Exposé du galvanisme
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- Collection de Monsieur André SARTIAUX
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- EXPOSÉ
- DU
- GALVANISME,
- ACCOUPAONÉ DE FAITS NOUVEAUX QUI N’ONT POINT ENCORE ÉTÉ PUBLIÉS,
- Par le Ce1* de WnTON-D’AMÉCOURT, jeune,
- V J
- Secrétaire de l'Etat-major général de la première Division militaire, membre de la Société Galvanique, de celle de Statistique, etc.
- COLLECTION ARDU* SARTIÀCX
- A PARIS,
- Chez Renard, libraire, rues de Caumartin, n° jSo, et de-l’Université, n° gaa.
- IMPRIMERIE DE CHAIGNIEAU AINE.
- AN X I. — i8o5.
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- EXPOSÉ
- GALVANISME.
- Il appartenait an dix-huitième siècle d’ajouter une découverte brillante au domaine immense de la physique. Un agent, jusqu’alors inconnu , devait reculer les bornes des connaissances humaines et jeter les fondemens d’une science nouvelle. La nature, soigneusement observée par des hommes exercés, a laissé entrevoir des moyens nouveaux de combattre des affections qui avaient résisté aux remèdes connus ; partout les physiciens se sont empressés d’approfondir cette précieuse découverte. On s’en occupe plus spécialement en France, et que ne doit-on pas attendre delà l’éunion de savans qui en fait l’objet exclusif de ses travaux? Déjà on est parvenu à mieux connaître les propriétés, le mode d’action et
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- les effets de l'agent galvanique, et nous sommes presque fondés à espérer que bientôt on pourra se rendre raison du plus grand | nombre de ses phénomènes.
- Mais cette découverte importante, qui a fixé l’attention du gouvernement, le croirait-on? est ignorée de la plupart de ceux qui ne cultivent pas par état les sciences naturelles ; on doit attribuer cette ignorance, sans doute, au défaut de moyens propres à en faciliter l’étude J nous allons tâcher d’y suppléer par un ou- | vrage élémentaire, et, dans un très - petit j cadre, offrir à la classe nombreuse des j personnès peu familières avec les sciences j physiques, un exposé simple et succinct,-dé- J gagé de tous raisonnemens systématiques qüi ! demanderaient des connaissances préalables, j Notre but a été de rectifier les idées peu exactes qu’auraient pu se former, sur des données hasardées, ceux qui, avec la louable intention de s’initier aux secrets des sciences, ne contribuent que trop souvent, par une précipitation malheureuse, ou à en embarrasser la marche, ou à en retarder les progrès.
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- De l1 Origine du Galvanisme.
- Soit qu’on parvienne à démontrer que le Galvanisme est le fluide nerveux ou 1 électricité elle-même, et quelle que soit'enfin sa nature, l’on doit faire remonter à des temps très-reculés l’origine de nos connaissances sur cette nouvelle branche de la physique.
- Plusieurs faits observés à des époques différentes avaient disposé beaucoup de physiciens à croire à l’existence d’un fluide particulier dépendant du système animal. Entre autres expériences, il y en eut une qui appela l’attention des savans, et donna lieu à des travaux sur ce nouvel objet; ce fut celle rapportée par Cotugno , dans le Journal de Physique de Bologne. Elle nous annonce qu’un étudiant en médecine qui soumit à la dissection une souris vivante, ayant touché le nerf grand sympathique, avec un scalpel, éprouva une commotion assez forte, qui lui engourdit la main.
- Ce fait, important pour ceux qui cherchent à se rendre compte des phénomènes de la na-
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- ture, et dont les circonstances ont sans doute ! été mal rapportées, fit naître de grandes dis- j eussions parmi les physiciens; ils crurent y j découvrir un trait de lumière au moyen duquel 1 ils pourraient pénétrer plus avant dans les j secrets de la nature ; ils se livrèrent à des I travaux relatifs à la physique animale.
- 1
- Dans le nombre de ceux qui s’en occupèrent, j Vassalli doit être placé comme un des plus ] profonds observateurs. Il crut pouvoir induire, 1 des nombreuses expériences qu’il fit, que la j nature a un moyen qui nous est inconnu pour 1 conserver et retenir l’électricité commune, ac- | cumulée dans quelques parties du corps ani- | mal, afin de s’en servir dans ses besoins (i). j
- Plusieurs autres physiciens firent des conjectures plus ou moins hasardées ; mais il était réservé au célèbre Galvani, médecin et professeur à Bologne, d’éclaircir ces nouveaux phénomènes. Il avait consacré sa vie à la physique et à la médecine. Philosophe attentif, tout entier au progrès des sciences, il s’appli-
- (0 Sue, Histoire du Galvanisme, Tome premier, page a.
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- qua sans relâche à observer les lois de la nature, à chercher de nouveaux moyens de diminuer les affections nombreuses de l’économie animale. Tl fut principalement excité dans ses recherches par un fait qui lui parut inexplicable d’après les lois ordinaires de l’électricité. Son neveu, Camille Galvani, ayant touché les nerfs cruraux d’une grenouille, au moment où l’on tirait l’étincelle électrique, détermina la contraction de tous les membres de l’animal.
- Galvani se livra plus spécialement alors à l'étude des effets de l'électricité ordinaire et de l’électricité atmosphérique relativement au mouvement musculaire ; et, après des travaux aussi long-temps prolongés que mûrement réfléchis, il pensa qu’il existait dans l’économie animale une électricité particulière. Il renouvela , varia ses recherches , et essaya l’influence que pouvait avoir sur les grenouilles l’action des divers métaux. Des observations réitérées levèrent enfin tous ses doutes ; et ce fut alors qu’il publia une découverte faite pour transmettre à la postérité sa mémoire et son nom.
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- De la Théorie générale du Galvanisme.
- A peine le professeur de Bologne eût-il divulgué sa découverte, qu’elle se répandit dans toute l’Europe. Les chimistes d’Italie, d’abord, et ceux d’Allemagne, ensuite, s’empressèrent . de reconnaître et de constater l’action de l’agent nouveau sur le système musculaire et nerveux. Ce fut avec admiration qu’ils répétèrent les expériences déjà faites, et qu’ils en recueillirent les résultats. Humbôlt, dans un mouvement de reconnaissance , que partagèrent bientôt ses collaborateurs, rendit hommage à Galvani, en donnant son nom à l’agent qu’il avait découvert, et crut également qu’étant d’une nature différente de l’électricité, il devait avoir une dénomination différente.
- Il s’éleva, dès-lors, parmi les physiciens les pins célèbres, deux opinions sur le Galvanisme. Les uns, comme Galvani, crurent voir en lui unJluide particulier au système animal et dépendant de son organisation ; les autres crurent apercevoir une identité parfaite entre le nouveau fluide et l’électricité commune : ce fut l’opinion de Yolta.
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- Galvani, qui marchait droit au but, répéta de nouveau toutes ses expériences, pour fixer irrévocablement sur la suite des faits et sa propre opinion et celle des physiciens. Tout fait présumer qu’il n’aurait pas balancé à abandonner son premier système si les résultats l’avaient condamné ; mais les effets nouveaux qu’il obtint furent loin de l’y engager; il se convainquit au contraire que cet agent est distinct de l’électricité, et a son mode d’action propre. '
- En même temps, Volta continuait ses recherches et ses observations par des expériences ingénieuses; après s’être assuré de l’action puissante du galvanisme, il résolut de l’approfondir, et devint, selon ses propres expressions , l’enthousiaste des phénomènes dont il venait d’être le témoin. D’abord, il opéra arec un appareil (le tasses de métaux hétérogènes, èt ensuite par l’assemblage de disques ou de plaques de cuivre et de zinc, et l’interposition de plans de carton mouillés; il obtint alors des effets surprenans,et poussa à volonté l’influence galvanique, selon le nombre des disques qu’il plaçait sur sa pile.
- Ce dernier appareil, étant le meilleur, a été
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- mis en usage, et c’est celui dont on se sert le plus communément aujourd’hui. Du nom de cet illustre observateur, il a pris celui de Pile de Volta.
- Cependant Volta persista dans sa première opinion, et crut pouvoir expliquer les phénomènes galvaniques par ceux de l’électricité.
- Malgré l’autorité de ce savant, beaucoup de physiciens et de chimistes justement célèbres pensèrent différemment. De tous côtés des appareils furent dressés et les expériences répétées 5 de nouveaux faits jetèrent un grand jour sur le Galvanisme, diminuèrent le nombre des savans qui partageaient l’opinion du professeur de Pavie (i), et démontrèrent au moins que, dans l’hypothèse même de l’identité des deux fluides, les résultats variaient selon la diversité des appareils. De là naquit cette réunion académique (2) où toutes les idées, s’épurant au flambeau delà science, viennent comme en un faisceau se porter vers un seul point, où les
- (0 Volta.
- (2) Là Société Galvauique de Paris.
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- savans ont pour unique objet de conside'rer le Galvanisme sous tous ses rapports, de déterminer ses bases et ses limites, de s’éclairer enfin de toute la lumière que peuvent leur prêter le calcul et l’observation. Déjà on a acquis sur l’existence et les propriétés de cet agent des notions plus précises, à l’aide desquelles il est raisonnable de croire qu’on pourra parvenir à se former des idées positives, tant sur la théorie que sur les effets du Galvanisme.
- M. Gautherot, dans plusieurs séances de la Société Galvanique, a fait part d’observations fort intéressantes, entre autres d’un galvanos-cope, au moyen duquel il est parvenu à obtenir la connaissance du degré de saveur des divers métaux.
- Dans les applications médicales, on se sert ordinairement de conducteurs métalliques pour amener le fluide aux parties affectées.
- Un grand nombre de substances sont conductrices du fluide galvanique. Telles sont, outre les métaux purs, les sulfures métalliques non oxidés, les membranes, les nerfs, les vaisseaux des animaux frais ou desséchés,
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- le sang, l’eau, etc. (i) La flamme, qu’dn n’osait mettre dans ce nombre, vient d’y être rangée, d’après une expérience faite à la Société Galvanique, par Robertson.
- M. Aldini, neveu du célèbre Galvani, a fait, il y a peu de temps, des observations sur la' conductibilité de l’eau 3 elles sont aussi curieuses qu’intéressantes. Voici l’analyse de ce que cé professeur distingué a publié lui-même à cé sujet
- A son passage à Calais, Aldini tenta de reconnaître et de constater l’influence galvanique à travers une partie de l’Océan* Les expé-
- (1) Outre les substances dont nous venons de parler, il en est une infinité d’autres également douées de cette faculté conductrice, comme les dissolutions alkalines, les acides , les minéraux contenant des métaux non oxidés , le charbon végétal, le charbon minéral, la blende carbonnée , les schistes aluminëux, les schistes inflammables, la chair musculaire, le suc des plantes, l’alcohol, le vin, la bière, le savon moiiy les parties végétales, fraîches dépouillées de leur ,épiderme-, enfin toutes les substances conductrices de l’éleGtricité, le sont également du Galvanisme.
- Comme aussi, les substances isolantes du fluide électrique le sont également du nouvel agent.
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- l-iences faites au tac de Genève par les frères de Luc, à l’aide de l’électricité artificielle, et celles que des physiciens anglais avaient essayé sur la Tamise, l'y engagèrent.
- Secondé par le zèle des chimistes de Calais, Aldini fit placer ses appareils le 27 février dernier. Le ciel pur, la nier tranquille, furent d’un heureux augure; un vent léger soufflait du sud-ouest, la mer était pleine, sa température à 8,6 degrés du thermomètre centigrade, l’atmosphère à 5,7 degrés, le baromètre à 771,6 millimètres.
- Le fort Rouge et la jetée d’ouest offrirent deux points fixes très-propres à faire passer l'influence galvanique au travers d’un grand et profond intervalle de mer. Une colonne galvanique de quatre-vingts plaques d’argent et de zinc fut placée au mouloir de la jetée d’ouest, sur un tabouret isolé, et les animaux qui devaient ressentir la commotion étaient situés au fort Rouge; lachaîne galvanique était composée du trait de la mer qui sépare le fort Rouge de la jetée d’ouest et de trois fils d’archal disposés de la manière suivante :
- Le premier fil partait de la base de la pile,
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- et, porté par un isoloir, tombait verticalement dans la mer, à trois brasses environ de profondeur.
- Le second , également isolé, partait du sommet de la pile, et se prolongeait horison-talement à deux ou trois mètres de hauteur au-dessus du niveau de la mer jusqu’à la plate-forme du fort Rouge.
- Un troisième fil, toujours isolé, et placé à un angle de la plate-forme, descendait perpendiculairement dans la mer, de la même manière que le premier.
- Les choses ainsi disposées, continue M. Al-dini, si une personne de la plate-forme touchait l'extrémité du second et du troisième fil et complétait par-là le cercle galvanique, elle ressentait alors une commotion ; si au lieu de personnes achevant la chaîne galvanique, l’on substituait des animaux récemment tués, ils étaient de même vivement affectés. Il conclut que la portion de l’eau de la mer qui se trouvait entre la pile et l’animal frappé de l’action faisait incontestablement partie du cercle galvanique. L’intervalle d’eau était d’environ cinquante mètres.
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- En répétant les expériences, il vit qu’il n’était pas essentiel, pour avoir la commotion , de tenir dans les mains les deux conducteurs , qu’il suffisait de toucher le seul fil d’archal qui répondait au sommet de la pile, cette anomalie apparente troubla d’abord, comme.il le dit lui-même, le résultat de ses recherches; il eut recours à de nouvelles observations pour lever tout soupçon.
- Il essaya séparément dans la plate-forme l’action de deux fils conducteurs. Il aperçut qu’en touchant le fil qui tombait à la mer on n’avait jamais la commotion ; alors il prit dans l’autre main le conducteur qui répondait au sommet de la pile, et ayant ainsi équilibré son action , il éprouva la secousse ; ce qui montre, ajoute ce professeur, que l’influence galvanique prenait son courant de la base de la pile, traversant l’eau de la mer.
- Par une autre expérience, il démontré que, malgré une énorme masse d’eau séparant les conducteurs, le Galvanisme ne trouve pas d’obstacle à se propager et à poursuivre sa direction. Il résulta enfin des dernières observations qu’il a faites que l’action galvanique
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- perd de sa force en raison de l’éloignement, et graduellement, selon les distances auxquelles on la propage. Aldini pense qu’il est un point où elle ne sera plus sensible ; mais il n’a pas cherché à le déterminer, (r)
- Nous allons donner en analyse les systèmes des savans qui ont le plus particulièrement contribué au progrès du Galvanisme.
- Théorie de Galvani.
- Galvani, dans ses premières expériences, n’avait d’abord vu que des résultats électriques ,, auxquels il attribuait les contractions musculaires , mais ensuite, l’appercevant à l’influence des métaux sur ces contractions à l’air libre et dans le vide, il le distingua de l’électricité commune, et le crut de nature tout-à-fait différente; il le considéra comme inhérent au Système animal, et, comparant les muscles à des bouteilles de Leyde, il reconnut qu’ils étaient comme les réservoirs de cet agent.
- (1) Précis des expériences galvaniques faites à Léndres « à Calais, par I. Aldini.
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- Théorie de Humbolt.
- Humbolt ne pensa pas toût-à-fait comme Galvani sur la nature du fluide, et, tout en admettant cependant sa distinction d’avec l’électricité, il ne crut pas devoir le considérer comme entièrement dépendant de l'organisation animale; il pensa qu’on pouvait obtenir des contractions sans le concours des métaux, et remarqua que l’atmosphère humide peut tenir lieu de conducteur. Il fit des expériences qui le démontrèrent, et, examinant l’influence des substances' douées de la conductibilité, il reconnut à cet agent des propriétés indépendantes des applications à l’économie animale (i). Après s’être lui-même éclairé sur les phénomènes galvaniques appliqués à un nombre considérable d’espèces d’animaux, il éleva un système particulier , et crut que le Galvanisme est un fluide qui circule dans les organes et qui s’accumule par la résistance qu’il éprouve. Il a varié à l’infini ses expériences, et les résultats qu’il a obtenus l’ont
- i (i) Le1 Galvanisme à la propriété d’éclairér sur la pureté des métaux.
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- porte à ne point adopter l’identité des fluides galvanique et électrique.
- Théorie de Volta.
- Yolta, dont les travaux sur le Galvanisme furent immenses, ne se lassa pas de continuer ses recherches ; il obtint le développement de l’action galvanique sans conducteur, et reconnut la nécessité des substances humides pour la conductibilité. Il démontra que deux métaux, par le moyen du contact, deviennent électriques différemment, l’un positif, l’autre négatif ; et, par une théorie trèS-ingénieuse, il crut reconnaître qu’il y avait identité entre le fluide galvanique et le fluide électrique.
- Il fit part, en l’an io , à l’institut de F rance ( i ), de ces résultats, et répéta ses expériences en présence des commissaires nommés à cet effet.
- Voyez le rapport fait à la classe de physique et de mathématiques , par la commission composée des citoyens Laplace , Coulomb, Halle, Monge, Fourcroy, Vauquelin, Pelletan, Charles, Briwon, Sabathier, Guyton -et Biot.
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- Du Galvanisme dans ses effets comparés à ceux de l’électricité.
- Nous n’entreprendrons pas de présenter un système nouveau sur le Galvanisme; nous ne chercherons pas non plus, en historien partial , à déterminer les suffrages du lecteur en faveur de telle ou telle théorie; notre but est différent : sans épouser ici aucune opinion, nous tâcherons seulement d’exposer les principales observations qui ont donné lieu aux; discussions des physiciens sur la nature du Galvanisme.
- Plusieurs personnes ont remarqué que la sensation qu’on éprouve en touchant avec deux cuillères d'argent les deux pôles de la pile galvanique est semblable à celle que donne la bouteille de Leyde; d’autres ont cru en ressentir une impression tout-à-fait différente, bien plus intime et plus pénétrante que celle d’une commotion électrique de la même force.
- Il suffira sans doute pour établir la différence qu’on apperçoit entre ces deux impressions , d’observer, comme le dit très-bien
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- Grapengiesser, que la bouteille de Lcyde se décharge tout-à-la-fois par une étincelle dont l'explosion est instantanée , tandis que le courant galvanique se fait appercevoir aussi longtemps que l’on reste en communication arec les deux extrémités de la pile. 11 diffère de l’électricité commune en ce qu’il a une action prolongée et soutenue que ne pourrait produire la bouteille de Leyde.
- M. Volta, dans une lettre à M. Banks, compare la commotion galvanique à celle que produit la torpille; il observe qu’elle en est au moins plus rapprochée que celle occasionnée par l’électricité , et Ilumbolt croit avoir découvert que l’engourdissement qu’on éprouve en touchant ce poisson est absolument de nature galvanique et non pas électrique.
- C’est le propre du fluide électrique de se répandré uniformément sur la surface et dans toute la masse des corps organisés soumis à son action (i) : il n’a aucune direction par-
- ti) Il faut remarquer que cette observation n’est rigoureuse à l’égard de l’agent galvanique qu’autant qu’il est appliqué à un corps vivant.
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- ticullère, tandis que l’agent galvanique pénètre profondément les nerfs qui le communiquent directement à la partie affectée.
- Nous allons rapporter ici un extrait de Grapengiesser qui fera connaître les faits sur lesquels cette proposition est établi. « i°. L’irritation particulière des nerfs optiques et de ceux de 1 organe du goût, qui dans les premiers se manifeste par une sensation lumineuse, et dans les autres par certains goûts déterminés. Ces phénomènes ont toujours lieu lorsqu’on ferme la chaîne du Galvanisme simple en appliquant l’un des métaux sur une partie quelconque du visage où l’épiderme est très-mince ; on les observe aussi lorsqu’on applique les deux bouts de chaîne conductrice de la batterie de Yolta sur la peau mouillée en quelque point' que se soit du visage, du cou, de la poitrine ou de telle autre partie qui reçoit quelques rameaux de la cinquième ou même de la huitième paire. L’étincelle électrique produit bien aussi dans l’œil une légère impression de lumière, mais, pour produire cet effet, il faut quelle soit assez forte et qu’elle soit reçue par le globe même de l’œil ou par quelque partie voisine; par exemple,
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- si l’on dirige sur le nerf frontal ou sur quelque partie qui ne soit pas à plus de dix à douze lignes de distance de ce nerf une étincelle assez forte de la bouteille de Leyde, il en résulte une bosse au front, et dans l’obscurité une impression de lumière ; mais cette lumière est bien différente de celle que produit la batterie galvanique, et elle paraît s’étendre sur toute la partie antérieure de la tête. Cependant on ne l’apperçoit point si l’étincelle est plus faible ou portée à une plus grande distance du nerf frontal.
- i> 2". Les effet du Galvanisme sur desorganes séparés du corps de l’animal, mais qui n’ont pas encore perdu toute leur vitalité, tels que des grenouilles nouvellement tuées;
- i> 3°. La propriété du stimulus métallique pour faire distinguer les nerfs des autres organes observés par Humbolt.
- r 4°. Si l’on dirige sur l’œil le courant galvanique de Yolta, en armant avec l’un des conducteurs la membrane muqueuse du nez, et le nerf frontal avec l’autre , on peut, sur-tout si la personne est maigre , distinguer à l’oeil
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- toutes les ramifications nerveuses qui se distribuent sur le dos du nez et sur la mâchoire supérieure ; c’est-à-dire plusieurs branches du nerf sous orbitaire et du nerf communiquant de la face; phénomène que ne manifeste pas l'électricité. »
- Le fluide galvanique paraît se décomposer beaucoup plus facilement que le fluide électrique tant au dedans qu’au dehors des corps organisés. L’auteur appuie cette proposition sur Ce que « i°. le fluide galvanique agit puissamment sur le système nerveux, il y occasionne des commotions violentes, quoique son action sur 1 electromètîe soit si faible qu’on ne peut la rendre sensible, même avec une batterie de cent à cent cinquante couches, qu’au moyen du conducteur; une très-petite étincelle de la batterie galvanique produit dans les deux bras une commotion très-forte, tandis qu’une étincelle de la même grandeur, tiréè à la même distance du conducteur de la machine électrique, serait à peine sensible sur la langue et sur l’œil.
- » 2°. Le fluide galvanique enflamme les corps combustibles tels que le soufre, le phosphore, l’éther, l’hydrogène etc., bien plus facilement que ne fait le fluide électrique.
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- » 3°. Il décompose l’eau avec plus de facilite'. Toutes ces propriétés doivent le rendre plus stimulant et plus efficace dans le traitement des maladies.
- » La manière dont le fluide galvanique agit sur la peau dépouillée de son épiderme, sur ses vaisseaux et sur ses nerfs, tend à prouver qu’il existe une grande différence entre cette substance et le fluide élect rique ; aussi peut-on employer le premier comme un topique stimulant et dérivatif dans bien des maladies où l’électricité ne produirait aucun effet. »
- Le même auteur cite un nouveau fait en preuve de la différence qui existe dans la manière d’agir de l’un et de l’autre fluide. Il avait isolé avec du verre une batterie galvanique, et suspendu à la colonne le tube dont-on se sert pour opérer la décomposition de l’eau : après avoir observé avec soin le degré de vitesse avec lequel l’air se dégage , il électrisa la balterie galvanique en la faisant communiquer, au moyen d’une chaîne, avec le conducteur de la machine électrique, et il la chargea au point d’en tirer des étincelles àla distance d'un pouce ou deux. Cette expérience ne changea rien au:
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- procédé de la décomposition de l’eau, qui con-tinua comme auparavant, sans être le moins du monde accéléré ni diminué, soit que le courant électrique se joignît au courant galvanique, soit qu’on cessât dclectriser.
- On peut, au moyen d’un ou plusieurs condensateurs, parvenir à charger une bouteille de Leyde et à en tirer des étincelles ; mais Grappengiesser assure n’avoir j amais pu apper-cevoir aucune commotion en la déchargeant. Il a pris la bouteille avec les deux mains et fermé la chaîne avec sa langue en l’appuyant sur le bouton sans en éprouver la moindre commotion. Tous ces résultats, dit-il, semblent annoncer que les effets électriques observés dans le procédé galvanique n’y sont qu’accessoires et accidentels.
- De l’application du Galvanisme aux affections de l’économie animale.
- Ce n’est pas seulement sous le rapport de la physique que le Galvanisme est important. Dans cette découverte, qu’on doit peut - être mettre au nombre des plus belles qui aient été
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- faites jusqu’ici, on trouve encore un agent au moyen duquel on peut se procurer les plus grands avantages dans le traitement des affections humaines; c’est un stimulant puissant qu’onne saurait négliger lorsqu’ils’agit d’engor-gemens, de faiblesse d’organes, ou de suppression de transpiration ; il est salutaire particulièrement dans les maladies des yeux, la paralysie, l’asphyxie, la surdité, les rhumatismes , l’épilepsie, le goitre et l’imbécillité même. Dans toutes ces affections, le Galvanisme peut être utile plus ou moins, selon la nature des maladies, leur cause et l’irritabilité du système nerveux.
- Nous ne citerons point ici les nombreuses applications du docteur Flies, de Boohr, Pfaff, Crèves, Hallé et autres : on les trouve dans presque tous les ouvrages qui ont paru sur le Galvanisme; nous ne nous étendrons pas non plus sur la guérison d’un des cochers du consul Cambacérès, par M. Dudanjon ; elle a été également annoncée. Des faits plus récens encore ont attiré notre attention, et je vais les citer : ils sont capables de donner une juste idée des résultats qu’on peut attendre du nouvel agent dans le traitement des maladies-
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- Les applications qui y ont donné lieu ont i été faites l’hiver dernier à l’Hôtel-Dieu de : Paris, par M. Nauclie, président de la société galvanique; nous pouvons garantir la certitude de ces faits qui n’ont pas encore été publiés et dont nous avons été les témoins.
- Maladie des yeux.
- 1 Un homme, âgé de cinquante-quatre ans, affecté d’une goutte sereine et d’une cataracte commençante, a été galvanisé cinq fois; on cessa ensuite, parce qu’il éprouva quelques accès de fièvre tierce; il n’apperçut aucune couleur, l’iris du côté droit commença à être mobile.
- Quelques jours après la cessation de ce traitement, on reprit la galvanisation, qui produisit,' à la troisième fois, une plus grande mobilité dans la pupille, mais on n’obtint aucun changement dans la vue de l’affligé.
- On fut obligé de cesser entièrement les applications galvaniques à ce malade ; il est à présumer que, s’il eut été moins âgé, les elfets auraient été plus salutaires.
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- François Dose, né à Morlaix , âgé de qua- J rante-six ans, attaché, co'mmë homme decon- 1 fiance, aü citoyen Gilet Laumont, essuya en j l'an 7 une fièvre quotidienne de dix-huit 1 heures , et qui ne le quitta qu’au bout de huit 1 mois ; il avait jusqu’alors été très-bien portant J et d’une constitution assez robuste. Il eut à la 1 suite de cette fièvre une inflammation à l’œil I droit qui lui fit sentir de très-vives douleurs | pendant deux majs, sa vue qui était très-bonne auparavant, s’affaiblit de l’œil malade d’une manière sensible.
- Un an après, environ, il lui survint une inflammation à l’œil gauche; sa vue alors diminua considérablement, il ne put plus exercer son emploi de sergent-major d’artillerie , et fut obligé d’entrer dans uns hospice ; là, on lui fit beaucoup de saignées, et on employa les moyens ordinaires en pareilles circonstances.
- Il ne parvint pas cependant à recouvrer la S vue ; aii contraire , ëHe décroissait- de jotir 1 en jour d’une manière effrayante. Six mois 1 «étaient à- peine écoulés qute le malade n’était' i plus à même de se conduire, et ne voyait- |
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- pas seulement à une distanee.de quelques pas; enfin, peu après, il n’apperçut plus rien de l’œil gauche, seulement une légère lueur lorsqu’il regardait de côté.
- Conduit alors au laboratoire de M. Nauchc, on essaya de lui appliquer le Galvanisme. Dès les premiers jours, il éprouva du mieux, il apperçut un peu plus de l’œil droit ; les galvanisations continuèrent peu de temps , elles furent ensuite interrompues ; mais le malade s’étant soumis pendant trois mois régulièrement à l’action du nouvel agent, en ressentit des avantages auxquels il était loin de s’attendre lui-même.
- Il lui est survenu des cloches et des espèces de pustules aux deux bras, ainsi qu'aux cuisses et aux jambes; elles se sont continuées et se succèdent encore.
- Le malade aujourd’hui voit suffisamment pour lire, il apperçoit de loin, distingue très-bien toutes les couleurs, et est à même de remplir les devoirs de son état.
- Il est à remarquer que les applications ont cessé depuis quelque temps et que le malade continue de jouir des succès obtenus.
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- Cette observation est d’autant plus impor- | tante, que, dans les faits cités depuis la décou- I verte du Galvanisme, on a vu souvent l’état 5 satisfaisant de l’affligé diminuer dès qu’on , cessait l’opération ou peu de temps après, et | qu’ici le malade à conservé ses avantages et 1 que rien n’annonce qu’il doive bientôt les ] perdre.
- Hémiplégies.
- Pierre-Marie Boulanger, né à Amiens, âgé de trente-sept ans , sellier de profession, d’nne stature médiocre et d’une bonne constitution, avait toujours joui d’une parfaite santé. Etant soldat, il s’endormit au siège de Maëstrieh, et s’apperçut à son réveil que son bras droit était glacé et immobile. Ses camarades le frictionnèrent de telle manière qu’au bout de trois jours il recouvra entièrement l’usage de ce ' membre. Quelques années après , à la suite de plusieurs traitemens vénériens, il fut atteint d’une paralysie de tout le côté gauche ; sans ! perdre connaissance, il fut un peu troublé , sa j langue embarrassée, les yeux et les oreilles conservèrent leurs fonctions, mais les mem- | bres supérieurs, et inférieurs gauches ne purenj;
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- plus exécuter de mouvemens volontaires; il ne perdit pas cependant la sensibilité.
- Cet homme eut recours aux bains, se frotta avec le baume de fioraventi, et reprit un peu l’usage de ses membres, de manière à pouvoir marcher quoiqu’avec peine ; il quitta tout traitement pour cette affection, et vint à Paris se faire soigner d’une galle ancienne., Après avoir été agonisant, il reprit un peu de santé, mais conserva sa paralysie.
- Peu de temps s’était écoulé qu’il eut une nouvelle maladie syphilitique ; il se la fit guérir : en quinze mois , il en essuya deux autres, dont il se fit également traiter à l’hospice des Capucins.
- Il est à remarquer que les maladies qu’il avait successivement essuyées, avaient plutôt semblé diminuer la paralysie que l’augmenter.
- A l’approche du froid, l’hiver dernier, Boulanger éprouva un grand changement; la maladie augmenta insensiblement , et peu de temps après les premiers froids, il ne lui fut plus possible de continuer son travail; il entra
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- à l’Hôtel-Dieu, où le Galvanisme lui fut jugé convenable.
- Alors tel était l’état du malade ; il avait la parole difficile, les mouvemens d’extension, de flexion et d’adduction, très-faibles du bras droit; l’extension et la flexion complète des doigts étaient impossibles , les mouvemens de la jambe du même côté très-gênés, et il avait une très-grande difficulté de marcher.
- Le Galvanisme lui a été appliqué le 18 brumaire, et, à la troisième application, Boulanger fut beaucoup mieux, il eut la langue moins embarrassée et les mouvemens plus faciles. On continua par la méthode brachiale pendant à-peu-près dix-huit jours; le malade alors fut, sinon radicalement, du moins guéri de manière à faire usage de ses membres et à reprendre son travail. S’étant trouvé fort bien, il sortit de l’Hôtel-Dieu, et les applications cessèrent; on aurait désiré pouvoir les continuer, les succès obtenus étant tellement sensibles qu’on avait lieu d’espérer une cure complète.
- Louis Barrière, âgé de quarante-un ans, cordonnier, rue Sainte-Aoaçtase, «» 3, jouis-
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- Sait depuis long-temps d’une très-bonne santé; ancien militaire, il avait éprouvé dans ses campagnes des douleurs rhumatismales a la cuisse et à la hanche droite, tellement intenses, qu’il était obligé de marcher avec un support; il avait essuyé plusieurs galles, mais point de maladies syphilitiques. 11 s’était fait guérir il y a sept ans , et depuis cette époque il se portait bien, lorsqu’au jour de Noël dernier il éprouva une sorte d’abattement général sans perte de connaissance; son bras gauche devint très-faible, et il lui fut!impossible de tenir les instrumens de son état; il n’avait pas la langue libre, sa bouche était contournée du côté droit, et ce n'était qu’avec peine qu’il marchait.
- Un vomitif qu’on lui donna ne produisit aucun changement; Barrière entra à l’hospice pour s’y faire administrer les secours de l’art.
- On lui appliqua le Galvanisme ; il avait alors les mouvemens de l’articulation du bras gauche avec lcpauleunpeu gênés, il ne pouvait fermerlibrementles doigts, et sa jambe gauche était un peu traînante.
- I .'action galvanique lui fut d’un grand se-
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- cours; peu à peu il recouvra ses forces et reprit l'usage de ses membres, et il doit à des applications non interrompues la grande amélioration ou plutôt l'entière guérison dont-il jouit et qui l'ont mis dans le cas de soutenir son travail.
- Affection rhumatismale.
- Marie-Françoise Garnier, âgée de trente-deux ans , mère de six enfaus, jouissant d’une bonne santé, éprouva à la suite d’un sevrage une douleur sciatique du côté gauche de la cuisse. Celte douleur s’étendait jusqu'au pied; l’affection vint à un point que Françoise Garnier fut obligée de prendre des supports pour marcher : elle changea plusieurs fois de siège, tantôt au côté gauche, tantôt au bras droit.
- La malade se fit traiter; tous les secours qu’on employait contre cette espèce d’affection lui avaient été administrés , tels que moxa et vésicatoires ; mais son état fut le même.
- On entreprit de la galvaniser; elle offrait alors le niai de tête, le défaut d’appétit , une
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- douleur extrêmement vive dans le bras gauche; sesmouvemens,dansrarticulationavecl épaulé, étaient totalement impossibles, ceux delà main très-douloureux,
- , On a obtenu, en la soumettant au Galvanisme, des soulagemens marqués,mais le'gers; la douleur de la cuisse a disparu entièrement, le bras a été moins tendu.
- On a continué de la galvaniser; son état a toujours été le même, l’affection a résisté ; on a cessé l’application, n’obtenant aucun résultat qui puisse faire espérer désormais d’autre changement à la malade que celui qu’elle a d’abord éprouvé..
- Rétention d'urines par paralysie de la Vessie.
- Il est une maladie à laquelle le fiajva-nisrue n’avait pas encore été appliqué on vient d’obtenir par son moyen des succès non équivoques et qui feront pressentir les avantages qu’on pourra en retirer dans le traitement de cette maladie. Il s’agit d’une
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- rétention d’urines par paralysie de la vessie; nous allons esquisser.
- Marie Chinet, âgée (letrente-cinq ans, d’ttrié constitution assez robuste, était devenue aveugle dès l’àge de cinq ans, par suite de violentes convulsions quelle eut à cette époque. Cette cécité, qui n’a ait pas discontinué depuis, présentait les caractères d’une goutte sereine. La cornée, l’humeur aqueuse, l’humeur vitrée, le cristallin, étaient parfaitement transparens, les pupilles immobiles sans être très-dilatées ; la malade distinguait à peine le jour de la nuit.
- Outre cette cécité, la malade était encore atteinte d’une rétention par paralysie de la vessie ; cette affection avait commencé en l’an 7, elle s’était développée à la suite d’une grande frayeur, occasionnée par des violences brutales quelle avait essuyées.
- I.a rétention étantdevenue complète, Marie Chinet se rendit à l’Hôtel-Dieu, où elle fut d’abord guérie par un traitement approprié ; mais celte dernière maladie s’étant manifestée de nouveau en l’an 10, elle se vit forcée de
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- rentre* à l’hospice. Tous les moyens connus furent alors mis en usage, mais infructueusement ; la maladie résista à tout. Il y avait plusieurs mois que cette femme était dans une salle de l’Hôtel-Dieu, sans espoir de guérison.
- En cet état on imagina de lui appliquer le Galvanisme.
- A la cinquième application, celui-ci n’avait produit d’autre effet qu’un accroissement dans la secrétion de l’urine. On continua , et peu à peu la malade éprouva, les nuits suivantes, des pleurs involontaires, abondance de salive, qui avait, disait elle, un goiit acide. L’appétit augmenta, la pupille du côté droit commençait à se dilater et à se resserrer d’elle-même ; on parvint enfin à la faire contracter à volonté j on espérait sous peu de jours rendre à la vessie toutes ses fonctions, et un grand changement dans l’état de la malade, lorsque son inconduite la fit sortir de l’Hôtel-Dieu.
- Voici un second fait plus intéressant encore.
- Un vieillard septuagénaire, d’une constitution pituiteuse et délicate, était depuis long-
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- temps affecté d’une rétention qui le faisait beaucoup souffrir; il avait subi des traitemens empyriques plutôt que convenables ; cette maladie était causée par la paralysie de la vessie,
- On lui appliqua les procédés galvaniques, et dès les premières applications il y eut un bien sensible. On varia l’établissement du courant galvanique, et on obtînt des résultats tellement avantageux, que ce vieillard , se croyant guéri, suspendit pendant plusieurs jours le traitement ; les symptômes, ayant reparu, il eut encore recours au Galvanisme.
- On fut obligé, attendu les difficultés qu’il éprouvait pour l’introduction de la sonde, d’établir la communication du conducteur pôle cuivre avec l’urêtre lui-même, vers le milieu de son trajet; tandis que l’autre conducteur fut mis en communication avec la colonne épinière ou le bas ventre.
- Ce procédé détermina une douleur assez vive dans l’intérieur de l’urêtre, qui n’aurait point eu lieu si le malade eût pu supporter l’introduction de la sonde.
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- Cette douleur se fit sentir pendant huit jours ; on administra les caïmans, les bains de vapeurs, etc., qui ne la diminuèrent pas.
- On se détermina à soumettre , pour la troisième fois, le malade à l’action galvanique.
- A la seconde galvanisation , les douleurs parurent diminuer sensiblement; les applications furent continuées de deuxen deux jours ; on prescrivit au malade une boisson d’arniea montana, dans laquelle entraient vingt gouttes de teinture de cantharides.
- Ce traitement suivi pendant un mois et demi, le malade fut assez bien rétabli ; il jouit maintenant d’une bonne santé.
- MM. Daignant, Yosdey, Pajot-Laforêt, médecins , ont été présens à cette dernière application, qui s’est faite au laboratoire de M. Nauche; j’ai également assisté à la plupart des galvanisations faites à ce septuagénaire , et j ’ai été témoin de ses souffrances, de son traitement et de sa guérison.
- En Allemagne, où les applications ont été multipliées à l’infini, on y a trouvé de grands
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- secours. Humbolt et, autres rapportent Un grand nombre de faits d’une importance majeure.
- On a annoncé la possibilité d’un bain galvi-nique propre à administrer cet agent selon les circonstances , et en raison de l'état et des forces du sujet, et sur-tout dans le cas ou la faiblesse de l’individu ne lui permettrait pas de supporter la commotion un peu vive que produit la pile de Volta. Cette observation n’est pas sans intérêt ; elle est due à M. Nauche ainsi que celle qui va suivre, et elle est de nature à fixer l’attention.
- Lorsqu'on galvanise les nerfs cruraux d’une grenouille avec le conducteur placé au pôle zinc , on appèrçoit qu’il se forme une humeur aqueuse que ne produit pas le conducteur opposé du pôle cuivre ; ce qui détermine une action positive et négative. On croit pouvoir expliquer ce phénomène par le dégagement du gaz hydrogène et oxigène, mais la remarque n’en est pas moins intéressante aux yeux de l'observateur, qui saisit avec empressement tout ce qui tend à développer la force et la propriété de l’agent dont il s’agit.
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- M. Aklirix, a, dans son dernier voyage dé Londres, fait plusieurs expériences sur des suppliciés par strangulation, auxquels l’application du Galvinisme a fait éprouver de vives contractions.
- Le Galvanisme est utile pour s’assurer de l’état réel d’une personne qu’on soupçonnerait tombée en léthargie, et pour cela on introduit dans le système musculaire les pointes d’un excitateur galvanique.
- Le Galvanisme est proposé, par plusieurs médecins étrangers, comme moyen curatif dans différentes maladies ; mais l’expérience a démontré qu’il est plus convenable de l’employer de concert avec les autres remèdes : alors seulement il est vrai de dire qu’il agit puissamment et que son effet est entier. L’application des autres moyens rendant la partie affectée plus disposée à le recevoir, et facilitant sa circulation.
- De nouvelles applications se font journellement et produisent des faits intéressans qui bientôt sans doute seront mis au jour ; les résultats heureux déj a obtenus laissent la flatteuse
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- espérance que cet agent savamment employé produira les effets les plus salutaires dans le traitement d’un grand nombre d’affections.
- Avantages des deux fluides dans léur application à l’économie animale.
- Les médecins, après que l’immortel Fran-klin eut développé les connaissances du fluide électrique, se servirent de son action dans le traitement de diverses maladies ; le peu de succès qu’ils en ont retiré ne les ayant pas encouragés, ils ont délaisse entièrement depuis ce moyen, faible par lui-même, et qui offrait dailleurs beaucoup d’inconvéniens.
- On a rapporté l’histoire d’un jeune homme qui , pour s'être fait électriser, a été assailli d’une fièvre de trente-six heures, et d’un mal de tête qui ne l’a quitté qu’au bout de huit jours.
- Les nombreuses expériences faites ont à-peu-près démontré que le fluide électrique peut produire la courte respiration et l’asthme. Des personnes de tout âge et de toute com-
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- plexion, affectées dè rhumatismes, de maladies goutteuses et de paralysie sont monté sur les gâteaux, et après l’épreuve électrique elles s’en sont retirées plus incommodées qu’aupa-
- Ainsi la commotion ne peut qu’augmenter les douleurs des malades et des affligés.
- Jusqu’ici le Galvanisme a offert des résultats différens. Nous avons vu, dans l’article de son application aux affections humaines, qu’il a obtenu les plus heureux succès contre la paralysie et plusieurs autres maladies. Nous avons cité les faits nouveaux qui semblent prouver une utilité démontrée.
- Corollaire.
- Nous nous bornerons à ce simple rapprochement, duquel on peut sans doute conclure ce qui suit :
- i°. Que l’électricité n’est jamais d’un grand secours pour les goutteux, les paralytiques, etc. et qu’elle entraîne avec elle des symptômes
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- auxquels il n’est pas prudent de s'exposer, parcequ’iln’estpas toujours facile d’en réparer les désordres j
- 2°. Que le Calvinisme a, contre ces mêmes affections et beaucoup d’autres, une action puissante que ue possède pas l’électricité ; que s’il ne les détruit pas il les combat au moins et les diminue, et que s’il n’agit pas comme moyen curatif, il est toujours, comme auxiliaire , actif et salutaire.
- Ne pourrait-on pas tirer cette induction : Que si les résultats de l’action des deux fluides galvanique et électrique sont différens, ils ne peuveht émaner d’une même nature ?
- Attendons au surplus des travaux de la Société Galvanique la solution de cette importante question ; espérons encore quelle déterminera ses rapports avec la physique et la chimie, et les avantages qu’ou doit eu retirer dans ses applications à l’économie animale,
- FIN.
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- TABLE DES MATIERES.
- •De l’origine du Galvanisme...............page 7
- De la théorie générale du Galvanisme. . ’. . 10
- Théorie de Galvani............................. 18
- Théorie de Humbolt............................... 19
- Théorie de Volta. . . ......................... 20
- Du Galvanisme dans ses effets comparés à ceux
- de Vélectricité............................... 21
- De l'application du Galvanisme aux affections
- de l’économie animale.......................... 27
- Maladie des yeux.......................... 29
- Hémiplégies............................... 3 3
- Affection rhumatismale. ... *.................. 56
- Rétention d’urines par paralysie de la vessie . 37
- Avantages des deux fluides dans leur application
- aux maladies humaines.......................... 44
- Corollaire.................................... 4^
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