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Recueil de mémoires sur l'analogie de l'électricité et du magnétisme
TOME 1
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- RECUEIL
- MÉMOIRES
- SUR
- l’A N A L O G I E
- t> E
- i.’ÉLECTRICITÈ
- MAGNÉTISME.
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- R E
- C U E I L
- MÉMOIRES
- SUR
- L’A N A L O G î Ë D E
- l’électricité et du magnétisme»
- Couronnés & publiés par l'Académie de Bavière » traduits du Latin (A de l'Allemand, augmentés de Notes, de quelques Dis-fertations nouvelles,
- PAR
- J. H. VAN SW1NDEN,
- Pt ofeffèur de Philosophie dans l'Üniverfité dt Franeker, Affocié étranger de la Société Royale de Médecine de Paris, Membre des Académies de Bruxelles de Bavière; des Sociétés de Haarlem & d'Utrecht » Membre confültdnt dé la Société de Phyfi-que expérimentale dé Rotterdam,
- & de la Société de Médecine de la Haye : Correspondant des Académies Royales de P a* ris & de Turin.
- TOMÉ PREMIER.
- COLLECTION AXDUfc SaETIACX
- A LA H A Y Ej Eue* i.es LIBRAIRES ASSOCIÉS,
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- PRÉFACE
- Des fcpt Mémoires que ce Recueil contient, il y en a trois qui ont été compofés à l’occafion du Prix propofé par l’Académie Éleétorale de Bavière, d’abord en 1774, & pour la fécondé fois en 1776, fur la Question, y a-t-il me Analogie vraye phyfique entre la Force éleStrique £î? la Force magnétique: & s'il y en a une, quelle eft la manière dont ces forces agijfent fur le corps animal? L’Académie jugea que les Mémoires qu’on lui avoit préfentés n’avoient pas traité la Qncftion a(Tez profondément dans toutes fes parties, pourqu’elle put en couronner aucun en entier, mais elle adjugea une Médaillé d’Or de la valeur de vingt ducats à l’Auteur du Mémoire qui portait pour devife, Homo Nat une Minifier , & qui eft la première pièce de ce Recueil : & une pareille Médaillé de dix ducats à M. steiglehner, auteur d’un Mémoire Allemand, qui eft la fécondé pièce de cette Colleftion. Enfin , en publiant ces deux Dis-fertations dans le fécond Volume die fes nouveaux Mémoires, l’Académie en a ajouté une troifième fur le même fujet, écrite-en Allemand par le Profcsfeur H ü b n e r.
- * 3 Plu-
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- A 0
- Plusieurs raifons m’ont fait penfer qu’une tradu&ion de ces Mémoires pourroit être utile : jusqu'à préfent on n’a guères écrit fur ce fujet en françois (a): ou du moins, ce n’a été la plupart dutems quefuperficiellementou,'enpas-fant, quoiqu’il mérite d’être traité avec prccifidn & en détail.. Cçs Mémoires publiés parmi ceux de l’Académie, font partie d’un Recueil que tout le Monde n’eft pas à même de fe procurer : d’ailleurs cette colleâion, quoiqu’excellente , étant prèsqu’entièrement écrite en Allemand, eft màlheureufcment pour le progrès des fcien- . ces, peu connue & peu répandue hors des bornes de l’Empire. Enfin, en donnantunçnouvelle édition de ces Mémoires, j’étois à même de pouvoir rectifier plufieurs endroits des miens, qui me paroifloient avoir befoin d’cclaircifle-mens ou de corrections. Des amis, auxquels
- j»
- («) Èn 1748, L’Académie de Bordeaux a couronné une Differtation du P. * bioan a fur le rapport qui fi trouve entre les caufcs des P/iénomines de l'Aimant v celles dss Phénomènes de (Kit(incité : Je n'ai pu me procurer cette pièce malgré tous les foins que jeme fuis donnés pour cet effet. M. aepinus, qui s'eft trouvé dans le même cas, juge qu’il n’étoit gucres posfible de bien développer eette Analogie avant la découverte du fyflçme d,e !$•.
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- P R K
- je communiquai ces idées, m’engagèrent à entreprendre ce travail, & je me fuis rendu à leurs avis, après avoir demandé 8c obtenu l’aveu de l’Académie, à laquelle je devois cette preuve de mon refpeéfc, puisque j’ai l’honneur de lui appartenir.
- Tels font les motifs qui m’ont engagé à publier ce Recueil : je vais indiquer les différentes pièces qui le compofent, & rendre. compte des additions que j’ai faites à celles qui avoient déjà paru.
- I. Le premier Mémoire fur l'Analogie de l'ÉleElricité fc? du Magnétisme occupe feul le premier Volume. Quoiqu’il foit entièrement mon Ouvrage, 8c que j’y aurois fait plufieurs changemens fi j’avois pu le refaire en entier , j’ai cru devoir n’y rien changer. Quand une Académie publie les pièces qu’elle a couronnées, le Public juge après elle, 8c quelquefois d’une manière différente : mais il faut qu’il juge le même Ouvrage : le Texte d’un Ouvrage couronné me paroit par cette raifon un point, auquel il n’eft pas permis de toucher. Ausfi me fuis-je comporté dans ma tsaduftion comme s’il s’agiffoit de l’ouvrage d’autrui, 8c s’il m’eft arrivé quelquefois d’inférer deux ou trois mots dans le texte, pour en rendre le fens plus clair, j’ai porté le fcrupule jusqu’à * 4 mettre
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- ffti Préface.
- mettre cesmots entre deux [ ] pour qu’on psr s’en appefçevoir, & j’ai diftingué toutes Ici citations, ou toutes les notes que j’ai ajoutées, par les lettres C.d. T. ou N. d. T- initiales des mots Citation ou Note du Traducteur.
- Les Notes de ce Mémoire font très -nom-breufes, & de deux efpèces : dans les unes, je n’ai fait qu’indiquer les endroits corresport-dans des Mémoires de M. M. steiglehner. & h ü b ne r , dans lesquels il eft fait mention des mêmes objets. J’ai formé de cette manière , entre les trois Mémoires qui ont concouru fiir le même fujet, une efpèce de concordance, qui mettra le Leéteur à même de voir, d’un coup d’œil, la manière dont les mêmes objets ont été dilcutés par trois auteurs, qui ont fuivi des Principes tres-différens & des routes non moins oppofées.
- La fécondé efpècedeNotes eft la plusnom-breufe: ce font celles qui fervent à éclaircir, à étendre, à reétifier, & quelquefois ausfi à défendre ce que j'ai avancé dans le Texte. 11 s’eft écoulé près de fept ans depuis que j’ai envoyé mon Mémoire à l’Académie do Bavière, & il y en aplusdo neuf qu’il efteom-pofé : il a fait en 1775 & 1776 la matière des Leçons publiques que je donnois alors dans notre Univerlîtc : je n’avois aucun deflein d’en faire
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- Préface. ix
- faire quelque ufagcultérieur, quand un Cahier du Journal Encyclopédique, qui me tomba par hazard entre les mains à la fin du mois d’Oâobre 1777 , me donna connoiflance du Programme de l’Acadcmie 8c reveilla l’attention que j’avois donnée à cette matière; mais il ne me reftoit pas de tems à perdre, puifque le ternie fixe pour le concours étoit la fin de Décembre : je n’eu que celui dè revoir les cahiers de mes leçons, d’en retoucher par-ci parla le ftyle, de les tranferire, & d’en retrancher quelques expériences qui devenoient fuperflues. Tout cela fut achevé en peu de femaines, 8c mon Mémoire parvint à Munich aflez-tôt pour pouvoir concourir ; ausfi retrouvera-1- on ici, à de très-Iegers changemens près, mes leçons telles que je les ai prononcées, en les accompagnant des Expériences quej’ai décrites. Mais depuis neufansonafait beaucoup de decouvertes en Elcâricité ; mes connoidances fur ce fujet fe font augmentées ; la Leéture du Mémoire de M. steiglehner m’a fait faire de nouvelles réflexions. J’ai,donc cru devoirajou-ter à mon travail le refultat des nouvelles recherches que j’avois faites: 8c puisqu’il ne m’é-toitpas permis de toucher au Texte, j’ai eu recours à dos Notes: ausfi, ceux qui voudront s’inflruirç à fond de cette matière , feront
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- X P R X F A C *.
- bien de lire d’abord le texte feul, 8c d’y joindre enfuite la leébure des Notes, dont quelques unes contiennent des discusfions aflez détaillées 8c approfondies.
- M. hemmer, célébré Phyfici»n Sc Sé-cretaire de la Société de Météorologie établie à Manheim , a donné dans un Journal Allemand (b'), une recenfion très-détaillée des trois Mémoires fur l’Analogie de l’Éleéhicité 8c du Magnétisme. Si j’ai été très-flatté de ce qu’il à dit d’avantageux de mon travail, je l’ai été beaucoup plus encore de la critique qu’il en a faite. J'ai examiné fcs remarques avec foin; j’ai éclairci les articles qui paroifloient obfcurs, j’ai corrigé ceux dans lesquels il m’a fait voir que j’ai tort, 8c il en eft plus d’un de ce genre; j’en conviens fans détour comme fins peine, pareeque je n’attache aucun prix à mes opinions , qui me deviennent étrangères dès que je m’apperçois qu’elles n’ expriment plus la Nature : ausfi bien loin d’être choqué contre ceux qui relèvent mes erreurs, ou de croire qu’ils bleflent, en les relevant, ma réputation, ou mon amour propre, je leur en ai de l’obligation ,
- (l>) Rliaifc/ie Beitràgm z.ur Gelehrfmkeit, pour 17S cinquième Cahier, p. 418-4Û6.
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- gation, puisqu’ils font difpavoitre de devant mes yeux le Nuage qui me cachoit la Vérité, & qu’ils me le font connoître. La découverte de la V érité eft le fqul but de mes travaux: je la cherche avec fincérité -, je l’em-brafle avec ardeur quand je crois l’avoir trouvée j je la défends avec zèle, mais avec mo-deftie, quand je crois lapofleder: ausfi n’ai-je pas héGté à employer Une partie de mes Notes à fortifier par de nouvelles preuves les articles du texte, fur lesquels les objeétions de M. h e m m e r ne me paroiflbicnt pas juftes, J’avois ignoré que ce lavant, avec lequel j’ai eu l’honneur d’entrer en correfpondance depuis deux ans, avoit fait des remarques fur mon Mémoire., fi lui-même ne m’eut fait le plaifir de m’en avertir, 6c de m’envoyer le Cahiçr du Journal qui les contient. Si tous les Journaliftesexaminoient avec le même foin les ouvrages dont ils rendent compte, 6c les critiquoient avec la même fevérité, mais accompagnée de toute la politefle posfible, ils feraient furement d'une utilité confidérableaux Auteurs. M. H e m m e r me permettra de le remercier publiquement de l’attention qu’il a donnée à mon Mémoire, 6c de l’inftruétion qu’il m’a procurée par fes remarques.
- Quoique j’abhorre le genre polémique,
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- Xrt P T É F A C E.'
- je me fuis trouvé dans la nécesfité indifpenfablc de réfuter plufieurs Phvficiens très-eftimables, qui jouiflent de la réputation la plus brillante & la mieux méritée, 6c dans lesquels je nefau-rois méconnoître une fupériorité de lumières, de taîens, 8c de Génie très-marquée : mais i! n’y avoit pas de milieu: il falloit me refoudre, ou, à ne jamais traiter cette matière, foit par écrit, foit de vive voix, parti que je doute qu’il m’eut etc permis de prendre, puisque je fuis obligé par état de donner des inftruétions fur toutes les parties de la Phylîque} on, fi je latraitois, à dire avec liberté, mais avec décence, mon avis furies fentimens d’autrui. En effet, comme je me fuis convaincu après une étude ausiî approfondie qu’il m’étoit posfible, qu’il n’exifte aucune Analogie entre l’Eleéfcri-té & le Magnétisme, je ne pouvois traiter cette matière, fur toutes les parties de laquelle j’embraffe la négative , qu’en faifant voir l’invalidité des comparaifons qu’on a faites-, qu’en démontrant que les expériences fur lesquelles on fe fonde ne prouvent nullement ce qu’on croit pouvoir en déduire , c : a : d : en un mot, qu’en examinant, qu’en réfutant les fentimens de ceux qui ont allégué ces Expériences, qui ont établi ces Chefs d’Analogie. Je ne crois pas que je me fois jamais écarté le
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- XIII
- moins du monde des égards que je dois au mérite & aux profondes connaiffances de ceux donc j’ai pris la .liberté d’examiner les opinions : Sc je fuis trèsrperfuadé qu’ils font trop véritablement Philosophes pour prendre mes remarques en mauvaife part. Je cherche la Vérité avec le même aêle qu’eux: & quoique je fois intimement convaincu, qu’il nem’eft pas donné d’y apporter le même degré de: pénétration, & conféquemment} que je ne puis me promettre de! fuccès ni ausû brillans, ni ausfi heureux , que ceux qu’ils ont. obtenus , je crois pouvoir préfeater la Vérité telle qu’elle s’offre à mon Esprit après des recherches asfidues & un travail opinjatre. J’ai toujours penfé ce qu’a dit un Phyficien célébré ( c ), dans une Differtation, que ceux qui s’occupent dePhy-fique expérimentale ne {âuroient étudier avec trop de foin s „ La V évité pour le Philofophe „;n’eftpa$ .celle qu’on enfeigne, mais celle qui „ peutrigoureufcment fe démontrer : un grand „ nomeft certainement une autorité refpecta-ble-
- (c) M. Se N BU ER dans fes Confidiratms fier la mi-tM qu'a fuivie M. spalanzakj dans fes Expériences fur la Dlgcftion, p. 63. 64. : placées à la tête de fa traduftion dos Expériences de M.spAl anzani fur la Digeffun.
- A S
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- ,, ble, mais un grand nom n'exclura jamais de „ l'efprit d’un homme qui -pente tout foupçoti ! „ d’erreur : il pourra tout-au plus en diminuer J? la crainte: mais il fe refervera toujoursl’exa* i
- ,, men: ausfi tous ceux qui ont fait dès expé-„ riences avec foin ont. defiré qu’elles ixdTent „ repétées, & celui qui aime. plus. la. vérité ,, que fon opinion, fouhaite vivement que ,, chacun le juge avec rigueur :. parceque fon „ opinion . cesferoit de T intéreflèr ausfi-tôt ! „ qu’elle cefleroit d’être l’expresfion de la „ vérité. Mais ausfi, en attaquant l’opinion ,
- „ il refpeéte l’homme, & ne lui «ppofe que la „ Nature.”
- Pouu achever ce que j’avois à dire de mon Mémoire dans cette Préface, il me refte àren* dre compte d’une addition à faire à la p. 437.
- Not.£. Ce Mémoire étoitfouspreifé quand je fus informé par M. le sage de Genève, que le célébré Abbé spalanzani avoit publié des expériences très - intéreflàntes fur l’Electricité 8c le Magnétisme de la Torpille. Je ne tardai pas à demander des éelairciflemcns fur ce fnjet à M. s e n e b 1 e r , & par fon en* tremife à M. spalanzani lui-même.
- Le premier m’envoya le plus promptement poslible un extrait enfrançois des Mémoires du Phy-
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- ç B.
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- phyficien de Pavie (d), 8c je le reçus encore à tems pour pouvoir l’inférer dans l’article auquel il appartient. Depuis ce tems M.spa--i. anzani m’a fait la grâce de me communiquer des Expériences nouvelles, qu’il a fai? tes depuis la publication des premières: elles font trop intéreffantes pour n’en pas faire part au Public. Voici ce qu’il m’a écrit dans fa let-du a6 Décembre dernier.
- „ Durant mon féjour fur la Méditerrannée „ aux vacances dernières, j’ai eu bien des oc-„ cafionsde repérer mes expériences fur la Tor-,, pille, 8c il eft digne de remarque, que „ l’Aimant dont je me fervois étoit très-vigou-„ reux , puisqu’il foutenoit le poids de 15 li-„ vres: la livre efticide douze onces. Non-„ obftant je ne me fuis jamais apperçude la plus „ petite attraction entre ce poiflon & l’Aimant. ,, J’ai varié mes expériences de mille manières, „ mais toujours ave; le même mauvais fuccès.
- (d) Ce Mémoire porte pour titre: Itttira drii' Mme spalanzani, R. Prof. çrc. il S'ignore Marcheft lucchefini , Cimberlmt Ai S. M. il Re Ai PnJJia, 4. 23. Ff», 1783 Depuis ce tems M. dames m'a fait connoitre un autre extrait très-détaillé de ce Mémoire qui fe trouve dans un Journal Allemand intitulé Gol/miic/n Gilet,rte zeitungm 1783. r. 409.
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- xvi Préface.
- „ au contraire le fucccs a été heureux touchant „ l’Élsélricité des Torpilles. Si M. sene-„ bi e r vous a donné le précis de mes éxpé-„ riences fur cet article -, vous verrez que ce n’eft rien ou presque rien en comparaifon de „ ce que j’ai découvert depuis j tant par rap-„ port à l’Éleétricité, qu’à l’Anatomie, Sc à „ l’Hiftoire naturelle de.cette efpèce de Raye. ,, Je publierai tous ces faits dans une lettre „ que je joindrai à beaucoup d’autres lettres, „ qui rouleront fur différens fujets d’Hiftoire „ naturelle, dont plufteurs me femblent foit „ intéreflans & quelques-uns même nouveaux” On ne peut qu’attendre avec impatience la publication d’un Ouvrage qui ne fauroit manquer d’augmenter la masfe de nos connoiftances, autant que tous ceux du meme Savant l’ont déjà fait fur les objets les plus in* téreflans, & les plus importans de l’Hiftoire
- naturelle & de l’Economie Animale. -
- II. La fécondé pièce de ce Recueil, ou la première du Second Volume , eft le fécond Mémoire fur l'Jnctlofcie de /’ Electricité £j? du Magnétisme. M. steiglegner, Pro-fefleur de Phyfique à Ingolftad, qui en eft l’Auteur, a traité cette matière avec beaucoup de pénétration & de foin, Sc d’une manière très-différente de celle que j’ai fuivie dans mon Mé-
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- M i I « Hi«\ Km
- Mémoire. Il examine dans,la première Parti» s’il y a une Analogie Phylique entre l’Eleftri-cité & le Magnétisme} il en admet une de* plus complettes, 8c il adopte pour cet effet 1» fyftême de M. aepinds, dont il fuit pas à pas les Principes, les Calculs, 8c les Formules : on y trouve en outre une explication de* principaux Phénomènes de l’Eleétrophore, fujet fur lequel je n’avois fait que glifler dan* mon Mémoire , malgré fon importance pour ceux qui admettent l'Analogie en queftion. M-steiglehner examine dans la fécondé Partie^ fi l’Éleftricité & le Magnétisme agiflent furie Corps humain 8c comment ils agiflent. Cett* Partie eft certainement une des plus excel-* lentes pièces de Phylique que nous poiré* dons. On y trouvent lès recherches les plus fatisfaifantes, & des Expériences faites avec foin 8c dirigées par un Efprit vraiment phi» lofophique. Celles que M< steiglehner a faites pour prouver l’illufion des faits allégués en faveur du Magnétisme animal, font très* importantes, 8c propres à convaincre tout .Phyficien impartial. On voit, par le pet» que je viens de dire , combien le travail dç M. steiglehner complette 8c reétifie le mien, auquel il fupplée d’ailleurs pour * * l’aétio»
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- jfrrtii P£ • c b. -
- l’aétion du Magnétisme 8c de l’ÉIedriclte' fur le Corps animal* matière dont je n’avois pas parlé.
- * Q u o i q ùïPMî s.t K i g l e h n é R ait adop- : té, dans la première Partie de fon Mémoire,.' lin féntiment très-différent du mien, je‘ne me fuis livré à auctine discusfion fur ce fujet dans les Notes quej’ài jointes àcetté Partie. Je me? fuis contenté-d’y citer les endroits correfpon-dansde mon Mémoire & de celui de M. hüb-ner , 8c dé mettre îfla portée de tous les Le» éteurs les Calculs quële texte préfente, en renvoyant pour des détails ultérieurs à l’Ouvrage même de M. AE'Pi'Wir s. Enfin j’ai reétifié les fautes d’imptesfi&n affez nortibreufcs qui fe trouvent dans lês ëkprésfïons'Analytiques de l’originaMe ce Mênïcitré j dont-'j’ai refait tous les Calculs: Slyën'a de césfautes qui fautent aux yeux: il y eri1 a d’autres, qui, quoique non moins certaines -, font néanmoins' plus Compliquées & dont'j’ai cru devoir prévenir. ( 11 ne faut pas qu’un Traduéteur change l’oriJ ginal fans en rien dire.
- Je me fuis attaché dans les Notes for la fe». tonde Partie à citer des exemples qui pôuvoient ^fortifier les raifonncmens de l’Auteur , 8c les mettre dans uh plus grand jour} pour cet effet,
- jç
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- P R É F À. C rf? xtS
- je me fuis principaleinent fervi d« Recherches de M. b eiitwolon» & des nombreufe» expériences- dé M. mauduii concernant* Vinfluence de l’Eledbicité for le ’Gorpt hu* main : du travail da M., .'Mi.. â-.n.ï>.r--y. te thov r et fur l’aftion dé l’Aimant : enfin des Obfcrvations & des Expériences de M.' Klïkkosch y ProfelTeur à Prague', 'relative** ffient au Mag*ftis*io animal. • ?
- III. L a tfoifième pièce de oe •'Recueil pbîte lé- titré de Remarques fur lh fyfiême de Ml: A B P i-ri u s. J’ai' cru qu’il était convenable de les placer ifftftlédi'atêtnent après-lé- Mémoire de M . s r é t tl t'fi tt vtü r:, -qui contient les prin-v Cipes 8c lesfornïules que j’ai èicaTflîdc»'. Dures** te, combe j’ai- expofé au commencemerit de cette pièce le but que je me ftùspropofé en k compofant, il me paroit inutile d’enrien dire de plus dans cette Préface. • > L :-j ‘ - . *
- ' IV. La quatrième pièce eftletroifième Mémoire fur V AmUgie de FÉleëtricit£.& du Ma* gnétisnie. -M. le Profèfleur h ü b léÈR-y iieïtt une efpece de milieu entre ceuXj qui établis» feftt Une resfémblânCe eomplette‘entre, lès deux genres de forcés', & ceux qui n’en admettent au-'fc-iïne: il allègue le pour & le contre, & fe détermine eafiii potir l’Analogie j-*i fuivi dans & **% mes
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- mes Notes la. même méthode que dans cellefi du Mémoire de M. steiæubhner, à cette différence près, qu’il en eft deux ou trois,' dans lesquelles je me fuis écarté de mou Auteur, parcequ’il-s’agiffoit,. noa .de. raifonnemens oit d’opinions, mais dè Faits .qui me paroiffoient rapportés avec peu de précifion, ou d’une matière qui .pouiToit faire regarder comme certains des Faits qui rie font rieri moins que tels.
- V. La -cinquième pièce contient des Réflexions fur le Magnétisme animal (fl fur le fyftê me de M. mesmer. Ce prétendu Magnétisme & ce fyftême ont fait beaucoup de bruit depuis quelques années.: mais tous ceux qui parlent de Magnétisme animal n’entendent pis la même chofe par cette expresfion. J ’ai penfé qu’il feroit utile de rechercher les différent fens qu’on peut. attacher au mot de Magnétisme animal, 8c dans lesquels on l’a réellement pris: d’examiner jusqu’où ees différens fens peuvent être réputés vrais, & quelles .font les efpèces de Magnétisme animal qui ont réellement lieu dans la Nature. Le réfultaç de mes Recherr ches eft, qu’il n’y enaqu’une feule, & qu’en» eore elle eft très-improprement ainfi nommée. Elle confifte en,ceci, que l’Aimant appliqué extérieurement au Corps humain , ou porté H
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- P * i • » 4 c e. xx*
- an amulette, exerce fouvent, & vraifembla-blement fur le feul genre nerveux, une' a&i-on quelconque, ordinairement falutaire, mai» fujette à beaucoup de reftriétions, :& dont nou» ignorons abfolument la nature. En parcourant les diverfes : fortes de Magnétisme animal établies par différens Phyficiens, fuitout dans les deux derniers fiècles, il a fallu faire pafler en revue beaucoup d’erreurs & d’extravagan-ces:mais j’ai cru pom oir diminuer le defagrcment qui refulteroit d’une disciisfion, minutieufe à la vérité, mais néceflaire, fi je' me conten-tois de prélçnter dans le Texte,' par une narration rapide les principaux réfiiltats de ce qui a été penfé, dit, ou fait furrette matière, & fi je rejettois en Notes, les détails ultérieurs & les autorités qui fervent de preuves à mes réflexions. Ceux qui ne défirent qu’une corf» noiffance générale de cet objet pourront fe contenter du Texte : ceux qui en veulent une plus approfondie pourront y joindre la leétu* ce des Notes.
- Tous les Phyficiens ont entendu parler- du fyftême de M. mesmer, & les plus éclairés l’ont rejette avec raifon : cependant ce fyftême n’a pas encore, que je.fache, été ani? . lyfé dans tous Tes points : j’ai entrepris ce * * 3 tra-
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- P Si R., É i F -, À* CK E.t
- travail , tout desagréable qu’il ét©it. Pour cet effet, .après avoir dit un mot des premiersi fÿftêmes de l’Auteur, j’ai expofé le dernier $ tel qu’il l’aipublié lui-même, & j’y ai ajouté; les articles fle fon ouvrage qui pouvoient fet-Vir à l’éclaircir» 'Je me fuis furtout appliqué à: faire voir de quels degrés d’évidence les différentes parties du fyftême de M. mesmer peu*1 vent être fusceptibles, fur quels genres de preuves il faudroit l’établir, & ce qu’il s’agiroit de prouver pour le rendre admisfible : matière fur laquelle & M. mesmer lui-même, & quelques uns de fes adverfaires ont également pris lechange, penfontqu’il fuffiroit d’établir, ou àe rejëtter la vérité ide quelques Opérations que M. mesmer prétend avoir faites. Au refte quoique je croye que le fyftême de M. mesmer eft deftituémême de toute ombre •Je.vraifemblance, qu’ileft entièrement chimérique, je ne fuis pas départi des égards qui font dus à un Médecin qui prétend n’avoir que le bien du genre humain en vue. Si M. mes-mhk a cru , qu’il lui étoit permis de parler avec indécence de plufteurs Compagnies, favantes, refpeéfcables parles lumières de leurs Membres, & par l’utilité .dont elles font à l’État & aux ^Lettres-, ..s’il n’a pas ménage les inveétives, lès
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- ironies, Sc les farcasmes les plus cruels contre ceux qui n’pntpas approuvé fes fentimens, cela ne me donnoit aucun droit de le traiter durement. Un pareil procédé ne pourrait jamais fervir à le convaincre d’erreur, 8c ne donnerait ,aux yeux des honnêtes gens 8c des favans aucun poids à mes reflexions. Si M. mesmer ,eft de bonne foi dans fes prétentions, il faut le plaindre de ce que l’ardeur de fon imagination lui a fait prendre des Chimères pour des Vérités, 8c l’a entraîné, dans fes écrits, hors des bornes, qu’un Homme de Lettres ne devrait jamais fe permettre de franchir: 8c fi malheureufemens il ne l’ctoit pas, il faudrait doublement le plaindre, 8c pour les écarts de fon Cœur, 8c pour -ceux de fon Efprit, mais examiner fon fyftème avec le même fens froid que fi fa bonne foi étoit réconnue, ne fut-ce que pour empêcher de pareilles chimères de renaître par la fuite, ou du moins pour retarder l’époque de leur renouvellement: car il fcmble qye les memes erreurs fe remontrent à différentes périodes , mais toujours fous quelque forme nouvelle , 8c adaptée à la Philofophie du tems. Il n’y a qu’à comparer le fyftême de M. mesmer, Sc quelques uns de ceux dont nous avons parlé dans ce Mémoire, pour en avoir la preuve, ** 4 VI. La
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- VI. La Sixième pièce de ce Recueil eftun» Differtation fur un Paradoxe magnétique. Ce Paradoxe efb qiie J’Almant attire le Fer plu* fortement qu'un autre" Aimant. J’ai compofé çette pièce pour fervir d’éclaircifFement à l’article de mon Mémoire fur l’Analogie d»l’É-leékricité & du Magnétisme, dans lequel je faifois mention de ce Phénomène, mais en me Contentant de préfenter le réfultat de mes Recherches , pârçeque la nature de cet article m’empéchoit d’entrer dans des détails. L’Académie de Bavière m’ayant fait l’honneur de m’inviter à être de fes Membre?, & à lui envoyer quelque pièce qui pût êçre inférée dans fes Mémoires, je lui fis parvenir au Mois d’Août de 1778 cette Differtation, à laquelle j’ajoutai, au mois de Septembre fuivant, un appendice d’Expériences. Elle a été imprimée en Latin dans le premier Volume des Nouveaux Mémoires de l’Académie. J'en donne ici la tra-duétion fans autre changement, que d’avoir corrigé deux ou trois légères erreurs que j'ai indiquées.
- VII. E n f 1 n le feptième & dernier Mémoire de ce Recueil eft une Differtation fur les Mouvemens irréguliers de l'Aiguille aimantée. J’avois déjà traité une partie de ce fujet dans
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- F K é * A 9 », XXV
- mes Recherches fur les Aiguilles aimantées, Partie II. Chap. V, dans lequel j’ai taché de donner quelque çhofe de plus précis & de plus ft-tisfaifant que les Obfervation* ifolées & contra-diétoires qu’on poilédoit jusqu’alors, mais je préfente aujourd’hui des Recherches plus com-plettes, fondées fur un plus grand nombre d’Obiervarions, 8c dispofées fuivant l’ordre qu’exigçoit le but que je me fuis propofé dans çe Mémoire, & dont j’ai rendu compte en détail dans la Préface dutroifième Volume de ce Recueil.
- On voit par l’énumération que nous venons de faire, que, quoique ce Recueil contienne quatre pièces qui ont déjà été publiées, & que je n’ai fait que traduire, ij peut paffer pour un Ouvrage nouveau, tantpar les notes nombreu-fes 8c intéreflantes que j’ai ajoutées à ma tra-duétion, que par l’étendue des nouveaux Mémoires que j’y ai joints, 8c l’importance des objets fur lesquels ils roulent- Je me flatte que cet Ouvrage pourra fervir à augmenter nos connaiflances fur l’Aimant. On n’a certainement pas encore porté cette matière à un point de perfeéHon proportionné au nombre 8c au mérite des Savkns qui s’en font occupés : ce qui vient, çe me femblç, de ce que les Phyficiçns ** 5 fe
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- ÇJÇK? | | i ï 4 ? ^ fe font en général plus occupés à. bâtir des fyftèmes pour expliquer les Phénomènes de l’Aimant, & à confidérer ceux-ci foüs ce point d* Vue, qu’à creufer, qu’à analyfer , qu’à approfondir les Phénomènes même;: je dis en général, car il eft certainement «lesexceptions: lestravauxdefeuM. danielbernouil-x, i & de M. j. a. euler furl’Inclinaifoq de l’Aiguille, ceux de feu M. euler le Pere fur la Déclinaifon} & le Traité de M. a epi nu s dans lequel on trouve, indépendamment du fyftème, une foule de Recherches mathématiques très - intéreflantes fur plufieurs Phénomènes, en font, entr’autres exemples, des preuves palpables. Depuis feize ans l’Ai-, m»nt fait une des principales branches de mes études, & voici le troifième Ouvrage que j'ai publié fur ce fujet (e). J’ai toujours eu ... pour
- (<) Le premier a été publié en Latin fous le titre de
- Leidæ 1771 , 4to , Specimen frhmrn: Le Second, couronné en 1777 par l’Académie de Paris & publié en 1780 dans le VllI., Volume des Mémoires préfintés par des Sales aimantées & contient plus dé 600 pp. in Quarte. Je ne parle pas de mes deux Mémoires inférés parmi céux de
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- î » ï f i £ B-
- pour-but dept'en- tenir à l’examen dçtaillé de* Phénomènes, de ramener ceux-çi à un, petit nombre de Prmcipe.s grijnordiaijx, .que l’Ex-ppri^oçe.nous enfeigne,. mais qui .font,..pouç moi, abfolument inexplicablesmêmeen -ad^ mettant le fluide magnétique -, en un mqt.de. fi\ire de cette .partie de la Phyfique unel?ran~ cbe des Sciences Phyfico-Mathématiques. Jus* qu’à préfent je n’ai pas eu à me plaindre d’avoir pris ce parti : les découvertes que je crois avoir faites, la certitude à laquelle je crois.être parvenu dans quelques unes de mes Recher-? çhes,. m’ont amplement dédommagé de ma peine.. J’ai depuis longtems dans mes Portefeuilles encore quelques Mémoires mathématiques fur différens points très - importans de la doétrine de l’Aimant, & je pourrais affez fa?-cilement les mettre. en état de paraître : mais je doute que le goût des Phyficiens foit affez tourné vers cette partie de la Phyfique , pour que je puiffe me promettre un accueil favorable. J’ai d’ailleurs encore des engagemçns à remplir pour ,un Traité fur l’Aurore Boréale., & un Ouvrage fur la Philofophie de Newton, que j’ai annoncés & promis depuis quelque an,-
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- txvtrt f % i W A A « nées, mais que de longues maladies, fit de» occupations nombreufes m’ont empêché» de publier jusqu’ici. Je vais les reprendre avec ardeur fie ce feront vraifemblablement les premiers ouvrages que je publierai, fi les cir-conftances n’y mettent obftacle, fie fi l’état do ma firnté fie mes occupations me permettent d’en publier encore.
- Je ne faurois finir cette Préface fans faire part au Public des obligations que j’ai à M. B a m e n , Doébeur en Philofophie, Membre de la Société de Haarlem, dont les talens fiipc-rieurs, fie les profondes connoiflances en Phy-fique, en Mathématiques, 8c en Aftrononomie ne faurpient manquer de contribuer beaucoup aux progrès de ces Sciences,dont il a déjà donné des preuves par fes Traités fur la Mefure des Montagnes au moyen du Baromètre^ ficfurles Ballons aérofiatiques. C’eft lui qui s’eft chargé de foire imprimer cet Ouvrage, qui en a dirige l’Édition, qui en a corrigé les Epreuves : ü a foit plus : il m’a communiqué fur mçs Réflexions fur le fyfième de M. aepinüs, que j’avdis eu l’avantage de pouvoir foumettre à fon jugement y des remarques que j’ai fuivies avec emprefle-ment. Il voudra bien agréer mes remercimens fie ce témoignage public de ma réconnaiflance.
- TABLE
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- T A B L £
- DBS
- MATIÈRES
- Premier mémoire fur l’analogie de l’électricité y du magnétisme par M. VAN SWINDEN. ... #1
- Préface. . . . . $
- PREMIERE PARTIE. EXAMEN des PHENOMENES de L'ÉLECTRICITÉ 6? du MAGNÉTISME : comparaison dt ces Phénomènes. Ç Section. I. Contenant des réflexions préliminaires. ... . - g
- .Section II. Des corps sur lesquels l’électricité ET LE MAGNÉTISME AGIS-_ SENT. • ..
- Chap. J. Des Corps fur lesquels l'EUftrkité _x lit le Magnétisme agisfent. . îÿ
- Chap. II. De l'Etat dans, lequel il.faut que les Corps foyent réduits pour qu'ils éprouvent l'action du Magnétisme (jf de l'Èletiricité. . . . 3t
- ÇtfAP. ill. Conclufions générales,. . .. 70
- Sec-
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- xxx ~ TT A s L Æ T Section III. De la comparaison du feu ET DE l’aimant AUX ..CORPS ELECTRIQUES , CONDUCTEURS ET COERCITIFS. 71
- Chap. I. Réflexions préliminaires^ Jur les A\ Cerfs coûtât eurs-ifl coercitifs. Â, .7$ Ciiap. II. Examen de U queftion, fi l'on peut * ‘ ‘comparer'Irfermix^Gvrfsrcimdufleursa t* du Fluide éleEtriquc. . . . 8ï
- Chap. III. Des Loin, félon lesquelles les Corps conducteurs àgijfent. . 113'
- ^iiap. tV. Delà èimpàraifon du Fér'tâ de'l'Aimant avec le's' Corps ldïôêïeüri-« . . - . . .. i
- ” ques. . . . . . . 150
- Section IV. Comparaison''de l’aimaM" ARMÉ ET DE LA'floÛTEILLE DÉ LÉIDE. 193 Chap. I. Réflexions'ptïlirhiruilrés'fur cétfi
- compardifon. ' " ’ 194
- Chap. "II. Expofifion dû Jentiment de ' TSïi'
- cigna. ‘ ' . r* ïij£
- Chap. III. Examen de lacomparaifonpropo-jfée'far M. fra'nklin'.
- Chail IV.'Des Phénomènes qui concernent' v lafphèrè d'aÛivitii" ‘V ' 430
- Section V. De la comparaison des_ Attractions et'des', répulsions tant* ÉLECTRIQUES QUE MAGNETIQUES. * " 14.4 Chap. 1. Examen'des Phénomènes de T At-IraClion. V* . ' v v . ' • 247
- Chap .
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- s MATIÈRE £ xxXl*
- Chap.. IL Examen dès Phénomènes de la i Ripulfion. . . . a8i
- Chap. III. Remarques générales. . 193
- Section VI. Des effets que l’électri-’ 1
- CITÉ ZZT tR 'MAGNÉTISME PRODUI- 7 SENT DANS LE VUIDE. • . • .
- Chap. I.- De Y Action du Magnétisme dans , le Vulde. . . 397
- Chap. II. De Y Électricité dans le Vuide. 31 $ Chap. III. Condufton générale. -349
- Section VII. De la communication des
- FORCES ÉLECTRIQUES ET MAGNETIQUES. 333 Chap. I. Remarques générales. . . 334
- Chap. II. De la communication des Forces électriques & magnétiques fans avoir égard aux Pôles. . . . 357
- Chap. III. De la communication des forces électriques & magnétiques en ayant égard aux Pôles. . . 36$
- Section VIII- Examen des différences que quelques Phyftciens ont établies entre l'Aimant PÉleCtricité. . 408
- Section IX. Obfervations générales, &
- Canclufion. • • • 419
- Seconde partie. De l’influence de l’électricité SUR LE MAGNETISME. 43?
- Chap. I. De Y Électricité des Çorps Magnétiques. . . . 4a8
- N: B:
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- ttxu TABLE dm MATIÈRES.
- N: B. Ajoutez i la fin delà Note du j. 447. ce qui a été dit dans la préface générale p. xv & xvi. Chat. II. De VAttraction. . . . 44*
- Chap. III. De la direction de T Aiguille Aimantée. < . 463
- Chap. IV. De T Inclinai[on. . . . 473
- Ckap. V* De la Communication des Forces. 478 Conclusion de la seconoe partie. 503. Conclusion générale des deux parties. 504
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- ADDITION.
- Pour Up. 38a. §. aôo. note d du premier Fokme.
- X/impresfion de ce Volume ëtoit entière* rement achevée quand j’ai reçu le quatrième Tome des Mémoires de l'Académie dé Bruxeh lés, dans lequel le trouve, entr’autres pièces intéreflàntes, un Mémoire de feu M.need-H a m fur les moyens les plus efficaces tf empêcher le dérangement produit fouvcnt dans la direction naturelle des Aiguilles aimantées par l’Eleftricité del'Atmosphère. Le célèbre Auteur y érigée# fait une proportion àbfolument contraire à celle que j’ai avancée note d §. aoo. de mon Mémoire, à la p. 382. de ce Volume, & il s’appüye pour la prouver des Expériences de Mylord m a h o N, fur lesquelles je me fondois également. J’ai Cru, malgré le profond rcs-peét que j'ai pour la Mémoire d’un homme ausfi jufteftient Célébré que l’ctoit M. ne édit a m , devoir donner un mot d’éclairciflement fur une contradiétion ausfi palpable dans uné matière de Fait, & dans laquelle j’ai à lutter contre l’autorité d’un grand nom. Voici l'article en queftion p. 77. tom. I. * * * „ Un0
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- jaxiv Addition;
- „Une obfervationpour établir la dite analogie w [entre les fluides éleétrique 8c magnétique} „ eft, que la force magnétique, Winfiar de „ la force éleétrique , diminue ou augmente „ en rai [on du quarré delà diftance depuis les deux „ Pôles jusqu'au point Neutre [ou centre mag-„ ne tique] réciproquement. Mylord mahon „ avoit déjà démontré cette vérité par rapport k ,, la force éleürique."
- Je ne fais d’après quelles obfervations M. needham a établi que la force magnétique croit du centre magnétique jusqu’aux Pôles en raifon du quarré des diftances : je n’en connois aucune de ce genre: 8c je crois avoir prouvé, au contraire, que cette force croit comme les défiances fimples : & fi par hazard M. needham avoit en vue ce que j’ai avancé dans le §. 33. de mes Recherches, & répété dans la note dont il eft queftion ici, que les forces des Pôles font en raifon inverfe du quarré de leurs diftances au centre magnétique, il eft évident, qu’il fc feroit mépris fur le vrai fens de mon affertion. Il s’y agit de la Comparaifon des forces desdeux pôles d’une paît, & de l’autre des étendues que la vertu boréale & la vertu auftrale occu* pent depuis le centre magnétique jusqu’à leurs pôles respeélifs, ce qui eft différent de la raifon Ce-Ion laquelle croit la force de chaque particule, fi-tuée
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- tuée dans la même partie du: Barreau, & qui eft la raifon des diftanccs} quoique ce foit de cette raifon firaple qu’on déduit, comme un corollaire, la proportion inverfe des quavrés, pour les forces polaires... . .
- . Qhast. à ce que. M. need-ham ajoute, que Mylord M a h o n. a prouvé que la force électrique augmente en raifon du quarré de la diftançe depuis le point neutre jusqu’aux po-les, qu’il me foit; pçrmis, de dire qu’il s’eft encore mépris à ççt égard. Mylord, ma hom n’a fait aucune expérience fi(v ce fujet : mais il a fimplemçnt,.prouvé qye- la. djftance A (Fig. 15.) du point neutre à l’extrémité-du Conduéteur A B eft precifement celle que requièrent les Calculs faits dans la fuppofition i°. qu’il exifte autour du. Conducteur A B, une atmosphère éleCtrique-telle que ce Phvfi-ficn l’ctablit, Sc 'ia., que la dmfité de T Electricité ejl en raifon inverfe du quarré de ladiftan-ce au -Corps chargé P C, [c. a. d, au conducteur de la Machine] qui produit cette atmosphère, le Corps AB, qui y eft plongé,, ayant une extrémité A directement dirigée vers le Corps chargé P C. Or cette proportion. 11e concerne en aucune façon celle des forces, des particules en A D 8c B D, eu égard à. leurs diftanccs du point neutre D : proportion, dont * * 2 M.
- t“ O
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- xxxvi Addition.
- M. needham parle & dont Mylord mahon ne fait pas la moindre mention.
- Cet article du Mémoire dont je parle, n’in-firme donc, ni ce que j’ai prouvé que la force des particules d’une lame aimantée croit comme leur diftance au centre magnétique, & que les forces des pôles font en raifon inverfe doublée de leurs diftances au même centre : ni ce que j’ai conjeéturé, d’après les Expériences de Mylord mahon, que cette dernière proportion eft pour les pôles A & B du cilin-dre éleétrique A B tout au plus celle des racines de leurs diftances B D & A I) au point neutre^
- ERRATA.
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- ERRATA.
- p. 91. 1. 12. fauffes, in. 1. dern. il joint 133. 1. 10. d'tn bas détourner 162. 1. dern, plus
- 190. 1. 9 de la me externe 214.--------- dans l’aiman»
- ** à.
- 221.1.14.
- L dern. diminuée
- 224. 1. 8. donc
- 299. 1. 10. de la note agit 304. 1. 1. de la note c petit 31 j. L 2. feroient
- 344.1. ir. recouvrir
- 395.1.4. d’en bas, de toutes celles de ceux.
- 426. 1. 13. qu’ils
- 431. note O'ilin. d. del’Éieâricité,
- ; faux,
- il s’en joint.
- - détonner.
- - pas.
- • interne.
- dansl’armure.
- _ B. A ‘
- m »
- - augmentée.
- - dont.
- - agite.
- - grand.
- - étoient.
- - recouvrer.
- de toutes celles,
- - qu’elles.
- - de l’Étincelle,
- 358. Exp, XVI. 1. 4. capetllle — canetille. 461. $. 241.1. 4. qu’il, — qu’elle.
- T e m. J.
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- MEMOIRE
- L’ANALOGIE DE L’ÉLECTRICITÉ ET DU MAGNÉTISME.
- M. FAN S JF I N D E N, PnftJfMr * Ph/Iofifhi, i Frantkir.
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- Homo, Natur<e Minifier &? Interpres, tantum . facit intelligit, quantum de Natur a or dîne, re vel mente obfervaverit ; nec amplius fcit aut poteft.
- b a co Ntfy. Organ. Aphor. I.
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- PREMIER MEMOIRE
- i.'ANALOG]E de l'ÉLECTRICÏ-TÉ et du MAGNÉTISME.
- PRÉFACE. '
- ^'entreprends dt traiter une nalitrt. qui fait un des objets les plus difficiles (fi les plus délicats de la Phyfique, (fi qui eft égdlement recommandable par.fa beauté : car s'il ejl d’un Etre tout puiffant (fi infiniment fage, de produire la plus grande quantité d’effets différens par le plus petit nombre de caufes, (fi par des caufis très-fim-ples; fi, depuis qu'ils Je font appliqués avec plus de foin à l'étude.de la Nature, les Phyficiens. ont découvert un plus grand nombre d’exemples de cette fimplicité, ausfi admirable que féconde { s'ils continuent à en découvrir encore tous les jours, (fi s'ils confirment ainfi par expérience l'idée que nous nous formons à priori du créateur, fuprê-me; il eft ausfi d'un vrai Philofophe, d'un Phy-ficien fage, de rechercher fans ceffe les reffemblan-ces des divers Phénomènes, quelque différens qu'ils puiffent paraître au premier abord * (fi df les rets a dui-
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- PREMIER MEMOIRE.
- Juire au plus petit nombre posfible. Mais ,p!us cette Recherche eft belle (fi importante ; plus nous nous Contons entraînés, par je ne fais quel charme, à admettre cette fimplicité; plus ausji nous devons employer de foins dans nos Recherches, (fi nous y conduire pas à pas : de peur, que prenant l'image pour la réalité, vous ne confondions les productions de notre Imagination avec la manière d'agir de la Nature même : car, il y a des Phénomènes , qui paroiffent abfolument femblables fi on n'y jette qu'un coup d'œil rapide, (fi qu’un examen exaél fait cependant trouver très-différens. D’ailleurs, l Analogie, qui vient fur tout à point dans ce genre de Recherches, trompe fcuvent, fi elle pajfe les bornes légitimes, mais peu étendues, auxquelles elle fe trouve affujettie: alors même, elle conduit d'autant plus furement à l'erreur qu'on s'en fort avec plus de confiance.
- Je ne fais fi ceux qui ont établi des comparai-fons entre l'Eleftricité (fi le Magnétisme, ne font pas quelquefois tombés dans lerreur. C'eft un fen-timent adopté par la plupart des Phyficiens, qu'il y a Une grande Analogie entre les Phénomènes de P Electricité (fi ceux de l'Aimant: ce fentiment gagne tous les jours : il eft non feulement extrêmement reçu, mais c'efi encore l'opinion des meilleurs Phyficiens de nos jours. Je ne crois cependant pas que cette matière fait décidée par leur autorité fin-
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- PREFACE. $
- feule: 6? les raifons qu'ils ont alléguées, ne paroi ffent pas avoir eu affez de poids aux yeux des üluftres Membres de l'Académie de Bavière, pour ne laijfer aucun doute fur ce fujet : ' Au moins fera-t-il permis d'en juger ainfi, puisque cesMcs-fieurs ont crû qu'il était de l'intérêt des Sciences, de propofer cette Quefiion; y a-t-il une véritable Analogie phyfique entre la Force éleéh'ique 6c la Force magnétique? S’il y en a une, quelle eft la manière dont ces Forces agiflènt fur le Corps Animal?
- Comme ‘ des Recherches fur ce qui concerne V Èleftricité êfi le Magnétisme ont été, depuis quelques années, le principal objet de mes études; que j'ai fait beaucoup d'Expériences fur ces deux genres de Forces; que j'ai lu avec foin, £5? autant qu'il m'a été posjible, tout ce que d'autres Phyficiens ont découvert ou propofé fur ce fujet ; j'ai cru pouvoir préfenter mes idées fur /'Analogie de l’Eleéfcricité & du Magnétisme au jugement de F Académie. Je fais que je me livre dans cette entreprife à un combat dont le fuccès efi très-incertain, foit que je penfe aux forces de ceux avec lesquels je vais entrer en lice, foit que je con-fidère l'habilité des Hommes célébrés au jugement desquels je foumets ce Mémoire : mais leur bienveillance me raffure : c'eft en me confiant en elle que je vais entrer en matière : je propofer ai ce qui A 3
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- MI E R ME
- me paraîtra approcher le plus du Frai; mais bien convaincu de la médiocrité de mes talens, toutes les fois qu'il m'arrivera d’être d'un fentiment diffé-' rent de celui d'autres Ecrivains,je tâcherai d'expo fer mes raifons avec toute la modefiic, qui éon-vient à un Philofophe.
- L a Queftion dont l'illuftre Académie defiré la folution contient• deux Parties. La première efi propofée fimplement, 13 fans aucune condition : on demande s’il y a quelque Analogie entre les Forces électriques & magnétiques. L'autre Partie efi conditionnelle, 13 elle dépend de la façon dont on aura refolu la première : car l'Académie demande , comment ces Forces agiffent fur le Corps animal, s’il y a de l’Analogie entr’elles ; d'où il refulte évidemment, qu'on ne demande la folution de cette Partie, qu'au cas qu'on ait répondu affirmativement à la première : (fi qu'on peut au contraire fe difpenfer de la refoudre, fi l'on nie toute Analogie entre l' Électricité (fi le Magnétisme ; parti qu'il efi affurément très-permis de prendre, puisque F Académie elle même propofe de favoir ce qui en efi. Or, j'avoue, qu'après avoir examiné avec le plus grand foin tout ce qui a rapport à cette matière, j'ai été conduit à pen-fer, qu’il n’y a aucune Analogie'entre l’Eleétri-eité & le Magnétisme, ou que du moins s’il y •n a, elle eft très-petite. Si je reusfis p établir
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- r » É F A C E.' $-
- Cf fintiment fur de bonnes preuves, il ne fera pas , ce me femble, de mon devoir aCluel, d'examiner la manière dont les Forces électriques & magnétiques agiffent fur les Animaux. Je m'attacherai donc entièrement à refoudre la première partie de la Queftion propofée. Mais il conviendra, avant tout, d’en bien fixer le fens, afin de ne rien omettre de ce qui pourra contribuer à la refoudre exacte-
- Cette Queftion, y a-t-il une véritable Anar logie phyftque entre la Force magnétique (fi la Force électrique, me parait pouvoir admettre deux fens différent,
- L e premier fens confifte à favtiir , fi les Phér nomènes électriques font tellement femblables à ceux du Magnétisme, qu'il faille établir, qu'ils font produits par des caufes femblables, qui agis-fent d’une maniéré analogue; ou peut-être, par une feule (fi même caufc, qui fait naître les deux genres d'effets? auquel cas , les différences, qu'on obferve entre ces effets, devront être attrir buées à des circonfiances étrangères , qui modifient cette caufe première.
- L il fécond fens me parait être celui-ci ; fi VÈ-leCtricité influe d'une façon particulière fur le Magnétisme, .de forte qu'elle en modifie les effets, (fi qu'elle ait avec cette Force une relation, qu'elle n’a abfolument pas avec d'autres Corps, A4 «*
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- 3 PREMIER MEMOIRE. PREFACE.
- ou du moins, qu'elle n'a pas avec eux au même degré.
- E n conféquence de cette reflexion, je diviferai en deux Parties ce que j'aurai à dire fur la Question propofée : je rechercherai dans la première , quels font les Phénomènes, tant de l'Électricité que du Magnétisme, qui paroiffent avoir quelque reJJ'emblance, (fl je les examinerai avec foin, afin qu'on fâche à quoi s'en tenir fur l'Analogie qu'on dit avoir lieu entre ces Phénomènes. Je rechercherai dans la fécondé Partie, quels font les Phénomènes qui pourraient faire croire, que les effets du Magnétisme font modifiés par l'aEtion de l'E-leStricité: c. a. d. que je traiterai de l'influence réciproque de ces deux Forces.
- J e croîs qu'après avoir traité comme il faut ces deux Parties , j'aurai fait un examen exact de la Queflion propofée, (fl que j'aurai fatisfait par-là aux défirs de l'illuftre Académie, fi non ‘parfaitement, du moins pour autant que mes fai-bks talens auront pu me le permettre*
- * # #
- PRE-
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- PREMIERE PARTIE-,
- EXAMEN des PHÉNOMÈNES
- de l'électricité et do
- MAGNÉTISME: COMPARAISON de ces PHÉNOMÈNES.
- SECTION I.
- 1 Contenant des Reflexions Préliminaires'.
- §. i. 3Da première Partie de nos Recherches confifte à examiner, fi les Phénomènes de l’Eleéhïcité font tellement femblables à ceux du Magnétisme, qu’on foit obligé d’établir, que ces Phénomènes dépendent, ou d’une feule & même caufe, qui produit les deux genres d’effets, ou, du moins, de caufesfemblables, qui agiflent d’une manière analogue j car les Phy-ficiens qui établiffent une très-grande Analogie entre l’Electricité & le Magnétisme, font de l’un ou de l’autre de ces fentimens. Il en cft, comme le r. p. cotte (tf),qui penfent, que la
- (4) Traité de Météorologie, p: 16. [Voici les ternies de l’Au-
- A 5 ‘
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- io I. mémoire. Part: I. Self: I.
- la matière magnétique, & la matière éle&rique font une feule fie même matière, mais différemment modifiée. D’autres, comme M. æpi-n us (J?) y établiffent que le Fluide élcélrique 6c le
- l’Auteur. „ Ces différées traits d'Analogie entre les ma-,, tières éleélrique' & magnétique me font foupçonner , ,, que ces deux matières n'en font quW diverfement m-„ difiée ', ty fufceptible de différent effets, dont on commence ,, à apercevoir l'unité de caufe & de principe. Ce n’eft; „ id qu’une conjeéhire, que l’expérience 8e 1'obfervatioi» „ convertiront peut-être un jour en certitude." N.d. T.].
- (b) Tentamina T/uoru ËleCtricitatis & Maptetismi. Petro-poli, I7J9, 4to. pag. iz. §. 4. [Voici les paroles mêmes de l'Auteur, qui font trop remarquables pour les pas-fer fous filence, 8e auxquelles nous ferons obligés de renvoyer dans la fuite. „ Il s’enfuit que je ne confidére „ nullement le fluide magnétique 8e le fluide éleélrique » comme un feul 8e même fluide, comme le font ceux ,, qui tâchent de déduire tous les Phénomènes tant de „ l’Éleétricité que du Magnétisme, 8e pluiieurs autres , ,, d'un feul fluide extrêmement fubtil : car je fuppofe que ,, ces fluides font doués de propriétés très - différentes , cr qui ne ,, fauroient fe trouver à la fois dans un feul cr mime fujet s
- (le latin porte;'» unicofubjeltamm compofftbilibus.)-Puis-
- „ qu’on ne peut expliquer heureufement les propriétés de „ l’Aimant qu'en attribuant au fluide magnétique des „ propriétés qui répugnent entièrement {plant abhorrent) „ à celles du fluide éleélrique, ce n’eft pas fans raifon, „ mais conduit par la contemplation de la Nature mê-„ me, que j’établis id une différence comptent {diverfitaten „ pltnariam) entre ces deux fluides.* N. d. T.]
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- Réflexions .Préliminaires. ij
- le Fluide magnétique font difFérens, & poffé* dent des propriétés très-différentes, qui ne fau-roient coexifter dans le même fujet (ce font les paroles de l’Auteur) quoiqu’ils produifent des Phénomènes fi femblables, qu’il n’y a aucun Phénomène Magnétique.doht on ne trouve l’analogue dans l’Eleélricité. Cependant en s’exprimant ainfi, M. æ pi nu s femble être d’un fentiment différent de celui, dont il étoit peu de teins auparavant : car, il établifloit dans fon Difcours fur la rejfemblance de l’Élettri-cité (fl du Magnétisme (f), que les caufes qui pro-
- (c) Sem.o academicus deJimilitud'me Eledricitatis ce Magnitis-tni. Ce difcours a été lu al’Aflemblée publique de l'Académie de Petersbourg, du mois de Septembre 1758, 8c imprimé dans cette Ville la même année. On en trouve une tra-duétion dans un excellent Recueil allemand, intitulé Ma-gazin de Hambourg T. 11. p. 158. feqq. c’ell de cette tra-duétion que je me fers. [ Depuis ce tems j’ai acquis l’original : on. y trouve entr’autres ces expreffions : p. 4. (p. 13 a. de la traduélion ) „ Peut-être que la hardieiTe ,, avec laquelle j’affure que cette reffemblance eft com-„ flotte , 8e que j’ofe affirmer qu’elle eft fans bornes, vous „ jjéplait. J’avoue, à la vérité, que l’Éleiftricité eft plus „ riche en Phénomènes que le Magnétisme : 8c mon fen-„ riment ne tend qu'à établir, qu’il n’y a dans le Ma-„ gnétisme aucun Phénomène, auquel on n'en trouve de „ femblable 8c d'analogue dans l'Éleétricité. 11 ne fatit „ cependant pas entendre ceci, comme fi l’on pouvoit
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- il I. mémoire. Pari: 1. SeSt: I.
- produifent les Phénomènes magnétiques font entièrement 5C pleinement fembkbles à celles qui produifent les Phénomènes éleétiiques. M. ci-cna, célébré Phyficien de Turin, établit, au contraire, une parfaite relfemblance entre les caufes de ces Phénomènes, mais il révoquée» doute leur identité \d).
- _______ §• a.
- ». réciproquement oppofer un Phénomène magnétique à », chaque Phénomène éleélrique : ” & p. ij. (p. 266. de la T.) „ Vous voyez que la rejfemblance entre l'Eledrin-» té <y le Magnltinne eft p grande quelle ne fournit guérie », lêtre d'avantage. Pourquoi ne conjeéturerions nous ,, donc [5as que Ja caufe de ces deux forces eft fembla-,, ble ? Car qu'y a -1 - il de plus vraifemblable, & que '», peut-on établir de plus conforme aux Loix que la Nature fuit conftamment, fi non, qu’elle produit des », effets femblables d’une manière analogue.” Enfin p: 2.9. (p. 268. de la T.) après avoir indiqué les principaux points de la théorie de M. frankiin.M. æpinos ajoute, „ j’eftime que ce font des caufes pleinement fem-„ blalles à celles - ci qui produifent les Phénomènes raa-,, gnétiques. ” Après quoi il propofe les principaux points de fon fyftfime que nous examinerons dans la fuite, Seift. 3. ch. 4. §. 89 feqq. N. d. T.]
- (d) Dans fa Differfation de Analogia EleHricitatis & Magnetismi, inferée dans le premier Volume des Mémoires de la Société de Turin. [Ceft aufli le fentiment de M. dbu cepüde dans fon EJfai fur FÉleOriciti,Tome 2. p: 37. Il croit que les fubftances aimantées font naître des effets analogues à prefque tous ceux que produifent les fubftances tloéhifëes; qu’on ne fauroit cependant
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- Réflexions Préliminaires. ' 13
- §. a. Tous les Phyliciens qui foutiênnènt., que les Phénomènes du Magnétisme font fem-blablesà ceux de l’Elcdricité, admettent, qu’ils font produits par l’aélîon de quelqueFluidc très-fubtilj & c’cft fur ce Fluide, 6c fur fa manière d’agir qu’ils établiflent la plus grande partie de fon Analogie avec le Fluide' éle&rique. Tout le monde convient, que je fâche, de l’exiften-ce de ce dernier Fluide, quoiqu’on foit extrêmement partagé fur la manière dont il agit, 6c que même les Phyliciens ayent embrafle là-des-fûs des fentimens entièrement oppofés. Les opinions ne varient pas moins au fujet du Fluide magnétique; elles font meme plus différentes encore, en ce qu’il y a des Phyliciens très-célé-bres,comme M.M.musschenbroek(«) 6c
- affigner la même caufe aux Plicnome es de l’Éleétncité & à ceux du Magnétisme, parce que le nombre des différences qui les réparent eft trop grand pourqu’on puiffe les identifie*, &• par conféquent leur donner la même origine: qu’on remarque feulemert un ir.s -grand rapport antre les caufes qui les font naitre, lefquelles produifeat toutes deux leurs effets d’après le même principe. M. le Comte de tacEPÈDE établit (T. I. p 64.) que Vêlement du Feu combiné avec l’Air produit la Lumière : combiné avec l’Eau le Fluide éleétrique , c >mbi é avec la Terre , le Fluide magnétique. N, d. T. ]
- (a) [Voyez les raifons qu’il en allègue dans fa Dit-fertatio de Minute, Pref. p. 4,5, & Exfer. xxiv. p:
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- Ï4 I. mémoire. Part: I. Se&. V & krafft (b) , qui nient abfolumcnt l’exi-ilence d’un Fluide magnétique. Si ce fentiment étoit rigoureufemcnt démontré', & fi, d’autre part, il étoit certain, comme il paraît l’être, qu’il exifte réellement un Fluide éle&rique, il ferait aflùrément inutile de fe livrer à la moindre difcusfion fur l’Analogie ou la l'eflemblancc des caufes de l’Éleéfcricité & du Magnétisme -, puifqu’il eft évident qu’on ne fauroit établir aucune comparaifon entre des caufes, qui feraient d’un genre fi abfolument différent.
- §. 3. Ce n’est pas ici le lieu d’examiner la queftion, s’il y a un Fluide | magnétique ou non : il vaudra mieux fuivre une autre route, & voici comment je m’y conduirai. Je fuppoferai dans l’examen des différentes Analogies, que les Phyfîciens ont établies entre l’Éleétricité & le Magnétisme, que le Fluide magnétique exifte tel que ces Auteurs l’ont imaginé: c’eft dans cette fûppofition que j’examinerai ces Analogies même : enfin, je tacherai, s’il m’eft posfible, de
- Î7-7I. Dans fon buredufiio ad PhiiofipAiam Naluralem, ouvrage traduit en francois parM. sicaud de ia fond, fous le titre de Cours de PAyfique, S. 998. N. d. T. J (b) [V. Prtlcttwnes in Phy/ie. JhlefCt. V. I, §. 156,157, 269, i-jo. N. d. T.]
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- Jléjlexions Préliminaires. 15
- «le donner de ces Phénomènes une explication vraie 8c dépouillée de toute hypothèfe. Il me femble que de cette façon j’approcherai le plu* de ce que l’illuftre Académie defire : en effe.t, elle ne parle pas du Fluide magnétique ou électrique 3 mais des Forces magnétiques 8c électriques. Or, les Forces ne me paroiflent être que les effets , qu’un corps produit en agi fiant fur d’autres corps, c. a. d. que les Phénomènes que nous •bfervons, 8c rien de plus.
- §.4. Les comparaifons que différens écrivains ont établies entre l’Éleébrické & le Magnétisme font très-différentes, 8c même quelquefois entièrement oppofées, 8c contradiétoi-res. . Ils ont d’ailleurs fuivi tel ou tel ordre, félon les fyftêmes qu’ils admettoient fûr l’une 8c l’autre de ces Forces. Mais, comme je n’ai embrafle aucun fyftême fur ces fujets, j’aurois eu beaucoup de peine à mettre dans mes Recherches un ordre fatisfaifant, 8c propre à ne me faire omettre aucun point de comparaifon. J’ai donc préféré de réduire mes Reflexions à quelques Chefs généraux, qui renfermeront toutes les Analogies que divers Phyficien* pré-«endent qu’il y a entre l’Éleélricité 8c le Magnétisme . Or ayant foigncufeméÉt lu 8c examiné, tout ce qui fc trouve for cette matière dans les Au-
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- ï 6 I.
- mémoire. Part: I. SeÏÏ. I.
- Auteurs que je connois, il m’a paru qu’on pour* roit réduire aux fept Queitions fùivantes tout ce qui en a été dit.
- §. 5. I. Question. Jufqu’où faut il chercher quelque refîemblance ou quelque différence entre l’Eleélricité & le Magnétisme, dans le nombre de Corps fui- lefquels ces Forces agiflent?
- II. Question. Doit-on penfer, d’après M- cigna, que, le Fer eft un condu&eur du Fluide magnétique comme les Métaux 8c d’autres corps font des conducteurs du Fluide éleétri-que? Ou fout-il, au contraire, établir avec M. æpinus, que le Fer doit être comparé aux corps idioéle&riques?
- III. Question. On demande fi l’on -peut comparer la Bouteille deLeide à T Armure de l’Aimant? C’eft ainfi que penfent M. M.
- FRANKLIN 8C CIGNA.
- IV. Question. Peut-on conclure quelque Analogie, des Phénomènes de l’AttraBion 8c de la Repuljion, tant éleétrique, que magnétique? C’eft en ce point que confifte le fort du Syftême de M. æpinus {a).
- V.
- («) [C’eft auttye Syftême que M. stejglehnf.r a fuivi, & qu'il a uès - bien développé djns la première
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- Réflexions Préliminaires. ijr
- V. Q ü è s T i o N. Y a-t-il quelque Analogie entre les effets que l’Élcûricîté & Ie Magnétisme produifent dans ie Vuide?
- VI. Question. L’Aimant & l’Éleétri-cité font ils femblables quant à la manière dont ils communiquent leurs Forces?
- VII. Question. On demande enfin, fi les différences qui pafoidcnt fe troüver entré l’Éleftricité & le Magnétisme, font ausfi grandes qu’elles ont paru l’être a quelques Phyfi-ciertsj furtoutàM. musschenbroek?
- §. 6. Mais il ne fera pas inutile d’avertir,' avant que de me livrer à l’examen de ces Questions, qüe je me fuis apperçu, en confultant différens Ecrivains j qüe quelques Uns d’en-tr’eux ont établi des comparaifons entre des Phénomènes Electriques, bien connus & des Phénomènes Magnétiques, ou douteux $ où qui, du irioins, ne font pas fuffifammerit con-ftatés, quoiqu’on les ait regardés comme certains dans la comparaifon qu’on en a faite. Il èftdonc néceflaire, pour établir quelque chofé de fur, de traiter de ces Phénomènes avec urt foin redoublé, & de les examiner avec exaétitu-
- Partie de fon excellente Disfertation fur ce fujet: elle fe trouve dans le fécond Tome de ce Recueil. N. d. T;} TOME I. B
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- Ï8 I. mémoire. Part. I. Self. I.
- de. C’eft k raifon pour laquelle je m’étendrai d’avantage fur le Magnétisme que fur l’Éleâri-fité.
- Ces réflexions préliminaires faites, j’entre en matière.
- SEC-
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- SECTION II.
- DES CORPS SUR LESQUELS L’ÉLECTRICITÉ ET LE MAGNÉTISME AGISSENT.
- §. 7. La première Queftion que je me fuis propofée de refoudre e{t,jufqu’oufaut il chercher de la rejfemblance ou de la différence entre l'Electricité & le Magnétisme, dans le nombre des Corps fur lefquels ces deux Forces agiffent ?
- Pour traiter cette Queftion comme il faut, je la diviferai en deux parties : j’examinerai dans la première, quels fout les Corps fur lefquels l’Électricité agit, quels font ceux qui reçoivent l’aétion du Magnétisme: je rechercherai dans la fécondé, dans quel état ces Corps doivent fe trouver pour éprouver l’aétion tant de l’Éleétri-cité que du Magnétisme.
- CHAPITRE I.
- Des Corps fur lefquels V Electricité £? lt Magnétisme agiffent.
- §. 8. Pour ce qui eft des Corps fur lesquels l’Éle&ricité agit, on fait que tous ceux B a qu’on
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- ao I. me m. P.l. S. II. CA.Ï. Des Corps fur
- qu’on a examinés jufqu’ici, fe reduifent à deux clafles feulement. La première contient ceux qui deviennent éleétriques par le frottement-, par la chaleur (a), & non par communication :
- on
- (a) [ M. hemmer obferve fur cet article, dans les remarques critiques dont il a honoré ce Mémoire, qu'il n'y a aucune expérience qui prouve fans répliqué que les Corps deviennent éleétriques, par la chaleur feule. Il a bien fenti que je ne pouvois qu’avoir en vue les faits que j’ai cités dans le §. 104 , favoir les Phénomènes que pré-fentent la Tourmaline, & un gateau de fouffre fondu dans un vafe de métal ifolé, gateau qui fe trouve avoir acquis , après le refroidiffement, l’Éleétricité pofitive, pendant que le vafe eft devenu éleétrique négativement. Ces expériences ont été faites par M. æpinus, (Sermo a. p. aa, p. aj3 de la traduction : & Tentam’ma Thtorit §. 59) qui en conclût, que la chaleur feule peut rendre les Corps éleétriques.
- M. hemmer croit au contraire que cette Éleétricité n'eft produite dans le fouffre que par le frottement qu’il exerce fur les parois du vafe en fe refroidiffant : & il allègue en preuve, que fi l’on ôte le gateau du vafe, on en détruit l’Éleétricité, & que fi on le chauffe, il n’en prèfente pas le moindre ligne, à moins qu'il ne fe refroi-diffe placé dans le vafe. Mais, je doute que cette con-elufion foit fure, quoique les Expériences de M. he r-ïert y puiffent donner du poids (Theor. Pian. Éled. Cap. 4. Prop. 8.) C’elt, félon M. hemmer, par un frottement femblable, qu’elt produit l’Éleétricité qu'on obferve dans la Tourmaline chauffée, qui fe refroidit.
- Les
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- lesquels l'Aimant l'Electricité agijfent. %%•
- on les nomme idioékCîriques, [électriques far eux même-] ôc coercitifs (b). La fécondé contient les
- Les particules des Corps qui fe refroidiffcnt, ou qui Réchauffent , éprouvent fans doute un frottement interne, puifqu’elles changent de. fituation: mais ce frottement eft différent du frottement externe & local, dont il eft queftion quand on parle d'exciter l’Éleélriçité par le frottement : & il ne me patoit pas décidé que c'eit au frottement interne, plûtôt qu’à la chaleur même, & en tant que telle, qu’on doit attribuer l’Éleélriçité excitée dans les Corps par l’aétion du Feu. N. d. T.]
- (t). { Le Mot conducteur eft généialement employé pour défigner les Corps qu’on nommoit ci devant an électriques: & de fait., ces Corps couduifcnt, tranfportent l’Éleélriçité d’un endroit à l’autre, la foütirent d’autres Corps. Le mot coercitif n’eü pas encore employé, que je fâche, pour dé-figner les Corps idioéleCtriques : je ne me fuis cependant pas fait difficulté de m’en fervir, en imitant le mot la? tin coercins, que M. Cigna a employé, & celui de co-hibtm, qu’on trouve fréquemment dans les ouvrages du p. beccaria: en effet les Corps idioéleétriques retiennent, repriment le Fluide éleétrique, Vempéc/ient de fc diffiper : ils ent donc une puiffance coercitive, ils fopt de coercitifs, 014 fi l'on veut, des réprimant de ce Flujde. Sans un pareil terme, qu’on pût oppofer au mot conducteur, ü auroit été difficile de rendre'd’une manière exaéle des phrafes comme celle-ci: Ferrum minime Fluidma magnétiatm coercet, ut corpora idioéleCtrica coercent éleClrjcum. Les termes idioéieClri-que, anéleCtrique, idiomamétiqae & anémagnétique, ne réveillent pas ijéceffairement'dans, l’efpiit les idée^ de retçnii; ou de conduire un certain Fluide.
- B 3
- M. SIA-
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- ai f^Mim. P. I. S. II. Ch. I. DesCtrps fur
- les Corps, qui deviennent élc&riques ni parle frottement, ni par la chaleur, mais uniquement-lorfqu’on les approche de Corps déjà éleftri-fés (r). On les nomme électriques par communi*-
- M. Marat employé les termes de déférent & indéfirm, pour defigner les Corps qui transmettent, ou ne transmettent pas le choc de la bouteille de Leide'; On verra, ci deffous, (§. 19.) que cte font ceux là même que nous nommons conducteurs & coercitifs. Je ne vois donc-pas de raifon de changer le mot conducteur, quand il feroit même rigoureufement démontré , que tous Us Corps condui-fent plus ou moins le Fluide éleébique, comme M. ma-ra t le foutient : puifqu’il y a à cet égard de très-grandes différences entre les différer.s Corps, & même des différences du tout aji tout. V. Recherches phyfiques fur l’Électricité, Section'2. N. d. T. ]
- (e) [M. hemmer obferve dans fes remarques fur ce Mémoire, qu'il a prouvé par des expériences évidentes, que 1» fentiment ordinaire, favoir que les Corps conducteurs ne peuvent être éleéhifés par le frottement, eft erroné : & en effet les intéreffantes expériences publiées par M. M. hemmer & achard depuis la compoûtion de ce Mémoire, pourraient faire douter de la réalité de cette di-vifion des Corps en idioéliClriques & anéUctriques ; ces célébrés Phyficiens paroiffent même la rejetter : mais qu’il me foit permis de penfer autrement. Je fais bien que M. hemmer rend les métaux éleélriques par frottement, comme il dit que M. herhert , excellent Profeffeur de Phyfique à Vienne, l'a fait avant lui : mais cette expérience rieft pas une expérience fimple, elle eft compofée.
- Pour
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- lesquels V Aimant 6? V Électricité agijfent. 23
- cation, anclcclriques, & conducteurs. Il n’y a aucun Corps qui ne puiffe recevoir l’Électricité de
- Pour életftrifer un tube de Verre, il n'y a qu'à le prendre dans la main, qu’à le frotter, & tout eft fait. — Mais on n'élçélrifera jamais un tube de métal de cette manière. M. hemmer eft obligé d'ifoler, au moyen d'un manche de Verre , la lame de Laiton, qu'il veut éleétrifer. Il tient cette appareil par le manche, & frotte la lame avec un ruban de foye. La lame fe trouve éleéhifée négativement. Il faut donc un appareil compo-fé, un ifolement : & le cas eft bien fimple : puifque la lame fe trouve empêchée par là de foutirer le Fluide éle étriqué des Corps environnans, & de reparer la perte de celui qu’elle donne au ruban : elle fe trouve donc plus ou moins épuifée, & par là négativement éleétrique. Cette Expérience revient, pour le fonds, à celle de M. le roy, qui, en faifant agir une machine ordinaire, qu'il avoit bien ifolée, a trouvé les Couffins & le Bâti éleélrifés négativement. Les Couffins, corps anéleébi-ques, comme le métal, frottés par le Globe, ont donc acquis par ce frottement une Élcâricité négative, tout comme la lame ifolée de M. .hemmer; & notez que l'expérience de ce Phyiîcien ne reuffit pas, fi le manche de verre employé n’eft pas excellent. Cette expérience, quoique très belle en elle même, ne prouve donc rien pour le cas dont il s'agit. On la trouve dans le Journal le P/tyfiqut, Juillet 1780, Tome XVI. p. 5®. J’ai vu depuis la compofition de cette note que M. de la ci-pèbe penfe. comme moi fur cette expérience : EJfa't fur l’Éleltriché T. I. p. 78.
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- I. m É m. P. I. S. II. CA.I. Des Corps ftjt
- de l’une qu de l’autre de ces manières : de forte qu’on peut établir avec vérité, que tous lej Corps
- M. ACHAKD rejette auffi la diftinétion générale des Corps en idicélcSlriques, ou originairement éleflriqucs, & en cen-duliexrt, par laraifon que les Corps qui font idioélcftriques dans certaines circonftances, ne le font pas en d'autres. Ces circonflances ne font ici que les différens dégrés de chaleur que le Corps éprouve.'M. achard en conclut , que la différence dont nous parlons n’eft pas ejfentiellc, mais feulement accidentelle. Les Faits que cet excellent Phyfi-eien allègue font très certains: on en trouvera même d’autres de ce genre dans le Chapitre fuivant : mais, qu'il me foit permis d’obferver, i. qu’il nleft ici queftion que des Corps Amples, auxquels on ne fait fubir aucune préparation, ce qui n’eft pas le cas des expériences de M. achard: z. que cette préparation change à la vérité la manière dont le Corps en queftion peut recevoir l'Jîleétri-cit'é, mais que ce Corps, dans quelque état qu’il foit, jl’en eft pas moins, ou aciueliement idioéleétrique, ou actuellement conduïteur : Ce qui fuffit pour établir la réalité de la diftinélion' que noüs avons adoptée dans le Texte d’après tous lés Phyficièns. Ôn trouve le Mémoire de M- acHak D dans \a journal de P/iyfique, Février 1780 T. XV. p. 117. 'Nous remarquerons encore, qiie la masfe des Corps employés, influé beaucoup fur leur pouvoir coercitif, ou 'conduéteur, puifque l’Eau employée en grande maffe, conduit très bien le Fluide électrique, &qu'el-ie ne le conduit'pas lorfqu’elle eft en trop petite quantité, Comme M. M! eç roman (PjUL Tranfac. Vol. LI. p. 908. Vol. LU. p. 458.) & Beccaria (Dell Ekflriciime artiji-1 ' ' mit,
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- Jesquels l'Aimant £ÿ VÈleSlricitê agiffent. ag
- Corps deviennent éleétriques, quoique dans des degrés très - différens. Il n’y a, pour autant qu’on a examiné les chofes, aucune exception fur ce fujet.’ Mais, comme-tout ceci eft généralement connu, je ne m’y arrêterai pas plus longtems.
- §. 9. Passons à l’Aimant. On fait i°, que l’Aimant attire le Fer; a° que les Corps qui contiennent une certaine quantité de Fer, font
- (tait. §. 580 feqq.) l'ont prouvé. M. marat a fait tia travail plus étendu, & fort intérellaht fur ce fujet. (R?-chtrchts &c. p. 72 feqq.) Enfin, il en eft de cette divi-fion des Corps en condulieurs &" en idioéleflriques, comme de toutes celtes qu'il nous eft permis de faire ; les nuances qui iient les différens Corps dans la grande chaîne des Êtres leur échappent, & elles ne faififfent que les-différences les plus palpabies. Auffi li’eft-il peut-être aucun Corps, ni parfaitement çonduéteur, ni parfaitement coercitif ; il y a une infinité de gradations : & c'eft à proprement parler, félon celle de ces qualités qui prévaur, & qui prévaut de beaucoup, qu’il faut ‘daffer les Corps. Mais, ce n’eft pas ici le lieu de nous étendre fur ce fujet : ce que nous avons dit fuffit pour juftifier la diftinc-tion propofée dans le Texte, & à laquelle je ne crois pas que les expériences, faites depuis la compofition de cé Mémoire, portent atteinte pour les Chefs généraux, qui font les feuls dont il s’agit ici : car nous ne parlons d’Éleiftricité qu’autant que fa compaçaifon au Magnétisme l'exige. N. d. T. ]
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- a 6 I. mkm. P. I. S. II. CA. I. Des Corps fur
- font attirés par l’Aimant : 30 enfin que d’autres Corps qu’on diroit au premier abord ne contenir aucun Fer, obéiflent cependant à l’aétion de l’Aimant. Tout ceci eft généralement connu : le premier article eft clair de foi même > & hors de tout doute : mais les deux autres méritent d’être un peu plus développés.
- §. 10. }’xT ait que quelques Corps, qui co tiennent du Fer , font attirés par l’Aimant. Souvent une quantité de Fer extrêmement petite fuffit pour obtenir cet effet: car M. M.
- HENKÈL(<*),GELLERT (f),BRAND(t)
- ont prouvé que du Fer, mêlé à une quantité dou-
- (<t) Pyritoloeie. Oeuvres A HENKEL. Tomel.p. 173-177. (b) Comment. Petrefol. Tom. XIII p. 391. Exp. 15, i<5. [M. geliert a découvert, à cette occafion, un fait fingulier, c’eft qu’un petit Aimant agit plus fortement fur le mélange du Fer avec d'autres métaux ou demi-métaux, qu’un plus grand Aimant, qui peut foutenir un poids de Fer double. 1. c. p. 398. 99. M. f,u le a eft, que je Tache, le feul Phyficien, qui ait tenté d’expliquer ce Phénomène , au moyen de fon hypothèfe générale pour les effets de l’Aimant, v. le 4. 55. de fa Dijfertation fur l’Aimant, inferée dans le .Tome V. des Mémoires qui ont remporté le Prix de l'Académie de Paris, & dans le 3. Tome des Opuscules de l'Auteur. N. d. T. ]
- (t) Mémoires de l’Académie du Suède. Tom. XIII, p. ili. de la traduétion Allemande dont je me fers.
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- lesquels l'Aimant & l'Elettricité agijfent:
- double ou triple d’Or, d’Argent, de Cuivre, de Plomb, d’Etain, de Cobalt &c., rend ces mélanges attirables par l’Aimant ; ou, fi ces maffes font trop pé'fantes, leur limaille en eft au moins attirée : &M. de buffon a trouvé qu’une mafle d’Or, qui ne contient qu’une onzième partie de Fer, ell attirée par l’Aimant (d). Il y a, ou il ne parait y avoir (e), qu’une feule exception, pour l’Antimoine -, car les Chymi-ftcs dont je viens de parler on trouvé, que la moindre quantité d’Antimoine, mêlée au Fer, fait que celui-ci n’eft plus attiré par l’Aimant (/) :
- l’An-
- (ii) Supplément à l'Hifioire Naturelle T. II. p. 18, Edition in Iimo.
- (e) Je dis, ou r.e parait y avoir, & un peu après, ou peut-être ne fait-il que fafoitlir. Les expériences dont il eft ici queftion ont été faites félon la méthode ordinaire; & peut-être trouveroit-on quelque attraction fi l'on fe fer voit de la nouvelle Méthode de M. brugmans, dont fe parlerai dans.le Chapitre fuivant: car M. brugmans a trouvé que nombre de Corps, qui ne font pas attirés par la méthode ordinaire, le font par la fienne. Mais il reliera toujours vrai que l’Antimoine a une vertu particulière d'affoiblir l'attradlion que le Fer éprouve de la pan de l’Aimant.
- (/) Elementa Docimajia crameri T. I. p. 161. [Voyez aufîi les Expériences de M. M. hf.nkel 1. c. p. 177. No. 13. GELLERT L C. p. 393. Exp. 17 : & BRAND 1. c. $, 7 , qui tous s'accordent fur ce point. N. d. T.]'
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- s.8 I. m i m. P. I. S. II. Ci. I. Des Corps fur
- l’Antimoine dépouille le Fer de cette propriété, ou peut - être ne fait - il que l'affaiblir extrêmement ; Phénomène qui me paroit d’autant plus remarquable que'la caufe en eft inconnue. On fait bien que le Souffre décompofe facilement le Fer, & que le Fer décompofé n’eft plus attiré par l’Aimant, ou qu’il ne l’eft qu’à peine: que l’Antimoine crud contient une grande quantité de Souffre, & que fon Régulé n’en eft pas entièrement dépourvu. On pourrait donc foupçonner qu’un petit refte de Souffre dans l’Antimoine décompofe le Fer: foupçon qui paraîtrait affez probable : mais l’Expérience détruit cette explication, puifquc le Souffre mêlé au Fer ne le prive pas de fa vertu magnétique.
- §. ii. Ce Fer caché eft fouvent caufe que des métaux différens du Fer ont para agir fiir l’Aimant : ce qui a fiirtout lieu pour le Laiton. L’illuftre huigens poffédoit une lame de Laiton, qui attirait l’aiguille d’une bouffole quand on l’apliquoit à un Aimant (a), & il n’y a que peu d’années que M. du lacqüb & le Chevalier d’angos ont obfervé, que l’aiguille aimantée d’un Graphomètre de Laiton fui-
- <-) D«
- Hifioria Acad. Régit Parifme p. 184.
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- lesquels l'Aimant l'ÉleSlricité agijfent. 19
- fui voit tous les mouvemens de cet inftrument, 6c qu’elle étoit beaucoup détournée de fa direction par une lame du même métal (b). M. ARDERONa non feulement confirmé la même chofe en 1751, mais il a encore trouvé ( c ), qu’on pouvoit donner à une lame de Laiton, foit en la frappant, (bit parla méthode de la double touche, une force magnétique, foible à la vérité, mais diftinéte: i]^,cependant rencontré d’autres lames lur lefqùelles il a tenté' les mêmes procédés fans aucun fiiccès. Délirant d’examiner ces effets par moi-même, j’ai fe.it faire un parallélépipède de Fer & de Cuivre bien fondus & mêlés enfemble: j’ai trouvé qu'il attiroit une aiguille aimantée tout comme le Fer, & qu’il reçevoit également bien, 2c conftamment, la vertu magnétique.
- §. vi. Dis que ces Phénomènes ont été connus, les Phyficiens ont conjeéturé que le Laiton contient du Fer. M. lehmann a mis
- (b) Journal des Savons Deccmb. 1771, Edit, de Paris : Janvier 1773, Ed. d’Amfterdam.
- (c) Philofopbical Tr^anfa liions. Vol. L. p. 774. [M. le Comte de Hiitta même fait des Aiguilles deBoufl'olc d’un alliage d'Or & d'un fable ferrigineux attirable à l'Aimant. J<mr». de phyf. Tome XIII. p. 393. N. d. T.]
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- 30 I. mÉm. P.l- SAl. CA.l. DesCorps fur
- niis ce point hors de tout doute (a). On com-pofe le Laiton de Cuivre rouge 6c de Pierre ca-laminaire : cette Pierre eft un mine de Zinc, qui contient du Fer : 6c c’eft de ce Fer que. proviennent les effets dont nous venons de parler: car M. lehmann a trouvé i° que le Laiton qu’on prépare avec des mines ou cadmies de Zinc, dépouillées de tout Fer, n’ac-quierent pas le Magnétisme : a0 que le Magnétisme du Laitoii ëft d’autant plus confidérable que lamine de Zinc contient plus de Fer, ou qu’on calcine cette mine plus longtems : or l’on fait qu’àlors le phlogiftique fè développe d’autant mieux, 6c que le Fer.eft réduit par là dans un état plus parfait. M. lehmann a trouvé enfin que le Cuivre mêlé au Fer devient magnétique j au plus petit degré posfi-ble, fi la proportion du Fer eft à celle du Cuivre comme i à 48 : au plus grand fi elle eft tomme 1 à 1, ou 3 à a.
- Concluons de ce que nous venons de dire, i°. que le Fer mêlé, même en très-petite quantité, à d’autres Corps, rend ces Corps propres à être attires par l’Aimant. a°, qu’ils en font attirés d’autant plus fortement qu’ils contiennent plus de Fer.
- §• 13’.
- (*0 Novi Cmnu.cit. Fttrop.Tcm, XII; p. 368 feqq.
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- ' lesquels l'Aimant VÈleftrïciti agiffenf. 31
- §. 13. Ce point bien examiné, paflons aux Corps qui font attirés par l’Aimant, 8c à la préparation des quels l’Art n’a point de part, mai* qui font produits par la nature même. Il y en a un très - grand nombre de ce genre dans les trois Règnes de la Nature, 8c M. mus-scHENBROEKcna donné un Catalogue détaillé qu’il feroit inutile d’inférer ici (a) j il fuffit que tout le monde foit convaincu du fait.
- Mais, en conclurons nous qu’il y a autant de Corps différens du Fer, fur lefquels l’Aimant agit, qu’il y en a qui font attirés par l’Aimant? nullement s car des expériences très-fures ont foit voir, que ces Corps ne font attirés que parce qu’ils contiennent du Fer. Les Pbyficiens l’ont extrait de tous les Corps dont il eil ici queftion, 8c qui ont été examinés chy- • iniquement. M. lemery a trouvé, par exemple, que les particules attirables par l’Aimant, 8c tirées des Cendres des Végétaux, étant expofees au Foyer d’un verre ardent, offrent, en s’y fondant, les mêmes Phénomènes que le Fer 8c l’Aimant préfentent en pareil cas (b). On a trouvé de plus, que ces particules font attirée d’autant plus fortement qu’elles
- («) [Introi. ad Phil. Nainr. §. 960. C. d. T.] (i) Mémcira de (Acad. 1706. p. 411.
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- 3* I. MÉM. P.î. S.II. Ch.l. Dès Corps fuŸ
- les contiennent pins de Fer. On fiiit p. ex. qu’on trouve dans le fang bouilli & réduit à ficcité des particules attirables par l’Aimant: que font elles ? du Fer. Il y a plus. M. men-g h i n i a mêlé j- pendant quelque tems, à nourriture dé plufieurs perfonnes , & à celle quelques animaux $ différentes préparations de Fer, comme de la limaille pure, des mines, du faffran de Mars, de la teinture de Mars, & il a trouvé que lefàng de ces perfonnes & de ces animaux contenoitplus deFef qu’à l’ordinaire (c).
- §• 14. Si donc tous ces faits font tels que nous venons de le dire, quelle raifon pourroit nous empêcher de former cette conclufion générale, & d’établir, du conlèntement unanime de tous les Phyficiensj que ie Fer eft le feul corps, fur lequel l’Aimant agit? je ne connois aucun fait, qu’on put oppofer à cette propofition («); furtout puifque M. brug-m À n s
- (<) Comment. Acad. Borumien. Tom. II. Part. III. p.47^. [Voyez auffi ce que M. stsigiehner a dit fur ee fu-jet dans le §. 156 de fa Differtation, inferée dans le fécond Tome de ce Recueil, & M. brugmans dans fon Ouvfage intitulé Marnéiistmts p. 85. No. 1,3,4. N. d. T.] (<«) On ferait peat-être teùté de mettre la Platine au nombre des Corps fur lefquels l’Aimant agit; 8c M. de ia cebèdk la met en effet de pair avec l’Aimant 8c lé Fer f
- S- B-
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- lesquels VAimant y PÊleBricitJ agijfent. 33
- mans l’a très foüverit établie, & confirmée par expérience dans l’éiegant ouvrage qu’il Vient
- Fer. (EJfai fur ¥ Éleflritité j T. ». p. 45,, 46.) Les expériences les plus fpécieufes ,,fur lefquelles on potirroit fe .fonder, font celles que M. ingenhousi a faites en *775 & fetrouvent décrites dans les Phüoftifh. Trait-ft£l.Vo\. 66. p. »6». M. murray, qui y avoit affidé ; en a donné un extra.it dans les Mém. Je l’Aeud. de Su:de 1775 dem. Trimejlre : T. 37. p. de la trad.allem. Voici ce que les Expérience offrent de plus effentiel. L’Aimant attire facilemenrSune grande partie de la Platine : mais, il en eft une autre qu’il n’attire, que quand on en fait, flotter quelques paillettes fur l’Eau: celles-ci fe trouveht alors être de petits Aiipans qui ont dèux, Pôles. Il y en a de ces Paillettes, qui fe fondent au, chalumeau Sc qui fourniflcnt une fubftance femblable à l’Or , au magnétisme & à la polarité près. Les particules les plus blanches , qui paroiffent être la vraie Platine, ne fe. fondent pas au Feu, mais bien au coup foudroyant éleélrique: Leur Magnétisme & leur polarité paroiffent même augmentés par-là : mais cés particules perdent ces qualités par le Feu; .........
- Ces Expériences font très-fifres : mais on n’en peut tien conclure, pour le Cas dont.il s'agit, püifque le Fer fe trouve inti'mément & naturellement, quoique non e&-fenlieliement, mêlé, à' la. Platine • 8c. qu’il eft très- difficile ,‘ pour ne rien dire de plus ; de J’en féparer jufqù’atuc plus petitès particules : fait, dont M. macquer à rendu' raifo'n. (Drff. de Chyme, Art. Platine, T. III. p. 100,101.) D’ailleurs ce lavant Chymifte a trouvé, qu* la Platine d’iübf
- i'isvt E ï.
- c
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- 34 I. M É M, P. I. S. II. Ch. I. Des Corps fut
- vient de publier (b) : Or fon autorité me paroit être d’un poids d’autant plus grand, qu’il a employé
- d’un blanc &. d’un brillant d’Argent, obtenue par la coupellation , au foyer du grand Verre ardent de M. nv-datne , n’a donné aucun ligne de Magnétisme dans les expériences les plus exaéles : foit qu'on la touchât en mas-fe, pat les barreaux les plus forts : foit, en failânt fiettar fur l’Eau une parcelle très-petite. Une molécule de |de grain , flottant fur l’Eau, n’a pas été le moins du monde fenfible à un fort barreau de l’Abbé le nosie : preuve qu’on peut féparer le Fer de la Bfctineau moins au point qu’il n’en relie plus qu’une quantité inappréciable, fi tant eft qu’il en relie. Les Expériences de M. ingenhouse ne portent donc aucune atteinte à la Conclufion énoncée dans le Texte. N. d. T.] •
- (b) Le Titre en elt magnetismus, five it Attraeiime maonetica Obfervaticnes, Grcningae. 1777 410. [M. bruG-mans conclut à peu près à chaque page que les Corps contiennent'du Fer, parce qu'ils font attirés par l’Aimant. Pour ne pas accumuler les citations inutilement, je me contenterai de l’aveu formel par lequel M. rrugmaks termine fon Ouvrage, & par le que il prouve, entr’au-tres, que le Fer fe trouve difperfé par toute l'Atmosphère. Après avoir dit un mot de la fumée & des exhaiai-fons qui s’élèvent des Corps, ainfi que de la force avec laquelle la Terre fimple, tirée de la Suye, s’approche de l’Aimant, il ajoute. ,,Orla fumée, les exhalaifcns ne ,,font pas reçues en entier par d'autres Corps, mais la . «plus grande partie s’en difperfepar toute l’Atmosphère, ,1 y mtr aine le Fer avec elle, (jr le dtpcfe en fon lieu: ce qui « eft tellement vrai, que, quelque part que l'on recueille „ cette
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- lesquels VAimant & PÉIe&ricit{ agirent. 35
- ployé un appareil préférable de beaucoup à ce* lui, dont d’autres Phyficiens ont fait ufage.
- $. 15. L’E le Ct ri ci t? agit donc fur tous les Corps quelconques ( §. 8.) : le Magnétisme fur un feul : & quand même on découvri-roit par la fuite des Corps différens du Fer, qui éprouveroient quelque aétion de l’Aimant, il n’en eft pas moins certain qu’il en exiftc beaucoup, aéhiellement bien connus, fur lesquels
- ,, cette pouffiere qui s'attache peu à peu à nos Meubles, ,,on trouve en l'examinant félon notre Méthode fur l’Eau ,, ou fur le Mercure, qu’elle efl tente attirable jm l'Aiment." Cet article éclaircit ce que M. brvgmams avoit dit deux ans auparavant dans un Journal hollandois ; [ Htdendaagfihe Vadtrlandfche Lttter-otffemngen, 1775, Mmgelwerk p. 137.] parlant §. 9. de la grande attraélion que l’Aimant exerce fur la Terre tirée du çntmqmna, il difoit. ,,11 n’y a donc ..pas de Terre, qui, tout le refte étant égal, contienne ,, autant de pafticules ferrugineufes que eelle-ci, s’il efi ,, vrai, comme je U fupfofe jufquici, qu’il n’y ait que le Fer „ fcul qui agit fur l’Aimant.’’ Il eft clair que ce n’étoit là qu'une reftriétion diélée par la prudence : car en finis-!, fant ce petit Mémoire l’Auteur ajoutoit. „ En attendant ,, je ne veux pas citer ces expériences pour prouver qu’il „y ait quelque autre Corps que le Fer, qui foit attiré ,, par l’Aimant, car j’ai de nouvelles expériences en -, main, qui prouvent évidemment qu’il ne faut que très-
- peu de Fer pour rendre magtiétique une grande mafle, ->qui ne l’eft pas d’elle-même. N. d. T. J
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- 36 I. m É M. P.l.S. II. Cli. I. Des Corps fur
- quels l’Aimant n’a aucune prife. De ce nombre font, félon M. brugmans lui-mê-me (<*), quelques .Terres, les Corps formés d’Argile, les Çriftaux fans couleur ôctranspa-rens, la Craye blanche, le Spath, le Gypfe, qui ne font pas même attirés après avoir été ex» pofés à un Feu violent, au contraire de ce qui ajlieu pour les Cailloux : de plus, les Sables & les Cailloux, même lorfque mêlés enfemble ils coulent en Verre} le Marbre blanc, les Pierres précieufes diaphanes, les Diamans: pour ne pas en citer un plus grand nombre.
- Il s’en faut;donc de beaucoup qu’il y ait quelque Analogie entre l’Éleéfcricité 8c le Magnétisme, eu égard au nombre de Corps fur lefquels ces deux Forces agifTent : il y a plutôt entr’elles une différence, qui n’efl: rien
- moins que légère (£). --- Mais, pourenju-
- re-
- (*) A V endroit cité p. 17 , p. 74, p. 75 , p. 87 , p. soi. (i) [On 1 vu d-deffus §. 1. note b, que eetfe différence a paru a fiiez confidérable à M. «pinus , pour le porter à conclure que les Fluides éleétrique & magnétique font doués de propriétés très-différentes, & qui ne fauroient fe trouver à la fois dans le même fujet. Une différence aulïï confidérable, je ferais tenté de dire une contrariété de nature auffi palpable, n'a cependant pas empêché ce Phyfiden d'établir entre les effets des deux Fluides l'Analogie la plus forte. M. le Comte de u
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- lesquels VAimant y l'Ëleftricité agijfent. 37
- ger plus Jurement, examinons les differens états de ces Corps.
- CHAPITRE IL
- De l'État dans lequel il faut que les Corps foyent réduits, pour qu'ils éprouvent l'aftion du Magnétisme & de l'Éleiïricité.
- §. 16. Il eft connu que le Fer parfait eft attiré par l’Aimant, & que dès qu’il a une fois acquis la force magnétique, il agit en tout eom-
- cepède eft encore du même fentiment à cet égard. Voici- comme il s'exprime Tome z. />. 45. de fin Ejfai. „ De ,, même que le Fluide éleârique jouit d’une affinité iné-,, gale avec les différentes fubftances qui compofënt le ,, Globe, de même le Fluide magnétique les attire iné-,, gaiement. Si ces deux Fluides fe rapprochent fi. fort ,, par leur manière générale d'agir fur les Corps, ils s'é-,, loigmnt plus que jamais dans les actions particulières qu’ils ,, exercent fur chacun deux. " M. de la cepède allègue en preuve le petit nombre de Corps qui éprouvent quelque aélion de la part du Fluide magnétique, favoir l’Aimant , le Fer, & la Platine. Nous aurons oecafion de parler dans la fuite de la manière dont M. de la ce-pède croit que le Fluide magnétique agit fur l’Aimantée fur le Fer. N. d. T.]
- c 3
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- 38 I. MÉM. P. I. S. II. Ch. II. De l'État
- comme l’Aimant même. Mais il peut être réduit en différens états qui pourraient lui caufer quelque changement par rapport à l’attraétion magnétique : il convient donc d’examiner ces états, tant pour le Magnétisme que pourl’E-leétricité. Ces états me paroiflent être ceux de Poudre, de Sel, de Ferre, de Chaux, às Minéral.
- I. La Poudre.
- 5- 17. On fait que la limaille de Fer eft entièrement attirée par l’Aimant : & que, lorsqu’elle eft renfermée dans un tube, de façon à n’éprouver aucune agitation, elle reçoit la force magnétique, tout comme le Fer entièrement continu, quoique dans un degré plus foible (a). J’ai louvent répété ces expériences, & j’ai donné plus d’une fois, parla méthode de la double touche, une force magnétique très - diftinéte & qui avoit des pôles confions , à de la limaille de Fer renfermée dans un tube de Verre. La pulverifation ne change donc en rien le Fer par rapport à l’Aimant.
- Voyons ce qui a lieu pour l’Aimant même.
- ’ M. L E-
- (a) Déchaies Mimdus Mathemuicut, 2. Ed. Tom. 2. p. 487. De Magneie, Lib. L Exp. Ori. IV. Exp. II. Mu»-. SCKEKBROEK, Ditftrlatio de Magneie, Exp. 71. p. 113.
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- des Corps électriques fc? magnétiques. 39
- M- l e me r y a placé un Aimant au foyer d’un Verre ardent, 8c il a trouvé que la poudre de cet Aimant, quoique privée par cette calcination de la iorce attraélive, étoit cependant attirée par un barreau magnétique : mais elle n’attiroit plus l’Aiguille (b).
- M. musschenbroek a trouvé, que l’Aimant réduit en poudre eft entièrement attiré par un autre Aimant : qu’il agit fur l’Aiguille, mais feulement comme de la limaille de Fer, fans diftinétion de Pôles ( r).
- Enfin M. mascel a prouvé, que de petits morceaux d’Aimant confervent leurs forces & leurs pôles, mais que l’Aimant réduit en poudré n’a plus la force d’attirer comme auparavant i & cela dit - il, „ pareeque toutes „ les particules fe trouvent pèle mêle; con-„ fiifion dont il refaite, que beaucoup de po-„ les ennemis font tournés du même coté, ce „ qui diminue beaucoup la force, 8c fait que „ cet-
- (b) Mém. de l'Acad. 1706. p. 131, 131. NB. je n’ai pas répété cette expérience : mais toutes les fois qu'on ne trouve pas un pareil avertiffement, quand je citerai les Expériences d'autrui, on doit fousentendre que je les ai fouvent répétées, & que je fuis fûr de leur certitude par mes propres yeux.
- (e) Dijferlatu de Miigniti. p. 76.
- c 4
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- 40 I. m É M. P. I. S. II. Ci. II. De l'Etat.
- „ cette poudre ne peut plus agir comme un Ai-„ mant (d).
- §. 18. Il refaite, ce me femble, de ces ôbfervations, que le Fer n’eft abfolument pas changé par la pulvérifation ; & que l’Aimant ne l’eft qu’accidentellement, parce que les pôles des particules né fe trouvent pas dans une fi-tuation convenable. Il s’y joint encore une autre caufe : c’eft que la force ferait affaiblie & même réduite à rien, quand même les pôles amis feraient tous placés de même coté. Car, fappofons qu’on ait partagé un Aimant en mille parties, & que chaque partie conferve un millième de la force entière ou totale, ce qui n’eft pas improbable, puifque M. whistons trouvé que les forces des Aimans font à peu près en raifon des diamètres (a) : il en refultera, puif-qué ces Aimans font tous très-petits, que la di-ftancc MÇ [Fig-1 •] fera à peu près égale à NC j & conféquemment, que le pôle N agira à peu près
- ' (d) Voyez fd ‘ belle Differtdtiôn, 'inferée dans iin bon Recueil hollandois,'dont le titre eft Uïtgeleezx Verhandtlm-ge», Tome t p. 161 feqq.
- (à) Voyez müsscheneroek , Dijfertatii de Magnete ; Exp, 8o.-p. 135. '[M: wHisTON'dit avoir trouvé cette' Réglé par pluft’eurs expériences. Voyez fon Traité longitude, fomd hy dipfing Needît p. li.'-fl. d. T-]
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- des Corps électriques & magnétiques. 4É
- près avec la même force que le pôle M, 8c qu’il en détruira l’aétion : au lieu que, fi l’on a un plus grand Aimant ab, la différence entre les àétions de parties ak 8c kb fera fenfible, 8c par çonféquent l’effet de la prémiere fera plus foite que celui de la fécondé, 8c il en refijlteraune véritable aétion. Ajoutons enfin,'que les particules qui compofent la poudre d’Aimant, n’ont chacune qu’une très-petite force : d’où il reful-te, que fi on les préfente à un Aimant ou à une Aiguille, ils reçoivent d’abord le genre de force que cet Aimant ou que cette Aiguille tâchent de leur donner : de la même manière que du Fer, préfenté à un Aimant ou à une Aiguille, ne les attire 8c n’en cft attiré, que parce qu’il en reçoit la force magnétique, comme* M- b ru gm a N s l’a prouvé en détail (b). Les effets, qui ont lieu dans la pulvérifation de l’Aimant, ne dépendent donc pas d’un changement vrai : 8c ils n’ont lieu, pour ainfi dire, qu’.accidentellement.
- §. 19. Voila qui fuffit pour l’Aimant: examinons ce qu’il faut penfer de la pulvérifâ-tion des Corps électriques. J’examinerai fépa-
- jjProp. 7. p. j7 feqq. N. d. T.]
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- 4a I. m É m. P. I. S. II. Ch. II. De l'Etat
- rément les Corps idioéleClriques ou coercitifs, & les Corps anéiedriques ou conducteurs.
- Les Corps idioéleétriques font ceux qu’on rend éleétriques par le frottement : & ils font plus au moins propres à l’expérience de Leide, félon qu’ils font des idioéleétriques plus ou moins parfaits : c’eft ce que les Phyficiens, & furtout M. wilke (a), ont prouvé par un grand nombre d’expériences : & comme cette man.ève d’examiner fi un Corps eft idioéleétri-que, e't très commode’, plus commode au moins que celle qui confifte à rendre les Corps électriques par le frottement, je m’en fuis principalement fervi dans mes expériences ; foit que j’aie répété celles M. wilke; foit que j’en iie fait de nouvelles.
- S i donc un Corps, armé comme la bouteille de Leide, ou le carreau de M. bevis, donna une commotion, il fera idioéleClriquc: fi non, il fera conducteur, ou du moins idioéleétrique dans un degré très-foible : je dis dans un degré très-foible : parce qu’il faut quelquefois une lame très-épaiflè & très-grande pour découvrir cette IdioéleCtricité.
- M. w i l k e a trouvé qu’une lame de Verre pul- .
- (a) Mémoires de (Acad, de Suide. Tome de la Trad. Allemande.
- XX. p. 141 feqq.
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- des Corps élcRriqucs £{? magnétiques. 4$
- pulvérifé, épaiffe d’un pouce, longue de qua-i tre pieds, «large de trois pieds, ne transmet qu’une commotion foiblc : 6t qu’elle n’en transmet pas du tout fi elle eft moins épaifie. La même chofe a lieu pour le Soufre. On (ait cependant que le Verre & le Soufre entiers font •à jufte titre mis au rang des meilleurs coercitifs que nous connoisfions.
- §. 10. J'ai très-fouvent répété ces Expériences de M. w 1 l k e de la façon fuivante.
- Expérience I. J’ai couvert de Verre pulvérifé une plaque de Fer blanc, de façon qu’il en refultât un gateau épais d’un pouce, long d’un pied, & large de huit pouces. J’ai placé • au-deflus une. autre lame de Fer blanc en guife d’armure (a) : on n’éprouvoit aucune commotion , & même cette poudre paroilfoit être un conduéteur.
- Expérience IL Soupçonnant que cet état de conduéleur provenoit de l’humidité qui pouvoit fe trouver daps ce Verre pulvérifé, j’ai chauffé cette poudre dans un creufet, & je l’ai exa-
- («) [ On fent bien qu’il y avoit une chaîne qui pendoit du Conducteur de la Machine fur cette armure fupérieu-re, & qn’enfuite on tàchoit de charger ce gateau, qui repréfentc un carreau du Dofteur be vis, ou de M. frank-xi n. C’eft ce qu’il faut toujours fousentendre, quoique cela ne foit pas exprimé dans le Texte. N. d. T.]
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- 44 l. Min. P. I. S. 11. Ch. II. De r Etat
- cxaqiinc de nouveau : elle paroifToit approcher en quelque forte d’une légère idioéleïïriciti : car les fils de l’EleCtromêtre placé fiir le conducteur de la machine le dreffoient, quoiqu’il y pendit une chaine du conducteur fur la lame : mais dès qu’on arrêtait le mouvement du plateau, les fils de l’éleCtromêtre retomboient.
- E x p É r i e n c e III. J’ai pris une bouteille armée que j’ai remplie de ce Verre pulvérifé au lieu de limaille de métal : procédant du reftç comme de counime, j’ai trouvé que cette bouteille s’étoit parfaitement chargée, preuve que cette poudre approchoit de très près d’être un Corps conduéteur.
- Expérience IV. J’ai répété la première expérience avec des fleurs de Soufre : on ne fentoit aucune commotion : mais il paroisfoit cependant y avoir un leger degré à’idioéleSlricité.
- Expérience V. J’ai répété de la même façon la troifième expérience : on fentoit à peine la commotion : mais ayant vuidé prudemment la bouteille, comme s’il s’agiffoit d’en faire l’analyfe, félon la méthode de M-franklin, j’ai trouvé que les furfaces de l’armure étoient chargées, & les ayant touchées à la fois, j’ai fenti une commotion (b).
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- (*) M. makat dit dans les Ktc/itrchcs fur l'Éufiruué pi
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- des Corps fabriques £5? magnétiques. 4g
- §. ai. Les Corps idioéleéfcriques font donc changés par la pulvérifation : le degré de leur pouvoir coercitif diminue, 8c ils fe rapprochent des Corps conduétcürs. Ceci me parpit affez analogue à ce que nous avons dit ci-deflus ( §. 17, 18.) de la poudre d’Aimant, 8c de la limaille de Fer, qui eft moins fortement attirée, 8c qui reçoit moins de force que le Fer entier.
- Nous avons dit par quelle raifon ces Phénomènes ont lieu pour le Fer 8c pour l’Aimant: examinons maintenant ce qu’il faut penJ fer de la pulvérifation des Corps idioéleélri-ques : mais pour cet effet il'faut être inftruit avant tout de ce qui fe pafle dans la commotioïï même. Les Phyficicns en ont donné des explications très-différentes, 8c conféquemment, ce qui me pafoitroit probable ou certain, n’au-roit peut-être qu’une très légère probabilité aux yeux d’autrui. Si cependant nous voulons établir de ce chef quelque Analogie entre l’É-lec-
- 79. Note 1. ,,Le Dr. p'riestley prétend que lefouf-,,fre & fe Verre putverifés font déférens: ce que nous ,, venons de dire prouverait le contraire, fi l'expérience ne ,, l’eut démontré." Je ne me fuis pas appercu que ce fait fut prouvé par les raifonnemens de ce Pliyficien, & j'ignore quelle eft l’expérience démonftrative à laquelle il en appelle : je luis fûr de ce que j'ai vu dans les miennes, ôejene doute pas de celles de M. wilk*. N. d. T.]
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- 45 I. MÉM. P. I. S. II. CL II. De l'Ètat
- leâricité fit le Magnétisme, oxt penfer qu’il y a de la différence entre ces Forces à cet égard, il eft néceflàire de s’affurer fi cette diminution d’idioéleétricité eft accidentelle, ou fi elle dépend d’im vrai changement qui arrive à ces Corps.
- §. 44. Si l’on Confidèreque la commotion n’a pas lieu lorfqu’on employé un Verre trop épais, comme ausfi s’il fe trouve la moindre fêlure dans le Verre, même une fêlure inper-ceptible (»), qu’elle eft au contraire d’autant plus
- («)[ M. marat regarde aufli ce fait comme un axiome en Éleétridté & il propofe un remède très - fîmple de remettre une bouteille fêlée en état de donner la commotion : c’eft d’enlever la doublure au dehors à deux oe trois doigts autour de la fêlure. ( lech.rches p. $7. ) Je ne fais fi ce remède feroit efficace dans tous les cas : mes obfervations me portent à en douter. Le remède de M. Wilson me paraît devoir être plus efficace.; & les Expériences que l’Auteur indique y donnent le degré de Confiance néceflàire.' Le voici. 11 faut enlever la doublure extérieure de la partie fêlée, chauffer celle-ci, & y appliquer une coudre de cire à cacheter, plus epaiffe que le Verre même. On recouvre cette dre , & la partie de la bouteille qui y avoifine, d’un méhnge de 4 parties de dre ordinaire, d’une tartie de refine., d’une de Thérébentine, avec un peu d’huile d’OJive : on a étendu ce mélangé fur un morceau de foye huilée ; & on applique cette foye fur la bouteille comme une emplâtre.
- M.
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- plus forte que le Verre eft plus mince, ne fera-t-on pas conduit à penfer, qu’il faut,' pour exciter la commotion, que le Fluide éleétrique fe meuve avec quelque difficulté, mais non avec une difficulté extrême, dans le Verre on dans tout autre Corps idioéleéfcri-que quelconque, & qu'il ne doit pas paflcr librement par ces mêmes Corps? Et fi cela eft, ne faudra-t-il pas établir, que la pulvérifation d’un Corps idioéleétrique donne occafion au Fluide éleétrique de fe mouvoir plus facilement à travers des pores de ce Corps, & avec une trop grande facilité, pour que la commotion puifle avoir lieu, ou pour qu’elle foit ausfi forte que fi le Corps étoit entier? Si cette explication ne s’éloigne pas entièrement du vrai, il s’en fuivra encore, que ce n’ejft op\'accidentellement que la commotion eft plus foible dans les Corps
- M. witsoN dit que les Bouteilles font fi parfaitement rétablies de cette façon, que quand elles viennent à fe brifer dans la fuite par de fréquentes charges, comme il l’a vu, cela n’arrive que dans des endroits drfFérens de la première fêlure, v. An accotmt cf the Exferimtnts maie at Panthem, & ce petit traité, inféré d'abord dans le 68, Volume des PAilofep/iical Traumtims, a été reimprimée fc-parcment avec des additions, du nombre defquellcs eft l'article dont nous parlons : v. Ment/ily Uiview, A tiw fi *779» p. iS4» dont je me fuis fera. N. d. T.]
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- '4* I. M è M. P. I. S. II. Ch. II. De l'Étal
- Corps idioéleCtriques pulvérifés, ou qu’on ne 1 lu fcnt pas : & par conféquent que. la pulvérifa-tion caufe tout ausfi peu aux Corps idioéleCtri-qucs, qu’au Fër ou à l’Aimant,- quelque changement eflentiel ] & que toute la différence qu’on remarque dans les effets n’eft qu’acciden^ telle. Mais il eft évident qu’on ne fauroit en conclure aucune Analogie.'
- §. 13. Passons aux Corps anéleiïriques ou Conducteurs. Il y en a de différais genres;. Tout le monde fait que les métaux pulvérifés font d’ausfî bons conducteurs que les métaux entiers (a) : mais les Terres, les Argilles font àusfi des conduéteurs:’ mais, M. ^je la-Vax. {b) a trouvé que ces Terres pulvérifécs ne font plus Conduéteurs: qu’elles font, au contraire , changées en Corps idioéleCtriques. J’ai fait
- (a) [M. marat dit (p. 79. de fes rtcherchts 8cc.) que les Métaux réduits en limaille lotit beaucoup moins dëférens. Je rie coririois aucurie Expérience qui le dé-montre, & M. marat n'en cite pas. D’ailleurs je me fondois eri écrivant cet article fur lés expériences très-directes & très-expreues de bf. de la val qui a trouvé que lés métaux réduits en limaille, où eri poudré, mérite les plus fines, coriduifent l'Éleéiricité ausiî bien qu'a-vànt la pulvérifation. Ptulcf. Tran/ac. Vol. LI. p. 86. N. d. T. ]
- fé) PhilcfifH: Travail. Vol. LI. p. 86.;
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- dis Cor fi éléSfriqaes fc? magnétiques. 49
- fait moi-même fur ce fujet les expériences fui-vantes j que j’ai fouvent répétées.
- Expérience VI. J’ai pris de cette espèce d’argile dont on fait la poterie ordinaire : je m’en fuis fait faire uii cilindre bien cuit, d’un pied de long, & d’un pouce de diamètre : •c’étoit un très bon Conducteur (c);
- Expérience VIL J’ai ehfuite fait réduire en poudre une grande quantité dé cétté même argile: J’en ai rempli un tube de baromètre ; ouvert par les deux bouts & long d’ün pied. J’ai introduit dans chaque bout un fil dé Làitoii allez gros : je l’y ai enfoncé d’un pouce, & j’ài fermé les ouvertures avec du liège enduit de cire: J’ai ifolé le tube : j’ai fait communiquer un des fils avec le condufteur de là machiné êleéÉriqüé, àü moyen d’uné chaîné. J’ai fuccesfivcment pofé fur l’autre fil un élcc*1 tro-
- («.) Je ne prétends pas faire entendre par-là que cê cilindre d’argüé doive être placé aù rang des meilleur* Conducteurs « & de pair avec les métaux : je n'ai pas fait mes expériences fous ce point de vite; & même l'étincelle qu’on tiroit de ce Conduéteuf, flifferoit beaucoup , pour la vivacité, là couleur, le bruit ipii l’accomp’à-gnoit< Si l’iiiiprcffiori qu’elle faifoît fur la,peau, de Celle qu'on tiroit du coriduéteu'r dé la machiné. J’ài feulement voulu dite, que «e cilindre conduit lé Fluide éleétrîqùé' facilement & bien. N. d. T.]
- * 0 E I. R
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- go I. mém. P. I. S. II. C/i. II. DeTEtat
- tromètre: j’y ai rufpendu des foncttesj je lui ai préfenté des Corps fort légers, mais je ne mis fuis apperçu d’aucune Élearicité : preuve qu’elle ne pafle pas par’l’argile réduite en poudre, & que cette poudre d’argile eft devenu un Coips coercitif (d).
- Expérience VIII. J’ai répété lapre* mière Expérience avec une lame d’argile (e). J’ai fenti la commotion} mais il faut que l’argile foit chaude : autrement elle boit facilement l’humidité & fe rapproche des Corps conducteurs (/).
- M- DE
- (rf) [ On pourroit croire d’après ce qui a été" dit §. 8. note c, que l’effet dont il eft queftion dans cette expérience, ne dépend que de la petite quantité d’argile qu'on a employée, quoique le tube dont je me fuis fervi eut ii pouces & demi de longueur, & 5 lignes & demi de diamètre. Mais je me fuis fervi aufïï d'un cilindre d'argile , aufli long que celui de l'Expérience lixième, & dont le diamètre n’etoit que de 5 lignes & demie. II étoit un bon conduéteur, ce qui détruit le foupçon dont nous venons de parler. N. d. T. ]
- (e) [Bien entendu que cette lame étoit compofée d'argile pulvérifée : le feul titre de repttitim dt l'Expérience première, l'indique fuffi&mment. N. d. T.]
- (/) M. BsamotON a prouvé que les Terres argil-leufes, & alcalines, bien fecliécs ne font pas des Conducteurs: car fi elles font parties du circuit éleétrique, la commotion de la Bouteille de Leide ne pafle pas an travers, au uontraire de ce qui arrive quand elles
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- âes Corps éle étriqués fc? magnétiques. gt
- M. de laval penfe que la meme choie a lieu pour tous les Corps conducteurs, qu’ou peut réduire en poudre dans un mortier,
- §• I l eft prouvé parte que nous Venons de dire, qu’il y a des Corps conducteurs, fui? lesquels l’Électricité n’agit pas de la même manière, lorfqu’ils font entiers que lorfqu’ils font réduits en poudre : au lieu que la Force magnétique agit toujours de la même façon fur le Fer. Or, ce changement d’ÉleCtricité ne pa-roit pas être accidentel dans ce cas: car, ft nous difons que les Corps conducteurs font ceux à travers l'efquek le Fluide éleCtrique pas-fe très - facilement, & que les coercitifs, au contraire, font-ceux par lefquels il pafle difficilement, il faudra conclure que ce Fluide pas-fe plus facilement par l’Argile entière, que pat l’Argile reduite en poudre, quoique les poudres contiennent des interftices plus confidéra-bles. Mais nous avons vu ci-deffiis (§. ao. ) que le Verre & le Soufre font changés en conduit eurs par la pulvérifatioh. Il y a donc quelque caufe particulière, peu connue jufqu’à pté-fent, qui agit dans ce cas : & à cet égard il y
- font humides. Journal de Pliyfiqie, Fevr. 1777. Tome IX*
- ?• x«s>.
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- 54 I. mém. P. I. S. II. Ch. II. De P Etat
- a de la différence entre l’Éleétricité & le Magnétisme: mais nous aurons occafion de revenir fur ce fujet (§• 7a.)
- II. Le Sel.
- 5. 45. On réduit le Fer en Sel en le diffol-vant dans différens menftrues : nous avons donc à confidérer ici les différentes diffolutions du Fer, les Vitriols, & leurs préparations.
- M.M. LEMERT &MUSSCHENBROEK ont fait un grand nombre d’expériences fur ce liijet, en préfentant les Corps qu’ils vouloient examiner, ou à un Aimant ou à une Aiguille aimantée très-mobile : ils ont mefuré le Magnétisme (a) de ces Corps par leur adhéfion à l’Aimant, ou par le mouvement qu’ils caufoient à l’Aiguille: & ils ont conclu, que ces Corps ne contenoient aucun Magnétisme, lorfque leur adhérence à l’Aimant ou leur aétion fur l’Aiguille étoient milles. Il m’a paru néces-faire de faire obferver ceci en deux mots, parce que M. brugmans a beaucoup étendu la malle de nos connoiflànces fur ce fujet, au moyen
- («) Je me fers de cette expreffion pour abréger. J'entends par-là que les Corps peuvent être attirés par l'Aimant , & font en état d'éprouver de la part de l'Aimant
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- yen de fa nouvelle méthode. Cette méthode revient à ceci. On fait nager fur de l’Eau pure, ou, ce qui vaut mieux encore, fur du Mercure extrêmement purifié, les Corps qu’on veut examiner, foitfeuls, foit appliqués fur un petit morceau de papier.' On approche un fort barreau aimanté de ces Corps ainlï nageans : ils en font fenfiblement attirés, même quelquefois lorfque les méthodes ordinaires n’offreitt aucun ligne d’attraéfcion : ce qui eft caufe que M. brugmans afouvent obfervé une attraâion très-lênfible de Sels martiaux dans des cas, où félon d’autres Phyficiens’, tout Magnétisme à difparu entièrement.
- §. a6. Voici en peu de mots à quoi fe réduit ce que les Phyficiens ont découvert lùr ce fujet: favoir que le Fer eft d’autant moins fortement attiré par l’Aimant, qu’il eft plus enveloppé de matières falines, & qu’il leur eft plus intimement uni, quoique M. brugmans n’ait pu parvenir à les dépouiller entièrement de tout Magnétisme (a). Si l’on verfe de l’efprit de Nitre fur du Fer, qui agit fur une Aiguille ai-
- 00 Magneiismus, p. 31. & plufieurs fuivantes.
- (i) Musschenbroek, Dijfoiatii diMagnete,
- Exp. 71.
- D 3
- P. iiy.
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- 54 I. mém. P. I. S. II. Ci. II. Del'État aimantée (b), l’aûion de ce Fer diminue de plus en plus : mais cette folution, même parfaite, eft attirée par l’Aimant, en employant la méthode deM. brugmans. Le Vitriol eft attiré mais foiblement (f) : le Colcotar l’eft un peu plus que le Vitriol calciné : or le Fer y eft moins enveloppé de Sel. Si l’on traite le Colcotar â un grand Feu, il fe change en une mas-fe noire J à peu près denuée de Sels, & qui eft très fortement attirée par l’Aimant (d). Si l’on •verfe de l’efprit de Nitre fur cette malle,. il fe forme à là furface une poudre blanche, un peu grade, qui étant fechée eft fortement attirée par l'Aimant. Or cette matière eft plus pure, & peut-être eft ce celle, qui fait que le Fer eft attiré par l’Aimant.
- 5- vj. L a Force magnétique du Fer eft donc beaucoup diminuée quand on réduit le Fer en Sel : au lieu qu’elle eft d’autant plus foite que le Fer eft mieux privé de particules huileufes, falines, fulfureufes: ausli les feories qui s’élancent du Fer quand on le forge, font-elles puis-làm-
- (<0 Mu.schenkroek 4c l'Acni. 1706. p. m.
- aux endroits ME R Y Mém.
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- fiunraent attirées par l’Aimant. Le Magnétisme du Fer eft ausfi beaucoup augmenté quand l’acide s’en détache : nous parlons ici d’une union intime de Fer & de Sel, & non d’une fimplc enveloppé de croûte faline qui n’attaque pas le Fer même. M. guettard a cependant décrit une méthode d’impregner le Fer de Sel, de façon que le Fer relie attirable par l’Aimant, même par la méthode ordinaire : mais cette opération eft trop longue pour être dé»
- §. a8. Le Magnétisme du Fer eft donc diminué par les matières fàlines : mais autant qu’il eft connu jufqu’ici, il n’eft pas entièrement dé-trait- Ce changement femble donc n’être pas effentiel, mais bien plûtôt accidentel: je ferais même porté à me jfcnger du fenthnent de M. brugmans, qui penfe que cet affoiblis-fement de Magnétisme provient ,, non-feule-„ ment de ce que le Fer eft réduit par l’aéHon „ de l'acide, en particules d’une fubtilité ,, étonnante, mais encore de ce que chacune „ d’elles eft enveloppée d’une matière étrange-„ re, compofée d’Acide 6c de phlogiftique,
- ____________ »•>
- Tome II. obftrl. de 'c/eyrnii IV. p. 51. N. d. T.]
- D.4
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- „ qui y adhère, & qu’elle doit entrainer avec „ foi dès qu’elle fe meut ; que par conféquent ,, la Force magnétique eft diminuée par l'acide, „ non comme acide, mais en tant que c’eft un „ menftrue du Fer : que tout autre Fluide pror ,, duiroit le même effet, pourvû qu’il fut en ,, état de réduire le Fer à une pareille tenuité ,, de particules, & d’y adhérer enfuite, pour „ que le volume de la poudre, raflembléc de „ cette façon, foit de plufièurs fois plus grand „ que le volume du Fer employé ( a). ’•*
- §. 09. Si nous confidérons a préfènt l’Électricité , nous trouverons que le changement que les Sels produifent fur les métaux eft bien plus eonfidérable : car d’excellens Phyfîciens, M.
- M. FRANKLIN (<?), MUSSCHEN-BROEK (£), SIGA%D DE LA FOND (f)-,
- rangent avec raifon les Sels au nombre des Corps idioéleétriques: Les Métaux, Corps con-duo
- (4) A l’endroit cité p. 48, ji,
- (4) Expériences, Tome IL p. 7 , 8 7. de l’Edition fran-
- çoife. [ C’eft dans l’original, ou dans la traduction aile-, mande, la Lettre IV. § ÿ. N. d. T. ]
- (4.) Introd. ai Phil. Naiur. Tome I. 5. 814.
- (c) Traité d'Éleâlricité p. si. [Cela fc trouve répété p. ir. du Précis. Hi/hrijuc des Phénomènes éliflriy is, publié, en 1781. N. d. T.J
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- des Corps fleHriqucs magnétiques: 57
- duéteurs, deviennent donc coercitifs, lorfqu’ils font changés en Sels, mais nous aurons occa-» fion de revenir fur ce fujet ( §. 74. ) (d).
- III.
- (H) [On voit qu'en attribuant [cette propriété aux Sels, j'ai fuivi de grands Maitres: j'aurois encore pu ajouter qt|e M. pu fay avoir déjà trouvé que l'Alun 8e le Sucre Candi deviennent éleétrique? quand en les frotte après les avoir chauffés. (Ment- de ïAcad. 1733. p. 79.) Que M. Herbert, qui a fait des expériences très exaéles fur ce fujet, 8c qui les a décrites dans le détail néceffaire pour en faire juger, a trouvé que le Fluide éleétrique ne paffe pas du tout les cristaux fecs de toutes fortes de Sels: (Theor. Êleâlr. p. 6.), Enfin que le p. Beccaria a trouvé que la commotion ne paffe pas par l'Alun, le Sel de roche, le Vitriol bleu, le Vitriol verd. ( Dell' ÉleCtric. artific. §. 617. ) J’ai donc été étonné de voir que M. cavailo, dans fon Excellent Traité d'Électricité , publié en Anglois en 1777. 8c dont on a donné en1 1780. une bonne Traduétion hollandoife, enrichie d’additions de l’Auteur, place (Part. I. Ch. 2. p. 1 s. de la Trad.) la plûpart des fubflances falines parmi les Con-duéleurs, immédiatement au deffous de la Glace 8c de la Neige, 8c au de (Tus des Pierres. Il ajoute qùe les Sels métalliques, font les meilleurs Conduéleurs des fubftances falines. M. misât (Rec/itrc/s. p. 68.) place aufli le Salpêtre, le Sel ammoniac, l'Alun de roche, le Vitriol, parmi les Corps déférens. Les Sels peuvent fans doute devenir conduéleurs à raifon du principe aqueux 8c de l'humidité qu’ils contiennent ; il faut donc faire les Expériences avec des Sels bien fêchés. M. du fa y a très-
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- 58 I. wi M. P. I. S. II. Ch. II. De F Etat III. Le ' Verre.
- ç. 30. O n peut, par différentes operations, enduire le Fer d’une efpèce de Verre, de façon qu’à en juger par l’extérieur, il ne paroit plus ' être un métal, & qu’il n’éprouve plus la même aftion de la part des acides, que lorfqu’il eft fous forme métallique : mais alors meme il ne ccfiè pas d’être attirable par l’Aimant.
- Le Corps qui, fans doute, tient le premier rang parmi ceux dont il eft aétuellement question, eft le Sable de Virginie ou des Indes, quoiqu’on en trouve ausfi fur pluficurs autres côtes, £c près des volcans. M.M.moülen & musschenbroek ont fait beaucoup d’expériences pour en découvrir la nature, mais inutilement (a). Chaque grain de ce Sable eft
- bien fenti les difficultés de ce genre qu’il y a dans ces Expériences, & il en averti. Si les Expériences de M. M. cavallo & mauat étoient certaines. & faites avec toutes les précautions requifes, il faudrait modifier la condufion que j’ai énoncée dans le Texte. Mais les expériences que j’ai citées pour l’appuyer me paroiffent décifives. Je n’ai pu en faire moi - même un a fiez grand nombre pour leur ajouter quelque poids : mais celles que j’ai faites les confirment.
- («) Les expériences de M. nom en fe trouvent dans les Philofoph. Tranfact. No. 197. p. 614. M. musschen-«koek les répéta, les confirma, & en ajouta de nouvel*
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- enduit d’une croûte de Verre, 8c toute la mafle cft très - promptement attirée par l’Aimant, fi l’on en excepte quelques grains de Sable ordinaire qui s’y trouvent quelquefois mêlés. J’ai lait quelques Expériences fur ce Sable, & j’en poflede de différens endroits. Mais, M. Lehman n a démontré que ce Sable contient du Fer, & il en a compofé de pareil artificiellement, femblable en tout au naturel {b). 11 a pris une partie de mine de Fer; trois parties d’alcali fosfile de Sel marin, 8c deux parties de charbon fosfile brûlé. Il a mis ce mélange dans un creufet, 8c l’a placé pendant deux heures dans un fourneau à vent pour le fondre : il a enluite pulvérifé cette mafle, 8c il a obtenu un véritable Sable magnétique.
- §.31. On rapporte ail même genre de Corps la
- relies en 1718. dans fa Dijfertation jitr l’Aimant p. 12-. feqq. ; il revint fur ce fujet en 1734. dans les Philefoph. T'-anf. No. 432. Vol. 38, p. 297. M. M. futterpiei-o & Geoffroy ont fait aufli quelques expériences fur le Sable magnétique qui fe trouve en différens endroits de l'Italie : celles du premier fe trouvent dans les PAU. Tranf. No. 244. p. 336. ; 8c celles du fécond dans les Mon. de l’Ain/• pour 170t. p. 16, 17. N. d. T.j
- (i) Mémoires de In Société de timlern, Tome XI. Part. P* 337-
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- oo I. mkm. P. I. S. II. Ci. II. De l'Etat
- la matière que les volcans vomiflent, & qu’on nomme Lave : c’eft une efpece de Verre: elle eft cependant fortement attirée par l’Aimant, félon l’expérience que M. c a d e t en a faite (a).
- L a vitrification ne change donc pas le Magnétisme du Fer.
- Pour ce qui eft de l’Eleébricité, 'on fait que tous les Verres, même ceux qui contiennent du métal, font des Corps idioéleétriques de
- (a) Hova A (la. Pkyfico. Med. Accid. Natur. Carie/. Tome III. Je n’ai pas répété cette Expérience. [ Elle eft cependant confirmée par les Obfervations de M. l’Abbé e i-raudsoulavie, quia découvert que le bafalte poffè-de la propriété de devenir Aimant : que cette efpece de lave doit cette qualité à la pofition de la colonne relative aux Pôles du Monde : & que la chute même d’une colonne bafaltique du haut de fa carrière dans la riviere inférieure , change les pôles d’attraftion de ce nouvel Aimant. Ceci prouve que la polarité y eft peu fixe, & aufli peu qu’elle l’eft dans le Fer même, dont on peut renverfer les pôles à volonté en changeant la fituation du barreau, comme nous aurons occafion de le faire voir plus amplement dans la fuite de ce Mémoire.
- M. l’Abbé ciRAUD-soutAviE avoit déjà obfervé que la force magnétique d’une colonne hafaltique eft très-foible; celle fur laquelle il a fait des expériences, attirait à peine une legere raclure de Fer, quoiqu’elle fut du poids de plus de quarante quintaux.
- Voyez les Commentaires fur les Oeuvres de M. ha-miltok. Note IV. p. 3Q3.
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- de la meilleure efpece. Un métal, Corps con-duéteur , mêlé à une terre vitrefcible, ausfi Conduéteur, & fondu avec elle, produit donc un excellent Corps coercitif. Voilà un changement très-remarquable, pendant que le Fer n’éprouve par cette opération aucun changement eû égard au Magnétisme.
- IV. Les Chaux.
- §.31. Ayant parlé des Sels martiaux dans un allez grand détail, je n’aurai que peu de chofe à dire fur les Chaux: je comprends fous ce nom les différens précipités du Fer hors de fes menftrues, le Colcotar, le SafFran de Mars, la rouille contraétée foit par l’eau loit par l’humidité. On trouve que le Magnétisme cil: beaucoup affoibli dans tous ces cas mais il n’eft pas entièrement détruit, comme M. brug-m a n s l’a prouvé par un grand nombre d’expériences faites félon fon élégante méthode. „ Je n’ai jamais, dit-il, pu porter les chofes „ au point, que la plus petite molécule de cet-,, te poudre [de rouille], dont l’affinité avec „ l’Aimant pouvoit paraître douteufe à d’au-„ très, fe fouftraiât à l’aétionde l’Aimant, étant „ examinée fur l’Eau ou fur le Mercure (a)."
- Il
- Ifi) Mapietiimm, p. 35. l'eqq. p. 57- p. j8.
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- ÙI l.MÉM. P. I. S. II. Ch. II. De P Etat
- Il faut furemcnt attribuer cct affoibliflement de force à la meme caufe à laquelle nous avons attribué celui que les Sels produifent:.
- §• 33- Pour ce qui eft des Chaux métalliques, elles fe trouvent être, par rapport à l’É-leftricité dans un état très- différent de celui des métaux même , qu’on fait être d’excellents Conduétcurs : car elles font des Corps idioclec-triques, comme M. de laval l’a prouvé par beaucoup d’expériences (a) que j’ai répétées félon la Méthode employée dans l’expérience fepticme (§. aj.) & j’ai eu le même fuccès. Il paroit donc y avoir derechef à cet égard une différence entre l’Éleâricité & le Magnétisme.
- V- L'Etat de Mme.
- $. 34- On fait que les Métallurgiftes divi-fent les Mines de Fer en deux claffes, en re-fraffaires & en non-refraffaires. Les premières, qui font de beaucoup les plus nombreufes, & qui contiennent des Mines très-riches, font cel-
- (4) Philof. Tranfad. VoL LI. p. 84. [ M. wation
- Plomb, de Litharge, de Minium, de Pierre infernale, de Fer rouillé, ne donne pas la commotion. Phà. Trauf. yol. XLV. p. 107.
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- celles que l’Aimant n’attire pas, félon la méthode ordinaire, avant qu’elles aient été calcinées, foit avec addition, foit fans addition de Phlogiftique: c’eft un point que M. cr a me r. a enfeigné en détail (a). Les Mines non-re-fraélaires, qui font en très-petit nombre, & même foit rares, font celles qui font attirées par l’Aimant avant que d’avoir été calcinées. Entre cinquante cfpèces' de Mines que l’Abbé c h a p p e a examinées en Sibérie, il n’en a trouvé qu’une feule de ce genre (b). M. er-h a rd en a trouvé de pareilles en Siléfie (r) : 2c M. du H a m el a montré à l’Académie Royale des Sciences de Paris une Mine de Fer, en forme de poudre noire , qui étoit- facilement attirée par l’Aimant (d).
- §. 35. M: M. H ENCKÏL, CRAMER, & d’autres Phyficiens ont conclu de ces expériences,
- (a) Elementa Docima/îae,Tome I. p.266. feqq. [C’eit par une inadvertance que le nom de M. henckel 8c a citation de fa Pyritohgie fe trouvent ici dans l'original Latin au lieu du nom de M. cramer 8c de la citation de fes Elemens de Docimafie, dans lefquels cette matière cft traitée avec beaucoup de clarté. N. d. T. ]
- (b) Voyage en Sibérie, Tome I. Part. II. p. 606.
- (c) Nouveaux Mém. de tAcad, de Berlin, Tome II.
- (d) Hiftoire de i'Acad. Royale dot Sciences, 1745. P- 47*
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- ces, que le Fer n’eft pas encore parfait dans leS Mines rcfraûaires : que le principe inflammable n’y eft Fas a^ez développé dans celles qu’on calcine fans y ajouter de Phlogiftique : & qu’il ne fe trouve pas dans celles, à la calcination des quelles on ajoute du Phlogiftique, en allez grande abondance, pour que le Fer foit parfait, & fous forme métallique. Ils en ont cn--fin conclu, qu’il n’y a que le Fer parfait v qui foit attiré par l’Aimant.
- $. 36. Cë n’eft pas ici ie lieu d’examirier toutes les parties de Ces conclufions. Il fuffifa pour notre but de remarquer , qu’il éft Certain par les expériences que M. brugmàns a faites fuivant fa nouvelle méthode (a), que les Mines refraétaires qu’il a examinées fe fôrit trouvées obéir à l’aétion de l’Aimant avant leur cal-
- (a) Magnetismus, p. 107. feqq. [M. ingenhousz a trouvé en 1775. en employant lâ même méthode'- qoe M. ëriigmaks , que chaque particule des Mines de Fer granulées de Suède > qu'oii tânge parmi les Mines réfractaires , a deux pôles ; & qu’uii morceau de la Mine même devient un aiîez bon Aimant après avoir été touché par des barreaux aimantés. Philo/, tranf. Voj. LXVl. p. 1(57. M. æpinus a tenté cette Expérience fans fuccès furl’He-matite ; mais Un morceau d'une certaine Mine nori-refrac* taire poffèdoit des pôles magnétiques fans avoir été tott; chée par l’Aimant. Tintant, i. 350-353. N. d. T.}
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- • des Corps éleétriqués & magnétiques. 6g
- ëalti nation, quoiqu’elles ne paitiffent pas être attirables pat l’Aimant fuivant la méthode ordi-riaii'e. Mais, ces expériences prouvent ausfi que le Magftétisrhe dii Fér eft d’autant plus fortÿ que le Fet contient plus de Fhlogiftique (b). On en peut cohclurë avec certitude, que le Fer, réduit à l’état de Mine, eft moins fortêr ment
- (4) Magnttismùs p. 54. [Cet article exige un mctd’é-claircifl'ement, parce que la maniéré dont je m’exprime jiourroît faire croire, que c’eft M. erugmans lui-même, qui tiré defes Expériences la coficlnfion que j’énop-«e dans le 'Texte j touchant l’influence du Phlogiilique fur le Magnétisme du Fer: on fe trompeïoit à cet égard; car M. erugmans en conclut plûtôt, que l’abfence même du phlogiilique, ou du moins, une diminution tres-éonfidérable de c;t eicment, n'empêché pas lé Fer d’être attiré par l’Aimant, p. J4. Je n'examinerai pas fi ces Expériences ne poùrrolent pis fervir en partie à Confira Hier la feule chofe que j’avance dans le Texte, lavoir qu'une plus grande abondance & un développement plus parfait, une liaifob plus intime dit Phlogiilique avec la Bâte du Fer, rei.d ce métal plus attirable par l’Âimanr.-C’eft auffi tout ce que j’Svois en vire dans le 'Texte, fie penfant alors qu’à la calcination dés hunes refraétaire* ,• qui les rend très - attirables par' l’Aimant de peu qu’elles l'étoient auparavafit. 11 m’a paru néceffaire d’avertir la Leéteur de ne pas attribuer à M. uugmars une con-clufion, qui n’eft pas là fîcnne, mais qu’une inexaélitu-' de dans la manière dé m’exprimer pourroit lui faire cro^s te telle. N. d. T. ]
- TOME 1. Ej
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- 66 I. mb m. P.I.i. II.Ci. II. De l'Etat
- ment attiré par l’Aimant, que lorfqu’il eft mieux pourvu de Phlogiftique, & dans un état plus parfait. . Et qu’on .ne .dife pas que l’Aimant attire les mines de Fer plus fortement après leur calcination, parce que les matières phlogiftiques qu’on a employées conte-noient quelque Fer, qu’elles y ont depofé, fait dont M. brugmansallègue un exemple (c) : car, outre que cette quantité ferait très-petite en comparaifon de celle que contient une riche Mine, l’Hematite p. ex., on obferve le même accroiflcment de Magnétisme, fi Ton fe fert du Phlogiftique le plus pur, des rayons folaires raflemblés au foyer d’un Verre ardent: car les Chymiftes de l'Académie Royale des Sciences de Paris ayant expo-£e en 177a au foyer de la lentille de tschirnhaus une mine de Fer que l’Aimant n’attirait pas, ils ont trouvé qu’elle y cft devenue attirable par l’Aimant (d). Peut-être
- ce-
- (c) Magnétismes p. 110.
- (d) On trouve ces Expériences dans un Recueil hol-fendois intitulé: NatsmrkmdigtVerhandeïmgen , Tome III. p. <12. [ On trouve dans le Diaimaire de C/qmie de M. MAcquBR , Tome IV, uirticlt Verre ardent, un détail de toutes les expériences faites aux foyer de la prodigieufe lentille de M. trudaine , & de celle de M.tschirn-Uauj. La mine de 1er hknc/ie Spathvpu de Sit/c/iviUer en
- bas-
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- dés Corps éleSriques magnétiques. " 6j
- cependant qu’il y a, indépendamment du Phlo-giftique,* quelqu’autre Principe difpetfé dan* l’Atmosphère, qui concourt à la produétion de ces Phénomènes} car cet accroiflement de Magnétisme dans les Mines n’a pas lieu quand on les calcine dans des vaiffeaux clos, au contraire de ce qui a lieu quand on opère à l’air libre, comme il eft prouvé par les expériences de M. dë fi u F f o n (e) : ce qui pa-roitra
- baffe AlfaCe, du Safran de Mars, àe-l’Ochre dés nouvelles Eaux de Pajfy, la Mme de Fer crijbdlifée çr chatoyante de l'Ile d'Elbe, & toutes les autres mines, chaux de Fer, & ochres, ainfi que la pierre hématite, l’émeril, & autre» matières ferrugineufes, fe font toutes fondues en parties noirâtres, caftantes, & attirables par l'Aimant, foit qu'elles le fuffent ou ne fuffent pas avant la fonte, tant fur des füpports de charbon, que fur ceux de pierre, ou dé terre, p. 178, 175t. N. d. ï.]
- (<) SuppUmrot À ÏBifi. Naturelle, Tom. III. p. çj. Ed. in 8vo. [Pne faute d’impreffion, on peut-être deCopifte, à rendu Cet article inintelligible dans l'original latin : il J a ,, Forte tamen praeter Phlogifton adhuc aïiud princi-„ pium in âere libero volitans, vafe uftulatis, locum non „habet, fecus ac fit fi vafe aperto uftulcntur.” 11 auroit du y avoir ,, Forte tamen praeter Phlogifton adhuc aliud ,, principiutn, in aere libero volitans, ad htuc phaenomena ,, froduetnda cm unit: nam hoc triagnetismi inctementum m ;, mhuris vafe claufo uftulatis locum non habet &c, " On a oublié ce qui eft ici en eâraétères italiques. N. d. T.]
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- tfS î. MXM. P. ï. S. II. Ci. IL De VLtat
- Toirta plus probable encore, fi l’on fait attention aux belles expériences de M. lavoi-s i e r fur l’augmentation de poids qui a lieu dans la calcination des métaux (J)t
- $. 37. Voici donc quel eft le changement, que le Fer éprouve par rapport au Magnétisme, lorfqu’il fe trouve réduit à l’état de Mine : c’eft qu’il n’cft fusceptiblc de Magnétisme qu’en un degré beaucoup plus foible, & qu’il eft befoin, ou.de l’addition d’une certaine fub-ftance, ou du développement d’une fubftance qui y préexifte déjà, ou des deux caufes à la fois, pour qu’il devienne propre à acquérir un Magnétisme plus confidérable.
- . §. 38. L é s métaux peuvent être éleétrifés yar communication : il en eft de même des Mi-jies métalliques. M. nollei a clcftrifé pen-
- (/) On trouve le détail de ces Expériences dans les Mi*, 'de l'Acad. 1775, p. jzo. n eft,. je crois , hors de doute «lue cette augmentation de poids provient de la quantité d'air déphlogiftiqué que les Métaux ab'forbent quand on ïcs réduit en chaux; mais cetteabforption îi'empêche pis la perte du Phlogiftique, & je ne trouve rien dans le's expériences faites fur ce fujet, qui prouve que «elle - ci n'a pas lieu. Mais il feroit déplacé d'entrer ic dans, .quelque détail'far ce fujet, N. d. T. J
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- ies Corps êleRriques £«? magnétiques. 6$
- pendant longtcms un Aimant par communication , ôc j’ai fouvent répété cette expérience. Les Mines paroifîent pourtant être des Conducteurs moins bons que les métaux même} ce qui eft vraifcmblablement dû aux parties étrangères qui s’y trouvent mêlées, & qui font de mauvais Conduéteurs. Mais, ce qui çft important, on dit que M. gadd a trouvé (a) , que presque tous les Fosfiles, tels qu’on les tire du fein de la Terre, pofledent une Électricité originelle, qu’ils donnent des lignes d’Éleétricité fans avoir été préalablement frottés ou chauffés, & que l’Aimant occupe le premier rang entre ces fosfiles. Mais, n’ayant pas été à même de faire ces expériences, 8c n’ayant pu me procurer le traité deM. gadd De originaria corportm eleïïricitatey je ne fau-rois rien dire de plus fur ce chef d’analogie ou de différence entre l’Eleéfcricité 8c le Ma-nétisme.
- M
- Météorologie du p. coite p. lii
- B.3
- cuir
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- 7Ù I. MiM. P I. S. II. Ck. III.
- C H A P I T R E III.
- Concluions générales.
- §. 39. Concluons de toutçe qui a été dit ci - deflus :
- 1°. Que l’Éleâricité agit fur tous les Corps qu’on a examinés & que le Magnétisme n’agit que fur VAimant & le Fer feuls (§. 15.)
- a0. Que l’aéfcion du Magnétisme eft la même fur le Fer entier que fur le Fer réduit en poudre (§1 17.) : que ce n’eft qu’accidcntel-lcment qu’ellç eft affoiblie dans ce dernier cas, (§. *8. ) : que les Corps Coercitifs deviennent Conduéteurs par la pulvérifation (§. 19—44.) quoique peut-être ce ne foit ausfi qu’accidentellement ( §. 44. ) : que les Conducteurs au contraire deviennent coercitifs par la pulvéri-fetion j & qu’il s’y fait un changement qui pa-roit être un changement vrai ( §. £3 ,-44.)
- 30. Que le Fer enveloppé de Sel (§. 43-a8.) ou réduit en chaux (§.31.) éprouve une aétion plus foible de la part de l’Aimant -, mais que les Corps conducteurs font changés par les mêmes opérations en Corps d’une nature différente, favoir en Coercitifs (§. 49—33.)
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- Gtnciuftm générales. 71
- «omme cela leur arrive ausfi s’ils font transfor* mes en Verre ( 5. 31. > au lieu que le Fer vitrifié eft fortement attiré par l’Aimant (§• 30.)
- §.40. Çes différences pourroient paroitre as-fez grandes pour çn conclure que FÉkôricité eft différente du Magnétisme (<*). Mais, fi l'on fuppofe que ces forces dépendent de Fluides , 8c que ces Fluides, fans être les mêmes, font cependant analogues, ces différences ne fuffifent certainement pas. Il s’agit donc d’examiner fi, dans, cette fuppofition, ces Fluides agiffent fuivant les mêmes loix. Si cela avoit lieu , ces Fluides auraient certainement une Analogie très 7 remarquable, 8e -l’on ferait en droit de demander fi ces Fluides ont quelques propriétés femblables, 8c s’ils font des modifications d’un foui 8c même Fluide. Il faut donc rechercher quelles font les Loix fuivant lesquelles ces Fluides agiffent.
- (a) [ Voyez, ce qui a été dit d-deffus dans la Note b du J. ij. C. d. T.J .
- SEC-
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- yx ï. mÉ MO IRE. Part. I. Secl. III#
- section III.
- PE l’aimant aux corps Élect * TRIQUES CONDUCTEURS E*
- §. 41. La fécondé Queftion que nous nous, fommes propofé d’examiner eft, s'il faut êtes-. %lir, d'après M. Cigna, que le Fer eft uu Conduiteur diéFluide magnétique, comme les métaux & d'autres Corps font Conducteurs du Fluide ^le Etriqué; ou s'il faut plutôt penfer avec M. æpinus, que le Fer & l'Aimant doivent être comparés aux Corps idioéleEtriques ?
- Le feul énoncé de cette queftion fait voirj ou combien les expériences font trompeufes, ou combien les conciliions en ont été mal déduites, ou combien d’incertitudes il y relie Encore dans cette matière, puifque deux célèbres Phyficiens ont employé, pour établir de l’Analogie entre l’Aimant & l’Eleétricité, deux propofitions contradiéloires, qui fervent de baze 4 leurs Syftêmes : car l’un d’eux com-
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- gotnpdraifon du Fer des Corps Conducteurs. ÿj
- pare le. Fer aux Corps idioéle&riques, fie l’au* tre le compare aux Corps condufteurs («),
- §. 4%. Voici l'ordre que je me propofç de fuivre, pour développer comme il faut le* fon-
- ( a ) [ Nous aurons plus d’une fois oeçafion de faire la même remarque dans la fuite de ce difeours. Lefujet jnêmç de ce §. m’oblige de la faire encore. M. c;cm établit que le Fer eil un Condufteur du Fluide magnétique , parce qu’il croit que ce Fluide traverfe le Fer, qu’il agit fur lui.' M. æpinus établit auflî que le Fer attire le Fluide magnétique, & que celui- d n’a aucune aélion fur les autres Corps. Tous les Phyficiens fe font ce mefemr ble accordés fur ce point, qui leur a paru un. fait d’Ex-périence. Cependant M. de i.a cepèdf, s’eft cru auto-rifé à condurc tout le contraire de l’expérience même : félon lui, l'Aimant, le Fer, & la Platine, font les feuls Corps qui n’aient guères d’affinité avec le Fluide magnétique: ils pç l’attirent, & n’en font attirés que peu ou point : tous les autres Corps de la Nature ont une grande affinité avec ce Fluide: ils en font les Conduéfeurs: ce Fluide les pénétré très fadlement. [ F.fiai fur ÏEl.élr, p. 46. feqq. Tom. II.] gi cgt ouvrage de M. de ia cepè de avoit paru avant la compofition du mien, il aurait fallu faire une nouvelle Seétion pour examiner fi les Corps non-ferrugineux peuvent être nommés Conduéfeurs du Fluide magnétique, & s’il eft vrai que le Fer n’a aucune affinité avec lui. Je me-flatte cependant que ce que je dirai dans le cours de ce Mémoire mettra les leéleurs ’à même de juger de ces deux points, fur lefquels je n’hé-fite pas un marnent à admettre la négative. N. d. T.1
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- 74 I. HÉ mo ir*. P. I. S. HI; Ci. I. fondeiïiens de ces Syftêmes, & en mieux ex*»» miner les principes.
- i°. J e rechercherai d’abord en quels fens les Corps peuvent être nommés Conduüeurs ou Vomitifs du Fluide électrique.
- a°. J’examinerai en fécond lieu les expériences par lefquelles M. cigna a cru démontrer que le Fer eft un Conduéteur du Fluide magnétique, ou qu’il en eft Vépongt comme le penfe M. brugmans.
- 3°. J e fuppoferai en troifième lieu, que le Fef eft un Conduéteur du Fluide magnétique, & je rechercherai s’il conduit le Fluide magnétique félon les mêmes loix, fiiivant lefquelles les Corps conduéteurs conduifent le Fluide éleétrique.
- 4°. J’examinerai enfin le fentiment de M. æpinus, qu’il faut comparer le Fer aux Corps idioéleCtriques.
- CH A-
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- Compflraifon du Ftr £ÿ des Cerfs Conducteurs, yf
- CHAPITRE I.
- Réflexions préliminaires fur les Corps Cou-' ducleurs £5? Coercitifs,
- §. 43. On fait en fait d’Eledricité i°. que les Corps ne donnent aucun ligne d’Éledrici-té,-à moins d’être placés fur d’autres Corps qu’on nomme idioéledriques ; or ceux-ci font ceux qui deviennent éledriques par frottement. a°. Que dr’eft au moyen des Corps qui ne deviennent pas éledriques par frottement, que Y£4edricité peut-être foûtirée de Corps aduellement éledriques, foutenu^ par des Corps idioélectriques, ou comme l’on dit ifo-Jés : de forte qu’on peut conduire ou tranfpor-ter l’Éledricité à une diftance quelconque: c’eft à caufe de cela qu’on nomme ces Corps des Conducteurs. 30. Qu’on détruit, ou qu’on diminue l’Électricité des Corps ifolés, en les touchant par des Corps condudeurs.
- §. 44. On peut tirer de ces Phénomènes les corollaires fuivans, qui ne dépendent d’aucune hypothèfe.
- i°. Que les Corps coercitifs font ceux,
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- Jj6 T. MÉMOIRE. P. I. S. III. CA. T.'
- dans lesquels on peut exciter l’Éleâricité paf le frottement feul, peut-être cependant ausff par la chaleur (a), & qui font en même tem* tels? que les Corps qu’on leur applique ne perdent pas 1’Éleâricité qu’ils poffédent, qui empêchent par conféquent que le Fluide électrique ne s’en écoule, ne fe disperfe. L’idée d’un Corps cpercitif renferme néccffairement «es deux idées.
- 1°. Il fuit delà en fécond lieu, que les Corps conduüeurs font ceux, qui n’ont pas d’Éleâricité à moins qu’ils ne la reçoivent > qui diminuent J’Éleéfricité des Corps coercitifs aéhiellement /éleétriques qu’ils touchent, & qui deviennent pux mêmes éleétriques par là (J>), ç. a. d. qui
- »___________________________________^
- (a) [V. ce qui a été dit ri-deffus dans la' note (a) du S. 8. N. d. T.]
- (*) [Je prie que l'on veuille faire attention aux cx-preffions. Dirp, qu'un Corps Conducteur, qui touche un Corps ifolé actuellement électrique, diminue l'Élec-tridté de celui-ci, & devient éleétrique lui-même, s’il eft ifolé, e’eft, fi je ne me trompe, articuler un fait, 8c même un fait confiant. Dire, que ce Corps foudre le Fluide du premier Corps, & que c'eft par là qu’il devient Éleétrique, •& que l’ÉleCtriaté diminue, et nef pas arti-fuler un fait, mais tirer une cmclufim du fait. Dire, que le Corps Conducteur qui vient à toucher un Corps élec-trifé, réduit à l’état naturel le Fluide de celui-d, que l’ÉleChïfation y avoit accumulé, ou diminué j & que lo Fluide même de cç Conducteur vient à perdre par là fou <&»
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- Coinptfraifùn du fit & des Corps Conducteurs, ff
- reçoivent le Fluide éle&rique, le transporter® autre part, & s’en chargent, au moins quant à rapparence ; je dis quant à l'apparence, payes que les partions du Syftême deM. franklin font d’opinion que les Corps coercitifs contiennent toujours la même quantité de Fluide électrique; mais que, dès qu’ils deviennent éleétriques, ce Fluide s’accumule dans une de leurs parties, & diminue dans l’autre (r)- Voici donc au moins à quoi fe re-dm-
- dtat naturel, & devient éleéirique, ce ne fi pas articuler irn fait, mais, tirer imc cùnclufim du fait. J'ai taché d'es-poferïes faits, mais les conduirons qu’on en a déduites font auffi différentes que les différens fentimens des Auteurs. Ï1 me lemble cependant qu’on s’exprime d'une inaniere très - impropre, en nommant le Fer Condudeuf du Fluide magnétique, fi on n’entend pas par là, quefc Fer fmtire réellement ce Fluide, l’accepte, le fait paffer à travers fà propre fubftan ce, Scie conduit, du Corps dont Ü le foutire, ailleurs. N. d. T.]
- (c) Tcnlamen Theoru Elelir. c Mapitthmi; IntroJ., Cf Cap. I. [Voyez auffi ces mêmes Principes développés dans le Mémoire de M. sTKtetEflNER.
- C’elt à deffein que je me fuis exprimé dans le texte, Comme s’il ne s’agiffoit que du Carreau de bevis, ou de la Bouteille de Leide, ou de tout Corps qui acquiert à la fois les deux Éleâricités ; parce que c'eft le cas dont fct partifans de l’Analogie entre l’Éleélricité 8c le Magnétisme tirent le plus grand parti : auffi M. ÆPiNt/savoue-t-il que le Magnétisme ne fournit aucun Phénomène ana-
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- Ç8 I. mémoire. P. î. S. III. Ci. I.
- dulrà l’a&ion des Corps conduéteurs dans ce Syftême : c’eft qu’ils rétabliront l’équilibre du Fluide éleéh'ique qui fe trouvoit detmit, & que derechef iis diftribueront ce Fluide par tout également. Si Fort Veut donc fedüire tous les Phénomènes àu Syftênie de M'. franklin, - qu’on (ubftitue cette idée, quand je dirai que les Corps fe chargent du Fluide éleârique (d).
- 3°. Com-
- logae à ceux qui font propres aux Corps conduéteurs ï & c’eft pour cette raifon qu’il a cru n’en devoir rien di-ré dans fa Théorie (L c. S. j. p. 14. $. 3. p. li.) Ces Phénomènes étoient pourtant ce rne femble aller im-portans pour mériter un examen fuivi ; & quelle eft la force d’une Analogie qu’on n’établit qn’en écartant à des-fein les Phénomènes qui ne font pas analogues, & qui exigeraient une autre Théorie? M, de la cepède avoue auffi ( Tome II. p. 46. ) que les Conduéteurs ifb-lés offrent des Phénomènes, qui ne font pas parfaitement femblables à ceux des Bouteilles de Leide, des carreaux magiques, & des disques de Verre qui ne font frottés que d’un côté , & qui font frécifement les analogies des Amans, du Fer, çr de la Platine. Car, du relie il eft certain que les cas dans lefquels les Corps eleélriques ne poflcdent qu’un feul genre d'Éleétricité, la pofitive, ou la négative, font de beaucoup les plus nombreux, au jieu qu’il n’y a aucun cas dans lequel un Corps magnétique n’eft doué que d’une feule forte de Magnétisme, c. a. d. d’un feul Pôle, comme nous le prouverons -ci-après, $. 195. feqq. N. d. T.]
- (d) [Quoique M. «pinus admette le Syftême de M.
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- Çomparaifo» du Fer t$ des Corps Conducteurs. 7$
- 30. Comme les Corps conducteurs acquièrent l’iCleftricité, il s’enfuit 30. qu’il ne fau-roit y avoirjde pareils Corps, fans qu’il y ait des Corps coercitifs actuellement électriques, & qui confervent leur ÉleCtricité jufqu’à un certain point : lâns cela nous ne faurions ap-perceyoir s’il y a de l’Éleétricité ou non.
- Ces .trois propofitions font ce me femblc très - certaines, & indépendentes de tout Sy-ftême.
- S- 45. Lorsque nous étabUflons une oomparaifon entre l’Éleétricité & le Magnétisme, & que nous nommons le Fer un Cou-..
- duc-
- CKANxtiN dans fes points les plus efl'entiel», excepté l’immutabilité de la quantité naturelle de Fluide dans, chaque Corps, il avoue cependant qu’il y a des cas dans lesquels le Fluide éleftrique eft véritablement fourné der Corps éleétrifés : voici comment il s’en exprime ( Tentari. t. 10. i. 1. 8.) ,,I1 y a des Phénomènes éleâriques » qui refultent d'un paffage aéhtel de la matière éleélri-5 9que d’un Gorps dans un autre, lorfqu’il paffe d’ua 5, Corps qui en Contient une plus grande quantité dans 99 un autre qui en a moins. De ce genre font furtout 99 les étincelles & les autres Phénomènes de la lumière t, éleétrique." Le Corps dans lequel le Fluide paffe pa-roit, dans ce cas, être un vrai Conduéteur, dans le fens ftrift, au moins lorsqu’il s’agit de Corps anéleétriques qui reçoivent Je Fluide eitédent d’ua Coercitif. N. d. T.j
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- *0“ I, M EM Ô r a-Éi P. i'iSïtlti ëlh '
- dufîèur ou un Coercitif, il faut qUe ntoüi fasfïonU voir qite le Fer répond réellement aux idées que nous venons de développer. C’eft ce que' nous allons examiner aVdc foin. •
- 11. ne fera pas inutile d’obferver préalable-' tnent, que les Corps peuvent être coercitifs ou condü&eurs en différens degrés : qu’uni mêitle Corps peut être quelquefois coercitif jusqu’à un certain point * & en même tenîô conduéteur juiqu’à tel autre degré : comme p.-«x. lorfque le Fluide éleétrique y peut pafler en quelque forte, mais difficilement. L’Hùi-lè eft de ce nombre i c’éft un Corps conduc-, teür : elle tft cependant en quelque forte coer-èiii've, puifqu’clle peut donner la commotion félon les expériences de M. wïL'kè (aJ. Nous avons vu Ci-deflus (§. ad, aj. ) que la même chofe a lieu pour le Verre pulvérk fe, les fleurs de foufre, Sc l’argille.
- (a) Mém. de t.Acad. di Mie , Tome XX. p. x6u $> Z4j fi la Irai. Allemande.
- *•
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- CHfr'
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- Contparaifon du Fer fc? des Corps Conducteurs. 81
- CHAPITRE IL
- Examen de la Quefijon, fi Von peut comparer le Fer aux Corps conducteurs du Fluide électrique.
- §. 46. M. Cigna appelle le Fer un Conducteur du Fluide magnétique: & comme les Corps électriques ne produifcnt aucun effet à moins qu’ils ne foient ifolés, & que l’Aimant agit toujours, ce Phyficien établit que l'Aimant eft toujours ifolé (a). L’Aimant eft donc Per-
- (a) MifetUanta Taurmmfîa, T. I. p. 43. §. a. [J’ai indiqué ici & le fentiment de M. cigna & la preuve, fur laquelle il l’appuye : j’ai à peu près copié fes expres-fions. M. de lacepède a pris exactement le contre-pied de ce Syftême : frlou Jui tous, les Corps de la Narine , excepté le Fer, l’Aimant, & la Platine, étant des Corps condudeurs du Fluide magnétique^ l'Aimant ou les fubftances anémagn.étiques ne fauroient jamais être ifelés. En effet dit-il (Tm. II./. 50.) ,,on pourra bien jj entourer de Fer ou de Platine une fubftance quelcon? , j que , mais comment recopnoitrons nous alçirs fes ef^ ,jfets? Si nous ne faifons que la placer fur du Fer ou de »jla Platine, fera- t-elle ifolée en communiquant avec » j l’Air, fubftance conduélrice du Magnétisme? Si onia ,j ren.
- TOME I.
- F
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- 8a I. mémoire. P. I. S. III. Ci. II.
- perpétuellement entouré de Corps qui ne fe chargent pas du Fluide magnétique, c. a. d. de Corps coercitifs. Mais ces Coips fur lesquels l’Aimant eft placé n’acquièrent aucune vertu magnétique & n’en peuvent jamais acquérir i au lieu que les Corps coercitifs du Fluide éleétrique peuvent acquérir l’Éleéfcrici-té : ce n’eft donc qu’imparfaitement qu’on peut comparer cet ifolement magnétique à l’ifo-lement éleétrique : il me paroit au moins en différer fi fort qu’il ne fauroit y avoir qu'une; grande différence entre les effets qui dépendent de l’un ou de l’antre {b).
- D’A I L-
- ,, renferme dans le vuide , le fera -1 - elle d'avantage? Le ,, Vuide n’eft-il pas perméable pour tous les Corps, & ,,par conféauent pour tous les Fluides?” Mais s’il eft vrai que l’Aimant ne puiffe être ifolé, quoiqu'il agiffe toujours, & qu’un Corps idioéleéhique ne fauroit agir à moins qu’il ne foit ifolé, il y a ce me femble une fi grande différence entre les a étions des deux Fluides , qu’elle feule fuffiroit pour renverfer toute analogie : d’ailleurs il eft difficile de concevoir, pourquoi l’Aimant ne perdroit rien de fa force s’il étoit toujours entouré de Corps conduélcurs, c. a. d. de Corps qui agiffent fur lui, pendant’ qu’un Corps éleétrique perd la iienne dès qu'un Conduéteur le touche. N. d. T. ]
- (4) [L’ifolement éleétrique paroit confifter en ceci, ï. Qu’en otant les Corps dans lefquels le Fluide éleétrique pourroit entrer facilement, il empêche ce Fluide de fore
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- Comparaifon du Fer & des Corps Co tduftettrs. 83
- D’ailleurs, fi le Fer eft condu&cur du Fluide magnétique, il le foutire, ou de l’Aimant, ou du Fer aimanté, qu’on doit con-fidérer ici comme des Corps coercitifs ou magnétiques par eux mêmes. Mais, fi le Fer fc charge du Fluide magnétique, s’il le foutire de l’Aimant, celui-ci ne doit-il'pas s’affoiblir? Le contraire a pourtant lieu (O- Que ceux qui adoptent le Syftême deM. franklin fiibftituent à cette expresfion l’idée que nous avons propofée dans le Chapitre précédent (§. 44. a°.).
- §• 47-
- fortir des Corps qui le contiennent : z. Qu’il empêche plus efficacement le Fluide du Corps éleétrifé de fe remettre en équilibre, & dans fon état naturel. Or comme il n’y a d’autres Corps, que l’Aimant & le Fer qui agiffent fur le Fluide magnétique, il eft clair qu’il n’y a pas d’ifolement magnétique proprement dit, fi donc l’Aimant agit toujours , s’il conferve fa force fans être ifolé, il faut que l’état qui le rend propre à agir foit plus fiable que celui des ®orps, même idioéleétriques, éleétri-fés: auffi M. æpinus établit - il (fentiment que nous examinerons dans la fuite §. 89. feqq.) que le Fluide magnétique fe meut très - difficilement dans l’Aimant 8c plus difficilement que le Fluide éleélrique dans les -meilleurs Corps coercitifs. N. d. T. ]
- (<) [ Nous discuterons ce point plus amplement 184—191. N. d. T.]
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- P* I, MEMOIRE- P- I. S- III- Ci. II,
- §. 47. Mais paflons plutôt aux expériçnt. pes. Il (croit trop lpng de rapporter toutes cçllcs que M. M- ciqna & brdcmans ont alléguées, pour prouver que le Fer eft un çonduiïeur op une épçng/^ du Fluide magnéti: que: je ne ferai mention que des principales, telles qu’on les trouve chez les Auteurs dont je viens de parler, & que j’ai fouvent repétées'. Je les réduirai à trois ClalTes.
- L a première Gaffe contiendra les expériences, dans Iefquelles on place le Fer entre F Ai* ruant & une Aiguille aimantée j ou un Çorp£ oonduéteur entre le Plateau de la Machine 8ç le Corps fur lequel ce Plateau agit.
- L a féconde Clafle contiendra les expériences , dans Iefquelles l’Aimant, ou les Corps cleéhiques, font pofés fur des Corps con- ' duéfceurs.
- Enfin la troifième ClafTe contiendra le? expériences, daqs Iefquelles plufieurs Corps . çle&riques ou magnétiques agiflent à la fois.
- Au reste les expérierië'es magnétiques dont je vais parler ? prifes la plupart de' M. M., çigna. & brogma^s, ont déjà été faites par GILBERT, DESCHALES, MDS-schenbroek, ce qu’il fuffira d’obferver yne fois pour toutes.
- I. Glas*
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- Cbmparaifon du Per & dei Cifrps CgudùSéttri. fc-j J. ClàJJe d'Expériences.
- §. 48. Expia. IX. Je place à ladiftaiv* te de quelques pieds dü premier Conducteur de la machine électrique, un autre Conduc-* *eur, bien jfolé, 6c muni d’un éleétroméxre. Je tourne le Plateau de la machine* 6c le premier Conducteur n’agit pas fur lè fécond. Je prends un fil de Laiton que je tiens par un manche de Verre ; je l’applique aux deux Conducteurs à la fois, 6c je continue à tourner lè Plateau i Le fécond ConduCtcur eft éleCtrifé fur le champ : les fils de l’éleCtromètre fe dres* fent: le cafilloh électrique fonne, 8cc. NoiiS en concluons que le fil de Laiton Conduit j foutire, le Fluide éleCtriquè.
- Ex pik. X. Je placé un fort Aimant 4 «juclqtic dlftance d’une Aiguille aimantée * dd façon qu’il n’agifle pas für elle* ou qu’il là détourné dù Méridien d’une quantité coh-hue. J’applique à 1* Aimant une barre de Pet que je place entre lui 6c l’Aiguille : l’Aiguillé eft agitée fur le champ (4).
- M. ci-
- («) Cigna 1. c. §. 4. B&ogüanj Tenta», Je Mit. Main. Bip. 4. p. 15, 10. [Cette expérience fe troüvfi «üffi chez deschales , Mun,l. Malm». Toi*. II.p. lïÿ.; Exp. 11. Ed. fee. N. d. TJ
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- 86 I. MEMOIRE. P. I. S. III. Ci. II.
- M. CIGNA a conclu de cette expérience, que le Fer foutire, conduit, le Fluide magnétique : &M. brugmans que le Fer en eft l'éponge, puifqu’il tranfporte ce Fluide dans un lieu où il n’étoit pas, comme une éponge plongée dans l’eau la fuce , 6c la tranfpor-te. (b).
- Ces
- (b) [ On verra dans la fuite (S. 6^.) combien il importe de faire attention aux expreflions mêmes : cette raifon m’engage à citer id les paroles de l'Auteur. Void la troifième propofîtion p. 12, en preuve de laquelle M. rkugmans allègue les expériences dont nous faifans mention dans ce Chapitre. ,,Le Fer eft comme une ,, éponge par rapport au Fluide magnétique qui entoure le „ pôle d'un Aimant, pour autant qu’il abfcrbt l'adion de „ ce Fluide, qu’il la diftribue par toute fa tnajfe auffi long-,,tems qu’il touche le pôle de l’Aimant, ou qu’il relie ,,dans fon atmosphère.” Void la condufion que M. brugmans tire (p. 16.) de fa quatrième Expérience, qui répond à notre dixième. ,, Le Fluide magnétique ,, dont la direétion s’étend autour de diaque pôle par ,,des lignes courbes divergentes , eft intercepté par le bar-,, reau de Fer, il en-eft un peu concentré, & fon aftion fe ,, diftribue fur le champ par toute la barre: il peut donc ,, s’étendre plus loin, parvenir à l’Aiguille, & l'agiter. ’’ Voilà la condufion déduite de l’expérience cinquième^ laquelle, ainfi que la fixième, répond à notre onzième. ,, Cette Expérience démontre évidemment, ce me femble, » que le Fluide magnétique eft attiré par le Fer, qu’il tn \,fuit la direitim, & par conféquent qu'il eft foutiré du ., Pôle
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- Oemparaifon du Fer &? des Corps Conducteurs. 87
- Ces Phyficiens concluent donc de ce que l'Aiguille eft plus détournée de fa fituation qu’elle ne l’étoit auparavant, que le Fer transporte le Fluide magnétique plus près de l’Aiguille.
- §. 49. Ex p É r. XI. Je pofe le barreau de Fer fur le pôle d’un Aimant, placé allez près de l’Aiguille pour qu’il en refulte un effet fen-fible. Je fais décrire un cercle au barreau: l’Aiguille retourne peu à peu à fa première fituation : l’attraéfcion de l’Aimant paroit du moins affoiblie, & l’Aiguille prend enfin à peu près la même fituation qu’elle avoit, avant que l’Aimant eut été mis en place.
- M. b r u g m a n s én conclut, que le Fluide magnétique eft attiré par le Fer, qu’il en fuit la direction, & conféquemment qu’il eft foutiré du pôle: il ne doute pas même ,, que
- ,, Pôle (ou entrainé loin du pôle, abduci a Polo,) lorfque j,le Fer eft incliné à l’Aimant, & qu’il eft oppofé à ,, l'Aiguille. ” Enfin M. broomans s’exprime ainfi à la p. 19. ,,De même qu’une Éponge tranfporte l’Eau par a, toute fa maffe & en quantité d’autant plus confidérabls s,que fon volume eft plus grand, de même le Fer, qui •,a le plus de mafle ou de volume, paroit attirir & „fmtirer {abducere) une plus grande quantité de Fluide j> que le Fer d’un moindre volume. " N. d. T. ]
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- 88 I. MÉMO! RE. P. \,S. III. Ch. II.
- „ toute la force magnétique ne fut enlevée à „ une diftance plus petite que celle d’un demi „ pied, fi l’on pouvoit empêcher l’écoule-ment du Fluide magnétique par les cotés du „ barreau (<*)." •
- Expérience XII. Je place un barreau entre l’Aimant Sc l’Aiguille, de façon qu’il foit perpendiculaire à l’Aimant : l’Aiguille tâche de revenir à la même fituation •qu’elle avoit avant qu’on eut placé l’Aimant : elle y revient même fi le barreau eft aflèz épais, ou fi l’on en interpolé un fécond, Sc un troifième, s’il en eft befoin.
- M. brugmans conclut dérecbef, que le Fer entraine le Fluide magnétique par toute fa mafle (é). M. le mon ni eu. conclut, au contraire, de cette même expérience que le Fer empêche le paflâge de ce Fluide (r). Qu’il nous foit permis de foire obferver encore à cette occafion, Combien peu les expériences ont de
- (£) Ibid. p. 19. [On trouve des expériences analogues dans le S. 180. de la Partie IV. des Principes dePhi-îefophie de descartes, & dans les Ténia mina Academiae Tul cimente, P. II. p. 75. On peut auffi confulter les Expér. 18. & de deschales 1. c. p. 480. & 485t. N. d. T. ]
- (r) Hijieire de l'Acad. Roy. des Sciences, 1733, p. 13.
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- Qompàralfon du Fer £s? des Corps ConduReurs. 89
- de force, ou combien elles font obfcures, puisqu’elles conduifent deux phyficicns célèbres à des conclufions dirc&ement oppofées.
- §. 50. Passons à l’examen des expériences de cette première Clafle.
- O n établit que le Fer eft un Conducteur du Fluide magnétique, i°. parce que, pofé devant un Aimant, il fait qu’une Aiguille aimantée, fur laquelle cet Aimant n’agirait pas fans cet intermède, eft détournée de fa fitua-tion : i°. parce que l'aétion de l’Aimant eft diminuée & quelquefois détruite dès que le Fer eft pofé dans une autre fituation.
- Q u a n d je dis que le Fer conduit le Fluide magnétique, j’entends certainement ceci, qu’il prend ce Fluide de l’Aimant, qu’il le transfère par fa propre fubftance, & par confé-quent qu’il le puife de l’Aimant: qu’ainfi ce Fluide eft diminué dans l’Aimant: de même que fi je touche un Corps eleétrifé & ifolé avec un Corps conduétcur, je diminue l’Éleétricité du premier, ou je la transporte vers un autre poté (a). Cela pofé -, le Fer confcrve précife-
- («) [ C’eft le fentiment ordinaire, .& qui paroit reful-rw immédiatement des Expériences: on a yu ci-deilus
- .5, 44-
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- 93 I.mémoire. P. I.S. III. Ci. II.
- ment ce qu’il abforbe, ou il en perd une partie. On ne fauroit en aucune façon foutenir la dernière alternative, puisqu’il n’y a aucun Corps, excepté le Fer & l’Aimant, qui agifle fur le Fluide magnétique (b) : il n’y refte dope qu’à foutenir la première alternative; examinons ce point.
- Si l’on fuppofe cette abforption, on peut fans doute expliquer en quelque forte la dixième expérience (§. 48.), dans laquelle on augmente la fphère d’attracHon par le barreau qu’on employé : car celui-ci, fê chargeant d’une certaine quantité de Fluide magnétique, il le rapproche de l’Aiguille, & conféquemment cette quantité agira avec plus de force ; mais, une explication ausfï vague me paroit bien éloignée
- $. 44. note d, queM. «pinus admet lui-même ce cas; D’ailleurs en examinant le point dont il s'agit, nous prenons les termes de Conduéteur & de Coercitif dans le fèns établi §. 44. N. d. T.]
- (b) [Il n’en eft donc aucun qui pût foutirer du Fer le Fluide que le Fer a foutiré de l’Aimant : le Fer ne fau-loit donc rien perdre de ce qu’il a acquis. Les Partifans du Syflême de M. de la cepède foutiendroient certainement la dernière alternative ; mais ils nieroient en même tems l’abforption du Fluide magnétique par le Fer ; & par conféquent cette diseuflion ne les regarde pas, N. d. T.]
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- Comparaifin du Fer î£ des Corps Cmduïïeurs. çi
- gnée de celles qu’on exige en bonne Phyfi-que (O : paflons cependant la defliis: il n’y aura alors plus rien d’étonnant de ce que, en changeant la fituation du barreau, qui étoit di-rcéte, l’attraélion paroiflè diminuer : car par ce changement on éloigne le barreau de l’Aiguille, avec le Fluide qu’il avoit abforbé.
- §. 51. Mais examinons avec plus dé foin l’hypothèfe que le Fer abforbe le Fluide magnétique : développons pour cet effet les corollaires qui en découlent néceflàirement : car, fi ces corollaires font fàufles, on fera aflüré que l’hy-
- (() [Elle feroit non-feulement vague, mais même, erronée: car félon cette hypothèfe le barreau diltribue par toute fa malle, & d'un bout à l’autre, le Fluide qu’il abforbe (v. 5. 48. note£.). Tous fes points contiennent donc le même Fluide, & devroient par confé- quent avoir le même genre de force, quoique en degré inégal, fi l’on fuppofe que la diltribution du Fluide fe fait irrégulièrement : Or, ceci cil oppofé aux faits : tar, on fait que le barreau acquiert les deux pôles, & par con-féquent les deux genres de force. De plus, q«cl Fluide abforbe-t-il? Celui qui fe trouve dans le Pôle que l’Aimant touche : cela eft évident, & on l’avoue ( v. note d S. 58.) Il acquerrait donc fartmt un pôle boréal, s’il touche le pôle boréal d'un Aimant : mais on fait au contraire qu'il acquiert un pôle auftral, à l’extrêajité du contait. Voyez de plus le §. 59. N. d. T.
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- 91 î. MEMOIRE. P. I. S. III. Ch. Iï. fhypothèfe elle même s’écarte de la vérité/ Voici quels font ces corollaires.
- i°. Aussi longtems qu’il y a quelque relie de l’a&ion originelle [de l'Aimant employé] j tout le Fluide ri’eft pas abforbé, ou foudre i ce qui en relie peut donc être abforbé de nouveau ; & devra l’être, au moins en partie, fi l’on applique un barreau de Fer à l’Aimant.
- 4°. Deux barreaux égaux, femblablemènt placés, abforberont k même quantité de Fluide.
- 3°. Lë Fer en abforbera d’autant plus qu’il fera plus près de l’Aimant..
- 4°. Le Fer, placé dans une lîtuation dans laquelle il abforbé le Fluide, doit néteflàirê-ment effectuer que l’Aimant, auquel il ell appliqué, agiffe avec moins de force, comme ayant perdu une partie de fon Fluide : & il ne doit pas être caufc que cet Aimant agiffe avec la même force, ou avec plus de force {a).
- 5°- Utf
- (a) [Ceux même qui appliquent à l'Aimant la Théorie de M. franklin, comme M. M. afinvs & jtbig-iehner, pofent pour baze, que la grandeur de l’attraction ou de la .repulfion magnétique eft proponionelle à la quantité de Fluide que l’Aimant contient : nous le verrons au S. îo. du Mémoire de M. «teiolehnsr. N. d. T.]
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- Comparai fin du Fer 6? des Corps Conducteurs. 93
- 50. Un barreau de Fer, qui abforbe une plus grande quantité de Fluide magnétique qu’un autre placé de,la même façon, doit af-foiblir d’avantage l’aéfcion de l’Aimant j puisqu’il rcfte à celui-ci alors moins de çe Fluide : gc que c’eft (le la quantité de Fluide que l’at-traétion dépend (b).
- 6°. Enfin, lorsque toute aétion fera dé-traite, c, a. d, lorsque l’Aiguille fera revenue à fa première fituation, & par confcquent que tout le Fluide fera abforbé, l’Aimant ne pourra plus agir : car il n’agit qu’à raifon du Fluide qu’il poflcde.
- Or, tous ces corollaires, qui font intimement liés au principe que le Fer eft le condtw--leur du Fluide magnétique, s’écaitent tellement de la vérité, qu’ils font parfaitement op-pofés aux expériences les plus certaines. Ç’eft ce que je vais prouver.
- §. 5a. ExpÉr. XIII. Je place l’Aimant M à une certaine diftance de l’Aiguille AB [Fig. %. ] : il a détourné cette Aiguille de foii. {Méridien NS fous un angle NCB,de 40 degr.
- ________________________
- (b) LWorbtion du Fluide eft, fuivantM. hbucmanï, proportionelle à la mafle du Fer. V. note a dH S. 48, ierriière citation. PJ. d. T.]
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- 94 I. MÉMOIRE. P. I. S. III. Ch. II.
- J’ai appliqué à l’Aimant un barreau de Fer Z, de façon qu’il lui étoit perpendiculaire, & qu’il ne couvroit que la moitié de fa largeur: l’Aiguille eft retournée à 30 d. Cette aéfcion eft donc à la précédente comme Tang. 30°: Tang. 40° = 577: 839 = 0,69: 1 (a). Il y a donc eu à peu près trois dixièmes parties du Fluide d’abforbées.
- Expér. XIV. Je place de l’autre coté Un barreau Y, exa&ement égal au barreau Z, & fitué de même. L’Aiguille n’eft détournée que très peu } au lieu que le barreau Y aurôit du abforber trois dixièmes, tout comme le barreau Z, & qu’ainli l’aétion reliante auroit du être 0,38, ce qui revient à un angle NC B de ao° 50 min. Et même, en changeant tant foit peu la fituation du barreau Y, il eft facile de faire que la polition de l’Aiguille ne change pas du tout.
- (*») L'Aimant M. étoit placé dans l'Équateur magnétique O E. Les Forces , qui doivent être exprimées par les finus des Angles, comme M. lamiert l'a démontré (Mém. de Berlin, Tom. XXII. p. 21.) & qui feroient Sin. NCB
- id---------, deviennent dans ce cas Tant. N CB. On
- Sin. ECB
- peut confulter ce que j’ai dit la deflus dans mes Beehmhes fur les Aiguilles Aimantées. Part. r. $. 19 & 34t. Mém. des Sav. étrangers, T. VIII. & dans mes Tentant. Tieor. Mat htm, de Piaen. Magnet. §. 40. p. 4t.
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- Comparaifon du Fer & des Corps Conducteurs. 9 j
- tout. Le premier corollaire, lavoir qu’en appliquant un nouveau barreau il s’abforbe quelque chofe des forces reliantes, n’elt donc pas conforme à la vérité : & le fécond, que deux barreaux placés de même [ 6c égaux3 abfor-bent la même quantité de Fluide, ne s’en éloigne pas moins, Partons au troifième.
- §. 53. ExpÉr. XV. J’éloigne de l’Aimant le barreau Y, par un mouvement parallèle : l’Aiguille s’approche d’avantage du Méridien > c. a. d. que l’aétion de l’Aimant ell •de-nouveau diminuée.
- Or fi l’on foutient, d’après M. M. Cigna &brugmans, que l’affoibliflement d’aélion dépend, dans ces expériences, de ce qu’une partie du Fluide magnétique eft enlevée de l’Aimant [par le Fer qu’on employé], il faudra foutenir ausfi, qu’il y a dans cette expérience une plus grande quantité de Fluide enlevée, que lorsque le barreau Y touchoit l’Aimant: ce qui eft contraire à l’énoncé du corollaire troifième, & à ce que la nature de l’abforption , ou d’une éponge exige.
- Mais comparons ces expériences entr’el-les. On déduit l’augmentation d’aélion, qui a lieu dans la dixième Expérience (§.48 & 50.) de ce que le Fer rapproche de l’Aiguille la
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- la partie dii Fluide qu’il a abforbée : On explique la diminution qui a lieu dans la troifiè-me (§. 5a.) & dans la quinzième expérience, par la même abforption, pendant que les barreaux font ausfi dans ces deux cas plus proches de l’Aiguille que l’Aimant, & qu’ainfi ils rapprochent ausfi de l’Aiguille la quantité de Fluide qu’ils ont abforbée. Si donc il ne fe fait ici qu’une fimple abforption, ne devroit-il pas y avoir ausfi dans ces expériences un accroiflë-ment d’aftion («), au contraire de ce qui a lieu? Ces expériences ne font-elles donc pas contradiétoires dans l’hypothèfe, que le Fer <eft un Conduéteur du Fluidç éleétriqije? Il me le femble ainfi,
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- ( a ) [ Elle devroit même être plus forte dans ces dernières Expériences que dans les autres, puifqu’ellc y dé-pendroit de deux Elemcns, qui coneourroient tous deux à la rendre plus grande: 1. De ce que le barreau plus éloigné de l’Aimant, en foutireroit moins de Fluide, qu’ainfi il en refteroit d’avantage à 'l'Aimant, & par conféquent auffi plus de force (v. §. ji. notes a & k. ) a. De ce que le Fluide foutiré, bien loin d'être conduit ailleurs, feroit, au contraire, porté plus près de l'Aiguille, & devroit par Conféquent attirer Celle-ci , mais plus fortement, tout comme elle l’attiroit lorfqu'elle étoit dans le pôle de l’Aimant employé. N. d. T. ]
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- Comparaifon du Fer £«? des Corps Conducteurs. 97
- §. 54. ExpÉr. XVI. Je place un Ai* niant M à quelque diftance de l’Aiguille AB, dans une direftion parallèle au Méridien magnétique NS [_Fi'g. §.] L’Aiguille eft détournée de fa fituatio'n. J’approche lentement un barreau de Fer F dans la direftion de l’équateur magnétique : l’attraftion de l’Aiguille diminue à méfure: c. a. d. que l’Aiguille fe rapproche peu à peu du Méridien : mais dès qu’une petite partiecomme F g, eft parvenue àu de là dé l’Aimant, l’aftion augmente dé beaucoup: l’Aiguille eft attirée beaucoup plus fortement, dé forte que l’aftion devient quelque fois double ou triplé. Cette petite partie, qui eft entre l’Aimant & l'Aiguille, rapproche donc dé l’Aiguille le Fluide qu’il a ab-forbé, tandis que l’autre partie en éloigne le Fluide [qu’elle contient,] 8c qu’avant qu’il touchât l’Aimant, tout le barreau en eut éloigné tout ce qu’il avoit abforbé. Mais il clt évident j que cette petite partie ne làuroit produire un effet beaucoup plus fort que tout lé refte dit barreau.
- Il fuit évidemment de tout Ceci qiie lé ttoifième corollaire s’écarte du vrai.
- §. 55. Voici le quatrième corollaire. Le
- tome I. G Fer
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- p8 I. MÉMOIRE. P. LS. III, C/UL
- Fer place dans une fituation dans laquelle il nbforbe le Fluide magnétique, effectue néces-, fairement que l’Aimant agit plus foiblcmcnt* & non qu’il agit avec une force égalé ou plus grande. Mais c’cft ce qui eft contraire aux
- Expérience XVII. Nous avons vu dans la douzième expérience (§. 49.), qu’un ban-eau de Fer, appliqué perpendiculairement à l’Aimant, eft caul'e que l’aétion de celui-ci eft diminuée, & par conféquent qu’il y a une partie du Fluide magnétique abforbée. Maintenant je place l’Aimant à une diftance telle, qu’il retient l’Aiguille dans là propre dircétion mais que celle-ci fe rapproche du Méridien pour peu qu’on augmente cette diftance. Il ne fe peut donc rien abforber du Fluide, pas la moindre quantité, que l’Aiguille ne fe rapproche du Méridien. Enfoite je place un barreau de Fer perpendiculairement au pôle de l’Aimant, de façon que l’Aimant fe trouvé au milieu de la longueur de ce barreau : l’Aiguille refte immobile. Je poiè de même un fécond , un troiiième barreau, l’Aiguille refte encore immobile. Il devrait cependant y avoir beaucoup de Fluide d’abforbé, & par conféquent l’aétion devrait être diminuée, au contraire de ce
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- Comparai/on du Fèr &? des Corps Conduiteurs. 99
- ce qu’on obferve;; L’hypothèfe de l’abforp-» tipn n’a donc pas lieu (a).
- ExpÉRi XVIII. J’éloigne tant foit peu l’Aimant, & j’attends que l’Aiguille fe foit arrêtée. J’approche le barreau obliquement, & je choifis une fituation telle que l’Aiguille fe rapproche de l'Aimant : le contraire de l’ab-forption a donc enebre lieu dans ce cas.
- L e quatrième corollaire me paroit donc er* roné. Paflons au cinquième.
- §. 56. E x p É r. XIX. Je place entre l’Aiguille & l’Aimant un barreau qui touche l’Aimant : Il fait que l’Aiguille fe rapproche de quelques degrés du Méridien. Au lieu du barreau
- (4) [Qu’on ne dife pas ,que l'àétion ne feurOit être changée, puifque le Fluide abforbé eft autant conduit à gauche qu'à droite dans le barreau ; qu’il agit par confé-, quent également des deux côtés & que ces aétions contraires fe détruifent ; car quoique cela feroit vrai, dans le cas d’une abforption & d’une diftribution parfaitement uniformes , il relierait toujours le fécond élément qui agit dans cette Expérience, fa voir l’Aimant même: Or, la force de celui-ci eft diminuée par la quantité de Fluide qui en a été foutirée par le barreau, & qui, comme nous venons de le dire, n’agit pas. L’aélion totale devrait donc être diminuée au contraire de ce qui a lieu N.d. T.]
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- roo T; mémo iiê. P. I. S'. XII. Ch. II. - i
- reau j’applique à l’Aimant une lame très-mince : l’Aiguille recule beaucoup d’avantage. L’aéfcion eft. donc beaucoup plus diminuée (a).
- Ex per. XXi On prouve facilement* qu’en fuppofimt l’abfoiption * cette lame ab-forbe moins que le barreau : car fi on la pofe devant un Aimant ( b ), Sc qu’on lui fubftitue enfiiite un cube de Fer de même longueur* l’aéfcion eft beaucoup plus foite dans ce fécond cas.
- L e Corollaire cinquième, qui établit, que le Fer qui abforbe plus qu’tin autre Fer, doit caufer un plus grand affoiblifTement d’aétion, lorsqu’il eft placé de la même manière, que le premier, s’écarte donc ausfi du vrai. Le fixiè-me
- («) [Cette Expérience à déjà été faite par oiiëert (de Magrutr p. 86.) Bescarte» en fait aufli mention dans fes Principes P,- IV. 5. 180. Celles des Phyficiens de Florence font encore pins exaéies fur ce fnjet. ( Tentant. Acad. Fier. P. II. p. 75.) Au relie, on petit tellement proportionner dans cette expérience l'épaiffeur de la lame, & la force de l’Aimant, que l'Aiguille, ou ne reçoive pas de mouvement, ou qu’elle fe rapproche beaucoup de l'Aimant, ou même qu’en otant l’Aimant elle foit véritablement repouffée, c. a. d. qu'elle paffe au de là du Méridien. Mais il feroit trop long de détailler ici toutes les circonltances de ces Expériences. N. d. T.]
- (i) [C a. d. dans le fens de fa longueur. N.d. T.]
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- Comptiraifon du Fer & des Corps Conducteurs, ioi
- me ne s’en écarte pas moins. Il établit que, lorsque toute aéfcion eft détruite, c. a. d. lorst que tout Fluide eft abfovbé, l’Aimant ne doit plus produire aucun effet. Or, c’eft ce qui eft entièrement oppofé à l’expérience.
- E x p É r . XXI. J’applique à l’Aimant un barreau, de façon que l’Aiguille revienne au Méridien, c. a. d- que toute aétion foit détruite. J’applique enfuite un autre barreau, à coté éf en défions du premier ; celui - ci agit fur une fécondé Aiguille s & à peu près ausfi • fortement que fi le premier barreau n’y étoit pas: car en otant celui-ci, l’aétion du fécond eft à-peine affoiblie,
- §. 57. T ou ^ ces corollaires, qui font iq? féparablement liés au principe, que le Fer eft une éponge, ou un Conduéteur, du Fluide magnétique, ne font donc pas conformes à la vérité : d’où il fuit que les expériences, que nous avons citées çi-dc0us( §. 48, 49-), ne prouvent nullement que le Fer eft un pareil Conduéteur, mais qu’elles indiqueroient plus-tôt qu'il ne l’eft pas.
- Pour ce qui eft de la véritable explication de çe? expériences , je dirai Amplement qu’elle n’eft pas du tout difficile, pourvu qu’on s’y prenne mathématiquement, Sc qu’on parte de
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- io% I. MEMOIRE. P. I. S. III. Ch. II.
- ce principe, que Je Fer, approche d’un Aimant, devient magnétique. Je n’ajouterai pas ici ces démonftrations > mais je les ai couché toutes par écrit, prêt à les offrir à l’illuftrc Académie, fi elle les délire (a).
- II. ClaJJe d'Expériences.
- §. 58. M. cigna fait lacomparaifon fui-vantc. Le Conduéteur d’une Machine électrique reçoit le Fluide du plateau, des cous-fins, & du bois dont la Machine eft eonftrui-te : il en reçoit donc d’autant plus, & par' conféquent il produit des effets d’autant plus grands, que le plateau, les cousfins, Scie bois fournirent plus de Fluide. Mais, fi on ifble la machine, le Conduéteur recevra certainement moins de Fluide, puisque les Corps idioéleétri-ques n’en foumiffent pas, à moins d’être frottés.
- («) [Si mes occupations & ma famé me le permettent, je compte publier quelque jour un Recueil de plu-fieurs Differtati.ons fur l’Aimant, dans lequel ces demon-ftrations &‘les Expériences, dont j'ai parlé, trouveront leur place. J’ai couché ces démonftrations par écrit, des 1769. que j'en ai fait la matière des Leçons publiques que je donnois alors & je lésai confirmées en préfence de mes Auditeurs par toutes les Expériences néceffaires. H d. T.]
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- Comparaifon du Fer 6? des Corps Condufteurs. 103
- tés. M. le roy a trouvé en effet que les chofes fe paffent ainfî en ifdlant parfaitement la Machine électrique («), & j'ai fouvent ob-fervé la même chofe dans une autre Machine fort élégante. On peut même obierver cet effet d’une manière ’foit fimple dans une Machine ordinaire, en employant des cousfins de fbye au lieu des cousfins ordinaires : à peine obtient on alors quelque Éleétricité en tournant le Plateau ( b ). Quand on fe fert de la Machine de M. le roy, ou de quclqu’autre femblable, le Conducteur & le Plateau acquièrrent une Éleétricité pofitive : le bois & les cousfins de la Machine en acquièrrent une négative.
- Ceci pofé, voici l’expérience que M. M. cigna (c) & brugmans (3) ont faite.
- Ex-
- (a) Mém. de ïAcad. 1753. p. 447. [Depuis ce tems M. le boy a. iftventé & décrit une autre Machine de ce genre, très-élegantc & très-commode ; Mém. de l'A-«rf. 1771. p. 499. N. d. T. J (£) [ C’eft une expérience que j’ai réellement faite en 1774. Ce moyen me parait plus commode que celui d’enduire les couffins d’une couche de Refine, de Souffre, ou de Cire, comme le propofe M. maiiat,p. 114. de fes Recherches &c. N. d. T. ]
- (f) Miscel. Taurin. 1. C. §. 33.
- (d) Tentam. de Mat. Magn. p. [Voici les paroles de l’Auteur. ,, Puisque le barreau de Fer appliqué dans
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- 104 I. MÉMOIRE. P, I. S. III. Ch. II.
- Ex p É r. XXII. Qu’un Aimant attire une Aiguille par fon pôle auftral p. ex., qu’on pofç un barreau de Fer fur l’autre pôle, «en ce cas fui- le boréal : l’attraétion en eft augmentée fur le champ.
- Ces phyficiens expliquent ainfi cette expérience: que le Fer abforbe la partie du Fluide qui s’arrête autour du pôle boréal: or, dit b r u g m a n s, ce Fluide étant enlevé, la force du pôle auftral augmente.
- §. 59. Quoiqu’on pût faire un grand nombre de remarques fur cette explication, je ne m’arrêterai qu’à une feule réflexion. Si le barreau abforbe le Fluide dont il eft queftion, il le reçoit certainement. ïl reçoit'donc, en ce cas, le Fluide qui entoure le pôle boréal de l’Aimant, & par conféqucnt il devrait ac-qué-
- j , ce cas au Pôle boréal de l’Aimant, diminue la force de ,, ce Pôle, & meme Vabforbe en grande partie, comme ,, nous l'avons démontré dans la troifième propofition, [ V.'cetté p’ropbiïtioh ti-deffus dans la note b dit §. 48.]' s, il eft' allurémcrtt naturel dé déduire de cette' diminution ,y l'augmentation "de "force'du pdle"oppofé,'c. a. d. de' ,,1’auftral; &qu’ainfi nous établiiïïoft's que la force dif ,,pôle-boréal, s’étend d'ans la région aüftrale, & par ,, conréqiienf dans toute la fphère d’attraétion de J’Ai-*,>mant. ” N. d. T.] * .........* -
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- Çotfiparaifon du Fer 13 des Corps ConduSleuts. i o$
- quérir un poje boréal, au contraire de ce qui a lieu, car tout le monde fait qifil acquiert un pôle auftral (a). Cette explication eft donc oppofee à tout ce qu’on connoit dé plus certain fur la communication des forces.
- Mais, on explique comme il faut l’cfFet dont il eft queftion, en dilânt, qu’il fe fonpo à l’extrémité du Fer appliqué à l’Aimant, un pôle auftral, qui attire par conféquent l’Aiguille , & rend l’attraétion totale plus fortes On verra par l’expérience fuivante que les cho-fes fe'paflent réellement ainfi.
- ExpÉr. XXIII. Si on employé au lieu du barreau de Fer un Aimant foible, dont le pôle auftral foit toiimé vers l’Aiguille, l’aétion fur celle -Ci en fera augmentée. Or, on ne fauroit dire que le fécond Aimant abforbe le Fluide du premiers car, fi cela étoit, le premier Aimant devrait également abforber la Flui-
- (a) V. note c du S. s®, tes Réflexions font particulièrement appliquables, fi l’on fotitient que l’Aimant contient deux fortes de Fluide , dont l’un entoure le pôle boréal. & l’autre le pôle auftral, fyllcme dont nous parlerons ci après §.12.0. Mais elles fubfîftent toujours, quelque fentiment qu’on adopte fur la nature & le mou-? veinent du Fluide magnétique. N. d. T: ] ‘ ;
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- P. I. S. III. Ch. II.
- J 0(5 I. MÉMOIRE
- Fluide du fécond, 8c tout vcfteroit en équilibre (b).
- §. 60. Mais , fuppofons que l’explication que nous venons d’examiner foit bonne j on n’en fauroit, ce me femble, conclure aucune Analogie entre les Phénomènes éleétriques 8c les Phé-
- (4) [Si i'on voüloit foutenir que l'Aimant le plusfoi-ble ablorbe plus de Fluide du plus fort, que celui-ci n'en foutire du premier, il en refulteroit, que le .pôle auftra! de cet Aimant foible feroit affoibli à raifon de la quantité de Fluide boréal qu’il foutire du pôle boréal du premier Aimant, & par conféquent à raifon de l'augmentation de l’aélion totale de ce premier Aimant fur l’Aiguille ; & l’Equilibre fubiifteroit. Mais cette fuppofition feroit abfolument contraire aux faits : puisque le fécond Aimant, bien loin d’affoiblir le pôle du premier auquel on l’applique, le renforce de beaucoup, & plus que le pôle boréal, qui eft le plus près de l’Aiguille, qui fe trouve néanmoins aufli fortifié. C’eft un fait qu'on ne fauroit révoquer en doute; M. erugmans en convient, & s'en fait même une efpèce d'objeélion, qu’il refout en difant ,, qu’il lui a confié d’autre part que toute l’augmen-,,tation du pôle aufiral [„ c’efl: celui qu’on employé”] »» ne peut pas dépendre de là. " J'ignore quelles preuves M. erugmans avoit en vue, mais il me fembie que l'augmentation totale dépend, & du renforcement de l’Aimant qu'on employé dès l’abord, & de ce qu’on en ajoute enfuite un fécond, qui agit dans le meme fens, quoique à une plus grande diftance. N. d, T. ]
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- Comparàifon dit Fer £? des Corps Conducteurs. 107
- Phénomènes magnétiques : car, félon cette explication, l’aétion de l’Aimant eft augmentée parce que le Corps conduéteur abforbe une partie Fluide, qui feroit nuifible à l’action : 1’,Aimant tiendroit ici la placé' d’un Corps idio-éleétrique, ou agiffant par lui même: l’aétion feroit donc augmentée parce que le Corps conduéteur abforberoit une partie du Fluide du Corps agiffant par lui-même. Mais le cas eft entièrement oppofé dans l’expérience éieétri-que dont nous avons parlé : car le Corps conduéteur y augmente l’aétion du Corps éleétri-que, non parce qu’il abforbe quelque choie, mais parce qu’il fournit continuellement de nouveau Fluide, & qu’il empêche par là même que les cousiïns &c. n’en fbyent épuifés. Ces deux aétions, bien loin d’indiquer quelque Analogie, me paroiflent entièrement op-pofées l’une à l’autre.
- III. Clajfe d'Expériences.
- §. 61. Passons enfin au dernier genre d’expériences. Je commencerai par celles de l’Eleétricité (a).
- ExpÉr. XXIV. Suspendez deux_fils au Con-
- (-) Cigna 1.
- SS- $• 3 S-
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- lto8 . I. MÉMOIRE. P. I. S. III. C/l. II.
- Conducteur de la Machine : ils divergeront des qu’on agite le Plateau.
- E x p é r. XXV. Si l’on approche le Conducteur plus près du Plateau, pour qu|l’Électricité devienne plus forte, les fils divergeront d’avantage.
- É x b É r . XXVI. Qu’on approche à quel? que diftancc des fils un Corps conduéteur : leur repulfion fera augmentée : mais fi ce Corps touche les fils, ceux-ci s’y attachent.
- I l y a des Phénomènes magnétiques qui par roiffent à peu près femblables à ceux ci (b).
- Exr
- (i) Cigna ibid. Voyez quelques expériences analogues dans \esTt»tam'ma deM. brugmans, p. yi. [L'Expérience de M. brugmans eft celle-ci: fi l’on fuspend une Aiguille à une des parties d’un barreau aimanté, p. ex. à la partie auftrale ; elle fe trouvera plus ou moins inclinée, ou perpendiculaire, félon le point auquel elle eft füspendue. Qu'on applique un barreau de Fer au pôle boréal : l’Aiguille change fur le champ dç fituation , & fon extrémité inférieure s’éloigne du pôle boréal. Le même effet a lieu fi l’on applique ce Fer au pôle auftral de l’Aimant. La raifon en eft palpable. L’extrémité inférieure de l'Aiguille acquiert, un pôle auftral, qui eft par conféquent repouffé par le pôle auftral qu’acquiert l’extrémité du barreau de Fj:r appliquée au pôle boréal de l'Aimant : & il eft attiré par le pôle boréal qu'acquiert la même extrémité du‘barreau, lorsqu’on l’applique au pôle auftral de l’Aimant : or, ces deux forces oppofées produi-fent
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- Comparaifon du Fer des Corps Conducteurs. 109
- ExpÉr. XXVII. Suspendez deux Aiguilles à coudre au pôle d’un Aimant : ces Aiguilles divergeront. Cet effet a lieu, félon moi, parce que les deux extrémités des Aiguilles ac- -quièrrent les mêmes pôles , qui fe repousfent ic).
- Ex P É R. XXVIII. La repullion augmen.-. te, fi le Magnétisme devient plus fort par le fecours d’un fécond Aimant. Mais ce Phénomène pourroit ne pas -avoir lieu toujours: ce que nous ne faurions détailler ici.
- Cette repulfion diminue, fi on applique un barreau de Fer au pôle même, auquel les Aiguilles font fuspenducs. Elle augmente derechef fi l’on applique le barreau au pôle op-; pofé (d).
- On
- fent fucceffivement le même.effet, parce qu’elles agiffenr en fens «ontraires. N. d. T.]
- (0 [ Cette Explication eft fondée, fur les faits les plus conftans de la communication des forces. M.steigleh-ner employé la. i4me & la.,.ayme.Expérience à.prouver que les particules de chacun des Fluides électrique & magnétique fe repouffent mutuellement. V. le §. 4. de fon Mémoire. N. d. T.]
- (i) [La raifon en eft palpable ; dans - le premier cas; le barreau de Fer acquiert un pôle oppofé à celui de l'Aimant qui agit : il diminue par conféqucnt les forces que les Aiguilles acquièrent, & leur repulfion. Dans le fe*,, ~°nd cas, le barreau de Fer fait l’office d'un nouvel Ai,
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- ÿlO I. MEMOIRE. P. I. S. III• C/l. II. '
- O n explique le premier Phénomène en di-fant que le Fer abforbc le Fluide magnétique qui agit (e) : & l’autre, endiiant que le Fer abforbe le Fluide magnétique qui mriroit (/). Nous avons déjà touché ( §. 59. ) l’un Sc l’autre de ces points. * .
- §. 6a. Expér. XXIX. Si l’on approche. un barreau de Fer des extrémités des Aiguilles, leur repuliion augmente.
- J’igno-
- mant joint au premier par fon pôle ami: il fortifie par conféquent ce premier Aimant, & les 'Aiguilles, acquérant par là plus de force, divergent d'avantage. L'effet du fécond cas eft toujours moins fenfible que celui du premier. N. d. T.]
- (e) [C'cft l’explication que M. cio n* en donne: car 51 dit que le Magnétisme du Pôle qui agit eft diminué par le Fer qu’on y applique, & il renvoyé au §. 29. où il a parlé de l'abforption du Fluide magnétique. N. d. T.]
- (/) [C'eft l’explication qüe M.'auugmans donne de l’expérience dont nous avons parlé dans la note b : „ La -, quantité de Fluide magnétique du pôle boréal (c’eft j,celui auquel on applique-d’abord le Fer), laquellecau-,, foit l’inclinaifon de l'Aiguille, étant diminuée, cette in-,, clinaifon en eft plus petite” p. 73.—p.74. ,, Si l’on ., applique le barreau au pôle auftral, pour en J,mirer me ,,partie du Fluide magnétique auftral,— l'Aiguille s'approchera du coté dans lequel la force repùlfîve eft dimi-„ nuée. ” N. d. T. ]
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- Comparaifon du Fer fc? des Corps Conducteurs. m
- J’ignore comment on'peut expliquer ce phénomène par l’abforption : car fi le barreau qbforbe le Fluide, il diminue l’aétion, comme dans le cas précédent : & cependant celle-ci augmente. Ce Phénomène eft donc direébe-ment oppofé à l’abforption. Du refte., on l’ex-; plique très-facilement: car le barreau devient magnétique, & acquiert le même pôle que les extrémités des Aiguilles} de là la repulfion (a).
- Ex-
- (a) M. hemmer obferve dans fes remarques fur ce Mémoire , qu’il eft contraire aux faits, que le barreau de Fer acquiert ici le même pôle que l’extrémité des Aiguilles , & que, il cela étoit, la rcpulfton des Aiguilles ne pourroit être augmentée qu’en plaçant le barreau entre deux, ce qui n’eft pas le cas de l'Expérience. Cette reflexion eft très- jufte, & il eft de la dernière évidence que je me fuis trompé. Je ne fais comment j’ai pu être affez ditlrait pour commettre cette erreur : il ne me refte qu’à la reétifier, or cela eft facile. Remarquons d’abord , que dans cette expérience on offre le barreau latéralement aux. Aiguilles, 1c dans le plan même dans lequel elles fe trouvent. La même chofe a lieu pour l’exr périence vingt - fixième, dont la première partie répond a ce.ue Expérience a. L’extrémité inférieure des Aiguilles a acquis un pôle boréal, fi l’on fe fert du pôle boréal' de l’Aimant ; l’extrémité du barreau qu'on en approche acquiert un pôle auftral: donc i. ce pôle augmente la force des Aiguilles, & leur repulfion en devient plus fitandc. A cette caufe, alléguée par M. hemmer, il joint une autre, favori x, que le pôle auftral du barreau, Ht-
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- iicl I. mémoire. PA. S. III'.Ch. IL'
- ExpÉr. XXX. Que le baïreau touche les Aiguilles: celles-ci s’appliqueront au barreau-. Ceci me paroit derechef oppofé à l’ab-forption > mais s’explique facilement par cet autre Phénomène,' que la repulfion fe change iouvent en attïaéfcion dahs le contaét immédiat (i).
- O n ne peut donc rien- déduire de ces expériences (c) qui prouve j que le Fer eft un con-duc-
- attire les pôles boréaux des Aiguilles ; mais il attire plus fortement celui de l'Aiguille dent il eft lé plus près: celle - ci s'approche donc plus du barreau que l’autre : leur divergence augmente, & la repüliion en parôit augmentée : mais cette augmentation de repulfion n’cft qu’apparente : elle provient de l’attraétion que le barreau exerce. C'eft aufli le cas dç la vingt - fixième expérience. N. d. T.]
- ( b) Cette explication n'eft pas moins erronée qtie la précédente. 11 n'y a ici aucune repulfion changée en at-tmélion. Dans cette expérience on approche le barreau au deffous des Aiguilles, ou dans un plan perpendiculaire à celui dans lequel les Aiguilles fe trouvent. Nous avons vu dans la note précédente que l'extrémité du barreau attire les extrémités inférieures des Aiguilles : il eft donc bien fimple qu’elles s’y attachent lorsqu’on les mer en coniaél avec ce barreau : mais, non obftant cela, elles confervent leur divergence. C’eft aufli le cas de la féconde partie de, la lômc Expérience, à laquelle celle-ci répond. N. d. T.]
- (e) [Voici encore une Expérience àe M. cigna que
- N
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- Comparaifon du Fer & des Corps Conducteurs. 113
- duftcur du Fluide magnétique : s’il y a quelque reflemblunce entre ces Phénomènes, c’eft que les Corps électriques & les Corps magnétiques font attirés les uns 6c les autres, 8c que le Fer ôc quelques autres Corps deviennent magnétiques , ou éleétriques, par communication.
- §. 63. VoiÇt la dernière expérience de ce genre qu’on trouve chez M. ci gsa (a).
- ExpÉr. XXXI. Qu’une feuille d’Or foit attirée par l’extrémité du ConduCteur de la machine : placez un Corps conducteur entre le Con-
- j’ai oublié d’alléguer, t. Qu'on fuspende les deux fils ( Expér. 16. ) entre deux Corps également élcétrifés : ils deviendront parallèles, r. Si on fuspend les deux Aiguilles (Expér. 27.) entre deux pôles de même nom, leur divergence diminue, ou s’évanouit. En effet le fécond Aimant qü’on employé, tache de produire dans les extrémités inférieures des Aiguilles un pôle contraire à celui que l’Aimant, auquel edes font fuspendues, y a déjà formé. Leur force, & par conféquent leur repulfion, diminue donc. Mais, pour faire évanouir cette repulfion, il faut que le fécond Aimant foit plus fort que le pré-mier, parce qu’il n’agit pas, comme celui-ci, dans le contact immédiat. N. d. T.]
- (4) L. c. §. 34. [C’eft par fa pointe que cette feuille doit être tournée vers le Conducteur : celle - ci fe de*-tourne lorsqu’on employé la pointe. N. U. T. ]
- T O tyL* I. H
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- j 14 I- MEMOIRE. P. I. S. III. Ci. II.
- Conducteur & la feuille: celle-ci ne garder^ pas fa première direction.
- Expér. XXXII. Qu’un Aimant [tenu perpendiculairement au defllis d’une Aiguille à coudre] retienne cette Aiguille dans une fitua-tion perpendiculaire : mais il ne faut pas que l’Aiguille touche l’Aimant. Qu’on approche un barreau de Fer de cet Aimant : l’Aiguille s’inclinera fui' le champ, ou même tombera.
- M. M. cigna &BRUGMANs(i) comparent cette expérience à l’expérience éleCtri--que précédentei & ils en concluent, que le Per abforbe une partie du Fluide : mais aucun de ces points n’a lieu.
- E t d’aboid les effets font directement oppo-fés dans les deux expériences. Dans la premiè-
- (£) Ttrtatnma p. 38. [Qu'un Conducteur électrifié attire & repouffe des Corps légers, ces effets cefferont fi, •en touchant le Conducteur du doigt, on en foûtire, & conduit ailleurs le Fluide électrique : de même, dit M. erugm&ns ,,le Fluide magnétique qui agit directement ,,fur l’Aiguille perpendiculaire, eit fuccé, attiré par „celle qu'on oppofe latéralement; il eft conduit comme ,, par un canal latéral &c. : 8c p. 39. ,, Le Barreau em-,,ployé, en foûtirant une partie de l’Atmosphère ma-„gnétique, en diminue l'aétion fur l’Aiguille perpendiculaire: le Fluide foutiré du pôle boréal de l’Aimant „ paffe par le Fer, comme par un canal 8cc. N. à. T. ]
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- Comparaifon du Fer & des Corps ConduRcurs. 115
- rc, le Corps pointu enlève une partie du Fluide cleéfcrique, & par là même la feuille d’Or acquiert une autre direétion, qui eft moyenne entre le ConduÛeur & le Corps pointu j de forte que cette feuille fe détourne vers tous les deux. Si l’on compare cette fuétion avec les Loix-des eaux courantes, comme l’a fait M. brugmans, la chofe doit certainement fe .palier ainfi : car, fi un Corps nage dans un Fluide, & qu’enfuite une partie de ce Fluide vienne à s’échapper par un trou, ce Corps tachera de fuivre cette direétion, & ne parviendra pas au point direéteinent oppofé.
- Mais, fi dans l’expérience magnétique, une partie du Fluide magnétique étôit ab-iorbée par le barreau, l’Aiguille devoit ausfi fuivre cette direétion du Fluide : or le contraire a lieu, car l’Aiguille tombe du cofé oppofé. Le Phénomène ne lâuroit donc être comparé au Phénomène éleétrique, & il ne prouve pas Pabforption du Fluide magnétique par le Fer* il paroit bien plûtôt direétement oppofé à cette doétrine.
- §. 64. Nous venons d’examiner les principales expériences, ou du moins tous les genre? d’expériences, par lesquelles M. M. Cigna Sc brugmans ont tâché de prouver, que H i U
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- ii<5 I. mémoire. P. I. S. III. CA. II.
- le Fercft un conduéteur, ou une éponge, du Fluide magnétique. Nous avons vu, ce me femble, que les expériences ne prouvent pas cette doétrine, & qu’il y en a plufieurs qui lui .font fi direétement oppofées, que, pour qu’el* le fut vraie, les Phénomènes devroient être entièrement difFérens de ce qu’ils font aétuelle-ment. J’en conclus qu’il n’y a à cet égard aucune Analogie entre l’Eleétricité 8c l’Aimant, 8c, fi je ne me trompe, cette conclufion eft légitime. De plus, puisque, conformément à ce que nous venons de dire, le Fer n’eft pas'Un Conduéteur du Fluide magnétique, 8c qu’il n’y a pas d’autres Corps qui agiflent fur ce Fluide, il s’enfuit, qu'iln'y a aucun Conducteur du Fluide magnétique : mais, il y en a plufieurs du Fluide éleétrique, comme perfonne n’en disconvient, pas même M. æpi nus. — J’en conclus donc encore, qu’il y a une très grande différence dans la manière félon laquelle le Fluide magnétique 8c le Fluide éleétrique agiflent.
- Mais, l’importance de la matière femble exiger, que nous difions encore un mot des fen-timens de M. M. cigna 8c brugmans, furtout pour ne pas paraître leur attribua- des fentimens qu’on pourrait croire ne leur pas appartenir.
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- CotHparaifon du Fer 13 des Corps Conducteurs. t i-f
- §. 65• M. cigna penfc i°. que le Fer eft un Condu&eur du Fluide magnétique, & que c’eft à caufe de cela qu’il eft attiré par l’Aimant (a). Nous avons déjà parlé de ce point (§. 48.)- Il croit encore a0, que l’Aimant eft perpétuellement ifolé, parce qu’il agit toujours (b). Nous avons ausfi dit un mot là-defl'us (§.46.)- De plus, ce Phyficiencélébré compare non-feulement le Fer aux Corps conduéteurs, mais il paroit comparer ausfi l’Aimant aux Corps idioéleétriques, ou coercitifs : car il dit (c) que l’Aimant eft fcmblable à un Globe de Verre fourniflant, ou à un Globe de refine recevant le Fluide électrique, quoiqu’il faffe d’ailleurs cette diftinétion, qu’il n’eft pas befoin de frotter l’Aimant comme le globe. Mais cetee comparaifon ne me paroit pas jufte : car fuppofons que les Électricités vitrée & refi-wufe, font réellement différentes, comme je le crois (d), il n’en eft pas moins certain, qu’un * (*)
- (4) L. c. $. 3.
- (*)L. c. 5. a.
- (O L. c. §.4, j.
- (i) [M. hemmeobferve dans fes remarques fur ce Mémoire, (p. 33a b.) ,,Qu’on admetteit ci-devant i, cette diftinétion, mais quelle eft détruite par des ex-
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- JïS ï. MÉMOIRE. P. I. S, III. €54, H.
- qu’un feul & même Corps, traité conftam* ment de même, reçoit toujours le même genre d’Éleéfevicité. Il ne fklloit donc pas comparer l’Aimant à l’un & l’autre globe indifféremment, mais exaékement à l’un ou à l’autre feulement,
- §. 66. Cette comparaifon mè paroit d’ailleurs d’autant moins légitime, & d’autant plus équivoque, qu’elle a induit M, cigna en erreur au fujet d’une autre expérience j car, quoiqu’il compare l’Aimant aux Corps idioé-le&riques, & par conféquent aux coercitifs, jl femble pourtant fuppofer ailleurs, que l’Aimant eft un Conducteur : c’cft dans l’expli-ca-
- „ périences plus récentes : qu'on peut donner aux Corps ,,réfineux l'Éleélricité pofitive, aufli facilement qu'au ,, Verre l’Éleélricité négative, 8c réciproquement.” Cette réflexion eft très-juftc, 8c l'on peut voir dans diffé-iens endroits de ce Mémoire, comme §. 197,104,207, »o8 8cc., que j'admets moi-même tous ces faits. Cette reflexion ne mç regarde donc pas. En nommant les Électricités vitrât 8c rêfineufe réellement différentes, j’ai Amplement voulu dire, que ce font deux genres d'Éleétrici-té différens, 8c non, comme d’autres Phyfidens l'ont prétendu, une feule 8c même Éleélricité, mais plus forte dans un des Corps que dans l'autre. Ce que j'ajoute, qu’un feul or mime Corps traité tU même eyc. prouve que je tt'ai eu que ce feul fens en vue. N. d. T.]
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- Comparaifon du Fer des Corps Conducteurs. \ 151 cation du Phénomène, dont il fait mention ($• 3<$-)-
- ExpÉr. XXXIII. Qu’on fuspende à l’Aimant un Fer d’un tel poids que l’Aimant le puiffe foutenir tout au plus: ce Fer tombera; fi l’on approche de cet Aimant le pôle ami d’un autre Aimant : il s’y attachera au con-. traire plus fortement, fit pourra même foutenir quelques nouveaux poids, fi on en approche le pôle ennqjni d’un autre Aimant.
- M. cigna penfe que, dans le prémier cas, il s’eft ouvert un paflage plus libre au Fluide, qui coule par le pôle employé : qu’ain-fi fon affluence par le Fer eft diminuée: fit que, dans, le fécond cas, le paflage du Fluide magnétique trouve un obftacle dans le Fluide, qui coule d’un fens oppofé, fit qu’en conférence il eft forcé de fe mouvoir en plus grande abondance par le Fer que l’Aimant fou-tient. Il établit donc que, dans le premier cas, le Fluide coule de l’Aimant qui foutient le Fer, à travers de l’autre Aimant, conjointement avec le Fluide même de celui-ci, c. a. d. qu’il eft abforbé fit que c’eft à caufe de cela qu’il coule en moindre quantité par le Fer. Ce qui feroit entièrement oppofé à la nature des Corps idioéleétriques, qui ne reçoivent pas l’Ele&ricité des autres Corps, &
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- IÏO 1. MÉMOIRE. P. I. S. III. d. II.
- ne l'abforbent point: & il en refulteroit une grande différence entre l’Éleétricité & le Magnétisme.
- M. cïgna penfe enfin, que le Fer eft un Conduéteur imparfait: mais, c’eft un point que nous traiterons au long dans le Chapitre fuivant.
- Concluons de tout ce qui vient d’étre dit, que le Syftême de M. cigna fur l’Analogie de l’Éleâricité & du Magnétisme, fondé fur ce que le Fer ferait un Conducteur, & l’Aimant un Coercitif du Fluide magnétique , n’eft pas appuyé fui- des preuves folides.
- 5. 67. Nous avons dit, que M, nus-mans regarde le Fer comme une éponge du Fluide magnétique, laquelle, ce font fes propres termes («), abforbe l’aétion du Fluide magnétique & la diftribue par toute fa maffe. C’eft par cette aétion d’éponge qu’il explique tous les Phénomènes dont nous avons fait mention, & encore plufieurs autres, dont ce n’eft pas le lieu de parler ici. Il compare perpétuellement le Fer à une véritable éponge: il
- (a) T.mamma p. il. [Voyez ci-deffus note h du $. *8. N. d. T.]
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- Bomparaïfon du Fer ÿ des Corps Conducteurs, iai
- employé fouvent cette expresfion (b) : que le Fer fait la même chofe par rapport aù Fluide magnétique, qu’une éponge par rapport à l’eau. Mais il reftreint enfuite toutes ces ex-presfions (c) : „ cette aétion d’éponge, dit-il, „ que le Fer exerce fur l’atmosphère de l’Ai-„ mant, & à la quelle on peut réduire toutes „ les obfervations, dont il a été fait mention „ jusqu’ici, n’eft rien autre qu’un Phénomène, „ produit par la tendance à l’équilibre qu’il y „ a entre le Fluide magnétique (d), [qui en-„ toure le pôle de l’Aimant, & le Fluide ami „ qui fe trouve dans le Fer, dans le voifinage „ duquel on place l’Aimant : d’ailleurs ce „ n’eft pas le Fluide même qui refide dans le „ pôle d’un Aimant, lequel traverfe des bar-„ res entières, comme cela femble, à la véri-„ te, avoir lieu, parce que l’aétion eft diftri-„ buée par ces barres entières j mais c’eft pro-„ prement le Fluide, qui eft de même nom „ que le Fluide polaire de l’Aimant employé , » &
- (b) Ibid. p. 16, 17, 18, 19, 16» 19» 39» 44-
- (c) P. 30» 31*
- (ri) [ Ce qui eft entre deux [ ] avoit été omis dans l’original latin, parce que cette phrafe n’eft pas effentiel-le au fujet : mais j'ai cru, en y penfant de nouveau, que. le Leéteur aimeroit mieux voir l'artide en entier. N. J. T.]
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- s. p. r. s. ni. a. ii.
- 112 I. MÉMOIRE
- ,j & qui cftcaché dans le Fer, lequel fe dila-„ te par Ton Élafticité au dehors du Fer, „ tandis que le refte, avec lequel il étoit en ,, équilibre, avant que le Fer fut aimanté, „ s’approche du contaéfc avec l’Aimant. ” ] — ,, Toutes les fois qu’on dit que le Fluide ma-,, gnétique eft foutiré, eft disperfé par un „ barreau dé Fer, qu’il pafle à travers, il faut „ juger que nous parlons félon Y apparence, ou ,, le Phénomène. ”
- Ce tte expresfion, „ le Fer eft une épon* „ ge du Fluide magnétique, ” eft donc une métaphore, qui s’écaite du vrai: & cependant toutes les explications font fondées fiir cette expresfion employée dans le fens propre. Mais, quant à moi, je penfe qu’il n’eft pas de l’ex-aétitude de dire, que tous les Phénomènes fe reduifent à ceci, que le Fer eft une éponge du Fluide magnétique, 8c d’établir cependant que c’eft là une apparence trompeufe : de pen-fer que la raifon indique que ces expresfions, font erronées, 8c de les employer néanmoins à l’explication des Expériences. C’eft ainfique, quoique M. brugmans eut déjà averti (p. 30.) ,comment il faut entendre l’expresfion que le Fer eft une éponge du Fluide magnétique, il l’employe cependant encore p. 32. dans le fens propre, pour expliquer pourquoi le Fluide
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- Compuraifon du Fer&des Corps Conducteurs. 143.
- de magnétique n’agit fur aucun autre Corps que furie Fer : „ c’eft, dit-il, que le Fluide M eft concentré dans le Fer, tandis qu’il pafle „ librement par tous les autres Corps: ” mais, ; s’il eft concentré, il eft certainement reçu, réel- . lement puifé, & ce h’eft pas là une apparence trompeufe (e).
- CHAPITRE III.
- Des Loin félon lesquelles les Corps Conducteurs-agijfent.
- 5. 68. Nous avons prouvé, fi je ne me trompe, qu’on ne (aurait foutenir à jufte titre, que le Fer eft un Conducteur du Fluide magnétique : mais , fuppofons que nous nous femmes trompés : concédons que le Fer eft réellement un Cor.duéteur du Fluide magnétique: cela feul füffira-t-il pour établir que le Magné-tisme rit femblaMe MÉlrfMcité ? Nulle-
- (<) [Voici comment M.brugmans s’exprime immédiatement après p. 33. „ Les effets du Fluide magneti-•>que, qui paffe à travers les Corps'Ks plus denfes, ne ,, font pas compa ablts à ceux qu’il doi: manifefter fur «le Fer, par lequel ü e&fuccé & cmmri. N- d. T.]
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- s. P. I. S. III: CA. III.
- 114 I. MÉMOIRE
- ment: il faudrait prouver de plus que le Fer conduit le Fluide magnétique félon les mêmes loix, félon lesquelles les Corps Conduéteurs conduifent le Fluide électrique. Examinons donc quelles font ces Loix, afin de ne rien omettre.
- Première Loi.
- $. 6g. La première Loi qui parait avoir lieu dans les Corps éleétriqucs, c’eft que tous les Corps ne font pas des Conduéteurs également bons , mais que les uns font meilleurs que les autres. C’eft ainfi que les métaux font de meilleurs Conduéteurs que l’Eau: que l’Eau eft un meilleur Conduéteur que l’huile 8cc. &c. Les Corps Conduéteurs font donc parfaits ou imparfaits (a). M. ciona met le Fer au rang des Conduéteurs imparfaits {b) : il fe fonde fur les raifons & fur les expériences fuivantes.
- L’Aimant ne transmet pas fon aétion à travers le Fer, fi celui-ci eft trop long, 6c même M. musschenbro ek fixe cette lon-
- (<«) [Voyez ce qui a été dit fur ce fujet à la fin de la note t du S. 8. N. d. T. ]
- (6) [L. c. 5. 6. Le Fer, dit-il, ne conduit le Fluide magnétique que par m certain intervalle, v déplut en plus foiblement ; il n'eft donc pas un Cenduflcur parfait. N. d. TJ.
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- Des Loix des Corps ConduSleurs. 12.5
- longueur à fix pieds (c) : mais, cette diflan-ce dépend de l’Aimant qu’on employé, & j’ai fouvent fait ufage d’une barre plus longue.
- De plus, fi l’on place une grande mafle de Fer entre une barre & une Aiguille, celle-ci eftmue plus lentement, que fi on interpo-foit une mafle de Fer plus petite (d).
- Or, en fuppofant que le Fer eftun Con-duéteur, ces expériences démontrent, ou, qu’une plus grande mafle de Fer transporte une moindre quantité de Fluide ; ou, que fi elle en transporte autant, ou d’avantage, chaque particule du Fer acquiert une force plus petite i ou enfin que le Fer ne conduit le Fluide
- (c) bttrod. ad Phil. Nalur. §. 99<5.
- (d) [C’eft une expérience alléguée aufii par M. ci-bna , 1. c. §. 7 , 8. de la manière fuivante. „Unegran-,,de mafle de Fer, voifine d’un Aimant, diminue fon ac-• ,tion fur le Fer qu’on en approche, ou lâ détruit mé-,,me. On voit par là pourquoi le Fer, qui, s’il cft en ,, petite mafle, étend l'action de l’Aimant à de plus gran-„des diftances, (V. ci-dcflits Exp. du §. 48,49.) la „ détruit s’il eft en très-grande mafle: ce dernier fait ,, en avoit impofé à quelques Phyficiens, qui en avoient ,, conclu que le Fer diminue l’aétion dè l’Aimant, parce
- que le Fluide magnétique letraverfe plus difficilement." M. Cigna cite ici les Expériences de M. is mon nier dont nous avons parlé §. 49. N. d. T.]
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- «a6 I. mémoire. P. I. ‘S- III. Cl. III.
- de que jusqu’à une certaine diftan~c (e), le refte de la mafle demeurant vuide de Fluide, ou demeurant du Fer pur. Or, tant qu’on •n’aura pas déterminé lequel de ces trois cas a lieu, on ne fauroit, ce me femble, conclure de ces expériences que le Fer eft un Conducteur imparfait du Fluide magnétique.
- $. 70. Mais peut-être prouveroit-on mieux ce point par un autre genre d’expériences. On fait que l’Acier acquiert, par le feul contaéfc, la vertu magnétique plus difficilement 8c plus foiblement que le Fer : que le Fer dur l’acquiert plus difficilement que le Fer mol : fi donc nous expliquons cette communication de forces par l’abforption du Fluide, il fera probable que le Fer eft un Conduéteur imparfait.
- Mais, fi nous établiflons que le Fer conduit le Fluide magnétique imparfaitement, tandis qu’il conduit parfaitement le Fluide électrique (<*), il faudra foutenir que le Fer agit
- (e) Ced me paroit être lefentimmt de M. cisna. .V. note précédente. Ce qui eft très-oppofé aux Phénomènes électriques. M. cigna convient lui-même dans «et endroit que les Conduéteurs conduifent le Fluide électrique à de très-grandes diftances. N. d. T.]
- (*0 [J'ai Amplement voulu dite qu'il eft un des plas^
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- Des Loix des Corps Conducteurs. \vp autrement fur le Fluide magnétique que fur
- l’Éleétricité.
- Une plus grande maflè de Fer interceptç d’avantage l’a&ion de l’Aimant fur l’Aiguille, qu’une plus petite : M. ci on a n’en conclut cependant pas que le Fluide magnétique tra-verfe celle-là plus difficilement, mais feulement que cette maffe même retient le Fluide magnétique (b), & par conféquent qu’elle détruit l’ifo-
- parfaits, & qu'il conduit très-facilement le Fluide éleélri-que à de grandes diftances : car félon les Expériences du p. beccaria, rapportées par M. priestiey, (Hift. de l'Éledr. P. I. Ptriei. X. Seft. a. ) l'Éleétricité eft communiquée au bout d’un -fil de Fer de cinq cens pieds en une demi-féconde : .Si félon M. le monnier elle l’eft «n moins d'un quart de fécondé par un fil de Fer de deux mille toifes. ( Uim de i’Ac. 1746. p. 557.) Si l’on peut tirer des œnclnfions a fiez précifes fur ce fujet des expériences de M. priestj.e y {Hift. del'Éi. Papt. VIII. Seét. 13. Art. 13.) le Fer feroit le quatrième des métaux félon l’ordre de leur bonté à conduire le Fluide éleélrique. N. d. T.]
- ' (i) Miscel. Taier. T. I. p. 45. 5. -8. de la differtation de M. cigna. [,, Le Fer, dit-il, n'intercepte pas l’aétion de l’Aimant, parce qu’il eft plus difficilement perméa-,>ble, mais, parce qu'étant plus facilement perméable, ,,il retient, s’il eft en grande maffe, le Fluide magnéti-i) que, & ote l’ilblement, tout comme les Corps conducteurs contigus à des Corps éleârifés otent l'ilblement,
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- ia8 I. mémoire. P. I. S. III. Ch. IIl.
- l’ifolement (§. 44, 45, 46.) de même qu’ud Corps idioéleétrique ne fournit aucune Electricité, s’ileftpofé fur des Conducteurs. M. cigna tache de prouver cette conclufion par les expériences fuivantes.
- $. 71. ExpÉr. XXXIV. Si l'on couvre un Aimant d’une lame de Verre, fur laquelle on répand de la limaille de Fer, celle-ci s’arrangera en courbes très-régulières.
- Expér. XXXV. Si l’on employé une lame de Fer au lieu d’une lame de verre , il ne fe forme aucune courbe, rien de régulier (a).
- Mais,
- s’ils font grands, & détruifent les mouvemens éleélri-S,ques.’’ N. d. T.]
- («0 [J’ai tâché de préfenter ici, comme partout ailleurs , les Expériences que j’emprunte d’autres Phyfi-ciens, dans leur jour le plus avantageux. —- L’ex-podtion que j’en fais pourrait donc différer quelquefois, quoique très-rarement, de celle qu'on trouve chez ces Auteurs même. Cela a lieu pour eet article : ce qui m’engage à ajouter id les paroles de l’Auteur, $. 8. ,, On a, voit par ce qui précède, pourquoi un Aimant, appliqué ,,fur une lame de Fer-blanc, n’attire pas la limaille re-, ,, pandue fur le bord de cette lame, fi celle-d eft lar-»> ge ; mais, qu’elle l’agite, fi la lame eft étroite, à une ,,diftance à laquelle elle ne l’agiterait pas, fi la lame . « étoit otée, & pourquoi la’ limaille, répandue fur une ,,lams
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- Des Loin àtes Corps CétduSieurs. tù)
- • MaiSj je prouve par l’expérience fui-Vante, que cet effet ne dépend pas de ce qu’oh ©te l’ifolcmcnt.
- E x P1 k. XXXVI. Je pofe l’Aimant fiïr une lame de Fer : je le recouvre d’une lamte de Verre fur laquelle je répands de la limaille i celle-ci s’arrange tout ausfi régulièrement que dans l’expérience 34,
- O R. cette lame de Fer devroit oter l’ifole-inent ausfi bien que dans l’expérience 35, êc détruire les courbes, au contraire de ce qu’on obferve. L’abfdrption n’a donc pas lieu ici.
- Seconde Loi.
- §. 71. Nous avons dit ci-deFus (§. 17/J que le Fer interrompu, ou la limaille de Fer èft attirée tout comme le Fer entier, mais plus foiblement : & par conséquent, fi l’abforptioïi a lieu, le Fer interrompu [la limaille] fera ausfi un Conducteur, quoique peut-être, moins bon. Or, quoique la même chofe ait lieu,
- ,, lame de Fer-blanc eit d’autant plus fortement agitée ,, par un Aimant, appliqué à la furfacé oppofée, qus ,, cette lame eit plus étroite. “ Ces expériences prouvent donc que le Fer empêche l’aftion de l’Aimant : celles que j'allègue, & qui font du même genre, le prouvent, encore mieux. N. d. T. ]
- TOME I. I
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- v.P.l.S. III. Ch. III,
- tjo I. MÉMOIR
- lieu, dans l’Êleélricité pour ceitains Coips, comme pour les métaux,, p. ex. elle n’a nulle* ment lieu pour tous les Corps j & nous avons vu ci-deflus (§. 19—15.) que ceitains Corps deviennent par la pulvérifation, de Coercitifs Conducteurs, ou de Conduéteurs Coercitifs? la même chofe n’a donc pas lieu pour les deux genres de forces, quoique M.brugmans les compare ausfiàcet égard, qu’elles agiiTent l’une & l’autre ausfi bien à travers les Corps interrompus , qu’à travers des Corps continus ( a ).
- Troifilme Loi.
- §. 73’. M. brtjgmans a trouvé que le Fer rougi conduit le Fluide magnétique tout comme lè Fer froid, & M. musschen-broek avoit déjà fait voir que le Fer incandescent eft attiré par l’Aimant. J’ai fouvent répété ces expériences, 6c j’ai trouvé, en les variant beaucoup, que le Fer rougi eft attiré plus ou moins fortement que le Fer froid félon les circonftances. M. bru gm ans dit de plus, que le Fluide éleétrique eft également dérivé vers les Corps ardens que vers les Corps froids j & il établit à cet égard une grande Ana-
- («) [Tiniamma Prop. 5. S. 43--47. N. d. T. J
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- Des Loix des Corps Conducteurs. iji
- Analogie entre l’Eleéhiclté & le Magnétis-me (a). Cependant cette Analogie me parois non-feulement douteufe, mais encore je ne crois pas qu’elle ait lieu ; j’établirois même, à cet égard, une grande différence entre ces deux for-
- («) Tmtumma, Prop. 4, p. 41. L’Auteur nomme 1’A-halogic , qui a lieu à cet égard entre i'ÉIeélridté & le Magnétisme, rutatiiit unaltgia. [ 11 a fait ces expériences en employant dans les Expériences citées d-deffus §. 48. des Barreaux de Fer rougi.
- En rclifant à l’occafion de cette note, l’article de l’ouvrage de M. ekugmans, que jé viens de citer, je nie iiiisappefçu que cé célébré Phyiicieri établit encore, à l’égard de la chaleur, une àutre Analogie entre l'Éleétri-até & le Magnétisme; favoir que ces deux forces font l’une & l’autre affoiblies par la trop grande chaleur dahs les Corps où ils font excités .par le frottement, p. 43, Ces effets font certains ; mais ils n’indiquent pas une Analogie proprement dite : car, 1. lés Corps éleétrifés étant chauffés, approchent d’avantage de l’état dans lequel ils deviennent Conduéleurs, Corinne on le verra dans ce 5 ' & i. cette même chaleur, raréfiant l’ait ambiant, le rend moins doerdtif : ce qui affoiblit l’Électricité. Ces effets ne font pas les mêines pour l'Aimant, quoique la force de cette pierre diminue par là chaleur , comme nous le dirons §. 98. & cette même chaleur change le genre d’Éleétricité que les Cotps coercitifs peu1-Vent acquérir ( §. 108 feqq. ) quoiqu’on les traite du relié de la même façon; ce qui n’a jamais lieu pour l’Aimant.
- N. d. T. ]
- I a
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- 13a I. MÉMOIRE. P. I. S. III. Ch, III.
- forces. C’eft ce que je pourrais démontrer complètement, fi je pouvois examiner ici comme il faut l’influence de la Chaleur fur l’Électricité. Mais, M. jelgersma nous a difpenfé de ce travail, en raflemblant les expériences faites fur ce fujet par d’autres Phy-ficiens, & celles de fon Maître, M. van swinden, lesquelles n’avoient pas encore été publiées {b). Je dirai feulement que j’ai foigneufêment répété les expériences de M. de laval déjà cité ci-deflus (§.23.) & que j’ai trouvé, qu’un Plateau d’argille armé comme le carreau de M. bevjs eft un Con-duéteur étant froid: qu’étant chauffé jusqu’ à un certain point il devient en quelque degré Coercitifs 2c que chauffé encore d’avantage , il devient dérechef Conducteur. La mé-
- , (b) Vijftrlatin de Infixxu Coloris in Eledricitatem, Franeq. 1776. p. 35—50.. [Il fuit des expériences alléguées dans cette differtation, 8e que l'Auteur a comparées 8t discutées, qu’il y a un certain degré d'incandescence qtii rend le Fer Coercitif de Conduéleur qu’il étoit, étant froid, ou qu’il le redevient étant rougi d’avantage. Le Fer rougi n’éprouve pas de pareil changement, dans fon aélion fur le Fluide magnétique. Le Bois éprouve de pareils changemens, par rapport à fon pouvoir de conduire l'Éleétricité, comme il eft prouvé par les belle» Expér. de M. Priestley fur ce fujet: Pt il. Tranf. VoL 60. p. no. 8c Èxférim. on Airs , VoL 1. N. d. T. ]
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- Des Lois des Corps Conducteurs. 135
- même chofe a lieu pour un cilindre d’argille, employé comme Conducteur d’une Machine éleCtrique. M. wilson a ausfi trouvé que le Verre rougi, la poix fondue &c., font des Conducteurs ( c), pour ne pas parler d’autres expériences (d). Il me paroit refiilter de tout ' ceci
- (<) Treaùfe on EleSlricity, p. 48. feqq.
- (d) [On peut confulter les belles Expériences de M. A ch AUD, inférées dans le Journal de Phyfique pour Février 1780. p. 113. du Tome XV. & celles deM. herïf.kt, Théories P/un. ÉUcî. Cap. 3. Prop. 6, 11. M. marat établit auffi que'le Verre, la, Poix, la Refîne, le Souffre , les Huiles grades, & généralement toutes les matières indéférentes acquièrent par la fnüon, ou l'incandescence, la propriété de transmettre la communication'. ( Recherches &c. p. 80. ) Il fuit même des belles Expé>-riences de ce Phyiïciea (p. 108.), que les Corps corn-duéleurs divienne-nt par l'ir.çandesccnce plus CmdutUurt qu’ils n'étoient: car, les Corps globuleux incandçsccns attirent comme feraient des Corps métalliques pointus', du grand pouvoir desquels nous parlerons §. 79. feqq. : qu’un excitateur fort'chaud-fait détourner la bouteille de plus loin ; & que, lorsqu'on fe fert d'un excitateur incandescont, il. n'y a pas d'éxplofion dé Fluide, mais qu'il s'écoule comme s’il'étoit fortement attiré, par une pointe: expérience exaélemènt analogue à celle du S. 80. Or, 1* Fer incandescent n’eft Purement pas un meilleur Cont duéleur magnétique, que le For froid : il n’agit ni plu» fortement, ni de plus loin, & ne transmet pas l’aétion de l'Aimant à une plus grande diftance : voilà donc cn= core une oppoütion de Phénomènes. N. d. T. ]
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- I. Ml Mi
- J*.. I. s. III. Oh: ni,
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- ceci que le Per & les Corp9 conduéteurs fui-vent, par rapport à l’ignition, des Loix très-différentes. J’ajouterai encore que M. cigna même établit cette différence (e), que la flamme eft un Conduéfceur du Fluide électrique, & non du magnétique (/).
- Quatrième Lçi.
- §. 74. Nous avons traité ci-deffus (§.39.) fort au long de ce qui a lieu par rapport aq Magnétisme pour le Fer réduit en différens états, en Sel, en Rouille, en Chaux, en Minéral ; nous avons vu que le Magnétisme eft fort affoibli par tous ces moyens, de façon qu’on ne s’çn apperçoit plus par les méthode^ ordinaires, les plus délicates : mais il n’eft pas entièrement détruit, & l’on en trouve toujours quelque refte, en employant l’élégante jnethode de M. pruçmans, Si donc le Fcç
- (<) Mifcell. Tmr. 5. 41. 1. c.
- (/) [M. MARAT place la flambe parmi les Corps in-déférens. Je douté fi les Expériences qu’il allègue font décifives : mais la ebofe me. paroit prouvée par celles de M. M. JALLAEERT (hxftr. fÉlefâ. p. 104. ). Nouet (.Rechirc/us fur Us P/im. Éfiflr. p. xi^.) Waits (Differ-tat. fur rÉ'.eflr. §. 108. ) & d’autres Phyficiens, auxquelles je puis joindre les miennes propres. N. d. T.]
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- Des Loix des Corps Conducteurs. 135
- Fer eft un Conducteur du Fluide magnétiqi®, il faudra dire que la faculté conductrice eft beaucoup diminuée par ces moyens : 6c fi nous nommons coercitifs les Corps non ferrugineux fur lesquels l’Aimant n’agit pas, il faudra dire ausfi que le Fer fe rapproche beaucoup de cette façon des Corps coercitifs.
- Mais, quoique cette manière de parler foit très-impropre, cependant en l’employant, 8c en confidérant la chofe fous ce point de vue', il fembleroit y avoir ici quelque Analogie avec les Loix que fïiivent les Corps conduéfeurs du Fluide éleârique. Car, le Fer réduit en rouille, en chaux, en un nfbt dans un état imparfait, fera, félon ce que nous venons de dire, un Conduéteur beaucoup moins bon: or, les Métaux réduits en chaux ne font plus Conducteurs de l’Électricité, ou du moins ils le font dans un degré bien inférieur, 8c fe ra-prochent beaucoup des Corps coercitifs, com-r me nous l’avons dit ci-defTus (§. 39. ),.
- §. 75. Il fembleroit donc y avoir ici quel* que Analogie: ceux même qui embraflent ce fentimeat, foutiendront qu’elle eft plus grande qu’elle ne le paroit au premier abord. Ils diront , que le Fer rouillé devient non-feulement de tvès-bon ConduCteur qu’il étoit, un I 4 Çon-
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- I3(î I. mémoire- P. I- S. IHf Ch.lYL. (jjjnduétcur fort mauvais, que même, à moins d’employer la méthode de M- brugmans, jl eft indifférent pour l’Aimants mais encore qu’il eft changé en cçercitif dans le fens le plus ftriéfc s .qu’il eft devenu ausfi coercitif que V Aimant même : qu’en conféquence la rouille change tout ausfi bien le Fer do Conduéteu? eu Coercitif, que la calcination change les Mé* •taux de Corps anéleétriques en idioéleétriques ; qu’il y a donc une grande Analogie.
- O n fait en effet, que le Fer placé longtems dans une fituation verticale, acquiert non-feulement la vertu magnétique,. mais encore que , s’il eft rongé de rouille & placé entre des pierres , il devient un véritable Aimant -, un Corps très-femblable à l’Aimant, par la couleur, la dureté, l’aétion des diffolvans, enfin par les pôles. C’eft ainfi qu’on a trouvé en 1695 au haut de la Tour de Chartres, un pareil Fer magnétique, fur lequel M- vallemont a écrit un traité fort curieux (a). On en a trouvé un autre à Marfeille en 1731 (b). M. leeuwenhoek en poffédoit unfemblable pris
- («) De/cription de l’Amont de Chartres , nmo. 1697. (b) [ Hijbir. di ÏAcadrn. ‘Royal, des Sciences 1731. p. 2.0. N. à. T. ]
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- pris de la Croix de l’Eglife neuve de Delft (c). Il y a.plus, M. de la hi rF. a fait artificiellement de pareils Aimans, en renfermant des fils de Fer dans une pierre ; il les a trouvé convertis en Aimant, au bout de. dix ans (d).
- §. 76. Cette Analogie paroit allez grande au premier abord : mais il n’en cft plus ainfi fi on l’examine de plus près.
- En effet ce n’eft pas la rouille feule, qui donne à ce Fer la force magnétique. Il fem-ble qu’il faille pour cela le fecours du tems, puisqu’on ne trouve, que je fâche, cette force que dans de vieux Fers. Or, l’on lait que la T erre eft un grand Aimant, par laquelle le Fer acquiert Ipontanément, & fans le fecours de l’Art, la force magnétique. Le laps du tems femble effeébuer, que cette force devient confiante, & que le Fer acquiert des pôles fixes. Au refte on ne pourra guères déterminer ce qu’il faut attribuer ici à l’adion de la rouille, avant qu’on fâche fi le Fer rouillé devient magnétique dans les endroits de la Terre, où les barreaux de Fer elevés perpendieu-lai-
- (0 {Philof. Traxf. No. 371. Vol. 31. p. 74- N.d.T.] (d) [ Méat. de l'Acad. 1705. p. 105. N. d. T.}
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- Ï38 I. MÉMOIRE. P-1. S. III. CA. III.
- lairemcnt n’acquièrent aucune force magnétique, c. a. d. dans les endroits ou PInclinaifon de l’Aimant eft nulle, comme cela a eu lieu, p. ex. en 1751. dans l’Océan atlantique, près des cotes d’Afrique, vers le douzième degré de latitude auftrale («)• Cette influence du Ma-
- (a) [On fait en effet 1. que IInclination de l’Aiguille h'eft qu'un effet du Magnétisme terrestre : ». qu’il y a un rapport intime, quoique très 1 facile à expliquer, entre cette Indinaîfon & les différentes forces que le Fer acquiert dans différentes iiiuations: il acquièrt la plus grande force dans -Je plan du Méridien magnétique & parallèlement à la ligne d’Indinaifon : il n'en acquièrt aucune dans le même plan, mais pofé dans une ligne perpendiculaire à celle d’Indinaifon. Voyez les belles expériences deM. ïauGMANS, T.ntam. prop. »6. p. té»— 175. 3. On fait par lés obfervations faites en 1684. par un Marin anglois , qu’une barre de Fer tenue perpendiculairement , acquièrt à fon extrémité inférieure un pôle boréal, mais de plus en plus foible, jusqu'au J 2me degré dp latitude auftrale à peu près fur les Cotes d’Afrique : que là le barreau n’acquièrt aucune force pendant un certain efpàce, au delà du quel il en acquièrt de nouveau mais dans une fituation renverfée; l’extrémité inférieure devient un pôle auftral, de plus en plus vigoureux à tjiefure qn'on approche du Pôle auftral de la Terre. Çes Obfçrvations font inférées dans tesPhihf. Tranfatt. No. 177. Vol. 15. p. »u», & en ont été copiés dans plu-lieurs livres de Phyfique, comme dans la Difertatim de M. mussche h sa oe k JUr £ Aimant, p. i6z. De pareilles
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- Des Loix des Corps Conducteurs. 135
- Magnétisme terrcftrc, qui furcmcnt a lieu ici, pft caufe qu’on ne fâuroit faire de comparail'on légitime, ni établir quelque analogie entre ce changement de Fer en Corps coercitif, & le changement des métaux calcinés, en Corps idioéleétriques i puisqu’ils deviennent tels par cette opération même : car il n’y a pas, que je fâche, d’Éleftricité univerfelle confiante qui concourt dans ce cas.
- §. 77. Il eft des Phyficiens, comme M. M. d’alibard (a), & sigaud de la fond (b) qui attribuent en partie à l’É-le&ricité ce changement du Fer en Aimant i car ces Fers élevés font, difent-ils, touchés, pénétrés par la matière du Tonnerre. Mais pette explication me paroit détruite par une obfervation de M. bRugmans (r) qui a iron-
- ies obfervations ont été répétées en 1738 par M. RICHARD , V. Magasin de Hambourg, Toro. IV. p. 68t. La ligne fur laquelle le barreau n’acquièrt aucune force, eft celle fur laquelle l'inclinaifon eft nulle : elle n'eft pas parallèle à l'Équateur; mais elle eft frniée en partie au-deil'ous de l'Équateur, 8t en partie ^u-deffus, comic: P- px. dans la Mer des bides. N. d. T.]
- («) Dans fa Traduction des fîxférier.ces de M. Tranblm Tom. I. p. 141. (ê) Traité tt Éleftricité, p. 6.
- (c) Tcnt ata ma de Mat cria Magnetica , p. 157.
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- |+0 I. MEMOIRE. P.l. S. III. Ci. III.
- trouvé qu’une vielle croix de Fer du Cimetière d’un village de Frifc, nommé klünt Hiaure, s’eft changée en Aimant.
- $. 78. Tout ce que nous venons de dire revient à ceci : qu’un des moyens par lesquels le Fer devient un très-mauvais Conducteur du Fluide magnétique, par lesquels il eft même rendu indifférent par rapport à l’Aimant, favoir la calcination & le fel, change ausfî les Corps anéleétriques en coercitifs: que les autres moyens qui produifent de pareils change-mens fur les Corps éleétriques, comme l’igni-tion & la pulvérifation, n’en produifent pas d’elfentiel fur le Fer. D’où il refùlte que les Loix, félon lesquelles le Fer conduit le Fluide magnétique, différent beaucoup de celles qui ont lieu pour les Corps anéleétriques : qu’il n’y a donc à cet égard nulle Analogie entre l’É-leCtricité & le Magnétisme, ou que du moins elle eft très petite, quand même il feroit démontré que le Fer eft un Conduéteur du Fluide magnétique.
- Cinquième Loi.
- §. 79. Y.es Corps Conduéteurs fuivent encore une autre Loi très-remarquable, & dont on doit, je crois, la découverte à l’illuftre M-
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- jDes Loin des Corps Conducteurs. 141
- Franklin (a), favoii‘ que les Corps pointus agiffent fur l’Éleétricité différemment des Corps obtus. Je renfermerai dans les Expériences fuivantes, qui ne m’appartiennent pas, mais que j’ai fouvent répétées, tout ce qui a rapport à notre but actuel.
- Ex p É r. XXXVII. Je place fur le Conducteur de la Machine un Éleétromètre de M. canton, qui confifle en deux fils. Je leur préfente un Corps anéleétrique très-obtus, en forme de boule, 8c j’examiné à quelle diftance il faut le placer pour qu’il abforbe le Fluide, foit en tirant des étincelles, foit autrement, & pour que les fils de ?1’Éleétromètre s’abaiffent par conféquent. Je fubllitue enfuite un Corps pointu au précédent, & j’opère de même. Ce Corps attire le Fluide électrique d’une beaucoup plus grande diftance, 8c en Jilence, fans aucune étincelle : c. a.-d. que les fils s’abaiffent, quoique le Corps pointu foit encore beaucoup plus éloigné du Conduéteur que le Corps fphé-rique ne l’étoit auparavant. On fait d’ailleurs que le Fluide magnétique s’échappe en aigret-
- («) Lettres &c. Lettre i. §. 17. de la Traduction. C'eft
- Notes que M. wiike a jointes à la tradudtioa allemands ds csî lettres.
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- :lz. P.I.S. III. «.ut,
- 14s I. ME MOI tes par les pointes, les angles 8cc., au contrai^ re de ce qui a lieu pour les extrémités arrondies.
- §. 80. ExpÉr. XXXVIII. Rapplique 1? Conduéteur de la Machine fur la Bouteille de Leide, & au moyen d’une chaîne j’établis une communication entre cette Bouteille 8c l’Électromètre de M. l a ne (a). Je pofe cet Ele&romètre, garni d’une boule, à quelque diltance du Condyéteur. LaBouteille fe charge, '8c, après quelques révolutions du Plateau, elle fe décharge fpontanément 8c avec étincelle.
- Ensuite je garnis l’Eleébromètre d’uri Corps pointu : du refte j’opère de la même façon: la Bouteille ne fe charge pas avec étincelle vifible : en un mot tout fe pafle ici tacitement, 8c, comme dit M. le roy, enfilence (b).
- Cet
- O) [Voyez la defeription de cet inftrument dans les P/likfep/i. Tranfatt. Vol. 57. p. 451. M. le s pi nasse s’eft fervi d'un pareil Électromètre. qu'il a décrit dans le mçme Volume, p. 188. Au refte l’Éleétromète que M. karat vient de propofer dans fes Rechtrckes, p. 19. eft en effet & pour le fonds le même que celui dont nous parlpns ici : triais je crois qu’il fera plus commode dans l'ufage. N. d. T.]
- (i) [Voyez fes exccllens Mémoires fur les G*rde-Tcn-
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- Des Loin des Corps Conduïïeurs. 143
- Cet effet a lieu, quoique la diftance de l’Elec-tromètre foit plus grande que dans le cas précédent. Dans celui-ci, le Fluide fort du coté extérieur de la Bouteille par la pointe (c), avant-qu’il y foit affemblé en ailez grande quantité pour être attiré par le Conduéteur, 6c Élire cxplofion (d).
- §. 81. Les Loix, que les Corps conducteurs de l’Éleétricité fuivent dans ces expériea-ces, font donc Gelles-ci. i°. Que les Corps pointus attirent le Fluide
- nirrt, inférés parmi ceux de l’Académie pour 1770, p; 61. feqq., & pour 1773, p. 678. feqq. Dans une des expériences de M. ie sor, une pointe foutiroit en fi-lence l'Éleélricité du Conducteur, à une diftance 1196 fois plus grande, que celle à laquelle elle pouvoit tirer une étincelle, Se 36 fois plus grande que celle à laquelle une-boule faifoit partir une Etincelle du Conduéleur. N. d. T.]
- (c) [Car* la pointe ayant au moyen de la tige de l'Éleélromètre une communication métallique avec 1* doublure extérieure de la bouteille, le Fluide qui fort de celle-ci, cft conduit à la pointe par laquelle elle s'échap-, pe. N. d T. ]
- (</) [J'ai principalement imité les Expériences dont je fois mention de celles de M. hen iïi, Pàity.'&anf- VoL it-p. 133. feqq, N. d. T.]
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- 144 I. MÉMOIRE. PA. S. III. Ch. III. de ckétrique d’une plus grande diftance que les autres (a).
- 1°. Qu’ils le conduifent plus tranquillc-njent.
- 3°. Que les Corps obtus'attirent à la vérité le Fluide éleftrique d’une plus petite défiance, mais que lorsqu’ils l’attirent ils le font avec une beaucoup plus grande force (b).
- M. ci G-
- ( a ) [ Cet article ell fingulièrement prouvé par les belles Expériences de M. achako, inférées fans le Journal de Piyjique .Juin 1782. Tome XIX. p. 418. Milord mahon a fait de très-bonnes reflexions fur celle de ces Expériences dans laquelle'on a employé neuf pointes à la fois, & dont l’effet a pourtant été moins fenfible que lorsqu'on n’employoit qu'üne pointe. Principes d'ÉleCîricité §. 50—56. J’allègue encore en preuve les excellente* expériences de M. naikne, inférées dans les Tran/ad. Phi-4ofoph. Vol. 68. p. 801. fcqq. & dans le Journal de P/iyJique, Mars 1781. Tom. XVII. p. 191. feqq. Ces expériences prouvent en même tems la fécondé Loi énoncée dans le Texte, N. d. T.]
- (t) [ Les Expériences de M. naisse dont nous venons de faire mention dans la note précédente, prouvent eminément cette troifième Loi, furtout les Expér. 13, 14&C.—— la, dans lesquelles deux Corps égaux, étant mis en équilibre au bout des bras d’une efpèee de ' talance très-mobile, & chargée d’Éleélrieité, l’équilibre Te eonfervoit en pofant fous un de ces Corps une pointe ; tandis qu'il étoit détruit, en pofant à la même di-ilan-
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- î>es Loix des Corps ConduRéufs, 14$
- M. cigna étiiblit Une cotnpavaifori entre les Phénomènes des Corps pointus tant ma' gnétiqües qu’cleétriques : nous allons l’examiner (c).
- Cê Fhylîcieh àllègüe ttois fortes d’expé* tienCcs, G nous en exceptons celles qtri concernent les Phénomènes de l’armüre de 1*Aimant: nous parlerons de celle-ci dans la Section fui vante (</),.
- t. Qu®
- fiance une boule : le Corps étoit alors attiré vers la bout le, &fe déchargeoit fur elle. N. d. T.]
- (c) Misceli Taurin. I. c. $. 40.
- (d) [J'examine à la vérité dans laScffion fuivante lé» Phénomènes des Alffians armés : m'ai j’ai oublié d'y faire mention du feul fait que M. cigna allègue pour prouver la Thefe dont il eit queition dans ce S. Le voici: ,,Les angles externes des armures diminuent 11 3, force magnétique s’ils font àigüs, & la diflipent toüî ,, comme uné pointe appliquée au Conduéleur ou à la ,,Machine, diminue la force éleétrique." Sur quoi M. cigna cite ce que M. musscheneroek dit dans lé S. ;s6. de fesEJJais dePkyfaue, qu'il faut arrondir les pieds des armures : confeil qu’il avoit déjà donné dans fa diiferta-tion fur 1 'Amant, Éxp. 73, à la fin p. 131; & làraifon que ce Phyficien en donne elt, que le pied arrondi concentre la force dans un plus petit efpace. Mais cette explication efi hypothétique : & je ne fâche qu'il y ait une feule expérience direéte ou décifive qui prouve que, toutes chofes d’ailleurs égales, les pieds à angles fitiliaas
- dis-
- TOME I. K,
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- ,4 6 I. MÉMO IR*. P. I. S. III. Ci. III.
- i°. Que les Corps pointus, ou terminés en Conc, foutiennent un plus grand poid* que les Corps plans.
- a°. Que la limaille s’attache plus facilement aux angles des barreaux qu’ailleurs.
- 3°. Que le Fer pointu, frotté contre du Fer, ou quelque autre Corps dur, acquiert une plus grande force que quand on frotte un Corps plan.
- §. 8a. Mais, avant que d’examiner ccs trois points, j’obferverai, qu’aucune de ces expériences prouve, que les pointes attirent le Fluide magnétique de plus loin que les Corps obtus, ce qu’il fàudroit cependant pour pouvoir établir une Analogie avec les Corps électriques (<*). J’examinerai ceci au moyen des expériences fiiivantes.
- E x v i r . XXXIX. Je place un Aimant à une telle diftance de l’Aiguille qu’il n’agit pas fut
- diffipent plus la force magnétique, que les pieds arrondis , & que, s'ils le font, c'eft que le Fluide magné»-; que s’élance par ces angles. N. d. T'. ]
- (a) [Car la première Loi que les pointes obfervent, dans leur aétion , 8c qui eft l’une des plus essentielles, c' ed que les pointes attirent le fluide éleétrique d’une plW grande distance. Voyez § 8i. N. d. TJ
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- Des Loix des Corps ConiuSteurs. 147
- fur elle: j’y applique un barreau de Fer, que j’éloigne auslî de manière que l’Aiguille reste dans fa première fituation, mais qu’elle commence à fe mouvoir, pour peu qu’on diminue la diftance dü barreau. Je fubftitue enfuite à Ce barreatl un autre barreau de même longeuf & de même baze , mais pointu. l’Aiguille n’cft pas agitée 1 ce fer pointu ne foutire donc pas le fluide d’une plus grande diftance.
- Ex p É r. XL. J’applique le barreau obtus, & je le place de façon qu’il agisfe fur l’Aiguille. Je lui fubftitue le baltcau pointu, Sc celui-ci agit plus foiblement, ou point dü tout.
- ExpÉr. XLI. J’applique perpendiculairement à l’Aimant un batïeaU de Fer, de façon que l’aétion fur l’Aiguille foit affaiblie. Je lui fubftitue un barreau pointu des deux bouts [mais du reste égal] pour que le fluide magnétique puisfe s’écouler plus facilement & plus abondamment : cependant l’Aiguille n’en reste pas thoins dans la même fituation, ou même elle l’approche de l’Aimaht. Il y a dans ces expériences bien des cil'conftances qui dépendent de l’épaisfeur & de la longeur du barreau qu’on tmploye.
- Cês Phénomènes font évidemment contraires aux Phénomènes éleftriques du même
- K a
- $. 83. M.
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- §. 83. M.ciona tâche cependant de prouver par le fécond genre d'expériences dont nous avons parlé, que l’effluence du fluide magnétique eft plus abondante par les pointes. Voici une de ces expériences.
- E x pé r. XLII. Qu’on couvre un barreau magnétique d’une glace qu’on faupoudre de limaille : celle-ci s’arrange comme fi elle fortoit principalement des angles du barreau : au moins elle tend vers les angles, d’une plus grande di-ftance.
- Cet effet efl plus fenfible, fi l’on employé un barreau pointu des deux cotés, ou fi l’on emporte une pièce du milieu d’un barreau ordinaire (a).
- Voici comment plufieurs Phyficiens expliquent cette expérience : la limaille s’arrange en courbes par le cornant du fluide magnétique: ces courbes indiquent,par leurfîtuation, le chemin que ce fluide fuit : donc, puisque la limaille s’attache plus abondamment aux angles, c’eft une preuve que le fluide ’s y trouve en plus glande quantité.
- §. 84. Quoi qu'il y auroit bien des objections à faire à cette explication, & qu’il ne feroit
- Tabula 4. Exp. 64. feqq.
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- Des Loix des Corps Conducteurs. 149
- •roit pas difficile de donner la raifon vraie & mathématique de ces Phénomènes, mon but étuel ne me permet pas de m’arrêter à cett» liscusfion. Je préfère donc de repondre à l’expérience même.
- S1 le fluide magnétique fort réellement plus ibondamment des angles & des pointes, & fi :e fait cft prouvé par La figure de la limaille, il àudra, ainfi que cela a lieu dans l’Éle&ricité, orsqu’il n’y a au barreau ni angles, ni pointes, juele fluide magnétique forte également de par-:out. Si donc nous employons une boule, ou an anneau, il ne s’y trouvera pas d’endroits d’où le fluide s’écoule en plus grande abondance que d’autres} mais le contraire a lieu : car, comme jel’aifouventvu, fi l’on x-épand de la limaille fur un anneau, il y aura ausfi deux endroits, dont la limaille paroitra fortir plus abondamment. L’explication dont nous parlons ne fournit donc fe foutenir, & les Phénomènes en queftion ne prouvent pas, que le fluide magnétique fort plus abondamment des pointes,
- («) Voyez le. desfein de cette Expérience dans laDt/crif-tirn des Courant Magniliques de M. Bazin, PI. 14, 16, 17» 18. [Et musschenbrrokk, Dis/. Je Maente, Tôt. <5. La même chofe a lieu pour les barreaux, dont l«s extrémités font arrondies: itid. Tab, 4. N.d. T.]
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- Jgo I. MEMOIRE. P. I, S: III. CÆ.ÏÏÎ, comme «la a lieu pour le fluide éle&rique.
- S • 85. P a s s o n s à T examen des autres ex. périences alléguées par M. c 1 g n a . Le premier genre contient celles ou les Corps pointus ou coniques, foutiennent un plus grand poids que les Corps plans. —! Mais ce n’eft là qu’ilne conclufion que ce Phyficien déduit des Expériences de M. musschenbroek, & je ne crois pas qu’elle en puifle être déduite (a).
- M. musschenbroek a fait faire trois cilindrçs de fer, également longs (b) : favoir (de 4 pouces 1. 1. Un bout étoit plan, Pau. tre conique : la hauteur des Cônes étoit d’ut\ dixième de pouce. On pafle cçs cilindres un çenain nombre de fois fur l’Aimant.
- Le
- (a) M. cigna paroit alléguer ce prétendu fait, que les
- pointes foutiennent un plus grand poids, en preuve de ce que les pointes magnétiques reçoivent oulaisfent échapper le fluide magnétique en plus grande abondance : car voici comme il 's exprime dans le f. 40: „ Les Corps „ pointus reçoivent ou laisfent échapper le fluide éleélri-„ que plus abondamment : la même chofe farcit avt'tr lit» » four l’Aimant ; car les extrémités coniques de cilindres ,, aimantés foutiennent un poids beaucoup plus fort que ,, leurs baies planes. ” Mais nous avons vu S. 81. que cette plus grande émisfion de fluide magnétique par les pointes n’a pas lieu. N. d. T.] \
- (b) Dh/ert. de Maputt, p. 96. Bxfér. 31.
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- Des Loix des Corps Conducteurs. 151
- L e Cilindrc A, épais de de gr.
- pouce, a foutenu par fa baze plane à peine 1 conique iîo
- L e Cilindre B, épais de ~~Qde pouce, a foutenu par Ci baze plane 1 -conique 7 «.
- L e Cilindre C, épais de de pouce, a foutenu par fa baze plane 1
- conique 8
- Le Cilindre D, épais de ^ de pouce, a foutenu par fa baze conique 4
- Ces Expériences démontrent donc, qu’il y a une certaine épaisfeur de Fer, qui reçoit le plus de force (c). Or, comme la baze conique approche plus de ce maximum d’épaifleur que les bazesplanes, elle foutient ausfi un plus grand
- (c) [Ce fait a d'ailleurs été prouvé par d'autres Expériences, furtout par celles de M. «üsschenbroek, 1. c. Expir. 16-22., & Corot. 2. p. 44. Remarquons ausfi que M. müsschknbk obk a fait pour confirmer cette Thefe les Expériences dont il eit question dans ce S N. d. T.]
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- Ï.M5 MOIRE. P. I. S. III- Ch- III.
- poids. Ce qui confirme que c’eft là la raifon du Phénomène, c’cft que les Cônes dçs Cilindres B fie C ont foutenu uii plus grand poids que lo Cône du Cilindre A, quoique les bazes planes ayent foutenu un poids égal. •JVUis il ne peut; fortir du Cône qu’une quantité de fluide pro-poitionelle à celle qu’il confient, c. à. d. à celle que contient la baze : cette expérience ne pyou-> Ve donc pas ce que M, cigna en a déduit (d) \
- §. 86. M a i s, on trouve dans la diflertation dç M.mdssçhenbroïk(«) une expérience, qui prouve réellement que la force des pointes eft plus petite. Je l’ai laite de la façonfoivante ;
- Expér. XLIII, Pofez for un fort Aimant A {fig- 4.) un petit cilindre de Fer B \ que
- . (î) [S’il étoit vrai, comme le prétend M.-cigna, que les pointes attirent plus fortement que les Corps non-pointus , il s’enfnivroit que l'Aimant agiroit à cet égard très-différemment de l’Eleélridté j voyez ce qui a été dit ci-dtsfus §. 81. n. 3. & note c. Au reste, on ne peut déduire aucune Analogie de çe que Içs pointes magnétiques attirent moins fortement que les bazes planes, parce que cela ne dépend pas, ainfi que nous l’avons vu S 82 , de ce que les pointes magnétiques dpuifent les Corps magnétiques, fur lesquels ils agisfent, de plus loin & en ïilcnce ; ce qui eft la caufe du Phénomène çledriiiue parallèle. N. d. T.]
- (-») D'uftrt. de Magmte, p. no. Expér. 49.- "*
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- Des Lois des Corps ConduSleurs. 153
- que le barreau de Fer C D touche ce cilindrc -, il enlèvera le ciündre de l’Aimant.
- Qu’on pofe fur l’Aimant un autre cilindrc B, également grand, mais pointu. Si la points touche l’Aimant, le Cilindre pourra être enlevé par lé barreau C D , mais il ne le fera pas, fi la pointe touche le barreau.
- Enfin, qu’on fafle au cilindrc une pointe très-aigue, & une tête platte plus grande > le eilindre pourra étre^arraché de l’Aimant par le barreau, fi la pointe touche l’Aimant, mais non fi c’eft la tête qui le touche.
- Cette Expérience prouve donc, que la pointe foutire ou transfère une plus petite quantité de fluide magnétique qu’un corps obtus, fi tant eft qu’il fe faiTe réellement une abforption,
- §. 87. L a dernière Expérience que M. Cigna allègue, eft un Phénomène obfervé par plufieurs Phyficiens, que les inftrumens de fer pointus acquièrent, lorsqu’on les frotte, une plus grande force que ceux à baze plane (a).
- Dans ces expériences, le Fer acquiert la force magnétique naturellement, c. a. d. par le Magnétisme de la. Terre : or on lait que les lames
- («) Voyez musschenbroek, 1: c: p.it8. Expér. 143. feqq. ,
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- 154 I. MÉMOIRE. P. I. S. III. Ch. III.
- lames de Fer peu épaisfes acquièrent plus facilement de cette manière la force magnétique que d’autres : & les corps pointus ont moins d’é-paiffeur vers la pointe. Je doute donc que l’on puifle tirer de cette expérience quelque conclu-fion propre à établir le fyltême de M. cigna.
- Nous avons donc prouvé, ce me femble, que les pointes n’abforbent ni ne fournilîènt pas plus facilement le Fluide magnétique que les corps obtus. Je ne réconnois d’ailleurs aucune Expérience magnétique, dans laquelle on obferve quelque chofe de femblable à cette grande commotion, ou à cette explofion de fluide, qu’on obferve en employant des corps obtus avec la Bouteille de Leide & l’Eleélo-mêtre £§. 80. J (b),
- §. 88. Nous
- (t) [Ce font non feulement les Corps pointus qui fou-tirent le Fluide êleélriqué félon, d'autres Loix que le Fluide magnétique ; mais la même chofe a lieu pour les Corps mmsfu & globuleux. J'én appelle aupaufes (leftriques, découvertes par M. e a o s s, & décrites dans le bel ouvrage qu’il a publié fur ce fujet en 1776. (Jîlettrifehe paufen •' Leipzig 1776, 8vo.) On en trouve un extrait dant le Journal de P/eyfique, Tom.: X. p. 135. Notre but ne nous permet pas d'entrer dans des détails là desfus: je remarquerai feulement -qu’. on. retrouve, ces -paufes dans des Expériences a. & 17. de M. nairne, dont nous avons parlé note d du 5. 81, & dans l’Expérience 61.
- du
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- ' Des Loin des Corps Conduleurs. 155.
- J. 88. No üs pouvons, fi je ne me trompe , conclure avec droit, de tout ce que nous venons de dire, que les Loix félon lesquelles le Fer conduiroit le fluide magnétique, font entièrement differentes de celles félon lesquelles les corps condu&eUrs conduifent le fluide çleéh’ique. IJ n’y a donc ici nulle Analogie.
- Mais, nous avons démontré tout ceci dans l’hypothefe que le Fer eft un Conducteur du fluide magnétique, quoique nous ayons démontré dans le Chapitre précédent, qu’il n’y a au-çuqe expérience qui le prouve, & que mémo toutes celles que je comtois font oppofées' à cette doftrine.
- On peut donc, cemeicmble, établir iu-rement, non feulement qu’il n’y a, par rapport aux
- du Milord mahon §. 582. de fes Principes d'Electricité. Je ne connois rien dans 1’ effet des barreaux aimantés, pu du Fer appliqué à l’Aimant, ou entre deux Aimant, ou entrç un Aimant & une Aiguille, qui, fuppafé même que le Fer eft un Conduéteur du Fluide magnétique, foit analogue au Phénomène des pat/es; rien même qui n’ y foit opppfé : car un barreau de Fer, après avoir agi avec force, bien loin d’être pendant un certain espace fans agir, ou à n'agir que très foiblement, pour recommencer dérechef avec force p.asfé cet espace, Ce qui «ft le cas despaufes électriques, agit toujours d'autant plus foiblement , qu'il eft plus éloigné du Corps fur lequel fl agit. N. d. T.]
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- tg6 I. mÉm. P. I. £.111. Ch. IV• LeFer
- aux Corps Condufteurs, aucune Analogie en-tre rÉleûncit'é & le Magnétisme ; mais que ces deux forces font à cet égard très-différentes.
- CHAPITRE IV.
- De la Comparaifon du Fer 6? de l'Aimant avec les Corps Idioéleclriques (*).
- §.89. Nous avons vu que le fentiment des PhyGciens, qui croyent devoir comparer le Fer aux Corps Condufteurs, s’écarte du vrai. M. æpinds, qui foutientqu’il faut le comparer aux
- • (*) M. h e m m e r obferve dans fes remarques fur ce Mémoire p. 431, que j’ai fait voir clairement que le Fer n’eft pas un Conducteur du Fluide magnétique, dans le fens que M. c 1 g n a l’entend, favoir qu’il foutire ce fluide des Aimans & le transport^ ailleurs : mais que je n’ ai pas fi fortement ébranlé le fyftême de M. æ pin us; que ce fyftême ne fouffre rien des objections que j’ai faites. 11 n’eft pas difficile de trouver la raifon, qui fait paroitre les discusfions des Chapitres précédens dans un jour plus avantageux que celles qui font la matière de ce Chapitre. Les Phyiîciens, dont j’examinois alors les opinions, allèguent des Expériences précifes, dont ils fe fervent pour établir leur fentiment. Je trouvois donc, poutainfi dire, des points fixes, dont je pouvois partir, & il ne s’agis-foit
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- VAimant comparés aux Corps idloéleftr. 157
- aux Corps Idioélectriques, s’ en approche-t-il davantage? C’ cft ce qu’il s’ agit d’exarainefl M. ÆPI-
- foit que d'examiner fi, ces expériences une fois admifes» . les conclufions qu’on en tire, font exaéies ou non. Ces examen, dont il ne m' appartient pas d’âpprécier la valeur, pouvoir donc être, par fa nature même, fiffiple 8S lumineux : chaque discusfion fe préfentoit féparément à l’esprit : le Principe & la Conféquence fe touchoient. Le Cas eft très-différent ici. M. æ pin us n’allcgue aucune expérience pour prouver fes principes: ce ne font que de9 fuppofitions : on ne fauroit donc le réfuter direéiement ; il ferait meme difficile de faire des objeétions contre le9 principes mêmes, qui font gratuits: ce n’eft qu’en exa« minant les conféqùenccs plus ou moins éloigneés que ce Phyficien en a déduites, qu’on peut les apprécier : mctho-. de, qui par fa nature même, & laisfant d’ailleurs le mérité des objeétions à quartier, eft moins fatisfaifante que la précédente, & offre moins de Clarté à l’esprit. Quoiqu’il en foit, comme tout ce qui part d’un Phyficien ausfl éclairé que M. hemmer eft fait pour être écouté, 85 mérité d’être cnvifagé fous toutes’ces faces, j’ai cru devoir entrer, dans les notes fur ce Chapitre, dans de plus grands détails fur le fyftème de M. a pin us: il ne me ferait même pas difficile d’en discuter tontes les parties, tous les calculs, puisque j’en ai couché par écrit en un .examen très-détaillé, dans le tems même que j’étois rempli de l’admiration que la leéiure de cet excellent ouvrage avoit produite en moi, & que je voulois me rendre raifon à moi-même, pourquoi un traité écrit mathématiquement ,*& fondé fur un petit nombre de principe,s, dont d’ailleurs-les conclufions paroisfo'tait conformes aux phénomènes', ns me convainquoit pas.- N. d. T.]
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- *58 I- meMi JM.&IÏI. Ch.iv. h'Ftr
- M. æ,pinu3 établit les Principes fui-yants (a) :
- i°. Dé même qu’il y a un fluide éleébùque, dont les particules fe repouflent ' mutuellement, il eft ausfi un fluide magnétique, dont les particules fe ' repouflent. j’accorderai pour lé pré-, fent ce Principe (&).
- à0. Les particules du fluide éleéh-iqucs font attirés par tous les corps qu’on a examinés jusqu’ici
- (a) Servie de Andogia &c. traduit en allemand & imprimé dans le Magatin de Hambourg, Tom. 22. p. 370. [p. j8. 29. de l’Original i c’eft à la fin du Discours,] & Ten-tammd Theorin EleCl'r. & Magmtismu p. ç-lg. §. 1-6.
- (b) [M. «pinusétablit ausfi que le fluide éleétriqtfe' eft très-élastique. M. marat conclut de fes expériences, qu’il'ne I’eft pas, & que fes particules n'ont aucune force fle répulfioû. Quelque attention que méritent les expériences & lës reflexions de M. maràt fur ce fujet", je n’entrerai dans aucune discusfion fur cet article. En examinant le fyftè'me de M. Apinus, il falloit bien partir de quelque point fixe: j’ai donc admis comme hypothèfe les propriétés du fluide éleélrique que M. æpInu s adopte. }1 me ftiffit, fi je puis faire Voir, ou que de pareilles propriétés n'ont pas lieu pour le fluide magnétique, ou que, fi elles ont lieu, on n'en peut déduire aucune Analogie. Ce que je dis de la non-analogie des deux forces dans çette fuppofition, auroit lieu à beaucoup plus forte rai- ’ fou, s’il étoit démontré que le fluide ÿeefrique ne posfé-
- . de pas les propriétés que M. a p i n v s lui attribue. N. d. TJ
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- £<? l'Aimant comparés aux Corps idioélettr. 159
- qu’ici (c). Le fluide magnétique, au contraire, n’éprouve aucune aétion de la plupart des corps : il n’en eft ni attiré ni repoufle. C’eft encore ce que j’accorderai pour le préfent.
- 30.' Les Corps idioéleéteriques, ou éleétriques par eux-mêmes, font ceux dans lesquels le fluide éleétrique fe meut très-difficilement (d) : les anéleftriques ou conduSteurs font ceux par les pores desquels le fluide éleétrique fe meut avec la plus
- (c) M. æpinu s nç dit pas fi tous les Corps attirent le fluide éleétriqueégalement; mais il admet cettehypothè-fe dans fes calculs S. 30. M. s te ig lesnkr l'admet également [voyez S. 30. de fa Disfertation.] Cependant ce Phyficien paroit établir §. y, que Ce font furtout les Corps métalliques qui attirent .cefluide. M. hxmmee penfeau contraire (p. 431.) que les Corps réfineux & autres pareils , attirent le fluide éleétrique puisfamment en com-paraifon d’autres Corps, comme les métaux p. ex. Voila deux fentimens contraires entre les partifans d’un mêm® fyftème, l’Egalité ou l'inégalité d’atçraélion exercée par dif-férens corps fur le fluide éleétrique, peut avoir -de l’influence fur les calculs, comme il eft aifé de le voir en jettant les yeux fur la formule du §. 30. de la Disferta^ tion de M. steiglehner. N. d. T.]
- (i)M.ÆPiNus ne dit pas par quelle caufele fluide électrique fe meut difficilement par quelques Corps, & très-facilement par d’autres : ce n’eft pas parce qu’il eft trop grosfier, car M. is pin us le nomme un fluide très-fubtil : ce n’eft pas à raifon du plus ou moins de denfité des Corps
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- 160 I. M É M. P. I. S. IÏI. CL IV. Le per
- plus grande facilité, dans lesquels il n’éprouve aucune refiftance (e). Cela pofé, M. æpi-nus établit des principes analogues pour l’Aimant. Les voici.
- §. 90. i°. Le Fer, & les cotps ferrugineux, l’Aimant furtout, font conftitués de forte que leurs particules attirent le fluide magnétique, & en font réciproquement attirées. Ces Corps font d’ailleurs trcs-analogues aux Corps idioéleétriques, puisque le fluide magnétique fe meut en eux avec la plus grande difficulté [a), & même plus difficilement, que le fluide électrique * (*)
- Corps, car les métaux font plus denfes que la réfine , & laisfent néanmoins pasfer le fluide éleélrique très-facilement. M. he mmcr paroit attribuer cet effet à l'attraction même : „ Les Corps réfineux, dit-il [p. 431. ]
- », d’autres femblables font de vrais Coercitifs. Pourquoi ! ,, pareeque, en comparaifond'autres Corps, des métaux ,« p. ex. ils attirent fortement le fluide éleélrique, & con->, fequeinment le laisfent pasfer difficilement. ” N. d. T. ]
- (*) [On peut voir le développement de ces Principes & de ceux du §.90. dans les §. 4, 5, 6, 7 , du Mémoire de M. STEIGLEHNBR.]
- (a) Cette difficulté ne provient pas, félon M. æ pi nu s, de la conformation paiticulière des globules du fluide magnétique relativement à celle des pores de quelque’ corps que ce foit : car ce Phyiicien dit $. 3. o, que le fluide magnétique efl un fluide très-fubtil, & propre à traverfer les pe-
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- fc? P Aimant comparés aux Corps idioélettr. i6i
- que ne fe meut dans les Corps idioéleétri-ques ( b).
- i°. Mais, il n’y a aucun Corps fembla-bleaux Corps anéleétriques ou conduéfceurs: puisqu’il n’y en a aucun, excepté l’Aimant & le Fer, qui attire la matière magnétique, 6c dans lequel celle-ci fe meut très-librement (c), quoiqu’il y ait à cet égard une gra-da-
- pores des Corps quelconques [ Corforum quorumeumque pore permettre aptum]. Cependant il paroit foutenir ailleurs, que U grandeur des pores du Fer contribue à la facilité du mouvement du fluide: car il dit (J. ioj, §. 368, §. 369) que le mouvement du fluide magnétique devient plus libre quand on ouvre les pores du Fer en le frappant» qu’il le devient ausfîpar la chaleur & par l’incan-defcence ( 5.106,366,367 ). M. hemmer foutient ausS (p. 412. n) que la dilatation du Fer par la chaleur, diminue l’attraédon mutuelle de fes particules; 8t par cmféqutnt aufli l'adhérence des globules du fluide magnétique à ces particules: ce qui fait que le fluide peut s'étendre d’avantage dans le Fer &s. N. d. T. ]
- (4) M. ds la cepède eft du même avis, quant i la difficulté que les fluides magnétique & éleétrique é-prouvent à fe mouvoir à travers les Corps ferrugineux , ou idioéleébiques : mais félon lui, ces deux genres de Corps n’ont que très - peu d’affinité avec leurs fluides refpeélifs. Efai fur l’Elcttr. T. 1. p. 4â"49- ci-deffus note a du 5- 41. N. d. T.]
- (r) M. de la cepède a pris le contrepied de ce Frin-
- t
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- ,fe bulrn.P.l.S.'m-Ck.W. Le F*
- lotion dans le Fer même : car le fluide fe m&« plus facilement dans le Fer mol que dans le Fer dur: de forte que le Fer fe rapproche un peu des Corps anéleêbriques (d).
- Voi»
- Principe pour un des fonderacns de fou fyftême. v. note # & note a du 5. 41. N. d. T. ]
- (d) Nous venons devoir que M. aipimoj met le per au rang des Corps coercitifs, & même ( î. 3. y. ) au premier rang: or, quoiqu’il admette une gradation ,& que félon lui le fluide magnétique fe meuve d’autant plus facilement dans le per, que celui-ci -eft plus mol, il ne -va Cependant pas plus loin qu’à dire,, que le Fer mol appro? ,, che en quelle forte d’une reflèmblance avec les Corps „ conducteurs, au moins £ avantage que le Fer trempé :’’ Mais,' M. steislehser range (§. 7.) le For mol au rang des Corps .dans lesquels Je Fluide magnétique trouve pn pairage facile, ou des Conduéieurs. M. hemmer dit aulB (p. 431.) que le fluide magnétique fe meut jr'es-facilement dans le Fer mol, & que celui - ci en eft par conlëquent un Gonduéteur. Voila donc une allez grande latitude dans les Principes: aufii fuppofe-t-on, tantôt que le Fluide magnétique fe meut facilement dans le Fer: tantôt qu’il s’y .meut très-difficilement : en voici des exemples. Si l’on peut facilement aimanter du Fer mol, mais s’il perd presque toute fa force dès qu’on ote l’Aimant , c’eft que le Fluide magnétique s’y meut très'- facilement : ( a et1 i n. §. 86. 87). Si l’Aimant ne perd rien <de fa force quand on s’en fert pour aimanter, c’eft qu’il ne perd rien de fon Fluide : & il n’en perd rien, & lé fer qu’on aimante n’en acquiert plus, pareeque le Fluide
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- fcf ? Aimant comparés aux Corps idioélecir. 16$
- Voila à quoi fe réduit le fyftème de M. epinus; Mais, cet excellent Phyficien 'allègue aucune expérience pour prouver ces rincipes : il ne fait que les avancer, & il fup-Dfe ( e ) qu’on en peut dériver tous les phé-imènes de l’Aimant. Il faut donc que ces rincipes acquièrent leur force & leur demon-ration, de ce qu’on explique parfaitement par ur moyen tous les Phénomènes (/). Mais pour
- agnétique s'y meut trop difficilement pour y entrer ou fortir : de forte que la quantité de ce Fluide cil invalide dans le Fer (S. 93.). On pourrait, citer encore autres exemples. N. d. T. ]
- (f) Ttnlamina Theoritu, §. J. p. i!.' [Il dit suffi 6. qu'il n'a pour but que de faire voir comment : Phénomènes nombreux & admirables de l’Aimant imu être déduits du petit nombre de Principes qu’H >fe, & qui font, dit-il, conformes à l'analogie de la attire. N. d. T. ]
- (f) M. aepinus en convient lui-même: „ il efpère dit-il, p. $. §. $ , qu'on approuvera fon hypothèfe, à caufe de fon accord parfait, tant avec les Phénomènes magnétiques, qu'avec les autres Loix de la Nature, & il eftime que Ce qui ajoute du poids à cette hypothè-fe, c'eft qu'il eft vraifemblable que la Nature produit des Phénomènes femblables par des Caufes analogues, & que l’expérience démontre, Ce dont on ne fauroit douter, que les Phénomènes de l'Aimant font feuibla-,, bks
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- tÔ4 I. mém. P. I. S. III. Ch. IV. Le Fer
- pour examiner ce point comme il faut, il s’agi-roit de discuter en entier le fyftème de M. ae-
- ,,bles à ceux de l'Eleélricité.” On a déjà vu que je fuis fur ce dernier article d’un fentiment très-différent, dont j'expofe les raifons à mefure que l’ordre que noui nous fommes propofé y conduit. Ce ferait au relie une queltion intéreffante , & très difficile, que celle qui confinerait à examiner, jusqu'où l’accord des Phénomènes avec les Refultats, tirés de Principes ferment fippoféi, prouve la -Vérité de ces Principes. M. aepiuus avoue lui-même que l’accord des Phénomènes avec une Hypo-thèfe, ne fauroit nous faire conclure avec certitude qu’o» a trouvé leur vraie caufe : il ajoute néanmoins qu'il croit qu’on trouvera fon Hypothèfe vraifemblable au même degré que l’explication Newtoniene du Syilème da Monde: car, dit-il, cette Théorie ne peut rien alléguer d'autre pour fa démonflration que fon accord parfait a-yec les Phénomènes , & les autres Loix de la Nature.
- Qu’il me foit permis de le dire avec tous les égards que je dois à M. aepinus; fon fyftème eft dans un cas très- différent. Ses Calculs indiquent feulement que tels ou tels Phénomènes peuvent avoir lieu en gros : mais ils ne préfentent nulle part une explication précife de leur grandeur, de leurs circonftances, ni une évaluation des différens élémens. qui concourent à les produire. Ils font à peu près tous fondés fur une fuppofition que l’Auteur avoue n’avoir pas lieu, ( §. 193. j favoir la distribution uniforme du Fluide dans chaque partie de l’Aimant. Il fe prefente d'ailleurs des cas dans lesquels fes cals
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- l'Aimant comparés aux Corps idioéleStr. 165
- pinus, que j’admire d’ailleurs beaucoup ; & c’eft
- calculs indiquent feulement que les Phénomènes peuvent être tels, tu itls, 8c dans lesquels il faut recourir à l'expérience pour trouver ce qu’ils font : tels font p. ex. les Cas des §. 149, & §. 173, où la Théorie laiffe indécis fi l’Aimant attire le Fer pur, & le pôle ami d’un autre Aimant, ou s’il le repouffe, 8e où c’eft à l'Expérience à décider ce qui a lieu, tant pour ce cas que pour le cas éleétrique parallèle. Mais, le fyftème de newton acquiert fa certitude, non parce qu'on y fait voir que les effets peuvent en gros dépendre de l’attraction, mais pareequ’ils fuivent dans leur grandeur, dans leur tirconftances, dans leur perturbations Sec. préciftmcnt la grandeur 8e la combinaifon que la Théorie preferit pour chaque cas : pareequ’ils repondent à un Calcul précis 8c numérique. M. d'alisme eu t a très-bien développé ce point dans la Préface de fon Traité de la précession des Equinoxes: „11 ne fuffit pas, dit-il (p. xxxvu.) ,,'i un fyftème de fatisfaire aux Phénomènes en gros, „ 8e d’une maniéré vague, ni même de fournir des ex-„ plications plaufibles de quelques uns : les détails, 8e les „ calculs précis en font la pierre de touche.” J'ai dit un mot fur ce fujet dans la Préface de mes Tentamina Théor. Uatkcm. de Magoete.
- Il s’en faut au refte, à mon avis, de beaucoup que les explications de M. aepinu* foyent exaéiement conformes aux Phénomènes; outre que fa Théorie laisfe î quartier tous les Phénomènes des Corps Conduéfeurs, qui font une partie confidérable des Phénomènes éleétriques, indépendamment des réflexions que nous venons de fai-
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- \66 I. ué m. P. I. S. III. Ci. IV. Le Fef
- C’eft ce que mon but aflruel ne permet pas (g),
- Je
- re, indépendamment même de ce que cette Théorie rejette l’exiflence des atmosphères électriques proprement ainfi nommées, qui paroisfent fi conformes aux Phénomènes, elle conduit à des Loix de la Nature qu'aucune expérience ne confirme, qui paroisfent même oppbfées à ce qu’on connoit de plus certain, lavoir, que tous les Corps de la Nature fe repousfent, mais que cette repul-fion n'exerce aucun effet que dans les feuls cas où les Corps font eleétrifés ou aimantés. V. $. 3 t. de la dis. fert. de M. steigiehner & la note fbr ce S: & S. 30. 31. de l'ouvrage de M, aepinus.
- Si les réflexions que nous venons de faire ne font pas ëeftituées de tout fondement, ou pourroit douter que l'accord des Phénomènes avec les Principes fuppofés par M. aepinus foit tel qu’il le faudrait pour nous perfua-der de la vérité de ces Principes. N. d. T. ]
- (f) [Il aurait en effet non feulement fallu discuter tous les Principes de l’Auteur, mais examiner encore fi les Calculs qu'il en a déduits contiennent tous les Éle-mens auxquels il aurait fallu faire attention , ce qui nous aurait trop écarté de l’Analogie qu'il peut y avoir entre le Magnétisme & l’Éleéiricité : ce n’eft donc que relativement à cet objet qu'il a pu m’être permis d’examiner le fyflème de M. aepinus; & par là même je trie fuis interdit à peu près tout ufage de l'Examen détaillé dont j’ai fait mention dans la note * de ce Chapitre. Il y * plus: tout le fyflème de M. aepinus forme un enfem-ble : mais l’ordre que je me fuis prefcrit m’a obligé dé n’en faire mention que par parties. Je ne parle ici que de fa comparaifon de l'Aimant avec les Corps idioélec-tri-
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- 15? l'Aimant oonipaHs aux Corps idiofleiïr. i6f
- Je me retrancherai donc à faire les obfemtiorfS fûivantes.
- $. 91. Il femble d’abord que cës Principes ne s’afccordeht pas bien entr’eux. Car M. ae-» pi nos établit,- qu’il n’y a aucun Corps de là fart duquel le Fluide magnétique éprouvé quelque aéfcion. Ce Fluide fe meut dans lé ÿer avec la- plus grande difficulté, & c’eft à èaufe de cela que le Fer eft femblable aux Corps idioélectriques. De plus, il n’y a aucun Corps analogue aux anékétriques. Pourquoi ? parce qu’il n’y en a aucun au travers duquel le Fluide magnétique pafle'très-librement, très-facilement («). S’il ne paffe pas très-librement, il
- triques je parlerai1 dans la SeCtiôn quatrième de l’ufage qu’il fait de fes Principes pour expliquer les attractions 8t les repulfions : & ce ne fera que dans le cinquième que j'examinerai ce qu'il dit de la communication de Forces. J'aurois d'ailleurs dû expofer les principes & la marche de fes calculs : ce qui auroit entraîné dans des détails ex-cesiifs. Mais actuellement le LeCteur eft à- portée d'e» juger, puisqu'il a les principes & les fondemens de ces calculs fous les yeux dans la belle disfertation de M. Steiglehnr k. N. d. T.]
- (4) [Voici comment M. aepinvs s’exprime Tentant: fi. 3. E. ,, On ne connoit pas jusqu'à prefent aucun Corps j**gjSî
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- 168 I. mkm. P. I. S. III. Ch. IV. Le Fer
- pafle difficilement, ou il ne pafle pas du tout; Si la première alternative avoit lieu, fi le Fluide pafloit difficilement par ces Corps, il faudrait les comparer aux idioéleftriques, auxquels on compare le Fer à caufe de cela feul. Ces Corps fe rapprocheraient donc du Fer par cette propriété, & par conféquent,s’ils avoient une fois foutiré le Fluide magnétique, ne feraient-ils pas fcmblables au Fer & à l’Aimant? n’auroient-ils pas la vertu magnétique? (b) ce qui * (*)
- b> agisfant fur le Fluide magnétique ; & qui foit fembla-,,ble aux Corps non-ékétriques par eux-mêmes. Car il ,, n'y a aucun Corps dont les parties attirent le Fluide *> magnétique , & qui lui laisfe un pasfage libre St non », empêché par fes pores”. N. d. T. ]
- (*) [J’entends par-là, que ces Corps pourroient obéir i l’Aimant, devenir magnétiques, comme le Fer, ou l'être d’eux-mêmes. Cela fuit immédiatement des Principes de M. aepinus. Car félon lui, la vertu magnétique du Fer eu de l’Aimant confiftc uniquement en ced (S. 93. 94. Tetuam.), que le Fluide'magnétique eft accumulé dans une des parties da Fer ou de l'Aimant, & réduit dans l’autre au desfous de fa quantité naturelle : état plus ou moins fiable à raifon de la difficulté plus ou moins grande que le Fluide éprouve à fe mouvoir par les pores du Fer ou de l’Aimant. Or, fi les Corps dont nous parlons dans le Texte, réçevoient le Fluide magnétique, ce Fluide feroit repousfé à l'approche d'un lAimant, il s'accumuleroit dans'une partie: ce Corps deviens
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- (f l' Aimant comparés aux Corps idioileiïr. 169
- qui n’a cependant nullement lieu. Si donc il eft vrai que le Fluide magnétique fe meut difficilement à travers les Corps magnétiques, 8c que c’eft la caufe pourquoi ils font magnétiques, on ne pourra foutënir en aucune façon que ce Fluide fe meut difficilement à travers
- tous
- viendrait magnétique, 8: cet état ferait durable à caufe de la difficulté qu'on fuppofe que ce Fluide éprouverait à fe mouvoir dans le Corps. Ce Corps même ferait toujours magnétique, puisque le Fluide qu'il contient exercerait toujours fa force de repulfion, fans être troublé par l’attraéüon du Corps qui, dans l'hypothèfe, eil nulle. Et qu’on ne dife pas que ces Corps différeraient réellement du Fer ou de l'Aimant en ceci, qu’ils n’attirent pas le Fluide magnétique: car cette attraction n’a aucune influence ici: cet élément n’entre pas dans les formules de M. aepinus, dont il eft queftion aéluellement : cette attraétion ne fert qu’à établir l’état naturel du Fer, état qui n’a pas lieu ici : & par là même ces Corps agiraient plus puisfamment que le Fer: Car, en adoptant les formules du §. 10. de M. aepinus ou des §. 9. & 10. de M. steiglehner, que le Fer, & un autre Corps contiennent l’un & l’autre la quantité de Fluide Q : foit R la repülfton du Fluide : A l’attraction du Fer fur le Fluide : Le Fer n'agira pas, à caufe de A-R a o: mais le Corps agira avec la force — R. Si la quantité de Fluide devient Q+q. le Fer agira avec la force------ " : & le Corps avec la force
- -----R (Q+q) donc plus fortement. N. d. T.]
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- 170 I. m É m. P. I. S. III. Ch. IV. Le Pet
- tous les autres Corps qui ne font pas magnéti* ques.
- §. 91. Dirons nous donc que le Fluide magnétique ne pafle jamais par ces Corps? Si l’on foutient ce point, il faudra foutenir ausfi que le Fluide magnétique ne fort jamais de l’Aimant ou du Fer, lorsque cëüx-ci agisfent fûr d'autres Corps} puisqu’il eft certain que cette aéfcion a lieu avec la même facilité & la même energie quand on interpoferoit les Corps les plus denfes (a). C’eft ausfi ce que M. ae-? 1 n u s foutient ( b ), & il penfe que le Fluide ma-
- (a) [On peut confulter les Expériences de M. mus-scHENjBHOEK, Dijf. de Uagnete, Exp. 24. 25. p. 60. & celles des Phyfîcieris de Florence. Tentam. Acad. Fier. P. II. p. 175. feqq. N. d. T.]
- (b) Tentam. §. 275. 6. 7, Coll, cum §. 93.4. [M. AE-pinus foutient ceci pour l’Aimant dans le fens le plus ftriét ; & ce que nous venons de dire §. 91. note h fait voir combien cela étoit néçeffaire pour fon fyllème. H foutient la même chofe pour l'Éleétridté, favoir, que la matière éleétrique ne conftitue pas d'Atmosphère électrique autour des Corps éleétrifés : mais il y a à cet é-gard félon lui ces trois différences entré l'Élcélricité & le Magnétisme: l°. Le Fluide éleétrique ne fort jamais de quelque Aimant, ou de quelque Fer individuels que ee fou; mais il eft des Phénomènes éleétriques qui dé-
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- fc? V Aimant comparés aux Cérps idioéleffr. tyt
- magnétique ne fe trouve jamais hors du Fer 8c de l’Aimant j (e) qu’il rcfte renfermé dans ceî deux
- pendent d'un pasfage aéluel du Fluide éleéfrique d'uni Corps dans un autre : x°. Le Fluide éleéfrique peut être accumulé dans un Corps au delà de la quantité naturelle , ou il peut en être épuifé, ce qui n’a pas lieu pour l’Aimant : 30. 11 peut y avoir un écoulement de Fluidt éle&rique hors d’un Corps éleétrifé, ce qui n’a pas lieu pour le Fer. Différences d’effets qui, félon M. aepi-mu s, proviennent uniquement de ce que le Fluide magnétique fe meut dans le Fer avec une extrême difficulté, laquelle eft beaucoup plu6 grande que celle que la Fluide éleétrique éprouve dans les meilleurs Corps coercitifs. N. d. T. ]
- (e) [Si le Fluide magnétique ne fe trouve jamais hors du Fer ou de l’Aimant, & s’il eft contenu dans ces deux Corps, il faut qu’il n’en forte jamais, & qu’il y ait une caufe qui l’y retienne. M. aepinus trouve cette caufe dans l’extrême difficulté avec laquelle le Fluide fe meut dans le Fer §. 86.87.91.93. 94. Mais il fera facile de faire voir que cette caufe eft infulfifante. Soit donc (y. stei«i.ehner §. 10—17.) la quantité naturelle de fluide dans le Corps BCÀD (Fïg.xi.) xQ: Que ce Fluide foit accumulé dans la moitié VCAE, de façon a y être Q+7 : & diminué dans la moitié B V E D de façon à n’être que Q—*. Soyent R & R' les repulfions que ces Fluides exercent fur les particules T & 11 on aura pour la repulfion de T vers H, yR-«R';
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- 17a I. mÉm. P. 1. S. III. CA. IV. Le Fer
- deux Corps, & que tous les Phénomènes font produits par le feul mouvement du Fluide dans le
- pour l’attraéiion de la particule t,«R—gR' : & pour la
- Q
- repülfion de la particule F fituée au milieu du Corps, vers t, R. Il fuit de là, qtte s’il n'y avoit aucun
- T-
- obftade, les particules en F s'écouleraient vers t ; que la particule T s’écoulerait hors du Corps, 8c qu’il en ferait 'de même pour toutes les particules lituées à la fin-face V C A E. Suppofons que la difficulté que le Fluide éprouve en traverfant le Corps foit un obftacle à l’Ecoulement en F : nous verrons ti-deffous S. 93. note b ce qui en eft. Mais, où eft l’obftade à l’écoulement par T ? S’il s’agiffoit du Fluide éleétrique, on en trouverait un, en appliquant à la furface du Corps BCAEun Corps coercitif, cas que M. aepinus avoue lui-même §.13: mais il n’y a pas de pareils Corps pour l’Aimant ou le Fer même ; or ceux-d troubleraient l'aétion. Ce ne fauroit être l’attraéiion même du Corps B A fur le Fluide : car lorsque le Corps eft dans fon état naturel, chaque particule eft autant repouffée par le Fluide même , qu’attirée par le Corps. La repullion augmente en augmentant le Fluide, mais l’attraéiion du Corps eft invariable. La particule T eft donc attirée avec la même force que ci-devant, mais la repülfion au lieu d’être R, comme il le faut pour être en équilibre avec l’attraction , eft plus grande que R de la quantité gR—uR' -
- Q
- donc la particule T doit réellement être repouffée &i fors
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- .6? VAimant comparés aux Corps idioéIt8r*t'Z$
- le Fer, & dans l’Aimant (d). Il employé donc des attrapions & des repulfions proprement
- fortir du Corps: rien ne la retient: il fe fera donc né-cesfairement un écoulement du Fluide magnétique: rien ne fauroit l'empêcher, mais on peut empêcher celle du Fluide éleétrique.
- Il y a plus : la particule F eft repouffée vers f : S'il y avoit en F un obftacle invincible, cette particule ne fe meuvroit pas vers F, mais fa repulfion ne cesferoit pas : fon aéfion reflueroit donc fur les voifines L &c., ce qui ne peut qu augmenter l’écoulement du Fluide en T : il fe-roit donc d’autant plus grand qu'on fuppofe l’obftade en F plus confidérable, Il eft donc imposftble, même félon les Principes employés par M. aepinus, que le Fluide magnétique ne fe trouve pas hors du Fer & de l’Aimant. N. d. T.]
- (d) [Remarquons encore la différence, 'ou plutôt la contradiction, qui fc trouve entre les Condufions que différens Phyfidens tirent des mêmes Faits : Selon M. aepinus le Fluide magnétique n’exifte jamais hors du Fer ou de l’Aimant; Sdon M. bkugmans, il y a bien une Atmosphère de Fluide qui entoure l’Aimant & le Fer, mais elle ne peut être que dans un. repos parfait ; [Tentamina prop. il.] Selon M. fuis au contraire, qui a fuivi en cela la plupart des Phyfidens, & furtout M.1 euier dont il adopte la Théorie, les Phénomènes de l'Aimant ne peuvent s’expliquer que par le mouvement progresfif du Fluide magnétique, v. fes excellentes Obftr-y as ions fur Us Aimant artificiels, inférées dans les Alla Ps-trepelitana pour 1778. Tom. a. p. 35. dp L’Hiftoire, N. d. T.]
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- î. mém. P.l. S. III. Ch.IV. Le Fefi
- ment ainfi nommées (e). Mais, commentrdc* montrera-t-on que ce Fluide, s’il exifte, ne fe trouve jamais hors du Fer & de l’Aimant? Je neconnois pas d’Expérience qui indique ceci direftement, ni indireélement, 8c M. ae-Ç i nus n’en allègue aucune (/).
- 5- 93-
- I' («) [M. aepinus les employé par rapport à l’Aimant : car il cft du refte fort éloigné de regarder les attractions 8s les repulfions comme des forces inhérentes : il eft fi -convaincu du contraire qu’il avoue, que fi l’on dcmontroit jamais que l’attraétion ne peut être produite par impulfion, il fer oit obligé d’avouer qu’elle dépend fie l’action d’êtres immatériels. Tentam. p. 7. N. d. T. J <f) [-Nous avons vu Ci deffus (note c de ce §.) que, même en admettant les fuppofitions de M. aepinus, On eft obligé d’avouer -qu’il fe fait un écoulement du Fluide magnétique hors des Aimans, 8c qu’ainfi il doit y avoir d’autres Corps que les Corps ferrugineux, qui en contiennent. Mais füppofons que nous nous foyons trompés là desfus, 8c füppofons que les Corps ferrugineux feuls contiennent du Fluide magnétique. S’ils en contiennent, ils en auront toujours contenu, 8cla quantité en aura toujours été la même, quelque changement que ces Corps ayent pu fubir. Mais il y a (v. ci-deffus 36. note a.) des Mines de Fer refraélaires qu’on ne fau-toit aimanter avant la Calcination. Il faut néanmoins qu’elles contiennent dans cet état du Fluide magnétique, puisqu’elles en contiennent par la fuite, 8c que le Phlo-giftique qu'on y ajoute dans la Calcination, n'en eon-
- •tiçnt
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- £s? P Aimant comparés aux Corps idioêleStr. 175
- §. 93. Mais revenons à la difficulté que le Fluide magnétique éprouve en fe mouvant dans le Fer. Quelque mol que foit celui-ci, ce ne fera cependant qu’avec quelque difficulté que le . Fluide s’y meuvra: mais fi cela eft, il faudra quelque tems pour qu’on puisfe s’apper-qevoir ,de fon aélion. Cependant le Fer acquiert la vertu magnétique dans le moment même qu’il eft placé dans l’atmosphère magnétique : il perd en grande partie les forces qu’il a acqui-fes au moment même qu’on l’en éloigne, & fans aucun, delai. A la vérité plus le Fer. eft épais,
- tient pu. Mais fi ces mines contiennent du Fluide magnétique , &' néanmoins n’obeiffent pas à l'Aimant ; il faut que ce Fluide éprouve dans ces mines une beaucoup trop.grande refiftance pour y pouvoir être mu, par l’action des vigoureux Aimans qu'on employé: que cette difficulté foit beaucoup plus grande qu’elle ne l’eft après la Calcination : qu’elle le foit beaucoup plus qu’elle ne l’eft avant la Calcination dans les Mines refraétaires-, puisqu’on peut aimanter celles-ci : ou il faut que le Phlogifti-que, qui fe combine à la baze du Fer, qui développa celle - ci, & la rend Fer parfait, foit aufii un des Éle-mens du Fluide magnétique, e^j développe la baze, & le rend pour ainfi dire Fluide, magnétique parfait : Ces fuppofitions.font des fuites néceffaires du Principe admis: mais y a-t-il la moindre expérience, le moindre fait, qui vjeniif à l’appui de pareilles aliénions ? N. d. T. 3
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- «?5 I. m É M. P. I. S. III. Ci. IV. Le Fer
- épais, & plus il eft difficile de lui communiquer la force magnétique, plus il faut de tems pour celà, comme il eft prouvé par les Expériences de M; MUSSCHENBROEK («). Mais le contraire a lieu dans un grand nombre •de cas, même en employant de l’acier. Enfin fi l’on approche un Aimant d’un autre Aimant, les forces de celui-ci font augmentées ou diminuées fur champ: elles changent derechef fans delai dès qu’on ôte l’Aimant. Pour mieux juger de ce fait, j’ai fait l’expérience fiiivantc.
- Expkr XLIV. Je place un Aimant à quelque diftance d’une Aiguille -, je marque de combien de degrés elle eft détournée du Méridien : enfuite j’ôte l’Aimant.
- J’en place un fécond derrière le premier} & après avoir ôté celui-ci, je note de combien de degrés l’Aiguille eft détournée.
- Enfin j'employé les deux Aimans à la fois. S’il ne fe fâifoit aucun changement de forces, la déviation de l’Aiguille devrait être égale à la fomme des deux forces précédentes, légitimement exprimées par les tangentes : mais elle eft plus grande : donc les forces s’augmentent d’abord ôc fan# delai en employant les pôles
- M [Difirt. it Ex;. 31. ftqq. N. d. T. J.
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- & f Aimant comparés aux Corps idiùéliRt. 177
- les amis. On obferve une diminution de for* ces, fi l’on applique les pôles ennemis l’un à l'autre (b),
- 5- 94*
- (h) Voici l’objeftion que M. hemmer fait contrel» eonféquencc que je tire de ces expériences: ,, Que ljs ,, Fluide magnétique puiffe être mis en mouvement dans ,, un moment, même dans le Fer dur, cela ne prouve ,srien: la même Chofe h'a-t-elle pas lieu pour le Fluide ,, éleélriqüe, même dans les Corps réfmeux 8c d’autre* „ pareils, lorsque la piysfion efi a/fez forte ? & cependant „ ces Corps font de vrais Coërdtifs, pareequ’ils atti-,, rent fortement le Fluide éleélriqüe en comparaifon dft ,,ce que font d’autres Corps, comme les Métaux p.
- ,, ex." .... F-xaminons cette objeélion dans fes dciuc
- parties, 8c fortifions les raifonnemens- du Texte.
- i°. La difficulté que le Fluide magnétique éprouve à fe biouvoir dans les pores de l’Aimant eft telle que fi la force (9-1-«) R ( §. 9a. me c), avec laquelle le Fluide
- —q
- F s’écoule vers T, & tend par conlëquent à fe remettre dans fon état naturel, 8e à détruite la force de l’Aimant , eft petite, cet écoulement eft détruit, ou fe fait du moins fi lentement que ce n’eft sqfi apres tri/ - Imprévu qu’il en rcfulte un affoibliffement de Magnétisme fenfi-ble. Voilà le Principe que M. k pin os établit à peu-près en autant de termes dans fon 5. 86. Or, fuppo* fant pour un moment que le fait que ce Pbyficien allègue én preuve de ce Principe, fa voir, que les Aimans naturels 8c artificiels éprouvent à la longue un affoibliile-went
- X « M E I.
- M
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- (^8 I. mb m. P. I. S. III. CL IV. Le Fer
- §. 94. Ce prompt changement de forces eft
- ment de force, foit fuffifamraent avéré & ne provienne pas d’autre caufe (v. ci-delTous §. 98. met), il en refusera, félon M. apinos , que la refiftance que la fub-ftance de ces Aimans apporte au mouvement du Fluide, eft très-confidérable, puisque ce n’eft qu’à la longue que ces Aimans s’affoibliffent : il s’en fuivra encore, que ' plus le Fluide approche de fon état naturel, c. a. d. plus l’Aimant eft foible, & plus il faudra de tems pour effectuer cette diminution de forces. Donc ausii plus on employé une force foible, & plus on aura de peine à faire mouvoir ce Fluide dans un acier trempé p. ex, car il revient au même que ce foit la force (y -f-«) R qui
- Q
- produife ce mouvement, ou une force étrangère égale à celle-là. Si donc on a un acier pur, & qu’on employé un Aimant très - foible, ou agiffant de très - loin, celui - ci détruira foiblement l’équilibre naturel du Fluide magnétique, contenu dans l’Acier : ce fera donc une force très-foible qui mettra ce Fluide en mouvement. D faudra donc, en vertu du Principe admis, un temps tr'tt-fc»».pour que ce Fluide puiffe vaincre la refiftance que l’acier oppofé à fon mouvement : mais cette Conclufion eft abfolument contraire à l’expérience : car un Aimant, même foible, & approché de très-loin à une Aiguille d’acier extrêmement dur, qui nage fur l’eau, l’attire fur le champ : il ne fauroit l’attirer qu’il ne l’aimante ( point capital, avoué & prouvé par M. * pin us) : il ne fan-roit l’aimanter qu’il ne mette le Fluide de cette Aiguille en mouvement, qu’il ne l’accumule dans une partie, & ne le diminue dans l’autre : car c’en en cela que l’aétion ft’ai-
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- PJimatH comparés aux Corps idioéleSir. 17^
- eft d’ailleurs prouvé par les belles expériences de
- d'aimanter copfifté félon M. spin us. Une très - petite force vainft donc fur le champ, & en ùn moment, une refiftancé qu’elle iie deVroit vaincre feloii la Théorie qu’après un long intervalle de temps. Le même raifon-hement à lieu poifr lés expériences alléguées dans lé Tarie. Celles - ci foftt donc voir qu’il ti’eft pas vrai que le Fluide magnétique éprouve une tr'et - grOnde difficulté à fe mouvoir dans l’acier du dans l’Aimant, & par confé-quent que ces deux Corps ne fauroient être noihmés dé viais Coercitifs dü Fluide magnétique. L’objeéiion de M. heMMES,- lequel avoué l'inftantanéité du mouvement,' pourvu que là presfidn fiit ajftz. grands, né porte donc pas Couppuisque cét effet eft produit par une petite force, far une forcé plus petite què' telle qui, félon liî. *ri-ùü’s, ne' produit cet effet qu’après un très-long rems.
- i°. Fonr ce qui éft dé l'expérience éledrique parallèle , à laquelle M. h e St m e r recourt > il dte les expériences du P. BECCARIA fin V Electricité Vingerejfe, Scies1 fie'nnes propres inférées dans les Mimoiris dé 1‘Academie de ManhcbHi Tome 4. p. ni. 11 S’agit dans ces Expériences d’un EteftrüphOie excité qu'on ifolè th le plaçant fur un' plateau de Verre : ce plateau fur un gateau de fouf-fre : celtti-d fur un disque de bois fec : ce disque fur lin gateau de refinei enfin celtti-d fur Une laine de metaf; En touchant cette lame 8c le Chapeau de l'Eieélropliore, en même tems, ou tire des étincelles tant en élevant qu'en remettant le chapeau : tout comme fi on fouchoit le chapeau 8c le plat de meta! qui contient le gateau de l'Eleckophore: preuve d# M. Remuer que le Chapeau
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- x8o I. mém. P. I. S. III. Ch. IV. Le Fit; v
- de M. a e p i n u s lui-même fur la propulfiôn du centre magnétique (a).
- J’A-
- cliargé pouffe le Fluide éleélrique à travers quatre Corps coërcitifs. Ce n’eft pas ici le lieu d'examiner cette expérience dans tous fes chefs, mais en l’accordant, il en refu'tera qu’une grande force éleélrique fait mouvoir le Fluide éleélrique à travers quatre Corps qu'il traverfe avec quelque difficulté en comparaifon d’autres Corps, au lieu qu'il s'agit dans mes expériences d'une petite force & du Fluide magnétique, qui, dans le fyftème que nous examinons , fe meut avec une extrême difficulté dans l'Aimant ou l'Acier trempé , avec une beaucoup plus grande difficulté que le Fluide éleélrique ne fe meut dans les meilleurs Coërcitifs. Il n’y a donc pas de comparaifon. J1 en dis autant des Expériences de M. beccaria fur la perte ou le recouvrement de forces qu’éprouve celles des furfaces d’un carreau chargé qu’on a dégarnie. Je nomme la force qui agit dans ces cas, une grande force, car on fait combien l'armure agit puisfamment fur le carreau : o» fait combien la Bouteille fe charge difficilement & foi-, blement quand elle n'ell pas armée, ou quand elle ne l’eit que dans quelques’points : fujet fur lequel M. jel-gersmaa fait des expériences très-intéresfantes dans fon Traité de Qçtibusdam tagevae Leidcnfts Phaetçomenis. Traneq. 1776. 8vo. voyez ausfi la cinquantième expérience de M. marat Rtcherches &C. p. 75. N. d. T.]
- (<j) [Tentam. Theor. F.leClr. e? Magn. §. 183. feqq. J’ai fait moi-même quelques expériences fur ce fujet §. 49. de mes Tentamina Tltor. Math, de Phaentmtnis magneticitj N. d. T.]
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- y l'Aimant comparés aux Corps idioêleftr. i3i
- J’ajouterai enfin, que j’ai trouvé depuis peu par des expériences très-nombreufes & très - certaines, que les forces des barreaux d’acier aimantés, même des plus dure, font tellement variables , qu’elles changent à tout moment. Mais, je ne faurois préfenter actuellement mes recherches à l’Académie, quoique je pufle foumettre plus d’une centaine d’expériences à fon jugement (b).
- A u contraire, fi l’on place un Corps élec-trifé fur des Corps idioéleftriques., ceux-ci n’en acquerront pas l’Eleâricité (c).
- §• 95-
- (6) [Là raifon en eft que ces Expériences étoient conlignccs dans mes Recherches fur Us Aiguilles amar.tées, couronnées par l'Academie de Paris en i777> & que ce Mémoire auroit pu paroitre avant que l’Academie de Bavière eût porté fon jugement fur la préfente disfertation. v. §. i7i---a8o de ces Recherches imprimées dans le Tome VIII. des Mémoires préfentés » l'Académie par des Savant Etrangers. Ou trouvera d'excellentes Expériences fur ce fujet dans le fécond Tome des Voyages de M. le Pro-feffeur de sausscre. N. d. T.]
- (e) [M. hemmer place cet article au rang d« me-prifes qui fe trouvent dans cette Seélion, & dont il ne nous refte plus qu'à examiner celle - ci. Voici l'objeétion „ Qu’on tienne un verre bien net & bien fec, ou un bâton „ de fouffre 8cc., contre Je conduéteur éleétrifé, on trou-
- M 3
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- *8» I. MÉ m. P, î. S- III. ÇA. IV- Le Ftr
- §. 95. O n ne fâurôit dojK foucenir que le Fluide magnétique fe meut avec une extrêma difficulté par le Fer, & par l’Aimant} aq moins n’y a-1-il aucune expérience qui le démontre. On ne peut donc pas comparer à cet égard le Fer aux Corps idioéleétriques (a).
- IL*
- ,, vera que ces Corps deviennent électriques, ce qui eft contraire à ce que l'auteur avance.”
- Je fais bien que ces Corps donnent dans ce cas des lignes d’ÉleClricité : mais ils font plus dus à la furface , & à l'Air ambiant, qui n’eft pas un coercitif parfait. Le fupport coercitif d'pn Conducteur attire ordinairement un leger duvet, tant par la raifon que nous venops d'al-lèguer, que par ce qu’il eft dans une Atmosphère électrique: mais rifoiement prouve que les ifolôirs ne deviennent pas électriques dans toute leur masfe par le contaCl de Corps éleétrifés : au contraire de ce qui a lieu pour le Fer, qui devient magpétique dès qu’il eft en con; taCl avec un Aimant ; ou d’un autre Aimant » dont les forces augmentent ou diminuent dans le meme pas, & fur le champ, & par toute la masfe. Il fuffit même qu’ils foyent placés dans une atmosphère magnétique, l^e faqt-il pas au contraire, pour charger un carreau, lartner comme il faut, C. a- d. y appliquer une doublure qui y tasfe pénétrer le Fluide électrique par. une infinité de points à la fois, & conféquemment avec une grande force. N. d- T- ]
- (a) [Quelque Théorie qu’on veuille admettre, les phénomènes de l'ifolement, ceux de la charge d’un carrai1; ( ?*•) prouvent qu'il eft des Corps que le Fluide
- Ckç-ï
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- & l'Aimant comparés aux Cbrps vdioéioflr. 183
- Ils fembleroie'nt, à la vérité, pouvoir être comparés enfemble en ce fens,. que, comnie toute la force éleétrique qu’on.obfcrve dans lqs Corps condufteurs. .provient des Corps idioér leéfcriques, & que. ceux! - ci font la fource de toute Eleétricité : de même ausiî tout le Mar gnétisme du Fer provient de l’Aimant, ou du Fer déjà aimanté, de forte que l’Aimant pa-j-oit être la foyrce_de tout Magnétisme. Mais une pareille comparaifon eft trop vague, & trpp indéterminée pour pouvoir être d’aucun nfage: En effet on pourroit dire de même, 8c avec autant de droit, les Corps idioéleéh-iques font là fource de toute Éleétricité : le Soleil eft la fource de toute Lumière : donc le Soleil peut être comparé aux Corps idioéleétri-que* (b).
- §. 96.
- éleétrique traverfe arec peine : .qui en font des coèrciiifs plus ou moins parfaits. On. peut donc admettre comme un .fait, qu'il y a des, coercitifs du Fluide éleétrique : mais nous ayons vu S. 9*- 93 » que l’Aimant n’eft pas dans le même fens un coercitif du Fluide magnétique. N.d. T.] (S) [M. steigiehner attribue l'Éleétrkité & le Magnétisme à tou* les Corps de cet Univers, à toutes les Planètes 8tc. mais c’eft fur des fondëmens très diffc-rens de ceux dont je parle ici: Voyez les §$. 91. 93. de fe Disferution. N. d. T.]
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- t84 I. MKM. P. I. S. III. Ch. IV. Le Fer
- $. 96. L’analogie de l’Ele&ricité & du Magnétisme ne paroit donc pas fort folide par rapport aux Corps idioélcéfcriques, puisqu’il n’y a aucune expérience qui prouve que l’Aimant agit fur le Fluide magnétique de là même maniéré que les Corps idioéleétriques fur le Fluide éleétrique (a). Il n’y a cependant au-
- (a) [En 11e s’arrêtant qu’aux faits, l'Expérience me paroit prouver qu’il y a des différences dans ces a étions. Voici les principales. i°. Que l’Aimant conferve plus longtems le ïluide magnétique dans la dispofition qu'il le faut pour être Aimant, que les Corps éleétrifés ne confervent le Fluide éleétrique dans l’état requis pour être éleélriques : a®. Que l'Aimant poflede toujours le Fluide magnétique dans l'état requis pour avoir deux forces oppofées: au lieu que les Corps eleétrifés portedçHt le Fluide éleétrique de façon qu’un fcul & même Corps peut être ou entièrement pofitif, ou entièrement négatif, ou doué des deux forces. Ces différences proviennent dans le fyftème de M. abpinus, de ce que le Fluide magnétique fe meut beaucoup plus difficilement dans les Corps ferrugineux que le Fluide éleétrique dans les Corps coërcitifs :& alors il s’y joint encore une troi-fième différence, que M. hemmer admet lui-même immédiatement après avoir dit que M. aepinus a eu raifon d’établir une grande analogie entre l’Éleétritité & le Magnétisme, à l'égard des Corps coërcitifs; c’eft que le Fluide éleétrique parte d’un Corps dans un autre, ce que le Fluide magnétique ne fait pas. N. d. T,]
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- y l'Aimant comparés aux Corps idioêleHr. 18$
- aucune oppofition à cet égard ; car il eft certain x°. 'que l’Autant retient lé Fluide magnétique , s’il exifte j comme les Corps idioélec-triques retiennent le Fluide.-éle&riquc (b).' a0. Que le Fluide élèéfcriqùe n’éprouve pas dans tous les idioéleétriqües la même difficulté de fe mouvoir}- qu’il y en a, comme l’huile, dans lesquels il fe meut moins difficilement : ce qui paroit affez femblable à ce que nous venons de dire, que l’Aimant fubit affez facilement un changement de forces (c).
- Mais, quand même il en feroit ainfi, que proüve cëtfe Analogie? 'Rien, fi ce n’eft qu’il ÿ a quelques Corps, qui retiennent un certain Fluide, qui en font les coercitifs, mais en différons degrés: qu’il eft, d’un autre cote, un Corps unique, qui retient un autre Fluide, ( le magnétique,)' qui en eft le coercitif, mais non dans la plus'grande energie (d). Cependant il fe
- - (b) [ J’ai .Amplement voulu dite, que ces deux genres de Corps renferment chacun un Fluide, & par conféquent qu'ils font doués d'une forcé qui retient ce Fluide dans leurs pores, de quelque façon que ce foit. N. d. T.]
- (c) [Je fuis plus convaincu que jamais que ce n'eft là qu'une reffemblance apparente & irompeufe. N. d. T.J
- (d) [Je m'en rapporte aux Expériences du §. 93. & à la note b de ce §. N. d. T. ]
- M 5
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- *86 l.MÉM.P.I. éUlI. C/i.IV. LeFtr
- fe préfente dés l’abord cette différence, ,qu'iJ, y a des Corps qui attirent, qui conduifept 1© Fluide électrique, & qui, ausfi lpngtpmij qu’ils le retiennent, font entièrement fembla-bles aux idioéle^riques) mais qu’il n’en eft point-qui attirent le Fluide magnétique (e), Je ne vois donc pas qu’il refuite .de cette Analogie, fuppofé qu’elle ait lieu, une véritable reflemblance. On pourrait faire yn parçil rai-fbnnement pour la Lumière, Se peut-être pour le Feu (/),
- §• 97-
- (e) [M. abpinus a fenti lui -même çeqe.^différence : voici comme il s’en exprime dans le 5- 4-, de fes Ttntamina. ,, Je fuppofe que ces Fluides éleétrique & ma-,, gnétiqüe font doués de propriétés très - différentes ik 3* qui ne fauroient coexifter dans .ira ftul 8c ’jhéme fujet :
- la • principale & la plus remarquablç dçs ées pro-O priétés cil que la matière éleélrique eft attirée par tons ,,les Corps fqui nous font connus, jusqu'ici, & qu'au ,, contraire le Fluide magnétique n’éprouve aucune ac-',,fioü dé la plupart'dé ces Coïps : excepté diTFèr reûl." Il cil encore d'autres différences , que nous avons énumérées dans la note a: or, ces différences ne font pas accidentelles mais Cffentklles , puisqu’elles • refukent de la manière même dont ces Fluides agissent fur les «Corps. N. d. T.]
- (/) [M. rammacabi regarde le folell & le Fer compte des Corps -originairement & naturellement éleétri-
- qws,
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- $ VAimant comparés aux Corps idïoélectr. jUjt
- §. 97. M a i s j quand on fuppoferoit que le Fer & l’Aimant font des coercitifs du Fluide jnagnétique, il faudrait rechercher encore s’ils fuivent dans cette fonétion les mêmes Loix que les Corps idioéleétriques par rapport au Fluide électrique. Nous avons déjà parlé (§. 45. §. g. note c) des différens degrés.de puis-fanGe coercitive. On y peut ajouter ce que nous avons dit çi-deffus des moyens par lesquels les Corps coercitifs font changés en conducteurs (§.-ï7; feqq. §• 40.), 8ç de ce quia lieu à cet égard pour le Fer. Nous avons ausfi diç un tnot de l’ignkion (§• 73 •) : ajou* tons y quelque çhofe de la chaleur.
- §. 98. M. c a n t o n a trouvé que les for-» ces magnétiques font affaiblies par la chaleur, & rétablies; par le froid (a). M. ço-lepr-ess avoit déjà fait voir longtems auparavant, qu’un Aimant mis au feu, & fort échauffé, eft beaucoup affoibli ; puis qu’il recopvçe fçs forces au
- ques, fans avoir été excités. Taitmmna de Vi Eliéirù*.
- f. 6. N. d. T. ]
- («) p/iiiofepA. TranfaH. VoL LI. fart. L p. 40a,
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- 188 I. MBM. P. LS. III. CA. IV. Le Fer
- bout de trois ou quatre jours (b). M. Musse hen-
- (i) PhUofifh. Tranfacl. N®. 27. Vol. I. p. 501- [Cet effet n'cft - il pas directement oppofé au fyftème de M. aepinus ? Si l’Aimant s’eft affoiBÜ dans le Feu, ce fera, félon M. aepinus, (v-çi desfus f. 90. note 4) pa-ccque le mouvement du Fluide eft devenu plus libre, & qu’ainfi celui-ci aura pu obéir à la caufe dé-ft.uftrice interne ,'favoir l'écoulement du Fluide magnétique du coté pofitif dans le coté négatif : ( v, 5. 91. r. §. 93. b.) écoulément qui remet le Fluide en équilibre, & dans fon état naturel. Mais le Fluide une fois remis dans cet état, ne fauroit en fortir de foi-même, & s’accumuler dérecbef dans une partie de l'Aimant, ce qui doit cependant avoir eu lieu ici, puisque l’Aimant a recouvré fes forces. Cet effet a donc dû avoir quelque caufe externe : mais il n’jr en a aucune que le Magnétisme terreftre: fi celui-ci a produit l’effet en queftion, il ne peut l'avoir produit qu'au cas que l’Aimant ait été placé à peu-près dans le Méridien magnétique, fon pôle boréal tourné vers le pôle boréal du Monde : Mais s’il peut produire en ce cas un effet ausfi confidérable ( que de forts barreaux peuvent produire àusfi v. aepinus §.173.) il pourra produire un effet contraire" fi l'Aimant eft placé dans une iïtuation oppofée, comme des barreaux aimantés le produifent ausfi en ce cas (v. çi - desfous •§. 206, & aepinus S. 359. 360.). Or, fi cela eft, c’eft très certainement à cette caufe qu’il faut attribuer l’affoiblis-fement fpontané & naturel des Aimans que M. aepinus allègue en faVeur de fon fyftème (v. çi desfus 5. 93. note b) Sc non à la caufe interne de deftrnction gratuitement fup-
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- fc? l'Aimant comparés aux Corps idioêUftr. 185
- schenbroek (c) a expofé pendant cinq heures un Aimant â un feu très-violent: & il a trouvé qu’étant refroidi, cet Aimant ne pou-yoit pas attirer la limaille de Fer, quoi-, qu’il agifloit un peu fur une aiguille de fix pouces, à la diftance de fix lignes.
- Le feu change donc l’Aimant, tout comme quelques Corps idioélectriques, mais il ne lui ôte.pas la facilité de recevoir la force magnétique: car M. lemery a trouvé que la poudre d’un Aimant ainfi calciné eft attirée par un autre Aimant (d). Si donc le Fer étoit un Conduéteur, l’analogie feroit plus admisfible entre l’ Aimant 8c les Corps idioéleétriques.
- §. 99. Il paroit donc, fi je ne me trompe,
- fuppofée par ce Phyficicn: Et ce qui prouve que cette caufe externe eft ici la feule véritable, c'eft que cet affoi-blisfement fpontané des Aimans n'a lieu, que lorsqu'ils hc font pas placés dans la fitüation convenable. M. ab-ptnus en a eu lui*.même qui n’ont rien perdu de leur force pendant fix mois. N. d. T.]
- (c) Dijfert. de Magncte p. 71. Exp. 29.
- (d) Mem. de l'Acadunie 1706. p. 135. [M. mui-schenbrobk a trouvé la même chofe dans fon cxpé-sience, citée note c. L’Attraélion de l’Aimant fur cette poudre étoit très-forte; & fe faifoit déjà à la diftanï cç de deux ou troj? polices. N. d. T. ]
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- i<p I, ni». P. I. S. III. Ci. IV. ttTüf
- pe} qu’on peut en un certain fens comparé!1 F Aimant aux Corps idioéleétriques, mais quef cette Analogie n’eft fondée fur aucune Expé« rience directe, & qu’elle n’eft pas dé nature à indiquer une véritable l'eflemblancc entre l’É-leéhicité & le Magnétisme (<*). Rien ne ptau-
- (4) [Nous avons vu dans les §§. précédent, & dans les notes fur ces $$. combien cette analogie eû foiblé: elle n’eft qu'une pure fuppofition, & à la quelle les Phénomènes ne font pas conformes. La force de l’Aimant n’eft due, dans le fyftème de M. aepinùS , qu’à l’ac-cumulation du Fluide dans une de fes parties, & à fa di. Jninution dans l'autre: l’Aimant ne feroit donc pas nrt Corps dont l’état fut ifentielUment fiable, puisqu’il y au-ïoit toujours une caufe externe (l'écoulement du Fluide d'une partie dans l'autre) & deux caufes externes de de-ftruétion ; fav. l’écoulement du Fluide hors de la partie pofitive , & ftm enttée du Fluide extérieur ( foppofé qu'il y en ait) dans la partie négative: Mais tout ccd eft 6p-pofé aux Phénomènes, ptiisque les Aimans les plus vigoureux confervent parfaitement leur force pendant très-longtems, & que la refiftance que le Fluide éprouve dans les Corps eft asfex petite pour qu’une . petite force la puisfe vaincre (§. 93. note b $. 98. note b). Cette Théorie convient mieux à l'ÉIeftricité, puisqu’il eft de fait que la force des Corps élcétrifés s’affbibiit promptement , & que les Phénomènes des carreaux éleftriques fburnisfent des raifons plauflblês d'établir que le fluide y eft accumulé dans une partie, & diminué dans l’autre. De plut, la fuppofition que le Fer attire le Fluide mag-
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- fc? l'Aimant comparés Aux Corps idtoéletlr. xçi
- prouve, qu’il eft, outre l’Aimant, aucun Coi'pS coercitif du Fluide magnétique, tandis qu’il ÿ a Un grand nombre de coercitifs du Fluide cleétrique. Il eft donc néceflaire d’examiner d’autres Phénomènes pour favoir s’il y. a une véritable Analogie ou non.
- Au resté,comme M. aepinus n’admet aucun Corps Conduéteur du Fluide magnétique, l’Analogie qu’il établit entre l'Électricité & le Magnétisme, n’a lieu que pour les Phénomènes de l’Aimant & ceux des Corps idioéleétriques (b).
- SEC-
- magnétique, 8c que les particules de celui - ci fe repous-fent , font précaires. Enfin la fuppofition que le Fluide eft uniformément accumulé dans une partie, 8c uniformément diminué dans l’autre n’eft pas admisfible : M. aepinus convient qu'elle n’eft pas exaéte, 8e qu’il eft des cas où l’on fc tromperoit en s’en fervanr ( Tcnram. §. 181. feqq.). Je doute donc très-fort, quoiqu'en dife M. aepinus, que des Calculs, établis fur'une pareille baze 8c fur de telles fuppofitions, foyent propres à démontrer la vérité d’un fyftëme. Nous pourrions entrer là-desfus dans un plus grand détail s'il s’agisfoit de discuter tout le fyftème de M. aepinus; mais ce n'en cSi pas ici le lieu. N. d. T. ]
- (i) [M. aepinus a fenti lui-même ces difficultés; car outre l’endroit cité dans la note d du §. 96. 8c au’pn ne dirait pas être le langage d'un zélé partifan de VA-
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- iç% I. mém. P. I. S. III. Ch. IV«
- l'Analogie entre l’Éleétricité & le Magnétisme, void comme il s'en exprime §. j. », Il y a un nombre in* ,, nombrable de Corps qui agisfent fur le Fluide éledlri-,,que, & fur lesquels celui-ci agit réciproquement, 8c ,,dans lesquels ce Fluide fe meut très-librement, & fans ,, aucune difficulté. Mais il n’y a pas de Corps dans ,, lesquels la même chofe a lieu pour le Fluide magné-„ tique. Il n’y. a donc dans toute la doârine raagnéti-que aucun Phénomène de Corps pour ainii dire rm-», magnétiques par eux- mêmes, au lieu que ceux des Corps ,, non-éleftriquts par eux - minus font très - nombreux. Le », Magnétisme n'offre donc aucun Phénomène analogue », à ceux qui font propres aux Corps non-éleétaiques par eux -mêmes: mais l'analogie n’a lieu que pour les », Phénomènes des Corps éleétriques par eux-mêmes.— », On ne doit cependant pas s’attendre à trouver id une fe,convenance compluie: car, le Fer, au moins le Fer trempé , diffère encore notablement des Corps éleélri-»» ques par eux-mêmes, en ce que ceux-ci foumisfent dans leurs Pores un mouvement plus facile au Fluide fe, éleétriqué que le Fer n’en fournit au Fluide magnéti-\,que." N. d. T.]
- * *
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- 'VAimant la Bout, de Leide comparés. 19g
- SECTION IV.
- COMPARAISON DE L’AIMANT ARME ET DE LA BOUTEILLE DE LEIDE.
- §. 100. La troifième Qudftton que je me fuis propofé d’examiner eft, fi l'on peut fairt une comparaifon entre l'Armure de l'Aimant & la Bouteille de Leide ? Pour la traiter comme il faut, je réduirai à quatre chefs ce que j’ai à dire fui ce fujet.
- i°. J e ferai quelques reflexions préliminaires fur cette Queftion en général, afin qu’on fâche fur quels Phénomènes la comparaifon doit rouler.
- a0. J’examinerai le fentimentde M.
- 30. J e discuterai la comparaifon que M. franklin a faite.
- 40. E n f 1 n je développerai quelques Phénomènes moins généralement connus, & qui pourraient fournir des chefs de comparaifon.
- I.
- CH A-
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- ,m r. mémoire. P. I. S. IV. CA. I.
- CHAPITRE I.
- Reflexions préliminaires fur cette comparaifm.
- §. ioi. Si nous comparons tous les Phénomènes de la Bouteille de Leide à ceux d’un Aimant armé, nous trouverons certainement de grandes différences. On tire d.e la Bouteille de Leide une forte étincelle capable de fondre les métaux les plus folides, de brûler diffé-rens Corps. Nous éprouvons par fon moyen une forte commotion, & plufieurs autres effets du même genre, qui n’ont certainement pas 4’analogues dans le Magnétisme,& qui forment par conféquent une fi grande différence, qu’il pourrait paroitre étonnant, au moins au premier abord , qu’on ait jamais fait de compa-raifon entre l’Aimant armé & la Bouteille de
- Mais, quoique les Phénomènes détrni-fent, à ce qu’il me femble, toute identité entre les deux Fluides, ils n’ôtent pas, au moins . au premier abord, toute reffemblance entr’eux. Ceci mérité d’être examiné en détail.
- §. ioai
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- Réflexions préliminaires. 195
- $• ioi. L A commotion qu’on éprouve par ia Bouteille dé Leidé à lieu j parceque le Fluide éleéfcriqiie pàlTe pair notre Corps, & met en mouvement celui que ce Corps contient. Si donc notfé Corps* lié corifénoit aucun Fluide éleâriquè * fl de plus il dotiribit ùH paffage parfaitement libre à celxii * qiii fdftarit dé la furface pofitive dé la Bouteille, doit j éii Raflant par ttotré Corps éritrer dans là furface négative, nous n’éprouverions j très-vraifemblablement, aucune commotion; Mais* notre Corps ne Contient qüe je fàcBé aucun Fluide magnétique (à): il concède üii paffagé parfaitement li-
- (<4) [ M. stEiGtEHNER eft d’un fentimeiit très-différent : voyez le §. 157. de fa diiTertation. Je nie ferois peut-être exprimé un peu autrement fi j'avois fait reflexion efi écrivant cet artide que notre fang contient un.grand nombre de particules de Fer, & que le Fet peut Contenir du Fluide magnétique : je dis peut: il en contient furement * fuppofé l'exiftence de ce Fluide, quand il eft aimanté. Plufieurs Phyfidens difent qu’il en contient toujours: qu’il en cil le liège naturel; mais j’avoue ne pas fentir la force des argumens dont on étaye cette aiTertion: elle ne me pâroit être qu’une fuppofition, qu’on employé pour expliquer les Phénomènes, & qui ne peut acquérir de probabilité que par l'exadlitude de Cette explication même : d’ailleurs il eft ausfi des Phyfi-
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- t$6 I. mémoire. P. I. S. IV. Ci. I.
- libre à celui qui vient de dehors (b). Il n’eft donc pus étonnant, même en fuppofant que tout le refte foit parfaitement égal des deux cotés , que nous n’éprouvions aucune commotion magnétique, l'emblable à la commotion électrique.
- §. 103. C’est des mêmes Principes, c. a. d. de l’aétion du Fluide extérieur fur l’intérieur, qu’il faut déduire l’explication des Phénomènes que les Corps font brifés & brûlés par l’Elcétricité. Il n’eft donc pas étonnant de n’en pas rencontrer de pareils dans le Magnétisme.
- Cette exception ne paroit cependant pas ausfi fatisfâifante pour ces Phénomènes là que pour
- ciens, parmi ceux qui établirent que le Fer eft le Siège naturel du Fluide magnétique, qui penfent, que ce Fluide environne tout le globe terreftre jusqu’à une certaine diftance & traverfe le globe même. N d. T. ]
- (_i) [ On a vu §. 92, que je penfe ainfi : Mais M. M. aepinus & steiglehner pcnfdnt différemment, puisqu’ils établiffent que le Fluide magnétique ne fe trouve jamais hors du Fer ou de l’Aimant, qu’il ne fort jamais de ces Corps. En adoptant ce fentiment, ce que nous difons aura heu à plus forte raifon, puisque le Fluide magnétique n’a en ce cas aucune a dion fur les Corps non - ferrugineux. N. d. T. J
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- Réflexions préliminaires. 197
- pour la commotion. Car fi nous employons un excitateur, qui ne foit au milieu qu’un fil de laiton fort mince, ce fil fera brifé, fondu, par le Fluide éleétrique, fi l’on fe fert d’une très-forte Bouteille. Or, cet excitateur ne fait que conduire le Fluide éleétrique. Si donc on établit que le Fer eft un Conducteur du Fluide magnétique, ne devrait-on pas, en appliquant un fil de Fer aux deux pieds de l’armure, obtenir un effet pareil: ce qu’on n’ob-ferve cependant pas. Mais, comme ce Phénomène éleétrique dépend, tant de la, vitefle que de la quantité de Fluide qui palTe à la fois (a), ou pourrait dire que ce Phénomène n’a pas lieu pour le Magnétisme, pareeque le Fluide magnétique coule plus lentement ou en plus petite quantité que le Fluide éleétrique : qu’on ne fauroit donc conclure une véritable différence de cette diverfité apparente} & que tout
- (a) [ Ausli peut-on éprouver fans Bouteille une fen-fation femblable à la commotion; en tirant, lorsque l'Électricité eft très - forte, une fimple étincelle: comme p. ex. d'un Cerf- volant éleétrique en teins d’Orage &c. Mais ces Phénomènes fonr fort connus. . M. V o t-t* a parfaitement développé ce point dans fon beau Me* moire fur la capacité des Condudeurs. Joum. de Phyf. T», XIII. p. 249. fur tout p. 2.58. 9. §. n. N. d. T.}
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- tÿS I. MÉMOIRE. P. I; $ IV* Ch. I;
- Ce qu’on en pourrait déduire revient à ceci* que le Fluide magnétique agit avec moins d’éa nergie fur le Fer, que le Fluide éleétrique fui) les Candu&eurs de l’Eleétricité.
- §. X04. Quoiqu'il en foit, il eft clair, qu’il y a dans la Bouteille de Leide quelques Phénomènes différens, foit par leur nature, foit accidentellement, de ceux que préfente un Aimant armé : & ces Phénoniènés font ceux de l’Étincelle foudroyante, de la Çommoa tion &c.
- E n établiffant quelque Analogie entre l'ar-s-mure de l’Aimant, & la Bouteille de Leide, il faudra donc faire abftraétion des Phénomènes dont nous venons de parler, pour ne porter fon attention que fur l’attraétion, la coma munication des forces, & d’autres Phénomè'? pes femblablcs.
- CHA«
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- Expoftt ion du fentimcnt de M. CIGNA, tpÿ
- CHAPITRE II.
- Expofition du fentiment de M. cigna.
- 5- 105. M. cigna compare l'armure de l’Aimant à la Bouteille de Leide, d’après les Principes fuivans (a).
- L e Fluide magnétique ne fe meut dans l’Aimant que félon une certaine direétion : il ne fauroit donc couler le long de la furface des Pôles, fit y être raflemblé.
- De même, le Fluide cleétrique ne fauroit couler le long des furfaces du Verre.
- Si l’on couvre les furfaces du Verre d’un Corps Conduâreur, on raflemble le Fluide cleétrique.
- De même, ou couvre les furfaces des Ai-mans de Lames de Fer, afin que le Fluide magnétique puifle couler à travers elles, fit être raflemblé.
- Cette comparaifbn de M. cigna eft donc fondée fur ces quatre hypothèfes.
- i°. Que le Fluide magnétique ne fauroit
- {«) Misait. Taur'menjia. 1. c. §. 2t.
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- 000 I.MEMOIRE.P.I. S.IV. Ch.ll:
- couler le long des furfaces de l’Aimant: ce qui reviendroit, en quelque forte, à dire, que le Fluide magnétique pénétré l’Aimant difficilement, & à établir une certaine force coercitive. Nous avons parlé de cette hypothèfe à la fin de la Seétion précédente (§. 95. 95.) en examinant le fyftème de M. aepinus. Mais pour le préfent, nous l’admetterons.
- a°. Que le Fluide éleétrique ne coule pas le long des furfaces du Verre, ou des Corps idioéleétriques. J’admettrai ausfi cette hypothèfe.
- 30. Que le Fluide éleétrique eft raflêm-blé par les Corps Conduéteurs dont ou couvre le Verre, ou par l’Armure.
- 40. Enfin, que l’Armure de l’Aimant raflemble ausfi le Fluide magnétique, le conduit vers un coté déterminé, & l’y conden-fe (b).
- $. 106. La comparaifbn eft donc entièrement fondée fiir ce que les Armures élcétriques & magnétiques raflemblent le Fluide éleétrique ou magnétique. Mais M. cigna n’allègue aucun argument pour prouver ces hypothèfes :
- il
- 1*) ** S. »3- *4-
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- Expofition du fentiment de M. cignA. 2.0*
- il affitme celle qui concerne T Electricité, mais il ne s’en fert pas, & il n’en déduit aucun cor-rollaire. Il avance celle qui concerne la force de l’Armure magnétique, & il en tire des con» clufions, dont il tâche de montrer le parfait accord avec les Phénomènes.
- Cette coraparaifon me paroit donc très-peu folide, puisqu’elle èft fondée fur deux hypothèfes, qui ne font rien moins que certaines. Examinons les en peu de mots.
- „ L’a r m v r e électrique rajfemble le Fluide électrique.” Je ne puis donner que deux fens à cette propofition.
- Premier fens. L’Armure conduit dans une certaine partie déterminée du Verre, & y condenfe le Fluide, qui étoit auparavant dis-perfé par tout le Verre.
- Second fens. L’Armure reçoit, conduit, raflemble, condenfe en elle-même le Fluide qui étoit dans le Verre.
- r §. 107. Pour ce qui eft du premier fens, il fera certainement admis par ceux qui fuivent le fyftème deM. franklin, qui établit, que dans la Bouteille de Leide, le Fluide é-leétrique eft accumulé dans une des furfaces, & que dans l’autre, il eft au contraire diminué au desfous de fa quantité naturelle. Mais, quoi-N 5 que
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- c. p. i. s. iv. ch. ir.
- *6» I. MÉMO IR
- que je fois moi - même de ce fentiment ( * ), ce Cens n’en paroitra pas moins hypothétique à ceux qui font d’une opinion différente. D’ailleurs dans le lyftème même de M. frank-tiN, le Fluide eft raffemblé par une des Armures dans toute la furfâce qui lui eft contiguë , mais il n’eft pas raffemblé dans une partie déterminée : & par conféquent ce premier fens n’eft pas admisfible à tous égards : fur tout puisqu’il n’y a qu’une des Armures qui raffemble le Fluide, & que l’autre au contraire le rcpoulfe, le diminue, St vuide à peu près la furfaçe à laquelle elle eft attachée.
- $. 108. Mais, il eft évident que M. Cigna a entendu la propofition que nous examinons dans le fécond fens jfavoir que l’Armure reçoit St condenfe le Fluide en elle-même; car autrement la comparaifon qu’il établit entre l’Armure de l’Eleéfcricité St celle de l’Aimant, n’auroit lieu d’aucune manière j puisqu’il eft fûr, quel’Amure de l’Aimant reçoit ____________ la
- (4) [Les Faits que je connois me paroiffent établir ce fentiment avec la plus grande vraifemblance : je n'ad-mets cependant pas que le carreau ne fe charge que par fon propre Fluide : M. abpinus me patoit avoir démontré que ce fyftème n’eft pas exaâ fur ce point. On peut confulter ausii les Expériences de M. marat dans fcs Rtc/urc/ies fur l’fileClrùiti p. 116. N, d. T- J
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- Efypjitm (fit fentiment de M- c i o n a. %o$
- Ja force, & par conféquent dans le fyftçmo reçu, le Fluide magnétique. Mais il mo femble, que toutes les expériences font opppfées à ce fentiment, que l’Armure de la Bouteille de Leide reçoit, condenfe, raffemble en foi-même le Fluide éle&riquej puisqu’en ce cas, ce qui conftitiie la change de la Bouteille refideroit dans l'Armure & noif dans le Verre même, au contraire de çe qui a lieu, comme le prouve la belle analyfe que M. franklin a faite de la Bouteille de Leide. J’ai fouvent répété cette expérience avec le même fucçès, & c’eft d’après d’autres Phyfi-,ciens que je la fais très - commodément de la manière fuivante.
- ExeÉr. XLV- Je prends un carreau dô Verre, mais auquel les Armures ne font pas attachées : je le charge; j’ôte enfuite les Armures, & je les touche, afin qu’elles fe déchar-: gent de tQqte l’Éleélricité qu’elles pourroient avoir. Je replace entre les Armures le carreau que j’ai tenu ifolé pendant ce terns; je-tou--che les Armures, & j’éprouve la commotion. Cette expérience réusfit toujours lorsque le tems eft fec, & l’Eleébricité favorable. La force, ou comme l’on parle d’ordinaire, mais improprement, la charge, n’eft donc pas dans je? ArmWes BWS daqs le Vei-re.
- CON-
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- a©4 I. MEMOIRE. P. I. S. IV- Ci. II.
- Concluons decequi vient d’être dit, que la première partie de la comparaifon, fa-voir que le Fluide électrique eft raffemblé par les Armures qui couvrent la furface du Verre, s’écarte du Vrai.
- §. 109. Passons à la fécondé partie de la comparaifon, favoir, que la force prodigieu-fe de l’Armure magnétique provient de ce que l’Armure transporte, raffemble le Fluide magnétique , & le condenfe dans une partie déterminée, dans le pied de l’Armure.
- Cette explication de l’Armure n’appartient pas.àM. CIGNA feul. M. DU TOUR en avoit donné une femblable dès 1747, & il a tâché de la prouver par des expériences très-ingénieufes (a). M. BRUGMANsenapro-pofé une pareille (b). „ Le Fluide magnéti-,, que, dit-il, qui étoit dirigé vers le pôle par „ des rayons divergens, eft foutiré par l’Ar-„ mu*
- (a) EJJai jier l'Aimant §. 17. Dans le Recueil des Prix de l'Académie. Time V.
- (i) Tentamma p. 27. [Si ces expresiions <féponge, de foutirer, de rajjbnbler, ne fe prennent pas ici dans le fens propre, cette explication perd toute fa force; & j’avoue que je ne faurois m'en former aucune idée, s’il faut les prendre dans le fens métajhonque. v. «i-dedus §. 67, N. d. T.]
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- Expofition du fentiment de M. cigna.
- mure comme par une éponge } il eft intercep-H té, concentré : & c’eft ainfi qu’un fai c au J? entier d’un nombre innombrable de rayo s „ pafle par le pied de l’Armure, pour être ras-„ femblé de nouveau par le contait [ou le por-„ tant ] qui joint les deux pieds : par où l’ac-„ tion du Fluide doit être étonnemment aug-„ mentéei”
- Il eft aifé de s’appercevoir que cette explication eft entièrement fondée fur le Principe que le Fer eft un Conduéteur du Fluide magnétique} Principe que nous avons déjà réfuté» Mais, luppofons en la vérité, & faifons voir, que même dans cette hypothèfe, l’explication dont il s’agit ne fàuroit avoir lieu} favoir que l’Armure tire fà force de ce qu’elle tranfporte 8c rafl'emble le Fluide magnétique.
- $. 110. L’a r m u r e a une force beaucoup plus grande que l’Aimant auquel on l’applique: or, la force dépend dans cette hypothèfe de la quantité de Fluide : il faut donc, ou que l’Armure reçoive une plus grande quantité de Fluide que n’en pofféde le pôle auquel elle eft jointe} ou que le pied de l’Armure raflëmble en foi toute la quantité qui étoit premièrement disperfée par toute la furface polaire de l’Aimant: de forte que la grande force de l’Armu-
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- 106 1. MEMOIRE. P. h S. ÎV. Ci. tti
- te refaite de la préfence d’une grande quantité de Fluide raffemblée dans un plus petit cfpa-ce (a). Examinons ce point.
- L’aile de l’Armure A S eft appliquée au pôle M (Fig. $): le pied BC débordé au-deflousde l’Aimant i cette Armure conduit donc , & reçoit dans là propre fubftance! le Fluide magnétique : Mais, celui-ci eft ras-fêmblé dans le pied : donc la partie B C en contient une plus grande quantité* Il faut donc qu’il y ait quelque caufe qui poufle le Fluide de AB dans BC: Mais où eft-elle? Elle ne git pas dans le Fer, car celui-ci eft homo* gène,
- (4) [Si 1: Fiuide magnétique peut-être raffemblé, Concentré dans un plus petit efpace, & revenir enfuite à fon état naturel, il faut qu’il foit diadique, ce que M. iitucMANs admet ausfi Prof. 14. p. ni. Mais, s'il eft diadique, fes particules produifent par leur aéüon le même effet que fi elles étolent douées d‘une force repul-five, que fi'elles fe repouffoient mutuellement. Or, tout Fluide éleéhique condenfé au delà de fon état naturel, ne peut conferver cet état, à moins qu’il ne foit Jjreflc de tous cotés par des obftades 1 or, il n’y a ici aucun obftacle. Le Fer eft Criblé de Pores, que le Fluide magnétique traverfe : Ce Fluide, concentré dans les pieds de l’Armure, doit donc s’écouler par ces Pores, du Pied dans l’Air, & la forCe fera détruite i je ne conçois pas comment elle peut dans cette hypothèfe 8c tout autre pareille, fubfifter un feul moment. N. d, T.j
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- Ëxpojitm de fentiment de M. cigna. «57
- gène, ainfi une partie ne {aurait en attirer plu» qu’une autre. Eft-elle dans. l’Aimant? Je ne le vois pas. On pourrait cependant en imaginer une. Le Fer fucce comme une éponge , & attire le Fluide qui exifte dans le pôle ; mais les particules du Fluide fe repouffent (b): donc celles qui font entrées dans l’aile font fortement repouffées parle pôle, le fuient, &fe réfugient dans le pied. Mais, il eft aifé de faire voir que cette explication ne {aurait fe foûtenir.
- Les particules fe réfugieraient dans le pied de l’Armure} mais, leur repulfion n’y ceffe-roit pas : au contraire, comme elles y font concentrées , elles fe repoufferoient avec d’autant plus de force : elles fuiraient, elles fortiroient du pied, elles fe réfugieraient dérechef dans l’aile (e).
- §. ni. On pourrait nous repondre que nos reflexions ne font pas juftes, pareeque nous avons fuppofé une Armure en forme de parallélépipède, ce qui n’eft pas le cas: que les
- (£) [v. note a au commencement. N. d. T.]
- (c) [Sans compter qu'elles s'ecouleroient & fe disper-; feraient ausfi dans l’Air, v. me a. N. d. T.]
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- ttoS I. MÉMOIRE. P. I. S. IV. Ck. II.
- les Armures font formées d’une aile mince, garnie d’un pied beaucoup plus épais : que par conféquent il fe peut concentrer une grande quantité de Fluide dans le pied, 8c que la re-pulfion de cette quantité ne fauroit faire fortir Je Fluide du pied 8c le faire rentrer dans l’aile, puisque dès qu’il y fera rentré en petite quantité , il s’y trouvera bienrtôt de même denfité «pie dans le pied, à caufe du peu d’épaifleur de l’aile : que l’équilibre fera rétabli, 8c qu’ainfi le refte de cette grande quantité demeurera dans le pied, qui pourra par conféquent produire une •grande force. Mais, cette objeétion ne me paroit nullement folide.
- i°. Elle pourvoit fubfifter en quelque forte, fi l’Armure, féparée de l’Aimant, ex-crçoit fa force, ce qui n’eft pas. Lorsqu’on fepare l’Armure de l’Aimant, le Fluide rentre donc de celle-là dans celui-ci avec la même facilité qu’il étoit entré de celui-ci dans celle-là. Il ne faut donc pas confidérer cette aile mince féparément, mais conjointement avec l’Aimant auquel elle eft, 8c doit être appliquée. Le Fluide ne reliera donc pas dans l'aile, s’il y eft repouffé, mais il rentrera dans l’Aimant, jusqu’à ce que l’équilibre foit rétabli : 8c fa force fc trouvera détruite.
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- E*pofiti»n àùftotïment dt M. cigna. acfÿ
- §. na. a9. St’krepônfe que nous examinons étoit ftthfaifànte, il s’enfuivroit, que les Armures en forme de parallélépipède ne pourraient pas augmenter k force de l’Aimant, puisque le Fluide ne fc concentrerait pas dans leur pied. Mais ceci eft dérechef contraire à l’expérience: .car gassendi (a) a inventé une efpèce d’armure qui confifte à percer l’Aimant félon k dircétion de fon axe, & à placer un eilindre de Fer dans le trou. La force de l’Aimant en eft beaucoup augmentée, au contraire de ce qui devrait avoir lieu félon le fenti-ment que nous examinons : Il ÿ a plus, on peut eonfidérablement augmenter k force des Ai-mans par cette forte d’Armure, en s’y prenant Comme dans l’expérience fui vante.
- Expbri. XLVI. J’ai appliqué à un Aimant artificiel, c. a. d. à un barreau parallélépipède B ( Fig. 7 ) qui foutenoit quatre onces par fon pôle boréal, un autre barreau {b) de façon que fon pôle boréal (k) fut éloigné à peu près d’un demi pouce du pôle qui foutenoit le poids : fin- le champ ce pôle a foutenu fept
- («) [Dans les Notes fur le X. Livre de diogèns laèrce Tome I. p. 38p. [Cette armure eft ausfî décrite & gravée dans le MunJtis Mathtm, de deschale*. De Magnrit. Exp. 17. N. d. T. ]
- TOME I. ®
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- »I0 ï. Mi MOIRE. P. I. S- IV. CA. II.
- fept on huit onces. M. M. du hamïi & le maire à Paris (£), 8c M. richmann (f) à Pétersbourg ont fait de très - belles expériences fur ce fujet (d).
- Si donc il en eft ainfi, il s’enfuit, qu’on ne fauroit expliquer la force des Armures par la concentration du Fluide magnétique dans leurs pieds.
- D’a i l l e u r s, fi nous fuppofons que la force de l’Armure confifte dans cette concentration du Fluide, nous retombons dans une nouvelle contradiétion. Car, alors la force provient de ce que le Fluide, auparavant dis-perfé dans un plus grand efpace, fe concentre dans un efpace plus petit: 8c par conféqucnt, plus le pied de l’Armure eft grand, moins le Fluide pourroit s’y concentrer} & plus l’augmentation de force ferait foible, au contraire de cfe qui a lieu.
- Il me femble que ce que nous venons de dire fiiffit pour prouver, que le Fluide magnétique n’eft pas raflemblé dans les pieds de l’Armure: 8c quand même il y ferait tranfporté, qu’on
- ( d) Mcm. de l’Acad. Ray. dts Sciences 1745. P-
- (c) Kevi Comment. Petrof. Tom. IV. p. 13p.
- (d) [La même chofe a lieu en appliquant des Lames de Fer parallélépipèdes à un Aimant en guilc d’Armur re. N. d. T.]
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- È'xpt Won â'u fer.iinieni de M. cigNa. ai !
- qu’on ne fauroit expliquer par là la force dé l’Armure ( e ) : d’où il refulte que la compa-rai-
- (e) [ M. M. aepinus (Tentam. §. 113-218.) 8e sTEiGLEHNER ( Diff. 5- 83.) penfent très - différemment : car ils expliquent la force de l'Armure par la concentration du Fluide dans un pied, 8e fa diminution dans l'autre i ils tirent ausfi de leur Théorie (§. 89. 8c §. 68.) la raifon pourquoi l’Aimant ne fe décharge pas comme la Bouteille, lorsqu'on établit une communication entre les deux furfaces. 11 nous paroit important de dire un mot de cette explication, pareeque ces Phyficiens éta-bliffent à cet égard une grande reffemblance entre l’Ai» mant armé, 8e la Bouteille de Leide.
- i°. Le Fluide magnétique accumulé dans le pôle po-fitif de ljAimant repouffe celui qui exifte naturellement dans l’Aile de l’Armure qui lui eft appliquée : celui - ci. te concentre dqnc dans le pied, qui devient pofitif. Là partie négative de l'Aimant attire le Fluide de l'Armure qu’on lui applique : ce Fluide paffe donc du pied dans i’Aile, 8e ce pied devient négatif. Enfin il en refulte que l'Ail* né doit être ni trop épaiffe, ni trop mince : dans le premier cas, toute la matière que le pôle repouffe ne pourrait paffer dans le pied; il en relierait Une partie dans l’Aile ; il faut donc que l'Aile n'ait que t'épaiffeür néceffaire pour que tout le Fluide en puiffe être diasfé 8e entrer dans le pied. Si l’aile eft ici trop mince .tout fon Fluide pafferoit à la vérité dans le pied ; mais s'il y en âvoit d’avantage ( comme il y en aurait fi l'aile étoit plus épaiffe), il en pourrait paffer d'avantage 8c le pied acquerrait plus de force. Voilà le fyftè-mc
- O a
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- eia I. mémoire. P. I. S. IV. Ch. IF."
- raifon que M. cigna a établie à cet égard enc
- medo M. aepimis. On voit qu’il repoiè fur les l’uppofi-tions dont nous avons déjà parlé ( 5.91. note e 8c $. 93. note b). Mais nous les admetterons pour le prefent, nous refervant de dire encore un mot fur ce fujet dans là note b du $. 130.
- Ce n’eft donc pas le Fluide de l’Aimant même qui paffe dans l’Armure : il n’agit, qu’en ce qu’il attire 8c re-pouiTe le Fluide des deux Armures ; 8c tout l’effet qu’un Aimant vigoureux tait ici au deffus un AimaDt foible .c’en qu’il attire & repouffe plus fortement. Mais l’effet véritable de l’Armure dépend de la quantité de Fluide concentrée dans un pied 8c épuifée de l’autre, 8c ce Fluide eft celui des Armures même. Suppofons donc que le pied d’une Armure ait dix fois plus de maffe quel aile; 8c que cette aile feit appliquée à un Aimant affez vigoureux pour qu’il en chaffe tout le Fluide, le pied ne contiendra alors qu’un dixième de Fluide de plus qu’il n’en contcnoit dans fon état naturel : la repulfion de tout le Fluide du pied ne fera que d’un dixième plus forte que lorsque l’Armure n’étoit pas encore appliquée, 8c il n’en refultera qu’une très - petite force, ce qui eft contraire à l’expérience : fi le pied étoit ausfi masfif que l’aile, le Fluide ne feroit cordei fé qu’au double: Et fi l’on appliquoit l’Armure du premier cas, à un Aimant plus vigoureux, mais de même grandeur, te même pied n’acquerroit pas plus de force, puisqu’il n’en acquiert qu’autant qu’il reçoit de Fluide de l’aile, 8c que l’aile ne peut pas êtie plus qu’éjnifée, 8c quelle l’eft déjà. Mais quelle fera l’évacuation du fécond pied ? Si tput le Fluide du piidpaffoit dans l’aile, i. Icroit conden-fé dans celle-ci au décuple; ce qui eft po:fible, puisque toute la force dépend dans les furfaces pofitivis de l’ac-cumu-
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- Expojition du [rMmènt de M. Cigna. 213
- •entre un Aimant armé & la Bouteille de Lei-de, s'écarte de la vérité.
- CHA-
- cumulation du Fluide, & qu’une Lame peu épaiffe,peut acquérir une grande force : le pied ferait donc évacué, & il aurait acquis toute la force négative qu’il peut jamais acquérir, puisqu’il ne peut être plus qu'évacué. Il eft donc posiible qu’il le foit, tandis que le pied pofi-tif né peut reçevoir qu'une petite quantité de Fluide, & d'autant plus petite que l’aile eft plus mince ; le pied négatif feroit donc beaucoup plus fort que le pofitif, ce qui eft dérechef contraire aux faits.
- . D'ailleurs, toute cette explication ne roule que fur ce que les Armures, appliquées à l’Aimant, deviennent magnétiques ; mais elle ne fait pas voir comment cette petite augmentation de Fluide dans un pied, & fa diminution dans l'autre , peut, ou doit produire une force qui puiffe foutenir des centaines de Livres; au moins un poids de beaucoup fupérieur à celui que foutenoit l’Aimant, & cela en ne prenant même que celui que chaque pied peut foutenir iëparément. Et qu’on ne dife pas, ce qui eft le fécond élément qu'on employé dans cette explication , qu’ici le pied agit direétement fur le Fer qu'il fou-tient, au lieu que lorsque l’Aimant nud agit, il n’y a que la partie à laquelle le Fer eft appliqué qui agiIle direétement, toutes les autres parties agi liant obliquement, & à quelque diftance; car 1°. ce cas n’a pas lieu lorsque l’Aimant étant fufpendu à une balance, s’applique par tous fes points à toute la furface du Fer fur lequel il.agit, comme dans les Expériences de M. mos-schenbrosk: & d'ailleurs z°. Ce n’eft pas dans ce fyftème, l’Aimant même, ou fon Fluide, qui agit, dès eft armé: c’eft le Fluide propre à l’Armure, qui O 3 99*
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- 3,14. I. MÉMOIRE. P- I. S. IV. ch. Il,
- peid à la vérité fon état naturel parl'qétion de l'Aimant, inais qui, comme nous l’avons vu, n'acquiert que la force, que la proportion de l'aile de l'Armure à fon pied lui permet de prendre.
- a0. Majs pourquoi la force de l'Aimant armé n’cft-elle pas détruite quand on établit une communication entre les deux furfaces ? C’eft, dit - on , la grande difficulté que le Fluide éprouve à fe mouvoir dans les porcs du Fer & de l'Aimant qui en eii caufe : Mais nous avons déjà vu (§. 93. note b ) ce qu’il en faut penfer. D'ailleurs . quelle que foit cette difficulté, le Fluide a pourtant pû fe mouvoir dans l’Aimant par la force de l'Aimant: pourquoi donc fi j'applique une lame de Fer au deux pieds' de l’Armure , le pied pofitif, qui a bien plus de force <jue l'Aimant nud , ne feroit - il 'pas mouvoir le Fluide par cettq, lame? Ét celui-ci, fortement pouffé, n'entreroît - il pas dans le pied négatif, jusqu'à le remplir? pourquoi le Fluide, qui a bien pu fe mouvoir de l’aile dans lé pied pofitif, né fortirbit- il pas de celui-ci pour entrer dans ]a lame, & obéir à l'àttraélion du polè négatif qui eft épuifé? Les pieds devroient donc le 'remettre en équilibre : ce qui n'a cependant pas lieu. On en peut recourir îd à la difficulté du mouvement : puisqu’une force majeure doit vaincre une difficulté qu'une force mineure a vaincue dans lé même Fer. Je regarde donc ces Explications comme précaires, êe contraires aux Faits.
- Enfin, il mé femble, qu'il y a une différence effen-tielle entre la Bouteille de Lçide êc l’Aimant armé, fi l'on admet le fyftème en queftion. Car, dans la Bouteille l’Armure n’agit que comme un moyen , pour accumuler le Fluide dans une iurface, & l'expulfer de l'autre. Mais dans l'Aimant, l'Armure eft la partie même qui agit, dans laquelle refide la force, 8ç fi effentielle-ment, que cette force périt fi on ote l'Armure, au contraire de ce qui a lieu pour la Bouteille de Lcido. td, ><& H4 N. d. T. J
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- Examen île la comparaifon de M. Franklin. 0,15
- CHAPITRE III.
- Examen de la comparaifon proptfée par M. FRANKLIN.
- §. 113. L’illustre M. franklin & propofé la comparaifon fuivante entre l’Armure de la Bouteille de Leidc & celle de l’ Aimant (a). „ Les Corps éleétriques en con-„ taél, ”dit-il, c. a. d. les Armures,fervent „ uniquement, comme l'Armure de l'Aimant, „ à unir les forces des différentes parties, & à „ les rafTembler dans tel point qu’on defire.”
- Nous avons déjà vu [§. 106. feqq.] que l’Armure éleétrique fert à faire venir une plus grande quantité de Fluide éleétrique à une des furfaces: nous avons vu ausfi Exp. 45. §. 108. que la Bouteille le Carreau éleétrique du Dr. b.evis, ifolé, refte dans le même état, quoiqu’on en ote les Armures, & qu’enfuitc
- il
- («) Lettres fur l'ÉleHricith Lettre 3- *• l8- Tom. I, p. 144. de la Traduction de M. c'a 11»Min que j'ai faivie.
- O 4
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- 7.1(5 I. MAm b l'Rfe. J®. I. iS. IV. CA.HI. 2.
- il peut reproduite te mêraeteffet fi on les lui applique de nouveau. T _ .
- Or ileft connu, que l’Aimant armé exerce une grande force, 6c que les Armures réparées n’en ont aucune (i), que cette force 'eft réparée en appliquant les Armures de nouveau. On pourrait donc conjeéhirer que les Armures ne fervent pas à tranfpoiter, à raflembler le Fluide dans elles-même, mais que, femblables aux Armures éle&riques, elles fervent à con* denfér, à concentrer le. Fluide magnétique , dans les furfacés polaires de l’Aimant j qu’H doit réfulter de là que les Armures réparées font dépourvues de force, mais qu’elles repro-duifentleur premier effet fi on les applique de nouveau. Ce parait être là le fentiment de M. FRANKLIN.
- Mais, qu’il me foit permis dé dire avefc tout le réfpect que je dois à cet illuftre Physicien, que cette comparaifon ne me parait pas jufte. Voici mes raifons.
- §• 114. ï°- Le Carreau de bevi s, dont on a oté les Armures, refte chargé , comme
- (é) [Ou du moins s’il leur refte quelque magnétis-me, il eft très --petit, & ne feuroit entrer en ligne de compte. N. d. T. ]
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- gxatoeb & la Imper ai %h de M. Franf li*. i if
- en piale” d’oidiïiairc: M-iisV l’Aimant revient i fon premier état dès qu’on en a oté les Ar* mures. Voici deux Expériences fur ce. fujet.
- Ext> É r. XLVIÏ. J’ote les Armures d’un CaiTeau charge : Il repsuflfe par une de fcs fur* faces les Coips éleétrifés pofitivement , il îea attire par l’autre. Le Carreau refte donc dans un état très-différent de celui dans lequel il é* toit avant que d’être chargé.
- ExpÉr. XLVIIL J’ai placé un Airtarit nud à une certaine diftance d’une aiguille : îi l’a attirée de ao d. J’ai armé l’Aimant, 8c il a fouténu huit onces : J’ai oté l’Armure, & l’Aimant a dérechef attiré l’Aiguille fous un angle de uo d. Il refte donc dans le-même état dans lequel il étoit avant que d’être armq», au contraire de ce qui a lieu pour le carreau éleétrique.
- §. t r g, Al a i s, en fécond lieu, lorsqu’on établit unç communication entre les deux fur-faces du Caireau éleétrique, le Carreau fe décharge , & revient à fon premier état. Mais-, fi nous établiffons une communication entre lés deux Armures de l’Aimant, la force de cet Aimant armé ne diminue pas, elle augmente au contraire. Mais il eft néceflaire de diftin-- guer les differens cas qui peuvent avoir lieu-ici.
- O 5 Le
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- #l3 I, MÉMOIRE. P. I. S. IV. Ch. III.
- L e premier cas, & le feul qui doive entrer en ligne de compte, eft quand le portant de Fer, [ou Je ce»taR~\ (<f) touche à la fois les deux pôles, & qu’il établit une communication entr’eux. Or il eft connu, qu’on peut fuspen-dre alors au portant un poids beaucoup plus grand que la fomme des poids qui peuvent être foutenus par les deux pieds de l’Armure fépa-rement. La force paroit donc augmentée par cette communication ç ausfi M- brugmans penfe-t-il, que le Fluide eft de nouveau ras* femblé dans les pieds par le Fer qui touche les deux pôles, & que c’eft à caufe de cela que ià force doit augmenter étonnamment {b). La force d’un Aimant armé croit donc par cette communication-, au lieu que celle de la Bouteille de Leidc décroit, & eft entièrement dé* truite par-là (c).
- 116.
- («) [M. nollet nomme la Lame de Fer qui joint les deux Pôles, & à laquelle on fuspend le poids, le Flirtant. M. sigaud de la fond la nomme un Contait. Je me fervirai de ces deux eipresfions. N. d. T..]
- (b) Tmtamina. p. 18.
- (c) [Cette différence me paroit très-efTeptielle: elle l’eft. même dans le fyftème de M. aemnus; car voici comme ce Phyfîcien s'en exprime, (§. 89.) ,,La a, caafe qui &itqu'on ne fauroitproduire dans l'Aimant,
- ,, com-
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- pxamen ds h emparâifen de M. Frfttilitf,
- §. ii6. Le fécond c^s eft celui dans lequel l’Aimant agit fur l’Aiguille, ou attire d’autres Corps an moyen dq portant qui joint les Po-, les. Ce cas foqrnit des Phénoiqènes entière-ment oppofés : En voief l’Expérience.
- Ex p É R. XLIX- Si un Airnant armé attire-une Aiguille à quelque dityance, il détournerai moins l’Aiguille, ou même celle-ci reviendrai quelquefois aq Méri4ien, fi les pieds de l’Armure font joints par le contadt (a ) : au moins cet effet a-t-il lieq quelquefois, mais non toujours, comme je le dirai tout r à - l’heure.
- Voici comment M. c i p n a explique ce phénomène (b). Le Fluide magnétique qui coule fans celle çn ligne droite (c ), elt aétuel-le-
- „ comme dans la Bouteille de Leide, aucune explofion, „ ou deftruflion de Magnétisme , provient uniquement ,,de ce qu’il n’y a absolument pas de Corps non-ma-„ gnétiques par' eux - même , oii femblable aux non - (• „leétriques par eux-même: c. a. d. des Corps dans les-,, quels Je Fluidç magnétique pourrait fe mouvoir libre-,, ment.” Or cette différence a paru a fiez eflentielle à M. a e p in us pour lui faire juger que les deux Fluides, éleétrique & magnétique, font effentiellement différens ; y. çi-deffus noté d du S. 96. N. d. T.]
- () MUSSCHEN|ROEXD/tf:<fcAÉJ£»W.p. 134» Exp. 77;
- () [ Mifctl. Taurin. I. c. J. 29. N. d. T. j
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- 440 I. MÉMOIRE. P. r. S. IV. 'a. ni.
- îenient forcé d’entrer d’uil pôle dans l’autre, & conféquemment l’efpace dans lequel il s'étendrait eft diminué, c. a. d. que fa fphêre d’attraftion eft rendue plus petite.
- Mais, ce raifonnement ne me parait pas bien jufte : Car, fi j’applique une lame m au pied B (Fig. 8.), celle-ci abforbe le Fluide ( §.- 105.') le reçoit, & le condenfe. Il en eft de même du pied A fi j’y applique une pareille lame » ; le contaft reçoit donc lé Fluide des deux pieds : celui - ci coule des deux pieds dans le contaft: fi donc j’applique le contaft mn aux deux pieds à la fois, le Fluide coule de B: en nt. de A en». Ces deux courans font Oppofés l’un à l’autre : & s’ils font inégaux, le plus fort, fortant de B p. e. entraînera l’autre : le Fluide qui fort d’A fera donc chalTé dans At avec le Fiuide qui fort de B, & ne fera plus abforbé par la partie C n du contaft. l’Explication donnée par M. cigna ne fau-roit donc fe foutenir, quand même on accorderait les hypothèfes fur lesquelles elle eft fondée.
- S- 117-
- MANS le Fluide coule vers le Pôle non en lignes droites mais en rayons divergens. Voila encore une oppofition fle lentimens fur la maniéré dont ce Fluide agit. N. d. T.]
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- Ëxâmn de lit eomparaifon de M, Frankîir. wi.
- §. 1x7. Voici quelle me paroit être là vraie caufe de ce Phénomène. Le contait mn reçoit la force magnétique. Quand il dit oté>, l’Aimant agit par la différence des Pôles B 8c A, ou B—A. L’extrémité m du contait mn reçoit du pôle B une force auftrale ; qu’elle foit B : elle eft oppoféc à l’aétion du Pôle B -, la
- quelle fera donc feulement B—B. L’extrémité » reçoit du Pôle A une force boréale 5 foit A : elle eft oppofée à celle du pôle A, qui agira conféqucmment par la différence des forces K-A : l’aétion totale fera donc B-A -
- l’effet fera donc plus petit qu’auparavant, fi l’on a B \ A, comme cela a lieu le plus fou-
- vent : car nous fuppofons que le pôle B eft le plus fort, & l’on (ait que le même Fer, s’il n’eft pas trop grand, acquiert une plus grande force d’un Aimant plus vigoureux. Mais, fi B^iA, ce qui aura lieu fi les pôles font à
- peu près de même force, ou fi les deux extrémités du contact ne reçoivent pas la force aq même degré, l’aétion n’en fera pas changée. Bnfiji, fi A \ B y l’aétion fera diminuée. Or
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- ta I. MiMoiRE. ^.I. S.lV.Ciitn.
- j’ai confirmé par expérience Ces tro'is cas que la Théorie m’ayoit fait connoitrei II ne fe fait donc aücun changement, ni dans l’Armure j ni dans les pôles : niais l’effet dépend unique* ment de la force qüe lé contaét reçoit. Cette diminution de forces dans ce cas n’efl donc pas générale, comme l’avâncent tous ceux qui font mention de cette propofition.
- 5. îiÔ. Lé Phénomène fuivant qué hL t i G n a preflè ausfî, & dont d’autres Phÿ fieiens font également mention j éft du me* me genre.
- Expér. L. Que le pied d’une Àrmuré foutienne un morceau de Fer quelconque, celui-ci un fécond, le fécond un troifième tkdi Que le premier touche enfuite les deux pieds de l’Armurej alors le fécond morceau pourra à peine être foutenu, il le fera au moins plus foibletnent. M. cigna a même trouvé, n qu’un Aimant armé, qui foutcnoit facile* » ment trois clefs par la partie extérieure du ,, pied, n’en a pas même pu foutenir une feu* » le, quand l’une d’elles touchoit les deux „ pieds de l'Armure.” Voici l’explication que ce PhvfiCien donne du Phénomène.* „ Qué „ dans le dernier cas, le Fluide magnétique, „ pafTant, aü moyen de la clef, d’un pied „ dans
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- Examen de U cemparaifon de M. Franklin. aa$
- „ dans l’autre, circuleroit par l’Aimant mê* „ me, Sc par conféquent exerceroit une plu9 „ petite aétion fur le Fer qu’on en approche „ extérieurement.”
- Je n’ajouterai rien, fur cette explication, parceque ce que nous venons de dire nous pa-roit fuffifant. Je dirai plutôt quelle me paroit être la véritable raifon du Phénomène.
- §. 119. Dans le premier cas, le Fer reçoit la vertu magnétique i le fécond, qui eft foutenu par le premier, eft appliqué au pôle de celui-ci, & par conféquent à l’endroit où la force eft la plus grande. Il faut dire la même chofe du troifième & des fûivans: mais, dans le fécond cas, l’extrémité m (Fig. 9) appliqué au pôle boréal B acquiert une force auftrale: fi donc on fuspend un fécond Fer au point»», celui-ci eft attiré par la différence des pôles m & B : or le pôle B eft le plus fort, & affez proche : il exerce donc une action contraire fenfible. D’ailleurs, les forces du pôle m décroiffent très - promptement dans la diftance Cm, 8c font nulles en c: par conféquent fi l’on applique le Fer à quelque point intermédiaire p, entre m & c, il fera attiré très - foiblement.
- Mais, il fuit de cette explication, que le Phé-
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- 434 Ii MIM&tSE-P. I. S. IV- Ch. III.
- Phénomène dont nous parlons n’cft pas générai y & que fon contraire peut facilement avoir lien.. Car, dans le premier cas, le pôle N reçoit d’autant moins de force que le Fer M N eft plus long. Suppofons que la force du pôle N foitla partie x du pôle B. Le f«-èond.Fer fera donc fuspendu’ à un Aimant donc le pôle a la force B. Dans le fécond cas
- m acquiert plus de force que M dans le premier: car i°. il acquiert fa force du pôle B -, 8c l’a&ion du pôle A vient au fecours du pôle B, puisque, par elle feule, m acquerrait aus-fi un pôle auftral, quand même B n’agiroit pas. Soit donc la force du pôle m égale à B.
- 7
- Les forces croifîent en raifbn des diftancés du centre Magnétique C: (a) donc fi la diflan-ce Cp ~p, C m~a: la force du point P fera B/: cette forcé fera donc plus grande, ausfi
- ÿa
- grande, ou plus petite que celle du pôle N, félon
- (a) C’eft ce qui a été démontré par M. van swin-Ven dans fes Tenlamina Theoriae Mat/umaticae 4e Phaint-teunis Maputicis. Leide 1771/ 4to.‘ [Depuis ce tems j'ài beaucoup perfeétionné ma formule, & je M Amplifiée, '& confirmée par de nouvelles expériences daps ine-s Ra/nr-*h« pur les AiÿtHles Aimanlies §. 31. N. d. T. ]
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- Examen de la comparaifon de M. Franklin.
- félon qu’on aura -^oua ou ’s — ; ou ay x
- ou =3 ou ^ i. ,ou* \ ou =a ou X. ü ay * p
- Or ces trois cas peuvent avoir lieu fans contra-diétion.
- $. lio. ExpÉr. LI. Dans l’appareil dont je me fuis fervi, la force a été plus grande dans le fécond cas que dans le premier} car le c«n-ta£t foutint encore un anneau qu’il n’auroit pû fbutcnir dans le premier càs.
- Voila donc dérechef une propofition, que les Phyficiens croient générale, & qui cependant fe trouve faufle, dès qu’on vient à la développer comme il faut.
- Or ce développement véritable, j’aurois presque dit, ce développement mathématique, des Phénomènes, ine paroit d’autant plus utile, que fans lui bien des Phénomènes parois-fent oppofés entr’eux. Car il en eft dans lesquels on diroit que la force eft augmentée en établiflant une communication entre les deux pieds de l’Armure ; & il en eft d’autres dans lesquels on diroit qu’elle eft diminuée par la même operation.
- ExpÉr. LII. (a). Fig. io. J’applique
- Prix de ïAcad. Tome V. §. IÎO. TOME I. P
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- p. i. s.rv. ch.m.
- *i5 I. MEMOIRE,
- un barreau de Fer M N à l’un des pieds de l’Armure : il en eft foutenu. J’approche le contaét mn de façon qu’il touche ce barreau & l’Armure} le barreau tombe. On pourrait donc dire que la force du pôle eft affoiblie en établiffant la communication.
- Je fais bien que M. du tour a'obtenu un effet très - différent en faifant cette 'expérience : car., le barreau qui n’étoit pas foutenu, étant feul, l’étoit en appliquant le con-taéfc. Nous verrons tout - à - l’heure comment il faut s’y prendre pour avoir un effet pareil. En attendant, il s’enfuit de ce que nous venons de ffire, que la force du pôle eft quelquefois augmentée & quelquefois affoiblie. L’augmentation fe prouve encore par l’expérience fùivan-te, faite par M. du tour (£).
- 5. IM. Ex pi R. LIII. Fig. 10. J’ai appliqué au pôle B un petit morceau de Fer, qui ne pefoit qu’un quart d’once Sc qui étoit à peine foutenu: je l’ai appliqué, dis-je, de façon qu’il débordoit un peu hors du pôle, vers l’intérieur. J’ai enfuite appliqué le con-taéfc au pied A , & de forte qu’il toucha le Fer M: ce Fer M a non feulement été facilement four tenu (*)
- (*) Ibid. i. 33.
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- Examen de la comparaifon de M. Franklin, aa?
- ténu alors,mais j’y ai encore pu fuspendre quatre onces. Dirons nous que la force du pôle a été augmentée? On rend facilement raifon de cette expérience & de la précédente.
- Dans le premier cas, les extrémités M & m deviennent l’un & l'autre des pôles auftraux : donc le pôle m affoiblit l’effet du pôle b [fur M]. Dans le fécond cas, il fe forme un pôle auftral en M, mais un pôle boréal à l’extrémité N qui déborde : pôle, dont l’aétion eft aidée par le pôle m du contaét nm, de là l’augmentation des forces.
- Il fuit de cette explication, qu’il y a un maximum dans la quantité dont la partie N peut déborder, quantité à laquelle le pôle N devient le plus fort posfïble, comme l’expérience le démontre. Il s’enfuit encore qu’il eft abfolument néceffaire que la partie N déborde : car fans cela il fe formeroit en N un pôle auftral, & l’aétion feroit diminuée.
- Ces mêmes raifonnemens font voir comment il fe peut faire que le fuccès de la cinquante - deuxième expérience foit quelque fois différent de celui que nous avons obtenu. Cela fe peut faire de deux maniérés.
- §. iaa. ExpÉr. LIV- Fig. n. Soit le barreau de Fer mn fuspendu au pôle B j il ac-P a qucr-
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- . e. P. I. S. IV. Ck. III.
- «,8 I. ME MO» R
- querra un pôle auftral en m, un boréal en n 8c le centre magnétique C fera d’autant plus près du pôle m que le pôle » fera plus foible, & conféquemment que le barreau mn fera plus long. Qu’on applique au pôle A le barreau N M; il recevra un pôle auftral en M. Qu’on l’applique au barreau mn de façon qu’il touche la partie boréale C»: la force de cette partie en •fera augmentée : celle de la partie auftrale M C en deviendra par conféquent ausfi plus grande, & tout le barreau fera plus fortement foutenu. Or, lorsque le barreau mn eft très-long ( & celui de M. du tour étoit de deux pieds) la partie me fera très-petite -, il aura donc pû fuffire que le barreau N M ait été très-peu in-
- A cette caufe il s’en joint une fécondé, qui peut produire le même effet (Fig. ia). La force s’étend toujours félon la longueur du Fer. Donc toute la partie CM eft auftrale} & fi la largeur de la partie M C eft plus grande que me, le pôle auftral M touchera encore la partie boréale en qu’elle fortifiera en confé-quence, ainfi que la partie. Donc, fi cette augmention de force eft plus grande que l’af-foibliflement qui provient de l’application de la partie M à la partie me, il y aura une augmentation de force &; d’adhérence. Or ceci dé-
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- Examen de la comparaison de M. Franklin, zzp
- dépend tant des forces que les parties me 6c c n acquièrent, que de l’étendue de ces mêmes parties, Si de l’épaiflèur du contaft MN.
- ExpÉr.LV. J’ai confirmé par Expérience ce que je viens de dire: j’ai répété pour cet effet la cinquante-deuxième Expérience (§. iao.) avec cette feule différence, que j’ai employé un contaét MN plus large, & le barreau a été à pré font foutenu avec plus de force.
- Ç. 10.3. Concluons de ce que nous avons dit, qu’en établiflant une communication entre les deux pieds de l’Armure d’un Aimant, les forces de cet Aimant n’en font pas diminuées j mais que l’augmentation ou la diminution qui peuvent avoir lieu, dépendent uniquement des barreaux de Fer qu’on cm-
- N o u s pouvons donc, fi je ne me trompe, établir à jufte titre, que la comparaifon entre la Bouteille de Leide & un Aimant armé,, propofée par M. franklin, n’eft pas jufte, & qu'il n’y a à-cet égard aucune Analogie entre l’Éle&ricité Si le Magnétisme.
- CH An
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- P. I. S. IV. CL IV. Des -T
- • CHAPITRE IV.
- Des Phinomines qui concernent la fphb-re d'activité.
- §. 10.4. Nous avons jusqu’ici fuivi M. M. franklin & Cigna: mais, il eft quelques autres Phénomènes de la Bouteille de Leide, & des Aimans armés, qui parodient, au premier abord, avoir la plus grande reflem-blance. Ces expériences méritent d’être examinées avec foin, fur - tout parcequ’elles pré-fentent quelques chefs de comparaifon, auxquels d’autres Phyficiens n’ont pas fait attention. Le premier de ces Phénomènes fe rapporte à la fphère d’attraétion.
- E x pi r. LVI. J’examine à quelle diftan-ce je puis tirer des étincelles du Condufteur de la Machine, à quelle diftance un Corps ané-kétrique fuspendu à un Fil en eft attiré, à quelle hauteur les Fils de l’Éleétromètrc s’élèvent.
- J e place enfuite le Conduéleur fur la Bouteille de Leide} je charge celle-ci, & je trouve
- i°. Que la diftance à laquelle je puis tirer • des
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- P hé nom, concernant la fphbrc d'activité. 43»
- des étincelles n’eft pas ausfi grande que dans le premier cas, mais plus petite.
- 4°. Que la diltance à laquelle les Corps anélc&riques, fuspendus à un Fil, font attirés , eft plus petite.
- 3". Que les Fils de l’Eleétromètre parviennent d’abord à une plus petite hauteur, que celle-ci augmente continuellement} & que, lorsque la Bouteille eft entièrement, chargée, cette diftance n’eft pas plus grande que dans le premier cas.
- D’o ù il réfulte, que la Bouteille de Leide, quoiqu’elle exerce une plus grande force, n’a cependant pas une plus grande fphère d’aéti-vité} mais que celle-ci eft au contraire plus petite.
- §. 145. Mais, que dirons nous de l’Aimant armé? M. cigna dit, que l’aétion d’un Aimant armé fur une Aiguille s’étend à une moindre diftance que celle du même Aimant nud. Mais M. c a lendri n a obfer-vé, qu’un Aimant armé, placé- à la même diftance , détourne une Aiguille tout autant que s’il n’étoit pas armé («). Si donc ces Expé-
- (a) Cenmmtairc des P. P. U soeur & jacquier pir les Prineipes de newton. Tom. III. p. 41-
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- *32 I. mÉm. Pii. S. IV. Ch. IV. Des
- riences font hors de tout doute, la même cho-fe a lieu pour un Aimant armé que pour la Bouteille de Leide. Nous dirons tout - à -l’heure ce qu’il faut penfer de ces Expériences (§. 117. & ia8. ) après que nous aurons examiné un autre Phénomène.
- §. 116. Comparons l’Armure extérieure de la Bouteille de Leide, à l’aile de l’Armure magnétiquej & la tige, ou le crochet de la Bouteille [ ou l’Armure intérieure ] , au pied (a).
- ExpÉr. LVII. Je charge la Bouteille de Leide. Sans toucher à la furîaee intérieure, ou à la tige, j’approche de laïurfàce extérieure un Coips non ifolé : ce Corps n’eft pas attiré (b). Cette furfacc ne donne donc aucun figne d’Éle&ricité.
- Ex-
- («) [Comme la Tige, qu'ûn nomme ausfi le Crochet , parce qu'elle en a fouvent la figure, pénètre dans , la Bouteille, 8c touche la limaille ou l’Armure intérieure , tout ce qui communique à celle- ci, communique par là même à la tige & réciproquement. On peut donc dire indifféremment la Tige ou l'Ai mure intérieure: cela eft égal. N. d. T.]
- (é) wilke dans fes Notes fur la Traéuétion allemande des Lettres de M. franklin, §. aj. p. 143. 15 honnies., Mm. dt i’Acad, 1746. p. 4J4.
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- Pkénom. imtrnant h fphfre d'aiïivitc. 13$
- Exper. LVIII. De même, l’aile de l'Armure d’un Aimant a très-peu de force. A peine foutient - elle quelque poids, ou du moins, ne foutient - elle -que des poids qui né font pas plus grands en comparaifon de ceux que foutient le pied, que ne le font ceux que foutient l’Aimant nud, en comparaifon de ceux que foutient l’Aimant aimé. L’aile agit à peine fur l’Aiguille, placée à quelque diftance.
- Voila donc dérechef une reflemblance, au moins apparente. Les expériences éleétri-ques que nous venons d’allcguer font très - certaines} mais les magnétiques ont befoin de quelque développement.
- 5. 147. Nous avons dit que M. cigna établit que la fphère d’aétivité eft diminuée par l’Armure (a). Il cite, pour le prouver, l’expérience feptante-feptiéme de la Diflcrtation fur l’Aimant de M. musschenbroek. Mais cette expérience ne parle de rien de pareil: il s’y agit feulement du cas dont nous avons parlé ci-deflus (§. 116. ) dans lequel une lame eft appliquée aux deux pieds de l’Armure. . L’expérience de M. c a l e n d r 1 n eft plus vraie :
- «. 5. as.
- PS
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- *34 I. m i m. P. I. S. IV. Ch. IV. Des Voici comment cet homme célébré paroit l’avoir faite.
- Ex per. LIX. Je place dans l’Équateur magnétique à quelque diftance d’une Aiguille un Aimant non, armé, de manière que fcs pôles foyent perpendiculaires à l’Équateur magnétique. Je lui applique cnfuite l’Armure : l’Aiguille paroit reiler dans la même lituation, ou, s’il y a quelque différence, elle eft certainement très - petite.
- Cette expérience prouve en même tems , que l’aile de l’Armure exerce très - peu de force , comme nous l’avons dit dans l’expérience précédente. La caufe du Phénomène eft facile à trouver.
- La furface polaire auftrale de l’Aimant M (Fig. 13.) communique une force boréale à l’aile NB, & une auftrale au pied BS. Il y a donc trois forces qui agiffent fur l’Aiguille j la furface polaire de l’Aimant, comme de coutume j l’aile N B} le pied B S : ces deux dernières fe détruifent en partie & font à peu près égales: car la fomme des forces de toutes les particules en NB eft en équilibre avec la fomme des forces en B S : chaque particule de NB pofféde, à la vérité, une force plus petite : mais leur nombre eft plus grand.
- §. ia8.
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- J9 hé nom. concernant la fphbrc tTattivité. ajÿ
- §. xa8. Ce n’eft donc qu’accidentelle-ment que l’aétion fur l’Aiguille n’eft pas changée, ou qu’elle ne l’eft que très-peu: c’eft pareeque les forces N B & B S font oppofées 8c agiflent en même tems. Voici encore qui prouve que c’eft là la véritable caufe du Phénomène. Si nous pofons l’Aimant obliquement, on peut faire que l’aétion foit changée, comme ausfi fi l’aile NB. & le pied BS font de forme parallélépipède, & que le pied B S eft beaucoup plus long : alors la diftance à laquelle il agit eft beaucoup plus grande-, ainfi il trouble moins l’aétion. L’Aiguille fe rapprochera donc plus du Méridien, à caufe de la force, boréale de l’Armure oppofée à celle du pôle M. J’ai fait toutes ces expériences avec le plus grand fiiccès.
- L’aile a pourtant quelque force, puisqu’elle attire : mais fa force pour foutenir le Fer qu’on lui applique eft très-petite, pareeque le pôle A repoufle ce que l’aile N B tâche de foutenir. Si l’on vouloit avoir des expériences extrêmement exaétes fur ce fujet, voici comment il faudrait s’y prendre.
- i°. I l faudrait examiner l’attraétion du pôle au moyen d’une balance, a°. I l faudrait l’examiner encore à une diftance égale à l’epaiffeur de l’aile,
- 3°- ^
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- tSô I. MBM. P. I. S. IV. Ch. IV. Des
- 3°. I l faudrait enfin examiner la force de l’aile, jointe au pôle. Si l’on retranche celle-ci de celle du pôle nud ( N°. a. ) le rcfte donnera l’aétion vraie de l’aile feule.
- L a fphère d’attraction n’ell donc pas diminuée par l’Armure, ainfi qu’il parait par les expériences fuivantes.
- E x p É r. LX. Je note l’aétion de l’Aimant nud : ie lui applique l’Armure de manière que le pied regarde l’Aiguille. On trouve' que l’aétion de l’Aimant eft beaucoup augmentée ou diminuée, félon qu’on employé l’Armure boréale ou auftrale, & que c’eft lai force boréale ou auftrale qui prévaloit au commencement.
- E x p É R. LXI. Au contraire, fi j’applique les deux Armures, & que l’Aimant fôit perpendiculaire à l’Equateur magnétique, fi de plus les deux pôles de l’Aimant font égaux, l’aétion fera la même qu’elle étoit avant qu’on eut appliqué l’Armure.
- I l eft aifé de rendre raifon de ce Phénomène. Car, fi l’Aimant eft placé comme nous l’avons dit, les poies. M & N agiflent enfem-ble (Fig. 14). L’Aiguille ne ferait donc pas détournée fi ces pôles étoient égaux} & fi elle l’eft, ce n’eft que par la différence d’aétion des deux pôles. En appliquant l’Armure, on
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- Phênom. concernant la fphère d'afiivîti. 0,37
- a dérechef deux pôles oppofés, qui agiflent à la fois, & dont par conféquent les actions fe détraifent entièrement, fi les Armures font placées femblablemerit, 6c fi elles acquièrent des forces égales: 8c dans le cas où l’Aiguille n’eft pas troublée, nous pouvons facilement faire qu’elle le foit, en inclinant un peu l’Aimant d’un coté ou de l’autre, pour qu’une Armure foit plus proche de l’Aiguille que l’autre.
- Il eft donc prouvé, fi je ne me trompe, qu’il eft faux que l’aile de l’Armure n’exerce aucune force, ou qu’elle diminue la fphère d’activité i ce. n’eft qu’accidentellement qu’il arrive que l’aétion paroit quelque fois dimi-
- §. iaç. Nous avons dit que la furface extérieure de la Bouteille de Leide ne donne au-; cun ligne d’Électricité : mais, s’en fuit-il.de là qu’ellè n’en a pas? Nullement: cela n’arrive dérechef qu’accidentellement, favoir, par-cequ’il ne fauroit forcir un peu de Fluide d’une des furfaces, ni y entrer, à moins qu’il n’en entre dans l’autre, ou qu’il n’en forte. Aus-fi, dès qu’on remplit cette condition, la fur-face extérieure donne beaucoup de fignes d’É-. leétricité. Qn fait p. ex. que fi l’on fuspend à
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- 438 I. MÉM. P. I. S. IV. Ch. IV. Det-
- un Fil de foye une petite boule entre deux la-mes, dont l’une communique avec la furfâce extérieure, l’autre avec l’intérieure, elle eft a-gitce d’un mouvement alternatif très - prompt.
- I t, eft donc certain qu’il n’y a aucune res-femblance réelle entre ces deux Phénomènes, qui paroiiToient au premier abord fe reflcmbler é fort.
- M a i s, ces mêmes Phénomènes en produi-ferit deux autres, qui paroiflènt encore fe res-fembler beaucoup.
- Exper LXII. (a),. Si l’on fuspend une petite boule près de la furfâce extérieure de la Bouteille, elle refte immobile : mais, dès qu’on tire une étincelle de la Tige, la boule eft attirée, tout comme fi la force de cette furfâce étoit augmentée, pendant qu’on tire des étincelles de la tige, c. a. d. pendant qu’on diminue la force de la tige.
- Je crois qu’on doit rapporter à ce genre d’expériences, ce que M. priestley nomme la force, ou l’explofion latérale (b).
- - (4) Le monnier, Mrm. Ht l'Jcai. 1746. p. 454.-------
- Wilson Treatife of hhfbicily, p. 87.
- <*) Philofyh. Trmt. Vol. LIX. p. 57, & Vol. LX
- r- m-
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- Phênom. concernaent la fphîn à'aftivitf. 139
- Lorsqu’on dispofe des Corps légers à l’cntou» de la Bouteille, ils font agités quand on décharge celle - ci, comme s’ils étoient poufles par une augmentation de force de la fuvface extérieure.
- Exper. LXIIÏ. Si même on fait l’expérience dans un endroit obfcur, & qu’il y ait une chaîne pendue à la furface extérieure de la Bouteille, ou qu’on place des morceaux de métal anguleux fort proche les uns des autres, de façon qu’ils faffent partie du circuit, alors en déchargeant la Bouteille (r), on verra le Fluide pafler par la chaîne, y briller par étincelles, comme fi la force de la furface extérieure étoit augmentée par ce même moyen, par lequel ou diminue la force de la Bouteille.
- O n explique facilement ces Phénomène^ par la Théorie de M. franklin, laquelle fait voir, qu’ils ne proviennent nullement d’une augmentation de force dans la furface extérieure.
- §. 130. M. cigna (a) a découvert dans l’Armure de l’Aimant un ..Phénomène qui pa-
- (0 Wilson Treatif: (f F.ltftricity, p. 89, 90. (4) [Mi'ctll. Taurin. L c. §. 26. N. d. T.]
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- «40 I. MKM. P. I. S. IV. CA. IV. Des
- roit très - analogue à ceux dont nous venons de parler. Nous avons dit que l’aile de l’Armure n’exerce que peu ou point d’aétion [§. 12,6]. Qu’on applique au pôle de l’Armure le pôle 4c même nom d’un autre Aimant: la force de l’aile en fera augmentée, quoique celle du pôle foit affoiblie. M. ci on A n’a pas indiqué comment il fait cette Expérience. Je m’y fuis pris de la manière fuivatite.
- .Expér. LXIV. Si l’aile de l’Armure foutient à peine un anneau, j’approche de fon pied le pôle ennemi d’un barreau aimanté, & l’aile foutient deux ou trois anneaux qui pendent l’un à l’autre.
- Expér. LXV. Qu’on place un Aimant armé dans l’équateur magnétique, à quelque diftance d’une Aiguille: qu’on note combien celle-ci eft détournée. Qu’on applique en-fuite le pôle ennemi d’un autre Aimant : l’Aiguille s’approche fur le champ beaucoup de l’Aimant. On voit cependant facilement que la plus grande partie de l’augmentation eft due à ce fécond Aimant.
- M. cigna explique ce Phénomène en di-fant, que le flux de la matière magnétique d’un pied dans l’autre eft intercepté par l’application de ce pôle ennemi. Mais nous avons as-fcz. parlé de ce genre d’explications -, 6c un dé-
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- P ht!nom. 'concernant la fp'lhre iï activité. 2,4*
- veloppcmcnt exact de ces Phénomènes noùS mérieroit trop loin. Je dirai feulement qu’il èlt certain que cette augmentation dépend d’uti véritable changement de -foreet qui fe fait dans l’Artmfre même* au contraire de ce qui a lieu pour le Phénomèrie élèétricjue que nbuâ avoirs comparé à ce Phénomène magnétique : il n’ÿ a donc à cet égard aucune vraie Analogie:
- G occluons de tout ce que nous aVortS dit de là Bouteille de Leide 8c d’un Aimant armé ; qü’on ne petit faire àücüne comparaiion entr’eux, mais qu’ils différent autant pair les Phénomènes qu’ils préfentent, que par les cau-Fes par lesquelles ceux-ci font produits (b).
- SEC-
- (h) [Voici la Réflexion que M. hemmer fait fur bette Section. ,; On ne fauroit nier d'après les preuves jjde l’Auteur qu’il n’y ait un grand nombre de diflfé • renées, & des différences confidéràbles, entre les Phé-,,nomèncs de là Bouteille de Leide, & ceux de l’Ar-,, mure d’un Aimant.” Si ces. différences font telles ne fuffiroient - elles pas pour détruire l’Ânalogie è * ,i Mais, continue M. hemmer, ces deux objets font Ü cependant très-analogues, en ce que h fins & le moins i j»ou l'état poiitif & l’état négatif : ont lieu dans l’un 8s ‘ii dans i’autre, & que ces états font froduits & cmfcrvh J, par là mime force. Dans la Bouteille une des furfaces
- ;*dMm h Q
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- 04» I. MÉM. P. I. S. IV. CA. IV. Des
- ,,eft chargée, l’autre eft épuifée, puisque le fluide ac-,, cumulé dans la première repouffe celui de l’autres le ,, fluide accumulé etfeélue par fa répulfion que l’autre ,,furface refte vuide, & cette partie épuifée conferve par ,,fon attraélion l'excès du Fluide dans la partie oppo-,, fée. C’eft par les mêmes caufes que le pôle chargé ,,de l’Aimant conferve une armure vuide, & un pôle ,, vuide une armure chargée.”
- i°. Il me femble que ces états ne font pas produits par une même force. Car l'Armure produit cet état dans la Bouteille; mais elle ne le produit pas dans l'Aimant: cet état y étoit: l’Armure ne change rien à l’état de l’Aimant : il ne fait qu’augmenter l'énergie de celui qui y exiftoit : ce qui eft très - différent de ce qui fe paffe dans la Bouteille.
- 2°. Il me femble que ces états ne font pas confervés par une même force; une communication entre les deux furfaces détruit l’état de la Bouteille : & fortifie celui de l’Aimant.
- •3°. La comparaifon entière eft précaire. On ajjwne comme un fait que l'Aimant a upe partie pofitive, & 'autre négative; mais bien loin qne ce foit un fait, ce n’eft pas même une cm/équcnce déduite Sun fait : ce n’eft qu’une hypothèfe gratuite, qui n’eft pas etayée de la moindre expérience, mais au moyen de laquelle on tâche d’expliquer les Phénomènes, & qu’on admet enfuite comme vraye, parcequ'on croit avoir expliqué les Phénomènes qu’on obferve. ------ L’état pofitif & négatif
- de la Bouteille n’eft pas un fait, mais c’eft du moins une conféquence déduite des faits avec quelque vraifem-blance, avec une probabilité qui peut me paroitre fuflà-fante, mais qui n’a pas frappé de même d’autres Phyfi-ciens : des Electriciens du premier ordre, comme M. M, B £ ASl
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- Pkénotti. concérnàfli la fphire d'aéiviti. lift
- «eKgmAn & wilke (v. ci-delTous §. no.) Mais_du toidins Ce n'éit pas Une iiypo'thèfe gratuite : or, quelle force a une Analogie qu'on fonde non fur des faits; mais, d’arie part,' fur des cbhfïquences, déduites, à la vérité, dé quelques faits ; mais de la jufteffe desquelles tout le monde fie convient pas ; 8e de l’autre fur de pures fuppofitions ; qui ; fî elles ont jafnais qiielque fore*, ne la peiivent dequérir que par une explication exaéte, mathématique ; 8c numérique dé toùs les Phénomènes t une Analogie qui d'ailleurs eft dccoihpagnée de différentes palpables, 8e qui font èffentielles, même dans les. fuppofitions fur lesquelles On fe fonde ? N. d. T- ]
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- *44
- I. MÉMOIRE. P. l.S.V.Ci.I.
- SECTION V.
- »E LA COMPARAISON DES ATTRACTIONS ET DES REPULSIONS TANT
- ' Électriques que magnétiques.
- §. 130*. La quatrième Queftion que noua avons entrepris' d’examiner eft celle-ci „ l’É-„ leétricité & le Magnétisme conviennent-ils „ entr’eux, eu égard aux Phénomène qu’on „ obferve dans les Attrapions & les Répul-,9 fions.”
- M. aepinus s’eft fort occupé du développement de cette compavaifon, dans laquelle git le fort de fon lyftème (a). Nous examinerons
- (*») [M- stbiclehnbr a donné dans les cent premiers §§. de & belle differtation un développement complet des principaux Phénomènes des Attraétions & des Répulfions tant éledriques que magnétiques, au moyen des principes de M, aepinus, que nous avons expli" qués çi-deflus- $. 90. feqq, & qu'il fuit pas à pas, JS. d. T.]
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- Dt la comparaifon dis Jttractieé &c. 445
- rons premièrement l’attra&ion ; enfuite la ré-pulfion: nous y ajouterons enfin quelques réflexions qui appartiendront à l’un & à l’autre genre de Phénomènes ( b ).
- CHA-
- (£) [M. hemmer remarque fur cette Seétion, qu’à fon avis ,, je n'ai pas fait grand mal au fyftème de M. „aepinus: qu'à la vérité j’ai fait voir que l'attraélion ,, magnétique eft beaucoup plus forte que l’éleétriqiie î ,, que l’attraélion éleétrique fe change fresque toujours en
- répuliion, ce que la magnétique ne fait jamais: mais, ,,ajoute-t-il, ce ne font là que des acceffoires, qui nfc ,, changent rien au point Capital, qui eft , que l'attraétion • „ & la répuliion fe font de part & d'autre de la même „ manière, & félon les mêmes Loix de déftruélion d'é-,,quilibre: & cette vérité demeure, fi je ne me trom-,,pe, ferme & inébranlable, malgré toutes les objections de M. V. S.” M. hemmer examine enfuite plus particulièrement quatre articles de mon mémoire. Nous examinerons ces réflexions dans nos notes fur chacun de ces articles : mais difons un mot ici de cette P e-marque générale,
- Obferyons d'abord que cette Thefe, que les attrapions Se les répulfions fuivent les mêmes Loix de la déftruc*-tion de l'Equilibre êtc., conftitue entre les deux Forces, non une Analogie de Fait?, mais une Analogie de Syftî-me, puisqu'elle fuppoiè que le fyftème de M. ae pi nus eft démontré. Nous avons déjà vu dans plufieurs notes précédentes ( §. 90. d. f. S. 9a. c. f. §. 93. !>. 99. a. lia. e.) ce qu'on peut objcâer à cet égard, &je ren-
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- «46 I. MBMpiRp. P. I. §' yr ÇA. I.
- yoye à ce que j'ai dit dans Ja note b du §. précédent % la folidité d'une Analogie de fyfiïme. J’avoue que je ne me fuis pas attaché aux fyftèmes dans mon travail fur ce fhjet, mais uniquement aux faits ; tâchant néanmoins de diftingner les faits effentij^ des faits açceffoires, 85 modifiés par des circonftances étrangères. Une Analogie de fyftème n’eft vraie que pour ceux qui admettent les fyftèmes dont il eft queftion: mais une Analogie dp Faits eft feule vraie & inébranlable. Du refte je p’ai pas prétendu faire de réfutation complette du fyftème de M. as p inus: je n’en ai touché que quelque; points, quj appartenoient plus directement à mon i'ujet.
- Remarquons i°. qu'en fuppofant, que les attraélion; & les répudiions magnétiques & éleétriques proviennent les unes 8c les autres de ce que les deux Fluides font tirés de leur état naturel, pour s’accumuler dans une par? lie du Corps, 8e fe raréfier dans l’autre, cela feul ne rend pas l’Analogie entre les deux Fluides valable. Si 1^ gtandeur de la condenfation 8e de la rarefaétion, fa con-fiance, les obitacles que les Corps même qui contiennent les Fluides apportent à leur mouvement, la répul-fian naturelle de ces Fluides 8cc. font différens, comptera -1 - on ceci parmi les acceffoires ? il me femble que pe font des points effentiels. Mais nous reviendrons fut ces Articles.
- Enfin 3°-. Je regarde les fuppofitions que le Fluide magnétique fe’ meut très - difficilement dans le Fer ; qu’il fe condenfe dans une partie de celui-ci, 8c fe raréfié dans l'autre : que la répulfion eft proportionnelle à la quantité de Fluide, non feulement comme des fuppofitions gratuites, mais encore comme des fuppofitions contraires aux Faits: j'ai indiqué mes raifpns dans des no; ter précédentes (*. 91. c. S. 93. V S. 98.Vji.112." a) $ j'y reviendrai encore (§. 195. f. §. zoo, rf.) '
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- Examen des Phénomènes de YAttraction, icq
- CHAPITRE I. Examen des Phénomènes de l'Attraction.
- Il yi furtout trois Phénomènes aux quels il faut avoir égard ici : i°. la grandeur de 1*Attraction: a0, la diftance à laquelle elle agit, 3°. la confiance ou la mutabilité de l’Attrac-
- I. La Grandeur de Y Attraction.
- §. 131. M. Musse h é n b r o e k établit cette comparaifon entre l’Éleéfcricité & le Magnétisme («): que l’Aimant foutient de très-grands poids, mais que l’Ambre, ou les Corps qui poffédent la vertu élcétrique, n’attirent que les Corps légers, des pailles, des fétus, des pousfièrês. Ces Phénomènes méritent d’é-tre examinés avec foin.
- 11< efl certain que l’Aimant, furtout s’il eft aimé, peut foutenir de très-grands poids, fcSt qu’on
- (4) lntrsd. ad Phil.
- r. §. 997-
- Q 4
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- *,4-8 T. MEMOIRE. P. I. S. V. Ch. ï.
- qu’on les confidère en eux-mémes, foit, & cela a furtout lieu alors, qu’on le? copfidèrc par j-apporc au poids de l’Aimant. Rentrerais dans un trop grand détail, fi j’en rapportois toqs les exemples connus : je n’en citerai que deux ou trois.
- 11. eft fait mention dans le Journal des Sa-, vans de l’année 1683. p. 116, d’un Artifte de Paris, ]VI. pou 1 pl y., qui avmoit les Aimans avec, tant d’adrefle., qu’ils foutenoient deux-cent fois leur propre poids. Le D.oéteur Martin a vu un Aimant fi petit, qu’il étoit monté eu bague comme un Diamant (b). Son poids étoit de trois grains, 6c il en ioutenoit 746, ç. a- d. qu’il foutenoit deux - cens - cinquante fois fon propre poids. Ce Phyficien ajoute, que ç’eft le plus fort Aimant qu’il ait jamais vu. M. pu fay pofledoit un Aimant de neuf livres, qui étant armé en foute-noit feptante-fept (c) : 2c depuis peu, Mv l’Abbé, le yobpe a fait voir, à l’Académie de Paris un Aimant artificiel j du poids de neuf livres, deux onces, qui foutenoit cinq-ççns-
- (b) Philof. Britlaim. Time L p. 47. de la ide Edition* . (c) Mem. de l'Jtad. Roy. des Sciences 1731. p. 41(5.
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- Examen des P-hénomïnes éle PAttraBm.
- pens-cinq livres (d). Je patte d’autres exemi pics , même pou connus.
- O R, fi nous comparons ceci aux Phénomè-r pes éleéhiques, quelles différences ne trouve-j rons pous pasI Car nous voyons tous les jours, que les Corps éleétriques n’attirent que des Cofps très-légers, & qu’il n’y a que ceux - ci qui en puiffent être foutenus.
- Mais, il y a une expérience du P. kir.-! pHER, qui mérite qu’on en faffe mention.
- §. 13a. Pline avoit déjà dit («) que l?Ambre attire non feulement des pailles, mais ausfi des raclures de Fer. Le P-. hardoüin rapporte dans fes notes fur cet endroit, que l’Ambre peut attirer des grands poids, même vingt-fept livres, & il cite une expérience du P. Kl R CH ER.
- Dans cette expérience vingt-fept livres de plomb ont été en effet mis en mouvement par un morceau d’Ambre: mais, s’en fuit-il que l’Ambre a réellement attiré vingt-fept livres? Nullement, car voici l’appareil du P.
- Kl R-
- (d) Journal des Savons 1772. Mai Éd. de Paris, Juin p, 54. Éd. d’Amllerdam.
- ' (a.) [ Hipria. Xawralis Lit. XXXVII. Cap. li. N.d. T.}
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- '*50 I. MÉMOIRE. P. I. S. V. Ch.l.
- ki R ch er (b) (Fig- 15)- H fuspendoit un levier de bois au fil AB: il plaçoit le Corps qui devoit être attiré à l’extrémité E ou F de ce levier, Sc il en approchoit un morceau d’Ambre frotté, qui attiroit cet appareil. De cette façon vingt -fept livres ont été mifes en mouvement. Mais, il eft évident que l’Ambre n’a pas attiré ces vingt-fept livres : il n’a fait que vaincre la réfiftance que tout cet appareil oppofoit au mouvement. Si cette réfiftance ne vaut qu’une livre, l’Ambre n’aura attiré qu’une livre, & même il n’auroit pas attiré une livre entière : car le frottement fc fait fur le centre de mouvement, & l’Ambre agit au moyen du bras de levier B F, ce qui augmente beaucoup fon énergie : d’où il fuit que l’Ambre ne produit réellement ici qu’un très - petit effet. Le frottement, s’il y en a de fenfible ici, n’eft affurement pas la millième partie du poids : le levier B F eft presque infini à l’égard de la furfkce fur laquelle fe fait le frottement, car celui-ci agit dans le centre même. Suppofons que le levier n’ait été que cent fois plus long : alors l’énergie de la puis-fance fera cent - mille fois plus grande que celle dé
- (b) P/tyfica fibtemtna Lib. VIII. Std. 3. Gf. y. f. jj.
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- %xamen des Phénomènes de V.Attraction, agi,
- jde la réfiftance, c. a; d. que la puiffance n’atr tirera que la cent-millième partie du poids. Ce poids a été de vingt rfept livres : fqppofons qu’on ait encore appliqué yingtrfept livres 4 l’autre extrémité pour faire équilibre, ce qui; n’a peut-être pas eu lieu, car il n’eft pas dit fi c’eft un poids de vingt s fept livres qu’on a-voit appliqué à l’extrémité F, ou fi c’étoit 14 le poids 4e tout l’appareil. Qu’on fuppofe donc cinquante - quatre livres pour le poids total : & puisqu’il y a feize o'nçes dans une livre, ce poids fera de huit - Gens - foixante r quatre on-r pes, & chaque once contenant quatre-cens-! quatre - vingt grains, ce poi4s total aura été de quatre - cens - quatorze-mille fept - cens - vingt, grains, & par conféquent le poids que l'Ambre a réellement attiré,- n’aura été que de quatre grains. Cette expérience n’indique dono en aucune façon que l’Ambre attire de grands poids, comme le fait l’Aimant.
- §. 133. J’ai confirmé ces raifonnemens par 4es expériences.
- Exbér. LXVI. J’ai placé fur un ftile d’aciep extrèmément pointu une Aiguille dq cuivre très - rpobile, qui, avec fq çhappe d’a-gathe, pefoit nonante-fept grains. J’ai chars gc çette Aiguille en fuspendant à l’une de fes
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- Ijt'ÿî. I. MEMOIRE. P. T. S. V. Ch. I.'
- extrémités mille-neuf-cens-treize grains, & à lfautre mille » neuf <• cens - quinze grains. Le poids total eft de trois-mille-huit - cens - vingt-huit grains, & avec celui de l’Aiguille, de trois-mille-neuf - cens - vingt - cinq grains. J’ai attaché à une des extrémités un fil extrèmé-ment délié, qui paffoit fur un cilindre de verre fixé à une colonne. J’ai attaché à ce fil un poids d’un douzième de grains, & ce poids a facilement mu tout l’équipage. Donc un douzième de grain a mis trois-mille-neuf-cens-vingt-cinq grains en mouvement, c. a. d. un poids qui le furpaffoit quarante - fept - mille & cent fois. Donc fi l’Ambre mettait ce poids là en mouvement il ne ferait qu’un effet d’un douzième de grain. J’ai donc frotté légèrement un morceau d’Ambre, qui a très-promptement agité cette Aiguille ainfi'chargée. La diftance entre le centre & l’extrémité de cette Aiguille n’étoit que de trois pouces fi elle a-voiç été de fix pouees, commç elle l’eft dans un autre appareil que j'ai ausfi employé (<*), le même poids aurait produit un effet double, & par eonféquent il aurait mis en mouvement Un poids nonante-quatre-mille fois plus grand.
- Or
- (^) [ Ceft celui dont j’ai parlé dans le S. 136; N. d. T-]
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- Examen des Phixotxltus de V Ætrafttbn. nfâ
- Or je ne l’ai fuppofé que cent-mille fois plus' grand dans l’expérience du P. kir cher,'. Mais, celui-ci a employé un levier d’un pied (b)< D'ailleurs ce levier étoit fuspendu à un fil, & il étoit par conféquént plus mobile, puisqu’alors il n’y a guères de frottement, au lieu qu’il y en a quelque peu dans mon appareil} car M. lou s (e) a trouvé qu’une Aiguille , qui lorsqu'elle eft fuspendue à un fil de foye non tors, faifoit cent oscillations avant que de s’arrêter, n’en faifoit plus que cinquan-s te étant fuspendue par une chape d’agathe.
- §. 134. Of, fi l’Attraction du Fer & des Corps cleétriques dépend de ce que ces Corps reçoivent le Fluide magnétique ou éleCtrique : fi cette Attraction eft d’autant plus grande que ces Corps reçoivent le Fluide plus abondamment , il s’en fuit manifeftement que le Fer reçoit' le Fluide magnétique plus facilement Sc en plus grande quantité que les Corps électriques ne reçoivent le Fluide éleCtrique : & que ce Fluide magnétique pouffe, ou preffe le
- (b) Art Maptttica, Lilro 3®.
- Cf ) Tntmm ni nmpafim mnticum ptrfitMum. Exprl
- 3 ôc S8i
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- ^$4 1- Nti Md irfi. P. î< S. V. Ch. il
- ;Fer vers l’Aimant avec beaücoup plus de fofifë que lq. Fluide éleéhique ne pouffe les Corps vers le Coiidufteur de la machine, de forte que l’énergie de ce premier Fluide- égale le poids de plusieurs livres j & celle du dernier feulement le poids de quelques grains: différence qui indique certainement une grande diverfité •entre les Loix félon lesquelles ces Fluides agiffent (<*)<
- M a i s
- (<i) [Ce que nous dibns ici de la diverfité des Lôix félon lesquelles ces Fluides agiffent, en fuppofant que leur impulfion ou leur presfion produit l’attraélion & la répulfion, a lieu également en admettant le fÿftème de "M. a k pi nos. Selon ce Phylicien , l’attrââion & la répulfion dépendent de la condenfation & de la rarefaétion du Fluide dans les Corps dont il -s’agit : de forte que, fi nous fuppofons un Corps pofitif, qui contienne un excès de Fluide j au-deffus de fâ quantité naturelle Q : Si un autre Corps négatif, dans lequel là quantité naturelle' 1D de Fluide eft diminuée de A, & dans lesquels enfin la répulfion naturelle des Fluides eft R : la grandeur de l’at-, a JR
- traétion fera : v. abpInüs §. 35. & sïeigieh-Uek §. 40. Nous nous férvons de Cette formule fimple, parce que les conclurions font les mêmes que fi nous nous fervions de la formule pius compliquée, qui a lieu fi deux Corps, en partie pofitifs 8c en partie négatifs, •giflent l’an fur l’autre. On trouve cette formule dans le S. }+ de la Differtation de M. steiqiehner. Nous
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- Eximert des Phénomènes de V Attraction. 455
- Mais, on dira peut-être, que la plûspart des exemples cl’Aimans très-vigoureux, que nous
- n’examinerons pas à préfent fi ces formules fuivcnt des principes qui leur fervent de baie: nous les admettrons, & nous en discuterons les conféquences.-1°. C’eft un fait que l'attraétion magnétique eft plu» forte que l’éleélrique : 11 faut donc que ou J, ou g, ou R,' ou plufieurs de ces Élémens à la fois, foyentplus grands pour l'Aimant & le Fer, que pour les Corps éleéhiques: La force de l'Aimant qu'on employé dépend de ~ : mais , outre qu'on peut choifir des Aimans dans lesquelles i ne fera pas plus grand que dans tel Corps éleétrique il eft clair que dans un Aimant dont les pôles font égaux, q ne peut jamais etre plus grand que Q, puis-qu'alors l'étendue de la partie pofitive eft égale à celle de la négative, le centre magnétique tombant au milieu de la Lame, & qu’ainfi, en fuppofant la partie négative parfaitement vuide, tout fon Fluide Q fera la quantité 3 qui fe trouve en excès dans la partie pofitive. Or, comme les Corps éleélHqucs peuvent fe charger par excédent, q y fera plus grand que Q en bien des cas: ainfi Æ pourra être, même dans des Aimans très-vigoureux plus petit qu'il ne l’eft dans des Corps éleétrifés. A farces égales g fera plus petit daDs du Fer préalablement non aimanté, que dans un Corps quelconque approché 4'un Corps éleétrifé : puisque g dépend de la tranfpofi-
- tioB
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- 456 1. MBfcioïttE. P: I. S. V. CA. h
- nous avons alléguées (§. 131. ) font des éx«' emples d’Aimans armés j dans lesquels la forcé eft
- tion du Fluide; Si que lé Fluide magnétique fe meut plus difficilement dans le Fer, que le Fluide éleétrique dans le'S Corps éleétrifés: 11 faut donc que R foit plui ' grand dans le Magnétisme que dans l’Éleétrièitë : t. à. d. il faut que les particules du Fluide magnétique iè re-poufTent pliis fortement, & incomparablernent plus fortement qtte celles du Fluide éleétrique. Or, Cette différence n’eft - elle pàs effentielle à ces FhrideS ?
- a®. Une MafTe de Fer ou d’Aimant contient & du Fluide magnétique, & du Fluide éleétrique, tous deux dans leur état naturel : il faut donc, pour conferver l’équilibre que ies particules du Fer ou de l'Aimant attirent plus fo'rtemènt les particules du Fluide magnétique que celles du Fluide éleétrique, & eft même raifûn que la! ré-pulfîon de celles-là eft plus grande que Celle de celles-ci; iVoila donc encore une différence ; & qûi n'éft pas moins effentielle que la précédente.’ 11 faudra donc encore ajouter ce s deux hypothèfes à toutes les autres de M. à e p r n u s : mais ces deux hypothèfes font dérechef gra^ laites, & appuiées d’auCune expérience;
- 3°: M. aepinuS n’a pas expliqué dàrts fôh fyftèmè Fattraétion ou la répùlfion des Corps éleétriques & magnétiques : il n’eft queftion dans les réfultats de fes caF culs que de l’attraélion ou de la répùlfion des Fluides Contenus dans ces Corps: mais il fuppofe §. 8. p. 16. que là répùlfion ou l’attraélion du Fluide éntfaine celle de'S Côfps qui contiennent ce Fluide , & auxquels Celui- ri eft attaché; Mais cette hypotliëfe eft bien coin-poîée : car d’abord il eft évident, que fi la force d’an-’
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- Ëxâm'eft des Piétibmhes de V Attraction, agf
- eft augmentée & concentrée j que les Aimans non-armés font beaucoup plus foibles: quel!
- l’ori
- traétion dü Corps A eft plus grande que H force dé CohéSon qu'il.y a entre le Corps attiré B & le Fluide iqu'il 'contient, ce Fluide s’échappera de ce Corps, à moins qu’il ri’ÿ 'éprouvât une difficulté invincible. 11 faut donc pour que le Corps total B foit attiré, qué la force de Cohéfîon de eé Corps avec fon Fluide, foit ou ausü grande, bti plus grande que la force avec laquelle ce Fluide eft attiré. Mais comment cela fe peut - il, fi cette force dé Cbhëfioh n’efi autre, tomme il femblc que êelâ fé doit, que l’attraétion que lè Corps exerce fur ce Fluide; & fi cette àttraâion n’eft; comme M. aepi-fous le fuppofé, que ce qu’il faut pour tenir le Fluide en équilibre? (v. S. pi. note b). Mais cette feitle condition ne fuffit pas, pour que le Corps même foit attiré bu fouteiiu pâr la fcuie aélion dù Corps attirant fur fbn Fluide: il faut ën'coré a6. que cette aélion vainque l’is liertie du Corps ; s’il s’agit de 16 mouvbir hbrifontale-ment ; ou fon poids total, s’il s’agit de le foutenir. Si dont un Aimant foutient Une mafie de Fer de vingt livres p. ex. ; le Fluide de ce Fer eft attiré vfers l’Aimant. par une force dé io livres: retiré avec une force de 2b livres par le poids du Corps: condenfé par conféquenf par une force de 10 livres, & de plus fa force de Co-héfion avec la fubftance de ce Fer eft au moins de ib livres : mais fi Cette force eft fi grande , comment fe peut-il qüé ce Fluide foit mis en mouvement dans ce Fer ; par uné force très-petite, Celle p. ex; d’un Aimant foi-Me , au moyen duquel on aimanterait ce Fer ; quoique
- TOME ii
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- 358 I. Mi MO IRE. P. I. S. V. Ch. I.
- l’on veut établir une comparaifon, il faut l’établir entre des Aimans armés & des carreaux, éleétriques., dans lesquels la force eft ausfi beaucoup augmentée & concentrée. Faifons donc cette comparaifon -, & il s’ouvre à cette occa» fion un vafte champ d’expériences très - élégantes , mais fur lesquelles il faudra faire quelques réflexions préliminaires.
- §. 135. Nous avons parlé ci-deflus (§. 110. feqq. ) de l’Armure magnétique, & nous avons vu ce qu’il faut penfcr de la concentration du Fluide dans fes pieds. Mais, les Aimans en Fer-à-cheval ne font pas armés, & cependant l’Abbé le noble en a confirait qui portent quarante livres. La grandeur de l’attraélion magnétique ne dépend donc pas de l’Armure (a). Nous avons dit ci-deflus (§.
- 130. )
- peut-être'légèrement ? (v $. 93. noter) D'ailleurs cette grande Cohéfion du Fluide avec le Fer, qui neanmoins lui permet de fe mouvoir dans le Fer, n'eft - elle pas encore une fuppofition gratuite , étayée d’aucune expérience ? & fi ces différences de Cohéfion, d’Attraction , & d’Aétion entre les Fluides magnétiques & électriques ont lieu, ne font - elles pas effentielles ? ne forment-elles pas une différence réelle? N. d. T.] *
- (4) [C'a. d. d'une concentration de Fluide dans les pieds
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- 130. ) ce qu’il faut penfer de la comparaifon de la Bouteille de Leide avec un Aimant armé.
- Passons aux belles Expériences de M. s y m m e r fur la Cohéllon éleétrique : je n’en répéterai que deux, qui appartiennent à notre fujet (b).
- Ex pé r. LXVII. Si deux Carreaux électriques, armés feulement fiir une de leurs fùr-faces, font appliqués l’un fur l’autre par la fur-face non armée, & fi on les charge enfuitd comme s’ils né faifoient qu’un feul Carreau, ils adhérent l’un à l’autre avec une très-grande force, 6c ils pourront foutenir un poids de quelques onces. Le Carreau inférieur dont je me fuis fervi, pefoit huit onces, trois dragmes, vingt-cinq grains, 8c il étoit facilement enlevé par le Carreau fiipérieur, quoiqu’aucun des deux ne fut de Verre poli.
- $• 13 6-
- pieds de l’Armure, ou d’une condenfation dans l’un'd’eux, & d’une rarefaétion dans l’autre, plus grandes l'une 8c l'autre qu’elles ne le font dans l’Aimant non armé :. car du relie ces Aimans en Fer - à - cheval conviennent avec les Aimans armés en ceci qu’ils agilfent par les deux pôles à la fois. N. d. T.]
- -\b) Pttltf. TrahfnSt. Vol. LI. Part. I. p. 34°. Ce Traité a été traduit en François & publié avec des Notes dans le troifième Tome des Lettres fur tÉkRricili f*r
- ÏÀUi nouet. .............
- R a
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- a6o I. MÉMOIRE. P. I. S. V. CA.'î.
- §. 136. L’attraction eft-elle donc plus foite ici que dans d’autres cas, & approche-t-elle davantage de la grandeur des attrapions magnétiques ?
- Les deux Carreaux acquièrent, dans cette expérience, des Elcéfcricités contraires j le fu-péricur une Eleftricité pofitive, l’inférieur une négative : 8c la cohéfion n’a lieu que lorsque les Carreaux font dans un état contraire* * c’eft ce qui fera prouvé par l’expérience fui-
- ExpÉr. LXVIII. Je retourne mes deux Carreaux chargés 8c adhérens l’un à l’autre : je continue cnfuite à les éleéhifer : leur cohéfion eft d’abord diminuée, puis détruite, enfin rétablie, mais de façon que la lame fupérieure, qui étoit négative il n’y a qu’un moment, puisqu’elle étoit alors l’inférieure, eft devenue pofitive : 8c que l’autre eft réciproquement devenue négative de pofitive qu’elle étoit.
- Il eft d’ailleurs démontré, par toutes les Expériences de M. M. symmer, nol-LET, CIGNA (a) 8c BECCARIA (*)
- fur
- (“) [Miicell. Taurin. Tome III. p. 31. feqq. N.d.T.J
- (*) [PhiUf. Tranfafl. VoL LVIL p. 397. N. & T.J
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- Examen des Phénomènes de T Attraction. %6t
- fur la cohélion éleCtrique, qu’elle n’a lieu qu'entre des Corps qui font dans un état con-
- $• 137. Les Expériences que M. sym-m e r a faites avec des bas de foye font ausli de la plus grande beauté. Il a trouvé, que fi l’on frotte un bas noir fur un bas blanc, ou réciproquement , ils adhérent l’un à l’autre avec une grande force} mais qu’un bas noir frotté fur un noir ou un blanc frotté fur un blanc, ne produilênt pas d’effet pareil: Or, en ce cas, ces bas acquièrent l’un & l’autre la même EleCtri-cité : & pour la cohéfion, il faut des Électricités oppofées. C’eft ausfi pour cette raifop que j’ai rapporté ce Phénomène au Carreau électrique, ou à la Bouteille de Leide} puisque tout s’y réduit à ceci, que les furfaces acquièrent des Eleétricités oppofées.
- Les Cohéfions des bas de foye font étonnantes : elles furpaffent quelquefois vingt, quarante , & même quatre - vingt - dix fois le poids des bas qu’on employa. Voici une expérience que j’ai frite d’après M. cigna.
- ExpÉr. LXIX. J’ai chauffé un ruban de foye blanche, du poids de neuf grains: je l’ai pofé fur un ruban de foye noire ausfi chauf-R 3 fé.
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- fé. Je les ai frotté plufieurs fois. Ils s’attachent avec une grande force à la table fur laquelle ils font pofés. Quand on les en détache on entend un fifflement : ils volent avec une grande force vers la main qu’on leur préfente. J’ai fuspendu enfuite trois dragrùes, ou cent - quatre - vingt grains au ruban blanc, & ce n’eft qu’avec peine qu’il s’eft détaché du noir. Il a donc adhéré à celui - ci avec, une force qui fiirpafioit vingt fois ion propre poids. Or, les deux rubans font-éleéfcriques : & fi l’on place entre deux une petite boule fuspendue à un fil de foye, elle eft dans un mouvement continuel; preuve que ces rubans ont des Ele&ri-cités oppofées.
- §. 138. Cette Cohéfion eft donc très-grande : & fi l’on confidère la proportion du poids foutenu à celui du Corps qui le foutient, elle approche beaucoup de la force de plufieurs Aimans armés, quoiqu’elle n’atteigne pas l’efficace de quelques uns de ceux dont nous avons parlé (§. 131.) Mais, fi nous confidérons les poids foutenus en eux-mêmes, c. a. d. la Cohéfion abfolue, on trouve que ces poids font beaucoup moindres que ceux que l’Aimant attire : car ils furpaffent à peine une livre, ou une livie
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- Examen des Phénomènes de PAttraElion. 2,63
- livre & demie, au lieu que les exemples d’Ai-mans qui en foutiennent dix, vingt, trente, quarante, ne font pas rares.
- J e ne voudrais cependant pas établir, par cette raifqai feule, une différence entre l’E-leéhricité & l’Aimant : car de même qu’on n’avoit, avant M. symmer, aucune idée de la grande force que ce Phyficien a produite , rien ausfi nous engage à penfer que nos Neveux ne produiront jamais une Cohéfion qui furpafle de beaucoup celle que M. s ym-m e r a trouvée.
- §. 139. Les discusfions que nous venons de faire fur l’Éle&ricité 2c le Magnétisme reviennent donc à ceci.
- i°. Qu’un Corps éleftrique, agiflant fur des Corps placés à quelque diftance, n’en attire & n’en peut foutenir que de légers} pendant que l’Aimant en attire 8c en foutient de plus pefâns.
- a°. Qu’on peut effeéhxer que deux Corps appliqués l’un à l’autre, adhérent avec une grande force éleétrique, au moins fi on la confidère relativement ( a). Que cela a lieu fi
- (4) [M. sTEieiEHNER a fait une belle expérience
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- P. I. S, V. Ch. I.
- »($4 I. MÉMOIR
- pn éleétrife à la fois deux Corps appliqués l’uq à l’autre, & qui peuvent acquérir des Eleétm pités contraires. C’cft ausfi de la même ma-» nière, qu’un Aimant armé, dont les deux pôles oppofés agiffent à la fois, Jputient de plus grands poids qu’un Aimant non armé.
- Le premier de ces phénomènes me paroit indiquer une affez grande différence entre l’action du Fluide éleétrique & celle du Fluide magnétique.. Car., 11 ces Fluides agiffoient fuivapt \es mêmes Loix, Sç fiiivant des Loix femblables, ilfaudroit que les. effets, du même genre fuffent femblables ausfi: or, le Fluide, électrique ne meut que des Corps très - légers, & le magnétique en meut de p.elàns, dans les çirconftances même, dans lesquelles le Fluide, éleétrique çn devro.it mouvoir de plus pefans. Car., qu’on ait deux Carreaux éleétriques qui adhérent l’un à l’autre avec une force çonfidé-rable; qu’on les fépare.} ils n’attirent que des Corps légers : au contraire de. ce. qui a lieu pour l’Aimant, qui, fi on l’ptç. du. Corps:
- qu’il
- avec l'Eleétrophore pour prouver la grandeur de l'attraction éleétrique. v. le S. 98. de fa. diflcrtation. On s'apercevra facilement que cette Expérience revient pour fc fonds, au cas qui a li,eu dans celles fur. Iq CoKéfion éleétrique. N. d. T. ]
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- qu’il foutenoit, pourra dans le moment même foutenir d’autres Corps à peu près du même poids. Et qu’on ne dife pas que la raifon pour laquelle le Fer eft foutenu par l’Aimant avec plus de force eft, que dès qu’il eft appliqué à 1?Aimant, l'extrémité qui touche celui-ci acquiert un pôle oppofé : qu’ainfi on a toujours des pôles contraires dans le Magnétisme, & par çonféquent qu’il ne faut comparer cç Phénomène qu’avec celui dans lequel il y a des Électricités oppofées, 8c dans lequel on obferve une grande Cohéiion ( k) ' car, pour foutenir ceci, il faudra foutenir ausfi, qu’il y a une différence entre les manières dont les forces éleétrique & magnétique font communiquées: puisque, dans ce cas, il s’en fuit qu’un Corps approché d’un Corps éleéfcrique n’acquiert pas une Éleûricité oppofée , au contraire de ce qui a lieu pour le Fer qu’on approche de l’Aimant (ç ), Mais, je parlerai
- (i) [Dans le fyftème de M. aepinus il y a attrac-. tion entre les Corps doués d'Eleétricités oppofées : ainfi la disparité dont nous parlons y eonferve toute fa force. N. d. T.]
- (c) [Je n’ai pas prétendu dire que ced ait lieu pour l’ijleélricité : mais feulement que cela auroit lieu dans 1% (uppofition que j’examine. N. d. T. J
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- des Loix de la communication des forces dans l’examen de la queftion fixième. (§. 181. feqq.)
- $. 140. Le fécond Phénomène (§. 139.) revient à ceci, que deux Corps qui pofledent des Éleétricités contraires adhérent l’un à l’au* tre avec plus de force, que lorsqu’un Corps éleétrique agit fur un autre Corps non électrique (a), foit Conduéteur, foit Coercitif (a).
- 11
- (a) [Voici la remarque que M. hemmer fait fur cette e<presiion. ,, L'Auteur allume qu'un Corps élec-a» trifé peut agir fur un autre Corps qui n’eft pas encore ,, électrique : mais cela n’arrive jamais : car, dans le mo-,, ment même qu'un Corps eleétrifé pofitivement p. ex. ,,agit fur un autre Corps, celui-ci devient négatif, en ,,entier, ou en partie, puisque les particules du Fluide ,, qu'il contient font repouffées par le Fluide accumulé ,, & par conféquènt plus énergique, de l’autre Corps. La ,, même chofe a lieu, quand un Aimant commence à agir fur un morceau de Fer, fur un clou, p. ex: de ,, forte qu'on a ici l'Analogie la plus parfaite.” Nous avons ici un Fait, & une explication du Fait : celle - ci eft fyllematique ; mais le Fait eft très - certain : M. ae-pi nus l’a prouvé par de belles expériences S. ni. feqq. de fes Tcmamina. Mais je n’ai pas dit que le Corps fur lequel un Corps eleéirifé agit, ne devient pas éleétrique, mal-ré cette aétion : je me fuis fervi de l’expresfion non-iltelriq- e, dans le même fens que je me fers §. 141. de l’expresfion dé^wvu d'Jiieltricué, pour dire qu’un Corps n'elf
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- Examen des Phénomènes de Y Attraction. 067
- Il faudrait donc, pour qu’il y eut à cet égard une reffemblance parfaite entre les Phénomènes électriques & les magnétiques, que deux Aimans s’attiraflent plus fortement que l’Aimant & le Fer. Le Phénomène éleétrique eft, pour autant qu’il m’eft connu, général, 6c n’admet aucune exception : mais, en eft-il de même pour le Phénomène magnétique? Nullement.
- Un très-grand nombre de Phyficiens, & même presque tous les Phyficiens, foutiennent que l’Aimant attire plus fortement le Fer qu'un autre Aimant, St M. musschenbroek a fait des expériences très - exaétes fur ce fu-jet {b), par lesquelles il eft prouvé, que l’at-traétion entre l’Aimant & le Fer eft quelquefois
- n'eft pas éleétrife avant que d'être employé ; tout comme on fe fert de l’expresfion de Fer pur ou non aimanté, quoiqu'il devienne réellement magnétique, dès qu’un Aimant agit fur lui. Pour ce qui eft de la grande Analogte que M. hem mer trouve ici, elle revient uniquement à ce fait, que l’Kleékicité & le Magnétisme font deux états qui peuvent être communiqués aux Corps ou au Fer qu'on approche de Corps Élcétrifés ou d'un Aimant: mais cette Analogie n'eft véritable qu’autant que toutes les Loix effentielles font les mêmes. N. d. T.] (é) Dijjcmuio de Mapute; Exp. 14. il.
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- <t68 I. mémoire. P. I. S. V. Ch. I.
- fois triple de celle qui a lieu entre le même Ai* mant & un autre Aimant.
- Ce beau Phénomène m’a paru digne d’être examiné avec foin. Ce que j’ai compofé fur cette matière, & confirmé par des expériences, que je n’ai pas encore publiées $ revient fommairement à ceci (c). La propofi-tion dont il eft queftion n’eft pas générale» car, tout n’eft pas égal des deux cotés dans cette comparaifon. Tout Fer n’eft pas attiré avec la même force, mais, il y a un maximum d’attraéfcion : ainfi l’effet peut être différent en employant différens Aimans. Mais, j’ai fait des expériences avec des barreaux d’acier, d’égales dimenfions & d’égale dureté, & j’ai trouvé que celui qui étoit aimanté, étoit attiré plus fortement que celui qui ne l’étoit pas : mais, le contraire peut facilement arriver, & j’ai montré qu’il a réellement eu lieu dans les expériences de M. mussçhenbrqek, 1°. quand l’Aimant, qui' eft attiré par le premier Aimant, aune force plus petite que n’eft celle
- (c) [J’ai préfenté à l’Académie de Bavière la differ-tation que j’avois compofée fur ce fujet : l'Académie l'a inferée dans le premier Tome de fes Nouveaux Mémoires: on en trouvera la traduétion dans le fécond Tome de ce Recueil. N. d. T.]
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- Examen des Phénomènes de V Attraction. 2,69
- relie que le Fer attiré par le même Aimant peut acquérir. a°. Quand le nombre de particules qui agiflent fur le Fer eft plus grand que le nombre de celles qui agiflent fur l’Aimant, ou qu’elles ont une fituation plus favorable : 30. ( & cette caufe a été excellemment traitée parM. aepinus) quand le Fer eft fort mol : car en ce cas il acquiert par le feul contaét une plus grande force, pendant que P Aimant, dont les parties conftituantes font plus dures, eft moins fortifié par ce contact, fur-tout fi le premier Aimant eft foible.
- §. 141. Puisque ces effets n’ont jamais lieu dans les Phénomènes cleétriques, il s’enfuit qu’aucune des caufes dont nous venons de parler n’a jamais lieu dans l’Éleétricité, & par conféquent,
- i°. Qu’un Corps extérieur n'acquiert jamais par le feul contaét d’un Corps éleétrique ausfi longtems qu’il y refte attaché, une force ausfi grande que celle de ce Corps éleétrique.
- a°. Q u e le nombre des particules qui agis-fent, ou leur fituation par rapport aux Corps Conduéteurs, ne fait jamais qu’il y foit excité dans ceux-ci une plus grande aétion.
- 30. Enfin qu’un Corps Conducteurifolé, (car cela eft néceflaire, puisque fans cela on
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- •17° I. mjÉmoi r e. P. I. S. V« Ch. I.
- n’auroic aucun figne d’ElcCtricité) quoiqu’il reçoive le Fluide électrique fort facilement, n’acquiert jamais une force plus grande qu’un Corps [coercitif] qui acquiert la force de façon qu’elle (oit contraire à la force que pofle-de le Corps idioélectrique auquel on l’applique (<*).
- S x l’on examine tout ceci avec foin, il s’en füivra ce me femblc, que le Fluide clcCtrique île fuit pas, quant à la grandeur de l’attraCtion, les mêmes loix que le Fluide magnétique, & qu’ils’enfaut de beaucoup qu’il y ait ici quelque analogie entre l'EleCtricité 6c le Magnétisme.
- II. De VaSÜon que V Aitraftion exerce fur les Corps dijlans.
- §. 14a. Il y a ici deux Loix qui parois-fent femblables pour le Magnétisme 6c pour l’Éleétricité.
- L a première eft, que les Corps qui ont des Eleftricités contraires, agiflënt à une plus grande diflance l’un fur l’autre, que fur les Corps
- (a) [Cette différence eft d’autant' plus grande, que ce Corps conduéteur acquiert lui - même, s'il eft attiré, une force oppofée à celle du Corps qui la lui communique. N. d. T.]
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- Êxiïmen des Phénomènes de P Attraction. 171
- Corps Conducteurs, dépourvus d’Électricité (a). Je fais cette expérience de la façon fuivantc.
- ExpÉr. LXX. J’examine d’abord à quelle diftance une lame de Fer agit fur les Fils appliqués au Conduéteur de la Machine. Je prends enfuite un Carreau éleCtrique chargé, & je préfente fa furface négative aux-mêmes Fils : elle agit à une beaucoup plus grande dis-
- L a même chofe a lieu pour l’Aimant,comme M. Üujsschenbroeic l’a prouvé par un grand nombre d’expériences {b ) : mais il eft difficile d’en faire fur ce fujet, auxquelles il n’y ait rien à oppôfer. En attendant la fui-vante me paroit aflez exaCte.
- Expér. LXXI. Je préfente un Aimant à une aiguille qui nage fur l’Eau: j’examine à quelle diftance il agit : j’aimante enfuite l’aiguille, & l’Aimant l’attire d’une plus grande diftance.
- §• 143-
- (a) CIGNA MisceU. Taurin. 1. c.,$. 18. [musschen-broek. Ituroi. ai Phil. Nat. §. 883., qui contient de belles.Expériences. N. d. T.]
- (b) Vijfcrt. de Mamete p. 45. Exp. 22. Cor. 3: p. II?-Exp. 63. [ V. ausfi *RU«MANsïf«M»i»itExp. 24. p. n;.j
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- *7* .!• MBMÔIÀE. P. i. S. V. ci. 1.
- §. 143. La fécondé Loi eft celle-fci. Que les Corps font plus foitement attirés par l’Électricité & par le Magnétisme, lorsqu’ils font pofés fui- des Corps Coridu&eürs que lorsqu’ils le l'ont fur des Coercitifs;
- M. no ll et a lait de belles expériences fur cette Loi («). La fuivante eft du nombre;
- Expér. LXXII. Je préfente au Con-duéteur des Corps légers * placés fur une lamé de Verre. Je lui préferite enfuite ces mêmes Corps lur une lame de fnétàl. Ils font attirés d’une diftanCe beaucoup plus grandç.-®
- On obferve une femblablé Loi pour lé Magnétisme.- ,M; reaumur a fait, de'bèl-les expériences fur Ce lùjet (b): Ori en trouve de plus belles encore dans l'ouvrage de M; brugmans, qui a parfaitement traité tout ce qui a rapport à ce fujet (c):
- Expér. LXXIIL Qu’un Aitnânt fou-tierine difficilement un certain poids. Qu’ori le tienne enfuite au - deflus d’une maiTe de Fer :
- il
- (à ) Essai fur •{Électricité des Cerfs, p. 76. Leçons de P/iyfique, Tome VI. Lee. XX. I SeCt. Art. $.Exf. S. p.3li. [M. cigiSA fait la même eomparaifon. ]; c. §. 191 N. d. T.]
- (i) Mem. de l'Acai. Roy. des Sciences 1723. p. 141*
- (c) Tentam. de Matériel Magnetita. p. 176, feqq.
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- Examen des Phénomènes de l'Attraction. 173 il Contiendra facilement ce poids là, & même un plus fort.
- Cependant cette expérience n’auroit pas toujours le même fuccès : car, le Fer placé dans une certaine fituation devient magnétique , 8c par conféquent il n’eft plus un fimple Conduéteur. M. brugmans a traité ceci avec beaucoup de fagacité. Voici un exemple de ce fait.
- ExpÉr. LXXIV. Je tiens une barre de Fer perpendiculairement: elle devient donc magnétique, ayant fon pôle auftral à l’extrémité fupérieure. J’approche de cette extrémité un Aimant qui foutient de la limaille de Fer par fon pôle auftral. La limaille s’en détache , déjà à quelque diftance de la-barre.
- §. 144. Le Phénomène magnétique provient de ce que le Fer acquiert la force magnétique par l’aétion même de l’Aimant. Si p. ex. on employé le pôle boréal, il en naîtra un auftral dans le Fer, lequel aidera par confé-quent l’aétion de l’Aimant. Voilà ce que l’Expérience enfeigne -, car du refte, il y aura autant de différentes manières d’expliquer ce Phénomène, qu’il y a de différens fyftèmes fur le Magnétisme.
- I l faut dire la même chofe du Phénomène
- tome I. S élec-
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- t. P. I. S. V. Ch. I.
- 474 I • MÉMOIRE
- éleCtrique. M. nollet s’en fert pour démontrer qu’il y aune matière éleCtrique affluen-te, qui s’élance des Corps Conducteurs vers les Corps -actuellement éleCtrifés.
- Mais, ceux qui embraflent la doCtrine de M. franklin, n’admettront nullement cette explication. On ne pourra donc dire avec certitude, s’il fuit de ces Expériences que les Fluides éleCtrique 8c magnétique agis-fent félon les mêmes Loix ou non, ausfi long-tems que la manière dont agiflent ces Fluides, s’ils exiftent, ne fera pas conftatée.
- S1 l’on ne s’arrête qu’aux Phénomènes, il s’en fuit que l’aCtion de l’ÉleCtricité 8c celle du Magnétisme font augmentées l’une 8c l’autre par le concoure des Corps Conducteurs.
- §. 445. A ces Phénomènes on pourrait encore ajouter celui-ci que les Corps, fur lesquels l’Aimant ou l’EleCtricité agiflent, acquièrent une certaine fituation, que plufieurs Phyficiens regardent comme un indice du chemin que les Fluides fiiivent. Nous avons déjà dit (§. 71.) que la limaille de Fer répandue fur un Carreau de Verre placé fur un Aimant, s’arrange en courbes régulières, que plufieurs Phyficiens nomment Courbes du Courant ma-gnétique. On lait ausfi par les expériences de
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- Ëxâmén des Phénomènes de f Attratlkn. iyg
- M- hawksbèe & d’autres Phyficiens (a) que, fi l’on entoure le globe éledtriqüe d’un cerceau garni de. fils » ceux-ci fe dirigent tous » comme s’ils étoient des continuations des rayons du globe. Les Fils qu’on place dans le globe mêmes fe dirigent de la même façon (b),
- III. De la Confiance de VAttraction;
- §. 146. Lorsque le Fer adhère une fois à l’Aimant, il y refiera toujours appliqué, à moins que l’Aimant ne s’affoiblifle -, & cette at-
- («) [Exfer. Pkyfico. Mtcan. T. I. Ch. 5. Art. 3. p. 303. de la trâd. Françoifé: ’sgkAvesande Elm. de Phy-faue Liv. IV. Chap. ït. Exp. 6—t—IO. nolibt Leçons dé Phif'çue T. VI. Le 6. zo. Seét. z. Exp. 10. p. 378. h d. T. ]
- (b) [Ce ferait un objet Intéretfant que de faire des Expériences pour déterminer, félon quelle puiffance ou fondHon des diftances l'attraétion des Corps éleélriques & magnétiques croit. Les Expériences qu'on â faites fur f Aimant ne me paroiffent pas abfolument déciii-ves, & je ne me rappelle pas qu’on en ait fait fur l’É-Ifdtricité. Autant que je puis tirer quelques conduirons des Expériences qui peuvent jettér du jour fur ces deux points, ou desquels on pourrait tirer quelque conclu-fion à cet égard, je ferois porté à croire, que ces Loi» font différentes pour l'Éleétricité & pour le Magnétisme : mais je ne préfente eed que comme une conjeéf «te. N. d. T. J
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- a76 I. ME MOI RE. P. I. S. V. CA. I.
- atcraûion ne peut jamais être changée en vépul> lion, car il n’y a que les pôles oppofés qui fe ré-pouffent : or ici les pôles oppofés fe touchent, & par conféquent ils fe fortifient réciproquement.
- Mais les chofes fe paffent d’une manière bien différente dans l’Électricité : car l’attraction des Corps ifolés s’y change fur le champ en répulfion, & cette répulfion elt confiante ausfi longtems que ce Corps ifolé confervc rÉleflriciré qu’il a acquife. Mais, cette dif-férence mérite un examen plus exact.
- Le Fer refte conftammentappliqué à l’Aimant, pareequ’ilen reçoit un pôle contraire: s’il recevoit le meme pôle, il feroit repouffé. Examinons le Phénomène élcétrique félon cette réglé.
- Le Corpufcule reçoit (a) d’abord le Fluide
- (4) [Voici la remarque de M. hemmer fur cent exprestion. „ Ceci n’ell ni probable, ni néceflaire: il -, fuffit que le Fluide propre au Corpufcule foit répoufft ,,de la manière que nous avons expliquée ci-délias: ,, car alors les parties vuides feront nécefTairement atti-»»rées. Mille expériences concernant la doélrine des ,,fphères d’aétivité prouvent, que les Phénomènes élec-,, triques peuvent avoir lieu m diftans, fans communica-,,tion réelle du Fluide éleârique.” Nous examinerons dans la feptième Seétion ce qui a lieu pour la communi-
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- Examen des Phénomènes de VAttraction. 277
- de clcêtrique , 8c confcquemmcnt la même Électricité [que le Conduêtcur de la machine].
- Mais,
- cation des forces. En difant dans ce %. que le Corpu-fculc en queltion reçoit le Fiuide éleétrique, j’ai voulu dire qu'il devient éleétrique pofitivement : & fi j'ai a-vancé qu’il eft non obfiant cela attiré par un Conducieur ftptif 1 je me fuis fondé fur ce que deux Corps qui pos-fédent la même Éleétricité, mais en dégrés très-inégaux, peuvent s'attifer: Loi, que je regarde comme très-vraie, qui ell confirmée par une Expérience de M. sicaud de la pond, (Traité d'Eleftr. p. 171.) par les miennes propres, & que M. musscheneroek a placé ausfi parmi les Loix de l’Éleétricité ( bitrod. ad piil. Katar. §. 864.).
- Si l'on dit que ce Corpufcule reçoit, étant plongé dans l'Atmofphère du Conduéleur, une force négative, & que c'eft pour cela qu'il eft attiré, mais qu'il en acquiert une pofnive dès qu’il touche le Conduéleur, & que c'eft la raifon pour laquelle il eft alors répouffé, il s’en fuivra toujours, qu'il y a une différence confidcrable entre les Phénomènes éleétriques & les Phénomènes magnétiques, par rapport à la communication des Forces : & il faut bien remarquer que ces Changemens d’attraétion en ré-pulfion ont egalement lieu lorsqu’on employé des Corps Coercitifs, des Globules de Verre mince & creux p. ex-(musscheneroek. introd. §. 874.), ou des filets de Verre (watson Effay fur l’ÉItHr. p. 24.).
- Au refte je crois que le Corpufcule peut acquérir différentes Éleélricités félon la diftance à laquelle on le tient du Conduéleur ; fi on le tient à une telle diftance
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- I. m£moire. P. I. S. V. CA. I.
- Mais, comme cette .Électricité reçue eft U plus f'ojble, le Corpufcule eft cependant attiré. Un moment après, lorsqu’il touche le Corps électrique, il reçoit une plus grande quantité de Fluide -, par conféquent la même efpèce d’Éleétricité, & il eft repoufle.
- L a caufe de ce Phénomène eft donc, que le Corpufcule appliqué au Conducteur, reçoit la même efpèce d’Eleétricité que le Conducteur polféde. Mais s’il en reçevoit une contraire, l’attraétion éleétrique ferait-elle donc confiante, comme la magnétique? Sans doute : c’eft ce que prouvent facilement les expériences fur la Cohéfion éleétrique ; car alors les Corps ont des Éleétricités contraires, & l’afc traétion ne s’y change jamais en répulfion.
- §• 147-
- qu’il n’eft que dans la fphère d’aétivité, il peut devenir entièrement ou en partie négatif, félon fa figure & les çirconilances accidentelles du temps. Mais fi la diftance eft telle que ce Corpufcule foutire réellement le Fluide, il devient pofitivement éleétrique, & il eft répouffé dès que la quantité de Fluide dont il fe charge eft a fiez grande pour produire cet effet. Or, comme les Cprpufcu-les dont il s'agit ici font, petits, fouvent anguleux ou pointus, ils foutirent le Fluide d’aflez loin : & fi l'Air eft fec, ils peuvent être confidérés cpmme plus ou moins ifolés. N. d. T.]
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- Examen des Phénomènes de VAttraction. 179
- §. 147. Mais, M. cigna a fait une expérience à deflein de produire une attraétion éleékrique confiante (<*). Voici comment je l’ai repétée.
- Ex p É r. LXXV. J’approche d’un Corps métallique appliqué fur le Conducteur, un. morceau de papier doré fuspendu par un fil de foye, & de manière que ce papier ait fa furface plane tournée vers ce Corps, quoiqu’il en foifc éloigné. Je place enfuite un autre Conducteur à quelque diftance, Se tourné vers la fur* face 'oppofée du papier, le papier s’approche tantôt du Conduéteur, tantôt du Corps, 8c il cft attiré 8c répouffé, en un mot agité par des Ofcillations continuelles. En effet, le papier reçoit d’abord le Fluide du Conduéteur, 8c il s’en décharge enfuite fur le fécond Conduéteur: de là les Ofcillations.
- Mais, je place enfuite une Pointe au lieu du Corps Conduéteur employé jusqu’ici : les Pointes, comme nous l’avous vu ( §. 79. 80. 81.) fuccent le Fluide éleétrique plus facilement 8c plus abondamment. Qu’arrive -1 - il ? Le papier refte conftamment appliqué au Conduéteur : pourquoi? Le Fluide coule du Con-
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- Taurin. 1. C. S. n. dans la Non.
- s 4
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- l80 I. MÉMOIRE. P. I. S. V. Ch. II.
- duéteur dans le papier, mais il eft foutiré de la furfacc oppofée par la Pointe qu'on employé.
- $. 148. M. cigna dit que cette expérience fournit un exemple d’une attraélion éleélri-quc confiante, il l’exemple de l’attraélion magnétique. J’en doute. Car, pour produire ici une attraéfcion confiante, il faut encore un autre Corps Conduétcur, qui agifïe outre le Conduéleur éleétrique î il faut donc deux Corps, le Conduéleur & la Pointe conductrice, qui agiflent en même tems fur le Corpu-fcule adhérent au Conduéleur, au lieu que dans l’éxpérience magnétique, il ne faut que l’Aimant feul. Le Corps élcélrique ne rend donc pas, au contraire de ce que fiiit l’Aimant, l’atttraélion confiante par lui-même, mais feulement lorsqu’il y concourt encore un autre Corps > différence qui me paroit aflez grande.
- Tout me paroit dépendre de la manière dont l’Éleélricité & le Magnétisme communiquent leurs forces. L’attraélion eft confiante quand le Corps attirant donne au Corps attiré une force oppofée à celle qu’il pofTéde : mais elle eft variable, & de courte durée, fi ce Corps donne la même force qu’il a. Le premier cas a toujours lieu dans le Magnétisme, &
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- Examen des Phénomènes de la Répulfion. 181
- 8c le fécond jamais : mais le premier a rarement lieu pour PEle&ricité, & feulement lorsqu’on employé un appareil confirait à deffein. Le fécond cas y a lieu la plûpart du tems 8c de lui-même. Différence qui me paraît confidérable.
- CHAPITRE II.
- Examen des Phénomènes de la Répulfion..
- §. 149. On fait que l’Aimant répouffe le pôle de même nom d’un autre Aimant: de même les Corps éleftriques, qui ont la même forte d'Éleéfcricité , fe répouffent quelquefois, mais non conftamment : ces deux Phénomènes _ méritent d’être développés ( a ).
- Il eft démontré par les Expériences de quelques Phyficieps, fur-tout par celles de M. musschenbroek (£), que la répulfion des Aimans fechange quelquefois en attraétion. On demande fi cet effet eft général? Si deux Ai-
- (*) [Voyez un développement théorique de ces Phénomènes d’après les Principes de M. aepinus dans le §. 79. du Mémoire de M. $teigj.rhneh. N. d. T.] ifi) Dijfcn. de Magnat, p. 29. Kxp. 13.
- s 5
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- i8a I. mémoire. P. I. S. V. Ch. II.
- Aimans qui fe répouffent changent toujours au contaét immédiat leur répulfion en attra&ion ? Nullement. Je penfc que cet effet a feulement lieu lorsque les Aimans font de forces très-iné* galesj ou, fi leurs forces font égales, lorsqu’un d’éux eft beaucoup plus dur que l’autre : condition qui peut cependant avoir lieu avec la première. Il faut, pour que cet effet ait lieu, que ces deux élémens concourent.
- i°. L’inégalité des Pôles j de forte que le changement eft d’autant plus facile que leur force eft plus inégale.
- L a mollejfe d’un Aimant par rapport à celle de l’autre: de foite qu’elle puiffe être caufe que, tout le refte même étant égal, la répulfion fe change en attraélion.
- En effet, qu’un Aimant agiffe p. ex. par fon pôle boréal lur le pôle boréal d’un autre Aimant. Cette force boréale tâche de produire dans ce fécond Aimant un pôle auftral, au lieu du boréal qui fe préfente, & par confé-quent celui'-ci eft affoibli. Il faut dire la même chofe du fécond Aimant à l’égard du premier. Si donc ces deux Aimans font égaux en force & en dureté, les deux pôles feront af-foiblis, mais il ne feront pas changés de façon que l’un refte boréal, & que l’auire devienne auftral : car il n’eft aucune raifon pour laquelle
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- 'Examen des Phénomènes de la Répulfion, 183
- l’un feroit changé plutôt que l’autre: & de fait, j'ai Couvent pris deux barreaux aimantés, également durs & de même force, &jc n’ai pu trouver aucune attraétion entr’eux. J’ai trouvé de plus que la répulfion eft d’autant plus facilement changée en attraction, que les forces des pôles employés font plus inégales (c), M. cigna a fait une trcs-bellc Expérience furcefujet (d).
- §. 150. E x i> É n. LXXVI- Suspendez â. un fil une aiguille de Fer aimantée, mais qui n’ait que très-peu de force : approchez en un Aimant par le pôle de même nom, mais appliquez y une barre de Fer. M. cigna pen-fe qu’elle affoiblit le pôle de l’Aimant : elle en diminue du moins l’énergie. Otez enfuite la barre de Fer : l’aiguille eft attirée fur le champ; la répulfion eft changée en attraétion. Or, en otant la barre de Fer, l’Aimant devient plus vigoureux, ou du moins il agit comme un Ai-piant d’une plus grande force.
- Une dureté inégale peut produire le mé-
- (c) Voyez fur çe fujet aepinus Tent anima. §. 178-I8z.
- (rf) Miscell, Taurin. ç. §. 43. N°. 3,
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- a84 I» mémoire. P. I. iS*. V- Ch. II.
- me effet: car le Fer mol acquiert plus facilement la vertu magnétique par la préfcnce de l’Aimant que le Fer dur: fuppofons donc que deux barreaux de Fer, l’un mol & l’autre dur, ayent des forces égales & fe répoufle.nt, le barreau le plus mol recevra plus facilement la force que le plus dur tâche de lui donner, il fera plus facilement changé, & la répulfîon fe . changera en attraétion', comme je l’ai prouvé par Expérience.
- J e pourrois ajouter bien des chofes fur ce Phénomène & fur plufîeurs autres qui concernent la répulfîon : mais ceci fuffit pour notre but.
- Il fiiit de ce que nous venons de dire, que la répulfîon eft quelquefois changée en attraction: & que cela arrive, parce qu’un des pôles reçoit une force polaire oppofée, qu’elle conferve cependant enfuite, ou qu’elle perd dérechef, quand on ote l’Aimant.
- §• 151. Nous avons vu que l’attraétion éleéirique eft fouvent, & même ordinairement changée en répulfîon, au contraire de ce qui a lieu pour l’attraétion magnétique: mais, la répulfîon éleéirique fe changeroit-elle ausfi en attraétion? 11 en eft ainfi, comme l’a prouvé M.
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- Examen des Phénomènes de la Répulfion. 1185
- M. aepinus, que je vais Cuivre à prêtent (a).
- Ex per. LXXVII. Qu’on fuspende à un fil de foye une boule de liege, garnie d’un autre fil de foye pour qu’on puifle la tirer horizontalement. Qu’on approche cette boule lentement du Condutteur de la machine, a-pres qu’elle a été eleétriféc : elle fera répouflee. Mais, fi on la force alors, au moyen du fil horizontal, d’approcher davantage du Conducteur, la répulfion fera changée en attraction (b).
- Si l'on tient enfuite le Fil horizontal de manière que la boule ne puifle s’élever que jusqu’à une certaine hauteur, elle fera répouflee jusques là : qu’on éleébrife enfuite le Conduc-
- (4) [Dans l’Expérience de M. aepinus, cette (finance à laquelle la répulfion s'eft changée en attraction a été de i, 3, ou 4 lignes : mais il fera important de dire que M. aepinus ajoute à cette expérience l’article fuivant. ,,On voit (dit-il) que la répulfion fe change ,,en attraétion, & que la boule parvient à une fuuaii-, ,,on verticale, à laquelle elle revient fi on l’en détour-,, ne, en tirant le fil l’efpace d’une demi - ligne ou d’une », ligne." N. d. T.]
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- a86 I. mémoire. P, ï. S. V. Ch, 11.
- tcui‘plus fortement} la répulfion fera derechef changée en attraction (c).
- Voila donc des Phénomènes femblables, Mais, on pourvoit douter qu’ils font produits par des Fluides agifiàns fuivant les mêmes Loix; Adoptons le fyftème de M. a e pi nu s fur le' Fluide éleftrique (d). En Ce cas, le changement
- (e) [Après avoir dit que la répulfion efl: changée en tottradion, M, aepinus ajoute ausfi, ,,que la boule' le, parvient à une fituation perpendiculairet à laquelle elle J,,revient d’elle même, fi on l'en détourne.” N. d. T.] (d) [M. aepinus a fait dette expérience pour confirmer les conféqüences qu'il tire de fa Théorie, favoir que des Corps qui poffédent la même Éledricité peu-,vcnt fe répouffer, ou n’avoir pas d’adion l’un fur l'autre, ou s’attirer, quoiqu'ils confervent leurs Éledricités homogènes. Mais, Milord mahon n’eft nullement de cette opinion : voici la réflexion qu’il fait fur cette expérience de M. aepinus. (Principes d'ÉleSlricité. §. 614.) ,,La Boule éledrométrique de M. Aepinus, qui n’é-toit que foiblement éleélrifée en plus, le devient effedi-», vement en mains ; en la forçant, comme il l’a fait, de fe plonger dans la partie denfc de l’Atmosphère ,, éledrique en plus du Condudeur métallique pofitive-ment éledrifé: l’attradion vers le Condudeur eri étoit donc une conféquende néceifairC, & abfolument ,, conforme à Cette maxime générale que des Corps. », chargés d’Eledricités Contraires tendent à s’approcher ?i l’un de l’autre.” Mais, s’il fc fait ici une véritable at* ttafi-;.
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- Examen des Phénomènes de la Ripulfton. 2,87
- ment de la répulfion en attraction ne dépend pas de ce que l’Éleétricité d’un des Corps change d’efpèce (e) : au lieu que ce retour de ré-
- traction , femblable à celle qui a lieu entre des Corps doués d'ÉleCtricités contraires, d'où vient que les boules n’affeélent que la fituation verticale (v. notes b, c), qui eft celle qu’elles acquerroient fi elles n eprouvoient aucune action de la part de l’Éleétricité ? d’où vient que cette attraction n'augmente pas quand on approche la boule davantage du Conducteur, ainfi que cela devroit être, & que cela a lieu pour les véritables attractions ? Ce Fait diffère donc beaucoup d’une véritable attraétion pure & fimple, telle que feroit celle d'un Corps négatif; & l’on pourrait douter de l’exaélitude de l'explication de milord mahon. Ce Phénomène me parait encore obfcur à quelques égards. N; d. T. ]
- (e) [M. hemmer fait la remarque fuivante fur cet article de mon Mémoire. „ L’Auteur accorde que la ré-,, pulfion éleélrique peut, comme la magnétique, être ,, changée en attraétion, mais il nie que cela fe faite de ,,la même manière. „„ Le pôle répulfif [magnétique] „„ change l’autre en un pôle oppofé ausfi-tot qu’il l’at-„„ tire : le Corps répulfif éleélrique ne donne pas à l'aiure, lorsque, parvenu à une plus petite diltance, „„ il l’attire, une Électricité contraire.’’’’ — Sans doute ,,qu’il la donne: j’explique de la manière fuivante ce ,,fingulier Phénomène, que j’obferve fouvent à mon ,,éleétromètre atmosphérique, fans employer les mo-,,yens de M. aepinus. Suppofez que les boules de ,, moelle de furçau fuspenduès à cet infiniment, foyent „élec-
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- *88 I. MEMOIRE. P. I. S. V. Ch. II.
- répulfion à Pattra&ion n’a lieu dans le'magnétisme, que lorsqu’un des pôles vient à changer:
- „éleélrifées en plus, mais t'oiblement, & quelles Te ré-,, pouffent mutuellement, fous un petit angle; la matière ,, qui y eft contenue ne furpaffe que peu la quantité „ naturelle, & par confisquent le tube pofitivement & ,, fortement éleétrifé, qu'on en approche de plus près, peut la répouffer vers l’autre coté. 11 faut donc qu’il ,, y naiffe une attraction entre les parties épuifées & le 5,Tube: mais fi les Boules font fortement eleétnfécs, ,, leur Fluide ne fera pas facilement répouffé par le Tu-5, be : auslî, comme l’expérience l’apprend, ne feront-,,«llcs jamais attirées à moins qu'on ne les en approche ,, avec force. On applique la même explication , mais ,,d'une manière inverfe, lorsque la foudre fort de Tcr-„re, & que les boules font négativement électriques." Cette Explication revient au même que celle de Milord ma ho n : mais fans nous étendre davantage fur ce fujet je remarquerai feulement, qu’en fuppofant que l'attraction indique un véritable changement d'Éleélricité. & non une fimple différence de forces, comme cela peut avoir lieu (v. §. 146. noie a), la répulfion fera certainement changée en attraélion par une caufe analogue à celle qui produit l’expérience magnétique, c. a. d. parce que le Corpufcule acquiert une Kleéhicité contraire à celle qu'il avoit; mais il y reliera néanmoins des différences très - réelles dans le Cours des deux Expériences. 1°. Le Corpufcule conferve, tant qu'il relie élcétrique, l’Éleélricité qu’il a reçue en dernier lieu; mais l’Aimant, dont la répulfion fe change en attraélion, recouvre la plupart du tems le pôle qu'il avoit; futtout lorsqu’il s'agit d’Ai-
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- 'Extnntn des Phétiotnines de la Répulfion. 2,89
- gcr: ausfi M. aepinus (/) remarque-t-il qu’après l’opération, Tes pôles [magnétiques] font changés, ou que du moins il s’eft formé trois pôles au lieu de deux, & qu’ainfi-lanature de Puni a été changée. Si donc le fen-timent de M. aepinus fur l’Eleéfcricité elt vrai (g), ces changemens de répulfion en attraction fe font félon des Loix différentes.
- CHA-
- d'Aimans naturels, ou de barreaux d'ader : car dans eu Fer mol, les pôles peuvent relier changés, atnfi que M. aepinus l’a oblervé. i°. Dans l’Expérience magnétique ce n’ell Couvent qu’au Contaél, que la répulfion eil changée en attraélion : mais pour l'Éleélricité, le contaél immédiat produit toujours une répulfion : ainfi oa a i°. une répulfion: a9, à une moindre djftance une attraélion : 3°. au contaél une répulfion : Voila trois états:, mais dans le Magnétisme, il n’y en a jamais que deux tout au plus, la répulfion, & l’attraélion : & Couvent encore n’y a-t-il que la répulfion Ceule. N. d. T.J (/) Tctitamina §. 183. 184.
- (2) [C’étoit le Centiment de M. aepinus (v. note d) que je Cuivois en diCant que l’Éleéhidfé du CorpuCcu-le, dont la répulfion Ce change en attraélion, n’ell pas changée. S'il elt démontré qu'elle l’elt, il s’en Cuivra, ou que les Principes de M. aepinus font erronés: ou que Ces Calculs le l'ont, fi les Principes Cont vrais: car fes Calculs établirent que les Corps peuvent s’attirer, quoique reliant tous deux pofitifc, & que cela n’arrive que lors-
- TOME I. T
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- ttfO I. M É .
- :re. P.l.S. V.Ch. III.
- CHAPITRE III.
- Remarques générales.
- $. 15a. No us venons d’examiner les principaux Phénomènes de l’attraétion 6c de la ré-pulfion. Il paroit par ce que nous avons dit, ‘que ces Phénomènes ne fe reffemblent pas tant qu’on le foutient. Car ils différent en ce que l’Aimant porte de très-grands poids, & que l’Éleéhicité n’en attire que de petits (5. 139—§. 14a.) : que, quand même on employé quelques moyens pour en faire porter de plus grands à l’Éleétricité, la différence fiibfiflc cependant toujours, quant à la manière dont les forces font communiquées, fiirtout, puisque deux Aimans s’attirent quelquefois avec moins de force que n’eftr celle avec laquelle un Aimant attire du Fer pur, au contraire de ce qui a lieu pour l’Eleétricité (§.141.).
- Ces forces différent encore, en ce que l’at-
- lorsque l’Éleétricité devient plus forte. Mais, fi ces Calculs font erronés, quel fonds faire fur l’Analogie que préfente un fyftème contraire aux Faits > N. d. T. ]
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- Remarques générales. *91
- traction magnétique eft par elle-même confiante, au lieu que l’attraction éleCtrique fe change fouvent, 8c même ordinairement, en répulfion, 8c ne peut être rendue confiante à moins qu’on n’employe un appareil qui change l’aétion du Corps Conducteur qui agit (§. 147. §. 148.)-
- Ces forces conviennent à la vérité en ceci, que l’Electricité 8c le Magnétisme agiflent l’un & l'autre fur des Corps éloignés: qu’ils agissent d’une plus grande diftance fur des Corps éleétriques 8c magnétiques, que fur des Conducteurs [8c du Fer] purs ; mais il ne s’en fuit pas certainement que les deux Fluides agis-fent félon les mêmes Loix, ce qui eft pourtant le point capital, pour établir une Analogie (§ 144-)-
- Ces deux refTemblances me paroiflent donc feulement indiquer, que le Magnétisme 8c l’ÉleCtricité font deux genres de forces, qui attirent, & qui repouflent: que l’attra£tion vainCt quelquefois la répulfion -, mais il me femble qu’on n’en fauroit déduire aucune Analogie proprement dite -, au moins point d’A-nalogie qui indiqueroit, que le Magnétisme & l’ÉleCtricité appartiennent au même genre de Forces.
- §. 153. Aussi n’attribué-je pas autant de T i force
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- igt I. mémoire. P. I. S. V. C<5. III.
- force à l’expérience fuivante que M. aepi-nus, qui penfe qu’elle indique uneprotltgieu-fe Analogie entre l’Éle&ricité & le Magnétisme (a).
- ExpÉr. LXXVIII. Suspendez à un fil de foye AC (Fig. 16.) un leger Cilindre de Fer, garni d’une Tête'à chaque bout : placez à quelque diftance un Aimant M : approchez alors de la Tête inférieure le Fil de Fer EF : ce fil repouflèra le Cilindre : il l’attirera au contraire fi on l’approche de la Tête fiipéricure.
- Substituez à l’Aimant un tube de V erre électrifé : le Cilindre fera ausfi repouffé dans le premier cas, & attiré dans le fécond (b).
- L’ef-
- (ij)AVi. Ccmment. Pitrofol. Tomtu X. p. 296.
- ( b) M. hem me r fait deux remarques fur cet article: la première fur ma manière de préfenter cette expérience : la fécondé fur l’explication que j’en donne. Il dit dans la première, que je ne parois pas avoir bien compris l’expérience de M. aepinus; car qu’il ne faut pas placer l’Aimant, ou le Corps éleélrifé à eoté de l’Aiguille, comme il eft repréfenté dans ma figure, mais en delfous, ,, J’ai fouvent fait cette expérience & toujours j, avec fuccès, ainft je l’ai très-bien comprife.” Je place ordinairement 1;Aimant au defl’ous de l’aiguille, & ce 11'cft que par inadvertance qu’il n’cft pas repréfenté as-fez bas dans la figure. Au refie, cette condition n'efi ricB
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- Rewer que s générales. 293
- L’effet cft le meme dans les deux Expériences, 2c, cornac le remarque M. ae-pinus, un fpe dateur ne fauroit diflingucr par l’évènement feul, s’il doit regarder ce Phénomène comme un effet de l’Éleétricité, on comme un effet du Magnétisme. Mais, les caufes font-elles femblables? Il eft certain que le Cilindre CD acquiert en D un pôle auftral, fi nous nous fervons du pôle boréal de l’Aimant : le barreau EF acquiert aus-fi un pôle auftral en E 2c par conféquent il repouffe la tète D, 2c attire C. Mais, dans le Phénomène éleétrique, CD 2c EF acquièrent la même efpèce d’Éleélricité, 2c confcquemment E repouflè D : enfiiitc E attire
- rien moinj qu’effentielle. II en réfultera feulement, fi l'on place l’Aimant un peu de coté, que l’Aiguille, au lieu de relier perpendiculaire, acquerrera une fituation o-blique. & confcquemment que l’effet du barreau fera un peu plus petit, mais du relie il fera le même. Cette expérience revient exactement à notre trente - deuxième (S. 63.), fi ce n’cft que là l’Aimant elt placé au des-fus, & ici au deffous de l’Aiguille ; & que là l’Aiguille fe tenoit fur une glace, & qu’id elle ell fuspendue à une foye. De quelque manière qu'on tienne le barreau de Fer, 'à droite, ou à gauche, fi on le préfente au bout inférieur D de l’Aiguille, celle - ci fe mouvra toujours vers le coté oppofé. N. d. T. ]
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- I. mémoire. P. I. S. V.Ch. III.
- *94
- tire C, non parcequ’il a acquis un autre genre de force (comme dans l’expcrience magnétique,) mais uniquement à ce que je crois par-cequela force que EF acquiert eft plus petite alors (r).
- La
- (t) [Voici la fécondé, remarque de M. hem mer, celle qui concerne mon explication. Mêmes effets, dit l'Auteur, mais non pas eaufes fcmblables : les deux bouts de l’Aiguille acquiérent des pôles [ magnéti-,„,que$] différens, mais le même genre d’Éleélricité:" ,, non, ils acquièrent des Électricités differentes. Le ,,Tube éleélrifé pofitif repouffe le Fluide naturel de ,, l’Aiguille de l’extrémité inférieure , dans la fupérieure: ,, celle-la s'épuife donc: celle- ci fe remplit, ou, en ,,d’autres termes, l'une devient négativement, & l’au--, tre pofitivement éleélrique.” Voila l'explication dans le fyftème de M. a e i* i n u s : mais il s’agit du fait : nous verrons dans la fepticme Seétion, qü’effeélivement un pareil Corps C D, placé dans la fphère d’aétivité d’un Corps éleélrifé M , devient éleélrique, attire par l’extrémité D, & repouffe par l’extrémité C, ce que le Corps M repouffoit par la furface M. Si la même chofe a toujours lieu , quelle que foit la grandeur du Corps C D, & fi ee moyen de connoitre les Éleélricités oppofées eft infaillible dans tous les cas, il eft certain que je me fiiis trompé dans mon explication. Mais en admettant celle de M. hemmer, je ne vois pas que cette Expérience prouve une prodigieufe analogie entre l’Éleélricité 8e le Magnétisme : elle prouve feulement que dans le cas dont fl s’agit l’Éleélricité ge l'Aimant communiquent leurs for-. - ces
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- Remarques générales. 2çg
- L a manière dont l’aéfion fe fait eft donc différente, 8c cette expérience ne prouve pas une fi grande Analogie entre l’Éleétricité 8c le Magnétisme: elle prouve feulement, que de légers corptifcules font attirés 8c repouffés par les deux genres de forces.
- M. blondeau (d) avoit déjà fait quel- ques objeétions contre cette Expérience, déduites de ce qu’elle réusfit également avec du cuivre, du bois 8cc.; objeétion qui revient à ceci; que l’Eleétricité agit fur tous les Corps, au contraire de ce que fait le Magnétisme, q\ii n’agit que fur le Fer feul.
- Concluons de tout ce que nom avons dit dans cette Seétion, qu’il y a quelques légères reffemblances entre les Loix des attraétions éleétrique 8c magnétique, parce que l’une 8c l’autre de ces forces attire : mais qu’on y découvre en même tems des différences, qui rendent toute Analogie véritablement ainfi nommée douteufe, 8c, à plus forte raifon, toute iden-
- SEC-
- ces de la même manière générale : mais nous reviendrons fur ce point. N. d. T. ]
- {d) Met», de ïAcad, de Marine. Tome I. p. 430-
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- 196 T. MÉMOIRE. P. l.S.Vl.Ck.l.
- SECTION VI.
- DES EFFETS QUE L’É L E C T R I C I T É ET QUE LE MAGNÉTISME PRODUISENT DANS LE VUIDE.
- §. 154. La cinquième Queftion que nous nous fommes propofés d’examiner cft celle-ci: ,, fi l’Éleétricité 8c le Magnétisme, lorsqu’ils „ agiffcnt dans le Vuide, fiiivent, quant à ,, l’attraétion, les mêmes Loix, ou des Loix; ,, différentes : 8c fi l’on peut tirer quelque ,, çonclufion de cette reffcmblançc ou de „ cette différence?”
- M. CIGNA (a) a propofé quelques réflexions fiir cette matière} mais elle me paroit devoir être développée avec plus d’exactitude : e’eft pourquoi j’examinerai féparément quels font les effets de l’Éleélricité dans le Vuide, quels
- <-) uUull. T*.ri*. J. c. §. 4r.
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- De l'Ælion du Magnétisme dans le Vuide. lyj
- quels font ceux du Magnétisme : après quoi je comparerai ces deux aétions entr’elles {b).
- CHAPITRE I.
- De l'Aftion du Magnétisme dans le Vuide.
- Les Expériences que les Phyficiens ont faites fur ce fujct font foit oppofées les unes aux autres. Il faudra donc les examiner fépa-rément.
- I. Del'Aftion de l'Aimant fur VAiguille.
- §. 155. Boy le a trouvé que l’Aimant foutient dans le Vuide le même poids qu’à i’Air libre. „ Le Fer, dit-il, (a) a paru être ,, à peu -près ausfi fortement foutcnu par l’Ai -„ mant, que lî on n’avoit tiré aucim Air du ,, récipient.” Mais, cette Expérience ne pa-roit
- (i) M. hemmer remarque fur cette Seflion que j’ai bien prouvé qu'on ne fauroit déduire des effets que l’É-leétricité & le Magnétisme produifent dans le Vuide, ni Analogie, ni disparité entre ces forces. N. d. T.]
- (a) Exfer. Piyficv- Médian. Continuât. 1. Exp. 31.
- T 5
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- P. I. S. VI. Ch. I.
- toit pas fort exaéte, puisque boyle n’a pas examine le maximum du poids que l’Aimant pouvoit porter, & que d’ailleurs il a laifTé dans la détermination de ce poids une latitude d’une demi-once. On dit que M. homberg {b) a fait devant l’Académie de Paris des expériences qui prouvent, que l’Aimant agit dans le Vuide, comme à l’Air libre, mais, on n’a pas indiqué de quelle manière ces expériences ont été faites. Je fais bien que M. hartsoe-ker (c) dit, que l’Aimant foutient dans le Vuide un poids un peu plus grand qu’à l’Air libre, mais il n’allègue aucune expérience, foit des fiennes propres, foit de celles d’autres Phyficiens.
- S- «5<5* M. MOSSCHENBROEK («) a fait des Expériences très-exaétes fur ce fujet. 11 a trouvé qu’un Aimant, fuspendu au bras d’une balance, agit également fur un Aimant placé au-deflous, que celui-ci foit à l’Air libre, ou dans un récipient Vuide d’Air : or, on
- (i) Hift. de l’Acad. Roy. des Sciences. 1687. Anciens Mémoires. T. II. p. 19.
- (<) Cours de PhyÇsqae. p. 197. Art. 15.
- (a) Dijfirt. de Mtspiete. p. 61. Exf. ij. _
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- De rjUtioii du Magnétisme dans le Vuide. igg
- n’a giicrcs pu commettre d’erreur fenfiblc dans cette expérience * puisque la force magnétique a été méiurée par grains, & demi-grains. M. MusscHENBROEKa trouvé ausii que l’Aimant & des Aiguilles de bouflole, pofées dans le Vuide, agiflent très - facilement les uns fur les autres. M. cigna a démontré l’égalité d’aftion par une expérience à laquelle on peut accorder d’autant plus de confiance que le lue-cès en a été op'pofé à celui que ce Phyficicn en attendoit. M. cigna plaçe un Aimant dans un récipient, dans lequel fe trouvoient ausfi des morceaux de Fer pour un autre but, dont je parlerai tout-à-l’heurc (b). Enfuite il
- (f ) [M cigna a expliqué le but qu'il fe propoibit de la manière fuivante. ,, Je pompois l'Air, & je m’at-,,tendois qûe l’aélion de l'Aimant ne pourroit pas par-,, venir jusqu’à l’Aiguille, il l'Air refiftoit au mouve-„ ment du fluide i car, en épuifant l'Air, la refiftance ,,auroit pareillement du diminuer pour le Fluide, qui ,,tendoit vers le Fer voiiin, & ion affluence vers ce Fer ,, étant augmentée il aurait du être détourné de l’Aignil-,,le, tout comme une chaine métallique, dont le bout paffe par le haut' d’un récipient, agit les Corpufciiles „placés à une certaine diftanCe hors du récipient, tant ,, que l’Air empêche le Fluide de s'écouler fur la platine ,, de la Pompe, & de s’y disperfer; mais que fon aétion ,,eil détruite dès qu'on ote l’Air, & qu'on fraye un ,, che-
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- JOO I. MEMOIRE. P. I. S. VI. Ch. I.
- il plaça une Aiguille hors du récipient, & détermina par différais cflais, à quelle diftancc l’Aimant commençoit à agir fur elle : il fit en-fuite le Vuide, & il trouva que l’Aimant agis-foitfur l’Aiguille à la même diftance, que le récipient fut Vuide ou non. M. cicna en a conclu, que le Fluide magnétique traverfe les efpaccs Vuides d'Air avec la même difficulté que tous les autres Corps, excepté le Fer.
- Il faut rapporter ausfi ici une expérience faite par M. bkdgmans, favoir, que l’Aimant agir. également fur l’Aiguille, que celle-ci foit à l’Air libre, ou dans un récipient rempli d’Air condenfé ( c ).
- §. 157. Nous concluons donc de ces expériences, que l’Air n’influe en aucune façon fur les expériences magnétiques. Mais, dans toutes les expériences dont nous venons de parler, fi l’on en excepte celle de boy le, l’un des Corps étoït placé dans le Vuide, & l’autre à l’Air libre.
- Ce-
- „ chemin plus facile au Fluide éleétrique, qui tend vers 9,1a Platine.” On voit que tout ceci repofe fut le fen-tîinent que le Fer eft un Conduéleur du Fluide magnétique. N. d. T.]
- (<) [Ttn.am. Je natter, migrât, p. 95. Exp. zz. N. d. T.]
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- De VAüion du Magnétisme dans le Fuide. 30$
- Cependant, quelques certaines que foycnt ces expériences, quelque légitimé que paroifle cette conféquence, il y a des expériences de M. blondeau, qui ont poité ce Phyficien à. établir des conclufions contraires.
- II. Du nombre d'Ofcillations que VAiguille fait dans le Vuidt.
- §. 158. M. blondeau a mefuré la force attractive de l’Aimant par le nombre d’oijcil-lations qu’une Aiguille, fuspendue à un Aimant, fait avant que de s’arrêter (a): pour cet effet, il applique à l’Aiguille, au lieu de chappe, un petit globe de Fer extrèmément poli : le .globe eft appliqué à un Aimant, l’Aiguille y adhère, & elle continue à y adhérer quoiqu’elle foit mife en mouvement. On peut tellement proportionner le poids de l’Aiguille à la force de l’Aimant, que l’Aiguille, foit extrèmément mobile, & ofcille longtems.
- M. blondeau ayant placé à l’Air libre cet appareil qu’il nomme Magnétomhre, il a trouvé, que l’Aiguille a fait moins d’ofcilla-tions
- (4) Mtm. 1U i'Acad. di Marini. Terni I. p. 431.
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- P. I.
- 30£ I. MÉMOIRE
- tiens que lorsque l’appareil a été placé dans le Vuide s & il en conclut, que VAimant agit avec moins d'énergie dans le Fjuidt qu'à l'Air libre. Je ne doute pas de l’exaûitude des expériences : mais examinons la conclufion : développons pour cet effet ce genre d’expérienr ces : ce qui ne fera pas déplacé, puisque je pourrais fans cela paraître rejetter trop légèrement, ce qu’on pourrait objecter au fentiment que j’ai embraffé.
- §. 159. Remarquons d’abord, que ces expériences font extrêmement difficiles, & qu’elles n’ont pas toujours le même fuccès. J’en ai fait un grand nombre de ce genre, avec une Aiguille très - mobile fur un flile d’acier, & j’ai trouvé, qu’elle faifoit quelquefois trente, quelquefois trente-cinq, quelquefois feulement vingt-cinq ofcillations, avant que de s’arrêter. C’eft d’ailleurs ce que prouvent les Expériences de M. biondeav lui-même: car, il a obtenu dans le Vuide, &, autant qu’on en peut juger, dans un petit intervalle de tems, quelquefois trois ofcillations, quelquefois deux, quelquefois feulement une & demie. Mais, comme la diminution d’ofcillations dans le Vuide eft confiante , on ne Cuirait l’attribuer à des caqfes
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- De l'Attion du Magnétisme dans le. Fuide. 303
- irrégulières, qui agiflent tantôt d’une façon, tantôt d’une autre.
- §. 160. Mais, examinons ce que prouve un nombre d’ofcillations plus ou moins grand;
- L e nombre d’ofcillations eft d’autant plus grand : i°. que l’Aiguille eft plus librement fuspendue : a°. qu’elle eft agitée par une plus grande force ; 30. enfin qu’elle rencontre moins d’obftacles: Examinons ces trois Élé-
- ï°. La liberté de la fiispenfion dépend de deux circonftances : de la force de l’Aimant auquel l’Aiguille eft fuspendue, & du poids de l’Aiguille.
- Plus le poids de l’Aiguille eft grand, plus elle fe meut librement, fit par conféquent plus le nombre d’ofcillations -qu’elle fait eft confi-dérable, comme le prouvent les expériences de M- blondeau: car il a trouvé que les ofcillations de la même Aiguille deviennent plus nombreufes, quand on la charge d’une rofe de bouffole (a). Or, lorsqu’on a tiré tout l’Air d’un récipient, l’Aiguille, qui na-geoit auparavant dans ce Fluide, qui en étojt
- («) !• c. *.
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- 3®4 I. MEMOIRE. P. I. S. VI. Ci. I.
- en quelque forte foutenue, ne l’eft plus, ce qui revient au môme que fi fon poids étoit un peu augmenté : il fcmble donc que le nombre d’olcillations doive augmenter par cette caufe, & M. blondeau le penfe ainfi (b). Mais, cet effet eft extrèmémcnt petit} car T Aiguille étoit longue de fix pouces, large de cinq lignes , ô: épaifle de trois quarts de ligne : fon volume vaut donc parties d’un pouce cubique : mais un pareil volume d’Air pèfe à peine la deux-centième partie d’un grain, poids qui eft à peu près infenfiblc, furtout puisque celui de l’Aiguille employée étoit de a6o grains. Il eft donc inutile de faire attention au poids de l’Air (r).
- J.- 161. Mais, la liberté de la fuspenfion dépend en fécond lieu de la force de l’Aimant,
- (i) Ibid. $. 31.
- (c) [Il y a de l’erreur dans ce Calcul: le Volume eft douze fois plus petit que je l’ai établi ici par mégarde, prenant fans doute les 6 pouces de longueur pour fix lignes :1e Volume de l'Aiguille eft les 5- parties d’un pou-ce cubique: & un pareil volume d’Airpefe à peu près la - partie d’un grain: poids infenfible par rapport à celui de l’Aiguille même : & par conféqucnt cette erreur n’influe par fur U conclulïon. N. d. T. 3
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- De ïjgtivn du Magnétisme dans Je P'vàd'è. 30g
- mant, auquel l’Aiguille adhère $ plus cet Ai-lnant cft Fort, plus le nombre d’ofcillations eft petit I niais j la force d’un Aimant augmente pat là Coutuiüe $ comme dit M. stur-mius («)i C. à. d. qu’ün Aimant, qui foü^ terioit àü commencement une livre p. éx. j foütiéridf a quelque tems après, fi lé poids lui fefté cohftàniment attaché, Un poids plus grand. C’eft aüsfi ce qüe les Expériences de M. blondëaü indiquent (#): car il a trouvé j qué l’Aiguille fait toujoùrs Un plus grand nombre d’ofcillations dans lé moment qu’elle à été fuspendue, que quelque teins a-près. Lé nombre d’ofcillations fera donc, tout le refte demeurant égal, d’autant plus petit, que l’Aiguille aura été fuspendue à l’Aimant pendant plus longtems.
- §. i6à. L É fécond élément dont lé nom-
- («) [CelUpum Curiofum. Tom. II. p. 131. Ces expériences ont été répétées par plufieurs Phyficiens : voyez éntr'aütrés ÉAziti Defcriptm desCmrans mapiétiques. p. 33.1 J'ai fait une mention fuccinte de mes expériences dans mes Recherches fur Us AipülUs amumiées P. L 5. 2.6p. p: 'loS. M. ae pinus a expliqué' ce Fait dans fis Tenumind $. 109. 110. N. d. T.]
- (*) Mem. de (Acad, di Marine. «. i.6. p. 438. itOiM* 1. V
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- 3yS I. MEMOIRE, P. I. S. VI. Ch. L
- bre d’ofcillations dépend, eft la force qui dirige l’Aiguille, ou la force direétrice univerfcl* le. Plus celle-ci eft grande, plus le nombre d’ofcillations fera grand. Mais cette force eft fujette à des changemens continuels} car, M. daniel Bernoulli (<z) a démontré, que la force direélrice eft comme la force in-clinatoire, multipliée par le Cofinus d’Incli-naifon. Cette force inclinatoire, & cette in* clinaifon changent continuellement, comme il eft démontré par les Expériences de M. g r a-HAM (!>) , de M- MUSSCHENBROEK (f), & par les miennes ( d). Du refte la force propre de l’Aiguille a ausfi beaucoup d’influence dans ce cas -, plus elle eft grande, plus le nombre d’ofcillations eft grand, comme plufieurs expériences me l’ont appris ( e).
- §. 163. Le troifième élément dont le nombre d’ofcillations dépend, confifte dans les ob-ftacles que l’Aiguille -rencontre dans fes ofcil-la-
- (-) [/«n». des Savons. Janv. I7S7• P- 3'- N. d. T.] (£) [PAil. Tranfalt. N°. 389. Vol. 33. p. 338. N. d. T.J (O [D#rr. de Magnele. Exp. 99. feqq, N- d. T.]
- (d) [Recherches fur les Aiguilles Aimantées. P. II. i. ZOI» p. 475. N. d. T.]
- (O llkid. P. I. 5. 31. N. d. T.]
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- Di l'Action du Magnétisme dans le Fuide. 307
- lations: ces obftacles font, le frottement, qui ne produit guères d’effet ici, 8c la refiftance de l’Airj qui feule doit entrer en ligne de compte.
- Lorsque l’Aiguille fe meut dans l’Air, elle doit fendre l’Air qui s’oppofe à fon mouvement, qui le retarde, .8c d’autant plus que la furface qui frappe ce Fluide fera plus grande. M. tous a fait des expériences très-curieufes üiir ce fujet («). Tl a pris une Aiguille t'rès-mobile de 19 grains, qui faifbit cent ofcillations avant que de s’arrêter. Il y a appliqué une bande de papier, pour qu’elle pré-fentât une plus grande furface à l’Air, 8c alors elle n’a fait que trente-fix ou trente-huit ofcillations , tant l’Air apporte d’obftacles ! J’ai fait ausfi quelques expériences fur ce fujet (b) & j’ai trouvé qu'une Aiguille qui fâifoit trente-huit ofcillations, lorsqu’elle préfentoit à l’Air une furface de quatre dixièmes de ligne, n’en a fait que vingt - fept en préfentant à l’Air une furface de 4,45 lignes. Ces fùrfaces font donc comme un à fix. Quoique ces expériences
- (a) Tmtamin ai Compaffum Nautiem» ferfiomdm». §. 96, (t) [ Richmhts fur lei jliguillet Ammliu. F. I. §. 369-
- 373- N. d. T.]
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- P. I. S. VI. Ci. I.
- 308 I. MÉMOIRE
- s’éloignent de celles de M. lous, quant à h grandeur de l’effet, il s’enfuit cependant que l’Air eft un obftacle : & par conféquent, qu’en otant l’Air, une Aiguille doit faire de ce chef un plus grand nombre d’ofcillations, com* me M. blondeau lui-même l’a remarqué (<•).
- J e pafle fous filence les autres obftacles qui pourraient entrer ici en ligne de compte} l’humidité,, qui peut s’appliquer à l’Aimant pendant qu’on pompe l’Air : un tremblement communiqué au Récipient, pendant qu’on fait le Vuide , & qui peut effectuer que l’Aiguille né refte pas adhérente au même point, mais s’applique à un autre: or cela fêul fuffiroit, pour que l'Aiguille fut plus ou moins fortement attirée, & par conféquent pour lui faire faire différens nombres d’ofcillations.
- §. 164. Apres avoir développé ces Elé-mens paffons à la conclufion. i°. En otant l’Air, on diminue fa refiftance, & le nombre d’ofcillations doit être augmenté. Mais fi l’on confidère qu’une furface fextuplc n’a oté dans mes expériences qu’onze ofcillatious fui' tren-te-
- (O Mtm. de l'Mad. de Marin,. T. I. p. 431.
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- De î Aïïion du Magnétisme dans le Vuide. 309
- te-huit, c. a. d. un peu moins du tiers, 8c que M. blondeau a employé une Aiguille qui ne préfentoit à l’Air qu’une furface de trois - quarts de ligne, il fera probable que larefiftance de l’Air, aura été petite dans les expériences de ce Phyficien, & que l’augmentation qui en fera refulté dans le nombre d’o-fcillations aura été très-peu-confïdérable.
- Je conclurai en fécond lieu, qu’une diminution dans le nombre d’ofcillations indique, ou, que la force du feul Aimant, du fuspen-feur, comme parle M. blondeau, a été augmentée, 8c que c’cft de-là que la liberté de l’Aiguille a cté diminuée: ou, que l’adhé-fion a été augmentée par une aétion plus longue (§. 161.)» oui que la force de l’Aiguille a été diminuée (§. 16a.): ou, que la force direétrice univerfelle s’eft affoiblie (§. 16a. )i ou enfin, que toutes ces caufes, ou quelques unes d’entr’elles, ont eu lieu à la fois.
- Or, j’ai trouvé par des Expériences nom-breufes 8c très-certaines ( §. 94. ) que la force des Aimans, ou des barreaux magnétiques, eft fujette à des changemens continuels: M. blondeau lui-même en a fait de ce genre. Il eft fur ausli, que la force direétrice univer-, felle change continuellement. Il y a donc tant de caufes qui, indépendamment de la raré-V 3 fac-
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- E. P. I. S. VI. Ch. I.
- 3IÔ I. MÉMOIB
- faétion de l’Air, ont pû contribuer à dimi-nuer le nombre des ofcillations, que je n’ofe-rois attribuer cet effet à la feule rare faétion. Les réflexions fuivantes augmentent ce doute.
- §. 165. i°. Le nombre d’ofcillations a été ordinairement petit dans les Expériences de M. blondeau} quelquefois il a été de quatre, au plus de quinze: ce qui indique que l’Aiguille, d’ailleurs forte, a été lente dans fon mouvement: car, je pofféde des Aiguilles bien plus foibles, qui, détournées fous un angle de trente degrés, font vingt, vingt-cinq, trente ofcillations. M. blondeau a détourné fon Aiguille fous un angle de nonante degrés, & par conféquent avec une force double (a) : le nombre d’olcillations auroit donc dû être encore plus grand. Or, le Vüide le plus parfait a produit, au plus, une différence de fix ofcillations.
- a°. Q u o 1 q.u e le nombre d’ofcillations fut le même à l’Air, le Vuide l’a diminué inégalement: p. ex. un jour il y avait treize ofcil-la-
- (<j) [Car ces forces font comme les Cnus des angles de déviation du Méridien : & le finus d’un angle de nonante degrés, ou le Rayon, eft double du finus d’un angle de trente degrés. N. d. T: ]
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- De VAEtion du Magnétisme dans le Vuide. 311
- fetions à l’Air j fept dans le Vuidc: un autre,-neuf à l’Air, quatre dans lcVuide: un autre, fix à l’Air, quatre dans le Vuide: or, il fem-ble que le Vuide devroit toujours oter un nombre égal, ou proportionnel, d’ofcillations : & comme cela n’a pas lieu, il eft probable qu’il y a d’autres caufes que le Vuide qui contribuent à cet effet.
- 30. Le Vuide ayant été fait, & l’Air é-tant enfuite rentré dans le récipient!, le nombre d’ofcillations n’a pas toujours été le même qu’avant qu’on eut fait le Vuide. Dans une Expérience, l’Aiguille a fait quinze ofcilla-tions à l’Air : après qu’on eut pompé une partie de l’Air, quatorze: enfuite moins: mais feulement quatorze, & non quinze, après qu’on eut laiffé rentrer l’Air. Il s’eft donc fait ici quelque changement de force, qui ne dépend pas de l’Air.
- 40. Supposons que l’effet en queftion dépende du Vuide; donc le Vuide, ou l’ab-fence de l’Air produit une difninution dans le nombre d’ofcillations: donc les forces changent, elles augmentent (§. 164.), & cette augmentation produit la diminution dans le nombre des ofcillations. Mais, il faut que dans le même tems la force de l’Aiguille augmente ausfi j car la même caufe y produira le V 4 même
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- gia I. MEMOIRE. J*. I. S. VI» Ci. I. même effet -, mais le nombre d’ofcillations ep doit être augmenté (§. 16a. ). Il faudra donc fuppofer que l’augmentation de force eft beau-, coup plus grande dans le fuspenfeur que dans le barreau ou l’Aiguille, c. a. d. que la même augmentation devroit y produire un plus grand effet : or l’un & l’autre dé ces articles ieroit bien difficile à prouver.
- §. 166. Toutes ces raifohs me portent à penfcr, que les Expériences de M. blon-deau dépendent d’un trop grand nombre d’Éiémens, pour, qu’on en puiffe attribuer les effets à l’Air feul: fiirtout puisque celles de M. M. MUSSCHENBROEK & CIGNA, qui dépendent d’une caufè fimple, ont prouvé le contraire. Cependant pour ne riep omettre, j’ai fait l’expérience fûiyante.
- Exper. LXXIX. J’ai pofé une Aiguil-. le très-mince & très-mobile fur une pointe d’acier.: & j’ai trouvé que cette Aiguille a fait le même nqmbre d’ofcillations à l’Air libre que dans le Vuide: la différence, s’il y en a eu quelquefois, n’a presque jamais été en, excès.
- 5. 167. Pois qu’il eft queftion içi d’E“-de Magnétisme il ne fera pas hors 1 de
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- J)ePJ&ion du Magnétisme dans le Fuide. 313
- 4e propos d’indiquer en peu de mots, par quelle caufe M. blondeau explique la diminution du nombre d’ofcillations dans le Vui-fle, ou plûtôt, quelle caufe il penfe qui influe ici. C'eft l’Éleéfcriciçé.
- L e Fluide magnétique pafie félon lui très-facilement à travers le Verre. Quand on pompe l’Air, ce Fluide vient de dehors pour lo remplacer. Donc, quand on a fait le Vuide , le Fluide éleékrique fe trouve en plus grande abondance & plus condenfé dans le récipient, & conféquemment il agit avec plus de force. Lorsque l’Air rentre 4e nouveau, dans le récipient, l’excès du Fluide magnétique en fort, mais il n’en fort pas entièrement, parcequ’il en fort plus difficilement qu’il n’y entre. Mais, on ne dit pas comment la diminution de l’Air-Intérieur , lequel n’agit pas a travers le Verre, provoque le Fluide magnétique extérieur à entrer dans le récipient} ce qui pourtant au-. roit du être l’article principal.
- D’ailleurs M. blondeau^ ern obferver, que, lorsque le nombre d’ofcillations augmente d'abord beaucoup, & diminue peu après, le tems menace de l’orage, dont la formation eft la caufe de Taccroiffement, 8ç l’explofion celle de la diminution du nombre d’ofcillations. Or, cette analogie pofée, il V 5
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- g,4 I. MÉMOIRE. P. I. S. VI. Ck. I.
- eft vraifemblable que cela provient de l'Électricité ou de la matière éleétrique. M. blondeau penfe donc que , lorsque le Tonnerre fe forme, il eft probable, qu’il y a un défaut d’Éleétricité , ou une moindre quantité de Fluide éleétrique, dans la partie inférieure de l’Atmosphère. Il fuppofe enfui-te que le Fluide éleétrique a une très - grande analogie avec le Fluide magnétique : il juge donc qu’il eft probable, que, dans les mêmes circcnftances, dans lesquelles il exifte une moindre quantité de Fluide éleétrique dans l’Atmosphère, il exifte ausfi une moindre quantité de Fluide magnétique. Qu’en conféquen-ce, celle-ci eft ausfi rendue dérechef plus abondante par l’explofion du Tonnerre, & que le nombre d’ofcillations, qui étoit augmentée par le défaut de Fluide, eft alors diminuée. Il eftime donc enfin, qu’il a fait artificiellement dans le Vuide de la pompe, ce que la Nature fait dans l’explofion du Tonnerre : qu’il y a augmenté la quantité de matière magnétique, & que c’eft par là que le nombre d’ofcillations eft plus petit dans 1« Vuide.
- 168. Mais, cette probabilité me pa-*oit, à dire vrai, très-petite: car, elle dé-
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- De V ASlion du Magnétisme dans le Vuide. 315
- pend de beaucoup d’hypothèfes, fondées l’une fur l’autre ; de foite que, fi elles feraient toutes certaines, à l’exception de l’avantdemière, la conclufion n’aurait que la probabilité de celle-ci. Quand donc je fuppoierois que toutes ces hypothèfes font probables, la probabilité de la ' conclufion me paraîtrait encore très - petite. Du refte notre but n’e ige pas que nous exa-« minions chacune de ces hypothèfes en particulier.
- Je puis je crois conclure, à jufte titre, de tout Ce que nous ayons dit, que Je Magnétisme ne fouffre aucun changement, ni dans le Vuide, ni dans l’Air condenfé.
- CHAPITRE II.
- De l'Électricité dans le Vuide.
- §. 169. On fait que. des Tubes de Verre, Vuides d’Air, 8c éleéfcrifés, ainfi que les Corps qu’on frotte dans le Vuide, lancent une grande quantité de lumière, 8c qu’il fe fait quelquefois des écoulemens de lumière a* bondans dans le récipient dont on. a pompé l’Air. M. M. nollet, hawksbee,
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- ji6 I. mémoire. P. I. S. VI. Ch. II.
- & du fa y ont fait de très-belles Expériences fur ce fujet : mais elles ne font pas de notre rcflort aétuel : nous ne devons traiter que de celles qui concernent l’attraélion & la ré* pulfion éleétrique : mais il y a de grandes con-troverfes fur ce fujet parmi les Phyficiens.
- Il eneft qui penfent, que les Corps rendus électriques dans le Vuide, fourniffcnt des Phénomènes d’attraétion & de répulfion : d’autres le nient: mais, pour mieux expliquer cette matière, je rangerai les Phénomènes dont il s’agit fous quatre claffes,
- La première claffe concernera les Corps Vuides d’Air qu’on électrife.
- J e place dans la fécondé claffe les Phénomènes, que préfentent les Corps éleétrifés qui agiffent fur d’autres Corps fuspendus dans le Vuide.
- L a troifiême contiendra les Phénomènes que fourniffent des Corps éleétrifés, qui agis-fent fur d’autres Corps ausfi éleétrifés, & qu’on place enfiiite dans le Vuide.
- Enfin la quatrième contiendra les effets que des Corps éleétriques, placés dans le Vuide, font fur d’autres Corps renfermés dans le même récipient.
- Prei
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- Bc l'Électricité dans h Vuide.
- Pruniert Clajf't.
- S- 17°- M. hawksbee a obfervé (<* *), qu’un Globe Vu'ided’Air, frotté, à l’ordinaire, n’attire pas des fils placés au dehors: que la même chofe a lieu pour un tube Vuide d’Air: expérience que M. du faÿ a répétée avec le même fiaccès {b): mais, dès que l’Air y rentre, le Tube exerce fa force d’at-traétion. Il n’y a aucune dispute fur cette expérience.
- O n ne peut comparer ce Phénomène â aucun Phénomène magnétique, & pat confé-quent je ne m’y arrêterai pas davantage. Je dirai feulement, que cet effet éleéfcrique n’eft plus le même, fi l’on enduit le globe intérieurement de cire: car alors, quoique Vuide d’Air, il attire des Corps extérieurs, mais feulement par la partie enduite, 8c non par celles qui font peut-être reliées à nud: ce qui indique que cette attraélion ne dépend pas du Verre, mais de la Cire, 8c confirme très-bien le fentiment de ceux qui penfent, que les E-lec-
- <4) Exfer. Phyfico-Aücan, Tome I. p. 113. 478. de la Traduit. Françoife.
- (*) Mm. M ÏAul toy. M1 Srimeei. 1734- ? 3ï2ï.
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- !. P. I. S. VI. C4.II.
- lcétricités refineufes & vitrées font de nature très-différentes.
- . Seconde ClaJ/e.
- §. 171. Passons à la fécondé clafle, qui contient les effets que des Corps éleétrifés & placés à l’Air, font fur des Corps fuspendus dans un récipient. Il eft évident que c’eft à ces Phénomènes éleétriques, qu’il faut comparer les Phénomènes magnétiques dans lesquels l’Aimant eft placé hors du récipient, & l’Aiguille fur laquelle elle’ agit, au dedans, & qui ont le même fiiccès dans le Vuide qu’à l’Air.
- M. etienne gr ay, Phyfîcien anglois, auquel la fcience de l’Eleétricitc doit beaucoup, a fait les expériences fui vantes (a).
- Exp er. LXXX. Qu'on fiispende un Fil dans le récipient: qu’on en pompe l’Air, & qu’on en approche un tube éleétrifé : le Fil fera attiré. M. nollet a répété cette Expérience avec le même fiiccès (b).
- ExpÉr. LXXXI. Si l’on n’approche pas le
- («) PAU. Trtmf N°. 4*6. Art. I. Vol. 37. p. 397. (i) Efùfur l’Éltftricitt, p. 69.
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- De l'EleSlricité dans le Vuidt. 319
- le tube du récipient, mais qu’on frotte le récipient môme, le Fil fera ausfi attiré.
- Il fuit de ces Expériences, que les Corps placés dans le Vuide font mus par des Corps éleétriques placés au dehors. Je ne fâche pas qu’il y ait de controverfe fiir ce Phénomène : mais il y en a eu une très - grande entre M. FRANKLIN & M. l’Abbé NO LL ET fur fes caufes. Notre but n'exige pas que nous en parlions. Je dirai feulement, que cet effet me paroit provenir, de ce que le récipient lui-même eft rendu éleétrique.
- Troiftème Clajffi.
- §.. 17a. Cette claflè contient les Phénomènes que préfentent des Corps éleétriques, lorsque, après avoir été renfermés dans le récipient, ils agiffent fur des Corps placés hors du récipient.
- Boïle. a fortement frotté un morceau d’Ambre: il l’a renfermé dans un récipient qu’il a Vuidé d’Air, & il a trouvé que fa force éleétrique agiffoit même alors fur d’autres Corps. - M. gray a fait ces -Expériences (a) '
- (4) PM. Tranf. N*. 423. p. 189. Vol. 37.
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- î. MÉ MÔlRfe. P. t. !i. VI. ôfr> Itj’
- avec des globes de Verre, de Souffre j de Ci-» le; il les frottoit d’abord, & les fuspendoit etifuite dahs un récipient, dont il pompoit l’Air* Il a trouvé que ces globes attiraient de petits Corps renfermés dans le récipient, avec la même force qu’après que l’Air fut rentré (b)* C’eft ce que M* r»ü faÿ a ans* fi trouvé.
- Les Corps éleétriqUCs éleélrifés, confer-vent donc leurs forces dans le Vuide, & pat conféquent ils y produifent des effets- électriques . Il ferait à fouhaiter que ceux qui ont fait ces Expériences euffent obfervé en même tems, fi cette force fe cdnferve ausfi long-tems dans le Vuide qu’à l’Air, ce dont je douté beaucoup: puisque l’Air, Corps idioélcétri-que, reprime le Fluide éleéfoiqüe & l’applique au Corps même* Au reftè je ne doute pas que les Corps ne confervent d’autant mieux leurs forces dans le Vuide, qu’ils font de meilleurs idioéle&riques. Car l’Éledfoicité s’évanouit parceque tout fe rétablit dans l’état où ilétoit avant le frottement: or, le Fluide fe meut d’autant plus difficilement & par corifé-quent, il fe rétablit d’autant plus lentement
- <*) üid. p. 3 j».
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- De l'Électricité dam te Vuide. 37.4
- dans Ton premier état, que les Coips font de meilleurs coercitifs.
- Quatrième Clajfe,
- §• I73. Nous voila enfin parvenus à la dernière clafle qui contient les effets que des Corps éleéfcrifés dans le Vuide font fur d'autres Corps, ausfi placés dans le Vuide. Il y a de grandes controverfes au fujet de ces Phénomè-. nés : mais, pour les mieux développer, je traiterai d'abord de l’Éleéïricité que les Corps acquièrent par le frottement, Sc enfuite de celle qu’ils acquièrent par communication.
- I. De VElectricité par Frottement,
- §. 174. M- hâwksbee a trouvé qu’uil tube de Verre, foit creux, mais rempli d’Air, foit folide, frotté dans le Vuide, né donné aucun ligne d’Eleftricité, & que l’Éleéfcricitc paroit annihilée jusqu’à ce qu’on laifTe rentrer l’Air (<*)• Il a trouvé de plus {b) qué des fils placés en demi - cercle autour du globe, 8c
- (4) Exp. PAyf. Abc. Tome I. p. 371. delà iradutlim. ft) Ibid. p. 389.
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- %VL I. M É M O I R E
- qui, à l’Air, fe dirigent tous vers le centre du globe, n’acquièrent aucune direétion, fi on les fuspend dans le Vuide, quoique le globe foit plein d’Air.
- M. du fa y a trouvé au contraire, que l’Ambre frottée dans le Vuide, attire fortement les fils fuspendus dans le récipient -, mais que l’Éleftricité du Verre eft beaucoup plus foible dans le Vuide qu’à l’Air ) qu’il n’y acquiert que très-peu d’Eleétricité. De plus, M. nollet, en répétant ces Expériences (e), a trouvé que des globes de Souffre & de Verre deviennent éleétriques dans le Vui-> de, mais plus foiblement que quand on ne raréfié pas l’Air.
- §. 175. Il femble donc, fi nous faifons attention aux Expériences de M. M. du fa y & nollet (a), que le Verre acquiert non feulement une Ele&ricité plus foible , mais même plus foible que 1 Ambre j or on ijtit que celle de l’Ambre eft excitée plus facilement. La caufe feroit-elle donc, que le Vuide occafionne quelque difficulté, qui pro-
- (<) E!fa‘ {*' l'ÉleOr. des Cerfs, p. 69.
- (a) mhsrelus fur Us Phénomènes Éledrifus. p. 228,
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- De l'Électricité dans le Fùide. 323
- produit lui- lé Verre tin effet proportioriellé-hient plus grand? Mais pourquoi le Verre h’a-t-il acqüis aucune éleftticité dans l'expérience de M: h aw k s b ee? On ne fau-foit dire qtié cela provient des vapeurs,- qui tombent de l’Airou d’uri frottement trop petit, puisque j l’Air étant rentré dans le récipient j tout a été rétabli. On né fauroit dire àüsfi que lé Vùide n’a pas été aflez parfait dans lés expériences dé M. M. no LL et 8c ou fa Y, puisque le Baromètre y a été féduit à peu prés au niveau. J’avoue ne pas àppercevo’it jusq’ici la raifon de cétte différence:
- Iî. De r Electricité par Communication.
- $. i’fè. L A diverfîté dés Expériences n’effi pas moindre pour l’Eleétricité acqüifé pat communication ; Celles dé M. M. nol-LEf 8e beccària font diréélement op-poféés lés Unes aux autres. Voici celle dé M. nollet (A). •
- ExpÉr. LXXXIÎ. je pofe fur la plati-tii de la Machine pneumatique une lame de’
- (*) Âtt. îles expériences. Tome III, p. 484. fe#
- X *
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- !. P. I. S. VI. Ch. II.
- 314 I. MÉMOIRE
- métal, couverte de légères raclures de cuivre : je couvre cet appareil d’un récipient, dont l'ouverture garnie d’une boite à cuirs, eft tra-verfée par une tige de cuivre, à l’extrémité de laquelle il y a une boule. Je fois communiquer avec le Conduéteur de la Machine l’extrémité qui eft hors du récipient. J’élec-trife: l’Electricité pafle dans la tige, & celle-ci attire les Corpufcules placés dans le récipient.
- ExpÉr. LXXXIII. l’Expérience du P. beccaria eft celle-ci [b). La tige dont je viens de parler eft garnie d’une boule de cuivre. A quelque diftance, & à la même hauteur, on en place une autre, garnie d’une boule. Entre ces deux boules eft lüspendu à un fildefoye un petit cilindre de papier doré. On fait communiquer la tige avep le Conducteur de la Machine.
- Avant qu’on pompe l’Air, le cilindre eft dans un mouvement continuel, lorsqu’on éleétrife la tige: il s’approche tantôt d’une boule, tantôt de l’autre. Pendant qu’on pompe l’Air les ofcillations diminuent, &, lorsque
- (b) Philof. Tranf. Vol. U. p. 36. [Répétée dans le, Traité dt l'EletlrU. artif. §. 141. N. d. T. ]
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- De V Èleüricitè dans le Fui de. 31$
- tout l’Air eft épuifé, le cilindre reite tranquille. Que «es effets font différens de ceux qu’a obtenus l’Abbé nollet! Dcpcn-droient-ils de la manière dont on fait l’expérience?
- §. 177. M. beccaria a obfervé, 8c la même chofe a eu lieu dans mes expériences, qu’ausfi longtems qu’on n’a pas pompé l’Air, le Fluide éleéfcrique brille par petites étincelles, près de chaque boule: mais, que quand tout l’Air eft épuifé, le Fluide s’élance par un grand 8c large rayon, plus tranquille, continu, mais non ausfi brillant} tel en un mot qu’il a coutume de fe mouvoir dans le Vuide.
- Examinons ce qui fe paffe dans cette Expérience.
- Pour -quele cilindre fafle desofcillations il faut qu’il reçoive le Fluide d’une des boules: quand il l’a reçu il eft repouffé: il décharge bientôt ce Fluide dans la fécondé boule } 8c s’en étant déchargé il eft attiré de nouveau, 8c ainfi de fuite. Mais fi, lorsqu’on a fait le Vuide, le Fluide entoure trop promptement le cilindre, s’il tourne autour de lui avec trop de vitefle, s’il tend vers la fécondé boule par un mouvement continu, par un ra-X 3 yon
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- *2,6 I. MEMOIRE. P: i. S vl ça. iy.
- yon non interrompu, le pilindre ne fauroit plus fe mouvoir.
- Cette expérience me paroit fe réduire à Ja feptante - cinquième (§. 147.) dans laquelle nous avons produit une attraétion conftan-te, d’après la méthode de M. cigna. La fécondé boule détruit l’ifolement, & attire le fluide ausfi bien que le faifoit la pointe à l’Aiç libre: car, il n'y a ici aucun Corps coercif fif qiù entomx le globe, 6c retarde le mouvez ment du Fluide éleétrique. Cette réflexion eft d’autant plus certaine que j’ai produit dans l’expérience de M. beccaria un effetab-folument qppofé.
- J’ai augmenté la diftance entre les bou-; les, 8c par là-même, quoique le récipient reliât Vuide d’ Air, les attraélions, le mouvement ofcillatoire, les étincelles ont reçomt mencé, 8çl’o.n n’a obfervé aucun écoulement çominude Fluide, comme ci:devant (a).
- L’e f-
- (4) [Milord mahon a trouvé, qu’en fuspendant dans Vn Récipient delà pompe pneumatique, & à la Platine, meme qui couvre le Récipient, l’Éleôromètre à boules de moelle de fureau, & éleélrifant enfuite, ces boules le repouiTent : qu’en épuifant l’Air, leur divergence, diminue : qu'en rendant enfuite le Verre du Récipient éleétrique, cette divergence n’augmente pas, mais qu’en Wî
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- 3*7
- De l'Ekflririté dans le Fuide.
- L’effet de l’expérience du P. Beccaria ne provient donc que de la manière dont on fait cette expérience} elle n’eft donc pas contraire à celle de l’Abbé n o l-let} car comme la lame de métal eft couverte dans celle - ci de beaucoup de Corpufcu-les féparés, il peut y avoir des écoulemens brillans 6c interrompus, 6c par conféquent il y a de l’attra&ion.
- Conclufion.
- §. 178. On peut conclure de ce qui précède.
- i°. Que les Phénomènes de l’Attraélion cleétrique ont lieu, quoiqu’on place dans le Vuidc le Corps après l’avoir éleétrifé, ou les Corpufcules qui doivent être attirés : mais, qu’il
- introduifant après cela de nouvel Air dans ce Récipient, les boules deviennent derechef confïdérablement divergentes (Princifts d'Eledr. Exp. 1, a , 3 , 4. ) : ce qui eft conforme aux Expériences de M. marat (Bcchm/ies fur rÉUftricitl Exp. n. 13.), & aux réflexions que nous avons faites dans ce §. M. ma bon conclut même de fes expériences, qu'il eft très - vraifemblable que la divergence des boules diminue en même raifon que la denftté de l'Air. N. d. T.]
- X 4
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- I, mémoire. P. I. S. VI. Ch. II.
- qu’il n’eft pas certain fi cette dernière attraction dépend du Corps cleéh'ifé : qu'elle provient au contraire vraifemblablement de l’Électricité communiquée au récipient.
- a°. Que les Coips idioéleétriques acquièrent par le frottement moins d’Éleftricité dans le Vuide [qu’à l’Air] : peut-être même que quelques uns n'en acquiérent qu’une très - foi-blé, ou pas du tout.
- 3°. Que les Corps qui reçoivent l’Élcétri-cité par communication dans le Vuide, n’offrent quelquefois aucun Phénomène d’attraction : çe qui dépend de la manière dont on fait l’Expérience.
- L’absence de l’Air influe donc fiir quelques Phénomènes éleékriques, ou du moins fur leur grandeur Ça),
- CHA-
- («) [On fait par plufieurs Expériences, que le Fluide éleétrique fe meut très - facilement par des Tubes vuides d'Air, & qu'il s’y montre fous une très-belle apparence lumineufe. Tout le monde connoït aujourd’hui les beaux Conducteurs vuides d’Air de M. henl xy , 8c décrits dans les Philef. Tranf. Vol. LXIV. 8c dans le Journal de Tome VI. p. 141. Mais le Vuide de nos Machines pneumatiques, ni celui de nos Conducteurs, font.ausfi parfaits que celui de torricelii ou du Baromètre. Milord cavendish ayant rempli de Mercure un Tube de Baromètre recourbé, dont chaque Branche avoit 30 pouces
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- Cenclujîon générale.
- m
- CHAPITRE III.
- Concltifion générale.
- 5. 179. Nous avons vu (5. 168.), que les Phénomènes magnétiques n’éprouvent aucun changement dans le Vuide: que quelques Phé-
- ces de longueur, & ayant placé le bout de chaque Branche dans une foucoupe remplie de Mercure, de forte que le Mercure y defeendit à la hauteur du Baromètre, il obtient un efpacc vuide, de 30 pouces : & il trouva que le Fluide éleétrique palToit très - librement par ce vuide de torricelli (tranf Vil. XLIX. p. 370.) Expérience que M. Wilson a repetée & dans laquelle il a remarqué quelques nouveaux Phénomènes. ( PM Tranf Yol. LI. p. 308. feqq.). L’air eft-donc un Coercitif du Fluidç éleébrique : un Air plus raréfié l'eft moins : un Air très-rare eft un Conducteur parfait. Mais que dirons nous d'im Vuide parfait? M. priestlev nous rapporte fur ce fujet une Expérience de M. walsh en ces termes ( Expir. m v«r. Kinds of Air. Tome I. Seét. VIII. §. l. à la fin. p. 384.) 11M, walsh, aidé de ,, M. de luc, ayant fait un vuide beaucoup plus par-,, fait dans le Baromètre double, ou arcué, en y faifant j,bouillir le Mercure, a trouvé que l'étincelle ou le
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- «JJO I. MÉMOIRE. P. I. S. VI'. Ch. III.
- Phénomènes électriques n’en fouffrent pas, & que d’autres en éprouvent peut-être quelqu’une (§. 178.). Mais, Toit que nous éta-bliffons que les Phénomènes électriques fouffrent un grand changement dans-le Vuide, foit que nous pendons qu’ils n’y en éprouvent aucun, je ne vois pas qu’on en puifle déduire aucune Analogie, ou aucune différence entre les Phénomènes magnétiques, & les Phénomènes éleétriques.
- Si les Phénomènes éleCtriques n’éprouvent aucun changement, cela indique que l’Air n’agit, ni fur l’ÉleCtricité, ni fur le Magné-tis-
- ,,choc éledtrique ne paflë pas plus par ce Vuide que par ,,un morceau de verre folide. 11 a ausfi obfervé plu-„ fleurs circonftances qui affeéient ce Vuide d’une ma-,,nière extraordinaire. Mais, en fuppofant que ce Vui-,,de foit parfait, je ne vois pas qu’on puifle éviter d’en ,, conclure, qu’il faut quelque fubflance pour conduire j,l’Élc<ftricité, & que celle - ci n’eft pas capable de s'étendre par fa propre force expanfive dans des efpaces ,, vuides de toute matière, comme on l’a généralement ,, fuppofé d’après l’idée qu’il n’y a rien dans ces efpaces », qui empêche le paflage du Fluide.” Cette réflexion me paroit très-jufte: & il me femble que l’Éleâricitd pofitive des Corps Condnéleurs, ou Coercitifs imparfaits, ne doit pas pouvoir fubfifter dans le Vuide parfait, ou imparfait , fi on fuppofe que les particules du Fluide électrique font douces d’une force de répulfion. N. d. T. ]
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- Gonchifion générait. 33^
- fisinc, qu’il n’eft par conféquent ni le Conducteur, ni le coercitif d’aucun des deux Flpides. Mais de ce qu’un Corps n’agit fur aucun de deux autres qu’on lui préfente, il ne s’en fuit pas que ces Corps font femblables, pu qu’ils, ont des propriétés analogues.
- §. 180. Si les Phénomènes électriques é-proqvent un grand changement dans le Vui-de, il s’en fuit feuleinent, qu’en otant l’Air, Corps idioéleétrique ou coercitif, on affaiblit les effets : ce changement dépendra donc de ce qu’on ote un Corps fur lequel le Fluide éle&rique agit. La chofe reviendroit donc à çeci: qu’en otant un Corps, iûr lequel le Fluide magnétique n’agit pas, les Phénomènes n’en font pas changés: qu’en otant le mé-pie Corps, mais fur lequel le Fluide élcétrique agit, les Phénomènes électriques éprouvent du changement: mais, fi je ne me trompe, çeci n’indique pas une plus grande différence entre ces deux fortes de Phénomènes, que ce que nous avons dit ci - deffus, que tous les. Corps, excepté le Fer, fur lesquels l’Éleétri-, çitéagit, n’agiffent pas fur P Aimant.
- §. 180*. Et quand même ce que M. mus-
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- 33* I. Mil
- î. P. I. S. VI. Ch. III.
- schenbroek avanceauroit lieu (0), fa-voir que l’Eleétricité n’agit pas hors du récipient , ce qui pourtant n’eft nullement prouvé par expérience, je n’admetterois ni la res-femblance, ni la différence que ce célébré Phyficien établit, quand il dit „ l’Eleétricité v & l’Aimant conviennent en ce qu’ils agis-„ fent tous deux dans le Vuide > ils différent „ en ce que l’Eleétricité n’agit pas hors du ré-„ cipient, au contraire de ce que fait l’Ai-
- II y a plus, quand même les Phénomènes magnétiques feroient plus forts, ou plus foi-bles dans le Vuide qu’à l’Air libre, & que les Phénomènes éleétriques n’y éprouveroient aucun changement, il s’enfuivroit feulement que l’Air eft un Corps Conduéteur, fur- lequel le Fluide magnétique agit j & par confé-quent tout reviendroit toujours au même.
- O) M. MUSSCHENfiROEK. 1. C.
- SEC-
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- De la communication des Forces êhftr. t$c. 333
- SECTION VII. J
- DE LA COMMUNICATION DES FORCES Électriques et magnétiques.
- §. 181. On demande, fi l’on peut établir une comparaifon entre l’Eleétricité & le Magnétisme, eu égard à la manière dont ils communiquent leurs forees.
- Cette queftion, la fixièmc que nous nous fommes propofés d’examiner, eft très-importante , & M. aepinus l’a parfaitement bien traitée (a). Pour la développer comme il faut, je ferai d’abord quelques remarques générales concernant les differens chefs fur lesquels la comparaifon peut & doit rouler. J’ex-
- (a) [ C. a. d. d’après fes Principes: mais il en a tiré le plus grand parti, & fes calculs l'ont conduit à beaucoup de découvertes très - intéreffantes. M. st bigle h-nsr a fuivi la même méthode, dont on trouve le développement dans le §. 80. de fa Diifertation. N.d.T. J
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- î. toiMoifcfe. P- L & Vît. Cài ti
- animerai enfuite la manière dont l’Éleâricité & le Magnétisme communiquent leurs forces $ fans avoir égard à la Polarité: enfin ÿexami* nerai ce qui a rapport aux Pôles {b );
- CHAPITRE L
- Remarques générales.
- $. t8i. Lés Corps ne fauroient devenir} tti éleCtriques, ni magnétiques, à moins qu4ort ne les frotte, ou qu’ils ne touchent des Corps qui poffédcnt actuellement l’Éleétricité ou le Ma-
- (é) [M. hemmer remarque ,,que je n’ai pas trop bien réusfi dans l’examen de cette queftion : que là ',,où je crois trouver de la disparité, il y a ou uné 5,, manipulation différente, ou des moyens différens, ou s, des cirConftances différentes : & que lorsque tous ces 9, points font les mêmes, On a ausft généralement des ,,adions & des effets femblables.’’ M. hemmer examine ceci plus en détail dans dnq différens articles : a-près quoi il ajoute qu’il S’eft gliffé plufieurs inèxaditU4 des dans cette Sedion : il eh allègue trois exemples. Nous discuterons ces différens Chefs dans nos Notes Atf (chacun des articles en queftion. N. d, TiJ
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- Remarques générales.
- 3 35
- Magnétisme. Mais, il y a ici quelques articles qui méritent un développement plus exaét.
- L e Fer acquiert la force magnétique par la fituation feule, par le contaét d’un Aimant, par le frottement. Je parlerai çi- après des deux derniers moyens -, examinons à préfent le premier.
- L a force éleétrique s’acquiert par le frottement & par le contaét: mais s’acquiert - elle ausfi par la fituation feule? 6c fi elle ne s’acquiert pas de cette façon, peut-on en déduire quelque différence entre les Loix de la com-munioation de ces deux forces ?
- Le Fer acquiert à la vérité la force par la fituatâon feule, mais c’eft uniquement parce que la Terre eft un grand Aimant: le Fer eft par conféquent toujours plongé dans l’atmosphère d’un grand Aimant, 6c il reçoit réellement le Magnétisme félon les Loix qui ont lieu dans le contaét du Fer avec l’Aimant. D’ailleurs cette propofition, le Fer acquiert la force magnétique par la fituation feule, n’efl: pas générale} car il y a, comme les obferva-tions l’ont fait voir, des endroits dans lesquels l’inclinaifon de l’Aiguille n’a pas lieu («).
- Les
- {a) [V. ci - ddTus. §. note a. N. i. T.]
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- 336 I. mémoire. P. I. S. VII. Ch. I.
- Les Corps éleétriques n’acquièrent pas,' que je lâche, l’Éleâricité par leur fituation feule, fi ce n’eft dans le feul cas, où des Corps Conducteurs ifolés reçoivent l’Eleéfcricité qui fe trouve dans l’Air: mais alors ils font entourés d’un Corps éleétrique qui leur communique fa force. Si donc la Terre ctoit continuellement entourée d’une Atmosphère électrique, comme elle l’eft d’une magnétique, tous les Corps qui reçoivent l’Éleétricité par communication deviendraient certainement é-leétriques parleur fituation feule (b).
- Je
- (b) [Bien entendu en fuppofant qu’ils foyent continuellement & parfaitement ifolés.
- Voici la remarque de M. hemmer fur cet article. ’„„Le Fer, dit l’Auteur, devient magnétique par la fi-tuation feule ; mais aucun Corps ne devient éleétri-,„i que de cette manière.’" Le Fer devient magnétique „par fa fituation feule, lorsqu’il eft placé dans la fphè-,,re d’aétivité d’un autre Aimant, p. ex. du grand Ai-,, mant terreftre; fi un Corps fe trouve dans la fphère ,,d’aélivité d’un Corps éleétrique, il deviendra ausfi é-„leétrique par cela feul, comme l’expérience le prouve. jj Le premier fait, le magnétique, a lieu fans commu-,, nication de quelque Fluide : la même chofe a lieu pour ,,le fait éleétrique: dans le premier, tout fe pafle par i,la feule attraction & répulfion : il en eft de même j, pour le fécond.” Cette remarque me paroit très-jufte quant aux Faits; mais je ne vois pas qu’elle attaque ce que
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- ktmorqpes générales. 33?
- J e luis donc d’uh avis different de celui de M. musscheiîbroek, (r) & je pen-fe que ce fait, qu’on n’a quelquefois befoin d’aucun frottement pour exciter la force magnétique , au lieu qu’on en a befoin pour exciter la force éleftrique, ne peut pas fervir à établir quelque différence entre ces forces j car ce fait me paroit dépendre de caufes extérieures.
- §. 183. Jë rejette pour les mêmes taifohs une autre différence que M. mosschen-broek établit : lavoir ,, qu’il ne nait pas „ d’Éleélricité du frottement de Corps Con-„ ducteurs l’un contre l’autre > qu’au contraire
- que j'ai dit dans le Texte, dans le quel j’ai ce me fem-ble établi très-didinftement là même doéhine, puisque j’y ai parlé du cas dans lequel des Conduéteurs fe trouvent entourés de l’Éleâricité Atmosphérique, 8e que j'ai rejetté la diftinétiou établie par M. musschénbr osk* Par devenir éleélrique par la fituation feule, j’entends, 6ns être placés dans la fphère d'aélivité d’aucun Aimant , différent du grand Aitttant terrellre ou de la force direétrice univerfelle , qui exifte par tout, & qu’on ne fauroit éviter ; or je ne crois pas qu’il y ait de pa-jeille force éleélrique univerfelle, toujours agiffante, N. d. T.]
- (e) lntrti. ai PH. JZatur. §. 996.
- TOME I. Y
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- e. P. I. S. VII. CM.
- „ rc le Magnétisme eft produit par le frotte-„ ment du Fer contre le Fer: qu’il faut frot-„ ter le Fer contre le Fer: qu’un idioéleétri-„ que frotté contre un idioéleétrique ne don-„ ne pas d’Eleétricité.” Car, fi le Fer frotté contre le Fer acquiert la vertu magnétique, cela provient dérechef uniquement i°. de ce que le Fer frottant acquiert la force magnétique par fa fituation feule : il eft donc réellement un Aimant foible, dont il fuit toutes les Loix, comme M. brugmans l'a prouvé avec la plus grande fugacité (<*)} a", de ce que le Fer qu’on frotte auroit ausfi reçu la force magnétique par la feule aétion du Magnétisme terreftre, laquelle eft excitée & augmentée par le frottement d’un Corps quelconque, fut-il même différent du Fer. Ce Phénomène me paroit donc accidentel, & produit par des caufcs étrangères: car, il faut confidérer ici le Fer
- (a) [ Tentam. dt Mat. Ma*n. prop. 19. p. 190. & Vivantes : ce qui a rapport à cette matière y eft excelle-ment développé : 8c cet article eft d’aütant plus important qu’on avoir établi des Principes très - diiférens, mais dont M. brugmans avoit fait connoitre l’erreur. Vo-, yez ausfi p. 182. prop. 28. qu’il fera bonde cçnfulter fu£ ce fujet. N. d. T.]
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- Remarques géniràlès. 33'gj
- Fer comme plongé dans l’Atmosphère d’uni pùiflànt Aimant.
- Pour ce qui cft dé ce que M. müs-schenbroek ajouté, que le frottement d’un idtoéleélrique contre un îdioéleétriquè ne produit aucune Éleétricité, j’en parlerai Ci-après (§. 004.);
- I l faudra donc, en examinant les Loix que füit la communication dés forces éleétriquês 8c magnétiques, laiffer à quartier tout ce qui concerne le Fer pofé dans une certaine fîtua-fiori,' puisque les Phénomènes qui ont lieu alors, né font qu’accidentels,' 8c 11e s’arrêter qu’à ce' qui concerne la forcé produite par lé frottement ,J où la pofition dans l’Atmosphère éleéfcfiqüe ou magnétique de quelque Corps.
- Mais, laiflant là cette confidération, if èft d’autres Phénomènes qui me paroiflent indiquer quelques différences.
- §. 184. Nous né conrioiflons aucun Corps,1 pas même parmi ceux qui acquièrent excellemment l’Éleâricitéÿ qui ayent d’eux même? la force éleétriqUe : il y en a du moins un- très-graiid nombre de ce genre, quoique peut-être ils né foÿent pas tous tels : car, feloû M: 6AÈB, comme nous l’avons dit au commen» Cément df ce Mémoire ( $. 38. ) ,• les' FosfileS,-Y 2 &
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- 34° T. mémoire. P. I. S. VII- Ch. I.
- & furtout l’Aimant, poffcdent une Électricité originelle, 8c ils en donnent des marques, dès qu’ils font tirés du fein de la Terre, 8c fans avoir été chauffés ou frottés, Mais, s’il en eft ainfi, l’Aimant perd bien promptement cette Éleétricité. Quoiqu’il en foit? il eft fûr, qu’il y a un très grand nombre de Corps qui n’ont d'eux mêmes aucune Éleétricité (a), 8c qui
- (a) [Sur ce que je dis qu’il y a des Aimans qui font tels par la Nature, ,,mais qu'il n'y a pas de Corps qui ,, poffccient l'Éleétricité Seux-mêmes, M. hkmmlr ob-,, ferve, qu’on ne peut entendre par cette expiesfion ,, tLeux-mêmes, que par la Nature, fans le fecours Ou l'o-,, péràtion des hommes, mais que cela eft faux, comme ,, le prouvent les Nuages qui font préparés par la Natu-„re; or, la caufe, dit-il, que de pareils Corps ne con-„ fervent pas l’Éleélricité ausfi longtems que l'Aimant ,, naturel conferve fa force, eft, que ces Corps l’ont en-,, toutes de Conduéteurs, qui foutirant ou communi-,, quant le Fluide éleârique, en retabliffent l’équilibre, ,, ce qui n’a pas lieu pour l’Aimant, puisque le Fluide „ magnétique ne paife pas d’un Corps dans un autre.’’ Je remarquerai que par être éleétrique ou magnétique de foi-même, j’ai entendu l’être fans préparation quelconque, l'être en vertu de l’effence qu’il a plu au Créateur de donner à tel ou tel Corps. Tel eft l'Aimant : mais il. n'y a pas de Corps qui foit eflentiellement éleétrique-Les Nuages, l’Air peuvent le dévenir, mais fouvent ils e le font pas: leur effence ne coniifte pas à être tou» jour»
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- Remarques générales. - 341
- qui ne l’acquièrent que par le frottement, ou quand ils font chauffes (£), au lieu que l’Aimant poflede, au contraire, le .Magnétismede foi-même, & qu’il n’cft befoin d’aucun frottement pour exciter cette force. L’on fait d’ailleurs, que le Fer, &c furtout l’Acier, con-fervent pendant nombre d’années, peut-être pendant des ficelés, la force magnétique, qu’ils ont une fois acquifc, quoique celle - ci foit fu-jette à des variations continuelles : au lieu que la force électrique, quelque puiflamment qu’ort l’ait excitée dans le Verre, ne fe conferve que pendant quelques heures ou quelques mois. Ces Phénomènes dépendent - ils de la même caufe? Peut - être pourrait- on raifonner ainû.
- §. 185. Sx les Corps, qui ont une fois reçu l’Eleétricité, étoient entourés de Corps idioé-
- jours éleétrique, mais bien à pouvoir le dévenir. Celle de l’Aimant, entant que tel, eft de pofféder la vertu magnétique : 8c s'il poffède cette vertu pat la raifon indiquée par M. M. aepinus 8c hemmër, un des Ca-raéteres effentiels de l’Aimant fera de conferver toujours le Fluide magnétique hors de fbn état naturel : ce. qui fait une différence effentielle entre la manière dont ce Corps agit fur le Fluide magnétique, 8c celle dont les autres Corps agiffent fur le Fluide éleélrique. N. d. T. ]
- (*) [V. la note a du $. 8. N. d. T.]
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- £4» l! MÉMOIRE. P. I. S. yil. Ch. I.
- jdioéleétriqucs, ou coercitifs, parfaits, cette force, une fois reçue, ou excitée, ne chan? gérait jajnais, ne feroit jamais diminuée, fur: tout fi ces Corps étoient des coercitifs excel: lens} car, alors le Fluide fe mouvrait dans leurs pores avec la plus grande difficulté: or, l’Air, le Verre, les autres Corps que nous çonnoiflons, font des coercitifs imparfaits. Il n’eft donc pas étonnant que la force une fois acquife foit bientôt détruite.
- Au contrarie, il eft, je crois, fûr, qii’au-çun Corps quelconque, excepté le Fer, n’a: git fur l’Aimant : il n’eft donc pas étonnant, dira-1-on, que l’Aimant conferve toujours fa force, puisqu’il eft entouré de Corps qui font de parfaits coercitifs du Fluide magnétique (a).
- Mais,
- (a) [Cette expresfton feroit a durement très-impropre : car quoiqu'il foit prouvé par Expérience qu'aucun Corps (hormis le Fer) n’agit fur l’Aimant, cela feul ne prouverait-pas la force coercitive : il faut de'plus, poqr la conftituer, empêcher le paffage du Fluide magnétique, le rétarder, offrir une grande difficulté à ce paffa: gc : or il n’eft aucune expérience qui prouve que le Fluide magnétique fe meut difficilement dans d’autres Corps : elles tendent au contraire toutes à prouver que ce Fluide ,• s’il exifte hors du Fer, fe meut très - librement à travers -ces Corps: v. ci-deflus §. 92. D’ailleurs, il fjut dans l’hypothèfe de M. aepinus, pour çonferver
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- Remarques générales. 14g
- Mais, fi nous voulons expliquer de cette façon la différence dont nous parlons, que de nouvelles hypothefes ne faut-il pas employer?
- Car, l’Aimant a eu dès le commencement la force qu’il poffède, & il l’aacquife lorsqu’il çft devenu Aimant : il la conferve parce qu’il eft entouré de coercitifs.
- Les Corps n’ont d’eux mêmes aucune Électricité : ou du moins, pour ne pas parler trop généralement, il en eft un très-grand nombre qui ne produifent aucun effet, avant d’avoir été excités. S’il n’y a donc ici aucune vraie différence, on eft forcé d’établir, que les Corps, qui ne préfentent d’eux-mêmes aucun figne d’Eleéfcricité, ont cependant poffédé cette force auparavant, mais qu’ils l’ont perdue, parce qu’ils font eux-mêmes des coercitifs imparfaits, 8c qu’ils font entourés de coercitifs pareils : & s’il en eft ainfi, il faudra établir encore, que les Corps que la Nature nous préfente, ont eu, lorsqu’ils font fortis des mains du Créateur, une force éleétrique, comme l’Aimant a poffédé dès lors la force magnétique
- la force magnétique une caufe interne qui empêche le Fluide de fe mettre en équilibre, v. note a du S, 99. note J du §. 93. N. d. T.]
- Y 4
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- $44 I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. Ch. I.
- que (b): mais quel 1er», je le demande, le fondement d’une pareille aflcrtion? J’avoue n’en concevoir aucun.
- §. 186. D’ailleurs, que dirons-nous des Corps que l’Art produit? du Verre p. ex. A-t-il la vertu éle&rique lorsqu’il eft encore incandefcent? Certainement non : car M. wilson a trouvé qu’il eft alors un Conducteur. A-t-il donc acquis la force éleétrique au premier moment qu'il s’eft refroidi, & l’a-t-il perdue enfuitc, pour ne la recouvrir que quand
- (i) [Je ne prétends pas établir que le Créateur ait produit dès le commencement & à la fois tons les Ai-mans qu'on tire, & qu'on tirera par la fuite du fein de la Terre: il peut s’y en former tons les Jours de pou-veaux par différeps moyens, comme cela a peut - être lieu pour tous les métaux. Le grand Laboratoire de' la Nature nous cil inconnu. M. repinus croit (Tentant. §. 347. feqq.) que les Mines de Fer qui contiennent ce métal fuffifamment développé, fe changent ? la longue en Aimar.s par l’aélion de l’Aimant tçrreftre ! nous n'examinerons pis ici ce fentiment: mais en l’adoptant, 11 eft fûr que cette mine, dès qu'elle eft une fois devenue Aimant, relie Aimant: cet état çft ilable, effentiel, «omme l'analyfe chymiqtte que M. musschknbroek a faite de cette pierre le prouve : au lieu que l’Éleéfai-eité n’eft qu'accidentelle apx Corps idioéleétrfques. N. d. T.]
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- Remarques générales. 345
- quand on le frotter oit? Mais dérechef, quelle en eft la preuve ? Il vaut mieux conclure, qu’il y a à cet égard quelque différence entre l’Éleétricité & le Magnétisme.
- D e plus, fi les Corps électriques ne perdent leur force que parce qu’ils font entourés de Conduéteurs, qui s’emparent de celle-ci, & s’il y a, à cet égard, quelque Analogie, il fàudroit que l’Aimant, entouré de Conducteurs, perdit ausfi fa force. Or, s’il eft un Conduéteur du Fluide magnétique, c’eft aflu-rément le Fer. Il eft cependant très-fur que l’Aimant ne perd rien de fa force, quoiqu’on y frotte mille barreaux de Fer. Voila donc encore une différence, & une différence bien grande. Quand donc même les autres hypo-thèfes dont nous avons parlé feroient admisfi-bles, il fàudroit encore établir que l’Aimant retient le Fluide magnétique avec la plus grande ténacité, que les Corps éleétriques au contraire retiennent le Fluide électrique lâchement, & de façon à s’en décharger avec beaucoup de facilité. Différence qui en indique une très-grande dans les Loix, félon lesquelles ces Corps agiflent fur les Fluides fournis à leur aétion (a).
- §. 187.
- (a) [Nous avons vu ci-deffus (note e do S. 96- )
- Y 5 qne
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- g4<S I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. Ci. I.
- j. 187. Tout ce que nous avons dit jus-, qu’ici elt fondé fur ce que les Corps idioélec-triques ou autres, aftucllement eleétrifés, per-dent quelque chofe de leur force, lorsqu’ils Communiquent la force à d’autres Corps: ôc ç’efi: un fait dont je ne doute pas (a). Mais,
- fi
- que M. aep|nus admet lui-même cette différence, N- à- T.]
- (a) [J’établis donc, que l'Aimant & l’Éleélricité différent en ce que celui - ci ne perd rien de fa force, en communiquant fa vertu, au contraire de ce que fait celle-là: ,,cette différence, dit M. hemmer, lorsqu’elle a „ lieu, provient uniquement de ce que le Fluide éleélri-a,que paffe d'un Corps dans un autre, ce que le Flui-,,de magnétique ne fait pas: qu’il arrive d’ailleurs fou-„ vent qu'un Corps éleétrlfé en rend un autre éleébique ;,fans lui rien communiquer de fon Fluide, & qu’alors «le premier perd ausfi peu de fa force, qu’un Aimant „en perd des fiennes.’’ D faut donc diilingucr deux G(s. La communication de forces par le contaâ, & celle par la pofition dans la fphère d’aélivité. On convient que dans le premier cas, il y a tranlit de Fluide élcélrique, & conféquemment perte de forces : & ce cas eft celui que j’avois principalement en vue., comme il paroit par le §. 190. On dit que même dans le contai il ne fe fait pas d’écoulement du Fluide magnétique dç l’Aimant dans le Fer, mais c’eft une pure fuppofiüon, qui n’elt appuyée d’aucune expérience: nous en avons déjà parlé ( §.' 91. note c) & nous en parlerons encore ci-après dans la note h du §. 199. Si l'on ne s’arrête qu’aux
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- Remarques générales, 34^
- fi cela n’étoit pas,fx les Corps électriques, fejn-r. hlables en ceci aux magnétiques, en commu-piquanç la force à d'autres Corps, ne perdoient fien de la leur, tout ce que nous venons de di? l'e aurait lieu à plus forte raifon, & il ferait évident que les Corps qui n’ont aétuellemenç aucune force, n’en ont jamais eu. Or, M; Aepinus foutient (b) que les Corps électriques, en communiquant l’Eleétricité à d’autres Corps, ne perdent rien de leur force (f)t' Jl efl: néceflaire d’examiner ce point.
- Ï£t d’abord, fi cette propofition ci étoit générale, „ un Corps électrique, qui com-,, munique là force à un autre, ne perd rien » de
- qu’aux Faits il ÿ a donc une grande disparité dans ce ças là entre l’ÉIeétriçité & le Magnétisme^ Pour l'expliquer, on employé encore une feçonde lyppofition ; non moins gratuite que celle dont nous venons de parler , non moins contraire aux faits ( §. 93. note b) fa-voir que le Fluide magnétique fe meut dans le Fer avec vne extrême difficulté; 8ç beaucoup,plus difficilement que le Fluide éleéhique ne le meut dans les meilleurs poercitifs : mais cette différence, fi elle exifte, eft effen-pelle §. 96. note t. N. d. T. ]
- (4) Serrno de Analogia etc. ou Magazin de Hambourg. T.' XXII. p. zji. [p. 17 & notes l & m de l'original.]
- (c) [Voyez le §. 8î. de la differtation de Mj fïElGLEHNER, N. d. T.]
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- 348 I. MÉMOIRE
- „ de la lienne” il faudrait ausfi que celle-ci |ut vraie ; „ un Corps élcétrique, qui perd de fa ,, force en touchant un autre Corps, ne com-„ mimique rien de lii force à celui - ci.” Mais cette prapofition, qui eft intimément liée à la doûrine de M. aepinus, me parait contraire à toutes les Expériences.
- Expér. LXXXIV. J’éleélrife un tube de métal ifolé: les fils de l’Eleétromètre fe dreflènt, & cette Éleétricité fe conferve pendant quelque tems : j’approche de ce tube un autre tube ifolé: celui-ci devient éleétriquei je l’cloigne: l’Éleétricité du premier fe trouve affoiblie (</).
- J’o t e l’ifolement du Conduéteur de la machine : toute la force périt fur le champ : pourquoi? Ou parce que le Fluide pafle dans le Corps anéieétrique lur lequel on place le Conr duéteur} où parce que l’état du Fluide, qui fait proprement la force, eft détruit, & réduit à l’équilibre. Si la première alternative a lieu,
- (<0 La même chofe * lieu, fi on prend un tube de Verre frotté: quoique ce foit un Corps coercitif, fon Éleétricité s’affoiblit fi on y applique un Corps Conducteur. M. aepinus convient lui-même, [Tentamim i. 14.] qu'un Corps coercitif éleétrifé, perd fubitement toute fa force fi on l’entoure de Conduéteurs.-N. d. T.]
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- Remarques générales.
- lieu, le Corps Condufteur reçoit fans doute l’excès du Fluide électrique, & donnerait des marques d’Éleâricité s’il étoit ifolé (c)î fi la fécondé alternative a lieu, le Fluide eft réduit à l’équilibre par une caufe extérieure: cela revient au même: la force périt, quoique la quantité de Fluide refte la même : mais, il ne s’agit pas ici de la quantité de Fluide: c’eft de l’ef-
- (e) [Cela eft évident: qu’on place près du Conducteur de la machine, éleflrifé «n plus, un Conducteur A ifolé, mais hors de la diitancc cxploflve; & près de celui-ci un fécond Conducteur ausfi ifolé, B: le Conducteur A deviendra négatif, 8c communiquant fon Fluide au Conducteur B , celui - ci deviendra pofitif. Mais, lî le Conducteur de la Machine celfe d’agir, foit tout d’un çoup, foit peu à peu, le Fluide réflue du Conducteur B dans .le Conducteur A, effet que Milord mahon. nomme Choc en retour, ou Coup retournant, objet par lequel i] a fait des expériences très- intéreflantes : ( Principes £É-leShricitl §. 207. feqq. ). 11 y a donc perte de force dans le Corps communiquant dès que la communication de forces fe fiait par une communication évidente de Fluide: 8c cela a lien également pour des Corps coercitifs; car, lorsqu’on éleCtrife un Conducteur ifolé , en tenant à deux ou trois pouces de diftance un tube de Verre frotté, il ne faut pas que ce tube foit trop chargé, de peur que le Conducteur n’en foutire une étincelle. V. CAVALto Traité d'Éleélr. P. III. C/iap. V. Exp. 7. à la. fit. N. d. T.]
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- §53 î. mémoire. Pi î. S. T^ili Ghi fi
- reffet de l’a&ion que le Gorps éfcercëj qii{i! s’agit.
- §. l8§. C’est pourtant d’après l’Ëxjîé* i-ience que M. aepinus a formé cette pfo* pofitiori. Voici celle qu’il allègue; Fig; *?• (*)•
- Soit une planche dé bois ABj couverte de'
- (a) M. hemmer penfe que M. aepinus a parfaitement prouvé fa Thefc par cette expérience, que a j'ai dit-il combattue fans fuccès : il Juge d'ailleurs qu'il y, pàroit clairement far tout te que j’avance fur ce fujeî y, que je ii'ai pas compris partout le fens de M. âépi-'j, mus, fondé uniquement fur la doéirine'dë là fphêre" 4» d’aétivité.” Cette réflexion m’a engagé à reVoir toute" cette matière avec foin; & le réfultat de ce rioüvei examen a été, que je nié fuis trompé à quelques ëgàrds.-J’aurais dû diftinguer entre là communication des forcer par Contait, & Celle par pofltioit dans là fphêre d'aétivi-té • jt riaurais pas dû placer cette expérience dans tef 'article; Ou il ne s’agit que du premier cas, pendant qu’elle appartient aü fécond. Cette confufion, que j’aurais dû éviter, hi’a induit dans quelques autres erreurs que j’indiquerài tout-à-l'heure. J’ajouterai feulement ici qu'il me paraît remarquable que M. àepinuS n’à pas inféré cette Expérience dans fes Tentamina » comme fl l’a fait de toutes les autres efféntielles qui fé trouvent dans le" ’Discours : & que la propofition même dont il s’agit hé fe" itouve pas exprimée d’une façon fl tranchante dans lei Jjmmmm que dans le Dismhs N. d. Ti] •
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- Remarquas générales'. 351
- de feuilles d’Etain AB, 8c fuspendue par un fil de foye F A. Qu’on fuspende à fon extrémité la petite Bouteille de Leide LH, & qu’on applique au coté AB, le Fil Kg pour fervir d’Electromètre. Si l’on éleétrife cet appareil, le fil Kg s’élèvera, il formera un angle Kg B, qui indiquera la grandeur de la force reçue. Qu’on fuspende auprès de cette planche une autre planche CD, entièrement femblable, mais qu’on puifle retirer au moyen du fil de foye IL. Qu’on la retire pendant qu’on éleétrife la première, & qu'en fuite ou l’en rapproche lentement. Sur le champ le fil A K defeend un peu s mais fi l’on retire CD, le fil A K remontera' à la première hauteur. M. aepinus en conclut, que la Lame A B n’a perdu aucune force : il dit, que CD eft en attendant dévenue éleétrique, & qu’elle a perdue toute fon éleétridté dès qu’elle eft revenue à fa première hauteur Développons cette Expérience.
- S u p p o s o n s que le fuccès de l’expérience foit toujours tel qu’on vient de le décrire : il s’enfuivra, i°. que la force que la Lame AB communique à C D eft très - petite, fi tant eft qu’elle en a communiqué, car AK defeend très-peu: a°. que fi la Lame CD eft devenue éleétrique, elle a acquife une force oppofée à celle
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- 351 I. MEMOIRE. P. X. S. VII. CA. I.
- celle de AB (£), car elle attiroit Ile Fil; 3°. que la fécondé Lame a perdu la Force qu’elle avoitacquife. Mais, fi elle perd de fa force, il faut qu’elle fe décharge de fon Fluide flir quelque autre Corps, ou que ce Fluide fe remette en équilibre. Il eft difficile d’admettre cette dernière alternative : car fi ce Fluide eft remis en équilibre,pourquoi celui delà première Lame ne s’y remettroit - il pas de même, & fa force ne s’évanouirait-elle pas? La même raifon doit avoir lieu pour les deux La-
- (i) [Sa partie antérieure feule le feroit dévenue : car, félon la Doélrine de M. aepinus le Fluide eft pouffé de la partie anterieure dans la poftérieurc, dans laquelle 51 s’accumule : la partie antérieure eft donc feule négative, la poftérieurc eft pofitive: & le fil Élcétrotoètrique Kg n’eft attiré que par l’excès d’aétion de la première de ces parties fur la fécondé; mais û la Lame CD eft peu épaiffe, ou mince, comme dans notre expérience 8;, ces deux parties, la pofitive & la négative, agiffent à très • peu près à la même diftance, & Conféquemment avec la même force; ce qui rend leur aétion nulle.comme M. aepinus l'avoue lui-même, en expliquant (Tentam. §. do.) un fait analogue. S’il eft donc vrai que la Lame CD ait acquis & confervé les deux Éles-tricités, comme cela fe doit félon les Principes établis ,1e Fil Kg n’auroit pas du être attiré: c’eft une difficulté que je prends la liberté de propofer contre Cétte Expérience. N. i. T. 2
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- Remarques générales. 353
- Lames (f). Mais* fi C D fe décharge de fan Fluide, il s’en décharge ou dans l’Air, ou dans quelque autre Corps: quoiqu’il en foit, la force de cette Lame s’évanouit.
- 5- 189. Mais, ne pourroit-on pas expliquer cette expérience en difant, qu’on ne fau-roit déduire de la dépresfion du Fil K g que la lêcondé Lame acquiert, en s’approchant de la première, une force oppofée à celle-ci} puisque c’ell un Corps Condufteur ( a), qui attire par conféquent le fil : car on fait que les Corps Conduéteurs attirent les fils du Con-duc-
- (c) [J'ai eu tort de dire que la même catife a liea pour les deux Lames. La Bouteille KG rend l’état électrique de la Latbe A B plus durable ; puisque les Bouteilles de Leide relient chargées plus longtems qu'un fimple Conduéteur, furtout quand elles font ifolées comme celle-çi l’elt. Selon les Principes de M. as pi-nus le Fluide CD fe remet en équilibre de lui-même, par la répulfion qu’exerce le Fluido accumulé dans la furfice peftérieure, & à caufe dé la facilité avec laquelle ce Fluide fe meut dans la Lame. N. d. T. J (a) [Cette raifon ne vaut rien; car les Corps Conduéteurs n’attirent qu’autant qu'ils font devenus éleétri-ques par leur fimple pofition près d’un Corps éleétrifé. v. ci-deffus note a du S. 140. L’explication que je donne dans ce I. ne paroit pas fatisfaifante à tous égards, N. d. T. J
- T O M E I. Z
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- 154 î. MiMOlRB. Atrf.VlI. Ch.t,
- duéteur de la machine : que c’eft à caufe def cette attraction que le fil Ele&rométrique Kg defcettd: que l’autre Lame CD en dépendant dans l’atmosphère éleûrique, offre quelques fignes d'Éleftricité, mais qu’il fe décharge du Fluide qu’il a acquis, non dans l’Air, mais dans la première Lame: que c’eft de là que cette première Lame A B ne parait fouf-frir aucune diminution de force, puisqu’elle reçoit derechef ce qu’elle avoit communiquée.
- J’ai répété cette expérience de la façon fui* vante, & le fcccès en a été très - différent.
- Expér. LXXXV. J’ai employé des Lames de cuivre circulaires, que j’ai fuspendues comme M. aepïnus le préfcrit. J’ai trouvé que la Lame A B fouffroit une diminution1 de forces, car le fil defcendoit : que la Lame C D confervoit en quelque façon la force ac-quife: le fil qui y eft joint étoit attiré par un tube de Verre frotté: & que les Phénomène» étoient les mêmes que la petite Bouteille L H fut employée, ou non (t).
- Mai»
- (4) [En revoyant les notes originales de ces Expériences j’y trouve marqué que les Phénomènes étoient k feu pris les mêmes: ils différaient en grandeur. De plus, & dans cette expérience on approche la Lame C D as-
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- Remdrques générales. 35^
- Mais, quoiqu’il en (bit de cette Expérien-ce, il eftTûr qu’en tvaucoup d’antres occa-fions les Corps éle&rifés, touchés par des' Conducteurs, perdent leur force : en . ff-t on' émplgye l’ifolement pour prévenir cette peite.
- §. 190. Concluons’ de ce que nous à-vons dit, qu’il y a une différence réelle entre les Loix, félon lesquelles la force éleétrijjue fe Communique,' & celles qui ont lieu d'ans la Communication' de la' force magnétique. Voi-ei une courte récapitulation de mes raifons.
- i°. L a force magnétique fe trouve naturellement dans l’Aimant, fans qu’il foit néceflâire de l’exciter au contraire de ce qui a lieu dans les
- iéz près de A B, pour qu’elle én puifle foutirer du Fluide , par quelque inégalité, quelque angle, ou par la’ proximité même, elle deviendra pofltive. Cela,'peut facilement arriver dans ces expériences : peut- être cela a-’ t-il eu lieu', car je retrouve encore dans mes notes,' que la Lame CD, devenue élèélrique, & touchant en-foite la- Lame A B , n’en a' pas tiré d’étincelle, comme il arrive, fi- elle là' touche immédiatement, & avant que d'être devenue éleétriqùe : ausfi avois-je-ajouté dans là Note de cette expérience, par réflexion, peut-on dont? dire- que C D ait acquis une force oppofée à celle 0 AB ? Ni dt T. J
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- 356 I. mémoire. P. I. S. VU. Ch. IL
- les Corps éle&riqtics. M. cigna propofe lui-meme cétte différence (a,).
- a0. L’électricité & l’Aimant différent, en ce que l’Aimant conferve fa force très-longtems {b) : & qu’un Corps éleéfcrique ne conferve pas à beaucoup près ausfi long-tems fon Électricité.
- 3°. Ils différent en ce que l’Aimant, en comnjuniquant fa force à d’autres Corps, ne perd rien de la fienne propre: au lieu que la force éleétrique s’évanouit dans les Corps idioéleétriques éleétrifés, lorsqu’ils font touchés par des Corps Conduéteurs, ou qu’ils leur communiquent la force électrique (e).
- Quoi-
- (4) Miscel. Taurin. 1. C. §. 5.
- (i) [V. le §. 69. de la Diflertation de M. steig-iehsür. Ce Phyficien n’elt pas en tout du même fentiment. Nous avons parlé ci-deffus (J. 93. note i) delà caufe interne d’affoibliffement que M. ae pin us admet. N. d.. T. ]
- (0 [Il faut diftingner la pofftion dans la fphêre d’activité, du Contaél (v. notes a dtt 5. 187. 8c du i. 188.). Ce point cil décidé pour le dernier cas; mais, quant au premier j'avoue que, laifTant là toute explication théorique , je 11e trouve pas encore d'expériences affeï déei-iives pour établir far expérience feule , qu'un Corps ne perd jamais rien de fa force éleéhique, quand il excite, même m diflance, cette force dans d’autres Corps: & il fe-
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- De la Communication des Forces fans Pôles. 357
- Quoique ccs différences me paroiflent en conftituer certainement une grande dans les caufes, dans la nature des Fluides, dans la manière dont ceux - ci agiflent, il fera cependant utile d’examiner foigneufement les autres Phénomènes.
- CHAPITRE IL
- De la Communication des Forces électriques & magnétiques fans avoir égard aux Pôles.
- S- 191. Quand on communique la force magnétique au Fer, (Fig. 18.) il eft néces-fâire de mouvoir toujours l’Aimant du même fens. Car fi l’on porte l’Aimant de A en B, il s’engendre de la force : celle - ci augmente, fi l’on conduit l’Aimant plufieurs fois du même fens, jusqu’à ce que le barreau foit enfin
- -feroit très-difficile de faire la-deffus des expériences parfaitement exactes, parcequ'il feroit difficile de diflinguer fi la diminution de forces qu’on pourroit obferver provient uniquement de la communication, ou uniquement de ce que tout Corps éledrifé perd peu à peu fit force: oy des deux effets à la fois. N. d. T-3
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- ^Jg8 I. MÉMOIRE- P.î. Si VIL Ci. Il,
- fin faturé. Mais fa force s’afFoiblit fi l’on conduit enluite l’Aimant de B en A: elle fe détruit enfin, Sc il en nait une contraire. La juifon de ce Phénomène faute trop facilement aux yeux pour qu’il foit néceflaire de s’y arrêter.
- Il en eftbien autrement de la communication des forces électriques : un frottement quelconque fuffit pour les exciter, comme M. musschenbroek (<*) l’a remarqué avec faifon, & comme toutes les expériences le prouvent (b).
- Mms,
- (4) Intred. ad P Ail. Katar. 5. 998.
- (b) M. hemmer remarque, qu'il ne fuit nullemerit de ces deuj Faits qu’il y a une grande disparité dans manière dont les Fluides éleétrique & magnétique agis-Jgnt: ,, cjt, dit-il, dans )e frottement magnétique 01» ,, employé un Gorps, favoir l'Aimant, dans lequel l’é-,, quilibre du Fluide eft actuellement troublé; mais d$ns le frottement éleârique les deqx Corps font dans leur ,, état naturel. Dans le premier cas, le Fluide exiflatit ,,dans le Fer fera pouffé vers une extrémité pair les forcées attraéliyes & répulfives: mais dans le dernier, la -, cohéfton des Fluides avec les particules du Corps eft ,,vaincue par le tremblement, 8c Je Fluide paffe d’un » Corps dans l'autre. Il n'eft donc pas étonnant qu’jj 5, faut diriger le frottement vers le même fens dans le „ premier cas, 8c non dans le feeond. Qui ne voit pas à préfent que la différence alléguée par l'Auteur nç
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- J)e la Communication des Forets fans Pôles. 355
- 11 confifte que dans la disparité iis manipulas bas & iis tnt-nytns employés. Les mêmes manipulations, les mêmes „ moyens fourniffent paifaitement les mêmes effets.” Ceft ce que M. hemmbr tâche de prouver par ce qui a lieu dans la communication des forces fans contait; nous examinerons ce point dans le $. zoo. 11 ajoute en*-fin. ,, Qu'on prenne une barre de Fer dur, qui ait été ,, pofée quelque part verticalement pendant quelque
- tems; on trouve que l'extrémité fupérteure eft un po-,i le auftral, l’inférieure un pôle boréal. Qu'on renverft ,,la barre: les pôles ne feront pas changés: mais qu’oft ,,lui donne un coup avec les doigts vers quelque fens ,, qu'on veuille; l'extrémité fupérteure deviendra Un pôle ,, auftral, l’inférieure un boréal ; On à détaché par le ,, Coup le Fluide magnétique que l'Aimant terreftre ne ,, pouvoit vaincre entièrement par fa répulfion, tout ,i comme nous l’avons dit ci-deffus pour le Fluide élec-,,trique: dérechef, mêmes effets en employant mêmes ,,caufes, pour autant que ceux-ci reftent fepiblables.”
- Cette réflexion paroit au premier abord très - fatisfaï-fante, & elle mérite, un examen plus approfondi. Remarquons d’abord qu’il n’y a pàs de différence dans les manipulations; car il s'agit de part 8e d'autre d’un Corps frottant 8c d'un Corps frotté: la disparité d’effets né peut donc provenir que de celle des moyens: ç’eft cç qu’il s’agit de discuter.
- Dans l’aimantation il y a ùii Corps frottant, dans lequel le Flqide eft déjà hors d’équilibre, 8c »» Corps frotté dans lequel il s’agit de détruire l’équilibre du Fluide. Je me fers des cxpresfionfc de M. a brin os, parde qu’il eft queftion de fon fyftèrae.
- Dans l’Éleétiifation il y a un Cdrps flotté datis fequé} S S’agit de troubler l’équilibre du Fmide : ainfi ce moyen
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- g(î© I. MÉMOIRE. P. I. iSV VII. Ch. II..
- eft égal: il y a de plus un Corps frottant. Celui-ci peut être ou un Condufteur non ifolé, ou un Conducteur ifolé, ou un coercitif. Le premier cas n’exifte pas pour l’Aimant : car le Fer qu’on pourrait employer comme frottoir devient tout de fuite magnétique par fa fi-tuation feule.
- Si le frottoir eft un Conduéteur non ifolé, il repare fur le champ la perte du Fluide qu’il pourrait fournir, ou rejette celui qu’il pourrait recevoir, puisqu’il communique avec tout le Globe : il eft donc toujours dans un état non éleétrique, & c’eft pour un pareil. Corps que la réflexion de M. hemmér peut uniquement avoir lieu.
- 2°. Si l'on fe fert d’un Conduéteur ifolé, ce frottoir eft furcment dans un état différent de l'Aimant quand on commence l’opération, hfais fuppofons qu'ij ait paffé Une fois fur le Corps: que çe Corps fpit devenu pofitif: le frottoir fera donc négatif ; 8c il ne fera plus dans foç état naturel quand on recommencera à le paffer fur lç Corps : il eft donc feqiblable à l’Aimant, qui n'eft Aimant , que parce que fon Fluide n’eft plus dans l’équilibre naturel. On emplo.ye donc, en recommençant, un ffoittoir négatif > qu'on applique à un Corps pofitif ; 8c ce moyen eft femblable à celui qu’on employé en appliquant le pôle auftral d'un Aimant p. ex. fur le pôle boréal du Fer déjà frotté : 8e néanmoins les effets font très - différons, fi on paffe ces frottoirs magnétique 8c éleétrique en fens contraire ; voila donc des moyens fem-blables, 8c des effets différent.
- Si l'on dit que le frottoir éleétrique devient encore plus négatif, en ropaffant furie Corps qu’il éleétrife, e. a. d. qu’il fournit dérechef du Fluide au Corps frotté , 8c que c’eft à caufe de cela que tout fe paffe comme la première fois: la disparité d'effets proviendra de te que le frottoir ékdrique fournit du Fluide au Corps frot-
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- Delà Communication dos Forces.fans Pôles. 361
- Mais, il y a plus (c)j on obferve encore une autre Loi dans la production des forces magnétiques: c’cit que les barreaux aimantés, ainfi
- frotté, ce que ne fait pas le frottoir magnétique : mais, comme ce frottoir éleétrique ne contient qu'une quantité déterminée de Fluide, il fe trouvera épuifé à la fin : U ne pourra plus en fournir : & fi on le repafTe alors, il n’agira que par fon attraction 8c fa répulfion; il fera femblable au frottoir magnétique, & les effets feront différons.
- Le même raifonnement a lieu fi le frottoir eft un Corps coercitif : fi ce n’eft pointant qu’alors la direction du frottement n’eft pas indifférente, puisqu’alors le frottoir peut devenir pofitif ou négatif, félon qu’il paffe félon la longueur ou la largeur du Corps frotté, comme
- M. Bergman l’a prouvé (Mem. de l'Acad. de Suide, Tome XXV. p. -387. ). Mais dans chaque expérience le frottoir peut également paffer 8c repaffer, ce qui n’a pas lieu pour le frottoir magnétique.
- Remarquons enfin, que la fuppofition que l’Aimant lie fournit pas de Eluide au Fer, eft gratuite: que çclle qu’il n’agit que par attraction 8c répulfion ne l’eft pas moins : quelles font enfin l’une 8c l’autre^ dans les con-féquences qui en réfultent„ contraires aux Faits. M. ak-pisus, s’il eft permis de le dire, n’a fait que gliffer fur ce fujet dans les §§. ai 8. 119. da fes Tentamin4. N ou* y reviendrons dans les notes a des $$. 199 8c aoo,
- N. d. T.]
- (c) Musschenbaoek ItUred. ai Phi. ÏMur. S. 997,
- N®. 8.
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- 4}6x I. MÉMOIRE. P. I. S- VII. Ci5. II.
- ainfi que les Aimans naturels, ont une plus grande force dans les Pôles, que cette force y (diminue peu à peu, jusqu'à ce qu’elle foit nulle dans le centre magnétique. Or, le contraire a lieu dans les Tubes frottés, & dans Je Conduéteur de la machine électrique : la force y eft partout la même,
- Cette différence me paroit très - grande. Peut-être objeétera-t-on cependant que cela provient de ce qu’il y a toujours dans un barreau magnétique deux fortes de Magnétismes ; qu’elles doivent par conféquent, en vertu de la Loi de continuité, décroître, & palier par zéro, avant que l’inverfion des forces puifle avoir lieu j mais que les Corps éleétriques dont nous parlons, n’ont qu’une efpèce d’électricité, & qu’ainfi la même raifon n’a pas lieu, Nous parlerons ci-après de cefte objeéfcioq (§• 195- feqq-)- Mais, fi elle eft jufte, il s’en fuit qu’en employant des moyens fem-blablqs («/), op pe produit qu’une efpèçe d’Eiec-
- (d) [Ilfemble que l'Éleétricité ne devroit pas être partout de même force dans un Corps coercirif éleêtrifé par un frottoir ifolé, ou coercitif: car, reprenant les rai. fonnemens de la note a, fuppofons le frottoir parvenu au point qu'il ne fournit plus de Fluide, fi on l’applique au point B vFig. 18.J, pour le conduire vers A ; comme il attire
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- fit la Communication des Fçrçes fans Paies. 3S3
- d’Éledricité, njais deux efpcccs fie Magné? fisme.
- ,§. ig%. Enfin, on fait que la force ma* gnétiqùe ne fe communique pas avec la même "facilite à toutes forces de barreaux. ,Si le bar? reau eft trop long il n’acquiert guères de force : il peut à peine être foutenu par l’Aimant, pendant qu’une piaffe de Fer de même poids, piais plus courte, fera facilement foutenue, & que cet Aimant peut même • foutenir un poids plus grand. On fait enfin que le Fer, qui eft plus épais, quoique de même longueur, acquiert plus de force, jusqu’à ce que l’épaifleur foit parvenue a un certain terme au de là duquel la force acquifê diminue : en un mot il y a un maximum d’épaiffeur, qui acquiert les plu?
- tire le Fluide, celui-çi doit couler de B vers A, fe trouver en A en plus grande quantité qu’en B, & con* féquemment la force doit augmenter de B en A : le contraire aura lieu en partant le frottoir de A en B. Ce fécond frottement détruira donc une partie du premier, comme cela a lieu pour l'Aimant: mais, l'effet ne fau-roit être abfolumenï le (nême, parce qu'il ne s'engen-,dre ici qu'une forte d’Éleélridté. Comme le Fluide ne fe meut pas fort difficilement dans les Corps coercitifs ; cette difficulté ne fauroit empêcher l’inégale condenfa-tion du Fluide. N. d. T.]
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- P.I. S. VII. Ch. U.
- 354 I. MEMOIRE plus grandes forces. On pourrait même employer une malle fi grande qu’elle n’acquerrait aucune force, comme M. de la hire s’en eft alluré {a).
- C e qui a lieu pour P Electricité eft fort différent : & d’abord il a été prouvé par les expériences de M. nollet que le Fer, dont la malle eft la plus grande, quoiqu’il ait la même furface, acquiert le plus de force électrique (b): qu’un parallélépipède de Fer de quatre-vingt livres acquiert mieux la force que de légers tubes (c). Il eft prouvé ausfi qu’à malles égales, le Conduéteur qui a le plus de furface acquiert la plus grande force. Il eft fûr enfin, qu’ua Conduéteur extrêmement long eft excellent (d)t ausfi bon du moins qu’un plus court : deforte que l’Éleélricité peut être transmife en un moment à quelques mil-
- ( 4) Mtm. de l'Acad. 1691. p. 146. [ v. ausfi Mut-SCHENEKOEK introi. ai Püil. Natur. §. 996. N°. 6. & pu tour Mimtire fur l'Amant, dans le cinquième Tome des pièces qui ont remporté les Prix de l'Académie. N. d. T. ]
- (i) Recherche! fur Us Phmom. EUBr. p. 183.
- (O Ment, de fAcad. 1746. p. îo.
- (d) Sicaud de ia fond Traité iÉUüricitc. p. 73.
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- De la Communication des Forces fans Pôles, 36g
- liers de pieds, ce qui n’a pas lieu pour le magnétisme («)•
- §. 193. Tous ces Phénomènes me parois-fent diamétralement oppofés aux Loix qui ont lieu pour la communication des forces magnétiques: ils indiquent que le Fluide magnétique agit très-différemment du Fluide électrique, foit que celui-ci entre en plus grande abondance dans les Corps, foit que nous fup-pofions qu’il en eft plus facilement reçu, 2c en plus grande quantité. Il me femble en re-fultcr, que le Fluide électrique a d’autres relations avec les Corps fur lesquels il agit, que le Fluide magnétique avec le Fer & l’Aimant.
- CHA-
- (e) [Les belles expériences de M. volta prouvent fans répliqué que la force des Conduéleurs eft non feulement comme les furfaces, mais de plus qu'elle devient d'autant plus confidérable à furfaces égales, que les Con-duéleurs font plus longs. La longueur augmente étonnamment leur force : de forte qu'un Conduétcur forma de douze bâtons de bois dlindriques, arrondis à leurs ex-, tréinités, & argentés, faifant une longueur de 96 pieds fur 6 1. de diamètre produit une vraie commotion, é-quiv aiente à celle d'un Carreau de Verre armé de quatre pouces d'armure en quarré : V. Journal de Phyf. Avril 1779. Tome XIII. p. 2.60. leqq. Ce Fait eft très-différent de ce qui a lieu pour la communication des forces magnétiques. N. d. T.]
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- P. ï. S. VII. Ch. liii
- &6 1 1
- CHAPITRE III.
- Delà Communication des Forces électriques & magnétiques en ayant égard aux Pôles.
- §. *94. O n fait que PAimarti contient deux parties dont les forces font oppofées: qu’on nomme ces parties Pôles, que les Pôles' de même nom1 fe repouffent -, que ceüx de dé nomination contraire s’attirent. Lorsque nous dîfons que l’Aimant a deux Pôles, cela lignifie donc- qu’il a des forcés oppofées, dont l’une' s’étend (lorsqu’il n’y a que deux Pôles) d’une extrémité jusqu’au centre magnétique: & l’autre du centre magnétique à la fécondé extré-1 mité: enfin qUe quand l’Aimant communique là force' au Fei'ÿ il lui communique au moins deux Pôles.
- I l faudrait doiic, potn* qü’il ÿ eut une ana--' logie parfaite entre l’Éleélricité & le Magnétisme, que les Corps éleétrifés euffentaùsfi do pareils Pôles, ou des forces oppofées : qu’ils les euffent toujours : ou que, fi elles manquent-quelquefois, ou fouvent, elles manquaffent ausli quelquefois ou fouvent-dans les Cofps ma-'
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- ï)e là Communie, dos Forcis avec des Polis.
- gnétiques. Il faudroit de plus, que les Pole9 électriques fuflënt produits, changés, & détruits , par les mêmes moyens que les Pôle? magnétiques. Discutons ces différens articles,
- 1. Qüèstiom,
- Ÿ a-t-il toujours des Pôles magnétiques o» électriques ?
- §. tÿ$. Cette Queftion revient, com-ttie il fuit de ce que nous venons de dire , à ce-<5i: les Corps magnétiques ont-ils toujours au moins deux forces,- c. a. d. ont-ils au moins deux parties dont lés forces font oppofées? Commençons par l’Aimant.
- Il eft certainj & M. aépinus l’avoue lui-même (a)? qu’on n’a jamais trouvé d’Ai-mans à un feul Pôle', c. a. d. qui ne polie-dent qu’un feül genre de forces, & qu’on n’en a jamais produit artificiellement. Il y a plus, fi nous refléchiflbns à ce qui fe pafle dans la communication des forces, ainfiqu’à l’équilibre
- (a) Sirmo &c. ou Magasin de Hamlourg. T. XXII. p. *39. 240. [p. 17. de l'original] Tmtamina novae Thttr'ux. S. 9j—ie8.
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- 368 I. mémoire. P. I. S. VII. CL III.
- bre, qu’il y a toujours entre la force boréale & l'auftralc, il fora très - probable, & j’ofe dire certain, qu’on ne pourra jamais produire de pareils Airaans. C’eit un point fur lequel je n’ai pas le moindre doute (£)•
- M. a e p i n u s a fait quelques expéri nces fur cette matière, qui méritent, toute notre attention, quoiqu’elles n’ayent réellement eu ;tu-c.-n fucccs. Il fera bon d’en propofer quelqu’une de celles que j’ai repétées.
- Ex per. LXXXVI. Soit un barreau de Fer bien aimanté AB (Fig. 19.) dont le centre magnétique foit en C. Qu’on appro-che du Pôle boréal B le Pôle boréal N d’un Aimant N S: alors comme l’on fait, la force B s'affaiblit, mais le centre magnétique C eft en même temps pouffé en avant, & s’approche davantage de A, & d’autant plus que l’Aimant eft plus près du barreau, jusqu’à ce qu’il foit en contaéfc.
- Or, il eft arrivé une feule fois à M. ae-pinus, en employant un Aimant d’une très-grande force, & un barreau de Fer de deux pouces, qu’en approchant l’Aimant à la di-ftan-
- (£) [Voyez fur cette quefiion le §. 57. du Mémoire de M. STEI6LBHNER. N. d. T. ]
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- De la Communie, des Farces avec des Foies. 35^
- ftance d’un pouce, on ne remarquoit plus de centre magnétique, & par conféquent (ce font les paroles de l’Auteur) le barreau AB n’avoit qu’un feul genre de forces. Examinons cette Expérience (c).
- §. 196. Il eft clair i°. que le barreau A B n’eft pas dans un état naturel, mais dans un état forcé -, ce qui paroitpar cela feul, qu’en otant l’Aimant N S, les forces changent fur le champ, 8c que le «entre magnétique reparoit. a°. Que le Pôle N tâche de produire en B un Pôle auftral: le boréal qui y étoit, eft donc affoibli : plus il devient foible plus la diftance A B eft grande & A C petite. Mais A C ne fauroit devenir nulle, que la force B ne foit nulle ausfi, ou du moins très-petite. Lors donc que le centre C tombe en A, 8c qu’on, nel’obferve pas, cela indique que la force B eft nulle, c. a. d. que le Pôle B eft réellement détruit, 8c que cette partie eft prête à recevoir la force auftrale. Les irrégularités qu’il y a dans les courbes de limaille répandue fur
- (c) [ Cette Expérience eft décrite dans le 5. 189. des Tcntatnina. Il faut ausfl confulter celles du §. 187. fut la propulfion du centre magnétique. N. d. T.]
- tome I. Aa '
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- P. I. S. VII. Ci. III,
- 370 I. MÉMOIRE
- fur une glace qui couvre le barreau, prouvent fuffifamment que la force que ce barreau pofie-dc alors eft extrèmément petite. Mais, lorsque la force eft diminuée en B par l’a&ion de l’Aimant N S, celle de A eft ausfi diminuée, doit ausfi être changée (a). C’eft là, ce me femble, la caufe, pourquoi en approchant l’Aimant davantage, 8c même jusqu’au contatt, le centre magnétique ne reparoit pas : car alors la force eft encore diminuée davantage en A. Si l’on employoit du Fer pur, e. a. d. non aimanté, il n’acquerroit que deux pôles par l’attouchement de l’Aimant N S.
- Voici donc à quoi tout me paroit fe réduire ; i°. qu’il eft très-incertain que le barreau AB n’acquiert dans ce cas qu’un feul genre de forces: que l’expérience indique feulement, que la force que ce barreau poffédoit eft détruite, afin qu’une force oppofée y foit produite. »°. Que quand même il ferait fûr que le barreau n’acquiert ici qu’un feul genre de forces, qu’il devient tout entier ou boréal, ou auftral, cela ne fc ferait qu’accidentellement > &
- (4) [Il fe pourroit ausfi, 8c ce cas même eft affet ordinaire, que le Pôle A ne fait que s'affoiblir, fans fe .changer, 8c qu’il y nait un troifième Pôle, mais très foible, entre A 8c B. N. d. T.]
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- De la Communie, des Forces avec les Pôles. 37*
- & que ce barreau revient par fa propre force à fon premier état dès qu’il cft libre, ce qui indique que les forces primitives font feulement opprimées & non entièrement détruites (£).
- Il eft donc prouvé, ce me femble, que l’Aimant, ou du Fer aimanté, poflede au moins deux pôles : que jusqu’ici on n’a trouvé aucun Aimant à un feulPole, ni aimanté le Fer de façon qu’il n’acquit qu’une feule force magné-» tique i & par conféquent, que dès qu'il y a du
- (b) [Les expériences de M. aepinus prouvent ceci directement, puisque les Pôles reparoiffent, 8e que "le centre magnétique Change de place, fe rapprochant de B , dès qu’on a oté l’Aimant N S. Il arrive ausfi qu’on a trouvé les Pôles invertis, ou qu’il s’en forme un troi-iième: ce qui fait voir la vérité des raifons alléguées. Au refte, s’il étoit vrai, comme M. abpinus le croit, que le Fil de Fer eft devenu entièrement négatif, il s’en fuivroit, qu’il eft erroné que le Fer conferve lou-jeun la même quantité de Fluide magnétique : ce qui néanmoins eft une des bazes du fyftème de M. aepï-. nus: il s’en fuivroit encore, que le Fluide, qui s’eft écoulé de ce barreau, s’eft disfipé dans l’Air: il feroit donc encore erroné qu’il n’y a jamais d’autres Corps que les Corps ferrugineux qui contiennent du Fluide magnétique : que le Fluide éprouve trop de difficulté à fe mouvoir dans ces derniers Corps pour en pouvoir fortir: ce® qui font cependant des Principes effemiels du fyftème Atpmitn. N. d. T. ]
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- 37» I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. Ch. III.
- du Magnétisme, il y a ausfi au moins deux forces contraires.
- §. 197. Si nous confidérons àpréfcntl’E-leébricité, nous trouverons des Phénomènes très-différens. Car, quoiqu'il y ait des cas, comme celui de la Bouteille de Leide, ôc quelques autres, dont nous parlerons ci-après (§. aoo.), dans lesquels un Corps élcétrifé poflede réellement à la fois les deux efpèces d’Ele&ricité, comme l’Aimant poflede deux Pôles, cependant, de l’aveu même de M. aepinus, dans un très-grand nombre d’autres cas, 5c même ordinairement, les Corps éleéhiques ne poflëdent qu’une cfpcce d’E-leétricité: ils font, ou entièrement pofitifs, ou entièrement négatifs; un tube de Verre poli p. ex. frotté eft entièrement pofitif : un tube de Verre dont on a oté le poli eft entièrement négatif (§. 407? ) : un globe de Verre eft entièrement pofitif: un globe de refine eft entièrement négatif. Ces Phénomènes, qui ont lieu la plupart du tems, font donc entièrement oppofés à ceux qui, dans les mêmes circonftances, out lieu pour l’Aimant, non feulement fouvent, mais toujours: ceci ne fe-’ra-t-il donc pas une différence, 5c même une très - grande différence?
- §. 198,
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 373
- §. 198. Je fais bien que M. aepinus trouve la raifon pourquoi il n’y a pas d’Ai-mans à un feul Pôle, en difiint (à) qu'un par reil Magnétisme, quand il. exifteroit pour un moment, ne (aurait durer longtems, par ce qu’il y a une caufe intérieure qui empêche l’entrée 8c l’écoulement libres du Fluide magnétique : 8c il cherche cette caufe dans l’extrême difficulté que le Fluide éprouve dans les pores du Fer 8c de l’Aimant (b). Mais, cette raifon préfuppofe toutes les hypothèlês que ce Phyficien employé pour expliquer les Phénomènes de l’Aimant, comme p. ex. que la force d’un des pôles confifte dans un excès 8c celle de l’autre dans un défaut de Fluide magnétique : que ce Fluide fe meut très - difficilement dans le Fer 8c dans l’Aimant, 8c plu-
- (a) Tentam'ma, §. 95. -
- (£) [11 me femUe.au contraire que çette caufe de-vvoit rendre cet état parfaitement durable, s’il avoit ex-ifté un féal moment. Suppofons qu'un . Aimant foit entièrement négatif : il reliera tel, puisqu’il n’y peut entrer aucun Fluide extérieur: car il n’y en a pas félon ce fy-ftème dans d’autres Corps que dans le Fer : & fi on approche de cet Aimant un barreau de Fer, le Fluide n’y entrera pas, à caufe de la grande difficulté qu’il éprouve à fortir de l'Aimant dans lequel il exifte, & à s'infatuer dans le Fer même. N. d. T. ]
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- I. MEMOIRE. P. I. S. VIL Ch. lit* *
- plufieurs autres que notre Plan ne nous permet pas d’examiner, ou dont nous avons déjà parlé ci-delîus.
- M. ae pi nus. penfe encore, qu’il fe produit toujours, même dans l'Electricité, deux fortes de forces, favoir, lorsqu’on confidère les deux Corps agiflâns comme n’en faifant qu’un feul (f), c. a. d. fi deux Corps idioé-leéhiques, ou, ce qui revient au même, un idioéleftrique, & un Conduêteur, mais ifolé, font pris pour un feul Corps: car, lorsque deux Corps idioélectriques font frottés l’un contre l’autre, l’un devient pofitif, l’autre négatif: cela eft vrai; mais en ce cas ils ne donnent aucun ligne d’Éleétricité ausfi long-tems qu’ils font joints, comme l’expérience me l’a appris, & que M. a e pi nus lui-même l’avoue des expériences qu’il allègue pour prouver fa Thèfe (d). Mais, le contraire a lieu dans le Magnétisme: car, un barreau, qui polféde les deux forces, agit d’abord, & fortement.
- Cette comparaifon ne me paroit donc pas
- (c) Serrtu de Analogue & c. 1. c. p. 248. [ p. jj. de l'original, note b: & Tentamina §. 15. feqq. v, ausfi le 4.
- *8. de la Diflertation de M. stexgiehher. N.d. T.]
- (d) TiMamina &c. p. 63. <56,
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 375
- pas j ufte: & concluons de ce que nous avons dit, qu’il y a réellement une grande différence entre l’Elc&ricité & le Magnétisme, même à cet égard, qu’on ne trouve jamais dans le Magnétisme des Corps individus qui n’ont qu’une feule efpèce de force j au lieu que dans l’Electricité la pluspavt des Corps n’en poffédent que d’une feule efpèce : différence qui prouve que le Fluide magnétique agit félon des Loix très-différentes de celles que fuit le Fluide é-leétrique.
- II. De la fituation & de la production des Pôles.
- §. 199. Examinons 'aétuellement de quelle manière les Pôles font produits dans l’Aimant, comment on peut exciter dans les Corps éleétriques deux fortes d’Éle&ricité, félon quelles Loix cela fe fait, afin qu’on fe-' che s’il y a du moins quelque Analogie a cet égard.
- O n peut exciter la force magnétique par trois moyens : par la pofition dans la fphère d’aéfcivité, par le contaét, par le frottement: à ce moyen il faut ajouter pour l’Eleétricité la chaleur, dont je parlerai féparement. (§. ao8.).
- Quel que foit celui de ces moyens qu’on Aa 4 cm-
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- employé, voici la Loi qui a conftamment lieu pour l’Aimant: c’eft que pour le contaét, ou la pofition dans la fphère d’aétiviïé, il nait dans l’extrémité la plus proche de l’Aimant, un pôle oppofé à celui de l’Aimantj. & qu’il en nait un qui eft femblable à celui-ci dans l’extrémité oppofée. Mais, en employant le frottement , la chofe fe pafle dans un ordre différent. Il y nait dans l’extrémité où l’on commence le frottement, un pôle femblable à celui dont on fe fert, & un pôle oppofé dans l’extrémité ou l’on finit. M. brugmans (a) a très-bien démontré que cette Loi eft une conféquence dé la première. Mais ces Phénomènes font fl connus, qu’il eft inutile de s’y arrêter plus longtems (b): ainfi je vais paffer à l’Éleétricité.
- i. Des
- («•) [Ttntamina de ma'triamagncùcq. p. 61. feqq. N d. T. ]
- . (i) [Je regarde la première Loi comme primordiale, & il m’eft imposfiblc de l'expliquer. Je fais bien qu'il n’eft pas d’Auteur qui ne l’explique au moyen de l’hy-pothèfe qu’il adopte : mais toutes ces hypoihèfes me pa-roiffent abfolument précaires, & infuffifantes. ’ Cette première loi pofée, il n’eft befoin d’aucune hypothèfe pour expliquer la fécondé : je crois en avoir détaillé toutes les circonftances dans mes Ttntamina Thccriat mathtma-ticat it Phatmmenis Magnelicis. Mais il fera bon de faire yoir que-toutes circonftances font abfolument contraires
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 377.
- aux hypothèfes de M. aepinus , qui n'a expliqué cette Loi qu'en gros. Voici fon explication (Ttntam. §. ai8. a 19.). En appliquant {Fig. 13,) le pôle A au point D, il y nait en D un pôle oppofé : mais en faifant paffer ce Foie A fur les points F, H, G, lorsqu'on le conduit de D en E, il donne fuccesfivemcnt à ces points un Magnétisme contraire, & il ote en attendant au point D celui qu'il lui avoit donné au commencement : mais le point E, qui eft touché le dernier, conferve lè Magnétisme que le point A lui donne. En appliquant donc le pôle pofitif A en D1 il répouffe le Fluide vers F : D devient négatif : en s'avançant vers F, A repouffe le Fluide, qui s’écoule & s'accumule en D & en H : parvenu en F il détruit fon premier effet 8c rend D pofitif. Tout cela arrive dans toute la longueur du Barreau, excepté en E, point que le pôle touche le dernier, 8c qui conferve par conféquent le Magnétisme négatif. Voila quafi mot à mot l'Explication de M. aepinus, de laquelle il eft ai-fé de déduire ces trois confcquences. i°. Que le Fluide , qui avoit été chaffé de D, y eft repouffe dès que l’Aimant eil parvenu à un point différent de D : donc D eft tout de fuite, ou fimplement affoibli, ou inverti, félon que la quantité de Fluide que l’Aimant, placé au fécond point F, refoule vers D, eft plus grande ou plus petite que celle qui en avoit été cxpulfcc, lorsque l'Aimant étoit placé en D. Il s’en fuit a0, que le Foie E augmente toujours en force, (car le Fluide y eft potis-fé de plus en plus ) à mefure que l'Aimant s'en approche davantage: 8c 30. que les points F, H, G, E, ne deviennent négatifs , que quand l'Aimant y eft appliqué : voila les conféquences qui découlent de cette explication , voici les Faits tels que je crois les avoir démontrés dans l'ouvrage cité.
- xe. La
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- i°. La Force communiqué en D croit ordinairement ( 1. c. §. 36. ) avant que de décroître, jusqu'à ce que l'Aimant foit parvenu à un certain point F, que je nomme point culminant du Pôle D. La diftance F D a quelquefois été d'un fudème & plus de tout le barreau DE; ce n’eft que lorsque l'Aimant a paffé le point F, que la force communiquée au point D par le contaél, diminue. Mais il ne paroit pas néceffaire que cet accrois-fement ait toujours. lieü (1. c. $. 71.). Ce Fait eft contraire à la première conféquence.
- a®. Le Pôle E n’augmente que jusqu'à ce que l'Aimant foit parvenu à un certain point H, que je nomme point culminant du Pôle £ .• or D H n'a jamais excedé dans mes Expériences la moitié de D E, ni été plus petit qu’un vingtième de D E : dès que l’Aimant à paffé ce point H, la force en E décroit : ce qui eft contraire à la fécondé conféquence.
- 30. La force en E devient négative, de pofitive qu'elle étoit, dès que l'Aimant a paffé un certain point G, que M. brugmans nomme fécond point d’indifférence, ( car il en eft un pareil, au delà de F pour le pôle D ); D G n’a jamais été plus grand dans mes expériences que deux tiers de DE, ni plus petit que ~ dé DE: ainfi E devcnoit négatif, quoique l'Aimant en fut encore é-loignc de — ou de de toute la longueur de D E : ce qui eft contraire à la troifième conféquence.
- Telle eft l’oppolition qu'il y a entre l'Expérience & l'explication. Je. paffe d'autres objeétions qu'on pourroit faire contre cele - d. N. d. T. ]
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 379
- ï. Des Forces communiquées far une Atmosphère électrique.
- 5. 400. M. aepinus (a) a fait fur ce fujet de belles expériences qui paroiflent très-analogues aux Phénomènes de l’aimant: en voici une de ce genre (b).
- Qu’on ifole un prisme de métal: qu’on approche de l’une des extrémités un Corps éleéhrifé pofitivement : cette extrémité deviendra négativement éleétrique : l’autre le .deviendra pofitivement : comme il paroit par l’Ele&romètre de M. canton. Cette expérience avoir déjà été faite par M. franklin (c), & elle eft réellement femblable à ce qui fe pafle dans l’Aimant.. Car, l’Éiech-i-cité produit ici une Eleéfcricité contraire,comme le Magnétisme produit un Magnétisme op-pofé (d).
- 1. Des
- (a) Strmo 6cc. 1. e. p. 246. [p. 16. 17. de l'original] Tcnlamina p. 117. 128.
- (4) Voyez, ausfi le §. 97. du Mémoire de M. steig-X-EHKER. N. d. T.]
- (c) Philof. Tram. Vol. XLIX. p. 300. [Mais les Expériences de Milord mahon me paroiflent à tous égards les plus exaétes, les plus dérifives, les plus inftruâives : nous en dirons un mot dans la Note fuivante. N. d. T.] (.d) [>jLes mêmes manipulations, les mêmes mo-,j yen*
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- 580 I. MEMOIRE. P I. S. VII. Ch. III. a. Des Forces acquifcs par le contaft.
- §. aoi. Si nous paflons au contait, nous trouverons des Phénomènes très - différons, com-
- ,, yens, dit M. hemmer , fouriliffent conilamment les „ mêmes effets, pour autant que la propriété du Fluide ,, électrique de paffer d'un Corps dans un autre , le per--,met: pofez un petit barreau de Fer mol dans le voi-,, finage du Pôle d'un Aimant : il devient fur le champ. ,, un véritable Aimant : approchez d'un barreau de mé-,, tal ifolé un Tube fortement éleétrifé , il deviendra fut „ le champ un Aimant éleétrique, qui a fes Pôles, un ,, pofitif, un négatif: mais ce ne font que des Aimans ,,paffagers: mais qu'on employé dans le premier cas ,,un barreau d'acier & dans le fécond une Bouteille de Leide; l'Aimant de Fer, & l'Aimant éleétrique fe-„ ront devenus l’un & l'autre conitans : mais comment „ ces Aimans font - ils produits dans ce cas ? par l’at> ,,traélion & la répulfion; pareils moyens, pareils ef-,,fets.” Le Fait prouve que dans ces deux cas les Pôles exiftent de la même manière générale: mais il faut de plus pour une Analogie complette que les mêmes Loix ayent lieu. Soit (Fig. 14.) A le pôle pofitif, B le négatif, C le centre: le Fluide fera en C dans fon état naturel : il fera accumulé en CA, raréfié en C B : mais il faut pour que l'Analogie foit complette que là quantité de Fluide augmente de C en A, & diminue de C en B, pour les deux cas, félon les mêmes Loix : or je vais prouver que cela n’a pas lieu : & que le fyftcme ; de
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 381
- de M. alpin us pour l’Aimant eft contraire aux Faits.
- M. aepinus fuppofe i°. que la quantité de Fluide refte la même après l’aimantation : donc l’excès en A C eft égal à la diminution en C B : il fuppofe z°. que la force eft proportionelle à la quantité de matière accumulée ou épuifée. (v. ci-deffus'S. jr. note 4: J. 91., note é: $. 91. note c). Cela pofé, que la quantité naturelle de Fluide dans chaque tranche D, E, F, &c-foit q : que le point B , au lieu de contenir la quantité q, contienne q — ; foit n le nombre de tranches ou particules contenus en CB: j’ai démontré dans mes Ta.u tarama §. 51. 51, & dans mes Recherches fur les jtiguiUts aimantées §. 32. 33., que la force des particules croit comme les diftances. du centre C ; la force, ou, ce qui revient dans ce fyflême au même, la quantité de Fluide en C eft q : en B, elle eft q — — : ou aura donc pour
- toutes les particules, q + Çq — + Çq —
- —*£) +.......+ 0—»‘0=*+I* 9
- ___q » • » ~h r • — ( en faifant n infini par rapport à l’unité donc on fe.fert,) n q — : mais, nq étoit la quantité naturelle de Fluide dans CB: donc eft la quantité epuifée.
- Soit la force de A, ou la quantité de Fluide en A, 3 -<r le nombre des particules de C A —m: on aura:
- O+sO+O+^O+C» +£9----
- -I- ^ 9 H* ^ ^ s m q + m.m I--n = ( dans la
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- 38x I. MEMOIRE. JP. I. S. VII. Ch. III.
- fuppolition de m infini) mq Mais mq eft la
- quantité naturelle de Fluide dans A C : donc l’excès eft : mais comme, par hypothèfe, l'excès eft égal au défaut: on aura, & par confëqucnt»: m~
- : c. a. d. les Forces des Pôles en raifon inverfa des diftances au centre magnétique: mais cette confé-quence immédiate eft contraire aux Faits : car j’ai démontré ( Recherches $. 33. ) que ces forces font en raifon inverfe doublée dé ees diftances. Le fyftème de M. aepinus eft donc infoutenable à cet égard: il faut donc rejetter l’une ou l’autre des hypothèfes fur lequel ce calcul eft fondé, ou toutes les deux.
- Si donc ce fyftème eft vrai pour l’Éleélricité, il eft clair que les Loix de la communication des forces font très-différentes pour le Magnétisme.
- On n’a pas, que je fâche, fait d’expériences éleétri-ques pour décider ce point, mais, celles de Miloril ma-Hots {Principes à'Eleftriaté §. 149. feqq.) me font croire que la loi de l'augmentation des forces n’eft pas même comme les diftances au centre. Ce Phyficien célèbre , ayant pofé (Fig. 25.) un Conduéteur ifolé AB de 40 pouces, dans l’Atmosphère ( mais hors de la diftance explofive) du Conduéteur pofitif C de fa Machine, il a obfervé à quelle diftance du point A étoit le centre éleélrique D, c. a. d., le point D , auquel la boulette éleétrométrique G n’eft ni attirée ni repouffée, tandis qu’elle eft repouffée en A (car elle eft négative) & attirée en H. Milord mahon a fait fes Expériences en approchant A de C à diverfes diftances, de 48 pouces • jusqu’à 4 pouces. Or, pour le cas de A C = 48 pou-éesil a trouvé AD= - A B y & pour le cas de AC 3
- 4 pou-
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- De la Communie, des Forets avec des Pôles. 383
- comme M. a e pi nu s l’avoue lui-même (a). Car, fi un prisme métallique touche quelque Corps éleétrifé il acquiert la même force électrique que ce Corps poflede, & de plus, il n’acquiert qu’une feule Électricité dans toute fa longueur: Phénomène entièrement oppofé à ce qui a lieu pour l'Aimant (b).
- M.
- 4 pouces, AD= ~ AB. Ainfi félon la loi de la rai-ion inverfe des diftances, la force de A auroit été dans le premier cas z-^, 8c dans le fécond iz fois plus grande que celle de B : mais félon la Loi de l’Aimant, elle auroit été dans le premier cas huit fois, 8e dans le fécond cent-quarante-quatre fois plus grande que la force de B, ce qu’il n’eft pas posfible d’admettre. Il feroit à defirer qu'on fit des expériences exaétes fur ce fujer. Je conjeéturerois d’après les Expériences de Milord ma-hos, que la raifon inverfe des forces eft tout au plus celle des racines des diftances. Mais comme ce n’eft. qu’une conjeéture, je ne m’étendrai pas là-deffus. N. d. T. ]
- (4) Scfmo &c. L c. p. 146. [p. 16. i7.de l'original. J
- {b) [M. hemmer fait ici une remarque très-jufte. ,,Ceci, dit-il, eft connu pour l’Aimant, mais n’eft ,,vrai pour l’Éleétricité qu’au cas que ce foit un Con-,, duéieur qui touche le Corps éleétrifé : 8c alors la cau-,,fe des différences eft, que le Fluide éleétriqife paffe ,, d'un Corps dans un autre, & non le magnétique. ,,Mais, fi l’on prend ur. cas dans lequel ce paflage n’ait ,, que
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- 384 I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. C/l. III,
- M. a e p 1 n u s juge, il la vérité, qüe cette différence dépend de circonftanecs étrangères (f) : mais quand nous admettrions ce fenti-ment, la différence n’en ferait pas moins la même : car ce Phyficicn adopte le fyffèmc de M. franklin, 8c par conféqucnt .il admet qu’en approchant (Fig. ao.) le Pôle N, celui-ci repouffe par fon excès de Fluide le Fluide de l’extrémité A : qu’ainfi ce Fluide paffe de A en B} qu’il eft diminué en A au-deffous de là quantité naturelle, & qu’il s’y forme un pôle négatif, oppofé au Pôle N. Les chofes fe pafferûient ainfi, fi le Corps A B étoit un coerci} if parfait, fi par conféquent il ne puifoit rien du Fluide contenu dans N, &
- ,,que peu ou point lieu, l'effet fera tout comme pour ,, l'Aimant; c. a. d. que la partie du Corps non éleélri-,, fé mife en contaél acquerra une force oppofée à celle ,5du Corps éleétrifé : ce cas a lieu dans l’Éleélrophore -, de M. vol ta: le gatcau de refîne frotté avec une ,,peau eft éleétrique négativement: la partie inférieure ,,du chapeau (ou du plateau) qu’on applique l'eft po-,, (hivernent, fa fupéfieure l’eft négativement.” M. hemme r cite lap. 103. du 4e. Volume des Mémoires de l’Académie de Manheim, où il a prouve ce point. Cette remarque eft fi jufte qu’il n’y a rien à répondre quant aux Faits. N. d. T.]
- (c) iermo &c. p. 161. [p. ai. de l’original.],
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- t>e la Communie, des Forces avec des Pôles, 3S5
- 8c elles ont lieu ausfi quand le Pôle N eft élqi-gné. Mais, en appliquant l’extrémité A à ce Pôle qui ne reprime pas parfaitement le Fluide, elle foutire le Fluide du Pôle N. Voila pourquoi- cette extrémité devient pofitive, 8c tout le prisme le devient ausfi. M. aepi-nu s trouve donc la raifon de ce Phénomène dans l’imparfaite idioéleéfcricité des Corps électriques.
- §. aoa. Mais , on peut objeéter bien des chofes à ce raifonnement.
- i°. S 1 le Corps B A eft un coercitif imparfait, 8c fi c’eft à caufe de cela que l’extré» mité A foutire le Fluide [du Polç N], il doit ausfi, par la même caufe, le retenir imparfaitement : il lortira donc avec la même facilité 8c dans le même temps qu'il eft entré : le Corps AB perdra 4onc d’abord fon excès de Fluide ; il fera réduit dans fon état naturel, 8c toute la force fera détruite, ce qui eft contraire à l’expérience. ,
- A°. Suivant la même hypothèfe, le Corps N S perdra une partie de fon Fluide, celle que l’extrémité A foutire, le Corps N perdra donc par cette communication quelque chofe de là forcej or, M. aepinub fou-tient (§. 187.) que les Corps éleftrifés, qui t o m e I. B b CO»"!
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- 3?(S I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. Ci. III.
- communiquent la force à d’autres, ne perdent rien de leur force propre (<*).
- 3°. Supposons que tout fe parte fuivant le raifonncment en qucftion. Alors, le Fluide qui exifte naturellement en A eft repoufle vers B [par la force du Pôle N], par confé-quent il diminue en A, & A devient négatif. Suppofons que la quantité qui manque foit q : qu’il y entre à préfent en A une partie du Fluide contenu en N : que cette quantité foit p : le pôle A ne deviendra pofitif qu’au cas que p\ q: il n’y aura aucune force produite fi p =3 q : elle fera négative fi p ’s q. Il faudrait donc avant tout démontrer, & non affamer que p eft toujours dans ce cas plus grand que y, c. a. d. que l’attraétion de la matière du Corps en A eft plus grande que la répul-fion du Fluide contenu dans A B : or c’eft ce que M. aepinus n’a pas fait, & parcon-féquent fon explication eft purement hypothétique {b). Il tâche cependant de la con-fir-
- («) Ceci n'eft pas entièrement'exaét: car M. aepi-nus n’établit cette propofition que pour le cas où la communication des forces lé fait par le contaél N. d. T. ] (£) [Ce raifonnement me paroit moins applicable au cas oà le eoatatâ du Corps à éleéteifer & du Corps électif
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 387
- firmer par cette raifon, que fi l’on place tin petit morceau de Verre entre les deux Corps, l’effet eft le même qu’il l’eft quand on place le Corps N C à une plus grande diftance : or, on fait que le Verre empêche le pafîàge du Fluide éleétrique. Maïs, alors le Phénomène revient à celui-ci, que le Corps électrique eft diflant du Corps qu’il faut éleétri-fér (c).
- §. aoa*. Mais, ajournons tous ces raifon-nemens : la contradiétion qu’il y a entre ce Phénomène & les Phénomènes magnétiques fubfiftera dans fon entier : car alors, ce Phénomène électrique eft tel qu’ôn l’obferve, pareeque le Corps à éleétrifer foutire le Fluide du Corps éleétrifé, tandis que le Corps auquel il faut communiquer la force magnétique
- trique fe fait d'abord, qu’à celui où le Corps à éleétrifer aurait d’abord été pofé hors de la diftance explaüve da Corps éleélrique, & viendrait enfuite à tuer une étincelle : car dans ce cas, il s’eft réellement fait d’abord un épuifemeat en A, une condenfation en B ; & il faudrait prouver que la quantité p que A foutire par l’étincelle eft plus granüè'-que ^ : car fans cela A relierait en partie épuifé, & la répulfion du pôle N empêcherait le Fluide accumulé en B de refluer vers A. N. d. T. ]
- (e) [C. a* d. hors delà diftance explofîve. N. d. T.] B b a
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- 388 I. MÉMOIRE. P. I. S. VII. Ch. III.
- que ne reçoit pas de pareil Fluide de l’Aimant (a). Les Corps électriques attirent donc ici le Fluide éleétriquc avec une plus grande force que le Fer n’attire le Fluide magnétique j & la eaüfe de cette non-attraftion du Fluide magnétique eft que le Fer en eft un plus parfait coercitif : que ce Fluide fe meut très-difficilement par le Fer, quoiqu’on fâche d’ailleurs que le Fer reçoit ou perd en un moment la force magnétique, êc par conféquent que le Fluide qu’il contient naturellement eft très promptement diminué dans une partie, 6c accumulé dans l’autre: ce qui ne làuroit avoir lieu, fans que le Fluide fe meuve dans ce Fer. Or, ce mouvement inftantané, ou du moins très-prompt, ne fauroit fubfifter avec la propriété d’être un coercitif parfait, d’être très-difficilfcment perméable {b).
- La
- («) .[C’eft, comme nous l’avons déjà dit plufieurs fois, une fuppolition purement gratuite, qui fournit même des conféqüences contraires aux faits : v. note d du 5. 100. Pour que la loi des forces répondit aux Phénomènes , il faudroit que zzz. : c. a. d, que fi
- l'Evacuation de C B étoit , l’excès en A C fut 8c conféquemment que la quantité de Fluide fut varia-' ble. N. d. T.]
- (*) f $• P*- note c: §. 93. note b. N. d. TJ
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- Delà Communie, des forces avec des Pôles. 389
- La différence que ce Phénomène indique entre les Loix de l’Éleébricité & celles du Magnétisme me paroit donc fubfifter dans fou entier.
- 3. De la Communication far frottement,
- §. ao3. Nous avons déjà dit (§. 191.) quelles différences il y a à cet égard. Il faut pour exciter le Magnétisme un certain frottement. Tout frottement eft indifférent pour l’Eleébricité. Pour exciter le Magnétisme, il faut, en faifant abftraébion du Magnétisme de la Terre, le frottement d’un Corps déjà aimanté: au lieu que le frottement de deux Corps non éleétriques excite dans l’un & dans, l’autre une force qu’aucun des deux n’avoit. Ce fécond Phénomène me paroit indiquer une très - grande différence: car, s’il eft certain, comme il l’eft, que la force n’eft pas excitée dans ces Corps frottés pareequ’il y entre un Fluide étranger, mais feulement parce que le Fluide, qui y exiftoit, y acquieit une certain ne fituation, il s’en fuit que le frottement a-git bien plus puifTamment fur le Fluide électrique que fut le magnétique, puisque celui-ci, fi nous faifons abftraéfcion du Magnétisme terreftre, n’eft pas excité par le feul frotte-
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- ment, mais requiert, pour être mis en aétion, un Corps déjà magnétique (a).
- §. 003*. Mais, quelque grande que me paroiffe cette différence, confidérons a présent la chofe d’une autre façon > 8c faifons uniquement attention aux Pôles, à la manière dont ils font produits} 8c voyons, s’il y a à cet égard quelque reffembknce ou quelque différence entre l’Éleéllicité 8c le Magnétisme.
- Il
- (a) [ On dira peut-être que ceia vient de ce que le Fer attire plus fortement le Fluide magnétique, que les Corps coercitifs n’attirent le Fluide éleétrique: mais, nous avons vu ci-deffus (§. 134. note «) qu'il faut né-ceffairement fuppofer que le Fluide magnétique exerce une répulfîon plus forte, & au moins dans la même rai-ion. D’ailleurs, nous avons vu ausü ( $. 191. note b ) que, de l’aveu même de M. hemmer, un petit tremblement peut mettre le Fluide magnétique en mouvement, vaincre fa qphéfion avec les parties du Fer: le frottement devroit donc faire le même effet; & l’Aimant frottant devroit ausfi bien communiquer fon Fluide au Fer frotté, qu’un frottoir éleétrique le fait ai; Corps qu’il éleélrife. Ce tremblement même ne devroit-Ï1 pas, même dans ce cas, tendre à établir l’équilibre du Fluide dans l’Aimant frottant, puisqu’il met le Fluide en mouvement, & par conféquent diminuer fa force, ce qui n'a pas lieu. N. d. T. ]
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 391
- Il eft des Phénomènes qui paroiflent pré-1 fenter une reflem^lance, en ce qu’ils produi-fent dans le même Corps une Éleûricité po-fitive, & une Éleétricité négative: il en eft d’autres, qui paroiflent indiquer une différence en ce qu’ils rendent les Corps entièrement pofitifs, ou entièrement négatifs.
- Voici un des Phénomènes du premier genre.
- ExpÉr. LXXXVII. Qu’on prenne un morceau de Verre rond, aflez petit pour le couvrir des doigts : qu’on le frotte : une de fes furfaces fera pofitive, l’autre négative (a).
- M. musschenbroek rapporte une Expérience que je n’ai pas repetée (b).
- Suspendez une croix de papier à un fil: ayez un tube, intérieurement à moitié rempli de fable chaud, & qui s’éleéfcrife par le moyen dç ce fable. La croix eft bien-tôt re-pouffée: elle fe tourne, & s’approche de quel-, qu’autre endroit du tube qui l’attire.
- Çet-
- (a) Aepinvs Strmo &c. p. 146. [p. 14. de l'original. Il eft clair qu'il faut tenir le doigt fur la furface inférieure pendant qu’on frotte la fupérieure: le doigt reçoit le Fluide expulfé de la furface inférieure. N. d. T.] (t) Introd. ai Phil. JXatur. §. 996. p. 343. N®3-Bb 4
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- 39^ ï. M É MO IR E. P. I. S. VII. Ch. III,
- Cette expérience fait voir, ip. que lu proix acquiert des électricités oppofées: a°. que les différentes parties du tube n’ont pas la même forte d’Eleétricité. Mais, M. mus-schenbroek remarque avec raifon, que dans V Aimant les pôles font fitués aux extrémités, &c qu’iei l’Eleftricité agit fur les coté J non oppofés du tube. Du refte, M. M.
- DU F A Y (C) FRANKLIN & WILKE («?)
- ont fait de très-belles expériences fur les Phénomènes que fourniffent des tubes frottés & remplis de différentes matières.
- Ç. 104. L?e x p É r 1 e n c e fuivante fe rapporte aux Phénomènes dans lesquels les Corps acquièrent à la vérité des Eleétricités différentes, mais ou chaque Corps n’en acquiert qu’une feule (a).
- Exp.
- (c) [ Mcm. de l'Acad. 1734. p. 356. N. d. T.]
- (d) Dans fes Notes fur la traduâion allemande des lAifres de M. franklxn p. 173. §. jj. [Les expériences de M. franklin fe trouvent dans le §. 3J. de ft quatrième lettre: ou §. 71. 71. p. m. du Tome premier de la traduélion françoife'. M. cigna a fait d’excellentes réflexions fur ce fujet §. jç». 60. de fa belle dis-fertation de Novis Experimmtis EUClricis inférée dans les Miscel. Taiirinens. Tome III. p. 63. N. d. T.]
- (“J Aepinus Tmam'ma p. 63. feqq. §’. jj — §. J9;
- £»
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 393
- Ex p. LXXXVIII. Qu’on prenne deux lames de glace de miroir, qui aycnt chacune quatre poucps quarrées de furface : qu’on les attache à des manches de Verre, & qu’on les frotte l’une fur l’autre : elles deviendront toutes deux électriques, mais elles auront des Éleétricités contraires: l’une fera politive, l’autre négative, ce qui eft oppofé à ce qui a lieu pour l’Aimant (b).
- La
- [ Il n’eft pas néceffaire que les deux lames foyent des Corps idioéleftriques quelconques, car cela eft égal : il fuffit qu’une des deux le foit : l’autre peut être de Métal. Mais il eft à remarquer que, félon M. Herbert (Tieer. EltClr. Cap. 4. trop. 6.) fi les deux Corps idioé-leélriqu:s font de même matière, abfolument femblables pour le degré de chaleur, le poli, enfin en tout fens , mime pour la manière dont ils éprouvent le frottement , il n'y nait aucune Éleélricité. N. d. T. ]
- (4) [La différence eft d’autant plus grande, que, fi on aimante un barreau de Fer, compofé de deux pièces , parfaitement jointes , ces deux pièces agiront, tant quelles font unies, comme fi elles ne faifoient qu’un feul Aimant i mais fi on les fepare, la pièce qui étoit entièrement négative p. ex., ou auftrale, dans la jonction , acquerra fur le champ deux pôles ; un pofitif, (boréal) à l’extrémité qui joignoit: l’autre extrémité reliera négative, mais fera plus foible: M. aepinvs a fait d’excellentes Recherches fur ce fujet. Ttmm. $. 103. fçqq, N. d. T.]
- Bb s
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- La différence a lieu encore, quand même on confidéreroit les deux Corps comme n’en faifant qu’un feul, & qu’on voudroit les comparer ainli à un Aimant, dont une furface eft pofitive & l’autre négative: car ces lames n’exercent, comme les Electromètres le prouvent, aucune force électrique tant qu’elles relient appliquées l’une à l’autre: au contraire de ce qui a lieu pour l’Aimant.
- De pareils Phénomènes ont lieu avec des rubans de foye, comme il paroit par ce que nous avons dit fur la cohéfion éleétrique (§. *35- feqq-)- Il ont encore lieu fi l’on verfe du fouffre fondu dans un vafe ifolé: tant que le fouffre relie joint au vafe, on ne s’apperçoit d’aucun ligne d’Éleétricité: mais, fi on les fépare, on trouve que le fouffre eft pofitif, & le vafe négatif (c). On voit faci-
- le) Aepinu* Strmo L c. p. 143. [p. 14. note f & Tenta». Theor. $. 59. M. hem mer dit que j'ai eu tort d'avancer que le fouflïe acquiert toujours une Électricité pofitive, puisqu'il devient négatif quand on le coule dans un vafe de Verre : ce fait eft très-vrai. On peut voir un extrait des belles expériences de M. wilke dans L’uifieire Je FÉleftricité du Dr. priestley P. t. ferAi. X. Seét III. à la fin, & dans le Traité i'Éiec-
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 395
- cilcment que c’eft à ces Expériences qu’il faut rapporter les Éleftrophores perpétuels ( d).
- 5. i05.
- triché de M. cavallo P. I. Ch. 4, où l’on trouve des expériences fcmblables fur le chocolat. Mais qu’il me foit permis de remarquer que je n’ai pas dit que ce fait a tmjturs lieu : j’ai cité l’Expérience de M. aepi-nus dans laquelle l'effet eft tel que je l’ai dit. Je n’ai cité cette expérience que comme un exemple. N.d. T.J (d) [ Cette indication de l’Éleélrophore m'a paru pouvoir fuffire à la rigueur: mais M. steiglbhner a beaucoup mieux fait: les Phénomènes de l’Éleélrophore lui ont paru trop intéreffans pour ne pas être expofés en détail : il l'a fait avec beaucoup de précifion dans les §. 71—78. defon Mémoire.
- M. he mm er a entendu la comparaifon que je fais des Éleétrophorcs à ces Expériences, comme s’il s’agiffoit uniquement de l’expérience du fouffre coulé dans un vafe ifolé: il remarque ,,que cela eft erroné: qu'on fait ,,les Expériences avec l’Éleélrophore fans oterle gateau ,, de fon basfin: qu’il faut, foit longtems, foit peu avant ,,que de les faire, frotter le gateau: que le chapeau ,,où le plateau de métal en eft une partie effentielle, „ tous points qui h’ont pas lieu dans l'expérience du ,, fouffre fondu." Ces diflinélions font très-vraies: & •je fuis mortifié de ne m’être pas exprimé de façon qu’on ne put pas fe méprendre fur le vrai fens de mes exprèslions ; j’ai comparé l’Éleélrophore non à cette Expérience , mais à ces Expériences, c. a. d. à toutes celles de ceux, qui ont ceci de commun que les Corps appliqués l’un fûr l’autre acquièrent des Éleétricités contraires, & Çui, comme le titre du S. l’indique, ne font alléguées
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- §. 105. Il y a donc à cct égard une dif» fcfence, & une très - grande différence, entre i’Éleétricité & le Magnétisme. Nous en remarquerons encore une autre, fi nous confi-dérons la fituation des Pôles. Dans le Magnétisme on obferve conftamment cette Loi, que les Pôles font fitués aux extrémités des barreaux, 8c que la force de ceux - ci s’étend félon leur longueur. Mais, le contraire a lieu pour les Corps éleftriques. Une furface devient réellement pofitive, l’autre négative, de façon que la moitié de l'épaifleur appartienne à l’Éleâricité pofitive, 8c l’autre moitié
- que pour prouver ce point, lequel a lieu ausfi dans l'É-leétrophore, ce qui eft le feul point effentiel qui puiffe faire comparer l'Éleéfrophore à l'Aimant. Dii relie je ne me ferois pas trompé , fi j’avois comparé les Éledropliores avec la feule expérience du fouffre fondu, puisse M. voir*, l’Inventeur des Éleétrophores, avoue lui - même, que M. M. aepinus & wilks ont fourni un exemple d'un vrai Éleélrophore dans leur belle expérience du fouffre fondu dans urt vafe de métal, dans lequel, dit - il, ils obfervérent des lignes d'Éleélricité, tant dans Je vafe, que dans le fouffre toutes les fois qu'ils féparoïent ces deux pièces l'une de l’autre, & même au bout de quelques femaines, ou de quelques mois. V. la lettre de M. voua à M. k t in k ose h , Profeffeur à Prague,imprimée en allemand dans les Mémoires de l'Académie de Bohème, Tome III. p. 104. N. d. T.]
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 397
- tié à la négative. Cette force s’étend donc félon Tépaiffeur.
- Donc datfs l’Éleébricité, même dans le cas où un Corps devient en partie pofitif & en partie négatif, toute une iurface dévient pofitive, ou négative, 8c l’autre devient en entier négative ou pofitive: au lieu que dans le Magnétisme la furface même qu’on frotte devient en partie pofitive, 8c en partie négative. Les Loix de la communication des forces font donc entièrement différentes (a).
- III. Du Changement fc? de VInverfion des Pôles.
- §. 106. Aussi longtems qu’on frotte le Fer du même fens, les Pôles qu’il a une fois acquis, reftent les mêmes après chaque opération : ils font à la vérité plus forts ou plus »foibles, mais ils occupent la même place: le toréai ne devient pas auftral, ni l’auftral boréal.
- I l n’y a qu’une feule manière de changer & de renverfer les Pôles d’un Aimant foit na-
- (a) [On verra çi-deffou* §. 164. quels artifices il faut employer pour que les Pôles piaffent être dispofës félon la largeur du Fer qu'on frotte. N. d. T. J
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- turel, foit artificiel: c’eft lorsqu’on place un Aimant, ou froid, ou incandefcent, dans une fituation contraire entre les Pôles oppo-fés d’Aimans extrèmément forts, ou qu’on l’aimante par la double touche, de forte que les Pôles doivent fe former dans un fens contraire. C’eft par ces moyens que botle(«) & hartsoeker (b) ont déjà changé les Pôles des Aimansj & que M. knight,& ceux qui l’ont imité (c), l’ont fait enfin avec le plus grand fuccès.
- Il n’y a pas d’autres manières que celles-là: en tout autre cas le Fer, foit froid, foit chaud, frotté du même fens, conferve fes Pôles à la même place, foit qu’on le frotte avec un Aimant vigoureux, foit qu’on en employé un plus foible, ou un plus épais, ou un plus mince: foit que ce Fer foit poli, ou non :
- (a) De Mechanica Ma guet is produisions, Torno 30 Ope-rum p. 130.
- (b) Principes de P/iyfique, Chap. 9. §. 3.
- (c) [Pli/. Trans. N°. 474. Vol. XLIII. p. 163. N°. 484. Vcl. XLIV. p. <5j7. & le Traité des Aimons artificiels du Dr. Micnstt, traduit en François par le P. revoire, & augmenté d’une excdüente préface, dans laquelle ou trouve un précis hiftoriquc de ce qui- a été fait fur cette matière, N. d. T.]
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- De la Communie, des Forces avec- des Pôles. 399
- non: mais combien ce qu’on obferve dans rÉleétricitc ne diffère-t-il pas de tout cc-ci! (d).
- i°. Le Poli.
- §. 107. Un tube de Verre poli & frotté acquiert 1’Éleftricité pofitive -, mais s’il eft put, & qu’on le frotte» il en acquiert une nc-
- (d) M. hbmmbr remarque fur -ce, fujet, ,,que ce ,,que le poli, la chaleur, l'épaiffeur des Corps, cir-„ confiances dans lesquelles je crois trouver une fource fi abondante de disparités, opèrent dans l'ÉIeélricité, „ils l'opèrent ausfi, toutes chofes d'ailleurs égales, fur ,, l'Aimant: ces drconitances, dit-il, effeétnent que „ l'adhéfion de? particules du Fluide eft plus ou moins. „ vaincue par le frottement; & la Théorie, fondée fur l’Expérience, nous a déjà mis au point de pouvoir ,,dire d'avance quel fera celui des deux Corps frottés „ dans l’une ou l'autre des trois circonftances indiquées, ,,qui acquerra l’Éleélricité pofitive ou négative." Cette remarque ne diminue pas, ce me femble, le moins du monde la disparité : ces circonftances font qu’un Corps devient pofitif au lieu de devenir négatif, & réciproquement : c. a. d. qu'elles lui donnent la faculté de s'é-puifer de Fluide au lieu d'en reçevoir : aptitude qu'elles ne donnent pas au Fer, ou à l'Aimant, quoiqu’elles duffent ausfi contribuer à diminuer l'adhéfion du Fluide magnétique à ces Corps ; v. à- dédits §. 103. note 4 §. 191. note b. N. d. T.]
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- 4oo ï. mémoire. P. I. S. VII. Ci. nU-
- négatire (a) : cependant un carreau de Verre mat, armé, devient pofitif par fa futface fu-périeure, & négatif par l’inférieure (b), ce qui paroit très-fingulier. De plus, fi l’on frotte un tube de Verre mat, avec un morceau de Drap enduit de cire, il acquiert une Electricité pofitive.
- Cbs ciitonftances, qui agifient fi puiflam* ment fur l’Éleétricité, n’agiflent pas le moins du
- (a) Canton PhlL Tranf. Vol. XLVIII. p. 781, [M. K k mm er range parmi les erreurs qui fe -trouvent dans cette feflion, ce que je dis ici, qu'un tube de Verre poli devient toujours pofitif par le frottement: je n’ai pas die qu'il le devient toujours : je n’ai fait qu'alléguer un exemple : je fais bien qu’il devient négatif quand on le frotte avec une peau de chat, & félon M.cavait» ( Traité tfEleSl. P. I. Ch. 3.) c'eft le feul Corps qui tende le Verre poli négatif: félon M. herbe rt il faudrait f ajouter encore les cr'iftaux (Thtorut Ch. 4. Pr. <S.); mais ce Phyficien remarque que le Verre lui a prérenté des effets variables. Enfin M. wilke foutient que tous les frottoirs quelconques rendent le Verre poli politif : & il en conclut que c'eft de tous les Corps celui qai attire le plus puiffamment le Fluide éleélrique (V. psi estlet Hifi. de l’EleClr. P. I. Period. X. St H. 3. à la fin) ; Il a cependant trouvé depuis que la peau d'un chat vivant fait exception à cette réglé, & quelle diffère à cet égard de ia peau d'un chat mort. N. d. T. ]
- (t) Wilke Mon. del'Acad. d1 Suède ,Tomi XX. p. 15!, de la trad. allemande.
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- t)e la Communie, des Portes avec des Pôles. 401
- du monde fur l’Aimant. Les Loix félon lesquelles les deux Fluides agiflënt font donc tres-diiFérentesi
- a0. La Chaleur.
- 5. 208. M. B e a g M a nk a fait uh très-grand nombre d’Expériences fur cefujet: j’en alléguerai quelques unes, mais je ne les ai pas répétées («).
- F r o t t È z félon là largeur ün ruban dè foye rouge avec un autre ruban femblable : le ruban frottant devient pofitifj le frotté négatif.
- Si l’on chauffe le ruban frottantj celui-d devient êleétrique négativement, & l’autre po-fitiveniertt.
- L a feule chaleur Change donc l’ordfe des Pôles dans les mêmes rubans, quoique le frottement fe fade de la même manière, & elle rend tes rubans ptopres à recevoir l’Éleétrici-té négative (b).
- Des
- (a) Mm. de l'Acad. de Suède, Tome XXV. p. 346. dtf la trad. allem. Voyez ausfi fut cê fujet, jBtOBRsM* Sftcim. Phfjf. de Calmis infiuxu m Eleftricitdtern.
- (O [On peut confulcer fur ce fujet les Expériences de
- TOME I. CC
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- E. P. I. S. VII. Ch. III.
- 404 I. MEMOIRE
- . Des Phénomènes contraires ont lieu pour le Verre. Qu’on frotte une Lame de Verre parallélépipède perpendiculairement fur une autre : la Lame frottée deviendra pofitive, la frottante négative, au contraire de ce qui a lieu pour des rubans. Qu’on chauffe la Lape frottante : elle deviendra pofitive, & la frottée négative. La chaleur ne produit cependant pas toujours le même effet: car, fi une des Lames eft deux fois plus épaiffe que l'autre, elle deviendra toujours pofitive, qu’elle foit la Lame frottante ou la frottée, & la chaleur ne trouble pas l’expérience.
- La Chaleur influe donc confidérablement fur la Situation des Pôles, ou fur la nature des JEleéh-içités produites par le frottement : & elle n’influe pas de la même manière fur tous les Corps.. .Mais, elle n’a aucune influence fur le Magnétisme.
- . - §. 109. Je rapporte â l’a&ion de la chaleur les Phénomènes de la Tourmaline. M. aepinus compare perpétuellement cette pier-
- deM. HERBERT, Th«nia Phatn. F.ltttr. Cap. IV. Prop. 6. Elies ne font pas toutes d’accord avec celles de M.
- dont il ell queftion dans cet article. N. d. T. ]
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- De là Communie, des Forces avec des Pôles. 403
- pierre à l’Aimant (a)t 6c c’ell de fes Phénomènes qu’il déduit une grande partie de l’Analogie qu’il établit entre l’Aimant & l’Électricité.
- Quand on frotte une Tourmaline # elle préfente les mêmes Phénomènes que le Verre, & devient toute entière pofitive : mais, quand on la chauffe, un coté devient pofitivement éleétrique & l’autre négativement. Lorsqu’elle fe refroidit, le coté qui étoit devenu pofitif par la chaleur, devient négatif : 8c celui qui étoit négatif devient pofitif.
- V o x l À ce qu’il y a à obferver dans la Toun* thaline par rapport à la matière que nous traitons : à quoi fl faut pourtant ajouterqu’il y a dans cette Pierre deux endroits, dans lesquels i’attfaéfciori eft plus foite que dans d’autres, 6c qu’on noinrpe par cette raitori Pôles.
- Ma xà,' je le demande, qu’y a-t-il de commun entre ces Phénomènes & l’Aimant ?
- Rien , fi non qùe la Tourmaline a par fois deux Eleéfcricitês, deux Pôles# comme l’Ai-
- . (a) Sermo &c. 1. c. p. 141. [p. Xi. de l'original]. Je ne poffède pas de Tourmaline allez grande pour pouvoir
- G c %
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- mant en a deux. Voilà la feule reflcmblance, mais que de différences J (b).
- i°. L’a i m a n t eft toujours dans un état contraire j la Tourmaline;feulement quelquefois.
- a°. L e Fer acquiert par le frottement deux Magnétismes oppofésj la Tourmaline feulement une efpèce d’Éle&riciré.
- 3°. L a chaleur ou le . Froid n’influent pas fur la fituation des Pôles magnétiques ; ils déterminent au contraire la nature & la fituation des Pôles dans la Tourmaline.
- 4°. L a Chaleur affoiblit les Pôles de l’Aimant : il excite celles de la Tourmaline.
- 5°. Les endroits polaires de la Tourmaline
- (£) M. brucmans a fait deux expériences qui méritent d'être rapportées ici, ainfi que la conclufion qu'il tire de la fécondé: elles fe trouvent dans fon Magnétismes §. 32. p. 102.
- „ Toutes les Tourmalines, dit-il, que j’ai exami-,, nées, font attirées par l’Aimant. Le fuccin eft ausfi ,,attiré: mais une efpèce l’eft plus que l’autre: fi on le „ frotte, avant que de le pofer fur le Mercure, l’attrac-,,tion en eft beaucoup augmentée, la force éleébique fe joignant alors à la magnétique ; mais il n’acquiert ee-,, pendant pas de pôles, comme il arriverait ccrtaine-,,ment, fi cette augmentation d’attraélion étoit un effet ,,de la feule vertu magnétique: ce qui eft une preuve de ,,la différente nature de ces Forces.” N. d. T.]
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- De la Communie, des Forces avec des Pôles. 405
- ne ne peuvent pas changer de fituation (c) au contraire de ce qui a lieu pour les pôles des Aimans naturels, comme nous venons de le dire (5. 106.).
- Or tous ces Phénomènes indiquent que l’Éleârricité agit dans la Tourmaline félon d’autres Loix que le Fluide magnétique n’agit fur l’Aimant.
- IV. Des Pôles Confécutifs.
- §. aïo. Ajoutons encore un Phénomène que M. aepinus (a) a parfaitement bien traité, & qui paroit analogue à ce qui a lieu pour l’Aimant.
- Quand on aimante un barreau de Fer par le feul contaéfcd’un Aimant, ilfe forme quelquefois, non deux pôles, comme de coutume, mais trois, quatre , ou un plus grand nombre, comme M. M. tavlor (£), MUS"
- (c) Mosschenehoek Introt, ai Phil. Natur. §. 997. wilke Man. if ÏAcad. de Suède. Tome XXIV. p. 63.
- (a) Tentamma p. 195. feqq. Serme &c. L C. p. 25g; [ p. 2i. de l’original. ]
- (b) Phil. Tranf. N°. 368. Vol. XXXI. p. 804. feqq. N. d. T.]
- Ce 3
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- 406 I. MEMOIRE. P. I. S. VII- Ci. III.
- musschenbrosk (f), & d’autres l’ont prouvé par.beaucoup d’expériences. On nomme ces polçs Pôles Consécutifs ou Points Confé-cutifs, parceque les pôles boréaux & auftraux fe fuivent alternativement. Or, M. aepx-nus a trouve quelque chofe de femblable pour l’Eleétricité.
- Qu’on place fur une' Table un tube de Verre de façon qu’il en déborde une partie : qu’on approche de cette partie un tulfe élec-trife, & qu’on en frotte quelquefois l’extrémité de l’autre tube. On trouvera alors qu’une partie de celui-ci eft devenue pofitive : une autre négative : la luivante pofitive} de forte qu’il y aura trois pôles'.
- Mats, il n’y a pas ici de refiemblance parfaite avec l’Aimant: car, ce Phénomène n’a lieu que pour les Corps idioéleétriques, & non pour les Conducteurs, quoiqu’ils foyent ïfolés.
- (0 [Dijfert. à Magntte p. u4. feqq. J'ai traité cette
- ties P. I. §. iio---------131. V. ausfi fur ce fujet le §. 16.
- feqq. de la differtation de M. steiglehner. N.d.T.]
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- De la Communie, des Forces avec les Pales. 497. Canclufiou.
- 5. an. Nou? ayqns exjfteqieui examiné les Loix félon lesquelles les forces éleétriques & magnétiques forft produites. Noqs avons vu qu’elles fqnt orcjiflairemçnf différentes, fouvent opppfées, quoiqu’il pgjrojffp y avoir quelquefois de la feffeml?lançe. P n’y a donc pas moins de différence à cet égard entre les Phénomènes éle&riques & magnétiques, qu’entre les autres que nous avons examinés çi-deffus.
- Ce 4
- SEC-
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- '408 I. MÉMOIRE. P. I. S. VIII.
- SECTION VIII.
- EXAMEN DES DIFFERENCES QUE QUELQUES PHYSICIENS ONT É T Ai BUES ENTRE L’AIMANT ET
- l’Électri CITÉ.
- $. ai a. Dans la coniparaifon que nous avons faites jusqu’ici entre l’Ele&riçité & le Magnétisme, nous avons principalement fait attention aux Loix félon lesquelles ces deux genres de forces agiflentj & nous avons prouvé, même en admettant différentes hypothç-fes, qu’elles font différentes. Mais, d’autres Ecrivains, Sc furtout M. mussçhen-broek, ont propofé quelques autres disparités: nous allons en faire l’énumération, & examiner fi elles font ausfi grandes que les Auteurs doqt nous venons de parier le penfent (a).
- I. Le
- (a) [M. hemmer penfe que toutes les différences dont il eft queftion dans cette Seéliosi, proviennent de co que le Fluide éleflrique paffed’un Corps dans un autre, k non le magnétique. N. d. T.]
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- JSes différences entre VElcftr. Iff VAimant. 409 I. Le Sifflement, le Souffle.
- $. 113. M. cigna (a) établit lui-même cette différence entre l’Aimant Sc l’Electricité, que le Fluide éleétrique produit un fifflcmcnt en pafîant d’un Corps dans un autre 3 & que les Cors éleârifés excitent un certain fouffle : ce qui n’a pas lieu pour les Corps magnétiques. Ce fouffle, cefifflement, indiquent, que le Fluide éleétrique fort des Corps avec une grande force, & fous forme fenfï-ble, au contraire de ce que fait le Fluide magnétique. Il faut donc en conclure, ou que le Fluide magnétique eft beaucoup plus fubtil que y éleétrique, ou qu’il fe meut avec beaucoup moins de violence, ou que ce Fluide 11 fubtil ne fe meut pas, mais qu’il, refte en repos. Si nous prenons ce dernier parti il faudra, ou foutenir avec M. aepinus (£), que le Fluide magnétique n’cxifte' pas hors du Fer & de l’Aimant, qu’il n’y a aucune atmosphère de Fluide qui entoure le Fer, ni l’Aimant, & par conféquent que ce Fluide agit par des attra&ions & des répudions proprement dites -, quoi-
- (4) Mises LL. Taurin. 1. c. §. 41.
- (i) Tmiam. T/.etriae §. 174.-------5. 177. N. d. T.]
- Ce 5
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- 4io I. mémoire. P. I. S. VIII.
- quoique ce foit pour éviter celles-ci qu’on imagine ordinairement les Fluides : ou, il faudra penfer avec M- brugmans (f), que le Fluide magnétique fe trouve en repos hors du Fer 8c de l’Aimant. Suivant ce dernier fentiment, ce Fluide n’agit que par fa presfion ou fon élcâricité, au lieu que le Fluide électrique agit par impulfion, avec une force vive. Le Fluide magnétique auroit donc, quand même il ne foutiendroit pas de plus grands poids que le Fluide éleétrique, 8c quoique plus fubtil que ce Fluide, une force de presfion: 8c il exercerait une presfion plus grande, ou il auroit une plus forte élafticité que le Fluide éleétrique} tandis que celui-ci, fi on ôte le plus foible obftacle, comme l’Air p. ex. (§. 178. note a) s’étend par fon elafti-çité, ce que ne fait pas le Fluide magnétique. Mais combien ne faudra-1-il pas augmenter cette force élaftique, fi nous fàifons attention à la grande différence qu’il y a entre les poids foutenus par l’Aimant ou par les Corps élec-trifés (<0?
- §. <114.
- (?) [Tenta», it Mat. Map,, prop. u, 14, l8.N.d.T.] (/) [V. ci-deffus note 4 du $. 134, N. d. T.]
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- Pes différences entre l'ÈlcStr. &? l'Aimant. 41J.
- . §. ai4. Il fuit de ce que nous venons de dire, que le fifflement & le fouffle qu’on remarque dans le Fluide éle&rique, & non dans Je magnétique, indiquent i°. que le Fluide magnétique eft plus fubtil que l’éleéfcrique. a0, ou que le Fluide magnétique cft e'n repos pendant que Péleétrique fe meut, ou qu’il fe meut avec une vitefle beaucoup plus petite: & par conféquent 30. que ce Fluide eft plus pefant que le Fluide électrique, ou qu’il a une plus grande elafticité.* Différences qui en indiquent une grande entre les natures de ces Fluides, & même entre les Loix félon lesquelles ils agiffent.
- IL l'Odeur„
- 5. 0.15. M. musschenbroek cherche encore une différence, en ce que l’Aimant n’a aucune odeur, comme en ont les Corps éleétrifés. Le Fluide n’agit donc pas fur l’organe de l’odorat, au contraire de ce que fait le Fluide éleétrique, dont la fingu-lièrc odeur eft connue de tout le monde. Je ne doute pas que cette odeur ne foit propre à ce Fluide: mais, quand on fuppoferoit qu’il ne faut l’attribuer qu’aux particules des Corps que ce Fluide entraine Sc porte avec foi, il
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- t. P. I. S. VIII.
- 4ia I. MEMOIRE
- s’cn fuivroit néanmoins que le Fluide éleékri-que a la force d’emporter quelques particules j force que le Fluide magnétique n’a pas, & cela même indiqüeroit une différence entre les Loix félon lesquelles ces Fluides agiffent. .
- III. La Lumière.
- %. 116. M. müsschenbroek établit encore cette différence, que le Fluide électrique eft lumineux, & que le Fluide magnétique ne l’eft pas.
- Il y a dérechef à cet égard une grande différence entre ces deux Fluides 3 elle fem-ble même être d’autant plus grande qu’il eft au moins très-vraifemblable par des Expériences faites tout récemment, que le Fluide électrique eft un vrai feu, puisqu’on revivifie par fon moyen les chaux métalliques en métai, tout comme au moyen du Phlogiftique ordinaire (a): or nous ne trouvons rien dans l’Ai-
- (a) [En écrivant ceci j’avois en vue les Expériences de M. le Comte de milly, inférées dans le Journal dt ?hhue pour 4out 1774- T. IV. p. 146. p. 318. 319. Mais les expériences de M. M. ïrisson & cadet, qui fe trouvent dans les Mémoires de l'Académie pour
- *775- P- 243* * m'obligent à changer de fentiment, puisr qu'eb,
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- Des différences entre PEIelir. & P Aimants 413
- mant qui donne le moindre ligne de lumière.-Je fais bien qu’un Anonyme français a propofé le Feu comme la caiife du magnétisme $ mais d’une façon, à ce qu’il me femble, abfolu-ment imaginaire (b). ,, Ôn ne fauroit nier, „ dit-il,, que le Feu ne foit la caufe de l’at-„ traétion éleétrique j pourquoi ne le feroit-il ,, pas ausfi de l’attraétion magnétique? On „ n’a pas encore vu le Fer donner des étincel-,, les quand on en approche un Aimant, mais „ qui oferoit aflurer qu’on ne le verra jamais?” Je ne fais fi je ne ferois pas allez hardi pour cela. D’ailleurs, quand meme on admettrait cette hypothèfe, il s’en fuivroit cependant, que la matière éleétrique s’élance d’elle-méme en lumière, en feu, au lieu que la magnétique ne le fera que par de nouveaux moyens {c). Il y a donc une grande différence entre les deux Fluides.
- IV. Des
- qu'elles prouvent qu'en employant toutes les précautions posfibles, il ne fe fait pas de pareille reduétion des chaux métalliques par le coup foudroyant. Ce s Expériences font fi détaillées, fi variées, qu’elles portent leur démonftration avec elles : elles font voir de plus en quoi l'erreur dés autres a confifté. N. d. T. ]
- (b) Lettre au fi. P. J.; Journal des Savant 17,-3. P- *36-Edit. d’Amfterdam.
- (e) [Ceux qu’on a employés jusqu'ici 014 été fans
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- 4*4
- I. MEMOIRE. P. i. j. viir.
- IV. Des Corps qui chingent V ÉleRri-cité, &' de l'Influence du Temps.
- J. 117. M. Musse h Enbroek propo-fe encore cette différence,,que les changemens de
- effet. Je rapporterai pour le prouver une expérience de M. le rot, de l'Académie Royale des Sciences, que « célèbre Phyficien m'a communiquée dans la lettre du 12 Mai 1778., en reponfe à ce que je lui avois marqué de mes idées fur l’Analogie de l’Éleélricité & du Magnétisme. , * Je fuis enchanté, Moniteur, de m’être rencon-„tré avec vous fur la non-analogie des Phénomènes de l’Éleélricité 8c du Magnétisme, ou plûtot de leur dif-,, férens Fluides. Dans le tems qu'on étoit le plus oc-cupé de cette Analogie, je fis une expérience que ,, vous avez furemènt faite ausfi. Remarquant que l’É-,,leé!ricité s’échappoit ou entroit par les pointes.des », Corps éleétrifés ou non éleétrifés, & que là le Fluide „ étoit lumineux, je penfois que , cotnme On voit ausfi «les Angles folides de barreaux aimantés des Pierres ,, d'Aimant, fe charger en grande quantité de la li-a, maille d’acier , je penfai, dis-je, que le Fluide magnéti-», que pourroit s’échapper en plus grande abondance par1 ,, ces Angles, 8e que, s’il avoit quelque analogie avec -, le Fluide élcélrique, qu’il fût lunimeux comme lui, je' », m'en appercevrois eu obfervant les Angles de barreaux ,, fortement aimantés 8c très-vigoureux, dans nhe pro-9, fonde obfcurité : mais, avec quelque foin que j’aye », fait cette Expérience, quelque obfcurité que j’aye émis, ployée, quelque mdyen que j’aye mis en ufage, pour
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- Des différences entre PEle&r. &? VAimant. 415
- de tems, qui influent fur les Phénomènes électriques, n’agiflent pas de même fur les Magnétiques: que rÉleébricité eft fort affoiblie par l’humidité, & que le Magnétisme ne l’eft pas : que l’Éleéfcricité périt par le frottement de l’huile 8tc.
- Ces différences ne.me paroiffent pas ausfî grandes que les précédentes. i°. Tous les Corps, qui changent la force éleétrique fans agir fur la force magnétique, indiquent feulement,
- ,, exciter, ftlon mon opinion, la fortié abondante du ,, Fluide magnétique, ou fon entrée dans mes barreaux-, ,, je n’ai jamais pû y obferver le moindre atôme de lu-,, mière."
- M.'ie Comte de la cepêde même, trouve à cet égard une différence entre les deux Kuides : voici «mime il s’exprime fur ce fujet ( Kffai far l’Eleflr. T. II. p. 4t.) ,,fi le Fluide magnétique peut jamais éclairer, 31 ,, devra, ce me femble, être alors encore plus accumulé ,, que le Fluide éleétrique ne l’eft lorsqu'il remplace la ,, lumière. Ne devons nous pas d'après cela le regarder ,, comme compofé de particules plus divifées encore que ,,celles qui forment le Fluide éleétrique, puisqu’il ne ,, peut faire les fonétions de la lumière qu’en étant plus „ accumulé que le Fluide éleétrique n’a befoin de l’être „pour la repréfenter; & par conféquent, puisqu’il au-,,roit befoin d’être très-accumulé pour produire les ef-„ fets que fait naître le Fluide éleétrique, lors même -, qu’il eft à peine ramaffé?” N. d. T.]
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- :. P. I. S. VIII.
- 415 1. MEMOIRE
- ment, que plufieurs Corps agiflentfur T Electricité, & qu’il n’y a que le Fer feul qui agit for l’Aimant. Ils appartiennent donc aux Corps dont nous avons parlé dans la fécondé Seétion, §. 8. feqq.
- a°. Il eit certain que l’humidité affaiblit la force magnétique. C'eft ce qui paroit par les obfervations des plus anciens Philofophes, qui penfoient même que l’Ail furtout-privoit l’Aimant de fes forces : mais, M. hanow (a) a prouvé que cela dépend de l’humidité.
- 3°. Il eft prouvé par les Expériences de M. M. le roi Sc blondeao & par les miennes propres (b), que les forces des barreaux aimantés font fujettes à des changemens continuels, fans qu’on fâche jusqu’à prefent à quelle caufe il les faut attribuer principalement. Il eft fur que les forces des Aimans font affaiblies par la chaleur. (§. 98.).
- Il fuit de tout ceci, que ces différences, établies par M. musschenbroek, ne font pas ausfi grandes qu’elles le pavoiffoient d’abord.
- aerlt Merkwïrdigkti in , p. 354. note a du §. 94, N. d. T. J
- (4) ErlàH,
- <*) [v.
- V. PE-
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- Des différences entre l'EleStr. 6? l'Aimant. 41} V. VkltSlricité de l'Aimant.
- 5. ai 8. Voici enfin la dernière différence que M. musschenbroek trouve entre l’Aimant 8c l’Éleéfcricité : c’eft que l’Aimant peut devenir éleétrique, 8c qu’un Corps éleétrique ne fauroit devenir magnétique. En effet les expériences ont prouvé que les Ai-mans, même ceux qui portent des poids, peuvent être éle&rifés, 8c qu'ils préfentent alors tous les Phénomènes ordinaires de l’É-leétricité. l’Aimant reçoit donc une nouvelle force, quoique le Fluide magnétique continue de produire fur ' lui*'les effets ordinaires. Il reçoit donc un nouveau Fluide, indépendant du Fluide magnétique} ou celui-ci reçoit de nouvelles modifications, par lesquelles il peut produire des effets éleftriques, fi tant eft que les Fluides éleftrique 8c magnétique foyent le même, mais différemment modifié. Au contraire, les Corps éleétriques, à moins qu’ils ne foyent de Fer, ne peuvent produire aucun effet magnétique.
- Il en refulte donc i°. qu’au moins ces deux Fluides, le magnétique 8c l’éleétrique, agis-fent félon des Loix différentes. 1° Que leurs aftions ou modifications ne font pas re-
- TQNLE I. Bd ci-„
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- *lg I. MEMOIRE. P. I. S. IX.
- ciproques ; puisque le Fluide magnétique peut être tellement modifié par Téleéfcrique, qu’il agit comme celui-ci: pendant qu’une fcmblable modification n’a pas lieu pour le Fluide éleétrique ; différence qui paroit derechef très-grande.
- SEC-
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- Objirvations générales Conchjion. 41}
- SECTION IX.
- OBSERVATIONS GENERALES ST CONCLUSION.
- 5. i\ç. IL paroit fuffifamment prouvé par tout ce que nous avons dit jusqu’ici, que les Loix, félon lesquelles les Fluides cleétriquc & magnétique agiffent, font totalement dif* férentes, & même, fi nous faifons attention à plufieurs Phénomènes que nous avons cités en dernier lieu, je ne craindrai pas de conclure, que ces Phénomènes font totalement différais.
- Nous avons examiné les principaux Phénomènes de l’attraétion & de la répülfion, nous n’avons rien dit de la force dirèétrice & jnclinatoire -, .& en effet l’on lait que la foret direéfcrice n’eft qü’un effet de la force attraéfcri-ce de la.Terre: mais il y a plus, M. ae pi-nus (<l) a fait une Expérience élégante qui prou-
- (4) Strrm &c. 1. c. p. 161. [V. ausfl §. 87. 89. 91. 4h Mémoire de M. sr«igikhner. J'ai cru qu'il fe-
- Dd a-
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- ^ao I. MÉMOIRE. P. I. S> IX.
- prouve que des Corps élcdtriques, pré fentes i d’autres Corps, fe dispofent d’une certaine façon.
- V o i c ï cette Expérience. Que la Bouteille de Leide foit gai-nic à fa fürfâce extérieure d'un fil de métal, d’abord horifontal, & enfuite plié perpendiculairement. Qu’on prenne un petit carreau éle&rique , garni à chaque furface d’un court fil de métal. Qu’on éle&rife ce carreau, & qu’on le fuspende à un fil de foye. Si on approche ce carreau de la.Bouteille, il prendra différentes fituations, félon qu’on l’approche de telle du telle partie de la Bouteille, & ces fituations feront aflez femblables à celles que prend une Aiguille magnétique, qu’on fait mouvoir autour d’un Aimant : Il y a donc une force direétrice pour i’Elcétricitë (£).
- §. 4a«r.
- roit utile d'ajouter une figure. A E F C D (Fÿ. 17.) eft la Bouteille: PÀlé crochet, chargé pofitivement: CM B le Fil, appliqué à là doublure extérieure, & par conséquent négatif, lq eft le pétït carreau éleélrique, dont l’armure rs & le fil p m qui y eft appliqué font pofitifs : & la furface ou l’armure ut & le fil en font négatifs. N. d. T.] (b) [La raifon en eft palpable: la Tige PA de II bouteille attire le fil négatif sc p. ex. du carreau, mais celui-d eft repouffé par le fil négatif NB de la Bouteille, par conféquent, félon les différentes diftan-
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- Obfervations générales Cenelujlon. 411
- 5. oao. Au reftc j’ai feulement confideré Iqs Analogies que fourniflbnt les Phénomènes , & non celles qu’on pourrait déduire des différentes hypothèfes. M. aepinus a employé, le fyftème de M. franklin, tant pour PEle&ricité que pour le Magnétisme. D’autres phyficiens en admettent d’autres pour l’une 6c pour l’autre de ces forces. Je vais en dire un mot.
- M. brugmans penfe, qu’il-y a deux fortes de. Fluide magnétique, un auftral, un boréal} qu’ils font confondus dans le Fer} & que l’aétion d’aimanter confifte à féparer ces deux Fluides l’un de l’autre (a ).
- Beaucoup d’Expériences prouvent qu’il y a deux fortes d’Eleftricité. M. wil-ke (b) 6c M. bergmann (f) penfent qu’el-
- ces, ces deux forces contraires agiront plus ou moins obliquement, & obligeront le carreau à prendre différentes fituations, tout comme en prendroit une Aiguille magnétique c n autour de la quelle on feroit mouvoir ua Aimant, comme on fait tourner ici la Bouteille autour du carreau, fuspendu au fil de foye s e. N. d. T. ]
- (4) [Tentam. de Muter. Magn. prop. il. p. 79, feqq. N. d. T.]
- (b) Mm. de T Acad, de Suède., Tome XXVIII, p. 33<* (e) PhiL Tram. Vol L1V. p. 84.
- Dd 5
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- I. Mf MOIRE, P. I. S. IX. qu’elles proviennent de deux Fluides élcétri-ques différons, & non comme, le croit M, franklin, de l’excès ou du défaut d’un feul & même Fluide* M- wilke applique la même Théorie à l’Aimant, & penfe, comme M. brugmans, qu’il y a deux Fluides magnétiques. Il en conclut, qu’il y a de la reffemblance entre les manières dont les forces électriques & magnétiques fe communiquent.
- Mais, déjà longtems avant M. M.
- voit trouvé des Théories pareilles tant pour l’Eleétricité que pour le Magnétisme; il avoit taché de les confirmer par des Expériences très - ingénieufes. Il envoya dès le commencement de 1756, ce qu’il avoit écrit fur cette matière , à la fociété Royale de Londres : mais il eft arrivé par malheur que cette pièce n’a paru, qu’en 1771, (d). Je n’ai pas parlé de ces hypothèfes, ni d’autres femblables, par-«eque j’ai cru que les phénomènes nous fuf-fifoienç.
- $. an. Je penfe donc, que l’Éleétricit# &
- (V) Philtfyhictl F.fftà. p. 47. feqq.
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- Obfervatim générales & Conclufitn. jj.&g
- & le Magnétisme font deux genres de forces, qui different totalement l’une de l’autre, & qui n’ont rien de commun que cccij qu’elles attirent, & qu’elles répondent toutes deux deî Corps différens. Voici les raifons de mon fên-timent: en les expofant je fais une courte ré* capitulation de tout ce que j’ai dit ci-deflus» i“. Parceuüe le Fer cft le feul Corps fur lequel l’Aimant agit, & que l’Électricité agit fur un grand nombre de Corps. (§. 8,-§. 16.)
- 4°. Parce que la pulvérifation, les fels, la vitrification n’empêchent pas que le Fer ne foit attiré par l’Aimant ; au lieu qu’ils modi* fient beaucoup les Corps électriques. ($. i6> $. 41.)
- 3°. Parceqh’il n’y a aucun Corps qui foit un vrai Conduéteur du Fluide magnéti* que, au lieu qu’il y en a beaucoup qui le font
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- !• MÉMOIRE. P, I. S, IX.
- 5°. Parc b qu’il n’y a dans le Magnétisme aucun Corps qui foit véritablement fem-jblable aux'Corps idioéle&riques. (§. 89.—-§. 100. ),
- . 6°. Par ce qu’il n’y a aucun Phénomène du Magnétisme qu’on puiffe comparer avec la Bouteille de Leide.i foit qu’on confi-dère la grandeur de la force, ou la charge, & la décharge ( §, 105. — §. 144. ), foit qu’on condcre la fphère d’aétivité. (§.124-5.130*.)
- 70. Parceque les Phénomènes de l’at-traélion ôç de la répulfion font entièrement différais i foit que nous confidérions la grandeur de l’attra&ion (§. 131.—§. 142.) ,foit que nous fasfîons attention à fa conftancc (§. 146. —§. 147.), aux diftances aux quelles elle agit (§. 142. — §. 146. ), foit enfin à la répulfion , dans laquelle il y a ceci de commun, que la répulfion peut être changée en attraes tion. (§. 147. — §. 152.)
- 8°. Parce que le Magnétisme n’éprouve pas le moindre changement dans le Vuide, (•§• I55- — § 169-) au lieu que les Corps éleétriques y font changés, au moins accidentellement. (§. 169. — §. i8i.)
- 90. P a r c e q u e les Loix, félon lesquelles les forces éleétriques & magnétiques fe communiquent, font totalement différentes, foit (Ju’on
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- Observations générales 6? Conclujion. 445
- qu’on confidère la conftance de la force magnétique (§. 180. —- §. 187.) ou fa préfence fans avoir été excitée par le frottement; foit qu’on fafle attention à la manière dont le Fer & les Corps éleétriques doivent être frottés pour acquérir la force foit magnétique, foit éleétrique (§. 191 — §. 194. ), ou la perte des forces, qui eft nulle dans l’Aimant, & qui s’obferve dansl’Eleftricité (§. 187. — §. 190.)» foit enfin qu’on reflechifle à la manière dont les pôles, ou les forces contraires électriques & magnétiques font produites (§. 195. — 5.004.), placées (§.005.) & changées (§. ao6. — §. 019. ); Phénomènes qui font tous très - différera.
- io°. Pa r c e q u e le Fluide éleétrique pos-fède quelques propriétés qu’on n’obferve pas dans le Fluide magnétique, comme l’Odeur (§. 015.), la Lumière (§. 016.), ou qui s’y trouvent dans un degré infiniment moindre, comme le fouffle & le fifflement. (§. 013. §. 014.).
- ix°. Enfiîî, parce que l’Aimant peut être modifié par l’Èleéfcricité & non celle-ci par l’Aimant (§. ai8.). Nous avons expliqué toutes ces différences au long dans le cours de ce Mémoire.
- Dd 5
- §. OOOs
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- *16 I. MÉMOfRE. P. I. S. IX.
- §. a il. Je penfc donc, quoique leçon-fentemcnt presque unanime des Phyficiens les plus éclairés me foit contraire, que je ne fou-tiens pas fans raifon, ou du moins fans quelque apparence de raifon, que le Magnétisme & l’Éleélricité font deux genres de forces totalement différentes, qui n’ont presque rien de commun, & entre lesquelles on ne fauroit guères établir quelque Analogie vraiment arn-fi nommée.
- Mais, quoiqu’on ne puifle faire aucune comparaifon entre ces Forces par rapport aux effets qu’ils produifent, aux propriétés qu’ils pofTèdent, il ne s’en fuit cependant pas que l’Electricité ne change pas la grandeur des Phénomènes magnétiques, c. a. d. qu’elle n’a pas quelque influence fur le Magnétisme. Nous tâcherons d’examiner dans la fécondé Partie s’il y a à cet égard quelque Analogie entre le Magnétisme & l'Éleétricité.
- Fin de la première Partie.
- SE C O N-
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- SECONDE PARTIE.
- DE L’INFLUENCE DE L’ÉLECTRICITÉ SUR LE MAGNÉTISME.
- INTRODUCTION.
- §. 2A3. J’ai déjà dit que les Corps électriques, -en tant que tels, ne peuvent devenir magnétiques (§. ai8.) ; que l'Aimant au contraire devient éleétrique, 6c qu’il n’en exerce pas moins les effets magnétiques, de forte qu’il poflede alors les deux. forces à la fois. Lors que nous parlons de l’influence de ces deux forces, ce fera donc principalement de l’influence de l’Éleétriçité fur le Magnétisme qu’il faudra parler.
- • C e qui doit fur tout nous occuper dans l’examen de la Queftion, fi la force électrique influe fur la magnétique, c’cft, fi les effets que l’Aimant produit actuellement, ou qu’il a coutume de produire, font changés, ou pour leur grandeur, ou poifr leur nature, lorsqu’qn communique l’Éleétriçité à l’Ai-
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- 4*8 I.
- ire. p. il et. i.
- mant, ou qu’on place celui-ci dans l'atmosphère éleCtrique. C’eft, fi je ne me trompe , le fens de la Queftion le plus fimple, & le plus étendu, & c’eft dans ce fens que je tâcherai de la refoudre. Pour le faire avec ordre je diviferai en cinq Chapitres ce que j’ai a dire fur ce fujet. J’examinerai i°. fi l’Aimant devient électrique, jusqu’où, 2ç s’il a-git fur la force électrique : je parlerai a°. do l’influence de l’ÉleCtricité fur lés attractions & fur les répulfions magnétiques : 30. de fon influence fur la force directrice: 40, de fon influence fur l’inclinaifon : enfin 50. de fou influence fur la communication des forces,
- CHAPITRE I.
- De l'Electricité dis Corps magnétiques.
- §. 2/24. Avant que de rechercher fi les forces magnétiques font augmentées ou diminuées par l’ÉleCtricité, il s’agira d’examiner, fi l’Aimant peut recevoir la force éleCtrique. On trouvera certainement étrange que je pa-roifle révoquer ce point en doute, puisque j’ai déjà dit (§. »i8. ) que l’Aimant peut devenir.
- élec-
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- jDe l'Èleftricité des Corps magnétiques. 419
- cle&rique. Mais, il y a quelques expériences qui pourraient nous en faire douter.
- M. gray a trouvé qu’un Aimant armé, portant un clou, & éleétrifé, produifoit à peu près les mêmes effets que d’autres Corps éle&riques (a), l’Abbé hollet a élec-trifé un Aimant naturel 8c un Aimant artificiel pendant dix heures de fuite, 8c ces Ai-mans ont fourni fans interruption des écou-lemens éle&riques, 8c d’autres lignes d’Élec-tricité (b). M. blondeau a fouvent é-lectrifé des barreaux d’acier bien aimantés j pourquoi donc douterons nous de ce Fait? Les expériences deM. winkler 8cquelques autres nous y portent.
- $. 0.45. M. WiNKLEit dit (a) qu’il n’a pu communiquer aucune force éle&rique à ttn morceau de Fer, qui avoit fervi longtems d’armure à un Aimant naturel ; qu’il n’en avoit pu tirer aucune étincelle. Dans cette expérience on tenoit l’Aimant contre le Globe
- (4) Phü. Tranfrtl. N®. 4*7- Art. S. V<L XXXVIL P-3*-
- ( b ) Rtchirchts fur Its VhinmiiMs (Itttriqutt, p. 338. Mem. it l'Acad. 1747. p. 31.
- (4) Essai fi* ï.&ifrküi. *. 85.
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- i. P. II. Ch. I.
- 430 I. MÉMOIRE
- ou le Plateau de la Machine. Mais* du Fer aimanté donnoit des étincelles à l’ordinaire (b). J’ai fouvent répété cette expérience, mais elle eft contraire à la précédente & à celles que M. bi.ondeau a fouvent faites il y a peu d’années. Ce Phyficien a trouvé que l’acier bien aimanté cil peu propre à tirer l’étincelle élcétrique. . Il a promis de traiter ce fujet plus en détail dans le fécond Volume des Mémoires de l'Académie de Marine : mais cet ouvrage n’a pas encore paru que je fâche. De plus, M. Wilson (O s’eft fervi avec le plus grand fiiccès de barreaux aimantés en guife de Conducteurs, ou de tiges de la Bouteille de Lcide. Enfin M. winkler (d) a trouvé , qu’un très-petit Aimant n’acquiert pas la vertu éleétrique, fi on l’approche d’un globe ou d’un Verre éleétrifé} mais que le même, foit nud, foit armé, ainfi qu’une armure approchée du Conducteur de la machine, acquièrent une telle force, que les. étincelles qui en fortent’ allument fur le champ les huiles cs-fentielles.
- (b) Ibid. §.-86.
- (O TrtMÎJi of Eleclric'iy p. îrp. fe q. (<0 Essai fur ÏRUHrmti. $. 87. «8.
- §• aas*.
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- De PÊleHricité des Corps magnétiques. 431
- $. 115*. On voit combien ces Expériences font contvadiftoires ; mais les contradictions ne finirent pas encore : car nous en trouvons de pareilles en paflant des Machines électriques aux Corps qui paroiffent doués d’une Éleétricité naturelle, je veux dire aux Torpilles & à l'Anguille de Cayenne, qu’on fait actuellement avec certitude être des Corps électriques, qui fournirent même l’étincelle (a). Ces poilfons produifent, lorsqu’on les touche, une commotion femblable à celle de la Bouteille de Leidc. Or, M. bajon (b) a trouvé qu’il ne fentoit aucune commotion en pré-fentant à l’Anguille de Cayenne un barreau de Fer bien aimanté, au lieu qu’il l’éprouvoit en la touchant immédiatement après avec une lame d’argent. Phénomène qui me paroit très-iingulier, puisque M. ’s g raves an de a prouvé par fes expériences (r) qu’on éprouve
- (4) [C’eit ce qui a été prouvé en détail par les belles expériences de M. walsh qu’on trouve dans les Phi-lof. Tranfatl. "Vol. LXIII. p. 461. Vol. LXIV. p. 4Sj. Journal de Phyf Tome IV, p. 205. Mm. de l'Acad. de Bruxelles , Tome IU. p. s. de tHiftoire. l’Expérience de l'Électricité met le fceau à toutes les autres.
- (b)Journ. de Pbjf Janv. 1774. p.' 52.
- (O Ail» mirait». Tome IL p. 33.
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- 43a I. mémoire. P. II. Ch. L
- principalement le choc de l’Anguille en la touchant avec du Fer ou de l’Acier j & qu’il fuit de cclles.de M. Williamson (</), que la commotion de l’Anguille eft parfaitement transmife par un barreau de Fer de douze pieds. La Force magnétique, le feul Fluide magnétiqûe, changeroit - il donc fi fortement le Fer à cet égard? Voila bien des contradictions , & des contradiétions bien grandes : qu’en faudra-t-il penfer?
- §. 115**. Pour ce qui eft des expériences de M. win k le r, il eft clair, en les fuppofant même au-deflus de tout doute, qu’elles indiquent feulement, que le Fer aimanté reçoit le Fluide immédiatement du Verre avec beaucoup plus de difficulté que du Conduéteur de la Machine, ce qui, quel-qu’étrange qu’il pût paraître , n’indiquerait cependant, félon les Expériences de M. w i n k l e r lui - même, aucune aétion particulière entre l’Aimant & l’Éleétricité, puisque ce Phyficien a trouvé la même chofe pour la Viande, qui acquiert à peine l’Électricité lors-
- (<0 Mémoires d* la Société de Uaarlem. Tome XVII. Partie II. p. «y.
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- î) e rÈleërkiti dés Corps magnétiques. 435
- lorsqu'on la firéfentc au Verre même: mais une très‘force, fi ott l’approche du Conducteur. Ces expériences, confidérées de cette façon, corrtme il le faut ] ne nous regardent donc pas dans la matière préfente:
- Ma-iS, il s’en faut de beaucoup que j’acquiesce entièrement à cd expériences de M. winkuer} carj je ne m’étonne pas qu’il ait pu arriver que l’aile d’uné armure ait acquis difficilement l’Éleébricité par communication ^ pateeque ces ailes font ordinairement Couvertes de rouille, & que IcFér rouillé acquiert l’Eleétricité plus difficilement que le Fer poli. Quand l’armure n’eft pas fouillée, elle acquiert I’Éle&ricité ausfi bien que tout autre Fer, comme l’expérience me l’a appris y & on àuroit facilement pu prévoir qu’il en doit être ainfi, puisque les armures féparées de l’Aimant Ont à peine quelques force magnétique, 6c qu’il eft certain que lè Fer eft un des meilleurs Condufteufs; ausfi M: nollet a-t-il -toujours employé pour Conduéteurs des barreaux de Fer lolide.
- Cèttè Expérience de M. winkler ne prouve donc rien y & il eft fur par celles de M. nolLETij & d’autres Phyficicns, & par les-miennes propres, que' l’Aimant peut acquérir la force éleéhique.
- ?:P' ' itOMS I. E*
- 5
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- §. 116. Mais, que penferons nous de la contradiétion qui fc trouve entre les expériences de M. M. WINKLER & WILSON & celles de M. blondeau? Les premiers affirment que le Fer aimanté eft très-bon pour tirer des étincelles, & le dernier fou-tient qu’il n’y cil guèrcs propre.
- J’avoue que j’avois d’abord beaucoup de penchant à croire , qu’il s’étoit rencontré, dans le teins que M. blondeau a fait fes expériences, quelque circonftance qui avoit affaiblie l’Éle&ricité fans que cePhyficien s’en fut apperçu, & qu’ainfi il auroit pû attribuer cet affoibliffement à la lame même dont il fe fervoit. Mais cette conjeéture eft détruite par-ceque cet habile Profefl'eur dit: qu’il en eft certain, & qu’il traitera cette matière plus en détail par la fuite. J’avoue donc ne pas lavoir ce qu’il faut penfer fur ce fujet. En attendant j’ai fouvent médité là-deflus : je me fuis dit que cet effet dépendoit, ou du Fer même, ou du Fer aimanté, & j’ai confulté l’expérience.
- Exper. I. J’ai pris un barreau de Fer pur, ou du moins qui ne poffedoit qu’une force extrêmement petite } & un autre barreau qui en polîedoit beaucoup. Ces deux barreaux étoient parfaitement égaux, & égaler «méat
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- De l'ÉleSlridté des Corps wagrfjjtijues. 43^
- ment dijis. J’ai trouvé qu’ils tiraient du Con-duébeur des .étincelles également grandes, 8c fans aucune différence quelconque, lorsqu’ils étaient placés £ la même diftance.
- Ex ri r. II. J’ai f>rjs un excitateur ordinaire de laiton. . J’ai tiré, l’étincelle, 8c j’ai trouvé quelque différence:, ce qui n’eft pas étonnant, puisque l’excitateur était garni d’u-.pc boule, 8c n’avoit p,as d’aqgles comme Je barreau magnétique y 8c que le cuivre eft un meilleur Conducteur, que le Fer, comme M. P;|hest £.eÿ. l’a trouvé.
- : . E.?pÉ jt. III. J’ai enfuit# chargé la Bou-.d,e Leidc, .8ç j’ai placé l’Elêétomètre de manière qu’il deehargeoit la Bouteille après -trente révolutions du plateau. . ‘ ;
- E X p é. r . I'V. J’ai déçechef chargé la Bouç. -teille,: j’ai, placé le .barrcay de Fer fur l’Élec-ttomètre .& (à la même diftançe: la Bouteille •tfe déohargeoiit api;èg quarante révolutions djj -plateau : jçe^qui pas étonnant à caufe dçs raifons données ;girdeflus. . '
- Eqc-pç», V* J’ai pris le barreau aimanté;, .que ,j.’ai placé >fm\l:Éle&rom,èfïe, de-la même, manière 8c a la même diftance. La Bouteille fe déchargéoit apres quarante révolutions du jplateaiu t , 5 >v ..
- J’Ayet^v.-ç qu’en conGdérapt le fpccès
- Mè. i <m
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- i. P. II. Ch. t.
- '416 I. MÉMOIRE
- ces Expériences, je conclurois volontiers farts héfiter, que le Fer aimanté eft ausfi propre à tirer l’étincelle que le Fer pur. 11 vaudra cependant mieux attendre les expériences ultérieures de Mr blondeau, avant que de prononcer avec trop de hardiellè.
- §. 117. Passons enfin aux Expériences que nous avons dit avoir été faites i'ur l’Anguille éleétrique. Cette expérience eft,je crois, unique: mais luppofons qu’elle foit générale. Il s’en fuivroit, que le Fer aimanté diminue la force électrique de l’Anguille, & il femble en effet qu’il y ait quelque aétion particulière entre ce poiffon & l’Aimant. Les obfervations de M. schilling (a) paroiflent prou-' ver cette opinion. Ce favant Médecin a trouvé i°. que les Torpilles, placées dans le voi-finagedc l’Aimant, en font attirées, & y re-;fient enfin appliquées} mais que la force de l’Aimant doit être proportionnée à la grandeur delà Torpille, a0. Que les Torpilles le détachent avec peine de l’Aimant, qu’elles font alors languiffantês,. &c qu’on les peut ma-
- . (a) G. W. schilling , Diatribe de Morbo in Ewbfê feue ignato, Jaws iiSl». Tr*jt ad BJunum, 1770. 8°, 4
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- De l'Èleïïricité des Corps magnétiques. 437
- nier fans aucune incommodité. 30. Que, lorsque la Torpille s’eft détachée de l’Aimant, celui-ci paroit couvert de particules de Fer, tout comme lorsqu’on le plonge dans de la limaille. 40. Que la Torpille qui languit re-, couvre fes forces, quand on mêle de la limaille de Fer à l’eau dans laquelle elle nage. Tout ceci indique réellement que la Torpille contient du Fer, qui eft attiré par l’Aimant:-qu’elle s’affoiblit alors : maisilne s’en fuit pas, quoique la commotion de la Torpille foit réellement éleétrique, que l'Electricité n’eft pas conduite par le Fer aimanté, ou qu’elle eft affoiblie par le Magnétisme. Nous penfons donc, qu’on ne fauroit tirer cette conclufion des Expériences de M. M. bajon & schilling: mais nous penfons en même tems, qu’il eft fort probable, en vertu de ce? Expériences, qu’il y a entre la Torpille & l’Aimant une affinité particulière, qui n’eft pas encore fuffifamment comnue (£).
- §.
- (t ) [J’ai rapporté Iss Expériences deMsctuiiiNa exaéteroent comme elles fe trouvent dans fon ouvrage, je ne doutois pas de leur certitude : cependant il s’eft trouvé que ces mêmes expériences, répétées en Europe par d’habiles l’hyliciens, n’ont, pas eu. le même iuccès
- <3 u Ci,
- Ee 3
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- 438 I. u i Mb IRE. P. II. Ci. I.
- §. m8. Nous avons donc vu que l’Ai* inânt & le Fer aimanté peuvent devenir élec-tti*-
- qu'entre les-mains de M. schilling. C’eft aux foinS de M. hahn, eelèbre Profefléur de Medeeine à Leide,; qu’on eft redevable des éclaitciffemens acquis fur cetto matière. Cét habile Médecin & Phyficien avoit déjà entrevu dans lès êxpériénccs de M. schilling des cir-conftances, qui le ftifoient douter,-non des faits, mari des ’conféquences déduites’ de ces faits, 8c qui l’enga--geoient à per.fcr que les Phénomènes obfervés par M. schilling fur l’Anguille de Suriname, (car c’eft à ce Poiffon feul qu’il faut reftreindre ici la dénomination gé-> iVérale de Torpille) pourroient bien être dûs aux effets du Poiffon irrité , enfiiite à fon épuifement naturel; aà ftblc magnétique que les fleuves de l’Amérique charient ,• 8c dont la peau gluante de l’Anguille pouroit 'être abondamment couverte, 8c qui de fait fe trouvoit enfuite adhérer à l'Aimant ; enfin à la reftauration des forces de l'Anguille, par le teins, pa,r le repos , peut-être par l’u-fsge de la limaille. Telles étoient les conjeétures-bien naturelles du favant Profeffeur; •& peut-être s’y feroit-tl tenu, fi fes doutes 8c fit cm iofité n’a voient été reveil-' lées par.fine lettre de M. schilling qui lui marquoit, que les Expériences fur le Magnétisme de l'Anguille font confiantes, & qu’il efpéroit d'en déduire dés chofes utiles. Voyez filr tout ceci la favante Préface que M. hahn a mife à la Tc:e du Livre de M. schilling, intitulé Je-Ispra Commsntatimes, Leiiae 1778. 8e. .M. h ahn invita les favans à faire des Expériences fur ce fujet, furtout dans un tems où l’on parloit beaucoup de 'guérifons magné--tiques; remède auquel M. hahn pe croit pas, quoiqu'il
- M
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- De l'ÈleEtricité des Corps magnétiques. 439
- niques, & qu’ils agiflent alors comme c}es Corps éleâriféjs. Mais, les Corps électriques n’ac*
- 11e veuille pas entièrement nier l'influence de la force magnétique univerfelle fur le Corps humain. Cette invitation engagea M. ingenhousz, qui fe trouvoit à Londres, à faire les expériences nécefîaires fur l'Anguille cleélrique qui étoit alors dans cette Ville, & il s'affoci» pour cet eiFet M. bee iusn.br oek, Doéteur en Médecine. Il fit à M. h ah n dans fa lettre du la de Juin. 1778. le rapport fuivant de fës Expériences. ,, Etant ,, pourvus de forts barreaux magnétiques 8c de Bouffo-,» les, nous avons répété les Expériences de M. schil-,,nuo avec toute l’attention posflble, mais nous n’a-j^vons eu aucun fuccès. —— L'Aiguille aimantée ne M fut aucunement agitée à l’entour du Vafe dans lequel ,,fe trouvoit le Poifion, ni dans ce vafe, pas même à „.la diftance d’un pouce de l’Anguille. Celle-d étoit ,, ausfi infeniible à' un fort barreau aimanté .qu'à une ,, lame de métal quelconque : elle n’en étoit nullement agitée, mais fe comportoit comme avec d'autres mé-„ taux. Elle perdoit fi peu de fa force éleétrique quand. ,,on plaçoit deux ou trois forts Aimans au deffous d'elle, qu'elie donnoit de fortes commotions à ceux qui ,, tenoient les deux mains dans l’eau au-deflus de ces Larmes. -------Je n'ai pas négligé de parler fur ce fnjet,
- ,,à M. walsh, qui -a tout mis en oeuvre pour exa-miner fans préjugé les prétentions de M. scHit-,,ling : il m'a prié de vous affiner de la haute confi-,, dération qu’il a pour vous, & de vous marquer avec a, certitude pleinière en fon nom, qqp le prétendu ma-
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- n'acquièrent pas la verni magnétique, à moins qu’ils no loyeut de Fer. L'Aimant n?auroit-il' çionç
- ,, gnrtismc de l'Anouille tremblante n'a pas la moindre ,, viaikmbiance.” Voici les réflexions que M. hahn a faites fur cette lettre. ,, Le témoignage de M. ingen-,,hoüsz, joint à celui de Muitre M. walsh 8c du jj Dr. eekkenekoek, ne laiffe guêres de doute que «M. schuuns n'ait été trompé dans les expériences il par quelque cii confiance : peut-être par le fable ma-,,gnéticfae , dans lequel les Anguilles fe vautrent, 8c 5> dont leur peau peut quelquefois être couverte, ainli „ que je l’ai conjèéturé dans ma Préface du traité de ,, La Lèpre. II conviendra cependant d'attendre les édair-,,cillement ultérieurs de M. schilling à Paramaribo, ,, avant que de porter un jugement décifif fur tout cc-„ ci." J'ai cru devoir faire une mention détaillée de çes Expériences, pour prévenir les erreurs dans les quelles 'Celles que j'ai alléguées dans le Texte pourroient induire. Tout cet article èft tiré d'un Journal Hollande* intitulé Genres- en- Natuul'kundhe Jaarboeken. Tome I. Part, ÏI. p. 142.
- ' LCs Expériences de M. jngenhousz viennent d’être confirmées par celles que l'Abbé spalanzan 1 a faites fur lès Torpilles de la Mer - Méditerranée , 8c dont il a configné les refultats dans une lettre inprimée dans les episcdi Jcelii Vol. VI. partie 2. Voici la traduction de ce qui concerné les obfelvations du célèbre Abbé fur le Magnétisme de la Torpille ; je la dois aux foins oblir geans de M. senebikr, qui m'en a fart part.
- ,,Je me fuis' fervi, dit le célébré’ Naturalifte, d'un j, Aimant, qui portoit cinq livres 8c demie,. 8c d>m «autre
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- De l'Éleftricité des Corps magnétiques. 441
- donc aucune influence fur l’Élcâricité? Il fe pourroit que les écoulemens magnétiques} mé-• lés
- ,,autre qui portoit treize livres: j'employois le premier ,,pour une Torpille du poids de vingt-trois onces, & îs s, fécond pour une Torpille du poids de cinquante deux ,, onces. Je ne puis exprimer en combien de manières „j'ai tenté 8c répété les Expériences, foit en approchant très-près l’Aimant des Torpilles nageant fur ,, l'Eau, ou hors de l’Eau, ou en les tenant fuspenducs ,, en l'Air par de petites cordes avec les Aimans, de „ manière que les Torpilles étoient ausfi proches qu'il s, étoit posfible des Aimans , 8c qu’elles dévoient fe toucher d'abord s’il y avoit eu la moindre attraéiion ; ,, foit en mettant les Torpilles en contaél immédiat avec ,,les Aimans j foit en obfervant de placer les A.mans ,, vers les parties du poiffon, ou la fecouffe communi-,,quée elt la plus forte [fav. vers le milieu dudosjj ,,foit en faifant ces Expériences fur les Torpilles les 5, plus vives, comme fur celles qui languiffoient, 8c qui ,, alloient mourir : mais je puis dire avec la plus grande „ candeur, que je ne me fuis jamais apperçu non feulement que les Torpilles fuffent attirées par l’Aimant, ,,mais même je n’ai jamais vu qu'elles s’en approchas-,, fent en aucuue manière , ni qu'elles donnaffent le ,, moindre figne qui annonçât qu’elles fuffent ou agitées ,,ou remuées par la préfence de l’Aimant: l’attouche-,, ment de l’Aimant fur la Torpille n’y produifoit pas ,, plus d’effet que celui d'un morceau de bois, 8c il ne ,, falloit pas plus de force pour enlever l'Aimant que *, celle qui étoit néceffaire pour vaincre la réliüance pro-
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- lés aux éleéh’iques, diminueraient-la force de ceux-ci. Je ne comtois d’autres Expériences furcefujet que celles de M. winkler (<r), lesquelles lé rcduifent à ceci: qu’un Aimant ifolé, placé près du plateau ou du globe de la Ma-
- ,, dune par fon poids. Quoique j'examina(Te les Tor-,,pilles touchées par l'Aimant, foit à l'oeil nud, foit ,,avcc des verres, je n’ai pas remarqué la plus petite „ parcelle de Fer : d’où il refnlte que mes expériences ,, contredirent celles du très-célèbre Médecin d’Utrecht „[M. schilling]. Dois-je donc les nier, en les ,,faifant regarder comme l’ouvrage de l’imagination, ou » comme de pures vidons ? Je n’irai pas li loin : je „ prierai- plutôt ce favant Hollandois de me permettre la ,,fuspenfion de ma croyance pour fes expériences, jus-»» qu’à ce qu'elles foyent mifes hors de doute par quelque ,,Philofophe impartial.”
- Ces expériences de M. spalanzani, jointes à celles des Phyûçiens de Londres dont nous avons parlé, font bien propres, ce me femble, à fixer les idées fur ce fu-jet. Je remarquerai encore, à l’occafion de l’épuifement que'M. schilling a obfcrvé dans les Torpilles qui. avoient éprouvé l'action de l’Aimant, que M. spalan-.z a ni a trouvé, que cet Animal perd peu à peu la faculté de communiquer la fccoufie, à force d’en faire part : que lorsque le poilibn cil tiré de l’eau, & qu'il cil fur le point de mourir, on ne fent pas de coups furs& détachés, mais une fuite de très-petits coups: il a compté trois-cent-feize fecouffes en fept minutes. Toutes les fecouffes finiffent un peu avant fa vie. N. d. T.]
- (a) F.Jj'ai fur l'ÉleClricité. §. 89.
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- De V'Bleiïrkitf des Corps magnétiqms. 443,
- Machine» diminue l’Éleétricité, tant pendant qu’oh tourne le plateau, que quelque peu de tems après. La première fois ce Phyficien a çleétrifé le même jour (à ce qu’il femble) d’abord fans avoir approché l’Aimant, enfui-tè immédiatement après l’avoir approché » 8c il a trouvé alors un affoibliffement de force? cleétrïques fenfible. L’autre fois il a d’abord, examiné la force du globe qu’il trouva très-grande: ce ne fut que le lendemain qu’il en approcha un Aimant, & il trouva que l’Electricité étoit alors beaucoup plus foible. Immédiatement après il employa un autre globe, & il en trouva l’Electricité forte. Enfin le Verre qui fembloit affoibli par l’aétion de l’Aimant, avoit recouvré là force au bout de quelques jours.
- §. £19. J’av o u e que ces Expériences méritent beaucoup d’attention : qu’il y a d’ua coté des raifons qui pourraient faire ftaitrç quelques doutes -, mais que de l’autre, l’habilité reconnue de leur Auteur, & quelques dirconftances mêmes de ces Expériences empêchent d’établir avec certitude, que cet afïbi-bliflement n’eftpas du à l’aétion de l’Aimant, mais à des circonftances étrangères, qui feren-' contrent toujours dans les Expériences éleétri-
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- IRE. P. II. Ch. I.
- 444 I. MÉMO!
- ques. Ce qui me ferait douter, c'eft cctaffoi-bliflement qu'on dit avoir lieu encore quelque teins après que l’Expcricnce eft achevée. Car, l’Éleélricité excitée dans le Verre dépend, ou d’un Fluide, qui rcfide naturellement dans le Verre, ou d’un Fluide qui vient de dehors: fi la première alternative a lieu, il faudra établir que l’Aimant diminue la quantité naturelle du Fluide, & que celle-ci revient enfuite dans le Verre, qui recouvre fes premières forces: mais, d’où vient-il? Si c-’ell le fécond cas qui a lieu, l’Aimant devrait acquérir & recevoir la quantité de Fluide qui entrerait fens cela dans le Verre, & l’en détourner: mais en ce cas'ne devroit-il pas être rendu fort éleétri-que lui-même : & d’où viendrait alors cet af-foiblilTement qui relie après l’expérience ? Enfin fi ces expériences font au - deflùs de tout doute, comment fe pourrait-il que l’Abbé nollet n’eut trouvé aucun affoiblilTement d’Éleélricité après avoir éleétrife des Aimans pendant dix heures? Je ne puis donc que relier en doute, & je pencherais à croire qu’il s’ell mêlé ici quelques circonltances étrangères. M. winkler lui-même ajoute avec une modeltie digne d’un vrai Philofophe: » J’ai rapporté ce que j’ai vu: mais je n’exi-„ ge pas qu’on en tire des conduirons géné-
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- De f EleSlricité des Corps magnétiques. 445
- „ raies, comme fi je voulois établir avec cer-„ titude que la force magnétique empêche ou •,, diminue la communication de l’Électricité.’*
- §. 430. C’est ainfi que je raifonnois. Je n’ai cependant pas négligé les Expériences : je les ai fouvent répétées de la manière fiii-' vante.
- Exper. VI. J’ai pkcé l’Éleéfcromètre à une telle diftance du Condudeur, qu’en n’employant aucun Aimant, il n’en fortit pas d’étincelles continues, mais feulement avec interruption , de forte qu’on pouvoit compter le • nombre d’étincelles quifortoient du Conducteur pendant un certain nombre de révolutions du plateau.
- Expér. VII. J’ai enfuite luspendu à un fil de foye & très-près du plateau une lame d’acier pur, non aimanté, & que je favois être parfaitement iüblé. J’ai dérechef compté le nombre des étincelles : & je l’ai trouvé quelquefois ausfi grand, quelquefois plus petit que dans le cas précédent : ordinairement plus petit.
- Expér. VIII. Enfin j’ai fuspendu de la même manière un barreau bien aimanté, & j’en ai agi de même: je n’ai trouvé aucune différence dans la. vivacité des étincelles,
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- 44<5 I- mémoire. P. II. Ch. I.
- . mais leur nombre a quelquefois etc plus grand & quelquefois plus petit que dans l'expérience précédente. Cette inégalité me parait dépendre de ce qu’il s’échappe toujours un peu de Fluide, tantôt plus, tantôt moins, félon la diverfe pofition des angles.
- §. 131. Cf.s Expériences auraient pii fuffi-.jre: mais il m’a femblé que je dçvois procé-,<der encore d’une autre manière; j’ai donc fait les Expériences fuivantes.
- ExpÉr. IX. J’ai établi au moyen d’une chaîne une communication entre La Bouteille, -le Conduébeur, & l’Eleétromètre. j’ai coitap--tp combien de révolutions du plateau il fal-loit pour décharger la Bouteille, l’Éleélrataè-cre étant à Une certaine diftance .du Conducteur. Et comme je fawis que cp .nombre n’jeft pas toujours le même -, j’ai répété il’Expérjen-^e trois ou -quatre fois.
- ExpÉr. X.' J’ai enfiûte répété l’Expérience , mais avec cette différence que J lavais ffnspendiu près du Conducteur an. harreau de Fer bien aimanté. Le nombre des révolutions -du plateau néceflàires pour décharger la Bouteille., a dû être ;ausfi grand, ,& quelquefois dplus grand que .dans l’Expérience piiécédeote.
- E x p é r. XL j’ai employé, «nfuite -un bar-reat»
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- De l'Ele&miti des Corps magnétiquest 447
- rcau fortement aimante. Le nombre de révolutions a dû être quelquefois ausfi grand, quelquefois plus petit, quelquefois plus grand que dans l’Expérience précédente. Et même en répétant plufieurs fois ces deux Expériences alternativement, j’ai trouvé de grandes différences dans ces nombres. ^ ^
- Il paroit donc que l’Aimant n’a aucune influence pour augmenter ou pour diminuer l’Électricité: &, fi l’on joint mes Expériences à celles d* M. nollet, 8c qu’on fait en même tems attention, à ce que nous avoqs dit de celles de M. winkler, on trouvera, à ce que je penfe, que celles - ci doivent leur origine, non à l’aétion de l'Aimant, mais à quelques circonftances étrangères.
- J e conclus donc de tout ceci, & ce me femble avec raifon, qu’il eft au moins probable que le Magnétisme n’a aucune influence fur l’Éleétricité. (fl).
- (4) [M. HSMMER approuve cette ConcMon-, N. d. T. ] ,
- CH A-
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- 44^ I. MÉMOIRE. P. ÎI. Ck. II.
- CHAPITRE II.
- De V Attraction.
- %. 13a. On demande fi 1*Électricité aiig-mente ou diminue les forces attraétriccs des Aimans ?
- Les Phyficiens ont fait peu d’Expériences fur ce fiijet, 8t celles que je cônnôis font diamétralement oppofêes les unes aux autres. Ott examine ordinairement la force de l’Aftraétiof» de trois manières. i°. Par le poids qü’urt Ai-'mant porte: 1°. par l’aébion de l’Aimant fut' une Aiguille de Bouflole : 30. enfin par le nombre d’oicillations que fait une Aiguille dé1 tournée de fon Méridien fous un certain angle. J’examinerai Ces trois manières.
- I. Du Poids qu'un Aimant foutient.
- §. 133. Je ne connois d’autres Expériences fur cette matière que celles de M. M.
- NOLLET, WILSON & BLONDEAU.
- M. nollet (a) a électrifé pendant dix heu-
- (4) Recherches fur lu Phén. Éleélr. p. 337. Mon. it, rdcad*. 1747. p. 32,
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- De VAttraction.
- 449
- fleures de fuite deux Ai maris,. L’un naturel, l’autre artificiel: le premier portoit quatre livres fix onces, dix gros) l’autre dix onces & dix fept gros. Il à trouvé que les forces étaient; les mêmes, après que ees Aimans. aVoient été çleétrifés^ qu’auparavantd’où il a conclu^ 8c àjufte titreque les forces des Aimans né font rii augmentées ni diminuées par les eGOu-lemens éleétriques qu’on dirige fur eux. M. wilson (b) a trouvé la même chofe en appliquant pendant vingt minutes au Conducteur des Aimans: & même en faiiànt paflet plufieurs commotions à travers ces Aimans. Qui fe refuferoit à ces Expériences? Confi-i dérons celles de M. blondeau.
- C E Phyficien a trouvé le 19 Juillet 1773 (c) qu’un Aimant en forme de Fer à cheval, portant 4 livres 8c aa gros, portoit étant éleétri® fé quatre livres 8c demie, & gros, ou que l’attraftion étoit augmentée d’une demi-livre.
- Le 15 du même mois un Aimant artificiel. Compofé de plulieUrs lames, portoit cinq li; vres 8c neuf où dix onces : électrifé faiblement il portoit deux livres deux onces de plus-,
- §. 134.
- (b) [Triatifc tf ÉUBrichy. p. 220. N. d. T.] (e) Mem. de l'Aiai. de Marine..Tmi I. f. 434
- X ÔMÉ I. F.f
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- .. P. II. Ch. II.
- 4$0 I. MÉMOIRE
- §. *34. On voit combien ccs Expérience! font contraires aux précédentes. J’avoue que l’excès que M. blondeau a trouvé dans la force des Aimans éleétrifés eft fi grande qu’il rend ces expériences peu croyables : fis elles me paroiflent d’autant plus douteufes, que ce Phyficien ajoute avoir fait d’autres eflâis* mais fans fuccès, pareeque ces Expériences font très-difficiles. J’en fuis fûr pour l’avoir éprouvé moi-même. Mais, quand toutes les Expériences de M- blondeau s’accorde* roient parfaitement, fie préfènteroient le même réfultat pour les Aimans éleétrifés, on n’en pourroit pas légitimement conclure que l’Aimant éleétrifé foutient un plus grand poids : car il leur manque une circonftance efîentielle ; M. blondeau auroit dû faire voir non feulement que l’Aimant éleétrifé foutient un plus grand poids, mais encore qu’il perd cet excès quand on celFe d’éleétrifer: or c’eft uit point que ce Phyficien a pafle fous filence. Car, fi l’Aimant ne laide pas tomber le poids en queftion, après que l’Éleétricité a cefle, cet excès ne dépendra pas de l’Electricité même: à moins qu’on ne voulut foutenir que FAtmant a acquis par cette Éleétricité une augmentation de force qui continue, quoique le Fluide éleétrique [qui le caufoit] fe fiait
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- Di tAttratt'ton.
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- ïMiréàflerriôft qui n’cft, ce nue femble, appuyée fur aucune preuve. Je penfe donc pourries raifons, que les Expériences de M. blon-’ Beau n« prouvent1 rien.
- 135- t>N dira peut-être:fi le fuecès de ees Expériences eft certain, & s’il ne dépend pas de PEle&rkité', quelle eaufe lui asfignera-• t—oiv' donc? Je,penfe qu’il dépend de plu-fieurs circouftances.
- i°. Quand on a fuspendu un grand poids à l’Aimant, il tombe fouvent, & le nouveau poids qu’on y peut fuspendre n’eft pas toujours lfe même } il eft quelquefois plus grand j fou-vent, & même d’ordinaire plus petit, & il diminue beaucoup s’il tombe Peuvent. Qr j’at trouvé dans le cours des Expériences que j’ai faites for ce fujet pendant deux ans, que ces différences montent quelquefois à 'une demi-livre, à unô livre, SC même à Une livre & de-
- a°. Dis que le poids eft attaché à l’Aimant, les forces de celui-ci augmentent, de forte qu’il peut fouteuir peu après un poids beaucoup plus grand} ce qui arrive furtout i°. £ l’an fuspend le poids par parties, quoiqu’il fe paffe que-lque tems entre les différentes parties qu’on ajoute fuceesfivement. 4°. Si le plus Ff % grand.
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- I. MÉMOIRE. P. II. ÇA. Il;
- grand poids qu’on ; peut fuspqndre a l’Aimant a: été auparavant beaucoup diminué de la manière que je viens d’indiquer : enfin, l’Aimant accroit en force par la( coutume ( a ), comme nous l’avons déjà dit dans la première partie de ce Mémoire, Scét. VI. Çhap, I. (j. i5i. note e). - . , ,
- . Telle,? font, ce me femble, les caufeS' dç l’augmentation que M. blondeau a trouvée. L’inconftance même de cette augmentation prouve -qu’elle jn? dépend pas de 1/Électricité entant que, telle. Au relie M.' blondeau dit avoir inventé un autre ih— fiijumcpt pour pouvoir faire ces Expériences avec plus d’exaétititude : mais cet infiniment' n’eft pas encore décrit que je-fâche.
- §. a36. Ces Expériences font, à ce qu’il, me femble, extrèmértient difficiles. J’ai fait, quelques eflîtis: i°. fur l’actraétion en contact: a°. for l’attraétion à quelque diftancc.: Je me luis fervi pour cet effet d’un appareil fembkble à celui de la foijeante-fixième Expé- • rieiice, de la première partie de ce Mémoire (S- 133-).
- (a) Voyez entre autres *azin Defcr. dis Courons mai ffiitquct.-p. S3- 34- •
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- De V Jttraüion:
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- '(3- 133.) mais plus parfait, 80 plus mobile. J’ai employé, au lieu d’une Aiguille de cuivré une latte de bois très-legère {"fuspendue de champ] à l’une des extrémités de laquelle'cft attaché un fil ordinaire, ou un fil'de laiton très-mince,-au quel on fuspend le Ctirps qu’il s’agit d’examiner. A l’autre extrémité il y a un cheveu, qui paflc fur un ci’lindre de Verre, 8c auquel ou fuspend le contrepoids né-ceffaire pour l’équilibre. Le tout eft renfermé dans une boite de bois couverte d’unë glace: eette boite eft. fermée de tous cotés : il n’y a que deux fentes d’ouvertes, par lesquelles paflènt le fil dé laiton, 8c le cheveu. En voilà aflez, de mon appareil.
- Ex p É r. XII. J’ai fuspendu au fil de laiton une boule de Fer. J’ai placé au coté 8c en- contact.un barreau aimanté- ilblé. J’ai examiné quel poids il falloit pour détacher la boule de l’Aimant-, 8c j’ai-repété cet examen deux ou trois fois. J’ai joint au barreau- ifolé une? chaîne de enivre pour y conduire l’Éleécricité : j’ai éleétrifé, 8c je n’ai trouvé aucune différence. L’accroiffement 8c raffoibliffement, qui paroiffoient- quelquefois avoir lieu, tomboient entre les limites des poids qui. avoient été- né-ceffaircs pour- arracher l’anneâu du barreaii Ff 3 nos
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- 454 I- MEMOIRE, P. II. Ch, II.
- non électrifé, en foîfant l’expérience à divcry fes rcprifcs.
- §. 437. L’appareil dont je nje luis fervi pour les Expériences faites à une certaine diftance eft le même ; mais alors je place entre le barreau aimanté & la boule une lame de Verre, pour que les. écoulemens éleétriques ne parviennent pas à la boule: car, comme celle-ci eft très-mobile, elle ferait mife en mouvement par ces écoulemens, ce qui trou* bleroit le fuccès de l’expérience : fi la boule n’etoit pas ifolée il y aurait attraction : fi elle l’étoit, répulfion: dans le premier cas, Pat* ti'àétion magnétique paraîtrait augmentée, & dans l’autre diminuéequoique Cette augmentation 8c cette diminution ne devraient pas être attribuées à une augmentation ou à une diminution de forces magnétiques j. ausfi m’arrive-til d’interpofer non feulement une lame de Verre; mais d’en employer deux ou trois.
- ExpÉr. XIII. J’ai fouvent fait des Ex-! périences félon la méthode que je viens de décrire & j’ai trouvé qu’à la même diftance, j| faut le même contrepoids, que l’Aimant foit éle&rîfé ou non, &même lorsque je déchar-geois une Bouteille de Leide à travers un bar-.
- reau
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- De l'Attraction.
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- reau aimanté. De plus quoique lit moindre augmentation de force fut en état de faire approcher la boule de l’Aimant, elle ne s’en eli cependant jamais approchée pendant qu’on éleéfcrifoit cet Aimant.
- J e conclurois donc, qu’il n’y a à cet égard aucune influence de l’Éleétricité fur le Magnétisme: au moins cela cil-il très - vraifem-blable (a).
- II. De V Action de VAimant fur les Aiguilles.
- §. 438. Passons à l’aétkm de l’Aimant fur les Aiguilles. On fait qu’on peut examiner la force d’un Aimant au moyen de l’angle fous lequel il détourne une Aiguille du Méridien,
- (a) [M. hemmer admet que l'attraélion de l’Aimant n’cft pas augmentée par l’Éleélricité, mais il pen-fe que, fi nous pouvions faire des expériences allez délicates , nous trouverions toujours, en éleélrifant fortement , une diminution de la force attraélrice dans l’Aimant: ,,car, dit-il, comme l’Éleétricité dilate les „ Corps, l’attraélion de leurs parties entr’elles & con-„ féquemment l’adhélion du Fluide magnétique à ces 9,parties, feront affoiblies: ce Fluide fe dilatera donc ,, davantage vers la partie épuifée de l’Aimant, l’équi-„libre en fera moins troublé, & par conféquent l'Ais mant deviendra plus foible.’’ N. d. T.]
- Ff 4
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- 1^5® J. MEMOIRE. P. II. CA. IL
- dicn, 6c (lue cette force cft d’autant plus grande que cet angle eft plus grand: enfin que cette force cft comme la Tangente dtf l’angle 'de déviation lorsque l’Aimant eft placé dans l’Equateur magnétique ( a).
- J e ne connois pas d’Expériences faites à desfoin de prouver que cet angle de déviation cft changé qüand on élcétrifé le barreau aimanté dont on fc fort. M. blondEau (ù) rapporte une feule obforvation, faite pendant üri violent tonnerre', lavoir que l’Aiguille’, qui marquoit quatre degrés, a été détournée pendant l’orage jusqu’à 6 d. Le Tonnerre avoit déjà commencé à'une heure: à 4 heures l’Aiguille étoit ' à 5^ d. 6c le lendemain matin
- à 4 d. Mais cette obforvation dépend-elle en entier d’une augmentation de forces dans T Aimant ? où bien d’un changement dans la foliation de l’Aiguille même? C’eft ce que M. b l o n q e 4 y n’indique pas. Or. ce derr nier cas aura pu arriver d’autant plus facile»» ment, que ce Phyficien tient fon aiguille dans fou cabinet: or, Il on'n’employé pas beaucoup ' de
- *00 Mtm d: ÏAraj'. de Marine T. I. p. 427.
- (i) Voyez, d-déffus noie a du §. 52.. N. d. T.]
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- De V AltraSfion.
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- "de précautions, les moindres tremblcmens qui fe font dans la chambre influent fur l’Aiguille Êc changent la fituation, comme je pourrais le démontrer par une longue fuite d’expériences.
- J'ai fait d’ailleurs ' quelques Expériences direétes.
- ExpÉR. XIV. J’ai préfenté un barreau aimanté ifolé à l’Aiguille: j’ai placé un car-i-eau de Verre entre l’Aimant 8c l’Aiguille: j’ai éleétrifé l’Aimant; l’Aiguille n’a pas été détournée le moins du monde de fà fituation.
- Exp É R. XV- J’ai enfuite attaché une féconde chaîne àu même barreau, afin de pouvoir décharger la Bouteille à travers ; je l’ai déchargée < diverfes reprifes, 8c je n’ai pu m’appercevoir d’aucun changement. -
- I l me femble donc qu’on doit dérechef conclure que l'Electricité n’influe pas à cet égard fur l’ Aimant,
- III. 2?« Nombre- d'Ofcillât ions.
- §. 139. O n fait qu’une Aiguille aimantée* détournée dé fon ' Méridien, fait quelques bfcillations, qui font d’autant plus nombreufes que l’Aiguille a plus de forcé :' il s’agit donc d’examiner fi l’Élséhicité influe fur le Magnétisme à cet egard i M. Blondeau a Ff 5 fait
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- :. F. II. Ci. II.
- 458 I. MÉMOIRE
- fait pluficurs expériences-farce fujeti nous allons les examiner.
- On peut iuspendre une Aiguille de deux façons: ou à l’ordinaire, ou au moyen d’unp fuspenfion magnétique. Je traiterai de l’une & de l’autre.
- M. blondeau n’a pas fait d’expériences avec des Aiguilles fuspendues de la première manière, ce qui me paroit cependant nccelîàire, puisque cette fuspenfion eft fîmple, & qu’elle ne dépend que d’un feul élément.
- E x p É R• XVI. J’ai faspendu une lame aimantée. J’ai attaché à la pointe de l’appareil dont je me fers pour la fuspenfion (a) un fil d’or très-mince [de la capetille] , auquel j'ai communiqué l’Eleétricité, & qui ne trouble pas les ofcillations de l’Aiguille. J’ai éleétri-fé & j’ai trouvé que l’Aiguille, détournée fous le même angle, faifoit le même nombre d’ofcillations qu’auparavant. Je continuois d’é-le&rifer ausfi longtems que l’Aiguille .fie mou-
- §. 140. Mais M. blondeau s’eft fer-
- («) [Cette fuspenlion eft celle que j’ai décrite dans mes Recherches fur les yligailles aimantées. Part. I. §. 3II. feqq. ï>. 241. N. d. T. J
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- He l'jiltrÆion455)
- fervi d'an autre appareil, dont nous avons déjà parlé, Part. I. Seiï, VI. Ch. I. ; (.§, 153.). Il a employé une Aiguille, garnie;[a« lieu d’une ’chappe] d’une boule de Fer , qui adhère au barreau magnétique & y peut ad* hérer avec fi peu de force, qu’elle ait cependant un mouvement d’ofcillation. 11 eft pfour vé en général que Je nombre des ofcillacions eft toujours d’autant plus petit que la force d« fuspenfeur -eft plus grande par rapport au poids de l’Aiguille. Si donc le nombre d’ofcilla-tions diminue, il femble qu’on en peut conclure que l’Aiguille adhère plus fortement au fuspenfeur, 6c conféquemment que la force de celui-ci eft augmentée: or voici ce que M.' Blondeau a trouvé': que (a) l’Aiguille éleétrifée a toujours donné un plus peoit nombre d’ofcillations qu’avant d’être éleétrifée : que le peu d’exceptions qu’il a obfervées font évidemment dues à des caufes étrangères, au mouvement de l’Air, à celui qui peut avoir été communiqué à l’Éleétromctre &c. Il a même trouvé (b) que l’intenfité magnétique a été fenfiblement 6c conftamment augmen-
- ta) Mm. de ïAcad., de Marin. Ton» I. p. 438. (b ) Ibid. p. 430. I la fin.
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- $$> I. MEMOIRE. P. II. Ch. IK
- gmentéc quelque tems apres que l’EIeétricitÔ avoitdéjà ceflee. Il cite enfin fept expériences pour prouver fa Thcfc.
- i°. l'Aiguille a fait douze ofcillations : en fiiite éleétrifée 7} enfuite l’Electricité ayant à peu près ceflee io. après avoir entièrement ceflee ja-
- i°. l’Aiguille a fait 14 ofcillations : pafFa-blement éleétrifée 9.
- 3°. l’Aiguille a fait 16 ofcillations: pafla-blemcnt éleétrifée 13: plus fortement 9.
- 40. l’Aiguille a fait 17 ofcillations: paflà-blemcnt éleétrifée 14, 13, 14.
- 5°. l’Aiguille a fait 8 ofcillations: paflâ-blemertt éleétrifée 5, 4, 4.
- 6°. l’Aiguille a fait 4 ofcillations. paffà-blement éleétrifée 3-, 3 , a— : peu après l’É-leétricité ceflant, 3- (c).
- 70. l’Aiguille a fait 7 ofcillations: pafia-blement éleétrifée 6, 5, 4, 3: l’Eleétricité çeflânt 3, 4, 5.
- Enfin M. bloîjpeau («/) .a fait. de
- (<) [Et après qu'on èut defeendu le tout du Plateau on a eu trois fois, s~ofcillations. N. d. T.]
- O') diti. p. 416.
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- De V JttraÇUen.
- fetnblablos obfemtions quand l’Air ménaçoic, de l’orge, ou qu’il fin fiiifoit réellement: lç: nombre d’ofcillations. diminue (e) ainfi que. lorsque l’Air devient plus chaud. .
- §; 141. Nous avons déjà examiné là fus*, pénfion de M. blondeau dans la première Partie de ce Mémoire, & nous avons prouve-qu’il a ce .défaut, que l’Aiguille adhère d’autant plus fortement au fuspenfeur qu’elle y a. déjà adhéré plus longtems. Mais en éleétri-'; fant l’appareil, le fluide éleébrique paflç du, fuspenfeur dans l’Aiguille, & il peut facile-, ment palier de l’Aiguille dans l’Air par les an-; gles de l’Aiguille ; Il fc produit donc entre 16, füspenfeur & l’Aiguille une. attradion, qui_ dépend de l’Éleéfcricité : car il n’cft pas né-cefTaire que le Fluide éleétrique foutienne ici7 tout le poids de l’Aiguille, il fuffit qu’il fou-ticnne l’excès du poids, qui exprime la force,. attraéfcric'c de l’Aimant, furie poids propre de : l’Aiguille. Il me paroit en réfidter que nous avons ici un effet compofé, qui dépend de-,
- dif-
- (e) [C. ». 4. pendant fexplofion de l'Orage: car pe* dant fa formation le nombre des oscillations augmenta plûtot qu'il ne dimiaue. N. 4. T. j
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- I. ME MOIRE. P- II. Ch. II.
- différais éleraens peu connus, & non un effet (împlc comme il le faudrait. Je n’ajouterai rien de plus, renvoyant à ce que j’ai cîi'C fur ce fujet dans la première partie de ce Mémoire (§. 159 — 165.). Voici pourtant deux Expériences que j’ai fouvent repétées.
- ' Expér. XVII. J’ai fuspendu une Aiguille félon la méthode de M. blondeau, & je l’ai éleétrifée, de forte qu’il en fortit «Fabondans écoulemens éleétriques, dont on fentoit le fouffle lorsqu’on en approchoit le doigt à une diftance de trois pouces. Elle fe mettoit d’elle-mêmc en mouvement^ comme-une Aiguille de cuivre a coutume de le faire , & conféquemment elle faifoit un plus grand nombre d’ofcillations.
- Expér. XVIII. Je n’ai pas ifolé le fus-penféur, mais je l’ai dispofé de façon que le Fluide éleétrique devoit paflèr par lui avant" que de fe disperfer. l’Aiguille n’a pas fait plu* d’ofcillations que quand elle 11’clt pas éleétrifée.
- Ces effets font entièrement oppofés à ceux que M. blosdead a obfervés, mais conformes à ceux dont nous venons de parler. En confidérantdonc ceux-ci, & refiéchiiTant en. même tems fur ce que nous avons dit, que «elles de M. bi.oni>eau font trop com-po-.
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- De h DireSlion de VAiguille aimantée. 46$
- pofécs, jenepuis pas nepas en conclure, qûe FÉlcâricité n’influe pas à' cet egard fur le Magnétisme.
- CHAPITRE III.
- De la Direction de l'Aiguille aimantée.
- 5. 441. Presque tous les Phyficiens di-fent que l’Eleétricité influe fur la Direétion ou la Déclinaifon de l’Aiguille, & ils tirent leurs raifons de deux genres de Phénomènes, lavoir, de ce qui fe pafle en temps d’orage, ou même quand l’Air ménace d’orage, & de ce qui a lieu à l’approche de l’Aurore boréale: çarplufieurs Phyficiens regardent ce Météore comme un Phénomène éleétrique ausfi certainement que fi la chofe étoit invinciblement démontrée : mais, quoique je penfe différemment' (»), je fuppotérai actuellement que
- (4) [ J’entrerai datas tout le détail néceffeire fur ce fujet, dans mon Traité <f Aurore boréale, que je compte publier, & dont j’ai fait imprimer le Profpeélus en 1779. il fe trouve dans le Journal- de P/qftqve. levr. 1780, T.
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- 464 I. mémôîrè./*.'II. C'<i. Iir»
- qtïe l’Aurore boréale cft un Phénomène élec* tj-iquc. Partons au développeraient des obfer-varions.
- M. brAun (b) a fouvent 'obfervé àPe-tersbourg un ccïtain balanceraient dans l’Aiguille , un mouvement ofcillatoire de dix minutes , que ce Phyficierî croît dépendre do l'Électricité de l’Air, & même tellement^ qu’il regarde l’Aiguille corimic un Électro-mètre de l’Atmosphère, quoiqu’il n’allègue aucune raiion pourquoi il prend ces agitations pour un effet de.l’Éleéfcricité. ' '
- Le Revcrend Père cotte j cet excellent Météorologifte, dont j’eflime infiniment l’habilité (c), a trouvé qüe les Variations de l’Aiguille font plus grandes dans les mois où les Tonnerres font les plus fréquens, ou les jours qui précèdent ou fuivent les jours de Ton-
- if. XV. & dans le Jour», des Satans, Nov. 1779. Edj d’Amfterdam. Différentes maladies m’ont empêchées d’achever cet ouvrage, duquel je m’occupe avec beaucoup de foin. N. d. T.
- (4) Novi Comment. Petrof. Tomus VII. p, 407. [J’ai fou-Vent obfervé cet effet, même-dans les mouvemens lfS f>lus réguliers de l’Aiguille. N. d. T. ]
- (t) Dans les obfervatrons Météorologiques qu’il pu} blie tous les mois dans le Journal des Savant. Obfirvatio de Mai & Août 1773. de Juin 1774. de Mai 177g.;
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- î)e h Direttionldc l'JigtlUle aimantée. 465
- Tonnerre, ou ceux meme auxquels il tonne. Il avoue pourtant qu’il lui eft arrivé de ne pas voir de variations en tems de Tonnerre: il s’eft même paffé des mois que l’Aiguille s’eft à peine mue, excepté les jours dont nous venons de parler (d). Il aauslî quelquefois obfer-vé des agitations de l’Aiguille en tems d’Au-' fore boréale. Voici comme ce Phyficien s’exprime au fujet de ces irrégularités (e): „ Quel-„ ques Phyficicns penfent que ces variations „ dépendent de l’Éleétricité de la glace qui „ couvre les boufloles : mais, foit qu’elles dé-„ pendent de l’Éleétricité de l’Air, ou de ,1, celle du Verre, il n’en eft pas moins certain ,i, que les effets du Magnétisme fie de l’Élec-j, tricité fe repondent.” Enfin il eft des Phy-Ciens qui ajoutent à tout ce qui précède comme un nouvel argument, les mouvemens très-irréguliers qu’on obferve quelquefois dans l’Aiguille lorsque l’Aurore boréale paroit, fie que M- widebürg (/) regarde comme des ef-
- (d) Obfcrvatims de Juin 1774.
- (O Journal dei bavons , Juillet 1775. Oifcrtations de J a» Vur 1775.
- (/i Bcobac/itunpn mi Muthmojfumen Hier die Nordüch' ter. Jeta. 8°. 1771.
- TOME I.
- Gg
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- 466 I. mémoire. P. II. Ch. lit.
- effets de ee Météore: agitations que j’ai très* fpuvcnt obfervées moi • même (g).
- . §. 9,43. Voila donc une allez grande quantité,d’observations, que j’ai vérifiées la plupart par mes propres expériences: j’établis donc-:
- i°. Qu’il arrive quelquefois que les Ai* guilles aimantées font agitées, même irrégu,-, fièrement., quand il tonne, ou que l’Air mé-çaee de l’orage ;
- a0. Que dans les mois où il tonne ordinairement le plus fouvent, l’Aiguille éprouve les plus grandes variations. Mais, il faut «jbferver.que ces mois font des mois d’été: & qu’ainfi ce Phénomène indique feulement, qpe c’eft dans les mêmes mois que les variations de l’Aiguille font les plus grandes, 2c les Tonnerres les plus fr,équens.
- 3°- J’É-
- . (g) [11 eft fwgulier qu’il y ait des Phyficiens, qui nient les obfervations que d'autres difent avoir faites fur l’agitation de l’Aiguille pendant l’Aurore boréale, & qui rejettent ce Phénomène. M. steiglehner eft du nombre v. S. 154. de fon Mémoire. Il eft important qu’on foit deûbufé fur ce .point. C’eft ce qui m’engage à ajouter à ce Recueil une DilTerration fur ce fujet, à la quelle on pourra récourir pour les détails ultérieurs. N. d. T.]
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- De la Direftion de l'Aiguille aimantée. 467
- 30. J’étabi,is enfin, que l’Aiguille aimantée cil fouvent, mais non toujours, irrégulièrement agitée, quand l’Aurore boréale parait, ou quand elle va paraître, ou même après qu’elle a para. Mais, que conclurons nous de tout ceci?
- Supposons que la petite irrégularité de quelques minutes, car je ne fâche pas qu’ort en ait vu de plus grandes, qu’on obferve quelquefois quand il tonne, dépende de l’Èleétri-cité, de forte que l’Air devienne éleétrique, ou que ce foit la glace qui couvre la bouflole, qu’en conclurons nous? Qn fait que l’Electricité met en mouvement les Corps qui font facilement mobiles} or l’Aiguille aimantée eft de ce genre: qu’y a-t-il donc d’étonnant qu’elle foit agitée par l’Éleftricité? Une Aiguille de cuivre, ou quelqu’autre que ce fut, ferait agitée de même. Or, il eft évident que l’Éleétricité s’étant communiquée à h glace, l’Aiguille aimantée peut facilement fe mouvoir &' acquérir un mouvement irrégulier : ce qui a été confirmé par plufieurs expériences : j’en citerai quelques unes.
- §. 144. Usf Anonyme anglôis a obferve en 1746, que la glace d’une bouflole ayant
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- été frottée d’abord par hazard, enfuite à des-fcin (a), i’Aiguille a été agitée irrégulièrement , Sc n’eft revenue à fa fituation ordinaire qu’au bout de deux minutes, lorsque toute l’Éleétricité fut disfipée. Cet Auteur penfe qu’un femblable effet peut avoir lieu fans frottement : car que le Verre peut acquérir l’Électricité par les feules agitations de l’Air, comme le Tonnerre &c., 6c conféquemment que l’Aiguille peut s'agiter irrégulièrement. Cela eft d’autant plus vraifemblable que M. halés a obfervé que les Vitres de quelques fenêtres, ont été éleéhrifées par la décharge d'un canon (b).
- M.
- (a) P/iil. Tranfaliim. N°. 480. Art. VI. p. 142.
- (4) M. hemmer dit que les Expériences de M.Herbert ont prouvé que j’ai admis fans fondement, que les Corps peuvent devenir éleéiriques par le frottement de l’Air : il cite la p. izz. du Traité Theeria PLaimmm. Elcétric. Cette citation prouve qu’il s'agit d’une Edition différente de celle que j’ai &qui elt de I772. mais il me femble que M. herbert avoue dans celle-ci (p. 120. j que le frottement de l’Air rend les Corps électriques. Au relie je n’ai aucune raifon de douter de l’obfcrvation de M. halés, qui fe trouve à la p. 680. du Vol. XLVI., des TranfaCtiem Phihfop'ligues; on a ob-fervé, dit-il, qne le Canon du Parc de St. J mu élee— trife les carreaux des fenêtres de la Treforerie.
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- De la Direction de V Aiguille aimantée. 469
- M. wikstrom (c) a obfcrvé en 1751. qu’une Aiguille, renfermée dans une boite, avoit été trouvée détournée de fa lituation après qu’elle eût été expofée quelque tems au foleil. L’obfervateùr toucha enfuite la glace du doigt, 5c il trouva, que l’Aiguille en fui-voit les mouvemens. Le Verre s’étant refroidi, l’Aiguille a dérechcf acquis lit fituation ordinaire. M. •wikstrom penfc avec rai-fon que cette irrégularité a dépendu de l'Électricité , pareeque l’Aiguille acquérait un mouvement femblable quand on frottoit le Verre, ou qu’on plaçoit un Corps éleétrique près de la boite. Quoique dans cette obfer-vation l’Aiguille ait acquis d’elle - même im mouvement irrégulier, & qu’il n’y foit fait mention d’aucun frottement préalable, je ne doute pas que celui - ci n’ait eu lieu : car combien n’y a-t-il pas pu avoir, & n’y a-t-il pas eu vraifemblablement de caufes capables de produire ce frottement, comme p. ex. le feul mouvement de l’Air? J.’ai même fait quelques Expériences fur ee (ujet.
- Ex p g r. XIX. J’ai pris une Aiguille ex-trèmément mobile : je l’ai couverte d’une glacé
- (c) Mem. de ï Acad. de Suède. Tome XX. p. 157. de I» trad. allemande.
- Gg 3
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- I. MÉMOIRE. P. II. Ch. III,\
- 47°
- ce très-chaude: elle n’a acquis aucun mou* veinent : mais, en frottant le Verre mêmq très-légèrement, elle s’elt d’abord mue irvét gulièrement.
- La première partie de cette Expérience femblc indiquer que le frottement elt abfolu-r ment néccflàire.
- Expér. XX. J’ai fubflitué à l’Aiguille aimantée une Aiguille de Laiton: j’ai fait les mêmes opérations : l’effet a été le même.
- Ex per. XXI. J’ai employé des pousfiè-res fort légères au lieu de l’Aiguille de cuivre j elles ont été attirées & répouflees.
- Ces Expériences fi on les confidère par rapport à l’Éleétricité, préfentent nombre de chofes remarquables, que M. Aepinus a très - bien développées (d).
- §. 145. I l fuit donc de ce que je viens de dire, que l'Aiguille peut acquérir par l’É-leétricité un mouyement irrégulier, maïs que ce mouvement n’indique aucun rapport entre l’Éleétricité & le Magnétisme, puisque les Phénomènes font - les mêmes, quand on employé une Aiguille de laiton: nous aurons, oc-çafion de revenir là-deffus dans un moment.
- Mais,
- (rf) Novi OmiiuM. Peir. Tomus Vil.
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- De la DirtUion de l'Aiguille aimantée. 47$
- Mais, quoique nous concédions que cesf irrégularités, qui font patates, raves, & moq mentanées, peuvent dépendre de l’Électricité , je ne nie pas moins que ces deux Phénomènes, l’un, que les variations de l’Aiguille font les plus grandes en été,. l’autre que l’Aiguille eft quelquefois irrégulièrement agitée pendant quelque tems, comme ausfi lorsqu© l’Aurore boréale paroit, dépendent de l’Électricité de l’Atmosphère, ou de toute autre communiquée à la glace de la bouffole. Voici les raifons de mon fentiment.
- S1 les variations de l’Aiguille, qui font plus grandes, ou plus irrégulières, dépendoient dé PÉle&ricité de l’Atmosphère, elles feraient d’autant plus grandes que l’Jsleétricité de l’Air eft plus forte, & d’autant moindre que celle-ci eft plus petite: or, un de mes amis a examiné fréquemment l’Éle&ricité au mois dé Mai, au moyen d’un Cerf-volant éleéhique-, il m’a communiqué fes obfervations que j’ai comparées à celles que je faifois dans le même tems fur la déclinaifon: & j’ai trouvé, que lés jours, auxquels l’Éleétricité de l’Air étoit la plus forte, n’étoient pas ceux auxquels le mouvement de l’Aiguille a été le plus grand : un jour p. ex,. l’Éleétricité de l’Air étoit ex-cesllvement grande, & le lendemain à peu-Gg 4 près
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- 472- !• MEMOIRE. P. II. Ch. III,
- près nulle : la variation de l’Aiguille étoit cependant la même les deux jours, le premier régulière, le fécond par-ci par-là irrégulière. Je fais de plus, qu’on a fait depuis peu, nil-> leurs, des obfervations correspondantes fcmbla-blés, qui ont fait voir, que ce n’a pas été aux jours où l'Eleéfcricité étoit la plus forte, que les mouvemens de l’Aiguille ont été les plus grands (a). Voilà ma première raifon, qui me paroit folide, Sc à laquelle je ne vois pas qu’on puiffe rien objeéecr.
- $. tefi. D’ailleurs, fi ces grandes & irrégulières agitations dépendent de l’Éleétri-cité atmosphérique, celle-ci devrait produis re fes effets ordinaires, entre lesquels fe trou--ve certainement celui - ci, qu’une Aiguille de laiton doit être agitée çomme une Aiguille magnétique: j’ai donc placé à coté de ma bous-foie ordinaire une autre boite, contenant unç Aiguille [de laiton] extromément mobile; elle étoit placée de façon que je pouvois ob-ferver les deux Aiguilles à la fois : je n’ai trou-
- (a) [On trouvera le détail de ces obfervaiiors dans la diflertation que j'ai promife dans la note a du S, a43. N. d. T. j ' -
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- De la Direction de l'Aiguille aimantée. 475
- vé aucun changement dans celle de cuivre: elle ne s’écartoit pas le moins du monde de fa fituation dans le tems qu’une agitation irrégulière faifoit parcourir à l’Aiguille.aimantée, un degré, deux, trois, 8c même quatre degrés en un moment, ce qui a eu lieu plufieurs fois. Çette agitation irrégulière ne dépend donç pas de l’Eleétricité,
- §. 147. Kl ai s, fuppofons qu’une pareille Aiguille de laiton fe meuve, 6c conféquem-ment que cet effet de l’Aiguille magnétique dépende de l’Eleétricité, s’en fuivroit-il que l’Eleétricité a une influence particulière fur l’Aiguille? Cela indiqueroit feulement, que l’Aiguille, Corps très-mobile, eft mife en mouvement, ce qui eft connu d’ailleurs. Pour que cette cbnclufion en pût être légitimement déduite il faudrait démontrer, que l’Aiguille magnétique fe meut dans ces cas, ou félon d’autres loix qu’une Aiguille non-magnétique , ou plus fortement, ce que personne n’a fait jusqu’içi: 6c je ne vois pas confinent on le pourrait faire, puisque la force di-reéh'ice univerfelle, dont il faut , tenir compte, agit fur l’Aiguille magnétique, 6c non fur celle de laiton: Sc qu’il eft connu d’ailleurs que l’Eleétricité n’agit pas de la même manié-Gg 5 te
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- 474 I. MÉMOIRE
- se fur tout les Corps de matière ou de figure différentes.
- , Qu’il nous foit donc permis de conclure de tout ce que nous venons de dire, qu’il n’y a pas d’observations qui démontrent que l’É-ledricité a quelque influence fur les Phénomènes de la direéfcion des Aiguilles aimantées, ou de leur déclinaifon, & de leurs variations, puisque toutes les Expériences, alléguées pour prouver ce Sentiment 3 font équivoques. Et meme, fi l’on réfléchit fur celles que j’ai faites avec des Aiguilles de laiton, on trouvera, je penfe, qu’il n’y a réellement aucune influence fur ce point* (<*). Mais, je dois remarquer au fujet de ces Expériences que je les ai faites pour la première fois le 3 d’Avril 1774, mais que j’ai vu depuis, qu’en vue de refoudre la queftion dont il s’agit, M. vhnkler avoir déjà propofé des Expériences fejnblables dans les Aüa Eruditorum Lipfienfta pour l’Année 1768. p. 34. Je pente
- (4) [M. H F. MME r juge que j’ai fait voir qu'il eft très-
- ée l’Aiguille ne dépendent pas }de l'Électricité de l’Ail*. Il approuve également les raifonnemens du Chapitre faivaat. N. d. T.]
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- Pe V Inclinai fin. 475
- fe donc qu’on en doit attribuer tout le mérite à cet excellent Phyfiçicn, & que je n’y puis, prétendre aucune part,
- CHAPITRE IVi
- De' l'Inclinaifon.
- g. 348. J e ne fâche pas que les Phyficiens ayent examiné jusqu’ici fi l’Éleftricité influe fur l’Inclinaifon de l’Aiguille magnétique. Je ne connois qu’une feule Expérience faite par M. co mus (a), & qu’il nomme une Expé-> rience extraordinaire, V°'Çi à quoi ellefe réduit.
- 11, a pofé une Aiguille bien fuspendue fur un carreau éleétrique, qu’il a éleétrifé: le carreau étoit chargé : l’Aiguille a monté de fix degrés; après la décharge elle eft revenue à fa fituation : dans le Vuidc elle ne montait que de quatre degrés. a°. Si l’on préfente cette Aiguille à quelque atmosphère éleétrique , l’inclinaifoq n’éprouve aucun changement.
- O»
- (a) Joum. de Piyf. Fevr. 177J. p. 7J. Man p. 174. ..
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- P. II. Ch. IV.
- 476 I. MÉMOIRE
- Or que déduit M. comus de cette Expérience? ,, Cette Expérience, dit-il, prouve-„ que le Fluide ambiant ne fait pas le même ,, effet fur l’Aiguille pendant qu’on élcârifc „ celle-ci, qu’auparavant, & que la presfion ,, de ce Fluide eft différente, ou que l’Ai-,, guille perd quelque chofe de fon poids. ,, Cette Expérience extraordinaire peut four-„ nir de nouvelles idées fur la caufe du Ma-„ gnétisme. La caufe qui éleve l’Aiguille „ d’Inclinaifon paroit dépendre du Fluide „ igné, conftitué dans un mouvement vibra-„ toirc, puisque l’Expérience fuccède dans „ le Vuide.
- - $. 149. J’a 1 fait quelques expériences par lesquelles il clt prouvé que l’effet en queftion, lavoir l’élévation de l’Aiguille, ne prouve en aucune façon l’influence de l’Eleélricité fur le Magnétisme.
- ExpÉr. XXII. J’ai pris mon Aiguille, avant de l’avoir aimantée: je l’ai placée fur le cercle fur lequel elle indique les degrés, & enfuite j’ai placé cet appareil fur un carreau éleétrique. J’ai clectrifé le carreau, de façon que la chaine conduétrice ne touchât pas la machine d’inclinaifon ; l’Aiguille a d'abord été élevée de quelques degrés.
- Ex-
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- De f Inclinai fin. 477
- Ëx p É R. XXIII. J’ai enfuite aimanté l’Aiguille : J’ai répété l’expérience : le fuccès en a été le même.
- ExpkR. XXIV* J’ai pris une Aiguille de laiton, égale à la précédente: je l’ai fait incliner, au moyen d’un petit contrepoids: l’effet a été le même.
- Çet effet ne dépend donc pas de P In* fluence de l’Eleétricité fur le Magnétisme.
- Expér. XXV. J’ai répété l’expérience avec l’Aiguille aimantée de façon que la chaîne conductrice touchât la colonne qui porte l’Aiguille. En éleétrifant cet appareil, l’Aiguille n’a pas été élevée, mais elle eft defeen-due , jusqu’à ce qu’elle touchât 1a colonne (a).
- Expér. XXVI. Le fiiccèsa été le mê-me avec l’Aiguille de laiton.
- JB
- ' (a) [M. Schaeffer a placé fur le chapeau d'un É-ledtrophore, une Aiguille d'indinaifon, fuspendue dans un cercle de cuivre pofé fur un Pied; ayant éleétrifé l'Éleétrophore comme de coutume & élevé le Chapeau , M. schaeffer a cru obfcrver que l'Aiguille defeen-doit fenfiblement ; mais il n'a pu rien déterminer d'as-, fez exaét: peut-être, dit-il, à caufe de l’imperfeélion de la Machine: v. Befchreibung des befiendigen ÉhRriritaits-tr/ugers, p. 38. N. d. T.J *
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- t. P.. II. Ch. V.
- 478 I. MÉMOIRE
- J e ne vois donc dans toutes ces Expériences que les effets éleétriques ordinaires, produits par l’attraéfcion éleétrique : rien que le mouvement, que des Corps extrèmément mobiles ont coutume de recevoir quand on les .éleétrife.
- I l n’eft donc nullement prouvé qu’il y a de l’influence entre l’Ékétricité & le Magnétisme, eu égard à l’Inclinaifon de l’Aiguille.
- CHAPITRE V.
- De la Communication des Forcés:
- §. 150. Il y a beaucoup d’obfeïvatiorts qui ont appris que la force -magnétique a été communiquée au Fer pal- l’Eleétricité artificielle: ou que celle que le Fer pofledoit a été affoiblie & renverfée : enfin que la foudre, cette puiflante Eleétricité naturelle, a produit les mêmes Phénomènes. On demande donc fi ces Phénomènes indiquent quelque influence de F Eleétricité fin- le Magnétisme, ou non? Mais il fera utile de faire quelques remarques, avant que de.paffer aux Expériences mêmes.
- 1°. Quelque fentiment que nous em-
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- jDe la Communication des Forces. 475
- brasfions au fujet de la force magnétique, qu'elle dépende d’un Fluide, ou d’une force attra&rice inhérente, proprement dite, cela revient au même : il eft certain qu’il faut une certaine dispofition, une certaine fituationt des particules du Fer (a): & que la force qu’un barreau poflede, peut être afFoiblie, changée, renverfée, s’il arrive feulement un changement dans la fituation des particules du Fer, ou fi l’on excite dans celles - ci un fort tremblement. J’en appelle aux Expériences
- (a) [M. hemmer juge que mon opinion, qu'il faut une certaine fituation des particules du Fer pour la force magnétique, eft fans fondement, & qu’il y aurait beaucoup de chofes à objeâer contre ce fentiment. J'ai indiqué les faits fur lesquels je me fonde ; mais je ne détermine rien fur la nature même de cette fituation : je n’admets pas, comme l'ont fait quelques Phyficiens célèbres, des valvules mobiles dans le Fer, qui permettent au Fluide magnétique un mouvement de fyftole & de diaftole: mais puisque la percusfion augmente ou détruit la force magnétique, & qu'elle affeétè immédiatement la fituation des particules, il faut bien que celle-d contribue en quelque chofe à la force magnétique, ne fut-ce, comme le penfe M. hemmen , qu'à rendre Te mouvement du Fluide magnétique plus facile quand elles s'éloignent l'une de l'autre, à plus difficile quand elles fe rapprochant. N. d. T. ]
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- 480 I. MÉMOIRE. P. II. Ci'. V.
- par lesquelles il eft prouvé que la force que le Fer acquière de foi même, quand il eit placé dans le Méridien .magnétique, cil augmentée fi l’on frappe ce Fer à coups de marteau, 8c même que les pôles peuvent être rendus fixes par ce moyen : j’èn appelle aux Expérience^ par lesquelles il eft prouvé que la force du Fer déjà un peu aimanté eft affaiblie, 8c même détruite, fi l’on frappe ce Fer. Or il eft égal dans ces Expériences que la percusfion fe fas-fc du Sud au Nord, ou du Nord au Sud, pourvû que la fituation du Fer refte le même.
- a". On fait que le Fer reçoit d’autant mieux ces forces, qu’il coïncide davantage avec le Méridien magnétique, 8c furtout fi on le rougit, 8c qu’on le laiflb refroidir. C’eft ainfi que les écailles qui fe détachent du Fer quand on le forge, deviennent magnétiques , 8c fe trouvent couchées à terre dans la direébion du Méridien.
- §• 15t. Faisons ausfi quelques réflexions fur la manière dont le Fluide éleétrique agit, & pafle à travers les Corps, non lorsqu’il pafle lentement 8c tranquillement, mais lorsqu’il y pafle comme le coup foudroyant, c. a. d. lorsqu’il fait pafler la commotion à travers de ces Corps. Ce Fluide agite certaine-
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- Dé là Cobimühication des Forcej. 4§f
- inent aldrs les particules de ces Corps,' les foie tremblotcer, les frappe. C’eft ce qui paroit par les Expériences qui prouvent 1°. que l’étincelle foudroyante perce les Corps,' ôc qu’elle les fondSc même de telle forte quë des fils très - minces font changés en feories , te brifés par une forte étincelle. Or, dans ees Expériences, le Fluide éleéfcrique entre par un bout 6c fort pdr l’autre, comme plusieurs oblervations & Expériences le prouvent;
- Ceci pofé, il eft clair, qu’ôn peut, s’il n’y a aucune influence particulière de l’Electricité fur lé Magnétisme, & s’il ne faùt aucune dispofition particulière^ 6c jüsqù’ici inconnue, dans les particules du Fer,' pour former telle ou telle polarité',' qu’on'peut dis je,’ en ce cas Comparer l’aébion du Fluide électrique avec le Ghoc qué tout autre Corps dofinë à un barreau de Fer aimanté: & de fait M. Franklin (<*), qui a fait Un fi grand nombre d’Expériences fur la communication' du Magnétisme par l’Élcéhicité, pen’fe que ée Magnétisme eft uniquement produit par lë choc
- (4) Zettrt à M. barbeu du BOURG, dans les oeqs ’irês àë franklin Tome I. p. 277.
- st <5 Ml' I. Kir
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- $32 I. MÉMOIRE. P. II. Ch. v.
- choc entant que tel, fcntimcnt que M. ae« pinus a auifi embraifé {b).
- §. 252. Supposons donc que le coup foudroyant, ou la foudre, ce qui revient ici au même, frappe fortement des lames placées1 dans le Méridien magnétique, qu’en arrivera-t-il? Ces lames fortement frappées acquerront d’autant plus de Magnétisme, que leur maffe fera plus propre à le recevoir, que le coup aura été plus fort, 8c furtout fi ces lames font mifes en fufion. Or, on fait que la Foudre 8c que l’Éleélricité produifent de pareils effets. Quant à la Foudre, il y en a plufieurs exemples dans les TranfaSlions Philofophiques ï je n*en citerai qu’un qui arriva en Juillet de l’année 173ï. Il y avoit beaucoup de couteaux, d’aiguilles, & d’autres ferrailleries placées dans Une oaifle : cette caille fe trou» voit
- (b) Tentamina noviu Tluor'utt §. 370. 71. [ M. HEM7 mer eft du même fentiment. Il penfe d’ailleurs qu'il n'y a pas de raifon d’admettre que l’Éleétricité, entant que telle, contribue à la communication ou à la dé-ftruélion de la vertu magnétique puisqu’une commo tion éleétrique violente, foit naturelle, foit artificielle , peut également aimanter un barreau de Fer, & affaiblir , ou détruire la force d’un Aillant. N. d. T. J
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- ik let Communication des- Forces. 483 Voit dans un coin de la chambre , & y fîiifoit Un angle à peu près de 45 degrés avec le Méridien magnétique. La Foudre fuivit la direction de ce Méridien: la caifie fut rompue, les fcrraillerjes turent difperfées par. la chambre y ou les trpuva en partie fondues, en partie, aimantées, &, ce qu’il faut bien remarquer,, elles étaient toutes jettées dans la.fitua* tion du Méridien magnétique. 11 n’y a donc dans , ce cas nen. qui; n’arrive également dans les Expériences qu’on fait avec du Fer incan-defcent, qu’on lailîè refroidir dans la fityation du Méridien magnétique.
- $.053. Dr mémgj puisqu’il eft prouvé que. la force. magnétique .peut être aÉfoiblie par le choc, on voit facilement comment elle a pu l’être par te chocs électriques. C’cftce qqç la .foudre opère furtout fur les; Aiguilles aimantées: Car, celles-ci .font mobilfâ: qu'en arrivera-1-il donc, fi la direétion de la foudre ne coïncide pas..,avec le Méridien.magnétique? ..-La foudre tournera l'Aiguille.-dans fa direétion,- la frappera,, & lui .communiquera ^ force magnétique. Si donc-^extrémité bo-téatede l’Aiguille fe trouve dans la partie au-ftrak du. Méridien, l’Aiguille acquerra dans cette extrémité, un Pôle auitral, . & un Pôle Hh 1 bc-
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- 484 ï. MÉMOIRE
- boréal darts celle qui étoit auftrale: la polarité fetrouvera donc changée} ou, fi cette force; ne fiiffit pas, celle que 1*Aiguille pofledoit fera extrêmement affoiblie, ou même fe trouvera exaékemertt détruite, & l’Aiguille nepofle-dera plus aucun Magnétisme : elle fera paralytique , comme s’expriment les Marins. Les Exemples de ces Phénomènes font trop connus pour qu’il foit néceflaire de s’y arrêter : mais il luit de là, que la force des Aiguilles fera d’autant plus facilement changée ou ren-verfée qu’elle lé trouvera plus foible : & c’eft furement la caufe de ce qu’a obfervé le Capitaine may, que des Aiguilles, qui étoient des lames du Dr. knight bien aimantées, n’ont fouffeit aucun changement d’un cdtop de Foudre, qui tomba fur le vâilTeau, & qui changea, affoiblit, ou renverfa toutes les autres Aiguilles plus ' foibles qui fe trouvoient dans cei Navire (a).
- 5. 154. Il y a plus, c’eft non feulement le Fer frappé de la Foudre , mais ce font encore les pierres qui contiennent des parties ferrugineufes & ochreufes, touchées par la \ F ou-.
- (a) Mim. de la Société de
- rltm, Tcme XII, p. 391}
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- De la Communication des Forces. 485
- Foudre, qui acquièrent la force magnétique. Le R. P. beccaria (a) célèbre Phyfi-cien d’Italie, a récemment fait là deflus des obfervations qui. ont prouvé, que des Briques, frappées de la foudre, font devenues magnétiques, qu’elles ont même acquis des Pôles, félon la Loi qu’exigeoit leür fituation par rapport aux Pôles Terreftres. Mais je ne vois rien dans ces Phénomènes qui prouve, plus que ceux dont nous venons de parler, une véritable influence de l’Éleftricité fur le Magn nétisme: & j’en fuis d’autant plus perfuadé que b 0 y l e a produit un Phénomène fern-blable au moyen du Feu ordinaire. Il a rougi une Brique 8c l’a fait réfroidir dans le Méridien magnétique. Elle pofledoit, après lo refroidiflement, la vertu magnétique. Le même célèbre Phyficien a fait une femblablp ex», périenceaveç de l’Ochre d’Angleterre (h).
- §• *55-
- ( a ) Journal d- P/iyJique, Mai 1777. Tome IX. p. 381, [ Ce n'eft que dans les briques les plus dures que le P.
- eft des Corps ferrugineux comme du Fer : que les pluç durs acquièrent à la vérité le Magnétisme plus difficilement, mais qu'ils le confervent mieux. N. d. T.]
- (è) De Mec/ianica Mapietiimi frodviiione Exper. XIIj Banp
- Hh 3
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- 48 6 I. Mi MO TR E. P. II. Ch, V.
- §• 155• S1 on n’obfervoit rien de plus dans les Phénomènes, qui prouvent que la forcé magnétique eft communiquée au Fer, & aux; Çorps Ferrugineux par l’Éleftricitç ou par la Foudre j ou que celle que les Corps pofle-doient a été affaiblie & renverfée, on n’eq pourroit certainement rien conclure qui indiquât la moindre influence de 1* Électricité fur le Magnétisme : mais, il eft d’autres circon-ftances qui méritent d’être examinées aveo plus de foin : j’entends la fituation des Pôles.
- Je paflerai les Expériences de M. wil-son (a) fous filence, pareequ’il eft fûr que ce Phvficien a employé des barreaux trop grands par rapport à l’Eleélricité dont il a fait ufage: je ne dinft rien de celles de M.
- FRANKf
- Dans le traité de Qyalitatum origine. Tome III. p. 133 , de l'Edition latine des oeuvres. [Un Hollandois célébré, M. reael, plus connu comme Gouverneur des Indes & Magiftrat de la Ville d’Amfterdam, que comme Phy-ficien, avoit déjà remarqué que les briques dures, & celles qui fe fondent à un feu trop violent, s’aimantent quand ou les paffe fur l’Aimant, ou même quand elles font Amplement placées pendant longtems félon leur longueur dans le Méridien. V. fon traité fur l’Aimant, (obfryatien non den Jdagneitfleen ) publié après fa mort en N.,d..T.]
- (a) Treaeife of F.Uflricity. p. 119.
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- De la' Communication des Forces. 487
- Franklin (£), parccquC ect homme ifc luftre avoue lui-même qu’il i'c pouvroit, à cau-fe du peu de tems qu’il a pu y donner, qu’elles ne fuflent pas entièrement exactes : & je ne parlerai que des découvertes de M. M.
- D’ALIBARD & WILKE.
- §. 156. M. d'ali‘bard a trouve que l’extrémité, par laquelle le Fluide entre, devient un pôle boréal & l’autre un pôle auftral, & cela de quelque manière que l’Aiguille foit placée. Suppofons p. ex. qu’elle foit dans le Méridien magnétique, & qu’on joigne à l’ex-? trémité boréale la chaîne qui eft au crochet de la Bouteille, & à l’extrémité auftrale là chaîne qui appartient à la furfâce extérieure de la Bouteille : l’extrémité boréale deviendra un pôle boréal, & l’auftrale un pôle auftral. Si au contraire la chaîne, qui appartient au crochet, avoit eu Communication avec le bout auftral, & l’autre avec le bout boréal, le bout auftral auroit acquis un pôle boréal, ôc le
- (t) Lettres fur ï Éledricité, traduction de M. d’alibard. [Tomé II. p. 134—148. L’aveu de M. franklin »’y trouve p. 145. & les remarques fur les Expérienees de M. witsoN p. 135. le relie contient les expériences de M. d’alibard. N. d. T.]
- Hh 4
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- ^88 I. MEMOIRE. P. II. CL V-
- le boréal un pôle au (Irai, ce qui eft l’inverf# de ce qui auroit eu lieu par la fituation feule, même quand on frappe la lame de Fer à coups de marteau. Il eut été à foqhaitcr que Mr c'a l i b a a d eut décrit cette expérience plus exa&ement, qu’il eut marqué s’il a pris toutes les précautions posfibles, qu’il eut placé 8usfi l’Aiguille dans l’Equateur magnétique, fituation dans laquelle la force magnétique ter-reftre n’agit pas, & qu’il eut examiné fi l’effet eft invariablement le même: il eut été à fouhaiter enfin, qu’il eut examiné ce qui 3 lieu en appliquant la chaîne non aux extrémités, mais au milieu de l’Aiguille, & fi l’Air guillc acquerroit plufieurs pôles en ce cas.
- §. 2.57. Or on verra facilement, ou que ces Expériences n’ont pas été pSrfaitement exactes, ou que l’effet en eft variable, fi on fait attention aux Expériences de M. wilke (a). Pour abréger, j’appellerai avec qe Phyficicn Chaîne pofitive pelle qui communique au cror chet de la Bouteille, §Ç Chaîne négative celle gui communique avec la furface extérieure:
- Or
- (“) Mem. de [Acad, dt S'ude, Tomt XXVIII. p. 31$. fcqq. de la Trad. allemande.
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- De Ja Communication des Forces. 489
- Or M. wilke a trouvé, que la fituation .des pôles eft différente, félon que le Fer qu’on employé eft placé dans le Méridien magnétique ou non : félon que fa fituation y eft plus ou moins exaéfce, & que cette variété d’effets dépend de la force que les barreaux acquier-rent par cette fituation feule, 2c qui eft aidée ou troublée, ou vaincue par la force électrique. Mais, comme ces Expériences là n’appartiennent pas fi direéfccment à notre but, je dirai feulement, que M. wilke a trouvé, que la force électrique produit par elle-même, (fi entant que telle, la force magnétique, (fi une polarité confiante. Il déduit cette Propo-fition des Expériences fuivantes.
- l°. En plaçant l’Aiguille dans la direétion de l’Aiguille d'Inclinaifon; & en faifant pas-fer l’Eleétricité par cette Aiguille, l’extrémité inférieure acquiert un pôle boréal, la fupé-rieure un auftral, comme il arriveroit par la feule fituation, 2c cela de quelque manière qu’on place la chaine: mais cette force eft plus grande fi la chaine pofitive touche l’extrémité fupérieure, & la négative. l’inférieure. Donc la chaine négative a une certaine relation avec le pôle boréal, la pofitive avec }-aufttal.
- $°. Les Aiguilles qui font perpendiculai-Hh 5 rès
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- P. II. Ch. V.
- 490 I. MÉMOIRE
- rcs à la direction d’Inclinaifon,- c.-a. d. qui font dans le véritable Équateur magnétique, acquièrent rarement, & foiblement la force magnétique par l’Éleélricité : cependant de petites Aiguilles qui l’ont acquife, ont acquis un pôle boréal à l’extrémité qui touchoit la chaine négative, un auftral à .celle à laquelle la chaine pofitive étoit attachée. Voila donc encore une relation entre le pôle boréal 8c la chaine négative, 8c l’auftral 8c la chaine pofitive.
- 3°. Sx les Aiguilles font placées horizontalement dans l’Equateur magnétique, elles acquièrent une polarité foible, mais confiante: le pôle boréal fe trouve là où eft la chaine jiégative, l’auftral là où eft la pofitive.
- 40. Enfin, fi 011 pofe les Aiguilles horizontalement dans le Méridien magnétique, elles acquièrent toujours un pôle boréal dans l’extrémité qui regarde le Nord, fi celle-ci touche la chaine négative: mais, fi elle touche la pofitive, il arrive quelquefois à de petites Aiguilles, que le pôle auftral fe trouve à l’extrémité boréale. Voila donc dérechef la même relation entre la chaine pofitive 8c le pôle auftral, entre la négative 8c le pôle boréal.
- §• 158-
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- J3c la Communication des Forces. 491
- §. 9.58. En refléchiflànt fur ces Expéïien* ces 4e M.. wjlke, je ne puis pas ne pas établirqu’il j a une - certaine- relation entre la chaine négative & le pôle boréal: entre la politive & le pôle auftraj. Mais, on ignore parfaitement quelle eft eette relation, & M; w 1 l k e lui - même avoue qu’elle lui eft inconnue: Pour la connoitre, il faudrait fiivoir, 1°. En quoi confifte le Magnétisme : fi c’clt dans un Fluide, & en ce cas fi ce Fluide eft fimple ou double, comment ilfe meut, comment il eft coriftitué.
- i°. IL faudrait favoir en quoi confifte l’É-leétricité: car quoique les Eleftricités pofiti-ve & négative foyent aétueliement admifes par tous les Phyficiens, ceux - ci fe partagent cependant entre deux fentimens très-diffé-rens: les qns regardent l’Électricité pofitive comme un excès de Fluide, & la négative comme un défaut du même Fluide: d’autres, comme M. M. wilke, cigna, sym-m e.r , bergman confidèrent les Éleétri-çités pofitive & négative comme deux efpèces différentes & oppofées; comme deux Fluides diftinéts : or, ausfi longtems que ces questions ne font pas décidées on ne iauroit dire quelle eft cette relation.
- Quoiqu’il en foit, files effets que M,
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- 49X I. MÉMOIRE. P. II. Ch. V5
- wilke a obtenus dans fes expériences font conftans, univcrfels, 8c hors de tout doute, il faut certainement établir, que la chaîne po-fitive produit, toutes chofes d’ailleurs égales, un pôle auftral, 8c la négative un pôle boréal : & conféquemment, fi nous faifons attention à la définition que nous avons donnée çi - deflus de l’influence, favoir qu’elle a lieu, fi les effets que l’Aimant produit actuellement, ou qu’il a coutume de produire, font changés, foit pour leur nature, foitpour leur grandeur, lorsqu’on communique l’ÉleCtricité à l’Aimant, il faudra certainement établir, que l’É-leCtricité influe à cet égard far le Magnétisme, puisque l’Electricité fait, que les pôles font produits dans un ordre inverfe de celui, dans lequel ils auroient été produits fans elle -, ou, qu’ils font produits dans des cas où ils n’auroient pas eu lieu fans cela.
- 5- »59- Quoique je feufle que les Expériences de M. d’alibard font contraires à celle de M. w i l k e , je penfois cependant, de cette manière, avant que j’eufle pu faire moi-même des Expériences fur ce fa-jet: car, quoique la Machine éleétrique dont je me fers foit excellente en elle-même, elle n’çft cependant pas allez forte pour que je pus-fe
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- De la Communication des Forces. 493
- fe tenter de répéter les expériences de M. Vilke, Mais dans la fuite l’occafion m’en a été fournie par un Seigneur de la naiflance la plus illuftre, &d’un rang très-diftingué, qui cultive la Phyfique, & qui poflede de grandes connoiffanccs daas cette fcience comme dans plyfieurs autres : qui occupe enfin par fon génie une des premières places parmi les meilleurs Phyficiens, que nous félicitons de pofféder un pareil Mecène ( *).- Nous avons employé une Machine garnie de deux plateaux de dix-huit pouces de diamètre -, en outre deux batteries, félon la Méthode de'M. priest-ley,
- (a) [Je parle de S. E. le Prince de gaiiitzin, Em* voyé de S. M. l’Impératrice de Rusfie auprès des États Généraux des Provinces Unies ; Membre des Académies de Petersbourg & de Bruxelles, Direéteur de la Société de Haarlem. Je ne faurois affez reconnoitre les bontés-dont ce Seigneur m’honore ,• & je me fais un devoir de lui en, témoigner ici publiquement ma gratitude. .Les Expériences, dont il cii queftion, ont été faites par Je Prince'de gallitzin, par mon frere S. P. van swinoen , & par moi. Nous y avons employé plu-' fleurs feances. L'ami que nous avons confulté par lettres elt feu M. dentan de Genève, refidant alors à'I* Haye ; une mort prématurée nous a enlevé cet excellent homme, dont oa ne fauroit trop déplorer la pertes N. d. T. J
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- 494- I* • mb mo m'E. P. II. Ch..Vï
- r, e'ï',: chacune de foixante- quatre bouteilles J enfin encore une autre batterie plus petite dd quatre bouteilles, mais d’une force étonnante, & ait moyen de laquelle on' fond facilement un fil d’archal. Nous avons fait ufage de.tou-, tes. les. précautions nécefiaircs dans ce genre d’expériences. Le feigneur dont je viens de parler, & mon Frere ont fait ees Expériences avec moi : & nous avons confulté fur quel-* ques unes d’entr’elles, un de nos-amis, 1VL D**, Phyficien diilingué. Voici un abrégé] de nos expériences, dans lesquelles. nous nous fommes fervi...de.; m&rdeaux de ;.r{#)Çs..dç. montre.
- ExpÉr. XXVI. Lé 18 de Juillet [1776} nous avons déchargé à travers notre lame. i°. Une batterie de foixante-quatre Bouteilles 1 enfuite une autre de cent - vingt - Huit B ou* teilles : nous avons répété ces Expériences plus 4’une fois , 8e nous avons trouvé : . .
- i°. Que notre lame n’avoit acquis aucurt-Magnénsme.
- cl0. Que la force d’une Aiguille déjà aimantée étoit affaiblie.
- §. a60. En r.effâchiflânt fur cet'effet inattendu, là grande force- de la batterie' nous a fait naître quelques doutés: car, peut-être que
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- Hé id -Sodimuhication des Tortesi 49$
- que cçtte force, au lieu de pénétrer la lame, n’a fait que-gliflcr par deffus: je me rappellois d’ailleurs- que ' M. wilke (a) lui - même avoit trouvé que les explofions peuvent être trop fortes, & le Phyficien dont j’ai parlé nous communiqua ' le meme doute. Nous avons donc répété fans delai- nos Expériences^ 611 employant la petite batterie, dont j’ai fait mention.
- Expb r. XXVII. Nous avons placé dans le Méridien magnétique une lame non aimant tée,-telle quë nous en Avons toujours emploi yée dans nos expériences^ La chaine pofitiva touchoit l’extrémité boréale, c. a. d. celle qui Croit ' tournée vers le Nord : la négative touchoit l’extrémité auftrale. Nous avons déf chargé k rbàtSetie fix fois de fuite : l’effet x été douteux-. : - .‘f.
- - E x p;É:r. XXVIII. Dans cette expériem* ce k chaîne négative touchoit l’extrémité bo* réale j - la'pofit-ive l’auilrale : nous avons dé± chargé kbafteiriè fix foiS-i lles deux extrémités ont acquis un pôle auftral : le boréal étoit au milieu.
- Ex tï k.' X-XiX. NOUS avons dispofé les • • cfeoi
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- 4ÿâ t. MÉMOIRE. P- II. êi. V.
- chofes tout comme dans l’Expérience pr^cé* dente. La ehaine négative touchoit le pôle boréal * la pofitive l’auftral. L’extrémité boréale eft devenu un pôle auftral très - diltinft : l’autre un pôle boréal, ausfi très - diftinét.
- G e s Expériences font donc oppofées à cel-les de M. wu.ke, & la dernière eft très-conforme à celle de M. d’alibard. Je fois donc aétuellement en doute, & j’aurois du penchant à penfer que l’effet de ces expériences eft différent félon la différence de beaucoup de circonftances, qu’on ne eonnoit pas encore comme il faut;
- §. 161. (a) Il ÿ a donc une grande op-pofition entre les expériences de M. frank-liN) celles ; de M. d'alibard, celles de M. wilke, & celles que j’ai faites moi-même avec le Prince de gallitKi.n. Or quoique M. Beccaria eut fait depuis longtems des expériences for ce fujet, je dois avouer à regret, que je n’ai pas encore pu
- X*) [Cet article qui s’étend jusqu'au S. zéj. a été çompofé après que l'Académie eut prononcé fou juge: ment: je l'ai envoyé à monich le 13’d* Avril 1778.V & il a étc imprimé dans l'original en forihc de Notdÿ ü. i. T.]
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- De la Communication des Forces. 49^
- me procurer ces ouvrages. Mais, après avoir envoyé madiflertation à munich j’ai trouvé dans un Journal anglois (6) un extrait du Traité deir Elettricismo artificiale, qu’on ve-noit de traduire, & j’ai vu qu’on avoit inféré dans cet extrait les Expériences de ce Phyfi-cien fur le fujet dont il s’agit. Je vais donc, traduire cet article, afin qu’on voye dérechef combien font grandes les différences qui fe trouvent entre ces Expériences & celles donc nous avons parlé ci-deflus.
- i°. A p R à 9 que l’Auteur eut placé une de Tes Aiguilles dans le Méridien magnétique, de forte que l’extrémité que nous nommerons N regardât le Nord, il déchargea à travers elle deux grandes Bouteilles, de façon que le Fluide entrât par l’extrémité boréale & fortit par Tauftrale. Cette Aiguille placée fur fon ftile, fe tourna vers le Nord -par. fon extrémité boréale.
- a0. L’aiguille ayant été placée comme dans l’Expérience précédente, mais la décharge ayant été faite en fens contraire, c. a.
- d.
- - (£) MonthiyRtrieu', Vol. liVIL p. 361. Ntyimi. 1777. La traduction de cet article finit au §. 164. [ Les Expériences dont il s'agit ici fe trouvent S. 733, »’
- J31. del’ôtnrrâge du P. bSccaria. fcl. d. T.]
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- ,498 I. MEMOIRE. P. II. Ch. V’.
- d. du Sud au Nord, la pointe fe tourna en-«oi'C vers le Nord.
- . 30. & 4°. M. b E c c a r 1 a a tourné l’Air .guille, e. a. d. il a placé fon extrémité bok aéale vers le Sud, Sc il a trouvé que l’explo.-.fton transmife à travers l’Aiguille a changé les pôles, de façon que l’extrémité boréale fç ' tournoit vers le Sud : Sc de plus, que le même effet a lieu foit qu’on faffe paffer le Fluide éleétrique du Nord au Sud, ou du Sud aa Nord. ,
- §. 4<5a. ï°. En plaçant l’Aiguille dans unp .fituation verticale, M. bEccaria a trouvé que l’explofion, entrant par la partie fu-péricure, a fait tourner l’extrémité inférieure .de l’Aiguille, vers le Nord.
- a". La même direétion a.eu.lieu, en fai-fant entrer le Fluide par l’extrémité inférieure.
- 3°. & 4°. En renverfant l’Aiguille, & faisant paflèr l’explofion à travers' elle, fa direction fut trouvée changée, foit que le Fluide entrât par la partie fupérieure, foit qu’il entrât par l’inférieure.
- I l femble fuivre de ces Expériences, que la direction, donnée aux Aiguilles par la matière éleétrique, n’a pas dépendu du courant quo
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- De la Communication des Sortes. 49J
- que cettcf- matière a fuivi en entrant dans l’Aiguille, mais de la pofition de celle-ci, lorsqu’elle a reçu le coup s de forte que l’extrémité qui a regardé le Nord, ou le centre de la Terre, lorsque l’Aiguille a été frappée, fc tourne toujours Cnfuite vers le Nord, quelle qu’ait été la direction de la matière élcétri* que qui paffc par l’Aiguille.
- 5- 2.63. Les effets ont été très - fingulief* & inattendus dans les Expériences fuivantes, mais on peut les expliquer par le même principe.
- M. bECCariA a placé l’Aiguille horizontalement, mais'perpendiculairement au Méridien magnétique, c. a. d. de l’Eft à l’oueft. t°. Én faifant paffer le coup foudroyant par l’Aiguille, de façon qu’il entre par l’extrémité tournée vers l’Eft, & plaçant enfui te l’Aiguille fur un ftile, l’Auteur a remarqué avec étonnement, que l’Aiguille avéit acquis une polarité très * fingülière, fi tant eft qu’on puis-fe l’appellef ainfl : car i°. elle fè tourna vers l’Eft & l’Oueft : l’extrémité qui regardoit l’Eft pendant qu’on faifoit paffer le coup foudroyant, fe tournoit actuellement vers le même JUiumb. a*. Le même effet a eu lieu en faifant
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- ,530 I. MÉMOIRE. P. II. Ch. V-
- entrer le coup foudroyant par l'extrémité occidentale de l’Aiguille, fa pofition reliant 1* meme que dans l'expérience précédente. 30. 40. Mais, lorsque l’Auteur renverfoit l’Aiguille, en lui faifant décrire un demi cercle, & fai-foit paffer le coup foudroyant à travers, la direction de l'Aiguille a été changée dans les deux direétions contraires, de forte que l’extrémité qui fe tournoit auparavant vers l’Eft, te tournoit actuellement vers l’Oueft,
- „ Je fuis obligé d’avouer, dit M. bec-,, c a r ia, que j’ai employé beaucoup de „ tems avant que d’avoir découveit ce myftè-,, re, quoique fa raifon foit celle - 1-à même, „ pour la découverte 8c la. confirmation de la „ quelle j’ai d’abord été conduit à faire cette „ expérience, lavoir l’étincelle -qui palTe par „ l’Aiguille. Quand celle-ci ell placée à ,, angles droits avec le Méridien magnétique, „ le coup a donné la direction boréale à cette „ partie qui regardoit le Nord, & l’aullrale „ à celle qui regardoit le Sud.” En autres termes, l’explofion, transmife félon quelque direction que ce foit, 8c quoique l’Aiguille fas-fe un angle droit avec le Méridien magnétique, fait que ces parties là fe tournent vers le Nord, qui ont appartenu à la partie boréale do
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- De la Communication des FoYces. 50»
- de l’Aiguille, ou qui,ont cté tournées vers le Nord dans le temps que l’Aiguille a été touchée par le coup foudroyant.
- §. 164. On voit facilement combien ces Expériences font oppofées â celles que nous avons rapportées ci-defllis. Si elles avoient toujours lieu, ce qui n’eft pas, comme il fuit de ce que nous avons dit, il ferait fûr que le «oup éleétrique agit dans la plupart des cas feulement comme un coup quelconque. Il faudrait en excepter le cas dans lequel l’Aiguille eft placée dans l’Equateur magnétique, puisque dans cette fituation elle n’acquiert pas de force par un coup ordinaire, au contraire de ce qui a lieu ici. Mais, en fuppofânt l’Expérience du P. beccaria vraie dans tous les cas, ce qui.n’eft pas, la force magnétique s’y communiquerait félon une loi bien fingu-lière. Car l’Aiguille fe dirige alors de façon que le coté nb le tourne vers le Nord; & le coté sm vers le Sud. (Fig. ai.). Or, cela ne fe peut à moins que la partie nb ne foit boréale, 6c la partie sm auftrale, c. a. d. à moins que les pôles ne foyent placés félon la largeur de la lame, 6c non, comme de coutume, félon là longueur. Or je m’étonne, que le coup foudroyant, qui vrailèmblable-
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- g<02, I. MÉMOIRE. P. II. CA. V-
- ment n’agit pas uniformément dans toutes les parties, ait pu produire cet effet, puisque ce n’eft que très-difficilement, & en employant beaucoup de précautions, qu’ont peut le produire [au moyen d’Aimans], comme l’a prouvé M. brugmans (a), qui le pre* * mier a découvert cette méthode : car, il faut, pour y réusfîr, que les deux cotés ni, s.m de la lame foyent frottés en même tems par des barreaux magnétiques, de même forces, & prefles également. Si l’on couvre d’une gla? ce une lame aimantée de cette manière, & qu’on y repande de la limaille, celle-ci ne s’arrange pas en courbes, comme de coutu? pic} mais elle s’étend, comme il le faut pour de vrais pôles, le long des lignes ni, srn en lignes perpendiculaires à celle - ci, & fe courbe en ns & bm. M. brugmans n’a pas examiné la dire&ion des lames aimantées de cette manière: mais la chofe çft évidente, ij toute la partie nb eft boréale, & stn auftra-le. On voit en attendant par tout ceci, coms bien les Expériences % la polarité produits par
- (<0 Tentam. de Alat. Macn. p. 138. Planche III. Fig. 4- [fai cru qu’il feroit utile d'ajouter ici la figuré.
- • M. d. T.]
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- De la Communication des Forces. 503
- par l’Electricité,, font jusqu’ici incertaines, 8c peu propres à nous permettre d’en tirer dc§ poqclulions qui ne laiflent aucun doute,
- Conclufton de la Seconde Partie,
- §. z65. Si nous raflemblons tout ce que nous avons dit de l’Influence de l’Électricité lur le Magnétisme, il paroitra que cette in-, fluence ejl nulle par rapport à l’attraCtion, à la direction, à l’inclinaifon, 8c peut-être (a) ausfi pour la communication des forces: que les expériences de M.' wilke peuvent à la vérité faire douter fi l'EleCtricité pofitive n’a pas avec le pôle auftral 8c la négative avec le. pôle boréal, quelque relation particulière, jus» qu’ici peu connue j mais qu’il eft d’autres Ex* périences contraires à celles - là.
- • (4) [En compofant ce Mémoire je ne connoiffois pas les Expériences du P. beccakia: je ferois actuellement tenté d’ôter le peut • être, & de conclure affirma-tivçmçnt «jue l'influepcç eft pullç à tous égards, N. à. T. J
- li »'
- CON-
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- 504 I- m4m<
- P. II. Ch. V.
- CONCLUSION GÉNÉRALE
- DEUX PARTIES.
- §. 166. Si nous refléchiflons fur tout ce qui a été dit dans la première Partie de l’Analogie entre l’Éleûricité & le Magnétisme, & dans la fécondé, de l’Influence de la première de ees forces fur la derniere, on trouvera, ce me femble, que ces deux genres de For -ccs font totalement différens -, qu’ils dépendent •de caufes différentes: qu'ils agiffent Jelen des ïoix différentes, & qu'ils n'ont aucune influence Vune fur l'autre, fi ce n’eft peut - être entant que l’Éleftricité pofitive tâche de produire uir pôle auftral, & la négative un pôle boréal, quoique cette influençe-là paroifle même très-douteufe (fl incertaine. C’eft donc à cela me femble, & à cela fcul, Sc tout au plus à cela , & encore tout au plus avec quelque probabilité peut-être incertaine, que femble fe réduira, cette grande Analogie que plufieurs Phyficiens ont établie entre l’Élcéfcricité & le Magnétisme
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- Conclujîon Générale. 505
- me (a). Du moins tel cft mon fentiment, quoique je fiiehe qu’il eft contraire à l’opinion presque générale des Phyficiens: mais, j’ai expofé mes rations, fie j’ai taché de les confirmer par des expériences. Je foumets volontiers tout ce que j’ai dit au jugement équitable de l’Académie. J’ai regret d’avoir été obligé de m’ecarter du fentiment de plufieurs ex-cellens Phyficiens, que j’eftime tous infiniment. Cette différence d’opinions ne diminue cependant pas le moins du monde la profonde admiration 8c l’eftimc fincère que je dois à leur mérité 8c à leur réputation : mais n’étant convaincu, ni par leurs argumens, ni par leurs expériences, j’ai expofé ce qui m’a paru s’approcher d’avantage de la Vérité: foit que je m’en fois inftruit par le raifonnement, ou que c’ait été par l’expérience. Car, l'Homme, le. Minifire & l'Interprète & l<* Nature, ne fait & ne fait que ce qu'il a obfetvé de l'ordre de la Na-
- (a) [M. hemmek termine fes remarques Air ce Mémoire en difant, que le leéteur verra facilement d’après ces remarque» que ma conclufion générale n'cft pas entièrement jufte. J’ai tâché de repondre aux obferva-tions de cet illuftre Phyficien, & de faire voir que fes objections ne diminuent pas la force des preuves effen^ ticlles fur lesquelles cette conclufion eft fondée. C’eftt au Leâsir à juger ii j’ai réusfi. N. d. T.J
- Ii 5
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- 506 I. MÉMOIRE. P. H. Ch. V.
- Hure par l'expérience ou par le rai forme mené ! if il ne peut, ni ne fait rien au delà.
- J’ai achevé l’ouvrage que j’avôis commen3 cé, fie j’ai répondu comme je l’ai pu à la preJ micre partie de là Qtieftion propofée par l’illü-ftre Académie: y a^t-il une Analogie véritable if plyfique entre la force éleSlrique if là fore» magnétique? mais comme j’ai nié cette Analo* gie, je crois que la lblution de la fécondé par* tie ne me regarde pas-: car l’Académie ne de* mande quelle eft la manière dont les forces élec“ trique if magnétique, agijfent fur les Animaux $ qu’au cas qu’on eut prouvé qu’il y a de l’Ana* logie entr’elles. Je prolongerais donc intiti* lement mon travail fi j’expoibis mes raifons furcefujet (b). 11 vaut mieux finir. Heureux fi mon travail ne déplait pas à mes illuftres Juges, Sc s’ils ne le trouvent pas entièrement dépourvu d’utilité! Car je penfe que c’eft à être utile que confifte ,1a plus grande gloire , fie c’eft là le but que je me fuis propofé dans tous mes travaux: puisque, ‘à"moins, que ce que nous faifons ne foit utile, la gloire qui en refuite eft infenféc.
- (b) {On trouvera de quoi fe fatisfaire fur ce fujet dans la fécondé partie de l'excellente Differtaiion de M. «'teislehner, & dans celle de M. hübner. N. d. T.] _ .. - -
- Fin du premier Mémoire.
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- Tcm 1. 'PI: 3.
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TOME 2
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- RECUEIL
- MÉMOIRES
- SUR
- l’ANALOGIE
- D E
- «.•ÉLECTRICITÉ et du MAGNÉTISME.
- II.
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- R E
- C U E I L
- D E
- MÉMOIRES
- SUR
- l’A N A L O G I E
- D E
- l’électricité et du magnétisme,
- Couronnés & publiés par l'Académie de Bavière-, traduits du Latin & de P Allemand, augmentés de Notes, & de quelques Dis- , fertations nouvelles,
- J. H. VAN SWINDEN,
- Profejfeur de Philofophie dans l'Univerfité de Franeker, AJfocié étranger de la Société Royale de Médecine de Paris , Membre des Académies de Bruxelles & de Bavière; des Sociétés de Haarlem 13 d'XJtrecht, Membre confultant de laSoctété de Phyfi-que expérimentale de Rotterdam,
- £5? de la Société de Médecine de la Haye : Correspondant des Académies Royales de Paris 6? de Turin.
- TOME SECOND.
- COLLECTION ANDRÉ SARTIAL-X
- A LA HAYE,
- Chez les LIBRAIRES ASSOCIÉS.
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- T A B L
- E
- DES
- MATIÈRES.
- Second mémoire sur l’analogie de l’électricité ET DÜ MAGNÉTISME, PAR M. STEIGLEHNER. ... «
- Première partie. De VAnalogie des deux Forces: . . « . 3
- Théorie de VÊleElricité & du Magnétisme
- S-i —4-55....................................3
- Application de la Théorie à l'Expérience
- 5. 55 —101............................5a
- Seconde, partie. De TAïïion de l'Éleëïrici-té & du Magnétisme fur le Corps Animal. . • . .115
- Del'Aélion de l'Ele&ricité §. 105— §. 148. 118
- JD0 l'Aftion de l'Aimant §. 148—5. 171. 16t
- * i Du
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- VI TABLE
- Du Magnétisme Mimai §. 171 à la fin. 19Î
- Remarques sur le'prJncipe employé par
- M. AEPINUS POUR L’EXPLICATION DES ATTRACTIONS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES, par M. vaN swinden» 417
- Troisième mémoire sur l’analogie de f. l’électriCiTe' et du ‘ MAGNÉTISME' '
- PAR M. HÜBNER. . .
- Introduction. . • . a 6$
- Première Section. Ÿ a-t-il une Analogie vraye & P hyfigue entre les forces Électrique & Magnétique ? .. 175
- Seconde Section. Examen de la Qucfiiotf: fi les Forces FJettrique & Magnétique agijfent fur le Corps animal. . 0.98
- Troisième Section. Examen-de la Question: comment les Forces EleSfrique & Magnétique peuvent-elles agir fur le Corps animal? . » • 3*3
- Appendice. . . . 316
- Réflexions sur le magnétisme animal,
- ET SUR LE SYSTÈMEDëM. MESMER, PAR M. VAN SWINDEN. . .
- Re-
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- MATIÈRES.
- VI*
- Réflexions préliminaires §. i — 5. . 329
- Question I. Le Corps animal peut-il recevoir de l'Aimant les mêmes effets que le Fer en reçoit ? §. 5 —- 6. . 33 8
- Question II. Le Corps animal peut-il recevoir de l'Aimant utfe a&ion quelconque? §.7—8. . . 339
- Question III. Le Corps animal peut-il communiquer à d'autres Corps l'im-presflon qu'il a reçue de l'Aimant?
- §. 9 — 10. . . 346
- jOu Magnétisme animal dans le fens le plus étendu, & de la Médecine magnétique §• 11 —15- * • -35*
- Qu Magnétisme Animal propofé par M. mesmer , £s? expofltion de fon fyflème.
- $• 15— m. • 373
- Examen du fyflème de M- mesmer §. ai.
- feqq. ... 391
- Dissertation sur un phénomène magnétique PARADOXE , PAR M. VAN SWINDEN...........................447
- . 448 ‘ I .Ex-
- Introduction $. 1, a.
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- TABLE dm MATIÈRES.
- ,1. Examen du Phénomène: $. 3 — 5. 8. 45*
- II. Recherches fur Us circonflances dans lesquelles le Phénomène alieu.%. 8—§. 14. 458
- III. Examen des Expériences faites fur ce
- fujet J. 14 —$. ao. ... 467
- IV. Principes généraux four fervir à Vexplication du Phénomène §. ao—5.14. 476
- V. Explication du Phénomène. $.14-5.30. 481 49»
- Appendice d? Expériences §. 30. feqq.
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- ERRATA.
- II. 6.1.16. de la note M. barbece 13. note c lig. dem. Fluide éleétriqiK 69. 1. penult. ce qui eft
- 71.1. 4. de la note forces 7j. I. 5. ce qui eft
- 79. 1. 6. d'en bas le chapeau 89. réelles
- 124.1.2. d’en bas oh on les dispofe 137. 1. 3. de la note, recouvert ïjo. L penult. le Carreau
- 247. 1. penult. du texte s'il n’agit
- 260. La. (iR+i»)
- 261. 1. 4. * +RVR+1'
- S70. L i4nefe communique par
- lifts M. EARtEt/, —Fl nidc Magnetiq;
- — ce qu'il elt.
- — des forces-,
- — ce qu'il eft.
- — le gateaui
- — rebelles.
- — on les dispofe,'
- — recouvré.
- — le Cerveau.
- — s’il agit.
- -(«»' + ***• -*+R'\R+*'.
- -Cîr+-‘.ï]
- — ne.fe communi-
- que pas paa.
- 273. i.p. d’en bas ' nulles •— nuis.
- 278- L S- treilles — treillis.
- 296. 1. 6. que paffe-t-il — que fe pafie-t-il;
- 334. L 6. d’en bas mareodeves — makbodeus cal?
- G ALLEES LUS.
- 351. 1. 4. paroiiToit le faire — paroifîoitfe faire
- 358. 1. 9. de la note on en peut — on peut.
- 360. 1. 14. d’en bas Rivenius •— Rivcrim.
- 370. J.t 3. de la note arnorum — armorum.
- 373- §• >5. ! 10. plus qu’abfQla. — presqu’abfolu;
- TOM. IJ,
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- AVERTISSEMENT,
- Comme cette Ouvrage eft refié a fiez long-tems fous prefle, & qu’on aura fait fans doute, depuis le tems que le MfT. eft forti de mes mains, yn grand nombre; de découvertes, dont je n’ai par conféquent pas pu profiter, il ne fera pas inutile d’avertir que le premier Volume étoit achevé au mois de Mars 1783, & qu’il a été remis aux Libraires aux mois de Juillet fuivant: que les Notes fur les Mémoires de M. M. STEIGLEHNER & HUBNER, ainfi que mes Remarques fur le fyftème de M. ae pi-nos étoient achevées à la fin de la même année. C’eft ausfi dans ce tems que j’ai compo-fé mes Reflexions fur le Magnétisme Animal. J’ai pris cette matière au point où elle en étoit alors, du moins par rapport aux connaiflânces que j’avois pu m’en, procurer: mais depuis ce tems on l’a discutée à Paris avec plus de cha-tom. II. * leur
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- N T.
- leur qu'on ne l’avoic encore fait : les Ecrits fe font beaucoup multiplies pour. .& contre le Mcsmérifme: je ne fais s’ils ont cclaircî là matière :. 8c je n’ai pas cru devoir rien ajouter à ce que j’enavois dit, pareeque je. m’enfuis tenu à l’ouvrage même de M-. m e s ai e r. Mais tout ce qui concerne le Magnétisme Animal fera bientôt tiré au clair, puisque le Roi de France vient de nommer des Commiffaires pour examiner cette matière, 8c pour en rendre compte à (à Perfonne ; 8c qu’il a choifi pour cet effet parmi les Membres de l’Académie des Sciences, de la Faculté de Médecine,1 & delà Société Royale de Médecine, des Per-fonnes dont les grandes lumières, l’impartialité 8c le zelc pour le bien de l’humanité 8c les progrès des fciences font fuffifnmment connues. Ces Mesfieurs ne manqueront pas d’éclaircir &• de vérifier les faits qu’on a allégués,, d’examiner les guerifons qu’on prétend avoir Opérées, ainfique de conftater par quels moyens font produits les effets qui ieur paroitront fuffifam-ment prouvés, 8cfi les poffefïêurs du prétendu Magnétisme Animal peuvent communiquer leur pouvoir, ou prétendu pouvoir, à d’autres per-fonnes, & comment ils s’y prennent pour y
- La
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- La disfertation fur les Mouvemens irréguliers, efe l" Aiguille , qui fait le troifième Volume de ce Recueil, a été achevée au mois d’Avril dç cette année.
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- REPONSE
- LA QUESTION
- '• SUR.....
- L’A N A L O G I Ë
- •K *' bV
- L*É L Ë C T R I G î T È
- fe T DU
- MAGNÉTISME,
- t à a
- ht. CELESTIN StÉIGLEHNÈRi
- Profejfeur de Mathéiàâtiquis à St. Èmmeran i Ratisbonne : actuellement Confeiller Èe-cléfiaftique de Metteur Palatin Duc de Bavihi, fc? Profejfeur de Phyfiqut de Météorologie à jngoljladt.
- A
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- ftortim, quamvis manifefto expérimenta nitan• /w, operofum efty 'vel potius prorfus impôt* fibile 3 caujfam explorare.
- Plutarch. Quaejl. Conviv. L. Il*'
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- J
- SECOND MÉMOIRE
- L'analogie de l’electrI-
- CITÉ ET DU MAGNÉTISME.
- Première partie.
- A I. JÜjA qucllion, s’il y à une ArnA-gie vraië & phyfique entre les Forces éleétri-que & magnétique, fl cette Analogie peut être prouvée par Expériences, fe trouve j quand on la cohfidère avec exaftitude, être autant théorique j que pratiqué. Elle cft théorique , puisque trouver une Analogie entre deux Forces j c’eft trouver une théorie par 11 quelle on peut expliquer les effets* de l’une d’elles ausfi bien que ceux dé l’autre i maisj démontrer cette Analogie par des Expériences j c’eft faire des Expériences qui prouvent qu’il y a un même Principe par leqiiel on peut expliquer les effets dé ces Forces: ce qui efl en grande partie pratiqué. lu ya deux manières de chercher une A* As. ha-
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- Il me
- E. P. I.
- nalogie: l’une, lorsqu’on s’attache unique*’ ment à faire des Expériences femblablcs : l’autre , quand on trouve une Théorie par laquelle on peut expliquer toutes les Expériences, toutes les Obfcrvations, qu’elles foyent fem-biables, ou non. Des Expériences fembla-bles foumiflent une Analogie apparente-, mais, une Théorie, confirmée par Expériences, produit une Analogie véritable : fi cette Théorie repofe d’ailleurs fur des Principes tirés des propriétés phyfiques & naturelles des Forces, l’Analogie qu’elle produit eft ausfi phyfique.
- §. II. Une pareille Analogie eft donc vraie} elle eft phyfique. Elle eft vraie, puisqu’elle n’eft pas uniquement fondée fur ce qui a’cft qu’apparent: elle eft phyfique, puisqu’elle tire fa fource des propriétés réelles & phyfiques des Forces: celui-ci donc qui ne s’arrêteroit qu’à des Expériences femblables, ne répondrait pas, à mon avis, au but de cette favante Académie: car, il n’indiquerait que ce qui eft apparent, 8c non ce qui eft vrai, ce qui eft phyfique : 8c c’eft pourtant en ceci que confifte la Queftion propofée.
- §. III. On peut donc s’y prendre de deux manières pour faire voir qu’il y a une Analo-
- fiic
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- Théorie de l'Electricité & du Magnétisme. 5
- gic vraie & phyfique entre les Forces électrique & magnétique : ou, en pofant les Expériences comme des prémifles, dont on déduit une Théorie : ou, en établiflant une Théorie , dont on prouve enfuite la vérité par des Expériences tant analogues que non-analogues! Jç prendrai ce dernier parti, dans cp Mémoire, tant parceque cette Méthode fera plus agréable à des Hommes de Genie, tels que l’Académie en renferme dans fon feins que parcequ’on peut faire voir alors plus naturellement, comment on peut expliquer par cette Analogie ausfi bien les Expériences dis-femblablcs, que celles qui fe reflemblent: ce qu’on ne fauroit gueres faire en ne fe fondant que fur des Expériences fqmblables.
- J e dois ausfi avertir que je n’ai pas feulçr ment employé mes propres Expériences, mais ausfi les découvertes de plufieurs illuftres Phy-ficiens: ce dont on ne me faura pas mauvais gré, je penfe ,dans un fujct dont plufieurs hommes de Genie ife font infatigablement occupés avant nous, & en même tems que npusi, J’avoue ausfi fans détour, que j’ai fuivi en grande partie les fentimcns & les Principes de M. M. FRANKLIN & AEPINUS, que j’ai travaillé d’après eux, puisque je ne coi\-
- A 3 noiî
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- $ II. MEMOIRE* P. ï.
- nois pas de plus grands Maitres qu’eyx dan*, cette Partie (a).
- S- 4.
- ( a) Cet aveu formel de i’Auteur nous autorife à cirqr çn Ilotes les articles de l'ouvrage de M. aepinus daçs lesquels on trouve en détail ce. que l’Auteur traite ici en abrégé. Si le L.eéteur confblté ces articles il l'roüvé-ra une fource iiiépuifable d’inftruélion. Le titre de l'ouvrage de M. aep.inus cft Ttntamm Theoriae EkBrki-c'uatit (y Mayietiim. 40. Vetrofoli 1759. Il eft. fâcheux qqe cet excellent ouvrage, que j’ai cité un grand nombre de fois dans mon Mémoire, ne foit pas plus répandu. Les Lettres de M. franklin fur l’Kleâricité font trop coii-»ues pour qu’il foit befoin de les cher, d’Ailleurs M, stbiclehner a admis toutes les corieétions que M. aepinus a faites.au fyilème de M. franklin , & que cet illuftre Phyficien paroit n’avoir pat desaprouvées : au moins a-t-il admis le fyftème de M. aepinus fur l'Aimant (v. Leurs à M. earbece nu bourg, Oeuvres Tome I. p, L77.) Çes çoneétions roulent principalement •fur l’idée qu’il faut fe faire de i'imperméabilité du t'erre & de tous les Corps coercitifs, laquelle, fe-redpit à préfen--ter de très grands obftacles au mouvement du Fluide ; de la quantité, de Fluide naturelle à chaque Corps coër-çjtif, laquelle n’eil pas, invariable, Comme M. trank^ xln l’avoit cru. M. aepinus a donné de'plus une très-grande extenfîon à ces Principes par les calculs dont fl s'efi; fervi pour les développer &. pour les rendre applicables à chaque Phénomène; enfin il.lçs a appliqués à la Doctrine de l’Aimant, ce qui n’avoit pas encore été fait. Note du Traducteur, ccmme le font toutes celles de es Mémoire,
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- Théorie de l'Electricité du Magnétisme, j?
- $. IV. Premier Principe (b). On peut expliquer tous les Phénomènes électriques & magnétiqués par une matière Fluide très-fubtile, douée de cette propriété principale, que fes particules fc repouffent mutuellement. Il faut avoir une idée claire de la communication, de la propagation, & de l’extenfion des Fôrdés éleétriqüe St magnétique pour pâuVoir fe convaincre en qüelquè forte, que les Phénomènes des • deux Forces dépendent d’un Fluide : or ces points feront développés da'iiS là' fuite. On peut d’ailleurs prouver ' pat l’Expérience fiiivânté,' que les pàrtiëüles dé Cè Fluide fe repouffent. • • :"
- Qù’on prenne (Fig.x.) une lame A B ,d’un bois qui ne foit pas. trop fec , longue d’un pied-, large de cinq lignes: qu’on l’ifolc ; 6c qu’on fuspendeen A-,- à-des fils extrèmément déliés deux petites boules, qu’on fait ordinairement de moëlle de fureau. Qu’on frotte deux ou
- (*) V. AEPINDS 5. 3. *: & nos réflexions
- fur ce Principe ic les deux fuivans dans le ?. 9°~^97-dé mon Mémoire, aiflfi que dans les notes fur ces furtout dans celles fur les §. 9©. & 91. J'ai fait dans ces mêmes notes, & dans les notes b des §. 130. & 130*. quelques réflexions fur la folidité d’ùn fyftëme bâti fut ëes Principes-,; & fur celle d’une Mdogit it
- A 4
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- f II- M S M O I R E, P. I.
- trois fois qntrç les doigts, avec yrçc étoffe >d© {bye bien imbibée d’huile, 8c couverte d’un amalgame, une lame de Verre d’un pied de, longueur;, 8c qu’on touche un moment les fcoulcs avec cette lame : elles fe repoufleront.
- S i l’on prend au lieu de ces boules deux Aiguilles à coudre G, H, (Fig. a.) des plus fines, 8ç longues de cinq 014 fix lignes, & qu'on lq aimante au moyen d’une lame ai-, plantée NS, (ce qui fç fait en y appliquant la lame pendant quelques minutes, çomme on le voit dans la figure a) elles fe repoufleront également.: mais il faut avoir foin que ces air guilles ne foyent pas aimantées auparavant (c).
- Ce
- (e.) M. hf.mmer obferve dans fes remarques fur ce Mémoire , auquel il donne d'ailleurs tous les éloges qu’il tnér\te à fi jufie tjtre, & dont je me fais un vrai plai-fir de lui payer également le tribut, que cette Expérience n'eft démonftrative qu'autant qu’on préfuppofe l’exi-jlence d'un Fluide magnétique: ,, cependant, ajoute-t-„ il , l’exiftence de ce Fluide eft une pure hypothèfe-, ,, quelque belle & ingétiieufe qu’elle foit : mais il en eft ,, autrement du Fluide éleétrique i fa prefencc nous eft ,,annpncée presque par tous no$ fens, & l'pn peut *î clairement montrer à l'peil la répnlfton 8f l'attraélipn ,,de fes particules: j'aurois donc defrré ici une Expérience entièrement différente." Ce n'eft pas ici le lieu entrer dans la moindre difçusfion fur ce fujet. On peyt çoit-
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- Théorie de V Électricité & du Magnétisme. 9
- Cet appareil eft très - commode pour fai-! te pilleurs Expériences agréables. Je coupa une pareille lame en deux parties AC, B C j au milieu C. J’y adapte une efpèce de charnière de cuir, &je couvre ces lames de feuil-r les d’étain. En J, il y a une fente, 8c dans celle-çi Un crochet mince, auquel les fils, qüi portent les boules, font attachés. De cette manière jç puis renfermer les boules, qu’on place dans deux cavités, & les fils, & porter facilement cet appareil en voyage. Si l’on a deux de ces appareils, & qu’on éleétrife les boules de l’un pofitivement, 8c celles de l’aur tre négativement, on peut examiner à peu-près tomes les fortes de Corps, élc&riques. Si l’on fe pourvoit pareillement de deux paires d’aiguilles les plus fines, & qu’on aimante por fitivement les extrémités inférieures d’une de ces paires, 8c négativement celles de l’autre, on
- confulter ce qu’ont dit la delîus M. M. musschen-ihoek & krafft, aux endroits cités notes a & b d« i. i. de mon Mémoire. M. marat rejette la répuliion mutuelle des particules dtt Fluide éleétrique ( Richa-ckn fur l'Ékdricuê p. 35 — 50. ). Mais je doute que les Expériences qu'il ailègue fuffifent pour invalider ce Principe. J'ai fait ufage de ces deux Expériences de M. steiglf.hnèr pour un autre but dans le §. 61. de pion Mémoire.
- A§
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- fO II. MÉMOIRE. P. 1.
- on peut examiner tous les pôles des Cotps magnétiques. On peut fuspendre ces Aigüil-4 les à une épingle, v. Fig. a.
- Pour éleélrifer les boules pofitivCment Se négativement, il faut être pourvu de la lame de Verre, & de l’étoffe de foyc pour frotter, dont j’ai parlé: d’un bâton de cirfc à .cacheter, & de quelques morceaux de peau de chat. Pour aimanter les Aiguilles il faut êtré pourvu d’une bonne lame magnétique.
- §. V. Second principe (a}': Les particules des Fluides élcârique & magnétique font attirées par d’autres Corps : le Fluide éleéhique par tous les Corps qui nous font connus, & furtout par les Corps métalliques ( b ) : mais le Fluide magnétique l’eft par le
- - («) V.AEPINUS §. I. /S: S. 3. /3, y.M. »BK»EHT (Tbtoria Eleflr. Prop. V. Cap. L) allègue des Expériences pour confirmer ce Principe, que M. le Comte de t* c-epèdk nieroit certainement d'aprèsfon'fyftcme. v. note a du 5- 41. de mon Mémoire.
- {b) M. hemmer. croit que ce ne font pas les Métaux qui attirent le plus puisfamment le Fluide éleéiri-que: il renvoyé à la démonftration qu'il en a donnée dans un Journal allemand, intitulé R/ninifiie Beyrü’cn J 780. 6e. Cahier p. ji6. ;
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- Théorie dtJ’Ekiïricité &.du hfagnèt'mne. ,i|
- le Fer & pqr tous les Corps qui ;contienneqt (du Fer , .popçvû qu’ils ajrent été auparavant chauffés,- ou fpndus les- Corps»
- piais fprtqut lés Métaux ,& Demi-M étau? qu’on a pu c^piner jusqu’ici,- peuvent; être rendus éleétjfiqups : ils doivent donc attifer., par quelque Force que ce (oit, le Fluide çlec-trique: d,e même le Fer, de quelque forte quf ce foit, pourvu qu’il ait été auparavant frappé, fecoué, chauffe, ou même fondu, peut devenir plus oü moins magnétique. Il faut donc ausfi qu’il attire le Fluide magnétique, par qüêlqüe caüfe que ce puiffe être. ’>
- §. Vï. T r o t s t è m e ï sse î pîe R y a' dés 'Corps dans lesquels le Fluide éleétfiqüfc & le Fluide magnétique fe meuvent aVec{ScaiÇ-coup de difficulté : car il en eft qu’on ne fàu-roit priver facilement de la force électrique ou magnétique qu’ils, orçt. une fois acquife._ Cqs Corps font, par rapport à: l'Électricité, . le Ver-
- (c) La raifon en cft que ces opérations développent le Phlogiilique contenu dans les matières ferrugineuf^, & changent par çonféquent la Terre martiale en Fer parfait. Voyez ce quia été dit .fur, c,c fujet dans mqnMq-moire §.. 13.. §..34=—37 » & les notes;fur ces. §.
- (rf) V. aepinus $. I. y: s,. 3, Si & Herbert. X'ucr. Eltttr.Caf. L Prof. 3. ..
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- I R
- P. I.
- %% II. M i M O
- Verre, la Porcelaine, la Poix, Se d’autres Corps femblables : Se par rapport au Magne* * tisme, l’Acier, du Fer trempé, 8c d’autres Corps analogues, qui contiennent du Fer. Il y a donc des Corps qui agiflent beaucoup, 8e avec une grande force fur les deux Fluides, le magnétique, 8c l’éleétrique} 8c réciproque* ment.
- §. VII. O n nomme Corps électriques par eux* mêmes ceux dans lesquels le Fluide éleârrique fc meut difficilement ; p. ex. le Verre 8cc. (a).
- Corps magnétiques par eux-mêmes dàns lesquels le Fluide magnétique fe meut de même avec une grande difficulté, comme l’Acier, p. ex. 8fc. (b).
- U
- () Ces définitions de Corps électriques par eux-mlmts, eu iiioéletiriques, v non - électriques par eux - mimei , ou Conducteurs, font celles qui ont lieu dans le fyftème de
- *ra«klin. Ce ne font pas des définitions déduites des Faits, mais des conduirons déduites d’un cnfemble (je Faits fimplcs, qu’on a cru pouvoir expliquer par les Principes énoncés ri-défais, & fuivant lesquels les Corps t qu'on nomme vulgairement idioéledriques, ou Conducteurs, doivent être tels qu'on les définit id. On 'peut confulter fur ces définitions les $. 89, 95, ç6. de mon Mémoire, & furtout le §. 8. & les notes : comme àusfi les §§. 21. & 44.
- () Confultez fur ce fujet les §. 90.— 97 de mon
- Mé-
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- Théorit de l'Eleiïricitê & dû Magnétisme. i£
- Il faut au contraire nommer Corps non-électriques par eux-mêmes ceux dans lesquels le Fluide éleétrique fe meut facilement * comme le Métal &c.
- Corps non - magnétiques par eUx - mêmes ceux dans lesquels le Fluide magnétique trouve un paflkge facile, eomme le Fer mol (c).
- U n Corps eft dans fon état naturel, quand il contient dans fes pores la quantité de Fluide éleétrique ou magnétique qui lui appartient (d): s’il contient plus de Fluide éleétriqùe ou magnétique, il eft dans un état pofitif (e): au contraire , l'état négatif a lieu , quand le Corps contient moins que là quantité naturelle de Fluide éleétrique ou magnétique.
- $ 8.
- Mémoire, 8c les notes fur ces §§. furtout §. 90. note J. 93. note é : 8c les §. 93. 8c 94. en entier.
- (c) M. as pin us range le Fer parmi les Corps ma-onitiques par eux-mlmts ; mais il avoue qu'il y a àcet égard de la gradation dans le Fer, 8c il dit que, quoiqu'on ri’ait pas encore trouvé de Corps agiflant fur le Fluide magnétique, 8c analogue aux Corps non - élefiriqvis par rux-mlmts, le Fer mol approche cependant de l’analogie avec les Corps non - éleflriquts par tux-mimts, [ ou Conducteurs ] , au moins davantage que le Fer dur, 8c cela pareeque le Fluide éleétrique s’y meut plus facilement.
- (d) Aepinus. §. 6. 1.
- (*) A.p.nüs, s. 8. p.
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- *4 ti. * i M O I R E. />. I.
- §. VIII. Il y a donc difféj'ens états des (Corps à examiner : car le Corps cft ou entière*-taent dans fon état naturel, ou entièrement pot Jitif, ou entièrement négatif, ou en paitie pofi-tif 8c en partie négatif. Ce Corps agit, ou liir le Fluide qu’il contient lui-même, oü fur celui qui cft au dehors, 8c qui eft.contenu dans d’autres Corps : ces autres Corps font, ou dans leur état naturel, ou dans un état pofitif, oü dans un état négatif, ou ils font en partie po-
- fitifs & en partie négatifs. - La partie po-
- fitive d’un Corps agit fur la partie négative d’un autre, ou réciproquement. Il faut donc cortnôitrc les loix qui' ont lieu dans tous ces cas, dans toutes ces fituationsj 8c examiner enfuite là elles font confirmées par les Expériences , 8c par les obfervations.
- §. IX. Supposons donc qu’il y ait dans les pores du Coips V (Fig. 3.) une matière fiibtile, Fluide, douée de cette propriété que les particules dont elle eft compofée fe repous-fent mutuellement, mais qu’elles font attirées par le Corps meme. Lorsque ce Corps contient (k quantité naturelle de Fluide, il n’y a * comme l’Expérience l’apprend, ni attraétionj ni répulfion qu’on puific attribuer à ce Fluide. Si donc on nomme A l’attraécion que ce Coips
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- Théorie île l’Éleffmité jÿ du Magnétisme. 15
- Corps- exerce fur la particule T fitüce à JT» furfacej & R la répulfion du Fluide contenu dans ce Corps, fur la même particule T : la forçe totale d’attraction pour cette particule fera A—R, & puisque le Corps eft dans fon état naturel j on aura A —;R=o (<»[).
- §. X. Mais, fuppofonsque là quantité naturelle du Fluide foit Q, & qu’elle foit augmentée, par quelque caufe que ce puiïfe être* de la quantité q : tout le Fluide fera donc Q 4- q : 8t la force répullivC fera dans ce cas (b) : & eonféquemment la force totale d’attraétion fera A — 7)3 ==
- A -.R — Vjg &, puisque A — R = o (§. 9.), la force d’attraétion fera =— c. a. d. que la particule T fera repouffée pal' une force égale à ^. On peut démontrer la
- («) Abmnüs. i. 9. 10.
- (f) Aepinus §. 10. Ce calcul eft fondé fur lafuppo-' litfon que l’attraiftion & la rcpulfion font proportionelles à la quantité de matière contenue dans les Corps: car en di-fant; fi .lorsque la quantité de matière eft Q, l'attraélion eft R, que fera l'attraaion quand la quantité de matière sft Q +g; on trouvera par la régie déçois i2.rtj23’
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- t6 îî. m i jï o i r é. P. ï."
- la même chofe de toutes les autres particule!! fembkbles.
- §. XI. Tant que là quantité q exifté dans ce Cot-ps, la particule T & fés pareilles doivent s’écouler: fi q~o le Corps V eft dans fon état naturel: mais, plus q diminue* plus là force de répulfion devient petite (c).
- §. XII. Si le Corps V étoit dans une fitua-tion négative , la quantité de Fluide qu’il con-tïendroit feroit Q—q ; & la quantité totale «Famaétion feroit q Sj c. a. d. qüela particule T ne feroit pas répouflëe, mais attirée : elle entrera, ainfi que fes pareilles, dans les pores du Corps V : 8c cette introduftion durera ausfi longtems que Q—q fera une quantité réelle (d).
- §. XIII. ON peut divifer par la penfée lé Corps V (Fig. 4.) en deux parties VC 8c VB (e) 8c confidérer les particules T 8c t du
- (O Abp.nvj «. II.
- \d) Aepinvs $. 11.. 13. 14. Le calcul eft le mêi me que celui du §. 10. il n’y a qu'à faire j négatif, (<) Aepinus §. 15.
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- Théorie cle V Eleüricité £$? du Magnétisme. 17
- du Fluide. Ces deux particules feront attirées par le Corps V avec la force A. Soit Q laquanti-té de Fluide dans chaque partie du Corps. Si la particule T du Fluide contenu dans la partie V C eft repou(Tée par la force R, il faudra ne-eeflairement fuppofer qu’elle eft répouflee avec la force R' par le Fluide contenu dans l’autre partie V B : 2c, par des Principes de Phyfique connus, R fera \ R'\ R" Sec. (f). Or, comme toutes les circonftances font abfolument les mêmes dans la confidération de la particule t que dans celle de la particule T, la force attraétri-ce totale du Corps V, fur chacune des deux particules T & r, fera = A•—R—R : Sc celle-ci eft égale à zéro dans l’état naturel, conformément à F Expérience.
- §. XIV. Mats , fuppofons que le Fluide électrique ou magnétique foit Q + q en V C, Se Q—«en VB: la force attraétrice totale fur La particule T fera = A — R — R' +
- (/) Les particules du Fluide contenu dans B V agis-fent à une plus grande diilancc que celles du Fluide contenu dans V C, & par conféqucnt avec moins de force. Donc R' fera plus petit que R : & s'il y avoit une ttoifième portion de Fluide, encore plus éloignée, êc qui agit avec la force R", on auroit R" ^ R'. TOMRlI. B
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- j8 II. M & M O I R E.' P. I.
- ^R — ?R
- ü
- (§• 13
- *R' —?R
- répouflce avec la force
- (g) & puisque A—IV— R = ® la force totale d’attra&ion fera d. que la particule T fer» ?R-«R'
- Q
- §. XV. La Force d’attra&ion pour la particule/ fera également A —-R. — R' -+- - ^ _«R—?R ,
- Q
- (§. 13.) & par confcquent le Fluide contenu dans celte partie du Corps pourra être attiré (A).
- §. XVI. Si nous confidcrons la particule P qui
- (») Aepinus §. ij. Ce calcul fe fait de la même panière que celui du $. 10. I.a force répulfive vers T eft
- (-0 -+ . ce||e vcrs t ( O u't R ; (jonc ja |-or_
- e totale eft A —
- (Q + t
- (Q-u)R'
- —=
- (A) Aepinus §. rj. On fuppofe toujours R pour la répullion de la partie de Fluide qui eft la plus proche de ht particule dont il s’agit, & R' pour celle de la partie qui eft la plus éloignée: or, comme il s'agir ici de t, R' fera la répulflon du Fluide V C, 8c R celle du Fluide B C, au contraire de ce qui avoit lieu pour le S* . précédent, où l’on «onûdèroit la particule T.
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- Théorie de Y Electricité & du Magnétisme. 19
- 41Û fe trouve au milieu du Corps, la force de répulfion & celle d’attraélion feront égales des deux cotes dans l’état naturel, & conlcquem-ment tant A que R feront = o. Mais, fi la quantité de Fluide éleébrique ou magnétique eft augmentée dans la partie V C, uniformément (a) y (ce que je fuppoferai toujours) & diminuée en V B, l’attraftion de la première de ces parties fera OÏLLLiS. gç cene
- dernière (b): & par conféquent
- tou-
- ( a ) Uniformément, c. a. d. de forte que le Fluide foit partout également denfe, & que l’attraéKon & la ré-pulfîon des différentes couches du Fluide ne différent que par leurs différentes diftances du point T ou t qui eft attiré ou répouffé. M. aepinus fait conftamment la même fuppofition, quoiqu’il foit obligé de convenir (§. 15.) qu’elle n’a pas lieu dans la Nature, & même qu’il y a des cas pour l’explication desquels il eft obligé de recourir à une diftribution non uniforme ( §. 96. 97-181.— 193. ). Ce font ceux pour 1» propulfîon du centre magnétique & l'application qu'on pourrait en faire aux Aimans à un feid pôle. J'ai dit un mot fur la légitimité de cette fuppofition dans la note a du §. 99. de mon Mémoire.
- (£) Aepinus §. 16. 17. La raifon pour laquelle on fubftitue ici R au lieu de R' eft , que la particule F étant exaélement au milieu, la force répulfive R' eft égale à la force R., puisque le Corps eft fuppofé dans un
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- II. M É M
- R. E. P. I.
- toute là force répulfivc fur la partie V B fera R—R -h CiJliLil?': c. a. d. que le Fluide contenu au milieu du Corps, fera conftam-ment réponde vers la partie négative du Corps,
- 1 C (y “H#) R. Q ,
- avec la force —1—q----- : ce s il n y a aucune
- rélîftance, la particule P & fes fcmblables pas-feront dans la partie négative VB, jusqu’à ce que le Corps foit revenu à fon état naturel.
- §. XVII. Si la partie VB étoit remplie de la meme quantité de Fluide éleétrique ou magnétique que la partie V C, la force avec laquelle la particule T ferait répouflee, ferait dans celle - çi ( V C ) = v ^ ^: & dans celle-là (VB) — & coîiféquem-
- ment la force attraftrice totale fera A—R — R'— q, £c T fera répoude avec la
- e (R + R')? . J ,
- force —^ • : or, comme dans le cas
- contraire (§. 14.) la même force, pour la
- môme particule T cfl: = • ^ q ~~ s & que
- + il eft évident,
- que
- état naturel, & que par conféquent les Fluides contcpus en B V & V C font également denfes.
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- Théorie de FEletilricitê & du Magnétisme, if
- que le Fluide électrique ou magnétique eft ré-pouflc avec une plus grande force, lorsque les deux parties des Corps contiennent le même excès de Fluide, que quand il n’y en a qu’une pour laquelle cct excès a lieu (c).
- §. XVIII. Il en eft abftdumcnt de même pour la particule t; car, files parties VC & VBfons inégalement [fournies dç Fluide: 6c fi la quantité de Fluide eft en V C , Q -Vq 6c en V B, Q — « : la force avec laquelle la parti* eule / fera attirée eft ----- (d) (§. io.).
- Mais, fi le Fluide fc trouve egalement disper-fé dans tout le Corps, & fi de plus le Corps eft dans un état négatif, il faudra fuppofer que la quantité de Fluide eft Q—« tant dans VC que dans VB: & dans ce cas, la force avec laquelle la particule t eftj attirée, " »R + «R\
- eft =
- Q
- Q
- - (§. 17.) il eft dérechef évident,
- que la particule t eft attirée avec une plus grande force.
- 5. XIX.
- (e) Aefinus §. t8.
- (<i) On fuppofe toujours R' pour la répuliion de la partie la plus éloignée, & R pour celle de la plus pro-
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- »» II. M i M O I 1 E. P- I.
- §. XIX, Or un Corps fera éleéfcrique ou magnétique dans l’un 8t l’autre de ces cas : fa-voir, lorsque fes deux parties font remplies d’une quantité égale ou inégale de Fluide électrique ou magnétique, pour vu que cette quantité confifte en un excès ou en un défaut de la quantité naturelle de ce Corps. Mais, ces lieux états d’un pareil Corps différent beaucoup, en ce que l’un d’eux n’eft pas ausfi durable que l’autre. Car, puisque la particule T' eft plus fortement répouffée lorsque tout le Corps eft pofitif, & que la particule t eft plus fortement attirée, quand tout le Corps- eft négatif, il s’enfuit, que ces deux,états ne peuvent fe foutenir longtems,puisque d’autres particules s’écouleront tout comme la particule T, & qu’il y en a d’autres qui entreront tout comme la particule t, pourvu toutefois que les Corps environnans permettent un paflàge libre aux particules qui entrent, OU qui ibrtent (e).
- §. XX.
- (e) Aepinus §. 17. 18. 19..2,0. Que le. Corps l'oit entièrement pofitif, oit entièrement négatif, ou en parti© pofitif & en partie négatif, cet état ne fera durable dans le fyftèmc dont il s'agit, comme M. M. aepinus & sïkigiehner en conviennent', qu’autant qu’il y aura quelque obftacle à la tendance du Fluide à fe remettre en équilibre ; foit que cet obftacle confifte dans la nature même du Corps, s’il s’âgit de coeicitifs (§. 7.) •
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- Théorie de l'Électricité du Magnétisme. 1%
- $. XX. Lorsque la paitic V C du Corps eft pofitive, & la partie V B négative, les deux forces qui «giflent fur les particules T Sot ne fau-roient s'évanouit à la fois y mais, fi k première eft nulle, la fecoiïdc eft pofiüivc, 6c fi k fécondé' s’évanouit, k première devient'négative : car» puisque q 6c «font des quantités indéterminées, ou pourral'éUr asfigner urie vàïeùr quelconque (a). Suppofons donc, que k force qui agit fur k par* ticuleTfoitnulle, 6cque (§. rq.. )•
- eu «R-îK=o> onmru«=^; eu fubftituant eette valeur dans l’autre formule pour 1a particule t, qui eft, (§..
- N « R. — q R' «R—q R’________
- 15.) y , ou «n -"q- -
- (RR — R'R')v o . t> \ !>'/« v
- 1—oir—: & pmsciue R -R (§• ij)
- «n pourra toujours fouftraire ÿR'R' de ÿRR.
- Supposons' que la force qui agit fur 1a pat-o'
- tant électriques que magnétiques, foit qu'il confite dans dés obftacles extérieurs, comme p: été-Üani l’ilbtemént pour les Corps électriques. J'ai fait quelques réflexions fur la fiabilité de l'état-ma-gnétiqueyfair pUfltif fôiT né^ gatif, fuivant le fyftème de M. AtéPt'NuS"dans la notée du §. 91. de mon Mémoire.
- <«) Aepin-us §. ai. fl efl clair que fi » = *£-â faut que q foit 'n, », puisque R \ R' 5. 13.
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- a4 II-
- e. p. r.
- particule / s’évanouifle, on aura ^ —
- (§. 15.) ou, «R'—qR'==o: par conléqucnC » = (è) j ce qui étanc fubilitué dans la
- formule pour la force de la particule T, a R' — ? R____________(RR' — RR ) 9
- donne —~QR^: or comme R VR' (§. 13.) cette fornuilc donnera toujours une quantité négative. Qn aura donc toujours une quantité pofitive dans le premier cas, une négative dans le fécond, mais jamais une quantité égale à zéro.
- §. XXI- Il cft presque fuperflu de remarquer, que lorsque la force qui agit fur la. particule t eft égale à zéro, la force attraéfcrice de la particule T devient négative ( c) , 8c conféquem-ment, que cette paiticule 8c fes femblablcs font répouflees: 8c qu’au contraire, lorsque la force pour la particule T s’évanouit, la particule oppofée 8c fes femblables font attirées.
- §. XXII. Qu a n d la force, qui agit fur la
- O) Puisque R' \ R (§. 13.) il faut q„'en ce cas 9
- <*> C” : or R \ R' (S.. j.)
- donc la quantité R'R' — RR cft négative.
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- Théorie de VEkElrictlê & du Magnétisme. 1$
- particule T, eft pofitive, celle qui agit fur la particule oppofee t le feraausfi: car, en ce cas, » R'— <j R (§. 14.) fera une quantité pofitive,
- __ fRR-R'R>
- Q
- m R .
- : or, il eft évident que cette quantité eft pofitive (§. 13.) (</)•
- §. XXIII. Quand la force qui agitfiir la particule T eft négative, celle qui agit fur la particule t fera ou pofitive, ou négative, ou „ »R'-yR ,
- nulle: car, en ce cas., -------^..... lera une
- quantité négative, 8c par confisquent uR'Il,
- « n
- CC u \ : foit a = — 2»,
- ou aura, en, fai-
- lli) Aepinus §. 11. pour ce §. & pour le fuivant» Il eft clair qu’on ne fauroit avoir « R' q R, à moins qne«nefoit\ q; car R' “ R( §. 13.) Ce cas n’a donc lieu que lorsque la diminution du Fluide en VB efl: plus grande que fon augmentation dans la partie V C (§. 15.) & par eonféquent à moins que le Corps ne contienne dans fa totalité moins de Fluide éleétriquç' qu’il n’en contenoit dans fon ctat naturel.
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- 2.6 II. M î M 0 I R e. P. ï.
- faifant les fubftitutions rcqüifes ( §. 15O» >R —• <7 R = v R y ? =
- or, comme «peut avoir une valeur quelconque, ôn voit facilement que cette formule peut devenir pofitivc, négative, Sc même égale à zéro {«).
- §. XXIV. On peut faire les memes opérations fur la formule qui exprime la force fur la particule t : qu’on fuppofe que u R—ÿR Ibit une quantité pofitive, on aura u = + m: 8c
- la formule du §. 14. fera JLÜ —
- (RR'—RRlf . *»R# ,h\
- QR Q { h
- (4)-Puisque R n. R'(J. 13.), &«R' \ ? R,rien n'cmpêche que q foit ou ^ ou — ou \ a, & par conféquent le cas peut avoir lieu, quoique le Corps pris dans fa totalité contienne une quantité do Fluide plus grande, ausfi grande, ou plus petite que la quantité na-tuielle, au contraire de ce qui a lieu dans le cas précédent.
- \b) Aepinus S. î3. La réflexion faite dans la note 4 d.i §. prie. a également l;eu ici.
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- Théorie de VÉleSlricUé •£*? du Magnétisme, if
- S f « R. q R' eft, négatif ( e ), on aura,
- «=3 —m ; 8c conféquemment «—
- (RR— RR)* m R' . ,
- q 11 — : or, quoique dans le
- (R'R'-RRlf r. . premier cas , ----q r"" *01t t°uJour3
- line quantité négative,. toute la formule peut cependant être polîtive, ou négative, ou zéro, félon la valeur de m. Mais dans le fécond cas, la formule donne toujours une quantité négative.
- §. XXV- Quoique la force du Fluide contenu dans la partie polîtive foit donc, pour ainli dire, morte, le Fluide peut néammoins être encore attiré dans la partie négative (§, ao: ai.). — Si le Fluide eft attiré dans la partie pofitive, il peut ausfi encore l’ctre dans la négative (§. aa.). Eft-il rcpoullê dans la partie polîtive, il peut être, ou attiré, - ou lépoufle dans la partie négative, ou n’être ni l’un
- (t) En ce cas 9 R' \ «R: or R' \ R (§. i3_)donc 9 «, c. a. d. que l'augmentation du Fluide dans la
- partie V C doit être plus grande que la diminution en V.B, & par conféqucnt que le Corps pris dans fa totas litc doit contenir plus de Fluide qu'il n'en contenoir dans fon état naturel.
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- *8 II.
- e. P. i;
- l’un ni l’autre (§. 13.). De même, fi le Fluide- n’cft ni attire, ni répoufle dans la partie négative, il peut néammoins être répous-fé dans la pofitivc (§. ao. ) : s’il eft repoufle dans la négative, il peut ausfi être repoufle dans la pofitive (§. 44.), & ainfi de fuite.
- O n voit donc que (plufieurs cas pourraient paroitre très - compliqués, & fembler détruire entièrement l’Analogie qu’il s’agit de prouver, quoiqu’ils fbyent néammoins posfibles. Ces cas ont réellement lieu dans l’Electricité Çd). D’ailleurs , tout ce qu’on vient de dire d’un feul Corps , peut ausfi s’appliquer à deux Corps, entre lesquels on en place un troifiè-mc, qui prefente quelque obftacle au paflage du Fluide d’un Corps dans l’autre, ou qui le rend fort difficile (e),
- §. XXVI. Supposons qu’un Corps magnétique par lui-même AH (Fig. 5* ) s fin* divifé en autant de parties qu’on voudra, à condition pourtant, que les parties pofitives & négatives-fe fuivent alternativement, il eft
- (ii) On verra dans le §. 57. pourqMoi ce cas n’a pas lieu pour le Magnétisme.
- (r; Abpinws S. 14.
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- Théorie de VÉlectricité & du Magnétisme, aj
- évident que cet état du Corps ne pourra pas fc foutenir longtems («): mais, comme ce Corps cil p. ex. magnétique par lui - même, il ne permettra pas que le Fluide puilié fe mouvoir librement dans fes pores, pour aller d’une partie poutive dans une négative. Suppofons d’abord que ce Corps foit dans fon état naturel j la particule T du Fluide fera attirée par tout le Corps avec une force A, mais elle fera répouffée par la partie A B du Fluide avec une force R : par B C avec une force R' : par C D avec une force R", ôte. ôc dans ce cas la force attraélrice totale fera A—R—>R'—R" ôcc.
- = o (b).
- §. XXVII- Mais, fi ce Corps parvient à un état, dans lequel il eft pofitif ôt négatif en même temps, ôc fi l’on nomme la quantité naturelle de Fluide dans chaque partie Q ; l’excès de Fluide dans A B, a j fon défaut dans B C, b-, fon excès dans CD, c-, ôcc. la fom-
- ( a ) A caufe de la tendance a l'équilibre, comme fi a été dit §. 19. note b.
- (b) V. pour ce $.&pour le fuivant aepinvs §. a?. On voit que ce cas eft ceiui des Aimans à plufkurs pôles. M. stBiglehner en parlera dans le §. 57• J'en ai touché un mot dans le S. 110. de mon Mémoire,
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- P. I.
- g® II. MÉMOIRE
- me de la force attraftrice totale pour la parti* culc T fera = A - R — R' — R".... — rtR+MV —f R'-f-d/ll"' &c. ,
- ----------Q----------- C. ». d. (S.
- — üR + iR’ —fR"+rf R" r _N
- a6.) = ---------------n-------— CO-
- Si toutes les parties du Corps étoient pofitives, il faudrait rendre tous les termes de la formule négatifs : s’il y avoit quelques parties de pofiti-ves, d’autres négatives, il faudrait rendre les termes de la formule les uns pofitifs, les autres négatifs. Veut-on appliquer la formule à des cas plus Amples, il faut chercher en combien de parties le Corps peut être convenablement divife : la formule contiendra le même nombre de termes : on fera les autres égales à zéro.
- §. XXVIII. Il n’eft donc pas néceiTaire que les Corps ne puiflent être divifés qu’en deux parties. L’Analogie fubfille ausfi pour les cas où le Corps a un plus grand nombre de parties pofitives : comme cela a lieu pour de grands barreaux magnétiques. (d).
- §. XXIX. Ce que j’ai dit jusqu’à prêtent,
- (c) La conftruction de la formule eft la même que pour celle du §. 10. On prend chaque partie fcparé-ment , & on en fait un.e fomme.
- (') Aïpinus $. z6.
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- Théorie de l’Êleïïricité & du Magnétisme. 31
- concerne principalement les forces des Corps fur leur Fluide propre : mais il s’agit d’exami* ner ausfi comment les Corps magnétiques ou éleéfcriques agiifent l’un fur l’autre. Qu’on fuppofc donc ( Fig. 6. ) deux Corps magnétiques ou éleétriques V & W, allez voifins l’un de l’autre pour que leurs forces oppofées puiflent agir, quand les Corps font hors de leur ctat naturel. Il faut confiuérer ici fépare-ment quatre forces. Car, d’abord, la matière propre du Corps V attirera le Fluide magnétique ou éleétïique contenu dans le Corps W avec une force'A. Le Fluide contenu dans le Corps V répouflera le Fluide du Corps W avec une force = R. Secondement, le Fluide contenu dans V attirera la matière du Corps W avec une force = a ou réciproquement : la matière propre du Corps Vagira fur celle du Corps W, foit par attraétion, foit par ré-puliion, avec une force que nous nommerons d’après M. aepinus , x. Or comme les forces oppofées des Corps font, comme l’on fait, égales , le Corps V attirera l’autre Corps W avec la force A—R+ Lorsque les Corps font
- dans leur érat naturel, le Corps V agit, comme l’Expérience le prouve, ausfi peu fur le Fluide du Corps W que fur le fien propre, Sc confcquemment on a A — R=.o: mais, en
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- a e. p. r.
- 33 II. m i M o i
- on a ausfi, conformément à l'Expérience, A —.R + «+ * = o: donc x = — n (e).
- §. XXX. Que la maffc du Corps V foit exprimée par M : celle du Corps W par m : le Fluide contenu dans V par Q, celui du Fluide W par D; il fera d’abord évident que, fi l’on veut exprimer les forces attraétrices ci-, deflus par les memes lettres A 8c a, on aura A = ( a ) : 6c de même a = ,
- conféquemment A: « = MD: » Q; &
- a — or, comme les Corps font dans
- MD
- leur état naturel, on peut convenablement fuppofer MD —»Q (_b~) 6cparconféquent a = A.
- §. XXXI.
- («) Aepinus §. 28. 29.
- (ü) Car, l'aétion totale du Corps V fur le Fluide contenu dans VV eft en raifon direéte de fa propre înas-fe, qui attire le Fluide W, & en raifon inverfe de fon propre Fluide Q, qui repouffe le Fluide W, & conféquemment comme fi. Le même raifonnement a lieu pour l’aétion «du Corps W. On pourrait aüsfi s’y prendre de cette manière. L’action du Corps V fur le Fluide W eft comme la maffe M de ce Corps qui attire ce Fluide, & ja quantité D de ce Fluide qui atrire la rnaife M ; donc elle tft comme MD: de même l’aétion a du Corps W fur le Fluide de V fera m Q : & partant A : «aMD:üQ. (t) Aepinus §. 30. La raifon de l’Equation M
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- Théorie de l'TLleüricitê & du Magnétisme. gç£
- §. XXXI. Puisque A — R = o (§. *9.) & A = R : 4c plus a = — * (§. ap. ) & A = « (§• 3<5.) on «uni A=R=0=—x. D’où il fyit que les matières propres des Corps fc répouflent mutuellement ( r), ce qui eft en quelque forte conforme à la Théorie de M. boscovich (d).
- §• 3».
- MD = i» Q eft la fuppofition de M : m = Q : D ; c. a. d. que les quantités naturelles de Fluide contenu dans les Corps font proportionelles aux malles de ces Corps.
- (c) Aebinus 5- 30. 31. M. aepisüs répond dans le §• 31. à l'objeétion qu'on pourrait lui faire que cette répulfion eft oppofée à l’attraétion Newtoniene. Voici cette reponfe. ,,Je me fuis fatisfait fans beaucoup de ,,difficulté: car comme la répulfion dont j’ai parlé, eft ,, exaélement réduite à rien par le Fluide magnétique ,, ou éleélrique dans les Corps qui en contiennent leur „quantité naturelle, & que les autres aétions, quelles ,, qu'elles foyent, ne font pas troublées par cette répul-,, fion, mais relient exaélement les mêmes que fi elle ,,n’exiftoit pas; il s’enfuit que cette force peut toujours ,,être confidérée comme fi elle n'y étoit pas, à l'ex-„ ception du feul cas dans lequel il s'agit des Phénomènes de l’Éleélricité & du Magnétisme: d'où il refulte „ facilement, que la Gravité univerfelle & l'aitraétioiji ,, Newtonienne peuvent fubfifter quoiqu’on admette une ,, pareille répulfion.”
- (J) V. fon Traité intitulé: Theoria Philofifkiae Natura-lù, ndaSla ad Unicom iegem Vinum, 40. 1757. M. ïos-covich fuppofe (§. 7.) que les premiers jilemens de
- TOME II. £ b
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- « II- MÉMOIR t P. J*
- J $. XXXTÏ. Cf.s Forces font prîtes à nfte diftance dans" laquelle, onnfortnémiSnt à l’Èx* péricrtcCy ces Corps, lorsqu’ils font dans leur état naturel, n’agi (font pas l’un fiir l’autre, 5c dans ces diilarrceS ces Forces doivent être éga-: les fclon ce qu’on vient" de démontrer. ' Or’ comme les Corps dans leur état naturel, n’e-Xcrccnt jamais, à quelque diftance qu’ils fe trouvent, Id moindre action qu’on pùifle attribuer au Magnétisme ou à l’Éleélricité, il s’enfuit que ces Forces font égales entr’elles £ *- quel-
- la matière font des points indivifibles, inétendus, dis-perfés dans le Vuide,& qui-ne fe touchent jamais : üs font doues de certaines forces (§. io. ) qui font ré-pulfives pour" les très-petites diftances & d'aütant pluS que ces diftances diminuent davantage: mais cette forcé s’afFoiblit à mefuré que les diftances augmentent, •jtis-«jii'à devenir nulle à une certaine diftance, qui eft elle-même très-petite: paffé ce point, ces forces deviennent attraélricés, ‘ d’abord en croiffant, puis en décrois-fànt, pour devenir nulles & fe changer derechef en forées répullives, & àinfi alternativement pour pluficurs diftances, mais toujours très - petites, jusqu’à ce que,-lorsqu’on eft parvenu à des diftances un peu plus gran-'-des, ces forces font toujours attraélricés & fenfiblement en raifon inverfe des quartés des diftances. M. bosco-vich fait enfuite §. jn — ;r;. l’application de cet Principes aux Phénomènes de ÏÉleétriCité & du Magnétisme. " ' "• >4.- ' • >t .. ..
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- Théorie de l'Eleélricité & du Magnétisme. 35
- quelque diftance que ce foit. On fait cependant que les Forces réciproques, ou les aélions de ces Forces, changent en même tems que» les diftances: il faut donc que les autres Forces, dont nous avons fait l’énumération, prifes en-femble, changent dans la même proportion : car fans cela on devroit obferver quelque effet de leur part (e).
- §. XXXIII. Que le Corps V foit dans un état poûtif, mais W dans fon état naturel : foit la quantité de Fluide dans V = Q+ q : celle du même Fluide dans W = D : foit la Force avec laquelle le Fluide D attire la matière propre du Corps V (ou en efl: attiré réciproquement) ~ A: & puisqu’on a prouvé ( 44.) que les matières propres des Corps fe répouflènç, & que x repréfcnte une force ré-pullive, foit x = r. Que tout le relie foie comme çi-deflus.
- L a Force avec laquelle le Fluide de V re-poulie le Fluide de W fera = (Q * R‘
- La Force avec laquelle la matière propre du
- (0 Aei
- S. 30. N°. a.
- C 4
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- 86 II- MÉMOIRE. P. du Corps W attife lé Fluide du Corps V fera
- ro + f)«- '
- -T (J—
- Fai*ant une fomme de ces quatre Forçai, on aüra la force totale du Corps V fur le CorpS
- i . fO + cl* ' i W, ou réciproquement) A +
- C2±î12_,=a+«-r-,+^-^:
- & puisque ( $. zç.) A +a — R — r == o : &
- (§. gf. ) æ = R ; la force attia&rÎGC fera dans Ce cas “ o (<i).
- §. XXXIV- Si le Corps V étoit dans un état négatif) il n’y auroit qu’à mettre Q—q au lieu de Q -4- q dans les formules précéden- i tes -, & l’on auroit pour la force attraéfcrice totale, J À+a—R — r ~ °- §§• 3°- j
- §. XXXV. O n doit cette belle découverte, ou du moins fa démonftrâtion, à M.
- Àepinus (£). Un Corps ne fera ni at- i tiré., ;
- () Aepinus §. 32. pour ce §. & le fuivànt.
- () M. aepinus donne' plufieurs éclairciflenieirs fur i ce fujet -dans le $. 33., qui mérite la plus grande attention , & il lé traite en détail dans les §§. 123 - 128., qui contiennent de belles Expériences pour* prouver
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- Théorie de VElectricité 13 du Magnétisme. 37
- tiré, ni repouffé par aucun autre Corps électrique ou magnétique , l'oit poiitif foit négatif, ausfi longtems q’u’il eft dans fon -état naturel. La plupart des Phyficierjs ont longtems. êrû que tout Corps convenable devroit être attiré par un .Corps pofitjf .ou négatif. Mais la Théorie 8c l’Expérience nous enfeignent manifeftement le contraire, Un Corps, quand il. eft danS fort état naturel, 8c qu’on l’approche d’ùn Corps pofitivementou négativement;: éleétrique ou magnétique, devient électrique ou magnétique dès le moment qu’il entre dans dette atmosphère. Delà vient que l’Éleétri-cité
- qu’un Corps devient éleétrique dès qu’il eft dans l’atmosphère d’un Corps éicéirifé, négativement du coté tourné • vers le Corps pofitivem.ent éleélriîé., . pofitive-. ment.dg.l’autte,.à moins que.celui-ci qe foit,en çon-taét avec. un. Corps Çonduéteur : alors tput le Corps devient négatif. On fait que les pôles fe. trouvent dans, une fituation inverfe ft l’on fe fert d'une Éleélriçité négative. Voyez ausfi ce que j’ai dit fur ce, fujet §. zoo. ÿc §. 101, de ma diii'crtation. M'..aepinos rapporta ausfi dans les §5, ijj—.16$. d,es Expériences très-m-génieuiès pour prouver que le F^r p’e(\ attiré par l’Aimant que parcecju’il en reçoit la, vertu magnétique : ce que M- brug^as.s a . ausfi, prouvé de fon coté par de,-q-ès - belles Expériences dans fes Ttmamim Ji MMiriç yiagnitica; pref. 7. ey J2,j
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- s. P. I.
- 38 II. Mémoire
- cité attire très - difficilement un Corps idioé-kétriquc: car ce Corps ne kuroit devenir élec-, trique dès qu’il entre dans cette atmosphère: & fi l’on interpofe un Corps qui rende le pas-Cige du Fluide éleétriqùe très - difficile, ort pourra remarquer à peine quelque aâion de l’Éleâricité.
- • §. XXXVI- J e puis démontrer entr’au-' très par l’Expérience fuivante que le Fer devient magnétique quand on l’approche d’un Aimant à une diftance convenable. Qu’on prenne (•Fig. 7.) un Tube de Verre A B , comme ceux dont on fe feit pour les Thermomètres, garni d’une boule D. Ou introduit dans cette boule la pointe d’une des plus fines Aiguilles à coudre, longue de trois lignes. Si l’on fait mouvoir cette Boule de O en O' au defius d’un bon Aimant, la pointe d’aiguille qu’elle contient acquerra toutes les fituations qu’indique la figure (r). Elle fera perpendieukire en O
- (cj Cette Expérience revient évidemment an même que celle de la limaille qu’on répand fur une glace aa deflous de laquelle il y a un barreau aimanté. On fait que cette limaille s’arrange en courbes qui prennent la même iituation que la pointe de l’Aiguille, ou qu’une Aiguille de Bouffole qu’on promène le long d’un barreau
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- Théorft 4e VÈkttricité & du Magnétisme. 31}
- 6 8c O', là où font les pôles du Barreau : en C, comme à l’Équateur, elle fc tournera entièrement : preuve qu’elle eft devenue une véritable Aiguille aimantée. On fait d’ailleurs-que ie Fer mol eft plus facilement attiré pat l'Aimant que. celui - qui eft trempé: car il permet au Fluide magnétique un paflage plus IL-jj>fe &ç.
- »§. XXXVII. Qu'on fuppofe à préfent les deux Corps foyent dans un état pofi-. tif (d): que la quantité de Fluide électrique, ou magnétique dii Corps Vfoit Q +y : celles 4u Coips W, D +d : comme les forces des, Corps fdnt, de coté 8c d’autre, en proportion, avec leurs mafles> la force, avec .laquelle le. Fluide de V repou-ffe celui de W , où-rccipro-\ <!Q'+fVCD+^,R- „ s
- quement, fera ^4—(O c.
- rpau ajmanté, J’.ai dit quelque choie iur c; les Expériences- '34 ."35'. 36, $. 71- àe mon {d) Akpinus S. 34.
- (e) La répulfion R eft proportionclle à de Fluide (§. 8.): ces quantités font i
- n+i. œmme a y a
- répulfion eft en ;raifor Fluide, elle fera donc
- Mémoire. Ia .quantité
- i agiffent, h. itités de le*.
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- II. MÉMO!
- QP
- R E. P. ï.
- ‘(c»t>3.(^)=R’poug
- la force de rcpullion dans ce cas donne ou fuppofe.
- . D e plus la force avec laquelle le Fluide du Corps W attire la matière propre d© Corpï V.fcn
- L a troifième force, celle avec laquelle la' matière du Corps W attire le Fluide du Corps
- V, fera = '
- . Enfin, les matières propres des deux Corps, qui n’éprouvent pas de changement, fc répoufleront avec la force r:
- O n aura donc la force attra&rice totale des deux Corps dans le cas dont il s’agit, A +«— n ' , A d,t aq QDR+Q</R+fiR.
- . ~ <r q d
- Or, comme A-K a—R—r~ o (§. 19.) ï & A = «=R (§. 30, 31.): on aura, en fai-fant les fubilitutions 6c les réductions requifes ,• la force àftraéfcrice totale == — (/)> ç.j
- (/) Comriie ce calcul, quoique très-fimple, pour-toit arrêter un moment ceux qui ne font pas accoutu-. niés à cette manière de préfenter les objets, ce qui ïTl, malheüreûfement, de nos jours le cas de la pîu-de ceux qui s’occupent de Phÿfique , Si que’nous
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- Théorie dé VEleBricité & du Magnétisme. 41
- a. d. que les Corps, lorsqu’ils font tous deux pofitifs, fe repouflent mutuellement.
- §. XXXVIII. Mais, fi les Corps font dans un état négatif, la quantité de Fluide du Corps V fera Q — q-, celle du Corps W, D — d: & la force attraélrice totale ferà ... ti Ad a q
- A + « _ R _ r _ — - ^ +
- fouhaiterions cependant que le mérite de cet ouvrage fut faili par tous les leéteurs, nous allons développer cette formule. Pour la compofér il faut joindre les quatre parties qui la conftituent, avec le ligne + s’il s'agit d’attraélion, & avec le ligne — s’il s’agit de répullion. Voici ces quatre parties, auxquelles je ne fais d’autre changement, que de faire les multiplications indiquées : Q D R QdR _ <?P R jJR ' D A QP QU QU QD'+
- dA - Qa .1*
- + P + Q + Q
- faifant les divilions indiquées, & ordonnant, <
- A+ « — R — r — C
- R ?R qd R Q Ql5
- ,dAqa + TT+ Q
- fubftituant A pour R dans le 5e terme, (§. 31.) il devient égal au huitième, & ces termes fe détruiront à caufe des lignes contraires, fubftituant a pour R (S. 31.) dans le lixième terme, il fera égal & contraire au der-„ qi R
- nier: relié- donc A+ a ---- R ---- r — Qgt ot*
- „ , qd R
- A + « — R t—1 r =; o : relie donc —» qjj.
- c s
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- 4» II. M. É M O t A E. P. L. .
- f DR + Q^R---?ûfR _ ?^R. „ •; i
- QD — V^’
- que les Corps ie répouflcront tout comme dans
- le cas.précédent .(«).
- J. XXXIX. Les Corps fe répouflênç jdonc lorsqu’ils font entièrement pofitifs ou négatifs , & c’eft ausfi ce que toutes les Expériences éleétriques & magnétiques confirment. Mais,' fuppofons qu’il y en ait dans un des Corps un excès de Fluide au defliis dé la quantité naturelle, St dans l’autre un défaut de Fluide ; le Fluide du Corps y, p. ex. fera Q + q: celle du Corps tV fera D — dy tout, le refte étant comme çi - deflus, on aura pour la force attraétrice totale, A -ha— R—r— Ady_aq {DR — Q^R — ÿ4R_
- U Q QD .
- Les Corps s’jittireronp doiic dans ce
- cas ('b).
- $. XL.
- (4) Aepinus §. 3y. Le Calcul eft le même que pour le §. précédent.
- (i) Aepinus S- 35. Le Calcul fe-fait coinrae pour
- le §. 37. : il n'y a qu'a mettre---d au lieu de -f d.
- Ces Calculs, dont M. aepinus donne un refumé dans, fon §. 36., ne prouvent proprement que l'attraction on la rép'ulfion des Fluides coîttenus dans les Corps", 8c cel-,
- h
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- Théorif de V Éleftrkité & du Magnétisme. 43
- $. XLr On peut faire des applications de; tout ceci, lorsque le Fluide çft uniformément répandu par tout le Corps, 6c que les Corps font entièrement pofitifs ou négatifs (c). On trouve de ces cas pour l’Eleélricité. Mais, iL s’agit ausfi de rechercher ce qui fuivra deî Principes que nom avons établis, lorsque les Corps feroiit en partie pofitifs, 6c en partie négatifs (d).
- §. XLI. Mais il faudra préalablement faire voir quelle force agit fur la particule P’ delà matière propre du Corps (Fig. 4 ). Soit donc un Corps pofitif dans fa partie V C, négatif dans la partie V B : qu’on fe repréfente la particule P-là-où la figure l’indique, & quai cette particule appartienne à la matière propre du Corps. On a démontré çi - deffus (§. a<. ) que
- k: des Corps même feulement pour autant que ceux - ci l'ont obligés de fuivre le mouvement du Fluide qu'ils renferment : voyez la remarque que j'ai faite fur ce fu-ict dans la noté a N°. 3. du §. 134. de mon Mémoire.
- ( c ) Il n'y a pas de cas pareils pour le Magnétisme. Car pour qu'il y en eut, il faudroit qu'il y eut des Ai-raans qui n'ont qu’un Pôle, qui n'euffent que la fe.ule vertu boréale, ou la feule vertu aultrale. Or on veir» dans le §. 57. qu'il ne fauroit y en avoir.
- (d) Aspinbs $ 36.
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- 44 Iî- M É M <
- P. l:
- que cette particule P cft repouflee par ceite matière : mais comme celle-ci eft par tout également dénié,' la force, de répulfion s’évanouit : fi l’on nota me Q+f la quantité du Fluide éle&rique ou magnétique contenue dans la partie V C ; Q—u celle qui cft contenue dans la partie VB, on aura,' puisque A = <2=R=r (§• 310 1* f°rce par laquelle la particule P éft attirée vers V C = C2+l)R. & ja for_n ce par laquelle elle eft attirée vers VB = —‘ ^ : la force totale par laquelle cette
- particule P de la matière propre du Corps tend vers V B, fera donc = (Q—«)R—(Q + y)R Q
- _ R Cf+ a)
- •*--------' q • or, comme cette quantité
- éft négative, il eft évident que là particule F eibàttirée vers V C : mais, on a démontré ǧ. 16.) que la particule P du Fluide eft re-pouflée de la partie V C avec la force IfJlüLÇ-y la première de ces particules eft donc autant attirée vers VC que la fécondé en eft vépous-fée (a).
- § XLII. Sup
- i préfent (Fig.1 ... 8-X
- (a) Abpinus §. 37,
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- Théorie de V Électricité & du Magnétisme. 45
- 8. ) que la partie V C du Corps V foit pofitive, V B négative : quion en approche le Corps li il eft évident que ce Corps peut être, ou pofitif, ou négatif, ou dans fon état naturel. Qu’il fpit d’abord pofitif, & que la quantité de Fluide qu’il contient foit D+</: fi l’on fait dérechef attention aux quatre forces, aux deux attra&rices, & aux deux répulfives ,• & fi l’on fe rappelle que R=r = A (§. 31.) on trouvera que le Corps pofitif I eft attiré par la partie pofitive V C avec la force — (é):
- fi l’on cherche la force avec laquelle il cil ré-poufte par la partie négative V B, on trouve ' ces deux forces produifent la force to» , udK'—qdK _ («R —
- 0 QD Q D '
- §. XLIII. $1 l’on cherche la force avec, la quelle le Corps pofitif K eft attiré par partie négative VB, on aura ^ ^ •' on trouvera de même que ce Corps K eft attiré par la partie pofitive VC avec la force — 8c
- (i) Aepinos §. 38. Le Calcul eft exactement le spême que pour ie §. 37.
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- |6 II. M i M O I R JS. P. I.
- conféqucmment la Force totale Fur le Corps K («R — qK~)d , .
- *F» = QD <'}
- §. XLIV. Sx les Corps I & K étoient î’un’& l’autre dans leur état naturel, il Faudrait faire d=o : ÔC alors on aura ——&
- («R—«tfR'W ,,
- '—"Q D—~ =5 o : un pareil Corps n éprouvera donc aucune aétion dans fon état , naturel. (§• 33- tèqq-) (<0-
- §. XLV. Mais, füppofons que le Corps I foit dans un état négatiF, & que fa quantité de Fluide foit D—d: on aura pour la force avec laquelle il eft attiré vers V C, : il
- Fera attiré vers la partie négative V B, avec la force — : & la force attraârice totale
- («)• •
- §. XLVI. O n trouve de même que le Corps K, lorsqu’il eft négatif, eft attiré vers la partie négative V B par la force — »
- (c) Aepinus §. 38.
- (d) Aepinus §. 39.
- (<) Voyez pour ce §. & pour le fuivant aepinus §. 39.
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- \Théorie de VËliütficiti & du Magnétisme. 47 8c vers la partie pofitive V C avec la fore*
- : 8c conféquemmcnt la force attraétricc
- ,otalc fer, (?R-jR) J.
- §. XLVII. En déterminant les quantités indéterminées q 8c d, comme nous l’avons faiç gi-deflus, ( §. ao. ) on pourra examiner plusieurs cas qui ont lieu pour un' Corps en partie pofitif 8t en partie négatif, 8t trouver comment- ii doit agir. Or, comme nous avons çonfidéré trois états des Corps I 8c K, favoir le pofitif, le négatif, 8c le naturel, 8c qu’il ne fauroity avoir aucune action dans ce dernier cas (§.44.), il fuffira d’examiner les deux
- . _ , . . OR'—Wd
- premiers. Or, les quantités -
- Çu R — q R') d 0_ ( q R — « R ) d _
- ou S U u— * ÔTT-----
- (y R'—ù]R.)d ,,
- 7 q u 1 1 pourront, ou s évanouir, ou
- devenir pofitives ou négatives.
- §. XLVIII. Supposons d’abord («)
- R' — jR=o: les formules
- («R'— qK)d.
- QD
- 8c
- (4) Voyez pour ce §. & ponr les cinq fuivans mué n v s §§. 4*. 41. 41.
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- 46 II. MÉnpm E, P:,Ii
- 8c feront égales à zéro : c. a.
- d. lorsque la partie V C du Corps ne peut pas agir fur le Fluide éleétrique ou magnétique, le Corps I, qu’il foit pofitif ou négatif, n’éprouvera aucune aéfcion.
- §. XLIX. Mais, fi l’on fuppofe que k R'—f R eft une quantité pofitive, on aura #R'\qR,8c(§.aa.)« = •+•«»: confé-
- ( « R' — fRlil _ quemment---qJj----- ~
- (gR — uK) d _ _ m dK Qù QD '
- m d R' QD
- lorsque la partie V C du Corps attire, le Corps qui en eft voifin, fera attiré, s’il eft politif, 8e répouffé, s’il eft négatif (£).
- §. L. Mais, fi «R'—eft une quantité négative (c'), on aura a R' \ q R :
- donc
- (é) On a, tant pour ce cas que pour celui du §. précédent u\ q k cooféquemment la diminution du Fluide dans la partie négative du Corps plus grande que fon augmentation dans la partie pofitive.
- ( «) On pourra dans ce cas avoir q \ ou = ou ^ a & par conféquent l’augmentation du Fluide dans là partie pofitive plus grande, ausfi grande, ou plus petite que fa diminution dans la partie-négative.
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- Théorie de l'Éleftr ici té &? du Magnétisme. 45$
- donc » = — m : Sc fubftituant cette
- quantité dans les deux formules, on aura
- - C«R'—<?RW_ md R'
- QU QD
- (yR—«R'V _ m£R'
- QD QU :
- Il y aura donc une force répulfive dans le premier cas, Sc une force attracbrice dans le fe-
- § LI. S.i l’on s’y prend de la même manière pour les deux autres formules pour le Çorps K, (§ 43--46 ) on aura, lorsque «J .R.—y $/.=?. Q s
- f«R--yR'.)d T
- QU I _ ,
- & C,R--uR^d |
- QD J
- §. LU. Mais, fi«R — ? R' eft une quantité pofitive, on aura
- C« R — q R') d_ m dK
- QD QU *
- QR — »R)fe-mJK QD QD *
- §. un. S.o 1T enfin «R —y R' une quantité négative, on aura
- TOME II. D («..
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-
-
- OR
- - g R*) d __ m JR.
- Ql)
- ’ (d).
- QU
- (? R' — »R)</
- QD r QU
- On voit donc, fans qu’il foit néccflaire d’en avertir, qu’il y a un grand nombre de <ras différais quifont posfibles.
- §. LIV. Considérons enfin le dernier cas O). Qu’il y ait (Fig. 9.) deux Corp^'AC, DE, qui foyent l’un Bc l’autre èn partie pofitifs & en partie négatifs: fuppo-fons, comme çi - delîus, ' que fi ces Corps ëtoient dans leur état naturel, lé Fluide contenu dans la partie A E agiroit fur celui de la partie DE'par la forcé R, & fur celui de là partie EF par la, force aj, que le Fluide de la' partie BC agiroit fur celui de la partie ED par la force R Sç fur celui de la partie EF par la force x. "'Soit de plus la quantité de Fluide de chaque partie A, B & B C = Q, & celle de chacune des partiesDE&EF = D.
- • - Qu’on
- (d) Voyez pour ces trois §§. les notes b & c précédentes, qui font applicables ici: la première aux 5z. • & la fécondé à ce S. 53.
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- Théorie de VEleiïricitc & du Magnétisme. 51
- Qu’on fuppofe encore, que toutes les parties foyent dans un état pofitif, & que l’cxccs du Fluide foit pour AB, a: pour BC, b: pour DE, c pour EF d: en cherchant, comme çi-deffus (£), les forces par lesquelles ces parties agiflent entr’elles, on trouvera que
- la
- '• ( b ) C. a. d. de la mime manière que dans le §. 37.
- Il y a dans l'original. ,, Suppofons---------que le Fluide
- ,, contcna dans la partie AB agirait fur celui de la par-,, tie. DE par la,force R & fur celui de la partie EF 1»par la force R': que le Fluide de la partie B C agi-, roit fur celui de la partie E D par la force x & fur a, celui de la partie EF par la force x': foit de plus 8cc.” 11 eft clair que fi ces premiffes font juftes, il y a de l'erreur dans les expresfions analytiques qui fuirent, & ' ,.,*>• j • y ex • , y c R' 4//r#
- ,1 fandro.1 — ^ au heu de — ^ — -^
- au Heu de —*• comme cela eft évident par la con-
- firu dti on de la formule d'après le §. 37. & de plus par le §. 43. de M, aepinus dont celui-ci eft tiré. Mais oi> ne fauroit fuppofer d'erreur dans la formule, pareequ’elle fe trouve §. 79., que là on en déduit des conféquen-çes : & que d’ailleurs elle eft conforme à celle de M. ae-tirçus. Il y a dons de l'erreur dans les premifies : je les ai corrigées dans le Texte, félon que la formule l'exi-geoit, & que les premifies du §. 43. de M. aepïnus Findiquoient, J’ai ausfi pour plus de clarté indiqué dans h figure par les lettres a, b, c, d,' les excès de Fluide qui conviennent à chacune des pàtties.
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- S2 II «iM.IH M la force de A B fui DE c«=-^ la force dcBC lùr DE eft — —
- Ja force de AB fur EF eft ==— la force de BC fur ÈF eft =—
- En .prenant la fomme des forces de ce» quatre parties, on aura la force, totale* j=î; ^ c(aR + bR'ï — dCax + b x’y ,d-QD
- . S i une ou plufîeiirs parties d’un des Corps, ou des deux Corps, font nçgatives, il n’y aura qu’à faire la valeur de fon excès de Fluide négative dans, la foripule. •
- §. LV. Il s’agit à préfent de confirmer par. Expérience l’Analogie que nous avons é-fablie jusqu’ici. Je n’ai que . faire d’alléguér uniquement dés Expériences nouvelles. 'SI l’Analogie' entre l’Éléétricité &. le Magnétisme eft véritable, elle doit autant être fondée for les principaux Phénomènes déjà connus, que fiir de nouvelles Expériences:* Ceux qui ne pourraient fe fonder fur les Phénomènes les plus connus, ne (auraient démontrer, à rpoti j»vis, l’Analogie dont il eft queftion, ni à beaucoup près. Il s’agit au contraire plûtot do
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- . Théorie de P EliSlricitê & dit Magnétisme. Si
- dé faire volt comment'les Phénorricries connus cirent leur fourcé de Principes analogues.' Peut- on ÿ ajouter en outre quelques Phénomènes ou quelques Expériences fcmblables^ l’Analogie n’en fera que plus frappante. •• Mary fi l’on ne pouvoir, établir cette Analogie que fiir des Expériences fcmblabiesj on n’établi-roit qu’une Analogie imparfaite, reftrcintc, Sc nullement une Analogie pure félon toute l’étendue de la force.. On auroit d’ailleurs au-' tant d’objeétions à efluyer qu’il y: auroit de’ Phénomènes Connus & en apparence diffem-i blables, qu’on ne pourroit pas expliquer par des Principes analogues1. Je me fonderai donc" principalement fur les Phénomènes connus, & parmi ceux - ci, feulement fur les Phénomènes capitaux : afin de ne pas excéder dans une matière fi vafte les bornes d’une diffeitation.
- ' §. LVï. J’avertirai préalablement,'; que s’il s’agit d’examiner l’Électricité d’un-Gorps ou de quelque partie d’un'Corps, je puis faire cet examen au moyen de l’appareil décrit ci-deflus (§. 4.), niais que je m’y prends axtsfi de la manière fuivaiite. Je fais des lames très-minces, d’iïn bois fort tendre, longues de fix pouces ou fix pouces & demie, Sc larges de cinq lignes. J’applique au mi-’ •-.-J D 3 lieu.
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- P. I.
- 54 II. MÉMOIRE
- lieu C (Fig. xo.)üiiechitppe de cuivre, fçmbkb ble à celles des Aiguilles de BoufTole. Je couvre une des moitiés de cette lame, p. e. C B , des deux cotés, d’un ruban de foye blanche * ausfi large que la lame: ce ruban s’étend du milieu E jusqu’en B, où je le replie fur la face inférieure. Il eft attaché en E fur les deux furfaces avec de la gomme, ou de la colle à bouche. Je recouvre l’autre partie A D' de la lame d’un ruban de foye noire : je mets la lame en équilibre fur une pointe bien affilée. Pour éleéfcrifer cette lame, ou, fi je puis m’exprimer ainfi, cette Aiguille ainfi compofée, je la chauffe, & je la frotte entre le pouce & le doigt index, favoir la partie blanche avec une étoffe de foye noire ausfi chauffée, & la partie noire A E avec un papier blanc chauffé. J’acquiers de cette façon des Aiguilles électriques qui ont deux pôles: car, la partie blanche eft pofitive, & la noire négative : la première eft attirée par des Corps négativement éleétriques, êc la fécondé l’eft par des Corps pofitifs. Ces Aiguilles confervent leur Éleélricité pendant quelques heures dans une chambre chaude, & quand elles la perdent on peut la leur rendre-promptement. Elles m’ont été d’un grand fé-. cours dans mes Expériences fur l’Élcétropho-re. Si je ne veux pas employer ces Aiguilles élec-
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- Théorie dè VElectricité £jf dn Magnétisme. 5$
- Électriques, j'examine les Corps au moyen de rubans de foye, l’un blanc & l'autre noir : ces rubans font fimplcs, longs.de douze pu quatorze pouces, larges de quatre ou cinq lignes : je les chauffe un peu fur le Poêle ou autrement * & je les . tire fortement entre le pouce Sc le doigt index : le ruban blanc entre une étoffe de foye noire: le noir, entre un papier blanc, Comme le fait le lavant beccaria (a): pu enfin j’examine la différence des Électricités par celle des Etincelles ; ;
- §. LVII.
- .. (a) V..fon Traité de UleClricitate Vindici Caf. III. §, 37. 38- 39. Voye?. ausfi l.es Expériences ,de M. cign a fur le même fujet Miscel. Taurin. Tome III, p. .43. feq, & celle, que j’ai faite d’après lui §. 137. 138. de moa Mémoire.
- : (i) On fait que plufieurs Phyficiens jugent par la feule figure de l’étincelle qu’on apperçoit, fi le Fluide électrique entre dans un Corps, ou s’il én fort: ils penfent qu’il y entre, fi l’étincelle a la forme d’une petite étoile , & qu'il en fort., fi elle a là forme d’une aigrette. Ç’cft ausfi un des moyens dont M. beccaria s'eft fer-vi (L c.. §. 36.). Mais d’autres Phyficiens,commeM.M.-NOtLKT & b e RG ma, t) N né font pas du même, ayis fur la pertitude de ce jugement.Nous ; n’entrerons ici dans queune discusfion fur ce Tujet: il .fuffit. d>voir indiqué çn peu de mots ce qui eil néceffaire pour l’intelligence du texte. ^ Nous ajouterons cependant que les Expériences de M. heni.ey fur la différence des étincelles, fe-, D 4 loa
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- JII. MÉMOIRE. P. I.
- §. LVII. On demande d’abord pourquoi il n’y a pas d’Aimans qui né poflederit qu’un feul Pôle? Ce Phénomène n’eft-il pas oppo-fé à l’Analogie qu’on veut établir (c) ? 11 cft aifé de déduire dè ce qui a été démontré dans les §§. 16 — a8., qu’il y a des Aimaus qui ont plulîeurs pôles, & l’Expérience le confirme. Si l’on a plufieurs longs barreaux de Fer, & furtout s’il y en a parmi ceux-ci qüi font compofés de différentes parties foudées en-femble, & fi ori les place dans le Méridien Magnétique, & fous l’inclinaifon réquife, il n’y a qu’à promener du haut vers le bas une Aiguille de' b'ousfole : on trouvera facilement les Équateurs aux points où l’Aiguille changé de direétion, 6c par conféquèrit ausfi' lès pôles" (</) .
- Mais,
- Ion que le Fluide électrique paroit entrer dans les Corps ou en fouir, femblent être allez décifives : elles fe trouvent dàné lès' PAiL Trar.f. Vol. LXIV. p. 460. feqq. ££ dans le 6e. Vol. du Jeûnai de P/yfiqui.
- (r) Voyez fur cé fujet aepinus §. 95-- 107. qui à éclairci cette matière par les Expériences les plus ingé-nieufes : on'peut corîful'ter ausfi les $. 195. 8c fuivans dé nia diiïertatioii, où l'on trouve qüelqües unes des Ex, périences de M. aepinus.
- (d) V. la deltas a £ fis us J. 90. 91. 91. St ^-’deS-i'
- fSî
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- Théorie dé VElectricité & du Magnêfisine. 57
- Mais, pour repondre direétcmentil faut remarquer, comme noiis le prouverons par la fuite, qu’il ne s’agit pas dans la communication des forces magnétiques, de communiquer préalablement le Fluide magnétique au Corps qu’on veüt aimanter ; car, la grande difficulté que ce Fluide éprouve dans les pores de l’Ar cier p. ex. ou du Fer trempé, doit néceflai-remerit l’empêcher d’entrer dans ces Corps. Il s’agit plûtot de faire palier ce Fluide d’une partie du Corps dans l’autre. Le Corps contiendra donc autant de Fluide après avoir, été aimanté qu'auparavant (e): or, comme avant ,
- fus §. 26, 27. & note b du §. 16. Les barres dont M. sTKiGiEHNER parle, acquièrent leur force par la lf-tuation feule, c. a. d. par l’aé’tion du grand Aimant ter-reftre: v. ci - deflous §. 90. & note a du §. 76. de mon Mémoire., Mais on peut,egalement .donner plufieurs, .pôles à des barreaux en les aimantant, foit Amplement, foit par la méthode de la double touche (aepinvs ?• aoj — 208.). Je fuis entré dans un très-grand détail d’Expériences fur ce fujet dans mes Recherches fur let Aiguilles aimantées P. V. p. 91. feqq. du Tome VIII. des Mémoires fréfeniés a l'Académie.
- (e) Aepinus §. 93. C’ell fur cette fuppofition,que là difficulté, qUe le Fluide magnétique éprouve à fe mouvoir dans l’Aimant, e'ft trop grande pour qu’il puiffe rien fôrtir du Fluide .qui: y eft contenu, ou y. entrer quelquè Fluide étranger, Sc qu’ainfi la quantité de Fluide magri'é-
- v 5 *
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- §8 ÎI. MÉMOIRE. P. !..
- avant que d’avoir aimahté le Corps, la fohime du Fluide otoit Q + Q ( §. 13. ) elle fera en* corc la môme après cette opération : mais,alors une des parties contient Q + l’autre Q—« :
- il faut donc qu’on ait iQ=aQ + j—»! donc q — u: or, Ci l’on fait les fübftitutions requifes dans la formule du §. 14, ïorce avec laquelle le Fluide eft repouffé dans la partie politive : ainfi que dans la formule f force avec laquelle le même Fluide eft attiré par la partie négative, la première de ces formules deviendra ^ ^ q ^ : & la
- fécondé ^ ^ ,q & conféquemment égales. Or, comme q ne peut jamais être 2=
- ni
- tique eft invariable dans tout Fer, tout Acier, tout Aimant, tout Corps ferrugineux, que font fondés la plupart des Calculs & des explications de M. aepin us, & fingulièrement ceux dont il eft queftion ici. Voyez ce que j’ai dit fur ces fuppoiitions , de la difficulté que le Fluide magnétique éprouveroir à fe mouvoir dans. l’Ai» mant, & de l’invariabilité de la quantité qui y eft contenue* dans mon Mémoire, §. 92. note b : §. 91. note b : §. 91. note f: §. 93. note b : les S. 93. & 94. en entier, & le 5. 196. note b.
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- Théorit de VÈkStricitê &? du Magnétisme. 5$
- ni — 23, ni rt: 2^- 4- m Sec. (/) les ca^ allégués dans les §§. 40 —• 45., ne pourraient jamais avoir lieu pour l’Aimant.
- §. LVIII. Ajoutons encore, que quand nous fuppoferions qu’un Aimant eft entièrement pofitif ou négatif, il Cuivrait néari-moifts des §§. 17. & x8., qu’il ne {aurait con-ferver longtems cet état {g) : Car, la force qui eft contraire à l’état du Corps eft plus grande quand le Corps eft entièrement pofitif, ou négatif, que quand il eft pofitif dans une partie , & négatif dans l’autre §.17.
- §. LIX. Mais, parlons des Phénomènes éleéh-iques : & comme le renforcement de mus-schenbroek (a), ou la Bouteille de Leide, ou le Carreau de franklin, eft un Phénomène qui a fourni beaucoup de fujets de
- (/) Aepinus §. 94.
- (g) V. ce que j'ai dit là-deflus note b du §. 198. de mon Mémoire.
- W Aepinus §. 95.
- • (a) Les Ecrivains Allemands nomment renfoninrins ( Verft:irkxng) iltftnques, tous les moyens pat lesquels oit peut exciter le coup foudroyant, comme la Bouteille de Leide; le carreau du Dr. bevis ou de franklin &c* *
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- $a ïï. Ht é m o i r i. Pi I;
- de méditation aux Phyficiens,. fie caufé beaucoup d’admiration aux ignorans, je crois devoir en expliquer les principaux Phénomènes par la Théorie que j’ai établie ( Je fup-gofe qu’on cpnuoit le Carreiiu d.e franjk-lin; car, ce que je. vais en dire s’applique également aux autres renforcement. . . , . .
- Qu’on eleétrifc le coté CD (Fig. il*), pofitivement : la quantité .de Fluide y devien-.( dra Q -h q (§. izo.\ Dès qu’elle eft Q + y la force attraébrice fur le Fluide contenu dans IK, devient A—R —R'— (.§. aq,),
- ç. a. d. que ce Fluide eft repoufie par la-force • : fi l’on continue l’Éleétniation, fie que -le Fluide commence à s’écouler de ia partie ' IK,.de forte qu’il devienne Q —«, la force, qui agit fur cette partie fera “ — : fie
- plus cette force approche d’être zéro, moins ausfi le Fluide s’échappera abondamment de la-partie I K. Mais, fi cette force devient nulle,'c. a. d. «R — y R' == of rl n’y aura-plus
- (i) Voyez fui- ce §. •& fur les fuivans jusqu’au foi-1 «ante - huitième, aepinus §.44-84. on y trouvera" les recherches théoriques les plus curieufes& des nous selles Expériences infiniment intéreffantes.
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- Théorie de PÉlefiricité du Magnétisme, (js
- plus d’aéfcion fur le Fluide électrique de la partie I K, 8c ^écoulement finira. Or dans ce tas on a, u — • j 8c conféquemment la
- force qui agit fur le Fluide élcétrique de la partie pofitive C D , 8c qui eft (§. ao.) ~~"q ^ ^ deviendra (R R(j~53-2 1 (e).
- §. LX. Plus la quantité £ augmente, c. a. d. plus on continue d’éleétrifer, plus cette force deviendra grande : 8c comme elle eft ré-pulfive (§. 13. ) , elle deviendra enfin fi grande, que l’Air, quoiqu’il foit idioéleétrique, ne pourra lui refifter fufiifamment : mais la matière accumulée commencera à s’échapper, à fe répandre, dans l’Air, 8c dans les Corps eq-vironnans (</)•>• . . . .
- . §. LXF.
- (O Aepinus i. 4S. Selon 1a note 4 du $. 10., il faut qu'en ce cas 1 \ “ > Ç a- d. qu'il doit y être en-' t'ré plus de Fluide dans la partie pofitive qu’il n’en eft fotti de la négative. Si l'on avoir chargé la Bouteille par l'Éleéïricité négative, la formule feroit. *
- (aepxnus. $. 46.) & pour le cas de « R'—y R = o on auroit « X q, c. a,<L qu'il feroit forti plus de Flui-
- Aepinus $. 4S.
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- II. MÉMOIRE. P. I.
- §. LXI. On voit par là, pourquoi unq pareille augmentation de force n’a lieu que jusqu’à un certain degré, & non à l’infini. Nou$ voyçns ausfi que M. franklin a commis une légère erreur. Car il fuppofe qu’on a toujours «=»y, ce qui ne fauroit être (e).
- Nous
- (e) En ellct, nous avons vu dans les potes b 8e c du §. 59. qu'on a? ^ », fi la Bouteille eft chargée par une Éleéfricité pofitive, & « \ q , fi elle l’eft par une Électricité négative. M. ae pin-us eft entré dans de beaux détails & a fait de belles Expériences fur ce fiijet §. 7,3t 81. M. franklin avoit établi que la Bouteille fe charge toujours par fon propre Fluide : qu'elle en cpnferve invariablement la même quantité. Pour confirmer ce point, M. franklin avance qu’un homme ïfolé, qui décharge une Bouteille, devrait- acquérir quelque Électricité, fi le Fluide, qui fort, du crochet- p. ex. de ta Bouteille, n'entroit pas en entier dans le coté (Lei’res 8cc. I. p. 130. §. 41. de la traduction fran-^oife). Niais M. aepinus a fait voir qu’une Bouteille, telle que l’employoit M. franklin, contenoit trop peu. 4’Éleélricité pour pouvoir donner des refultats affinés. Il a fait l’Expérience plus en grand au moyen de planches de bois, couvertes de feuilles d’étain, & féparées par une lame d’Air (qui fait ici l’office du Verre dans le Carreau de revis), & il a trouvé (§. 80.) que s’il déchargeoit, étant ifolé, ce Carreau aerien, la planche ifbléc étant éleélrifée en plus, il acquerroit une Électricité pofitive; mats au contraire une négative fi la planche ifolée étoit électrifée en moins : d’où il déduit que dans
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- J'/iéorie de V Électricité & du Magnétisme. <$g
- fJous voyons ausfi pourquoi une Bouteille fans défaut crève quand on la charge à l’excès: fav-oir lprsque q eft trop grand, 5c l’Air environnant feç, & par-là fortement idioéleétrique. On Voit enfin, pourquoi la Bouteille ne donne p,as de. marques d’Éleéfcricité à la partie négative : car, puisque la force qui agit fur cet-* te partie eft devenue zéro, le Fluide électriv que n’y exercera ni attraétion, ni répulfion (/), §. LXII.
- dans le premier cas on avoit q \ u, & dans le‘fécond \ q , co,mme les formules l'exigent.
- (/) Y oyez ce qui a été dit fur ce fujet dans les §, 116. &; fuivàns de ma diflertation , comme ausfi ae n-kus §. ji. J2.-&J3.: M. aefinus explique ausfipour-quoi lé crochet de la Bouteille , ' quoique réellement plus fortement pofitif qu’il ne le feroit fins ce renforcement, ne donnç cependant que de légers fignes d’ÉleétriCité, & exerce une attraétion plus foible : (v. ces Expér. dans le §. 114. de mon Mémoire): car i°. la force répulfive çft aéluellement— ^ ^ q ^ > plus petite que -—r rr-, qui exprimerait la répulfion s’il n’y avoit pas" de renforcement (5- 10.): & a9, fi la Bouteille agit fur un autre Corps .dont le Fluide -eft D & l’excès», la ré-, pulfion fera qo^ 4*•. &fubftituant pour «, elle fera (§• 59-) * Plus' Peti-
- teque qui aurait lieu fans lé renforcement (§. 39.) Il s’enfuit encore, que l’aétion feroit nulle ou infcnfible.
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- E. P, I.
- <>4 II. M É M .O I R
- §. LXII. Puisque l’armure CD & la furfacc A B du Verre deviennent l’une 5c l’autre pofitives, il s’enfuit qu’il ne faut pas entendre ce que nous venons de dire, uniquement de l’Armure du Carreau, mais ausfi de la, furfacc AB du Verre même (a). Si je prépare un Carreau AB CD (Fig. ia.) de façon qu’on puilîe en enlever facilement,au moyen d’un fil de foye I IC, l’Armure fupétieure EF GH (je fais ces. Armures de feuilles d’E-tain) l’Armure donnera ausfi bien que la fur-face du Carreau, des marques d’Éleétricité, 6c de la même Eleétricité. Car, quoique le Futide éleètriquc fe meuve difficilement dans les pores du Verre* cette difficulté n’eft cependant pas infinie, mais feulement fort grande : elle eft même plus petite que celle que lo Fluide magnétique éprouve dans le Fer trempé, ou dans l’Acier.
- §. LXIII. Si l’4rmure éléétrique CD
- '(Fig-
- fi R'— R — o ou très-petit, c. a. d. fi l’efpace qui fepare la partie pofitive & la négative eft très'-petit, & c'eft de là que M. AEPiNus explique ( §. 54-- 65.) les curieiaj Phénomènes du Souffre fondu dans des vafes de métal &C. dont j'ai parlé dans mon Mémorie §. 204.
- (a) V. aepinvs S. 47.
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- Théorie de VÉleüricitê & du Magnétisme. 65
- (Fig. jtï.) étoit feule, & qu’on l’élcéfcrilat pofitïvement p. ex.', la force répulfive du Fluide électrique fcj-oit (§. 10. ) = ;
- mais, fi l’on y applique le Carreau , la même fpreefera —fi ~ ? R (§. 59.). Or on demande en quel cas cette force peut devenir la plus grande? On fait que, quand la force éleétrique eft ^ pour le coté pofi-
- tif, elle eû -
- Q
- pour le coté négatif
- IK (§. 4a. 43.). Qu’on fuppofe «R—jR' == o & conféquemment u = on aura
- par
- u R' — y R _ (R'R' — RR) g &
- QR
- conféqitent la force répulfivé pour le coté C D fera = C^R ~ R R ) ? On fait de plus que cette force efE à fon maximum, lorsqu’elle peut vaincre la réfiftance de l’Air, & produire un écoulement réel (§. 60.). On conçoit aüsfi facilement que cette force dépend de la quantité q : fuppofons donc que q foit réellement à fon maximum, & qu’il foit alors égal à g : on auroit pour le cas, où l’on ne confi-dère que l’Armure feule,la force = : mais
- foit 2=2. pour celui où, l’on employé le
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- <5(5 II. MÉMOIRE. P. I,
- Carreau : quand il fera à fon maximum les deux forces feront égales, puisqu’elles vainquent la même refiilance (b): on aura donc:
- ^ = CRRQlf K~ conféquent
- îRR
- Rk-R'R' ' gRR
- RR-fll'R'
- Q
- mais on a aétuellement
- ^ g (f): donc
- la plus grande force répulfive eft donc de clia? que coté plus confidérable quand on employé le Carreau de fbînkun, que quand ou çxcite l’Éleétricité fans renforcement.
- §. LXIV. O n voit avec la même facilité, pourquoi la Bouteille de Leidc, & l'inftru-ment qui lui efe analogue, fourniffent im ren-
- for*
- (_t) Savoir la refiilance de l’Air, qui s’oppofe à l'é-eoulement du Fluide $. 45.
- (e) Il y a dans le Texte » Mais \ G t
- C’eft furement une faute d’impresfion, comme il y en avait encore dans les expresfions analytiques de ce §.
- des précédens, qui fàutoient aux yeux. La marche du Calcul indiauoit vifiblement la correction, qui d'ailleurs eft évidente par la comparaifon de cette formule à celle du §. 48 de aepinus, dont ce §. 63. eft tiré : j'ai ajouté ausfi pour plus de clarté, donc ^ ^ g.
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- Tlior'e de VFieüricitè du Magnétisme.
- forcement convciv.il le. Tout •ci eft coifor-me à l’Expérience. Je me fuis fait faire cinq cilindres creux de carton : ils ont quinze pouces & demi de hauteur -, leur diamètre eft de dix pouces. Ils font couverts de papicj- doré & font de très bons Conduétcurs : cependant je ne faurois produire par leur moyen une Electricité ausfi force qu’avec une Bouteille de Lei-de de fept mefures (a).
- §. LXV. L e maximum de la force électrique fera d’autant plus confidérable, que dans la formule —du §. 63., la quantité RR—R R' approchera plus d’être égale à zéro, c. a. d. lorsque R' approchera plus de l’égalité avec R. C’eft ce qui eft facile d’effectuer, en diminuant ladiftancc des armures, c. a. d. en prenant un Verre mince (b). Cette doctrine Cft conforme à l’ex-pé-
- (a) V. ce que j’ai dit fur h maffe & le volume des Condufleurs dans le §. igz., & la note e fur ce §, de mon Mémoire. On peut ausfi éprouver la commotion fans Bouteille fi la force de l’Éleélricité eft allez grande : v. §. 103. note a de mon Mémoire, & confite aus# a e pi n u s §. 69 — 74.
- (é) V. AEPINÜS §. 50.
- E a
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- <58 U. M é m o i a e. />. I.
- périence. J’ai prépare une Bouteille de plus de quinze mefurés: lé Verre en eft épais , de deux lignes, & l’effet fi mauvais & fi foiblej 'que je ne puis guères m’en fervir (ç). j
- §. LXVI. Ôn voit ausfi par les formules précédentes, fans qu’il foit belbin d’en aver* tir, pourquoi la Machine éleéh'iqu.e ne fc charge pas' fi facilement au plus haut degré auquel elle peut être chargée, lorsqu’on y ajoute une Bouteille de, Lgide, que fans celle-ci:, pourquoi là 'commotion eft beaucoup plus fort.e àv'ec un renforcement,que fans cela &c. &c. (d).-
- §. LXVII. Si l’on vouloit objeéter, que puisque le Carreau de Verre devient ausfi électrique, comme je l’ai dit §: 6a., on-devroit éprouver la commotion, même après avoir <)té les feuilles d!Étain, ou l’Armure, on n’â -qu’à fe rappeller (§. 6; )- qu’en"établiffant en. -ce cas une communication entre les furfaces. pofitive .6c.négatj.ve,. au...moyen d’mi fil de
- Carreau éleétrique d'un Verre trop épais. Mm. A Amie de Suède. Tome XX. p. 2.40. feqq. de la 'traf allemande. ' '
- <i) Aepinü
- js 5. 49.
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- mctal,
- de la fur&ce pofe>'c > P“SÏIC ‘'cllc 4 nuéc de fou Armure (»)• . .
- ; LXVIH. Ib P» befoin que je
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- plus que fufifamment conny^ 1 a
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- conftatee par,... • :r: 3 r. Aimant plu-
- riences, on. peut appliquer
- ricnces, 1 Thé0rie. Mais, dira-t-on,
- comme 1a Boutem dk danS
- clt facile d'expliquer par qui fe
- s 81- si., qui «pïq“'*u,<1 V,
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- ^ “i'ê'maùi» » «»“•, * **A
- rrs."
- tièm dc mon Mémoire f. i°°-sote 4 du §. I3®-
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- P. I.
- 70 II. MÉMOIRE le §. 57. (b). Le Fluide magnétique fe nient beaucoup plus difficilement dans l’Acier & dans le Fer trempé, que le Fluide éleétrique ne fe meut dans le Verre: c’eft pourquoi les particules du Fluide magnétique qui font à la furface, ne peuvent pasfe débarrafler des porcs de l’Acierj & celles qui font fituées plus profondément dans le Corps le pourroient encore bien moins.
- §. LXIX. Nous avons encore une autre Phénomène analogue, favoir que l’Aimant perd fa force par le laps du temps, à moins qu’on ne la confervepar art (r). Je pofféde entr’autres un Aimant, qui portoit il y a dix ans neuf livres & demie: comme je l’ai négligé. depuis ce tems, il ne porte plus à peine que
- (4) Aepinus §. 89. Il ne fe fait pas de décharge de l'Aimant, dit-il, par la même raifon qu'il ne s’en fait pas du Carreau éleétrique fi on touche les deux ftjrfaces après en avoir préalablement oté les armures, Voyez ce que j'ai dit fur ce fujet note c du $. 115. de mon Mêle) Voyez aepinus §. 86. & ce que j’ai dit fur ce fujet dans mon Mémoire note a du $. 90. : note e du. S. 93. & note b du §. 98.
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- Théorie de VElcUricité 6? du Magnétisme. 71
- que cinq livres. Ce fait fuit de ce que j’ai dit çi-dcfïiis §. 16.: car, j’y ai démontré qu’il y a une force qui' agit lans celle lur le Fluide magnétique, 8c qui le pouffe de la partie pofi-tive dans la négative: qui (§. 14, 15.) le fait fortir de lapofitive, 8c l’attire dans la négative. Or, le Phénomène’en queftion prouve que ces forces ne font pas fans effet.. Il ne faut donc pas s’en étonner: mais on en doit plutôt conclure, que la difficulté, avec laquelle le Fluide magnétique fe meut dans l’Acier 8c dans le Fer trempé, n’eft pas infinie, mais feulement très-grande ($. 6a. ), 8c que toute forte de Fer ne peut pas acquérir un même degré de Magnétisme: Car, plus la difficulté, avec laquelle le Fluide magnétique fe meut dans le Fer, eft petite,plus ausfi ce Fluide paffera promptement de la partie pofitive dans la négative, 8c plus la force magnétique fe perdra promptement.
- §. LXX. C e que je viens de dire en der • nier lieu pourroit être confirmé par plufieurs Expériences. C’en eft une fort connue, que lorsqu’on fuspend à un Aimant un anneau de Fer mol, celui-ci en foutient un fécond, le fécond un troifième &c. jusqu’à un certain
- E 4
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- 7* H. M K M O' I R E. P. I.
- nombre (d). Cêtfe même Théorie m’enfer-gne ausfi comment je puis poiter àr leur maximum les barreaux magnétiques, ou tout autre Aimant, que je veux faire. Je fuppofé préalablement qu’on connoilTc la méthode d’aimanter les barreaux. J’en dirai encore un mot dans la fuite (§. 84.). Je repète l’opération, jusqu’à ce que l'Aimant que je eonftmis, porte un'poids qu’il ne peut foutenir que pendant deux ou trois fécondés. Je fais alois qu’il a autant de force qu’il en peut pofleder. l’Expérience électrique analogue confifte en ce que la Bouteille de Leide commence à fournir d’elle-même un écoulement de Fluide, lorsqu’elle a. acquis fon degré de faturation: mais,: on doit fuppofer ici que l’Air foit fcc : que l’Ar-mu-
- (<i) C’eft un Phénomène très-connu, & qui eft dû à la force magnétique, que tous ces anneaux acquièrent , le premier de l’Aimant : le fécond du premier, le troifième du fécond &c., forces qui deviennent de plus en plus ibibies.' M.aêpinvs a’ décrit dans fon §; 87. une belle- Expérience pour prouver que le Fer acquiert par le fimple contaét la force plus abondamment que l’Acier, mais ausfi qu’il la perd beaucoup plus promptement. Voyez ausfi une Expérience fur ce fujet dans ma" dijfenation fur un Paradoxe magnétique §. 35. Exp. ij, comparée aux §* 33. Exp. 6. 7. 8.
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- Théorie de P Electricité & du Magnétisme. 7$
- mure n’ait ni pointes,ni angles (é) 8cc. C’eft par un ti cs - grand nombre de pareilles Expériences qu’on peut démontrer la Théorie que nous avons propofée, 6c par conféquent l’Analogie dont il eft queltion.
- §. LXXI. Comme l’Éleétrophore eft uïi des inftrumens électriques les plus recens, je crois devoir montrer en peu de mots comment on en peut expliquer les Phénomènes, au moyen des Principes que nous avons établis çi-defliis (a) : mais je décrirai préalablement un de mes Éleétrophores. Il confifte (Fig. 13.) en trois parties. i°. En tin plat d’Étain A B, garni dé quatre anneaux pour l’ifoler au moyen de fils de foye: a°. .en un gateau de Refine CD, que je puis oter du plat par des fils de foye:
- eiï-
- (e) Car fi l’Air étoit humide il feroit un Conducteur Si attirèrent le Fluide é'eétrique ( aepinus §. 88.) : on fait ausfi combien facilement ce Fluide s'échappe par les Angles, par les pointes, &c. qui par conféquent Otent l'ifolement de la Bouteille.
- («) J’ai dit dans le §. 104. de mon Mémoire, & dans la note d fur ce §., quel eft le genre de Phénomènes auquel je rapporte les Éleétrophores, & j’y ai allégué les Expériences de M. aepinus qui me parois-, lent s’y rcduiie.
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- P, 1.
- 74 II. MÉMOIRE
- enfin 30. en un chapeau (b) ou Cortduéfccur E G, qui n’eft qu’un plateau de métal, pourvu au milieu d’un manche 1 pour pouvoir l’isoler- Je puis de cette manière examiner cha-que pièce féparément, pour déterminer quel efl: le genre d'Êleéfcricité qu’elle poflede. Je prends le gateau de Refine, je le pofe fur une table, 8c je le frotte plufieurs fois avec une . f peau de chat: il acquiert alors l’Éleétricité né- i
- gative : il repoufle le ruban de foye noire E, |
- même de loin, & attire le ruban blanc F avec. 1 tant de force, que, fi je le tiens librement au deflbus du gateau de Refine, il s’élève entiè* 1 rement 8c fe tient dans une fituation perpendi- l culaire.
- S- LXXII. J’e mploïe alors un chapeau particulier OP (Fig. 14. 15.), auquel j’a- | dapte un appareil PQ. J’applique par des Cordons de foye fur le gateau de Refine, cet appareil, qui eft de métal, 8c qui préfenteunepla- | que ovale Q S : il devient négativement élec-
- (4) J’ai cru pouvoir employer ce terme pour deiigner le plateau de métal qu’on pofe fut le gateau d’un Élec-tropliore, puisque M. sigavd de la fond l’a employé dans ce fcns, p. 144. de fon. F.JJai fur les différmtn tjfices S Air.
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- Théorie de V Éle&ricité du Magnétisme. 75
- trique. Mais, fi je touche le chapeau du doigt, ou avec un Corps idioélcétriquc, il y liait une étincelle entre le chapeau, 6c le Corps qui le touche : la matière éleétrique fort de ce Corps pour entrer dans le chapeau, ce qui eft aifé de conclure de l’Etoile («), qu’on voit quand on applique le chapeau avec l'appareil Y furie gateau(Fig. 16.). Ausfilongtems qu’on laisfe le chapeau appliqué fur le gateau, après l’avoir touché une fois, il ne donne plus de lignes d’Eleétricité: mais, fi on l’ote au moyen de fils de foye, il fera -pofitivement éleétrique j il repouflera le ruban de foye blanche } ou fi l’on y applique l’appareil Y ( Fig. 16.) il en fortira de fa pointe une longue aigrette de feu. Si l’on pofc le chapeau fur le gateau de Refiftë de façon qu’il touche en même temps un Corps anéleétrique ; ou fi le gateau eft dans fon plat ordinaire AB (Fig. 14.) & qu’on y applique le chapeau de façon qu’il touche ce plat inférieur, il fe trouvera éleétrique lorsqu’on l’élèvera, même fans autre attouchement.
- §. LXXIII. Tels font, que je fâche, les
- (<-) V. çi-deffus la
- h du $. 5 6.
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- ?6 II. MÉMOIRE. P.t.
- les principaux Phénomènes de I1 ElcÀrophore j ceux donc toutes les Expériences que j’ai faites avec cet inilrument tirent leur fourcc, 8c qu’on doit expliquer par les Principes même que j’ai établis dans.ce Mémoire, à moins défaire unê exception intolérable. J’ai ausfi aile-gué ces Expériences, parce que je crois qu’elles pourront paroitre nouvelles à quelques Pcr-fonnes qui ne s’en font pas encore occupées au moins je ne les ai vues ni lues nulle part telles que je les ai décrites, & faites. Je vais-faire voir à préfent comment on peut explique* ces Phénomènes par les Principes que j’ai établis (d). •„ .
- 5- LXXIV.
- (A) C’eft d'après les mêmes Principes de 'M. M. franklin & aepinus que M..KRAFFT a donné une ' Théorie coinplette des Éleélrophores dans le premier Volume des Alla Pe.ropoütam pour 1777. p. 154.' feqq. on y trouve ausfi une defcfiption- du prodigieux Éleétro-phore que l’Impératrice-de Rusftè a' fait conftruire. Oa peut également corifulter le Mémoire de M. * n s housz. fut le même fujet inféré dans les PAU. Trois. Vol. > 68. p. 1010. M. Sisaud de la fond, en a dqnné un extrait dans ton Précis Aiftcrique fur Us PAénm'cncs clsliri-ques p. 690. feqq. Il ne fe peut rien de plus exaét ni de plus lumineux qu« le Mémoire que l’Abbé hemmer a publié fur l'Éleéhophore dans le 4e. Vol. des M‘m.. Ac l'Acai. de Manhimi p. 94. Au telle les Ëleélrophores font a«s
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- Théorie 4e F Électricité & dp Magnétisme. 77
- §. LXXIV. O n fait que le Souffre 2c les Corps refineux deviennent négativement électriques , lorsqu’on les frotte avec une peau de lievre ou de chat. M. du fa y, à qui l’on eft proprement redevable de ces deux Élcdriv cités oppoféeSj & dont on trouve les favans écrits 'dans les Mémoires de F Académie des Sciences de Paris, pour les Années 1733-' 2c fuiv. jusqu’en'1737., penfoit à la vérité, que la Refine pôfféde une Éledricité différente dè Celle du Verre : mais, puis qu’un feul 2c même Corps peut acquérir les deux Électricités, il ne faut plus fe laifler induire en erreur par cette hypothèfe (_d*\). Je remarquerai feulement encore, que le Souffre 2c la Refine deviennent en général négativement éledriques .à un degré confidérable quand on les frotte avec une peau de chat. C’cfl cc dont la forte attradion du ruban blanc (§. 71.) fournit; une preuve évidente/
- 5. LXXV. I. J’ai fait voir (§ ia.) qu’un .Corps négativement électrique attife le - Flui-
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- IL
- IRE. P. I.
- Fluide, qui en eft voilîn, avec la force $ . or, comme q efl fort grand dans l’Éleétro-phore (§. 74.)3 ü nc & peut pas que le Fluide contenu dans le chapeau ne foit attiré vers la Refine, & conféquemment que le chapeau lui-même ne devienne négativement éleétrique -, ce qui eft le premier Phénomène.
- II. Il n’cft pas probable que ce: Fluide attiré entre tout de fuite dans le Souffre ou dans ,1e Refine, mais il s’arrêtera plutôt entre la Refine mn &C le chapeau MN (Fig. 17.): car, comme la Refine eft un Corps idioéleétri-.que, le Fluide éleétrique n’y pénètre qu’avec beaucoup de difficulté (§. 6. )j de là , lorsqu’on ne laiffe pas le chapeau allez -lôngterrts •fur le gateau, il ne donne aucun ligne d’É-leétricitéi car . il a retiré à foi le Fluide qui s’arrêtoit à la fa furface inférieure MN, & qui eft ausfi attirée par fa partie négative, 8c conféquemment il fe trouve dérechef dans fon état naturel. Mais, fi* j’applique le doigt, ou un autre Corps anéleétrique à ce chapeau , placé fur rtleélrophore, il y aura deux forces attraétrices qui agiffent fur le Fluide éleétrique du doigt : l’une, le chapeau devenu négatif : l’autre le gateau de Souffre. Si nous nommons D, R quantité naturelle de Fluide contenu dans la par-
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- Théorie de l'Eleflricité & dit Magnétisme. 79
- fie ftipérieure du chapeau 5 d le défaut de Fini* de ;.DK quantité naturelle de Fluide contenu dans 1r partie ou à la l'urface inferieure du mâ* jne chapeau : .fon excès d : Q la quantité na* turelle de Fluide dy gateau: q fon défaut: ort aura la force attraélrice totale = ^ ^
- !-h- («,).; or, comme R n’eft jamais égal
- à R' (§. 13.), la force d’attraftion fera plus grande en employant le chapeau, qu’en né cev*
- (e) La furface inférieure du Chapeau ell confidérée ici comme-pofltive, A cawfe'du Fluide qui s’arrête entre cette-furface & le gateau, comme.il vient d'être dit. Cela pofë il n’y a qu’à recourir à la formule ^ du §. 14., & y faire q — u—tl, parce qu’on fuppofe ici l’excès du Fluide égal à fon défaut, & qu'on exprime l'un & l’autre par d : il faut ausli fubllituer D- aii lieu de Q & l’on aura ^ ^ ^ pour l'aétion du chapeau : formule dans laquelle R exprime l’aélion do la furface fupérieure, R' celle de l’infçrieure. Il faut y ajouter l’aélion du gateau, qui fera ( §. ii.) ^q~> en fubilituant dans la forjnule du §. 11. R" au lieu de R, à caufe que le chapeau agit encore à une plus grande di-ftance que la furface inférieure du chapeau dont i’àélidn eft déjà exprimée par R'. .En. ajoutant enfemble ces deux parties,. on aura l’aélion totale' fut le Fluide du doigt^ ou du Corps qu’on préfente au chapeau, .favoir (R •— R'1 . 7 R"
- D Q ‘
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- $9 II. M i M O I R p. P. I;
- l’employant pas. Il doit ausfi y pafler une' Certaine quantité de matière éleétrique du doigt qtii touche le chapeau, dans le chapeau même : lavoir autant que la force attra&rice de la Refine lé permet, & jusqu’à ce que ce chapeau'foit parvenu à fon état naturel ; ç’.eft 1$ fécond Phénomène.
- T III. Puisque'il y a autant de matière attirée par l’attouchement, que le chapeau en requiert daps fon état.naturel, ou qu’il en peut contenir (N°. II.), & que le relie eft attiré .yers la furface de la Refine (N°. I ), il ne fauroit y naître dérechef une étincelle par un attouchement répété : car la Refinc a attiré vers fa furface autant de matière qu’elle l’a pu, & le chapeau eft dans fon état naturel. C’eft le troifième Phénomène.
- IV. Lorsqu’on ote le chapeau, qui eft, comme on vient de le dire, dans fon état naturel, le Fluide, qui fe trouve entre la fur-fàce inférieure du chapeau, & la fupérieurè de la Refine, ne fauroit ni s’arrêter dans l’ Air, qui eft un Corps idioéleélrique, ni entrer dans la Refine : il faut donc qu’il foit entraîné avec le chapeau, & conféquemment, qu’il mette celui-ci dans un état pofitif. Ce qui eft le quatrième Phénomène.'
- V- Si l’Air n’ètoit pas un Corps idioélec-trique, on ne feroit pas obligé de toucher le cha-
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- THorit de PÈleiïriciti du Magnétisme. Ç; '
- çfrapcau ? & 4e lui rendre l’Électricité dont i| a été privé par le Souffre, ou la Refine: car, la force attractrice de la Refine, & de la fur-face fupérieure du chapeau açtireroit, jusqu’à faturité, le Fluide éleétrique de l’Air, IVJais ce Fluide éprouve autant de difficulté à fortir de 11 Air, qu’à y entrer -, & c’eft par cette raifon qu’il eft hefoin d’un autre Corps pour communiquer le Fluide éleétrique : & tel eft , au défaut du doigt, ou d’un autre Corps ané-leétrique, le plat inférieur quand celui-ci n’eft pas idioéleétrique : ce qui eft le dernieç phénomène.
- §. LXXV-I. O n comprend à préfeot fa7 cilement pourquoi ces Phénomènes doivent avoir lieu ausfi Couvent, & aysfi longtems, que le gateau de Souffre eft négativement élec; trique, pourvu qu’on priye toujours le char peau de fbn Éleétficité pofitiye en le retirant, afin qu’il puiffe devenir dérechef négatif quand on le remet. Il eft clair ausfi, que le plat inférieur n’eft pas une partie effentiellc de l’Çlcc.-trophore, puisque j lai fait plufieurs de mqs expériences fans l’employer. On voit enfin avec la même facilité que ceux, qui. pejifeqt qu’il faut appuier fortement le qhapeau çou-TOMK II. ' ' ' F‘
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- ti ri. m i
- M O t il B, P. i,
- tre te gâteau de Refîne, fe trompent beau*' coup &c. &c,
- 5. LXXVII. Je poürrbis encore parler do là grande force attraétrice de l’Éleétropho* fe (_/), de la fphêre d’a&ivité, de fon renfeY» tenant, ou comment on peut, par le feul at* touchement du doigt, charger) pofitivement ou négativement une Bouteille de Leide qu’on pofe fur le chapeau : alléguer encore une çou* pie de douzaine d’autres Expériences, mon* trer enfin comment ces Phénomènes fuivent des mêmes Principes, par lesquels je démon* tre l’Analogie des forces électriques & magnétiques. Mais je crains d’être déjà entré dans, trop de détails fur ces Expériences. Je referve donc çeci pour une autre occafion, dans la-t quelle je traiterai ausfi des Eleétrophores co* Jiiques, que je fais de grands verres à boire >6tc. : mais il me fiiffit d’avoir démontré que J’Éleétrophore ne trouble en aucune manière l’Analogie qu’il y a entre les deux forces fus* mentionnées; qu’il n’exige aucun Principe 'nouveau 8c étranger. -—- On ne peut pas à là
- (/) V, çi - àeflous $. 98,
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- Théorie dèd'ÉieStriclté 6? du Magnétisme. 83
- la vérité foire de femblablcs Expériences avec l’Aimant, mais cela provient de ce que nouî ne pouvons pas avoir d’Aimans à un feul Pôle ( §• 57- ) » ce qui a lieu pour l’ÉleCtricité.
- §. LXXVIIÏ. Nous avons montré dans le §. 57. pourquoi il n’y a pas d’Aimans à un feul Pôle : on peut également demander pourquoi on n’a pas de Corps électriques qui ayent deux Pôles? Il n’y a qu’à fe rappcller, que les Phénomènes électriques doivent néceflairc-ment être plus nombreux, puisque le Fluide éleétrique eft attiré par tous les Corps ( §. 4 L Il s’enfuit facilement,, ainfi que des Principe* pofés ci-deflùs pour démontrer l’Analogie des deux Forces, que ce Phénomène n’efl: pas généralement posfible pour les Corps électriques comme il l’eft pour l’Aimant. En fécond lieu, nous avons ausfi des Corps éleCtriques, qui ont les deux pôles. Le Carreau de fr -vnk-x.iN, la Bouteille de Leide, &, en général, les renforcemens de musschenbroek, que font-ils, fi non des Corps pourvus de deux pôles éleCtriques? La Tourmaline, fit plu-ficurs autres pierres précieufes, rendues électriques par la chaleur, n’ont-elles pas en tout temps deux pôles éleCtriques oppo-F a les ?
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- 84 II. MÉMOIRE. P. I,
- fés (<*)? On peut même dite avec vérité, qu’en général, on ne produit jamais une Elec^ tjricité pofitive, de quelque, façon qu’elle puis-fc nai.tre, fans qu'on en -ptodiufc, -ou qu’il eq naifle, en même tems, une négative (b~)i pelaeft ausfi peu posfible qu’il l’eft, que l’e-fpace A foit rempli, fans que-l’efpace B foit yuidé en même tems, ou qu’ill’ait été auparavant. ....: •. , . .. . , . ; v
- §. LXX1X. Il nousrefte encore à expliquer pourquoi les pôles de - même nom dan?
- Aimant, & les Éleéfcr-icités. de même nom', fè repouffent - de loin, mais s’attirent dç près Les Phyficiens en donnent ordi--r ; • : -j-v i ». » • Uai,i
- (a) Voyez ce que j!ai-dit fur cefujet dans le §. iw>;
- de ma Diflertation. h . ....... ,
- (b) Voyez ce .que j’ai dit fur ce fujet dans les §§B 198, 104. & 105. de ma DifTertation. ; .
- ; (c) M. Aepinds1 explique dans fon fécond Chapitre tout ce qui a rapport aux attrapions & aux répudions éleétriques.& magnétiques ; & il. eit.entré dans des-détails très-iméreflaps à,tops égards. Confultez.ausfi ce que j’ai dit furce fqjct. dans les &. I49 ,.150,151, de ma Diflertation , dans le §. 134. note a dans laquelle j'ai expofé un doute, fi les formules femblables pour lés attrapions 8des répulfions magnétiques & élefltiques ; fuft-
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- Théorie de l'Electricité fi? du Magnétisme, èg
- naircmerit cet’tè raifon, qu'on trouye três-rà-' fement des pôles de même nom, ou des Corpï-fiomologues, qui ayent une force attraéfcricet ou répulfive égale i 8c que c’eft à caufe de celsr ijjue.la répulfioq fe change, en attraction. Cet-; te caufe e(t bonne.) mais, comme elle ne fuf--fit pas, on eh peut trouver une autre en dé" terminant la-formule du §. -.54. Qu’on fup* pofç qq.’il y .ait deux Corps .AC & Dlj1. fFigj 9.) dans un état pofitif: que la quan-' tité naturelle dû Fluide eri A C Toit dQ: ert DFy aD : qu’elle foit augmentée en AC do y, en D F de quand ces Corps s approchent les deux Fluides fe repoüffent: dans AC,une’ partie du Fluide ëft chaffce' de A B dans B C & de même de DE en EF. Que là portion.; qhairéeen BC foit C: celle.quieft repoulTée? en .EF, E: fuppofons encore'qu’on ait dans la dite formule; ; .• -.. ç ,
- c= i- i — È (d)
- — s + E
- a-h- C;
- b — y + C : Q;;,
- - Or,
- fcoiept pçur établir , une apalogie entre les deux, forces.
- { i ) On prend ici — j, pareeque l'augmentation de
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- t6 IL JÆ K M O I R E. P. I.
- Or, plus l’exçcs q ou S cil grand, 6c la di-ftance des deux Corps petite, plus ausli la força
- Fluide pour tout le Corps A C étant q, elle n’eft que ij ; pour fa moitié. Il y a dans l’original c = ~ 3— E : • i -=3 “E : <ta E : é =3 rf + E 8t
- enfuite E\“?,C\~d, E'^-d'î.ouC'^-V: fi, E\ -j, fi C ^ i. & fi E \ “ ? &; C \ “ d : il eft clair que ce font des fautes d’impres-fion, & que ces Expresfions algébriques ( d’ailleurs foutes très vicieufement imprimées dans ce §. de l’ori-nal), doivent être telles que je les ai rétablies dans le texte : car, l'auteur fe fert ici de la formule du 5. 54. : il faut donc que les mêmes chofes foyent défignées par lès''mêmes lettres. Or il eft clair , que c 8c S appartiennent au Corps IJ F : « 8c 5 au Corps AC: ainfi on ne fauroit avoir c = q — E mais il faut c es — d — E : a = ~q — C 8c non a =: ~ e. — C: on ne fauroit avoir ausfi E V “ q mais il faut E \ —
- S : cela faute aux yeux. Pour plus de clarté j’ai exprimé dans la figure par des lettres S & q à quels Corps ces excès de Fluide appartiennent : 8c j’ai fubftitué S au lieu de l’excès d, pour ne pas employer dans le même calcul la lettre d en deux fens différens : l’un pouf exprimer l’excès de Fluide dans le Corps D F avant qu’il s’approche de AC, excès que je nomme S: 8c i’aujrc
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- Théorie de l'ËlcRpdté £5? du Magnétisme.
- Ce fera g^ndci Sç çonféquemment, C & E le f^roqt ausfi. On conçoit ausfi facilement que lorsque q cft fort grand, 8cla diftance la même, C doit être foit grand : que quand
- 5 l’eft, & qnô la diftance refte la même, E> doit être fort:granft.ausfi: que par cqnfçquenç il peut facilement y avoir des.cas dans lesquels Ç..V .JS ? OU..3É V p ^ OU dans lesquels çeq deux cas ont lieu à la fois. Mais, ay?fi long-5 tefflgjuq G \ p î ou E ^ i î, ou que
- S. ont lieu à laJois , la formule don** | négative, 8c indiquera unç force ré*' mais, ,fi l’on fiippofe -C \ L S, .1» f . r cCaR+bR:)^ d(ax + bx'y
- formule fet'a•iS".".,..; %... 1 *
- 6 ii C \ J* f » dn aura
- r («R h R' ) + d(a x -* b x- ).
- QD
- «*C V f f Sc E V i. s, on aura
- \<iR'-'*&CO- On
- ... , v. .. .. Voit
- l'çxcès i qu’il' contient réellement avant d’avoir été *p* proçhé du dit Corps ; ‘,8c qui eft le d employé dans la formule du J4. & de celui-ci.
- ; (#) Ce $, revient au §. 119. dç M. abpihus pour l’Électricité 8c aux J. 175-182,. pour l’Aimant, à l'égal^ F 4 d“
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- ÎT. te’ i ti 6 i r J
- voit facilement que tout dépend ici des grandeurs E 6c C : car, lorsque q[ \ C & >~ 5 ^ E , « & c ne ftibiront aucun change-inent dans la" formule. ' Mais, puisque les ré-piilfions augmentent quand là diftance dimi-' nue, C 6c E augmenteront ausfi, & indiqueront , par le renverfement de la formule, que les forces répulfives fe changent en attraftri-ces (/>• ;
- §. LXXXi
- w—--------—-------------------
- du quel ce iPhyficien confidèréles Aimans n'oÿ'rwmme ciitièremént pôfîtife:éu négatifs, mais comfce eh'partie politifs , en partie^ négatifs. ..
- • (/) On- fait -que- la’-- répulfion magnétique fe chafige quelquêfbis en attraélion dans le contaét ou près dp contact. M. a e pin us a fait une expérience dans la vue de prouver 1S même chôfc pour l'Éleétridité. J'en ai fait mention' S. iji. de mon Mémoire: mais il peut
- être dputeuxfi ce. changement ne provieht pas /au-.coip traire dé ce que5 M. striglehneb. pàroit vouloir déduire de la Tftsbiiel.de. M. À.iejnu s , dTun change-! ment réel d'éleélricité, c. a. d. de-ce que celle d’un des deux Corps, qui étoient tous deux pofitifs, ou tous deux négatifs, tfexjem négative ou poûtive de poütive ou négative quelle étçit. V. §. rji. notes d, t de mon Mémoire. Au rèiie jé fuis fûr que c'elf le cas qui a lieit' pour l'Aimant (;&& §;' 149, 1 jo. ). Il eil d'autres cas où la Théorie deM. aepinus fur les attrapions & répulitons magnétiques 8c élePriques né paroit pas fuffifante. Elle laiffe' indécis p. ex. s'il y 'a attraPfon où répulfion, OS
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- Théorie de l'EliBricité dù Magnétisme. 8$
- $. LXXX. U n des Phénomènes les phis réelles de l’Aimant c’cft la communication de là force : car il la comniuniqùe fans rien perdre de la fienne propre, & fouvent même il femble devenir plus fort par ' cette libéralité (a). Mais dérechef, ce Phénomène ne trouble pas les Principes par lesquels on peut démontrer l’Analogie.
- Supposons (b) que l’Aimant A C (Fig'.' 9.) touche l’Acier DF, & que A B foit la partie pofitive. On fait que le Fluide magnétique,, 4ui étoitf auparavant uniformément répandu dans l’Acier D E',’ eft repouffé par lb Fluide contenu dans AB (Fig- 14.) defoite qu’il doit s’enfuir de DE dans EF : & cëtte répulfiôn doit durer jusqu’à ce que le Fluidè én E foit enfin autant repouffé par le Fluide qui fe trouve en EF que par celui de AB.
- L’A-
- ou aucune aélion dntre dqu'x ,Corps, dont l'un eft polir tif & l'autre négatif:. (§. 136-143. pour l'Kleâricité: 5. 149- 159. pour l’Aimant & le Fer: §. 172., 173- P°ut d’eux Aimans : ) tandis que l'Expérience ne laifle aucun doute fur-ce fujet.
- (a) M. aepinvs a traité cette matière en détail dans fon Chapitre troifîème qui eft peut-être le traité le plus intéreffant, &, quand aux faits & aux Expériences , le plus complet, que nous ayons fur ce fttjët,
- (t) Aepinvï. §.103 - §. 207.
- Fî
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- $r>. II. m i w o j « e. p. I.
- 1/Acier acquerra donc fon pôle négatif en P E. Mais, comme le Fluide magnétique .qui fe trouve en A B cit attiré par la partie dP E (§• 45 ) 5 il peut facilement arriver que la .partie AB ne devienne non. feulement pas •plus foible, tarais même plus fort;e: car cette jKtraétion de D E doit faire que le Fluide de A C tende encore plus vers A 2 & comme il ne peut pas fqftir du Corps, vu la grande .difficulté qu’il éprouve à s’en détacher.(§. 6-)t la force fera augmentée en A. Si la partie AB étoit négative, ou auroit un effet p»-* r.rcil, mais inverfe Çc),
- §. LXXXI. Aussi quand je defire d’aug-mentor la force d’un Aimant, j’y fuspend un poids qu’il cft en état de foutepir (d): au jjout de quelque teras j'y ajoute encore un petit poids : j’en fais autant une fécondé & une troifîème fois, & je trouve que l’effet eft entièrement conforme à la Théorie. Un Aimant, qui portoit au commencement fix livres &
- (O Ashnbs J. zo8. Confultei ausil ce que j’ai dit fur ce fujet §. loo. note d du §. ioo. $. J9i*. êç note a du §. içi*. de mon Mémoire.
- (<O AePINU* §i IQÿ. - §. llî,
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- Théorh ieJÈhOridti£? du-Magnétisme. 9* $c demie , augmenta en force de quelques on* çes.CO.
- §. LXXXII. L a difficulté que le Fluide éprouve àpaffer d’un Corps coercitif dans un autre,'n’qft, pas à beaucoup, près ausfi grande pour l’Éie&ricité que pour le Magnétisme. Il çft donc ausfi posfible d’oter à un Corps fa force , fuvtput quand on y applique un Corps anélectrique. Mais on peut ausfi faire fur i’Éleéïricité quelques Expériences femblables, qui prouvent qu’un Corps peut communiquer cette force à un autre, fans rien perdre de la fienne. •(/)• Qu’on applique avec de la cira fiir le chapeau d’un éleéfrophore quelques fils minces de foye D (Fig. 18-), & qu’on tienne ce chapeau à la diftance de deux ou trois pou-, ces d’une, bouteille de Leide médiocre. Si l’on tient le doigt en D, on verra que le chapeau eft çle&rique, car les fils, de foye s’élèveront fur le champ, & s’inclineront vers le doigt. Qu’on répété'cette Expérience vingt . ou
- (e) Ceci revient à ce que j’ai dit §§. 161. & 135. de mon Mémoire, que l'Aimant augmente la force par la
- (/) Voye$ ffiv ce fujet §, t8i -199. de mon re, Si les notes fur ces §5.
- Mémoi*.
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- II. M É M 0 I à E. P. i.
- ôü trente fois, lefuccès en fera le même. Jé pourrais indiquer encore d’autres Expérience^ pareilles. —
- §. LXXXIII. On peut expliquer l’Armure éleétrique par les Principes établis ci? deflus, & leur vérité en eft confirmée (§. 59.; fêqq.). Mais, la même choie a-t-elle lieu pour l’Armure de l’Aimant (a)? Je vais repondre à cette Qucftion. Soit (Fig. 19, no.) un Aimant E C, dont A G foit le pôle pofi-tif,. & AF le pôle négatif: qu’on applique, ^u pôle- pofitif une Armufe Kl G. On a démontré §. 8o;, que le Fluide magnétique, qui fe trouve dans cette Aile, êft repoufle: de la partie IK, &, comme il ne peut pas fe détacher du Fer, il fera condenfé dans la partie inférieure GI, & il ÿ produira un pôle pofitifi Ceci à également lieu, mais d’une manière invetfe, pouf la pai'tie AF: car, le Fluide-de. l’Aile ML fera attiré par le- pôle négatif AF, hors de la partie M N : le pied MN deviendra donc négatif -, & MN & GI feront deux pôles.
- Si
- (4) Aepinus §. 213-117. J’ai fait quelques rej; flexions fur cette explication de.M. *epxnus dans 1« $. 112. de mon Mémoire, note e.
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- Thtorip. de l'EleSlricifé & du Magnétisme. 93
- . Si les Ailes n’étoient pas appliquées à l’Aimant , & qu’on approchât de celui-ci un morceau de Fer- GI, il en rcfulteroit d’abord que le Fluide en B & en C agiroit fur le Fer GI à quelque diftance: & a0, qu’il ne pourroit agir que latéralement} deux cir-conftances qui- affoibliffent lq force magnétique comme toute autre force (£). Si l’Aile K IG p. ex. étoit de Fer dur, le Fluide ne pourroit pas s’y mouvoir ausfi facilement, ni ptre fi facilement repouffé vers GI, §c pompé de MN (§. 6-). Il eft donc préférable que l’Armure foit faite de Fer mol. Ce Phénomène s’explique donc très - naturellement par les Principes d’Analogie que nous avons établis, & ces Principes en font par confé-qucnt confirmés. -
- §. LXXXIV. Ces mêmes Principes font encore confirmés par la' manière dont 011 communique la force magnétique, à l’Acier j>. ex. (c). Suppofons qu’on prenne deux
- ' Ài-
- <i) Aepinvs §. 117.
- (O L’auteur traite ici-de la double touche, fans par-1er préalablement du frottement fitnple par un feul bar-feau. M. AEPiNtiS a expliqué ce cas dans foii $. n8.; explication, fur laquelle j’ai fait quelques remarques dans la note t du §. 199. de mon Mémoire. , y : :
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- 94 II. MÉMOIRE. P. I.
- Aimans A Sc B (Fig. ai.). Que le pôle pofitif foit B, le négatif A. Il éft clair, que chaque particule / du Fluide magnétique de l’Acier, laquelle fe rrouve entre les deux pôles des Aimans, doit être très-fortement attirée: car elle eft autant attirée par le pôle négatif A que repouffée par le pôle pofitif B, fi nous luppofons d’ailleurs que les forces des deux pôles font égales. Si l’on meut les deux Aimans A & B vers C, le Fluide magnétique fera ausfi attiré & poufic vers G. En répétant fouvent cette opération, & conduisant les deux Aimans félon toute la longueur du Barreau CD, l’effet en fera phis confidé-rable. On ramène à la vérité toujours les deux Aimans vers D, mais le Fluide magnétique n’en eft que mieux excité, & d’autant plus finement conduit vers C, & le barreau d’Aeier acquiert d’autant plus de force. On voit facilement que le pôle pofitif C du barreau doit fe trouver à la fin de l’opération en C & le négatif en D (a).
- §. LXXXV.
- (<j) L’explication de cette méthode fe trouve en dé-' tail dans les §. 12p. &<fuivans de l’ouvrage de M. ab-pinvs.
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- Théorie de l'KleBrlcité du Magnétisme, çg.
- §. LXXXV. L’expérience a confirmé les avantages de cette Méthode d’aimanter: M. M. MICHELL & CANTON l’ont employée les premiers, 8c elle eft devenue' fi générale que tous les artiftes l’ont approuvée. On la nomme la méthode de la double touche. M. aepinus l’a encore perfeétion-néc (b). Au refte, on voit facilement qu’un Aimant, en forme de Fer achevai, fait ici le même effet. Il faut chercher ailleurs les nom-breufes méthodes de faire des barreaux aimantés en employant des Aimans. On les trouvera furtout dans les Mémoires de l'Académie de Paris, pour les Années 1713, 1760, 8£ 1751. (c). Mais toutes ces méthodes s’expliquent, que je fâche, très-naturellement pat les
- [b) La perfection que M. aepinus u donnée a cette méthode confifte en ce qu'il approche les extrémités intérieures des barreaux l’une de l’autre, & non les fu» périeures comme le fait le Doéteur michell v. §, 155. M. antheaume a trouvé vers le même tems une Méthode femblable, & M. aepinus lui accorde même la priorité. V. Mm. fur les Aimons artificiels far M. antheaume, Pcterslovg 1760. 40.
- (c) Les Mémoires de l'Académie de Paris pour 1713. contiennenf les Expériences de M. reaumur fur la facilité avec laquelle le Fer & l'Acwe-s’aimantent fans toucher d'Aimant. Le Volume pour 1760. ne contient rien fur le fujet en queftion, M. de ia lande a donné
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- ^ II, MÉMOIRE. P. I.
- les Principes que nous avons établis çi-des-fos: elles les confirment donc unanimement, qinfi que l’Analogie que nous en avons déduite.
- §. LXXXVI- La communication des for-çes eleétriques fe fait de la môme manière : la partie pofitive d’un Corps éleétrique repouflç le Fluide éleétrique contenu dans un Corps voifin : mais, comme tous les Corps anélec-triques fourniflent un libre paflage à ce Fluide, & que leur nombre eft très - grand, çe Fluide pénétré en outre dans la plupart; des Corps, fe répand dans tous les Corps anéleétriques avec lesquels le premier communique , & comme nous né poffédons aucun Corps idioélectrique, dans lequel le Fluide électrique fe meut ausfi difficilement, que le fait le Fluide magnétique dans les Corps coercitifs,
- :: ’ 4
- né dans le Volume pour 1761. p. 211. une expofition fuednte de la Méthode de M. an rheaume pour aimanter des barreaux d'Acier fans employer d'Aimant': mais il vaut mieux recourir au Mémoire de l’auteur meme , cité dans la note précédente. On trouve tin détail întérelTant & allez complet de toutes l.és méthodes d'aimanter, dans ia belle préface que le P. rivoike a ajoutée à fa traduétion dit Traité des Aimons artificiels {or le Dr. miche il.
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- théorie de PÉfeStricité & du Magnétisme. 97
- ü y pâlie ordinairement une tirs-grande quantité dé Fluide électrique des Corps iclioélee-triques dans Ici anélêCtnqùcs ( d).
- $. LXX^vil. Dis o n s encore un mot de la direction & de l’inclinaifon des Corps magnétiques fcc éleCttiqués. Soit ( Fig. 22. )‘ Üne Aiguille magnétique, infiniment petite? DEF, placée dans la fphère d’aCtivité dé l’Aimant BAC, de manière qu’çlle acquière la fituation de ta ligne droite D G. Qiie le centre E de cettè Aiguille s’avance d’une quantité infiniment petite y Sc qu’il parvienne en I. Comme l’Aiguillé a actuellement une autre fituation pat rapport à l’Aimant BÂC, fori {>ole F S’approchera de la partie attraCtrice de l’Aimant^ St l’Aiguille acqiiierra la fituation Fl IK, de forte que cette direction fera celle de la droite £L , & fera avec D G un angle infiniment petit. Si le centre de l’Aiguille continue à s’avancer encore d’une partie infiniment petite, Sc parvient én N, cette Ai-....................................... guilp.
- (d) Aepinv.s S. 195-105. J'ai «aminé dans les
- 181-184. de mon Mémoire, & dans les notes fur. «s SS. fi l'on peut dire qu'il y-a de l’Analogie entjc l'Éleétricité Sc l’Aimant eu égard à la manière de co®-muniquer c'es forces par le Sottement.
- •dàtdÈ rr. G
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- £8 II. Mi M 0 I R K. P. î.
- guillc acquierra, parla force de l’Aimant, la fituation M N O, qui coïncide avec la ligne. Ml?, laquelle fait avec KL un angle infiniment petit. Or, comme la mênle chofe a lieu de l’autre coté B A de l’Aimant BAC, le centre d’une pareille Aiguille parcourra tout autour de l’Aimant une courbe EINO, fur les Tangentes de laquelle l’Aiguille s’arrêtera toujours (a).
- $. LXXXVIII. Personne n’a pu déterminer jusqu’ici, que je fâche, les propriétés de cette courbe, & il n’eft pas posfible de le faire ausfi longtems qu’on ignore la loi ou la fonction de la force attraCtrice de l’Aimant & de l’Electricité. Il faut donc le contente? uniquement d* Expériences & d’Obfervations. Àusfi voyons nous que la limaille répandue fur un Aimant, ou fur une glace, ou fur un papier qui recouvrent l’Aimant, forme par fes diver-fes directions une courbe autour de l’Aimant. Or, comme j’ai démontré (§. 8o. ), que le Fer devient un véritable Aimant, dans le voi-finage d’un Aimant, on peut confidérer tou? tes les particules de la limaille comme dés Ai-guil*-
- (*) Aesinos S. 181-309. furtout 5. 19?.
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- Théorie de- l'ÊkÜïicitê & dit Magnétisme. 9$
- gitUlés aimantées, '& leur appliquer ce qui a été démontré dans le §. précédent (i).
- i. LXXXïX. L’blectRtctfi pré* fente'des Phénomènes pareils, & on peut les expliquer par les mêmes caufes : qu’oh prenne le ruban de fôye, ou l’Aiguille éleélriquej que nous avons décrite çi-deffus ($. 56.), & qu’on les fàfle mouvoir tout autour d’un ga-i teau de Souffre ou de Refine d’un Eleétropho* re: le ruban pofitif, ou la partie pofitive dé l’Aiguille fe dirigera toujours vers le centre dd gateàu (/). Si l’on produit, d’après Mi franklin, une vapeur de Refine fêché autour d’üne boule de métal éleftrifée, on obtient à peu près le même effet que lors*
- (4) Cette courbe eft femblable à celle que trace une Aiguille mue autour d’un Aimant. On peut voir dan* ht Mémoires Ht l'Académie de Berlin, Tome XXVI, l’eflai extrèmément Ingénieux & élégant de feu M. iameïkt pour déterminer la nature de cette courbe: v. ausfi aï-«nos §. igg-5. 309.
- (c) V. dans l’ouvrage de M. aéUniis 5. 193-5. 195. l’Expérience, qu’il a faite fur la direétion qu’affectent les Corps éleétrifés : je l’ai repétée 5. 119- de mon Mémoire.
- G a
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- ,800. II. M i M O I R *. P. i. qu’on répand de la limaille autour d’un As* mant naturel arrondi ôcc. Ôcc. ( </).
- 5. XC. Je penfe donc que la Déclinaifon & l’Inclinailbn de l’Aiguille aimantée, qui préfentent tant de difficultés en phyfique, ne font que ce que nous voyons dans les Expériences : (avoir ÿ que le globe terreftre doit être confidéré comme un Aimant immenfe, mais foible: ou, pour parler d’une manière plus précife ,que le Créateur a placé dans le Noyau de notre Terre un Aimant immenfe, ou tout autre Corps qui tient lieu d’Aimant (<r). Qu’on ne me demande pas par quelle caufe piéchanique le Fluide magnétique eft pouffé d’une des parties de cet Aimant univerfel dans l’autre, ou quel a été le but du Créateur en pla-
- (et) Voyelles Lelirti de fKanklin p. tfi. $. 46. de far Tradtnftion ; zt. Lettre de l’original. Il paroit d’après les Expériences de M. lichtbneerg (Kofi Comment. Gottingenf. Vol. VIII. & Commentatiàn. Gotfîngonfts Toi. I. on Journal itfkyfano T. XV. p. 17.) & celles du Prince de sailxtzin (Mémoire, Je tAcad. de Bruxellù p. 17.) <Jue les Électricités pofitive & négative dispo-ferit diacune les Corps fur lesquels elles’ agirent félon des directions qui leur font propres.
- (O Ab pin us S. 188. 28$.
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- Théorie de rèleélricité £j? du Magnétisme, ioï
- çant un pareil Noyau magnétique dans notre globe (/) : car j’avoue franchement mon ignorance fur ce fiijet: j’en fuis ausfi peu in-ftruit que de la caufe pour laquelle les Planètes fe meuvent autour du Soleil d’occident en orient, ou pour laquelle Jupiter a quatre fa-tellites, & la Terre n’en a qu’un feul 8cc. 8cc.
- 5’. XCI. Il me paroit au moins certain, que, fi nous confidérons la carte de déclinaifon que M. halley a publiée, 8c qui fe trouve dans les Effais de Phyfique de M. mus-s c h e n b r o e k , 8c mieux encore dans le Traité de Navigation de M. bouguer («), fujet fur lequel M. euler a compofé un (avant Mémoire, imprimé parmi ceux de l’A-.
- ca-
- (/) Aepinus §• 190. 8e çi-deffous J. j6Ç.
- (4) On trouve fur cette carte les lignçs pour 1709. en rouge , 8c ce)le pour 1744. en noir , ce qui fait qu'on peut fe fornjer tout d'un coup une idée diAipéte du changement de la Déçlinaifon. i-es Auteurs la «»rte pour 1744.» M- M. MOUN TAINE & BODI0S, CB ont publiée une nouvelle, pour 1756. M. burn » publié il y a fix ans un Atlas entier de ce? fortes d« Çartes ; qn en trpuve une pour 1770. faite d'après les t>V<;rvations, & plufieurs autres pour le fiecle fuivant faites d'après la Théorie. L’exécution de cet Atks eft d'un? beauté extraordinaire.
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- foj. II. M i M 0 I R B.; -\ps I» •
- «demie de Berlin po,ur l’année..1757.. (h');, & fi nous méditons les Ayantes, diffcrtariws
- • que l’Académie de Paris a c.oùrorçnéfs en 1743* * ^744, 2e 1746 CO > fi WflS:Ç9?Ç#W, djff je toutes }es obfqr.yatiops,conwes §t tante? Içp çonjeftwes.» il.i$fî|païiait jqqrtgft^ qjue nousflç trouverons à la ,w d’autre rqfultat que celuiy ci, que les dire&ions de l’Aiguille aimantée en diffiévçns joints de la Tçpre, ont une très* ‘grande reffemblance avec les 4irp0ÿ,Qi>s. qji’ac^ quierp une Aiguille W autour, d’un AiU'aq'î: immobile. Mais, cet Aimant univerfçl a* fcyft un mouvement particulier? Le Fluide qu’il, contient paffe-t-il peu à peu d’une partie
- . ______________________________dans
- (b) TomXIII.;M. euler explique les courbes--tic déclinaifon au moyen d'un Noyau magnétique doué dç deux Pôles. En 1766. M. euler a fait (Toffle XXIJi,) quelques correélions à fçs calculs en y admettant un nouvel Élemeût, favoir que le Centre ' magnétique nç
- • tombe pas. au milieu de l'axe du Noyau. Ces deux - Mémoires de M.- sole R répandent un très - grand jour fur cette matière, & font voir qu'il çft inutile de re-' courir aux quatre pôles d’h a lie y , qui enfupppfoit deui(
- fixes, & deux mobiles (p/iil. Tranf. N°. 191. p. 564) M. scarell* a fait depuis ce'tems quelques reclter-ches fur ce fujet dans l’hypothèfe des quatre pôles. Dt Magutc, Tome II.
- (f ) Imprimées daps le Tome V. des Mémoires qui 01« 'importé les Prix de l'Académie.
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- Théorie de T Elcftrlcilê & du 'Magnétisme. 103
- dans l’autre, ou* éft-il uniformément diftri-bué dans chaque partie ? Ce font là des point» dont on ne fauroît rien dire avec exactitude. Mais on pourra conclure de ce que je dirai çi-deflous ( §. 170. )Tur le même fujet, qu’il y a dans ce Fluide un changement périôdique1 (d).
- §. XCII. La Force élcétrique eft ausfi étendue que la Forcé magnétique: elle fe trou ve, tout comme celle - ci, dans tous les endroits de la furface de la Terre : mais elle relide de plus dans tous les Corps. Par ce que tous les Corps qu’on a pu examiner jusqu’ici font doués de péfanteur, tous les Phyfîciens affirment que les Corps qu’on n’a encore pù examiner font ausfi péfans : & ils ont raifon : niais l’examen même ne donne cépendant'pas la péfanteur à cés Corps. -Si lès ôîféaux vè-loïent conftamment à une certaine diftànce de la Terre, ils feroient cependant encore péfahif: donc la lune ausfi eft péfante: & la ftatiqüb jioùs enfeignç que cela a réellement lieu: 8c que
- ,(rf) Voyev ce que .j’ai dit fur le. fujet des chai)ge-; tçens généraux de dédjnuifon dans pjes: ffdurtku.fur l?i
- .:4is»jius ÏÙ'fHi». 3-.ffi.noytihwbaft'
- k> 310. ' 1
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- ï'ojj. H. M B y O 1t R E. &. J.
- jjuc même elle pcfe fur la T erre : donc tous les fatellites pèfent fur leqrs planètes principales: cclles;ci fvjr le <01611: donc tout le fyftèr jne de l’univers pèfe fur un point. îjTe peut-pn donc pas raifonner ainfi par Analogie? Tous les Corps qu’on a pu examiner jusqu’iqi font éleétriquês, ou par eux - mêmes, on non-par eux-mêmes : donc tous ceux que nous ne pouvons pas examiner font ausfi électriques : donc l’jOÏfeau qui vole dans le lointain eft électrique: donc la ïque eft éleéti'iquc : donc tous les fatellites, toutes les planètes principales., tous les Corps de 1’,univers font éleétriques. -7-' pombien la Force électrique doit- elle donc être étendue dans l’univers ?
- Ç. XCIII. JL a Lune n’cft - elle pas un .Çlprps analogue à notre Terre? Sans doute. • Sa ftméture extérieure eft, autant qu’on a pu l’examiner jusqu’ici, fort femblalple à celle 4,®. la Ts?r$r Si je coqnois la ftruéture int£-çieqçç d’un Mouton, n’joferai - je pas çn conclure , que celle d’un autre Mouton eft la même? Sûrement: 8c cette conclufion eft déduite de la feule figure extérieure. Ke poür-»ai-je pas égaléniïnt" çonclu.re de la ftruCture intérieure dç’la Terre à celle de là lune? Ea $me ne'fera-1 - elle donc pas ausfi douçç d’une
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- Tiéorit àt rEJeRricité & du Magnétisme, toj
- Force magnétique1? Les autres Planètes tant principales que fécondaires ne le feront - elles pas ausfi? Toute la grande Machine du Monde ne le fera-tr elle pas ? Quelle univerfalité de Force magnétique dans le Monde ! Quelle reflemblance entre la Force magnétique 8t la Force éleétrique!
- $. LCIV. I l fuit de ce que nous avons, dit dansiles §§. 89. & 90. , qu’il ne faut confi-dèrer la direftion 6c l’inclinaifon magnétiques que comme un Phénomène fécondaire, 8c non comme un Phénomène capital : car elles tirent leur origine, de la force attraélrice, dçnt j’ai parlé en détail, Il n’y a dpijc .pas de. quoi s’étonner qu’un barreau d.e Fer. devient magnétique de foi même, furtout lors qu’il eft.tout-né vers un pôle de l’Aimant terreftre univer-(fei, & rpêrriè yeçs le pôle le plus yoifin (a). Car de même que cet Aimant agit fur l’Aiguille, en lui donnant l’-inclinaifon 8c la ci-reftion, il agit ausfi fur le Fluide du barreau, quand on tourne le barreau vers lui, 8c le rend par confequçnt magnétique, comme je l’ai dé-
- («) V. ce que j'ai dit fur ce fujet f. 74» 75. 76> & Uiote a du J. j6. de (non Mémoire.
- G 5
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- r ï.
- $06 II. M B M 0 I jà dit fouvent. De même, un barreau de mc< rai devient électrique, quand on le tourne pap A pointe vers un plateau de Verre .éleétrifé, un gateau de poix ou de Refîne ou «ri Nuage éleCtrique.
- §. XCV. Il y a encore «n très - grand nombre de Phénomènes éleftriques & magnétiques, qu’on peut expliquer 'facilement par -tout ce qui a été dit jusqu’ici, mais il fuffit ce me femble d’avoir démontré l’Analogie.entre ries deux forces. Ausii ne m’embarraffé - je pas beaucoup de l’objeCtion que me ferait peut-être le favapt Auteur de l’Article Magnétisme dans -l’Encyclopédie (é), lavoir, qu’il y-a presque
- (4) L’article Magnétisme dans ce Diâionaire, édition i'Ÿvirim, eft entièrement différent de celui qui fe trouve dans l’Édition de Pans r & il eft copié mot à mos .de? §§. 996, 998, # 999.-dç la Pbyftqpfr de schenbroek (Infrod. tut P/iÿ. Katar.) : on a fëulemept oté ce qui eft dit dans le $. 598. fur les courbes dans lesquelles s’arrange la limaille répandue fur upe glace qui 'couvre un Aimant. Les deux foutes que M.'stex*-1 ehn er remarque appartiennent au Copifte & non à .M. MU.ss.cjtENBg.QEK. Je doute que ce favant & laborieux phyficien ait compofé cet article à la hâte. H fuit de ce ^ue nous venons de dire quç les différences établies dans cet article de l'Encyclopédie entre l’Élec-
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- Théorie 4e HÊIeftrkité & du Magnétisme, torf
- flans jpys • jes. Phénomènes, même 4ans-:^ poing çorifjdépbies, une. différence remarqua* ble entre les deux Forces; fle je m’en erobj^ rafle d’pitant.poins qu’il me femble que çeç grticfe $ été (éçïjt un.p?$r$ U fyte ; car, l’Au-f teur ne doic pas prendre en mauvaifç paît fl je lui ragpeÙp qu’il s’eft pompé, en écrivant; p, 148. de l'gncyclQpé'diç ^Yverdon, Article, cité-, M une $ps .extrémités fl’jme Aéguijlç de.ftonsr „ foie eli attirée par le pôle boréal d’un A-ir „ mant, £c fon autre extrémité par le pol? „ feppntponal du même Aimant:” il doit y avoir .àujiral. Cette même faute fe retrouvé dans Iç même article p. 149., ou fl y a tafir tçt le joie boréal, tantôt le plç [çptentrional-, ,
- §. XCVI. Il . n’eft que faire ausfl d’être embaraffé fi les Forces électrique & magnéd? que, dont j’ai démontré l’Analogie, différent quelquefois l’une de l’autre. Qu’oq Ce rende par la penféc dans la Planète de Jupiter ou de Saturne. Quel nouveau ciel,' quels
- tricité & le Magnétisme font celles dont j’ai eu 0CC4-fion de parler plus d'une fois dans tout Je cours de pôh Mémoire* . .. ..... • ' -•
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- *. P. I.
- 1*8 II. M i M Q t R nouveaux Corps, quels nouveaux changement ne découvrivoic - on pas ! Mais eft ce que l’Analogie vraie & phyfique entre Jupiter & Saturne ne fubfiftcrâ plus à caufe de cela? Nulr lementj car, «lie fubfiftera ausfi longtemsque les deux Corps conviendront dans leurs Phénomènes principaux. J’efpère ausfi que l’Académie rie trouvera pas mauvais que je n’aic pas rempli cette première Partie de mon Mémoire , uniquement d!Expériences accumulées : mais je puis aflurer que j’ai fhit moi - même, oü répété d’après d’autres Phyficicns, toutes les Expériences dont j’ai fait mention: mais j’eftime que c’eft une chofe très-erronée que de n’amafler que des Expériences fàns penfel-à un fyftème : car il faut bien rapporter tou: les Phénomènes de la Nature à des principes
- • Q-u’on fafle p. éx. une. Expérience électrique, & qu’on donne à l'Aiguille aimantée un choc fi violent que. fes pôles foyent renver-fés. Qu’on fàfle enfuite une Expérience avec une barre de Fer} qu’on iui donne après l’avoir mife dans la .fituation requife, un violent coup avec un marteau ou autrement -, fes pôles feront changés. Que peut : il y. avoir de plus analogue entre l’Aimant &ç i’Éleôricfté?
- On
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- Théorie de VÈle&riçité & du Magnétisme. iojj
- On en pourroit juger ain(î en ne s’arrêtant qu’aux Expériences: mais dès qu’on remonte aux Principes j il fera évident qu’il n’en refaite rien moins qu’une Analogie : car la caufo de ce Phénomène eft méchanique (c), 6c elle ne découle pas des propriétés originelles & premières de la matière éleétrique ou magnétique (§. 4, 5, 6.). Car, j’ai ditÿ §. ï6., que le Fluide de la partie polîtive tend toujours vers la partie négative: or, fi l’on fecoue les parties intérieures du Corps, le Fluide s’en détache, paflera avec force dans la partiè né-.gative, & la rendra polîtive. On: a plülieurs exemples pareils. Quand je veux examiner la vraie hauteur du Mercure dans mon Baromètre , 5c que je m’apperçois qu’il monte ou defcend rapidement, (ce que je fais par des obfervations plus que diurnes) je frappe moh Baromètre doucement de la main & le Mercure peut tout de fuite obéir à fon vrai moiï-
- §. XGVII. Avant que dé terminer la
- (t) On peut voir Ce que j'ai dit fuï c6 fujet dans fi» §. - J. 26j. de mon Mémoire.
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- È. P. I.
- ÇiO : I L M i M Ô I R première Partie de ce Mémoire, j'ajouterai encore par IbrabondancC deux Expériences, malgré le grand nombre d’Expériences Se 4’obferVatioris que j’ai déjà l'apportées aux en* •droits convenables.
- . O N fait qu’un baiïeau d’Acier âcquielt pai' •la communication de la Force magnétique deux pôles : mais-, on peut produire un Phénomène pareil pour l’Éleéfcricité.
- Qu’on ifolelalame AB (Fig. 4g.),décrite çi- defliis §.4, avec fes petites boules *, di qu’on en approche à la diftance d’un pouce ou de deux pouces, la lame de Verre éleétrifée EF : les deux boules c & d fe repoufferont. Si on les examine, c. a. d. fl l’on en approche la lame EF ( Fig. 44. ) elles s’écarteront de la lame, preuve qu’elles font élcétrifées pofitivement. Or, je dis qu’en te* liant la lame près de A ( Fig. 13.) la partie A devient négative, & la partie B, conjointement avec les boules, pofîtive: ou, ce qui revient au même, qu’en approchant cette la-tne, le Fluide eft pouffé de A en B. Pour le prouver; qu’on touche avec le doigt la partie B (Fig. 45.) pendant qu’on tient encore la lame EF: les boules s’abaifferont : 6c fi l’on retire en même tems la lame EF & la main
- B,
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- T/éorîe de.J'Éle^riçit^ Un Magnétisme. »$
- B,.les boules s’écarteront Tune de l’autre 8ç feront négatives: car, au moyen du doigt B, on a oté le Fluide éleéh'ique qui avoit pafle de A en B j. & conféquemment on a rendu négative toute la lame St les boules. On peut aifemeat fe convaincre que les boules c & d font négativement éleétriques, en approchant de ces boules (Fig. 24.) un bâton de cire à cachettcr, frotté avec une peau de chat: car* elles s’én écarteront: mais fi on leur préfente une lame de Verre elles s’en approcheront. Je tiens cette Expérience d’un homme qui s’eft acquis un nom immortel par l’invention, de Machines connues: & je lui en témoigné mareconnaiflance (a).
- §. XCVIII. La force attra&rice de l’Ai-* mant eft grande : mais celle de l’Éleétricité n’eft pas ausfi foible qu’on Ta cru jusqu’ici (b).
- Q u’o n fuspende au bras d’une balance Sc qu’on y mette en équilibre le chapeau AB (Fig,
- (a) Cette Expérience eft femblable à celle dont j’ai fait mention dans le §. 200. de ma Differtation.
- (S) On peut confulter ce que j'ai dit fur ce fs jet dans Je ÿ. 135. teqq. de ma Differutioa.
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- iü îi. m î m • i i i*. i.
- (Fig. i<5.) d’üti Élééfcrophore, niais fans ici plat inférieur CD, & le gatcau de Refine qui y a été cotilé. Qu’on frotte enfhite avec uné peaü dë chât ixn peu chauffée le gateaù de Refine, pofé dans fon plat: qu’on le placé aii defious du chapeau A B, & qü’bn touche eri ménietenis Scce chapeau, & ce plat inferieur C D : dn S’appercévra qu’il faudra mettre plu-fieurs onces dans l’autre basfin F pour pouvoii fenlèver le chapeau dé l’Éleétrophore.
- $. XCIX. Quand on eft pourvu de plu-fieurs barreaux aimiantés, & que ceux-ci ont perdu leur forcé, dn peut la rétablir par ces barreaux même: c’cft cè dont tous les Artf-ites font inftruits. Mais la force élcétriquc dé I’Eleétrophore petit, lorsqu’elle' eft affoi-blie, fe rétablir ausfi d’elle-meme.
- S t le gateau de Refine s’eft affoibli, qu’oVt le couvre de fon chapeau, & qu’on touche a l’ordinaire, & le chapeau & le plat a la foi£: mais qu’on décharge le chapeau, à chaque fois qu’on l’élève, au moyen,d’une Bouteille-de Leide proportionnée ? après avoir fôuvenu répété cette opération ÿ qu’on placé enfin la Bouteille, au lieu du chapeau, fur la Refine, fie qu’on la touche par le crochet (EF} en bt
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- Théorie de l'Électricité & du Magnétisme- ug
- la promenant par tout le gajeau CD. Celui-ci deviendra derechef fortement électrique: on pourra replacer le chapeau, répéter plu* fîèurs fols ce procédé, 6e l’on acquerra de cette" fa^on un Éleétrophore vigoureux. La càufe de ce Phénomène le déduit facilement dé" l’explication que nous avons donnée de 4 Bouteille, 8c de l’Eleéfcrophore'(<*)•
- 5- C/
- (a) Cette Méthode eft de M. voita. M. klxn-ro s c h, célèbre Profeffeur à Prague, en a inventé une autre. Il prend deux gateayx de Refine, placés à quelque diftance l'un de l'autre. Il place le chapeau fur le premier qui eft éieélrifé par frottement, & fait l’expérience ordinaire: après quoi il pofe-le rebord du chapeau fur le fécond gateau, Ty promène cinq ou fix fois, l’y applique enfuite, le touche, l'élève, & le pofe par fon rebord fur le premier gateau, fur lequel il le promène ausfi quelques fois: enfuite il l’y applique, le touche, l’élève , & le tranfporte dérechef fur le fécond gateau. Il repète ces opérations alternativement fept ou huit fois. Les deux Éleétrophorcs fe trouvent alors très-vigoureux, l’un en plus, l’autre en moins. Mlm. Je l'Acadtmic de Prague, Tom. ÏII. p. ai8. On voit que c’eft à cette, manipulation que revient, pour le fonds, celle^ue M. Lichtenberg a employée dans fes curieufes Expériences inférées dans les Novi Cmm. Gotting. T. VIII. & dans le Journal de P/iyf. T. XV. p.' aoi. & que c’eft à jnfte titre que ce Phyficiçn nomme cet Kleélrephore Êieelrophort double.
- tOME Iï. H
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- 114 II. MÉMOIRE. P.-IL- D«.
- §. C. Je vais palier à m;\ fécondé Partie j. mais j’avertirai préalablement que je m’y oççu* pcrai furtout de rapports; d’obier varions, &. d’Expériences : tant pareeque la nature.de la-. Oùeftion l’exige, que pour ne pas trop fiiti-, guer le leétcur par des calculs qui n’ont. p#$, làifle que de fe trouver en divers endroits de nia diflertation.
- SECON-
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- l'ABion d*V Électricitéfur le Corpi animal. 115
- SECONDE PARTIE.
- DE L’ACTION DE L’É LEC-. TR-IC.IT É SUR LE CORPS; ANIMAL.
- §. CI. Il y a deux fortes d’Elêftricité, qu’il s’agit de confidérer principalement ici. On peut1 convenablement nommer l’une, l'Electricité ' naturelle, l’autre artificielle. J’en* tënâsjŸ»v Électricité naturelle, celle qtii eft re-' pandue dans l’Air que nous refpîronS, où' dâns; l’Atmosphère tcrreftre , ou qui s’y forme, de quelque- manière que ce- puifle être, dans les Nuages qui s’y trouvent accumulés. J’entends' avec, tous les Phyficiens par Électricité artificielle, celle que nous pouvons exciter par des machines deftinées à cet effet. La première' co produite fans notre fecours, quoique nous1 rte’puisfîons- l’èxàminer fans artifices- particu—-litrs: l’autre dépend presque uniquement dc^ Mit, &de l'habilité duPhyfîcien.
- §• CIL L a Force magnétique eft ausfi de deux fortes : là naturelle & l'artificielle. J’en-H a tends
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- ïrô II. MÉMOIRE. P. II. De
- tends par la naturelle, l’aéfcion de cet Aimant univcrfei dont j’ai parlé dans la première Partie (§. 90.). Quels que foycnt l'Aimant* ou la Force magnétique, ou toute autre For-ce analogue, qui refide dans la Terre dont nous • habitons la furfàce en partie, on peut toujours demander fi cette Force agit fur "le Coifps animal, & comment elle agit. Je com-' prcns fous le nom d’Aimans artificiels, toutes les forte» d’Aimans que le Mineur trouve communément, Sc de la. manière ordinaire, dans les Mines -, ceux que le Phyficien garnit. pour, fon ufage. d’:Armures artificielles > comme ausfi. tous les baiTeaux artificiels qu’on à çoututn? fie faire d’Acier ou de Fer trempé. ....
- §• CIII. On peut, à mon avis, entendre de deux manières différentes la queftion : com- ' ment les Forces électrique & magnétique agis-fent-elles fur le Çorps animal? .Car çn peut demander en quoi confident les effets que les. Farces produifent -, ou, avec quels inftrumens,-par quels artifices on peut exciter leurs effets ( dans Je Corps animal ? On peut ausfi entcn- ' dre facilement les deux fçns à la fois fous b ' Queftion du Comment.
- $. CIV. Comme la Queftion fi le? For-
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- VAttion de VÊleStricit'é fur le Corps animal, iij'
- ces éle&rique & magnétique agiflènt fur le Corps animal, &• comment elles agiflènt, cft très-étendue .(car elleTe fùbdivife en plulieurs ilutres, aux quelles il faut, ce me femble, re“ pondrepour fatisfaire entièrement â la Question propofée), je crois, pouf refléter cettd étendue dans un moindre efpace,'que, fi Tort peut démontrer par obfervation & par Expérience, fi les Forces éleftrique & magnétique» ptoduitespar Art agiflènt fur le Corps animal y & comment elles agiflènt, on aura âusfi ds--montré que-les . Forces éleâriqüe 6c magnétique naturelles agiflènt fur le même Corps, &T comment elles agiflènt: car, la Nature fait toujours en grand- ce que l’Art fait en petit : Sc la plûpart de nos Expériences de Phyfique pratique, ne font qu’une foible image deï grands ouvrages de la Nature: Il s’agit donc' principalement de Recherches fur les Forces éleétriqùe, St magnétique artificielles. . Si l’on v'. reusfit, il fe préfentera allez • d’qccafions de fçupconner, avec beaucoup de fondement, plu-fieurSi effets des Forces éleétriqùe &-magnétique naturelles,' &ç de faire dfes Recherches in-génieufes fur beaucoup de Phénomènes inexplicables. Je commencerai par les Expériences éleétriques. : .
- H 3 §• CVi
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- ii8 II. m é m o i R e. P. II. De
- $. CV. Comme je crois que l’a&ion de mon Eftomac dans la Digcftion fe fait modérément, c. a. d. quatre ou cinq heures apres le repas, je me tâte le pouls auprès de ma Pendule qui bât les fécondés, & je trouve qu’il fait ordinairement feptante - un ou feptan-te-deux pulfations par minute. Je me fais enfuite éleétrifer pendant huit ou dix minutes fans interruption, & pendant qu’on y eft en* core occupé je me tâte dérechef le pouls: je le trouve plus vif, plus fort, & ordinairement plus prompt de quatre ou cinq pulfations par minute. Quand je defeends du gateau de Poix, le pouls commence à devenir peu à peu plus foible, jusqu’à ce qu’il revienne à fon premier état au bout de cinq ou fix minutes , ou plutôt encore {a).
- Pour faire le même eflîû fur une autre
- (4) C’eft je crois un fait aiïez généralement reconnu aujourd'hui, que l'Éleétricité accélère les battemens du pouls. M. /àliabert a compté nonante, & jusqu'à nonante-fix pulfations par minnte étant éleétrifé, & feu-lement quatre-vingt au plus ne l’étant pas (F.xpérirncit fur l’ÉUflricité S. 1I4.): M. de sauvages a trouvé que l'accélération des pouls eft à peu près d’un fixième pendant l’éleétrifirtion (Lettre a M. bruhikr fur fÉlec* trieiti méditait p. ijx. cette lettre fe trouve à la fuite de . ' 1*
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- • , i-st , ,
- îiïiïion ae TEletifrïcité fur Te Corps animal. 1Y9
- ^erfonne, j’éxairtihè fon pouls avant que de ï’éleéfcritcr:"énfültc je me fais élcétrifcr conjointement avec elle, & je lui tâte le pouls au B'dut de quelques minutes, précifemcnt de la hvême manîcfe que je l’ai fait ci-deflus à moi-hiênie.
- J é place ordinairement dans ces Expériences quelqu’un auprès de la pendule pour compter les minutés: où je place tout-près de moi Une pendule de conftfuétion particulière, dont je me fers pour de pareilles. Expériences, & à laquelle je püis voir & compter moi-même les minutes & les fécondés.
- CVI.
- là traduction françoife des Obfervàtions de M. veratti ainfî que des Expériences fur l’Electricité, de M. jallabert ). J'ai obfervé fur moi-même exactement la même quantité. Les Expériences de M. mauduit conduifent également à Ja même conclufion. Cet excellent Phyficien a trouvé que l’É-leélricité pofitiVé accélère les pulfatiohs du pouls à peu près dans la proportion d’un feptième : & il dit, d’après le rapport de feu M. d’alib'ar d , que l’Éleâticité négative diminue le nombre des pulfations du pouls dans le rapport de i à 80, ou d'un quarantième : v. fon excellent Mémoire fur Us effets généraux du Fluide électrique confuieré comme Médicament, dans les Mémoires de la Société Royale de Médecine, Tome II. p. 433. 34. M. hemmer dit, dans la receniion qu’il a faite de cet ouvrage de M. STEiGtEHNER, .que l’Éleélridté n’accélère pas le pouls, de tous ceux qui fe font éleétrifer.
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- WO II. M & M O I R K. P. II. IXe
- §. CVI. C’e s t du fang des Altères que tous les fucs fubtils du Corps animal tirent leur fourcc de proche en proche. L’atténuation de ces fucs 8c leur fécrétion du fang dépend du mouvement dû Coeur 8c des Artères. Ôr quand ce mouvement devient plus prompt dans les Artères & dans le Coeur, cette atténuation 8c cette fécrétion doivent le devenir aüsfi. Si le mouvement du Coeur 8c des Altères devient trop prompt, le fang s’épaisfira à la vérité plutôt que de s’atténuer, 8c les lues ne pourront pas s’en féparer : mais nous ne parlons pas ici d’un mouvement fi excesfif: ol-, F Expérience que je viens de rapporter (§. 105.) prouve que le mouvement des Artères eft accéléré par l’Eleéfcricité : je crois donc ne pas foutenir à tort, que le Fluide électrique, introduit dans un Corps animal en quantité plus grande, mais'cependant rnodè-rée, accélère le mouvement des fucs.
- §. CVII. A la vérité le pouls, dont je déduis cette conclufiôn , a dans l’homme un mouvement très - Variable : celui-ci n’eft pas conftamment le même : il eft après lé repas différent de ce qu’il étoic avant : mais je ne crois pas devoir craindre que cela détruira l’Expérience' que j’ai faite, 8c les conduirons ' quç
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- fjiiï'm de VÈleftricitifur le Corps animal. iat
- que j’en ai déduites : car j’ai non feulement examiné le pouls de la même perfonne, mais encore celui de la même main, &, pour ain-, fi dire encore, dans le même tems.
- §. CVIII. On peut conclure l’accélération du mouvement du coeur , de celle qui a lieu dans le pouls : car ce dernier mouvement dépend du premier : je crois donc pouvoir conclure que le coeur acquiert de nouvelles Forces par l’Électricité. r
- §. CIX. Le chyle, le fang, & les autres fucs animaux doivent s’atténuer fuffifamment, pour qu’ils puifient devenir un Fluide qui s’exhale de l’Animal par la tranfpiration. Cette atténuation fc fait en grande partie par le mouvement du coeur, & par tout le fyftcme .des Artères. Or, comme ce mouvement elï accéléré, je ne doute pas que la tranfpiration fanétorienne ne foit également accélérée par la Force éleétrique. C’eft ce que l’Expérienco confirmé.
- §. CX. J’a i fait faire deux vaifleaux cilin* driques de laiton: je les ai rendus d’un poids égal, au moyen d’une bonne balance, & je les ai remplis d’une égale quantité d’Eau. Le H £ d ia-.
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- ïftV-n. étiht *'». ip.it; b>-
- :(diàhiètre dé chàqtac vaifloàü étüit dé trente'" ;'tthé lignes. J’ai oté un de ces Vaiflfeâiik de Ta lialance, 6c je l’ai éleftrifé avec l’Èau qu’il çontenoic: j’ai mis l’autre à quàrtiët, thaïs jfe l’ai laiffé dans la même chambre pour ne pas l’èxpofer à une autre tcfrip'ératüre. A [ires 'avoir éleébrifé le vaiiTeau & l’Èau qu’il contentait, pendant une heure, j’ai remis les dettfc Vaiflbaux far la même balance, & celui qui Itvoit été éledrife péfoit douze graihs dé moins : il avtfit donc éprouvé une évaponttibn plus forte,' de la même quantité {b).
- §. CXI.
- (t) M. Herbert a fait une Expérience femblable, 6c avtc lé même fuccès. T/uiria PhaenommorUm Eltdrici-ta'tis . Cap. V. Prdp 7. p. 169. Ces Expériences prouvent très-certainement que l'Évaporation de l'Eau & des Équidés eft augmentée par l’Éleélricité, mais il nç fau-droit pas en conclure trop généralement quelle favorife fciute évaporation: car M. de saussure vient de faire voir dans fes excëllens EJfah fur l'Hygrométrie, §. rs7-161., que l’ÉIéétricité n'agit ni fur l’Hygromètre > ni fui les Corps, qui ne contiennent pas d’eau furabondarite, mais feulement de l'Eau unie à leurs élémens. Elle n’agit donc pas fur l'Eau qui eit intimement combinée aux Élémens d’un Corps, & ne favorife qtlel’Évaporation des Corps füperûturés d'Eau, & celle des Fluides même î comme c'eft le càs des Expériences alléguées par M. 6.x e 1 g l eh n e r dans ce §., & des appbeations qu’il en fait dans les §§. fuivans.
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- V Jüion ic l'jLleüricïtf Jur le Gohps animai, ray
- . §. CXL J’ai placé an oiffcau dans lè bas-fin d'une balance j & je l’ai élcétrifc pendant deux heuresi ou plus: j’ai trouvé qu’il dîmi-nuoit de .plus en plus de poids, de i'orte qu’il, croit à la fin plus loger de quelques grains : je dis de quelques grains , mais je ne puis pas encore en déterminer le nombre précis, parce-qu’il eft différent félon l’état de la machine 8c de l’Air. J’ai.trouvé dans l’intervalle de tems que je viens d’énoncer, quelque fois huit grains, 8ç quelquefois douze. M. l’Abbé n o ll et a trouvé à peu près la même cho-fe : félon fes Expériences un chat a perdu 'entre foixante-fix & foixante-dix grains: un pigeon entre quinze & vingt : mais il éleétrifâ pendant cinq ou fix heures (r).
- §. CXII. L’évaporation d’un oi-feau, placé fous le Conduéteur, à peu de di-ftance de celui qu’on ëleébrife, 8c ausfi ifolé, cft encore fenfible, quoiqu’elle ne foit pas ausfi gvande que celle de l’oifeau qu’on élec-fe complettement : on en apperçoit facilement la raifon : car un pareil oifeau doit ausfi devenir cleétrique, comme je l’ai dit ci-deflus.
- 5- CXIII.
- P- 2-38 four 1748. p.' J78.
- 1747,
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- *44 II* M K M 0 î R fi. P. II. Dè
- • CXIII. L a tranfpiration lanûorich-ne (d), que je démontre par les Expérience^ que je viens de rapporter, -fe fait à' la- vérité à la furface de l’Animal: mais -il faùt encore cçnfidérer dans les Animaux une autre tranfpi-. ration,- qui fe fait dans les parties. intérieures-On . trouve, p. ex. diverfes- cavités dans lef Corps humain j qui doivent continuellement être fournies de fucs: oïj comme te fiic, tranfpire des vaiffeaux intérieurs, & que la; tranfpiration eft accélérée par l’Eleétricitc (§. 109. ) j on en peut conclure à jufte titte^ quoiqu’on ne puifle pas faire d’Expérience di-reéte fur ce fujet, que k tranfpiration des vais-: féaux animaux eft accélérée par l’Eleétricité c’eft là une conféquence nécefiairc, un coroK laire, qu’on: doit tirer de ce que j’ai démontré çi - deflüs.
- §. CXIV- Mais, il fe préfeûte ici une.
- ques.r
- (rf) M. MAVDUii a prouvé non ,feulement qiie l’É*’-leébicité accéléré la tranfpiration. fanétorienne, ou in- -, fenfible ; mais encore qu’une, cleéhicité modérément for-, te & continuée pendant quelque tems, excite la fueur pehdant le tems même que les Malades font fur ,1’Iforj loir, où on les dispofe à fuer facilement. V. Mtm, it ùf Seriné de Meierint, Tome II. p. 434.
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- VJftion de l'ÈleSlricitéJur le Corps animal, iag'
- queftion : dans quelle partie du Corps animal la Force élèârique peut- clic agir particulier -rement ? Pour y repondre,: j’ai: examiné plu-fieurs parties animales au moyen de la machi- ne éle&riquc,' & de la Bouteille de Leide, afin de rechercher par quelles 'pàrties le Fluide clcétrique pourroit pàfîer librement, &'quel-" les lui refuferoient le paflàge.' Voici le refuH tat de mes Expériences. Toutes les parties animales que j-ai examinées ont fourni un'libre ' paflàge au Fluide éle&rique, tant qu’elles étoient encore pourvues de leurs lues, & d’au- ’ tant mieux qu’elles en étoient pourvues plus' abondamment.' Mais, fi ces: parties font des-'! féchées, le paflàge du Fluide électrique eft ar-rêté, &• d’autant plus que ces parties font plus ' féches, ou mieux féchées au four. Il faut en-?- ' tendre- ceci des parties folides, 8c de celles quf ’ fe féchent , ou fi cela nefuffitpas, qu’on peutr féchèr au four. Mais, la falive, le fang, le firum &c. font Fluides Sc permettent un pas-v , fage libre au Fluide éleéfcriquc : les Artères &T . les Veines, les Inteftins, lés Os, les Nerfs, &c. après avoir été bieh féchés’, ne peuvent fervir ni à charger, ni à décharger la Bouteille (a). ",
- /_________________________ §. cxv. _
- («) Tout ceci eft. parfaitement;conforme aux E-cpé-
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- tp.6 II- M I M O 1. R t i'.'.MiV Dt
- , §. CXV. J p puis déduire do ce: îofultatp cette cqnclufion certaine, que la> Hoire. élec* tr-ique n’agir pas fur les parties ibljdtîs- dtiJEoaipgi animal} niais uniquement fur les, parties Fluides.
- $. CXVI. St l’on prend: cb’tnii gtgofc de Mouton frais} un Nerf & uneArt,èi£ou,unev Veine, & qu’on charge en. même terris par leur moyen deux petites bouteilles derLeidej celle qu’on charge avec le Nerf fç trouve'plus. chargée que l’autre. H va fans djre:qü’dl.fàut que ces deux parties animales foyent, ftaichési,.. tirées de l’Animal vivant, ayant- qu_’il ait: perdu tout fon fang: car fans cela, on pourra sL peine découvrir une Artère. En comparant-de cette manière un Nerf frai? à diautres parties du Corps animal, il en refaite, que-le Fluide éleétrique fe meut plus librement:par les,Nerfs que par les autres parties: animales;
- _______• ______________ 5. GXvn.
- riences détaillées de M. l’Abbé beiithol'on, publiées dans le Journal de-Pbyfique, pur 1778. T.VIîL'p. 377. M. herbe a t a. fait des Expériences-fêta Wàbfes, ivec • le même fuccès. Xhtorla Phaenont.. Meftf. Gap, .y? Prpp, 8. P- »7°- Voyez ausfi lçs belles Recherches. de. M. MAUDuiT, inférées dans fon fécond Mémoire fpr 1VÉ-leélriçité Medicale , qui fe trouve parmi ceux -de la So- ' ciété Royale de Medcdnc, Tome I. p. <zo—
- (*) M. Herbert a. fai.t unç. femblahle Expiriençe fur
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- l'Jêlion fa. VEleiïrfaité fur le Çorpsqnitnqk i^y.,
- §. CXVII. iyi a i s, cpmftie tpujes Jcs p^-,, W? %$?$# dji. Çp.yps api*,; mal %u liççs ^ntf’clips,, Sc qqe tpw lcs fups-., ^Ç,orps.^ninî!al)foulrni,lîiçn|;tousiglus. pp mpii}^-up pa^agç.ajj.F^ide élcéhâque. (§. m.-}* »îc; p^t arriver, qpe la; Ifp,rçe. élc%ir.-
- que.qu’9i}Jepp,plpiyJç up paiT? pafc fculçpiepç par le Fliÿflejngr^euÿi ®’P8i%.;9\ Y“.®s 88SS apsfL accidentellement par quelqu’autre fuc, : &çon.-, féquemment qu’il peut guérir quelque mal éloigné*. ^-Jefuis çoiayajnçn, 'dit J£. sj>en-„ qL^T,. da,çs; çinquiprpp ILçKre » que- VE- : „ lpébtipi^é.a! gp^ri acci^enwllj^ient dps: mauç;.
- qui, paient l,eur fîege dans l'intérieur du. „ Corps, . op ..l’on ne pouvait ni np vo.uloit ,, appliquer, k, commotion.”
- §. Ç^VItl. Ui^e çppimptipn, produite, par un renforcement de foixante pieds quarrés, & qui pafle par F occiput & l’eginedu dos, eft, félon M. Herbert (u), mortelle pour quelque Animal que ce foit. Je puis moi-, même confirmer cette expérience en quelque for- ;
- fur une artère, un mufcle §« un nerf ; de chien: le fuc- : cès en a été le même. ( 1. c. p. 170: ).
- -.(a) Theotiu rhum. Mtph. Cap. V. Prop. 8. Cor. 3.
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- II. m é m o i R b. JP. II. De
- forte, puisque, même avant que cet artifice mè fut connu, j’ai toujours tué un animal, p. ex. un lapin, au moyen de ma machine & par un renforcement moins confidérable, plus promptement en feifaht pafler le coup foudroyant par les parties indiquées. En général'on peut affirmer que cette manière de donner le coup foudroyant, eft la plus fenfible & la plus dangereufe.
- • $. CXIX. Quelques perfonnes affirment qu’on ne fauroit faire pafler le coup foudroyant par un Eunuque, & que le cercle de commotion eft interrompu fi quelque Eunuque en fait partie : je puis affirmer que cela n’a pas lieu pour les chiens & les chapons (&) : mais je n’ai pas encore eu occafion de faire de pareilles Expériences fur les hommes (c).
- §. cxx.
- (i) M- Herbert affirme la même chofe des chient 6c des chapons: p. 17a.
- '(«) M. sigaud de ia fond a fait cette Expérience fut trois Muiidens delà Chapelle du Roi de France, dont l'état n'étoit nullement douteux. Ces trois perfonnes refleurirent la commotion, & ne l'interceptèrent dans «ucun endroit de la chaîne qui étoit compofée de vingt perfonnes. Ils y parurent même plus fenfibles qu'aucune des autres perfonnes qui l'éprouvèrent avec eux: mais,'
- I.
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- V Attïon de VEleltriciié fur le Corps animal, iip
- §. CXX. M. boIssieH (d) a trouvé, au rapport de M. priestley (e), qué l’Éleéfcricité cft nuifible aux perfonnes éthiques. M. haen (/) déconfeille l’Éleétri-fcité aiix femmes enceintes, puisqu’elle rend l’écoulement périodique du Sexe plus abondant.
- il eft très-vraifemblable que cet excès de fenfibilité ne provenoit que de la ftïrprifé, qu’oecalionnoit en eux un mouvement qu’ils n’âvoient jamais éprouvé (précis hifarique &c. p. i86. ).
- (<f) M. boissxer de sauvages aéleélrifé en 174S. un Paralytique : le fiiccès fut grand quant à la Paralyfie mais pendant le tems de là cure la Phtifie, dans le dernier degré de laquelle le malade parût être déjà avant l'Éledrifation, augmenta, &le malade mourut ( Lettre <i M. bruhier au commencement).
- (<) M. priestley a traité de l’Éleéhicité médicale dans la quatorzième feâiôn de fon ni faire de i'Élellrïci-té, Tome fécond dé la traduétion françoifë, p. 39’y. feqq. Je né connois rien de plus méthodique ni de plus complet que fouvrage que M. eertholon a publié, il y a trois ans, fur ce fujet ; fous Je titre : de ÏÈleçlô-cité du Cerfs humain, ouvrage couronné far l'Académie de 'Lion, 8°. à Paris 1780.
- (/) Ratio mcdendi in Nofocomio Vindebonenfs, Tome f. p. 396. feqq. M. jallaeêrt a obfervé la même chofe: (Exf. fur l'Électricité §. 120.) ainfî que M. sigaùd de '£a'fond dans fa Lettre fur F Électricité médicale p. 17.' ’• Confultez ausfi für ce: fujet lés Réflexions de M. maù-Dvni mm: de la société Ray. de Mtdei. ï. II. p. 4x5. a«.‘ TOME II. I
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- 130 II. MÉMOIRE. P. II. De
- dant. Enfin M. veratt-i (g) confeille de fe garder en toute manière de l’Éleétricité dans les maladies Vénériennes. Quant à moi, j’admets les Expériences de ces,.Phyficiens, Sç je ne les allègue que pareeque c’eft ici leur place.
- §. CXXI. J e crois que c’eft ici le lieu de parler des effets qu’on peut attribuer avec beaucoup de fondement à l’Éle&ricité naturelle (§. ioi. ) : mais, je fuppofe- -d’avance qu’on m’accorde que l’Air eft éleétrique s que fa force éleétrique change de tems en'terris j qu’elle eft plus forte ou plus facile à connoitre en été qu’en hyver &c. Tout ceci a été examiné par des Phyficiens qui fe font acquis parla une réputation immortelle. M. franklin eft, que je fâche, le premier qui y ait donné occafion: M. M. le mon nier, MAZEAS, BECCARIA (*) & plufieUTS aü-
- (g) Obftrvatim Phyfico-médicales fur l'ÉltHricilt,Obferr, IO, mte b.
- ( a ) Il feroit inutile d’entrer dans de grands détails fur ce fujet. 11 fuffira de dire, qu’on trouve une expo-fition allez exaéte de ce qui a été fait fur cette matière, dans les feétions dixième & onzième. de ÏHijtoirt /t ÏÉUeiricitt par M. PRissxtBY, Tom. II..p. 159—140.
- . de
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- VAtiion de l'Êleiïricité'fur le Corps animal. 131
- autres, ont mis encore la chofe dans un plus grand jour : mais je craindrons de devenir ennuyeux fi je décrivois mes propres obferva-tions, qui ne font que des répétitions.
- Or il y a desperfonnes qui ont eu autrefois des grands & profonds abcès, des fraétures de jambe, des bleflures confidérables, ou de grandes pertes de farig, & qui'en ont gardé, ou dans tout le Corps, ou dans quelque partie du
- de la traduflion françoife. M. M. ronayne & hen-xey ont fait des Expériences très-Curieufes'fur l’Électricité de l’Atmosphère : v. Vhiiof Trauf. Vol. LXII. p. 139. 8e Vol. LXIV. p..42^1. Le Prince deoaxiit-zin en a fait ausfi de très - intéreffantes, qu’il a çontj-
- Tomedes Mémoires de l'Académie de Bruxelles , p..ir. Leur refultat eft'.,.que’.'l'Air eft prèsque'toujours éléétrique.,
- cevoir de Agnes, à caUferde l’humidité & de la pluie':
- cette Éleélricité.eft dans un changement continuel, foit de force foit de nature; qu’elle, eft tantôt pofitivc, tantôt négative; le plus fouvent poiitive dans- les tems calmes, négative près 'des orages. ' Ce refumé fuednt fuffira pour nôtre but aéhiel. On fait quelles influences ces alternatives de force 8c de nature dans l’ÉIeélricité atmosphérique peuvent avoir fur le Corps humain, môme dans l'état de fenté. M. BERTHOLpg.meparoit avoir très - bien développé ce point dans fon traité fur ÏÈliSlricUé du Cerfs humain-, Chap. a-—7.
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- P. IL De
- igi ÏI. m s m o t R E du Corps, des foiblefTes. Ces perfonnes éprouvent , à l’approche d’un changement de tems, de douleurs extraordinaires : elles portent, comme elles s’expriment, un Météorologue perpétuel dans leur Corps. Il y a ici un homme, qui occupe un emploi diftingué, lequel a perdu dans fa jeunefle, par un accident fâcheux, un doigt vers la fécondé phalange. Cette perfonne, comme elle m’en a affurée plus d’une fois, éprouve à l’approche d’un orage, dans les relies de ce doigt, & jusqu’à l’aiflel-lc, des fecoufles plus ou moins fortes, à me-fure que l’Air ell plus ou moins éleétrique. Ces fecotiffes font, à ce qu’il dit,promptes, & accompagnées d’une fenfation de vive brûlure (b).
- $. CXXII. J e pourrais rapporter encore beaucoup d’autres obfervations pareilles, faites principalement fur des perfonnes dont le ly* ilème nerveux eft foible: mais elles font trop générales. On ne fauroit foutenir, d'après des Principes fufïifans, que ces changemens dans le Corps humain dépendent d’une preslion particulière de l’Air: car, je puis montrer par
- (*) Voyez un autre exemple çi-dellbus, §. ia<5.
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- l'Aftion de VEleSlricité fur lt Corps animal. 135
- mes journaux météorologiques, tenus ici depuis nombre d’années, qu’on a eu de l’orage à differentes hauteurs du Mercure, à des hauteurs moyennes, & à de grandes dépresfions. Les Variations du Baromètre font générales, 8c j’ai fouvent trouvé, par une comparaifon entre mes obfervations & celles de Berlin, de Paris, & d’autres endroits, que ces variations ont lieu en même tems, & font de la même grandeur dans ces différens endroits. Les chan-gemens de tems 8c l’orage n’ont donc aucune relation, ou n’en ont qu’une très -foible avec les Variations du Baromètre. Les Variations générales du Baromètre font périodiques 8c ont lieu partout en même tems : je dis les générales, car il y a des exceptions, que je nomme Variations particulières: je pourrais démontrer ceci en détail, s’il ne falloir pas ne pas faire trop d’excurfions. On ne {aurait donc s’en tenir ici à l’idée d’une presfion particulière de l’Air} 8c puisque l’Air eft plus chargé d’Éle&ricit-é dans les circonftances dont il s’agit, qu’il pénétré continuellement dans le Corps humain, dans fes poumons, 8c dans fon fang, 8c dans fes autres lues, on eft forcé d’attribuer à l’Éleétricité naturelle ces fen fat ions extraordinaires, qui font fins cela inexplicables.
- §. CXXIIL
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- 134 II* M B M O I R E, P, II. De
- §. CXXIII. On pourvoit encore foupçon-ner que ces effets dépendent d’une humidité qui fe trouve quelque fois plus abondamment dans l’Air: mais, comme je ne parle ici que des changemens qui arrivent dans le Corps humain à l’approche de l’orage, ou des Nuées orageufes, & que tous les Hygromètres (comme je pourrais le prouver par mes obferva* lions) , indiquent ordinairement après l’orage ou la pluie d’orage un plus grand degré d’humidité , on ne fauroit s’arrêter ici à l'idée d’une humidité furahondante. Et quand on pourvoit la conftater par quelque Expérience que je ne connois pas, ou par quelque obfervation, il ne ferait pas démontré pour cela, que cette obfervation ne dépend pas du Fluide électrique. Il faut plûtot fo rappeller, qu’une pareille humidité eft un vrai Conduéteur, qui porte le Fluide éleétrique dans le Corps humain, Sc l’en reconduit.
- §. CXXIV. On pourrait croire ausfî que ces changemens proviennent de quelque matière fulphureufe, ou autre femblable qui fe trouve répandue dans l’Air: ce ferait néanmoins unepenfée bien vague, &l’on pourrait prendre à peu-près avec autant de raifon toute .autre matière pour caufe; car il eft fftr, que l’Air
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- VAStion û l’ÉleStlicIté-ft» li Corps anifnal. 135
- l’Air eft uiïTecflptaclç déboutés les diffolutions des Corps,' ouj comme s’exprimoit boer-haave, un cahos d’un grand nombre de Corps différens.’ 11 faut avoir de bien bonnes raifons pour préférer cette caufe entre plu-fleurs autres , qu’on peut foupçonner avoir lieu: il faudroit démontrer préalablement, qu’il y a dans les circonftances fusdites plus de matière fulphureufe, ou de quelqu’autre femblable dans l’Air, qu’en d’autres tems. •Mais, je puis démontrer que l’Air eft alors plus élcétriquc qu’en d’autres circonftances, 8c un grand nombre d'Expériences prouve que l’Homme eft un animal très - fusceptible de recevoir & de rendre le Fluide éleétrique. Je ne voulois cependant pas m’en rapporter uniquement â mon opinion : jç cherchois plûtot une Expérience déciflve, que l’occafion fiai-vante me fournit.
- §. CXXV. J e priai la perfonne dont j’ai parlé ci-defliis §. iai. de me venir voir: il fe rendit à ma prière, & je l’éleétrÜâi fur un gateau de poix, fans aucun renforcemtnt, fans commotion. Il n’eut pas été éleflrrifé pendant fix minutes qu’il commença à fuer abondamment, 8c à fe plaindre de tentions 8c de tirail-lemens dans le doigt. Il dit à la vérité que I 4 ces
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- j3<5 ïï. mémoire. Pi H. De
- çcs douleurs n'étoient pas ausfi fortes qu’en tems d’orage, mais qu’alors ausfi fes douleurs ordinaires commençaient de la même manière qu’il les fentoit aftuellement. Je fus. donc confirmé par le témoignage de cet homme digne de foi, dans mon fentiment, que des douleurs pu des fenfations pareilles dans le Corps humain, ne doivent pas être expliquées par la presfion de l’Air, par la feule humidité, ou par quelques matières fulphureufes : mais par les changemens éleétriques qui ont lieu dans l’Air (a).
- §. CXXVI. Il y a ici un Fofloyeur, qui a eu, il y a quelques années, un abcès confi-dérable au col, dont il a été très mal guéri ; de forte qu’il en a gardé un col roide, & qu’ac-Çuellement il ne fauroit tourner la tete de coté.,
- (a) Cette Expérience fournit, çe nie fembje, une preuve fans répliqué : on pourrait demander s'il ferait avantageux de tâcher de guérir ces fortes de douleurs par l’Éledricité. M. mauduir, qui a fait des Expériences fur des pcrl'onnes affcûées de douleurs habituelles & anciennes, a trouvé, que ces perfonnes en font à la vérité délivrées par l’Éleélricité, mais qu’elles font çxpofées au danger des métaftafes, & qu'il faut par conséquent agir avec beaucoup de prudence. Mémoires de 'la Sgùui de Médecine, Tome II. p. 435. N9. 7.
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- VAElion de l'Éleftricité fur le Corps animal. 137
- coté, fans tourner tout le Corps : mais il fe fent II foit foulage à l’approche de l’orage, qu’il peut tourner alors la tete en tout fens. Il éprouve déplus un fourmillement confidé-rable à la partie affeéfcée. Je n’ai pas encore pu engager cet homme à fe foumettre à la machine éleétrique, pour que je pufle faire fur lui une Expérience par l’Éle&ricité artificielle : mais ce cas a, ce me femble, une fi grande Jiaifon avec l’Eleftricité naturelle, qu’on ne fauroit guéres avoir d’impatience de le prouver (£).
- §. CXXVII.
- (£) On peut ajouter, pour confirmer les raifonnc-mens de l’Auteur, qu'il y a plufieurs exemples de per-fonnes paralytiques qui ont recouvert l’ufage de leurs membres après avoir été frappées de la foudre. M. buissakt, très - avantageufement connu des Phyficiens par fes hygromètres, a recueilli cinq de ces exemples les plus frappans , dans fon beau Mémoire juridique fur les Conduéteurs éleétriques, qu’il à lignifié pour M. vyssery de Eois valé contre le petit Bailly de St. Orner : p. 45 ,' 46. Ces exemples m’ont jappellé celui que l’Abbé chappe d'auteroche a obfervé en Lorraine , & qu’il a inféré dans la relation de fon Voyage en Sibérie, Tome IL p. 715-16. Un payfan de Bitche fut frappé de la Foudre, qui le jetta à terre, lui fit perdre connoifiance, lui brûla le vifage, les reins, les poils de la poitrine, diminua le tellicule gauche de la moitié.
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- J38 IL m b m o i r e. P. II. JD#
- §. CXXVII. J e n’hcfite plus aftuellcment à attribuer à l’Éleétricité naturelle d’autres Phénomènçs femblables, qu’on obferve chez les Animaux. C-’eft une obfervation Phyfiquc 8c économique générale, que les Ecrevifles éprouvent en temps d'orage le danger le plus présent, lorsqu’il tonne, ou même lorsqu’il fait de
- & lui fit éprouver à cette partie une douleur infuppor-table. Il y avoit depuis le jarret jusqu’aux doigts du pied de la jambe gauche, une trace femblable à celle que laiffe une trainée de poudre qui a été enSammée : le petit doigt & celui du milieu avoient été frappés.- M. chap pe n’ayant pu tirer de cet homme d’autre repon-fe fur fes quethons s’il avoit apperçu la foudre, & quel fentiment il avoit éprouvé, lorsqu’il en fut frappé, li non qu’il n’avoit rien vu ni fenti, le conduifit à la machine cleéirique, chargea la Bouteille, & lui fit tirer une étincelle. A peine ce payfan eut-il fenti la commotion qu’il s’écria: que c'étoit le Tonnerre & qu’il confeffa, fans qu'on l’interrogeât, qu'il éprouvoit le même fentiment, que lorsqu'il fut frappé de la foudre ; & il en fut fi effrayé que M. chappe ne pût le déterminer à réitérer l’Expérience, qu’en faifant un cercle éleétrique de plufieurs perfonnes. Cette fécondé Expérience , qui auroit du le raffurer, fit au contraire une telle impresfion fur lui, qu'il fe fauva fans vouloir attendre la recompenfe promife : §c depuis ce tems, quand il rencontrait l'Abbé dans les rues, les jours de marché, il prenoir à l’inftant un autre chemin.
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- ÎAftlon. de l'Eleftricitê fur le Corps animal. 139
- de forts éclairs : elles en font fortement an-goiffées fous l’eau, & facilement tuées fi elles fe trouvent à fec. Je ne vois pas pourquoi on attribuerait cette mort de l’Animal aune fimple illumination de l’Air : car on n’a qu’a s’appro* cher des Ecreviflès avec une lumière, & on ne les verra pas dans des angoifles mortelles: elles femblent fi bien fuivre la lumière, qu’on peut les prendre de nuit par ce moyen. Je ne vois pas non plus pourquoi l’on attribuerait cet effet au Tonnerre, car ces animaux meurent par de fimples éclairs fouvent.réitérés. Or, comme les circonftances dont il eft queftion font précédées par un changement remarquable dans l’Électricité naturelle, je ne vois pas enfin pourquoi on ne pourrait pas attribuer le grand péril, que ces Animaux courent, à la force do l’Éleétricité naturelle,
- $. CXXVIII. J e me fuis occupé depuis quelque tems d’oblêrvations fiir le Poiifon Mé-téorofeope connu qu’on nomme ici Bijfgurni Je nourris ces poiflons dans des poudriers remplis d’eau & de fable, & je leur donne de nouvelle eau tous les deux ou trois jours. Quand ils deviennent inquiets, qu’ils s’agitent dans le fable, qu’ils rendent l’eau trouble, qu’ils montent & defeendent fouvent,
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- o I R e. P. II. De
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- qu’ils refpirent l’Air, j’eftime qu’il eft vrai-femblable que le tems va changer. Mais s’ils font tranquilles,on a vraifemblabcment dubeautems à attendre. C’ell: à delfein que je ne parle iciqu© de vraifemblance, car je ne faurois rien dire de précis fur mes Obfervations, parcequ’elles n’ont pas été continuées pendant alfez longtems, & qu’elles ne datent que de quelques mois,
- $. CXXIX. D’autres Ehyficiens ont obfervé à peu-près la même chofe fur les Anémones. On peut confulter lûr ce fiijet une belle differtation imprimée dans le LXVe. Volume des Tranfattions Philofoptiques (tz). J’ai élcétrifé pendant longtems mes poiffons, ainfi que des Ecrevilfes : il en mourut une de celles-ci : mais j’obfervois fouvent dans mes pois-fons une refpiration très-difficile, comme je le concluois du mouvement de leurs mâchoires. Ils étoient fort tranquilles avant qu’on les élec-trifât, & dans un grand mouvement pendant qu’on les éleéhifoit. Mais je ne donne pas ces faits comme fuffilàns, pareeque j’ai fouvent obfervé le contraire. Il n’y a que des repe-
- (a) Cette oifL-rtaiion de M. l'Abbé dicqusmaks fe trouve ausfi dans le Journal is phyfijuo, four 1776, Tant VII. p. 50J.
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- l'Aüion de rEieftricitê fur le Corps animal, f 4S
- tirions de cette Expérience qui puiflent décider de la vérité*
- §. GXXX. J e regretté beaucoup que noiis n’ayons pa» de Torpilles dans nos eaux, poüt pouvoir faire quelques Expériences éleéfcriques fur elles (£) : car, au rapport du Dr. Ingram dans fes Amufemens Phyfiques ( Amuf. I. Se£l. a.) on éprouve, en touchant ce Poiflon fort doucement de la main, une fe-couflê ausfi violente que fi l’on étoit frappé dé la foudre. Si on veut le toucher avec un Fer, celui-ci eft jetté hors de la main, même avant qu’on touche le poiflon. M. ingram rapporte encore un fait, qui mérite attention: c’eft, que fi des perfonnes du Sexe touchent à peu-près ce poiflon, quand elles fe trouvent ën certaines circonftances, celles - ci ceflent fur le champ : que ces perfonnes éprouvent en même tems les plus grandes angoifies du monde & qu’ordinaircment la Jaunifle ou l’Hydropi-ne, ou les deux maladies à la fois s’en fuivent-.
- Kaemp-
- . {b) On peut confulter ce que j’ai dit ftjr les Torpilles & les Aiguilles tremblantes de Cayenne dans la fécondé Partie de ma DiiTcrtation Chap. I., §. 2*7. & dans la
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- t. P. II. De
- «4a II. MÉMOIRE
- KaEMPFer, qui a fait beaucoup d'Expé-riences fur ce fujet, croit, que l’a&idli de ces poiflbns eft, pour me fervir de fes termes, un éclair froid (f). Bürelli penfe que cette aétion provient de fecoufles réitérées de la .peau de ces poiflbns : fecoufles qui agitent les nerfs les plus fubtils de la main Çd~). Mais cette explication eft contraire à l’Expérience que M. ingram a faite avec un barreau de Fer, même fans toucher le poiflon. S’il m’eft permis de dire mon avis fur des Expériences faites par d’autres Phyficiens, je crois qu’il eft très-vraifemblable que cette fenfation xeflèmble à la Commotion, que le coup foudroyant nous fait éprouver: &, s’il m’eft de plus permis de faire ufage de la Réglé de newton, que des effets femblables font produits par des caufes femblables, je croi-rois, que le poiflon opère par fà nature froide une fortie fubite du Fluide éleftrique hors de la main de celui qui :le I touche, ou hors de tout le bras. C’eft ce qui m’a engagé à placer ici cette Expérience d’autrui.
- 5. CXXXI.
- (O Ammitatts exiticae , p- 514.
- (d) De Mciu animalium, Prop. 119,
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- TJftion de l'ÉleRrieitc fur, le Corps, animal. 143
- $. CXXXi. Il y 1 çncoçc d’autres animaux que je crois éprouver plus , ou moins la force de l’Electricité naturelle. Je range principalement parmi ceux-ci la grenouille, le coq, l’alouette, puisque ces animaux femblent fentir les changemens, de rems : 6c que l’Air, & en généraL le tems, a une très - grande liaison avec l’Éleétricité naturelle, comme oa peut le voir entr’autres dans la lavante Differ-tation de l’Abbé toaldo (a).
- $. CXXXII. Je paffe à faire connoitre les Inftrumens dont on fe fert pour exciter l’É-leétricité d^ns le Corps animal, 8c pour la rendre aCtive. On peut en général élcétrifer un homme, comme ausfi un animal quelconque, de trois manières: i°. en le plaçant fur un gâteau de Refirte, ou lixr tout autre Corps idioé-leCtrique, & le failânt communiquer au Conducteur de la Machine: a°. en tirant en outre dans cetté fituation, des étincelles de la partie affeCtée, bu de toute autre à volonté : enfin 30. lorsqu’on fait paflêr le coup foudroyant
- (a) Efay de Météorologie couronné {or la Société de Monl{él-lier. Cet ouvrage fe trouve dans le dixième Volume d> Journal'de Phyfiqùe.'
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- Î44 II. MÉMOIRE. P. II; De
- yant pas des parties déterminées du Corps. Les deux premières manières font nommées JimpleS: la dernière, la renforcée (b~).
- §. CXXXIII. On fait généralement qü’il faut ifoler la pérfonne qu’on veut éleétrifer, 8t comment il faut le faire. Quelques Phyfl-ciens, comme M. poncélet, fospendent à des cordons de foÿe une chaife for laquelle là perfonne qu’on éleélrife s’asfied. Cette méthode ne m’a jamais plu •, pareequ’une chaife ainfi fuspendue eft mobile, qu’elle fait des ofcilla-tions au moindre mouvement de celui qui y eft asfis, qu’elle fe tourne. Il vaut donc mieux pla-
- (4) Voyez fur cè fujet l'excellent Mémoire de M. MAVDUiT.que nous avons déjà cité plus d'une fois (Mm. de la Sic. de Med. Tôm. IL p. 144—^150.). Cet -habile Phyficien indique ausfi cés trois manières d'éleC--trifer : il nommé la première ileflrifer par bain. M. ïer-thocon compte cinq Méthodes d'adminiftrer l’Éleélricité : i°. par bain; 2°. par impresfm de faufile, en préfentant le revers de la main à la perfonne éleétrifée : on fent alors une impresfion de toile d’Araignée, ou de leger .foufîle. Cette manière eft plus forte que la précédente. 3®. par Aigrettes, en prefentant une verge de Fer terminée en pointe aigue à la partie malade : 40. par Étincelle : j*. par Commotion : ( A l'Élefiriàti die Corps htmim p. 378.).
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- PÆion de r Electricité fur le Corps animal. 145
- placer la Perfonne fur un îfoloir de Refine, ou de Bois fêcbé au four. C’eft de cette méthode que je me fers. Je place, félon la fituation oc les circonftançes. dç çelui qu’il faut éleétri-fer, plufieurs gateaux de Refine l’un à coté de l’autre: je pofe fur ces gateaux une chaife de Bois fêcjic au four, & j’y fais alfeoir le malade ou les perfonnes qu’il faut éleûrifer.
- §. CXXXIV. J,e me fers encore d’une autre méthode de communiquer l’Éleébricité à quelqu’un: je frotte préalablement avec une peau de Chat le gatcau de Refine fur lequel je place la Perfonne. Pour l’éleétrifer félon cette méthode, je la place d’abord (Fig. a8. J fur un gateau de Refîne non frotté A : enfuite elle fe rend d’un feul pas fur le gateau frotté 8c éleétrifé B. Si celui-ci eft fortement électrique ( 8c quand il. çA petit 8c uni, on peut facilement l’éleétrifer avec une peau de chat, 8c en faire un bon Éleétrophore) la perfonne fera éleélriféc ausfi tôt qu’elle y aura mis les deux pieds , elle pafloit d’un Corps non ifolé fur le gateau éleftrifé, l’Elcdricité acquife par un des pieds fe perdroit par l’autre, qui eft encore fur le Corps non ifolé, puisqu’on ne fauroit palier fur le gateau de Refine les deux pieds la fois. Mais, lorsque la perfonne pafle d’un tome II. K ga-
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- t. P. I ï. De
- 14<$ II. M è M O I R E
- gâteau non éleétrifé fur celui qui l’eft, elle devient négativement élcétrique. Si elle tou* Che alors un Corps anéléâriquê non éleétrifé,' & qu’elle s’en retourne fur le gatcau de poix non éleétriqüe, elle devient pofitivement électrique fur celui-çi. Elle n’a qu’à toucher alors un Corps qüi eft à Terre, & elle petit s’en retourner, & repeter lfe tnêiiie procède. Quand j’éleétrife quelqu’un félon cette méthode, je lui fais oter au moins fes fouliers, & je lui en donne d’autres de Fer blanc, dont lèsi femelles font planes & unies. Fig. a8. C. D.'
- §. CXXXV.Quand on place quelqu’un fiir le gatenu de Refine, & qu’on le touche nombre de fois avec le chapeau de l’Éleétro-phore, il en tire à chaque fois un étincelle foible, jusqu’à ce qu’il ait acquis le même degré d’Eleétricité que le chapeau. On peut faire cette Expérience de la manière fuivante. Que la perfonne ifolée touche le chapeau qu’on a féparé de l’Éleéfcrophorc : elle fera éleétrifée': fi elle relie fur le gateau, cônfervant l’Électricité qu’elle a acquife, & qu’elle touche le chapeau pour la fécondé , la troifième, la quatrième fois, l’étincelle qu’elle en tirera fera de plus en plus foible, & une autre perfonne placée fur le plancher pourra tirer une forte étin-cel-
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- V/iiïion de l'Ékîlricité fur le Gorps animal. \tfl
- celle du chapeau-, quoique la première y ait déjà touché.
- § CXXXVI. I l fuit de Ce que nous venons-de dire, qüe ce n’eft que jusqu’à un certain degré qu’on peut éledrifer quelqu’un au moyen de l’Elcdrophore : que ce degré eft égal à celui,.qui détermine la force de cet infiniment. On ne peut donc éledrifer des per-fonnes ausfi fortement par l’Eledrophore que par la machine éledrique.
- î- CXXXVII. Il y a des appartement dont le parquet eft fait d’un bois extrémément l'ec & quelquefois ce parquet eft ausfi ciré. Si l’on frottoir un pareil parquet avec une peau de chat, on pourroit s’y prendre de forte qu’une perfonne y devient tantôt pofitive,tan-j tôt négative. Car, on peut divifer par la penfée ce parquet en plufieurs parties qui feront chacune ausfi grande que le pied d’un homme. Le premier pas ne fera encore aucun effet, parccquc ce n’eft qu’au fécond que la perfonne s’ifole: mais, fi elle touche à la muraille, après avoir fait le fécond pas, elle donnera quelque marque d’Eledricité : au quatrième pas elle fera derechef éleétrique, Sc de même au fixième &e. Mais ce ne font ici que K a d es
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- »48 II- m è M o t R e. P. II. De
- des idées qui me viennent enpaflanf. La cho-fe eft cependant posiible, comme on peut le conclure de l’Expérience faite ci-dclTus: §. 134. & fi on la poulie plus loin, «116 pourra peut-être devenir d’une grande utilité avec le temps. M. canton (a)"a; trouvé une méthode d’éleéfcrifer l’Air, d’uné chambre -, méthode que M. Priestley a décrite (b).
- Mais,
- (a) P/iil. Tranf. Vol. XLIX. p. 783. Cette méthode confifte à éledrifer un tube de Verre très- fortement. O11 le met alors à quartier : & des boules de moelle de furèau, fuspcnducsà des fils de lin de 6 pouces, tendues au milieu de la chambre.où l’on a éleéUifé le tube, lé repoufferont, & s'écarteront l'une de l'autre d'un pouce & demi : preuve que l’Air de la chambre eft devenu cleétrique. H l'eft en ce cas pofitiveroent. Pour l’éleétri-fer négativement, on ifole un tube' de métal, qui porte à un bout une Aiguille à coudre très-fine: on approche de l’autre bout, un bâton de fouffre, ou de cire à cacheter, un tube de Verre dépoli, qu'on a frotté, (& qui ont par là acquis l’Éleélricjté négative). l'Air de la chambre fe trouve tout de fuite éleélrifé négativement, & relie tel fort longtems, même après qu’on a tranfpor-té l'appareil dans une autre chambre.
- (£) Hiftoire de l’Éleflritité, Période X. Stfl. II. Tomel. p. 373. dé la Traduétion françoife : mais la defeription que M. Priestley donne de cette méthode me pa-roit bien moins claire que celle que M, canton en a donnée lui-même à l'article des Tranfaélkm que nous
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- T Action de l'Electricité fur le-Corps animal. 149
- Mais rEleftricité de l’Air, cxcitcc de cette manière-, eit très-foiblc. Si on employoit les deux méthodes, & li on les renforcoit, oit pourroit éleétrifer de deux manières une chambre 2c les perfonnes qui; s’y trouvent.
- 5. CXXXVIII. I l eft toujours' utile en aP-
- venous de citer dans la note précédente. 11 faut obfer-ver encore, que la Traduétion françoife de cet ouvrage a été faite fur la première Édition de l’original, & qne l'Auteur a inféré dans la fécondé une nouvelle méthode plus facile & plus énergique, qui lui a été communiquée par M. canton même, & qui ne fe trouve pas ailleurs : c’elt ce qui m’engage à l’inférer ici, d'après la Traduétion hollandoife du même ouvrage.
- ,,Prenez une Bouteille chargée*d’une main, & de » l’autre une chandelle allumée & ifolée approchez, 5,en marchant par la chambre, la tige de la Bouteille , .très -près de la flamme: tenez-l'y pendant une demi-„ minute : tranfportez alors la Bouteille & la chandelle 9, hors de la'chambre: reteurnez-y avec des boules de „ moelle de furent fuspendues à des fils de lin, & que ,, vous tiendrez ausfi loin de vous que le bras peut s’é-,, tendre : ces boules divergeront dès -que vous entrerez „ dans la chambre, & s’écarteront d’un pouce & demi ,9 quand vous ferez au milieu."
- A la fuite des Expériences de M. canton, M. vriestik 1 rapporte ausfi celles du P. beccaria fur le même fujet.
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- 150 II. MÉMOIRE, P. II. Dt
- appliquant l’Éleéfciicité à des malades, <fe commencer par la première méthode (c), Les parties & les fucs affeétés font peu à peu diflous, & rendus plus fufceptibles de donner une étincelle, ou de recevoir une commotion modérée : car de fortes commotions ne font jamais recommandables ; & lorsqu’on n'a deflefn que d’obtenir des tranfpirations, ou des diflolutions d’obftruétions internes, on peut fe contenter de cette première méthode : mais, fl on ne la trouve pas fufflfante, on peut pafler à la féconde. Je l’ai trouvée fingulicremcnt bonne fur un paralytique, dont je parlerai çi-après. Mais, fi l’on defire d’employer cette fécondé méthode qui eft ordinairement néceflaire, je con» feil-
- (c) L’accord parfait qui fe trouve entre la méthode de M. steiglehner & celles de M. M. de saus-sure & MAUDUir eft très-propre a infpirer la plus grande confiance, d’amant pins que ces Phyficiens ne fe font rien communiqués de leurs travaux. M. uaubuit eommcnce toujours par n’adminiftrer que le bain feu] : ee n'eft communément qu'au bout de cinq ou fix jours ^u’il employé les étincelles. Il eft ausfi d’avis que l'opération de la commotion doit toujours être faite avec ménagement : il ne s’eft jamais permis d'adminiftrer d'autres commotions que celles qui font très-legcres, fur-rout quand il les fait traverfer le Carreau. Ucm. de if •Sfsiité de Médecine, Terne IJ. p. 447 — 450.
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- l'Action de Y Electricité ftir le Corps animal. 151
- Teille d’exciter les étincelles par un bon Élec-trophore: cette méthode cft bonne, expéditive, & ne demande pas beaucoup de peine : j’avertirai neanmoins que j’ai occaiionné de cette manière, fans le prévoir, un vomiffement à deux malades : il furvint réellement à l’un d’eux ; mais il fe reduifit Amplement à des efforts chez l’autre, Il nous fallut abfolument attribuer cet effet à l’Élcétricité, excitée par l’Éleétro-phore, puisque nous n’avons ni remarqué, ni pu trouver d’ailleurs, aucune autre caufc.
- §. CXXXIX. On s’eft fervi jusqu’ici de la méthode fuivante pour électvifer un bras ou un pied paralytique, ou toute • autre partie dans laquelle quelque nerf eft devenu roide & a perdu fa forcte : on lie la chaîne éleétrique à l’entour de cette partie. Cette méthode peut être regardée en quelque façon comme allez bonne pour donner la commotion; mais, en s’en fervant, on ne fauroit faire paffer parfaitement le coup foudroyant par une partie déterminée :. le Fluide éleétrique fuit le chemin le plus court, & celui où il trouve le moins de refiftance. On n’cft clone pas fûr, en liant lachaine autour du bras p. ex.,.que le coup paffera par tel ou tel coté du bras, ou du pied, 8c par conl'équent par tel, ou tel nerf. Ces K 4 re-
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- I5i II. m è m « i R b. jP. If, De
- réflexions m'otit donné lieu de changer mon "appareil éleétrique pour de pareilles ciroort* fiances : & voici en quoi ce changement con-fifte.
- $. CXL. Je lie, à la main, au bras, au pied, (Fig. 0.9. 30.) en un mot -A la partie à laquelle je veux porter le coup éleétrique, une large ceinture de foye bleue ABCDE, dans laquelle il y a un fort bouton de laiton que je puis faire pafler dans les boutonnières A,B,C,D, de là ceinture, ou <?n ôter à volonté. Quelques uns de ces boutons font garnis d’une plaque plus large G I, & d’une partie convexe K ( Fig. 3t.): d’autres au contraire font preux d’un coté M N ( Fig. 32.) comme un miroir concave. Quand k partie affeétée cft platte, je pafle le bouton dans k boutonnière, de façon que la partie platte GI (Fig. 31. 3a.) foit appliquée à la partie platte du Coips : mais la partie eft-elle concave, je tourne k ceinture ou le bouton, &je pofe la partie convexe K du bouton, dans k partie concave du Corps, Enfin, j’applique la partie creufe M N du bouton (Fig. 3a.) aux Os, & aux parties mu-fculeufes convexes. De cette manière je puis appliquer plus furement que d’autres J’Élèétri-
- cité
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- P Action de VElcclriclté fur le Corps animal. 153
- cité à une partie déterminée du Corps: & comme ces deux boutons font pourvus des deux cotés d’un écrou, je puis y viffer un anneau P, auquel j’attache la chaine éleétrj-que. La plaque GI a dans quelques uns de mes boutons quatorze lignes, & dans d’autres vingt lignes de Diamètre; on peut conclure de là les'autres dimenfions,
- §. CXLI. On peut employer cette forte de bandage dans la plûpart des cas. Il faut être pourvu de trois paires : l’une pour tout le Corps du malade : l’autre pour le gras de la jambe : la troifième pour le bras ou la main. J’ai cinq paires de boutons : deux de la forte re-préfentée Fig- 31. deux concaves Fig- 3*. la cinquième eft de la même forte mais plus petite: on peut cependant fe pafler d’une des paires de la fécondé forte. On voit qu’il fuf-fit de (avoir appliquer ces bandages au Corps comme il faut, ce qui n’eft pas difficile, pour faire pafler l’étincelle électrique par telle partie du Corps qu’on voudra, & avec beaucoup plus de certitude que par les manières employées jusqu’à préfent. Si la perforine malade eft trop timide, elle n’a qu’a appliquer elle-même un pareil bandage avec fon bouton à la partie affeétée, 8ç pendre la chaîne à l’an-K 5 neau,
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- R E.
- *54 II.* MÉMO!
- f. II. De
- ncau. Un Phyficicn expérimente pourra de cette façon tirer comme il faut, & avec la plus grande décence, d'es étincelles de toutes les parties du Corps, ou y faire appliquer la commotion (d).
- $. CXLII. M. lovet parle (dans l’Hiftoire de PÉleftricité de M. Priestley) ( a) d’une guérifon complette d’une maladie d'yeux, qui paroit avoir été une goûte
- (rf) M. l’Abbé hemmf.r trouve cette méthode trop peu expéditive : il fe fert de la fuivante. U prend de la main droite une Bouteille de Leide médiocre, i la fur-face extérieure de laquelle eft attachée une chaine, terminée par une boule: il prend cette boule de la mai» gauche, & l’applique à la partie du Corps par laquelle l’Éleébicité doit fortir : il touche avec la tige de la Bouteille la partie du Corps par laquelle le coup doit entrer. Si ces deux parties font trop éloignées l’une de l’autre, ou fi celle, par où le Coup doit entrer, eft fi-tuée de façon qu’on ne fauroit y atteindre avec la tige de la Bouteille, il y fait appliquer par le malade lui. même, ou par une autre perfonae, un barreau de métal , qu’il touche avec la tige. De cette manière, dit-il , on applique au malade en peu de tems, & comme il faut, le nombre requis de commotions, même a travers les habits, pourvu qu’ils ne foyent pas trop épais.
- (4) Hijhire de tÈlcStruiti; période X. Sefl. 14. Tonte 11. p. 410. de la traduâion.
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- TJftion de f Electricité fur le Corps animal. 1,55.
- te fcrçjne, :,. mais M. hjorterberg (Ment, de Suède, Tome XXVII.) rapporte que, quoiqu’il n’ait pas encore guéri de cécité, ceux qui étoient affeélés conjointement avec la goûte fereine ou la cataraâe, de pi-quures, ou de douleurs’, ont fouvent reçu par une feule commotion, un fpulagement étonnant &. prompt. Je n’ai pas,encore eu occa-fion de traiter des cas pareils : mais fi quelque malade, ayant eflayé d’autres remèdes inutilement, vouloit recourir chez moi à l’Électricité, j’ai fait faire la dernière paire de mes bou-tons allez grands & allez creux pour qu’on les puifle appliquer convenablement à l’oeil, ou aux deux yeux; voyez la Fig. 33. (b).
- §. cxLiir.
- (ê) M, mauduit a traité trois malades pour caufft de goûte fereine. Le premier rraité pendant deux mois #c demi parvint à diftinguer allez bien la coureurs & à difeemer quelques objets : ijiais il fuspendit, & quitta même enfuite le traitement, gt retomba dans fon premier état. Le fécond malade' retira un foiblc avantage d'un traitement de deux mois, mais il discontinua, & retomba (lusfi dans fon premier état. Le troifième obtint un effet qui poitvoit donner quelques efpérances, mais il quitta le traitement fous de vains prétextes. Mcm. de la Société Etrfak dt MttUc'mt, Tome II. p. 414.: M. de saussure a guéri complètement une goûte féreine par l’Éleébicité : Mi. p. 403- Voyez ausfi fur ce fujet
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- t$6 II. MÉMOIRE. P. II. De
- §. CXLIII. Je me fers d’un inftrument particulier pour les maux de dents : il eft com-pofé de trois parties: d’un petit dez de bois feché an four AB CD (Fig. 34.), dans lequel eft enfoncé une pointe de métal E : on peut viffer dans la tige de cette pointe un fil de métal G : enfin on introduit dans ce dez tin tuyau de plume abcd par lequel le fil G pafi'e dans le dez, pour être viflee à la tige de métal. Je me fers d’un dez de bois feché & d’un tüyau de plume, pour que le métal de la pointe & du fil né fe mouillent pas trop facilement, & reftent ifolés, afin que la commotion foit portée plus aifement dans le creux de la dent (Fig. 35.) J’ai fouvent disfipé des maux de dents par une feule commotion, ou , fi celle - ci étoit trop foible, par deux. Je ne comtois qu’un feul cas dans lequel les douleurs font devenues plus grandes à la première commotion: & comme le malade ne voulut pas fe faire éleéfcrifer plus longtems, on fut obligé de recourir à d’autres moyens ( c ), Quand * (*)
- ber tholon Je l’Élettriciti du Cor fs humain, p. 191—. 196. p. 425. feqq. : & dans le Journal Britannique de M. matï, Tome VII. p. 218. une cure très - remarquable d'une goute fercine par l'ÉIeétricité.
- (*) V. fur ce fujet eerthoion 1. c. p. 312.
- de
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- VAHion de l'Eleüricité fur le Qorps animal. t$j
- Quand je veux faire paffer la commotion par le pied, ou plûtot par la plante du pied,, je fiais chauffer au malade un foulier de Fer blanc (Fig. 36.), fur lequel s’élèvent plu-fiettrs têtes de doux qui y font rivés. J’ai i* mité ce foulier de ceux de M. hiortsk-
- BERG.
- §. CXLIV. Je vais décrire un Couple de, -cas j dans lequel on a éleétrifé, des malades avec beaucoup de fuccès. Mais je dois avertir que ces cures n’ont pas été faites-immédiatement par moi-même, mais par un habile Médecin, M. D —, Médecin de l’Eleéteur: & je crois être en droit d’inféter ces cures dans mon Mémoire, parce que ces Expériences ont été faites, d’après mes confeils, avec mes inftraf mens, en grande partie fous mes yeux, 6cpour ainfi dire fous ma direétion. C’cft à deffein que je ne tranferis pas tous les cas que nous avons eu, puis qu’on en trouve de pareils dans d’autres ouvrages dignes de foi, & furtoUC dans les Mémoires de l’Académie de Suede,
- Je
- & furtout la troifième Partie, Chap. I. p. 404. feqq. & ci-défions la fécondé Seffion da Mémoire de M.'
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- t$8 II. mémoire. P. II. De
- Je crains d'ailleurs de devenir ennuyeûx par de longs récits, & d’abuier de la patience du Le&eur.
- $. CXLV. Premier cas, Ame Cet*
- tkarine --âgée.de cinquante ans, d’un tém-
- pérament phlegfftatique, fe leva le matin de bonne 'heure en Tuant, s’approcha d’une fénè* tTe qu’elle ouvrit, Sc tomba fur le .champ à terre, paralytique du coté droit, Sc fans pou* Voir parler. Après qu'on eut employé les remèdes ufités en paralyfie, mais- qui furent ici fans effet, on eut recours à l’Éle&ricité. La malade éprouva à la vérité de fortes fenfations à chaque commotion, tant dans le pied- paraly? tique, que dans le bras: mais, en.examinant les chofes déplus près, le Médecin trouva que la langue s’étoit retirée vers la cloifon du palais ( vélum palatimm ) : nous fîmes donc atisfi l’Expérience fur la langue y &, ce à quoi nous ne nous attendions nullement, la malade ri-oîe à chaque commotion modérée, qu’on lui donnoit, & elle faifoit ligne de la main faine, de repéter la commotion, ce qu’on faifoit. Le lendemain la langue étoit dans fa fituation naturelle , & pouvoir fe mouvoir en tout fens, mais la malade ne pouvoit pas encore parler: on fe donna la peine de lui enfeigner de nou* veau
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- l'JStion de l'Êlcftricitï fur le Corps animal, t $gr
- veau l’Alphabet, 8c au bout de trois femainës,-elle fe trouva guérie par l’Éléétricité au point’ de pouvoir marcher 6c parler. Nous lui de-' mandâmes pourquoi' elle avoit toujours rl à-chaque commotion qu’on donnoit à la langue r elle nous répondit n’avoir de fà vie éprouvé de fenfation fi agréable, 6c fi chatouillante."
- §. CXLVI. Second cas. Pierre—* âgé de quarante - huit ans , un valet , d’aiii tempérament phlcgmatique, s’habillant un matin dé bonne heure, fut frappé de paralyfic? au bras 6t au pied droit, ainfi qu’à la langue j la tranfpiration s’étant arrêtée par l’humidité de l’Air. Nous éleécrifa'mes le malade, fans lui faire prendre d’autres remèdes. Au bout d’une heure, 6c apres avoir reçu plufieurs commotions , il commença à tranfpirer de plus en plus. Il éprouva ausfi Une envie de vomir. Il pouvoir derechef remuer la langue, dont on tira ausfi des étincelles -, mais les mots qu’il vouloit prononcer étoient inintelligibles. Nous continuâmes d’électrifer le malade une demi-heure par jour, 6c quelquefois plus longtems, tantôt en tirant des étincelles, tantôt en donnant de légères commotions : 6c nous remarquâmes dérechef uu effort pour vomir, 6c une forte tranfpiration. Enfin le malade éprouva
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- %6o. ÏI. MÉMOIRE. P. II. Dt
- en peu. de tems un fi bon effet, qu’il ppt. de npuvcau fe fervir .de la main 8c du pied , 8c parler intelligiblement. Il relia en pleine fan-té pendant deux mois. Au bout de ce. tems il devint dérechef paralytique aux mêmes parties. Nçus eûmes encore recours à l’Éleélricité, 8c nous procédâmes comme la première fois. Le fuccès fut très-favorable : mais le malade a encore, après Ion retabliffement, de la peinç à prononcer certaines fyllabes allemandes rudes.
- $. CXLVII. J‘a jouterôis,encore Volontiers un mot fur une elpèce d’Elcêlricité, que je crois être encore entièrement inconnue. Une Expérience m’a conduit à cette idée : la voici en abrégé. Je prends un cilindre de Verre, fermé d’un coté : je le tiens de la main gauche, 8c je frappe à plufieurs reprifes fortement lur le fond avec un cilindre de bois. Le Verre devient éleétrique (a). Or, ne puis-je pas
- (a) Le moindre trémouffement pourroit bien rendre le Verre éleétrique: au moins eft-il certain que cette fubltance a une prodigieufe facilité a recevoir les effets du Fluide éleétrique, & à mettre celui - ci én action. Ausli M. h a H n , célèbre ProfelTeur de Médecine a Léi-de, a-t- il foupçonné (p. 49. de l’admirable Préface qu’il a mife à la Tcte du Traité de M. schilling de Le-pr«)
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- VAR'tm dt rÊleüriclté fur h Corps animal. 16t,
- pas fubftituer pàr la pcnféc l’Air au Verre? Sans doute,ce font tous deux des Corps idioé-leétriques.' Ne'puis-je pas ausfi imaginer au lieu des coups fur le Verre, des fecoufles promptes dans l’Air? Ces fecoufles n’exiftent-elles pas dans le fon & dans les tons? Ne pourrait * on donc pas foupçonner que la propagation du fon fe fait par une forte d’Éleétricité ? Chaque Ton différent ne donne-t-il pas une autre forte, ou plutôt un différent degré d’Eleâricité à l’Air? L’harmonie ne fera-1 -elle pas une Ele&ricité compofée de l’Air? L’organe de l’ouïe ne fera-t-il pas excité par une forte d’Eleétricité ? Mais ce ne font là que des idées accidentelles.
- $. CXLVIII. J’en viens à la Force magnétique. Ici les chofes changent de face : ce terrein eft encore entièrement inculte. On peut alléguer des preuves inconteftables de l'action de l’Éledricité fur le Corps animal : & il ne s’agit, dans la Recherche de cette Force, &
- fra ) que le Phénomène étonnant des Oeufs P/iilofef/iiquts, ou Bouteilles de Btulopic, qui fe brifent dès qu'on y jette le plus petit morceau de Caillou, ou qu’on excite le moindre tremblottement à la partie intérieure du fonds, pourrait bien dépendre de l’Éleftricité.
- TOME II. L
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- I R E. P. II. Dt
- *6» II. M £ M O Ce dans les- Expériences & les; Obfervations faif tes fur ce fujet, qu’à s’arrêter à ce qui eft general & confiant : il ne s’agit pas tant de re? pondre à la queftion, fi cette force agit, car cela eft décidé, qu'à celle-ci, comment zgvt-elle? Objet;,, de la Recherche. & du perfectionnement du. quel on peut encore s’occuper pendant un (iècle... Mais $ noiis fommes pauvres en Expériences; fub ce. qui concerne l’aétion du Magnétisme 'fur le.;Gorp^ Juunain, & il n’eft pas encore décidé a1 beauceftp, près, fi cette Force a quelque aétiori fur ,lfi’ Corps animal. Si ce fait éfoit conftaté , nous connoitrions ausfi une bonne partie' de ..la:, queftion fur le comment : car on ne fauroit guères favoir d’une manière fuffifonte, que cette Force agit, fans conaoitre quelque titce; 'de - la- manière dont elle peut , être produite. On peut hardiment provoquer ici tous les P.hyficiens, qu’ils foyent Médecins ou non,, même ceux., qui par leurs travaux & par leurs Expériences, ont donné occafion à. cette queftion, d’y répondre. Je fuis perluadé qu’ils y trouveront tous des difficultés invincibles. Je rapporterai cependant ce que j’ai expérimenté, vû, & ob-ferve, ainfi que les conféquerices que je puis tirer de tout ceci. Quoique mes travaux ayent cté en grande partie fans fuccès, ils pourront
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- V'Âüio# de r ÊleàricHé fur le Cbrps animal.
- épargner à ceux qui voudront les lire, le temps précieux, la dépenfe, 8c la peine requifes-pour examiner la même choie.
- $• CXLÏX. J'examinai d’abord fi f Homme n’Ü' pas dé lui - même une force ma-gnétiqüèV Je peilfois que cette force pour-roit , -petit - être, faire! quelque impresfion fur une bonne Aiguille magnétique très-fenfibîe. Je me fàppellai l’ùccafion, qui s’étoit préfen-tée en 1774. de déterminer très-exa£tement la déclination de cette Aiguille. Je tirai alofs -une Méridienne, fur un plan tais de niveau: j’y enfonçai perpendiculairement un ftile, fur lequel je plaçai une longue Aiguille magnétique, fort exaéte, faite par M. brander. Quand elle eut achevé fes ofcillations, je vou-* lus marquer avec un poinçon de laiton fort aigu le point du plan auquèl la pointe de l’Aiguille repondoit. J’avois tiré par le centre de l’Aiguille -êc le point auqtiel l’Aiguille s’étoit arrêtée une ligne droite. Ayant divifc celie-çi depuis le centre en mille .parties, 8c la prenant pour Rayon, j’avois tiré par la fin de la millième partie une perpendiculaire fur la Méridienne: cettê perpendiculaire étoit le finus de la déclinaifon. Mais cette méthode, em-L a plo ;
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- r e. P. I T. De
- l6\ II. M & M O I
- ployée par l’Aftronome Impérial & Royal dan* îcs Voyages (Z>) ne me fatisfit pas alors : car, à chaque fois que j’approchois de l’Aiguille avec la main, ou le poinçon de laiton, l’Aiguille commcnçoit à o(ciller, à indiquer une déclinaifon variable, dont je dus eilimer & prendre le milieu. Comme je ne pouvois attribuer cet effet à la pointe de laiton que je tenois en main, je crus qu’il devoir avoir été eaufé, ou par une forte évaporation de ma main, ou par un mouvement infenfible du piedêilal fur lequel j’avois tracé la Méridienne.
- J’a i répété cette Expérience cette année, mais fur un piedêilal maçonné pour cet effet, & j’ai trouvé, ce que j’avois foupconné çi-de-vant en partie, que les ofcillations de l’Aiguille dévoient avoir été caufées par un mouvement infenfible du piedêilal : car mes Aiguilles font aébuellement fort tranquilles ; mon Expérience a donc été inutile & fans fucccs pour ce que je cherchois, & je dois plutôt en con-clu-
- (b) Le célèbre Abbé heu de Vienne. M. chappjs d’autekoche avoit employé une méthode à peu prés Semblable, dans fon Voyage en Sibérie, v. Efhtménia du P. heu, pour 1764. p. 117.
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- TAction de V Éleftricité fur le Corps animal. 165
- dure le contraire d’une Force magnétique dans le Corps humain.
- $. CL. Il ya peu de tems qu’un Phyfi-cien a foutenu devant un Académie célèbre de l’Allemagne,entr’autres cetteThefe,, Ma-„ gnitismus, praeparatione débit4, poteft ita „ in Corpore animali augeri, vel roborari, ut „ corpus ejusmodi, acum magneticam pro lubi-P, tu movendo, altitudinem in Barometro notan-pp do, plagam, ex quâ Vcntus fpirat, défi-„ gnando, par _/£/” c. a. d, „ On peut telle» ,, ment augmenter & fortifier le Magnétis-„ me dans le Corps animal par une prépara-,, tion convenable, que ce Corps fera capable ,, de mouvoir une Aiguille aimantée à volonté, d’indiquer la hauteur du Baromètre, & „ de défigner l’Air du vent qui fouffle. Ce Phyficien ayant eu la politefle de me venir voir, commença à parler entr’autres fur ce fu-jet, & il en voulut faire l’Expérience. Il prit un de mes vigoureux Aimans, le tint d’une main, & l’éloigna de fon Corps autant qu’il étoit posfible, en étendant le bras. Il montra de l'index de l’autre main fur une Aiguille â coté de laquelle nons nous tenions, mais cette Aiguille, qui étoit très-bonne, refta immobile. J’en conclus, que ce Phyfi-
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- x66 II. M B M o Ï B. E; Pi II. He ,
- cien qui foutenoif un pareil. Magnétisme, ,pç pofledoic cependant pas lui-méiue: la Force magnétique (O-
- §• eu.
- (c) C'cft ceriainement de M. mesmer que l'Auteur parie ici. M. klinkosch , célèbre froieffeur d’Ahato-lnie à Prague, après avoir rappelle dans une Lettre forç jntéreflanle fur le Magnétisme minimal W l'EleSfrephore perpétuel , que les Expériences fur lesquelles on bâtit Je Tys-tème du Magnétisme Animal, ne font pas fatisfaifantes aux yeux dés vrais Philofopltes, eh décrit' tmfe, dans laquelle on peut di'riger l’appareil de façon qu'une Aiguille aimantée fe dirige vers tous les Corps qu'on jui préfente, quels qu’ils foyent, & qu'elle en fuivc tous les mouve-piens à volonté. Il n’y a qu’a placer le Aile qui porte l'Aiguille fur le chapeau d'un Éleécrophore. Dès qu'on applique ce chapeau fur le gateau, il devient, négativement élcétrique ( §. LXXV. ) & l'Aiguille acquiert par conféquent la même Électricité : elle fera donc attirée par tous les Corps non - électriques qu’on lui préfente, elle en fuivra .tous les mouvemens jusqu'à çe qu’on la touche: alors (§. LXXV.), elle ne donnera plus aucun figné d’Eleélrîcité : mais, il n’y a qu’à enlèvér le chapeau du gateau ; & ce chapèau, aitift que l’Aiguille détiendront pofitifs '( $. LXXXV.) & celle-ci fera dércchef attirée par un Corps quelconque. M. kunkosch a djs-pofé fon appareil de façon que le iliie qui porte l’Aiguille paroiiTe feul au delîus de la Table, mais qu’il communique cependant avec le chapeau, qui Ye trouvé atta-ché avec dé là Reiine, & par eohftiquént dans Un état d’ifolcment, à.la-partie inférieure du deifus.de la ••Ta-' ! ' " " " ble.
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- FÆion de l'ÉleBricilé fur hCirps animul. %6*
- §. CLI. Jb. me couvris.moj-e^êjtia de:di£-fcrens Aimans,, & jp voulus,,examiner fi je
- pou-
- ble. Le g»réau • dë I’ÉIèârophore efr placé fous lfc Champeau , mais fur. un plan inclinédé forte qu’il s'élévfc quand on ferme le tiroir de la Table, 8c qu'il s'abaiiïè quand on l'.ouvre,. ce qui.revient.au. meme que fx on enlevoit le chapeau ifolé de deffus le gateau. On i)’a donc qu'a fermer le tiroir, pour que l'Aiguille obeiife au mouvement du doigt, .ou de rapt autre Corps : 8e fi on a touché l’Aiguille, il n'y a qu’à , ouvrir le tiroir pour obtenir les mêmes, effets: or comme,.tout l'appareil eft caché dans le tiroir, le Corps qu'on préfente à l'Aiguille parait être la çauffe quj la met en mouvement ; 8c il produit, en apparence, les mêmes effets qu'il produf-roit s’il étoit réellement magnétique. Après avoir décrit .cette Expérience, que. M. schaeffexx a repérée, 8c qui fert de ba?e aux raifonnemens fuivans, M. kxin-kosch s'exprime ainfi au fujet du Magnétisme Animal, 8c de fon prétendu rapport avec l'Aiguille aimantée, l’Aimant, 8c la commotion éleétrique,
- ,, Les partifans du Magnétisme Animal auraient-ils ,, pris des mots pour des Faits, on auraient - ils réelle-,,ment oblervé quelque choie ? S'ils ont mis par bavard, comme j’en ai fait l’Expérience de propos df-,,libéré, une boete verniffée contenant une Aiguille ai-,, marnée fur une Table de Fer blanc,- enduite d’une ,, couche légère de lacque, qu’ils avaient peut - être es-,,fuyée préalablement, à raifon de propreté, ils auront ,, été trompés fans s!en apperceveir par l'Éledricité rm-i>zerejfe: car, en s'y prenant ainfi, l’Aiguille obéit
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- pouvois devenir peut - être magnétique! de cette manière & acquérir quelque force fur l’Aiguille: mais mon Expérience fut fans fucccs. L’Aiguille fe mouvoit à la vérité quand je m’en approchois, mais non par mon doigt : Sç *n me couvrant de la même quantité de Fer l'ef-
- „au mouvement du doigt tout austl bien lorsqu'elle eft ,, dans fa boete que fi on l’en otoit, & qu’on la tenoit ,, à la main. Il faut pour cette Expérience que la glace ,, qui couvre ordinairement la boete de la Bouffo'.e en ,,foit otée, & que l’Aiguille foit à découvert. On peut ,, ausfi fe fervir d’une glace de miroir qu’on frotte avec ,, une peau, au lieu d’une Tabie de Fer blanc couver-
- te de laque : & au lieu d’enduire extérieurement d’un ,, Vernis la boete de bouffale, foit de bois, foit de mé-,,tal, il n’y a qu’à mettre de la cire à cacheter aux ,, deux endroits où l’on applique les doigts pour la met-5,trc fur la Table, & la lçver. Si l’Aiguille a eu quel-,,que mouvement en ce cas, fi elle a quelquefois don-,, né une commotion , les partifans du Magnétisme Ani-,,.mal auront-ils attribué cet effet au Magnétisme, & ,, rehauffé, en partie fur de pareils fondemens, les ,, droits de la matière magnétique au de-là de ce qu’el-le en a eu jusqu’ici ?”
- 'Voyez les Mémoires de la Société de Prague, Tome II. p. Ï74. & 161. les Planches qui repréfentent l'appareil de M. klinkosch, fe trouvent dans le Tome III. p. 123. Les belles Expériences de M. volt* fur les ifolemcns imparfaits ne peuvent qu’ajouter beaucoup de poids aux taifonnenjens du Phyficicn de Prague.
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- V ABion le l'ÉleStriiité fur le Corps animal. 1^9
- l’effet fut presque égal, fi ce n’eft que les différera pôles de l’Aimant caufoient une plus grande agitation à l'Aiguille : & il m’étoit facile de prévoir, que la direétion de l’Aiguille devoit avoir lieu félon la diagonale du parallélogramme formé de toutes les direétions des forces des Aimans qu’on porte fur fol: car, il refultera d’une telle compofition une direétion moyenne, félon laquelle l’Aiguille doit fe diriger-
- §. CLII. Mais, peut-être le Corps animal n’acquiert-il, tout comme le Fer, 1* Force magnétique que dans une certaine fitua-tion: c’eii ce que j’ai ausfi voulu examiner. Or, comme le Fer acquiert le plus de Force magnétique lorsqu’on le place dans le méridien magnétique, félon l’inclinaifon requife, jé cherchai dans un lieu particulier un appartement à couvert. Je déterminai dans cet endroit par une bonne Aiguille le Plan, ou le Méridien magnétique, & après avoir cherché par un bonne Aiguille d’inclinailbn de M. 8 r a n p e r l’Angle d’Inclinaifon, je préparai une initruétion pour le Charpentier, afin qu’il mepofât ferpiément dans cet endroit, Sc félon la dite inclinaifon , une poutre de bois, fans doux de Fer. Je pofai fur cette poutre, L 5 fc-
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- félon la méthode de M. antheaume (Mem. de l'Acad. Royale, ,1761. p. au. (a) ), l’un devant l’autre deux barreaux de For, de fept pieds onze pouces, de forte qu'il n’y avoit que deux bons pouces de diftance entre l’extrémité inférieure du premier barreau, & la fupérieure du fécond. Chaque barreau péfoit vingt-cinq livres. Je leur applique enfuite une efpcce d’armure en adaptant une femelle de Fer aux extrémités des deux barreaux qui étoient tournés l’un vers l’autre. Je pouvois pjéfurer la force de ces barreaux- aux parties de ces femelles qui debordoient un peu au defliis des barreaux, y fuspendre des lames de Fer, & même y aimanter allez bien des lames d’A-cier. Mais comme ces barres de Fer ne me paroifToient pas avoir allez de force, j’en appliquai encore une autre du même poids, fur chacune d’elles, de forte que ces deux paires de barres péfoient enfemble exaélement cent livres. Je plaçai à coté de ce grand Aimant deux Echelles, une de chaque coté, fous la mê-
- (<) Il vaut mieux recourir au Mémoire même de M. the ao me Jw Ut Aimons artificiels, couronné, 8c imprimé à Petersbcmrg en 1760. en 40. Il eft accompagné de Planches, qui donnent une idée fort claire de cette excellente méthode.
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- V 4£tion de l’Ele&ricit^ fur le Corps animal. 171,
- même inçünaifon, Sç dans le même plan magnétique. Je pouvois, au ipoyau de çes Echcl-. le?, me,coucher dans çe même Plan, fous 1$ même inclinaifqn, a coté de l’Aimant, oq fur lui: je l’ai fait, très-fouvent, &. en différons, tems, ..dans diverlcs,circonfj:a,nçes : maismapeir rie a été employée inutilement : car je ne pou-yois pas produire le moindre ligne d’une For? çe magnétique. ——
- §. CLIII. J’aurois encore pu prendre intérieurement de la limaille de Fer: mais je favois qq’une certaine perfonne n’en avoir re? tiré aucune utilité , à ce que m’a dit le Médecin de cette Ville,quoi qu’on eut encore préalablement aimanté la limaille, comme on le préfcrivôit. Il efl: disgracieux de faire fans fruit, & en perdant beaucoup de tems, un fi grand nombre d’Expériences couteufes: ileft ennuyant de lire le récit de pareils travaux qui n’ont pas eu 4e fuccès, & il m’en coûte egalement de les rapporter. On me. permettra donc de paflër fous filen.ee mçs autres Expériences inutiles, & de conclure,de celles, dpnt je viens de faire mention, qu’il n’eft pas probable que l’Homme puifle produire en foi une. Force extérieure, femblable à celle de l'Aimant.
- §. CLIV,
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- P. II. Di
- 17a II. MÉMOIRE §. CLIV. Il eft, en Phyfique expérimentale, mille occafions de fe tromper: 8cde même que c'eft fouvent un fimple hazard qui nous fait découvrir une vérité cachée, c’eft ausfi pour ainfi dire, un bonheur quand on découvre fes meprifes à tems. Je puis en fournir un exemple qui m’eft arrivé. Il y a eu des Phy-liciens qui ont foutenu que l’Aurore boréale n’eft qu’une Ëleélricité de l’Air : ils ont prétendu ausfi avoir obfervé en même tems uncr variation particulière dans l’Aiguille aimantée. Ils en déduifent donc un fort argument en faveur de l’Analogie entre l’Électricité & le Magnétisme. Mais, tout comme il n'eft pas encore démontré que l’Aurore boréale eft une Élcétricité de l’Air, il fe pourrait également que les Variations obfervées dans l’Aiguille ne fuflent qu’une méprife. J’obferve ici depuis plufieurs années l’Aurore boréale ainfi que les autres Météores, & je l’ai fait avec plus d’ex-aétitude depuis fept ans, fans que j’ai pu ob-ferver encore une feule fois quelque variation dans l’Aiguille aimantée, quoique je puiftc. foumettre Pinftrument dont je me fers à l’examen de qui que ce foit. Mais un jour il m’arriva de me rendre à mon Aiguille aimantée, une fimple chandelle à la main, fans chandelier, & je trouvaijTAiguille fort agitée: j’a-voia
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- jPJïïion de l'Éleïïricité fur Je Ctrps aniinal. 175
- vois cependant mis à quavtiertout le Fer que je poitois fur moi, & non -obftant cela, l’Aiguille me.parojfibit plus agitée à chaque fois que je l’obfervois. j ;I1 me revint enfin dans l’efprit que j’avois encole fur la tête mpn écran autour duquel il ÿ a un Fil de Fer. Ne lèroit-il pas posfiblc que d’autres Phyficiens l’euflënt ausfi quelquefois oublié lorsqu’ils ont obfervé les Phénomènes irréguliers dans l’Aiguille : & que par-là ils ont cru avoir trouvé un Magnétisme animal ( b ) ?
- $. CLV.
- ( b ) Je ne crois pas que l'Aurore boréale eft un Phénomène purement éleélrique : je ne déduis aucune Analogie entre l'Eleélricité 8c le Magnétisme, des mouve-mens irréguliers que l’Aiguille aimantée éprouve en tems d’Aurore boréale : mais je n’en fuis pas moins convaift-cu de la réalité de ces mouvemens, que j’ai obfervée Si fume-cent- 8c cent fois. Je fuis très - convaincu que ces agitations irrégulières n’ont pas lieu partout : mais «eux qui habitent des endroits où ces Variations ne font pas fenfibles, n’ont pas de droit ; ce me femble, de re-voquer-en doute les obfervations des autres PhyficienSî Voyez, ce que j’ai dit fur ce fujet J. 141. ftqq. de mon Mémoire, 8c ce que je dirai çi - deifous dans une Dis-fertation particulière, inférée à la fin du fécond Tome de ce Recueil. M. hemmer remarque ausfi fur ce $. qu’il a fouvent obfervé de pareilles agitations, & même fi fortement, qu’il pût juger par le mouvement de fou Aiguille s’il y a une Aurore boréale ou non.
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- ^74 ÎI- m é M O r r É. P. 11. De'
- g.CLV. Quoique toutes mes Expériences eufl'ent été jusqu’ici finis fuceès, je ne perdis pas toute el'pérance de trouyef au moins quelques indices vraifemblablcs de force magnétique dans le Corps humain. Je favois^ •pdx les Expériences de M. musschen-b r o e k , que plufieurs terres, mêlées au fang, & calcinées au Feu, font attirées par l’Aimant : or, comme le fang contient des1 parties terreuses, .'Outre les aqueufes, lesfâljnes, Scies hui-leufes j que la terre approche beaucoup de la -iVaturfe du Fer, je penfois qu’il étoit posfible que le Corps animal contient encore dans le -fang quelques parties fur lesquelles l’Aimant pourrait exercer quelque Force. L’Expérience fuivante m’apprit combien mon opinion ..étoit fondée.
- §. CLVI. J e pris du fang de Cerf, réduit ' à ficcité : je le fis pulvérifer, je l’examinai avec un bon Aimant : tout mon travail .‘fut inutile: je n’y trouvai pas de particules ferrugi-rneufes (c); Je ne perdis cependant pas courage:
- (O Confultez ce que j’ai dit fur ce fujet $. 13. de mon Mémoire* ainfi que le Mémoire de M. hubne» ». de-la troifième Partie,
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- l'ARion de l'ÈlcRricité fur le Corps animal. 1715
- rage: lorsque;les particules de Fer, me difois-je, font fort petites, ôc de plus, mêlées à de grandes mafles de parties lymphatiques y hui-leufes, 6c terreftres> ou,, lorsque le Fluide magnétique n’y eft pas encore excité 6c detâ»-ché par un degré fuffifant de chaleur, il e(t posfible que l’Aimant n’ait pas d’aétion fur ces particules : car cette aétion n’eft fenfible qu’ait* tant que ce Fluide peut devenir dans une partie de ces particules Q + ÿ & dans l’autre Q—•« (•§• 10, ia.): or, j’ai déjà dit çr-deffus, que le Fer peut acquérir cette propriété par-la chaleur. Je pris d&nc douze onces de fang de Cerf réduit à ficcité , 8c‘pulvérifé : je les fis mettre dans un .creufet, 8c je les • fis calciner pendant trois heures, 8c pulvériiêr éft-fuite : PefFct fut entièrement- conforme à nia eonjeéture: car je pus en tirer au moyen de mon Aimant affez de particules martiales, pour me convaincre moi-même, 8c-tout le monde, qu’il fe trouve des particules ferrugineufes dans le fang.
- §. CLVII. J’aurois en quelque forte pû m’en tenir là, puisque je favois par cette Expérience qu’il y a du Fluide magnétique dans le Corps animal. Car, ce Fluide refide dans le Fer (§. 16. 57.) 8c le Fer exifte réelle-
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- P. IL Du
- j76 IL mémoire
- lement dans le Corps animal (§. i$6-) (d): c’eft donc une conséquence naturelle 6c légitime, que le Fluide magnétique êxifte dans' le Corps animal. Mais je ne voulois pas m’en contenter: car comme j’avois tant entendu parler depuis deux ans de l’Aétion de l’Aimant fur le Corps animal, 6c qu’en partie j’en avoiî fouvent parlé avec l’Inventeur de cette aétion, je voulois eflayor auslî s’il n’étoit pas posfiblc d’en faire l’épreuve. N’ayant eu aucun fuc-cès fur des perfonnes bien portantes, je me fuis tourné vers des malades. Je ne voulois cependant pas, tout comme pour l’Eleéfcrieité, faire ce s Expériences immédiatement par moi-même, de peur qu’on ne m’objectât peut-. être, comme on l’a fait à M. M. lovet & wesley au fujet d’Expériences électriques , que n’étant pas delà faculté je ne pourvois diftinguer, ni la nature des maladies, ni les fiâtes d’une guérifon apparente. Je pris donc, avec le Médecin dont j’ai parlé , le parti d’appliquer l’Aimant à quelques malades qui voudraient s’y prêter. Nous fîmes venir des Aimans de Vienne: nous en confirmâmes
- (d) Voyez ce que j'ai dit là-defios $. i«2., note a: & S. 91. note f de meu Mcmohe.
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- T Action de T Etc ftricité fur Je Corps animal* 177
- nous même, & nous leS donnâmes à des Malades. Ils font de la forme repréfentée dans les Figures 37, 38, 39. couverts de Taffetasy & ils peuvent être liés à différentes parties du Corps (f).
- 5. CLVIII.
- (e) M. M. andry & thovret ont ajouté à leur Mémoire fur l'Ufage de tAimant en Médecine (p. 683. du III. Tome des Mémoires de la Société Royale de Médecine') «ne défcripti'on des pièces aimantées dont ils fe font fer-vis, & de la manière de les appliquer. Celles qu’ils employent en guife d'Armure ne différent pas effentiel-lcment de celles que M. sieigiebner a décrites, fi ce n’efl par les braffclets, les jarretières, & les colliers dont ces Mesfieurs font ufage. Ce font de petits bar-, reaux détachés, pour l'ordinaire d'un pouce de long fur quatre lignes de largeur, & une demie ligne d'épaiffeur , qu'on applique bout à bout fur un ruban de toile ou de velours noir: on en employé cinq pour former un bras-felet, douze pour une jarretière, dix pour un collier : quant aux autres pièces on les enveloppe d’ordinaire dans du taffetas. Au relie ces Mesfieurs obfervent : i°. que les pièces deftinées à ' Être appliquées en armure, doivent Être fixées de manière à conferver le plus conflamment posfible leur fituation : les accidens fe renouvellent quelquefois quand les pièces font dérangées : z°. Qu’on doit préférer, toutes drofes d’ailleurs égales, les pièces qui touchent la peau nue 1 celles dont les Aimans font enveloppés : la fubftance qui les recouvre affoibliffant d’autant la communication de leur vertu. 30. Qu’on doit faire changer & rcnouveller ces pièces fouvent, tous les TOME II, M <*eox
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- 178 II. mémoire. P. II. De
- $. CLVI1I. Je dirai encore enpaffant, & par fiuiibondance, que pour avoir des Aimant d’une forme très-irrégulière, & même de forme variable, je les fais de limaille de Fer très-fine 8c de cire : j’employe environ trois partie* de limaille fur une de cire: je les mêle enfem-ble fur le Feu dans un vafe net : 8c pendant que la matière eft encore chaude, je lui donne la figure que je defire, 8c je l’aimante quand elle eft refroidie. Le Le&eur voit, fans que j’en avertiflc, qu’on peut avoir de cette manière un appareil peu coûteux 8c propre à plu-fieurs Expériences magnétiques agréables. Mais je dois avouer que ces Aimans font foi-blcs (a).
- §. CLIX.
- deux ou trois mois. Enfin 40. que la vertu de l’Aimant paroiffant être plus fpécialement fédative & calmante, on doit furtout éviter les remèdes & toutes les fnbftan-çes, qui, pouvant irriter les Nerfs, s’oppoferoient à foa adion. La prudence même exige que pendant fon action on s’abftienne d’antres Médicamens : p. 687.
- («) Le célèbre Dodeur knight faifoit des Aimans artificiels de la même manière : il prenoit de la limaille de Fer qu’il reduifoit en poudre impalpable par des lotions réitérées dans l'Eau. Il la méloit avec de l’huile de lin 8t en faifoit une pâte qu'il féchoit lentement "près d’un feu modéré, afin que la matière ne fe gerçât pas : cnfuite il l'aimantoit au moyen de fcs grands magasins de
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- ŸAUion de l'É le Unicité fur le Corps animal. 17$
- $. CL1X. J* rapporterai, tels qu’ils m’ont été communiqués, les cas fuivans entre tous ceux dont le Médecin que j’ai cité m’a fait part.
- B ré mibr cas.- Une Religieufe de cinquante ans, d’un tempérament’phlegmatique , étoit attaquée depuis huit ans d’un Rhumatisme., .& dé rouleurs tiraillantes. & prcJTantes entre la quatrième & la cinquième faufle côte, à compter du côté gauche j non obftant tous les remèdes, le mal ne cêdoit jamais, mais il devenoit plus fort aux approches d’un changement de tecos.' Elle appliqua 1! Aimant en forme de colier de forte, qu’il couvrait la partie affeétée.
- Au
- de barreaux aimantés : Plilof Tranfa£l. Vol. LXIX. p. 51. La défeription de ees magazins & leur figure le trouvent ibid. Vol. LXVI. p. 5{»r. ainfi que dans l'ouvrage de M. l e monnier intitulé Loix du Magnétisme. Ces Aimans de M. knigmt étoient par conféquent formés d’une- matière durcie. Mais il y a cinq ou fix -an9 qu'on envoya de Londres au Prince de gallitzin à la Haye une matière noirâtre aimantée, molle, qui con-fervoit fa vertu & fes pôles de quelque manière qu’on la pliât. Mon Frere, à qui ce Prince la fit voir, foup-çonna d’abord fa véritable compofition, & l'imita en mêlant de la limaille de Fer fort fine, & de la cire fondue: il aimanta ce mélange après le refroidiffement, en fe fervant de la double touche. J’en pofféde un morceau, qui a très-bien confervé fa vertu depuis ce tems.
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- Au bout d’un jour 8c d’une nuit, la douleur changea de liai, 8c fc plaça plus haut. Le troifième 8c le quatrième jour elle étoit dans le dos: la malade mit l'Aimant fur cette partie: 8c dans l’cfpace de huit jours elle fut délivrée de la douleur. Quand la même douleur revient quelquefois, on applique dérechef l’Aimant, 8c la douleur fe disfipc (è).
- §. CLX. Second cas. Un Maître Ferblantier étoir fortement tourmenté depuis dix ans de vertiges cdnfidérables,' 8c de péfan-teur dans le front. Il y a fept ans qu’on appliqua à peu près tous les remèdes posfibles, mais ' aucun d’eux ne fut capable de diminuer feulement
- (b) M. br ucmans remarque dans la Préface de fon Magnétismus, p. 6. qu’il doute s’il faut attribuer l’effet des barreaux aimantes fur le Corps humain à la vertu magnétique, ou au métal comme métal : pareequ’il a obtenu deux fois un effet remarquable au moyen d’un barreau magnétique, & que le mal étant revenu il obtint un effet femblable par une lame d’argent : au relie M. M. andry & thouret ont discuté en détail la Queltion s’il faut attribuer les effets des barreaux magnétiques à l’impreslion du froid qu’ils occalionnent, à leur presfion, à l’effet des ligatures : & il a conclu par plu-fieurs raifons qu’aucune dé ces caufes ne peut être ad-mife. Voyez I. c. p. 6$6—6z. 669. 670.
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- V Aftion de VÈleElricitê fur le Corps animal. 181
- ment la maladie. On donna donc à ce malade un Aimant oblong pour le lier à la plante du pied} dès la première nuit le malade éprouva un foulagement extraordinaire : mais comme il fortit avec l’Aimant, & qu’il trouva beaucoup de difficulté à marcher, on lia l’Aimant de coté le long du Tibia: & le malade en a éprouvé un fi bon effet, qu’il a pu foutenir tout l’été paffé un rigoureux travail à une Tour, fans éprouver le moindre vertige.
- $. CLXI. Troisième cas. L’Aimant a fait un effet confidérable & très-bon fur un Curé, âgé de foixante ans, homme d’un tempérament Sanguin, & qui éprouvoit toujours, après avoir fait un mouvement trop fort, ou trop prompt, de palpitations de Coeur fi violents, qu’il s’enfuivoit une grande oppression de Poitrine, & une refpiration très-pénible. Les faignées, les vantoufes, les remèdes intérieurs les plus utiles, ' furent employés Sans fruit. On effaya enfin l’opération de l’Aimant: & on fuspendit au malade un Aimant en forme de coeur, de forte qu’il pût fe trouver fur le creux de la poitrine. Au bout de deux jours le malade fit un mouvement modé* ré à cheval} il l’augmenta peu à peu, & il éprouva par-là un plus grand repos que-fans
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- cela par d’autres remèdes. Au bout de quatre femaincs le malade témoigna qu’il écoit entiè* rement guéri de fa maladie.
- §. CLXII. J e ne crois pas qu'il foit né* ceflaire de rapporter un plus grand nombre d’exemples. Je penfe qu’un petit nombre d’effets vrais, & rapportés lincèrement, démontré plus qu’un.grarid nombre de narrations douteu* fes, & remplies de circonftances inutiles (e).
- J'
- (e) C’eft par cette raifon, que jè crois très-bonne, qu'il me paroit inutile de citer ici nombre d’autres exemples qu’on trouve répandus dans plufieurs écrits. On en trouvera d’ailleurs ci - deffous dans la dilTertation de M- HUBNER (Seét. 2. §. 2. ÿe note/fur cette Section). Il en eft plufieurs de ces exemples qui ne m'ont pas paru avoir le degré 4’authenticité necéflaire pour entraîner la convidion: j’avoue d’ailleurs que la grande promptitude qu’on attribuoit a çe remède, me fournis-foit un motif aifei raifonnable de doute; promptitude dont on trouve un exemple très-remarquable dans l’Hi-ftoire de la Société Royale de Médecine, T. I. p. 281; enfin on ajoutoit plufieurs circonftances qui me paroifibjent mériter peu de foi : telle eft p. ex. celle de devoir tourner le vifage vers le Nord pendant l’opération pour pouvoir être guéri du mal de dents par l’Aimant ( v. dans la Biblioth. dft Sciences, pour 1764. T. XXIV. p. 158. l’extrait des guérifons opérées par M. kiarich). J’at, Jfcndois donc avec beauçoqp d’impatiçnçe les reflétais du irai
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- ï'Aüion de l\'ÉleEtrieitf fur le Corps anim’al. 183
- J,e crois aufi que cette favante Academie préférera qu’on écrive, en conjecturant, fui' une ma-
- tra vail dont M/M. andry & thoure t a voient été chargés par la Société Royale de Médecine. Le Mémoire fur lt Magnétisme médical, que ces Mesfieurs ont inféré dans le troifième Volume des Mémoires de cette Compagnie, fait le plus grand honneur.à leurs lumières, à leur zele, à Itur aétivité, & a leur prudence. Ils rapportent 8c discutent quarante - huit obfervations, d'après la totalité desquelles il ferait difficile, ce me fem-ble, de nier que l'Aimant, appliqué extérieurement, 8c en guife d'armure, ou d'amulette, exerce , entant que tel, quelque action, 8c même une aélion marquée fur le Corps humain. Ces excellens Phyficiens discutent toutes ces obfervations fuivar.t les différentes claffes auxquelles elles appartiennent, 8c les effets qui ont été remarqués. Ils ne disconviennent nullement qu’on n'a pas toujours vû, même dans les affeétions nerveufes, auxquelles d'ailleurs l'Aimant paroit le plus favorable, les accldcns céder ou disparoitre après un ufage, même longtems continué de l'Aimant (p. 666.). Ils avouent ( p. 667. ) avoir vu l’Aimant employé fans aucun fuccès dans divers accidens qui, au premier abord, paroiffoiént du même genre que ceux pour lesquels l’Aimant a été utile, 8c ils en recherchent les raifons : enfin on ne peut qu’admettre les conclufions qu’ils tirent eux - mêmes de leur travail (p. 681.) favoir, i°. Qu'on ne peut mécon-noitre dans l’Aimant appliqué en amulette une aélion réelle 8c falutaire : a0, que l'Aimant ne paroit pas convenir dans les affeétions décidemment humorales ou or-
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- matière qui eft encore combattue & révoquée en doute par beaucoup de favans. C’eft pourquoi je ne preflerai en aucune manière les con-féquences que je puis tirer de ces Expériences.
- On
- ganiques & matérielles, mais dans les affeélions purement ou plus particulièrement nerveufes. 3®. Que les affeélions de ce genre, auxquelles l’Aimant convient préférablement, ne 'font pas les affeélions dépendantes du defaut d'aétion des Nerfs, mais celles qui reconnois-fen.t pour caufe principale l'action des Nerfs augmentée : comme les .fpafmes, les convulfions, les vives douleurs : 40.. Qu'en conféquence l’Aimant fe range naturellement dans la claffe des antifpasmodiques, & plus fpécialemcnt dans celle des antifpasmodiques toniques, ou proprement dits : Que cette aétion antifpasmodique & nerveufe
- de l'Aimant ne paroit être que palliative, mais que rien n’annonce qu’elle ne peut pas devenir curative : qu’il eft par conféquent important de continuer les recherches, & de multiplier les épreuves fur cet objet, furtout. puisque la méthode magnétique paroit être elle même fuscep-tible de pluiieurs degrés de perfeélion : 6®. Enfin, qu'en fe bornant même à la méthode aétuelle les avantages dg Magnétisme en Médecine ne peuvent être méconnus 8î
- conteftés. ------ Nous parlerons oi-deffous ( §. 16;.
- note d) des idées de M. M. andry 8t thouret fur la manière dont l’Aimant agit, & nous finirons en remarquant que ces Mesfieurs ont, ausfi bien que M. s te ig le un er , obtenu de bons fuccès dans les R huma-tismts (obferv. 8,9, 10. ) dans les VMips (obf. 47.)! dans les Palpitations de Coeur ( obf. 12, 23, 24. ).
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- VASiion de l'ÉleElricité fur le Corps animal. 185
- On aura de quoi fe contenter pour le préfent, fi je puis déduire folidemcnt de toutes les Expériences qu’on a faites & qu’on connoit jusqu’ici, qu’il eft vraifemblablc qu’il y a une Force magnétique dans le Corps animal : car c’eft une preuve, qu’on a fait au moins un pas vers la découverte d’un grand fecret de la nature. Ce n’eft que pas à pas que l’elprit humain arrive aux vérités quand il n’y parvient pas par hazard. La certitude d’une chofe dépend du degré -de folidité des raifons qui fervent à l’établir : fi ces raifons ne font pas fatis-fàifantes & fuffifantes, il ne nous relie qu’une vraifemblance : & fur combien de Principes purement vraifemblables ne faut-il pas bâtir en Médecine? Je fuis donc fort étonné devoir quelques favans Médecins s’oppofer. avec tant de chaleur à l’ufage des Aimans, uniquement parcequc ces Aimans n’ont pas fait d’effet fur leurs malades : mais combien de remèdes ne prefcrit-on pas journellement dans des maladies ténaces, périodiques, chroniques, & dans d’autres, dont on obtient ausfi peu d’effet que plufieurs perfonnes en ont obtenu de l’Aimant? Scroit-ce cependant là une raifon de rejetter ces remedes ? Je ne le crois pas : mais c’en fera une de les corriger, ou de les changer en d’autres remèdes,
- M 5
- §. CLX1II.
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- j8<5 II. MÉMOIRE §. ÇLXIII. Je penfe donc qu’il eft pos-fible que les Aimans artificiels «giflent fur le Corps animal, 6c je tire cette posfibilité des parties conftituantes même du Çorps. Quiconque fe rappelle que le Fer acquiert la Force magnétique, même feulement pour fe trouver dans im certaine fituation: qu’on communique cette Force à un barreau d’Acier, en le frottant uniquement avec un ou avec deux ou plufieurs Aimans: quiconque en un mot s’eft acquis une idée claire de la communication des Forces magnétiques, m’accordera lâns peine, que le Fluide magnétique a fon fiege dans le Fer même. Ce font ce me femble des opinions fans fondement, 6c arbitraires que celles de quelques Phyficiens, qui établirent je ne fais quels écoylemerts. Il faudroit employer bien des démonftrations'pour me convaincre, que le Fer ne commence à fournir des écoulemens du Fluide magnétique, ou que ce Fluide ne coule hors du. Fèr, ou à travers le Fer, que lorsqu’on tient le Fer dans une fituation perpendiculaire ou inclinée 6tc. Il eft bien plus vraifemblable que le Fluide refide déjà dans le Fer, avant que celui-ci devient un Aimant artificiel. Or, comme il exifte des particules ferrugineufes dans le Corps animal, & que celles-ci fonc une partie conftituante de ce Corps, U
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- l’Jttion iic V JSleftricité fur. le Corps animal. 187
- il s'enfuit* <Jue'le Fluide magnétique en eft également une partie conftituante, & par con-féquerjt qu’il n’eft pas imposfible qu’un Ai*, mant artificiel ait quelque aftion fur ce Corps,.
- §. CLXIV. On pourroit m’objeéter, que le Fluide magnétique, contenu dans le Fër, doit être excité, ou détaché par un certain degré de chaleur, avant que de pouvoir être mis en mouvement' par l’approche d’un Aimant. Mais outre que ce Principe n’eft pas fi général, qu’il n’éprouve des exceptions, car une fecouflfe, un tremblement, ou quelque autre caüfe encore inconnue, compenfe probablement dans plufieurs Aimans naturels, le degré de chaleur requis, on voudra bien fe rappeller, le long circuit que le fang doit parcourir dans les différentes routes des artères : que les globules du fang ne s’entrechoquent pas feulement dans ce mouvement, mais qu’elles frappent ausfi les parois des artères, & en font réciproquement frappées : ce mouvement ne doit - il pas produire une chaleur confidé-rable, laquelle, de même qu’elle atténue les particules féreufes, lymphatiques &c. du fang, donne ausfi aux particules martiales & terreufes un grand degré de chaleur, les rend plus vi-yes, 6c les dispofe à ce que le Fluide magné-
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- tique qu'elles contiennent puifle s’y mouvoir, au moins dans quelque cas? Mais je ne fuis pas étonné qu’on n’obferve pas ceci dans le fang tiré du Corps -, car nos Aimans perdent ausfi leur Force dans beaucoup de circonftan-ces : & il peut également y en avoir ici quelqu’une pour les particules ferrugineufes des fucs animaux.
- §. CLXV. C’est à delTein que j’ai dit que ce pourroit bien n’être que dans quelques cas que le Fluide magnétique des dites particules martiales pourroit fe mouvoir fenfible-ment : car, il fe pourroit que ce Fluide a dans des perfonnes laines un mouvement, qui n’eft pas fenfible: & que ce n’eft que chez les malades qu’il fe fait un mouvement extraordinaire , qui produit par conféquent une fenfation, fuppofé que nous fentions dans notre Corps ce qui eft dans un mouvement extraordinaire. En général on eft obligé d’établir, ou que le Fluide magnétique des dites particules martiales, eft fortement attiré dans le Corps animal, & par conféquent qu’il eft dans un mouvement infenlible: ou qu’il eft attiré foiblement, & qu’il eft par conféquent dans un mouvement fenfible: ou la fenfation peut réciproquement être plus forte dans le premier cas. Quelque
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- V Atlion de l'Electricité fur U Corps Animal. 189
- parti qu’on prenne là-deflus, il fera aile de concevoir, qu’un mouvement troublé doit exciter une maladie dans l’Animal, 8c qu’ainfi un Aimant qu’on en approche peut y produire une aétion, qu’il n’y produifoit pas auparavant. Quelque indéterminé que tout ceci piaffe être, on en peut néanmoins facilement conclure, qu'il eft posfible qu’un Aimant fas-fe fur un Corps malade un effet qu’il ne fau-roit faire fur un Corps fain (d).
- 5. CLXVI.
- (d) Il eft clair parce §. & par les deux§§. précédais,' que M. sTEiGLEHNER attribue l’effet que l'Aimant produit fur le Corps humain à fon aétion fur les particules ferrugineufes contenues dans le fang, dans là lymphe &c. & fur le Fluide magnétique de ces particules : il attribue donc cet effet à la même force par laquelle l'Aimant agit fur,le Fer. M. M. andry & thouret , qui ont discuté profondément leurs obfervations, pour examiner à quel genre de caufes dépend l’effet de l'Aimant fur le Corps humain, ont embraffé un fentiment très - différent ; ils penfent d’abord, qu'on ne fauroit attribuer ces effets à l'Aétion que l’Aimant pourroit avoir fur les molécules de Fer difféminées dans nos humeurs : i°. pareequ’il n’y a qu’une foible portion de Principe ferrugineux dans le fang : 20. pareeque ce Principe ne paroit pas exifter dans ces humeurs, air moins' fenfible-ment, dans l’état qui le rend fusceptible de l'action de l’Aimant : (p. 65$. car l'Aimant n’attire le fangqu'après la calcination ; v. S. 156. & §. 13. §. 93. note f §.
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- ft e. P. IL De
- 490 IL M K M 0 I
- $. CLXVI. Quelques tins de mes amis m’ont déjà fouvent obje&é que je fais une
- ,*pi. mu.a de mon Mémoire) 30. (p, 671.) à ca,ufedu peu de rapport qu’on découvrirait entre l’erjiflcnce de ces mêmes parties, 8c la production des affeélions ner-veufes : 40. parceque l’ufage intérieur du Fer eft compté au nombre des remèdes les plus efficaces pour les com* battre, & que fa préfcnce ne bous étant connue que dans les humeurs, ce devrait encore être fpédalcment fur les maladies humorales 8e matérielles que l'aétion de l’Aimant fe manifefteroit ; circonftance absolument oppo-fée aux refultats les plus eonltans des ob&rvations (v. note frécéd.). Ce s. Fhyfidens au contraire ont cru pouvoir admettre i au moins probablement, 8c comme un fentiment qui mérite d’être difcuté par de nouveaux faits, que l'Aimant agit par une aflion antifpasmodique 8c calmante, ((p, 671.) puisqu’il opère les mêmes effets que les fubftances antifpasmodiques connues) & que cette aétion fe fait directement fur les Nerfs : les raifons que ces Mesfleurs allèguent par récapitulation pour étayer leur fentiment (ont : i°. que les accidens ceffoient à l’application de l’Aimant, ou même Amplement en l’approchant ; 8c que cec effet étoit proportion?! à la force des Airaans employés : 20. que les accidens fe renou-velloient fubitement, quand on otoit trop tôt les plaques aimantées, 8c disparoiffoient quand on les appli-quoit de nouveau : 30. que plulieurs malades orjt alluré avoir conftamment éprouvé un nouveau degré de loula-gement au renouvellement des garnitures, 8c une diminution de foulagement quand la vertu des Aimans com-mençoit à s’affojblir, p. 080.
- Après
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- TAUion àt-V'EleBriciti fut'le Corps animal, içr
- une comparaifon entre les parties les plus ténue? & des - Aimons entiers. Je l’ai déjà fait çi~ defllis §.87. Mais je puis ausfi y repondre par une Expérience, qui convaincra tout le monde évidemment, que les plus petites pous-fières de limaille de Fer font des Aimans. Qu’on prenne un verre rempli d’Eau, fur la furface de laquelle on fafTe nager dix ou douze pousfières de limaille de Fer : quand elles font en repos, qu’on en approche de loin le pôle d’un bon Aimant: dans le moment même, quel-
- Après avoir établi'ces différais points, MM. andrv & thounet concluait, i®. que l’aétion de l'Aimant eft due à l’Aimant entant que tel : i°. quelle eft dis-tinélc de celle qu’il peut avoir fur le Corps humain comme fubftance ferrugi'nèufe, & de celle qu’il exèree fur le Fer comme fubftance attraélive,’ quoiqu'elle paroiffe cependant dépendre du même Principe, puisque fon action femble s'affaiblir évidemment & fe rétablir en in.-m« proportion, que les plaques aimantées acquièrent ou perdent de leur vertu attraélive & de leur aétion fur le Fer. Enfin 30. que cette aétion de l’Aimant paroit être une aétion immédiate & direéte du Fluide magnétique fur nos Nerfs, fur lesquels il paroit avoir une influence non moins réelle que fur le Fer : mais qu’il ne paroit en avoir aucune direéte & particulière fur les fibres, fur les humeurs, fur les rifcèxes, p. 681. —
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- r e. P. II. De
- 1Ç1 Iï. MfÉ M O I quelques particules fe retourneront, preuve évidente qu’elles font magnétiques (<* ).
- §. CLXVII; Il eft très-vraifemblablc que l’Aimant artificiel a déjà fait fouvent quelque effet fur le Corps animal. Pour le démontrer, j’en appelle aux guérifons opérées, & à quelques cas que j’ai rapportés çi-deffus §. 159. Quand on éprouve à l’application de l’Aimant, quelques fenfations particulières , qui diminuent ou qui ceffent quand on ote l’Aimant, & quand, après avoir examiné toutes les circonftatices, on ne trouve pas de meilleure caufe dont on puiffe déduire cet effet, il fera, au moins, vraifcmblable, que ces fenfations & ces effets font une aétion de l’Aimant , tout comme on a coutume de juger dans l’ufage de tout autre remède. Quiconque a entendu parler de guérifons magnétiques, ou alu quelque chofe fur ce fujet, doit avouer, qu’on a fouvent obtenu par l’Aimant des effets, auxquels on n’a encore pu, que je fâche, as-figner
- (.a) M. erugman's a fait de très-belles. Expériences fur ce fujet dans fon ouvrage intitulé Magmtismus que j'ai eu occafion de citer plus d'une fois dans les §. 11-s-ifi. de mon Mémoire, & ailleurs.
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- i' ÀÈlion de r Électricité fur U Corps animal. 153
- ligner d’autre caufe fuffifante c[üe l'Aimant, quoique, pour des railons douteufes, on n’ait pas voulu la regarder comnle telle. Pour rai-fôrtnef modérément fur ce fujet, je dois regarde!1 les guériforis magnétiques au moins comme Vraifeiiiblables. Si l’on ne m’accorde pas feulement Cette vraifemblance, il faudra par la même raifon nier abfolumeilt une grande partie des opérations de Médecine. Combien de Médecines les malades ne prennent-ils pas journellement, avec liiccès, & combien d’autres n’en prennent - ils pas qui n’en ont point? On regarde cependant celles - ci ausfi bien que celles - la comme de borts remèdes : & il con-fervent leur degré de probabilité d’être utiles dans telle ou telle maladie, uniquement par ce qu’ils ont quelques fois été d’utilité.
- §. CLXVIIÏ- II petit y avoir plufieurs raifons, & des raiforts très - différentes, pour lesquelles l’Aimant n’a pas fait jusqu’ici fon effet entre les mains de tous les Médecins. Il y a des malades qui ne font pas contents quand %n ne leur donne pas un grand nombre de remèdes. D’autres n’ont pas -la patience d’attendre l’a&ion de l’Aimant. Combien de tems ne fc paflé -t - il pas ici, avant qu’on ait fait un Aimant, quand on veut le faire bon, 8c fur-
- tome II. N tout
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- E. P. II. D*
- *94- II. M É M O I R tout quand on ne veut l’aimanter qu’au moyen d’un A’mant. Peut - être ausfi que quelques Médecins veulent trop de bien aux Apothicaires. Quant à moi, je crois qu’il ne faut négliger les autres bons remèdes, ni pour l’Électricité, ni pour le Magnétisme. Si l’Aimant a quelque aétion fur le Corps animal, il faut que les particules martiales des fucs foyent ras-femblées dans un feul endroit, ou que le Fluide magnétique ne fe trouve pas dans ces particules même dans fa diftribution requife. Or, fi ces mêmes maux peuvent ausfi être guéris par d’autres remèdes, on ne fait pas mal d’aider les effets de ces remèdes par- l’application de l’Aimant, ou.d’aider celle-ci par l’ufage de ceux-là. Enfin il eft encore une autre rai-fon pour laquelle l’Aimant ne produit pas des fecours fi nombreux : c’eft qu’il n’eft pas encore décidé à quelles parties du Corps il faut l’appliquer} & quelle diète il faut obferver. Nous tâchons quand il eft posfible de l’appliquer aux extrémités des-Nerfs.
- §. CLXIX. J e demande encore à- totjS; Phyficien fincère, f’il eft intérieurement convaincu que cette Force magnétique, fi uni-verfelle, fi variée, fi étonnante, & fi admirable , a été produite par le Créateur uniquement
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- /’ JStion de l'Electricité fur le Corps animal. îçf
- ment pour diriger les Aiguilles aimantées, qui cependant ont été fi longtems inconnues au Genre humain, &qui, même aujourd’hui, ne font pas encore portées à beaucoup près à leur perfection (£)? Qu’elle n’a aucune influence lür le Corps animal, qui confilte néanmoins principalement en Terrej Élément, qui, comme tout Chymifte & tout Minemlogilte le fait, approche le plus du Fer, qui même elt com-pofé, entr’autres élémens, de particules martiales, le fiege naturel du Fluide magnétique? Quant à moi je ne faurois me le perfuader. Je regarde plûtot la Force magnétique ainfi que la Force éleétrique, comme un nouvel Élément, découvert de nos jours, le grand re*-fort de h nature, l’ame, fi je puis m’exprimer ainfi, du Corps animal. Pourquoi l’Air eft-il fi néceflaire à la Vie? En quoi contribue-t-il â la Nutrition ? Qu’on le demande à tous les Ana-tomiftes, aux Chymiftes, aux Phyfiologiftes, ils ne pourront nous donner de reponjê fatisfaifente. Mais, fi nous confidérons l’Air comme un Corps électrique, tel qu’il l’eit en efFet} fi
- (4) M. aepikus penfe abfolument dè même fut <e fujet (J. 290.) ainfi que M. eruêmaks, Oratit it frofl. rmdis P&yjicit funuiriit, p. 46.
- N a
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- '196 II. M É M O I nous confidérons la propriété de cette matière élcétrique, que j’ai examinée dans les deux Parties de ce Mémoire, nous nous apperçe-vrons facilement que cette matière eft un des principaux refibrts, & peut-être le premier reflort, du mouvement intérieur dans le Corps animal. Que feroit-ce fi je deduifois de l’Analogie que j’ai démontrée, une pareille con-clufion pour le Fluide magnétique?
- §. CLXX. Mais, fi le Fluide magnétique exerce une pareille aéfcion intérieure & cachée fur le Corps animal, quel changement, ou quelle variation périodique ne pourra-1-on. pas foupçonner dans le Monde corporel animal? Les variations de l’Éleétricité naturelle font courtes, fe disfipent promptement, leur aétion fur le Corps animal eft fenfible. Mais les variations dans la Force magnétique font lentes,s’étendent à des ficelés, & leur influence fur le Corps animal ne peut pas être fi fenfible, mais elle en peut être d’autant plus uni-verfelle. On fait que la declinaifon de l’Aiguille magnétique étoit à Paris p. ex. en 1610. de huit degrés vers l’Eft: elle étoit nulle en 1666., c. a. d. que l’Aiguille indiquoit .exaétement le Nord, que depuis ce tems elle s’eft éloignée d’année en année de plus en plus vers
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- VAÜion de P ÊlcEïricité fur le Corps animal. 197
- vers l’Oueft, de forte que (à déclinaifon a etc au mois de Décembre de l’Année pasfée 1776-, de 190. 17' : qu’elle cft ilationaire depuis quelques années & paroit être parvenue à fon maximum (c), (en exceptant fes variations diurnes 6c menftruelles ) ce que je crois être une raifon probable de juger qu’elle commence à rétrograder. Qu’il feroit à fouhaiter qu’on pût comparer avec cette variation périodique des Tables de Mortalité 6c de-maladies ! Peut-être parviendrions nous par-là à la connoiflàn-ce d’un des plus grands fecrets de la nature. Mais ces Tables nous manquent encore :..celles que nous pofledons ne font que de quelques villes: 6c celles de Suède font encore trop courtes pour pouvoir être comparées : 6c fus-fent-elles plus longues, elles ne feroient que pour la Suede, 5c non pour toute l’Europe, pour toute la Terre, fur laquelle la Force magnétique s’étend néanmoins. C’eft au temps & aux obfcrvations à nous faire voir jusqu’où
- mes conjeétures font fondées. Mais il n’eft pas posfiblc de faire dans un couple d’années des Expériences 5c des obfervations fuffifantes fur ce fujet.
- J 5. CLXXI.
- (C) Elle paroit s'être encore approchée un peu de VOueft depuis ce tems là.
- N 3
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- §. CLXXI. Il s'eft élevé de nos jours deux fortes de Phyficicns, qui foutiennent un Magnétisme animal. Les premiers (a) pen-fent, qu’il eft des perfonnes tellement magnétiques, quelles peuvent, feulement en étendant Y Index, ou en jouant de quelqu’infiniment de mufique, ou même par leur propice voix, agir fi fenfiblement fur les Nerfs d’un malade, que celui-ci éprouve alors un accès de la maladie dont il eft attaqué. On a fou-vent effayé la chofe, & l’effet a été trouvé véritable} j’en ai été fouvent témoin oculaire.
- Les autres (£) foutiennent qu’en emplo-" • yant
- (4) C’eft de M. mesmer qu’il s’agit ici. L’auteur examine lès prétentions plus en détail depuis le §. 173. jusqu’au §. 180. Voyez ausfi nos Notes fur le Mémoire de M. hubner, fécondé Seétion, notes f, g: & fur-tout la pièce intitulée : Reflexions fur le Magnétisme Animal &c. qui fe trouve à la -fuite du Mémoire de M. hubner.
- { b) Tout ceci regarde les prétentions de M. s c h a p-per de Ratisbonne, qui foutient avoir vû tous ces effets dans les Expériences qu’il a faites avec l’ÉIeétro-phore: fl les a décrites dans trois ouvrages allemands, dont les deux derniers font des fuites du.premier. Voici leurs titres, Abhanilung and B’fchrtibung des beflandigm Tkâlricitütl-agtrs ; Kràfie , Wtrkunpn , and Beiregmgs gefetze ' des beftandigen T. leChicitattràgers Réméré Verfuehe mit dm
- beftasdigeit EleélricititttrHpr. Oiï trouve un extrait ‘des •' • ~ deux
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- V Action de FEleStrietté fur le Corps animal. jtji^
- yant l’Éleétrophore-, il fe pafle dans quelques perfonnes, quelque chofe qu’on pourrait nommer Un Magnétisme animal: puisque lorsqu’elles tiennent à la main une boule, librement fuspendue à quelque fil que ce foit, ou mime , lorsqu’elles pofent feulement la main fur •le piedeftal auquel la boule eft librement fuspendue, celle-çi fe meut toujours, foibleméftG à la vérité, mais fenfiblement vers l’Éleélro-phôre, quoique celui - ci fe trouve dans l’étage inférieur de la maifon, ou dans une autre chambre; &, ce qui eft encore plus, puisqiie cette boule, lorsqu’on la tient fur le centre de l’Éleétrophore, fe meut dans le Plan du Méridien: de plus encore, puisque, lorsqu’on place quelque Corps que ce foit fur l’Éleétro-phore, qu’on l’en retire, qu’on l’ilole de quelque façon que ce foit, ou qu’on ne l’ifole pas, qu’.ou
- deux premiers qui ont paru en 1776. dans le Journal Encyclopédique pour Mars. 1777. le dernier a paru en 1777. Nous aurons' o'céafion de citer ces Ouvrages plus d'une fois' dans nos notes fur Ite Mémoire de M. ais-Nt» qui fait ufage des Expériences de Mi schïtfe a. Vojez pour ce qui eft dit ici,, les notes n , o , te de ce Mémoi-te, & les endroits correspondans du Texte. M. stb*.g-ibhner revient fur cet objet dans le J. 180. de ce Mémoire.
- N 4
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- II. M i M 0 I R E. II. De
- . qu’on le tienne à la main, ou avec quelqu’autre infiniment, ce Corps, qu’il foit de bout ou couché, où que ce foit, & de quelque manière qu’on veuille, fort toujours d’Éleçr trophore, c. a. d., que la boule dont on vient de parler fait fes ofcillations vers un pareil -Corps. J’ai ausfi été en grande partie témoin oculaire de tout ceci,
- $• CLXXII. Mais, avant que de rapporter mes Expériences & mes obfervations fur ces finguliers Phénomènes, je déclarerai folemnellement que je n’ai pas deffein de rai-fonner & d’écrire de manière à nuire à qui que ee foit. §i les opinions & les Thefes de cçs Phyficiens ne regardoient pas l’Analogie entre l’Éleétricité & le Magnétisme, fi elles ne coq-çernoient pas lç Magnétisme animal, je n’ay-yois pas dit un mot de ces nouveaux Phénomènes. Mais comme j’ai pris la peine d’exajni-ner ces deux objets, cette analogie, & cette Force de l’Aimant fur le Corps animal} & que cette lavante Académie délire de connoitre la vérité de ces finguliers Phénomènes, je crois être en quelque forte en droit de communiquer mes Expériences & mes oblcrvations for ce fojet,
- 5. CLXXII.
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- VARion de PÉle&ricité fur le Corps animal, aoi
- J. CLXXIII J’examinerai d’abord le Magnétisme animal ainfi nommé, 8c j’ai eu une occaiflon très - favorable de le faire. Un de mes meilleurs amis, âgé de trente - cinq ans d’un tempérament fangùin & vif, cft attaque depuis fept ans d’une maladie grave: car, pour-peu qu’il n’obferve pas exaéfcement la Diète , ©u qu’il ne modère pas parfaitement fes passons, il éprouve un fpafme cardialgique des Nerfs, qui revient fouvent par intervalles fan» qu’on en faehe aucune caufe occafionelle. Ce fpasme eft accompagné d’une péfanteur à la Région de l’Eftomac, d’une difficulté de re» fpiration qui va jusqu’à étouffer, d’une féche-reffe de la langue, & d’une grande foif. Mais le plus fouvent la difficulté de la refpiration vient fans douleur au creux dç la poitrine. Quand le paroxisme dure longtems, il s’y joint encore des mouvemens fpasmodiques des parties externes. La plupart du tems les fellcs n’ont pas lieu la veille, 8c les vents qui s’élèvent de l’Eftomac, prouvent que le mouvement vermiculaire dçs inteftinS fe dirige davantage vers le haut, Son Médecin lui pré-fcrivojt dans ces cas plusieurs remèdes antifpas-modiques, emétiques, laxatifs, des lavemens &c., qui, quoiqu’ils ayent f:é utiles, n’ont cependant pû empêcher les récidives des Para-
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- ftOa II. MÉMOIRE. P. II. Ù»
- xismes. Nous eûmes donc recours an Médecin magnétique dont j’ai parlé, homme re-fpeéhible par le defintéreflement, la modération , & le grand amour pour l’humanité, dont il a donné des preuves chez nous. Mais, pour ne rapporter que l’eflentiel, on refolut l’opération. Le malade étoit asfis, & tenoit fa main fur l’inftrument nommé harmonique dont le Médecin jouoit excellemment. Je devois, pour augmenter la force, tenir une de mes mains fur l’Eftomac du malade, & l’autre fur fon Dos. Enchantés du ton de l’inftrument, qui s’élevoit extraordinairement, nous fumes asfis pendant quelque tems, & nous écoutions le Médecin avec admiration. Enfin le malade commença à bailler quelquefois, à refpirer .difficilement, & à être pris de fon paroxisme en forme, à l’exception de la presfion fur l’E-ftomac, qui n’eut jamais lieu dans ces opérations. On répéta ceci d’autres jours. Le Mé--decin tenoit ausfi, fans infiniment, fes deux mains fur le malade, comme je l’avois fait ci-deflus, & le paroxisme revint également. — Il ordonna au malade de montrer du doigt dans un miroir l’image de lui Médecin, le paroxisme eut lieu : il fit fortir le malade de la chambre, & étendit fon doigt index contre la porte j le malade donna du dehors un ligné qu’il avoit
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- Y Action dé YRleStricité furleCorpi animal, cwj
- avoit fon paroxisme. On me fit tenir un miroir entre le Médecin & le malade, qui fe te-» noit debout, le paroxisme eut également lieu.
- §. CLXXIV. J’eus enfin le courage dé faire feul line Expérience fur le malade. Je favoîs qu’il avoit beaucoup de confiance en moi fur ce fujet : il croyoit fermément que je pour-rois faire ausfi ce que le Médecin avoit fait. Je voulus tirer partie de cette confiance pour mon Expérience, afin de parvenir, s’il étoit posfible, à quelque chofe de certain fur cet objet , & je priai le malade dé s’àflêoir dans mon Cabinet. Quand il l’eut fait, j’cxcitois fon pairoxtisme comme je le voulois, avec la main, avec le doigt, avec un miroir, avec mon piçd &c. jusqu’à ce qu’enfin un ami, que nous avions appellé comme témoin, s’avifa, fqit pour ne pas le faire fouffrir plus longtems, foit pour finir ce jeu, de rendre le malade diftrait, 6c de le fixer fur d’autres idées, par où il mit fin à cette opération 6c à ma force. Je fus alors convaincu du moins, par devers moi, de ce que je devois probablement penfer de toute cette affaire. Je vais, fauf meilleurs avis, rapporter quelques unes de mes idées (a).
- § CLXXV.
- a vu ci-rteffus, §. 150., que les Expérience*
- (*; On
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- 3,04 II. MÉMOIRE. P. II. De
- §. CLXXV. On ne fauroit démontrer, qu’il y fort de l’homme, quand il étend le doigt,
- fur la communication de la Fore* magnétique au Corp* humain n'ont pas toujours réusfi, même à l’Auteur de çette aéfion: & §. 151. iji., que M. steiglehner a inutilement employé les moyens les plus efficaces pour fc rendre magnétique : enfin le fait rapporté dans ce §., & les reflexions très-fenfées & trçs-juftes que M. steiglehner fait la deflus dan; les §§. fui vans prouvent, que l'influence du prétendu Magnétisme animal n'eft qu'un effet de l'imagination, à laquelle il faut ausfi attribuer, au moins en grande partie, les guérifons que le Magnétisme animal, ou ceux qui s'en difent les pos-feffeurs,opèrent,fi tant eft qu'ils en ayent jamais opérés de réels. Le Fait fuivant, tiré de la Lettre de M-klinkosçh au Comte kinsky, que nous avons citéeà la note c du §. 150. confirme parfaitement tout ce que M. stejglehser avance dans ce §. & dans les fui-vans. Nous le rapporterons dans les termes même de l'écrivain, pour ne rien faire perdre de leur force aux reflexions qui l'accompagnent.
- ,, Vous me demander, Monfieur le Comte, dans vo-,,tre derniere lettre, pourquoi ceux d’entre les malades ,9 qui font réellement attaqués de tiraillcmens & d'au-j, très maux de Nerfs, & qui ne font pas prévenus de ,,l'influence du Magnétisme fur leur Corps, n'éprou-,, vent pas de récidivé, quand on leur donne pour s’a-,,mufer des barreaux aimantés, même des plus forts, qu'on les leur laiffe manier, comme p. ex. pour ,, voir comment ils s'attirent, fe repouffent, élèvent de ..la
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- V'ASlion de V ÈleSlricité fur le Corps amrfial. aoj
- doigt, une matière magnétique, ou quelque matière analogue à celle-là, qui pourrait avoir quel-
- «la limaille 8cc., ou même quand on en lie fnr eux fans „ qu’ils le fâchent.”
- «Voila fans doute une queftion de conféquence : vous „ y repondrez vous même d'après le fait fuivant, très-« avéré, & que je vous raconterai fidèlement. Un des «plus grands partifans du Magnétisme animal, Mott-
- « fieur ---------- r , foUicita l’incrédule Monfieur — r
- „ de le venir voir, pour le convaincre de la vérité du «Magnétisme animal, 8c le rendre honteux de fon incrédulité: l’incrédule accepta l'invitation avec plaifir, „ fe prépara en même tems pour cette vifite, & mit „ fecrètement en poche fes barreaux aimantés, que nous «connoiffons fort bien vous & moi, 8c qui font cer-«tainement plus forts que Ceux qu'on rencontre ordi-«nairement. 11 vint, 8c trouva, dans un coin de fa « chambre, une femme au lit, tourmentée de tiraille-«mens 8c d’autres maux de Nerfs violens. On fit l'E*-«périence décifive. Monfieur — r s’aimanta, en met-„ tant fes aimans en poche, 8c il excita fa vertu ma-,,gnétique. A peine eut-il, à la dillance de huit ou «dix pas, montré du doigt fur la malade, afin de diri-«ger vers elle le courant de matière magnétique, qu’el-,,Ie tomba dans toutes fortes de tiraillemens 8c dedou-« leurs. Le doigt prit pour un tenis une autre fituation, ,, conféquemment le flux fe dirigea d’un autre coté, 8c « la malade devint plus tranquille."
- «A quel étonnant effet n’aura-t-on donc pas lieu «de s’attendre, quand ce fera l'incrédule Monfieur—z «qui
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- aod II. MEMOIRE. J3. IL D«
- quelqu’effet fur le malade. Caroutre qu’iln homme bien portant ne fauroit produire fur foi-même quelque Force femblable à celle de l’Aimant, on ne fauroit donner deraifon valable pourquoi cette matière s’écouleroit plûtot par le doigt que par tout-autre partie du Corps. Or, il n’y a qu’a fe rappeller que chaque perforine a le Nez p. ex. avancé vers une autre perfonne : pourquoi donc cette matière magnétique ainfi nommée ne s’écouleroit-elle pai également par cette partie? Qui que ce foit qui s’approche du malade ne devroit-il pas produire le paroxisme, uniquement parce qu’il a le
- qui repétera l'Expérience ? Ayant été proclamé com-“>me non-magnétique, on lui fit diriger l'index vers la 9, malade : mais les Aimans ne fe trahirent pas dans leurs s, cachette : la malade n’éprouva pas la moindre chofe : „ on pouffa l’Expérience plus loin. A peine l’aimanté „M. — r eut-il porté Un goblet rempli d’eau à la »> bouche de la malade, que les douleurs & les tiraille-9, mens commencèrent ausiitôt au vifage & au col. », Mais .quand M. — z préfentoit le gobelet, le tour-,, billon magnétique ne vouloit dérechef pas fortir de la ,, poche. Enfin on donna SM. — z des Aimans pour ,,qu’il les mit en poche, 8e de cette manière les Ex-»,périences qu’on avoit entrepris de faire; réusfirent, „ avec pleine conviélion qu’un examen fincère eft, de », tout tems, la pierre de touche infaillible de toutes les ,,Expériences qu'il s’agit demeure à l’effai.”
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- VAttion de Fkleiïricité fur le Corps animal. 207
- Je nez avancé vers lui? Quel paffage plus fer ciie cette matière trouve-1-elle par le doigt que par le nez?
- $. CLXXVI. Je fais qu’on allègue différentes caufes pour foutenir l’écoulement magnétique : mais on n’a qu’à les examiner d’après les réglés de la logique & d’une faine critique pour trouver que ce font des raéprifes trop confidérables & trop dangéreufes. Demande-t-on par ex. pourquoi le même effet n’a pas lieu chez tout le monde & dans toutes les maladies femblables, on répond, c’eft parce que tous les hommes ne font pas magnétiques : mais fi l’on déliré d’avoir une preuve que tous les hommes ne font pas magnétiques, on n’en donne pas d’autre fi ce n’eft que l’effet n’a pas lieu chez tous les hommes, & partout.. Quel faux raifonnement ! On ne démontre par l’effet des caufes imaginées à volonté , que lorsqu’on peut faire voir que cet effet ne peut être expliqué par aucune autre caulê naturelle, régulière, comme: & plus on peut démontrer ceci complcttement, plus la caufe alléguée acquerra de force. Mais perfonne que je lâche, n’a encore tenté de foire ceci pour le foidifont Magnétisme animal : mais, en voyant des Phénomènes, dont on ne vouloit pas don-
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- ao8 II. m & m « i n ». P. il. îie ner de raifon fuffifante, on a été porté à admettre une caufc qu’on ne pouvoit pas dé1-montrer.
- 5. CLXXVIT. £>es impresfions ôü des changement remarquables dans les fens de pei'-fonnes dont le genre nerveux eft foible ou irritable, des pasfions & des douleurs fortes, des images fenfibles & vives, la peut, Une attente extraordinaire, des méditations profondes &c. ramènent fouvent un paroxisme ou une attaque d’une maladie de Nerfs, dont on a été attaqué précédemment. La vérité de ceci m’eft fuf-fifamment prouvée par ce que j’ai obfervé fur le malade dont j’ai parlé ci-deflus §. 174. J’ai contume de voir journellement cette perfonne tant qu’elle eft malade: avant ce tems, & depuis je l’ai touché mille fois, ou montré fur lui de mon doigt: mais, comme il ne lui ve-noit alors aucune penfée, aucune attente de fa maladie, & cûnféquemment, qu’il ne s’en fâi-foit pas de peinture fi vive, il ne lui a jamais pris d’attaque par mon moyen. On m’objec-teroiten vain, que ce malade a peut-être été guéri par la foi-difant cure magnétique, & qu’ainfi je n’ai pas pû produire ce paroxisme: car je dois avouer fïnccrement que fa maladie eft devenue beaucoup plus forte & plus habituel-
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- VAftion de PEleRricitf fur Je Corps animal. 409
- tuelle, par le nombre d'opérations qu’on a fuites fur lui. Tout fon fyftème nerveux paroit en être devenu plus irritable.
- §. CLXXVIII. Mais des observations journalières confirment la vérité de ce que je viens de dire. On doit bien fc garder de coin-muniquer tout d’un coup à des perfonnes d’un fyftème nerveux foible 6c irritable, des évène-mens inattendus, triftes ou joyeux, des morts, des malheurs, Scc- : il faut leur faire éviter toutes les occafions, (comme p. ex. des tragédies, de la Mufique trifte,) qui pourraient exciter en eux des impvesfions vives, 6c de fortes images fenfibles, par lesquelles ils font fujets aux paroxismes de leurs maladies ner-veufes.
- §. CLXXIX. Mais quoi! les gens de lettres ne feront-ils pas au moins une exception à cette réglé? Les attaques de leurs maladies proviendront - elles ausfi d’une caufe fi extraordinaire? J'e'ftimc que les gens de lettres, qui font d’un tempérament vif, fan-guin, chaud, peuvent, lorsqu’ils font attaqués de maladies nerveufes, être également fujets à cette caufe ocçafionellc des attaques. Qui le
- tome II. O croi-
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- , *110 II. MÉMOIRE. P. II. De
- croirait? Le malade dontj’ai parlé §. 173., cil un homme qui s’applique huit & jour à l’Étude & à la Leéture, Sc dont une Académie diftinguée de l’Allemagne a fouvent publiquement recompenfé le favoir. Et cependant il n’étoit pas excepté de la caufe fusdite des attaques. Des gens de lettres, attaqués de quelque maladie de Nerfs, peuvent, en certaines circonftances, en redouter les attaques, ou y penfer trop vivement. Et cela fcul fuffit. Mais les Phyfiologiftes favent que cela ne fau-iroit avoir lieu fans un mouvement interne du Fluide nerveux, qui eft extrêmement fubtil, 2c comme les Nerfs font extrêmement irritables, ils doivent être mis par-là dans leur mouvement irrégulier précédent & ordinaire. J’avoue qu’il eft difficile de déviner dans chaque cas particulier, quelle de ces caufes a lieu: il faut avoir examiné attentivement toutes les circonftances, connoitre le malade à fond, par pne habitude longue & fréquente &c. Or comme peu de gens font en état de le faire , & que le malade lui - meme ne l’ell pas toujours , ©nuété induit à adopteri’idée d’un Magnétisme animal. J’avoue encore qu’on a beaucoup d’obligations à ces Phyficiens, puisqu’ils nous ont portés par leux travail, à rechercher plus
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- f/iëtiov it vkURrUiti fur Je Corps animal. at| exaétement les fondemens de la vérité. Ils le font expofés eux-mêmes par amour de la vérité à la critique publique.
- $. CLXXX. Il s'agit de dire «hcofe un mot d’unc autre forte de Phyficiens magnético-éleétriques (a) j 8c pour ne pas palTer les bornes d’un Mémoire, je dirai préalablement, que j’ai répété moi-même avec fucces toutes les Expériences cflenticlles qui me font connues} que jepourrois encore les repéter, lî on vouloit peut-être me prefler beaucoup. Ceci pofé, je foutiens: i°. que le Picdeftal, la chambre &c. qu’on a employés jusqu’ici pour ees Expériences, ne fuffifent pas tous pour prouver la certitude de la Thcfe, des Principes, 8c des Caufes qu’on avance ou qu’on imagine. a0. Que cet appareil eft conu-aire à cette réglé générale de ftatique, que toutes les forces, toutes les aâions des Corps font en quelque proportion de leur diftance. Mais voici 30. fi je ne me trompe, la preuve démonftra-* tive, que ces Expériences font des Méprifes; On lait que le nombre des ofcillations d’unpanJ dule eft en raifon inverfe fousdoublée de fa
- (fl) H s’agit ici de M. schüffeu v. S. itf. hàtiS b;
- O »
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- TI. M il
- * *. P. II. De
- longuer, ou égal à fi L indique U longueur du pendule ; fie c’eft ce qui refulte du Principe de la Gravité univerfelle. Or, fi ccs Phyficiens veulent lavoir fi les ofcillations de leur pendule ne font pas uniquement un effet du Principe de la Gravité univerfelle, mais fi elles font dues en outre à une attraéfcion de l’Éleétrophore, ils n’ont qu’a chercher exactement la longueur de leur pendule (6c l’on peut voir dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, pour 1735, p- 153, comment il faut s’y prendre) 6c ils trouveront, qu’un pareil pendule placé dans le voi-finage d’un Eleétrophore, bat les fécondés, fie conféquemment qu’il n’eft animé par aucune autre force que par là péfanteur. On pourra au moyen de ce feul Principe, auquel on aurait dû penfer il y a longtems, rejette»- plus de cent Expériences. Mais, j’avoue encoi-e une fois folemnellement, que je n’aurais pas dit un mot de ces nouveaux Phénomènes, s’ils n’avoient pas appartenu dircétcment à la queftion propo-fée (è).
- (4) En applaudiffant aux motifs qui peuvent avoir engagé l’Auteur a gliffer fur ce fujet, & à biffer feulement entrevoir ce qu’il en penfe, on ne peut que regret»
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- FARiort de F ÉleRricité fur le Corps animal. 113
- grctter qu'un ausli excellent Phyficien ne foit pas entré dans plus de détails, 8c qu'il ne fe foit pas étendu davantage fut les caufes de ces méprifes, 8c fur ce qui eft requis pour faire naitre les prétendus fuccès que M. scHâr-fek a obtenus. Une pareille disçusfion de fa part aurait invariablement fixé les idées fur cette matière qui eft importante, ne fut - ce que par les erreurs de tout genre qu’elle a pû faire naitre chez ceux qui font portés à l'enthoufiasme 8c qui aiment ‘ le merveilleux. M. l'Abbé hemmer eft entièrement du même avis, 8cvoici comme il s'en exprime.
- ,, Autant que je fuis perfuadé que l’auteur a complet-,,temcnt raifon, autant aurais-je déliré qu’il eut répandu plus de jour fur la fource des méprifes: com-,, ment par ex. M. schïffer a pû découvrir par les ,, obfervations de fon pendule la place d'un Éleârophore ,» mis dans une autre chambre. Voudrait-on douter du ,,Fait? Mais le témoignage public de M. le Profeffeur j,epp le met hors de tout doute: peut-être même M. jjSteiglehner en a -1 - il été témoin. Veut-on ,, encore quelque chofe de plus : je puis avancer que j'ai ,, fou vent, répété ces Expériences dans des aifemblées ,, diftinguées, 8c que j’ai toujours indiqué par mon pen-:,dule, fans me tromper jamais, la place de l'Éleétro-,, phore qu’on avoit caché, foit dans la falle où nous ,,étions, foit dans différens appartemens voifins. Mais il ,, y a eu plufieurs jours auxquels cela ne m’a pas réusfi ,, dans des Expériences particulières faites chez moi. ,, Mais , dira -1 - on, on peut jetter quelquesfois avec des ,,dez dix fois de fuite le même nombre, 8c y manquer ,, ht fois fuivantc. Peut-être pouvons-nous efperer de sila part-de M. s rEiGZEHHER une explication com-j>plettede tout ce qu’il y a de merveilleux & d’extraor-Ü 3
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- $.14 II. msmoirb. P• IL De l'Atïm tfc,
- :,,dinaire dans les Ecrits de M. schïpfbr fur ce fujeri ,, La proximité des lieux, fe$ profondes connoiffance» ,, en Phyüque 8c la pénétration de fon jugement le met-»>tent en état de remplir complettenient l’attente des ,i Physiciens fur ce fiijet.*’
- Fin du fécond Mémoire.
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- REMARQUES
- LE PRINCIPE EMPLOYÉ
- PAR
- M. A E P I N U S
- l’explication
- ATTRACTIONS
- ÉLECTRIQUES
- MAGNÉTIQUES.
- M. FAN S W I N D E N, Profejfeur de Philofophie à Franeker. .
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- a«7
- REMARQUES
- SUR
- LE PRINCIPE, EMPLOYÉ PAR M. AEPINUS POUR L’EXPLICATION DES ATTRACTIONS ÉLECTRIQUES et MAGNÉTIQUES.
- §. i. J’a i ekpofé dans le Chapitre IV. de la troifième SePion de mon Mémoire ( §. 89. feqq. ) les Principes généraux d’ÉlePrici-té 6c de Magnétisme, fur lesquels M. ae-p 1 nus a bâti le fyftème analogique de cés deux Forces: j’ai 'fait, dans ces §§. •& furtout dans les notes qui y ont rapport, plufieurs réflexions fur ces Principes, fur leur juftefle, 6c fur la vérité du fyftème auquel ils fervent de bafe. Mon deflein n’eft pas de revenir fur ce fujet: jefuppoferai aPuellcment ces Principes tels que l’Auteur les a établis, 6c je les admettrai dans toute leur étendue.
- §. a. J’a i . fait ausfi dans la cinquième Section de mon Mémoire (§. 130. feqq. ) plufieurs remarques fur les attrapions élePriques
- O 5 &
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- ai8 remarques fur le Principe fondamental
- & magnétiques, fur la diverfité des Loix que ces Forces fuivent à cet égard. C’eft dans ce point, que git, comme je l’ai remarqué, le fort du fyftcme de M. aepinüs, & c’eft le feul fur lequel je mè propofe de revenir , en juftifiant ce que j’ai avancé dans la note a du §. 134., que les calculs de M. aepinus m’ont paru fautifs : Car je fens bien, que, quelle que puifle être la juftefle des remarques" que j’ai propofées en différensL endroits de mon Mémoire contre les Principes de M. aepinus, l’application que M. steigleh-ner fait des calculs, fondés fur ces Princi pes, aux Faits, dans les §§. XXXV, LV & LXXIX. de Ion Mémoire, & la conformité de ces calculs avec les effets que l’Expérience fournit, doivent néceffairement frapper les Leéteurs, qui feront en conséquence très-portés à admettre l’Analogie établie fur ce point par M. aepinus, fi je ne fais voir que cette conformité des Faits avec les calculs, n’eft pas ausfi complette qu’on l’avance -, que ces calculs font erronés, & ne fuivent pas légitimement des Principes propofés par leur Auteur. C’eft à prouver ce point que je deftine les réflexions fuivantes. Elles font tirées de l’examen détaillé dont j’ai parié dans la note * du $• 89. de mon Mémoire.
- J’A-
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- du Syftmt de M. aepinus. aij
- J’a d o p t e r a i pour cet effet tous les principes, 8c tous les Calculs que M. aï* p i n u s a établis dans les vingt - fept premiers §§. de fon ouvrage, 8c que M. st eigleh* n e r a adoptés dans les vingt - fept premiers §§. de fon Mémoire, pour ne m’arrêter qu’ai» cas .fondamental, qui a lieu pour l’attraction entre deux Corps éleétriques 8c magnétiques. Je fuppoferai âusfi que l’attraétion ou la répul-fion des Fluides contenus dans les Corps, laquelle forme proprement l’objet du calcul, entraine néceflàirement celle des Corps même, quoique cette fuppofition ne me paroifle pas hors de tout doute, ainfi que je l’ai dit dans la note a du §. 134. de mon Mémoire. Enfin je fuivrai les expresfions analytiques de M-steiglebnek, dont on trouve le Mé-moire dans ce Volume, 8c dont je citerai les §§. en chiffres romains: les citations en chiffres ordinaires feront celles de ces Remarques
- 9. 3. Je fuppofe qu’on ait fous les yeux le §. XXIX. de M. STEÏGLEHNER,OUCeuX de M. ae-pinus qui y ont rapport. 11 s’agit d’examiner l’aâion que deux Corps V 8c W (Fig- 6.) exercent l’un fur l’autre. M* 4 e p 1 n u s confîdère ces quatre Elémens :
- »°. La
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- %10 remarques fur le Principe fondamental
- i°. L a force A, avec laquelle la matière propre du Corps V attire le Fluide duCorps W.
- a". L a force R, avec laquelle le Fluide du Corps V «pouffé le Fluide du-Corps W.
- 3°. La force a, avec laquelle la matière du Corps W attire le Fluide du Corps V : enfin, 4°. La force, foit d’attraéfcion, Toit deré-pulfion, avec laquelle la matière du Corps V agit fur celle du Corps W, 8c qu’on nomme*:
- EX’o ù refulte la formule A—R -+-« + * : & pour l’état naturel ,. A—R '+ a -H * =;0-î A—R=o : &• par conféquent x=—a.
- Tel eft le Principe fondamental de tous les calculs de M. aepinus: mais, qu’il me foit permis de le dire avec tout le refpeét dû à ce grand Phyficien, ce Principe ne me paroit pas jufte : i°. parce que l’auteur a omis un Elément très - effentiel : & a0, parce qu’il ne me paroit pas avoir employé les autres avec toutes, les précautions requifes. J’examinerai ces deux points en détail : & pour pouvoir les traiter féparément avec ordre, j’avertirai que dans l’examen du premier, je nommerai A 2c a les aétions qui refultent de l’attraéfcion des matières propres des Corps fur les Fluides, & des Fluides fur les Corps : favoir A l’attraétion qui a lieu pour le Corps V, & a celle quia lieu pour le Corps W : définitions qui ne font pas , Pré*
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- tk Syfthnc it M. aepinus.
- précifement les mêmes que celles que nous venons d’cnoncer d’aprcs le §. IX. & que M. aepinus a données : mais on verra dans les discusfions du fécond point les raifons de cette différence, qui n’en apporte d’ailleurs aucune aux raifonnemens nécelîàires pour l’examen du premier.
- §. 4. M. aepinus n’a confidéré que l’Adion R du Fluide de V fur le Fluide de W , mais il aurait dû confidérer ausfi l’adion ( foit r) du Fluide de W fur le Fluide de V : car l’adion de ces deux Fluides eft réciproque > & étant réciproque elle eft plus forte qu’elle ne ferait fi le Fluide de V agifloit fur le Fluide de W , fans que celui-ci pût agir fur celui de V : elle eft la fomme des deux adions particulières. Comme il s’agit ici d’attradions ou de répulfions confidérées d’une manière abftraite, on retombe dans les Principes généraux fur lesquels ces attradions font fondées. Quand un Aftronome calcule l’effet qui refulte de l’attraction du foleil fur la terre p. ex., il fuppofe la force d’attradion du foleil (faifant abftradion des diftances ) égale à S -t- T, fiS 8c T font les maffes du foleil & de la terre, parceque l’attradion eft dans ce cas proportionelle à la malle -, & que fi le foleil attire la terre avec la
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- ata remarques fur le Printipe fondamental
- la force S, celle - ci' attire ausfi le foleil avec la force T} ce qui revient au même, que fi le foleil, agiflant feul, attirait la terre avec la force S-t*T (<*)• Le cas eft exaétement le même ici. Si le Fluide de V a une force R pour repouflcr le Fluide de W, celui-ci aura ausfi quelque force r pour fepoufler le Fluide de V, & c’eft la fomme' de ces deux forces qu’il fout prendre. J’avoue que ce raifonne-ment me parait de la plus grande évidence : 8c s’il eft’ jufte, il en refultera i°. que M. ai-p i n u s a omis un Élément eflentiel, & que fil formule eft fautive : a°. que, même en ad* mettant le quatrième Élément (*) de M. ae* p i n u s, point que nous discuterons tout - à-l’heure, la formule devrait être, A. + a—* R—r-¥x-. & pour le cas de l’état naturel, on aurait A — R=o, a—r==o, A +a~ R—r-hA?=o: & conféquemment #=o St
- §• 5. On pourrait encore confidérer cet ob*
- (a) Serait-il befoin de citer des autorités, pour un Principe ausfi fimple: fi l'on en veut, on n’a qu’à con-* fulter le J. 1041. de i’abrégé $ A fironmik de M/
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- du Syfilme de M. aèpinüS. £ag
- objet de la manière fuivante. L’aétion du Corps V, qui refulte de l’Electricité ou du Magnétisme eft (§. IX.) A — R: celle du Corps W eft pareillement a—>r: celle des deux Corps, entant que tels, eft x: donc l'effet total de l’aéfcion des deux Corps l'un fur l'autre fera A •+• <* — R — r + x: & non A + a — R —*=o :8c il en réfulter^ toujours *=o, 8c non x = —a.
- §. 6. La conféquence qui refulte des calculs de M.aèpinüS (§. XXXI.) ,favoir que les Corps, entant que tels, feroient doués d’une force répulfive réciproque ,8c plus encore la confi-dération qu’un Principe de Phylique ausfi uni-Vcrfel pourrait être déduit, & peut-être uniquement déduit, d’une Théorie fyftematique, vraie ou fauffe, fur l’Éleftricité 6c furie Magnétisme , auraient feules pû fuffire, ce me femble, pour jetter du doute fur le Principe même, 8c pour faire un examen plus attentif de là valeur. Ausfi la demonftration que M. ' aèpinüS donne de la formule A—R-h tt -f~x~ o ne fuit pas, même en failànr ab-ftraétion des confidérations précédentes, des prémiffes qu’il .avoit établies. Car, quelles ctoient - elles ces prémiffes? Les mêmes que celles de la formule A — R (5- IX.) lavoir,
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- 424 remarques fur le Principe fondamental
- que dans leur état naturel, les Corps magnétiques ou élcétriques n’exercent aucune aétion qui dépende de l’Éleétricité ou du Magnétisme. 11 falloir donc ausfi pour la formule A-t-rt—R+*, ne faire attention qu’à l’action des Corps fur les Fluides, & des Fluides entr’eux, & nullement à celle des Corps entant que tels. Ausfi ferois-jebien éloigné de conclure de la formule A — R + a—r-hx=zo, que j’ai fubftituée à celle de M. aepinuîs, Sc de celle-ci x=zo, qui eh refulte, que les Corps, entant que tels, n’exercent aucune action réciproque d’attraétion l’un fur l’autre: il ne faut pas traduire une expresfion Mathématique en langage Phyfique fans avoir égard aux Principes fui- lesquels le calcul ell fondé : tout ce que cette expresfion x=o indique, c’eft qu’on ne confidère pas ici l’aétion des Corps entant que tels 5 qu’on en fait abftrac-tion, & qu’ainfi elle fera zéro dans, les calculs dont il s’agit, fins qu’il s’enfiiive le moins du • monde qu’elle l’eft en effet.
- §. 7. J e me crois donc fonde à dire que le Principe fondamental des calculs de M. a e p 1 n u s fur l’attraction Sc la répulfion des Corps magnétiques n’eft pas jufte} Sc que ce Principe, au lieu de A — R-b«—*=o Sc de
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- "àu Syftime de 'ÎÂ. àepin'us." îig
- de —i* doit être À—R—a+'r—o: quantité qui exprime l'effet total des attrapions 8c des répulfioris réciproques dés deux Corps 8c par cpnféqucrit refpâcëdont ces deux Corps fé feront approchés l’üri de l’autre,1 «fpàce qui fera =o .fi les deux Cdfp's font darp leur état naturel. . îviais, quelles idées'faut1 il attacHéf aux dénominations A&"5: e'ëft ce qu’il s’agit de faire voir, 8c c’efï le fécond point efTentiel 8c fondamental qu’il S’âgit de traiter;
- M. AÉPlNùs fait ulage du §. IX., dans lequel ori à confidéré (Fig: 3.) l’attra&ionj (nommée"A) du Corps’Ÿ fur une particule T de Fluide fituée à fa fiiffacé ,• 8c la répùl-fiori R dé là malle du' Fluide fur la particule T : d’oü i’on à conclu pour l’Etat naturel A—R=o. Mais, cette formule ne paroit pas pouvoir être appliquée ici dans le même fens: car il cft évident, 8c par la nature de F attraction, 8c par les réflexions que rious avons faites dàris le §. 4 8c 5., lesquelles font également applicables' ici', qu’il faut avoir égard aux qùatfe Élémens foivans, indépeiv demment des deux R 8C t pour la répuliïon. Carfoit, (Fig. (J.)
- x°. L’aéfioo de là matière du Corps V fur le Fluide de W exprimée par *,
- tome II. P z°. Lac-
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- <xi6 remarques, fur le Principe fondamental
- a°. L’action du Fluide de V fur la matière de W exprimée par y,
- 3°. L’aétion de la matière de W fur le Fluide de V exprimée par t,
- 4°. L’aétion du Fluide de W fur la matière de V exprimée par z, on aura pour l’aétion totale des feules attractions, (x+y) + (t +z), & pour l'effet total (x+y)—R+(r+z)—r. Or, x+y cil l’aétion totale de l’attraétion du Corps V , ou fi l’on veut, l’cfpape que le Corps W par-courrera en vertu de l’attraétion, efpaçe qui dépend & de l’aétion du Corps V fur le Fluide de W, &de celle.du Fluide de V fur la matière de W } car ce Corps W pris dans fa totalité avec le Fluide qu’il contient, eil attiré & par le Corps V , & par le Fluide de V, & conféquemment l’efpace qu’il parcourt dépend de ces ceux élémens. La même choie a lieu pour le Corps W, dont l’aétion totale ell t + z. Nous nommerons donc A (—x+y) l’attraction totale que le Corps V exerce : & a (—t + z) celle qu’exerce le Corps W : & l’on aura pour l’effet total des attraétions & des répulfions A—R +a—r: comme nous l’avons dit §., 4 & 5. Or, voici en quoi ces quantités A Sc a différent de celles que M.
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- du Syfthne de M. aepînuS; ïvj
- Aepi nus a nommées A 8c a, 8c quelle eft l’origine de la méprife qu’il me paroit avoir faite en appliquant ici le §. IX. fans explication ultérieure.
- Dans le §. IX. ori.à confidéré l’aétiort du Corps V fur la particule T de Fluide, laquelle repréfente ici lé Fluide de W, 8c on l*à nommée A : on voit que cet A eft ici notre * : mais on a eu toit d’appliquer ici cette formule, puisque dès qu’il y a deux Corps -, il y a encore un autre élément j favoir y, qui concourt à l'attraétion totale du Corps V : cet élément ne pouyoit être çonlidéré dans le Cas du §. IX., puisque le Corps W n’y exi-ftoit pas : l’élement y y étoit donc zéro j aii lieu qu^ci il eft réel & pofitif: notre A eft donc x +y, dès qu’on confié ère l’aétion de deux Corps: il eft #, ou l’A de M. àepi-Nus, dès qu’on n’en confidèrc qu’un. 11 en eft de même de a: chez nous il eft ==;-f-z: chez M. a e pin us il n’eft que t, parce-qu’il n’étoit que t dans le $. IX. j ou l’on ne confidéroit qu’un feul Corps, §C comme il l’eft chez nous dans le même cas.
- Mais, fi l’on a pour l’effet total x^y — R-fr-f z—r, ou A—R + rf—r, 8c dans le cas de l’état naturel A—R-frf'— r—o* a-t-on ausfi, comme dans les calculs de M:
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- ii8 remarques fur le Principe fondamental
- AEPiNuj & dans le cas du §. IX. féparé-ment A—R=o: 8c a—r—o% 11 eft aifé de s’en apperccvoir : car il faut dans l’ctat naturel que l’attraétion qu’un Corps exerce foit égale à larépulfion: or, fon aétion d’attraction eft x +y ou A pour le Corps V, 8c t + z ou a pour le Corps W: on aura donc A — R=o: 8c a—r = oi Nous entendrons donc toujours dans la fuite par A 8c a les lommes des a étions x +y 2c /-Hz, quoique M. aepinus n’entende par A 8c a que x 8c / : ’ mais ausfi', s’il ne fait lui que R = *, r—t, nous, nous faifons R=at+j/ 8c r—t+z: toutes les fois donc que nous dirons la force d’attraétion du Corps V fur le Fluide de W ou A, 8c celle du Copps \V fur le Fluide de V, ou «, il faudra entendre ces expresfions non dans le fens Aepinien , mais dans celui que nous venons d’indiquer , favoir pour les fommes de x -hy 8c de t -H z (b).
- §. 8.
- (b) Il ne fera pas inutile de faire voir, que les chan-gemens que nous venons de faire aux idées qu’il faut entendre par les expresfions A & n, n'cmpéchent pas de faire ufage des Valeurs A — « = R —r, dont M. aepinus fe fert dans fes Calculs, & qui fe trouvent s. XXX. pourvû toutefois que l'on admette ces deux Piiucipej établis par M. aepikus daBS ce §. XXX. Se les
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- du Syftime de M. as pin us. aa$
- §. 8. Ces deux points éclaircis, examinons quelles font félon ces Principes les attractions ou les répullîons- des Corps : je commencerai par le cas du $. XXXIII. & XXXIV.
- dans
- les notes a 8c b qui ‘y ont rapport, favoir i°. que l’attradion d'un Corps M 'fur une quantité D de Fluide eft en raifon direde de cette mafle M, 8c de la quantité D : Sc i°. que les quantités de Fluides des Corps font comme les mafies de ceux - ci, Principes gue nous admettons aduellement, parcçque notre but eit uniquement de faire voir que les calculs de détail de M. aepinus ne fuivent pas des Principes généraux qu'il établir. Ceci pofé on aura donc 1°: L’adion de la matière M du Corps V fur le Fluide D du Corps W , on *. zz M D.
- i°. L’adion du Fluide Q du Corps -V fur la matière m du Corps W, ou. y , =: m Q.
- 3a. L’adion de la matière :n du Corps W fur le Fluide Q de V , ou t , = m Q.
- 4°. L’adion du Fluide Q du Corps W fur la matiè-re M du Corps V,oiu,sMD.
- Doncx+ j = A=MD-t-nQ: t + iitf=i»Q + MD: donc i°. A = « ou * t y = » + s: 2°. puisque M D = m Q,on a x =y =<=r: 8c 30. puisque
- 1 y. La fuppofnion. de A = /j==rï=R eft donc abiulu-ment la même, 8c les Calculs ne fouffrent aucun changement à cet égard.
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- Î30 remarques fur le Principe fondamental
- dans lequel un des Corps V eft pofitif ou négatif, & l’autre W, dans fon état naturel.
- En fuivant pas à pas les Élémens qui concourent ici, on aura (Fig. (S.).
- i°. La force attraélrice du Corps V fur le Fluide de W = A: a0. la force répulfive du Flqide de V fur le Fluide de W 3°. la force âveC laquelle la matière du Corps W attire le Fluide de V, ^ : 4°- 4 quoi il faut ajouter, à mon avjs, la force avec laquelle le Fluide de W repouflç le Fluide de V, (avoir **, & l’on aura
- A—(Q±y_)R + _ (Qiy)r;
- —-r q Q
- pequi, àcaulèdeA—R = ô, a—r = o
- (5. IX.), fe réduit à ± + 1* +
- Q — Q -
- mais on a 5. XXX., a = A = R : donc ^ & il relie + ^ (c), & non
- une
- (O J ai dit note (l) que le changement que nous avions fait aux idées entendues par les expresiîons A & a n'apportent aucun changement au calcul : pour en donner un exemple, je vais refaire le calcul de çe §. en me fervant des 6 Élémens énoncés dans le S. 7., & des jpbftitutions que la note t permet. .
- î°. L’aétion du Corps V fur le Fluide de W fera x.
- i°. L'aç-
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- Au Syjlhme de M. aepinus. 131
- une force égale à zéro, comme M. aepinus le prétend. Selon nous, le Fluide du Corps W , bien loin de n’êcre pas affrété par l’action du Corps V, fera repoufle, (î le Corps V cil pofitif, & attiré s’il eft négatif. Examinons ceci avec plus de foin.
- Remarquons d’abord que la force avec laquelle le Fluide du Corps W eft re-pous-
- i°. L’a Ai on du Fluide de V fur le Corps W fera,
- lieu de y
- y (Q ±?)
- 30. L’aétion du Corps W fur le ‘Fluide de V fera, au
- ,• , * lQ±?)
- >'" J' ----Q— 0" ' ± \
- 4®. L’aélion du Fluide de W fur le Corps V fera t 5°. La répuliion du Fluide de V fur celui de W fe-
- . o (Q R R+?R
- ra, au lieu de R,-s-Z---ou, —=I_ •
- 6°. La répuliion du Fluide de W fur celui de V fera, Q -J- » , a r
- au lieu de r, ....... r , ou, r + -z..
- Q —
- La fomme totale fera donc
- , + ,±5J+.±ÿ+.-*Ti£-rT V,
- x -h y+ r+ e R -— r — o : donc la quantité fe réduit à
- + ',‘? + '7+R,7+?’'__+.‘f(y+0.|_'Rf’-)
- ô Q
- Mais, (note b) y+rmy=:R: donc on a
- + } R. -I- ? R 4- 7/ = + 1T ; la répuliion eft donc 1*
- Q Q
- même que par le calcu‘ fait dans ce S.
- P 4
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- 5.3a remarques fur le Principe fondamental
- pouffé ou attiré par le Corps V, favoir +~ cil exaétcment la même que celle du §. X. Ji ce n’eft qû’ici' l’on a fubftitué r pour R, à caufe que le Fluide agit à une diftancc différente: & ce cas eft bien fimple, car on aurait pû parvenir au réfultat du §. précédent fans aucun calcul, 8c fans autre raifonnenjent que celui-ci. Le Fluide du Corps V eft répouffe par celui du Corps W, 8c il eft attiré par la matière propre de ce Corps: mais, ce Corps .étant dans fon état naturel, l'attraction eft égale à la répulfion (§. IX.), 8ç par conféquent le Fluide, de. V n’éprouvé aucune aétion de la part de celui de W : mais, comme le Fluide de W eft repouffé par celui de V 8c attiré par le Corps V, 8c que cette répulfion eft plus grande ou. plus petite que cette attraétion, félon que le Corps eft pofitif ou négatif, il s’enfuit qu’il y aura une aétion réelle, laquelle fera en vertu du §. X.
- §. 9. Ceçi pofé, j.’-en appelle a l’Expér ricn.ce., Je concède à M. açpinus qu’un Corps ne fera,- ni attiré ni rCpdüffc, tant qu’il telle dans fon état naturel} mais, félon la formule, un Corps dans fon état naturel, approché d’un Corps négatif ou pofitif, doit néces-fai-
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- du. Syfièm je M. aepinus. 2.33
- (jurement;.relier toujours.dans fon état naturel, puisque les forces qui pourraient l’en faire for-tir font égales ;à z;éro, félon fa formule. Or, cette eonféquence ell direétement oppofée à l’Expérience, générale, & en particulier aux belles Expériences de M. aepinus lui-même, qui a prouvé le premier que tout Corps convenab.le, placé dans l’Atmosphère d’un Corps éleétrique ou magnétique, devient éleélrique ou magnétique: & fi cela cil, il eft évident que les. forces qui le rendent tel, ne font pas nulles, comme elles devroient l’être fuivant la formule de M. aepinus, mais réelles, telles que notre formule l’exige, qui d’ailleurs ell conforme fur ce point à l’Expérience: car, fi le Corps V ell pofitif, le Fluide de W fera repoulfé, c. a. d. que ce Corps, ou du moins fa partie intérieure deviendra négative : & pofitive an contraire fi le Corps V ell négatif: or Ton fait que l’extrémité d’un barreau de Fer W préfentée à un Aimant V , devient auftrale ou boréale félon que l’Aimant V ell boréal ou aullral : ce qui a lieu fembla-blement en moins ou en plus pour l'Eleélricité.
- §. 10. Mais, dira-1-on, la formule + ^ indiqueroit que le Corps W ell repous-fc.fi le Corps V ell pofitif, ce qui ell contrai'
- P 5 rt
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- 434 remarques fur le Principe fondamental
- •rc à l’Expérience. Il faut remarquer, à cet égard, que la, formule ne traite que de la ré-pulfion ou de l’attra&ion des Fluides, contenus dans les Corps, 6c non de celle des Corps mêmes, laquelle ne fuit de*celle des Fluides, -que pour autant qu’on veut fuppofer que le mouvement de ceux-ci entraîne néceflairemcnt celui de ceux-là: ce que M. aepinus pa-ioit. foppofer comme un axiome,, 6c for quoi j’ai déjà propofe quelques doutes dans la note a du §. 134. de mon Mémoire. Il faut d’ailleurs conlidcrer ici une double aétion : la première par laquelle le Corps fort de fon état naturel pour'devenir pofitif ou négatif, 6c cela avec là force — (d) j la ae. par laquelle
- ce
- (d) Cette force e!t la même que celle que M. aepi-kus a trouvée dans Ton §. 108. On dira peut-être, comment a-t-il pu établir cette force, puisque félon lji ( XXXUI.) un ‘Corps dans fon état naturel, ne lauroit éprouver aucune a&ion de la part d'ûn Corps pofitif ou négatif ? C’eft je crois par une méprife dont nous avons indiqué la fource dans la note b. M, sep i. k u s fe fert du $. XI., qui donne en effet — -Q-, mais fuiront quelle hypothefe? Suivant celle qui n'admet -que deux forces qui agiffent fur la particule T (Fig. 3.) du fluide : favoir la matière propre du Corps V, & le F.'utdc de ce Corps,, & qui n admet aucun autre Corps W
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- 4u Sffième de M- aepinus. 135
- oc Corps, devenu pofitff ou négatif, cft attifé on repoùfl'é tout comme le ferait un Corps déjà pofitif ou négatif avant qu’on le préfente à l’autre, double aétion que M. aepinus lui-même cft contraint d’admettre, dans fort 5. 110. & lit. Au refte fi l’on demande corn» nient il fe fait que le Fluide de W peut abandonner une partie de ce Corps pour s’accumuler dans l’autre, non - obftant la grande difficulté qu’il éprouve à fe mouvoir, difficulté qui èft fuppofée aflez grande dans l’Aimant pour empêcher que jamais le, Fluide n’en forte , ou n’y entre: comment il fe fait que ce premier mouvement d’attraétion ou de fépulfion du Fluide, ne fafle pas mouvoir le Corps, tandis que celui - ci eft repoùfl'é ou attiré en-fuite uniquement parceque le Fluide l’eft: j’avouerai que ce font des points que je n’entre-pren-
- W qui agit en même teins fur cette particule : mais le ças eft différent ici ; le Fluide du Corps W ( Fig. 6.) éprouve non feulement l'aélion du Corps V &.de fon Fluide, mais de plus l'aélion a de la matière propre de ce Corps W ; Élément auquel M. aepinus n’a pas fait; attention dans fon §. 108. II. a confidéré le Corps W comme s’il n’agiffoit pas, fans quoi il auroit trouvé, tout comme dans le §. XXXIII. où il la confidère, la force de répulfion fur le Fluide de W — o.
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- 436 remarques for Je Principê fondamental. prendrai pas de défendre, 8c je rcnvoyerai à ce que j’ai dit la defliis en différens endroits de mon Mémoire, comme dans les notes .<* dq §• 134. b du §. 43. Sç dans les §§. 93 & 94. Ce point ne fait pas l’objet de notre discqsfioq aétuelle. il fyffit, d’avoir fait voir que la for-» mule que M- AEfiNDs a donnée pour le premier cas n'efl: pas conforme à l’Expérience.
- §. n. Passons au fécond casj à celui dans lesquels les Corps font tous deux pofltifs, & füivons les expresiions des §. XXXVII. Fig. 6.
- Soit i°. la force avec-laquelle la matière propre du Corps W attire le Fluide de V
- (Q+g)a,
- Q
- 4°. La force avec laquelle la matière du Corps V attire le Fluide deW fera
- 30. L a force avec laquelle le Fluide de V repoufle celui de W fera ^
- 40. A quoi il faut ajouter à mon avis, la force avec laquelle le Fluide de W repoufle Celui de V, favoir Élément
- au lieu du quel M. aepinus employé la force répulfivc r ‘ des matières propres des deux Corps: on aura donc pour l’a&ion totale,
- (Q
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- ét Sÿjiïmè dé &ï. aepinus. igf
- <Q + <t)a (Q + v) (!) + </) fR'+rf Q •' ^~QD +
- ACD-WI . v . ,
- ***""'1)". ' ' : (îuanme qu‘» a caufe de
- A—R=o, à— r==o(§.IX.)& deA = R,
- «=r, devient, +
- w . : -D 3Q QÜ QD
- tuais à caufe de À =.<*,,.(§. XXX.) onfauva R = r Sc conféquemment la formule devien-
- dR. ^R ___ 4f'</R
- D "O QD — •
- _ rJR(Q+?)+?R(D+^l; f.r_.
- dra -
- QD.
- qui
- indique à la vérité une répulfion (e), niais qui pouf fa grandeur diffère beaucoup- 'de ~~Qj5’ <îUi e1^ ^ ^0ri?U^e M. AÊPÎNÜS.
- (e) Je crois_qu'on auroit pu parvenir à ce. relui:at fans calcul, en difant ; les Fluides contenus dans les Corps n’agifleût que par leurs excès, ptiisque leurs quantités naturelles font en équilibre avec la matière propie de ces Corps : donc l'excès g repouffe avec la force R # le Fluide ^ q— du Corps V, & la répulfion cft D'e même , l'exccs repouffe avec la force R le Fluide du Corps W : donc la répulfion eft ? R‘ ^ q D~ ' & l’aélion totale [ d R. + 7 -F <j R- J + f* 1.
- . QU
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- 43S eêmabQ.UES fur le Principe fondamental
- §. ta. L e troificme cas cft fi les deux Corps font négatifs : au quel cas il faut fubftitucr — d & — q au lieu de + d &c + q: & l’on aura
- = <*. Q ™-
- jours \ f ou au plus = q : car q eft la quantité dont le Fluide naturel Q eft diminué, & il ne (aurait être diminué plus que de fa'quantité totale : au quel Cas le Corps n'en contiendrait plus (/)} de même d eft toujours ou au plus — D, & conféquemmcnt cette force eft toujours pofitivc ou nulle: mais ce dernier cas eft imaginaire: deux Corps négatifs s’attireraient donc toujours, bien loin de fe repous-fera
- : la force —
- ^ , comme l’exige la
- formule deM.AEPiNus,& que l’Expérience par oit le prou\ er : je dis parait le prouver : car cela fuppofe comme démontré que fi un des genres d’Eleétricité ou de Magnétisme confi-fte dans une accumulation du Fluide, élcc-
- (/) Si l'on fuppofoit & par
- Corps W entièiement privé de Fluide,
- . roit, R(Qg ^ , ou à canfe de R — A fécondé partie eft la même que celle du
- doit être: la première eft lattraétion de la matière propre du Corps VV (laquelle n’eft pas anéantie) lur le'
- Fluide du Corps V.
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- «fe .Syjéme M M. aepinus^ 233
- trique ou magnétique, l’autre ne confifte que dans une diminution du môme Fluide: ce dont tous les Phyficicns ne conviennent pas : mais c’eft un point que nou? admettrons actuellement, & il eft fur que les forces négatives fe repouflent tout ausfi bien que les pofitiv.es : l’Expérience eft donc ici abfolurpent contraire aux conséquences. légitimement déduitçs des Principes hypothétiques de M. aepinus, loin de leur être conformes , comme ce phyli-cien le penfe d’après la formule. Je crois même pouvoir ajouter, que ce qui doit avoir-lieu dans ce cas fe préfente (Je foi même à l’efprit, fans calcul. Car, puisque les Corps font tous deux négatifs, l’attraétion de la matière de chacun des Corps fur le Fluide de l’autre furpafle la vcpulfion réciproque des Fluides, & doit par conféquent produire une attraCtion réelle. Au refte nous fuppofons toujours que les attractions des Fluides entraînent ceux des Corps mêmes.
- 5. 13. Le quatrième cas eft celui du §. XXXIX. dans lequel l’un des Corps V eft pofitif, l’autre W négatif. Il n’y a donc qu’à, faire dans la formule du §. 11., ‘d négatif, htilî'ant q pofitif, Sc l’on aura,
- Q
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- i\6 R ê mar que s fur le Principe fondamental Qd R — 7 D R- + î ÿ ÿ R_
- ?V<Q±l2±*R(d-=^\formule qui dit
- £érc, ' non feulement en grandeur de ^yj^’ •établie par M. a e.p 1 nu s ?j mais encore, p.n ce que cette force ne fera. attractive qu’au cas que </R-(àj, + Q) ^ ?DR,, bu’d(ay-i-Q) qD: mais fi rf(aj+Q)==?',D il n’y aura pas d’aétiqn : & fi ^(ay + Q).X qT> il y aura répulfiori. Soit y ~ S»,d. =,, 2 : on aur n " "fi
- ta j — (+ Q ) \ == \ 2J? : & par tant à+» \ = \ fi i fip. ex. ».==. a & fi — 4} on aura q — 2; d — 2 : & a + # = p : a 4
- doncl’aâion feroit nulle: &fi »=a: fi—Si on auroit q = 2 & d = 2,&a+»^p: ? 5
- il y aura donc répulfion: or, qui démontrera qu’il eft imposfible que l’excès du-Fluide dans un Corps foit la moitié du Fluide naturel, Sc qu’un autre Corps ait perdu la cinquième partie du ficn? En ce cas pourtant il y aura rc-pulfion : mais l’Expérience donne très - certainement toujours une attraftion pour ces cas: voila donc une nouvelle contradiction entre ces Principes & l’Èxpérience.
- 5. 14-
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- du Syfième de M. aepinus.' 441 5. 14. Le cinquième cas général eftcelui dans lequel les Corps font en partie pofitifs 8c en partie négatifs, félon le §. XL1I. Fig. 8.
- Soit la partie VC pofitive, BV négative j &foientles Corps 1 & K pofitifs: il eft clair qu’il n'y aura qu’à fe fervir des formules que nous venons de donner.
- x°. Le Corps pofitifl, qui contient l’excès de Fluide d au deflus de fa quantité naturelle D, fera repou (Té parla partie V C avec la force
- — dRCQ+f) + yR(D + <^> , ..
- - qD ; s- "•
- a°. L e même Corps I eft attiré par la partie négative BV, dans laquelle nous fuppo-lerons un defaut de Fluide a & la force répul-fivc R' au lieu de R, avec la force
- — Q^R'-baDR+aa^R'
- QD
- en fubftituant dans la formule du § • 11, — * au lieu de y : R', au lieu dç R : l’aétion totale fera donc
- -QÆ/+aDR,+ zudR.'-dR(Q-b?)-gR(D-M)= QD ~
- -Qi(R +R)-a^(Ry-R'«>D^R-«R0- j
- QD.
- Si l’on défîroit la force de la partie négative V B fur le Corps pofitif K, on auroit Tr Qi/(R' + R)-a^fRV-R»)-DCfR,-«RL n. Qd~
- Q eï'
- ME II.
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- *4» remarques fur, le Principe fondamental
- expi'csfions qui font tres-différentes de celles de M- aepinus (§. XLII 8c XL1I1 )maisqui admettent les mêmes modifications, quoique ce ne foit pas avec la même égalité, ni pour les mêmes hypothèfes.
- §. 15. Si l’on fiippofoitle Corps I dans fon état naturel, on aurait d—o: & par confé-, f r . D(*R — «R)
- «juent la Force Ferait-------———^-----------, rc-
- jiulfive (g) & non nulle, comme M. a e pipi nus l’établit £. XLIV. : cas auquel il faut appliquer les réflexions faites çi - defîus §'. 9. & §. 10. On aurait de même pour la force de la partie V P fur le Corps K, fuppofé dans fon état naturel, —La conclu-fion de M. aepinus eft donc ici contraire à l’Expérience.
- §. 16.
- (g) Cette formule, --------- R qu "" ^ ou,
- '— ^ eft la même que celle du S. 7., fa voir
- H fomme de la répulfion de la partie V 6, exprimée
- dans le §. 7. par------^ & de l’attraélion de la partie
- V C, exprimée par la même formule : fi l’on fuppofe le
- Corps V négatif, ou---------A au lieu de + A, & fi l’on
- fubftitue R' &-» au lieu de R & A, parce qu'il s'agit de diftances & de quantités différentes.
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- du Syfiimt de M. aspinxts. 143
- $. 16. Si les Corps I 8c K étoient négatifs, on auroit — d au lieu de + d: 8c les formules feraient, pour le Corps I
- R'«i + Q«f(R'—R)—DO R—» R)
- T QD
- & pour le Corps K,
- ld(R'i/—R«) +Qd(R—R')—p (y R'—«R)
- . QD
- formules très - différentes de celles du §• XLV.
- §. 17. Nous ne nous arrêterons pas à examiner les différentes confcquences qui reful-tcrit des déterminations de ces formules, par les fuppofitions faites dans les §. XL VII-LIV s il fera facile à chacun d’en examiner le refultat, qui fe trouvera beaucoup plus compliqué que celui de M. aepinus, 8c très-différent. Il en eft de même,du §. LIV., auquel on applique naturellement le §. XXXVII. Mais ce §. mérite de nous occuper, parcequ’il nous fera d’un grand ufage pour la fuite.
- Supposons donc deux Corps ( Fig. 9. ) A M, D P, divifés en deux parties B N, B M & OE, EP : fuppofonî que la quantité naturelle du Fluide pour ^chacune des parties N B & BM foit Q; pour OE 8c ÇP, D: que les excès de Fluide enAV8cBN,OE8c EP, foyent a, by c, d: que la partie BM agiffe
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- 144 Remarques far h Principe fondamental
- fur OE avec lai force R, fur EP avec la force x : 8c que B N agifl’e fur O E avec la force R', fur EP avec la force x: qu’on calcule l’attraction qui doit avoir lieu entre ces deux Corps, fuivant la formule du §•• n.’, qui contient la correâion que nous avons faite à la formule du §. XXXVII., & l’on aura, en omettant le dénominateur Q D, qui n’eft d’aucune utilité pour les conféquences à tirer de ces calculs, & que par cette raifon nous «mettrons toujours dans la fuite* on aura dis-je:
- i°. l’aCtion de B M fur OE=—cR (Q -H a)
- _*R(D + 0
- 1°. l’aCtion de B M fur E P=—dx (Q + a)
- — ax(D+df
- 3°. l’aCtion de B N fur O E = — c R' (Q -f £)
- — *R'(D + c)
- 4°. l’aCtion de B N fur EP=—dx' (Q + ?) —*#'(D+d).
- & lafomme de ces quatre aCtions, ou l’action totale fera, — (Q + a) (rR + dx) — (Q +£) (cR' + dx!) — U + r («R + *R')_(D+<0 (ax t £*'), formule beaucoup plus compliquée que celle de M. aefinus (§. LlV.) mais qui indique également une répulfion.
- 5- 18. La formule que nous venons de donner nous éclaircira les différens cas qui peu-
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- du Syfilme de M. a e pin us. 445
- peuvent avoir lieu dans l’attraéfcion des Corps, fôit éleébriques foit magnétiques, 8c dont M. a e p 1 n u s a traité au long dans le Chapitre fécond de fon ouvrage. Nous en parcourrerons tous les cas principaux.
- Supposons donc (Fig. 9.) un Corps politif D£ü, qui contienne, outre fa quantité naturelle de Fluide D, un excès c: dès qu’on en approche le Corps ALMN, que nous iuppofons coercitif, 8c qui contient la quantité naturelle de Fluide Q dans chacune de fes parties BM 8c BN; ce Fluide, étant repoufle par le Fluide de O E, deviendra plus rare dans la partie B M, 8c plus denfe en N B : par conféquent, en employant la formule du §. 17., on aura a négatif, b pofitif: d, & conféquemment x 8c / égaux a zéro, car on fuppofe que la partie E P n’exifte pas : en faillit ces fubftitutions on aura —Qc(R + R-) —D£R — aéeR' + aacR + aDR (/;): mais ici l’on a, —a — -\r b, à caufe que le Fluide qui fort de B M,' entre dans N B : faifant en.-
- (/;\ Si l'on réduit cette expresfion fous la forme de celle du §. 14.,on aura, - Q c( R+R')-R'-R«) - D ( b R' - a R ), qui eft exactement femblable à la formule N°. II. du dit S., & cela fe doit, car le cas cft
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- 246 remarques furffle Principe fondamental
- core cette fubftitution on aura — Q c ( R + R' ) + (a«f+«D)(R—R) formule dans laquelle le fécond terme eft pofîtif & le premier négatif, 6c qui eft bien différente de celle que M. aepinus a donnée (dans fon §. ni; 112.. H30j favoirde ac (R—R').
- §. 19. Soit dans notre formule a — 2 ; c = & remarquons d'abord que m ne fàu-
- roit être \ 1 : puisque fi m = 1, a = Q & qu’il ne fauroit fortir de la partie AM plus de Fluide qu’elle n’en contient: mais » peut avoir, au moins in abftrafto, une valeur quelconque. Subftituant dans la formule du §. précédent les valeurs indiquées pour a & c, on aura, Q D (R (n + %—m) — R '(m+«+a) QD(IC^R(»+2)_«(R+ R)):d’oii il refaite i°. que plus m eft grand, le refte étant égal, c. a. d. moins le Corps AN eft tiré de fon état naturel, & plus il eft facile qu’il y ait répulfion : a0, que fi m = 1, auquel cas la partie A N eft entièrement évacuée de Fluide, & la partie O B en contiendra le double de ce qu’elle contcnoit, on aura QD (R.#+i—R'.»t 3), cas dans lequel il feroit encore posfible d’avoir répulfion, & dans
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- ilu Syftime de M. aepinus. 147
- dans lequel il y en aurait toujours fiR'(» + 3 ) i. R («+1): 6c il cft aifé de faire voir, puisque m ne finirait être fraélionaire., que fî R’ ( « -’r 3 j) ~ R (« + 1) on pourrait avoir fouvent R(«+a—m') \ R'Qm-\-n+ a) (i), 6c qu’ainfi il y aurait fouvent répulfion, quoique l’expérience fournifle toujours attraftion. Combien ces formules, déduites légitimément des hypothèfes de M. aepinus, ne s’écartent-elles donc pas du vrai ? Et il n’eft que faire de calcul pour prouver que la répulfion doit prévaloir ici la plupart du tems : car le Fluide c repoufle le Fluide a 6c conféquem-ment le Corps A N : & l’attraâion ne fkuroit prévaloir avant qu’une grande partie de ce Corps ne foit allez évacuée de Fluide pour que la matière propre du Corps attirant le Fluide de OE, ou c, puifle vaincre la répulfion du Fluide c fur le Fluide b, retiré vers C N, 6c qui, s’il n’agit plus fortement à raifon de là concentration, agit d’autre paît plus foible-ment
- (») Car,fiR'(»+3)^ R(+ i)on a, R'(»+a) N. R» car R' \ R: 8c confiéqucmmcnt R' (»+-a) R(u-rm): or fî l'on avoit m R' ou — ou ^ 1 R, on auroit ausfi R'(»+» + i)\ R (»—»»+ 1) : le cas de m R' = ou \ a R pourra arriver dès que m fera 1 : ec qui pourra arriver fouvenr.
- Q 4
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- 448 remarques fur le Principe fond cimentai
- ment à raifort de Ci diftancc : St il faudrait que <cct affoibliflèment fut plus confidérable que le •renforcement qui rcfultc de la concentration. Mais nous verrons dans un moment combien ces fuppôfitions s’éloignent du vrai,
- 5, io. Outre les confidérations précédentes, il en cft encore d’autres qui font voir évidemment, combien les hyppthcfes employées par M. a e pim us font peu propres à fournir des formules qui nous éclairent fur le? Loix d’attradion qui doivent avoir lieu, en même tems qu’elles font contraires aux faits.
- i°. Les quantités m&n dépendent tellement l’une de l’autre, que fi n diminue ou augmente, m doit ausfi diminuer ou augmenter, mais quoiqu’on fâche que tn ne peut devenir plus petit que l’unité, on ignore jusqu’où St en quelle proportion cet accroificment ou cette diminution peuvent avoir lieu. P. ex. £w =-139 c. a. d. fi d=z 2 St fi alors jn =z <5,
- ou a = ~ Q, cas auquel il y aura répulfioj], & ce cas ne paroit pas imaginaire, qui dira que £*=5î p. ex. m pourra devenir 4 p. ex., cas auquel il y aura encore répulfion : St que fi n ~ 1, m pourrait devenir a, cas auquel il ferait posfible qu’il y eut attradion, quoiqu’on
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- ch Syjlème de M. aepinus. 449
- ac fauroit l’afliirer, à caufc qu’on ignore les relations qu’il y a entre R 8c R'.
- 4°. Quand le Corps MA s’approche de OE, « diminue , ou a augmente,mais on ne fauroit dire fi m peut as fez diminuer par-là, 8c R. 8c R' obtenir la relation necefiaire ($. 19.) pour qu’il y ait attraction.
- 30. M- aepinus fitppofedans fes calculs que la. force du Fer pur, ou d’un Corps dans fon état naturel, placés près d’un Corps magnétique ou électrique O E, dépend uniquement des quantités a & b du Fluide déplacé-; 2c qu’ainfi la force de B N feroit ici égalé à celle de B M, à' çaufe dç — «5 + i:ÿ fuppofe encore partout que la ligne B L, qui fépare la partie négative de la pofitive, relie invariablement la même, de forte p. ex. que quand meme AN s'approcherait deOE, les parties AELN 2c CB E M relieraient de la même grandeur, 2ç chacune égale à la moitié du Corps (comme il parait par la fuppo-fition du §. LXXIX.) deux articles abfolu-ment contraires à l’Expérience: car la partie B M cil toujours plus petite que la partie B N, e. à d. que le Centre magnétique K, ouïe point neutre de Milord mahon(^), s’il
- (k) J'ai dit un mot de ces Expériences dans la note/
- Q 5 *
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- ç.50 remarques fur Je Principe fondamental
- s'agit d’Électricité, eft toujours plus près de AM que de CN, & d’autant plus près que la partie B M a plus de force & que la partie B N en a moins ; ou que le Corps A N s’approche davantage du Corps OE: Enfin chaque tranche de la partie BM a toujours plus de force, que chaque tranche corrcspondente de la partie EN & chaque tranche de la même partie a d’autant moins de force qu’elle s’approche plus de B L , ce qui eft entièrement oppofé à ce que M. aepinus fup-pofe, que les quantités a & b font diftribuées uniformément dans les parties B M & B N, & que par conféquent tous les points de chacune de ces parties ont une force égale, & ne différent en énergie qu’à raifon de leur différente diftance du coips B E > fuppofitions dont l’erreur ne fauroit manquer d’influer für la vérité d’un calcul précis. Les véritables formules , légitimement déduites des hypothèfes & des principes généraux de M. aepinus,, fournisfent donc des Loix oppofées à celles qui fuivent des formules de ce Phyficien, & à ccl-
- àu §. 200. de mon Mémoire; mais il finit en deuils dans les $. 150-179 des Principes à’Élit
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- du Syfteme de M. af. pi nus. <2,51
- à celles que l’Expérience fournit. D’ou il refaite que la conformité qu’il a cru trouver entre fes calculs 8c les Expériences, détruit fes principes, bien loin de les confirmer.
- J. ai. Si nous fuppofions en fécond lieu le Corps DE négatif, il n*y auroit qu’à faire c 8c b négatifs dans la formule du §. 17 , 8c a pofitif: fuppofer enfuite <?==£, Sc l’on auroit Qc (R -f- R') + a (ac — aD) (R —R'), formule qui eft 8c qui doit être la même que, celle du $. 19, après y avoir fait b Sc c négatifs 8c a pofitif. Or, quoique cette formule indique la plupart du tems une attraétion, à caufc du feul fécond terme . négatif (car c eft toujours ou au plus =3 D ), elle peut cependant indiquer ausfi une répulfion, tandis que l’expérience indique toujours une attraétion. La formule de M-aepinus eft «c (R—R') la même que celle du §. 19., & qui indique toujours une attraétion (/).
- §. aa.'Passons au troifième cas, celui où l’on préfente l’un à l’autre deux Corps
- (0 Y. aepinvs J. 119-120.
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- aga remarques fur le Principe fondamental
- qui ont le meme genre d’Elefiricité ou de Magnétisme, qui font l'un & l’autre, ou pofitifs, ou négatifs. Si on les fuppofe tous deux pofitifs, nous retombons dans le cas du §. LXX1X. fur lequel nous ferons quelques réflexions (
- Supposons que ces corps aient S 5c f pour excès de Fluide: & par conféquent que | b & ~ q foient les excès pour chacune des parties O E , E P , B M , B N , car M. a épi-nu s fuppole les deux parties d’un même Corps égales entr’elles, fuppofition que nous avons examinée dans le §. ao :. qu’on approche ces Corps l’un de l’autre : les Fluides en O E & B M fe repousferont, & par cette rcpulfion il y forcira de OE. & BM une partie des excès ~ * 5c ~ y, qui entreront dans EP & B N, de forte qu’on aura c — 4 ^ —• e : d — ^ a — ~ q — C) l> — 2 ? -h C, quantités à fubftituer (elon M. a e p i n u s dans la formule du §. LIV, & félon nous dans celle de notre §. 17.
- On peut avoir, dit-on, ou c négatif, ou a négatif, ou a & c négatifs à la fois. On explique de plus par cette formule d’où vient que la rc-
- (») V. AlïFlNBS §. I19-I3C,
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- du Syftime de M. aepinüs- 153
- répulfion peut fe changer en attra&ion. Mais il eft évident que ce n’cft là qu’une fuppofition «11 gros, même en fuivant la formule de M. a e p 1 n u s : & le cas eft encore bien plus difficile félon la nôtre : car en fuppofant ç négatif, on aura §.17, cQ (R + R') — a D (R + *) — aadx — qj(x + x) +ica R +^bc K'-b D (R' + x) — ib d x , formule, qui à caufe de la grandeur & du nombre des termes négatifs , exprimeroit bien difficilement une at-tra&ion. On auroit encore répulfion, fi l’on fuppofoit c — o , c: à: d. fi la partie O E étoit réduite à fon état naturel : & fi l’on fuppofoit que l’aétion du Fluide a eut été allez grande pour faire fortir tout le Fluide de la partie OE, ou pour réduire -H D à zéro: en aura c -+• D = o, & partant c = — D, ce qui étant fubftituc dans la formule du §. 17, ou lubftituant D pour c dans celle qu’on, vient de voir, & ou c eft déjà négatif, on aura toutes reduéfions faites,
- D Q (R + R') + D a R + D£R' —: a adx — Q d 0 + *')—>D ax—Vb x'— tbd*'
- formule, dans laquelle les trois premiers termes font pofitifs, & les trois derniers négatifs , dans laquelle il feroit par conféquent encore posfible d’avoir répulfion, quoique ce
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- a54 remarques fur le Principe fondamental
- cas foit le plus favorable de tous les cas pos-fiblcs pour l’attraâon. Au refte il efl: évident que les reflexions faites à la fin du 5. 19. font egalement applicables ici. ,
- a0. Les Fluides E 8c C qui s’échappent de O E, B M, entrent dans E P 8c B N : la force de ces parties devroit donc devenir plus forte, par ex : E P du double plus fort fi « = - } tandis que la force de O E feroit réduite à être nulle : fuppofition qui me pa-foit abfolument contraire à l’Expérience.
- §. 0.3. Ce que nous venons de dire s’applique également au cas ou a lêul feroit négatif, 8c c pofitif. Mais fi l’on fuppofe 30. c 8c a négatifs : la nature de l’Eleétricitc des parties EO 8c BM fera changée, 8c le cas reviendroit au même que fi l’on prefentoit l’un à l’autre par leurs parties négatives deux Corps en partie pofitifs 8e en partie négatifs. Mais il n’y aura pas toujours attraétion dans ce cas. Car en faifant c 8c a négatifs dans la formule du § 17: on aura
- rQ(R + R') -h rida x—iacR~b D (R' -t-x') aD(R + x) + ^bcR'—adbx'—Qd (x+x)
- Formule qui ne détermine rien, mais qui laiflè les attra&ions 8c les répulfions posfiblcs les unes 8c les autres.
- Si
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- de Syfilme de"M. aepinus. 155
- S1 l’on fuppofoit a & e l’un & l’autre zéro, c: a: d. que les parties, O E 5c B N fc font dépouillées par leur répulfion mutuelle de tout leur çxcès de Fluide , & font réduites à leur état naturel, on aura répulfion ( n) & ce cas eft bien fimplc , puisqu’alors il revient au même que fi les deux Corps pofitifs N.B fie EP agiflbient feuls, mais à une plus grande distance 8c l’on a vû dans le §. n , qu’il y a répulfion alors.
- Sx, l’on fuppofoit, comme nous l’avons fait ci - desfiis, la partie O E enticrememt évacuée de Fluide, ou c+D = o: 8c de plu?
- la
- (») En ce cas la formule feroit
- L Qü J
- les répudions R , *, R' des Fluides de B M fur ceux de O K & E P, 8c de NB fur celui de O E font exactement «ontrebalancées par les attraâiojis des matières propres de ces mêmes parties, puisqu'on fuppofe quelles font parvenues à leur état naturel, 8c quelles -relient dans cet état : ces répulfions feront donc nulles dans ce cas : ou, l'on aura R — o:x = o: R'-so: la formule devien-
- dra donc----------------------------------------OU
- _ 'fli-H ] cequiéflfélonie
- §. n, & doit être félon les reflexions faites dans le texte, la fonsme des deux aétions de N B S: E P.
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- *56 Remarques fur le Principe fondamental
- la partie B M ausfi évacuée de Fluide, qui eft certainement le cas le plus favorable pour l’attraétion, c: a: d: fi dans la formule précédente , dans laquelle a & c font déjà négatifs , on fubftitue Q pour a, D pour c, ' pn aura, toutes reduéfcions faites, QD ( R' + * ) +• d Q (x —x') + b D (R' — *')•— a bd*’-» expresfion dans laquelle il n’y a que le feul dernier terme négatif (0). Il pourrait donc alors y avoir , & il y auroit vraifcmblable-ment attra&ion : & le cas eft bien fimple : car les matières propres des deux parties B M & O E attirent en ce cas très - puisfamment les Fluides renfermés en B N & E P, & agisfent fur eux à une plus petite diftance que le Fluide de EP n’agit fur celui de B N. Nous retombons donc naturellement dans le cas des reflexions du §. 19.
- 5. 24. Re-
- ( «) En mettant cette expresfion fous cette forme ,
- Q*(D + <f) --i*(D + </)
- DR'(Q+.i) ---
- la dernière partie, la négative, exprimera, comme cela fe doit, félon le §. n , h répulfion des deux parties N B, EP : le premier terme pofttif exprime l’attraélion de la matière propre de N B fur le Fluide EF, & l'autre celle de la matière propre d'O E fur le Fluide N B : car cette matière eft proportionelle aux quantités naturelles de Fluides Q & D, (S. xxx.)
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- du Syfthne de M. aepisus. 15?
- $. 44. Remarquons enfin, que fi c 6c a font négatifs, b & d poli tifs, êc s'il y a attra&ion alors, il y aura attraction entre deux Corps, qui fe prefentent leurs furfaCes contraires, mais négatives, tandis qu’au commencement de l’Expérience ces mêmes Corps, pre-fentés ainfi l’un à l’autre par les furfaces contraires, mais pofitives, fe repoufloient.
- Mais fans nous arrêter à d’autres reflexions que ce même fujet nous fourniroit, je remarquerai enfin que le cas ou a & c font négatifs à la fois, me paroit phyfiquement impos-fible. Car puisque c devient négatif, il faut qu’il le devienne par l’effort- de a, dont la puiflance doit vaincre celle de d: il faut donc que a, qui vainéfc la répulfion de c & de foit une force plus grande que c ou que d : mais fi cela eft, comment c pourra-t-il vaincre l’effort de a Si. de b, ce qui eft cependant néces-faire pour que a devienne négatif: je ne vois pas qu’il puiffe y avoir convcrfion de pôles, à moins que l’un d’eux ne foit plus fort que l’autre, 6c ce fera toujours le plus foible feul qui fera changé : l’Expérience me paroit confirmer ce point.
- Tout ce que nous venons de dire dans ce §., 6c les deux précédons, prouve ce me femble, que les réfultats des calculs légitimement dé-
- T O M E II. R duits
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- 158 remarques fur le Priticipt fondamental
- duits des Principes deM. aepinus, ne font nullement conformes à l’Expérience pour le cas que nous avons examiné & qui eft celui du §. LXX1X.
- §. 15. Il feroit fuperflu de nous arrêter à tous les cas que ce fujet fournit: nous indiquerons donc feulement en paffant celui dans lequel le Corps 4M p. ex. eft pofîtif & DP pégatif (p): auquel cas on aurait c =s
- - i-E; d~ —r+ E: ‘=71 + c;
- £ = " — C} car alors la partie pofitive BM re-, pouffe une partie du Fluide de la partie négar tive E O dans la négative EP, & O E en attire de la partie pofitive N B dans la pofitive BM. Il faut donc faire en ce cas d 6c c négatifs dans la formule du $. *7, & l’on aura e R (Q +.<*) +fR' (Q_ b) + dx (Q + <?)
- — a R ( D -T- f ) -, ht (D —-d) b R'
- (D — e) — ax (D — d)+ dx (Q + i) formule, qui indique également attraction & répulfion, & dans laquelle il eft difficile de comparer la grandeur des termes pofitifs $c négatifs.
- (/) V. Ae.
- is §. 13$r 143-
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- du Syjlïme de M. aepinus. 259
- gatifs : mais l’Expérience donne toujours l’at-tra&ion, au contraire de ce que fait la formule. . Au refte, ce cas eft un de ceux que M. A e p 1 n ü s n’a pû définir exaétement par fes formules, qui laiffcnt indécis, s’il y aura at-traftio*( où répulfion -, 8c il lui a fallu recourir à l’Expérience pour décider ce point capital.
- Ç. 16. Pour fuivre pas à pas les principaux cas expliqués par M. aepinus, jepas-fe à ceux qui concernent particulièrement P Ai*1 mant (q). Soit ANC fig- 9- ) un Aimant dont le pôle B M foit le pofitif, B N le négatif. Soit D P un morceau de Fer pur, approché de l’Aimant. Le Fluide a repoufle le Fluide de 0 E en E P5 & par conféquent c fera négatif, d pofitif: ce qu’il faut fubftituer dans la formule du §. 17, ainfi que b négatif: mais à caufe que la quantité du Fluide magnétique eft invariable dans le Fer & dans l’Aimant, on aura le défaut b égal à l'excès d: faifant donc dans la même formule a = b, d zz c, on aura, toutes reduétions faites;
- Q.c
- (?) V, Aepinus §. 148-151.
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- tf,6o remarques fur le Principe fondement al
- Qr (R-t-R') + ca (aR+ a*') + <jD(R'+y) —Qr(#+*') — ca (^.R-i^*)—#D (R+#) formule qui peut être pofitive, négative,.ou nulle , puisqu’il y a des termes négatifs qui furpaflent leurs pofitifs ccrresporidans : car R x, ou R',- ou x: R'>. x: x >. La même cjiofê a }ieu pour la formule de M. aet pinus, qui eft ac (R—-R'—x—x). Ov la Théorie n’enfcigne pas direélement fi *— x ’nR-t-R', quoique M. aepinus allègue des raifons très - plaufibles pour le faire sroirp.(O: auquel cas }a formule de ce Phyr
- iicir
- (r) M- aepinus dédujt ces raifons de ce que la Cour, bc qui exprime les répulfians à différentes dillances de-vroit avoir un ppint de rebroulfement, Ci x — x' n'étoit ' pas toujours \ R — R' : or, il conclut de la nature même des forces répulfivcs qu'il n’efl pas vraifemblable que cette Courbe ait un pareil point ; & de l’Expérience qu’elle p’en a pas, puisque l’Expérience n’indique jamais aucune répulfion pour ce Cps. Nous tâcherons de donner une autre preuve fimple que R — R' doit toujours être \ x —
- Remarquons d’abord, que R, R(, x, a-'indiquent les rcpulfions à différentes dillances : i°. Que les djflances pour *&*' font plus grandes que pour R & R': 3°.Que la différence des dillances pour * & *' eft la même que celle des dillances pour R & R'. Cela pofé foyept les
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- du Syjlème de M. aepinus. afa
- lîcien devient pôfltive, coir.iWe l’Expérience l'exige: mais il n'en eft pas de même de la nôfl'd : cai‘ fi a: —Jl'VR-R' on aura bien X + RYR + & par conféquent le fécond
- terme négatif plus petit que fon correfpondant pofitif} mais le dernier terme refte négatif : & conféquemment â prendre les choies in abftrac-to, rien n’empêche que la tépulfion ne foit posfible : ainfi la formule n’eft pas d’accord fur ce fujet avec l’Expérience.
- I l eft aifé de voir, que fi la partie B M de l’aimant etoit fuppofé négative, & BL pofi-* tive,
- les dillances pour R & R', D' & D +d: pour je & j/, »D & siD+d: fuppofons que les répulfions foyent en raifon inverfe de la puillance » des dillances : & l’ofi»
- aura R = r\ .* R
- • & partant R—“R' s
- ,D+o« - M . & <»R+ÆL-î£l :
- D“. (D + d/1} (mDja (»D+d)n
- , , . (D + i5»-D» .
- O. il T» .ité d= TU DrtP+75- ^
- (m D + /fn-®D"
- —rr-ïï-,. , -77, : puisque le dénominateur de la fe-
- (mD,a- y»u+dja ‘ *
- conde fraélion ell plus grand par rapport à fon numérateur , que le dénominateur de la première par rapport à fon numérateur. On aura donc R — R ’i.*—.r'.
- a 3
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- remarques fur le- Principe foniantentgt
- tive, la partie O E du Fer feroit devenue po-fitive, 6c E P négative; 8c qu’ainfi on auroit eu La même formule, mais dont tous les termes auraient changé de ligne,.
- §. 17. Le fécond cas eft celui qui fuppolé deux Aimans tournés l’un vers l’autre par les pôles amis (s): foient donc a & d polîtifs, h 6c c négatifs : mais, dès que ces Aimans approchent l’un de l’autre, la partie OE attirera un peu du fluide de B N dans B M, 6c l’on aura au lieu de «, a + d: 6c au lieu de £, b —• b': de même la partie B M fait refluer du fluide de O E dans E P : on aura donc au fieu de — c, — c — c 6c de d, d + c: ce qui étant fubfticué dans la formule du 5 17: êc faifant enfuite, comme il a été dit dans le 5. précédent, b = *, ^ = c, on aura
- (rQ+fQ)
- c:::aoe»^)
- expresfion, dont le dernier terme eft négatif, le premier politif, 6c dont le fécond peut être négatif ou pofitif > politif,- fi p. ex. on avoit
- aR
- (') V.A*
- S $ 172.
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- du Sÿftbnt dé M. Aepinus. 163
- iR + zx' \ aR' -h zx. Or, s’ilcft vrai, comme il; eft au moins trcs-probable (§. z6.)t que R — R'-^ x — x" : il fera vrai ausfi que R+ x'\ R' + x: & le fécond terme fera po-litif: cependant toute la formule pourroit être négative, à caüfe du dernier terme négatif. On ne peut donc pas dire que la Théorie foit Conforme à l’Expérience, ou que celle - ci puifle fervir a établir celle * là. La formule de M. aepinus eft (« + «') (t+r) ^ ^ xqui n’eft conforme à
- l’expérience qu’en fuppofant R—R'V x—x'.
- § a8 Passons enfin au dernier Cas, celui de deux Aimans tournés l’un vers l’autre par leurs pôles ennemis, fuppofons par les pofitifs. On aura donc , dans la formule du §. 17, a Sec pofitifs : b Sc d négatifs : & il faudra fubftituer au lieu dea, a — a: au lieu de b, — b + a', ou — a-t-d à caufe de b — a: au lieu de c, c—c: de d,—d+c, ou— r+r', à caufe de d—c: On aura donc, toutes réduirions faites:
- (fQ—cQ)
- LaD-"D]
- Formule, qui eft, comme cela fe doit, la R 4 même,
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- 0,64 remarques fur le Principe fondamental
- meme, que fi l’on avoir (ubftitué dans celle du §. 47, —• ai 8c — c au lieu de 4- a' 6c + c, 8c qu’on voit pouvoir devenir de différentes façons pofitive, négative, ou nulle, conclufion à laquelle M. aepinus (/) parvient également ) mais ce Phyficicn a calculé fa formule d’une manière différente. 11 fuppofç que les parties négatives EP & NB, ou d Ik. b relient les mêmes, quoique, dès qu’on approche les Aimans l’un de l’autre, il y reflue du Fluide de OE vers EP, de BM vers BN: & il fuppofe de plus, que ce qui reflue relie dans les parties pofitives O E 8c B M, de forte que OE 8c BM font chacune partagées en deux portions, donc l’une contient “D — C, ou ~Q—a', 8c la fécondé, D +£’, ou ~Q+ a -, fuppofition, qui me paroit abfolu-ment contraire aux faits, puisqu’on fait qu’en approchant l’Aimant O F par fon pôle pofitif du pôle pofitif de l’Aimant AN, le pôle EP s’affoiblit tout ausfi bien que O E, 8c N B tout ausfi bien que B M, ce qui ne peut arri-
- (») V. AEPiaus § i7j.
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- du Syftime de M. aepinus. 16$
- ver dans le Syftème Aepinien, que parceque la quantité de Fluide d ou b, qui eft négative, devient moins négative, c. à. d. à moins qu’il n’y entre quelque Fluide dans ces parties.
- §. 29. Je crois avoir prouvé, par les Réflexions précédentes, qu’il s’en faut de beaucoup que les faits foient conformes aux Loix d'Attraâion qui rcftiltent des Principes établis par M. aepinus i que ces Loix ne nous inftruifent pas fuffifamment de la nature des faits qui doivent arriver: qu’elles leur font même oppofées. On ne fauroit donc dire que l’Expérience confirme les Principes mêmes: or, comme ces Principes font, de l’aveu même de leur Auteur, purement gratuites, 8c qu’ils ne peuvent être réputés vrais, qu’au-tant.que les conféquences qu’on en déduit font conformes à l’Expérience, qui peut feule décider de leur vérité, je crois pouvoir conclure avec raifon que l’Analogie qu’on établit en vertu du fyftème de M. aepinus entre les Attrapions éleftriques & magnétiques, n’eft aucunement fondée, que l’Expérience lui eft même contraire, 6c que la conformité que M. aepinus croit qu’il y a entre l’Expérience 8c fon Syftème, eft imaginaire. Comme le' R 5 foui
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- >1(56 remarques fur le Principe &-c>
- feul but que je me fuis propofé dans des remarques a été de prouver ce point, je ne m’étendrai pas fur plufieurs autres réflexions dont cette matière pourvoit me fournir le fujet. -
- MÉMOIRE
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- MEMOIRE
- I.ANALOGIE DE
- l’électricité
- MAGNÉTISME.
- M. le Professeur LAURENT HÜBNER.
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- TROISIÈME MÉMOIRE
- l’ANAI,OGIE de l’ÉLECTRICI* TÉ ET DU MAGNETISME,
- INTRODUCTION.
- Je fuis relié longtems en fuspens, fi je pren» crois la plume pour répondre à une Queition y dont l’indétermination ne fauvoit être décif déc, ni par des Expériences exactes, ni, 8e même moins encore, vû l’état aétuel de la Phyfiqqe, par des cencjulions théoriques fatis-faifantés, Chaque fyftème fur l’Éleélricité, Sç fur le Magnétisme, que nous le cherchions dans l’Antiquité, ou que nous le prenions dans des tems plqs rcçens, trouve aujourdhui des Expériences qui lui font contraires, 8c relie infuffifant, s’il n’eft pas entièrement détruit, puisque des Expériences nombreufes, fixités tout-recëmmeht, co'ntrédifent évidemment les explications qu’on avoit données jusqu’ici.
- Pour ce qui eft des fyftémcs fur l’Eleétri-, cité, confulte-t-on feulement les Expérien--
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- 170 III. mémoire. De l'Analogie
- ces les plus récentes, que M. chrétien schaeffer, Doyen duMiniftère àRatis-bonne,a publiées fur l’Elcétrophorc perpétuel, Ce qu’il a foumifes à la Discusfion vers le milieu de l’année 1776 : éxamine-t-on de point en point, d’anecdote en anecdote, tous les fy-llèmes connus jusqu’ici fur l’Eleétricité : compare-t-on Expériences à Expériences, Obfcr-vations à Obfervations,. Preuves à Preuves, on fe trouvera engagé dans le-labyrinthe le plus confus : ou qui des Phyficicns modernes m’expliquera une Électricité qui dure trois du quatre jours: qui agit à travers les planchers & les murailles des appartemens : qui ne fe communique par l’attouchemement des Coips anélec-triques, & d’autres Phénomènes que l’Expérience nousafait voir au moyen de l’Éleétrophore de M. schaeffer? fans toucher à la cir-conflance que de pareils effets ne peuvent être la plûpart produits que par de certaines mains, & non par la première perfonne qui fe rencontre O).
- Ces
- (a) Pour ne pas transferire la foirante - treizième Expérience de M. SCHAEFFER en entier, je ienvoye le Leéteur au Livre de cePhyficien intitulé: Abbildung uni Vtfchrtibung du befiaindigen EliRricUait- trasgeri. Nous au-
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- de V Electricité & du Magnétisme. ' •zjt
- Cps Expériences, pour ne pas parler de celles de plufieurs Phyficiens modernes, s’écartent -fi fort des fyftèmes reçus, qu’ils ont meme porté M. schaeffer à douter, fi peut - être la force eleétrique ne feroit pas la même chofe que lç Magnétisme, & ne devrait pas en porter je nom. M. aepinus a déjà fait la même conjecture il y à longtems : fmilitud. Eleftr. & Magnet. Sermo Academf\ „ Il fe ; peut, ( difoit - il, dans ce discours ) „ qu’il y ait une grande Analogie entre l’É-„ leétricité & le Magnétisme, 8c que les Phy-„ fiçiens expliquent mal l’une 8c l’autre” (b).
- Ou,
- ions ci - deffous encore plus de befoin de la leélure de Ce livre. Note de VAuteur; toutes celles aux quelles on ne trouvera pas cet avertijfemcnt font du Tradutfeur.
- (J) Je ne trouve pas ce paffage dans le Discours en queftion : peut - être l'Auteur à-t-il eu le fuivant en vue t'uijfe qui in mentent Jibi1 induxeruht Naturae miracula ijla, veteribus aut ptnitus ignorât a, aut parum cognita, Magnetismum V F.letlricitatem, aut ab iisdem aut a fimilibus proficisci for* fit an caufts; ac approbations Ai petius digni quam exeufatione egentes videntur. Quamquam enim, qui haftenus de Virittm iftarum cogitarant analooia, Juspicatos ejfe potius ipfam quam eognovijfe dicendi fint; repriAendèndus tamtn nom fl qui ex qua parte quaerenda fit, ad Naturae cognitiomm ducens, viam in-dicat, q ia/nquam dtftinflt nobis ipfam dtlineare non vaitat.
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- Vjx IÎI. mémoire. De T Analogie
- Oc, y a-t-il, conformément aux Expériences les plus récentes, une efpèce de Magnétisme anmal% en quoi contribue -1 - il à l’Electricité ?
- Q u a n t à l’Aimant, il n’y a eu, jusqu’au moment préfent, que des hypothèfes & des conjeflurcs: & peut - être toute posfibilité eft-elle otée â celles-ci, par cela feul, que des Expériences évidentes ont fait voir à l’occafion du Direftorium magneticum, qu’on peut donner p. ex. les pôles magnétiques à une barre de Fer tenue. perpendiculairement à une Aiguille aimantée: & même, qu’on peut lui donner par quelques coups de marteau, ou de la main, alternativement, tantôt au bout fupé-rieur, tantôt à l’inférieur, les pôles amis ou ennemis par rapport à l’Aiguille : fans compter un nombre infini d’autres Expériences, dont il eft fait mention dans les Mémoires de l’Académie dePetersbourg, & furtout dans le Dircc-terim magneticum de M- reichenberger, Profefleur de Phyfique & de Mathématiques à Ratisbonne (c~).
- En
- (O On entend par Dinkarium magneticum, une Aiguille qui in li-;ue en même tems l'Inclinaifon & laDé-cuuaifon, 8c qui fe dirige par confdquent dans le vrai plan
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- de V Electricité & du Magnétisme. 173
- En attendant, quelque cachées que puis-fent être les véritables Caufes de ces deux fortes
- plan de l’aétion magnétique: ou, fi l'on veut, ce ferai une Aiguille d'Inclinaifon placée dans le Flan du Méridien magnétique. Je n'ai pu me procurer l’Ouvrage de M. reichenberger, qui porte pour titre, Direc-torium magnttlcum, magneticis quibusdem phàenomtnis ex-hibendis , exper'ufientis dirigmdis, ac ebfervalionibui mjliiutndis. aptatum, ejusque destriptio : mais ce Phyficien en donne un extrait dans un autre de fes Ouvrages, intitulé Hydro-tica (8.°. Batisbonne 1778) & il eft clair par cet extrait que les Expériences que M. h übner a en vue dans cet endroit «lu Textefont les fuivantes : qu'un barreau, de Fer tenu dans le plan de l’-Inclinaifon, mais perpen-, diculairement à l'aiguille, n’acquiert aucune vertu : qu'il n'en acquiert pas non plus, fi on le prefente perpendiculairement au plan de l’aiguille , dans un plan horiion-tal : mais qu'il acquiert des pôles 11 on l'elève alors : que ces pôles parviennent à un maximum quand le barreau fis trouve dans- le pian d’Inclinaifon qu’ils diminuent, fi on continue à faire tourner le barreau dans ce plan, fur une de fes extrémités: qu'ils font nulles quand il aura parcouru derechef un quart de Cercle : & que s'il-continue à fe mouvoir les forces changent, deforte que l'extrémité inférieure, qui etoit un pôle horéal, eft, actuellement qu'elle eft devenue par le.renverfement l'extrémité fupcrieure, un pôle auftral: Se réciproquement: enfin que tous, ces effets deviennent plus marqués 8e,. plus forts, fi l'on zrapppe la barre dans ces différentes, fituations.
- TOME II.
- S
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- 574 III. mémoire. De VAnalogie 83c.
- fortes de Phénomènes, ou qu’elles le font en effet, les Obfervations Sc les Expériences qui ont été faites par divers Savans,& qu’on continue encore tous les jours, n’en font cependant pour notre confolation, ni moins certaines, ni moins hors de toute atteinte.
- Aussi, l’Académie intimément convaincue de la fauffeté des Syftèmes, n’en a-t-elle demandé aucun, mais feulement une Compa-raifon des deux Forces, & des Obfervations fui- leurs effets : on peut donc fe préfenter avec une differtation qui pourra fktisfaire.
- En conféquence, je diviferai toute la Question en trois parties: la première traitera de la comparaifon des deux forces, pour juger de leur Analogie: la fécondé, de l'Action de l’Éleétricité 8c du Magnétisme fur e Corps animal, pour repondre à la Queftion, fi ces Forces peuvent agir fur le Corps animal: la troifième enfin contiendra une réponfe à la Queftion, comment ces Forces peuvent agir fur le Corps animal.
- U n court appendice contiendra peut - être un projet hypothétique d’un Syftème conjectural fur les deux Forces.
- PRE-
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- PREMIERE SECTION.
- QUESTION. Y a-t-il une Analogie yrayc & phyfique entre tes forces électrique £jf magnétique ?
- C’est une Queftion fur laquelle les fenti-mcns des plus favans phyfieiens fe font déjà très-fouvent partagés. Il en elt qui ont voulu établir une reflemblance parfaite entre les deux Forces, & cela par des Expériences, qui fe trouvoient, peut-être, mal à propos & déplacées là où on les rapportoit. Ces Phyfî-ciens alloient trop loin dans leurs conjectures. D’autres au contraire ont réfuté à peu-près tout ce qu’on cmployoit pour établir par des effets d’un même genre, ou du moins, par des Expériences fort analogues, un feul genre de caufes pour les deux Forces. Mais ceux - c i felaifloient ausfi emporter trop loin de lavéflté, par des préjugés enracinés & par l’attachement à un Syftème propre. Je ne fuivrai ni les uns» ni les autres, 8c conféquemment, je ne fou-tiendrai ni une reflemblance parfaite entre les deux Forces, ni une disparité complette. Je rapporterai d’abord par ordre les Expérience» S ru «Jttt
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- III. mémoire. Section I. IXe
- qui indiquent une Analogie ; enfuite je tâche» rai de rappellcr, autant; qu’il elt posfible, à. des'Principes d’un ' même genre', celles qui fcmblent oppofées à l’Analogie: j’en déduirai enfin quelques conféquencèsthéoriques, d’où l’on pourra peut-être inférer un même'genrç de caufes fondamentales.
- . §• I.
- Expériences qui indiquent une rejfemblanct entre les deux Forces.
- i°. Il eft connu de tous les Phyficicns, que les Corps clcétrifés positivement attirent ceux qui le font négativement, que ceux qui ont la même Électricité fe repouflent. La même chofe paroit avoir lieu pour deux Aimans : les Pôles de différens noms s’attirent} ceux du même nom fc repouflent («). a°. La Tourmaline, (une pierre précieufe dp
- («) Voyez dans la première partie du Mémoire de M. steigif, bner les démonftrations théoriques de ces effets, d’après les Principes de M. a e p i n d s, & dans le §. i3r du mien plufieurs réflexions fur ce Chef d'Analogie. ... •
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- P Analogie Ûe P ÈleStriciié & du Magnétisme,
- de rifle de Ce'tlm,, transparente 8c d’une couleur un peu plus brune que l’Hyacinte) femble avoir deux Pôles élc&riques, comme l’Aimant en.a deux magnétiques: car il fe produit en même tems une Éleétricité pofitive 8c une Éleétricité négative aux cotés oppofés,. mais de forte que, tout comme une barre de Fer acquiert par, une fituation. verticale, ou par des coups de Marteau,. des Pôles variables* cette Pierré acquiert ausfi par la chaleur différentes Éieéh'icités des deux Cotés: fi l’on chauffe p..ex. également les deùx. Cotés de la Pierre, l’un fera pofitivement éleétrique 8c l’autre le fera négativement : mais fi en les chauffe inégalement, l’Éleétricité naturellement pofitive d’üri des Cotés deviendra négative (b).
- . 30. Le Coup foudroyant rend fouvent le Fer magnétique, de la même manière que nous le rendons ordinairement magnétique en le frottant aveç tin Aimant. Quelquefois a la vérité on n’obfcrve pas cet effet : mais il fe peut que le Coup foudroyant ne fait alors d’au-tré effet fur lé' Fer que celui qu’y féroit peut-être
- asp de mon Mémoire.
- s 3
- {b) Voyez le J.
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- I. De
- 478 III. mémoire. Section être une fecouflë on un tremblement électrique (O-
- 4®' La Foudre 8c les Eclairs ont fou vent aimanté des barreaux de Fer, & les treilles des Fenêtres : or, il cft décidé aujourdhui que la Foudre cft produite par l’Éleétricité Çd~).
- 50. On acquiert auslî des Aimans artificiels, lorsque des barreaux de Fer, comme par ex. les Croix des Tours, ont été Iongtems placeés, fans fc rouiller, fur des Edifices élevés : Là partie inférieure devient un pôle boréalla fu-périeure un auftral £e). Or, qui ne fait que l’Air cft toujours chargé de particules électriques, comme les Para-Tonnere le prouvent évidemment? La matière éleétrique fait donc ici le même office que l’Aimant a coutume de feire en cas femblables (/).
- 6°. Un
- (c) Confultez fat cette communication du Magné-tisme les §. 150 & fuiv. de mon Mémoire, & le J. 96 de celui de M. steigiehner.
- (d) V. §. 151 de mon Mémoire.
- (e) V. ce que j'ai dit là-deffus $. 74, 75, 76, 77 de mon Mémoire.
- (/) De même des Fils de Fer deviennent magnétiques lorsqu'on les place à l’Air libre dans la direétion du Méridien magnétique, jusqu'à ce qu’ils commencent à fc rouiller. Note de [Auteur.
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- r Analogie de l'Eleiïricité & du Magnétisme, 179
- 6°. U n morceau de Fer devient magnétique fi on le trempe promptement dans de l’eau froide, lorsqu’il cft encore rouge. De même,
- 7°. Les Outils de Fer ou d’Acier deviennent magnétiques par des coups de marteaux réitérées, ou Blême par l’ufage feul. De même encore,
- 8°. Si l’on veut aimanter de l’Acier fans Aimant, il n’y-a p. ex. qu’à frapper fortement avec un marteau fur la tête d’une Aiguille placée verticalement, ou forer un trou dans une autre pièce de Fer avec un foret d’Acier. L’Aiguille & le foret deviennent l’un & l’autre magnétiques. Or, qu’y a-1-il de plus naturel dans toutes ces Expériences, fi non, que des particules de feu, ou plûtot de Fluide électrique s’infinuent dans le Fer, lorsqu’on le fe-coue ou qu’on l'échauffe en le frappant, en le forant, &c. (g).
- 9°. M. schilling a obfervé, au rapport du célèbre M. erxleben, que la Torpille, ou l’Anguille tremblante, comme on la nomme, cft attirée par l’Aimant, qu’elle
- y
- (s) C'eft un fait affez généralement connu, & fur lequel on peut confulter les hclles Expériences de M. UKAVMVR, Met», i* l'Acai. 1713 —p. 81.
- S 4
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- »8o III. mémoire. Section I, De
- y refle fuspendue à peu près comme de la limaille de Fer, qu’elle perd alors fa force d’ex-cirer la commotion, force qu’elle recouvre de nouveau fi l’on répand de la limaille dans l’eau (A). Or, les commotions que ce Poisfon produit + font actuellement attribuées, presque par tous les Phyficiens, à fon EleCtricité naturelle. Qui ne voit donc pas la dépendance mutuelle de ces deux Forces, Se leurs rapports alternatifs dans leurs aCtions?
- io°. L a communication du Fluide électrique convient en beaucoup de points avec celle de la Force magnétique, tant poüf ce qui concerne la communication prompte êc inftanta-née, que parccqù’il n’eft pas ncceflàire que les Corps foyent mis eft côntaCt ["pour acquérir cette force] (i). Les deux Forces s’exercent réellement le plus efficacement félon la longueur: même, l’attraCtion du Fer par l’Aimant a une très - grande refTemblance avec les Phénomènes des Corps éleCtriques-, auxquels
- (Æ) ConfultM fur les Expériences deM. schilling le §. 228 de mon Mémoire.
- ( i) Confultez le §. 250 8c les fùivans de mon Mémoire, & les §. 80, 84, 8j, 86 de celui deM.sr'in*
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- VJmhgie de P Electricité & d» Magnétisme. a8s
- on en préfente de. non-éleéfcriques. Or, comme les effets de l’Élcétricité conviennent fi fou-vent avec ceux de l’Aimant, qui croira que celui-ci n’aura pas ausfi un même genre de cau-fe capitale pour Principe?
- ii°. J’ajouterai, pour mieux confirmer ceci, les Expériences que M. george schmidt, célèbre Mécanicien de la Cour à Jena j homme ausfi vcrfé dans la théorie que dans la pratique, a fait connoître en 1773 dans la Defcription de fes Machines électriques : ces Expériences font tirées d’un Manufcrit particulier, qui étoit joint à cette defcription. J’en vais faire l’application à mon fujet.
- i°. L’auteur allure que toutes les Aiguilles d’oscillation, qu’il a préparées pour fes Machines éleétriques, ont acquis par l’Électricité une Force magnétique, fans qu’elles eus-fent été préalablement paffées fur l’Aimant: elles indiquoient néanmoins toujours la direction du Méridien. Mais en quoi l’Éleétricité contribue -1 - ilau Magnétisme (*)?
- i°. Il
- (i) Ces Expériences fe trouvent à la p. 13 de la fécondé Edition du Traité de M. schmidt, intitulé Bi-fchrtibung émir EtèOrifir- Mafchim-, Berlin 1778: 4°- H
- a'eft par douteux que cette Aiguille n'ait été de Fer,
- s 5
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- a8i III. mémoire. Section I. De
- a0. Il a Couvent fait d’une lame de laiton ronde une étoile à dix pointes, au milieu de laquelle il a appliqué une chappe, afin de la pouvoir placer Cur un Itile pour l’éleétrifer. Au premier tour de Plateau, l'Auteur s’apper-çut dans l’obfcurité qu’il n’y avoit que deux rayons de l’étoile, ceux qui étoient les plus proches du Nord &du Sud, qui préfentoient un écoulement de Fluide éleébrique j & que de plus, en éleétrifant fortement on pouvoit à peine obfervcr une lumière fenfible aux huit autres rayons. Cette Expérience me parut fi fingulière, que je la répétai encore le même jour que je lus l’ouvrage de M. schmidt, & cela au moyen d’une Machine éleftrique faite par ce Mécanicien : je la trouvai réellement ainfi, au grand étonnement de tous ceux qui étoient préfens. N’a-t-on donc pas ici même la direêlion magnétique (/)? •
- 3°. On
- ou de Fer-blanc, quoique cela ne foit pas dit expreffé-ment: & il eft évident qu'elle a pû devenir magnétique par les opérations requifes pour la eonftruire, ou par fa fituation même, comme M. hemmek l'obferve fort bien.^ M. schmidt remarque encore, que cette Aiguille tournoit toujours de la droite à la gauche, & qu'il n'a vu le contraire que deux ou trois fois.
- (1) M. schmidt remarque de plus, que s'étant ap-
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- Ÿ Analogie de l'Électricité & du Magnétisme. a8g
- 3°. O N fait que l’Aiguille aimantée devient irrégulière fous l’Equateur, c: a: d: qu'elle s’incline dans une direétion perpendiculaire au Méridien} mais que, des que le Vaifleau s’éloigne dérechef de la Ligne, l’Aiguille fe rétablit dans fa première fituation. Or, qu’y a-t-il de plus conforme à des idées raifonna-blcs, fi non, que l’Aiguille foit rendue électrique [dans ces parages], & qu’elle doive par conféquent être un peu changée dans fa direétion par l’extrême chaleur du folcil qui y brûle direétement (»/)? M. schmidt a
- dé-
- perçu de ces Phénomènes, il cefTa d'éleéirifer ; & qu'il recommença plus de dix fois : l’effet fut toujours la même: „ainû, ajoute-t-il, on a donc des raifons plaufi-,, blés de croire que le Fluide éleétrique a quelque analogie avec le Fluide magnétique: & peut-être pour-,,roit-on expliquer parce Principe l'aétion de l'Air fur ,, le Corps animal". îvl. hemmbu obferve très-bien que cè Phénomène a dû fcn origine à des caufes accidentelles qu’il eft facile de faifir, & de quelques unes desquelles il fait l'énumération.
- (m) J’avoue que je ne connois aucune obfervation de ce genre, & il feroit à fouhaiter que l’Auteur eut cité lès autorités. Il eft poffible qu'une agitation irrégulière ait eu lieu par hatard, mais certainement le fait n'eft pas confiant fous l'Équateur, comme il l'eft par ex. à 1* Baye de Hudfon, La dedinaifon conferve fon progrès
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- Q.<Ï4 III. MÉMOIRE. SECTfüN I. Ue
- déduit de Principes Sc d'Expériences d’Électricité & de Phyfique, la coiiftruftjon d’une Aiguille, qui confervéroit fa direction fous l’Éqiïateur, & il fé fait fort d’en fournir une pareille ou de la coriftrûiré lui-méme : comme ausfi il fe fait fort de prouver que le Soleil eft un
- grès régulier fous la Ligne, & au delà , comme en deçà. On diroit, à en juger par les expreflions , que M. hübner parle de l’Aiguille d'Indinaifon ; mais en le fuppofant, on pçut afturer i°, & M, he m mer l'obferve auflî, que l’Aiguille d’Indinaifon n’ell pas perpendiculaire fous l'Équateur, ou aux environs: l'Incli-naifon au contraire y eft à peu près nulle à quelque dis* tance de la Ligne : i°. Qu’il n'eil pas vrai que ce
- Fait, quel qu’il foit, a lieu conftamment fous l’Équateur: c'eft tantôt au deffus, tantôt au ddforis: 30. Cet effet n'eft pas dû à une agitation irrégulière: il eft au contraire très - régulier, & une fuite néceffaire du Magnétisme de la Terre, comme je l'ai dit §. 76, note a de mon Mémoire. M. hemmek remarque de plus, qu'il eft fans fondement de dire que l'Aiguille s'éleélriferoit fous l'Équateur par la Chaleur; car, qu'ii a expofé des lames dé Fér & d’autres métaux au foyer d’une forte lentille de tschirnhaus, de trois pieds de Diamètre, & donf la diftanci focale eft de dix pieds, & cela dé manière à les rougir, & à' les fondre, ians qu’il ait pû néanmoins y obferVCr lé moindre ligne d’Éleélricité. Or, cette Chaleur furpaffe certainement de beavfccmj celle qu'on éprouvé dans la Zone torride.
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- l' Analogie de VÉlectricité & du Magnétisme.
- un Corps pofitivement électrique, 8c cela par le moyen d’une Expérience dans laquelle un Corps pofitivement électrique fera mouvoir autour de'leurs axes, par l’aétion de fo,n atmosphère, dix autres Corps, ou davantage, qui font dans leur état naturel: Expérience pour laquelle il fera lui-même la machine, quand le tems & la dépend: le lui permettront («).
- Combien évidemment toutes ces Expériences ne prouvent-elles pas l’influence réciproque des deux Forces, 8c leur liaifon intime? D’ailleurs, fi l’on peut opérer fur les hommes par 1’Êlc6tricité toutes les Guérifons que M. M- hell, mesmer 8c d’autres ont faites par l’Aimant, qu’y a-t-il de pjus naturel que d’en conclure une cauïè de même genre? Qr nous aurons ci -deflous occafion dé faire voir que cela a réèllement lieu.
- ia°. Pour terminer toutes ces Obferva-tions fur l’Analogie de ces Forces, j’ajoutera* encore une couple de remarques que j’ai faites fur ce fujet, en lifant la Defcriptionx d'un Elec-tpor
- (n) Ceci me rappelle l’idée de feu M. cray fut la conftruélion d’un Planétaire par Y jtleflricitî ; v : Phil. TrrnfaSt. N°. 444. Vol. 39. p. 403. Je parlerai plus au long de ces Expériences dans la Note fuivame.
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- a86 III. mémoire. Section I. De
- trophore perpétuel par M. schaeffer, citée çi-dcflus, & qui me paroifient ne pas jet-ter peu de jour fur cette matière.
- i°. L’Auteur rapporte dans la troilîèmc feétion des nouvelles Expériences, p. ia, qu’auslî fouvent qu’il a placé perpendiculairement fur le Centre d’un Eleébrophore déjà élcéhifé, une clochette [ou boule] fuspendue à un ruban de foye bleue, cette boule s'eft mue continuellement , & fans changer de direétion du Sud au Nord, ou réciproquement. Il repète la même chofe dans la huitième expérience, p. 18, & dérechef dans la onzième, & dans la treizième, p. ao & ai.
- Or, il eft certain que ce mouvement provient de l’Eledricité, puisqu’il eft produit par fa préfence, qu’il s’évanouit en fon abfence, de quelque manière que ce foit que l’application de la main, ou du doigt index, puiffc y contribuer dans la fuite. Or, comme il eft certain que la direébion du Sud au Nord eft celle de la force magnétique, il s’enfuit derechef une conclufjon favorable à l’Analogie des deux forces (o).
- a0. M. SCHAEF-
- (o) Ces Expériences de M. schaeffer pourroienr P«
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- l'Analogie de Y ÉleSiricité du, Magnétisme. 2,87
- a0. M. Schaeffer rapporte dans la vingt - deuxieme Expérience, qu’ayant oté pat*
- par tout le monde. M M. steiguhne* & hemmer, font portés à les mettre au rang des méprifes, 8e à d’autant plus jufte titre, ce me femble, qn'elles ne réusfi-fent qu’à M. schaeffer 8e à quelques autres perfon-nes, 8e non entre les mains d'un chacun; 8e même quelquefois pas de toute une feance à M. schaeffer : quelquefois pas dans une chambic, 8e bien dans une autre: (v. p. 25, 16, du fécond traité).
- Ces Expériences ne fauroient manquer de rappelle! à l'efprit celles de M. graï, qui foutenoit, que fi l’on plaçoit une boule de Fer au Centre d’un Gateau de refîne éleétrifé.par frottement, 8c que fi l'on fuspendoit un Corps leger à un fil fort délié, tenu entre le doigt 8c le pouce, exaflement au deflus de la boule, ce Corps eommencoit à fe mouvoir de lui-même, v conflamment de (Ouefi à CF.fl: qu’on pouvoit faire décrire à ce Corps un Cercle, ou une Ehpfe, félon que la boule étoic placée au Centre du Gateau, ou hors du Centre. Ces Expériences 8c cet appareil ont bien du lapport avec ceux de M. schaeffer 8c d'autant plus que M. graï avouoit, que ces Expériences n'avoient de fuccès que lorsqu'on tenoit le fil à la main 8c non autrement: or M. schaeffer tient ansfi le Fil à la main, ou fi celui-ci eft fuspendu à un bras de guéridon, il faut cependant toujours l’application du doigt index fur le Fil. M. graï foupconnoit pourtant que toute fubftance animale feroit le même effet. Ces Expériences fe trouvent dans les Phit. Tmf, N°. 444. Vol. 39. p. 400. Mais on a rou-
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- a88 III. MÉMOIRE. Section I. De
- par des rubans de foye le chapeau de l’Éleétro-phore éle&rifé, que l'ayant tenu élevé, que l’ayant remis, ou au milieu, ou furie rebord d’une lame garnie de laiton , fur laquelle u-ne Aiguille aimantée fe trouvoit placée fur uni ftile de cuivre perpendiculaire, & qu’ayant en-fuite approché. le doigt de cette Aiguille,celle-çi a fuivi le doigt de coté & d’autre, ou tout à l’entour, en cercle, comme il vouloir. Il confirme la même chofe dans les Expériences 14, 15, 17 (p.y. Mais au contraire, cette même Aiguille s’eft enfui du doigt, ou de tout ce qu’on lui préfencoit, apres qu’on l’eut mil* lur le Gateau éleétrifé, le Chapeau étant élevé , comme le prouve la vingt - neuvième Expérience. Çes deux Phénomènes, tant l’at-traélion
- yé enfuite qu’elles font toutes erronées. M. whelek , ami & compatriote de g ray, qui a répété ces Kxpc-riences, comme d’autres Phyficiens l’ont fait ausii, a été obligé de convenir de ces erreurs, & d’avouer que ce prétendu mouvement de l’Eft à, l’Oueft provenoit de quelque mouvement imperceptible de 1* main. V. 1*/;;/. Trait/. N°. 453. Vol. 4t. p. 118. feqq: confultéz. ausfî fur tout ceci prieSTif. y Hijl. it VÊlettricüf. Ptriod. V. Tom. I. p. 109. de la Traduéliotj.
- (f) V. la dilTertation de M. steiglehner f. 149. Bote c & §. i£o, ainfi que la note b de ce S.
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- îJnaldgtc de V JLleïïriciti 13 du Magnétisme. 189
- traftion que la répulfion, ne tirent pas leur origine de ce que le Gateau 8c le Chapeau font élcétrifés l’un ou l’autre, comme on le prouve Expérience 13, as, 30. Le Fluide électrique étoit néanmoins la caufe des deux effets. Mais qu’y a-1- il de plus femblable aux pôles amis.8c ennemis de l’Aimant? car les Aimans fe repouffent par les pôles de même nom, 8c s’attirent par ceux de nom différent.
- 30. Dans l’Expérience cinquantième & dans les fuivantes du fécond Tome fur les forces, les effets, 8c les mouvement de /’ Èleêtrophore, la Force éleétrique eft communiquée à un nombre innombrable de Corps, qui ont touché FÉ-leétrophore, 8c cela fans fin •, tout comme cela a lieu pour l’Aimant qui ne perd rien de fa force. De pareilles Expériences ne méritent elles pas l’exclamation de l’Auteur: „ l’Eleétropho-„ re eft - il peut - être plus Aimant qu’Éleétri-55 cité” (?)?
- Toutes ces Obfervatiorts 8c toutes ces Expériences, pour ne pas en alléguer mille autres plus générales, qui fe trouvent disperfees dans
- (9) C'eft à la fin delà 59 Expérience p. 17» M, SCHAEFFER s'exprime ainfi. Voyez ausfi ci-d.ffo4s
- TOME IJ. T
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- ajjo III- mémoire. Section I. De
- ikns tous les livres de Phyfique, ne fuffifent-elles pas pour en conclure qu’il y a une Analogie vraie 8c phyfique entre les deux forces ? Ou qu’on me fafle voir dans toute la Phyfique de9 Aftions, des Effets, des Expériences qui fe res-femblent fi fort dans la plûpart des Cas, & au même degré, & qui ne doivent pas en même tems leur exiftence à la même caufe fondamentale ?
- II.
- Obfervations qui femblent contraires à l'Analogie.
- i°. Les Variations de temps & de l’air, qui changent les Phénomènes éleétriques, qui les augmentent, ou les diminuent, n’ont près • que pas d’effet fur l’Aimant, ou en ont un très-différent: p. ex. un tems de pluie, l’humidité, les Vapeurs, &c. affoibliflent la Force éleétrique, où du moins y font un obftacle: pendant que l’Aimant ne perd pas le moins du monde de fa force par là (r~).
- a°. L’aimant devient éleélrique quand on le frotte: il acquiert donc par là une
- (r) Voyez ce que j’ai dit fur ce Mémoire «. 219.
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- V Analogie de P Electricité & du Magnétisme. 191
- nouvelle propriété diflinéte de la précédente O).
- 30. La Refine, la Soyc, & les autres Corps idioéleétriques, qui retiennent 8c répriment le Fluide éleétrique, font, par rapport aux Phénomènes magnétiques, tout comme d'autres Côrps.
- 40. La force du Fluide éleétrique le perd en peu de tems par l’attouchement de Corps anéleétriques, même ausfi de Corps ifolés, quelle qu’eh puifie être la caufe. La force magnétique relie toujours la même, àu moins pendant bien plus longtcms, 8c foutient le Fer, qui eft fuspendu à l’Aimant, pendant bien des années (/).
- O n peut repondre par un feul Lemme à ces Expériences, 8c à d'autres femblables, qui reviennent toutes au même, 8c qu’on trouve en détail dans le discours du célèbre M.
- U I G N A O).
- J*
- (j) Voyez le $. 1x4 & les fuivans de mon Mémoire, (f) V. le §.69. du Mémoire de M. steiglehner , îc la note c de ce S. dans laquelle on trouvera cités les articles de mon Mémoire qui ont rapport à ce fujet.
- («) C’efi: la differtation fur l'Analogie de l Éleétricité & du Magnétisme, infetee dans le premier Tome des
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- T. De
- ic)a III. mémoire. Section
- T v. fuppofc, ( 8c je prouverai ci-deflous dans un court appendice, par une liypothcfc probable, que je puis le fuppoicr,) que les deux Forces ont pour Principe une même eaufe capitale, mais qui dans des circonftances différentes, produit des effets différens de fa pré-fcnce, & par conféquent, que les disparités qu’on obfcrve entre ces Forces, proviennent des états particuliers des Corps, ou quelquefois d’autres circonftances, ou même de là matière intégrante des différens mixtes, tout comme les Forces réelles des Corps produilénc des effets différens en pareilles circonftances.
- Ceci pofé, on explique facilement i°. pourquoi le Temps, qui change l’Éleétricité, ne change pas les Phénomènes magnétiques, quoique cette Obfervation ne. foit pas générale fur Mer, au rapport des Marins. Peut-être l’Éther cleârique eft-il, àcaufe d’une plus forte répulfion de fes particules extrêmement tenues, moins attaché 8c moins collé aux Pores des Corps ideoéleétriques, que ne l’eft l’Ether magnétique, qui contient dans fa compolition des
- MiscMmea Taminntfia. J’en ai fait un fréquent ufage dans mon Mémoire.
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- î Analogie de VEleüricité & du Magnétisme. 293
- particules plus grosfières, 8t, peut-être plus de particules fulfureufes.
- 1°. L e Phénomène que l’Aimant frotte acquiert l’Éleârricitc {v), fait voir de la maniéré la plus naturelle la reflemblance des deux Fluides: peut-être l’Atmofphère magnétique cft-elle rendue plus deliée par le frottement, eft-elle extraite en plus grande abondance -, ou peut-être que la partie extérieure du Corps magnétique eft mife dans une fituation qui fe rapporte miçux à la Force éleétrique, 8c que ce Corps eft rendu par là propre aux deux fortes de Phénomènes.
- 30. Que ces deux Fluides foyent différens . quant à leur compofition, à leur malle, 8c à d’autres circonftances pareilles, ou qu’ils exigent des conftitutions différentes dans les parties extérieures des Corps, il eft également facile de répondre à la troifième & à la quatrième Expérience, quoique la quatrième foit en général prife trop univerfellement. Car i°. l’Aimant perd par le laps du tems, 8c même quelquefois très-promptement toute fa force, quand iln’eft pas
- (v) Il l'acquiert ausfi par communication. J'ai .discuté ce qui a rapport à ce Fait dans les §$. «4 — 127. ie mon Mémoire.
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- *94 III. mémoire. Section I, De
- pas couvert de particule^ de Fer, ou pour ainfi dire nourri avec de la limaille de Fer (w), i°. Quant à l’Elcétricitc, il n’ell plus fur actuellement qu’elle le perd dans tous les Cas par l’attouchement des Corps anéleéfcriques : Car, M. schaeffer rapporte dans le Second Tome de (il Defcripion Scc. p. 11. une Expérience qui prouve le contraire (x)
- Oh
- (w) Voyez ci deffus note t & l’article auquel elle fe rapporte. Le Fer appliqué convenablement à l'Aimant en conferve & en augmente même la force : fans .cette précaution des Aimans qui ne font pas placés félon le Méridiçn magnétique dans la fituation requife pourraient s'affoiblir, par les raifons rapportées dans mon Mémoire (v. note e du §. 65. du Mem. de M. sieig-ishner). Mais je ne fais aucune Expérience qui prouve que cet affoibliffement, ou cette perte, comme s’exprime M. hùbnrr, fe fait quelquefois très-promptement. Cette manière de conferver l’Aimant étoit connue des Anciens, & claddien l'a peinte avec autant d’élégance que de vérité dans fon Epigramme de magne r e : Ex Ferro mtruit Vitam Scc. Scc.
- (x) C'elt de l’Expérience 58. Sc des fuivantes qu’il s’agit: M. schaeffer affirme qu'il fuffit de pofer un Éle&rophore un moment fur un Livre, fur une Pierre, ou fur quelque Corps que ce foit, pour que ce Corps devienne tout de fuite éleélrique (ou magnétique), attirant des boules fuspendues à des fils, tout comme le ferait l'Éloftrophore meme: il ajoute que cette force
- fub-
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- l'Analogie de V.Electricité 13 duMagnétisme. 155
- On jugera encore mieux de tout ceci, quand on aura.médité ci-dcflbus un peu plus exactement mon hypothefe. J’ajouterai encore une conclufion phylïque, déduite de la refllmblancc des deux Forces.
- 5. III.
- Conférence Phyfique, tirée de la Chymie fur l'Analogie des deux Forces.
- La Chymie, & furtout les Expériences de M. lëmery (y'), démontrent, que lacom-pofition de l’Aimant eft vitreufe & femigi-neufe. La force magnétique provient donc originairement de la mixtion & de l’union du Verre Sc du Fer. Mais le Verre contient, com-
- fubfifte plufieurs jours, & que meme un livre p. ex devenu ëleétrophore par ce moyen, rend éle&rophore un fécond livre fur lequel il eft placé, celui un troi-fième, & ainfi de fuite jusqu’au douzième, & mêiqe jusqu'au centième, Cms affoibliffement de vertu.
- (y) Elles fe trouvent dans les Mémoires de l'Académie pour 1706. J’en ai fait un grand ufage dans la fécondé Scétion de la première Partie de mon Mémoire. Voyez ausfi la belle Ànalyfe Chymique de l'Aimant faite par M. musschenbroek, DiJJirtatio Je Maputt p. 77.
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- aj6 III. mémoire. Section I. De
- comme il eft démontré par les Expériences clcétriques, la Lumière, ou l’Éther électrique : il faut donc que ce foit de là que les Phénomènes du Magnétisme tirent leur fource, puisqu’on ne les trouve pas fans cette addition dans du Fer pur. Que pafle-t-il donc dans le Fer rendu magnétique par l’Éleétricitè, fi non quç les parties dq Fer fe mêlent 4’une façon déterminée avec le Fluide clcétrique’, & qu’elles deviennent par-là fusceptibles des Phénomènes magnétiques? Mais qu’y a-t-ij en même tems de plus naturel, que d’en conclure un mêpie genre de caufes fondamentales (s).
- L’Ar
- (*.) Sans entrer dans l'examen du degré de certitude que peut avoir la Condufion que M. hübner déduit des Expériences qu’il allègue, je remarquerai Amplement, que M. de la foi lie a conclu de quelques Expériences, ausfi Chymiques, que VAcide eft un des Principes Conftituans du Magnétisme. Voici les Expériences fur lesquelles il s’eft fondé. Ayant expofé dans un cre ifet pendant deux heures à un feu de fûfion très-violent , un mélange de deux gros de Colcotar & d'un gros de Chaux vive éteinte à l’Air, il obtint une maife très-noire, & a lie?, dure, fur lesquelles les Acides Vi-trioliques & Nitreux n’agifloient pas. Cette maife n’at-tiroit pas la limaille de Fer, mais prefentéc à une Aiguille ai montée qui nageoit fur l'Eau,, elle manifeftoit les deux Pôles. M. de la rouie en conclut, que c'ér
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- V Analogie de P Éleiïricitê 6? du Magnétisme, igj
- i/Analogie vraie & phyfique des deuk Forces elt donc fuffilàmment proux ée, en partie par des Expériences, en partie ausfi par ces dernières concluions rationelles & par d’autres concluions que j'ai inférées en difFércns endroits [de ce Mémoire]. Je paie donc au fécond point de la Queftion.
- c’étoit une piçrre d’Aimant qu’il avoit formée. Il répéta la même Opération, avec cette différence, qu'au lieu de Colcotar il employa de la limaille de Fer. La malle qui tefulta de l'opération n’avoit pas les deux Pôles comme la précédente: elle attiroit l’Aiguille en tout fens. Il n’y a cependant d'autre différence entre les deux opérations fi ce n’eft qu'on n’a pas employé d’a-eide dans la dernière. M. de la follif. en conclut que l'Acide efi un des Principes Cotsftituans du Mantétisme. Jgurnal dç Phyfique 1774. Tome III. p. 5.
- T s SECONDE
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- SECONDE SECTION.
- Examen de la Quefiion : fi les Forces électrique magnétique agiffent fur le Corps animal.
- J e partagerai ausfi ce Point en deux Parties : je rechercherai dans la première' fi la Force •électrique agit fur le Corps animal : & dans la fécondé fi la Force magnétique exerce une ac-
- Je parcourrerai tres-briévement ces deux parties, puisqu’elles ne font plus guéres douteu-fes} & parmi le nombre innombrable d’Obfer-vations qu’on a faites, je n’en alléguerai en preuve de chaque coté qu’une couple des plus remarquables & des plus recentes.
- §• I.
- Expériences fur la Quefiion : fi la matière électrique agit fur le Corps Animal.
- J e me fers des Expériences les plus recen-fes qui me foyent connues, de celles de M. george schmidt, auteur célèbre de la Defcrip-
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- de VÉléStr. & du Magn.fùr le Corps Animal. 199
- Défcription des Machines Electriques. 11 a décrit les Expériences dans un Avcrtiflcmcnt joint à {ît défcription (<*)•
- Première Expérience, dans les maux de Dents.
- M. SCHMIDT ifola la perfonne, Péleétrilâ. un peu, avant que d’en tirer des étincelles:, enfuite il commença à en tirer du vifage qui étoit enflé, ou là où la dent attaquée fe trou* voit : il continua à volonté jusqu’à ce qu’il y parut des taches rouges. Il eflaya par la fuite de donner à quelques perfonnes une commotion modérée, & de cette manière il en a guéri un aflez grand nombre du mal de dents. Il n’y en a eu que deux fur lesquelles il n’a pas. eu d’effet. * Peut- être, à ce qu’il me femble , pareeque la douleur ne dépendoit pas d’un Fluide, mais d’une dent gâtée: douleur qui ne pouvoit par conféquent être bien guérie-qu’en faifant arracher la dent (£).
- Se-
- (<t) Ces Expériences fe trouvent dans la fécondé édition , feélion j, p. 48. feqq. L’auteur les fait précéder de quelques avis fur là .maniéré d’éleétrifer les malades: la fubftance s’en trouve dans les articles fuivans.
- (i) Voyez fur ce fujet berthoion de l'£lefiricité
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- aoo III. mémoire. Section II. DcVAftion
- Seconde Expérience, fur des Perfonnes qui ont des douleurs dans les Articulations.
- Voici la Méthode que Mr. schmidt a employée pour des peri'onnes, qui ont des douleurs dans les articulations, de façon à ne pouvoir par fois ni fe bailler, ni fe tourner, & qui éprouvent en même tems de grandes douleurs dans le dos (c). j°. Il les ifolc &
- les éleârifc: a°. Il donne la commotion aux feules articulations douloureufes : 30. Il donne de plus aux perfonnes qui ont en outre le col roide, ou qui éprouvent des douleurs dans le dos, une commotion éleétrique de la main gauche à la droite j enfuite une fécondé de la droite à la gauche i une troifième de la main gauche au pied droit} enfin une quatrième de la main droite au pied gauche: de forte que pendant la troifième & la quatrième fecoulTe, les pieds touchent toujours la chaîne attachée à la furfaçe extérieure de la Bouteille de Leide,
- Tro't-
- i:i Corps k’imoin p. 311. feqq. p. 404. feqq. & çi-deflils le Mémoire de M. st^eigiehner §. 143.
- (O Berthcion 1. c. p. 319. & la note a fur le $. 125. du Mémoire de M. steiglehmer.
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- le VÈleSlr. & duMagn.fur le Corps Animal. 301
- Troïfihne Expérience, fur les Hémonhoi-des C d).
- Une perfonne attaquée d’hémorrhoides , & qui avoit été obligée de paflcr plufieurs nuits lâns goûter le moindre repos, eut la première nuit, après avoir été éleétrifée, une nuit bonne & tranquille, de forte qu’elle pût dormir fort paifiblement. Le lendemain le flux hémor-rhoidal reprit fon cours j & cette perfonne resta délivrée de fon Mal pendant un an entier. Mais les hémorrhoides rèparoiflant au bout de ce tems, M. schmidt, qui y avoit été derechef engagé par cette perfonne même, continua à la traiter de la même manière, & lui fit prendre enfuite un laxatif fort doux : la gué-rifon fut ausfi heureufe que la premire fois (e).
- Ces Obfcrvations prouvent déjà fuffifam-ment,
- (rf) V. BEsmotOH 1. c. Part II. Ch. IX. p. 340. (e) M.de h a en, Profeffeur de Médecine à Vienne, a ausfi conftaté dans fa Seuio-Medendi [In Nofocomio Vinde-boxmfi] la force de l'Éleârieité dans la Paralyfie, le tremblement des Membres, la paralyfie des Nerfs &c.
- Note de l\Autcur. [Voyez ausfi fur ce fujet te Mémoire de M. STEXGI.BHNER, §. I4S- *46. N- d. T.]
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- goa ÏII. mémoire. Section II. De l'dffion
- ment, que l’Éle&ricité agit fur le Corps animal. Il feroit inutile d’en rapporter davantage, puisqu’on en trouve un fi grand nombre dans les livres 6c les écrits des Phyfiüiens modernes, que je pafierois de beaucoup les bornes d’un Mémoire, fijevoulois les inférer toutes ici. Celles que je viens de.rapporter ne contre-dilent en aucune façon celles qu’on avoit faites longtems auparavant, 6c fervent par confé-quent, tant à confirmer les effets électriques, qu’à analyfer par ordre, 8c pour ainfi dire par parties, la Queilion propofée, 6c à y repondre. J’en agirai de même avec les Expériences fur l’Aimant.
- §. II.
- Expériences fur ia Que fi son ; fi l'Æmant agit fur le Corps AnimaL
- t Quiconque eft un peu verfé dans les Écrits des Phyficiens modernes, 6c furtout dans ceux de nos jours, (dans lesquels il eft tant parlé de tout cote d’Aimans artificiels, de Magnétisme animal, quoique ce foit que ce puific être, ou même dans les Gazettes, 8c déjà dès l’année 1761 dans la Gazette Salutaire N°. 3, où l’on recommande, contre l’Épilep-
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- de VÉkiïr. du Magn. fur le Corps Animal. 30 J
- fie, un Aimant 'de huit Onces, lié" à chaque bras), ne doit déjà plus douter; après tant d’Expériences., que l’Aimant ne foit capable d’agir fur le Corps animal.
- Les Expériences de M. M. hell (/),
- MES»
- (/) Voyez fur ce fujet: Commentant de rebus in fcimtia naturali v Medicinu gestis, Vol. XX. P. III. p. 5j6, où il eft dit que le Pere hf,il ayant réusfi à faire des Ai-mans artificiels ausfi vigoureux ou, peut-être, plus vigoureux que ceux qu’on faifoit en Angleterre, guérifoit par leur moyen la Colique, en appliquant au bas ventre des anneaux magnétiques de différente grandeur. M. EUSSCHING eft entré fur ce fujet dans de plus grands détails: Voici comme il s’en exprimoit en 1774 dans une feuille hebdomadaire .qu’il publioit alors : ..Quelques Anglois fe trouvant l’Été paffé à Vienne, ,,1’un d’eux envoya chez le Pere h ell , pour lui em-,, prunter pendant quelques heures un de fes plus forts ,, barreaux, afin de fe guérir de Crampes d’EflomaC. .,On renvoya dans peu ce barreau au P. hf.ll, en lui „faifant favoir que la Crampe avoit été guérie par ce „moyen: furquoi ce Pere fe rendit lui-même chez ces ,, Anglois, pour s’informer de toutes les circonftances.
- ., Il en refulta, ainli que de fes propres recherches ultérieures , que l’Aimant eft un analogue dis fluide ncr-,,veux. En conféquencc M. hell fit faire de fes bar-,,reatix aimantés des anneaux larges de deux ou trois ndoigts,’&minces comme du Fer blanc. Il en fit l’es-,,fai en prcferice de Médecins fur un pauvre, qu’ils
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- 304 III. mémoire. Section II. Del'Attioh
- s, aboient déclaré incurable, & qui étoit attaqué depuis „ quelques années de Crampes violentes. Il lui fit por-,, ter nuit & jour ces anneaux à nud fur le col, les ,, bras, les jambes; ayant remarqué que ces anneaux te-•j, noient le malade dans une éleétrifatibn perpétuelle. „Ce malade fut guéri au bout de huit jours ) 85 depuis ,, trois mois il n’a pas fenti la moindre récidivé d'atta-,, ques, qui fans cela le prenoient ordinairement trois 9, fois par jour. Du depuis il a guéri, en préfence ,,du Doéteur mksmer, plus de trente malades, a, de tout âge , fans prendre d’honoraires, pour ne pas s,exciter la jalouiie des Médecins. M. Siésmer tient ,, un journal de toutes ces guérifons, & il efpère de la -j) publier dans un an. J’ai été, ajoute le Correspondant de M. nusscHiNS, témoin oculaire de ces gué-,,rifons étonnantes, qu’on continue encore tous les as jours. Quand on ne fait que d’appliquer les anneaux, 3, ils tirent comme des mouches cantharides , & met-s, tent les Nerfs en mouvement. La guérifon eit d’ordinaire complette au bout de trois joufs. Quand on a,applique ces anneaux à des perfonnes bien portantes, elles ne fentent rien; Mais les malades éprouvent ,,un mouvement des Nerfs, dès qu'on les touche pat ,, l’Aimant. Depuis qûe M. unit a trouvé qu’il eft très-si commode pour les malades de porter ces anneaux s» nuit & jour, il a conftruit des demi - anneaux , qui s, font le même efFet." Cette narraiion préfente un Vaile champ de réfiexiohs aux Philofophes : furtout quand on la compare à' ce qui a été dit dans le Mémoire de M. STEioifi hner §. 164, 16y, 167. & note a du §. I74. Du relie M. mesmer revendique la découverte que le P. H ELI s’attribue, v. Précis tijbrique des faits relatifs an Maðme animal. Londres: 1781. p. 11.
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- le r'éîiSr. & du Magrt. fur le Corps' Animal. 30g
- Mesmer (g), Se de pluiieurs autres Au** teurs,'
- (s) Voyez etitr’iiutres le Mercure de France pour Mar» ï776, où l’on trouve l’itrtidè fuivant : p. ioj.
- ,,Lefieur à esu é-k »Do£teur en Medecine, origif „ naire de Sopabe, guérit- de fKpiiepfie par la venu de ,, l'Aimant, qu’il applique avec fqccès. à quelques autres maladies, fans faire miftèrc à perfonne de fe» ,, procédés.
- ,, Le 25 de Novembre dernier il affembîà dans une „ grande falle à Munich, où il èft arrivé depuis, quelque ,,tems, plufieurs perfonnes attaquée» du mal caduc: en „ préfence des Médecins & des Chirurgiens les plus ha-,, biles de la Ville, il en toucha quelques unes de là j, main imprégnée de la vertu magnétique. Au bout ,, de cinq àfix minutes, l'accès -les prit au plus haiit „ degré avec de très - fortes coav'ülfionsY Ils revinrent ,,à eux: le Medécin affûta ' que l'accès les repréndroit ,, encore', ce qui eut lieu peu de minutes après; mais „ le mal n’eft plus revenir depuis. S. A. S. l'Electeur de „Bavière fut préfent à cette opération, qui réusfit par-,,faitement. Le Doéteur mesmeîr guérit toutes fortes „ de Maladies de Nerfs d'une maniéré ausfi fimple”.
- Voyez ce qu'il faut ‘penfer de ces' opérations dans le Mémoirfe deM. stsIgiehner S. 171—180. & note* du §. tj4- & 'delà communication de la-vertu magnétique, i l'homme, au moyen d’Aimarts artificiels, S. 150, 151, 152, du même Mémoire. Il s'agit de-distinguer entre Taébon de l’Aimant fur le Corps humain, fainVoù tm'alddé; aéfioli qui paroit être réelle, qui eil du moins un fait qu’on peut examiner par des TOME II. V moyens
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- go6 IÏI. MÉMOIRE. SECTION II. Dt FjfBit»
- leurs (/4), avec des Aimans de figure ronde, plane, ovale, & à raifon des Membres [aux quels il les faut appliquer] en font ausfi autant de preuves.
- Les Expériences mêmes qui font en apparence oppofées, comme dans des maux de Nerfs & d’autres femblables, dans lesquels elles h’ont: pas eu dé' fuccès, donnent cépendant de tous cotés aflez dé preuves, qu'elles ont eu une influence fur les Membres, quoique ceux-ci n’ayent pû être entièrement guéris, foit i. peut-
- moyens Phyfiques: &. l’influence que quelques perfonnes prétendent pouvoir exercer fur d’autres, foit en les touchant, foit fan* les. toucher r foit après s’être frottés eux-même avec des Aimans, foit fans ce fecours: Influence que M. üesmer prétend avoir, qu’il nomme Maanétis-mt mimai, & qui, comme M. steiglehkek & kus-kosch l’ont fait voir, n’eft vraifemblablemcnt dû qu’à l’Imagination. Voyez ci-deffous nos refiexicns fur lt Magnétisme animal. j
- (A) Voyez ci-deiTus le Mémoite de M. steiglehher 5.159— 5. 163. & furtout la note c du §. 162. Au relie pn trouve dans le Mémoire de M M. andrt & T HO u R. ET fur le magnétisme animal, un détail hiftorique a peu près complet & très-intéreflant de .tout ce qui a été fait fur cette matière depuis les iïècles les plus reculés jusqu'à nos jours: il fuffira d’y renvoyer le lecteur.
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- de VkltUr. fc? du Magn.fuf le Corps Animal. 307
- peut-être parce qu’on n’a pas employé précédemment l’Éleétricité, foit à caufe d’autres circonftances. J’ai trouvé dans le Rapport d'Expériences faites avec l'Aimant dans une maladie de Nerfs, que M. bolten (i), Médecin à Hambourg, a publié, & dans lequel on parait réfuter toute aéfcion de l’Aimant, que l’application de l’Aimant n’a pas rarement augmenté les douleurs chez quelques perfonnes, de forte que, comme on le voit dans le Journal de M. Fonseka qui eft joint au Rapport, la malade .a oté elle-même le troifième de Mars les Aimans de fesbras Sc de fes jambes, apparemment à caufe des douleurs intolérables qu’elle
- (/') Le titre en eft: joach. fred. bolten Kaci-ritht van tmcm mit itm kunjllichen marniten gtmachttn Vcrfuche amrNerven-krankheit. Hamburg 1775. ^.Quoique M. bolten obferve qu’il ii’a obtenu aucun foulage-ment d'un rhumatisme dans les hanches, en appliquant à différentes parties de' fon Corps des Aimans qui d’ailleurs ne lui ont caufé aucune fsnfation, il ne feroit cependant pas porté à nier toute aefion de l’Aimant fur le Corps humain, puisque le fang contient des paiticu-lcs ferrugineufes fur lesquelles l’Aimant agit par fa force, laquelle peut devenir fenlible à tels ou à tels. C’eft ausfi, comme nous l’avons vû, le fehtiment de M. steiglehner §. 161—167. Mais M. bolten doute de la vertu de l'Aimant dans des affections nerveufes.
- y a
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- 308 III. mémoire. Section II. De VAStioh
- qu’elle fouffroit, au lieu d’éprouver du foula* gement: & il eft croyable que fon averfion pour les Aimans ne provient, que de ce que loin d’en attendre de nouvelles douleurs, elle en efpéroit un prompt foulagcmcpt (»'*). M. b o lt en le témoigne lui-même à la page huitième en ces termes. „ Comme elle n’é-,, prouvoit pas la moindre aétion ( foulage-„ ment) de l’ufage des Aimans qui fe trou-„ voient à fon Corps, mais que pendant cë „ tems les accès éroient plûtôt devenus plus „ fréquens, & que la roideur des muscles avoit „ tellement augmenté,' que la bouche étoit „ fermée, & que les yeux demeurèrent tournés ,, jusqu’à ce qu’on eut guéri \-n fermeture de la „ bouche, en iatroduifant une fpatule entre „ les dents, 8c le» yeux, mais avec beaucoup de „ peine, en les frottant continuellement, elle „ délira qu’on la lâignât.” Enfuite l’Auteur con-
- (i*) M. M. andry & thouRet ont ausfi eu lien de remarquer dans lé eonrs de leurs Obfervations que l’Aimant a quelquefois commencé par réveiller les douleurs, & les rendre plus aigues (Obf. 8. p. 509.)» & qu'il a quelquefois exciié de nouveaux fymplômes nerveux , ou aggravé les anciens accidens : diais ces éffbt's fé font inanifeflés d'une manièr* moins marquée 8c moiiK confiante, p. 661.
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- de VÉleStr . &? 'du Magn. fur le- Corps Animal. 305
- '«ontinue p. 9. ,, La langue fauta prompte-.
- „ ment en arrière comme un reifort bande ,, qu’on lâche, 8c néanmoins la malade donna j, à connoitre qu’elle étoit lafle de l’ufagc de „ l’Aimant”.
- : L’action- de l’Aimant fur le Corps de cétte malade, laquelle étoit néanmoins reliée incurable, paroit allez, ce me femble, par ce qu’on vient de dires or c’eli uniquement de cétte aélion qu’il s’agit ici.--
- M. u n z e r décrit des. effets parfaitement bons, même utiles aux malades dans la defcxip-tion d’une Expérience avec les Amans artificiels y imprimée en 1775, dans laquelle des Aimans, appliqués"a des Membres:convuififs, font pro-pofés comme .1* caufe- des guérifons qui ont fuivi (£):-Câr comme M. unzer le rapr porte- à -& fin de- fon Journal y dans une courte récapitulation, p. 134, 4e..point} itt. Les mouvemens du Corps 8cdes Membres que la
- (*) Cet ouvrage a été traduit en hollandois dès 1775 M. dbimak, un des plus célébrés Médecins d'Ara-fterdam,,& deç meilleurs Phyficiens de ce Pays: le titre eft, Genetskundige Proefnctnfing met den door Konfigemaak-un Magnat.,, door den Hure ]. c. u n z e R. Le Traduéteur a inféré dans la Préface le détail d'une guérifon tiàs rtmarquabk, opérée par lui - même à Amfterdam. —
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- III. mémoire. Section II. DeVJftian
- malade éprouvoit depuis l’application des Ai*' mans, otoient différais de tous les autres mou* vcmens convulfifs connus. 1° L’aétion fe foi? foit fçntir le plus fortement à l’çndroit où étoiç le fiege du mal. 30. La maladie, revenoit dès qu’on avoit oté P Aimant, & disparoifloit dès qu’on l’appliquait de nouveau. 4°. La mala? die revpnoit ausfi quand la force de l’Aimant s’étoit affoiblie, ou étoic devenue inégale: 5°. Les accès ont etc guéri fans le fecours de Remedes intérieurs, ou extérieurs.
- Que, pourrait-on encore de Tirer de plus pour être convaincu de l’aétion de l’Aimant fur le Cor,ps humain?
- J e rapporterai encore par forabondance, car il femble qu’au milieu d’Expériences il nombreuTes & fi varices, la Queftion roule plutôt for le comment.1 que for l’exiftençe de pareilles aétions: je rapporterai dis-je une petite Expérience foite. tout récemment for un Animal, en ma préfence, & en celle deplu--fieurs favans Amis, par un grand Amateur de Phyfique. Cçt Amatçur avoir reçu depuis peu de jours deux Aimans artificiels, faits par M. schübler, célèbre artifte à Hambourg, & félon la formé qu’on leur donne à Vienne. Ils étoient un peu courbés, comme M. hgll a coutumç de les faire pour les jointures des doigts,
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- deFÉleiïr. duMagn.fur le Curfs Animal. 31 j
- doigts, & à peu près de l’épaifleur d’un Fer de Briquet. Cet Amateur nouriffoit depuis plusieurs années parmi Tes Animaux domeftiques, un yieux Chat, dont la patte droite de devant étoit depuis très - longtems courbée vers.lé haut,' foit par une contraction, ou une para-lyfîe de Nerfs, foit par quelqu’aqtre accident : de forte que. le. pauvre animal ne marchoit que fur trois pattçs. Çprieux d’éprouvçr p^r luir même l’aétion,fi vantée. des Aimans., il prit ce Chat, releva les poils de la partie fupérieure de la patte de devant gauche, & de la patte poftérieurç droite, & il y lia, fqs deujéAimans. f-e Chat n’avoit pas eu çes ^imaps pendant une demie-hejtrg» qu’il commença à.çrier mi,-férablementqu’il s’occupa à fe. mordre j &C qu’il rachat de défaire les' Aimàrtsi -Là patte-antérieure droite fe courba en même tems beaucoup vers le. haut, & étoit comme un rouleau à demi ouvert- Au. bout de quelque tems on. défit les deux Aiman?, & les douleurs du Chat parurent adoucies : la patte s’abaiffa.,. & revint à fa première fituatioi). Qn répéta la me-, mê chofe quatre ou cinq fois, & l’effet parut être le même à chaque fois ( k * ). A la v.éritc l’A-.
- (t*) M. de IM an a traité une fille de.dix-fept ans, à.
- : z : V 4. h
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- gxa III.' MB»*. Sect. II. DeTAft'm t$t.. .
- l’Animal ne fut pas guéri par-là : Tes douleur* étoient plutôtaggravées. Mais, l’incurabilité du Mal, qui étoit peut-être accompagné d?u-ne fra&ure d’Os, ou d’une léfiotj intérieure,, peut en avoir été la caufe. Pasfons à préféra .à l’explication de la Queftion qui nous importe le plus.
- laquclicûl'étbit relié, à là fuite à'uné fièvre tierce, Une violenté rtttaéliori de la jambe ! depuis près1 de deiix ms qu';ellç;.étpit dans cet état, la jambe.étoit externat à: un point extrême:'il y avait d’ailleurs fièvre heélique., jftpfiès quatorze jours de l’application des Aimans, la jqmbe s’étoit redreffée, la fièvre avoit cèflee, fappétit étoit revenu, ‘8c'la malade aVoifcom’œencè'à marcher' Mm, de la Stcitti Royale-de Mt/kcmi'., Tom lII. p. 57a.liVat»ïï Je* Obfervationi, reflexions, «alatjionf ide »xr & ih,ovx^t,4»bs le mctne.Mopoiie p* 6t«.fc(ig.
- SEC-
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- SECTION TROISIÈME.
- Examen.de'la ’Queftion: comment les Forces éleUrique &? magnétique peuvent-elles agir le ' fur Corps Animal.
- Pour que ces forces, puiffent agir,for le Corps animal, il faut qu’il , y ait dans celui-ci quelque, chofe qui foit capable de recevait les effets.;;dè..ces Fprces, dp-les augmenter,-fx. de les ‘rendf£.fenfibles: car., ,ni.r£le£trieité,-.m -le. Magnétisme ,ne peuvent agir furdes fujet-s qui n’ont,gas.uette propriété fi nçccffaire: :
- . ,N ap,ç trouvons,,à,k;vérité,; dans le;Corps animal Ja; propriété- de.recevoir rÉle&ricité, &,d.e Ja communiquer à d’autres Corps. . Mais nous n’y remarquons pas au premier abord , la caufe fortifiante néceffaire pour la fonfation -, ni ausfi ce qui peut y exciter particulièrement la, matière, éle&rique, la développeris pu principalement produire fes repercusfions qui cau-fent la commotion ou les lecouffesdans les jointures.. La connoiffance que nous poffédons des parties extérieures du Corps, ne nous inftruit pas foffiiamment for la caufe pour quoi les Ai-raans agiffent for le Corps, animal, & y exci-
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- 314III. mém. Sect.III. Exam.delaman.dont tent, comme il a été dit ci-deflùs, des fehfa-tions douloureufes, & quelquefois ausfi des fertlktions qui rendent la faoté. ' Il faudra donc faire préalablement quelques remarques qui nous, conduiront à la véritable’fource de cas fenfations, . .
- Le fiege des fenfations .des Animaux eft dans le fenforium commune, c. a. d. dans l’endroit où toutes les extrémités des Nerfs fe raffemblent; Il •faut donc que chaque mouveriient des'fens foit porté au fiegè déFAmepar lés Nerfs’’qûî y font deftinés, afin d’y exciter une fenfation propor-fionelle. Il s’agira1 donc de rechercher d’abord fi- on ne peut rien trouver dans fe'&Hiétbtè des Nerfs, ou dans leur intérieur de'quélqüë nature que ce puiffe être, par où le'hioüvëfrient de la matière’ éleétrique 'ou magnétique ' petit devenir une fenfation a°. NotiS firvonS par -l’Expérience journalière, que les fenfatibns de l’Ame font beaucoup changées, empêchées, ou fortifiées-par la différente cônftitu-tien du lâng: & des Ohfervations phÿfiologr-qucs nous ehfeignçnt ausfi-, que le fang é-kèree par fa circulation, au moyen de fes différentes impresfions, une- grande influence fur les cif-conftances tant du Corps-que de- F Ame . -Il faudra donc examiner chymiquement quelles font Imparties conftituantes du faiig, pour y
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- r JLlec. fc? le Magn. agisf. fur. le Corps -Animal. 315
- trouver, peut-être, quelque chofe qui puifle exciter l’Éle^ricité §c le Magnétisme. Ce fçra la matière dçs trois articles fuivans : le premier aura pour objet la Recherche'des Nerfs j le fécond, celle dû fang} le troifième, lacon-féquçnce qui refultera des deux Recherches précédentes pour l’Élçétricité & pour le Mag"
- néçismér
- $• I.
- Recherches fur les Nerfs.
- Ç’e 5 t la doctrine de presque tous les Phy-ficiensde nos jours, que les impreslions qui fe font dans les organes «corporels, ne deviennent pas fenfiblesà" l‘Ame par le fchoc, ou le tremblement de Netfs. élaltiques -, mais que cqtte communication le fait au moyen d’une matière fluide contenue dans l’intérieur des Nerfs : & cette'doétrine eftr évidemment confirmée en-tr’autres par les Expériences de M. M. b e l-l in & fërrhiiNj dans l’une desquelles on a obfervç qu’ayant lié le Nerf phrénétique, le Diaphragme eft devenu paralytique, mais qu’il a recouvré fon mouvement, quand on a preffé ce Nerf entre les doigts, ou qu’on IV piqué avec une Aiguille, entre la ligature & le Diaphragmç: ce qui pe &uroit s’expliquer
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- 3x6 III. mem. Séct.III. Ëxam^aslaman.dout
- par une élafttcitc dp Nerfsfemblablo à celle des Cordes d’inltrumens dc mufique (/).
- On
- (/) Celle expérience eft Récrite jej un peu obfeure-mentt-M. lï cat la rapporte avec toute 1* clarté possible dans la Differtatién qui a fempèrté 'en 1753 le prix de l'Académie de Betün, & qui a été imprimée dans cette Ville avec d’autres pièces fur le même fujet en 1754. On y a fait en 17éj. une fécondé édition augmentée de cet Ouvrage fous le .titre de Traité de l'Existence , de la Nature, v des Propriétés du lluide des Nerfs &C. Voici comment l'illuilre Auteur s’exprime fur l’Expérience en oueflion ,'p. ah-'— 23. ,, J’ai lié, d'après beiun , „le.nerf diaphragmatique, fon muscle eft-tombé en pa-
- ,, raîyfie. ----r Nous avons ppis entre deux doigts,
- ,, d’ap'ès le grave . Auteur .cité» le nerf tliaphragmati-,,que, & nous l'avops comprimé en güffant les doigts ,, depuis la ligature jusqUes près du muscle, comme pour j,pouffer vers celui-ci le fluide nerveux, & le diaphragme s'eft rais en mouvement. Cette friéèion ceffant, le muscle redeveuoit paralytique : eh-la recommençant, il ,,fe remettoit en jeu: cette manoeuvre a été repetée ,,plufteurs fois de fuite, cependant 3 Ja fin la friâioa ,, deveuoit inutile : elle n’étoit plus fuivie du mouve--, ment des muscles, comme fi le vaiffeau nerveux fe
- 5, fut épuifé de fluide.-----Au lieu de comprimer le
- ,, nerf du haut en bas, du depuis la ligature jusque vers ,,le muscle, nous l’avons fait, comme M. f eu rein, 3, de bas en haut. Le diaphragme a de même repris „ fon mouvement. Nous ne l'avons frotté dans au-„ cur lcns, mais nous l’avons piqué avec une Aiguille,
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- i'Ehc. £î? le Mag». agisf. fur le Cerps Animal. 317.
- O n demande de' quelle matière le Fluide nerveux, eft compofé ? Pour ne pas entrer dans trop de détails fur uneQueftion qui a étépropo-fée dès 1753 oômrae'im- fujet de Prix par l’Académie de Berlin, je nid joins entièrement au fentiment de quelques modernes qui pen-fent, que la matière fluide des Nerfs, ou le Fluide nerveux, n’eft qu’une efpèce de matière éleftrique, qu’on trouve en différente quantité : dans tous les Corps, mais de faço* que ce Fluide n’eft jamais dans les Nerfs dans cet état de ;vivacitc & de mouvement qui a lieu quand on.éieéfcrife les Animaux: mais, qii’il y eft, à caufe des particules hétérogènes, tant fulfureufes que fanguines les plus légères & les plus tenues qui y font mêlées, dans un état plus fixe , & èonféquemment très - fenfible-ment différent de la matière éleftrique plus fubtile qui fe trouve dans l’Air.
- Ce fluide agité par le Corps extérieur, ou par le mouvement phyfique que produit l’empire de l’Ame, peut facilement être la caufe immédiate des fenfations : furtout puisqu’il eft prouvé par Expérience, que ce Fluide, mê-
- ., & le muscle s’eft contraflé comme dans les Expérien-ces précédentes”.
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- 3x8 III. mém.Sect.III.Èxam.delamun.dont
- me lorsqu’il eft le plus fubtil, s’attache différemment à différens Corps, & les fuit, même en abandonnant le plus court chemin, par des voyes obliques, & des détours. D’ailleurs, le mouvement prompt, & prèsqu’incroyable des muscles du Corps au commandement de l’Ame, & réciproquement, la produétion également prompte des fenfations de l’Ame à la première impresfion des fens, objet en quoi concile l’influcuce de l’Ame fur le Corps & du Corps fur l’Ame, ou le Commerce de T Ame, s’explique de cette manière infiniment plus facilement que dans tout autre Syftème; puisque le Fluide éleétrique fe meut très-promptement d’une extrémité du Conduéteur à l’autre. Nous lavons ausfi par Expérience, que les Membres frappés d’Apoplexie, acquièrent deréchef du mouvement & du fentiment par l’Éleéfcriciré ; puisque la matière éleétrique qui s’y trouve fixée, ou épaisfie, eft de nouveau excitée par la nouvelle matière éleétrique qui y entre, & le fecouement qui s'enfuit. D’ailleurs la retraite du Fluide nerveux eft toujours liée dans le Corps avec celle de la matière éleétrique; puisque les membres attaqués d’apoplexie, & les orteils, qui font rudes 8t couvert d’un cal, ne donnent jamais, au premier commencement de l’Éleétricité, des étincelles élçétriques,
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- rÉlec. & le Mag». agisf. fur le Corps Animal. 319
- ou n’en fourniffent que de très-foibles : & qu’il eft beaucoup plqs difficile d’éleéfrifer des per* fonnes phlegmatiques, dont les forces font diminuées, que d’autres.. Les bornes de ce Mémoire & l’occafion ne permettent pas d’alléguer plus de preuves de cette probabilité, ni de la défendre contre toutes les objeétions. On peut trouver quelques unes de ces preuves, que j’adopte abfolument, dans les pièces couronnées, qui ont été publiées en 1754 par l’Académie de Berlin, fur le Fluide nerveux: fur-tout dans la fécondé 8c latroifième. Je me contente d’avoir rapporté les démonftrations les plus frappantes. Paflons à préfent à la fécondé Recherche.
- 5- H-
- Examen des parties intégrantes dont lefang du Corps Animal efi compofé.
- Quand on analyfe le fang Chymiquement, fl y refte à la fin de toutes les opérations une Terre calcaire fimple, qui fait effervescence avec les Acides, & qui fe criftallife, quand on l’a tirée des Os humains par le Vinaigre le plus fort. Mais, cette Terre qui paroit fi fimple contient des particules martiales, c. a. d. du yrai Fer. Pour le prouver, qu’on prenne du
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- 3x6 III. mém. Sect. III. Exàto. rftlu ton. dont
- phlogiftique, ou qu’on augmente féulcmentle Feu, on verra que ces particules terreufes fe fondent en véritable Fer, qui eft ënfuite attifé par l’Aimant («). ' t)n obtient des fleurs jau-nés en traitant cette même terre avec du fel ammoniac. Le fang léché, quand il eft disfout par l’Alcali, & qu’on y verfe de l’Acid» Vitriolique, produit du Bleu de Pruffe. l’In-fufion de Noix de Galle, mêlée à la terre calcaire du fang, produit de l’Encre. Enfin , la maffe qui refte apres la diftillation du fang, produit avec l’Acide vitriolique, un Vitriol de Mars, & donne une coulëur brune au Vèrrè métallique: effets qui ne fauroicint àvoiflîëu làns la préfence du Fer. A la vérité un Auteur françois ( » ) a foutenu il y a longtems, que ces Expériences & d’autres pareilles ne prouvent pas que le Fer exifte dans le fang avant qu’on ait faite l’analyfe de celui-ci , & encore moins, que ce n’eft pas uniquement pendant l’Analyfe même, que le fang fe forfne en particules
- (m) On trouvera de quoi fe fatisfaire plus completté-Hient fur ces articles, en confukant le Diflionmin rit Ckymi, dt M. MACQUER-. Art. San?, & Or. Tom. III.
- , {») M. Geoffroy étoit de ce fentiment. n,m. dt i'Acad. 1707. p. 17-8. ;
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- TÉlec. fc? le Magn. agis/, fur le Corpt Animal. 311
- ticules ferrugineufes. Mais, foutenir ceci, c’eft contrarier toutes les Expériences qu’on a faites, non fans beaucoup de peine, 8c fans pénétration, mais fi fouvent fans fuccès, fur la cotnpofition du Fer. a0. Comment éluder alors la force de l’argument par lequel on prouve fans peine, que la couleur rouge du fang provient proprement des particules de Fer qui s’y trouvent? Car il eft prouvé en Chy-mie, que c’eft feulement dans les particules rouges du fang qu’on trouve du Fer : qu’on en trouve d’autant plus qu’elles font plus rouges, 6c d’autant moins qu’elles font plus pales: que c’eft par conféquent du mélange intime des parties martiales, huileufes, falines, que nait la couleur rouge du fang : tout comme cette couleur eft ausfi produite par le mélange de certains efprits. Ou qu’on me donne une caufe plus probable de la couleur rouge du fang!
- 5. III.
- Conféquence quant à l'aUion des forces électrique magnétique.
- Il fera facile de comprendre, d’apres les remarques précédentes fur la compofition du Fluide nerveux 8c du fang des Corps animaux,
- TOME IL X cora-
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- g-21 III. MKM. Sect.III. Delà manière doHt
- comment la Force éleétrique peut, ausfi bien que la magnétique, agir fur le Corps animal.
- J’a u r a i s à la vérité dans ce cas pû déduire ce qui concerne la Nature du Fluide nerveux & du fang a pofteriori, c. a. d. j’aurois - pû raifonner de l’effet à la caufe : &.conclure des aétions, qu’il eft prouvé que les effets magnétiques & éleétriques font fur le Corps animal, quelles font lés parties intégrantes de ces Corps. Mais la démonftration étant fondée fur des conféquences rationelles, & fur des . Expériences touchant la caufe matérielle fondamentale des Aétions, elle n’en fera que plus ftable.
- Le Fluide Nerveux efi une forte ié Fluide électrique, mais plus fixe, plus chargé de particules hétérogènes (Se£t. III. §. i ). On conçoit donc facilement comment l’impreslîon qui fe fait fur les organes corporels, le trera-blottement excité par-là dans les fibrilles Ner-veufes qui fe trouvent àl’extérieur de ces organes, & même le Fluide éleétrique que les extrémités des Nerfs foûtirent, agitent le Fluide éleétrique qui exifte dans les Nerfs, l’excitent à fe mouvoir promptement, & comment ce tremblottement & ce mouvement rapide font propagés jusqu’au fiege de l’Ame : d’où doit s’enfuivre quelque fenfatioù , £c même
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- rÈlec, y leMagn. agisf. fur Je Corps Animal
- de la douleur, fi lè mouvement de là rftatièiij électrique trouve quelque part des aiblfat*.
- BCS;
- Le Sang, contienmdes particules ferrùgirteu* fes (o), (_$ctt. III. $..£); Il en refulte què le Fluide éle&riquè eft fortement attifé dans le Sang i puisque les Expériences prouvent qü’il l’eft fortement paf les Corps ferrugineux & autres Corps métalliques; Or, arrive-t-il que W fàng éprouvé quelque part dès obftaclet dans & circulation, ou même, y dit-il quelque mélangé de parties hétérogènes riüifibies il peut refultcr de la fecouffé qui fuit l’attraction dé là matière éleétriq'uéj' que le fàng fè remette facilement en mouvement, ou qu’il fè fade unéj fecrêtion avantagèufe des ingrédiens tiüifiblès. On explique très-facilèmènt de cètte manière les aétions de l’Éleétricité dans les Paralyfies les Apoplexies, les maux dé dents &c., 2t Qft en peut faire l’application' à chaque Cas pat'» ticuliêr; ......
- P o u à. cé qui eft dè là Forcé IÜaghétiqtfe,,, on peut de la même maniçre attribuer facilè-inent fes effets -à' la préfênce du Fef dans lé fïing
- (o) V. Je S. i ss. du Mémoire de M. stEiGtifeii* j & le' S. IJ. du mien.
- X 4
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- ga4 III. mÉm. Sect. III. De U Manière dont fang {p), & même au Fluide éleétrique qui -fe trouve dans les Nerfs : furtout fi l’on confédéré ce que j’ai dit ci-deflus de l’Analogie des deux Forces (Se&.fl. J. 3). L'Aimant attire le Fer. Cette ’attra&ion peut être jointe-,à plufieurs mouvemens & à des fecoufles fimultanées des parties voifines. Mais, elle exerce ausfi en même tems, ou plutôt la matière électrique exerce vers l’Aimant une im-pulfion extraordinaire, & une attraction réciproque. Mais, cette impuifion, & cette attraction peut fouvent par fâ connexion intime produire, dans les vailîeaux & dans les parties internes du Corps, deschangemens, ainfi que .les effets qui en refultent félon la variété des circonflances.
- En outre, il n’eft pas incomprchenfî-ble, d’après les Principes même que la Recherche Phyfique de l’Aimant nous préfente) (Se£t. I. §.3.) qu’il y peut naitre dans quelques Corps, c. a. d. dans ceux qui contiennent plus d’Éleétricité naturelle, & ausfi dans une certainé proportion plus de particules ferrugineufes, une-efpèce de Magnétisme animal, & cela par une certaine liaifon qu’il y a
- (t) V. les $. 163 & 167 du Mémoire de M. sjeio-
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- 1 Mec. Je Magn. agis/, fur le Corps Animal. 325
- entre les particules ferrugincufes qui fe trouvent* dans ces Çorps, & leur Électricité naturelle. Mais je ne prétends avoir indiqué qu’en paffant une hypothèi'e, au moyen de laquelle on pourroit dire quelque chofe en faveur du Magnétisme, animal exciter d’habiles Phy-ficiens à la perfectionner dans la fuite par des Expériences fouvent reitérées, ou â en pro-pofer une autre plus cxaéte.
- APPENr
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- 31Ô III. MÉMOIRE.
- APPENDICE-
- J*a i promis dès le commencement de ce Mémoire, de propofer un petit Efiai hypothétique d’un fyftème conjectural touchant un même genre de caufes pour ies deux Forces. Je le hazarde d’autant plus àpréfent, qu’on m’a fait voir, que lçur Analogie prouvée ci-dellus & la convenance de leurs actions ne fauroiç même avoir lieu fans cette caufe fondamentale.
- Je çonjeéture donc, que les aétions des deux Forces proviennent d’un même Éther, qui environne de fon atmofphère les Corps idioé-Icétriques ausfi bien que l’Aimant, mais celui-çi d’une Atmofphère plus grosfière, & plus hétérogène. Cette atmofphère de l’Aimant exerce fon attraction particulière fur les parti* culcs ferrugineufes, & les attire à elle, peut-être à caufe de fa texture fort femblable à celle de l’Aimant, ou de la plus grande impulfion de fa matière. diftance à laquelle l’Aimant exerce fon action ne fait riçn ici, puisqu’il cft connu par les Expériences des Phyficicns, & furtout par les nouvelles Expériences de M. schaéffer fur l’Élcétrophorè, dont nous avons parlé çi-de%!, que l’Éther de l’Élec-
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- Appendice. %%•[.
- tricité aétuellement agiflànte, peut agir à travers les murailles, 8c les murs mitoyens.
- L’Éther du Corps magnétique s’étend en tourbillon fçlon la longueur, d’un Pôle à l’aqtre ; eft attiré par celui - ci, mais dérechef repùuflc, par le flux fuivant, vers celui dont il étoit forti. On en peut conclure ce qui a lieu dans les différens Phénomènes des deux Pôles, puisque de cette façon la direélion du Tourbillon magnétique eft réciproque, 8cdifferente,
- Le Fer, ou l’Acier, éprouve par le frottement, par la pércusfion, cpmme ausfi par une fituation verticale longteriis continuée, une fecoufle proportionelle, ou du moins un chan-. gementdans. fes parties extérieures, ou ausfi dans fon atmofphère éthérée, de forte que celle-ci attire à foi encore une plus grande quantité d'é pareil Éther 'électrique, le retientx 8ç qu’il peut fe rendre de lui-même propre aux Phénomènes magnétiques, Dç-là le Magnétisme artificiel.
- Pour cç qui eft de l’Explication de tous les autres Phénomènes 8c de toutes les autres Expériences , l’inclinaifon, la déclinaifon de l’Aiguille 8cc. ; je m’en tiens au fentiment d’autres Phyficicns: fi ce n’cft que, félon ce fyftème, divers cas paroiflent exiger de petits
- X 4, clwtt*
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- t. Appendice.
- 37.8 III. MEMOIRE
- changemens dans la manière dont on les ex* plique.
- Je crois avoir actuellement fatisfait à une Queltion, dont la reponfe reliera hypothéti-que ausfi longtems qu’on ne fera pas d’Expé-riences fuffifantes félon l’hypothèfe que je viens d’établir, & d’après ce point de vue. Quant à moi, je fuis ausfi convaincu de l’Analogie Phyfiquè des deux Forces, & de leur influence fur le Corps animal, que je le fuis de l’im* posfiblité. qu’il y a de parvenir, peut-être encore au bout d’un demi - fiècle, à un Syflème qui puiflè parfaitement fubfiller: furtout ausfi longtems qu’il y régnera dans la Phyfiquè d’anciens préjugés, Sc des attachemens à certaines opinions, qui ne peuvent être disfipées qu’a-près un très-long tems, & qui le doivent être à la fin,
- Fin in troiftime Mémoire.
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- réflexions
- MAGNÉTISME ANIMAL,
- SYSTÈME
- M. MESMER,
- M. y AN SWIND
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- PLUTARQUE, flans fes Sympofiaqttes y Liv. V. Queftion VII. de la Tradudioji d’AMYOT. Tom. II. p. ia?. feqq. de l’E* dition de 161 j.
- S’eftant quelquefois emeu propos à table touchant peux qu'on dit qu’ils fcharment, & qui .ont' l’Qeil enforceleur, les autrespaffoyent la chofe en rifie & moquerie. Mais Metrius Florus, qui nous doitnoit a fouper, dit que les effcdls qu’on en voyoit ai-doyent raerueilleuferaent au bruit qui en eftoit: & qu'il n'cfîoït pas raifimnabk, que fi on ignorait la çaufe él'une chofe faite, on la mcfcreuft pour cela, attendu que d’u e infinité d’autrçsjcbofes, qui font réellement en effence, nous n’en pouuons comprendre la caufe. Car généralement, qui veut .qu’en toute chofe if y ait raifon aparente, il en ode la mcrueille, parceque là où on ignore la caur fe, là commence-on à douter, & enquérir, qui cft à dire, philofopher: de manière qu’on peur dire que ceux qui desçroyent les chofes merueilleufes, ofteot toute la Philofophie : maïs il faut de telles chofes chercher le Pourquoy il en eft ainfi, avec la raifon-, & qu'il efi ainfi, le prendre de VHiftoirev
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- RÉFLEXIONS
- »U^
- ÏlE magnétisme animai,,
- £«? fur le Syfléme de M. Mesmer.
- §. I- OüOIQUE M. STEIGLEHNER ait parle^du Magnétisme Animal dans les trente derniers §§. de fon Mémoire, & qu?il ait fait voir l’illufion des Expériences qu’on a employées pour prouver la réalité de ce Magnétisme , uous croyons qu’il ne fera pas inutile de donner une expofition exaéte de toutes lés parties de ce fingulier Syftème, qui a fait tant de bruit depuis quelques années} 8c de la faire précéder de quelques remarques, propres à fixer le fens des mots qu’on employé , 8c à indiquer de quoi il peut être queftion quand on Examine s’il exifte véritablement un Magnétisa me animal.
- §. a. A le prendre dans le fens propre, le mot Magnétisme fignifie l’aétion de l’Aimant 8c de tout Corps aimanté, ou la force avec laquelle ces Corps agifïent for les autres Corps gui font fournis à leur aétion. Mais on le
- prend
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- 331 Réflexions fur îeMagn. Anirn. Définitions £ÿ
- prend encore , 8c également dans le fens propre, pour l’aptitude d’un Corps à éprouver les effets de la Force magnétique) 8c pour la faculté que tel ou tel Corps .pourrait avoir de produire des effets à tous égards pareils à ceux de l’Aimant. C’cft ainfi qu’on dit, le Magnétisme d’une lame .aimantée, pour en déligner la force 8c les effets; le Magnétisme de la Platine , pour indiquer que les paillettes de ce Métal peuvent être attirées par l’Aimant: le Magnétisme de la Terre, pour exprimer que le .Globe Terrellie produit des effets exaétement femblabies à ceux qu’on obferve dans l’Aélion de l’Aimant. Ce font là, ce me femble, les idées qu’on a primitivement attachées au Mot. Magnétisme, 8c qui en conftituent le fens propre: 8c c’eft dans ce fens que j’ai emplové ce mot dans mon Mémoire fur l'Analogie de l'E-leSîricité & du Magnétisme: v. §. 2,5. p. .52, du 1er Tome de ce Recueil.
- 5.3. Mais, qu’eft-ce qu’éprouver les.effets de la Force Magnétique? Qu’eft-ce que produire des effets pareils à ceux de l’Aimant ? Les effets les plus palpables de l’Aimant, les feuls même qui ayent été parfaitement confta-tés jusqu’à ces derniers tems, ce font l’attraction 8c la répulfion d’un autre Aimant: l’at-
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- txpof. des différentes effhesdeMagtt. Animal. 33g
- tra&ion du Fer j & le pouvoir de mettre le Fer an. état d’attirer & de répouffer, en un mot de produire les mêmes effets que l’Aimant produit •à l’égard.du Fer & d’un autre Aimant. Cette aéfcion de l’Aimant n’a lieu que pour le Fer feul. Selon ces Principes, le mot Magnétisme, appli-. qué à un Corps différent de l’Aimant, ne peut fignifier que l’étude d’être attiré ou répouffé par l’Aimant ,8c de recevoir la force d’agir fur le Fer comme le ferait l’Aimant même. Mais, dira-t-on, l’Aimant ne pouroit-ilpas agir for les Corps, ou du moins for quelques Corps, d’une manière différente de celle dont il agit for le Fer? ne pourroit-il pas produire for certains Corps quelques modifications différentes de l’attraétion, de la répulfion, & de la communication des forces vulgairement dites magnétiques? & ne devroit-on pas ausfi entendre par le mot Magnétisme, l’aptitude d’un Corps à recevoir de l’Aimant une impresfion quelconque , différente même de celle qu’en reçoit le Fer, ainfi que la faculté de pouvoir produire, à fon tour, fur d’autres Corps là même impresfion, après l’avoir préalablement reçqe lui-même de l’Aimant? Sans doute qu’on le pourrait: mais ce n’eit plus alors prendre le mot Magnétisme dans le fens propre : c’eft donner à ce fens une extenfion plus ou moins, confidérable, félon
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- 334 Refiekions fùr U Mugit. Anint. Définitions &
- qu’on prétendra que la modification, que tel ou tël Corps peut éprouver de l’Aimant, n’eft pas jointe en même tems à l’attraéfcion, à la répulfi-on, & à la force rhagnctique proprement dite,' ou qu’elle l’eft. Car fi elle l’èftÿ ces Corps pos-fédront encore, outre les propriétés ordinaires de l’Aimant, où le Magnétisme proprement dit, cette modificatiôn pajtîfcülière, quelle qu’elle foit : & l’extenfion qu’où donne au fèns propre du mot Magnétisme fera moins grande, que fi l’on foutient, que ces Corps ne reçoivent de l’Aimant rien qui reffemble à la forcé magnétique ordinaire, mais feulement une im-presfion d’un genre très-différent, & qui n’a' rien de commun avec cette force (<*);
- 4- 4- A
- (a) Nous n’entrerons dans aucun détail fur la prétend due influence dé l’Aimant far l’Efprit. On fait que cetté Opinion a' régné dans lés tems les plus anciens : qu’O-nomacrite Athénien, qui vivoit dans la 60. Olympiade , recommandoit l’Aimant pour entretenir l’aïnitié, pour reconnoître la fidelité des Femmes &c. rêveries qfii ont été transcrites par plusieurs Naturailfles poftérieurs*, ainfi que par markoduus g a l r. a e s dans fon Poem« latin de Lapidibus. De pareilles rêveries ne méritent pas de nous occuper. M. me s mer prétend ausfi, mais fur des fondemens très-diffërens, que le Magnétisme, c. à. d. F Aimant employé fuivant fés procédés ,• dont nous parle'1-ions S, 18, eft propre à combattre la Mélancolie & la
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- üitpof de! différente efpiccs de Magn. Animal. 335
- '§. 4. A prendre donc le Magnétismej & dans le fens propre du mot, & dans cette fextenfion du fens propre de laquelle nous venons de parler, on.ne peut entendre par Magnétisme Animal, que ces trois chofes ; 1°. Qu’on Corps animal peut recevoir de l’Aimant les mêmes propriétés que le Fer en reçoit, 8c qu’il peut enfuite produire à fon tour les memes effets: 11°. Que le Corps animal peut recevoir .de l’Aimant une impresfion, une modification quelconque, foit femblable à quelques égards à celle que le Fer en reçoit, quoique différente par fa Nature, foit une impresfion totalement différente: Enfin III*. Que le Corps animal peut communiquer cette impresfion à d’autres Corps animaux , après l’avoir reçue elle-même de l’Aimant.
- L a Queftion du Magnétisme animal fe réduit donc aune queftion de Fait, mais à un Fait très-difficile à conftater, 8c qui confifte, comme on vient de lé voir, en trois parties très-diftinéles, lesquelles, quoiqu’elles doivent toutes trois être décidées par l’Expérience ou par
- Manie. V. Mémoire cie M. M. an-d»y -& t.houret je. Volume.
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- 335 Réflexions fur îéMagn. Anith. Définitions (fl
- par l’Obfervation, n’admettent pas le même genre de preuves.
- §. 5. 1°. I l s’agit donc d’examiner d’abord fi le Corps animal peut recevoir de l’Aimant les mêmes effets que le Fer en reçoit, c. a. d. s’il en peut recevoir la faculté d’attirer lé Fer, d’agir fur l’Aiguille aimantée? M. mesmer le prétend : Mais les Expériences de M. M.
- STEIGLEHNER & KLINKOSCH ne feis-
- fent pas la moindre ombre de vraifemblance à cette prétention (£), qui d’ailleurs, quand nous
- (£) V. Mémoire de M. steiglehner, $. CL. & note c de ce $., §. CLI. CLI'I. CLIII. & note 0 fur la première Partie du Mémoire de M. hübner. Nous n'héfiterons pas à établir également, que l’Aimant ne communique pas fa vertu magnétique à quelqu'autre fubftance différente du Fer : & nous forames perfuadés que l'Eau aimantât que quelques Médecins, d’ailleurs éclairés, font prendre à leurs malades, en boiffon, en lavage, en lavemens, en bains, en fomentations, n’eil pas aimantée, & qu'elle ne contient aucune vertu magnétique. Elle nous paroit ne pas différer à cet égard de l’Eau commune. La feule différence qu'il pourroit y avoir, c’eft que l'Eau, dans laquelle on a fait tremper des Aimans, ou de l’Acier aimanté, pourroit être rendue très-légèrement martiale. D’ailleurs, nous entendons ici par aimanti pofféder la vertu ordinaire de l'Ai-
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- ikpof des différentes efpices de Magn. Animal. 337
- nous n’aurions pas les expériences dirèftesde ces deux' PhyficienS, ne devrait être admife que 'd’après les preuves les plus multipliées & les plus évidentes, parce qu’elle eft directement oppofée à cette Loi générale, qu’aucu* pe expérience n’a dementié jusqu’ici, favoir que' l’Aimant n’agit que fur le Fer. Ce n’eft pas que l’oppofltion d’un Fait à une Loi générale ou réputée relie, mais qui n’eft pas fondée fur des démonftrations mathématiques-, foit elle feule une taifon valable de rejettet ce Fait fans autre-examen: puisque toute Loi générale de ce genre n’eft qu’une Induétîèn tirée d’une multitude de Faits particuliers , ou d’Expériences faites fur un grand nombre d’objets individuels* & qu’ainfi rien n’empêche, quel que foit le nombre de ces individus, qu’on a déjà examinés, qu’il ne s4en préfente dans la fuite quelqu’aurre qui fàfle exception à la Réglé générales & Ton fait combien les exceptions des
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- §38 Réflexions furleMagn. Amm.Définitions
- des Réglés générales font devenues, fréquente» depuis que. les Phyflciens ont dépouillé davantage l’cfprit de Syilème, qu’ils, ont examiné: U Nature de plus près, avec plus de foin », & paf des moyens nouveaux : Mais i] :toujours inconteftable qu’il faudra des preuves d’autant plus nombreufes &plus rigoureufes queles Faits qu’on voudra propofer feront; plus oppofés aux Faits reçus & bien conftatés. Or^M. mest mer n’a pas allégué de ces preuves peut établir Ipn, aflertion : les Expériences auxquelles il en appelle ne fopt rien-moins que ,.pré<âfes, & n’pnt pas toujours eu, même entre fes mains, lefuccès qu’il jmnpnçoit, comme M. steig-x,ehner l’a fait voir.
- •$.6. Il fuît donc des Expériences de M.
- M. STEIGLEHNER & KL INK O S C H que
- nous venons d’indiquer, & des réflexions que nous avons faites fur ce fujet, qu’il n’exifte pas de Magnétisme animal proprement dit, & que s’il èft quelque aétion de l’Aimant fur le Corps animal, cette aétion ne peut' être nommée Magnétisme que par une exteafion du fen's pro-___________________, Pre
- .remarques fur les Expériences fondamentales de M. SCHAEFFER : v. nota c du §. CL. du Mémoire de M. s t ei g l s h h er & note o de la première Partie du Mér moire de M. HüBHERv
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- eüp 'of. des différentes efpicês déMagn. Animal. 3 39
- •pf<2 de ce mot (5. $.) 1 Mais, Quoiqu’il en foit du nom , il eft important d’examiner k xhôfe.
- ’ §. 7. ît. O n1 : dëmande donc ért fécond lieu file Corps animal peut recevoir dé V Aimant une ïmpresfion , une 'modification' qûelcdnqtie, foit à quelques égdrds femblable à celle que lé Fer en reçoit, foit totalement différente? 11 fatidroit, four examiner complettement ce point, apprécier toutes les Expériences, toutes les Ob-fervations qu’onà alléguées au fujet dés güéri-fons Opérées, ou dites opérées, pat T Aimant. Mais fious entrerions airifi dans Un ex* amén, qui nous entraineroît trop loin, & qui nous écarteroit de notre but. Nous nous con-tenterons de remarquer, qu’il eft très - difficile de tirer des cortélufiôns certaines dés expériert-ces qu’on a faites 'lut ce fujet, parceque ce h’eft qu’au moyen des chângemèns qui peuvent être furveftus à l’état des malades depuis l’applicatioh dés garnitures aimantées, qu’ôh peut juger ;dè l’âéfciort de l’Aimant, & de la nature de cette aétiohj & qu’il eft très-posfi-ble, que dans Une "machine aûsfi compliquée que le Corps liümain, fujette à tant de différentes & de.puiffantes impresfions phyfiques Sc morales, & à un empire presqu’abfolu le 1*1-Y % nia-
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- 340 Reflexions fur le Magn. jinim. Définitions (fl
- magination, ces changcmens aient été produits par des caufes très * différentes de l’Aimant qu’on a appliqué, & qu’il eft même très-vraifemblablc que cela a eu lieu plus d’une fois. Mais, fi nous ne faurions disfimulcr d’un coté -, qu’il eft plufieurs de ces Expériences, ou plû-tot des conclufions qu’on en a déduites, qui ne fauroient foutenir l’examen d’une critique févère, & que plufieurs Phyficien» ont plûtot accumulé des faits, quelques fois mal vus, ou vus à la hâte, qu’ils ne Ce font appliqués à procéder avec l’exactitude philofophique que la nature & l'importance du fujet exigeoient: qu’il eft en outre des Faits qui ne paroiflent pas s’accorder avec les circonftanccs effenticlles d’autres Faits, comme p. ex. que l’Aimant, qui agit fi promptement & fi puiffamment en certains cas, paroit n’avoir aucune action en d’autres cas femblables (c), ou lorsque les'ma-lades ne font pas prévenus qu’il doit agir (d): que l’Aimant, qui quoique ilne foit appliqué qu’à l’extérieur du Corps, ou même, feulement approché à quelque diftance du Corps («), agit
- (O V. note c du §. CLX1I. du Mémoire de M. steic-
- (d) il\d. note a dn $. CLXXIV.
- (') M. L'attaqué d'une affeétion très-doulouretife à !a
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- expof. des différentesefpices deMagn. Animal. 341
- agit fi puiffamment fur les parties internes, éloignées du lieu de l’application, produit néanmoins un effet beaucoup moindre, lorsqu’on l’enveloppe de taffetas (/), quoique l’épaifTeur de ce taffetas n'augmente la diftance à laquelle l’Aimant agit que d’une quantité imperceptible j & qu’on fâche d’ailleurs que le Fluide magnétique agit fans la moindre altération à travers les Corps les plus denfes, au moins lorsqu’il eft queftion de fon aéfcion fur le Fer j fi dis-je nous ne faurions nous disfimuler ces difficultés, qui méritent d’être éclaircies par des Recherches ultérieures, nous avouerons néanmoins fans referve, que la totalité des Faits, fuitoutdes Faits préfentéspar M. M. steig-
- manière dont ces Phyficiens ont discuté ces Faits, nous paroiffent prouver fans répliqué que VAi-
- face, a obfcrvé que lorsque les douleurs étoient foibles, l’Aimant approché de la face à 3 ou 4 lignes de la peau, fixoit & amortifloit la douleur : qu'il la déplaçoit, & qu'on pouvoit par ce moyen la promener à fon gré dan* les parties voifines du fiege principal, qui étoit au desfous de l’oeil, telles que le nez, la joue, la levre fu-périeure, les gencives, 8cc. Mémoires Je Medec. Tom. III. p. 589.
- (/) V. note / du 5. 157, 8e no Y 3
- Jte c du $. 161 du Mé-
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- Réflexions fur le Magn.
- l' Aimant ajourent exercé une aflion, une m~-fresflon quelconque fur le genre-tiejy eux: ipiprçs-? lion dont ne .fuirions à la vérité nous former 4’idéc, ne fut-ce.que parçeqtte nous n’en çon-noiflbns pas d’anolqguc, mais qui n’en paroit. pas moins réelle, quelle qu’elle,.puifl'e être d’ailleurs. Or, çjgtte, aétion , ipeffp .iwpres&>pÿ ou pourroit la nqmmer Magnétisme animal, fet Ion l’extenfion que nous avons donnée au feq$ propre de ce, mot. (5,3. ) JVlais ce Magnétisme n’a guères, dans fes effets, d’analogie avec celui de. l’Aimant, puisqu’il ne confifte pas à mettre le Corps animal en. état d’attirer ou de répoufler. l’Aimant ou le Fer, mais uniquement à rétablir pour l’ordiqaire dans leur-état naturelle de fanté l’organifation &lesfom> lions de ce Corps qui fe trouvaient troublées : ou même quelquefois, à augmenter» au moins au commencement » les douleurs, & par confé-r quent le. dérangement des fonétions. o,u de l’or-ganifation des parties dont-il s’agit (g).
- (f) V. la fin de la fécondé Seétion du Mémojre de M. hue ne a & la; note («*). Ce Ças s’eft aiisC présenté plufieurs fois dans cours des obfervations de M. M. and ky Si r h o u k s t , qui concluent que ces nouveaux fymptomes nerveux, ou cette aggravation des anciens accidens, étant furvenus immédiatement après l'ap-
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- tdpofs des différentes efpicès deMàgn. Animal, 343
- • $. 8; M'A i s., fi cettequeftion, l’Aimant produit-il fur.; le Corps Animal une impresfion quelconque, eft très-difficile à décider parla feule voyè-qui.puifle produire quelque certitur de, la TuiVante lîeft encore:beaucoup davaaf tagç : Cette aMion, cette mpfesfion. que :lè Cftrfts animal éprouve de la part de l'Aimant, eft- elle différente de celle que le Fer en reçoit ? Cette queftion ne roule pas feulement, comme la précédente, fur le Fait , mais encore fur le Comment. On a vu que M. steiglehner attribue l’a&ion de l’Aimant fur le Corps animal "a celle de cette fübftance fur les particules ferrugineufes que le fang & les humeurs du Corps contiennent (h) ; & ficefentiment étqit démontré,, cette aétion de L’Aimant fur le Corps pourrait, être nommée Magnétisme Animal avec plus de précifion, puisqu’elle ferait; la même que celle de, l’Aimant fur le Fer, 8e confifteroit uniquement dans l’attraétion 8e la. translocation. des particules ferrugineufes : mais outre qu’il faudrait pouvoir admettre alors, que la
- plication de J'Aimant, aiant perfifté.ausfi longtcms qu’a, duré fon ufage, & n’ayant ceffé qu’avec lui, on ne peut s’empêcher de les attribuer à fon aâion: p. 661.
- (4) V. §. CLXU1 — CLXVII. S, CLXIX k CJJÿt. de fon Mémoire.
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- la caufe prochaine des maux que l’ Aimant guérit fe réduit abfolument à ce que les particules ferrugîneufes, qui exiftent dans les différens fucs du Corps animal, ne font; pas à la place qu’elles occupent dans l’état de fanté , & dans leur équilibre naturel, ce qui mériterait quelque preuve dire&e -, ce fentiment parait encore expofé à cette difficulté, favoir que les particules martiales i contenues dans le iang fie dans les humeurs quelconques de notre Corps, ne s'y trouvent pas dans l’état réquis pour éprouver l’aéfcion de l’Aimant, puisque celui-ci n’agit fur elles qu’après qu’elles ont été calcinées, & par conféquent qu’après que leur phlogisti-que a été augmenté ou mieux développé (i). II. nous femble enfin que les discusfions dans lesquelles M- M. andry&thouret font entrés fur ce fujet, établirent, au moins probablement, que l’Aimant agit uniquement fur le genre nerveux, & que fon aftion y eft différente de celle qu’il exerce fur le Fer (k).
- Mais * (*)
- (i) liid. i. CLVII. & J. 13. §. pj. note /. §. 101, ote 4 de mon Mémoire, dans le premier Volume de ce Recueil.
- (*) V. note i du S. CLXV. Quant à moi j’admets /jfrh U totalité it flujlinn faits, dans les cirçonitançes
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- Mais il faudra encore plus d’obfervations pour mettre un point ausfi délicat hors de doute.
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- desquels je. ne trouve pas de raifon de doute, une Action quelconque de l’Aimant fur le Corps humain, mais fans riçn iHruer fur la nature, & fans la croire univer-fclle. Dans tpus les autres Médicamens quelconques internes ou externes, & quoiqu'on ignore abfolumenr leur nature & la maniéré dont ils agiffent, il faut une application immédiate interne ou externe du Médicament au Corps humain , ou une application iramédia'e de fes effluves JjbJlaniieis: mais c'ell ce qui n’a pas lieu ici: l'Aimant agit fur le Corps humain in difîtms, & quoiqu'enveloppé dans d'autres matières : il n’exhale aucun effluve fubflantiel; il n’agit donc que par fon fluide magnétique, & celui-ci agit ou fur la fubfiance des Nerfs, ou fur le fluide nçrveux, ou fur quelqu'autre partie de notre Corps, quoique l'Expérience nous ait appris, que parmi toutes les fubilances que nous avons pû foumettre immédiatement à notre examen, ce fluide n'agit que fur le Fer feul. Y auroit-il donc une aftion particulière, un rapport , une affinité entre le fluide magnétique & le fluide nerveux ? C'eft une queftion qu'on ne (aurait réfoudr* Immédiatement, faute de pouvoir foumettre les deux fluides à l'examen des fens & de l'Expérience. Mais toutes ces difficultés, titées des bornes de nos connois-fances, ne font pas des raifons qu'on puiffe alléguer contre des Faits, ou des conséquences tirées immédiatement des Faits bien confiâtes. Ce n’eft que du tems, d’obfervations bien faites, fqivies pendant longtems, combinées & discutées avec la plus giande fagacité, qu'on peut attendre de nouvelles lumières fur ce fujet.
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- 346 Réflexions, fur UMagn. Anim,:Definitions^
- . $. 9. III. Le Magnétisme proprement dit, ou fi l’on veut le Magnétisme Minerai pour le diftinguer du Magnétisme Animal, eft remarquable par fon double effet} favoir en ce qu’il agit fur le Fer, & en ce qu’il donne au Fer fui? lequel il agit, la faculté de pouvoir agir à fon tour comme s’il étoit Aimant. Il faudrait donc, pour que le Magnétisme;Animal^ pris dans l’extenfion que nous avons donnée au fens propre de ce mot, fut femblable au Magnétisme minéral, que le Corps animal, qui a reçu une modification, une impresfion quelconque de l’Aimant, pût, après l’avoir réçue, la communiquer à ion tour à un autre Corps animal, & agir foi- cdui-ci comme l’Aimant a agi fur lui : & c’eft la troifième queftion qu’il s’agit d’examiner. Cet objet ctoit un des points fondamentaux du premier Syftème de M. Mesmer , comme on apû le voir par la note a du §. ÇLXXIV de la Differtation de M. steig-lehner ; mais on a vû ausfi que M. klin--k o s c h a prouvé combien les Expériences dont on s’ell fervi font illufoires, & l’on aura pû en conclure que les Effets qu’on a obfer-vés, ou qu’on prétend avoir obfervé, bien loin d’être dûs au Magnétisme de celui qui opère, ne le font, pour ne rien dire de plus, qu’à l’effet de l’imagination fur le Syftème nerveux
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- tXMf. des dijférentesejpéces de Magn. Animal. 347.
- veux d? perfonnes attaquées de maladies de Nerfs, St fur lesquelles 011 fait d’ailleurs que l’Imagination exerce un très-grand empire. Nous n’héfitons pas à mer que l’homme reçoit de l’Aimant une force qui le met en état d’agir mécaniquement fur une autre perfonne. Sur cet. objet, nous n’admettons, ni ,los faits qu’on allègue, ni les çonféquences qu’on en déduit. Il q’eft aucune Expérience qui prouve, quo l’hommç reçoit, dans l’état de fantè, la moindre aétion de l’Aimant, que celui - ci agit fur lui d'aucune manière, au moins fenfible: s’il étoit prouve, .non direétement, car en ce cas on fentirait l’aétion, mais indirectement, c.a. d. par des conféquences qui découleraient nécessairement d’autres faits bien çonftatés, que l’Aimant agit fur le Corps de l’homme en fanté, il en réfulteroit, .que l’homme en ianté éprouve de la part.de l’Aimant une autre aétion que l’homme dont les fonctions, furtout celles du genre nerveux, font dérangées : & con • féquemment que fi l’homme peut agir fur le Corps animal, en vertu de l’action qu’il a reçue de l’Aimant, comme M. mesmer le prétend, il ne communique pas au Corps ani? mal l’imprcsfion que l’Aimant a faite fur lui, mais une impresfion très-différente : ainfi l'Analogie d’aérions (quelle que foit d’ailleurs la
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- 348 Reflexions fur le Magn. Anim. Définitions 6?
- différence de leur genre) ne fübfifteroit pas entre le Magnétisme Animal 8c le Magnétisme Minéral, puisque celui-ci transmet exaétement la même aéfcion qu’il a reçue : Mais ce font là des idées théoriques, fur lesquelles nous aurons occafion de revenir} le Fait eft ce qui nous importe le plus: 8c le Fait, nous croyons ne pas devoir l’admettre : non-feulement par-cequ’il n’eft pas affez conflaté, mais pareeque c’eft le contraire qui nous paroit l'être fuffi-fàmment.
- §. io. Concluons de ce que nous venons de dire: i°. Qu’à prendre le mot de Magnétisme animal dansl’extenfiondu fens propre la plus naturelle, 8c la mieux fondée, eu peut - être la feule qu’il faille admettre,, il ex-ifte un Magnétisme animal, qui conflfte en ce que l’Aimant peut exercer en certaines circon-ftances fur le Syftème nerveux une impresfion qui tend le plus fouvent a rétablir ce Syftcme dérangé, dans fon état naturel: a°. Que l’analogie qu’il y a entre le Magnétisme animal 8c le Magnétisme minéral paroit jusqu’à préfent fe réduire à ce foui point commun, que l’Aimant agit d’une certaine manière inconnue fur le Corps animal, 8c d’une manière non moins inconnue, quoique très-différente, fur le Fer.
- 3°. Qu’oa
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- expof. des différentes cfpècesdeMagn. Animal. 349
- 30. Qu’on ne fauroit dire, à moins que de ré-eourir à des fuppofitions peu naturelles, forcées même, ou que l’expérience n’autorife pas jusqu’à prêtent, qu’il y a entre les deux Magnétismes la moindre analogie fur quelqu’autre point que ce foit : Car 1°. Le Magnétisme ani-mal, ou plûtot l’impresfidn que le Corps animal reçoit de l’Aimant ne peut être communiquée par ce Corps à aucun autre, comme le Per peut communiquer la vertu qu’il en a reçue : a°. L’Aimant agit toujours fur le Fer, niais il n’agit pas toujours fur le Corps animal: il n’agit pas toujours dans les mêmes genres de maladies qui paroiflent d’ailleurs femblables (/) : il n’agit pas toujours far les mêmes perfonnes fur lesquelles on dit qu’il opère quelquefois(m) : il n’agit pas fur les perfonnes en état de lânté : différences qui font aflez grandes, à moins qu’on ne voulut les fauver, 6c furtout la dernière, en difant, que la fanté, 6c les autres Cas que nous avons indiqués, font pour le Magnétisme animal, ce que font pour le miné-o rat
- (/) V. note e du §. CLXII. du Mémoire de M.
- (m) V. Ibid, note c du $. CL. & note Partie du Mémoire de M. hübnsr.
- • de la prèm.
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- t$$e Rej! estions für UMa 'gn. Anim. définitions &
- -ral Ids Chaux & d’autres préparations du Fer ifiir;lesquelles l’Aimant n’agit, pas * :ou n’agit -que trcs-foiblement, & d’une manière peu fen--fible («) : mais cette fuppofitionme paroitroit -trop'forcée pour pouvoir être admile. Enfin -30. L’impresfion que l’Aimant fait für le Corps •animal ne paroitpas dépendre de la même-eau-fe prochaine par laquelle il agit fur le' Fer, fa* voir l’attraction des particules ferrugineufes qui •peuvent fe trouver répandues dans le fang, & -les autres fucs animaux (§.8.).
- Ç. n. Nous venons de prouver que- ce n’eft que dans un fens impropre, ou fi l’on Veut, dans une extenfion du fens propre, qu’on peut mommer Magnétisme animal, la feule aétion, de toutes celles qu’on avoit imaginées , , que l’Ai* mant produit fur le Corps humain : mais il s’en -faut de beaucoup que l’on s’en foit tenu à cette feule extenfion du fens propre j on n’a pas tardé" à prendre le mot Magnétisme, dans un fens entièrement figuré. Comme l’Aimant agit für le Fer fans y être immédiatement appliqué, & -quoiqu’il en foit-tenu àquelque diftance: qu’il agic
- (*) V. §. i6_n. Part. I. Seft. II. Chap.II & III de mon Mémoire, dans' le premier Volume de- Recueil,
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- txpof. des différentes efpbcèsckMagn. Animal. 351
- agit fans impulfion d’aucune matière vifible, ou qui tombe fous les fens de quelque manière que ce foit, on a cru pouvoir; nommer par analogie Magnétisme toute aâioiv qui paroiffoit le faire de ’Ja même:manière}, toute aétion qu’on prétendait' être, femblable à celle de l’Aimant .par cela feul, qu’elle fe fait in dijlans, & fans impulfion fenfible: c’eft ainfi que k.epl.e.jb. comparoit (0) la Gravitation au Magnétisme, parcequ’èlle agit cômmé liii fans attouchement, &, à ce qu’il croyoit, par une vertu qui fe dirige en ligne .droite, dç qjii eft une image du Corps: que. van helmqnt(^), & après lui
- (0) Epitome Àfironom. Copernic, p. 517. ,,Pro manihs eft ipfi ( ïoli ) Vertus fui Corporit , in omnem munit amplitu-,, iirnm emijft, quae, ~eo ipfo quoi eft fpecies Corporis, unacum corpore /dis rotatur &c.” Enfuite il compare l’aâion du foleil à celle 'de l’AImant|, même à l’égard des pôles ennemis.
- (p) De Alaeneiica Vulnerum Curatione. Opp. p. 456. Voici comme cét Auteur s’exprime en différens endroits. ,§. 3. ,, Vcl maentiitmum, i. e. proprietatem quamdam ocenltam hoc ,,appelhtm> pfopter mànifeilam illius lapidis praerogati-,,vam a caeteris abftrufis et vulgo ignotis qualitatibus ,, defumptam- nobhcum eogtiur arnotcere. §. 26. Soliftèqui fio-,, res magnetismû quodam fermtur ai folem. §; 71. Diverfi Maglietismi: quidam tnim trahunt ferrum, quidam „paient, plumbum; quidam canttmput vc. nonmUorum 5. vert eft gratia:utpeftiftram duntaxat auront extrahant &c.--
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- 551 Réflexions fur le Magn. Attirn. définitions Çfl
- lui kircher (f), ont nommé Magnétismes toutes les a étions qui fe font fans contaét immédiat,- fans émanations de la fubltance même du Corps qui agit, mais par des effluves plus fubtils, indépendans de la mafle du Corps, 8c qu’on nommoit par-là même Jpirituels (r') : & qu’en
- (q) Tu Arte magnetica Lit. III, Præîuüo III. i. f. p. 536. Ces actions fe nommoient une efïufioii de la qualité: ausfi kir cher dit-il ,, Cum res omis agent per 5, Effluxum quimdam, five diffnfionem qualitatis fusc m „rem quant afficiunt, fafîam; effluxus atttm is concifi ntn ,,fosfi nifi fer lineas quaidant Irevisfimas in orient diffufas,
- ,, hinc omnes effedus ejusmodi raros rerum in fe agentir.m , ,, quacunque ratione frodttllos, fer ladiationem quamdam ficri ,,dicirms. Katura comftndioji omnia fub hrevisfinis lincis con-,, nellente. Cum igitur inter éditeras frodigiofas Naturae ofera-,, tjones fotisfimun in Magnetis operibus liujusmodi radia-,,tio ativtrt.itur, quant nos frofric Magnctiàinum , yrf for-,,malem aéiura Magnetis diciraus; bine, per firailitudi-,, nem quamdam, & r.xrci rr,u dvntoyUti> , omnium ,,rerum vires, quibus in fe, mutuâ radiatione, agunt, „ Magnetismos appeilare vifunt eft." Enfuite il parcourt en détail tous les genres de ces prétendus magnétismes.
- (r) Van hilmont 1. c. S. 96. Magnes itaque vel fer-,, ram a magnets contaSlum , cum f fonte fe ad folum cotiver-,, tant, neeejfario extenditur qualités quaedam a Magnete ad ,,folum; quam quia norimus fieri citia effluvium aliquod
- „ corporcum idçtrco eandtm fpiritualem deneminamus ---------------
- hoc faite iicimus, folis lucem t? ceelorum influxumttf-
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- expof. des différentes efp'èccs deMegn. Animal. 353
- qu’en conféquence ils partaient du Magnétisme des.Mineraux, des Végétaux, des Allres, des Plantes héliotropes, de la Torpille, pour indiquer l’aétion de toutes ces fubftances, ou les mouvemens que quelques unes d’elles é-prouvent à la préfence d’autres Corps: que boue (s) parle d’Airaans Aeriens, Sc qu’il
- „peimis jaculationein, bafilic! vifum , & ‘ffi qualitates plane ,, fpirituales, quoi fc: non comm mione JubJlantialis évapora-,, tiomt in défiant dispirgatur : fed tanquam imperc.ptiblis lacis ., meiio, diradientur a fubjeâlo in objechem ebbittem. 11 y eut même des Médecins, imbus des mêmes principes que- van hei.mont , qui regardoient ces effluves fpivitu-els, ou du moins ceux du Corps humain, comme d'une nature plus relevée, moyenne entre l’Ame & le Corps. Voici comme s'en exprime wirdig dans fa Mtdicïna Spirituum, Prolegom. §. I. ,, Spirilus fumitur fro corpcri „ttnui CJ* fubtiiisfimo — §. 13. Cum corpore conjungitur anU ,, ma . non immédiate, fed médian tibia fpiritibus , ccrpusculis ,, minutisfimis , mediam na/uram inter animai» et corpus ijo-,,bentibus. Lib. I. Cap. XXVII. S. I. Mametismus eficon-,,fenfus Spirituum; per ftnfum mttUigimut formatiter con/tn/um, ,,h. t. euniem fer.fum, tandem ftnfatior.em, Jivt iile idem ,,grattes fit et arnicabil:s, et tune oritur fymphatia &c. Jivo
- ,,ingratus, qui diffenfiu dicitur antipathia.-------Et ifti ftnfus
- ,, inter dam txquifni fatisfunt, interdum minus. " On va loin avec de pareils Principes.
- (») Sufpicions about tht hiddtn Q,'aliteis of tht Air: Tom. SI. p- 470. dé la Colkdion des Ouevres publiée en An-TOME II. Z glois
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- 554 Reflexions fur le Mttgn. Anm. Définitions &
- nomme ainfiles Corps, qui font en état de retenir les effluves étrangers qui nagent dans l’Atmosphère & qu’ils rencontrent} En un mot, ces expresfions étoient foit en vogue dans le dernier fiècle, & l’on s’en fervoit même encore au commencement de celui-ci (t).
- §. ia. Le mot de Magnétisme fe prenoit donc dans un fens très-éloigné du fens primitif, ou même de l’extenfion du fens propre : c’é-toit dans un fens abfolument figuré, & très-capable d’induire en erreur, puisqu’on don-noit
- g!ois par bi k ch in Folio: & Tom. I. p. 145- à la fin du volume des Oeuvres publiées en Latin in Quarto. Boyie allègue en exemple la manière dont on fait l’huile de Tartre par défaillance; celles dont plufieurs Corps font affeélés par l’Air à raifon de leurs Couleurs. &c. &c. — (O Boerhaave même s'en eft fervi pour déligner les Corps qui agiflent par leurs affinités Chymiques : C/iemia, Tom. I. Tratl. de Aère p. 264. Fi. Paris.
- ,,runt fane in illo Aère corpora Magnetica , quae fe invi-»> cens trahindo, reptllendo, coeundo, rarescendo, aliisjué infi-»» mtis médis, Phaemmena excitant Jhtpenda utique " Il allègue eu exemple les Vapeurs d’Efprit de Sel Ammoniac & ceux d’Efprit de Nitre, qui s'exhalent des vafes dans lesquels ces liqueurs font contenues, fans être vifibles, mais qui le deviennent, dès qu'ils fe rencontrent dans l'Air,1 Je qui y forment dans le moment, un Nuage fenfible.
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- ttfof. des différentesefphesdtMagn. Animal. 3$}
- noie un même nom générique à des aétions de nature très-différente, & qu’on croyoit cependant expliquer en leur asfignant une caul'e ausfi vague (*). Il y a plus, on s’accoutuma peu à peu à regarder cette caufe inconnue, qu’on nommoit Magnétisme, quoique l’Aimant proprement dit n’y eut aucune part, comme l’agent le plus univèrfel de la Nature, le reflort le plus puiflant deTés Opérations ( v ). Quelques Médecins imbuS de la Doétrine de Paracelse , que fes onguents fympathiques & œr-
- («) L’illuftre Chancelier bacon «voit grande raifon de dire 1 en parlant de ceux qui font cas de la Magie Naturelle : ,, Sempsr in Ore habent, dp tancjuam ffonjorts apptl-,, lant Magnetera ctmfenfum Auricum Argente vivo, tsr pauca ,,/iujsts gtneris ad fidtm aliarum rtrurn , quae neutiquam fimib ,, cmtratfu obligentur. V. A dit us ad Hifttor. Sympa!h. cr An1 „t'tpatb." Opp. p. 481.
- ( v) Voici des exemples de ces expreslions, outré ceux qu'on peut voir dans les notes précédentes & dans les fuivantes: ,,Univerfa Natura magnetica eft: eji enim rapius ,, fimiliam , 'eft cr fuga ditfimiimm. Totus mmdus confiât a1 ,,pofitus eft-, in Magnetismo : omnes fublunarium vicisfiitedinet ,, fiunt per magnetisinum. Vita coufervatur magnetismo inleri-,, tus omnium rerum fil Magnetismo. wirdiG de Magner. 3, Spirituum : Lib. I. Cap. XXVI1. J. 3.” Comparez «s expreslions de Magnétisme avec la définition que l'Auteur en a donnée ( v. note r ) & avec celle des Efprits qu'il regarde corame-le reffort de ces Magnétismes;
- Z 1
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- 35*5 Réflexions fur le Magn. Anim. Définitions
- « maires (w) doivent faire regarder comme un des premiers Auteurs de ce genre de Magnétisme ,
- (»>) Paracelse nommoit onguent armoire (uneutn-tum amuwium) Celui dont il falloit frotter les armes en-fafiglantées pour guérir par ce feul moyen la blesfure, même d'une perfonne abfente. Mais il étoit abfolument néceflaire félon lui 8c van hblmont, i°. que ces armes fulTent enfanglantées, i°. que le fang y fut léché: On a donné plulieurs recettes de cet onguent, qu’on peut voir dans la Baflica Chtmica de Crclliut, 8c d'après lui entr’autres dans la Maya naluiaUs du p. schottus Tem. IV. Lit. V. p. 438 8c 475, Un des principaux in-grédiens étoit la moufle qui croit fur les crânes des Cadavres expofés à l'Air: mais on n’étoit nullement d’a-cord fur la Nature de ces Crânes : félon quelques uns ce dévoient être des Crânes de perfonnes mortes de mort violente : félon d'autres, il falloir obferver encore certaines conj on étions de la Lune 8c des Planètes : Il y en eut cependant qui foutenoient que cette moufle n’étoit pas fort néceflaire : félon d'autres enfin, fi on ne pouvoit fe procurer les armes qui avoient fervi à la bleffure, il fuffifoit d'enfoncer dans la bleffure un morceau de bois (que quelques uns néanmoins prétendoient devoir être femblable au. poignard ou aux armes par lesquelles la bleffure a voit été faite) pour l'humeéter de fang: Un fîmple linge imbibé de ce fang pouvoit ausfi fufiire. Mais il falloit couvrir ces pièces couvertes de ce fang, ne pas les expofer à l'Air, ou au froid, ni en oter l'onguent; car <n ce cas les douleurs du bleffé fe renouvelioient. Il y a même eu des Médecins, qui ajoutoient encore bief
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- txpof. des différentes efpicts de Magtt. Animal. 357
- tisme, s’emparèrent avidemment de ces idées ', & fondèrent une Médecine magnétique, que
- VAN
- très cérémonies» tout ceci, 8c van helmont diftingue en outre entre l'onguent Sympathique de paracelse, 8c fort onguent armaire.
- Quoiqu'il en foit de tous ces points, ni van heimont, quoiqu'il ait compofé un traité entier pour défendre les guérifons magnétiques de paracelse, ni les autres auteurs què j’ai été à portée de confulter, allèguent un kxAfait, pas un feul exemple détaillé, une feule obferva. tion circonftandée en faveur de ces guérifons : ils fe contentent de les fuppofer. Le Chevalier digby, qui a fl fort préconifé la Poudre de Sympathie, dont les effets étoient par rapport aux bleffures les mêmes que ceux de l'onguent armaire, n’allègue dans le Discours qu’il prononça fur cette Poudre, à Montpellier, en 1651, qu’un feul exemple de guérifon operée par cette Poudre, mais un exemple fi prodigieux qu’il faudrait les preuves les plus fortes 8c les plus détaillées pour l’admçttre. Il r.envoye d'ailleurs aux Ouvrages du Chancelier bacon pour cet exemple, mais je n'y ai rien trouvé fur ce fujet, que les réflexions qu’on trouvera ci-deffous, note (kk) 8c qui font bien éloignées d’être favorables à l'onguent armaire : Enfin On fait que digby a été accufé par fes compatriotes mêmes de peu de fidélité dans fes relations (v.
- Difl. de CHAUFFEPlÉ Art. DIGBY p. 27.) STRAUSS
- allègue dans fa lettre fur la poudre de fympathie au Chevalier digby, un autre exemple, non moins prodigieux, 8c non mieux conftaté, de guérifon operée par cette poudre: mais il eft contradiéloire dans plufieurs
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- g 53 Réflexion far h Magn. Jmm. Définitions {fl
- van h e l M o n t , un des admirateurs les plus outres de paracelse, s’appliqua furtout à mettre en vogue, & qu’il défendit avec beaucoup de chaleur. On pretendoit qu’il fuffi-foit que certaines préparations, allez compliquées & fingulieres, puflent agir fur quelques gouttes de fang tirées d’un Malade par la fai-gnée,
- çirconftanccs avec le précédent. Enfin ces guérifons, ou pi étendues guérifons, ont été adoptées fans examen par plufieurs Auteurs, comme par wirdig ). c. C. XXV1Ï. 5- 26, par maxvell dont nous parlerons ci-delïous ( note gg ) & par d’autres.
- Nous remarquerons en fini (Tant, que dans ces tems là on attiibuoit un grand pouvoir non feulement à cette moufle du Crâne, mais encore en général aux membres de Cadavres humains, & d'animaux: on en peut voir entr’autres dans la Sylva Sylvarum, de bacon §. 972. 974. 976. 978. 979. 983 &c. quelles étoient les prétentions de plufieurs phyficiens à ce fujet : Nous nous contenterons d'en citer un feul exemple, allégué par eôyi.k, favoir que le célèbre hakvey employoit quelquefois d’après van helmoxt , pour guérir les tumeurs & les ex-croifiances, l'application longtems continuée (& cela afin que le froid pénétrât mieux ) de la main d'un homme mort de maladie lente. Harvey avouoit cependant que ce rernede ayoit fouvent manqué quoiqu'il eut fou-vent réusfi. U.efulr.tss of Raturai Philojopt/y. Part. II. EJfai V. C/mp. XI. §. 11. Tan. I. des Oeuvres, ou loin. V. de la Colleétion latine.
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- txpof. des différentes eftfocs de Magn. Animal. 359.
- gnée, ou fur le poignard cnfanglanté tiré d’une bleflure, pour guérir le malade ou le blcfle, quoiqu’abfent : qu’il fuffifoit que quelques fub-ftances, qu’on avoit appliquées à des verrues p. ex. vinflent à fc pourrir, ou à fe fecher, pour que les venues même disparuflent (x) ; qu’on pouvoit transplanter certaines maladies comme la goûte, d’une perfbnne fur quelqu’a-nimal, & guérir ainfi la première (j) : que le feu
- (*) ,,Perficaria, five Piper aquaticum, confolida, fophia, ,, fcrperuir.a , iras/illata, arque plures allai id babent peculiare ,,ut fi frigidac demergantur in aquam (fiante enim berça ex--ici/a quercus verminofa erit, nifi confestim fubleraquas demer-,, gatur ) et fiipir Vulms ant ulcns, aliquantisper intepescant, ,,mox defodiantur coenofo leco; ubi putrere incipiunt, etiam ,, attrabere fatagunt ex aegro, quicquid nocuutn cft. Helmont 1. C. §. 19. ,,castelivs ajebat [e txpertmn fuiffe Hae-,, morhoidet, fi tangantur tuberofa radice chondrillae, ficcari fi ,, cbendrilla ficcetur, corrumpi viro fi corrumpatur. Quaprcpter , ,fub carnino exficcanda pmatur paulo pofi hujusmodi atta. tum ,,chondriiia tuberofa." boue 1. c. Cap. XI. S. 3. Voyez ci-après un autre exemple, note (»'/)•
- (y) ,,Repcrier in Libro de Lampade Vitae, ex para-jjCEIsOj Veram magntticam ctram plurium morborim para ,, hydrepis, podagrae , uttri vc. fanguinem calentm-aegri ,,includtndo tefiae , ovique putamini quod fovtnd-.m exponitur-, ,,<y camions admiftum fanguinem hune, cani efarienti, vil
- z + ../«/
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- 3(5a Réflexion fur le Magn. Anim. Définitions y
- \[ù dabis ; maxque aegritudo abs ti in Canem trahitur ex abit". HEtMONT l, e. §. 20. ,, Radix Carlina (quai Chamatleontis
- ,1 c/2,1 plena facto ex viribus emulfa, roumiac humante cônes tempirata, tanquam fermente ex hotnim, cujus umbram pri-„to, vires ex robur natterais in te trahit ibid. §. a y. No-,, tez que cet Auteur entend par mumia, ou Virtus mumi-,,alis, fpirittis inftus ex confermenfatus, in vt enedis corpo-,, rib'ts fupsrjks §. i. Boyle allègue deux ou trois exemples de ce genre 1. c. 4 ;, l'un d’après saimuth d’un Jiorome qui foulfrant de terribles douleurs au bras, y appliqua une poudre de corail rouge 8c ’tle feuilles de Chcnc ; jusqu'à ce qu'il eut produit une fuppuration : er.fuite jl pofojf le matin ce mélange dans un trou qu'on avoit creufé à la racine du Chene, à l'Eft, 8c ferma le trou avec un morceau du même bois : fur le champ les douleurs ceffèrent: mais ils revenoient dès qu'on enie-voit cette amulette de ce trou. Boyle allègue cet exemple en preuve de la guérifon de maladies par transplantation. Il cite ausfi d'-après * ivenius l’exemple de deux Dames auxquelles un panari au doigt faifoit fouf-frir de violentes douleurs: elles en furent guéries pour avoir tenu le doigt dans l'oreille d'un chat: mais ces douleurs pafferent au pauvre animal qui jetta les hauts cris ibid. §. 6. 7. Borec rapporte que les Gouteux éprouvent un grand fonlagement en couchant avec de jeunes chats, dans lesquels la goûte palfe, de façon à les rendre perclus §. 8. Flud rapporte qu'un homme tourmenté de colique en fut guéri en appliquant, un Chien vivant fur le Ventre; mais le Chien gagna la colique; une fermante tourmentée du mal de dents appliqua un Chien fur la joue: la douleur fe calma 8ç paffa au Chiçn. ibid. 5.10.
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- expof. des différentes cfphces deMagn. Animal. 361
- feu appliqué au Sang (z), au Lait (aa), ou même aux déjeétions humaines {b b) faifoit un effet
- (t) Voyez plufieurs des notes précédentes: ajoutez ce que boy le rapporte de panakola qui dit qu'une pièce d'étoffe imbibée de fang & mife fous les cendres chaudes fait ceflcr les Réglés: 1.. c. §. 3.
- (aa) ,, Millier Maclans infaxtim, quo citiut ultra phi „ flirilesouu in prunus lac ernuhet v inox ultra fiaccesctmt.’’ helmont p. zi. répété par wirdig 1. c. Cap. 27. §. z(S. d x g b y rapporte que fi du lait qu'on fait bouillir tombe dans le feu, la Vache à laquelle il appartient en reffent des douleurs au Pis; & il le rapporte comme une tradition populaire, établie en Angleterre, & que les Payions croyent rbmedier au mal en jettar.t une poignée de fel dans le Feu : il ne lui en coûte rien d'expliquer le mal, & le remède.
- (44) ,, Si quis ai opium tuum cacaverit, idque prohihtre ., intendas, ignrm ferri reetnti excremtnto firpergruito, mox ptf ,,mlwnetismnm Natilus fcaliofus cacator pet. Igné {c: torrentt ,, txcrmuntum, ey top-irae acrimoniam quap dorfo rnagnetico ,, ( c. a. d. le pôle auftral ) in anum impudentem propelleru.o’' hetmont 1. c. §. 2t. bigby renchérit fur ceci par quelques traditions en confirmation desquelles il allègue l'exemple fuivant. L’Enfant d’un de fes amis fe trouva incommodé de fièvre, & fes déjeétions au lieu d'être naturelles n’éioient qu’une glaire un peu fanguinolenté; On ne favoit à quoi attribuer certe incommodité : mais D1G p.y fe relfouvint qu’il avoir vu quelque tenu auparavant que la Nourrice avoit jerté au feu une lange que l’enfant venoit de falir. 11 ne lui en fallut pas davantage Z 5
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- 3 <5a Refit sons fur le Magn. Anim. Définitions fc?
- effet fenfible fur la perfonne à laquelle elles avoient appartenu s & l’on expliquoit tous ces effets parle Magnétisme Il eft certainement
- pour regarder ce fait comme la caufe du mal. Ordre de ne plus jetter des langes falies au feu : mais d'expofer les déjeiftionsà l'Air frais: 8c l'enfant, qui avoit une légère inflammation à l'anus, fe trouva guéri fans autre remède au bout de deux ou trois jours. Voila une forte preuve : eoyle confeilla à un de fes amis tourmenté d'un Calcul, & d'un ulcère à la vesfïe, de mêler de la poudre de fympathie à la matière purulente qu’il rendoit avec les urines : les grandes douleurs diminuèrent, 8c le malade éprouva un grand foulagement pendant plus d’un an 1. c. J. 2. Une dame de fes amies fut guérie d’une jaunifle par le même moyen , § 4. II confeilla à un médecin , attaqué d'un marasme obiiiné, d'employer la médecine magnétique. Celui-ci fit durcir un Oeuf dans fon urine encore chaude, 8c ayant fait plufleurs trous à la coque, 9 le cacha dans une fourmilliète, pour l'y huiler dévorer par des fourmis : à mefure que celles - ci le dévoraient, 9 fentit diminuer fon mal, 8c fes forces renaître. ilid. §. y.
- (.ce) Voici comme van heimont s'exprime en divers endroits : ,, RelintjM curas aegritudinum ijuas arcanum ss fanptints humani ifagneiice ptrficit. §. 28. Kctandum in ss Vulnerc non felum continus fis ri folut ionem, fed fimul hitrt-ss ducs exoticam qualitatem, mde labra vulneris indignât a mox ss affluant, apoft.mantur. ------- Magnetismus igitur ht jus un-
- is pusses trahit peregrinam illam Aispofstionem ex vulnert. §. „ 71. Tompejlivum eft pro.itrt caufam proximans Magnetismi
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- «xpof. fa différentes efpkesde Magn. Animal, 363
- ment étonnant qu’un homme comme van he l mont ait pû citer dp bonne foi les exemples, qu’il allègue pour appuyer fes alertions (dd) : ill’eft au moins autant que boylb;
- ait
- ,, in Unguento. —— In fanguine eft potestas quaedam exfta-,, tien, quae fi quan U or dent i defiderio excita fuerit, etiant ,, ad tbftnt aliquod objtcbtm, erterierit hominis [piritum, de-n ducendo fit : ta autan poteftas in txterieri homme latet, vehit ,, in potentia : nec ducitur ad aClum ni fi excitctur, acctnfa „ imaginationc ferventi defiderio , vel acte aligna pari. Vorro ,, ut fanguis quodammodo corrumpitur, tune fi ejus po'eftates „ ornais , fine pravia imagitionis excitationt, qttae antea in ,, potentia crant, [ponte in aClitm deducuntur ; corrtpricne nam-„ que gravi , v'trttes feminalis, alias torpens v fterüis, in ac-
- ,, tum erumpit.-----------Igitur cum vulnus, aeris ingretfit,
- ,, qualitatem adverfatn admiferit, torde mox fanguis in latrie „ aeftuat, v alias puruletuus evadit ; contingit fanguincm in ,, culture retenti, proptir diBam qualitatem exoticam, aliqua-,, lis corruptionil jam initia ingredi ( qui etiam in pqxillum „ fuite ajfumptus unguento magnelico oblinitur, ) quo médian-„ ta, corruption»,- initfo ; poteftas exftatica, in fanguint „ iatens potcntialiter, in aSlum deducitur : qttae quia ad ,, Èorpus fuum redix eft , rations latentis eClafis, hmc fan-„ guis ifte ad fanguincm totitts fui indiriduum respeclum gerit, „ Tune nimirum Magnes m unguento cperari fatagit, & mes „ aliante potentia exftatica (fie voco etymi penuria) ex-,,/ugit noxain e labris yubteris, et tandem virtutt. tmmiali,
- balfamica, w attralliva in unguento acquifita , magnétismes
- ,ypirficitur." §. 76------ 81.
- _(dd) Voyez 11: ce: 5. 13, 33 > 4S* Nous ne rap-por-
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- Réflexions furie Magn.Ânim. Définitions
- ait ajouté foi à phifieurs prétendus faits pareils, & qu’il en ait recueilli /ans examen, fans critique, un aflez grand nombre, dans un écrit d’ailleurs trcs-eftimable (ee) : il l’eft plus encore que le célébré Chancelier bacon (_ff) n’ait pas employé fur toutes les parties de ce fujet le discernement exquis dont il fe fenroic avec tant de fucccs pour reconnoître l'erreur, & établir la vérité, & qu’il ait donné lieu à pou-
- portons pas ces exemples, parce qu’ils n'appartiennent pas fi direâement à notre fujet : le premier eft rapporté aoffi par d i g b y , mais avec un air de doute , qu'il mérité certainement à tous égards.
- • (a) Voyez furtout les Chap. X. XI. XII. de l'Ouvrage que nous avons cité fi fouvent. On fouhaiteroit que ce Phyficien eut fait une discusiion motivée des Faits, & qn'il eut montré plus de discernement dans ceux dont il fait ufage : p. ex. pour confirmer les Exemples de Transplations de maladie qu'il allègue, & dont nous avons parlé notes y & U ,* * il allègue le cas d'un jeune homme attaqué d'écrouelles, & qui fut guéri par un Chien, qui lêchoit continuellement les ulcères : ce Chien fe trouva par-là incommodé d'une tumeur au Col, Mais ce cas n'eft rien moins que parallèle aux précédens, où il n’y avoit pas de playe, où les animaux n'avoient pas fuccé, & par-là même transporté dans leur Corps une humeur contagieufe.
- (ff) Voyez Sylva fylvarum $. 9;, 98, 971 , $7i—999, le ci - deffous note
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- tptpof. des différente efpïces de Magn. Animal. 365
- pouvoir être cité par les Partifans de cette Doctrine. Mais qui pourrait croire que jamais phylicien ait pû fonger à donner à toutes ces idées vagues, & qui ne formoient aucun Corps de fcience, l’enfemble qui leur manquoit, & à compofer un traité complet & méthodique fur la Médecine magnétique ? C’eft pourtant ce qui a été exécuté par un Médecin Anglois nommé Maxwell, qui a renfermé dans douze propofitions rangées très - méthodiquement, & qu’il démontre, ou prétend démontrer, avec beaucoup de foin, dans la première partie de fon ouvrage, tous les Principes théoriques fur lesquels la Médecine magnétique efl: fondée (gg). Il explique dans la fécondé, les Pré-
- (gg) Medicina Maçpetica imprimée en 1679 in il M. M. ANDRr&THOüRBTOrit raifon de nommer le 'Mav-
- plus extravagantes erreurs auxquelles la do&rine du Magnétisme ait donné lieu : mais il n’y a rien dont on no puiffe venir à bout au moyen d'une imagination fougueu-fe, & d'idées purement Théoriques : On arrange enfuite les Faits comme on peut : on trouve entr'eux une liaifon qu'ils n'ont point : on y voit ce qui n'y eft pas. II fer* curieux de voir quelles font les propofitions de M. m a x-wul & de quelle façon il a fû mettre en fyfième la doctrine de hb. imqnt, dont on a vil une partie dans la
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- g6<5 Réflexions fur le Magn. Anim. Définitions &
- Préceptes néceflaires pour la pratique. Nous ne nous arrêterons pas à cet Ouvrage, pàrce-qu’il
- note (te). Ces propofitions étant très-peu connues 8c courtes, nous allons en donner la traduction.
- I. l’Ame n'eft pas feulement dans le Corps qui lui eil propre, mais hors de ce Corps; 8c elle n’eft pas dreon-ferite par le Corps organique.
- . , l'Ame agit hors, du Corps qu'on nomme ordinairement le lien propre.
- 3. Il fort de tous les.Corps des rayons Corporels, fur lesquels l'Ame agit par fa préfence, 8c auxquels il ‘communique la faculté 8c le pouvoir d’agir. Ces rayons ne font pas feulement Corporels, mais il ÿ en a de toutes les parties du Corps.
- 4. Ces rayons qui fortent des Corps des Animaux, font doués d'un efprit vital, par lequel ils commuiü-quent les' opérations de l'Ame»
- 5. Les excrémens des Corps animaux retiennent une portion d'esprit vital, 8c par conféquent on ne fauroit leur refufer la vie. Cette vie eft de même espèce que la vie animale, ou elle eft propagée par ia même ame.
- . Il y a entre le Corps & les excrémens qui en proviennent une cliaine d'esprits ou de rayons, quoique les excrémens foyent fort éloignés du Corps : 8c il en eil de même des parties réparées du Corps 8c du fang.
- 7. La Vitalité dure ausfi longtems que les déjections, ou les parties féparées, ou le fang, ne font pas changées en Corps d’une nature différente.
- 8. Dès qu’ une partie' du Corps eft malade, ou que l'esprit ail lefé, toutes les autres parties en fouffrent.
- 9- Si
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- txpof. des différentes efpices deMagn. Animai. 367
- qu’il ne contient ni faits ni obfemtions, quoiqu’il pût d’ailleurs fournir matière à un grand nombre dé réflexions philofophiques fur plus d’un Objet.
- §. 13. Il eft digne de remarque, comme un homme célébré l’a judicieufement obfer-vé (hk), que dans la controverfe qui s’eft élevée le dernier fiêcle, au fujet de la Médecine magnétique, les adverfaires de cette Doftrine n’ont pas attaqué la vérité des Faits : ce parti eut certainement été plus fage, plus philofo-phique, que de fuppofer les faits fans examen , & d’en attribuer la caufe à l’influence de gé-
- 9. Si l'efprit vital eft renforcé dans quelque partie, celle-ci eft fortifiée par l’aétion fur tout le Corps.
- 10. Là Où l’efprit eft le plus libre, il eft le plus promptement affeété.
- 11. l'Efprit n'eft pas ausfi enveloppé dans les déjections, dans le fang &c. que dans le Corps, & par con-féquent il y eft plus promptement affecté.
- 12. Le mélange des efprits fait la compatfton : de cette
- Il eft aifé de fentir quelle eft l’application de ces principes au Faits, ou prétendus Faits, dont nous avons parlé.
- (hh) M. hahn , Profeffeur à Leide, dans la belle pré-faee ,(p. 52.) qu'il a mife au Traite de M. schilling
- ù Lt/ra.
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- 368 Réflexions, fur le Magn. Anim. Définitions 6?
- niesmalfaifans, car on ne fauroit conclure de cet aveu tacite de leur part, que les Faits ayent eu le degré d’autentieité requis. ,Ces Faits, tels que leurs partifans les ont laiflcs par écrit, font en petit nombre, vagues, peu détaillés, fouvent fondés fur des rapports, en un mot destitués de tous les Càraétères qui feroient requis pour les faire admettre, quoique les preuves les plus multipliées, les plus fortes, les plus circonftanciées n’euïïent pas été de trop pour établir des faits peu croyables par eux-même. Ausfi n’helitons nous pas ijji moment .à les reléguer la plupart dans la clafle des faits malvus, ou controuvés, & à nier-les con? clufions précipitées qu’on a tirées d’autres faits, qui peuvent avoir été vrais, mais entre lesquels on a admis une liaifon qui n’exiftoit pas néceflairement entr’eux: une hémorragie celle: voila un Fait: on a brûlé, ou cous eit de cendres, un linge imbibé du Sang du Malade: voilà un autre Fait; mais où eft la preuve que ce fécond Fait ait été la caufe du premier? c’eft pourtant un raifonnemenp qu’on n’a pas craint d’admettre : On frotte des Verrues avec un morceau de Lard, quelques tems apès les Verrues tombent: c’eft un Fait: On expofe ce Lard au Soleil, & on l’y laifle pourrir: c’eft un Fait : Mais s’enluit-il que la pourriture de
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- ekpof. dis différentes genres de Magn. Animal.
- ce Lard ait été la caufe de la chute de Verrues? C’eft pourtant ce qu’on n’a pas craint ( n ) de dire : & nous fommes fâchés de le dire* c’eft: b À c d tï qui à fait un pareil ràifonhe-rhentj lui, qui avouoit pourtant ne pouvoir ajouter Foi àü Faits qu’on rapportait fur les effets de l'onguent vulnéraire de p À R a c ë l-S e , quoique ces faits lui fuflent racontés par des gens dignes de .foi (kk). 11 fentoit combien
- ..(if) Sylva Syharum $. 557. Après avoir dit qu'il eft connu qu'on guérit des Verrues, fi oti laiffe pourrir le? matières dont on les a frottés, il ajoute qu'il en a fait fur'lui-même l'expérience: qu'il aVoit depuis fon enfance ufae verrue au doigt, & qu’ étant à Paris, il lui en vint ebçore un grand nombre : que l’epoufe de l'Am-bafladeur d’Angleterre entreprit de les guérir en les frottant avec de la graille de Laid : qu'en fuite elle fuspen-dit ce Lard hors de fés fenêtres au Soleil, pour l’y lais-fer pourrir, & que le fuccès de l’opération fut qu'm Jepi meis ,le ttm tontes fes verrues disparurent; Voilà le Fait : mais comment peut-on en bonne Logique conclure que la pourriture du Lard a été la caufe du Fait ? Çé Lard n'aura futement pas .mis lept tnois à fç pourrir 4 comme il en a fallu fept pour la guérifon des Verrues. On peut voir dans les Notes précédentes de pareils rai-fonnemens;
- (**) L. c. $. 998. Voici quelques unes des réflexions
- que tkCON fait dans ce §. ,,Invahdt apud flurin/ts iS ofmio , ftrrc, v quicquiJ yulnus infiixit, muntlt, yulnus
- T O M E IÎ. A a
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- 370 Rtfi*xions fur le Magit. Anim. Définitions &
- bien il écoit facile de fe tromper fur des faits de ce genre.
- §. 14. En general, l’argument, pour me fer-vir'
- ,,fanari: Ex rilaris viri fide dignifjtmi ( qsiamquam hatle--, nus ind*ci nequeo ut cred.im expérimenté) lutte fefientiM ,, netabis I. Ungiientum aimarium confiare variit ir.grediin-,,tibus, intir quai admiranium maxime & comparant difficile ,,lhnum, mus eus ix cranio cadavtris infepulti, fmguedo urjae, ,, er urfa in parla enecata. In duobus poflerioribus facile fut-,,pieor quaefitutn ijfe refugjum , ut, Ji non fuccederet cura• tio, praetendi posfet, befiias. non ftlisfe cccifas fuo ttrn-
- s, pore. ------ 3. ( quoi pcrplaeet ) ad confeplionetn unguenti
- ,, non riquirunt certam confiellationem, ujitatum ignorantiae la-„tibulum in medicamentis magicis : fi frufirentur non praepa-,,rata fitijfe fub 10 figno , quoi!, in cash , confiflioni defitna-,, tur. —— Sexto afférant, fs annorum copia noti detur, fuf-,, ficcre fi inflrumtntum ferreum, ligneumve , formai non dis-,, fimiiis, vulneri inferatur, ut fangu’mem mittat : cujtu in-,, undio nique ad curationem momentofa, lllud ccnfitlum puto, ,, ut mira fanandi ratio magie expetatw, v ufarpetur, cum
- ,,faep'tus arma defint.'------Uithno f curatio in htmine vbt-
- ,,fiia f attira tfi pari fitccejfu ; quo prae caeteris mihi arridet, ,, cum facile rota res exflorari posfit.” Malgré ces réflexions très - philofophiques, 8c ces doutes fur plufleurj points efTentids, bacon ne pavait pas avoir entièrement reietté tout ce qu’on difoit des guérifons opérées par l'Onguent armaire; car il dit an milieu de l'artide que nous venons de citer : „ atqtu hadenus experitntia ttftit i refit unguento ex. gr. ah fierfo ab arma, ignorante vulnc-jt'ose, ricruiuijfc délires, donec arma iteru/n inungucrirtur.”
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- txpof. des différentes genres de Magn. Animal. 371
- vir un moment des termes de l’Ecole, l’argument poft hoc ergo propter hoc, eft vicieux en lui-même : & faux lorsqu’il s’agit de faits ifolés : Ce n’eft que quand on a vû trcs-fouvent, qu’un fait enfuit conftamment un autre, que lei circonftances du fécond font proportionel-les à celles du premier, qu’on a obfervé qu’il exifte entre ces faits une liaifon réelle ,1 quoi-qu’inconnue, qu’on peut admettre qu’un de ces faits eft la caufe de l’autre, & qu’on doit tacher de caraéterifer par des Obfervations fui-vies , les cas qui peuvent faire exception à cette réglé. Mais nous établirons fans héfi-terj & fans craindre d’être desavoués par des Médecins vraiment Obfervateurs , que conclure précipitement, fans autre examen,/»/? hoc, ergo pr opter hoc, eft le propre d’un Em-pyrique, ou d'un homme qui ne fuit dans fâ ‘ pratique qu’une routine aveugle : mais que déduire de toutes les circonftances de tous les Phénomènes, que l’état pasfé & aéhiel d’un malade prefentent, fi les effets qu’on obferve font réellement la fuite d’un remède appliqué : qu’ examiner fi les connaisfances qu’on a déjà des effets d’un remède peuvent faire juger qu’il ferait utile dans de nouveaux cas : que discuter les effets qui refultent de cette nouvelle explication : que combinertou-
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- 37a Réflexions fur leMagn. Anim . Définitions fc?
- tes les obfervations faites pour juger fi l’on en peut conclure que les effets obfervés ont été réellement opérés parle remède appliqué, 8c en tirer , mais avec les modifications que la nature 8t les circonftances des Obfervations requièrent , une réglé, foit générale, foit reftrein-tc par des exceptions : nous établirons, dis-je, que c’eft là le propre d’un Médecin confom-mé, doué d’un genie obfervateur, d’un vrai praticien. C’eft là le feul moyen de faire faire des progrès à la Médecine, de juger de l’efficacité des remèdes, d’établir quelque certitude. Qu’on juge d’après cette réglé, fi nous avqns eu tort d’avoir des doutes fur quelques unes des guérifons qu’on prétend opérées par l’Aimant -3 fi nous avons eu raifon de conclure .^e la- totalité des faits , qui préfentoient conftarüment le pofl hoc, que l’Aimant a quelque aétion fur le. Corps humain : qu’on compare d’aprcs cette règle le Travail de M. M. a n d r y 8c t h o u-r e t , & leurs diseuffions jqdipieufes fur les Obfervations, aux Obfervations éparfes de leur prédccefleurs, & qu’on juge s’ils ne font pas autant fupérieurs à ceux-ci, que la vérité, ou une grande probabilité , le font à l’incertitude , ou à des conclufions vagues ; fi ce n’eft pas à eux qu’on eft le plus redevable des lumières que nous avons aftuellement fur ce fu-jet:
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- txpof. des différentes genres deMagn. Animal. 3-3
- jet : qu’on' juge enfin d’après cetté réglé les Faits allègues en faveur du Magnétisme établi par Paracelse & par van helmont,
- & qu’on dife s’ils méritent la moindre crédibilité? Nous rejettons donc entièrement ce Magnétisme & toutes les applications qu’on en k faites à l’Economie animale, 8c à laMédeçirie.
- '§. 15. Mais quelqu’imptopre que fbît la dénomination de Magnétisme, dès qu’on Implique à des A étions dans lesquelles l’Aimaht n’a aucune part : quelque (oit le discrédit dans lequel la Médecine Magnétique de par a-c e l s e eft tombée, 8c a dû naturellement tomber, dès que la Philofôphie mécanique de d e s c a r t e s fût généralement reçue, & qu’elle eût commencé à dominer en Médecine , avec un empire plus qu’abfolu, 8c même après que cette Philofophie a fait place à une Pbilofophie & à une Médecine plus (âges, plus réèlles, mieux fondées fut la 'Nature, on n’a pas craint de renouveller dfe nos jours les Principes d’un Magnétisme uni-verfel, 8c d’une Médicine magnétique,, quoiqu’on les ait confidérês fous de nouveaux points de vue. Le Magnétisme de Paracelse 8c de VAN b EL MO NT dont nous avons parlé jusqu’ici, ne feroit, en le fuppolimt A a 3 réelv
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- 374 Rejltxions fur leMagn. Anim. Définitions £#
- réel, qu’un Magnétisme pour ainfi dire purement matériel , ausfi indépendant du fait & du pouvoir de l’homme, que l’effet d’un Médicament eft indépendant du Médecin qui l’a ordonné : & c’eft en ce fens que van h e l-m o n t a dit avec raifon que la Nature même opère la guerifon d’une Blesfure, que le Médecin n’en eft que le Miniftre {II): que ce n’eft pas l’emplâtre qui régénéré les Chairs : mais qu’il fiiffic qu’elle écarté les obftacles qui s’oppoferoient à leur régénération. Mais de nos jours, on a attribué au Corps animal, un Magnétisme, un pouvoir magnétique, de pendant dans l’homme à bien des égards de fa Volonté. Examinons d’abord la queftion prife dans le fens le plus général, .le plus précis, & dénué de toutes les circonffances étrangères au fujet..
- 5. 16. Le Corps animal eft-il doué de la faculté -d'agir fur un autre Corps animal fim-plement par fa préfence , fans attouchement, faut
- (U) L. c. $. 71. „ , médiats illias sa
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- •expof des différentes genres de Magn. Animal. 375
- fans communication immédiate, fans intermède quelconque qui tombe fous les feus, 6c poflede-t-.il par conféquent une force qu’on pourrait nommer. , mais dans un .fens très - figuré, Magnétisme animal, parce qu’elle agit fans intermède fenfible fur le Corps animal, comme l’Aimant agit pareillement fur le Fer : le Corps animal pofféde-t-fl cette force fans l'avoir préalablement reçue d'autres Corps par communication? & l'Homme peut - il dispefer de cette force à volonté, agir à volonté, ou ne pas agir fur d'autres Corps , (A communiquer à fes femblables, tu cette force même , ou la manière de mettre en aélion, & A éveiller pour ainfi dire, celle qu'ils posfédoient déjà, mais dont ils n’avoient pas la confcitnce? Voila fans doute des quefti-ons très - importantes, qui méritent un examen d’autant plus ferieux que M. mesmer prétend être poflèfleur d’un pareil Magnétisme t & pouvoir agir par fon moyen fur les autres hommes d’une manière, qui pafle de beaucoup les bornes qu’on croyoit devoir mettre jusqu’ici au^pouvoir humain.
- S r l’homme posféde réellement quelque force de ce genre, & fi on la nomme , ou croit pouvoir la nommer en un fens figure, Magnétisme animal, ce Magnétisme (era certainement le plus haut point de perfeétion Aa 4 que
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- ’Çj.ô Réflexions fur le Magn. Anm. Befinitwts&l
- gue puiflè atteindre toute force du Corps a.r nimal, qu’on pourroit nommer. Magnétisme animal, foit au proprej foit dans une extension quelconque du fens propre, foit au fefts; Se plus figuré.
- §. 17. Les discusftons dans lesquelles nous venons d’entrer font voir, comhien il étoit néceffaire d’analyfer les différens fens qu’on peut donner à cette expresfion indéterminée, Magnétisme animal', d’examinçv jusqu’où l’on peut attribuer au Corps animal quelque Magnétisme, felon les diverfes idées qu’on peut attacher à ce mot, qu’on y a réellement attachées , & qui font affez différentes polir qu’on puilie dire qu’on entendoit par Magtté-tisme, Magnétisme. Animal, des forces, des qualités de genres très-differents, & d’une nature qui ne leur laiffoit rien de commun. C’eft ce qui paroitra plus clairement encore par l’ex-pofition que nous allons faire du fyftème de. M. mesmer} fyftème. qui-, confërvant toujours lç nom de Magnétisme animal, a cependant paffé fueceslivement par les différens dé-grés que nous avons pris, loin de faire connoi-tre. Jettons un coup d’oei) rapide, ftir ces çhangemens du fyftème, pour en venir enfui-te à celui-ci que' M. mesmer a adopté en.
- dernier
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- Expofttlon du Sÿfihne de M. m es m é r. ' 377
- dernier lieu, & qui répond à l’état de la question, tel que nous l’avons établi dans le §. précédent. '
- 5. 18. Aucomrnencement M. hesmek je fervoit de l’application- de l’Aimant, 5c de V Aimant porté en amulette: & fous ce point de vue les opérations pouvoient être nommées lin effet du Magnétisme Animal ^ dans la première extenfion , & l’-ëxtenfion la moins impropre, que nous-tJâvons donnée au fens du mot Magnétisme. ^'•7.
- Mais peu à peu M. Mesmer mêla des idées théoriques à cette pratique, qu’il dirigea en conféquerice de certains principes qu’il adrtiettoit, & par-là même il donna au Magnétisme animal une extenfion plus confidéra-ble, 5c un fens encore, plus éloigné du fens primitif. Nous reviendrons dans le $. ao. aux principes fondamentaux de tout le lÿftème : mais nous expoferons ici celui qu’il fiiivoit encore dans le tems qu’il employoit des Aimans , 6c nous croyons né pouvoir mieux faire que de nousfervirdes termes de M. M. andry 5ç thouret qui ont eu foin de comparer, d’analyfer tout ce qui- a été publié fur ce lu-jet ,• 5c qui nous ont donné dans l’Histoire intévesfantç qu’ijs ont tracée du Magnétisme Aa 5 Mé-
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- , 378 Réflexions fur le Magnétisme jtnimal.
- Médical, des preuves d’une exijéritude .& d’une impartialité auxquelles il ferait difficile de rien ajouter. Voici comme ces :Phy_ficiens s’expriment au fujet de cette fécondé époque . des travaux de M .,i4-E s m e r . .
- „ M. m e s m B R. rappelloit à quelques maxi-,, mes fondamentales les divers procédés qu’il ,, avoit découverts., & à l’aide desquels il ,, croyoit être parvenu, à déterminer fur quel-„ les parties, en quelle quantité, dans quelle „ direction, avec quelles précautions, on doit „ appliquer l’Aimant. Suivant lui, l’écoule-„ ment magnétique devoit être harmonique, „ uniforme & gonflant, dirigé fpécialemcnt „ fur la partie qui n’étoit pas harmonique, & „ déterminé vers les parties inférieures. Dans „ l’application des Aimans , il- recommandoit „ de les diftribuer également de chaque cote „ aux extrémités inférieures &,fiipérieures; & „ fur le milieu du Corps, comme le long de », l’épine, où on les applique un à un; de les „ placer préférablément vers l’origine des „ Nerfs des parties malades. Presque dans tous „ les cas on devoit alors, félon lui , en atta-„ cher de courbes fous les genoux, ou d’ellipti-„ ques fous la plante des pieds. Dans les cram-„ pes d’eflomac & les vomifTcniens, on en apis pliquoit un figuré comme jun coeur, & dans les
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- Expfitm du Syjfème de M. M * s M E R
- les coliques un pareil fur le nombril. Dan9 „ les fujets irritables M. mesmer avertiffoit „ de n’en point appliquer fur la Tête, mais „ fur la nuque, ou au devant de la poitrine, 8c „ dans tous les cas où l’on en y auroit appli-M que,, d’en.placer ausfi aux parties inférieur „ rçs. Il recommandoit au relté de porter les „ Airoans le jour 8c la nuit, de les ferrer étroi-„ tement fur la peau. Non feulement il en „ augmentoit le nombre pendant l’acçès, fuis ,, vant les circonftances-, il confeilloit encore^ „ d’en porter conftammçnt quand on étoit par-> t,. venu à lçs disfiper-
- §. 19. Non content de fe fervir de l’Aimant 8c de l’appliquer félon fes, idées théoriques, M. mesmer fit un pas de plus. Il prétendoit que la vertu magnétique pouvoit être communiquée de l’Aimant au Corps humain, lequel fe trouvoit en état par-là d’agir, foit fin- l’Aiguille aimantée, comme le feroit un Aimant, foit fur le Corps humain: il ad-mettoit donc alors cette efpèce de Magnétisme animal, improprement ainfi nommée, dont nous avons parlé ci-deflus (§. 5.), 8c dont M.
- M. STEIGHLEHNER 8C KLINKOSCH
- ont démontré l’illufion 8c le faux.
- £ n 1776 le fyftème de M. mesmer
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- 380 Réflexions fur le Magnéiistiie Animal.
- changea de face. Depuis ce tems ce Médecin s’clt interdit tout lifage de l’Aimant, 8c il pa-ioit avoir donne en 1778 à fon fyftcme du Magnétisme animal, pris dans le dernier fens que nous avons attribué à ce mot, & dans le fens îc plus impropre, toute l’étendue dont il étoit fusceptible. C’eft de Ce fyftème ainli perfectionné qu’il s’agit de rendre compte. L’Auteur lui - même l’a réduit à vingt-fept propofi-tions qu’il a publiées en 1779 dans fon Memoi-^ re fur la découverte du Magnétisme Animal, 8f dérechef en 1781 dans fon Précis hiflortfue des faits rélatifs au Magnétisme animal. Nous allons préfenter ici ces proportions, 8c nous y ajouterons, en forme de Notes, les articles de ce dernier Ouvrage qui peuvent leur fervîV d’exterifion on d'éclaircifleraent. Nous ferons enfin quelques réflexions fur les différentes parties de ce Syftème, fiir les preuves qu’on en a données, fur le genre d’évidence dont elles font fusceptibles, enfin fur le degré de confiance que tout ce Syftême peut mériter aux yeux de perfonnes non prévenues 8c qui cherchent fincèrement le Vrai.
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- Expofition duSyJihme de M. mesmek. 381 PROPOSITIONS DE M. MESM'ER.
- §. ao. i°. Il exifte une influence mut-telle entre les Corps celeftes, la T erre, 8c les Corps animés. (A).
- a°. Un Fluide univerfellement répandu, 8c conftitué de manière à ne fouffrir aucun vui« de, dont la fubiilité ne permet aucune com-paraifon, & qui de fa nature eft fusceptible de recevoir, propager, 8c communiquer toutes les impreslions du mouvement, eit le moyen de cette influence.
- 30. Cette attra&ion réciproque efl: foumife à des
- (A) ,,Je donnai en 1766 une Disfertation de l'In-, ,,fluence des Planètes dans le Cerfs humain: j'avançai d’auprès l.es Principes connus de 1’attraCtion univerfelle, ,,conftaiée parles Obfervations , qui nous apprennent. ,, que les Planètes s'affectent mutuellement dans leurs ,,"orbites, & que la Lune & le Soleil caulent & dirigent fur notre Globe le Flux & le Reflux dans la ,,Mer, ainli que dans l’Atmosphère; j’avancois, dis-,,je, que ces fphères exercent aufli une a fi ion directe ^.fur toutes les parties conllitutives des Corps animés,' ,, particulièrement fur le Syjttme nerveux, moyennant un ,, Fluide qui pénétré tout. Je détèrminai cette action ,, par l'iNTBNSION & L* REMISSION des pro-,, prietés de la matière & des Corps erganifés, telles que ,,la Gravité, la Ce/iéfion, YÉlaJIicité, \'lrritabilité, Y Élu-
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- 3 8a Réflexions fur te Magné thyne Animal.
- i des I.iOix piécaniques, inconnues jusqu’à prefenr.
- 4°. Il refulte de cette aéfcion, des effets alternatifs, qui peuvent être confidérés comme un flux & reflux (B)i
- 5°. Ce flux êc reflux 'eft plus ou moins géné-fiil, plus ou moins particulier, .plus ou moins compofé, félon la nature des caufes qui le déterminent.
- 6°. C’eft par cette opération ( la plus unl-vcrfelle de toutes celles que la Nature nous offre ) que les relations d’aétivité s’exercent entre les Corps celeiles, la Terre, ' & Tes parties conftitutives.
- ?°. Les propriétés de la Matière & du Corps orgmifé dépendent de cette opération.
- 8°. Le
- (B) ,, Je foutenois que, de même que les effets al-j, térnatifs , à l'cgard de la gravité ptoduifent dans la Mer „ le Phénomène fenlible que nous appelions Flux & 7li-
- stflux, l’ifJ TENSION & 14 REMISSION desdi-
- 99 tes propriétés, étant fujettes à l'aélion du même Principe, occafionnent dans les Corps animés des effets „alternatifs, analogues à ceux qu'éprouve la Mer: par „ ces conlidérations j’établiflbis que le Corps animal „ étant fournis à la même aétion , éprouvoit ausfi une 9, foite de Flux en de Btflux. J’appuiois cette> Théorie 9, de différens exemples de retours périodiques.” p. 79.
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- Expofitùn du- Syfteme de M.mesmer. 383.
- 8°. Le- Corps animal éprouve les effets alternatifs de cet agent, & c’cll en s’infinuant dans la fubftancc des Nerfs qu’il les affeéte immédiatement. -1-' :
- 90. Il fe manifefte particulièrement dans le Corps humain des propriétés analogues à celles . de l’Aimant : on y .diftingue des Pôles également divers & oppofés, qui peuvent être' communiqués, changés, détruits, & renforcés : ïe Phénomène même de l'Ijjclinai-fon y eft obfervé.
- io°. La propriété du Coips animal qui le rend fusceptible de l’influence des Corps célestes , & de l’aftion réciproque de ceux qui l’environnent, manifeftée par fon analogie avec l’Aimant, m’a déterminé à la nommer Magnétisme animal (C).
- u°. l’Aûi-*
- (C) ,, Le MAGNÉTISME ANIMAL eft UI1 I*p-,,prochement de deux feienaes connues,
- „ m 1 e & la médecine: c'eft moins une découverte -, nouvelle qu'une application de faits, apperçus depuis ,, longtems, à des befoins fentis de tous les temps." p. 1;
- „ par cette expreffion magnétisme animal ,, je défigne donc une de ces opérations nniverfelles de -, la nature, dont Taélion, détermînée’fur nos nerfs, ..offre à l'art un moyen universel dé guérir „ 8t de preferver les hommes." p. -i,
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- g8+ Réflexions fuï le Magnîti'smè Àrûnlat. ,
- 11°. TAâion Sc la Vertu du Magnétisme animal peuvent être communiquées à d’autres Corps. animés & inanimés : les uns & lés autres en font cependant plus ou moins fuscepti-bles (D).
- ia°. Cette aétlofi & cette vertu peuvent être renforcées & propagées par ces mêmes Corps.
- 130. On a obfervé.à l’Expérience l’écoule* ment
- (D) j, Le Magnétisme animal doit être ,, confidéré dans mes mains comme un fixième fcns p. 24; ,, Les fens ne fe défitiffent ni ne Te décrivent; ils fe -, Tentent : il en ’cft de même du Magnétisme Animal : il 3, doit en premier lieu fe transmettre par le fentiment. 3, Le /intiment peut feùl rendre la Théorie intelligible i 3 9 par ex. un de mes malades accoututiié à éprouvef n lés effets que je produis , a, pour me comprendre ? 33 une dispofition de plus que le relie des hommes, p. z6s 33 Je teriterois en vain de donner ma DOélrirte fans au^ ,9tre préalable : je ne fsjois ni écouté ni entendu. 39 Lorsqu’elle fera univerfellement établie, elle ne pré-,9 Tentera dans la pratique qu'uniformité aHx yeux fuper-33ficiels, tandis quelle abforbera toutes les facultés in-33tellcéluelles des perfonnes dignes de l’adminiffrer. Ces ,9 deux conféquences admifes, on doit concevoir par ,, quelle prudence je dois me créer des élèves de qui ,,je puifle être entendu, à qui je puiffe transporter 39 fans danger les fruits de mon Expérience, &' qui puis* '3,fent à leur tour faire de npuveaux Elèves.’’ p. .
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- 1îttpoftion du Syjième de M. mesmer. 385
- ment d’ünc matière, dont la fubtilité pénètre tous les Corps fans perdre notablement de fon activité.
- 140. Son aébion à lieu à une diftance éloignée fans le fecours d’aucun Corps intermédiaire.
- 15°. Elle eft augmentée èc réfléchie par les Glaces, comme la lumière.
- 160. Elle eft communiquée, propagée, & augmentée par le fon.
- 170. Cette vertu magnétique peut être accumulée, concentrée, & transportée.
- 18°. J’ai dit que les Corps animés n’en é-toient pas également fusceptibles : il en eft même , quoique très-rares, qui ont une propriété fi oppofée, que leur feule préfence détruit tous les effets de ce Magnétisme dans les autres Corps.
- 190. Cette vertu oppofée pénétré ausfi tous les Corps : elle peut être également communiquée j propagée, accumulée, concentrée, & transportée, réfléchie par les glaces & propagée par le fon 1 ce qui conftitue non feulement une privation, mais une vertu oppofée pofitive.
- ^o0. l’Aimant, foit naturel j foit artificiel, eft, ainfi que lés autres Corps, fusceptible du Magnétisme animal, & même de la vertu oppofée, fins que ni dans l’un, ni dans l’autre
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- 386 Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- cas, fon aâiop fur le Fer 8c l’Aiguille fouffre Aucune altération : ce qui prouve que le Prirw cipe du Magnétisme [animal] diffère eflen-tiellement de celui du [Magnétisme] minera (E).
- ai0. Ce Syftcme fournira de nouveaux é* clairciiTcmens fur la nature du Feu & de la Lumière} ainfl que dans la Théorie de l’Attraction, du Flux 8c du Reflux, de l’Aimant 8c de l’Éle&ricité.
- aa°. Il
- (E) „ J'avois confié en 1773 au p. heu Jéfuite, & ÿjProfelîéur d’Allronomie à Vienne, quelques Effais. „ néceffairement informes, de mon Syilème, pour Jes-,,quels je m'aidois de pièces aimantées, p. il. Je ,, publiai l’exiftence du Magnétisme animal comme efîen-,,tiellement diilinét du Minéral, en énonçant avec pré-,, ci lion : que fi l’ufage de l'Aimant était utile comme con-,, duHeur, il étoit toujours infuffifant fans le fecours de la a> Théorie du Magnétisme Animal p. ix.”
- Elans une maladie dont nous parlerons note (F) M. MiiSMEa a appliqué à la malade des pièces aimantées, pareeque ,,1'aélion de l'Aimant fur le Fer, l'aptitude de ,,nos humeurs à recevoir ce minéral, & les différens „efiais faits tant en France qu’en Allemagne, 8c en ,, Angleterre, pouf les maux d’eltomac & les douleurs 9,de dents, joints à l’analogie des propriétés de cette ,,matière avec le Syflème général, la lui firent confi-,, dérer comme la plus propre à ce genre d’Épreuve." f 81.
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- Expofition du Syjîème de M. mesMer. 387
- aa°. Il fera connoitre, que l’Aimant & l’É-le&ricité artificielle n’ont, à l’égard des maladies , que des propriétés communes avec plu-fieurs autres agens que la Nature nous offre, & que s’il en refaite quelques effets utiles de l’ad-miniftration de ceux-là, ils font dûs au Magnétisme animal (F).
- 13°. On
- (F) M. mesmer ayant été appellé en 1774 auprès ,,d'une Demoifelle attaquée, depuis plufieurs années, ,, d’une maladie convuliive, dont les fymptomes les ,, plus fâcheux étoient. que le fang fe portoit avec im-,,pétuofité vers la Tête, & excitoit dans cette partie ,, les plus cruelles douleurs de dents & d’oreilles, lesquelles étoient fuivies de délire, fureur, vomiiTement ,, 8c fyncope; La Malade avoit fouvent des crifes falu-„ taires , & un foulagement remarquable en étoit la fui-,, te : mais ce n'étoit qu'une jouiifance momentanée & „ toujours imparfaite.” p. Sx. M. mesmer jugea à propos d'effayer ici une application de l’Aimant. ,, Four ,,ffî’aHurer, (dit-il) du fuccès de cette expérience, je ,, préparai la malade dans l’intervalle des accès par un ,, ufage continué des martiaux. La malade ayant éprou-vé le 18 Juillet 1774 un rénouvellcment de fes accès ,, ordinaires, je lui fis l’application fur l'eftomnc & aux ,,deux jambes de trois pièces aimantées d’une forme ,, commode à l’application. Il en réfultoit, peu de tems ,,après, desfenfations extraordinaires; elle éprouvoit in--, térieurement des courans douloureux d’une matière „fubtile, qui, après differens efforts pour prendre leur
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- 3S8 Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- 13°. On rcconnoicra par les faits, d'après les Règles pratiques, que j’établirai, que ce Principe peut guérir immédiatement les maladies des Nerfs, êc médiatement les autres.
- rusf. Qu’avec foo fecours, le Médecin eft éclairé fur l’ufage des Médicamens: qu’il perfectionne leur aétion , & qu’il provoque 8c dirige les crifes falutaircs, de manière à s’en fendre maitre (G).
- if. En
- ,, direction , fe déterminerait vers la partie inférieure , 8c ,, firent ceffer, pendant lix heures, tous les fymptomes ,,de l’accès: l'Etat de la malade m'ayant mis ie lcnde-,, main dans le cas de rénouvelier la même épreuve, ,, j'en obtins le même fuceès. Mon obfervation fur ces j, effets, combinée avec mes idées fur le Syllème gé-,,néral, m'éelair» d’un nouveau jour: en confirmant mes „ précédentes idées fur l'influence de t’agent général , ,, elle m'apprit ;cju un autre principe faifoit agir l’Aimant ,, incapable par lui-même de cette aSlion fur les Nerfs; 81 me ,,fit voir que je n’avois que quelques pas à faire pour ,,arriver à la Théorie imitative qui faifoit l'objet de j, mes recherches.” p. 8l. 1 t
- ,,J’acquis [en 1778] la faculté de foumettré à l'Ex-,,pcrience k Théorie imitative que j'avois pres-,,fentie, 8c qui eft aujourdhui la vérité phyjiqsie la plus ,, authentiquement démontrée par les faits." p. 13.
- (G) ,,Une aiguille non-aimantée mife en mouvoir ment ne reprendra que par haiard une direâion dd-,, terminée ; tandis, qu’au contraire, celle qui eft ai-„ man-
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- Expojition du Syjlîme de M. mesmer. 389
- 45°. En communiquant ma méthode, jedé-montserai par une T.hcoric nouvelle des maladies,
- marnée, ayant rccû la même impulfion apiès diflorf ,, tentes oscillations proportionées à l'impulfion & au a, Magnétisme qu'elle a recA , rettouvera fa première pc-i, lition, 8e s’y fixera : c'eft ainfi que l'harmonie des ,, Corps une fois troublée, doit éprouver les incertitit-,, des de ma première fuppofition, fi elle ji'eft rappeL'ée 11 & déterminée par 1’ a g e n r e t n è u * j., dont je rc-a, connois l'exiftence; lui feul peut rétablir cette haimo-,, nie dans l'état naturel, Ausfi a-t-on vû de tout teins ,,les maladies s'aggraver & fe guérir avec & fans le retours de la Médecine, d'après différais fyftcmçs & le» ,, méthodes les plus oppofées. Ces confideradons ne ,, m'ont pas permis de douter qu'il n'exifte dans la Nature un Principe univerfellement agiffant, & qui, in-j,dépendamment de nous, opère ce que nous attribuons vaguement à l'Air & à la Nature.1’ p. 80.
- M. mesmur crut avoir, en traitant la malade dont nous avons parlé (notes F & E), l'occafion la plus favorable d obferver avec exaétitude le genre de flux & de reflux que le Magnétisme Animal fait éprouver au Corps humain. Le defir de pénétrer la caufe de l'imperfuéUon du lbulagement, qui fuivoit les crifes falutaires que la malade avoit fouvent, „ m’aniénercm, dit-il, au point de ,, reconnoître l'opération de la Nature, & de la pénétrer affez pour prévoir & annoncer, fans incertitude, ,,les différentes révolutions de la maladie. Encouragé ,,par ce premier fuccès, je ne doutai plus de la posft-„bilité de la porter à fa perfeétton, fi je parvenois à B b 3 » dé;
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- 893 Réflexions fur le Magnétisme Animal
- ladies, l’utilité univerfelle du Principe que:je leuroppofe. .
- a6°. Avec cette connaiflance, le Médecin jugera furement de l’origine, la nature, & les progrès des maladies, même les plus compli' quées: il en empêchera l’accroiflçment, 8c parviendra à leur guérifon, fans jamais expo-fer les malades à des effets dangereux, ou des fuites facheufes, quels que foyent l’age, le tempérament, 8c le fexe : les femmes mêmes dans l’état de grofleflej 8c lors des accouchc-mens, jouiront du même avantage ( H ).
- a7°. Cette
- ,, découvrir qu’il exiflât entre les Corps qui compofent ,, notre Globe une aétion également réciproque & fem-,, blable à celle des Corps céleftes, moyennant laquelle », je pourrais imiter artificiellement les révolutions périodiques du flux & reflux dont j’ai parlé.” p. 8i.
- ( H ) „ 11 eft prmiyt que l’aélion du magnétisme ,, a n i m a l eft un moyen de foulagement & de guéri-,,fon dans les maladies, p. 6i. Le magnétisme a-,,n imac doit venir à bout de toutes les maladies, pour-» vû que les reflonrees de la Nature ne foyent pas cn-it tièrement épuifées & qup la patience /oit a coté du rc-,,m'edi: car il eft dans la marche de la Nature de re-»» tablir-lentement ce qu’elle a miné. —— Les effets que 9» je produis indiquent affeZ promptement & allez fure-,9 ment les fuccès que je dois craindre ou efperer. Né* ,9 anmoins je ne prétends pas à l’infallibilité. Il peut
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- ExpofttioH duSÿfibme de M. Mesmer. 351
- *7°. Cette doctrine enfin mettVitlê Médecitf en état de bien juger du degré de la fanté de chaque individu, 5c de le préferver des maladies auxquelles il pourrait être expolé. :L‘Aït de guérir parviertdra ainfi à fa derrière perfection. - • ‘ •
- Tel eft le Syftème que M.'M e s m e ft préfente au public j qu’il croit Une des découvertes les plus importantes; qu’il nomme la vérité la plus précieufe au genre humain, Sc dont il eft le feul poffefleur ( 1 ).
- 5. ai. I l eft facile de s’apperccvoir par tins fimple leéfcure de ces propoiitions : i°. que M. M e s m e R n’a fait que les établir, fans les mu* • itir
- ,,m’arriver de calculer mal les forces de la Nature: ,,je puis en esperer trop, & n'en pas esperer allez: ,,le mieux eft d'effayer toujours, parceque lorsque je „ ne réuffis pas, j’éprouve au' moins la confolation de ,, rendre l'appareil de la mort moins-affreux 8c moins ,, intolérable." p. 62.
- ,, La connoiffance que j’ai de ce dernier danger [le. . „des rechutes] me portera toujours à encourager les ,, perfonnes que j'aurai guéries, à recourir de tems à autre .,aux traiteméns par le magnétisme animal, ,,foit pour éprouver leur fanté, foit pour la maintenir, „ foit pour la raffermir, s’il.y a lieu. p. 63.
- (i)L.c.
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- Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- nir des preuves qui font néceffaires pour çn dé* montrer la certitude, ou pour les rendre pro* bables, ou même Amplement admisfibles : a°. Que ces propofirions ne font pas également fus-ceptibles de preuves, ou de preuves du même genre: 30. Enfin, qu’elles fe reduifent naturellement à trois clafles, qui forment par-leur nature, & par les différais degrés de certitude dont elles font fusceptibles, trois parties très-diftinétes du Syfièmç : I. Les l’ept premières contiennent les Principes généraux, qui fervent de bafe à tout le Syftèmc: II. Les fuivames jusqu’à la vingt-troifième traitent de l’exiiten-ce 6c des propriétés du Magnétisme Animal; Enfin, III. les quatre dernières concernent l’application du Magnétisme Animal à la pratique de la Médecine- Nous examinerons lç-parement ces trois parties, afin d’indiquer ce qui dans chacune d’çlles nous paroit de fait, ou de fuppofitionj prouvé, ou fusceptible de preuve; ou de nature à ne pouvoir jamais êtrç autre chofe qu’une hypothêfe.
- §. ai. Des fix premières Propofirions qui forment la bafe de la partie théorique du Sy-ftème de M. mesmer, il n’en eft qu’une qui foit une Queftion de Fait : les autres préfentent un Syilcme imaginé pour expliquer le Fait, Syftè-
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- Syftème qui par fa nature n’eft pas fusceptible de Preuves dire&es.
- Existe-/-// une influente mutuelle entre les Corps Celefles, la Terre, & les Corps animés} voila le Fait que M. mesmer établit dans fa première propolition9 mais qu’il'établit fans le prouver, & qui certainement n’eft pas a (Te 2; évident pour n’avoir pas beforn de preuves. M. mesmer fe fonde fur la gravitation ur.iver-felle, & en ce fens fon idée reviendroit à ce que lçs Partilans de ^influence des Aftres nomment l'influence mécanique de ces Coips (a); mais alors la Lune & le Soleil font les feuls Corps qui exercent une aétion fenfible fur la Terre : les autres ne troublent que peu le mou-yement de notre globe dans fon orbite, & n’a-giflent par conféquent pas davantage fur les Corps qu’ils contient: Mais cette influence, telle qu’elle refaite de kgravitation, çonfifte à attirer plus ou moins fortement la Terre, les Corps qui en font partie,l’Air Sç l’Éau qui l’environnent, & à produire dans celle-ci, pçut-étre ausfi dans celtii-là, un mouvement de
- (a) Voyez fur ce fujet Y Encyclopédie (Edition de Pillet à Genèye) au mot Afin, l'article de l’influence des Ac-fris i & au mot Afifolope, l'article Afkohgie naturelle.
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- de flux & de reflux : en un mot elle fe réduit à faire varier continuellement la force de la pé-fantcur, dans tous les Corps, 8c à produire far cette variation, les différences qui en peuvent réfulter, foie dans l’aétiôn mutuelle des Corps l’un fur l’autre, foit dans celle de toute la maffe du Globe, de l’Air, ou de l’Eau, fur les Corps individuels. Nous ne eonnoiffons jusqu’ici aucune autre influence mécanique réelle & bien conllatée.
- L e Soleil agit certainement très - puiflam-ment par fa lumière, 8c par fa chaleur, & di-verfement & féparement par l’une & l’autre de ces qualités. Jusqu’ici on n’a trouvé aucune Chaleur fenfible aux rayons de la Lune même concentrés, & l’idée de leur froid naturel pa-roit n’avoir aucun fondement folide : Les Faits qu’on allègue pour attribuer une influence, une action réelle à la lumière des rayons de la Lune , ne font rien moins que conftatés, ou plutôt il n’eft pas prouvé que ces faits dépendent de cette caufe à laquelle on les attribue (b).
- Mais
- (6) On rapporte cetnme une obfervation générale, que la lumière des rayons de la Lune brunit le teint. ( Encyclopédie au mot Apre, article influente phyfque de
- les rayons de la Lune réfléchis par des Miroirs, font froids
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- Mais indépendamment de cette inflûence mécanique, on a attribué à la Lune & au* Corps Celeltes une influence Phyfique, fur. nombre de Corps, fur l'Atmosphère, fur le Corps humain, & les maladies dont ileftatta--qué. Si nous voulions examiner ce Syftèmç. en détail, il ne feroit pis fort difficile de prouver que cette influence n’eft rien moins que prou-
- & humides, qu’il fuffit de.fe laver les Mains dans un baffin dé métal vuide, mais qiii réfléchit les rayons -de la Lune, & par conféquent dans fes rayons, pour qu'elles deviennent humides; & que c'eft même un moyen tres-fimple de faire disparoitre les Verrues. Enfin on dit qu'il cil des Pays, où la lumière de la Lune produit des maladies dangereufes. La Société de Batavia vient de' propofer pour le fujet d'un des' Prix qu’elle diftribue annuellement , cette Queftion ; Pourquoi ejl - il plus dangereux dans ce Pays qu’en Europe, de fe tenir au clair de la L-me, ? Quelles fine les maladies que cela occafsonne, vr quels font Us meiiUurs ranidés pour les guérir ?. Nous ne prétendons pas nier quelques uns de ces Faits : mais il s’agit’”' de prouver, & non d’affamer, qu’ils font dûs aux effets des rayons de la Lune, 8t non à une multitude d’autres caufes qui agi fient fur les Corps expofés la nuit, en plein Air, pendant un tems ferein, mais fouvent humide , 8e d’autant plus humide, qu'il a été plus chaud le jour. Combien n’a-t-il pas falfu d’expériences multipliées, variées, 8e délicates pour diftinguer les effets que le Soleil produit par fa lumièrç feule, de ceux qu’il produit par fa chaleur.
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- prouvée par les Faits qu’on allègue} & qu’il n’eil pas prouve que ceile qu’on peut avoir ob-fervee de la paît de la Lune fur l’Atmosphère , ou lur d’autres Corps, ne dépend pas de fon aétion mécanique ou des réfultats de cette action. Mais un pareil examen nous entraînerait beaucoup trop loin (c). Il nous fuffit d’avoir fait
- (t) Cette diseuffion rouleroit en effet fur tous les points auxquels on a étendu l’influence des Planètes & des Comètes , influence fur les Corps , influence fur la fantc , fur la maladie, peut-être mente fur lesévenemens & fur l’ordre moral.. On allègue nombre d'exemples, mais nous ne craignons pas d’avançer que plufieurs de cc$ exemples font trop vagues, & trop peu concluaps : qu’on a fait un abus exceffif de l’argument fautif, fost hoc, ergt prcpttr hoc, dont nous avons parlé ci-deffus, §. 14 ; enfin qu’on n'a fait aucune attention à nombre dç caufes plus prochaines & plus réelles, qui ont dff agir fur les effets qu’on a allégués en caufe de cette prétendue influence. Je crois même qu’on a abufé de l’autorité des Anciens fur ce fujet, & qu'on leur a attribué, au moins en partie , des fentimens qu'ils n’ont pas eus. On peut voir à l'article cité de Y Encyclopédie une esquiffe des différentes fortes d'argumens qu’on employé pour prouver cette influence. Pour ce qui eft de l’influence de la Lune fur quelques Phénomènes Météorologiques, je l’admets comme upe manière abrégée de s’exprimer pour indiquer u-ne coïncidence non abfolue 8c perpétuelle, mais ordinaire, ou affez frequente, de certains Phénomènes avec les
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- fait remarquer que cette influence générale que M- m e s m e r admet comme un Fait, n’eft rien moins que prouvée dans tontes fes parties, 8c de la manière irréfragable dont elle devroit Té* tre pour faire la bafe d’un Syllème quelconque , & furtout d’un. Syftème dans lequel il ne s’agit pas d’une Théorie plus ou moins bien établie, mais d’une pratique, de modifications que l’homme peut apporter par fon fait aux effets de cette influence, fie de l’imitation qu’il peut faire de fon aéfcion.
- §.13. M. mesmer fuppofe qu’un Fluide continu, extrêmement fiibtil, fie qui pénètre partout, lusceptible de recevoir toutes les im-presfions du mouvement, mais fournis à des Loix encore inconnues, eft la caufe de cette influence. Cette hypothèfe n’eft pas fuscep-tible de démonftration direéte, puisque le fluide qui en eft l’objet ne fauroit être fournis à l’exa-
- lcs tems auxquels la Lune eft dans tels ou tels points de fon orbite, fans prétendre que cette coïncidence foit une preuve de caufalité, ou d’une influence.de la Lune, différente de fon atftion mécanique fur l’Air, ou fur la péfanteur générale de tous les Corps ; action qui pour-rdit fervir à rendre raifoii de quelques uns de ces Phénomènes.
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- l’examen des fens, feul moyen d’en conftatef évidemment l’exiftence} ni à celui de l’Expérience ou de l’Obfevvation, feuls moyens d’en faire connoitre immédiatement les propriétés. Il en eft de cette caufe comme de toutes celles qu’on aimaginées pour expliquer la Gravitation, ou tout autre Phénomène dépendant, ou prétendu dépendre, de l’action de fluides invifi-bles : On ne peut rendre l’exiftence & les propriétés de pareilles caufes probables, qu’en démontrant qu’il eft un accord parfait & exaét, entre toutes les parties eflëntielles & accesfoi-res de l’Hypothèfe, 8c tous les Faits, 8c toutes les circonftances de ces Faits qu’il s’agit d’expliquer. La Théorie même de la gravitation univerfelle n’eft fondée que lur un pareil accord ; 8c elle eft, non feulement probable, mais rigoureufement démontrée, uniquement pareeque cet accord eft l’accord des Faits avec Jes réfultats de Calculs exaéts, Sc précis dans tous leur Élémens. Je renvoyé à ce que j’ai dit fur ce fujet dans la première partie de ce Recueil, p. 4. §. 57 8c 63, note (*) 8c/. Or M. mesmer n’a fait qu’établir un pareil fluide, fans ferre voir que les Phénomènes connus exigent, pour pouvoir être expliqués avec précifion, 8c fon exiftenee, 8c fes propriétés telles que l’Auteur les luppofe.
- Ajou-
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- Ajoutons que M. mesmer n’explique pas ce qu’il entend par Vintenfion & la ré-misfion des propriétés de la matière : qu’il ne prouve pas qu’une pareille intcnfion & rémisfton ont lieu, & encore moins qu’il en doit réfulter un flux & réflux dans les Corps animes, ou dans le Fluide général qu’il iüppole.
- §. 14. Il refaite de ces Réflexions i°. que le Fait que M. mesmer pôle pour bafe n’eft rien moins que conftaté: a°. Que l’exiitence du Fluide univerfel qu'il établit, & qui doit être entre fes mains l’agent le plus puiifant de la Nature , eit purement hypothétique : que M. mesmer n’a rien allégué pour la prouver, & que même elle n’eii: pas iusceptible de preuves direétes. Mais quand nous fappofe-rions pour un moment qu’il exifte un pareil Fluide univerfel, très - fubtil, pénétrant par tout} qu’il eft l’intermède de l’aérion prétendue, fappofee réelle des Corps Celeftes fur la Terre, & de celle des Corps terreftros en-tr’eux, cela (Iiffira -1 - il pour donner au Syftè-me de M. m es m e r le degré de certitude que cet Auteur y attache? Il s’agiroit d’admettre préalablement encore plufieurs autres fappofiti-ons, qui ne font accompagnées d’aucune preuve.
- M. mesmer établit (Prop.7.) que les proprié-
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- priétés de la matière & du Corps organifé dépendent de cette Opération, c. a. d. (Prop. 5 & 6.) du flux 8c du réflux dé ce fluide fubtil, de cet agent univerfel, mais d’un flux 8c ré* flux plus ou moins compofé félon la nature des Corps qui le déterminent. Mais où eft la preu* vc, que toutes les propriétés de la matière C. a. d. de la matière entant que telle, du Corps en général, la folidité, l’étendue, l’inertie &c. 5 que toutes les propriétés fl variées, lî multipliées* 8c fi diverfçment modifiées des Corps organifés, dépendent du fimple flux 8c reflux de ce fluide? On le dit, mais on ne le prouve pas ; encore moins prouve-t-on que ce fluide pénètre dans la fubftance des Nerfs, que le Corps animal en éprouve les effets : pas a» feul fait, pas une feule raifon, pas une feule induétion qui tende à rendre ces hypothèfes le moins du monde probables.
- I l y a plus : Les propriétés du Corps dé* pendent* dit-on, de cette opération: mais la nature des' Corps la détermine : Or qu’eft-ce que cette nature? cette nature n’eft*elle pas le réfultat immédiat, l’enfemble de toutes les propriétés ? Si donc celles - çi dépendent d’une Opération générale, la nature du Corps en dépend ausfi, eft déterminée par elle, 8c ne la détermine pas.
- De
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- De toutes ces fuppofitions entalTées les unes fur les autres fans preuves, 8c qui ne forment encore que les prémifles générales, l’Auteur en vient à des effets plus particuliers, qui devraient ne pas être des hypothèfes, mais des faits, 8c dont l’examen efl, ou doit être une Queftion de Fait, 8c non des raifonnemens purement fpéculatifs.
- 5. 15. II. M- mesmer prétend, qu’il fê manifefte dans le Corps humain des propriétés analogues à celles de • l’Aimant -, qu’on y ob-ferve des Pôles divers oppofés, qui peuvent être communiqués, changés, renforcés -, 8c même Vinclinaifon magnétique (Prop. VII.). Cette Propofition contient des Faits j des Faits qui tombent fous les fens, 8c qui par confé-quent font fusceptibles de preuves palpables, à la portée de tous ceux qui favent ce que font les propriétés de l’Aimant, fesPôles, 8c foninclinaifon: Mais je le demande, ou font les preuves alléguées, ou indiquées par M. mesmer, ou allez fimples pour que chacun les puilTe tirer de fa propre expérience?
- J e crois pouvoir d’abord pofer en Fait, que Perfonne n’apperçoit en foi-même, ou pour ne pas parler trop généralement, du moins que la plupart des Perfonnes, celles mêmes qui TOME II. Ce f»-
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- Réflexions fhr U Magnétisme Animal.
- faventce que c’eft que l’Aimant, n’apperçoi-tent pas naturellement en elles-mêmes des propriétés analogues à celles de l’Aimarit : & par conféquent que fi elles les pofledent, elles les poffédent fans en avoir la confcience: & que fi jamais ces propriétés deviennent fenfibles, comme il faut qu’elles le deviennent pour qu’on puifle prouver qu’elles exiftent, elles ne le deviennent qu’après avoir été excitées. Cela po-fé, quelles font ces propriétés ? Ylnclinaifon ? J’ai une idée très-claire de l’Inclinaifon magnétique" & de fa liaifon intime avec l’attra&ioa de l’Aimant: mais je n’en ai pas la moindre de ce qu’eft, ou peut être, 1’ Indinaifon dans le Corps humain, & M. mesmer n’explique nulle part ce qu’il entend par là. Les' propriétés d'Attraction 8c de Rcpulflon , ou des propriétés analogues à celle - là ? M. mes-m e r n’en parle pas dans fon Ouvrage : 8c S’il a en vue les Expériences dont M. steig-lehner fait mention, 8c qui ont été feites en préfcnce de ce Phyficien, nous renvoyons à ces mêmes Expériences, 8c à celles dë M. klinkosch (§. 5.) pour en foire fentir l’illufion. Les Pales ? Les Pôles font dans l'Aimant les parties de cette Pierre, dans lesquelles l’attra&ion eftla plus forte} attra&ion, ou a&ion, qui décroit enfuite jusqu’au point
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- Exâme» du Syfthme de M. mesmer, 403
- qui fépare la partie boréale de l’auftralc : les deurt pôles font doués des mêmes propriétés générales, & ne font oppofés qu’en ce feul point que l’un attire ce que l’autre repou fie. On fait enfin qu’011 peut changer ces Pôles de nature & de place, mais que ce ne peut être qu’au moyen d’Aimans plus vigoureux que celui dans lequel on opère ce changement. M. mes-mer admet dans le Corps animal des Pôles également divers & oppofés. C’eft là, non une conjeéture, mais une propriété réelle, un fait, qu’on doit pouvoir obferver, & dont on devrait donner la preuve.
- Dans tout fon Ouvrage M. mesmer ne parle de ces Pôles qu’en un feul endroit, lavoir à la p. 33. ou après avoir rapporté les opérations qu’il a faites fur M. A * # *, en prefence de Commiflaires de l’Académie Royale des Sciences & qui confiftoient à exciter dans cet afthmatique des tiraillemens dans les poignets, une toux violente, il ajoute: „ j’of-„ fris à ces Mesfieurs une preuve que notre „ organifation eft fujette à des Pôles ainfi que j, je l’avois avancé : ils y confentirent : en conféquence je priai M. A * * * de mettre ,, un bandeau fur fes yeux: cela fait, je lui „ paflai les doigts fous les narines à plufieurs „ reprifes, & changeant alternativement ladi-Cc a re-
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- „ reftion du Pôle, je lui faifois refpirer une „ odeur de fouffre ou je l’en privoisà volon-„ té: ce que je faifois pour l’odorat, je le „ faifois également pour le goût à l’aide d’une ,, tafle d’eau.” Suppofons la réalité des Faits que M. mesmer allègue; quel eft le Fait? Il fe réduit à ceci, que M. A * * * éprouvoit des fenfations déterminées à l’occafion de certains mouvemensde M. mesmer: fuppofons encore , quoique ce ne foit plus là un Fait, mais une confequence déduite du Fait, & une confequence qu’il s’agiroit, non d’établir Amplement, mais de prouver : fuppofons, dis je, que ce foit M. mesmer qui ait opéré me-caniquement ces fenfations, qu’y a-t-il dans ce Fai* qui prouve qne le Corps humain a quelque chofe qui reflemble aux Pôles de l’Aimant, qu’on puifle nommer Pôles avec quelque rai-fon, qu’on puifle nommer Pôles différons & oppofés. Les tiraillemens, les fenfations, l’odeur de fouffre, les douleurs qu’on fait éprouver à quelqu’un, feroient-ils le Pôle qu’on excite, le lieu du Poit qu’on fait changera Volonté ? & comme cette influence fe fait par l’action de l’agent général du Fluide univerfel (Prop. I -6) qui pénètre la fubftancedes Nerfs ( Prop. 8 ), & que M. mes mex ale pouvoir de mettre en jeu (Prop. u , 47.), l’endroit
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- Examen du Syjlème de M. Mesmer. 405
- où les douleurs paroiffent avoir lieu, feroit- il celui ou cette aétion eft la plus forte, 8c pour-roit - il être nommé à caufe de cela Pôle, comme on nomme Pôle de l’Aimant l’endroit où l’aébion eft la plus forte ? Mais il me fem-ble que ce feroit un. étrange abus des mots: qu’on prend des mots pour des chofes} outre qu’alors un pareil pôle n’exifteroit plus lorsque la fenfation eft uniforme partout : c. a. d. lorsqu'on n’éprouve aucune douleur locale -, quoique l’Aimant poffède toujours les pôles:' & qu’alors encore rien n’indique ce que c’eft qu’un Pôle oppofé, en quoi il confifte, quel eft lbn effet, 8c où il fe trouve. D’où il re-fulte: i°. que ce que M. mesmer avance comme un fait , n’eft qu’une fuppofition, denuée de preuves, non feulement direétes, qu’on feroit en droit d’exiger, mais même d’indireéles} & a°. que l’expérience qu’il allègue ne prouve en aucune façon ce qu’il avance.
- 5. 16. III. Nous ne nous arrêterons pas à examiner la définition que M. mesmer (donne du Magnétisme animal, ni à faire voir combien le mot Magnétisme y eft pris improprement , 8c y eft mal appliqué ; mais nous a* nalyferons fa do&rine, nous comparerons en-Cc 3 tr’el
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- tr’elles les Propofitions io, n, ia, Scies endroits qui.y ont rapport, & nous en conclurons que le Magnétisme animal confiftc félon M. mesmir: i°. à pouvoir recevoir l’influence des Corps celeftqs, Sc l’aétion réciproque des autres Corps terreftres qui nous environnent: a0. i pouvoir propager cette aétion, Sc la communiquer à d’autres Corps, foit animés, foit inanimés. 'Mais cette aétion ne fe fait qu’au moyen d’un certain fluide, répandu partout, 8c fusceptible de tpus les mom emens ( Prop. i—6), & c’e^ dans l’aétion de ce fluide que confifte proprement l’aétion des Corps. D’où il fuit, que pojféder le Magnétisme animal, qu'agir par ce Magnétisme, que communiquer ce Magnétisme, c’eft: i°. être en état' de reçevoir quelqu’aéfcion du Fluide univerfel, répandu partout : c’eft %°. avoir la faculté de mettre ce Fluide en mouvement, Sc d’agir par fon moyen fiir les Corps qui nous environnent: c’eft enfin 30. communiquer à d’autres Corps la faculté d’éprouver l’aétion de ce Fluide, Sc d’agir par lui} Sc la leur communiquer au mot yen de ce Fluide meme : car il eft (Prop. a ) le moyen de l’influencé réciproque de tout Corps. Mais, puisque le Corps animal éprouve les effets de ce Fluide, que ce Fluide s’infinue dans la fubftance des Nerfs, Sc les aflfeéte immédia-
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- Xxamett du Syflbme de M. mesmer. 437
- renient, il s’enfuit encore 40. que prétendre agir à volonté par le Magnétisme animal., fur les Corps animés, p’eft..prétendre pouvoir agir fur ces Corps en mettant en mouvement lg Fluide imiverfel que les Nerfs de ces Corps contiennent, pouvoir l’augmenter ou le diminuer, en un mot, être en état de le mouvoir à volonté.
- $. 17.' En fuivant cette analyfe du fyftème de M. mesmer, analyfe que j’ai lieu de croire exaéte, ou du moins que j’ai taché de rendre ausii exacte qu’il m’éioit posfible, de quoi s’agiroit-il pour prouver la réalité & la vérité du fyftème de M. mesmer? Il s’agi-roit, ce me femble, de prouver rigoureufe-ment les trois propofitions fuivantes : 1“. Que celui qui fe dit polféder le Magnétisme animal, a réellement le pouvoir d’agir à volonté fur le fyftème nerveux du Corps animal, fur tout ce Corps, fur tout Corps quelconque: a°. Que lorsqu’il agit, il agit mécaniquement, c: a: d: par un moyen mécanique, & que ce moyen eft réellement ce Fluide univerfellement répandu : en un mot, que c’eft réellement lui, qui détermine par fon action, & d’après fa Volon-té, le mouvement de ce Fluide, tant de celui qui eft placé entre lui & le Corps fiir le-Cc 4 quel
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- quel il agit, que de celui qui eft conte nu-dans ce Corps, dans les Nerfs de ce Corps, & dont il augmente ou diminue la dofe, ou qu’il déplace à volonté. Il faut prouver enfin 3°. qu’il eft en état de communiquer à d’autres hommes le pouvoir de faire tout ce qu’il fait lui-même à cet égard.
- L a première Sc la derniere de ces trois pro-pofitions font fusceptibles de la démonftration la plus rigoureufe, puisqu’il s’agit de Faits', &de Faits qui doivent être opérés dans des cir-conftanees, dans des lieux, & fur des perfon-nes qui otent tout foupçon de fupercherie. Un homme agit-il, ou n’agit-il pas, fans intermède fenfible , fur d’autres hommes, leur communique-t-il à volonté des fenfations, dos douleurs &c.? Voila un Fait, pour la démonftration duquel il ne faut que des expériences faites en préfence de témoins irréprochables. Un homme n’a aucun pouvoir femblable,mais un autre homme, qui fe dit pofféder le pouvoir, & qui le prouve par fes oeuvres prétend pouvoir communiquer la même faculté au premier s il l'entreprend : le fait-il, ou ne le fait-il pas? Cet homme qui ne posfédoit pas cette faculté il n’y a qu’un moment, la pofféde-t-il aéhiellement? agit-il, ou n’agit-il pas fur fes femblables? Voila encore un Fait, dont la
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- Examen du Syft'eme de M. mes mer. 499
- la démonftration çft du même genre que celle du premier Fait, & qui eft fusceptible de la même évidence.
- I l n’en eft pas ainfi de la fécondé propofiti-on : il ne s’agit plus dans celle-ci de Faits, de Faits palpables, dont tous les hommes pour ainfi dire peuvent juger & pour la décifiondes quels il ne s’agitque des yeux, &de bonne foi, mais il s’agit du comment de l’a&ion. L’aétion fe fait fans intermède fenfible; mais eft-elle mécanique , ou l’imagination y influe-t-elle? fi elle eft mécanique, fe fait-elle par cet intermède par lequel M. mesmer! prétend qu’elle fe fait, & de la manière qu’il avance? voila des queftions d’un genre plus relevé} pour la démonftration desquelles il faut plus que des faits palpables : il faut des discusfions, des comparaifons de Faits , des Expériences : & il en faut d’autant plus, que l’intermède dontM. mesmer fe fert étant invifible, ne tombant pas fous lgs fens , il eft difficile , au moins pour moi,. de comprendre, comment on pourvoit donner des preuves direétes & évidentes de cette féconde propofition, dont la certitude importe néanmoins à celle de tout le Syftème, & qon feulement à cejle de la partie théorique, mais encore à celle de la partie pratique.
- Ce 5
- S.ciS.Ji
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- $. a8. J e viens d’indiquer quels font les articles que M. mesmer. devroit prouver de la manière la plus évidente, la plus fimple, de la plus irréfragable, pour prouver la réalité des parties les plus eflèntielles de fon fyftème, pour autant qu’il ne concerne pas fon application à la Médecine : c’efl: un point dons nous parlerons ci-après ( §.36). On demandera fans doute à prefent, quels font les articles que M. mesmer a prouvés, ou jusqu’où les a-t-il prouvés, & quelles preuves a-t-il alléguées? C’eft â quoi il ne fera pas difficile de repondre.
- Sans entrer dans l’examen fcrupuleux de tous les Faits, ou prétendus Faits, de toutes les guérifons, ou prétendues guérifons, opérées par M. mesmer, on ne fauroit nier, ce me femble, foit d’après quelques uns des faits qu’il allègue, qui paroifient allez conftatés, & qui n’ont pas été niés par ceux que les circon-ftances auraient autorifé à le faire, s’ils s’étoient trouvés faux, foit d’après le témoignage de M. steiglehker (</), foit d’après celui de M. k e n n e d y(*), qui l’un & l’autre ont été té-
- frf) Voyez §. CLXXIV. & CLXXV. de U Differta-tion, & les notes fur ces §§.
- («) Le Mercure de France de 1776 ayant rendu «ompte de quelques opérations faites par M. mesmer à Munich
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- Examen du Syjlïmt de M. mes mer. 41»
- témoins oculaires de quelques opérations de M. Mesmer, que ce Phyfîcicn ne foit parvenu à exciter par fa prcfence, par fesgeftes, par (à voix, des fenfations douloureufes à quelques malades : à exciter en eux des douleurs, à reveiller ou à accélérer des attaques de maux de Nerfs, d’épilepfie 8cc. Mais M. me s mes. n’a rien allègue pour prouver qu’il opère ces actions par une caufe purement mécanique: par un intermède exiftant hors de lui, 8c qu’il met en attion : par un Fluide fubtil qu’il met en mouvement à volonté. Au contraire, les expériences direétes de M. M. stejglehner 8c kumkojch (/) prouvent fans répliqué qu’il
- S Munich (voyez Troilième Mémoire, Partie II, noteg) j’ai crû pouvoir m'addreffer fur ce fujet à M. kennedy, Sécretaire de l’Académie des Sciences de Bavière, avec lequel j'ai l’honneur d'être en correfpondence. Il m’a répondu qu’il ne pouvoit douter que M. me s mer nVx-citat des recjdives dans les perfonnes attaquées de Mal caduc: qu’il en avoit été témoin plus d’une fois : mais que les poiTeflcurs de ce qu’on nommoit Magnétisme anima!, n’en traitoient qu’avec myftère, 8c qu’on n’avoit pû les engager à en donner de raifon phylique.
- (/) Voyez 9. CLXX1V. de la Diflertaxion de M.
- S 1EIGLEHN ER St BOtC a fur Ce $.
- Quand M. mesmeh dit (p. 36.) „ J’avois entendu ,, piulîeurs fois attribuer vagueraeat à fimagination ceux
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- t}.ia Réflexions fur U Magnétisme Animal'
- qu’il eft une caufc très-différente, qui tout au moins
- r4l'de mes effets qu'on voulait nier: mais il étoit nouveau „four moi d'entendre lui attribuer des effets avoués tels 3,que je venois de les produire;” il confond entre traiter un effet d'imaginaire, ou le nier, 8t l'attribuer à l’imagination ; il ne confldére. pas qu’un effet peut être très-réel, très-fenûble aux yeux, quoique ce foitl’imagination feule, ou l’aétion de l'Ame du malade fur fon Corps, 8c non une aélion mécanique externe, qui en eft la çaufe. Les Effets produits par M. steislkhser, ,8c qui étoient exaélément les mêmes que ceux que M. mesmer avoit opérés fur le même malade, & qu’il pré-tendoit avoir produit par le Magnétisme animal, étoient affinement réels : mais la caufe n'en étoit pas moins l’imagination. Quand M. m e s m e r dit encore. „ Lôrs-», qu& p. ex. je promène fous mon doigt une douleur ,, fixe oçcafipnnée par une incommodité quelconque, lorsque »,je la porte à volonté du Cerveau à l'Eftomac, de l'Es-tomac au basVentrç, 8ç réciproquement du Ventre ,, à l'Eftomac, 8c de l'Eftomac au Cerveau, il n’y a que ,, la folie çonfommée ou la mauvaife foi la plus infipie qui „ puiffe mçcopnoitre l'Auteur de fenfations pareilles." IJ ne diftingue pas qu'on peut-être l'Auteur d’une fenfa-tjon en ce fens qu’on la fait naitre, qu'on eft l'ocçaJïon à laquelle elle eft excitée, fans qu’il s’enfuive que c’eft par un aiftion purement mécanique 8e extérieure qu’op la produit, 8c que ce n’eft pas uniquement l’imagination du Malade qui eft mife en jeu par celui qui fe croit ou fe dit l’Auteur de la feqfatiop, imagination qui à fon tour met le Syftème Nerveux en mouvement 8c en desordre.
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- moins joue un très - grand foie dans ces Opérations , pour ne pas dire qu’elle en eft la eau* fe unique : qui fait naître ou ceffer à volonté les mêmes effets que M. mesmer produit, & qui » très - certainement, ri’ employé aucun-moyen mécanique. Enfin, M. mesmer-n’a pas prouvé qu’il peut communiquer à d’autres perfonnes la puisfance qu’il fe dit pofle-der : il ne nommé perfonne à qui il l’a Communiquée , il ne dit nulle paît l’avoir communiquée jamais, quoique cette communication foit la pierre de touche la plus certaine de la réalité de fon pouvoir. Il ne parle au contraire, qu’avec emphafe de la difficulté qu’il auroit à communiquer ce pouvoir, de la prudence qu’il devrait employer en formant des élèves, de l’imposfibilité où il fè trouverait d’être également entendu de tout le monde (§. 20. note D), enfin de l’autorité dont fà déci-fion doit être jusqu’au moment qu’il aura communiqué toute fa Doétrine (g). Mais nous reviendrai encore fur ce point § 37-38.
- Il
- (g) Voici comme il s'exprime p. 6t. „ Quoique mon „ Expérience m'ait appris que le Magnétisme animal ,, entre les mains d'un homme fage n'expofera jamais le „ malade à des fuites facheufes, je conviens que cette ,, ques-
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- 414 Refit xim fur le Magnétisme Animal
- I l fuit de ce que nous venons de dire, que < des trois articles eflontiels à la vérité du Syftè-tne de M- mesmer, il n’y a de prouvé qu’une très-petite partie du premier, une partie qui forme moins une partie eflentielle, qu’une condition -préalable, favoir que M. mesmer agit ou a agi fur le Syftème nerveux, fur la conftitution de quelques perfon-nes: mais il n’eft pas prouvé qu’il peut agir ou qu’il a agi fur tout Corps animal (/t), fur tout Corps
- ,, queftion eft de fait, & ne peut être décidée avec eonnoilTance de caufe qu’au moyen d’Iîxpériences ausfi ,, conftantes que refléchies, mais c'cft précifetnent par cette raifon que ma voix feule peut être de quelque polit ,, à cet égard; jusqu’à ce que l’Étude approfondie de „ ma doélrine donnera le droit de fe croire autant ou „ plus éclairé que moi.”
- (A) Si M. mesmer agit mécaniquement, & au moyen d’un fluide univerfel, fur le Syftème nerveux & l’orga-nifation du Corps, ne devroit-il pas pouvoir agir de même fur des Animaux dont l’organifation eft à cet égard analogue à la notre ? & s’il le peut, ne feroit-ce pas une manière aifée de faire des expériences décifive» & tranchantes, puisqu’on ce cas l’imagmatm n’auroit certainement aucune part dans les effets qu'on obfcrve-ïoit? ne feroit-ce pas un moyen Ample, & tout à la fois exempt de ce que M, hesmes lui même craint qu’on appelle barbarie dans fes Expériences? (v. 5. 30.), Si M. mesmer ne peut pas agir fur les animaux, ne fe-
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- Corps indiftinftcment, comme il le faudrait pour que la première propofition fut prouvée dans fon entier. Mais dira-t-on, fi ce point n’eftpas encore prouvé, s’il n’a pas encore été prouvé que M/mesmkr agit par l’intermède qu’il a établi, qu’il peut communiquer fon pouvoir, où qu’il l’a communiquée, peut-on en conclure que ces points ne le feront jamais, ou que M. mesmer n’en a pas la preuve par devers foi, quoiqu’il n’ait pas encore jugé à propos de la publier? On fent qu’il n’eftguè-res posfible de repondre catégoriquement à un argument de cette nature , à un pareil échappatoire: mais fi l’on continue a examiner les autres propofitions avancées par M. mesmer, il ne fera peut-être pas difficile de lavoir à quoi s’en tenir fur ce fujet.
- §. 29. M. MES-
- roit - on pas en droit de rejetter l'univerfalité de fa doctrine , de Ion agent, & d'exiger qu'il rende raifon de cette différence effentielle entre des êtres dont l'organî-fation paroit d'ailleurs très-analogue ? Mais s’il ell vrai, comme M. mesmer le prétend, que l'Aimant n'agit jamais fur le Corps aDimal que par le Magnétisme animal (S. 20. Prûp. 21.) & fi l’Aimant a quelquefois agi fur des animaux, comme M. hübner prétend l'avoir obfervé (v. fa differtat: i« Partie icSeét), n'eft-il pas au contraire fur que le MagnttUmi animal agit fur les animaux, & que M. mbsmer doit àusfi pouvoir agir fur ceux ci?
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- $.'49. M. mesmer avance (Prop. 13.) qu’on obferve à l'expérience un écoulement d’u» ne matière extrêmement fubtile j Voila un Fait que ce Phyficien énonce, 6c qu’il fera difficile de croire puisque cette matière fubtile dont il eft queftion ne tombe pas fous les Cens, & qu’on ne fauroit obferver ce qui n’y tombe pas. Mais quelles font les preuves que M. mesmer allègue ? les voici. 11 dit i°. p. 33, que Mr. A * *— afthmatique dont nous avons déjà parlé (§. 45.), & auquel il fit éprouver des tiraillemens dans les poignets, 6c une attaque d’afthme , difoit „ fentir des tour ans de „ matière fubtile dans les bras": 9.0. p. 81. ,, que chez la Malade (dont nous avons parlé „ ci-deflus (§.ao. note F) il refulta de l’appli-,, cation de pièces aimantées, des lènfations ,, extraordinaires, 6c qu’elle éprouva intérieu-„ rement des courant, douloureux d’une matière ,, fubtile, qui, après différens efforts-pour „ prendre leur direétion, fe déterminèrent „ vers la partie inférieure, 6c firent ceffer „ pendant fix heures tous les lymptomesdel’ac-„ cès:” 3°.p.95, ,, que M. leBaron d’A##—
- „ affura fontir fi diftinétement les Courans op~
- „ pofls, que M. m e s m e r excitoit en lui, qu’il „ s’engagea à défigner les yeux fermés chaque „ mouvement du Fer que M. mesmer diri-,, geoit
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- gcoit vers fa poitrine : que cette Expérien-,, ce eut lieu, mais qu’on n’y fit pasd’atten-„ tion.”
- Il ne fera pas difficile d’apprécier la valeur de ces preuves. Les Courans de matière fub-tile dont il s’agit ne font pas l’objet immédiat de ces Obfervàtions : ce font les douleurs que les Malades ont éprouvé qui l’ont été, 8c que ces malades ont comparé à des courans de matière fubtile. Mais il eft évident, qu’autre chofe eft asfimiler une fenfation qu’on éprouve, à ce qu’on s’imagine .qu’on éprouveroit par l’aétion de tels ou tels objets, 8c fentir réellement la préfence deces objets: La fenfation feule eft un fait : l'asfmïlation n’eft qu’une confcquencc déduite des Faits, 8c qu’on ne fauroit alléguer en preuve. Combien de fois n’arrive-t-il pas dans de violens maux de Tête ou de Poitrine ( 8c c’eft malheureufement d’après une rude 8c longue expérience que j’en parle) qu’on éprouve des douleurs qu’on compare à des ‘coups de marteau : qu’on croit fentir des courans dans la Tête, pareeque la douleur change continuellement de place : qu’on dit que la poitrine eft en feu, qu’on y fent une brulure, lapresfion d’un poids énorme? Et néanmoins, péribnne n’en conclura, qu’on frappe réellement la Tête de Coups de mar-TOME IL D d
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- 4x8 'Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- teauj qu’il s'y fait des Couransj qu’il y a une chaleur ou un feu, ou un poids appliqué à la Poitrine. l’Effet ordinaire d’un Coup violent à la Tête n’eft-il pas de produire une fenfation femblabie à celle qu’on éprouveroit fi l’on voyoitune multitude d’étoiles, que cependant on ne voit certainement pas ? Ces asflmilations ne font donc pas des fenfations qu’on éprouve -, ce font des conféquences qu’on déduit de ces fenfations 6c par lesquelles on croit pouvoir les exprimer. Mais, une expresfion méthapho-rique ne fauroit jamais être la preuve d’un Fait (/').
- §. 30. M. mesmer prétend (Prop. 14.) que l’aétion du Magnétisme animal a lieu à une diftance éloignée, fans le fecours d’aucun Corps intermédiaire. M. mesmer excepte fans doute de ce fecours, celui de fon fluide univerfel, puisqu’il eft non - feulement répandu partout (Prop. a.) mais qu’il eft encore (Prop. 6.) le moyen par lequel l’aétion réciproque de tous les Corps a lieu. Je fuppofe que M. mesmer tireroit les preuves de cette
- (»') On verra tout à l’heure §. 31. note m que M, (esmkk admet lui-même ce rationnement.
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- Êxamen du Syjlème de M. Mesmer. 415
- propofition, de ce qu’il produit des fenfations fur les malades fans les toucher, mais feulement en dirigeant le doigt vers eux, ou en faifant quelques geftes(Æ). Cependant les opérations de M. mesmer ne paroiffent pas avoir été toujours dénuées de tout appareil, foit que celui-ci foit néceflaire, 8c réel 3 foit qu’il ferve à émouvoir l’imagination des- malades: foie qu’on le deftine a donner le change aux fpeéta-teurs. Si cet appareil n’eft pas néceflaire ou utile, M. mesmer fe fait vifiblementdu tort en l’employant : 8cs’ill’eft, M. mesmer doit pouvoir communiquer en quoi 8c comment il l’eft, 8c il ne fauroit plus dire que fpn Magnétisme animal agit fans Corps intermédiaire. Quoiqu’il en foit, M. mesmer ne làuroit nier qu’il employé quelqu’appareil : car il avoue p. 93, ,, qu’il y avoit dans fon apparte-„ ment une efpcce de baquet, monté fur trois „ pieds, recouvert, 3c d'où fortoient quelques „ Verges de Fer, récourbées de maniéré à „ pouvoir en appliquer les extrémités foit à la ,, Tête, foit à la Poitrine, foit à l’Eftonkc,
- „ foit
- (4) V. $. CLXXIV. du Mémoire de M. st£J«-iBHNÏR.
- Dd a
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- 4^0 Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- „ foit au Ventre, ce qu’effeébuoicnt au même „ inftant des perfonnes asfifes autour du ba-„ quet.” Il dit p. 90. „qu’il dirigea de qua-„ tre ou cinq pas au loin une Verge de Fer „ qu’il tenoit à la main, vers la poitrine du „ Baron d’A###* [fujet à des attaques d’afth-„ me]:” p. 96,. „ Que la direétion de fon „ Fer excita un tremblement â M. V** fujet „ à des maladies nerveufes, chaleur au Vifa-„ ge, fuffocation, fueur & défaillance.” Enfin voici un exemple encore plus fort que M. mesmer allègue, p. 97. „ Je dirigeai mon ,, fer vers le front de Mlle B#*. la douleur „ qu’elle y reffentit fut prompte: je la laiflài „ calmer : dans l’intervalle j’offris de prouver ,, que le foyer du maln’étoit pas dans la Tête, ,, mais dans les hypoehondres : en conféquen-„ ce je dirigeai mon fer vers l’hypochondre „ droit : la douleur fut plus fubite & plus vive „ que la première fois ; je laiflai calmer encore „ la malade : & augurant que le vrai Principe „ du mal étoit dans la rate, j'annonçai qu’on „ alloit appcrcevoir la différence de mes effets. „ A peine eus-je dirigé mon Fer vers ce Vis-„ cere, que la DUe B. chancela, & tomba „ les membres palpitans, dans des douleurs ex-cesfives. Je la fis emporter tout de fuite, ne „ jugeant pas à propos de pouffer plus loin mes -, Ex-
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- w Expériences, que déjà plus d’un Lcéteur „ accufent peut-être de barbarie (/).”
- Voila des Faits allègues par M.mesmer même, & desquels nous concluons qu’il a, au moins quelquefois, employé quelque appareil & des Corps intermédiaires} ce qui peut Sc doit faire fuppofer que ce fecours étoit au moins d’utilité, fuppofition qui ne s’accorde pas avec la propofition que nous examinons. Du refte je n’examine pas ici l’autenticité de ces Faits, dont M. mesmer allègue des témoins. Je fuppofe ces Faits vrais ; & il en refulte, que ces malades ont éprouvé des récidives des douleurs, lorsque M. mesmeke dirigé fon Fer vers eux, ou lorsqu’ils en ont été touchés : mais ils ne prouvent pas que ces douleurs ont été produites par une aétion réelle & mécanique de M. mesmer, & qu’elles n’ont pas été un effet de l’Imagination du malade, c’efl-à dire produite par cette Imagination, de la même manière que M. steiglehner a excité des douleurs très-vives dans un de fcs amis uniquement en fixant l’Imagination de cette perfonne fur les Opérations qu’il alloit faire:
- moins
- , (f) On s'épargncroit périences fur des Anima
- cette barbarie rux. v. §. iS. 1 Dd 3
- faifant des Eï-
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- 411 Reflexions fur le Magnétisme Animal.
- moins encore ces Faits prouvent - ils que les douleurs excitées par M. mesmer & lùppo-fées produites par une action mécanique, l’ont été par celle du Fluide univerfel, établi par ce Phyficien, qu’il a mis en jeu, & qu’il a fait mouvoir à volonté dans les Nerfs du malade.
- §. 3t. M. mesmer avance encore (Prop. J5 & 16. ) que l’action du Magnétisme Animal peut être réfléchie par les glaces, & propagée par le fon. Il n’en apporte aucune preuve: mais je fuppofç qu’il fe fonde fur ce qu’il a excité des douleurs & des attaques à des per-fonnes afifeécées de maladies nerveufes, uniquement en dirigeant le doigt vers un miroir, ou en ordonnant au malade de montrer du doigt un miroir qui réflêchifloiç l’image de lui M. mesmer, ou enfin en jouant de quelque Infiniment, comme on en a vu le détail dans le §• CLXXIII. CLXXlV. de la difler-tation deM. steïglehner: mais on a vu en même temps combien ces preuves font équivoques , & même faufles : de forte qu’il ferait inutile de nous arrêter plus longtems là - deflus.
- J. 31. M. mesmer établit, qu’on peut tranfporter la vertu magnétique (Prop. 17.): fub-ftituons à ce mot de Vertu magnétique, ou de Mag-
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- Examen du Syjlème dé M. mæs mer. 433
- Magnétisme animal, car c’eft là ce que fignifie ici cette vertu, les définitions que M. Mesmer a données de ce Magnétisme, ou plûtot les conféquencês très-légitimes que nous avons déduites de ces définitions comparées entr’elles, ( §. 16. ) & l’on verra que la propofition revient à ceci. Qu’on peut transporter la faculté de recevoir quelqu’a&ion du fluide univerfei répandu par tout, ainfi que la faculté de mettre ce fluide en mouvement, 8c d’agir par fon moyen fur les Corps qui nous environnent. Mais une faculté n’cft pas un être réel, n’eft pas un être transportable. Ainfi. là propofition n’a aucun fens en la prenant à.la lettre: figni-fieroit-elle qu’on transporte le fluide univerfei même? Mais on ne fauroit transporter .un Elément qui pénétré tout par fafubtilité, qui eft répandu partout : qui n’eft pas combiné avec quelque bafe: 8c fixé pour ainfi dire par cette combinaifon: fignifie,roit-elle, qu’on communique d’abord la faculté dont il s’agit à un Corps brut: e. a. d. qu!on met d’abord ce Corps en état de recevoir queîqu’aéHon du fluide univerfei, de mettre ce fluide en mouvement, 8c d’agir par fon moyen fur les Corps qui nous environnent -, qu’on transporte enfui-te cç Corps, 8c que c’eft en le transportant qu’on transporte la vertu magnétique? Ce> D d 4 fens
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- fens préfente au moins une idée raifonnable, & c’cft peut-être celui auquel il feroit naturel de fc tenir, foitpareeque M. mesmer prétend que les Corps'bruts fontausfi fusceptiblcs du Magnétisme animal, foit en conféquence du feul article de l’ouvrage de M-mesmer où fe trouve un fait, qu’on pourrait alléguer en preuve de la propofition dont il s’agit. Voici comment M. mesmer raconte ce fait à lapag. 90.
- „ On m’amena une Dame qui avoit perdu „le fentiment de l’odorat} & que j’ai guérie ,, depuis, à la parfaite connaiflànce de Mes-
- ,, fleurs...........[prefents à l’expérience].
- ,, Je demandai qu’on lui prefentat des Vinai-,, grès, Sels, Eau de Luce, Alcali volatil ,, fluor, &c. Elle fut immobile, & ne fentit „ rien. Je tirai de ma poche un flacon, & le „ lui mis fous le Nez: ausfitôt elle porta la „ main à fa narine pour en faire fortir une bou-„ le, qui, difoit-t-elle, la génoit. Il n’y a-„ voit pas de boule : c’étoit un fentiment im-„ parfait que je lui occafionnois (m'). Cette fen-
- (m) Ici M. mesmer aflure qu'il n’y avoit pas de boule, quoique la Malade difoit en fentir une. Mais fi ee raifonneraent eft jufte, de quel droit à-t-il conclu
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- Examen du Syjlème de M. mesmer. 415
- „ fenfation fut fuivie d’une legcre paralyfie, „ qui s’étendit fur la joue & fe disfipa d’elle-
- „ même. —J’engageai Mesfieurs..........[pre-
- „ fents à l’expérience] à goûter la liqueur que „ le flacon contenoit : c’étoit de l’Eau de „ fontaine dénuée hors de mes mains de toute „ vertu particulière
- Je fuppofe la vérité du Fait: il en refulte que cette Dame a éprouvé une certaine fenfa-tion. à l’occafion de ce Flacon: mais ce Fait ne prouve pas plus que ce flacon a-agi mécaniquement fur cette perfonne, que les Faits dont nous avons parlé ci-defliis prouvent que M. mesmer lui - même agit mécaniquement fur les perfonnes dans lesquelles fa préfence & fes
- geftes excitent des fenfations (§. aS.-). Ce
- Fait ne prouve pas que M. mesmer ait communiqué à cette Eau le magnétisme animal, ou la faculté d’agir fur le fluide univerfel, & par ce moyen fur d’autres : elle ne prouve pas que cette foculté puifle être transportée. M. mesmer peut - il communiquer ce qu’il nomme
- (§. 29.) de ce que les malades difoient fentir des Cou-rans de matière fubtile , qu’il y en avoir réellement t Je renvoyé aux réflexions que j’ai faites à la note i de ce $. 19.
- Dd 5
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- magnétisme animal à un Corps brut y? c’eft un fait qui ne fera prouvé que lorsqu’il aura fait cette communication à découvert, en prenant, en préfence de témoins irréprochables, un Corps dénué de ce magnétisme, & en lui communiquant ce magnétisme, en leur préfence, d’une manière claire, perceptible, & qui peut être repetée par d’autres. Enfin, quand onfup-poferoit pour un moment que M. mesmer avoit réellement communiqué le Magnétisme animal à l’Eau de ce flacon, il eft clair que cette Eau, ou que ce flacon n’avoient pas le pouvoir d’agir feuls, quoique ce qu’on leur a communiqué, loit ce pouvoir même félon la définition: ils ne l’avoient pas; car s’ils l’a-voient eu, ils auroient agi quoique hors des mains deM. mesmer: ce qui eft contraire à ce que M. mesmer avance. Il nefuffiroit donc pas que ce fluide, que cet agent univer-fel eut été mis dans un Corps inanimé en état de pouvoir agir; il faudrait encore l’influence d’une perfonne douée des qualités néceflaires pour mettre ce pouvoir du Corps inanimé en aâion. On voit combien il faut accumuler d’hypothèfes toutes plus précaires les unes que les autres ; ce qui, joint au defaut de preuves directes, fait voir combien tout ce Syftcme eft érroné & inadmisfible dans tous fes points.
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- Examen duSyftème de M. mesmer
- §. 33. M. mesmer admet (Prop. i2. & 19.) deux V ertus diftinétes, différentes par leur nature, majs ayant d’ailleurs des propriétés fem-blahles.} rpn Magnétisme animal, 6c une force oppofée à celle-là, 6c qui peut en détruire tout l’effet. En fubftituant derechef aux mots les idées qu’ils expriment, cela lignifie, qu’il eft des Corps animés, qui peuvent modifier le fluide univerfel répandu dans la Nature, 6c fingulièrement dans les Nerfs du Corps animal, de façon a produire de certains effets fur de certains Corps : 6c qu’il en. eft d’autres qui font doués de la faculté de modifier ce même fluide, d’une façon oppofée : 6c même tellement oppofée , que leur feule préfence fuffit pour détruire tous les effets que les premiers Corps auront produit. On fent qu’il faudrait, pour admettre l’exiftence de cette faculté oppofée, les mêmes preuves rigoureufes qui font ncceflàires pour admettre celle du Magnétisme animal proprement dit, puisque cette faculté oppofée n’eft pas une fimple privation, mais, comme M- mesmer lui-même l’avance, une vertu pofitive: Or ce qui eft pofitif eft fusceptible de démonftration ou d’Expériences rigoureufes. Les preuves qui feraient requifes pour démontrer la fécondé affertion, me paraîtraient même être d’un genre plus relevé, plus corn.
- pli-
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- 43.8 Reflexions fur le Magnétisme Animal.
- pliqué, ^ue celles qui fuffifent pour la première: parce que le Fait dont-il s’agit eft plus compliqué} fuppofons qu’un homme excite par fa préfcnce, par fes geftes, en un mot fans intermède fenlible, des douleurs dans un malade: qu’il les promène à fon gré} & que tout Cela foit réellement un effet du Magnétisme animal-. Un autre homme furvient : les douleurs ccfTent: cela prouve-t-il que c’eft cet homme qui les fait cefier? & peut-on en conclure qu’il pofféde une faculté oppofée â celle du premier? Un pareil raifonnement ne fauroit pafler en bonne logique. Il y a plus : fi cet homme-là agit réellement, il remet dans fon ctat naturel, ou précédent, ce que l’autre en avoit tiré} il fait mouvoir le fluide univerfel en fens contraire : Mais comme il exerce une aétion réelle., quels en feroient les effets, s’il agiffoit le premier fur un malade, & ayant que l’homme doué du Magnétisme animal eut agi fur celui-ci? Ce font là des Expériences qui feules pourroient fervir à éclaircir cette matière. Mais M. Mesmer n'allegue fur ee fujet aucune preuve, aucun fait, rien au monde qui puifle fervir à l’éclaircir. Il eft d’ailleurs une réflexion bien fimple qui fe prefente d’elle-même àl’Efprit, & qui fuffiroit peut-être feule pour prouver que toutes ces affertions ne font que des Chimères, ou du
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- Exmen du Syjlime de M. mesmer. 42.9
- du moins, qu’il- ne les faut admettre que d’a-.près des preuves les plus multipliées 2c les plus rigoureufes j c’eft: que s’il exiiloit des Corps-animés., doués d’intelligence, qui pofledent réellement ces Vertus oppofées, & qui peuvent les mettre en aétion à volonté, le fort des Mortels ferait .très-trifte à cet égard: puisque ces êtres intelligens pourraient chacun féparement leur caufer à volonté des douleurs, des fpas-mes &c. : & qu’il ferait toujours au pouvoir des uns de détruire les effets même falutaires, que les, autres auraient p.û ou voulu produire : M. me s m e r même ne ferait pas fur de pouvoir opérer le moindre effet, la moindre guéri-fon, puisqu’il fuffiroit d’un feulhomme doué de la vertu contraire pour anéantir tout le bien, qu’il voudrait faire : Sc que cet homme pourrait anéantir ce bien fans êtreprefent, mais à quelque diftance, même par la réflexion d’un miroir , par quelque fon &c. Il fuffit d’analyfer ces propofitions pour en fentir tout le faux.
- §. 34. Quelque étrange que foitla propofi-tion que nous yenons d’examiner, les fuivantes le font encore davantage : car M. mesmer y foutient i°. que l’Aimant eft fusceptible du Magnétisme Animal, ainji que de la Vertu op-pofée (Prop. %o.) a0. Que les effets utiles que l’ad-
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- 433 Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- l’adminiftration de. l’Aimant peut avoir produits, font dus au Magnétisme Animal (Prop. aa.)- Ces deux Propofitions mènent naturellement aux conféquenees fuivantes, qui en démontrent non feulement l’incertitude, laquelle d’alleurs eft évidente, puisque M.-mesmer n’allègue pas la moindre preuve, mais encore
- Il fuit de ces propofitions : i°. Qu’un feul & même Corps, l’Aimant, peut pofféder (je fuppofe pourtant en différens tems , quoique M. mesmer ne lè dife pas) des propriétés abfolument contraires -, ce qui paroit contra-diétoire puisque ces propriétés confiftentàpou-voir modifier un feul & même Fluide, tantôt {Tune manière, tantôt d’une manière directement oppofée : or cette modification dépend de la conftitution même du Corps, & ne peut être qu’une, tant que le Corps refie le même : ainfi pour que ces modifications fuflent différentes & oppofées en différens tems, il faudrait que la conftitution réelle & intime de l’Aimant, vint non feulement â changer, mais'à devenir à cet égard abfolument oppofée à ce qu’elle étoit : mais elle ne (aurait changer par Tes propres forces} il faudrait donc admettre quelque caufe extérieure, qui change la conftitution effentielle ( au moins à cet égard) dç l’Air
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- Examen du Syftème deM. mesmer. 431
- l’Aimant, & prouver qu’une pareille caufe exifte, qu’elle agit de cette manière , quoique malgré ce changement l’Aimant conferve fes mêmes propriétés, par rapport au Fer, & les effets vraiment Magnétiques. Or ces fup-pofitions font trop précaires, pour pouvoir être admifes le moins du monde.
- Il elt au refte évident, qu’on ne (aurait alléguer en preuve de là propofition que nous examinons ce qui a été dit ci-deflus, que l’application de l’Aimant produit quelque fois un foulagement marqué aux malades, & quelque fois une augmentation de douleurs ( §. 7. note g ). Car il faudrait prouver en ce cas: i°. que ces effets ne dépendent pas de la conftitution même des malades : i°. que les aétions que l’Aimant produit font réellement dus à fon influence fur le Fluide uni-verfel dont M. mesmer parle: enfin 30. que produire de la douleur, ou l’appaifer, font dus à des mouvemens contraires 8c oppoféesde ce Fluide : trois points qui font entièrement hypothétiques.
- §. 35. L a fécondé conféquence eft celle-ci: fi l’Aimant a quelque fois opéré des effets falutaues, ils ne font dus, dit-on, qu’au Magnétisme animal; mais il eft hors de doute qu’ils
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- 43 a Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- en ont opéré, hors des mains de M: Mesmer, Ôt entre les mains de Pbyficicns qui étoient bien éloigné de le prétendre doués du Magnétisme animal, qui n’avoient aucunes connaifTances fur ce Principe, ou qui meme le rejettoient comme chimérique : donc M. mesmer n’eft pas feul poflefTeur de ce Magnétisme animal: donc ce Magnétisme peut opérer à l’infu de ceux qui en font doués, & agir ausli bien & ausfi utilement par eux, quoiqu’il ne (bit pas dirigé par leur Intelligence, par leur Raifon, qu’il agit étant dirigé d’apès les profondes connaislances de M. mesmer lui-même. Or ces Conféquences font non feu lement contradiéfcoires en elle - même, mais encore à ce que nous verrons ci-deflous, qu’il faut, félon M. mesmer, pour obtenir des effets falutaires, diriger le Fluide univerfel de manière à rétablir l’harmonie générale (§. 36.), c. a. d. qu’il faut agir par le Magnétisme animal, non au hazard, mais d’une manière certaine. Elles le font ausfi à ce que nous avons vu ci-deflus (§. 31.) que, quand même quelque Corps (brut à la vérité, mais auquel un Corps animal eft femblable, dès qu’il n’agit pas par fa raifon) eft en état d’agir par le Magnétisme animal, il n’agit neanmoins & ne peut agir que lorsqu’il reçoit l’infliience d’un hom-
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- Èxamen du Syftime deîÀ. mesmèr. 4g§
- nie qui agit à volonté 8c qui maitrife le Magnétisme animal à fon gré. Ces contradictions font II palpables qu’elles foffiroient feules pour ïenverfer toiit lé Syftèmé.
- Et qu’dh ne révoqué pas en doute la jü^' ftefle de là'conféquëhce que hous avons déduite des Principes doht il s’agit : ëllè ëft fi jùfte y que M. M e s m e fe lui-mêmé eft obligé d’avouer que parmi plufieurâ perfonnës, même parmi les plus incrédules fur le Magnétisme animal, 11 doit s’èri trouver non feulement qui-le pofledënt, rëais dans lesquelles'il agit à leur infu, & dgifoit exaétement de même qü’il agit lorsqu’il ëft dirigé par lui; M. mesmer; Voici ld prëuvé dè Cette afleitiotl. Un des Médecins qui âvdit été préfent aux Opérations de M. mesmèr fur là Démoifellë B * * * y dont nous avons parlé ci-deflus %. 30, propofo l’Expérience fuivânté, qui certainement au-roit dû faire partie des Preuves rigoureufes y qu’on eft en droit d’exigër d’ùii homirfe qui préteild poffêder un pouvoir âtisfi fingulier: hous là citerons telle que M. mesmèr l’a décrite à lapag. 103. de fon Précis liilloriquc. „ Que M. MÉSMPR raftemble dans ce fa-y, Ion ou dans tel autre qu’il voudra, vingt-i9 quatre perforines, Médecins & autres : que „ cette fille, fi fusceptible des impresfionS du fout II. Ee „ Mag-
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- „ Magnétisme Animal, foit placée dans un an-„ gle, ifolée de tout le monde -, qu’elle ait les „ yeux couverts d’un bandeau, enforte qu’elle „ ne puifle voir qui que ce foit ) que l’on ob-„ ferve le plus rigoureux filence} que tous les „ asfiftans foyent diftingués par un ruban, ou „ aune fignalement, de couleur différente „ pour chacun : tous pafleront l’un après l’au-„ tre, & s’arrêteront devant cette fille, fâifant „ ou ne faifant pas les mêmes geftes, ou des „ gestes à peu près femblables à ceux que nous „ avons vu faire par M. Mesmer. Cette „ procesfion fe repétera, toujours en filence, ,, dixhuit, vingt, ou vingt.quatre foisi & „ M. mesmer pafleraà fontour, mais une „ fois p. ex. la cinquième, la fécondé fois, le ,, douzième &c. — Ni lui, ni les autres, ne „ toucheront la fille, puisque M. mesmer „ ne l’a pas touchée pour opérer ce qui s’eft „ pafle fous nos yeux. Un des asfiftans placé „ dans un endroit d’où il puiiïe tout voir, „ tiendra un regiftre exaét de tout ce qui arri-,, vera, fans rien dire, & défignant feulement „ les perfonnes par leur couleur. Si à chaque „ procesfion la préfence de M. mesmer pro-„ duit desfenfations marquées, des douleurs, „ des mouvemens, 6c que la préfence des au-„ très asfiftans ne produife aucun effet, comme
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- Èxamen du Sfflème de M. mesmËÀ. 43ÿ
- j, ce Médëcirt eft le feul qui connoifle le Mag-„ nêtisme animal, le feul qui lâche le faire „ jouer, nous conviendrons en effet qu’il pos-„ féde l’art d’agir fur les Corps animés fans les „ toucher, fans que l’imagination des malades „ puiffe être fufpeétéè comme la caüfe de tous „ ces Phénomènes: qu’en un mot il fait im-j, primer à lin fluide quelconque, connù oii ,, inconnu j qui exifle dans tous les animaux j „ une direétion, un mouvement,' qu’il mo-j, dère à fon gré.”
- U N ami intime de M. M Ë s m ê ü , tin homme dont il avoue le langage & lés procédés, rejetta cettë propofition dé la part de M. mes-mer, & allégua plüliéurs raifons de fon refus : voici ce qu’il répondit entr’aütres à ceux qui l’avoient faite. „ Non feulement votre Ex-„ périence ne doit pas être propofée, mais „ vous favez qu’elle ne peut pas l’être. M. j, mésmer convient, vous né l’ignorez pas, j, que l'e xi fl ence du Magnétisme animal dans les „ Corps animés petit donner à plaJieurS individus 33 ld faculté momentanée d'opérer les mêmes effets 33 que lui, Phénomène moins fufpvenant en-33 corë dans Une circonftahce Oit il aurait établi j, la communicabilité du Principe. Il eft donc
- dé préfomption non abfurde que parmi vingt j, quatre Médecins fàifant à tour de rôle, de
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- ,, compagnie avec M. mesmer, 8c à quatre „ cens quatre vingt reprifes différentes, des „ cfpiégleries fous le nez d’une perfonne à „ qui l’on auroit bandé les yeux, il s’en trou-„ veroit quelqu’un qui opérait des effets fuffifans „ pour que M. mesmer ne put être reconnu à ,, coup fur; ce qui fuffiroit pour faire manquer „ /’Expérience, ou, ce qui revient au même, „ pour la rendre impropofable & inadmisfi-„ blc.” M. mesmer avoue donc qu’on peut en agifîîint fans le fa voir, fins le vouloir, 8c par conféquent au hazard, produire des effets affez femblables aux fiens pour que ceux - ci ne puiflent être reconnus. Or cela pofé, ou refte fon art, fon influence particulière fur le fluide dont il s’agit: fes moyens de prouver qu’il poflede réellement, 8c jusqu’à préfent exclu-fivement, le pouvoir dont il fe dit le feul pos-fefleur ?
- §.36. Passons enfin à l’application que M. m e s m e r fait de fon Syftème à la Médecine. En réunifiant fous Un même point de vue, les cinq dernières propofîtions, 8c les endroits qui y ont rapport, il en réfulte que M. m e s m e r admet comme principes fondamentaux d’Hygiène 8c de Pathologie, 8c comme des V érités fur lesquelles fâ méthode cura-
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- Examen du SyJJème de M. m e s m e r. 437 curative eft fondée, les quatre points fui-
- i°. Que l'état de fanté confifte dans l'harmonie des Corps} & que celui de maladie a lieu quand cet état d'harmonie eft troublé.
- Qu’il n’y a que l'Agent général, -le Fluide univerfel, qui puiffe rétablir cette harmonie dans fon état naturel.
- 30. Q u e les révolutions périodiques du flux & du reflux de l’agent général, ou du fluide univerfel, produifent les crifes, & les différentes révolutions des maladies.
- 4°. Enfin, que l’Art du Médecin qui employé l’agent général, doit confifter à modifier, à mettre en mouvement ce fluide général, de manière à provoquer, à hâter, à diriger les crifes falutaires, à s’en rendre le maître, & à î-établir l’harmonie générale qui produit l’état de fanté.
- Voila donc quel eft le pouvoir dont M. mesmer le 'prétend doué : mais jusqu’ici je n’ai pas trouvé dans fes ouvrages la moindre preuve de tout ce qu’il avance à cet égard, rien même qui en puiffe feulement faire foupqonner la plus légère probabilité. Quand on admettrait comme des Faits avérés les guérifons qu’il allègue, il ne s’en fuivroit pas encore qu’il les a opérées par le moyen dont il parle. Il ne Ee3 dts
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- 438 ReflexiW fur h Magn/tijm Animal.
- ' pite d’ailleurs aucun tepjoln fuffifant, & qui ait détaillé ce qui a eu lieu à chaque moment pendant tout le cours de la cure. Tout eft en-yeloppé de Myftèvet à cet égard.
- §. 37. Nous venons d’analyfer les différent tes parties du Syftème deM. me s mer, & nous avons fait voir, fi jp ne me trompe, que ïien n’y eft démontré y que les principes font yagues, hypothétiques, & çontradiéfcoires. Nous avons prouvé que ce fiyftçme n’eft pas également fusceptible de démonftration, ou de démonftrations du même genre dans tous fes points. Enfin que lps parties qui peuvent être démontrées par des Faits, ne Font pas été ({. 47, a8. ). C’eft à ce dernier objet que nous deftinons encore trois reflexions par lesquelles nous terminerons ce Mémoire.
- i°. M. mesmer agit-il, même à une dis-, tance, fans attouchement, fanscorps intermédiaire vifible', fur les perfonne$ qui fe fou-mettent à fon aétion? Voila, comme nous l’avons dit, une Queftion de Fait, indépendante de toute. Théorie, (5. a8-) Je crois le Fait parfaitement ayéré, non univetfellement & in-diliinclement^ mais pour autant qu’on l’énonce^ Toit ainfi, (avoir) qu’il eft arrivé plus, d’une fois, mais non toujours, car il eft certain qu’il eft
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- Examen du Syftime de M. mesmer. 439
- eft des perfonnes fur lesquelles M. mesmer n’a opéré aucun effet fenfible, que quelquqsperfon-nes ont éprouvé, en préfence de M. mesmer , fansqu’il les touchât, & à l’occafion de fes gestes , de fes discours & des fons, qu’il excitoit, des douleurs, des tiraillemens, des toux, des accès fpasmodiques, un retour d’affeékions ner-veufes 8cc. ($. 17, a.8. ) Mais quel eft l’homme éclairé & impartial, qui ayant vû ces faits, ne tachera pas de les apprécier, d’en pèfer les circonftances, de confîdérer l’état phyfique & moral du malade, plutôt que de recourir fans autre examen à des Théories imaginaires? — l’Expérience faite par M. steislehner (55. a8. 30.) prouve fans réplique, & de la manière la plus évidente, qu’il y .en a eu de ces a&ions qui n’ctoient dues qu’à l’effet de l’Imagination, 8ç qu’on étoit raaitre de faire oefler ou renaitre à volonté , en détournant l’attention du malade de fes maux, ou en l’y fixant j & fi l’on confidcre que dans les affections nerveufes, chez des perfonnes dont le genre nerveux eft très-fenfible, l’effet ordinaire de ripiagination eft d’exciter & d’augmenter les douleurs, & que toutes les Expériences que M. mesmer a faites en public , ou en préfence de témoins, toutes, celles qu’il cite lui-même, n’ont confifté qu’à produire.des.
- E e 4 dou-
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- 440 Reflexions fur.'Ie 'Magnétisme Animal.
- douleurs, il ne fera. pas difficile de fixer fe$ idées, au moins d’une'manière probahle, fur le caufe de des actions.'
- $. 38. aVS.i M. M'ES me» prétend agir par un moyen différent 'de celui fie frapper FIi nragination, & s’il eft de, bonne foi, il doit avouer qu’il opère par. quelque moyen réel, in? connu, fi l’on veut, mais mécanique., mais matériel, quoiqu’invifible, 8c qu’il fait mettre en aétion fiuvant des principes furs, ou du moins vraifemhlables, qu’il a déduits de l’Expérience. 11 y. aurait donc un fécond fait à vérifier, fa-voir, : M. messjer peut. - il communiquer clai\ renient & .complettcment à £ autres perfonnes;Ia manière dent, il 'dirige, ce.moyen matériel, ce fluide fubîil, dqnt il le met en. aStion., dont Hfait le faire agir, d.e manière 0, lui faire, produire, fuivant des. réglés fur es ou vraijemblables des effets détermiy tffs. S’il ne le peut pas, il faudrait foutenir d ms i’hypo.thçfe. dont nous partons, ( celle de l’aétion mécanique réelle.) que la Providence à donné à mes.mer fur qu.elquespbjets.de la Rature, une puiflancç qu’il a refufée aux autres homipes, que ceux-ci ne peuvent exercer en employant les moyens naturels,, à eux connus , & que même ils. ne font pas fiisceptibles de recevoir j prétention qui ne différerait gqç-
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- Examen du Syflime de M. mesmer. 441
- res> dé cqlle ^attribuer à M. mesmer un pouvoir furnat.urel: pouvoir qu’il ferait abfutde de foupçonner : & cette prétention ferait d’ailleurs contradiâoire à ce que M. mesmer avoue, que d’autres Corps animés peuvent agir par le Magnétisme animal (§. 35.) 6c ont agi, foit médiàtement, foit immédiatement, par le Magnétisme animal, quoique dans l’un & l'autre cas fans le favoir, fans le vouloir, & néanmoins de f^çon à produire les mêmes effets que lui. Si M. mesmer peut communiquer fon pouvoir à d’autres perfonnes, comme il prétend le pouvoir faire, puisqu’il prétend pouvoir former des Élèves (p. 134.) ,.il eft dans l’obligation indispenfable de le faire: puisque cette communication claire, fimple, parfaite, eft ici la meilleure pierre de touche de la vérité, la feule preuve peut-être, an moins la plus complette-, qu’il puifle donner pour faire voir qu’il agit fur un princip& matériel, réel, qu'il maitnfe à volonté. S’il fe refufe à cette communication, comme il parait s’y être re-fufé jusqu’ici, on ferait en droit de croire, ou du moins de foupçonner, qu’il ne veut pas communiquer fon prétendu pouvoir parcequ’il ne le peut pas, foupçons qui approcheront beaucoup de la certitude, fi l’on fait attention d’a-E e 5 bord
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- 44» Reflexions fur le Magnétisme Animal. bord à ce que l’exiftence de ce Principe fur lequel M. mesmer prétend agir, n'eft qu’une hypothèfe, deftituée de preuves, 8c pas fus-ceptible de preuves dire&es 8c évidentes (S. 13. 14). a0. Que les Propriétés qile M. mesmer attribue à fon Principe, à fon Agent univer-fel, font contradiéfcoires 8c inadmisfibles, quoiqu’elles ne foyent pas feulement des points de Théorie, mais des propriétés dont il faut fe fervir dans la Pratique: Enfin 30. que M. mesmer a toujours affeété de l'obifcurité dans ce qu’il dit à cet égard : car tantôt il avance ( p. 134.) „ qu’il n’eft rien de plus fimple que de „ faire des Élèves”: tantôt il parle avec em-phafe „ de la prudence avec laquelle il doit ,, fe créer des Elèves dont il puiffe être enten-„ du, â qui il puiflè transporter fans danger „ les fruits de fon Expérience, 8c qui puis-•„ fent à leur tour faire de nouveaux Élèves „ ( p. 17.) : tantôt enfin il décide” qu'il feroit „ abfurde de lui donner des juges qui ne com* „ prendroient rien à ce qu’ils prétendraient ju-„ ger j que ce font des Élèves 8c non des juges ,, qu’il lui faut”. Mais s’il agit par un moyen mécanique, pourquoi ne pourvoit-il pas décrire, faire voir, 8c communiquer clairement la manière dont il agit lur ce moyen : 8c s'il le peut, pour-
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- L- 443
- Expmcn du Syftème deM. mesmer
- quoi ne poUPïpit-il pas être entendu, être jugé: Et s’il ne peut être, ni entendu, ni jugé, prétend-il qu’on s’en rapporte implicitement à fes affertions, car les Faiçs font ici différens de la doéfcrine? Quoiqu’il en foit, il me femble, que tant qu’il n’aura pas donné une communication , une explication claire & précife de là méthode, M. mesmer ne fauroit fe plaindre avec juftice qu’on n’admet pas fon Syftème, qu’on attribue fes opérations à l'effet de l’Imagination, & qu’on fe prévaut de l’Expérience fi fimple, li convaincante, fi palpable de M. STEIGLEHNE r pour appuyer cefeni timent.
- 5- 39. Enfin 3q. M. mesmer a-t-il opéré des guérifons réelles,. & par quels moyens les a-t-il operéis ? Conftater avec foin , même jusr qu’au fcrupule, l’état de maladie Sç enfuite de guérifon , n’eft pas uniquement ce dont il s’agit ici : Il faut avoir fuivi fans relâche tous les procédés employés pendant la durée entière de la cure. Dire qu’on a été guéri fans l’ufage de Remède c’eft un aveu vague. L’application de l’Aimant, les bains, la faignée, l’Élçéhicité ne font pas ordinairement compris fous le nom de Remède, par lequel on entend la pluspart du
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- 444 Réflexions fur lé Magnétisme Animal.
- du tems des Médicamens pris intérieurement. Or 'M- mes-me'r ne rejette pas entièrement les1 moyens ddiit-ttous Venons dé parler, puisqu'il’ avoué (p. 155. ). • „ Qu^il employé fré-,,-qüemméntïes bainsj mais qu’il fe fert indif-,-, féremment'd'Eau de rivière, de fontaine, ou de puits v qu’il fait un ufege très-modéré ,,- des faignéesi, & un très-rare des vomitifs : „ Que la crème if Tartre, la magnifie, l’orgeat, „ la limonade,- orangeadè, eau de grofeilles ,, font des boifforts communes à fes malades”. Malgré ces aveux M, mesmer „ croit pou-„ voir dire au terme propre qu’il n’ufe pas de „ médicamens”. Enfin les guérifons que M. mesmer prétend avoir opérées, ne font pas toutes fuffifamment conftatées ; les moyens dont ils s’eft fervi pour, produire cellés qui peuvent avoir été réelles, ne l’ont jamais été. M. mesmer s’eft refiifé à l’exécution des propofitions qui feules pouvoient conftater les premières : mais que je ne croirais pas encore aflez rigou-reufes pour juger abfolument des moyens : & ce font les moyens, & les moyens feuls, qui prouvent ici la vérité du Syftème : les guérifons, les Faits, ne font que des préliminaires, mais des préliminaires indispenfables..
- 5. 40. j!
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- Examen duSyftime de M. (jesmer. 445
- $.40. Je coNCLusde toutes ces reflexions. i°. Que des trois Queftions de Fait que le Syftèrae de M. mesmer préfente, il n’en eft qu’une qui ait été avérée, mais feulement pour quelques circonftances, & pour quelques cas ( §• 37- ) ; mais que ce Fait ne prouve rien en faveur du Syftème, puisque d’autres perfbnnes, prifes au hazard, ont pû produire des effets pareils.
- a0. Que les deux autres faits ne font nullement prouvés, quoiqu’ils foyent de la plus grande importance pour la confirmation du Syftème: 8c que M. mesmer s’eft conduit à l’égard du fécond Fait d’une manière qui doit faire foupçonner qu’il ne pofféde pas le pouvoir dont il prétend être doué. 30. Que toutes les parties théoriques du Syftème font indépendantes des faits: qu’elles ne font pas prouvées: qu’elles font hypothétiques, & peu admisfibles, foit par leur nature, foit par les contradiébions qu’on y remarque : que ce ne font que des idées vagues, envéloppées dans des termes métaphoriques, qu’on prend enfùite au fens propre, 8c qui perdent leur valeur dès qu’on vient à les analyfer.
- Je n’héfite donc pas à avancer que la Théorie du Magnétisme animal n’eft que la pro-duétion
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- 4afi Réflexions fur le Magnétisme Animal.
- duétion d’une Imagination vive* qu’elle eft denuée de réalité* & qu’elle .ne mérite guère? d’occuper davantage l’attention des Médecins & des Phyficiens.
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- DISSERTATION
- UN PHÉNOMÈNE
- MAGNÉTIQUE PARADOXE,
- QUE l’AIMANT ATTIRE PLUS FORTEMENT LE FER PUR, QU’UN AUTRE AIMANT,
- M. VAN SfVINDËN, Profejftur dt Philtfophit à Franektr.
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- DISSERTATION
- UN PHÉNOMÈNE .MAGNÉTIQUE PARADOXE,
- QUE l’AIMANT ATTIRE PLUS FORTEMENT LE FER PUR
- QU‘UN autre aimant.
- Tou t le monde fait qu’il eft encore dans la fcience de l’Aimant un grand nombre de Phénomènes qui, n’ayant pas été liiffifamment examinés jusqu’ici, exigent des Recherches ultérieures. De cè nombre me paroit être celui dont je vais m’occuper, & que j’ai déjà indiqué dans le premier Chapitre de la cinquième .Seétion, de ma Diflertation fur l'Analogie de VÉlectricité du Magnétisme, que l’Acade-
- mie de Bavière a honorée d’une Médailled’Or, Et comme ce que je me propofe de dire fur ce jCujet fervira de Supplément à ce que j’ai avancé TOME II, Ff dwtS
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- 4p Dijjïrtatm fur un Phénomène
- dans le §. 140. de laDiflertation que je vj^ns de citer, je n’ai pas héfité à prefenter ces nouvelles Recherches à La même Académie, dansl’es-fpérance qu’elles ne lui déplairont pas entièrement.
- 5. II.
- Gilbert (<*), excellent Ecrivain fuf l’Aimant, & le vrai reftaurateur de cette fcience, a dit, deschales (b) l’a répété d’après lui, & enfuite M. M. musschen-
- BROEK (O, KRAFFT (rf), A E P I-
- k u s ( e) ont établi par de nouvelles Expériences , enfin tous ceux qui ont traité de l’Aimant, & que je connois , ont avancé, que l’Aimant attire le Fer pur plus fortement qu’un autre' Aimant, & qü’il le foutieht' avec plus de force. Mais, quelque grande que foit l’autorité de ces Phyficiens, j’ai beaucoup douté dé la
- (fl) De Maint!!, Lit. II. Cap. 16. p. ç6.Edit. Tochmmnï [ou p. 94. de l’Edition originale de Londres in folio.]
- (b) Mandas Mathtmatkus, Liù. I .Quarto! lèxperi/xenl. Qrdo. Exp. 16. Tom. II. p. 488. Ed. 2. &c„
- (c) Dijfertotio de Magnete, p. 43. Eiem. PAyf. J. j;r. Jntred. ad P/iil. Natur. S. 955. 56. 57.
- (d) Praileftiones P/tyfiçae, Part. I. 5. 2jr.
- («) Ttntom. Their. Ehclr, &Magn. J. 17g.
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- Magnétique Paradoxe. A rticee I. 451
- la vérité de cette Proposition, depuis le tems que j’ai commencé à examiner les Phénomènes •Magnétiques avec plus de foin, & mon des-fein aétuel eft de propofer les raifons de ce doute, d’indiquer quelles font les recherches, qu'il m’a fourni l’dccafion de faire, 8c d’ex-pofer enfin les cas dans lesquels le Phénomène •en queftiori a réellement lièu. Je réduirai à .ces,cinq Chefs généraux tout ce que j’ai à dire fur ce fujet.
- : I. J e ferai voir d’abord que cette Proportion, T Aimant attire le Fer'plus fortement qu'un autre Aimant, n’eft pas généralement
- ÎI. Je prouverai énfuite, que les Circon-fiances dans lesquelles ce Phénomène a lieu? n’ont pas été bièn déterminées.
- IIJ. J'examiner ai.en troifième lieu le? Expériences dont on a déduit, la Propofi-tion dont il s’agit. .
- IV. J’ÉtaBLiiR Ai en quatrième lieu les
- Principes généraux qui ferviront à expliquer le Phénomène./. • ' ............ ... — . •
- V. Enfin, j’en propofeyai une explica,-
- Pf a
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- 45* Dijfertation fur un Phénomène X.
- Rffhcrchts fi h Phinpmènt, dont il y s'agit, a toujours lieit ?
- §. III.
- < Toutes les.fois que le Fer eft attiré par l’Aimant, il en reçoit la vertu Magnétique , il fe change en un véritable Aimant ( e * ) & il peut être comparé k un Aimant d’une force déterminée. Si donc l’on fubftituoit à ce Fer un ,autre .Aimant, dont les. forces fuflent égaT les à celles que le Fer a acquifes, le fécond Aimant feroit attire .par le. premier non feulement avec la même Force que le Fer, mais réellement avec une ‘ force majeure. Il feroit attiré avec la même force, s’il ue s’y joignoit pas l’efferd’ïine augmentation de forces : mais, il éll connu, & il fera prouvé plus en détail dans le §. ai, que lorsque deux Aimans s’at-tifonti Team forces font augmentées par cette aétion mutuelle: ce fécond Aimant fera donc attiré plus fortement par le premier que ne l’à • > - ; été
- (e*) Voyez le Mémoire de M. stei^lbmnsr S. 35- 36: 8e les Notes fur ces $§. N. d. T.
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- Magnétique Paradoxe, article I. 453
- été le Fer: or, il eft de la dernière évidence qu’on pourrait trouver un Aimant dont la force furpaffe celle que le Fer a acquife. Il eft donc également évident qu'il eft imposfible que le Phénomène dont il s’agit foit général j c. a. d. qu’il ne fe peut pas que l’Aimant attire toujours plus fortement le Fer qu’un autre Aimant, quoique cela arrive quelque fois. »
- 5- IV.
- x’A ttraction qu’il y a entre un certain Aimant 6c une masfe de Fer déterminée eft confiante: mais, celle qui a lieu entre ce même Aimant 6c un autre Aimant quelconque, eft très - différente félon la différente force de eelui-ci. On ne fauroit donc établir de Loi générale, puisqu’on peut employer dans une Expérience un Aimant beaucoup plus foible que dans une autre : cas qui a réellement eu lieu quelquefois dans les Expériences de M. AL
- dans les Expériences quatrième 6c vingt-deuxième deM. mussciienbroek,qu’on compare cependant entr’elles: car, l’Aimant C de l’Expérience quatrième étoit beaucoup plus foible que l’Aimant A de la vingtdeuxième dans laquelle cet Aimant a agi fur du Fer ; le
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- 454 Dijfertation fur un Phénombnt
- premier attiroit, dans l’Expérience quatrième , un Aimant D avec une force de ia8 grains: tandis que l’Aimant A attiroit celui-ci dans la fécondé Expérience avec une force de 300 grains : l’Aimant C attiroit dans la feizièmeExpérience la malle de Fer F avec une force de 180 grains : tandis que l’Aimant A l’attiroit dans la dix-huitième avec une force de 131a grains. Les Expériences quatrième & vingt-deuxième font cependant du nombre de celles dont on a conclu le Phénomène en queftion. De même, l’Aimant A attiroit dans la première Expérience deM. krafft (/) le Fer C avec une forcé de 1977 grains : tandis qu’il n’etoit attiré par l’Aimant C qu’avec une force de 67 grains.
- l’Attraction devient donc plus grande en employant un Aimant plus fort, & il peut arriver à la fois que l’attraftion entre deux Aimans foit plus forte que Celle entre l’un d’eux & une Malle de Fer, au lieu que le contraire, aura lieu en employant un Aimant-plus foible.
- S- V.
- Le cas que nous venons de fuppofer dans le
- if) C'.
- Uadtm'w Petrtftlit». Tom. XII. p. 18».
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- Magnétique Paradoxe, article. I. 455
- le §. précédent a réellement eu lieu dans .les Expériences de M. M. musschen-b r 0 e k & k r A f r. t j & ccs Expériences prouvent, que l’attra&ion eft plus forte entre deux Aimans, qu’entre un Aimant & du Fer, de forte qu’il eft étonnant que ces excellons Phyficiens n’ayent pas fait autant d’attention à ces Expériences là, qu’à celles dont ils ont déduit une conclufion entièrement oppofée. Voici ces Expériences.
- Dans la quatrième Expérience de M. krafft l’Aimant B attirait l’Aimant A de 'la première Expérience avec, une force
- de........................134- gr-
- C e même Aimant B attirait dans la fécondé Expérience le Fer C feulement avec une force de. . . 67. gr.
- l’Attraction a donc été plus forte ici entre deux Aimans : mais dans la première Expérience le même Fer C etoit attiré par l’Aimant A avec une force de 1977 gr.
- Dans la cinquième Expérience que M. musschenbroek rapporte dans fa Disfer tat ion fur l'Aimant, l’Aimant C attirait l’Aimant A avec une force de . . 340. gr.
- Dans la feizième, le même Aimant C attirait le Fer F avec une force de . . 180.gr.
- Voila donc dérechef une attraétion plus
- Ef 4 g™'*
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- ^5^ DiJTtrUtion fut un Phéntmtnf grande entre deux Aimans: mais, le Fer F*' étoit attiré dans la 18e. Expérience par l’Aimant A avec une force de 131a grans.
- Enfin, dans les Expériences que M. musschenbroek rapporte dans fon In-troduSUon à la PkiltfopMe naturelle 5. 955, 56 , un Aimant cilindrique a agi fur un cilindre de Fer de même diamètre , avec une force àe............................57 gr-
- Pendant que ce meme Aimant a agi fur un Aimant fphcriqye, de même diamètre, avec une force de......................160. gv.
- Voila donc encore une attraâion plus forte entre deux Aimans. Nous avons donc prouvé notre Thèfe pour ce qui regarde la différence des Aimans. .
- 5. Vf.
- Il en faut dire autant du Fer. Il y a u» maximum d’attra&ion dans la Maffe & dans la furface du Fer qu’on employé. Si donc je dis que l’actraétion entre un ceitain Aimant A & une certaine maffe de Fer F, eft plus grande qu’entre le même Aimant A & un autre Aimant B, je ne ûurois en conclure en général que l’attraéfion entre le Fer & l’Aimant eft plus grande qu’entre deux Aimans,
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- Magnétique Paradoxe. auticle.I. 45^
- puisque, ce même Aimant A n’agira pas avec la même force fur un morceau de Fer de mafle différente -, fi nous prenons une mafle confiante, elle fera peut - être celle de la plus grande at-traftion pour l’Aimant A, mais de la plus petite pour l’Aimant B. Peut - être faudrait - il, 6. l’on fe fert t^n;ôt d’un Aimant, tantôt d’un autre , employer toujours la mafle qui ferait pour chaque Aimant individuel celle de la plus grande attraélion, & ne jamais eftimer l’aâiou de l’Aimant fur le Fer, que par celle qui a lieu lorsqu’on employé cette mafle. Peut-être qu’-alors la chofe dépendrait de la feule force des Aimans employés, & que nous retomberions dans le cas précédent. On voit en attendant par les Expériences deM. musschen-b roe k , quelles différences la diverfe mafle, ou la différente figure du Fer peut produire , car, l’Aimant A attirait le pied d’une certaine Armure avec une force de 1014 grains dans l’Expérience dix-neuvième , tandis qu’il n’attirait l’Aile delamême Armure qu’avec une force de 574 grains, dans le contact immédiat-.
- S. VII.
- I l s’enfuit de ce qui vient d’être (lit, qu’on se peut pas établir en général, que l’Aimant Ff« «tire
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- .458 JDifiertatitn fur un Phénomène
- attire plus fortement le Fer-qu’un autre Ai* mant, puisque le contraire a quelque fois lieu, fie peut avoir lieu dans nombre de cas. Cela dépend de trois clémens, qui peuvent être combinés entr’eux de plufieurs manières. Premièrement , de l’Aimant qu’on employé con-ftamment dans les deux Expériences : a*, des Aimans qu’on préfente au premier, 8c que celui-ci attire avec ides forces différentes: 3°. de la MafTe de Fer qu’on employé, 8c qui peut, ou être différente, 8c par conféquent produire des variétés innombrables •, ou être toujours k même} au quel cas elle produira encore une multitude d’attraélions différentes à caufe de fa différente relation avec l’Aimant qu’on employé. On ne fauroit donc établir de cette manière aucune Loi confiante : 8c les effets des Expériences feront fouvent diamétralement oppofés.
- ARTICLE II.
- Recherches, fi les Circonfiances, dans lesquelles le Phénomène en que fi ion a lieu, ont été bien déterminées.
- $. VIII.
- Nous avons parlé ici des effets qui dc-pen-
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- Magnétique Paradoxe, article II. 455.
- pendent de la differente force des Aimans qu’on employé, & de la diverfité des Maffcs deFer: ,3c nous.avons prouvé qu’on ne fauroit établir en général que l’ Aimant attire plus fortement lé Fer qu’un autre Aimant. Cependant cette proportion a été énoncée généralement , tant par M. mdsschenbroek, dans fa Dijfertation fur V Aimant, & dans fes Elémens de Phyfquc, que par M. krafft. Mais dans la fuite M. mdsschenbroek l’a un peu reftreinte dans fon Introduction à la Philofophie naturelle. Il avoit dit à la vérité dans le §. 954. que l’Aimant agit plus fortement fur le Fer que fur un autre Aimant -, mais il dit feulement dans le §. 957 que l’Aimant attire au point de Contaft le Fer plus fortement qu’un autre Aimant : reilriétion qu’il a furement ajoutée parce qu’il s’eft apperçu que la même chofe n’a pas lieu dans les différentes diflances, comme on le verra tout-à-l’heure. M. a e pi nus femble réduire le cas, dans lequel l’Aimant attire plus fortement le Fer qu’un autre Aimant, à celui dans lequel on employeroit une maffe de Fer égale femblable au fécond Aimant. Mais on n’obtient pas toujours cet effet, même de cette manière, comme il paroit fuffifamment par ce qui a été dit ci-deffus §. 6 & 7, Sc qu’il fera prouvé ci-
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- 460 DiJfcYtation fur un Phémmitu
- deffous par les Expériences du §. ia. Ce (ont là les feules circonftances dont les Phyficien* ont fait mention: mais il en eft d’autres, qui doivent entrer en eonfidération.
- §. IX.
- O n peut divifer ces circonftances en deux clafles : la première contiendra celles qui dépendent des dimenfions des Corps qu’on enw ployé: l’autre celles qui concernent la nature même de ces Corps.
- Pour ce qui eft de la première claffe, elle contient deux Cas : le premier dans lequel tous les éléracns font femblables, le fécond, dans lequel ils font différons : car , l’attraétion. confidéréc en elle-même, & entant que telle, dépend aux mêmes diftânces de la figure des Corps qu’on employé, de l’obliquité de l’aéti-on, qui provient de la différente grandeur des furfaces tournées l’une vers l’autre, enfin de la maflè : mais nous faifons abftraétion de celle-ci, parce que l’attraétion magnétique n’en fuit pas la proportion univerfclle. Je ne parlerai que de la figure des Corps, & de l’obliquité de l’aétion. Quand ces deux Elémens ne font pas les mêmes dans différentes Expériences, il faut bien que les grandeurs des attrac-
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- Magnétique Paradoxe, article II. 451
- tiens différent, quoique tout le relie foitégal : d’où il fuit, que fi cerefte ne l’ellpas,les différences feront encore plus grandes ,011 peut-être quelquefois plus, petites,; s’il fe fait une com-penfation de quelques uns des Élcmens. Or je crois que c’efl par cette diverfité qu’il arrive que les attrapions, qui dans deux Expériences font les mêmes pour le Contaét, différent quelquefois confidérablement à des diftances égales, comme cela a-lieu. entr’autres dans les deufe premières Expériences de M. mu s-
- O r il efl d’autant plus necefîaire de faire attention à cette différence d’obliquité , que les attrapions entre divers Aimans & le Fer fui vent différentes Loix félon que cette obliquité efl différente. On n’a, par exemple, trouvé jusqu’ici aucune loi confiante pour l’at-traPion d’Aimans lphériques inégaux : mais pour ceux qui font égaux , les attrapions fui-vent inverfement la quatrième puisfance des espaces. fphériques compris entre les Aimans (#).-Les Aimans cilindriques, qui-agiffent:i’un fur l’au-:
- (g) Mojschb nïroe-k élément ieP/iyfiq'ief. 147 : tntrei. ai. PAU. Kaf*r. g. 958., . 8c *Rsrt x Cnnmtnt-.
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- DiJferUtion fur un Phénomène
- l’autre, fuivent la raifon fimple inverfe'deS distances (/i), ce que j’ai trouvé avoir lieu ausfi pour les Aimans parallélépipèdes. Des AiJ màns fphériques, qui agirent fur des Aimans cilindriques d’un même diamètre, fuivent in-vevfement lapuifiance ii des Espaces. (/) .
- §. X.
- En reflécliisfmt comme il faut fur ce qui vient d’être dit, il- eft clair, qu’on ne fauroit avoir fur ce fujet d’Expériences parfaitement iàtisfaifantes , à moins que tout foit égal des deux cotés : c. a. d-. à moins d’avoir foin que l’Aimant employé ait la même figure, & op-pofe à l’Aimant la même furfàce que le fécond Aimant auquel on le fubftitue, afin que-1 l’obliquité d’action foit la même. Cependant il n’ÿ a que deux Expériencespanni lé grand nombre de celles que M. M. m u s s cmè n-br oe k & krafft ont faîtes fur eettérha-tière qui' rempliflent ces: conditions. La pre-tnicre • eft la-dix-feptièroe, de la Differtatïon fur l'Aimant comparée à la quatrième. Dans celle-
- { k) Intrcd. ai. fui. Nomr. $, 955? i>) Hid. S. 956.
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- Magnétiqe Paradoxe a r t i c l e II. 4
- ei, l’attraâion entre deux Aimans parallélépipèdes etoit de ia8 gr. au Contaét: 8c dans delle là de 710 gr. entre le même Aimant C, & un parallélépipède de Fer égal à l’Aimant. D} ce qui’ fait affurément une différence très-confidérable. La fécondé Expérience de ce genre eft la fécondé de Y Introduction à la, Phi* lofophie naturelle. L’Aimant cilindrique M’. étoit attiré avec une force de a6o gr. par l’Aimant fphérique N, de même diamètre : or, celui-ci attiroit un cilindre de Fer égal à l’Aimant M, avec une force de 340 grains. Dans toutes les autres Expériences les circonftances étoient diflemblables.
- §. XI.
- Passons à la fécondé clafle de circonftances, à celles qui concernent la nature des Corps qu’on employé: car, cette Propofition, l’Aimant attire plus fortement le Fer qu’ua autre Aimant, admet un double fens, l’un plus reftreint, l’autre plus étendu, félon qu’on employé le mot Aimant pour fignifier une certaine Pierre que la Nature nous fournit, 8c que nous nommons Aimant -, ou pour défigner u'ft 'Corps quelconque qui poflede la vertu maghé-tique. Or, quoique M. M: musschenbroei£
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- Differjfltiou fur un Plénmhie
- & k r a f f t ayent employé des Aimans naturels dans leurs Expériences, ils n’ont fait aucune attention à la nature particulière de cette Pierre : au contraire, ils ne fe font occupés que de 1k feule Force magnétique en recher* 'chant la caufe du Phénomène dont il s’agit. Nous verrons cependant ci - defious qüe la nature pierreufe concourt au réfultat des Expériences, en ce qu’elles donne une grande du-•reté aux Aimans.
- §. XII.
- Si nous prenons le fens le plus étendu, il faudra entendre la Propofiüon de la manière fiiivante. Un Corps déjà aimanté attire moins fortement un pareil Corps qu’un autre Corps, qui n’a pas encore reçue la Force magnétique : propofition, qui m’a paru très - paradoxe, 6c mériter d’être examinée par Expériences. J’ai donc fait les Expériences fuivantes, dans lesquelles tout eft parfaitement égal des deux ço-tés, npn feulement quant à l’obliquité de l’action 6c la figure du Corps (§. io), mais encore quant à leur nature, leur dureté, leur poids, leur volume : précautions qu’il m’a étc facile d’obtenir par des Aimans artificiels.
- Ex p br. I. J’ai employé une balance extrêmement mobile, félon 1» méthode de M. MIS*
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- Magnétique Paradoxe>. article II. 465
- M. musschenbroek: j’ai fuspendu à jn des bras de la balance un barreau magnétique parallélépipède, au deffous duquel j’en ai placé un autre, d’acier-bien trçmpé, mais non limanté, & en tout égal au précédent: l’at-craébion a été. de ’ii8 gr.
- E x p É r. Il: J’ai fubftitué à ce>barreau un autre barreau fait du même acier, trempé de même, parfaitement égal.& femblable: je l’ai un peu aimanté : Fattraéliona été de 360 grains : 2c par çonféquent beaucoup plus forte que la précédente., j
- Expér. III. J'ai employé-une autre lame non aimantée :! l’attraaion a été de go grains'.
- Expér. IV- J’ai légèrement aimanté cette lame: l’attra&ion a valu 150 grains.
- 5. XIII.,
- Il luit de ces Expériences,, que la Force magnétique agit, tout le relie étant égal, plus fortement fur les Gorps qui en font pourvus, que fur des Corps-fèmblables qui en font privés: or, il eft imposfible qu’il en arrive jamais autrement : puisque l’Aimant- agit dans les deux cas avec la même force & la même, facilité, foit pour communiquer,, foit pour renforcer la vertu magnétique : & que s’il rencontre - tome II. G g, quel,-
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- 456 Dijfertation fur a» Phinomine
- quelques obftacles, ces obftacles font abfolui ment les mêmes : & que dans le fécond cas il y a en outre la Forcé magnétique que la lame qu’on employé poflede avant qu’on commence l’Expérience.
- Il me femble qu’il fuit de là, que cette Propofition, que l’Aimant attire, plus fortement le Fer qu’un autre Aimant, même dans le con-ta&, s’écarte de la vérité, fi nous lui donnons ce fens, que la force magnétique attire plus fortement un Gorps qui en eft privé, qu’un autre qui en eftpourvu: qu’elle s’en écaite encore, fi l?on fuppofe que toutes les circonftim-ces, quelles qu'elles foyent, font égales des deux cotés; enfin, qu’elle ne. feroit pas généralement vraie, comme nous venons de lé prouver (§. 7. ) quand même il s’agiroit de l’Aimant entant que tel. D’où il refulte que cette Propofition ne peut être vraie que dans quelques cas particuliers, dont .il s’agit de rechercher'la nature plus, en détail: &-pcnjr y mieux réusfir il frudra examiner les circonllan-ces des Expériences avec beaucoup dé foin. ...
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- Magnétique Paradoxe
- III. 4«7
- ARTICLE III.
- Examen des Expériences faites par quelques
- Phyficiensfur la Queflson dont il s'agit.
- i, xiv.
- Les Expériences de M. musschenbroek que nous allons examiner font prifes tant dë fa Dijfertation fùr V Aimant, que de fon Introduction à la Philofophie naturelle. J’ai diftin-gué les premières par des chiffres ordinaires, les autres par des chiffres romains.
- l’Aimant C êtoit un parallélépipède.de la hauteur de a* pouces : large de a ponces & demi -, épais de un pouce 8c demi : de forte qu’il préfentoit à l’Aimant mie furface de 540 lignes.
- if A1 m A N T D étoit; up • parallélépipède de deux pouces 8c demi dg hauteur, large de deux pouces,, épais de ;un pouce 8c demi : fa furface étoit,donc de 43a .lignes.
- La maffe de Fer D a étoit des mêmes di* menfions que l’Aimant D.
- Gg » c’Ai'.
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- 468 Dljfirtat'm fur un Phénomlnf.
- l’A i m a n t A étoit fphéfique, du diamètre de fix lignes & demie.
- L a mafle de Fer D b étoit un petit feau de Fer blanc, des mêmes dimenfions que l’Ai~ piant D : il étoit rempli de limaille de Fer.
- n * *
- L 4 mafle de Fer De étoit le même feay que Db, mais Rempli de limaille au point da péfer autant que l’Aimant D-
- La mafle de Fer. F étoit unparallélépipède, qui préfentoit à l’Aimant une furfàce de, 2.14 lignes, & qui avoit la longueur de cinq pouces & demi.
- # * ?
- L e pied de l’Armure employé dans la dix> neuvième & dam la vingtième Expérience, préï'entoit à l’Aimant une furface de neuf lignes.
- l’Aim ant cilindriqùe M avoit une longueur de deux pouces, & pefoit quinze drag-ines. Le cilindre dë Fer m Sc l’Aimant fphé-rique îi avoieiît le même diamètre: enfin les diamètres de l’Aimant P St du Fer p étoient
- *- -i i. Exp.
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- Magnétique Paradoxe, article III. 4Ç9
- l’Aimant C étoit beaucoup plus foible que l’Aimant A, cdmme il paroitpar lès Expériences dixhüitièrhe & dix-neuvième. l’Aimant C étoit plus fok que l’Aimant D i comme il pârôit pat la fécondé Expérience comparée à la cinquième ( k): D’oïl il fait, que l’Aimant A a été plus fort que l’Aimant D} ce qui paroit d’ailleurs par les Expériences quatrième & cinquième. On voit enfitl que l’Aimant N a été plus! fort que l’Aimant M, & qu’ils ont vraifem-blablement été l’ùn & l’autre plus foibles que les Aimans A, G , ou Di
- i. XV:
- Passons aux Corollaires qui fuivent dé ces Expériences.
- i°; On voit d’abord qye dans toutes les Expériences dans lesquelles on a employé deux Aimans (fav. la 4% la 50, & la 11°. ), l’Aimant auquel on a enfuite fübftitüé du Fer étoit beaucoup plus foible que celui qui reftoit en place dans les deux cas : nous retombons donc dans (*)
- (*) Dans la fécondé Expérience l'aétion entre D & A été de 300 grains : dans la cinquième entre Cr & A, fie 340 grains.
- Gg 3
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- 470 Differtation fur un Phénmine
- dans le cas du $. 4 : or, le contraire a eu lieu lorsque l’attraûion a été plus grande entre les deux Aimans qu’entre l’Aimant & le Fer (5. §.). La même chofe a eu lieu dans lest Expériences de M. krafft (S-5-)- Les circonftances n’ont donc cté rien moins qu’égales des deux cotés.
- $. XVI.
- a0. Il s’enfuit en fécond lieu, que l’at-traéfcion, quoique plus grande entre le Fer & l’Aimant, qu’entre cet Aimant & un autre au contaét immédiat, ne fe foutient pas de la même manière dans toutes les diftan-ces} mais, qu’elle devient très - promptement plus grande pour les deux Aimans que pour l’Aimant & le Fer, car cela a eu lieu :
- Pour
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- Magnétique Paradoxe, article III. 471
- Pour 1’Êxpcrience 4 comparée à la 16 à ladiftance de 1 ou a 1, ou peut être à une
- -----— 17----------------6 1 moindre.
- -----ai-------------------4 l
- -----da-------------------4 I
- -----ï8------------------6 1
- ----- ip------------------ï 1 ou à une plus petite.
- -----ao--------------r— 1 1
- -™ ni--------------------, 1
- -----IV--------------------- 1
- — 4
- — 5
- — 5
- — 5
- — 5 —' 5 =— 11
- — II
- Le nombre moyen feroit donc à a. 9 1.
- Gg4
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- 4*4 Dijfettafiàn fuY ÙH Phiriontbit
- Cfc Phénomène indique., que cet excès d’attraétidn, qui a lieu àu cbntaét pour le Fer & l’Aimant, ne dépend pas de la nature même de l’àtiraÉtioh, ou des Corps j mais de quelques caufes concourante#, dont l’énergie augmente beaucoup vers le point d^attoiiche-
- L a même cliofe a lieu dans les Expériences deM. krafft} car, à la diftance de 4 parties, ou de 4. 8 lignes, l’attraétion à été plus forte entre deux Aimans qu’entre lé Fer & l’Aimant. On ne fauroit eomparer les autres diftances fentr’elles pàtceqù’elles n’ont pas été les mêmes dam toutes les Expériences.
- 5. XVII.
- 30. O n voit que les attractions qUi ont lieu au contaét font un plus grand multiple de l’attraction à une diftance quelconque , lorsqu’on employé un Aimant & du Fer, que lorsqu’on fe fert de deux Aimans. La différence eft très-remarquable: car, pour l’Expérience cinquième [dans laquelle on a employé deux Aimans 3 ce multiple pour la diftance d’une ligne a été de 1. 2.4. Mais,
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- Magnifique Paradoxe, article III. 473 pour l’Exp i 18 il eft a. 74\ • / ( •
- -------*9 — 5- 5<5l
- ao ----11. 63 STcxinc moyen q,. 87
- -—-— ai — ï-7^j ' —--— — i • 797
- Dans l’Expérience 4J ce multiple a çtô pour la diftancç de 5 lignes, 1. 3 > mais,
- pour l’Exp. 16, il a été de 4. 1 ")
- .!.l. t /moyen 5. 8.
- —r—: *7. /
- Dans l’Expérience II ce_multiple a été de a. 6 poqr la diA^ê.d’une ligne j mais pour l’Exp. lïla 4té ^. ,a\
- -------C- 'Il-------- 3- 7 f’ moyen 3. 8.
- -------T - U1 ----! 5j
- Si nous prenons toutes les Expériences de M. musschenbroek (ans diiiinéfcion, lé multiple, pour la di^ancÇ d’une ligne, 2c prenant un nombre moyen, fera,
- quand on employé deux 4'u?au.s. i? 7 . Mais, pour un Aimant & tlu Per 3. .Quant àpx Expériences de,M- krafft, dans la première, ou l’on a employé un grand' Aimaht , 5c’une mâfle de Fer femSlable j l’at-traftion était* t , ' . .
- A1» diftançç de ^parties, ou de^l ly .3gf,l. .le .multiple Au comaâ _ . ^ ( ( 1^77,J[ , eft 669.
- Dans. l’Expépence fécondé* où l’on a em.-
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- 474 Dijfertation fiir an Phénomène ployé le même Fer & un Aimant plus faible j J’attra&ion étoit, '• . — ' -
- A la iliflance de 4 panties ou de 4,84- 1 gr. 7 mu]t.-le ,
- Au contaét • , _____<>7“ -l :
- Dans la troifième jExpérienc^.pù l’on a employé deux Airoans, l’attraftion .étoit,
- A h diftance tf 4P mies M-
- Au contact 145 j
- l'Accroissement très-confidérable'de ce multiple prouve, qu’ilya, outre la loi ordinaire d’àttraéiion, en vertu de laquelle les Forces augmentent quand les ctiïtânces diminuent, quelque autre élément, qui agit ave® beaucoup plus d'értergie fur, \e Fer que fur l’Aimant, des qu*on approche du contaét. Voyea le 5. XVI.
- $. XVIII.
- 4*. On voit enfin par cès Expériences,quels differens effets les forcés d’un même Aimant produifent, félon les diffétentes dîme niions du Fer qu’on employé, comme il paroit par la d.x-néuvième Expérience, comparée à la vingtième ; & même, combien l'accroi dément dont nous venons - de parler éfi différent, félon qu’on employé un Aimant plus fort, le Fer reliant le même. C’eft ce que prouvent evi-
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- Magnétique Paradoxe article, III. 47$
- déminent les Expériences dixhuitième Sc fei-zième, & les deux premières de M. krafft. D’où il refaite clairement, comme nous Tardas déjà marqué ci-deflùs ( j, VI.), que le même Fer n'eft pas également propre à confia-ter la force de toutes fortes d’Aimans.
- { XIX.
- -Tels font les Corollaires quilùivent immédiatement des Expériences de M. M. mus-schenbkïiék & krafft, Sc cela fans qu’il foit bçfoin d’admettre la moindre hÿpo-thèfe. Il né nous relie qu’à dire un mot de 'l'Expérience par laquelle Gilbert a tâché de prouver la même propolition, fav. qu’un Aimant attire le Fer plus fortement qù’un autre Aimant. Voici comment l’Auteur la décrit : „ fi Ton place fur un Aimant un petit mor-„ ceau de Fer, qui adhère fortement à l’A> „ mant Sc fi Ton approche de ce Fer un bar-„ reau de Fer non aimanté, mais fans toucher „ la Pierre, vous verrez que le petit morceau, ,, dès qu’il aura touché lê barreau, le fuivra „ dn abandonnant l’Aimant} qu'il le fuivra de ,, prcferencë,Scqü'ïïyrelieraattachéfortèmenç ,, dès qu’il l’aura touché: car, le Fer. attire „ plus fortement le Fer placé dans la fpàêre de-la
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- 476 Dijfertation fur un Phénomène .
- „ vertu magnétique, que ne lé fait l'Aimant „ môme." Cette Expérience ne prouve pas directement que l’Aimant attire plus fortement le Fer qu’un autre Aimant} car en ce cas-il fàudroit foutenir par les mêmes raifons, qu’un Aimant foible. attireroit le Fer plus fortement que ne le feroit un Aimant vigoureux, puisqu’on peut faire la. même Expérience en employant un Aimant foible au lieu d’un barreau de Fer: mais, c’eft un Phénomène dont plufieurs Phyficiens ont parlé, & qui a été trçs-bien traité par M- M.Gassendi.(f) & la HiRE (m), & furtout par M. aepinüs (»), qui a fait quelques calculs fur ce fujet} calculs auxquels ou pourroit donner beaucoup d’ex-teniion. Mais je parlerai plus au long de ce Phénomène à quelque autre ocçafion.
- ARTICLE IV.
- Principes généraux pour feryir à l'expl}fa->, tion du Phénomène,
- §. XX.
- O:N fait par des Expériences très-certaines, fur-
- (/) üotat ad DioeENis lkBr ni Lih. X. T. 1. p. 389.
- (m)’ Mlm. de (Acad. 1777. p. 176. 183. "
- - •(»•) Temamina Theor. EleClr. cr Uagmimi, J. 160.
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- Magnifique Paradoxe, a r * i c'L £ IV. 477
- fürtout par telles de M. musschenbroek (o)y que deux Aimant agiflent l’un fur l’autre à une pltis grande diftance que 1!Aimant fur le Fer: de plus, & cela eft très - remarquable j quand deux Ailnaris agiflent entr’eux, la fphê-re de leur attraction s'étend à une diftance plus grande j que ïi’eft la fomme des plus grandes diftances aux quelles ils pouvoient agir chacun en particulier. 11 eft aillé de le faire voir par les Expériences mêmes de M. musschen-broek dont nous avons fait ufage dans cette dilfertation.
- Dans l’Expériehce 18, l’Aimant fphériquè A n’agiflbit pas ftir le Fer qu’oli lui préfentoit, à la diftance de . : . 4 p. 3 1.
- Dans l’Expérience içi il n’agiflbit pas fur tin autre Fer h la diftance de . . 4 p.. 6 1.
- Dans l’Expérience toy il agifloit h peiné fur un autre Fer à la diftance de . 4 p.
- Dans l’Expérience ai, il agifloit à pèiné fiir un autre Fer à la diftance dè . 4 p- 9 1.
- En prenant donc un nombrè moyen, fa Iphêre d’attraétion s’étend à là diftance dé 4 p. 41 1. Or j on peut à d’aütant plus jufte titre,' regarder ces diftances comme à peu près éga-
- le) Dijfertailo dé Magnat p. 4J. Corol. 3.
- ftdMÉ II. H h
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- 478 Dijfertâtitn fur un Phénomène
- les , pour autant néanmoins qu’elles ne font pas troublées par les circanlhmces étrangères & diïfemblables qui fe rencontrent ici ( J. IX), que les attrapions ont été abfolument les mêmes , mais très - foibles, & feulement d’un grain, à la diftance de trois pouces pour les trois premières Expériences, & à la diftance de 4 pouce? pour la dernière.
- i.’A x m a n t parallélépipède C a agi dans la fcizième Expérience avec la force d’un grain à la diftance de 3p. *715 & dans l’Expérience dix-feptième ausfi avec la force d’un grain à la diftance de cinq pouces. La fphére d’attraction des deux Aimans A & C ferait donc de onze pouces en prenant les nombres extrêmes, mais beaucoup moindre en faifant ufage des nombres moyens. Or, ces deux Aimans agis-. foient déjà l’un fur l’autre dans la cinquième Expérience, à la diftance de dixhuit pouces, & la fphêre d’attraélion s’étendoit peut-être jusqu’à dix - neuf pouces.
- Les Expériences de M. krafft prouvent la même chofe; car, dans la première, la force de l’Aimant A s’étendoit un peu au delà de huit parties & trois quart : dans la fécondé , celle de l’Aimant B s’étendoit un peu au delà de quatorze parties 8c demie : la fomme eft de vingt - quatre parties au plus. Mais, .la fphêre
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- Magnétique Paradoxe, article IV. 479
- fphérc des Aimans A & B, agiffdnt l’un fur l’autre, s’étendoit à plus de vingt-leps parties & demie (p)>
- §. XXt.
- NoüS avons déjà dit (§. ITÎ.) que le Fer y dès qu’il patvient dans l’Atmdfphêre d’un Aimant, reçoit la force magnétique, & fe change en un véritable Aimant , & c’ell à caufé de cela qu’il eft attiré comme M. brugmans l’a prouvé. Le Fer fera donc attiré d’autant plus fortement, qu’il acquerra plus de forcer comme il parait fuffifammënt par les Expériences que nous avons alléguées (§ XIV). Mais, les Forces dont il s’agit ici, fdnt celles que le Fer acquiert, ou pendant qu’il refte appliqué à l’Aimant, s’il s’agit d’un Gontaéfc immédiat, ou pendant qu’il eft dans là fphêie d*aftivité. Ces forces font différentes, x°. félon que lé Fer eft touché par l’Aimant dans plus oU moins de points : a0, félon qu’il eft plus mol ou plus
- dur:
- (f) M. BRUGMANS
- moyen d’une Aiguille
- Magnifie* Prop. r.y.- p, 115). Mais les Expériences què' je riens de développer n’ajoutent pas peu de poids à’ la feule Expérience que M, brugmans rapporte.
- Hh a
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- 480 Dijfertàtion fur un Phénomène
- dur 5 3°. félon que fa mafle eft plus grande ou plus petite; 40. félon qu’il a une figure plus ou moins propre à être attiré ; ainfi qu’il a été dé«* montré par un grand nombre d’Expériences (5-XIV).
- Mais, ce qu’il faut principalement remarquer ici, c’eft que les forces, que le Fer reçoit d’un Aimant, font beaucoup plus grandes dans le contaét immédiat, qu’à une diftance même extrèmément petite, 8c qu’elles diminuent à une petite diftance de l’Aimant en beaucoup plus grande raifon que les diftances n’augmentent: car, ces forces font en quelque proportion de l’attraétion ; or, les attractions font plus grandes au contaét, 8c yconftituent un multiple remarquable de l’attraction qui a lieu à une diftance, même très-petite, comme il a été évidemment prouvé dans le §. 17: donc les forces que le Fer reçoit au contaét font beau-, coup plus grandes que celles qu’il acquiert à des diftances même très-petites.
- f. XXII.
- Le contraire a lieu fî l’on préfente l’un à l’autre les pôles ennemis : alors il y a une diminution de force : mais , telle eft la nature de cette augmentation 8c de cette diminution-,' que
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- Magnétique Paradoxe, article IV. 481
- que les pôles qui- font,tournés, l’un.vers l'autre* font plus augmentés ou diminués que les deux autres plus, éloignés, ainfi.qu’il fuit desExpé-rienc.esde M. aepin.us .(^),.&.desmiennes propres.(.r) fur- la propulfîon du' centre magnétique. Or, fi l’on ôte l’un des deux Ai-mans, la force décroit ou .augmente derechef dans tous les deux-, inégalement pour les deux pôles, lç.-pilus-pour ceux.qui ont été les moins dillans entï’quX} & conféquemment les pôles fe rapprochent • derechef de leur première proportion. ...... . -
- $. xxiii;
- A u refte, ces accroifllméns- & ces diminutions, mais il ne s’agit ici que des premiers,, font d’autant plus grands pendant que l’Aimant refte appliqué aux Corps, que ceux - ci font plus mois: mais par contre,- il leur refte d’autant moins de force, quand on ôte l’Aimant, fëc Fer mol acquiert plus"fortement & plus facilement la force magnétique que le Fer durî
- (<y.) Tentam. Theor. Eleflr. -& Magn. §.184 Teqq. . (r) ‘Rechercha fur Us Aiguillés- amxméts §. 138. feqq-. Dans le Tome VIII des Mémoires préfet tés à l’Académie par différent favans étrangers.. . .
- Hh 3
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- 482 Biftriât ion fyr fin Phénmin*
- mais il la perd plus promptement & plus abon* fdarrupent, dès qu’on ôte ou qu’on éloigne l’Aimant, pomme il eft évident, tant par l'ex* p'mple des Armures, qui ont une grande force ausfi longtems qu’elles relient appliquées % l’Aimant, &' qui n’en ont pasbu qui du moins n’en gardent que trçs-peu, dès qu’on les en ôte : que par l’Expérience de M. krafft, qui a trouvé que la houle de Fer, dont il a été feit mention çi-dedus. ( g. XVII ), & qui étoit’ attirée au contaét par. une force de 1977 grains, fe trouvoit à peine porter une petite quantité; de limaille, dès qu’on avoit ôté T Rimant.
- ARTICLE V.
- Explication du Phéiiomènç.
- y XXIV-
- N ç nous arrêtons, .plus à préfent à toutes les çirconihnces étrangères, qui ont lieu dans lçs Expériences -, nous en avons fuffifainment parlé dans, les g. IX Sc X- & fuppofons que tout foit égal des deux cotés quant à l’aétion de l’attrac-. tion ; il nous faudra expliquer ces deux Phénomènes :
- i°. Que l’Aimant attire quelquefois le Fer plus
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- Magnétique Paradoxe, article V. 483
- plus Forcément que l’Aimant, & quelquefois ‘l’Aimant plus fortement que le Fer.
- 'L’'a°. Que l’Aimant, quoiqu’il attire le Fer plus fortement qu’un autre Aimfiiit au contàét, attire cependant l’Aimant-avec plus de force à quelque diftance, & ménie^'Une'diftance qui pas èohfidél-able ( J. XVI)» :
- :'5.' XX^V: ' ' '
- L e Phénôiqène me paroit entièrement dépendre de ces trois élémens : i°. de la force que le Fer reççit de l’Aimant A. i°. de la force M que poflede Vautre Aimant, B, qu’on employé, & qu’on fubftituqau Fer:. 30. de l’ac-croiffement m que la préfence de l’Aimant A produit dans les forces de l’Aimant B; & par .conféquent félon qu’on aura F *i». , ou =, ou \ M -h m , le Fer fera attit© par l’Aimant A plus Fortement, ausli fortement, ou avec moins de force que l’Aimant B.
- §. xxvï.t.
- La Force F dépend de la mafle & du volume de Fer qu’on employé, ainfi que de la furface qu’il préfente à l’Aimant A .(5* XXI i Hh 4 XIVi
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- ^84 PifferWkonJur un Fhênombne,
- XfV i, in0.8Ç :tnçmç de la force de celuiréi;. 11 peut donc y avoir une variété infinie dans «S#t§; combinnifon, :qu{» joUve à ;la force, de. l’Aipiant B ifbqttellçpewt, apsfi, varier à l'infini* lait qu’on ne fauroit établir ici de réglé fixe., &, que. la; .force ,F..ferai» tantôt plus grande., tantôt ausfi grandje., tantôt plus petite que celr le de l’Aimant, M, & dans les deux derniers, cas Pattraétion entre- les deux Aimans prévaut. (§. llf. IV. V). *A ces deux éléraens il s’en joint encore, un autre, la dureté plus.ou mpins grande du Fer en comparaifon de celle.de l’Aimant. Suppôfons pn effet F V JV1 : décomposons F en M'H- f alors la force' entière fera. M .+,/% =é .,s. M 4. *?, & le Phénomène dépendra , de .la' valeur' dé. 'I’Equâtion' f V ==. \ m. Si nous CQpfidéronsla ebofe d’une manière purement, akftraite , on aura toujours /V m: c4 le f’er eft un Corps bien plus mol "que l’Àîmant, qiii eff de. nature pièrreufe -, & par co'nfcqùent le' Fer acquerra,pét ' accroifle-ment bien p.lus facilement plus 'abondamment} mais, on ne fauroit fuppofer tout le reste égal} car, cpmme une certaine mafle de Fer ne peut recevoir qu’une ceitaine Force d’un Aimant déterminé', il s’enfuit qu’on ne .fauroit ajouter à la partie M de la force F un accroiffement quelconque-/, niais feulement
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- Magnétiqc Paradoxe, article V. 485-
- yn accroiflemçnt qui ne furpaffe pas ce qu’il $’çn faut potii; parvenir à un Maximum.
- $. xxv«.
- G Ept nd;Ant, comme la Force- que le Fer reçoitV doit être plus grande que celle que l’Aimant B.pofledc, & que celle qu’il acquiert, prifes. enfemble, il s’enfuit que le. cas pro? -pqle ne peut gucres avoir lieu, à moins que l’Aimant B^ne.fôit foible, comme cela a lieu effectivement ,(§§..IV, V, VI, XV). Mais., comme on ne. fauroit lien, établir a. priori fur çc.fujet, à caufe. des raifons rapportées çi-des-fus (§. VII.), il S’agirait, d’éxapiiner, fi un Aimant pourrait attirer plus fortement le Fer qu’un'^uti;e''Aimant, de même; grandeur, & de même force» & alors à!faudrait'choifir un barreau de.-Fer ,, qui, en pcéfentant à l’Aimant la. même fin-face , pour que tout fut égal des .deux; çqrés:.(§. IX.)». fi»' en; meme tems la maffe. de.,1a. plus, grande. ’ attraction, Or,.je doute.,que daps ce cas.lq,Fes-puiffe.jamais., être attiré plu9 fortement que l’Aimant,'.puisqu’a-Içrs. il devrait recevoir par le feul çootaét de l’Aimanp. A une force plus, grande que celle que l’Aimant B„ ou. A., (car ils font égaux) Çoffédoit, & que celle qu’il.acquiert en outre H h 5 par
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- 486 DiprtatioH fur un- PhfnmHk
- par le renforcement. Ce rînfbrCenfont peut à’ la vérité, être très-petit, s’il s’agit des pierres d’Aimant, qui font plus dures -, & grand au contraire, s’il s’agît d’Aimans artificiels plus mois. Ou pourrait faire fur ce fujet un grand ftbmbre d’Eicpcriences', fortoüt'fi l'on exa-minoit quelle devrait être la forcé-d’on Aimànt fort dur B, pour -que 'celui- çi fqt' attirc plus fortement par un autre Aimant,' que- le Fer mol, foit de mêmes dimenfions'ÿfoit'-'de di-menfions plus avantageufes. Mais, fcn fait, en attendant, à quoi s’en- tenir for les caufos qui produifent le premier-phénomène: -
- -XXVIII- ‘Ε'r
- Lorsque deux Aimans agrfTént l’un for l’autre, foit au -contaéfc, foit à Une'diftài'ice quelconque, il y a deux éîemeflstônftans, 8c deux variables. : Les premiers font les forces que- chacun des deux Aimans poflcde,- avant que d’être mis en Expérience î les autres font 1°. les diftances auxquelles-les AimaWS agiffént l’un:for l’autre, 8c qui augmentent ou diminuent l’énergie de l’attraétion : a®. les renfor-cemens que ces Aimans reçoivent l’un de l’autre, ( §. XX II ). Ceux - çi font- plus petits à mefure que les Aimans font plus diirs, mais
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- Magnétique Paradoxe, article V. 487
- ausfi par là même, ils s’évanouiflent plus lentement. Pofons que le renforcement au contait foie la partie p de la force que l’Aimant poflede, ou y: qu’il foit en raifon invorfe de la puiflance y des diftances D, tandis que Pat-traition eft en raifon inverfe de la puiflance x (Içs diftances : l’aétion totale fera donc,
- M M ^MDr + M B* + p D*. Dr m Dr
- Les chofçs ont tout autrement lieu pour lq Fer : aucun élément n’y eft confiant : ils font tous variables,. Car.,.lorsque lés diftances augmentent Pattra&ien diminue , non . feulement par cette taifonrlà, mais encore parce que la force d’attraétion, {avoir la force magnétique que le Fer acquiert, déçroit ausfi en quelque raifon de cette diftance. Suppofons que le Fer reçoive au contact la force » JV1 : elle fera, à la
- diftance D, fit/b ? • on aura c*onc PQur $s" tance P, la force de l’Aimant A agiflànt fiir l’Aimant R, à celle du même Aimant A,
- tr r 1 tt fM Dr + M
- agiflant fur le Fer, 4?omme -——;
- îf*T~r ^ + M: pn M ==
- fDy+l'-pp.
- 5. XXIX.
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- 483 Dijertation fur un Phêmmhit \
- $. XXIX.
- On voit, par ce qui vient d’êtré tKty pourquoi, quoiqu’on ait la force n'\ i dans-le; contact immédiat, cependant l’attraétion entre les deux Aimans(devient plus grande,, dès qu'on augmente la diflance, & même très - 'prompte-* ment car, dans’ lé cas ou l’on employé deux Aimans, un des" Llémens refte confiant, 'au lieu que dans l’autre ils diminuent tous deqx: & puisque la diminution de l’attraétion eft‘ la, même pour les deux cas à la mêirre difiancè,' les forces feront comme M Ajou--
- tons encore, que, dès qu’on éloigne l’Aimant, le Fer p,erd fur lé champ, à çàufe de fon peu de dureté, la force qu’il a acquife (§• XXIII) au lieu que l’Aimant la perd plus difficilement ; & par conféquent la force véritable approche plus de —j- pour le Fer, que de Ad H- -gy-pour l’Aimant, a caufe du refte' que fa dureté lui fait; conferver de ce qu’il avbit aèquis par la; pofitipn précédente de l’Aimant, &.du manque de tems néceflaire pour pouvoir perdre cette force en entier. • " :
- O n voit en fécond lieu, pourquoi l’attrac-, tion devient déjà plus grande entre les deux Aimans
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- Magnètiqut'ParadoXc. article V. 489
- 'Àimans, quoiqu’on n’ait augmenté que de trcs-féu la diftance : car, n eft une fradion : p eft Certainement üti noitobre entier : & le terme M demeure confiant pour l’Aimaftt.
- O n voit en troifîème lieu pourquoi, lors-* qu’on approche du contad, les attn ft’ons entre le Fer 8c-un Aimant augmentent beaucoup plus promptement & plus fortement qu’entre deux Aimans (§. XVII) : car, dans le premier cas les deux Élemens augmentent, & l’un d’eux très-promptement 2c très-copieufenlent : (§. XXIV). Or les adions qui étaient j à li diftance D, comme M à font, au
- contad, comme »M (j). Or, il eft évident que n M eft un plus grand multiple de
- 77; J l’eft ^ M + JÏL. (0 : fc ta Ex-_____________________________________________pf-
- (») Il y a dans l’original, ici, & deux lignes plus
- M au lieu de-j. N. d. T.
- (f) Cette Expresfion, Or il eft évhknt que nM eft un plus grand multiple i !« y Ve fi M + j— n’eft pas exadlc : il faut qu’il y ait, Or il efi évident que n M tfi 4 “ en pU e rouie raifort que — ri eft * M +- -JM. d. T.
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- 490 Dijfertatïon fur un Phfnotnlni &C.
- périenccs démontrent que ce multiple eft plus grand pour le Fer & un Aimant, que pour deux Aimans, ainfi. que nous l’avons fait voir ci-deflus (§. XVII).
- APPENDICE d’EXPÉRIENCES.
- §. XXX.
- J'ai propofé dans le §. XXVII. quelques Expériences qui pourraient répandre beaucoup de jour fur ce que j’ai dit en différons endroits de cette Differtation. Je lésai faites, dès que j’en ai pû trouver l’occafion, & j’y ai employé toutes les précautions qu’un long ufage de ces fortes d’Expériences m’a appris être non feulement très-utiles, mais même entièrement né-ccfiaires} car ces Expériences font très - difficiles.
- J’a i employé des Lames qui toutes avoient la même largeur 8c la même épaifleur: elles étoient parallélépipèdes: le barreau Magnétique A étoit fuspendu au bras d’une balance, & agi (Toit par fon pôle auftfal fur toutes les lames qu’on lui préfentoit. Le pôle auftral de ce barreau attirait fous un angle de 450. SS' le pôle boréal de l’Aiguille dont je me fuis fervi con-ftam-
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- Magnétique Paradoxe, appendice. 491
- ftatnment depuis fept ans pour ce genre d’Ex-périences. Si donc on exprime la force par la Tangente de cet Angle, comme il convient de le faire (a), la force du Pôle auftral de cet Aimant A fera exprimée par 8978. La distance à laquelle ce barreau aimanté fe trouvoit de l’Aiguille dans cette détermination, étoit de 7 p. 5,81, & elle a été conftamment la même dans toutes mes Expériences.
- J’à 1 de plus employé un autre barreau des mêmes dimenfions, 8c de la même dureté que le précédent : le pôle boréal de ce barreau B détournoit la même Aiguille fous un Angle de 40°. 30': fa force boréale eft donc exprimée par 8847: e^e donc à peu près égale à celle de l’Aimant A.
- $. XXXI.
- J’ai encore employé les barreaux fiiivans, de Fer très-mol, 8c non aimantés:
- La Lame C étoit de la même longueur que A 8c B.
- La Lame D avoit le quart de la longueur de A.
- La
- (*) V.
- du §. ja, de
- Mémoire. N. d. T.
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- 49^ THfferidtion fur un Phénomène
- La Lame E avoir la moitié de la longUéüf de A.
- La Lame F erl avoit les trois quarts;' i. XXXII.
- Le* Lamés fuivântes étoient d’Acier extrêmement trempé ; G & H étoient égales à C; I, K, L, l’étoient aux barreaux Dj E, réi’pcétivement.
- 5. XXXIII.
- Voici lé réfultat dés Expériéhcès que j’ai faites le 16 de Septembre 1778.
- Expér. V; L’Aimant A attiroit far foîl Pôle auftral le Pôle boréal de l’Aifnant B avec une force de 3843 grains. Expér. VI. Gè même Aimant A attiroit la lame de Fer C avec une forcé de 4107 gr:
- Expér. VIL Il attiroit la lame d’Aciër G avec une force de 1058 gr.
- Expér. VIII. Et la lame femblable H avec une force de 1108 gr. ;
- Expér. IX. Il attiroit la lame I) avec une force de 1537 gr.
- Expér. X. Et la lame d’Acier I avec une force de 943 gr.
- ÉXPÉ;
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- Magnétique Paradoxe, appenbice. 493
- Eipik. XI. Il attlroit la lame E avec une ' force de 1637 gr.
- Expia. XII. Et la latrie d’Acier K avec Une force de 1143 gr.
- EXPÉk. XIII. Il attiroit la lame F avec une force de 0695 gr.
- ExpÉr. XIV. Et la lame d’Acier L avec une force de 1550 gr.
- $. XXXIV.
- - lE fuit manifeftement de ces Expériences:
- ia. Qu’un Aimant attire plus fortement un antre Aimant des mêmes dimenfions, & de même force, qu’une lamé de Fer j parfaitement égale, ou qu’une lame d’Acier égale & de même dureté : & même, plus fortement' qu’une Mafle de Fer ou d’Acier de la plus grande at-traékion, pourvu que tout le relie foit d’ailleurs égal (§. IX), àihfi"que je l’avois avancé dans le f. XXVli i gtiidé par lé feul raifonnemenç «nàlogiqüë. : ‘
- i°. Que l’Aimant à attiré plus fortement les lamés de Fer mol, que celles d’Aéier trempé, qui avoient d’ailleurs les mêmes dimen-fions. On peut juger de" là de l’influence que la dureté plus ou moins grande dés Coips exerce, tout le relie étant égal, fur ce genre TOME Iï. ,1 i d’.Ex-
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- 494 BUfçrtfitfon fur\ un Phénomène
- d’Expérience*. Or, cette dureté eft un de* principaux Elémens que nous avons établi* dans cette Differtation.
- 3°. Que cette.dureté ne parpit pas toujouri produire relativement à l’attraétion le même effet fur des maffes égales: car, on avoit l’attraction du Fer, ,
- C à celle de l’Acier G comme 1107 à 1078 e=x. à r
- D--------------- I 1537 * 943= 1* 63 - 1
- E------------------ K ---- I6ï7 * H43 = i- 33 - *
- F---------------L. wSpj * ISS°= 1-74-1
- • Milieu sa 1..68 - x.
- La grandcur.de l’effet ne,dépend donc pas de. la feule dureté:, mais de celle,-ci combinée avec la maffe ; ..proportion quj; nous eft jusqu’i prélent inconnue. La plys grande 6c la plus petite proportioq ont eu lien popr deux maffes G& E également diftantes de la maffe de la plus grande attraétion F, la première C en excès, la fécondé E en défaut: la moyenne a eu lieu à peu près pour la maffe .de la plus grande attraétion, & elle eft un peu plus.petite pour celle de la plus petite attraétion. .
- 40. Il s’enfuit en quatrième lieu, que toutes les maffes ne font pas attirées avec la même force, comme on le favoit déjà par les Expériences de M. musschenbroek: mais, il faut remarquer ici, que des maffes égales de Fer
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- Magnifique Paradoxe, appendice. 49g
- Fer & d’Acier ont éprouvé les unes 8c les autres, la plus grande 8c la plus petite attfaétion» quoique l’ordre de l’attraétion ne fuive pas dans les deux Cas le même ordre .des malles, on j obferve cependant à peu près la même mar* che j car j ,
- Soit l’attraétion de la mafle F == 1 On aura celle de la mafle C = 0. 78
- --------- -----— E = o. 61
- ----- --------- D =* o. 57
- Milieu - - - o. 74 Soit l’attraétion de la Mafle L = 1 On aura celle de la Mafle K. = o. 83
- -------------— G = o. 68
- --------------I = o. 61
- Milieu *, - - o. 77
- . v xxxy. ,
- J « me fuis furtout appliqué à examiner la queftion que j’avois propofée 5. XXVII s fa-voir quelle devtoit être la force dé l’Aimant très-duf H, pour qu’il fut attiré plus fortement par l’Aimant Aj que le Fer mol C des mêmes dimenfions, ou des dimenfions les plus avantageufes? J’ai confacré à cette Expérience li » la
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- 4<j3- Dijfertatiôn for un PhhVmèné
- la lame H, laquelle avoit à peu près les mêmes dimcnfion$ q«e la lame G, & qui néanmoins' était attirée par une force de no8 gi\, pendant que l’autre G ne l’étoit que-paiJ une force de 1058 gi" différence de go grV mais j’ai trouvé que la lame H étoit moins pefante de ai gr. que la lame G, qui en pefoit g8oa &qu’elle approchoit par conséquent d’autant plus de la lame de. la plus grandejittraélion(v).
- Cette Lame: H. avoit reçue, quelque vertu pendant quelle ctoit attirée par l’Aimant A, & elle l’avoit confervce à caufe de fa dureté. Pour examiner cette Force, j’ai..jnis, dans l’Expérience XV?, cette Lame H à.la dillance de 7p. 5, 81 de mon Aiguille (§. XXX) : cel-. lc-ci
- (>•) Il y a dans l’origjnal plus pefante: c’eft une faute •qui faute "aux y eu*, coinmc la liaifon du raifonnement le prouve : mais pour plus de fureté , je viens de pefer de nouveau mes Lames-, que j'ai toutes gardées foi-gneufement étiquetées: je trouve que la lame G pèfc «ffeffî'vefo’ënt'i^gràihs'iï* $us que-fî Laine W.'
- - On 'petit• remarquer- encore j, que les cinquante graitft 4’attraétion font.un excès 4’UIt, vingt-unième à-peu-près: & que les n grain.» „dç poiifs font, un escès dç malle d’un vingt-feptième à-peu-près: mais il eft vifible par ces Expériences même, que cette proportion' d'augmentation dans l'attrâftion& de diminution dans la malfe, n’a pas lieu çn général. N. 'd, T.i
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- Magnétique Paradoxe, appendice. 4.97.
- le-ci étoit détournée .fous un angle de i°. 15'.; La Force exprimée par la tangente étoit donc-de ai B. Cette Force étoit purement magné-» tique, car j’ayojs examiné auparavant fi cette lame non aimantçe agirait à cette diftance fur l’Aiguille & j’ai trouvé qu’elle n’y agifloit pas.. Cette meme Expérience prouve combien l’Acier conferve mieux là force que le Fer, quand on ôte l’Aimant dont ils l’ont reçue : car I4 lame de Fer C, ôtée de l’Aimant A, & approchée très-promptement de l’Aiguille à la même diftance, n’a aucunement agi fur F Aiguille.
- 5. XXXVI.
- E x p É r. XVI. J’ai aimanté la lame H par la double touche, au moyen de deux autres lames qui lui ctoient égales, & en conduilânt les lames deux fois. Cela fait, la lame H détour? noit l’Aiguille fous un Angle.de 6°. 45': la force étoit donc 1183. ,
- ExpÉr. XVII. Dans le moment j’ai pré; fenté cette lame H à la lame A fuspenduq au .bras de la balance, Sc l’attraétion a été de 1288 grains.
- Donc i°. Cet Aimant H» que. je nommerai a&uellement H«, & dont .la force étoit à celle de l’Aimant B comme 1183 à 8847, ou comme
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- 498 JDiJirtatiott fur un Phimmlm
- I à 7. 48, étoit attirée beaucoup plus fbible-ment que l’Aimant B, 8ç même trois fois plu* foiblement.
- Donc a®. Ce même Aimant H«, dur, étoit attiré plus foiblement que le Fer C des mêmes dimenfions, & cela avec une force, qui étoit à celle par laquelle le Fer étoit attiré, comme 1 à 1. 9. & mêmç plus foiblement que le Fer F des dimenfions les plus avantageufes : lçs for* ces d’attraélion étoient comme 1 à a.
- $. XXXVII.
- Expér. XVIII. J’ai aimanté la même lame H, de forte qu’elle détournât à la même dis* tance l’Aiguille fous un angle de 10 degrés : la force étoit donc de J763 : donc fa proportion à la force de l’Aimant B étoit de 1763 à 8847, ou comme 1 à 5 à peu prés.
- Expér. XIX. J’ai préfentç cette lame à l’Aimant A fuspendue à la balance, l’attraction étoit de 1738.
- Donc cet Aimant H, que je nommerai actuellement H b, & dont la force étoit à celle de l’Aimant B comme 1:5, étoit attirée plus foiblement que l’Aimant B dans le rapport de 1758 à 3843 , ou dans celui de 1 à a, 14.
- Donc a0, éet Aimant Héj mais dur, étoit
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- Magnétique Paradoxe, appendice. 499
- attiré plus foiblement que le Fer mol des mêmes dimenfions C, & cela avec une Force qui étoit à celle quiattiroit le Fer, comme ià 1, ai. Elle étoit attirée encore plus foiblement que le Fer de la plus forte attraébion, dans le rapport de 1 à 1, 55.
- s. xxxvur.
- Exper. XX. J’ai aimanté dérechef la lame H, que je nommerai aétuellement Ht: elle détournoit l’Aiguille fous un Angle de 120.30'. a force étoit donc 2217. & conféquemment la proportion de cette force à celle de l’Aimant B, comme 1 à 4 à peu près.
- Exper. XXI. J’ai préfenté cet Aimant Hc à l’Aimant A, fuspendu à la Balance : l’attraction a été de ao68 grains.
- Cette attraction étoit donc plus foible que celle du Fer pur C, & cela dans la proportion de 1: 1, oa.
- Elle étoit ausfi plus foible que celle du Fer ' des dimenfions les plus avantageufes F, dans k aaifon de 1: à 1, 3.
- §. XXXIX.
- Expbr. XXII. J’ai de nouveau aimanté ma li 4 lame
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- geo Diffirtutie» fur il» Phétumlne;
- lame H, de façon qu’elle attirât l’A'guill© fous un angle de 15e. La force de çet Aimant H d, cft donc à celle de l’Aimant B, comme 4679a 8847=: 1:3, 3.
- Exp£r. XXIII. Cet Aimant H d a. été attiré par l’Aimant A (fuspendu à la balance,^ avec une force de 2160 gr.
- Cette attra&ion a donc été plus grande quç eelle fur le Fer pur des mêmes dimenfions; mais plus petite encore que celle du Fer des dimenfions les plus avantageufes, dans le rapport de 2160 à *695, ou dé 1 à <,15. ;
- 4. XL.
- I r. luit dérechcf de toutes ces Expériences 1
- i°. Que l’Aimant attire un autre Aimant de même forcç plus fortement qu’une malle de Fer des marnes dimenfions, ou des. dimenfions les plus avantageufes.
- i°. Qu’un Aimant foible peut être attiré, mais plus foiblement qu’un barreau de Fer mol des mêmes dimenfions j mais qu’il éft quelquefois attiré plus fortement que celui-ci, fî là force eft le tiers 4e celle 4e l’Aimant dont nous bous fervons.
- . 3°- Qü’u* fe peut,-que le même Aimant
- foit
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- Magnétique Paradoxe, appendice. §?i
- foit attiré plus fortement qu’ une certaine .ronflé--de Fer, & plus foiblement qu’une autre.
- 4°. Enfin, qu’un Aimant, quelque petites que foyent les Forces dont il eft pourvu 9 eft eependant attiré plus fortement qu’un barreau de Fer de. la même dureté & dés mêmesrdir jnenfions 5 ainfi qu’il fuit de la compàraifon des Expériences 43, ai, 19 8c 17 à l’Expérience huitième ,•
- Ces Corollaires font tous entièrement conformes à ce que nous avons.dit dans cette Dis-t fertation, 8c en font uqe confirmation ultérieure.
- 5- XEI,
- Puisqu'il eft queftion ici de l’attraétion jmgnétique, je c-yois pouvoir ajouter quelques j-éflexions fournies par lés Expériences que nous venons do rapporter,
- S i l’on fuppofe,
- La force de l’Aimant Bx* & l’Attraftionde A fur B as r
- Qn aura çcjle de IU=o. 13—:--—----H u—0. 33
- H 4=o. a-------------HJx«45
- H «= o. as-----------H c—o. 53
- Jlteo, 3—^—-*-----—H te o. 5«
- 11. s’en fuit, quo les attrapions ne font nullement conformes à la proportion des forces •, mais qu’elles font plus grandes relativement à celles-ci,quoique félon une fuite décroiffante,
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- got Dijfertatm fur un Pkénomhu
- à mefure que l’Aimant devient plus fort. Gar la force de B eft à celle de H a comme ioo: *3 ,& l’attraétion de B eft à celle de H a comme ioo: 33-j pendant que la force de B eft à celle île H «/ comme ioo: 30, & que l’attraction de B eft à celle de H</ comme ioo à 56, oh' a d’ailleurs la proportion de la force à celle
- de l’attraétion, .
- pour H a comme
- Ub ----
- Hc ----
- H«/-----
- Ce qui forme une fuite continuellement décroiffante.
- 5- XLII.
- Or, il ne doit pas paraître étonnant que les attra&ions déterminées au moyen d’une Aiguille, foyent très - différentes de celles qu’on trouve au moyen d’une balance, quoique plusieurs Phyficiens s’en foyent étonnés, & qu’il y en ait qui ont allégué ce Phénomène comme un exemple de l’inconftance & des caprices de l’Aimant, pendant que les uns ont préféré les Expériences faites avec une Aiguille, & les
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- Magnétique Paradoxe, appendice. 503
- Mitres cellçs faites au moyen d’unç balan»1 ce (»>),
- J e dis que cette différence ne doit pas paroi, tre étonnantej car, dans les Expériences faites avec l’Aiguille, il n’y a qu’une feule force qui agit, (avoir'la' force attraftrice ou magnétique de la Lame qu’on éprouve : l’Aiguille y eft purement pasfive : car, qu’elle ait peu de force ou qu’elle en ait beaucoup, elle eft également détournée de fa fïtuation par la même force, comme M- lous l’a démontré, & que je l’ai ausfi trouvé après lui (#).
- Ma 1 s, lorsqu’on fait des Expériences au moyen d’une balance, il y a deux Elémens qui agiflënt : i°. La force propre des Corps qu’on employé, êç de plus l’augmentation de forces - qu’ils
- (w) M. M. mhsschenbroek 8c KRAFFr ont fait leurs Expériences an moyen d'une balance: M. M. whiston, hawksbee , taylor fefont fervi d’Aiguilles : on peut voir l’Hiftoire des travaux de ces Phyiiciens, & des réflexions fur ces différentes méthodes & fur celle de M. nu rat dans les excellentes Notes que M. desmakets a jointes à la traduélion des Exféricncts Pfyfico - Mitan'ujues île hawksbee, Tome2,. N. d.T-
- (x) Lous Tentamen ie Cwopajfu Nautico perfiiimto p. 68. 77 & mes Richcrshu fur Ut Aiguilla Aimuntéts p. I. $. 35,
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- • Dijfertatim fur un P/fétutnin»
- qu’ils reçoivent pendant la. durée J’Expérience : l'attra&ion entière n’eft donc pas, comme dans le ç.as précédent, Ja tpefure du premier Elément feul, mais elle eft celle dçs deux Elémens pris enfemble j d’où il doit re-fttlter. une très-grande différence dans la proportion.
- §. XL III.
- N e pourroit - on pas raifonner de la manière lui vante, afin de jetter plus de jour fur cette matière? La Lame H étoit attirée par fine force de 1108 grains avant qu’elle fût aimantée : il faut donc fouftraire cette force de toutes les attrapions pour avoir ce qui eft dû à l’attraéHon magnétique. Suivant cette fuppo-fition, on aura pour les attrapions
- Proportions d’attraPion qui approchent davantage de l’égalitc avec celles des Forces. Mais, puisque l’Aimant A fortifie dans chaque expérience les Aimans B, EU, EU, Ele, EU* il en eft ausfi renforce. Il faudrojt donc _encore
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- Magnétique Paradoxe, appèndice. 505
- encore retrancher quelque chdfe de la grandeur* des httracfcions ici marquées, faVolr cê qtii elt dû à ce-renforcement. Mais 6iï ignore jus* qu’ici quelle eft cette quantité : elle fera furetaient en quelqüe> raifort'des'Forées: mais, il me paroit très-vraifemblabié, qu’un Aimant, qui pofféde déjà beaucoup de Forces, fera d’autant moins renforcé que fes Forces propres font plus grandes, & qu’il eft préfenté à un Ai* mant plus foible: de forte que cet accvoiffe-ment feroit en quelque raifon inverfe des Forces propres 5c en directe de celles de l’Aimant auquel ou préfente celui dont il s’agit. Mais, je n’ai pas encore déterminé par Expériences quelle eft cette proportion, 8c ces Recherches me paroilfent remplies de difficultés. On Voit cependant, qu’en retranchant cette quantité, les attrapions approcheront encore plus de la proportion des Forces, fi l’on en excepte la feule Expérience dix - iéptième. Il s’enfuit donc que tout eft très-bien lié. Mais je ne remarque ceci qu’en pafTant 8c par occafion s car je n’ai pas fait ces Expériences dans le des-fein de refoudre cette queftion, qui mérite certainement d’être traitée avec tout le foin posfible: qu’on ne confidère donc ceci que comme un ElTai -, car il arrive trc»- rarement
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- §c«S Dijferiatmfur un Phénomène $;*.» que des Expériences bien faites ne: qous apprennent pas quelque chofe outre ce que nom nous propolions de connoitre en les faifant.
- Fin du Tome Second.
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- T'crm, z. .fil;
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TOME 3
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- R ECU E IL
- M Ê M O I R E S
- t'A N A L 0 G I E
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- LtLË.CTRlCITfc *T du MAGNÉTISME.
- TOME 111/
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- R Ë C Ü E I L
- MÉMOIRES
- SUR
- L’A N A L O G I E
- n e
- l’électricité et du magnétisme,
- 'Couronnés & publiés par l'Académie de Bavière $ traduits du Latin (3 de VAllemand, augmentés de Notes, (3 de quelques Dis- fortations nouvelles,
- J. H. VA N SW IN D E N,
- PŸofejjeur de Philofophie dans l'UniverJiii de Franeker, AJfocié étranger de la Société Royale de Médecine de Paris, Membre des Académies de Bruxelles (3 de Bavière; des Sociétés de Iiaarlem & d'Utrec/it, Membre confultant de la Société déPhyfi-que expérimentale de Rotterdam,
- 13 de la Société de Médecine de la Haye : Correspondant des Académies Royales de Paris (3 de Turin.
- TOME TROISIÈME,
- A LÀ HAYE,
- Suez i,es LIBRAIRES ASSOCIÉS.
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- Pag. y
- PRÉFACE.
- J. n’avoiï d’abord d'aurre but en compofant cette Diflertation fur les Mouvemens irréguliers de l’Aiguille aimantée , que de donner quelques exemples, qui demontraflent la réalité des mouvemens extraordinaires que l’Aiguille éprouve quelquefois en tems d’Aurore Boréale, & que quelquesPhyliciens révoquent en doute : mais je n’ai pas tardé à m’apperce^ voir que les nombreufes. obfervations que j’a-vois en main me mettoient à même de faire quelque chofe de mieux 8c de plus intéreflant, 8c qu’elles fournilToient matière à établir fur les Phénomènes réguliers des changemens de Déclinaifon, 8c fur leurs caufes, des rapports auxquels on paroit n’avoir pas penfé jusqu’ici, 8c qui néanmoins font importans pour connoi-tre à fonds 8c les effets du Magnétisme terrestre, 8c l’influence quel’Aurore Boréale exerce fur les Variations de l’Aiguille.
- E N discutant la Quellion fi l’Aurore Boréale a de l’Influence fur les mouvemens de l’Aiguille aimantée , on n’a confidéré jusqu’ici que les agitations irrégulières ou les ajfollemtns
- * s que
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- que les Aiguilles éprouvent à la présence de ce Météore} mais j’ai cru devoir prendre la question dans un fens plus général, & examiner également les affollemens qui ont lieu quand ce Météore ne luit pas* ceux qui arrivent, non le foir, mais le matin, ali milieu du jour, pondant tout le jour, pendant plufieürs jours confécutifs. Et je crois avoir démontré, au-tant que la nature dé pareils fujctS peut le per-; mettre, que tous ces affollemens font des fuites, des dépendances, & même dès'effets de l’Aurore Boréale.
- J’a i traité dans une fécondé Queftion des piouvemens qui ne confident pas dans des àf-follemens} qui confidérés en. eux-mêmes, ne paroiffent pas irréguliers, mais qui le font cependant réellement, dès qu’on les compare à ceux qui ont lieu ordinairement. J’ai crupou-voir me fonder ici fur les Loix générales que j’avois établies dans mes Recherches fur les Aiguilles aimantées, courronnées en 1777 par l’Académie de Paris. Je fais voir que ces rtiou-veme.ns irréguliers dépendent également de l’Aurore Boréale.
- J’e x a m i n e dans la tvoifièroe Quefiion ces fortes de mouvemens qui par eux-mêmes n’em-pê-
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- Préface. vu
- pêchent pas les Variations diurnes d’être-regu» Itères, mais qui cependant fe diftingu'ent de ceux qui ont lieu le plus ordinairement, (bit par leur grandeur, foit par le peu de tems qu’elles emploÿent à fe faire &c. Après quoi je jette un coup d’oeil fur les points de compa-raifon que- l’exàmen de ces trois Queftions a fait naitre".
- La quatrième Queftion qui s’eftpréfentce à mes Recherches roule fur les Variétés qui fe rencontrent dans- les heures auxquelles le maximum de la Déclinâifon arrive chaque jour. Mais, ces Variétés ne m’ont pas paru devoir -être rangées dans-laclafle des irrégularités proprement dites.
- L’Examen de la cinquième Queftion concerne les' changemens généraux qui fe font dans la Déclinâifon des Aiguilles, & contient des Recherches entièrement nouvelles : j’y fais voir par des Obfervations, fiiivies avec la plus grande asfiduité pendant treize ans, fur une Aiguille, & pendant huit ans fur trois Aiguilles, que les changemens les plus remarquables, & même conftans, de Déclinâifon font arrivés a des époques d’Aurore Boréale, & quelquefois à la fuite d’affollemens produits par ce Météo-* 4 re>
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- vm ” P
- re, avec lequel ces Changemens paroilTent avoir une liaifon fi intime qu’il n’eft guères posfible d’y méconnoitre Ton influence- Je n’ai doncpû m’empêcher d’établir qu’il joue un très-grand rôle dans les changemens de Déclinaifon qui paroitroient au premier abord n’en pas dépendre du tout. J’avois déjà ébauché ce fujet dans le quatrième Chapitre de la fécondé Partie de mes Recherches fur les Aiguilles aimantées, mais j’ai fait actuellement des Recherches plus complexes, fondées fiir un plus grand nombre d’obfervations que j’ai d’ailleurs confédérées fous des points de vue trcs-diffcreni.
- Après avoir examiné les Faits en détailje préfente quelques confédérations fur leur caur fes. J’appuie deréchef fur l’influence de l’Aurore boréale. La manière dont ce Météore agit m’eftalavérité inconnue , mais je la crois indépendante de l’Éleétricité. J’ai fondé cette opinion fur des Expériences qui me paroiflênt décifives, & fur des obfervations non moins certaines. J’ai traité de l’Eleétricité Atmosphérique & de fon influence, foit en tems ordinaire, foit en tems d’orage : &j’ai fait voir , qu’elle eft nulle dans le premier cas, & que celle qui a quelquefois lieu dans le fécond, produit des. Phénomènes très-différens de ceux qui
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- P R K F A C I. IX
- qui ont fait l’objet de nos Recherches. Je fais que de grands Phyficiens font d’un fenti-ment trcsrdiffcrents je foumets très-volontiers à leur jugement mes Expériences & mes Ob-fervatioos,qpi font, fi j’ofe le dire, plusnom-breufes, plus fuivies, plus çomplettes, plus détaillées & plus variées que celles dont ils ont fait u&ge:. 8c s’ils me font voir que je me fuis trompé dans les conféquences que j’en ai déduites, je n’héfiterai certainement pas à convenir de mes erreurs : mais l’on ne pourra disconvenir que j'ai propofé une malle de Faits , ou peu connus, ou nouveaux, qui pourront fournir à des Phyfieiens plus éclairés la matière de Recherches plus étendues , & plus profondes.
- J’i G n o roi s en compofant cette Diflerta-tion, que M. wilke de Stokholm eut travaillé fur le même, fujet : je n’ai appris à con-noitre fon Mémoire, imprime en 15 pp. in 8°, parmi ceux de l’Académie de Suède; pour l’année 1777, qu’après avoir achevé le mien. Ses oblèrvations datent du mois d’Oftobre 177»: les mienneSidu mois de Janvier de la même anr née. Les fiennes ont été terminées au mois de Mai 1774: j’ai continué les miennes .dans toute leur étendue jusqu’à la fin de 1781, Sc
- # 5 ie
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- x p R i r A C B.
- je les continue encore, mais avec moins de détails. M. wilkespréfenté fon Mémoire à l’Academie de Suède èrt 1777: & j’avoiscommuniqué en 1774 le réfultaï de mon travail à l’Académie de Paris: il étoit imprimé en 1778 & il a paru en 1780. Je n’ai fait depuis >774 que continuer mes obfervations fur le même pied, & fuivant le même Plan & cette Difler-tation contient le réfultat de tous mes travaux fur ce fujet.
- J e ne faurois dire avec quel plaifir j’ài lu le Mémoire de M. wilke , ni combien j’ai goûte de fâtisfaéfcion en remarquant que je m’étois fouvent rencontré avec lui, & qtfe les différences qui fe rencontrent entre la manière dont nous envifageons les mêmes objets, ne fervent qu’à mettre la vérité dansun plus grand jour. J’ài indiqué dans une Addition lés principaux réfultats de M. w'i t k e, &j’ai comparé fon travail au mien. Quelques retards qui forft furvenus à Timpresfion de cetté diiïertatioh m’auroient à la vérité laiffé le tems de joindre à chaque article les réfultats ebrrespondàns des obfervations de M. wilke , mais j’ai cru qu’il valoir mieux ne rien changer à la dispofition primitive de l’ouvrage, 8c le laiflër tel que je l’ai compofé avant que d’être inftruit des tra-
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- P R É F A
- travaux du Phyficien de Suède. On en verra mieux comment & jusqu’où fes pbfçrvationa confirment les piienqes,
- C’e s t par la même raifon, que je n’ai rien changé à la Table générale qui termine cette difTertation , quoique les Aurores Boréales que le Mémoire de M. wilke m’a fait connaître , Çc les dates de celle* qui ont été obfervées à Berlin & aBreda, & que M. M. bode & holl m’ont communiquées depuis peu, m’a-yent mis en état d’y faire un petit nombre d’additions •. j’ai cru qu’il valoit mieux les indiquer en peu de mots, à la fin de l’Ouvrage même.
- M e s Recherches font à quelques égards plus complettes que celles de M. wilke, les fiennes le font à d’autres. Ily a entre nos Mémoires autant de différence qu’il eft posfible qu’il y en ait entre les travaux de deux Phyfi-ciens qui discutent des obfervations d’un même genre, qui ont en partie le même but, qui travailloient dans le même tems , mais qui, lorsqu’ils faifoient leurs obfervations , qu’ils les redigeoient, qu’ils les discutoient, & qu’ils alîoient les publier, ignoroient qu’ils cour-roient la même carrière, & qui n’orit pas été
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- à mû me de le rien, communiquer* ou de rien, emprunter l’un de l’autre, Et fi d’un coté j« fuis perfuadc que ceux qui auront lû céttc Dis-fertation, ne pourront fe dispenfer, pour con-noitre ce fujet plus à fopds, d'etudier encore le Mémoire de M. wilke, je me flatte de l’autre que ceux qui connoitront celui-ci % ne jugeront pap que mon travail eft.inutile ou fuperflu, 8c qu’ils conviendront que j’ai ajouté quelque chofe aux connaiflances qu’ils ont puii'ées dans l’Ouvrage du Phyficien de Suède, au mérite fupcrieur, & aux talens éminens duquel je rend depuis longtems l’hommage le plus finccre, 8c qui lui ell dû à tant de titres.
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- TABLE
- DES
- MATIÈRES.
- Introduction. §. i—ia. . . 3
- Première question , fur Jes Affollemens de
- l'Aiguille, 5. la —59. . . ia
- Des Affollemens du foir. §. ta—3a. . a2
- Des Affollemens du matin. 5.3a—38. . 49
- --------------- milieu du jour. §.38-43. 54
- -----------------de tout le jour. §.43-56. 60
- Condufion générale. §.56 — 59. . . • 84
- Seconde question , fur les Mouvemens contraires aux Mouvemens réguliers. §.59—70................................88
- Des
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- *!* t A ï 1 É
- Des MouVitntns vers l'OuèJi. §. 6t—-63. 90
- ------------------l'Efi. §.63—6& 94
- ------------------- Èfi'Oueft. 5.68. . toi
- Contlujion. §.69. . ' • . • • i.03
- ‘Troisième question. Des Variations qui troublent le mouvement de l'Aiguille. §.70—81. . . . . 103
- Des grandes Variations. §.72—73. ; .107
- Des Variations grandes & fubites. §.74-75. ni
- -------------------- & par faut. §.76-77. 115
- ------------fubites. §.78. . . . iiB
- ------------par faut. §. 79. . . . i 19
- Conclufion. §.80. . . . . .149
- Remarques generales sur lès mouve-
- MENS IRRÉGULIERS , DONT IL A ÉTÉ FAIT MENTION DANS LES TROIS QUES'1-TIONS PRÉCÉDENTES. §. 8l—85. i lit
- .Quatrième question fur VHeure du Maximum, entant qu'elle peut troubler la Vwiation réglée.. §. 85 — 93. i27
- Cm*
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- BIS M A T I Ê R,E S. xr Cinquième question, sur les change-
- MENS DE DÉCLINAISON. 5.93 — I28. 163
- -Revue générale des vingt-trais périodes de changemens. arrivés à. l'Aiguille A. , pendant onze années. §.96—108. . 140
- Revue générale des changemens arrivés à F Aiguille N°. IV, comparativcmene à F Aiguille A- §.108 — iai. . . . 161
- Revue générale des changemens arrivés à l'Aiguille N°. VI. comparativement à VAiguille N*. IV. §.121 — 127. . 176
- . Conclusion. §.127.....................184
- Considérations sur les causes des mou-
- VEMENS IRRÉGULIERS DE I.’AIGUILLE.
- §. 128—164........................187
- I. De FAurore Boréale. §. 128 —137. 187
- II. De FÊleStricité. §. 137—164. . . 201
- X. De F Eleftricité de T Air en tems d'Aurore Boréale. §.139. . • • 202
- a. De l'Eleftricité ordinaire de F Air. §.
- 140 — 144................................207
- 3. Des
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- XVI TAfiLË DÉS MATIÈRES.
- 3. Des ulgiiatioHS que l'ÊleSkiciif peut
- produire. 5.144 — 15t. . . .21$
- 4. De l'Influence du Tonnerre, 5.151-—
- Conclusion. 5. 164. . . . . 138
- Addition. §.165—174. . * . 443
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- E R R À T À;
- 33. 1. 7. d'én bas gauffer — gaussen.
- 48. 1. dern .........1744 _ — 1774.
- 51. 1. 4. qu'il put être réduit &C. jisuju'k cts mots. le 20 Septembre , lifez. : qu’il put être réduit à N°. 1 fecpndè claife. À Spaiendàiri l'Aiguille à 1 k.
- . de 4 ' plus à TE qu’à 7 h. Le 10 8cc..
- 55-1. 7- 10. foir: nhi — lë i, foir à 10 h.
- J- 9- z i. 9 mai •— le 3 » âu matin
- ÿt. 1. 6. . Àncdne — C'uneo.
- 90.1. Sm bas s’eft mu — lé N9.VI. s'eft mH
- 100. 1. 10. d'en bas . vers l'E. — vers.i’Ê.
- to8. 1. ii. au deffoüs de 30’. — au deffus de 3s \
- , L *4. il. . — ai.
- iss-1 *4- 9e période — 3'e période
- & que par conféquënt — & par conféquënt
- 135- 1. 5- à’t » Ah 4 h. — jti.
- «Si- 1- i. 19°- 4l' — 180. 41'
- ISIS. L 1 s. : , 52' — 31'
- 159. S. 107 1. S. momentanée — aétion m.omen
- janée
- 160. J. 11. de 6 & ià°. — de iS9.
- I. n . & décrût & crut
- 164.1. 4. . deçà & au delà r— de 14 &au delà»
- 165 §• 15- I. 3. de 18’ — 18'.
- 190. Note h ASSEZ. EPI .— ASCIBPl.
- 108. Note i 1. 3. l'Aiguille — l’étincelle.
- 144. 1. 7- brume — bruine
- 53- l X3- lé 18 Août — le 2) Août,
- ?6m, Ïïï,
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- DISSERTATION
- LES MOUVEMËNS IRRÉGULIERS de l’AIGÜILLE
- aimantée,
- M. FAN S PF 1 N D M N,
- Pnfijmr 4t PMlfifiil i FrMihr.
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- D I S 5,||i;TA^L04
- S.v R UZS „ ; rj
- •MOUVEMENB IRRÉGULIERS
- AIMANTEE. . ,.i
- - rNT-R^buCTI^-H.
- §• i l’Aksuille aimantée épvouve-t-elle quelquefois des Variations irréguljères fen-f&les ? GéS Variations oü cés agitations font-, elles • pltis fréquentes 6c plus marquées en tems dAtû'Orè3I?bïM$’i/i:; Ce Météore exerce-1- il . qtiëlqu’inflirencé particulière fur la Déclinai-fôri & fur fes Variations? Voila des Questions fur lesquelles les Phyficien? ne devroient pas c'tre partagés, puisqu’elles femblent fuscep-tibîes dé démônftratïon rigoüreufe. je n’ai pas ‘ héïité à y re^ondrc' affirmativement dans les S§. 04a Sci^Mèmon Mémoire’fiir l’analogie de' VÉlectricité du Magnétisme, inféré dans lè pre-
- mier Tome du Réckeil dè Mêmoirh, publié en sfêüe tem's qiie ce'rie Differtation. M. steig-l'Ehner- au contraire admet non feulement’ la négative dans le §. CLlVi de Ion Mémoire, irtais d place de plus, ou du moins il paroit très - poiré à placer au rang des erreurs & des A a mér
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- 4 Differt)fur ie muv. irrég. de l'Aiguille .
- méprifes les ObftrVations de ceux, qui fou-tienuent que l’Aiguille eft irrégulièrement agitée en tems d’Aurore Boréale. C’eft â disfi-perles doutes, que l’autorité de M. steig-lehner, & celle de quelques autres Phÿfi-ciens non moins célèbres, pourroit faire naître, à mettre cette matière dans tout fonjour, & à discuter ce que les Obfervaïions nous en-feignent fur ce fujet, que je deftine ce Mémoire.
- $. a. Mais, pour décider fi l’Aiguille eÜ fujette à des agitations irrégulières, & jusqu’où elle l’eft, il faut auparavant conftater fi elle éprouve des mouvemens réguliers, ou non -, & fi- elle en éprouve, il s’agit de con-. noitre avant tout la nature de ces mouvemens. J’ai traité ce fujet en détail dans la fécondé Partie de mes Recherches fur les Aiguilles Aimantées , & je crois pouvoir y renvoyer le Leéteur. U fuffira pour l’intelligence de ce qui Va fuivre, de rappeller les Phénomènes fuivans, que j’ai établis d’après plufieurs mil-, liers d’Obfervations, fuivies avec confiance pendant plufieurs années & d’une manière à ne laifler aucun doute.
- I. Phénomène. Il eft des endroits dans lesquels l’Aiguille eft fujette à une Variation pc*
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- INTRODUCTION. 5
- iriodique diurne, par laquelle elle s’avance le marin, jusques vers midi, ou peu après midi, versl’Oueft, pour reculer enfuite dans I4 foi-rée vers l’Eft. Les principales Loix que j’ai obfervées dans ce mouvement font les fuir vantes.
- i°. Qu’il eftfujet à quatre modifications, ou qu’il contient quatre dalles principales : l°. Quand l’Aiguille s’approche régulièrement toute la matinée vers l’Oueft jusqu’au maximum & revient enfuite conftamment vers l’Eft le foir, achevant une feule grande période, QE : 2,°. Quand l’Aiguille s’approçhe le qw-tin d’abord un peu de l’E, pendant quelque teins, pour achever enfuite fa grande période O E : de forte que lç mouvement eft alors ey OE. 3“. Quand l’Aiguille, après avoir a-chevé fa grande période ©E, fe rapproche vers la fin dq la foirée encore un peu de l’O : de forte que le mouvement eft O E, a,. Enfin 4°. quand les N°. a & 3 ont lieu, à la fois, le mouvement étant, d’abord E, puis la.gxande période OE, enfin encore un peu O, c. a. d. e, OE, a. Les trois derniers de ces mouve-mens font fujets à quelques modifications qye, j’ai établies dans mes Recherches (a).
- ap. Loi,
- (*j) P.II. $. 68— i. 113. Je nomme» pour abréger,
- A 3 «5
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- fî Dijfert. fur U mouv. irrég- de J" Aiguille.
- a'. Lor. Que l’Aiguille fe mcmgraduf'ie-ment', s’avançant le matin vers t l’O le fur vers l’E de quelques minutes par heure, & non tout d’un coup 6c par iaut. ; •
- 3e. Loi. Que.le maximum de laDéclinaifon de chaque jour arrive les quatre cinquièmes parties du tems entre midi, & quatre heures après - midi.
- II. Phénomène. Il eft des endroits dans lesquels la Variation diurne n’a pas lieu* mais oit l’Aiguille refte Stationaire.
- III. P h é n o mène. ' Il eft des endroits dans lesquels la Variation diurne a lieu quelquefois, mais ou d’autres fois l’Aiguille eft Stationaire, ou fujette le plus fréquemment à des mouvemens oppofés.
- D’o ù je concluois, que la variation réglée diurne n’eft pas un Phénomène cosmique; 6c ne dépend par conféqucnt pas d’une caufe cosmique, générale, qui agit par tout en même tems. •
- s 3- J’AI
- ces fortes de mouremens, mouvemens N®, i, N°. j, N°. 3, N°. 4: j'ai indiqué à l'endroit cité quelles-font les modifications des trois dernières fortes, 8c nous les «rappellerons en gros- d-deffous $. 88. feqq.
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- $ 3- J’AI démontré le premier Phénomène par de nombreufes obfervations faites à Stok-holm, Upfal, Londres, Rome,Franeker: & je pourrais en ajouter a préfent un beaucoup plus grand nombre encore.
- J’ai appuyé ce que j’ai dit du fécond Phénomène for les Obfervations faites à Peters-bourg , & en Lapponie : mais je puis parler à préfent beaucoup plus pofitivement fur ce fu-jet. M. j. a. Euler, m’ayant marqué, au mois de Février 1779 que M. krafft lui - même, & plufîeurs Académiciens leurs confrères, ont employé toute leur asfiduité, toute leur exa&itude, pour examiner s’ils n’ob-ferveroient pas dans leurs Aiguilles, des Variations diurnes pareilles à celles que d’autres Phyficiens y remarquent: mais que la Décli-naifon eft invariable à Petersbourg, non-feu-1 lement du matin au foir, d’un jour à l’autre, mais encore d’une année à l’autre. Voila des Obfervations déçifives, furtout puisqu’elles ont été faites par des Phyficiens de cet ordre.
- 5. 4. Je me fuis fervi pour conftater le troi-fième Phénomène des Obfervations faites à Montmorenci, à Sparendam, Village fitué près de Haarlem, en Hollande s mais fept années.
- A 4. d’ob-.
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- $ Difert.fkr U mtuv. irrêg. de l'Aiguille'.
- d’obfervations ultérieures me mettent en état d’ajouter,
- ï°. Q u e fi le mouvement diurne régulier n’a pas eu lieu à Montmorenci, ou n’y a eu lieu qu’ i mparfaitement ayant le m0**. d’Août ou de Septembre 1775, il a été conftamment obfervé depuis lors, 8c même fortement, jusqu’au mois de Février 1780 : qu’il s’eft beaucoup affaibli depuis ce tems, que l’Aiguille y a fouvcnt été Stationairç longtems de fuite, furtout en Août, Septembre,Oâobreï qu’en-fuite ce mouvement y a repris quelque vi-gueurj mais quedepuisFévrieri78i, l’Aiguille a été le plus fouvent Stationaire, quoique variant quelquefois d’un jour à l’autre : & ce repos a continué jusqu’au mois de Juillet ou d’Août I7§a, que lçR. P. cotte a fini fes; Obfervations à Montmorenci, en quittait cet endroit, pour s’établir à Laon (&).
- i°. Que ce mouvement diurne réglé qui n’avoit eu lieu à la Haye, que. par intervalles jusqu’en Avril 1776, y a été obferyé enfui te *
- (*) Le Pere cotte a donné le réfumé de fes Obfervations dans la Ccnnaijfanct Jet Tans. Depuis 1778 il 3 bien voulu s’aftreindre a faire' des Obfervations' à toutes
- les heures du joui, & il m’a m’envoyé la copie de fop Journal en entier.
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- INTRODUCTION.
- 9
- maïs il s?eft beaucoup affaibli en 178a, quoiqu’il n’y ait pas été nul (c).
- 30. Que, fi un mouvement directement oppofé au mouvement diurne a été le plus fréquent à Sptrendam jusqu’en Oétobre 1775 : fi le mouvement s’eft depuis ce tems approché de plus en plus du régulier jusqu’en Mai 1776, la variation régulière y a été alors, en général , la plus ordinaire : mais elle n’y a jamais été fi confiante, fi régulière, qu’à Franekcr, ou à la Haye, & l’Aiguille s’y eft mue plus fouyent brusquement & par faqt (4).
- 4°. En-
- (c) Ces Obfervations font de mon Frère, Avocat à U Haye, qui les a continuées à toutes les heures du jour depuis Septembre 1775 jusqu'au mois de Mars 1785 qu'il a changé de domicile. Il a remis çette Aiguille à M. van der wevde qui s’occupe d'Agronomie & de Phyfiqac avec fuçcès, 8c qui eft un -des meil eurs Mé-téorologiftes que je connoiffe. Il s'eil chargé il'obferver cette Aiguille, conjointement avec celle que la Sociétp Météorologique de Manlicim a envoyée à la Société de Médecine de 1a Hayç,
- (i) M. engei-m^n m'a communiqué fon Journal complet. 11 a fait faire ces Obfrrvaiions a toutes les heures depuis de 1774 jusqu’en 177.8 : fit enfuite trois fois, ou cinq fois par jour, jusqu’à fa mort arrivée au commencement de 178a. Je poiléde aétuellemcnt l'Aiguille dont il fe fervoit, M. van makvm, qui l'a voie acquife, ayant eut la cemplaifance de m’en faire prrient.
- A 5
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- ib Difftrt.fur le mouv. irrég. de V Aiguille.
- 4°. Enfin, qu’à Franelcer même la Va* dation diurne a été fort petite, Couvent nulle Sc interrompue depuis 1781, 8c qu’il s’en faut de beaucoup qu’elle y ait été fi régulière, fi confiante, fi fenfible que pendant les-années précédentes.
- Ce refumé général de mes Obfervations, faites pendant fept ou huit ans depuis la compo-fition de mes Recherches, prouve la vérité des Loix que j’avois établies dès lors, 8c démontre , que la Variation diurne .réglée eft fu-jette à des interruptions, même dans les endroits où elle a été pendant des années de fuite confiante 8c régulière.
- 5. 5. On voit, par ce que nous venons de dire, que ce n’eft que par une fuite d’Obfervations faites pendant bien des années de fuite, qu’on peut prononcer quelque chofe de fur concernant les mouvemens de l’Aiguille aimantée : 8c fi, Comme il eft au moins très - probable, les Phénomènes de la Variation diurne réglée font fujets à des périodes, dans quelques unes desquelles on apperçoit même quelque trace de régularité, il pourra facilement y a-voir des contradiélions apparentes entre des obfervations faites fuccesfivement dans le même endroit. Qu’un Phyficien eut obfervé pendant quel-
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- quelques mois de fuite en 1778 à Montmorenci p. ex. .ou àORyanekerj il y eut vû une Variation . régulière, .diurne, très - diftincte, aflez grande 6c aflez confiante pour prévenir tout foupçon d’erreur. Qu’un autre eut obfervé en 1781 dans les mêmes endroits : il aurait vû les deux Aiguilles dont il fe. ferait fervi à Mont* morenci Stationaires : à Franeker les trois Aiguilles n’avoir que de petites variations, fou-vent peu régulières : mais pourrait - il en conclure que le premier Obfervateur s’eft trompé? XJne faine Logique réprouverait une pareille conclufion, dont les Faits décident d’ailleurs. C’eft dans la bonté des iaftrumens dont on fe fert, & dans les foins qu’on apporte à ces Ob-fervations, qu’on doit trouver les preuves de leur vérité: & ce n’eft que par leur nombre, & la manière dont on les a iuivies (ans interruption, qu’on peut donner du poids aux conduirons qu’on en déduit. Le p. coite a vu une période complette de régularité : ayant commencé par trouver l’Aiguille Stationaire, l’ayant enfuite vue fujette à un mouvement diurne très-réglé, confidérable même, 6c redevenir enfin ftationaire. J’ai vu pendant ia ans une Aiguille, & pendant les 7 dernières années de cette période encore deux autres Aii guilles, éprouver un mouvement diurne très-réglé,
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- 14 Dijfcrt.fur Je mouv. irr/g. de VAiguille.
- règle, mais qui s’eft affaibli depuis} de farte que les Aiguilles ont été fouvent Statiooaircs, ou affrétées de mouvemens contraires dans la faite.
- Ces exemples prouvent, ce me fçmble, fans répliqué, que des Phyfiçiens qui n’obfer-vent pas de mouvement régulier dans leurs Aiguilles, ne font pas fondés à en tirer des motifs de doute contre les Obfervations de «eux qui établiflent l’exiftence d’un pareil mouvement, d’après des milliers redoublés d’obfervations continuées pendant nombre d’années. Il s’en-fuivraj feulement, comme j’en fuis très-fûr, que cette variation n’a pas lieu partout dans le même tems.
- §. 6. Mais, ontre la Variation périodique; diurne réglée, dont nous venons de parler, l’Aiguille efl: encore fujette à d’autres 'mouvemens réguliers, quoique différemment modifiés en différens endroits. On fait que la Dé-clinaifon change par le laps du tems, qu’elle devient d’orientale p. ex. nulle, puis occidentale: changement dans lequel on ne (aurait méconnoitre un progrès régulier. Mais ce n’eft qu’après longtems qu’on apperçoit une régularité : ce changement efl: cependant la femme de tous les changemens partiels qui fe font
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- INTRODUCTION. IJ
- font en différens tems : & ceux-ci ne fe font pas toujours dans le même feus: Or, de quelque façon que j’aye combiné les variations des' déclinaifons moyennes de chaque jour, je n’ai pû, malgré tous mes travaux j y découvrir quelque Loi, ou quelque apparence de Loi: ces variations fe font tantôt à l’Eft, tantôt à rOueft, quoiqu'il en refulte un mouvement graduel qui change la Déclinaifon à la longue , & que ces variations foyent ordinairement pe-tites («). Si donc il arrive d’un jour à l’autre de grands changement dans la déclinaifon moyenne, ou fi la Déclinaifon vraye change beaucoup, conferve ce changement fubît pendant quelque tems pour revenir énfuite à là-premiere Station, ces Variations feront des' Variations irrégulières.
- §.7. En refumant ce que nous venons'de dire dans les $§. précédens, on trouvera que la Queftion, l'Aiguille êjl - elle fujette à des mouvemens irréguliers, prife dans le fens le plus général, renferme les cinq Queftions fuivahtes.
- i°. l’Ai-
- («) J’ai discuté en détail ces diverfes fortes de cfcan-gemcns dans la fécondé Partie de mes Rec/iercAet : il jr en a dont nous parlerons ô-defious §.97. feqq.
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- 14 Dijfcrt.fur lemoav. irrég. de T Aiguille.
- i°. l’Aiguille, qu’elle foit:Hationaire ou fujette à une variation diurne réglée, éprouve-t-elle par fois un mouvemencfonfible d'oscillation, par lequel elle s’approche-irréguliè-rement, tantôt :de l’Eft., tantôt deL’Queft, ou par lequel elle eft, -comme parlent les Marins, affollée% . ... -, ,j >
- a". Si 1! Aiguillé éft fujette à une Variation diurne réglée, éprouve -1 - elle :par .fois des mouvemens contraires au mouvement-qui fait le caraélt T; eflentiel de cette. Variation?
- 3°. C e mouvement régulier eft-.il quelquefois, troublé en ce que l’Aiguille fe meut, non infeiifiblément & peu à peu, mais fubitement, & comme par faut t d’une heure à l’autre : ou. feulement, en ce que ce mouvement diurne pe-riodique, quoique réglé, eft beaucoup plus grand qu’à l’ordinaire, ou fujet à quelques petits balancemens qui n-’en détruifent pass la nature générale? où,..... ; ^
- 4°. En ge que l’heure du maximum arrive avant midi, ou après quatre heures ?
- 5°. E n f i n la dcclinaifbn, foit. moyenne du jour, foit vraie, change-t-elle quelquefois fubitement & par faut d!u.n jpurJü’autre., foit pour fe rétablir incefîamment, fo.it pour relier quelque tems ainfi changée, & fe rétablir en-fuite.?
- Nous
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- Nous tacherons de refoudre ces queftions en ellèsrmêràes,'d'examiner les circonftances qui accompagnent les Phénomènes qui s’offriront à nos recherches, de discuter les re flexions jqui en- naîtront r comme d’elles--mêmes, fur les caufes de ces Phénomène?., -& fur les rapports qu’on en peut déduire entre l’Éleétri-cité & le Magnétisme. — ...
- 5*8. Mais, dira-t-on, comment prouvera-t-on, fi l’on obferve, ou prétend obferver, des agitation», irrégulières, que ces agitations font du.e£;à- l’Aiguille aimantée entant que telle , & non. à des caufes accidentelles, à des méprifesj à. des erreurs de plus d’un genre? _De quels moyen? pourra-t-on le fervir pour établir la certitude des mouvemens réguliers qu’on pourrait prétendre obferver? Je n’en con-nois que. quatre:. i°. Prendre routes les précautions posfibles, pour que l’Aiguille ne foit pas agité,e;,par des caufes vifiblcment accidentelles: a°> Faire un grand nombre d’Obferva-tions pendant une fuite d’années, non feulement pour s’habituer à lçs faire comme il faut, mais encore pour en faifir toutes les différences posfibles: 30. Faire faire les Obfcrvations par différentes. perfonnes pour prévenir tout foup-çon,d’errçur: Enfin 40. fe fervir de différen-
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- 16 DiJJirt.Jutrli ntouv. irrig. dé P Aiguillé.
- tes Aiguilles. Je ne crois pas qu’on puifle me reprocher quelque chofe à aucun de ces égards: je vais le prouver.
- §. 9. J’a 1 eu foin de pofet mes Bouifoles au millieu d’un jardin , fur des pieds Sables : & de les garantir de la pluie & du foleiliau moyen d’un couvercle qu’on n’ouvrôit qu’au- moment de l’Oblervation. Pendant ce tems des Expériences longtems l'uivies fur trois Aiguilles, dont deux étoient établies dans le jardin de là manière que je viensde décrire, & la troifième exaéfcement égale à l’une des deux autres, placée dans une chambre, au premier étage, & qu’on habitoit une partie du jour , m’ont appris que' cette Aiguille eprouvoit des mouve-ftieris plus grands que les autres, quoiqu’on eut foin dfe n’y pas toucher, & que cet excès de mouvement ne détruifoit pas la variation périodique régulière : il ne faifoit qu’en augmenter la grandeur. Par cette railpn, je n’ofe pas me fier abfolument aux Obfervations faites fur des Aiguilles qui font placées dans des Cabinets fitués au rez de Chauffée, mais plan-cheyés & non carellés, ou fitués à quelqu’é-tage fupérieur, & par conféquent füje'ts, quandr on marche, quand on ferme des portes, à des ttémouflemens, légers à la vérité, mais réels,
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- INTRODUCTION. if
- & dont l'influence cft fenfible. Ainfi Ibrsqué j’ai pincé le 15 Décembre 1776 tnes b ou (ToleS dans une grande chambre, au rez de Chauffée1, j’ai fait enlever le plancher autour des pieds fur lesquels elles font pofées, quoique ces pieds foyerit enfoncés éii terré à'trois pieds de profondeur: j’ai voulii éviter tout ce qui pour-* rbit troubler l’Aiguille (/):
- l’E xpbriencë a également fait voir, que des Aiguillés fuspendues à des Cheveu#,' ou à des Fils dëfoye non tors ^ font tellement mobiles, qu’elles éprouvent une agitation Continuelle : que la moindre caùfé étrangère les trouble: il fuffît de s’en approcher, oU d'en approcher Une bougie pour lés agiter: le moindre mouvement quelconque les fait oscil* 1er: Ausfi doùté-je beaucoup qu'elles foyerit propres à faire cohnoitre les Variations qui leur font dues entant qii’Aiguillés aimantées j par-èèqu’elles doririënt trop dé prife aù-x caufes étrangères lès plus pètites, & qu’il1 ell impoS-fible d’écarter. Noüs ferons plus éclairés fur ée fujet qiumd M:• M. CAssiNt & cOTte auront publiés lès obfervations’ qu'ils ont faîtes fur
- (f ) Vôyei fur les précautions que j'ai prifes la fécondé partie de mes rbchbrch»s §. 48. feqq.
- B
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- 18 Dijfert.fur le mouv. irrég. de l'Aiguille.
- fur les Aiguilles de M. coulomb: mais jusqu’ici tout me confirme dans ce que j’ai a\ an-. cé il y a déjà neuf ans, qu’il eft un point au de là duquel la mobilité devient nuifiblc aux. Aiguilles aimantées, & qu’il ne faut pas outre-pafîer dans leur conftruétion : ce point eft ce-, lui qui permet aux Aiguilles d’obéir aux plus petites impresfions de la caufe direétrice uni-verfellej & par conféquent, fi, lorsqu’on les détourne de leur fituation, quelque^ peu que. ce foit, & partant quelque petite que foit la. force qui peut les y ramener, elle reviennent néanmoins exaétement au point dorçt elles font parties.
- Enfin, il eft des Phyficiens qui expofent leur Aiguilles à l’Air libre. Mais en ce cas, elles éprouvent de plus grands mouvemens que celles qui font renfermées dans des boëtes, par-cequ’elles obéiflent à la moindre agitation dë l’Air: & par-là même elles me paroiflent peu propres .à être employées pour des Expériences, qui doivent fervir à décider ce qui a lieu pour le Magnétisme entant que tel (g).
- • Seroit-il befoin d’ajouter, que ni moi,
- it) Nous parlerons çi-deffous §. 147—151 de quelques obfervations de ce genre* ...............
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- Introduction. tg
- ni ceux qui oht obfervc pour moi, ne portons aucun Fer que nous ayons jamais oublié d’oier, ou qui puifle influer fur les Aiguilles : circon-ftancé que M- steigi-eHner foUpÇonne cependant être la caùfe des agitations irrégulières qu’on prétend obfcrver : & que lé foir nous tenons là chandelle à la main, ou fur un chandelier. de fayence^ où d’étain.
- §.io. Î1 cft facile de fe tromper quand on fait une obfervation ifolée : il ne l’eft pas quand on en fait unë longue fuite: il eft posfible qu’on oubile Une fois- de fe dégarnir de tout Fer, où d’ëxaminer fi quelque caufe étrangère vous troublé: il ne l’eft pas quand oh fait ces obférvations habituellement. J’en âi fait depuis 1771 jusqu’à là fin de Juin 1781, cent j trértte-huit mille. j dont il y en a cinq mille qüatre cent quatre vingt fix qui appartiennent à' des iriouvemens irréguliers. Les Obferva-tions dup.côTTEa Monümorenci j & cèjles de moii Fi'èie à la Haye montent également à plufieurs milliers: leur détail même ote tout foupÇon d’erreur. Je n’ai pas obfervé feul: quelques amis, au nombre de dix, ont rempli fuccesfivement ma place pendant des abfences que j’ai faites: & ils ont vû les mêmes chofes que moi, quoique je ne les enfle pas prévenu B a de
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- 10.Differt.fur le mouv. irrig. de Y Aiguille.
- de ce qu’ils verraient probablement. Mon Frère a egalement eu plus d’une fois des aides. Enfin j’ai employé jusqu’au i d’Avril 1775 une feule Aiguille à chappe fora mobile, que je nomme N°. A : alors j’en ai employé de plus une fécondé, faites félon mes Principes, N°. a: & le 15 Décembre, j’en ai ajouté une troifiè-me, égale à la précédente Sc marquée N°. 6. J’ai décrit ces trois Aiguilles, ainfi que celle dont mon Frere fe fert, cottée N°. 3, dans mes Recherches fur les Aiguilles aimantées P. 1. §.
- 338. §• 339- §• 337- P- ** §• 4*- Ces trois Aiguilles m’ont préfenté les mêmes réfultats, mais avec des modifications.
- §. 11. Telles font les précautions que j’ai employées: je ne crois pas qu’on puifle avoir plus de preuves de certitude : & fi l’on nie les Phénomènes que de pareilles obferva-tions préfentent, je ne vois pas ce qui fera conitaté en Phylîque. Comment ceux qui, dans un petit nombre d’obfervations ifolées, n’ont pas obfcrvé d’agitations irrégulières de l’Aiguille, peuvent-ils tirer de-là des raifons valables de révoquer en doute d’autres obfer-vations, faites pendant une longue fuite d’années fans interruption? On eft d’ailleurs d’autant moins fondé dans un pareil procédé , que
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- INTRODUCTION. 31
- :es mêmes obfervations prouvent, que les agirions irrégulières n’ont quelques fois pas lieu [ans les mêmes circonftances qui les produifent ['autres fois, & cela, quoiqu’on employé les aêmes Aiguilles, dans le même endroit. Je :rois en avoir dit affez pour convaincre les Phy-iciens, que nous avons réellement vû ce que tous prétendons, plufieursobfervateurs 8c moi, .voir vû : 8c que ce que nous avons vû ne dc->end pas de caufes étrangères au Fait, & qu’il l’eut tenu qu’à nous d’écarter, fi nous avions igi avec plus d’attention, 8c de foins.
- Ces préliminaires établis, je pafle àl’exa-nen. des queftions que j’ai propofées.
- B 3
- P R E-
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- Questii
- I. Des Jjfollcmcns.
- PREMIERE QUESTION.
- §. ia. l’AiguillE) qu’elle foit fujette à un mouvement périodique diurne réglé, ou qu’elle l’oit ftationaire, éprouve-t-elle quelquefois un mouvement d’oscillation fenfible, par lequel elle fe meut irrégulièrement, tantôt versl’Oueft, tantôt vers l’Eft, étant, comme parlent les Marins, affollée ?
- Je diviferai, comme je l’ai fait dans mes Recherches (P. il. §. 68. N°. 7 & §. 18.) ces àffollemens en ceux qui ont lieu, le foir, le matin, au milieu du jour, ou tout le jour. Je commencerai par les affollemens du foir.
- On trouvera dans la Table, qui terpiine ce Mémoire, l’état de tous les jours où les affol-lemens ont eu lieu : ce font ceux où l’on trouve le mot foir, le premier chiffre exprime la date : la lettre a, ou/our, ou s qui fe trouve à coté indique s’il y a eu ce jour-là, ou le lendemain , ou là veille, quelque Aurore boréale : ou le jour même foupçon d’A. B. Si ces lettres font accompagnées d’un *, c’eft que ces A. B. ont été vues, non à Franeker, mais ailleurs. Enfin le 'chiffre qui fuit le mot foir indique la grandeur totale de l’affollement
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- QuestionI. Des Affollemens. 13
- en minutes. Cette Table eft pour l’Aiguille N°. A. je dirai ci*deflous ( §. 30. ) ce qui a eu lieu pour les Aiguilles N°. 4 & N°. 6. Au relie, il faut obferver par rapport aux Aurores Boréales, que celles qu’on peut avoir obier* vées à Petersbourg en 1780 &c. ne font pas encore parvenues â ma connaiflance (a).
- En faifant un dépouillement de cette Table on trouvera pour chaque mois le nombre d’af-follemens, & d’A. B. obfervées fur le nombre total de jours qu’on a fait des obfervations depuis 1771 à 1781.
- (4) L’Académie de Petersbourg, toujours attentive à ce qui peut contribuer au bien des fciences, a eu la bonté de m’envoyer, à la follicitation du Prince de gamitzin » tm beau recueil manufeript de deferiptions d’A. B. obfervées à Petersbourg par M, schroter depuis 1.749 j1** qu'en 1779. J’ai fait ufage ausfî de celles qui fe trouvent dans les anciens & nouveaux Mémoires de la même Académie , ainfi que de tout ce que j’ai pû trouver ailleurs.. Enfin plufieurs Savans diftingués, M. M.
- SCHULZE , BERNOULLI , TOALDO, EER'lHOLON, d’aRQI'IEK ,
- mabcorelle , 6auffer , cotte &c. m’ont fait parvenir un très-grand nombre d’Obfervations., & de Mémoires fur l’A, B. dont je ferai ulage dans mon traiié fur cette matière. Je me fais un plaiftr de témoigner d’avance au Public les. obligations que j’ai à' ces Savans : & d’indiquer les fecours que j’ai reçus, qui m’enhardiifent à en folliciter de nouveaux.
- B 4
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- *4 Question I.
- Aff. AB jours Janvier 17 13 32a Feyrier 13 10 3c 9 Mars 25 23 341 Octobre 18 15 330. Novem. 15 11 334 Decem. 13 10 329
- Des Affolhmens.
- Aff. AB jour$ Avril 14 12 339 Mai § 4 334,
- Juin 4 1 327.
- Juil (5 6 339
- Août 9 6. 33Q
- Sept. 27 no 328
- Somme 101 821995 ' Somme 65 49 1988
- Total 166 1313974.
- S • 13.1 l fuit de cette Tablç, que fur 3974 jour?, d’obfervations faites en onze ans, il y en a eu, 166 auxquels l’Aiguille a été affolléé lç foir : ce qui fait à peu près la vingt-quatrième partie, du tems. 11 n’eft pas posfible de fe tromper dans u.n pareil nombre, d’obfervations : d’autant plus que, fi ce mouvement à été quelquefois de 15 ou 20 minutes feulement, il en a été d’autres de deux degrés : je vais en donner des exemples : & comme il ne s’agit ici que de. Variations , j’indiquerai par o,la plus petite dé-clinaifon qui a eu. lien alors: les autres nombres , font les nombres de minutes dont la dé-clinaifon excédoit à chaque obfervation la plus, petite indiquée par o,
- J. 14. Premier Exemple. Le 13. Mats
- i7n
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- Question I. Des Affottemens. 45
- *771 l’Aiguille A a ou un mouvement régulier-jusqu'à fix heures du foir : mais la grandeur de la Variation entre i&jli, 3 & 4 h. après midi, me fit foupçonner qu’on auroit le foir quelque A. B, & me porta à examiner l’Aiguille plus fouvent que d’heure en heure : Ce ibupçon fut confirme : ont eut une A. B. très-briliiantc 8c très-forte, ypicice que j’obfer-! vsi fur l’Aiguille.
- ah. ‘ 7' 7h. 47 3 h. a6 9 h. a
- 3 16 15' 4^ 10 a 5 3
- 4 a 6 3° »» 3° 7 «5 1
- 4 h.30 30 45 il 34 * 3® 5
- 5 47 5° 17 37 7 10 h. a
- 6 h,. 3a 55 i.» 45 6 30 0 nh.-) a 1.5' J
- Le lendemain matin aa': Nous parlerons ci-deflous §. ga de ce qui a eu lieu le-14, dans la journée : mais voici un mouvement irrégulier pscillatoire de 47 minutes, 8c par fois, de 10', 1,7', 10, 44', en un quart d’heure, ou une demi-heure, ou en peu de.momens.
- l’A 1 GUIl LE a été irrégulière à Mont-morenci.
- §. 15. Second exemple. Le 45 de Juillet 1,77a JM. c H a u D o 1 r , qui prenoit alors B 5 loin
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- i(j Qu b j t i o n I. Des Affollmtns.
- foin de ces Obfeivations, obfervà le' foirnne agitation irrégulière de l’Aiguille : le matin fon mouvement avoit été très-régulier, mais fort grand, puisque l’Aiguille avoit parcouru de 6h à ih, très - régulièrement 4a Q. EtV fuite les variations ont été.
- ih. 5* 6 h. H 8 h-10 h. *5 nh. 30' 1-4
- 4h. 3® 5° 5 10 “h. 5 4 3a_45 >3
- 5® 43 «-35 0 11 h. 10 10 11 h•5S
- 5 h- 36 7 h'. a8 «Si -ao ia hi 15
- 35 11 8' a3 >91
- 4d ai «5 *5
- Voila donc encore une oscillation de 5a' très - irrégulière, Se quelquefois de a8’ en peu de momens (b).
- Je
- (b) Le Ciel étoit couvert, & néanmoins M. chaw-» o ir , très-exercé à ce genre d’Obfervations, eut fqup-Çon d’A.B., à caufe d'une blancheur arcuée &lumineufe. que préfemoient les Nuages à l’horizon du N. & N O. Son foupçon a été changé en certitude, car ce même foir il y a eu une A. B. vifible à Petersbourg. Au refte il arrive fouvent qu’il y a des agitations irrégulières fans Aurore boréale viiible, quoiqu'il y en ait réellement : on en trouvera des exemples dans la fuite: & il arrive ainfi qu'on n’a pas connaiiîance de quelqu'A. B. obfervée dans le même temps, où que ce foit : foit qu’elle ait échappée aux yeux des obfervateurs, ou que ceux-ci
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- QuestionI. Des Affollcmcns. 27
- J e pourrais alléguer encore beaucoup d’autres exemples pareils: niais je me ^ornerai à quelques uns des plus inçéreflans.
- §. 16. T-noi siIme Exemple. Ce fera celui du 14 d’Aôût 1776. Pendant ce mois les trois Aiguilles ont été en général fort tranquilles, comme dans les mois d’Hyver, & plus encore. Le matin leur mouvement fut très-régulier} roail il commença a être troublé dès une heure après midi. M- wyn-caard les a obfçrvées avçc la plus grande diligence, ayant fait 87 observations fur chacune
- n'en ayent pas fait mention dans leurs écrits : mais, la Çmilitude des effets ne laiflc aucun doute fur celle des caufes. On trouve ailleurs quelques obfervations de ce genre: p. ex. M. graham a obfervé à Londres en 1741 des agitations irrégulières de l’Aiguille fans faire mention d’A. B., pendant que M.'Celsius en obft.voit de pareilles accompagnées d’A. B. à Upfal : & M. shortek ctyijeéture avee raifon eue M. graham n'a pas fait mention de ce météore , ou parcequ’il étoit moins accoutumé à l'obferver, ou pareeque le -météore n’a pas été vifible à Londres {Mim. de Suède: 1747. p. 37.). M. canton a obfervé à Londres le 19 Février 1757 une agitation irrégulière de l'Aiguille , fans faire mention d’A.B., ou fans que j’en connoiffe d'obférvée ailleurs. (Phil. Tranf. Vol. LI. p. i.).'
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- 0.8 QuestionI. Des Affoîlemens.
- cune depuis midi: mais pour abréger j’en aï omis plufieurs, dans lesquelles la variation a été peu fenfiblc. J’y ajouterai les Obferva-tions que feu M. engelhan faifoit faire à Sparendam, & celles que mon Frere a faites à la Haye, en employant une Aiguille, faite-d’aprcs mes Principes, égale aux N°. 4. & 6,. & cottée N”. 3. Enfin le foir il y eut une très-belle A. B. qui a été également obfervée à la, Haye & à Sparendam, ainfi qu’à Mont-morenci, où l’Aiguille eft reliée régulière & même, à en juger par trois Obfervarions par jour, Stavionaire tout le jour à 190. 30', comme cela avoit lieu depuis le 19 de Juillet, & a continué jusqu'au a6 Août.
- (0 Francker A N# 4 N° â Sparen- dam La Haye
- 6 h. m. 55' 49 34 60 -?8 3° 2 s 0 «9
- I il. 19 -o 30 40 n ti s° 78 7.0 55 "4 63 40 ÊQ. 62 40 43
- 2 h. *s' 59 Si 37 6r 52 40 4r <7 40 43 10
- (c ) A 6 h matin, le N°: IV. étoit de iç' plus à l-’O que le N°. A.;. & le N°. VI. l'étoit de 6' plus que le N°. IV, ou de m' plus que le N°. A,
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- 3 h.
- IC--II
- p.6obs.)
- h. 1 :ÇS'J 3®
- 4 h. 55 .51 41
- 35 6JL 5» J\6
- 50 6a. .51 37
- S*-. 64 56 47
- , . l9 54 43 42'
- h b. 30 55. .82 66
- 33 7i 60 56
- 3£ 78" I71 • 49
- 3*. 60 .73 33
- ! Kf fi7 - ' 75 49
- 6 11. 68 58
- 6 .64. 55 .. 36
- S9 5» 40
- , *3 6i 5i 40
- 11 b. 30 io 6 il 1 98
- •34 1 ”5 117 99 '
- 3» 8> 7.6 , 75
- 43 6r 6l 46
- 5* .73 67 îi
- 5<> . 77 63 5« -
- "53 46 40
- O 4 6
- 6 O
- ' 1Z ’ 19 7
- 5^ 47 28
- 59 5t 2.8
- 59 53 - ' 39
- 7.7 . 79 4b
- 48 44 48
- 53- 50 34
- 54 5° il .
- 55 ' 52 37
- 55 50 *5
- 55 • 5i .. 34.
- 55-, 51 33
- i-54 . - 50 31 •
- 53 48 •3°
- 52 51 33
- 52 5i 33
- S2 51 Tl
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- 30 Question I. Des Âffo]Umens.
- §. 16. On voit par ces Obfervatioris i°. combien les Aiguilles ont été agitéfes à Frane-ker, puisqu’elles ont quelquefois parcouru un degré eii un moment: 8c près de deux degrés en une demi - heure : a0. Qüe l’agitation a été à peu près perpétuelle. 30. Que les différentes Aiguilles ont éprouvé des mouveméns très-différens pour la grandeur, & ausfi pour le genre, puisque l’Une s’éft quelquefois mue vers l’E, pendant que l’autre ffe fflouvoit vers l'O : on voit que de 5 h 19' à 5 h 30' l’Aiguille A; n’a parcouru qu’une minute, tandis que lé N°. IV. en a. parcouru 39 8c le N°. IV, 24 : 8Ç qüe dans les trois minutes fuiVantés A a parcouru 16' O : N°. IV. au contraire àa' E 8c N°. VI. 10 E- On voit 30: que les Aiguilles de Sparendam 8c de la Haye ont ausfi été troublées, 8c que le Minimum a :eu lieu à Sparendam à peu près vers la même heure qu’à Ftancker. Mais on voit 40. combien il eft important pour afleoif un jugement fûr, de faire des Obfervations à de très-petits intervalles des temps, 8c dé ne pas quitter poiif ainfi dire les Aiguilles de vue. Si par ex. M. Wÿngaard n’avoit obfervé qu’aux heures complettes 8c ordinaires, l’Aiguille A hu aurait préfenté, feulement 86 pour maximum, 5a pour minimum, 8c 34 pour variation au lieu de
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- QuëstionI. Des jijfollemcns. 3 j ’
- de 115 : mais le mouvement auroit été cependant irrégulier à 6 h. du foir.
- Voila donc des Variations confidérables à la Haye, à Sparendam, àFraneker, pendant que l'Aiguille «toit Stationaire à Montmorenci: & qui. pourrait, en voyant le detail de ces Obfervatipns,, nier que ces Phénomènes font, réelsqui pourrait fe perftiader, que lesOb-: fervateurs fe font trompés tous en même tems, & que les mêmes erreurs auraient influé fur, toutes les Aiguilles, Sc à peu près de la même manière?
- 5.18. Qüatkièmê Exemple. Borné comme je le fuis pour ne pas trop grosfîr ca Mémoire,, au nombre des- exemples qu’il m’eft permis d'alléguer, je me contenterai1 dé citer encore-ceux du 16 Février 1777 & 19 Février 1780. Je refetve celui du 3 Décembre 1777 pour le $. 50. On verra par ces exemples combien des Aurores boréales, toutes très-bril-liantes,. agiflent différemment fur les Aiguilles;
- On eut le a6 Février 1777 une Aurore bor réale très - éclatante, obfervée par toute l’Eu->rope : j'ai préfenté mes Oblervations de ce Phénomène à l’Académie de Paris, qui lésa fait imprimer à la fuite du Mémoire M. m e s-s 1 e r fur ce fujet : mais ce favant en a retran-
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- g4, Question I. Dei AJfollcMnL
- ché ce qui concerne les Aiguilles: j’ighoMS pourquoi. Je vais placer ici mes ôbfervàtions 4 & j’y ajouterai celles qu’on a faites à là Haye & à S pareil dim.
- Les Aiguilles h’avolènt éu chez mbi aücuti mouvement irrégulier ou infolite les jours pré-4 cédens: Le 16 de Février même le mouvement a été régulier le m'atin : mais il a commencé à fe troubler à 5 h; du foifi
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- Question I. Des Affollemens. 33
- De ii-} à ii\ l’Aiguille s’avança à la Haye de 9' vers l’O. Le jdur fuivant le mouvement a été Iregulier j & il arrive fouvent que l’A. B. eft accompagnée d’une agitation beaucoup plus forte : celle du ai Mars de la même année en a produit une de a degrés en un moment. Le mouvement irrégulier à cependant été très-marqué i quoique différent, pour les trois Aiguilles i & il a été beaucoup plus petit à la Haye qu’à Franekér. Peut-être auroit-ônviï des agitations très -confié érables àSparendàm, fi on y avoit pouffé les Obfervations au de là 3e 9I1: ati moins la différence y a été entre 8 & 9 h de 24 E, & à Franeker au plus de 6 -, Mais quëlqu’ait été ce mouvement, il n’aeù iieü, pour ainfi dire, que pour le moment: dès lé lendemain tout a été remis en règle à Franeker. A Sparendam, il en à été bien autrement : La déclinaifon y étoit le a6 au matin àia°. 5': à 9 h foir de ai0. 31': Iè a7 entre > ai°. 44, & il“. 50: le a8 de ai°. 40': le 1 Mars de al°. 5a-: cè nè fut que le à, qu’elle revint à 1a°. a: Stelle diminua encore lé 3, & trcs-confidérablement le 5 5c lé 6, qu’elle étoit de ai0. 45' le matin, 5e de oo°. 45'le foir: ce lie fiiit que le 10 Août (encore par unè A. B.) Qu’elle revint au de là dé îa°. Voilà une fi-Tomf III, C rtnit-
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- 11 o N I. Des 4follement.
- 34 Qtisi
- multanéité d’effets, ou lî l’on veut, une influence très-marquée. Le p. cotte remarque que l’Aiguille n’a pas éprouvé de Variation à Montmorenci. Depuis le io elle a été conftamment tous les jours entre 190. 30' le mat, 19°. 45 à midi, 190. 30' foir, ce quia eu lieu ausfi le 07 8c le a8, 8c avec peu de différence jusqu’au 5 de Mars qu’il y eut A. B, que l’Aiguille parvint le foir à 45', le lendemaia foir à ao, & le furlendemain à 10.
- $. 19. cinquième Exemple. Tout le monde a entendu parler de la brillante 8c fu-perbe A. B. du 19 de Février 1780, 8c qui a été obfervée par tous les Phyficiens. Je fup-prime l’obfervation que j’en ai faite pour n’indiquer que les mouvemens de l’Aiguille, tant ici qu’à la Haye.
- L e matin le mouvement avoit été petit, 8c très - régulier jusqu’à midi : mais il fe fit entre . midi 8c une heure une variation très - confidé-rable 8c qui me donna foupçon d’A. B. pour le foir.
- Franekw
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- Question I. Des Affollemtns.
- (<*) F.ianekcr A N® IV N® VI
- ta h. 45 45 39 44
- 25 25 25 S1
- il 4° 40
- a 54 54 53 53
- 3 25 ‘3 Si
- 4 13 49
- 5 35 35
- 6 29
- 7 , 3°, -15 55 00 60 85
- : 55 85 85 iS2
- 3o 55 IIO r’5 l6
- 45 78 85 3
- 9 <5 * IlS 135
- 3° S* 170 180 13
- 45 o t6
- 8' 30 30 3 a« ÎS
- 24 64 73 75
- 45 40 35
- llta 4° 35 . 4«>: 52
- 3° 45 5° 45 215
- -J£„. — 50 . 73 70
- 15 3° 50 9° 85 75 73 74
- fmat6 3* 48 4‘ 44
- V ar noét la K 42 K 44 K 4i E
- Var tôt. 64 170 180 U2
- §. oo. Ces
- (<0 A 9 h & trois quart, au moment de Ja plus petite dêclinaifju., le N°. IV. furpaffoit le N°. A. de
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- .^6 Question T. Des Jffolkmens.
- J. ao. Ces variations ont été très-confidc* râbles. Les Aiguilles N°. IV 8c VI. ont eu à-peu-près la même marche excepté à 9 du foir: mais le N°. A en a différé à tous égards, foit pour le moment de la plus grande Décli-naifon, foit pour la grandeur de la Variation, 8c cependant cette Aiguille eff très-mobile : ausfi eff-elle revenue le lendemain, tout comme les autres, au point d’où elle étoit partie} &, excepté ce jour là, il n’y a pas eu de changement fenfible de Dcclinaifon. l’Aiguille A différait du N°. IV. de 50' ou 54 le lendemain entre 51' 8c 56} 8c néanmoins pendant la durée du Phénomène la différence a quelquefois été de Î71' comme à 9 heures 8c demie du foir, 8c quelquefois feulement de 41'comme à 9 h. ou de 5' comme à 9 h ’-. Ces différences rentrent dans les idées que j’ai propofées dans mes Recherches (P. II. §. 205—ai4) fav. que ces Variations dépendent en grande partie des Aiguilles même,. 8c des changemens qui arrivent aux forces de leurs parties homologues.
- §• ai. Les
- ]e N°. VI. de 2' feulement : on verra dans la fuite, 108 — I2r. comment ces Aiguilles font parvenues peu à peu à différer conflamment de 50' & au delà.
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- Question I. Des Affollemens. 37
- 5. ai. Les Déclinaifons obfervécs à la Haye comparées à celles deFranekcr, préfentcntdes Phénomènes très-remarquables quant aux mo-• mens du maximum 8c du minimum. La plus grande déclinaifona eu lieu à Franeker à 9 heures & demie pour les N°. IV 8c N°. VI, 6c alors elle étoit à peu près la plus petite à la Haye : de forte qu’en fuppofant qu’à midi la différence étoit nulle entre le N°. VI. à Franeker, 8c le N°. III. à la Haye, elle auroit été à çh /de 17a' entre ces deux Aiguilles. La Déclinaifon a été la plus grande a la Haye a 8 h du foir, enfuite à 9h, & a 11 h. 10: elle ctoit alors à-peu-près moyenne à Franeker, ou beaucoup au deffous : 6c la différence qu’il y avoir alors entre le N°. IV 6c le N". VI. cil très-remarquable: peut-être le N°. IV. avoit-il changé dans le tems que j’allois du N°. IV. au N°. VI, caron lent bien que je ne faurois obferver les trois Aiguilles à la fois : 6c par la dispofition dans laquelle elles le trouvent dans ma chambre, le N°'. 4. elî toujours l’Aiguille que j’obfcrve la fécondé : 6c les N°'. A 6c N°. VI. font alternativement la première 8c la dernière : mais certainement il ne s’écoule pas trois minutes d’une obfervation à l’autre.
- l’Aiguille obfervée trois fois par jour à Sparendam, y a été à-peu-près Stationaire
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- $8 Quxstion I. Des Jffollcmens.
- ce jour, ainfi que les précédons 8c lesfuivans: il n’y a pas meme eu de Variation dans la Dé-clinaifon d’un jour à l’autre.
- §. aa. L e même foir l’Aiguille a été fort irrégulière à Montmorenci entre 8 8c 9 h du foir. Le matin elle avoit eu fon mouvement diurne périodique régulier 8c ordinaire : à 5, 6, 7Ï1. du foir elle indiquoit 190. 55': à 8 h. ao°. à 8jh. ao°. à 8i 19*. 55'. à h. 190. a8. à 9Ï1. ao°. Le 1 Mars à 5 h. mat. 19e. 45'. Par contre cette A. B. n’a pas influé fur l’Aiguille deM- blondeaü à Breft. L’Abbç bertholon, fi connu par fes belles Recherches fur l’Éleétricité, a faifi l’occafion de ce Phénomène pour faire quelques Expériences, qu’il m’a communiquées en ces termes. —
- „ La machine Électrique fut plus forte, & „ donna de meilleures étincelles durant l’ap-„ parition de cette A. B. que plufieurs heures „ avant, 6c ces étincelles me femblerent en-„ core plus vives vers le milieu & principalc-„ ment vers la fin de ce Phénomène. J’é-„ prouvai ausfi la force de l’Électrophore, qui „ me parut plus grande. Les Phosphores Elec-j, triques [c. a. d. desTubes vuides d’Air] ani-„ mes par l’Éleétricité artificielle en devinrent s& plus brillans que dans les autres circonftances.
- ,, J’ob-
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- Question I. Des Jfftllemm. 39
- „ J’obfervois dans l’Aiguille aimantée des Va-„ riations : alors je me hatai de faire quelques » Expériences dont j’avois déjà formé le pro-„ jet depuis quelque tems, & dont j’avois dis-„ pofé les préparatifs : c’étoit d’ifoler une Ai-,, guille de boufl'ole Sc d’obferver fi fes Varia-55 tions feroient plus confidérables : i’Expé-y, rience m’a paru reusfir parfaitement, & j’ai „ apperçu une plus grande agitation dans l’Ai-„ guille ifolée, c. a. d. placée fur un plan de „ Verre aflez épais Sc enfuite fur un gateau de ,, poix refine. J’ai fait encore une autre Ex-„ périence, aflez concluante Sc toujours rela-,, tive à l’Eleétricité : j’ai pratiqué aux deux 5, extrémités de l’Aiguille aimantée une pointe ,, inclinée à l’axe de l’Aiguille, à-peu-près ,, comme on le voit dans ces croix de fil de ,, laiton fuspendues au milieu par une chappe, „ 8c qu’on place fur le premier Conduéteur „ pour les faire tourner par l’éruption du flui-„ de éleélrique dans l’Air, fous forme d’ai-„ grette lumineufe} 8c j’ai obfervé dans ce cas „ que les Variations étoient plus grandes 8c ,, plus multipliées”. Nous dirons encore un mot de cette Expérience ci-deflous : nous nous contenterons de remarquer ici, qu’il eut été j à fouhaiter que M. bertholon eut détaillé là nature 8c la grandeur des variations qu’il a C 4 #b-
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- 40 Q u E s t i o N I. Des AffollemenÇ
- obfcrvécs, & qu’il eut comparé celles de. l’Aiguille ifoléc Sc de l’Aiguille non ifolée.
- §. 23. Nous avons allégué allez d’exemples pour convaincre même les plus incrédules} il çft tems do confidcrer cette matière fous un autre point de vue : —
- O n a vu par la Table du §. ta. que fur 166. ibirc.cs d’agitations irrégulières, il y en a eu 1.31 d’A li. ou les huit dixièmes du tems cette fréquence doit déjà faire ioupçonner que ces agitations font des dépendances de ce Phénomène: & ce foupçori acquiert une nouvelle force, li l’on fait attention que le nombre dç ces agitations, pendant les fix mois que la Terre parcourt 1a partie de fon orbite, oit fe trouve le Périhélie, eft a pareil nombre pour les fix mois de. l’Aphélie, comme iqi,: 65. ou comme 1.54: 100: or on lait par les belles Recherches dç M. mai r ai*, que les A. B. font beaucoup plus frequentes pendant les fix mois du Périhélie que pendant les autres, dans le rapport de 9à4. &. quoique le rapport ne.foit pas numériquement le même que celui de 154: 100.. ou.de 9: 6. à-peu-près, que nous trouvons ici, ce qui vient certainement de ce'que le nombre de 166 onces, n’elt pas iuffifant pour en conclure un rapport qui puiflb être confiant, & comparable.
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- Question I. B es Affollemens. 4»
- i celui qu’on a déduit d’un très-grand nombre d’Obfcrvations, l’excès de fréquence n’en eft pas moins conftaté du même coté, Sc il eft à-peu-près le même que celui des A. B. Perihér lies dans le même tems, favoir de 8a: 49 ou de 167 à 100. Et ce même excès des agitations Périhélies fur celles d’Aphélie a lieu fi l’on ne prend que deux mois, ou un feul mois avant Sc après le Périhélie ou l’Aphélie, Sc toujours comme pour VA. B. 11 y a plus : les mois dans lesquels les A. B. font ordinairement les plus fréquentes, font ausfi ceux dans lesquels ces agitations ont, en général, eu lieu le plus fouvent.
- §. a.4. A la vérité j’ai obfervé 34 fois des agitations irrégulières fans avoir vu des A. B. mais il en eft parmi ceux-ci cinq auxquels j’ai eu foupçon d’A. B. foit à caufe d’une clarté entre les'nuages, ou d’une pâleur dans le ciel, ou d’un crépuscule plus fort & plus long, qu’à l’ordinaire, indices fur lesquels il n’eft pas facile de. fe tromper quand on joint une longue Expérience à l’Étude fnivie de l’ouvrage de M. de ma ir an, Sc que d’ailleurs le fait a fouvent confirmé. Refte donc a9 jours : dont il y en a 18 à la veille ou le lendemain, desquels VA. B., a paru : or on fait , Sc l’on verra dans
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- Question I. Des AfolJemens.
- la fuite par plufieurs exemples ( $. 44. feqq. ) que l’aétion de l’A. B. fur l’Aiguille commence fouvent longtems avant que ce Météore pa-roit à nos yeux, dure encore du tems après qu’il a disparu à nos regards, & s’étend même à plufieurs jours de fuite: ainfi je n’héfite pas d’attribuer l’affollement de ces 18 jours à l’action de l’A. B. 8c j’y joins ausfi celui du ai de Septembre 1774, jour qui fe trouve enclavé au milieu de fréquentes A. B. 8c d’une fuite de jours irréguliers. Il nerefte donc que 18 jours qui méritent un moment de réflexion, parce-qu’ils n’ont été, que nous lâchions jusqu’ici, ni. accompagnés, ni précédés, nifuivis, d’A. B. qui ait été obfervée j mais il fe peut très-bien que cette A. B. ait eu lieufoit pendant le jour, dont la clarté l’aura effacée, foit pendant des nuits obfcures.
- Ç.a5- Toutes les agitations irrégulières ne font pas des affollemens proprement ainfi nommés : il en efl: qui 11e font que des balan-cemens, ou un mouvement par faut, 8c qui auraient pû être rangées dans la clafle du §. 10. 8c ciaffées fous quelqu'un des mouve-mens réglés (5. a.) quoique différons, par la feule grandeur de la Variation horaire, de ce qui a lieu des jours parfaitement réguliers. On éprouve
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- Question I. Des AfftlUmcm. 43
- éprouve ici lés mêmes difficultés que dans la cîasfification des Corps : apres les objets les plus tranchans il refte toujours quelques autres qui forment les nuances entre les diverfes clas-fes, & qu’on pourvoit rapporter à l’une ausfi bien qu’à l’autre : il y a par là même de l’arbitraire : or des 18 jours dont nous avons parlé il y a en a 4 quipouvoient être rangés fous des jours réguliers : je les indiquerai» pour faireconnoitre comme il faut toutes les différences qui fe trouvent entre les diveriès agitations irrégulières.
- 18 Janv. Ce n’étoit qu’une irrégularité
- de io' entre 4 & 5h. du loir, qui fait rentrer ce jour dans la claffe du Mouvement N°- 3. ciel couvert: brouillard épais, froid violent.
- &5 Avril 1774- Petites agitations de 5,10, & 7 minutes refpeâivement pour les trois Aiguilles : mais entre 6 & 7li. faut de 8, 14 & 10' E. Ciel à moitié couvert. A la Haye mouvement régulier N°. 3. de 19'.
- 9 Août 1775. Entre huit ÜC 9h. foir Agitation de 14' 8c l'O, ce qui a rendu le mouvement N°. 3. au lieu de N°. 1.
- -9 No-
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- 44 Question!. Des Affollemens.
- 29 Nov. 1772. Très petits balancemens de 3' qui ne méritent pas d’atten-
- En faifant abftra&ion de ces jours, comme on le doit, je crois, en bonne critique, il n’en reliera que quatorze auxquels il y a eu des agitations réelles, irrégulières, fans qu’on ait vû d’A. B. Les plus remarquables de ces jours font les 20 Janvier 1780, 29 Juin 1772, & 13 Juin 1773.
- §. 26. Voici l’état des Aiguilles le 20 Jan-
- vier ï78°-
- N°. A. N°. IV. N°. VI-(O h6 47 44 46
- 7 47 4<5 5°
- Ciel très-couvert, pluie continuelle,
- (e) A ioj h N°. IV. étoit de 5 ./plus O que N°.A, 8c de 6' plus O C]ue N°. VI. de forte que N®. VI. fur-paffoit N°. A. de 47'.
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- Question I. Des Affollemens» 45
- brouillard Vent N E. Le lendemain les Aiguilles avoient repris leurs mouvemens ordinaires 8c leur fituation. A Montmorenci les Aiguilles ont eu le même mouvement régulier que les jours précédera 8c fuivans, 8c de 6 à 7 h. le foir, il n'y a eu qu’un mouvement de 5'E: de 7 à 8 h. Zéro.
- Mon Frere m’a marqué dans le tems que fon Aiguille avoit cté fort agitée le même jour* mais qu’une abfence l’avoit empeché de l’ob-ferver avec foin: elle étoit à 5;- 8c à 6h. du foir à 14'. à 9jh. à o. à nh. à <19. On voit que les Phénomènes font les mêmes qué s’il y eut eu A. B, 8c qu’ils ne font pas purement locals.
- §.17. Le 49 Juin 177a. Le mouvenieni avoit été régulier le matin, 8cjusqu’à6h.dtf foir. Ciel couvert, chargé à l’horifon de nuages qui pouvoicnt faire foupçonner de l’orage , furtout l’Air étant fort chaud: l’Aiguille a indiqué.
- à 6 K. foir ---- 30
- 7 h. 30' ---- 14
- 8 - 15
- 8 h. 15' •- 15
- 8 h. 30' - o
- 8 h. 45' — 5
- 9 h- ----- 5
- Voila
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- 4$ Ou* st i e n I. Des AffolUmtns.
- Voila donc un mouvement de 3®' mais qui n’eft que peu irrégulier. La conftitution de l’Atmofphcre, qui pourroit être regardée comme orageufe, m’a engagé a placer ici cette Obfervation que M. chaudoir a faite avec loin.
- %. a8. Le 13 Juin 1773, l’Aiguille avoit €té régulière le matin, Ciel ferein, & elle le fut jusqu’à midi, mais l’agitation commença à Une heure, & fut comme on va le voir.'
- Tl h 19 3 h 19
- ih . 6 3ih 34
- *lih 12 3ih 11
- ah la 3Ü h 54 «ih 6 4 h 54
- ftih o 4; h 54
- 4?h 54 4îh 5»
- 5 b 51
- 5^ h 54 Variation tota-
- 6 h 36 le 54'.
- 7h 33
- 9 h a8 10 h a8
- Souvent on n’a pas vû de plus grandes agitations pendant la préfence d’Aurores Boréales , même pompeufes.
- $. 19. J e crois qu’on peut conclure de cé que nous venons de dire, qu’il y a une très-grande liaifon entre les agitations irrégulières de l’Aiguille aimantée & l’A. B. Nous pré-fenterons
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- Question I. Des A'follement. 47
- (enterons ci-deflous encore quelques confidéra-tions qui fortifieront celles que nous avons déjà faites.
- $.30. On a vu dans les èxemples que nous avons donnés, que les Variations obfervées font fort inégales pour la même Aiguille, en diffé-rens tems, & pour différentes Aiguilles dans le même tems. La Table qui fe trouve à la fin de ce Mémoire efl pour l’Aiguille N°. A : il eut été inutile d’en drefîer une pour chaque Aiguille: mais il efl: arrivé deux fois que les Aiguilles N°. IV ou N°. VI. ont été affollées, ou mues irrégulièrement, pendant que l’Aiguille A ne l’étoit pas s je vais indiquer ici ces deux jours.
- Le io. Janvier 1776. N°. IV. a été irrégulièrement agitée par une A. B. qui n’a pas agi fur l’Aiguille A, laquelle a été Stationaire le foir, 8c n’a parcouru que 4' tout le jour. Le N*. IV. a varié entre 9* h 8c 9’ h. foir de 1 i'O -, entre 9} h 8c îoh. de i'E: entre 10 h 8c io|h. de io'£ : dans le même tems l’Aiguille N°. VI avarié de8'0, a'E,8c 9E: voila tout. A la Haye le mouvement de l’Aiguille a été fort petit, 8c nul à Sparendam.
- Leu Février 1775. L’Aiguille A a varié le foir de 1 ou 3'. N°. IV. de 6 8c fon
- mou-
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- 4.8 Q u e s t 10 n I; B es Affoïïemens.
- mouvement a été N°. 3, N°.VI. de 11' 8c foià mouvement a ausu été N°. 3. A la Haye 8c à Sparendiun pas de mouvement. On voit que ces différences font trop petites pour nous arrêter.
- $.31. Lf. mouvement irrégulier des Aiguilles étant inégalement grand en différons jours, j’ai dreffé une Table de la grandeur des différentes agitations j & .j’ai trouvé qu’ilyeti a eu pour l’Aiguille A
- entre o 8c 20' Périhélie 44 Aphélie 19 total 63
- ao 2c 30 -------— 29 ---- 18----- 47
- 30 8c 40---------- 13 --- 18 — 3t
- 40 & 50-----------8 ----- 5—13
- 50 8c 60----------4 --- 3 — 7
- 60 8c 90 —£— 3 —1 — 4
- 123 -----—. o -—— 1 ------ i
- ioi 65 166
- On voit par cercfumé, i°. que les agitations les plus grandes font les plus rares, 8c les plus petites les plus nombreufes: mais, 2°. que celles d’entre 40' 8c 90' font plus fréquentes autour du Périhélie, dans la raifon de 15 à 9. il en ferait de même pour celles entre 30 8c 40', fans les agitations fréquentes du mois de Septembre 1744. Tout concourt donc à indiquer
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- Question L Des A follement. 49
- tfrie eorrefpondance Intime entre les agitations irrégulières de l’Aiguille & les A. B. Je fais bien, qu’il eftdcs A- B. qui n’influent pas, ou que très-peu fur l’Aiguille: on en a déjà vû des exemples : on en verra encore d’autres ci-après (§. 131.): ausfi je ne prétends pas qu’il n’y a pas d’A. B. fans agitations irrégulières de. l’Aiguille: mais je dis, qu’il en eftpeu de ces agitations fans A. B: qu’elles leur font vraifem-blablerhent dues, fi non toutes, au moins celles qui font un peu confidérables.
- J. 31. Pa s s 0 n s aux agitations irrégulière# qui ont lieu le matin feulement: elles font en très-petit nombre.
- Le 14 Mars 1771. Nous avons vû qu’il y a eu le 13 une belle A. B. qui a fortement af-, feété l’Aiguille. Le matin du 14 la Déclinai-fon fut plus grande que les jours précédens, & voici lé mouvement qui eût lieu: je continue les obfervations du 5. 14.
- A 8hm, aa': à 9I1. ao': ioh. i<5': ïih. 18k. enfuite pendant que j’obfet'vois, füccesfive-ment, 18, aa, 17, 3a, 37, & à nh?* point auquel l’Aiguille relia ftationaire jusqu’à 3 h. : fon mouvement fe fit le foir régulièrement vers l’E 6c elle parvint à — 1. Le jour fuivant tout fut rétabli: le Ciel étoit parfaite--D mené/
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- tgo Qu* s T ION I. Des Jfollmens.
- ment Terein, 8c quoique l’Aiguille fut fort tranquille le foir, il y eut une A. B. qui fut obfcrvéc à Spurendam 8c à Petersbourg, mais dont je ne me fuis pas appercu ici, apparam-jnent parce qu’elle n’a commencé qu’àprès dix heures du foir. Je n’héfite pas à attribuer cette agitation de ai' à l’effet de ce météore qui avoir paru la veille avec éclat, 8c qui peut avoir agi pendant le jour plus forcement que le foir, quoique la lumière diurne l’ait dérobé à nos regards.
- L e aa Juin 177a, à la fuite du grand affol-lement du ai, accompagné d’A. B: j’en parlerai ci - après (§.45.).
- §. 33. Le 29 Juin 1773, Ciel couvert, M. MEESE obferva l’agitation fuivante.
- 7h —13 ÿîh — 4 nh —o 8—13 9f-h — a iah —3 9 h— 8 loh — a ih—14 ah—.aa
- Enfuite régulier. Il y a donc eu le matin une Variation de 13 E, qui, quoique régulière en elle-même, 8c appartenant au mouvement N°. a, eft remarqiwble par fa grandeur, 8c par ce qu’elle a durée jusqu’à 11 h. Le foir, foupçond’A. B.
- Le
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- Question I. Des jlffollcmetis. 51
- Le 19 Juillet 1773, agitation irrégulière, à la fuite de l’affollement des 18 & 17 produit par la magnifique A. B. du 17: j’en parlerai §. 48.
- §. 34. Le a4 Mars 1774. Ciel très-ferein mais fort pale, ainfi que le lendemain, ce qui cft fouvent un indice d’A. B. Il y en a ea les ai 6c a6. l’Aiguille indiquoit
- 7hm— o 9I1 — i§ 11 ï h S
- 8h — o ioh—13 ia h — 5
- 8; —15 nh — 6 iai —6
- Enfuite mouvement régulier. Ce mouvement eft remarquable par fa grandeur, quoiqu’il pût être réduit à N®, a. l’Aiguille à 1 h de 4' plus à l’E qu’à 7 b.
- Seconde clafle. A Sparendam.
- Leoo Septembre 1774. La veille il y eut, une belle A. B, qui agita l’Aiguille de a8'. Le matin du ao il y eut encore une irrégularité en ce que l’Aiguille parcourut de 7 à 8 h. i3'0} de 8 à 8l h 6c à ph 3'E. Le foir il y eut, Ciel couvert, un affollement confidéra-t)le, de 48'jusqu’à 10I1 foir. L’Aiguille ob-’ervée à Sparendam toutes les heures, n’a eu qu’un mouvement d’une minute.
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- 54 Question I. Bcs Jffoïïtmens.
- §. 35. Le iî Juillet 1780, Ciel couvert, pluie. 11 y eut le mutin un mouvement aflex conliJérable dans l’Aiguille, quoique réductible à N°, 4, ae Ciafle.
- A.
- (/) 6h 8
- 7 ®
- 8 40
- 9 H
- 10 14
- N°. IV. N°. VI.
- • 8 6
- o o
- a8 45
- 40 17
- 40 17
- Enftiite régulier. A Sparendam, l’Aiguille a etc Statiortaire du matin au midi, mais elle n’a été obfervée que deux fois: du 11 au 14, le changement de déclirtaifon y a été de 13O: à Francker il a été de 4, de 7', 8c de 6'. A la Haye l’Aiguille a eu le mouvement N°. 4. s’étant approchée le matin jusqu’à nh. de 5E: Sc le maximum n’ayant eu lieu qu’à 6h. du foir.
- A Montmorenci l’Aiguille a été Stationaire, à 40°, comme depuis le 6 de ce mois : mais elle a varié entre 8 8c 9hm. de 4'E: de 9h à loh, 4'E: de ioh à nh. 3'O: de il à 14b. 4'0: 8c revenue à 40°.
- §. 36. Sbe-
- CZ) A 7 h le N®. IV. étoit de 43' plus O que N°. A > k de 6' feulement qu« le N°. VI.
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- Question I. Des AJfollemens. 53
- §.36. Septembre 3, 1781. Ciel légèrement couvert : aucun indice de Tonnerre ni d’Orage. Je n’ai pas vû d’A. B. ni les jours précédens, ni les fuivans. Voici quel étoit l’état de l’Aiguille,
- A. N°.IV. N9. VI.
- (g) iofoir: 11 h 8
- iiîçmat.ôh 30 7h 25
- Après % h, le mouvement eft devenu régu-
- (f) A 10 h, N°. IV. étoit de 49' plus O que N°. A, 8c de i' que le N°. VI.
- D 3
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- 54 Question I. Des Affofiemetis.
- lierj cette agitation de go, 30, & 18' eft confidévable. Du refte les Aiguilles, fur tous les N". IV & Vlj ont eu une marche biun parallèle.
- A S pa rendant il s’eft fait la nuit du 4 au $ Une variation de iaO: ici de aa, 14', & 15'O: mais le 3, l’Aiguille n’a parcouru à Sparendam qu’une minute, quoique pbfervées fois par jour.
- L’Aiguille a cté affollce à la Haye ayant par» couru 18' irrégulièrement.
- §.37. Voila toutes les Obfervations de ce genre : ellçs montent à 8 fur 3974 jours d’Ob-fer varions, & ne font qu’un 500e du total. De ces 8 jours il y en a 3 auxquels le Phénomène a eu lieu à la fuite d’A. B. la veille, ou d’affol-lement de la veille caufé par A • B : un avec foup-con d’A. B: des 4 autres il y en a un auquel je me doutois de quelqu’A. B: enfin ces agitations font tout comme lorsque ce météore agit : ainfi il y a 4 ou 4 de probabilité mathématique pour l’influence de l’A. B, & une très-grande apparence que tous ces Phénojhç* fies lui font dus.
- §. 38. Les irrégularités qui arrivent au milieu
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- QuestionI. Des Affollmens. 53
- lieu du jour ne font pas beaucoup plus nom-breufes. Voici mes obfervations.
- Le 10 Août 17711 l’Aiguille marquoit
- à6h,7h, Sc 8h — 61 à ith — 15 à 9-h ai.. iajh — 25
- 10 h — 15 ta* h — 30
- nh — o ih — 15,
- Elle refta Stàtionaire à 15' tout le refte du jour: voila donc un balancement confidcrable & irrégulier entre 11 h & 1 h. Ciel à moitié couvert, 8c rien au moment qui indiquât de l’Orage. Cette obfervation eft de M. de lille. A. B. à Petersbourg les. 8, 11, 8c ia de ce mois.
- Le 10 Juin 17735 le mouvement a été fort remarquable le matin. Ciel couvert, le fofr entièrement , 8c légèrement le matin.
- 7h — 15 io£h. — ao 8 h — 15 uh. — 85, 9I1 — ao îih-icr— 85 ioh — o 20 — 72 30 — 65
- nh.40' — 60 lah — 60 ih — 57 — 57
- Paffé une heure 8c demie le mouvement a cté fort régulier. Du 10 au 11 ils’eft fait le matin à 7h. une variation de 13'0: 8c à Spa-rendam de 3'JE, feulement.
- D*
- §•39- Le
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-
-
-
- £5 Question!. Des JfoJlemens.
- §. 39. Lf, 15 Juillet 1774. Le mouvement étoit régulier jusqu’à midi : mais entre midi & ah. il s’eft fait une variation irrégulière. Ciel couvert :
- àish — 9 12I1.38'—15
- 0
- 40'-15
- 13
- 48'-la
- i*h. 53'—23 s;h — 23' 55—22 zh — 23 ih —27 4h~ 33-
- 6' — 28
- 10 — 25 Enfuite
- 35—=5 B'ilicr-$Il —25
- Du 15 au 16 il s’eft fait à 6h. du matin une Variation de 22'O 8c la déclinaifon eft con-ftamment reliée plus grande les jours fuivans.
- A Sparendam Variation de 5' pour ce jour là.
- Le 13 l’Aiguille avoit été affollée tout le jour, avec foupçon d’A. B- Le 14 A. B. à Marfeillc.
- Le 28 Septembre 1774. Ciel couvert} le mouvement étoit régulier le matin, mais,
- ih,
- 2h, 3h, — 23 .4I1 — 7
- 4I o ,4f — 3
- 5h- 6 51 7 Enfuite régulier.
- Les 27 8c 30 Aurore boréale à Petersbourg ;
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- Q u e s T i o N I. Des Affolkmm. ; 57
- le 30 Lumière Zodiacale à Montmorenci s à Sparendam mouvement très-régulier de 6'.
- Le 15 Novembre 1774. Ciel couvert: il y a eu çntïe 1,2 h 8c 1 h. une petite oscillation de 5' qui ne mej.-itç pas d’attention. Le 13
- A. B. à Petersbourg. '
- §. 49. Le 29 Août 1775. Variations de 11 & 8 0 très-réguliercs le matin: entre 2 8c 3 h. Variations Ë de 13' 8c 15', de 3 à 4 h. de 8' 8c 9' O enfui te régulière. Les 24, 0.5, 27 A,
- B. à Petei>bourg.
- Le ai Novembre 1775. il y a eu dç .11 h à 2 h un petit balancement de 1 x' pour le N". A, de 8’pour le N°. IV. Ciel couvert: l’Aiguille régulière à la Haye : pas, affectée à Sparendam. Le 23 A. B., avec affollement tout le joui-.
- Le 30 Mars 1780. Les Aiguilles n’ont éprouvé qu’un balancement de 5’, entre 3 h 8c 4'en fens contraire du mouvement régulier, qui fans cela a été leN°i4: du relie, nonobftant l’A.B. du foir, les Aiguilles n’ont pas eu d’autre mouvement irrégulier le foir, 8c n’ont parcouru tout le jour que 19', 13' 8c 14 minutes. A la Haye mouvement très-régulier de 6'. A Montmorenci l’Aiguille Stationaire à cette heure-là, D .5 mais
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- 58 Question I. Ses dffillmens.
- mais elle avoit parcouru 16 O entre 4I1 & 7h.’ du matin.
- L e 19 Mai 1780. Soupçon d’A. B. le foir: le mouvement a été le matin N°. 2, mais plus grand que d’ordinaire, favoir
- A. N°. IV. N°.VI. à 6h — 7 —- 10 —. 10
- 7h — 3 — 6 — , 5
- 8h — 13 — 17 •—• '17
- 9h — 3 — 8 — 7
- jo — o — o — a
- Pafle après loh l’Aiguille a eu fon mouvement régulier le foir N°. 3: ainfi N°. 4. pour le jour. l’Aiguille a été Stationaire à Mont-morcnci. A la Haye il n’y a pas eu d’irrégularité : mais de i à ah, Variation de 14'O tandis que la V ariation diurne totale n’a été que 16 O.
- §. 41. Le 28 Juin 1781. Ciel couvert. Le matin l’Aiguille a été parfaitement régulière jusqu’à 10 h. mais de 9 à ioh. un faut de 12', ia', Scp'bueft.
- A.
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- Question T. Des JffoUmens. 59 A. N°.IV. N°.VI.
- ioh — 13 11—9
- izj — 6 6 —• 4
- 1 — 13 15 — 1*
- L’Aiguille a été à - peu -près Stationaire à Montmorençi. A la Haye mouvement très-régulier de 11'. Le refte du jour régulier.
- Le 24 Juillet. Ciel couvert.. Les Aiguilles ont été régulières le matin jusqu’à 3 h. mais entre 2 8c 3 h. le mouvement fut de 10, 7, 9'E. Enfuite,
- A. N°.IV. N°. VI. à 3h o o o
- 4h 15 10 10
- 41 ao 10 15
- 5 h 10 7 8
- Après cela mouvement régulier-
- Depuis midi l’Aiguille a été Stationaire à Montmorençi.
- Le 16 Oétobre. Ciel couvert: un petit balancement de 3', 13', 8'E. entre a 8c 3 h. l’Aiguille a parcouru ce jour à la Haye 35' 8c il.y a eu de l’irrégularité entre 6, 7 8c 8h. Variation d« à 7h. 24'E. de 7 à 8. 33'O.
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- do Question I. Des Affollemens.
- en fuite régulièrement 8c graduellement n'E, rien de pareil ici : les mouvemens ont été do 6, 16' &c io'. Le 15 A. B. a la Haye & ici} le 16 foupçon d’A- B. à la Haye.
- §.42. Vo 1 l a douze Obfervations fur 3974 ou à peu près la 330e partie de tous les jours. De ces ia il y en a trois trop petites pour nous arrêter. Un d’A. B, a de foupçon d’A. B5 & 3 fois A. B. la veille ou le lendemain: & une fois l’irrégularité a eu lieu à la fuite de l'affol-lcment do l’avant veille. Au refte on voit que ces irrégularités qui arrivent le milieu du jour ne font pas fi grandes que les affollemens du foir: & l’on peut obferver ausfi que parmi ces douze jours il n’y en a eu aucun d’Orage ni de. Tonnerre.
- §. 43. Passons aux affollemens qui ont eu lieu tout le jour. On voit ces jours, au nombre de 50 dans la Table générale} ce qui fait fur 3974 jours d'obfervations à peu-près la 8d-' partie du tems. De ces 50 jours il y en a 89 d’A. B- décidée: a defoupçons très-legiti-mes & qui ne différent pas dç la certitude, foit par 1 attention que j’ai donnée à ce Phénomène , foit par ce que mon frere a eu les mêmes foupçons à Ja Haye. Il y a 8 jours qu’il y a eu A. B.
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- Question!. Des jffolUvuns. 61
- A. B. la veille, & auxquels l’affollement n’a été que la continuation de celui qui avoit eu' lieu cette veille} ce qui fait 39 jours ou près des fex-feptièmes du total auxquels cette fimul-tanéité d’effet n’eft pas douteufe. Des onze jours reftans il en efl trois auxquels il y a eu A. B. le lendemain, co qui indique encore quelque liaifon avec le Phénomène, 6c deux auxquels l’agitattion a été fort petite: fa voir, le 27 Oétobre 1777, qu’il y a eu des oscillations d’heure en heure, mais dont les plus grandes n’ont été que de 9, 6, & 5' refpeétivemenü pour les trois Aiguilles -, 6c le a 8 Décembre de la même année, que les plus grandes n’ont été
- que 12, 14, 6c 9. ----------- 11 n’y a donc pas
- de doute que toutes les grandes agitations ne foyent dues à des À. B , ou du moins ne foyent accompagnées de l’apparition de ce Phénomène.
- Au r es t e la plupart de ces agitations font très - confidérables. Il y en a eu pour l’Aiguille N°. A}
- 17 entre 9 & ao' 3 entre 6a 6c 90
- 11 ---- ao 6c 30' 3 --- 120 6c 150
- 6 ----- 30 6c 40' 1 de 240’
- 6 ----- 40 — 50
- 3 ----- 50 — éa
- Pour
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- 6a Question I. Des Affulletnens.
- Pour les autres Aiguilles N°. IV & N°. VI, les différences n’ont cté remarquables que pour le 29 de Juillet 1780, qui elt ici pour le N°. A dans la claffe de 20' & qui feroit pour les autres dans la claffe de 60.
- DoNNONsa préfent quelques exemples des plus remarquables, & qui renferment à-peu* près toutes les Variations posfibles.
- 5.44. Le 12 Mai 1771, Ciel couvert, il y eut le foir une A. B. entre les nuages, mais foible & tranquille. Le 10 & 11 de Mai la déclinaifon avoit déjà beaucoup diminuée : ’ mais le mouvement fut régulier. Après le 14 la déclinaifon augmenta, mais ne revint pas au point où elle étoit avant le 10. Le 12 matin mouvement très - régulier jusqu’à midi : mais enfuite il devint irrégulier, & cet affollement, qui dura peut-être toute la nuit, fut prodigieux le lendemain tout le jour. Voici les Obfervatiojis.
- Le XII.
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- Le XII. Le XIII.-
- h i a — ' 75 dh — 45 s>h. se — 9? ioh.23' —» ud 5 h *4
- lai 73 7 43 55 91 33 112 7h 83
- 3 77 8 34 5<S 100 34 114 7t 62
- 4 75 s:- 102 57 ni 38 IIO 8 h. 52' 71
- 5 ' 78 9 95 58 "5 41 105 ioh.15' 60
- 6 79 loh. 1 107 58 i°7 A nh. A. B.
- 7 79 0 4 *’5 ..h, s 105 Var. noft.5'0.
- 8 79 ? 5 120 33 103 Le 14 mou-
- 9 61 T 0 <5 116 45 93 vement ré-
- IO 75 1 IO 8 108 84 gulier.
- lOi 92 3^' >9 IO 109 i rah.i5 93
- II 90 34 3* ni ih. 9»
- -40 35 16 107 2 93
- Vari. >7 48 45 18 109 3 91
- Üï) Varia nuit 45'E. 21 ,07 4. 24' 9'
- fenfible à Sparendam en prenant une
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- 64 Question I. DesAffollmm.
- Voila dohc une agitâtion de 120' qui a eu lieu en moins d’une heure de tems, qui a été quelquefois de 68' 8c 9g' en peu de momens , 8c fur laquelle il n’étoit pas posfible que nous nous trompions M. de lille & moi qui obfervions enfcmble. Il y avoir de gros Nuages dans l’Air, point de Vent, comme il arrive quelquefois quand il doit faiie de l’Orage : il n’y en eut cependant pas : nous en» parlerons plus amplement ci-deflous.
- §.45. Second Exemple. Le 21 de Juin 1771 l’Aiguille eut, le matin, un mouvement a fiez petit, mais irrégulier, en ce qu’elle s’approcha un peu du Nord entre n h 8c midi. Vers une heure de gros nuages me-naçoient d’orage, 8c il tonna ailleurs : ce' qui me porta à examiner l’Aiguille. J’y trouvai un grand changement : elle fut affollée le relie du jour, 8c le foir il y parut une des plus belles 8c des plus éclatantes A. B. qu’on puifle voir. J’obfervai l’Aiguille continuellement.
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-
-
- Question I. T>es AffolleMM. '&§
- Il h.. at . 8 h. a' 10 il h. 18 Es
- J 60 5 ao 35 te
- ih. 30' 50 9 14 4» <5
- a '55 18 15 43 59
- ah,. 30' jù - 14 15 4# *5
- 3 : 50 35 ' 14. : 58 <54
- 4 h. 80 40 : ao
- a° 80 47 14 la h. 4 60
- 45 80 5* 18 50’
- a6 48
- eh. 30 69 9 h. ,o- ai 30 4*
- 7 V 30 ai ,V«r — 13e'.
- 1 b' 0
- ào 19 ioh. (S ao
- a 8 •75 30 ao
- a3 69 56 56
- 31 70 70
- 35 63 75 -
- 3^ 35 80
- 38 ii
- 40 ao 11*. 1' 110
- 48 10. 114
- 5« 44 115
- 52- 5? iae
- 53 65 , «15
- 54 70 130
- 56 6 3
- 57 36 8’ 80
- 58 15 *3 80
- 59 11 18 8e
- f*Uï III. E y«ib
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-
-
- mi •^îtÈ'S’tWnI. Des J follement.
- ÿoila dont une Variation de 13Ô' ;& qui a été quelquefois de 50'.§c au de-là en un moment: oç.,voif ausfi qu’il y;a eu:par-ci par-là, desre-pps dans l’agitatioq.de l’Aiguille : comme de 8h à iohjde 11 h. 8' à.11 h, 41* iah- r8'. à iah. 30'. l’A. B. a été vifible à dix heures & demie, & à onze heures elle étoit dans toute fa "forçç. Le lendemain l'Aiguille a eu un mouvement aflez grand, mais irrégulier le matin, en ce que dé 6h. à 11 l’Aiguille a parcouru 25Ë. & que le maximum a eu lieu à 6h. du matin: depuis jjh. matin le mouvement a été régulier. La variation totale a été de 29' & vers l’E, le minimum ayant eu lieu à xo h. du foir. Cette A. B. a fait décroître la déclinai-fon fenfiblement & pour longtems : il ne s’eft pas fait de changement à Sparenda,qi.
- 5. 46. Troisième Exemple. Ces agitations irrégulières ont quelquefois eu heu plu-fieurs jours de fuite : voici celles que M. CHAUDoiR a vue* les 8, 9, & 10 de Juillet 1772, le Ciel étant totalement couvert, le 8 vent N O, N, NO foible : le 9 à moitié couvert , vent N ; O foible : le 10 à moitié couvert, vent O N O, le loir N, très - foible, chaleur très - médiocre, aucun ligne d’orage: la veille du S le mouvement;,.de l’Aiguille aflez grand.
- Levill.
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-
-
- Question I. Dus 4ffollenms. &i
- Le ,yiil. >•
- il*. J<5. pi*. JJ lih. 5« 5h. 74
- 16 j II' 19 *3 5<S 6 h. 19
- 25' ’ 9. >5 :24 - »6 5 <? ,7 h- 74
- 40 9 3617 40 56 7 h. 20 '74
- 48 *9-.: ' ! 8 h. 56
- •' igk jçi',18 -Il J)- 5$ 8ih. 54
- h. 10 >5 24 3°' 5«. , —
- 10' *0 17 19 • 9,h. 44
- *5 4 30-34 J h. 5<5 9 *0' 37
- 20 4 46 39 2 63 3° 37
- 30 14 " 47. 57 3 64 - , —
- 31 19 ï° 59 45, 54 joh. 37
- 35 24 54^ 43 4? 86 î°' 37
- 37 lî — Var.tot.89'.
- 40 14 4 h.. 84
- 4J 22 5 89
- 43 14 8 7 9
- —- 10 $9
- ** 74
- 30 74
- E s
- Le IX*
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-
-
-
- OO VS Question t. j3« -Jffbllitoeiiï.
- On en 4> V- W P M tJ ii CI VO 00 N
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-
-
- Q ues t ro h 1. j'Ses Jfftllmtns. 69
- Voilà certainement de-.prodigletifesVacations (t). La nuit du io au 11 U le fit un . • . • çha.U*
- (1 ) On trouve quelque peu d'obier vàtidhs'iémblables faites par d'autres Phyliciens. M.wakgeutin a obr fervé à Stokholm, le 30 Avril 175O., v. .fl; ou le 1 Mai n. ft, jour de pluie continuelle, que l'Aiguille étoit agitée tour îe jôüï; parcourant'2 degrés! ife cjui‘Aura 'jusqu’au midi du lendemain ( PJul. Xrtmf.’Vo\\ XL VU. 'p. 130.). Je n’héfite pas. à attribuer ces fortes.'d'agitation i l'A. B, & je trouve en effet quç M. krakvt en a obfervée une à Tubingue le même jour {tdovi Com.Pttr. T. V. p. 403). Ces agitations irrégulières qui fe font de jour, me paroiiTent donc "provenir dé'ce qùe l’A. B. agit alofs avec plus de force t quoiqu'elle- fois invifible.à nos yeux. M. wa r g.e n t 1 y n'a pas héfité'à conclure de ces agitations l'eulos que l'A. B. exiftc ibuvent. dans l'Air de jour, quoique la lumière du foleil la dérobe alors à nos regards ( Mémoire de sùitk 17 S3- T. XIV. >. 176). Mais il y a des obfervations plus précifes fur ce fujet: M. mak ti n a vu de jour, à Sfiuberg, 8c non ebilant la lumière du foleil. des' Phénomènes exactement femblables à ceux de l'A. B, des rayons, des jets, des vapeurs comme un fegment obfcur &c. (Mêm. de Suède T. XX. p, 299). -Le P. bell a vu des Phénomènes femblables à Jt'ard/mif.. voici ce; qu'on en trouve dans les Actct LitfimÇia pour-1770 p.-8i. Die'3?. junii. 1769 h 7. m. ,, itetiem fptt qumilam fuloere cepit [erenïuuis; vtrum ,, rarescennbus n.bbus. iuftrionbui , traitas auburn ahiorum ,, Lngisfimi, altiijimi, uttjtie bine mont rehei (liscmentes , ,, iuci borcali interdiu, .pro motC'apparenti, ftm.Uitpi
- • , &c.----Cirça horam mtduim.djodtatmrn, disfîpatis his,
- », luci boreali fimilljmis, nubibus, foi jvmior illuxir." ©n peut qiême, à force dkxcercice & de l'oins».s'ac-
- E 3 **,V
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-
- yô Qt/ j: STtoK T. Des ‘jfffollemeni',
- changement de- 34*0, mais ce même jour U déclinaifon décrut beaucoup , & depuis huit heures du matin le mouvement fut régulier* Après ce 'Phénomène' la déclinaifon éft réftée plus petite qu’elle n’étoit auparavant. Il ne s’eft pas fait de changement à Sparendam.
- §. 47. Qu at ri üm e Exemple. Le 47 Oéfcobre 1774, Ciel couvert, très-forte pluie, l’Aiguille eut le matin un mouvement régulier-, mais dès 4-h. du foir elle éprouva un af-follement prodigieux qui monta à i°. 46', donc b déclinaifon diminua: la nuit elle augmenta de 63'. Le 48, Ciel couvert, pluie, Brouillard ; l’affollement continua toute la journée, mais l’Aiguille ne parcourut que a8': il continua encore, mais ne fut que de aa', toute la ______________________________________________joui’-
- coutumer à discerner, dans ces climats, par U pâleur du Ciel, d’ailleurs ferein, par quelque mouvement ou agitation qu’on y apperçoit, s’il y a quelque A. B. de jour, & fi on en verra le foir. Feu M. stxuik, célèbre Aftronome, étoit extrêmement habile dans ce •genre: & je trouve dans le journal MIT. des Obferva-tions de feu M. bngeiman à la date du iâ Mars 1776, cette note de fa main: entre .3 8e 4 h: ,,A.B. de „jour, à ce qu’il me femble.” L’Aiguille étoit néanmoins fort tranquille à Sparendam: 8c les.miennes l’é-toient également à Franeker. Au refie les réflexions faites dans la note b du §. 15. font également applicables ici pour les cas auxquels il y a des agitations ir.4; gulières de jour fans qu’on voye 4’A. B. le foir.
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- Question I. Dts ytffellemens. 71 •
- journée du 30. Le lendemain tout ctoit remis en réglé, mouvement régulier & petit. Je ne favois à quoi attribuer une pareille agitation, mais j’ai appris depuis qu’on a obfervé une belle A. B. à Petersbourg, à Montmorenci, à Marfeille, à Pado.ue, & à Ancône en Italie. J’omets les détails pour abréger , mais la caufe de cet affollement ne fauroit être douteufe : le 30 il y eut ici une A. B. mais qui n’influa pas fur l’Aiguille. Le'a<5 le P. coïte en a obfer-vée une à Montmorenci, dont l’Aiguille s’efl: fende, mais ici le mouvement étoit fort petit
- 6 le Ciel couvert (k).
- §.48. CiNQoiime Exemple. Le 17 Juillet 1773 M. meese obferva une très-belle A. B, qui affolla prodigieufement l’Aiguille: Cet affollement dura encore le 18 & 19. Voici l’obfervation -, Le 17.
- ( k ) Cette Obfervatîon prouve manifeftement que celle du S. précédent, & d’autres de ce genre, appartiennent à la même caufe, à l’A. B. M. waxg en rm a égile-ment obfervé des agitations par A. B. qui duraient deux eu trois jours de fuite: p. ex. en Avril 1750 du" x, jusqu'au foir du 4. Le i, (v. ft.) à 11 h. 3' de nuit jus- , qu’à 43, à 4 h. 49’ l’Aiguille parcourut $ degrés, fans compter ce qui peut avoir eu lieu la nuit depuis 1 h. à
- 7 h. du matin. Le 4, à 7 h: du foir tout ctoit rétabli. PB. Tranf. Vol. XLVII. p. 129. & Mém. de Suède pour 1750, Tome XII. p. 60.
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- ?» Question I.' Les JfolleMtm1
- iliis
- VD'O ceOve/r* W'.'P’h- ' rô*
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- p s Jggg ! 5 3 14 4 *
- « jours fui vans la de. t où elle étoit avant L
- ........................>t le 17- Cette agitation eft la plus grande qui a été vue depuis 13 ans. L’infpettion détaillée de cette obferva-fuffiroit pour en conftater la certitude, îd on ne connoitroit pas comme moi l’ex-v attitude,;
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- Question I. B es :Affollemns. 73
- t&itiide dé celui qui l’a faite 8c - qu’une mort prématurée a enlevé à la Botanique qu'il culti-voit avec fuçcès, 8c à notre Univerfité dont ilétoit un Ornement,,quoique dans un rang trop peu propo^tioné à fon grand rtiérite.
- $. 49. S> 1 i 1 à m e Exemple. Le aa Mars 1777 l’ Aiguille a été afifollée tout le jour : le foir A. B.' Les jours précédées 8c les cinq fuivans le mouvement de l’Aiguille a été fort; régulier.
- (I) 1 Franekér- J La Haye 1 A tsf® 1V; N° VI | N® ifl
- 6h-\ ik 9 74 - , 61 > .53 61 J 79 68 j8 74.'. 61 53 77 66 S7 3î 37 4P 39
- 3 .5*. 86' -\i' 63 87 : - 74 68 86 71 67 86" 70 67 88 .74 69 83 70 64 77 ' 60 '• ?? 43 43 39
- 9 3°; 75 • Q- 6“' 81 71 62 80 70 47 »
- ' (i) A ioh. 37' lè N°. IV. ëtoit de 43' plus a i'® que le N°. A, lu de 9' plus que le N®. VI.
- £5
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- 74 QtrEStfïoN'I. Dts Affoïïmm',
- A Sparendam mouvement régulier, de 3 minutes feulement. Le 13 très-régulier de 10 minutes.
- A Montmôrenci mouvement très-régulier, matin 190. 3®'
- midi ------ 45'
- foir —r- 30
- Variât— 15'
- Voila donc encore une agitation très-ré-marquable : a peu près égale pour les trois Aiguilles quant à la grandeur, mais très-différente à différentes époques : p. ex. de 8 a çh. foir : de 11 h. 10' à 11 h. vi. Quelle différence entre Franekcr & la Haye à ioh, roh. 8', ioïw' 15' tant pour la grandeur de la déclinaifon (quelle
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- Question I. Des AffalUmm, 75
- (quelle qu'en ait.pû être la différence à loh. v/y que pour les mouvemens.
- §. 50. Septième Exemple. Le 3 Décembre 1777 il y a eu .une très-belle A. B. ob-feïvée dans toute l’Europe : m e s s i e r a
- donné le. .détail de fes Obfervations, dans lequel il a inféré celles que j'avois préfentées i l’Académie 'de Paris ; mais en omettant celle qui concernoit l’Aiguille. Pour abréger, je me contenterai de dire i°, que mes trois Aiguilles ont parcouru, très-irrégulièrement par faut, le N°. A. 6a, le N°. IV. 56', le N°. VI. 58 : & le N°. 3. à h Haye, 46b a°. que les Aiguilles fe font mues très-différemment çq différens momens: par: exemple: à7h. le N°. A. 62, N°. IV., 39, N°- VI. 58: quoiqu’elles indiquaffent à 4I1, 3, o, 6c 1. 30. Que leur Variation noétume a été de 3-2, 23, 6ç 35'E: 40. que le lendemain 4, les Aiguilles ont été affollées tout le jour parcourant a6, 33, 6c 25', 6c quelquefois 15, 2a, 6c 12, en une heure, Ciel couvert. Le 5 il n’y a eu que de petites irrégularités, Ciel couvert: le 6 agitation irrégulière de 25, 35, 6c 33 minutes i le foir A. B. Voila donc dérechef les agitations du 4 &C du 5, qui font la fuite de celle du 3 par A. B, & le commencement de celle du fix par A. B.
- A
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- 76 Question'!. Des AffolUmns.
- A Sparendam les' chofes ont été fort différentes. Le premier grand mouVement de 45' quoique régulier : ici rien de pareil : du 1 au % la déclinaifon a augmentée dé 24 & a pérfiftée dans cette augmentation : le a mouvement régulier de 9': les 3,4, 5, 65 mouvemens très-petits de 3', 6', 4' & 5'5 & réguliers.
- A Montmorenci la Déclinaifon étoit.
- Le 3, mat. 190. 5' midi 190. 48' foir 190. o 4---------------45 — — 25 — o
- 6--------o •—- -— '20 — i8°.58.
- Ainfl l’Aiguille s’eft affez fortement fentie du Phénomène.
- Enfin M. schulze a obfervé à Berlin que l’Aiguille a varié pendant fa durée.
- §. 51. HuiTiàME Exemple. Le 11 de Février, Ciel couvert ici : les Aiguilles vacilleront toute la journée, N°. A. de 14', N°. IV. de 15.', N°. VI. de 13' & par fois de cette quantité en une heure. Le 14} il y eut le foir une très-petite agitation accompagnée d’A. B. & le 13, entre fix & fept heures du foir, une variation de 14', 11', 3'E: entre 7 & 7^ de l5'i *5' & i2'0: de 7/ à 8h. de 12', 12', & 9'E : Ciel couvert, Vent afiez fort.
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- Q'iy'MVr i b-N f. DeYjtffolkmcns; fy:
- A Sparcridàm, pki d’agitation les 11, tàj 13 '• autant qU’dnèh peut juger par 3 Obfervations par jbuïv1 A la Haye , mouvement régulier dé 't;4' le 1 f, -de iT le i'2de 16' le 13: mais ¥e id iiÿ'èUduhe àgitàti'o<ïldec59 entre 7I1. du' foir 8c il fri' Ciel couverty ou de as' entre 7h & ioliî ici ii'n’y ieut lèioyGifel couvert,- entre 7 lr 8cïôh.' qu’une variation de 15'i 15V8C iÿï iüàis^rién-' atf nibhde'd’irrégulier j -fi ce n’eft qu’entre 6 8c 7 h. les Aiguilles fe font âmes vers-PO-de -i6Vi7'’8c iÿ. A Môntmo-réndrien d*îrfcgulier. Mstcr/r
- Telles font les agitations-qui ont eu lieu îci le ri 8c lé 13 de cemois, 8c dontlcs ob-fervatiotts faites à Berlin par' M. schulze, célèbre AftrOnome , que j’ai reçues par les foins obligens de M. de castillon trois ans après avoir fait les miennes, dévoilent la caùfe: ce -Savant y k obfervé de belles A. B. le 11 & le 13. il a-fàit en même tems fur les Aiguilles des •bfervatiorts qui méritent d’être placées ici; •
- ' 5. 5a. M. schulze plaça dans le Cabinet deTObfervatdire trois Aiguilles renfermées dans des boites de laiton : l’une, dé-BRANDER, très-mobile, dè 10 pouces, éprouva pendant toute la durée de l’A. B. ün tremblement fore confidérable, 8c indiqua une déclinjiifon réla-tive
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- fi. Quta cion I. Bes JffoUempti.
- tive de aj0.0- La fécondé de 8 pouces, SC 4ont le mouvement eft lourd » ne fyt pas agitée après s’être fixée p. une direction relative de 3»7 degrés. Enfin,la troifiçme, .plus fenfible que. la leconde > indiqua fans trejnjfiement; 1,7514., , Le^lep4enifin matin % dix -heures, M. .sçHyLZE tpyva -que la première Aiguille s’çtoit- mue de 4I0. vers l’Queft : la .a* de 1J d, 4J3?(dç-;a®. ÇesJ variation^ font confidéra-
- Le 13 pendant PA-B- M. sqhulze a rer peté foigneufement ces obfcrvations 1 mai$ il n’a pu parvenir à voir les Aiguilles, s’arrêter} elles ont toutes tremblé & varié pendant la durée du Phénomène. Il eut été à defirer que M. schulze eut indiqué la grandeur de cette agitation.
- Ce même {avant m’a communiqué l’obfer-vatiçn qu’un Payfan des environs de Dresde a faite del’A. B. du 13. Celui-ci a obtervé que deux Aiguilles, l’une de iapouces du Rhin, l’autre de 6 pouces, changèrent de 1 degrés de place : & il remarqua en même tems qu’une autre Aiguille de 5 pouces, placée fur la Glace qui couvroit l’une des" deux précédentes, 8ç portée fur pied de laiton doré de 8 pouçes de haut, fe tourna une couple de fois tout au tour en s’en approchait. Gefte dernière Aiguille étoic
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- Question I, Des Affolltmtris. 75
- étoit plus ou moins ifolée, expofée à l’air libre» &parconféquent fujette aux inconvéniens dont nous avons parlé ($. ai). Mais on a vû une Obfervation do M. bertholon fort analogue à celle-ci.
- Il fuit de ce que nous venons de dire, qu’il y a une prodigieufe différence entre les agitations-qui ont eu lieu à Berlim Sc àFraneker-.: elles ont été plus grandes encore .pour Mont-morencij oùl’A* B. du 11, qui y a été vue n’a'pas agité-l’Aiguille jusqu’à yh. du foir. Le lail-y-à eu entre 7-Sc Sh.une Variation de 13'O: le 13 mouvement petit.
- §.53. Le dernier exemple fera celui du 29 de Juillet 1780. Le 18 il y eut une magnifique A. B, que plufiéurs Phyficiens ont obfer-vée, même dans les pays les plus méridionaux de l’Europe. Je ne l’ai pas obfervée ici, le Ciel étant couvert ici jusqu’à 9h Sc 10h, & des raifons particulières m’ayant fait terminer ma journeç de bonne heure: mais ce Phénomène a été vû ici par diverfes perfonnes. Les Aiguilles avoient eu un. mouvement régulier depuis 8h. du matin. La feule chofe remarquable qui ait eu lieu eft, que le maximum du jour eft arrivé à 7I1. du matin, les Aiguilles ayant parcouru de 7 à 3h, 6', 9' Sc 8'E 6c s’ë-
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- 8o Question I. Des ÀffoUmtnS.
- tant enfuite l'approchées fuccesfivement de 6't 8', & 4' de l’Ouefti Cette petite, irrégulati}* té aura Sûrement été une fuite de T A. B. du 0.7-que mon frété a obfervéà'laHayè, & dont je ne me fuis pas apperçu, le Ciel étant couvert ici. La Variation moéturne du a7.au à8 fut de t3', 17' & io'X3. à Sparendam de i'O feulement. Quoique mes Aiguilles ayant été régu-iières ici le 28 jusqu’à 10 h. du Hoir, j£ ne doute pas que je n’euffe vû.upe grande .irrégularité , fi, j’eûfle pouffé me? observations plus loin; car- voici celle que mon frere a remar-» quée à la Haye : . - ,
- loh. — 58
- 11 h. -— <5i
- “r — *7
- ni ----------- o
- 11. 35' -------24
- n. 5o ------ 41
- ia. 15' — 5a
- A Môntmorcrici, l’Aiguille étoit à-peu-prés Stationaire à ao°. depuis le 15 de Juin : elle fut telle encore le 17 & le 28 jusqu’à 8h. du foir, qu’elle indiqua 190. 40' avec A*. B. A Sparendam il s’eib fait 1» nuit du 2.8 au 29 une Variation de 9'E.
- » 54- L'
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- Question t. Èes Jfollemens. fli
- §'• 54- Le 29 mes Aiguilles ont été fort irré-j ^nliè-es jusqu’à g h. du foir. Voici l’obfem-i tion que1 j’eri ai faite.
- (mY haoeker 1 1 H.ivr
- N®1V !S° vi< n4 ni
- 6 h.. .. ?o 46 • -44'
- 7h; AP C4<5 ; . 45 46
- 8 18 , 50. vi 47' 1
- 9 h. a ia, 7
- 15' -‘<ÿ ‘ T - 1 5
- .0
- 30 • 2. 7 5 5
- 45 H -4
- s* • .ai 31 " : ig
- 10 h. 18 aa ' 3*
- a7 a5
- *5 3» 3°
- a5 20 3a 3°
- 30 aa. 37 40 43
- 37 H a7 -7
- 45 H 3'2 ‘ ‘ 3i
- 11 h. ao 4° 37 45
- 45 37 45
- 1 47 35 46
- a 18 54 38 4‘
- 3 5* 35 4°
- 4 18 57 40 45
- 5 18 57 4° 43
- 8 >4 5° 34
- 9 '7 6a 45
- 57 4° 43
- Var. aa ôa 5Ô 43
- ( w ) A 9 h. zi' les N°. IV & VI. in'dkruoient le fnC-Tome III. F mç
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- Sfe. Question I, Des AffolUmins.
- On voit que les Aiguilles N°. IV & N°. Vï< fefont aflez bien accordées, furtout pendant 1» durée de l’agitation la plus forte: patte le midi elles ont différé quelquefois de i/: mais combien n’ont-elles pas différé du N°. A. Cette Aiguille n’a parcouru que 18, pendant que les autres en ont parcouru 50 & 56. Le N°- III. à la Haye s’eft ausfl en général aflez bien accordé avec le N°. VI. à Franeker.
- Le içm foir M. messierï obfervé TA. B. à Paris, &leP. cotte à Montmorenci : cependant mes Aiguilles n’ont pas été irrégulières ou du moins d’une façon remarquable, alors.
- §. 55. e’A icdille marquoit à Mont-morenci le a8 au foir 190. 40': & le 29 au matin elle fut
- à 4h.
- me point, & furpaffoient de n' le N°. A. Mon Frere a obfervé le minimum à la Haye à 9! h. Je fuppoferai1 ciuc dans le moment fon A’gniUe étoiî d’accord avec
- que la Déclinaifon que raon Frere obferva à la Haye n'eft que relative.
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- Quèstion I. jDes Afoîlemm. èf
- i 4 h à ao°. 15' 8 h 190. 4or
- 5h l9°- 45 9h 49
- 6h 30 ioh 58
- 6\ h 45 nh&c,.. 2Q°
- fh ' x86. 40 Var. i°. 35.
- Le P. cott.e â donc vû dè 4 à 8h.- du matin l’Aiguille ôs'ciller de 18°: 40 â ad°. 15. Enfuiré l’Algtillte revint à 10°, où 'elle relia Stationaire'pendant deux mois:
- M. sènebieïv dé Genèÿë. m’a: marqué que le 2.8 Tes Aiguillés s’êtoiertt loùtenues daiis une marche uniforme avec celle-du -27: mais qu’au matin du aplï 8 heures eHes avoiefit varié vers le Nord d’un demi degré,' fans qu’il pût, dit-il, attribuer à d’autres caufes, qu’a l’A. B. de la veille, ce changement remarquable : les Aiguillés avoient regagné à toh. le' quart d’un degré vers l’Ouelt, £c elles fe font fourenuen flans cette placé avec leurs variations ordinaires.
- Voir, a des obfefvdtions multipliéesdécidées : cependant M. boeckman marqué, dans le détail très-mtéreflant qu’il a donné de Ibif obfervation, & qui m’a été communiqué par les foins obligeans de M. bèrnoiil-i r, que i quoiqu’il fe foit fervi à Carlsruhç F a d’uad.
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- ^4 Question I. Des dffollemcns.'
- d’une Aiguille de neuf pouces.très-mobile, il n’a pû y oblerver aucune variation.
- 5. 56. J’ai donné allez de détails: refumons un moment. Il y a eu fur 3974 jou» d’obfervations ,
- 166 d’agit. irr. le foir
- 8---------------matin
- ia -—-------t---mil: du jour
- 50--------------tout le jour
- 136 jours d’agit : irrég.
- fur quoi 131 A. B. & 146 avec les foupçons,
- 1 —:----rf- 4 & les A. B. de la
- 1 -----— 6 veille, &du
- •29---------4a lendemain
- 16a------------ 198
- Ces 136 jours font la dixfeptième partie du total. Par les obfervations de 1771 à 1776 jV vois trouvé (dans mes Recherches §. 101) qu’ils en fàifoient la onzième partie : mais j’ai remarqué dès lors que le nombre de jours irréguliers diminuoit depuis 1774: ce qui s’eft foutenu mais avec quelques variations : car 5
- en
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- QU E s Ti o N I. Des Affollmens. 85
- en 1771 il y en a eu 8 1775 -17 1779 21
- 72 20 ' 76 - i<5 80-n
- 73 33 77- 34 78- 17 81 - 14
- 74 35 236
- En général de 1772 à 1777 ilyen a eu 131,
- 8c de 1777 à 1782 97.
- §. 57. Les agitations irrégulières du matin ou du milieu du jour font beaucoup moins fréquentes que celles dp foir j or l’on fait que l’A. B. luit plus fréquemment le foir que le. matin, 8c que fa plus grande force eft ordinai- . rçment palTée avant minuit (»). Cette fréquence comparative fournit donc un nouveau rapport avec l’A. B. indépendemment de tous ceux dont nous avons déjà parlé ( §. 28 — 30).
- Quant
- (n) C'eft un fait- conliaté par Mr. warsentin (Mira. tic S'iéde T. XV. p. 176) & par M. maman ( Traité fur i'A. B. p. iae. ) il eft fujet à quelques exceptions mais peu nombreufes. Ceci n'eft pas contraire à ce que nous avons dit note ( i ) du § 46, que TA. B. pàroit ausfl de jour. Car , fi l'on juge du nombre de fes apparitions de jour ou le foir, par celui des agitations irrégulières, les--quellcs font dues à l'aflion dé ce météore,. on aura le; nombre d'A. B. le foir à celui des A. B. de jour, toiu-»ic 166: 70. ou comme 7: 3. à peu-près.
- F 3
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- 35 Q u p s t i o n I. Dus JffJIemiHS,
- Quant aux affollemens de tout le jour, ils font le plus fouventdes fuites-de quelque A. B. de la veille, ou des précurfeurs de celle qui luira le foir.
- Enfin, nous remarquerons, que les 198 À - B. aâuelles, précédentes , ou fubféqucntes font les 'j de tous les jours auxquels ces agitations irrégulières ont eu lieu; ee qulprouve allez l’influence de ce Météore.
- § g8. J e n’ai parlé que des Obfervations que j’ai faites jusques à la fin de 1781: la raifon en eft que, comme je l’ai dit, le mouvement régulier a été beaucoup plus foible, & fou-vent nul en 1782 8c 1783. d’ailleurs je n’ai ob-fervé depuis ce tems l’Aiguille que cinq fois par jour, ma fanté ne me permettant plus de faire des Obfervations ausfi nombreufes que par le pafle. Mais on a déjà vû que l’Aiguille a fouvent éprouvé des agitations çonfidérables à Montmorenci, dans le tems même qu’elle y étoit fjationaire: la même chofe a eu lieu ici. En 178a. j’y ai obfervé quatre agitations irrégulières. Sçavoir, le 18Février, une agitation de 10', io' & 6' pour les trois Aiguilles respectivement par A. B. Le ai du même mois une agitation de a8', a5' & 17. Le aa Avril par A. B, M. Brouwer en a obfervéc une des
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- Question I. Des Jffollcmens. 87
- de 19', 50' & 71. quelle différence entre les Aiguilles! Enfin le ao Novembrej’en ai vû une de 15, 30 8c a8' par A. B.
- En 1783 j’ai vû une agitation irrégulière le' 13 Janvier de 18', 18 8c 13' par Aurore Boréale: le 4 Mars par A. B.de ia', 8', ia': le a6 par A. B. de ia' 8c 16' 8c 10'. le 7 Avril par A. B. de a4', aa', 10'. le as, par une fuperbe A. B. de 60', 40' 8c 31': dérechef quelles différences entre les trois Aiguilles! Enfin le 16 Avril de la même année M. va n d e r ’we y b e a obfervé à la Haye fur la même Aiguille N°. III., dont mon Frere s’étoit fervi précédemment, une Variation de 1 degré 24' : mes Aiguilles étoient alors affez tranquilles, 8c, ce qui peut paraître furpre--nant, l’Aiguille que la Société de Manheim a envoyé à la Société de Médecine de la Haye, 8c qui eft confié aux foins de M.van der weyde, n’a pas varié du tout pendant l’agitation des autres. M. van der weyde, a décrit fes obfervations 8c les miennès dans la Nouvelle Bibliothèque Belgique pour Avril, Mai & Juin 1783. p. -264. -feqq. En général ces agitations 8c les A. B. paroiffent devenir moins fréquentes, qu’elles n’étoient ci-devant..
- F4
- £EGON-
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- Question II.
- SECONDE question,
- § 59- l’Aï guille, fi elleeft fujetteàuna Variation diurne réglée, éprouve -1-file par foi. des mouvemens contraires? ; •
- Pour refoudre cette Queftion, il ffiut fo rappeller, que tout mouvement par lequel l’Aiguille ne va pas le matin jusques. vers le midi ou peu après midi vers l’O po,ur retourner lç foir vers l’Eft, eft contraire au mouvementpé’ riodique diurne régulier. Or, il arrive quel-: que fois que l’Aiguille s’avancç tqut le. jour vers l’Oueft,(c’cft le mouvement que j’ai nom-: mé dans mes Recherches M,°. g,) de forte que. le maximum vrai, fe trouve à 10 fi. du foir ; ou vers l’Eft, (c’cft le N°. 6.) auquel ca^ le maximum vrai arrive.à 6h. du matin; ou enfin, ce qui eft le. N°. 8, qu’elle s’avance lç matin jusques vers midi vers l’Eft; & du midi au foir vers l’Oueft. Ces trois mouvemens font rares, je les ai difeutés dans mes Recher r ches, mais il s’agit de les confidércr ici fous uq autre point de vue.
- 5- 6o. Ja i fait voir dans mes Recherches, c ($ IO}.
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- Des Moùvemetts Contraires. 89
- (§. iOf. de, la IIe partie,) qu’il ne,faut pas rapporter aux mouvemens vers l’O, ou vers l’E, tous-lés jours auxquels lè maximum arrive 4 loh. ptafoir, ou à 6 h, du matin; puisqu’il faut diftinguer entre lp maximxm vrai Sc. le. maximum relatif, & qu’il ,fe .peut fort bien que: l’Aiguille ait fon mouvement O.E fort régulier jusqu’à 7I1. du foir p. ex. & qu’elle recommence alors une nouvelle période, plus forte que Ja précédente, & conféquemment qu’elle foit à 10h. du foir, plus avancée. v,ers l’O qu’elle l’çtoit au maximum de fa période précédente, c. a. d. que le maximum vrai arrive à dix heures du foir, en ce cas le mouvement fera le N°. 3. tres-régulier ausfi.
- L a raifon contraire a lieu pour les mouvemens qui fe font vers l’Elt, il fe peut que le maximum vrai arrive à fix heures du matin, & que l’Aiguille fe meuve jusqu’à 9 ou ioh. vers l’eft, pour recommencer enfuite là grande période OE, dont le maximum ("relatif) fera, plus petit que ne l’étoit V déçlinaifon à 6I1. du matin, auquel cas le mouvement fera le N°. a, & parfaitement régulier. Nous parlerons plus amplement de ce point dans les §. 87. & fui-yans. Ceci pofé examinons fuccesfivqment Ici
- m.ouveipens O , E, & O E.
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- 53 Question II*
- Des Mouvement vers T'Ouejt.
- §. 6i. J’ai dit dans mes Recherches (P. II. §. ioi.) qu’il y a eu de 1771 à 1776. 41. jours auxquelles l’Aiguille s’eft réellement-mue vers l’Oueft: j'ai pareillement examiné les fix années fuivantes, 8c conféquemmenc onze années complectes} j’ai marqué tous ces jours, pour l’Aiguille N°. A- dans la Table .générale, en y ajoutant la grandeur de la Variation («)} 8c il en refulte.
- •i°. Qu’il
- («) Comme cette Table n’eft que pour le N°. A, il faut fousentendre que le même mouvement a eu lieu pour les N°. IV & VI. depuis le 1 Avril, & le ij Décembre 1775 que je les obferve, lorsque je n'aurai pas averti du contraire : c'eft pourquoi j'indiquerai ici, en fuivant l’ordre des mois, les jours auxquels les mouve-mens ont été differens à cet égard.
- Le 18 Janvier 1776, Le Mouvement O du N°. A., n'a été que d'une minute : les autres Aiguilles ont vacillé d'une minute tantôt vers l'E tantôt vers l'O. ce qui équivaut pour toutes les trois à être ftationaires. Il e» a été de même du 9 Février 1776.
- Le 30 Mai 1776, s'eft mu dei'O. les autres ont eu de petits mouvemens, mais ordinaires, de 3' & 5'.
- Le 11 Juin 1775, N°. A. a'continuellement avancé vers-L'O. de 7'. N°. IV a eu fon mouvemént très-réglé de
- Le
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- Des Mouvemens Contraires.
- 9*
- i°. Qu’i l y a eu pendant ces onze années 49 jours j auxquels l’Aiguille s’eft réellement mue
- Le 17 Juin 1779, N#. A. s’eft approché très-régu« lièrement vers l'O de 9', N°. IV & VI. ont eu leurs mouvemens ordinaires de 7' 6c i«/.
- Le 18 Juillet 1778. Le N°. A. s’eft mu vers l'O. de 10. N°. IV. a eu un mouvement régulier de 7'. le N°. IV, a eu le mouvement N°. 4. de 7', mais qui n’a été le foir que d’une roinu'e E 8c O. de forte que le maximum du jour a eu'lieu epeore à 10 h. du foir.
- Le 40 Juillet 1780, Les N®. IV 8c VI. ont eu le mouvement N®. 2. de 7' 8c 6'. le N®. A. étoit à 7 h. à 51'., à 8 8c 9'h. à 48., à ioh. à 48., à nh. à 50'. 8c le refte du jour à 51'.
- Les 6 St ifi, d’Août 1776, le N®. IV. s’eft approché d’une minute de l’O pour tout mouvement, tandis que N°. A. 8c N®. VI. ont eu leurs mouvemens très-réguliers , de 7' 8c 8' le 6, 8c de 4 8c 6' le 16.
- Le 2 .Septembre 1776, le N®. IV. s’eft approché entre 7 8t 8 h. matin de 4'O, 8c eft relié Stationaire le refte du jour. N°. A. 8c N®. VI. ont eu des mou-vemens réguliers de 6 8c j', le -6 pareil Phénomène, mais de 2' feulement.
- Le 24 Novembre 1776 N°. VI. s’eft approché de 2' O. tandis que N®. A. 8c N". IV. ont eu des mouvemens réguliers de 6' 8c 4'.
- Le 9 Novembre 1780, les Na. IV & VI. fe font rapprochés vers l'O de 16' 8c 7': le N°. A. a eu ion mouvement ordinaire de 6'.
- Le 41 Novembre 1780. Le N°. IV. s’eft approché de
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- 5i Question II.
- mue tout le tems vers l’Oueft: ce qui fait là 831; partie du total. De 1771—1776, les mêmes jours avoient formé la 43e partie du total : ainfi-leur nombre a beaucoup décru, ce que nous avons déjà vû avoir également lieu pour les agitations irrégulières (§. 56. 58.)
- a°. Que de'ces 49 jours, il y en a eu 38 pour les mois de Périhélie 2c 18 pour ceuxd’A-phélie.
- 30. E n P 1N, on fait qu’en hyver le mouvement de l’Aiguille eftfort petit: or il arrive fouvent dans cette faifon qu’il n’eft que d’une ou de deux minutes, ioit vers l’O, foit vers l’E, foit autrement, cas auxquels l’Aiguille diffère bien peu d’être entièrement Stationai-re : il eft donc fort naturel de faire abftraébion de ees jours-là dans la matière que nous traitons. Or, il y a eu 7 de ces jours en Décembre,
- àe 4 O: les N®. A & VI. ont eu leurs mouvemens réguliers de 16 & de 8'.
- Le 4 Novembre 1781. Le N®. IV. s’eft approché vers l’O de 4': les N°. IV & VI. ont eu un mouvement réglé mais de 1' ou 2' feulement, ce qui équivaut à être Stationaires.
- Le 1 Décembre 1775. Le N°. A. s’eft approché dç 4 vers l’O : le N°. IV. a eu fon mouvement régulier % les 3 & 9 le N®. A. s’çft mue vers l’O d'une feule mi-«Vite : le N®. IV. a été régulier de 4-
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- ï)es Mouvement Contraires. 93
- tare, un en Octobre, fix en Janvier, deux en Février, ce qui fait 16 dans les mois d’Hyver, auxquels il en faut ajouter un pour le mois d’Avril, ce qui . fait 17 en tout -, & le nombre de jours qu’il s’agit de coniidérer, fera de 32.
- $. 61. De ces 3a jours * les tfois les plus confidérables ont été le 16 Janvier 1773, A, B. obfervée ailleurs, &.veille des ;trois jours d’irrégularité confidérable, le ia Août 1771, A. B. obfervée ailleurs, & le 2.3 Juin 1774» Ciel très-couvert ici. Dès mouvemens qui ont été entre 10' & 15' il n’y en a que trois accompagnés d’A. B. lavoir le 14 Mars 1773-Ciel couvert, ici , A. B. ailleurs, 6c lendemain de l’A- B. du 13 qui a fi fort agité l’Aiguille- içi * la faifant approcher le foir de 33-vers l’Eft. Le 17 d’Avril 1773, Ciel à moitié couvert. La veille on-avoit obfervé ailleurs une A. B, qui n’a pas agité l’Aiguille ici, 8c l’avant veille j’en avois vû une, qui n’ayoit influé fur l’Aiguille autrement qu’en la faifant approcher de 33' vers l’Eft. Enfin le 1 de Novembre.
- l’Influence de l’A. B. n’eft donc pas ausfi marquée pour ces mouvemens qu’elle l’eft pour les affollemens dont nous avons parlé, ce
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- Question II.
- 94
- qui p.iroitra ultérieurement fi l’on fait attention i°. que pendant tous ces jours il n’y en a cii que 7d’A. B. aétuelle, & n. d’A. B. la veille ou le lendemain, ce qui n’en fait que 18. pour 48 jours ; Bc i°. que, fi l’on fait attention uniquement aux 31 jours dont nous avons parlé, il fe trouvera qu’il y en a eu 14 dans les mois de Périhélie, & 17 dans ceux d’Aphélie, ce. qui eft contraire à ce qui paroifToit avoir lieu au premier abord ( §. 61,). 11 eft une raifon fort naturelle pour laquelle cette influence ne peut pas être ausfi complette que pour le cas de l’affollementj c’eft que ces mouvemens vers l’Oueft ou' vers l’Eft tout lë jour , peuvent dépendre quelquefois du changement général de Déclinaifon, qui peut maitrifer le mouvement ordinaire particulier à chaque jour, & le rendre O ou E fur le total. Nous en verrons toat à l’heure des Exemples.
- Del Mouvemens vers l'Eft.
- §. 63. Passons à l’examen des mouvé-mens qui ië font tout le, jour vers l’Eft : on les trouve marqués dans la Table générale (A).
- Ces
- (i) Je vais indiquer, comme dans la Note précédente
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- Des Mouvement Contraints'.
- 9S
- Ces jour* * fe montent à 64, ce qui fait le 63e partie ,du total. Par les obferrations de
- 1771
- t-...... ...... ----------- .
- dente ce qui a eu lieu les jours auxquels les mouveraeng n’ont pas été E pour les trois Aiguilles.
- Le 3 Janvier 177.6. Les Aiguilles N®. IV 8c VI. ont été à peu près Stationaires; ne s'étant mues que d'une minute entre 9 & 10 h. foir.
- La même choie a eu lieu pour le 7 Janvier 1777. Le » Janvier le N°. VL. s’étoit mu de 3'E. N®. A & IV. •nt eu leurs mouvemens ordinaires,, mais de 1' ou t' feulement.
- Le 3 Février 1777, le N®. IV. a parcouru depuis 6hm. à 4I1S. 3'E pour fe rapprocher enfuite de j'O. N°. A 8c VI. ont eu leurs mouvemens réguliers, mais de 1 8c 3’feulement. Le 2.8 Février N°. IV 8c VI. fe font mues de 3 8c j/E. Le N°. A. a eu le mouvement régulier N®. 4, mais de 4' feulement.
- Le 3 Mai 1776, N®. IV 8c VI. ont eu les mouvemens N°. 3 , de 3' 8c 4'.
- Le 30 Juin, ils ont eu le mouvement Ns. 4. de 11
- * 9'-
- Le 9 Juillet 1776 , N®. IV. s’eft mue tout le jour de j'E tandis que les N®. A 8c IV. ont eu leurs mouvemens réguliers mais de 1' feulement.
- Le ij Juillet 1776, N®. IV. a eu le mouvement régulier 6': le N®. VI. a eu le mouvement N®. 4. de 7'.
- Le 14 Juillet, le N®. IV. s’eft rapproché de l'O de iV N°- VI. a eu le mouvement régulier de ï feulement.
- Le 9 Août, 1776 N°. IV, r'E. N®. A 8c VI. très-régulières , de 6' 8c 3'. Le ia Août N®. IV. j'E. N®.
- A
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- t$6< Q u'6 s t'i ô tJ ïî.
- ils en faifoientrla 34e partie* rviàis ausli ces cinq années avoient fourni 53 joufs* aux-
- A"&:-VI. tfès-régulières iè'6 St 4. Lé 24 Août 1776fJ N®. A. a eu fon mouvement régulier. N°. IV. s’eft avan--ce de’ 9*0': 8t -N*». Vl. 'de 4'E. On voit ' combien les mouvemens ont été petits cet Été;
- Le 28 Août 1776. Les N°. IV 8c VT; ont eu mi mouvement dé '4 r 8c C'/.'qü’ori pourrait rapporter au N°‘. 4. maft qui. jr àr-'l’èxoeptîé'h dVne Vacillation de' 3' entre 10 St ir.h. du matin, s’eft Mt to'ùt le jour vers l’E.
- Le 12 Oélobre-1777, lé^N15. VÏ..'S'eft approché jùs-qu’à 9 h. foir de 17'E: lé N®. IV. de 13': St lè N®. A; de 6':mais il y a eu des vacillations, qui rendent les N°; A 8c IV. rappbrtables au mouvement N°. 3.
- Le 3 'Oétobre 1781, N®. 6 & A. fé font approchés de 6' & io'E. N®. A a -eu fon mouvement régulier de 6'.
- Le 17 Novembre 1775, lé N". IV. a eu fon motiver ment régulier dé 3'.
- Le 26 Novembre 1,776, le N°. 6. s’eft conflamment mu de z'E. N°. A 8c N°. IV. ont eu leurs mouvemens réguliers de 4' & 6'.
- Le 12 Novembre, 1780 les N°. IV & VI. ont été tout le jour versTE de 8' 8c 4'. N®. A. a eu fon mouvement régulier de 5'. •
- Le 7 Décembre 1775, N®. IV. a eu lé mouvement réglé N®. 3-
- Le 29 Décembre 1776, N°. IV 8c VI. ont eu leur mouvement régulier de 5' 8c 3'.
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- î)es Mouvemens Contraires. J#
- Auxquels les fix luivantes n’en ont ajouté que onze* ce qui rentre dans ce que nous avons dit ci-deflus (§. 56. 58. 61.) de la diminution des irrégularités.-
- §.64. De ces 64 jours il y en a 44pour le Périhélie , 8c ao pour l’Aphélie, mais fi l’on ne fait pas d’attention aux 13 jours auxquels le mouvement ri’a été que d’une minute ou de deux minutes, comme ilconvient de lé faire , 8c dont il y en a 17 potirlè Périhélie 8c 6 pour l’Aphélie, il n’en reliera pour celui-là que 17 8c 14 pour celui-ci, ce qui rèntreroit allez dans le rapport de fréquence des A. B. établi ci-des-fus, mais ces 64 jours ont été accompagnés feulement dé 1 a A. B. aétuellès, & précédées ou fuiviés de 14, ce qùi fait 16 en tout, dont jlfi’en relie que 16 pour le 43 jours réduits,-ce qui fait un très-petit nombre : mais fi l’influencé eft à cet égard-là allez foible, elle ell allez rrtarquée pour les jours auxquels le mouvement E. a été le plus confidérable, comme °P
- Le 18 Décembre 1780, N®. IV. s’eft mue de 5' vers l’E. N°. A & VI. ont eu leur mouvement régulier de 5' & *'
- Le 8 Décembre 1781, N®. 6. s’eft mue d’une minute vers l’E. NQ. A 8c N®MIV, ont eu leur mouvement régulier de 5 & 3'.
- TOME III. G
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- $5 Question II.
- on va le voir en parcourant ceux de ces joar9 qui méritent principalement notre attention.
- §. 65. Le aa d’Aout 1774. L’Aiguille s’approche perpétuellement vers l’E & en tout de 35 minutes, le foir A. B. 11 y en avoit eu une le ai qui n’avoit pas agité l’Aiguille. Le aa le mouvement fut régulier de aa', & le 24 l’Aiguille parcourût encore 36' E du matin 9 h. jusqu’à huit heures du foir, mais avec des balancemens qui peuvent faire rapporter ce mou-vement au N°. 4. fimple.
- Le aa Janvier 1773, l’Aiguille s’eft mue de 15' versl’E : A- B. le ai, le 23 mouvement petit, le 24 & 25 Eft, mais fort petit : tout cela immédiatement après les grandes agitations des 17, 18, 19, dontiln’eft guères douteux que ce ne foit une' fuite.
- Lf, 5 Avril 1776, les trois Aiguilles fe font mues de 16', aa' & 36 E. La nuit du 4 au 5 la Variation a été de 18', 16', 28' O: je ne fachç par qu’il y ait eu d’A.B. vue ces jours là; mais le 6 la lumière zodiacale brilla avec éclat à Montmorenci, & l’on fait qu’elle eft de meme nature que l’A. B. & que fa préfence agite l’Aiguille : d’ailleurs il y eut ce mois beaucoup d’A. B, même le 8 & les jours fuivans.
- Le 3 Sept. 1776. A. B. l’Aiguille s’eft mue de
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- Des.'Mouvèmns Conircires, gj
- ,iîe 15 E.' le jour précédent le mouvement a été fur le général de 8" E 8c le lendemain de g O.
- Le 26 Octobre 1775, les deux Aiguilles inues de 15 8c 30E. Ciel couvert, les 248c13 j’avois eu foupçon .d’A. B : le 2g les Aiguilles ont vacillé de tg 8c .11' entre g & 9 h. dp foir.
- Le 30 Juin 1776 , Mouvement dé 16' E-pour l’Aiguille A-;v. note b $.63. pour le» Aiguilles N°: IV 8c M°. VI.
- §. 65. Voilà donc cinq des fix plus grandes agitations versJ’E. iùr lesquelles l’A. B. & furemént influé : je parlerai dans un moment de celles des 18 8c 1.9 Décembre 1774- Si on examine de même les agitations entre 10 8c 1 sf on en trouvera fur dix , trois accompagnées d’A. B : trois à la veille, ou le lendemain des quelles l’A .B. a paru ; cè qui prouve encore une dépendance de ce Phénomène; en voici encore un exemple.
- Le 31 de Juillet ifjt. L’Aiguille fe mi* de 10'E; le 30 elle s’étoit roue de 190: 8t le 2ÿ fort mouvement quoique teglé, a voit été de 13.ee qüi pour ce niois-là étoit prodigieux. Le 1 Août il y eut une A. B. vue à Peters»
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- too Question II.
- §. 67. Nous avons allégué çi-defltls (J. 52. ) une caufe pour laquelle l’influence de l’A • B. peut paraître moins marquée fur les mou-vemens E. ou O. que fur les autres : ce qui a eu lieu les 17, 18, 19, 20 Juillet 1771, & les 18, 19, 21 Décembre 1774s en va prouver la vérité.
- Les 17, 18, 195 20 de Juillet l’Aiguille n’a cefTé de s’approcher de l’Efts le 17 de a' : le 18 de 4' : le 19 de 12' : le 20 de 7' : de forte que la déclinaifon moyenne décrût depuis le 16 8e plus de 16' & ne revint pas d’un mois au point où elle avoit été.
- La même chofea eu lieu les 18, 19 & 21 Décembre 1774- Le 17 le mouvement fut, à la vérité, régulier, mais entre cinq Sc fix heures du foif la déclinaifon décrût rapidement de 14' : la Nuit la Variation fut de 18'O,: mais le x8 de 1^ vers 2'E: le 19 de i2'E. La nuit du 19 au 20 de 3E : le 20 Stationnaire : le 21 de 13'Eli: de forte que la déclinaifon vrayedécrût à peu près conftamment du 17 a 5 h, dufoir jusqu’au ai à 9h. du foir de 37', & la moyenne du 17 au ai de a6': elle décrût encore le relie du mois, & l’Aiguille ne revint de long-tems au même point. Très - fouvent ces grandes diminutions de Déclinaifon font produites par des A. B. comme je l’ai prouvé dans mes Rf
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- Des Mouvement Contraires;
- tôt
- Recherche!, & que je le dirai ultérieurement Çi-defTous (§. 96. feqq.).
- Des Mouvement EJi-OueJl.
- §68. La dernière forte de mouvementop-pofé au mouvement régulier en eft exaéfcement le contrepied : il a lieu quand l’Aiguille fe meut le matin jusqqes vers midi vers l’E, & le foir vers l’Oueft. Ce mouvement eft çxcesfive-ment rare dans les lieux ou la variation diurne réglée s’obferve,. & dans le tems qu’elle a lieu; car j’ai dit ci-deflus, (J. 4. ) &; prouvé ailleurs ( c), que ce mouvement a été pendant quelque tems très-fréquent à Montmorenci & à Sparendam. A Franeker, je ne l’ai obfer-vé que fept fois en onze ans j favoir :
- Le 16 Août 1771. L’Aiguüle s’approcha depuis 6 h. du matin jusqu’à midi de 5' vers l’E : & depuis midi jusqu’à 10 h. du foir de 29' vers l’Oueft : grand changement de Dé-clinaifon.
- Le 1 Septembre 177^ Le matin 9'E. le foir 10' O. du 1 au 2 grand changement de Déclinaifon.
- Le 7
- ic) Dans
- chercha B. II. J. 8 —14 S. 30—- $6,
- G 3
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- toi Question II-
- Le 7 Septembre 177». Le matin jusqu1! midi % l. le foir iq O. Le 6,. A» B. à Pctersbonrg. Le 8 grand changement "d'd Déclinaifcn.
- Le a8 Octobre 1771. (rf)/Jusqu’à une heure 3 E : lé Voir 10' &
- Le z Septembre 1774- Jusqu’à a h.1 3’ È:-le loir 8'O. trials avec quelques Ba-laricemens: lé 3. A. B,. Depuis le 3 5 Août grand changement de Dé-? éiinaifoh.
- Le 28 Décembre 1775. '"Jusqü’à 3b. 3’Ë: énfiiite Ô: pour lés Aiguilles N°. IV 2ç N°. VI. mouvement N°. 3^ & N°. 4. Le 16. A- B. à Spa-reridam.
- Le 13 Janvier 17^6. Sept minutes E. jusqu’à 6 h. foir, ènfuite 8’O jusqu’à' ioh. foir, heure à laquelle le maximum eut lieu: pour J’Aiguille N°. IV, jusqu’à 7h. foir 8' E : de 7h. à foh.,'9'0: maximum à ioh. loir, & pour le N°. VI. jiisqu’à 6h. foif 6’E. de 6h. à ioh. 10'O,
- De-!
- (d) Il s’ell gliffé à ce fujet une faute dans le §. 110-. de 1a fécondé partie de mes "Btthtrthts. J'ai écrit par jndgarde le 7 Octobre 1771 au lieu du a8.
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- Des Meuvemm Contraires. 103
- Depuis ce jour je n’ai pas obfcrvé ce mouvement jusqu’en 178a. Il eft donc extrêmement rare.
- 5 69. A refumer tout ce qui vient d’être dit des mouveméns O , E , 8c E O, il s’enfuit que l’Aiguille éprouve quelquefois de* mouveraens oppofés au mouvement réglé, là'-voir iâ8 fois fur 3974 jours, ou y, partie du total ; que ces mouveme'ns font quelquefois très grands, & qu’ils paroiflènt alors être une dé-pendence de l’A B, mais que l’influence de ce météore ne paroit pas fi marquée fur ces mou-vemens qup fur les aflFollemens.
- TROISIÈME QUESTION.
- Ç. 70. Le Mouvement régulier de l’Aiguille eft-il quelquefois troublé en ce que l’Aiguille fe meut, non graduellement, mais fubite-ment, 8c par faut, d’une heure à l’autre: ou que le mouvement, quoique très-régulier, eii extrêmement grand & beaucoup plus qu’il ne l’eft ordinairement dans le tems dans lequel il fe fait?
- G 4
- Pou.*
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- Ï04 Question IIï.
- Pour écarter tout ce qu’il pourrait y avoiÿ d’arbitraire dans cette queftion, jp remarque^ rai, qu’on peut entendre par faut, ou un mou* vement fort grand, mais dans le fens félon lequel il doit fe faire pour la partie du joqr dans laquelle on eft; comme p. ex. lorsque l’Air guille parvient tout d'un coup, le matin du «?<> nimtm au maximum, ou le foir du maximum au minimum, au lieu d’employer plyfieurs heures à franchir cette intervalle : ou , un mouve? ment d’oscillation, non d’un petit nombre de minutes, & par là régulier, mais çonfidérable par lequel l’Aiguille va de l’E. à l’Q, pour retourner l’heure fuivante de l’O- à l’E, ou rer ciproquement, Sc cela dans un tems ou elle aurait peut-être dû fe mouvoir de l’O. à l’E, ou del’E. àl’O. Quand un pareil faut fe fait au milieu du jour, il efl par foi-même irrégulier, & nous en avons parlé §.38. & leqq: mais s’il fè fait le matin, ou le foir, ou le matin & le foir, aux heures qu’il faut pour que le mouvement devienne au lieu du N°. 1. leN°. a, ou le N?. 4, il ferait régulier s’il étoit médiocre, & tel que le mouvement réglé a coutume d’être, mais il peut paffer pour irrégulier s’il excède de beaucoup les bornes ordinaires du mouvement horaire régulier.
- Enfin il fe peut que le mpuvement foit par-
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- î)es Variations Subites &c. 105
- parfaitement régulier, mais qu’il excède telle* ment les bornes delà grandeur ordinaire, qu’on ne peut s’empêcher d’y reconnoitre quelque eau* fe extraordinaire, qui dans ce moment modifie la caufe générale, & lui fait excéder fesbornes ordinaires. Mais il eft très-difficile de juger de ce point, parce qu’il y a tel mois de telle année, comme Juillet 1772, Août 1773, dans lesquel le mouvement diurne a été fréquemment de 2.0, 30, & même de 40 minutes par jour, & tel autre mois parallèle d’un autre année, comme Juillet 1776, ou il n’en aura été ordinairement que la moitié ou le tiers, grandeur'qui influe ausfi fur le mouvement horaire , & conféquemment fur ce qu’on peut appeller variation fubite , ou faut. Il faut donc, en difeutant ces jours , ne pas prendre tous ceux qui pourrpientparaître grands, & réjet-ter tous ceux qui pourraient .paraître petits, mais ufer de circonfpeétion, comparer ces jours au mouyeipent moyen, & employer toutes les reflources qu’une Critique fevère, en fait d'ob-fprvatjons Sc de difeusfions de ce genre, peut fournir.
- §. 71. C’est en enployant ces précautions que j’ai extrait de mes regitres les jours de cette piaffe, qu’on trouve dans la Table générale G 5 pour
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- iit.
- .ta6 Question
- •pour l’Aiguille A. Je vais les réduire ici aux cinq dalles auxquelles ils appartiennent, & les* quelles ne formera pas le même genre 4’ir* •régularité.
- Phemiere classe. Lorsque le mouvement efl très-régulier par lui-mcme, mais qu’il fort hors de les limites ordinaires par là .grandeur, ce que j’ai indiqué dans la Table -par les mot grandeur $ ou les lettres gr, ab-bréviatiop de grande variation..
- Seconde classe. Lorsque le mouvement- précédent a lieu, mais qu’il eft, en outre , accompagné de cette circonftance que l’Aiguille parcourt tout d’un coup, d’une heure à l’autre une très-grande partie de la Variation diurne totale, ou Te meut fubitement -, ce que j’ai indiqué par le mot fubit.
- Troisième classe. Lorsque le mouvement de la première clafle a lieu mais qu’il cft en outre accompagné d’un faut d’une heure à l’autre, de l’Eft vers l’Oüeft p. ex. & la fuivante de l’Oucft vers l’Eft: ce que j’ai indiqué par les mots gr : faut, Sc expliqué dans le §. précédé it.
- Quatrième classe. La Variation fubite. fimple, &
- - Cinquième classe. Lefaut fimple, fans que ces mouvemens foyent remarquables pdr
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- DeS Variations Subites JjV. joy
- par lfiur. grandeur 5 ils le font alors uniquement pUr leur nature, & relativement à la grandeur de la variation qu’a lieu le jour dont il s’agit; fi la variation totale n’eft que de îa'p: ex,une variation de io' fera un mouvement fubit, 6c ne le feroit pas fi la variation totale avoit été de 54^
- Enfin je remarquerai que ces mouvemens n’empêchent pas que la Variation diurne ne fôit très-régulière en elle-même, & n’appar-tienrte à une des quatre fortes de mouvement Indiquées çi - deffus. l’Irrégularité confille uniquement .en ce:que la Variation diurne totale, ou la Variation horaire, forcent, de leurs, limites lordiriaires. Or cette déviation indique certainement, . que la caufe qui produit les mouvemens les plus ordinaires , &qui ne franchit pas ordinairement certaines limites, eff: vraifemblableittent troublée par d’autres dr-çonftances, "dont il s’agit d’examiner la nature, .
- Première Claffe,
- 5. 7». J’ai cru pouvoir rapporter à cette çla(Te .69 jours dont 14 accompagnés d’Aurore boréale ; 2 de foupçons très-légitimes, enfin l<j auxquels ce météore a paru la veille ou le lendemain, ce qui fait 45 jours, ou les deux fiççs du total, dans lesquels il y a eu de la liai-
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- io8
- Question III.
- fon entre ce Météore &ie Phénomène dont il s’agit. De ces 69 jours il y en a eu 35 pour le Périhélie & 34 pour l’Aphélie, ce qui ne pa-roit pas conforme à la prépondérance dont nous avons prié çi-deflus : mais il eft une raifon très-naturelle de cette exception, c’eft que les Variations diurnes font, comme je l’ai prouve ailleurs, beaucoup plus grandes en été qu’ën hiver: ausfi parmi les jours mentionnés n’y en a-t-il aucun au-deflous de ao' pour les Mois de Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, & n’y en a-t-il eu que trois au-deflous de 3c/ pourles mois de Périhélie} tandisqu’iiy en a eu ia pour les mois d’Aphélie. Rien donc de plus naturel que cette exception apparente. Voici les jours les plus mémorables de cette clafle.
- Jvillet 177a. Les Variations diurnes ont été très-grandes ce mois, & par un nombre moyen de 2.6' : tandis qu’en 1776 elles n’ont été que de 4'. Mais elles furent, le % de 39', le 3 de 46', le 4 de 48', le 6 de 39-, le 26 de 45', toujours très-régulières, & ces mêmes jours les plus grandes Variations horaires n’ont été que 16', 15', 15', & 14', co qui, vû la grandeur de la Variation totale, ne fauroit être appellé un mouvement fu« bit. Le mouvement a toujours été très-ré-
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- Des Variations Subites &c. jorp
- Août 1773. La variation diurne a été en général de 14': mais elle fut,
- Le 13 très-régul. 45' max. Var. hor. 16
- a5-------- 39-------------------- «o
- 27--------34--------------------14
- 31--------3+---------------------9
- Le premier Septembre A. B.
- Septembre 1771.
- Le'4. Var. très-régul. 36' max. V, h. i4'0 8 ----------------- 28-------9.O
- Les trois autres exemples font plus remarquables par les mois dans lesquels ils ont
- L e 18 Février 1771. Mouvement très-régulier mais de 31', quoique la Variation moyenne n’y ait été que de 14'. Le 19 A. B. ici, qui affolla l’Aiguille le foir.
- Le 18 A. B. à Sparendam, qui n’a pas eu d’autre effet, non plus que les autres bien confiâtes qui ont eu lieu pour les 69 jours de çette clafle.
- Le 8 Oétobre 1774. Var. de 30'très-régulière, la plus grande Variation horaire de ro', de 7 à 8 h. foir. Ciel ferein, mais legerbrouillard, A. B. à Petersbourg , ainfi qu’à Spa-
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- tio Qoestion tlf.
- rcndam, l’Aiguille s’eft mue tout le joui1 vtfs l’Eft, mais de deux minutes feulement.
- Le 23 Oétobve 1775.. Var. très - régulière de 34 pour N°. A., de 21 pour N°. IV. La plus grande Variation horaire a été de 10'O. pour N°. A. de 7 à 8h. du matin, alors feulement de 2' pourN0. IV : & pour N®. 17 de 13' O. de 6 à 7h. du matin, alors feulement de 7'O. pour N°. A. Ciel couvert ici. Le ai A. B. à Sparendam, lé 24 A. B. ici. A la Haye, l’Aiguille a parcouru le 23,30' 8c le mouvement a été parfaitement régulier, mais le maximum a eu lieu à 8 h. du matin. A Spa-tendam Variation régulière de 7'.
- §.73. Voila allez d’exemples pour faire eonnoitre la grandeur 8c la nature de ce mouvement : la plus petite des Variations de cette claffe, marquées dans la Table, a été de 14' le 2:0 Décembre 1777. 8c il y en a eu 11 entre 14 8c ao', 34 entre 10' 8c 30' : 12 entre 30' 8c 40', îa entre 40' 8c 48'. Quelques fois ces mouvemens ont eu lieu plufieurs jours de fuite, comme on l’a déjà vu, 8c comme cela eft arrivé ausfî les 21, 13, 14, 15, 17 8c 19 de Mars, 1771 que les Variation diurnes ont été refpeéti veulent de 17', 30', 16',. 16', 18', quoiqu’ils n’ayent été que de 14' le 26 8c 181,
- Sc
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- Des Variations Subites l§c. iif
- Se que la Variation moyenne n’ait été ce mois que de 16'.
- Seconde Clasfc.
- §. 74. Il y a eu 4a jours dans cette cliillc* desquels 25 pour le Périhélie, & 17 pour l’Aphélie, de plus 14 d’A. B., 3 de foupçons, 5c laauxquels l’Aurore boréale a paru la veille ou le lendemain ; en tout 2,4 jours, ou les 7 dixièmes du total. L’Influence de l’Aurore boréale eft donc plus grande ici que dans le cas précédent, 6c ausfice mouvement eft-il plus irrégulier. Enfin, de ces 4a jours il en eft 15 auxquels la Variation a été entre 10' & ao', 17 entre 20' & 30', 9 entre 30' 5c 40' 6c x au de là de quarante minutes.
- J e vais donner quelques uns des exemples les plus remarquables, après avoir fait oblèrvcr qu’on peut confidérer la Variation fibite, ou en elle-même} ou, & c’éft ainfi qu’il le faut, relativement à la grandeur de la Variation diurne totale.
- L e 19 Janviér 1772. Le matin mouvement très-réglé de 9' () : à 6 heures du foir le mouvement commença a être jS!°. 3} de 8 à 9 Variation 5' O, mais de 9 à ioh. 34'E, l’Aiguille parvenant ainfi par un mouvement con-iidérable
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- ith Q V É S T I <5 N IIÎ.
- fidérablc 8c très - fubit du maximum au mini* mum. Variation noéturnc 17' O > Ciel cou-* vert ici.
- Le 15 Juin 1771; Variation totale litres* régulière: de midi à 1 h, Variation de lô'fubi* te. Le 14 A. B. à Marfeillc.
- Le 17. Variation totale de 32' régulière , mais de 11 à iah. Variation de 22' O. La nuit violent tonnerre j qui n’a pas détourné l’Aiguille de ii'j encore-eft-il très - douteux fi cette agitation n’a pas dépendu d’une caufe accidentelle très - fenfible , que M. chab-doir, à qui je dois cette Obfervation, a très-bien remarquée ( e~).
- Le
- (t) M. c h a u d o 1R avoit fini fes Obfervations à l’heure ordinaire, à 10h. du foir. A une heure du matin un violent Orage le reveille : il fe leve, prend une lanterne, court à l’Aiguille, l’obferve, & lui voit parcourir plufieurs dégrés. Étonné de ce Phénomène il en cherche la caufe, & s’apperçoit que le rebord de la lanterne qu’il avoit prife par mégarde, contenoit un fil d’archal: il fe défait de cette caufe accidentelle, attend que l’Aiguille, (qui indiquoit à roh. du foir 26) eut achevé fes oscillations, & trouva: à 1 h. 10', 15': en-fuite, 14; 11, ai, S 1 h. 28', ij', (5': à ih. & 40', 18': il doute même, fi cette première agitation de 11* n’eil pas un relie de l’agitation caufée par la lanterné, & i’ a donné des raifons de ce doute: peu de perfonnei-font
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- Des Variations Subites &V.
- 113
- L e 30, Variation régulière de 38'. Matin mouvement N°. 4, mais de 6 à 8 h. Variation 22 E ; on n’a pas oblervé à 7b: peut-être cette variation fubite étoit-elle une fuite de l’affollc-ment de la veille. De midi à î heure Variation régulière Q encore d’ai'O.
- Le2<5A0ÛM77.2. Mouv. trcs-rcgul. de42'. de 11 à ia h. V.ar. 25'O.
- — 31 -------r---------------—— 34-
- Mais de 6 .à ôjh. foir Var. 1.5 E : do 6;-à 7 h. 2'E: du 7|h 7- h. 3':E; de 7- à 8h. 2'E, De 6 à 7h. Tonnerre: je doute fort que ce mouvement li régulier foit dû à ce météore. Le même jour; il y eut une A- B- vue à Peters-bourg, Berlin, Montmorenci.
- L e .30 Août J773. Variât très-régulière 34': piais entre 8 6t 9h. loir 20'E.
- Le
- font clouées à'un 'discernement aùsfi exquis pour examiner fcupuleufement toutes les ciieonllances des Phénomènes, quand il's’pn préfente,qui fortem des loi* les plus ordinaires. Enfin le lendemain matin l'Aiguille çioit comme la. veille, &ç ç’eft ici en 13 ans )'unique fois qu'on a commis par upe méprjfe très - pardonnable, & qu’on a réparée for le champ- l'erreur que M-stkio-eehneu fyppole & foupçonne fi gratuitement être la çaufe de toutes les agitations irrégulières qu’on a obier-, vécs.
- tome III.
- H
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- *14 Question III.
- ' L* 22 Septembre 1776» Ciel couvert. Variation régulière pour les trois Aiguilles de 33', 25V & ao'. De 9 à 10 foir, Variation horaire de ao', 16', 15 E. Aurore Boréale vue à la Haye, Breda, Bruxelles, Montmorenci. A la Haye la variation de l’Aiguille n’a été que de 7' & parfaitement régulière; à Sparendam parfaitement régulière de de 11'.
- Le 4 Oétobre 1775. Variations très-régulières pour N°. A. de 3a': pour N°. IV de 14 feulement: Var. hor. entre 10 & 11 h. pour N°. A. 20"O: pour N°. IV 7' O feulement: quelles différences ! A la Haye & à Sparen-dam Variations régulières de 11 & 15'.
- Le î Oétobre *781.: Variation diurne totale de 36, 33 & 33', régulière; Le matin de 6 à 7h. Variation fùbite & prodigieufe de 25', a6'; 30'O. Ciel couvert tout le jour.
- §. 75. Voila affez d’exemples de grands; mouvemens -, en voici de mouvemens plus petits, mais non moins remarquables eu égard 4 la fâilbn dans laquelle ils ont eu lieu.
- Le a Février 1773. Sans une variation de a'O le matin l’Aiguille fe ferait mue vers l’E tout le jour. Elle n’a varié depuis 11 h. jus-, qu’à 7 h. du foir que de »•: mais de 7 à 8h. Var. 17 E: à-peu-près parvenu du maximum au
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- Ail minimum: enfuite Stationaire. Le 1 A. B. à Petersbourg;
- Le 4 Mars 1776. Le matin mouvement Lès-petit pour lès trois Aiguilles, de 1', 3 2c i': niais de 6 à 7 h. foiv Var. de 6', 4', 6'E : de 7. à 7\y oy îE, .6, de 7-; à 8h* 4', 3', 6 0. de 8 à 8f h, 6', ior 10'Q : de 8f à 8'h- Statio-naires: de 8}h. à jjh, 5, ia, .13' E; enfuite petit mouvemerit. Ce mouvement eft le N“. 3. mais les variations iubites font remarquables. A la Haye Variation diurne régulière de 14 fans faùt : à Sparendam de 4' feulement.
- Le a Mars 1780. Ciel couvert, pluie ; mais il y a eu une A. B. la nuit, que je n-’ai cependant pas; obfcrvce. Le1 màtiri Variation très-régulière de 10', 15', ri'; Lefoir trèfc-t&f? gulière jusqu’à 9 h. mais de 9à ioh, Variations1' de io',- iy'j iô'O. c. a. d. du maximum au mi--’ nimum pour les N°. IV & N°. VI. A Mont-îaorenci , Variation diurne totale fans lâut & régulière de 13t. . ' •
- Troijibne Claijfé.
- §. 76. Ce mouvement eft un peu plus irrégulier que celui de la fécondé claffe, & furtout que celui de la premièreen ce que le faut eft un balancement qui approche d’une agitation H a irré-
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- Question III.
- n6
- irrégulière, 8t qu’il ne fe fait pas toujours dans le ions requis pour la parfaire régularité du mouvement. Des 17 jours que ce mouvement a:eu lieu, il y en a 11 pour le Périhélie, fix pour l’Aphélie: &7 d’A. B., un de foupçon d’A. B-, fix d’A. B. la veille ou le lendemain r en tout 14. ce qui fait une influence très-palpable. On a déjà eu occafion de voir que cette influence eft d’autant plus grande que les mou-: vemens font plus irréguliers.
- Voici les exemples les plus remarquables. —•
- §. 77. Février 1771. Nous avons parlé (§. 7a'.<) de l’A. B. du 19 8c de l’affollement qu’elle a produit fur l’Aiguille : de la variation régulière, mais très-grande du 18. . Le ooil y a encore eu quelque fuite des Phénomènes précédera. Le matin mouvement régulier de 4 à 5'. mais de 5 à 6h. foir Variation de 8'E. de 6 à 7h. ai K. de 7.à 8 h. i4'0: de forte que -le mouvement diurne total a été de 34V. Ciel à moitié ferein, brouillard.
- L e 26 Juin 177a. Variation régulière N°. 3. de 6 à 7 h. loir Var. 10'E. de 7 à 8 h. 16'O puis E de 1: par heure.
- Le 31 Août 1774. Variation a8': mais le' mouvement a été à-peu-près E. maximum vrai à 6h. matin. Le minimum à 5^h. foir. Var.
- de
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- Des Variations Subites &c. 117
- de 5 à 5; h. de aa'E- de 5; à 6h. 9'O. de 6 à
- 9 h. graduellement 14'O. A Sparendam l’Ai-
- guille a été Stationaire jusqu’à 6 h. du foir qu’elle s’eft mue de 2' Eft. ----
- Le 4 Septembre 1775. Pour N°. A. Variation totale de 24': mais entre 5 8c 8 h. Variation de 23'E. enfuitede7 à 8h. 15 O. mouvement N°. 3. 11 y eut encore une autre petite irrégularité, en ce que de 3 à 4h. la Variation fut de 9'E. & 4 à 5I1. 9'O. Tous ces mouvemens ont été très-petits pour le N°. IV. feulement de 8' entre 5 8c 6 h. mais de 8' entre 6 8c 7 h. 8c alors feulement de l'pour le N®. A. tant il y a de différence entre différentes Aiguilles. Le 5 A. B. à Sparendam, où la variation a été le 4 de 17': de 3 à 4h. il y eut un faut 8 0 8c de 4 à 5 h. de 7'E. La nuit du 4 au 5 Tonnerre 8c Eclairs.
- Le 9 Oftobre 1777. Variations diurnes totales de 25', a8', 19' mouvement régulier N°. 4. Le foir Variation, de 8h. à 8;h, ia’, 10', 9'E. de 8} à yh. 10', 8', 13 O. A la Haye mou4 vement diurne de 4' feulement : à Sparendam l’Aiguille a été Stationaire depuis fept heuras jusqu’à une'lieure; de ih. à ah. Var. 7 O, puis Stationaire. Le 8 8c le xo A. B. celle dû
- 10 acaufé une variation grande 8c fubite.
- L s 6 Février 177a.. Aurore Boréale.. Le H 3 matin
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- Question III.
- Ii8
- jnatin mouvement régulier vers l’O. régulier jusqu’au foir à 8h. mais de 8 h. à 9h. Var. la-E. de 9 à 10 h. 5'0- de xo. à 10 hî 8'E. en-, fuite 3'0. Variation totale de 19/ & le foir-faut de ia'- voila tout l’effet de cette A. B.
- Le 13 Janvier 1780. Le maximum eft arrivé à 6h. du matin: mais le mouvement a été N°. 4. Variation totale de 19', ao', ar> mais des à jh-18, 15', 17'E. de 7 h 8 h. 8,7', io'O.
- A Montmorenci Variation totale de 18. Sc de lo à u h. Variation fubite de te O. & 4 à 5 h. de 13'E.
- Quatrième ClaJ/e.
- §. 78. It. y a eu dans cette claffe 6.jours, dont 11 pour le Périhélie , 5 pour l’Aphélie , 4 Aurores Boréales, 2 de foupçons & 1 la veiile, en tout fept- Les j ours les plus remarquables ont été.
- . Le 5. Février 1777. Mouvement réglé de 8', 13' & io' pour toute, la journée, mais de 7, 12' & 7' E, entre 4 & 5 h.} ainfi à peu près du maximum au minimum tout d’un coup pour N°. A. fie N°, IV. L’A. B. de. ce jour n’a-pas eu d’autre influence, mais le foir elle a affoilé l’Aiguille à la Haye, qui a parcouru 24. A Sparendum la variation, diurne n’a été que de 7' Sc régulière tout lç jour.
- Le
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- Le 29 Août 1773. Variation diurne de 15', 10' & 11': mais de 3 à 4 h. Variation horaire de 14', 10', 10'E, de 4I1. Ù4!;h., de 4', 1', a'O: de 6 à 7I1. de 6', Y, 8 0. On voit que les Aiguilles font parvenues énimaximum au minimum, ou à peu près, en une heure. A la Haye Variation diurne de 15 , à Sparen-dam de 13', l’une & l’autre très-régulières, fans faut.
- Le 18 Oéfcobre 1772. Le maximum cft arrivé à 6 h. du matin-. Variation de 6 à 7 h , de 8 O. le maximum à 7ht éhfuite de 7 à 8h. 4'E: de Baçh, de 3'E* puis Stationnaire lé relie du jour. A. B. à Pecersbourg.
- Cinquième ClaJJ’e.
- $. 79. Cette claffe contient 19 jours, dont 14 Périhélies, 5 Aphélies -, 7 d’A. B. & 5 d’A. B. la veille ou le lendemain: en tout 12 jours.
- Vpici quelques exemples.
- Le 26 Août i77<5- Mouvement diurnê de 10', 11', n'feulement, mais entre 3 & 4b. Variation de 9', 7', 8'E. de 4 h. à 4}h. 6,
- 2'O:faut pour le N°. A. ênluite Stationaire, A. B. A la Haye la variation n’a été que de 5', à Sparendam de 17', très - régulière, mais
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- ïao Question III.
- le maximum eft arrivé à 5 & 6 h. du foir : du maximum à 9I1. foir Variation s'E-
- Le 30 Juin 1773- Mouvement régulier de 4' le matin. Le foir entre7 & 9I1. Var. 9 E. de 9 à 9; io'O. de 9^ à 10h. i'O- V. d. t. = 14'. Ciel à moitié fercin. Le 29 foupçon d’A. B.
- L e 5 Mars 1777. Le Matin variation régulière de 8', 8', 9' : 8c encore régulière jusqu’à 6h. du foir : entre 6 8c 7 h. Var. de 8', 17', .9O. de 7 à8h, 3', io', 5E. de8à9h. 11',10,9'E. puisStationaire. Mouvement réglé N°. 3) mais le foir par faut. A. B. à Peters-bourg, à Sparendam, à laKaye, Montmoren-ci. A la Haye le mouvement a été très-régulier le matin vers-1’0, 8c le foir l’Aiguille s’eft conftammcnt approchée de l’E, mais de 35'. A Sparendam l’Aiguille s’eft mue tout le jour vers l’E, tuais de 3' feulement. Le 6 A. B. à Franeker.
- Conclufîon.
- 5. 80. Résumant tous les jours de cette clafle, on en trouve en tout 163 , dont 56 accompagnés d’A. B, 8 de foupçons 8c 43 précédés ou fuivis d’A. B : il y en a donc eu en tout 107 qui paroiflent dépendre de ce météore : proportion du total à ces jours comme r&>»
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- Des Variations Subites &c. iai
- 160: ioo, la même à peu près qu’on a trouvée ci-deflus: d’ailleurs de ces 163 jours, il y en a 96 pour le Périhélie, 67 pour l’Aphélie, proportion comme 149: 100, pas fort différente de ce qu’on a vu ci-defliis, mais un peu plus petite, comme elle doit l’être, puisqu’ici les irrégularités ne font pas dans le genre, mais uniquement dans la grandeur du mouvement.
- Remarques générales fur les Mouvcmcits irrégulièrs dont il a été fait mention dans les trois Qucflions précédentes.
- §. 81. Résumant enfin tous les jours marqués dans la grande Table, & qui font ceux auxquels il y a eu quelque fingularité dans la varition diurne périodique, on en trouvera 519 fui'39’4, ou 100 fur 764, ce qui fait à peu près la huitième partie du total.
- De ces 519 il y en a eu 351 accompagnés ou fuivi d’A. B. proportion de 148 à 100, toujours dans les mêmes limites à peu près de 3 : 2. 11 y en a eu 307 Périhélie, 21 a Aphélie, proportion de 144 a 100 : également aux environs de la proportion de 3 : 2. Il n’oft doue pas posfiblc de méconnoitrc ici l'influence de TA. B. Sc la réalité de ces irrégularités de dif-H 5 ferons
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- IM
- Question III.
- férentes genres. On fera confirme dans l’opi1-nion de cette influence fi l’on examine -dans la Table la manière dont ces différens jours plus ou moins irréguliers font enclavés l’un dans l’autre : rien ne fauroit mieux faire connoitre leur dépendance mutuelle, ôc la dépendance générale d’un meme Principe: Mars 1774» Janvier 1773, Mai 1777 en fournirent des exemples : je uis la dépendance générale. Car je ne voudrois par affirmer qu’il n’y a aucune irrégularité qui né dépende de P A B, j’ai déjà dit que celle des mouvemens entièrement E, ou O, pourrait être une fuite du changement général de Déciinaifon, & j’en ai fourni des exemples : mais on verra ci - deflous, qu’il y a des périodes de changemens conftans de déciinaifon, qui paroiflent intimément liées à l’aétion de l’A. B.
- §. 81. On dira peut-être, que quelques-uns de ces (îuits,ou de ces oscillations dépendent de l’Eleétricité : c’eftce dont je n’ai aucune preuve} & j’ai plufieurs indices du contraire: je doute donc très-fort, pour ne rien dire de plus, qu’il y en a parmi les irrégularités quelconques dont nous venons de parler, qui dépendent de l’Électricitc, mais il. en cil d autres, dont nous n’avons encore rien dit, & dont
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- Des Variations Subites &c.
- dont il cft tems de faire mention, qui en dé» pendroient plustot, fi tant çft qu’il y en a qui en dépendent réellement.
- Les agitations qu’il s’agit de confidérer à préfent, font de petites déviations d’une minute ou deux, dont l’Aiguille rebrouffe chemin d’une heure à l’autre, en parcourant l'une ou l’autre branche de fa grande période E. O. Cette quantité elt fi petite qu’il feroit hors de toutes les Réglés de faine critique de nommer pour cela feul irrégulier un mouvement y d’ailleurs très-fenfible, & à cela feul près parfaitement régulier. J’ai cependant tenu compte de çes irrégularités dans mes journaux, marquant à chaque jour fi de pareilles vacillations avoient lieu , & leur grandeur. J’ai été mis par-là en état de reconnoitre qu’il s’eft pafle.quelquefois des mois fans que j’en ai ob-fervé : comme de Janvier jusqu’en Juin 177a; de Mai jusqu’en Août 1773 : de Juillet jusqu’en Novembre 1779: de Juin jusqu’en Oétobre 1780 &c. a°. que tous les jours auxquels de pareilles vacillations ont eu lieu, fe rnontent pour 10 années à 311 , dont i8j pour le Périhélie , & 130 pour l’Aphélie. Or, ce qui prouve que ces petites agitations font d’une nature très-différente de celles dont nous avons parlé jusqu’ici, c’efl que de ces
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- i<i4 Question IIT.
- 311 jours, ils n’en cft parmi celles-çi, que b6, qui encore fc trouvent tous parmi ceux des grandes Variations, des Variations fubites, des Variations par faut. Enfin ces petites variations font d’ordinaire d’une minute, rarement de deux, plus rarement encore, de 3': & je ne les ai vu pour l’Aiguille A , fur ce s 311 jours que 9 fois de 4', a fois de 5', & une fois de fix minutes. Je vais donner des exemple de ces mouvemens.
- $. 83. Le 10 Juillet 1780. Ciel couvert,, pluie, très-froid pour la faifon : vent NO. Mouvement règle N°. a, jusqu’à une heure, maximum à 1 h : de midi à une heure Variation a', 4', 5'0: de ih. à ah., 6', 9', 7'E: de s à 3h. 6', 9', 8'O. Enfuite E. on aurait pû nommer cette Variation de 1 h. à ah, un mouvement par faut au milieu du jour : mais, il fe faifoit dans le fens requis, fa voir vers l’Eft: la variation entre a 8c 3 h. s’eft fait a l’Oueft : mais comme l’Aiguille a été Stationaire à ce point pendant deux ou trois heures, ce n’eft pas une irrégularité. C’eft pourquoi j’ai préféré fuppofer cette 'petite irrégularité entre 1 h. & 2 h., comme due à une caufe accidentelle, que de mettre ces jours parmi les irréguliers.
- Le
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- Des Variations Subites &c. r-zjf
- Le 17 Novembre 1778. Mouvement très-régulier. Ciel couvert, brouillard : maximum à a h. De ah. à 3h. Variation de 5', 3', 3'E. de 3 à 4h, 5', 5', 3'0. régulièrementE: j’ai attribué cette variation entre 1 h. & 3 h. à une caufe accidentelle, & j’ai rapporté le mouvement de ce jour pour le foir à N°. 1. plûtôo qu’à N°. 3.
- Le r Décembre 1779. Même Phénomène entre midi & une heure, une heure & deux heures pour l’Aiguille A; rien.de pareil pour les NV IV &. VI.i ce qui confirme- l’idée de caufes accidentelles.
- O n voit par ces exemples de quelle nature font ces petites agitations.} qui comme je l’ai dit, for 311 jours en ont été 199 au-deflous de 4 minutes: en outre 180 jours au-deffous de 3' 6c la piusparr dy tems de i feulement. .
- §. 84. M. br aun a -fbuvent obfervé à Petersbourg (/) un petit balancement , un mouvement -oscillatoire de •10' donc l’Aiguille étoit agitée, & qu’il attribuoit -à l’Éleârrietté-' de l’Air: Cette oscillation , dont je ne me-fois pas apperçu ici, hors de tems d’A. B.
- (f) JHevi Cm. Pttrop. VII. p; 406.
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- ia£ Question Ht.
- avant le mois de Juillet 1774, quoique jecoii-nufle depuis longtems l’obfervation de M. braun, 6c qu’ainfi je fufle prévenu que je pourrais voir la même chofe, eftun mouvement de 8' à 9' dont l’Aiguille oscille horizontalement , mais qui ne trouble pas le mouvement E1 ou O, général. J’ai vu quelquefois de pareilles oscillations} mais elles font aflez rares. En ce cas, je prends la moitié du petit aie que l’Aiguille parcourt, pour le point qu’elle indique } par exemple je trouve, en ouvrant mon journal au hazard , le 13. Septembre 177g pour l’Aiguille N°. IV:
- à roh — 5f 11 h — 58
- lah---- 61
- 1 h — 61 ah -— 63,
- Mais à côté de l’obfervation de 10 & i i fi.-tscÿlathw de 8’: à côté de celle de. a h,./(««/-latiw a', c. a, d. que l’Aiguille f<*. mouvoity: pendant que je l’obfervois, à ioh. entre 53' 6c 6i' 6c à 11 h. entre 54. 6c 6a: 6c à ih. entre 61 6c 63.
- Quelquefois il fe fait aüsfi, mais rarement hors des-temsd.’ A. B-, ùn petit balancement vertical, c. a. d. haut 6c bas dans le plan du
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- Des Kanations Subites &c. tz7
- du méridien magnétique, mais dont il n’eft pas posfible d’asligner la grandeur.
- Il fe peut que ces petits balancemens foyent dus à l’Éle&rfcité : je n’ai aucune raifon pour l’affirmer, ou pour le nier, & je n’en ai faic mention que parceque je fuis convaincu que ce n’eft fouvent que par une attention minurieufe aux plus petits détails qu’on achette la Vérité en Phyfïque. Ceux qui fe contentent d’ob-fervations en gros, ou de fimplesapperçus, ne font pas dignes du nom de Phyfïcien.
- QUATRIÈME QUESTION.
- 5. 85. Le mouvement réglé de l’Aiguille eft-il quelquefois troublé en ce que l’heure du maximum, arrive avant midi, ou après quatre heures^
- No-us avons dit ci-deflus (£. a.) que te maximum de la déclinaifou arrive chaque jour, les quatre cinquièmes parties du tems que 1e mouvement eft régulier, entre midi & quatre heures. Nous avons dit ailleurs, qu’il arrive ausli quelquefois, favoir. à peu près la cinquantième partie du tems, que le maximum a lieu
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- 148 Question IV.
- à differentes heures du jour ,p. ex. à 9 du matin & à a du loir. On demandera donc fi ces deux exceptions à la loi générale, qui diète que le maximum de la période diurne a ordinairement lieu les quatre cinquièmes parties du tems entre midi & quatre heures, doivent être confidé-rées comme appartenant à des mouvemens irréguliers, & fàifant rentrer dans la claffe des jours irréguliers ceux auxquels elles ont lieu. Il ne fera pas difficile de repondre à ces Queftions.
- §. 86. Mais il ne fera pas inutile de faire remarquer auparavant que cette loi des quatre cinquièmes clu tems, que j’avois établie dans mes Recherches, n’y a etc déduite que de quatre années d’obfervations, que fi l’on prend les cinq années luivantes on trouve une Loi un peu différente. Car fi des 1843 jours d’obfer,valions pour ces cinq années on ôte 117 jours d’agitations irrégulières, il reliera 1706 jours de mouvemens réguliers : fur lesquels il y en a eu 1489 auxquels le maximum eft arrivé entre midi & 4 heures : ce qui lait les trois quarts du tems, & il en refte un quart pour les autres jours, auxquels l’heure du maximum tombe hors des limites de midi & de quatre heures. Par les dix années on trouveroit à peu près les J du tems.
- Enfin,
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- Des Heures du MaxJmmlh tuf
- Enfiü, le nombre des jours auxquels le jnaxmtm eft arrivé hors des dites limites 4 a été:
- En 177* dè ie>4 En 177<5 de
- »77a — 71 1777 — i«3
- 1773 — H 1^78 — 108
- 1774 — ni 1779 — 81
- i?7S no *780 — 91
- 489 53^
- Cé qui fait en tout £019 fur 35973buts d’ob-fer varions. On voit par là combien le nombre de ces jours a cru dé 177a à 1776: 8c décru de 1776 à 1780. Y auroit-il quelque période dé quàtfe ans? On voit ausfi que fi des 530 jburs i qui ont lieu pour les cinq dernières années, on eh ôte 104, pour les irréguliers qui fe trouvent parmi eux, il en refte 416, qut font le quart des 1706 dont nous avons parlé; Ceci pofé fur la nature de cette Loi, revenons à la Queftion.
- §. 87. L’A 1 g u 11. x. e aimantée a très-certainement, au moins ici, & en quelques autres endroits, përidant un certain tems, un mouvement régulier, par lequel elle achève le plus fouvent, (& même les du tems de tous
- TOME III. I les.
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- 130 Question IV.
- les mouvemens régulière,) une feule période, dont la brandie du matin s’étend vers l’O, celle du foir vers l’Eft: mais rien de ce que nous connoiflons a priori de ce mouvement peut nous porter à établir que le maximum doit arriver tous les jours à la même heure : qu’une des branches ne peut pas exiger, quelquefois plus, quelquefois moins de tems, pour être parcourue: quelquefois trois heures p. ex. au quel cas le maximum arrivera à 9 h. du matin \car nous luppofons les obfervations commencées à 6h.) : quelquefois 6 h., & le maximum arrivera «.midi: quelquefois ia heures, Scie maximum aura lieu à 6 h. du foir. Il n’y a dans tout cela rien d’oppofé au mouvement réglé : & il arrive très-fouvent que le mouvement eft parfaitement régulier, même N°. 1, quoique \cpiaxi-mum arrive avant midi, ou après 4. heures : cela a eu lieu 30 fois en 1771 p. ex. de même le 19 •Novembre 1773 on a eu,
- mat. 7 h. — 17'
- 8 ---- vi
- 9 — a3.'
- 10 h. - il'}
- Enfuite conftamment vers l’Eft: le foir 1 10h. 15 .- Le maximum a eu lieu à 9I1, & le mouvement a été N°. 1. parfaitement régulier.
- Il
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- Des Heures du Maximum. 13*'
- Il y a furement quelque caufe pour laquelle le maximum arrive tantôt plus tard, tantôt plus •tôt: & comme il a lieu ordinairement entre midi & 4 h, cet intervalle de tems fera celui qui eft une fuite de la caufe ordinaire, & toute autre heure fera une déviation de cette caufq : mais & cette caufe ordinaire, & celle de la déviation nous font inconnues.
- ’ Ç.88. Il arriveausfi qu’outre la grande, période, l’Aiguille parcourt encore le matin, avant que de la commencer, oula branche E-, d’une période précédente, ce qui arrive les du tems Ça) , ou qu’elle achéye la branche O, &
- (a) J'ai discuté dans la fécondé Parti? dç rocs lte= chercha §.39 & 40 & 113. fl l'Aiguille achevé une période noélurne complote. J'ai fait mention des Qbfer-vations du Pcre cône ? ce.fujet; Jes obfetvatipns détaillées qu'il a faites depuis 1778 prouvent que de 4 h. (Ju m filin jusqu'à 7 ou 8 h., l'AiguiJJe achève finirent fa' branche E, ce qu’oji apperçoit encore daps Iss nombres moyens. Je ne çonjmençe qu’à 6\u dp matin, ainlî il 11’eft pas étonnant que je trouve fouvent quelque refte de ce mouvement oriental. J’ai fait yoir ausfi §. ri.j; par les obfervations de M. canton qye l'Àiguijle fe rapproche fouvent vers l’O de 8 ou 9 Si du £bir jusqu'à une heure de nuit, quoique moins fouvent que ver» î'Eft dans la proportion de 58: 75 ou de 4: 5 ; il n’ciî donc pas encore étonnant que j’obferye le foir une par-
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- rÿo Que sti® n IV.
- Sc parcourt la branche E. de cette période précédente : ce qui n’a lieu que la centième partie du tems. Il peut donc arriver que le maximum vrai tombe encore dans l’une ou l’autre branche de cette petite période, & arrive par conféquentou à 6h. du matin, ou à quelqu’au-tre heure avant midi, fans que pour cela la régularité de la grande période en foit le moins du monde troublée, & que le maximum de celle-ci, mais qui ne fera plus qu’un maximum relatif, tombe [dans l’intervalle accoutumé: p. ex. ®n a eu le 8 Avril 1773:
- mat. 8 h---64'
- 9 h •— 64' jo h — 5z 11 h — 51
- la h -- 53
- ih --- 54
- 4-3h — 55
- Paffc 3 h. mouvement conftant vers l’E. 1« maximum vrai à 8 h. le rélatif à a & 3 h. apres midi : Sc la grande période parfaitement régulière.
- $. 88. .
- tie de cette branche O. Peut-être l’Aiguille a-1-elle la nuit une féconde période OE, comme morter l’a Soupçonné.
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- Des Meuves du Maximum. rgg
- §. 89. Il en eft de même du foir. L’Aiguille peut avoir achevé là grande période, & en recommencer une autre , ce qui arrivé les ft-ï du tems, ou en faire une fécondé, c. a. d. les deux branches O 8c E, ce qui arrive les T§s du tems : ou même en commencer encore une troifième, ce qui n’arrive que les 7J* du tems, en tout cette troifième forte de mouvement a lieu les fê? du tems, tout comme la fécondé forte (§. 87,). Or il çft évident que le mouvement réglé n’en eft pas troublé, mais qu’il conferve fon maximum relatif, même entre les limites, ordinaires, quoique le maximum de la 4e, oq de la 9e période puiflb fiirpaffer celui de la grande principale pério-. de, 8c que par conféquent quoique le maximum vrai arrive paffé les 4h. du foir, ou même à 10b., c. à d. à la dernière obfervation• çn voici des exemples.
- Le 14 Août 1777 maximum de la grande
- période à x. 8c a h 19 puis graduellement E, 8c à 9b 14
- iob 17-
- X I h 40:
- maximum vrai.
- I 3 te
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- IV.
- V3i <3 «r E s T I o N
- Le a8 Septembre 1777 Maxim, de la gr. per. à ali. fcqq. 29
- à 6h. a5
- 7h, 8h, 9I1. 26
- ïo h. 29
- toi- 31 -
- A. B. iof 29
- xi h. ag
- Maximum vrai à iOyh.
- §. 90. Enfin ces deux mouvemens N°. a & N°. 3. peuvent fe combiner, & produire le N". 4, de façon que l’Aiguille parcourt le riiatin, ou une feule partie, ou les deux parties d’une période antérieure : achève enfuite fa grande période, & qu’après l’avoir achevée, elle parcoure encore un partie, ou les deux parties d’utle période fuivanté &c., ce qui, avec toutes les modifications posfibles, n’a lieu que le du tems. Or, onpeüt remarquer, que de même que le N°. 4.'cil moihs fréquent que les N°. 3 & a, & que ceux-çi le font moins que le N°. 1, que les modifications du N°. a & 3. le font d’autant moins qu’elles font plus compliquées : les modificatiohs du N°. 4. le font ausfi, à mefure qu’elks font plus com-plettes: de forte que, tandis que le N°. 4. lui-même n’a lieu que les -*4» parties du tems,
- fe
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- Des Heures, du Maximum.
- fa première modification arrive les T|a ; fa fécondé les ris : & qu’il ne relie que les pour les fept autres modifications erçfemble. DJoù il fuit, qu’il y a pour ainfidire , un feultype .général de mouvemens réguliers, dont toutes les autres fortes ne font que des Variations & des modifications.
- §. 91. iLenrcfulte, qu’il peut arriver que le maximum ait eu lieu, ou à 6 h. du matin, ou à 10 h. du foir, ou a telle autre heure avant midi ou après midi, fans qu’il y ait pour cela d’irrégularité proprement dite : cela dépend uniquement de l’extenfion 8c du nombre des périodes : il peut même arriver que le maximum ait lieu à différentes heures du jour, puisqu’une période peut égaler l'autre en grandeur, 8c .avoir par conféquentle même maxi-qui,, fe . txoyyera répété... a chaque période.
- . Exemple. Le 8 Janvier 1777.
- Matin 6h. — 14'
- 4 h.:--- :
- 1 h. --- 14
- Le maximum fe trouve 8c dans la période, antérieure, 8c dans la grande période,.
- §. 92. Il n’y a donc proprement d-’irrégu-I- 4 li«t\
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- SfcS <3 U * » T I • N V.
- lier pour l’heure du maximum que <5h. du ms-tin ou roh. dufoir, dans les'fouis cas auxquels^ l’Aiguille fe meut tout le jour vers l’Ell, ou vers 1*0} &, pour les jours d’Agitation irrégulière , toute heure qui fe trouve dans lo tem,s de l’agitation, puisqp’alors les mouvemens même font irréguliers : enfin, ce. que nous avons nommé faut peut produire ausfi de l’irrégula-ritc dans l’heure du maximum.
- Qu oi que je ne croye' donc pas que les joiirs auxquels le maximum:'arrive avant midi ou apres quatre heures, foyerit pour cela foui réellement irréguliers, s’ils ne le font pas d’ailleurs, je dois faire obferver que j’ai remarqué plus d’une fois , que quandle maximum n’arrivoit qu’à 5 bu 6h. du’foir, il sViiluiVoit; quelqu’Aurore boréale. •
- CINQUIÈME QUESTION,
- 8- 93. Déclinaifon, foit moyenne du jour, foit vrayje, change--1-elle quelquefois fubitement & par faut d’un, jour à l’autre, foit pour fo rétablir inceflammçnt, foit pqur relier quelque tems, ou longtems, ainfi changée, & fe rétablir enfuite?
- Je
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- Hes Changent, gênir. de DécMnaijon. 133
- J b no mets pas au rang des Variations dont il s’agit ici, celles que l’Aiguille éprouve du matin au midi, du midi au foir, par fa Va» riation diurne, quelques grandes qu’elles puis-fent être, à moins qu’il n’en'refaite dans la grandeur de la déclînaifon un changement, qui influe non fur la période diurne, dans laquelle tout fe remet en équilibre le jour même, mais fur la déclînaifon des jours fui-vans, & leurs rapports aux précédons.
- Quand il arrivé une agitation irrégulière, par laquelle P* Aiguille parcourt en un jour, & même en peudé momens, 30, 40, 50, ioo, a8o minutes, il fe fait certainement un changement fubit, par faut, 8c très-confidérable de déclinaifon vraye : & ce changement influera , ou n?influera pas fur la déclînaifon. moyenne, félon que les irrégularités ne fe corn-penlënt pas Ou qu’elles fe compenfént : mais ce n’eft pas'de ces fortes d’irrégularités que nous parlerons ici : nous ne parierons que dés chan-gepiéns qui ont lieu, foit fans agitation irrégu- gulière précédente s foit à la fuite de ces agitations, 8c qui fubfiftent plus 04 moins long-terris après que ces agitations ont difparu, & quoique le .mouvement diurne foit dérechëf devenu très-régulier.
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- §. 94- J e ne répéterai pas ici tout ce qtfe j’ai dit dans mes Recherches fur les changemens annuels, ou menftrucl» de déclinail'on : ni lur la marche non uniforme de ce changement: point que je crois avoir mi hors de tout doute parun grand nombre d’obfervations. J’ai prouvé ausfi que l’A. B. exerce fur les Aiguilles un fécond effet, très-différent de celui d’agitations irrégulières, dont nous avons parlé, fa-voir, que La déclinaifon moyenne augmente ou diminue beaucoup a l’apparition, ou après l’apparition d’A. B, quoique l’Aiguille n’éprouve pas la moindre irrégularité dans fes mouvemens, ou quand même,, fi elle, en é-prouve, on fait abftmétion de qesjpurs-.là. Je faifois obferver que cette augmentation & diminution reftoient fouvent telles à quelques légers changemens près, pendant des femaines, des mois &c ; je me hazardois enfin à conjecturer qu’on doit peut-être attribuer à cette caufe une grande partie des changemens de déclinaifon qu’on obferve, & je me flattois d'indiquer par-là, entre l’A. B. & Je Magnétisme, un nouveau rapport qui produit dans la Déclinaifon des changemens qu’on ne fauroit attribuât au Magnétisme de la -Terre.
- $• 95. Pour démontrer tous c»spoints, je ( doir-
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- Des Changent, gênêr. de Déclinaifon. 139
- donnois des Tables qui contiennent pour tous les jours des années 1771, 1771, 1773 ics Dc-clinaifons moyennes de chaque jour 8c leurs variations, 6c je faifois attention à toutes les variations les plus remarquables. Pour pouvoir fuivre ici la même voye, il me faudrait donner encore de ces Tables, 6c entrer dans des détails également nombreux, ce que les limites de cet Ouvrage m’interdirent) on peutd’aiileurs recourir pour les détails à mes Recherches: je me contenterai donc de ce court refumé, 6c je vais confidérer cette matière fous un autre point de vue. Je discuterai les périodes des grands changemens, des changemens conftans arrives à la Déclinaifon. Je ferai attention aux époques du commencement 6c de la fin de ces périodes, ainfi qu’aux variations qu’elles ont fubi: 8c pour abréger, je ne parlerai gucres des changemens, quelquefois aflez remarquables , qui ont eu lieu à différons jours dans le tems de chaque période., depuis 1771 à 1774: mais je pourrai, félon l’occafion, dire un mot de ceux qùi font arrivés dans le tems des périodes de 1774 à 1784, pareeque je n’en ai encore parlé nulle part.
- E N discutant mes Obfervations faites depuis •1771 jusqu’à la fin de 1781 j’ai trouvé que les changemens de fa Déoliflùifcm, feonfiderce en gé-
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- Question V-
- 14*
- général, & dans fes progrès confccutifs, ont parcouru vingt trois périodes, que nous allons décrire, 6c qui paroiffent toutes la fuite d’A. B.
- I. II. III. IV. 1771.
- A.B.-A.B. A.B.-A.B. A.B-: -AB. (*)>
- §. 96. I. En Janvier la déclinaifon moyen* ne a été à peu près de 190. 30'. a continué jusqu’au 8 de Février : mais ce jour l’Aiguille a eu un mouvement régulier de ao', de dix desquelles elle s’cft rapprochée de l’E. Du 8 au 9
- (4) Pour qu'on pût voir d'un coup d’oeil, & par récapitulation, quelle eft l’influence de l’A.B. fur les chan-gemens de déclinaifon, j'ai mis à. la. tête de chaque période les titres A. B — A. B, qui indiquent que le commencement & la fin de la période dont il s’ag’t font marquées par A.B: A. B —, ou — A. B, defignent que je n'ai pas connaiflance d’A. B. vue à la fin, ou au commencement de la période : & A. B — ab — A. B , ou A, B. — * — A. B, qu’il; y a qu dans la période même quelque époque très-remarquable, accompagnée, ou, pour autant que j'en fuis infttuit, non accompagnée d'A B : L. 7. indique la lumière zodiacale, qui agit ausii fur les Aiguilles. Enfin je dirai que j’ai d’abord étudié les journaux de mes Obferrations pour connoirre les époques les plus remarquables de changemens & qu'enfuite j'ai comparé, ceux-ci avec les Obfervations d’A. B. .dont j’ai formé depuis longtems des liftes pour mon ufàge.
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- Des Changent, gêner, de Déclinaifen. 141
- 9 changement de déclinaifon moyenne de 8'El 2c l’Aiguille n’efi: plus revenue aux environs de 190. 30' que le 29 de Mars, quoique le mouvement qui l’y a ramené , ait commencé le 27 du mois. Le a6 Mars Déclinaifon moyenne 19% 18. 5'.
- Les 7, 8,9, 10 Février Aurores Boréales à Petersbourg 2c à Berlin ; le 26 Mars à Pe-tersbourg.
- II. Depuis le 2,7 Mars la déclinaifon moyenne' a augmentée graduellement, quoiqu’avcc des Variations jusqu’au 8 de Mai. Le 8 Mai A. B. Le 7 déclinaifon moyenne 190. 56, 3': Le 8, 190. 53, v.
- III. Du 8 au 9 Mai la déclinaifon moyenne a décru de 17'j: 2c quoiqu’il y ait eu dans cette période des augmentations , l’Aiguille ne revint à 190. 50' ou au delà que le 13 Juillet , 2c conftamment, pas avant le 17 Août. Le 16 Août Déclinaifon moyenne 190. 20'.
- Le 8 de Mai le mouvement fut réglé, quoiqu’il y eut A. B. à Petersbourg: le 9 il fut également régulier, mais de 35': diminution, de 33' du maximum au foir, 2c encore de 4'E. la nuit : de forte que du 8 au 10 le matin il y eut une diminution de 24' E.
- JV. Le 16 Août l’Aiguille eut un mouvement E. O. de 29'. ( §. 68. ) la nuit du 16 au
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- v.
- i4a Question
- 17 la dcclinaifon augmenta de 4' 8c du 16 au 17 au matin de 30': le 17 mouvement régulier : voila un faut conlidcrable , 8c cette augmentation de Dcclinaifon au de-là de 19°. 50' dura, avec des variations de diminution 8c d’augmentation, jusqu’au 16 8c 17 Mars 177a. Je ne fâche pas jusqu’à prcfent qu’on ait vu quelqu’Aurore Boréale le 16 Août: mais bien le i4. Le 45 Mars 1774 il y eut à Petersbourg une A. B. qüi ne fit d’autre effet ici que de produire une grande Variation de 16'E du maximum au foir , dont 14' par une variation fubite entre 6 & 7 heures.
- V. VL VII. VIII. 1774.
- A. B-: -A.B: A.B.- * -A.B: A. B.-ab-A.B.
- §. 97. V. L e 45 Mars 1774 la Déclinaifon moyenne croit de près de 40°. 4'. Elle a beaucoup diminué (favoir de 10. 6') du 45 au 46, & de 4, 9' du 16 au 27. Elle s’eft fou-tenue dans cette diminution jusqu’au 46 Mai, quoiqu’avec des Variations d’accroiffement & dç diminution, peu confidérables pour notre objet, mais aflez remarquables pour chaque jour en particulier, 8c toujours aux époques d’A.
- B. furtout du 7 au 8 : le 8 A. B. du 8 au 9: du 9 au 10. ,Le 45 Mai D. m. 190. 47'.
- Nous
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- Des C/iatigem. génér. de Déclinaifon. 143
- Nous avons dcja dit que le 16 Mars il y a eu A. B. à Petersbourg j le 28 il yen a eu une ici, mais qui n’a pas affeété l’Aiguille. Je ne fâche pas jusqu’à préfenc qu’il y en ait eu le 2.5 de Mai.
- VI. Du 26 Mai au a Juin la déclinaifon moyenne a confidérablemcnnt diminuée, l'avoir de 32^'} tous les jours de plulieurs minutes, mais par faut de 8,8' du 29 au 30. Le 19 maximum à 6h. matin, & à ah. le loir Variation E de 10': la nuit de a E : 1030 matin de 8 'à 9 h. Variation 5'E: de forte que du 29 au 30 à 9 h. du matin il y a eu une différence de 13'E. Le 31 du matin au maximum l’Aiguille à parcourue 3'O : mais du maximum au loir I5'E : du 5 au 6 Juin la Déclinaifon moyenne a encore diminuée de près de 8'. l’Aiguille, s’eft foutenue dans cette diminution de déclinaifon, quoiqu’avec des Variations, jusqu’au a de Juin. Elle n’eft même plus revenue au point où elle étoit le a6 Mai, ou auparavant. Le ao Juin D. m. 190. 19.
- VII. Le ai de Juin 177a il y eut une A. B, qui affolla l’Aiguille (§. 45.) & qui pro-duifit une diminution fenfible dans la Déclinaifon: depuis cette époque elle a généralement été plus petite de 16' qu’avant le 6 & le ai de ce mois. Le 25 il y a eu de 6 à 7Î1. du
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- tH QüBSTlbN V.
- matin une variation de n'E: de 7 à 8h. fié 7'E: le maximum a été comme à 6h. du matin : 8c la variation a été du maximum au loif dc7'E: la nuit de n'E; Les 26, 27, 30 Juin il y a eu des Variations fubites (v. §. 741 77. ), & le 29 il y a eu le foir une agitation irrégulière, mais qui n’a pas beaucoup influé fur la Déclinaifon moyenne. Le 7 Juillet D. m. 19°. 9.
- Après les agitations des 8, 9 & 10 Juillet (§. 46.) nouvelle diminution: du 10au 11 dé 30': du 13 au 14 de 13, 7'. Le n à ioh. du foir la déclinaifon étoit plus petite de 27' qu’à 6 h. du matin : 8c le 14 à 6 h. matin plüs petite de x 5' que la veille à pareille heure : en un mot la Déclinaifon n’a presque fait que diminuer jusqu’au 30 du mois, qu’elle étoit de i° plus petite qtie le 26 Mai 8c à 180. 45’. Il faut furtout remarquer dans cette fécondé partie de la Période la Variation de déclinaifon nioyen-ne qui s’eft faite dü 18 au 19 de 14' O. Le 18 foupçon d’A. B. du 19 au 20 de 15,3' E : d'u 24 au 25 de 23'E 8c qui n’a paS regagné dans trois jours eonfécutifs que 11' pour dimii nuef derechef les 2,9 8c 30.
- Les 25, 29, 30, 31, on a vu l’A. B. 3i Petersbourg, j’en ai eu foupçon ici les 25 8c s6. L’influence de ce météore a étc fi forte, quef
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- Des Changent, gênêr. de Déelimift». 14g
- flue la Déclinaifon vraye n’eft pas revenue à l'f- ni à beaucoup près jusqu’en Août 1774.
- VIII. Depuis le 30 Juillet 177a, la Déclinaifon, après avoir un peu augment du 4 au 5 Août de 6' ( le 6 A. B. à Petersbourg), s’eft foutenue entre 180. 56', Sc 180. 40'jusqu’au 17 Septembre, ce jour i8°. 53ï. Du 17 au 18 Septembre Variation E. 10'. Le 18 petit mouvement : le 17 au contraire fort grand: de forte qu’entre le midi du 17 & le midi du 18 il y eutune variation E. de aa'. Du 18 au 19 la déclinaifon moyenne changea encore de 4}': mais die fe foutient enfuite aux environs de 180. 40' jusqu'au 1 Oâobre, qu’une A. B. affoiiapuis-iamment l’Aiguille, êc diminua dérechef la Déclinaifon. Mais du 3 au 4 elle revint au point où elle étoit le 1, du 3 au 4, à 7 h. du matin la Variation fut de 16' O. Du 6 au 7 forte diminution de 13': ausfi la différence fut elle de 13 E. le 6, du maximum au foirj & la nuit du 6 au 7 Variation ai'E. Le 5 A. B. à Marfeille : le 6 à Bruxelles: & l’Aiguille n’eft pas revenue de l’Année au point ou elle étoit le 1 Ottobre. Je ne parle pas des Variations intermédiaires qu’il y a eu, caufées par des A. B. le 14, le 16, le 27, & les agitations qui ont fuivi celle-là pendant deux jours (§. 57). Le 30 Oftobre la déclinaifon étoit comme le TOME III. K 25
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- 14S Q VI ! TI ON V.
- 05 il 180. 18': en Novembre jusqu’au 19 Décembre elle s’eft Contenue comme en Octobre. Du 18 au 19 ladéclinailon moyenne a augmenté de 6' par la grande Sc fubite variation du 19: du 19 au 20 encore de 3': augmentation qui, avec des légers changemens, s’eftfoutenuejusqu’au 15 de Janvier 1773 que la d. m. étoit de 180. 31'. Or, le 18 Décembre A. B. à Pe-tersbourg & à Berlin, le 20 à Petersbourg & Marfeille. Le 15 Janvier 1773 à Petersbourg & le 16 à Petersbourg & à Zutphen.
- IX. X. XI. XII. 1773. AB.-AB: AB.-LZ.-AB: AB.-AB.: AB.-AB.
- §. 98. IX. Le 15 de Janvier 1773 le mouvement a été petit ici: le 16 il s’eft fait tout le jours vers l’O & a été de 16': la déclinailon a commencé à augmenter ce jour. Les 17, 18, 19 affollemens; du 19 au ao accroiflement de 8,6': augmentation qui s’eft foutenue jusqu’au 2 de Février. Le 1 A. B. a Petersbourg: & d. ta. ici de 18°. 48.
- X. La Déclinaifon après avoir diminué de 11' du 1 au 3 de Février 1773 a continué fur ce pied-là, quoiqu’avec quelques changemens, mais peu confidérables pour notre objet, jusqu’au 10 de Mars. Le 9, d. m. 180. 29': le
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- Des Changent, ginir. de Déclimifon. 147
- 17 de Février il y eut à la vérité un affolle-ment, mais qui. n’a pas influé fur la Déclinai-fon moyenne. Du 9 au 10 Mars la variation a été de 14'0,'ce qui provient du grand mouvement qui a eu lieu le 1.0, 6c qui. a été de 15 du matin au maximum, 6c du. maximum au foir feulement de 10 . Ce jour belle lumière zodiacale à Montmorenci. Je ne parlerai pas des Variations du 13 au 14 (le 13 6c 14 À. B.) ou du 15 au 26, 6c du %6 au 17, parcequ’elles font dues aux affollemèns des. 13 6c 16: 6c qu’eux pafles, la dëclinaifon étoit au même point ou à-peu-près qu’auparavant, ce qui a duré jusqu'au tyd’Avril. Le 16 d. m. 180.31'.
- XI.. Le 17 Avril 1773 (A..B.) affollemént, qui a fait décroître la déclinaifon moyenne non feulement pour le lendemain, mais encore dç façon que, quoique l’Aiguille fe foitavancée le 18 de jj'Q, Ja.déclinaifona refté depuis le ai (lé oo A. B.) plus petite qu’auparavant, 6c n’eft plus revenue conftamment au deflus de i8°. 30' comme elle l’étoit avant le 17 Avril, qu’à la fin de Septembre. Du 16 Avril au 1 Mai le changement a été de 21'. Le 1 Mai d. mv 180. 19'. C’eft dans cette pofition que l’Aiguille s’èft foutcnue jusqu’au 16 de Septembre,7 quoiqu’avec des changemens continuels tantôt vers l’E tantôt vers l’O, dont les K 1 plus
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- ï48 Question V.
- plus grands tombent toujours à des jours d’A. B. quoique ceux-ci n’ayent pas agité l’Aiguille irrégulièrement.
- XII. Le 16 Septembre 1773 la Déclinaifon a commencé à croître, & à fe remettre au point où elle étoit au commencement d’Avril : ce qui a duré jusqu’au 18 d’Oftobre, mais avec des variations produites par des affollc-mens&desA. B.
- Le 16 de Septembre la d. m. étoit de 18°. aq'. Ce jour, grand mouvement, très-régulier de 15' en tout, & pour le matin; de 5’ feulement pour le foir: de forte que la Variation fut de 11'O du 16 à 10I1. jusqu’au 17 à midi. Le 15 A. B. à Berlin. Changement de Déclinaifon moyenne du 16 au 17 de 8' & du
- Les 19, ao, 11 Oétobre il y a eu des af-follemens par A. B. & c’eft le ai que la décli-naifon s’eft trouvée diminuée de 19' depuis le 18: elle s’eft foutenue dans ce changement, de 18®. 14' avec quelques différences dont les extrêmes font de 10'au delà ou de 7' au deçà, jusqu’au 1 Janvier 1774, fàuf les Variations cau-fées par des affollemens & des A. B.. Le 31 Décembre D. m. 180.14., 6'.
- XIII.
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- Des C/langent, gêner, de Dédinaifon. 145
- XIII. XIV. XV. XVI. 1774. -A.B: A.B.-A.B: A.B. - * -A.B: -A. B.
- §. 99. XIII. Du 31 de Décembre 1773 au 1 Janvier 1774 la dédinaifon a été de 7': le 31, l’Aiguille a été Stationaire: le 1, mouvement de 9' du matin au maximum, & de 3' feulement du maximum au foir. Jusqu’à préfent je n’ai pas connaiflànce d’A. B. vue avant celles des 10 8c 1 a Janvier, qui ont afFollé l’Aiguille. Cette augmentation s’eft foutenue tout le mois, de forte que le maximum de Décembre a été à 3 minutes près le minimum de Janvier, qui a été furpafle par fon maximum de 13'. En Février la dédinaifon a encore un peu cru, mais graduellement : en Mars il y a eu quelque diminution, caufée par les nombreux aftbllemens de ce mois, 8c qui fe font faits le plus fouvent vers l’Eft: mais la grandeur de la dédinaifon de Janvier, c. a. d. aux environs de 180.30', s’eft foutenue jusqu’en Juillet : en Juillet elle a augmenté en général, mais elle a été fujette à plus de Variations j cette période a duré jusqu’au commencement d’Août.
- Les Variations les plus confidérables qui ont eu lieu dans cette période, ont été les fui-vantes.
- D u a8 au 29 Mars, changement de i6' 0 :
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- ï5® Question V..
- du 49 au 30 de il' E. Ces trois jours les mou-vemens diurnes ont été grands Sc réguliers t mais le 49 avec une Variation fubite de 16' E. entre 6 & 7 b. du foir. La nuit du 48 au 49 Var. 14O. Or le 47 A. B. à Petersbourg^ avec affollement ici: le 30 encore à Peters-bourg : & le 31 ici avec affollement le loir.
- D u 8 au 9 Mai changement de déclinaifon moyenne 1 i'E : Variation noéhimc du 8 au 9 de 6'E- Mouvement régulier les deux jours.' Le 8 A. B. à Petersbourg, 8c le 10 ici, fans influence fur l’Aiguille.
- D u 7 au 8 Juin changement 11'E : du 8 au 9, 13' O. ‘ Le 7 mouvement régulier N°. 1. le 8 N°, 4. l’un 8c l’autre de 14: mais le 8 maximum vrai à 7h. du m. Le 9 grand mouvement très - régulier de 30', mais feulement de 12' du maximum au foir. Jusqu’ici je ne fâche pas d’A-B.
- Du il au 14 Juillet Variation de Déclinai-fbn moyenne 15;'. Le 14 mouvement régulier de 49, N°. 3. Le 13 foupçon d’A. B. ici 8c agitation irrégulière tout le jour. Le ^mouvement régulier de 13': du 13 au ^changement de 43'E, du 14au 15. 18 E. Le 15 mouvement irrégulier au milieu du jour. Or, le 14 d’A. B. vue à Marfeille. Tout cela dépend donc d’A. B. En Juillet la d. m. a été entre
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- Des Changent, gêner, de Déclinaifon. 151
- ï8°. 53 & 180. aa (le 14) 8c réellement de 190. 41'.
- §. >03. XV. Du 31 de Juillet 1774911 1 Août changement de Déclinaifon moyenne de 8/0. Ces deux jours 8c les fui vans mouve-mens réguliers. Le 1 8c 3 Août A. B. ici. C’eft ici l’époque de la grande augmentation qui a eu lieu pendant ce mois, jusqu’au 30. Le 1 la d. m. étoit de 180.44’, 8c elle a cm graduellement jusqu’à 190. 23, 7': &a été en génénl de 190. \. Du 30 au 31 il y a eu une diminution de 9. qui a continué enfuite, mais non obftant, la déclinaifon eft reliée jusqu’au 8 d’Oétobre (A. B,) plus grande qu’elle n’ croit en Juillet ouïes mois précédais: car la déclinaifon moyenne du mois a furpalfé en Août de 49'celle de Juillet: 8c en Juillet de,14'celle de Juin, tandis que celle de Septembre n’a été que de 8' plus petite que celle d’Août.
- Dans cette période les plus grandes 1 anations fans affollemens ont été du 16.au 17 de 9'E; du 17 au 18 de i6 0. Le 16 mouvement régulier N°. 1, de 21'le matin, de7'le foir. Le 17 mouvement régulier de 10': le 18 tout le jour O: A. B. à Petersbourg le 13 > ici le 11,. En Septembre il y a eu de fréquentes A. B. accompagnées d’atïollemens.
- K 4
- XV,.
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- X5% Question V.
- XV. L e 8 Octobre 1774 il s’efi: ouvert une nouvelle époque très-remarquable. La Decli-nail'on, qui étoit le 7 de 19“. la, 4, a décru du 7 au 8, de 8, 3': du 8 au 9 de 15, 7 : du 9 au 10 de 6, 8': du 10 au xi de 4,4': en tout du 7 au 11 de 36', & l’Aiguille a continué dans cette diminution jusqu’au 19. Ce jour mouvement très-régulier de 8' matin : do ai' le foir. Du 19 au ao Variation de 14VE: le ai léger affollement,après lequel la Déclinaifonmoyen-ne a continué de décroître jusqu’au a6 : de forte que du 19 au 16 le changement a été de 34' E. & du 7 au 16 de 58 E. Le 26 Décli-naifon moyenne de 180. 5,4'. Le 17 la décli-naifon a un peu augmenté : mais en général elle a perfifté dans cette diminution confid érable, favoir entre 180. 4' 8c 18°. 2.2', jusqu’au 17 de Décembre qu’il s’en eft fait une nouvelle. Or, le 6 Oétobre A. B. à la Haye : le 8 à Sparendam 8c à Petersbourg: mouvement régulier ici mais de 30': du matin au maximum de 8' : du maximum au foir de a8' : voila l’origine de cette grande diminution. Le u Oéto-bre A. B. içi: le 27, terme de la -diminution à Petersbourg: ici mouvement, N°. 3: mais le maximum vrai à 6I1. le a8 mouvement très-régulier.
- §. xoi.
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- Des Changent, géaér. de Déclinaïfon. 153
- §. iox. XVI. Le 16 de Décembre 1774 la Jécliruiifon a derechef commencé h diminuer: elle étoit le 16 de 18°. 13: le changement a été du 16 au 17 de 2'E. du 17 au 13 de 8i : du 18 au îçdeai : du içau ao de u : duao au 21 de 4 : de ai au a2 de 4': en tout du 16 au aa de 31'. E. L’Aiguille a perfillcc dans cette diminution, finis jamais revenir au point d’où elle étoit partie jusqu’en 1781, 8c plus particulièrement jusqu’à la mi-Avril 1775 qu’il s’eft fait une nouvelle diminution.
- Les 16 8c 17 de Décembre les mouvemens ont été réguliers, mais grands} 8c le 17 il s’eft fait entre 5 8c 6h. du foir une variation de 17' E. Le 18 8c 19 l’Aiguille s’eft mue tout le jour vers l’E, de 15 8c 16'. Le oo Stationai-re: le 21 tout le Jour vers l’E. de 11'. Voila la caufe dç ce changement. Jusqu’ici je n’ai pas connaiflance d’A. B. obfervée entre celle du 4 à Marfeille, 8c du»a6 à Sparendam 8c à Pctersbourg.
- Dans cette époque les plus grandes variations, ont eu lieu du a3 au a4 Février de 13 E, l’Aiguille ayant parcouru le a4 du matin au maximum a, 8c du maximum au foir 19} A. B. à Petersbourg le 23. Du 7 au 8 Mars de 10'. O: du n au 12 de 11'E, du ia au 13 de9'0. Jusqu’ici je ne fâche pas d’A. B. vue entre K 5 celles
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- Question V.
- celles du i Se du 19, époque à laquelle 011 a eu, des A. B. & des AfFollemens tous les jouçs.
- XVIT. 1-75-A. B.—:
- §. ioa. XVII. Le 15 d’Avril 1775 on a eu une A. B. qui a aflfbllée l’Aiguille. Depuis ce jour, la déclinai l'on elt reftée conftamment plus petite que les mois précédais, étant le 14 de i-°. 36. 4', & ayant diminué du 14 au 15 de 11-}: Enfuite graduellement, les derniers jours du mois : de forte que du 1 Avril du 30 il y a eu une diminution de 16. La déclinaifon refte ainfi diminuée c. a. d. entre 170. 14' & 170: en. Mai, Juin, Juillet, (de forte qu’elle ne parvint pas même en Juillet, au point où elle étoit en Juin,) en Août, en Septembre (encore plus petite , ) & jusqu’au 29.de Décembre.
- Dans cet intervalle les plus grands change-mens ont été ceux du 12 au 13 Oéfcobre, 5'E: du 14 au 15, 8'E: qui firent parvenir la déclinaifon à un point où elle n’avoit pas encore été. Enfuite du 23 au 24 de 9.E. Tous ces jours le mouvement a été fort régulier, mais, grand. Le 24, l’Aiguille ayant parcouru du maxïmum au foir 34' E. Le 25 au foir agitation
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- jD.es Changent, génér. de Déclinaifon. 155
- tion irrégulière }?ar A. B. 8c le 13 A. B. à Pc-, torsbourg.
- XVIII. XIX. 1776,1777,1778.
- — AB: AB-AB.
- §. 103. XVIII. Le a.8 Décembre 1775. La déclinaifon étoit de 170. x8, 7’ & eile a augmenté le 29 de 6' & en fuite graduellement, de forte qu’en Janvier 1776 la déclinaifon fut comme en Février 1775 c. a. d. de 17°. 35'. Ce mois l’Aiguille n’éprouva que de très-legers mouvemens, ainfi qu’en Février, que la déclinaifon augmenta encore un peu, pour rester ainfi avec de petits changemens jusqu'à la fin de juin. Enfin dans tout cet intervalle , les limites de la plus grande & de la plus petite déclinaifon n’excédent pas 10.
- Le 29 Juin la déclinaifon étoit de 1.70. 37': elle diminua du 28 au 43 de 11.': enfuite encore de 4'le 1 de Juillet, 8c refia ainfi ce mois; elle diminua dérechef un peu en Août, Septembre , & Oéfcobre, pour relier ainfi aux environs de 170. 16'jusqu’à la fin de l’année & même jusqu’en Mai 1777. En Mai 1777 il. y eut une petite augmentation qui dura jusqu’en Oétobre, & puis un nouveau renfort en Novembre & Décembre, de forte qu’en Jan-
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- Question V.
- I56
- vier 1778 tout étoit rétabli au point de Janvier 1776, ou a peu près, fie aux environs de 170. 3° i ce clu' continua jusqu’au 28 Septembre, mais avec des Variations qui, comme elles ne fe font pas faites par faut, mais graduellement, ne nous regardent pas.
- XIX. Le 28 Septembre 1778 5c le jour fuivant il y eut des A. B., qui cauferent une agitation irrégulière aux Aiguilles, mais petite le 21, favoir de oo', 17 & ia': fie un peu plus grande le 22, lavoir de 41', 28’fie 23. Mais cette A. B. eut un fingulier effet fur l’Aiguille A. dont elle a beaucoup diminué la Déclinai-fon, fa voir de j 9' du 20, qu’elle étoit de 170. 52', au 23, tandis qu’il n’y a eu qu’un changement infenfible de 4 ou 5' pour les Aiguilles N°. IV 8c N°. VI. Or, ce changement très-rémarquable a duré jusqu’au 15 d’Odobre, qu’une A. B. eft vénue non feulement rétablir la déclinaifon de l’Aiguille A. dans là première grandeur, fans influer fur celle des autres, mais même l’a augmentée jusqu’à 170. 40'. Le changement a été de 23' O du 13 au 15 : fie pour la déclinaifon vraye, du 13 au 17 h. m. du 16 à 7h. matin de 25'O, tandis qu’il n’a été que de 2' O pour N°. IV fie nul pour N". VI.
- XX.
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- Des Cf/attgem. gênér. de Décünaifon. 157-
- XX. XXI.XXII.XXIII. 1779.1780.1781. AB-AB:-AB: AB-AB: AB - ^ - AB :
- %. 104. XX. La Décünaifon ainfi augmentée s’cft foutenuc aux environs de 170. 35' ou 40', Décembre 1778. Du uau 18 la décli-naifon de l’Aiguille A a changé de 7'O. 6c cette augmentation eft reliée confiante jusqu’en Mai 1779. Le 17 & 18 Décembre le mouvement étoit aflez régulier. Le 17 A. B. qui 11’a eu d’autre effet fenfible , 8c qui r.’a pas change la Décünaifon des autres Aiguilles. Le ej Mai 1779 la Décünaifon, qui étoit le iode i8°. 44', a augmenté par faut de 8, mouvement d’ailleurs très-régulier. Le ao A. B. à Bruxelles : le 11 à la.Haye, Coppenhagucôcc, Le 8 Juin dérechef augmentation confiante, de 9', mouvement très-réguüer. Ce jour A. B. à la Haye. Cette augmentation a duré con-llamment jusqu’en Juillet, quoiqu’avec des Variations dont la plus grande a eu lieu du 8 au 9: le 9 A. B. à la Haye, Bruxelles, Bordeaux, Padoue. Mais le 26 Juillet a etc fort remarquable.
- §. 105. XXI. Lf. 26 Juillet 1779 la décünaifon étoit de 17°. 51', Ciel couvert} mouvement très-réguüer, ici de 15', 17', 13. La
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- Question V.
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- nuit du 26 au ï~ il fe fit 1111 changement tré's-remarquablc de 34 E, 19'E, 30'E, fans aucune autre irrégularité. Le 27 le mouvement a été très- grand, mais régulier, lavoir pour A. de aa': pour N°. IV. de 20 : pour N°. .VI- de-47'. Du matin au maximum Variations pour les trois Aiguilles de a a, ao', 47', 8c du maximum aiifoirde 10', 13, 15: ausfi l’effet de ce mouvement a-t- il été, que la déclinaifon moyenne du N°. A a changé du 2.6 au a7.de 19 E. du au a8 de (5’ O : du 28 au 29 de 9 O : elle n’a donc regagné en deux jours que 15', 8c en général elle elt reliée plus petite qu’ellen’étoit auparavant, jusqu’au 18 de Septembre qu’il y ell lurvenu par A. B. un nouveau changement très-remarquable. Jusqu’à prefent j’ignore lî l’on a obfervé des A- B. entre le 20Juillet 8c enue ce jour 8c le 1 Août.
- §. 106. XXII. Le 18 de Septembre 177$ Ciel très-couvert ici, il y a eu un affollement qui dura toute la foirée, en faifant .augmenter les déclinaifons réelles de 46', .41', 8c 46', 8C la moyenne du N°. A. de ia', la faifant parvenir à 170. 53'. Le 19 le mouvement fut régulier, mais très-grand, favoir de 40, 48, 8c 48': l’augmentation de la veille reliant. 8c la déclinaifon moyenne ayant augmenté du 16 au 18" de
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- Des Changent, glnêr. de Déclinaifon. 159
- de 14', 8c du 18 au 15 de 26': 8c quoiqu’elle! diminua graduellement les jours fuivans, elle continua d’être plus grande qu’avant le 10, 8c entre 180.6 8c 11*. 50', jusqu’au 9 d’Oclobre: la diminution du 8 au 9 d’Oétobre fut par faut de 8'E : la déclinaifon ayant parcouru le 8 très-régulièrement du matin au maximum 3' feulement, 8c du maximum au foir 13', Sc n’étant pas retournée vers l’O la nuit. Or, les 17, 18, 19 Septembre A. B. à Bruxelles, à Montpe-lier, àPadoue, àBeziers: 8c le 9 Oétobre à Coppenhague.
- §. 107. XXIII. L’Aiguille n’éprouva pas de changement permanent 8c remarquable de Ejéclinaifon du 8 de Oétobre 1779 au mois d’Août 1780: car les A. B. du 2.8 Février, a8 8c 29 Juillet 1780 n’y produifirent qu’une momentanée. En Août la déclinaifon parut augmenter allez graduellement: mais elle prit Un nouvel accroiflemont trcs-fenfible 8c confiant du 25 au 27 : ce qui provient de ce que l’Aiguille parcourut le 25 , du matin au maximum 14', & du maximum au foir 3' feulement 8c en outre 2' feulement vers l’E la nuit. Or, le 26 A. B, qui n’a pas eu d’autre aétion. Ce nouvel accroiflement fut confiant 8c la déclinaifon demeura aux environs de 170. 55 à 18%
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- i6o Question V.
- le refte d’Août, en Septembre, O&obre, & jusqu’au 16 Novembre qu’elle prit un nouveau renfort par une A. 13, qui n’eut aucune aétion irrégulière , mais qui fit parcourir n l’Aiguille du maximum au foir 18', ce qui rendit laà vérité la déclinaifon du 16 plus petite de 7' que celle du 25} mais la nuit l’Aiguille parcourut 10'O & le 17 du matin au maximum ao', & 10'feulement du maximum au foir: par où la déclinaifon moyenne cnit de 11': depuis ce tems elle relia aux environs de 6 & i8‘, &décrutmême par degrés, & peu-à-peu jusqu’au mois de Juillet 1781; mais, depuis le 16 de ce mois qu’elle décrût par fiut de 5' eile n’eft plus revenue au point où elle étoit le 1 &le 2 qu’elle étoit à 180. 13': elle décrût encore par l’Agitation irrégulière & l’A. B. du 6 Août, & parvint à 180. pour relier enfuite Stationnaire, mais avec quelques peu de chan-gemens toute l’année: Sc même en 1782, jusqu’à l’A. B. du 8 Oétobre, qui n’agita pas les Aiguilles irrégulièrement, mais produifit fur la feule Aiguille A. une augmentation de quelques minutes dans la déclinaifon , laquelle parvint à 180. 14' & 2:': augmentation, qui dura jusqu’au 16, & s’évanouit ou diminua alors. Nous verrons ci-deflbus ce qui a eu lieu en 1783, que la déclinaifon revint à 190: &
- au
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- fies Changeai, génér. de DécUmifon. tôt
- au commencement de 1784, qu’elle revint 1 19®. 30': point ou elle n’avoit pas été depuis la fin de Mai 1772.
- §. 108. On a déjà eu plufieurs occafions de voir que les A. B. produifent pour différentes Aiguilles des mouvemens différais non feulement en grandeur mais encore en nature j dé forte qu’une des Aiguilles s’avance vers PO p; ex., tandis que l’autre fe meut vers l’Eft. Or j fi de pareilles variations relient pendant quelques tems confiantes pour chacune des Aiguilles j comme on vient de voir que cela a lieu quelquefois, il en refultera que deux Aiguilles, qui indiquoient d’abord le même point, différeront au bout de quelque tems beaucoup l’une de l’autre, & conftamment. C’eft en effet ce qüi eft arrivé, 8c par la caufe que nous venons d’indiquer, comme il nous fera facile de le prouver, en comparant les Déclinaifons des Aiguilles N°. A & N“. IV.
- §. 109. Le 1 d’Août T775aüfoir les deux Aiguilles N°. A & N°; IV. indiquoient le même point, lavoir 170. 31'. Elle commencèrent à différer feulement l’une de l’autre par l’A. B-., du 4, & furtout par celle du 20, de forte que la différence entre les déclinaifons moyennes
- ,TOME IÏI. J. _ àüS
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- des deux Aiguilles fut dès le ta d’Avril de a ifo dont l’Aiguille N°. IV. fuvpaflli le N°. A. Pendant l’affollement du 20, l’Aiguille A parcourut 23' E, 8c enfuite j'O: 8c l’Aiguille N°. IV n’en parcourut que 15'E 8c enfuite s'O. L’Aiguille A. pérfifta dans cette diminution : car le lendemain a*, elle parcourut régulièrement 16'O, du matin au maximum : ôcii'E du maximum au loir, tandis que l’Aiguille N®. IV. n’en parcourut que ij'O le matin 8c feulement 4' E le foir. Voila l’origine de cette grande différence qu’on voit être produite par l’a&ion de cette A. B.
- Comme je ne faurois entrer dans tous les détails jour par jour, je me contenterai de dire,, que cette différence de 20' continua, mais avec des variations, entre ac> 8c 16, jusqu’au 19 de Mai : ce joui- il y eut A. B» à la Haye, 8c le ao à Franeker, qui n’affectèrent pas la régularité du mouvement des Aiguilles, mais diminuèrent' leur différence, qui ne fut plus que de 18-ÿ ce qui continua jusqu’au r8 de Juin. Du 11 au 1-2 la'déclinaifon de A. crut de 7, 4'.: celle de N°. IV. décrût de it' ce qui diminua dérechef la' différence. Le -xa foupçon très-fondé d’A. B.
- $. Mo. Depuis le' 12 de Juin les différen-
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- Des Changent, génér. de Déciinaifott. 16 j
- tes-entre les Aiguilles diminuèrent graduellement, fie la déclinaifon du NV IV.. ayant diminué du i. au' j de il' 8c celles de A. feulement de A.- prit, le déffus le 2.7,
- ce qui continua .tout le mois-de. juillet j. .les différences, extrêmes étant pour les déclinaifons moyennes entre. : 10'. & o. :Mais-poùr les Décli-naifons vrayes ,. les plus grandes différences furent entre. 29' fie .4*: & les plus petites entre 7 & o. Cette' grande différence de .29' à eu lieu le 4, jour d’un très-grand .mouvement pour le N°. IV. La nuit du 3 au 4 Variation pour A. de 24.0, pour le N°. IV. de.3'E,, & de-là la grandè différence de 2.9, qu’il y eut le 4 à 6h. du matin entre les deux Aiguilles: mais elle diminua promptement. Le foir du 3 Ciel couvert : cette Variation eft exaéte-inent femblablè à celle que des A. B. pro-duifent.
- En Août, la différence continua du même côté, & augmenta, lurtoutau commencement du mois, k déclinaifon dé l’Aiguille IV ayant diminuée, & celle de A. augmenté, mais elle diminua enfuite j furtout le 2.3 & plus particulièrement les 28, & 29, par le mouvement de l’Aiguille A., vers l’E: (or les 24, 25, 27> À. B. a Pctersbourg, ) elle augmenta dére-çhef le gi, la déclinaifon de l’Aiguille A ayant u t. 2 vlUg-
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- ï6'4 Question V.
- augmente ce jour de 7, 6' : & celle du N»; IV. ayant diminue de i-J.
- Mais, du 13 de Septembre, les différen-ces qui avoient été deçà & au delà, furent réduites à 9: à l'du is au 1 <5, & elles relièrent très-petites: or les 14, 15, 16 A. B. En Oélobre la différence décrût quelquefois affez pour que N°. IV. reprit le deffus, ce qui eft arrivé quatrefois : de plus une fois en Novembre, & conftamment du 10 au a8 de Décembre ; mais les excès de part & d’autre étoient renfermés entre 1 & S'. Du a8 Décembre , le N°. A. prévalut, ce qui a eu lien jusqu’au 13 Mars 1776.
- §. ni. Depuis le 30 Décembre 1775 jusqu’au 11 Janv. 1776 la différence entre les Aiguilles a été- entre 7 & 10' : du 11 Janvier au 17 Février, entre 11 8c i/. Les 17, 18, 19, 20 A. B., 8c même le 19 leger affolle-ment. Les autres jours mouvement régulier. Du ai au 2.5 la différence fut entre 11 8c 19': mais le 16 feulement de 8': le lendemain de 3 , la dcclinaifon du N°. A. ayant diminué du 25 au 26 de près de n'. Les-différences reftè-rent petites le relie du mois, 8c jusqu’au 12-de Mars, que l’Aiguille NQ. IV reprit le deflüs. .Ce jour A. B. vue à Montmorenci : petit mou-
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- Des Changent, gênér. de Déclinaifon. 165
- vement pour le N°- A, mais pour N°. IV. maximum à 10 h. du foir, & cette Aiguille a parcouru ce jour 13' vers l’O. Cette prépondérance dura jusqu’au 13 d’Avril, que A. a commencé dérechef à prévaloir: le 14 A. B. à la Haye. A prévalut jusqu’au 30 de Juin : mais comme il n’y a rien eu de remarquable dans cette période, nous ne nous y arrêterons pas. En Juin 1776 la déclinaifon moyenne de N°. IV. a été plus petite de 7' qu’en Avril, celle du N°. A. au contraire de 1 a'plus grande. Depuis le 30 de Juin l’Aiguille N®. IV. a con-ftamment prévalu; mais il y a eu1 dans cette très-longue période dès points qui méritent de nous arrêter.
- $. ni- En Juillet 1776 les différences moyennes ont été jusqu’au aa entre 5,3' & 10,
- 5 Mais du il elles furent entre 10' & 15;' augmentant graduellement vers la fin du mois, parceque la déclinaifon du N°. IV augmenta,
- 6 que celle de A. diminua. Ces différences ont été également entre x 1 & 16' jusqu’au 13 Août, mais alors elles ont augmenté confidc-rablement> & elles ont confervé cet accroifle-ment, mais avec de très-petites variations, jusqu’au 14 Septembre : elles furent alors entre 30’, 33' & in', le plus fouvent près de 30'.
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- iî5(5 Question V-
- Le vi Août 1776 A. B. à Petersbourg qui n’a pas influé fur la régularité des mouvemens, mais la déclinaifon du N°. IV. augmenta du 23. au *4 de 4' & du 2.4 au 25 de 6,' tandis que celle de N°. A. diminua de 3', ce qui eft du à une agitation irrégulière qui eut lieu le foir du 25, & rendit la différence de 28 à 30, au lieu de 15' qu’elles étoient le 23 .
- Le 14 de Septembre Av B. à Petersbourg ce jour les différences entre les Aiguilles diminuèrent, 5c continuèrent d’être entre 15' & 19'jusqu’au 17 d’Oétobre (A. B. à Sparen-dam) enfuite elles furent ordinairement de 20', 7' ou 8' en deffus, ou audeflous." De 25’ en Décembre: 30' en Janvier, Février, Mars 1777, de 25' ou 24' en Mai 8c Juin, de 30'ou 33' en Juillet, Août, Septembre, Oétobre, Novembre 1777 : mais dérechef feulement entre 20' & 16' en Décembre : ce qui eft du à la grande variation du 27 au 28 Novembre, qu’une A. B. affolla les Aiguilles, & changea la déclinaifon moyenne de A. de 12;’O, & du N°. IV feulement de 7 j'O : & qui fit mou-voirie N°. IV. encore le lendemain plus vers l’E: en général il y a eu de grands changements les 2, 3, 4, 5, 6 Décembre 1777, par des A. Br qui ont affeéfcé l’Aiguille fort irrégulièrement , 8c dont l’effet a été que du 6De-cem-
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- r Des Changent, génêr. âe Déclinaifon. 167
- membre 1777 au 19Janvier 1778, les différences n’ont été que de 16, 18' ou 19': rarement de ao' pour les déclinaifons moyennes. Mais du 19 au ao elles augmentèrent de 5': le 19 A. B. à Sparendam : le 20 ici qui affolla l’Aiguille, & diminua la déclinaifon de A- de 6'8c celle du N-5 IV- de a' feulement.
- §• 113. Cette différence de 25' relia X peu près confiante, quoique augmentant graduellement jusqu’au 16 de Février 1778, qu’elle devint de 33'. La déclinaifon du N°. IV. ayant cru par l’A. B. de ce jour qui affolla l’Aiguille, 8c cette différence de 30' ou environ continua jusqu’au 19 Mai qu’elle diminua, pour n’etre plus que de *5 ou a6' depuis le a6 du mois. Or les 19, 23, •& 16 foupçon d’A. B- àFraneker&à la Haye. Les 11, 12, 13 Juin les différences furent encore moindres, de 12', 15', & 17", par l’A. B. du ta, qui affolla les Aiguilles , & augmenta la déclinaifon de A. Enfin depuis l’A. B. du 28, qui affolla les Aiguilles, même le 29 tout le jour 8c augmenta la déclinaifon du N». IV. la différence fut dérechef de 30'& au delà, ce qui dura avec quelques variations jusqu’au 23 de Septembre, qu’il y eut un Phénomène allez remarquable.
- L e a* Septembre 1778 il y eut un affolle-
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- 08
- Question V.
- ment par A. B. le lendemain encore A. B. s? Coppenhaguc fie qui diminua de 11'la déclinai-fon de N". A, laiffant celle des deux autres Aiguilles intaéte (§. 103.)» de forte que la différence des déclinaifons moyennes fut alors de 40. au lieu de 30', & celle des déclinaifons vrayes de 50' ou plus : cette grande différence çontinua jusqu’au 14 d’Oétobre, qu'une A. B. y mit fin, augmentant la déclinaifon de l'Aiguille A. de 20' fie reduifant la différence entre les deux Aiguilles à ao\ Cependant le 10, elle revint à 27': La déclinaifon moyenne ayant diminué pour le N*. A. de 4, 4 du 19 au 20, & augmenté pour le N°. IV. dç 1': or le 19 A. B. à Sparendam.
- Cette différence de 25’ ou à peu près dura jusqu’au ai Novembre, qu’elle devint de 30'& au delà, par un accroifi'ement de déclinaifon pour l’Aiguille N°. IV. qui ne parcourut le oo qu’une minute du maximum au ibir, & 8 du matin au maximum, fte 20 il y eut A. B. ici, mais qui ne troubla pas la régularité des mouvemens.
- S- 114. La différence entre les déclinations moyennes, relia entre 36 & ad' & fut par un nombre moyen de 30' jusqu’au 14 deFevrier 1779. Ce jour A. B. à Marfeille & ailleurs, & le 15 ici: le relie de Février, en Mars, Avril,
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- Des Changem. gênfr. de Déclinai/en. 16$
- Avril, Mai, Juin, & môme jusqu’au 16 de Juillet, la différence ne fut plus que de a§' ou environ -, du 17—26 de Juillet elle ne fut que de 16 à t6, en général, & par un nombre moyen de 23 ou 24: or le 15 A. B. à Bordeaux , le 17 à Bruxelles : du 17 au 29 il y eut entre les deux Aiguilles des différences très-confidérables -, car le 26 la différence des Dé-clinaifons moyennes étoit de 24, 6, le 27 de 35, le a8 de 15', le 29 de 17'. La Nuit du a6 au 27 la déclinaifon changea de 34'E pour le N°. A, & de 19' feulement pour le N°. IV. Le 27 l’Aiguille A. parcourut du matin au maximum 22', 8c du maximum au fbir io feulement. D’ailleurs la nuit la déclinaifon de N°. A. augmenta de 2' 8c celle du N®. IV-diminua de 7'} ce qui diminua le 28 la différence entre les deux Aiguilles : elle fut plus petite encore le 29, la déclinaifon du Nt!. A. ayant augmenté le 29 de 9I'& celle du N®. IV. de ij feulement.
- §. 115. Mais la différence qui n’avoit été que de 19' le 30 8c le 31 Juillet 1779 devint dérechef de 18' le 1 d’Août, le N". IV-ayant parcouru ce jour - là du matin au maximum 20”: du maximum au minimum du foir 11, 8c étant revenue au maximum à9h. 8cà ioh,
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- n y,
- \7° Q U E S T I O
- ce qui augmenta là déclinaifon moyenne de 7' tandis que celle du N°. A. diminua de 1. Or, ce même jour A. B. à la Haye, & foupçon ’ ici. Cette différence augmenta confidérable-ment vers la fin du mois, mais furtout le 13 qu’elle paffa à 30': la déclinaifon du N°. IV. ayant augmenté de 3' 8c de celle du N°. A. diminué d’autant: le 14 A. B. à Rouen. Le 4 de Septembre, jour d’A. B. vue à Peters-bourg , la différence diminua, 8c ne fut plu* que de 27 à 29'jusqu’au 10, jour d’A. B. vue ici, qu’elle revint à 32' : elle augmenta même du ia au 19 qu’elle parvint à 37 8c 41'. Or les 17, 18, 19 A. B. vues en France: 8c du. 18 au 19 la différence décrût comme par faut y la déclinaifon moyenne du N". A. s’étant accrue de 13'8c celle du N°. IV. de 2'feulement.
- S- 116. Apres ces A. B. la différence entre les deux Aiguilles fut dérechef au commencement d’Oétobre 1779 de 30'. 8c au. delà} le 9 (A. B. à Coppenhague) de 47', la déclinaifon du N°. A. ayant décru de 8' ( §. 106.) 2ccelle du N“. IV. cm de 1'. Cette Epoque de grande différence de 40' 8c au delà, jusqu’à 4yi, continua le relie d’Oétobre, Novembre , Décembre 1779 : augmenta en Janvier 1780 même entre 52' 8c 43', plus encore
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- Des Cheirigem. gênér. de Déclinaifon. 17.^
- en Février, furtout par la belle A. B. du 19, qui augmenta conftammcnt de quelques minutes la déclinaifon du N°. IV -, en Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, (fans autre interruption, que celle que caufa l’A. B. du a8 8c l’affolle-ment du 19 qui en tut la fuite) enfin jusqu'au a<5 d’Août 1780.
- Ce jour A. B. ici, q,ui n’agita pas les Aiguilles irrégulièrement} elle ne fit qu’augmenter la Déclinaifon de l’Aiguille A. de 3', de plus que celle du N°. IV. Cette diminution n’eut lieu que jusqu’au 31 d’Août : les A. B. des 1, 4, & 5 Septembre firent bientôt revenir cette différence à plus de 40' ou aux environs de 40', ce qui, avec quelques variations, continua jusqu’en Juillet 1781: Depuis le 6, & furtout depuis le 17 de Juillet cette différence augmenta confidérablement : le 6 A. B. avec agitation irrégulière: le 17 A. B. à Sparendam , fans agitation irrégulière ici: mais, la déclinaifon de l’Aiguille A. ayant diminué (§. 107.), la différence fut depuis ce tems conftamment au delà de 50' 8c refta telle, paflant même quelquefois le dégré complet jusqu’au 25 de Février 1782 (b).
- §• 117*
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- ï7a Question V.
- §. 117. Le 15 de Février 178a il y eut le foir Ciel couvert ici, mais A. B. à Amftcrdam, & la veille à la Haye, une agitation irrégulière, de a8', a,5', 17' pour les trois Aiguilles, mais qui augmenta fi fort la déclinaifon du feul N". IV qu’elle fut jusqu’au 5 Mars de aa à 25' plus grande qu’elle n’avoit cté & que (à différence avec l’Aiguille A. monta à 8o' & 85'. L’A. B. du 5 Mars, qui n’agita par les Aiguilles irrégulièrement , fit décoitre la déclinaifon du N°. IV. de 8'à 10', & augmenta celle d’A. de 3' ou 4' : de forte que la différence ne fut plus de 60 à 65', ce qui continua jusqu’au 3 ou 4 d’Avril. Il y eut alors une très-foible A. B, mais qui diminua la déclinaifon du feul N». IV, & la ramena à-peu-près à ce qu’elle avoit etc avant l’A. B. du 2,5 de Février, fa-voir à 190. 6. Les différences ne furent donc plus que de 55' à 60' ce qui dura jusqu’à la fin d’Août, qu’elles devinrent de 65' ou au delà, la Déclinaifon du feul NQ. IV- ayant augmenté}
- a encore qu’un très-petit nombre d’A. B. obfervées en 1784, 1783 , 1784, qui font parvenues à ma connois-lancc. On pourra voir dans la fuite fi les époques de grands changemens dont je vais faire mention » s’accordent avec des Apparitions d’A. B. ou non.
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- Les Changent, gênér. de Déclinaijon. 173 monté* 5c continua jusqu’au 15 de Janvier »783-
- §. 118. Le 13 de Janvier 1783 il yeutune A. B. qui affolla les Aiguilles: mais le 15 au foir la déclinaifon du N°. A. augmenta de icf & le ai encore de 5', fans que cela influât fur les N°. IV ou VI : les différences ne furent donc plus après ces jours-là que de 54 à 55". En Février la déclinaifon du N°. A. augmenta encore qu’elle fut de 180. oo', & les différences continuèrent d’être de 50' ou environ, fauf quelques variations caufées par des A. B., jusqu’à la fin de Mars. Mais le 19 de ce mois il y eut une A. B., dont l’effet a été d’augmenter pendant le 30 la déclinaifon des trois Aiguilles de 50', 40' 8c 50': augmentation qui a duré jusqu’au 13 d’Avril, que celle des N°. IV 8c VI. disparut, tandis que celle de N». A. ne fut que diminuée, parvenant à 180. 3a': ausfi les différences ne furent-elles plus que de 46': 8c les A. B. du 17 8c 29 Avril, qui agitèrent les Aiguilles, mais très - inégalement , diminuant encore les déclinaifons furtout du N°. VI, la différence fut dérechef de 54’.
- 5. 119. Mais cet excès ne fut pas de longue durée : la déclinaifon du N®. A. augmenta dès le
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- V.
- ï7j Question
- le Ier de Mai 1783, (le 30 Avril A. B. à là ! : .yev) 8c très-confidérablement le 5, du 5 au Ci lavoir de la' à 15' : encore le 8} du 8 au g-, le 17 (A. B.)> & le ai (A. B.) tandis que la déclinaifon des N°. IV êc VI, ou relia con-llamment la même, ou diminua un peu : ausfi les différences qui étoient le 30 Avril de 54 ne furent-elles le 8 Mai que de 40' : le 16 que de 14- ou 30', & elles continuèrent lur le même pied le relie de Mai, & en Juin ; que la déclinaifon du N®. A. parvint au delà de 18°. 40'. Le 20 de Juin fort tonhèrre à 1 h. oü plutôt, il fit un feul coup de Tonnerre violent, qui caufa du degat tout près de la Ville ] & qui étoit accompagnée d’une averfe : de 10 h. à ah. aucun changement dans lès Aiguilles : la déclinaifon du N®. IV. diminua de 6 h. foir à 10 h. de 35' : 8c cette diminution continua jusqu’au a6. L’Aiguille N5. A, ni N°. VI,‘ ne s’en fentirent pas: aUsfi le al au matin la différence entre les N°. IV 8c A. fut dé 7' feulement: le 24 de 13': le 28 de 18' 8c au delà ; ce qui continua même en augmentant un peu, jusqu’au 29 de Juillet. Ce jour il fe fit un fingulier changement. Là déclinaifon pour le N®. IV. changea dé 29', quantité dont l’Aiguille fe mut vers l’Ê tout te jour, tandis Que le NJ. A, parcourut 3'0 8c que l’Aiguille* SS*.'
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- Des Changent, gêner, de Déclinaifon. 175
- N». VI. eut fon mouvement ordinaire. Les Aiguilles N°. IV. 8c A. indiquèrent par-là le même point le foir du 29, lavoir 18°. 4a; mais le 30, futtout le 31, & le 1 Août la déclinai-fon du N0/IV. augmenta, 8c revint à fon premier point} A diminua un peu: de forte que la différence fut le 3 d’Août, au matin de ai'; Le 1 Août A. B., mouvemens réguliers, mais de 3', 4' 6c 17' pour les trois Aiguilles.
- §. tao; Le iad’Août 1783 les déclinaifons des Aiguilles augmenteront, mais celle de A. plus que celle du N°. IV, 6c la première alla toujours en augmentant jusqu’au a8; de forte que la différence ne fut plus que de 7' le a8, l’Aiguille A indiquant alors 19°. Mais, du 9.8 au aç au matin A. avoit décru de ia': N°. IV. s’étoit mue vers l’O : de fane que les différences étoient le 31 de 16. En Septembre la déclinaifon des deux Aiguilles augmenta fou-vent, mais celle de A. le plus, de forte que la différence diminua jusqu’au 23. Le 23 la déclinaifon du N°. IV. décroiffant, l’Aiguille A. marqua à 6h. le même point que le N°. IV. favoir 190. 1'. Du 24 au 25 1» déclinaifon du N°. IV. augmenta de 10'. (Le 26 A. B. à Fra-neker) ce qui continua jusqu’au 30, 8c rendit les différences dérechef de ia' à 15'. Ven la
- fin
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- *76 Question V;
- find’Oéfcobre (le 22, .23, 29, 31 A:B. h Lacfri) les différences parvinrent à 20', & fe foutin-rent ainfi jusqu’au 5 de Décembre, que ladé-clinaifon dufeul N°. IV. décrût de 17': le lendemain encore de 3', de forte que ce jour les deux Aiguilles furent égales, favoir i90.7':peu à peu N°. IV. reprit le defTus, mais avec de petites différences pendant le refis de l’année jusqu’au 24 Décembre, que N°. IV. éprouva dérechef une diminution de plufieurs minutes, qui rendit la différence entre les deüx Aiguilles nulle : & cette égalité dura jusqu’au 1 de Février 1784 que la feule déclinaifon de A. augmentant de 30', cette Aiguille parvint à 190. go', prit le defTus & le garda, apres avoir achevé une longue période d’oscillations dont les extrêmes occupent un efpace de 3 degrés : elle parvint même en Mars aux environs de 190. 40', point où elle n’avoit pas été conftamment depuis le grand changement qui lui étoit fur-venue le 26 de Mai 177a (§• 47.), c.a. d. près de douze ans auparavant.
- §. 121. Les différens exemples d’Agitations irrégulières, que j’ai donnés dans ce Mémoire, ont fait voir, que les deux Aiguilles N°. IV. &N°. VI- faites félon mes Principes, s’accordent mieux entr’elles que les Aiguilles N5.- A» U
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- Des Changent, génér. de Déclinaifon. 177
- & N°. IV. & j’ai fait voir dans mes Recherches que cet accord a lieu pour tous les points pos-fibles : fept années d’obfervations ultérieures ont prouvé la même chofe, 8c voici ce qui a eu lieu pour ces deux Aiguilles, dans le tems même qu’une d’elle différoit d’un degré du N°. A, pour revenir peu à peu à l’égalité.
- Le 15 Décembre 1775 au matin, les deux Aiguilles indiquèrent le même point: enfuite elles différèrent ; mais tantôt l’une prévalut, tantôt l’autre, Scieur différences furent très-petites, de 8, de 6, de 4': très-rarement plus grandes, 8c alors même fouvent par A. Bv Ces petites irrégularités durèrent jusqu’en Janvier 1779, elles furent alors entre 13' 8c 4': en Février 8c Mars entre 6 8c o, N“. IV. prévalant le plus: en Avril 8cMai, elles montèrent quelquefois, mais rarement , à 10, N°. IV. prévalant: mais, du 11 de Juin N". VI. commença à prévaloir, fa déclinaifon ayant été augmentée du 8 au 9 de 10' : du 10 au 11 de 7'. Or le 7 8c 8 A- B. à la Haye, 8c à Padoue. Le N°. VI. prévalut à-peu-pics jusqu’au 5 d’O&obre. En Juin les différences furent entre 5' 8c 1': ce qui continua jusqu’au 18 de Juillet: du 13 au a6 entre 11 &
- 6. Mais, les 17, 18, 29, 30 Juillet 8c jusqu’au 8 d’Août entre 18', 113', 8c 13'.: La TOME III. M dit-
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- i78 Question V.
- différence fut de 13' le a8 Juillet: ce qui provient des changcmens arrives le 17 & le a8 à la déclinaifon du N°. IV., comme il a été dit ci-deffus ($. 114.) tandis que la déclinaifon moyenne du N°. VI: n’a pas éprouvé de changement , pareeque cette Aiguille, qui s’étoit mue la nuit de. 30' E. fe mut du matin au maximum de 47 O & du maximum au foir de 15'E. feulement : ce qui fit une compcnfation, laquelle n’eut pas lieu pour le N°. IV. Cet excès fe remit graduellement, mais fijrtout du 7 au 8 Août, la déclinaifon du N°. IV. ayant augmenté le 8 de 6 & celle du N°. VI. ayant un peu diminué. Le 8 A. B. à Petersbourg. En-luite les différences ne furent plus que de ia', 9 j 7 j 5 5 3<: 2c tout le mois de Septembre jusqu’au 4 d’Oétobre entre 9' & r.
- §. iaa. Mais le 5 O&obre 1779N°.IV. reprit le defliis, & le conferva jusqu’en Octobre 1780 : c’eft la fécondé époque d’une grande différence.
- Du 4 au 5 la déclinaifon du N°. VI. diminua de 4î: celle du N°. IV. augmenta de 1': voila l’origine de la différence. Le 4, A. B, mais qui n’influa pas fur la régularité des mouve-mens. Les différences furent en Oétobre, Novembre & Décembre 1779 entre 7 2c 1', de
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- Des Changent, gênér. de Déclinaifon. 179
- de Janv. 1780 jusqu’en Juillet 1780 entre ia'fic T, ordinairement de 6', 7', ou 8'. Au commencement d’Août quelquefois de 16' ou 17', la déclinaifon du N°. IV. ayant augmenté tandis que celle du N*. VI. diminuoit} mais enfuitcplus petite, toujours entre les limites de 13' fie 1': ordinairement de 6-, ou /. En Septembre entre 7' 6c 3' & ainfi jusqu’au 9 d’Üctobre que N°. VI. reprit le deflus.
- §. 113. C’est là la je Epoque de grande différence: elle dura jusqu’au a d’Avril 1781. La différence fut en Oéfcobre 178* entre 11' & o: depuis l’A. B. du aa Novembre , vue à Sparendam, d<? 17’ à 18', ce qui continua en Décembre. Pendant tout ce tems la déclinaifon de N°. VI. crut d’une douzaine de minutes, tandis que celle de N°. IV. reftaconftan-tc. En Janvier 1781 la différence diminua, & même depuis l’A. B. du 16 jusqu’à celle du 30 N°. IV. eut le delfus, & la différence fut petite: mais, la déclinaifon du N°. VI ayant augmenté du 19 au 30, de 8, 8' par affolle-ment du dit jour, cauféparA. B, & celle du N°. IV. ayant diminué de 6, 4, la différence fut de 16', ce qui continua tout le mois de Février, 6c avec quelques variations jusqu’au 13 de Mars. L’A. B. du 14 diminuant plus la
- M ^ dé-
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- 180 Question V.
- déclinaifon du N'\ VI. que celle du N®. IV, la différence ne fut plus que de 5', 6', 8, 2', 3' au lieu de 16', 15', 18', ao', & le 3 Avril N<\ IV. reprit le deflus jusqu’au 16 ( A. R ) ma‘s avec de très-petites différences, de 6' ou 7' au plus. Enfuite N°. VI. prévalut jusqu’au 28 de Juin} mais toujours avec de petites différences, qui diminuèrent encore le relie de l’année 1781, que les Aiguilles prévalurent alternativement.
- §. 114. Cet état dura jusqu’à l’agitation irrégulière caufée par l’A. B. du 25 de Février 178a, par laquelle , comme-nous l’avons dit (§. 117.), la déclinaifon du feul NQ. IV. augmenta de 20 à 15': ausfi pendant cette époque les différences furent-elles de 20' ou 25'} 6c après le 9 Mars (A. B. à la Haye) encore de 12 à 13': enfuite entre 8' 8c 5': en Mai de 8 ou 9: N°. IV prévalant toujours en Juin fc Juillet entre 4' 6c 8'. A la fin d’Août 6c en Septembre elles augmentèrent par la raifon indiquée ci-deflus ( §. 117. ). Mais en Novembre 6c les mois fuivans elles furent plus petites jusqu’au 29 de Mars 1783. L’A. B. de ce jour augmenta moins la déclinaifon du Ny. VI. que celle du N1. IV: ausfi la différence fut-elle alors beaucoup plus grande, fa voir le 30 à 10 h.
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- Des Change». génér. de Déclinaifon. 181
- matin de 32.': à 10h. foir de 25'. Mais le 31 (le 29 A. B. h Franeker, le 2 Avril à Amfter-dam) la déclinaifon du N”. VI. augmenta beaucoup, (avoir de 20' & celle du N°. IV. diminua un peu : ausfi la différence ne fut-elle à 7b. du matin que de 14' & à 10 h. foir que de 5'} & là différence relia de 5' ou 6 jusqu’à TA. B. du 7 Avril} elle diminua encore alors, le N®. VI. prévalant même quelquefois, mais de peu, jusqu’à l’A. B. du 29, qui diminua la déclinaifon du N®. VI. de 15' à ao'j mais cela ne dura que jusqu’au 1 Mai (le 30 Avril A. B. à la Haye) le N". VI. reprenant alors le defliis. Du 5 au 6 fa déclinaifon augmenta beaucoup, de 15 à 20 minutes, & celle du N°. IV. diminua: mais le 10 tout fut rétabli : les différences furent petites, tantôt en plus, tantôt eu moins.
- §. 125. J’ai dit (§.19.) que le ao de Juin 1783 il fit vers une heure un violent coup de Tonnerre, qui tomba près de la ville, & que la Déclinaifon du N". IV. diminua le même foir de 35’. Ce jour la déclinaifon du N°. VI. étoit de 13'à 15'plus grande que la veille, & ne (e fentit pas autrement de cet orage : de forte que le N’. VI. prévalut ce jour & les (ui-vans de 24', 20', & 15': mais dès le 26 les dif-M 3 férea-
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- V.
- i8x Question
- férences furent très - petites, le N». IV. ayant à peu près fa première pofition : & elles relièrent telles jusqu’au 29 de Juillet. J’ai dit qu’il fe fit alors une grande diminution dans la déclinaifon du N». IV, fans que le N". VI. s’en reflentit à beaucoup près autant : ainfi les jours fuivans les différences furent derechef de. 15'à 10': mais le N". IV. s’étant remis dès le 1 Août (A. B.) les différences furent petites en Août, quoique avec des variations, qui, au milieu du mois, les rendirent quelquefois de xaà 13'. En Septembre les différences furent peu confidérables, jusqu’au 24 (le 26 A; B. ). Depuis le 25 la déclinaifon du NJ. IV. augmenta beaucoup jusqu’au 30, tandis que celle du N°. VI. relia confiante. Dans cet intervalle les différences furent de 10' à 15': mais le 30 de 4', 5', ou 6'. En Oélobre elles furent beaucoup plus grandes, la déclinaifon du N°. IV. ayant augmenté du 15 au 16, & les jours fuivans, & celle du N°. VI. ayant au contraire diminué.. Diminution qui rendit par fois les différences de 30', ordinairement de 20'. ce qui continua & même augmenta jusqu’au 5 de Décembre, que la déclinaifon du feul N IV. décrût beaucoup(§. too.), de forte que les différences ne furent alors que de 15' au plus, ce qui dura jusqu’au 24 Décembre, que la dé-cli-
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- Clinaifon de l’Aiguille N°. IV. diminua derechef beaucoup, comme il a été dit : alors les différences furent très-petites, ce qui continué pendant les premiers mois de 1784, que le N". VI prévalut ordinairement de quelques minutes. Le 31 Mars 1784 les déclinaifons étoient à 6 h. du m. 190. 15' pr. le N9. VI : 19''. 17 pour le N9. IV : 199. 34 pour le NQ. A.
- §. 126. On voit par ce que nous venons de .dire, combien les Aiguilles faites félon mes Principes s’accordent mieux entr’elles que d’autres , quoiqu’elles donnent encore beaucoup de prife aux caufes temporaires qui influent fur la grandeur de la déclinaifon ; & l’on conclura facilement, qu’on doit s’attendre à trouver des différences plus fortes encore, que toutes celles dont nous avons parlé, en comparant des Aiguilles obfervées en différens endroits: c’eft en effet ce qui a lieu. La déclinaifon moyenne p. ex. pour chaque mois a ;cru à la Haye' d’un degré depuis Février 1776 jusqu’en Février 1778: ici elle a décru pendant ce tems pour le Nv. A ,qui après avoir fubi bien des variations, n’avoit pas même atteint en Février 1778 le même point où elle étoit en Février 1776 : & la déclinaifon du N". IV- n’a cru dans cet intervalle que 35' à 28'. De Décembre 1774
- ‘ M 4 *
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- 18+ Question V.
- à Juillet 1775 la déclinaifon a décru à Ffarte-ker d’un degré & cru à peu près d’autant à Sparendam, & dans les deux endroits à peu près par les mêmes degrés. Il me feroit aifé de prouver, s’il m'étoit permis d’entrer dans ces détails, que ces grands changemens ont eu lieu aux mêmes époques & par les mêmes cailles: on a même vu dans le §. 18 un exemple frappant de l’influence de l’A. B. liir la grandeur de la déclinaifon à Sparendam Sc à Mont-morenci. Il m’a été facile de juger de toutes ces différences & de leurs époques, en confirai Tant une carte générale, fur laquelle j’ai indiqué par des Courbés les déclinaifons moyennes de chaque mois, année par année, pommes trois Aiguilles à.Franeker, pour la Haye, Sparendam, & Montmorenci. Je regrette de ne pouvoir l’inférer ici -, elle feroit fort in-ftru&ive.
- CONCLUSION,
- 5- xv7- JE crois pouvoir conclure de ces détails, & des Faits établis dans l’examen de
- cette dernière-Question}
- ï1- Qüe les A. B., quand même elles ne pro-
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- Conclusion. 185
- produifent pas d’agitations irrégulières dans les Aiguilles, influent cependant fouvent fur la déclinail'on même, qu’elles augmentent ou diminuent fenfiblement, & par faut.
- a°. Que ces augmentations ou diminutions de déclinaifon font quelquefois confiantes pendant longtems ; ou fi l’on veut, que ces augmentations 8c diminutions confiantes font la fuite de mou vemens irréguliers, ou grands, ou de changemensmarqués 8c fubits, qui ont eulieu des jours d’A. B, ou d’agitations irrégulières arrivées en même tems que des A. B, ou à leur fuite: 8c comme il arrive fouvent que ces périodes de changement commencent 8c finiflènt à la préfence , 8c pour ainfi dire par l’influence d’A. B, ou par des aérions qui ne font gucres produites qu’en tems d’A. B, il n’eft pas posfible de méconnoitre ici qu'il y a une rélation intime entre ce météore 8c la Déclinailon magnétique.
- Il ya plus -, tous ces changemens me confirment de plus dans la conjeéture que j’ai faite il y a longtems, que tous les grands changemens de Déclinaifon, qu’ils foyent momentanés ou de durée, dépendent de l’aérion de ce Météore : 8c que ce qui refie dans ces changemens , de confiant, de vraiment régulier, de dû au Magnétisme de la Terre , eft unique-M 5 meut
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- i86 Conclusion.
- ment le progrès qui fe fait à Ja longue versl’E. ou vers l’O. Quoiqu’il en foit de cette con-je&ure, je crois l’influence de l’A. B. fur l’Aiguille & même fur les grands changemens de Déclinaifon parfaitement conftatée. Scceder-nier article eftun point fur lequel je crois qu’on n’avoit encore fait aucune Recherche, Sc qui n’étoit pas connu.
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- CON-
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- De riajl. de VA. B. fur les mouv. irréguliers, 187
- CONSIDÉRATIONS sur les CAUSES des MOUVEMENS IRRÉGULIERS de l’AI-G U I L L E.
- I. De VAurore Boréale.
- §. 128. Les discusfions & les détails dans lesquels nous fommes entrés, nous ont fait découvrir des Phénomènes, que des obfervations détaillées & fuivies pendant nombre d’années étoiçnt feules en état de nous foire connoitre ; Sc, qu’il foit permis de lç dire, parceque l’intérêt des Sciences & la Vérité l’exigent, mais fans, que nous prétendions foire une critique de quelqu’Oblervateurque ce foit, des Phénomènes, à la connoiflànce desquels dqs obfervations ifolées n’auroient jamais pû nous conduire : de pareilles obfervations peuvent nous faire voir par hazard quelqu’agitation de l’Aiguille à la préfence de l’A. B : mais elle ne fouroicnt nous foire voir que l’A. B. influe fur l’Aiguille , de façon à modifier feulement la grandeur de fo variation diurne j à rendre ïbn mouvement E ou O} à changer enfin la déclinaifon moyenne pendant du tems: & l’on nefouroit néanmoins nier d’après tout ce que nous avons dit,
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- 188 De rinfl. de VA. B. fur lesmouv. irréguliers. dit, que ces modifications ont très * fouvent lieu.
- O n ne fauroit méconnoitre non plus la liai-fon intime qu’il y a entre ces Phénomènes & l’A. B: foit parceque plufieurs d’entr’eux font évidemment la fuite de Phénomènes qui ont lieu à la préfence d’A. B : foit enfin, par-cequ’ils fui vent j pour les differentes faifons de l’année, & la fituation de la terre dans les différentes parties de fon orbite, la même loi de fréquence que l’A. B. fuit elle-même.
- §. 129. Je fais que cette influence de l’A. B. n’a pas lieu partout j mais je doute encore, que les Obfervations, que nous pofledons, foyent fuffilantes pour nous permettre d’afleoir un jugement alluré lur ce fujet. Je n’en excepte que celles de Petersbourg, & peut-être celles de Lapponie. On a vû çi deflus (§. 3.) avec quel foin M. M. euler & krafft & d’autres Académiciens ont conftaté que l’Aiguille n’éprouve aucune Variation quelconque à Petersbourg: ils ont même prouvé qu’elle n’en fubit aucune en tems d’A. B. M. braun y avoit déjà obfervé l’Aiguille fréquemment , & ne dit rien d’agitations irrégulières: il ne parle que d’une très-petite oscillation de dix minutes ( $. 84. ). Voila des Ob-ferva-
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- De VInfl. ieT A. B. furies mouv. irréguliers. 185
- fervations plus qu’ifolécs: des Obfervations repétées & faites avec foin. J'ai trouv' de plus dans la belle collection des Obfervations deM.scHR.bTER trois expériences faites fur l’Aiguille: l’une pendant l’A. B. du 18 Décembre 177a fur une feule Aiguille: la fécondé & la troifième pendant les A. B. des 24. Décembre 1772 & 16 Janvier 1773, l’une & l’autre fur deux Aiguilles : & dans ces trois cas les Aiguilles font reftées immobiles. Cestrois jours mes Aiguilles n’ont pas éprouvé d’agitations irrégulières : mais le 16 Janvier, l’Aiguille s’efl avancée tout le jour vers l’O. de 16'.
- J’excepte peut-être ausfi les Obfervations faites à Umba & à Ponoi en Lapponie par M. M- mallet & pictet. Le premier (a) a fait tous les j >urs pendant trois mois l’expérience de la Déclinaifon de l’Aiguille, & l’a toujours trouvée invariable : & même infenfi-ble à l’aétion de l’A. B les trois fois qu’il a pû faire des Obfervations de ce genre : enfin il a trouvé que les forces de l’Aiguille n’éprou-voient à Umba aucun changement. M. pictet (b) n’a également oblcrvé aucune Varia-
- (u; A»:
- », lom. XIV. F. II. p. J3-
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- i<p Del'Infi. de CA. B.Jur les môuv. irréguliers,
- tion de l’Aiguille pendant les neuf A. B. qu’il a oblervées à Ponoi. Enfin dans deux jours différons il a trouvé la même Dcclinaifon.
- §. 130. Dans tous les autres endroits de l’Europe que je connois, où l’on a fait des. Obfervations plus ou moins fuivies, à Londres (c), àUplâl, (d), à Stockholm (e), à Coppcnhague, (/), àTornea (g), h Frane-ker, àSparendam, à Rome(//), à la Haye, à Leide, à Montmorenci, on a vû des agitations irrégulières de l’Aiguille par A. B: & ceux qui n’en ont pas vû, n’ont fait, autant que
- (c) PAU. Trmf. Vol. LI. P. I. Obfervations de M. canton : V. ausfi celles de M. graham , mais beaucoup moins complettes, ib. N°. 383.
- (H) Mémoires de Su'ede, Tom. IX. p. 37. Obfervations de M. M. cblsiu* & hiorter.
- (<) PAil. Tranf. Vol. XLVII. p. 130. & Mcm.deSuède, Tum. XII. p.60. Obfervaaon de M. wargentin.
- (/) Lous, Ttntamim de compajfu nauiico p.rficiendo, à la fin.
- (g) Obfervations de M. heuant. Mémoire de Suède. Tom. XVIII. p. 68.
- . ( A) Le P. ass Kl epi , qui y a fait deux fuites d'Ob-fervations, chacune de quelques jours, fur la variation horaire, y a obfervé le 18.Décembre 17 61 une agitation irrégulière. A ni délia Aeademia diSiéna, Tom. II. p. 1*7.
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- Del'Infl. itV A. B. fur les mouv. irréguliers. 191
- que je le fois, que des Obfervations ifolées & quelquefois même uniques. P. ex. M. be-guf. lin n’obferva aucune Variation dans l’Aiguille aimantée pendant la belle A. B. du 18 Janvier 1770 (/;*), laquelle agita fi fort l’Aiguille à Tyrnau en Hongrie, ôc à Jena (5* 147.) : & néanmoins nous avons vû (J- 52.) qu’enfuite M. schdlzi a trouvé des Variations de l’Aiguille à Berlin même en pareilles circonftances. M. kalm ne remarqua le 16 Février 1750 aucune Variation de l’Aiguille aimantée à Philadelphie, pendant une A. B. qui agita néanmoins puiflamment l’Aiguille à Stockholm (<). De pareilles Obfervations ne peuvent donc mener à aucune conclufion générale, & prouvent feulement, fi l’on a eu de bons inftruroens, que l’Aiguille n’a pas varié alors dans l’endroit où on l’a obfervée, & conféquemment qu’elle ne variepas toujours dans ces circonftances : Mais c’eft ce que nous avons déjà vûci-deflùs, & ce que les obfervations du P. cotte & les miennes prouvent démonftrativement.
- §• 131*
- (A*) Nouveaux Mémoires de l’Académie. Tom. I. p. 93. (i) Mémoires de Suède pour I752. Tom. XIV. p. Z$7> comparée à Tom. XII. p. 57. Année 1750.
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- iDerinjl. tlel'A. B. fur les muv. irréguliers.
- §. 13t. Le F. cotte (k) a oblérvé à Montraorenci en douze ans, depuis 1768— .1779, 134 A. B. donc il n’y en a eu que 53 qui ont agité l’Aiguille: 81 l’ont laiflce en repos, foit qu’elle fur Scationaire, ou qu’elle éprouvât fes mouvemens réguliers. Moi-même j’ai vû ici de 1771 h 1781, en onze ans, 284 A. B, dont iiï ont affollé l’Aiguille par leur prclence : dont ao autres l’ont fait mouvoir E, O, ou par faut, ou ont Amplement augmenté la grandeur de fa variation diurne : ce qui eil arrivé f«pt fois: il y a donc eu 14a jours d’Aurores Boréales qui n’ont eu aucune influence fur l’Aiguille: je ne parle pas des 27 actions qui ont eu lieu la veille ou le lendemain de ces A. B, parceque c’efl: un point dont on ne lauroit s’apperçevoir quand on ne fait que des Obfervatioos ilolées, non plus que des 20 jours dont nous avons parlé. Il y a donc eu fur *284 jours d’A- B. obiervées ici, 162 qui n’ont pas affollé l’Aiguille -, ainfi iln’efc pas étonnant que ceux qui n’obfervent que de teins en tems, s’ap-
- (k) Cec excellent Obfervateur en a publié la Table dans la Comaiffance des Ttms pour 1783; mais comme il m’avoit communiqué fes Obfcrvations en détail, j'ai pu corriger deux ou trois fautes qui fe trouvent dans
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- Del'lnfl. de l'J. B. furiesrnoav. irréguliers. 193
- s’apperçoivent peu d’agitations irrégulières. De ces 161 jours d’A- B. auxquels il n’y a pas eu d’affollement, il y en a eu, comme je l’ai dit, 14a de mouvement réguliers: 8c parmi ceux-ci, il y en a eu 47, ou le tiers, pour le feul mouvement N®. 1. le plus régulier de tous: 16 pour le mouvement N°. 2: 46 pour le N®. 3 • & 33 pour le N®. 4. Souvent même en Hy-ver ces mouvemens ont été fort petits, fie eonfequemment l’Aiguille a été alors à peu-près Stationaire, non-obftant la prélence de l’A. B.
- S- 13*. On a vu ci-deflus, ($. 56.) que fur 236 jours d’afïollemens, il y en a eu 162 d’A. B. aétuelles: il y en a donc eu 4a (§. 131.) d’A. B. obl'ervées ailleurs8c par lesquelles l’Aiguille a cependant cté affeétée ici, Sc quelquefois puilfiimment. Si l’on prend toutes les irrégularités caufées par des A. B. aéhielles, il y en a eu 237 fur 519 jours d’aélion iriéguliè-re (§. 81.). Si de ces 237 on ôte les 14a A. B. qui ont été vues ici pendant ces irrégularités, il en relie 95 vues ailleurs: dont otant 42 pour les feuls affollemens, il en reliera 73 pour les autres jours irréguliers. Il refulte de tout
- i°. Que fi l’A. B. oblervce, foitdans les
- tomu III. N lieux
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- 194 Del’Infl. del'A. B. fur les.muv.irréguliers.,
- lieux où les Aiguilles fc trouvent, foit ailleurs, les affrète quelquefois puiflamment, elle n’influe quelquefois pas du tout fur elles, Sc leur laifle, ou la régularité parfaite de leurs mouvemens, ou même leur immobilité.
- 20. Que les affollemens produits par des A. B, obfcrvécs dans l’endroit où fe trouvent les Aiguilles, font plus fréquens que ceux qui ne le font que par des A. B. vues ailleurs : enfin:
- 3°. Qu e par contre, les autres mouvemens irréguliers font plus fouvent produits par des A. B. obfervées ailleurs, que par celles obfer-vées dans l’endroit même. Car les premier» font au nombre de 73 en tout, dont ôtant 10 pour les A. B. obfervés dans l’endroit même il en refte 53 contre ao. Or, les affollemens font certainement des irrégularités plus fortes que les autres mouvemens irrégulière : ainfï l’A. B. actuelle paroit agir plus fouvent plus fortement que les A. B. qui ne font pas vues dans l’endroit même.
- 5. 133. Au refte il y a plufieurs caufes pour lesquelles une A. B. vue dans quelques endroits ne l’eft pas partout: i°. un Ciel couvert: a°. Parce que la matière de l’A. B. eft trop peu élevée dans l’Air pour être vue dans des endroits
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- DeVlnfi. de VJ. B .fur Us tttoujt. irréguliers. 19g
- droits trop au Sud de ceux où l’on obferve le Phénomène. 30. Parce qu’elle peut être trop rare, pour pouvoir être apperçue: 40. Parce que le Phénomène paroit au moment qu’on n’y fait pas d’attention, ou apres l’heure il la quelle on finit fes Obfervations quand on ne s’attend à rien d’extraordinaire. Il n’ell pas posfible qu’une A. B. foit obfcrvée à Coppen-h.igucou àPetersbourgp. ex. & à Montmoren-ci, & Marfeille, comme c’elt fouvent le cas des irrégularités dont nous avons parlé, fans qu’elle puifle l’être à Franeker, fi la conftitu-tion de l’Air n’y met obftacle. Combien d’A. B. ne nous échappent pas pendant la nuir, où a des momens qu’on ne fonge pas à l’obferver? Il s’enfuit de ces remarques qu’une A. B. ob-fen ée ailleurs, peut, quoiqu’on ne s’en foie pas apperçu, avoir été réellement préfente fur l’horizon de l’endroit où les Aiguilles fe trouvent : fans compter que nombre d’A B. paroiflent de jour, quoique la lumière du. foleil les dérobe à nos regards. ( §. 46. note i ).
- §. 134. J’avoue que je ne faurois expliquer d’une manière fatisfâilante, ni pourquoi l’A. B. 11’agit pas toujours, même quand elle luit avec éclat, ni pourquoi elle agit quelquefois plus fortement quand elle fernble moins bril-N a lante,
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- Vç6 Bel'Infl. dcTA. B. fur lesniouv.irréguliers.
- lance, enfin pourquoi elle agite diverfement différentes Aiguilles, ou n’agit pas du tout. J}avouè n’avoir que très - peu de lumières fur ce fujet, 2c que tous mes travaux, avec quelque confiance que je lesaifuivis, n’ont abouti qu’à me convaincre du Fait, fans m’éclairer, comme il étoit naturel de le defirer, fur les caufes: tout ce que je puis dire de plus raifon-nablè fe réduit à ceci.
- S i les mouvemens irréguliers dépendent de l’A. B, elles dépendent de la matière qui la conftitue, c. a. d., comme j’en luis convaincu d’après M. de mairan, de celle de la Lumière Zodiacale, oude l'Atmosphère folaire. Il elt hors de doute que cette matière elt fituée à une très-grande hauteur dans l’Atmosphère , mais il n’en cft pas moins vrai qu’elle s’approche quelquefois jusqu’à là furfkce. M. wa rg en t i n rapporte (/) que M. gisler en a donné les preuves les plus convaincantes. On a vu qu’elle paroit quelquefois en pleinjour fous la forme de brouillards 2c de nuages, que j’ai moi-même obfervés complettement deux fois, lavoir le ao Mars Sc le 30 N ovembre 1774. Je vis, le premier de ces jours, à 7çh., Ciel fe-
- '(/) Mémoire dt Suède 1753. Tom. XV. p. 85. feqq.
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- DeFInfl. tel'A. B. furies mouv. irrégulier s. 197
- ferein, un Brouillard pale, qui couvrait infen-fiblement la partie boréale du Ciel: à 8j h. j’apperçus. que la matière de ce brouillard s’ar-rangeoit en arc, & formoit infenfiblement une A. B. qui bientôt lança quantité de Rayons. Le 30 Novembre à 6 h. le Ciel étoit couvert dans fa partie auftraje r il y avoit au N> des nua? gcs noirs à l’horizon , & au-deflus jusqu’à la hauteur de 17 dégrès un efpace blanc , que je pris d’abord pour un gros nuage blanc, au-deflus duquel il y en avoit de noirâtres. Maispeu-à-pcula couleur de ce nuage blanc devint jaunâtre , lumineufe, & Je vis que c’étoit la matière même de l’A. B, qui lançoit enfuite des aigrettes, & des Rayons de la plus grande beauté.
- §. 135. Il n’eft donc pas douteux que la matière de l’A. B. ne foit quelquefois unie, & intimement mêlée, à notre Atmosphère, & qu’elle ne s’étende jusqu’à la furface de la Terre: M. mairan a prouvé d’ailleurs, qu'elle s’étend même quelquefois au delà, & que la Terre y nage {wi). Je croirais donc que cette matiçre eft la cau.(e des meuvemens
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- 198 De'flnjl. de VA. B. fur les mouv. irréguliers.
- irréguliers de l’Aiguille, 8c que fa denfité plus ou moins grande eft celle des différences qu’on obfcrve. Peut-être les A. B. qui n’agiflent pas fur l’Aiguille font-elles celles qui pénètrent pas allez profondément dans l’Atmosphère. M. mairan conjeâurc, non fans fondement (n), ,, que dans ce cas la matière du Phénomène „ n’atteint pas jusqu’au zénith du lieu de l’ob-„ fervateur &de la Bouffole, ou que cette ma-„ tière [ce qui me paroitroit plus probable] „ fe trouve alors trop légère 8c trop rare pour „ defeendre jusqu’à la fphère d’a&ivité du „ Magnétisme, ou du fluide qui le conftitue „ auprès de la Terre ”, 8c quand aux cas auxquels l’Aiguille varie avant ou après l’apparition du Phénomène, M. de mairancon-jeéhire encore, que „ fa matière, quoiqu’in-„ vlfible, déjà tombée dans la Région infé-rieure de notre Air, ou n’y ayant pu parve-„ nir après l’apparition, y operoit fes impres-„ fions quelconques comme pendant l’appari-„ tion”. Il ne faut, dit avec raifon cet illu-ftre Auteur „ que fe rappeller la Théorie de „ la Lumière Zodiacale, ou de l’Atmosphère „ folairç expofée & répandue dans cet Ouvra-»ge>
- (») M- P-4J4 la ae Édition.
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- D'eVInfl. de? À.B. fur les mouv. irrégulier s. 199
- jj ge, pour fe convaincre de la légitimité, „ fi je l’ofe dire, de la certitude de ces „ Induirions.
- §• «36. Mais comment cette matière de 1*Atmosphère folaire exerce-t-elle fes impresfions fur l’Aiguille? Il eft difficile, de croire que "ce'foit uniquement par impulfion : car cette matière eft, fans doute , ausfi tenue & ausfi Tare que celle du foléil même, oü de la lumière : & l’on fait par les Expériences de M:. d fe 'ma 1 r a n (0), que les rayons du foleil, rassemblés au foyer d’une lentille, n’agi fient pas par leur impulfion fur les corps le$ plus légers, mais que le mouvement dont on s’apperçoit 'alors, n’eft du qu’à la chaleur: &poürroit-on fuppofer qu’en tems Ü’A.B. la matière del’Atmosphère folaire eft plus denfe, & plus inégalement denfe, que fie l’eft la Lumière au Foyer d’une Lentille? On pourroit peut-être recourir à quelque influence, à-quelque affinité particulière'entre 1a matière de l’Atmosphère folaire, *& le Magnétisme, ou le fluide magnétique ,qu’on en croit être la caufe : & l’on fe prevaudrait peut-être des Expériences de M.
- N 4
- (.») an j>.
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- aoo DtVInJl. * TA. B. fur les mouv. irtégu.krs-.
- M. uazin (p) qui pourrai eut. faire croire qu'il y a quelque affinité entre la Lumière & le Magnétisme, puisque la flamme d’une chandelle , loit Ample, foit condenféc par une lentille, met dans un mouvement perpétuel une Aiguille fuspendue .près d’un Aimant, agitation qui n’a pas lieu de même ü cette Aiguille eft hors de la fphère d’activité magnétique, mais il paraît douteux.que cette expérience fuffife pourprou-ver cette proportion: quoiqu’il en foit, on n’en fauroit attribuer l’effet à la chaleur puisqu’il eft prouvé par les Expériences de M. M. majuotte (^) & du fai (r)j que la chaleur du Feti terreftre ne paffe pas par le verre qui recouvre un miroir ardent, quoique la lumière fe raflèmble au Foyer avec la même vivacité. L’Expérience ne nous éclaire donc pas le moins du monde fur la manière dont l’Atmosphère folaire agit fur, les Aiguilles, 5c fes
- (f) Dtfeription des Courar» Aiaguétijiut p 37.
- (?) Traité dit Çrth’trs P.II. Oeuvra Tom. I. p. î88. (r) Mémoire de l’jicaiémie I7zi5. p. 167. à quoi on peut «jouter la remarque de M. richmann {No'v. Com. Petr. Tom. III. p. 349.) qu’un Thermomètre, placé derrière une lentille, indique un plus petit degré de chaleur que lorsqu’il eft placé devant la lentille, quoique dans le premier cas il foit placé dans des rayons plus denfes.
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- Derinfl.de V A. B. fur les muv. irrégulier s. oox
- les divers mouvemens: ou comment elle modifie le Fluide Magnétique, auquel M.ha l-ley attribuoit les A. B, 6c par l’inégale den-fité 6c les effluves du quel M. elvius (j). expliquoit les agitations irrégulières de l’Aiguille : triais comme je l’ai infirmé, il ne s’agit pas feulement d’expliquer les affollemens, mais toutes les autres modifications du mouvement régulier,, 6c du progrès général de déclinaifon, desquelles nous avons parlé.
- II. DE L’ÉLECTRICITÉ.
- §. 137. Plusieurs Phyficiens penfent que les agitations irrégulières de l'A'guille proviennent uniquement de l’Éleâricité de l’Air, & ils en deduifent un rapport entre l’Éleétri-cité 8c le Magnétisme. Ils penfent que l’A. B. eft un Phénomène purement éleétrique. J’avoue que jusqu’ici je n’ai pu accorder les faits avec cette idée : j’entrerai dans tous les détails requis fur ce fujet dans mon Traité fur l’A. B-, ils feroient déplacés ici j où il ne s’agit que d’un Fait, 6c de favoir fi l’Éleftricité eft la caufe de ce Fait.
- On
- (») Mémcirit JtïAcadémit <k Suidt. T. VII. p. çç.
- N 5
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- 201 De VInjl. de l'Élciïricitê jiir F A. Br
- On demande donc fi cés agitations irrégu* lières dépendent de l’Êlcétricité de l’Air ? OA fournit trois fortes d’induétions pour appuyer cette idée : 1°. la Conftitution Eleétrique de l’Air dans le tems qù’on obfcrve cétte agitation: a". La fimilitude de ce s agitations avec celles que l’Electricité peut produire, & qu’elle produit quelquefois: enfin ^.'l’influence du Tonnerre. Ce font trois points qu’il s’agit d’examiner & de discuter àvec plus de foin que je, ne L’ai fait dans mes Beckerches fur les Aiguilles §.141. feqq.
- 1. De l'ÈleSrieité de l'Air en tems £ A. B.
- §. 138. l’Air, eft-il. Eleétrique en tems d’A. B; & s’il l’eft, eft-ce à cette Éleétricité qu’il faut attribuer l’agitation irrégulière des Aiguilles? Examinons d’abord les preuves directes, enfliite les indireétes.
- Les preuves direétes ne font rien moins que conftatées: il y a des A. B. dans lesquelles J’Air ell éleétrique: il y en a pendant lesquelles il ne l’eft pas: c’eft ce qu’il eft facile de prouver.
- i°. M. wideburg («.), Profefleur à .___________________________________________Jena,
- p. 38. icq*
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- De Vlnfl. de TEkSlricité fur TA. B. 2.03
- Jena, a fait differente1; Expériences de'ce genre en Octobre, Novembre, 8c Décembre 1769 8c Janvier 1770. De huit A. B. il y en a eu trois, celles du 27Oétobre, 17 Novembre 1769, 8c 18 Janvier 1770 pendant lesquelles ce Phyficien a trouvé l’Air fortement éleétrique ; il ne l’étoit que foiblement pendant deux antres, 8c abfolument pas pendant les trois dernières. M. wideborg marque, qu’en Décembre il y a presque eu tous les jours des A- B., foibles à la vérité, mais qui n’ont pas donné le plus petit Ggned’Electricité: remarquons encore, que pendant la belle A. B. du 25 d’Oétobre 1769 M. w 1 d e b u r g n’a pres^ que pas trouvé d’Éleétricité dans l’Air à Jena, à la même heure à laquelle M. de lille, Fils, a trouvé àFrancker, au-moyen d’un cerf volant, une Eleétricité très-copieuiêdansl’Air, les étincelles s’élançoient au loin, 8c étoient en état de tuer une Grenouille.
- M. Canton (£) n’a jamais -trouvé l’Air éleétrique la nuit, à moins que l’A. B, n’eutprécédé} 8calors même l’Eleétricité étoit foible. Au contraire M. ronayne(Ç), qui
- (é) PtiU Tranf. Vol. 44. p. 784. (f ) Ibid. Vol. 6i. p. 139.
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- 404 £>« T In fi. di F ÊleElriciti fur VJ. B:.
- a fait un très-grand nombre d’Expériences fur ce fujet, 6c qui a fouvent examiné l’Air en tems d’A. B- afin de rechercher s’il étoit électrique alors, n’y a jamais trouvé d’Éleéfcricité dans ce tem.s-là, à moins qu’il n’y eut enmême tems du Brouillard : il n’a trouvé qu’une feule fois de très-legers lignes d’Éleétricité dans l’Air pendant l’A. B.
- 3°. M. B e r g m A n ( d ) n’a jamais pu trouver d’Éle&ricité dans l’Air à Upfal de quelque manière qu’il s’y foit pris, ni par des barres de Fer élevées en Conduéteurs, ni par des Cerf-volans pas même dans, le tems qu’il y avoit des A. B. les plus éclatantes,, 6c qui agitoient puiflamment l’Aiguille.
- 4°. lien ell de même de M. pictet qui ayant élevé à Umba en Lapponie, fur un Rocher, une grande barre de oo pieds de haut teur, 6c parfaitement ilolée, n’a pu trouver aucune marque d’Éleétricité dans l’Air pendant huit A. B. qu’il a oblêrvées, pas même pendant celle du aa Mars 1769 qui fut très-brillante.
- 50. Mon Frere s’eftfervi pendant les A. B.
- (d) Ibid. Vol. 51. p-38s,
- (<) Kov. Ctm. Vttrtp. Tom. 14. II. p.88.
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- De l'Infl. de P Électricité fur PA. B. 10$
- des 19, aj, 16de Février 1778 de l’Élcéfcro-mctre de M. c a v a l l o (/), & il n’a trouvé qu’un écartement des boules II foible, qu’il eft douteux s’il eft provenu d’une véritable Eleéfcricité tie l’Air, ou de l’agitation du Vent, ou de quelque autre caufe accidentelle.
- 6°. Le Prince de gallitzin, qui eft fi verfé dans tout ce qui concerne l’Éleftricité & qui a fait un fi grand nombre d’Expériences fur ce fuj'et, n’a pas pu remarquer que les A. B. influent fur les lignes d’Éleûricité , que donne le Cerf-volant (g~).
- 70. Enfin M. vol ta (A) s’eft fervi très-avantageufement de fon Condenfattwr, infiniment fi propre à mefurer les plus petits degrés d’Éleéfcricité : 8c il a trouvé, pendant la belle A. B. du 18 Juillet 1780, qu’ayant appliqué fon Condenfateur à un Conduéteur atmosphérique , il apperçevoit de belles étincelles: au lieu qu’en d’autres tems, la nuit ou le jour, Ciel ferein, le même appareil ne donne que de petites étincelles, ou n’en donne pas du
- (f) C'eft celui qui eft décrit dans les PAii. Tranf. VoL É7. P I.
- (g) Uétnoir. de (Académie de Bruxelles, Tom. III. p. 12. (<) HH. Trmf.W 0I7». p.15.
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- %o5 D,e rinfl. de VElcttricitéfur VA. B.
- du tout : parcrque, dit ce Phyficien, ce Con-duéccur n’eft pas allez clevé.
- Cette Expérience pourroit faire croire que les moyens, dont fe font fervis les Phyfi-ciens qui n’ont pas trouvé d’Eleétricité dans l’Air en tems d’A. B, étoient infuffifans pour la découvrir : mais on ne fauroit faire ce reproche à ceux que quelques-uns des Phyliciens dont nous avons parlé ont employé, liirtout à celui du Cerf-volant employé par le Prince de GALLITZIN&par M. BERGMAN: & tout ce qu’on peut conclure de l’Expérience de M. volt a eft, ce me femble, que l’É-leétricité de l’Air n’étoit pas forte pendant l’A. B. dua8de Juillet 1780: & il refulte de toutes les Expériences dont nous avons parlé, que l’Air eft quelquefois éleétriqueen tems d’A. B., & que quelquefois il ne l’eft pas.
- §. 139. L’A. B. ne paroitdonc rien ajourer auxPhénonèmes que l’Atmosphère préfente ordinairement. On fait que l’Air eft très-fouvent cleétrique, même en tems ferein , mais avec des Variations d’intenfion & de remisflon, & tantôt pofitivement, tantôt négativement. P. ex. leaa Mai 1768 M. de lille a trouvé par fon Cerf-volant une très-forte Eleétricité , Ciel très - ferein. Le 2 Juin une Électricité foible.
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- De T Tuf. Je TkledrieiU fur TA. B. ao?
- foible. Le 14 quelquefois pas d’Éleétricité : le xa Juillet Éleétricité très-forte: le 13 Décembre, Ciel ferein, vent N. E. forte gelce, Lleâricité très-confidérable. On retrouve donc ici les mêmes variétés: & puisque l’Ajr efb fouvent fortement éleârique hors des tems d’A. B., qui pourra prouver, lorsqu’il l’efl: à l’apparition de ce Météore, que c’eft de celui-ci que cette Éleétricité dépend. 11 faudrait pouvoir prouver tout au moins, que l’Air eft, en tems d’A. B., conftammentplus fortement éleétrique qu’en d’autres tems, 6c dans les mêmes circonftances.
- a. De VEle&ricité ordinaire de VAir.
- $. 140. M a 1 s fuppofons P Air éleétrique, comme il l’efl: quelquefois en tems d’A. B. ou fins A. B., les agitations de l’Aiguille dépendent elles quelques fois de l’Ele&ricité? On a déjà vu que M. bergmanîobfervé des .agitations irrégulières de l’Aiguille très-fortes en tems d’A. B., fans pouvoir tirer la moindre Eleétricité de l’Air, ce qui eft également arrivé à M. wi d e b u r g } or fi c’eft l’Electricité qui agite les Aiguilles, on ne iauroit dire qu’elle eut été trop élevée dans l’Air, pour que les Inftrumens dont on fe fervoit pour la fouti-
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- aog 23e VInfluence de l'Elelrtciti
- rer puiffent l’atteindre: mais, fans nous attacher à cette preuve négative, en voici de plus pofitives.
- S i les agitations irrégulières dépendent de l’Éle&ricité de l’Air, on doit, ce me femble, en conclure, qu’elles doivent être d’autant plus confidérables, Ôc qu’en général les mouvemens de l’Aiguille doivent être d’autant plus grands que cette Eleâricité eft plus forte: or, c'eft ce qui n’a nullement lieu. Je priai en 1771 M. de lille, qui s’occupoit beaucoup d’Expériences avec le Cerf-volant éleétrique, d’en faire aux portes de notre Ville, pendant que je ferois des obfervations fur l’Aiguilïe: je tranfcrirai fidèlement la note qu’il m’a donnée, & je comparerai les Effets de l’Éle&ricitc à ceux de l’Aiguille
- §. 141. Le 6 Mai 1771, de ah. à 5I1, Vent S.O.fO foible: Air ferein, très-chaud, par-ci par-là des Nuages. Éleétricité de l’Air nulle: pas une feule petite étincelle. Mouvement
- (;) Toutes ces Expériences, auxquelles j'aiasfiftéplus d’une fois, confirment ce que le Prince de gauitzin a trouvé, que l'Aiguille du Cerf-volant, quelque petite qu'elle foit, pique comme celle d’une commojà>n.
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- fur lesmouvemcns irréguliers. 009
- vement de l’Aiguille régulier. Variation de a à 3h.8'0:de3 il+h. Stationaire: dc4à5h. i'E: de5à6h. Stationaire:de6à7h. 8'E: Variation totale de 15'.
- Le !3 Mai de 7 à 8h. du foir: Vent N. E. Eleétricité foible: Ciel ferein. Ce jour il y a eu cette grande agitation irrégulière dont nous avons parlé (§• 44), & qui fut le matin de a degrés. Le foir de 7 h. à y-Jh. la Variation a été de 18'E. de 7'h. à 8h. 5a, de 9'0 : foir A. B : il n'y a pas eu moyen d’élever le Cerf-volant plutôt faute de Vent. M. de lille l’a tenté plus d’une fois $ mais fans fuccès.
- Le 15 Mai.- de ah. à 4-} h. foir: ferein, fans nuages : chaud : Electricité très - foite, étincelles confldérables: la bouteille fe chargea avec force. Le mouvement de l’Aiguille a été très - régulier, & eft monté graduellement à45'. De 1 h. à 2h. de ah. à 3h. Stationaire: de 3 h. à 4I1. 2'E: de 4I1. à 5 h. 3'E : de 5h. à 6h. i'E. de 6h. à 7I1. 2'E: de 7h. à 8h.
- 4 O; enfuite Stationaire: l’Aiguille ayant parcouru 25' du matin au maximum, Sc 8' feulement du maximum au foir : ainfi la déclinaifon s’el’t trouvé augmentée.
- Le 16 Mai. De ah. à 3h. ferein: très-chaud : Vent S. CM S. pasd’Eleétricité : Mouvement régulier: de 1 h. à a h. 10'O: de 2h.
- TOME III. O à
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- »io De VInfluence de l'Élefiricité
- à 3 h. Stationaire: de 3h. à 4 h. i'E: de 4t. à 5h. Stationaire: de 5h. à 6h. l'E: de 7 b* à frh. Stationaire: de 8 h. à9h. 10'E.
- Le 18. de ioh. à nh. m. N- Nuages: Éieâricité foible : plus forte dans la partie baffe de l’Atmosphère. Mouvement régulief N°. 2. le matin de 62711., 3'fc.: de7à8h. 5'E: de 8 à ph. i'O: de 9 à ioh. Stationaire : de toh. à uh. s'O: de lih. à îah. 3 O: de la h. à ih. 4'O.
- Le 19: de 3yh. à 5b. N. N. O. ferein: Éleétricité médiocre. De 3 h. à 5b. l’Aiguille Stationaire : pendant le jour mouvement
- Le ao: de 1 h. à 2h{. N. Électricité médiocre : de 1 h. à 3 h. l’Aiguille Stationaire : fon mouvement a été régulier & au deffous du terme moyen.
- Le 23: de 11 h. à ah., S. O. VO: Nuages: Éleétricité foible : mouvement petit & régulier : de 11 h. à iah. 5'O. de 12 h. à Ih. 2 0.
- De 4h à 5h.: Vent S. O. Éleétricité très-foible. De 3 à 4h. Variation a'E. & également de 4h. à 5 h.
- Le 24: de ah. à §h. VentS. O, ferein: Éleétricité forte. La bouteille s’eft copieufe-ment chargée: mouvement foible, régulier,
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- fur les mauve Mens irréguliers. au
- «te ih. à 3h. 3'0: de 3 h. à 4I1., 4': de 5b. à 6 h. Stationaire.
- f L e as : de 8jh.—9!h. Aflez ferein, S. O. Électricité forte, comme la veille: mouvement petit, régulier. De 6h. à 7h. 6'E. de7à8h. 4'E: de 8 à 9I1. 3O: de 9 à îoh. 3'O : mouvement N°. 3.
- De ia}h. à ivh. Vent S. O. r S. nuage?. Eleéhicité médiocre, mouvement régulier, foible : de 11 h. à îah. 8' O : de 12 h. à 1 h. 2'0 : de 1 h. à 3h. 3'O: enfuite versl’Eft.
- Le 26: de 9 à 10h. matin , S. O. j O. chaud i Éleftricité médiocre, mouvement N°. a. De 6à.fh. 3'E: de 7 à 8 h. 3'E: de 8a9h. i'O: de 9 à ioh. Stationaire: de ia à 11 h. 4'O: de 11 à iah. 5'O: de xa à ih. 4 O.
- Le 5 de Juin, de 4I1. à5!h.N. O. \ N. chaud, ferein, Éleétricité médiocre, mouvement de l’Aiguille très-petit & régulier. De a à 3 h. i O: de 3 à 4I1. a'E: de 4 à 5 h. Stationaire, de 5 à 6h. i'E: de 6 à 7 h. l'E.
- Le 26 de Juin. Violent Tonnerre, ainfi que le 27 : Eleétricité confidérable. La Variation diurne a été de 18' le 26, & de 11' le 27. Mouvement régulier , N°. 2, le 26. Entre * h. 8c 5 h. qu’il a tonné, l’Aiguille étoit Stationaire. De 5 à 6 h. mouve-
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- atî De l'Influence de VÉk&ricitê
- nient t'E: de 6 h 7I1. Stationairé. Violent? Tonnerre la nuit du 26 au 17, & le 27 de 1 h. à Vu. De 11 h. à iah. Variation a'E: de iah. à ih. 4O: de 1 h. à ah., l'E: de ah. à 3 li. Stationairé : de 3 h. à 4h. i'E : de 4h à 5 h. Stationairé : fuir mouvement petit & régulier. Le mouvement entre 11 h. & midi cft de ceux dont j’ai parle §. 3a, 83, 8c que j’ai dit pouvoir être rapportés à l’Élcéfcricité ou à telle autre caufe accidentelle.
- §. 142. T’ouït confirmer encore davantage ccs faits, je priai feu M. dent an, Genevois, qui s’occupoit beaucoup d’Expérien-ces fur l’Éleâricité de l’Air près de la Haye, de me donner une note de quelques-unes de fes Expériences, pour que je pu (Te les comparer à celles que mon Frere failoit à la Haye dans le même tems. En voici la note.
- Le 8 Juillet 1775. E. S. E. de <Sh. à loh. Éleétricité forte & confiante. Variation diurne très-petite, de 7' feulement. De 7 a 8h. 4'E: de 8 à 9b. a'O- : de 9 à 10h. l'O.
- L e 27 Septembre, E. à midi, Éle&ri-cité foible. De 10 h. à 4 h. l’Aiguille S»-’ tiohaire.
- Le 3 Oétobre. S. 10 h. à la h. Électricité d’abord foible : elle s’accroit à 11 h.
- avec
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- Jur les mouvemm irréguliers, aij
- avec une onJée: de 8 à çh. Stationaire : deçà îoh. Stationaire de ioh.ành. i'O: de nh. à iah. 2 O) de iah. à ih. i'O.
- Le 14 Décembre. N. E. de ih. à 3h. Éleétricité forte: elle s’affoibiit avec une giboulée, & reprend enfuite. De uh. à 12h. 3'0: de 12 h. à ih. Stuionaire : de 1 à ah. g'E : de 2 à 3 h. 4' E : de 3 a 4I1. 2'E.
- Le 10 Mars 1776. De 12 h. à 1 h. E. Éleétricité inconftante. De 12 h. à ih, a O; de 1 h. à ah. i'O: deah. à3h. io'O: degh. à4h., i'E régulière.
- Le 18 Mars 1776. De ih. à ah. S. O.. Éleétricité très-forte qui ceffa à 2 h. quand la pluie commença. De 11 h. à 1 a h. 3 O : de 12 h. à 1 h. Stationaire: de 1 h à ah. i'E: de ah. 3. 3 h. Stationaire, mouvement régulier.
- Le 8 Oétobre, E. violent. De 1 à 1 h?. l’Eleétricité va en diminuant à mefure que le Cielfecouvre, Variât. i’E.
- Le 1 Décembre, Sud. De 12 h. à ah. Eleébricitc forte: de 8 à 9h. Variation7'E: de 9 à ioh. i'E: de 10 à uh., de 11 h. h iah. Stationaire: de iah. à ah. 7 O: de sh. a 3 h. 4'0.
- Le 5 Janvier 1777. N. N. E. De 11 à ah. Éleétricité foible, renforcée par une ondée de Neige. Aiguille Stationaire à l'près.
- O 3 Le
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- *14 JDe l'Influence cle Vkle&riciti
- Le 9 Avril des i h. à ah. Éle&ricité foiblë. de toh. à h h. Aiguille Stationaire: de nh. à iah., 3'0: de iah. à xh. Stationaire: de ih. à ah. a'O. puis Stationaire jusqu’à 5h. Le foir A B. quia fait faire un faut à l’Ai-
- ^Le 19 Avril. N. de xa h. à ahf. Électricité médiocre: de 11 h. à iah. Variation ô'O. de 12 h. à ih., a O: de xh. à ah. Stationaire: de ah. àgh. 3'E; de 3h. k 4I1. 4'E.
- Le 6 Août, de 6h. à 9I1. foir* Éleétri-cite foible: de 6h. à 7h. 4'E: enfuite Stationnaire.
- En 1779 Ie 5 Mai, O. de 4I1. à 6h. loir. De 3 h. à 4I1. Variation i'E. de 4I1. à 5h. a'E: de 5 h. à 6 h. Stationaire. Éleâricité médiocre.
- . Le 6 Mai, S. S. E. de 4h. à sh. foir, Éleétricité foible ; s’accroît au coucher du fo-leil. L’Aiguille de 3 k 4h. de 4h. à 5 h. Stationaire, de sh. à6h. 3'E: de 6à7h. a'E: de 7h. à 8h. x'O: de 8h. à 9h. x'O: dé çàioh. i'0:de ioà nh. i'E : petit mouvement.
- Le 8 Mai, S. O. de 5h.à7h. foir: Electricité foible, quoiqu’à la fuite d’un Orage : à la Haye Orage à 5 h.*. de ah. à 3 h. 4'E.: de de 3 h. à 4h. a'E: de 4b;à5h. Stationaire.- de
- 5h-
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- far les mouvemens irréguliers. aiÿ
- 5h. à6h. 3'0: de 6h. 7I1. Stitionairc: de 7 h. à 8 h. i'E. Enfuite 3'E: mouvement très-petit.
- §. 143. J e ne vois rien dans toutes ces Ob-fervations qui indique le moins du monde que le mouvement de l’Aiguille dépend de l’Électricité: & je crois pouvoir conclure avec raifon de tout ce qui vient d’être dit, que la confti-tution de l’Air dans le temps qu’on obfer-ve des agitations irrégulières, ne prouve pas que celles-ci dépendent de l’Électricité : & que celle de l’Air, quand on n’enobferve pas, prouve plutôt le contraire, puisqu’elle n’indique aucune liaifon entre les mouvemens de l’Aiguille & les gradations de l'Électricité dans l’Atmosphère.
- 3. Des Agitations que VEleüricitê peut produire.
- § 144. P a s s o n s à la fécondé forte de preuves qu’on allègue en faveur de l’Éleétri-cité, favoir la iimilitude des agitations de l’Aiguille aimantée avec celles. que l’Éleétvicité peut produire & qu’elle produit quelquefois.
- l’E lecthicité agite tous les corps légers & mobiles: il fe pourrait donc qu’elle O 4 agi"
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- ti6. De Plnfluente de l'Electricité
- agitât l’Aiguille aimantée, fi elle fe communique p. ex. à la glace qui couvre la bouflble. J’ai allégué dans le §. *145 de mes Mémoires Jnr V Analogie de l'Électricité & du Magnétisme, plufieuvs Obfervations dans lesquelles ce cas à réellement eu lieu, Sc quelques Expériences Ultérieures fur ce fujet. Celles de M. gat-t e y (a) prouvent la même chofe : mais il en refulte ausfi que ces agitations ont également lieu pour tout autre corps que pour l’Aiguille aimantée, pour une Aiguille de Laiton, des fils de Lin, des boules de Liege Scc.; 3c tout çcla, pourvu que ce foit la Glace de la Bous-fole qui devienne électrique, ou que l’Éleétri-cité agifle fur une Aiguille ifolée. Si l’on place l’Aiguille dans un vale de métal non ifolq, on a beau communiquer l’Eleéljicité à ce va-fe, en approcher des Corps électriques, l’Aiguille n’éprouve aucune agitation. Ce font des faits que mes propres Expériences confiraient.
- §. 145. Les Boetes dans lesquelles on renferme les Aiguilles aimantées font ordinairement de métal & non ifolées ; les miennes font dans
- (a) Journal Je p/eyfujue, Avril 1781. p. 197. feaq. Expérience 8. 15. 16. 17. 18. 19. io. xi & note p. 300.
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- fur les moHvemons irréguliers. a 17
- dans ce cas : elles font pofées fur une pierre de taille, qui n’eft pas à la vérité un bon conducteur, mais qui cependant n’cll pas un coercitif : il n’çft d’ailleurs pas posiibie d’empécher la pierre, la boete,, la Giace de (é couvrir de pousfière, qui détruirait encore tout ifoiement. Cependant mes Aiguilles ont éprouvé quelquefois de très-fortes agitations irréguiieres, ibip en tems d’A. B-, foit autrement, Il faudrait donc, Il ces agitations dépendent de l’Eleétri-cité, que celle - ci fut communiquée à la Glace qui couvre la bouflble : mais en ce cas, toute autre Aiguille placée dans les mêmes cir-conftances devrait éprouver quelques oscillations: Sy ç’eft ce qui n’a pas lieu,
- 146. Pour m’en allurer, j’ai fait faire une Aiguille de Laiton, plus mobile encore que mon Aiguille aimantée N 0 Amais à-peu-près de même longueur (£): je l’ai placée dans fa boete, couverte d’une glace, à coté de l’Aiguille A, fur la même pierre, & de façon que, je pouvois. obferver les deux Aiguilles à la fois. JL,e 3 d’Avril 177e il y eut une foiblç A. B- i’Ai-guillç
- (b) V. §. 147. de mon Mémoire fur l'Analogie de ("£* ledriciiê v du Magnétisme Tom. I. île ce Recueil.
- O 5
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- «i8 De l'Influence de l'ÉleSlricité
- guillc A ne parcourut que quelques minutes: l’Aiguille de Laiton refta immobile. Le 21 de Juin, jour d’agitation irrégulière dont nous avons parlé ( §. 45.), l’Aiguille A fut dans une agitation continuelle, parcourant tantôt à l’Eft tantôt à l’Oucft, un efpace de a degrés : l’Aiguille de Laiton refta encore immobile. M. meese a répété de fon coté la même Expérience, & avec le même fuccès, pendant l’af-follement de 40. qu’éprouva l’Aiguille le 17 Juin 1773 (§. 48.). Enfin il en a été encore de même le 17 Septembre 1773 dans le teins qu’une A. B. fit parcourir le foir à l’Aiguille aimantée 12/: d'abord 79 en trois quart d’heures: enfuite a degrés en neuf minutes. Le fuccès a été invariable toutes les fois que j’ai répété l’Expérience. Je crois donc pouvoir conclure d’une Expérience ausfi déctfive, que les agitations de l’Aiguille obfervées en tems d’A. B., ou en quelque tems que ce foit, ne dépendent pas de l’impulfion du Fluide éleétri-que fur les Aiguilles. Si l’on prétend que le Fluide éleétrique modifie dans ce tems-là le fluide magnétique fans agir par impulfion, & que e’eit la caufc pour laquelle les autres Aiguilles non aimantées n’éprouvent pas de ces agitations , je ne répondrai rien à cet argument, parce que je ne Çrurois y repondre par des faits:
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- fur les mauve mens irréguliers. 419
- & j’attendrai qu’on allègue quelques faits pour établir cette aflertion. Mais il s’en faut de beaucoup que les pamians les plus zélés de l’É* leétricité foyent d’opinion , que l’Éleéfcricité agit ici autrement que par fon impulfion 8c fou action ordinaire : ç’eft ce qu’il s’agit d’exami' lier à préfent,
- §. 147. On fait qqe notre Atmofphère eft quelquefois' abondamment pourvue d'Elcétri-cité, comme en tems d’orage: on a vû qu’elle l’eft ausfi quelquefois en tems d’A. B : on allègue même en preuve de ce dernier article, qu’en ces tems-là Jes machines éleétriques ont une force plus grande qu’en d’autres circonftan-cçs : M. b e r r h o l o n l’a remarqué pendant l’A. B. des 2.9Février 1780 8c I^Février 1781 (§. 19.) & cela a ausfi été obfervée à Tyrna* pendant l’A. B. du 18 Janvier 1780 (Y). Or, c’eltdaiisdescirconitancespareillesqu’onavûdes Aiguilles aimantées, expofées à l’Air libre, fans être enfermées dans des boetes, s’agiter eq. tout fens.
- Nous avons parlé ci'deflus(§. 19. 54.) des Ex-
- (0 Saimai dis S ayant. 1770. Juillet. Septembre p. 46, do" la reiiiîpresfion.
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- aao De VInfluence de VÉleElricitf
- Expériences de M. b e rt h o l o n & de cel-d’un Payfan près de Dresde, fur cefujet. M. wideburg a fait des Expériences femblables à Jena pendant l’A. B. du 17 Novembre 1769. Il a trouvé que des Aiguilles, expoféesà l’Air libre, étoient d’autant plus agitées qu’elles étoient plus longues : la plus longue fe tournoit tantôt au NE, tantôt au S. O- L’Élcétriciré de l’Air ctoit forte. Enfin le 8 Août 1770 il a vû une Aiguille décliner de 4a a 480. le 10 de 8'd. feulement, pendant des A- B.
- §. 148. Les Obfervations de M. M. le Chevalier de vivens & le Comte de la cepÈde préfentent les mêmes refultats en tems d’Ora-ge (dj. Le premier de ces Phyficiens a obfer-vé pendant plufieurs années trois Aiguilles, l’une à l’Air libre : l’autre contenue dans une boe-te ouverte à fes deux pôles : la troifième renfermée dans une boete de boullble ordinaire. Il a vû ces Aiguilles fubir des agitations différentes j 8c les deux premières, lorsque le tems étoit orageux, étoient ag’tées par des Vibrations fingulières, 8c plus ou moins fortes, en raifon de la tendance du tems à l’Orage. Celle de
- (d) 7>nvd de P/iyfique. Février 1780. Tom. XV. p. 148.
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- fur les mouvement irréguliers. su
- de la boufîblc n’éprouvoit cependant que de très- foibles variations, tandis que les deux au» très, expolces à l’Air libre, déclinoient quelquefois Vers l’E, ou vers l’O, au point d’avoir ce'.le de leurs extrémités qui devoit être tournée vers le N, fixée presqu’entièrement Vers le Sud. On auroit pu croire leurs pôles changés, fi une nouvelle variation ne les eut rapprochées de leur direction naturelle.
- §. 149 M. le Comte DE la ce ride ayant trouve qüe des Aiguilles égales, placées à l’Air, & fuspendues fur les pivots les plus mobiles au milieu de cercles gradués, éprou-oient des Variations égales 5 il les renferma avec leurs cercles, chacune entre deux Capfu-les de Verre allez épais qu’il lutta avec de la poix : il en plaça près d’elles trois autres a l’Air libre, & il trouva que celles-ci furent toujours fujettes il des variations irrégulières & très*con-fidérables, au lieu que les premières parurent n’en éprouver prèsqu’aucune. En tems d’O-rage, les premières fubirent de grandes oscillations irrégulières, & donnèrent, dit ce Phy» cifien, „ toutes les marques d’un fluide varia* „ ble à chaque inftantj les autres tranquilles „ & immobiles au deflous de leur couvercle de „ Verre, ne donnèrent par leurs mouvemens „ aucun
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- aac De l'Influence de l'Èktlnciié
- „ aucun figne de leur obéilîànce aux loix du „ fluide éleétrique, & ne parurent dans cet „ inftant, ainfi que dans les autres, n’etre re-„ gies que par cette caufe confiante, qui diri-,5 ge les Aiguilles aimantées vers le Nord.
- J. 150. Il n’y a rien ce me femble d’éton-nant que des ^Aiguilles expofées à l’Air libre, & par là fusceptibles de toutes les impresfions quelconques de l’Air, des agitations qu’on y caufe manifeflement & infailliblement quand on marche, du Ycnt, des vents coulis, foyent fréquemment agitées d’une manière irrégulière & cela quand même l’Air ne feroit pas éleftrique. Il fe peut ausfî que l’Air, fûrcliarge d’Eleétri-cité, & agiflant par fon impulfion, agite ces mêmes Aiguilles : mais il agiterait alors également des Aiguilles de Laiton, ou tout autre Corps mobile. Ce font là les effets ordinaires de l’Électricité dont je ne voudrais pas nier ici abfolument toute influence , mais fur la grandeur & la certitude entière de laquelle ces expériences laiflent beaucoup de doute, parce-que l’effet total dépend certainement de plus d’une caufe : & fil’ÊleÛTicité en eft réellement une, il eft certain que dans ces mêmes circon-ftances elle n’a pas agi fur des Aiguillés mifes à l’abri du mouvement de l’Air par leur boete, foit
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- ftir les Mbttvemens irréguliers. 6,13
- foit qu’elles fuficnt ifolccs, comme celles de M. de ï. A ckpède, ou qu’elles ne le fus-fent pas, comme celles de M. de v 1 v e n s, celles d’autres Phyficiens, Sc les miennes: Sc comme on a vu ci-deiTiis, que mes Aiguilles n’étoientpas plus agitées en tems de forte Electricité de l’Air, qu’en tems d’Eleétricité foi-bl'e, ou nulle (>. 141.)» & qu’on verra ci-desfous (J. 15a.) qu’elles ne le font pas non plus en tems d’Ôrage, il s’enfuit que cette tranquillité des trois Aiguilles ifolées de M. de vivens n’eft pas due à l’ifolement, entant que tel, mais uniquement à ce qu’elles étoient à l’abri des agitations de l’Air. Enfin quoique la différence entre les Aiguilles expofés à l’Air libre, & celles qui étoient renfermées foit énorme, on ne fauroit dire que l’agitation des dernières, toute petite qu’elle eft, dépend néanmoins de l’Éleéfcricité, qui agit ici avec moins de force parcequ’elle agit à travers le Verre : puisque nous avons allégué une Expérience direéte qui prouve décifivement, que les agitations de l’Aiguille, dont il eft queltion dans ce Mémoire, ne dépendent pas de l’Éle&ricité. Expérience qui fe trouve confirmée par l’enfemble de tous les faits dont notis avons parlé.
- J e fais, qu’il eft posfible de mettre en mouvement par l’Electricité des Aiguilles aimantées ren-
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- 224 De l'Influence du Tonnerre
- renfermées dans les boetes: nous dvdns a-voilé (e) qu’il eft des cas où cela a en lieu: & M. sen f. c if. r m’a marqué s’être apper-Ç'.i que, lorsqu’il a électrilc longtems dans l’on Cabinet, les Aiguilles aimantées qu’il y obier-vc font agitées, quoiqu’elles foyent défendues de l’agitation de l’Air par les boetes qui les renferment, & que les niveaux placés farces boetes prouvent que ceilcs-ei n'ont pas vacillé. Mais il s’amt ici -, non de toutes les agitations posfibles, mais de celles qu’on obfervc en tems d’A. B , 6c des autres ariollemens quelconques, que nous croyons avoir prouvé ne dépendre aucune-, ment de l’Élcétricité.
- 4. De VInfluence du Tonnerre.
- §. 151. On allègue enfin (/) en preuve ce qui a lieu les jours de Tonnerre. On a obler-vé que les mois où il tonne le plus fouvent, font ceux auxquels l’Aiguille éprouve les plus grandes Variations. J’ai remarqué iur cette indication, que les mois auxquels il’tonne le plus
- (<) Mémoire fur l'analogie &C. §. 144. fcqq. Tom. I. de ce Recueil :: (fj Üid. §. 243. p. 466.
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- fur les Aiguilles. 2'ig
- fAtis Couvent font des mois d’Eté j & que c’efl alors que tous les mouvemens de l’Aiguille, Même les pliis réguliers, font les plus grands. D’ailleurs ce rie font pas des Obfervatioris ifo-lées qui peuvent prouver quelque cKofe ici. Qu’on obfervè p. ëx. lè matin l’Aiguille à io;: le midi ou vers le midi à 35': lè foir à 15': & qu’il fàfle de l’otage cè jour-là : fi l’on ri’avoic que cë feul jour d’obfefvationj ori poufroit croire que cette agitation ëft dùë au Tonnerre : niais dès qu’on «1 a plùfiëurs, on fait que cë inouvèmènt èn ëft indépendant: que c’efl le riiouvement lë plus régulièr, lé plus confiant,' que l’Aiguille pùifleavoir. D’aillèurs M. êü-I-er a obfërvé à pétersboùrg que l’Aiguille n’y-varioit pas pendant les orages les plus confié é-rables. Mais, donnons quelque chofe de plus précis fur ce fûjet. Pour cet effet, je diftin-guefai lès otages ordinaires, Sc ceux qui affectent immédiatement la fubftance des Aiguilles; foit en les frappant, foit en pafiant fort près d’elleÿ.
- §• 15a.. Quant aù premier article," j’ai ob-fefvé depuis 1771 à 1781, èn onze ans, 3g jours d’Eclairs: en outfe 40 dé Tonnerre fart? Eclairs & dè plus 79 de Tonnerrè accompagné â’Eclairs: eri tout 154 jours de Phénoiriènès
- tùuÀ III. P élic-
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- 446 jOe rinfluênce du Tonnerre
- éleétriques. On a vu ci-deflus, que dafiscë' même tems il y a eu ici 519 jours d’agitation irrégulière j ou de mouvemens contraires au mouvement diurne réglé* ou infolites par la grandeur ou le genre de leurs variations : tous les autres jours étant parfaitement, & en tout fens, réguliers: or, de ces 519jours, plus oü moins irréguliers, il n’y en a eu en tout que 14 ou la 30e partie feulement de Phénomènes éleétriques : favoir 4 pour les éclairs, a pour le tonnerre, & 8 pour les orages complets: Voila donc une influence de ces Phénomènes éleétriques bien petite, même dès le premier abord, & qui devient nulle, dès qu’on en examine les circonftances que je vais expofer.
- 5. 153. Le 10 Juillet 1774. Eclairs à nh. du foir. L’Aiguille s’eft mue tout le jour con-ftamment versl’E de 19', fens aucun feut, mais graduellement : ce qui n’elt pas un mouvement qui indiqne quelque agitation éleétrique. Voyez dans la grande Table comment ce jour e(t enclavé parmi d’autres.
- Le 13: Août 1773» A ioh. loir, Ciel fe-rein, éclairs: le mouvement de l’Aiguille a été fort grand de 45', mais très-régulier (5. 7a) St pendant le tems des éclairs l’Aiguille a très-peu varié: de 7 à 8h. 9 E. de 8à 9b. Statio-
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- fur les Aiguilles. l'if
- Mire» de 9 à ioh. 3'0. mouvement N°.3, ré« gulicr 8c ordinaire.
- L e 19 Août 1775. Éclairs à 10 h. du foir: le mouvement a été grand ce jour, mais régulier, h celà près qu’il s'eft fait dc^h. a 8 h. du matin une variation fubitè de 23'O pour l’Aiguille A, & de 15' pour lè N°. IV. Le foir entre 4 8c 5h. de x6' pour N°. A. de 11 pour N°. iV. rien dans l’Air qui annonçât de l’Orage. Le lendemain foupçon d’A. B. 8c agitation irrégulière.
- Le ao Oétobre 1776. Ciel à-peu-près couvert: à 10fi couvert, pluiè 8c éclairs : agitation irrégulière j furtout- entre 3‘h. 8c 7b. dû foir: ce même jour A. B. à Petersbourg: ainfi que la veillé, 8c l’avant veille: 8c cette même avant veille agitation irrégulière ici. Qui doutera d’attribuer cet effet à l’A. B. ?
- , §• 154. Le 13 Mars 1771. Un feul coup dé Tonnerre à 4h. A. B. le loir avecaffolie-ment: l’Aiguille étoit affollce dès 3 h. v. §. 14.'
- Le ai Juin 1779. Tonnerre de loin à ih. affollcment 8c A. B. le foir: v. §. 45.
- .. §. 155. Le ai Mai 1774. Le foir à ioh. Tonnere 8c éclairs. L’Aiguille s’eft mue vers fO tout le jour: mais de 5'feulement, Sc elle P 0 i
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- 2,1$ De Y Influence du Tonnerre
- a été Stationaire depuis une heure jusqu’à 1* fin du jour: ainfi l’effet du Tonnerre a certainement été nul.
- Les 26, 27 Juin 1771. v. §. 141. Le rf Juin 177a. v. §. 74. Le 20 Juin 1783.
- $. 119. Le 18 Juillet 1773. àçh. foir Tonne* re & éclairs: affollement à la fuite d’A. B. v.
- §• 48*
- Le 11 Août 177*. Tonnerre & éclairs à 9 h. m. & à ah. L’Aiguille s’eft mue tout le jour vers l’O de 12'. De 8 à 9 h. Stationaire: de 9 à ioh. Stationaire: de ioh. a lojh. 6'O: de loi à 11 h. Stationaire: de 11 h. à 12, 4O: de ia à 1 h., de 1 h. à a h. Stationaire : de 2 h. à 4 h. l'O : le refte du jour Stationaire. Influence qui certainement eft nulle pour le Ton-nere; lefoirA.B.
- Le 13 Août 177a, à6h.&à7h. Tonner* re, Eclairs, fort Orage avec pluie. Le matin le mouvement a été très-grand , mais très-regulier de 97'0. Le maximum a eu lieu à ah. de a à 3I1. Variation 4'E: de 3 à 4I1., de 4 à 5h., de 5 à 6h. Stationaire. De 6h. à7h. 15'E: de 7h. à 7îh. 2' E: de 7$h. à 8h. 6'E. de 8ih. îiph. 3'E : de 9I1. à loh. 3'E. Voila tout. On a fouvent vu des Variations fubites plus grandes fans aucun Orage.
- L e 23 Août 1773,} à 11 h. du foir Pluie, Ton-
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- fur les Aiguilla. 229
- Tonnerre, Eclairs. Le 24 A. B. Le mouvement de l’Aiguille a éprouvé le foir une Variation fubite: lavoir, de 5.à 6 h., as'E : de 6 àyh., 4'0 : de 7 à 8 h. 4'C): de 8 à 9b. Sta-tionaire : de 9 à 11 h., 11'O : mouvement N°. 3. pas infolite, mais la Variation de 5 à 6I1. a été confidérable.
- Le 17 Septembre 1778, â7h. dufoirTon-ncrre, éclairs, pluie, grêle: à 8h. Tonnerre, éclairs, à 9 & loh. éclairs, A. B. Le mouvement fut grand pour la faifon, fa voir de •2.Q', mais un peu irrégulier. Var. de 3 à 4 h. j6'E, une trombe à peu dediftance de la ville: de 4à5h., 4O: de 5 à 6h., 2 O: de 6h. à 7h., de 7 à 8b., Stationaire: de 8 à 9b. îo'E: de 9 à 10 h. Sxationaire. Attribuera-t - on cçs Variations à V Orage ou à FA, B.?
- Le 19 Septembre 1779, à 5h. 6h. 7h, Tonnerre, éclairs, grêle; à8h. éclairs,grands mouvemcns cç jour-là, lavoir de 40', 48', 48', Variation fubite de 32', 37', 42'E. entre 4 & S h.: de s à 6h. Stationaire: de 6 à 7b., 4', 2', a'O: de7à8h. o, a'E, a'E: de 8 à9b. a', 5', a'E: de 9 à ioh. 10’, 5', y'£. 11 n’y a donc d’irrégulier en tout que la Variation lu-bite de 4 à 5h. mais le même foir A. B. à Pç-tçpfeourg, en France, & ailleurs.
- P?
- §• i$$.
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- 230 De l'Influence du Tonnerre
- §. 156. De ces 15 jours de mouvement' irrégulier, il y en a donc eu ^d’A. B., météo? re dont 011 connoit l’influence. Dn en déduira facilement combien cette influence du Tonnerre eft incertaine, puisque fur 154 jours de Tonnere ou d’Eçlairs, il n’y en a eu que 15 pour lesquels on peut foutenir la posfibili-té de l’Influence, Sc que parmis ces 15 il y en a fept, pour lesquels l'irrégularité eft vraifem-blablement due à l’A- Bj pour ne rien dire dp plus.
- J’ai examiné également les obfervations faites à Montmorenci, à Sparendam-, 6c à la Hâve. On a pu voir pour ce dernier endroit un exemple à la fin du §. 143. Les refukats ont été les mêmes : & par cette railon nous conclurons qu’il eft trcs-incertain que le Tonnere, ouïes Orages, influent fur les agitarions de l’Aiguille aimantée, ou fur fes mouvemens quelconques : ou que, fi elle influe quelquefois, cette influence eft très-rare & très-petite.
- §. 158. It n’en eft pas de même quand ht foudre agit immédiatement fur l’Aiguille: on n’a que trop d'exemples que la polarité des Aiguilles a été changée, renverfée dans des Vais- " fbaux que la foudre avoit frappes, ou que ces Aiguilles ont indiqué après cela des directions très-
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- fur les Aiguilles. <13 r
- très - différentes delà véritable, intermediaires de plufieurs Rhumbs, foit vers PE, foit vers l’O, entre le N. 8c le S. Si l’on fait attention a ce que j’ai dit dans mon Mémoire-fur T Analogie Sec. §.161—169,‘ d’après les Expériences du p. becçaria, fui- la manière dont l’Ëleo tricité, 8c conféquemment ausfi la foudre, communique la force magnétique aux Aiguilles aimantées : ainfi qu’aux Principes que j’ai établis dans mes Recherches fur la direétion des Aiguilles, il ne fera pas difficile de rendre raifon de ces Phénomènes, dont j’ai indiqué les principaux, §. 158. feqq. P. II. de l’ouvrage cité. Ce font-là des effets immédiats de l'Electricité, non lorsqu’elle agit tranquillement 8c en filence, jnais lorsqu’elle affefte la malle des Aiguilles, qu’elle agit avec violence. J’ai fait voir dans mon Mémoire cité que cette aétion indique pas une Analogie entre l’Éleétricité 8c le Magnétisme, 8c je rçnvoye aux reflexions que j’y ai faites.
- $. 159. Mais, , la foudre , ou ce qui revient au même, l’Eleétricité , agit quelquefois fur la iubftance même des Aiguilles , quoique d’une manière un peu diffé-? rente, 8c fans la frapper. T*el eft le cas arrivé à l’Aiguille de M. musschenbroejc
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- *3*
- De P Influencé du Tonnerre
- à Utrecht (a). Le 19 Mai 1730 le Tonnerrfl paffa par defliis la maifon de ce Phyiicien , qui voulut obferver, comme de coutume, la dét clinaifon à midi: mais il trouva que Ton Aiguille, placée dans le jardin , étojt devenue paralytique, Sc indifférente pour toutes les fituations. Il l’aimanta de nouveau, mais elle n’indiqua jamais la mpme déclinaifon qued’ayr très Aiguilles, & on ne put parvenir à la rétablir.
- I l étoit donc arrivé quelques changement aux parties qui compofoient la fubftance même de l’Acier dont cette Aiguille étoit formée, Sc cette dispofition des parties les empêcha d’être imprégnées également: car, j’ai fait voir dans mes Recherches, p. I. §. ai8. aïo, qu’il fuffit que les parties homologues des Aiguilles ayent des forces différentes Sc inégales, pour que ces Aiguilles, fi ce font des lames fuspendues à plat & allez larges, devient de a à 3 degrés du vrai méridien, vers l’Eft ou vers l’O. J'y. ai démontré ausfi (§. 255. 6.) comment par. un fimple changement de force, arrivé aux parties homologues, l’Aiguille peut devenir.
- para-.
- (") rh\l. Tranf. N°. 426. Vol. 37. p. 4J3. & mes tlunhes, &c. P. I. §. îj8.
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- fur les Aiguilles. *33
- paralytique ?C indifférente atout mouvement5; & comment elle peut enfuitc recouvrir fa direction par l’aCtion de ces forces même.
- §. 160. U» des Phénomènes les plus fin-guliers eft celui que M. needham a décrit «de la manière fuiyante (b).
- „ Le Capitaine d’un Navire, fur lequel „ s’étoit embarqué un Phyficien de bonne foi, „ très-verfé dans la Partie électrique, a voie ,, avec lui fept ou huit différentes bouffo-„ les, dont il voyoit fubitemens & avec éton-nement la force magnétique faillir fi comr ,, plettement, un peu au Sud de rifle de Ma-„ dère , que leurs Aiguilles, en prenant des 2, directions différentes les unes des autres, 8c ,, fauffes en tout fêns, étoient devenues tota-„ lement indifférentes à leur véritable direction „ ordinaire vers le Nord. ”
- ,, ,I l étoit naturel de foupçonner l’Influen-s, ce i'ubite de quelque caufe étrangère 8c lo-,, cale : mais il falloit être bien verfé dans la „ Phyfique éleCtrique pour en découvrir k ,, vraye caufe, 8c pour écarter fon influence „ maligne
- (b) Mémoires iif l'Académieâe Bruxelles, Tom. IV. p. 108.
- PS
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- Le VInfluence dit Tonnerre
- *34-
- „ E n effet cp Phénomène;, qui n’efl: pas? ,, inconnu aux Marins, comme on peut le ,, voir dans des relations de leurs voyages, „ provenoit d’une Atmosphère puiffamment „ chargée d?Éleétricité , 6c dont ce Phyficien „ habile a, trouvé lg moyen d’écarter l’influent ,, ce, en étendant un fil de fer, en qualité de con-„ duüeur, depuis le haut du mat jusqu'à là Mer. ,, Ce remède, affez naturel dans un dérange? „ gement pareil, après en avoir reconnu la ,, paufe, 6c qui au premier afpeét, fiit foi de ,, fes qualités connues aux yeux d’un Phyficien, „ en faveur de fa réalité :en cette occafion, a ,, été fi prompt £s? fi efficace, qu'il a rendu ausfi ,, tôt la vertu, magnétique, qui n'avait été que ,, fuspendue, à toutes les houjfoles, dont chacune ,, a repris fans delai fa direction ordinaire.
- §. 161. Quelque belle, quelqu’inté-reffante que foit cette obfervation, il eut-été 4 fouhaitcr qu’on fur entré dans plus de détails, par -rapport aux faits, les plus capitaux que la, narration indique.
- I?. Il eftfûr queees Aiguilles avoient acquis des direétions différentes:
- a0. Il eft dit que les Aiguilles étoient devenues indiffirentes- vers leur vraie direction. Cette indifférence avoit-elle auslj lieu pour toutes les
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- fur les Aiguilles.
- *8$
- jantves directions-, de façon que les Aiguilles (Croient réellement paralytiques, comme il arrive quelquefois, obéiflànt à toute aut re cauiè accidentelle, 8c s’arrêtant à. toute direction que cette caqfp-pou voit. leqr\ donner? Oup ces Aiguilles étoienr-elles indifférentes vers la-.direction N. S. feulement, fans ccffer d’être-magnétiques, £c etoient-elles indifférentes vers leur véritable direction, uniquement pareeque» leurs pôles, ayant changé de pofition, enavoient acquis une, qui donnoit à ces Aiguilles Une direction, différente à la vérité de F ordinaire * mais réelle,: unique-,- & àdàqnelle-sfis Aiguilri les revenoient apres en avoir été détournées?. On ne paroit pas avoir fait la moindre obferva -fion fur ce Fait Capital. s:
- 3°. I l eft dit que la vertu de ces Aiguillés. était que fuspendue i eft-ce un fait, ou un© conclufion déduite de ce que les Aiguilles n’in-diquoient plus le Méridien? Cela lignifie-t-il, comme le fetis des mots paroit l’indiquer j qu’elles ne donnoient aucun ligne de Magné-, tisme avant qu’on leur eut appliqué le remède dont M. Ntt D'if am parle? auquel cas cette indifférence auroit été une indifférence çcelle, ce qui n’eft pas fans exemple. _ C n f i ,n , ce qu’il y a de fur, ceft que dès au’on eut appliqué Ip çopduÇteur au Mar, les Aigui.-
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- ajd De rInfluence du Tonnerre
- Aiguilles reprirent leur cours: il eft naturel d’en conclure que l’Éleftricitc a été la caufe du Fait; mais ce n’eft qu’une conclufion,qu’on a cependant erigce en fait dans la narration , en difant que et Phinomine provenoit &c. ? ou avoit-on conftaté , par quelqu’autre moyen, que l’Air, qui entouroit la bouflole, étoit fur-chargé d’Éleétricité. C’eft encore ce qu’il eut été à délirer qu’on eut indiqué.
- §. 162. Ce qui rend cette obfervation le plus remarquable, à mon avis, ce n’eft pas que les Aiguilles ont dévié : car il y en a nombre d’exemples; ni qu’elles ont repris leur cours, car M. m a y ( c) a trouvé dans fa belle obfervation que j’ai rapportée ailleurs, que des Aiguilles qui avaient dévié de 4 à 8 Rhumbs pendant que la foudre avoit brifé le grand mat du Vaifleau, fe retablifloient peu-a-peu : & j’ai démontré dans mes Recherches comment & pourquoi cela arrive : mais c’eft que ce reta-bliflement a été fi prompt : ce qui prouve que le Fluide éleétrique entouroit la bouflole copieun fement, qu’il s’eft écoule par le conducteur,
- H
- (r ) P. I. $ *6°, tiret des Mémoires de là Sqÿti de Hamt lem, Tom. XII. p. 398. ,
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- fur les Aiguilles. 437
- k qu’il n’a pas agi fur la fubftance même de l’Aiguille, qu’il n’a fait que maitrifer par fi préfence la Force, ou, li l’on veut le Fluide magnétique, qui a repris le deflus des que le Fluide cleétrique s’éft retiré (d). Il eft fâcheux que cette belle obfervation n’ait pas été accompagnée de tous les détails néceffaires pour en faire connaître parfaitement toutes les circonftances, & même les plus efTen-, tielles.
- (d) En conféquence de cette Obfervation M. nebd-h a m a propofé d’armer les boetes de Bouffoles de deux fegmens de cuivre, qui fe croifent à angles droits en forme de couronne, & qui fout hériffés de pointes en, tout fens. On peut détacher ces deux pièces: les coucher horizontalement, ou les élever perpendiculairement a l’horizon : c’eft dans ce dernier cas qu'elles deviennent un remede efficace contre l’aétion du fluide éleéhiq*: fur l'Aiguille aimantée quelles couronnent. M. keedham a trouve qu’une Aiguille armée de cette manière, refte immobile quand on l'approche d'uae bouteille Jiugé.
- C-O.N-
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- 038 Conclusion.
- ......... ....ri
- CONCLUSION,
- §. 163. Tki.s font les cas dans lesquels l’E-tricité agit indubitablement fur l’Aiguille 2é fur la Force magnétique : toutes les autres Ob-forvarions d’un genre différent ne prouvent nullement cette aétion : & je conclus de tout ce que j’ai dit, que les mouvemens irréguliers de l’Aiguille aimantée ne dépendent pas dé l'Electricité ; mais qu’il eft trcs-vraifemblablé qu’ils font totis dus à l’aétion de l’A. B., quoique nous ignorons comment ce météore agit.
- D’aillèors ceux qui ont expliqué les agitations de l’Aiguille par l’Eleétricité, n’ont éu en vue que lésaffollemens, dans lesquels on apperçoit, au premier abord, quelque reffem-blancé avec les effets que l’Eleétricité produit ordinairement furies corps très-mobiles: mais ce ne font pas là les feules déviations du mouvement régulier. Les mouvemens E , O E. O, oppofés a la variation diurne périodique : la grandeur, quelquefois extraordinaire J quoique régulière de cette Variation : les mouvemens fubits & par fauts , enfin les change-niens plus généraux êè pendant lo'ngtems con-itans
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- ftans & très - remarquablesqui arrivent à la déclinaifon, & qui différent pour différentes Aiguilles, font des effets dont ont n’a pas tenu compte, & qui cependant méritent la plus grande attention des Phyficiens. Je ne me rappelle pas que ceux qui m’ont devancé dans cette carrière, en ayent fait mention, ni qu’ils àyent confidéré les agitations irrégulières avec cette' attention que j’y ai donnée, ni fous les mêmes point de vue. Mais quoique je puiffe nommer nouvelles les Recherches, les discus-fions & laplupartdesObfervationscontenuesdans ce Mémoire, ileftun Phyfîcien, M. hel-l ant, de Tornea en Lapponie, qui eft allé beaucoup plus loin que moi dans cette carrière, puisqu’il a découvert quelques Loix de la Variation magnétique pendantl’A- B. Je regrette infiniment de ne connoitre les travaux que par cette notice très-abregée que M. tar-gentin en a donnée (e). 11 feroitausfi à fouhaiter qu’on pût confirmer par Expérience ce que M. hiorter a foupçonné (/), que des Lames, qu’on Aimante en tems d’A. B., peuvent acquérir des forces allez différentes de
- (O Mémoires de Suède 1753. Tom. XV. p. 85. (/J Ib'ri. Toip. IX. p. 41.
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- itp Conclusion;
- de celles qu’elles acquerraient en d’aùtres teins j pour indiquât des dire Étions différentes de celles qu’elles indiqueraient alors: mais je ne fais jusqu’à prefeht aucun moyen de faire ceS Expériences, & j’en ai indiqué les raifons: Enfin tout ce qiie je connois jùsqü’ici d’Ob-fervatioiis, Sc fur lés mouvemens réguliers & périodiques, & fur lés mouvemens irrégulière de l’Aiguille, rentre dans fce que j’ai conjecturé il ÿ a déjà plus de neuf ans, favoir, que la plupart de cés Phénomènes dépendent, en dernier reffort, d’un changement de forces qui arrive aux parties homologues de l’Aiguille, quoique la caufe ou les caufes de ce chaa-geraent nous foyent inconnues:
- §. 164. Quand on parviendrait à proii-ver , que les agitations irrégulières de l’Aiguille dépendent de l’Éle&ricité , on n’èri fourrait pas encore conclure que ce fait prouve une influence réelle de l’Éleftricité fur le Magnétisme entant que tel: qu’il y a un rapport fecret entre ces deux forces. J’ai expofé mes idées fur ce fujet dans le §. 147. dè mon Mémoire fur /’Analogie de FEleStricité £5? du Magnétisme, & j’y renvoyé. 11 ferait toujours très-difficile de diilinguer dans des Expériences ae comparail'on faites fur les mouvemens de
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- Conclusion. 441
- de deux Aiguilles, dont l’une foroit aimantée, & dont l’autre feroit de laiton , 8c dans les agitations qu’elles pourraient fubir l’une & l’autre, ce qui appartiendrait au feul Magné* tisme, ou à la feule Ékélricité. C’eftpeut être dans la vue de le diftinguer, que M: le Marquis déconboucet (g), a propofé de comparer aux Variations diurnes d’Aiguilles aimantées, celles d’Aiguilles de forme fembla-bles, & fufpendues de même, mais formées de fer non aimanté, ou même d’autre métal, ou de fiibftances non métalliques. On a vu ci-deflus ce que j’ai fait fur ce fujet : mais le P. cotte a entrepris une fuite d’Obfervations avec deux Aiguilles, parfaitement égales, l’une aimantée, l’autre d’acier pur. Il en rendra certainement compte au Public, qui lui en faura d’autant plus de gré, que ces Expériences font pénibles par l’asfiduité qu’elles exigent, 8c difficiles par l’attention fcrupuleufe qu’on doit apporter dans l’examen qu’il eft à propos de faire fouvent de l’Aiguille non - aimantée, qui, étant toujours dirigée dans le Méridien, peut facilement acquérir la force mag-
- (g) hiimoir. fréfenléspar des fartms iiranien. Tom. VIII. Pref. p. 9.
- TOME III.
- Q
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- 444 C O N C 1 tM 1 n üi
- magnétique : & celle - ci fuffiroit, quelque petite qu’elle fut, pour détruire la plupart des conclufions qu’on ne manquerait pas de tirer de ces Expériences, fi on y m'ettoit moins de cette patience & de ces attentions fcrupuleufes fur lesquelles ou glifle fi facilement & fi fou-vent , mais que le P. cotte eft accoutumé .de mettre dans tout ce qui fait l’objet de fes Recherches.
- ADDl-
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- ADDITION.
- §. 165. Cet té DifTertation étoît entichement achevée, 6c même envoyée à l’imprimeur, lorsque j’ai trouvé dans les Mémoires clé l'Académie de Suède pour 1777 Tonl. XXXIX. p. 160 $ un Mémoire extrêmement intéres-fant de M. w I l k e fur les Variations de l'Aiguille aimantée. Ce célébré Phyficicn a fait à Stokholm des obfervations horaires depuis lë mois d’Oétobre 1771 jusqu’en Mai 1774. Cesî Obfervations * qui font correspondantes aux miennes, méritent de leur être comparées. Je me bornerai à indiquer en général les refultats du travail de M. wilke * & à les rapprocher dix mien.
- M. wilke divife les mouvemens de l’Aiguille en trois clafTes; La première contient les variations qui ne font remarquables que par leur grandeur, mais qui du refte ne différent pas des régulières par le tems auquel elles ont lieu. Lès Variations qui excédent les Variations ordinaires en grandeur* (6c j’en ai faits ausfi une clafle,que j’ai confiderée féparement §. 70, 72, feqq. ) „ ont ordinairement lieu,
- dit M. wilke, la veille des jours* oiipav-« mi les jours, ou après les jours* auxquels Q s l’Ài"
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- 244
- „ l’Aiguille éprouve fes plus grandes irrcgu-,, laritcs : ou parmi ceux-ci, à des jours beaux 1 ,, & fereins, auxquels l’Air a cté pur 6c ferein,
- „ l’Aiguille n’a que de petits mouvemens, &
- „ eft fouvent Stationaire, quand l’Air eft fort „ humide, ftirtout en Automne, quand on a „ beaucoup de jour de brume -, 6c fouvent ,, ausfi quand elle a éprouvé pluiieurs jours de „ fuite de grandes irrégularités qui paroiflent,
- „ pour ainfi dire, l’avoir fatiguée M. wil-ke a diflingué ces mouvemens dans fês Tables , ainfi je puis les comparer à ceux que j’ai obfervés.
- §. 166. La fécondé clafle renferme les mouvemens qui ne font irréguliers que par rapport au tems, 6c non par rapport à la grandeur, ou à la régularité. „ Les Variations diurnes de „ F Aiguilles fe font alors, dit M. \vi lke,
- „ comme d’un feul coup, un peu en avant,
- „ ou en arrière. ” Cette forte eft donc celle que j’ai nommée Variation fubite & par faut,
- 6c dont j’ai parlé en détail: §. 70. feqq. M. wilke ajoute, „ F Aiguille eft bien ordinaire-„ ment le plus avancée vers FO à midi, 6c à miss nuit vers l’E : mais elle avance ausfi après 3 h. r> après midi vers FO 6c après 3 h. du matin „ vers l’E, quoiqu’elle n’achève qu’une feule „ période
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- Addition.
- 24S
- „ période tout le jour.” Cette Variation revient à ce que j’ai dit (§. 87—93.) que l’heure du maximum arrive un cinquième ou un fixiè-me du tems hors des limites ordinaires de iah. à 4h. (a) -, Phénomène que je n’ai pas cru devoir placer parmis les irréguliers. M. wil-ke n’a pas dillingué dans là Table ces njou-vemens des affollemens proprement dits, ainfi je n’ai pu les comparer diftinélement à ce que j’ai obfervé ici. M. wilke ajoute „ que les „ cliangemens menftruels & annuels de Dé-„ clinaifon paroiffent fe faire ces jours-là : & „ que ces fortes de déviations des tems ordi-„ naires font fouvent des préeuffeurs d’agita-. ,, tions irrégulières. ” J’ai fait (§. 9a. ) une pareille remarque pour l’heure du maximum'. la manière dont les jours de variation grande, ou fubite, ou par faut, font mêlés aux jours d’agitations irrégulières, ainfi que ce que j’ai dit de l’Influence de l’A. B. fur ces jours, prouve le premier Article.
- §. 167. L a troifième clafiè contient les affollemens. Le plus grand que M. wilke ait obfervé a été de 5 degrés 6c demi ; mais s’il eft rare d’en voir de pareils, il ne l’aie
- (4) Ces limites font à Stokhoim entre 11 h. & 3 b.
- Q 3
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- jxis d'en voir d’un degré. M. wiuk obferve atisfi, que ces afioilomens ont rarement lieu, „ avant midi : qu’il les a vu fouvent entre midi „ fie 3 heures, accompagnés d’un faut infolite, „ mais qu’ils ont lieu le plus fouvent apres 3 ,, heures, & furtout de 7 heures à 10 heures, ,, ou à minuit, qui femblent les heures conlà-„ crées à cçs irrégularités. ” Ceci s’accorde
- avec ce que j’ai dit fie prouvé §. 56. fie 57. Ces affollemens ont quelque fois lieu plufieurs jours de fuite à Stokholm tout comme ici.
- $. 168,• Enfin M. wilke admet également l’Influence de l’A. B.: voici comme il
- La liaifon qu’il y a entre l’Aiguille 8c ,, l’A. B. eft fi évidente, fi. générale, fi con,-,, liante, que pçrfonne qui examine les aiTec-,, tions de l’une fie de l’autre avec attention ne ,, peut la révoquer en doute- Un Ciel cou-„ vert, la Lune, des nuits d’Eté claires, em-j, pêchent fouvent de voir l’A. B. diftinéte-„ nient. Mais, fi ces Ob.ftacles n’ont paslieu^ „ il arrive rarement ou peu qu’on ne voyel’A, „ B. aux jours que l’Aiguille éprouve des mou--„ vçmens irréguliers -, 8c le plus fouvent l’A, „ B. ell la plus éclatante quand l’Aiguille os-„ cille le plus fortement. Mais il ne faudroit «
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- A D D I '
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- j pas en conclure réciproquement fans excep-, lion, que l’Aiguille éprouve de grands mou* , vemens ausfi fouvent que cette Lumière >, paroit. Il en eft, parmi celles que j’ai vues, ,, pendant lesquelles l’Aiguille n’a pas fubi de , variations beaucoup plus grandes que d’ordi-, naire, quoique l’A. B. s’étendoit fort haut, , en Arc & en coruscations. Il en eft exac-, tement comme M. hior ter l’a décrit. , Le Pôle boréal de l’Aiguille femble quafi , fuivre l’A. B. & être attirée vers elle. Brille-, t-elle le plus vers l’O, l’Aiguille devie vers , l’O: & au contraire vèrsl’E, fi l’ Aurore , Boréale eft plus éclatante vers l’Eft. L’Ai-, guille m’a fi fouvent inftrüit fur ces flammes, , furtout lorsque le Phénomène ne fait que de , s’allumer, que je ne finirais douter de fon , exa&itude fur ce point, La fituation del’A. , B. eft-elle fort bafle, ou l’Arc s’elève-t-il , uniformément félon la diredion magnétique, ,, jusqu’au Zenith; les éclairs font-ils femés „ partout également, l’Aiguille n’eft pas û ,, fort agitée, elle s’arrête dans un efpacedepeu „ de minutes, ne faifant que quelques légers ,, tremblemens, petits 8c prompts, quoique „ tout le Ciel foit couvert de corufcations, „ jusqu’au delà du Zenith vers le Sud. Mais, >, quiconque eft accoutumé a l’Aiguille, s’ap*
- Q 4 »
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- ,, parçoit bientôt de fes^agitations:perpétuelle.1;, ,, puisqu’il eft rare que les corusçations nefoyent „ pas diftribuées inégalement , 8c alors elles „ fe font çonnoitre tout de fuite par de gran-,, des agitations”.
- J e n’ai pas discuté mes Obfervations fous ce point de vue, & pour çonnoitre la direction •de l’Aiguille eu égard à celle des rayons de l’A. B. : mais plus d’une fois je n’ai apperçu aucune liaifon entre ces deux effets. C’eft un point que je discuterai à fonds dans mon Traitéfur VA. B y 8c il me fera facile de le faire, puisque j’ai décrit toutes les A. B-, que j’ai vue, avec foin 8c dans un très-grand détail. Cette discusfion nous entraînerait ici dans trop de longeur.
- §. 169. M. w.i l k e ajoute. „ J’en con-,, dus. qu’il eft vraifemblable, puisque l’A. B. „ agit fi évidemment fur l’Aiguille, que ce „ Météore eft toujours dans l’Air, lorsque ,, l’Aiguille donne à çonnoitre quelques irré-„ gularités, quoique diverfes caufes nous em-„ pêchent de le voir. Et puisque les mouve-j, mens irréguliers de l’Aiguille les plus grands „ dépendent de l’A. B.,ou ont une liaifon avec „ eile, j’en conclus encore qu’il eft naturel „ de foupçonner qu’il en eft de même de tous „ fes
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- O H.'
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- „ fes mouvemens & de toutes fcs agitations. ,, Conféquemment, l’A. B. ne fe trouve pas „ feulement dans l'Atmosphère à certains tems, „ 6c à certains jours de l’année, & peut-être „ deux fois chaque mois , mais elle s’allume „ ausfi régulièrement chaque jour, 6c donne à ,, l’Aiguille fes mquveraens conftcnsj &, au „ moyen des différences de fa force, de fa dis— ,, perfion, 6c de fon éclat, fa marche agit en-„ corc fur toutes les irrégularités de l’Aiguille, „.6c peut-être même fur fes changemens an-,, nuels”. Ces conjeéfcures s’accordent en partie avec çellps que j’ai faites; 6c j’ai prouvé par les faits que des changemens fort généraux &. conftans de Déclinaifon dépendent ausfi dç l’À. B.
- §. 170. Pendant le tems qu’il a fait fes ob-fervations,' M. wjlke a obfervc 217 jours d’agitations irrégulières des trois dalles dont nous avons parlé (§. 165. 6./.). J’ai comparé ces Obfervatiqns aux miennes, & lesrefqltats de cette comparaifon démontrent combien intimement les agitations irrégulières, les mouvemens contraires, les Variations extraordinaires par leur grandeur, leur moyvement fubit ou par Cuit, font intimément liés à l’A. B., puisai 5 9ue
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- a5# Addition".
- que la même A. B. produit par fois une agitation irrégulière dans un endroit, & feulement une variation grande ou fubite, ou un mouvement contraire, dans un autre. C’elt ce que je vais prouver.
- Sur 66 affollemens qui fe trouvent marqués dans ma Table, pendant l’intervalle'que M. w IL k E a fait fes obfervations, il y en a 37 accompagnés d'A. B., & pendant lesquels il y a également eu des mosvemens irréguliers à Stokholm: de ces mouvemens il y en a eu 9 fans A. B. vifible à Stokholm, & en outre trois qui n’ont été que des variations infoütes en grandeur, favoir les 16 & 28 d’O&obre 1772. & le 17 Mars 1774. Quelquefois l’Aiguille a été beaucoup plus fortement agitée ici qu’en Suêdej p. ex. le 17 Juillet 1773: ici 4 degrésà Stokholm 18': le 26 Mars de la même année 51'ici: à Stokholm 8'.
- Il y a eu 16 jours d’affollemens fans A. B. que je connoifle, & pendant lesquels, il y en a eu 15 en Suède, dont deux avec A.B., favoir les 25 & 27 Septembre 1773, & un jour de grande variation , favoir le 18 Janvier 1772 de kS". Parmi ces 16 jours fe trouvent le 8, 9, 10 de Juillet 1772 que l’Aiguille a été dans une agitation continuelle &
- iei
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- Addition. agi
- jci & à Stokholm, où l’agitation duroit déjà depuis le 6.
- Enfin fur ces 66 jours il y en a eu 13 d’agitations irrégulières ici, mais auxquels l’Aiguille a été régulière à Stokholm : favoir les a Mars, aa Juin, a & 25 Septembre, 29 Octobre, 29 Novembre 1772: 17 Avril, ayjuin, 19, 27, a8 Juillet, ai Oâobre 1773, & *4 Mars 1774.
- Des jours auxquels le mouvement a été O ici, il y en a eu quatre d’agitations irrégulières à Stokholm j tous jours d’A. B-ici. Ces jours font les 1 Novembre 1771: 16, ai Janvier & l Février 1773 : & il eft remarquable que ces (jeux derniers jours l’Aiguille a été à peu-près Station-aire ici, quoiqu’elle ait parcouru à Stoki holra 15' & 64.
- Des jours auxquels le mouvement a été E ici, il y en a eu deux d’agitations h-régulières à Stokholm, le 16 Novembre 1773 de a5': & le a8 Janvier grand mouvement de io\
- Des jours de grande variation ici (§. 70.72) il y en a eu huit de variations irrégulières en Suède, dont 7 d’agitations Sc un le 19 Avril 1774 de grande Variation.
- Des jours de grandes Variations ici, mais accompagnés de faut, ou de mouvement fubjc
- (*• 70.
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- *5* Addition.
- (§. 7°. 74. 78.) il y en a en 6 d’agitations irré- 1 gulières en Suède : favoir 4 d’affollement & t un de grande Variation le 29 Mars 1774.
- Des jours de Variations lubites ici, (§. 70.
- §. 78. ) il y en a eu trois qui ont été irréguliers en Suède, dont même un le 27 Février 1773 9 de 42'.
- Des jours de Variations par faut (J. 70.79.) ici, il y en a eu un feul, le 11 Décembre 1771, qui a été accompagné d’une agitation irrégu- j lière & d’A. B. à Stokholm.
- Enfin M. wilke a obfervé 141 jours d’agi- | tâtions irrégulières, fans qu’il y ait eu la moin- [ dre irrégularité ici : de ces jours il y en a eu i 45 d’agitations irrégulières à Stokholm, avec A. B., ) j
- 67 ------;-------------------fans A. B: [
- 19 de Variation infolites pour la grandeur: J
- dont 4 vues ici & dont 5 d’A. B. ici.
- Cette légère comparaifon confirme abondamment tout ce que nous avons dit de l’influence de l’A. B. fiir l’Aiguille. J’ai regret de ne pouvoir m’y étendre davantage, non plus que fur la liaifon que M. warcentin a ob-fervé entre les Phénomènes de l’A.B. & l’In-clinaifon de l’Aiguille.
- 5. 171.
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- Addition. *53
- §. 171. La Leâure de l’Ouvrage de M. wiLKte, & celle de quelques Obfervations météorologiques, ainfi que la complaifance de M. M. bode & holl lesquels m’ont fait part de ce qui a été obfervé à Berlin & Breda, m’ont fait connoitre quelques A. B. pour des jours de la Table auxquels je n’en avois pas marqué, faute d’en avoir connaifiance : ces jours font : 177a. Le a8 Août (ee qui fait v pour le 29.) le 4 Septembre, 25 Novembre, & 14Décembre (qui fait l pour le 13) A. B. à Stokholm.
- 1773. Les 18 Août, 25 Septembre, 5 Novembre ; à Stokholm.
- 1774. Le 17 Janvier (qui fait v pour le 28) & le 25 Mars.
- Le 18 Janvier 1775 A. B. à Berlin.
- Le 5 Février 1781 foupçon d’A. B. à Mont-morenci.
- Le 18 Septembre 1781 à Breda: le 2,5 à Breda & à Amfterdam.
- En tout 14 jours à ajouter à ceux qui confirment l’influence de l’A. B. fur les Phénomènes de l’Aiguille. —
- $• 17a. J’a 1 dit §. 97. qu’il y a eu une époque
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- que de changement de déclinaifon le aj Md 1774, fie que je ne connoiflois pas d’A. É.-pour ce jour. Je fais à prefent que M. wilkb en a obfcrvée une alors qui a produit à Stok-holm fur l’Aiguille un affollement de 64,
- Fin du Tome Troijièmei
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- TABLE des jours Auxquels le mouvement de l'Aiguille «Imimtée a été Irrégulier à Franbklr, depuis 177s jusqu'à 1781 -Tom. III.
- V. 51-1». *4. SS. 37. 4». ;6. ii. 6j. 69. 11.
- \ Jimvier. Février. Mura. Avril. M.ii. | Juin. Juillet. Août. **«•»' j IM "' ï P *-* 4* 13 0 19 4 le» «j 1, jop. .S Septembre. Oftobra. Novembre. 3! i;ft '« 33 0 4 Décembre. ÿ Nom- bic de», jouiv ’ d’Ob-fer vit-tion. 335
- 1 ù i-ltl 1 y — 1 .'(• xicr.uiti iTTSTii 1* 33 — 37 :: M- s ::*• 1? z i 39 — aü r-'* ;se ü •i' r 0 gr. =3 y* u— 35 4 12 A* 17 -« IJI.l». 1» , ii£ 1! !pJ ~l 'fc i S— ? i* S?iSz Ü r- lwf"ii sr 5^ s 38E0 10 " *' ’ê » : 1? si r â& ] 98- S
- 1 177» 11 Mi u » â i :! & :? ai*rMf"3ï ** 25 ûa 10 2; — lo al* ftw.aÿial-' 13 Asb l. 4 " 2 W 45 4* îâflr. idln iq .s .?gic ji; r* 36 Ou. a lo" ^ 5 IV* (««. 301410 - »*#‘V «3j 36 gr, 30 fa 32 97-33*133 9Si*B ÎE S SÜJ. f ,tz ï -• «Jtolr 5! -* «£'• « afip.43 Ai 2 a ••-j. 1 ,î= t : ya,’5^ B il 4* 10 fi, b B y* 1 32 Eft 1 •• a» foir 86 -* 4* au t LJ. 28 r* 29 - »a S-r ” 50 1 (S d 10 0 t- 13 Eft 3 + MJ^'SAi'S ÿ 3^o
- lit. t 1 •wihni ** »/ foir 21 r*.î* l3 t.l.J. r ;? ô 1 *♦ as Eft 13 24 ~ 1 2^—8 *3i~i r* à gr 19 Al t; a; fa 9 s* l'^r. ififulj au loir 31 4 17 fl>ir .-,3 iy 0 14 3J 13 fuir 54 » 3911» 13 r* goflU IC 7V.33IUI9 : sï* ^ 19 mat. 23 4 25 foir ic S 3âs 5S 13 gr- 45 97— , 34 <• s*??:34 S « ^ !i- Ji 7* ** 25— 25 4 87— 137 4 tafoir 14 • *9 — 17 / 36 O 22 • ilj» *4 Ai;» ;.o 31 Ut 1 IS&'"'“1S Is'S § ? 3 3<f» 365
- \LL\ a tU 1 p 6 O 1 s 10 foîr ie îi - 1 34 gr. 2c »*l lit-?]- .13 4 ào— U 1* 22 — 35 34 mat 1;, / *5 gr. 39 Ai 23 ;* 37 .* ;• 39 gr. 21 fil 11 4 4CUr 13 Kjgr. 28 a* 93 (.Ij. 40 21 O 3 ,llf- *, as- 5; ia ü .. liV;. a« rJ* i31.Lt. 39 k* !5 m. q.j. 33 4 24 foir ao i- s! 5 'S i y 22 Eft 31' r* «3 P- , 3< ” 3°tLiiA f 31 gr. 28 a 22 * : !S= s •OS?’ 12 ü £ i U «.11.Ï3 r i?», ;i V 22 Eft 13 34— 10 '/ lifc t y* 14 g*. lUfuii . lîLiJ- ,î Z i £ j| llgT.lofülO itût9mm,£ 19— 13 *‘»r: ‘3 f 29 EA '? // VKTnraiS 3
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