-
-
-
- D' Y H A H f Q. 0 S g. {
- 3. Une molécule mixte & une molécule: quelconque, za + zb.
- Soient trois points, A, B, C, fur une même 5. g. droite ABC, tellement placés que A B = B C <lé" = 1 (fig. z.). A chacun de ces points, je mets %, «-un élément, &, faifant autant de fubftitutions qu’il ell néceffaire , j’examine l’effet de l’attraction des élémens A, C, fur l’élément intermé. diaire, B.
- 1. Si A, C, font homogènes ; B ne fe ment point, quelle que (bit fa nature.
- z. Si A, B , font homogènes, C hétérogènes B fe meut vers C avec la force a—b.
- S. IX.
- Soit toujours ABC une ligne droite , & §. 9.
- A B = B C = I. Aux points A, B, C, plaçant éÏÏÏÏ! ut4" fucceilîvement diverfes molécules ; j’examine ““Potion, l’effet des attradlions oppofées des molécules A, C, pour féparer les élémens de la molécule Q.
- 1. Si B eft pure 5 fes élémens ne tendront point à fe féparer.
- 2. Si A, C, font de même natures (c’eft-à-dire, toutes deux mixtes, ou toutes deux pures & homogènes) s l’effet fera le même.
- A iij
- p.5 - vue 27/254
-
-
-
- » $. Si A, B, font mixtes, C pure ; les élémens
- FChap'. j! de B tendront à fe féparer avec la force 2 a—2 b.
- &&.IL car ces lieux élémens tendent l’un & l’autre vers A avec la force a + b. ( §. VI. n. 3. ), mais l’un tend vers C avec la force 2b, & l’autre avec la force 2 a ( ihii. n. 1. 2. ). Et puifque ces directions font oppoiees , il s’enfuit que l’un tend vers A avec la force a — b, & l’autre avec la force b — a. La fomme de ces deux forces étant = zéro, il eft certain qu’elles font égales & oppofées. Si donc on les envifage l’une & l’autre comme pofitives, leur fomme fera le double de la force pofitive a — b, c’eft-à-dire 2 a—z b. Mais il eft clair que toutes deux agident également pour féparer les élémens. A cet égard donc, elles font toutes deux pofitives, & l’effet qu’elles produifent eft bien celui qu’in.’ dique celte dernière formule.
- 4. Si A, C, font pures & hétérogènes , B mixte 5 les élémens de B tendront à fe féparer avec une force double de la précédente. Car, abftraclion faite de C, un élément de B tend vers A avec la force 2 a — 2 b. Et, abftraâion laite de A, l’autre élément de B tend vers C avec la même force, (5. V. n. 3.). Donc ces deux élémens de B tendent à fe féparer aveo la force 4 a—4 b.
- p.6 - vue 28/254
-
-
-
- Dynamiques. ^
- f. Il fuit de la démonftration des n. 3 & 4, g====3 qu’en ces deux cas , les élémens de B tendent Pchap! l avec la même force en fens contraires. Sect.u,
- §. X.
- Maintenant, je fuppofe inféparables les élé- xfôisImolé-mens des molécules placées aux points A> B , C.£ul«- Ai" J’examine, l’effet des a&ions oppofées des mo- Fig. 2. îécules A , C, fur la molécule B.
- 1. Si B eft mixte ; elle n’aura aucun mouvement. Car elle eft follicitée par deux forces oppofées & égales , (§. VIL n. 5. ).
- 2. Si A, C s font de même nature î ( c’eft-à-dire, toutes deux mixtes, ou toutes deux pures & homogènes ) i l’effet fera le même.
- 5. Si A, B, font pures & hétérogènes, C mixte j B fe mouvra vers A avec la force 4 a —
- (2 a + 2 £) == 2 « — 2 b> (§. VIL n. I. )•
- 4. Si A, B, font pures & homogènes , C mixte ; B fe mouvra vers C avec la force (2a + 2b) — 4b === 2at— 2b. ( §. VIL n. 2. J.).
- f. Si A, B, font pures & homogènes, C pure hétérogène j B fe mouvra vers C, avec la force 4^9 (§. VII. n. 1.2.).
- A iy
- p.7 - vue 29/254
-
-
-
- P R I
- C I P B S
- Ppart iT1 SECTION III.
- Chap.r.
- $f<3. III.
- De Pattra&ion des mafles de fluide ifotées»
- XI,
- ihîe mâfle Soit une mafle compofée de n élémens d’une £ un élé- même efpèce. Qu’on place cette maflfe à la dit raSn ’ tance d d’un élément.
- 1. L’attradion mutuelle de la maflè & de l’élément fera ^ ou ^, félon que l’élément çft hétérogène ou homogène, (§. II. n. J.)
- 2. Soient deux mafles pareilles homogènes.’ Si on les réunit en une feule mafle j l’attraction de celle-ci fera doublée & deviendra
- :L—, f, fuivant la nature de l’élément
- d* a*
- placé à la diftance i.
- 3. Si au côntraire on a deux mafles formées comme la première , ( c’eft-à-dire, chacune de n élémens d’une même eipèce ) s mais que ces deux mafles foient hétérogènes entr’elles, ( l’une étant toute formée d’élémens A, & l’autre toute d’élémensB), & qu’on réunifié ces deux mafles en une feule ; on obtiendra une mafle de fluide combiné, laquelle placée à la diftance 4 d’un
- p.8 - vue 30/254
-
-
-
- D Y s a ai 5.IJS; $ élément quelconque, l’attirera avec la force - - -a
- ” “ + ” * ^Chap" il
- d* Sia. m.
- S. XII,
- Maintenant au lieu de fuppofer ce nombre, s
- s n, d’élémens réunis en un point, ( i II. n. 4. ), pleins de qu’on le fuppofe divifé en n molécules de même*'11'1'' efpèce , lesquelles foient diftribuée? uniforme, ment dans l’intérieur d’un corps.
- 1. Tant qu’on 11’envifagera que l’attraction exercée au dehors , on pourra fuppofer toute la force attraâive réunie au centre de gravité de ce corps. Et cette force attraâive fera comme
- ci-deffus , n‘l + n>1 dans les mêmes
- d3 d* d1
- circonllances, ( 5. prie. )
- 2. Subftituant donc les valeurs ^r’ÿaux
- nombres a, b, dans les formules trouvées ci. defliis, ( §§. V. Vn. VIII. IX. X. ), ( ou, en d’autres termes, multipliant ces formules >
- pn connoîtra l’effet de l’attraflion d’un corps fur un élément & .fur une molécule ; de deux corps pareils fur un élément ou fur une molécule intermédiaire.
- j, JMultipliant de nouveau çes ['produits par
- p.9 - vue 31/254
-
-
-
- Id Ptiseï ï e é
- n, ç& par conféquent les formules primitives, elles-mêmes> par — ) on déterminera l’effet dé l’attraélion d’un ou de deux corps pareils fur un troifième dans les mêmes drconftances.
- SECTION IV.
- Des molécules & des majjes de fluide confidérées dans un fluide combiné infini.
- §. XIII.
- Fluide c*om- Soit un efpace vide infini, où l’on diftribue bine'infini, uniformément une infinité de molécules mixtes, de forte que cette multitude de molécules mixtes (ou ce fluide combiné) foit répandu dans tout l’elpace.
- 1. Chacune de ces molécules étant folli-citée par des forces égales & oppofées, demeurera immobile.
- 2. Ses élémens ne fendront point à fe réparer , (§. V. n. 2.).
- Si on féparoit quelques-uns de ces élémens , & qu’on en fit des molécules homogènes î puis, qu’on les fubftituât aux précédentes; la fomme de toutes les attrapions exercées par tous les élémens qui fe touchent, feroifc moindre qu’elle ne l’eft quand toutes les miv
- p.10 - vue 32/254
-
-
-
- D T N A M I Q.U t 8J ÏÉ
- lécules font mixtes. Enforte que, fi les élémens ..ts9
- de toutes les molécules étoient forcés de s’en- Pch J’r. tr’écarter un peu (fans déplacer les centres Seci.iy^ de gravité de chaque molécule) , ces élémens laides à eux-mêmes reprendroient leur première pofition.
- 4. Donc, dans cet arrangement, non-feulement il n’y a point de caufe de mouvement, mais il y a même une caufe qui pourroit, en un cas, tendre à ramener le repos.
- §. XIV.
- Soient A, B, deux molécules de ce fluide infini. Sur la droite A B prolongée, retranchez cuies du B C » A B. Le point C eft occupé par uneflu^.,2^n,'‘ molécule, ($. I.). J’anéantis ces trois molécules À, B,C, & je leur fubftitue fucceffive-ment des molécules de diverfes fortes : puis * j’examine quel fera, fur la molécule B, l’effet de toutes les attrapions qu’elle éprouve. ,
- 1. AbftraPian faite des molécules A, Cj toutes les attrapions qui s’exercent fur B, & fur fes élémens, ont des antagoniftes égales,
- (Ç.préc. n. i.a.) enforte qu’elle refte immobile.
- 2. AbftraPion faite de toutes ces attrapions qui fe détruifentj les attrapions de A & de C s’exercent fur B librement.
- p.11 - vue 33/254
-
-
-
- ïï ïïmonii '
- r— 3. Par conféquent, toutes les formules des
- Pciap! 1 55. IX & X font applicables à çe cas.
- StéLIPi ^ Le même raifonnement s’applique à trois autres molécules quelconques du fluide infini, déterminées de la même manière que dans l’hy-pothèfe de ce §. Donc les formules , divifées par le quarré de la diltance de ces molécules, leur font également applicables.
- 5. X V.
- Dans la conftruétion précédente, (§. XIII.) fphères. foient A, B, C, les centres de trois fphères ***' 3" égales. J’anéantis toutes les molécules contenues dans l’intérieur de ces iphères. Je fubf-titue dans chaque fphère des molécules de même nature, ( c’eft-à-dire, toutes mixtes, ou toutes pures & homogènes), Je fuppofe que les molécules enfermées dans une fplière y font retenues immobiles par une caufe quelconque. Et, faifant fuccefîîvement toutes les fubftitutionq poffibles dans cette hypothèfe, j’examine quel fera, fur la fphère B, l’effet des attraâion? auxquelles elle fera expofée.
- Puifque les fphères font égales, & que tout le fluide eft diflribué uniformément, chaque fphère contient précifément le même nombre de molécules , &, pat conféquent, d’clémpns.
- p.12 - vue 34/254
-
-
-
- DiRiMitiitts’. xj' Soit ce nombre d’élémens contenu dans chaque s fphère = », & les di (lances AB, B C, des centres = J.
- i. L’attradlion que ces fphères exercent au dehors peut être fuppofée réunie au centre,
- & cette attraction eft 2 * 'a, —\ a2 a1 a2
- dans les trois cas déterminés ci-deflus, ( §. XII.). a. Subftituant donc les valeurs
- d2 a2
- aux quantités a, b, dans l’hypothèfe & dans les affections du §. fréc., tout ce qui y eft dit de trois molécules fera vrai de trois fphères.' Et par conlequent, on peut appliquer à celles-ci toutes les formules déterminées ci-deffus, telles qu’elles font indiquées aux §§. IX & X. (§.préc. n. J.)
- §. XVI.
- Dans la même hypothèfe d’un fluide com- D|’x‘£ol, biné infini, ( §. XIII. ) ; foient A, B, deux mo- cuits lin lécules quelconques de ce fluide : je fubftitue “f1"' fucceffivement à chacune d’elles des molécules de diverfes efpèces. J’examine quel eft, fur B, l’effet de ces fubftitutions.
- Sur A B prolongée, retranchez B C = A B.
- Le point C eft occupé par une molécule mixte,
- (5. I.).
- p.13 - vue 35/254
-
-
-
- ï4 P » i k e t ï e s
- .1 Ce cas eft un de ceux que nous venons de
- ^ctwp'l déterminer, (§. XIV.)
- L
- $. Dans la même hypothèfe (5. XIII.), foient
- fphTres. les points A, B, les centres de deux fphères éga-Fig. a, jes ^ préparées fuivant la méthode indiquée tout-à-l’heure (§. XV. )., ( c’eft-à-dire , qui ne contiennent chacune que du fluide combiné ou du fluide pur homogène). Suppofons de plus que tout le fluide combiné exiilant hors des fphères A, B, eft formé de molécules dont les élémens ne peuvent point fe féparer. J’examine quel eft, fur la fphère B , l’effet de la fubfti-tution faite dans la fphère A.
- Prolongeant A B, & retranchant B C== A B, du centre C je décris une fphère égale à l’une des deux autres, A, B.
- i. Cette fphère C , ne contiendra que des molécules mixtes. Et puifque les élémens de ces molécules ne peuvent point fe féparer ( hyp. ), toutes les molécules contenues dans la fphère Ç feront immobiles, ( §. X. n. i.).
- a. Ces trois fphères auront donc toutes les conditions requifes dans l’hypothèfe du 5. XV. Ainfi la queftion actuelle n’eft qu’un cas de celle qui s’y trouve réfolue,
- p.14 - vue 36/254
-
-
-
- D Y N À M I a U ï S. IJ>
- 5- x v 11 i.
- Çhap. I.
- Si donc on fuppofe que les molécules ne fe Sea' IV-décompofent point i voici les formules qui ex- Récapitula^ primeront les attractions de trois fphères pion* ^pigées dans le fluide combiné infini, & placéesres* à d’égales diftances fur une même ligne droite.
- Je défignerai ( comme j’ai fait ci-deflus ) les fphères par leurs centres. J’appellerai chaque fphère du nom des molécules qu’elle contient.
- Et pour Amplifier l’expreffion, }e fuppoferaà
- 1. Si la fphère du milieu, B, eft mixte ; elle Fig. z«; n’aura aucun mouvement.
- 2. Si les fphères des extrémités, A, C, font de même nature j l’eflTet fera le même.
- 3. Si deux fphères voifines, A, B, font pures & hétérogènes, & que la troifième , C, foit mixte i la fphère du milieu , B, fe mouvra vers la fphère hétérogène, A, avec la force 2 a! 2 b'.
- 4. Si deux fphères voifines, A, B, font pures & homogènes, & la troifième, C, mixte j celle du milieu, B , fe mouvra vers la fphère mixte,
- Ç, avec la force 2 a' — 2 br.
- f. Si les trois fphères font pures, & que
- p.15 - vue 37/254
-
-
-
- Principes s, A, B, J
- celle du milieu, B, fe mouvra vers fou 1 rogène, C, avec la force 4 a1 — 4 i', double de la précédente.
- .X I X.
- S- nî. Et fi l’on fuppofe feulement deux fphères
- tambour*3"égales. placées danslefiuide combiné infini, «r I- Si l’une des deux fphères eft mixte; elles
- feront immobiles.
- 2. Si les deux fphères font pures & hétérogènes ; elles tendront l’une vers l’autre avec la force a «'-ai'.
- 3. Si elles font pures & homogènes ; elles en fens contraire par la force «' — A'.
- E G T I O N V.
- f. XX.
- fe
- Si, dans l’hypothèfe du §. XIII, on ne change qu’une feule molécule, ( ou qu’on trace une
- p.16 - vue 38/254
-
-
-
- Dynamiques. 17 feule fphère dont les molécules foient changées — Avec les précautions indiquées au §. XV, & Pc*h'p'[' par conlequent, immobiles). V.
- I. Comparant cette molécule, {ou cette fphère fubftituée) , avec une autre molécule,
- ( ou avec une autre fphère égale quelconque ), on trouvera les effets de leurs attrapions réciproques, (§§. XVÎII. XIX. ).
- a. Suppofons les élémens de toutes les molécules inféparables , il eft aile de voir que tout reliera immobile (5. VIII. n. I. ).
- 3. Si les élément peuvent fe féparer, & que la molécule, (ou la fphère fubftituée) , foit pure , le fluide combiné extérieur tendra à fe décompofer (§. V. n. 3.).
- $. XXI.
- - Dans la mêmehypothèfe du §. XIII, foit une Jphère , AB (Jig. ).);, décrite dans le fluide ubrcs. combiné, ayant pour centre une molécule, A, *"5 pour rayon la diftance, AB, de deux molécules quelconques , & dans laquelle on ait fubftitué des molécules pures homogènes aux mixtes. Suppofons que ces molécules , placées au-dedans de la fphère, A B, foient libres de fe tnouvoir félon la direction où chacune d’elles eft entraînée par l’aétion des autres molécules,
- B
- p.17 - vue 39/254
-
-
-
- foit intérieures, foit extérieures. J’examine quel fera, fur les molécules intérieures, l’effet,.de cette action. . .. q
- Sur le diamètre, EB , de la Iphère des molécules homogènes , prolongé hors de cette fphère , retranchez B D1 s= E B. Du centre, A, & avec le rayon A D, décrivez une ttonvelle fphère. ' ,
- i. Toutes les molécules placées hors de cette grande fphère, AD, n’exerceront aucune action fur les molécules homogènes contenues dans la petite fphère , A B, parce qu’elles ont des att-tagoniftes égales. Toutes les .molécules mixtes contènues dans la grande fphère, (c’eff-àrdire, toutes les molécules contenues dans la bombe BD), exercent une action efficace fur quelqu’une des molécules homogènes. Et toutes -ces actions ont cela de commun qu’elles tendent à faire fortir le Huile pur de la fphère AB.
- a. Les molécules de ce fluide pur qui font voiiines du centre, A, font pouffées hors de la fphère, AB, moins fortement que celles qui en font éloignées.
- p.18 - vue 40/254
-
-
-
- 19
- DYNAMIQ.VES.
- S. X X I I.
- Pour détailler cet effet : i. La molécule, A , qui occupe le centre, fera immobile ; car autour .d’elle les actions fe compenfent.
- P ART. I. Chap. I.
- m.v.
- Détail.
- F'Z-3-
- 2. B étant une molécule , E fera àuffi une molécule ( §. I. ). Et toutes deux font homo-gènes, ( hyp. ). Mais E B = B D ( conjtr. ). Donc D eft'une molécule (§. I. ). Et cette molécule ef^ mixte, (hyp. ) Donc, abftraétion faite de toute autre force , B pft pouffée vers D, (S-X.il. 4.).
- Sur le diamètre B D , foit décrite une fphère qui touche les deux autres aux .points B , D, Cette fphère eft le lieu de toutes les molécules mixtes dont l’aâion fur B n’a point d’antago-nifte égale.
- Chacune de ces aélions partielles tend à &ire fortir P de la fphère des homogènes, & ces aflions qui s’exercent fur un point extérieur peuvent être cenfées réunies au centre : il fuit de. là que la molécule B tend à fuir la fphère A B , félon la direction B D, avec une force qui a un rapport direét avec le rayon de la fphère. ,
- B ij
- p.19 - vue 41/254
-
-
-
- *? P R INC! P E S
- j. Les molécules intermédiaires, telles que ChaT’ {’ ^ » tendent à lbrtir avec une force qui croît en SeiL V. s’éloignant du centre jufqu’à une certaine dif-tance de ce centre, où elle f eft la .plus grande pqlfible.
- Je tâcherai de déterminer ce point ci-deflbus»/ (§. XXIX. n. il.) ,
- 4. Ainfi les molécules homogènes fortironfc en divergeant de la fphè.re où elles font placées.
- Faifant abftradion du mélange des^ molécules mixtes ; la Iphère des homogènes acquerra un plus grand rayon : puifque îes *m<5É-
- cules éloignées du centre lortent avec plus de vitefle que celles qui en font fort rapprqchées, le fluide homogène fera plus denfe près du Centre, À, qu’à la furface de la Iphère.
- $. I I.JU ‘1 -r:/‘
- Molécules Ja* fuppofé fucceffivement que lès mole-gênées. cules contenues dans’la fphère  B, étoient 1‘ entièrement immobiles & entièrement "libres, en d’autres termes , que le mouvement que leur imprime l’attra&ion du fluide combiné extérieur trouve une réfiftance infinie ou nulle. Suppofons à préfent cette réfiftance finie ,' & égale dans toute l’étendue de la fphère jénforte qu’elle puifle être vaincue par les molécules'
- p.20 - vue 42/254
-
-
-
- Dynamiques. il placées loin du centre, fans l’être par celles a— i... du centre. p^' {;
- I. En ce cas les molécules placées à la fur- ri. face , B, fortiront, mais plus lentement que fi la réfiftance étoit nulle : les molécules voifines du centre , A, ne lortiront point, quoiqu’elles tendent à fortir; & il y aura quelque part fur le rayon, A B, de la fphère, un point -F, auquel la force motrice & la réfiftance fe feront équilibre.
- a. Mais fi (changeant un peu l’hypothèfe) on conqoit que l’obftacle qui arrête les molécules n’ait lieu qu’à la furface, tandis que dans l’intérieur de la fphère elles fe meuvent en liberté ; il eft clair que ces molécules s’accumuleront à la furface.
- SECTION VI.
- Extenfion des propofitions précédentes.
- §. XXIV.
- Jufqu’ici j’ai fuppofé le fluide combiné ^4^ répandu dans un elpace infini, & fes molé- antagonitos cules immobiles par la feùle force de l’équili- guill(. com_ bre produit par leur diftribution uniforme dans bin“ fioi-l’efpace.
- Maintenant, fuppofant inféparables les deux B iij
- p.21 - vue 43/254
-
-
-
- St Principes
- ____L-i^élémens d’une même molécule, je me propofe
- *“£•} de limiter l’efpace où elles font contenues ; dès ha. h. lors elles tendront à s’approcher de leur centre commun de gravité.
- Cela étant, j’établis une force quelconque qui pour chaque molécule agit en' fens contraire à celle qui réfulte de l’attraélion. Une telle force, (quelle que foit fa nature) peut être comparée à celle d’un reiTort fpiral d’un nombre fuififant de fpires, tendu du centre commun de gravité à la molécule. Cette force croit félon quelque rapport inverlè de la diftance, & elle n’interrompt point l’aélion des forces attraéfives, autrement que par la réfîC. tance direéle que leur oppofe fa propre aétion.
- Les chofes étant conçues ainlï ; je décris une iphère dans le fluide infini que j’ai confi-déré tout-à-l’heure ; puis j’anéantis tout le fluide extérieur à cette fphère. J’examine l’effet de cette fuppreffion.
- 1. Si les forces attraélives & répulfives fe compenfent exactement, l’équilibre n’eft point rompu, & les molécules au dedans de la fphère, demeurent immobiles comme auparavant.
- 2. Si les forces répulfives l’emportent ; les molécules s’éloigneront du centre de la fphère.
- p.22 - vue 44/254
-
-
-
- D Ï'S A M I 0. W B S.
- ' j. Si les forces: attractives l’emportent; molécules fe rapprocheront du centre.
- J. XX V.
- Dans les deux derniers cas :
- i. Si les lois des attractions & répulfiôns relativement aux diftances font les mêmes , ou fi celle des répulfiôns eft plus foible; (par exemple, l’inverfe fimple d,es diftances) ; les effets indiqués (§. fric. ) auront lieu à tonte diftànce.
- a. Si la loi des répulfiôns eft plus fort» que «elle des attendions; (par exemple, l’in, verfe du cubé des diftances); il y aura pour chaque molécule, une diftance du centre, où les forces attractives & répùlfives fe feront
- ). Suppofint cet équilibre établi la fphère ; le fluide fera plus ds centre que près de la furfàce.
- 4. Je me contente d’énoncer tions qui ne iont pas indiipenfal but que je me propofe.
- 5. XXV
- général on peut concevoir un efpace, rempli de fluide combiné difcret & immo-j
- « J
- p.23 - vue 45/254
-
-
-
- 14 P R I N C I PE S
- es-bile: on peut concevoir que dans tout cet PChap’ {' eipace le fluide eft d’une dehfité uniforme | StS. VL XXV. n. i.), du que fa deniité varie, par exemple, en décroiflant depuis un centre (§. XXV. n. 3.).
- I. Dans le premier cas î il eft évident qu’aucune des propofitions précédentes ( contenues j
- dans les cinq premières fedtions) ne change ; |
- puifque toutes ne dépendent de l’infinité de, I l’efpace où le fluide eft répandu, qu’en tant . que cette infinité produit l’équilibre, ou l’immobilité des molécules.
- a. Si la denfité varie; il«n’eft pas moins évident que ces propofitions ne fubfiftent plus, puifque toutes fuppofent l’égale diftance des molécules entr’elles. ' Mais fi, à cette exprel-fion d’égalité, on en fubftitue une autre qui | défigne la diftance néceflàire pour produire l’équilibre, ( §. XXV. n. 2. ) il devient évident de nouveau que toutes les propofitions (des I cinq premières (èâions) recouvrent leur certitude. Car ces propofitions ne dépendent de l’égalité de la diftance des molécules, qu’en | tant que cette égalité produit l’équilibre ou l’immobilité.
- / Ainfi lorfqu’il fera queftion d’un eipace fini, rempli de fluide combiné en équilibre, mais
- p.24 - vue 46/254
-
-
-
- D ;Y N A M I Q. U E S. if
- inégalement denfe, il fuffira de faire la fubf .
- titution d’expreflion indiquée ci-deflus; ou, Pcfap*£ plus Amplement, d’interpréter celle d’égale. VI* diftance, comme fi elle fignifioit la diftance qui a lieu dans l’état d’équilibre.
- j. Admettant donc la modification que je viens de dire, (n.. 2.) toutes les formules trou» vées ci-deflus , (Se&. I, II, III, IV & V.) s’appliquent également à l’hypothèfe d’un efpace fini rempli de fluide combiné en équilibre; que la denfité de ce fluide foit uniforme, ou qu’elle ne le foit pas.
- §. XXVII.
- Au nombre des propriétés des corpufcules, ^§^27. ^ A, B, j’ai énoncé (§. Il. n. I.) que ces cor- élemens de pufcules font égaux en mafle. Il fuit de-là: meme mafle.
- 1. Que ces corpufcules peuvent différer en volume & en denfité, pourvu que ces deux quantités foient inverfément proportionnelles.
- 2. Que les corpufcules de l’une ou de l’autre efpèce (ou même dé l’une & de l’autre), peuvent être formés de l’aflemblage de plufieurs élémens.
- §. X X V I I I.
- §. *8.
- Suppofons toujours les corpufcules de même jBJémnn efpèce égaux en mafle ; mais que les corpuf- inégales.
- p.25 - vue 47/254
-
-
-
- 46 F H * C I F E S
- — cules d’efpèces différentes foient inégaux. Ad. FChap'. I. mettons de plus que les molécules , au lieu rn. VI. d’être l’aflbmblage de deux eorpufcules , font l’affemblage de deux nombres de eorpufcules ; que chacun de ces nombres n’offre que des eorpufcules homogènes , & foit inverfément proportionnel à la maffe d’un lqül.
- I. Tant qu’on fuppofe inféparables les élé-mens des molécules , toutes les propefitions précédentes fubfiftent, ( §. XXVII. n. 2. ). Car l’attraâion d’un nombre quelconque de corps, fur un nombre d’autres corps fort éloignés , eft fenfiblement la même, foit que, dans chacun de ces fyltcmes, les corps qui le compofent adhèrent entr’eux, ou ne Ment que fe tou-cher fans adhérence.
- 2. Quant à la féparation des élémens, la
- différence que peut produire l’hypothèfe adluelle dans les réfultats des propoütions précédentes, confifte en ceci. Tant qu’une molécule n’eit formée que de deux élémens, la féparation de ces élémens elb nulle ou complète. Mais lorf. qu’on fuppofe une molécule formée de plus de deux élémens, la féparation peut être partielle , un des élémens le leparant des autres par une force infuffifante pour les détacher tous. A cette différence près, les propoütions
- p.26 - vue 48/254
-
-
-
- DïHiMIdïSs: 27
- précédentes fubGfteront, & en particulier celle : qui eft énoncée aü 5. IX. n. p.
- 5. X X I X.
- 6n que, rélativement à la dilatons ne fuivent pas la loi in-o n. j., mais une autre loi quel-J
- Suppofons 1 tance , les : diquée au §. II. conque. d
- 1. Subftituant l’expreflîon de cette nouvelle loi, à celle de l’inverfe du quarré des diftan-ces, au 5. XII : ce §. & tous les autres feront vrais, moyennant quelques légères modifications» à l’exception des §5. XXII. XXIII. relatifs à la diftribution du fluide pur dans l’intérieur d’un aflemblage particulier de molécules, laquelle dépend de la loi que je fuppofe changée.
- 2. Quant à ce dernier point, je donnerai d’abord une approximation de folution du problème, qui confifteroit à déterminer, dans l’hypo-thèfe de la loi commune, l’arrangement que prendra le fluide pur dans l’intérieur d’une îphère, avec plus de précifion que je ne l’ai fait ci-deflus.
- Soit cette fphère repréfentée par fa feélion C B D G, ayant fon centre au point A, & pour rayon AB. (fg. 4.).
- Je fuppoferai d’abord que le fluide pur eft
- p.27 - vue 49/254
-
-
-
- a8 Principes
- diftribué uniformément dans l’intérieur de la Owp’l* fphère. Dans cette hypothèfe, je rechercherai Se#. VI. quelle eft l’attradion qu’exerce le fluide extérieur fur un élément du fluide pur intérieur , félon que cet élément eft plup ou moins éloigné du centre : le point où cette attradion eft la plus forte, fera celui où le fluide libre fera le plus raréfié.
- 3. Soit donc E un élément du fluide pur, placé fur le rayon A B 5 fur ce même rayon prolongé, foit retranchée EI =» E A. Du point I comme centre, & avec un rayon I F = A B, foit décrite la fphère CFDH, qui coupera la première par un cercle dont le plan C D fera perpendiculaire fur A I.
- Dans cette conftrudion le ménifqueCHDB eft le lieu de toutes les molécules de fluide combiné qui n’ont point d’antagoniftes égales. Car la lentille C B D F n’exerce aucune a dion lùr l’élément E, lequel fe' trouve placé à fou centre. Maintenant donc il s’agit de déterminer l’adion de ce ménifque C H B D, fur l’élément E, félon que cet élément eft plus ou moins éloigné du centre A, de la fphère dont il fait partie.
- 4. L’adion qu'exerce un aflemblage quelconque de fluide dépend de fa mafle & de fa
- p.28 - vue 50/254
-
-
-
- Dynamiques: 29
- diftance. Quant à la malle, elle croit fans cefle . , depuis zéro jufqu’à la valeur de la mafle totale ’qJJ I. de la iphère, tandis que le point E fe meut VI-depuis A jufqu’à B, le long de la ligne A B.
- Quant à la diftance, elle exige la détermination du centre de gravité, X1, du ménifque extérieur CHD B, ou du centre de gravité, X, du ménifque intérieur C G D F , lequel eft femblablement placé relativement au point E.
- y. Le centre de gravité 4® la fphère entière eft au point A ; le centre de gravité de la lentille C B D F eft au point E. Or, par la nature du centre de gravité, il faut que les mafles CBDF.CGDF, foient entr’elles inverle-ment comme les diftances du point A aux centres de gravité de ces mafles. Par conféu quent, on déterminera la diftance A X, au moyen d’une fimple proportion, en eftimant, d’après les principes de la géométrie élémentaire lés deux mafles en queftion.
- 6. Les propofitions de géométrie qui me font ici néceflaires font celles-ci. i°. La fphère eft égale aux deux tiers d’un cylindre de même diamètre & de même hauteur. 2°. Un fegment fphérique, C E D B , eft égal à un cylindre qui a pour rayon la hauteur ou flèche, E B, de ce fegment, & qui a pour hauteur le rayon, AB,
- p.29 - vue 51/254
-
-
-
- Principes
- --- . . de In fphère moins le tiers de la flèche ,EB.
- ^hap J’ 7- D’après ces propofitions, fi l’on fait A B = r,
- Stil. FI. A E = a, & fi l’on fuppofe le rapport du rayon à la circonférence celui de r : c. On trouvera pour valeur des autres quantités à employer : i°. Toute la fphère C B D G = 3°. La
- lentille C B D F = c (r — a)2 — CSL=^21. 3°. Le mênifque C G D Fc=Ü-?~ c (r— e) ’ +
- «(»—‘0* S 3 r
- 8. Etabliflànt donc entre ces quantités l’analogie indiquée (n. 4.) nous dirons, 2 Y -*-c(r-ay +cJr ~a)t:c 0-0*
- ---—----. = a : x. Et, par conféquent,
- x — ~~—expiimw la valeur de la diftance du point A, au centre de gravité, X, du mênifque intérieur.
- 9. Joignant maintenant à cette valeur, celle de la ligne A E, la fomme, favoir a + —
- 2 y*
- = > exprimera la valeur de la diftance
- p.30 - vue 52/254
-
-
-
- D ï N A M I Q. U E S. t
- E X =s E X’ que nous cherchions à déterminer, i io. Ainfi la malle du ménifque,quiagit fèul fur la molécule E , eft s=3 -r ,C — c (r — a)1 + . Et la diftance du centre de gra-
- vité de ce ménifque à la molécule eft =—r
- 3 r3— a3
- Ou, faifant rcs i, & employant, pour limplifier, le rapport de 1: 6 au lieu de celui de r : c, ( i ) la mafle eft — 6 a — 3 «s, & la diftance = —2—
- ! I. Suppofànt toujours la loi de l’inverfe du quarré de la diftance, la formule com-pofée de ce double rapport , laquelle exprimera l’attradion fera 27 a— 27 a5 +jas.— a’’. Subflituant dans cette expreflion les diverfes valeurs, poffibles de la quantité a, ( c’eft-à-dire, toutes celles cpmprifes entre zéro ,& 1 ), on trouvera que le maximum d’attraûW a lieu, envitop aux § du rayon, car c’eft au moment où a atteint cette valeur que la formule eft la plus grande.
- 12. Quelqu’imparfaite que foit cette folution
- Part. I. Chap. I. *3. VI.
- (1) Cette Amplification, qui n'affette point l’ex-
- preflion de la diltance, n’a d’autre effet que de dimi-
- nuer un peu celle de la maffe.
- p.31 - vue 53/254
-
-
-
- 32 Principes
- u. 1 elle fuffit pour faire voir : i°. que ce n’eft ni chapT'i!' à la furface ni près du centre que l’attradion **VL du fluide extérieur fe fait fentir le plus fortement : 2°. que le maximum de cette attradion a lieu plus près de la furface que du centre ? 2°. enfin, que l’attradion décroît peu depuis ce maximum à la furface, au lieu que du mêmé maximum jufqu’au centre de la fphère, l’attraction décroît jufqu’à s’évanouir entièrement.
- 13. Quoique je ne puifle rien affirmer fur le cas où la loi relative aux diftances n’eft pas l’inverfe du quarré , il me paroît probable que, même dans cette hypothèfe, l’attradion près de la furface eft toujours fupérieure à celle qui a lieu près du centre.
- 14. Dans le cas où l’attradion croît inver-. fément comme le quarré de la diftance, l’at-tradion la plus forte a lieu près de la furface, en croiflant jufqu’à la profondeur d’un tiers du rayon j de ce point jufqu’à une profondeur' double, & un peu au-delà elle décroît, & redevient enfin la même qu’à la furface; de-là juf-qu’au centre elle s’évanouit L’accumulation du fluide pur doit fuivre la marche inverfe, (n. a. ).
- CHAPITRE
- p.32 - vue 54/254
-
-
-
- Physiques,
- CHAPITRE II
- Principes Phyjiques.
- §. XXX.
- Part. I ap. IL
- Les phénomènes que j’ai en vue d’expliquer peuvent Te .rapporter aux caufes généralement admifes par tous les phyficiens, moyennant une feule modification de ces caufes qui pourrait être juftifiée par des faits & des autorités. Car les caufes dont ces phénomènes dépendent font l’attrattion, les affinités & l’élafticité, ou plutôt l’expanfibilité. Je pourrois donc me contenter de montrer que les phénomènes magnétiques fe rangent fous ces claffes générales de faits avoués & connus de tout le monde. Et dès lors je m’épargnerois le travail que j’entreprends pour expofer les principes phy-fiques que j’admets.
- Mais cette explication ne me paraît pas fuffifante, & comme le fait de l’impulfion eft le plus générai & le plus fimple que l’efprifc humain puilfe concevoir, il me femble qu’il ne faut épargner aucun effort, pour rapporter à ce principe tous les phénomènes de la nature*1 C
- p.33 - vue 55/254
-
-
-
- 34 Principes
- . —..... Malheureufement il n’exifte aucun fyftêmé
- ChàpU. P^yfique mécanique rendu public, & dont on puifle fe contenter d’adopter les principes fans les expofer.
- M. le Sage a confacré fa vie entière à pofer, les baies de cet édifice, & l’a fait de manière que dans tous les fujets qu’il a pu approfondir, il n’a rien négligé de ce qui peut fervir à diftinguer l’erreur de la vérité : ênforte que les réfultats auxquels il eft parvenu, par des -méthodes fouvent laborieufes, mais toujours sûres & ingénieùfes, ri’inipirent pas moins de confiance que d’admiration à ceux qui les vérifient.
- Plufieurs phyficiens & géomètres partagent ces fentimens; & quoique diverfes contrariétés, & fur-tout la mauvaïfè fanté de l’auteur de ces belles & importantes recherches, l’aient empêché jufqu’ici de publier d’une manière régulière les théories auxquelles ces recherches l’ont conduit, il jouit néanmoins de la fatisfaélion de voir déjà ces vérités produire quelques fruits, & de l’efpérance légitime qu’elles en produiront chaque jour de nouveaux.
- Dans, cet état dés chofes, & jouiflant de l’avantage de vivre près de M. le Sage & de
- p.34 - vue 56/254
-
-
-
- V H V S t Q. U E S. Sî
- pouvoir profiter de fes lumières, il m’a paru —--------
- de mon devoir de les répandre , en expofant en peu de mots la partie de fes principes qui trouve fon application dans la matière dont je m’occupe.
- Je m’y détermine d’autant plus volontiers que ces principes rendent raifon d’un fait par. ticulier, lié à la théorie du magnétifme, & que les caufes moins reculées dont j’ai parlé Ui-defltis, laiflent inexpliqué.
- . D’ailleurs je fuis perfuadé que les phyüeiens qui ne, connoiflent qu’une partie de ces principes, ou qui peut-être ne les connoiflent point ,, trouveront dans cette explication, toute imparfaite qu’elle eft, une fource de méditations utiles. Je les prie feulement de n’im-purer qu’à moi les négligences & les omiffions qu’ils pourraient y remarquer. Contraint d’abréger,. .& ayant en vue un but particulier, je n’ai pu me livrer entièrement à ce fnjet qui d’ailleurs furpafle mes forces ( i ).
- ar cette' raifon je prie lé leéteur de fufpendre fbtt^jûléfaiént fur'lês prébves du fyftême de M. lé Sage qu’il lçs expofe lui-même; ce que ce phyfî-cien fe propofe de iàire dans le terme de deux oq
- ÿrqis;^r: i-: iauvj
- C ii
- p.35 - vue 57/254
-
-
-
- Principes
- SECTION L
- 5#
- S. XXXI.
- s. 31. Je fuppofe l’erpace vide, & qu’on y diftribuë coips fou- à-peu-près uniformément une infinité de corps "tion te" durs, très-petits, à-peu-près égaux; que chacun corpufcuies de ces corps fe meuve félon une direélion reâi-â * ’ ligne confiante ; mais que les directions des dif-
- férons corpufcuies foient très-variées ; & leurs mouvemens à-peu-près également rapides. En-forte que, prenant un point quelconque del’eC pace, il puifle être cottfidéré, pour un moment très-petit, comme un centre où & d’où- rayonnent en tout fens des corpufcuies égaux avec dès vitefles égales.
- Les chofes étant ainlî conçues, qu’on place à un point quelconque de cet efpace un corps iphérique, beaucoup plus grand que les corpufcuies. ....... ...
- Les corpufcuies feront interceptés eu tout ou en partie par ce grand corps. Chaque corpulente intercepté frappera le grand corps & lui imprimera par conféquent une vitelïc , mais comme tous lés courons de corpufcuies ont des
- p.36 - vue 58/254
-
-
-
- P H Y S I a v E s. 37
- antagoniftes éganx en force, le corps fera en équilibre: ou, s’il y a de temps en temps ch^'ïîf quelques inégalités dans les courans, il ne fera aa-L que de très-petits mouveftiens, ou des ofcil-lations peu confidérables.
- , l’aftion du
- §. XXXII.
- Les chofes étant dans cet état, qu’on place ^§. 32*' dans l’efpace un autre grand corps fphérique.
- ï. Ces deux corps feront à tous é le même cas où fe trouvoit le premier corps vjJ^eej[ap' feul (§. prie.), excepté que les corpufcules PϰC J
- interceptés par chaque corps ne frapperont point, ou frapperont plus tard & plus foiblement l’autre corps. Il n’y aura donc plus équilibre de ce côté : car les courans oppofés confervent leur force entière. Ces courans poufferont donc les corps l’un contre l’autre.
- 2. Telle eft la caufe de la gravitation uni-verfelle, & les corpufcules qui la produifent font nommés corpufcules gravifiques.
- j. Cet expofé informe & raccourci donnera lieu au premier coup - d’œil à plufieurs difficultés. Toutes font réfolues par des fuppofi-tions convenables de grandeurs & de viteffes dans les corpufcules gravifiques, ainfi que de perméabilité dans les corps fournis à leur aélion.
- p.37 - vue 59/254
-
-
-
- ? 8 P R I N C ï P.E §
- t —- 4. En général, pour fe faire une idée appro*
- Chapon. °hée faction de cetçe caufe, il faut fuppofei |
- Seü. J. les corpulcules gravifiques d’une petitefle ex- |
- trème & leur vitefft prodigieufe : quant aux H grands corps il faut les fuppofer extraordinai- j rement perméables.
- f. L’auteur de cette grande & utile- con- 1 ception, l’a réduite à des termes de rigueur à j la fuite d’un mémoire inféré parmi ceux de \ VAcadémie de Berlin pour 1782.
- $. XXXIII.
- Importance ^es Phénomènes de la nature, une partie de cette s’explique par l’hypothèfe purement dynamique theorie‘ de l’attradion univerfelle, fafrs avoir égard à la | caufe mécanique de cette force ; une partie ne peut s’expliquer que par la caufe mécanique, & |
- ne fe prête point à l’hypothèfe dynamique de ; l’attradion, à moins de recourir à dès fuppofi-tions de nouvelles forces, qui compliquent 13 j fort l’hypothèfe, qu’elles la rendent prefqu’inutile. \
- 1. Les phénomènes aftronomiques font en I général dans le premier cas : ils s’expliquent g 'nettement par l’hypothèfe de l’attra&ion ; fans I qu’on puilfe affirmer néanmoins que cette hypo- j thèfe doive toujours fuffire. Car il n’eft point 1 impoffible, (ni même invraifemblable), qu’il y |
- p.38 - vue 60/254
-
-
-
- Phtsimm. 39
- ait, dans Jes mouvement céleftes, quelqu’iné-galité fenfible , qui dépende de la manière d’agir de la cauiè mécanique de l’attraélion, & dont, par confisquent,'cette caufe feule punie donner l’explication.
- i. Quant aux phénomènes de la phyfique particulière, & même de quelques branches très-générales de la phyfique terreftre , il parole indifpenfable de faire attention aux agens mécaniques , pour en donner des explications fatisfàiiàntes. Far exemple, les phétj^iènes de la cohéfion font tels que M. le Sage, après les avoir analyfés, les juge inexplicables par l’hypothèfe dynamique de l’attraélion univerfelle.
- E C T I O N IL
- Ce la caufe de Texpanfibilité de. certains fluides.
- S. XXXIV.
- Tous les phénomènes de l’élaftlcité des $. î4-^ fluides s’expliquent au moyen d’une fuppofi- billtldn tion naturelle, favoir que leurs molécules font mues avec beaucoup de yiteflè en divers fens.
- i. M. le Sage avoit dès long-temps pourfuivi ienrs mo-cette vérités fes recherches à cet égard l’avoient lésu es‘ conduit au même réfultat qu’un autre phyfi-cien, dont le nom fait autorité : mais.il n’a été C iv
- p.39 - vue 61/254
-
-
-
- 40 Principes
- -,-l fatisfait de cette caufe, que lorfqu’ïl a pu erï ChapTlll affigner une au mouvement qu’elle fuppofe:
- 2' M. Dan. Bernoulli s’étoit contenté d’expliquer mécaniquement les phénomènes de l’expanfibilité de l’air & des autres fluides de cette nature , par le Mouvement inteftin de leurs' molécules, fans s’occuper d’une manière fuivie de la caufe de ce mouvement qu’il n’in-diquoit que vaguement. Il eft queftion de ce mouvement & de fa caufe, dans un mémoire courÜlié en 1746.
- 3. “ Il ne fera pas hors de propos, eft - it M dit dans ce mémoire, de faire voir à ce fujet, » en quoi confifte la fluidité & l’élafticité des M fluides. Je crois donc comme démontré, que s> l’air eft un amas de petits corps agités en tout fensj non contigus, mais laiflant de „ grands intervalles entr’eux. Ces petits corpuf-33 cules s’entrechoquent continuellement, chan-33 gent les uns la diredion des autres; & cette » agitation confufe doit fans doute être entre-33 tenue par un fluide beaucoup plus fubtil, qui traverfe l’air, On voit bien que cette idée de Pair répond parfaitement à toutes 33 fes propriétés : elle explique en quoi con-»3 lifte fon élafticité, fa qualité de fouffrir de w grandes dilatations & condenfations ; pour-
- p.40 - vue 62/254
-
-
-
- Psisurts,' 41
- ,, quoi fon élafticité eft à-peu-près en raifom-w
- „ réciproque de fon volume i pourquoi cette ehâpT'lL )s élafticité eft augmentée par la chaleur, qui » caufe une plus grande agitation dans les par-„ ties de l'air ; & enfin pourquoi cette élafticité » eft en raifon doublée , de la viteflè avec „ laquelle les parties font agitées : je puis „ même démontrer, fur certaines expériences „ qu’on a faites , quelle doit être la viteflè „ abiolue dans ce mouvement d'agitation pour „ un degré de chaleur donné ; quelle eft la „ groflèur de Ces parties par rapport à leur „ intervalle moyen ; en quel volume l’air peut » être condenfé par une force infinie ; quelle „ eft la viteflè du fon, quel doit être le fon „ abfolu d’un tuyau d’orgue d’une hauteur „ donnée, &c. & tous ces réfultats ont un „ caraétère de vérité qui frappe & qui confirme » merveilleufement l’idée que je viens de don-„ ner des fluides élaftiques tels que l’air.. —
- „ C’eft ce mouvement inteftin qui eft caufe „ que les parties ne font pas aufli ferrées qu’eHes „ pourroient l’être , & que le fluide occupe „ toujours d’autant plus de volume, que les „ parties font agitées par une plus grande B chaleur,
- „ Chaque fluide différent admet naturelle-
- p.41 - vue 63/254
-
-
-
- 4*
- Principes une viteffe différente dans l’agitation ChapT'li". » de fes parties , & e’eft certainement de la SeB. JL ?J proportion de ces différentes viteffes , qu’il j3 faut déduire un grand nombre de phéno-3y mènes qu’on fait arriver par le mélange des 3) fluides , & plufieurs autres propriétés que je Sj ne m’arrêterai point à expliquer ici.
- » Ces principes, qui me paroiflent incontef-3, tables, font d’une très-grande..utilité dans la 33 p hy fi que-mécanique (i).
- 4. L’auteur emploie encore quelques autres expreflîons qui marquent fa parfaite confiance en cette explication.
- -Et en effet dans la Xème. fe&ion de fon Hydrodynamique M. Dan. Bernoulli avoit déduit de ce principe, ( c’eft-à-dire , du mouvement in-teftin des parties) tous les phénomènes de l’é-lafticîté des fluides.
- f • Sur l’autorité des deux phyfîciens - mécaniciens tels que MM. Dan. Bernoulli & le Sage, qui, par des routes différentes , font parvenus à la même conclufion, je penfe qu’on pour-
- < 1 ) Nouveaux principes fur la nature & les propriétés de V aimant par MM. Dan. Bernoulli & Jean Bernoulli. Prix de Pacad. des fciences de Paris, pour 1746, T. V. p. 121.
- p.42 - vue 64/254
-
-
-
- P H Y S I Q. U E S.' 4}
- roit déjà adopter avec confiance une théorie —........
- ayflî belle & auffi naturelle de l’élafticité des fluides. Mais l’un d’eux l’ayant établie folide- liment par voie d’hypothèfe dans un traité con-facré à l’examen des forces qu’exercent les fluides , cette théorie a acquis un des plus hauts degrés de probabilité qu’on puiffe attein-dre en phyfique.
- 5. XXXV.
- Il reftoit à la vérité quelque chofe d’inex- §. ». pliqué dans cette théorie, qui pouvoit donner ment des de l’inquiétude au fujet de la légitimité de l’hypothèfe. Le mouvement des molécules d’un Puiué' fluide élaftique tel que M. Dan. Bernoulli fe le repréfente, rencontre dans la nature de continuels obftacles , il faut donc une continuelle fuurce de mouvement, & à cet égard cet auteur ne dit rien dé fatisfàifant. La chaleur ne peut expliquer l’expanfibilité d’un très-grand nombre de fluides , & en particulier de la lumière que M. Dan. Bernoulli met au nombre des fluides élaftiques ( I ). D’ailleurs quelle caufe entretient le mouvement de la chaleur? C’eft fur quoi ce phyficien ne dit abfolument rien.
- (i) Mc'm. cité, §. 13.
- p.43 - vue 65/254
-
-
-
- 44 P R I N C I P É s
- r .AiiflT n'attribue-t-il point formellement l’élafti-ChapTlL des fluides à cette caufe : il parle d’une Sea. IL matière fubtile , d’une caufe quelconque, qu’il défigne en quelque forte par le mot particulier de chaleur , choilî d’autant plus exactement pour cet emploi , qu’il eft inconteftable que la chaleur augmente l’exparifibilité. On peut donc dire fans blefler le refpeâ: dû â la mémoire de ce grand phyficien, qu’il n’indique aucune caufe fatisfaifante de l’agitation à laquelle il attribue l’expanfibilité. Il étoit réfervé à M. le Sage de la découvrir. Et j’expoferai bientôt en peu de mots le réfultat de fes méditations fur ce fujet.
- §. XXXVI.
- Comparai- , Avant d’en venir à cet expofé, je dois étalon des flui-blir ici une comparaifon entre le fluide dont & du fluide je me fuis occupé dans les principes 4ynamu pïoyé^dans"2*^ précédens , & un fluide élaftique, (ou les principes plutôt expanfif) , tel que MM. Dan. Bernoulli & le Sage le conçoivent. Car celui-ci eft un fluide naturel, le premier au contraire eft uri fluide artificiel ; or, tout ce que j’ai dit devant trouver fon application dans la nature » il eft néceflàire d’établir le droit que je prétends avoir de faire cette application, & d’attribuer
- p.44 - vue 66/254
-
-
-
- Physiques. 45-
- au fluide naturel des réfultats qui dépendent. : : 'g d’une hypothèfe purement artificielle.
- 1. Quant à la compofition des molécules, il Se£i-IL n’y a point de difficulté à la fuppofer dans le fluide naturel.
- 2. Dans la nature, c’eft le mouvement in-teftin des molécules d’un fluide èxpanfif, qui les tient à une certaine diftance les unes des autres. La différente viteffe propre aux molécules d’un fluide, eft ce qui détermine la dit tance ou l’intervalle moyen de ces molécules dans des circonftances pareilles. Tant que les circonftances (c’eft-à-dire la preffion naturelle ou artificielle ) ne varient pas, & que le fluide refte le même , la diftance moyenne des molécules ne varie pas.
- A cet égard donc le réfultat eft le même que fi on fuppofoit le fluide immobile par l’effet d’un équilibre forcé entre fes molécules. C’eft-à-dire, que le fluide naturel & le fluide artificiel infini , (§. XIII.) ne different pas quant à la permanence de l’intervalle de leurs molécules.
- 3. Si quelque caufe modifie la diftance moyenne du fluide naturel, enforte qu’elle ne foit point la même dans toute fon étendue j par exemple,
- Ci ce fluide eft fournis aux fois de la gravita-
- p.45 - vue 67/254
-
-
-
- 46 Principes
- .... tion univerfelle, & qu’il foit dans le voifinage
- ChaT*ll! d’un corPs <lui exerce fur lui une adiofi fenfi-Se£l. IL blej cette aâion (qu’on peut appeler une pref- | fion naturelle) diminuera la diftance moyenne | des molécules du fluide, & la diminuera plus | dans les couches les plus voifines du centre d’attraélion vers lequel elles tendent, fuivant les lois que les géomètres & les phyficiens fe font occupés à déterminer. Quelle que foit cette loi, le fluide en cet état peut être comparé au j fluide immobile fini dont les molécules tendent à un centre commun de gravité, mais éprouvent .un obftacle ou une répulfion qui fuit une loi quelconque inverfe de la diftance,
- (§. XXIV.)
- En déterminant convenablement cette loi I de répulfion, on peut toujours repréfenter R exactement l’état du fluide naturel par le fluide I artificiel; enforte que les diftances des molq- I cules'de celui-ci foient égales aux diftances I moyennes de l’autre , dans des couches corref- ! pondantes.
- Ainfi encore à cet égard, & dans cette fitua-tion, les deux fluides ne diffèrent point quant j à la diftance de leurs molécules & quant à la permanence de cette diftance.
- 4. Il eft vrai que, dans le fluide naturel, j
- p.46 - vue 68/254
-
-
-
- P H Y 6 I Q_ U E S. 47
- cette permanence ne peut point s’appliquer à « chaque molécule en particulier dans tous les inftans fucceflifsj mais en prenant toutes les Sed. IL molécules à un inftant quelconque, ou toutes les diftances d’une molécule à fa voifine, pendant un temps fort long, on. trouverait une diftance moyenne invariable dans lés mêmes circonftances.
- Il fuit de là que l’attraélion de deux molécules , pendant un temps très-petit, peut tou-jours être fuppolee égale à celle qui aurait lieu, fi les molécules étoient immobilés & placées à une certaine diftance moyenne. Et par conféquent, une molécule peut toujours être confiderée comme placée entre deux molécules oppofées. Or cela fuffit pour qu’on puifTe appliquer au fluide naturel toutes les propofitions que j’ai établies fur le fluide artificiel. ïlfùffi-roit même pour cela qu’une molécule de fluide naturel " pût toujours être confiderée comme placée entre deux aflemblages de molécules, ce qui eft évidemment le cas de toutes celles qui font partie d’une grande maife de fluide & qui ne font point trop voifines des extrémités de cette maife.
- f. Il peut arriver cependant que la vitefle d’une molécule du fluide naturel foit fi grande,
- p.47 - vue 69/254
-
-
-
- 48 Principes
- i ... que l’attradion, à laquelle elle eft foumife
- chap^'iîr inftailtanément, n’ait pas le temps d’agir fur St& H- elle. Car l’attradion n’agit pas pendant tous y N les inftans infiniment petits, puifqu’elle dépend d’une fuite de chocs , (§. XXXII. ). Mais lorfque quelqu’obftacle retarde la vitefie de ces molécules, ou même les arrête & les glace, pour ainfi dire, tout-à-coup, dans la place où elles fe trouvoient étant agitées, la caufe qui pouvoit les dérober à l’attradion n’exifte plus, & leur pofition eft parfaitement femblable à celle des molécules du fluide artificiels fi donc leur compofition eft aufli la même, toutes les alfertions rélatives aux effets de l’attradion fur les molécules de ces deux fluides feront les mêmes.
- 6. Je concluds de là que ( réfervant la poflï-bilité de l’exception mentionnée au n. ?. ) tous les principes dynamiques établis ci-deflus, ( Chap. I. ) font applicables aux fluides élafti-* ques ou expanfifs qui exiftent dans la nature.
- §. XXXVII.
- §• 37-
- démotive Jen v*ens Maintenant à la caufe qui entre-' ment des tient le mouvement des molécules d’un fluide inégaiitf' élaïlique ou expanfif. Et fans m’arrêter à antagoniftes exc^ure quelques caufes invraifemblables ou
- :„r..£cr____
- p.48 - vue 70/254
-
-
-
- P H Y s I -a U e s. 49
- infuffifitites (i), je vais indiquer celles aux-== quelles s’efl: arrêté M. le Sage après une difcuf- ch” lion févère.
- L’une de ces caufes eft fort Ample & a lieu néceflairement dans la nature, mais le mouvement qu’elle produit dans les molécules d’un4 fluide difcret ne rendroit pas raifon de tous les phénomènes des fluides élaftiques connus. Je ne l’indique que parce que l’agitation particulière qu’elle occalîonne dans un fluide (inac-ceflible aux obfervations immédiates) fert à expliquer d’autres .phénomènes de la nature.
- La caufe que j’ai en vue confifte dans l’inégalité des chocs des corpufcules gravifiques.
- Deux courans antagoniftes qui frappent un même corps, au même inftant indivifible, ne peuvent être toujours rigoureufement égaux.
- ( i ) Au nombre des caufes infuffifantes , il faut compter la gravitation univerfelle, qui dans un fyftême de corps libres fuffit pour produire les forces projectiles, & par conféquent des orbites, telles que celles que décrivent les corps céleftes, comme je l’ai prouvé dans les Mc’m. de Berlin pour 1781, P- 429» mais dans un fyftême de corps fournis à Padtion de plulieurs autres grands corps voifins, cette caufe rencontre de continuels obftacles & ne peut fuffire à l’explication des phénomènes de l’expanfibilité.
- D
- p.49 - vue 71/254
-
-
-
- fo P R I N e I P. E s
- De cettê inégalité réfulte un excès de force qui ChîJ’iL a8it ^ur ,e corPs exP0^ a l’adion de ces cou-Se8.il. rans. Et de cette a<$ion fréquemment (ou même continuellement) répétée, réfulte un mouvement irrégulier que j’ai comparé ci-deflus à une forte d’ofcillation, (§. XXXI.)
- - i. Si donc on fuppofe des corps alfez grands pour qu’une multitude de corpufcules gravifi-ques les heurte à la fois, & affez petits pour qu’une légère différence entre les cour an s oppofés de ces corpufcules les Me mouvoir rapidement, tous tes petits corps de cette efpèce feront dans une agitation continuelle.
- 2. Ce mouvement fera une efpèce d’ofcilla* tion irrégulière, formée d’allées & de retours en diverfes directions fortuites.
- 5. Les molécules d’un tel fluide feront proT bablement fort hétérogènes tant en groflèur qu’en figure.
- 4. Les molécules homogènes de fluide feront mues avec des viteffes femblables, & formeront par leur affemblage un fluide particulier, qui offrira à-peu-près les phénomènes des fluides expanfifs obfervés dans la nature.
- y. Tout fluide hétérogène ou homogène mis en mouvement pap la caufe que je viens . d’expliquer eft nommé par M. le Sage uu éther.
- p.50 - vue 72/254
-
-
-
- L’ether dans le fens le plus générai eft donc 35a==s tout le fluide fecondaire qu’agite l’inégalité des chapTil.’ chocs du fluide primitif. Ce fluide joue un Se& grand rôle dans l’explication des phénomènes des affinités. Mais , comme je l’ai dit dès. l’entrée , il ne paroît pas fuflire à l’explication de tous les phénomènes de Pexpanlibilité des divers fluides que nous connoiflons.
- §. XXXVIII.
- Il s’agifloit donc pour produire les phéno-mènes de l’expanfîbilité de découvrir quel- du mouve-qu’autre caufe de mouvement, inhérente à molécules, chaque molécule de fluide expanfif. Et pour Concavité. qu’on pût admettre cette caufe, comme fuffi-lànte & naturelle, il falloit qu’elle produisît & fît renaître, en tout temps & en tout lieu, dans les molécules, un mouvement qui eût toutes les conditions déterminées par les phénomènes de l’expanfibilité.
- Cette caufe a été découverte par M. le Sage après de longues & pénibles recherches. Elle fe trouve dans la forme des molécules.
- Pour la bien faifir, il faut reprendre nos premières abftraétions.
- i. Je fuppofe l’efpace uniquement rempli des corpufcules gravifiques, f §. XXXII. n. a. )
- Dij
- p.51 - vue 73/254
-
-
-
- f2 Principes
- -—, Qu’on y place un corps élémentaire quelcon-
- Cha T*iï* flue de concavité } ce corps n’aura point
- Seât. il. mouvement, ou fon mouvement fe bornera à quelques courtes ofcillations, ( §. préc. ).
- 2. Mais fi l’on fuppofe un corps qui ait quelque concavité} (comme celui dont la Se&ion eft
- Fig- 5; repréfentée dans la Jtg. f. ) > ce corPs prendra du mouvement dans la direction oppofée à cette concavité, (c’eft-à-dire, dans le fens qu’indique la flèche).
- 3. La raifon de ce phénomène eft qiie les corpufcules, qui frappent la iurface concave, roulent contre cette furfàce , & la preflent plus long-temps & plus fortement que leurs anta-goniftes ne preflent la furface convexe.
- 4. Tous les corps élémentaires qui auront quelque concavité (de quelqu’efpèce qu’elle foit ), auront auflï en eux-mêmes une caufe de mouvement indépendante de Pattra&ion, (quoique dépendante de i’adion des corpuC. cules gravifiques). Ce mouvement pour chacun de ces corps eft dirigé toujours dans un même fens, enforte qu’une de fes parties précédé toujours l’autre. On peut donc appeler une des parties proue, & l’autre pouppe, par analogie avec la marche d’un vaifleau.
- f. Et comme un vaifleau, mû par un cer-
- p.52 - vue 74/254
-
-
-
- PHYSIQ.UES. fj
- tain vent, acquiert une viteife finie , qui eft la plus grande poffible avec un tel ventj il y aura de même pour chaque molécule concave, s,a-IL une vitejfe terminale , qui fera la plus grande qu’elle puiffe acquérir en vertu de Paélion des corpufcules qui roulent dans fa concavité.
- Viteife à laquelle la molécule ne peut parvenir qu’en paffant par tous les degrés de viteife inférieurs à celui-là. C’eft ce palfage que M. le Sage nomme carrière d'accélération.
- §. XXXIX.
- Les molécules des fluides expanfifs ont au^ Sj !? ^ moins un de leurs élémens doué de la forme ”ette A que je viens de décrire } elles ont quelque S'effets" concavité î par conféquent une fource de mou- obfcrvés. vement en elles-tnêmes-, indépendant de toute attraction.
- i. Comme ces molécules ont leurs concavités tournées de divers côtés, & qu’elles font très-nombreufes s le fluide gravifique les pouffe en divers fens, de manière qu’il y en a à-peu-près 'nombre égal marchant dans chaque direc. tion pendant un inltant très-petit.
- S. Les molécules d’un même fluide ayant la même forme, ont la même viteife terminale,
- (§. fréc. n, j-.), & par conlèquent, dans les D iii
- p.53 - vue 75/254
-
-
-
- -mêmes circonftances (c’eft-à-dire, fous une preffion égale), elles acquietrent conftamment la meme viteffe, par conséquent auffi le même mouvement, car leurs maffes font égales. Ainfi, à preffion égale, leurs chocs font les mêmes, & la fomme de ces chocs, (c’eft-à-dire l’effort total du fluide contre la preffion ), ou fon panfibilité fera la même , fbit qu’on compare deux portions d’un même fluide, ou la même portion fucceffivement.
- 3. Les molécules ne parviennent que par degrés à leur viteffe terminale (§. préc. 11. f.)î fi donc l’eipace où elles fe trouvent enfermées eft trop petit pour qu’elles puiffent y parcourir toute leur carrière décélération, le fluide perdra Ion expaniibilité en tout ou en partie.
- C’eft un phénomène oblèrvé fouvent dans les fluides expanfifs, lefquels deviennent fixes dans les efpaces très-reflèrrés , tels que font les pores de certains folides.
- 4. Toutes chofes d’ailleurs égales, il eft év dent que les molécules les plus petites feront mues plus rapidement par l’adtion des coipuC cules gravifiques. Il fuit de cette remarque qu’en général les fluides difcrets les plus fubtils, tels que le feu, la lumière, &«. doivent être plus fortement agités que les fluides difcrets
- p.54 - vue 76/254
-
-
-
- P H Y S I Q. U E S. ff
- greffiers, tels que les différens airs. Or, c’ett - —
- suffi ce qu’attefte l’expérience. eîiip'n
- ( En étendant un peu cette remarque ÿ elle 'Wt. pourra indiquer une analogie entre les faits & la caufe de l’expanfibilité tirée du mouvement des molécules ( §. XXXIV.) Car on obferve en général que les fluides expanfifs les plus rares font les plus élaftiques, fouvent ils font équilibre à des fluides plus denfès qu’eux, ce qui ne peut venir que de la plus forte agitation dé leurs molécules, laquelle produit auffi un écartement mutuel plus grand ou une moindre denfité.)
- f. En général, la caufe explique l’effet d’une manière complète, & jufques dans les moîn* dres détails. M. le Sage l’a examinée fous plu-fieurs points de vue, & l’a toujours trouvée fàtisfaifante. Il paroît donc qu’on peut l’admettre comme extrêmement probable.
- f cri
- .( ^ la eOUfe
- à# - « ,
- ON III.
- des affinités.
- S. x L.
- i. Te crois devoir définir ce que t’entends § 4p.
- J . Définition.
- par affinité , parce que je donne à ce mot un Diftinction. peu plus d’étendue qu’on ne fait d’ordiuaire.
- D iv
- p.55 - vue 77/254
-
-
-
- tfr Principes
- s Et c’eft auffi cette raifon qui m’empêche d’y fubftituer celui cPatfra&ion êleBive que M. Bergman a introduit.
- 1. Une affinité eft une attraPion d’une efpèee particulière qui a lieu entre certaines clafles de corps , & qui d’ordinaire ne s’exerce qu’à de fort petites diftances, ou même feulement au contaP.
- 2. D’après cette définition, il faudroit exclure de la dénomination d? affinité, toutes les attrapions qui s’expliquent par la gravitation univerfelle, car, à proprement parler, ces attractions ne font pas d’une efpèee particulière. Mais l’ufage & l’autorité des plus grands chi-miftes n’admettent pas cette diftinPion. La même force, comme le remarque M. Bergman, peut fuivant les circonftances produire des effets très-différens (i) , la gravitation univerfelle peut donc fe préfenter à nos yeux fous des formes qui nous furprennent, parce que nous ignorons la figure & la fituation des molécules qui agiflent les unes fur les autres, ainfi que d’autres circonftances eflentielles à la déternfe. nation de leur mouvement. Il réfulte de-là qu’on
- (i) Traité des affinités chimiques, par Bergman, §. I, p. j. de la trad. frang.
- p.56 - vue 78/254
-
-
-
- Physiques. 57 a pu ranger dans la clafle des affinités quel- r—-ra ques faits qui appartiennent à la gravitation chapon! univerfelle. Quelques auteurs , peut-être la Se^ plupart des phyficiens , & en particulier PilluC-tre chimifte que je viens de citer (i), paroif-fent portés à croire que toutes les affinités dépendent de cette caufe. Mais M. le Sage, occupé dès long-temps du mécanifme de la gravitation univerfelle, & de fes conféquences dans la phyfique terreftre, s’eft afluré que la gravitation univerfelle ne pouvoit point expliquer en entier les phénomènes des affinités ,
- & en particulier il a reconnu que le plus général & lé plus frappant des phénomènes de cette claife, la cohéfion, dépendoit d’une autre caufe} enforte que la (impie attradion Newtonienne, proportionnelle aux malfes & à Pin-verfe du quarré des diftances, ne fuffit pas pour rendre compte de Padhélion mutuelle des particules dont les folides font compofés.
- 5. Il conviendroit donc de diftinguer les affinités , relativement à leur caufe, au moins en deux clalfes, dont Pune comprendroit les affinités proprement dites, lefquelles font pro-, duites immédiatement par une caufe , qui n’eft
- (1) m
- p.57 - vue 79/254
-
-
-
- Principes
- iLi'iss ni la gravitation univêrfelle, ni là caufe iramé-
- Chap.ii. diate de celle-ci ; l’autre comprendrott les affi-Seii.ni. nités improprement dites, lefquelies ne font que des cas particuliers du grand phénomène général de la gravitation umveriette , ou du moins font fujettes aux mêmes lois que celle-ci. Mais la phyfique -mécanique eft trop reculée pour qu’une telle divifion puiife être rigoureufement obfervée. Je ne laifferai pas d’y avoir quelqu’égard dans ce qui Va fuivre » pour ne point négliger un moyen de clarté.
- §. X L I.
- D'ffi 4ït'd ^ 11611 ^011G Pas ^ cap^e des affinités
- la*recherche comme de celle de l’expanfibilité des fluides^
- a&uelle. Ceiie_ci eft une, facile à énoncer, indépendante de tout autre objet, e’eft l’agitation du fluide: il eft vrai que cette agitation a une caufe qui exige une recherche plus fubtile, mais cette caufe plus éloignée eft fimple dans fes effets relatifs à l’expanfibilité , & n’exige pas de très-grandes abftra&ions, parce que le mouvement qu’elle produit, duquel dépend le phénomène en queftion , a lieu en diverfes directions fortuites qui n’exigent aucune détermination exaéte. Dans l’explication des affinités, nous trouvons au contraire, dès le premier
- p.58 - vue 80/254
-
-
-
- Physiques.
- atord, plufieurs caufes que nous ne fommes pas accoutumés à distinguer, & qui peut-être Jha^n’ en certains cas refteront toujours confondues -, ZZZ. Tune de ces caufes efl: alfez compliquée pour qu’on ne puiffe l’énoncer clairement fans longueur, elle exige d’ailleurs, pour être com-prife & reconnue , qu’on comprenne & qu’on recoiinoill'e les principes de phyfique - mécanique que j’ai expofés dans les deux fermions qui précédent, & je fens fortement combien cet expolë manque de développement, combien il laide à faire au génie du leéleur, combien enfin il eft à regretter que ces premières bafes de l’édifice n’aient pas été pofées, d’une manière auili régulière que folide , par celui qui le premier en a conçu l’idée. Toutefois je ne crois point devoir être rebuté, par ces difficultés , elles m’engageront feulement à fupprimer ce que je ne croirai pas pouvoir rendre clairement ; ce que je dirai fuffira peut-être pour faire naître l’efpérance de voir un jour s’éclaircit plufieurs phénomènes couverts d’obf-curité, & quant à mon but particulier, je parviendrai, fi je ne me trompe, à juftifier mes hypothèfes aux yeux des phyficiens. D’ailleurs dans cette partie, j’ai un guide sûr, dont je m’écarterai fort peu. C’eft l’ouvrage
- p.59 - vue 81/254
-
-
-
- êô Principes
- i même de M. le Sage, couronné en 175*8, & ChfpT lîl <lui a Pour titre EJJai de chimie mécanique.
- UL j. XLIt
- §• 4*. Les affinités improprement dites, ou celles Affinités im- .... , . . . P„
- proprement qui s expliquent par la gravitation umverielle,
- moins prîlpeuvent être très-variées. M. le Sage, dans Sne^caufe l’ollvrage <lue je viens de citer, en difcute qui fuit les quatre principales.
- que lagra- i. Suppofons deux fluides continus, dont irirofeUe. *es molécules foient égales & femblables, mais de denfités différentes; fi l’on mêle ces deux fluides, les homogènes tendront à fe réunir. Et lorfque les homogènes feront réunis, les molécules auront plus de peine à fe féparer que dans toute autre fitiiation. Ce grand phénomène , dès long • temps reconnu par voie d’expérience, eft déduit de la théorie Newtonienne par M. le Sage (1).
- 2. La grande denfité d’un corps fuppléant à fe petiteffe, il en réfulte qu’une très-petite molécule peut attirer une autre petite môlécule qui la touche, plus fortement que ne fait le globe entier déjà terre. C’eft ce que prouve M. le Sage 5 & dont il donne divers exemples curieux (2).
- (1) Effai de ohm. méc. ch. I, §. iç. (a) Ibid, gh. 1,5. as-
- p.60 - vue 82/254
-
-
-
- Physiques. 61
- ?• La forme des molécules influe fur leur===* manière de s’unir. M. le Sage démontre que, ^hap.iïl toutes choies égales, c’eft par la plus grande furface polîible qu’elles fe joignent. Il déduit de ce théorème la régularité des cryftallifations.
- Cette caufe tend à unir entr’elles des molécules femblables ou diflemblables, qui ont un certain rapport de figure particulier. Par exemple, fi l’on fe peint ces molécules fous l’emblème d’un cachet & de fon empreinte, elles s’uniront plus fortement que fi c’étoient deux cachets, ou deux empreintes. C’eft encore des lois communes de la gravitation univerfelle, que M. le Sage (dans le même ouvrage que je viens de citer) déduifoit rigoureufemenü cette caufe d’affinité, qu’il a coutume dénommer caufe de congruence (i).
- 4. Lorfque les parties d’un fluide font plus petites que les interftices d’un autre fluide; ces fluides appliqués l’un à l’autre fe-pénétreront mutuellement jufqu’à faturation; c’eft-à-dire, jufqu’à ce que ces interftices foient tous remplis, ou qu’il n’y ait plus rien à remplir.
- Ce théorème, que j’énonce dans les termes mêmes de l’auteur, eft prouvé, dans le même
- (1) Ibid. ch. I, §. 29.
- p.61 - vue 83/254
-
-
-
- Éî Pimcins
- s—«ouvrage, par les principes communs de la phy-Chtp'h fi?116 générale, & avec des détails & des appli-SAIII. cations fort intéreffantes (i).
- f. Des recherches poftérieures ont engagé M. le Sage à rapporter à une caufe fecondaire diverfes affinités qu’il expliquoit autrefois par l’aâion immédiate des corpufcules gravifiques. Mais, à de petites diftances , cette caufefecon-daire fuit les mêmes lois que la caufe primitive,. & n’en diffère qu’en intenfité.
- §. X L I I I.
- 4î- Dans YEJJai de chimie mécanique, M. le Sage prement dite n’indique qu’une feule caufe des affinités proies ,hpr”dütPrement dites, c’eft-à-dire , de celles que la ^rtdès'T sravitation univerfelle n’explique point. Mais Îk. “ P° cette caufe eft ii générale, fi fimple, fi bien d’accord avec les phénomènes, qu’elle doit être envifagée comme une des découvertes les plus importantes, fur-tout pour la phyfique particulière , où elle trouve de continuelles applications. . Je vais l’expofer d’une manière abrégée & avec les modifications que l’auteur a
- apportées
- fujet.
- Tes
- premières conceptions ;
- • (l) Ibid. ch. I, §§. ;4~ 58-
- p.62 - vue 84/254
-
-
-
- P H Y S I Q. U E S. 6$
- 1. Pour en donner d’abord une idée géné- « raie, je dirai que l’agent qui produit ici les chap h affinités, & qu’il faut maintenant fubftituer aux Seii-corpuscules gravifiques, eft cet éther que j’ai défini ci-deffus, (§. XXXVII. n. y.) dont l’agitation provient de l’inégalité des courans anta-goniftes qui frappent fes molécules. Cet éther
- làns ceife agité forme, par conféquent, fans ceffe des courans très-rapides. Ces courans font interrompus & ne durent pas perpétuellement, comme ceux des corpufcules gravifiques; mais il s’en forme inceffamment de nouveaux. A cela près, on peut appliquer au mouvement de l’éther les mêmes conceptions qu’on s’eft laites de celui des corpufcules gravifiques. Ces deux fluides diffèrent cependant effentiellement à un autre égard. L’un, favoir le fluide gravi-fique, eft compofé d’élémens qui ne différent point en mafle d’une manière fenfible. L’autre, l’éther , eft dans le cas contraire : fes élémens diffèrent fenfiblement en mafle, & par conféquent ,*en volume; car tous ces petits corps font durs, Amples, élémentaires.
- 2. L’éther étant ainfi conçu » fi l’on y plonge des corps percés de trous ; on conçoit que ces trous ou pores pourront permettre le paffage
- . quelques élémens J &le refuler à d’autres.
- p.63 - vue 85/254
-
-
-
- 64 Principes
- pg 3. Et lî les corps plongés dans l’éther font
- ChapTii!' hétérogènes, enforte que leurs pores ne fe &a.Ill. reflemblent point} il arrivera que les uns laif-feront paffer certains élémens , qui feront exclus par les autres:
- 4. Dans cet état des chofes , fi d’un côté on approche l’un de l’autre deux corps homogènes , & que d’autre part on approche aufli l’un de l’autre deux hétérogènes, M. le Sage prouve qu’abftradion faite de toute autre confidéra-tion, l’éther pouffera l’un contre l’autre les homogènes plus fortement qu’il ne pouffera les hétérogènes.
- §. X L I V.
- Préparation Soient trois différentes couples de particules , A A, A B, B B : les mêmes lettres défignant des particules parfaitement égales & femblables à tous égards.
- 1. Suppofons que lés particules de l’efpèce A, & celles de l’efpèce B, foient égales & femblables à l’égard de la figure & du voluriïe appa-rens } qu’elles foient, par exemple, de petites fphères de même rayon. Mais qu’elles different par le nombre & la grandeur de leurs pores : enforte que celle, A, dont les pores font plus grands en ait moins, & réciproquement. Et, pour
- p.64 - vue 86/254
-
-
-
- P H V B I CL V E S. g{
- pour Amplifier, je fuppoferai que ces deux ___ ___.
- confiances, le nombre & la grandeur des pores, ^
- fe compenlènt tellement par rapport à l’cther Sitt.'lli que dans les couples homogènes, A A, B B , les particules foient pouffées l’une vers l’autre par ce fluide , avec des forces égales.
- 2. Je fuppoferqi même , pour plus de fimpli. cité, que ces particules font toutes égales en maffe. Il réfultera de là que Taâion des cor. pufcules gtavifiques fur ces deux efpèces de particules eft parfaitement égale : car cette aétion eft toujours proportionnelle aux malfes,
- & ne dépend point du nombre, ni de la grandeur des pores , (§. XXXII. n. ?.).
- 3. Dans tout ce que nous dirons de l’effet que doit avoir l’approche mutuelle de ces particules , nous pourrons donc légitimement faire abftradion de l’aâion du fluide gravifique. Je fais également. abftraétion de toute autre caufe . générale ou particulière, connue ou inconnue.
- 4. Suppolant ainft que l’éther agit feul fur ces particules , & que , dans chaque couple, les particules font placées à d’égales diftances, je rechercherai les phénomènes qui en vont réfulter.
- f. Cet éther étant compofé de molécules de ipifférentes grandeurs, peut être divifé en trois-E
- p.65 - vue 87/254
-
-
-
- 66 Principes
- a -:i, .parties , rélativement aux particules A, B. Ll ChfpT'n! première eft compofée de molécules fi volumi-Sta. III. neures, qu’elles ne peuvent traverfer les pores ni de A, ni de B. La feeonde peut traverfer les pores de A, mais non pas ceux de B. La troisième peut traverfer les uns & les autres.
- 6. Quant à la première partie, il eft évident qu’elle agit avec une égale force fin: les particules de toutes les couples. Ainfi j’en fais abftraèlion.
- 7. J’appelle la fécondé éther grojjïer. Et la troifième éther fubtil.
- Après ces abftradtions' & dénominations préparatoires , je pafle à l’analyfe de la queftion.
- §. X L V.
- S. 4?. Je fuppofe i°. que le rapport du couranE “0™° 'd’éther greffier au courant d’éther fubtil, eft celui de 1 : p— 1. j*. que A arrête la partie— de tout l’éther qui tend à le travqrfer. 30. que B arrête la partie -i- de l’éther greffier , & la partie — de l’éther fubtil.
- 1. Les particules de la couple AA feront (entraînées l’une vers l’autre par la portion—-
- p.66 - vue 88/254
-
-
-
- Physiques.’ g7 du courant qui les aurait entraînées fi elles - avoient été exemptes de pores. Celles de la £“T'I{-couple BB, par la portionde l’éther grof-fier, &-i- de l’éther fubtil ; c’elt-à-dire, par la
- '^“îir-+W-ft=7Î^”>
- Se courant. Les particules de la cotiple A B, par la portion d’une partie , ^de l’autre partie ;
- en fout par la' portion ---Oi-if de tout
- • paie
- le courant.
- °* ~ f ? ~ ^*6ct ‘° » <-,W' § P'*-
- n-
- Donc l’une & l’autre de ces quantités , prifè fepar&nent, eft plus grande que (# 7
- comme on peut s’en aflurer par un raifonne-Aient purement mathématique. ......
- 2. Donc enfin la couple , AB , formée do particules hétérogènes, tend moins fortement a s’unir, queihme ou l’autre des couples.homo* genes , AA, B.B Çt). ‘ ‘ .
- ( i) EJJalde chimie mécanique, ch, IV. §.
- cli. I. ÿ, 3$. mft.
- Eij
- p.67 - vue 89/254
-
-
-
- 68
- Principes’
- §. X L ,V I.
- xTlli. Les propriétés de l’éther expliquent avec § 4*>- préciiîon les phénomènes des affinités qu’il d^la calife produit.
- & des effets.
- 1. Le peu d’etendue de Tes courans borne leur effet à une très-petite diftancé. C’eil pourquoi les affinités de cette éfpèce ne s’exercent qu’au contact ou extrêmement près du contact.
- 2. Cet éther, quoique très-fubtil par rapport aux fluides qui peuvent affeèter nos fens, éft groffiér par rapport au fluide gràvifique. Son aétion fur les particules qui l’arrêtent ri’eft donc pas proportionnelle aux maffes de ces particules, mais plutôt à leurs furfaces : fa partie la plus groflière agit à la manière de l’air qui prefle les grands corps. Par cette raifbn l’adhérence qu’il produit au contact, elt. plus forte que celle qu’il produit à la plus petite diftancé , dans un rapport beaucoup plus grand que celui qui réfulteroit de la loi com-
- J. tes calculs prccédens ne s’appliquent qu’à de très-petites particules (n. I.), néceffaire-mcnt peu poreufes par comparaifon aux grands' corps. D’ailleurs ces calculs s'appliqueraient «ncoré à la différence de figure des pores,
- p.68 - vue 90/254
-
-
-
- P H Y S I Q, U E S. 6<j
- suffi bien qu’à leur nombre (i) : l’éther peut =—=—=-donc produire- des affinités entre des particules chfpT’iL fort peu poreufes & prefqu’élémentaires. Se& HL 4. S’il y a entre certaines particules fort petites une affinité qui ait le principal caractère de celle dont je viens d’affigner la caufe, c’eft-à-dire, qui tende à réunir les homogènes ;
- & il cette affinité s’exerce à de grandes diftan-ces en fuivant la loi de l’inverfe de leurs quarrés & la loi direde des mafles; il fuffira pour en rendre compte, de fubftituer à l’adion de l’éther celle du fluide gravifique , (en fuppofant les élémens de celui-ci fenfiblement inégaux par rapport aux pores des molécules très-petites), où l’adion de quelque fluide fecondaire formé de molécules eoncaves très-petites.
- §. XL VIL
- 1. Il eft d’autres caufes d’affinité qüe M. le Sage n’exclud pas, & dont il s’eft auffi occupé} d’une autre telles, par exemple , que le rapport des vibra- efpèce* tions de certaines particules, &c. Mais je me borne à ce qui précédé, 8c à la remarque iui-vante. '
- a. Les cinq caufes d’affinité dont je viens
- CO Ibid. ch. IV. î. m.
- E iij
- p.69 - vue 91/254
-
-
-
- ÿo Puscins
- . ..... de faire l’énumération, ( defquelles quatre Am
- ChàpT lîl pendent' de la gravitation univerfèlle ou dû ScO. IV. m0ins en fuiventles lois, & une en eft indé. pendante ), n’expliquent point un cas particulier d’affinité qui parolt avoir lieu dans 1» nature. Ces caufes expliquent l’affinité des homogènes à la diilance & au contait; l’affinité des hétérogènes par congruence ou par pénétration; mais elles n’expliquent point l’affinité des hétérogènes à la diilance. Il y a c^ pendant des raifons de foupçonner que cette affinité a lieu dans quelques cas particuliers^ Ce phénomène a un rapport immédiat à mon fujet. Il m’importe donc de le difcuter; &» s’il eft réel, d’en rechercher la caufe mécanique.
- SECTION IV.
- h'me affinité particulière des fluides expanflfi.
- §. XLVIIL
- Phénomène Lorfqu’on mêle certaines fubftances aéri-su’offre le formes, elles perdent de leur volume : enforte SeuxXidîsque deu3£ fluit*es expanfife hétérogènes féparés, expanfife. occupent plus de place, que lorfqu’ils font réunis & confondus en un feu! fluide, Et ce phénomène a lieu fans que les molécules de ces
- p.70 - vue 92/254
-
-
-
- Physiques. ?r
- deux fluides fe décompofent, puifqu’on peut =u~a j les féparei de nouveau: enforte que, quant à çhapT'ii.
- I ce phénomène, ces molécules peuvent être SeU.lF.
- confidérées comme limples & élémentaires.
- 1. Puifque le volume des fluides éft diminué par leur mélange, il faut bien que la diftance moyenne de leurs molécules foit aufli dimi* nuée. Or on ne peut expliquer ce rapprochement que de deux manières j i°. on peut fup-pofer que les molécules d£un fluide fe font emparées de celles de l’autre fluide, & leur font demeurées attachées » ou en fe pénétrant mutuellement, ou par cette affinité que nbqs avons appelée de congruence , (§. XLII. n. 3. 4. ). 2°. finon, on eft forcé d’admettre que dans de tels fluides, les molécules hétérogènes tendent plus fortement que les homogènes à fe rapprocher les unes dès autres, quelle que, foit la caufe qui les y follicite.
- 2. Mais la première de ces fuppofitions eft invraifemblable , vû i°. que la petitefle des molécules femble exclure la pénétration mutuelle j 2°. que la rapidité du mélange s’op-pofe à l’application lente des parties congruentes j 30. qu’en admettant la poffibilité de ces effets, la féparation de ces fluides exi-geroit une véritable décompolition, laquelle ne
- p.71 - vue 93/254
-
-
-
- C I P E S
- 72 P R I N
- ggi- -rsa paroit point avoir lieu , lorfque de tels fluides Cha^ ll. viennent à être féparés de nouveau..
- Seâ. IV. 3. H demeure donc très-vraifemblable que , dans les cas où le mélange de deux fluides oxpanfifs offre un pareil phénomène, ces fluides font compofés de molécules douées d?une affinité particulière, qui confifte en ce que, toutes chofes égales, les molécules hétérogènes peuvent demeurer plus rapprochées les Unes des autres que les homogènes.
- $. X L I X.
- Propriété Un autre phénomène de même genre, mais plus particulier & moins obfervé, eft celui que deux fluides M. de Luc a reconnu dans les deux fluides fnbtils. eXpanfibles qui font, félon ce phÿficien, les ingrédiens du fluide éleétrique. La tendance de chacun de ces deux fluides eft toujours du cprps qui en a le plus à celui qui en a le moins, & cela à la diftance, & pat une caufè différente de la loi générale qui, établit dans les fluides quelconques un équilibre de denfitej car, fuivant M. de Luc, les fubftances qui ont le moins de matière éle&rique ( qui eft un des ingrédiens en queftion) tendent vers celles qui en ont le plus (1).
- > .(O Idées fur la météorologie, T. I. §§. 28Ç. 37 6-
- p.72 - vue 94/254
-
-
-
- P H Y ! I Q.H I S. 73
- 1. Ce fait, s’il faut l’admettre , fuppofes=-=^s évidemment une affinité des hétérogènes à dit Pc£p‘.n. tance : affinité, qui n’eft expliquée par aucune Se£l'1V-des caufes expofées ci-deffus, ( §. XLVII. n. 2. )
- 2. Quoique le fait que je remarque ici ne foit pas prouvé par des expériences immédiates ;
- " comme il eft la conféquence d’une théorie très-ingénieufe & vraifemblable, il ne laifle pas de mériter beaucoup d’attention.
- 3. Une circonftance peut ajouter quelque chofe à fa probabilité. En recherchant la caufe des phénomènes du magnétifms , par une ana-Jyfe tout-à-fait indépendante, (&, à ce que je crois, fort différente ) de celle qu’a employée M. de Luc, rélativement à l’éledlricité, je me iuis également vû forcé d’admettre un fait très-femblable à celui que je viens d’énoncer, favoir que de deux fluides expanfifs, A, B, l’un attire p^r préférence, & à la diftance, les molécules de l’autre j enforte qu’une molécule du fluide A attire de loin une molécule du fluide B, avec plus de force qu’elle n’attire une molécule du fluide A. Ce fait hypothétique fera appuyé des preuves dont il efl; fut ceptible dans la fécondé partie de cet ouvrage,
- ( Part. II. Çhap. I. ). Ici je me contente d’ob-ferver que ce concours fortuit de deux recher-
- p.73 - vue 95/254
-
-
-
- 74 ÏUtlIClMÎ
- —— ches différentes donne de ta probabilité au tait
- ChaML enqueftion. .
- &ê-m ?. L.
- $. jo. En méditant fur le fait expûfé au §. XLVIII.
- Mtér” jL«! & fur ta probabilité des conjectures mention* nées au 5. XLIX; on eft porté à croire que; dans les fluides expanfifs, il faut admettre une affinité d’un genre nouveau , qui confifte en ce que les molécules hétérogènes tendent plus fortement à fe rapprocher & à s’unir que les homogènes. Et cette affinité paroit s’exercer même à de grandes diflances. J
- 1. Au premier coup-d’œil, cette propofition paroit choquer direélement celle qui a été établie ci-deffus (§. XLIII.) au fujet de l’affinité des homogènes. Mais comme il ne s’agit ioi que de 1a claffe des fluides expanfifs, on fent qu’il peut y avoir deux caufes qui agiflent fur leurs molécules en fens contraires. Si donc le fait eft avéré , c’eft à chercher cette caufe contraire & fupérieure à l’affinité des homogènes qu’il convient de s’appliquer.
- 2. J’avoue que le tait n’eft pas d’une pleine certitude, mais il me paroit affez vraifemblable pour qu’on ait l’efpérance de ne point faire un travail vain en cherchant à l’expliquer:
- p.74 - vue 96/254
-
-
-
- PHTSIQ.ÏÏES. 7f
- d’autant plus qu’il paroit que le phénomène «—am produit par le mélange de deux fluides expan- £“'T',Î' fifs, lequel donne lieu à cette recherche, ell AS,JF. fort général , probablement fans exception.
- D’ailleurs pn voit fouvent les phyficiens fup-pofer tacitement une affinité de ce genre dans leurs hypothèfes de phyiique particulière : & fans prétendre juftifier l’abus de ces fortes d’hypothèfes , il femble que c’eft la peine d’entreprendre une recherche qui y "a rapport.
- }. Puifque l’affinité qu’il s’agit d’expliquer paroit direâement oppofée à celle qui a lieu généralement entre les homogènes; j’appellerai, pour abréger, cette affinité nouvelle & particulière , l’affinité des hétérogènes.
- S. L I.
- M. lé Sage, faiflmt particulièrement atten-^,5- 5>-ft tion aux affinités que les gaz manifeftent dans ( indiquée leurs mélanges, imagina une Caufe d’affinités^er.' propres aux fluides expanfifs, & tirée de laS^jjjH nature même de leurs élémeris. minâtes.
- I. On fe rappelle que ces élémens ont une proue & une pouppe , & une vitelfe terminale , ( §. XXXVIII. n. 4. f. ). Toutes ces propriétés font parfaitement femblables dans les diverfes molécules d’un même fluide. Elles
- ?sl>!
- p.75 - vue 97/254
-
-
-
- 7$ Principes
- ii ililTrrnf dans les molécules de fluides diffé-
- Ch'p.u. «ns.
- St3. IV. Dans un même fluide ; les molécules' qui ont la même direction , & qui fe meuvent avec leur vitefle terminale, ne peuvent s’atteindre. Celles qui fe meuvent dans des directions oppofées, peuvent s’atteindre, mais peuvent difficilement s’ajufter, parce qu’elles fe heurtent proue contre proue.
- j. Dans’ deux fluides différensj les molécules qui fe fuivent peuvent s’atteindre, parce que leurs viteffes terminales différent. Et elles peuvent s’ajufter, parce qu’elles fe heurtent proue contre pouppe.
- 4. Il y a donc une raifon pour que les molécules hétérogènes s’unifient plus fouvent que les homogènes.
- f. Cette explication peut devenir là clef de bien des phénomènes, mais elle ne répond pas au but particulier que je me propofe, parce qu’elle ne fait pas voir pourquoi les hétérogènes s’attirent à une affez grande di£ tance.
- §. LU.
- «de* caufe nom^re ^es cau^es d’affinités, M. le Sage (indiquée *a coutume de compter le rapport des ofcilla*
- p.76 - vue 98/254
-
-
-
- P h ÿ s ï Q. ü e si 77
- tions des petits corps, (§. XLVII. n. i.) Ce phyfi- eg«j' l, cien trouve dans de rapport un moyen de par- ^ap^ll. venir à l’explication de l’affinité des hétërogè- Seü.lV. nés: l’explication fondée fur ce principe s’ap-sagO'Rapplique bien aux molécules des fluides expanfifs, p°rt des
- r * t r ofcillations.
- & lorfque ce phyficien l’aura développée, elle fuffira probablement pour rendre compte des phénomènes. Mais je ne connais pas affez cette partie de la théorie de M. le Sage pour entreprendre de l’expliquer.
- i J. LUI.
- la concavité.
- J’ai tente atffi de dériver l’affinité des hété- è|;53alire, rogènes de la figure propre aux molécules des Direction de fluides expanfifs. Et je vais expofer le réfultat1' de cette tentative.
- I. Pour en donner d’abord une idée générale i je dirai que j’emploie le mouvement particulier , réfutant de la forme concave de ces moléculeS:s. à. contrebalancer le mouvement produit parleur attraction mutuelle.
- a. Ge qui, félon moi, détermine l’affinité des hétérogènes, c’eft que les: molécules homogènes tournent l’une contre l’autre leur concavité ; ce qui produit une caufe d’éloignement, à,laquelle les hétérogènes fqnt moins expolèes.
- 3. Cetçe fituation finguUère , je la dérive
- p.77 - vue 99/254
-
-
-
- ?8 Principes
- i- 1 ~'i de la caufe même de l’attraâion, ou de celle étojtt qui (abftradion faite de laf concavité) tend ï &:t. IV. produire l’affinité des homogènes.'
- 4. Je pente que cette caufe agit fur les molécules des fluides expanfifs de deux façons , dont l’une (tenant à leur maflè & porofité) leur elt cotomurie avec toutes les particules de la matière, & dont l’autre ( tenant à leur forme) eft particulière à ces molécules.
- Ç. Cette dernière manière d’agir produit dans ces molécules,une rotation, qui les range dans la polïtion que je viens d’indiquer.
- 6. Je me vois forcé, pour n’être point obfcur j d’entrer dans quelques détails.
- $. L I V.
- §. 54. On peut te repréfenter une molécule de ^ile!caure! fluide expanfif, ( i. XXXIX. ), fous la figure ranHmpri-"cylindre droit matériel, ayant.une de fes “ne roU‘ extrémités creufée jufqu’à une certaine profondeur : enforte qu’une de fesbafes foit en même temps La bafe d’un cône vide, ( ou d’un feg-ment fphérique vide, &c.) contenu en entier dans le cylindre,1 ; ,Y;
- Je fuppofe l’efpace vide ; ^qtiMn ÿ place cet élément en repos : puis-, qué tout-kcoup on
- p.78 - vue 100/254
-
-
-
- P H T S I Q. V E S. 79
- lance félon une feule direction un torrent de corpufsules gravifiques. cha"iL
- 1. Si ce courant eft dirigé précisaient félon Sta.iv. le fens de l’axe du cylindre ; foit qu’il heurte
- la concavité, foit qu’il heurte la convexité , il ne produira d’autre effet que d’emporter l’élément avec lui, en lui imprimant un mouvement reéliligne,
- 2. Maintenant fuppofons que le courant, au lieu de fuivre cette direction, fuive celle qui coupe l’axe dti cylindre à angles droits : je dis que (outre le mouvement de tranflation dont je viens de parler) l’élément acquerra un mouvement de rotation
- ; J. En.effet, les coups imprimés à chaque point de l’élément, ( du côté expofê à l’aétion du courant) (ont égaux : mais la maife de l'élément à chacun de ces points n’eft pas égale ( &)$.) : or l’inertie eft. proportionnelle à la maffe : doue l’inertie de l’extrémité maflïve du .cylindre , fera plus grande que celle de l’extrémité creufe. Par cenféquent, la viteffe imprimée à celle-ci par des chocs égaux fera plus grande. Par conSqûent , celle-ci (c’eft-à-dire l’extrémité creufe) précédera l’autre.
- Cet effet eft précifément la définition d’une rotation du cylindre fur un de fes diamètres.
- p.79 - vue 101/254
-
-
-
- 80 Principes
- _____ Une telle rotation eft donc la fuite inévi-
- cimpTn ta^'e de *a %ure de cet élément, dans l’hypo# StS.IV. thèfe d’un courant qui le frappe à angles droits.
- 4. Et par conféquent auffi dans l’hypothèfe d’un courant qui le frappe fous un angle quelconque ; puifque la force d’un tel courant peut toujours fe réfoudre en deux, dont l’une frappe le cylindre à angles droits.
- §. L V.
- §• ss. L’effet de cette rotation fera de ramener l’élé-Diredion. ment dans une pofition femblable à la précédente , mais du côté oppofé : enforte qu’il pré-fentera au courant le côté qui d’abord étoit à l’abri.
- 1. Dès lors la même caufe agiflant en fens' contraire , après avoir détruit déjà, par degrés infenfibles, le premier mouvement rotatoire# en imprimera un pareil dans le fens oppofé.
- 2. Et cet effet ayant lieu fucceffivement plu.' fleurs fois , produira des ofcillations rapides ; lefquelles iront en décroilfant, parce que la force deftrudive du mouvement eft plus efficace que celle qui le fait naître.
- 3. Lorfque ces ofcillations finiront feiifibleî ment, l’élément aura fou axe dans la diredion
- p.80 - vue 102/254
-
-
-
- Physiques. 8i
- du courant : lii convexité fera feule frappée-— i par le courant : la concavité fera à l’abri des caj1'!)' impulfions du courant. Enforte que l’élément prendra, rélativement au courant, la pofition -qu’a fa feâion ou, figure génératrice, relativement à la Sèche (fig. 6.), l’ombre représentant Bs-6. la partie mafiive du cylindre , & le clair là partie vide.
- 5. L V L
- Un élément de cette forme étant plongé dans §. le Suide gravifique, indépendamment de toute L.a”p“'che qutre caufe, fe meut dans le fens oppofé à fa .concavité , ($. XXXVIII. n. 3.). Si, tandis même eSct. qu’il fe meut ainfi , on fupprime.un des courais qui le frappent, le courant antagonifte ne trouvant plus de réfifiance, agira feul fur l’élément. Le mouvement particulier qui entraîne l’élément tout entier n’oppoiè aucune réfiftance à fa rotation. Par conléquent, à l’é-gard ,de cette rotation , le cas de l’hypothèfe actuelle ne diffère point du précédent, (§. L1V.).
- Donc l’élément acquerra une rotation, après quelques rapides plcUJalions oppofera fâ çon-trçxité au courant;, (§. LV. ).
- 1. Maintenant pour Supprimer un.des cou-' jrags qui frappent l’élément, il fuffit d’en appro-
- p.81 - vue 103/254
-
-
-
- 8i Principes
- _____ cher un corps. Si donc on approche un corps Fast.i. d’une molécule de fluide expanfif ; celle-ci Stl'.IV. tourne vers lui fa concavité.
- 2. Et fi on préfente à cette molécule plu-fleurs corps, elle tournera fa concavité du côté où l’impulfion gravifique (ou l’attraétion quel-conque) la poufleroit, abftraélion faite de fa forme.
- {. L V I I.
- fini té des homogènes.
- Fig. 7.
- &g> 8.
- Il fuit de-là quelques conféquences intérêt fautes.
- 1. Deux molécules de fluide expanfif, A,B; (fg. 7. ) ( abftraéfion faite de toute autre caufe), s’oppofent mutuellement leur concavité.
- 2. Donc, toutes chofes égales, ( & en par.' ticulier à denfités & dillances égales), deux molécules exemptes de concavité, E, F, (fig. 8. ) s’attirent plus fortement que deux molécules, C, D, dont l’une, C, effc concave. Et celles-ci s’attirent plus fortement que deux -autres molécules , A, B, qui font l’une & l’autre concaves.
- Car dans ces trois couples , les molécules s’attirent avec la fore/ que leur impriment les courans gravifiques qu’elles interceptent, moins la viteffe contraire qui réfiilte de leur conca-
- p.82 - vue 104/254
-
-
-
- P H Y S I Q.V E S. g,
- vite. La première 4e ces quantités effc égale_________
- dans les trois couples, puifque les molécules cîwT’n' font de même denfité, & qu’en général toutes s,£‘-les circonftances font pareilles ( byp. ). La fécondé eft nulle dans la couple E, F i fimple dans lacouple C, D i double dans la couple A, B.
- Donc le relie de ces deux quantités (c’eft-à. dire l’attraftion, ou l’approche effective), fera plus grand dans la première que dans la fécondé ; & dans celle-ci, plus grand que dans la troilième.
- 3. Soient les molécules concaves A, B, C,
- (fîg. 9. ) d’égales denfités , ayant leurs centres Fig. s. de gravité fur une même droite & à diftances égales. Suppofons A, B, homogènes; C hétérogène, mais douée d’une concavité éxaâement égale & fomblable i celle des molécules A, B ; enforte que cette molécule, C, ne diffère des deux autres que par le nombre & la figure de les pores.
- Les molécules homogènes, A, B, feront pouf-fées l’une vers l’autre par un courant plus fort que les hétérogènes, B, C, ( §. XLV. n. z. ).
- Donc elles s’attireront moins que fi elles n’é-toient pas concaves, (§• LVI. n. 2. ). Et la force deftruélrice de l’attraélion -, toutes chofes égales, eft double-pour les molécules A, B;
- F >j
- p.83 - vue 105/254
-
-
-
- 84 Principes
- n—p1- pour les molécules B, C, (n. 2. ). Donc %»£ enfin la force qui tend à unir les homogènes Sia.IV. 4, B, eft plus diminuée que celle qui tend à unir les hétérogènes B, C.
- §. L V I I I.
- ç. çs. La force avec. laquelle un élément concave ponr*pro! eft poufle par les.xorpufcules roulans dans fa' «Ê'té'te concavité, eft en grande partie indépendante hétérogènes. de celle qui produit l’affinité des homogènes, ( § XLV. ). Il fe peut donc que ces deux forces varient fous toutes fortes de rapports.
- 1. Il peut donc arriver que deux, molécules de fluide expanfif s’attirent, ou fe fuient, ou n’agiflent point l’une fur l’autre, félon diverfes circon [lances.
- 2. Les molécules des fiuides expanfifs peuvent attirer les homogènes plus, moins, ou autant que les hétérogènes.
- ; Les molécules d’un fluide expanfif peuvent être tellement conliruites, qu’étant approchées d’un corps quelconque , elles foient attirées par ce corps, ou qu’elles le fuient, ou qu’elles n’en éprouvent aucune aélion.
- S. L I X.
- Cettecaefe *' ^our que les. courans de corpufcules iirdetîèt flrav*kques > ou <*’un fluide fecondaire f'ubtïl, petits corjufaflent mouvoir une molécule en roulant.dans
- p.84 - vue 106/254
-
-
-
- P H Y S I a D E S 8f
- fa concavité, il faut que la fubllance de cec ———— élémens foit peu perméable aux courans. Car, ciy^C'iL fans cette condition là, les impuliions que ces s,a- fr> courans exerceraient fur les deux parties opposées d’une molécule, feraient fenfiblement proportionnelles aux maflès ( §. XXXII. n. f. ),
- &, par conféquent, les impuliions de ces courans engendreraient des vitefles égales.
- 2. Par la même raifon, la rotation impri. mée à une molécule concave par un courant,
- & la iîtuation qui en eft la fuite, fuppofent une molécule peu perméable, & par conséquent fort petite.
- 3. J’ai fait obferver ci-defliis, (5. XLVI. n. 3.), que l’affinité des homogènes pouvoit s’exercer entre des molécules très-petites, ainfi la remarque que je viens de faire (n. 1. 2.) ne donne lieu à aucune objection. J’ai cru cependant devoir examiner fi., entre des molécules concaves, l’affinité des hétérogènes pourrait être indépendante de leur porofité.
- §. L X.
- Soient trois couples de molécules équidif-tantes; A, B; C, Ds E, F (fig. 8.). Defquelles, cls™”, A, B, C foient concaves & homogènes entre «lies; D, E, F, exemptes de concavité
- p.85 - vue 107/254
-
-
-
- $6 Priucibes
- - anflî homogènes entr’elles 5 bien qu’hétéro-
- ChapT’lï’ S®nes aUX Prem>èteS.
- Sea. IV. On peut demander fi, abftraétion faite de la différence des pores, les deux efpèces de molécules peuvent différer en mafle félon un rapport tel, que l’attraâion des hétérogènes furpaffe celle des homogènes.
- J’appelle ici mafle d’une molécule la quantité de corpufcules gravifiques qu’elle intercepte , parce que ces deux quantités font toujours proportionnelles.
- Soit donc a la mafle d’une molécule concave , b celle d’une molécule exempte de concavité. Soit / la force imprimée à une molécule en vertu de fa concavité, laquelle force dépend beaucoup plus de fa figure que de fa malfe, & peut être fort différente fans que la mafle change.
- I. Dès lors l’attraélion de la couple E, F, fera — b b. Celle de la couple C, D, fera = ab—/. Celle de la couple A, P., fera —-
- •• — if
- Faifant donc «> b , on trouvera qu’il eft impoflïble que la quantité ab — f, qui exprime l'attraction des hétérogènes , foit à la fois plus grande que les deux autres. On peut feulement affigner aux forces exprimées par les
- p.86 - vue 108/254
-
-
-
- PHYSIQ.UES. 87
- lettres ®, b, f, des valeurs qui rendront les trois quantités bb, ah—/, a a—2 /, fenil- cha'T'lt.' blement égales. Sttl.IV.
- 2. Dans ce qui précédé ; j’ai fuppofe la force / la même dans la couple hétérogène C,
- D, & dans la couple homogène, A, B. Si l’on vouloit faire attention à la légère différence qui réfulte de l’interception de quelques cor-pufcules, ( interception plus grande dans la couple A, B ) ; on trouveroit encore, comme ci-devant qu’il eft impoffible d’affigner à la force / une valeur telle que l’attraélion de la couple hétérogène furpaffe à la fois celle de l’une & l’autre des deux couples homogènes.
- 3. Enfin lï les molécules font toutes concaves, mais que les trois homogènes A, B, C,
- (fig. 10.) foient différentes des trois autres homogènes D , E, F ; confervant les mêmes dénominations ; fuppofons que la force / foit moindre dans les fécondés que dans les premières de la quantité /Subftituant f à /, les aifertions précédentes feront vraies. Enforte qu’encore en ce cas, l’affinité des hétérogènes ne peut point avoir lieu uniquement en vertu du rapport des maffes & abftra&ion faite de la diverfe porofité des molécules.
- F iv
- p.87 - vue 109/254
-
-
-
- 8S Ptisciit!
- 4. Ce n’eft donc qu’en fuppofant aux mo-'
- peut expliquer l’affinité des hétérogènes, comme je l’ai fait dans les trois § §. précédais.
- §. LXI.
- lt' iwche Dans les recherches précédentes, j’ai fup-delà loi quepofé les molécules de diverfes efpèces à des force rdati-diftanees égales. Il faudroit rechercher main-tenant la loi que fuit l’efpèce d’affinité que-je viens de définir , relativement à la diftance.
- 1. Les attraâions des molécules, abftraélioit-faite de leur forme, fuivent en général la loi commune. Ainfi les forces a, h, (§. LX. ) font inverfément proportionnelles aux quarrés des diftances.
- 2. La force contraire, /, dépend de deux circonftances : i°. la force du courant oppofé à celui qui produit l’attraâion: 2°. la direétion plus ou moins inclinée félon laquelle ce courant frappe la concavité de la molécule.
- 3. La force du courant fuit une loi directe de la diftance , mais irrégulière & qui varie en différens cas; toutefois ces irrégularités & ces variations font probablement infenfibles,
- p.88 - vue 110/254
-
-
-
- P H Y S I Q. V * £ %-
- du moins aux diftances que nos fens peuvent «
- obferver. ' ' çbap.iL
- 4. L’inclinaifon du courant relativement à w-la concavité dépend de la direétion de l’axe.
- Celle-ci dépend de la longueur des ofcillations.
- Plus celles-ci font courtes , plus la direflipn de l’axe eft favorable à la force /.
- f. La longueur des ofcillations fuit une loi inverfe de la diftance. Car elle dépend du rapport qui a lieu entre la vitefle du courant & la vitefle du mouvement rotatoire que ce courant imprime à la molécule. Si ce rapport eft infini , les ofcillations font complettes. Ce cas eft fem-folable à celui d’un pendule mû par la pefan-teur. Si le rapport eft fini, les ofcillations diminuent. Et à mefure que ce rapport diminue, la longueur des ofcillations diminue auffi; juf-qu’à ce qu’enfin les ofcillations deviennent fi rapides & fi courtes, que la direction de l’axe eft fenfiblement immuable.
- 6. Ainfi à un égard la force f croît avec la diftance (n. 5.) : à un autre égard elle croît inverfement comme quelque fonction de la diftance ( n. f. ). Je ne faurois déterminer ni l’un, ni l’autre de ces rapports; ni, par con-féquent, la loi qui doit réfulter de leur contfc-pofition.
- p.89 - vue 111/254
-
-
-
- 9o
- Principe s
- PARV.l" §. L X 11.
- Ctiap.II.
- §. 62. A l’exception de ce qui concerne la loi réla-^tioffièmetive aux diftances, (fur laquelle je ne puis îled-deffu!’rien affirmer), les conféquences que je viens & des effets de tirer de la figure des molécules dès fluides fit d’exfli- expanfifs s’accordent avec les phénomènes qui quer‘ ont donné lieu à cette recherche. Car on en peut déduire les faits fuivans.
- 1. La préférence de ces molécules pour les hétérogènes de la même clafle de fluides : ce qui fuffit pour expliquer les effets des mélanges de certains fluides aériformes, (§. XLVIII. )
- 2. La préférence de ces molécules pour des corps compofés de particules immobiles ou exemptes de concavité : ce qui rend ràifon de la propriété attribuée par M. de Luc à-fa matière éleétrique, fuppofé que ce fait foit confirmé par les obfervations & . expériences fubféquentes , (§. XLIX. n. 1. )
- 5. La préférence attribuée aux corpufcules A, B, dans mes prirlcipes dynamiques ($. IL n. 2. ) & rappelée au commencement de cette fedtion (§. XLIX. n. 2.); laquelle fuffit,,fi je ne me trompe, pour expliquer les phénomènes du magnétifme, ( voyez Part. II, Chap. I, ).
- p.90 - vue 112/254
-
-
-
- P H Ÿ S I CL V E S. 31
- 4. Ce qui peut infpirer quelque confiance — en ces réfultats, c’eft qu’ils font la conféquence c“pT'j5‘ néceflàire d’une forme particulière attribuée Sia.lV. aux molécules des fluides expanfifs par des raifons tout-à-fait indépendantes de cette conféquence.
- DigreJJioti.
- 5. L X I I I.
- Tout concourt à prouver que la lumière Ap^'Iipa!’pn éft un fluide dont les molécules font douées de ^de U trou concavité , & dont la vitefle terminale eft fort d'affinité des grande (1). , S
- 1. Il fuit de là que lorfqU’une particule de 'ifiîmâre6 lumière approchera d’un corps qui l’attire, elle tournera ià concavité du côté de ce corps,
- (5. LVI. n. 1.). Et puifque l’attraâion d’un corps peut être fuppofée réunie à fon centre de gravité, c’eft vers ce centre de gravité que fera dirigé l’axe de la particule. Donc fi le corps eft plan, & fi ce plan peut être confidéré comme infini relativement à la particule, l’axe de celle-ci fera perpendiculaire au plan.
- ( 1) Voyez Idées fur la Météorologie par J. A. de Luc, T. I. S. 171.
- p.91 - vue 113/254
-
-
-
- 2. S6it ce corps plan repréfenté par fa fcction A B, (fg. II.) i foit CD la vitefle de la particule pendant un temps très - petit, D F la vitefle imprimée par l’attraélion pendant le m ême temps.
- Prolongeant F D, & abaiflant C E perpendiculaire iiir ce prolongement ; foit E G la vitefle imprimée à la particule dans le même temps par les corpufcules roulans dans fa concavité.
- 3- Cette dernière force E G eft en entidr oppofée k l’attraélion, & perpendiculaire an plan AB, (n. T.): & fuivant la figure de la particule & fa diitànce, cette force E G peut être inférieure, égale, ou fupérieure à l’attraction DF, (§. LVIII. n. 3.).
- '4. Au premier inftant, l’une & l’autre de ces forces font extrêmement petites relativement à C D, car celle-ci exprime la vitefle terminale qui ne s’acquiert qu’én paflant par tous les degrés de la carrière d’accélération, (S. XXXVffl. n. f.). Et l’angle CD F étant plus grand qu’un droit, ces mêmes viteflès élémentaires, D F, E G, peuvent être fort petites relativement à E D, vitefle perpendiculaire de la particule avant la première im-preffion de l’attraélion du plan.
- p.92 - vue 114/254
-
-
-
- ï K Y S I Q. ü S S. 9J
- f. Soit E G > D F. La viteife perpendicu-: laire de la particule au moment fuivaut fera donc < É D. Il eft vrai qu’au point D, où la particule fe trouve alors, l’attraflion du plan eft plus forte qu’elle n’étoit qjj point C, (lieu de la particule au premier inftant). Toutefois on peut encore la fuppofer moindre que la force oppofée, (§. LVIII. n.
- 6. De même dans les momens fuivans, juf-qu’à ce qu’enfin la vitelfe E D foit entièrement détruite, ce qui arrivera d’autant plutôt que l’angle d’inclinaifon, E C D, fera plus petit, puifque cette ligne, ED, eft le finus de cet angle, C D étant le rayon.
- 7. Dès lors la force oppofée à l’attracSion continuant a agir, aura, à diftances égales du plan AB, d’égales fupériorités fur la force d'attraction. La force parallèle au plan fera la même au premier inftant où la particule rétrograde , qu’au dernier où elle s’avanqoit vers le plan. Par conséquent cette force parallèle fera auffi la même à diftances égales du plan.
- S. Il fuit dd là que la particule en s’éloignant du plan décrira une branche de couche poly-gone, précifément femblable & égale à celle qu’elle a décrite en s’en approchant.
- ÿ. Mais cette portion de la route de la par-
- p.93 - vue 115/254
-
-
-
- I ES
- 94 P R I N C I
- j___-ticule de lumière, dans laquelle l’attraéliondu Chsp'il plan A B ^’a®ae ’ fenfiblemewi: nulle pour ftff.V. l’obfervateur; elle eft donc pour lui un point. Et le relie de la route eft reétiligne. Donc la route entière eft aux yeux de l’obfervateur un angle.
- io. Et puifque l’axe de la courbe eft perpendiculaire au plan A B, & que les deux branches font égales & femblables; il eft clair que pour l’obfervateur ce fera un angle dont l’axe, ( ou la ligne qui le partage en deux parties égales), eft perpendiculaire au plan.
- n. Cette condition eft une expreffion exaéle de la loi connue, ( & jufqu’ici inexpliquée), que fuit la lumière en fe réfléchiifant ; c’eft-à. dire que l’angle de réflexion eft égal à l’angle d’incidence.
- SECTION V.
- De la décompofï/ion d’une molécule de fluide expanfifi far l’affinité d’un corps folide.
- S. L X I V.
- D&ompofi- I- “ Toutes les fois 'que deux fubftances, "ftihftanccj1” <iui ont difpofition à fe joindre
- par l'affinité „ l’une avec l’autrç, fe trouvent unies enfem-fième.'™1" » tüe i s’il en furvient une troifième , qui
- p.94 - vue 116/254
-
-
-
- Part. I.
- Set V.
- P H Y S I a TI E S. 9f
- •'j, ait plus de rapport avec l’une des deux :
- „ elle s’y unit, en faifant lâcher prife à l’au-» tre „ (i).
- 2. Si on entend ici par rapport , plus ou moins de denfité, plus ou moins de reflem-blance dans la figure des furfaces, & plus ou moins de poli dans ces mêmes furfaces; cette loi peut fe déduire des principes généraux de la gravitation iuniverfelle, & fe rapporte à la première & troifième caufe des affinités indiquées ci-déiïùs ( §. XLII. n. i. 3. ) (2).
- 3. Quoique les cas où les chimiftes l’ont obiervée luppofent la préfence d’un fluide continu , dans lequel les fubftances mifes en expérience fe trouvent plongées; elle fe vérifiera également en l’abfence d’un tel fluide, pourvu quiil y ait quelque caufe de mouvement ïnteftin qui-tende à féparer les molécules.
- i L X V.
- Cetté caufe qui tend à diminuer l’adhérence §.61. de deux corps par l’affinité d’un troifième, fup-^onTirne pofe que cette affinité n’eil pas la même réla-p”°!^jt. tivemeiit aux deu* corps adhérens. ' du corps oà
- (1) AI coi. de Vacad. des fe. de Paris pour 171g, (a) EJfai de chimie mécanique, ch. 1. §. 3*.
- p.95 - vue 117/254
-
-
-
- ÿg P R I N 0 I P E S
- - Soit maintenant une molécule formée de la
- Paît. i. réunion de deux élémens A, B, adhérons par Sia. F. affirfité. Que cette molécule foit infinuée dans l’intérieur d’un corps folide, Qÿe les particules de ce corps aient de l’affinité avec la molécule & avec fes élémens. Que cette affinité foit la même pour l’un & l’autre élément. Je recherche quel fera, fur l’adhérence des élémens de la molécule, l’effet de. l’affinité des particules du corps folide.
- i. Si l’élément A de la molécule eft engagé dans les particules du corps folide, plus que l’élément B, l’aélion de la caufe réparatrice peut changer le contait des élémens A, B, en les faifaut, pour a in fi dire, rouler l’un fur l’autre ; ce léger déplacement peut fuffire pour diminuer ou détruire l’adhérence par affinité des élémens A, B, fi cette adhérence dépend de [la figure & de la diipofition refpedive de ces élémens.
- a. Ces deux élémens peuvent être placés fur les particules du corps folide; de manière que celles-ci fàffent en quelque forte l’office de coin. Cette fituation faciliteroit l’altion de la caufe féparatriçe,
- J. La fomme des affinités des particules du corps folide aux élémens A & B féparés peut
- p.96 - vue 118/254
-
-
-
- P H Y S I Q. V B s. 97
- être plus grande que l’affinité de ces mêmes s—-................
- particules du corps folide aux élémens A &B chaXii. réunis. En ce cas, pour peu qu’on fuppofe s,s-l'-de mouvement inteftin, on conçoit que cette circonflance faciliteroit l’aétion de la caufe réparatrice. C’eft ici un cas tout-à.faic analogue à celui qui produit les précipitations , & que j’ai d’abord indiqué, ( §. fréc. ).
- 4. De toute autre maniéré, & quelle que foit la caufe des affinités que je confidère; il n’eft pas abfurde de fuppofer, au moins comme poffible , que la caufe qui produit l’affinité des particules du corps folide avec la molécule & fes élémens, nui le à Faction de la caulè qui fait adhérer par affinité ces élémens, A, B.
- §. L X V I.
- Si la molécule en queftion appartient à un ^ fluide expanfif, elle a au moins un de fes élé-compoiition, mens doué de concavité, ( 5. XXXIXJ. Seule!”1
- I. Suppofons que la caufe féparatriéÉrfoit un‘”aJ]jjges courant de fluide diferet, ( ou, en d’autres termes, une attraction), qui poufle plus fortement un élément que l’autre.
- Ces élémens, étant l’un & l’autre fixés par l'affinité des particules du corps folide, prendront un mouvement de rotation produit par G
- p.97 - vue 119/254
-
-
-
- $$ Principes
- -» — leur concavité, & pourront changer de poiï-Chap lP taon avec plus de facilité que s’ils étoient Se& V. libres. Cëtté efpèce de mouvement peut changer lés conta&s qui les unifient & occalîonner leur feparation.
- 2. Sans s’écarter entièrement de l’hypothèfe, on pourroit fuppofer que le corps folide, qui attire la molécule par affinité, lui ôte la faculté de fe mouvoir par une caufe un peu différente. Si, par exemple, la petitefie des pores de ce corps empèchoit la molécule , d’acquérir fa vitefle terminale, ( §. XXXIX. n. J. ) ; elle feroit dans une forte d’immobilité qui pourroit donner le temps d’agir avec plus d’énergie pour féparer Ces élémens, que lorfqu’elle eft dans un mouvement très-rapide.
- 3. En général, s’il faut un certain temps à la caufe féparatrice pour déployer fon a&ivité, il fe pfjit que, dans le mouvement du fluide expanfit, (§. XXXlV. h. $.) aucune molécule ( ou preiqu’aucune ) ny refte expofée le temps néceflaire : au lieu qu’étant rendues immobiles,( ou à-peu-près ) par l’affinité de quelque corps, qui les tient captivés, la caufe féparatrice a tout le temps de déployer fon énergie.
- p.98 - vue 120/254
-
-
-
- P a ï s i (£
- §. LXVII. ; PA*T. I.
- Ghap.U.
- Il y a donc plufieurs cas où l’adlipn des §. ï7‘ particules d’un corps folide fur les élémeus qu°ence. 4’une molécule mixte tend à défuntrces.élé-meiis , ou à diminuer leur, adhérence, pu à faciliter l’aétion de toute caufè qui tend à les féparer., Ces cas paroilfent devoir être plus fré-quçiis ; fi la molécule appartient à un fluide expanfîfi
- i. Si donc un fluide combiné difcret eft engagé dans l’intérieur d’un corps avec lequel il a de l’affinité s plufieurs de fes^iolécules pour* ront être décompofées par i^ie caufe qui eût été infuffifante pour produire cet effet hors du corps. Et le nombre de ces molécules décompofées fera probablement plus grand, fi le fluide eft expanfif.
- 2* Jë crois devoir remarquer que lors même que d’autres molécules feroient plus difficiles à décompofer par! l’efîèt de la même caufe, mon aflertion n’en, feroit pas moins vraie.
- •..... §. l £ v 11 l
- Quelle que fbit la caufe qui décompôfe les §. 6g. molécules, elle1 rte rend point nulle, ( ou peut- J/émen” être même elle n’affoiblit' point, ou même elle décompofés.
- Gi)
- p.99 - vue 121/254
-
-
-
- JSO Principes
- t. augmente 1. celle qui tient le fluide gêné dans
- Ctaiün. le C0IPS folide.1 '
- Sta.n. !. Il fuit de là que les élémens détachés de leurs molécules,' ne fe meuvent point aife-ment, mais font arrêtés toutes les fois qu’ils trouvent une particule du corps folide qui n’elt point làturée de fluide.
- 2. Si la caufe féparatrice agit fur les deux élémens en fens oppofés, comme celle indiquée dans les principes dynamiques, ( §. IX. ) & que les affinités de ces élémens avec le corps folide foient les mêmes ; ceux d’efpèces différentes fe remplaceront mutuellement; & le corps fera faturé au même degré, fans que la mafle de tout k fluide augmente ni diminue.
- SECTIpN VI.
- De l'influence d'un corps folide fur la denfité d’un fluide cxpanfif avec lequel il a quel. qu'affinité.
- 5. L X I X.
- Effet rtei'aF ^onlidérant maintenant les molécules d’un Enité d’an "fluide expanlif comme élémentaires , ou du flu\£adansemo*ns comine compofées d’élémens infépara-SLUcftbleSi ie fuPP°fe un tel fluidP fe“> dans l’univers, occupant l’efpace infini, ou renfermé
- p.100 - vue 122/254
-
-
-
- P H ï S r (i Ü E 8. ÏS£
- dans un elpfce fini-, -duqùëP il ne peut
- .5: •'£?£
- Eiï vertu des lois communes à tous les Guides && VI-expailfifs, celui-ci a, dansr cette hypathèfe, un degré de denfité défini, & fenfibleménfc îti même à un même lien. sab ' ’oiio'V'f oup Je fuppofe qu’pn- pletlgèo dans''’ cer Æüfide^rï corps folide doué d’affinité 'avec lifiy ÉS ' }8 recherche l’eflèt quê ice ' côlips prodüïrai''ftHt la denût®i!du fluide p’ faite au dedans 'diPâcWpSÎ foie au dehors. ’ 'h orci-J rv- »ra Je fuppo&raiH ^qsefur ’exclure pliifieür&l'éai qui ne font pas aldolumeiît néceflàirès,àalà SA* de:mes recherches, ou1 qui ’ peuvent‘aïioi ment fe fuppléer ), que les pores du ' corps folide font très-librement perméables au fluide, mais que les particules dont ce corps eft comparé , quoique poreufes elles-mêmes, excluent le fluide.
- Cette, dernière partie de' ma fuppofition eft. tout-à-feit conforme à la conftitution que M. lè §age affigne aujc élément des corps graves, lefquéls. il. repréfente comme des cages dont les barreaux font extrêmement minces (t).
- - i. Les choies étant ainfi difpoiées; le fluide.
- G «î
- (i ) Acad, de Berlin pour i?8a-
- p.101 - vue 123/254
-
-
-
- ' Vf
- PRJÏTCSIUIS
- *eg= —jlpj.) vertu de Cm eXpanfihilisé l^jettern danS ?Ti»p^l!" les Porcs du corps folide. .,
- '4* fa» XiSitiMMt .douce ..corps Iblidereft du ijojst(rt;de celles qui s’exercent à la tlillance; la Suide fe.eofldenfera.ïou fe raréfiera, félon que l’attraâion des particules du corps fera pte^grande OTi:,plu5jpetite que l’attraâion de
- Bpift vfllpraedeèiuiSfe.i iu-! j
- ri 3ù;iSW«feitét<jtaoopjrp»;.f>lMe ne R’exeteo SUcftUocqjlta#:, ,0U à une - très-petite diftance, elle aura un terme de faturatioiu: Ce terme!» comparé i la place,-qu’occupent dans le corps fes. particules propres éfc couftituantesfera cunnoitre li le fluide ell eondenfé ou raréfié dans le-corps.
- 5. L X X.
- S. yo. Pour détailler.ce dernier,oqs: fuppoldus I» dif fluifeat corPs faturé de fluide. .
- *uUecorp.. i. Si la place qu’occupent les particules pro-pres du corps folide, ( & d’où par conléquant , le fluide eft exclu ( §. prêt:'}.), compenfe pré. riféuient celle qu’occuperaient, étant-libres-, les molécules du fluide qui adhèrent au corps par affinité; le nombre total des molécules dans le corps, c’eft-à-dire la denfité du fluide dans le corps, eft le crime que hors du corps.
- p.102 - vue 124/254
-
-
-
- P H T S I a U E S. 10}
- î. Si la première de ces places eft plus _........ _
- grande que la fécondé j la denfité du fluide c“T'h dans le corps eft moindre. Et réciproquement. AS. VL
- §. L X X I.
- i. Si la derriité du fluide dans le corps eft s. la même que hors du corps, (%.fréc. n. l.)ananid?*** & qu’on faflè abftradiion de toute attraâion du hors <1“ corps à la diftance; il eft clair que la préfence du corps ne change point la denfité du fluide.
- a. Si la denfité du fluide dans le corps eft moindre, & que l’attraéfion du corps à dit tance, jointe à l’attraction du fluide intérieur, égale précifément l’atttaâion. de pareil volume • de fluide; dès qu’une fois le corps’aura ab-forbé tout le fluide qu’il peut contenir, le fluide extérieur confervera la même denfité qu’il avoit auparavant, abftraétion faite de la petite portion que le corps a exclue de la place qu’i) occupe.,
- i }. Si la denfité du fluide dans le corps eft plus ou moins grandes le fluide extérieur fe condenfera ou fe raréfiera depuis le centre d’attraâion, fuivant une loi continue, comme toutes les atmofphères. .,
- 4. En peu de temps fit denfité fera conftasua G iv
- p.103 - vue 125/254
-
-
-
- 104 Principes
- ——-=en un même lieu; & tout le fluide fera réduit Ch»pTn: à l’équilibre.
- SA FI. j. Tout ce)a eft également vfai, foit que l’on confidère les fluides expanfifs comme en repos , ou comme agités : pourvu qu’en ce dernier cas , on fubftitue l’idée de denfité moyenne à celle de denfité confiante.
- §. L X X I I.
- 5. 7!. Si le fluide , au lieu d’être arrêté dans le d’uncaspar-corPs folide par l’affinité qui l’y attire , y cil dculier. retenu immobile par une caufe pareille à celle qui a été indiquée ci-deflus , ( §. LXVI. n. z. ) ; (c’eft à-dire parce qu’étant expanfif, fes molécules font trop reflerrée's pour acquérir leur viteffe terminale); les trois cas relatifs à la denfité pourront également avoir lieu. Car la diminution d’expanfibilité eft une caufe de con-denfation ; la groffeur des particules propres du corps folide eft (comme ci-devant) une caufe de raréfaétion. Et ces deux- caufes coni traires «giflant à. la fois peuvent s’égaler ou fe furpaffer mutuellement, _ fuivant la nature du * folide & du fluide. : . . •
- ef- • 5. L X X I I I.
- le Des trois cas énoncés ci-delfus, (§ LXX. ),
- “"Iff cas d’égalité entre les- forces oppofées efl le
- p.104 - vue 126/254
-
-
-
- Physiques. îof plus improbable, & ne peut être raifonna-s blement fuppofé dans les cas particuliers, qu’au-tant qu’on indique les caufes qui produifent l’équilibre.
- Si ce cas de denfité uniforme a lieu dans la nature, n’eft-il point l’effet de quelque rapport particulier entre la caufe de l’affinité de laquelle il dépend, & celle de la cohélion?
- Fin de la première Partie.
- p.105 - vue 127/254
-
-
-
- DE LORIGINE
- DES ' “> •
- FORCES MAGNÉTIQUES.
- SECONDE PARTIE.
- Applications.
- CHAPITRE PREMIER.
- Application des principes précédens à la recherche de l'origine des forces magnétiques en général.
- SECTION PREMIÈRE.
- Expofition d’une hypothèfe propre à expliquer l’origine des forces magnétiques.
- 4. IXXIR
- Pour appliquer les principes précédais phénomènes du magnétifme, j’ai recours àphypotkèfej l’hypotbèfe fuivante.,
- p.107 - vue 128/254
-
-
-
- Chap. I. ML
- 08 OltlGIKE DES Forcer
- Hypothife. , ~
- H exifte dans notre globe, & dans les lieux voifins, un fluide très-fubtil, doué des propriétés fuivantes.
- 1. Il eft expanfif, & par conféquerit difcret
- 2. Ses molécules font formées de la réunion de deux efpècés d’élémens, A, B, unis par affinité.
- 3. Les élémens d’efpèces différentes s’attirent plus entr’eux que ceux de même efpèce.
- 4. A l’exception de la propriété précédente, ( n. 3. ) ï ces attractions fuivent les mêmes lois que la gravitation univerfelle.
- f. Ce fluide a une affinité avec les particules du fer, laquelle probablement lté s’exerce qu’au contai!, ou fort près du contait.
- §. L X X V.
- 1. C’eft ce fluide que je nomme magnétique.
- 2. Lorfque les molécules fe décompofent, je diflingue le fluide magnétique A, & le fluide magnétique B.
- S. L X X V I. tkdafaïiê ^es “"fl propriétés du fliiide magnétique magnétique peuvent toutes s’expliquer mécaniquement par piuïèsfJSkles principet phyfiques pofés ci-deffus, (part. I.
- 2? 3ïischaP- 11 >
- [Suè11'”' l' ^es ^eux premières & la cinquième s’ex-
- Dœmtioi
- «. 7<- .
- p.108 - vue 129/254
-
-
-
- ÜL A G H £ T I Q. v s s. XQÿ’ pliquent par ce qui a été dit des fluides expanfifs & des affinités, ( Ibid. Seël. IL III. )
- 2. La troifîème propriété dépend probable-. ment de l'une des deux caufes indiquées ci-deffus §§. LU. LIII. Si c’eft de la dernière» (laquelle a été décrite:avec; détail), cette propriété s’explique par la fituation que prennent les élémens du fluide magnétique, & fuppofe que les élémens, A, B , font fous deux doués de concavité, ( §. LX. ). Moyennant cette condition, cette propriété peut être rapportée à la la caufe indiquée. (§. LVIII. n. 2.)
- „ j. La fécondé propriété eft probablement une conféquence de la troifîème, (§. XIII. n. $.). Cependant il eft polfible que ces deux propriétés foient indépendantes, (•§. XLII. n. i. 3.). C’eft pourquoi je les ai énoncées l’une & l’autre.
- §. L X X VII.
- Quant à la quatrième condition de l’hypo-thèfe, (§. LXXIV. n. 4.)} elle comprend deux lois principales, dont l’une • eft relative aux mafles, & l’autre aux diftances.
- I. Quant aux mafles 5 toutes les forces, dont j’ai recherché la caufe, ont été eonfidérées dans une feule molécule ; fi; donc on multb
- p.109 - vue 130/254
-
-
-
- tl6 OatGIIfE DES FfclÉCES jl!plie le nombre des molécules homogènes, les i!* f°rces totales feront multipliées de même. £e£t. lr Ainfi, à cet égard, la quatrième condition eft une fuite des premières, & dérive néceffaire. ment des principes.
- 2. La loi rélative aux diftances n’en dérive pas nécedàirement. U fe peut qu'elle ait lieu par l’effet de Poppofition des deux forces qui follicitent chaque molécule, ($. LXI. n. 6.) Peut-être cette loi dépend-elle de quelque cir-confiance que je n’ai pas fit démêler. Quoiqu’il en foit cette loi a lièu. Car fi elle n’avoit pas lieu, les attrapions magnétiques fuivroient, rélativement aux diftances, une loi différente de celle que M. Coulomb a déterminée par voie d’expérience. À tout autre égard, cette partie de la quatrième condition ri’eft point néceffaire & refte jufqu’ici indéterminée.
- Je crois donc que ces cinq conditions peuvent être admifes fans répugnance par les phy-ficiensi puifque non - feulement elles ne choquent aucune loi de la nature, mais qu’elles s’expliquent par ces lois i & puifque, loin d’impliquer entr’élles, elles font liées en partie par une dépendance mutuelle, foit d’un principe commun, foit de quelqu’une d’en-tr’elles.
- p.110 - vue 131/254
-
-
-
- M a e s i T- x a « t si S. L X X V I X I.
- 1. De Ta première de ces propriétés du fluide 5. >8; magnétique, il réfulte qu’il eft répandu unifbr-^jS™^ mément dans l’efpace qu’il occupe, ou du moinsmmi, qu’il y eft par-tout dans un état d’équilibre, propriétés {§. XXXIV. n. a.): enforte qu’en un même^“
- lieu, dans les mêmes circonftances, la diftance moyenne de fes molécules eft confiante.
- 2. Cet équilibre a également lieu Ji le fluide eft plus ou moins denfe dans le fer qu’ailleurs,
- (§. LXXI.) Malgré fon affinité avec le fer, il fe peut qu’il n’y foit ni condenfé, ni raréfié, (5. LXIX. n. 2. j.). Cela étant, il m’eft permis, pour Amplifier, de parler toujours dans cette dernière hypothèfe. Je fuppoferai donc déformais le fluide magnétique uniformément répandu en tous lieux , même dans lé fer.
- 3. De la cinquième il fuit, 1°. que le fluide magnétique, (foit combiné, foit décompolè), fe meut difficilement dans le far, 8°. qu’il s’y décompofe plus aifément que hors du fer,
- (S. LXVit).
- 4. De toutes ces propriétés réunies on peut déduire tous les phénomènes magnétiques, comme on le verra dans la fuite de ce chapitre.
- p.111 - vue 132/254
-
-
-
- n* Origine des FqrcïS
- 5. L X X I X.
- ç. n. Comparant maintenant ces cinq propriétés i pltiuer'ao? a cel*es flue i’ai attribuées au fluide dont je flnide mag-me fuis occupé, dans les principes dynamiques, priànpn iy- ( §. II. ) ; il eft facile de s’aflurer que ces prin. SlîTdàns cipes peuvent s’appliquer légitimement au fluide ^'""‘^magnétique.CS-XXXVIO. Entrons dans quel-que détail.
- 1. La première propriété du fluide magnétique ibpplée aux hypothèfes d’équilibre , dont j’ai fait conftamment ufage dans les principes dynamiques, & en particulier à l’hypothèfe de répulfion employée au §. XXIV. Car le mouvement inteftin fuffit pour produire une dit tance moyenne confiante entre les élémens du fluide (i), (\ XXXIV. n. a. ).
- 2. La fécondé eft la même chofe que l’hy-pothèfe d’un fluide combiné difcret, dont j’ai toujours fait ufage dans les principes dynamiques. Et de même que j’ai fuppofé que les molécules de celui-ci pouvoient fe décompofcr en certains cas, pour produire du fluide pur dans l’intérieut d’une fphère ( §§. XV. XVII. XX. &c.) ; je fuppoferai aufli, quant au fluide
- Cx) Ban. Bernoulli, Hydrodyn. Jccî. X. §. 2. 4.
- magnétique ,
- p.112 - vue 133/254
-
-
-
- Magn£tiq_ues. 113 magnétique, qu’il peut fe décompofer dans * le fer.
- Il eft vrai que, dans l’énoncé des propriétés attribuées aux corpufcules employés dans les principes dynamiques (§. II. n. 2. ) je fuppofois les malles de ces corpufcules égales : mais j’ai modifié cette condition, & admis des maflès inégales au §. XXVIII. D’ailleurs aucun phénomène connu n’exige qu’on fuppofe quelqu’i-négalité entre |es malles des élémens du fluide magnétique.
- 3. Les troifième & quatrième propriétés du fluide magnétique font les mêmes que les deuxième & troifième attribuées aux corpufcules dans les principes dynamiques, ($. II.)
- 4. La cinquième remplace deux hypothèfes qui fe retrouvent dans les principes dynamiques. i°. La difficulté *du fluide à fe mouvoir dans un corps, ( §. XXIII. ) 20. La facilité du fluide combiné à s’y décompolèr, (§. XX. 11. 3.) On a vu ci-delfus comment ces deux effets font la conféquence de cette cinquième propriété, (§§. LXVII. LXVIII.) Et j’ai fait voir de plus que cette propriété n’altéroit point l’état d’équilibre requis pour l’application des principes dynamiques, (§§. LXXI. LXXII. ).
- f. Il eft une autre propriété des corpufcules H
- Part. IX. CltAR. I. Se£t. Z.
- p.113 - vue 134/254
-
-
-
- 1*4 Origine des Forces
- employés dans les principes dynamiques, laquelle n’eft pas énoncée dans les propriétés du fluide magnétique î c’eft le rapport des diamètres des molécules à leurs diftances mutuelles. Ce rapport y eft fuppofé infiniment petit, ( §. Il* il. 4.). En fubftituant à cette hypothèfe un rapport très-petit, les réfultats n’en feront pas Tenfiblement altérés.
- 6. Il paroit donc que toutes les formules dynamiques trouvées dans les principes expofés ci-deflus (Pars. I. Chap. I.-) s’appliquent aifé-ment au fluide magnétique, ou du moins avec de légères modifications.
- SECTION IL
- Explication des trois principaux phénomènes du magnétisme.
- PHÉNOMÈNE I.
- MagnètiSation avec ou Sans points conséquent'•
- §. L X X X.
- Puifqu’on peut appliquer au fluide magnétique les principes dynamiques rélatifs au fluide combiné, ( §. préc. n. 6. ) ï du' fer dans l’état naturel, (c’eft-à-dire, contenant du fluide combiné jufqu’à faturation, ou bien en même
- p.114 - vue 135/254
-
-
-
- mu
- quantité que tout autre volume égal de l’ef- n
- pace, (§. LXXVIII. n. a.)) étant préfenté à un autre fer auffi dans l’état naturel, n’exerce **• U-fur lui aucune aâion efficace , ( §. XIX. n. I. ).
- §. L X X X I.
- Si l’on préfente au fer dans l’état ni un fer rempli de fluide de même denfité pur, ou du moins cofltenant plus de flui ( ou plus de fluide B ) , que dans l’état rjl ; tant que les chofes relient en cet c’ell-à-dire tant que le premier fer de dans l’état naturel; ces deux fers n’ex
- n. i.).
- , (§.XIX.
- §. L X X X I I.
- li l’on préfen
- t fer dans ]
- ’etat naturel J s, :rtaine maffe de fluide pur, ( par exem- n;tlrjtion. u fluide A), de même denfité que combiné : employant les dénominations ées au §. XI ; la force avec laquelle cette attirera un élément hétérogène , B , fera : , & un homogène, A, = Enforte
- p.115 - vue 136/254
-
-
-
- n6 Or
- [E des Forces
- ==une force <= (55- X. a J.,
- Part. II. dr
- MS XIL ”• 2->‘
- 1. Suppofons que le fer dont il s’agit eft un
- barreau d’une longueur convenable, & qu’on approche le fluide pur, A, d’une de fes extrémités; tous les élémens hétérogènes, B, qui pourront être détachés du fer par la force ”Ül ,n- y & de leur radicule par cette même force & en quelques cas par la force double 2 H ^, tous ces élémens, dis-je, s’ajfc
- procheront de l’extrémité voifine du fluide pur, A.
- 2. Pareil nombre d’élémens homogènes, A,’ dans des circonftances inverfes, tendront, avec des forces pareilles, vers l’extrémité oppofée, (§. IX. n. f.)j les premières (n. i.) cédant à l’attradlion fupérieure du fluide pur, A; les fécondés cédant à l’attradlion fupérieure de pareil volume de fluide combiné ambiant. Et les unes & les autres fe remplaçant mutuellement, enforte que le fer foit toujours faturé de fluide, (§. LXIX. n. $.).
- j. L’opération dont je viens de rendre compte par laquelle les molécules du fluide
- p.116 - vue 137/254
-
-
-
- Ma g n à t î q;u e s; I17 magnétique fe décompofent, & laiflènt leurs =======
- élémens homogènes s’accumuler en quelqu’une chap.Ï de leurs parties, s’appelle magnétisation ou Seti.Jl. aimantation.
- 4. Si le barreau étoit trop long, le fluide combiné de l’extrémité oppofée au fluide pur n’éprouvant point fon influence, ne fe décom-poferoit pas & agiroit fur le fluide intermédiaire. Il fe formeroit donc un pôle entre les deux extrémités. Ce pôle agiflant à fon tour en formeroit un nouveau , & le barreau ac-querroit une. fuite de pôles oppofés ou de •points conféquens.
- $. L X X X I I I.
- L’affinité du fer gênant le mouvement du §. 8j. fluide, l’état de magnétifation doit être produit provenant6 avec d’autant plus de peine & fubfifter d’au-J® Rature tant plus long-temps que cette affinité eft plus forte.
- 1. Or il paroit qu’à cet égard il y a de la différence entre les diverfes efpèces de fer ;
- & cette différence confirme la théorie, puifque les fers mous, qui s’aimantent aifément, no retiennent que peu de magnétifme, & que l’in-yerfe a lieu pour les fers durs.
- 2. La décompolition du fluide magnétique
- H iij
- p.117 - vue 138/254
-
-
-
- ïiS Origine des Forces , I — — parnit s’opérer avec une égale facilité dans Ch»pé1Ï’ toutes les e|péces de fers. Et cela , doit être Sc3.II. ainfi, fi l'affinité du fer eft toujours fupé-rieure à celle des deux fluides hétérogènes , ou fi feulement l’affinité du fer le plus mou fuffit pour réduire au repos leurs molécules, (S. LXVI. n. 2. 3.).
- PHÉNOMÈNE II.
- Attrapions & répuljions magnétiques.
- S. L X X X I V.
- S- 84. Soient deux barreaux aimantés, que je dif-kétéronymes tinguerai par les noms de premier & de fécond-s’attirent. je jes fUppofe égaux & femblables à tous égards , parallélépipèdes , chacun d’eux étant formé de la réunion de deux cubes. Chacun de ces barreaux a donc une de fes moitiés cubiques plus abondante en fluide A, & l’autre en fluide B. ( Ces deux moitiés feront nommées, dans chaque barreau, les pôles A, B, du nom du fluide qui y abonde.) Je fup-pofe cet excès de fluide pur égal dans l’un & l’autre pôle.
- I. Maintenant qu’on approche les pôles de noms différent de ces deux barreaux; par
- p.118 - vue 139/254
-
-
-
- M A G N i T I Q. U ï S.' î fg
- exemple, le pôle A du premier, du pôle B du ____________:
- fécond. . Part. II.
- Confervant les dénominations indiquées aû mLil' §. XVIII, & appliquant au cube ce qui a été dit de la fphère, je fais abitradion’ des pôles les plus éloignés , & je vois que les pôles voifins s’attirent avec la force 3 a'— j ( §. XIX. n. 2. ).
- Enfuite faifant abdraélion des pôles les plus voifins, je vois que les plus éloignés s'attirent avec une force exprimée de même ,. & qui, en conféquence des valeurs attribuées i a', h'• & trouve divifée par le quatre de la-dit tance , ( ibid. ).
- Enfin chacun des pôles par lefquels les aimans fe touchent, tend à fuir le pôle le plus éloigné de l’autre barreau, avec une force exprimée par la même formule, laquelle renferme egalement la diminution provenant ds la dillance, (ibid. n. 3.).
- Soit fait 2 a' — 2 b ' = /, lorfque la dit tance eft = 1. Soit au contact la dtilance des centres d’aétion des pôles voifins =2 1. Et fupppfons que ces centres font au centre même de figure de ces demi-barreaux.
- Dès lors l’attraction des barreaux mis en contact par leurs pôles de noms différons fefa H iv
- p.119 - vue 140/254
-
-
-
- 1*0 Origine des Forces
- + -f -t = t8l f- Par conre'îuent
- Se&.'lï. cette attradlion eft pojfitive, & lés barreaux tendent à refter unis.
- z. Si l’on fépare les pôles qui fe touchent, de manière qu’il y ait entre leurs furfàces les plus voifines, la diftance d. On trouvera l’attrac-tion des barreaux =
- -______*£_____— ( 1 + 1
- ( d + O3 V.Cd-f-1 )’ T Cd+5)»
- — ce roéfficiciit de / eft
- toujours > zéro, (§. LXXXVII.). Donc à toute diftance l’attraâion eft pofîtive.
- §. L X X X V.
- §. 85. Si l’on approche les pôles de même nom homonymes ^es deux barreaux i ( c’eft-à-dire, le pôle A du ferep°uf- premier, du pôle A du fécond; ou le pôle B, du pôle B, ) y ils fe fuiront précifément avec la même. force avec laquelle ceux de noms différens s’approchent, ( §. XIX. n. 3. ). En-forte que fubftituant le mot répulfion au mot attra&ion, toutes les aflertions contenues dans ' le §. prie, feront vraies & s’appliqueront au cas altuel.
- p.120 - vue 141/254
-
-
-
- S. L X X X V I.
- s
- Quelque loi inverfe de la diftance qu’on §. 86. fubftitue à celle du quarré, ces aflertions feront ^ vraies, tant qu’on fuppoferà le centred’attrac-tion au centre de figure. Car appelant e l’ex- de la di£-pofant de la puiifance fubftituêe : fi e = zéro, tancu la formule qui exprime Tattradion eft auflî f=t zéro. Mais dès que e croît , la formule croît, (§. LXXXVII.). D’où il fuit que quelque petite valeur qu’on attribue à e, pourvu qu’elle foit pofitive, ( c’eft-à-dire, pourvu que les attradions fuivent une loi inverfe de la diftance ), les barreaux s’attirent à toute dit les approche par les pôles de & fe repouffent dans le cas.
- 2. Quoiqu’il foit aifé de s’aflurer de la légiti-ité des abftradions précédentes, ( §. LXXXIV. i. ) Je joindrai ici une obfervation qui en ; indépendante '*, & de laquelle il eft égalent aifé de déduire les phénomènes.
- Quelle que foit la loi que fuit l’attradion pourvu qu’elle foit inverfe de la : barreau aimanté préfenté par une de fes extrémités à une maife de fluide pur,
- p.121 - vue 142/254
-
-
-
- x&2 Origine des Force* produira le même effet que s’il contenoit une certaine petite quantité de fluide pur répandue uniformément dans tout le barreau. Donc deux barreaux aimantés peuvent , être affimilés aux deux fphères du §. XIX. Et ils s’approcheront ou fe fuiront, félon que leurs pôles voilins feront, de différent ou de même nom.
- §. L X X X V I I.
- Les deux affertions que je viens de faire.," ( §. préc. n. i. ) peuvent fe prouver pifi.
- 1. Lorfque e eft l’expôfant de la fondion
- des diftances, dont les attradions fui,vent, le rapport -, la formule qui exprime l’attradion ou la répuliion de deux .barreaux, dans les circonf-tances cij-deffus énoncées, (§. LXXXIV), eft celle-ci, + (i+j). —(rf+ï).y-
- Or Ci e = zéro, une quantité quelconque élevée à la puiflance e devient =15 d’où il fuit que la formule = zéro.
- 2. Lorfque e croit, la formule croît. En effet foit e = i; Dès lors la formule devient
- (~d+r +v+r~ r+r )/•
- Or<J + }><*+ r. Et(d+ 2)~-(d + t) = (‘t + 5) — Dono (.d + 2)
- p.122 - vue 143/254
-
-
-
- M A G N i T I Q. V E S. I*J
- (<*+?)- (<*+l) C J-bJ )> (<* + O
- (<i + 3) — (<* + I ) (<*+ 2). Et par con- £“*'{;
- féquent + 3) ~ ^ + 1 > > **'*
- lequcnt crf+ , , ( J+2) (d+ , ) r
- <j+l)(j+3)-(j+iy(j + *)^, v
- U+TTZd+tJTï+T)
- tire 7^T-^r> 7TT Et
- tranrpofa.it, 3^ï>***
- Ainfi la formule croît, tandis que l’expo-fant e croît depuis zéro jufqu’à 1. Mais il feroit abfurde de fuppofer qu’une formule telle que celle-ci,' ayant tous fes termes aifedés du même expofant, ne.fuive pas une loi confiante rélativement à l’accroiflenient de cet expofant. Donc cette formule croît toujours depuis l’int tant où e acquiert une valeur pofitive, jufqu’à celui où cet expofant cëfTe de croître.
- §. l x x x v 11 r.
- l. Je viens de raifonner d’après la fuppofi- §. 88. tion que les centres Id’atftion de chaque coïncident avec les centres de figure de cha- tfaffion^Fa-que demi-barreau. Des raifons que je rappor- egits. terai (5. XCXIL), auforifent à foupqonner que ces centres font plus rapprochés des es-
- p.123 - vue 144/254
-
-
-
- 124 Origine des Forces
- i. trêmités de chaque barreau, & par conlequent
- gj* *J- que dans un même barreau, ils font plus élol-U. gnés l’un de l’autre.
- 2. Cette circonftance afFoiblit l’aélion des pôles éloignés, & par conlequent, augmente les différences, qui font feules fenfibles à l’ob-fervation.
- 3. Ainfi, à plus forte raifon, fommes-nous en droit de conclure qu’à toute diftance, ( & quelque loi inverfe de la diftance que fuivent les forces magnétiques ), deux barreaux aimantés tendent à s’approcher ou à fe fuir, félon qu’ils (è préfentent leurs pôles de différens ou de mêmes noms.
- 4. La même concluGon Fondée fur la remarque faite au §. LXXXVI. n. 2. eft indépendante de la poGtion des centres d'action.
- PHÉNOMÈNE III.
- Effet de la Réparation des pôles d’un barreau
- 5. L X X X I X.
- §. 19. Je paffe maintenant à l’explication d’un phé-tjon. " nomène, ou plutôt d’une claffe de phénomènes, qui eft beaucoup plus embarraflànte pour la théorie. C’eft fa partie la plus délicate & la plus fubtile, parce qu’elle' exige un genre de
- p.124 - vue 145/254
-
-
-
- M A G N È T I <J. V E S. I2f amnoiffances qu’on ne peut acquérir par la—=a t
- voie expérimentale, & auxquelles on ne peut cmp'/Î.' parvenir , par la méditation , qu’avec beaucoup s‘a11 de peine, & à force d’abftraétions : encore n’obtient-on par cette voie que des réfultats imparfaits. Le genre de connoîlfance dont je parle eft relatif à la diftribution du fluide magnétique pur dans les pôles d’un barreau ai- !
- manté. Et la claife de phénomènes qui en dépend (& dont je vais m’occuper), comprend les réfultats de quelques expériences tentées dans le but d’obtenir un pôle ifolé & fans antagonifte. Je ne difcuterai qu’une feule expérience , parce qu’elle eft auflï prefque l’unique qu’on ait pu tenter , & parce que cette dif-cullion fuffira pour faire juger de la théorie.
- Avant d’attaquer directement cette difficulté, j’établirai de mon mieux les faits qui peuvent fcrvir à la réfoudre.
- 5. X C.
- Dès qu’un barreau eft aimanté ; ( c’eft-à-dire, §. 9P. dès que chacun de fes pôles contient du fluideRe™éumt? pur, (S. LXXXII.)) s la quantité du fluide nattes, pur qu’il renferme, détermine eifentiellement le degré de magnétifme du barreau, lequel fe manifefte par lés effets dont nous avons
- p.125 - vue 146/254
-
-
-
- iiS Origine des Forces
- r-------parlé ci-deflus, (SS. LXXXIV. LXXXV. &
- c4«. D 5- LXXXII.). La quantité de fluide put, que II. ies pôles d’un barreau de fer peuvent retenir accumulées, n’eft pas indéfinie, mais dépend effentiellement de la nature du fer, (§. LXXXIII. n. I.). Cette quantité n’eft cependant pas déterminée d’une manière abfolue, mais rélative à fa diftribution dans chaque pôle. G’eft ce qu’un exemple fera lèntir au premier coup, d’œil.
- Suppofons que tout le fluide pur, qui fe trouve dans chaque pôle , y foit diftribué d’une manière uniforme i il y aura donc deux couches contigUes, dont l’une abondera en fluide A, l’autre en fluide Bi & cela d’une quantité égale à celle de chacune des autres couches. Pour maintenir, ces deux couches contiguës dans cet état forcé, il faut évidemment un plus grand effort que pour y maintenir d’autres couches plus éloignées de la limite des deux fluides purs. Mais la force d’adhérence qui maintient l’état forcé du fluide, cft la même dans tout le barrèau. Il y a donc manifeftement une partie de cette force d’adhérence qui n’eft point employée. Et (quoiqu’en cet inftant je n’apporte aucune preuve de cette alfertion ) l’on entrevoit qu’on pourrait trouver
- p.126 - vue 147/254
-
-
-
- Ma 6N É T IQ.OES. 127 une diftribution du fluide pur dans chaque pôle .i=g * qui emploieroit plus de cette force d’adhérence ch ap*. Y* que ne fait une di&ribution uniforme. Cela sm'IL fuffit pour comprendre qu’il doit y avoir un arrangement du fluide pur, qui foit le plus favorable pofîiblè à fon accumulation.
- 1. Cela étant, le fluide pur doit tendre vers cet arrangement, parcè que c’eft celui qui fub-jfîfte avec le moindre effort, & qui, par con-féquent, n’eft point détruit par les. caufes qui détruifent tous les autres.
- Il importe d’arriver à la connoiflànce de cet arrangement vers lequel tend le fluide pur, pour déterminer celui auquel il arrive en effet.
- C’eft donc à cette recherche que je vais m’appliquer. Et pour cela, je commencerai par remonter à l’origine de cet état forcé.
- 2. Mais avant tout il faut rappeler ici quelques abftraâions que je ferai dans tout cet article, (à moins que je n’y renonce formellement ), & qui font en partie une. confé-quence des propolîtions établies ci-deflus. i°. La partie du fluide magnétique, contenu dans le barreau, qui refte combinée, n’agit point effi-cacément : ainfi j’en fais abftradion, & je ne parle plus que des deux fluides purs, comme s’ils exiftoient feuls dan; le barreau. 2°. Quoi.
- p.127 - vue 148/254
-
-
-
- 128 Origine des Forces que» par des caufes accidentelles, on puiffe • concevoir les quantités de ces fluides purs comme inégales} toutefois, m’en tenant à la confidération des caufes générales, ( §. LXXXIL u. 2.)» je fuppoferai conftamment l’égalité de ces quantités} enforte que le fluide B doit toujours être confidéré comme accumulé dans un pôle au même degré que le fluide A eft accumulé dans l’autre pôle. ^. Pareillement, quoique des caufes particulières puiffent faire différer les arrangemens que prennent ces fluides , chacun dans fon pôle, je fuppoferai que les caufes générales agiffent feules, & que ces arrangemens font parfaitement femblables. 4°. L’adhérence des élémens d’un même fluide aux différentes particules d’un même fer ne doit point varier, ellè doit être par-tout la même, fi le barreau eft parfaitement homogène. C’eft aufli ce que je fuppoferai toujours. J°. Enfin quand je parlerai de la caufe qui a produit le magnétifme du barreau, je fuppoferai fouvent qû’elle agit & ceffe d’agir d’une manière inftantanée, & que cette aélion eft fuf-fifante pour accumuler tout le fluide pur que le barreau eft capable de maintenir dans cet état, & même beaucoup au-delà, jufqu’à une quantité indéterminée .& aufli grande qu’il pourra
- p.128 - vue 149/254
-
-
-
- M A e N É T I Q. O E S. Iîq
- pourra m’être néceflaire pour faciliter la con-i ceptioii des diverfes hypothèfes auxquelles j’au- ch«Tl1'' rai recours.
- Chap. i.
- sia. il.
- La calife magnétifantc peut être aflîmilée à §• pi. une malle de fluide pur placée à l’extrémitém,“f du barreau. SnT
- Pendant la magnétiration , c’eft fur-tout auxmagnéti-extrèmttés* que s’entaffe le fluide pur. ante*
- l. En effet, la force étant appliquée aux extrémités* & fon a&ion fuivant un rapport iïiverfe de la diftance, l’effet doit être plus confidérabie à cette place.
- a. A mefure que, par l’effet de cette caufe, le fluide pur s’accumule dans un pôle, ce même fluide y eft attiré moins fortement. Or, dans la tranche extrême fur laquelle la force magnétitànte agit immédiatement, cette caufe de diminution n’a ‘pas lieu. Et elle agit avec d’autant plus de force,, qu’on s’approche davantage de il’féquateur magnétique.
- 3. Ainfi, fous l’aélion de la caufe magnéti-fante, il y a deux caufes qui concourent pour ranger le fluide pur par couches dont les pins denfes font .aux extrémités.
- I
- p.129 - vue 150/254
-
-
-
- Chap. T.,
- §.*92. Si la caufe magnétifante cefle d’agir, l’état recherche* f°rc<= du fluide magnétique ,; maintenu jurqu’à relative à nn certain point par fou, adhérence au fer, inentd*' recevra, néanmoins, quelque modification. Le fï^i^'Jj.fluide combiné, qui entoure le fer >t& qui elt 13 taule v°ii'n de fon extrémité , n'a pas autant de faute. force pour y tenir le fliliSe pur "cfjhs l’étap d’accumulation qtie'la1 caufe1 înagnétifanté: Ainfi lès "parties les plus voifines. ‘ de. l’extrémité , follicitées par l'attraélion .du pôle pppofé, & tendant às’éloigner.du centré d'aclion de leur pôle, feront mues dans-le fer feloir.Wne direction-moyenne &,avec peine & lenteur. _
- ” ï. Le réfultat de ce - 'mouvement fera l’arrangement que prendra le fluide pur‘après la magnétifation. Cet arrangement peut varier; mais il y en a un qui favorife plus que tout autre l’accumulation du fluide purv-St qui produit la plus forte charge magnétique, (§. XC.). On peut ènvifaget eé maximum comme Une efpèce d’équilibre vers lequel tend lè'fluide pur ,(§. X& n. ï,).
- î. Suppofant maintenant que cet équilibre cil connu, & qu’il a lieu en effet ; je feindrai
- p.130 - vue 151/254
-
-
-
- . M A G N i T I Q. U E S. ffl
- que le fluide pur contenu dans le pôle L MST —_________
- du barreau aimanté K L M N, (fig. rz.) fe chap.’?* gèle tout-à-coup, forme un corps folide (i). SeéL IT-Cela étant adniîs, je déterminerai le point au- F’s'I2' -quel fon centre d’aétion doit être, placé, fur l’axe B C, pour qu’il y demeure immobile.
- Après avoir réfolu ce problème, je fup-poferaf que lé fluidê pur fe dégèle & reprenne ia fluidité»- Bans' «ettte nouvelle hyptothèfe, & fans déplacer le centre de gravité,' j’examinerai aqpei [arrangement doivent prendre lès élémens, pour que, dans toute' l’étendue du pôle , ils -éprouvent une réfiftâttee fuffifante, & capable -de inaintenir tous-ces élémens en repos: én. fopte qu?il foit employé en fomme le plus polBble de la force d’adhérence, & que, par conféqùent, celle-ci foutierine en fomme le plus grand effort auquel elle puilfe rélifter. *
- 4» -Tel eft Je plan que je me fuis tracé pour la recherche du maximum de charge -magnétique. À l’inftant où la caufe magnétisante delfe d’agir1, il m’a paru que tout le fluide pur devoit fe mouvoir, comme s’il étoit Soumis à l’a&ion d’une force contraire à celle -de cette caufe î & cela, jufqu’à ce qu’il fortît
- ( i ) Çette fiction a été employée par M. Æpinus.
- I ij
- p.131 - vue 152/254
-
-
-
- ï32 Origine des Forces ---- pôle, ou qu’il arrivât à un terme auquel
- Part- Ç* l’adhérence du fer l’arrêtât. Il m’a paru encore
- Chap. I. .
- Seâ. JL qu’en fixant les centres d’adton, j ôtois une force contre laquelle l’adhérënce auroit dû lutter , & que, par conféquent, celle-ci pourvoit être employée efficacement d’un autre côte-Enfin, ce centre fixé, il eft certain qu’il faut diftribuer autour de ce point le fluide pur , comme je l’ai indiqué pour obtenir lé but déliré.
- f. Avant d’entamer l’exécution de ce projet de folution» j’obferverai qu’il ne faut point perdre de vue la lenteur & la difficulté avec laquelle le fluide fe meut dans le fer* C’eft cette continuelle réfiftance qu’éprouve chaque élément dans fa màyçhe^ qui l’empêche de pafler le point auquel il doit fe fixer. Four me faire mieux comprendre, je reprendrai un inftant la fidion du n. i. Me repréfentant donc le fluide gelé, je ftippofe que fon centre loit placé fur la ligne B C prolongée -, en quelque point F fort éloigné du point E auquel il. doit relier immobile. Dès lors, attiré par le pôle KNST, ce centre d’adion fe mouvra le . long de la ligne F C B, avec une vitefle accélérée, & paflera le point d’immobilité E, à-peu-près comme un pendule paiTe le point le
- p.132 - vue 153/254
-
-
-
- M A G N î T I a v E S. IJJ phis bas de fon ofcillation. Mais fi l’on fup- ^==5 pofe que la ligne F E eft femée d’obftacles, qui J1* arrêtent le mouvement du folide, & détrui- Se£l-fent à chaque inftant fa viteflè toujours renait fante; lorfqu’après avoir filrmonté tous ces obftacles, il fera parvenu au point E, auquel l’attrâétion du pôle K N S T n’agit plus fur lui, il eft clair qu’il y reftera^ Cet exemple peut s’appliquer à chaque élément; & c’eft ce qui fait comprendre comment le fluide pur tend vers réquijibre en queftion, & peut l’atteindre.
- 5. X C I I I.
- Te fuppofe donc que la caufe magnétifante §• 93-* j,. t a- j j Recherche
- a celfe d agir, que le fluide pur contenu dans aes centres
- le pôle 4L MS T eft à fon maximum d’accumu-d lation, diftribué de la manière la plus propre à le maintenir en cet état, enfin qu’il fe gèle & forme un corps folide. Il s’agit maintenant de déterminer fur l’axe B C, un point E, tei, qu’y plaçant le centre d’aétion de ce corps folide, il y demeure immobile.
- I. Appliquant aux parallélépipèdes LM S T»
- K N S T, les principes établis ci-delfus, ( Part- J.
- Ch. I. ) s il eft clair que le pôle LM S, T doit être confidéré comme placé entre deux parai, lfilépjpèdes égaux & femblables, dont l’un eft
- p.133 - vue 154/254
-
-
-
- ïj4 Origine des Forcés
- ,1e pôle KNST, & Mità?e, i?émpl| dë ‘fltfivï** combiné, eft appliqué au pi ail M, L pat une de fes extrémités ; là coupe dè cé dernier parallélépipède eft repréfentéé dans la figure pàr des lignes pôintéèk
- 2. Le centre d’a&ion ,-F * de ce dernier parallélépipède extérieur & plein de fluide combiné, eft évidemment le mêrfië que fort centre de figure.
- Les centres d’àéfion, D * E , des pôles KNST,LMST, font placés fèmblablèrnent xélativenient au plan ST, ( §. XC. n. 2. ).
- 4. Quant à l’intenfité des a étions, abftrac-' tion faite des diftances : j’obfèrverai d’abord qu’il faut confidérer dans les trois parallélépipèdes en queftion trois volumes igaux de fluide. Et puifque dans deux de ces parallélépipèdes nous faifons abftraétion d’une partie de leué Volumé, favoir de tout le fluide qui refte combiné dans les deux pôles (§. XC. n.i.), il feut rëtrancher du troifième une pareille quantité dont l’aétion fur le fluide pur eft détruite par une aétion égale & oppofée, D’ailleurs ces trois portions de fluide combiné n’agiflènt point les unes fur les autres, (§. XVIII. n. î.).
- 5. Ërivifageant donc feulement ce qui refté de fluide dans chaque parallélépipède, après qu’on en a déduit Cette quantité inutile à
- p.134 - vue 155/254
-
-
-
- M A GtN: itlttl* 13S confidérer, ( n. priée. ) , & cherchant l’aétion **-=•=* qu’exerce fur le pôle LM S T , chacun (jgs deux parallélépipèdes qui le touchent ; on verra 8*. II-qu’âbftraÉHon faite de la différence dé la dif-tance des centres d’aclion, (& en confervant les dénominations employées ci-dedus ), ces deux attractions font entr’elles dans lé rapport
- det^l : (lï+lÈl*1.C5J. VII. XII. >.
- a.2 a2
- Ce rapport réduit devient celui de 2 a : a + b.
- Tels'font donc.les nombres qui, dj viles pa.r le quatre des diftances, donneront le rapport des adions des deux parallélépipèdes’ oppofés fur le pôle L MS T.
- 6. Soit le demi-axe AB ou BC=i. Le point D étant le centre d’adion du pôle K NS T, ‘foit D A == E C = x. Et, par confé-quent, D B =sEB = i —x.
- 7. La diftance des centres E, D, fera 2 — 2x.
- Celle du centre E au centre, F, du parallélépipède extérieur, oc + — ( n. 2. ). Et les quarrés de ces diftances feront 4—8 oc + 4 oc oc?
- 8. Enforte que le rapport des forces attractives qu’exercent» fur le pôle LMST, les I iv
- p.135 - vue 156/254
-
-
-
- f
- Originé dés :Forces
- parallélépipèdes oppofés qui le touchent, fera ». . 2û . a+B
- mul do 4-»* + 4** ' «* + *+{
- 9. Or pour que le point E foie immobile, il faut que les forces oppofées qui le follici-tent foient égales j ainfî l’équation qui doit Jervir- à réfoudre le problème eft celle-ci.,
- -»* + 4« »* + * + ?
- Cette équation réfolue donne
- __< ° + .♦b.
- — 2* + 4*'
- =/<Hîü)-jîî&
- Ce qui doit nous déterminer dans le choix de la racine pofitive eu négative, c’eft cette condition fuppofée dans le problème, que le fluide pur ne- fort point du pôle auquel il appartient, enforte que x ne doit jamais fur-pafler l’unité, ni devenir négative.
- 10. Maintenant pour réduire cette expref. lion en nombres, & lui afligner une valeur déterminée, il faudroit connoître le rapport des quantités a & b.
- 11. Suppofons que la plus petite de ces deux quantités, b, s’évanouifle , (c’cft-à-dire que les élémens homogènes ne s’attirent point); dès lors la formule devient numérique. Car les allions des deux parallélépipèdes oppofés
- p.136 - vue 157/254
-
-
-
- Magnétiques. 137 font entr’elles quant à l’intenfité de l'attrac-e-g—— tion, dans le rapport de 1 : a. Et les quan- ch" Y. tités a, b, n’entrent point dans l’expreflion des a-difiances.
- En cifet, iuppoiànt par-tout dans cette formule b =5 zéro, nous aurons , en faiHnt ufage de"la racine négative, x = 5—= 0,38 environ.
- Ainfi dans cette fuppofition, le centre E fe trouve placé du côté C, entre le tiers & les deux cinquièmes du demi-axe B C.
- 12. Dès que b acquiert une valeur pofi-tive, le centre s’éloigne du point C, jufqu’à ce qu’enfin, lî b =3 a, le point E fe trouvera au milieu du demi-axe , comme l’indfque la fora mule, laquelle devient, en ce cas, x = | — 1 e=> 1. Et alors auffi le fluide pur fe trouvera diftribué uniformément dans chaque pôle.
- Telles font donc les limites entre lefquelles le centre d’aâion E fe trouve placé, tandis que la quantité b croit depuis zéro jufqu’à fon dernier terme d’accroiûement.
- 13. Si cette quantité b étoit négative, ( ce qui n’eft pas impoffible, (f. LVIII. n. i.))î le centre E fe rapprocheroit du point C, comme on peut s’en aflitrer au moyen de la formule.
- p.137 - vue 158/254
-
-
-
- ï$8 Origine des Force,s Mais cette formule devient .inutile dès que x = — —, parce que dès lors le problème eft du premier degré ; reprenant donc pour ce cas particulier l’équation qui a fervi à le réfoudre, on trouvera x =s J. Dès que b décroît au-deflous de cette quantité, il iàut employer la racine pofitive de l’équation, ( n. 9. ).
- 14. Enfin lorfque b = — la diftance E G s’évanouit, & le centre eft à la furfàce même du pôle, car alors la formule devient «= zéro. Ce cas eft le dernier auquel les conditions du problème foient applicables; & il eft même phyfiquement impolfible , puifqu’il fuppofe le *fluide pur de chaque pôle accumulé en entier fur la furface qui lui fert de borne. Ce cas eft donc la limite des cas poflibles.
- Ainfî les valeurs de b qui peuvent avoir lieu •& qui rendent poflible la folution du problème font comprifes entre les limites + a & —Et celles de x, entre zéro & f.
- §. X C I V.
- Le centre de gravité du fluide pur reftant immobile au point, E, que nous venons de déterminer » je fuppofe que le fluide fe dégèle
- p.138 - vue 159/254
-
-
-
- M A G N i f I Q.V E S. 139 & que fes élémens foient libres. Il s’agit d:._ _
- trouver l’arrangement que ces élémens pren- chap.' !!’ dront pour que le maximum d’accumulation n-ait lieu. Cet arrangement dépendant de l’aéti- Fie'12' vité de la. caufe qui tend à mouvoir les élémens du fluide accumulé, il faut d’abord con-iidérer d’une manière générale l’aâion que cette caufe exerce en divers points d’un même pôle.
- I. Tous les élémens du fluide pur, contenus dans le pôle L M S T, font pouffes par une force qui tend à les éloigner du point E. Et puifque cet état fubfifte dans tout le pôle , cette force eft moindre que la réfiftance produite par l’affinité du fer, ou elle eft tout au plus égale à cette réfiftance.
- i. Dans les couches les plus éloignées du point E, cette force eft plus grande que dans le voifinage de ce point.
- 3. Si dans le pôle LM ST, on conftruit un parallélépipède VZYU, femblabte à ce pôle, & femblablement placé relativement au point E s la force qui tend à éloigner les élé. mens du point E, fera à-peu-près la même fur toute la furfece de ce parallélépipède intérieur, VZYU. •
- 4. Et, par conféquent, cette force fera
- p.139 - vue 160/254
-
-
-
- 140 Origine bes Forces
- !..... anffi à-peu-près la même fur toute la furfocè
- c£p. iî* du Pole L M S T.
- Sea. il A la furface du pole L M S T , la force enqueftion eft la plus grande, & furpafle con-fidérablement celle qui s’exerce dans l’intérieur du pole. Car dans l’intérieur du fer, la réfiftance qui doit faire équilibre à cette force eft moindre qu’à la furface, parce que le fluide pur peut, fans ceffer de fatisfàire à fon affinité, ramper d’une particule de fer à une autre j au lieu qu’il ne peut fortir du fer, fans vaincre entièrement cette affinité.
- 6. Les affertions précédentes s’appuyent fur les confidérations faites dans la première partie (§§. XXI. XXII. xxm. ) relativement à l’arrangement du fluide pur dans l’intérieur d’une fphère, jointes aux propofitions communes fur les centres d’aâion.
- §. X C V.
- DenGt/’du ^ cau^® » flue je viens de confîdérer, a fluide pur fon effet î c’eft-à-dire, fi l’état d’équilibre, qui points'lu donne le maximum d’accumulation du fluide pôle. pUr a réellement lieu dans le pole L M S T î Fig' I2‘ on y reconnoitra les circonftances fuivantes.
- î. La force qui retient- le fluide pur étant plus grande à la furface» (§. préc. n. $:.)» c’eft
- p.140 - vue 161/254
-
-
-
- M A G N i T I Q.U E S. 141 auffi à la furface qu’il fera principalement accu---------
- “»“ Xi"
- 2. Abftradion faite de . cette confidération IJ. particulière, le fluide pur doit être [dus accumulé vers le centre jufqu’à un certain maximum, (§. XXIX. n. II.) , mais félon le fens perpendiculaire à l’axe, cette accumulation doit être plus fenfible du côté LM que du côté S T, puifque fur cette limite, S T, l’accumulation s’évanouit entièrement.
- 5. Faifant toujours abltraclioil de l’excès de fluide à la furface, produit par la caufe particulière indiquée au n. i.s l’arrangement du fluide pur le long de l’axe peut être repréfenté par la courbe AHBGC, formée de deux portions égales & feroblables, dont l’une B G C, placée au-deflus de l’axe, exprime par Tes ordonnées PI, E Ç, &c. la quantité de fluide A , qui abonde aux, tranches PI, E G , Sic.-, & dont l’autre B H A , placée au-deffous de l’axe, exprime par fes ordonnées Q_0, D H, &c. la quantité de fluide B, furabondante aux tranches Q_0 , DH, &c. Ces deux demi - courbes ont leur origine fur l’axe au point B, qui fépare les pôles. Et leurs deux plus grandes ordonnées paroiflaM devoir répondre aux points E, D, centres di?éüq|i de ehaquç pôle. Dans
- p.141 - vue 162/254
-
-
-
- i4* Origine des Forces —=*la figure chaque demi-courbe coupe l’axe de *"c£p L nouveau aux P°'nts A, C. Mais il eût été plus &S. II. exaâ de fuppofer quelqu’accumulation du fluide pur vers ces deux extrémités, ou du moins de laitier'cette circonftance indéterminée (i).
- S. X C V I.
- ç. 9s. Que les points X, R, (fig. 13.), repré-ctepartantfcntc,u c*eux élémens de fluide pur, placés à du centre la furface de l’un des pôles d’un barreau aimanté (du PoIe L M S T de la fig. 12.) entre l’équa-teur magnétique & l’extrémité de ce pôle ; del-qüels l’un, X, foit très - voifin de l’équateur, & l’autre, R, très-voifin de l’extrémité. Que
- ( 1 ) M. Coulomb ayant reconnu que les centres d’adtion d’un fil d’acier aimanté de gç .pouces font placés à dix lignes de fés extrémités, annonce qu’il fe propôfe de déterminer la courbe de denfité du fluide magnétique dans cé fil. “ Mais, ajoute ce phyficieif, „ il eft aifé de prévoir d’avance, d’après les expé-„ riences qui précèdent, que le lieu géométrique de 33 cette denfité ne peut pas être une ligne droite , 3, comme l’ont cru quelques auteurs J5. Ceci ,me fournit une remarque en faveur de mon .hypothèfe. Si le fluide magnétique eft unique, tel que M. Æpinus le conçoit, les centres d’adtion ne peuvent être fembla* blement placés dans les deux pôk| d’un même barreau magnétique, à moins quelira géométrique de.la
- p.142 - vue 163/254
-
-
-
- Magné t i q;u e s. 14Î les points D, E, placés fur l’axe, D E, du juksssk, a barreau, repréfentent ( comme ci-devant) les PcAhap.‘x‘ centres d’a&ion des deux pôles. Enfin, que les SeS-IL lignes X G, RF, expriment les forces égalés, qui lbllicitent les élémens X, R, à s’éloigner du point E.
- 1. Puifqüe les élémens dû fluide pur téfik tent plus à fe mouvoir pour foftirdu barreau, qu’à fe mouvoir dans le barreau, ( §. XCIV. n. f. ) î les forces X G, R F, n’agiffent pas fur les élémens, X, R, placés à la furface, comme elles agiroient fur deux élémens placés dans l’intérieur du barreau. Une partie de ces forces étant inutile pour faire fortir les élémens du barreau, la partie efficace pour cet
- denfité du fluide ne foit une ligne droite, ou quelque courbe ferpentine, que la pofition des centres, déterminée par expérience, doit faire exclure. Mais M. Coulomb S*eft afluré que' les centres d’un même barreau font femblàblemerit placés. Il Faut donc recourir à la fup-pofition de deux fluides magnétiques, pour expliquer la fituation des centres d’adion que M. Coulomb a reconnu avoir lieu dans la nature. Je n’ai pas employé cet argument dans la fedion fuivante où il auroit dû trouver place, parce que cette partie de mon ouvrage eft fous prelfe au moment où les Mémoires de t Académie des fciences de Paris pour 178Ç , qui contiennent ceux de M. Coulomb, me font parvenu^.
- p.143 - vue 164/254
-
-
-
- 144 Origine des Fondes effet peut être infuffifante , quoique d’ailleurs ces forces foient très-grandes. Pour déterminer cette partie des forces X G, R. F, qui tend à chaffer les deux élémens, X, R, hors du barreau, il faut décompofer ces forces félon la direction perpendiculaire à la furfacc du. pôle, &, par conféquent, à l’axe D E. En vertu de cette décompqlition, X G fe réfout dans les deux forces I G, XI; & R F, dans les forces H F, RH. Les forces, I G, H F, perpendiculaires à l’axe, D E, font les feules qui tendent à chaffer du barreau les élémens, X:, R ; & auffi long-temps que ces forces ne feront point capables de vaincre l’affinité du fer , elles feront détruites par cette réfiftance. Dès lors donc les forces XI, R H, agiffant feules, pourront être fuffifantes ou infuffifantes pour mouvoir les élémens dans le barreau le long de la furface, & félon la direction de l’axe, DE; mais ne pourront point chaffer ces élémens du fer auquel ils adhèrent. Enforte que tout l’effet des forces X G, R F, fera perdu, ou fe bornera à foire gliffer les élémens fur la furface du barreau.
- a. Dans le barreau aimanté, où l’équilibre eft établi entre la force motrice & la réfiftance, l’effet de ces forces, X G, R F, eft nuis ainfi tant les forces perpendiculaires, I G, H F, que
- p.144 - vue 165/254
-
-
-
- M A G N É T I Q.U E S> Hf que les forces parallèles à l’axe, XI, R TT. font infuffifantes pour mouvoir les élémens xhap */* X, R. Mais 11 l’on augmentoit ces forces , elles Se£i'IL pourroient enfin vaincre la réfiftance que leur oppofe l’affinité du fer. Or il eft un moyen d’augmenter les forces perpendiculaires, fans augmenter beaucoup les forces parallèles à Taxe, & même en diminuant Tune de ces deux dernières forces. Si Ton met donc ce moyen en ufage, oîi parviendra enfin à chafler le fluide du fer.
- . j. Pour bien concevoir ce moyen, fuppo-fons qu’on imprime à chacun des élémens, X,
- R, un choc égal partant du point D > enforte que le premier foit frappé félon la diredion D X, & le fécond, félon la diredion D R.
- Il eft certain que l’effet d’un tel choc fera d’augmenter les forces perpendiculaires IG, RF.
- 4. Les accroiffemens de ces forces, produits* par un tel choc, feront proportionnels aux finus des angles R D E, X D E. Et par conféquent,
- ( le choc étant égal pour X & pour R,
- (hyp. n. j.)), l’accroiflement de la force perpendiculaire, I G, de l’élément, X, voifin de l’équateur, fera plus grand que Taccrçifle-ment de la force perpendiculaire, H F, de i’éléraçnt, R, voifin de l’extrémité du barreau*
- K
- p.145 - vue 166/254
-
-
-
- 145 Origine des For ci s
- Part. II. ' 5. X C V I I.
- Chap. I.
- Maintenant, au lieu d’imprimer un choc [aux deux élémens, fuppofons qu’on diminue tout-à-coup l’intenfité de l’attradion qu’exerce fur eux le centre D.
- Fig. 13. 1. Il eft clair qu’en diminuant ainfi d’une
- certaine quantité la force qui pouffe ces élé-mens vers D, on produit* le même effet que fi l’on frappoit chacun d’eux félon la diredion oppofée à cette force. Et par conféquent, fi la diminution d’attradion du point D étoit également fenfible pour les deux élémens , la force perpendiculaire I G croîtroit plus que H F, ( §. préc. n. 4. ).
- 2. Mais puifque l’attradion de D fuit une loi inverfe de la diftance, la quantité de cette force , qui fe trouve détruite, eft équivalente à une force plus grande au point X qu’au point R : enforte que le choc dont X eft atteint, par l’effet de cette diminution de force attractive, furpaffe le choc qui frappe R. Et par confequent > l’effet de ce choc fur la perpendiculaire I G fera plus grand que fur H F.
- j. Il y a donc deux raifons qui concourent pour faire croître, en ce çss, la force qui tend
- p.146 - vue 167/254
-
-
-
- M A G N i T I Q. ü E S. 147
- à chaflèr X du barreau', plus que celle qui ....________,
- tend à chafler R. Psar. IL
- 4. Il peut donc arriver que, par la dimi- M.II. nution de l’attraclion du point D, la force I G atteigne, ou même furpafle, la force H F, quoiqu’avant cette diminution, celle-ci fût fupé-rieure à la première.
- y Et il peut arriver aufli que l’une & l’autre de ces forces, I G, H F, croüTent allez pour vaincre la réfiftance que leur oppofe l’affinité du fer, & par conféquent, pour chafler du barreau les élémens X, R.
- s. x c v 111.
- Suppofons maintenant qu’on enlève la partie §. 98.
- K N S T du barreau aimanté. réfaction **
- 1. Cette partie fera à l’inftant même rem-^P"1^-placée par le fluide magnétique ambiant, qui
- eft dans l’état de fluide combiné, ( §. LXXIV. n. 2.).
- 2. A l’inftant même aufli l’équilibre, établi entre la force^ motrice & la réfiftance, fera rompu par - tout où cet équilibre avoit lieu ;
- & l’attra&ion du point D fur les élémens X »
- R, fera co nfidérablement diminuée.
- j. Il pourra donc fe faire que tout le fluide gur accumulé à la fur face, s’échappe avec une
- K ï)
- p.147 - vue 168/254
-
-
-
- 148 Origine des Forces force à-peu-près égale, ou même qu’il s’échappe avec plus de force du côté X que du côté R, (5. fréc. n. 4. £.)•
- 4. A mefure que le fluide pur s’échappe de la furfece, il eft remplacé en partie par le fluide ambiant, en partie par le fluide homogène de la couche intérieure la plus voiGne, celui-ci en partie par le fluide qui vient de s’introduire dans le fer en partie par le fluide homogène de la couche intérieure fuivante, 8c ainiî de fuite.
- f. Il arrivera de là que par de continuelles fouftraâions de l’un des deux fluides magnétiques remplacés continuellement par du fluide combiné ambiant, l’équilibre fe rétablira. Et puifque ces fouftraélions peuvent être égales de part & d’autre, ou même fe faire en plus grande quantité du côté X que du côté R, il eft évident que le fluide A qui abondoit dans le pôle L M S T, fera plus rare vers l’équateur que vers l’extrémité, après l’établiflèment de ce nouvel équilibre, comme il l’étoit avant.
- 6. Enfin puifque les circonftances defquelles l’équilibre dépend, font l'attraction mutuelle des deux fluides, & la qualité du fer dont eft compofé le barreau, & puifque ces circonftances n’ont pas changé ; il paroit que l’équi-
- p.148 - vue 169/254
-
-
-
- MAGNETIQUES. 14? libre aura lieu, lorfque le fluide pur aura pris, dans le demi-barreau, un arrangement à-peu- j1' près femblable à celui qu’il avoit dans le bar- s,a- n-reau entier, enforte que la courbe B D A F C qui le reprélènte (jig. 14.) foit à-peu-près fem- Fig. 14, blable à la courbe A H B G C de la jig. 12. dont la moitié B I G C fe trouve ici marquée en points.
- S. X C I X.
- La confidération de l’état d’équilibre dont^ S. 99. je viens de m’occuper, me paroit importante d™Pi”cmiS. à divers égards. ftoÜSÆ
- I. C’eft cet équilibre qui maintient l’étatg^d“nr magnétique fans altération fenfible, pendant un temps indéfini.
- 3. Je crois que quelques procédés employés pour aimanter ont un effet qui dépend en partie de l’arrangement du fluide au maximum de magnétifation. Ces procédés rangent en quelque forte le fluide que d’autres procédés ne font qu’accumuler.
- J. Enfin cet équilibre me paroit néeeffaire à confidéter pour expliquer le phénomène qu’offre la leparation des pôles magnétiques, & les phénomènes analogues.
- Kiij
- p.149 - vue 170/254
-
-
-
- if® Orioine des Forces
- 5. C.
- Dans l’explication de ce phénomène j’ai fait s quelques abftraétions auxquelles il eil facile de fuppléer par l’expérience ou par la théorie.
- 1. On conçoit que fi, au lieu de retrancher .un pôle entier, on n’en retranchoit qu’une-
- partie, les effets ne changeraient pas de nature , & feroient feulement modifiés, l’équilibre devant s’établir dans une partie du barreau plus grande que fa moitié par des moyens abfolument femblables.
- 2. J’ai fuppofé que la courbe, qui repréfente l’accumulation du fluide pur dans le demi-bar-eau , eft à-peu-près femblable à celle qui repréfente cette accumulation dans le barreau.entier,. fans confidérer la différence qui réfulte du rapport entre l’épaiflèur du barreau & fa longueur. Cette différence eft prouvée par l’expérience, & M. Haüy l’a déduite de la théorie. Tous fes rai. fonnemens à cet égard s’appliquent à mon hypo-thèfe, comme je le ferai voir dans la feâion fui-vante. Ainfi il faudroit tenir compte de cette dit férence, fi jamais on tentoit des expériences fur le degré de magnétjfme que conferve la partie
- p.150 - vue 171/254
-
-
-
- M A 6 N i-T I Q.Ü-E S. Ifl féparée du barreau aimanté. Jufques-là il eft-r-— ms, inutile d’y avoir égard. ... ’ctap'.L
- 5. La réparation du pôle K N S T peut produire, fur les élémens X, R, (& fur-tout fur R), un choc fi fort, que, non-feulement les forces perpendiculaires, mais encore les forces parallèles à Taxe en foient confidérable-ment affedées. D’ailleurs fur l’axe & près de l’axe, prefque toute cette impulfion tend à augmenter la force parallèle à l’axe. Il doit donp s’établir un mouvement de tout le fluide homogène, A, accumulé dans le pôle L M S T, tendant à chafler le fluide félon la dire&ion de l’axe, dans le fens B fc, & à le faire fortir par la furrfaçe, M L,, qui termine l’extrémité du barreau. J’ai fajt abftradion de çe mouvement, i°. parce qu’ayant lieu dans l’intérieur du barreau, il ne peut s’exécuter que très-lentement , vu que l’affinité du fer le retarde fans cefle. Il arrivera de là que l’équilibre fera rétabli avant que ce mouvement parallèle à Taxe ait pu produire un effet fenfible. z°. S’il produit quelqy’effet fenfible, cet effet concourra en quelque fq^te aveç celui que j’ai an&. lyfé. ci-deffus. Car; la force qui fuffit à mouvoir le fluide dans le fer, ne fuffifant pas à le çhaflçr du fer, une partie de ce fluide s’aecifc Kiv
- p.151 - vue 172/254
-
-
-
- Origine des Forces
- ...... "n—- mùlera vers l’extrémité, ' M L, fans pouvoir
- ^cîiap ?* en ®tre chaflee par la même force qui l’y a *&#. IL poufl’ée. 30. Les expériences tentées fur cet objet n’ont pas été appliquées à des barreaux épais. On n’y a employé que des fils de fer, dans lefquels le rapport de la furface M L à toute la furface du pôle L M S T, étoit fort petit; enforte que la partie de fluide pur qui a pu s’échapper par cette furface, M L, nefem-ble pas mériter une grande attention.
- 4. Je ne parlé pas de quelques autres abC-tra&ions indiipenfables > dont j’ai fait mention exprefle avant d’entrer en matière, (§. XC.
- f. Le nombre des abftraétions néceflaires pour la folution de la queftion que je me fuis propofée, quelque confidérable qu’il foit, n’en altère pas la vérité au point de rendre inutile cette partie de nos recherches. Et quoique je n’aie pu réuflîr à préfenter cette folution fous une forme firriple & fatisfaifante à tous1 égards ; telle qu’elle eft néanmoins, elle mé paroit fuffire pour montrer que le phénomène •en queftion dépend de la caufe que je lui aflï-gne. J’aurois préféré de me borner à l’indiquer d’une manière générale ; & j’aurois pu fuivrè fans m’en écarter la méthode tracée par M.
- p.152 - vue 173/254
-
-
-
- M A G K É t I Q_u É S. If J
- ÏEpinus (i), mais j’ai cru devoir entrer dans——er— plus de détail par cela même qu’en ce cas je c'hap.'ï’ donne à mon hypothèfe une préférence parti- s,a-U' eulière fur celle de ce phyficien, comme on le verra dans la feétion fuivante. J’ai donc fait ce qui dépendoit de moi pour expoler clairement la difficulté de cette folution & les moyens d’y parvenir.
- 6. En réfléchiffant à l’expérience qui a donné lieu à cette recherche, j’ai penfé que, pour la faire réuffir, il faudrait la tenter fur un aimant d’une forme très-différente de celle d’un fil de fer. Je fuppofe qu’on fit ufage d’un aimant artificiel compofé de deux fphères de fer mifes en contaâ ; cet aimant étant tel, que les deux fphères dont il eft compofé fuffent fes deux pôles, fi on féparoit ces deux Iphères, non brufquement, mais avec lenteur, peut-être ob-tiendroit-on un effet nouveau.
- 7. Si, par quelqu’artifice de ce genre, on pouvoir iloler un pôle j & fi, par quelqu’autre artifice, on parvenoit à déterminer, par voie d’expérience , le lieu du minimum d’accumulation du fluide pur i on aurait un moyen indi-
- ( O Tentamen theorix ekSricitatis & magne-tipni $. 98.
- p.153 - vue 174/254
-
-
-
- if# Origine des Forces reâ de déterminer la loi que fuit l’attraéliori magnétique relativement à la diffance. Si, par exemple, ce minimum d’accumulation avoit lieu aux | du rayon, on en conclurait la loi de l’in, verfe du quarré, (§. XXIX. n. n.).
- SECTION III.
- Comparaifon de cette hypothèfe avec celle de M. Æpinus.
- 5. C I.
- r. L’hypothèfe que je viens d’expofer explique les phénomènes de la même ihanière que l’hypothèfe dynamique de M. Æpinus, ( avec quelques changemens d’expreiTion faciles à fup-pléer), auffi long-temps .qu’il n’efl pas befoin de fuppofer que le fluide entre dans le fer & qu’il en fort ; mais dès qu’on admet cette fup-pofition, &par conféquent dès qu’on fe repré-fente le fluide magnétique comme répandu hors du fer, les deux hypothèfes diffèrent effentiel-lement, & ne peuvent plus.fe remplacer mutuellement dans l’explication des faits que nous offre la nature.
- 2. Il me fuffira donc, quant à la partie dp ces faits qui ne fuppofe point la tranflation du fluide hors du fer, ou fon introduction dans le
- p.154 - vue 175/254
-
-
-
- M A G N i T I a U B S.' If J
- feri de montrer là parfaite coïncidence des. ' i deux hypothèfes, pour qu’on admette la mienne ,
- dans répugnance avec autant de confiance qu’on HI. admet celle de M. Æpinus. A cet égard même je ferai voir que la mienne a quelqu’avantage.
- 3. Quant à la partie des phénomènes qui fuppofe la fortie du fluide hors du fer & fort? entrée dans le fer, je montrerai l’infuffifance de l’hypothèfe de M. JEpinus, & la préférence que mérite la mienne.
- Article I.
- nfotÆ^.des deux hypothèfes moyennant une Jp* ïjfj feule reJhiBion.
- 5. CIL
- M. Æpinus forme fon hypothèfe des cinq §. conditions fuivantes. de m
- 1. Il exifte un fluide, qui produit tous les”uî‘ phénomènes de l’aimant, & qu’on peut par cette raifon appeler magnétique. Ce fluide eft très-fubtil, & peut traverfer librement les pores des corps de toute efpèce. Le molécules de ce fluide ont la propriété de fe repoufler mutuellement.
- a. Ce fluide n’éprouve aucune aélion de la
- p.155 - vue 176/254
-
-
-
- r—1-» . plupart des corps de l’univers. Ces corps ne Ompji!' l’attirent , ni ne le repouflent.
- Se#, ni. Mais il y a un corps dont les particules attirent le fluide magnétique & en font réciproquement attirées. Le corps doué de cette propriété eft originairement le fer, & accidentellement les corps qui contiennent du fer (i).
- 4. Le fluide magnétique fe meut très-difficilement dans le fer.
- y. On ne connoît aucun corps dont les particules attirent le fluide magnétique & qui cependant ne gêne point fon mouvement. Mais à cet égard, il y a quelque différence éntre les diverfes efpèces de fer. Dans le fer mou, le fluide magnétique fe meut plus aifément que ..dans le fer dur (2).
- §. C I I L
- Rapproche- 1‘ M. Æpinus, après avoir prouvé que deux SS* uedes^crs t*ans *®tat naturel n’exercent aucune aélion deuxhypo-
- thèfes.----------------------------------------------------
- ( i ) Ces deuxième & troifième fuppofi rions refl femblent à celles qu’a employées le P. Scarella, (de magnete S. 51. ) dont le fyftême n’a d’ailleurs aucun rapport avec celui de M. Æpinus.
- (2 ) Tentamen theoria electr. & magnet. §. 3. Ex-pojition de la théorie du magnétifme par M. Haiiy, I,
- p.156 - vue 177/254
-
-
-
- M fi ' G N I T I Q_ U E S. IJ7 l’un fur l’autre, pafle au cas où il y auroit — .T accumulation ou raréfaction du fluide dans le Ç-fer, & s’exprime ainfi. Seh. III.
- a Soit un morceau de fer dans l’état naturel,
- » c’eft-à-dire, contenant la quantité de fluide » naturelle, que j’appellerai Q. Si une molé-jj cule de fluide magnétique eft placée à la fur-„ face de ce fer, elle fera attirée par la mafle » du fer, & repouflee par le fluide contenu }j dans fes pores. Appelons a la force d’attrac-„ tion, r la force de répulfion qu’éprouve la jj molécule. La force totale par laquelle cette „ molécule fera pouflee contre le fer fera donc „ = « — r. Et puifque le fer eft dans l’état » naturel, il contient du fluide magnétique ,j précifément autant que fa force d’attradion jj en peut retenir, enforte que l’adion qu’il » exerce fur la molécule placée à fa furface,
- „ c’eft-à-dire a — r — zéro. Concevons main-jj tenant qu’on ajoute au fluide, contenu dans ,j le fer, une certaine quantité de ce même » fluide, & qu’on la diftribue uniformément „ dans toute fa mafle. Soit le rapport de cette „ quantité ajoutée, à tout le fluide que le fer jj'coiatenoit dans l’état naturel, celui de et: Q.
- „ Dès lors la répulfion qu’éprouvera la molécule,
- „ ( étant proportionnelle à la mafle du fluide ),
- p.157 - vue 178/254
-
-
-
- ifg Origine dés Forcés
- -----„ fera CQ^+îi-T. L’attraâion fera la même
- Part. II. Q.
- îla^lii. » que ei - devant, ( la malle du fer n’ayant pas „ changé ). Ainfl la molécule fera attirée par „ le fer avec la force a — r — Et puifque n a — r «= zéro s la force avec laquelle la mole-„ cule eft pouflee contre le fer =s — >
- „ c’eft-à-dire, que le fer repoufle la molécule „ avec la force (l)-».
- 2. Cette propofition eft la bafe de toute la théorie du magnétifme. Qu’il me foit donc permis de la traduire dans le langage de mon hypothèfe.
- Soit un morceau de fer dans l’état naturel, ( c’eft-à-dire, contenant du fluide combiné jufqu’à faturation, ou bien en même quantité que tout autre volume égal de l’elpace, ( §. LXXVIII. n. 2. ) ). Que la quantité de fluide combiné contenue dans ce morceau de fer ioit appelée 2 Qj (& par conféquent celle du fluide pur de chaque efpèce, Q_). Si un élément de fluide
- ( l ) Tint, thcor. eleâr. & magn. S., io. Expof. de la théor. de VéleHr. & du magn. par M. Haüy. $5. lot. gf 6.
- p.158 - vue 179/254
-
-
-
- Magnétiques, i?q
- pur, (par exemple, de fluide A), eft placé-——-i la furfàce de ce fer; il fera attiré par le chàj'i!' fluide pur de chaque efpèce, B, qui fe trouve III-contenu dans le fer, plus que par la moitié du fluide combiné que contient un volume égal de fluide ambiant ; au contraire, il fera attiré par le fluide de fon efpèce, A, qui fe trouve dans le fer, moins que par l’autre moitié de fluide combiné ambiant. Appelons a l’excès d’attraâion du fluide intérieur, B ; & r l’excès d’attraélion du fluide extérieur combiné. La force totale par laquelle l’élément de fluide pur fera pouflê contre le fer, fera donc = a—r. Et puifque le fer eft dans l’état naturel, il contient du fluide combiné uuiqüement, & il en contient jufqu’à faturation, (ou, ce qui revient au même (§. LXXVIII. n. a.), il en contient précilément autant que pareil volume de fluide ambiant), enforte que l’aétion qu’il exerce fur l’élément de fluide pur placé à la furface du fer eft nulle, (5. XX. n. a.), & par conféquent a — r — zéro. Concevons maintenant qu’on ajoute au fluide contenu dans le fer, une certaine quantité de fluide A, & par conféquent, qu’on retranche la même quantité de fluide B, (afin que la faturation du fer aie lieu comme auparavant ($. LXVill. n. a |) )|;
- p.159 - vue 180/254
-
-
-
- i6o Orisine de.s Forces qu’on diftribue uniformément dans la maffe du chtT' ï*’ ^er cet exc^s Pur' ®°*t *e raPPort de
- SiH.Ili. cette quantité de fluide A furabondante, à tout le fluide A contenu ci-devant dans le fer, celui
- de — : Q. Dès lors la force avec laquelle l’élément A fera pouffé hors du fer, ( étant proportionnelle à la quantité du fluide A ), de-
- (CL+ 1
- . Et la force avec laquelle
- ce même élément A fera pouffé dans le fer , ( étant proportionnelle à la quantité du fluide
- B), deviendra
- (Q.--£) *
- Ainfi l’élément
- Q.
- fera attiré par le fluide contenu dans le fer
- , r (Q.— -)«_CQ.+v-,y
- avec la force___________;_— i Et
- a Q-
- puifque a — r = zéro , la force avec laquelle l’élément eft pouffé contre le fer = — ,
- c’eft-à-dire que l’élément s’éloigne du fer avec la force
- 3- Cet exemple de la conformité des hypo-thèfes, (en tout ce qui ne dépend point de la
- p.160 - vue 181/254
-
-
-
- 1ÏA0KÉTIQ.UËS. 161
- la fortie & de l’entrée du fluide) me p1’'-''*-fuffire, parce qu’il eft tiré de la proportion f(r-lur laquelle repofe toute la théorie. Comme as. là. dans la clafle de faits dont je viens de parler, cette théorie, ou les conféquences de cette première propofition ont été déduites par M.
- Æpinus avec tout le foin & toute la fagacité poilible ; il me paroit que je ferois ce qui eft fait, iî je répétois ici toutes ces propofitions en n’y changeant que les termes.
- 5. CIV.
- 1. Il eft encore une autre voie, pour s’aifu- §. I04. rer de.cette conformité, qui confifte à faire fucceflivement des changemens à l’hypothèfe tiî«e. de M. Æpinus, qui n’en altèrent pas les réful-
- tats, & par lefquels on arrive enfin à mon hypothèfe.
- Comme cette analyfe eft une très-bonne preuve de l’identité des hypothèfes, & qu’elle efl; d’ailleurs curieufe, je donnerai ici la fuite des changemens qu’elle exige : mais je fuppri-merai le détail des conféquences, ou des effets réfultans de chaque changement, dont j’ai fait une recherche exacte & détaillée, mais qui tiendroit ici trop de place.
- 2. Avant tout il faut fe rappeler que la cou.
- L
- p.161 - vue 182/254
-
-
-
- 162 Origine des Forces formité des hypothèfes n’a lieu qu’autant que, Chap’ï ^ans ce^e de Æpinus, on fait abftraétion
- Se£t. III. totale du fluide extérieur au fer. Ainfi cette hypothèfe peut dès lors être énoncée ainfi. v i°. Il exifte un fluide dont les molécules fe
- repouflent mutuellement.
- z°. Ce fluide eft emprifonné dans le fer.
- 3°. Il s’y meut difficilement.
- 4°. Ce fluide eft attiré par le fer & réciproquement
- j°. Le fer repoufle le fer.
- 6°. Ces attractions & répulfions fuivent la même loi rélativement aux diftances (i).
- 3. Voici maintenant les fept changemens fucceffifs par lefquels on ramène cette hypothèfe dynamique à Phypothèfe phyfique que j’ai propofée, làns que les phénomènes qui en réfultent changent fenfiblement.
- Premier changement. Tout reliant d’ailleurs comme dans Phypothèfe que je viens d’énoncer; je fubftitue au fer folide, du fer fluide; mais je fuppofe que quelqu’obftacle le contienne dans les mêmes limites qu’il occupoit
- (1) Voyez ci-deflous §. CV. n. 4. la juftification de l’énoncé de ces deux dernières conditions que M. JEpinus admet tacitement.
- p.162 - vue 183/254
-
-
-
- M A G N i T I Q_V E S. ifij avant ce changement. Enforte que le fer & le -
- fluide conjointement rempliffent exaâement ç“T'ï[’! l’efpace compris entre ces limites, & n’en for- ** iIT-tent point; ce qui fuppofe que ces fluides font continus.
- Second changement. Je rends au fer fa foli-dité ; & je ne lui attribue aucune vertu, fi ce n’eft d’emprifonner les deux fluides continus introduits par le premier changement.
- Troifième changement. J’ôte à ces deux fluides continus toute vertu répulfive. Je fubftitue à cette vertu faction de ces mêmes fluides, combinés , rempliflànt tout l’efpace, & doués de deux propriétés, favoir, i°. d’une affinité particulière , qui confifte en ce que les molécules de différens fluides s’attirent plus fortement que celles du même Suide, a°. De la faculté de pouvoir fe décompofer dans le fer, & jamais hors du fer. -
- Qtiatriètne changement. A deux fluides continus, je fubftitue deux fluides difcrets; mais avec cette condition que les molécules de ces fluides foient toujours placées à une dillance confiante de leurs voifines.
- Cinquième changement. Je modifie deux propriétés du fluide magnétique, favoir , i°. la fécondé de celles qui font énoncées dans l’hy-L ij
- p.163 - vue 184/254
-
-
-
- iS4 Origine des Forces b——— pothèfe de M. Æpinus telle que je l’ai préfeft-ChaT ? t£e tout-à-l’heure ( n. 2. ), laquelle confille en *<s. 111. ce que ce fluide eft emprifonné dans le fer. 2°. La fécondé de celles que j’ai introduites dans le troisième changement, qui confille en ce que le fluide peut fe décompofer dans le fer feulement. Je fuppofe que ces conditions ne font pas rigoureufes, mais qu’elles ont lieu autant qu’il eft néceflaire pour que les phénomènes n’en foient pas fenfibiement altérés.
- Sixième changement. A ces deux conditions ainfi modifiées, j’en fubftitue une feule, lavoir, que ces deux fluides ont avec le fer une affinité qui ne s’exerce qu’au contaâ ou k très-peu près, & qui, à ces petites diftances, l’emporte fur celle des deux fluides entr’eux.
- Septième changement. Au lieu de fiippofer que les molécules des fluide*, font à des diftances confiantes & immobiles, je fuppofe que ces diftances peuvent varier, & que, par conlê-quent, ces fluides , foit épars, lbit combinés , font fufceptibles de condenfation & de raréfaction ; mais que leurs molécules font agitées & ont en elles-mêmes une caufe perpétuelle de mouvement. En d’autres termes, je fubfti. tue des fluides expanfifs naturels aux fluides
- p.164 - vue 185/254
-
-
-
- M A G N i. T I Q. U E S. \6f
- artificiels que j’ai employés dans les précé-.....
- dentes modifications de l’hypothèfe. PÆp* V
- 4. Eh fuivant avec exaditude les effets de Sett. IlL ces fept changemens (n. $.),.& en ufant des principes établis dans la première Partie de cet ouvrage, on s’affurera de la parfaite conformité de l’hypothèfe phyfique que j’ai propofée ( §. LXXIV. ) , & de l’hypothèfe dynamique de M. Æpinus ( §. CIII. ), moyennant une feule reftridion , énoncée ci-deflus ( §. CI. n. 1.)» & exprimée dans le réfumé de l’hypo-thèfe fait au commencement de ce comme en étant la fécondé condition.
- Article IL
- Irrégularité.
- §. C V.
- 1. j’ai dit (§. CIII. n. 1.) , que M. Æpinus §. ioç. prouve que deux fers dans l’état naturel 11e tac^t°"Jet!on s’attirent, ni ne fe repouffent. Cependant M. Jîyjfthèfe Æpinus ne déduit pas ce fait de fon hypo- Æpinus. thèfe : il fe contente de le prouver par l’expérience (1).
- (1) Tentamen theoriœ ekéîr. & magnetifmi^ a.
- Æpino. §. 8. Expojit. de la théorie de VélcUr* du magnétifme par M. Haüy. §§. 95. 5. )
- L ii>
- p.165 - vue 186/254
-
-
-
- î66 Origine des Forces
- i ------ z. De ce fait d’expérience M. Æpinus con-
- ïaet.H. ciU(js par divers raifonnemens très-juftes, que Seft. III. fi l’on admet les cinq conditions de fon hypo-thèfe, il fuit néceflàirement, i°. qu’à une dif-tance quelconque, d’eux fers dans l’état naturel font tellement? conftitués que les quatre forces magnétiques qu’ils exercent l’un >fur l’autre « font égales. ( Ces quatre forces font l’attraction du premier fer & du fécond fluide, l’at-tra&ion du fécond fer & du premier fluide ; la répulfîon des deux fers, la répulfïon des deux fluides). 2°. Que toutes ces quatre forces fui-vent la même loi rélativement auxdiftances (i)« Puifqu’un fait que les cinq conditions de l’hypothèfe ( §. CIL ) n’expliquent point, mène à cette double conféquence (n. 2.) & non à aucune autre conféquence indépendante de celle-là j on en peut conclure avec aflurance qu’én prëhànt cette double conféquence pour donnée, l’hypothèfe expliquerait le phénomène. Et c’eft auffi ce dont il eft très-facile de s’af. furer en détail.
- 4. Mais il eft certain que l’hypothèfe, pour être admife, doit expliquer tous les phénomènes, & et? particulier le fait en queftion que
- (1) Ibid. Tent. &c. 5. 30. n. 2. Expqfit. &c. §§. 19.16.
- p.166 - vue 187/254
-
-
-
- M A G N É T I a U E S.' I«7
- la plus fimple expérience certifie & qui eft uni—.... —
- fait univerfel & principal dans cette matière. Pchap.’ î!’ Donc cette double conféquence ( n. z. ), ne Sea-IIL peut être enviiàgée que comme une condition tacite (foit fimple, foit double) de l’hypothèfe de M. Æpinus, & il eût été plus régulier de l’énoncer à la fuite des cinq autres. Il me paroit qu’il eût fuffi d’énoncer dans cette nouvelle condition, la propriété répulfive du fer & l’identité de la loi de ces forces rélativement à la diftance, comme je l’ai fait dans le réfumé de cette hypothèfe ( §. CIV. n. z.)> parce que, ces conditions pofées, le cas de l’égalité des forces eft une hypothèfe particulière fubor-dorinée à l’hypothèfe générale, laquelle eût donné régulièrement l’explication du phénomène qu’offre le fer dans l’état naturel.
- f. Dans mon hypothèfe phyfique l’une de ces conditions eft remplacée par la confidération du fluide répandu hors du fer : l’autre condi-. don eft remplacée par la loi relative aux diftan-ces, que j’ai formellement énoncée dans les conditions de l’hypothèfe, (§. LXXIV. n. 4. ),
- & comparée aux principés phyfiques (§.LXXVII. n. a. ), & dynamiques ( §. LXXIX» n. 5. ), que j’ai adoptés.
- p.167 - vue 188/254
-
-
-
- iS8 Orioine des Forces ‘part.n. Article III.
- Chap. I.
- Sc3. III. Difficulté.
- 5. CVl
- 5. io«. L’addition d’une ou de deux conditions n’* SêS- d’autre inconvénient que de compliquer l’hypo-culté que thèfe i ainfi la remarque précédente n’attaque ï’hjpôthèfe point l'hypothèfe de M. Æpinus , ou l’attaque ffipüut! foiblement. Elle ne l’attaque point dans l’efprit des phyficiens qui avoient admis cette hypo-thèfe en fuppléant expreffément la condition tacite dont il eft queftion. Elle l’attaque foiblement dans l’efprit des autres, puifqu’elle ne fait qu’y indiquer un peu plus de complication , & non aucune contradiâion, ni aucune infuffifance.
- J’ai à propofer maintenant une difficulté plus confidérable contre cette hypothèfe. Et cette difficulté eft tirée de la confidération du fluide répandu hors du fer , comme je l’ai annoncé ci-deflus, ( §. CI. n. 3,).
- I. M. Æpinus admet que le fluide magnétique eft répandu hors du fer. Cela paroît 1°. par les expreffions qu’emploie cet auteur en défignant les propriétés 1. & 4. de fon
- p.168 - vue 189/254
-
-
-
- Magnétiq.ves« 169 fluide, (1) 20. par l’explication que donne ce—== phyficien du phénomène produit par la fépara- chap. l * tion des pôles d’un barteau aimanté. J’ai expli- Se&' qué ce phénomène avec détail ci-deflus »
- ( §§. LXXXIX & fuiv. ). C’eft aulîî en fuppo-fant l’entrée & la fortie du fluide magnétique dans le fer & hors du fer , que M. Æpinus rend raifon de ce phénomène (2). M. Haüy a refufé de le fuivre dans cette' explication , qui ne lui a pas paru fatisfaifante. Ce phyficien attribue l’imperfe&ion * qu’il remarque ici dans la théorie, à celle de nos connoiflànces fur la nature des agens d’où émanent les forces magnétiques ( 3 ). 3°. Il eft encore quelques autres circonftances où M. Æpinus fuppofe le fluide extérieur & fon mouvement d’entrée & de fortie (4).
- 2. Comme qu’on divife les phénomènes réla-tivement à la théorie qui doit les expliquer, il ,eft certain qu’on trouvera celle de M. Æpinus infuffifante à quelqu’égard.
- f( 1 ) Voyez ces expreffions extraites fidellement ci-deflus, §. CIL
- (2) Tent. theor. eletir. &magn. §§. 98.99- &feQ-
- (3) Expqfit. de la théorie de TéleÜr. £«? du magn. f. 127. J’ai cité ce paflage dans la préfade.
- (4) Tent. &c. §. &c. &c.
- p.169 - vue 190/254
-
-
-
- 170 Origine des Forces —— 1°. Si on n’admet point de fluide magnétique
- ChaîT’/1* r^pandu hors du fer, le phénomène de la fé-Sea.m. paration des pôles demeure inexpliqué , ainfi que quelques autres qui dépendent de la même caufe. Certains fers poflederont des quantités de fluide non proportionnées à leurs mafles , & feront pour toujours doués d’un feul pôle, ce qui eft contraire à la vérité.
- 2°. Si on admet le fluide magnétique répandu hors du fer, (ainfi que fait M. Æpinus), il devient inévitable d’examiner fon influence fur les phénomènes magnétiques. C’eft là ce que M. Æpinus n’a pas fait, fi ce n’eft qu’à l’occa-fion du phénomène de là réparation dés pôles, & autres femblables , il a fuppofé que ce fluide peut fortir du fer & y entrer du dehors.
- §. CVII.
- Cette dSfi ® l’on vouloit, dans l’hypothèfe de M. Æpi-cnite'fe pré-nus, rechercher l’influence du fluide répandu une vraie h°rs du fer , fur les phénomènes magnétiques ; objeftion. faudroit d’abord définir la nature dé ce fluide avec un peu plus de foin, je fuppofe que la propriété répulfive , dont fes molécules font douées, en ferojt un fluide expanfif, & par conféquent, fufceptible de condenfation & de raréfadion.
- p.170 - vue 191/254
-
-
-
- M À G N É T I a W E S. 171
- 1. Cela étant, il me paroit que , dans l’état ===== naturel, deux fers ne s’attireroient pas; & cela c*hap ' 1!" par les mêmes raifons que dans mon hypothèfe, S‘8.111. ( Voyez S. LXXX. ).
- 2. Dans le voifinage d’un pôle négatif, le fluide ambiant fe condenferoit, & réciproquement.
- 3. Cela étant,. il femble qu’il s’établiroit, par ce mouvement du fluide, une elpèce d’équilibre , qui empêcherait que des barreaux aimantés n’agiflènt les uns fur les autres. Car c’eft ainfi que, dans l’état naturel, l’équilibre du fluide ambiant prévient toute action, ( Voyez 5. LXXI. n. 4.).
- 4. Qu’on approche, par exemple, les pôles pofltifs de deux barreaux aimantés. La quantité excédente de fluide magnétique , que ces pôles contiennent, tend bien à produire une répul-fion} mais d’un autre côté, comme le fluide ambiant devient beaucoup plus rare entre les deux barreaux qu’aux extrémités oppofées, le fluide contenu dans les pôles voiflns doit, pat cette raifon, tendre à fe rapprocher. Enforte qu’il doit y avoir compenlàtion , & que les barreaux doivent relier immobiles.
- f. Il paroit réfulter de cette conlidératioit, une objection folide contre l’hypothèfe de M.
- JEpinus ; puifqu’en l’admettant, on ell forcé
- p.171 - vue 192/254
-
-
-
- Vft, Origine des Forces i ou de renoncer à l’explication d’un , & mèmè ^âôip ? de plufieurs phénomènes importons ; ou de St&. III. fuppofer un fluide hors du fer qui renverfe l’explication des phénomènes les plus Amples. 11 faut auffi ajouter que C on n’admet point que le fluide magnétique eft répandu hors du fer ; la fuppofuion de ce fluide mobile, & exaâement prifonnier dans le fer, eft peu naturelle (i).
- Conclujîon.
- S. C V I I L
- 1. Soit que ces inconvéniens frappent, ou Dé^nVe8dene fraPPent P°>nt ; il me parolt du moins que "mkyfo- l’hypothèfe que j’ai propofée a l’avantage de
- reculer un peu les bornes de nos connoiflances à cet égard ; puifqu’elle fubffiitue des attraâions aux répuliions, & même des impullions aux attraâions.
- 2. Quelques perfonnes trouveront peut-être que c’eft un inconvénient de cette hypothèfe d’expliquer un phénomène auffi particulier que le magnétifme , par une caufe auffi générale que le fluide magnétique tel que je l’ai défini.
- Mais, i". à cet égard l’hypothèfe de M. Æpi-nus n’a pas fur la mienne d’avantage, puifque ,
- (0 Vojr. une autre objection, §. XC V. à la note, p. 14e.
- p.172 - vue 193/254
-
-
-
- Magnétiques. 17^
- pour expliquer les phénomènes , elle eft obligée.
- d’admettre un fluide aulîî généralement ré- Q^ap ?* pandu hors du fer que le mien, (§. CVI. n. 2. ). Se£K ÏIL 2°. Quelle que foit la caufe du magnétifme,
- (à moins qu’on ne croie que les corps agiflent à la diftance ), il faut bien fuppofer que quelque fluide fubtil , répandu univerfellement, intervient dans les phénomènes de cette clafle.
- 50. J’indiquerai quelques effets du fluide magnétique hors du fer , qui rendront fon existence encore plus vraifemblable, (Voyez Chap. fuiv. Seiï. III.').
- Ce feroit ici le lieu de parler des autres hypothèfes , inventées pour expliquer les phénomènes du magnétifme, de comparer ces hypothèfes avec la mienne, & de les exclure. Mais j’ai renoncé à ce travail, à caufe de fà longueur & de fbn inutilité, vû la grande Supériorité de vraifemblance qu’a l’hypothèfe de M. Æpinus par deflus toutes celles qui ont été imaginées avant ou après lui (1).
- (1) Je cite dans la note fur le §. CXXIV. n. 2. un paflage de M. de Buffon qui contient un apperqu de fon fyftême fur le magnétifme. Ce fyftéme n’a aucun rapport avec celui de M. Æpinus, & n’eft point ex-pofé avec la même précifion. D’ailleurs il me paroit ne pouvoir à aucun égard foutenir la comparaifon.
- p.173 - vue 194/254
-
-
-
- 174
- Remarque
- CHAPITRE II.
- Application de la caufe du magnétifme à quelques effets particuliers.
- §. C I X.
- §. 109. Je raflemblerai dans ce chapitre quelques re-Inttoduc- marques détachées, que je n’ai pas cru devoir omettre , & qui ne pouvoient fe lier entr’elles d’une manière naturelle , qu’en donnant une autre forme à cet ouvrage. Quelques-unes de ces remarques ont peu d’importance, mais dans une matière encore allez nouvelle, telle qu’eft la faine théorie du magnétifme , il 11e faut laiffer perdre aucune vérité : le feul égard qu’on doive aux lecteurs philofophes eft, fi je ne me trompe, de ne leur offrir que des vérités, & d’éviter de répéter celles que d’autres ont déJ veloppées. J’ai mieux aimé m’appliquer à remplir ce but autant qu’il dépendoit de moi, que de courir le rifque de m’en écarter par des tranfitions & un ordre trop recherchés. La partie des remarques contenues dans ce chapitre qui a le plus d’intérêt, eft celle qui concerne le magnétifme naturel du globe terreftre ;
- p.174 - vue 195/254
-
-
-
- D É T A C H i E s.’ I7f
- foit p^rce que ce fujet eft important & curieux «
- en lui-même , foit parce qu’il m’a fourni l’oc-cafion de donner l’extrait d’un mémoire de s‘a-1-M. Æpinus qui n’eft pas auffi connu que fon ouvrage fur l’éleâricité & le magnétifme.
- SECTION PREMIÈRE.
- Remarques détachées relatives ail magnétifme du fer & des corps ferrugineux.
- R E M A R Q_ U E I.
- Sur farrangement de la limaille autour d’un barreau aimanté.
- §. c x!
- La limaille de fer, préfentée à un aimant, §. no. fe range d’une manière particulière. M. Æpinus coSnrfe1ïà a expliqué cet arrangement, en comparant^ chaque particule de limaille à une aiguille fort tance de l'ai, petite. Une aiguille aimantée affecte une fitua-fes pôles, tion différente fuivant la place où elle fe'trouve relativement aux pôles de l’aimant. Et il y a une courbe telle , que fi on la couvre de petites aiguilles, celles-ci ferviront de tangentes à la courbe. Cela fuppofe à la vérité que les centres de rotation des petites aiguilles font fixés fur la courbe. Mais le frottement, ou l’obfta-
- p.175 - vue 196/254
-
-
-
- *5?
- 17 6 R E M A R Ql U E S
- t.Ip qui arrête la limaille, pofée fur du papier,.
- ou fur quelqu’autre corps analogue, fuffitpour * /• fixer ces centres (i).
- i. Cette explication ne me paroît pas.fuffi-fante, parce qu’il y a une circonftance dont elle ne rend pas railon, lavoir , l’inégale den-fité de la limaille, à diverfes diftances de l’aimant & de chacun de fes pôles. ïg.is. 2. Soient les points D, E, (fig. if.), les centres d’adion d’un barreau aimanté. Soit DB=BEj & B A perpendiculaire fur le milieu de D E.
- L’expérience prouve, i°. qu’au point A la limaille eft plus denfe qu'au point G, plus voifin du barreau, le point A étant placé dans certaines limites. z°. Qu’à diftances égales du barreau, la limaille eft plus denfe près des pôles, D, E, que près du point B, placé au milieu de l’axe D E.
- 5. Suppofant un obftacle général, & partout le même, tel que le frôttement du papier ; là où la force, qui doit le vaincre, fera plus grande , la limaille franchira l’obftacle.
- ( 1 ) Tent. th. eleftr. & magn. a. Æpino. §§. 297 — 306. Expojit. de la thc'or. de léleftr. du magn.. par M. Haüy, §. 159.
- Mats
- p.176 - vue 197/254
-
-
-
- Détachées; 177 Mais dès qu’elle arrivera vers le lieu où la force & la réliftance fe font équilibre, elle s’arrêtera. Ainfî elle s’accumulera vers cette limite, & au de là elle fera fort rare. Il ne s’agit donc pour expliquer le phénomène que de rechercher en quel endroit la force attraélive, qui pouffe la limaille fur le barreau , ell plus grande. Or il eft aifé de s’affurer, i°. qu’elle ell plus grande au point A qu’au point G, tant que le point A ne paffe pas certaine limite. 2°. Qu'elle eft plus grande près de l’un ou de l’autre pôle D, K. que près du point B. Par conlequent li le point G eft choili tellement que la force attrac. tive ne puiffe plus vaincre la léliftance, la limaille fe condenfera entre les points A & G, & fera fort rare entre G & B. De même dans le fens D E, elle fe condenfera entre les centres D, E, & la limite qu’elle ne peut franchir.
- 4. On conçoit d’ailleurs que les points A» G, repréfentant deux points quelconques fur la ligne B A, placés femblablement, la den-fité ira en croiffant le long de cette ligne, juf-qu’au terme où la diftance rendra la force trop petite pour produire le même effet. Ce qui déterminera un maximum de denfité, depuis lequel elle décroîtra de part & d’autre, foit en s’approchant, foit en s’éloignant du M
- p.177 - vue 198/254
-
-
-
- af
- s point B ; 1 périence.
- t conforme à l’ex-
- §. C X I.
- §. III. | ai uit que
- DE,
- SX»11’™ P°int G
- de près pour procher du bat
- que la force attradive du barreau eft plus efficace au point A G, pour forcer la limaille à s’ap-barreau.
- 1. L’attradion d’une petite aiguille magnétique, qui a fon centre fur la ligne B A, eft compofee de deux forces égales dont l’une tend vers D, & l’autre tend vers E.
- 2. L’attradion qu’un de ces centres d’adion, par exemple E, exerce fur l’aiguille, dépend de la diftance de cette aiguille à ce centre. Ainfi, (admettantla loi commune) l’attradion au point A eft à l’attradion au point G =
- h:iw-
- 3. Soit retranchée E C, telle que A E' : G E' ='G E : E C. Et cette ligne , E C, repréfen-
- l’attraûion au point G.
- 4. Décompofant les deux forces E G, E C, félon la direftion D E; on aura au lieu de E G, les forces E B, B G ; au lieu de E C, on aura E F, F C.
- p.178 - vue 199/254
-
-
-
- Détachées. 179 De ces quatre forces, deux, {avoir, E B,== E F, ont chacune une antagonifte égale qui la ‘ détruit. Deux,.favoir B G, F C, n’ont point d’antagoniftes, mais au contraire doivent être cenfées doublées, parce que les deux centres d’a&ion, D, E, agifleiit à la fois dans le même fens perpendiculaire à D E.
- y. Maintenant, ce qu’il s’agit de déterminer , c’eft le rapport de C F : G B.
- Si donc on fuppofe le rayon — E B, onanraCF:EC = tang.AEB :féc. AEB.
- Or E C : GE—( fée. 6EB)1: (fée. AEB)1 par conftr.
- Et GE:GB = féc. GEB :tang.GEB.
- Donc CF:GB=tang. AEBX (fée. GEB)*
- :tang. GEB X(fcc. AEB)*.
- 6. Employant cette formule dans un cas particulier, on peut aifément s’aflurer qu’en ce cas du moins C F > G B, ce qui fuffit pour l’explication que j’ai en vue.
- ' Soit donc l’angle A E B = 28° s GEB = H0-
- Dès lors B À, tang. A E B = 5317094}
- E A, fée. A E B = 11325701.
- Et B G, tang. GEB = 2493280} G E, fée. G E B = 10306435.
- Sans trop altérer le réfultat, ( & même en rendant le rapport de C F : G B plus petit qu’il n’eft réellement ), on peut fubftituer aux M ij
- p.179 - vue 200/254
-
-
-
- quatre nombres ci-deifus, ces nombres approchés, fj , Ii3> 103.
- Subllituant donc ces nombres à leurs valeurs dans la formule précédente, (n. f.)> on trouvera C F : G B = 57913521 : 3*822425-. C’eft à-peu-près le rapport de f : 3.
- 7. Cet exemple fufHt pour prouver’ que l'attraction au point A , peut furpafler conftdé-rablement l’attraâion au point G, quant à la partie de cette attraélion qui eft efficace, & qui agit félon le lèns perpendiculaire à Taxe pour approcher la limaille du barreau. Ce qui fuffit pour autorifer les concluGons du §. précédent.
- §. C X I I.
- S. ns. Il me relie encore à prouver ce que j’ai cftpîu?rM dit, (§. CX. n. 3.) que la force attraâive du dés"p6iesrè’barreau ailnant®' D E, fur une petite.aiguille qu’aumîtienmagnétique eft plus grande près des pôles, ,s D, E, que vers le point, B, placé au milieu de l’axe , D E.
- 1. A diftance égale du barreau, lorfque l’aiguille eft placée dans le voiGnage d’un pôle, ( & non à égale diftance de l’un & de l’autre pôle ), il eft clair qu’elle eft plus attirée par celui dont elle eft voiline que G elle étoit en-
- p.180 - vue 201/254
-
-
-
- Détachées^ igl
- core placée fur la ligne B A, mais aufli elle eft moins attirée par l’autre pôle que fi elle étoit fur cette même ligne. Cependant l’augmentation d’attraction du premier pôle n’eft pas tout-à-fait çompenlee par la diminution qu’éprouve l’attraélion de ,1’autre. Car il eft facile de voir que le rapprochement du premier eft proportionnellement plus grand que l’éloignement du fécond.
- Chap.
- SeéL
- 2. Le long de la ligne B A, la petite aiguille a Tes deux pôles pr^fqu’à égales diftances des points D, Ei par conféquent, elle eft prefque immobile, l’effet des pôles amis fe trouvant prefqu’entièremént détruit par l’effet des pôles ennemis.
- Mais près du point D, ou près du pointE, la pofition que prend l’aiguille jointe à l’effet du rapprochement , rend la diftance de fes pôles plus fenfible rélativement au pôle dont elle eft voifîné, & dont l’augmentation d’at-tradion l’emporte déjà d’elle-même, (u. i.).
- 3. Le long de la ligne B A, les deux pôles agiflent obliquement fur l’aiguille. Si, au contraire, on place l’aiguille à égale diftance du barreau, mais plus près de l’un des centres d’adion D, E s ce centre, devenu plus voifin M iij
- p.181 - vue 202/254
-
-
-
- 182 R E M A R Q. U E s
- --——de l’aiguille, eft précifément celui qui agit plus
- ChapTIl!’ directement fur elle.
- Seiï. I. 4. Par ces trois raifons, 6n doit conclure, qu’à égales diftances du bârreaü , plus la limaille eft rapprochée de l’un des polës, D, E, plus auffi la force attraéUvè du barreau a d’effet pour le mouvoir.'
- R E MAR Q. U E I I.
- Sur la loi relative aux drjlances des aimans.
- §. cxiii.
- <5. n j. J’ai cherché ci-deffus (§. XGIII.) à déter-tion°ne peut miner (autant que peut le faire la théorie) la ner*hnmTi~P0^ti°n du vrai centre d’aétion de chaque pôle les vrai”1 ^un barreau aimanté ; c’eft-à-dire le point que centres d’ac-tend à fuir le fluide pur qui y abonde, & vers t,on* lequel tend celui qui y manque.
- 1. Ces centres d’aétion étant déterminés, chacun d’eux peut, quant à fon aétion au dehors, être envifagé comme le centre d’un cube ou d’une fphère de même rayon, contenant un excès de fluide pur.
- 2. Il fuit de là que fi l’on veut déterminer par expérience le centre d’a&ion d’un pôle magnétique, & que pour cet effet on obferve vers quel point fe dirige le pôle contraire d’une
- p.182 - vue 203/254
-
-
-
- Détachées. 183
- aiguille aimantée, on trouvera un point diffé--—r a •rent du véritable centre que j’ai cherché à déter- [J'pT j}L miner ci-deffus, & plus rapproché de l’ex- Setl.l. trêmité.
- 3. Soit LMST, (fig. 16.) le pôle dont on veut déterminer le centre d’adion en obfer-vant vers quel point fe dirige la pointe A d’une aiguille magnétique.
- Abftradion faite de l’autre pôle du barreau,
- ( dont le centre d’adion efi fuppofé au point D), il eft certain que la pointe, A, de l’aiguille fe dirigeroit vers le vrai centre d’adion de ce pôle, lequel eft repréfenté par le point E.
- Mais D repoulfe A , ou en d’autres termes,
- (prolongeant DA, & faifant AG = DA), le point G attire la pointe, A, de l’aiguille, avec une force moindre que E ne l’attire, parce que la diftance eft plus grande. Soient ces deux forces repréfentées par les lignes AE, AF. Formant le parallélogramme AEHF, la pointe A fera mue par la force AH; & cette ligne prolongée coupera l’axe E C en un point E ; compris dans l’angle EAG.
- " Donc enfin le centre d’adion, E', déterminé par l’expérience, eft moins enfoncé dans l’intérieur de l’aimant, que ne l’eft le vrai M iv
- p.183 - vue 204/254
-
-
-
- Part. II. Chap. II. SeS.I.
- 184 Remarques
- centre d’adion, E, déterminé par la théorie (1).
- §. CXIV.
- S. 114. Cette confidération eft indifpenfable, lorfqu’il feitespar m! s’agit de déterminer la Ipi que fuivent, réla-broëc^pôur “vement aux diftances, les attrapions & répu liions magnétiques. Car il eft certain que les xdifl diftances doivent être mefurées des vrais centres d’adion, & il eft également certain qu’on n’a aucun moyen de déterminer ceux-ci, par voie d’expérience, d’une manière immédiate, foit à caufe de l’adion lîmultanée des deux pôles, foit par l’ignorance de deux élémens du problème qu’il faut déterminer à la fois, favoir la loi rélative aux diftances, & les diftances au vrai centre.
- -Auffi avant les ingénieufes expériences de M. Coulomb, on 11’avoit que des réfultats fort incertains à cet égard.
- 1. M. Müfchenbroëck Tentant Pinfüffi'fance des recherches d’Hawksbée, Taylor & Whifton, avoit fait lui-même diverfes expériences dans le but de découvrir la loi en queftion.
- (1) Ceci n’eft qu’un cas particulier de la propofi-tion générale établie par M. iEpinus & dont j’aî donne un apperqu au §. CX.
- p.184 - vue 205/254
-
-
-
- Détachées. Ï8f Dans là Dijfertation fur le magnétifme, publiéei-j en 1729 '(0* M. Mùfchenbroëck ne s’occupe chap/lï* point de la recherche du centre d’attradion, L & 11e mefure que les intervalles qui féparent les furfaces les plus voiünes des deux aimans qu’il met en expérience. Je ne trouve non plus rien de relatif à cette recherche des centres d’attradion dans VEjfai de phyfique du même auteur, traduit & publié en françois en 1739 (2).
- Mais dans l’abrégé de cç grand ouvrage ($) publié en latin deux ans après, je trouve une ex-preflïon qui femble rélative à cette détermination des centres : l’auteur défigne ainfi l’aimant qu’il emploie. C£ Un aimant cylindrique, dont » l’axe étoit en même temps l’axe magnétique » & dont les pôles étoient placés fur la bafe 9j cylindrique. „ Quoique j’aie du doute fur le vrai fens qu’il faut attribuer à cette expreffion, je lui donnerai celui qui me paroit le plus favorable , & je fuppoferai que M. Mùfchenbroëck
- ( 1 ) Dans le recueil qui a pour titre Phyfica experimentales geometrica de niagnete, &c. diffcrtatio-
- nés 1729.
- ( 2 ) EJfai de phyfique par M. P. Van Muffehen-hroëck, traduit du Hollandois par M. P. Maffuet.
- 17J9. Ch. XVIII.
- ( 5 ) Elementaphyfica in ufus acad. 1741* §• S°ï*
- p.185 - vue 206/254
-
-
-
- i86* Remarques . —— avoit déterminé au moyen d’une petite bouf-ChaT H* ^ P°‘nt de chaque pôle où étoit concen-SeS. I. trée fa vertu attradive, & que ce point lui avoit paru placé fur la bafe du cylindre. Lors même que cette > fuppofition feroit gratuite de ma part, c’eft-à-dire, lors même que ce phy-iîcien ne fe feroit point occupé de la détermination du centre d’adion, il n’en feroit pas moins vrai que dans toutes les tentatives qu’il a faites pour découvrir la loi rélative aux diftances, il a fuppofé cette iîtuation des centres j car il a toujours mefuré les intervalles qui féparent les furfaces voifines des deux aimans mis eh expérience, & n’a point paru avoir de fcru-pule à cet égard. Et lorfqu’il a éprouvé l’action de l’aimant fur le fer il a de même fuppofé le centre d’attradion du fer placé à fa furface. Envifagée comme fuppofition arbitraire cette détermination eft peu vraifemblable, elle cft même choquante. Et fi elle eft, (du moins quant à l’aimant), un réfultat de rexpérience, cette détermination eft fauife ( §. préc. ), & le vrai centre d’adion a dû être plus enfoncé dans l’aimant que M. Müfchenbroëck ne le fuppofe.
- Il réfulte de là que les eflais faits par ce phyficien pour découvrir la loi rélative aux
- p.186 - vue 207/254
-
-
-
- Détachées. 187
- diftances ne pouvoient fournir de réfultats in--.- —
- téreflans, puifque les diftances mefurées n’é- ch”//" toient pas celles qu’il iàlloie mefurer. I-
- 2. Ces expériences avoient encore un autre vice, que leur auteur a fenti & reconnu(i), c’eft que les répulfions des pôles ennemis s’y mêlent aux attractions des pôles amis & compliquent les rapports appareils. M. Müfchen-broëck a cru éviter en partie cet inconvénient en fubltituant du fer pur & non magnétique à l’un de fes aimans (2); fuppofant que ce fer ne feroit doué d’aucune force répulfive. Mais il fuit de la théorie la plus faine & des expériences les plus inconteftables, que le fer fournis à l'action d’un aimant, n’en eft attiré que parce qu’il devient lui-même un véritable aimant i qu’il acquiert deux pôles & par confé-quent une force répulfive, ( §. LXXXI, LXXXII.). Ainfi toutes les expériences de M. Mufchenbroëck, outre le premier défaut, que j’ai remarqué (n. 1. ) , ont encore le défa-vantage de n’oflrir que des réfultats complexes & qu’il eft à-peu-près impolfible d’analyfer.
- 3. Pour rendre plus {ènfiW cette obferva-
- (O DiJJirt. de magnete, p. 33. (2) Ibid. p. 54.
- p.187 - vue 208/254
-
-
-
- i88 R- ® m,-a r a tr e s '
- ...... tînn. je vais mettre fous les yeux du leâeur
- ChapT U une ^CS expériences de ce phyficien, & faire Sett. I. à cette expérience l’application de ma remarque.
- Un aimant cylindrique, long de deux pouces , & du poids de I ? dragmes, mis, par - M. Müfchenbroéck, à diverfes diftances d’un fer égal & femblable, a fupporté des poids qui font inverfément comme ces diftances me-furées d’une furface à l’autre. En voici le tableau.
- Diftances lies deux furfaces Attrapions obiervées & me-voifines du fer & de l’ai- furées par le nombre de grains ruant. que l’aimant a fupportés.
- Zéro.
- 3
- 3
- 4 t 6
- f7
- 18
- 9
- 6
- 4>f
- ht
- 3
- 4. Suppofons que JJaimant de deux pouces, dont ce phyficien s’eft fervi, eût rigoureufe-ment toutes les £Ünditions qui déterminent le maximum de fa charge magnétique ; c’eft-à-dire , qu’il fût bien homogène , & eût été chargé avec les précautions les plus convena-
- p.188 - vue 209/254
-
-
-
- Détachées. 189
- blés; admettons de plus que les élémens ho-----
- mogènes du fluide magnétique n’exercent les chap.’lï’ uns fur les autres aucune action ; & quant à s‘a- *• celle des hétérogènes , fuppofons qu’elle fuit la loi de l’inverfe du quatre dés diftances ; en ce cas, la théorie place le centre de chacun de lès pôles fur le demi-axe qui lui appartient , entre le tiers & les deux cinquièmes de fa longueur du côté de l’extrémité extérieure, (§. XCIII. n. 11.). Suppofons enfin que le fer cylindrique foit mis, par l’approche de l’aimant, dans un état magnétique précifé-ment femblable à celui où fe trouve l’aimant.
- En ce cas les centres d’adion feront enfoncés dans l’aimant, & par conféquent, dans le fer, d’environ 4 ou ? lignes, (exadement 4,^6).
- f. En ne fuppofaut cet enfoncement que de 4 lignes} au premier moment, c’eft-à-dire au contad, la diftance des deux centres les plus voifins eft de 8 ligues; la diftance des pôles les plus éloignés eft de 2 X 24 — 8 = 40 lignes. Ces deux diftances font celles des pôles amis. Et cette attradion étant lommée, doit être diminuée d’une quantité égale à la répul-lion des pôles ennemis. Cette répulfion, qui eft double, s’exerce à la diftance de 24 lignes.
- 6. Au fécond moment ces quatre diftances
- p.189 - vue 210/254
-
-
-
- 190 Remarques
- ne changent point proportionnellement. Car il faut ajouter une unité à chacun des nombres qui les expriment: enforte qu’elles deviennent 9, 41, 2f, 2f. Tels feroient donc les nombres auxquels il fàudroit comparer les attractions obfervées, en fàifant les additions & fouftradions convenables de ces forcés. Puis fuppofant diverfes lois, il fàudroit déterminer de nouveaux centres & par conféquent comparer des diftances différentes de celle-ci.
- 7. Mais outre que nous avons fait ufage de plulieurs fuppofitions arbitraires (11. jO, les expériences, fur lefquelles fe fonderoient de tels réfultats , feroient probablement trop inexactes pour qu’on pût y avoir confiance, dans une détermination aufli délicate.. La • pofition des centres d’aélion étant un élément incertain, ce ne feroit que par un nombre prêt-qu’infini d’expériences & de fauffes polirions qu’on parviendroit par cette voie à quelqu’ap-proximation du problème (1).
- ( 1 ) Ces expériences ont cependant fourni une loi, quant aux aimans égaux & fphériques. Les attrapions de ces aimans font en raifon inverfe qùadruplée des efpaces qui les féparent. Cette loi a été vérifiée par M. Krafft, Mcm. de Pétersbourg. T. XII. Cette loi feroit différente de celle que M. Coulomb a affignée.
- p.190 - vue 211/254
-
-
-
- Détachées.
- 191
- §. c X V. Part. IL
- Chap. IL
- Telles font les difficultés qu’offioit cette §, IIÇ. queftion, & que M. Coulomb a évitées'd’une manière très-ingénieufe. Ne connoiflànt encorelomb faites
- « , . „ , , dans le
- les expériences que par 1 extrait qu’erç a donne même but
- JM. Haiiy (2), je ne puis que fuppofer fes ré-fultats dignes de confiance, & je ne me permettrai pas d’énoncer aucun fcrupule à cet égard. Au premier afped, j’aurois été porté à craindre qu’en déterminant à la fois les centres d’aétion & la loi rélative aux. diftances, on n’usàt à l’un ou l’autre égard d’une fuppo-
- II ne faut donc point l’admettre fans l’avoir foumile à des épreuves aufli sûres que celles auxquelles M. Coulomb a eu recours & fur lefquelles il a fondé fon opinion. Je remarquerai à ce fujet que, fi la loi ob-fervée par MM. Muflchenbroëck & Kraift a toujours lieu, elle paroit fuppofer la fouftra&ion d’une quantité confiante, ce qui feroit aflez analogue à l’effet que doit produire l’affinité des hétérogènes, fi cette affinité dépend de la caufe indiquée au §. LI11. Car cette caufe exige qu’on retranche de l’attraélion une force/, ( §. LX. ) dont les variations relativement à la diftance font reliées indéterminées, ( §. LXI. ).
- ( 1 ) Expofit. de la théor. de téleSlr. &? du magn. S- 149' &fuiv.
- p.191 - vue 212/254
-
-
-
- 19» Remarques
- r fition arbitraire. Mais ces expériences ont été
- Cha Ti{r var*®es P^ufieurs manières & leurs réfultats Se£t\ J. féparément examinés avec foin. Il paroit donc quon peut admettre comme prouvé que les attradions magnétiques fuivent la loi de l’in-verfe du quarré des diftances (i).
- J’ai indiqué ci-deflus ( $. C. n. 7. ) un moyen indired de confirmer cette découverte, mais qui jufqu’à préfent ne paroit pas être à portée de nos expériences.
- (1) Ibid. §. 1 ç 2. Ce réfultat s’accorde avec celui que M. Lambert tiroit de fes propres expériences, ( Mém. de Berlin. T. XXIL ), mais non avec celles que M. de Sauflure a faites avec le magnétomètre. Voyages dans des Alpes, T. I. p. 58. C’eft par cette xaifon que j’ai rendu mes argumens indépendans de ce fait au §. LXXXVI. & ailleurs. —Une ledure rapide des mémoires de M. Coulomb, inférés dans ceux de VAcadémie des fciences de Paris pour 1785 , n’a fait qu’augmenter la confiance que j’avois déjà dans les méthodes & dans les réfultats de ce favant & ingénieux phy-ficien. Ces méthodes font tellement fupérieures à celles qui avoient été employées avant lui, que j’aurois fup-primé, comme inutile, la difcuffion des expériences de M. Mufchenbroëck, fi j’avois pu lire ces beaux mémoires avant que l’impreflion de cet écrit fût aulfi avancée qu’elle l’eft au moment où j’achève cette note.
- Remarque III.
- p.192 - vue 213/254
-
-
-
- I. MM. Æpinus, Haiiy & Coulomb n’ont §• iis. pas fait d’expériences, (dont il foit queftionlîtefpS! du moins dans les ouvrages des deux premiers que j’ai eu fi Couvent occafion de citer (1)),^“™”“ dans le but de déterminer l’influence qu’a fur ve aux mafia force magnétique la grandeur des aimans ;fe!' fi ce n’eft celle ( connue avant ces auteurs, & que j’ai eû occafion de rappeler ci - deilus ,
- ( §. C. il Z.)), dont M. i fini y donne l’explication & qu’il énonce ainfi. “ Si l’on met fuc-„ cclfivement en contaét, avec l’un des pôles „ d’un fort aimant, différens barreaux de fer » non aimanté, qui foient de même longueur,
- M & qui aillent en augmentant d’cpaifleur, la „ force attractive de l’aimant fur ces barreaux „ s’accroîtra en même temps que l’on emploiera „ des barreaux plus épais, mais feulement juf-„ qu’à un certain terme ; enforte que, palfé „ cette limite, fi l’épaiffeur augmente, l’attrac-^ tion ne recevra plus d’accroilfement. „
- ( I ) Tent. th. elciir. Sf magn. — Expofi. de la th. de tû. t-f du magn.
- N
- p.193 - vue 214/254
-
-
-
- 154 Remarques
- „ „ . 2. Lorfque la théorie du magnétifme étoit
- 磣'u encore dans l’obfcurité dont M. Æpinus l’a fait Seà. L fortir ,/M. Dan. Bernoulli avoit tenté de déterminer par expérience le rapport de l’attraélion de deux aimans (femblables en forme & en vertu, mais inégaux en maffe) fur le fer placé à leur furfoce. Et il avoit crû pouvoir affigner ce rapport, lequel, fuivant fes obfervations » fe trouvoit être celui des furfaces des deux aimans. En d’autres termes , les attractions de ces aimans lui parurent être entr’elles comme les quarrés de leurs côtés homologues , ou comme les racines cubiques des quarrés de leurs poids.
- 3- Les aimans qui fer virent à ces expériences étoient des aimans artificiels en fer à cheval, tous conftruits par le même ouvrier, du même fer, & avec les mêmes précautions. Un aimant d’un lot (| once) portoit 2 liv. 7 lots ( 3 j” | onces), un aimant de onze lots portoit 11 liv., un aimant de 2 \ liv. portoit 44 liv., un aimant de 10 liv. portoit 104 liv. 12 “lots (1).
- (1) Journ. helvétique, nov. 1758. C’eft M. le Sage qui me fournit cette citation. En 177? , M. Dan. Bernoulli n’avoit pas changé de fentiment, comme on le voit par fa lettre à M. 'J. Trembley inférée dans les Voyages aux Alpes de M. de Saujfure, T. 1. p. $8.
- p.194 - vue 215/254
-
-
-
- Détachées.
- $. C X V I L
- Chap. II.
- 1. Si les molécules du fluide attraPif étoient Sea-Im répandues uniformément dans l’intérieur du pôle Recherche magnétique, & agifloient en raifon inverfe du ^"apporter quarré des diftances, les attrapions aux fur-cJtte loi àla faces fuivroiènt la raifon direPe des côtés homologues. Mais fi l’on fuppofoit que ces attractions fuivent une loi différente, on trouveroit peut-être un moyen d’expliquer ainfi l’obferva-
- tion de M. Dan. Bernoulli.
- 2. Toutefois, comme il paroit que c’eft bien la loi de l’inverfe du quarré des diftances que fuivent les attrapions magnétiques ( §. CXV ),
- & comme d’ailleurs le fluide pur, accumulé dans un pôle magnétique, n’y eft pas uniformément répandu, (§. XCV.), il faut expliquer autrement la loi découverte par M. Dan.
- Bernoulli, fi du moins cette loi fe trouve confirmée par des expériences plus fuivies.
- 5. On pourroit donc fuppofer que,'dans les plus grands aimans, le centre d’attraPion eft plus rapproché de la furface, par proportion à leur volume, qu’il ne l’eft dans les petits} en-forte que le fer, placé à la furface des grands, s’y trouve à une diftance proportionnellement moindre du centre vers lequel il tend.
- N ij
- p.195 - vue 216/254
-
-
-
- R Q.V :
- , 4. Si, par exemple, ces uutances font eu.
- chaoT'nL tr’elles, dans divers aimans, comme les rad-
- obfervée par M. Dan. Bernoulli doit avoir lieu, en admettant que les élémens du fluide magnétique fuivent dans leurs attractions la loi
- p-i
- §. C X V I I I.
- Quant à la caufe de ce plus grand rappro-lent, on pourrait la trouver dans la diftri-n du fluide pur dans l’intérieur d’un pôle étique. Ce fluide eft probablement entaffé la furface & fur-tout à l’extrémité du barreau plus qu’au centre de figure du pôle ; foit par l’effet de la pofition de fon centre d’action (5. XCIH), foit fur-tout par l’obftacle que lui oppofe l’affinité du fer à s’échapper hors du barreau , (5. XCV. n. 4.). Dans les grands aimans, on peut fuppofer que la couche de fluide ainfi entaflê à la furface par l’effep de la faconde caufe eft plus profonde que dans les petits. Et cette fuppofition, tout-à-fait naturelle, aurait l’effet de rapprocher le centre d'attraction de la furface des grands aimans plus que ce centre n’eût été rapproché fans cette circonlhmce.
- p.196 - vue 217/254
-
-
-
- D i T A C H i Z s. 197
- 2. M. Achard a conclu de diverfes expé- " riences que l’éleâricité agit en raifon des fur- Jî*T’j}1-faces (1). M. de Luc penfe que le fluide élec- ii. trique circule autour des corps, plutôt que
- dans l’intérieur de leur fubftance (2). Le fluide magnétique pur eft accumulé à la furface des aimans, (n. 1.).
- 3. Puis donc que plufieurs agens de la nature font arrêtés près de la furface des corps,
- & que leur aétion paroit proportionnelle à la furface de ces corps, je dirai un mot de cette efpèce de forces , lequel trouvera fon application dans le fujet qui m’occupe.
- SECTION II.
- Remarque fur les forces fiperficielles.
- S. C X I X.
- 1. Les forces fuperficielles croiflent inverfé- ^ $ ”9- ^ ment comme les quarrés des diftaiices mefu-ces fuperB. rées d’un centre d’aélion auquel ces forcesculle!' peuvent être fuppofées ralfembler toute leur intenfité.
- 2. Dans les corps femblables, l’attradion
- (1) Mém. de Berlin pour 1780.
- <s) Idées fur lu métcorolosie, T. I. §. ssr- &=.'
- N iij
- p.197 - vue 218/254
-
-
-
- que de telles forces exercent à la furface eft égale. Car foit D, le côté homologue. La quantité d’attra&ion, ou la mafle attraélive ( étant toute dans la furface ) fera D2. La diftance au centre eft D. L’inverfe du quarré Compo-
- _ D*
- poiant on a pj e= i,
- 3. Mais toutes les forces connues croiflenfe en augmentant ( au moins jufqu’à un certain point) les mafles des homogènes: donc aucune n’eft rigoureufement fuperficielle.
- §. C X X.
- ï. Une furface phyfique a toujours quelquré-spaifleur. Dans un corps fphérique, c’eft une 'bombe. Appelant R le rayon de la fphère, 1 •Pépaifleur de la bombe: la folidité de celle-ci fera j R* + j R + 1.
- 2. Suivant donc que le rapport -=»- fera pe-
- tit, on trouvera cette folidité fenfiblement proportionnelle à R2, R2 + R, ou 5 R2 + 3 R + î. Le premier cas eft proprement celui où l’épaiP* feur eft nulle. Le fécond, qui offre la loi des nombres triangulaires, fuppoferoit les attractions à la furface proportionnelle à --jt--.
- p.198 - vue 219/254
-
-
-
- Détachées. 19?
- 5. Ce rapport paroit plus petit que ceux -a——-qu’on a eû occafion d’obferver dans la nature ( §. CXVIII. n. 2.) , mais fi l'on fuppofe, *a-u-(comme je le fàifois ci-deffus, (§. CXVIII. n. 1.)) que l’épaifleur de la furfàce phyfique croifle en proportion égale ou même plus grande que R; cette hypothèfe, tout-à-fait naturelle, pourra fervir à expliquer divers faits relatifs aux forces fuperficielles : en particulier les expériences de M. Achard que je viens de citer ( §. CXVIII. ), les effets des grands con. duéteurs, ceux mêmes relatifs à leur forme,
- & entr’autres le phénomène des pointes que M. Haiiy a d’ailleurs dérivé du fyflême de M. Æpinus. Enfin cette fuppoiîtion peut fervir ( comme je l’ai dit (§. CXVIII.)), à expliquer la loi afiîgnée par M. Dan. Bernoulli à l’attraction magnétique, rélativement à la malle des aimans.
- 4. Une force de la nature de celles dont je viens de parler, qui réfideroit dans l’at-mofphère terreftre, & ne pénétrerait notre globe que jufqu’à une très-petite profondeur, produirait à nos yeux les mêmes phénomènes que fi cette force étoit dillribuée uniformément dans toute la maffe du globe.
- N iv
- p.199 - vue 220/254
-
-
-
- 200
- R E tt A R Q.U E S SECTION III.
- Pakt. II.
- Se& IHr Du magnétisme du globe terrefire & de la nature du fluide magnétique.
- §. C X X I.
- §. isi. M. JEpinus admet la même hypothèfe que comm«neère la plupart des phyficiens, pour expliquer les nétifme'nï- Phénomènes du magnétifme naturel du globe turelduglo-terreftre, & en particulier la dire&ion de l’ai-remplacée6 ’ guille aimantée. Il fuppofe qu’au centre de la pofidonplus terre, eft un aimant confidérable, qui produit fimple. tous ces phénomènes. "Il réfute folidement les ' objections qu’on peut faire contre ce fyftême. Et comme la fituation naturelle de l’aiguille magnétique, ( déterminée par fa déclinaifon & fon inclinaifon ), eft fujette à des variations, M. Æpinus ne rejette pas le fentiment de Halley qui les attribuoit à une révolution propre à cet aimant (i). Mais il fait voir qu’on pourroit l’attribuer également à un mouvement particulier du fluide magnétique dans l’intérieur de ce grand aimant. Cependant l’irrégularité des variations de l’aiguille magnétique le porte à foupçonner que l’a&ion des mines magnétiques y influe d’une manière fenlible.
- (O Philof. Trcmf. Vol. XVII. n. 195.
- p.200 - vue 221/254
-
-
-
- DÉTACHÉES. 201
- ï. La fuppofïtion de ce grand aimant au' centre de la terre n’a rien d’abfurde, & il eft certain qu’elle explique clairement les phénomènes du magnétifme naturel de la terre. Si cependant ces phénomènes peuvent s’expliquer fans cette fuppofition, & d’une manière très-naturelle , on fera tenté de la rejeter (i).
- Or, dans Phypothèfe que j’ai fubftituée à celle de M. Æpinus, on peut, je crois , fe paffer
- ( i ) En effet cette hypothèfe laiffe toujours inexpliqué le magnétifme de ce grand aimant. Car nous ne connoiffons aucun moyen naturel ou artificiel de produire le magnétifme : tout ce que nous obfervons à cet égard fe réduit à une fimple communication. ( Ten-tamen &c. a. Æpino §. 391. Expofition &c. par M. T-abbé Haüy. §. 12}. ). Auffi M. Æpinus convient-il qu’il n’apperçoit aucune caufe mécanique à laquelle il puifle attribuer , avec quelque vraifemblance, l’état magnétique de l’aimant qu’il fuppofe enfeAné dans te fein de la terre. Ce phyfieien exclud celle qu’un premier apperqu pourroit offrir, favoir le mouvement diurne du globe terreftre. Et il s’en tient à demander s’il ferait abfurde de ranger ce fait (l’état magnétique de l’aimant en queftion ) au nombre de ceux qui n’ont point de caufe efficiente mécanique , & qui dépendent de l’aétion immédiate du créateur ? queftion qui ne parait pas différer du fimple aveu de l’ignorance.
- p.201 - vue 222/254
-
-
-
- 201 Remarques
- dp ce moyen d’expliquer les phénomènes du ct»pT'nî‘ magnétifme du globe terreftrè.
- Sra. III. 2. J’ai fuppofé conftamment, dans l’expofé de mon hypothèfe, & dans l’application que j’en ai Faite aux phénomènes, que le fluide magnétique ne pouvoit, en aucun cas, fe dé-compofer hors du fer. Cependant il eft certain que pour expliquer les phénomènes , il fuffit que hors du fer la décompofition du fluide magnétique n’ait point lieu d’une manière fenT iible par l’effet des. agens qui font en notre puiffance. Mais il n’eft point néceffaire à la foli-dité de l’hypothèfe , que cette décompofition n’ait point lieu hors du fer par des caufes naturelles plus puiffantes que les agens de l’art. Il n’eft pas impoffible non plus que, fans aucune décompofition, l’un des deux élémens du fluide magnétique foit fourni par la nature en plus grande abondance dans certains cas & en certains lieux particuliers. Si cela étoit, il pourroit s’établir hors du fer un état de charge magnétique.
- 3. Il paroit donc que pour expliquer le plié.* nomène du magnétifme de la terre, il fuffit d’admettre que l’un des deux fluides élémentaires , A , B, du fluide magnétique, eft con-denfé dans un hémifphère plus que dans l’au-
- p.202 - vue 223/254
-
-
-
- Détachées. 20;
- trej ou bien qu’une petite partie du fluide == magnétique fe décompofe par l’influence de ^fhap.II. quelque caufe toujours agiflante , qui main- SeS- u*' tient le globe terreftre dans un état de charge, enforte que le fluide A eft plus abondant vers l’un des pôles du monde , le fluide B vers l’autre.
- 4. Il n’eft pas même néceffaire que cette accumulation ait lieu d’une manière uniforme dans l’un & l’autre hémifphère. Il fe peut qu’elle foit fuperficielle , c’eft - à - dire que le fluide pur accumulé dans un hémifphère ne foit accumulé que dans la partie voifine de l’atmof. phère qui l’entoure, & ne pénétre pas fort avant dans l’intérieur du globe, (§. CXX. n. 4. ).
- Cela eft rendu probable par quelques obfer-vations de la bouflole qui femblent indiquer que le centre vers lequel tend le pôle B de l’aiguille , n’eft pas fort enfoncé dans la terre.
- §. C X X I h
- Avant de former quelques conje&ures ^urRJ^aJ”ès la caufe qui peut produire, un tel effet, ilfurianatur feroit prefque nqceffapre de connoitre la nature ^gnétiqiu du fluide magnétique. fcfSofëcî
- 1. La partie du fluide magnétique qui pro-les. duit les phénomènes magnétiques en eft une
- p.203 - vue 224/254
-
-
-
- 304 Remarques
- ___ portion très-petite, & dans la plupart des Ch* Tiï*’ phénomènes, cette petite portion n’agit même *s. ni. que par la différence de deux aâions oppo-fées. Il eft probable que les molécules d’un ter fluide doivent être fort denfes pour produire de tels effets. Et on en concluroit qu’elles font très-petites, lors même que tout ne con-courroit pas d’ailleurs à ranger ce fluide au nombre des fluides très-fubtils. Car les petits corps font en général plus denfes que les grands. Ceux-ci ont de grands pores outre les petits pores de leurs élémens : les murs d’une mai-fon font plus denfes que la maifon ; la pierre ponce nage dans l’eau , réduite en poudre elle n’y nage plus (i).
- 2. Un fluide dont une petite portion eft capable, par l’attraction qu’elle exerce, de faire mouvoir des maffes de fer confidérables, devroit influer beaucoup dans le poids du fer, fi celui-ci feuille contenoit enfermé dans fes pores. Et la chaux de fer devroit ( malgré même l’acceffion d’une autre fubftance ) paroitre fort légère, puifqu’elle ceffe d’être magnétique.
- Mais fi le fluide magnétique eft uniformé-
- (i) Voyez l’Æffai de chimie mécanique, Ch. I.
- 5- îj.
- p.204 - vue 225/254
-
-
-
- Détachées. 20f ment répandu par-tout, ou du moins par-tout ==8 en équilibre avec lui-même, le fer ne pèfe chap'//' point en raifon du fluide qu’il contient. Quant *“• ni. à la petite quantité fuperflue que l’affinité dont' il eft doué peut retenir, les phénomènes ne la déterminent pas , elle peut même être négative, (§. LXX. n. 2.), & d’ailleurs le fluide ambiant condenfé lui fait équilibre , ( §. LXXI. n. 4.).
- 5. C X X I I I.
- 1. I.e fluide magnétique doit avoir quelque rapport avec la fubltance qui donne au fer §. 1-3. fa qualité métallique , puifque c’eft probable- S ment l’affinité du fluide avec le fer qui caufe
- la décompofition du fluide ( §. LXXVIII. n. 3. ), & que cette décompofition n’a plus lieu dès que le fer perd fa qualité métallique pour paffer à l’état de chaux.
- 2. Le fluide magnétique éprouve quelqu’in-fluence de la chaleur; mais cette influence 11e paroit due qu’au mouvement inteftin que la chaleur occafionne, ou à la dilatation qu’elle produit dans le fer, ou enfin à la liaifon qu’elle établit entre les particules conftituantes des aimans. Il faut remarquer cependant que le fer le plus dur, l’acier trempé, a plus d’affinité avec le fluide magnétique que le fer mou.
- p.205 - vue 226/254
-
-
-
- 20 6 Remarques 5. Il paroit que les trerablemens de terré
- PA-.n. & les gouffres entr’ouverts dans des éruptions SeH. llL volcaniques affedent l’aiguille magnétique. M. JEpinus remarque qu’en ces cas là, il n’eft pas impolfible que de grandes maffes de mines magnétiques foient détachées fubitement; & ce déplacement lui paroit pouvoir expliquer les affedions foudaines qu’éprouve l’aiguille dans de telles circonftances. Cependant il n’eft pas impoflible que ces affedions dépendent d’une autre caufe. Il fe pourroit que l’un des fluides magnétiques élémentaires partageât, dans l’intérieur de la terre, les ofcillations du feu, & que l’aiguille fuivit fes mouvemens.
- 4. Les aurores boréales affedent l’aiguille magnétique, autrement qu’elles n’affedent une aiguille non aimantée, ou d’un métal différent du fer. Ce fait, qui paroit prouvé par une longue fuite d’expériences (1), indique quelques rapports entre la matière de ces aurores & l’un ou l’autre des fluides, A, B> qui com-pofent le fluide magnétique.
- ( 1 ) Recueil de mémoires fur T analogie de r électricité £? du magnétifme, par f. H. Van Swinden, T. III. p. 217. M. de Buffon cite des expériences de M. de Caflini qui prouvent la même chofe. De P aimant & de fes ufages. p. çg. '
- p.206 - vue 227/254
-
-
-
- Détachées. 207 f. On a obfervé quelques rapports pareils-— entre la lumière zodiacale & les mouvemens de l’aiguille magnétique ( 1 ). On peut donc Se£i- Ht-foupçonner queiqu’analogie entre le fluide magnétique & la matière de Patmofphère Polaire.
- 6. Enfin il paroit réfulter de quelques autres expériences, qu’il y a lieu de fojupçonner des affinités entre le fluide magnétique & des fub£ tances analogues à celles dont je viens de faire mention (2).
- 7. En combinant tous ces rapports, on ne fera pas éloigné de foupqonner que Pun ou l’autre des élémens du fluide magnétique eft une fubftance fournie par le foleil, & faifant probablement partie de la lumière : peut-être eft-il permis de conjecturer que cette fubf-
- ( 1 ) Van Swinden, ibid. p. 140.
- (2) M. Van Swinden cite des expériences de M. Bazin qui pourraient faire croire qu’il y a quelqu’affi-nité entre la lumière & le magnétifme. Rec. de mémoires, &c. T. III. p. 200. —Il paraît réfulter de quelques expériences de M. Kraczenllein fur l’éleètri-cité, qu’il y a queiqu’analogie entre l’acide phofpho-rique & le fluide magnétique. Lichtemberg magazine, Gotha, 178J. 1 bande, 4 Jiück. Je hafarde cette dernière citation, recueillie à la hâte il y a quatre ans, & que je ne fuis plus à même de vérifier.
- p.207 - vue 228/254
-
-
-
- àog REMA'RQ.tTES.
- ______tance n’eft pas fimple, mais que la chaleur
- f'jj ou le phlogiftique, ou quelque partie des élé-lli. mens de ces fluides, ou d’autres fluides-ana. logues, entrent dans la compofition de l’un
- 8. Enfin il fe peut que par quelque caufe particulière, l’élément du fluide magnétique dont je parle, ne s’accumule que dans la région de i’atmofphère terrellre & qu’il ne pénétre le globe de la terre que jufqu’à une profondeur peu confidérable. Ce magnétifme fuperfi-ciel du globe fiifEroit à l’explication des phé. nomènes', ( §. CXXI. n. 4. ).
- 5.
- C X X I V.
- u4: En admettant la conféquence que je
- catî°f” de déduire de quelques faits rélatifs à la 1 fluide magnétique ( §. fréc. n. 7. ), S j’ai fubftituée à l’hypothèfe mag.vnune pour expliquer le magnétifme natu ’be"globe terreftre (5. CXXL n. }.), il rel la core à déterminer la caufe qui accumuli
- des élémens magnétiques vers l’un des du monde en plus grande quantité que vers l’autre.
- 1. M. Æpiuus, envifageant la chaleur comme un produit de l’aâion des rayons folaires, dans des
- liPïi.flî
- p.208 - vue 229/254
-
-
-
- DÉTACHÉES. 5,09
- des Réflexions fur la diftribution de la chaleur—.
- dans la terre (i), qu’il lut en 1761 (3) à cha? n* l’académie de Pétersbourg, expliquoit par une ni-raiïon agronomique la fupériorité de chaleur moyenne de l’hémifphère ardlique fur l’antardi-que, au même degré de latitude. Voici com- ' ment s’exprimoit ce phyficien dans ce mémoire, écrit en latin, & qui n’eft pas aflez répandu pour que je doive me contenter d’y renvoyer mes le&eurs.
- c< Les phyiiciens ont recherché les caufes „ qui empêchent le foleil d’échauffer i’hémif-„ phère aüftral au même degré que le boréal;
- „ & quelques - uns ont crû les trouver dans
- (1) Cogitation.es de dijiributione coloris per tellurem.
- (2) M. de Buffon dans fes Époques de la nature, publiées en 1778, fait mention de la caufe développée ici par M. Æpinus, & la lie avec fes vues fyftéma-tiques. c< En effet, dit ce célèbre naturalifte, les
- ,, trées du pôle auftral ont dû fe réfroidir plus x que celles du pôle boréal, & par conféquenfc ,j plutôt les eaux de ratmofphère, parce que le foleil „ fait un peu moins de féjour fur cet hémifphère 5, auftral que fur le boréal ; & cette caufe me paroîc j, fuffifante pour avoir déterminé le premier mouve-5, ment des eaux & le perpétuer enfuite aflez long-s, tepips pour avoir aiguifé les pointes de tous les M oantinens terreftres. „ Hijl. nat. Suppl. T. IX. p. 167.
- O
- p.209 - vue 230/254
-
-
-
- 210 R E M A R Ql V É S
- 11 ----- „ les obfervations des aftronomes. Le temps
- ChapT'lI.* » de l’année qui effc l’été de nos contrées, eft S?£t. III. n l’hiver de celles qui font limées de l’autre „ côté de l’équateur, car les rayons folaires „ les frappent d’autant plus obliquement, qu’ils „ nous, frappent plus directement. Or les aftro-„ nomes démontrent que dans ce temps de » l’année le foleil eft éloigné de la terre envi-„ ron de 700000 milles de plus que dans le „ temps de l’année qui répond à notre hiver. „ Les hivers doivent donc être plus froids pour „ les contrées auftrales que pour les boréales ; „ car on ne fauroit douter que la chaleur du „ foleil ne diminue quand on s’éloigne de cet „ aftre.
- „ Je n’héliterois point à admettre cette caufe „ pour vraie, ( puifqu’au premier coup - d’œil „ elle paroit fuffire à l’explication du phéno-„ mène ) , fi l’on ne pouvoit prouver aifément „ que la nature indemnife avec ufure pendant „ l’été ces régions auftrales, de la perte qu’elles « font pendant l’hiver. En effet, pendant l’été « des contrées auftrales, qui eft l’hiver de notre „ ’némifphère , le foleil eft de 700000 milles „ plus près de la terre qu’au temps de notre „ été ; enforte que les étés des régions auftra-» les font pat cette rajfon plus chauds que les
- p.210 - vue 231/254
-
-
-
- Détachée Si ai I
- » nôtres de la même quantité dont leurs hivers-
- » font plus froids, ou du moins il s’en faut JMT*IIIL s, de bien peu que ces deux quantités ne fe IIL 9, compenfent exactement. Si donc aucune autre 55 caufe n’influoit fur la différence de tempé-35 rature des deux hémilphères, on ne fauroit 35 abfolument comprendre pourquoi, en toute » faifon & conftamment, les régions de l’hé-„ mifphère auftrai font plus froides que celles 33 de l’hémifphère boréal.
- a, Faifons une nouvelle tentative pour dé-as couvrir la caufe du phénomène, dont nous a, avons vainement cherché l’explication dans J, les railons indiquées par d’autres phyficiens :
- ,3 &, à l’exemple de ces phyficiens, emprun-,3 tons des aftronomes les fecours néceflaires sa pour y parvenir. Leurs obfervations nous ap-33 prennent que, dans nos climats, la durée des ,3 faifons chaudes, c’eft-à-dire, du printemps 33 & de Tété , furpafle d’environ 7 jours as celle des faifons froides, de l’automne & de ,s l’hiver. Il eft clair que le contraire à lieu 3, pour les régions auftrales j les faifons froides y „ furpaffent les chaudes d’environ 7 jours. Ainli 3, chaque année le foleil répand fur l’hémif-3, phère boréal que nous habitons, une cha-,3 leur d’environ 53 ème, ou ^ ème, plus grande
- p.211 - vue 232/254
-
-
-
- ii z Remarques
- i - - „ que celle qu’il répand fur rhémifphère auC.
- Part. II. w traj, fl n’eft donc pas étonnant que, pen-Sett. llï. „ dant une longue fuite de fiècles, il fe foit „ accumulé dans nos contrées, par l’effet de cette caufe, une chaleur aflfez confidérable „ pour qu’il en réfulte une différence fenil-„ ble dans la température des deux hémiC. » phères (i).
- „ Nous avons ainfi découvert une raifon ,3 fî vraifemblable du différent degré de cha-,3 leur moyenne, au même degré de latitude, « dans l’hémifphère boréal & dans l’hémifphère
- Note de M. Æpinus.
- ( i ) cc Je parle de la fomrae de la chaleur que le j, foleil répand fur l’hémifphère auftral & boréal, pen-33 dant le cours d’une année entière, & il n’eft pas „ difficile de prouver que le rapport qui a lieu entre » ces deux fommes eft très - voifin de celui que ,3 j’affigne ici, ou du moins que celui-ane peut être 3, fenfiblement plus grand que l’autre. La plus grande 33 déclinaifon boréale du foleil eft égale à fa plus grande 33 déclinaifon auftrale ; ainfi de l’équinoxe du prin-3, temps à l’équinoxe d’automne, l’hémifphère boréal a, eft affeété par l’influence du foleil de la même ma-33 nière & félon le même ordre que l’hémifphère « auftral î’eft de l’équinoxe d’automne à l’équinoxe du 33 printemps. Toute la différence qu’il peut y avoir à
- p.212 - vue 233/254
-
-
-
- DÉTACHÉES. 213
- „ auftral, qu’il paroît peu nécelTaire d’en cher-g- „ cher d’autres S" ":
- 2. Ne pourroit-on point étendre ce raifon- XK nement à toutes les émanations .du foleil, fut ceptibles de s’accumuler, ainll que la chaleur, jufqu’à un certain point par l’adion continuée de fes rayons? & puifqu’il n’eft pas fans vraisemblance que l’un des élémens du fluide magnétique eft formé du produit de quelqu’éma-ïiation du foleil, combinée peut-être avec la chaleur, ( §. CXXIII. n. 7. ) i le raifonnement de M. Æpinus fur la chaleur, appliqué à cet élément du fluide magnétique, ne pourroit-il point expliquer le magnétifme naturel du globe
- 55 cet égard ne peut venir d’aucune autre caufe, fi ce 3, n’eft de ce que l’aétio,n du foleil fur l’hémifphère 3, boréal s’exerce pendant un intervalle d’environ 189 \ 3, jours, tandis que cette même aâion fur l’hémifphère s, auftral ne dure qu’environ 175 f jours. Mais les s, aétions des forces, lorfqu’elles font femblables, font 33 entr’elles comme les temps. Par conféquent, la fomme „ de chaleur que reçoit l’hémifphère boréal fera 33 d’environ /T ème plus grande que la fomme de la 3, chaleur que reçoit l’hémifphère auftral. Quoique 33 cette détermination ne foit pas rigoureufe, il eft clair 33 neanmoins que je n’ai point exagéré la différence de « ces deux fommes, lorfque je l’ai eftimée d’une a /sixième ».
- P «i
- p.213 - vue 234/254
-
-
-
- H4 Remarques terreflre, làns recourir à la fuppofition d’un grand aimant enfermé dans l’intérieur de la terre ( i ) ?
- ( i ) M. de Buffon a fait auffi l’application du phénomène difcuté par M. Æpinus à la polarité magnétique. Comme le paffage où fe trouve bette comparai-fon peut donner une idée des vues fyftématiques de cet iliuftre écrivain fur cette matière, je le citerai ici, quoiqu’un peu long, & quoiqu’étranger en partie à l’objet principal de cette note. ct Or nous fommes 5, aujourd’hui bien affurés que le globe terreftre a 3, une chaleur qui lui eft propre, & qui s’exhale incef. a, famment par des émanations perpendiculaires à fa 3, furface ; nous favons que ces émanations font conf-33 tantes, très-abondantes dans les régions voifines de s, l’équateur, & prefque nulles dans les climats froids, s. Ne doivent-elles pas dès lors fe porter de l’équateur a, aux deux pôles par des courans oppofés ? & comme 3, l’hémifphère auftral eft plus réfroidi que le boréal, a, qu’il préfente à fa furface une plus grande étendue a, de plages glacées, & qu’il eft expofé pendant quel-93 ques jours de moins à l’aétion du foleil, [Ici l’auteur cite les Époques de la nature, où je n’ai trouvé de rélatif à cette moindre durée de l’aétion folaire que. le pafiage rapporté dans la note fur le n. i. de ce §.], 33 les émanations de la chaleur, qui forment les cou-jj rans éle&riques & magnétiques, doivent s’y porter » en plus grande quantité que dans l’hémifphère boréal. Les pôles magnétiques boréaux du globe font dès
- p.214 - vue 235/254
-
-
-
- Détachées.
- §. C X X V. Part. II.
- Chap. U.
- , , . . Se£t. III.'-
- Malgre la probabilité que j’apperçois dans §. I2Ç. la conjecture précédente fur l’origine &
- variations
- " diurnes de
- i , . . . l’aiguille ai.
- 3, lors moins puiflans que les pôles magnétiques auf. mantée.
- 3>. traux. C’eft l’oppofé de ce qu’on obferve dans les s, aimans tant naturels, qu’artificiels , dont le pôle 33 boréal eft plus fort que le pôle auftr&l, ainfi que "» nous le prouverons dans les articles fuivans: &
- 33 comme c’elt un effet confiant du magnétifme, que 33 les pôles femblables fe repoufTent, & que les pôles>
- 33 différens s’attirent, il n’eft point furprenant que 33 dans quelq.u’hémifphère qu’on tranfporte l’aiguille 33 aimantée,, fon pôle nord fp dirige vers le pôle a, boréal du globe, dont il diffère par la- quantité de 3, fa force, quoiqu’il porte le même nom, & qu’éga.
- 33 lement fon pôle fud fe tourne toujours vers le pôle 33 auftral de la terre, dont la force diffère auffi,. par 93 fa quantité, de celle du pôle auftral de l’aiguille 33 aimantée. L’on verra donc aifément comment, par 3, une fuite de l’inégalité des deux courans éle&ri-,3 ques, l’aiguille aimantée, qui marque les déclinai.
- 33 fons, fe tourne toujours vers le pôle nord du globe f 33 dans quelqu’hémifphère qu’elle foit placée, tandis 33 qu’au contraire l’aiguille qui marque l’inclinaifon de 33 l’aimant, s’incline vers le nord dans l'hémifphère J, boréal, & vers le pôle fud dans l’hémifphère aul-33 tral, pour obéir à la force générale, qui va de Péqua^
- O iv
- p.215 - vue 236/254
-
-
-
- 216 Remarques
- -. nature de l’un des. élémens du fluide magné-
- Chîp ’îl’ t^(3ue ’ & fur ^es analogies avec la chaleur Seci.III. folaire; je fuis bien éloigné de confondre ces deux fubftances, je ne prétends pas même infirmer que l’une ait fur l’autre aucune influence
- 53 teur aux deux pôles terreftres, en fuivant la cour-33 bure du globe, de même que les particules de 3, limaille de fer, répandues fur un aimant, s'inclinent 33 vers l’un ou l’autre des deux pôles de cet aimant, » fuivant qu’elles en font plus voifines, ou que l’uni 33 des pôles a plus de fupériorité fur l’autre Traité de Vaimant & defes ufages. Hiji. nat. des minéraux ± T. IX. p. ioi. On voit qu’il eft ici queftion d’un feui fluide magnétique, que ce fluide agit par deux cou-rans dirigés de l’équateur à chacun des deux pôles, que les répudions & attractions magnétiques dépendent d’un rapport de force entre les courans oppofés. Ces hypothèfes n’ayant aucun rapport avec les miennes, je ne les en aurois pas rapprochées, fi je ne m’étois rencontré avec leur auteur dans l’idée d’établir une liaifon entre la polarité magnétique dit globe & la caufe qui réchauffe le pôle boréal plus que le pôle auftral. ,i\lais à cet égard même il y a une différence affez éonfidé-rable dans la manière d’établir une liaifon entre ces deux faits qui s’eft préfentée à moi & celle qu’adopte M. de Buffon, (Voyez l’ouvrage cité ci-deffus, p. 16$. ), pour que je n’aie pas cru devoir omettre l’article auquel cette note fe rapporte.
- Ce que dit M. de Buffon dans ce paffage fur la force
- p.216 - vue 237/254
-
-
-
- D É T A C H i E S. AI7
- immédiate ; je veux feulement conclure des remarques que je viens de raflembler, qu’il eft vraifemblable que l’un des élémens magnétiques eft formé en tout ou en partie de quelque partie des rayons folaires.
- fupérieure du pôle boréal des aimans fe fonde ( p. 164. ) fur quelques expériences de MM. Defcartes, Rohault, & de Bruno. Ce fait, s’il étoit vrai, indiquerait une différence dans l’attraétion des élémens homogènes de l’efpèce A, & de l’efpèce B, admis dans mon hypo-thèle (§. LXXV. ). Mais fans doute le fait eft faux, car il me paroît contraire aux conféquences qu’on peut tirer d’une remarque de M. Coulomb. Voici comment s’exprime ce favant phyficien. “ L’on a pu s’apper-j, cevôir, dans le courant de cette expérience, que M nous fuppofons que notre fil étant aimanté par la „ méthode de la double touche; fi l’on préfente al-3, ternativement à une même diftance, fon pôle boréal 35 & fon pôle auftral, à l’extrémité d’une aiguille aiman-33 tée par la méthode de la double touche, le pôle ,3 boréal du fil aimanté attirera le pôle auftral de » l’aiguille, exactement avec la même force que le 3, pôle auftral de ce fil rep"ouffera le pôle auftral de 3, l’aiguille , £5? vice verfa pour le pôle boréal de 3, l’aiguille. Cette propriété qui, comme nous le ver-3, rons dans la fuite, eft une conféquence néceflaire 3, de la théorie du magnétifme, fera d’ailleurs prou-
- as vée par l’expérience »...........Acad, des fc, de
- Paris pour 1785. p. 597-
- p.217 - vue 238/254
-
-
-
- 218 Remarques l1. Cela étant, on n’eft point en droit de fup-
- ctap. îu P°^er que ces rayons, dans le moment où Se& m ie foleil les répand, doivent agir fur l’un ou l’autre des élémens magnétiques, car l’affinité que ces deux élémens exercent entr’eux peut n’avoir point lieu avec les rayons {blaires de£ quels l’un de ces élémens dérive fon origine.
- C’eft donc à l’expérience feule à nous apprendre quelle eft l’affinité des fluides magnétiques , foit avec les rayons fol aires, foit avec la chaleur, foit avec tout autre fluide analogue. Or l’expérience nous fait voir que la chaleur affoiblit la vertu magnétique ( i ). Il eft donc probable que l’adion immédiate du foleil fur l’atmolphère terreftre, eft d’aifoiblir l’influence de celle-ci fur l’aiguille aimantée.
- 2. On peut affigner diverfes caufes à cet effet. Dans l’intérieur du fer il eft naturel de penfer que la chaleur, facilitant le mouvement du fluide, fàvorifè par là le rétabliflement de l’équilibre. Dans l’atmolphère terreftre cette fuppofition eft improbable, à caufe de la liberté avec laquelle le fluide s’y meut. Ne pourroit*
- ( i ) Les expériences du magnétomètre ont confirmé ce fait d’une manière frappante. Voyages dans les Alpes par M. de SauJJure, T. I. §. 459.
- p.218 - vue 239/254
-
-
-
- DÉTACHÉES. 219
- on pas penfer que le torrent des rayons fo-. _ -.
- laires tombant fur l’atmofphère terreftre écarte chapT’lL j j par fa préfence une partie des fluides fubtils Se£l-analogues à ces rayons? Quoiqu’il en foit, fi l’on admet comme probable le fait en queftion » je veux dire l’afFoibliffement momentanée du magnétifme naturel de l’atmofphère terreftre par l’a&ion des rayons folairesj ce fait rendra compte des variations diurnes de l’aiguille aimantée. Car le pôle de cette aiguille qui fe tourne vers le nord, a chaque jour un petit mouvement, par lequel elle fuit le côté de la terre que le foleil éclaire de fes rayons.
- Cette explication ne diffère point de celle que M. Canton a donnée du même phénomène ( 1 ) j mais M. Canton fuppofoit que la chaleur diurne du foleil agifloit fur l’aimant que la plupart des phyficiens fuppofent être enfermé dans le fein de la terre, & que cette action, qui ne dure que 12 heures de chaque côté d’un même méridien,pouvoit produire des effets fenfibles. Cette fuppofition n’étoit point admiffible, & M. Æpinus l’a folidement réfutée dans le mémoire dont j’ai traduit' un fragment ci-deflus, (§. préc. n. 1.). “ Je vôu-
- (1) Tranf. phil. Vol. LI. Part, I. p. 398. &fuiv.
- p.219 - vue 240/254
-
-
-
- 220 Remarques
- „ drois, dit ce philofophe ( i ), que cette
- Chap^ i?* » théorie fût auflï vraie qu’élit eft ingénieufe.
- &£l. in. M Le noyau magnétique, auquel nous attri-„ buons la dire&ion de l’aiguille aimantée , „ eft certainement enfoncé à une immenfe pro-s, fondeur dans le globe de la terre* Mais nous „ favons que la ligne, qui fépare la croûte „ terreftre fenfible aux variations du froid & ,3 du chaud du noyau inacceffible à ces varia-,3 dons, n’eft pas placée à une grande pro-S3 fondeur, puifque dans des caves aflez peu „ profondes, les thermomètres font immobiles. „ Comment donc les variations de la chaleur 39 diurne pourroient - elles parvenir jufqu’au 33 hoyau magnétique, enfeveli à une profondeur s, telle, que les variations même annuelles, 33 quoiqu’incomparablement plus grandes, ne 33 fauroient y pénétrer 33 ? Cette obje&ion, qui paroît infoluble dans Phypothèfe commune ad-mife par M. Canton, tombe d’elle-même dès qu’on fubftitue à cette hypothèfe celle que j’ai indiquée ci-deifus (§. CXXI. n. 4.). Car dès lors il fuffit, pour rendre compte du phénomène, que 1 l’atmofphère & la furface de la terre s’échauffent par l’a&ion diurne du foleil j
- ( 1 ) Cogitât, de dijlr. calorisper tellurem. adnot. b.
- p.220 - vue 241/254
-
-
-
- (détachées, 2ai
- or c’eft-là un fait que perfonne ne peut con- .
- tefter.
- Chap. IL
- 4. Pour faire lentir toute la force du rai- Seâ. III. fonnement de M. Æpinus que je viens d’alléguer (n. 3.)» par lequel il attaque l’hypo-thèfe de M. Canton, je vais traduire ici la note dont j’ai cité les dernières paroles.
- „ Un petit corps, dit M. Æpinus ( 1 ) ,
- „ expofé librement, imite promptement tou-„ tes les variations de froid & de chaud qui „ ont lieu autour de lui. C’eft ainlï, par „ exemple, que la boule d’un thermomètre „ ordinaire a befoin à peine d’un demi-quart-„ d’heure pour revenir à la température de „ l’air dans lequel elle eft plongée. Suppofons „ qu’on expofe de même un très-grand corps,
- ,, on pourra affirmer de mçme de fa furfàce „ extérieure, qu’elle fera promptement affedée n des changemens de froid & de chaud-qui „ auront lieu autour du corps. Mais il n’en „ fera pas ainfi de fes parties intérieures. Si,
- ,, par exemple, la chaleur du dehors croit „ fubitement, ce ne fera qu’après un certain „ temps, plus ou moins long fuivant la gran-„ deur du corps, que cette chaleur pourra
- (1) /. c.
- p.221 - vue 242/254
-
-
-
- 22 z Remarques
- ... „ pénétrer au dedans ; or cet intervalle de
- Chapon » temps peut être tel, qu’il furvienne une Seél. Ili. „ nouvelle variation pendant ce temps-là, & „ que la croûte de ce grand corps ( li l’on „ peut employer cette expreffion ) ait le temps „ de fe réfroidir jufqu’à la même profondeur „ à laquelle elle avoit été échauffée , avant „ que la chaleur ait pu pénétrer tout le corps. „ Il n’eft donc pas douteux que le corps peut „ être tellement grand que les variations du j, froid & du chaud, qui ont lieu à fà furface „ pendant l’efpace d’une année entière, n’a£-j, feélent point fenfiblement le noyau. Le globe „ de la terre nous fournit un exemple de ce jj genre; car il eft prouvé par l’expérience, j, que les changemeins de froid & de chaud ne j, pénétrent pas à une grande profondeur au „ defTous de fa fuperficie. Nous en avons un », exemple remarquable dans le phénomène 5j qu’offrent les caves de l’obfervatoire de Paris jj où l’on fait que le thermomètre, qui y de-„ meure fufpendu , indique conftamment le ,j même degré ; & il n’y a pas lieu de douter jj qu’il n’en foit de même dans d’autres régions ,j de la terre.
- „ Ainfl , dans toute l’enceinte du globe ter-n reftre, au-defTous de fa fuperficie, on peut
- p.222 - vue 243/254
-
-
-
- Détachées: 2îj
- » tracer une ligne qui lëpare la croûte fend- —
- „ blement affeâée des variations de froid .& de ctsj. it „ chaud, d’avec le noyau qui conferve perpé-,,-tuellement le même degré de chaleur fans „ éprouver de variations fenfibles.
- „ La première queftion qui fe préfeiite à 55 l’occafion de cette ligne, c’eft de déterminer à 5, quelle profondeur elle eft enfoncée au-deifous 55 de la fuperficie, en différentes régions de la „ terre. Quoique nous foyons prefque totale-„ ment privés d’expériences qui puiffent nous 55 éclairer là-deifus, il n’eft pas difficile néan-„ moins d’appercevoir, que l’épaifleur de la 5, croûte fenfible aux variations de la chaleur „ ne peut point être par - tout la même. En 5, effet, s’il étoit un lieu fur la terre, où la 5, chaleur fût conilante & invariable pendant 5, toute l’année, il eft évident que dans ce n heu - là , la ligne dont nous nous occu-„ pons toucheroit la fuperficie. Et quoi-„ qu’aucun lieu de la terre ne foit précifé-55 ment dans ce cas, toutefois on fait bien que „ la différence annuelle, entre le plus grand ,j froid & la plus grande chaleur, n’eft point „ la même en tous lieux ; qu’entre les tropiques ,
- „ par exemple, elle eft alfez petite, beaucoup „ plus grande près des pôles. Or il eft évident
- p.223 - vue 244/254
-
-
-
- 324 Remarques
- -===;„ que, toutes chofes égales, les variations doi-Part. IL vent pénétrer plus avant dans le fein de la Chap. II. ” ...... „ r i
- Sta. III. „ terre, la ou les variations annuelles lont plus „ grandes, que là où elles font plus petites.
- „ On peut enfuite élever une autre queftion, dont je defirerois vivement qu’on put trouver „ la folution. Quoique les variations du chaud 3, & du froid, qu’éprouve la fuperficie de la „ terre, ne parviennent pas fenfiblement juf-3, qu’au noyau de ce globe, il ne faut pas „ néanmoins en conclure que le noyau n’en ,3 eft nullement affedé ; tout ce que je veux ,3 dire c’eft que les variations que ce noyau 33 éprouve ne deviennent pas fenfibles pendant ,3 un temps très-court. En effet, le globe ter-M reftre , pendant le long intervalle écoulé ,3 depuis fa création jufqu’à nos jours, a été „ expofé fans cefle à l’adion du foleil & à „ celle des autres caufes qui peuvent modifier „ ià chaleur : il eft donc certain que le noyau, 3, quelle qu’ait été fa température dans l’ori-» gine, doit être revenu à un certain degré „ de chaleur, qui peut être confidéré comme 33 l’effet réfultant en fomme de la totalité des „ variations qu’éprouvent fucceflïvement la a, fuperficie & la croûte du globe. De nos jours, „ ce degré doit n’être fujet à aucunes varia-„ tions,
- p.224 - vue 245/254
-
-
-
- D- f T A C H £ E S. iif
- ,, tions, (H du moins le noyau eft parvenu à „ un état permanent) , ou il ne doit éprouver 35 que des variations très-petites & à peine fen- Se£f. lïl. 3, libles. Il feroit donc important de favoir, fî 33 ce degré de chaleur eft par-tout le même ? s, s’il diffère en différens lieux? quel eft pré-33 cifément ce degré dans toute l’étendue du a, globe ? enfin s’il paroit croître ou décroître ,3 d’une manière lente & confiante ?
- 33 Bien qu’il ne foit pas impoiîible en foi de ,3 faire les obfervations qui pourroient donner „ la folution de ces queftions i cependant cette en-33 treprife offre tant de difficultés, qu’à peine doit-33 on concevoir quelque foible elpérance de pou-33 voir un jour recueillir un affez grand nom-„ bre d’obfervations de cette efpèce , pour que « la doélrine de réchauffement du globe ter-33 reftre en reçoive quelque clarté.
- « Je ne puis paffer fous filence une obfer-33 vation qui fe rapporte à ce fujet & que M.
- 33 Gmelin a confignée dans fon Voyage de ,3 Sibérie (i). Ce lavant remarque qu’aux envi-33 rons de la ville de Iakuzk, la terre, vers a, la fin du mois de Juin, ne fe dégèle qu’à la 3, profondeur de trois pieds, & qu’au delà de
- ( i ) Tom, U, pag. ç2o. çsi. 522.
- p.225 - vue 246/254
-
-
-
- 226
- R E M A R Q. U E S ,
- _____ „ ce terme, on la trouve quelquefois gelée Chap II » jufqu’à la profondeur de 91 pieds. M. Gmelin SA III. a à la vérité n’a pas été témoin oculaire de „ çette dernière obfervations mais le régiftre „ publie d’Iakuzk en a confervé la mémoire. „ Ce régiftre (ait foi que du 27 Juillet au „ 1 Novembre i68f. V. S. & du 1 Avril au „ 2y Juillet 1686. V. S. 011 travailla à creufer „ un puits, qu’on parvint à la profondeur de „ ij perches, (chacune de 7 pieds), & que la „ terre fut trouvée fortement gelée jufqu’à „ cette profondeur. C’eft dans ce froid conti-„ nuel qui s’étend à une fi grande diftance de „ la fuperficie que M. Gmelin cherche avec j, vraifemblance, la caufe qui rend ces régions » incapables de produire du froment, & celle „ qui les fait manquer âblolument des fources „ qu’on voit ailleurs fortir du fein de la terre. „
- 5. C X X V L
- S. 116. . Si quelque phénomène météorologique bien furteMM- obfervé, (tel que la lumière zodiacale, (S.CXXIII. très varia- y ') ') prouvoit une liailon confiante entre les 1 mouvemens de l’atmofplière folaire & les variations de l’aiguille magnétique ; on pourrait concevoir quelqu’cfpérance de foumettre celles.
- p.226 - vue 247/254
-
-
-
- Détachées. 227
- ci à des règles fixes, ce qui feroit un précieux_-1
- avantage. cta^'S.'
- S. CXXTIL **m
- 1. Puifque le fluide magnétique eft compofé §• i»r-de deux élémens, dont l’un a de l’analogie en faveur de avec quelques fluides connus, & qui font *n-Jyfe.hyP°" conteftablement répandus par tout le globe,
- ( du moins dans fes parties acceflibles ) ; on ne doit pas avoir de répugnance à employer un tel fluide pour expliquer les phénomènes du magnétifme.
- 2. Les élémens dont il eft compofé, fe combinent fans doute de mille manières avec d’autres fluides qui jouent un rôle dans la nature.
- Il eft bien probable , par exemple , que les fluides éle&rique & magnétique ont quelqu’un de leurs élémens communs.
- 5. Ce n’eft donc pas recourir à des fuppofî-tions invraifemblables que d’admettre un^ tel fluide. C’eft plutôt employer à l’explication, des phénomènes du magnétifme, des fluides connus, & dont l’exiftence eft d’ailleurs indubitable.
- §. C X X V I I I.
- Ce n’eft pas fur les remarques détachées S-,1®**
- 1 1 • , . , Gonclufion.
- contenues dans ce dernier chapitre, qu unlec-pij
- p.227 - vue 248/254
-
-
-
- m8 Remarques Détachées.
- . fnir équitable jugera mon travail. Il aura fins Chap lî* doute égard au but principal que je me fuis SA 1U. propolê en l’entreprenant, & que j’ai annoncé dans ma préface. Ce but étoit uniquement de développer l’idée fondamentale de mon hypo. thèfe liir le magnétifme, de difcuter cette hypo thefe. de l’établir fur de folides bafes, ou de la renverfer par des arglimens fans répliqué. Le réfultat de cette difcuffion s’étant trouvé favorable à l’hypothèfe, j’ai fait ce qui dépen-doit de moi pour l’expofer avec clarté. Si j’ai réuffi à cet égard, j’efpère qu’on me pardonnera des négligences, des longueurs, peut-être même des erreurs qu’il n’a pas été en mon pouvoir d’éviter.
- p.228 - vue 249/254
-
-
-
- pl.1 - vue 250/254
-
-
-
- pl.2 - vue 251/254
-
-
-
- TABLE
- DES MATIÈRES
- PARTIE PREMIÈRE.
- PRINCIPES. pag. i
- CHAPITRE I. Principes dynamiques, Ibid SECTION I. Premières Notions. Ibid.
- SECTION II. De Vattraclion des élémens & des molécules ifolées. 3
- Section in. De Vattraclion des majfes de fluide ifolées. S
- SECTION IV. Des molécules & des majfes de fluide confidérées dans un^uide combiné infini. 10 SECTION V. Des molécules confidérées dans Vinté-rieur d’un ajfemblage particulier placé au milieu du fluide infini. • 16
- SECTION VI. Extenfion despropofitionsprécédentes.
- CHAPITRE II. Principes Phyfiques. 33 Section I. De la caufe mécanique de la gravitation univerfelle. 3 6
- SECTION II. De la caufe de Vexpanfibilité de certains fluides. 39
- Section III. De la caufe des a fini tés. pag. 5$
- p.229 - vue 252/254
-
-
-
- 230 T A B L E.
- Section IV. D'Une affinité particulière des fluides
- expanfifs. 70
- Digreffion. 91
- SECTION V. De la décompofition d'une molécule de fluide expanfifs par l'affinité Sun corps expanfif.
- 94
- SECTION VI. De tinfluence Sun • corps folide fur la denfité Sun fluide expanfif avec lequel il a quelqu'affinité, IOO
- SECONDE PARTIE.
- APPLICATIONS, 107
- CHAPITRE I. Application des principes précé-dens à la recherche de f origine des forces magnétiques en général, Ibid.
- SECTION I. Expofition S une hypothèfe propre a expliquer Vorigitie des jfoffcs magnétiques. Ibid. Hypothèfe, é- • 108
- SECTION II. Explication des trois principaux phénomènes du magnétifme, 114
- Phénomène I. Magnétifation avec ou fans points conféquens. Ibid.
- Phénomène II. Attractions & répulfions magnétiques. 118
- Phénomène III. Effet de la féparation des pôles Sun barreau aimanté. 124
- SECTION III. Comparaifon de cette hypothèfe avec celle de M. Æpinus. pag. 154
- p.230 - vue 253/254
-
-
-
- TABLE.
- 231
- Article I. Conformité des deux hypothèfes moyen-
- nant une feule reflriclion, Article II. Irrégularité. Article III. Difficulté. Conclufion.
- ISS
- itfS
- 168
- 172
- CHAPITRE II. Application de la caufe du magnétifme à quelques effets particuliers. 174 SECTION I. Remarques détachées relatives au magnétifme du fer & des corps ferrugineux. 175 Remarque I. Sur l'arrangement de la limaille autour d'un barreau aimanté. Ibid.
- Remarque II. Sur la loi relative aux diftances des aimans. 182
- Remarque III. Sur la loi relative aux maffes des aimans. 193
- SECTION II. Remarque fur les forces fuperficielles.
- 197
- SECTION III. Du magnétifme du globe terrejlre & de la nature du fluide magnétique. 200
- Fin de la Table.
- p.231 - vue 254/254
-
-