Des appareils télégraphiques à grande vitesse
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- DES W.tîii?
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- GRANDE VITESSE
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- JA. j7. JD E L A E\GE
- INGÉNIEUR EN CHEF DES TÉLÉGRAPHES BELGES
- BRUXELLES
- IMPRIMERIE FÉLIX CALLEWAERT PÈRE
- RUE DE L’INDUSTRIE, 26
- 1878
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- JA. j7. Delarge
- INGÉNIEUR EN CHEF DES TÉLÉGRAPHES BELGES
- L’accroissement continu du mouvement des correspondances télégraphiques a pour conséquence le développement progressif des moyens de transmission. Il en résulte, non-seulement que les dépenses annuelles d’exploitation augmentent dans une proportion qui diffère peu de celle de l’accroissement du trafic, mais encore que des obstacles surgissent dans l’exécution de ce service.
- La difficulté de se procurer des locaux suffisamment vastes est un des premiers embarras qu’engendre cette situation, mais c’est surtout la construction des lignes qui doit fixer sérieusement l’attention.
- On conçoit, en effet, qu’à moins de recourir aux lignes souterraines, dont l’installation coûte environ huit fois plus que celle des lignes actuelles formées de fils de fer suspendus sur poteaux, on ne pourra augmenter indéfiniment le nombre des conducteurs établis le long des voies ferrées.
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- D’un autre côté, le public réclame sans cesse des abaissements de tarifs et désire obtenir, en même temps, des améliorations dans le service. Les administrations télégraphiques voient donc de jour en jour leur situation devenir de moins en moins prospère et, pour un grand nombre d’entre elles, les résultats de l’exploitation se traduisent par un déficit.
- Il n’est donc pas étonnant que depuis quelques années les procédés de transmission les plus économiques soient l’objet de recherches incessantes et que des systèmes qui avaient été trouvés sans utilité il y a vingt ans, aient été repris récemment et, après avoir subi quelques modifications, se soient répandus très-rapidement dans certains pays.
- L’administration belge a jugé utile de faire examiner les résultats que l’on obtient en France et en Hollande de l’emploi des appareils télégraphiques à grande vitesse et a bien voulu nous charger de cette mission.
- En publiant la présente note, nous devons exprimer tous nos remercîments à M. Pierret, directeur de l’Administration des lignes télégraphiques de France, à M. Héquet, inspecteur, chargé de la direction du bureau central des télégraphes de Paris, à M. Van Thiel, inspecteur des télégraphes néerlandais et à M. Collette, ingénieur, chef du service technique des télégraphes néerlandais, pour les facilités qu’ils nous ont accordées et les renseignements qu’ils ont eu l’extrême obligeance de nous donner en vue de l’accomplissement de notre tâche.
- Les appareils à transmission rapide qui sont en service, à Paris, à l’administration centrale des télégraphes, sont le multiple de Meyer, le duplex de Stearns et l’automatique de Wheatstone. En Hollande, nous avons vu fonctionner le multiple de Meyer.
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- APPAREIL MULTIPLE DE MEYER.
- Il a été reconnu depuis longtemps que les fils télégraphiques comportent un rendement bien supérieur à celui qui correspond à la transmission par l’appareil Morse ordinaire. Dans le but d’augmenter ce rendement, certains inventeurs ont eu recours à la composition préalable des signaux. Par cette disposition, la manipulation étant automatique, la vitesse de transmission peut être réglée de façon à atteindre le maximum de produit des fils.
- Au lieu d’accroître la vitesse avec laquelle les signaux sont émis par un seul appareil, M. Rouvier avait imaginé, en 1858, de mettre un fil de ligne successivement en communication avec divers appareils Morse, de façon que chaque signal, point ou barre, transmis par un de ces appareils, fut compris entre les signaux produits par l’appareil voisin.
- - En 1872, M. Meyer fit connaître un appareil basé sur un principe analogue au précédent mais qui en différait, toutefois, en ce que, non plus les signaux élémentaires (point ou barre), mais les lettres complètes étaient intercalées entre celles transmises par les autres appareils.
- L’appareil Meyer se compose, en principe, d’un certain nombre d’appareils enregistrant les signaux Morse et qui sont mis successivement, au moyen d’un distributeur mécanique, en relation avec un même fil de ligne. Chaque récepteur est desservi par un employé qui transmet une lettre chaque fois que son appareil est relié à la ligne.
- On conçoit qu’avec ce système le manipulateur Morse ordinaire ne puisse être avantageusement employé. En effet, il ne pourrait y avoir qu’un faible avantage, au point de vue de la vitesse, à faire trans-
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- mettre successivement par plusieurs employés, à la vitesse ordinaire, des lettres séparées.
- A part l’accroissement de vitesse qui résulterait de ce que le premier signal transmis par un agent pourrait être rapproché du dernier transmis par le précédent, le résultat serait le même que si un seul opérateur transmettait continuellement.
- La disposition adoptée par M. Meyer est la suivante :
- Le manipulateur est à clavier, composé de huit touches, dont quatre blanches et quatre noires, correspondant respectivement aux barres et aux points de l’alphabet Morse. L’agent qui transmet appuie simultanément sur les différentes touches qui composent une lettre ou un chiffre, de façon que la vitesse avec laquelle sont transmis les différents signaux qui composent cette lettre ou ce chiffre dépend exclusivemen de la vitesse de rotation du distributeur.
- L’appareil Meyer est donc en réalité basé sur le fractionnement du temps et sur la composition préalable des signaux. Seulement, cette composition préalable ne se fait que pour une lettre à la fois.
- Le nombre des claviers que comprend un appareil Meyer a été jusqu’à présent de 4 ou de 6, mais il pourrait être plus élevé.
- Lors de notre visite au bureau central de Paris, un sextuple était en service régulier entre Paris et Lyon. La distance qui sépare ces villes est de 525 kilomètres et le fil de ligne a un diamètre de 5 millimètres.
- Le croquis pl. II, fig. 1, représente d’une façon théorique la marche des courants. Dans un but de simplification, un seul clavier a été représenté et les différentes pièces ont été réduites à leur plus simple expression (1).
- (i) Voir les publications suivantes : Journal télégraphique de Berne, n° 15 du 25 mars 1873. — Exposé des applications de l’électricité par le comte Th. Du Moncel, tome III, 1874.
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- La ligne aboutit directement au distributeur K. Celui-ci est disposé dans notre dessin pour une installation à 6 claviers.
- Il se compose d’un cercle en ébonite dans lequel sont incrustées des lames en cuivre t, /", V", t', etc., isolées l’une de l’autre. — Les lames l, 1", etc., sont reliées aux différentes touches des claviers, les lames t, t', t", etc., communiquent avec la terre par l’intermédiaire du fil des bobines d’un relais de réception E.
- Des secteurs S, S\ Sn, S™, S1V, Sv, sont en relation directe avec les six récepteurs, dont un seul R, est représenté.
- Un frotteur F, disposé suivant un rayon du cercle, porte deux ressorts b et b', dont le premier presse sur les secteurs communiquant avec les claviers et le second sur ceux reliés aux récepteurs (1).
- Le ressort b est en communication métallique avec la ligne, le ressort b' est isolé du frotteur et est compris dans le circuit de la pile locale.
- Le frotteur F étant animé d’un mouvement continu de rotation, la ligne est mise successivement en relation avec les différents claviers et dans les intervalles avec le relais de réception E et la terre.
- Chaque clavier est formé de 4 touches noires (une blanche et une noire seulement sont représentées) basculant autour d’axes a, a et pressées par des ressorts métalliquesp,p contre des plaques de repos?*, r',r", etc. La plaque r sur laquelle reposent toutes les touches
- Annales télégraphiques de France, 3e série, tome ier, 1874.
- Notice de M. Collette, ingénieur, chef du service technique des télégraphes néerlandais.
- Annales télégraphiques de France, livraison de juillet-août 1876.
- (1) En réalité, ce dernier ressort est double, de façon que lorsqu’une des pointes est en contact avec le commencement d’un secteur, l’autre touche encore l’extrémité voisine du secteur précédent.
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- .blanches, communique avec le relais E ; les plaques r', r\ r"\ etc., sont reliées métalliquement avec les touches blanches voisines.
- Lorsqu’une touche est abaissée, l’extrémité antérieure vient en contact avec la plaque m, qui est en communication avec un des pôles de la pile de ligne par l’intermédiaire du relais de transmission T et l’extrémité postérieure se détache de la plaque de repos. — L’autre pôle de la pile de ligne est relié à la terre.
- Il résulte de cette disposition que, lorsqu’on appuie sur une touche blanche, la pile de ligne est amenée à deux secteurs voisins du distributeur ; si une touche noire est abaissée, un secteur seulement est réuni à rla pile. Lorsque le frotteur passe sur les secteurs en question, le courant est envoyé sur la ligne et, dans le premier cas, sa durée est double de celle du second ; de cette manière sont formés les points et les barres qui composent les signaux.
- Lorsque les touches sont dans la position de repos, les courants reçus se rendent à la terre, par la plaquer ou par r et r ou bien par les lames t, t\ t" etc., et le fil ex.
- Examinons maintenant comment se fait la réception des signaux.
- Le récepteur comprend un aimant permanent A, qui attire par influence le noyau de fer doux d’un électro-aimant B. Celui-ci est fixé sur un châssis mobile autour d’un axe d et sur lequel passe une bande de papier de 0ra,04 de largeur. Au dessus de ce châssis, se trouve un cylindre C animé d’un mouvement continu de rotation et qui porte une hélice h dont les bords sont recouverts d’encre. Dans un appareil à 6 transmissions, cette hélice n’occupe que le sixième environ, de la circonférence du cylindre. Les effets qui se produisent par cet arrangement sont les suivants :
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- Lorsqu’aucun courant ne passe dans l'électro-aimant B, celui-ci étant attiré par l'aimant A, le châssis presse la bande de papier contre l’hélice, pour autant que celle-ci se trouve en face de l’extrémité du châssis. Un trait, plus ou moins long selon la durée de l’interruption du courant, se marque alors sur la bande.
- Or, un courant permanent traverse les bobines de f électro-aimant B de la manière suivante : les relais de transmission T et celui de réception E sont à armature polarisée par un aimant permanent. Un des pôles de la pile locale est relié au fil de terre, l’autre à l’aimant du relais T. Lorsque ces relais sont à l’état de repos, le circuit de la pile locale est fermé, ainsi que l’indique le croquis pl. II, fig. 1, à travers l’aimant Z), l’armature F, la vis de contact f, l’aimant G, l’armature H, la vis de contact g, le fil gb\ le ressort b', le secteur Sv, et le fil des bobines de lelectro-aimant B.
- Le courant qui traverse ces bobines développe dans le fer deux des pôles de même nom que ceux de l’aimant A ; dès lors il y a répulsion et la bande de papier s’écarte de l’hélice.
- Pour produire un signal, il suffit donc de couper le circuit local en un point quelconque. Cette interruption se produit au relais T lorsqu’on abaisse une touche des claviers, c’est-à-dire, lorsqu’on transmet, parce que le courant de la pile de ligne traverse à ce moment le fil de ce relais et éloigne l’armature polarisée F de la vis de contact f. Lorsque l’on reçoit du bureau correspondant, cette interruption a lieu, de la même manière à la vis g du relais de réception E.
- D’après ce qui vient d’être dit, on voit donc que l’employé qui transmet reçoit ses propres signaux sur sa bande.
- Un seul relais pourrait suffire. Il a été trouvé préfé-
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- râble d’en placer deux pour éviter les réglages qu’occasionne la différence d’intensité des courants transmis et reçus.
- Cette amélioration a été proposée par M. Morel, employé à la station centrale de Paris, qui vient de faire paraître dans la livraison de juillet-août 1876, des Annales télégraphiques de France, une note sur les avantages de cette disposition. Ces avantages consistent principalement à pouvoir utiliser pour la transmission un relais à bobines de faible résistance et pour la réception un relais à grande résistance et conséquemment très-sensible. En outre, un même pôle de la pile peut être utilisé à chaque extrémité du fil mais, dans ce cas, sur les longues lignes aériennes ou sur les lignes sous-marines, le relais de réception peut fonctionner, après chaque envoi de courant, par la décharge du fil. Pour éviter cet inconvénient, M. Meyer a adopté une disposition nouvelle de clavier qui est décrite dans le numéro des Annales que nous venons de citer et qui a pour résultat de mettre, après chaque transmission, en relation directe avec la terre, tous les intervalles correspondants au clavier qui fonctionne et de couper la communication avec le relais de réception.
- Dans l’article précité, M. Morel propose, en outre, d’adopter une disposition identique à celle dont nous parlerons lors de l’examen de l’appareil automatique de Wheatstone et qui a pour but de maintenir constante la charge du fil, que le courant envoyé soit de longue ou de courte durée. Pour atteindre ce but, M. Morel fait passer le courant à travers un rhéostat convenablement gradué, pendant la seconde moitié de l’émission qui doit former un trait.
- Quant à la décharge, elle se fait comme avec le nouveau clavier dont nous venons de parler.
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- L’hélice h et le frotteur Fêtant animés de mouvements de rotation synchroniques et isochrones, c’est-à-dire, accomplissant une révolution complète dans le même temps et d’un mouvement uniforme, le courant de la pile locale est envoyé dans la bobine B au moment où l’hélice se présente dans la position qui permet l’impression. Dès que l’hélice abandonne cette position, le courant local cesse de traverser la bobine B et est envoyé dans la bobine du récepteur voisin.
- Il ressort de ce qui précède, que les frotteurs des postes en correspondance doivent être animés de mouvements isochrones et synchroniques.
- Ce résultat est obtenu de la manière suivante :
- Les appareils sont mis en mouvement par un contrepoids. Le régulateur de vitesse comprend une tige métallique vibrant circulairement, sur laquelle glisse une boule dont on fait varier à volonté la distance au point d’encastrement de la tige.
- Ce réglage n’est pas suffisant, parce qu’avec cette disposition seule, les effets produits par les différences de vitesse, si faibles qu’elles puissent être, s’accumuleraient à chaque tour et, après quelque temps de fonctionnement continu des appareils, seraient assez marquées pour détruire la concordance de ceux-ci.
- Une régularité complète est obtenue par une correction qui s’opère de la manière suivante à chaque révolution du frotteur (1).
- L’appareil de l’un des deux bureaux (le croquis fig. 1, pl. II se rapporte à l’appareil muni du mécanisme correcteur), en correspondance est muni d'une fourchette à deux cliquets dont l’un agit sur le mouvement d’horlogerie pour en diminuer la vitesse et l’autre pour l’augmenter.
- (i) Les détails mécaniques de la correction se trouvent dans l’exposé des applications de l’électricité de M. Du Moncel, tome III, p. 489, et dans les Annales télégraphiques de France, 3e série, tome ier, page 48.
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- L’un ou l’autre fonctionne, sous l’action d’une came, à chaque révolution du frotteur ; le premier est mis en jeu par le seul poids des pièces, et le second devient actif lorsque la fourchette est attirée par un électroaimant qui s’aimante par certains envois de courant du bureau correspondant.
- Toutefois, la fourchette porte une lame triangulaire qui s’engage, dans son mouvement de va-et-vient, dans l’une ou l’autre de deux coches qui existent dans le châssis-guide et qui correspondent aux deux positions de la fourchette que nous venons d’indiquer.
- Il en résulte qu’un envoi de courant qui se produit lorsque la lame est engagée dans la rainure correspondante à la correction mécanique ne peut empêcher celle-ci de setproduire.
- Au bureau dépourvu de ce mécanisme spécial, l’un des secteurs du distributeur occupant la position correspondante à celle figurée en c, planche I, fig. 1, est mis en relation avec la pile de ligne.
- Un courant est donc reçu par le poste qui possède le mécanisme correcteur, à chaque révolution du trotteur de l’autre poste (1).
- Ce courant se rend dans les bobines du relais de réception E, en traversant un quelconque des claviers ou bien directement par le fil ex qui réunit toutes les lames de décharge du distributeur. L’armature H du relais E est dès lors repoussée et le courant de la pile locale est interrompu.
- Toutefois, ce courant local peut être dirigé vers l’électro-aimant correcteur L qui agit, comme nous l’avons dit, sur la fourchette d’encliquetage.
- A cet effet, deux languettes métalliques z, z\ iso-
- (i) Un seul appareil est muni de ce mécanisme, mais il semble préférable de le placer aux deux appareils en correspondance, afin d’éviter le chômage que produirait un dérangement dans ces pièces.
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- lées l’une de l’autre, sont réunies à des intervalles réguliers par un cylindre isolant P, garni de lames métalliques suivant des génératrices. Ce cylindre établit une communication entre les deux languettes, juste au moment où le frotteur F parcourt le secteur G réservé à la correction. Si l’armature H du relais E est repoussée à ce moment, c’est-à-dire, si un courant de correction est reçu de la ligne, le courant de la pile locale traverse le relais de correction L.
- Il résulte de cette disposition que, quand les appareils en correspondance sont bien réglés, le courant correcteur ne doit se marquer sur aucun des récepteurs, mais doit arriver toujours lorsque le frotteur est dans la position comprise entre les divisions supérieures du distributeur. On obtient ce résultat en relevant ou abaissant la boule du régulateur. Lorsque la concordance des deux appareils est obtenue, la condition que nous venons d’indiquer existe et, en outre, la lame que porte la fourchette s’engage dans la rainure un peu avant que le courant correcteur agisse. Dans ce cas, on voit, d’après ce que nous avons dit, que la correction mécanique seule agit et tend à retarder l’appareil. Au tour suivant, un nouveau retard s’ajoute au précédent et ainsi de suite jusqu’à ce que la lame ne soit pas encore engagée lorsqu’arrive le courant correcteur. Dès ce moment, la correction électrique se produit et le mouvement s’accélère à chaque tour jusqu’à ce que la situation que nous avons d’abord indiquée se reproduise.
- Ainsi qu’il a été dit au commencement de ce rapport, l’employé qui transmet abaisse d’un même coup les touches qui forment une lettre, un chiffre ou un signe de ponctuation ou de service.
- Chacun de ces signaux est reçu séparément sur la bande, dans le sens de la largeur de celle-ci.
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- Les signaux sont analogues à ceux de l’alphabet Morse, sauf quelques modifications résultant de ce que dans l’appareil Meyer un même signe élémentaire, point ou trait, peut avoir des significations différentes selon qu’il est plus ou moins rapproché du bord de la bande, c’est-à-dire, selon qu’il est produit par l’une ou l’autre des quatre touches semblables du clavier.
- Chaque télégraphiste est prévenu du moment où il est en relation avec le fil de ligne par le bruit qu’un marteau soulevé par une came fait en retombant sur une espèce d’enclume.
- Une seule lettre est transmise par chaque agent par tour de distributeur.
- L’espacement des signaux est de 0m,003 qui représente l’avancement du papier par tour. On sépare les mots en laissant s’effectuer une rotation sans transmettre. Aucun intervalle n’est ménagé entre les mots et les chiffres.
- Les abréviations en usage à l’administration des télégraphes néerlandais sont représentées fig. 2,pl. IL On remarquera que les lettres commencent toutes à la position extrême de gauche et que les chiffres finissent à la position extrême de droite. L’espace réservé à chaque signal élémentaire étant celui correspondant à une barre, l’intervalle compris entre les points et les autres signaux suivants d’une même lettre est plus grand que dans les signaux Morse ordinaires.
- La vitesse de rotation de l’hélice varie avec la longueur de la ligne.
- Entre Paris et Lyon, à l’appareil sextuple, elle est de 80 à 85 tours par minute.
- Sur cette ligne, la pile de transmission se compose de 70 éléments Callaud, de 0ra,135 de diamètre intérieur et de 0m,250 de hauteur.
- La pile locale comprend trois séries de douze éléments du même modèle.
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- M. Meyer se propose, paraît-il, d’apporter prochainement quelques modifications à son appareil.
- L’impression, notamment, ne sera plus produite par l’hélice, mais par une molette placée à l’extrémité d’un bras de levier qui recevra un mouvement de va-et-vient au moyen d’une hélice animée, comme précédemment, d’un mouvement de rotation.
- Cette disposition paraît nécessaire pour les appareils à huit transmissions, parce que l’allongement du pas de l’hélice rend l’impression défectueuse. En outre, les différents appareils de réception seront disposés de façon que l’un d’eux puisse être retiré, en cas de dérangement, sans interrompre le travail des autres, ce qui n’a pas lieu avec l’installation actuelle.
- Enfin, le tirage continu du papier ayant pour effet de produire une résistance assez grande au mouvement, par suite de la pression que doi vent exercer l’un contre l’autre les cylindres entraîneurs, sera remplacé par un avancement brusque qui se produira après chaque impression, comme dans l’appareil Hughes.
- Lors de notre visite à Paris, un appareil Meyer à quatre transmissions fonctionnait entre Paris et Marseille. Quoique le fil utilisé ait un diamètre de 5 millimètres, il a été trouvé utile, eu égard à la longue distance qui sépare ces deux villes (870 kilomètres), de décharger la ligne après chaque émission de courant au moyen d’une pile produisant un courant de sens contraire à celui de transmission. La pile de transmission se compose de 110 éléments Callaud ; celle de décharge comprend le même nombre d’éléments, mais un rhéostat est intercalé dans son circuit de manière à réduire aux deux tiers l’intensité du courant.
- Cette disposition a été imaginée par M. Willot, employé à la station centrale de Paris, qui en a fait paraitre une description complète dans le»
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- Cette transmission à double courant est identique à celle employée sur certaines lignes sous-marines et sur de longues lignes aériennes.
- Pour des distances moyennes telles que celle de Paris à Lyon, la marche de cet appareil ne laisse rien à désirer.
- Le réglage du synchronisme se fait avec la plus grande facilité. Quant à l’entretien, il n’exige que peu de soins et n’est guère plus coûteux, paraît-il, que celui d’appareils Morse en nombre égal à celui des récepteurs dont se compose le Meyer.
- A Paris, cet appareil est démonté et nettoyé à peu près tous les mois.
- La correspondance se fait comme à l’appareil Morse ordinaire, c’est-à-dire que les deux employés directement en relation, peuvent transmettre, recevoir et s’interrompre à volonté. Le rendement peut être évalué à autant de fois celui d’un Morse qu’il y a de claviers. Le nombre de télégrammes échangés par heure au sextuple est de 1&5 en moyenne et de 150 au maximum.
- Les employés étant astreints à transmettre à des intervalles de temps parfaitement réguliers les différents signaux dont se composent les télégrammes, leur travail comporte une certaine monotonie qui finit par engendrer de la lassitude.
- A Paris, pour éviter cet inconvénient, on subdivise les attributions des agents qui manœuvrent cet appareil de façon qu’ils n’y consacrent que la moitié de leurs heures de service, c’est-à-dire trois heures et demie. Après, ils desservent des appareils Hughes.
- Un appareil Meyer' à quatre transmissions fonctionne depuis plusieurs années en Hollande entre
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- Amsterdam et Rotterdam. Il est mis en service tous les jours, de 10 heures du matin à 7 heures du soir. A partir de 5 heures du soir, trois claviers suffisent pour écouler la correspondance.
- La longueur du fil de ligne est de 90 kilomètres. A Amsterdam, la pile de ligne comprend 25 à 30 éléments Leclanché et la pile locale est formée de deux séries de 12 éléments Meidinger. La vitesse de rotation du frotteur est de quatre-vingts tours par minute. Le nettoyage de l’appareil se fait tous les trois mois, environ.
- Les agents auxquels est confiée, à Amsterdam, la manœuvre de cet appareil, en font leur occupation exclusive pendant 8 heures par jour.
- Les frais d’entretien sont évalués approximativement à autant de fois celui d’un Morse qu’il y a de claviers. Quant au rendement, il est estimé par clavier à 25 télégrammes, en moyenne, par heure, et à 30 au maximum. Ces chiffres sont un peu supérieurs à ceux qui nous ont été donnés en France.
- Nous extrayons le passage suivant du rapport officiel sur la situation des Télégraphes néerlandais en 1875 :
- « L’appareil Meyer a fonctionné régulièrement pen-« dant toute l’année entre Amsterdam et Rotterdam. « Il est encore sujet à de petits dérangements que l’on « attribue à l’imperfection des modèles en usage ici. « On espère, toutefois, faire disparaître insensible -« ment ces légères perturbations, soit par une inven-« tion, soit par une modification ou amélioration dans « la construction. En attendant, la mise à notre disposi-« tion d’appareils de réserve est une nécessité : c’est « pour ce motif que des mesures ont été prises dans « le but d’en pourvoir, dans le courant de 1876, les « bureaux d’Amsterdam et de Rotterdam.
- « La vitesse de transmission de chacun des appa-
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- « reils dont le Meyer se compose, ne dépasse, même « dans des circonstances favorables, ni celle du Morse, « ni celle du Hughes. L’emploi de l’appareil Hughes « semble préférable dans les bureaux où plusieurs fils « sont libres.
- « Le Hughes a encore la priorité sur l’appareil « Meyer, sauf le cas de dérangement, en ce sens qu’il « imprime nettement et lisiblement les télégrammes, « tandis que les signaux Meyer exigent une traduction « en langage ordinaire.
- « L’appareil Meyer demande, en outre, à être des-« servi par des agents très-exercés pour éviter des « erreurs dans la transcription des signaux. Il faut « aussi remarquer que la transmission d’un télé-« gramme exige en moyenne plus de temps à l’appareil « Meyer qu’à l’appareil Hughes.
- « A Amsterdam, on a adopté pour règle de faire « passer les télégrammes urgents et les longs messages « de préférence par l’appareil Hughes lorsque ce der-« nier, chose qui se présente souvent, est mis en acti-« vite en même temps que l’appareil Meyer. »
- Nous croyons pouvoir résumer comme suit les résultats donnés par l’appareil Meyer :
- Cet appareil, d’une construction relativement simple, est peu sujet à dérangement et donne lieu à peu de frais d’entretien.
- La manipulation est facile, la correspondance se fait comme à l’appareil Morse et le rendement par employé est le même qu’à ce dernier appareil. Au point de vue économique, il a l’avantage d’écouler par un fil de ligne autant de correspondances que l’appareil Morse par quatre, six et même huit fils.
- On peut donc admettre que l’économie consiste à peu près dans la suppression d’un nombre de fils de ligne égal à celui des claviers moins un. Cet appareil est,
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- par conséquent, d’autant plus avantageux que la distance à laquelle il fonctionne est plus grande, pour autant, bien entendu, que celle-ci ne dépasse pas la limite au-delà de laquelle sa marche cesse d’être régulière.
- Il nous reste à déterminer quelle est l’économie annuelle que pourrait produire en Belgique, l’emploi de cet appareil.
- Supposons qu’un appareil quadruple soit installé entre Bruxelles et Anvers et que l’échange des correspondances entre ces deux villes soit suffisant pour l’alimenter pendant 8 heures par jour. Comparons la dépense à celle qui résulterait de l’emploi de quatre fils desservis par appareil Morse, le rendement étant sensiblement le même dans les deux cas.
- Frais d'installation de deux appareils Morse.
- 2 récepteurs................fr. 670
- 2 manipulateurs............. 37
- 2 rouets.................... 30
- 4 boussoles à sonneries. . . 208
- 1 table de 2m, 10, montée . . 31
- 2 chaises.................. 10,50
- fr. 986,50
- Pour 2 semblables .... 1973,00
- Il faut ajouter pour compléter l’installation d’un bureau :
- 1 commutateur de 5 X 7 lames 58,00
- 1 pile de 20 éléments Leclan-ché............................ 60
- Total . . . fr. 2091,00
- Pour 2 bureaux semblables . 4182,00
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- Frais annuels.
- Intérêt et amortissement du capital d’installation ..........fr. 418,20
- Remplacement de pièces . . 16,00
- Abonnement du mécanicien . 96,00
- Grandes réparations ... 90
- Entretien de la pile .... 164
- Papier en bandes .... 696
- Papier à décalquer, encre, etc. 96
- Fils de lignes. — 45 X 4 kilomètres à 15 francs....................... 2700
- Traitement de huit employés . 11680
- 15956,20
- La dépense annuelle par fil desservi par appareil Morse serait donc de fr. 3,989,05.
- Calculons maintenant la dépense pour un appareil Meyer à quatre transmissions.
- Les frais d'installation seraient les suivants :
- Achat de deux appareils. . . fr. 6800
- 40 éléments Leclanché (pile de
- ligne)......................... 120
- 48 éléments Daniel (pile locale). 170,40
- 1 commutateur à 2 directions . 15
- 8 chaises................... 42
- fr. 7147,40
- Pour évaluer la dépense annuelle, nous supposerons que les frais d’entretien et de renouvellement sont doubles de ceux occasionnés par quatre appareils Morse.
- Frais annuels.
- Intérêts et amortissement du capital d’installa-
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- tion...........................fr. 714,74
- Renouvellement et entretien . 404
- Entretien de la pile de ligne . 164
- Id. id. locale . 144
- Papier en bandes .... 450
- Papier à décalquer, huile,
- encre, etc..................... 100
- Fil de ligne. — 45 kilomètres
- à 15 francs................... 675
- Traitement de huit employés . 11680
- Intérêts de l’indemnité à allouer à l’inventeur................ 1250
- fr. 15581,74
- La différence entre les deux prix de revient annuels est seulement de fr. 374,46. L’économie que réaliserait l’appareil Meyer serait donc insignifiante II y aurait égalité complète des frais d’entretien si la longueur de la ligne était diminuée de — 8 kilomètres, c’est-à dire si elle n’était que de 37 kilomètres.
- L’appareil Meyer à quatre claviers produirait donc une économie annuelle de 45 francs par kilomètre au dessus de 37.
- Établissons maintenant une comparaison avec l’appareil Hughes.
- Deux appareils de ce système et deux fils fourniraient le même travail qu’un appareil Meyer ou que quatre appareils Morse.
- En prenant une partie des chiffres donnés par l’Inspecteur chef du service technique des télégraphes, dans un de ses rapports récents, nous arrivons aux résultats suivants :
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- Frais d’installation de deux appareils Hughes.
- 2 appareils.......................fr. 3090
- 2 tables de contrôleurs .... 56
- 2 chaises hautes................ 50
- 2 casiers....................... 10
- 1 commutateur à deux directions . 15
- Pile de 20 éléments Leclanché . . 60
- fr. 3281
- Pour deux installations semblables. 6562
- Frais annuels.
- Intérêt et amortissement (durée
- 15 ans)........................fr. 754,63
- Réparations courantes ... 134
- 2 grandes réparations à 110 fr.
- en 15 ans..................... 60
- Abonnement du mécanicien . 1200
- Entretien de la pile.... 82
- Papier en bandes .... 348
- Huile, encre, gomme, etc. . 104
- Fils de ligne. — 90 kilomètres à 15 francs.......... 1350
- Traitement de 8 employés . . 11680
- Intérêt du droit de brevet . . 140
- Total . . . fr. 15852,63
- L’appareil Meyer serait donc un peu moins coûteux que des appareils Hughes, mais la différence est si faible que nous pensons qu’il n’y a pas lieu d’en tenir compte, d’autant plus que les dépenses annuelles que nous avons indiquées pour l’appareil Meyer ne sont qu’approximatives.
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- Nous croyons pouvoir conclure que, dans les conditions que nous avons supposées, il n’y aurait pas lieu d’adopter l’appareil Meyer. En effet, ainsi que nous venons de le voir, l’économie serait très-faible. Par contre, il y aurait un inconvénient, nous paraît-il, à introduire un nouvel appareil qui exigerait un apprentissage de la part du personnel. De plus, l’appareil Hughes nous paraît offrir plus de garanties contre les erreurs que l’appareil Meyer, à cause, notamment, du contrôle exercé au départ par le second employé et du fait que l’impression a lieu directement sur la bande à remettre au destinataire.
- Nous sommes d’autant plus autorisé à émettre l’avis qui précède, que les appareils à grande vitesse sont maintenant l’objet de nombreuses recherches, et qu’il ne serait pas impossible qu’un appareil introduit aujourd’hui à grands frais ne dût céder la place, dans un avenir rapproché, à d’autres systèmes plus perfectionnés.
- Une autre considération plus importante est que le trafic entre les principaux bureaux du pays n’est pas suffisant pour alimenter un appareil Meyer. Entre le bureau de Bruxelles (Nord), et celui d’Anvers (Bourse), le mouvement n’est que de quarante-quatre télégrammes à l’heure, c’est-à-dire, qu’il n’atteint même pas le chiffre qui représente le rendement dont est capable un appareil Hughes.
- Une exception existe, toutefois, pour la ligne Bruxelles (Bourse), Anvers (Bourse) ; entre ces bureaux le nombre de télégrammes échangés par heure s’est déjà élevé à 74, et il arrive fréquemment que deux fils doivent être utilisés, même lorsque ce chiffre ne dépasse 50. Comme la correspondance échangée entre ces deux bureaux se compose exclusivement d’affaires de bourse et que la majeure partie des télégrammes
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- manqueraient leur but s’il se produisait le moindre retard, l’emploi d’un deuxième conducteur est necessaire lorsqu’un grand nombre de télégrammes sont déposés à peu près en même temps.
- Nous pensons néanmoins, que dans ces circonstances et pour les raisons données ci-dessus, deux appareils Hughes sont préférables à un appareil Meyer.
- Il est à remarquer, en outre, qu’ainsi que nous le verrons plus loin, deux appareils Hughes installés en duplex n’exigent, en général, à chaque poste, que trois employés au lieu de quatre, un seul agent pouvant desservir l’appareil par lequel on reçoit. Dans ces conditions, il y aurait une économie notable à employer ce système au lieu d’un appareil Meyer.
- L’appareil Meyer fonctionne en France, en Hollande en Suisse, en Autriche et en Allemagne.
- Une nouvelle application en sera faite prochainement en France : des appareils qui seront installés à Paris, à Nevers, à Moulins et à Clermont seront desservis par un même fil. Ils devront marcher d’une manière tout à fait synchronique.
- L’examen de l’appareil Meyer terminé, nous croyons devoir nous écarter pour un moment de notre sujet.
- Les relevés de dépenses annuelles que nous avons donnés plus haut nous permettent de déterminer approximativement le prix de revient d’une transmission d’un télégramme dans les trois cas que nous venons de comparer.
- En nous basant sur les variations du mouvement actuel, nous admettrons que le nombre de télégrammes échangés pendant la semaine, par fil desservi par Morse, est de 20 pendant 4 heures de service et de 15 seulement pendant 4 autres heures et que les dimanches et jours de fête le mouvement des corres-
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- pondances est réduit dans le rapport de 1 à 1,7. Dans ces conditions, 191408 télégrammes seraient échangés annuellement par les trois systèmes et le prix de revient d’un télégramme transmis serait de fr. 0,083 pour les appareils Morse, de fr. 0,082 pour les appareils Hughes et de fr. 0,081 pour l’appareil Meyer.
- Il n’est pas sans utilité de faire remarquer ici que ces frais paraissent faibles à première vue.
- En effet, dans un travail que M. le Directeur général Vinchent a fait paraître dans les Annales des Savaux publics de Belgique (tome XXXIV), le prix de revient total d’un télégramme intérieur est évalué à fr. 1,002, s’il est enregistré et à fr. 0,835 s’il est ordinaire.
- L’écart de ces chiffres avec les nôtres peut s’expliquer comme suit :
- D’après des relevés qui ont été faits, un télégramme pour l’intérieur donnait lieu à une acceptation, à deux transmissions, à deux réceptions et à une distribution.
- Les chiffres que nous avons trouvés se rapportent seulement à une transmission et à une réception.
- Il est admis que l’acceptation ou la distribution ne comporte qu’un travail égal au tiers, seulement, d’une transmission.
- En prenant le cas d’un télégramme transmis par appareil Morse, les frais directs auxquels il donne lieu seraient donc approximativement les suivants :
- Acceptation et distribution fr. 0,020
- Transmission et réception . » 0,166
- Primes aux télégraphistes. » 0,070
- Port à domicile . . , . » 0.120
- Total, fr. 0,376
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- Ce chiffre se rapporte à un mouvement spécial, c’est-à-dire, que nous avons supposé que les lignes étaient alimentées d’une façon à peu près continue et qu’il n’y avait pas de pertes de temps par suite de chômages, d’appels infructueux, de correspondants peu exercés, etc.
- C’est ainsi que le nombre des opérations que nous avons attribuées à un employé travaillant pendant 8 heures s’élève à 131, tandis qu’en pratique la moyenne n’est que de 70. Pour obtenir un chiffre plus rapproché de la vérité, il faut donc multiplier par U = 1, 8, dans le relevé précédent, les chiffres des deux premières dépenses.
- On arrive ainsi aux résultats suivants :
- Acceptation et distribution fr. 0,036 Transmission et réception. » 0,298
- Primes.........................» 0,070
- Port à domicile . . . . » 0,120
- Total, fr. 0,524
- Ce chiffre étant basé sur le travail moyen d’un employé, représente les frais moyens directs des télégrammes enregistrés et ordinaires. Pour obtenir le prix de revient total, il faudrait y ajouter les frais de loyer, de mobilier, de chauffage, d'éclairage, d’imprimés, ainsi que les frais généraux d’Administration (surveillance, chefs de service avec leur personnel, direction des télégraphes, administration centrale, etc., etc.). Le chiffre que l’on obtiendrait ainsi différerait probablement peu du prix de revient réel mentionné plus haut.
- Nous n’avons eu pour but, dans l’analyse qui précède, que d’apprécier, autant que possible, l’influence relative des différents éléments qui interviennent dans le problème.
- Une des conclusions à tirer de ces considérations,
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- est que le nombre des transmissions qu’exige un même télégramme a une grande influence sur le prix de revient. Il importe donc que les bureaux établissent, autant que possible, des communications directes entre les fils qui doivent servir à transmettre les télégrammes, à la condition, toutefois, que ces communications fonctionnent régulièrement.
- Un second point important est que le coût des télégrammes transmis par les fils sur lesquels le mouvement est continu est beaucoup moins élevé que la moyenne générale, parce qu’il n’y a dans ce cas aucune perte de temps.
- Le prix de revient serait donc diminué si le mouvement était tel que tous les fils du réseau fussent constamment occupés. Cette condition ne peut évidemment être obtenue, mais on est autorisé à conclure que quoiqu’en télégraphie les frais généraux soient faibles, l’augmentation du nombre des correspondances doit avoir pour effet de réduire, tout au moins faiblement, le prix de revient du télégramme.
- Cette conclusion est conforme à celle que l’on peut tirer des relevés des prix de'revient de 1860 à 1869 insérés à la page 440 du tome XXVIII des Annales des travaux publics de Belgique.
- APPAREILS DUPLEX.
- Nous aborderons maintenant l’étude des appareils duplex.
- Le principe de ces appareils consiste, comme on sait, à transmettre simultanément, en sens opposé, deux télégrammes par le même fil.
- La première conception de la transmission multiple simultanée remonte à 1849 et est due à MM. Siemens
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- et Halske, mais cette disposition ne fut pas mise en pratique.
- D’après la plupart des auteurs, les premiers essais en ligne de transmission simultanée en sens contraire furent faits en 1853 par M- Gintl, directeur des télégraphes autrichiens (1).
- Il paraît cependant que des expériences analogues furent entreprises la même année en Angleterre par l’Electric telegraph company, mais qu’elles furent abandonnées (2).
- En 1854, M. Frischen, ainsi que MM. Siemens et Halske (1), présentèrent séparément une disposition plus simple que la précédente mais basée sur les mêmes principes.
- Leur système appliqué à l’appareil Morse fut expérimenté, de 1855 à 1864, entre Amsterdam et Rotterdam, pendant trois ans entre Amsterdam et Groningue et pendant un an, à partir d’octobre 1861, entre Amsterdam et Bruxelles. Un essai de transmission simultanée en sens contraire, avait déjà été fait en Belgique, entre Bruxelles et Anvers en 1855; il avait réussi comme expérience, mais il n’avait pas présenté d’avantages pratiques à cause des pertes de temps que causait la mise en train.
- L’expérience faite en Hollande a démontré que cet appareil fonctionnait avec régularité mais que le ren-
- (1) Voir pour la description de l’appareil de Gintl, le Zeitschrift des deutsch-oesterreichischen Telegraphen-Vereins, février 1855, VExposé des applications de l’électricité, par M. Du Moncel, tome III, 1874, Die copirtelegraphen, die typendrucktelegraphen und die doppeltelegraphie, du Dr Karl-Ed. Zetzsche. 1865, Handbuch der elecktrischen télégraphié, par K -E. Zetzsche, 1877, et le Journal télégraphique de Berne, du 25 septembre 1877 (n° 33, IIIe volume). Les publications de M. K.-E. Zetzsche. contiennent les renseignements les plus complets sur la transmission simultanée.
- (2) The Télégraphie Journal, 1” juillet 1875.
- (1) Zeitschrift des deutsch-oesterreichischen Telegraphen-Vereins, 1862, livraisons 11 et 12.
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- dement du fil n était, pas double de celui d’uu Morse ordinaire, par suite des pertes de temps occasionnées par les rectifications, le collationnement, etc,
- Ce résultat doit être attribué, en partie, à ce qu’en Hollande, dans le service intérieur, les règlements exigent que le collationnement soit donné par le bureau qui reçoit et non par celui qui transmet. Cette règle est de rigueur, même à l’appareil Hughes. En outre, on a constaté que la pile devait être plus forte que celle pour la transmission simple et que le maniement de l’appareil ne pouvait être coudé qu’à des employés exercés. Les motifs qui précèdent ont été jugés suffisants pour faire cesser l’emploi de ce système (1). Il a toutefois été rétabli le 24 juillet 1877, entre deux bureaux de la ville d’Amsterdam.
- Nous croyons utile de donner ici une description succincte de la disposition de MM. Siemens et Halske et Frischen.
- Cette méthode repose sur l’emploi de relais différentiels.
- La station A (PL II, fig. 3), comprend un relais différentiel D dont la bobine est formée de deux fils enroulés en sens inverse.
- Un manipulateur Morse ordinaire est relié par son axe de rotation à l’une des extrémités de chacun de ces fils. Le bouton de repos % est en communication avec la terre et celui de transmission t est relié à la pile. Les autres extrémités des fils des bobines sont réunies, Lune avec le fil de ligne, et l’autre avec un rhéostat W en communication avec la terre.
- La résistance de ce rhéostat est réglée de façon à
- (i) Voir la notice sur l’emploi en Hollande de l’appareil Meyer, publiée en 1874, par M. J.-M. Collette et l’article inséré dans 1 e Journal télégraphique de Berne, IR vol., n° 31, par M. J.-W. Hagers, inspecteur de division des télégraphes de l’Etat néerlandais.
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- APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES
- être égale à celle de la ligne augmentée de la résistance de l’appareil du poste correspondant B.
- L’installation de ce dernier poste est identique à celle de A.
- Il résulte de cet arrangement que si le manipulateur de A est abaissé, le courant partant de la. pile se bifurque en deux parties égales dont l’une traverse un des fils du relais D, la ligne et le relais du poste B, et dont l’autre se rend directement en terre en traversant le second fil du relais et le rhéostat W.
- Les deux fils du relais étant enroulés en sens inverse et les courants qui les traversent ayant la même intensité puisque les résistances totales des deux circuits sont les mêmes, l’aimantation du relais I) est nulle et l’armature reste immobile. A son arrivée au poste B, le courant traverse un des fils du relais D' et se rend ensuite en terre en passant, en presque totalité, par le bouton de repos % du manipulateur ; une partie extrêmement faible de ce courant se bifurque à partir du point b', et gagne la terre en traversant le second fil du relais et le rhéostat W.
- L’action de ce courant dérivé s’ajoute à celle du courant direct, parce que, dans ce cas, les deux fils du relais D' sont parcourus par le courant dans le même sens. Au bureau d’arrivée B le relais fonctionne donc par l’influence du courant émis par le bureau A.
- Un phénomène analogue se produit lorsque B seul transmet à A.
- Deuxième cas — A et B transmettent simultanément.
- Si A et B ont leur manipulateur en contact en même temps avec le bouton de pile, les courants émis par les deux postes à travers les fils des deux relais en communication avec la ligne s’annulent (1).
- (1) Le fonctionnement des appareils se ferait de même si les pôles des deux piles étaient contraires au lieu d’être de même nom.
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- Le résultat est sensiblement le même que si le fil de ligne était coupé. Au poste A, le courant émis par ce poste à travers le second fil du relais D et le rhéostat W agit donc seul sur ce relais. Il en est de même au poste B où le relais D'fonctionne sous l’influence du courant de la pile P’. Les deux relais sont donc mis en mouvement simultanément et c’est ce qu’il fallait obtenir.
- Troisième cas. — Il arrive que l’un des manipulateurs est en contact avec le bouton de pile, celui de A, par exemple, tandis que l’autre est isolé, c’est-à-dire, au commencement de sa course descendante ou à la fin de sa course montante.
- Dans ce cas, le courant émis par le poste A ne pouvant se rendre en terre au poste B par le bouton de repos suit tout entier, à partir de b', le parcours de la dérivation composée du second fil du relais D' et du rhéostat W. Ce relais fonctionne, le courant marchant dans le même sens dans les deux fils de la bobine.
- D’un autre côté, le courant émis par A, à travers la ligne, doit traverser une résistance totale double de celle qu’il avait à vaincre dans le premier cas. Donc, en vertu de la loi des dérivations, le courant qui traverse au poste A le fil de la bobine en relation avec le fil de ligne est moitié moindre de celui qui traverse le second fil de la bobine et par suite le relais D fonctionne.
- En résumé, dans lé troisième cas, le bureau B recevra le signal transmis par A et le bureau A recevra le signal transmis par B, un peu avant (pie le manipulateur de B soit en contact avec le bouton de pile ; et ce signal sera prolongé jusqu au moment où le manipulateur de B sera revenu en contact avec le bouton de réception r'.
- Il en résultera donc que les signaux transmis par B seront reçus allongés au poste A. Comme ceci peut
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- offrir quelque inconvénient pour le réglage des appareils, il convient que le jeu des manipulateurs soit aussi faible que possible.
- Recherchons quelle est l’intensité des courants reçus par les relais dans ces différents cas.
- Nous admettrons que les appareils des deux bureaux sont tout à fait identiques quant à leur résistance.
- Donc W=W. Soit R la résistance d’un des fils des relais D et D' et L la résistance de la ligne. Représentons par E la force électro-motrice des piles que nous supposons de même force et dont nous négligerons la résistance intérieure.
- Premier cas, — Le manipulateur de A ferme le circuit de la pile P, B reçoit.
- Le courant total émis par cette pile se divise, au point b, en deux parties égales, puisque les deux circuits ont une même résistance qui est R -g L -f- R = -2U + L (1).
- L’intensité totale est donc
- 2«+L r+L
- 2
- La partie i de courant qui se rend au poste R est la moitié de ce courant total. Donc
- 2 R -f L
- Deuxième cas. — Les manipulateurs des bureaux A et R sont sur contact de pile. Le courant local de chaque bureau agit sur le relais de ce même bureau et le courant de ligne est nul. Ce courant local j, ., E
- 1 1 m + l
- (i) Nous négligeons la dérivation qui se produit au posté B à travers le second fil du relais et le rhéostat W’ parce que le courant qui la traverse est extrêmement faible.
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- Troisième cas. — Le manipulateur de A est sur contact de pile et celui de B est isolé.
- La résistance du circuit de ligne est,, dans ce cas :
- 7} 4- L -f- 2/? 4- W' = 7? -4-L 4- 27? -f- 7? + L = 47? -f 2L ; celle du circuit formé par le rhéostat W est 27? 4~ h, c’est-à-dire moitié moindre.
- La résistance totale est donc, d’après les formules connues :
- (2/î -f L) (47? 4- 2L) _ (2R -f L) (27? -f h) 2 _ 2
- 2/44- h 4- 4/44- 2L ~~ 67? 4- 3L 3 1 1
- donc l’intensité totale est
- r
- E
- -î-(2B+t)
- Le courant 4 qui se rend au poste B est, d’après la I"
- loides courants dérivés, ^ et celui qui traverse le rhéos-tat W g En substituant la valeur de I" dans ces deux dernières formules on trouve :
- 1 2 (27? 4- L)
- le courant qui traverse le rhéostat W est
- E
- 27? 4-L
- Les conclusions à tirer de ces formules sont les suivantes :
- L’action du courant sur le relais D' du poste 7? est la même dans les deux premiers cas. Dans le troisième, le courant qui traverse le relais D' est moitié moindre, que dans les cas précédents, mais comme le courant parcourt une longueur double du fil des bobines de ce relais, l’effet magnétique est sensiblement le même,
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- En ce qui concerne le relais D du poste A, le courant qui traverse le rhéostat West le même dans le troisième cas que dans le deuxième, mais dans le troisième l'aimantation du relais est moindre. Elle n’est, en effet, dans ce cas, que le résultat de la différence de l’action des courants qui passent à travers les deux fils des bobines.
- La différence d’intensité de ces courants est
- E E E
- 2iî -}- L 2 (2.71 + L) ~ 2 (2/f--j- L)
- Cette valeur n’est que la moitié de celle qui représente l’intensité du courant dans le deuxième cas.
- En résumé, dans les trois positions que nous avons examinées, le fonctionnement du relais du poste B s’effectue sensiblement dans les mêmes conditions. Quant au relais du poste A, l’isolement qui se produit au manipulateur du poste B a pour effet de diminuer de moitié le courant qui agit sur ce relais et, en outre, d’allonger les signaux qui sont reçus par le poste B.
- Il est à remarquer que nous n’avons trouvé identiquement la même intensité de courant agissant sur le relais du poste B, dans le premier cas et dans le second, que parce que nous avons négligé la résistance intérieure de la pile. Ce résultat ne pourrait être atteint en pratique que si la résistance de la pile était nulle. Il convient donc de diminuer autant que possible cette résistance, afin de rendre aussi régulier que possible le fonctionnement de l’appareil. Le premier cas, comparé au second, revient, d’ailleurs, exactement à celui de l’emploi d’une même pile pour plusieurs directions : si . la pile utilisée dans ces conditions n’avait aucune résistance intérieure, l’intensité du courant reçu à chaque bureau serait la même que si la pile ne desservait qu’un seul fil.
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- MM. Siemens et Ralske emploient aussi, au lieu de relais différentiels à armature en fer doux, des relais différentiels polarisés qui fonctionnent sous l’influence de courants de directions différentes.
- En 1868, M. Vaes, de Rotterdam, fît l’essai d’une disposition avant pour but d’éviter la position de suspension du manipulateur. Il intercala, à cet effet, entre le manipulateur Morse et le relais, un levier spécial oscillant autour d’une de ses extrémités a et communiquant par le milieu 2 avec la plaque de terre (fig. 4, pl. II). La pile étant reliée comme dans la disposition de MM. Siemens et Frischen avec le manipulateur Morse, le courant reçu peut toujours s’écouler en terre, soit par le contact de repos % du levier auxiliaire, soit, lorsque celui-ci est soulevé par le bouton de pile t du manipulateur et la pile même.
- En vue de rendre égales les résistances opposées au courant dans ces deux cas, M. Vaes intercala sur le fil reliant à la terre le contact de repos du levier auxiliaire une résistance K égale à celle de la pile (1).
- 11 nous parait que l’allongement des signaux dont nous avons fait mention est évité par la méthode de M. Vaes, mais il resterait à vérifier si cet avantage est contrebalancé par la complication des appareils et le fonctionnement de 1a. pile en court circuit.
- D’après M. Zetsche, des dispositions ayant pour but de supprimer la position de suspension du manipulateur avaient été imaginées avant celle de M. Vaes par MM. Gintl, Bosscha de Leyde, Kramer de Berlin, Maron de Berlin, Schreder de Vienne, F. Schaack et par M. Zetzsche lui-même.
- M. Vaes appliqua, en 1868, le système duplex, non
- (1) Voir l’étude critique des nouveaux systèmes de transmission simultanée, insérée aux n0» 29 et 30 du 2e volume du Journal télégraphique de Berne, par M. le Dr K. E. Zetzsche.
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- seulement à l’appareil Morse mais encore à l’appareil Hughes.
- Nous croyons inutile de donner ici une description complète de cet arrangement qui est reproduit dans l’ouvrage précité de M. Du Moncel. Nous mentionnerons seulement que chaque poste possède deux appareils, l’un affecté à la transmission et l’autre à la réception, que les deux bobines de l’appareil récepteur sont isolées l’une de l’autre et font partie de deux circuits différents, l’un comprenant la ligne, l’autre la compensation Le courant émis par un bureau y fait fonctionner l’électro-aimant transmetteur et, de môme que dans le système duplex différentiel que nous avons exposé, il traverse en sens contraire les deux fils de l’électro-aimant récepteur et laisse, par conséquent, celui-ci inactif.
- Cet exposé préliminaire terminé, nous aborderons la description des appareils duplex en service en France.
- Ces appareils ont été installés par M. J. Stearns, de Boston, qui, en 1868, imagina un appareil à transmission simultanée en sens opposé. Les dispositions présentées par M. Stearns sont nombreuses. Le n°20, vol. II, du Journal télégraphique de Berne, contient la description complète de l’arrangement que M. Stearns semble avoir adopté pour la transmission par appareil Morse (1).
- Ce svstème ne diffère essentiellement de celui de M. Vaes que par l’addition d’un condensateur qui a pour but d’annuler les effets de décharge du fil de ligne. Cette amélioration est importante pour les lignes sous-marines ou pour les longues lignes aériennes, mais elle est inutile pour les lignes aériennes de faible parcours. Quant au frappeur (sounder), qui n’est qu’un
- (i) Voir également A Handbook of pratical telegraphy,par R. S. Cul-ley, 1874.
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- levier fonctionnant sous l’action d’un électro-aimant actionné par une pile locale et qui est intercalé entre le manipulateur Morse et le levier auxiliaire de Vaes, dans le but de soulever ce dernier comme le ferait le manipulateur Morse lui-même, il est tout-à-fait accessoire et il paraît compliquer l’installation.
- Le système deM. Stearns, qui fonctionne en France, est, comme nous allons le voir, basé, non pas sur le relais différentiel mais sur le pont de Wheatstone.
- Nous croyons utile, avant d’aborder la description des appareils, d’exposer, d’une manière aussi succincte que possible, le principe sur lequel repose leur fonctionnement.
- Soit un conducteur linéaire (fig. 5, pl. II) de résistance uniforme sur tout son parcours, mis en communication par l’une de ses extrémités B avec la terre et par l’autre A, avec le pôle négatif d’une pile, dont l’autre pôle est également sur terre.
- L’intensité du courant qui traverse ce conducteur
- y.y
- est KS 5 représentant la section du conducteur,
- K étant un coefficient de conductibilité, et V et V les potentiels de deux points situés à une distance d (1).
- Le potentiel est nul au point B et au pôle de la pile relié à la terre. C’est à l’autre pôle de la pile que le potentiel a la plus grande valeur, et le potentiel des
- (i) Un courant électrique est toujours produit par la différence de potentiel de deux points. La force qui produit cette différence est nommée force électro-motrice. Le potentiel peut être déterminé au moyen d’un électromètre.
- Le mot potentiel est fréquemment appelé tension par plusieurs auteurs.
- Voir à ce sujet les articles intitulés « Des grandeurs électriques et de leur mesure en unités absolues » publiés dans les Annales télégraphiques de France, 3e série, juillet-août 1874 et nos suivants, par M. E. Bla-vier. Consulter aussi le Traité élémentaire de la mesure électrique, par M. Latimer Clark.
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- différents points du conducteur AB diminue proportionnellement à leur distance au point A, de façon à devenir nulle au point B.
- Donc, si on élève au point A une ordonnée AC représentant le potentiel du point A et si on joint CB, on obtiendra le potentiel d’un point quelconque D en élevant une ordonnée DE jusqu’à la rencontre de la ligne CB.
- La valeur de ce potentiel est donnée par la formule
- DE = AC
- DB
- AB
- Le pont de Wheatstone est basé sur le fait qu’il n’y a pas de courant entre deux points qui ont le même potentiel.
- Supposons que deux conducteurs ADB et AIB (fig. 6, pl. II) sont mis simultanément en communication avec une pile et avec la terre comme dans le cas précédent.
- En représentant par AC le potentiel du point A, celui du point D est, d’après la formule ci-dessus,
- AC-—
- ADB
- De même, le potentiel du point I est
- AC
- IB
- AIB
- Pour que ces valeurs soient égales, il faut que
- DB __ IB ADB~ AIB
- d’où l’on déduit facilement
- AD DB AI IB
- Lorsque cette condition est remplie, si l’on réunit les points D et I par un conducteur, ce dernier ne sera
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- traversé par aucun courant, Si on y intercale un galvanomètre ou un appareil récepteur quelconque, ces appareils resteront donc à l’état de repos.
- Cette propriété du pont de Wheatstone permet de faire fonctionner des appareils en duplex.
- Soient C et D (fig. 7, pl. II) des rhéostats intercalés sur deux des côtés du pont, L la résistance de la ligne (y compris la résistance du circuit formé par l’appareil B que parcourt le courant à l’arrivée), représentant le troisième côté du pont et R la résistance du rhéostat qui fait équilibre à L.
- On voit, d’après ce que nous avons dit, que si la condition
- ' C L
- D ~~ R
- est remplie, le galvanomètre intercalé au poste A dans la diagonale b c ne déviera pas lorsque le manipulateur de ce poste sera dans la position d’envoi de courant. A partir du point a le courant se divisera en deux parties, l’une traversant la ligne, l’autre le rhéostat R.
- Au poste d’arrivée B, le courant a deux issues à partir du point d, l’une suivant d f h j, l’autre suivant d g f h j; la partie du courant qui suit cette dernière voie rencontre, en outre, au point g, une dérivation à travers le rhéostat S. Cette dérivation a pour effet de diminuer la résistance du circuit que parcourt cette partie du courant à partir du point g ; si elle n’existait pas il suffirait, pour faire passer la moitié du courant reçu à travers le galvanomètre G, de faire en sorte que G -f H == F, en désignant par ces lettres les résistances du galvanomètre et des rhéostats. Si l’on tient compte de la dérivation, l’effet en question serait obtenu, nous paraît-il, si l’on avait
- G
- F
- HS
- = F
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- Lorsque les manipulateurs des bureaux A et B sont en même temps sur contact de pile, le potentiel des points b et d est changé et les conducteurs b c et d g sont traversés simultanément par des courants, quoique la ligne ne donne passage à aucune trace d’électricité. L’absence de courant sur la ligne s’explique par le fait qu’en admettant que les deux installations sont identiques- et que la ligne est parfaitement isolée, les potentiels des deux extrémités de celle-ci sont les mêmes. L’effet produit est le même que si la ligne était coupée : or, dans ce cas, le potentiel du point b devient supérieur à celui du point c, car la droite brisée abc constitue alors une dérivation de la droite a c et le point x, situé sur cette droite, qui aurait le même potentiel que b, se trouverait par une simple proportion.
- Les conditions de la transmission simultanée sont donc réalisées.
- Reprenons maintenant l’installation duplex qui a été faite en France parM. Stearns.
- Ce système fonctionne entre Paris et le Havre et entre Paris et Lille.
- Le croquis fîg. I, pl. III, indique la disposition adoptée.
- Les appareils peuvent fonctionner de six manières différentes, selon les positions des bouchons du commutateur savoir : duplex par Morse, duplex par Hughes, transmission par Hughes et réception par Morse, transmission par Morse et réception par Hughes, Hughes simple, Morse simple.
- L’installation Morse en duplex est celle du relais différentiel dont nous avons parlé en premier lieu. Elle est abandonnée en pratique, à cause du rendement plus grand de l’appareil Hughes (1).
- (1) Dans un article publié dans le n°g, IIIe vol. du Journal télégraphique de Berne, M. L. Schwendler trouve que la méthode différentielle est
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- Nous ne nous occuperons donc que de la transmission par ce dernier appareil.
- La fig. 8, pl. II, représente cette installation prise séparément.
- Chaque poste comprend deux appareils dont l’un B sert exclusivement de manipulateur et l’autre E de récepteur. Ce dernier est intercalé dans la diagonale du pont et le manipulateur est relié à une des extrémités du pont. Le récepteur est remplacé à volonté par un galvanomètre G qui permet de s’assurer à un moment quelconque que les rhéostats sont bien réglés, ce qui a lieu lorsqu’aucun courant ne traverse la diagonale, le manipulateur étant dans la position d’envoi de courant.
- L’appareil qui transmet ne fonctionne que d’une manière mécanique, c’est-à-dire, que ses bobines ne sont pas traversées, comme dans la disposition simple ordinaire, par le courant envoyé sur la ligne.
- A cet etfet, le levier l (fig. 8, pl. II), qui pivote autour de l’axe d et qui ferme en c le circuit de la pile, chaque fois qu’une touche est abaissée, est relié à un
- inférieure en pratique à celle du pont de Wheatstone. Dans le n° 11, IIIe vol. du même journal, M. A. Eden, sans trancher la question, fait remarquer que l’administration des télégraphes britanniques n’emploie que la méthode différentielle et a complètement exclu celle du pont. Ce renseignement nous a été confirmé par M. Sivewright, superintendant de l’administration des télégraphes britanniques. A la station centrale de Londres, 109 circuits fonctionnent en duplex par la méthode différentielle, dont 8 avec l’appareil automatique de Wheatstone, 37 avec le Morse à double courant, 60 avec le Morse à simple courant, 3 par Soun-der à double courant et 1 au moyen de Sounder à simple courant. La longueur de ces circuits varie de 724 à 0,804 kilomètres. Le rendement est double de celui d’un fil desservi par un Morse simple. Deux employés sont généralement utilisés à chaque extrémité. Dans les moments d’affluence un troisième est parfois requis pour aider à lire la bande et pour transmettre et recevoir les accusés de réception. Le nombre d’agents est naturellement plus élevé lorsqu’il s’agit de l’appareil automatique de Wheatstone.
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- bras m de manière à faire descendre, à chacun de ses mouvements, l’extrémité du levier d’arrêt a.
- Le rhéostat R sert à équilibrer la ligne. Un condensateur C est relié par une de ses faces au rhéostat et par l’autre à la terre.
- Il a pour but de détruire, par un courant contraire, le courant de décharge du fil de ligne qui tend à traverser le récepteur, après chaque interruption du courant émis.
- Un rhéostat r d’une résistance de 500 ohms (1) est intercalé entre la terre et le bouton de pile du manipulateur.
- Les rhéostats qui forment deux des côtés du pont ont des résistances fixes de 1,200 et 800 ohms. La résistance du rhéostat R, seule, varie avec celle de la ligne.
- L’exposé de la théorie du pont de Wheatstone que nous avons donné, nous dispense d’entrer dans d’autres détails sur le fonctionnement des appareils.
- Le fil qui relie Paris à Lille a 4 millimètres de diamètre et sa longueur est de 250 kilomètres.
- Une ligne souterraine de 7 kilomètres, environ, existe à Paris entre le bureau central et la ligne aérienne. Le nombre d’éléments de pile est en général de 80, mais ce chiffre varie avec l’état de la ligne ; 55 éléments suffisent pour le travail en simple.
- La résistance du rhéostat R varie de 2500 à 4500 ohms ; son réglage doit être effectué 4 à 5 fois par jour, la résistance du fil de ligne changeant avec la température et le degré d’humidité de l’air.
- Le condensateur est formé de deux séries de feuilles d’étain, de 0m,25 X 0m,20, séparées par un diélectrique composé de feuilles de papier enduites de poix et de
- (i) L’ohm équivaut à 1,0456 unités Siemens.
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- paraffine. Une des deux séries des feuilles métalliques est en communication avec la ligne et l’autre avec la terre (1). Ces feuilles sont placées au nombre de 50 ou de 100 dans des boîtes. Les boîtes de 100 feuilles équivalent à 3,9 ou 4 microfarads (2). On en utilise un nombre plus ou moins grand selon les conditions atmosphériques. A Paris, le condensateur représente en moyenne 5,40 microfarads, tandis qu’il n’est que de 1,48 microfarads à Lille. Cette différence est due à la ligne souterraine de Paris dont la décharge agit d’une manière plus marquée sur l’appareil de cette capitale.
- Les appareils installés dans les conditions que nous venons d’indiquer fonctionnent d’une manière tout à fait régulière. Us sont desservis dans chaque bureau par quatre employés ; leur rendement moyen est de 85 télégrammes à l’heure et leur rendement maximum de 105. La vitesse du chariot est celle ordinaire ; elle atteint jusque 118 tours à la minute. On considère que le travail produit par ces appareils est au moins le double de celui d’un appareil fonctionnant en simple. Ceci provient de ce que l’un des appareils ne fait que transmettre et l’autre recevoir ; de cette manière, les correspondants ne peuvent pas s’interrompre et perdre leur temps en observations inutiles.
- Lorsque l’employé qui reçoit doit obtenir du bureau correspondant la répétition d’un passage fautif ou douteux, il en informe son collègue chargé de la transmission qui demande les renseignements nécessaires.
- (1) Voir pour les détails du condensateur les renseignements donnés par M. R.-S. Culley dans le Journal of the society of telegraph Engi-neers, n° 7, vol. III.
- (2) Le farad est la quantité d’électricité qui est produite par un volt, en une seconde, à travers une résistance égale à un ohm ; c'est l’unité de quantité. Le microfarad est la millionième partie du farad.
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- La marche est la même pour les communications quelconques que peut avoir à faire l’employé qui reçoit, telles que la transmission des accusés de réception, etc.
- Ces résultats concordent avec ceux que M. Schwen-dler a publiés dans le n° 10, IIIe vol du Journal télégraphique de Berne.
- D’après M. Schwendler, sur la ligne de Bombay à Madras, d’une longueur de 1250 kilomètres environ, exploitée en duplex par le système du pont de Wheat-stone, on a obtenu pendant une année un trafic plus que double du mouvement donné par la disposition simple.
- Cette ligne est cependant exploitée directement sans translation intermédiaire et est soumise aux plus grandes variations atmosphériques. M. Schwendler explique ces faits en disant que les dérangements sont moindres avec un fil de ligne qu’avec deux, les effets d’induction étant diminués et que les corrections et les répétitions ne nécessitent pas un arrêt de la transmission.
- MM. W.-H. Preece et J. Sivewright, émettent la même opinion dans le traité de télégraphie qu’ils ont publié en 1876.
- L’appareil Hughes fonctionne aussi régulièrement en duplex qu’en simple.
- Quant aux opérations de réglage des rhéostats et des condensateurs, elles s’effectuent avec facilité.
- Examinons s’il y aurait utilité à appliquer le système duplex en Belgique.
- Nous ne croyons pas devoir nous occuper de la question de la substitution de deux appareils Morse, installés en duplex à un appareil Hughes. L’Administration possède, en effet, un nombre suffisant de ces
- Le volt est l’unité de force électro-motrice. Il représente 0,9268 de la force électro-motrice d'un élément Daniell.
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- derniers appareils pour faire face, au moyen d’un seul fil, au mouvement qui existe entre Bruxelles et les villes principales du pays, sauf Anvers. Il ne peut donc s’agir de mettre ces appareils hors service, pour faire une nouvelle dépense d’installation et revenir à l’ancien système de transmission qui est moins sûr que celui par impression. Il est d’ailleurs à remarquer que le rendement des fils desservis par l’appareil Morse peut être augmenté dans une très-forte proportion sans qu’il soit nécessaire de changer l’installation. Il suffit, à cette fin, de faire desservir chaque appareil par deux employés, l’un étant chargé de la transmission, l’autre de la réception et de faire effectuer les transmissions dans un sens par séries de cinq télégrammes.
- D’après des essais faits sur les lignes belges, le nombre de télégrammes transmis par heure par la méthode ordinaire (un seul employé transmettant et recevant alternativement) est de 20 à 23 ; il s’élève à 28 si un seul agent transmet par séries de cinq et il atteint le chiffre de 37 si deux employés desservent chaque appareil et si la transmission a lieu par séries de cinq, le collationnement étant donné par celui qui transmet. Nous n’avons, dès lors, qu’à comparer une installation Hughes-duplex à deux Hughes fonctionnant en simple. Dans ces conditions, l’économie réalisée par le duplex, serait d’autant plus élevée que la ligne serait plus longue.
- En effet, la dépense annuelle occasionnée par l’intérêt et l’amortissement du capital d'installation des pièces en plus et par le renforcement des piles peut être fixée approximativement à 600 francs pour deux bureaux distants de 250 kilomètres.
- En admettant pour le duplex un rendement double avec un personnel double, l’économie serait la suivante (1) :
- li) Nous ferons observer qu’en général trois agents suffisent pour des
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- L’entretien d’un fil de ligne coûte annuellement 15 francs environ par kilomètre.
- En supposant que l’indemnité annuelle à allouer à titre de droit de brevet pour l’usage du condensateur, soit de fr. 2,50 par kilomètre, la suppression d’un fil de ligne produirait une économie de fr. 12,50 par kilomètre. De la somme totale il y aurait à déduire les 600 francs mentionnés ci-dessus. 11 n’y aurait donc nul avantage à employer le duplex dans les conditions indiquées ci-dessus pour des distances inférieures à 48 kilomètres. 11 est à remarquer, toutefois, que pour des lignes de faible longueur les condensateurs sont inutiles et qu’alors les frais annuels occasionnés par le duplex ne dépasseraient pas 250 francs pour deux bureaux. De plus, il n’y aurait aucun droit de brevet à payer dans ce cas.
- L’économie annuelle pour une distance de 45 kilomètres serait alors de 45 X 15 — 250 = 425 francs.
- Ainsi que nous l’avons dit lors de l’examen de l’appareil Meyer, la ligne Bruxelles (Bourse) Anvers (Bourse) est la seule du réseau intérieur belge dont le mouvement est parfois suffisant pour justifier l’emploi d’appareils plus rapides que le Hughes.
- Un avantage du système duplex, est de n’exiger qu’une très-faible dépense d’installation (825 francs environ par poste, pour une ligne de 250 kilomètres de longueur). En outre, en cas de remplacement du système par des appareils nouveaux, les pièces composant l’installation pourraient être utilisées à d’autres usages.
- Une installation Hughes en duplex, peut, de plus, rendre de très-grands services dans les cas de destruc-
- servir une installation Hughes fonctionnant en duplex: deux sont attachés à l’appareil transmetteur et un à l’appareil récepteur.
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- tion partielle des lignes. Elle permet aussi, d’éviter les retards qui se produisent parfois par suite d’encombrement momentané et fortuit, même entre des bureaux dont le mouvement moyen ne dépasse pas celui correspondant au rendement d’un seul 131 desservi par Hughes simple.
- Ces considérations économiques terminées, nous croyons devoir revenir sur la partie technique du système duplex.
- Nous avons dit que le système duplex basé sur la méthode différentielle remonte à une date très-reculée.
- Quant à la méthode basée sur le pont de Wheats-tone, elle n’est pas non plus d’invention récente (1).
- En 1863 déjà, M. Maron, alors inspecteur des télégraphes du royaume de Prusse, fît connaître une disposition de transmission simultanée en sens contraire fondée sur le pont de Wheatstone.
- La modification apportée par M. Stearns à ces systèmes, consiste principalement dans l’addition d’un condensateur. Celui-ci, il est vrai, n’est d’aucune utilité pour les courtes distances, mais on doit reconnaître que c’est surtout pour les lignes de long parcours que la transmission en duplex est avantageuse.
- D’autres méthodes de transmission simultanée en sens contraire, basées sur différents principes, existent en très-grand nombre. Nous nous bornerons, pour terminer ce qui se rapporte à ces appareils, à indiquer les différentes dispositions qui ont été proposées ou mises à l’essai, en mentionnant, autant que possible, les publications qui en donnent la description.
- C’est à M. Gintl que revient, ainsi que nous l’avons dit, le premier essai pratique des appareils à transmission simultanée en sens contraire.
- (i)Consulter le Zeitschrift des deutsch-œsterreichischen Telegraphen-Vereins, de 1863, livraisons I et II et le Journal Télégraphique de Berne du 25 mars 1875.
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- ])es dispositions spéciales furent ensuite imaginées, outre celles dont il a été question plus haut, par MM. Nystrom (1), Zur Nedden (2), Jïdlung (3), J.-B. Stark(4), Wartmann (5), Preece (6), Zetzsche (7), Gloesener (8), Kohl (9), F. Schaak (10), Schreder (11), Discher (12), Wheatstone (13), C. Varley (14), Win-1er (15), H.-C. Mance (16), Vianisi (17), F. Fuchs (18), Gerritt Smith (19), Haskins (20), Infreville (21), J.-J. Fahie (22), Giovanni Marini (23), Farmer (24), Edison (25), Ailhaud (26).
- (1) Die copirtelegraphen, etc., du Dr Zetzsche.
- (2) ld.
- (3) Id.
- (4) Id.
- (5) W.
- (6) Exposé des applications de l’électricité, de Du Moncel, tome III, 1874, et Télégraphie Journal, vol. I, n" 16.
- (7) Die copirtelegraphen, etc., du Dr Zetzsche.
- (8) Traité général des applications de l'électricité, par Gloesener.
- (9) Die copirtelegraphen, etc , du Dr Zetzsche.
- (10) Id.
- (n) Id.
- (12) Id.
- (13) Exposé des applications de l'électricité, de Du Moncel.
- (14) Id.
- (15) Id. et Journal
- Télégraphique de Berne, vol. II, n° 30.
- (16) Journal ofthe Society of telegraph Engineers, n° VII, vol. II.
- (17) Journal télégraphique de Berne, vol. II. n° 31 et suivants.
- (18) Id. vol. III, n° 13.
- (19) Id. vol. III, n° 19, Télégraphie
- Journal, du 15 janvier, 1876 Hand-Book of electrical diagrams and connections, par Davis et Rae. New-York, 1876, et Annales Télégraphiques de France, juillet-août 1877.
- (20) Télégraphie Journal, du 15 janvier 1876 et du 1er février 1876, et Hand-Book of electrical diagrams and connections.
- (21) Télégraphie Journal, du 15 janvier 1876 et du ier février 1876 et Hand-Book of electrical diagrams and connections.
- 122) Télégraphie Journal, du 15 avril 1877.
- (23' Journal Télégraphique de Berne, IIIe vol. n° 34
- (24) Electricity and electric telegraph, par G. Prescott.
- (25) _ _ Id.
- (26) Engineering, du 27 juillet 1877 et Annales télégraphiques de France, janvier-février 1877, mai-juin 1877 et novembre-décembre 1877
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- D’après un article publié par le journal the Tele-grapher et reproduit par le Télégraphie journal du 25 janvier 1875, les systèmes duplex de MM. Stearns (méthode différentielle et système du pont) Haskins, Infreville et Gerritt Smith fonctionnent avec succès en Amérique. La Western Union Telegraph Company de New-York, a,à elle seule, 183 appareils duplex en service.
- Les appareils dont nous venons de nous occuper, ne réalisant que la transmission simultanée en sens contraire, nous croyons devoir dire quelques mots de la transmission simultanée dans le même sens et des appareils à transmission quadruple, deux dans un sens et deux dans l’autre.
- APPAREILS A TRANSMISSION DOUBLE DANS LE MÊME SENS.
- Le principe de ces appareils est généralement le suivant (1) :
- Trois courants d’intensités différentes peuvent être envoyés sur la ligne au moyen de deux manipulateurs ; ces courants proviennent de l’abaissement de l’un ou l’autre de ces manipulateurs ou des deux à la fois. Ils ont pour effet de faire fonctionner au bureau d’arrivée, l’un ou l’autre des deux récepteurs ou tous les deux en même temps. Ce résultat est obtenu au moyen de deux ou de trois relais.
- D’après plusieurs auteurs, l’invention de la transmission simultanée dans le même sens revient à Gintl. Des dispositions spéciales furent imaginées par MM. Stark, Siemens et Halske, Boscha, Kramer,
- (i) Voir pour le détail des différents appareils proposés le traité précité du Dr Zetzsche, Der elecktromagnetische telegraph, de Schellen ; Die Anvvending des electromagnetismus, de Julius Dub; Katechismus der electrischen télégraphié, par L. Galle et E. Zetzsche; Y Exposé des applications de l’électricité, de Du Moncel; The history and progress of theelectric telegraph, par Robert Sabine ; le Traité de télégraphie électrique, de Blavier.
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- Duncker, Wartman, Bernstein, Schreder, E. Zetz-sche (1) G.-K. Winter (2).
- Il est à remarquer que certaines de ces dispositions permettent de placer les deux récepteurs dans deux stations différentes, de sorte qu’un bureau peut transmettre à volonté à l’un ou l’autre des deux autres ou à tous les deux à la fois. En augmentant le nombre des manipulateurs, on peut accroître le nombre des transmissions simultanées, mais les difficultés de réglage qui en résultent rendent le système difficilement réalisable en pratique.
- APPAREILS A DOUBLE TRANSMISSION DANS LES DEUX SENS
- (quadruplex).
- Il est facile de combiner la transmission double dans le même sens avec la transmission simultanée en sens contraire. 11 suffit pour cela d’adopter une disposition réalisant la première condition et de disposer les relais de façon qu’ils ne soient pas influencés par le courant émis par la station de départ ainsi que cela a lieu par la méthode différentielle ou par celle du pont de Wheatstone.
- C’est le Dr Stark qui, paraît-il, démontra le premier, en 1855, la possibilité de faire fonctionner des appareils en quadruplex.
- M. Boscha, de Leyde, imagina la même année une disposition atteignant le même but. Le problème fut également résolu par MM. Maron, Zetzsche et Schaak.
- Néanmoins, les appareils proposés ne furent pas maintenus en pratique, et ce n’est que dans ces dernières années que le système fut mis en service courant en Amérique.
- (i) Journal télégraphique de Berne. n° 11, vol. III.
- (a) Télégraphie Journal, 15 septembre 1875 et deux numéros suivants.
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- Les premiers essais ont été faits en septembre 1874, sur une ligne de la Western Union Telegraph C°, entre New-York et Boston. Le système était dû à MM. Pres-cott et Edison (1). Il a été quelque peu modifié depuis.
- Actuellement, la Western Union Telegraph C° possède 113 appareils fonctionnant en quadruplex.
- Le rendement de chaque fil est double de celui d’un Morse duplex ou quatre fois celui d’un Morse ordinaire. Quatre employés desservent les appareils à chaque extrémité.
- Le nombre des éléments de pile varie de 60 à 350. Deux systèmes, basés sur la méthode différentielle et sur celle du pont sont employés. Nous donnerons, d’après le Hand-book of electrical diagrams and connections, publié à New-York par MM. Davis et Rae, une description succincte de la méthode du pont de Wheat-stone, laquelle, d’après ces auteurs, fonctionne mieux que la méthode différentielle pour des longueurs dépassant 724 kilomètres (2).
- La fig. 2 pi. III indique la disposition des appareils. T1 est un transmetteur à courant positif et négatif, mis en mouvement par un manipulateur K1, fermant le circuit d’une pile locale à travers un électro-aimant. Le but de ce transmetteur T1 est seulement de renverser les pôles de la pile de ligne E1 lorsque le manipulateur K1 est abaissé.
- Ce résultat est obtenu au moyen des ressorts S1 et S2, qui sont fixés sur une pièce isolée et qui, selon que le transmetteur T1 est abaissé ou relevé, viennent alternativement en contact avec les extrémités de la partie
- (1) Voir l’ouvrage précité de M. G.-B. Prescott.
- (2) Voir également le Télégraphie Journal du ier juillet 1875, YElec-trical News du 2 septembre 1875 et les Annales télégraphiques de France, juillet-août 1877.
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- métallique de T1 ou avec les vis butoir communiquant avec l’extrémité du pont.
- Le transmetteur T', à l’état de repos, envoie sur la ligne un courant de sens déterminé; lorsqu’il est abaissé, il transmet un courant de sens contraire mais provenant des mêmes éléments et par conséquent de même intensité.
- Le second transmetteur T2 est manœuvré, comme le précédent, par un manipulateur K2 et une pile locale e2(l).
- Lorsque ce second transmetteur est abaissé, la pile E1 est simplement renforcée d’un nombre d’éléments double ou triple.
- Au bureau qui reçoit, deux relais R1 et R2 sont intercalés dans la diagonale du pont. R1 est un relais polarisé à armature aimantée qui dévie dans un sens ou dans l’autre selon que le courant qui traverse la bobine est positif ou négatif. Ce relais fonctionne, même sous l’influence des courants de moindre intensité émis par le transmetteur T ; il agit sur le récepteur S'(sounder), au moyen de la pile locale L\ seulement lorsque le courant reçu est celui correspondant à l’abaissement du transmetteur T1.
- Le relais R2 est à armature en fer doux qui obéit aux courants, quel que soit leur sens, pourvu qu’ils soient assez forts pour vaincre la résistance du ressort d’appel. Ce ressort est réglé de façon que l’armature n’est attirée que lorsque le transmetteur T2 est abaissé. Dans ce cas, le récepteur S1 ne fonctionne pas, parce que le courant reçu n’est pas de sens convenable.
- Si les deux manipulateurs sont abaissés en même temps, les deux récepteurs sont mis en mouvement simultanément.
- (i) Nous ferons remarquer que, de même que dans le duplex de Stearns, ces leviers auxiliaires pourraient être supprimés.
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- Les conditions nécessaires pour obtenir la transmission double dans le même sens et la transmission simultanée en sens contraire sont donc remplies.
- L’avantage de l’emploi de relais polarisés consiste en ce que la différence de l’intensité des courants qui agissent sur l’un et l’autre relais peut être augmentée à volonté selon les circonstances.
- Cette disposition paraît avoir rendu tout à fait pratique le système de transmission simultanée dans le même sens. Nous croyons devoir faire remarquer, à cette occasion, que Gloesener, dans son traité général des applications de l’électricité publié en 1861, avait indiqué l’emploi des courants renversés comme moyen de résoudre le problème de la transmission simultanée en sens contraire, mais cette proposition n’avait pour but que de diminuer les effets d’induction et de décharge du fil.
- Pour compléter la description du quadruplex, nous indiquerons l’usage de quelques pièces qui n’ont pour but que d’éviter certaines difficultés pratiques.
- Lorsque le transmetteur T2 est abaissé, si le transmetteur T1 vient à être abaissé en même temps, il se produit un renversement dans le sens du courant reçu au poste correspondant et, à ce moment, pendant un instant très-court, l’aimantation du relais R2 devient nulle, avant de se manifester en sens inverse de ce quelle était d’abord. Si le second récepteur était relié à la manière ordinaire au relais R2, il y aurait confusion dans les signaux par suite de fausses interruptions.
- Pour éviter cet inconvénient, la disposition suivante a été adoptée :
- L’armature du relais R2 ferme en arrière, c’est-à-dire lorsqu’elle n’est pas attirée, le circuit de la pile L à travers le relais local S.
- Le circuit d’une seconde pile locale L2 est fermé à
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- travers le récepteur (sounder) S2 lorsque l’armature du relais local S n’est pas attirée. Donc, chaque fois que l’armature du relais R2 est attirée, l’armature du récepteur S2 l’est également. Au moment où le renversement du courant émis par l’autre poste s'effectue, l’armature de if revient en contact avec le bouton delà pile L, mais la durée de ce contact est si courte que l’aimantation de l’électro-aimant S n’est pas suffisante pour que l’armature fonctionne et dès lors le récepteur S2 n’est pas influencé.
- Les essais de cette combinaison démontrèrent que sur les lignes de longueur considérable, la période d’aimantation nulle était grandement allongée par la décharge du fil et que dans ces circonstances le relais local S était insuffisant pour assurer la régularité de la marche du récepteur S2.
- Un rhéostat X1 fut alors intercalé dans la diagonale du pont et relié à un condensateur C de très-grande capacité. Un électro-aimant, r fut placé entre les plaques inférieures du condensateur et l’extrémité de la diagonale du pont reliée au rhéostat de compensation.
- Cet électro-aimant agit sur l’armature du relais R2 dans le même sens que ce dernier.
- De cette manière, quand l’aimantation du relais IL devient nulle, le condensateur C se décharge à travers l’électro-aimant r et ce dernier maintient l’armature de R2 dans la position qu’elle avait auparavant.
- L’ouvrage de M. G.-B. Prescott, dont nous avons fait mention précédemment, donne la description de quelques perfectionnements qui ont été apportés par MM. G.-B. Prescott et Gerrith Smith au système que nous venons de décrire. Il contient également la description d’un système de transmission quadruple, imaginé parM Gerrith Smith en 1875 et perfectionné par l’inventeur en 1876.
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- Nous terminerons ce qui se rapporte au quadruplex System en indiquant que M. G.-K. Winter a décrit dans le Télégraphie Journal du 1er octobre 1875 et nos suivants, une disposition qu’il a imaginée et qui aurait fonctionné avec succès.
- Le Journal télégraphique de Berne du 25 août 1877 contient également la description d’une méthode de transmission quadruple proposée par M. Gattina (1).
- Le quadruplex a été essayé dernièrement en Angleterre entre Londres et Liverpool.
- Quant à l’application de ce système en Belgique, nous ne pensons pas qu’il y ait lieu de s’en occuper pour le moment, le mouvement des correspondances étant insuffisant pour justifier une installation de ce genre.
- APPAREIL AUTOMATIQUE DE WHEATSTONE.
- Les ouvrages qui seront consultés avec le plus de fruit, en ce qui concerne l’appareil automatique de Wheatstone, sont : A Handbook of practical telegraphy, par R. S. Culley, 1874, le Traité de télégraphie, par W. H. Preece et J. Sivewright, l'Exposé des applications de Télectricité, de Du Moncel, l'Etude du télégraphe automatique de Wheatstone, par A. Le Tuai et l’article publié par M. F. Carême, dans les Annales télégraphiques de France, livraison de septembre-octobre 1876.
- C’est à Bain que revient l’idée d’employer des manipulateurs automatiques pour transmettre des signaux Morse. On conçoit que les appareils de ce genre puissent donner lieu à une vitesse de transmission plus grande que celle que l’on obtient par le manipulateur
- (i) The Journal ofthe telegrapli du 16 décembre 1877, fait mention de systèmes de transmission quadruple imaginés par M. Benjamin Thompson et par M. H.-G. Nicholson.
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- ordinaire et que les signaux soient formés d’une manière plus régulière, ce qui facilite la lecture et augmente la vitesse de transcription de la bande.
- Dans le système de Bain, des signaux Morse ordinaires étaient découpés dans une bande de papier ; celle-ci passait ensuite sur un rouleau en métal et était pressée par une brosse métallique qui fermait le circuit de la pile de ligne en passant dans les creux.
- Au poste d’arrivée, la réception se faisait par un récepteur Morse à encre ou par la décomposition chimique d’un papier préparé.
- Ce système avait l’inconvénient de fournir de mauvais contacts à cause de la poussière et des fibres de papier qui s’interposaient entre le rouleau et la brosse.
- L’appareil de Wheatstone fiait complètement disparaître cette difficulté, les ouvertures formées dans la bande ne servant qu’à régler les mouvements de manipulateurs à contacts ordinaires.
- Une autre amélioration a été apportée par Wheatstone à l’appareil de Bain.
- La limite maxima de vitesse que l’on peut atteindre avec les récepteurs ordinaires est relativement faible lorsque les signaux, point et trait, sont formés jmir' l’envoi plus ou moins prolongé d’un même couraijL*'’
- Cela provient de ce que la charge du fil de Ëgné correspondant au trait est plus grande que cM'Éfcqui résulte de la formation d’un point et que pour obtenir, une transmission régulière il faudrait, par conséquent, que 1 intervalle pendant lequel le fil se décharge après un trait, fut plus long que celui qui suit un point. En outre, le magnétisme rémanent est plus considérable lorsque le courant est de longue durée.
- Une condition de rapidité de transmission consiste donc dans la formation des signaux au moyen de courants de durée égale et aussi courte que possible. On
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- peut atteindre ce résultat en employant des courants de sens contraire, dont l’un commence le signal et l’autre le termine et en utilisant des récepteurs polarisés, dont l’armature ne se meut dans un sens ou dans l’autre, que sous l’action de ces renversements de courants et reste immobile dès que l’un ou l’autre courant cesse. Cette disposition a été adoptée par Wheatstone.
- Pour que la vitesse fut la plus grande possible, il faudrait, en outre, que tous les intervalles qui séparent ces envois de courants fussent égaux, ce qui réduirait la transmission à celle d’une série de points également espacés.
- Ce perfectionnement ne peut évidemment être appliqué à l’appareil Morse. Avec cet appareil, les courants sont différemment espacés, soit pour former des traits ou des points, soit pour séparer les signaux d’une même lettre, de lettres différentes ou de mots différents. La décharge du fil est alors plus ou moins grande et il en résulte une altération des signes reçus, ce qui force à diminuer la vitesse. M. R. S. Culley a, dans ces derniers temps, apporté à l’appareil Wheatstone une modification qui permet de se rapprocher, int que possible, de 1a. condition théorique que nous s d’énoncer. Cette amélioration consiste à envoyer l|fr lairegne, dans les longs intervalles des signaux, lin si 3B|L entre les deux courants contraires qui forment fe, des courants de compensation plus faibles, fiît pour effet de restreindre, autant que possible, les modifications dans l’état électrique de la ligne.
- L’appareil de Wheatstone se compose du perforateur, du transmetteur et du récepteur.
- Le perforateur comprend cinq aiguilles en acier, disposées horizontalement en trois séries superposées (1, 2, 3, 4, 5, fig. 8, pl. III).
- Ces aiguilles reçoivent un mouvement d’avancement
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- au moyen de trois leviers, sur les extrémités desquels presse l’employé qui perfore, et sont ramenées à leur position de repos par des ressorts à boudins.
- A chacun de leur mouvements en avant, elles perforent la bande de papier. Le levier du milieu sert uniquement à faire avancer la bande, celui de gauche forme le point et celui de droite, la barre (fîg. 8, pl. III).
- L’avancement de la bande est produit parla rotation d’une petite roue, dont les dents s’engagent dans les ouvertures créées au milieu de la bande par l’abaissement de l’un quelconque des trois leviers. Cette roue est mise en mouvement par le fonctionnement de l’un ou l’autre de ces leviers.
- Pour perforer, l’employé frappe vivement les extrémités des leviers au moyen de petits manches en bois qu’il tient dans une position à peu près verticale.
- Ce travail étant assez fatigant, M. Culley a disposé l’appareil de façon que la manœuvre des leviers se fasse par l'air comprimé.
- L’employé se borne alors à appuyer légèrement sur les touches d’un clavier, qui règlent les admissions d’air.
- Un agent perfore 25 à 30 mots à la minute, parle système ordinaire, et 40 par la perforation à air comprimé. Par ce dernier système on peut perforer plusieurs bandes à la fois.
- Le récepteur est du système Morse, à armature polarisée par un aimant permanent.
- Cette armature presse contre la bande de papier ou l’en écarte un disque animé d’un mouvement de rotation.
- Ce disque se recouvre d’encre en tournant dans le creux d’une seconde roue qui plonge dans un réservoir. Ainsi qu’il a été dit, le disque encreur conserve la position que lui fait prendre un courant électrique,
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- jusqu a ce qu’un courant de sens contraire et suffisamment intense vienne à traverser l’électro-aimant.
- Un régulateur permet de faire varier la vitesse de déroulement de la bande de 20 à 120 mots anglais à la minute.
- Le transmetteur comprend un mouvement d’horlogerie, mis en mouvement par un poids et qui a pour but de maintenir dans un état continu d’oscillation, les leviers qui ferment le circuit de la pile à travers la ligne.
- La bande de papier perforée, qui reçoit également un mouvement continu d’avancement, sert à régler l’envoi de ces courants.
- Les fig. 3, 4, 5, 6 et 7, pi. III, représentent la disposition des pièces principales du transmetteur (L.
- Les deux pôles de la pile sont reliés directement à deux leviers C et Z. Ces leviers tendent à se rapprocher sous l’action de deux ressorts à boudins. Un disque D est formé de deux parties métalliques, isolées l’une de l’autre et portant chacune une cheville oscillant entre les leviers C et Z ; en outre, la moitié de droite est reliée à la ligne et celle de gauche à une cheville d’un balancier oscillant, en ébonite, R, qui reçoit son mouvement directement des rouages. Ce balancier porte une deuxième cheville en communication avec la terre. Contre ces deux chevilles sont pressés, par deux ressorts à boudins, reliés métalliquement, deux leviers, A et B, aux extrémités desquels sont articulées les aiguilles S et M.
- Aux deux autres extrémités de ces leviers sont articulées deux tiges H et if, munies de collets K et K' et qui glissent, sans frottement, dans les ouvertures ménagées dans les pièces P et P’ que porte le disque D.
- (i) Voir les traités de M. Culley et de M. Preece.
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- Les leviers A et B ne reçoivent pas de mouvement propre. Ils suivent seulement les oscillations des chevilles contre lesquelles ils reposent et ont pour effet de pousser le disque I) dans une des deux positions représentées par les fig. 3 et 5, pl III.
- Ce disque D ne se déplace que par la pression, de gauche vers la droite, de l’un des collets K ou K'. Un petit rouleau E, supporté par un ressort, presse contre la partie supérieure de la pièce P et maintient le disque I) dans sa position, tant que le mouvement des tiges H et H’ ne vient pas à la changer.
- On voit, d’après ce qui précède, que le disque D est l’inverseur de courant. Dans la position représentée fig. 3, le pôle zinc est relié à la ligne par la cheville du segment de droite ; le pôle cuivre est en relation métallique avec la cheville du segment de gauche, la cheville de droite du balancier B, le levier B, les deux ressorts à boudins, le levier A, la cheville de gauche du balancier R et la terre.
- Dans la position représentée fig. 5, c’est le pôle cuivre qui est en communication avec la ligne et le pôle zinc avec la terre.
- La fig. 4, représente la position neutre, intermédiaire entre les deux précédentes et qui n’a qu’une durée infiniment courte.
- Dans cette position, une vis V que porte le levier C et qui repose sur une pièce isolée du levier Z empêche les leviers C et Z de reposer simultanément sur les deux chevilles et s’oppose ainsi à la fermeture directe du circuit de la pile.
- Les positions représentées dans les fig. 3 et 5 sont celles qui se produisent lorsqu’aucune bande n’est placée dans l’appareil ou lorsque les trous perforés permettent aux aiguilles M et S de s’élever en suivant le mouvement des chevilles.
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- La fig. 1 (zinc sur ligne), représente le commence-ment d’un signal et la fig. 3 la fin de ce signal.
- Lorsque la bande ne présente pas d’ouvertures dans lesquelles les aiguilles puissent pénétrer, ainsi que cela existe dans le cas des fig. 6 et 7, le contact cesse entre le levier A ou le levier B et la cheville correspondante du balancier et le circuit que nous avons indiqué plus haut est interrompu.
- Si le courant n’avait aucune autré voie à suivre, il cesserait donc d’exister. Ce résultat est celui qu’on obtient avec les anciens appareils. Dans ceux construits en dernier lieu, les deux chevilles du balancier sont réunies par un rhéostat R. Lorsque la communication directe avec la terre est coupée, comme il vient d’être dit, le courant se rend en terre en traversant ce rhéostat. La résistance de celui-ci est réglée de façon que le courant qui continue à circuler sur la ligne ne soit pas assez intense pour agir sur l’armature du récepteur. Ces courants sont ceux de compensation.
- L’appareil peut également fonctionner, mais avec moins de régularité, si on rend nulle la résistance du rhéostat ou si on le supprime. Dans le premier cas, les courants reçus sont alternativement négatifs et positifs et sont permanents, comme cela a lieu avec les manipulateurs ordinaires à courants renversés. Dans le second cas, les courants sont de courte durée.
- Les envois successifs de courants nécessaires pour produire des signaux sont représentés fig. 9, pl. III. Soit à transmettre le mot de.
- On remarquera d’abord que les pointes des deux aiguilles ne sont pas situées sur une même ligne perpendiculaire au bord de la bande mais que l’aiguille S se trouve un peu en avant de cette ligne. Cette disposition est nécessaire pour que, par suite de l’avancement du papier, les deux aiguilles puissent pénétrer
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- successivement dans les trous destinés à former un point.
- Le premier mouvement est représenté fig. 3, c’est-à-dire, que le zinc est relié à la ligne et le cuivre à la terre. Le second est représenté fig. 7 : Comme il n’y a pas d’ouverture au point marqué 2 sur la bande, le contact du levier A est interrompu, le disque D reste dans la position qu’il avait prise par le premier mouvement, c’est-à-dire, que le pôle zinc reste relié à la ligne et le pôle cuivre à la terre, mais le courant est affaibli par son passage à travers le rhéostat R. Le signal se continue donc à la réception.
- Le troisième mouvement est celui de la fig. 3, sauf que l’aiguile M est arrêtée par la bande et que le courant doit traverser le rhéostat R.
- Le quatrième mouvement est représenté fig. 5 ; le cinquième, fig. 3; le sixième, fig. 5; le septième, fig. 3; le huitième, fig 5 ; le neuvième, fig. 6, etc.
- L’installation complète d’un bureau comprend un commutateur qui permet de mettre à volonté la ligne sur transmetteur ou sur récepteur.
- Un manipulateur ordinaire, à double courant, peut, en outre, être substitué à volonté au transmetteur automatique pour demander ou donner des renseignements de service, etc.
- Un appareil Wheatstone fonctionne entre Paris et Marseille; la résistance du rhéostat de compensation est de 4,000 U. S. La pile est de 100 éléments Callaud, grand modèle.
- Quatre employés, au moins, sont nécessaires pour desservir l’appareil Wheatstone : Un perfore, un transmet, un reçoit et un quatrième travaille à la perforation ou à la réception, selon le besoin. Dans les moments d’affluence, six agents sont indispensables, la perforation et la réception devant alors être effectuées par deux personnes.
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- Si la vitesse de transmission est à son maximum, trois employés sont utilisés à la perforation, ce qui porte le nombre total à huit.
- Les dépêches sont composées par séries de cinq. Deux ou trois séries passent à la fois par le transmetteur.
- Les rectifications se font entre les séries et la répétition des chiffres se fait par le transmetteur, comme à l’appareil Hughes.
- Sur le fil de Paris à Marseille qui a 870 kilomètres de longueur et dont le diamètre est de 5 millimètres, la vitesse moyenne est de 80 télégrammes à l’heure et la vitesse maxima de 90.
- Dans un travail reproduit dans les Annales télégraphiques de France, de 1874, M. Hequet a établi que la vitesse peut varier, selon la longueur des lignes, de 40 à 120 télégrammes de 30 mots, préambules compris, à l’heure.
- Cinq employés suffisent généralement à Paris pour faire face au travail, mais, comme nous l’avons dit, six sont nécessaires dans les moments d’affluence.
- Chaque employé qui reçoit traduit une série complète de 5 dépêches. Lorsque le mouvement au départ et à l’arrivée n’est pas le même, les employés passent, selon le cas, de la perforation à la réception ou inversement.
- L’appareil Wheatstone fonctionne avec beaucoup de régularité et se dérange très-peu. Il ne donne lieu qu’à peu de frais d’entretien.
- L’avantage de cet appareil est sa grande rapidité de transmission due à l’emploi de courants de compensation et à la régularité des signaux.
- Cette régularité a, en outre, pour effet de diminuer les erreurs.
- Il peut être installé en duplex, comme tout autre
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- appareil, mais une telle combinaison n’est utile que lorsque le mouvement des correspondances est considérable. Eu égard aux conditions de notre réseau, nous croyons pouvoir écarter ce cas des comparaisons que nous allons faire.
- En prenant pour base les chiffres qui ont été cités dans ce rapport, on trouve, abstraction faite des droits éventuels de brevet, que sur des lignes ne dépassant pas 300 à 500 kilomètres de longueur, il est plus économique d’employer l’appareil Hughes en duplex que l’appareil automatique de Wheatstone en simple. On peut admettre, en effet, que le rendement de ces deux systèmes serait le même. Or, l’appareil de Wheatstone exigerait cinq employés au moins et le Hughes quatre seulement.
- L’augmentation des frais d’entretien auxquels donne lieu le Hughes serait loin d’atteindre les frais d’appoin-tement de l’employé en plus nécessaire à chaque bureau desservi par le Wheatstone. On peut donc dire que le renforcement du personnel est le principal inconvénient de l’appareil automatique de Wheatstone. M. Culley trouve que cet appareil n’est économique que pour des distances supérieures à 160 ou 190 kilomètres. M. W. H. Preece fixe cette limite à 320 kilomètres (1).
- Dans leur traité de télégraphie que nous avons cité, MM. Preece et Sivewright disent que ce système comparé à la transmission ordinaire double le rendement des fils en donnant une vitesse moyenne de 70 mots à la minute.
- L’appareil de Wheatstone peut être économique dans certains cas particuliers, par exemple, lorsqu’une même bande perforée peut servir à un grand nombre de
- (i) Journal o/the Society of telegraph Engineers, n° I, mai 1872.
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- transmissions. Ces conditions exceptionnelles se présentent en Angleterre, où les mêmes nouvelles des journaux sont transmises par le bureau central de Londres dans de nombreuses directions. C’est à cette situation qu’est due, en partie, l’extension qu’a prise dans ce pays l’appareil en question.
- En dehors du côté économique, cet appareil présente un inconvénient qui réside dans le retard que subit la remise à destination des télégrammes. Ce retard provient de ce qu’il faut un certain temps pour perforer la bande, faire passer celle-ci par le transmetteur et transcrire à l’arrivée.
- M. W.-H. Preece évalue ce retard à 15 minutes en moyenne. A Paris, il est de 12 minutes environ. Ce délai est surtout sensible sur les lignes de petit parcours et il ne pourrait être toléré dans les relations de bourse.
- MANIPULATEUR MORSE A CLAVIER DE MM. SIEMENS ET HALSKE.
- Il nous reste à dire quelques mots du manipulateur Morse à transmission rapide, construit par MM. Siemens et Halske et imaginé par M. Von Hefner-Alte-neck (Dosenschnellschriftgeber).
- Cet appareil produit chacun des signaux de l’alphabet Morse par l’abaissement d’une seule touche d’un clavier (1). Ce mouvement des touches a pour effet de faire avancer, dans le sens de leur longueur, un nombre convenable de petites tiges disposées, selon des géné-ratricés, à la surface extérieure d’un tambour cylin-
- (i) Voir pour les détails de l’appareil, le Journal télégraphique de Berne, IIe vol., page 423, et Die Entwickelung der automatischen Télégraphié, von Dr K.-E. Zet^sche, Berlin, 1875.
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- drique ; dès que ce groupement est opéré, une aiguille qui reçoit un mouvement de rotation par un ressort, presse, par une de ses extrémités, les tiges qui ont été déplacées et, par ce fait, établit par l’autre extrémité recourbée à angle droit une succession de contacts métalliques qui ferment le circuit de la pile à travers la ligne. La réception se fait au moyen de l’appareil Morse.
- Le transmetteur exécute séparément pour chaque signal (lettre, chiffre, signe de ponctuation, indication de service) la composition préalable et la transmission automatique. Comparé aux autres appareils à composition préalable, il offre l’avantage de ne pas retarder la transmission; en outre, lorsqu’un des agents qui le manœuvrent doit demander ou donner à son correspondant des explications complémentaires sur les télégrammes en cours de transmission, il n’est pas forcé de recourir à un appareil spécial. D’un autre côté, il est supérieur au manipulateur Morse ordinaire quant à la rapidité et à la régularité de la transmission, mais il est beaucoup plus compliqué et par conséquent il est plus sujet à dérangements et occasionne des frais d’entretien plus élevés.
- L’administration des télégraphes belges a fait, en 1876, un essai pratique de ce système entre Bruxelles (Nord) et Anvers (Bourse). L’appareil de chaque poste était desservi par deux agents, la transmission s’effectuait par séries alternatives de cinq télégrammes et le collationnement était donné après chaque dépêche par l’employé transmetteur (1). Dans certaines circonstances, on a pu échanger jusque 57 télégrammes à l’heure, mais la moyenne du rendement pratique calculé
- (i) Nous avons dit précédemment qu’en organisant le travail dans ces conditions au moyen des appareils Morse ordinaires, on a pu échanger 37 télégrammes à l’heure.
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- sur des séances de 6 heures a été de 46 télégrammes. Cette expérience, dont la durée a été de cinq mois, a permis de constater qu’il y a perte de temps lorsque le mouvement des télégrammes n’est pas le même dans les deux sens ; lorsqu’un des bureaux doit recevoir plus que l’autre, l’agent chargé de la transcription de la bande ne parvient pas à suivre son correspondant. En second lieu, les erreurs de transmission et de réception sont plus fréquentes avec cet appareil qu’avec le manipulateur Morse ordinaire et qu’avec l’appareil Hughes. Les frais d’entretien sont, au moins, aussi élevés que ceux des appareils Hughes, quoique le rendement, pour un même personnel, soit notablement inférieur à celui de ces derniers appareils. Ces considérations ont empêché l’Administration d’étendre l’emploi du manipulateur automatique de MM. Siemens et Halske.
- Nous terminerons ce rapport par une considération générale sur les appareils que nous avons examinés.
- Ces appareils n’ont pour résultat que d’augmenter le rendement des fils, mais aucun n’accroît la somme de travail que peut effectuer un employé. Les traitements du personnel constituant la grosse dépense des administrations télégraphiques, les progrès accomplis ne s’étendent donc qu'à un des éléments secondaires du prix de revient des télégrammes. En outre, l’économie que l’on peut réaliser, nulle pour de petits parcours, augmente avec la longueur des lignes desservies par ces appareils. Il en résulte que les pays dont le terrj/ toire est très-étendu ont le plus d’intérêt à appliquer des systèmes de transmission rapide. En Belgique, les distances qui séparent les bureaux les plus importants sont faibles et le mouvement de correspondance entre ces bureaux n’est pas suffisant, à une seule exception près, pour justifier l’emploi d’appareils plus rapides que le Hughes.
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- Le rapprochement des grandes villes et les nombreux trains de chemin de fer qui les mettent en communication imposent au télégraphe l’obligation de faire parvenir les télégrammes avec la plus grande célérité ; les retards auxquels donnent lieu les appareils à composition préalable (abstraction faite du De
- scriftgeber) sont donc un obstacle de plus à tion par l’administration des télégraphes le service intérieur.
- 5 mars 1878.
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- Planche II.
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- Point.....................[.]
- Point et virgule [;] Ma
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- Point duiterrqnatiori ou dem ande
- de répétition d'une transmission ___
- non comprise.............[?] a aa a
- Point d'eæclamatio/i.....[!]
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- Alinéa......................| J
- Trait d'union ...........[—]
- Paranthésts,avant et aprèslesmots( ) * aai
- Guillemets .............. »
- Souligne' avant et après les mots (
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- Indications de service.
- Dépêche d'Etat................. •
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- Dépêche privée.................a a
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