Principes d'électricité
-
-
- p.n.n. - vue 1/262
-
-
-
- Sa* ^
- PRINCIPES
- D’ÉLECTRICITÉ,
- CONTENANT
- PLUSIEURS THÉORÈMES
- Appuyés par des Expériences nouvelles,
- Jgjhk
- - AVEC UNE
- NALYSE
- GES SUPÉRIEURS DES CONDUCTEURS ÉLEVÉS ET POINTUS.
- On explique de plus dans ce Traité le choc êleBrique en retour, par lequel des effets funeftes peuvent éçre
- Ïroduits à une très-grande diftance de l’endroit où le 'onnerre tombe.
- Par Milord M A H O N , de la Société Royale de Zondres.
- Ouvrage traduit de l’Anglois , par Mr. l’Abbé N...........de
- la même Société, & de quelques autres Académies ; auquel on a joint certaines notes intérejfantes & propres à confirmer les Principes nouveaux de l’illuftre Auteur.
- A LONDRES,
- Et Je trouve A Bruxelles,
- Chez Emmanuel Feon, Imprimeur-Libraire près de la Monnoie.
- M. DCC. LXXX*
- p.n.n. - vue 2/262
-
-
-
- p.n.n. - vue 3/262
-
-
-
- A VER Tl SS EM EN T.
- T ./Auteur ayant jugé à-propos d’ajouter une Appendice au Traité luivant pour le rendre plus clair, recommande au Leôeur cry recourir à-mei'ure qu’il avance dans le corps de l’Ouvrage , afin d’éclaircir les Propofitions renfermées dans les Seéfions pour lei'quelles il l’a faite. C’eft par cette railon qu’on donne ici la lifte de ces différentes Seétions avec des renvois à la dite Appendice.
- Sections éclaircies.
- § § 7 & 8.---------------
- § J 12, ig & 30. -
- . § § IOO , IOX & 102. -
- Note à la § aoi. - - -
- f 39*
- $ 423. - - - -« 425. --------
- f 528. - - - -§ 531 &/^-
- Renvois à l’Appendice. S ^73 jufqu’à la § 576.
- | 577............I 580-
- f 5°t............$ 583.
- 1 585'
- I 587............§ 589.
- I 59‘-
- §592............§ 602.
- 8 6o« ------ | 606.
- | 607 -..........§ 611.
- § 612.
- f 613............| 614.
- S 615............§ 617.
- ^ 618.
- S 619............§ 636.
- NB. Si quelque Lefleur veut fe borner dans ce Traité Phyfico - mathématique aux feules parties Phyfiques , il pourra , fans 'aucun inconvénient paftér de la § 100 de la III e Partie, jufqu’à la fin de la feptieme , pourvu qu’il admette la vérité des Propofitions y contenues, comme ayant été déjà démontrées géométriquement.
- p.r3 - vue 4/262
-
-
-
- PRÉFACE DE L’AUTEUR.
- iÇr le Lecteur connoit les difputes qui fe font élevées en Angleterre fur la forme des conducteurs , il s'étonnera peut-être de ce que je liai fait aucune mention des expériences électriques de Mr. "Wilfon, relatives à cet objet. Mais comme je compte donner bientôt au Public une réfutation pofitive des conclufions qu’on en a tirées je liai pas cru devoir confondre une expojition de faits nouveaux & importons avec cette réfutation de principes qui mériteroient certainnement bien peu de confidération farts les doutes quelles ont fait naître dans l’efprit de quelques perfonnes.
- Je fnppofe nos Lecteurs déjà injlruits à un certain point des expériences ordinaires & des propriétés générales de l’Electricité : c’efl pourquoi je fuprime plujîeurs explications éle-mentair.es & ennuyeufes pour les connoiffeurs. Quant aux expériences & aux obfervations que j’ai faites depuis peu fur les Jattes de Leyde, &c. elles feront l’objet d’un autre Ouvrage dont je m’occupe (a).
- ( a ) Comme celui-ci réunit des parties phyfiques à des parties mathématiques ,& qu’il eft rempli d'idées nouvelles & d’expériences qui pour s exprimer, demandoient certains mots inufités dans la Langue trançoile, le Traduéleur efpere qu’on les lui paflera. Il s’eft attaché a rendre les phrafes en général auffi intelligibles que i’obfcurité naturelle dunfujet difficile, préfenté fous des faces neuves, ( pu le lui permettre. Quant aux répétitions fréquentes, elles font imepara-Dles de I ordre géométrique , auquel l’auteur , qui eft un des premiers Mathématiciens de l’Europe,a voulus’aftreindre; & illne convenoit pas au Traduéleur de les abréger moins encore de les ........r totalement. (Note iuTraduaeur)
- p.r4 - vue 5/262
-
-
-
- PRINCIPES
- DE
- LÉ LE CT RI CI TÉ.
- PREMIERE PARTIE.
- Section première.
- lEisr n’étant plus néceflaire au pro-jflfr ü d’une fcience quelconque que
- ? *• •? la recherche des principes fur lef-
- quels elle eft fondée , je vais, en ** ' établifiant les loix fondamentales de
- VÉleBricité, me mettre en état de démontrer que l’influence du fluide éleélriqüe a bien plus d’étendue qu’on ne l’imagine.
- § i. En'pofant ce que j’appelle les vrais principes de l’Eleftricité, je marquerai quelques-unes de fes propriétés déjà connues, afin de montrer comment elles nous mènent naturellement aux faits importans que je rapporte ci-après , & dont j’avois découvert la vérité, par la feule théorie, long-temps avant que j’euffe eflayé de la prouver par des expériences toujours fuivies du fuccès le plus confiant.
- § 3. Plufieurs de ces expériences regardent une forte de choc éleélrique fingulier que je
- p.1 - vue 6/262
-
-
-
- Pttzrrcrpss
- diftinguerai par la dénomination de choc' retournant (a) , ou contrecoup ; je les rapporterai & j’expliquerai clairement de quelle maniéré des personnes pourraient être frappées mortellement, & certaines parties d’un biltiment confidérable-nient endommagées par cette el'pece de contrecoup. Je prouverai que ce choc par retour peut avoir lieu par une cxplofion électrique qui éclate à une très-grande diftance de ces perfonnes ou de ce bâtiment.
- § 4. J’ajouterai quelques remarques fur l’action des conducteurs élevés & très-pointus ; ôc je rendrai compte des caufes pour lel'quelles cette invention auffi fimple qu’avantageufe contribue à garantir, tant les perfonnes que les bâ-timens , de tous les accidens en général qui peuvent réfulter, & de l’EleCïricité naturelle, & même du principe d’un contre-coup julqu’à prélent ignoré.
- § 5. C’eft une vérité reconnue que tou* les corps dans la nature contiennent en tout temps une certaine quantité de fluide électrique. Cette portion de fluide d’un corps, dans fon état naturel, & fans en augmenter la dofe, eft diftinguée par la dénomination de fa portion naturelle d’Electricité. Si par quelque moyen il eft privé d’une partie de cette portion naturelle de fluide électrique, on le regarde comme élecirifé en moins ou négativement. Si
- (a) Il n'y a point d’expreflion plus mots rcturning Jlrokc de l’Auteur anglois par les Journaliltcs dans l’analyfe de c
- p.2 - vue 7/262
-
-
-
- '* Ele c t r
- par quelque autre moyen il fc trouve au contraire chargé d’une quantité d’Elcétricité plus grande que fa portion naturelle , on le regarde comme chargé en plus, ou pojitivement.
- §. 6. Lorfque l’équilibre électrique entre la terre, les nuages ou d’autres corps, n’eft nullement troublé, il ne réfulte aucun danger du feu éleétriqué, quoique tous ces corps contiennent toujours une portion confidérable de ce fluide fubtil & aétif : mais s’il arrive qu’une cau-fc quelconque dérange cet équilibre naturel en rendant un corps ou pojitif ou négatif, alors il doit néceffairemcnt produire les conféqucnces fuivantes :
- § 7. Si le corps eft éleétrifé pojitivement, & entouré d’air, ce corps ainfi éleétrifé dépoferâ fur toutes les particules qui lui viendront fuc-ceffivement en contact, une partie proportio-nclle de fon Eleétricité furabondante. Par ce moyen, l’air qui l’entoure deviendra pareillement éleétrifé en plus , ou pojitivement : c’eft-à-dirc, qu’il formera autour de ce corps pojitif une atmofphere pareillement pojitive.
- § 8. Si, au contraire, le corps eft négatif, chaque particule d’air, qui lui viendra en con-taét , y dépoferâ une certaine partie de fa portion naturelle d’Eleétricité. Par ce moyen Pair qui l’entoure deviendra négatif : c’eft-à-dirc, qu’il formera une atmofphere négative autour de ce corps négativement électrifé.
- § 9. Quelques Phyficiens peuvent être portés à croire, ou que l’atmofpherc éleétrique d’un corps pojitif eft négatif, parce que quelque-A ÿ
- p.3 - vue 8/262
-
-
-
- 4 Principes
- fois fes effets font négatifs, ou que l’atmofphere élc&riquc d’un corps négatif cft pojitive, parce qu’elle produit quelquefois aulli des effets po-Jitifs. Mais fans adopter une hypothefc invrai-l'emblable, on peut rendre facilement raiion de ces effets.
- EXPÉRIENCE PREMIERE.
- Fig.3. § io J’ai pris une paire d’Elcftromctrcs à boules de iiege A B , lefquelles avoient en diamètre trois-huitiemes d’un pouce A'Angleterre (a), & dont les pièces pendantes parallèles (/>) étoient de huit pouces de longueur. Je les ai fufpcnducs
- (a)La mefure angloifc eft celle qu’on employé toujours pour les expériences rapportées dans cet ouvrage.
- ( b ) Ils font conftruits de maniéré que les parties pendantes foient parallèles (fig• 1 ). Quand l’inftrument n’eft pas éle&rifé, au lieu de Je rencontrer en haut Comme à l’ordinaire (fig. 2 ), les boules électromécriques font nécef-fairement rendues beaucoup plus divergentes par un moindre dégré d’Eleclricité : en voici la raifon. Quand les parties pendantes fonc parallèles , non - feulement le jinus verfe de l’anale de dédinaifon eft égal à {cro, tandis que l’angle de divergence s’évanouit; mais le finus verfe de l'angle de dédinaifon fera dans tous les cas polfibles auffi petit qu’il puifle être , quand les parties pendantes de l’E-ledlrometre ne feront pas parallèles; c’elt -à-dire, que le poids à lever, nécefiaire pour rendre divergentes à un dé-gré donné .les boules électrométriques, fera toujours moindre •fi chacun des fils , qui les portent, eft perpendiculaire, que s’ils-font en Conrad à leurs extrémités fupérieures. La différence eft fpécialement plus fenfible, lorfque les angles de divergence éleftrique fonc plus petits.
- Quand il s’agit d'expériences tris-délicates, il y a encore un moyen de rendre plus fcnfibles les Eleélrometres dont je me fors: c’eft d’en fufpendre les boules par des fils de lin fub-divifés & auffi fins que la matière peut le permettre fans rifquer de les rompre. II faut obferver qu’elles ne doivent pas excéder en diamètre la feizieme partie d’un pouce.
- p.4 - vue 9/262
-
-
-
- E L’ E LE CT R
- terré s
- à un crochet Attaché au côté inférieur de la platine de cuivre CD qui fervoit à clorre le récipient de verre E F G H d’une pompe pneumatique. Les deux parties pendantes de ces Electrometrcs, faites , afin d'en éviter l’entortillage, de deux bandelettes de paille très-fines , avoient été préalablement trempées dans de l’eau falée pour mieux leur donner la qualité de conducteurs. Chacune fut fufpcndue à la partie fupérieurc du dit récipient par un fil de lin très-fin de la longueur environ de la douzième partie d’un pouce.
- § ii. Afin d’affurer au récipient de verre fa qualité éleétrique, en le privant de tout pouvoir de conduire l’Eleétricité , j’en ai fait entièrement exhaler toute l’humidité par le moyen du feu : il convenoit, de crainte de charger le verre, d’éviter toute elpece de friction dans le cours de cette expérience.
- § 12. En chargeant un petit conducteur immédiat communiquant à la platine de cuivre, qui couvroit le récipient, les boules éleétromé-triques furent divergentes d’environ deux pouces & demi {fig. 4 ).
- EXPÉRIENCE II.
- § 13. lors j’ai commencé à vuider l’air contenu dans le récipient. A mèfure que cela fe failoit, les boules de liege étoient divergentes par dégrés de moins tn moins ; & smffitôt que la petite jauge barométrique fut descendue d’en-
- p.5 - vue 10/262
-
-
-
- C I P E S
- viron un quart de pouce , ( le Baromètre étoît ce jour à la hauteur de 29 pouces un quart) la divergence des deux boules le réduilit à moins d’un quart de pouce.
- § 14. Le récipient privé de 116 fur 1x7 parties de la quantité naturelle d’air y contenu, la divergence des boules éleélrométriques fut ainli réduite à moins d’une dixième partie. Car la corde de l’angle de divergence fut diminuée, comme nous l’avons remarqué ( § ia & § 13 ), en fc réduifant depuis deux pouces & demi jufqu’à moins d’un quart de pouce. C’eft-à-dire , que le fenus verfe de l’angle de divergence fut diminué confidcrablement au de-là de cent fois, parce que les Jînus verfes font toujours comme les quarrés des cordes.
- § 15. Je croirois volontiers que fi cette expérience fe faifoit avec toute l’exaétitude poffible, & avec un Eleclrometre convenable, le finus verfe de l’angle de divergence feroit toujours en raifon égale de la denfité de l’air dans le récipient ; pourvu qu’on employât les moyens propres à conferver les inftrumens dans un état de parfaite fécherefiè.
- EXPÉRIENCE III.
- § ^Ensuite, j’ai rendu électrique le verre du récipient ; mais tant que le récipient cft refté privé de la quantité d’air ci-deffus marquée (§13), j’ai vainement effayé d’augmenter la divergence des boules éleétrométriques au dc-là d’un quart de pouce.
- p.6 - vue 11/262
-
-
-
- j> a i'Eixct
- CITÉ.
- EXPÉRIENCE IV.
- S- ir- j ai laiffé reprendre alors au récipient fa quantité naturelle d’air : cette feule circon-ftance a rendu de nouveau les boules confi-dérablement divergentes, quoique je n’eufle fourni à l’inftrument aucun renfort d’Eleclricité nouvelle. Mais il leur falloit un peu de tems pour les faire revenir à leur plus grande divergence. Il eft évident que l’air non - éleclrique, qui entroit dans le récipient, ne pouvoit, dès le premier infant, recevoir de l’inftrument chargé , ce dégré d’Elcétricité qu’il a finalement acquis.
- § 18. J’ai répété plufieurs fois ces expériences dans le vuide de la pompe pneumatique, &j’y ai toujours trouvé des réfultats fcmblables.
- § 19. On doit en conclure que, quand des corps iont chargés d’Elcétricité , ce font les particules de l’air devenues électriques à leurs en-tours , qui condiment l’atmofphere éleétrique dont ils font invertis.
- § ao. Puis qu’une atmofphere éleclrique quelconque , foit pofitive, foit négative, eft com-pofée d’air devenu électrique , il s’en fuit évidemment que la denfité de l’Electricité de cet air doit être dans une certaine raifon inverfè de la dijlance du corps chargé qui produit cette atmofphere éleétrique.
- § 21. On peut démontrer par un Elec-trometre convenable dans tous les cas pofiïblcs,
- A iv
- p.7 - vue 12/262
-
-
-
- I P E S
- 8 P R I N C
- que les atmofpheres électriques décroiffcnt en dcnfité, à inefure que la diftancc du corps devenu éleCtrique augmente.
- § 11. En partant de ces fimples confidéra-tions, il eft aifé de réduire tous les phénomènes différens de l’attraction & de la répulfion électriques à un fcul principe clair & commode qui dérive de la nature même d’un équilibre électrique dérangé: c’eft-à-dire, à la difpofition élafti-que du fluide électrique à pouffer tout corps charge ou en plus ou en moins , vers cette partie de fon atmofphere éleCtrique où ion équilibre électrique & naturel puiffe facilement fe reftituer.
- § 23. Ce feul principe prouve que des corps charges d’EIeCtricités contraires doivent tendre à Je rapprocher mutuellement en tout tems , quand les bords de leurs atmofpheres devenus électriques en contraire s’entremêlent.
- § 24. Il efl: en même - temps très - aifé de comprendre pourquoi des corps chargés de la tnême ejpece d’ElcCtricité tendent à être divergents l’un de l’autre.
- Tout corps élcCtrifé , foit en plus ou en moins, tend conftamracnt à retourner à fon état naturel; & c’eftpour cela qu’il rend électriques , dans un certain dégré , les autres corps en contaCt avec lui, aufli bien que. l’air voifin , <le la façon que nous venons d’expliquer ci-de-vant (§?.'&$ 8.).
- § 25. Si deux corps , par exemple, font pofitifs, aucun des deux ne pourra communiquer fon Electricité furabendante à l’autre pareil-
- p.8 - vue 13/262
-
-
-
- de l'Electricité.
- lcmcnt élc£trifé en plus. Il cft donc évident, parle principe très-fimple précédemment établi (§22.), que fi l’on préfente ces corps l’un à l’autre en les rapprochant, chacun d’eux fiera repoufle du côté oppofé vers les particules d’air au fli électrifiées en plus, mais dans un moindre degré. C’eft-à-dire , que chacun cherchera la divergence en fens contraire.
- §. û6. Mais fi ces corps font tous deux négatifs , aucun des deux ne pourra, par le moyen de l’autre corps également électrifié en moins, fc pourvoir de ce qui lui manque en quantité naturelle d’Eleétricité. Il eft donc encore évident par le même principe fimplc établi ( § 22. ) que , fi l’on préfente ççs corps l’un à l’autre en les rapprochant, chaque corps fera repoufle du côté oppofé vers les particules d’air auffi électrifiées en moins, mais dans un moindre degré ; c’eft-à-dire, que chacun tendra à la divergence en fens contraire.
- § 2f. Ainfi des corps chargés de la même efpece d’Eleétricité, foitpofitive ,foit négative, doivent néccflairement chercher à s’ecar'er l’un de l’autre.
- § 28. L’explofion ou le choc éleétrique dépend de la diftance : or, la nature de ce qu’on nomme la diftance explofive cft aifée à comprendre par les deux vérités qu’on peut tirer des confidérations précédentes qui font, que toute atmofphere électrique cft compofée d’air élcétrifé, & que la denfité éleétrique de toutes ces atmofphercs croit à mefure que la diftance du corps charge décroît.
- p.9 - vue 14/262
-
-
-
- Principes
- to
- § 29. Car un corps éleétrifc devient capable de décharger fon Eleétricité avec explo-fon fur un corps conducteur de telle forme que ce foit placé dans fon atmofphere éleclri-que à une diflance quelconque, quand la denfité de l'Eleclricité qui y eft contenue fe trouve dif-pofée par fa quantité, à lui communiquer la qualité d'un conducteur d’Eleclricité infiantani à la difiance donnée du corps chargé.
- Cela vient de ce que l’air ( femblable à tout autre corps qui par fa nature n’eft pas un conducteur ) étant puiflamment élcctrifé en plus ou en moins, forme, quant à la furface extérieure des particules qui le compoient, un conducteur de la charge éleétrique.
- § 30. En partant des confidérations précédentes , lavoir, que toute atmofphere éleétrique eft compofée d’air éleétrii'é, & que la denfité électrique des atmofphcres de cette efpece décroît, quand la diflance du corps chargé augmente, il fera de même tout auffi facile de comprendre pourquoi des corps métalliques avec des pointes métalliques bien faillantes s’empareront du fluide éleétrique, ou s’en déchargeront avec un beaucoup plus grand dégré de facilité que des corps métalliques de toute autre forme.
- Fig. 5. § 31. Nous avons vu précédemment ( §7. ) que fl un corps , tel que A B, eft pofi-tivement éleéirifé, l’atmofphcre qui l’entoure fera pareillement & néceffairement pofitive.
- § 32. Par conféquent , fi le corps pofitif A B n’a aucunes parties faillantes ; s’il eft entouré d’un air fec ; s’il eft parfaitement ifolé ;
- p.10 - vue 15/262
-
-
-
- de l'Electricité. ii
- s’il eft tellement fitué qu’il n’ait dans la fphere de l'on atmojphere électrique feniible, aucun conducteur capable de décharger en grande partie cette atmol'phere ; toutes ces circonftan-ces réunies , le corps pojitif ne pourra que très - difficilement tranfmettre aucune portion confidérable de fon électricité furabondantc à la mafle d’air G H KL qui entoure la partie denfe C D EF de fon atmofphere électrique ; pareeque cette partie denje de l’atmofphere d’air électrilé ( laquelle entoure immédiatement le corps pojitif A B, & par où tout ce que ce corps ifolc A B peut perdre de fon Electricité furahondante doit nécefiairement pafler), en qualité de très-pofitive elle-même, ne fera pas capable, fans de grandes difficultés, de recevoir en plus une quantité nouvelle d’Electricité.
- § 33. C’eft à dire , que la partie denfe de Tatmofphere pofitive qui entoure toujours un corps pojitif, oppofe nécefiairement une grande ré-fijtance à la partie du fluide éleétrique , tant que ce corps eft parfaitement ifolé.
- Fig. 6. § 34. Suppofons maintenant un autre corps métallique AB, exactement égal & fem-blable au corps repréfenté fig. 5 , mais qui ait un fil-d’archal conique MN dont le bout terminé en pointe très - aigue y foit intimément attaché , & voyons ce qui doit nécefiairement en réfulter, dans la fuppofition que ce corps AB foit bien ifolé & éleclrifé en plus.
- § 35. Si ce fil - d’archal M N eft d’une telle longueur qu’il puiffe avoir fon extrémité N en dehors de la partie la plus denfe C
- p.11 - vue 16/262
-
-
-
- DEF de l’atmofphere pofitive du corps AB, & que cette atmofphere diminue par dégrés en deniité : alors, la quantité en plus d’Electrrcité contenue dans le fil-d’archal, particulièrement à la pointe N, étant très - petite ( puifque la furface de ce fil-d’archal eft très - peu confidéra-ble , furtoutîl la pointe N) , on conçoit que la partie denfe de l’atmofphcre pofitive d’air alentour du dit fil, & fpécialement autour delà pointe N, fera de même très-petite , comme la figure 6. la repréfente.
- § 36. Conféqucmment , la réfiftance à la pointe N, oppofée par l’atmofphere pofitive à laJortie de PEleftricité du corps AB, fera très - petite auffi. Donc l’Electricité furabon-dante du corps éleétrifé en plus AB (laquelle tend conftamment à quitter ce corps) s’en élancera dans l’air en bien plus grande quantité par la pointe N où la réfiftance eft très-petite, qu’elle ne s’en élancera par aucune parrie quelconque non fiaillante du corps A B où la réfiftance eft nécelfairement confidérable.
- Fig. 7. § 37. Si, au contraire, un corps rond métallique P Q , fait partie avec un corps pofitif A B égal & femblable aux corps re-préfentés, figures 5 & 6 ; s’il s’élève dans Pair qui entoure ce corps AB , de la même maniéré que le fil-d’archal pointu M N s’élève, on pourra demander pourquoi il n’en réfulte pas le même effet que dans l’autre cas
- § 38. La raifon en eft toute fimple. Plus la furface du corps faillant fera grande , plus l’atmofphere en plus qui entoure ce corps
- p.12 - vue 17/262
-
-
-
- faillant P Q éleélrifé en plus , fera grande aulïï. Il cft donc évident que la re'Jiftance oppoféc à la partie de l’ElcCtricité furabondante du corps A B fera toujours en raifon directe de la fur-face du corps faillant, & que la quantité du fluide électrique qui s’en écoulera graduellement par ce corps Jhillant, pour entrer dans l’air qui l’entoure , fera proportionellemcnt moindre.
- § 39. Suppofons maintenant que le corps A B foit négativement éleélrifé , au lieu de l’être pofitivement : alors , fuivant ce que nous avons déjà dit (§8), l’atmofphere électrique qui l’entoure fera pareillement & nécclfairement négative.
- § 40 Dans ce cas, fi le corps négatif A B n’a aucunes parties faillantes ; s’il eft entouré d’un air fec ; s’il eft parfaitement ifolé ; s’il eft tellement fitué qu’il n’ait, en dedans de la fphe-re de fon atmofpbcre électrique fcnfible, aucune efpece de conducteur capable de décharger en grande partie cette atmofphere, le corps négatif ne pourra dans ces cas que très - difficilement tirer de la mafle d’air G H KL qui entoure la partie denfe C D E F de fon atmofphere éleClrique , une portion aflez con-fidérable pour fuppléer au défaut de l’ElcCtri-cité qui lui manque. En effet la partie denfe CD E F de l’atmofphere d’air éleBrifé ( laquelle entoure immédiatement le corps négatif A B , & qui feule eft le véhicule d’où il puifle , dans fon état ifolé, tirer de quoi fuppléer au défaut de l’ElcCtricité qui lui manque , & le rendre négatif) étant déjà très - négative, ne
- p.13 - vue 18/262
-
-
-
- JJ C I P E 5
- 14 P111
- pourra, fans une extrême difficulté, le départir d’aucune parue de l’Elc&ricité qui lui refte cr» partage.
- § 41. C’eft-à-dire, que la partie denfe de l’atrnojphere négative qui entoure toujours un corps négatif, oppol'e nécefi'airemcnt une grande réfifiance à la rentrée du fluide cleétrique , tant que ce corps refte dans un état parfaitement ifolé.
- Fig. 6. § 42. Suppofons maintenant un autre corps métallique exactement égal & fem-blable au corps repréfenté, fi g. 5. auquel on ait attaché un fil-d’archal conique M N dont l’une des extrémités foit très pointue, & voyons quelle en doit être la conféqucnce néceffaire , dans la luppofition que le corps A B foit bien ifolé, & élcétrifé en moins.
- § 43. Si ce fil - d’archal pointu M N eft d’une longueur à en avoir l’extrémité N hors de la partie la plus denfe C D E F de l’atmof-phere négative du corps A B , laquelle atmofi-phere décroifle par dégrés en denfité : alors, la quantité d’Elecïricité en moins, contenue dans ce fil-d’archal, étant extrêmement petite, particulièrement à la pointe N ( puifque la furface de ce fil-d’archal, furtout à cette pointe N, eft très-peu confidérable ) , on conçoit que la partie denfe de l’atrnojphere négative d’air autour de ce fil-d’archal, fur-tout à la pointe N, fera de même extrêmement petite. Voyez la fig. S.
- § 44. Conféquemment, la réfifiance de la pointe N, oppolée par l’atmofphere négative à l’entrée de l'Electricité , dans le corps négatif
- p.14 - vue 19/262
-
-
-
- mi'ïiitrjmri «3
- A B, fera auffi extrêmement petite : donc l’Electricité de la mafle d’air autour de GH KL ( laquelle tend conftamment à fuppléer au défaut de l’Elcétricité dans ce corps A B élcctrifé en moins ) y paffera en bien plus grande quantité par la pointe N où la réjiftance eft fort petite , qu’elle ne pourra le faire par toute autre partie non faillante de ce corps A B où la réjiftance eft nécelfairement confidirable.
- §. 45. Si, au contraire , un corps rond métallique PQ, eft à la fois uni avec le corps négatif A B, & rendu J,aillant dans l’air qui en toure ce corps A B ( lequel eft égal & fembla-ble aux corps repréfentés, fig. 5 & 6. ) , de la maniéré qu’on a rendu faillant le fil - d’archaî MN, on pourra demander pourquoi le mime effet n'a pas lieu comme dans l’autre cas *1
- § 46. Le principe eft tout fimple. Plus la furface du corps faillant eft grande en proportion , plus auffi Vatmofphere négative qui entoure le corps faillant P Q électrifc en moins, fera confidérable. La réjiftance qui s’oppofe à l’entrée du fluide tendant à fuppléer au défaut de l’Electricité dans le corps A B, fera donc proportionnellement plus grande, en railon de la plus grande furface du corps faillant, comme la quantité du fluide éleétrique qui pourra s’y introduire par dégrés, au travers du corps faillant de la mafle d’air qui l’entoure, fera proportionnellement plus petite.
- § 47. On conclura de ce que nous venons de dire, que la propriété que poffedent des pointes métalliques Jaillantes , de pouvoir tirer
- p.15 - vue 20/262
-
-
-
- Principes
- 16
- par degrés la vertu électrique des corps chargés auxquels elles font unies, ne provient pas de leur ligure conique ou pyramidale, niais de ce qu’elles s'élèvent au - delius des corps élcctrifés auxquels elles font unies par une communication étroite , aufli bien que de la petite quantité de furface qu’elles ont en contact avec l’air.
- § 48. Le pouvoir d’un conducteur métallique pointu, de déséleclriferpar degrés le corps chargé avec lequel il le trouve uni , lcra par conféqucnt toujours plus confidérable en railôn de la peti-tcffedela furface de la pointe métallique , & de la forme conique de fon extrémité fupérieure.
- Fig. 8. § 49. Ces principes font pleinement confirmés par toutes les expériences électriques fur des pointes, des houles , &c ; & fpécialc-ment par ce phénomène très-curieux d’un iïl-d’archal pointu R qui, dès qu’on le place entre deux corps de métal, ronds & J'aillans S. T , ne peut plus agir du tout comme pointe , ou n’agit plus que d’une maniéré prefque infenfihle , parce que la partie denl'c de Vatmofphere électrique de ces corps s’étend par-dcffus, & l’enveloppe entièrement.
- § 50. On affure que le favant Mr. Achard de Berlin a fait un grand nombre d’expcriences très-exactes à l’effet de pouvoir déterminer les tems des décharges, & les quantités relatives d’Eleétri-cité qui fe déchargent du grand conducteur (jiy infenjiblement élcctriié par le moyen de corps métal-
- ( a ) Pour le charger, 011 s’étoit Terri d’un globe de de la bouteille de teyde
- p.16 - vue 21/262
-
-
-
- D E t’ E L E C T R I C 1 T É. If
- métalliques différemment terminés & placés à differentes diftances du corps chargé.
- Il a employé dans une première luite d’expériences un cône (de cuivre) droit dont le lommet étoit extrêmement pointu, la hauteur d’un pouce & demi, & le diamètre de la bafe d’un pouce.
- § 51. Dans une fécondé fuite d’expériences, il s’eft fervi d’une platine de cuivre platte & circulaire d’un pouce de diamètre , fur laquelle il a affermi par des vis neuf cônes entemble dont la hauteur étoit d’un pouce & demi, & le diamètre de la bafe d'un douzième de pouce environ.
- § 52. Dans une troilieme fuite d’expériences , il a fait ufage de la même platine circulaire , fur laquelle il n’avoit affermi par les vis qu’un des neuf cônes. Celui-ci differoit feulement de l’autre cône qu’il avoit employé dans fa première fuite d’expériences , en ce qu’il étoit plus mince & plus pointu , le diamètre de fa bafe n’étant environ que de la douzième partie du diamètre de la bafe de l'autre cône ( Voye\ les § 50 & 51 ) leur hauteur étant égale.
- § 53. Quand Mr. Achnrd compara les ré-fultats de ces trois fuites d’expériences, il trouva que cette pointe ifoléc ( c’eft ainli qu’il nomme ce dernier cône) déchargeoit infenjîblement toute feule dans un tems donné une quantité plus grande de fluide éleétriqué, en le tirant du grand conducteur, que l’autre cône moins mince, ou même que toutes les autres neuf pointes attachées cnfemble à la platine circulaire : cet effet lui parut vraiment fingulicr.
- B
- p.17 - vue 22/262
-
-
-
- Principes
- i3
- § 54. Mais cet effet fi extraordinaire, en apparence , eft évidemment une conféquence nécef-jhire des principes très-limples que j’ai pofés depuis la § 30 jufqu’à la § 49 inclufivemcnt.
- § 55. Pour voir maintenant de quelle maniéré un corps quelconque d’une forme donnée , & qui en méme-tems cft un bon conducteur du fluide électrique, doit être affecté quand il s’enfonce dans Catmofphere électrique, l'uppofons Tig. s. qu’un corps métallique A B l'ans aucunes parties Taillantes , foit ifolé, & que fon extrémité A , qui s’approche du grand conducteur PC, foit placée dans la partie fenfible de fon atmofphere électrique, mais affez éloignée pour que l’Electricité n’éclate pas ou en d’autres termes, hors de la dijiancc explo/ive.
- §. 56. Cela cft toujours poffible , puifque par la nature même d’une atmofphere électrique , & de la difiance du conducteur, nécejf.iire pour en attirer le coup ( comme nous l’avons expliqué ci-devant § 19. § 28. & §29) , il eftuni-verfellement vrai que la partie fenfible de U atmofphere électrique d’un corps chargé , quel qu’il foit, s’étend bien au-delà de la diftance fuffi-fante pour qu’un fécond corps d’une forme ou d’une grandeur quelconque immédiatement placé de la maniéré qu’on voudra, puifle recevoir un coup direCt du premier corps chargé d’EleCtricité, ou le lui donner par explofion. On peut appliquer ce principe à tous les cas polïibles, même à la bouteille de Leyde.
- § ST- L’atmofphere électrique du grand conducteur P C doit néceffaircment être or négative
- p.18 - vue 23/262
-
-
-
- fis l* Electricité. 19
- ou pofitivc. Suppofons premièrement qu’elle foit négative ; & voyons quelle en fera la confé-quence par rapport au corps métallique AB, dans le cas qui fe préfente usuellement.
- § 58. Nous avons déjà vu (§ ao & § 21), que la denjité de toute atmofpherc électrique décroît en raifon inverfe de la diftance du corps élec-trifé. Par confcquent il y aura, autour de la partie la plus proche ou de l’extrémité A du corps A B, un plus grand nombre de particules de l’at-mofphere en moins ou négative du grand con-duéicur P C, qu’il n’y en aura autour de fa partie la plus éloignée B, même en fuppofant que l’extrémité B foit confidérablement enfoncée dans la partie feniible de l’atmofphere électrique du grand conducteur P C.
- § 59. Conféquemment en partant de la nature même d’un équilibre électrique , une certaine portion de la quantité naturelle du fluide élcétrique contenu dans la partie ou l’extrémité la plus éloignée S du corps AB , doit néceflairement fe précipiter vers la partie ou l’extrémité la plus proche A , & s’éfforccr d’en fortir, en cherchant à fuppléer à la portion dé-fedueufe des particules d’air éleétrifées en moins qui conftitucnt l’atmofphere éleétrique du grand conduétcur PC , dans lequel l’extrémité la plus chc A fe trouve enfoncée.
- § 60. Cette portion de fluide élcétrique du corps AB, qui, comme je viens de le dire, tend néceffaircment à en fortir par l’extrémité A , ne pourra donc point s’écarter du corps ifolé AB„ parce que le dégré de réjiftance qu’elle trouvera B ij
- p.19 - vue 24/262
-
-
-
- ao Principe s
- à la furface de ce corps, l’en empêchera ; F air fec qui l’entoure étant un non-conducleur d’E-leélvicité.
- § 6x. Le fluide élcétriquc déplacé fc portant de l’extrémité la plus éloignée B, vers l’extrémité la plus proche A , rendra par con-féquent pojitive l’extrémité A qui étoit auparavant dans l'on état naturel.
- § 6a. Il en réfulte que l’extrémité la plus éloignée B, qui de. même étoit non - éleclrifée avant que le mouvement du fluide éleétrique liir la furface du corps A B eût eu lieu, fera nécef-faircment dans un état négatif, puifqu’une partie de la portion naturelle du fluide électrique a été déplacée en lé portant vers Vautre extrémité^.
- § 63. Il y aura de plus entre l’extrémité A , & l’extrémité B du corps AB, une certaine pointe D, où ces deux Electricités contraires des deux différentes extrémités A & B fc rencontreront & où par conféquent le corps AB, ni pojitivement ni négativement électrifé , fera dans fon état naturel.
- § 64. Après avoir expliqué ce qui doit arriver quand l’atmofphere électrique du grand con-duéicur elt négative, examinons quels feront les changemens qui auront lieu dans le fluide électrique du corps A B, en fuppofant que l’at*î mofphere élcétrique du grand conducteur l'oit pojitive.
- § 65. H réfulte de ce que j’ai dit ( § 20 & 21,) que la partie ou l’extrémité la plus proche A du corps A B aura autour d’elle une plus grande abondance des particules de l’atmofphere en plus
- p.20 - vue 25/262
-
-
-
- de l’Electricité. 21
- du grand conducteur PC, que l’extrémité la plus éloignée A du mémo corps A B.
- § 66. En parta.it de la nature môme d’un équilibre électrique, il cft donc évident qu’une certaine portion de la quantité naturelle du fluide électrique contenu dans la partie ou l’extrémité la plus proche A doit néceffairement fe déplacer en s’approchant vers l’extrémité la plus éloignée B, parce que le fluide élaflico-électrique qui le trouve dans l’atmofphere élcCtrique du grand conducteur, & qui fe place autour de l’extrémité la plus proche A , c nia preffant, & en cherchant à la pénétrer, tend auffi à écarter cette partie de la force elaftico-électrique qui s’op-pol'e à fon action.
- § 6f. C’cft-à-dire, qu’il doit tendre à repouffer vers l’extrémité la plus éloignée B du corps ifolé AB, une partie de la quantité naturelle du fluide électrique contenu dans la partie la plus proche A , puii'que la force élaflico - électrique , qui s’oppol'e à la furface du corps métallique AB, provient immédiatement de la portion naturelle du fluide éleclrique y contenu.
- § 68. Or, cette portion du fluide électrique du corps A B, laquelle, comme je viens de le dire , cft repouffée de l’extrémité la plus proche A vers l’extrémité la plus éloignée B,ne pourra donc point abandonner le corps ifolé AB parce qu’elle rencontrera un dégré confidérable de réjïftance à la furface de ce corps , vu que l’air fec, qui l’entoure , eft un non-conducteur d’Eleétricité.
- ’ § 69. Ce fluide éleétrique, repouffé de l’extrémité la plus proche A vers l’extrémité la
- p.21 - vue 26/262
-
-
-
- ai Principes
- plus éloignée B , rendra par conféquent pofitive l’extrémité B-, qui étoit auparavant dans l'on état naturel.
- § 70. L’extrémité la plus proche A, pareillement non-éleclrifée avant que le mouvement du fluide élcCtrique fur la furfacc du corps A B ait eu lieu , fe trouvera donc évidemment dans un état négatif, puifqu’unc partie de fa portion naturelle du fluide électrique a été repouffée vers Vautre extrémité B.
- §71. Il y aura de plus , entre l’extrémité A & l’extrémité B du corps A B, une certaine pointe D où ces deux Electricités contraires des deux extrémités différentes A & B , fe rencontreront comme dans le cas précédent. & où par conféquent le corps A B ni pofitivement ni négativement éleCtrifé fera de même dans fon état naturel.
- § 11. Si donc un fécond corps quelconque , bon conducteur électrique, & ayant toutes fes parties tellement difpolées , de la maniéré ci-devant expliquée, qu’il ne puiflerienperdre du fluide éleétrique , ni en acquérir davantage, cft enfoncé dans l’atmofphere élcCtrifé en plus ou en moins d’un corps chargé, il fuit dc-là que c’eft une règle générale :
- i°. Que la partie ou l’extrémité la plus proche de ce fécond corps, fera éleCtrifée d’une EleCtricité contraire à celle du premier corps qui produit l’atmofphere électrique.
- i°. Que la partie ou l’extrémité la plus éloignée du fécond corps fera éleCtrifée d’une Electricité de la même efpece que celle du premier corps.
- p.22 - vue 27/262
-
-
-
- del'Electricité.
- 3°. Qu’il fc trouvera entre les deux extrémités oppofées du fécond corps une certaine pointe où il n’y aura, ni Electricité en plus , ni Elcctri-
- §. 73. Ainli le fécond corps fera tout à la fois en trois états oppofés ; c’efi-à-dire , que dans le même inftant il fera pofitivement éleétrifé, négativement éleélrifé & non éleclrifé dans fes différentes parties.
- § 74. Si quelqu’un doute de la vérité de ce fait, les expériences fuivantes ne tarderont pas à l’en convaincre.
- SECONDE PARTIE.
- § 76. Pour. répandre plus de lumière fur les principes, & pour ne pas tomber dans des répétitions fatiguantes, je préfenterai déformais le grand conducteur, comme toujours éleélrifé en
- Un Lecteur attentif, qui voudra le confidérer comme négativement éleétrifé , changera facilement la première de ces deux expreffions.
- EXPÉRIENCE V.
- § 76. Je me fuis fervi dans les expériences fuivantes pour mon grand conduéteur d’un tuyau à feuilles d’étain de fixpieds de longjk d’un pied
- p.23 - vue 28/262
-
-
-
- Principes
- 24
- de diamètre. A fon extrémité, il portoit un col de cuivre de quatre pouces & demi de long, & de trois quarts de pouce de diamètre. A l’extrémité de ce col étoit attachée une boule de cuivre de quatre pouces & demi de diamètre. La diftance explofive de ce grand condudteur lur une autre boule de cuivre poli de quatre pouces de diamètre, communiquant avec la terre par une libéré de métal, intermédiaire & convenable, varia , félon le tems, depuis ftti/rçe jufqu’à dix-huit pouces un quart (a).
- Fig. g- % 77- -l’ai placé enluite un conducteur de cuivre cylindrique AB, parfaitement iiolé, de façon qu’une de fes ..extrémités étoit dirigée en ligne droite vers le grand conducteur P C (h).
- Ce corps A B avec les demi - fpheres à les deux extrémités avoit de longueur trois pieds quatre pouces ,& de diamètre environ trois pouces trois quarts.
- § 78. La diftance du grand conducteur P C à l’extrémité la plus proche A du corps métallique A B varia très-fouvent, comme nous le remarquerons ci-après. Mais elle étoit prefque toujours d’environ trois pieds.
- § ^9. Pendant que le grand conducteur fc chargeoit ,j’en ai approché une petite boule de liège , fufpendue par un fil de lin très-fin : elle fut fortement attirée de la maniéré préfentée à
- (a) Cet infiniment a été fait par M. Edouard Nairne, Membre de la Société Royale de Londres.
- (b) Le grand conducteur n’étoic pas toujours exactement placé, relativement au corps A B, dans la fituation préfen-tée/ig. p.
- p.24 - vue 29/262
-
-
-
- del'Electricité. 25
- E, vers le grand conducteur alors pofitive-ment chargé.
- EXPÉRIENCE VL
- § 80. T^nsuitb ayant approché ce fimple Elec-trometre vers l’extrémité la plus proche A du corps métallique AB, il fut fortement repoujfé de la maniéré prélentéc à F : ce qui démontre que l’extrémité la plus proche A du corps A B étoit chargée d’une Electricité contraire à celle du grand conducteur P C, c’eft-à-dirc, que dans ce cas l’extrémité A étoit Clectrifée en moins.
- EXPÉRIENCE VIL
- § 81. approchant l’Elcétrometrc vers l’extrémité la plus éloignée B du corps A B, il fut, comme on le voit, attiré vers H: ce qui démontre que l’extrémité la plus éloignée B du corps A B étoit chargée d’une Electricité de la même efpece que celle du grand conducteur P C : c’eft-à-dire , que dans ce cas l’extrémité B étoit électrifée en plus.
- EXPÉRIENCE VIII.
- § 82. Penoant que je faifois avancer l’Elec-trometre par degrés, le long du corps AB, depuis l’extrémité A de laquelle il avoit été repoujfé vers l’extrémité B où il étoit attiré ,
- p.25 - vue 30/262
-
-
-
- Principes
- û6
- la répulfion décroiffoit suffi par dégrès, en avançant l’inftrument de cette extrémité la plus proche A, jufqu’à un certain point D auquel la boule éleétrométriquc prélèntée à G commencent à balancer entre les deux extrémités A & B , fans être ni repoujfée , ni attirée par le corps métallique A B.
- Cet effet étoit plus fenfible encore quand je prél'entois la boule éledtrométrique à côté du corps A B, à une moyenne diftance.
- § 83. Ce corps étoit coni'équemment dans fon état naturel au point D : c’eft-à-dire , qu’il ne contenoit dans cet endroit ni en plus ni en moins que fa portion naturelle d’Eledtricité.
- EXPÉRIENCE IX.
- S 84. Dès que l’Eledtrometre , avancé le long du corps AB, fctrouvoit plus près encore de l’extrémité la plus éloignée B , la boule électrométrique étoit attirée par le corps A B lors qu’elle avoit pafféc le point D. Cette attradtion continuoit à croître à mefure que l’Eledtrome-tre fe rapprochoit vers l’extrémité B la plus éloignée du grand conducteur.
- § 85. Les perfonnes à qui l’Eleétricité n’eft pas familière, pourront fc convaincre des vérités précédentes , par l’examen des expériences de même nature que j’ai réitérées, & dont je vais rendre compte.
- p.26 - vue 31/262
-
-
-
- a7
- v s l'Electricité.
- EXPÉRIENCE X.
- § 86. J’ai pris une paire de boules de liege fufpenducs parallèlement par deux fils de lin très-lins, & j’ai placé PElecfrometre â une certaine difiance du grand conducteur P C ( comme on le voitàK), mais entièrement hors de la partie ienliblc de l’atmofphere du corps A B. Ces deux boules commencèrent alors à s’écarter un peu l’une de l’autre.
- § 87. Enfuite j’ai approché vers le côté inférieur de ces boules un bâton de cire à cacheter , que j’avois excité par le frottement d’un morceau de drap : cette forte excitation du bâton de cire a produit quelque diminution dans la divergence (a), parce que l’Electricité négative
- (a) Il y a deux chofes principales à remarquer dans l’eflaî de cette expérience & des deux fuivantes : fçavoir, l’excitation du bâton de cire, qui doit être forte, & l’attention de ne pas approcher les boules éleétrométriques trop pris du corps éleétrifé dont on veut examiner la qualité éleitrique.
- Car s’il arrive ( par trop de foiblejji de l’Eleétricité du bâton de cire, ou par une trop grande proximité de l'Eleétrometre du corps chargé, dans le cas où l’Eleétricité de ce corps fe-roit bien forte ) que la force de l’atmofphere électrique du corps chargé, & la force de l’atmofphere électrique du bâton de cire foit très-différente, refpeétivement à la pofltion des boules électrométriques ; alors l’approximation de ce bâton de cire du côté inférieur des boules en augmentera dans tous les cas poflibles la divergence, au lieu de les faire diverger quel-
- Ïuefois plus & quelquefois moins félon que le corps chargé :ra négativement ou pojitivement éleétrifée.
- La raifon en eftque, quand l’Eleétricité du bâton de cire eft tres-foible comparativement à l’Eleétricité communiquée par le corps chargé, ce bâton de cire agira en apparence, comme s’il n’étoit point du tout éleârifé. On en doit conclure qu’en l’approchant du côté inférieur des boules éleéttomé-
- p.27 - vue 32/262
-
-
-
- Principes
- 28
- d'un bâton de cire, excitée de cette manière , tendra toujours, comme on le fait, à contrecarrer & à détruire l'Electricité pojitive d’un grand conduétcur éleétrifé en plus.
- EXPÉRIENCE XI.
- $ 88. J’ai placé enfuitc l’Eleétr omette à une moyenne diftance de l’extrémité la plus proche A du corps métallique ifolé A B ( comme on le voit à L ) , & les boules divergeoient en conl'é-qucnce.
- § 89. Alors j’ai approché de leur côté inférieur le bâton de cire excité : leur divergence u été plus grande encore.
- § 90. Une preuve certaine que l’extrémité A du corps A B la plus proche du grand con-duétcur PC éleétrii’é en plus, l’étoit en même tems de l’cfpece d’Eleélricité fcmblable à celle du bâton de cire, c’cft que l’Electricité de ce bâton de cire avoit coopéré avec l’Eleétricité
- uriques, il en augmentera la divergence ( comme tout autre
- corps non-condudeur & non-clcdrifé ) en les repouffant, fi elles font fortement éleétrifées, foit qu’elles divergeoient originairement par une répulfion négative ou pofitive.
- Cela vient de ce principe, que fi un corps quelconque non-eendudeur & non-éledrifé eit à la fois bien fec & plongé dans une atmofphere fortement éleétrifée en plue ou en moins , il ne fera PaS caPaklc d’emporter l’Eleétricité de cette atmofphere électrique.
- Coniéquemment, par le principe ci-devant pofé (§ 2ï ,) le corps chargé produilant cette atmofphere éleétrique, & le corps non-condudeur y plongé doivent nécelfairemem dans ces curconitances tendre à s’écarter l’un de l’autre.
- p.28 - vue 33/262
-
-
-
- VS L'ElsCTIUCITÉ. 29
- de l’extrémité la plus proche A du corps if £% enfaifant diverger les boules élcclrométriqucst ce qui démontre que l’extrémité la plus proche A du corps A B étoit négative.
- EXPÉRIENCE XIL
- § 91. J’ai placé enfuite l’Eleétrometre à une moyenne diftance de l’extrémité la plus éloignée B, du corps métallique ifolé A B, comme oa le voit à M: les boules divergeoient en conlé-quence.
- § 9a. Alors j’ai approché de leur côté inférieur le bâton de cire excité : elles ont été forcées à diminuer leur divergence en fe rapprochant.
- § 93. Cela prouve que l’extrémité B du corps AB la plus éloignée du grand conduéteur électriie en plus, étoit électrifé d’une Electricité contraire à celle du bâton de cire ( a).
- § 94. C’eft-à-dire, que l’extrémité la plus éloignée B du corps AB étoit électrifce en plus, comme le grand conducteur P C ; quoique l'autre extrémité A de ce même corps A B , qui étoir la plus proche de ce grand conducteur P C, po-fitivement éleétril'é, fût, ainfi que nous venons de le voir, chargée d’une Electricité négative. L’évidence de tous ces principes ne fauroit être plus parfaite.
- MÏÏ
- Twui,
- p.29 - vue 34/262
-
-
-
- N C I P E S
- TROISIEME PARTIE.
- 5 95- J’indiquerai dans les pages fui-v antes le moyen de déterminer avec une préci-fion mathématique le rapport qui fe trouve entre la quantité du fluide électrique de l’atmofphere électrique d’un corps chargé quelconque, fur-ajoutéc à un conducteur ifolé de toute forme ,
- 6 l’Electricité en plus, ou en moins des parties de ce corps ifolé éleclrifées en contraire. Par là je prouverai que le point neutre ou non-élec-trijè de ce corps , doit toujours je rencontrer exactement dans le plan qui divife en deux portions égales la quantité entière de l’EleCtricité fur-ajoutéc.
- Les conféquencesréfultantes de ces faits, font d’une très-grande importance, ainli que ce qui fuit va rendre plus fcnfiblc.
- EXPÉRIENCE XIII.
- Fig. g. § 96. (Jua n d le corps ifolé A B , dé-figné § 11 &Jeqf, fut dans ce triple état d’Elcc-tricité, expliqué § y2 & 73 ; c’eft-à-dire , lorf-qu’il eut une de fes extrémités en plus , l’autre en moins, & une partie intermédiaire non-élec-tri fée, j’ai totalement déchargé le grand conducteur de fon Eleélricité , après avoir préalablement arrêté la roue & le cylindre , afin d’empêcher qu’il ne pût enfuite fournir au grand conducteur aucun renfort d’ElcCtricitc.
- p.30 - vue 35/262
-
-
-
- D S x’ El E C T R I C IV É. 3Î
- Alors en examinant ce corps A B, je l'ai trouvé dans l’on état naturel, c’cft-à-dire par tout non-éleclrifé.
- EXPÉRIENCE XIV.
- § 97. Quand au lieu de décharger le grand conducteur PC, de fon Electricité , je faifoit fortir le corps AB dans fon état ifolé de L’atmosphère éleclrique du grand conducteur, ce corps reprenoit toujours fon état naturel, c’cft-à-dire , que toujours il étoit par tout non-éleclrifé.
- § 98. La raifon pour laquelle ce corps métallique AB reprenoit fon état naturel eft évidente. Car auffi-tôt que l’atmojphere éleclrique du grand conducteur P C, étoit ôtée , ou par la décharge de l’Electricité du grand conducteur, ou par le déplacement du corps AB ; le fluide éleclrique, repouffé , comme nous l’avons déjà dit, hors d’une extrémité A du corps AB-, pour fe porter vers l’autre extrémité P (par la pref-Jion élaftico-éleclrique de cette atmofphere électrique l'ur-ajoutéc au corps AB) , retournait de cette extrémité B vers l’extrémité A : parce que la caule élaftique qui avoit dérangé fon équilibre naturel étoit alors écartée.
- § 99. Ces expériences démontrent que ce corps ifolé AB n’avoit ni perdu ni acquis d’Elec-tricité, tant qu’il avoit été plongé dans Vatmofl phere éleclrique du grand conducteur PC; mais feulement qu’il avoit été éleclrifé par le Jimplg dérangement de la matière éleCtriquc y contenu , quandfes extrémités ont paru avoir été ii forte» ment affeétées de deux Electricités contraires.
- p.31 - vue 36/262
-
-
-
- Principes
- S*
- § 100. Il fuit de-là très-clairement que la quantité d’Eleétricité en moins contenue dans la partie AD du corps ADB , la quelle lé trouva entre l’extrémité la plus proche A, Sx le point neutre D , (auquel pointD le corps ADB étoit dans fon état naturel, comme nous l’avons expliqué § 63,71,71,82,83 ) cette quantité en moins doit avoir été exactement égale à la quantité d'Eleétricité en plus, contenue clans l’autre partie D B, qui ié trouva entre le même point neutre D, & l’extrémité la plus éloignée B du corps métallique ilolc AB.
- § 101. Concluons que , quelle que puifle être la loi lêlon laquelle la denfité de l'Electricité d’une atnioi'phcre électrique décroît ; quelle que foit la quantité ( a ) du fluide électrique ( d’une atmofphere électrique quelconque ) fur-ajoutée à un conducteur il’olé quelconque que j’appellerai pour le diftinguer AB; quelle qu’en l'oit la forme, ou quelle que puifle être la pofition
- (a) Par quantité du fluide éleürique fur-ajoutée à un corps
- donné, ou à quelques unes de fes parties données , j’entends
- la quantité totale en plus , ou la quantité totale d'Ëleilncité en moins contenue particulièrement dans cette partie de l’atmofphere éleétrique fur-ajoutée à la furface entière du corps donné, ou de fes parties refpeétivemcnt données, parce que ce n’eft pas une partie de la pdttion naturelle d'Ele3ricité contenues dans l’at-mofphere électrique fur-ajoutée, mais'feulement l’ÈleUftàti pojitivc ou négative y contenue, qui peut tendre à agir delà maniéré ci-devant expliquée, fur un conducteur ifolé, & non-éleârifé, qui fe trouve plongé dans cette atmofphere eleCtrique.
- Quand je> parle de la denfité de l’Eleâricité d’un corps élec-trifé, ou d’une atmofphere éleétrique, j’entends de même auÜi la denfité de l’Eleâricité en plus ou en moins contenue dans un tel corps ou dans une telle atmofphere.
- p.32 - vue 37/262
-
-
-
- »* l’ Electricité. 33 pofition de ce conducteur ifolc A B plongé dans Fatmofphcre électrique ( pourvu que cette forme ou pofition ne foit pas capable de caufcr dans ce corps à triple état Electrique de la perte ou du gain du côté de fa portion naturelle d’EleCtricité ) ; & enfin quel que foit l’état de Vatmofphere électrique dans laquelle le conducteur ifolé AB fe trouve plongé, il fera toujours univcrfelleraent vrai par la nature même du fluide éleCtrique :
- i°. Que la force ou la puijfance de l’EleCtri-cité en moins contenue dans la portion négative du corps A B, fera égale à la denfité moyenne de cette Electricité en moins, multipliée par fa hauteur & par fa bafe.
- i°. Que la force ou la puijfance de l’Electricité en plus contenue dans la portion pofitive du corps A B, fera toujours égale à la denfité moyenne de cette EleCtricité en plus multipliée par fa hauteur & par fa bafe.
- § 102. Nous avons vu § 99 & § 100, qu’un .corps tel que A B chargé en triple état Electrique devient électrifié par le feul dérangement de la matière électrique qu’il contient en lui-même , & que par conféquent, la quantité d’E-leCiricité en moins contenue dans la portion négative eft exactement égale à la quantité d’EleCtricité en plus contenue dans la portion pofitive : ou , autrement dit, que la denfité moyenne de la dite Electricité en moins, multipliée par fa hauteur (a) , eft exactement égale à la den-
- (<9 On conçoit que la hauteur de la dite Electricité en maint
- c
- p.33 - vue 38/262
-
-
-
- PninciP*s
- Jlté moyenne de la dite Electricité en plus, multipliée de môme par fa hauteur.
- Mais la bafe de la dite Electricité en moins , & la bafe de la dite EleCtricité en plus eft commune à tontes les deux ; cette bafe étant la ligne où ces deux Electricités contraires du corps AB, fe rencontrent & s’unijfent fur la furface du corps AB.
- Conféquemment, la force ou la puijfance de l’Electricité en moins contenue dans la portion négative du corps A B, doit être félon les principes pofes § ioi, parfaitement égale à \aforce ou puijfance de l’Electricité en plus contenue dans la portion pofitive de ce même corps A B.
- § 103. Puifque c’eft le fluide élaftico-éleclri-que fur-ajouté au dit corps AB, qui caufe le dérangement du fluide électrique de ce corps AB, en dedans du corps lui-même : il eft donc clair , fi nous fuppofons que la quantité totale du fluide électrique, fur - ajoutée à la furface entière du corps A B, foit exactement divilee par un plan perpendiculaire à la ligne droite, joignant le corps ifolé A B avec le corps chargé producteur de l’atmofphcre éleCtrique fur-ajoutée en deux portions égales que j’appellerai a & b , qu’il en réfultera :
- eft en même-tems la longueur de la dire p que la hauteur de lr J:-- T"-a- - ' ’
- gueur de la dite pc ____.
- moyenne de la dite EleCtricité en moins, doit être exactement a W denfité .noyenne de la dite Elearicité en plus , en raifonin-verje de la longueur de la portion négative à la longueur de la
- p.34 - vue 39/262
-
-
-
- de l*Electricité. 53
- t°. Que la denfité moyenne de l'Electricité fur-ajoutée à la portion a du corps AB, fera à la denfité moyenne de l’Eleétricité fur-ajoutée à la furface entière du corps A B, dans la même
- raifon que ta longueur de A 4- la longueur de b eft à la
- longueur de a. *
- 20. Que la denfité moyenne de l’Eledtricité fur-ajoutée à la portion b fera à la denfité moyenne de l’Electricité fur-ajoutée à la furface entière ducorps A B, dans la même raijon que la longueur de a + la longueur de b eft à la longueur de b. a
- § 104. Il réfulte, par conféquent , de ces principes & de la nature même d’un équilibre électrique dérangé dans un corps chargé en triple état Electrique ci-devant expliqué:
- i°. Que la denfité moyenne de l’EleCtri-cité fur-ajoutée à la furface entière du corps A B, multipliée par la différence entre la longueur de a -j- à la longueur de b , &la longueur de
- a , doit être exactement égale à la quantité en moins ou en plus de l’Eledtricité contenue dans la portion a,
- 2°. Que la denfité moyenne de l’Eleétricité fur-ajoutée à la furface entière du corps AB multipliée par la différence entre ta longueur de a -4- la longueur de b
- & cette même longueur de b, doit être exactement égale à la quantité en plus ou en moins de l’Electricité contenue dans la portion b.
- § 105. Mais la différence entre la
- langueur de a+ la langueur de b & la longueur de rf ,
- eft abfolument & évidemment égale à la diffi • C ij
- p.35 - vue 40/262
-
-
-
- Principes
- «6
- rence entre fa longueur<u a+ la longueur ^b, & cette môme longueur de b. *
- Et d’après les principes pofés § 104, la denfiti moyenne de l’Eleétricité fur-ajoutée à la furface entière du corps AB ed le facteur commun de ces deux quantités égales.
- Il eft donc encore évident que l’Eleétricité en moins ou en plus contenue dans la portion a du corps A B, doit être, fuivant le premier axiome d’Euclide, parfaitement égale à l’Electricité en plus ou en moins contenue dans l’autre portion b.
- C’eft-à-dire, pour m’expliquer plus clairement, que le plan qui divife en deux portions égales la quantité totale du fluide électrique fur-ajoutée à la furface entière du dit corps A B divifera aufli l’Eleétricité contenue dans ce corps même AB , de telle manière que l’Electricité en moins ou en plus fera d’un côté de ce plan divifeur exaélement égale à l’Eleétricité en plus ou en moins de l’autre côté du môme plan.
- § 106. Mais j’ai démontré § 100 , que c’eft encore une des propriétés du point neutre ou non-éledrifé de diviler l’Eleétricité contenue dans le corps AB, de telle maniéré que l’Eleétri-cité en moins ou en plus d’un côté du point neutre foit exaétement égale à l’Electricité en plus ou en moins de Vautre côté de ce même point.
- § 107 Par conféquent le plan, qui ( tiré de la maniéré ci-devant expliquée § 103 ) di-viferoit en deux parties égales la quantité totale du fluide éleétrique lur-ajoutée à la furface en-
- p.36 - vue 41/262
-
-
-
- db l’Elbctricitû. 57
- titre d’un conduétcur quelconque ifolc A B ,6e plongé dans une atmoi'phere éleétrique , coin-cidtroit nécclTairement avec le point neutre ou non-éleclrifé , où les deux Electricités contraires de ce corps AB fe rencontrent & s’entre-détruifent mutuellement.
- C’eft-it-dire , qu’il doit exactement coïncider avec ce point par lequel un plan (tiré perpendiculairement il cette ligne droite qui joindroit le corps chargé producteur de l’atxnofphere électrique , & le conduéteur ifolé AB y plongé) diviferoit ce corps A B plongé dans l’atmof-phere électrique , en deux certaines parties de telle façon qu’une des deux ne contiendroit que l’Electricité négative , & l’autre lapofitive ; pourvu cependant que le corps AB foit élcétrifé de la maniéré ci-devant expliquée § 99 , par le feul dérangement du fluide éleétrique qu’il contient naturellement en lui-même.
- QUATRIEME PARTIE-
- § 108. es principes établis dans la fcétion précédente démontrent, que pour déterminer dans tous les cas, la pojition du point neutre ou non-éleclrifé dans un conducteur ifolé quelconque , comme A B, ( lequel corps A B plongé dans l’atmofphcre éleétrique d’un corps quelconque , comme PC, devient électrifé par le dérangement de Ja propre Electricité, de la maniéré
- p.37 - vue 42/262
-
-
-
- j>8 Principes
- expliquée § 99 ) il fera feulement néceffairc de déterminer la pofition du plan qui, tiré de la façon défignéc § 103, diviferoit en deux parties égales la quantité totale du fluide électrique ( de l’atmofphere électrique du corps chargé PC) fur-ajoutée à la furface entière dudit conducteur ifolé A B.
- § 109. Il eft clair à préfent que la pofition de ce plan , qui tiré de la maniéré expliquée § 103 , diviferoit en deux parties égales la quantité totale du fluide électrique (de l’atmofphere électrique du corps chargé PC) fur-ajoutée à la furface entière d’un conducteur ilolé quelconque donné, comme AB, dépendra néccflai-rcment de la forme du corps plongé dans l’atmofphere éleCtrique , & de la loi félon laquelle la denfité de l'Electricité des atmofphercs électriques décroît.
- § 110. Suppofons premièrement que la denfité de l’Electricité foit dans la fimple raifon in-verfe de la difiance du corps chargé P C qui F‘E- 9- produit cette atmofphere éleCtrique , l’autre corps AB y plongé, ayant, par exemple, une forme ( a ) cylindrique, & une extrémité A directement dirigée vers le corps chargé P C.
- § ni. C’eft maintenant une propriété bien connue de toute hyperbole conique, que toute ligne A N tirée parallèlement à une afymptote f'E-T°- C O, entre.la courbe & l’autre afymptote, CB fera exactement (à toute autre ligne D R,ST;
- (a) On ne doit Amplement confidérer ici que la partie K>«ri>e de la furface du dit cylindre.
- p.38 - vue 43/262
-
-
-
- ou B Q, &c. pareillement décrite ) dans la fi/nple raifon inverfe de leurs diftances refpeclives (AC,CD; ou AC,CS; ou AC, CB,6ic.) du centre C de l’hyperbole.
- § 1X 2. Par conféquent, félon la loi fuppofée § no, la quantité d'Eleclricité ( de l’atmofphere électrique du corps chargé PC) fur-ajoutée à la furface courbe du corps iiolé cylindrique A B aux diftances défignées CA, CD, CS, CB,
- &c. du corps chargé PC,fera parfaitement pro-portionellc aux ordonnées refpeclives AN, DR,
- ST, B Q, &c. de toute hyperbole équilatérale Fis. I0. N R Q, dont une des afymptotcs COeft une tangente à C, au corps chargé C P.
- § 113. Selon la loi fuppofée, § 110 , k Fig. g. quantité totale d’Eleclricité (de l’atmofphere électrique du corps chargé PC) fur - ajoutée à la partie courbe de la furface du corps ifolé cylindrique A B, fera donc exactement repréfentée par l’aire de l’efpace hyperbolique ANQB ,fig.
- 10, terminé par la courbe NK Q, l’aiympto-te C B, & les deux ordonnées AN &t B Q, qui font refpeélivement des tangentes au corps A B, fig. 9. à fes extrémités Ait B.
- § X14. Pour déterminer la pofition du point neutre ou non-électrifé dans la figure 9 , il fuf-hra maintenant ( d’après ce qui a été dit § 108 &
- § 113 ) de trouver le point D fur l’afymptote CB, dans la figure 10, au travers de laquelle une ligne droite D R, tirée parallèlement à l’autre al'ymptote CO, diviferoit l’aire hyperbolique ANQR, en deux parties égales telles que A N R D &t D R QB : fuppofé que la dm-
- p.39 - vue 44/262
-
-
-
- 4o Principes
- Jïté de l’EleSricité ( de l’atmofphere éle&riquc ) fiir-ajoutèe au corps A B, l'oit dans la fimple raifort inverfe de la diftance du corps chargé P C.
- § 1x5. La divifion de l’aire hyperbolique Fig.io.AN QB, en deux portions égales le fait de la maniéré fuivantc :
- Prenez DR pour proportionnelle moyenne géométrique entre les deux ordonnées AN & B Q : c’eft-à-dire, prenez tellement le point D , que A N foit à D R, comme RD à B Q ; ou , ce qui par la nature de l’hyperbole eft la même chofe, prenez les abfcijfes B C, à CD , comme D C à CA.
- Au travers de ce point C, parallèlement à l’afymptote CO, tirez D R, qui doit rencontrer la courbe eu R : alors l’aire hyperbolique ANQB, fera divifée en deux portions égales ANRD, & DRQB, comme on l’a demandé.
- Vémonjlration.
- § 116. Si l’on doute de l’égalité de deux aires hyperboliques ANRD , & DRQB : qu’on fup-pofe que DRQB foit la plus petite de deux, & que le polygone DRLTQB foit égale à l’aire hyperbolique ANRD.
- § ixy. Au travers fes pointes X & T, tirez les ordonnées LM, & T S, tellement qu’elles rencontrent l’afymptote CB, en M&tS.
- Prenez A E, à DM; &PJ, à MS; coin me D C à C B ; ou , ce qui par la conftruélion § 115 * eft la même chofe , comme AC à CD.
- § 118. Il eft évident que : D C—C A ( i. e.
- p.40 - vue 45/262
-
-
-
- AD) : BC—CD{i.e.D B) :: AC : CD.
- Il ne l’eft pas moins que : AE-'r-EI ( i. e. AI) :DM -+- MS{i. e. D S) îiAC: CD.
- Donc : DA—AI ( i. e. DI) : BD—D S (i. e. B S) : : A C : CD.
- § 1x9. Au travers les pointes E & I, tirez les ordonnées EK, & IH, qui doivent rencontrer la courbe en K Su H.
- Au travers les pointes K & L, tirez les lignes droites KG & LF, parallèles à l’afymptote B C : joignez enfemble les pointes N, K ; K ,H\ & H, R.
- § 120. Par la conftruttion § 117,MD: EA :: D C : C A.
- Conl’équerament : MD -h D C (i. e. M C) : EA -\-AC(i.e. CE):: D C : CA.
- Donc, par la nature de l’hyperbole, EK : ML:: (MC:CE, Le. :: DC : CA i.e.::) DM-.AE.
- Donc enfin , le rcclangle A G K E eft “ au rectangle DFLM.
- § iai. Ainfi , puifque EK : ML. (: : DC : CA, i. e. par la nature de l’hyperbole ):: AN: D R.
- Ilréiulte que, RD : N A ( : : M L : K E, i. e.) : : D F: A G : : A C : CD.
- Donc, R D—D F ( i. e.RF) : NA—AG <i.e.NG)::AC: CD.
- § 122. Mais par la conftru&ion § njt, C E A ou) KG: {MD ou) LF:: AC: CD.
- Donc , KG: LF:: FR: GN. A Donc, KGY.GN—LFX.FR, & -C’eft - à - dire , que le triangle KGN eft _« au triangle LFR,
- ' KG+GN—IF+FR
- p.41 - vue 46/262
-
-
-
- 4*
- Principes
- § 123. Mais il a été prouvé § 120, que le rcétanglc AGKE zz re&anglc DF LM. Donc , le quadrilatère A NK E~ quadrilatère DRLM.
- § 124. On peut démontrer de même que le quadrilatère EKHI eft au quadrilatère METS; & que le quadrilatère IHRD eft — au quadrilatère STQB.
- § 125. Donc, le polygone entierANKHRD eft zi au polygone entier DRLTQB.
- Mais le polygone DRLTQB, eft par l’hypo-thefe § 116 , zi à l’aire hyperbolique ANRD.
- Donc par le premier axiome d’Euclide , le polygone ANKHRD eft à Y aire hyperbolique ANRD : ce qui eft évidemment abfurde.
- Conféquemment l’aire hyperbolique DRQB n’cft pas plus petite que l’aire hyperbolique
- ANRD.
- § 126. C’eft encore de la même maniéré qu’on peut démontrer que l’aire hyperbolique ANRD n’eft pas plus petite que l’aire hyperbolique DRQB.
- Conféquemment, les deux aires hyperboliques ANRD , & DRQB , font égales l’une à l’autre :
- C’eft-à-dire, que l'ordonnée DR, tirée au travers de la pointe D, divife Taire hyperbolique AN QB en deux parties égales Q:‘ E.‘ Dm-
- § 127. Il réfulte donc évidemment de ce qui a été dit § x 14 & § 115 que, fi la denjité de TE-leclricité des atmofpheres éleftriqucs eft en rai-fin inverfefimple de la diftance , le point neutre ou inéleâriféD, fig. 9. ( auquel point tout corps
- p.42 - vue 47/262
-
-
-
- s l’ Electricité.
- cylindrique ( a ) de métal A B ifolé, en triple état éle&rique , &c plongé dans une atmofphere élc&rique , doit être dans fon état naturel) fera toujours déterminé en prenant la ligne CD une proportionnelle moyenne géométrique entre les lignes AC & CB ; lefquellcs reprélentent rcfpeétivement la diftance du corps chargé P C (produfteur de l’atmofpherc eleftrique) des deux extrémités A & B du corps A B-
- § 128. NB. Qu’il eft évident que la déter- Fip.ia mination du point B ne dépend point du tout de la grandeur abfolue de l’hyperbole N R Q, ou n r q, mais feulement de la rai fon ou proportion entre certaines ordonnées hyperboliques ,
- & de la raifon entre les abfcijfes correfpon*
- De manière que la pofition des points C,A^D & B fur l’afymptote C B fera exaftement la même, foit qu’on employé l’hyperbole N R Q , ou une hyperbole nrq de toute autre gran~ deur quelconque.
- {a) NB. Qu’on ne confidereici que la partie courbe de la furface du dtf cylindre.
- p.43 - vue 48/262
-
-
-
- 44
- PRINCIPSS
- CINQUIEME PARTIE.
- S I29- N ou s entreprendrons maintenant de démontrer de quelle maniéré on pourroit déterminer le point neutre ou inéleSrifé, fi la denfité de l’Eleclricité d'une atmofphcre éledtrique étoit fuppofée être non en raifon inverfe de la Jîmple difiance, comme dans la derniere hypothele, mais en raifon inverfe du quarré de difiance du corps chargé P C, producteur de l’atmofphere éledlriquc.
- § 130. Maintenant c’cftunc propriété connue de tout folide infini aigu hyperbolique , tel que nN Tig.u.g^ ^ formé par la révolution d’un efpace hyperbolique conique AN Z W, autour d’une afymptote CP, comme axe ; ) que l’aire de toute feclion circulaire perpendiculaire, repréfen-téc par nAN -, fera à l’aire de toute autre fec-tion circulaire perpendiculaire , repréfentée par r I) R, ou t S T, ou q B Q , &c. en raifon inverfe des quarré es de leurs difiances refpectives (AC, CD; ou A C, CS ; ou AC, CB, &c. ) du centre C de l’hyperbole N R Q.
- §131. La quantité de l’Eledlricité (dcl’at-‘s' 9‘ mofphere cledtrique du corps PC) fur-ajoutée à la furface courbe du corps cylindrique ifolé AB, aux diftances CA, CD, CS, CB,txc. du dit corps chargé P C, fera donc exadtement proportionnelle (félon la loi fuppofée § 129)
- p.44 - vue 49/262
-
-
-
- DS L’El ECT 11 I C I T É. 45
- aux aires des ferlions circulaires perpendiculaires refpeclives reprélcntccs par nAN, rDR, tS T, q B Q, &c. lefquels cercles font décrits Fig* refpectivcment par la révolution des ordonnées hyperboliques perpendiculaires, AN, DR, ST ,
- B Q , &c. autour de l’afyraptote C B, comme
- § 132. Conféquemmcnt, félon cette même loi fuppoféc § 129, la quantité totale d’Eleâri-cité (de l’atmofphere élcétrique du corps chargé PC) fur-ajoutée à la partie courbe de la fur-face du corps cylindrique ifolé AB, fera exactement repréfentée par le folide hyperbolique fini n N Qq, formée de la même maniéré que celle décrite ci-devant § 130 , dont les extrémités A,B, fig. xi, font aux mêmes diftances refpeclives AC Si CB du centre C de V hyperbole N R Q, que les deux extrémités du corps métallique cylindrique ifolé A B , fig. g. le font du corps chargé P C.
- § 133. Il rcfulte de ce qui a été dit § 108 &
- § 132, que pour déterminer la pofition du point neutre ou inéleclrifé de la fig. g , il fiiffira de trouver le point D , fur l’axe CB, du folide hyperbolique n N Qq ( dans la fig. 11 ) au travers duquel point un plan rDR, tiré perpendiculairement à l’axe CB, diviieroit le folide hyperbolique nN Q q, en deux folides égaux tels que n NRr, & r R Qq, dans la iuppofi-tion que la denfité de l'Electricité ( de l’atmof-pherc électrique ) fur-ajoutée au corps A, foit en raifon inverfe du quarré de diftance.
- § 134. La divifion du folide hyperbolique %.»>
- p.45 - vue 50/262
-
-
-
- 46 Principes
- nNQq, en deux folides égaux, fc fait de la maniéré fuivantc :
- Prenez DR pour proportionnelle moyenne arithmétique entre les deux ordonnées AN & P Q : c’eft-à-dirc , prenez le point D , de façon que l'ordonnée hyperbolique D R foit égale à la demie-fomme des deux ordonnées AN & B Q.
- Ou bien (ce qui revient au même , par la nature de l’hyperbole, ) prenez l'abfcijfe hyperbolique CD, qui eft une proportionnelle moyenne harmonique entre les deux abfcijfes AC Sx CB: c’eft-à-dire , prenez le point D, en forte que la ligne totale B C foit à une partie extrême CA, ce que l’autre extrême partie SD e(i à la partie du milieu D A. Car c’eft une propo-fition connue, que les réciproques des quantités en progreffion aritmétique feront dans une progreffion harmonique.
- § 135. Le point D étant pris ainfi, le plan tiré autravers de ce point D, perpendiculairement à l’axe Ci?, divifera le folide hyperbolique nN Qq en deux folides hyperboliques égaux nN Rr Sx rRQ q, comme on l’a demande.
- Démonjlration.
- § 136. Que P dénote le rapport de la circonférence d’un cercle à fon diamètre ; ou ( ce qui revient au môme) la raifon le rapport d’un cercle au quarré de fon rayon.
- § 137. Alors le cylindre vVNn (dont la hauteur eft AC, & le rayon de la bafe eft NA) fera évidemment égal à pX NAXNAX AC.
- p.46 - vue 51/262
-
-
-
- DB L' 1 LR CT RI C I T É. 4?
- Le eylindre * X R r ( dont la hauteur eft D C, & le rayon de la bafc eft R D ) fera de même égal à pXRDXRDxDC.
- De même encore , le cylindre y Y Q q ( dont la hauteur eft B C, & le rayon de la baie QB) fera égal bpX.QBy.QBX.BC.
- §138. Maintenant tout rectangle fous une ab-feiffe quelconque & fon ordonnée correjpondante, fera , par la nature de l’hyperbole, une quantité donnée. J’appellerai cette quantité c c. Parconfé-quent : NAXACzzRDXDCzzQBXBC ~cc.
- § 139. Il eft donc évident, félon ce qui a
- été dit § 13jr, que le cylindre v VNn-:
- pXccXNA. le cylindre xXRr~pXccXRD. & le cylindre y Y.Q qZZpXccXQ B,
- § 140. Donc (en divifant par la quantité eommune pXcc)\cs, cylindres v VNn, xXRr & y Y Q q, font exactement & refpcctivcmcnt l’un à l’autre dans le même rapport que les ordonnées NA,RD,Sx QB.
- § 141. Maintenant ( par conftruétion § 134) N Am RD DRétQB. Donc, le cylindre y VN n • le cylindre xXRr . le cylindre x X R r * le cylindre yYQq.
- C’eft-à-dire : le cylindre v VNn — le cylindre xXRrizeft au cylindre xXRr— le cylindre yYQq.
- § z 42. Le célébré Torricelli & quelques autres , ont démontré que tout folide hyperbolique „ aigu, infini, eft exactement égal à un cylindre dont la Baie eft la même que celle du fohde, & dont la hauteur eft égale à la diftance entre la baie & le centre de l’hyperbole.
- p.47 - vue 52/262
-
-
-
- E S
- 48 Pn rxc 1 P
- § 143. Donc, le cylindre vVNn~le foli-dc hyperbolique, aigu, infini nNZ\; le cylindre x X R rZZ le iolidc hyperbolique , aigu , infini r R Z1 ; & le cylindre y Y Q q~ le folide hyperbolique , aigu, infini qQZ\.
- § 144. Par conféqucnt, le cylindre vV N n
- — le cylindrexXR r le folide hyperbolique, aigu , infini n N Z\ — le folide hyperbolique , aigu, infini, rRZ\; c’eft-à-dirc, — le folide hyperbolique , fini n N R r.
- Et le cylindre v X R r— le cylindre y Y Qq eft
- — au folide hyperbolique, aigu, infini rRZ\ — le folide hyperbolique, aigu , infini q QZ\i c’eft-à-dire , eft ~ au folide hyperbolique fini rRQq.
- § 145. Mais nous avons vu. § 141, que le cylindre vV Nn— le cylindre xXRr eft~ au cylindre, x XRr — le cylindre yYQq. Donc, le folide hyperbolique fini nN Rr~ le folide hyperbolique fini rRQq. C’eft - à - dire, que le plan tiré par le point D , perpendiculairement à l’axe C B , divifera le folide hyperbolique fini n N Qq en deux parties égales QJ' E'- Dm-
- § 146. Ce qui a été dit § 133 & § 134» démontre donc évidemment que fi la denfité de l’Eleclricité des atmofphcres eleétriques eft en raifon inverfe du quarré de la diftance, le point neutre ou inéleSrifé D ( où les deux Electricités contraires des deux extrémités du corps de métal fa) cylindrique,ii'olé à & tri-
- p.48 - vue 53/262
-
-
-
- de l'Electric It%. 49
- planent électrifié A B (a), fe rencontrent & s’cn-tredétruifent) fera toujours un quatrième point d’une diviiion harmonique de la ligne BAC; les autres trois points C, A, B étant déjà donnés.
- § 147. Ilréfultcde cette confédération d’une diviiion harmonique , que la derniere polition du point neutre D , doit être cxa&emcnt au mi* lieu entre les points A & B, dans la fuppo-fition que le corps éledtrifé P C foit éloigné à une diftance infinie.
- C’eft-à-dire, que le point neutre D, ne peut jamais, dans aucun cas, fe trouver plus proche de l’extrémité la plus éloignée B du corps cylin* drique A B, que de la moitié de la diftance entré A & B : toujours dans la fuppofition que le corps A B ne foit éledhifé que de fa propre Electricité, comme nous l’avons expliqué § 99.
- § 148. De cette confidération d’une divifion harmonique, il réfulte encore que la polition évanouiff.inte du point neutre D, doit être à A: c’cft-à-dirc, que le point neutre D arrivera à A, fi l’extrémité A du corps A B vient en contadt avec le corps chargé P C.
- («) C’ell-à-dire, dans un triple état d’Eleélricité.
- D
- p.49 - vue 54/262
-
-
-
- SIXIEME PARTIE.
- 5 149- Ap r è s avoir expliqué de quelle maniéré le point neutre ou non-électril'é l'eroit toujours exactement déterminé fi nous admettons la loi ci-devant fuppoféc , que la denfité de l’Eleclricité des atmofpheres électriques eft dans la raifon inverje du quarré de la diftance ; je vais démontrer, par le moyen des expériences,
- 6 par une divlfion harmonique , que cette même loi eft en effet celle de la nature.
- EXPÉRIENCE XV.
- :>• §150. J’ai pris le grand conducteur PC doublé d’étain, ci-devant indiqué § 76 ; & ayant ifolé le conducteur de cuivre, cylindrique A B employé ( § 77 ) pour ma cinquième expérience , lequel étoit long de trois pieds quatre pouces , y compris les deux demies-fpheres à fes deux extrémités , & je l’ai placé , comme la figure le pré-fente , de façon qu’une de ces extrémités étoit pointée directement vers le grand conducteur.
- §151. Ce jour-là, l’air étant extrêmement fec , la diftance à laquelle le grand conducteur P C devenoit explofif contre une boule de quatre pouces de diamètre , étoit de dix - huit pouces complets.
- Le grand conduéteur étoit élcétrifé en plus comme à l’ordinaire.
- p.50 - vue 55/262
-
-
-
- D E i’ El E C T 11 I C I T É. 51
- § 15 a. La diftance entre l’extrémité A la plui proche du corps ifolé A B, & le grand conducteur P C, étoit de trois pieds. Mais cette diftance varia très-fouvent, comme on va le voir çi-après.
- § 153. Nous avons vu § 146 que,félon ma théorie, le point D où le corps de métal, cylindrique , ifolé en triple état électrique A B, le trouva dans l'on état naturel ( c’eft-à-dire, où les deux Eleftricités contraires des deux extrémités du corps A B , fe rencontrent en fe contrebalançant mutuellement ) feroit le quatrième point d'une divifion harmonique de la ligne CAB,
- autres trois points C, A, B étant donnés: toujours dans la fuppolition que la denfité de l’Eleétricité de l’atmofphere éleftrique fur-ajou-tée foit en raifion inverfe du quarré de la distance.
- C’eft-à-dire, que la ligne entière B C, feroit à une de fis parties extrêmes CA , comme eft l’autre partie extrême BD, à la partie du milieu D A.
- § 154. Si donc BC : CA:. BD : D A. alors, B C-+-C A (ieBA-\-i AC) : CA:: B D -+- D A(i. e. B A) : AD. C’eft-à-dire, B A étant égal à quarante pouces (§150), & CA étant égal à trente-fix pouces (§ 152) que 40-1-36 Xî (i. e. 112) : 36 :: 40 : A D. Ainfi AD — 36X40 — j2 pouces f.
- 112
- § 155. Une marque légère faite fur le côté Dij
- p.51 - vue 56/262
-
-
-
- C I P E S
- du corps de métal (a) cylindrique ifolc AB, h la diftancc de ia pouces & ? de l’extrémité la plus proche A , m’indiqua le point qu# je nommerai D.
- § 156. Après avoir éleélrifé le grand conducteur P C, j’approchai vers l’extrémité la plus proche A , du corps ifolé A B, une petite boule électrométrique iufpenchie par un fil de lin très fin ; & je vis, comme dans l’expérience 6. § 3o, que l’extrémité la plus proche A étoit éleCtrifée en moins, le grand conducteur P C l’étant en plus.
- % 15 7- H parut auffi , comme dans l’expérience 7 § 81 , que l’extrémité la plus éloignée B du corps A B étoit pojïtive.
- § 158. Pendant que j’avancois par dégrés la boule électrométrique , en partant de l’extrémité la plus proche A vers le point D où étoit la marque dont j’ai parlé § 155 , la force de l’E-leétricité en moins de cette portion A D du corps A B parut vifiblcmcnt décroître & diminuer par dégrés.
- § 159. Quand j’avancois auffi par dégrés cette boule éleétrométrique , en partant de l’extrémité la plus éloignée B vers le môme point D , la force de l’Elcétricité en plus de cette portion B D du corps A B parut de même décroître par dégrés.
- § 160. Lorfque je tenois la boule élcétro-métrique directement vis - à - vis le point D où
- (a) J’y appliquois ordinairement un morceau de cire molle, afin de rendre la marque plus vifible.
- p.52 - vue 57/262
-
-
-
- »s L'Eistr«iciri. 55
- j’avois fait la marque ci-dcffus mentionnée , la boule chanceloit làns être ni attirée ni repoujj’ée.
- § 161. Il cft donc certain que le corps AB, au point D ( pris pour le quatrième point d’une diviiion harmonique de la ligne CAB; les autres trois points C, A , B étant donnés ) , n’étoit élcCtril'é ni en plus, ni en moins : c’eft-à-dire , que le corps A B étoit en cet endroit dans fon état inéleclrifé ou naturel, conformément à la théorie établie § 146.
- § 162. J’ai répété plufieurs fois cette expérience , les corps AB & PC étant placés à des diftances ( depuis quatre pouces jufqu’à quatre pieds ) marquées dans la Table fuivante §168, i’éparément l’une de l’autre.
- Mais comme ce jour-là l’EleCtricité du grand conducteur avoit tant de force que la diftance explofive étoit à dix-huit pouces , ainfi que je l’ai dit ci-devant § 151 ; je me trouvois obligé, chaque fois que la diftance A C avoit moins de deux pieds ou environ, de donner une moindre charge au grand conducteur P C. De même aufli quand la diftance AC devenoit encore moindre, il falloit que je diminuafle coniidcrable-ment la charge du grand conducteur.
- p.53 - vue 58/262
-
-
-
- 54
- Principes
- Explication de la Table ci-contre.
- § 163. La première Colonne marque la di-ftancc CA du grand conducteur, à laquelle j’ai placé le corps ilolé A B, dans chacune de mes dou\e expériences.
- § 164. La fécondé Colonne montre de quelle manière les nombres de la troifieme ont été déterminés d’après ma théorie d’une divifion harmonique. ..
- § 165. Cette troifieme Colonne exprime la diftance A D à laquelle j’ai pofé une marque’ fur le corps ifolé A B, quand ce corps A B , Stic grand conducteur PC étoient à la diftance exprimée fur la môme ligne, dans la première colonne.
- § 166. La quatrième indique la proportion entre la diftance DA, & la diftance A B dans chacun des cas rcl'peétifs exprimés dans la première Colonne. C’eft-à-dirc , que le numérateur de la fraction exprime la diftance DA-, la diftance A B étant exprimée par le dénominateur de la même fraétion.
- § 167. La cinquième Colonne exprime les mêmes traitions marquées dans la quatrième, & réduites à un numérateur commun.
- NB. Si la longueur AB au lieu d’être de quarante pouces , comme la Table le fuppofe, n’eft que de n pouces ; & fi la diftance CA, exprimée fur une ligne quelconque dans la première Colonne , cft proportionnellement variée ; alors les nombres refpeétifs feront de même variés proportionnellement dans la troifieme Colonne.
- p.54 - vue 59/262
-
-
-
- § 169. Par le moyen de la boule légère électrométrique, j’ai répété les expériences dans tous les dift'érens cas marqués fur la Table, & dans quelques-uns des cas intermédiaires.
- J’ai répété de même un grand nombre d’expériences femblables à celles-ci, avec des machines élcéteiqucs tant négatives que pojîtives, dont je parlerai ci-après.
- § ifo. Il n’étoit pas toujours facile de déter- F r jufqu’à la centième, ou même jufqu’à la vingtième partie de la longueur de AB, exacte du point neutre ou inéleclrij'é : ijic l’Electricité en plus d’un côté , & l’E-3 en moins de l’autre côté étoient extrê-'LuçiMfint faibles à une petite diftancc de ce point.
- -—Cependant toutes les expériences que j’ai faites pour déterminer la pofition du point neutre m’ont prouvé qu’elle s'accordait parfaitement avec le point D, ainii qu’on le voit dans la Table dreflee d’après ma théorie.
- § 171. C’eft-à-dirc, que le point neutre n’a jamais ccffé d’être le quatrième point d’une di-vifion harmonique de la ligne CA B ; les autres trois points C, A,B étant donnés.
- § 172. Nous avons vu § 77 & § 150 que le corps A B étoit un cylindre terminé à chaque extrémité par une demie-fphere.
- Si le corps A B avoit été par tout d'une forme cylindrique, alors non feulement le tranchant de la bafe auroit agi, dans un certain degré, comme les pointes fur l’atmofphere électrique fur-ajoutéc ; mais la Jurface de cette bafe à chaque extrémité auroit empêché le point neutre
- p.55 - vue 60/262
-
-
-
- Principes
- 56
- d’être un quatrième point de la divifion harmonique indiquée § 171, puifquc dans un cylindre ( par ex : ) la propriété d’une divifion harmonique dépend de l’action du fluide de l’atmof-phere électrique, dans lequel ce cylindre ifolé eft plongé, fur la partie courbe de la furface du dit cylindre, exclufivemcnt de fes deux bafés.
- fiç.u. § 173. Maintenant c’cft une proportion bien connue que fi une fphere ou une demie-fphere F L E eft infcrite dans un cylindre droit E F G H , alors la furface courbe entière du dit cylindre le trouvera parfaitement égale à la furface courbe entière de la demie-Jphere ; la première quantité étant égale à deux fois l’aire de la bafe du cylindre , dont le diamètre ef\E F; & la fécondé quantité étant égale a deux fois Paire d’un grand cercle d’une fphcrc, dont le diamètre eft auffi EF.
- § 174. De même c’cft une propofition bien connue, de laquelle la propofition précédente n’eft qu’un cas particulier , que fi un cylindre droit EFG H, & la fphere ou la demic-fphere F LE y inferite font coupés par deux plans quelconques KM, & km, parallèles à la bafc du cylindre, alors la partie de la furface courbe de ce cylindre comprilc entre ces deux plans parallèles KM & km, fc trouvera toujours exactement égale à cette partie de la furface de la fphcrc ou de la demie - fphere y inl'crite, comprife entre les mêmes deux plans parallèles KM Use km.
- Fs. 9- § iy5. Il eft donc évident que dans le corps
- cylindrique AB (indiqué § yy & § 172) de trois pieds quatre pouces de long, y compris les
- p.56 - vue 61/262
-
-
-
- DE L’ELSC
- 57
- deux demies - fphcrcs à fcs deux extrémités :
- i°. La quantité totale du fluide électrique d’une atmofplicrc quelconque fur-ajoutée à la Jiirface entière de ce corps A B, fera exactement égale à la quantité entière du fluide éleclrique de cette même atmofpherc clcdtrique, fur-ajoutée iur la partie courbe totale de la furface d’un cylindre de trois pieds quatre pouces de longueur dont le diamètre égal à celui du corps A B, &la pofitionfemblablc, rcfpeétivemcnr au grand conducteur chargé PC, différent neanmoins en ce que les deux extrémités font terminées par une bafe plate, au lieu de l’être en demie-Sphère.
- a°. La quantité totale du fluide éleclrique de l’atmofphere électrique , fur-ajoutée à la furface du dit corps AB à une diftance quelconque donnée du corps chargé PC, iera exactement égale à la quantité totale du fluide éleclrique de cette même atmofphere électrique,fur-ajoutée, à la même diftance donnée du corps chargé PC, à la partie courbe de la furface du cylindre ci-devant indiqué de trois pieds quatre pouces de long, lequel eftterminé à chaqueext:émité en bafes plates, au lieu de l’être en deux demies-fpheres.
- § 176. Il réfulte donc très-évidemment de ‘ ce qui a été dit § 131, 146 , 174 & 175.
- i°. Que, félon ma théorie v le point neutre Fig. ou inéleclrifé du corps cylindrique A B, dont on a parlé § 77, & § 175 , qui fe terminoit à à chaque extrémité en demie-fphere, doit être le quatrième point d’une divilion harmonique
- p.57 - vue 62/262
-
-
-
- Principes
- 58
- de la ligne CAB; les autres trois points C, A-, B étant donnés : fuppofé que la denfitè des atrnojpheres électriques foit en raifon inverfe du quarré des diftances.
- 20. Que, par les mêmes principes, le point neutre ou inéleclrifé d’une fphere quelconque (a) plongée dans l’atmofphcre éleétrique d’un corps chargé doit être auffi, d’une maniéré exactement fcmblable, le quatrième point d’une divi-iion harmonique : fuppofé que la denfité électrique des atrnojpheres électriques foit en raijon inverfe du quarré des diftances.
- § 177. Or, nous avons vu que le point neutre ou inéleârifé du corps A B ci-devant men-Fîg. 9. tionnéc ( § 77 & § 176,) & terminé à chaque extrémité par une demie-J’phere, s’eft trouvé être, dans toutes les expériences ci-devant rapportées depuis la § 150 jufqu’à la § 171 , un Quatrième point de divifion harmonique; les autres trois points C, A, B étant déjà donnés.
- C’eft-à-dirc, que la diftance entre le point neutre D & l’extrémité la plus proche A du corps il'olé A B, étoit à la diftance entre le point neutre D & l’extrémité la plus éloignée B toujours dans la même raifon, que la diftance entre le corps chargé PC, & la même extrémité la plus prcche A , cft à la diftance entre le corps chargé PC, & la même extrémité la plus éloignée B.
- (fl) Il y a auffi quelques
- e divifion harmonique éleétrique.
- p.58 - vue 63/262
-
-
-
- de l'Electricité.
- 59
- § if8. Il fuit donc évidemment de ce qui a été dit § 146 , & § 1 , que la denfité (a) de
- l’Electricité de l’attjioJ'phere électrique , dans la quelle le dit corps a été plongé , était en rai-fon inverfe du quarré des difiances.
- ( a) Je fens que cette démonftration aurait été plus mathématiquement exaéte fi j'avois pris la converfe de la pro-
- Eofition établie § 146. Mais on peut fe difpenfer d’employer 1 converfe des propofitions de cette ej'pcce dans certains cas, parmi lefquels celui-ci fe trouve.
- p.59 - vue 64/262
-
-
-
- 6o
- SEPTIEME PARTIE.
- § i~9 II eft indifpenfablcment néccflaire d’a-portcr la plus grande attention dans les expériences dont nous venons de parler : fans cela les réiultats ne feront pas femblables à ceux que j’ai donnés dans la table précédente. fig. 9. § 180. Si, par exemple, un conducteur ifolé,
- inélectrifé, d’un petit ou d’un médiocre volume , eft placé en contact avec l’extrémité la plus proche A du corps AB , pendant que ce corps A B eft dans un triple état d’Elcétricité, il communiquera une certaine portion del'on Electricité à ce corps A B , pour fuppléer en partie au défaut de l’Eledricité dans la portion négative AD de ce corps.
- En perdant une partie de fa portion naturelle d’Eleétricité, ce conduétcur ifolé deviendra par-conféquent négatif, comme le corps AB deviendra néceflairement pofitif.
- § 181. Si, au contraire, un conducteur ifolé , inéleétrifé eft placé en contact avec l’extrémité la plus éloignée B du corps A B , pendant que ce corps A B eft dans un tripla état d’Elcc-tricité, la portion pofitive D B de ce corps AB y dépofera une certaine partie de fon Electricité furabondante.
- Par conféqucnt le conduéteur ifolé deviendra pofitif, comme le corps A B deviendra néceffai-rement négatif.
- p.60 - vue 65/262
-
-
-
- Del3 Electricité. 6i
- § 182. Si le corps A B, pendant qu’il efl: dans un triple état éleétrique , communique par quelque moyen avec lu terre : alors il ne forme, pour ainfi dire , qu’un corps avec la majfe commune d’Eleclricité, l'oit que le conducteur employé à cette communication fc trouve en contaét avec l’extrémité la plus proche, ou foit qu’il s’y trouve avec l’extrémité la plus éloignée de ce corps A B.
- La prejjion élafiico-éleclrique fur-ajoutée de V atmosphère éleétrique du grand condéteur forcera donc une certaine partie de la portion naturelle d’Eleclricité contenue dans le corps AB, à palfer & à fejoindre au fond commun , & conféqucm-ment, par ce moyen, le corps A B deviendra négatif.
- § 183. Il réfulte donc évidemment de cela que le corps AB foutenu par des conducteurs imparfaits , doit devenir négatif auffitôt qu’il fe trouve afl’eété par la prejjion élaftico-éleclri-que fur-ajoutée d’une atmoiphere électrique.
- § 184. Il efl: encore évident, par la même rai-fon, que fi l’air qui entoure le corps A B efl: humide de façon à devenir un conducteur d’Elec-tricité, ce corps A B doit devenir néga. if aufli-tôt qu’il fe trouve affeété par la prejjion élafiico-éleclrique fur-ajoutée d’une atmoiphere électrique.
- Cet cfîet efl: plus confidérable que bien des gens ne pourroient le croire.
- § 185. Il m’eft arrivé, par exemple, un jour où l’air étoit humide, de vouloir répéter ma quinzième expérience ( voyez § 150 & leq. ) , avec le Fig-9-corps cylindrique AB, à prefque toutes les difiances du grand conducteur P C notées § 168 dans
- p.61 - vue 66/262
-
-
-
- 6a Principes
- la première Colonne de la Table précédente; • & à mon grand étonnement j’ai trouvé que le point neutre ou inéleclrifé D ( au lieu d’être , comme on le trouve marqué dans la troijie-jne Colonne de la Table, le quatrième point d’une divifion harmonique de la ligne C, A, B , les autres trois points C , A , B étant donnés ) étoit toujours à une diftancc d’environ fei\e pouces de l’éxtrémité la plus proche A du corps A B , telle que pouvoit être la diftancc entre A & C.
- 186. Mais , en l’examinant , j’ai bientôt découvert que le corps A B perdoit toujours de l'on Eleéiricité pendant l’expérience ; & qu’il en perdoit davantage à mefure qu’on P approchait du grand conducteur électrifé en plus ; c’eft - à - dire, qu’il devenoit plus négatif. Il en réfulta que la longueur de la portion négative AD du corps cylindrique AB fut augmentée, & que la longueur de la portion pofitive D B fut diminuée ; c’eft-à-dire , que le point neutre inéleélrifé D s’approchoit de l’extrémité la plus éloignée B du corps AB, bien plus qu’il ne s’en fèroit aproché dans un autre cas. Je vis donc clairement alors que l'humidité de l’air en étoit la caufe.
- § i8f. Ajoutons que ce corps A B deviendra négatif li quelque conducteur pointu , communiquant avec la terre , perce dans la partie fenfible de Patmofphere éledrique du dit corps, pendant qu’il cft dans un triple état d’Elcciricité, foit que la pointe l'oit placée près de l’extrémité la plus proche , ou près de l’extrémité la plus éloi-
- p.62 - vue 67/262
-
-
-
- de l'Electricité. 63
- gnèc , ou près de toute autre partie du même corps.
- § 188. Cela provient de ce que la pointe , par cette raii’on même quelle eft unie avec la terre , tend en quelque façon à former une cfpecc de communication entre ce corps A B, & la majje commune d’Elcdlricité , conformément aux pria-cipes ci-devant donnés.
- § 189. Si des pointes quelconques fe trouvent fur le corps ifolé AB , pendant qu’il eft en triple état électrifé ; clics dérangeront entièrement aufli l’expérience par les raifons fui vantes.
- § 190. Une pointe aigue de métal attachée à l’extrémité la plus proche négative A du corps AB, attirera l’Ele&ricité ; & par une conféquen-cc nécelfairc rendra le corps A B pofitif.
- § 191. Au contraire , qu’une pointe de métal bien prominentc & bien aigue foit attachée à l’extrémité la plus éloignée B qui eft pofitive; clic tranfmettra de l'Electricité à l’air qui l’entoure : coni'équemment le corps A B deviendra négatif.
- § 19a. Pour rendre cet effet bien fenfible, il faut que l’Eleclricité du grand conduf.cur foit confidérable , & que le corps AB ne foit pas placé trop au dehors de la diftance explofive du dit conducteur. Un Eleclrometre bien fenfible, tel que celui décrit à la note de la § 10 , doit être employé dans cette occalion, pour s’affurer parfaitement de la qualité de l’Elcétricité. C’eft une expérience qui exige le plus grand foin.
- § 193. Si, comme on le voit dans ma 15.* expérience § 150 & feq. la difiance entre le
- p.63 - vue 68/262
-
-
-
- N C
- 64 P « '
- corps ifolé AB, & le grand conducteur élcc* trii'6 n’excedc que très -peu la difiance explosive de ce conducteur, & que l'Electricité l’oit forte , il arrivera fouvent que la prefiion élaftico - électrique fur-ajoutée , de l’atmoiphc-re éleCtriquc du dit grand conducteur aura un certain dégrc de force, fuffifant pour vaincre la réjiftance qui s’oppofe vers la furfacc du corps A B il l’entrée de l’Electricité en plus de cette atmoiphere électrique. Elle fera par con-fequent la caufc pour laquelle le corps A B deviendra pofitif.
- § 194. En général, le corps A B ne doit donc pas s’approcher du grand conducteur de plus d’environ cinq-quarts de la difiance explofive de ce môme conducteur contre une grande boule quelconque de métal, communiquant d’une maniéré convenable avec la mafie commune d’E-leétricité.
- § 195. Je fuis perfuadé , d’après ce qui a été dit ci - devant, que pour faire réuflir d’une manière fatisfaiiànte les expériences notées dans la Table § 168 , ou toute autre expérience en-treprilè fur le même principe , il faut une attention particulière , &. fur tout du beau tems.
- § 196. Je puis néanmoins ajouter , comme réglé générale , que pour faire réuffir des expériences de cette forte, il eft indifpenfablement nécclfaire que le corps AB , pendant qu’il eft en triple état élcétrifé, ne puifle ni perdre aucune partie de J'on propre fluide électrique, ni en acquérir de nouveau au de-là de fa portion naturelle d’Elcttricité.
- § 197-
- p.64 - vue 69/262
-
-
-
- de x*Electricité 6s
- § 197. J’ai très-fréquemment réitéré des expériences femblables à celles ci-devant raportécs * non ieulement avec des corps de métal iiolés de longueurs & de grandeurs diverfes, placés à des diftances différentes entre eux, maisauffi avec des premiers conducteurs de différentes grandeurs chargés de divers dégrés d’Eleciricité. J’ai toujours trouvé , quand le tenis ctoit favorable, que les réfultats de ces expériences étoient parfaitement conformes à la Théorie précédemment établie.
- § 198. La même chofe arriva quahd je répétai les expériences avec un Apparat des infini* mens négatif, au lieu d’un Appoint pofitif. Mai* quand l’Apparat négatif étoit employé, toutes, les parties du corps ifolé A B, qui auparavant étoientpojitives , devenoicnt négatives ; & toutes les parties qui avoient été négatives devenoient pojitives ; cela dcvoit néceffairement. arriver.
- Le point neutre ou inéleclrifé ne manquoit jamais d’être le quatrième point d’une divifion harmonique de la ligne C A B ; les autres trois points, C,A,B, étant donnés. Mais comme mon Apparat négatif étoit confidérablement plus foible que le pofitif ci-devant décrit § 150 , & § 151, il ne me fut pas poffible de déterminer le point neutre auffi exactement & avec autant de précifion , que je le faifois avec mon Apparat pofitif.
- § 199. Le grand avantage de déterminer la loi du décroifTcment de la denfité des at-mofpheres électriques , doit paroître évident à tous ceux qui font capables de fe former une
- p.65 - vue 70/262
-
-
-
- 66
- Principes
- idée des conféquences importantes qu’on en peut tirer dans les recherches qui nous relient à faire fur l’Eleélricité.
- § aoo. Je me propofe d’indiquer dans un autre ouvrage quelques unes de ces conséquences importantes ; & d’expliquer par quel principe la denfité de l’Electricité d'une armofphere électrique , fur-ajoutée à un corps quelconque, doit être dans une raijbn inverfe du quarré de la dif-tance du corps chargé produifant cette atmof-phere éledlrique.
- § 201. En attendant, il fuffira de remarquer que c’eft la loi félon laquelle la force de la chaleur, la denfité des rayons de lumière, ù la force univerfelle de la Gravité décroiffent pareillement.
- Je dois avouer qne c’cfl une coufidération attentive de certaines parties de ce très-ingénieux Syftéme de gravitation ( a ) inventé parcil-
- («) Lorfque le Syjltme de gravitation de M. le Sage , & ma Théorie d'Elearicité m’eurent conduit à la découverte de la
- Rriété d’une divifion harmonique, ci-devant mentionnée ;
- is naturellement porté à découvrir par-là, qu’une proportion femblable d'une divifion harmonique étoit également vraie, refpeélivement à la Gravité, fi le centre de Gravite'du corps en Jlatique , eft fubftitué à la place du point neutre ou inéuarifé d’un condu&eur ifolé, en EUaricité; & fi la quantité de matière du corps dont on cherche le centre de Gravité, eft fubftituéc à la place de la furface du. corps triplement ileprifé, dont on demande le point neutre ou inéle3rifé: le poids du corps étant comme la quantité de matière y contenue; au lieu que la quantité d’Eleétvicité en plus ou en moins, contenue dans un corps éleariquement chargé ne dépend , comme on le lait , que de la furface du corps électrifé.
- C’cft-à-dire , que fi un cylindre droit, ou un prifme droit .ou un corps folide quelconque droit ( dont l'axe eft une ligne
- p.66 - vue 71/262
-
-
-
- ve L’ELscTmcrré. 67
- favant & rcfpeclablc Philofophe, M. le Sage de Geneve , Membre de la Société Royale de Londres, &c. qui me conduilit inl'enliblement
- droite, dont les ba/es font égales & parallèles, & dont le volume &la denfité font égaux d’une extrémité à l’autre) fe trouve tellement fitué que fort axe foie directement pointé vers le centre de Vattraction de la terre : alors le centre de Gravité du cylindre, du prifme ou de tout autre corps folide, ne fe rencontrera pas, comme on l’imagine ordinairement, au milieu de la longueur du folide ; mais il fera toujours un quatrième point d’une divifion harmonique „• l'extrémité fupirieure ainli que l'extrémité inférieure du folide, & le centre de 1‘attraction de la terre étant les trois autres points donnés. Qu’on compare cette propofition te la fuivanre avec ce qui a été dit ci-devant § 146, & § 147.
- Mais comme le centre de ïattraefton de la terre elt à une défiance immunfe comparativement à la longueur de tout corps mobile fur la furface de la terre, il eft évident que le centre de Gravité de ce folide fera, K no n mathématiquement, du moins fenftblement, au milieu de la longueur du folide.
- Une propofition parfaitement femblable à la précédente d’une divifion harmonique aura lieu', même dans des cylindres , des prifmes, &c. obliques , pourvu que leurs bafes foienc parallèles à l’horifon.
- Si la prejfion élaftico-éleârique d’uneatmofphcre quelconque électrique fur - ajoutée étoit d’une force égale a toutes les dij-tances du corps chargé produiront cette atmofphcre électrique ; alors le point neuert OU inélcctrifé dans les Corps ci-devant mentionnés § 1715, feroit toujours exaélerrent au milieu de ces corps. La raifon pour laquelle le point neutre ou inélcctrifé eft, dans les ces ci-deffus marqués , un quatrième point d’une divifion harmonique, fe tire de ce que la dtn-fité de VElcSricité des atmofpheres électriques eft en raifon inverfe du quarté des défiances, comme nous l’avons (uffifam-ment expliqué.
- De même, fi la force de U Gravité étoit également grande a toutes les défiances du centre de l'attradion de la terre q alors Le centre de Gravité dans le cylindre droit, le prifme ou tout autre folide droit dont nous venons de parler feroit toujours exactement & mathématiquement au milieu de ces corps. Dans ces cas, le centre de Gravité eft un quatrième point d'une divifion harmonique, parce que la force de la. Gravité eft en raifon inverfe du quarré de di/lances.
- A parler donc non méchaniqttasnt, mais mathématiquement a
- Et ij
- p.67 - vue 72/262
-
-
-
- 63
- Principes
- à la découverte de cette démonftration nouvelle & décifive donnée dans les pages précédentes pour prouver que cette loi agit pareillement dans l’Electricité.
- il eft évident que nulle corps de telle grandeur ou de telle forme qu’on voudra , puifle jamais avoir fon centre de Gravité dans le centre de la quantité de matière y contenue, ni même qu'il puiife avoir en aucunes circonftances un centre de Gravité fiable & permanent.
- Ainfi raifonnablement & mathématiquement parlant, la définition ordinaire du centre de Gravité d’un Corps ( fçavoir, « ce point fur lequel (i un corps feroit fufpendu dans toutes » les polirions quelconques, il y relierait toujours en parfait «équilibre») eft à la fois une abfurdité groffiere, & une sontradiélion évidente dans les termes.
- p.68 - vue 73/262
-
-
-
- 69
- HUITIEME PARTIE.
- § 202. A.près avoir établi clairement la Théorie de ce qui arrive à un feul conducteur plongé dans une atmo/phere électrique, & placé en même tems hors de la difiance explojive du corps chargé producteur de l’atmofphere électrique , nous allons examiner ce qui doit arriver quand il y a deux ou plufieurs corps dans des fituations à peu près femblablcs.
- §203. Nous avons vu déjà dans les fections précédentes, depuis la 180e. jufqu’à la 183e, ce qui arrive quand un feul conducteur ifolé en triple état électrifé fe trouve en contact avec un autre conducteur ou ifolé, ou en communication avec la maffe commune d’Eleclricité.
- Les expériences fuivantes ferviront à démontrer de quelle maniéré des effets remarquables peuvent quelquefois être produits par des conducteurs placés dans une atmofphere électrique à de petites diftances l’un de l’autre, quoique ces conducteurs foient ifolês.
- EXPÉRIENCE XVI.
- § 204. T j E même grand conducteur ci-devant mentionné § f6 , & § 159, m’a fervi dans mon cours fuivant d’expériences.
- J’ai placé un corps de métal, ifolé AB-, dans ns.,{ l’atmofphere clcétriquc du grand conducteur
- E üj
- p.69 - vue 74/262
-
-
-
- Principes
- chargé PC; mais hors de la dijlance explojîve. La diftancc entre l’extrémité la plus proche A , Ce ce corps de métal, ifolé AB, & le côié du grand conducteur P C, étoit de vingt pouces.
- Le corps A B étoit de cuivre, d’une forme cylindrique, & terminé à chaque extrémité par les trois quarts d’une houle lifte, comme on le voit dans la figure. La partie cylindrique du corps A B avoit dix-huit pouces de longueur , & deux pouces de diamètre. Le diamètre des deux boules AB étoit d’environ deux pouces trois huitièmes.
- § 1205. J’ai placé enfuite un autre corps de cuivre, cylindrique, ifolé Ei7, de quarante pouces de longueur, & d’environ trois pouces trois quarts de diamètre ; de façon que fon extrémité E étoit à la diftancc d’environ un dixième de pouce de l’extrémité P, de l’autre corps de métal A B.
- § aoô. Nous avons vu, ci-devant § 72 , & § 73 , que quand un conducteur ifolé quelconque, tel que le corps A B dans le cas préfent, fc trouve placé dans l'atmofphere éleârique d’un corps chargé quelconque , tel que PC, mais hors de la dijlance explojive ; l’extrémité la plus proche A de ce corps A B cÜ alors électrifiée d’une maniéré contraire à celle du grand conducteur ; que l’extrémité la plus éloignée B eft éledtrii'éc de la même maniéré que ce con-duétcur; enfin qu’un certain point D eft abfo-lument inéleclrifé.
- C’eft-à-dire, qu’en ce cas, l’extrémité la plus proche A du corps AB doit être négative, & l’extrémité la plus éloignée B doit être pojîtive.
- p.70 - vue 75/262
-
-
-
- de l’ Electricité. pi Par conféquent l’Elcétricité en plus de l’extrémité la plus éloignée B tendra ù s’écouler hors du corps A B, toutes les fois qu’elle pourra trouver un conducteur quelconque tellement litué qu’il puiffe la recevoir.
- § 2.07. Les trois corps PC, AB & EF étant placés refpcctivement l’un à l’autre dans la fitua-tion qu’on vient de décrire § 204, § 205 , & § 206, j’ai éleétrifé le grand conducteur PC.
- Pendant tout le tems que le grand conduétcur recevoit fa charge d’Electricité en plus, un grand nombre de foibles étincelles d’une couleur rouge ou pourpre pafloient continuellement de l’extrémité B du corps le plus proche AB à l’extrémité E du corps le plus éloignée 5 F. Quelquefois même PElediricité paffoit de fl en £ fous la forme d’un courant blanc.
- § 208. Quand le grand conducteur PC, chargé en plein , venoit fubitement à fe décharger explojivement de fon Electricité fur.ibon-dante, fur la grande boule de cuivre L qu’on faifoit alors communiquer avec la terre, il arri-voit toujours que le fluide électrique expulfé par dégrés du corps AB, & forcé d’entrer dans îe corps E F ( par la prej/ion élaftico-éleétri-que fur-ajoutée de l’atmofphere éledtrique du grand conduétcur PC, pendant qu’il recevoit fa charge ) rejaillijjbit Jbudain du corps EF pour rentrer dans le corps AB, fous la forme d’une étincelle forte & brillante , à l’inftant même que l’explofion fe faifoit contre la boule L. C’eft ce que j’appelle le contre-coup , ou le coup élec--trique retournant.
- p.71 - vue 76/262
-
-
-
- P s
- CIP
- P
- EXPÉRIENCE XVII.
- S 209. Les corps A B Sx EF, ainfi que le grand conducteur P C, étant placés comme dans l’expérience précédente , j’ai éleCtrifé ce grand conducteur ; & un grand nombre de foi-bles étincelles ont pafie de même du corps A B vers le corps EF. Alors j’ai fubitement approché du grand conducteur P C un point métallique /ïf.M. non-ifolé W, lequel, en emportant infcnfible-ment l’Eleétricité du grand conducteur, écartoit en même tems du corps ifolé AB la prejjion élaftico-élcCtrique fur-ajoutée de l’atmofphere éleCtrique de ce conducteur.
- Il en réfulte que le fluide éleCtrique expulfé du corps A B pour s’attacher au corps EF, rétrograda du corps £ F au corps A B par une fucceffion rapide des étincelles électriques fous la forme d’un courant blanc. Ces effets fervent à mettre la derniere expérience dans tout fon jour.
- EXPÉRIENCE XVIII.
- S 210. I lorsque i’ai voulu, le grand conducteur P C étant prefque chargé , retirer entièrement le corps le plus proche AB (dans fon état ifolé) hors AcVatmoJphere électrique de ce grand conducteur ; j’ai trouvé invariablement , par le moyen d’un éleCtrometre , que le corps A B étoit éleCtrifé en moins : c’cft-à-dirc, qu’il
- p.72 - vue 77/262
-
-
-
- DE l’ElEC
- TR1CXTÊ. 73 étoit chargé d’une Eleétricité contraire à celle du grand conduélcur, conformement à la Théorie ci-devant établie.
- EXPÉRIENCE XIX.
- § 2ix. Quand, au contraire, le grand conducteur P C étant prefque chargé , j’ai voulu retirer entièrement le corps le plus éloigné E F (dans fon état ifolé) hors de l’atmofphere électrique du dit conduéteur, j’ai trouvé de même que le corps E F étoit invariablement élcéhifé en plus. C’eft- à-dire, qu’il étoit chargé de la même efpcce d’Electricité que celle du grand condu&eur, conformément à la Théorie ci-devant établie.
- expérience XX.
- •
- §212. près avoir entièrement écarté les corps AB Su EF, j’ai placé dans Vatmojpkere électrique du grand condufteur P C, deux boules de cuivre unies & ifolées G & if, à la diftan-cc l’une de l’autre d’environ la trentième partie d’un pouce. Chacune de ces boules avoit environ deux pouces de diamètre.
- La diftance de la boule la plus proche G du grand condufteur étoit de vingt pouces : c’eft-à-dire, qu’elle étoit la même que celle de l’extrémité la plus proche A du corps A B, dans nia feizieme expérience, § 204 & Jèq.
- p.73 - vue 78/262
-
-
-
- 74 Principes
- § 213. Pendant que le grand conducteur pre-noit la charge, je n’ai apperçu aucune étincelle entre les deux boules G&H ; la quantité d’E-lectricité qui paffoit, étant très petite.
- § 214. Mais à l’inftant de la décharge du grand 'conducteur contre la boule L , une pente étincelle fc montroit conftamment entre les boules G Sx H.
- § 2x5. Cette étincelle beaucoup plus petite que celle de ma feizietne expérience étoit évidemment produite par le retour fubit du fluide électrique , qui par la grande proximité des deux corps G & if, Sx la petite quantité d’Electrici-té y contenue avoit paffé du corps G au corps H, non par une fucceflïon d’étincelles foibles , ou fous la forme d’un courant blanc ; mais par une déchargé électrique fourde Sx invifiblc.
- EXPÉRIENCE XXI.
- § 216. avoir entièrement écarté les deux
- boules de métal Gif, j’ai placé un corps de métal, ifolé IK ( fcmblable au corps A B dont il eft ci-devant parlé § 204 ) de façon que fon extrémité la plus proche I étoit à la diftance de vingt pouces du côté du grand conducteur P C.
- J’ai fixé enfuite une pointe aigue, longue d’environ un pouce trois quarts, à l’extrémité N d’un autre corps de métal, ifolé N N, de quarante pouces de long , Sx d’environ trois pouces trois quarts de diamètre ; & j’ai placé fe corps N N de telle maniéré, que la pointe fe trouvoit à la diftance d’environ trois dixièmes de pouce
- p.74 - vue 79/262
-
-
-
- de l’extrémité émouffée K de l’autre corps I K.
- §. 2if. Pendant que le grand conducteur P C rcccvoit fa charge d’ElcCtricité , une grande quantité du fluide électrique paffa de l’extrémité K du corps ifolé IK pour s’attacher à l’autre corps N N : & comme la pointe M n’oppofa qu’un petit dégré de réfiftance à l’entrée de la matière électrique dan» le corps N N auquel cette pointe M étoit attachée, l’Eleétricité paffa , non par une fucccffion d’étincelles faibles , ni fous la forme d’un courant blanc, du corps J K au corps N N, mais par une décharge électrique lourde qui' n’etoit vifible qu’à la feule pointe M.
- § ai 8. Quand le grand conducteur P C a voit reçu fa pleine charge d’EleCtricité , & qu'enfui te il lui arrivoit de fe décharger avec une explo-fion de fon ElcCtricité furabondante fur la boule L communiquant à la malle commune, alors le fluide électrique qui avoit été chalfé par dé-grés des corps J K, & contraint d’entrer dans le corps NN par la preffion élaftico-éleétrique de l’atmofpherc éleCtrique du grand conducteur pendant qu’il en prenoit la charge , ne manqua jamais, comme je Pavois dit & prévu, de retourner fubitement du corps N N au corps IK, fous la forme d’une étincelle forte & brillante qui fortit de la pointe M à l'infant même que Vexplo-fion fe faifoit fur la boule L.
- § 219. Expliquons maintenant pourquoi té-tincelle rétournante du corps le plus éloigné au corps le plus proche avoit, dans ce cas, trois fois la longueur de celle qui s’étoit montrée
- p.75 - vue 80/262
-
-
-
- 76 Principes
- lorfque nulle pointe aigue ne fc trouvoit unie au corps le plus éloigné.
- § 220. Nous avons vu § 34 , § 35 , & § 36 , que fi une pointe de métal prominente & aigue eft attachée à un corps pojîtif, I’EleCtricité Jiir-abondante de ce corps pourra s’écouler bien plus facilement par cette pointe prominente que par toute autre pointe de ce corps, qui ne feroit pas prominente.
- Conféquemment, fi le corps pojîtif eft forcé par une caufc quelconque de le décharger Ju-Htement de ion Electricité furabondante, il eft clair que l'étincelle produite par cette décharge inftantanée fera capable, dans ce cas , de le porter à la plus grande difiance où l'Eleclricité qui compofe cette étincelle rencontrera la moindre réfiftance.
- § 221. L'inftantancité néccffaire du coup retournant étoit la caufc unique de la production & du jailliflement de l’étincelle de la pointe métallique.
- EXPÉRIENCE XXII.
- § 222. J\_r,oRs j’ai placé le corps NN un peu plus loin du corps IK que dans la derniere expérience ; de façon que quand la décharge fubite du grand conducteur P C viendroit d’avoir lieu fur la boule L, le corps IK fe trouvât hors de la difiance à laquelle le fluide retournant du corps N N pourroit, fous la forme d’une étincelle électrique, paffer du corps N N au corps IK, au travers de la pointe M.
- p.76 - vue 81/262
-
-
-
- m l'Elict me tri. 7?
- § 223. Les chofes étant ainfi à Vinfiant où Je grand conducteur PC fc déchargea explo-fivement de fon EleCtricité Jurabondante fur la boule L, le fluide éleCtrique , chalfé du corps J K pour rentrer dans le corps N N, retourna du corps N N au corps IK fous la forme d’un pinceau divergent électrique qui jailüffoit de la pointe M.
- Ce pinceau feul prouvoit fuffifamment qu’en conféquence de la décharge fubite du premier conducteur, le fluide électrique partoit de la pointe M vers le corps IK, & nullement du corps I K vers la pointe M.
- EXPÉRIENCE XXin.
- 5 254. TOUT étant exactement placé comme dans la derniere expérience , j’ai rendu la chambre obfcure ; &, pendant que le grand conducteur P C recevoit fa charge d’éleCtricité , j’ai obfervé qu’il paroiffoit une étoile électrique fur la pointe M ; ce qui prouvoit l'éleclrifation du corps NN.
- § 225. Alors j’ai raproché fubitement du grand conducteur éleCtrifé PC, une pointe non-ifoleéfïj.i;« IV, comme je l’avois fait dans mon expérience i?.e § 309; &1 'étoile de la pointe M, fe changea dans l’inftant pour prendre la forme d’un pinceau étroit éleiïrique qui jaillifloit de cette poiiite métallique.
- Cette expérience écarte tous les doutes qu’on pourrait avoir fur la dirtclion du fluide élcc-
- p.77 - vue 82/262
-
-
-
- Principes
- rs
- EXPÉRIENCE XXIV.
- § 2.2Ô. A- rès avoir tiré l’aiguille hors du corps ilolé le plus éloigné, je l’ai fixée à l’ex-Fig. tj. trémité la plus éloignée du corps ilolé le plus proche, comme la figure la reprélente à QQ,
- & à RR.
- La diftance entre la pointe O, & le corps le plus éloigné étoit d’environ trois dixièmes de pouce.
- Pendant que le grand conducteur rccevoit fa charge d’EleCtricité, une quantité conlidérable du fluide électrique palfoit du corps le plus proche Q Q au corps R R, par une décharge électrique fburde, & fans fe laiffcr voir ailleurs qu’à la pointe O.
- § 227. Aulfi-tôt que le grand conduéteur fc fut cxplofivement déchargé de fon Electricité furahondante fur la boule L, le fluide électrique qui avoit été chaflc du corps Q Q dans le corps RR, retourna fubitement de celui-ci à l’autre, fous la forme d'une étincelle forte & brillante, fc portant rapidement vers la pointe O, à l’inftant même de l’explofion fur la boule L.
- § 228 Nous allons expliquer encore pourquoi l’étincelle retournante qui pafla du corps le plus éloigné au corps le plus proche étoit, dans ce cas, environ trois fois plus longue que quand aucune pointe aigue n’étoit attachée , ni au corps le plus éloigné, ni au corps le plus proche.
- p.78 - vue 83/262
-
-
-
- ve l'Electricité. 79
- § 2129. On a vu § 42,§ 43,& § 44 , que fi une pointe métallique aigue & /aillante eft attachée à un corps négatif, il fera beaucoup plus facile d’y lupplécr au défaut d’Ele&ricité par cette pointe /aillante, que par une pointe quelconque qui ne le l'eroit pas.
- Conl'équemment, fi un corps négatif de cette efpcce, pour fuppléer au défaut d’Eleétricité fe trouvoit néceffité à en recevoir fuhitement une plus grande portion, il eft clair que Vétincelle produite par la ful'dite décharge inftanta-née feroit déterminée , dans ce cas , à fe porter à la glus grande diftance où l'EleCtricité, qui compofe l’étincelle , rencontreroit la moindre réfiftance.
- § 230. La promptitude naturelle & nécejfaire du coup retournant étoit la caule unique productive de Yitincelle qui Je porta Ji rapidement à la pointe métallique.
- EXPÉRIENCE XXV.
- § 231- _A.l°RS j’ai placé le corps RR un peu plus loin du corps Q Q, que dans la dernière expérience ; de façon que, quand la décharge fubite du grand conducteur PC avoit lieu fur la boule L , le corps Q Q fe trouvoit hors de la diftance à laquelle le fluide retournant du corps N N pou voit paficr du corps R R au corps Q Q, fous la forme d’une étincelle électrique.
- § 232. Les chofes étant ainfi, à Y infant où
- p.79 - vue 84/262
-
-
-
- 8o Principes
- le grand conducteur P C fe déchargea exploit* veinent de fon éleCtricité J'urabondante fur la. boule L, le fluide ElcCtriquc chafl’é du corps QQ, pour rentrer dans le corps R R , retourna de celui-ci à l’autre , & parut à la pointe O fous la forme d’une étoile électrique & brillante.
- EXPÉRIENCE XXVI.
- ^ 233. T0 u T étant exactement difpofé comme dans la dernicre expérience , j’ai rendu la chambre oblcure ; & j’ai obfervé , pendant que le grand conducteur recevoir fa charge éleétrique , qu’un pinceau étroit électrique pa-roiffoit fur la pointe O ; ce qui prouvoit que le corps Q Q perdoit de fon Electricité.
- § 234. Alors j’approchai fubitement, vers le fig,ij.grand conducteur PC électrifé, une pointe non-ifolée W, comme je l’avois fait dans mes expériences i?.e ( § 209 ) & 23 .e (§ 224, & § 225) ; &le pinceau, étroit à la pointe O, fut à l’inftant changé en une étoile qui parut fur la pointe métallique.
- EXPÉRIENCE XXVII.
- 8 235. J’ai fixé alors une pointe aigue, de la longueur d’environ un pouce trois quarts, à l’extrémité la plus proche de ce corps ifolé qui étoit le plus éloigné du grand conducteur P C; de façon qu’il y avoit ainfi deux pointes Fie-n-aigues reprélentées dans la figure par ST & VX
- p.80 - vue 85/262
-
-
-
- de l'Electricité. 8ï VX, exactement dirigées l’une vers l’autre. Leur dillance étoit d’environ quatre dixièmes de pouce.
- § 236. Pendant que le grand conducteur P C recevoit fa charge d’Elcctricité, une quantité confidcrable de fluide éleétrique fe fit jour à travers de deux pointes aigues T V cn fe déchargeant fins bruit du corps ifolé 5 S dans le corps iiolc XX.
- § 23^. Auffi-tôt que la décharge du grand conducteur P C eut eu lieu fur la boule L, l’Eledtricité furabondante que le corps X X avoit reçue du corps SS, retourna fubitement alors du corps X X au corps S S, fous la forme d’une étincelle forte & brillante,qui paffa entre les deux pointes aigues VT au moment même où l’cxplofion arriva fur la boule L.
- § 238. Expliquons maintenant par quelle rai-fon l’étincelle retournante, qui paffa du corps le plus éloigné au corps le plus proche, fe trouvoit alors plus allongée que dans les expériences 2iltte , § 216 &fiq. &24me § 226 & Jeq. quand il n’y avoit qu’une feule pointe employée.
- § 239. Nous avons vu, § 220, que fi une pointe métallique aigue Si fiillante eft fixée fur le corps le plus éloigné ( pofitif), le fluide retournant s’écoulera beaucoup plus facilement hors de ce corps le plus éloigné, par cette pointe fiillante, que par toute autre pointe non fiillante du même corps.
- § 240. De même encore , nous avons vu § 229 , fi une pointe métallique aigue & fiillante eft attachée au corps le plus proche (négatif) que le fluide retournant entrera bien plus facilement
- p.81 - vue 86/262
-
-
-
- dans le corps le plus proche, par cette pointe fait-lante, que par une pointe quelconque non/aillante de ce môme corps.
- § 241. Il eft donc évident que fi une pointe métallique aigue & faillante eft attachée à chacun de ces deux corps il'olés, le fluide retournant paflera entr’eux avec beaucoup plus de facilité, par ces deux pointes faillantes oppo-lées l’une à l’autre , que par des pointes quelconques non faillantes de ces mêmes corps, ou par une feule pointe faillante oppofée à une autre pointe quelconque non faillante de l’un ou de l’autre.
- § 242. Conféquemment, fi le corps négatif le plus proche étoit forcé, par une caufe quelconque , de fuppléer fuhitement à fon défaut d’Electricité, par le moyen de l’Eleétricité fur-abondnate du corps pofitif le plus éloigné, il eft encore évident que l’étincelle produite par cette décharge inftantanée fc porteroit dans ce cas, à la plus grande diftancc où l'Electricité, dont l’étincelle eft compofée , rencontreroit la moindre réfftance.
- § 243. La promptitude fuhite & néceffaire du coup retournant eft donc la caufe unique pour laquelle une étincelle quelconque en fe formant paffe entre les deux pointes métalliques.
- p.82 - vue 87/262
-
-
-
- E L'E.
- CITÉ.
- EXPÉRIENCE XXVIII.
- § 244- A.PRÈS avoir écarté les corps SS XX, j’ai pris deux corps de cuivre ( des mêmes forme & grandeur du corps A B, cité § 204 ) ifolés, parfaitement égaux & femblables l’un à l’autre , & fans aucunes pointes. Je les ai placés exactement à des diftances égales du grand conducteur PC, comme on les voit rcprcfentés par F F & Z Z dans la figure 13. Leurs extrémités les plus proches étoient éloignées d’environ vingt pouces du grand conduéteur, & de deux pouces l’une de l’autre. Leurs extrémités les plus éloignées étoient prcfquVn contact.
- § 245. Mais, pendant tout le tcms que le grand conducteur PC recevoit fa charge d’Eleclricité, & même au moment où fa décharge venoit d’avoir lieu fur la boule L , je ne pouvois apercevoir aucune étincelle quelconque entre les deux corps métalliques ifolés YY&ZZ. En voici la raiion :
- § 246 Ces deux corps places à égales diftances du grand conducteur recevoient de fon atmof-phere électrique furinduite un femblable degré de prejjion claftique. D’où il fuit évidemment que l’un d’eux n’avoitpas plus de difpofition que l’autre à devenir ou pofitif ou négatif. Par conféqucnt Xéquilibre électrique de l’un relativement à l’autre n'étoit pas dérangé pendant que ce même conduéteur P C recevoit fa charge d’Eleétricité.
- § 247. Conféquemment la décharge du dit conducteur PC (tellement fubite quelle pou-voit être fur la boule L ) n’a pu produire
- Fï>
- p.83 - vue 88/262
-
-
-
- N C
- E S
- 84 Pki
- aucune efpèce d’étincelle entre les deux corps Ü'olés Y Y & 2Z, placés à égale diftance du dit conducteur.
- Cette dernicre expérience rend plus claire encore & plus victoricuic la preuve donnée de la cau/e productive des étincelles fortement électriques , dont nous avons parlé précédemment.
- p.84 - vue 89/262
-
-
-
- de l’ Electricité.
- %
- NEUVIEME PARTIE.
- § 248. Ji/ s’agifToit d’examiner les effets remarquables du coup retournant, & de montrer de quelle manière des perfonnes ifolées ou non-ijolées peuvent recevoir cette efpece de choc électrique , même fans l’interpofition d’un corps métallique quelconque entr’elles & le corps chargé , par cette feule raifon qu’elles fe trouvent plongées dans fon atmofpherc électrique. Tel e(l le motif qui m’a guidé dans les expériences fui-vantes.
- EXPÉRIENCE XXIX.
- § 249. L A figure ABD repréfentc la fitua-Flg.14. tion dans laquelle je me fuis placé. Monté fur un efeabeau ifolé E, mon bras droit A étoit à la diftance d’environ vingt pouces d’un grand conducteur P C. Ce grand conducteur étoit celui que j’avois employé dans d’autres expériences ( § 79, & § 204 ). Il fut chargé par la même machine éleétrique.
- Une fécondé perfonne FGH ctoit placée fur un autre efeabeau ifolé K , ayant fa main droite à la diftance d’un quart de pouce de ma main gauche B.
- § 250. Quand le grand conducteur P C commença à recevoir fa charge en plus d’Eleétri-F iij
- p.85 - vue 90/262
-
-
-
- Principes
- 86
- cité, le fluide éleétrique s’écoula de ma main B pour entrer dans fa main F.
- § 251. Quand nos mains B fa F furent étroitement en contact, l’Electricitc paffa inlenfible-inent entre nous deux.
- § 25a. En féparant un tant foit peu nos mains B Sa F, PEleétricité pafla, entre nous , fous la forme de petites étincelles qui prirent plus de force à mefure que nos mains B Sa F s’écartoicnt l’une de l’autre jufqu’à ce quelles fuflènt hors de la diftance explofive. Il y avoit aufli entre l’apparition de ces étincelles des intervalles de tems proportionnés à l’augmentation graduelle de la diftance de nos mains B F.
- § 253. Auflïtôt que le grand conducteur vint à fe décharger fubitement de fon Electricité fur la boule L , l’Electricité furabondante que l’autre perfonne avoit reçue de mon corps retourna toute fuite d’elle à moi fous la forme d’une étincelle très-piquante qui fortoit de fa main F à l'infant mime où l'explofion du grand conducteur P C avoit lieu fur la boule L.
- EXPÉRIENCE XXX.
- S 254- Pour montrer que j’étois négatif par ma proximité du grand conduétcur chargé, & que l’autre perfonne plus éloignée étoit pofitive, j’ai fufpcndu à une certaine hauteur deux boules de liege , précifcment au-deffus de l’intervalle qui fe ^ trou voit entre nos mains B Sa F, comme on le
- 'g-14- vo;t repréfenté dans la figure. Les boules de cet cleciromctre ainfi fitué Sa plongé dans l’atmofphe-
- p.86 - vue 91/262
-
-
-
- ns l'Electricité. 87
- rc électrique du grand conducteur éleétrifé P C, divergeoient, quand ce conducteur étoit chargé.
- § 255. Pendant qu’il recevoit fa charge d’E-leétricité, j’ai avancé ma main B jufqu’au con-taét avec la main F de l’autre perfonncj mais avant que la décharge du grand conducteur P C pût avoir lieu , j’ai quitté cette main F, afin de connoître, par le moyen des boules électrométriques S, l’efpeee d’EleCtricité dont j’étois chargé.
- En approchant alternativement chacune de mes mains A & B , vers la partie inférieure des boules élcétrométriques S, ces boules furent repouffées chaque fois, & leur divergence devint moindre : ce qui prouva que mon corps étoit eleCtrifé en moins, puifque mon Electricité ten-doit à contrequarrer celle du grand conducteur éleCtrifé en plus comme à l'ordinaire.
- § 256. Mais au contraire, quand l’autre per-fonne approchoit l’une ou l’autre de fes mains F ou (?, vers la partie inférieure des boules éleCtrométriques 5, ces boules étoient attirées, & leur divergence augmentait $ ce qui me fit voir que cette perfonne étoit éleCtrilee en plus , conformement à ma première expérience.
- EXPÉRIENCE XXXI.
- S 257. 8 ./expérience fuivante fut difpofée de façon que nous nous tînmes debout fur le plancher, au lieu de nous mettre, comme auparavant , fur les efeabeaux ifolés ; chacun de nous, relpectivement l’un à l’autre, demeu-
- p.87 - vue 92/262
-
-
-
- S3
- Principes
- rant, comme dans l’expérience 29e, § 249, dans la môme pofitiot 1, & eux mêmes diftances rej-peclives du grand conducteur P C.
- § 258. La feule différence que je remarquai entre cette expérience & la 29.' fut que l’étincelle retournante qui paffa entre nos mains B & F, au moment de la décharge fuhite du grand conducteur , étoit moins forte que dans le cas précédent. En voici la raii'on :
- Une partie de l’Eleéiricité avoit été chaffée de mon corps pour rentrer dans celui de l’autre perfonne ; & une autre partie avoit été forcée de même d’entrer dans la terre au travers du plancher , pareeque je n’étois pas ifolé comme dans l’autre cas. Conféqucmment, au retour j'uhit de l’EIeéhieité , il paffa entre ma main & celle de l’autre perfonne une moindre quantité du fluide éleétrique que dans l’expérience 29me.
- L’étincelle produite par le retour fuhit d’E-leéiricité étoit conféqucmment moins forte dans ces dernieres circonftanccs, qu'auparavant.
- EXPÉRIENCE XXXII.
- i»N ous nous fommes placés enfuite fur nos efeabeaux ifolés relpectifs E & K dans la même pofition où nous avions été dans la 29.mc expérience, § 249 ; avec cette feule différence que l’autre perfonne tenoit dans fa main la plus éloignée une pièce de fil-d’archal d’acier com-mun ( repréfenté par G T dans la figure ) qui
- p.88 - vue 93/262
-
-
-
- avoît environ dix pouces de longueur, & une pointe très-aigue à fon extrémité T.
- § 260. Pendant le cours de l’expérience, le coup retournant étoit, en quelque façon , plus piquant que dans la 29.me où le fil de métal pointé GT n’avoit pas été employé. En voici la raifon :
- § 261. Pendant que le grand conducteur PC fe chargeoit d’EleCtricité pojitive, la perfonne la plus proche AB D, ( comme nous l’avons vu ci-devant §254, & § 255) devenoit négative à mefure ; & par conféquent la perfonne la plus éloignée F GH devenoit pojitive. Donc la charge pojitive de la perfonne la plus éloignée FGH avoit produit dans fon corps un plus grand dégré de réjiftance à l’entrée du fluide électrique, que s’il avoit été inéleclrifé.
- La perfonne la plus proche AB D ne pouvoir donc tranfmettre au corps de la perfonne la plus éloignée autant d’EleCtricité qu’elle en auroit fait pafler , fi celle-ci avoit été inéleclrifée , ou l’a voit été moins fortement éleclrifée en plus s c’eft-à-dire, que cette quantité d’EleCtricité auroit été plus grande, fi le fluide électrique du corps de la perfonne la plus éloignée avoit op-poi’é moins de réjijlance à l’entrée de. l’Electricité tendante à quitter le corps de la perfon-ne la plus proche AB D.
- § 262. Ainfi au moyen de ce que la perfonne la plus éloignée portoit en avant dans fa main gauche une pointe de métal aigue & Taillante G T , il en réfutant néceffairemcnt qu’une partie de fon Electricité furahondante s'écoutait par cette pointe, félon ce qui a été dit ci-devant S 34 s § 35 §36-
- p.89 - vue 94/262
-
-
-
- g0 Principes
- C’cft-à-dirc, que la diminution du fluide électrique, dans le corps de la Perfonnc la plus éloignée , provenoit de la pointe jàillante T dont elle s’étoit emparée.
- § 263. Par conféquent, lorfquc la perfonne la plus éloignée portoit en avant la pointe de métal [aillante G T dans fa main G , fon corps oppol’oit moins de réfiftance à Ventrée du fluide électrique du corps de l’autre perfonne, qu'avant qu’elle s’armât de cette pointe métallique.
- Telle cft la caufe pour laquelle la perfonne la plus proche ABD devenoit plus négative encore qu’auparavant.
- § 264. Ainli l’étincelle retournante qui, au moment de la décharge fubite du grand conducteur , pafla de la main de la perfonne la plus éloignée à celle de la perfonne la plus proche , & lui caufa en quelque forte une fenfation plus vive que dans l’expérience 29.mc (§249), reçut une nouvelle force de cette augmentation d’état négatif dans la perfonne la plus proche.
- EXPÉRIENCE XXXIII.
- fig-H- § 265. J e demeurai enfuitc fur mon efeabeau ilolant E, & l’autre perfonne fe pofa fur le plancher. Le coup retournant entre nous fut alors encore plus fort qu’auparavant. En voici la raifon :
- § 266. L’autre perfonne n’étant plus ifolée tranfmettoit librement à la terre une partie de fon Electricité furahondante : par conféquent je devenois de cette façon plus négatif encore qu’auparavant.
- p.90 - vue 95/262
-
-
-
- 9i
- Ainfi YEleclricité qui avoit paflc de mon corps au corps de l’autre perforine, & enfuite à la terre parle corps de cette autre perfonne, retourna fubitement contre moi de fa main F à ma main B, à l’inftant que la décharge du grand conducteur eut lieu fur la boule L. Telle eft la caufe pour laquelle le coup retournant fut plus fort que dans l’expérience précédente.
- EXPÉRIENCE XXXIV.
- S 267. Cette nouvelle expérience demandoit que je fufle encore placé fur l’efcabcau ifolé E, tandis que l’autre perfonne fe tiendroit fur un ruban de plomb QR, étendu le long du plancher , & qui communiquoit avec la terre. Le coup retournant n’avoit jamais été fi fort dans aucune des expériences .précédentes.
- § a68. Cela provenoit de ce que , par cette communication métallique, le fluide éleétrique du corps de la perfonne la plus éloignée avoit eu la faculté de la quitter bien plus facilement que lors qu’elle fe tenoit Amplement fur le plancher , & de ce que le fluide éleétrique de mon corps étoit de même capable de me quitter avec plus de facilité. L’Electricité expulfée retourna donc fubitement & néceflaircment à mon corps en plus grande quantité, & avec plus de force qu’auparavant
- p.91 - vue 96/262
-
-
-
- ÿt P une ' r
- EXPÉRIENCE XXXV.
- § 269. J’ai alors fait l’expérience du coup retour-nant, fans que perfonne fe trouvât près de moi. Je me fuis placé fur le plancher, comme dans les expériences précédentes , un peu au dehors de la diftan.ee explojtve du grand conducteur.
- Fig. 14. § 270. Pendant qu’il prenoit fa charge, j’ai
- préfenté d’affez près la plus éloigné de mes deux mains à l’extrémité fupérieure M d’une cfpecc de guéridon de métal M N, communiquant avec la terre par le moyen de la lame ou ruban de plomb Q R.
- §271. Quand la décharge du grand conducteur eut lieu fur la boule L , j’ai fend d’une maniéré très-vive l'étincelle retournante entre la plus éloignée de mes mains & l’extrémité fupérieure du guéridon de métal. J’en ai donné la raifon dans les dernières expériences.
- EXPÉRIENCE XXXVI.
- § 272. J’ai répété cette expérience debout iiir un efeabeau ifolé ; & j’ai trouvé que la vivacité de l’étincelle retournante étoit augmentée. Cela provenoit évidemment de ce que le fluide éleétrique , forcé de s’écouler hors de mon corps pendant que le grand conducteur fe chargeoit, étoit retourné fubitement & conjointement par le guéridon de métal , au lieu de retourner par des voies différentes, comme dans la demiere expérience ; à Jçavoir, partie de guéridon autra-vers de ma main, parue de plancher au travers de mes pieds.
- p.92 - vue 97/262
-
-
-
- .ÊLE
- CITÉ.
- EXPÉRIENCE XXXVII.
- S 273. J’ai répété alors une expérience fem-blableàla 28.™' quant à fon principe; dans laquelle j’avois employé deux corps de métal égaux & pareils fitués à des distances égales du grand conducteur , de la maniéré fuivante.
- § 274. Je me fuis placé près du grand conducteur fur un efeabeau ifolé ; le plus proche de mes bras étant à la diftance de vingt pouces du corps chargé.
- L’autre perfonne fe mit dans une pofirion exactement femblable à la mienne, & à la mime diftance du grand conducteur. Elle étoit, comme moi, ifolée & debout fur fora efeabeau. La diftance entre nos deux corps étoit d’environ dou\c à quatorze pouces. Nous approchâmes enfuite, jufqu’au contact près , nos deux mains les plus éloignées.
- § 275. Dans ce cas, nous n’apercevions aucune étincelle, ni ne fendons aucun coup , quand la décharge fiubite du grand conducteur venoit d’avoir lieu fur la boule L.
- § 276. Cela provenoit vifiblement de ce que la preftion élaftico-électrique Jur-ajoutée, de l’atmofphere éleétrique du grand conduéteur agif-foit fur nous d’une maniéré abfolumcnt égale , puil'que fitués de même refpcctivement à ce corps chargé, nous en étions auffi à pareille diftance.
- Par conféqucnt, ce phénomène qui, comme je viens de le démontrer , ne doit fon exiftence qu’à tinégalité de l’aétion éleétrique, ne pouvoit certainement avoir lieu dans ces circonftances.
- p.93 - vue 98/262
-
-
-
- 94
- DIXIEME PARTIE.
- § î77. Comme j’ai fait un grand nombre d’expériences fcmblables , quant au principe , à celles ci-devant raportées , mais variées en plufieurs maniérés, j’en vais citer quelques-unes qui me paroilTent particulièrement intéreffantes & d’une plus grande importance.
- J’ai bientôt conçu qu’un des moyens les plus efficaces pour augmenter la force de ce que j’appelle le coup retournant, ou pour étendre la diftance à laquelle il peut avoir lieu de la part du corps chargé, étoit d’augmenter la furface des corps conducteurs placés dans l’atmofphere électrique du grand conduéleur électrifé.
- § 378. Parce que plus grande eft la furface, plus grande auffi doit être la quantité d'Eleclricité tranfmife de cette furface pendant le tems employé par le grand conducteur à recevoir fa charge pojîtive d’Electricité.
- Ainli la quantité d’Eleclricité, qui produit le coup rerournant, doit être proportionnellement plus grande.
- § 379. Et par cette raifon la force de ce coup doit de même être plus grande , toutes chofcs égales, ainfî que la diftance à laquelle on pourroit recevoir le coup de la part du corps chargé. Nous allons voir de quelle maniéré cette fuppofition a été vérifiée.
- p.94 - vue 99/262
-
-
-
- de l’Electricité. 95
- EXPÉRIENCE XXXVIII.
- § 280. Dans cette expérience & les fuivantes , j’ai employé le même grand conducteur mentionné § 76 ,& § 249 ; & la diflance explofive contre la boule de cuivre L de quatre pouces de diamètre, unie par le moyen d’une communica-Jîg. tion métallique avec la terre , étoit généralement parlant de dix-fept pouces.
- § 281. J’ai placé, à la diftance de fix pieds du grand condudeur PC, un corps cylindrique, ifolé IQ, qui avoit environ quatre pieds quatre pouces de longueur , &fcpt pouces de diamètre ,
- & dont le dehors étoit étamé de feuilles d’étain.
- § 282. Enfuite, j’ai placé en plein contacl avec ce corps IQ, un autre corps cylindrique, ifolé Or, comme on le voit repréfenté dans laflj-it figure. Ce corps O T étoit de cuivre, ayant environ quarante pouces de longueur, & trois pouces trois quarts de diamètre.
- § 283. Les deux corps I Q & O T étoient partout unis fans tranchans ou pointes d’aucune eipece.
- § 284. Enfin , je me fuis mis dans la pofidon défignée par ABD (fig. 15 ) fur un efeabeau ifolé E, étendant ma main droite A de façon quelle touchoit très-légerement le corps métallique O T.
- §285. Une autre perfonne repréfentée dans la même figure par F G H, étoit aufiï placée fur un efeabeau ifolé K, étendant le plus qu’il étoit poi-fible, fa main droite F vers ma main gauche B
- p.95 - vue 100/262
-
-
-
- Principes
- 96
- B fans qu’elle fût tout-à-fait 'en contact. Cette pcrl'onne étcndoit eni'uite fa main gauche Gjuf-qu’à ce qu’elle touchât très-legerement l’extrémité fupérieurc R d’un guéridon métallique R K, communiquant avec la terre, par le moyen d’une lame ou bande de plomb X X.
- § 186. Quand le grand conducteur P C ve-noit à décharger iubitement & cxplofivcment fon ElcCtricitéfurabondante contre la boule L , nous fentions tous deux à la fois le coup retournant ; & quand nous le recevions au bout de nos doigts, il étoit plus l'enfiblc encore.
- § 287. Nous avons vu ci-devant § a8o, & § a8i, que la difiance explofive du grand conducteur P C contre la boule L étoit d’environ dix-J'eptpouces ; & que le plus proche de deux corps ifolés IQ & O T étoit à la diftance de Jlx pieds de ce conducteur.
- D’après cela, je crois que perfonne ne s’avi-fera de nier que les corps I Q & O T étoient fuffifamment au dehors de la difiance explofive pour que la charge éleCtrique du dit conducteur ne fi divijat en aucune maniéré , & fuivît des routes differentes à l’inftant de l’explofion , comme on auroit pu l’imaginer, fi , dans cette expérience, le corps IQ&l O T euffent été placés un peu au-delà, de la difiance explofive du grand conducteur.
- Au refte, tout ce que nous avons dit dans les feCtions précédentes cft plus que iuffifantpour fatisfaire fur ce point un Lecteur attentif.
- EXPÉ-
- p.96 - vue 101/262
-
-
-
- 9?
- EXPÉRIENCE XXXIX.
- § 288. Ensuite j’ai réduit à cinq pieds , & lucccffivement à quatre, à trois ù demi, & enfin à trois pieds la dijiance des corps IÇ) &t O T au grand conduéteur.
- § 289. Pendant qu’il recevoir fa charge d’E-ledtricité, nous fen rîmes le fluide électrique palier continuellement ( après avoir été forcé de for-tir des corps I Q & O T ) de ma main B à celle de l’autre perfonne F, fous la forme de petites étincelles.
- § 290. La vivacité du départ de ces étincelles , & la force du coup retournant augmentoient toujours en raifon inverfe de la diflance : de ces deux corps au grand conducteur.
- §291. La raifon en étoit qu’à mefurc que les corps IQ Sx. O T s’approchoient du grand conducteur , ils devenoient de plus en plus négatifs par la prejfion élaftico-électrique fur-ajoutée de l’atmofphcrc pofitive du dit conducteur.
- La quantité du fluide éleéti'ique expulfé des corps l Q & OT, pendant que le grand con-duéteur en prenoit fa charge, fut par confé-quent augmentée : c’eft là ce qui augmentoit en même tems la force du départ des étincelles.
- D’où il fuit que la force du coup retournant proportionnée à la fomme des étincelles étoit néceffairement augmentée de même.
- § 292. Le temps avoit toujours été fcc pendant le cours de ces expériences ;& j’ai obfervé
- p.97 - vue 102/262
-
-
-
- ç8 PtllNCI J? BS
- que la diftance explofive du grand conducteur PC fur la boule L n’avoit jamais reçu la moindre diminution, parce que :
- i°. Les corps I Q&c O T étoicjit entièrement unis & fans pointes ( voye{ § 283 ).
- a0. Leur communication avec la terre ( au travers de nos corps ) & le guéridon de métal, &c. étoit imparfaite.
- § 293. Voilà donc une autre preuve que l’eftet que j’appelle coup retournant, n’a été oc-calionné en aucune maniéré par la divifion de la charge électrique du grand conducteur , à l’inftant de l’explofion.
- EXPÉRIENCE XL.
- 5 294- J\_LORs j’ai diminué la diftance entre les corps IQ , O P, & le grand conducteur PC, d’abord depuis trois pieds jufqu’à deux
- 6 demi ; enfuite depuis deux pieds jufqu’à vingt pouces, & finalement jufqu’à dix-huit.
- § 295. La force du coup retournant s’augmen-toit confidérablement par l’approche des deux corps au grand conducteur. Mais la diftance explofive du grand conducteur P C diminua un peu, en rapprochant ces deux corps I Q & O T auffi près que je le faifois du grand conducteur.
- § 296. Cela ne provenoit pas de la divifion de la charge électrique du grand conducteur au tems de l’explofion, mais i'eulcment de ce que la force de la prefiion élaftico-électrique de l’at-mofphcrepofitive du grand conducteur fuffifoit t
- p.98 - vue 103/262
-
-
-
- de l’Electricité- 99
- dans ces circonftances, pour caufer une décharge électrique injenjihle dans un certain dégré, de la part du grand conducteur, au travers des corps J Q & Or, pendant qu’il recevoit fa charge d’Electricité ; parce que mon corps AB D » celui de l’autre perfonne F GH, le guéridon métallique J? K, & la bande ou lame de plomb X X formoicnt enfemble une cfpecc de communication ( <\xxo\<\\i'imparfaite ) entre les corps IQ, Or & la terre ; puifque les intervalles entre A , F & R. ctoient extrêmement petits.
- EXPÉRIENCE XLI.
- § 29?. T j a diftance entre le grand conducteur & le plus proche des deux corps ifolés IQ & O T, étant de vingt pouces ; c’cft-à-dire , de trois pouces feulement de plus que la diftance ex-ploftve du grand conducteur P G fur la boule L qui, comme nous l’avons vu § 280 , n’étoit que de dix-feptpouces ; je ne pus m’appcrcevoir d’aucune diminution fenfible dans cette dcrnicre dip tance parce que l’air de la chambre n’étoit charge d’aucune humidité ; parce que je n’approchai pas ma main A jufqu’au contaét avec le corps OT;& que l’autre perfonne iftolée F G H, au-lieu de toucher légèrement le guéridon métallique R F", comme la figure le repréfente à G avoit l’attention de tenir fa main gauche dans la pofition délignéc à M par les lignes ponc-uées ; en un mot parce que nos deux corps AD B & F H G ne formoicnt pas même une
- p.99 - vue 104/262
-
-
-
- Principes
- îoo
- communication imparfaite entre les corps IQ, O T & la terre.
- § 298. Le coup retournant néanmoins eut lieu dans ce cas, quoique avec moins de force , par des caufcs de même nature que celles ci-devant expliquées, § 266, & § 268.
- § 299. L'effet que j’appelle coup retournant ayant en lieu dans ces circonftances, étoit une preuve évidente que cet effet ne pouvoit en aucune maniéré avoir été caufé par la divifion de la décharge électrique du grand conducteur , au tems de l’cxplofion.
- EXPÉRIENCE XLII.
- S ô°°- Pendant que l'autre perfonne, par le contact de la main G avec le guéridon métallique R V -, formoit une communication avec la terre , j’ai placé la boule métallique L, à la diftance de treize pouces & demi de la boule C , du grand conducteur PC, pour en aprocher tellement les corps IQ & O T qu’ils ne fuflent que très-peu éloignés de la diftance explolive. de ce corps chargé.
- § 301. Enfuitc, j’ai diminué la diftance de ces deux corps ail grand conducteur , en la portant de dix-huit jufqu’à fei\e pouces, après jufqu’à quim^e, & en dernier lieu jufqu’à quatorze.
- § 30a. Pendant tout le tems que le conducteur rcccvoit la charge d’Electricité, nous fenvtmes un très-grand nombre d’étincelles piquantes qui paffoient continuellement de ma main B, à la main F de l’autre perfonne.
- p.100 - vue 105/262
-
-
-
- t>el’Electricité. ioi
- A mefure que nous approchâmes nos mains, ces étincelles dcvcnoicnt plus petites & moins piquantes. Elles prenoient inicnliblcmcnt, par une fucceffion de plus en plus rapide , la forme d’un courant continuel de feu électrique.
- Au contraire, quand nous écartâmes nos mains d’environ un demi pouce l’une de l’autre ( éloignement auquel les étincelles pouvoient nous atteindre, la diftance du corps le plus proche IQ au grand conducteur étant de quartorze pouces) ces étincelles commcnçoicnt à devenir trop piquantes & trop doulourcufes pour qu’il fût polfiblc d’en fouffrir une fuite confidérablc, particulièrement quand nous les recevions aux bouts des doigts.
- § 303. Quand le grand conducteur P C vint fubitement à fc décharger avec explojlon de fon éleClricité furabondante contre la boule L , alors le fluide électrique , chajfé des corps métalliques I Q & O T pour entrer dans la terre ( au travers de nos corps A D B Sx F H G, du guéridon métallique R F, & de la bande ou lame de plomb F.Y), retourna fubitement par les mêmes conducteurs à la place qu’il occupoit auparavant, en affranchiffant tous les petits intervalles qu’il trouvoit dans la ligne de communication.
- § 304. Il en réfulte que non -feulement nous fentîmes tous deux dans nos mains un coup électrique très-fort qui traverfa nos bras & nos poitrines, mais que cette commotion fut fi violente que je ne l'aurais la comparer qu’à lafen-fation finguliere qu’on éprouve quand la bou-
- p.101 - vue 106/262
-
-
-
- joi Principes
- teille de Leyde fortement éleclrifée fe décharge
- fubitement au travers du corps.
- § 305. J’ai répété & varié cette expérience à diverles reprifes, tantôt avec une feule, ou avec deux perfonnes ifolées ou fe tenant fur le plancher ; tantôt avec la perfonue la plus proche ifoléc, & la plus éloignée non-ifolée ; tantôt avec la perfonne la plus éloignée ifolée, & la plus proche fur le plancher ; tantôt enfin avec une feule ou avec les deux tenant une ou plu-ficurs boules de métal, une ou plufieurs pointes métalliques, dans une feule , ou dans les deux mains, &c. &c. &c.
- Les effets ont toujours été confidérables ; mais ils différoient en force, à-peu-près au même dégré que dans les expériences ci-devant rapportées.
- EXPÉRIENCE XLIII.
- § 306. "\Joici ce qui m’a femblé le plus digne d’attention dans toutes les expériences que j’ai faites fur le coup retournant :
- Pendant que je tenois dans ma main la plus éloignée B une pointe de métal aigue, & que l’autre perfonne avoit dans fa main la plus proche F une autre pointe pareille, une étincelle retournante , longue d’un pouce & demi, & très-aigue éclata entre les deux pointes.
- Nous avons expliqué déjà de la manière la plus fatisfaifante, depuis la § 238 jufqu’à la § 243 inclufivement, pour quelle raifon une étincelle de cette efpece étoit capable de paffer d’une pointe aigue à une autre.
- p.102 - vue 107/262
-
-
-
- ne. l'Electricité. 103
- § 3°7- Voici le moyen le plus efficace que j’ai trouvé de produire avec l’apparat précédent, & les deux conducteurs ifolés I Q & O T un. choc retournant bien fort :
- i°. Je plaçois les corps IQ & O T dans la partie l,i plus denfe de cette portion de Yatmof-phere électrique du grand conducteur, où ils fe trouvoient hors de fa portée de façon qu’il n’étoit plus en état de fuppléer à leur defaut d’EleCtricité, en leur communiquant une partie de la fienne; c’eft-à-dire, qu’ils étoient.placés très-peu en dehors delà diftance (a) explofivt du grand conducteur.
- a0. Quand je faifois l’expérience feul, ou quand je la faifois avec un autre , j’avois foin de nous placer chacun dans une Jîtuation ifolée.
- 3® Je formois une communication métallique parfaite entre le guéridon de métal RV & la terre.
- 40. Au contraire , en empêchart toute ef-pecc de contact étroit aux trois endroits marqués par A, F, R, j’avois foin que la communication entre les corps / Q , O T, & le guéridon de métal fût imparfaite.
- § 308. Le fuccès de l’expérience dépend de ces conditions ; & quand on les obferve, le choc retournant ne manque jamais d’être extrêmement fort & piquant.
- Il m’a même femblé beaucoup plus piquant encore que le choc principal partant immédiatement du grand conducteur P C contre la bou-
- ta) Dans le cas préfent, cette diftance écoit de quatorp toutes- Voyez § 500, fie §501.
- Giv
- p.103 - vue 108/262
-
-
-
- Principes
- 104
- le L ; quoique peut-être il fût moins plein avec l’affortiment (a) ci-devant mentionné.
- C’cft donc une nouvelle preuve incontcfta-ble que Peffet du choc retournant n’avoit été caufé , en aucune maniéré, par la divijlon du choc principal au tems de l’explolion ; puisque nulle effet ne peut être plus grand que la caufe par laquelle il eft immédiatement produit.
- § 309. Afin de pouvoir bien évaluer la force du piquant comparatif de ces deux eipeces de chocs, j’ai aum reçu à différentes reprifes, le choc principal en faifant partie de la communication conduélrice entre la boule métallique Z, & la malfc commune d’Elcéfricité avec mes deux bras & mon corps.
- § 310. En faifant l’expérience du choc retournant de la maniéré décrite § 307 , il a été toujours extrêmement fcnfible ; de façon que l’ayant pris une matinée huit ou dix fois, fans avoir pris de toute la journée le choc principal, j’ai lenti à la poitrine un dégré confidérablc de douleur le refte du jour, & une fenfation déf-agréablc aux bras & aux poignets tout le lendemain encore.
- ( * ) Dans une expérience femblable faire avec un autre aflortiment, le choc retournant a été conGdérablement renforcé, quoique le choc principal fût aifoibli, comme nous le dirons ci-après.
- p.104 - vue 109/262
-
-
-
- db l’ Electricité. 105
- ONZIEME PARTIE.
- §311. No- ferons maintenant l'application des expériences précédentes aux diliércns cas qui furvicnnent dans le cours de l'Eleclriciti naturelle.
- Suppofons, au lieu d’un grand conducteur Fig. 16. éleétriic, un nuage atmosphérique ABC chargé d’Electricité. Suppofons auffi des personnes ii'o-lées ou non-ifoîées, placées les unes à côté des autres ou près de quelque corps ou de corps conducteurs de toute efpece ; pourvu qu’ils ne foient pas des conduSeurs intimément unis avec la terre , & pointus à leur extrémité fupéricure , exception, dont je donnerai la rail’on ci-après.
- Alors fi cesperfbnnes le trouvent furinvefiies de l’atmofphere électrique d’un - nuage chargé de tonnerre , elles feront expolees à recevoir l’efpece de choc électrique que je nomme choc retournant. J’ajoute que fi ces perl’onnes font Jurinveflies, jujqu’â un certain dégré, de cette atmosphère , elles peuvent, dans les mêmes cir-conftances , recevoir un choc très - /or/ , être bleffées, ou périr à l’inftant où la nuée fe décharge avec explofion de fon Electricité ; foit que le tonnerre éclate très-près du /orr loin de l'endroit même où ces perfonnes font placées, ou bien que le nuage foit pojitivetnent ou négativement éleétrifé. De façon qu’une perfonne, par exemple, placée fur la furfacc de la terre à F,
- p.105 - vue 110/262
-
-
-
- V R I N C I P SS
- io 6
- & furinvefiie , jufqu’à un certain dégré, de Vat-mofphere électrique du nuage ABC pourroit recevoir un choc en retour très-violent ; même dans la fuppofition que Vexplofion principale qui produit le choc retournant, éclatât à l’extrémité la plus éloignée C de ce nuage porteur du tonnerre.
- § 31a. Voici quelle fera ma réponfe fi l’on me demande à quelle dijlance de l’endroit où le tonnerre éclate une perfonne pourroit être blcflce ou même tuée par cet effet électrique que je nomme choc retournant:
- Telle éloignée que foit une nuée {a")porte-tonnerre individuelle, toute pofitive ou toute négative , qui exerce une forte preffton élaftico-élec-trique de tel côté qu’on voudra de l’endroit oà le tonnerre tombe, il cft très-poffible qu’une per-i'onne puifle être blefféc ou même tuée à l’inf* tant de Fexplofion quoiqu’éloignée, les circon-ftances précédemment expliquées fe trouvant réunies.
- Ainfi ce concours d’effets très-funeftes peut être produit par le choc électrique retournant , à une auffi grande diftance, pour le moins , de l'endroit ou le tonnerre éclate, que celle où peut
- Je m’explique. Une nuée porte-tonnerre individucll* 11 cft pas, félon moi,_ unaffemblage de nuées quelconques, mais une nuée chargée partout de la meme efpece d’Eleétricité ; de telle maniéré qu’une décharge fortant d’une partie quelconque de cette nuée feroit capable, à-peu-pres, dans un degré proportionel à fa force, de la défelearifcr jufqu’à fes extrémités les plus éloignées.
- Je ne dirai pas néanmoins que le choc retournant n’eft jamais produit par une explofion (ortie d’un affemblagc de nuées différentes; puifque cet effet doit néceffiürement avoir lien dans certains cas.
- p.106 - vue 111/262
-
-
-
- de l’ Electricité. io?
- s’étendre de tous côtes une nuée individuelle quelconque pofitive ou négative d’où provient l’explofion principale.
- Mais il cft évident que les fufdites circonftan-ces ne peuvent exifier fi le nuage eft trop élevé au-deffus de la furface de la terre à l’inftaut de l’explofion.
- § 313. Que la diftance entre la perfonne fup-poi'ée dans de telles circonftances, & l’endroit où le tonnerre éclate, foit de cinquante ou foixante verges ; ou qu’elle foit d'un, de deux, de trois milles & même plus, la vérité de la proposition generale que je viens d’établir n’en fera nullement altérée. Je n’imagine pas qu’il relie le moindre doute fur les funeftes effets produits , par cette efpece de choc électrique en retour, à des distances très-éloignées de l’endroit où le tonnerre éclate.
- § 314. Une autre conféquence ni moins fin-guliere, ni moins cffcntiellc que la précédente doit néceffairemcnt réfulter des mêmes principes. La voici :
- Une explofion eft capable de produire, à une diftance très-confidérable , dans un autre endroit que celui où elle arrive, un choc fuhit en retour, affez fort pour bleffcr ou même pour écrafer des perfonnes ou des animaux placé* au fécond endroit, tandis que d’autres perfonnes ou d’autres animaux placés à un troifieme endroit fitué entre le premier où le tonnerre éclate,
- & le fécond où le choc en retour fe fait fentir » n’en reçoivent aucun mal.
- § 315. Suppofons en effet qu’un nuage très-fï^-*
- p.107 - vue 112/262
-
-
-
- io8 Principes
- étendu ABC, chargé d’Electricité, foit élevé de façon que l’endroit D fur la iurface de la terre le trouve hors ou très-peu en dedans de la partie fenfible de Yatrnojphere électrique du nuage : fuppofons encore que l’extrémité C de ce nuage étendu & chargé foit affez près d’un corps quelconque E, fur la furface de la terre, pour fc décharger Jubitement de Ion Electricité contre ce corps, pendant que l’autre extrémité A du même nuage eft prolongée vers la terre à l’endroit F; de maniéré que des per-fonnes ou des animaux placés à cet endroit F, foient très-peu en dehors de la diftance explo-Jîve du nuage. Alors un homme ou un animal à F pourroit être bleffé ou même écrafé , comme nous l’avons déjà dit, par le choc en retour, à l’inftant où le nuage fe déchargeroit de fon Electricité avec explojîon à l’autre extrémité C.
- § 316. Mais il eft en même teins de la plus grande évidence qu’aucune perfonne ou aucun animal place à D fur la furface de la terre ne recevra pas le moindre mal de cette explofion , quoique l’endroit D fe trouve immédiatement entre l’endroit E où le tonnerre éclate, & l’endroit F où l’explofion électrique occafionnc le choc en retour. Il ne recevra, dis-je, aucun mal parce que , félon notre hypothefe de la § précédente , l'endroit D eft hors ou très-peu en dedans de la partie fenfible de Yatmofphere électrique du nuage chargé.
- Par conléqucnt les perfonues ou les animaux fitués à l’endroit D, font hors de la diftance à laquelle il eft polfible de recevoir le coup di~
- p.108 - vue 113/262
-
-
-
- DE l’EleCT lit C I T É. IOÇ)
- rtcl du nuage, ou le choc en retour dangereux qui ne peut être produit que par une forte pref-fion é\a(tico-éle3rique de l'atraofphcre électrique préalablement Jurinveftie.
- § 317. Je prévois qu’on m’objeftera l’impof-fibilité de m’apuyer d’aucun fait bien authentique qui démontre clairement la deftrudïion de per-fonnes ou d’animaux par ce que j’appelle le choc retournant, à une diftance de deux ou trois milles de l’endroit où le tonnerre a pu éclater. Mais les raifons fuivantes vont ôter à cette ob-jeéiion ce qu’elle paroit prélent er de fpécieux.
- § 318. D’abord on doit conGdérer que pour qu’un homme qui n’approche pas de trop près d’un bâtiment ou de toute autre malle, foit écrafé par le choc en retour , une des conditions requifes eft qu'avant l’explojion principale, cet homme foit expofé à un grand degré de prejfion élaftico-électrique furinveftie par l'atmof phere électrique du nuage chargé d’où fort cette principale explofion. Il doit bien fe trouver à-peu-près fous quelque partie du nuage, puifque s’il n’y étoit pas, ou du moins s’il étoit confidérable-ment hors de la perpendiculaire, alors cette partie du nuage la plus voifine de l’homme feroit encore bien plus près de la terre que de lui. Mais c’eft précifément cette circonftancc qui diminue la force du choc en retour, parce que, comme je l’ai déjà prouvé, la denfitéélectrique des atmofphercs électriques eft en raifon inverfe des quarrés des diftances.
- § 319. Si donc il arrivoit qu’un homme fût écrafé par ce que j’appelle le choc en retour,
- p.109 - vue 114/262
-
-
-
- no PRINCIPES
- & qu’un Phyficien trouvât fon corps portant toutes les marques de la foudre, aflurcmcnt il ne lui viendroit jamais dans l’cfprit d’imaginer que l’homme ait été tué par le choc retournant dont on n’a encore aucune idée , plutôt que par un choc direct & immédiat d’une nuée électrique flottant alors dans l’air au-deflus de fa tête.
- § 320. Il imagineroit bien moins que cet homme loin d’avoir été frappé par une cxplo-fion élcétriqué arrivée près de lui n’auroit, au contraire, reçu la mort que par un effetfingulier de cette explofion produit à la dijlance peut-être d'un mille ou plus de Vendroit où. le tonnerre feroit tombé.
- §321. Ainfl jufqu’à préfent on a toujours regardé les hommes ou les animaux écrafés par le choc en retour, comme s’ils l’avoient été par un coup direct du tonnerre. Carileft évident que per-fonne ne pourrait attribuer cet effet à fa véritable caufi, puilque non-feulement la poflibilité de l’exiftence de cette caufe n’a jamais été démontrée , mais qu’on n’en avoit pas même encore conçu l’idée. L'ignorance d’une caufe quelconque inconnue jufqu’a ce jour ne doit donc pas, maintenant qu’elle ne l’eft plus, s’employer comme un argument contre fa réalité.
- § 322. La caufe de cet effet particulier d’une explofion éloignée fi funefte aux hommes & aux animaux étant pleinement démontrée, il dépendra de nous de l’appliquer à bien d’autres phénomènes électriques que nous n’étions pas en état de comprendre auparavant, & de déterminer la nature des différentes fortes d’accidents qui réfultcnt de l'Electricité naturelle.
- p.110 - vue 115/262
-
-
-
- D E L'Et E C T R 1 C I T É. 111
- Ç 323. Il eft fouvcnt arrivé, pendant de violons orages, que différentes perfonnes fort éloignées les unes des autres ont été frapées toutes enfemhle ( quoique fans être dangereufement bief-fées) au même iuftant qu’un nuage s’etoit déchargé fubitement de fon Eledlricité avec une grande explofion.
- § 324. Je penfe que cet effet eft toujours caufé par le choc électrique en retour. Car li ces perfonnes avoient été profondément enfoncées dans Vatmofphere électrique du nuage, avant que la décharge ait eu lieu, à l’approche de ce nuage fuppofé pojitif, elles auroient été rendues par degres négatives par la force croiffante de la prejjion élaftico-éleélrique furinveftie de l’atmof-phere éleéfrique du dit nuage.
- § 325. Ces perfonnes, à l’inftantde l’explo-fion, auroient donc reçu un choc très-fort par le retour fuhit de l’Eleftricité forcée, par degrés & peut-être infenfiblement, hors de leurs corps pour fe retirer dans la terre.
- Toute autre explication ne me paroit nullement fatisfaifantc , & me perfuade davantage que cet effet eft toujours produit par un coup électrique en retour.
- § 326. On ne manque pas d’exemples de perfonnes qui périffent par l’Eleélricité naturelle fans qu’on trouve le moindre trace de feu électrique fur aucune partie quelconque de leurs corps^ quoique leurs fouliers & leurs pieds aient été brûles.
- § 327. Ce phénomène s’explique fans peine par le moyen du coup en retour. Si un homme
- p.111 - vue 116/262
-
-
-
- P s s
- en étoit affez atteint pour en mourir, il n’y a point de doute que le feu électrique s’élance-roit dans ion corps à travers de l'es pieds ; ce qui n’arriveroit jamais, ii fa mort étoit cauiee par un coup direct avec exploiion foit pojitive , îoit négative.
- § 328. Des perfonnes éloignées de dou\e à quinze cent pieds de l’endroit où des animaux fe trouvent foudroyés , pourroient même obier-ver , en certains cas , que pendant tout le tems de l’orage l’intervale de L’éclair à fin rapport n’a jamais été moindre de fix Jecondes. Cela prouvera que Pexplofion & le coup diredt d’un nuage charge ne pouvoient avoir lieu à moins d’un mille de diftance de l’endroit où l’on voyoit les animaux morts. Il me femble qu’en pareilles circonftan-ces on peut prononcer hardiment que ces clfets font produits par cette cfpecc de coup électrique que j’apelle retournant, ou en retour.
- § 329. Une perfonne reçut un coup électrique en touchant par hazard avec la main un conducteur métallique élevé , rompu, au moment de l’explojion d’un nuage électrique éloigné. Ce fait cil arrivé à Vienne, & je m’enfuis alluré par des informations dignes de foi. On conjectura que l’explojion avoit eu lieu à la diftance d’un demi-mille ou plus de l’endroit où la personne fe trouvoit alors.
- § 330. Puifqu’elle fe fit à une diftance fi con-fidérable, ii cft certain que le conducteur n’a pas été frappé directement: il ne l’eft pas moins, lclon ce qui a été dit ci-devant, que l’effet ou le choc électrique qu’a reçu la dite perfonne doit néceflàire-
- p.112 - vue 117/262
-
-
-
- néccflaircment avoir étéoccafionné par le coup électrique en retour. Puifquc le conducteur n'avoit reçu aucun coup direâ ( a ) , il ne pouvoir avoir été cnui’é autrement.
- § 331. Plufieurs Phyficiens ont remarque, pendant qu’ils faifoient des obi'ervations fur l’Electricité des nuages par le moyen de leurs conducteurs métalliques expreffement rompus pour faire jouer des carillons, qu’une étincelle électrique forte & brillante éclatoit à l’endroit où le conducteur étoit rompu , quoiqu'il n'eût reçu aucun choc direct. Ce phénomène a été pleinement conftaté d’abord par l’infpeCtion de fa pointe aigue qui, loin d’avoir été fondue n’avoit pas môme été décolorée ; & en fécond lieu par une autre circonftance dont il fera parlé dans la fec-tion lui vante. Plufieurs Phyficiens , dis-jq, l’ont remarqué ; mais ils n’en ont pas pu rendre raijon.
- § 332. Ils ont encore obfervé non feulement que ce choc de feu éleCtrique qui paroit fur le conducteur à l’endroit rompu fe fait fentir pré-cifément au moment même où la décharge du nuage éleCtrique occalionne l’explofion éloignée , mais que l’intervalle de l’éclair au fon étoit une preuve évidente qu’elle s’étoit faite loin de l'endroit où ils fe trouvoient alors. Il me femble donc qu’aucun de mes LeCteurs, tout bien con-fidéré, ne pourra regarder autrement ce phénomène que comme l’effet du coup en retour.
- (_a) N .J). Le défaut de çomr
- ation dans le conduc-ritablc caufe du coup
- H
- p.113 - vue 118/262
-
-
-
- Principes
- 1X4
- ^ 333. Il fera maintenant très-aifé de conclure de ce qui précède, que j’ai raifon de dire que des perjonnes & des animaux peuvent périr , & différentes parties de bàtimens être con-fidérablcment endommagées par ce choc en retour que caufe l’explofion éloignée du nuage élcétriquc ; c’cft-à-dirc, toutes les parties où le trouvent des fubftances conductrices avec une forte preffion élajlico-électrique furinveftie, & interrompues d’efpace en efpacc de façon que le feu électrique retournant, en franchiffant ces ef-paces intermédiaires , brile par fes chocs, & rcnvcri'e toutes les dites parties oppofées à fon palfage.
- § 334. Il réfulte même encore de tout ce qui précédé que fi un bâtiment étoit totalement couvert de cuivre ou de plomb communiquant avec la terre fans aucune interruption par le moyen des conducteurs métalliques, que néanmoins certaines parties pourraient être confidérablement endommagées par les effets très-étendus du choc en retour ; pourvu que d’autres parties conductrices de ce bâtiment ne communiquant pas avec la terre, par le moyen des conducteurs métalliques , fuffent fituées de façon qu’elles puffent recevoir de Vatmofphere électrique du nuage chargé un dégré confidérable de preffion élaftico-électrique , peu de tems avant que fon explofion ait lieu.
- § 335- C’eft de la même maniéré , & par des railons Semblables, que des perjonnes qui habitent une maifon entièrement couverte de plomb, & communiquant avec la terre par le moyen des
- p.114 - vue 119/262
-
-
-
- DE t'ElE CT lit CITÉ. 115
- conducteurs métalliques ont à redouter les funef-tes effets du choc électrique en retour, & ne font nullement en fureté pendant l’orage, quand la preffion élaftico - électrique JhrinveJlie eft très-forte. On ne peut douter néanmoins qu’elles ne foient bien moins expofées au danger que ceux qui demeurent dans une maifon ordinaire (a ).
- § 336. J’ofcrois même encore ajouter, par raport à l'étendue de l’influence du choc en retour, que des perfonnes placées fur des corps non-conducteurs, & parfaitement ijolées au milieu d’une grande chambre ne font pas entièrement à l’abri de fes effets, fi la preffion élaf-tico-éle&rique JhrinveJlie eft très-forte , pdurvu que les dites perfonnes ne foient ni ijolées fépa-rement, ni confidérablement éloignées de toute efpece de fubftance conductricé ijblée, ou non-ijolée. C’eft ce qui réfulte de mes expériences 16, 20, 24, 27,29, 32 & 41 ci-devant ra-portées.
- § 337- fens qu’il eft très-poflible qu’on me fafle cette objaélion : n quoique les effets du choc électrique en retour dont vous parlez puiffent avoir lieu jufqu’à certain degré, néanmoins ces effets ne feront jamais ajfe\ forts pour bleflèr ,
- (a) Une dame digne de foi, qui occupe 1 fidérable au nord de l’Angleterre, m’a ait a un violent orage plufieurs perfonnes frappé liant d’un feul coup éleéirique, dans diffère du château. Une d’elles futbleffée, une auti ques parties du bâtiment, quoique éloignées très, furent brifées & renverfées en meme t( façades. Cela confirme ce que l’auteur avan du choc en retour. ( Note du Traducteur )
- H5
- p.115 - vue 120/262
-
-
-
- Principes
- ïiG
- encore moins pour tuer des perfonnes & des animaux, ou endommager coniidérablement lei parties d’un bâtiment à une diftance très-éloignée de l’endroit où. le tonnerre éclate : particulièrement fi l’on obierve qu’il n’entre dans le corps d’un homme ou dans une partie déterminée d’un bâtiment qu’une bien petite quantité du fluide électrique qui par le dérangement de l’équilibre produit votre choc en retour. «
- § 338. Je remarquerai fur le premier point de cette objcûion que par la nature môme d’un choc éleclrique retournant, il eft certain que la grandeur de la diftance de l’endroit où le tonnerre éclate ne peut nullement diminuer fa force, quand le dégré de la preflion élaftico-éleélrique furinveftie eft donné, parce que l’écartement fübit de la preflion eft la caufe immédiate de ce choc.
- Puifque dans certaines circonftances, félon ce que nous avons dit § 31a , il pourroit avoir lieu pour le moins à une diftance aufli grande de l'endroit où le tonnerre éclate, que la nuée porte-tonnerre individuelle d’où procède Yexplo-jfion principale , pourroit s’étendre autour de cet endroit; & puifque ces fortes de nuées très-étendues font, dans de telles circonftances , plus puiflantes que les petites , il s’en fuit donc né-celfaircment que la diftance à laquelle le coup éleélrique retournant a lieu en certains cas , peut être vraiment très-confidérable ; j’ajoute que la force de ce choc ne fera nullement diminuée par la grandeur de cette diftance, pourvu que la preflion élaftico-cleftrique de l’atmofphere de cette nuée porte-tonnerre préalablementJurinvef-
- p.116 - vue 121/262
-
-
-
- DE L'ELE CTRI C XT É. 11?
- tie foit toujours auffi forte dans l'éloignement que dans la proximité de l'explojion principale d’où il procédé.
- § 339- Le fécond point de l’objeélion que je réfute reliera fans force comme le premier.
- Il n’cft pas vrai « que la quantité de fluide électrique contenue dans le corps d’une perfonne , ou dans une partie déterminée d’un bâtiment foit trop petite pour que l’effet qui dérive du dérangement de fon équilibre puilfe être très-confldé-rable. „ Car quoique ce foit une vérité confiante , que dans certaines circonllances , la force d’un choc en retour doit être effectivement augmentée , quand la furfacc conductrice à laquelle une atmofpherc électrique Jurinveftie vient d’être augmentée elle - même ( ainli qu’on peut s’en convaincre en conlidérant & comparant de nouveau les § 212 & feq. avec les § 204 & feq. & en comparant aulïi les expériences de la dixième Partie avec celles que nous venons de rapporter ) ; on ne pourra douter néanmoins en comparant de même l’expérience 39.“"-' avec la 38.me, la 40.mc avec la 39."’“ ; enfin la 42.m0 avec la 40.rae que la force du choc électrique en retour puilfe être effectivement augmentée en rendant plus confidérable la denjité électrique de l’atmojphere électrique furinveftie.
- § 340. Or il réfulte & de la nature même du choc éleélrique en retour, comme nous l’avons expliqué ci-devant de nos propofitions renfermées dans la troifieme Partie, que la force de ce choc augmentera (les autres circonllances étant les mêmes ) en raifon directe de la denjité
- p.117 - vue 122/262
-
-
-
- de Vélectricité foit en plus ou en moins, con-tenue dans i’atmofphere électrique furinveftie.
- C’cft-à-dire, que la force d’un choc éleCtrique en retour produit par un conducteur donné, d'un très-petit volume, en conféquence de l’écartement fubit de la prejfion élaftico-éleclrique de I’atmofphere éleCtrique d’un nuage porte-tonnerre , furinveftie en excédé autant proportion , (les autres circon (tances étant les mêmes ) la force du choc en retour produit par le fufdit conducteur donné, en conféquence de l’écartement fubit de la preflion élaftico-éleCtrique de I’atmofphere électrique furinveftie de ce grand conducteur donné, que la denfité électrique de l’at-mofphere électrique furinveftie, du iufdit nuage porte tonnerre excede la denfitè électrique de I’atmofphere éleCtrique furinveftie ou fur-ajoutée par le grand conducteur donné.
- § 341. Si le corps donné eft d’un volume modéré ou même d’un grand volume, la Raijon ci-deffus établie croîtra proportionnellement parce que , dans ces circonflances , une petite partie feulement de la furface de ce grand corps pour-roit être fortement furinveftie par Vatmofphere électrique d’un conducteur en premier, ou de ce qui s’appelle ordinairement le grand conducteur ; pendant qu’au contraire, l’étendue (a) & la
- (a) Il n’y a pas le moindre doute que la partie fenfiblede Vatmofphere ihariqat d’un nuage porte-tonnerre puiflàmmcnt chargé s’étend très-fouvent au-delà de plufieurs milles ; au lieu que la partie fenfible d’une atmofphere élechique d’un coq-duSeur en premier élcclrifé ne s’étend que àe quelques pieds.
- p.118 - vue 123/262
-
-
-
- force de la preflîon élcélrique de l’atmofphere électrique d’un nuage porte-tonnerre font immen-fes ; de façon que , dans des cas femblables , la force d’un choc élcétrique en retour augmentera mime dans une raifon plus grande que la denfité électrique de l’atmofphere éleétrique fur-i nveftie.
- § 34a. Nous ne devons pas pourtant imaginer qu’un corps quelconque, de telle efpece ou de telle grandeur qu’on le fuppofe, puiffe devenir ahfolument & complettemcnt négatif, ou ab-Jolument & complettemcnt pofuif ; mais feulement pojitif ou négatif comparativement. C’eft-à-dire , un corps pourra contenir moins ou plus que fa portion naturelle d’Eleélricité, mais au-cun corps ne peut être ni totalement privé de fon fluide éleÜrique , ni complettemcnt faturè d'Eleâricité par des moyens qui nous l'oient connus.
- § 343. Par conféquent, foit — partie de là portion naturelle de l’Elcélricité d'un corps donné quelconque , par exemple a, dénotant la quantité de l’Eleélricité en plus, ou la quantité en moins que ce corps fera capable d’acquérir en fe plongeant jufqu’à un dégré donné quelconque , dans une atmofphere éleélrique donnée quelconque d’un grand conducteur donné.
- § 344. Alors, fi le corps donné a eft immergé dans l’atmofphere éleélrique d’un nuage porteton-nerre quelconque, de laquelle la denfité électrique foit autant de fois n plus grande que la denfité électrique deVatmofphere électrique ci-devant H iv
- p.119 - vue 124/262
-
-
-
- mentionnée du grand conducteur donné , il eft évident que la quantité en plus, ou la quantité en moins d’Eleétricité que le corps a donné re-ccvroit de fon immerfion dans Vatmojphere électrique du nuage porte-tonnerre, feroit exprimée par une quantité pour le moins auffi grande que — parue de la portion naturelle de l’Electricité de ce même corps donné a. Je dis pour le moins auffi grande, parce qu’elle pourroit l’être davantage félon certains principes parfaitement femblables à ceux ci-devant pofés § 341 , & qu’elle ne peut jamais être moindre.
- C’eft-à-dirc, qu’elle s’exprimeroit pour le moins par un nombre autant de fois ZZ n plus grand que celui qui exprime la quantité en plus, ou la quantité en moins d’Eleétricité que le corps donné a recevroit en fe plongeant dans l’atmofphere électrique du grand conduéteur donné, dont il eft parlé dans la feétion précédente.
- § 345. Puifquela force d’un choc élcétrique retournant, dans un corps quelconque donné a, eft proportionelle à la quantité en plus, ou à la quantité en moins d’Eleétricité que ce corps acquéreroit par fon immerfion dans une atmosphère électrique quelconque ; il eft donc très-évident que tout choc en retour, produit par l’explo-fion du nuage porte-tonnerre , dont il eft parlé dans la feétion précédente doit pour le moins être comme n plus confidérahle que le choc en retour qu’une cxplofion du grand conducteur donné, pourrait produire dans de femblables circonstances.
- p.120 - vue 125/262
-
-
-
- de l'Electricité. ni
- § 346. Mais puifquc la denfité électrique de l’atmol'phere électrique d’un nuage porte-tonnerre eft fi imracnfc comparativement à la denfiié électrique de Patmofphcre éleétrique de tout conducteur en premier (a) chargé par le moyen d’un appareil électrique quelconque ; & puit'qu’un choc en retour, quand il a lieu par l’écartement fuhit même de la foihle prejjion élaftico-éleétri-que d’un conducteur en premier chargé, peut être très-forte, comme nous l’avons vu dans la Partie . précédente , il eft mathématiquement évident que quand un choc en retour vient d’être produit par l’écartement fuhit de la très-forte pref-fion élaftico-élcctrique d’une atmofphcre électrique d’un nuage porte-tonnerre puiffamment chargé , alors la force d’un pareil choc doit être énorme au fuprême dégré.
- § 34?. On ne fauroit donc plus douter rai-fonnablcmcnt que non-feulement des perfmnes & des animaux puiffent être tués, mais auffi que différentes parties des bâtimens puifient être con-fidérablement endommagées par de fi puiflans chocs éleétriques en retour , quand même on les éprouveroit à une très-grande difiance de réadmit oh le tonnerre éclate.
- Au contraire , il fera maintenant plus facile de comprendre comment de fi puijfans effets peuvent être produits par le choc électrique en
- (fl ) Les mots grand conduSe. employés ici comme fynonimi mimique immédiatement avec
- p.121 - vue 126/262
-
-
-
- xsft Principes
- retour, fi nous rapellons ce qui a été dit précédemment, tant par rapport à la force & au piquant de ce choc, que par rapport à l’exacte reJTemhlance qui le trouve entre la fenfation qu’il produit, & celle que caufe le choc fi terrible de la bouteille de Leyde.
- Au refte, quant à ce qui regarde ultérieurement tous ces différens effets, nous en parlerons bientôt d’une manière plus étendue.
- p.122 - vue 127/262
-
-
-
- de l*Electricité.
- DOUZIEME PARTIE.
- § 34^- O B 1ue je viens de dire fur la caufe des effets que produiront les exploitons électriques , même il de vafies défiances, doit indubitablement paroître étrange : mais peut-être on enant encore que des con-f fort élevés & très-pointus tontribuer à préferver de tous —-------------* quelconque en retour.
- tus doivent concourir à préferver des accidens produits par cescaufesélectriques naturelles, déjà
- rai l’utilité univerfeüe, & 1
- p.123 - vue 128/262
-
-
-
- NCI
- «4 P**
- P E S
- les ou les extrémités des conducteurs, arrondies ou majfives ne l’attirent pas. Je me flatte d’être bientôt en état de prouver que ce fentiment fur les pointes n’eft nullement fondé.
- § 351. Nous devons diftinguer ici deux cas différons. Le premier cft l’attraétion de la matière électrique du nuage porte-tonnerre vers des efpeces differentes de conducteurs métalliques ; & le fécond cft l’attraétion du corps mênie du nuage chargé, vers ces conducteurs refpeéiivemcnt.
- § 352. Par raport au premier cas, il fera facile de démontrer, que ni des pointes, ni des extrémités arrondies n’ont ftriélément parlant aucune efpece d’attraction quelconque.
- § 353. L’attraétion apparente qu’on croit voir dans des conducteurs Jaillans très-pointus provient uniquement du peu de réjîftance que cette forte de conduétcurs oppofent à l’entrée ou à la Jbrtie du fluide électrique, comme nous l’expliquerons clairement ci-après.
- § 354. Car, quand un nuage porte-tonnerre s’approche de la terre, fon atmofphere électrique pcfe fur tous les corps éloignés , & plus fortement encore fur les plus proches en rail’on de leur proximité, parce que la denfité de l’E-leétricité des atmofpheres élcéiriques eft toujours , comme je l’ai pleinement démontré, en raijon inverfe des quarrés de diftance.
- § 355- Si ces corps élevés & placés fur la furface de la terre font par leur nature de mauvais conducteurs d’Eleétricité, ou fi, quoique bons conduéteurs en eux-mêmes, ils font terminés de façon à réfifter fortement à l’entrée du fluide
- p.124 - vue 129/262
-
-
-
- uni.'Electricité. 125
- éleCtriquc , c’eft-à-dire, ou par des boules, ou par des extrémités arrondies, alors la foible pref-fion des bords de Patmofphcre électrique du nuage n’aura pas une force l'uffifante pour faire palier une partie fcnfible du fluide électrique le long des conducteurs de cette elpece, ou pour l’y faire entrer.
- § 356. Au contraire, fi quelqu’un de ces corps placé fur la furface de la terre efl un bon conducteur d’Electr'cité , qui finiflc à fon extrémité fupérieure en pointe métallique , faillante & aigue, alors la moindre prefiion de l’atmof-phere du nuage éleCtrique fera capable de faire paffer une certaine portion le long d’un conducteur de cette efpccc, dont l’extrémité n’eft dif pofée, ni par la forme, ni par la fubllance à rélifter au libre pajjage du fluide électrique.
- S 357- J’a' déjà fulfifamment expliqué § 42 , S 43 > & § 44 , les raifons pour lefquelles des pointes métalliques Jaillantes attachées à un conducteur éleCtrifé en moins, n’oppofent qu’une très-foib'e réjlftance à Ventrée du fluide électrique dans un conducteur auquel ces pointes font intimément unies. Je fuis aufiï entré dans d’alfez longs détails § 34 , § 35 , & § 36, fur les raifons pour lefquelles ces mêmes pointes lorf-qu’elles font attachées à un conducteur éleCtrifé en plus n’oppofent pareillement qu’une très-foible réjiftance à la fortie du fluide électrique hors du conducteur auquel elles font étroitement unies.
- § 358. J’ai démontré de même § •pi , &
- 5 182, que tout conducteur placé dans la partie
- p.125 - vue 130/262
-
-
-
- t&6
- P E S
- fenfible d’une atniofphcre électrique quelconque , chargée en plus ou en moins, eft nécef-faircment difpofé à fe charger au côté , ou à l’extrémité la plus proche du corps électrique produfleur de cette atmofpherc, d’une Electricité contraire à celle de l'atmofpherc éleflrique dans laquelle il eft plongé.
- § 359- Si par conféquentun conducteur élevé eft placé lur la furface de la terre , & s’il fe trouve dans la partie fenfible de l’atmofphere éleflrique d’un nuage porte-tonnerre pojitif, ce qui doit néceffairement arriver long-tems avant qu’il puifle être à la difiance explofive de ce nuage ; alors il eft évident que l’extrémité lu-périeure du dit conduftcur deviendra négative conformement à la loi établie § 358.
- § 360. Si donc l’extrémité fupérieurc de ce condufleur eft une pointe de métal faillante & aigue, cette pointe unie à un corps négatif n’op-pofera qu’une foible réfiftance à Centrée de l’É-leftricité Jiirinveftie de l’atmofphere éleflrique du nuage porte-tonnerre.
- § 361. De même, fi l’atmofphere éleflrique du nuage eft négative, Vextrémitéfupérieure du condufleur élevé deviendra pofitive, &la pointe de métal aigue & faillante qui le termine, n’op-pofera qu’une très-foible réfiftance à la fortie de L’Elcflricité de la rnajfe commune avec laquelle ce condufleur eft uni d’une maniéré convenable.
- § 362. Afin d’expliquer maintenant avec clarté de quelle maniéré un condufleur métallique agit fur le fluide éleflrique contenu dans l’atmofphere éleflrique Jurinveftie à Ion extrémité fu-
- p.126 - vue 131/262
-
-
-
- vxl’Élxctxicit £. lüf périeure, il faut d’abord obfcrvcr qu’une barre métallique eft un conducteur du fluide électrique , à-peu-près de môme qu’un tube eft un conducteur d’eau. La différence confifte dans les points fuivans.
- § 363. Quand l’eau coule dans un tube, clic pafle par fa cavité ; au lieu que c’eft une qualité du fluide électrique de pafler au travers de la fubftance d’un conducteur métallique. J’entends par ces mots au travers de la fubftance , qu’il paffe par les pores pkyflques & primitifs d’une, matière quelconque, qu’il faut diftinguer des pores méchaniques néceffaires à la con-ftruCtion des corps organiques ou méchaniques, & qui ne font que fecondaires. A cet égard , YElectricité rcflemble plutôt à la chaleur qui pénètre de même la fubftance des métaux.
- § 364. Ajoutons que quand Veau coule dans l'intérieur d’un tube , elle eft forcée de paffer par toute fa longueur, avant qu’aucune partie du fluide puifle en fortir à l’extrémité inférieure ; au lieu que le fluide électrique introduit à l’une des extrémités d’un conducteur métallique tend aufïïtôt & au même inftant à chaffer une quantité égale d’ElcCtricité par l’extrémité contraire, & vice - versa ; parce que tout conducteur contient en tout teins une certaine portion du fluide éleCtrique qui, étant mû à l’une des extrémités du conducteur , lui donne partout & au même inftant, un mouvement fenfiblc , conformément à la doCtrine du judicieux & célébré Docteur Franklin, développée dans fa
- p.127 - vue 132/262
-
-
-
- P R i N C l,P E S
- 128
- réponfc à/. A. Ecuyer de la nouvelle York (a).
- Une comparaifon fera mieux comprendre comment le fluide éleclrique agit dans ces fortes de cas.
- § 365. Suppofons un tube ouvert à fles deux extrémités, en même tems qu’il contient i'a quantité naturelle d’air. Il eft évident que, dans ce cas, fi l’on fait entrer de F air en dedans , ou fi l’on en chalTc une partie en dehors par l’une ou l’autre extrémité du tube , alors une quantité égale d'air en flortira ou s’en écoulera fienfi-blemcnt & au même inftant par l’extrémité contraire. De même , en tout tems , le fluide éleclrique s'écoulera d’un conducteur quelconque, ou il y pénétrera par une de fes extrémités communiquant avec la mafle commune d’EleCtricité, quand une partie de ce même fluide eft forcée ou d’y entrer ou d’en Jbrtir par l’extrémité contraire.
- § 366. En effet, rien ne reflemble plus à un tube ouvert à fes deux extrémités, qu’un conducteur convenablement uni avec la terre, & dont l’extrémité fupéricure eft Jaillante & aigue. Celui-ci tend inflexiblement & peu à peu à faire pafler à la terre la matière éleclrique de Fat* mofphere d’un nuage chargé quelconque ; & l’autre tend à lui rendre l’eau de pluie qui le pénétré à fon exrémité fupérieure, & dont il fe décharge.
- § 3II n’eft pas même polïiblc d’avoir une idée exacte de l’aCtion des conducteurs pointus lans
- (e) Voyez fes Œuvres philofophiqucs, pages 190 & 514
- p.128 - vue 133/262
-
-
-
- on l’Electricït à. 129
- fans les conlidérer comme des efpeccs de tubes qui laiflènt au fluide électrique une entrée facile par leur extrémité fupérieure pointue, à meibre que ce même fluide peut s’y porter par dégrés. Cette efpeco d’aétion peut être ou né* gative, ou pofitive.
- § 368. Il eft évident qu’un large conduit en forme de tube eft capable de iaifler paffer doucement & par dégrés, de l’eau de pluie qui le porte à fon extrémité fupérieure :
- i°. Parce que ce fluide peut y entrer facilement par l’ouverture fitperieure.
- a0. Parce que le fluide l’ayant pénétré peut s'écouler par l’ouverture inférieure aujfi vite qu’il y eft entré par l’ouverture fupérieure.
- § 369. Il arrive donc par des raifons auflï fimples, qu’un conducteur métallique bien élevé & pointu fc trouve en état de fe décharger four-dement & par dégré, de tout fluide éleétrique qui lui eft communiqué à fon extrémité fupérieure par l’atmofphere éleîlriquefurinveftie d’un nuage , ou de tout autre corps chargé.
- i°. Parce que le fluide éleétrique pour les rai-fons données ci-devant, § 4a. § 43, § 44, § 357., S 358, § 359, & § 360, eft capable d’entrer facilement à l’extrémité fupérieure du conducteur dont la pointe bien faillante ne peut oppofer qu’une réfiftance très-foible à l’entrée de l’Electricité de l’atmofphere électrique furinveftie (a).
- ( a ) Si l’atmojphere éleBrique du nuage eft négative, au lieu d’être pofitive, le rationnement aura la même force en employant ce qui a été dit dans les feétions 34,35. 3<5,557 f Î58» 359. 3«0- —
- p.129 - vue 134/262
-
-
-
- IJO PRINCIPES'
- i°. Parce que l’Eleélricité y étant line fois entrée cft de même capable d’en for tir par l’extrémité inférieure du conducteur aufli vîte qu’elle y peut pénétrer par l’extrémité fupérieure; cette partie inférieure étant toujours , félon la fup-pofition, convenablement unie avec la terre.
- § 370. S’il cft démontré maintenant qu’on auroit tort de dire que le lufdit tube ouvert à fon extrémité fupérieure attire ou détermine en quelque façon la pluie- des nuages pour la faire entrer dans fon intérieur, étant capable par fa ftruéturc d’en laifler pajfer librement autant qu’il en peut recevoir par fon extrémité fupérieure ; il ne feroit pas moins abfurde de dire qu’un conducteur métallique ( placé fur la furface de la terre ) dont l’extrémitc fupérieure eft pointue & bien Jaillante, attire ou détermine le feu électrique , ou la matière du tonnerre, à y entrer parce que de même il eft capable par fa nature de faire dériver librement autant de ce fluide électrique de l’atmofphere d’un nuage chargé furin-veftic qu’il en peut recevoir fucceffivcmcnt par fon extrémité fupérieure.
- § 371. Il eft bien vrai que le Docteur Franklin & plulieurs autres Phyficicns célébrés femblent attribuer aux pointes la vertu d'attirer le fluide électrique. Mais ce n’étoit qu’afin d’exprimer un effet connu par un terme fimple ; & toujours fans vouloir affirmer que cette, cfpece de décharge infenfible, au-travers les pointes, étoit caufée par une force attractive quelconque. De même MM. Maskclyne , & de l.aLandepourroient dire que le foleil fe leve ; mais perfonne un peu au
- p.130 - vue 135/262
-
-
-
- DE L’ELECTRICIT g. ISI
- fait de ce phénomène ne s’avifera de croire que ces grands Aftronomes imaginent que le fo-leil Je leva réellement & autrement qu’en apparence par la révolution diurne de la Terre.
- § 372. Je ne condamne pas cependant ceux qui pour être concis emploient l’expreffion de pointe attirante le fluide électrique ; mais j’en préfererois une moins équivoque. En effet „ ce que je viens de dire relativement à la nullité d’attraction dans des pointes métalliques , doit s’appliquer uniquement au fyftême de ces Phyficiens qui affirment inconfidérément que des pointes de métal aigues & Jaillantes , placées fur la furface de la terre, Sollicitent & attirent la matière éleclrique des nuages ; & qui de plus, en con-féquence de cette fauffe & très-abfurde hypothefe concluent contre tous les principes de la faine philofophie , que des conducteurs métalliques , élevés & pointus font dangereux pour les bâti-mens fur lefquels on les éleve.
- § 373. Afin de faire comprendre maintenant la différence effentielle qui le trouve entre un conduftcur métallique terminé en boule, & un condufteur à pointe aigue, élevée & Jaillante, l’on & l’autre communiquant également avec la mafie commune d’Elcélricité , il eft néceflàire de coiifidérer les conféquences qu’on peut déduire des principes ci-devant établis.
- §374. Nous avons vu §358,61 §359, que fi un nuage porte-tonnerre eft pojitif, l’extrémité Supérieure d’un conducteur plongée dans la partie ienfible de Yatmofphere électrique de ce nuage fera négative.
- IÜ
- p.131 - vue 136/262
-
-
-
- -i-a Principes
- § 375- Nous avons encore vu, § 39, § 40 « 541 , § 45 , & § 46 , que fi un corps négatif, tel qu’un conducteur uni avec la terre, & plongé dans l’atmofphere électrique d’un nuage chargé en plus, fe termine en boule, ou que îon extrémité foit arrondie, un grand degré de réjiftance en fera la fuite, & s’oppoléra à Ventrée du fluide élcétriquc.
- § 376. Conféquerament un conducteur métallique dont l’estrcmité fupérieure cft arrondie ou terminée en boule ne fera pas capable , fi non dans un très-petit dégré, de faire pafler infenjiblement & fourdement jufqu’à la terre quelque partie du fluide élcCtrique dans Vatmof-phere électrique furinveftie (a).
- § 377- Si donc le fluide électrique contenu dans l’atmofphere élcCtrique d’un nuage porte-tonnerre qui s’approche , eft arrêté par la houle ou l’extrémité arrondie , de façon qu’il ne puifle pénétrer à la terre tranquillement & in-Jenfiblenient par le canal d’un conducteur ainfi terminé, il eft évident qu’il fera forcé de s'accumuler ; c’eft-à-dire, qu’à mefure que le nuage approchera , il augmentera en denfité dans la •partie de 1 ’atmofphere élcCtrique furinveftie à l’extrémité arrondie du conducteur.
- § 378. Il eft donc maintenant de la dernicre évidence qu’à raifon du volume de la boule ou de l’extrémité arrondie qui termine la partie
- (a) Si au Heu de regarder l’atmofphere éleétrique dn nuage comme pofitive on la fuppofe négative, le raifonnc-ment aura la même force en employant ce qui a été dit dans les ferions ji, 51, jj, 57, j8, 558 & 56t.
- p.132 - vue 137/262
-
-
-
- VE L'ELE C T .
- fupérieurc du conduéteur, la réfiftance qui s’op-pol'e ù l’entrée du fluide électrique furajoutée t fera proportionnellement plus grande.
- § 379. Plus grande eft la réfiftance qu’oppofè cette extrémité arrondie à l’entrée du fluide électrique furinveftie & moindre en proportion fera la quantité de ce fluide capable de paflcr à la terre infenfiblement & par degrés au travers du conducteur de Vatmojphere électrique du nuage porte-tonnerre furinveftie.
- § 380. Or , moindre eft la quantité de fluide électrique qui le décharge ainfi par dé grés de l’at-mofphere élcCtrique furajoutée , dans un teins donné, plus grande en proportion fera la den-fité de fluide électrique qui refte en arriéré dans la dite atmofphcre éleétriquefurinveftie, à l’extrémité fupéricure du conducteur métallique.
- § 381. Enfin, plus grande eft la denfitè de l’Electricité contenue dans Yatrnofphere électrique du nuage porte-tonnerre furajoutée, plus grande en proportion fera le danger provenant de la faculté de cette atmofphcre électrique furajoutée de devenir ( à une diftancc donnée quelconque, & par un accroiffement continuel de fa deniite ) un conducteur propre à la décharge entière & fubite du nuage porte-tonnerre. C’eft ce qui ré-luîte des principes pofés § 28 , & § 29. Par conféqucnt la diftance à laquelle cet efifet fu-nefte pourroit avoir lieu dans de telles cireonfian-ces fera auffi proportionnellement plus -grande.
- § 382. Il eft donc clair qu’une boule ou une piece quelconque arrondie, placée il l’extrémité lupérieure d’un conduéteur métallique, doit né-
- p.133 - vue 138/262
-
-
-
- C I P E S
- I34 P R I N
- ccffairement par les raifons ci-devant développées empêcher le fluide électrique contenu dans Vatmofphere électrique fiurajoutée à l’extrémité fupérieure du conducteur, de fe décharger lourdement ù infenflblement au travers du dit conducteur pour paffer à la terre. C’eft-ù-dire, que fon effet eft de l’empêcher de fe décharger de fon Electricité comme nous venons de dire, pour la faire paffer à la Terre jufqu’à ce que le feu électrique furinvefti devienne confidérablement plus denje, plus puijfant, plus dangereux & plus capable par coni'équent de produire de la maniéré ci-devant expliquée § 29, une explofion principale de la plus grande force.
- § 383. Il fuit de-là qu’une boule ou une piece quelconque arrondie placée à V extrémité fupérieure d'un conduéteur métallique , tendra néceffaire-ment par fa forme à prévenir confidérablement, & même à détruire les bons effets principaux qu’on le propofe de tirer d’un conducteur d’Elcétri-cité ; & par conféquent elle tendra au même dégré à nous priver de cette affurance confolante qui dérive pleinement, comme je le démontrerai ci-après , des conducteurs en général, fi, pendant qu’ils communiquent convenablement avec la terre par leurs extrémités inférieures , ils fe terminent à leurs extrémités fiupérieures en point* -œétalique aigue & très -/aillante.
- p.134 - vue 139/262
-
-
-
- TREIZIEME PARTIE.
- § 384. Maintenant qu’il ne nous relie plus rien à expliquer fur l’aétion en général des conducteurs métalliques différemment terminés fur le fluide électrique nous démontrerons comment & pourquoi ils peuvent, lorfqu’ils font élevés, très-pointus & convenablement érigés, garantir les perfonnes & les bâtimens de tous les accidens quelconques occafionnés par le feu du ciel. Nous expoferons en même-tems les raifons pour lesquelles , quand ils font terminés en boule ou en extrémités arrondies, ils n’ont d’aucune maniéré , la faculté de raffurer de même contre tant d’effets funeftes & divers de l’Eleétricité naturelle.
- § 385. Le feu du ciel peut fc rendre redoutable de trois façons différentes .•
- i°. Par la matière électrique, qui fe précipite fur la terre, & traverfe le corps qu’il frappe , ou même qui ne fait Amplement qu’en efleurer la furface. Cette action du feu célefte s’appelle le coup principal ; & il eft ou négatif ou pofitif.
- Le coup principal efi: direct lorfqu’il part immédiatement du nuage principal où il peut être tranflnis & porté à la Terre au travers d’u» ou de plufieurs nuages intermédiaires ou Jecon-daires, comme nous l’expliquerons fuffifamment ci-après.
- p.135 - vue 140/262
-
-
-
- N C I P B S
- 1-6 P R T
- § 386. Le feu du ciel eft encore dangereux lorfqu’une partie de fa matière, paflant le long d’un conducteur, pénètre fubitement un corps placé dans le voifinage de ce circuit électrique pour en Jortir à l’in fiant, comme le Doétcur Prieftly le démontre par un excellent mémoire qui fe trouve dans les Transactions philofophi-gués, Totn. LX. pag. 192 ùfeq. Il remarque que «cet effet tient à une efpecc de circuit partial dans lequel une partie de la matière électrique qui forme la charge d’une explofion s’en va d’un côté, pendant que le relie fe jette d’un autres avec cette feule différence que cette partie détachée de la charge quitte fa route commune, & retourne au même endroit d’où elle étoit fortie. n
- Cette aétion s’appelle Vexplofion latérale, & par fa nature même elle doit être toujours à la fois & pofitive ù négative. Mais en même-tems , tout conduétcur non-éleclnfé, en recevant Vexplofion latérale, pourra, s’il cftifolé, fe trouver après une explofion de cette efpecc, ou élec-trifé en plhs, ou électrifé en moins, ou abfo-lumcnt inéleârifé, félon la poiîtion de ce corps ifolé, & félon les circonltanccs particulières qui accompagnent cette explofion latérale.
- § 387. Enfin le feu célefte caufe aulfi des acci-dens par le retour violent & fuhit de cette partie de la portion naturelle d'Electricité de tout conducteur , ou de toute combinaifon des corps con-duéteurs, expulféc par degrés hors de ces corps rcfpectivemcnt par la prefiion élaltico-éleétrique furajoutée de l’atmofphere élcélriquc d’un nuage
- p.136 - vue 141/262
-
-
-
- F. t'E
- porte-tonnerre. Cet effet de la foudre peut être ou négatif ou pojitif ; & c’eft celui que j’appelle coup en retour.
- § 388. Examinons maintenant le moyen , tel que je le conçois, de garantir de tous les coups explolifs principaux & directs cette partie d’un édifice fur lequel feroit placé un conducteur métallique communiquant avec la terre d’une manière convenable, & ayant l'on extrémité fupé-rieure terminée en pointe de métalfaillante.
- § 389. Nous avons déjà vu § 369 , qu’un conducteur de métal élevé, €t pointu, convenablement communiquant avec la terre fera capable de décharger fourdement & peu à peu toute Electricité introduite à fon extrémité iupéricure par Vatmofphere électrique furajoutée d’un nuage porte-tonnerre. C’eft-à-dire , qu’un conducteur élevé & pointu fera paffer à la Terre l'Electricité dont il déchargera & privera néceffairement cette partie de l’atmofphere chargée dans laquelle fon extrémité fupérieurc fe trouve plongée.
- § 390. Nos Lecteurs fe rapcllent encore d’avoir vu § 28 , & § 29, que l’Electricité contenue dans une atmofphere éledrique ell la caufe qui fait de cette atmofphere un conducteur fubit de la charge électrique jufqu’à une dijlance donnée du corps chargé producteur de cette même atmolpherc ; c’eft-à-dirc , pour parler plus clairement , que la dijlance explojive d’un nuage porte-tonnerre quelconque eft toujours produite & déterminée par l'Electricité contenue dans P atmofphere électrique de ce nuage porte tonnerre.
- | 391, Ainfi : i.° puilqu’un effet qui tient à
- p.137 - vue 142/262
-
-
-
- 13S Principes
- l’opération immédiate d’une cauje donnée, doit néccflaircmcnt cejjer d’avoir lieu dès que cette caufe cejje d’exiftcr ;
- 2°. Puifque la diftance explofive d’un nuage porte-tonnerre quelconque eu toujours, comme nous l’avons dit § 390 , déterminée par l’Eleétri-cité contenue dans l’atmolphcre électrique du huagc porte-tonnerre;
- 30. Puifqu’un conducteur élevé , pointu , & convenablement placé , décharge, comme nous l’avons démontré § 389 , & fait palier à la Terre l’EleBricité de cette partie de l’atmof-phere éleétrique dans laquelle il eft plongé ;
- Il eft clair qu’un conduàeur éleve & très-pointu ne peut jamais, dans de pareilles circonftances, être en dedans de la diftance explofive du nuage porte-tonnerre producteur de 1 ’atmofiphere électrique fiurinveftie à l’extrémité fupérieure de ce conducteur élevé & pointu.
- § 392. Mais il n’eft pas moins évident que les chofcs changeront fi l’extrémité fupérieure & peu faillante du conducteur eft arrondie ou terminée en boule au lieu de l’être par une pointe aigue & faillante.
- § 393. Car nous avons déjà vu § 376, qu’une boule ou une extrémité arrondie n’eft que très-peu difpofée à décharger par degrés , fiourde-ment & peu à peu aucune partie de l’Eleclricitè contenue dans l’atmofphere électrique fiurinveftie , pour la faire palier à la Terre.
- § 394. Les principes importans pofés § 390 , mettent donc celui-ci dans le plus grand jour :
- La boule ou Vextrémité arrondie d’ua conduc-
- p.138 - vue 143/262
-
-
-
- jdel'Electricité. 139
- teur métallique ne fera pas capable de diminuer icnfiblcment la diftance explofive d’un nuage porte-tonnerre , puiique toute diftance explofive qui peut fe trouver entre un corps chargé quelconque producteur d’une atmolphere éledtrique , & un corps conducteur quelconque y plongé, ne peut être produite & déterminée que par la puiflance conductrice du fluide électrique même, contenu dans cette atmofphere électrique Jurin-veftie.
- § 395- C’eft-à-dire, que l’aftion d’une boule ou d’une extrémité arrondie ne garantira pas d’une maniéré aufli admirable qu’une pointe métallique , aigue & faillante, la partie d’un bâtiment fur laquelle elle feroit placée , du coup explofif, principal & direct d’un nuage porte-tonnerre.
- p.139 - vue 144/262
-
-
-
- 34® p
- X I V-” PARTIE.
- § 396. J e conçois qu’en général la maniéré dont un conducteur élevé & très-pointu convenablement érigé, tend à garantir un bâtiment du coup explo-Jif principal & direct eft telle déjà ii clairement expliquée § 391. Mais probablement un conducteur élevé & pointu tendra de môme à produire cet eflét falutaire en déchargeant l’Electricité non-feulement de cette partie de l'atmofphere électrique d'un nuage porte-tonnerre dans laquelle ilJe trouve plongé, mais fucceflivemcnt auffi l’E-ledtricité d'autres parties de cette atmofphere élcétrique.
- § 39?- Nous avons vu ci-devant § 389 , qu’un condudteur de métal élevé & pointu privera de Jbn Electricité, par une décharge fourde, cette partie de l’atmofphere éledtrique dans laquelle il eft plongé. La conféquencc de cette opération fera néceflairement que fElectricité des autres parties de cette atmofphere élaftico-éle étriqué coulera fuccejfivement vers la partie dés-élec-rifée pour y remplacer l’Elcdtricité dont elle eft privée. Ce flux d’Eleclricité doit de toute né-ccffité changer l’état du fluide électrique dont l’atmofphere eft compofée, en le raréfiant par degrés dans toute fon étendue.
- § 398. Pour expliquer maintenant comment & pourquoi, dans cette occaiion , le fluide éledtrique décroît en denfité, fuppofons, par exemple ,
- p.140 - vue 145/262
-
-
-
- b B L* Ê L B C T K 1 e r T É. 141-
- qu’on laiffc à une partie de Yair condenfé dans un récipient condenfant la liberté de s'écouler par une ouverrure faite d’un des côtés de ce vafe.
- La conféquence en feroit que le réfidu de l’air condenfé coulerait pour occuper la place de cette partie de l’air qu’on auroit laiffé échapper ; & c’eft par ce moyen que l'air refté dans le récipient deviendrait plus raréfié par dégrés dans toute fin étendue.
- § 399. Cependant la difpofition refpeétive de ces deux fluides, Yair & 1électricité, au réta-bliflcment d’un équilibre atmofpherique diffère de deux maniérés ; & cette remarque mérite notre attention.
- i°. L'air condenfé dans un récipient fermé de toutes parts a fcnfiblcment la même den-fité dans toute fin étendue ; au lieu que le fluide électrique dans une atmofphere électrique eft ref-peélivement à fa denfité toujours dans une rai-l'on inverfe des quarrés ( a) des diftances du. corps chargé producteur de la dite atmofphere, comme nous l’avons déjà parfaitement démontré.
- § 400. La féconde différence eft que quand on laifîe fortir une partie de l'air hors du récipient , le réfidu coule prcfqu’d l'inftant pour
- (n) Cela fuppofe que la denfité de l’air dans une atmofphere éleélrique eft fenfiblement la même dans toute fin étendue; furtout lorfque cette étendue eft tris - bornée. Car je fens que cette loi générale doit néceflairemcnt fouffrir quelques
- décrmffement de denfité vers les parties fupérieure» de l’atmofphere électrique d'une grande étendue, dam l’air qui enfuit
- p.141 - vue 146/262
-
-
-
- serpes?
- 142 P R T
- le remplacer f au lieu que le réfidu du fluide électrique , quand une partie d’une atmofphere électrique eft déchargée pour entrer dans la Terre , ne coule que lentement & par degrés pour fe mettre à la place. On explique ce fait en obfer-vant qu’une atmofphere électrique eft nécelïàirc-ment par fa nature jufqu’à un dégrc donné une efpece de non-condufleur. En effet fi elle étoit un véritable conducteur, mêmelorfque l’air eft bien imprégné d’humidité, on conçoit que le corps chargé ne pourroit jamais tenir fa charge un feul inftant. C’eft-à-dire, qu'aucune efpece de corps plongé dans une atmolpherc qui ne ferait pas en même-tons jufqu’à un dégré donné, un non-conducleur d’ElcCtricité, ne pourroit jamais recevoir une charge quelconque.
- § 401. Conféquemment fi la denfité de l’Electricité dans une atmofphere électrique décroît de la maniéré expliquée § 397, il eft évident par tout cequi vient d’être dit, principalement § 390, que la difiance explofive du corps chargé producteur de la dite atmofphere électrique doit auffi diminuer & devenir à mefure confidérahle-ment moindre.
- § 402. C’cft-à-dire , que dans le cas préfent l’adtion d’une décharge infenfihle au travers d’une pointe- de métal aigue & faillante convenablement unie avec la majfe commune fera décroître la diftance explofive d’un nuage porte-tonnerre , producteur de l’atmofphere furinveftie.
- §. 403. Afin d’expliquer clairement la différence extrême qui fe trouve , dans ce dernier
- p.142 - vue 147/262
-
-
-
- jj b l’ Electricité. 143
- rapport, entre les avions refpedtives des boules *
- & des pointes aigues & jaillantes convenablement unies avec la mafle commune , fuppofons p;e, que le nuage porte-tonnerre A s’avance audeflus de la furface EH K de la Terre fur une ligne quelconque, par exemple, ALND.
- Supofons encore qu’il y ait fur un bâtiment quelconque B, un conducteur de métal C uni convenablement avec la mafle commune, & dont l’extrémitc fupérieure foit arrondie ou terminée en boule.
- Suppofons auffi que la diftance à laquelle le fluide électrique de l’atmofphere du nuage porte-tonnerre A eft capable de communiquer fubitement fia charge d’Electricité, foit égale à la ligne donnée AG; enfin que la ligne donnée A G repréfente la diftance explofive du nuage éleCtrifé A fur T extrémité arrondie donnée du dit conducteur C.
- § 404. Il réfulte alors clairement de ce qui a été «lit § 393 , que la boule ou T extrémité arrondie du conducteur C ne tendra pas ( pendant que ce nuage porte-tonnerre avance le long de la ligne ALND ) à diminuer fenfiblement la dtnfitê de PEleCtricitéde l’atmofphere dont elle eftfiurin-yeftie.
- § 405. Puifque, comme nous l’avons vu § 28 ,
- § 29, & § 390, la diftance explofive du corps chargé producteur d’une atmofphere élcétrique quelconque dépend de la denfité de l’Electricité y contenue, il eft donc évident que dans les circonftances, préfentement fuppofées, une boude ou une extrémité arrondie n’cft nullement
- p.143 - vue 148/262
-
-
-
- jr i
- I44 P R T N C I P
- difpofée par fa forme à faire décroître d’une ma* nicrc bien fenfible la diftance explofive du nuage chargé ; c’eft-à-dire, que les différentes diftances explofives AG, LM, NO, DF, &c. du nuage A feront à-peu-près égales les unes aux autres.
- § 406. Ainfi la ligne G MO F, &c. quire-préfente les bornes de la diftance explofive du"1 nuage porte-tonnerre fera, à très peu de choie près, parallèle à la ligne A LND que ce nuage décrit lui-même.
- § 407. Conféqucmment, fi le dit nuage en s’abailfant vers la terre s’étend au de - là des diftances données AG, ou LM, ou N O, ou DF, &c. du bâtiment B ; alors le feu qu’il renferme frapera nécefTairement ou la boule de métal placée à l’extrémité fupérieure du conducteur C, ou le bâtiment B lui-même fur lequel elle cft po-féc lorfque le nuage eft immédiatement deifus ; parce que ce bâtiment fera en dedans de la ligne G MO F, &c. qui fert à tracer les limites de la diftance explofive du nuage chargé.
- § 408. Maintenant pour faire mieux comprendre la différente maniéré d’agir reipcctive des pointes & des boules dans le cas actuel , fup-pofons qu’un nuage porte - tonnerre a égal & femblable en tout au nuage porte-tonnerre A ci-Fig.it. devant décrit §403 , & chargé en quantité égale de la même efpece d’Eleciricité s’avance, comme dans le cas précédent, avec autant de vtteffe que le dit nuage A , le long d’une ligne quelconque a Ind au-deffus & à la même diftance de la furface e b k de la terre.
- § 40g. Suppofons encore qu’un bâtiment b dans
- p.144 - vue 149/262
-
-
-
- DB L’EiBCTKIC/TÉ. I45
- dans une fituation femblable à celle du bâtiment B ci-dcvant décrit, foit garanti de la foudre par un condudtcur bien élevé & très-pointu c , uni convenablement avec la maffe commune d’Élcc-
- § 410. Il cft évident par l’hypothefe admife § 408, que la ligne a g, (Fig. 18) égale à la ligne A G ( Fig. if ) repréfentera les limites exadtes de la dïfiance explofive du nuage, avant que la denfité de VElectricité de fon atmofphcre électrique puiffe être affectée d’aucune maniéré par l’adtion du conducteur pointu c érigé fur le bâtiment b.
- § 411. Or, fi c q eftla diftance prife du nuage à laquelle la pointe c commence à foutirer fans bruit une partie fenfible de l'Electricité dé fon at-mofphcrc, alors il cft évidenr que la charge d’E-ledtricité qu’elle porte décroît fans ceflè pendant que le nuage en parcourant fa route a d s’approche par dégrés de la pointe aigue & faillante du condudteur métallique c.
- § 412. Il n’eft pas moins évident qu’â mefure que le nuage éledtrifé a s’approche du conducteur c, la décharge qui s’y fait Jourdement au travers de la pointe , de fon atmofphere électrique doit être plus confidérable , puii'que la preffion élaftico-élcdtrique furajoutée agit toujours, comme je l’ai fi clairement démontré , dans la raifon inverje des quarrés des diftances.
- § 413. Or, à meiüre que ladite décharge s’accroît par cette pointe, la charge électrique dans l’atmofphere du nuage * diminue dans un teins
- K
- p.145 - vue 150/262
-
-
-
- § 4i4- Conféquemmcnt la ligne décrite par les limites de la difiance explofive du nuage ne fera plus, comme dans le cas précédent, ü-peu-près ou totalement parallelle à celle tracée par la route du nuage ; mais en s’aprochant continuellement de la route a d du nuage , elle fe convertira ini'enfiblemcnt en courbe d’une el'pece particulière , telle qu’on la voit marquée par gp r sqt.
- § 4x5. Or, comme- la décharge fourde qui fe fait au travers de la pointe métallique c eft d’abord nécefiairement faible, la difiance explofive originale a g du nuage diminue très-peu dans les premiers inftans : conféqucmment la première partie de la courbe, ou, par exemple, la portion gp , coïncide à peu-près avec la ligne g m parallelle à la ligne a d.
- § 4x6. Néanmoins la décharge fourde de \'at-mofphere électrique du nuage s’augmentera à proportion de fa proximité de la pointe faillante du conducteur. Il en réfulte que la courbe , comme on le voit de p à r, fera de plus en plus divergente par degrés de la ligne go parallèle à la route du nuage.
- § 4x7. Ainli le nuage étant arrivé plus près encore du zénith du conducteur , la décharge fourde Sa non-interrompue faite par degrés de l'on atmofphere élcétrique fera confidérablement augmentée. Conféquemment la courbe décrite par les limites de la difiance explofive de ce nuage éleétrifé s’écartera totalement, comme on le voit dans la figure depuis r il s , de la pointe du con* ducleur c, & du bâtiment b qui le foutient.
- p.146 - vue 151/262
-
-
-
- H?
- § 418. On voit par là qu’un bâtiment fur lequel on criçe un conducteur de cette efpece fera préfervé par la décharge qu’il produit in-feniiblement & fans interruption , de tous les coups explojîfs, principaux & directs des nuages porte-tonnerre.
- ^ 4x9. Le nuage en queftion ayant enfuite pafle le zénith du conducteur c, la décharge continuera à le faire ; mais néanmoins fa quantité diminuera par degrés, à mefurc que le nuage s’en éloignera. Coni'cqucmment la partie extrême sqt de la courbe deviendra concave du côté de la terre, de la même manière que l’autre portion gprs de cette courbe étoit devenue convexe.
- § 420. Or , la charge électrique de l’atmofphere du nuage a ayant été diminuée , comme on la vu, pendant le tems de fon paffage au-deffus du conducteur pointu c , il ell évident que fa décharge au travers de la pointe faillante cejjera auffi-tôt qu’il s’avancera jufqu’à une certaine difiance du conducteur c, telle, par exemple, que nous l’avons marquée dans la figurepar c i i & cette diftancc fera moindre que la diftance c a , à laquelle le conduéteur pointu a commencé , lors de l’approche du nuage , à foutirer fans bruit l'Electricité contenue dans fon atmof-phere électrique furajoutée.
- § 421. Pour pouvoir déterminer précifément dans tous les cas poflibles,la forme de la courbe gp rs q t ci-devant mentionnée , il feroit néccf-l'aire d’avoir d’avance, i.° La charge d.’Electricité contenue dans l’atmoiphcre électrique du nuage
- p.147 - vue 152/262
-
-
-
- porte-tonnerre ; a.0 Le degré de la partie fail-lante du conducteur pointu ; 3.0 Celui de fa forme conique; celui de fon tranchant; celui de perfection dans la puijfance conductrice intermédiaire de la barre, &c. qui forment la communication entre la pointe métallique & les eaux de la terre. Il faut ajouter à ces donnés la hauteur relative du nuage , la diftance du conducteur au commencement de la décharge fcnfible quoique fourde; la diftance du nuage la plus proche du ^enith du conducteur ; la denfité électrique naturelle de fon atmofphere électrique à une diftance quelconque donnée An corps du nuage ; la prejfion éhf&co-électrique fiur-ajoutée à la pointe à un inftant donné ; la diftance explofive originale du dit nuage ; les dé-grés dp chaleur & A'humidité de l'atmofphere ; la denfité de l'air qui fait partie de l’atmofphere électrique fiirajoutée ; la vttefte du nuage ; enlin la déclinaifon de fa route dans la pofition donnée rcfpeCtivement au conducteur, & fon inclinai-fon pendant fon paflàge au-deflbs du bâtiment.
- § 42a. Par le moyen de tous ces donnés, il fera poflible, dans tous les cas, de computer , fi l’on veut, l'équation ou la nature tranf cendante de la fufdite courbe décrite par les limites de la diftance explofive du nuage, en employant ce théorème très-important ci-devant établi du décroifiement de la denfité des atmof pheres électriques en raifon inverfe des quarrés des diftances.
- § 423. Mais quelle que foit la nature de cette courbe, c’eft-à-dire, quelle que foit la loi exaCtc d’après laquelle une décharge électrique & fourde
- p.148 - vue 153/262
-
-
-
- l'Electhici té.
- 149
- de l’atmofphcre électrique d’un nuage porte-tonnerre donné tend à faire décroître la diftance explofive de ce nuage , il n’en rcfulte pas moins de tout ce que je viens de dire dans cette xiv.m0 partie, & de tout ce qu’on avoit déjà lu dans les xn.“ & xux.me deux vérités inconteftables , favoir :
- i°. Qu’un conducteur bien élevé & très-pointu , érigé d’une maniéré convenable , doit nécelfaire-mcnt tendre à garantir cette partie du bâtiment à laquelle il eft uni, de toute efpece de coup explojif direct & principal de la part d’un nuage porte-tonnerre.
- a0. Que cet effet admirable eft purement & Amplement produit , fans que le condufteur follicite, invite ou attire la matière électrique des nuages, par la vertu de la pointe faillante aigue métallique du conducteur qui fert à décharger par dégrés & fourdement dans la terre , au travers de fa lubftancc, l’Electricité contenue dans lefdits nuages, & gui s’écoule vers cette partie de l’atmofphere électrique dans laquelle cette pointe aigue eft plongée.
- Kiij
- p.149 - vue 154/262
-
-
-
- P X I N
- *5<>
- QUINZIEME PARTIE-
- § 424. J’ai déjà dit , § 351 Relativement à la différence effentielle entre l'aCtion rcfpeCtive des boules ou des extrémités arrondies , & celle des pointes métalliques aigues &aillantes, qu’il étoit néceflaire de diftingucr deux cas, fçavoir :
- i.° L’attraction de la- matière électrique d’un nuage porte-tonnerre vers les conducteurs métalliques de différentes efpeces.
- a.0 L’attraéfion ou le mouvement du corps même du nuage chargé vers ces conducteurs refpedtivement.
- Après avoir traité le premier de ces deux phénomènes , j’ajouterai quelques remarques fur le fécond.
- § 425. Nous avons vu § 22 , & § 23 , cette propofition univerfcllement vraie dans la Phyfi-que électrique, que des corps chargés de différentes efpeces d’Eleétricité tendent à s'attirer naturellement , toutes les fois que leurs atmojpheres éleclrifées d’une maniéré contraire, s’entremêlent, § 426. Or ,j’ai démontré ci-devant § f 2 , que toute ei'pece de conduéteur plongé dans Vat-mofphere électrique d’un corps chargé quelconque le charge au côté , ou à fon extrémité la plus proche du corps chargé d’une Electricité contraire à celle du corps chargé producteur de cette atmosphère élcétrique.
- p.150 - vue 155/262
-
-
-
- 'Ut E C
- S 427. Il s’cn fuit que toutes les fois qu’un nuage ponc-tonnerre chargé en plus ou en moins paflè par deilus la furface de la terre, tous les corps doués d’une puijjance conductrice, élevés de même au-deilus de cette furface, & incapables par leur forme de foutirer doucement le fluide électrique contenu dans l’atmofphere électrique fur ajoutée, tous ces corps, dis-je, doivent né-ceffairement fe charger d'une Electricité contraire à celle du nuage, s’ils font plongés dans la partie fcnfible de fon atmofphcre électrique.
- § 428. C’eft-à-dire, que tout conducteur métallique quelconque terminé en boule, par exemple , ou en extrémité arrondie doit de toute néceffité devenir négatif, fx le nuage eft poji-tif, ou pofitif fi le nuage eft négativement élcc-trifé Ce qui a été dit § 358 , § 3p6, & § 427 contient la preuve de ces faits.
- § 429. Parconféquent le nuage tendra à attirer ces corps qui réciproquement tendront à attirer le nuage. Mais comme il eft fuiceptible de mouvement, & qu’eux font immobiles, il tendra à s’approcher de ces boules ou de ces extrémités arrondies, & quand il fe trouvera allez près d’eux, il fe déchargera fubitement & explo-fivement de fon Eleétricité contre ces conducteurs émoujfés.
- § 430. Ces expériences intérefîàntes faites par le Docteur Franklin ( a ) avec le grand conducteur fufpendu , &t une paire des balances folies , ainfi qu’une autre expérience faite avec une vejjie
- ( a ) Voye* fes Œuvres Philofophique» pages Ci, 65,64, s 14.
- Kiv
- p.151 - vue 156/262
-
-
-
- s s
- 15* P R I Jf C I J»
- & électrifie, par ce Phyficien habile feu Mr. Hcnly de la Société Royale de Londres (b) démontrent pleinement la vérité de cette pro-pofition.
- § 431. Au contraire , fi les conducteurs mentionnés § 428, étoient terminés par des pointes métalliques aigues & faillantes au lieu de l’être par des boules ou des extrémités arrondies, de tels conducteurs ne pourraient attirer le nuage. C’eft ce que les expériences faites avec le grand conducteur fufpendu , les balances iiolées, & la vejfie dorée & électrifie démontrent clairement.
- § 432. La raifon pour laquelle un nuage porte-tonnerre n’cft pas attiré par un conducteur métallique élevé, très-pointu , & pofé convenablement eft évidente.
- Nous avons vu § 389 , qu’une pointe métallique aigue & faillante convenablement unie avec la maife commune déchargera fourdement, & fera pafler à la terre , FEleclricité de cette partie d’une armol'phere chargée dans laquelle elle eft plongée; c’eft-à-dire, que cette pointe aigue & faillante agira de telle façon par fa décharge qu’à la fin en dépouillant de fin Electricité cette partie de l'atmojphere électrique du nuage porte-tonnerre, elle en finira.
- § 433. Conféquemmcnt il ne fera plus attiré par cette pointe ; parce que, comme nous l’avons expliqué § 22 , § 23, & § 425 , les corps chargés de différentes efpeccs d’Eleétricité n’ont d’attraction rcfpeCtivc , que dans le fcul cas de mé*
- ( 6 ) Voyez le Traité fur l’Eleétriçité par Tib ; Cavallo pas. "978, ï7ÿ, 4C4,
- p.152 - vue 157/262
-
-
-
- DU I.’E /.S CT R I C IT Ê. 15»
- lange de leurs atmojpheres électrifés d’une façon contraire.
- § 434. Ce n’cft pas cependant la feule raifon pour laquelle certains nuages ne feroient pas attirés par la fuiditc pointe.
- § 435- J’a> fait voir, § 397, qu’en conféquence de la décharge électrique & Jourde que caulc Pac* tion de cette pointe, l'atmofphere électrique dans laquelle elle eft plongée , fe raréfiera par tout, & doucement, de plus en plus.
- Nous avons vu de môme, § 31, § 32 , § 33 , § 39, § 40 , & § 41 , que cette atmofphere électrique entourant le corps chargé , Poit en plus , foit en moins, eft la véritable caufe pour laquelle il retient fa charge.
- § 436. Il eft donc évident que fi la denfitè électrique de cette atmofphere décroît par dégrés en conféquence de Paftion de la pointe , la puif-fance retentive de la charge électrique dans ce corps chargé, deviendra moins forte, & décroîtra auffî par dégrés.
- § 437. C’eft pour cette feule raifon , qu’un conducteur en premier, élcctrilé fe décharge par dégrés à l’approche d’une pointe métallique ;& nullement comme on l’imagine parce qu’elle folli-cite de loin, invite, ou attire immédiatement la matière du tonnerre hors de la fubflance de ce corps chargé. Une telle hypothefe eft totalement oppofée à la faine Phylique, & contraire à la raifon.
- § 438. Ces principes démontrent clairement que des pointes aigues & faillantes unies avec la maffe commune , tendront doucement & par dégrés à communiquer à la terre non-feulement
- p.153 - vue 158/262
-
-
-
- >54
- P R t N C 1 P B S
- l’Elcétricité des conducteurs en premier, élcétri-l'és ; mais auiïi celle des nuages élcétrifés , avec cette différence, que- la durée de la décharge , dans ce dernier cas, fera plus longue, & Jii quantité plus confidérahle dans un tems donné. Ajoutons que des nuages éleCtrifés, d’un volume petit ou médiocres, demeureront à la Hn privés entièrement ou à-peu-près de leur Electricité par l’opération graduelle d’une décharge douce au travers de la pointe aigue plongée dans l’atmof-phere éleétrique de cette forte de nuages.
- § 439. Il eft donc non-feulement de la plus grande évidence que des nuages de cette J'orte privés de leur Electricité ne feront nullement attirés par le conducteur pointu ; mais encore, comme nous l’avons vu §432, § 433, qu’un conducteur pointu & très élevé fera capable de prévenir l’e/ pece d’attraction qui paroît entre le nuage porte-tonnerre , & le dit conducteur pointu, même fans qu’il prive le nuage de fon Electricité. Tel eft l’effet du pouvoir qu’il a de décharger de fon Eleétri-cité cette portion de l’atmofphere électrique du nuage dans laquelle eft plongée la pointe aigue & /aillante du conducteur.
- § 440. Un grand nombre d’obfervations & d’expériences faites en Angleterre, en France , en Italie, &c. & notamment celles de Mr. de R ornas portent à croire que la quantité d’Elcétri-cité naturelle fe déchargeant par dégrés (a)
- i Voyez entr’autres chofe l’obfervation importante faite : Cap. J. L. Winn. Tranfac. philof. Vol. 60. depuis 1» 188 &jej. jufqu’à la page 567.
- p.154 - vue 159/262
-
-
-
- 7) E l'Et F. C T R J C I T X’. I55
- au travers des conducteurs métalliques pour fe rendre à la malle commune ,cft quelquefois très-coniidérable. Néanmoins comme Mr. de Ro-mas ( a ) dans les fameulcs expériences a employé des cerfs volans élevés au-defius de la fur-race de la terre, à des hauteurs prodigieufes, je ne voudrois pas trop m’en raporter à des expériences de cette elpccc, malgré toute leur importance , ni en former une règle générale lur le pouvoir des conducteurs ordinaires.
- §441. Mais rien encore ne m’a paru ni plus intérefl'ant ni plus analogue aux recherches dont je m’occupe, qu’un fait cité par Mr. Franklin (!>) , & qui mérite bien de l’être ici.
- § 442. Ce Docteur rapporte qu’il avoit fixé au haut de fa cheminée à Philadelphie un conducteur pointu, élevé d’environ neuf pieds. Le fil de fer, dont l’épaifieur égaloit à-peu-près celle d’une plume d’oyc, traverioit un tube de verre , couvert & fixé au toit d’où il dclcendoit le long du mur de l’efcalier. L’extrémité inférieure de ce fil étoit attachée au fer intérieur d’une pompe. Sur l’efcalier, & vis-à-vis la porte de
- (fl) On trouve une defeription tres-intéreflahte de ces expériences de Mr. de Romas dans l’excellente Hifioire de l’E-leétricité compofée par le Doéteur Phejllj. Voyez depuis 1a page 555» iufqu’à la page 7>*. . . . „ ,.
- ( b ) Voyez un de fes Mémoires intitule des Expériences , des 0’.fcréations 0 des foits qui prouvent l'utilité dès conducteurs longs & pointus, pour préferver les hâtimens des effets du tonnerre. Il fe trouve traduit en François dans le premier volume de l’Edition des ouvrages du Doéteur Franklin depuis la page 189, jufqu’à la page 318. -L’original de ce mémoire s'imprime actuellement avec d’autres écrits du meme Auteur, chez Johnfon Libraire à Londres.
- p.155 - vue 160/262
-
-
-
- P X t K C 1 P E S
- 156
- la chambre du Docteur , il y avoir dans le fil de ter rompu à cet endroit un ejpace d’environ lix pouces. De chaque côte de cette Réparation étoit une pente fonnette, & dans le milieu l’on avoit l'ufpcndu avec un brin de foie , une petite boule de cuivre afin qu’elle pût le mouvoir librement entre les deux fonnettes lorl'que des nuages chargés d’Eleétricité paffoient par deffus.
- Le Docteur dit qu’il avoit très-fouvent tiré des étincelles de la fonnette attachée à la partie fupéricure du fil de fer, & même qu’il y avoit chargé des phioles. Il ajoute qu’une fois pendant la nuit il avoit été réveillé tout à coup par des craquemens très-forts, qui partoient de l'on conducteur fur l’efcalier. Il lé leva avec précipitation, & ayant ouvert fa porte , il ap-perçut que la boule de cuivre , au lieu de balancer à fon ordinaire entre les deux fonnettes, étoit repouffée à une certaine diftanee de l’une & de l’autre. Cependant le feu électrique paffa de fonnette à fonnette en grande quantité, quelquefois avec des explofions rapides & conjidéra-bles, quelquefois l’ous la forme d'un courant denfe & blanc égal en apparence au volume d’un de fis doigts (a). H étoit enfin fi fort que tout fon efcalier fembloit éclairé par le folcil.
- § 443. Suppofons maintenant que la quantité totale du fluide électrique, déchargée fans in-
- p.156 - vue 161/262
-
-
-
- ve l’Electricité. 15?
- irruption dans l’efpace peut-être de dix à quinze minutes l’eût été fubitement & toute enl'emblc dans le tems de la dixième d’une fécondé , ou même moins, contre un conduétcur émoujfê. Il cft certain que dans ce cas, la quantité d’Elcdtricité qui paü’a le long du conducteur élevé & pointu du Dodteur Franklin pendant la dixième d’une fécondé , étoit en l’eftimant par approximation, & pour ne rien dire de trop -,fix millefois moindre que la quantité de feu éledtrique ne l’auroit pu être pendant le même efpace de tems donné, ( la dixième d’une fécondé ), s’il avoit été déchargé fubitement contre un conducteur arrondi à fon extrémité, ou terminé en boule.
- De toutes les preuves que nous avons données de l’avantage de ces inftrumcns admirables pointus & bien élevés , il n’y en a point qui le démontre plus clairement que celle-ci..
- p.157 - vue 162/262
-
-
-
- JV c
- s s
- 158 P * r
- SEIZIEME PARTIE.
- § 444. _A.près avoir expliqué de quelle maniéré les conducteurs élevés & pointus agiflent pour garantir les bâtimens du coup explojif pria* cipal & direct partant d’un nuage porte-tonnerre, je nie propoi'e maintenant de faire comprendre comment un coup explojif principaltranjmis (voyez § 385 ) , peut être écarté parle moyen d'une pointe métallique aigue & Jaillante , de façon à l’empêcher d’avoir lieu près d’un con-duéteur auquel cette pointe aigue feroit attachée.
- § 445. Il y a ici deux cas qu’il eft effentiel de diftinguer.
- Les nuages intermédiaires ou fecondaires qui fervent à tranfmettre à la terre des coups explojifs direüs doivent être difpol'és de façon s\ recevoir facilement l’Eleétricitc du nuage principal : ou ils doivent être tellement conftitués , qu’ils fe refuient à prendre avec facilité l’Eleélricité du nuage principal.
- § 446. Par raport au premier de ces deux cas, il eft clair que tout ce qui a été dit dans les pages précédentes relativement à la maniéré parla, quelle la décharge électrique & douce au travers d'une pointe aigue & faillante , reçoit la faculté de prévenir un coup explojif principal & direct quelconque, eft également applicable au coup explojif principal & tranjinis provenant
- p.158 - vue 163/262
-
-
-
- de l’ Electricité.
- *59
- d’un nuage intermédiaire & fecondaire difpofé à recevoir facilement l’Elcétricité du nuage pria-
- Car il réfulte clairement de ce que nous avons déjà dit, qu’un conducteur pointu érigé d’une maniéré convenable , produira également une décharge douce Au fluide électrique contenu dans l’at-molphere éleétrique ou s’écoulant vers la partie de cette atmofphcre dans laquelle fa pointe aigue eft plongée ; l'oit qu'une fuite quelconque des nuages fecondaires qui tirent leur Eleétricité immédiatement & Jhns oppofition du nuage principal produife l’atmofphere, ou foit qu’elle provienne du nuage principal lui-même. De cette façon , un nuage Jècondaire qui reçoit facilement fon Electricité d’un nuage principal ne doit être confidéré que comme une partie de celui-ci. ( Voyez ci-de-vant la note a page 106 où je donne la définition d’un nuage porte-tonnerre individuel').
- § 447. Parconféquent le feul cas dans lequel un coup explojif principal tranfmis puiffe. être confidéré comme réellement & effentielle-ment différent , quant à fon effet , d’un coup explofif principal & direct, eft celui où les nuages intermédiaires & fecondaires qui fervent à tranft mettre à la terre le coup principal & direct d’ex-plofion, font conftitués de maniéré à ne pas recevoir facilement l’Electricité du nuage principal.
- § 448. A préfent il eft de la plus grande évidence que ces nuages intermédiaires & fecondaires dont nous venons de parler dans la feétion précédente , doivent être ou pendans vcrsla terre du côté inférieur du nuage principal, ou flottons
- p.159 - vue 164/262
-
-
-
- F HTNCIPE S
- l6o
- entre la terre & ce nuage, & totalement indè« pendans de lui.
- § 449. Confidérons maintenant ce qui doit arriver fi quelques petits nuages ic trouvent pendans du côté inférieur du nuage principal.
- § 450. Cette expérience intéreffante faite avec un flocon de coton , & inventée par le Dodteur Franklin, eft trop connue pour qu’il fût utile de la rapporter fi elle ne préfentoit pas des confidéra-tions importantes dont nous parlerons plus loin. Voici comment ce célébré Phyficien s’explique.
- § 451. « Des conducteurs pointus érigés fur des édifices peuvent très-l'ouvent prévenir un coup de la maniéré fuivante. n
- <* Un œil tellement fitué qu’il puiffe apercevoir horifontalement le côté inférieur d’un nuage porte-tonnerre , le verra comme déchiré avec un nombre de lambeaux féparés, ou petits nuages , l’un au-deflous de l’autre , dont le plus bas n’eft quelquefois pas fort éloigné de la terre. Ceux-ci comme de degré en degré fervent à conduire un coup entre le nuage & un bâtiment. Pour les repréi'cnrer par une expérience , prenez deux ou trois flçcons de coton fin ; unifiez en un au grand conducteur par un fil très-mince de deux pouces de longueur tiré avec les doigts du flocon même ; puis de même un fécond flocon au premier, & un troifieme au
- fécond par des fils intermédiaires. ----- Faites
- tourner enfuite votre globe éiedtrique ; & vous verrez ces flocons s’étendre vers la table par une cfpecc d’attradtion, comme les petits nuages inférieurs s’étendent vers la terre. Cependant à l’inf*
- p.160 - vue 165/262
-
-
-
- à Pinftant que vous prerentez une pointé aiguë érigée fous le flocon inferieur , il reculera en le contractant vers le fécond , celui-ci vers le premier , & tous cnfcmble vers le grand conducteur où ils demeureront suffi long-tems que la pointe fe trouvera au-delfous. n
- «N’eft-il pas très-problable, ajoute ce Phy-ficien, que les petits nuages électrifiés, dont l’équilibre avec la terre cft facilement reftitué par l’opération de la pointe , s'élèvent de même vers le corps principal, & produifent par ce moyen un vuide fi confidérable que le grand nuage ne fçaura rien frapper dans cèt endroit^. «
- Cette hypothefe ingénieufe fc trouve dans une lettre écrite au mois de Septembre 1753 à Mr. Collinfon de la Société Royale de Londres. Voye\ les (Euvres Philosophiques de Mn Franklin, pages 134 & £24.
- L’expérience du coton éleétrifié eft auflî rapportée par le Doéteur Prieftly dans fon Hiftoirede l’Electricité, pages 174 & 175 ; & par Mr. Tib; Cavallo dans fon Traité fur l’Électricité , pages
- W & 404- „ .
- § 452. Il s’agît maintenant d’en fairë l’application aux opérations en grand de la nature ; & c’eft ici que l’obfervation intéreflante de Mr. Wilcke doit trouver fa place. ( Ÿoye\ l’Hiftoire de l’Electricité par le Docteur Prieftly pages lys & yti- ) Ce Phyficien célébré dit dans ces remarques fur les lettres de Mr. Ftan~ klin, u qü’il a vu la vérification de cette hypothefe le 20 Août 1758 i pendant qu’il regftr-doit un grand nuage électrifié dont le côté in-»
- p.161 - vue 166/262
-
-
-
- C I P E S
- l6z P R I N
- fcrieur étoit frangé totalement, & qui paffoit alors au-dcffus d’une forée de Pins très- élevés. Les Lambeaux de ce grand nuage, déchique és & pendant, après avoir été attirés plus bas vers la terre , s’élevèrentfubitement vers le haut du Ciel, & s’unirent enl'uite au corps du grand
- J’imagine que dans toute l’hiftoire du monde, on ne trouvera jamais A'hypotheje philoiophi-que fi promptement & fi fblidement vérifiée par un phénomène naturel de cette importance.
- § 453 Jc m’appuye d’autant plus volontiers fur cette expérience du flocon du coton éleclrifé qu’elle me paroit rcffemblcr d’avantage à ce qui s'opère dans la nature pendant les orages porte-tonnerre. Je crois même qu’il n’arrive gucre à un nuage éledtrifé principal de defeendre juf-qu’à fa diftance cxplofivc de la terre, fans qu’il s’y forme préalablement de fon côté inférieur quelques petits nuages pendans & comme déchiquetés. Cela vient fans doute de ce qu’il y a néceffairement une forte d'attraction mutuelle entre la terre & un nuage principal pu ffamment éleclrifé, & de ce que cette attraction doit invariablement , ou prefqu’invariablcmcnt forcer les parties inférieures d'un nuage de cette efpece à s'étendre & s’abaiflèr fenfiblement vers la terre , formant , pour ainfi dire , une fuite de vetits nuages fecondaires du côté inférieur du nuage principal.
- § 454. Il eft d’autant plus raifonnablc de le fuppoier que rien n’eft plus certain que cette propoüdon importante ci-devant établie, fçavoir:
- p.162 - vue 167/262
-
-
-
- VE L’ELECTRTdTTÉ. 163
- que ta denfité de FElectricitè des atmofpheres électriques efi en raifon inverfe des quarrés de dijtance. D’où il fuit néceflairement que les parties inférieures d’un nuage électrifé doivent à raifon de leur proximité de la terre être bien plus fortement attirées vers elle que toutes les autres parties de ce même nuage élcftrifé.
- § 455. A cette première confidération joignons en une autre auffi également expol'ée précédemment , & qui nous autorité à nous per-fuader davantage qu’avant qu’un nuage principal chargé puiffe arriver à fa dijtance explofivt de la terre , certains petits nuages pendans & déchiquetés doivent fe former invariablement , fur le côté inférieur du fufdit nuage principal éleftrifé.
- Car, fuivant ce que nous avons dit § 72, & § 3 5 8, tout conducteur plongé dans V atmofphere électrique d’un corps quelconque, comme d’un nuage porte-tonnerre, par exemple , fe chargera à fon extrémité ou à fon côté le plus proche du dit corps chargé , d’une Eleflricité contraire à celle du corps chargé produ ftcur de cette atmofphere électrique furajoutée. Parcon-féquent toute fubjiance conductrice fur la lurface de la terre deviendra ou négative ou pofitive, félon que le nuage fera pofitivement ou négativement éleftrifé.
- § 456. Si donc cette portion de la terre qui cft immédiatement fous le nuage négatif devient ainli pofitive ; au moyen de ce que cette fufditc portion & fon atmofphere éledtrique ferontpofitives, les parties inférieures du nuage négatif doivent être Lij
- p.163 - vue 168/262
-
-
-
- i64 Principes
- néceflair " s que toutes fcs autres
- parties. ( ce évidente des principes tri potès.
- Il en t , au moyen de ce
- nu’une z de la terre avec fon
- ’ative, que les parties _ ;ip&l pojitif feront de utes les autres parties.
- atmofph infériem même p % 451
- enent“vt dammei mentior périeur t plus for nuage él quelle il tuation à celui de ces élevés t du Doc arbres t verts d vent fu leurs f< trique t
- ties pe. leur El en haut elles s’incorporent
- incipal foit éleétrifé era donc invariable-inféricures, indépen-le la terre , ci-devant en railon du degré fu-ue^è tre néceffairement ucune autre partie du rtion delà terre fur la-étendu & qui par fa fiat électrique contraire oins nous exceptons où des conducleurs ficiels , comme ceux naturels, comme des ommets faillans, cou-tranchantes , fc trou-are. Car ces conduc-ér une décharge élec-fphere élcétrique fur-illènt ces petites par-principal , privées de arrive que réattirées /ant expliquée § 45 x * avec le nuage principal élec-
- ^
- p.164 - vue 169/262
-
-
-
- DE L’EL ECTRICITÊ. 165
- trifc auquel elles appartenoient originairement.
- § 458. J’oie me flatter de pouvoir auflî prouver par mes expériences la fupériorité infinie des pointes aigues faillantes de métal communiquant avec la grande maffe d’Electricité, au-delfus des conduéieurs arrondis à leur extrémité ou terminés en boule , relativement aux effets qu’ils doivent produire fur des nuages Jëcondaires déchiquetés & pendans du côté inférieur d’un nuage principal élcétrifé.
- Ces expériences ci-après rapportées démontreront :
- i.° Que des pointes faillantes de cette efpece tendent à empêcher le nuage principal dont l’at-mofphere électrique eft furajoutée à la terre, d’étendre vers elle des nuages Jëcondaires de ion côté inférieur.
- 2.0 Que fi des nuages pendans & fecondaires de cette efpece font déjà formés fur le côté inférieur d’un nuage principal, ces mêmes pointes de métal faillantes les feront difparoître en les privant de leur Eleéiricité, ce qui par une efpece de puifiance attraéiive en produira la réunion avec le corps du nuage principal.
- 3.® Que dans ces deux cas , des boules de métal, '-pu des extrémités arrondies tendront à produire un effet contraire.
- EXPÉRIENCE XLIV.
- § 459. J’ai pris un bâton de bois dur d’en-Fig. 1*. viron cinq pieds de long fans pointes, fans tran-
- Lüj
- p.165 - vue 170/262
-
-
-
- P E
- l66 P H I N C I
- chant, arrondi partout, & de la forme repréfentée par A B D dans la figure. La partie A B avoit quinze pouces de longueur. J’ai placé ce bâton fur un guéridon de bois E F d’environ cinq pieds de haut, & terminé par une pointe métallique G fur laquelle il pouvoit tourner comme fur un pivot.
- § 460. A l’extrémité AB de ce bâton A B D , j’ai lufpendupar deux brins de foie un cylindre creux de fer-blanc K L ifolé. Il étoit arrondi aux deux extrémités , & long de trois pieds quatre pouces ; fon diamètre avoit quatre pouces & demi, & fon poids alloit un peu au de-là de quatre livres & demie. Je fufpendis un contrepoids M à l’autre extrémité D du bâton A BD.
- § 461. J’ai placé alors un grand con du fleur de fer-blanc PC, d’environ neuf pieds huit pouces de longueur, & de plus de dix pouces de diamètre, en contact avec l’extrémité L du cylindre de fer-blanc KL , fufpendu.
- § 462. Je pofai enfuitc à la diftance d’environ quinze pouces de l’autre extrémité K du cylindre K L une boule de cuivre bien arrondie & polie, comme on la voit repréfentée par un petit cercle en pointes N, figure 19. Cette boule d’environ trois pouces de diamètre , étoit unie convenablement avec la mafie commune par la matière intermédiaire.
- § 463. En chargeant alors le grand conducteur P C, le cylindre de fer-blanc fufpendu K L commençoit à être repouffé en s’éloignant du grand condufleur. En l’avançant enfuite par fon ex-
- p.166 - vue 171/262
-
-
-
- E t* E L E
- I c I T â. i6f
- trcmité K vers 2V, aulli-tôt que cette extrémité l’e trouva près de la boule de cuivre ronde N, comme on la voit dans la figure 20 , elle le bailla un peu vers la dite boule, &le cylindre fie déchargea explofivement iur elle de l'Electricité qu’il avoit reçue du grand conducteur électrii’é.
- EXPÉRIENCE XLV.
- § 464. _Après avoir totalement déchargé le cylindre de fer-blanc K L , & le grand conducteur PC, je les ai misera contact de la maniéré ci-devant décrite § 461.
- § 465. J’ai enî’uitc écarté la boule de cuivre (voyez le petit cercle en pointes N ftg. 19) ; & je l’ai remplacée à la même diftance de 15 pouces ( voyez la § 46a ) du cylindre de fer-blanc K L par une pointe aigue de métal N.
- § 466. Alors j’ai rechargé le grand conducteur. Il en réfulta que le cylindre de fer-blanc KL, au lieu d’être repouffe auflï loin du dit conducteur qu’il l’avoit été dans l’expérience précédente ne le fut qu’à la diftance d’un demi pouce ou même moins ; & qu’il refta totalement ou prelquc privé de fon Electricité par l’opératio.1 graduelle de la décharge fourde au travers de la pointe aigue métallique N. Alors il fut attiré par le grand conducteur. J’ai répété cette expérience avec le même fuccès ; de façon que tant que la pointe N demeura dans la poiïtion délignée figure z$ , le cylindre de fer-blanc fufpendû ne s’écarta jamais à une plus grande diftance du grand conducteur. L iv
- p.167 - vue 172/262
-
-
-
- j63
- CIP
- EXPÉRIENCE XLVI.
- § 467. J e commençai à approcher par dégrés la pointe métallique N vers l’extrémité K du cylindre de fer-blanc fufpendu K L , jufqu’à ce qu’elle fût prefqu’era contact. A mefure que j’approchai cette pointe, la diftance à laquelle le cylindre dé fer-blanc K L fut repouffé par le grand conduéleur PC, diminua de plus en plus, & devint à la fin prefqu’impcrceptible.
- EXPÉRIENCE XLVII.
- § 468. N e voulant pas m’en tenir aux expériences précédentes, j’attachai un fil de foie très--fin couvert d’Or ou d’Argent, au côté infé-riêur du grand conducteur PC, par le moyen d’un petit peloton de cire, ou de quclqu’r.utre fubftance non-conduétrice. Ce fil étoit environ de la longueur d’un quart de pouce, & de la plus grande fineflè poffible , ce qui cft néceflàire pour mieux adirer le fuccès de l’expérience. J’ôtai enfuite l’or ou l’argent de l’extrémité fu-périeure de ce fil, de façon que la foie fe trouva parfaitement découverte de tous les côtés dans un efpace d’environ la i2.me partie d’un pouce ; ayant foin en môme tems, de ne laiflèr fur le métal joignant à la foie aucune partie hériffée en pointes , & de le rendre auffi uni qu’il étoit poffible. Je fis enfuite la même opération à des intervalles égaux d’environ une huitième de pou-
- p.168 - vue 173/262
-
-
-
- si«s. TABLE
- Des différentes difiances auxquelles l’Expérience XVe. a été faite , & des réfultats refpeâifs qui en font la fuite.
- Nota. Ici la longueur du corps AB eft toujours égale à 40 pouces; comme on l’a dit § 150 , & § 154.
- — iisE—i w
- Ire. Colonne. IIe- Colonne. me- Col. IVe- Colonne. Ve Colonne. 1
- Fouets. Pouc',; 1
- Si CA— 4 alors AD— 4*4° 48 — 3s 1 = À à'AB = A d’^.B I
- Si CA= 8 alors AD= 8X4° 56 = 5? = A d’^fi = f d’^-B
- Si CA=\i alors AD=1'1*- 4° 64 = 7*1 = A d’^5 _ 1 d’^B 5s j|
- Si CA—16 alors AD=A^ X4° 72 = 8| = A d\^2? = 1 d'AB || 4î
- Si CA=io alors AD=*°X40 8o~' = 10 ! = „ d'AB = 1 d'AB
- ! *Si CA—24 alors AD=A4X 4° 88 = 10B = A d’^-S = 1 à'ABçl 3s |
- Si CA=i8 alors AD—^X. 4° 96 = ii| = A d’^5 = 1 d'AB 3?
- Si CA=yi alors AD—3aX4° 104 = 12,1 = A d’^5 = i_d 'AB
- Si CA=36 alors AD=?fiy 4° na = iaf = â à'AB = i_à'AB 3s
- Si CA=40 alors ^Z>=4°X 4° = i3i = U dMB = 1 à-AB I
- rao 3 1
- Si CA—44 alors ^Z>=44X 4° 128 = i3l = $ à'AB = j_ à'AB
- Si CAssfl alors AD=$ X 4° 136 = i4i? = H d’^2? = 1 d'AB al 1
- =1
- pl.n.n. - vue 174/262
-
-
-
- »' L'ELF-CTItîCITé. 1C9
- cc de longueur chaque ; le fil de foie , par ce moyen, relia comme auparavant couvert d’or ou d’argent dans ces cfpaccs d’environ la huitième partie d’un pouce.
- § 469. Pour faire réuffir les expériences que nous allons continuer deraporter, il cil nécef-faire d’obfervcr qu’à tous les intervalles d’environ la douzième partie d’un pouce de longueur , la foie intermédiaire doit avoir été rendue très-fouplc en la pliant de tout fens à plu-fieurs repaies , de façon qu’elle puifle auffi en tout' fens & fans difficulté fc prêter au mouvement.
- § 470. Quant à la longueur du fil, elle doit dépendre principalement de la force de la machine élcélrique, auffi bien que du poids du fil lui-même, & du nombre joint à la mefure de l’clpace des intervalles dans l’or ou l’argent qui le couvre.
- Quand j’emploie mon plus grand conducteur, je donne communément au fil la longueur de quinze à vingtpouces ; mais quand je lui applique un très-petit conducteur, je le réduis à la mefure de quatre ou cinq.
- § 471. Il vaut infiniment mieux qu’il fcit trop court que trop long : i'a trop grande longueur pourrait empêcher le fuccôs des expériences luivantes ; mais s’il cft plus court que ceux dont nous venons de donner la mefure comme la plus convenable, elles ne manqueront jamais de réuffir.
- § 47a. Toutes ces chofcs ainfi difpofécs, je fais donner du mouvement au cylindre de verre, ^ 41 •
- i
- p.169 - vue 175/262
-
-
-
- ïfo Principes
- afin de charger le grand conducteur P C, auquel
- eft attaché le fil d’argent A B ci-devant décrit.
- J’approche enfuite vers l’extrémité inferieure de ce fil A B actuellement êlcCtrifé, un corps métallique quelconque D E, ians pointes , & uni avec la terre par le moyen d’un fil de métal LM , que je préféré en général. L’extrém'.té D de ce corps métallique doit être arrondie , ou fe terminer en boule. A fon approche le fil cft attiré par le corps rond de métal DE, comme la figure %i le repréiente. Mais quand fon bout D fe trouve très-près de l’extrémité B du fil, la charge électrique du grand conducteur P C fe décharge avec une explofion fuhite fur le corps arrondi DE au travers du fil d’argent A B, accompagnée d’une lumière éclatante qui paroit à chaque intervalle fur le corps de métal. Le fil voltige aufii de tems en tems avec rapidité pendant que le corps arrondi D E s’en trouve voifin , & lui tranfmet explofivement à différentes reprifes la charge électrique du grand conducteur , à mefure que le cylindre de verre fournit de l’Electricité pour en rcnouvcller la charge.
- EXPÉRIENCE XLVIII.
- § 473- X’A P P K O c H B derechef d’une autre maniéré que dans l’expérience precedente, fig. ai. le même corps arrondi DE vers le même fil d’argent élearifé. (Voyez la figure ni. ) Il en rélultc qu’aufii-tôt que le grand conducteur
- p.170 - vue 176/262
-
-
-
- cft pleinement chargé, l’extrémité inférieure B du fil élcctrifé cft attirée par le corps de métal arrondi U E, comme on le voit dans la figure.
- La charge du grand condu&eur cft tranfmife de nouveau avec une explojion fubite au corps arrondi UE, & le fil éledtrifé voltige avec rapidité de tems en tems, comme dans l’expérience précédente. Les mêmes effets qui fe répètent auffi long-tems que le corps UE cft dans la même fituation, préfentent un très-beau fpeCtacle.
- § 474. Pendant qu’on réitéré les expériences avec le corps métallique arrondi D E, il convient de le pofer fur un guéridon, ou du moins de le tenir avec un manche propre à Vijoler, tel qu’on le voit repréfenté par F G figures %t & %% ; parce que fi le grand conducteur eft d’un volume confidérable , & puiflamment chargé, les coups électriques tranfmis au corps arrondi par le fil de foie argenté feront très-forts & trop fenfibles.
- EXPÉRIENCE XLIX.
- § 475* I /ans cette expérience , j’inferc une pointe de métal aigue H de deux à trois pouces de long dans l’extrémité U du corps métallique UE.
- Le grand conducteur P C étant chargé en plein, j'approche cette pointe H vers le fil de J'oie argenté électrifié AB; alors ce fil recule , fe retire de la pointe métallique, & s’attache au grand conducteur qui l’attire.
- p.171 - vue 177/262
-
-
-
- § 4?6. Indépendamment du témoignage ref-peélable de Mr. Wilcke, ci-devant cité § 45a t je pente qu’on ne i'auroit douter que des effets en lubftancc femblables à ceux-ci doivent iou-vent & nécciTairement avoir lieu dans le cours de VEleclricité naturelle.
- HP
- p.172 - vue 178/262
-
-
-
- XVII"' PARTIE.
- § 4?7- A. près avoir examiné les effets produits par l’Electricité, quand il y a des petits nuages pendans fur le côté inférieur d’une nuée principale, confidérons maintenant ce qui arrivera , fi quelques petits nuages n’ayant aucune liaifon avec îa nuée principale , flottent entre elle & la terre.
- § 478. Il eft évident que cette forte de nuages flottans doivent nicejjairement fe trouver dans l’un des trois états iuivans, içavoir :
- i.° Ou électrifés d'une maniéré contraire à l’Eleétricité du nuage principal;
- 2.0 Ou électrifés d’une Electricité Jemblable t à celle de ce nuage;
- 3.0 Ou enfin privés de toute efpece d’Elec-tricité.
- § 479. Suppofons i.° que le nuage flottant foit éleétrifé d’une Electricité contraire à celle de la nuée principale.
- Il eft évident, par la nature même d’une dif-tance explofive telle que nous l’avons expliqué ci-devant § 28 & § 29 , qu’afin que des nuages flottans puiffent tranfmettre à la terre le coup direct exploflf partant d’un nuage principal éleétrifé, il eft indifpenfablement nécef-fairc que la denjîté cTElectricité de cette partie de l’atmofphere électrique de la nuée principale qui fe trouve entre elle & le nuage flottant foit
- p.173 - vue 179/262
-
-
-
- P K I 1
- CIVES
- *74
- très-confldérable. Autrement elle ne feroit pas capable de tranfrnettre la charge électrique de la nuée principale jufqu'au nuage flottant : encore moins le i'croit-cllc de conduire cette charge avec une force éleclrique fujfifante, pour la faire paf-fer de ce nuage flottant éleclrii'é d’une maniéré contraire , jul'qu’à des corps placés fur la fur-face de la terre.
- § 480. Il eft également clair que long-tems avant que le nuage flottant, & la nuée principale puilïent s’approcher affei près pour qu’un coup de foudre pafle de l’un à l’autre , leurs atmofpheres élcélrilées d'une façon contraire doivent néceflàirement s’entremêler au point que le nuage flottant ne voltigera plus dans un état d'indépendance entre la nuée principale, & la terre, mais qu'attiré vers cette nuée principale, il s’unira avec elle, puifque c’eft une règle générale expliquée ci-devant §23 , que des corps mobiles chargés à'Eleclricité contraire doivent s'attirer mutuellement, toutes les fois que leurs atmofpheres éleclrifées d’une façon contraire s’entremêlent.
- § 481. Or, fi ledit nuage flottant attiré en haut s’incorpore avec la nuée principale, loin de pouvoir fervir à tranfrnettre le coup direct explofif partant de cette nuée jufqu’à la terre, il contribuera à détruire en partie la charge de cette même nuée ; puifque par nôtre iytlême (voyez § 479) , le nuage flottant étoit chargé d’une Electricité contraire à celle de ladite nuée principale.
- § 482. C’cft-à-dire, qu’il arrivera que le nuage
- p.174 - vue 180/262
-
-
-
- s l’Electricité.
- *r5
- flottant, au lieu de contribuer, dans ce cas, à étendre la diftance exploiive de la nuée principale , tendra indubitablement, en proportion de la quantité de l'a charge électrique en. contraire, à désélearifer cette nuée, & parconféquent à en diminuer la diftance explofive , au lieu de détendre.
- § 483. Suppofons à prêtent que le petit nuage flottant entre la nuée principale, &la terreioit chargé d’une efpece d’Eleétricité lêmblable à celle de cette nuée principale.
- Selon les loix de l'Electricité ci-devant pofées § § 24. 25.26. 27, il arrivera , dans ce cas, que le petit nuage flottant fera repoujfé par la nuée principale électrifée.
- § 484. Or, fi en s’abaiflant vers la terre, il ne trouve pas d’autres conducteurs fur fa furface que ceux qui font arrondis ou terminés en boule , il eft donc évident d’après tout qui précédé , qu’il fera attiré vers ces conducteurs, & qu’il fe déchargera fur eux avec explofion de l'on EleCtricité. Il fera même , dans certaines cir-conllanccs , capable de tranfmettre explofivement à des boules de métal, ou autre? corps de la même niaticre arrondis à leurs extrémités , la charge totale de la nuée principale, éleCtrifée elle-même.
- § 485. Si , au contraire, ce nuageflottantt dont nous parlons , rencontre fur la furface de la terre , des pointes métalliques, aigues & faillantcs unies convenablement avec la malle commune , au lieu d’y rencontrer des boules ou des conducteurs arrondis, alors par la décharge fourde
- p.175 - vue 181/262
-
-
-
- t jr6 Principes
- tic l’Elcélricité de fon atmofphere électrique au travers de ces pointes, il le défèlectrifera par degrés entièrement. Car l’opération graduelle d’une décharge fourde par des pointes métalliques étant capable de déféleclrifer des nuages qui le trouvent tout près du corps de la nuée principale ( comme nous l’avons expliqué déjà § § 451. 457. 466. 466. 475 , & rapporté § 452 ) , il cft clair que cette opération à'upe déchargefourde doit, à plus forte raifon , être capable de déféleclrifer entièrement ou prefqu’entiercment un petit nuage flottant placé plus près de la terre, fi en rélulte néccflairemcnt qu’il icroit attiré vers le corps dé la nuée principale de la maniéré expliquée dans la XVIe. Partie, ou de la manière ci-après décrite depuis la § 486 jufqu’à la § 492. inclufivement.
- Ainli nul coup direct explofif ne peut-être tranf-mis par ce petit nuage flottant intermédiaire, à des bâtimens garnis de conduéleurs convenables & terminés en pointes métalliques bien aigues & bien fillantes.
- § 486. Suppofons en dernier lieu ( voyez § 378 ) que le petit nuage, dont nous parlons , flottant entre la nuée principale & la terre, foit privé de toute ejpece d‘Electricité.
- Il cft évident que , lorfqu’il commence à s’enfoncer dans la partie fenfible de Y atmofphere électrique de la nuée principale, fon côté fupérieur étant près d’elle, fera éleclrifé en contraire d’une façon femblable à celle ci-devant expliquée § 72.
- § 487. Ces parties fupérieur es du petit nuage flottant, ainli éleeftifées d’une Electricité contraire à celle de la nuée principale, feront donc nécef-fairement
- p.176 - vue 182/262
-
-
-
- dk l'Electricité. 157 fairement attirée pour s’incorporer avec elle.
- § 488. D’où il arrivera l’une de deux chojes, fçavoir :
- Ou les ' inférieures de ce petit nuage flottant, iir s néceffairemcnt, comme nous
- l’avons dé ré § 72, d’une d’Eleétricité
- femblable s de la nuée principale feront
- attirées av< irties fupérieures pour s’incor-
- porer avec
- Ou ces Inférieures n’y feront pas attirées; mais ont , ou abfolument ou relativement vei :, à mefure que les parties fu-
- périéures s nt.
- § 489. i ns donc d'après le premier de
- ces deux es chaque partie de ce petit nuage
- flottant foi pour s’unir au corps de la
- nuée princi
- Il eft é [ue jamais alors il ne pourra
- tranfmettre :oup direct explojif aux corps
- placés fur ce de la terre.
- § 490. ns encore d’après le fécond de
- ces deux < : pendant que les parties fupérieures d flottant s’élèvent vers le corps
- de la nuée ale, fes parues inférieures s’a-
- baiffent & :nt ou abfolument ou relative-
- Ce que rons dit ci-devant § 484 , démontre clî qu’alors celles des parties inférieures d flottant qui tendent vers le
- bas, confc it à notre hypothefc aftuelle ,
- fi elles ne ent d’autres conducteurs que
- ceux qui 1 mdis ou terminés en boules,
- doivent é :es par ces boules, ou par ces
- M
- ^
- p.177 - vue 183/262
-
-
-
- conduélcurs arrondis; enfuite de quoi un coup direct principal & explojif aura lieu de la part de ces memes parties inferieures ; & môme la charge totale de la nuée principale pourroit aufii , dans certaines circonllanccs, être tranfmije avec explo-fion par le nuage flottant contre des conducteurs de cette efpece.
- §491. 11 n’eft pas moins évident, s’il fe trouve au contraire fur la furface de la terre des conducteurs terminés en pointes de métal aigues & Jàillantes convenablement unies avec la maflb commune, que puifqu’elles font capables , fui-vant ce qui a été dit §§ 451. 457. 466. 467. & 475. & rapporté § 452 , de défélectriferles par-' ties pendantes, même d’une nuée principale, à plus forte raiion , elles produiront un femblable effet fur les parties pendantes d’un nuage i'econ-daire.
- Il en réfultera donc néceffairemcnt que ces parties inférieures & pendantes feront attirées pour s’unir avec la nuée principale.
- § 492. Cependant nous avons vu ci-devant § § 487. 490. , que les parties fupéricures du nuage flottant avoient été attirées d’avance vers le corps de la nuée principale.
- Puiîque toutes les parties du nuage flottant fe trouvent dans le cas d’être fucceflîvement attirées, il cft donc clair qu’il ne pourra nullement fervir à tranfmeitre aucun coup direct ex-ploflf de la part de la nuce principale aux corps placés fur la furface de la terre.
- § 49g. Toutes ces propofitions font des con-fcqucnces immédiates & évidentes des principes
- p.178 - vue 184/262
-
-
-
- l'Eli
- 79
- clairs & immuables de l’Eleftricité, nt,e j’ai ci-devant établis. J’imagine que cela fuffira pour convaincre pleinement que des conducteurs métalliques convenablement — '
- iiiunc, & terminés en pointes de mitai aigu°i% Jniuan'es, tendent d’une maniéré puiffimte .y très
- admirable à prévenir tout coup A 7çmm7prïn. cipal, loit direct ibit tranfmis ; de façon qu’il ne pourra avoir lieu contre des conducteurs de cette clpece élevés & très-pointus.
- M ij
- p.179 - vue 185/262
-
-
-
- XVIII". PARTIE.
- 5 494- Après avoir montré de quelle manière,
- 6 par quels principes des condu fleurs terminés en pointes métalliques aigues & /aillantes font diipofés à garantir des perfonnes ou des bâtimens du coup principal explojif, foit qu’il tende à partir directement de la nuée principale , foit qu’il puille être tran/mis par le moyen de quelques petits nuages déchirés & pendans du côté inferieur de la grande nuée, ou par l’intervention des nuages totalement indépendans de la nuée principale, & flottans entre elle & la terre , je donnerai ce qui me refte à dire relativement à Vexplofion latérale , & le coup en retour.
- § 495. Or y par rapport à l'explofion latérale , laquelle, comme je l’ai obfervé § 386 , procédé immédiatement Sa uniquement du coup principal, il eft clair que fans ce coup, il ne peut avoir aucune explofion latérale quelconque.
- § 496. Ayant ainfi prouvé que des conducteurs élevés & très-pointus tendent puiffamment à prévenir tout coup principal explojif, j’ai par-conféquent démontré en même tems , que ces condufteurs font pareillement difpol'és à prévenir toute explofion latérale.
- § 497. Il eft donc clair que 1 ecoup en retour, par fa nature même expliquée ci-devant §§ 208, 311, 346 & 387 , ne peut avoir lieu dans aucune place donnée fans qu’il y ait préalablement
- p.180 - vue 186/262
-
-
-
- un coup principal explofif partant fubitement de quelque partie d’un nuage porte-tonnerre , ou de tout autre corps chargé dont l’atmol'phcrc Electrique eft furajoutée à cette place domîée.
- § 498. Je n’ai pas démontré moins clairement dans les pages précédentes depuis la XIII.c juf-qu’à la XVn.c Partie inclufivement, que des conducteurs élevés & pointus , convenablement érigés dans une place quelconque donnée, font puiflamment difpofés à prévenir tout coup principal explofif foit direct, foit tranfmis, de façon il l’empêcher d’avoir lieu dans cette place donnée.
- § 499. Il eft donc évident que des conducteurs de cette efpece préviendront de même par une conféqucnce néceflàire, tous les coups en retour , de façon qu’ils ne puiffent avoir lieu dans les places données où ces conducteurs font érigés.
- § 500. Mais, comme il eft très-poffiblc, & je l’ai démontré dans la XI.e Partie, que des personnes & des animaux foient tués, & des parties de bàtimens foient auffi confidérablement endommagées par ce coup en retour que produit une explofionprincipale qui éclate à une très-grande diftance de ces perlonnes , de ces animaux ou de ces bâtimens, je prouverai clairement que telle que puiflè être la diftance d’une place donnée quelconque , de cette explofion, tous les effets funefies que peut occafionner un coup en retour , fe préviendront par le moyen d’un conducteur élevé ù pointu érigé d’une maniéré convenable dans l’endroit donné. Les expériences fuivantes jetteront le plus grand jour fur tout cela.
- p.181 - vue 187/262
-
-
-
- l82
- expérience l.
- S5°1-A**ÈS avo'r arran?é,a machine électrique avec tous fes acccfloires de la manière décrite dans les expériences 38 , & 39 ( voyez ,S’depuis la § 280 , jofqu’à la § 293 ) ,1a diftance entre le plus proche de deux corps iiolés I Q & OT, & le grand conducteur P C étant de quatre pieds, les deux personnes. AD B, F H G ternirent le coup eu retour dans leurs deux mains, à l’inftant que le grand conducteur P C s’étoit déchargé fubitcmenr de fon Electricité contre la grande boule de métal L. Voye\ Fig. 15.
- EXPÉRIENCE XJ,
- ,I5.Ç 502- M axs ayant enfuite placé à la même 5 diftance de quatre pieds du grand conducteur P C une pointe d'acier très-Jhilïante & très-aigue S, qui communiqua avec la terre par le moyen d’un guéridon de métal NN, & une lame de plomb F F, le grand conducteur ne fit plus d’explojion contre la boule de métal L , éloignée de la boule C de ce grand conduéteur d’environ dix-feptpouces. Alors il n’y eut plus aucun coup en retour entre les personnes AD B & FHG.
- EXPÉRIENCE LII,
- 503. T je tout en général demeurant exactement dans la même iltuation, j’ai rapproché la grande boule de métal L d’environ quatre potin
- p.182 - vue 188/262
-
-
-
- J)E t* Ele ct R i c r r é. 183
- ces plus près de la boule C du grand conducteur que dans la dernieve expérience, alin d’en forcer Yexplofion contre la boule de métal L, malgré l’influence de la pointe métallique S, placée à la diftance de quatre pieds du grand conducteur.
- Alors, quand Yexplojion eut lieu contre la boule L, ni la perionne AD B, ni la pcri'on-ne F H G ne ternit aucun coup en retour.
- § 504. Cela provenûu évidemment de ce que la pointe aigue & Jaillante placée à S étoit en état d’emporter par degrés YElectricité qui fe pré-fenta aux bords de la partie i'enfible de l’atmof-phere électrique du premier conducteur Jurin-vejlie , auffi vite que cette Electricité pouvoit s’écouler par degrés vers la pointe <5, ou ce qui réellement eft la même chofe, vers les corps I Q & O T, le plus proche de ces deux corps étant à la même diftance du grand conducteur que la pointe de métal elle-même.
- § 505. Il rélulte clairement de ce que nous avons dit § § 208,311 , 346, 387 touchant la nauirc du coup éleétrique en retour, qu’afin qu’il puifle avoir lieu, il eft abfolument néccfi'aire , que les conduéteurs qui produijent le coup en retour foient expofés avant la grande explofion à un certain degré de preftion élaftique Jiirin-veftie de l’Eleétricité contenue dans Yatmojphere électrique du nuage porte - tonnerre d’où part Pexpioiion principale.
- § 506. Or, j’ai démontré ci-devant § 369 qu’une pointe de métal aigue & faillante unie convenablement avec la terre fera capable de Mi»
- p.183 - vue 189/262
-
-
-
- ,84 P K l N C 1 P B 3
- fe décharger par degrés de toute VEleclricité qui peut lui être communiquée à fon extrémité iu-périeure par Yatmofphere électrique d’un nuage porte-tonnerre, ou de tout autre corps chargé quelconque y furajoutée.
- jv. /s- § 5°7- Puifquc donc la pointe de métalaigue & Jaillante dans mon expérience 52 ci-devant décrite § 503 , emporta par degrés l'Electricité contenue dans l’atmofphcrc électrique y fûrajoutée du grand conducteur , laquelle étoit la feule caufe productrice du coup électrique en retour, il eft évident que, dans ce cas, la pointe de métal S, en écartant la caufe donnée, doit néceflaire-ment prévenir un effet qui ne pouvoit exifter que par l’opération immédiate de cette même caufe donnée ; c’elt-à-dire, que la pointe de métal S ne peut manquer de prévenir dans les fuf-dites circonftances le coup électrique en retour.
- EXPÉRIENCE LUI.
- § 5o3. e tout étant pr 'cifement arrangé de même que dans la derniere expérience, ( voyez §503), j’ai pris une houle de cuivre polie & creute d’environ trois pouces de diamètre ; &j’ai placé cette houle fur la pointe de métal .9, telle F‘S.’s- qu’on la voit repréfentée à S dans la figure , par le cercle en pointes.
- Chaque fois qu’une explofion partant du grand condudteur PC fe faifoit fur l’autre boule métallique I. , toutes les deux perfonnes AD B & FIIG en reccvoient le coup électrique retour-
- p.184 - vue 190/262
-
-
-
- jdel’Electricité. 185
- tiant. Tel étoit l’effet produit par cette feule circonftancc de la boule de métal qui mafquoit la pointe aigue S.
- § 509. Cela provenoit évidemment de ce que la boule de métal S n’avoit pas la même puifla ce que la pointe aigue à décharger par degrés, & à faire palfcràla terre l'EleCtricité contenue daus l’atmofphere c'eCtriquc y furajoutée du grand conducteur. C’eft une confirmation folidc de la Théorie que j’ai pofée dans les pages précédentes de ce Traité.
- EXPÉRIENCE LIV,
- § 5IO> J’ai diminué enfuite la diftance entre les corps I Q , O T Su le grand conducteur P depuis quatre pieds fuccelfivement juiqu’à trois Ù demi. Je l’ai réduite après à trois pieds ; à deux & demi ; à deux pieds ; à vingt pouces , & enfin jufqu’à dix-huit ; la diftance entre la boule C. du grand conducteur , & la grande boule L demeurant à treize pouces , comme dans les deux dernieres expériences. Chaque fois que j’ai ainli rapprochée par degrés du grand conducteur les corps IQ & OT, j’ai placé la boule S a beaucoup de diftances différentes du premier conducteur.
- Dans toutes ces différentes circonftances le coup éleétrique en retour n’a jamais manqué d’avoir lieu avec fa force ordinaire ; & il n’y avoir aucune de ces diftances du grand conducteur hors de la diftance explofive d’environ treize pouces à laquelle la boule S placée ait pu ni prévenir le coup, ni même l’affoiblir de nulle manière.
- p.185 - vue 191/262
-
-
-
- *
- iC6 P k i » c t r a s
- EXPÉRIENCE LV.
- § gu. J^v contraire , quand la diftance entre les corps I Q, O T & le grand conducteur P C fut de fei\e il quatorze pouces , les deux perfon-nes A D B & F H G i'entirent un coup en retour très-fort, lcmblable à celui de ia décharge fubite de la bouteille de Leyde, la pointe de métal S reliant toujours mafquée par la boule de cuivre , comme nous l’avons dit ci-devant.
- EXPÉRIENCE LVI.
- § 512. Le coup en retour avoit également lieu quand la boule S le trouvoit affez près du grand conduéteur pour y être un peu en deçà de la diftance expîofive ; & cela devoir néccfiairemcnt arriver d’après la Théorie de nos principes.
- EXPÉRIENCE LVII.
- S S1;- Mais quand la boule S étoit placée beaucoup en deçà de la diftance explolive, alors la force du coup en retour s’aftbibliffoit fenfible-ment.
- Cela provenoit clairement de ce que la boule de métal S cmpêchoit alors le grand conducteur P C de recevoir fa charge en plein, puifqu’elle en tiroit conftamment une cxplolion, avant qu’il pût fe faturer d’EleCtricité.
- p.186 - vue 192/262
-
-
-
- ou. L*Electricité. 18?
- EXPÉRIENCE LVIII.
- § 5l4- /jLvant ôté la boule de cuivre de la pointe de met al à S, j’ai placé les corps IQtk OT à la diftance de quatorze pouces du grand conducteur PC; la diftance de la boule C du grand conducteur t\ la grande boule de métal L étant comme ci-devant de treize pouces.
- Dans cette expérience, la diftance de la pointe aigue S au grand conducteur excédoit toujours celle de quatorze pouces ci-devant mentionnée.
- Cette pointe S étant à la diftance d’environ trois pieds du grand conducteur l’empêchoit toujours de fe décharger avec explolion (a) contre la boule de métal i, & parconiéquent ne per-mettoit pas au coup en retour d’avoir lieu.
- ( a ) Une pointe aigue & taillante de métal placée à une plus grande, & même quelquefois à une beaucoup plus grande diftance d’un premier conducteur chargé, qu’une grolle boule de métal, empêchera très - fouvent cette houle d'être frappée; quoique d'ailleurs placée en deçà de la diftance cxploft-.e du grand conducteur éleftrifé. Je crois que c'eft feu Mr. Henly, Membre de la Société Royale de Lcndres, qui obferva le premier ce fait intérellant, dont on rendra rail'oi facilement par les principes ci-devant pofés qui prouvent qu’une pointe de métal aigue 6 Jaillante plongée dans une atmofpherc élcârique quelconque tend de la maniéré décrire dans la XIV.1-'partie 4 raréfier cette atmofphere élcârique , en diminuant fa dcniïté dans toutes les patties.
- p.187 - vue 193/262
-
-
-
- i88
- E S
- EXPÉRIENCE LIX.
- 5 5I5- JAI cnfuite reculé la pointe aigue S, de fix pouces plus loin du grand conducteur , afin de lui laiflcr la liberté de le décharger ex-plojivement fur la boule L.
- Quoique la pointe aigue S fût alors trois fois plus éloignée du grand conducteur que le plus proche des corps IQ & OT, elle affaiblit néanmoins très-conüdérableraent le coup en retour, parce que , même à cette diftancc, elle con-tribuoit à raréfier & rendre par-tout moins denfe l'atmofphere électrique du grand conducteur, de la maniéré ci-devant décrite § 397.
- EXPÉRIENCE LX.
- § 5 *6. Xj a diflancc entre la boule C du grand conduétcur , & la grande boule L demeurant, comme dans les dernières expériences, à treize pouces ,j’ai placé fucccflivement les deux corps I Q & ÛT il toutes les différentes diftances fuivantes, lçavoir : à fix pieds, à cinq & demi , à cinq pieds à quatre Ù demi , à quatre , à trois
- 6 demi, à trois pieds , à deux pieds huit pouces , à deux pieds quatre pouces, à deux pouces, Ê vingt pouces , à dix-huit, à fiei\e, à quinze, & enfin à quatorze. Chaque fois, j’ai toujours placé la pointe métallique aigue S à la même dif-tance du grand conducteur que celle du plus proche des deux corps IQ&iOT de ce même con-
- p.188 - vue 194/262
-
-
-
- J)J> ,8,
- duélcur. Dans tous ccs cas, aucune des deux per-fonnes AD B, ou F A G n’a lenti le coup en retour: telle a été la puilfancc admirable de lit pointe aigue Jaillante S.
- EXPÉRIENCE LXI.
- S 517. Jl eft inutile d’obfervcr que quand, dans tous les cas précedens, il m’eft arrivé de placer la pointe aigue S à une diftance quelconque du grand conduéleur, moindre que celle do plus proche de deux corps IQ & O T à ce môme conducteur , il n’y avoit mors aucun coup en retour. Puifqu’i! ne fe faifoit pas ientir à diftance égale , à plus forte raifon ne pouvoit-il pas avoir lieu , quand la pointe S fe trouvoit plus près.
- § 518. Il réfulte de toutes expériences que des conducteurs métalliques pointus & élevés , quand ils font bien conftruits, & qu’ils communiquent parfaitement avec la malle commune , tendent avec force non feulement il prévenir le coup de tonnerre principal & Vexplojion latérale , mais aufli tous les coups électriques en retour dangereux. Ils les empêchent d’avoir lieu près de cette partie d’un édifice fur laquelle on les érige. Telle eft en un mot l’excellence & l’étendue du principe fur lequel cette invention fi firnple Se fi efficace eft établie qu’elle tend non feulement à diminuer le danger des divers effets funeftes réfultans de VEleSricité naturelle , mais qu’elle eft même capable d’en écarter prefqu» toujours la caufe immédiate.
- p.189 - vue 195/262
-
-
-
- P li I N C X P P S
- I90
- XIX" PARTIE.
- § 5I9- JE me propofe maintenant d'expliquer en peu de mots toutes les conditions requijes dans la conftruéfion des conducteurs pour les rendre efficaces , & pour les ériger d’une maniéré convenable. Ce detail pourra i'ervir à ceux qui, quoique peu intérefles à comprendre la théorie de l’Electricitc, le font extrêmement à fçavoir le meilleur moyen de préferver leurs bâ-timens des effets funeftes du tonnerre. Ces conditions requijes peuvent le réduire à on\e.
- i°. Que les barres qu’on érige dans cette vue, foient faites de la fubftance la plus propre à conduire l’Eleclricité.
- a0. Qu’elles foient Jolides par tout fans fente ou fêlure quelconque.
- 3°. Qu’elles foient f/Jpfimment épaijfes & maf-fives.
- 40. Qu’elles foient parfaitement unies avec la majfe commune.
- 5°. Que leur extrémité fupérieure foit auflï aigue & poimue qu’il ie pourra.
- 6°. Que cette extrémité foit d’une forme parfaitement conique.
- 70. Qu’elle foit très-faillante.
- 8°. Que chaque barre foit pofée de façon , que depuis fa pointe à l’extrémité fupérieure juf-qu’à fa baie unie avec la majfe commune, elle puiffe fe diriger vers la terre par la route la plus
- p.190 - vue 196/262
-
-
-
- V B I? E L E C T K I C I T É. 191
- courte, & de la manière la plus convenable aux circonftanccs.
- 9°. Qu’il ne fubfiltc point de grandes malles faillames de métal au haut des bâtimens qu’on veut garantir du tonnerre, & qu’elles l'oient unies foigneufement avec le conducteur par des corps métalliques intermédiaires.
- io°. Qu’un nombre fujfifant de conducteurs élevés & pointus, proportionné à l’étendue du bâtiment, y foit placé en différents endroits convenables.
- ii°. Enfin que chaque partie de ces conducteurs foit conftruite & établie folidement.
- § 520. x°. Quant à la matière qu’on doit employer préférablement dans a,la conftruCtion d’un conducteur pour le tonnerre , je penfc que perfonne un peu au fait de l’Electricité , ne s’écartera du fentiment commun , fçavoir : que toutes chofes égales , un conducteur doit être compofé de cette efpece de matière qui par fa nature eft la mieux difpofée à conduire l’Electricité.
- Or, de toutes les matières connues, les métaux l'ont les meilleurs conducteurs de l’Elcctri-
- Le conduéteur parconféquent doit être métallique.
- Il y a cependant un choix à faire ; car il paroit par certaines expériences intéreffantes du DoCteur Prieftly , ( voyez fon hiftoirc de l’Electricité, pages 708 & feq. ) de Mr. Wilche & de plufieurs autres, que les métaux relativement à leurs puif-Jances conductrices refpeCtives peuvent être ar»
- p.191 - vue 197/262
-
-
-
- I92 Principes
- rangés de la maniéré fuivantc , en commençant par le plus parfait, à fçavoir :
- L’Or.
- L’Argent.
- Le Cuivre rouge.
- Le Cuivre jaune.
- Le Fer.
- L’Etain.
- Le Plomb.
- § 521. 2.0 D’après les premiers principes de l’EleCtricité, on doit encore obl'erver qu’un conducteur métallique ne doit être ni coupé , ni interrompu : ç’eil ce que nous apprennent clairement les expériences ingénieufes de Mr. Nairn de la Société Royale de Londres. Voyez, fa onzième expérience, Tome LXVQI des Tranfac-tions Philofophiques, ae. Partie, pages 832 & feq.
- Il ne fuffit même pas qiïe différentes pièces de métal foient Amplement en contact pour en compofer un conducteur, comme le prouve évidemment l’effet produit par le tonnerre fur le conducteur de Mr. Maine dans la Caroline méridionale , compofé de pièces de Fer qui n’etoient que cramponnées enfemble. Voyez les Œuvres Philofophiques du DoCteur Franklin, pages 4ü3 tifif. ....
- Il faut donc qu’un conducleur ait la continuité la plus parfaite ; c’eft-à-dire , qu’il foit ou compofé d'une feule piece , ou de différentes pièces unies enfemble, métal avec métal, de la maniéré la plus exacte & la plus intime pofible.
- On
- p.192 - vue 198/262
-
-
-
- B* l’ Electricité. iM
- (a). On ne fauroit prêter trop d’attention à ce point important ; car fans celil la décharge lourde éleélriquc à travers d’un conducteur pointu Jera très-imparfaite.
- § 522. 3.0 A l’égard de l’épaiffeur qu’il convient de donner aux conducteurs, je fuis pleinement convaincu, d’après tout ce que j’ai pu apprendre touchant les effets du tonnerre fur des barres de métal, ou fur du fil-d’archal dans certaines parties du monde, que, toutes les conditions requifes fc trouvant réunies, une barre -de cuivre d’un demi pouce quand, une de fer d’un pouce quand , une de plomb de deux pouces quarrés, ou ce qui eft égal, la mé/pe quantité de métal fous toute autre forme fuffiront dans tous les cas ; quoique l’addition d’une plus grande quantité de métal feroit préférable fi elle n’étoit pas plus difpcndieufe. Je dois néanmoins ajouter qu’en Angleterre où le tonnerre n’cft affure-ment jamais ii fort que dans quelques autres Pays, les conducteurs peuvent être conftruits avec une moindre quantité de métal, que celle ci-devant mentionnée, furtout fi les bâtimens fur letquels on les érige, font peu élevés.
- § 523. 4.0 Il me refte à remarquer en dernier lieu, que les conducteurs doivent être parfaitement unis avec la piaffe commune ; car il eft évident que le conducteur le plus complet à tout
- ( a ) Si les différentes pièces de métal s’uniffcnt enfemble par le moyen des vis, ou de quelque maniéré femblable » on ne doit jamais les enduire d'huile, parce que l’huile conduit trh-mal l’EIeftricité. Un très-bon moyen de bien unir les pièces eft de placer entr’elies une lame de plomb, trcs-mince.
- N
- p.193 - vue 199/262
-
-
-
- Principes
- 194
- autre égard ne pourra jamais fervir à conduire un coup de tonnerre ; ou à faire palier lourdement l’Eleflricité à la malle commune, s’il ne communique pas avec elle de la maniéré la plus exafle.
- Je croirois volontiers qu’une des plus grandes fautes qu’on puilïe jamais commettre en érigeant des condu fleurs, eft celle de n’en faire entrer l’extrémitc inférieure que de peu de pieds en terre dans les Pays où elle eft fort fouvent très - feche & brûlée. Le Dofleur Franklin remarque dans une lettre adrelïee à Mr. Col-linfon de la Société Royale de Londres, que la terre Jeche par elle-même eft un très-mauvais condufleur d’Eleflricité ( voyez les Œuvres Philofophiques de ce Dofleur, pages 35. 36 & 514). Je penfe même que l’addition d’une certaine quantité modérée d’humidité à cette ef-pece de terre ne fuffiroit pas pour la rendre un bon condufleur capable de faire entrer avec une facilité convenable par l’extrémité inférieure de la barre métallique une grande quantité d’Elec-tricité naturelle dans la malle commune. Car il ne fuffit pas qu’elle puilfe Amplement s’écouler par cette extrémité : il faut encore qu’elle puillè le faire avec la plus grande facilité pof-fible. C’eft ce que nous avons démontré dans la XII.me Partie (a).
- § 524. Le meilleur moyen fans doute de fe procurer cet avantage eft d’enfoncer l’extrémité
- ( a ) Mr. De Laval a remarqué de même ne conduit pas l’Eleftricité. Voyez l’Hilloir par le Doéteur Frieftly, pages 214 St 712.
- que la terre feche re de l’Eleélricicé
- p.194 - vue 200/262
-
-
-
- 195
- du condu&eur métallique foit dans l’eau d’un puits, foit dans l’eau d’un étang, ou des fofTés voiiins de la maifon à une diftance de trente pieds au moins du bâtiment fur lequel on l’érige.
- § 525. Mais comme cela eft très-fouvent impraticable , je conieille dans ces fortes de cas de prolonger le condu&eur par l’addition d’une barre ronde foit de cuivre foit de plomb, depuis fon extrémité inférieure en la portant fous terre jufqu a la diftance de 45 ou 60 pieds des fondemens du bâtiment ; & qu’enfuitc cette barre y ajoutée foit unie à fon extrémité avec une lame de cuivre ou de plomb d’une certaine largeur , qui doit être déchiquetée de chaque côté de toute fa longueur, & s’enfoncer profondément dans la terre humide.
- § 526. La raii'on pour laquelle je voudrois que cette lame métallique fût enfoncée fi avant eft que la terre ne peut jamais êtr a fortfeche à une certaine profondeur.
- Je demande auffi que le tranchant de cette lame foit déchiqueté de chaque côté afin que l’Eleélricité puiSTe fe décharger avec plus de facilité : car tout le monde fait que l’Electricité entre dans les métaux, & s’en écoule avec plus de facilité par le tranchant, & par les pointes, que par aucun autre endroit.
- J’exige encore que la dite lame de métal foit large, & s’étende de plufieurs pieds en longueur, afin qu’un plus grand volume de métal foit en contact avec la terre humide dans laquelle l’E-le&ricité du condu&eiir métallique doit fe décharger.
- N ij
- p.195 - vue 201/262
-
-
-
- P H I N C I P £ S
- 196
- Si je propofc que la barre intermédiaire entre la dite lame de métal, & le condudlcur érigé fur le bâtiment foit longue de quarante à foixante pieds, & arrondie c’cft afin que le feu électrique , après avoir defeendu le long du conducteur , puiffe être éconduit, & fe décharger à une diftance fuffifante du bâtiment.
- Si le cuivre ou le plomb me paroit préférable au fer pour la conftruCtion des parties fou-terraincs du conducteur , c’eft que le fer mis dans la terre eftfujet àfe décompofer. Or, la rouille des métaux ne conduit pas VElectricité. Voyez l’Hiftoirc de l’Elcélricité par le DoCteur Prieftly, pages 224 & 712.
- § 527. 5.0 Le grand nombre d’excellentes observations faites dans différens Pays par des Phylicicns de la première claffe, tels que le Docteur Franklin, le Pere Beccaria, MM. JVilche, Henly , Le Roi, Achard, Nairne, le DoCteur . '' Ingen-houf\, &c. ont pleinement convaincu les meilleurs Juges en cette matière, que les conducteurs doivent toujours fe terminer en pointe de métal très-aigue ; &jc penfe que ce que j’ai dit dans ce Traité contribuera en quelque façon à établir plus folidement cette vérité importante , qu’afin de garantir les bârimcns, de la maniéré la plus efficace pojfible, F extrémité fupérieure de chaque conducteur métallique doit être pointue de la façon la plus parfaite pojfible.
- | 528. 6.° Puifque les propriétés admirables d’une pointe métallique ne dépendent pas de fa forme, mais de fa faillie au de-là des corps élèctrifés auxquels elle eft étroitement unie, & de la petite quantité de furface qu’elle préfente
- p.196 - vue 202/262
-
-
-
- B L’E t
- B C T R 1 C I T É. ig7
- au contact de l’air , comme nous l’avons expliqué ci-devant § 47 , on conçoit qu’alin qu’un conducteur à pointe très-aigue puilfe réunir tous les avantages tinguliers dont il eft fufccptible, il faut encore que fon extrémité fupéricure foit d’une forme conique la plus exacte, & la plus fubtile poffible : c’eft-à-dirc, que non-fculcmcnt fa pointe foit très-aigue, mais qu’il foit très-mince depuis une certaine diftance de fon extrémité jiipé-rieure, de façon qu’il puilfe préfenter un cône , dont la bafe prife diamétralement ne porte qu’une proportion extrêmément petite relativement à fa hauteur, comme, par exemple, de quarante à un. De cette maniéré, le diamètre du conducteur à la diftancc de quarante pouces de Yextrémité de la pointe n’excedera pas un pouce ; à la dillance de vingt pouces il fera d’un demi-pouce ; à celle de dix pouces, il n’aura que le quart d'un pouce ; & aînfi de fuite.
- S 529. La partie fupérieure du conduéteur jufqu’à quinze ou vingt pouces doit être de cuivre, & non de fer, parce que le fer cxpofé à l’air fe rouille ; & que la rouille ne conduit pas l’Eleétricité. L’autre partie conllruite en fer peut être peinte à l’huile pour la conferver, mais non pas celle du haut, parce que la peinture à thuile ne conduit pas YEleclricité.
- § 53°* Je n’approuve nullement la méthode qu’ont certaines perfonnes de conftruire la pointe de leur conducteur en fer doré ; i.° parce que la dorure ne s’attache jamais bien au fer, fur-tout quand il eft continuellement expofé au grand air $ & 2.0 parce que de cette façon l’ex-N üj
- p.197 - vue 203/262
-
-
-
- Principes
- trémité fupérieure du conducteur ne pourra jamais être rendue parfaitement conique , ou bien aigue, ce qui cft un défaut etfcnticl. La maniéré la plus parfaite poffible de bien terminer un conducteur feroit lans doute d’inférer au haut de fa partie conique dans le cuivre dont elle cft com-pofee, une aiguille d’or très-fubtile, & très-aigue, ayant foin de la faire faillir d’un pouce, ou même plus au de-là du cuivre. La meilleure méthode de la fixer dans cette partie du conducteur eft de la faire entrer dans une ouverture y pratiquée verticalement avec une fraife convenable, de façon qu’elle puiffe s’y ajufter & môme s’y ferrer exactement. L'aiguille d’or eft repréfen-tée par an dans la figure 24 ; & bb défigne l’extrémité de la partie du conducteur faite en cuivre , d’après leurs dimenfions naturelles. Le peu d’or que cette aiguille demande eft d’une fi petite valeur, qu’il n’augmentera guère la dépenfe. Je préféré cette méthode à toute autre, & même je la recommande avecinftance, quoiqu’un con-duéteur terminé en cuivre d’une maniéré très-aigue & très-conique-, réponde allez bien à tout ce qu’on peut defirer en pareilles occafions.
- § 531. y.0 Il réfulte encore de ce qui a été dit au commencement de la fection 528, dans le cours de la 48."'“ & de la 49.'“ & dans quelques lcétions de la i,re partie , que l'extrémité fupérieure d’un conducteur doit être non-feulement très-aigue & parfaitement conique , mais auffi très-fiillante, c’eft-à-dirc, qu’elle doit s’élever de huit, dix , ou quinze pieds au-defius
- p.198 - vue 204/262
-
-
-
- E L’El
- ECTRICITé. 199
- de toutes les parties du bâtiment qui lui font le plus contiguës (a).
- § 532. Nous avons vu que tout conducteur placé dans la partie fenfiblc d’une atmofphcre électrique quelconque, éleCtrifé en plus ou en moins, tendra néceffairement à fe charger du côté le plus proche du corps chargé qui la produit, d’une Electricité contraire à celle de cette atmofphcre dans laquelle il eft plongé.
- Parconféquent, quand un nuage porte-tonnerre s’abailfc, il eft clair que cette partie de la Terre immédiatement au-dejjous doit fe charger d une EleCtricité contraire à celle du nuage. Il en réfulte donc néceffairement qu’ainfi chargée , elle fera entourée d’une atmojphere électrique contraire à celle du nuage, conformément aux expériences ci-devant décrites.
- § 533. Or, nous avons vu ci-devant, depuis la § 3oju(qu’àla § 49,que Vatmofphcre électrique qui entoure un corps charge eft la vraie caufe qui l’empêche de fe défélectrifer ; c’eft-à-dire, que dans le cas préfent, Vatmojphere électrique de cette partie de la Terre immédiatement au deffous du nuage, étant chargée d’une Electricité contraire , l’empêchera de fe mettre, en fe déchargeant, en équilibre avec le dit nuage.
- § 534. Il eft de la même évidence par la Loi importante ci-devant démontrée, touchant la denfité électrique des atmolphercs électriques,
- (a) Les deux conducteurs que j’ai fait ériger dans la Province de Kent fur le Château ac Chevening, s’élèvent chacun de plus de dix-fept piedt au-defl'us des différens corps des cheminées qui s’y trouvent.
- p.199 - vue 205/262
-
-
-
- 200 P II I N C I V B s
- que YElectricité de Yatmofphere électrique qui entoure cette portion chargée de la Terre immédiatement au deflous du nuage porte-tonnerre, doit décroître, en denjité dans la raij'on inverfe du quarré des difiances depuis la furface de la terre.
- § 535- Si, parconféquent, un conducteur métallique aigu & faillant fie forjette au deflus de la Surface de la terre, ou au deflus d’un grand corps quelconque capable de conduire l’Electricité , comme , par exemple, un toit de plomb, il cft évident que la décharge éîcdtrique Jburde au travers de ce conducteur fera plus forte , toutes autres chofes égales, à proportion que l’extrémité fupérieure du conducteur feforjettera davantage ; parce que plus il fe forjette, plus il fe trouve hors de la partie denfe de Vatmofphere électrique de cette portion chargée de la Terre au deflus de laquelle cft le nuage.
- § 536. Or , fi le conduétcur fe forjette de dou^e pieds, par exemple, il fuit de la Loi du décro/jfement de la denfité dans les atmosphères électriques en raifon inverfe des quarrés de leur diftance du corps chargé producteur des atmofphcres, que la denfité de l'Electricité de de î’atmoiphere éleétrique de la Terre à tentour de la pointe métallique du dit conducteur fera quatre fois moindre que s’il ne fie forjettoit que de jix pieds ; neuf fois moindre que de quatre pieds d’elevation ; fei\e fois moindre que de trois pieds ; trentefix fois moindre que de deux pieds ;foixante-quarre fois moindre que d’u/z 6 demi ; cent quarante-quatre fois que d’un pied, & ainfî du relie dans la môme progreflion.
- p.200 - vue 206/262
-
-
-
- D E E f. L'CTRICIT é. 0.01
- Je ne comtois rien qui ferve mieux à démontrer le grand avantage de Yélévation confident-ble des conducteurs faillans & pointus, que cette môme circonftancc cki décroiffenunt de la den-fité électrique en raij'on des quarrés de diftance.
- § 53f. 8.° Il cft encore évident que le conducteur doit s’abaiffer dans la direction la plus courte & en même temps la plus convenable , depuis la pointe de ion extrémité lupcricurc jui’qu’à la rnajfe commune, par la nature bien connue de la charge électrique qui la détermine à palier par tout où elle trouve la moindre réjiftance , & parconféquent à Je divifer & il préférer un palïagc court à travers des conducteurs foibles, ou même au travers de Y air, à un pacage trop long un travers des métaux. Voyez les expériences décifives du Doéteur Priejlly dans ion Hiftoire de l'Electricité, pages 689 & feq.
- Il fuit de ce même principe que des conducteurs métalliques fecondaires de toute efpcce, tels que des conduits pour l’eau faits en métal, &c. qui communiquent avec le grand conducteur , & qui fe trouvent près de la terre , doivent auffi communiquer par des corps métalliques intermédiaires avec la maffe commune.
- § 538. 9.0 Quant aux grands corps prominens de métal, qu’on voit allez fouvent en haut fur des bâtimens qu’on veut garantir du tonnerre , ce fçavant Phyficien le Doétcur Ingen-houft a démontré clairement dans un excellent Mémoire préienté il fa Majefté Impériale fur la. meilleure méthode d’afiurer les magafins il poudre , que tous ces corps prominens de métal doivent être
- p.201 - vue 207/262
-
-
-
- ao2 Principes
- liés par des communicatioms métalliques avec
- le conducteur en chef.
- Cette précaution eft facile à prendre, & la conlidération du coup électrique en retour, dont nous avons ci-devant expliqué la nature , en démontre encore plus fortement l’utilité.
- § 539. io.° Le nombre des conducteurs pointus & élevés néceffaires pour garantir parfaitement un édifice des effets du tonnerre dépend néccffairement de fa grandeur, de fa forme & de fa fituation. Le Pere Beccaria qui, à plu-fieurs égards, a beaucoup perfectionné la Science de l’Electricité, penfe que des bâtimens d’une grande étendue doivent être munis d'un certain "nombre de conducteurs pointus & élevés. Voyez i’Hiftoire de l’EleCtricité par le DoCteur Prieftly pages 381, 382. & feq.
- § 540. Mais indépendamment d’une autorité fi TefpcCtable, l’utilité qu’on peut retirer deplujieurs conducteurs pointus & élevés,placés fur de grands bâtimens , eft affez démontrée par tout ce que nous avons dit dans la XIII.me Partie relativement à la maniéré dont un conducteur élevé & pointu tend en général àpréferver un bâtiment des coups électriques explojifs, en portant fourde-ment à la Terre l’Electricité de cette portion de l’atmofphere électrique d’un nuage porte-tonnerre dans laquelle il eft plongé.
- § 541. Le fçavant DoCteur Ingen-houfz nous a fait fentir qu’un coup de tonnerre peut être très-aifément conduit par une ondée de pluie ou par la grêle à l’une de deux extrémités d’un grand conducteur convenable. Cette circonftance
- p.202 - vue 208/262
-
-
-
- démontre dè nouveau l’utilité de plujîeurs con-du&eurs aigus & faillnns placés fur des bâti-mens d’une grande étendue.
- § 54a. Il en réfulte que les parties les plus exhauffees , les fommets les plus élevés, les corps des cheminées très-prominens , enfin les angles les plus faillans d’un édifice , pour fe trouver entièrement à l’abri du tonnerre, doivent être armés de conducteurs métalliques, élevés, pointus , aigus, d’une forme parfaitement conique , & bien unis avec la majfe commune. Quant aux édifices d’une grande importance , particulièrement les magafins à poudre , les conducteurs pointus ne doivent jamais être loin les uns des autres de plus de quarante ou cinquante pieds. Une plus grande proximité en augmenteroit même encore l'avantage.
- §543. ii.° Il eft afîèzinutile d’obferver que chaque partie du condufteur doit être folide-ment conftruite. Mais un des motifs qui me portent cependant à le recommander c’eft que j’ai eu occafion de voir dans les Pays étrangers un condu&eur métallique foutenu par un pilier de verre qu’un grand vent renverfa. Des conducteurs qui n’ont d’autre deftinatior. que de préferver des bâtimens, ne demandent pas à être foutenu par des piliers de verie, ou de toute autre matière non-conductrice. Quelquefois néanmoins ils peuvent y être appuyés avantageule-
- § 544. A préfent, pour éviter toute équivoque par rapport à ce que j’ai dit dans les pages précédentes , il me paroit néccffairc d’ajouter
- p.203 - vue 209/262
-
-
-
- P R 1 K
- 204
- que je ne veux pas abfolument nier la pojjibi-lité d’un coup explofif qui pourroit dans certaines circonftances très-rares, fe porter contre un conducteur élevé & pointu. Mais j’en foutiens à tous égards , Yextrême improbabilité ; &, même en fuppofant qu'il eût lieu, je fuis convaincu qu’un coup de tonnerre quelconque ne caufc-roit aucun dommage au bâtiment, fi le con-dufteur étoit fufpfammentfolide, & convenablement érigé.
- Cependant je n’ai jamais vu d'exemple, & je crois même que perfonne ne pourroit m’en citer , d'un coup de tonnerre explofif déchargé fur un conducteur métallique bien élevé, très-aigu & parfaitement conique, conftruit & placé avec, toutes les difpofitions requifes que je viens de détailler, & notamment la fécondé & la quatrième.
- p.204 - vue 210/262
-
-
-
- z>e l’Electricité.
- 4®S
- XX.- PARTIE.
- § 545- J e viens déjà de démontrer les avantages admirables & fort étendus qui réfultcnt des conducteurs métalliques élevés & très-pointus -, mais la plus effenticlle, &t peut-être la plus étonnante de toutes leurs propriétés , me refte encore à développer.
- § 546. Ce que j’y vais ajouter paroîtra probablement un paradoxe. Néanmoins je me flatte de pouvoir en établir la vérité ; & je m’engage à prouver que des conducteurs élevés & pointus convenablement érigés tendront à garantir des bâtimens & des perfonnes des effets funeftes de l'Electricité naturelle, de la maniéré la plus efficace , même quand les nuages font le plus puif famment chargés avec la matière du tonnerre ; c’eft-à-dire dans le plus dangereux de tous les cas où l’on peut dire que des perfonnes, ou des bâtimens privés de cette efpece de conducteur cour-rent le plus grand rifque pojfible.
- Selon moi, c’eft une circonftance Reprenante & de la plus grande importance en faveur des conducteurs élevés & très-pointus. Mais je crois que jufqu’à préfent, on n’y a pas fait la moindre attention. -
- § 547. Pour en faire comprendre toute l’utilité , il eft néceflaire d’obferver préalablement • que les coups les plus funeftes du tonnerre partent invariablement de diftances beaucoup plus
- p.205 - vue 211/262
-
-
-
- E S
- ao6 P r i n c i p
- confidéralles que ceux, qui font moins forts. La raii'on en cft toute fimple.
- § 548. Quand un nuage grand ou petit ne contient qu’une modique quantité d’Elcctricité, la partie denfe d’ElcCtricité contenue dans l’atmof-phere électrique de ce nuage ne peut jamais être d’une très-grande étendue.
- Ùr, nous avons vu, § ig, que c’eft la partie denfe de l’Eleélricité y contenue qui la rend capable de conduire fubitement une charge électrique , à une diftance donnée du nuage producteur de cette atmolphcrc cledtrique.
- § 549. Pafconféquent, puifque la partie denfe de l’atmolphcre électrique d’un nuage foiblement chargé né peut s’étendre à une très -grande diftance, il eft évident que la diftance explofive de ce nuage médiocrement chargé ne peut être d’une très -grande étendue. C’eft-à-dire , qu’un nuage faiblement électrifé doit nécejfairement s’approcher près de la terre , avant qu’il puifle fe décharger avec explojion de fon Electricité contre un corps quelconque placé fur la furface de la terre.
- § 550. Au contraire, quand un nuage eft très-puijfamment éleclrifé , la partie denfe de fon atmofphere s’étend à une diftance prodigieufe ; d’où il réfulte que fa diftance explofr-e doit être proportionnellement d’une très-vafte étendue.
- § 551. Il eft donc impoftible qu’un nuage porte - tonnerre très -pu 'ff.imment chargé puiffe frapper dès la première inftance ; c’eft-à-dire , qu’il puifle porter un coup dans toute fa force à une diftance petite, ou même médiocre de la
- p.206 - vue 212/262
-
-
-
- ve l'Electricité. <2.0?
- Terre ; parce qu’un nuage de cette cfpece doit ncccflairement i'e décharger avec explofion de la plus grande partie de Ion Elcftricité, avant qu’il puijfe atteindre cette diftance petite ou médiocre.
- § 552. Je n’affirmerai pas que la force d'une décharge électrique d’un nuage porte-tonnerre' foit toujours en railon de quelque fonction directe de la longueur {a) de la diftance explojive ; car je
- (a) On nefauroit donner trop d’attention à toutes les cir-oonjîances qui concernent les expériences faites, ou à faire fur la longueur, ou la force proportionnelle des étincelles , ou des corps élcékriques : c’elt le feul moyen d’éviter les erreurs grollieres que ce défaut d’attention pourroit occaûon-ner.
- Tous les Phyficiens connoiflent la différence prodigieufe qui fe trouve entre la force d’une étincelle longue prife d’un conducteur en premier ordinaire , & la force aulli bien que le piquant très-fupérieur d'une étincelle beaucoup plus courte qui s’élance de la jatte de Leyde. Il y a même une très-grande variété dans les différences de ce genre provenant des machines éleéfriques plus femhlables entre elles, comme des conducteurs en premier fimples & doubles, aulli bien que des jattes de Leyde fimples, ou en batteries. Car la longueur d’un étincelle, par exemple, partant d’une grande batterie compofée de plufieurs jattes elt fouvent bien moindre que la longueur d’une étincelle tirée d'une feule de ces jattes, quoique la force du choc forti de la batterie excede de beaucoup la force de celui Caufé par une feule jatte.
- Je différerai la dilcullion & l’explication de tous ces objets pour les faire entrer dans mon Traité fur les jattes de Leyde. Nous remarquerons feulement ici que par rapport aux expériences, ou aux raifonnemens à faire fur la longueur & la force refpeétives des étincelles, ou des chocs électriques , oit ne doit comparer enfemble que des magalins d’Eleâricité de même efpece & mêmes qualités, de façon que des chocs partant de conducteurs en premier fimples Sc femhlables, en forme d’Elcdrophorcs fimple , de conducteurs en premier doubles % d'Electrophores doubles, de plateaux ou de jattes de Leyde de différentes efpeces, de batteries de Leyde, &c. De meme des nuages porte-tonnerre différemment circonftanciés doivenc toujours être comparés refpeâivement avec des chocs électriques de la même claffe.
- p.207 - vue 213/262
-
-
-
- P R I K C T 1> E s
- ao8
- conçois aifcmcnt que le volume, la forme , la dcnlité, la charge rcfpcctivc, & la fituaiion particulière des nuages différons, conjointement avec certaines circonftances capables d’affecter leurs atmofphcrcs éleékiques , la feront varier à un certain degré (_a). Mais je crois en même teins que perfonne au fait de la nature de l'Electricité ne me conteftcra la vérité de la propojition générale que j’ai avancée , fçavoir :
- Que de très-grands coups de tonnerre , partant de nuages puififiamment éleclrifés , foit en plus 9Joit en moins , doivent invariablement nous venir d’une très-grande défiance & qu’au contraire , des coups de tonnerre modérés partant de nuages faiblement éleclrifés, fo't en plus, ioit eli moins, arrivent à la Terre d’une défiance bien moins confidérable ( b ).
- § 553. Suppofons maintenant que deux nuages porte-tonnerre fe préfentent; l’un trbs-puif famment chargé d’Electricité , lequel je nommerai C, & l’autre foiblement chargé que j’apel-lerai c.
- Cette partie de l’Atmofphere éleétriqué du nuage puiffamment électrifié C , qui fe trouve
- (a) Plufieurs raifons me portent à croire que les nuages étant négativement au lieu de pofitivement éleétrifés , il y auroit quelque différence à cet égard.
- ( 6 ) IéEleéfrometre ingénieux de Mr. Lane de la Société Royale de Londres elt fondé fur un principe lemblable. On en trouve la defeription dans lesTraniaitions philofophiques, vol. 57. pages 451. & fej.
- exacle-
- p.208 - vue 214/262
-
-
-
- de l‘ Electricité. 209
- exactement aux limites ( a ) de la diftance explo-five naturelle de ce nuage C, fera nommée L ; & cette partie de l’atmofpherc électrique du nuage foiblement éleclrifé c , qui fe trouve exactement aux limites de la diftance exploftve naturelle du nuage c , je Rappellerai 1.
- § 554. Suppofons encore qu’un bon conducteur métallique plaçé quelque part , foit convenablement uni avec la mafic commune, & que fon extrémité fupérieure l'c termine en pointe de. métal bien aigue, bien conique , & bien fail-lante; & voyons fi le plus grand degré d’ajfa-rance ne dérive pas de Yaâiori de la décharge fourde qui fe fera au travers de la dite pointe dans le cas de paflage de la nuée puijfamment électrifée C, ou de celle foiblement éleclrifé c s dont nous avons parlé ci-deffus.
- § 555. Les principes dElectricité fi clairement établis dans les pages précédentes, démontrent évidemment que la quantité d’une déchargeJourde par un bon conducteur de métal uni d’une maniéré convenable avec la terre, & dont la pofi-tion , le degré de faillie , & celui de fa forme conique à fon extrémité fupérieure font donnés , doit , toutes autres chofes égales , être proportionelle à la preftion élaftico-électrique de l’atmofphere éleétrique furinveftie à la pointe donnée du fufdit conducteur.
- (a) Quand ]’employ. naturelle d'un nuage pi corps chargé, j’entends quelle le corps chareé fo un conduéteui
- e expreffion, dijlance exploftve
- ;é foie capable dc porc par quelque moyen.
- p.209 - vue 215/262
-
-
-
- § 556. Or la prejjion élaftico-éleclrique d’une ntmolphere éleCtriquc fur ajoutée à une pointe métallique donnée cft néccffaircmcnt proportionelle à la denfité d'Electricité furinveftie.
- § 55f. Parconféquentla quantité de la décharge fourde par une pointe de métal donnée doit, toutes autres chofes égales , être proportionelle à la denjité de VEleclricitè furajoutée.
- § 558. .Afnfi donc le conducteur entre un nuage chargé & la terre, doit être plus parfait à propcJrtion de la plus grande diftance de ce nuage, afin qu’il puiffe en tranfmetre plus promptement la charge aux corps placés fur la furface
- § 559 Or, nous avons .vu § 390, que c’eft VEleclricitè elle-même contenue dans une atmof-phere élcCtrique, qui lui donne la qualité de prompt conducteur d’une charge électrique à une diftance donnée quelconque du nuage éleétrifé , ou de tout autre corps chargé producteur de la dite atmofpherc.
- § 560. C’eft donc encore à proportion de la plus grande diftance d’un nuage chargé que la denjité de VEleclricitè furajoutée doit être aujfi plus grande , afin qu’elle puiffe tranfmetre fubitement la charge du nuage éleétrifé aux corps placés fur la furface de la terre.
- C’eft-à-dire, que dans le cas préfent, il eft néccffaire que la denfité de VEleclricitè furajoutée foit plus grande à L, afin que le nuage puijfam-ment éleclrifé C puiflb y faire parvenir fon coup, qu’elle ne doit l’être pour faire parvenir à 1, le coup du nuage faiblement éleclrifé c.
- p.210 - vue 216/262
-
-
-
- au
- de l’Electricité.
- § 561. Nous venons de voir, § 55^ , que la quantité d’une décharge Jourde pnr une pointe métallique donnée doit, toutes autre.-, choies égales , êirc proportionelle à la denjhé de L’Electricité furinveftie.
- Il cil donc évident que dans le cas prdfcnt, la quantité de la décharge jourde de la partie L par la pointe métallique leroit , toutes autres chofes égales, plus grande à cette partie L de l’a-tmofphcre électrique du nuagepuijfamment élec-trifé C , qu’elle ne pourroit l’être à la partie cor-rejpondante l de l’atmofphere électrique du.nuage foihlement éleclrifé c.
- Il ell encore de la même évidence que cette quantité de décharge jourde par la pointe métallique donnée l eroit d’autant plus grande âL, qu’elle leroit à / ; comme la denjité de L’Electricité fur-ajoutée à L ejlplus grande que la denjité de l’Electricité furajoutée à l.
- § 562. Cela veut dire que la pointe métallique donnée , quand elle fc trouveroit à L , cauferoit pendant un court tems donné t une perte réelle plus grande dans* la quantité d’Electricité contenue dans l'atmofphere électrique furajoutée de la part du nuage puijfamment chargé C, laquelle quantité eft néceffairc, au dit nuage pour qu’il puiffe porter l'on coup auffi loin que L. Je dis qu’elle caulcroit unp plus grande perte qu’une femblablc pointe métallique donnée fe trouvant à /, n’en pourroit occafionner , pendant le même tems donné t, dans la quantité d’Electricité contenue dans l'atmofphere électrique jurajoutée par le mage faiblement éleclrifé a, laquelle quantité
- p.211 - vue 217/262
-
-
-
- 212 Principes
- eft pareillement nécejfaire afin qu’il porte fon coup auffi loin que L.
- Il eft encore évident que le défaut d’Elec-tricité produit à L par la pointe métallique donnée , pendant le terns donné t, doit être au défaut d’Eleclricité produit à l par une pointe métallique femblable pendant le même teins donné t, dans la même raifon que la denfité de YE-leclricité furajoutée à £ eft à la denfité de \’E-leclricité furajoutée à /.
- § 563. Maintenant il eft bien clair, que tous ces défauts d’Eleclricité repréfentent refpedtive-xnent les quantités d’Eleclricité qui doivent être reftituées nécefiairement aux atmofpheres électriques furajoutées & refpedtives , pour leur rendre la force & l’étendue capables de pouvoir frapper avec explofion la pointe métallique ci-devant mentionnée.
- C’eft-à-dire , que la quantité d’Eleclricité re-quife, pendant un tems court quelconque t, & qui doit être reftituée à l’atmofphcre électrique furinveftie à la pointe métallique donnée L, afin que la nuée puijfamment chargée C puille fe décharger explofivement contre la dite pointe métallique , doit excedcr d’autant plus la quantité d’Eleclricité requife ( pendant le même tems court donné t, & qui doit être reftituée à l’atmofphcre électrique furinveftie à la pointe métallique 1, afin que la nuée faiblement chargée c pu'iflc s’y décharger explofivement ) que la denfité de l’Electricité furinveftie à L excede la denfité d’Electricité fiurinyeftie à l.
- p.212 - vue 218/262
-
-
-
- § 564. Parconféquent la pointe métallique donnée , placée à L tendra , toutes autres choj'es égales, dans le cas ci-devant mentionné, avec plus de force, par fon opération graduelle d’une décharge Jour de dans un tems court donné t , sl empêcher un coup électrique explojif d’avoir lieu de la part de la nuée puijfamment chargée C, qu'elle ne le pourroit faire placée à / dans le même tems donné. t, pour prévenir la décharge explofive qui la menace de la part de la nuée faiblement chargée c. C’eft une vérité qui dérive évidemment des principes clairs & effen-ticls ci-devant établis dans la XIII.mc Partie de ce Traité.
- § 565. L'atmofphere électrique d’une nuée quelconque puijfamment chargée, comme C, doit néceflaircmcnt & conformément à ce qui a été dit ci-devant, s’étendre toujours à une diflance infiniment fupérieure à celle de l’atmofphere électrique d’une nuée quelconque faiblement chargée, comme c.
- Si donc deux nuées C &t c s’approchent d’un conducleur métallique pointu quelconque placé fur la furfacc de la terre avec une vttéjfe quelconque donnée v, il eft évident que le tems de l’aéiion de la décharge Jourde par la pointe métallique donnée fur l’atmofphere élcéirique fur-ajoutéepar la nuée puijfamment chargée C,doit à-peu-près, toutes autres chofes égales, cxccder d’autant plus le tems de l’aétion de la décharge Jourde par la même pointe métallique donnée, fur l’atmofphere électrique furinveiHe par la nuée faiblement chargée c , que l’étendue de l’atmof-
- p.213 - vue 219/262
-
-
-
- ai4 P k t k c i p s s
- phere éleàrique de la nuée puifamment chargée C, excede celle de l’atmofphere ékarique de la nuée faiblement chargée c.
- ^ 566. Nous avons, vu, § 564 , qu un conducteur terminé en pointe métallique aigue & Caillante tendroit avec plus de force , même dans un tems court donné, à empêcher un coup électrique explofif d’avoir lieu de la part d'une nuée puifamment chargée C , qu’elle ne le pourroit faire dans le même tems court donné, li un coup explofif partoit d'une nuée faiblement chargée c.
- Il s’en fuit donc que dans le cas aétuel, la dite pointe métallique exerçant longtems Ion action lur Vatmojphere électrique iurajoutée par la nuée puifamment chargée C doit , relpecti-vement aux circonftanccs dont nous parlons, tendre bien plus & avec plus de force à prévenir le coup explofif de la nuée puifamment chargée C, qu’elle ne le pourroit faire dans un tems bien plus court en exerçant fon a&ion fur l’at-mofphcre éleélrique furinveftie par la nuée faiblement chargée c.
- § 5 6f. C’cft un fait très-certain, que des nuées ne peuvent jamais être chargées de matière électrique au plus fort, excepté, quand l’air le trouve le moins pofible imprégné d’humidité :
- i.° Parce que, quand Pair eft humide, les -nuées ne peuvent jamais acquérir autant d’E-lcélricité , que quand il eft fec.
- a.° Parce que dans la fuppofidon qu’elles puif-fent, pendant que l’air eft humide, s'en charger d’une maniéré très-forte , cette charge donnée fe difpera plutôt, même avant que la nuée
- p.214 - vue 220/262
-
-
-
- de l'Electricité. 215
- porte-tonnerre puiffe arriver à fa diftance explofi-ve de la terre ; c’eft-à-dire, que, toutes autres cho-fes égales, l'équilibre éleârique naturel entre la nuée &la terre fera bien plutôt reftitué fourde-ment, quand l’air eft humide , qu’il ne pour-roit l’être , quand l'air eft plus dégagé d’humidité. C’eft en effet pour cela que généralement parlant, il y a beaucoup plus de danger de la part du tonnerre quand l'air eft humide , que quand il eft très-fec.
- § 568. Ainfi, quand l’air pendant un orage porte-tonnerre, eft le plus dégagé d’humidité, c’cft-à-dire , quand l’atmojphere électrique des nuages eft le moins dijpojée à conduire VElec-tricité, fi quelque portion de J’on Electricité s’en décharge Jourdement & par degrés , il eft évident qu’il lui faut bien plus de tems ( a ) pour en réparer la perte , que fi l'air étoit humide ; c’eft-à-dire , que fi Vatmofphere éleârique du nuage porte-tonnerre étoit plus difpofée à conduire VEleâricité.
- § 569. Pour m’exprimer plus flairement, il n’y a aucun cas dans lequel VEleâricité déchargée fourdement, & foutiréc par degrés de Vatmofphere éleârique d’un nuage porte-tonnerre, par
- ( a ) Nous n’avons encore aucun inftrument propre pour en cftimer la différence ; mais il eft évident qu’elle doit être proportionelle au tems que des corps éleétrifés demandent pour fc dégager d’une charge d’Ele&ricité donnée ; & tous les Phyficiens fçavent que ce rems eft bien plus conjidérable, quand l’air eft Jec, que quand il eft humide. Nous attendons lur cet objet des expériences très-importantes de la part dû fçavant Mr. de Fontana , qui s’eft déjà fi diftingué dans la recherche des Loi* de la Nature.
- O iv
- p.215 - vue 221/262
-
-
-
- Principes
- üi6
- le moyen d’un conducteur métallique élevé & très-pointu puifle employer un plus grand espace de tems à fe refiituer, que quand ce nuage fc trouve puffammentchargé d’Elcélricité ; parce que des nuages de cette efpecc l’out toujours entourés de Yatmojphere électrique le moins dif-pofée à conduire la matière du tonnerre.
- 570. J’ai démontré ci-devant, § 56a , qu’une pointe métallique donnée cauferoit, toutes autres chofes pareilles, pendant un tems court quelconque donné, une plus grande perte de quantité électrique contenue dans Yatmojphere électrique furinvejlie d’un nuage puiffamment chargé, qu’elle ne le pourroit faire par les mêmes moyens pendant le même tems court donné, dans la quantité déElectricité que contient Yatmojphere électrique furajoutée d’une nuée foiblemcnt chargée.
- Je viens encore de prouver dans la § 565 , qu’une pointe métallique donnée doit, toutes autres chofes pareilles, exercer bien plus long-terns fon aétion de décharge fourde fur Yatmojphere électrique furajoutée par une nuée puiffam-tnent chargée , que fur Yatmojphere électrique Jurajoutée par une nuée faiblement chargée.
- J’ai prouvé de même, § 569, qu’il n’y a aucun cas quelconque dans lequel l’Elcélricité déchargée fourdement & par degrés de Yatmojphere électrique d’un nuage porte - tonnerre , par le moyen d’un conducteur métallique élevé & très-pointu, demande un ejpace de tems plus long pour fc rétablir, que darfs celui d’un nuage porte-tonnerre le plus puiffamment chargé d3Electricité.
- J’ai de plus clairement expliqué , § 390, que
- p.216 - vue 222/262
-
-
-
- de l'Electricité. n?
- c’eft l’Electricité elle-même contenue dans 1 ’at-mofphere électrique d’un nuage porte-tonnerre, qui rend cette atmojphere électrique capable de conduire des coups électriques explojifs aux corps placés fur la furfacc de la terre.
- § 571. Parconféqucnt toutes ces propofitions démontrent qu’un conducteur métallique convenablement érigé , & terminé à fon extrémité Jupérieure en pointe de métal aigue & paillante , a la vertu particulière & furprcnante de prévenir un coup explofif électrique , & de l’empêcher d’avoir fon effet dans le voifinagc du lieu de fon aftion d’une maniéré bien plus efficace, quand les nuées font plus puiffament chargées de matière du tonnerre, que lorfqu’elles ne le font foiblcment.
- C’eft. ici que nous voyons non-feulement la conduite de la fageffie divins envers les hommes, mais encore la bonté de pu Providence qui dit pôle fi admirablement toutes chofcs dans l’arrangement fublimc de l’univers, qu’il dépendrait d’eux de fe garantir & de préferver leurs bâ-timens des effets funeftes de PEleCtricité naturelle ci-devant mentionnés, de façon qu’ils auraient moins de danger à craindre quand les nuées font le plus fortement chargées 5 & que la probabilité de la chute du tonnerre ferait moindre dans ces mêmes oacafions où fes effets deviendraient plus dcftruCtifs , plus fatals & plus effroyables.
- p.217 - vue 223/262
-
-
-
- 2l8
- Principes
- APPENDICE.
- § 57a. Pour. mieux développer encore certaines parties des propoiitions que je viens d’établir , je vais ajouter ici d’une maniéré très - fuccinte quelques nouveaux détails qui ferviront ù les rendre plus intelligibles.
- Explication des §§ y & 8.
- § 573- Comme la vérité de toutes les propo-fitions les plus importantes ci - devant établies dépend de l’exiftence des atmofpheres électriques qui entourent les corps chargés d’Eleélricité foit en plus, foit en moins ; & comme la connoijfance de la vérité de ces propoiitions générales doit néccffairemcnt dépendre d’une idée exaéïe & vraie de ces' atmofpheres électriques, j’ai tâché de prouver dans la § 19, que ce font les particules de l’air, électrifies autour des corps chargés , qui conftituent leur atmojphere électrique.
- § 574. J’ai dit, §§ 7 & 8 , que l’air qui entoure un corps électrifé en plus formera par J'on contact avec le corps pofitif autour de lui une atmojphere électrique, qui fera pareillement po-fitivc ; & que de même l’air qui entoure un corps éleétrifé en moins, par Jbn contact avec ce corps négatif, formera autour de lui une atmojphere électrique qui fera pareillement négative.
- Ces propofitions font univerfellcment vraies ; mais je ne prétends pas qu’on entende par-là que
- p.218 - vue 224/262
-
-
-
- E L'E
- LE CTRICITÊ. 2ig
- nulles particules d’air ne puiflent s’éleftriler, excepté celles qui fe préientent en contact immédiat avec le corps chargé lui-même ; car toutes les particules inéleSrijees, qui deviennent fiuc-cefiivement en contact avec celles déjà élc&rii'ées foit en plus., foit en moins , acquerront par-là un certain degré de la même el'pecc d’Eledricité.
- § 575 Quand l’air eft humide, alors non-feu-lemcnt l’air lui-même qui entoure le corps chargé deviepdra élcétrique, mais auffi les vapeurs aqueufis y contenues acquerront de l’Elcétricité, & en qualité de conducteurs tranimettront cette Electricité, en grandes quantités. C’eft pour cette raifon qu’un corps élcctrifé entouré d’un air humide , fe décharge de fon Eleétricité en fi peu de tems.
- § 5?6. On pourra peut-être imaginer que l’Electricité d’un corps chargé ne fe répand pas dans l’air, mais qu’elle agit plutôt fur lui en J'errant ou dilatant le feu naturel qu’il contient. Cette hypothelc eft ingénieufe & confirmée en apparence par plufieurs phénomènes naturels ; mais je me flatte de pouvoir dans quelque tems d’ici établir d’une manière plus victorieufe la vérité de ce que j’ai avancé dans cet Ouvrage par rapport aux atmofipheres électriques qui ne font autre chofe, félon moi, qu’une portion d'air commun éleétrifée ou pofitivement , ou négativement (a).
- ( a ) On oppofera peut-être à cette hypothefe l’expérier d’une boule éleétrifée , attachée à un cordon de foie, qu’ peut faire circuler rapidement dans l’air allez longtems ts
- p.219 - vue 225/262
-
-
-
- 220
- Principes
- Explication des § § 12. ig & 20.
- § 577. J’ai rapporté dans la § 12, que j’a-vois rendu divergentes l’une de l’autre deux boules élcétroméiriques fufpendues dans une machine pneumatique, en faiiant communiquer un petit conducteur chargé, avec la tête métallique du récipient; mais j’ai omis d’obîérver que ce conducteur en premier étoit éleétrifé en plus : c’eft-à-dire, que mes quatre premières expériences étoient uniquement faites avec de l’Elcétri-cité pofitive. Néanmoins j’ai conclu généralement dans les § § 19 & 20 , que toute atmofphere électrique l'oit pofitive foit négative , eft compo-fée d'air éleétrifé. Voici la raifon de cette conclu lion générale.
- § 578. Avant même quej’cuflè fait quelques expériences éleétriqucs avec un récipient dépouillé de fon air, il me fembloit que l’atmof-phere éleétrique d’un corps chargé d’Electricité étoit compofée de particules d’air éleétrifé ; & cela me parut d’une plus grande évidence par rapport aux atmojpheres négatives. Voici quel fut mon raifonnement :
- qu’elle^ foit dépouillée de fon Electricité, quoiqu’elle pareille
- d’air inéleCtrifé. Mais ne doit-on pas plus-tôt! croire Pqu’en confcrvant par une cfpece d’attraction Ion atmofphere compofée d’une portion d’air fpécifiquc & éleétrifée d’avance (comme la terre qui tournant rapidement fur ion axe conserve la lienne malgré la force centrifuge ) elle ne vient pas
- p.220 - vue 226/262
-
-
-
- de l'Electricité. aat
- § 5T9- u I* n’cft peut-être pas contraire aux loix de la nature qu’une atmofphere élc&rique pofitive fc forme dans le vuide, parce qu'il ne paroit nullement dôraifonnable de dire que le fluide électrique puiffe s’introduire dans une ef-pacc vuide d'air. Mais il cft évidemment ab-furde de fuppofer qu’une atmofphere élcétrique négative puiffe exifter dans un vuide , parce qu’il eft impoffiblc , qu’une chofe purement négative , telle que le vuide qui naturellement ne contient en foi aucun fluide éleétrique, puiffe être privée de ce qu’elle n’a pas. «
- <* Puifque une atmofphere électrique négative doit dépendre de la prêfence de Vair, & puifque la nature paroit toujours fuivre des loix analogues par rapport aux chofes femblahles , il y a de fortes rail'ons de prélumer qu’une atmof phere électrique pofitive doit pareillement dépendre de la prêfence de l’air. Effayons de le vérifier par des expériences (a).
- (a) Pour vérifier d'une façon très-fenfible le fyftêrae de notre Auteur fur la nature 8c la différence de deux atmof-pheres électriques, on n'aura qu’à répéter la belle expérience que S. E. M. le Prince de Gallitzin, Envoyé extraordinaire de S. M. I. de toutes les Ruflîes, à la Haye, a fi ingénieufemenc imaginée pour nous manifelter l’Eleétricité pofitive & négative. (Voyez le troifieme Vol. des Mémoires de l’Académie lmp. & Royale de Bruxelles, journal de fesSéances page 14.) On y voit clairement par les traces que l'aCtion électrique laide fur la poudre de réfine répandue fur un carreau de verre, &c. que l’Eleétricité pofitive fe répand au dehors en rayons, & marque exactement fa route par les lignes divergentes qu’elle trace fur la poudre, pendant que la négative le condenfe en quelque façon par un mouvement contraire de la circonférence au centre , qu’on voit marqué parmi la dite poudre, & qu’elle laide entièrement à la ronde fans rayons. L’application de cette expérience aux idées de tylilord Mahon, me femble très-facile & très-naturelle :
- p.221 - vue 227/262
-
-
-
- 222
- P ni'wciPBS
- 580. Je l’ai fait, & l’expéricncc avec l’Electricité pofitive rapportée dans la première Partie , a vérifié ma luppoiition.
- Une femblablc expérience avec l’Elcélricité négative devenoit abl'olument fuperflue, puif-qu’il étoit évident ( à priori ) qu'une atmofphere électrique négative devoit dépendre de la pré-fience de Pair éleétrifé négativement.
- EclairciJJemens fur la § 29.
- § 581. Je crois qu’il n’y a aucun principe dans l’Eleéiricité plus important , quoiqu’in-connu juiqu’ici, que celui que j’ai polé dans la § 29 , fçavoir : que c’cft YElectricité elle-même contenue dans une atmojphere électrique, qui
- i.° Parce qu’il eft très-cenain que l’Eleétricité pofitive , par les effets qu’elle caufe dans, les corps organifés en général les dilace St doit en augmenter l’Electricité, auili loin quelle y peut pénétrer, toujours en raifon des quarrés de diftance prife du corps chargé. La négative, au-contraire, en les dépouillant d’une partie de leur Eleéiricité les rend moins élaf-tiques par la même raifon dans les effets qu’elle produit fur les corps organifés. Or, la même chofe doit s’entendre de l’air qui par fa nature & dans fon état ordinaire eft un corps élaftique-
- 2.0 Parce qu’il eft également certain qu’une portion d’air quelconque éleétrifée ou autrement affectée, fe trouvant dans un état d’altération relativement à fon état ordinaire, fe change, pour ainfi dire, fpédfiquement ; & en ne fe mêlant pas facilement avec l’air circonvoifin, donne une efpece decon-fiftance aux atmofpheres électriques des corps chargés , desquelles elle conftitue la principale partie. On voit ce phénomène tous les iours dans les diverfes efpeces d’air , qui ne fe diflipent pas facilement à caufe de leur répugnance naturelle à s’incorporer avec l’air commun ; effet naturel des différences de leur poids fpécifiqiie , ou de leur plus ou moins d’élafticité. Remarque du Taduâeur.
- p.222 - vue 228/262
-
-
-
- ve l* Electricité.
- fert à conduire fubiternent une charge éleétrique à une diftance donnée.
- Ce principe pofé ii fouvent & prouvé par tant d’exemples dans d’autres endroits de ce Traité ne me femble pas avoir befoin d’être développé davantage. Cependant il y a un phénomène curieux qui mérite d’être rapporté ; le
- EXPÉRIENCE LXII.
- § 5^. D es corps chargés, généralement parlant , ne porteront pas leur coup avec explofion à la plus grande diftance qu’il foit poffible de l’étendre, jufqu'à ce qu’on les faffe Je décharger fur un corps donné, à quelque moindre diftance. Cet effet eft particulièrement remarquable dans des machines' électriques d'une grande
- J’ai obfervé, par exemple , que mon grand conducteur en premier ( qui indépendament de fon col & de la boule avoit environ neuf pieds, huit pouces de longueur, & plus de dix pouces de diamètre) n’auroit pas été capable de porter fon coup fur un corps rond de cuivre , même à la diftance de treize pouces, fi le corps rond de cuivre ne s’étoit pas préfenté préalablement au conducteur en premier en deçà de cette9diftance de treize pouces. Au contraire, j’ai remarqué que je pouvois porter ce coup fur le corps rond de cuivre jufqu’à la diftance en plein de quatorze pouces, pourvu que préalablement j’euffe fait décharger ce conducteur fur
- p.223 - vue 229/262
-
-
-
- 224 Principes
- le dit corps rond à la diftance , par exemple , de douze pouces , en l’écartant enfuite de la boule , par degrés jufqu’à la diftance fui'dite de quatorze pouces. Ce phénomène pourra s'expliquer de la manière iuivante par le principe ci-devant mentionné :
- § 583. Toute étincelle éleétrique paflant au travers de l’air, lui communique quelque Electricité. C’eft cette portion d’Electricité ajoutée à l'Electricité déjà contenue dans l’atmol'phere cleétriquc formée autour du grand conduéteur , qui, aufli-tôt que le dit conducteur fe trouve rechargé , renforce tellement cette atmofphere qu’elle devient capable par cette addition de conduire fubitement la charge jufqu’à la diftance de quatorze pouces, quoiqu’elle ne fût pas allez difpofé auparavant pour en conduire le coup ex-plofif, même jufqu’à la diftance de treize pouces.
- Eclaircijfemens fur la $ 5j.
- § 584. Nous avons vu dans la § 53. que neuf pointes métalliques employcés par M. Achard dans fes expériences n'ont pas déchargé fourde-ment dans un tems donné , une fi grande quantité du fluide électrique fourni par un conducteur en premier chargé, que l’a fait une feule de ces neuf pointes appliquée -d’une maniéré fcmblable. Cependant on ne fauroit partir de cette expérience pour regarder comme inutile l’ufage que j’ai recommandé (dans la XIX.me Partie) de plufieurs conducteurs aigus & élevés fur des bâtimens d’une certaine étendue. Car les neuf poin-
- p.224 - vue 230/262
-
-
-
- de l'Electricité. «25
- pointes de Mr. Achard étoient pofées très-près l’une de l’autre fur une petite lame circulaire de cuivre d’un feul pouce de diamètre. II cfl donc évident , félon ce que j’ai remarqué § 54 , que cette expérience faite avec neuf pointes n’a aucune relation avec des Mtimens d’une certaine étendue, dont les parties différentes éloignées l’une de l’autre fc trouvent munies de plufieurs conducteurs aigus , élevés, & fans aucune influence réciproque entr’eux, faute de proximité.
- Eclaircijfemens fur les § $ 60 * 68.
- § 585. J’ajouterai à ce que j’ai dit dans ces F>g. s-deux § § que l'Electricité du corps A B éroit attachée à ce corps ifolé fans pouvoir le quitter, non-feulement parce que l’air fec qui l’en-touroit, étoit un non-conducleur d’Eleftricité ; mais aufii parce que l’extrémité pofitive de ce corps A B étoit immédiatement inveftie ( de la manière ci-devant expliquée § § 31,22 & 33) par une atmofphere électrique chargée d’Elec-tricité pofitive.
- De même l’extrémité négative de ce corps AB ne pouvoit recevoir d’Eleétricité, non feulement parce que l’air fec qui l’entouroit en étoit un non-conducleur, mais aujji parce que fon extrémité négative étoit immédiatement entourée ( de la maniéré expliquée § § 39 , 40 &
- 41.) d’une atmofphere électrique négativement éleélrifée.
- P
- p.225 - vue 231/262
-
-
-
- ttüô Prtnctpes
- Eclaircijfemens fur la § 82.
- Fie. 9. § 586. J’ai dit dans cette fcétion que la boule
- ' élcétrométrique indiquée par G, & préfentéc vis-à-vis la pointe D paroifToit fc balancer, fans être ni repoujjee ni attirée par le corps métallique AB. On pourra peut-être m’oppofer que cet électromctrc à une feule boule cft mal re-préfenté à G dans la figure 9. Mais il n’étoit pas pofiible qu’il le fût d’une maniéré entièrement correcte , parce que la méthode exaéte de faire cette huitième expérience eft .celle qu’on trouve décrite à la fin de la § 82. fçavoir , qu’en la faifant on doit préfenter la boule éleétrométri-que non pas directement au-deflus, mais à côté du corps AB.
- Explication des §§ zoo > 101 & 102.
- 587. Ayant parlé dans la § 100 , &dans d’autres endroits de cet Ouvrage de la quantité d'Electricité contenue dans des parties particulières de certains corps, je crois néceffaire de rappeller à la mémoire de nos Lcétcurs, cette propofi-tion importante de Mr. Franklin ; fçavoir, que l’Eleétricité en plus ou en moins contenue dans un conducteur le tient entièrement fur la lurfacc extérieure. Ils doivent en même-tems fc fou-venir de cette diftinétion judicieufe faite ( par le Pere Beccaria dans fon Traité d’Eleclricité artificielle, N.° 456 ) entre l’Eleétricité prejjante ordinaire, & l’Eleétricité vive d’une étincelle, fçavoir , que la derniere fe concentre en quel-
- p.226 - vue 232/262
-
-
-
- que forte, en fe condenfant pour un inftant dans les pores des corps , & s’efforce de rompre la cohéfion de leurs parties folides ; mais que par rapport à l’Elcélricité prenante un excès quelconque de feu en plus ou un défaut en moins ne fe répand pas du tout dans l’intérieur de la fubftance des corps.
- § 588. Ces obfervations fervent à faire comprendre pourquoi la bafe de l’Electricité en plus, & de l’Electricité en moins dans un corps électrifé de trois maniérés, ou en état triple, eft commune à l’une & l’autre , comme on l’a dit § 102 ; puifque cette bafe eft la ligne où ces deux Electricités contraires du corps fufdit Je rencontrent & s’unijfent cnfemble fur fa furface.
- § 589. La propofition ci-devant pofée relativement à l’Eleétricité en général, que la quantité d’Electricité en plus ou en moins contenue dans un corps s’attache entièrement à la Jurface extérieure du corps , démontre évidemment que la denfité moyenne de l’Electricité en plus , ou en moins dans un corps eft directement en raifon de la quantité de Jurface contenue dans la portion pojitive , ou négative multipliée par la den-fité fpéciale de l’Elcélricité en plus, ou en moins à chaque pointe , de cette furface pojitive, ou négative.
- D eft de même évident que la quantité & la puijfance de l'Electricité furajoutée font, toutes autres chofes égales, en raifon de la quantité de Jurface furinveftie par cette Eleétricité.
- Tout cela fert à éclaircir les propofitions po-fées dans les §§ iox & 102 , &c. & fait voir en P ij
- p.227 - vue 233/262
-
-
-
- 228 Principes
- môme tems que des propofitions encore plus étendues dérivent des principes i'emblables.
- EclairciJJemens des §§ i5o & feq.
- § 590. Si l’on defirc de répéter ma quinzième expérience fur la pointe neutre ou inélectrifée, & qu’on veuille qu’elle ait tout le fuccès poffi-ble ( voyez § if o ) , il convient d’employer une boule clettrométrique très-petite, ou de liège, ou de moelle de fureau , fuipendue par un fil de lin très-fin fubdivil’é auffi loin qu’il eft poffible , comme je l’ai remarqué à la fin de la note ajoutée à la § 10.
- Il convient auffi que cet Eleclrometre fimple foit ifolé fur un bâton de cire à cacheter, tel qu’on l’a repréfenté dans la figure 9 , de crainte que fans cela il ne dépouille fourdement le corps en triple état électrique d’une partie quelconque de fa portion naturelle d’Eleélricité , & qu’il ne trouble ainfi l’expérience, comme nous l'avons expliqué ci-devant dans la VILme Partie de ce Traité.
- Il faut encore que le fil de I’éleélrometrc n’ex-cede pas les trois quarts d’un pouce de longueur ; parce qu’ alors il pourroit en certains cas, pour déterminer avec exaélitude la pointe neutre , s’approcher alfez près du corps en triple état électrique, fans qu’il y ait du danger que la boule de l’Elcctrometre puifle arriver au contact avec ce corps , quand elle commence à y être attirée.
- p.228 - vue 234/262
-
-
-
- de l'Electricité. 229
- Explication de la note à la § 201.
- % 591. Les propofitions que renferme cette note rcfpcélivcment au centre de gravité dans certains corps dont 'les fituations font données, doivent être regardées comme relatives à ces feuls cas , dans lefquels Vaction de la force de gravité fur ces corps donnés eft fenfiblemcntparallèle : c’cft-à-dire , que ces propolirions feront vraies uniquement dans ces cas, quand le diamètre de la bafe du folide, s’il eft droit, ou quand le diamètre de la bafe plus le finus de l’angle d inclinaifo n, li le folide eft. oblique, fera dans une raifon infiniment petite à la diftance entre le folide lui-même, & le centre de l’attraclion de la Terre.
- Eclairciffement fur la § 308.
- § 592. Ayant parlé dans cette fcérion de la vivacité du coup principal comparativement à celle du coup en retour, je vais rapporter une expérience par laquelle on pourra évaluer leurs forces refpedVives, avec d’autant plus de certitude qu’on y employé pour la faire deux corps métalliques égaux & femblables.
- EXPÉRIENCE LXIII.
- S 593- J’ai pris deux conduélcurs cylindriques de fer blanc, ayant chacun à-peu-près trois pieds quatre pouces de longueur, & environ quatre P iij
- p.229 - vue 235/262
-
-
-
- P H I
- P E S
- pouces & demi de diamètre. Je les ai placés parallèlement l’un à l’autre à la diftance d’environ quatre pouces & demi, & tous deux étoient i/o lés.
- Après j’ai pofé un grand cylindre ifolé de fer blanc éloigné d’environ quatre pieds de diftance de deux petits cylindres ci-devant mentionnés. Il avoit à-peu-près neuf pieds huit pouces en longueur, & fon diamètre étoit de dix pouces environ.
- Je me fuis placé enfuite fur un efçabcau ifolé entre le grand cylindre & les deux petits , touchant en môme tems très-légerement avec l'index de ma main droite le grand cylindre de fer blanc , que je nommerai L pour le diftinguer , & avec le môme doigt de la main gauche l’un des deux petits cylindres que j’appellerai S.
- § 594. Dans cette pofition , j’ai fait électrifer l’autre petit cylindre que j’apellcrai le condufteur en premier, pour le diftinguer pareillement. Il en réfulta que je fends des étincelles qui partoient & fe fuccedoient rapidement aux extrémités de ces deux doigts en contact dans chaque
- J’ai prié alors une autre perfonne, qui étoit debout fur le plancher, de décharger mon conducteur en premier au travers de fon corps. Cela fut fait à différentes reprifes , quelquefois en avançant la jointure de fon doigt fubitement en deçà de la diftance txplofive du conducteur en premier, & quelquefois en y approchant une grande boule de cuivre poli, qu’elle tenoit à la main. Chaque fois, j’ai fend le coup en retour dans mes deux mains, ôi mes deux poignets ;
- p.230 - vue 236/262
-
-
-
- n e £’El ncr r i c jt ê. 231
- & ce coup rcifembloit à la décharge fubite d’une jatte de Leyde f'oiblcmcnt élcctrifée (<î).
- § 695. Alors l’autre perfonne s’ciant placée fur l’elcabeau ifolé dans une pofition exactement femblable à celle où j’avois été rcfpectivement aux deux cylindres S & L , je reliai fur le plancher , afin de pouvoir à mon tour faire paffer au travers de mon corps la charge du conducteur en premier.
- Cette fois parconféquent j’ai reçu le coup principal que l’autre perfonne avoit eu dans la première Partie de cette expérience , pendant qu’au contraire, elle recevoit le coup en retour, que j’avois eu auparavant. Nous convînmes tous deux qu’il n’y avoit nulle comparaifon entre la force du choc principal, & celle du coup en retour, ayant trouvé la vivacité & le piquant de celui-ci bien fupérieur à la fenfation caufée par l’autre.
- § 596. Il eft très-évident que le choc retournant provenoit du retour fubit de cette quantité du fluide électrique qui avoit été chaffé gra-
- ( a ) J'ai toujours remarqué que la force du choc en retour étoit plus grande dans ma main gauche, qui étoit en contait avec le petit cylindre de fer blanc S, que dans ma main droite en contait avec le grand cylindre X, pourvu que le doigt de ma main gauche touchât le petit cylindre S aujjt légèrement , que celui de ma main droite touchoit l’autre cylindre X. Il ell donc certain que le choc en retour, que j’ai fenti dans la main gauche, avoir été caufé par le retour fubit de la quantité entière du fluide éleitrique chaffé pat degrés hors du cylindre S pour palier au travers de mon corps au grand cylindre X, pendant que le choc en retour, contre ma main droite provenoit du retour fubit de cette portion feulement du fluide éleitrique chaffé par degrés hors du cylindre S pour paffer au travers de mon corps au cylindre X.
- P iv
- p.231 - vue 237/262
-
-
-
- P R I N
- P E S
- ducllcmcnt par la preffion élaftico-élcCtriquc fur-ajoutée du conducteur en premier , hors du petit conducteur ii'olé 5, dont la forme auffi bien que le volume , comme nous l’avons remarqué S 593 •> Ctoient les mêmes que ceux du conducteur en premier. Cette expérience nous offre un phénomène digne d’être obiervé , feavoir : que malgré la force très-fupèrieure du coup en retour comparativement à celle du coup principal, cependant la quantité d’Electricité productrice du premier étoit bien éloignée d’etre auffi grande que la quantité d’Electricité productrice de Vautre. Ou va voir que cela peut lé vérifier de deux façons au moins.
- § 597. x.°Il fe prouve à priori puifqu’il pa-roit, par les propofitions contenues dans la III.rae Partie, que la quantité d’Eleclricité chaffée hors du petit cylindre 5 par la preffion élaftico-éleCtrique Jurajoutée de l’atmofphere éleCtrique du conducteur en premier, ne peut pas être auffi grande que la quantité d’EleCtricité contenue dans le conducteur lui-même chargé, producteur de cette atmofphere électrique.
- a.0 Il peut fe prouver encore de la maniéré fuivante.
- EXPÉRIENCE L XIV.
- S 598- jA-PRÈs avoir arrangé tous les différons inurumens, comme ci-devant dans la dcr’niere Partie de la derniere expérience ; après avoir pris ma ftation fur le plancher pendant que l’autre
- p.232 - vue 238/262
-
-
-
- ' pcrfonne le tcnoit debout fur l’efeabeau ifolé, j’ai fait charger le conducteur en premier.
- Pendant qu’on le chargeoit, cette autre per-fonne qui touchoit le cylindre S avec fa main gauche , & le cylindre L avec fa droite , retira fa main gauche loin du cylindre S : par ce moyen le fluide électrique chaflc par degrés hors de ce petit cylindre S, ne pouvoit plus y retourner, comme il l’auroit fait à la décharge du conducteur en premier.
- § 599• J’ai déchargé alors le conducteur en premier avec la jointure de mon doigt ; & quoique l’étincelle ne produisît aucune fenfation fem-blable à celle caufée par la décharge de la jatte de Leyde , elle étoit néanmoins piquante & forte. Mais quand enfbite j’ai déchargé avec la jointure de mon doigt le cylindre S , dont la forme & le volume étoient les mêmes que ceux du conducteur en premier, je m’aperçus que l’étincelle de ce cylindre S étoit petite & peu confidérable.
- § 600. On voit par-là que la quantité de fluide électrique qui dans l’expérience 63 produi-foit le choc en retour , étoit confidérablement moindre que la quantité du fluide éleCirique d’où fortoit le coup principal, quoique ie piquant du coup en retour excédât beaucoup celui de ce coup principal.
- § 6ox. Nous pourrons donc fans difficulté conclure de ces obfervations que cette fenfation vive & piquante, qu’on appelle communément celle du choc de Leyde, dépend bien moins de la grande quantité du fluide électrique déchargée, que de la vîteffe infl.mtanée de cette décharge.
- p.233 - vue 239/262
-
-
-
- Principes
- 234
- EXPÉRIENCE LX V.
- § 602. J" e fuis d’autant plus perfuadé de cette vérité , qu’il m’eft arrivé d’avoir déchargé au travers de mon corps par le moyen des con-dufteurs très-médiocres le produit pour le moins de vingt pieds quarrés defur face doublée de métal à la façon de la bouteille de Leyde, & très-chargée, J'ans avoir fenti cette cfpece de fenfa-tion vive & piquante ( a ).
- Au moment de la décharge le fluide électrique me fembloit remplir entièrement ma poitrine, de façon que le tems , quoique court, qu’il lui falloit pour la traverfer me parut d’une durée Jenfible. J’cprouvai même une grande oppreffion qui me priva prefquc totalement de rcfpiration pendant un inftant. Cependant aucune efpecc de douleur vive & piquante ne réfulta de cette im-menfe quantité de fluide électrique partant de ces
- vingt pieds quarrés de furfacc armée.-Mais
- je ne dois pas placer ici des obicrvations qui appartiennent à un autre fujet.
- O ) Je ne confeillerois pas néanmoins à ceux qui ne font pas bien au fait des expériences éleétriques, de répéter celle-ci. Comme le corps de l'homme fait une partie de la communication dans la décharge de Leyde, il faut avoir grand foin que le relie de la communication foit formé avec des corps , qui par leur nature ne font que de très-médiocres conduüeurs, de crainte de recevoir un choc fubit trop violent. C’ell une expérience fort dangereufe , fi l’on n’eil pas extrêmément attentif. Pour ne courir aucun rifque , on doit la faire d’abord avec une petite quantité d’Éleétricilé, qu’on augmentera par degrés dans la fuite.
- p.234 - vue 240/262
-
-
-
- ve x* Electricité. 235
- EclairciJJemens fur la § 347.
- § 603. Après avoir parlé dans la § précédente de la grande reffcmblance , qui fe trouve entre le coup rétournant électrique , & le choc de Ley-de, je crois faire plaifir au lecteur de lui aprendre que lès métaux peuvent entrer en fufion par l’action du coup retournant, fans le fecours d’aucune fubftancc non-conduétrice doublée de métal.
- EXPÉRIENCE LXVI.
- § 604. J’ai pris trois corps de fer blanc, que je nommerai pour les diftinguer A, B, C ; je les ai ifolés enfuitc tous les trois féparément à de petites diftances l’un de l’autre de la maniéré la plus avantageufe pour avoir le coup en retour par le moyen de ces corps ifolés. J’ai chargé le corps A en plus, comme j’aurois pu charger un conducteur commun en premier. Cela fait, le corps B, qui étoit le plus près du corps A , devenoit par degrés négatif ( félon les principes établis ci-devant) , tandis qu’au contraire le troi-Ccme corps C, qui étoit très-près du corps B devenoit pojitif. J’ai déchargé enfuite fubitement par le moyen d’une boule de cuivre poli communiquant convenablement avec la Terre , le corps A chargé à la façon d’un conducteur en premier ; mais fans avoir uni aucun des deux autres corps avec la Terre, ni môme les corps A, B, C, par pair, ou autrement entr’eux. Or , à l’in (tant que je déchargeai le corps A , comme je viens de le dire , il eut, dans l’intervalle entre le corps C
- p.235 - vue 241/262
-
-
-
- Principe s
- 136
- & le corps B, un choc en retour éledtrique trés-vif qui fondit une feuille d'étain très-mince , qui s’y trouva.
- § 605. Le corps cylindrique de fer blanc ifolé C d’où le fhfde éledtrique producteur du choc partoit dans cette expérience , n’avoit que dix à onze pieds de longueur , & la quantité de fur-face que ce corps de fer blanc ifolé avoit en contact avec l’air étoit moindre que yingt-fept pieds quarrés.
- Pendant tout le teins de l’expérience , les corps A, B étoient entièrement hors de la diftance explofive du corps éledtrifé A.
- § 606. Comme je me propofe de traiter ce fujet d’une maniéré plus étendue, il n’elt pas né-ceffaire d’entrer maintenant dans un plus long détail fur les expériences que j’ai faites avec ce môme affortiment d’inftrumens. Ce que j’ai dit cft fuffifant pour prouver la force extrême , & le piquant de cette efpcce de choc électrique , que je nomme coup en retour , & pour faire voir qu’il n'eft pas produit par la décharge de ce qu’on appelle communément une couche d’air chargée.
- Eclaircijfemens fur la § ggi.
- % 607. J’ai expliqué dans cette § de quelle maniéré une pointe métallique aigue & faillante tend à fortir infenfiblement hors de la diftance explofive d’un corps chargé dès qu’elle fc trouve plongée dans fon atmofphere électrique fçavoir , en dépouillant de fon Elcctricité.re/re partie de la dite atmofphere, où elle eft placée. /
- p.236 - vue 242/262
-
-
-
- E l‘ E
- Ce principe cft fi clair qu’il n’a pas befoin d’une explication plus étendue. Cependant l’expérience iuivante va le confirmer encore davan-
- t!lSC EXPÉRIENCE LXVII.
- § 608. J’ai placé à la diftance de dou^e pouces du conducteur en premier ci-devant décrit § 582, un corps rond de cuivre, où fe trouvoit un trou très-étroit du côté contigu au dit conducteur. Ce corps, à la décharge, a, été atteint du coup électrique.
- % 609. Ayant écarté le corps de cuivre , j’ai placé une très-petite boule électrométrique fuf-pendue par un fil de lin très-fin ifolé, à la diftance d’environ vingt pouces du conducteur en premier , & j’ai obfervé avec foin le degré d’é-levation qu’il avoit quand le conducteur fut chargé en plein.
- § 610. J’ai inféré une aiguille très-fine dans la petite ouverture de ce corps rond de cuivre ci-devant décrit § 608 , • de manière que la pointe de l’aiguille ne fortît du corps rond que de la valeur de la vingtième partie d’un pouce. J’ai préfenté enfuitc ce même corps au conducteur en premier à la diftance ci-devant mentionnée de douze pouces ; & ni la pointe, ni le corps rond n’ont été frappés.
- Tout l’affordment de ces inftruments demeurant tel que nous venons d£ le dire, j’ai examiné la fituation de la boule éleCtrométrique décrite dans la précédente feCtion ; & j’ai obfervé qu’elle n’étoit pas baffle , au moins fenfiblement.
- p.237 - vue 243/262
-
-
-
- I P E S
- 238 P H r N c
- § 611. Cette expérience, de la maniéré qu’elle a été faite, fort à confirmer fortement les principes poics dans la XIII.me Partie , puifqu’elle tend évidemment à prouver qu’une pointe métallique eft en état, fans décharger le corps électrifé lui-même, producteur de i'atmoiphere électrique fur-ajoutée, de garantir du coup électrique le corps auquel elle eft attachée, uniquement en déchargeant l’Electricité contenue dans cette partie de l’atmofphere éleétrique dans laquelle elle eft in-timèment plongée.
- Eclaircijfemens fur la § 423.
- § 612. Ayant conclu d’une maniéré générale à la fin de la XIV.mc Parue, qu’un conducteur élevé & très-pointu convenablement érigé doit néccflairement tendre à préferver cette partie du bâtiment auqüel il eft attaché , de tous les coups directs & principaux d’explofion de la part des nuages porte-tonnerre , il eft à propos d’obfer-ver que cette propofition eft également vraie, tant pour l’Elcétricité négative, que pour l’Electricité pofitive.
- Il me femble qu’à préfent les Phyficiens conviennent affez généralement, que la matière du tonnerre , pendant les orages , s’élève plus fouvent de la Terre vers le ciel , qu’elle ne s'abaijfe des nuages fur la Terre. Confidé-rons maintenant l’effet des nuées négativement éleefrifées.
- Il eft certain que fi un conducteur métallique eft érigé convenablement & fuivant toutes les
- p.238 - vue 244/262
-
-
-
- UE l'ELZCTHICITi. IJ,
- conditions requifcs & mentionnées dans la XIX.rae Partie de ce Traité, il tendra alors par degrés fourdement, infenfiblement & avec la môme efficacité à rétablir l’équilibre éleétrique entre la Terre & l’atmofphere électrique de la nuée , quand l’atmofphere fera négative, comme quand elle eft pofitive. Car on conçoit que fi elle eût négative , le conduéteur métallique attirera facilement l’Eleéiricité de la Terre par fon extrémité inférieure , & qu’elle la tranfmettra facilement à l’atmofphere négativement éleétrifée fur-ajoutée à fon extrémité fupérieure faillante & pointue ; & cela précifément de la même maniéré qu’un conducteur élevé & pointu pourroit facilement recevoir l’Eledtricité d’une atmofphere pofitivement éleélrifée furinveftie à fon extrémité fupérieure pour la tranfinettre enfuite avec la mime facilité à la malle commune , aveeja-quelle fon extrémité inférieure eft unie {a).
- ( a ) Je n’aorois pas jugé néceffaire de revenir fur cette propofition , dont les principes ci-devant pofés ont fuffifam-ment démontré l’évidence, u un Auteur François , après avoir recommandé des conduéteurs conllruits à la façon prefcr.te par le Doéteur Franklin, comme les meilleurs, quand les nuées font pojitiyes, n’en avoir pas propofé d’une conftruétion différente fit très-vicieufe, qu'il juge convenables fie même néceffaires quand les nuées font éleétrifées négativement. Le bon fens fie l’expérience font voir cependant que des conduéteurs para - tonnerre , tels qu’ils ont été recommandés dans la XIX.">C Partie font fans comparaifon plus convenables, foit que les nuages fe trouvent pofitivement, ou négativement éleétrifés.
- p.239 - vue 245/262
-
-
-
- 240 Principes
- Eclaircijfemens fur la § 42$.
- § 613. J’ai avancé dans cette §, comme une propofition univerfellement vraie , que des corps chargés de différentes efpeces d’Ele&ricité tendent à s’attirer réciproquement, quand leurs atmojpheres éleclrifées en contraire s’entremêlent. Il cft donc très-à-propbs de citer à ce fujet une expérience intéreffante rapportée par le Docteur Priejlly dans l'on Hiftoire de l’ElcClricité, pages 401 & feq.
- u.Æpinus, dit ce Phyficien , à démontré par une expérience curicufe qu’une boule de liège, & un conducteur de métal étant tous deux pofitive-mentéleélrifés de façon qu’ils fe repouffent mutuellement, la boule néanmoins fi elleie trouve forcée de s’en approcher à la diftance de deux, trois , ou quatre lignes,fera attirée par le conducteur, & repouffée derechef, fi on la pouffe par force un peu au-dclst de ces limites d’attraCtion. Si la boule , au contraire , eft retenue à cette petite diftance , jufqu’à ce qu’on augmente tan l’oit peu le degré d’éleCtrifation dans le conduCteur, & qu’on la laiffe aller enluite , elle fera repouffée aufii loin qu’elle peut l’être: mais fi on en augmente de beaucoup PéleCirifation elle y fera attirée de nouveau. Il croit parconféqucnt qu’on doit limiter par des exceptions cette maxime générale , que des corps imprégnés de la même efpece d'Eleclricité fe repouffent mutuellement. «
- § 614. Cependant l’expérience d'Æpinus ne contredit en aucune façon cette maxime générale ; & c’cft mal à propos qu’il veut la limiter.
- Car
- p.240 - vue 246/262
-
-
-
- DEL* Electricité.
- Caries principes ci-devant pofés démontrent évidemment que fa boule élc&rométriquc qui n’é-toit que faiblement élc&rifce en plus, le dcvc-> noit efte&ivemcnt en moins, en la forçant, comme il l’a fait, de fe plonger dans la partie denfe de Patraofpherc éleétrique en plus du conducteur métallique pofitivement électrifé. L’attraction vers le conduéieur en étoit donc une con-féqucnce néceflaire & abfolument conforme à cette maxime générale, que des corps chargés d’Eleétricité en contraire tendent, comme nous l’avons dit ci-devant § 23, à s’approcher l’un de l’autre, toutes les fois que les bords de leurs atmo/pheres élc&rifécs en contraire fe rencontrent. Ainli l’expérience, qui ferable détruire cette maxime, ne fert qu’à la confirmer.
- Eclaircijfemens fur la § 528,
- § 615. J’ai pofé ci-devant dans cette §, que Tes propriétés admirables d’une ;pointe métallique en Eleélricité ne dépendent pas de h forme, mais de fon faillant au de-là des corps en général auxquels elle eft unie par une bonne communication , & de la petite quantité de fvrfaçe , qu’elle a en contact avec l’air. L’expérience fui* vante va déveloper tout-à-fait ce principe.
- EXPÉRIENCE LXVIII.
- §616. J’ai pris un fil d’acier poli & cylindrique de quatre pieds de long, & de l’épaiifeur
- p.241 - vue 247/262
-
-
-
- d’un crin de cheval ; & j’en ai couvert chaque extrémité avec un morceau de cire formant à-peu-près le volume d’une noix. J’ai eniuite tenu ce fil d’acier par fon extrémité fupérieurc , laifiant pendre l’autre en bas ; & ayant après cela chargé pleinement mou conducteur en premier, j’y approchai ce fil d’acier , de façon que le milieu étoit à-peu-près au niveau du dit con-duéteur. Ce conducteur quoique chargé en plein fe déchargea auffitôt Jourdement, comme fi je lui avois oppofé une pointe métallique aigue 6 faillante.
- § 617. Cette expérience démontre évidemment le principe donné ci-deffus, feavoir : que la qualité propre à une pointe métallique de pouvoir décharge.r l’Electricité Jourdement ne dépend pas abfolument de fa forme conique ou pyramidale , puifque le fil d’acier employé dans cette expérience étoit un cylindre poli, mafqué à fes deux extrémités par une fubftance électrique &non-conduétrice. J’ai démontré ci-devaût § 47 , en quoi cette qualité confifte.
- Eclaircijfetnens fur les §§ 531 & feq.
- § 618. La feptieme condition requife eft que l’extrémité fupérieure des conduéteurs, qu’on érige , ne doit pas feulement être très-pointue , & d’une forme exactement conique ,mais aufii fort faillante ; & fa néceffité a été démontrée d’une maniéré viétorieufe par le Doéteur Franklin dans fon fécond & fon troificme Mémoire contenu dans celui de fes Ouvrages , qui porte pour titre : des
- p.242 - vue 248/262
-
-
-
- de l'Electricité. 243 Expériences , des 'Observations & des Faits pour prouver 'que les conducteurs longs & pointus Jont capables de préferver les bâtimens, des coups de tonnerre.
- Les mêmes principes font encore confirmes par les feptieme & huitième expériences de Mr. Nairne de la Société Royale de Londres, qu’on trouve dans fon excellent Mémoire portant pour titre , des Expériences fur PEleclricité, ou Ejfai pour prouver l'avantage des conducteurs élevés & pointus. Voyez les TranfaCtions Philofophiques , Tom. 68. Partie 2.e pages 829 & feq.
- Eclaircijfemens fur la § S43.
- % 619. Ayant avancé dans cette feCiion , u que les conducteurs qu’on ne deftinepas à des expériences, mais feulement à garantir les bâtimens , des coups de tonnerre, n’ont pas befoin d’être foutenus par des piliers de verre ou de toute autre matière non - conductrice n ; il fera bon d’ajouter quelques remarques par rapport à ces conducteurs métalliques, deftinés aux expériences , en fe bornant à ce qui regarde la confervation du bâtiment fur lequel ils font éri-gés.
- § 620. Suivant ce que nous avons dit ci-devant , § 521, il eft cflentiel que les 'ruptures faites exprès dans un conducteur pour y appliquer des boules éleCtrométriques, ou des fon-nettes élcétriques, &c. l'oient très-petites. Il n’y aura plus de fureté pour le bâtiment, fi cet intervalle excede un demi pouce. Une plus grande
- p.243 - vue 249/262
-
-
-
- a44 Principes
- rupture dans un conducteur métallique ^quoique parfait à tous autres égards, l’cxpolcra àinfi que le bâtiment auquel il eft attaché -, à être frappé du tonnerre ; & fi un conducteur de cette ei-pece en eft frappé, Vexplofion latérale i'era plus grande en proportion de la grandeur de la rupture.
- § 621. Si l’on applique des fonnettes électriques , le marteau qui balance cntr’elles ne doit pas excéder l’épaifleur de la huitième partie d'un pouce 5 i.° afin de n’y pas ajouter un poids fu-perflu, & 2.0 afin de ne pas trop occuper l’intervalle qui fe trouve entre les deux parties du conducteur, & qui n’eft que d’un demi pouce. Le marteau néanmoins doit être un peu large , pour qu’il puiflè s’imprégner d’un certain degré d’EIeétricité. Le meilleur moyen, & le plus fûr de fujpendre le marteau eft d’employer une charnière de métal longue & forte, avec un mouvement très-libre. Cette charnière empêchera qu’il ne s’écarte de fa fituation , comme cela eft arrivé dans le cas ci-devant cité, § 442.
- § 622, Si l’on defire de déterminer la qualité de l’EleCtricité furajoutée de l’atmofphere électrique d’une nuée, je crois qu’il fera convenable d’employer un affortiment de Léyde ; mais cet afforiiment doit être difpofé à i'e décharger de lui-même avant qu’il foit chargé en plein.
- § 623. Je penfe encore qu’on doit ajuftcrà tout conduétcur rompu cyprès pour certaines expériences, un morceau de métal par le moyen d’une forte charnière auffi de métal à l’une de deux pièces du dit conduéteur. Ce morceau de métal doit être muni d’un manche long qui fert à
- p.244 - vue 250/262
-
-
-
- de z’Electricité. 245
- Vifoler, afin que l’obfervatcur puifib rendre la communication parfaite, ou prefque parFaitc, toutes les fois que l’Electricité furajoutéé devient exceffive & dangereufe.
- § 624. La.manière déferla partie ftipérieu-rc d’un condufteur deftinè aux expériences eft un objet de la plus grande importance. Je ne confeillerai jamais, par exemple, d’appuyer les conduéteurs dans un cas quelcohque par des piliers, ou des . raies de verre : cës deux méthodes me paroiffent dangereufes.
- § 625. Dans la § 543 , j’ai parlé d’üne objection qu’on peut faire fur les piliers de verre ; mais ma raifon principale contre l’emploi de ces piliers, tels épais qu’on les rende pour ré-fifter à la force des vents, &c. eft, que fi un conduéteur rompu ( voyez § 620 ) reçoit par quelque hazatd un coup violent de tonnerre , le pilier de verre qui le foutient fera probablement brifé parla force du choc, & le conduéteur métallique fe renverfera.
- § 626. L’autre méthode de faire paflbt dés conducteurs au travers des tubes de verre peut avoir auffi des inconvéniens fâcheux. C’ett ce que nous démontre l'expérience du Dofteur Franklin avec une lame de feuille d’or étroitement ferrée entre deux morceaux dé glacés épais, lefquels ont été brifés en pièces, & dijperféspat un choc électrique déchargé contre la dite feuille. Le même danger fc confirme par les expériences du Docteur Priefi/y fur le coup latéral des exploitons élcétriques qui fuffira pour brifer toute matière de cette efpece, quoiqu’il n’ait pas en même
- p.245 - vue 251/262
-
-
-
- C I P E S
- 346 P U I N
- tems la force, ou de fondre les fils de fer, ou môme de les échauffer confidcrablemcnt. Voyez les Œuvres Philofophiques du Docteur Franklin, pages 69 & feq. & l’Hiftoirc de l'ElcCtricité par le DoCteur Prieftly, pages 681 fi feq.
- Si le conducteur métallique n’cit pas ferré dans le tube de verre, alors le mouvement con-fidérable de toute efpece que le conducteur peut avoir parle vent, ou par toute autre caufc , caffera probablement, & mettra en morceaux un tube d’une matieie aufli fragile que le verre.
- Si, au contraire ,1e conducteur eft étroitement ferré dans ce tube, alors le danger augmentera confidérablement. Mr. Cavallo remarque à ce fujet en parlant de l’expérience du DoCteur Franklin , que <* fi des verres renfermant des métaux font comprimés par des poids fort pefans , alors non-fculemènt le poids fe fouleve par un choc électrique très-petit, mais les verres fe briffent , quoique d’une épaifleur affcz confidérable pour ne ceder qu’à la force d'une grande batterie«. Voyez le Traité fur PEleCtricité de Mr. Cavallo, pages 6a & ffeq,
- § 627. La meilleure maniéré poffible , félon moi , de difpoler des conducteurs def-tinés aux expériences fur l'Electricité des nuages par le moyen des fonnettes électriques, ou des boules éleCtrométriques, eft d’entourer toutes les parties du conducteur contiguës au bâtiment, ou voifines du Mât fur lequel on l’érige , d’une couche de cire, très-épaifie, mêlée de réfine , ou de quelque autre matière femblablc & non-conduclrice. La partie fupé-
- p.246 - vue 252/262
-
-
-
- si’Siitrjicjij. 24?
- ricure. de cette couche épaifle non-conductrice doit être foigncul'ement garantie de la pluie, par le moyen d’une cfpece de toit conique de métal conftruit à l’ordinaire.
- § 628. Mais de crainte qu’on n’imagine que cette couche non-conductrice puiflè expoier le conduétcur à être plutôt fondu par le feu électrique , qu’il ne pourroit l’être dans fon état naturel, ou que la force latérale d’une explo-lion éleélrique, quoique trop-foiblc pour en fondre le métal, puiflè néanmoins détacher & enlever la dite couche non-conductrice, comme fi elle étoit de verre, je rapporterai quelques expériences que j’ai faites exprès pour éprouver les effets que le feu cleétrique pourroit produire fur des couches de cette efpece.
- EXPÉRIENCE LXIX.
- § 629. J’ai pris un fil d’acier très-fin de trois quarts de pouces de long, & j’en ai, couvert le milieu d’une couche épaifle de cire de la longueur d’environ un quart de pouce, laiffant à-peu-près un autre quart de pouce à découvert aux deux bouts de chaque côté.
- J’ai déchargé enfuite au travers de ce fil d’acier une furface d’Eleélricité d’environ trois à quatre pieds quarrés préparée à la façon de Leyde. Le fil entier à fa partie découverte comme à celle qui ne Vétoit pas fut fondu & difli-pé ; de la même maniéré qu’une pièce fembla-ble entièrement à découvert l’auroit été par la décharge de la même quantité d’Eleélricité.
- p.247 - vue 253/262
-
-
-
- 048 Principes
- EXPÉRIENCE LXX.
- § 630. Ensuite j’ai pris une piece de fil d’acier de la même longueur, maiÿ-d’une épaifleur plus grande, & je l’ai couvert d’une couche toute Jemblable.
- Alors j’ai déchargé à travers de ce fil d’açicr le même quantité de furface éleftrique , que dans la derniere expérience. La partie à découvert fut fondue Ù -dijjipée en fumée ; mais en écartant avec foin la cire, qui couvroit une partie du mé;al, je le trouvai confervé en entier par cette couche non-conductrice.
- § 631. Mais de peur qu’on ne m’oppofe que le "choc électrique agit avec moins de force fur le milieu que fur les deux extrémités d’un corps au travers duquel on le décharge , je rapporterai une autre de mes expériences, qui eft décifive , & qui démontrera clairement la véritable caufe de l’effet ci-devant décrit.
- EXPÉRIENCE LXXI.
- § 632. J’ai employé dans cette expérience, comme dans la précédente, un fil fin d’acier de trois quarts de pouce de long, & de la même épaijfeur.
- J’ai entouré le métal avec une couche très-épaiffe de cire , laiffant au milieu une partie à découvert d’environ un quart de pouce, & aux deux bouts du fil une autre partie auffi à découvert
- p.248 - vue 254/262
-
-
-
- ”< L* Electricité. s19
- couvert d’environ la douzième partie d’un pouce ; de forte que la partie couverte de cire ne l’étoit que d’environ la fixieme partie d’un pouce.
- § 633. J’ai déchargé alors la même quantité de furface éleétrique à la façon de Leyde au travers de ce fil, comme je l’avois fait dans l’expérience 70. La partie à découvert de la douzième partie d’un pouce de long, à chaque bout du dit fil, & celle du milieu découverte d'un quart de pouce de long fe fondirent & fe dijfi-perent en fumée ; mais les deux parties d’un fixieme de pouce de longueur, entre le milieu du fil & les deux bouts, couvertes avec la cire ne fe font pas fondues. D’où il réfulte évidemment que dans cette expérience le métal a été préfervé par la couche non-conductrice, qui l’entouroit.
- § 634. Ces expériences demandent des foins particuliers : car fi la charge eft trop foible, aucune partie de fil de fer ne fe fondra ; fi, au contraire, elle eft trop forte, toutes fes parties tant couvertes qu’à découvert feront détruites, comme dans l’expérience 69.
- Quand la partie à découvert du fil d'acier eft détruite, & que celle qui eft couverte fe con-ferve, on trouve autour de ce fil, & dans l’intérieur de la couche non-conduclrice, une elpece de poudre noire.
- Les expériences précédentes réuffiffeht encore mieux, quand on emploie une lame très-fine ifolée d’acier réduit en feuille. Il faut avoir grand foin de ne faire aucun tort au métal en ôtant la couche qui le couvre. On peut auffi, au lieu de cire d’abeilles, employer de la cire à cacheter rouge :
- p.249 - vue 255/262
-
-
-
- p e a
- 550 P R 1 N C 1
- elle cft également bonne dans ces expériences.
- § 635. Il eft donc évident par tout ce qui précède rélativement à la méthode prel-critc pour le bien-être des conducteurs en général , que s’ils font d’une- épaiffeur Jùffifante pour conduire le feu électrique fans fouflrir aucun tort, l’addition d’une couche non-conductrice ne tendra qu’à leur donner plus de con* fjUnce.
- § 636. Voici comme j’explique cet effet. La cire d’abeilles , celle à cacheter, & la rciine, deviennent , quand ces fubftances font froides , des non-conducteurs du fluide électrique ; mais , comme on le fait très-bien, elles acquièrent , quand on les échauffe, la qualité de conduire 1'Elcétricité.
- On conçoit donc maintenant qu’une pièce de métal doit être très-échauffée avant qu’elle puiffe être fondue par le moyen d’une charge électrique , qui la traverfe. La cire parconlc-quent , qui ic trouve en contact avec ce métal échauffé, s’échauffera de même ; & par-là acquerra un pouvoir conducteur de l’Elcétricité. Ainfi la fiihftance non-conductrice, qui le couvre , loin d’y porter quelque empêchement, augmente plutôt la capacité conductrice du conducteur, en changeant fes qualités pour quelques inflans.
- p.250 - vue 256/262
-
-
-
- pl.1 - vue 257/262
-
-
-
- pl.2 - vue 258/262
-
-
-
- pl.3 - vue 259/262
-
-
-
- pl.4 - vue 260/262
-
-
-
- pl.5 - vue 261/262
-
-
-
- pl.6 - vue 262/262
-
-