Histoire du galvanisme
TOME 1
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- HISTOIRE
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- GALVANISME;
- ET ANALYSE
- Des dijférens ouvrages publiés sûr cette découverte , depuis son origine jusqu’a ce jour.
- Par P. SUE, aîné,
- Professeur et bibliothécaire de l’Ecole de médecine de Paris, ex - secrétaire de l’Académie de chirurgie, an-
- __cien président et ex-secrétaire-général de la Société libre
- /"^--^pîïUjSdecine, séante au Louvre ; membre de plusieurs ~ ïs , nationales et étrangères , etc.
- ofia, quoquo modo script4, dclectat. Epist. Plinii is, lib. V, epist. VIII.
- PREMIÈRE PARTIE.
- COLLECTION AKDRÊ SAUT.AU*
- A PARIS,
- Chez Bernard, libraire, quai des Augustins,
- An X.— 180a,
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- OUVRAGES principaux de Fauteur, qui se trouvent che\ le même libraire.
- Traduction des vol.. VI et VII, in-12 , des Aphorismes de chirurgie de Vanswktcn, 1765.
- Pathologie de Gaubius, in-12 etin-8°., 1". et 2°. éditions , 1770 et 1788.
- Dictionnaire de chirurgie , in-8°., deux édifions 1771 et 1779.
- Elémens de chirurgie, en latin et en françois , in-80., *774-
- Pratique moderne de la ehirurgie, par Ravaton, avec des notes , in-12,4 vol., 1776.
- Essais historiques , littéraires et critiques , sur l’art des accouchemens chez les anciens et chez les modernes, in-8°., 2 vol., 1779.
- Anecdotes de médecine, chirurgie et pharmacie,- in-12 , a vol., 178^.
- Discours sur l’influence des six choses, dites non naturelles, dans le traitement des maladies chirurgicales, in-80., *790.
- Dernière séance publique de l’académie de chirurgie , du 11 avril 179J , avec les éloges de Louis et Sue , in-8°.
- Eloge de Poissonnier , in-8°., an 7.
- Mémoire historique , littéraire et critique, sur la vie et les ouvrages, tant impriiftés que manuscrits, de feu Goulin , professeur à l’école de médecine, in-8°.
- Apperçu général sur la médecine légale , in-8°.
- Mémoire sur l’état de la chirurgie à la Chine, et correspondance à ce sujet, avec le P. Raux , missionnaire à Pékin.
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- PRÉFACE.
- Pl IN e le jeune, dans sa lettre à Capiton, qui lui conseilloit d’écrire l’histoire,dit que les harangues, les poésies ont peu de charmes, si elles ne sont pas excellentes, mais que l’histoire plaît, de quelque manière qu’elle soit écrite : historia, quoquo modo scripta, delectat. Sans doute que Pline en-tendoit parler ici de l’histoire en général, de celle qui-a pour objet le récit des faits des différens peuples, la description des différens pays, et les actions des grands hommes qui ont créé ou changé les empires , qui ont opéré des révolutions remarquables, dans quelque genre que ce soir. Mais cette histoire n’est pas la seule : il y a d’abord celle des opinions, qui n’est guères que le'recueil des erreurs humaines, soit en morale, soit en politique : il y a ensuite l’histoire des siècles et des arts, qui est la plus utile de toutes, quand elle joint,
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- vj PRÉFACE, à la détermination fixe de l’invention de l’art, le développement successif et par ordre chronologique de ses progrès, avec la description exacte de son mécanisme.
- Telle est la nature de l’histoire que nous publions aujourd’hui sur une découverte nouvelle, qui a excité l’attention, qui a exercé la plume des plus sa-vans physiciens et médecins; qui a immortalisé le nom de son auteur ; qui enfin est encore devenue plus intéressante , depuis qu’un des plus habiles physiciens de l’Europe, le célèbre Vilta, en a fait pour ainsi dire une science nouvelle, en la présentant sous un aspect qui jusqu’alors n’avoit été qu’entrevu , et que ses méditations et ses expériences ont porté au dernier degré d’évidence; aussi n’y a-t-il aujourd’hui presque personne y dans le monde savant, qui ne convienne de l’identité absolue des fluides galvanique et électrique, et qui n’attribue l’honneur de cette seconde découverte à Volta.
- L’importance seule de la matière que
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- PRÉFACE. vij
- nous avons traitée, et dont nous traçons le tableau historique, suffira donc pour intéresser le lecteur, mériter son attention et exciter sa curiosité, quel que soit notre style, parce que nous répéterons avec Pline, historia 3 quoquo modo scripta, delectat.
- Il y a dans toutes les sciences un grand nombre de vérités, pour lesquelles il est absolument nécessaire que les esprits, même les meilleurs, soient préparés , et aient acquis un certain degré de maturité. Si ces vérités se font jour avant ce tems, elles sont combattues, étouffées presque en naissant , et forcées de disparoître fi J. On peut alors les considérer comme ce rayon de lumière, qui perce l’intérieur d’une caverne ,
- (i) C’est sans doute là ce qu’a entendu l’auteur que nous avons réfuté au commencement de cet ouvrage, lorsqu’il a annoncé, sans preuve et trop légèrement, dans les journaux, qu'on a prouvé aux physiciens que la découverte du galvanisme se trouve dans un ouvrage qui a paru a Bouillon, en 1769, intitulé : le Temple du Bonheur. Voyez ïre. partie de cette histoire, page 8.
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- viij P R É F A C E. l’éclaire un moment, puis s’éteint , et l’abandonne, en lui rendant sa profonde obscurité.
- Sans une observation exacte et . constante de la nature; sans.cette espèce de pressentiment, et cette finesse d’esprit qui font deviner sa marche, au moment même où elle semble affecter avec le plus grand soin de cacher ses mystères; sans ce talent si rare de découvrir les rapports quelquefois très-éloignés de certains phénomènes, d’en indiquer les causes, de les constater par des expériences répétées, de combiner les faits et d’en tirer des résultats conséquens ; sans l’art enfin de saisir dans les choses les plus connues le côté qui peut donner lieu à des réflexions profondes, de les présenter dépouillées de cet appareil scientifique qui les répudie , et qui enfante l’ennui; sans la réunion de toutes ces qualités , il n’y a point de philosophie ; et, à moins que la matière traitée ne porte avec elle-même , comme le Galvanisme , sa recommandation , l’écrivain est à peine lu.
- Le
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- PRÉFACE. k le siècle de la philosophie, chez une hation, esc celui où les calens donc nous venons de parler, forment l’espric général , le caractère dominant et habituel des gens de lettres et des savans * où on en retrouve les traces bien marquées dans leurs ouvrages i même dans ceux qui en sont le moins susceptibles par leur nature. C’est ce qu’on a remarqué * sur-tout dans le siècle qui vient de finir ; et, s’il nous est permis de hasarder ici une réflexion comparative entre le dix-septième et le dix-huitème siècles i noiis dirons que le premier étoic celui de la poésie , de l’éloquence, des beaux arts, et en général de ce qui demande une imagination un peu exaltée, et que, dans le dernier siècle, les sciences exactes, l’histoire naturelle, la physique, la chimie et la philosophie expérimentale sont devenues les sciences dominantes , et ont reçu un accroissement tel, qu’il esc difficile qu’elles puissent être portées à un plus haut degré.
- Ces vérités, ces réflexions * qui ne
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- X PRÉFACE,
- peuvent être regardées comme étrangères au sujet que nous avons traité, puisqu’elles ont trait à cette philosophie expérimentale dont nous parlions tout-à-l’heure, puisqu’elles tombent sur une des sciences ( la physique ) qui ont été le plus perfectionnées dans le dernier siècle, reçoivent un nouveau développement, et trouvent une nouvelle application dans l’Histoire du Galvanisme ; on aura, dans l’exposé des nombreux ouvrages auxquels cetce découverte a donné lieu, et dans les expériences qui ont fait connoître ses phénomènes, une nouvelle preuve du progrès des lumières philosophiques, qui ont signalé le dernier siècle.
- C’est ici le lieu de placer quelques observations , quelques détails relatifs à la composition de cette Histoire du Galvanisme , et de répondre d’avance à quelques objections qui pourront m’être faites,
- i°. Quoique j’aie mis dans les analyses et extraits que j'ai donnés, toute l’exacti-
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- PRÉFACE. xj
- tude, toute la précision, toute la clarté, qui font le principal, le véritable mérite de ces sortes d’ouvrages, je n’ose me flatter d’avoir par-tout et en tout également réussi. J’ose presque promettre l’exactitude pour ce qui regarde les ouvrages latins et françois ; mais pour ceux qui sont écrits en langues allemande, italienne , angloise, et autres, et qui sont en plus grand nombre, je ne puis répondre des extraits que m’ont fourni les journaux tant étrangers que françois, comme je le dirai ci-après.
- Si jamais j’ai éprouvé le regret de n’être pas initié dans la connoissance des langues étrangères, ç’a été sur-tout en composant cette Histoire. Combien ma satisfaction eût été complète , si j’eusse pu consulter les ouvrages écrits dans ces langues ! combien la marche que j’ai suivie eût été plus régulière et plus sûre , n’ayant été alors arrêté par aucun des obstacles qu’amène nécessairement avec elle une traduction qui ou est infidèle, ou pèche par défaut de
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- *ij PRÉFACE, clarté. Au reste , ce que je n’ai pu fâire par moi-même, je l’ai fait avec le secours des autres. Pour les extraits traduits, quîm’ontparu présenter quelque obscurité, j’ai consulté les savans françois qui ont écrit sur le Galvanisme , les étrangers même venus à Paris, et qui ont enrichi cette découverte de leurs observations et de leurs réflexions : j’avoue devoir au célèbre Volta des éclaircissemens qui m’ont été très-utiles. En un mot, je n’ai négligé aucun des moyens dont j’ai pu user, pour m’assurer que tout ce que j’ai écrit est conforme aux principes, aux opinions , aux documens publiés sur le Galvanisme ; quand je n’ai pu avoir des renseignemens sûrs, des éclaircissemens à l’abri de toute interprétation obscure, je çi’ai fait qu’annoncer les sujets traités. C’est ainsi que n’ayant trouvé dans au-. ïun journal, l’extrait du mémoire allemand de M. V~an Morts, sur les phénomènes du Galvanisme et de l’électricité animale, j e n’ai fait que l’indiquer, d’après
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- PRÉFACE. xiij
- la simple annonce insérée dans le tome III de la 6e. année du Magasin encyclopédique.
- 2°. Les principales sources où j’ai puisé » et qui m'ont été les plus utiles pour la connoissance et l’extrait des ouvrage's', en langue étrangère, écrits sur le Galvanisme , sont : le Magasin encyclopédique , le Journal de littérature médicale étrangère, k Bulletin des sciences de la société philomatique , les-Annales de chimie, le tome VI des Mémoires de P académie des sciences de Turin; Commentani de- rebus in scientiâ namfali et in medicinâ gestis , Leipsick ; les ' Mémoires des sociétés savantes- et littéraires de Iw république française le Journal de chimie dé M. Van Mùns-, la. Décade philosophique t la Bibliothèque germanique , etc. J’âittëüVéies plus grandes ressources dans le Journal dè physique* si bien* rédigé pat le C. de la Méthode* et dans la Bibliothèque britanniqueque les rédacteurs ont grand soin d’enrichir
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- de tout ce qui paraît de nouveau , soie en littérature, soit dans les sciences et les
- L’origine du Galvanisme, et les travaux de son auteur, tirés de son Eloge, par le G. Alfieri ; l’extrait des deux dissertations .latines, in-40. , de Reinhold; les travaux tant anciens que nouveaux, de Volta ; le détail des expériences faites à l’Ecole de médecine de Paris, tant sur les phénomènes particuliers au Galvanisme , que sur-son application à Fart, de guérir; l’extpait du .compte , rendu à l’Institut , par le Ci• Halle i l’extrait. de l’otfvrage de M. Ji^fèoldty ^publié;-par le Ç. Jade-lot; telles sont les matières traitées; javec le plus d’étendue dans cetçe ; Juspoire, parce qu’elles renferment en effet tout ce qu’il y plus intéressant «urie Galvanisme, .en y joignant ce :qu’ont,écrit, sur le mêiBje-,sujet, yalli,^Vassàlli:,;,Berlin-ghieri,, *^ler , Crève * :Niéh$|en yjGar-Usle ,t Robertson., CrùiçksàbkHenry, Davy s Barrer, Lehot, Çuyier, Foùrcroy ,
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- XV
- PRÉFACE.
- Biot, Bichac, Richerand, ec autres physiciens et médecins, des ouvrages desquels nous avons parlé en leur lieu et place.
- Je mériterois le reproche d’ingratitude, .si je ne déclarois pas ici que quelques-uns de mes collègues, quelques autres savans, non seulement m’ont aidé de leurs lumières, mais même m’ont fourni pour cette histoire, comme on le verra, quelques articles qui n’avoient pas encore paru.
- 3°. A l’égard de la place que nous avons assignée à chacun des ouvrages des auteurs , nous observerons que, quoique nous ayons suivi, autant qu’il nous a été possible , l’ordre chronologique, il a pu se faire que nous ayons donné l’antériorité à quelques - uns qui étoient postérieurs , et vice versa; mais ce n’a pas été erreur de notre part, et voici ce qui nous a déterminé : i°. Peu après la découverte du Galvanisme , nombre d’ouvrages italiens, allemands et anglois, ont paru
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- xv j PRÉFACE,
- presque tous ensemble, et la même année. Nous n’avons pu suivre alors, dans le résumé que nous en avons fait, que l’ordre suivant lequel ils ont été annoncés dans les journaux. i°. Il y a plusieurs de ces ouvrages où il étoit question d’observations et d’expériences faites par des auteurs qui n'avoiént encore rien publié sur le Galvanisme, et qui n’ont écrit qu’après la publication, déjà faite par d’autres, de leurs travaux. Ainsi on ne devra pas, par exemple, trouver extraordinaire que nous n’ayons décrit ceux de Volta qu’après avoir parlé des ouvrages d’autres physiciens , qui ont écrit avant lui, et qui cependant ont rapporté ses expériences, dont ils avoient été témoins. D’ailleurs , comme nous l’avons observé, ire. partie de cette histoire, page 137, presque tout ce que nous avons rapporté dans les chapitres antérieurs à celui où il est question des travaux de Vola., étoit nécessaire à eonnoître pour bien saisir l’ensemble de ses observations et expériences,
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- PRÉFACE. xvîj
- 4°. Comme le nouveau mémoire qu’il a lu à l’Institut, dans le courant du mois de brumaire de cette année, renverse presque en entier toute la doctrine adoptée jusqu’alors sur les phénomènes galvaniques , on ne sera pas sans doute étonné de trouver une espèce de contrariété entre les opinions admises précédemment, entre les théories sur le Galvanisme, produites par plusieurs auteurs, par Volta lui-même jusqu’alors, et la nouvelle qu’il vient de faire connoître.
- Tel est le sort des sciences et des arts, en général : les uns et les autres sont sujets à différentes oscillations, à diffère ns changemens, tant que leur marche n'est pas assurée par des expériences et des explications qui ne laissent aucun doute sur leur théorie. La stabilité de ces expériences , la clarté et l’évidence des explications sont le fruit du temps, encore plus que celui de la raison, etc. Vjye% la page 181 de la seconde partie de cette Histoire.
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- xviij PRÉFACE.
- 5°. Il y a des auteurs, des ouvrages desquels je n’ai donné qu’un léger extrait : ce sont ceux qui ont joint à leurs discours plusieurs expériences qui contiennent de très-longs détails, et en grand nombre. C’est ainsi que j’ai renfermé dans trois pages l’extrait des Observations du citoyen Desormes sur l'appareil de Volta, qui sont rapportées, page 284, du tome XXXVII des Annales de Chimie , parce que ses expériences, au nombre de trente-huit, occupant à elles seules trente-quatre pages, auraient de beaucoup surpassé les bornes dans lesquelles j’ai dû me restreindre.
- Nous en dirons autant des auteurs qui ont joint à leurs écrits plusieurs planches et -figures, explicatives du texte ou des expériences qu’ils rapportent. A quoi eût servi, par exemple, de donner le détail de la plupart des expériences de Humboldt, et de celles de plusieurs autres auteurs, sinousn’y eussions pas joint les figures qui accompagnent ces expériences ? Or, c’est ce qu’il nous étoit impossible de faire, 1 °. parce que
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- PRÉFACE. xix
- l’histoire d’une science n’en est pas le traité; a0, parce qu’il eût fallu ou employer toutes les planches, ce qui auroit occasionné au libraire des frais considérables, ou n’en employer que quelques-unes, ce qui n’auroit pas rempli l’objet que nous nous sommes proposé, et auroit donné lieu à une préférence, qui eût pu n’être pas du goût de tout le monde;
- D’ailleurs, lanouvelle théorie de Volta, adoptée presque universellement, ayant détruit, toutes celles antérieures sur lesquelles sont établis ie détail des expériences et les planches qui en .donnent l’explication , celles-ci fussent devenues presque inutiles : c’est aussi ce qui nous a déterminé à n’en employer qu’une., et c’est celle .qui est confirmative de la, nouvelle doctrine de Volta sur le Galvanisme , celle qui est jointe à l’çxpositipn abrégée du citoyen Hallé , que nous rapportons, chapitre XVIII de cette histoire ; cette planche devenoit d’autant plus-nécessaire-, .qu’elle supplée à toutes les .autres. Elle est cirée du n°. 58 du
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- XX
- PRÉFACE.
- Bulletin des sciences, par la société philomatique, quia bien voulu nous permettre d’en faire usage.
- 6°. II me reste à répondre à un reproche auquel je me suis attendu, et qui peut-être me sera fait : pourquoi, dira-t-on, avez-vous employé les anciennes mesures, au lieu des nouvelles, dans le détail des expériences que vous rapportez ? Je répondrai i °. qu’il y a plusieurs morceaux de cette histoire où les auteurs se sont servi des nouvelles mesures ; za. que les autres morceaux, où les anciennes sont employées, appartiennent à des auteurs, la plupart étrangers, qui ne connoissent pas les nouvelles , et que je n’ai pas cru, à cet égard, devoir corriger leur texte. D’ailleurs, on conviendra qu’il n’en est pas des sciences comme des objets mercantiles : ceux - ci doivent toujours être soumis au même calcul , aux mêmes mesures, au lieii que les objets scientifique^ doivent être exposés avec la clarté, la précision et les détermi^
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- PRÉFACE. xxj
- nations respectives adoptées par le plus grand nombre des lecteurs, sur-tout étrangers , et être mises à la portée de ceux qui sont dans le cas d’en faire un usage plus fréquent.
- N. B. Sans prétendre vouloir faire l’éloge d’un ouvrage, que j'abandonne au jugement du public, je crois pouvoir dire, et j’y suis autorisé, qu’il a reçu l’approbation de deux de mes collègues ( les citoyens Thouret et Hallé ) à l’examen desquels je l’ai soumis; ils eussent même fait à l’école de médecine un rapport avantageux, si elle ne s’étoit imposé la loi de n’approuver ni désapprouver, de quelque manière que ce soit, les ouvrages de ses membres.
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- TABLE
- DES CHAPITRES
- De l’Histoire du Galvanisme.
- Première Partie.
- Chap. I. Origine du Galvanisme. Vie et travaux de Galvani, pag. i
- II. Expériences et lettres de M. Valli, sur l’électriciré animale. Lettres de MM. Desgenettes et de la Mé-therie, sur le même sujet, 31
- ni. Expériences sur l’homme , par MM. Larrey et J. J. Sue. Lettre de M. Vassalli-Eandi, sur le galvanisme et sur l’électricité animale , 69
- IV. Lettre et travail de M. Berlinghieri , sur le galva-
- nisme. Lettre de M. Payssé. Mémoire de M. Cor-tambert, et expériences de M. Gaillard, 80
- V. Prix proposés sur le galvanisme. 93
- VI. De la chaleur animale. De la vitalité. Distinction
- entre l’irritabilité et la sensibilité. Irritabilité de la fibre végétale , 58
- VII. Extrait de deux dissertations latines, in-40., de
- M. Reinhold, sur le galvanisme, 123
- VIII. Extrait de l’ouvrage de Fowler , sur le galvanisme ; de ceux de MM. Crève et Fabroni, sur l’irritation
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- TABLE DES CHAPITRES. xxiij
- métallique, et des expériences du C. Boissier, sur le même sujet, pag. 196
- Ch ap. IX. Travaux de M. Volta, sur le galvanisme. Expériences du C. Désormes, sur l’appareil électrique de Volta. Remarque de M. Herman, sur le même sujet, et lettre de M. Volta à M. de la Métherie, 237
- X. Expériences et observations sur le galvanisme, par
- MM.Nicholson, Carlisle, Robertson , Cruickshank, Henri et Davy ; plus, un extrait des mémoires de l’Académie des sciences de Turin , 282
- Seconde Partie.
- XI. Détail des expériences faites à l’école de médecine
- de Paris , sur le galvanisme, 1
- XII. Extrait du rapport du C. Hallé, intitulé : Compte
- rendu à l'Institut, sur le galvanisme, 14
- XIII. Extrait de l’ouvrage d’Humboldt, sur le galva-
- nisme , publié par le C. Jadelot, avec des additions , 38
- XIV. Mémoire de M. Pfaff, sur les expériences d’Hum-
- boldt. Expériences et observations sur le galvanisme , de MM. Van Mons, Ritter et Pfaff, 98
- XV. Mémoire de M. Lehot, sur le galvanisme. Détail
- des expériences faites à Berlin. Rapport du C. Cuvier , et expériences des CC. Fourcroy, Vauquelin et Thénard, 123
- XVI. Sur quelques propriétés de l’appareil galvanique,
- par les CC. Biot et Fr. Cuvier. Mémoire sur le mouvement du fluide galvanique, par le C. Biot. Résumé de nouvelles expériences , faites par divers physiciens, 161
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- *xiv TABLE DES CHAPITRES*
- Chap. XVn. Expériences de M. Wollaston. Travaux ef recherches du C. Gautherot. Expériences et observations de quelques physiologistes, entre autres des CC. Dumas*, Bichat, Richerand, Guyton, etc. Description d’un nouvel appareil galvanico-chimique, par M. Simon. Faits particuliers et anecdotes sur le galvanisme * pag. 195
- XVIII. Nouveaux travaux de Volta. Extrait de son mémoire, lu à l’Institut, sur l’électricité dite galvanique , et rapport du C. Biot sur ce mémoire. Lettre de M. Van Marum. Observations et expériences de Robertson , sur le même sujet. Nouvelles expériences galvaniques. Observations chimiques Sur l’acide électrique , par Brugnatelli. Description d’un nouveau galvanomètre, par M. Pepys. Exposition abrégée, par le C. Hallé , des principales expériences répétées par Volta, en présence des commissaires de l’InStitut, 1 2 63
- XIX. Détails sur l'application du galvanisme à l’art dé guérir. Idées de Galvani, de M. Crève, à ce sujet. Extrait de l’ouvrage allemand de 'M. Grapengiesser , sur ce sujet. Expériences faites à l’école de médecine de Paris. Lettre de M. Humboldt , etc., 37a
- Voye^, à la fin de la ae. partie, la table alphabétique et raisonnée des matières.
- histoire
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- HISTOIRE
- D U
- GALVANISME.
- CHAPITRE PREMIER.
- Origine du galvanisme. V^ie et travaux de Galvani.
- L E célèbre astronome, M. Lalande, annonce dans une lettre adressée aux auteurs du Journal de Paris(i),qu’il est le premier qui ait fait connoître le galvanisme en France. Effectivement il y a de lui, dans le Journal des savans (2), une notice sur cette découverte, qui contient une partie des faits que nous allons rapporter, et qui jusqu’alors n’étoient pas connus.
- On lit dans le Journal encyclopédique de Bologne (3), et c’est M. Cotugno qui rapporte ce fait, qu’un étudiant en médecine se sentant blessé au bas de la jambe, y porta la main, et prit une souris qui l’avoit mordu ; qu’il l’étendit
- (x) Du 17 pluviôse an 7.
- (2) Nov. 1792.
- (3) N°. YIII, année 17861
- A
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- 2 HISTOIRE
- aussi-tôt sur la table, et la disséqua; qu’il fut fort surpris, en touchant avec son scalpel le nerf intercostal ou diaphragmatique de l’animal, d’éprouver une commotion électrique assez forte pour lui engourdir la main (i).
- D’après cette observation, sur les circonstances de laquelle l’auteur aurait dû s’étendre davantage , mais que les faits suivans pourront un peu éclaircir, M. Vassalü., membre de l’académie Royale de Turin, conjectura que la nature avoit quelque moyen pour conserver et retenir l’électricité accumulée dans quelque partie du corps animal, afin de s’en servir dans ses besoins. II fit en conséquence des expériences, dont les détails ont été imprimés en 1789, et qui confirment cette opinion. Plusieurs physiciens avoient déjà conçu l’idée que le sang étoit animé par le fluide électrique; d’autres croyoient aussi avec Bridon,
- (1) Voyt{ le Journal de physique, tom. XLI, pag. $7.-Ce journal, depuis le premier instant de sa création , a été constamment le dépôt des printipales découvertes dans les sciences et dans les arts, et le moyen le plus actif de la communication entre les savans. Le C. de la Méthtric a repris ce journal ; et depuis nivôse de l’an 6, il l’a beaucoup enrichi. Il donne, dans le premier volume qu’il a publié , les principaux résultats des recherches et expériences dont la physique animale a été l’objet, principalement sur le galvanisme.
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- DU GALVANISME. } que le fluide rterveux est identique avec lé fluide électrique. Tout cela n’étoi't que dé simples conjectures : les expériences' de Galvani, savant professeur d’anatomie à Bologne, jettèreiit un nouveau jour sur cette matière, et suggérèrent au* physiologistes de nouvelles vues sur les mouve-, jnens musculaires.
- Avant d’entrer dans le détail des travaux, enca genre, de Galvani, enlevé trop tôt aux sciences, il nous semble nécessaire dedonner ici queîcpiesTén-seignemens sur sa vie-. Nous les puiserons dahs l’éloge de cet homnte célèbre, queleC. Alzbert a mis: à la têtô du 4e. volume qui vient de paraître:, des Mémoires de la société médicale d’émulation de Parisi Il n’appartenoit qu’à celuï qui a dignement célébré y et à la satisfaction de tous ses lecteurs , les vertus et les grands travaux! de l’illustra Spallanqmi,. de nous peindre avec la même éloquence , avec la même énergie , la même élégance dans le style, l’auteur d’une découverte qui, quand' elle aura atteint le but où doivent la conduire les recherches des physiciens et des médecins, formera une des époques les plus brillantes, dans les annales des sciences du 18e. et du 19e. siècles. Nous ne donnerons ici qu’un précis de la vie de Galvani : c’est dans son éloge même qu’il faut chercher les détails- qui satisfont la curiosité.
- A a,
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- 4 HISTOIRE
- . Louis Galvani naquit à Bologne, le 9 septembfé de l’an 1737. D fut instruit de bonne heure, par la leçon de l’exemple; car plusieurs de ses proches s’étoient rendus recommandables dans la théologie et dans la jurisprudence. Après ses études, il embrassa la profession de médecin , et bientôt après il épousa (1) la fille du professeur Galeatfi, dont les travaux sont si renommés en Italie. Galvani étoit encore très-jeune, lorsqu’on lui confia, dans sa patrie, des emplois aussi honorables qu’importans. Il eut de grands Succès dans l’anatomie comparée, multiplia ses dissections sur les oiseaux, et publia un mémoire sur l’appareil urinaire des volatiles. Il porta d’abord ses regards sur la position et la forme des reins chez les oiseaux, sur leur structure, leurs enveloppes, leur substance, sur les tuyaux uri-nifères, les vaisseaux émulgens, les nerfs, sur la structure des uretères, etc. etc.
- : Tels furent ses travaux, avant ceux qui le Conduisirent à la découverte du galvanisme. Le
- (1) On ne peut lire sans attendrissement le tableau touchant que trace Alibtrt, de la tendresse, l’un pour, l’autre, de ces deux époux , et des vifs regrets de Gai* vani, lorsqu’il perdit son épouse , après s'être enivré, pendant près de trente ans, dit Alibert, du bonheur d aimer a. d'être aimé.
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- DU GALVANISME. y
- C. Alibert, après avoir peint Galvani comme expérimentateur, comme professeur, et comme écrivain, finit par rapporter des traits particuliers sur sa vie privée, et sur son caractère moral. Cet homme célèbre fut en proie à tous les malheurs qui peuvent affliger une ame sensible et tendre. Il vit expirer dans ses bras sa chère Lucie ( nom qu’il donnoit à son épouse ) ; il perdit toutes ses places, pour avoir refusé constamment ide prêter le serment civique exigé par les décrets de la République Cisalpine. La mort vint frapper et lui ravir presque soudainement tous ses proches. Enfin, tourmenté lui-même depuis longtemps , par des douleurs cruelles, qui avoient leur siège dans l’estomac, et que des gens de l’art soupçonnoient provenir d’une obstruction au pylore, ce grand homme tomba dans un état de marasme et de langueur, dont les soins aussi éclairés que généreux des célèbres médecins Cingari et Uttini, ne purent arrêter les progrès. 11 cessa de vivre le 14 frimaire de l’an 7, âgé. de 60 ans.
- Entrons maintenant dans le détail de ses travaux sur le galvanisme, détail que nous puiserons dans son Eloge (1), et voyons d’abord la
- (l) L’exposé seul des travaux de Galvani, relatifs a ça découverte, contient, dans cet Eloge, 119 pages. Nous-
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- manière dont Alibtrt raconte Faccident imprévu
- qui détermina les premiers essais du galvanisme.
- Galwrù étoit un soir .dans son laboratoire, occupé à faire des expériences avec quelques amis , et avec un de ses neveux (r) qu’il affectionnoit particulièrement. On avoit placé par hasard sur une table, où se trouvoit une machine électrique , des grenouilles écorchées qu’on destinoit à faire des bouillons : elles étoient séparées du conducteur par un certain intervalle. L’un de ceux qui aidoient aux expériences, approcha , par mégarde, la pointe d’un scalpel des nerfs cruraux internes de l’un de ces animaux : aussitôt tous les muscles des membres parurent agités de fortes convulsions. L’épouse de Galvani étoit présente : elle fut frappée de la nouveauté du phénomène ; elle crut s’appercevoir qn’il conr couroit avec le dégagement de l’étincelle électrique. Elle courut avertir son mari, qui résolut aussi-tôt de vérifier ce fait extraordinaire. Ayant en conséquence approché une seconde fois la
- n’en présenterons que le résumé, attendu que dans le cours de cet ouvrage, nous aurons plus d’une fois occasion de revenir sur ces travaux.
- (i) Le docteur Camille Galvani, avantageusement connu par un opuscule sur la Pierre phosphorique de Bologne A «t par un Abrégé de Vhistoire naturelle de Buffon.
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- DU GALVAN I $ ME. f pbinte du scalpel des nerfs cruraux de la grenouille , pendant qu’on tiroit une étincelle de la machine électrique, les contractions recommencèrent à avoir lieu. Elles pouvoient être attribuées au simple contact du scalpel, qui servoit de. stimulus, plutôt- qu’au dégagement de l’étin-cellë. Pour éclaircir ce doute, Galvani toucha ces mêmes nerfs sur d’autres grenouilles, tandis que la machine électrique étoit en repos; alors les contractions n’eurent plus lieu : l’expérience, souvent répétée, fiit. constamment suivie des. mêmes résultats..
- Voyons ce qu’ont dè commun ces expériences , avec celle rapportée par Sulier, il y a à-peu-près 40 ans, dans sa Théorie générale du plaisir. «Si l’on joint, dit Suider, deux pièces dé h métal, une de plomb et l’autre d’argent, de-» manière que les deux bords forment un même ». plan, et qu’on les approche sur la langue, on » sentira quelque goût assez approchant au » goût de vitriol'de fer; au lieu que chaque » pièce à part ne donne aucune trace de ce » goût. Il n’est pas. probable que, par cette con-» jonction des deux métaux, il arrive quelque » solution de l’un ou de l’autre, et que lës par-» ticules dissoutes s’insinuent dans là langue. Il » faut donc conclure que la jonction de ces > métaux, opère dans l’un.ou l’autre, ou dans, A 4
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- » tous les deux, une vibration de leurs parti-» cules , et que cette vibration, qui doit né-» cessairement affecter les nerfs de la langue, y » produit le plaisir mentionné. » Sulçer ne rapporte cette expérience, quç pour servir de preuve aux principes qu’il adopte sur les sensations, dont le premier est que l'ame rta point de sensation, sans un mouvement analogue dans les nerfs sensibles, et que Vessence des sens en général consiste dans les nerfs ; son second principe est que toute sensation totale est composée d'un grand nombre de sensations momentanées qui se succèdent avec une rapidité, à ne point laisser entrevoir les me mens de temps qui s’écoulent d'un coup à Vautre.
- L’auteur n’avoit en vue ici que l’explication des mouvemens agréables qui résultent des differentes Sensations : son expérience prouve seulement l’irritation métallique, et n’a qu’un rapport très-éloigné avec les expériences de Galvani et les. effets qui en sont la suite. Il ne fàlloit donc pas annoncer avec tant d’emphase, comme on l’a fait dans les journaux (i) , qu'on a prouvé aux physiciens que la découverte du galvanisme se trouve dans un ouvrage qui a paru à Bouillon,
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- (i) Voyc{ celui des Débats, des 4e. et jours 1 plémentaires an 9, et celui du 7 vendémiaire an. 1.0..
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- ïh 1769 , intitulé : k Tempk du bonheur. D’abord, pour l’exactitude, ce n’étoit pas cet ouvrage qu’il falloit citer, qui n’est qu’une compilation, un recueil des plus excellens traités sur le bonheur , extraits des meilleurs auteurs anciens et modernes; car la Théorie générale du plaisir, de Suider, qui est insérée tom. III, pag. 124, et qui forme cinq articles, est elle-même tirée, comme en prévient le compilateur, du recueil des Mémoires de l’académie de Berlin. Il falloit, en second lieu, remonter à l’original, et citer l'ouvrage même de Suider, qui a paru douze ans plutôt, ou les œuvres posthumes de Smith, partie 2e. not. p. 307. D’ailleurs il sembleroit, d’après l’annonce des journaux, qu’aucun des auteurs qui ont traité du galvanisme , n’avoit parlé de l’expérience de Suider, tandis qu’elle est rapportée tout au long dans l’ouvrage de Fabroni sur l’irritation métallique, et sur l’action chimique des différens métaux entre eux, dont nous donnerons l’extrait dans le chapitre VIII de cette histoire.
- Revenons maintenant à l’extrait des travaux de Galvani. A libert, après avoir tracé, comme l a été dit, l’origine de sa découverte, établit analogie du premier phénomène rapporté avec ;s loix de l’électricité ordinaire, et il cite à ce *"ijet l’excellent ouvrage de M. Pfaff, qui a pour
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- titre Ubtr Thitrische und rds barkeit, et'où l’auteur remarque très-bien, p. 333, que l’origine de ces. contractions s’explique par la force stimulante, de l’électricité ordinaire, mise en mouvement dans ce cas par influence , et qu’on, n’a pas besoin de recourir à une électricité animale. La nécessité d’un corps déférent pour là production du phénomène dont il s’agit ; l’avantage qu’il y a de donner une certaine étendue~au conducteur*, pour produire les contractions ; les directions diverses de l’influence électrique, et l’utilité des corps déférens appliqués au» muscles; les tentatives faites pour empêcher le passage de l’électricité; les preuves qu’on eut, que l’électricité par influence se transmet à travers la propre substance des conducteurs : telles furent les conclusions que Galvani tira de ses premières expériences, souvent répétées , et qui le-portèrent non-seulement à attribuer à l'électricité le phénomène des contractions musculaires des grenouilles, mais encore à déterminer, jusqu’à un-certain point, les loix auxquelles cette électricité est subordonnée»
- Cette faculté de l’étincelle, pour exciter les-contractions musculaires , inspira à Galvani le désir d’examiner, si la flamme électrique qui s’échappe du quarri de Franklin, lorsqu’on le dé- . charge , ne parviendrait pas à susciter des
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- contractions encore plus intenses; ipais il n’en eut aucune, et il devoit s’y attendre. Il fit ensuite des expériences avec l’électricité raréfiée ou négative, et se servit de l’électrophore de Volta, ïl chercha à intercepter le cours du fluide électrique, qui agit sur l’animal ou sur ses conducteurs. Mais afin de tirer des éclaircissemens plus directs et plus utiles, il opéra sur le vivant, et eut des contractions moindres que chez les animaux morts. Il intercepta et supprima l’air ambiant dans ses expériences, et les fit sur des animaux à sang chaud, sur des poulets et des brebis : les résultats furent constamment analogues à ceux obtenus chez les animaux à sang froid. Ici on coupe le nerf crural, et on le sépare habilement de toutes les parties qui l’avoisinent: on y applique ensuite le conducteur, et faisant partir l’étincelle électrique, le phénomène des contractions ne tarde pas à se manifester.
- Les essais nombreux du professeur de Bologne , parurent lui démontrer qu’en général, parmi les animaux vivans, les plus propres à manifester les mouvemens de contraction , sont ceux dont l’âge est plus avancé, ceux dont les muscles sont plus blancs; mais la préparation de l’animal influe singulièrement sur la réussite des expériences; Alibtrt ajoute à cette remarque de Galvani, un fait particulier , auquel les physiologistes ne
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- paroissent pas avoir donné assez d’attention i c’est celui relatif à l’irritabilité des grenouilles » qui n’est pas la même dans tous les pays, d’oii résultent nécessairement des changemens dans les expériences, suivant les différentes contrées» même de l’Europe.
- Après ces premières découvertes sur l’influence de l’électricité artificielle, Galvani rechercha si l’électricité de la foudre produirait les mêmes effets dans les mouvemens musculaires. Tout se passa absolument comme dans l’électricité artificielle : les contractions s’accrurent en raison de l’intensité des éclairs, et de la proximité du nuage orageux. Les expériences entreprises sur les animaux, soit vivans, soit morts, donnèrent à-peu-près les mêmes résultats, que ceux présentés par l’électricité artificielle. Galvani n’obtint pas les mêmes effets dans ses expériences sur ces lueurs phosphoriques , qui se manifestent sans orage dans un temps serein, et dans quelques belles soirées de l’été.
- Mais l’époque la plus intéressante, comme la plus utile, des travaux et de la gloire de Galvani, c’est celle oii, par ses expériences ingénieuses, il démontra l’influence des métaux sur les mouvemens musculaires, soit dans l’air libre, soit dans un air dos. Il commença à soupçonner qu’il pourrait bien y avoir une électricité propre
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- DU GALVANISME. i$ et inhérente au système des animaux, et que le fluide nerveux passe des nerfs aux muscles, par une loi analogue à celle que suit l’électricité artificielle, dans l’expérience de la bouteille de Leyde. Il employa successivement un arc cohi-bent et un arc déférent : celui-ci provoqua les contractions , et il fut impossible d’en avoir avec l’autre. On suscita des contractions analogues , souvent même plus énergiques, lorsqu’au lieu d’un seul arc on en employa deux, disposés de manière qu’ils touchoient par une de leurs extrémités , l’un les nerfs, l’autre les muscles de l’animal, tandis que les deux extrémités restantes s’approchoient et se joignoient au gré de l’expérimentateur. Galvani crut important d’employer des métaux différens, pour la réussite de ce phénomène , et il connut par-là l’influence des métaux homogènes ou hétérogènes sur les Contrac-
- II n’étoit pas moins conséquent de rechercher ; si les contractions observées résultent de deux électricités différentes, la positive et la négative; si elles étoient cachées dans un seul et même métal, ce qui n’étoit pas présumable, ou si elles se trouvoient dans l’animal. Galvani fit ses expériences dans différens milieux, et eut la preuve que l’eau remplissoit une fonction analogue à celle des arçs -, ce que ne faisoit pas l’huile, De
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- ces observations, il crut pouvoir conclure que les deux sortes d’électricité se trouvent dans l’animal ; qu’elles résident, l’une dans les muscles ,• et l’autre dans les nerfs, ou que toutes les deux-résident également dans les uns et dans les autres. Il s’attacha ensuite à rechercher soigneusement-le véritable Siège de cette électricité, et sur-tout quelle étoit la nature de celle des nerfs : c’est-ce qu’il apprit par l'influence de l’étendue des; surfaces des armatures, sur l’intensité dés contractions musculaires.
- Après quelques autres recherches sur le véritable siège de l’électricité, dans le système animal , il continua d’examiner les rapports de cette électricité avec l’électricité commune. Il examina les divers degrés de la propriété conductrice sur les differentes substances employées dans les expériences, et il suivit cette propriété dans les differentes parties de l’animal; propriété qu’ori observe aussi bien dans les corps fluides que dans les corps solides, et non dans les liqueurâ huileuses.
- Le premier auteur des expériences galvaniques , devoit être aussi le premier qui établît tirie hypothèse sur les phénomènes qu’il avoit observés
- (i) Remarquons ici en passant, avec Alibert, qu’ori peut classer en deux sections très-distinctes les auteur»
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- DU GALVANISME; Quoique celle de Galvani ait été adoptée par les uns, combattue par d’autres, et absolument re-jettée par le plus grand nombre des physiciens, nous ne devons pas moins la faire connoître, parce qu’elle tient aux travaux de ce professeur, parce qu’en l’imaginant, il crut avoir découvert un des plus grands secrets de l’organisation animale et de la vie. « En effet, dit-il, les nerfs » qui se distribuent aux différentes parties du » système musculaire, et qui reçoivent ou char-» rient le fluide électrique, ont tous une origine » commune, qui est l’organe cérébral ; et il n’est » pas probable que ces nerfs, qui varient tant » par leur structure dans l’économie universelle
- qui se sont occupés du galvanisme, eu égard aux idées théoriques qu’ils ont proposées. Dans la première, se trouvent Galvani, Vallt, Fowltr, Humboldt, etc., qui n’y ont vu qu’un phénomène dépendant essentiellement des parties animales. Dans la seconde , doivent être rangés Volt a, Pfaff, Crevé, Ackermann, qui n’ont considéré l’action galvanique que comme un phénomène général de la nature, non subordonné à la force vitale, et se manifestant uniquement par l’intermède de la fibre irritable et sensible. Dans les sciences physiques, les faits sans doute sont immuables ; mais les hypothèses dont oa se sert, pour expliquer leur génération, varient à l’infini, et au gré de l’imagination des hommes qui les conçoivent, ..............
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- » des animaux, puissent être les organes secré-» toires d’un fluide homogène, tel que celui qui » est destiné à provoquer les contractions mus-» culaires.» i°. D’après son opinion, tous les animaux jouissent d’une électricité propre et inhérente à leur économie, laquelle électricité est secrétée par le cerveau, et réside spécialement dans les nerfs, par lesquels elle est communiquée au corps entier. z°. Il pense que les réservoirs principaux de cette électricité, qu’il appelle animale, sont les muscles, dont chaque fibre doit être considérée comme ayant deux surfaces , et comme possédant, par ce moyen, les deux électricités positive et négative, chacune d’elles représentant en outre, pour ainsi dire , une petite bouteille de Leyde, dont les nerfs sont les conducteurs.
- Le mécanisme de tous les mouvemens, s’établit de la manière suivante. Le fluide électrique est puisé et attiré de l’intérieur des muscles dans les nerfs, et passe ensuite des nerfs sur la surface extérieure des muscles ; de façon qu’à chaque décharge de cette espèce de bouteille électrique, répond une contraction musculaire , qui est l’effet du stimulus qu’exerce l’électricité. Ce qui fortifîoit Galvani dans sa conjecture, c’est l’analogie parfaite qu’il croyoit observer entre les phénomènes de la bouteille de Leyde, dans l’électricité
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- DU GALVANISME. 17 Félectricité ordinaire, et les contractions des muscles ; analogie, similitude dont les points principaux sont très-bien détaillés par Alibert, malgré quelques faits qui semblent cependant affoiblir ce parallèle.
- Quel bonheur c’eût été pour Gaivani et pour la médecine, si, avec toutes les ressources de son génie inventif, il avoit réussi dans les extensions principales qu’il a su donner à sa première hypothèse, pour la recherche des causes des maladies; à ses idées particulières sur la production des affections rhumatismales, de la sciatique nerveuse, des convulsions et du tétanos (1)! Il chercha à expliquer, toujours d’après sa théorie, la cause prochaine de la paralysie , de l’apoplexie et de l’épilepsie. Il pensoit que les bons effets qu’on retire de l’administration de divers remèdes dans les affections ci-dessus indiquées, et même de l’application de l’électricité artificielle, dans certains cas, dévoient être rapportés au mode d’action de ces remèdes, sur le fluide animal, quel que soit le changement qui s’opère dans l’état de ce dernier, et il croyoit que c’est d’après ces vues, que le médecin doit diriger le
- (1) Voyei le chapitre XVIII, §. I, où se trouve le développement de ces idées, et leur application à l’art de guérir,
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- traitement du malade. Aussi, selon lui, dans la curation des maladies convulsives, rien n’est-il plus important que de rechercher laquelle des deux électricités, la positive ou la négative, il est plus convenable d’employer.
- Après avoir décrit sa nouvelle manière d’appliquer celle-ci, qui a été d’une grande utilité dans les affections rhumatismales, et autres analogues , il discute les avantages que pourroit avoir, dans le même cas, l’électricité atmosphérique, lors des temps d’orage, en usant de la plus grande prudence dans la manière d’armer de conducteurs la partie affectée. C’est pour cela, dit-il, qu’on a vu des paralytiques recouvrer, comme par miracle, l’usage de leurs membres , parce que la foudre avoit éclaté à une très-petite distance des lieux oii ils se trouvoient. Mais ces guérisons spontanées, en les supposant vraies, n’ont-elles pas été plutôt l’effet de la frayeur, qu’a fait éprouver au malade le violent éclat du tonnerre? C’est à une pareille cause' qu’on doit attribuer la guérison de cet homme qu’on a dit avoir recouvré l’usage de ses pieds, par la frayeur qu’il éprouva, lors d’un incendie qui consumoit sa maison (i).
- (i) Voyei la Physiologie de Dumas, tom. II.
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- DU GALVANISME. i9 Nous avons déjà remarqué que la théorie de Galvani trouva des adversaires, après même qu’ils eurent admiré et répété ses belles expériences. Un des plus redoutables, fut le célèbre professeur Volta, dont les travaux formeront la ïre. section du chap. IX; il procéda à des essais ingénieux, pour démontrer qu’il n’existe point d’électricité particulière, propre au système des animaux, et à faire regarder le corps vivant comme un simple corps humide, ou conducteur. Il faut lire, dans l’Eloge de Galvani, les détails de cette guerre scientifique entre deux hommes d’égal mérite; guerre qui les honore, puisqu’elle n’a-voit pour objet que la recherche et la découverte de la vérité. Dans deux des cinq Mémoires qu’il a dédiés à Spallan^ani, Galvani répond aux objections de Volta : il y établit, par de nouvelles expériences, les nombreux caractères qui, selon lui, établissent les différences entre l’électricité animale et l’électricité commune, et qu’il fon-doit principalement sur le phénomène des contractions musculaires, phénomène qui peut avoir lieu indépendamment de l’hétérogénéité des substances métalliques, nécessaire, seulement, lorsqu’on opère sur des grenouilles, dont la vitalité est considérablement affoiblie. Galvani eut ensuite recours à des substances déférentes et non métalliques : il observa que le contact B z
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- immédiat des armatures hétérogènes,' n’est pas absolument nécessaire pour exciter des mouve» mens de contraction.
- On fit à Galvani de nouvelles objections, auxquelles il répondit par des expériences nouvelles, et par les conséquences qu’il en tira (i). Après avoir tâché de prouver que tous les phénomènes de l’électricité animale, dépendent d’un cercle particulier qui s’établit dans le muscle, aü moyen du nerf et de l’arc ; après avoir développé la
- (i) Il a paru, entre autres , dans les Annales de chimie et d’histoire naturelle , en italien , de Brugnatelli, tom.' XVI, deux lettres anonymes sur le galvanisme , ou plutôt, selon l’auteur, sur la prétendue électricité animale qu’on dit résulter des expériences galvaniques. L’auteur défend l’opinion de Volt a sur la nature du fluide galvanique, et s’efforce de prouver que ses effets sont exactement les mêmes que ceux de l’électricité naturelle ; que ce fluide est excité par le contact de conducteurs différens de tout genre, mais principalement par celui des conducteurs métalliques ; qu’il peut être rendu positif et négatif ; qu’on peut enfin le mesurer avec l’électromètre (a). Cette défense de Volta est principalement dirigée contre Galvani même, qui, dans un ouvrage qu’il venoit alors de publier, soutenoit la nature particulière du fluide qu’il a découvert.
- (a) Voyci un Essai du C. Cadet, sur un nouvel électromètre. 'Annales de chimie, tom, XXXVII, pag, 6S,
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- DU GALVANISME. it manière dont ce cercle s’accomplit ; après avoir rapproché les loix auxquelles il est subordonné, de celles de la bouteille de Leyde et du quarré magique, etc., Galvani voulut démontrer ce cercle dans chacune des circonstances où il s’effectue , et suivre la route de l’électricité, à mesure qu’elle parcourt les parties soumises à l’expérience. C’est le but qu’il s’est proposé d’atteindre , dans un mémoire rempli de faits curieux et intéressans, mais qui ne peut être bien compris, qu’à l’aide des planches qui l’accom-, pagnent.’
- M. Pfajf, professeur à Kiel, est aussi un des premiers qui ait réfuté l’opinion de Galvani. Il a cherché à prouver que cette idée d’une électricité positive et négative, dans l’intérieur et l’extérieur des muscles, n’est fondée sur aucun fait décisif, et que la plupart des phénomènes galvaniques ne sont pas explicables par cette théorie, ou lui sont directement opposés. En effet, le professeur de Bologne établit une circulation de l’électricité positive de l’intérieur des muscles à l’extérieur, par le moyen des armatures ou d’autres conducteurs, et il croit que c’est par ce rétablissement de l’équilibre entre l’intérieur et l'extérieur, par cette électricité positive, qui est mise en mouvement, que la contraction des muscles est produite. Toutes les expériences où les deux armatures sont B 3
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- appliquées au nerf seul, au nerf non humecté ou même desséché, et ne correspondant au muscle par aucun conducteur, sont en quelque manière contraires à l’hypothèse de Galvani.
- Les expériences sur les effets des ligatures des nerfs, sont aussi autant d’objections contre sa théorie. Le nerf crural isolé, étant lié dans son milieu, entre le bassin et la cuisse, et l’armature étant appliquée au-dessus de la ligature, les contractions naissent, quand on touche avec un excitateur d’un autre métal, ou le nerf au-dessus de la ligature, ou les muscles et l’armature, et quand on forme de cette façon l’arc nécessaire au développement des contractions musculaires; d’où il résulte que, dans ce cas, la ligature n’intercepte pas la circulation de l’intérieur à l’extérieur, etc. etc.
- M. Pfaff produit encore une autre objection contre la théorie de Galvani : c’est la naissance des contractions, aussi bien dans le moment où l’on ferme l’arc galvanique, qu’au moment où on l’ouvre. « Si les contractions, dit-il, ont lieu au moment où l’on établit une communication par l’arc galvanique, entre l’intérieur et l’extérieur des muscles, et où par cela même on réta-blit l’équilibre, on ne conçoit pas comment, l’équilibre étant rétabli, l’effet se montre le même que quand, le moment d’après., on ouvre
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- DU GALVANISME. ij l’arc galvanique. C’est pourtant ce qui arrive constamment : il y a même des circonstances oh l’effet est beaucoup plus fort en ouvrant l’arc qu’en le fermant, si toutefois cet effet est con-, centré sur la force des contractions.»
- La théorie de Galvani n’explique pas non plus l’influence qu’exerce la diversité des armatures, et la manière de les distribuer aux nerfs èt aux muscles, sur l’apparition et l’énergie des mouve-mens de contraction. Cette théorie, enfin, ne rend pas raison des expériences faites sur les organes des sens, etc. etc.
- Telles sont les principales objections faites par M. Pfaff, auxquelles on a beaucoup ajouté, depuis que la masse des faits s’est augmentée par les efforts réunis des physiologistes.
- Quoi qu’il en soit, la découverte de Galvani a donné lieu , dès son origine, à quelques observations curieuses, à quelques apperçus inté--ressans, qu’il est utile de faire connoître. Dans les expériences qui ont été faites, on a vu,. i°. que les muscles des animaux exposés aux miasmes de la gangrène, ne se sont pas contractés , tandis que les contractions ont été ex-, citées dans les muscles des animaux exposés à l’action de différens gaz et de différens venins ce qui prouve que les miasmes putrides attaquent plus mortellement le principe de l’irritabilité B 4
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- que les venins et les gaz. i°. Qu’on a rappelé à la vie des animaux noyés, en excitant en eux l’action du fluide nerveux ; nouvelle preuve que, dans les noyés et dans les asphyxiés , le principe de l’irritabilité est frappé. 30. Que les animaux, sur' lesquels on avoit fait un grand nombre d’expériences, et qu’on avoit par conséquent épuisés , se corrompoient plutôt que les autres ; ce qui fournit une raison de plus pour penser que le fluide nerveux est altéré ou diminué dans les fièvres putrides. 4°. Enfin, n’est-il pas permis de penser, avec M. Valli, que le fluide nerveux n’est pas secrété du sang, ainsi qu’on l’a cru par analogie, mais qu’il est soutiré de l’atmosphère et de la terre ? D’après cette hypothèse, il seroit plus facile d’expliquer comment des animaux, qui sont restés plusieurs semaines sans manger et sans renouveler leur sang, ont conservé autant de temps leur faculté motrice.
- On ne peut pourtant pas disconvenir que plusieurs des phénomènes du fluide galvanique , et notamment l’instantanéité de sa transmission, effectuée et favorisée par certaines substances, empêchée par d’autres, viennent établir une similitude remarquable entre ses propres loix et celles inhérentes à la matière de l’électricité. Il est vrai que d’autres considérations semblent rompre cette identité, et séparer essentiellement
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- 'DU GALVANISME. aç Ces deux propriétés individuelles, comme on le verra à mesure que nous avancerons dans l’histoire du galvanisme.
- On a vu plus haut, que Galvani avoit tenté un grand nombre d’expériences, dans la vue de prouver que ce n’est .ni de l’hétérogénéité des métaux , ni de celle des autres corps, dont on peut armer les membres de l’animal, que provient la rupture de l’équilibre dans l’électricité des corps vivàns. Il a été plus loin, et a cherché à apprécier , d’une manière convenable, l’action et l’influence de cette hétérogénéité des armatures sur l’intensité des contractions musculaires, et à établir quelques conjectures, d’après les phénomènes qu’il a découverts et signalés. Il a fait à ce sujet la remarque, qü’il a même obtenu des mouve-mens sans armature, et par la seule application de l’extrémité de l’arc, qui étoit d’un diamètre presque insensible. Il a pensé que l’action de l’hétérogénéité se passe sur le torrent électrique, qui, en se condensant, doit passer par les extrémités de l’arc. Il a ensuite recherché quel est le mode d’action de l’hétérogénéité des métaux sur le torrent électrique , et il croyoit qu’elle ne pouvoit influer qu’en augmentant, ou sa qualité, ou sa vélocité. Il a réduit à trois causes, qu’il a développées avec sagacité, les résultats de semblables effets. Il a ensuite examiné pourquoi et
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- comment le défaut de contiguïté contribue beaucoup à augmenter l’énergie des contractions musculaires ; effet qu’il attribue à la résistance qu’oppose au passage du fluide, la légère couche d’air interposée entre les deux métaux; et c’est en diminuant cette couche d’air, qu’on facilite le développement de contraction. Les mêmes principes servirent à Galvani pour expliquer un phénomène assez remarquable, c’est-à-dire, les contractions qui résultent de l’expérience tentée avec une seule armature homogène, à laquelle on. applique une extrémité de l’arc de nature homogène , au moment où l’autre extrémité est en contact avec la partie nue de l’animal. C’est par la même théorie que Galvani rend compte de l’expérience curieuse tentée avec une goutte d’eau.
- Déjà, dans un premier mémoire (i), qui
- (i) Aloysii Galvani, etc., de viribus electricitatis in* motu muscular't commentants, cum J. Aldini dissert, et notes, accesserunt epistolce ad animalis electricitatis theoriamv pertinentes. Mutina, in-40. 1792. Ce commentaire commence par une dissertation de J. Aldini sur l’origine et les progrès de l’électricité animale. Il est divisé en quatre parties, qui ont pour objet, la ire. les forces de l’électricité artificielle dans le mouvement musculaire ; la 2e. les forces de l’électricité atmosphérique dans ce mouvement; la 3 e. celles de l’électricité animale dans les mêmeç
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- DU GALVANISME. 17 contient l’exposition de sa découverte, il avoit publié des remarques intéressantes sur l’électricité des torpilles. Depuis cette époque, il avoit particulièrement médité sur les travaux de Rediy de Réaumur, de Walsh, de J. Humer, de Spallançani,
- mouvemens ; la 4e. partie consiste dans des conjectures: et quelques résultats. Suit l’explication des planches, au nombre de trois, avec *7 figures ; plus une lettre italienne , du 8 mai 179a, de M. Carminati, professeur en médecine à l’université de Pavie,au docteur Louis Galvani, dans laquelle ce professeur développe principalement l’opinion de Volta sur le siège de l’électricité animale, avec la réponse de Galvani, qui défend son opinion sur ce siège.
- Ce commentaire, qui a d’abord paru dans le tome VII des Mémoires de l’Institut de Bologne, et ensuite séparément, a été inséré par extrait ou autrement, dans plusieurs journaux italiens , allemands et français. Il a encore été traduit en italien par Meyer. Cette traduction contient, outre le commentaire, quelques traités sur le même sujet, et des observations de Moscati et de son frère Vcsci, ajoutées à la préface. La plupart de ces écrits , tirés du Journal de physique médicale de Brugnatelli, ont paru ensuite en un seul volume, sous ce titre : Memorie sul' electricita animale , inscrite ntl giron fis. med. del signor Brugnatelli, Pavie 1792, in-$°. Voigt a ajouté quelques observations à une traduction allemande de l’ouvrage de Galvani.
- Cette note est tirée , en partie, du premier Specimen de Reinhold, degalyanismo, dontil seraquestion ,chap. Vil.
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- 3.8 HISTOIRE
- qui avoient pour objet cette importante matière. Il profita des nouvelles données qu’il avoit acquises sur l’irritation métallique, pour aller plus loin que ses illustres prédécesseurs. Dans un voyage qu’il fit sur les plages de la mer Adriatique, il eut occasion de multiplier ses essais , et il en fit aussi-tôt le sujet d’une savante dissertation , dont Alibert a donné l’extrait dans son Eloge. Ses expériences, à cet égard, ayant, un rapport plus direct aux effets de l’électricité ordinaire , qu’à ceux du galvanisme, nous croyons ne pas devoir nous en occuper ici, et renvoyer le lecteur à l’extrait cité. Nous dirons seulement que les plus curieuses de ces expériences , sont celles que Galvatù tenta avec des grenouilles préparées, et appliquées sur différens points de la surface des torpilles, en les disposant dans des directions différentes, et qui furent suivies de mouvemens et de sauts de tous ces animaux à-la-fois. Telles sont encore les expériences qu’il tenta avec les muscles et le cœur des grenouilles, placés sur des torpilles, qui lui prouvèrent un nouveau point d’analogie, jusqu’alors inconnu , entre l’électricité de la torpille, et l’électricité commune.
- Galvani, toujours rempli de son hypothèse favorite, tenta quelques autres expériences sur l’électricité animale, pour tâcher de découvrir
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- DU GALVANISME. îÿ si elle jouissoit d’une force stimulante, semblable à celle de l’électricité commune, ou de l’électricité torpillaire. Ce fut d’abord sur les muscles, qu’il examina l’action de cette électricité; et ses expériences à ce sujet, semblèrent lui prouver que les phénomènes de l’électricité animale sont absolument identifiques avec ceux que présente l’électricité commune et la torpillaire, et que par conséquent elle jouit de la même propriété stimulante. Mais avant de tirer cette conséquence,' Galvani voulut faire des expériences sur les nerfs, qu’il est plus facile d’irriter que les muscles.'Ces expériences, quoique très-ingénieuses, prouvèrent seulement que c’est le fluide électrique qui circule dans l’arc galvanique, et qui irrite toutes les parties animales qui composent cet arc. Mais on sait, d’après des expériences plus modernes,' que les parties animales n’ont pas essentiellement la prérogative de fournir et de faire circuler
- De ce bel ensemble d’expériences, Galvani droit des conclusions tendantes à établir son hypothèse sur l’existence d’une électricité animale ; mais des essais plus récens, faits par d’autres physiciens, n’ont pas confirmé ces conclusions. On en peut juger par l’idée, quoique très-succincte, que trace ici Aübert, de la belle découverte de Volt a, dont nous parlerons ailleurs, ainsi
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- que de celles de MM. Humboldt, P fa\ff, Nickolsott, Carliste, Fowler, Cruickskank, Vassalli, Ritter, Halle, Fourcroy, Vauquelin, Monge, Berihollet et autres savans ; de tous ceux, enfin, qui ont travaillé et travaillent encore sans relâche à soulever les derniers voiles, qui enveloppent le profond mystère du galvanisme (i).
- (i) Ceux qui désireront, sur les expériences de Gal-vani, des détails plus étendus, feront bien de consulter la Lettre d’un ami au comte Prosper Albo , insérée d’abord dans la Bibliothèque de Turin de l’année 1792 , mars, vol. 1, pag. a6i , et ensuite par extrait, tom. XLI du Journal de physique, pag. 57. D’ailleurs, les expériences dont nous allons donner le détail dans le chapitre suivant, éclairciront encore mieux la matière.
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- CHAPITRE IL
- Expériences et lettres de M. Valli , sur l’électricité dite animale. Lettres de MM. Desgenettes et de la Métherie , sur le même sujet.
- §. I. Expériences de Valli sur l'électricité animale. M. Valli, médecin italien, fut un des premiers qui s’occupa des expériences galvaniques , qu’il commença par celles qui ont rapport à l’électricité animale. 11 les fit connoître, en 179z, à la ci-devant académie des sciences, qui leur fit un accueil favorable. Elle en a même fait dresser un procès-verbal, que voici, tel qu’il est rapporté dans la Médecine éclairée par les sciences physiques (1). Le rédacteur observe que la première découverte de ce genre, est due à M. Cotunni, que M. Galvani, de Padoue, a répété ensuite ces expériences électriques; que M. Valli les a multipliées, et qu’il doit publier des lettres sur cette matière.
- (1) Tom. IV, pag. 66,
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- 3» HISTOIRE
- Procïs-verbal des expériences de M. Vîlli sur l'électricité animale. «M. Valli, médecin italien, vient de faire connoître à l’académie des sciences, de très-belles expériences sur ce qu’il nomme l’électricité animale. L’académie a chargé MM. Leroi, Vicq-d'A^yr et Coulon, de répéter ces expériences avec M. Valli. Les principales ont été faites dans le laboratoire de M. Fourcroy, le jeudi ï i de ce mois (juillet 1792)» en présence de plusieurs savans de la capitale. C’est le procès-verbal simple, qu’on donne ici de ces essais : on ne l’accompagnera pas encore de réflexions sur le résultat de ces expériences, et sur leur application à la physique animale. Lorsqu’elles auront été répétées et variées, comme la nature et l’importance du sujet l’exigent, il sera temps alors d’en faire connoître lés applications.
- ire. Expérience. Une grenouille étant attachée sur une table, on a disposé sur elle deux armatures métalliques : l’une étoit une lame de plomb, posée sur l’abdomen de l’animal ; l’autre étoit une pièce d’argent, posée sous le bassin. M. Valli, en réunissant les deux armatures, par le moyen d’un excitateur de cuivre, produisit sur l’animal des mouvemens convulsifs très-remarquables.
- 2e. Expérience. La lame de plomb qui servoit de première armature, ayant été enlevée , l’abdomen restant à nu, et l’excitateur ayant été
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- DU GALVANISME. 35 été pose, les convulsions ont en lieu', mais d’une manière moins sensible que dans l’expérience précédente ; et M. Valli n’a pas dissimulé que cette expérience ne réussissoit pas toujours..
- 3 e. Expérience. On a. éprouvé qu’en mettant les deux armatures d’un même métal, en argent ou en or indifféremment, l’excitateur de cuivre pro-duisoit des effets beaucoup plus foibles ; lorsque les deux armatures ont été faites avec les métaux semblables, cuivre, plomb, étairt , zinc, .etc. , et que l’excitateur, a été de même métal, on n’a observé aucun effet.
- • 4e. Expérience. L’armature de l’abdomen a été placée d’une manière horizontale : alors les points de contact se trouvant moins nombreux, les effets.ont été -beaucoup, moins sensibles; mais ils ont reparu avec force, . lorsque l’armature a enveloppé exactement la capacité de l’abdomen.
- 5 e. Expérience. Une grenouille a été dépouillée et coupée transversalement par la moitié ; les nerfs cruraux, mis à nu, ont été réunis et posés sur une pièce d’or, tandis que les cuisses restoient en contact avec une pièce d’argent : l’excitateur de cuivre a produit alors de légers mouvemens ; les deux armatures en argent en-ont offert aussi, avec l’excitateur de cuivre. Mais lorsqu’on a substitué .une armature, .dlétain , •. de plomb ou de C
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- cuivre, à celle d’argent qui enveloppoit les nerfs, les mouvemens ont été très-violens. On pouvoit cependant observer la gradation suivante, dans l’action des métaux : le plomb produisoit les mouvemens les plus vifs, ensuite l’étain, après le cuivre. A mesure que la grenouille perdoit de sa vitalité, les métaux perdoient aussi la fa-» culte de déterminer la marche du fluide électrique dans l’animal : le plomb, l’étain et le zinc ont conservé plus long-temps cette propriété.
- 6e. Expérience. Du plomb de vitrier, mis des deux côtés pour armature, n’a produit aucun effet, avec un excitateur du même plomb ; mais lorsqu'on y a mis du plomb de différentes qualités , tels que celui de vitrier et celui d’essai, un excitateur de l’un ou de l’autre de ces métaux a produit des effets remarquables ; et lorsque ces deux plombs, en changeant les métaux différens, ne produisoient plus rien dans une des armatures, en substituant au plomb l’argent, l’or, le bismuth, l’antimoine ou le zinc, on a encore obtenu des mouvemens très-vifs, qui ont mis l’animal en état d’éprouver de légères convulsions , lorsqu’on a remis une seconde fois les deux premiers plombs de diverse nature.
- 7e. Expérience. M. Valli ayant laissé reposer quelques momens la grenouille, elle s’est trouvée en état d’éprouver des convulsions assez vives,
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- DU GALVANISME. lorsqu’elle a été soumise de nouveau aux mômes épreuves.
- 8e. Expérience. La force électrique étant plus près d’être épuisée dans l’animal , M. Valii est arrivé au point où les métaux différera, en rappelant les convulsions par leur attouchement, n« laissoient pas après eux, à l’animal, la propriété de donner encore des mouvemera, avec les armatures de plomb de vitrier et de plomb d’essai.
- t>e. Expérience, Enfin, l’action électrique a tout-à-fak disparu, dans l’ordre suivant, le plomb de vitrier formant toujours l’une des armatures, i°. le plomb dressai a cessé' de donner, x°. l’étain , j°. l’antimoine, 40. le zinc, 5°. le cuivre , 6°. l’or, 70. l’argent. Notez que le fer avoiff perdu la qualité excitatrice avant l’antimoine 5 mais on ignore s’il Favoit aussi perdue avant le plomb et Pétain.
- io®. Expérience. Le zinc, en perdant de la première action qu’il avoit exercée sur la grenouille , déjà soumise à l’expérience depuis une heure, ne déterminoit plus aucun mouvement, lorsque l’excitateur de plomb étoit posé sur lui. Mais M. ValU a remarqué qu’il en faisoit naître encore, à l’instant où l’observateur enlëvoit cet excitateur, et détruisoit la communication. Cette singulière expérience, répétée par plusieurs commissaires, n’a pas paru douteuse.
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- i ie. Expiritnct. La partie supérieure d’une grenouille, dépouillée et coupée transversalement, dont les nerfs cruraux étoient armés d’une lame de plomb, comme dans la précédente, a été placée dans un verre plein d’eau, tandis que la partie inférieure de la grenouille étoit placée dans un autre. Elles ont éprouvé des mouvemens très-vifs, lorsque la communication a été établie au moyen d’une chaîne formée par les assistans, dont les deux dernières personnes touchoient chacune l’eau des verres, l’une tenant dans sa main un morceau de métal qu’elle mettoit en contact avec l’armature de plomb.
- 12e. Expérience. Lorsque la chaîne a été interrompue par l’isolement d’une personne, il n’y a eu aucun mouvement.
- 13 e. Expérience. La grenouille ayant été placée dans les deux verres, comme dans l’expérience précédente, la personne qui la répétoit, n’a pu exciter aucun mouvement, lorsqu’elle a établi la communication avec ses deux doigts, ni lors-qu’avec une main , armée d’une pièce de métal elle a,touché le corps de la grenouille, portant un doigt de l’autre main sur l’armature métallique des nerfs cruraux. Mais lorsqu’un doigt étant posé sur la partie inférieure de la grenouille, elle a présenté la pièce métallique à l’armature des nerfs, l’animal a éprouvé des mouvemens très-vifs.
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- DU GALVANISME. 37 14e. Expérience. Lorsqu’on l’a touche avec un excitateur de métal isolé, il n’y a eu aucuri effet sensible ; mais lorsque le métal n’a pas été isolé, l’effet a toujours été très-considérable.
- 15e. Expérience. Une patte antérieure d’un lapin , ayant été détachée de son corps, les nerfs brachiaux ont été mis à nu, et armés d’une lame de plomb; posant ensuite une pièce d’argent pour excitateur, sur le muscle voisin, on a produit sur l’animal des mouvemens convulsifs très-violens. Dans cette expérience sur le lapin, une armature étant constamment de plomb de vitrier, et l’autre de plomb de vitrier ou d’essai, il n’y a point eu de mouvemens; plomb et fer, idem; plomb et argent, mouvemens convulsifs; plomb et or, idem; plomb et cuivre, idem; plomb et zinc, idem; plomb et antimoine, idem. Le plomb et le bismuth n’ont produit que de très-légers mouvemens.
- 16e. Expérience. Pour reconnoître quel pouvoir être l’état d’électricité de l’animal soumis à l’expérience , il a été plongé dans un vase qui corç-tenoit un électromètre de M. Coulomb, et successivement électrisé positivement et négativement. Dans les deux cas, l’animal a attiré la boule de l’électromètre ; ce qui a prouvé que l’électricité étoit dans un parfait repos, avant et
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- pendant l’expérience, et que le système du corps, sur lequel elle se faisoit, présentoir absolument le phénomène de la bouteille de Leyde.
- 17e. Expérience. Le nerf crural gauche d’une grenouille vivante , ayant étéjié fortement, l’animal a perdu la faculté de mouvoir naturellement la partie inférieure à la ligature; mais ce nerf étant armé, comme dans les autres expériences, •les mouvemens ont été excités, lorsque la communication a été établie entre le muscle et la partie supérieure à la ligature.
- j8e. Expérience. La ligature ayant été faite sur le nerf gauche, assez près du muscle pour le toucher, et sur le nerf droit, de manière qu’il fut dégagé et visible, là partie gauche paralysée est restée parfaitement immobile, et tous les mouvemens convulsifs, excités par la communication , se sont portés sur la partie droite : le même nerf gauche ayant ensuite été dépouillé plus avant de la partie musculaire qui l’environ-noit, il a repris sa faculté conductrice, et laissé le mouvement communiqué , agir d’une manière très-active. Lorsqu’on repoiissoit la ligature contre le muscle, le membre perdoit la faculté de se mouvoir.
- 19e. Expérience. Un des nerfs cruraux ayant été armé d’une lame de plomb , M. Valli l’a mis en communication avec l’autre nerf crural non
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- DU GALVANISME. 39 armé, et il a obtenu des mouvemens convulsifs très-considérables.
- 20e. Expérience. Un même nerf, armé de deux plaques de plomb, à différentes hauteurs dans le muscle, a été violemment agité, lorsque les deux parties ont été mises en communication par l’excitateur : les mêmes effets ont eu lieu , quoique le nerf fut entièrement dépouillé, dans toute sa longueur, de la partie musculaire qui l’environnoit.
- 21e. Expérience. La cuisse d’une grenouille, presque entièrement dépouillée de sa partie musculaire , et dont le nerf crural étoit armé d’une plaque métallique, oscillait avec force, lorsqu’on lui présentoit un conducteur de métal.
- 22e. Expérience. On a essayé d’établir la même communication, sur un animal vivant et à sang chaud. Un homme s’est placé sur la table, et les armatures disposées sur lui de là même manière que dans les expériences précédentes, elles n’ont produit aucun mouvement, lors de leur réunion par le moyen de l’excitateur ; le même essai, tenté sur le cochon d’Inde ( cavia cobaya, Linn» édit. 13) n’a présenté aucun résultat satisfaisant.
- Le journal d’oii ces expériences sont tirées , n’ayant pas eu de suite, les recherches subséquentes ont été placées ailleurs, comme on le verra plus
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- . II y a cependant, p. 164 du même tome IV t un court extrait des premières lettres de M. Valli sur le même sujet, c’est-à-dire, sur l’électricité dite animale.
- Ces mêmes expériences furent répétées, àrpeu-près dans le même temps, à la ci-devant société, royale de médecine. Je tiens du C. Thouret, que M. Mauduyt, si connu par l’application qu’il a faite, de l’électricité à l’art de guérir, et qui assistoit à ces expériences, annonça dès-lors» sur-le-champ, qu’il regardoit les effets qui en résultoient, comme dépendans de l'électricité or-, dinaire; mais qu’ils prouvoient deux choses de plus : la ire. que les métaux étaient chargés d’une quantité différente de fluide électrique, de manière qu’en les approchant, il s’opéroit une décharge ; la ie. que le corps animal, qui la rendoit sensible, était un électromètre plus délicat que tous ceux .que l’on avoit connus jusqu’alors.;
- §. II. Extrait des lettres de Valli sur V'électricité animale. Ces lettres sont au nombre de neuf, et contiennent plusieurs nouvelles expériences, dont les résultats méritent d’être connus : elles, sont consignées dans le Journal de physique (1).
- ' (i)Tom. XLI , pag. 66,72 , 183, 189, 193,197'ï a°o, 435 , ettom. XLII, pag. 74.
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- lre. Lettre. Falli se borne, dans cette lettre, à décrire ce qu’il a fait, à dire ce qu’il a vu, sans chercher à établir des théories, sans en tirer des conséquences, qui exigeroient une grande chaîne défaits, qu’onn’avoit pas encore, lorsqu’il a écrit. Cette lettre contient trente-deux expériences , plus curieuses les unes que les autres, et dont il suffira de présenter ici les principaux résultats. Il a observé tous les phénomènes ap-perçus par. Galvanit qui ont également eu lieu sur l’animal isolé et non isolé, avec des conducteurs de différens métaux, dont le changement rend plus' manifestes tous les mouvemens électriques : cependant, ceux d’argent ont paru constamment produire plus d’effet.
- Désirant connoître combien de temps les grenouilles pouvoient résister à la fatigue et aux douleurs des expériences, Falli prépara, à dix heures du soir, deux grenouilles; à sept heures du matin, le lendemain, il les trouva foibles, mais non sans mouvement. L’une et l’autre, par l’expérience ordinaire, éprouvèrent des tremble-mens foibles. Une heure après, elles n’ont plus donné de signe de vitalité, malgré toutes les tentatives qu’on a faites pour les ressusciter. D’autres fois, il a laissé également, pendant la nuit, des grenouilles préparées : le matin , il les
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- a trouvées desséchées , et elles n’ont donné aucun signe de vitalité. Après avoir séparé quel-* ques muscles du corps de la grenouille, et les avoir déchirés, il n’a pas été possible, avec un stimulus mécanique, d’exciter leur irritabilité ; mais le conducteur l’a excitée. La mouvement de», muscles, produit par l’irritation, ou par les nerfs qui s’y distribuent, est-il donc diffèrent, demande à ce sujet Valli, de celui qui résulte de la décharge de les matière électrique, et lequel de ces mouvement a le plus de rapport avec les mouvemens volontaires ?
- Les treize expériences qui ont eu lieu avec l’opium, employé de différentes manières, tant intérieurement qu’extérieurement, ont donné dès résultats bien différens les uns des autres. Dans la 15 e. expérience, le tabac en poudre rendit quatre grenouilles profondément stupides et insensibles aux tourmens : néanmoins elles donnèrent des signes de vitalité avec l’excitateur. Les lézards, empoisonnés avec le tabac, et morts dans les convulsions, n’ont point perdu leur électricité ; plusieurs des expériences ont été faites sur d’autres animaux que les grenouilles, sur des tanches, des anguilles, des alouettes, des chats et des chiens.
- Ie. Lettre. Valli avoit dit que la ligature faite au nerf, formoit un obstacle au passage de
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- DU GALVANISME. 43 l'électricité : M. Fattori le fit avertir que cela n’étoit pas toujours vrai. Il répéta aussi les expériences, et il observa que la ligature du nerf, faite tout près de son insertion dans le muscle, arrête tout-à-fait le mouvement ; que si, au contraire, elle est éloignée du muscle, l’expérience alors réussit fort bien, et qu’il n’y a aucune partie de l’animal qui ne soit conductrice de l’électricité. Il a encore fait d’autres observations, dont voici les principales.
- PC Un fait très-singulier, et qui mérite l’attention ides physiciens, c’est que les secousses qui se réveillent dans les animaux, par le moyen de l’excitateur , sont généralement plus fortes, si, des muscles on porte l’excitateur à l’armature, <jue si on le porte de l’armature aux muscles. Si même on employoit cette dernière manière , lorsque l’électricité est si foible qu’elle va se perdre, on n’auroit aucun mouvement, pendant qu’on l’obtient par l’autre procédé.
- De légères lésions au cerveau des grenouilles, tantôt les font tomber en convulsion, tantôt les rendent paralytiques, et d’autres fois ne leur occasionnent aucun de ces accidens ; elles les font périr, dans certains cas, subitement, dans d’autres au bout de quelques heures, tandis que quelques-unes survivent des jours entiers. Celles fatiguées avec le conducteur, particulièrement dans l’eau,
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- passent vîte à la corruption. Quelle merveille, dit à ce sujet Valli, si un jour on arrive à découvrir que la matière électrique retarde la putréfaction, et quelle résiste à la dissolution des corps ! Avant la découverte qui nous occupe, on savoit déjà que le fluide qui circule dans les nerfs, est un puissant anti-sceptique.
- L’air inflammable ou le gaz hydrogène, a éteint dans une fauvette le feu de la vie, mais non son électricité : les jambes de devant dé deux petits chats, morts dans le gaz azote, ont donné, après avoir été préparées, les mêmes signes d’électricité. On a mis en expérience, un chien tué par l’arsenic, et on ne s’est pas apperçit que le poison eût affoibli son électricité. La ciguë a donné les mêmes résultats , dans d’autres expériences; ce qui paroît prouver que, chez les animaux, les venins ne diminuent point l’électricité , ou, pour mieux dire, la capacité des parties qui en contiennent. Quelques grenouilles , exposées à l’exhalaison de chairs corrompues, ont donné encore après leur mort des signes d’électricité, foibles à la vérité.
- M. Moscati, un des plus célèbres physiciens de ce siècle, est auteur de dèux expériences qui font honneur à son génie. i°. Les grenouilles péries dans le vide de Boy le, et mises en expérience , n'ont éprouvé que de petits mouvemens.,
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- DU GALVANISME. 45 rapides, à la vérité , mais difficiles ; et on a vu qu’il se faisoit une extravasation de sang dans la membrane cellulaire des muscles, qui a rendu leur chair d’un rouge vif. Le sang étant conducteur d’électricité, il en disperse dans ce cas une portion, aux dépens des nerfs par lesquels ce fluide arrive jusqu’à la fibre musculaire. 2°. Quand on répète la même expérience sur des grenouilles préparées, comme il n’y a plus alors d’effusion de sang, l’électricité s’exerce assez bien (1).
- M. ValU rapporte ensuite des expériences qu’il croit prouver que le fluide électrique se comporte dans le corps , de la même manière que le fait, suivant les physiologistes, le fluide nerveux ; mais que le premier circule entre les filets nerveux, en suivant toutes sortes de directions.
- L’expérience suivante, fournit la preuve que, sans augmenter le degré d’électricité, on peut en augmenter la vitesse. Prenez une grenouille préparée : dirigez contre elle un torrent donné
- (1) Nous rappellerons à ce sujet, que, dans le même temps , M. Valli a publié un ouvrage qui a pour titre :. Discorso sopra il sangsue, etc. Discours sur le sang, considéré dans l’état de santé et de maladie, avec quelques expériences relatives.
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- d’électricité, parle moyen d’une chaîne qui touche à ses nerfs. La grenouille qui, au commencement, se secoue, demeure ensuite immobile pendant quelque temps. Qu’on éloigne alors un peu le conducteur, la grenouille reprend son mouvement, et bientôt après retombe dans sa première inertie ; qu’on accélère ensuite le cours de l’électricité, en approchant un conducteur isolé des muscles de la grenouille, elle fera aussi-tôt des mouvemens. Si, quand elle cessera de se mouvoir, on communique soi-même avec le conducteur , on verra dans l’instant les mouvemens se réveiller. L’électricité est donc toujours la même, et on ne fait que varier la manière de l’appliquer. La même chose n’arrive pas précisément, dans l'animal qui jouit de sa vie entière : il existe en lui des causes capables de retarder le mouvement du torrent électrique, ou de l’accélérer. On doit, suivant Valli, rechercher ces causes singulièrement dans la diverse manière de sentir des nerfs, dans les diverses proportions de leurs substances corticale et médullaire, et peut-être aussi dans un autre principe nerveux mêlé avec le fluide électrique, et auquel il est plus ou moins uni, suivant les circonstances.
- Il y a encore bien des recherches à faire ce sujet, bien des obscurités à éclaircir, bien des erreurs à détruire, bien des explications à donner.
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- DU GALVANISME. 47 C’est déjà beaucoup d’avoir démontré l’existence de l’électricité dans la machine animale. Que de phénomènes, par elle, n’expliquera-t-on pas ? celui-ci , par exemple. On sait que l’homme et les animaux vivent long-temps, sans que leur sang soit rafraîchi par du chile nouveau et doux. Si le sang étoit le fond qui dût fournir le principe qui anime toutes les parties, et sans lequel aucun mouvement , aucune opération ne peuvent s’exécuter, avec une si grande dépense , la vie ne pourrait pas être d’une longue durée. A présent, le mystère est dévoilé. L’animal, qui ne prend pas des alimens, attire et prend de la terre et de l’atmosphère , ce principe précieux et nécessaire, le fluide électrique.
- Un savant avoit fait observer à M. Valli, que pour décider si le fluide nerveux étoit réellement le même que le fluide électrique, il fàlloit avoir recours à l’électromètre. Comme il n’en avoit pas pour le moment d’assez sensible, il eut recours à l’expérience suivante. Il prépara quatorze grenouilles, dont il réunit les nerfs cruraux dans une seule armature. Ayant mis en ordre cette batterie, et établi la communication , par le moyen d’un excitateur, entre les nerfs et les muscles, il en excita l’électricité, et par conséquent-les secousses. Dans le moment de la décharge, deux brins de paille très-petits, un peu
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- éloignés l’un de l’autre, et touchant presque l’appareil, se sont aussi-tôt rapprochés. Cette expérience ne prouve-t-elle pas la même chose que feroit l’électromètre? Au surplus, le traducteur de cette lettre dit que M. Valli a depuis employé cet instrument, et qu’il lui a donné des signes sensibles d’électricité.
- 3e. Lettre. Cette troisième lettre a été lue, dans le temps, à l’académie des sciences. M. ValU commence par avouer une erreur qu’il a commise , en disant que les tuniques des nerfs avoient besoin d’armature, pour donner un passage libre à la matière électrique, puisque l’armature n’es.t peut-être qu’un condensateur de l’électricité, puisqu’on obtient le mouvement, soit qu’on arme le nerf, soit qu’on arme le muscle lui-même.
- Les différens métaux, employés comme armatures ou comme excitateurs, présentent des phénomènes singuliers. Ainsi, avec l’argent et l’or, l’animal ne donne aucune marque de vitalité , ou n’en donne que de très-foibles ; ce dont M. Valli a donné la preuve, dans les expériences qu’il a faites, en présence des commissaires de l’académie des sciences. Il croit qu’en réitérant les tentatives avec les différens métaux et leurs différens alliages, on obtiendra des rapports qui découvriront les loix, jusqu’ici inconnue^,, de ce grand agent de la nature, le fluide électrique..
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- Assuré qu’on pouvoit le maîtriser et le faire circuler, par le moyen de la seule armature du muscle, il conçut l’idée de tenter d’arriver au même but, sans dépouiller les chairs de leurs té-gumens. Les expériences qu’il a faites à ce sujet, n’ont réussi constamment, que lorsqu’il appliquoit deux armatures.
- Après les raisons qu’il a données ailleurs, pour prouver que les mouvemens, qu’on fait naître par les moyens artificiels de Galvarù, diffèrent de ceux que l’animal produit par sa volonté, et que ces deux espèces de mouvemens se font d’une manière tout-à-fait différente, il rapporte quelques faits, quelques expériences , qui confirment la doctrine qu’il a établie à ce sujet. Il fait ensuite part de celles, en petit nombre , qu’il a tentées avec les différens venins et les gaz, sur des grenouilles , des souris, des rats, sur une tortue. Il étoit obligé de prendre des intervalles de quelques minutes, pour laisser reposer l’animal, afin qu’il émît de nouveaux signes d’électricité, et pour donner le temps à l’équilibre de se rétablir; ce qui est nécessaire pour la décharge. Soupçonnant que cette rupture d’équilibre pouvoit être produite par le moyen des nerfs , qui, selon lui, pompent sans cesse la matière électrique, de la surface intérieure du muscle, il a imaginé quelques expériences, auxquelles on ne peut pas avoir D
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- grande confiance, puisqu’il convient lui-même que la principale qu’il rapporte, a besoin d’être répétée, avant d’y ajouter foi. Cependant cette propriété des nerfs, de pomper le fluide électrique , et de le verser dans le cerveau, lui paroît essentielle à l’économie animale ; il la regarde comme nécessaire, non-seulement pour les mouvemens volontaires , mais encore pour les opérations dq l’entendement, et pour les affections sensibles.
- 4e. Lettre. Cette lettre a aussi été lue à l’académie des sciences. Ce sont les deux questions suivantes que fit alors Vicq-d’A\yr à Valli, qui y ont donné lieu. « Les vaisseaux sanguins sont-ils conducteurs de l’électricité ? Pourroit-on y exciter des mouvemens , en les armant au lieu des nerfs î » Valli répondit, comme il avoit déjà fait, que les vaisseaux sanguins sont déférens de l’électricité, mais que les nerfs seuls sont capables, à cause de leur disposition, d’exciter le mouvement des muscles. Il rapporte dix- neuf expériences, sur lesquelles il appuie son opinion.
- Les artères et les veines sont, sans doute,’ conducteurs de l’électricité, mais moins que les nerfs, ceux-ci leur enlevant l’électricité, comme le démontre la seconde expérience : car on n’obtient aucun mouvement, si les vaisseaux se distribuent directement dans les muscles, sans communiquer avec les nerfs. Il en est de même des
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- Comme on avoit dit que les nerfs, quoique secs, donnoient, par le frottement, des signes d’électricité, Valli a cherché si, dans cet état de dessèchement, ils pouvoient être conducteurs d’électricité , et excitateurs de mouvemens, et il a vu que cela n’étoit pas. Il a aussi observé, et ses expériences sur des poulets le lui ont prouvé , que des ligatures faites aux nerfs, à une certaine distance des muscles, n’empêchent point les moù-vemens de ceux-ci. Il convient que le résultat de ses expériences, pourrait bien renverser la théorie qu’il avoit conçue, sur l’identité du fluide nerveux avec le fluide électrique.
- Ayant noyé plusieurs poulets, et ensuite excité en eux l’électricité, lorsqu’ils ne donnoient aucun signe de vie, et paroissoient morts, l’excitateur, chez les uns, a réveillé le mouvement, et les autres n’ont donné aucun signe d’électricité. Mais, en persévérant dans ces expériences, six poulets noyés, comme les premiers, et soumis aux expériences, se sont fortement agités pendant près d’une heure. On a découvert et armé D z
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- le cerveau, ainsi que les ailes d’autres poulets noyés, pour mettre en jeu plus de ressorts; mais, quoique les mouvemens aient été forts, ces animaux ne sont pas revenus à la vie. La même expérience, tentée sur deux petits lapins, a été suivie des mêmes résultats.
- 5 e. Lettre. Cette lettre est une suite de la précédente; c’est-à-dire, que Valli ayant eu la preuve la plus complette, que l’électricité animale, réveillée dans les animaux noyés, a quelquefois mis en action les ressorts de l’économie animale, au point de faire renaître une vie qui paroissoit tout-à-fait éteinte, il a voulu faire des essais pour connoître, si on ne pourrait pas opérer un semblable prodige, dans toutes les asphixies. Il a , en conséquence, exposé des poulets sous des cloches remplies, tantôt de gaz hydrogène, tantôt de gaz nitreux, tantôt d’azote. Tous ces animaux sont restés morts, malgré les efforts qu’ii a faits pour les rappeler à la vie. Les secousses qu’il a obtenues, par le procédé ordinaire, ont toujours été extrêmement foibles, et n’ont eu lieii qu’à des intervalles de temps assez éloignés; d’oii il conclut que c’est du principe de vie que dépend la rupture d’équilibre du fluide électrique, cause des décharges et des mouvemens, principe qui est plus ou moins affecté et affoibli.
- Les premières expériences n’ayant pas paru ,
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- DU GALVANISME. 53 à Valli, assez concluantes, il en a tenté d’autres sur les grenouilles. En général, elles ont plus résisté aux effets du méphistisme. On a observé que le gaz nitreux est plus nuisible à leur constitution que le gaz hydrogène. L’irritabilité de la fibre musculaire et le principe vital, ont paru se conserver après leur mort. Le cœur, ôté du corps de l’animal, et mis dans le gaz hydrogène, a palpité avec la même énergie que dans le corps. Exposé au contact de l’air nitreux, il a continué de palpiter pendant quelque temps. Quatre de ces grenouilles ont présenté un phénomène particulier. Au premier contact de l’excitateur, elles se sont agitées avec violence, et sont demeurées immobiles, après trois ou quatre secousses. On les laissa quelque temps en repos : ce fut inutilement qu’on chercha ensuite à les exciter ; cependant en général, chez tous les animaux, chez les grenouilles même, lesmouvemens cessent par degrés et peu-à-peu.
- Les muscles qui ont été exposés à l’action du gaz nitreux, ont souffert des pertes qu’on a pu calculer. On prend les extrémités postérieures d’une grenouille, on les sépare l’une de l’autre; on place l’une sous une cloche remplie d’air nitreux , et l’autre sous une cloche remplie d’air atmosphérique. Au bout de quelque temps, on les. soumet à l’expérience. La première se remue plus
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- faiblement que l’autre, et perd encore plus vîte sa vitalité ; mais elle ne donne aucune marque d’électricité, lorsqu’on l’a laissée trop long-temps sous la cloche. La même expérience ayant été répétée avec le gaz hydrogène, on s’est apperçu qu’il opère sur la fibre musculaire, avec moins d’activité que le gaz nitreux.
- L’azote n’est pas moins nuisible aux grenouilles. Après leur mort, le cœur palpite encore; quant au mouvement, il est également foible. Valli avoit cru d’abord que le gaz nitreux détruisoit, dans le nerf, la faculté conductrice ; mais l’expérience l’a ensuite détrompé. Le nerf n’est pas conducteur, lorsque l’électricité est foible : il ne l’est pas d’une petite électricité, ou n’en conduit pas assez, pour produire un effet sensible.
- Une autre particularité des nerfs, qui peut répandre du jour sur la doctrine de l’électricité animale, c’est que lorsque l’armature est restée quelque temps dans un point des nerfs, tout mouvement cesse. En changeant l’armature de place, et en la portant plus bas, les décharges et les mouvemens se font de nouveau. On doit ici, selon Valli, observer deux circonstances : la première, que l’opérateur tienne suspendue la jambe, avec une de ses mains ; la seconde, qu’il touche, avec l’excitateur, l’armature seulement, et non pas le muscle.
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- La matière nerveuse, que Valli appelle véhicule d'électricité, qu’il dit être séparée par les petites artères qui vont aux nerfs, est peut-être celle sur laquelle agissent les venins et les miasmes putrides, méphitiques. C’est ainsi que l’opium appliqué sur un nerf, ôte à l’animal le pouvoir de remuer le membre oit se distribue ce nerf : c’est ce qui arrive dans la peste. L’impression des miasmes sur le principe nerveux, est quelquefois si forte, que toutes les fonctions en sont lésées, et souvent tout-à-fkit suspendues. Mais l’action du miasme cessant, les ressorts de la vie sont de nouveau mis en jeu par les forces de la nature , et en grande partie par l’électricité animale, qui, en s’équilibrant, réveille l’irritabilité de la fibre musculaire : de-là ces. espèces de résurrections qui étonnent, après une mort apparente.
- Une dernière expérience, en démontrant une double circulation d?électricité, a fait voir qu’elles se heurtent, et que lorsque l’une a un excès de force sur l’autre, la plus, foible est obligée de céder, et est entièrement détruite par la plus forte.
- 6e. Lettre. M. Valli rapporte ici un fait assez curieux , savoir que lorsqu’il travailloit environné
- /^5-l^fepnp de personnes, ses grenouilles ne «v<lo^)ié^pas de si forts mouvemens, que lors-\ quaf étoit seul, ou avec peu de monde, et qu’il.
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- ne parvenoit jamais à obtenir, dans les grenouilles vivantes , des marques d’électricité, à moins, qu’il ne mît à découvert les muscles ou les nerfs. Il a fait de plus quelques autres observations » qui l’ont convaincu de ce que peut, dans les expériences , la volonté de l’apimal, et des effets qui en résultent ; il a eu la preuve du peu de sensibilité qu’éprouvent les poulets, lors même qu’on dé-’-chire la peau de leurs cuisses ; des effets de la gangrène excitée dans les intestins de plusieurs animaux, après avoir ouvert le bas-ventre, près l’anus, après avoir mis à découvert les intestins, et en avoir fait la ligature, afin de connoître l’âction de la matière gangréneuse sur le principe de vie.
- 7e. Lettre. Dans la précédente, Valü avoit déjà tenté quelques expériences, pour connoître le temps que certains animaux peuvent vivre sans nourriture. Dans celle-ci, il s’occupe du même sujet, et conclut de toutes les expériences qu’il a faites, qu’alors le sang conserve son caractère naturel, ainsi que toutes les humeurs ; que les chiens et les chats, morts à la suite d’une abstinence poussée jusqu’à 39 jours, passent à la corruption beaucoup plus tard que les animaux tués dans leur état naturel. Des faits particuliers, qu’il rapporte, détruisent l’objection qu’on pourroit faire, que le sang et les humeurs peuvent avoir d’autres vices que la putréfaction. Il s’attache
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- DU GALVANISME. 57 ensuite à découvrir les moyens que la nature emploie pour résister aux changemens, qui pourraient être la suite des longues abstinences. Cet objet n’étant pas absolument du ressort de la question que nous traitons, nous ne dirons rien des explications physiologiques et chimiques de l’auteur.
- 8e. Lettre. Les nerfs ont, à chaque point, un principe qui tient à la vie, et qui périt à proportion des contractions musculaires, qu’on peut regarder comme autant de décharges électriques. Les expériences qu’a faites Valli, prouvent que ce principe périt de lui-même, par degrés, et que c’est toujours du plus haut des nerfs que cette perte commence. Il ne faut pas s’imaginer que le nerf se dessèche pendant l’opération, et qu’à cette cause soient dues son inertie et son impuissance à conduire l’électricité. En portant de haut en bas l’armature dans les nerfs, et les essayant à chaque ligne, c’est-à-dire, établissant le cercle entre l’armature et le nerf, onparvenoit constamment au point qui étoit propre à l’expérience, et on découvrait par-là les derniers résidus de vitalité des animaux ; d’oîi il suit que cette manière d’être des nerfs, par laquelle ils ont le pouvoir de faire naître les mouvemens musculaires , cette vie des nerfs, comme l’appelle Valli, est plus inhérente à leurs extrémités
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- qu’à leur origine, à moins que ce qu’il appelle
- extrémités des nerfs, ne soit au contraire leur
- origine.
- Tous les faits rapportés, prouvent que les mou-vemens volontaires des muscles se font par un circuit d’électricité ; que les autres mouvemens, ceux qui dépendent sur-tout des viscères, obéissent à une autre loi, à celle dont il a été question, dans la ie. lettre de Valli. Telle est la raison pou*-laquelle, lorsqu’on arme les nerfs de ces organes, l’excitateur n’y produit aucun changement. Le cœur d’un chien, victime des expériences, ne palpita, pas , quoiqu’on eût armé la huitième, paire, lorsque ce viscère étoit encore fumant et chaud. La même épreuve a eu lieu, chez un cheval, sur le nerf diaphragmatique, l’intercostal, la paire vague, et les résultats ont été les mêmes.: Une jambe de devant, dont le plexus brachial étoit mis à découvert et enveloppé avec une petite feuille d’étain, cette jambe, lorsqu’il toucha l’armature et la chair avec une cuiller d’argent, ne se secoua point : on vit seulement quelques légères oscillations des muscles près l’épaule.
- Il paroît évident que Valli adopte l’idée d’une électricité inhérente aux parties animales, avec cette modification néanmoins, que, d’après lui, l’intérieur des muscles est négatif, et l’extérieur positif. Il rend raison de cèt état électrique de
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- l’intérieur, par l’action d’une force particulière des nerfs, dont il suppose gratuitement l’exis-
- 9®. Lettre, Cette lettre (x), datée de Londres, du z décembre 179Z, contient, en peu de mots, les résultats de quelques nouvelles expériences, qui apprennent, i°. que pour exciter les secousses dans les grenouilles qu’on vient de tuer, un seul conducteur métallique suffit ; que l’armature, soit du muscle, soit du nerf, n’est point nécessaire ; que des ciseaux, d’un mauvais acier, sont le conducteur dont VaUi se sert avec succès ; qu’enfin, l’or, l’argent, le plomb , le cuivre, l’étain, ne produisent en général aucun effet.
- z°. Que l’électricité animale passe à travers le verre et la cire d’Espagne , lorsque ces substances sont remplies de feu.
- 39. Que l’eau très-échauffée, ou qui est en ébullition , disperse l’électricité, de manière à en détruire les phénomènes.
- 4°. Que l’excès du froid prive l’eau même de la propriété de conduire le fluide en question.
- ç°. Que les pattes préparées, des chiens, des chats, des lapins, restent immobiles, lorsqu’une personne fait partie de la chaîne.
- (1) Journal de physique, tom. XLII, pag,74, janv.
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- 6°. Que Valti ayant plongé le diaphragme d’un chien dans un vase d’eau, de façon que le nerf phrénique armé, atteignoit l’extérieur du vase, il a pu réveiller de foibles contractions dans ce muscle, en touchant avec un schelling ou une guinée l’armature, et en portant un doigt de
- 7°. Qu’un fil métallique, couvert de cire d’Espagne dans toute sa longueur, cesse d’être excitateur , quand la vitalité des grenouilles commence à manquer; ce qui prouve, selon Vatti, que Félectricité passe par la surface des conducteurs.
- 8°. Que la ligature du nerf, près le muscle, empêche l’électricité animale de suivre son chemin , et que cette ligature oppose les mêmes obstacles à l’électricité artificielle.
- 9°. Que si on détermine une quantité connue de fluide électriqüe, contre les nerfs cruraux des grenouilles , l’un étant lié à quelque distance du muscle, et l’autre restant dans son état, les mouvemens du dernier sont plus sensibles que ceux du premier.
- io°. Que lorsque l’électricité artificielle est extrêmement foible, elle n’excite que l’irritabilité des muscles de la jambe dont le nerf est libre, quoiqu'en mettant en circuit sa propre électricité, on puisse obtenir les mouvemens de l’autre jambe. Cette expérience peut fournir un
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- DU GALVANISME. 6t moyen pour calculer le pouvoir de l’électricité animale. Si, par exemple, cinq, six, sept degrés d’électricité artificielle, ne suffisent pas pour donner les mouvemens, tandis qu’on les réveille en excitant l’électricité native, il faudroit dire que celle-ci est plus forte que la quantité donnée, de 5, 6, 7, etc.
- ii°. Enfin, que l’excitement produit dans les membres des animaux, par la méthode connue, au lieu de détruire leur irritabilité, la soutient davantage ; ce que rend plus intelligible l’expérience suivante. «Je prépare, dit Falli, l’aile d’un poulet, ou la patte d’un chien, ou d’un chat; je fais l’épreuve ordinaire : au bout d’une demi-heure , j’arme l’autre aile du poulet, ou l’autre patte du chien, du chat ; j’ai recours à mon excitateur : mais cette aile et cette patte ne donnent aucune marque d’électricité, tandis que les parties, assujéties les premières à l’expérience, continuent encore à trembler et à se secouer. »
- Les faits suivans ont été depuis adressés à la société philomatique, par M. Falli, alors à Londres. i°. L’opium appliqué aux extrémités des nerfs, agit plus puissamment, que lorsqu’on l’applique à leur origine. z°. Les diaphragmes de quatre chevaux, soumis à l’expérience, sont restés immobiles, tandis que, sur les chiens, la contraction de ce muscle ne manque jamais d’avoir
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- lieu. 3°. M. Valli n’a jamais pu réussir à exciter des mouvemens dans le cœur, l’estomac, les intestins, la vessie, quoiqu’il armât les nerfs de ces différentes parties. 40. Il a fallu une plus forte charge d’électricité artificielle qu’à l’ordinaire, pour donner des secousses à l’aile d’un poulet, dont les nerfs étoient armés, et qui étoit baigné dans l’huile, tandis que l’électricité native conservoit presque sa première intensité.
- §. III. Lettre de M. Desgenettes, sur le même sujet. Quelque temps après, le 7 mars 1793, le C. Desgenettes, professeur de l’école de médecine de Paris, et médecin en chef de l’armée d’Orient (1), a adressé à M. J. C. de la Métherie, une lettre de Fontana, sur l’électricité animale , oii il lui fait part de quelques expériences qui ont beaucoup de rapport avec celles de Galvani et
- (1) Une fièvre épidémique se déclare en Syrie ; des bubons en sont le symptôme : le soldat se croit atteint d’une maladie mortelle ; il se désespère. Desgenettes vole dans les hôpitaux, court de lit en lit, ramène le calme dans les esprits des malades les plus prévenus ; et, pour, mieux les convaincre , il s’inocule, devant eux, la matière de leurs bubons. La médecine a donc aussi ses braves ; la science peut donc aussi compter ses Décius. Extrait du discours du C. Leclerc, sur les travaux de F école de mé~ decine de Paris, pendant l’an 9.
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- DU GALVANISME. <J? de Valli. Voici la substance (1) de cette lettre, dont les résultats ont été communiqués au C. Dts-genettes, par un savant célèbre, qui les lui a adressés d’Italie.
- « Relativement au mouvement du cœur, dit Fontana, je puis assurer qu’il est facile d’accélérer ses battemens, s’il est en mouvement, et de le mettre en mouvement, s’il est en repos. Il suffit de le placer entre deux métaux, tels que le zinc et l’antimoine, de manière à ce qu’une partie de ce muscle touche à l’un des métaux, et l’autre partie à l’autre métal. En faisant alors communiquer les deux métaux, au moyen d’un conducteur , on verra s’effectuer les phénomènes que je viens d’indiquer, même lorsque le cœur est séparé du corps, et coupé par morceaux. Je puis encore assurer que je fais contracter à volonté , les vers de terre, les insectes, et les animaux privés du cerveau et de nerfs. Sous peu de temps, je publierai un ouvrage sur le nouveau principe du mouvement musculaire, découvert à Bologne par le savant professeur Galvani, et j’espère démontrer , d’une manière rigoureuse, que ce principe n’a rien de commun avec l’électricité, et que, quel qu’il soit, il n’opère jamais la contraction , ni ne reproduit jamais les mouvemens
- (1) V. Journal de physique, tcune XLII, p. 238.
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- musculaires, ordinaires aux animaux. Ainsi, ce principe obscur est réduit à un phénomène très-beau , mais dont la nature et les usages restent encore à déterminer. »
- Ces expériences ont été répétées à Pavie, par M. Marsigli, en présence et en société de M. Volta. Ils ont obtenu les mêmes résultats, en se servant du zinc et de l’antimoine, ou en plaçant le cœur entre l’argent et l’étain. Lorsqu’on mettoit une portion du cœur d’un poulet sur un charbon, parce que, d’après les expériences de Volta, le charbon est préférable à tous les métaux, et qu’on en plaçoit une autre portion sur un carton recouvert d’étain, eh touchant avec le carton le charbon, le cœur se contractoit à diverses reprises , et d’une manière forte et convulsive.
- Voilà ce qu’a vu, ce qu’a dit Fontana. Il est fâcheux qu’il n’ait pas tenu, à cet égard, la promesse qu’il avoit faite, de publier un ouvrage sur le mouvement musculaire.
- §. IV. Réflexions de M. delà Métherie, sur l’électricité animale (i). On a vu, dit-il, dans le dernier caKer de ce journal, que M. Fontana est parvenu à exciter les mouvemens dans le cœur, comme
- (i) Journal de physique, tom. XLII, pag. 392.
- dans
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- DU GALVANISME. <5<; dans les autres parties ; il dit aussi que le charbon est un très-bon conducteur dans ces sortes d’expériences (i). En attendant le détail de ce qu’a fait M. Fontana , à cet égard, j’ai répété ces expériences avec le charbon, et j’ai observé qu’il y avoit des charbons qui étoient meilleurs conducteurs que d’autres , sans que j’aie pu en découvrir la cause. M. de la Métherie s’est assuré, en outre, par d’autres expériences, qu’il rapporte, que les charbons sont de moins bons conducteurs de l’électricité ordinaire, que les métaux; ce qui lui a donné occasion de remarquer pussi que la chair fraîche conduit encore moins bien l’électriçité, que le charbon : cela explique aussi pourquoi une personne, en touchant d’un côté les nerfs découverts de la grenouille, et'de l’autre ses muscles aussi découverts, n’y excite point de mouvement. Les mêmes expériences, avec l’eau, ont donné les mêmes résultats : elles éclaircissent ce qui avoit paru obscur, sur l’électricité animale, et voici les conséquences qu’on en peut tirer , selon M. de la Métherie :
- i°. L’électricité, dans la grenouille préparée, est très-foible. '
- 2°. Elle est plus forte, dans l’instant qu’on a
- (i) Il dit plus, il dit que, d’après les expériences de Volta j le charbon est préférable à tous les métaux.
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- ôté la vie à l’animal : donc elle a plus d’intensité chez l’animal vivant; donc elle ne peut se communiquer, des nerfs 'de la grenouille à ses muscles, que par de bons conducteurs : ainsi, tous les métaux qui sont bons conducteurs, et même à différens degrés, établissent cette communication.
- 3°. La plombagine et le charbon, quoique moins bons conducteurs que les substances métalliques , le sont cependant assez pour que l’électricité du nerf de la grenouille se propage à ses muscles.
- 4°. Les substances animales ne sont pas d’assez bons conducteurs pour produire le même effet, puisque la personne, qui touche en même temps les nerfs, et les muscles découverts de la grenouille, ne peut établir'la communication.
- 5 °. L’eau est dans le même cas que les substances animales, et ne peut pas, plus qu’elles, établir la communication. Aussi, quand la grenouille, préparée, est plongée dans l’eau avec l’appareil ordinaire et les armatures métalliques, l’excitateur y produit des mouvemens ; ce qui vient de ce que l’eau ne peut pas plus conduire cette foible électricité, que l’air atmosphérique bien sec ne peut conduire l’électricité ordinaire, tandis que cet air, étant humide, la conduit très-bien. Il est vrai que l’expérience réussit,-en
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- plaçant la grenouille préparée et les armures métalliques sur une table, sans les isoler ; mais c’est parce que cette table n’est point un assez bon conducteur, et est ici dans le même cas que l’eau.
- Ces expériences paroissent à M. de la Métkerie, répondre aux objections qu’on a faites contre l’identité du fluide électrique, avec celui qui produit les mouvemens dans ces animaux ainsi préparés; d’où il croit pouvoir conclure que le fluide électrique animal ne diffère du fluide électrique ordinaire , qu’en ce qu’il est beaucoup plus foible, et que par conséquent il ne peut se propager que par d'excellens conducteurs.
- N. B. Il faut joindre à ces différentes lettres sur l’électricité animale , t°. l’ouvrage de J. Al-dini, neveu de Galvani, qui a paru in-40, en 1794, avec i 9 fîg., et qui a pour titre : De animale elec-tricitate dissertationes duæ. x0,. Un autre ouvrage , également in-40., qui a paru la même année à Bologne , et qui est intitulé : Dell' uso e dell’ at-tivita dell’ arco conduttore mile contrafioni dei muscoli; 168 pag., avec un supplément de 23 pag. 30. Me-moriesulla elettricitâ animale di Luigi Galvani, P. pro-fes. di nôtomia nella universita di Bologna, al célébré abate La^aro Spallançani, publico professore nella universita di Pavia. Aggiunte alcane elettriche esperiençe di Gio Aldini, P. prof, di fifica. in-40. Bologna, 1797, fig, 8, Ce mémoire est divisé en cinq
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- parties. Aldini a dédié ses expériences électriqnes, qui sont à la fin, au C. Lacépede, membre du sénat conservateur. 40. La décade philosophique, n°. 3, de l’an X, contient, pag. 118, l’extrait que voici, d’une lettre au professeur Volta, sur l’électricité animale, par J. Tourdts, professeur à l’école de médecine de Strasbourg.
- « La confiance et l’amitié, dont vous m’avez donné si souvent des preuves, pendant mon séjour en Italie, m’enhardissent à vous communiquer le résultat d’une expérience, qui me paroît résoudre un des problèmes les plus constatés de la physiologie, celui de la vitalité du sang. Ce liquide, dépouillé de l’humeur aqueuse, delà lymphe, etc., réduit à la partie fibreuse, soumis à votre appareil galvanique, ou pour mieux dire, électrique (car vos dernières recherches établissent, d’une manière incontestable, l’identité des fluides galvanique et électrique ), exposé à une température d’environ 30 degrés du thermomètre de Réaumur, présente un trémoussement, des oscillations, une palpitation analogue à celle qu'éprouvent les .chairs d’un animal qu’on vient d’égorger, un double, mouvement de contraction et de dilatation, sensible à l’œil armé d’une loupe ; apanage caractéristique de la force vitale propre aux muscles, au tissu cellulaire, etc. etc.
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- CHAPITRE III.
- Expériences sur l'homme, par MM. Larrey et J. J. Sue. Lettre de M. Kassalli-Eandi > sur le .galvanisme et sur l'électricité animale.
- §. I. Expériences sur P homme par MM. Larrey et Sue. Le premier, correspondant de la société philomatique , et chirurgien en chef de l’armée d’Orient, à laquelle il a rendu les plus grands services, pour tout ce qui regarde son art (i), a écrit à cette société (2), en 1793 , qu’ayant eu l’occasion de faire l’amputation de la cuisse à un homme, dont la jambe avoit été écrasée par une roue de voiture, il a voulu répéter
- (1) C’est un témoignage que lui rendent tous les braves militaires , de retour d’Egypte , .et qu’on m’a assuré lui avoir été aussi rendu par le Premier Consul.
- (2) Voyc{ le Bulletin de la société philomatique, mai et juin 1793 , numéros 23 et 24. Cette société, forméeàParis en 1788, est la réunion libre de plusieurs savans distingués, à qui nous devons, des travaux intéressans sur les sciences.
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- sur lui les expériences de Galvani et de Valâ ; qu’en conséquence, il a disséqué le nerf poplité, dent il a isolé le tronc jusqu’aux plus petites branches. Enveloppant ensuite ce tronc avec une lame de plomb , après avoir mis à découvert le tronc dés muscles gaitrocnemiens, il a pris une pile d’argent dans chacune de ses mains ; et lorsque touchant, avec l’une, l’armure de plomb, il a mis l’autre main en contact avec les muscles , ils ont éprouvé des mouvemens convulsifs très-forts, qui agissoient sur la jambe et même sur le pied. Le docteur Starck a fait, avec le même succès , les mêmes expériences, et il a observé , ainsi que Larrey , que des morceaux de fer et d’acier ne produisoient pas des effets aussi marqués , au lieu que ces effets ont beaucoup augmenté , lorsqu’on s’est servi, pour conducteur, d’un stilet d’argent courbé, quoique le membre fût alors devenu presque froid.
- Le C. J. J. Sue dit, dans ses Recherches physiologiques et expériences sur la vitalité, dont nous parlerons bientôt, qu’il a fait la même expérience à l’hôpital militaire, établi alors à Courbevoye , sur la jambe d’un soldat âgé de z6 ans, à qui il venoit d’amputer la cuisse. Il a disséqué le nerf poplité, a enveloppé son tronc avec une lame de plomb, l’a touché avec l’excitateur, ainsi que les muscles gastrocnemiens, et il a obtenu des
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- mouvemens très-prononcés dans tous les muscles de cette extrémité (1).
- §. II. Lettre de M. Fassalli-Eandi, à J. C. de la Métherie, sur le galvanisme et sur l’origine de l''électricité animale. Cette lettre, insérée dans le journal de physique (2), doit, suivant l’ordre chronologique des faits, trouver ici sa place. La voici, sans aucun changement.
- « Vous me demandez mon opinion sur le galvanisme , c’est-à-dire, sur la cause des contractions musculaires qui s’excitent, lorsqu’avec un corps conducteur du fluide électrique, on touche en même temps les nerfs et les muscles d’un animal vivant, ou mort depuis peu de temps. »
- » Quelle est la nature de l’agent qui produit ces commotions ? Est-ce le fluide électrique, excité ou mis en mouvement par le contact ou léger frottement des métaux, ou autres corps hétérogènes ? Est-ce l’électricité propre de l’animal, que
- (1) Voyt[ chap. XVII, §. Il, les Expériences de Richerand. D’ailleurs, celles que Gentili, Crève et Starck ont faites, sur des bras et des jambes amputés sont recueillies dans l’ouvrage de Pfaff, dont il sera, question . chap. XIV, §. I.
- (a) Germinal an 7, pag. 336.
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- le corps conducteur communique d’une partie à une autre du corps organisé ? Ou bien est-ce un fluide différent de l’électricité ? Voilà des questions, que je ne crois pas avoir encore été décidées par aucune expérience vraiment décisive, quoique l’on ait déjà beaucoup écrit à ce sujet. »
- » J’ai été un des premiers à recevoir le mémoire du docteur Galvani, dont le nom a de justes titres à la célébrité, et après avoir répété avec succès ses expériences, auxquelles j’ai ajouté quelques-unes des miennes , j’écrivis qu’il falloit attendre des preuves plus démonstratives pour établir une théorie solide, et je suis encore du même avis. En effet, après avoir vu les expériences délicates et ingénieuses du professeur Volta, que j’ai répétées en grand nombre, avec les mêmes résultats, on est porté à croire avec lui, que les contractions musculaires sont excitées par l’électricité des métaux ou des corps hétérogènes qui servent de conducteurs , et que par conséquent on ne voit aucune électricité animale dans les phénomènes observés par Galvani, lesquels, dans cette théorie , ne prouvent rien autre chose, sinon que les animaux sont des électromètres plus sensibles à la moindre électricité, que tous les autres électromètres. »
- » Les expériences que j’ai faites avec mon électromètre à bandes d’or , paroissent confirmer cette
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- DU GALVANISME. 73 opinion, puisque les moindres atomes de cire à cacheter, de chocolat raclé sur cet instrument, etc. lui donnent une électricité sensible ; et elle ne manque jamais de s’y manifester, par le frottement , pour ainsi dire insensible, qui a lieu lorsqu’on prend un petit bâton de cire à cacheter, quelles que soient la légèreté et la délicatesse qu’on emploie ; d?oii l’on pourrait aisément croire que les animaux sont des électromètres sensibles à l’électricité excitée par le contact, ou le léger frottement des corps hétérogènes. Mais si, comme je l'ai écrit au professeur Volta, les contractions musculaires sont causées par l’électricité qui s’excite dans les métaux par le contact, pourquoi n’ont-elles pas lieu, lorsqu’on frotte le métal qui touche les nerfs ou les muscles, avec un corps non conducteur? L’électricité est pourtant plus forte, dans ce cas; malgré cela, on n’obtient pas de contraction. Cependant on a vu que l’électricité artificielle plus forte, soit positive, soit négative, excité des contractions. »
- » Je pourrais encore ajouter d’autres réflexions A ce sujet; mais je ne me propose pas ici d’examiner la question. Je passe à la théorie de Gal-\ani, perfectionnée par son neveu Aldini. Il y a quelque temps que ce dernier m’écrivit que son oncle avoit la réponse à toutes les objections de Volta. J’espère qu’il achèvera cet ouvrage,
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- et que les sciences physiques seront, dans cette partie, dédommagées par Aldim de la perte qu’elles viennent de faire, du D. Galvani. »
- » Suivant la théorie de ces deux savans professeurs , le corps animal est une espèce de bouteille de Leyde ou de carreau magique : il y a excès d’électricité dans une partie, et défaut dans une autre ; le corps conducteur communique le fluide de la partie où il abonde, à la partie où il manque, et dans ce passage on a les contractions musculaires , de la même manière qu’on a les décharges de la bouteille de Leyde et des carreaux magiques. Comme il n’y a que les seuls corps conducteurs de l’électricité, qui servent pour décharger la bouteille de Leyde, les mêmes corps seulement servent aussi pour exciter les contractions musculaires. Or, comme la bouteille de Leyde, après quelques décharges, ne donne plus de signes électriques ; de même l’animal, après avoir souffert plusieurs contractions, demeure immobile. La nature se sert du passage de l’électricité, pour opérer les divers mouvemens, et peut-être même pour la perception. »
- » Cette théorie simple, quoiqu’appuyée par la plus grande analogie, et par beaucoup de phénomènes électriques, manque pourtant encore d’évidence; car, si on compare le corps animal à la bouteille de Leyde, lorsqu’on approche l’arc
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- DU GALVANISME. 7ç conducteur de la boule qui communique avec l’intérieur de la bouteille, tandis que l’autre extrémité de cet arc en touche la partie extérieure, On voit les corps légers s’élancer de la boule à l’arc : le même phénomène devroit avoir lieu, dans la bouteille de Leyde animale, si je puis me servir de cette expression. Cependant, quoique le D. Falli, le professeur Eandi, mon oncle, et plusieurs autres, aient écrit qu’ils ont observé des mou-vemens électriques dans l’expérience de Galvani, comme il s’agit d’une expérience qui exige la plus grande délicatesse, et que la moindre haleine, agissant sur les corpuscules légers, peut tromper l’observateur; je vous dirai franchement que j’ai répété plusieurs fois cette expérience en changeant l’appareil, en faisant usage de feuilles d’or et d’autres corps très-légers, et que je n’ai jamais pu m’assurer qu’il en résultât des mouve-mens électriques. Que faut - il donc conclure ? Faut-il dire que le fluide qui produit les contractions musculaires, n’est ni l’électricité métal -lique, ni l’électricité animale, mais un autre fluide différent, dont nous ignorons la nature ? Je n’oserai pas même annoncer cette proposition : car n’ayànt pas l’experimemum crucis de Bacon pour dissiper mes doutes, je ne puis, par conséquent, rien décider sur le galvanisme. »
- » Néanmoins, si j’avois uue opinion à émettre,
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- je serois porté à croire que les contractions musculaires sont produites par le mouvement de l’électricité animale, dirigée par les corps con-, ducteurs de l’électricité naturelle : car sans alléguer en preuve de cette opinion, les faits innombrables publiés par les docteurs Gardini, Bertkolon, Cotugno, Galvani, Aldini, Valli, Eandi, Giulio, Rosci, Volta, etc. j’observerai seulement que dans la nature, chaque corps changeant son état chimique, il change aussi sa capacité, propre à contenir le fluide électrique, et bien souvent même il change de nature par rapport à l’électricité, comme on le voit dans les oxides métalliques. Or puisqu’il n’y a aucun doute que l’air, dans la respiration, et les alimens, dans la digestion, changent d’état chimique, ils changent donc aussi de capacité pour le fluide électrique. Réad a démontré que l’air, dans la respiration, perd son électricité naturelle : j’ai prouvé ailleurs que les urines donnent une électricité négative, et j’ai fait voir plusieurs fois aux DD. Gerri, Garetd , et aux élèves en médecine et en chirurgie, que le sang, tiré des veines, donne dans mon appareil électro-métrique, décrit dans le V.e volume de l’académie des sciences de Turin, une électricité positive : donc l’électricité naturelle de, l’air et des alimens reste dans certaines parties du corps en abondance, tandis que dans le même corps
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- DU GALVANISME. 77 il y a d’autres parties qui n’en ont pas la quantité proportionnée à leur capacité. Les secousses électriques que donnent la torpille, la gimnote, les anguilles, les chats, les rats, etc. confirment mon assertion. L’anatomie exacte des animaux nous expliquera la raison de ce phénomène, tout comme l’anatomie de la torpille, qui m’a été communiqué par Spallan[ani (i), fait voir de quelle manière cet animal donne des secousses. »
- » Si, à tous ces faits,;on ajoute que, dans la torpille, les nerfs expriment l’électricité contenue dans les muscles, ainsi qu’il est démontré par l’expérience, la théorie de Galvam doit acquérir la plus grande probabilité ; car on peut bien dire que si On ne remarque point de mouvement électrique , en approchant le conducteur du muscle ou bien du nerf, c’est parce qu’une légère compression est nécessaire pour opérer le passage du fluide électrique animal, ainsi qu’on l’observe dans la torpille, qui ne donne point de secousse, si on ne comprime pas légèrement ses muscles.
- On voit, par cette lettre de Vassalli-Eandi,
- (i) Vassalïi fait ici un souhait que les savans desire-roient bien qui fut accompli ; c’est que quelqu’un se chargeât de publier les manuscrits inédits de ce grand-homme.
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- qu’il croît que, dans le corps humain, il y a des parties qui sont électrisées positivement, et d’autres qui le sont négativement. Buniva plaça un électromètre sur le dos de bêtes malades, principalement des chats. Il observa que l’instrument ne donnoit aucun signe d’électricité. Cependant Vassalli est persuadé que l’électricité doit varier chez les animaux, soit en' santé, soit en maladie. Il a proposé de construire un électromètre très-sensible , lequel indiquerait l’état de santé ou de maladie. On lui a objecté que les animaux, quoique morts, étoient encore sensibles aux expériences galvaniques ; mais il a fait voir que des animaux tués par le phosphore pris intérieurement, ou dans le vide de la machine pneumatique, n’é-toient plus sensibles au galvanisme : d’où il con-cluoit que, lorsque l’organisation animale est dérangée jusqu’à un certain point, l’animal perd sa portion d’électricité naturelle. C’est pour cela qu’il a proposé son électromètre, qu’il appelle vitalitro-mene.
- N. B. Vassalâ-Eandi est aussi auteur d’un excellent mémoire sur les affinités des gaz ( i ). On sait que
- (*) I* est inséré, tom. III des Mémoires de la société médicale d’émulation, pag. 187.
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- DU GALVANISME. 79 d’après les réformes heureuses qui se sont opérées dans l’étude de la chimie, plusieurs hommes célèbres ont appliqué à la médecine et aux arts la théorie des affinités, et que déjà des découvertes de la plus grande importance ont couronné leurs travaux. La recherche des affinités que les gaz exercent entre eux, intéresse également le physicien et le médecin : on ne peut donc que savoir gré à Vassaüi d’avoir étudié à fond cette matière, et de nous avoir fait part à cet égard de son travail. Il n’entre pas dans notre sujet d’en donner ici l’extrait : ce mémoire perdrait d'ailleurs beaucoup à être abrégé. Qu’il nous suffise de remarquer que les expériences de Vassalli sur les affinités des gaz, confirment la diffusion du gaz acide carbonique dans toute la masse de l’atmosphère. Ses preuves à cet égard sont sans
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- CHAPITRE IV.
- Lettre et travail de M. Berlinghieri, sur le galvanisme. Lettre de M. Payssé. Mémoire de M. Cortàmbert, et expériences de M. Gaillard.
- §. I. Lettre et travail de M. Berlinghieri. M. Léopold Vacca Berlinghieri est auteur d’une lettre sur l’électricité animale, adressée à M. /. C. de la Metherie, datée de Pise du 24 août 1792, et dont voici l’extrait (x). L’auteur écrit que M. Pignotti, son frère et lui, s’occupent particulièrement des expériences dé Galvani, et qu’il envoie le détail de quelques-unes.
- i°. Ils ont vu que, pour que l’animal se contracte, il suffit d’établir la communication entre le crochet et les nerfs cruraux , avant qu’ils entrent dans les cuisses. 20. Ils ont observé qu’il est indifférent d’enfoncer le crochet dans la moelle épinière, dans le cerveau, ou par-tout ailleurs, qu’il suffit d’enlever
- (1) Voyci le Journal de physique, tom. XLI, pag. 314.
- cette
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- DU GALVANISME. 8r cette portion de la colonne vertébrale, qui est entre l’origine des nerfs cruraux et leur insertion dans le bassin, et d’ôter les viscères du bas ventre, qu’il suffit même de lier avec un fil de fer une des pattes antérieures de la grenouille, et de faire la communication entre ce fil et les nerfs cruraux-ou les cuisses. 30. Qu’on prenne une grenouille , et après lui avoir coupé la tête, avoir ôté les viscères du bas ventre, et avoir mis à découvert les nerfs cruraux, sans les disséquer, et sans emporter la colonne vertébrale, comme on fait ordinairement , qu’on enfonce alors un crochet de fer, dans telle partie du tronc qu’on voudra, on n’aura jamais de contractions, si l’on fait la communication entre le crochet et les cuisses ; mais il y en aura de très-fortes, si l’on touche le crochet avec une extrémité de l’arc , et en même temps les nerfs cruraux avec l’autre extrémité. 40. Voici une expérience singulière de M. Volta , qui mérite d’être rapportée. Prenez un écu de six francs , mettez-le sur votre langue, et examinez la sensation que vous en recevez : prenez une feuille d’étain et faites-en autant. Mettez ensuite l’écu de six francs sous la langue , et placez , par dessus, la feuille d’étain, l’écu et la feuille touchant chacun la langue , mais sans se toucher nulle part : rapprochez alors de l’écu F
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- la partie de la feuille d’étain qui sort delà bouche: au moment où elle le touchera, vous éprouverez sur la langue , tant que la feuille sera appliquée sur Pécu, une sensation très-remarquable et très-singulière (i).
- Nos physiciens ont voulu voir s’il n’y avoit rien de commun, entre ces phénomènes et ceux que donne la grenouille. Pour cet effet, après avoir coupé la tête à une, avoir enlevé tous les viscères du bas ventre, sans couper la colonne vertébrale, ils ont passé une feuille d’étain entre cette colonne et les nerfs cruraux, de manière qu’ils étoient ap-puiés sur la feuille d’étain. Ils ont pris une aiguille d’argent, l’ont appliquée sur les nerfs, en sorte qu’ils fussent entre l’argent et l’étain, sans que l’aiguille touchât nulle part à la feuille. Tant que l’appareil a été dans cette situation, la grenouille n’a point eu de contractions : mais lorsqu’on
- (i) Cette expérience, et d’autres que nous aurons encore occasion de rapporter, prouvent que ce n’est pas l’expérience de Suider, qui a conduit à la découverte du galvanisme; que les physiciens, qui ont travaillé sur ce sujet, connoissoientbien l’expérience de Suider, mais que-la plupart n’ont pas cru devoir en faire mention, par les raisons que nous avons déduites dans le premier chapitre de cette histoire.
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- DU GALVANISME. 85 faisoit venir en contact l’aiguille avec la feuille, de quelque manière que ce fût, on appercevoit tout de suite dans les muscles des contractions très-fortes. Cette expérience, répétée un grand nombre de fois, a constamment réussi, quand elle a été faite avec précaution. Elle paroît à nos physiciens présenter une analogie frappante entre les expériences de Galvani, et celle de Volta.
- Berlinghien observe, en finissant sa lettre, que les phénomènes en question ne sont pas seulement propres à la grenouille, que Galvani les a vus sur des animaux à sang chaud ; mais il faut pour ceux-ci un procédé particulier qui consiste, après avoir disséqué le nerf crural, ou quelqu’autre nerf considérable , à le couper en haut, pour le séparer de sa partie supérieure, à le garnir ensuite, en l’environnant d’une feuille d’étain à son sommet, puis foire, comme à l’ordinaire, la communication, en touchant la garniture avec une des extrémités de l’arc, et avec l’autre extrémité des muscles oit le nerf se distribue. Cette expérience a réussi sur beaucoup d’animaux, et même sur l’homme ; car on a fait avec succès à Boulogne, à l’hôpital de Sainte-Ursule, des essais pareils sur des bras et des jambes, qu’on avoit été obligé d’amputer.
- M. Berlinghieri ne s’en est pas tenu aux expé-riencés contenues dans la lettre que nous venons d’analyser. En sa qualité de correspondant de la F 2
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- Société philomatique (i), il lui a écrit, comme dô nouvelles preuves de l’identité du fluide animal avec l’électricité, i°. que les physiciens ont eu tort de dire qu’il falloit une hétéréogénité dans les métaux qui servent d’armature et d’excitateurs, puisqu’il a souvent obtenu des effets , en employant le fer pour conducteur, et très-souvent aussi en employant conjointement le fer et l’acier. a°. Qu’apfès avoir disséqué les nerfs cruraux d’une grenouille dans toute leur étendue, et les avoir coupés transversalement dans leur milieu, il les avoit éloignés d’un pouce , en les étendant sur un plan de cristal, et qu’il avoit rempli cette distance par «ne barre d’argent : alors l’excitateur, mis en usage, avoit offert des effets très-remarquables ; mais un morceau de cire d’Espagne ayant été substitué à la barre d’argent, il avoit détruit la communication, et arrêté tous les mouvemens.
- Les commissaires de la Société philomatique ont répété ces deux expériences, et les ont trouvées
- (i) Cette société avoit déjà chargé trois de ses membres, MM. Chappe3RobiUiard et Silvestre, de répéter les expériences de Galvani et de Valli , et de faire de nouvelles recherches sur le fluide singulier que ces professeurs ont fait connaître. Voye[le numéro ai du Bulletin des sciences de la société philomatique , mars 1793. Voyc^ aussi le Journal de physique, tom. XLII, pag. 389.
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- DU GALVANISME. 8y parfaitement exactes , et ils ont observé particulièrement que les armatures et les excitateurs qu’ils ont faits de métaux homogènes, en étain laminé , plomb de vitrier, fer, etc., excitoient des mou-vemens très-sensibles dans les grenouilles, à l’instant oii elles venoient d’être dépouillées. Dans cette hypothèse, les effets cessent promptement, mais reprennent, lorsqu’on charge le métal d’une des deux armatures, ou de l’excitateur.
- Ces commissaires, en répétant une grande partie de ces expériences, ont de plus constaté les faits sui-vans, qu’ils croient n’avoir pas encore été observés. i°. Les effets remarqués dans les expériences connues , continuent d’avoir lieu dans le vide, et ils subsistent encore après la rentrée de l’air. 2°. On a vu que les corps vivans n’étoient pas d’assez bons conducteurs pour déterminer le passage du fluide : ainsi une personne qui présente ses doigts, au lieu d’excitateurs et d’armatures, ne produit aucun mouvement ; mais si elle arme une de ses deux mains du plus petit conducteur métallique , comme de la pointe, d’une aiguille, elle excite alors, des mouvemens convulsifs trèsrremar-quables. 3°. Les effets sur les animaux à sang froid ont paru encore plus remarquables dans l’huile que dans l’eau : ils s’observent et se conservent aussi plus long-temps. 40. Chaque pièce de métal, quelle que soit sa qualité conductrice*
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- si elle est revêtue d’une Surface de mercure, perd sa première qualité, et ne devient conducteur du fluide, que comme toute autre pièce de métal également revêtue de mercure. 50. Une lame de verre très-mince, d’un quinzième de ligne seulement d’épaisseur, suffit pour empêcher le passage du fluide, et pour arrêter tous ses effets. 6°. L’électricité artificielle, appliquée pendant quelque temps directement, détruit dans l’animal la faculté que le contact métallique excite en lui ; la décharge d’une petite bouteille de Leyde produit le même effet. 70. L’animal posé sur un conducteur chargé d’électricité artificielle, positive ou négative constante , présente les mêmes phénomènes , lorsqu’il est soumis aux expériences précédentes. 8°. L’animal, isolé et plongé dans une atmosphère électrique , c’est-à-dire, à la distance de deux pieds d’un corps conducteur qu’on electrise, éprouve de violentes contractions , chaque fois que l’observateur, en tirant l’étincelle, dépouille le conducteur de l’électricité qui lui est communiquée.
- On a vu plus haut que Berlinghieri, dans une de ses lettres à la Société philomatique, lui avoit fait part d’une expérience particulière de Folia ; qu’il avoit trouvé une analogie parfaite entre cette expérience et celles de Galvani , en armant les nerfs de la colonne vertébrale d’une grenouille de la
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- DU GALVANISME. 87 même manière ; qu’enfin, les mouvemens, qui n’a-voientlieu qu’au moment du contact, indiquoient la sensation de l’animal. Dans cette expérience , les commissaires de la Société ont observé de plus que la saveur étoit très - sensible, lors-, que deux métaux différens, appliqués aux deux surfaces de la langue , étoient mis en contact. Cette saveur, légèrement acide , et quelquefois saline, varie sensiblement, lorsqu’on change ces métaux. Elle augmente alors beaucoup, sur-tout lorsqu’une des deux pièces est enduite de mercure. Dans ce cas, la saveur est vive, et occasionne une salivation abondante^ Le zinc et l’argent, produisent aussi un très-grand effet.
- §. II. Extrait d'une lettre de M. Payssè, pharmacien de l'hôpital militaire d'Avesne. Elle contient une expérience relative au galvanisme, qui a été faite en l’an VI, au mois de Brumaire, et dont voici les détails (1).
- » J’ai pris, dit M. Payssè, une grenouille:après l’avoir dépouillée, et séparé tous les viscères qui composent le ventre, j’ai disséqué les muscles qui se trouvent le long de la colonne vertébrale,
- (1) Voyez le Journal de la société des pharmaciens de
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- afin de mettre le nerf sciatique à découvert. Une lame de plomb, d’environ deux lignes de diamètre, sur deux pouces de longueur, m’a servi, à en faire la ligature. Cette opération finie, j’ai introduit la grenouille dans un verre à moitié plein d’eau, oii elle resta parfaitement immobile. Il n’en fut pas de même lorsque j’eus laissé tomber dans ce vase une pièce d’argent : au même instant je vis cette grenouille , qui auparavant ne don-noit aucun signe de vie, s’élancer hors du verre. avec une force, qui me laissa quelques momens dans la plus grande surprise. Je voulus m’assurer si ce phénomène se reproduirait, en la remettant dans le vase : en effet, aussi-tôt qu’elle y fut plongée, le mouvement se renouvella, mais avec moins de force : alors je soupçonnai que la pièce d’argent entroit pour quelque chose dans le phénomène dont je viens de faire mention ».
- » J’examinai pendant long-temps d’où dépen-doit cette singularité : je tournai l’animal en plusieurs sens, et lui donnai différentes positions : enfin je m’apperçus que lorsque la lame de plomb, touchoit la pièce d’argent, il y avoit un mouvement, qui se renouvelloit toutes les fois que ces deux métaux étoient en contact : la position de la grenouille y contribuoit aussi ; car l’agitation n’é-toit bien forte, que lorsque les extrémités des pattes de derrière reposoient sur la pièce ».
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- » Apres cette découverte, je fis ensorte d’établir line communication plus directe entre les deux métaux, afin d’augmenter la force des mou-vemens. J’y parvins au moyen d’un stilet d’argent recourbé convenablement , dont les extrémités touchoient l’une la pièce, et l’autre la ligature. Les choses étant ainsi disposées, je faisois reproduire à volonté les mouvemens de l’animal. Après quelques heures d’irritabilité, l’action diminua sensiblement ».
- » Je répétai l’expérience sur une seconde grenouille : après l’avoir préparée comme la première, je fis la ligature du nerf ; mais au lieu d’employer dans cette expérience la grenouille entière, je la partageai en deux, trois lignes au-dessus de la ligature : je mis de côté les extrémités antérieures pour ne me servir que des postérieures ; je substituai au verre qui m’avoit servi un gobelet d’argent, dans l’espoir de rendre mon expérience plus simple et plus commode : alors mon stilet devint inutile. Les parois du vase, contre lesquelles il y avoit un frottement continuel de la part de la lame de plomb, remplacèrent les pièces qui compliquoient l’opération. Aussi-tôt que l’animal fut placé dans ce vase, il entra dans une agitation si forte et si continue, qu’à peine avois-je le temps de l’y replonger, pour en examiner l’effet : ses efforts
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- étoient bien plus considérables que ceux que
- faisoit la grenouille entière par l’autre procédé ».
- » Les vases d’or, d’étain, de cuivre çt de fer sont également propres à cette expérience : ceux de plomb sont les seuls qui n’aient pas le même avantage. J’ai cni qu’on pouvoit attribuer la non-propriété de ce métal à l’homogénéité qui existe entre la ligature, qui fait fonction de conducteur, et le vase employé. L’eau m’a paru absolument nécessaire dans ces expériences ; car ayant tenté de ne pas m’en servir, le phénomène a été bien moins sensible ».
- Il n’y a rien de bien nouveau dans ces faits, dit le rédacteur du journal oii ils sont rapportés ; mais on a cru devoir les insérer ici, pour rappeler aux physiciens la nécessité de reprendre, ou de continuer leurs recherches sur le galvanisme, dont on s’occupe beaucoup pour le présent en Italie et en Allemagne, et sur lequel il est si important de fixer les idées des médecins. T y reviendrai incessamment, ajoute-t-il. Il n’a pas tenu parole; car dans les deux années de ce journal, il n’y a, sur cette matière, que la lettre dont on vient de donner l’extrait.
- §. III. Extrait d'un mémoire du C. Cortambert sur U galvanisme* Quoique la découverte de
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- DU GALVANISME. 91 • Galvani , dit ce physicien (i) , ait intéressé l’Institut national, et qu’une commission, composée de sàvans illustres, soit chargée de la suivre, je n’ai pas craint d’en occuper la Société. J’ai mis sous ses yeux tous les faits qui avoient été publiés à différentes époques , et je lui ai présenté les différentes conséquences qu’on en a tirées. Il laisse de côté la longue série d’expériences dont il a été question plus haut, comme généralement connues, et se contente de rappeler que toutes se réunissent pour prouver qu’un animal, dont une partie est mise en contact avec un métal qu’on peut appeler son armature, éprouve des contractions, même plusieurs heures après sa mort, lorsqu’on touche avec les deux extrémités d’un second métal, d’un côté l’armature, et de l’autre les muscles voisins.
- Le C. Cortambert s’attache à démontrer que l’explication de Galvani, quelque ingénieuse qu’elle soit, ne peut se soutenir contre une foule d’objections qu’on lui oppose, parce qu’on ne peut admettre dans les nerfs une force interne et une externe , puisque l’une n’est pas isolée de l’autre. Il n’est point , dit-il, dans la machine animale de moyen qui charge une partie du nerf aux
- (i) V. Mémoires de la société médicale d’émulation, im. i , p. 232. Le C. Cortambert est un des membres.
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- dépens de l’autre, en y établissant une électricité positive et une négative. Le métal ne peut être regardé comme un condensateur , puisque les métaux, loin, d’avoir cette propriété, sont d’ex-cellens conducteurs de l’électricité ; et quand on ne tiendrait pas compte de ces difficultés, on se demanderait encore quelle serait la puissance qui ferait pendant la vie la fonction d’armature , et par quel art conducteur cette puissance ferait correspondre les parties électrisées en plus, et celles électrisées en moins. D’ailleurs, avant de vouloir assigner les loix que suit dans son action le fluide nerveux, a-t-on prouvé d’une manière convaincante qu’il soit le même que le fluide électrique ? Voici les expériences qui seraient les plus concluantes en faveur de cette opinion.
- Les nerfs cruraux de quatorze grenouilles furent réunis dans une même armature, et les contractions étant produites par le procédé ordinaire, deux brins de paille, placés très-près de cet appareil , se sont portés à l’instant l’un vers l’autre. Dans une expérience semblable , la boule de l’électrometre a été mue sensiblement , et une autre fois les poils d’une souris se sont hérissés. Mais ces expériences , dit le C. Cortambert, ont besoin d’être répétées pour être confirmées, comme leur auteur même, M. Valli, en convient. Au contraire , on a àobjecter, i°. qu’une personne
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- DU GALVANISME 9j qui touche l’armature ne produit pas , dans l’animal , la décharge d’électricité qu’elle produirait cependant en touchant la machine électrique; 20. que ces phénomènes ont également lien dans les animaux non isolés ; 30. que la matière électrique, comme Haller l’avoit déjà observé, ne peut être retenue dans les nerfs, et doit se répandre dans toutes les autres parties, en supposant même que les nerfs sont les meilleurs conducteurs d’électricité ; 40. qu’une ligature faite à un nerf, arrête la circulation du fluide nerveux j 5 °. que la propriété conductrice ne serait pas la même pour l’électricité nerveuse, et pour l’électricité ordinaire : par exemple , le charbon , qui est un mauvais conducteur de celle-ci, excite des contractions plus violentes que celles produites par les métaux.
- Ces faits, joints à d’autres qu’il est inutile de rapporter, font au moins douter que le fluide nerveux soit le même que le fluide électrique, retenu, et agissant dans les nerfs ; mais il semble que si la nature de ce fluide n’est pas encore démontrée , son existence au moins n’est plus hypothétique , et que la découverte de Galvani a l’avantage de donner de la réalité à un système. Nous avons fait usage plus haut, pag. 23 et 24, des réflexions qu’ajoute ici le C. Cortambert, sur cette découverte.
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- §. IV, Expériences de Gaillard. Ce Citoyen, membre de la Société médicale d’émulation , s’est aussi livré à des expériences galvaniques (i). En répétant celles des physiciens Italiens , il a observé que tous les métaux n’a-gissoient pas également sur l’économie animale, et que plus cette différence, qu’on peut appeler capacité galvanique , étoit grande , plus leur action combinée étoit vive. Il a , d’après ce rapport, classé ceux sur lesquels il a opère, et les a rangés dans l’ordre suivant : zinc , étain , plomb, antimoine , fer, bismuth, cuivre , mercure , or et argent. Il a ensuite essayé de déterminer jusqu’à quel point la pureté des métaux, la température et la nature du milieu où on opère, enfin l’excitabilité de l’animal, pouvoient influer sur ce genre d’expériences, de manière à en tenir compte dans ses résultats. Il a enfin tenté d’appliquer au galvanisme un grand nombre de substances végétales et minérales. Celles qui con-tenoient quelque métal ont réussi plus ou moins, suivant sa nature et sa quantité; mais le charbon seul a eu des effets très-marqués , quoique ses différens degrés de pureté les fissent très-souvent varier.
- (i) Mémoires de la société médicale d’émulation, tom. i, p. 23 j.
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- CHAPITRE V.
- Prix proposés sur le Galvanisme.
- Les phénomènes du galvanisme commençoient à peine à être connus, et répandus parmi le monde savant, lorsque des sociétés littéraires proposèrent des prix pour encourager les physiciens et les médecins, à cultiver ce nouveau genre de connoissances. En 1795 , la Société des sciences Junoblowisldana a proposé pour sujet d’un prix de physique, à donner en 1795, les expériences de Galvani , Valli, Volta, et autres. Elle invitoit les concurrens à faire voir ce qu’elles ont appris de nouveau, comment on peut les classer d’une manière utile, et comment on peut les expliquer d’après les connoissances physiques actuelles. Ce prix est annoncé tome XXXVI, page 54 des Commentant de rebus in scienàâ naturali a in medicinâ gestis, in-8°. Leipsick.
- Vers le même temps , la Société de médecine d’Edimbourg crut aussi devoir faire, de ce point de physiologie, le sujet de l’un des prix qu’elle distribue chaque année, et couronna l’ouvrage du professeur Crïve de Mayence , qui , dans son
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- mémoire, comme on le verra plus bas, substitue assez mal-à-propos le terme d’irritation métallique , irritamtntum metallorum, à celui d’électricité animale employé par Galvani.
- La même année, la Société philomatique a reçu d’une personne, qui n’a pas voulu's'e faire connoître (i), une médaille de la valeur de cent francs pour décerner à celui qui, au premier janvier 1794, aura le mieux satisfait aux propositions suivantes : i°. démontrer, d'une manière exacte, l'analogie ou les différences qui se trouvent entre l'électricité et le fluide animal, reconnu par MM. Galvani et Valli; i°. déterminer quel rôle ce fluide joue dans l'économie animale , en quoi ses diffétens états peuvent influer sur la santé de l'individu , et quels sont les moyens de lui rendre l'équilibre, la proportion et le mouvement qu'il doit conserver.
- Il y a apparence, ou que le concours pour ce prix n’a pas eu lieu, ou qu’on n’a pas été satisfait des réponses des concurrens ; car il n’est nullement question, dans les feuilles suivantes du bulletin de la Société philomatique, que ce prix ait été décerné à quelqu’un. Il faut convenir aussi que sa valeur étoit trop modique, et
- (1) Voyei le numéro 25 , juillet 1793 , du Bulletin de cette société.
- n’équivaloit
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- n’équivaloit même pas aux dépenses , aux démarches et aux recherches à faire pour traiter le sujet en question, et faire les expériences nécessaires. Que ce ne soit pas l’intérêt qui, dans les concours pour les prix, engage à travailler , je le conçois ; mais encore faut - il qu’en travaillant les concurrens soient sûrs de trouver au moins, dans la récompense qu’ils espèrent obtenir , l’indemnité des frais qu’ils sont obligés quelquefois de faire. Aussi dans les anciennes académies , et sur-tout dans celle des Sciences, étoit-il assez d’usage, quand elles proposoient quelque sujet qui exigeoit une dépense un peu considérable, de porter très-haut la valeur du prix, et même d’indemniser de leurs frais les auteurs qui n’avoient pas réussi.
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- CHAPITRE VI.
- De la chaleur animale. De la vitalité. Distinction entre P irritabilité et la sensibilité. Irritabilité de la fibre végétale.
- Avant d’entrer plus avant dans l’histoire du galvanisme , et pour en présenter une idée , plus exacte et plus sensible, il nous a paru nécessaire de faire un chapitre particulier des matières ci-dessus énoncées. Elles peuvent beaucoup contribuer à l’intelligence des phénomènes galvaniques, ce qui paroît d’autant plus vrai, que presque tous ceux qui ont écrit sur le galvanisme, ont traité en même temps ces matières, et que quelques-uns les ont même regardées comme les préliminaires, les prolégomènes de cette intéressante découverte.
- §. I. Recherches sur la chaleur animale , et ses divers rapports, d’après une explication nouvelle des phénomènes calorifiques, avec lettimen des opinions dt diffé-rens auteurs modernes sur le même sujet, par le C. Josse, de Rennes. Cet écrit a fixé l’attention des physiciens , et sur-tout de ceux qui, comme les médecins , font ime application continuelle à la
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- DU GALVANISME. 99 médecine des principes physiques et chimiques ; c’est la raison pour laquelle nous avons cru devoir en donner ici une courte analyse , avec d’autant plus de raison que le travail du C. Josse, analysé dans un mémoire, a mérité l’attention de l’Ecole de médecine de Paris, et même obtenu d’elle un rapport avantageux.
- Après avoir examiné ce qu’il faut entendre par lumière et calorique, l’auteur pose les principes du nouveau système qu’il a adopté sur le calorique , et ses différentes manières d’agir. Dans ce système, il considère le calorique comme existant dans tous les corps, et toujours dans les états de combinaison et de non-combinaison : dans le premier cas, il est insensible, latent, ne faisant rien pour la température des corps, faisant tout pour leur état plus ou moins solide, liquide ou gazeux. Dans le second cas, il se trouve entre les molécules, conséquemment libre dans leurs interstices, sensible, thermométrique, ne faisant rien pour la solidité, la liquidité ou la gazéité des corps, faisant tout pour leur température; de-là la conclusion que les solides ne deviennent liquides ou gazeux, qu’en raison de la quantité de calorique qui s’y combine , qu’ainsi il y a sensation de froid par le passage du calorique libre dans la combinaison où il reste latent, et qu’en sens inverse, la G i
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- HISTOIRE solidification n’est due qu’à la perte successive du calorique, qui, en passant de l’état de mélange à celui de combinaison, est devenu latent, perte qui doit nécessairement produire de la chaleur, par la mise en liberté du calorique combiné.
- Le C. Josse fait l’application de ces principes généraux à l’animalisme, et démontre, d’une manière très - ingénieuse, comment doit être produite la chaleur des animaux. Il examine ses rapports avec la digestion, la nutrition. Dans une discussion physiologique sur le sang et la respiration, il réfute l’opinion généralement reçue sur la déshydrogénation- et la décarbonation du sang dans les poumons. Il oppose les expériences faites en Angleterre par Edme Goodwïn, sur plusieurs animaux vivaus, aux opinions sur le même sujet des CC. Fourcroy et Bichat. Il cherche en outre à prouver que l’eau et l’acide carbonique, reconnus dans l’expiration, ne proviennent point d’une déshydrogénation et d’une décarbonation directe du sang dans les poumons, mais bien de la transpiration pulmonaire, résultant de la consommation des organes , lorsqu’elle s’opère de même que celle de toutes les autres parties du corps.
- Après avoir spécifié les véritables fonctions des poumons, l’auteur traite de l’influence des diverses températures sur les êtres animés, et des
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- DU GALVANISME. 101 effets qui en résultent par l’action du calorique sur la graisse, relativement à la nutrition et à la transpiration. La dernière partie de son ouvrage contient de nouvelles démonstrations de sa théorie, et la discussion à laquelle il se livre sur les opinions de Blumenbach, de Fourcroy et de Brisson, discussion remplie de décence et de modestie, et produite avec le ton d’un homme qui est loin de croire qu’il puisse, par une opposition de principes, blesser des savans qu’il respecte.. Il pense même que les progrès de la science peuvent l’emporter sur les considérations, sans manquer aux égards que commandent de grandes réputations, justement méritées. Après, avoir lu attentivement son ouvrage , on voit avec plaisir que les, conséquences que le C. Josse tire des principes qu’il a établis, lui sont d’un merveilleux secours pour expliquer une foule de phénomènes, qui jusqu’alors ne l’avoient point é.té d’une manière satisfaisante..
- §. IL Recherches sur la vitalité, et expérience? sur le galvanisme, par le C. J. J. Sue, médecin. Le. U et le 13 messidor de l'anV de la république ,. l’auteur a lu, à l’institut national, des recherches, physiologiques, avec des expériences sur la vitalité,, qu’il a fait imprimer l’année suivante, quoique G 3
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- la classe de l’institut eût décidé qu’elles seraient insérées dans les mémoires des savans étrangers qu’elle se propose de publier, à l’instar de ceux de la ci-devant académie des sciences.
- L’extrait de ces recherches mérite d’autant plus de trouver place dans notre ouvrage, que leur auteur y a ajouté plusieurs expériences qui ont rapport au galvanisme, et qu’il décrit les phénomènes que produit I’excitement de la fibre organique, par le contact des substances métalliques : ces recherches ont paru peu de temps après la nomination , par l’institut, d’une commission, non-seulement pour répéter les expériences de Galvam, mais encore pour en tenter de nouvelles, et pénétrer les mystères des mou-vemens singuliers, que présente la fibre organique dans cette espèce d’électricité.
- En parlant des découvertes sur les nerfs, le C. Sue observe avec raison que tous les efforts tentés jusqu’ici ont été inutiles, et n’ont rien appris sur le fluide nerveux; qu’on ne sait pas si cette substance, qui paraît remplir les nerfs, a un mouvement de circulation. Plusieurs observations qu’il rapporte, dont quelques-tines lui appartiennent, prouvent que le cerveau n’est pas toujours le siège du sentiment, et qu’il doit exister ailleurs chez les individus qui naissent sans ce viscère, ou chez ceux dans
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- DU GALVANISME, ioj lesquels il s’ossifie. D'après les nombreuses expériences de Fontana, on peut alors placer le sentiment dans la moelle, épinière : car sans cette .supposition, il est impossible d’expliquer les phénomènes de la vitalité et de la sensibilité , qu’on observe chez les individus nés sans cerveau.
- Des expériences faites par le C. Sut, pour découvrir ce qui arrive à certains animaux , lorsqu’on leur a "coupé la tête, ont prouvé que les nerfs portent avec eux une sorte d’action qui survit, long-temps même après que les parties, auxquelles ils appartiennent, ont été séparées du corps ; et cju’on peut aussi, après cette séparation, ranimer , de la manière la plus sensible, les mouve-mens de ces parties, propriété qui rend les corps organisés bien différens des machines, qu’on leur a si souvent comparées. L’auteur fait voir que l’on avoit regardé à tort la structure des organes servant à la vie, ou qui constituent la vitalité dans certains animaux, comme appartenant nécessairement à tous.; puisque les polypes et plusieurs insectes: ne périssent pas , quoiqu’on pratique sur eux des opérations, des divisions, qui détruisent absolument la vie chez d’autres animaux. Le seul mode de reproduction du polype en apprend plus, sur la variété des moyéns que la nature emploie, et sur ses ressources dans l’organisation des êtres, qu’une foule de raisonne-
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- mens isolés, et qui n’ont pas l’observation pour base. C’est aussi sur elle que l’auteur s’appuie, dans la seconde partie de ses recherches, pour appuier la théorie qu’il a établie dans la première partie.
- Il a fait ses expériences sur différens animaux-, pour reconnoître quelle est, dans les nerfs et dans les fibres musculaires, la durée de la force vitale, soit par des effets spontanés, soit à la suite d’excitemens produits par le contact des substances métalliques. Dans les procès - verbaux qu’il a rapportés, et dans les résultats, il n’a fait que décrire ce qui a été vu par des sa-vans, par des artistes accoutumés à bien voir, qui observoient de leur côté, tandis que lui-même observoit du sien.
- Ces expériences, au nombre de vingt-six, ont été faites sur toutes sortes d’animaux, grands et petits, par la séparation de la tête du. corps; dans tous la vie a été plus ou moins prolongée , après cette séparation : la tête et les parties du corps, sur-tout le cœur, ont conservé leurs mou-vemens plus ou moins long-temps : les muscles irrités ont éprouvé des contractions plus ou moins vives, etdesmouvemens convulsifs plus ou moins violens. La décolation de deux veaux a sur-tout présenté des phénomènes singulier:?’.
- Parmi ces expériences, il y en a plusieurs qui
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- DU GALVANISME. io? ont été tentées pour démontrer les effets du galvanisme, telle que la quinzième, sur une petite grenouille mise dans le gaz muriatique oxigéné. Apparence de mort au bout d’une seconde : mouvement de la grenouille dans l’eau à sa sortie du gaz ; ce qui démontre l’influence que l’acide muriatique avoit eue sur la respiration de l’animal. La même grenouille, sans mouvement, ayant été placée dans le gaz oxigène, oii elle est restée deux minutes, il n’y a eu aucune apparence de mouvement. On a produit un excite-ment sur le nerf crural de l’extrémité droite, avec un fil d’argent passé sous ce nerf, mis en contact avec le zinc : alors un mouvement gradué s’est manifesté, d’abord le long de cette extrémité , ensuite dans toutes les parties de la grenouille, du même côté. Ce même mouvement a été augmenté, toujours du même côté, dans les extrémités supérieures, en changeant le point d’armature , et en le plaçant vers la région moyenne et antérieure de la moelle épinière, etc. etc*
- Cette expérience ayant été répétée sur plusieurs animaux, tantôt vers la région moyenne des nerfs, tantôt vers leurs extrémités , les mouvemens ont été toujours plus violens, quand les points d’armature étoient situés aux extrémités des nerfs ; ce qui milite en faveur
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- du sentiment de Valli, qui présume que la sensibilité augmente, à mesure que les excite-mens s’avancent vers les extrémités des nerfs, et qu’elle diminue, quand on la provoque en sens contraire.
- Dans la i6.e expérience, nerf crural d’une grenouille , lié à son origine et à son extrémité, avec un fil très-fin et ciré : excitement établi entre les deux ligatures avec le zinc et l’argent. Il y a eu mouvement très-prononcé dans toutes les parties de l’extrémité ; preuve que les ligatures n’empêchent pas l’action du courant métallique.
- Des phénomènes non moins frappans ont été observés, i.° sur une grenouille divisée transversalement en trois parties ; i.° sur une autre grenouille coupée transversalement, entre la partie inférieure de la région lombaire, et la partie supérieure de la région sacrée. La z6.e et dernière expérience a été faite en présence de plusieurs gens de l’art, de plusieurs amateurs des sciences, sur une carpe et une anguille, divisées verticalement. Chaque division ayant été excitée par les mêmes armatures, dont on s’étoit servi pour la section transversale de la grenouille, les mouvemens ont été très-violens et ont duré longtemps. Après une section transversale, i.° en deux portions, 2.0 en trois d’une carpe et d’une anguille , le tronçon de la tête de la carpe a
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- DU GALVANISME. ,107 conservé ses moitvemens, pendant une heure et demie, sans excitement : la tête de l’anguille les a conservés trois quarts d’heure. Le tronçon du tronc de chaque individu a eu des mouvemens pendant vingt minutes, ' et le tronçon de la queue de l’un et de l’autre en a eu pendant plus d’une demie heure. Tous les mouvemens ont été excités à différentes reprises, et la vie a toujours recouvré ses forces par ces procédés. Trois heures après l’excitement, son effet avoit encore lieu, et quatre heures après il a cessé.
- « Une expérience que je propose, dit le C» » Sue, et que je n’ai pas eu le temps de faire, » c’est d’établir une batterie de nerfs d’animaux » vivans, de la même espèce, à-peü-près de la » même grosseur, et dont les nerfs aient, au-»> tant qu’il sera possible, le même volume. Sous » ces nerfs, on placerait une armature de plomb » ou d’étain, que l’on mettrait en contact avec » le zinc, pour savoir si cette armature ainsi » communiquée et les nerfs accolés renforce-» raient les effets produits par le courant gal-» vanique. On pourrait chercher, ajoute-t-il, >» à faire la même expérience avec des nerfs » d’animaux vivans de différente espèce. »
- Dans toutes ses expériences le C. Sue a beaucoup varié les intermèdes métalliques : car il s’est servi du fer, du plomb, de l’arsenic, de la plom-
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- bagine, de l’antimoine, de la platine, de l'étaîn> du zinc et de l’or. Il a fait construire , à cet effet, des excitateurs, de formes différentes et de toute espèce de substances, dont il a tracé plusieurs modèles dans une planche, qui est jointe à son mémoire. Il a rapporté aussi des observations sur la vitalité de quelques insectes , qui lui ont été communiquées par le C. Desmortiers, membre de plusieurs sociétés savantes, et dont nous aurons occasion de parler, lorsque nous traiterons de l’application du galvanisme à l’art de guérir.
- Le C. Sue termine son mémoire par l’exposition de neuf propositions, conclusions ou résultats, que semblent annoncer le plus grand nombre des faits qu’il a rapportés, et auxquels ses expériences l’ont conduit. A force d'avoir été étonnés, puissions- nous, dit-il, parvenir à ne l'être plusl Observons, amassons de nouvelles vérités, tâchons de les lier, et attendons-nous a tout. Le connu ne peut servir de modèle à l'inconnu, les modèles ayant été variés à l'infini.
- §• III. Réflexion? sur la contraction musculaire ÿ et sur la distinction entre l'irritabilité et la sensibilité« B est de fait que la contraction musculaire ne provient pas d’une cause méchanique : l’augmentation de la force cohésive, ainsi que la plus.
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- DU GALVANISME. 109 grande dureté des njuscles en contraction, ne laissent aucun doute à cet égard. On peut diviser en internes et en externes les causes de cette contraction. Nous appellerons celles-ci stimulus électifs ou habituels, auxquels les nerfs des muscles obéissent, sans être pour cela les seuls principes de vitalité ; ce qui est prouvé par les monstres qui vivent, quoique nés sans cerveau et sans nerfs (1), L’existence des animaux sans ces parties, ne prouve-t-elle pas évidemment qu’il y a un principe de vie distinct du principe nerveux, et indépendant de la sensation et de la conscience du sentiment? Haller est le premier qui ait observé ces espèces d’animaux, et Hunter a depuis constaté ce fait. Il a même été plus loin, et a soutenu que l’estomac est un centre, ou siège de vie, plus essentiel que le cerveau.
- Ce qu’il y a au moins de certain à cet égard , c’est qu’on peut éteindre la vie plus immédiatement et plus complettement par une forte percus-
- (1) Voyc^ une dissertation latine de J. N. Lud. Roger, docteur en médecine, publiée en 1760, et qui a pour titre : Specimtn physiologlcum , de perpétua fibrarum muscu-larium palpitationc , novum phcnomcnum ", in corpore huma-no, experientiis detectum et demonstratum. Gottingœ, in-12, apud Schultçe.
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- sion Sur l’estomac, que par une semblable sur toute autre partie du corps (i). On sait d’ailleurs que les fibres musculeuses des animaux à système nerveux conservent leur irritabilité , quelque temps même après leur séparation d’avec le cerveau et les nerfs. Il est également évident, par les phénomènes de la végétation , que l’irritabilité peut exister dans la nature sans la sensation, sans la conscience, et sans aucun soupçon de l’existence d’un système nerveux. Les mouve-mens perceptibles de la sensitive en sont la preuve, et plus particulièrement encore ces mou-vemens qui doivent nécessairement avoir lieu dans toutes les plantes pour le progrès de leur
- (i) Quand la percussion est suivie d’un pareil effet, est-ce à l’estomac percuté qu’il faut l’attribuer, lorsqu’on sait qu’il est susceptible de déplacement dans le bas-ventre, ot qu’avant que la percussion l’atteigne, elle a dû déjà beaucoup produire sur les tégumens, et les muscles qui recouvrent l’estomac ? Quand la percussion, dans cette région, va jusqu’à éteindre la vie, n’est-ce pas plutôt parce que son action se porte sur le centre nerveux du diaphragme , dont la sensibilité est telle, que le moindre excitement, par quelque cause que ce soit, l’ébranle, l’agite, et cause dans la respiration une gêne, momentanée à la vérité , mais qui finirait véritablement par éteindre la vie , si elle durait long-temps. C’est aussi, sans doute , pour cela , que quelques philosophes avoient placé le siège de l’ame dans le centre nerveux du diaphragme.
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- développement ; car on ne peut plus rendre raison de l’accroissement des solides par la circulation de la sève qui charrie la nourriture : il faut avoir recours à quelque autre pouvoir, qui agit d’après des loix différentes de celles de la matière morte. Il faut de plus observer, en faveur de cette opinion , que les animaux privés du cerveau et des nerfs sont de la classe des vermesy les plus simples de la nature, et qui n’ont qu’une seule fonction, celle de l’assimilation, fonction qui n’entraîne pas cette variété d’action, ces perceptions particulières, nécessaires aux animaux plus compliqués.
- L’état de l’œuf, avant l’incubation, et la condition de ces animaux qui tombent dans la torpeur par le froid , et reprennent ensuite la vie, offrent des faits favorables à cette opinion, en ce qu’ils prouvent qu’il y a un certain principe vital inné de conservation, indépendant non seulement de l’opération du système nerveux, mais même de la circulation, puisque, dans cet état de repos, ces portions de matière animale sont préservées de la corruption, pendant bien plus long-temps qu’elles ne le seroient, sans ce principe conservateur, puisque leurs liquides sont garantis de la congélation, à un degré de froid qui les changeroit en glace, s’ils étoient dépouillés de tout principe de yie. Remarquez ici qu’outre
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- HISTOIRE l’irritabilité musculaire, les principaux pouvoirs de la vie simple , s’ils ne sont pas les seuls, sont l’assimilation des alimens, et celui qui dans les corps vivahs les préserve de la putréfaction.
- Après le raisonnement, l’expérience vient à son appui pour pronver clairement que la vitalité est indépendante du pouvoir nerveux : lorsqu’on a coupé en travers un tronc nerveux , le membre dont il fait partie , quoique privé de toute sensation, de tout mouvement volontaire , continue néanmoins à être exempt de la putréfaction spontanée, et conserve même encore long-temps sa chaleur ; le seul changement apparent et visible, qu’il éprouve par sa séparation , est l’atrophie dans laquelle il tombe peu de temps après.
- Allons plus loin, et faisons voir qu’il y a des circonstances qui paroissent prouver • que le système nerveux non seulement n’est qu’un accessoire à la vie , mais encore qu’il tend à empêcher les opérations qui en résultent, et à abréger son existence. Il est d’abord certain, et c’est un fait avoué, que la vie simple survit à la. sensation plus long-temps, si l’animal est tué en détruisant le système nerveux, que s’il a succombé à une hémorragie, à la suffocation, ou à quelqu’autre violence. C’est encore un fait curieux et constaté que si un poisson, immédiatement
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- DU GALVANISME, 113 immédiatement après avoir été tiré de l’eau, est assommé par un coup violent porté sur sa tête / qui lui écrase le crâne, l’irritabilité et la flexibilité des muscles se conserveront beaucoup plus long-temps, que si on le laisse périr avec les organes des sens intègres. Les pêcheurs sont si bien instruits à cet égard, qu’ils ont recours à cette pratique, dans l’intention de rendre les poissons plus long-temps susceptibles de l’opération appellée cremping. Le saumon est un des poissons qui ont la vie moins tenace, au point qu’après avoir été tiré de l’eau , il cessera, en moins d'une demi-heure, de donner des signes de. vie, si on le laisse sans lui faire aucune violence , au lieu que si, immédiatement après l’avoir pris, il reçoit un violent coup sur la tête, les muscles continueront, pendant plus de douze heures , à donner des signes visibles d’irritabilité.
- Dans le plus grand nombre des animaux à sang chaud, on a remarqué un phénomène qui paroît dépendre du même principe. On a eu la preuve qu’un exercice violent des mouvemens volontaires, immédiatement avant la mort, empêchoit les muscles de devenir roides, lorsqu’ils sont refroidis , et augmentoit leur tendance à la putréfaction. Ainsi chez un bœuf tué, après avoir été excédé de fatigue, on ne remarquera point parle froid cette roideur des membres, et il ne pourra pas être H
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- conservé au moyen du sel. Telle est l’assertion de M. B lent, cité plus haut ; mais elle doit être ait moins modifiée. Un gibier forcé se roidit même-avant la mort, et devient absolument inflexible, dès qu’il cesse de vivre. Ce n’est que quelque temps après avoir été tiré, à son lever, qu’il acquiert cette roideur ; mais il la perd ensuite de nouveau, comme celui forcé au bout d’un certain temps. Il n’est peut-être pas aisé de rendre raison de ce changement de tension des muscles; car, le relâchement qui survient ne se fait pas assez attendre, pour être attribué à un commencement de dissolution putride.
- Pour la confirmation du- principe que nous avons établi, il faut observer qu’il y a un symptôme dans certaines maladies de l’espèce humaine, qui prouve que la digestion , une des principales fonctions de la vie simple, se fait quelquefois mieux, à la suite des lésions du cerveau. N’a-t-on pas en effet remarqué que dans les maladies , telles que l’hydrocéphale et la paralysie apoplectique,, oii l’exercice des sens est en grande partie détruit ou suspendu, il arrive souvent que l’appétit et la digestion sont meilleurs , qu’en santé ?
- Concluons de ces faits, avec M. Hunter, que l’exercice des sensations est en général nuisible à la vie, parce qu’il est accompagné d’une espèce de fatigue, aussi bien que le mouvement
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- DU G A L V AN I S M E. uç volontaire , en sorte que toute la correspondance entretenue, parle moyen des nerfs , tant celle qui est portée au cerveau dans les sensations , que celle qui émane du cerveau dans les actes volontaires , tend à user les forces animales. Comme la réflexion interne et soutenue, quoiqu’elle ne soit suivie d’aucun acte extérieur, tend également à produire une inaptitude pour tout autre exercice.-, il paroîtroit que le cerveau, ou le sensorium commune , est plus particulièrement l’organe qui est le sujet de cette espèce de souffrance, qu’on appelle fatigue. On conçoit, en conséquence de ces faits, la nécessité du sommeil, qui consiste dans une suspension momentanée des sensations , de la volition, de la pensée, et qui est la ressource qu’emploie la nature, pour que les pouvoirs de la vie puissent se rétablir, après la fatigue, qui use les puissances vitales, (i).
- Dans un moment oii l’on s’avance peut-être, par la véritable route, vers la découverte du vrai principe dé l’irritabilité , il est important de bien faire connoître les propriétés de cette faculté des
- (i) Voyt^, Journal de littérature médicale , tome II, p. 112, le détail des expériences du D. Buniva, pro-, fesseur de médecine à Turin, etc., tendantes à éclaircir.
- la doctrine de la vitalité animale.....la vitalité active
- des parties... détail lu à l’Institut national, le26thermidor.
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- corps vivans, et de la distinguer de la sensibilité. L’irritabilité est cette propriété par laquelle une partie musculaire se contracte , lorsqu’elle est irritée. La sensibilité est cette qualité par laquelle un corps reçoit des sensations. Le nerf ne se contracte pas lorsqu’il sent, et un muscle ne sent pas toujours, lorsqu’il se contracte. Le spasme est un excès de sensibilité, et l’atonie son défaut ; l’éré— tisme est l’excès d’irritabilité, et le relâchement son état d’épuisement. «Bien loin que l’irritabilité et la sensibilité soient la même faculté, dit M. Silves-tri ( i ), j’ai démontré que dans les corps vivans, l’une s’accroissoit presque toujours en détruisant l’autre. J’avois présumé , ajoute-t-il , que l’irritabilité existoit dans quelques fluides vivans. C’est à cette cause que j’attribuai la congélation du sang, celle du blanc d’œuf, celle de la lymphe. Je rapportai également, à la destruction de l’irritabilité dans les fluides vivans par un violent excitant, cette putridité qui s’y développe , lorsqu’on a introduit une substance très-acre (2). »
- (1) Rapports généraux des travaux de la société philomatique de Paris, par les CC. Riche et Silvtstrt, secrétaires. In-8°. tom. L
- (2) V. Dans le recueil périodique de littérature médical* étrangère , tome II, p. 342 , un fragment sur le principe de l’irritabilité et de ses loix, extrait d’un ouvrage anglois du D. Crickton, imprimé à Londres, en 1798. Dans
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- DU GALVANISME, 117 §. IV. Découverte d'Humboldt, sur l'irritabilité végétait. Dans le cours de ses expériences, faites pendant l’hiver de 1793 , Humboldt a fait une découverte sur l’irritabilité de la fibre végétale, et l’a annoncée dans un de ses ouvrages (1); il l’a suivie depuis avec tant de soin, pendant deux ans ; il l’a appliquée, depuis son retour de Genève en Allemagne, avec tant de succès, à l’organisation animale, qu’il s’est trouvé en état, en 1798, de la présenter avec un détail bien
- une dissertation soutenue à Étales , en 1793 ( >n"8°. de 190 pages), par J. Louis Gauthier, et quia pour titre: Dissertatio inauguralis de irritabilitatis notione, naturâ, et morbis , il est question des expériences de Galvani, que l’on rapporte à une simple irritation des muscles, produite par la matière électrique, ou par un stimulus extérieur. Nous en dirions davantage , s’il nous eût été possible de nous procurer cette dissertation, dont il n’est question que dans le tome XXXVI, p. 473 , des Commentaires de Leipsick,
- (1) Jphorismi ex doctrinj physiologie chemica planta-rum. Ces aphorismes font partie de son ouvrage botanique , qui a pour titre : Flora fribergensis specimen, plantas cryptogamicas, prasertim subterraneas, recenstns. Be-rol. 1793 , in-40. Ils ont aussi été traduits en allemand , par le Doct. Fischer, et cette traduction est préférable à l’originaL, par les notes excellentes que le célèbre professeur M. Hedwig, et le docteur Ludwig, à Leipsick, ont bien voulu y joindre.
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- plus intéressant. Les effets surprenans des oxides métalliqués, du gaz vital, de l’eau même, sur la matière animée, le grand phénomène de la respiration , et sur-tout les idées ingénieuses que M. Girtanmr avoit énoncées sur l’oxigène, regardé comme le principe de l’irritabilité de la matière organisée ; toutes ces considérations engagèrent M. Humboldt à chercher une substance, à laquelle l’oxigène seroit assez légèrement lié, pour en être dégagé avec facilité. Il pensa que cette substance devôit le conduire à des expériences infiniment instructives, en le mettant à même d'augmenter sous ses yeux l’irritabilité de. la fibre animée. Son choix tomba d’abord sur le gaz. acide muriatique oxigéné, mêlé à l’eau. Les bases de ce fluide, montrent une attraction réciproque si foible, que l’oxigène en est dégagé par le seul stimulus de la lumière. Humboldt a donné les détails et les résultats de ses expériences ; ils sont consignés dans le premier volume des mémoires de la Société médicale d’étnulation , page 306.
- Il n’avoit d’abord fixé son. attention que sur la fibre végétale; mais l’analogie frappante qui existe entre les deux règnes de la. nature organisée, l’opinion qu’il s’étoit formée que la fibre musculaire est là même dans la matière tant végétale qu’animale, l’ont porté à faire des expériencessur cette dernière. Occupé depuis long-temps des
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- phénomènes du galvanisme , il vit en eux nn excellent moyen de mesurer le degré d’irritabilité dans lequel un animal se trouve. Il prit la cuisse d’une grenouille ( rana esculcnta L. ) dont le nerf crural avoit été armé de zinc, et irrité par un conducteur d’àfgent; elle étoit tellement fatiguée depuis trois heures , qu’elle ne présenta plus que de légers mouvemens. Tout le membre ne souf-froit plus de contractions, et l’or, le zinc, qu’on regarde comme les métaux les plus actifs, ne produisoient qu’un foible mouvement dans le masculin gemellus, au mollet. Cette jambe parut très-propre à Humboldt pour faire des expériences décisives.
- Il humecta le nerf crural avec de l’ean fortement chargée diacide muriatique oxigéné ; il le remit sur le zinc : il toucha celui-ci et les muscles avec un conducteur d’argent. Quel fut alors son étonnement, lorsqu’il vit cette jambe affoiblie tressaillir de tout son long, et éprouver des convulsions qui l’éloignoient du zinc ? Il eut recours aussi-tôt aux • expériences comparatives , qu’il regarde avec raison comme le seul boulevard du physicien pour se garantir de l’erreur. Il prit trois cuisses de. grenouilles ( rana temporaria L. ), qui avoient été galvanisées depuis quatre heures, et dont l’irritabiKré étoit extrêmement foible. Il mit leurs trois nerfs cruraux dans trois vases
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- HISTOIRE remplis , l’un d’eau pure, les autres d’acide muriatique oxigéné. Voici quels furent les résultats de ces expériences plusieurs fois réitérées. Le premier nerf excita des mouvemens un peu plus forts qu’auparavant ; le second devint tout-à-fait insensible au galvanisme ; mais le troisième augmenta prodigieusement dans la faculté de produire ; il présenta des contractions musculaires si véhémentes , qu’on auroit cru l’animal récemment tué, et jouissant de toute sa vigueur naturelle.
- Cette expérience prouve que l’acide muriatique oxigéné n’agit sur la fibre nerveuse, que.par l’oxigène qu’il dégage. L’augmentation de l’irritabilité par cet acide ne dure que cinq à huit minutes. Ce temps écoulé , la force musculaire devient moindre qu’avant l’humectation. L’acide muriatique oxigéné paroît alors être converti en acide muriatique ordinaire, et celui-ci est très-nuisible à l’irritabilité. On seroit peut-être tenté de croire que cette foiblesse de cinq, à huit minutes est l’effet d’une irritation exagérée, une débilitas indirecta, pour employer l’expression de Brown. Mais non : arrosez ce même nerf d’une nouvelle portion d’eau imprégnée d’acide muriatique . oxigéné, et vous le verrez exciter de nouveau de fortes contractions musculaires, aussi-tôt qu’il sera armé de métaux hétérogènes : or il seroit impossible de guérir une débilitas indirecta
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- DU GALVANISME, ni par des remèdes sthéniques. Au contraire, il paroît que cette nouvelle humectation n’augmente l’irritabilité, qu’en rendant à l’organe une nouvelle portion d’oxigène.
- L’effet de l’acide muriatique oxigéné sur le cœur produit, suivant Humboldt, un phénomène bien frappant. Il a fait l’expérience sur le cœur d’une grenouille, qui ne palpitoit plus. L’irritabilité en fut tellement anéantie, que les stimulus mécaniques ne le portoient plus à aucun mouvement. Il le prit entre ses pincettes, et le jetta dans un bocal rempli d’acide muriatique ordinaire ; il ne manifesta aucune irritation. Mais à peine Peut-il jetté dans de l’acide muriatique oxigéné, qu’il commença à palpiter , et que les palpitations augmentèrent très - fort. Il le remit sur du bois : alors le mouvement, après avoir continué pendant cinq à six minutes, cessa peu à peu ; on parvint à le reproduire, par une nouvelle humectation avec de l’acide muriatique oxigéné.
- Voici une dernière expérience qu'Humboldt dit ne lui avoir jamais manqué ? Il mit la jambe d’une grenouille , pendant, douze minutes , dans une solution d’opimn ; elle perdit toute irritabilité : le galvanisme ne l’excitoit à aucun mouvement : les métaux n’en produisoient pas plus, qu’ils n’en excitent sur un morceau de bois ou de pierre. On prit de l’acide muriatique oxigéné
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- très-fort : oh en lava la matière animale , et en deux minutes toute l’irritabilité de la fibre reparut. Les muscles souffraient dès lors des contractions très-fortes. Ces expériences ont été répétées avec un égal succès sur les souris. Les animaux k sang chaud ne sont pas moins sensibles, à l’oxi-gène, que ceux à sang froid.
- Le phénomène de la conversion de l’acide muriatique oxi'géné en acide muriatique simple, tant par la fibre végétale que par la fibre animale, nous prouve plus qu’aucun autre phénomène, i °. que l’augmentation d’irritabilité est la suite d’une combinaison intime de l’oxigène avec les organes animés ; z°. que, quelque différens que paraissent les élémens de la fibre végétale, et ceux de la fibre animale, tous deux cependant suivent les mêmes affinités:, et sont excités par le même stimulus de l’oxigène; 30. que le procédé chimique de vie est un procédé de combustion, légère , et que, comme l’a très-bien dit M. Red, savant physiologiste de Halles , dans une lettre, adressée à M. Humbolde, la combustibilité d’une substance morte ressemble à l’irritabilité de la matière organisée; toutes deux dépendent de l’affinité avec l’oxigène ; toutes deux produisent un.dégagement de calorique. L’acide muriatique oxigéné, neutralisé par. de la soude ou de la potasse , ne présen-teroit-il pas, dit à ce sujet M. Humboldt., un. objet intéressant à la pharmacie?
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- CHAPITRE VIL
- Extrait de deux dissertations latines in-^°., de M. Reinhold, sur le galvanisme ( i ).
- e 16 décembre 1797, et le 11 mars 1798, Jean-Christophe-Léopold Reinhold, bachelier en médecine deMagdebourg, proposa en latin, pour sujet de thèses, deux points de discussion sur le galvanisme; le premier concurremment avec J.-Guillaume Schlegel-, élève en médecine, le second seul. Voici l’extrait de ces deux disserta-
- PREMIÈRE DISSERTATION.
- La chimie et la physiologie commençoient à faire de grands,, progrès;, ces deux sciences étoient
- (0 Nous plaçons.ici l’extrait de ces deux dissertations, quoiqu’elles soient postérieures aux travaux de Volt a et d’autres physiciens , parce que l’auteur y rend un compte détaillé de tous les ouvrages qui ont paru jusqu’à la publication de ses dissertations , ce qui rendra plus facile le jugement sur le mérite de ceux qui ont écrjt avant lui.
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- déjà portées à un très-haut degré, lorsque Louis Galvani, professeur de Boulogne, crut avoir découvert, et publia que la cause de l’irritabilité et de la sensibilité existoit dans une électricité propre aux animaux. Sur cette annonce , quelques physiciens et médecins, entraînés plutôt par la nouveauté du sujet, que convaincus de sa vérité, soutinrent avec chaleur, et les expériences encore peu connues de Galvani, et la théorie qu’il avoit établie sur elles : d’autres, après les avoir répétées avec soin, et en avoir ajouté de nouvelles, les rectifièrent, mais en même-temps repoussèrent et s’efforcèrent de renverser la théorie sur laquelle elles étoient ap-, puyées.
- C’est sur-tout en Italie, en Allemagne et en Angleterre que la nouvelle doctrine eut des partisans et des détracteurs ; les uns et les autres, d’accord pour soutenir la découverte de Galvani, différèrent peu dans l’explication de la cause des phénomènes qu’elle présente ; car ils la placèrent, les uns dans l’électricité artificielle, c’est-à-dire, celle qui vient du dehors, et qui est transmise aux parties animales; les autres dans l’électricité animée et innée dans ces parties, d’autres dans le départ et la décomposition des élémens que fournit la chimie anti-phlogistique. D’autres enfin attribuèrent les phénomènes galvaniques à un certain
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- fluide, jusqu’alors inconnu, qu’ils regardèrent, tantôt comme une espèce d’électricité, tantôt comme en étant tout-à-fait différent.
- Cette diversité d’opinions vint principalement, suivant Reinhold, i.° de ce que les uns , sans être encore assez instruits par une quantité suffisante d’expériences, se sont trop hâté d’établir une théorie ; 2.0 de ce que les autres, enthousiasmés des phénomènes qu’ils obser-voient, soutinrent qu’il ne pouvoit résulter de leurs observations et expériences, que ce qui convenoit à l’hypothèse antérieure aux expériences même ; 3,° de ce que d’autres enfin, trop confians dans leurs expériences et dans celles de leurs collaborateurs , n’y apportoient pas l’exactitude et la sévérité , qui caractérisent le véritable observateur.
- « Quel est le physicien qui ignore, s’écrie ici » Reinhold, combien est variable la température » et l’état de l’atmosphère, combien diffère la na-» ture animale, combien varient la méthode de »> l’observateur, et les moyens dont il se sert pour » observer dans ses expériences, combien de » choses enfin, qui échapent aisément à son » attention, peuvent contribuer à changer la »» nature de ses expériences ? Quel est l’auteur » qui a véritablement découvert la cause des » phénomènes, dont il a été témoin? A quelle » théorie faut-il ajouter foi? Celui-là seul
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- »> explique facilement, avec certitude et parfaité-» ment tous les phénomènes, Ou le plus grand » nombre, qui a poür appui une quantité suf-» lisante d’expériences bien faites et différem-» ment combinées, de faits bien observés, et » qui connoît quelles loix ôn peut en déduire avec » précaution et prudence ».
- C’est d’après ces principes qu’a écrit Reinhold, qu’il a discuté ce qui avoit déjà été dit sur le galvanisme, qu’il y a joint ses propres observations, et qu’il sollicite l’indulgence de ses lecteurs pour les deux dissertations qu’il soumet à leur jugement, et qui sont partagées en huit sections, composées de XXVI paragraphes.
- Première section. §. I.er II contient, i.° les raisons de la dénomination que l’auteur a choisie de fluide galvanique; i.° le détail des ouvragés publiés jusqu’alors sur ce sujet; 3.0 l’énoncé de l’ordre suivi par l’auteur en traitant cette matière.
- i.p Relativement à la dénomination, il trouve inexactes, insignifiantes toutes celles dont jusqu’alors on s’étoit servi : il préfère' celle d’élëctri-cité animale à celle d’électricité métallique, adoptée par Folia, parce que les mêmes phénomènes peuvent avoir lieu sans l’emploi des métaux. Celle d’irritation métallique, proposée par Crève, ne lui par'oît pas'plus convenable, encore moins
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- DU GALVANISME. 117 l'hypothèse de Corradori, qui appelle la cause fiuide nerveux, encore moins l’influence de Fowkr. Il établit comme principe certain, que Galvani et Volta sont les auteurs et les pères de cette doctrine, parce qu’ils ont découvert les forces du fluide galvanique , le premier dans les mouvemens qu'il a excités, le second dans les sensations qui en sont résultées; cum ille fl. g. vires in motibus, hic in sensibus ciendis primus omnium detexerit, phénomène entièrement inconnu avant eux, reistà ante viros illos prorsùs in occuho latente.
- Cependant, comme on pourroit objecter à Reinhold, que l’on trouve dans les ouvrages de plusieurs savans physiologistes, des passages sur les phénomènes électriques qu’on observe dans les animaux, passages qui ont pu conduire à la découverte du galvanisme ; il examine quelques-uns de ces passages, tirés des auteurs les plus modernes, omettant à dessein ce qui est épars dans les écrits des anciens, et qui fait voir seulement qu’ils ont observé dans les animaux, même après leur mort, quelques vestiges de la force vitale, comme le prouvent ces vers de Lucrèce (1).
- (») De rerum naturâ, lit. III, vers. 643.
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- Falcifcros mtmorant currus abscindtrt membra '
- Sapé ità de subito permuta cade calcntes,
- Ut tremere in terra videatur ab artubus id, quod
- Decidit excissum.......
- On les a vus jadis, dans les champs du carnage ,
- Ces chars armés de faulx par la main de la rage ;
- Ils s’élancent : tout tombe, et les membres sanglans , Entraînés, déchirés, bondissent palpitans (i).
- C’est ainsi que Vassalli a soupçonné (i) que la nature a donné aux animaux des forces électriques, répandues dans chaque partie, dont ils se servent pour exercer les fonctions. Instruit ensuite par les expériences qu’il a faites. à ce sujet, il a ajouté que cela ressembloit à l’expérience de la bouteille de Leyde. C’est ainsi que Gardiner soutient (3) qu’il y a dans les animaux un principe vital, répandu dans le cerveau, le cervelet et la moelle, dont les nerfs sont conducteurs; que ce fluide très-subtil, tout-à-fait différent des esprits animaux, et qui n’est pas renfermé dans les vaisseaux, est adhérent à la substance solide des nerfs. C’est ainsi que Lughi
- (1) Traduction de M. Leblanc de Guillet, in-8°., tomel, pag. 253.
- (2) V. Journal encyclopéd. de Bologne, n°.8, 1786.
- (3) Observations on the animal «ecconomy.
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- DU GALVANISME. u9 a dit (i) : Je crois ne pas trop m’éloigner de la droite manière de philosopher, en conjecturant que la matière électrique, répandue au loin et çà et là, est déterminée, par le fluide nerveux, qui est secrété dans les glandes du cerveau, à couler dans les nerfs, pour aider le sentiment et le mouvement. Klügel a pensé à-peu-près de même (2). Gardini, dans son livre, de l’influence de l’électricité atmosphérique sur les végétaux (3), rapporte , en ces termes, une expérience très-semblable à celles galvaniques : « Les lézards, après » qu’on leur a ôté la tête, se remuent, se re-» lèvent et se tiennent sur leurs pieds; ce qui »> arrive plus aisément, et devient plus divertis-» sant, et res faciliùs contingit, et voluptatis plena » est, si, après avoir placé le lézard sur un car-» reau de vitre, on approche son col d’un corps » assez électrique, tandis que le doigt de l’ob-» servateur est placé près la queue du lézard. >» Suider avoit aussi observé (4), avant Volt a, que divers métaux, appliqués sur la langue, y excitent une certaine saveur, semblable à celle du
- (1) EP. II.
- (2) Encyclopédie, t. I, p. 482.
- (3) De influxu electricitatis atmosphericce in vtgetantia, §. VII, p. ro.
- (4) V. le premier chap. de cette histoire.
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- vitriol dè mars. Il est plus que probable que si les auteurs, qui viennent d’être cités, avoient suivi les vues que leur indiquoient leurs observations , ils eussent pu aisément découvrir les effets du galvanisme.
- §. II. Après avoir rendu compte des écrits de Galvahi, et aütres auteurs italiens et allemands , sur le galvanisme, Reinhold s’étend complaisamment et avec raison sur ceux de Volta, qu’il appelle Physicorum in Italiâ facili princeps, le prince en Italie des Physiciens. Attaché d’abord à la théorie de Gai-ïani, Volta Combattit cependant et corrigea quelques-uns de ses dogmes : puis il s’écarta peu-à-peu, et de plus en plus , de sa théorie, au point qu’il en établit une nouvelle, dont il assigna la cause sür des expériences très-ingénieuses, faites sur les corps animés. Reinhold donne le détail des différens ouvragés de Volta sur ce sujet (i). Le neveu de Galvani, Aldini, défendit la théorie de son oncle , dans deux dissertations latines qu’il publia à Bologne, in-4.0, avec des planches, en'1794, ét qui contiennent des expériences très-curieuses. Cet écrit, et un •autre en italien, qui parut la même année, ne furent pas,
- (j) Voyei, plus bas, le chap. IX de cette histoire.
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- DU GALVANISME. 131 suivant notre auteur , reçus avec l’accueil qu’ils méritoient.
- Les ouvrages de Valli eurent un meilleur sort. Plaçant la cause dans les parties animales, il examina ce que peuvent, appliqués sur les animaux à galvaniser, les médicamens appelés par les médecins héroïques et poisons ; Fontana et Ber-linghieri exposèrent ensuite dans des journaux leurs observations et leurs expériences. Reinhold en donne le détail : il passe de-là aux écrits des François et des Anglois sur le galvanisme : mais il observe que ceux-ci, plus diligens que les premiers, ont fourni sur ce sujet une carrière plus étendue et plus fertile, comme il le prouve par leurs ouvrages, dont il donne une liste détaillée, dans laquelle on voit briller les noms de Monro, Fowler, Robison, Cavallo, Wells, etc. Havgk et Colsmann ont aussi célébré cette découverte en Dannemarck. Mais ce sont les Allemands , suivant Reinhold, qui, à cet égard, ont remporté la palme sur les écrivains des autres pays ; ce dont on se convaincra aisément, en parcourant les ouvrages nombreux qu'ils ont publiés à ce sujet, et qui sont détaillés par Reinhold. Après les auteurs principaux déjà nommés , nous citerons Crève, qui a beaucoup écrit contre Galvani et ses sectateurs, qui un des premiers a fait part de ce qu’il a. observé sur les extrémités.
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- humaines amputées, et qui a donné le conseil d’employer le galvanisme pour découvrir la véritable mort, et la distinguer de celle apparente. Ce conseil a été publié dans la dissertation de son disciple Klein, qui a pour titre : De metallorum irritamento vcram ad mortem explorandam, Mogunt, 1794, laquelle a été traduite en allemand ( 1 ).
- Christophe-Henri Pfaff a publié, dans le même temps, c’est-à-dire, en 1793 et 1794, plusieurs écrits sur le galvanisme, en latin et en allemand, dans lesquels il a ajouté, aux expériences des autres, les siennes propres. Il a fait des recherches sur cette espèce d’électricité qu’il appelle animale, en y ajoutant des détails sur l’usage dont elle peut être en physique et en médecine.
- Friedr.-Alexandrede Humboldt l’a suivi de près; et ses écrits, par ^abondance de la doctrine et l’esprit qui y règne , surpassent de beaucoup ceux qui l’ont précédé. Trois lettres au célèbre Blumenbach, une autre kde Crell, publiées dans des journaux allemands ; une autre, adressée à M. Pic-tet, et insérée dans le magasin encyclopédique, sur l’influence de l’acide muriatique oxigéné et sur l’irritabilité de la fibre organisée (1); une autre à M .de
- (1) Il en sera question, dans le chapitre où je traite de l’application du galvanisme à l’art de guérir.
- (2) Tom. VI, n°. 24, p. 462.
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- DU GALVANISME. 133 Morts; et enfin, son principal ouvrage sur le, galvanisme, publié en 1797, que H. Jadelot a traduit, et dont nous rendrons, par la suite, un compte détaillé, tels sont les écrits d’Hum-holdt, cités par Reinhold, et dont il fait un éloge justement mérité : il finit la nomenclature des auteurs qui ont traité ex professo du galvinis-me, par l’annonce de ceux qui en ont parlé , en passant, et dont les écrits sont insérés ou dans des journaux, ou dans des ouvrages tout-à-fait d’un autre genre; nous ne citerons que la dissertation théorique sur le principe qui donne naissance aux fièvres inflammatoires épidémiques (1) : l’auteur place dans l’électricité le miasme athmosphérique qui produit ces fièvres, et prétend prouver son opinion par les expériences galvaniques. Reinhold s’excuse de n’avoir pas parlé des autres ouvrages écrits sur le galvanisme ; ce qui vient de ce qu’il n’en a pas eu connoissance, ou de ce qu’il lui a été impossible de se les procurer (2).
- (1) Dissert, sisttns théories de principio, febres infiamma-terias eplderrticas gigrtente , rudimenta , pries. C. G. Hopf, respond. E. Eschcnmayer. Tubing. 1794.
- (a) Nous n’avons pas cru devoir surcharger cette histoire de tous les titres des ouvrages italiens, allemands, anglois, latins et françois, cités par Reinhold, Nous renvoyons ,.à ce sujet, à ses dissertations.
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- §. III. Reinhold avertit dans ce paragraphe de l’ordre qu’il doit observer, en traitant le sujet qu’il a entrepris. Il se borne aux expériences purement galvaniques, et qui ont rapport, soit aux différentes parties animales elles-mêmes, soit aux autres corps conducteurs du fluide galvanique, appliqués sur l’animal, et exerçant entre eux un contact mutuel. Dans le détail de ses expériences, il rapporte celles qui démontrent les effets du fluide galvanique, d’abord dans la fibre irritable, puis dans la fibre sensible, c’est-A-dire, les expériences relatives au mouvement et au sentiment. Il a fait, de ces, deux espèces, différentes classes, sachant que le’mouvement et le sentiment, quoique provenant de la même source, comme il s’efforce de le démontrer par la suite, diffèrent cependant, suivant la manière dont l’animal est préparé pour l’expérience, et suivant que l’appareil galvanique est disposé, les armatures (i) pouvant être appli-
- (i) L'armature est une substance qui , appliquée sur une partie incitable d’un animal, y met en mouvement le fluide galvanique, en l’embrassant de quelque manière que ce soit : on dit alors que la partie est armée. Peu importe comment elle le soit, c’est-à-dire, peu importe que l’armature soit en dessus, en dessous,
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- DU GALVANISME. 135 quées ou sur les nerfs et les muscles, en même-temps, ou sur les uns ouïes autres séparément, ou sur d’autres substances humides, contiguës à l’animal ; ensorte cependant qu’elles ne le touchent en aucun point , le mouvement et le sentiment diffèrent encore, suivant les milieux qui environnent l’animal avec l’appareil, suivant son in-citabilité plus ou moins modifiée par les agens, suivant enfin la différente nature, la différente
- ou sur les côtés de la partie, pourvu qu’elle là touche véritablement et exactement dans quelque point. On fait deux espèces d’armatures, relativement aux parties qu’elles touchent, savoir, celle des. nerfs, et celle des muscles. Plusieurs auteurs ont donné à celle-ci', lé nom d’excitateur, mais assez improprement, puisque-, d’apres les observations lés plus modernes , les deux armatures, celle des nerfs et celle des muscles, jouissent également de la faculté excitative. Il est vrai qu’il y en a qui, appliquées sur les nerfs ou. sur les muscles ,. produisent-des effets plus remarquables, qui excitent des phénomènes galvaniques en plus grand nombre, et plus forts : Reinhold distingue les armatures , en nerveuses et en musculaires ; ou, si l’on- veut ne pas avoir égard à leurs facultés, et ne considérer que la nature de la partie armée , on appellera armature du muscle, celle qu’on lui applique, et armature du nerf, celle qui est appliquée sur les nerfs. Reinhold désigne par les lettres A. M., l’armature des musclés, et par les lettres A. N., celle des nerfs.
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- distribution, et le différent assemblage des substances dont on arme l’animal, ou qui unissent les armatures. Rànhold se propose de citer les auteurs de chaque expérience, les variations qu’elles ont éprouvées, et de rapporter celles qui lui sont particulières : mais auparavant il croit devoir dire quelque chose des animaux eux-mêmes , et de la manière de les préparer pour les expériences.
- On sait que, dès le commencement de la découverte galvanique, les expériences ont été le plus souvent faites sur des grenouilles, sur-tout de l’espèce de celle que Linnteus a appelée escu-, loua rana (i). Cela vient sans doute de ce qu’on trouve plus aisément par-tout ces grenouilles , de la structure particulière de leur corps et de leurs nerfs, de la force vitale qui subsiste chez elles plus long-temps après la mort, et de ce qu'elles sont plus aisées à préparer (z). -Il importe encore fort peu que l’animal soit en
- (j) Amph. rcpt. iq.R. gibbosa Gtsn. pisc. 809. R.viridis aquatica rots ran. t. 13, 14. R. esculcnta british {oology r vol. III, Lond. 1776. R. virid. aquat. Roesel hist. ran. nostr. p.qi,t. 13, 14.
- (î) Voye^, chez Monroo et Pfajf, les recherches anatomiques sur la grenouille et sur ses nerfs.
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- santé et entier, ou qu’il soit préparé et disséqué.
- A l’égard de la préparation, les auteurs ont établi quatre différences : les uns ne font que dépouiller les animaux de leurs tégumens jusqu’aux muscles ; d’autres, après avoir ouvert la cavité de la poitrine et celle du bas-ventre, après en avoir tiré les viscères, mettent à nu les nerfs et les muscles qui s’y distribuent; d’autres, l’animal étant ainsi préparé, séparent toutes les parties de l’origine du nerf et de son insertion dans le muscle ; en sorte qu’il ne tient au reste du tronc que par les nerfs : plusieurs, après avoir préparé l’animal comme il vient d’être dit, lui coupent la tête, afin que les mouvemens excités par le galvanisme, ne soient pas troublés par ceux volontaires, et que les uns et les autres soient confondus. La quatrième espèce de préparation consiste à séparer entièrement chaque partie du reste du corps, par la dissection, comme les extrémités ou chaque muscle, après les avoir mis a nu, ainsi que les nerfs ; on peut au reste consulter, sur la manière de bien préparer l’animal qu’on veut galvaniser, Sckmuck, Gren et Cavallo : celui-ci a même fait à ce sujet graver une planche (i ).
- (i) Nous nous sommes un peu étendus sur les trois paragraphes qui composent la première section de cette
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- Deuxième Section. §. IV. Des contractions des musctes, excitées par les seules substances animales , unies par contact. On excite des contractions musculaires , dans les animaux pleins de vie , sur-tout chez les grenouilles , tant quel’incitabilité (i) est en grande vigueur, lorsqu’après les avoir préparées, comme il a été dit §. III , on approche doucement une
- dissertation de Reinhold , parce qu'ils renferment au moins la nomenclature des premiers écrits publiéssur cette matière , parce qu’ils nous instruisent de l’ordre que doit suivre Reinhold, dans le récit de ses expériences, et dans la discussion à laquelle elles doivent nécessairement donner lieu. Nous serons plus concis., dans nos extraits sur les autres sections, pour deux raisons: la première, parce qu'il est difficile de rapporter les raisonnemens , et d’entrer dans le détail des expériences de Fauteur, de manière qu’on mette le lecteur à portée de saisir aisément l’ensemble de sa doctrine ; la seconde, parce que me proposant de donner également, dans cet ouvrage , l’extrait du compte rendu à l'Institut,. par le C. H allé, et de la traduction, par le C. Jadelot, de l’ouvrage d’Humboldt, je serai certainement dans le cas de citer de nouveau les expériences de ce dernier auteur, dont Reinhold a beaucoup parlé, d’après son ouvrage original, et long;temps avant que la traduction parût.
- (i) Nous employons avec Reinhold les mots incitabïlité^ incitatif, parce qu'il les emploie de préférence à ceux irritabilité , irritable^
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- DU GALVANISME. 139 de leurs parties, solide et humide, d’une autre incitable et destinée au mouvement : de manière <jue la première forme un arc en touchant le nerf ou le muscle, ou tous les deux dans deux points. Peu importe que la partie qui touche soit unie organiquement avec la partie à toucher, ou qu’elle soit tirée d’un, ou d’un autre animal.
- Humboldt dans son ouvrage, Aldini dans celui intitulé : delT uso e ddl' attivita , etc. et Valli dans ses lettres, se sont montrés les partisans de cette découverte, due d’abord à Galvani. Us ont vu dans une grenouille, dont Jes extrémités inférieures ne tenoient au tronc que par les nerfs . ischiatiques, ils ont vu que la jambe éprouvoit des contractions et des mouvemens, que les muscles jumeaux et le solaire se réfléchissoiert tellement vers les muscles de la poitrine, ou vers les nerfs ischiatiques, qu’ils touchoient jusqu’à ces parties. La même chose avoit lieu, lorsque ces nerfs, ou une partie de la moelle épinière, rencontroient les muscles de cette extrémité. On a vu alors que les mouvemens alloient plus ou moins en croissant, suivant qu’on humectoitles parties à toucher, avec la salive, ou avec une solution de sels, ou de savon dans l’eau. L'effet ne cesse pas, lorsqu’on unit le muscle et le nerf avec une partie animale humide, qui n’a avec eux aucune '.union organique, etc. Il faut consulter sur ces
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- phénomènes les expériences à'Humboldt, et celles de Rtinhold; il les rapporte dans ce paragraphe , sans vouloir répondre de toutes, parce qu’il en est quelques-unes qui ont trompé son attention. At txptrimenti hujus probitaum spon-dere vix audemus , dit-il, cum iüud atttntionem nostram fe/ellisse videatur.
- §. V. Contractions suscitées par des substances lié-térogénts non-animales , dans des animaux ou entiers , ou préparés suivant la méthode décrite plus haut. Ces substances hétérogènes sont les armatures que Rtinhold a distinguées en musculaires et en nerveuses, avec lesquelles Volta, Valli, Corradori, FowUr, Monroo, Ackermann et P/aff ont fait des expériences curieuses. Rtinhold parle aussi, dans ce paragraphe, des mouvemens produits sur des hommes vivans par ces armatures, de ceux résultans de l’application du zinc et de l’argent dans l’intérieur des joues, et de celle des métaux sur les muscles , après avoir enlevé la peau par un vésicatoire, comme l’a fait Humboldt ; il parle de l’expérience d'Achard, qui a senti distinctement l’augmentation du mouvement péristaltique, lorsqu’après avoir appliqué sur la langue un morceau de zinc, il a introduit dans l’anus un morceau d’argent; le sphincter étant entré en contraction, l’envie d’aller à la selle survint
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- DU GALVANISME. 141 d’abord, puis la déjection elle-même. Grapenkiesser dit aussi avoir vu, par le même moyen, ce mouvement accéléré dans un homme, dont les gros intestins, auparavant contenus dans un sac herniaire, formoient un anus artificiel, suite d’un abcès dans ce sac. Nous reviendrons ailleurs sur cette observation.
- §. VI. Contractions excitées dans les animaux disséqués , en armant Us muscUs et Us nerfs. Si, après avoir enlevé les tégumens,les muscles et les nerfs de l’animal préparé, lorsqu’ils ne sont pas encore dépourvus de la force vitale, c’est-à-dire, selon les auteurs, lorsqu’ils sont encore humides, et susceptibles de contractions ; si alors les armatures sont bien conditionnées, et appliquées comme il convient sur l’animal incitable,il s’ensuit une espèce de tétanos dans tout le corps; au lieu que lorsqu'on emploie des armatures foibles, ou lorsque l’incitabilité est presque éteinte chez l’animal, on n’obtient que des secousses très-légères. Aussi a-t-on observé que le cerveau ou la moelle épinière étant armés , tous les muscles ayant des nerfs qui en partent, n’entrent pas en contraction, mais seulement ceux qui viennent de la partie qui est armée, ou de la plus voisine. Il est en général constant, par les faits, que les mouvemens sont très-forts, si les nerfs sont entourés du fluide galvanique isolé, soit
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- dans tout leur trajet dans les muscles y Soit au moins un peu avant qu’ils s’y distribuent. Les armatures humides produisent les mêmes effets que celles sèches, et sur-tout que les métalliques. Bien plus, avec le foie de soufre et l’acide du sel, unis par l’argent, Reinhold. dit avoir plusieurs fois excité des convulsions aussi fortes * que celles qu’excitoit le zinc avec l’or. Creve affirme (i) même que les extrémités galvanisées des grenouilles, sur lesquelles il appliquoit le fer et le cuivre du Japon, cuprurn Japonense, entroient dans de si fortes. contractions, qu’elles soulevoient d’abord une livre-, ensuite deux livres , avec quelques demi-onces.
- Les contractions ont lieu, non seulement en employant des armatures hétérogènes, mais même, à la vérité plus fôiblement, en se servant d’armatures homogènes. C’est ce dont plusieurs physiciens , et entre autres Gréa, Mickaelis et Volta, ont douté. Celui-ci a même prétendu que ceux qui avoient observé les contractions avec les armatures homogènes, avoient été induits en erreur, en attribuant indiscrètement aux métaux avec la même dénomination la même nature, en ne faisant pas assez attention à cette nature,
- (i) Métalloz, p. 169;
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- DU GALVANISME. 143 différente souvent dans chaque point, à l’aspérité ou au, poli des métaux, à leur épaisseur ou à leur ténuité , à leur superficie inégale, à la manière dont ils ont été appliqués sur les parties, et enfin , îl plusieurs autres circonstances imprévues, qui changent très-souvent les forces des armatures, et avec elles l’expérience même. Celles d’Aldini et d’Humboldt, plusieurs fois répétées, détruisent tous les raisonnemens, tous les faits établis par l’opinion de Volta. Humbold a obtenu des contractions , en approchant du mercure très-purifié et homogène, le nerf et le muscle d’une grenouille bien préparée. Reinhold a très-souvent excité des mouvemens, en mettant sous le nerf crural, posé sur un verre, le bord déchiré d’une lame de zinc , de manière qu’elle ne touchât le nerf que dans un seul point. D’autres expériences ont prouvé que les armatures humides , homogènes suffisent aussi pour exciter des mouvemens.
- Reinhold rend compte ensuite des expériences par la ligature des nerfs, et des effets qui en résultent , d’après Humboldt et Valli. Mais il y a un autre fait observé par Galvani, Monroo, FowUr et Caldani, dont Pfiff a donné le premier une explication exacte. Ayant remarqué que les mouvemens étoient plus languissans , lorque l’on couchoit les nerfs cruraux sur un bassin humide,
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- il attribua à l’humidité la dissipation du fluide agissant, et la cause de la diminution des effets; c’est pourquoi il essaya si les autres substances déférentes du fluide galvanique, produiroient le même effet, partant de l’armature nerveuse,, et se dirigeant sur les muscles dénudés. Il apprit par là que les mouvemens étoient ordinairement affoi-blis par ces dérivations du fluide galvanique , de manière que tantôt ils étoient languissans , tantôt ils cessoient entièrement, suivant la variété des dérivations. Le même auteur, après Volia et Fowler, a observé des mouvemens, ail moment même oii les armatures sont écartées les unes des autres.
- On ne peut déterminer rien de certain sur la durée du temps, pendant lequel on est en état de provoquer les contractions galvaniques, cette durée étant différente, suivant la nature de l’animal, et suivant l’expérience ; ce qui a donné lieu à une grande diversité d’opinions. Cependant tous les auteurs, excepté Caldani, sont d’accord, en ce qu’ils affirment que les contractions, excitées par le galvanisme, survivent à celles que procurent les agens mécaniques, en ce qu’ils soutiennent qu’on ne doit juger de la perte de l’incitabilité , qu’après avoir fait de vains efforts pour l’exciter. Reinhold a mis un morceau d’étain sous les nerfs ; et un morceau d’argent sous les muscles de grenouilles
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- DU GALVANISME. 145 grenouilles femelles et très-âgées, et il a vu les muscles se contracter à peine au bout de seize heures, tandis que Fowler, soixante et deux heures après la mort, c’est-à-dire, environ au bout de .quatre jours , a encore observé des tremblemens dans les muscles. Creve et Hermestaedt en ont encore vu de plus de durée. Celui - ci les a remarqués dans une tortue pendant trois jours , l’eau dans laquelle elle étoit commençant déjà à se corrompre.
- La même sagacité des auteurs , qui leur a fait observer ces mouvemens dans les muscles mus par la volonté, leur a fait découvrir aussi qu’ils avoientlieu également, par le fluide galvanique, dans les parties qui n’obéissent pas à la volonté. Ils ont commencé par les expériences sur le cœur. Tous ceux qui, peu après la découverte de Galvani , se sont occupés d’expériences sur ce viscère, ont nié qu’il pût être mu par le fluide galvanique. C’éloit le sentiment de Schmuck, de Meqÿni, de Volta, de Valli, de Klein , de Pfaffet de Behrends; celui-ci a même conclu de là que la substance du cœur n’a pas de nerfs, et qu’ils n’accompagnent que les vaisseaux. Rdnhold rend un compte détaillé des expériences faites à ce sujet par ces savans, et autres, tels que Fontana, Givlio, Fowler , Bumboldt, Creve, Ludwig, Webster, Mickaelis ; il s’arrête principalement à celles d’Humboldt, qui, pour K
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- bien s’assurer si le fluide galvanique| a la faculté de mouvoir le cœur, et si cette faculté agit par les nerfs seuls, a fait avec son frère des expériences très-ingénieuses, qui lui ont appris que le nerf, quoique très-petit, qui va an cœur, étant bien préparé et bien armé', aussi-tôt après que l’animal est tué, le cœur se meut de toutes parts, de manière que ses battemens, lorsqu’ils ont déjà cessé, ou sont excités de nouveau, ou sont accélérés, lorsqu’ils sont languissans. Pour ôter toute suspicion de la part des stimulus mécaniques capables d’irriter la substance même du cœur, Humboldt a appliqué dessus des morceaux de muscle, et des armatures sur ces derniers seuls : le même effet a eu lieu, sans aucua trouble. "
- Rùnhold a répété toutes ces expériences sur des grenouilles, des rats, des lièvres et des chats, et a eu à-peu-près les mêmes résultats; mais il a remarqué que les armatures humides, sur-tout celles que l’usage a prouvé les meilleures , jointes à leur métal, excitent dans le cœur des mouvemens aussi forts que ceux que produisent les métaux seuls ; ce qui arrive, soit qu’on les applique sur les nerfs ou les fibres musculaires séparément, soit qu’on les applique sur tous les deux en même temps. Cependant on ne peut nier que les mou-Ÿemens, excités en armant en même temps les
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- DU GALVANISME. 147 nerfs et les propres fibres du cœur, ont toujours été plus forts que les autres, etc.
- Dans les expériences sur l’estomac et le canal intestinal, il n’est résulté aucun mouvement chez une chate de l’armature avec le zinc et l’argent, appliquée sur le plexus stomachique et sur le ganglion semi-lunaire. Cependant Monroo a vu les extrémité? d’une grenouille entrer en convulsions, en unissant le zinc, appliqué sur le dos, avec l’or introduit dans l’intestin rectum , ce qu’a aussi éprouvé Humboldt; car ayant lié les extrémités inférieures d’une grenouille, couchée sur une lame de zinc, il l’a vu s’élancer très-loin avec une force inr croyable, lorsqu’il a atteint le zinc avec un stilet d’argent introduit dans l’anus. Il a encore vu des oiseaux, couchés sans aucun signe de vie, battre des ailes après avoir unis ensemble le zinc armant la langue , et l’argent armant l’intestin rectum. Il lui est même arrivé par ce moyen , ainsi qu’à Valli, de rappeler ces animaux à la vie.
- De? expériences pareilles tentées sur la vessie urinaire, la matrice, le diaphragme, les artères et les veines, ont eu plus ou moins de succès , ou n’en ont eu aucun, suivant la manière dontelles ont été faites. Ainsi celles de Fowkr, qu’il prétend lui avoir démontré que le mouvement du sang dans l’artère est accéléré par le galvanisme, ont prouvé le. contraire à Reinhold, Cependant le K z
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- pouvoir du fluide galvanique sur les artères est bien . démontré , par ce que Humboldt a éprouvé sur lui-même. Ayant appliqué sur des parties qui avaient été soumises à l’action des vésicatoires, du zinc et de l’argent , il a observé constamment que l’humeur séroso-lymphatique, qui exude des vaisseaux dépouillés d’épiderme, excitée par le fluide galvanique, suintoit en bien plus grande quantité, qu’elle changeoit même de nature, de couleur, en sorte qu’elle corrodoit les parties du dos qu’il avoit choisies pour son expérience.
- Reinkold l’a répétée sur trois malades : le premier a présenté les mêmes phénomènes qu’a éprouvés Humboldt : le second n’a pas paru avoir été affecté par le fluide galvanique. Mais Reinhold croit devoir observer qu’il étoit attaqué d’une ophtalmie rheumatique, et qu’à cause de son tempérament délicat, il n’a eu qu’une seule galvanisation. Le troisième malade avoit un ulcère vénérien , prêt à guérir. Voici ce qu'on a observé : le premier jour, rien de remarquable qu’une démangeaison douloureuse; le troisième jour, le pus de l’ulcère ayant été enlevé , on vit suinter une humeur d’un rouge pâle, qui a produit sur les bords de l’ulcère une inflammation acre, mais qui cessa peu de temps après , ce qui vient, selon Rùnhold, i°. de ce que le malade étoit d’un tempérament phlegmatique ; z9. de ce que l’incitabilité
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- DU GALVANISME. 149 d’un ulcère ancien n’est pas si grande, que celle qu’on trouve dans une partie, dont l’épiderme a été enlevé, peu de temps avant l’expérience. 30. de ce qu’une partie, sur laquelle on a appliqué les cantharides, est plus favorable aux expériences galvaniques que l’ulcère, en ce qu’ayant plus d'étendue , on peut en conséquence y appliquer une plus grande armature musculaire. Ce qui prouve encore l’empire du fluide galvanique sur les artères, ce sont les écoulemens de sang par les parties galvanisées, par les narines suivant Manroo, et. par l’oreille suivant Fowler,
- §. VII. Contractions des muscles excitées par les armatures qui n'embrassent que les nerfs. Ainsique les armatures appliquées sur le nerf et le musclé , celles appliquées sur le nerf seul, excitent de même des mouvemens dans le muscle, dont elles embrassent le nerf. Les partisans^ de la théorie de Galvani ont nié ce fait, quoiqu’il ait dit l’avoir observé, et que d’autres , tels que Folta, VaUiy Monroo, Fowler et Creve l’aient prouvé. Celui-ci rapporte plusieurs exemples qui démontrent queles contractions, suite de l’armature des seuls nerfs, durent très-long-temps ; il est vrai qu’elles disparois-sent plus promptement que dans l’armature du nerf et du muscle ensemble, ce qui vient de ce que le nerf, touché plus sauvent et dans plus d’endroits, K- î
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- perd plutôt son activité. Crevt demande à ce sujet si les mouvemens excités par les nerfs, enveloppés d’une armature, sont plus forts et durent plus long-temps, que ceux excités par des nerfs sans armature. Il opine pour ce dernier avis, et s’appuie d’une expérience qu’il a faite.
- Reinhold ne pense pas de même, et attribue les mouvemens plus foibles, dans le cas dont il s'agit, au contact avec les parties voisines des neffs et des muscles, dont on a excité les contractions, et à la dérivation du fluide galvanique, qui en est la suite. Il ajoute pour preuve, qu’il a éprouvé qu’un des muscles quelconques, destinés à mouvoir l’œil, produit des mouvemens aussi forts que tout autre , parmi les volontaires, si on arme comme il faut le nerf qui sert à son mouvement , après l’avoir disséqué et isolé, près son origine dans le cerveau. Il demande en outre si toute membrane des nerfs, dont presque aucun n’est exempt, extepté peu après sa naissance du cerveau, n’agit pas en conduisant au nerf le fluide galvanique.
- §. VIII. Mouvemens qui ont lieu, les muscles seuls étant armés. Galvani, Valli, Volta et Vasco, ont les premiers enseigné, et tous ceux qui ont écrit après eux, ont aussi pensé que les mêmes mouvemens ont lieu , les armatures étant réunies ensemble, tant celles qui embrassent différens
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- DU GALVANISME. 151 muscles du même animal, que celles qui sont appliquées sur un seul et même muscle. Reinhold dit n’avoir excité, avec les armatures humides, que des mouvemens très-languissans , et avec les armatures homogènes, n’en avoir obtenu aucuns, excepté dans des grenouilles très-irritables, et seulement dans les parties, oh les nerfs n’étoient recouverts qije d’un feuillet très-mince de fibres musculaires. Il cite les expériences faites par Humboldt pour s’assurer si les phénomènes galvaniques sont dûs aux nerfs, ou aux muscles : nous aurons par la suite occasion d’en parler. Il dit avoir observé, de 8 à 14 heures, les mouvemens excités dans les muscles d’une grenouille , muscles qu’il a conservés à l’ombre dans un air tempéré et un peu humide. lia encore remarqué que ces mouvemens , quoique plus languissans, duroient plus long-temps que ceux excités par les armatures appliquées sur le nerf seul, ce qui ne paraîtra pas étonnant, lorsqu’on réfléchira que le muscle, ayant bien plus de superficie que le nerf, et devant en conséquence se sécher plus tard, présente à l’attouchement des armatures beaucoup plus de parties humides et irritables que le nerf.
- §. IX. Mouvemens excités par des armatures ajoutées aux substances humides , déférentes du fluide galvanique , et contiguës à l'animal même. Reinhold s’excuse K4
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- d’abord, dans une note, Sur le reproche qu’onr pourroit lui faire d’avoir fait un paragraphe particulier, de ce qui auroit dû entrer dans chacun des précédens paragraphes. Les raisons qu’il donne, méritent qu’on les admette. Volta. est le premier qui' ait discouru sur cette manière d’exciter des mouvemens. Monroo, Fowler, Cavallo ont été de son avis, et Pfaff, étayé d’expériences variées et très-curieuses à ce sujet , l’a très-savamment discuté. Rtinholi croit qu’on doit ajouter à la classe d’expériences , dont il est question dans ce paragraphe, celles qui consistent à joindre au nerf ou au muscle une des armatures qui touche immédiatement l’autre , soit par quelque partie humide du corps humain, comme la main , soit par des fluides conducteurs ; mais il nie qu’on puisse ranger dans la même dasse les expériences par lesqudles les armatures, embrassant l’animal même , sont rénnies par une substance pareille, contiguë à chacune d’elles, parce qu’il , croit qu’il vaut mieux réserver ces expériences pour les armatures unies par des liens de diverse nature.
- L’application des armatures a lieu dans trois états différens, suivant la nature et l’espèce d’humide qui sert de conducteur au fluide galvanique. Ainsi on applique les armatures, ou sur les parties humides des animaux et des plantes, ou sur
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- DU GALVANISME. iî5 'd’autres substances non organisées, mais rendues humides, de quelque manière que ce soit, ou sur les fluides eux-mêmes. A l’égard des mouvemqns excités par les armatures appliquées sur les parties animales, on les apperçoit également, soit qu’on emploie de la chair froide, soit qu’on fasse usage de la chair cuite ou rôtie. Humboldt a prouvé que les parties des plantes, couvertes de leur épiderme , sont à peine conductrices du fluide galvanique , et qu’elles ne le sont guère plus , lorsqu’on a ôté cet épiderme. Fowler et Pfaf ont été à ce sujet dans l’erreur , en soutenant que toutes les plantes ont la faculté conductrice. Mais le dernier a dit d’excellentes choses, sur les mouvemens qu’excitent les armatures appliquées sur des substances humides non animales. Les observations faites à ce sujet par Reinhold lui ont appris que les effets sont les mêmes en armant, soit du papier, soit de la peau, du linge, du savon ou tout autre corps humecté par un fluide quelconque servant de conducteur, excepté ceux qui changent l’inci-tabilité, comme les alcalins et les acides ; mais les mouvemens cessent, lorsqu’on emploie l’huile, les solutions de gommes et de résines, la cire, l’onguent mercuriel, ou la glace.
- L’expérience suivante, faite par Reinhold, et relative à la force vitale et à l’effet de l’air environnant,est curieuse. Tenant avec une main les jambes
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- d’une grenouille préparée suivant la méthode in-, diquée §. III, il vit sur le champ sautiller la partie de la moelle épinière qui fournit les nerfs cruraux » quoique les ciseaux en fussent éloignés environ d’une ligne. Soupçonnant que, par l’oscillation des nerfs ou par le tremblement involontaire de sa main, les ciseaux avoient peut-être touché la moelle, il fit l’expérience d’une autre manière : il mit sur un verre les extrémités qu’il atteignoit avec le doigt, en sorte que les nerfs libres avec la moelle pendoient en l’air : il appuya l’autre main, qui tenoit les ciseaux, sur une planche non contiguë à l’endroit oii l’animal étoit placé ; il approcha alors le métal, et les mêmes mouve-mens eurent lieu, effet qui â été observé dans plusieurs autres grenouilles : jamais Rànhold ne remarqua de mouvement, quoiqu’il approchât de très-près l’armature des muscles. Le zinc, comme le fer, lui a servi à exciter les mêmes contractions ; mais il a employé en vain d’autres métaux et des armatures humides.
- Rànhold. s’occupe ensuite des expériences dans lesquelles on applique les armatures, qui se touchent immédiatement, sur les fluides conducteurs de celui galvanique, et qui se propagent jusques à l’animal. Il a essayé à cet effet les forces galvaniques de plusieurs fluides , tels que l’eau de fontaine, celle de pluie, celle distillée, le lait, le
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- DU GALVANISME. 155 sang artériel et veineux, le savon, l’urine, les jus d’herbes , l’esprit-de-vin , les solutions de sels moyens et neutres, les liqueurs alcalines, acides, et l’huile, et il a vu que dans tous, excepté dans l’huile, les animaux ont eu des mouvemens tantôt plus forts, tantôt plus languissans. Les auteurs diffèrent beaucoup d’opinion sur la faculté conductrice de l’esprit-de-vin. Cela vient peut-être de la manière dont ils le préparent, et de ce qu’ils ne font pas attention à la puissance qu’il a de changer l’incitabilité.
- §. X. Expériences galvaniques faites dans toutes les classes d'animaux, et sur les végétaux. Elles prouvent qu’il, n’est presque aucun animal , quadrupèdes, oiseaux, poissons, insectes, vers , qui ne soit plus ou moins susceptible des irritations galvaniques. Il en est de même des plantes. Les expériences les plus ingénieuses à cet égard sont celles d'Humboldt. Il y a ajouté le développement de la cause pour laquelle il pense qu’on ne peut jamais, ou au moins que très-rarement, appercevoir les changemens produits dans les plantes par le galvanisme. Il établit que cette cause vient i°. de ce que plusieurs d’entr’elles exigent la spécificité du stimulus qui les excite ; 20. dé ce que l’excite-ment en elles a lieu si promptement, par les humeurs qui circulent dans les vaisseaux-, et par
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- les sécrétions augmentées, que l’œil humain ne peut l’appercevoir ; 30. de ce que la fibre irritable est trop profondément cachée sous l’écorce» et les autres parties qui servent avec peine de conducteurs au fluide galvanique. Si.youlant armer la fibre elle-même, on divise, on écarte ces parties, l’hémorragie, qui est la suite des incisions , détruit entièrement, ou au moins affoiblit beaucoup l’incitabilité ; 40. enfin de ce que tous les mouvemens que les plantes excitent, excepté ceux qui s’observent dans quelquesrunes, paraissent appartenir à la classe des mouvemens involontaires, qu’on a même beaucoup de peiné â exciter par le galvanisme dans les animaux.
- Troisième Section. §. XI. Expériences relatives aux sens externes. De même que' la-faculté motrice du nerf, excitée par un stimulus , produit des mouvemens, de même aussi sa faculté sensitive produit des sensations. Le galvanisme excite l’un et l’autre , plus ou moins, suivant la nature du nerf. Reinkold commence par détailler les expériences relatives au sens du goût. Il dit que Folta a observé le premier qu’une armature nerveuse, appliquée sur la pointe ou la face inférieure de la langue, et une autre musculaire, appliquée sur la face supérieure, excitent, au moment oii elles se touchent, une-
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- DU GALVANISME. 157 saveur acidulé, semblable à celle qu’on éprouve après s’être brûlé la langue , laquelle saveur devient acre et alcaline , si on change de place les armatures , de manière que celle de la partie supérieure de la langue occupe l’inférieure, et vice versa. Cette expérience répétée plusieurs fois, et de diverses manières, par différens physiciens, a produit aussi différens effets, qui sont spécifiés par Reinhoid, et qu’il croit dépendre en grande partie de la sensibilité plus ou moins grande de la langue. A l’égard de l’espèce de saveur qu’on éprouve, Humboldt demande si elle est due toute entière au galvanisme , question qu’il ne résout pas, parce qu’il la trouve trop difficile ; au surplus l’effet du galvanisme dans ce cas ne consiste que dans l’excitement des papilles nerveuses de la langue, excitement qui oblige les vaisseaux de fournir une humeur pareille à celle qu’ils fournissent dans les ulcères que produisent les vésicatoires.
- Le fluide galvanique a au moins autant d’action sur l’organe de la vue, que sur celui du goût. Les expériences à cet égard sont plus curieuses, et même plus décisives, relativement aux effets du galvanisme. Reinhoid en cite un très - grand nombre, faites par différens physiciens, et les siennes propres. Voici les principales : le nerf visuel étant bien armé, on apperçoit avec les
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- armatures unies une clarté, une lueur qui frappe} en forme d’éclair, l’œil, soit ouvert, soit fermé, et qui est apparente dans les ténèbres, comme dans le grand jour. Il est cependant à remarquer que cette clarté est plus brillante, lorsque l’œil est fermé et dans un endroit obscur, que lorsqu’il est ouvert, et dans un lieu exposé ait soleil. Elle brille aussi davantage, si l’armature nerveuse est appliquée sur l’œil même, et en conséquence l’argent sur l’œil droit et le zinc sur le gauche ; celui-ci alors voit une lumière plus éclatante, ainsi que l’a observé quelquefois Reinhold, dans le moment oii ces métaux s’écartoient l’un de l’autre.
- Ce qu’il y a de plus étonnant, c’est que cette lumière a lieu non-seulement par l’application des armatures sur l’œil même, mais encore par la même application sur d’autres parties : Humbold établit même à cet égard quatre manière différentes de produire cette lumière. La plus remarquable est celle qui la lui fait voir très-évidemment, lors-qu’après avoir mis sur la langue un morceau de zinc, il a introduit profondément dans l’intestin rectum un morceau d’argent. Fowltr dit avoir vu sur lui-même et sur d’autres, outre la lueur, qui étoit très-évidente, la pupille se contracter ; ce qui lui paroît prouver le pouvoir'du fluide galvanique, sur l’iris. Mais ni Humbold, ni
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- DU 'GALVANISME. 159 Pfajf, n’ont observé ces contractions de la pupille. Reinhold ayant introduit fortement le zinc dans les narines, l’argent couvrant la langue, et les deux métaux unis ensemble dans unJieu obscur, il a observé plusieurs fois la contraction de la pupille, qui a sur-tout lieu dans l’œil, devenu plus incitable par l’inflammation. Les larmes , sans changer de nature, couloiënt avec plus d’abondance, dans le moment oii ilunissoit ensemble le zinc appliqué à l’angle interne de l’œil, et l’argent appliqué sur la lèvre supérieure : les expériences de P/af, de Corradori et de Monroo ont prouvé que la lueur et la saveur galvaniques sont également excitées, si on applique les armatures, non sur l’organe même, mais sur d’autres substances humides.
- Le fluide galvanique paroît avoir aussi du pouvoir sur l’organe de l’odorat, comme semble le prouver l’expérience suivante de Cavallo. Il dit qu’ayant uni ensemble un fil d’argent, introduit le plus avant possible dans les narines, et un morceau de zinc appliqué sur la langue, il a senti une odeur putride, sur-tout après avoir tiré avec force l’argent des narines. Reinhold dit n’avoir rien senti de pareil, quoiqu’il ait plusieurs fois répété cette expérience.
- Selon lui, si l’on doit s’en rapporter aux expériences tentées jusqu’ici sur l’organe de l’ouie,
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- il paroît prouvé qu’il n’est nullement susceptible de l’impression du fluide galvanique. Dans ces expériences, Fowler convient que la sortie du sang, la nuit, de l’oreille galvanisée, vient plutôt d'une lésion méchanique, quoique Reinhold croie devoir l’attribuer à l’action du fluide galvanique sur les vaisseaux.
- Il pense, avec Fowler et Pfaff, que l’organe du tact n’est pas plus susceptible que celui del’ouie, des impressions du fluide galvanique. Les mêmes signes de douleur que Valli, Fowler et Pfaff ont vu se manifester quelquefois chez les animaux, par le contact des métaux, Reinhold dit les avoir presque toujours distingués dans les animaux les plus sensibles, et il met du nombre ces démonstrations de dégoût que témoigne le chien dont la langue est armée. D’autres expériences attestent que le fluide galvanique affecte chaque nerf, sur-tout lorsqu’il est dénudé et très-sensible. Ainsi Robison, unissant avec l’argent qui armoit la langue, le zinc appliqué sur une plaie, a éprouvé de la douleur dans la pl^ie. Humboldt, en galvanisant l’inflammation d’une plaie de. la peau, l’a augmentée, et a excité une douleur gravative, pulsative, et de la démangeaison. Robison a encore éprouvé sur lui-même, qu’une dent cariée devenoit douloureuse et étoit accompagnée de prurit, lorsque le zinc, dont elle
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- DU GALVANISME. i6t éllë étoit armée, venoit à toucher l’argent appliqué sur les muscles de la bouché.
- Quatrième Section. §. XlL Ëxpi»
- riences pratiquées dans dijférens milieux. Ils peuvent, suivant Reinhold, remplir quatre espèces de fonctions; i.“ contigus à l’animal et l’armant, ils excitent le fluide galvanique; 2.0 posés en arc dans quelque endroit, ils retardent ou avancent ce fluide; 3.“n’étant point formés en arc, ils changent les effets, parce que d’autres corps déférens du fluide galvanique, le dissipent, d’autres isolés le pressent davantage sur l’animal et Sur l’arc ; 4.0 enfin, ils affectent et changent tellement la nature de l’animal et des armatures, que les expériences et leurs suites en sont troublées.
- Parmi ces milieux, l’air athmospbérique joue Un grand rôle. Celui qui est rempli de beaucoup d’électricité, sur-tout à l’approche d’un orage, favorise grandement les expériences galvaniques, puisqu’alors non-seulement elles réussissent beaucoup mieux, mais qu’elles sont encore accompagnées d’effets qui n’ont lieu que dans cet air; ce qu’ont prouvé de reste celles faites-par Gal-vani, Humboldtf Michaelis et Reinhold. Dans l’air atténué et condensé, Aldini a éprouvé les mêmes effets, de manière qu’il a vu les mouye-L
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- mens affoiblis dans le premier, et augmentés dan9 le second : les commissaires de la société phy-lomatique de Paris ont vu la même chose; tandis que Crève, qui a répété les mêmes expériences, n’a vu, ni dans l’un ni dans l’autre air, aucun changement dans les effets- Des observations d'Humboldt, il résulte que les expériences galvaniques réussissent aussi bien dans le gaz oxigène, nitreux, hydrogène, azote et carbonne, que dans l’air athmosphérique ; mais que le gaz muriatique oxigéné excite des mouvemens plus vifs, et que celui nommé par les François hydrogène-pesant, en excite de plus foibles.
- Cinquième Section. .§. XIII. Des
- conditions nécessaires pour produire, dans les animaux , les phénomènes galvaniques. Reinkold divise ces conditions en deux classes ; savoir : en celles qui dépendent de l’animal, et en celles qui dépendent de l’arc et des armatures. Parmi les auteurs qui ont écrit sur ce sujet, il n’y en a guères que trois, qui sont Schmuck (i), Pfaff et
- (i) Ce savant physicien a été enlevé aux lettres, par une mort prématurée : il s’étoit beaucoup livré aux expériences galvaniques, comme on a pu le voir par ce qui •a été dit jusqu’ici. C’est donc une véritable perte que les .sciences ont faite. -
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- Jlumboldt , qui se soient appliqués à bien exposer ces conditions, et c’est leurs travaux à cet égard, sur-tout celui de Humboldt, que Reinhold expose dans ce paragraphe.
- La principale condition requise dans l’animal, ç’est l’existence d’une fibre sensible, dans la partie , sur laquelle doit agir le galvanisme ; la fibre doit encore être irritable, pour exciter les mouvemens. Il faut donc qu’il y ait des nerfs capables de produire et la sensibilité et le mouvement, puisque Volta et Monroo ont établi que le galvanisme n’agit que sur les nerfs : P'faff enseigne aussi que ce n’est que dans le muscle qui a le plus de nerfs, qu’on obtient les misuvemens les plus forts , et de plus de durée, Cda est vrai, dit Reinhold, pour les muscles qui servent à une fonction unique, ou qui appartiennent au même organe; mais cette proposition est fausse, si on l'étend à tous les muscles. Il est bien certain, et les expériences d’Humboldt le prouvent, qu’on obtient toujours le plus grand effet, lorsque le fluide galvanique parcourt plusieurs nerfs très-gros. Quant à la fibre irritable , qui paroît non moins nécessaire que la sensible, pour exciter dans les muscles les mouvemens galvaniques, elle ne se rencontre pas toujours dans toutes les parties; et malgré cela, ces mouvemens ont lieu-, comme dans l’iris. Hebenstreit n’a-t-il pas prouyé évidemment, en L 1
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- parlant d’aiitres parties irritables du corps humain (i), que quelques-unes, quoique privées entièrement de fibres musculaires, se gonflent par la force vitale excitées en elles? Au surplus, les expériences de Monroo, à'Humboldt et de Rtin-hold démontrent évidemment que l’union organique du nerf avec les muscles, est tellement nécessaire pour ses contractions, que si on le coupe à l’endroit oh le nerf s’y insère, tout mouvement cesse, quelques tentatives que l’on fasse pour rapprocher les parties divisées.
- La force vitale, vis vita/is, est encore une des conditions chez l’animal, sans laquelle on ne peut tirer du succès des expériences galvaniques. Mais comme ses degrés et ses modifications sont innombrables, la diversité des phénomènes galvaniques, qui sont la suite de sa provocation, doit être très-grande. Reinhold entre dans plusieurs détails sur la nature, la cause et les espèces de ces modifications. Après avoir défini Vincitabilité d’une partie animale vivante et organisée , uitt faculté par laquelle cette parue, poussée elle-même à l'mutabilité, réagit suivant les loix de sort organisation et de sa nature, sur-tout dans l’opéra-tion du galvanisme; il observe qu’elle peut être
- (0 Dissert, de turgort vitale lips. 1795.
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- DU GALVANISME. léç changée de deux manières, exaltée ou déprimée, ce qui en établit deux espèces, l’une naturelle, l’autre artificielle. L’incitabilité exaltée par un mode naturel, soit physiologiquement, soit pathologiquement, l’incitabilité exaltée par un mode artificiel, l’incitabilité déprimée par un mode artificiel, sont le sujet des §. XIV, XV, XVI et XVII, qui terminent la première dissertation de Reinhold, et sur lesquels il nous reste à présenter quelques remarques.
- §. XIV. L’incitabilité exaltée par un mode naturel , soit physiologiquement, soit pathologiquement. L’incitabilité exaltée physiologiquement peut avoir plusieurs causes et plusieurs différences, qui dérivent de la nature et de l’organisation des animaux, suivant les différentes classes qu’ils composent. Mais, parmi ces classes, il en est qui sont moins incitables, parce que nous ne con-noissons pas encore les moyens de les bien préparer pour les expériences, ce qui fait qu’elles réussissent moins.- Le genre d’animaux établit aussi des différences : les femelles grenouilles sont, suivant Humboldt, plus incitables que les mâles : Reinhold dit avoir observé la même chose sur ces animaux, et en outre sur les oiseaux et les poissons. La même incitabilité n’a pas non plus lieu sur toutes les parties du même animal.
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- Volta prétend aussi que les effets du galvanisme sont moins apparens dans les grands animaux, parce que le fluide galvanique est plus partagé : il affirme encore que les seuls animaux , susceptibles du galvanisme, sont ceux qui ont leurs extrémités articulées avec des muscles fléchisseurs et moteurs, et des nerfs distincts. Pfaff, qui n’estime le degré d’incitabilité que par le temps qu’on l’apperçoit, pense le contraire, et veut que les grands animaux soient plus incitables que les petits.
- Reinkold fait voir, par des exemples, qüe cette faculté n’a pas lieu en tous temps et à tout âge. Les jeunes animaux sont plus incitables que les vieux, et les expériences pratiquées sur les jeunes, récemment tués, réussissent, t-andis qu’elles n’ont aucun succès sur les vieux : il est vrai que les phénomènes galvaniques, qui ne demandent pas un grand degré d’incitabilité, durent plus long-temps chez ceux-ci. Les amphibies, après leur sommeil d’hiver, sont très-incitables : les grenouilles le sont moins, pendant les mois de juin, de juillet et d’août, parce qu’alors l’incitabilité est engourdie et languissante chez ces animaux. Une vie tranquille diminue aussi l’incitabilité, tandis qu’une vie active l’augmente. Le climat y contribue encore : car Humboldt a prouvé que l’Italie est plus favorable aux expériences galvaniques, que l’Allemagne.
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- Pour bien juger de l’incitabilité des animaux , après la mort, il faut avoir égard au temps écoulé depuis que l’animal a été tué, parce qu’il y a à ce sujet beaucoup de différences , qui dépendent de ce temps plus ou moins long. Reinhold a tenté, aussitôt après leur mort, des expériences sur des animaux jeunes et vieux, tués dans le même-temps et de la même manière, et il a plusieurs fois observé que,' dans les jeunes, les mouvemens étoient plus impétueux, mais finissoient plutôt; tandis que, dans les vieux, ils étoient à la vérité plus lan-guissans, mais duroient plus long-temps : en-sorte que les premiers étoient plus incitables aussitôt après leur mort, et les seconds l’étoient plus long-temps.
- Fowler a le premier remarqué que Pinflamma-tion d’une partie exalte l’incitabilité qui est en elle : Reinhold a observé la même chose sur la cuisse d’une grenouille, de même enflammée deux jours après une plaie faite par un couteau. L’animal étoit vieux : les contractions cessèrent bientôt. Notre auteur a fait plusieurs autres expériences sur des ophtalmies, des ulcères vénériens, pour connoître ce que peuvent les maladies dans la modification de cette faculté : il en promet le détail pour un autre temps, attendu,. dit-il, que Je ne peux rien statuer de certain à cet égard.
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- Il a encore fait, ainsi que Vallî, Volta, Caldani, Fowler, Crève, Sckmuck, C'avallo et Pfaff, nombre d’expériences sur l’espèce d’incitabilité qui peut résulter du genre de mort de l’animal : elles lui ont prouvé que cette incitabilité est toujours la même, soit qu’on étrangle les animaux, soit qu’on les noie dans un fluide quelconque, excepté l’esprit de vin, soit .qu’on leur tranche la tête ou qu'on la leur écrase, soit qu’on coupe leur corps en différens sens, soit qu’enfin on les tue, comme a fait Volta, en enfonçant une aiguille dans la moelle épinière. Il est vrai que l’incitabilité, qui a lieu alors, est différente, à raison de la quantité de sang perdu, et de la mort subite ou lente : car les animaux qui ont moins perdu de sang, ou qui ont été tués subitement, sont plus incitables que les autres. Ceux tués dans un air déphlogistiqué muriatique paraissent plus incitables. Parmi ceux empoisonnés, Reinhold n’en a pas trouvé un seul qui, après sa mort, fut plus incitabk que lorsqu’il vivoit.
- §• XV. L'incitabilitè exaltée par un mode artificiel. Les observations des auteur? sur cette espèce d’incitabilité, varient beaucoup et se contredisent la plupart, sur-tout dans l’usage de l’opium, qu’ils disent, en l’appliquant extérieurement sur un animal, tantôt exciter l’incitabi-
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- DU GALVANISME. i<59 lité, tantôt à peine la modifier, d’autres fois la déprimer. Cette discordance d’opinions ayant porté Reinhold à éprouver les effets de l’opium appliqué sur les nerfs, il a vu qu’en frottant un nerf avec une once d’opium pur, dissout dans trois onces d’eau distillée, il augmentoit et exaltoit constamment, pendant un certain temps, l’incitahilité du nerf; et que la même dose de solution, portée sur les muscles, n’avoif aucun effet pour modifier l’irritabilité. Humboldt hii a dit avoir observé la même chose : car ayant préparé sur un chien, aussitôt après sa mort, le nerf phrénique, de manière qu’il étoit libre et nu à l’air, de la longueur de cinq pouces, après avoir plongé son extrémité dans une solution saturée d’opium, tous les assistans virent non-seulement qu’il étoit dans un tremblement total, mais même, lorsqu’il fut armé métalli-quement, que des mouvemens du diaphragme eurent lieu plus forts que ceux que les armatures avoient provoqués, avant qu’on employât l’opium.
- Humboldt est encore le premier qui nous ait appris que l’acide oxigéné du sel, les chaux arsenicales, et les alkalis, sur-tout l’huile de tartre par défaillance, appliqués sur les nerfs, exaltent merveilleusement leur sensibilité; ensorte que quelques gouttes d'huile de tartre, versées sur le nerf crural suspendu en l’air, et portées
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- jusqiies à son entrée dans les muscles, excitent
- dans le membre des convulsions tétaniques.
- Les auteurs diffèrent encore entre eux sur le point de savoir, si on peut rappeler les mouye-mens, en humectant le nerf avec de l’eau. Il est souvent arrivé à Rcinhold de ressusciter, sur une grenouille, les mouvemens languissans, avec quelques gouttes d’eau distillée, versées sur le nerf non encore desséché ni décoloré, ensorte que l’eau qui tomboit sur lui l’arrosât entièrement; il le soutenoit perpendiculaire pendant quelque temps ; et pour ôter tout soupçon de fluide galvanique séparé, il le plaçoit sur un verre très-sec, avant de répéter la galvanisation. Les mouvemens excités par ce moyen, ou cessent entièrement, ou au moins sont très-languis-sans, si l’eau ne fait qu’humecter un point du nerf, et ne le mouille pas tout-à-fait dans son trajet dans le muscle.
- Reinhold a eu la preuve, comme d’autres, que le galvanisme lui-même augmente l’incitabilité. Il a vu souvent, qu’après quelques mouvemens foibles, il en survient tout d’un coup dé plus forts, qu’on ne pourroit sans erreur attribuer au repos, puisque l’expérience démontre qu’une cuisse galvanisée a des mouvemens d’autant plus forts, qu’elle est restée plus long-temps en repos et sans incitabilité, etc. etc.
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- §. XVI. L’incitabilité déprimée par un mode naturel ', soit physiologiquement , soie pathologiquement. Çomme presque tout ce qui regarde la première espèce, la dépression physiologique, découle de tout ce qui a été dit de l’incitabilité exaltée physiquement, il reste ici peu de choses à ajouter. Il y a des animaux sur lesquels, par line idiosyncrasie qui leur est particulière, l’incitabilité du galvanisme n’a pas lieu. Parmi le grand nombre de grenouilles qu’a disséquées Humboldt, il en a trouvé environ quatre-vingts dans ce cas. Reinhold, sur à-peu-près deux cens qu’il a galvanisées, n’en a trouvé qu’une seule insensible aux opérations du galvanisme. Il en est de même des hommes : mais cela dépend-il de l’état du corps, du temps des règles, de h grossesse, de l’approche de la puberté, etc.? C’est ce qu’on ne peut assurer. La volonté n’y entre-t-elle pas aussi pour quelque chose, ainsi que l’ont observé Fowler et Cavallo ?
- A l’égard de l’incitabilité déprimée pathologiquement , les effets sont directs et plus sensibles. La lésion méchanique des nerfs et des muscles, comme leur division, leur dilacération, ne diminue que très-peu cette faculté; en-sorte que les muscles, coupés en très-petits fra-gmens, sans cependant en avoir ôté les filets nerveux, et les nerfs divisés en filets très-déliés,
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- réagissent sur le fluide galvanique qui les a incités. Berlinghieri est le premier qui ait vu naître ces mouvemens, lorsqu’après avoir coupé les nerfs cruraux, à l’endroit où ils sortent de la moelle épinière, et en avoir séparé des fragmens d’environ un pouce, qu’il a couchés, avec l’animal entier, sur une vitre sèche, il a interposé entre eux une lame d’argent. Mais les mouvemens ont cessé, lorsqu’il s’est servi, au lieu de métal, d’une substance isolée.
- Outre que les auteurs ont fait, sur le nerf lié, les mêmes observations que sur le nerf coupé en travers , ils ont encore remarqué que l’incitabilité subsiste bien plus long-temps, dans la partie qui est unie organiquement avec le nerf coupé, que dans celle dont l’union avec le système nerveux a été conservée saine et sauve ; ce qui est évidemment prouvé dans les extrémités inférieures : car celle, dont le nerf crural a été coupé, a plus long-temps des mouvemens, que celle dont on a conservé entier le même nerf. Cette faculté n’est pas même sur-le-champ affoiblie, quand l’artère est liée ou disséquée ; mais elle s’évanouit plus promptement dans Impartie dont on a lié ou disséqué l’artère, que dans celle où on l’a conservée intacte : elle décroît encore plus promptement dans la partie dont l’artère a été blessée, que dans celle où le nerf l’a été. Cette même faculté est déprimée dans les
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- DU GALVANISME. 173 maladies, comme l’a dit le premier Humboldt, parce qu’il a eu la preuve que le galvanisme étoit sans effet chez les personnes affectées de rhumatisme. Reinhold dit avoir armé en vain de métaux les plus convenables, la langue de ceux qui étoient tourmentés de douleurs rhumatismales, et qu’ils avouoient ne sentir aucune saveur. Il ajoute qu’il y a encore certains genres de mort qui dépriment l’incitabilité : puisque les observations des auteurs prouvent (1) qu’elle est entièrement détruite dans les animaux morts par la gangrène, ou la faim, ou qui ont péri dans des vapeurs sulphureuses, ou dans l’eau échauffée ou gelée, depuis le 96.® degré du thermomètre de Fahrenheit, jusqu’au centième; enfin, dans ceux qui sont tués par la commotion de l’électricité accumulée. On voit encore l’irritabilité diminuer chez les animaux qu'on fait périr dans les exhalaisons d’une chair corrompue, dans le gaz nitreux, ou par la fumée de tabac; les poisons et les autres genres de mort opèrent le même effet.
- ^. ^VII. Üirrhalilité déprimée par un mode artificiel. Les acides, sur-tout concentrés, l’esprit-de-
- (1) Je dois observer ici que Reinhold n'oublie jamais de citer en note, quelquefois même avec des réflexions, les noms et les ouvrages, les opinions ou les principe* des auteurs dont il rapporte les expériences.
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- vin » le foie de soufre, ou l’huile de tartre , versés sur les nerfs en très-grande quantité, la trop grande chaleur, la solution du nitre, l’opium, et certain# esprits distillés sur la langue, sont les agens artificiels dont on se sert pour déprimer dans les animaux l’incitabilité. Fowler nous apprend aussi qu’on prive les muscles de leur irritabilité, en les plongeant pendant quelque temps dans l’eau, après avoir enlevé les tégumens ; Caldani dit la même chose de l’effet des huiles essentielles des plantes, versées sur les muscles dans cet état. De tous les fluides aériens , il n’y a, selon ces auteurs, que celui appellé par les François ga{ hidrogène pesant, qui soit contraire à l’incitabilité; mais ils ne savent si cet effet dépend de son action sur les muscles ou sur les nerfs.
- Reinkold avertit à la fin de sa première dissertation, qu’en parlant des moyens qui modifient l’in-citabilité, il s’est abstenu de la diviser en celle qui est propre à la fibre sensible, et en celle qui appartient à la fibre irritable, et en conséquence de disserter sur chacune, parce que leur nature n’est pas encore assez connue, et qu’il est très-diffiefie«de démontrer que la substance qu’on emploie agit plutôt sur l’une que sur l’autre, puisqu’il n’est encore arrivé à personne de soumettre à ses expériences un muscle dépourvu de nerfs. L’incertitude sur cet objet, et sur quelques autres relatifs, que
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- Reinlioid détaille, l’ont condamné au silence, ainsi que le peu d’accord qui règne entre les auteurs qui ont écrit sur le galvanisme.
- SECONDE DISSERTATION.
- Dans cette seconde dissertation, Reinhold observe à peu près le même ordre qu’il a adopté dans la première. Les sections et les paragraphes suivent ceux employés dans celle-ci. Nous les suivrons de même dans l’extrait de cette seconde dissertation.
- Sixième Section. §. XVIII. Conditions nécessaires dans l'arc ; s’il est toujours nécessaire, et quelles sont les parties des animaux qu'il doit toujours toucher. Les phénomènes galvaniques, dont il a été question dans la dissertation précédente , ne se sont manifestés que sur les parties des animaux, unies entre elles par un lien organique, ou qui s’attei-gnoient , se touchoient, ou étoient tellement jointes entre elles par d’autres parties animales, séparées du corps , ou par des substances non animales , qu’elles formoient un arc. On a vu ensuite que , lorsque certaines substances entroient dans la composition de cet arc , l’effet qu’il pro-duisoit cessoit entièrement, et éprouvoit beaucoup de variations , suivant les déplacemens de ces substances. Ces observations ont donné naissance à plusieurs questions, et on a demandé, i.° si
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- cet arc est toujours nécessaire pour produire CéS effets , i.° quelle est sa nature, 3.0 quelles substances conviennent le mieux pour sa formation, et 4.^ comment elles le forment.
- Tous les auteurs, excepté Hutnboldt, ont écrit que l’arc étoit rigoureusement nécessaire : lui seul a fait voir, par des expériences, qu’on poüvoit sans lui obtenir des mouvemens galvaniques, puisque cet habile expérimentateur a excité sur des grenouilles incitables, des contractions, en touchant dans un point le métal, posé sur lé nerf crural, avec un autre métal homogène ou hétérogène. Les contractions étaient plus vives i lorsque l’on ébranloit l’autre fortement, et elles cessoient, lorsqu’un corps, non déférent du fluide galvanique, ébranloit cette armature nerveuse. Pour ôter tout soupçon d’un arc formé, qui, au moyen de l’air, auroit fait passer dans le nerf le fluide coulant du métal approché dé l’armature nerveuse, Humboldt appliqua une cloche sur les métaux , qu’il boucha, en répandant de l’huile autour, sur-tout à l’endroit, où le fil de fer, qui ünissoit entre eux les métaux et l'animal, sortait de la cloche ; les mouvemens galvaniques n’en eurent pas moins lieu.
- Michaelis a élevé des doutes sur ces expériences d’Humboldt ; mais ce sont plutôt des avertisse-mens pour ceux qui les répéteront, qu’une réfutation.
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- DU GALVANISME. 177 réfutation. Il soupçonne qu’il y a eu arc, sans que Hutnboldt s’en soit apperçu. Celui-ci répond: Pourquoi donc n’apperçoit-on les mouvemens, que lorsque le métal ébranle l’armature ? Pourquoi ces mouvemens cessent-ils, si on substitue au métal une substance non déférente du fluide galvanique î Quant à l’explication qu’il donne de ces phénomènes, elle n’est pas hors de toute objection , et Reinhold la combat avec avantage , mais sans en donner une meilleure , de son propre
- A l’égard des parties des animaux que les auteurs regardent comme nécessaires dans l’arc, ils diffèrent beaucoup entre eux. Ainsi Galvani, et ceux qui d’après lui expliquent les phénomènes galvaniques par l’analogie avec la bouteille de Leyde , exigent que le muscle et le nerf soient tous les deux présens dans l’arc. Fowler est un de ceux qui a le plus défendu cette opinion. Mais Ffajf l’a absolument détruite par une expérience qui prouve que les mouvemens ont lieu par l’armature des nerfs seuls : aussi les meilleurs auteurs sont - ils de ce dernier avis.
- §. XIX. Des parties qui constituent l'arc, de leur nature , et de leurs forces. L’arc est formé de quatre parties, de l’animal, des deux armatures qui le touchent, et d’un corps déférent du fluide M
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- galvanique, qui joint entre elles les armatures. Vot-ta, divisant en deux classes toutes les substances qu’on emploie dans le galvanisme, savoir, en sèches et en humides , a d’abord écrit que les premières excitent et mettent en mouvement l’électricité , et que les secondes ne sont que conductrices ; mais ensuite plus instruit, il leur a accordé, comme aux premières, les forces excitantes. Rtinhold diffère de Volta et de Humboldt en ce qu’il appelle anneaux ou parties intermédiaires et conjonctives, annulos sive ei partes intermedias et conjuncdvas, les substances qui, Unies, forment l’arc ou la chaîne , comme l’appelle Humboldt. Reinkold se sert de cette dénomination parce qu’elle lui paroît désigner la chose, et n’être pas purement théorique.
- Les premiers qui se sont livrés aux expériences galvaniques ont cru devoir, d’après la force et la vertu des différentes substances dans l’excitement des phénomènes, les partager en trois classes, savoir, i°. celles qui unies ensemble produisent les effets ordinaires, et qu’on a en conséquence appellées excitateurs; i°. celles qui, placées à leur lieu dans l’arc, n’excitent pas, à la vérité, les phénomènes galvaniques, mais n’empêchent pas qu’ils n’aient liéii, ët transmettent elles-mêmes le fluide, ce qui leur a fait donner le nom de conducteurs ; 3°. celles qui, inaccessibles à ce fluide, en le
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- DU GALVANISME. i79 soutenant dans son chemin , détruisent tout son effet. Cette première division a ensuite éprouvé plusieurs changemens et additions. Les premiers auteurs sur le galvanisme n’avoient mis dans la première classe que les métaux ; on y a ajouté depuis le charbon bien brûlé, les sémi-mëtaux^ quelques chaux métalliques , quelques pierres, quelques parties ligneuses, et les fluides. Il y a eu: beaucoup de variétés dans l’usage de ces diffé-. rentes substances , suivant leur combinaison, suivant leur application sur le muscle ou sur le nerf. Il est très-difficile de statuer à cet égard quelque chose de bien certain : d’ailleurs l’effet n’est-il pas différent, suivant le métal qui sert d’ünion aux armatures humides ? Volta observe à ce sujet, que l’argent et le fer n’ont jamais rien produit sans l’intervention , pour le premier, du foie de souffre sur les nerfs, et celle de l’eau sur les muscles ; et pour le second, de l’acide du rlitre et de l’eau. Rünhold a fait la même observation, et ses expéçjences lui ont prouvé que les métaux, appliqués sur lesnerfs, et reconnus lesplus efficaces, sont aussi les plus propres pour l’union entre elles des armatures humides ; il laisse à de plus savans que lui à expliquer d’oli vient cette faculté de ces métaux.
- La discordance des auteurs sur les substances inaccessibles au fluide galvanique est très-grande :
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- Volta accorde, par exemple , à la glace d'être déférente de ce fluide, tandis que FalU , Fowler et Humboldt ont prouvé qu’elle n’avoit pas cette faculté. Le dernier a démontré de même que les os des animaux , l’air atténué, la flamme, les corps. idio-électriques enflammés , tels que le soufre, le succin, et le verre, sont déférens de l’électricité , et non du fluide galvanique. Il en est de même des vapeurs , des chaux métalliques, de plusieurs pierres, des sels métalliques, des plantes,' des hommes attaqués de rhumatismes, de l’huile^ des résines , des gommes, de la graisse et dir savon desséché. Il en est encore de même de l’air atmosphérique, qui, atténué, ou condensé, n’est jamais conducteur du fluide galvanique, et qui bien plus interyenant pour former l’arc, éteint tout l’effet du galvanisme , ce qui est prouvé par, nombre d’expériences.
- On s’est beaucoup occupé à deviner la cause pour laquelle , parmi les differentes substances éprouvées, les unes ont paru, très-susceptibles du galvanisme, les autres moins, et d’autres pas du tout. Reinholi expose les differens sentimens des auteurs sur ce sujet, et sur-tout celui $ Humboldt, qui pense qu’il ne faut chercher, que dans leur faculté électrique, la vertu galvanique des corps. Après cette exposition , il s’écrie : quel est celui qui osera faire dériver les forces galvaniques des corps,
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- rd'un seul des sentiment que nous avons fait connaître ? Ils ne font tous , selon lui, que constater la grande différence qui existe dans la vertu galvanique, tant de chaque fluide , que des végétaux et des animaux.
- §. XX. Des modifications des forces galvaniques, qui suivent le mélange chimique , changé dans les substances mêmes. Reinhold fait trois classes des changemens dont il est ici question. La première est de ceux qui tirent leur origine de la nature des corps,' qui est changée, parce qu’on a troublé leur mélange chimique. La seconde classe appartient à leur forme, et la troisième regarde leur réunion en arc. Relativement aux corps de la première classe, il parle d’abord de ceux qui sont déférens du fluide galvanique, et ensuite de ceux qui l’éloignent d’eux. On a beaucoup disputé pour savoir, si le différent degré de température qu’on observe dans les corps , et qui change souvent avec lui, établit ou n’établit pas quelque différence dans la cohérence des parties. Volta est pour la différence. Fowler et Pfaff sont contre , assignant aux métaux brûlans les mêmes forces qu’à ceux, dont la température n’a pas été changée. Humboldt concilie les deux opinions, en observant que le degré de chaleur, qui vient de leur brûlure, ne suffit pas à la vérité pour changer leur M 5
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- nature, jnais que, lorsqu’ils ne sont que légèrement échauffés, ce n’est plus la même chose, et qu’on peut avoir la preuve qu’ils ont alors plus de force. C’est aussi l’observation qu’a faiteReinhoJd; car ayant appliqué, comme il faut et dans le même temps, sur plusieurs grenouilles également incitables, du zinc et de l’étain, échauffés au même degré, il a observé quelquefois une espèce de jeu entre ces métaux, en sorte que successivement ou à peu près, ils avoient la supériorité l’un sur l’autre dans leurs effets, expérience qu’il a vu avoir lieu, non seulement dans les métaux hétérogènes , mais même deux fois dans une lame de zinc, divisée eh deux parties.
- Ses expériences sur le changement des forces des métaux par la friction de certains corps, surtout humectés, ne sont pas moins curieuses, lorsqu'on voit qu’une armature métallique , qu’un autre métal n’a fait que toucher très-légèrement , et dans un seul point, prend la nature de celui-ci. C’est ainsi qu’Humboldt a obtenu le même effet, en joignant à l’armature musculaire homogène , dans un autre point, même très - éloigné , un morceau d’argent, avec lequel il toucha légèrement et dans un seul point, une pièce de zinc. La preuve, selon Reinhold, que dans cette expérience l’argent a véritablement pris la nature du zinc, c’est que x°. la lame d’argent qui auparavant
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- DU GALVANISME. 183 n’avoit excité aucune contraction , les excitoit très-fortes, lorsque ses deux extrémités étant frottées avec le zinc, on unissoit, avec l’acide du sel qui armoit les muscles, l’huile de tartre per deli-quium, mise sous les nerfs ; 20. la même lame d’argent , approchée des nerfs, produisoit des mouve-mens remarquables , et pas la plus légère contraction , lorsqu’on l’appliquoit sur les muscles. D’oii viennent ces effets, et autres que Remhold rapporte ? Comment un métal touché emprunte-t-il des forces de celui qui le touche? c’est ce qu’on n’a pas encore pu définir, pas plus que les changemens des forces des excitateurs par leur mélange entr’eux.
- §. XXI. Ce que peut ta forme des excitateurs sur Us phénomènes galvaniques. Reinhold nie que l’on puisse assigner, à l’épaisseur des excitateurs , la faculté de changer les effets , comme le prétend Fowler ; il a pour lui l’expérience qu’un métal couvert d’une lame métallique hétérogène , ne produit dans le galvanisme que les forces propres au métal qui sert de couvercle. Ceux-là n’ont pas plus de raison , qui ont enseigné que plus les armatures sont grandes , plus les phénomènes sont remarquables. Galvani a trouvé le premier, et Humboldt a prouvé évidemment, que les armatures nerveuses de différentes grandeurs n’avoieqfc M 4
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- aucun pouvoir pour changer les phénomènes
- galvaniques, etc. etc.
- §. XXII. Divers phénomènes galvaniques , d'après l'arrangement divers de l'arc. Suivant Reinhold, les changemens qui naissent de l’assemblage des sub-tances en arc, viennent de deux sources : la première , du lieu oii ces substances sont placées dans l'arc ;la seconde, de la manière même de les arranger. Reinhold veut d’abord que l’arc soit tel, qu’il embrasse le nerf lui-même, ou celui qui lui est continu avec le corps déférent, qu’il ne soit composé que de substances excitantes, sans être intercepté par aucun corps inexcitant. La manière de bien distribuer dans cet arc les deux armatures n’est pas indifférente, c’est-à-dire, que ce n’est pas la même chose de mettre l’une sous le nerf ou l’autre sous le muscle , ou de suivre en les plaçant l’ordre contraire. Il suit des observations des plus habiles physiciens, que les excitateurs quelconques , secs ou humides, étant combinés par deux, sont très-efficaces, appliqués l’un sur lenerf, l’autre sur le muscle, et qu’il arrive des phénomènes galvaniques très-remarquables dans le moment oiiils se touchent, ou sont unis avec d’autres, et que, lorsqu’ils sont disposés dans un ordre contraire, les mêmes phénomènes ou cessent, ou diminuent, ou peu affoiblis, ne reparaissent que
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- lorsque les armatures s’éloignent réciproquement. On ignore encore à quoi les excitateurs doivent ce caractère : on n’est pas même d’accord sur leur manière d’agir. Volta prétend que l’armature nerveuse pousse en avant l’électricité , et que l’armature musculaire l’attire. Le duplicateur de Ni-cholson paroît avoir prouvé le contraire.
- Reinkold a fait différentes classes des arcs qu’il a employés, et y a joint des tables de division, explicatives de sa théorie, qu’il faut examiner et méditer dans son ouvrage même, et qui ne peuvent trouver place ici. Il expose les espèces-et chaque formule d’arc, pour qu’on comprenne ce qu’elles produisent dans le galvanisme. Après avoir fait voir la manière dont l’effet est changé par la place qu’occupent les substances dans l’arc, il enseigne comment la manière même de joindre ces substances, change l’effet, en se servant des mêmes formules de division, qu’il a employées pour la formation de ses arcs. Il observe que quand on s’écarteroit, dans les expériences qu’il a faites, de tout ce qu'il a exposé, elles n’en réussiroient pas moins; parce que, peu importe qu’on se serve d’un connecteur long ou court, épais ou mince, composé ou simple; peu importe que les armatures sèches, plus longues ou plus courtes, plus épaisses ou plus minces, soient contiguës entre elles, ou au connecteur,
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- lors au contraire qu’en employant des armatures humides, l’effet décroît toujours, avec la longueur augmentée. On trouve, dans les auteurs, plusieurs exemples d’arcs très-longs : ces auteurs ont éprouvé que le fluide galvanique étoit porté dans le même-temps par les arcs formés de parties animales, ou d’animaux entiers, avec les armatures, par un seul homme ou par plusieurs, par des fils métalliques très-longs, par des cordes humides très-longues, ou par des fluides très-abondans : Aldini a employé des cordes qui avoient 250 pieds de longueur.
- Reinhold, qui craint qu’on ne l’accuse d’avoir confondu, dans ce qu’il a dit des mouvemens, ceux qui viennent des sens, avertit qu’il est persuadé , comme bien d’autres physiciens, que les uns et les autres dérivent de la même source; ensorte que ce qu’on dit des uns vaut pour les autres. La preuve en est 1,° que tous les deux naissent des mêmes conditions, qu’ils sont suscités par les mêmes substances, appliquées de la même manière, et sur le même animal ; i.° que ce qui trouble les uns, change aussi les autres; 3.® enfin, que souvent ils ont lieu en même temps par l’appareil galvanique, dans le même animal, et sur le même organe. Il expose ensuite brièvement, quelles sont les formes d’arc qui produisent également' les phénomènes galvaniques.
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- dans chaque état d’incitabilité : il marque par le signe +, les formes qu’il a éprouvées efficaces, et par le signe —, celles qu’il a trouvées inefficaces.
- . Humboldt est le premier qui ait fait des recherches pour savoir si , lorsque l’arc est établi dans une partie d’un animal, les phénomènes galvaniques peuvent avoir lieu, au moyen d’un autre arc établi dans la même partie : il a assuré que cela pouvoit arriver, et que le second arc, formé de substances plus efficaces, l’emportoit sur le premier. Rdnhold dit qu’il n’a pas toujours eu besoin de recourir à des substances plus fortes ; et qu’en se servant d’un second arc, composé comme le premier, ilasouvent ressuscité les commotions, etc. Au surplus, les expériences répétées à ce sujet, avec deux arCs de même nature, ont prouvé que c’est tantôt l’un et tantôt l’autre, qui excitent plus de mouvemens, suivant les circonstances.
- Septième section. De la nature du fluide galvanique. §. XXIII. Le fluide galvanique agit, sur les parties organisées des animaux, à la manière des stimulus méckanico-chimiques. Comme il n’est personne qui ne comprenne , d’après tout ce qui a été dit jusqu’ici sur le galvanisme, que ses phénomènes doivent être mis au nombre de ceux
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- qui ont lieu, les parties organisés des animaux étant mises en action ; que ces phénomènes sont bien plus actifs, certaines substances étant formées en arc, et appliquées sur l’animal même ; on ne peut s’empêcher de faire ces questions : Quel est cet excitement? Vient-il de Vanimal ou de l'arc? Quelle est sa nature? Quelles loix suit-il? Telles sont aussi celles que traite Reinhold dans ce paragraphe.
- Relativement à la première, il définit d’abord ce qu’il appelle agent, excitement, incitamentum. C’est, selon lui, un corps appliqué sur une partie vivante et organisée, qui porte cette partie à réagir sur elle-même, suivant les loix établies par la. nature. Il divise cet agent en trois, én michaniqiu, en chimique, et en mixte. Rappelle meckanique, celui qui, se rencontrant dans l’animal d’une manière quelconque, trouble plus ou moins, «sans cependant changer immédiatement leur nature, la situation et le lien naturel des parties élémentaires, par des forces mé-chaniques, par leur gravité spécifique, par leur masse, et par la célérité que cet agent leur communique. Il appelle agent chimique, celui qui, appliqué sur ces mêmes parties, agit par son affinité avec leurs élémens constitutifs, et qui donne tantôt des produits, tantôt des soustractions, et quelquefois l’un et l’autre. Il appelle agent
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- mixte, la combinaison des deux premiers, lorsque, en dérangeant les parties, ils opèrent, par les forces chimiques, suivant leur nature, et lorsque les parties, disjointes par ces forces, éprouvent l’un ou l’autre changement, que l’on peut appeler tantôt méchanico- chimique, tantôt chimico-méchanique. C’est ce que les auteurs ont appelés agens physiques, et auxquels Reinhold est très - persuadé que le nom de mixtes convient mieux.
- §. XXIV. Ce qui excite les phénomènes galvaniques est-il bien appelé fluide ? Quelle est sa nature ? Reinhold regarde le fluide galvanique comme particulier, différent de tous les autres, et ayant sa nature propre. Il s’attache à prouver, i.° qu’il n’appartient pas aux espèces d’air factice; qu’il n’est pas magnétique, d’après les observations de Crève, Fowler, Pfaff et Humboldt, qui ont vu que l’animal, dans le galvanisme, ne pro-duisoit que les mêmes effets produits par tout autre fer non magnétisé ; 3.0 que le plus grand nombre des physiciens a regardé le fluide galvanique comme n’étant que le fluide électrique, provenant, suivant les uns, de l’animal même, et suivant les autres de l’arc ; ils lui donnent pour cause, les uns l’électricité ordinaire, les autres une électricité modifiée, et changée dans l’animal par la
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- force vitale. Reinholdentre dans le détail des raisons et des expériences, sur lesquelles sont établies la similitude et le rapport du fluide galvanique avec le fluide électrique : il rapporte aussi celles, non moins fortes, qui détruisent cette similitude et ce rapport; il fait voir que les loix, suivant lesquelles le fluide galvanique agit, sont très-différentes de celles que suit l’électricité: et il conclut, avec Humboldt, le fluide galvanique ayant des convenances et des différences avec celui électrique, qu’il y a des élé-mens qui, par urte espèce de mariage, de mélange entre eux, produisent tantôt le fluide électrique, tantôt le fluide magnétique, et tantôt le fluide galvanique.
- §. XXV. Le fluide galvanique est séparé dans T animal mime. Reinhold tire la preuve que ce fluide coule de l’animal même, de ce qu’il survient des contractions, lorsqu’une partie animale unit le muscle avec le nerf; lorsqu’on approche le nerf disséqué de la partie d’oii on l’a tiré ; lorsque l’on a7 détourné doucement le. muscle sur le nerf, qui lui est joint organiquement, et qu’il ne laisse échapper ni du sang ni aucune autre humeur : expériences qui, selon Reinhold, ne donnent pas lieu de soupçonner un fluide venant du dehors. Ajoutez que ce fluide est différent -,
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- DU GALVANISME. 191 suivant la classe et la nature des animaux, et que sa sécrétion n’est propre qu’aux êtres animés. Le fluide galvanique paroît donc formé dans le corps des animaux d’élémens tels, qu’ils puissent servir à exciter dans les nerfs le mouvement et le sentiment. Il est ensuite constant, par les observations des physiologistes, que chaque organe a la faculté de séparer le fluide nécessaire pour l’exercice des -fonctions ; que les nerfs seuls, et non les autres parties des animaux, ont la faculté de séparer le fluide galvanique. Cependant, si on a égard aux effets qui résultent du mélange de la fibre irritable avec la fibre sensible, les élémens de ce fluide seront à la vérité toujours les mêmes ; mais il y aura quelque modification, et on pourra conjecturer que le fluide galvanique * séparé dans le muscle, est différent de celui séparé dans le nerf.
- Parmi tous ceux qui ont fait des expériences galvaniques , aucun ne nie qu’on modifie les phénomènes en appliquant l’arc sur l’animal ; Rùnhold examine comment cela se fait. Quoique très-persuadé de cette modification dans l’arc, il expose lés doutes qu'il a sur la qualité changée , et ne se charge pas de les lever : il aime mieux s’occuper de la direction du fluide qui circule dans l’arc, et qui est toujours la même, d’après
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- les phénomènes galvaniques. Car, outre la saveur qui ne cesse pas dans la langue, outre cette douleur pulsative qu’Humboldt a sentie trois ou quatre fois, après avoir appliqué l’arc sur les parties vésicatoriées : cette même douleur prouve, par son retour, la présence constante du fluide, puisqu’elle subsiste toujours, tant que l’arc reste appliqué ; quelle diminue, lorsque l’incitabilité languit, et qu’elle revit, lorsqu’elle est provoquée par l’huile de tartre. D’autres expériences, que rapporte Reinhold, prouvent que le fluide galvanique ne jouit pas de la même faculté excitative, dans tout le contour de l’arc. Elles prouvent aussi que ce fluide peut se porter dans les nerfs, en haut et en bas; mais qu’il descend plus facilement, et que par cette voie les phénomènes galvaniques sont plus forts.
- Dans la récapitulation de son opinion sur le fluide galvanique, Reinhold. donne l’explication de quelques-uns de ses phénomènes. Il explique, par exemple, comment les nerfs agissent pour le mouvement et le sentiment; comment les contractions ont lieu dans une partie organisée tirée d’un animal, et préparée suivant la méthode qui a été décrite; d’où viennent les phénomènes galvaniques qu’on observe, lorsque les armatures s’éloignent réciproquement. Il finit par quelques détails explicatifs et relatifs à l’expérience de
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- DU GALVANISME. 193 de la ligature pratiquée sur les muscles des grenouilles , avec l’application des armatures. Sa conclusion définitive, et dont il souhaite avoir convaincu ceux qiri auront lu son ouvrage, c'e st quele fluide galvanique, s'il existe , est d'une autre nature que le fluide électrique, et qu'il n'est fourni que par tin être animé.
- Huitième section. §. XXVI. Le sujet de cette section est l’exposition des différentes hypothèses des auteurs sur le fluide galvanique ; hypothèses que Reinhold. réduit à deux classes , relativement au siège qu’ils assignent à la cause des phénomènes : ces classes appartiennent, la première, à l’animal même qui est à galvaniser; la seconde, aux substances appliquées sur son corps , ou à l’arc. Comme plusieurs attribuent à l’électricité les phénomènes galvaniques , Reinhold fait une nouvelle division, eu égard à l’opinion de ceux qui pensent que le fluide galvanique et l’électrique sont les mêmes, et de ceux qui croient que le premier diffère du second. Il range, dans la première division, Galvani, Aldini, Valâ, Corradori, Volta anciennement, Schmuck, Voigt et Hufeland; et dans la seconde division, Fowler et Humboldt. Il fait deux subdivisions de celle-ci, et place
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- dans la première Volta, Pfaff, Reil anciennement, Wdis, Telia et Monroo; dans la seconde, Crève et Fatroni. Les autres autei/rs n’ayant pas déclaré ouvertement leur opinion, Reinhold n’en parle pas.
- Nous ne le suivrons pas dans l'exposition qu’il fait des sentimens de ces différens auteurs, parce qu’en donnant une connoissance particulière de leurs ouvrages, nous parlerons en même-temps de leur doctrine, et des différentes hypothèses qu’ils ont imaginées sur la nature du fluide galvanique, comme nous l’avons déjà fait en traçant les travaux de Galvani.
- Les deux dissertations dont nous venons de présenter l’extrait, et qui forment un ensemble de 107 pages in-4.0, caractère petit~romairt, ne laissent, comme on l’a vu, rien à desirer sur tout ce qui regarde le galvanisme, depuis son origine, jusqu’au temps oii l’auteur de ces dissertations a écrit. Il cite même beaucoup d’expériences , beaucoup d’ouvrages qui n’avoient pas encore paru imprimés, lorsqu’il a écrit, mais dont il avoit eu une connoissance particulière. Voilà pourquoi nous avons cru devoir faire connoître ces dissertations avant les travaux de Fowler, de Volta, à'Humboldt et autres, dont nous allons nous occuper. Nous ferons même, à
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- l’égârd d’Humboldt, l’observation que Reinhold n’a parlé de ses expériences que d’après l’original allemand ; et que quand il a publié ses dissertations , la traduction françoise du C. Jadelot n’a-voit pas encore paru. Aussi suivrons-nous cette traduction, dans le détail que nous donnerons bientôt des travaux galvaniques d'Humboldt t dont nos lecteurs ont déjà sans doute une connoissance assez distincte, d’après le contenu des deux dissertations de Reinhold.
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- CHAPITRE VIII.
- Extrait de l'ouvrage de M. Fowler sur le galvanisme; de ceux de MM. Crève etFabroni, . sur l’irritation métallique , et des .expériences du C. Boissier 3 sur le même sujet.
- l.JEx T R AIT de l'ouvrage de Fowler sur le galvanisme. Cet ouvrage, écrit en auglois, a pour titre : Experiments and observations relative to the influence latcly discovered by M. Galvani and commnoly called animal electricity ; expériences et observations relatives à l’influence découverte par M. Galvani, et qu’on appelle communément électricité animale, in-8.°, 176 pages. Ce qu’on va lire, est tiré en partie de la bibliothèque britannique , tome II, n.° 1. Mai 1796.
- « L’idée mère de la découverte la plus brillante, dit l’auteur, le germe inapperçu des plus belles productions intellectuelles, demeure dans la vaste région des possibles, jusqu’à ce qu’il rencontre dans un cerveau le sol qui lui convient, et jusqu’à ce que les circonstances concourent à son développement. Il est bien vrai qu’en général les découvertes appartiennent
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- à d’heureux hazards : mais on ne fait pas réflexion que le plus souvent ces hazards ne produisent que dans la tête des hommes de génie. Ainsi une pomme, tombant d’un arbre, suggéra au grand Newton le système de la gravitation universelle : ainsi Galilée, assis dans la cathédrale de Pise, vçit balancer lentement la lampe suspendue aux voûtes du temple -y il observe, il médite, et l’idée fondamentale, qui a procuré la mesure du temps, celle du pendule, naît de la considération des. oscillations régulières d’une
- » Peut-on, doit-on espérer qu’il en sera de mêmé de la découverte du galvanisme ? Ses phénomènes paroissent avoir quelque chose de surnaturel : on croit, en tentant, en faisant des expériences, en les répétant, qu’on viendra à bout de pénétrer dans., le grand secret de l’animalité et de la vie, : on voit l’existence, d’yn animal se prolonger en quelque sorte après sa. mort : on entrevoit comme deux morts différentes, et peu s’en faut que le moyen d’é.chapper à l’une et à l’autre, ne flatte l’espoir du spectateur, témoin des faits merveilleux que le galvanisme pré-
- Les détails préliminaires sur le galvanisme, donnés par Fôwlèr, sont suivis de Pexposé ra-. pide de l’organisation animale., considérée sous N 3
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- les rapports qui peuvent la rendre susceptible d’une influence générale, telle que celle qu’il s’agit d’examiner. Il indique d’abord la structure et la disposition générale des muscles et des nerfs : il détaillé ensuite leurs propriétés communes (i).
- On n’explique point, dit Fowler, comment lin agent extérieur met en jeu l’irritabilité. C’est là un de ces faits primordiaux, qu’on appelle lois de la nature, et sur lesquels nous manquons de données, pour bien raisonner. Fowler se contente d’indiquer les stimulans, qu’il distingue en internes et en externes : ceux - ci sont les impressions des corps étrangers solides ou liquides sur la surface des muscles : ceux-là sont divers fluides appliqués aux muscles qu’ils doivent mettre en action, tels que le sang pour le.cœur, les alimens pour l’estomach et les intestins.
- (i) On lira avec fruit, à ce sujet, un discours sur le mouvement musculaire, lu, le 13 et le ao novembre 1788, à la société royale de Londres , par Gilbl. Blanc, membre de cette société. Ce discours a été imprimé à Londres , en 1791. On en trouve un extrait très-étendu , dans le journal de médecine de Bâcher, tome XC , page 127. Il y a des recherches curieuses sur la vitalité : on pourrait les joindre aux faits et observations qui y sont relatifs , et qu’on lit dans le chapitre VI de notre ouvrage, §. I, II et III.
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- Le résumé de la discussion dans laquelle est entrée jusqu’ici l’auteur, est qu’il y a dans l’animal musculo-nerveux deux systèmes d’organes bien différens, obéissans chacun à line influence particulière, l’irritabilité pour le muscle, la sensibilité pour le nerf. Ces deux influences se modifient réciproquement : elles sont tantôt dépendantes , tantôt indépendantes l’une de l’autre ; et la dernière, la sensibilité, est en rapport im« jmédiat avecl’ame. Tel étoit l’abrégé de nos con-noissances sur cette partie de l’organisation animale , à l’époque oii de nouveaux faits, de nouvelles expériences ont fait naître et produit une influence nouvelle, par la découverte du galva-
- Aussi les savans Italiens, qui multiplièrent les. expériences à ce sujet, n’hèsitèrent point à attribuer à l’électricité ordinaire tous les effets divers, qu’ils observèrent ; et poussant plus loin l’analogie, ils se crurent autorisés à comparer ces 'deux systèmes nerveux et musculeux, aux deux surfaces extérieure et intérieure de la bouteille de Leyde, entre lesquelles, selon la théorie de Franklin, il existe, lorsqu’elle est chargée, des états opposés d’électricité, l’une des deux 'faces étant électrisée positivement, et l’autre, négativement. Il en est de même du nerf et du muscle disent les physiciens d’Italie, par la suite d'une
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- certaine faculté de l’organisation animale, en vertu de laquelle l’un des deux systèmes se charge aux dépens de l’autre; faculté dont les poissons électriques, la torpille et l’anguille de Surinam, offrent déjà des exemples, même au milieu d’un liquide conducteur d’électricité.
- Cependant le phlegme écossois , sans admettre ni rejeter l’hypothèse suggérée par la vivacité italienne, entreprend de la soumettre au scrutin le plus sévère. Est-ce bien le fluide électrique qui est mis en jeu? Agit-il comme dans la bouteille de Leyde? Sont-ce les nerfs, les muscles, les vaisseaux organisés qui propagent cette influence? Ces questions, et bien d’autres accessoires, sont approfondies dans l’ouvrage de Fowltr, et la nature y est interrogée avec finesse et persévérance.
- L’auteur, après avoir tracé en peu de mots Fhistcire de la découverte, confirme d’abord ce que les physiciens d’Italie avoient déjà reconnu, savoir, que les métaux sont exclusivement les agens de ces expériences, et que le contact de deux métaux différens est une circonstance essentielle. Certains cas, oii un métal employé seul a produit des contractions, s’expliquent, ou parce que l’animal étoit alors vivant, et que le contact lui causoit de la douleur; ou, parce que le métal, pur en apparence, étoit réellement
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- DU GALVANISME. 101 allié, ou renfermoit quelque soudure (i). L’association des deux métaux n’est pas indifférente ; le zinc d’un côté, en contact de l’autre avec l’or ou l’argent, semble produire des effets plus marqués. Fowler a fréquemment réussi à exciter, avec ces métaux, des contractions, plus de vingt-quatre heures après qu’elles avoient cessé, en armant le nerf avec l’étain, et en employant quelque autre métal pour établir le circuit, depuis l’armature jusques au muscle.
- Il a trouvé i.° que le volume des métaux employés dans l’expérience, et l’étendue de la surface animale, mise en contact, paroissent avoir quelque influence pour augmenter les effets ; z.°que l’eau peut servir à établir une communication entre les métaux en contact, et les nerfs mis à nu; 3,° que, quant à la durée de ces phénomènes, elle varie avec la saison, avec le genre de mort de l’animal , etc. L’auteur a fréquemment excité des contractions dans une grenouille , dont la tête avoit été coupée depuis plus de trois jours.
- Mais il faut distinguer, dans l’appareil, la
- (i) Des expériences, faites depuis que Fowler a écrit , notamment par le C. Gautltrot, comme on le verra par la suite, paroissent prouver que cette circonstance n’est pas aussi importante qu’on l’avoit cru , et qu’on peut produire des convulsions galvaniques, sans qu’aucun métal entre dans l’appareil.
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- HISTOIRE fonction d’exciter ou mettre en jeu l’influence galvanique, d’avec celle de la conduire ou de la transmettre. Fowler a étudié en particulier cette faculté conductrice; et il a apperçu beaucoup d’analogie entre cette influence et l’électricité : les métaux sont d’excellens conducteurs, mais non les oxides métalliques (i). Les sels, qui ont ces oxides pour base, sont des conducteurs médiocres.
- Les substances, qui ne conduisent pas l’électricité, ne laissent pas non plus de passage à l’influence en question, à moins qu’elles ne soient humides. Elle paroît traverser la substance des métaux, lorsque leur surface est recouverte de cire , ou de quelque autre matière non-conductrice. Elle se transmet facilement au travers des chaînes d’or ou d’argent ; mais plus difficilement à travers celles de laiton, à moins qu’elles ne soient fortement tendues. Cette tension produit, entre les anneaux, un contact plus parfait,
- (i) On appelle oxides, dans la nouvelle nomenclature chimique, les combinaisons des métaux avec le principe oxigène, qu’ils puisent, ou dans l’air, ou dans l’eau, ou dans les acides, et qui les convertit en une matière pulvérulente et diversement colorée , selon le métal d’où elle provient, et suivant la dose d’oxigène qu’il s’est appropriée. On appeloit anciennement cette modification dis métal, chaux métallique.
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- DU GALVANISME, ioj et qui est nécessaire ; car la moindre couche d’air oppose à cette influence une barrière insurmontable. La température du conducteur peut varier, dans certaines limites, sans que les effets s’en ressentent. La glace bien sèche n’est pas conductrice. On peut exciter les contractions, sans écorcher la grenouille ; il suffit de la poser sur du zinc ou de l’étain, de la toucher quelque part avec de l’argent, et de mettre en contact le zinc et l’argent. Le tout réussit également, lorsque les trois corps sont plongés dans l’eau.
- Des doutes se sont élevés sur la nécessité que le muscle soit compris dans le circuit: quelques expériences avoient semblé indiquer que cette condition n’est pas essentielle ; mais Fowler a reconnu, presque sur-le-champ, qu’elle l’est; et que l’incertitude à cet égard provenoit de ce que , dans certains cas , l’humidité, qui accompagne les surfaces, fait, sans qu’on s’en doute, la fonction de conducteur : c’est sur-tout de cette circonstance, qui fait contribuer en même-temps les systèmes nerveux et musculaire aux effets de l’influence, que le D. VaUi avoit tiré sa comparaison . de ses effets avec ceux de la bouteille de Leyde. Notre auteur accable cette hypothèse d’objections, auxquelles il nous semble difficile de répondre. Dans la bouteille de Leyde, dit-il, un seul conducteur appliqué aux
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- deux surfaces, rétablit l’équilibre entre elles par l’explosion ordinaire; dans l’influence de Gal-vani, il faut toujours deux substances métalli-liques. Une grenouille, placée dans un bain électrique, inondée, pour ainsi dire, d’électricité, soit négative, soit positive, n’en est pas moins sensible au galvanisme.
- L’équilibre, entre les deux armures de la bouteille , se rétablit également , en appliquant l’excitateur à l’une ou à l’autre; cette indifférence n’existe pas dans la grenouille préparée : la contraction est beaucoup plus forte, si on applique le_ conducteur d’abord au muscle, ensuite à l’armure du nerf. Valli citoit, en faveur de son hypothèse , qu’il faut laisser à l’appareil animal un certain intervalle de temps pour reprendre la faculté de se contracter, après une contraction opérée, parce que la bouteille de Leydese recharge, disoit-il, pendantcetintervalle.: Fowler répond que le même phénomène se présente dans les expériences qu’on fait sur l’irrita.-bilité du cœur séparé de l’animal ; l’excitation qui la produit doit aussi agir par intervalles, et cependant on ne dira pas que l’irritabilité soit la même chose que le galvanisme, et que le cœur soit aussi une bouteille de Leyde. Cette partie du système du physicien d’Italie pour-roit s’écrouler, sans qu’il s’ensuivît que l’éleç-
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- triché et le galvanisme sont deux agens diffé-rens. Tant d’analogies les rapprochent, qu’on est bien tenté de les croire identiques ; mais plus cette tentation est forte., plus le philosophe écossois se précautionne contre elle ; et voici les ar-gumens dont ils s’environne.
- Les phénomènes électriques ont toujours, pour cause première, le mouvement ; au lieu que dans le galvanisme le mouvement est l’effet et non la cause. Dans les premiers, une seule substance conductrice suffit ; il en faut deux pour manifester l’influence du galvanisme. Dans les animaux électriques , tels que la torpille, les effets sont soumis à l'influence de leur volonté ; ils en sont indé-pendans, lorsqu’il s'agit de l’influence galvanique : certains conducteurs excellens pour l’électricité, le sont médiocrement pour le galvanisme, et vice versa; les électromètres les plus subtils ne l’indiquent point. Il est insensible au tact ordinaire. On sait que l’électricité épuise l’irritabilité; le galvanisme, au contraire, semble l’accroître. Fowltr nous dit, à cette occasion , qu’une grenouille , morte depuis assez long-temps, et qui, pendant un quart-d’heure, ne donna aucun signe de sensibilité à l’influence, commença finalement à avoir des contractions, qui s’accrurent ensuite. L’électricité dispose les muscles à la putréfaction ; le galvanisme, au contraire, semble diminuer
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- cette tendance. On dit que l’électricité, passant au travers de la sensitive, occasionne, dans ses feuilles, des mouvemens particuliers à cette plante; le galvanisme, que l’auteur a essayé d’appliquer sur les mêmes feuilles, n’a pas produit cet effet. La torpille ne paroît pas elle-même être affectée des effets électriques qu’elle produit sur les autres animaux; ceux, au contraire, sur lesquels se manifeste le galvanisme, en éprouvent eux-mêmes toute l’influence.
- Notre auteur ajoute, aux traits de dissemblance qui existent entre le galvanisme et l’électricité, un fait particulier, qui offre une exception à l’indépendance réciproque du galvanisme et de la volonté; indépendance que ses expériences lui ont donné occasion de remarquer, dans certains cas. Des grenouilles bien portantes, et, pour ainsi dire, prévenues, se laissoient rarement émouvoir par les procédés ordinaires; mais, dès qu’on avoit coupé leurs nerfs sciatiques, dès que l’influence de la volonté sur le$ mouvemens des extrémités étoit ainsi suspendue, les contractions produites par le galvanisme, étôient aussi énergiques, que si les jambes eussent été complètement séparées. Cet effet n’étoit point dû au contact du métal avec la plaie; car on évitoit à dessein ce contact, et lors même qu’il avoit lieu sur le nerf mis à nu, la contraction
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- DU GALVANISME. 107 ne s’ensuivoit point, à moins que le nerf n’eût été coupé. On sait que la volonté n’a aucune influence pour arrêter les contractions produites par l’électricité; on voit ici, au contraire, que les mouvemens galvaniques sont d’autant plus énergiques, que la volonté peut moins les contrarier. Si ces effets ne sont pas électriques, et qu’il faille toujours l’intervention des métaux pour les produire, c’est donc, dit l’auteur, à quelque propriété nouvelle, el encore inconnue, de ces derniers, qu’ils sont dus. Mais, d’un autre côté, la présence des métaux n’est pas la seule condition requise; il faut encore l’organisation animale dans un état donné. Telles ont été longtemps les seules conclusions que Fowler ait pu .déduire des expériences que renferme sa première section.
- Il examine, dans la seconde, si le magnétisme (minéral) a quelques rapports avec l’influence du galvanisme; il trouve que l’aimant, tant naturel qu’artificiel, excite des contractions, mais seulement comme le feroit une mine de fer, ou un barreau d’acier non aimanté. Il agit donc comme métal, et non point comme aimant.
- La troisième section annonce un vaste sujet: c’est la recherche des rapports qui peuvent exister entre l’influence du galvanisme, et les sys-
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- têmes musculaire, nerveux et vasculaire des animaux. L’auteur est loin d’entreprendre àa traiter à fond ces trois sujets; il les considère seulement comme une classification commode, pour ranger les faits que lui présentent ses expériences. Comme il est impossible, au plus adroit anatomiste, de séparer en entier les muscles des nerfs, et par conséquent de décider, dans un cas donné , si l’influence a passé par l'un ou par l’autre de ces deux systèmes, Fowler a essayé le galvanisme sur des classes d’animaux, qui passent ( chez quelques physiologistes ) pour n’avoir ni cerveau ni nerfs, parce qu’on ne peut facilement découvrir chez eux ces organes ; tels que les vers de terre et les sangsues. L’auteur prévient, en même-temps, que son opinion est entièrement opposée à celle de ces physiologistes.
- Il a vu que les vers, mis sur un plateau de zinc, n’éprouvent des contractions, au contact de l’argent, qu’à la manière des grenouilles en vie, c’est-à-dire, dans les endroits où Us ont été préalablement blessés et guéris ; ou bien lorsqu’on les expose à l’influence, sans qu’ils soient sur leurs gardes, comme lorsqu’on les suspend en travers, sur une baguette d’argent, et qu’on approche à la fois leur tête et leur queue du zinc ; ils paraissent éprouver alors
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- DU GALVANISME. 109 une secousse qui va de la queue à la tête. On peut produire le même effet sur les sangsues. Il devient très-frappant, lorsqu’on met un ver ou une sangsue sur une pièce d’argent, qui repose sur un platean de zinc. L’animal alors pa-roît évidemment être repoussé par une sensation qui lui est pénible, chaque fois qu’il essaie de reposer, sur le zinc qui l’environne, la partie antérieure'de son corps; il se fatigue en vains efforts pour sortir de cette position , dans laquelle aucun obstacle visible ne semble le retenir ; si on le place sur le zinc, il paroît éprouver de même une sensation désagréable, chaque fois que les tâtonnemens ordinaires, qui précèdent sa marche, amènent sa tête en contact avec l’argent.
- Tous ces faits peuvent prouver seulement que ces animaux ont des nerfs, et ne poin? démontrer que l’influence agit sur les muscles seuls, sans l’intermède des - nerfs. Ceux - ci paraissent d’ailleurs beaucoup plus immédiatement intéressés dans tous les phénomènes du galvanisme. Un objet de recherche, assez piquant, se présen-toit ici ; c’étoit de savoir si tous les nerfs sont également soumis à cette influence, ou bien si ceux-là seuls, qui sont sous l’empire de la volonté, l’éprouvent exclusivement. Le cœur est un des muscles, dont l’action est en meme-O
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- temps la plus puissante et la plus indépendante de la volonté. Ce muscle, très-irritable, fut séparé d’un animal, récemment tué ( c’étoit une vache ), et préparé à la manière des grenouilles. On arma le nerf intercostal , tandis que les oreillettes battoient encore; le contact des métaux parut n’avoir aucune influence sur ces bat-temens, et on ne lés renouveloit jamais, lorsqu’ils avoient cessé. La grande influence des passions de l’ame, celle de certains dérange-mens du cerveau sur ces battemens , ayant fait présumer à l’auteur un résultat différent de celui que nous venons d’indiquer , il ne se rebuta point : et après une suite d’essais inutiles sur les animaux à sang chaud, il parvint à renouveler, par le galvanisme, les battemens du cœur d’une grenouille, une heure après qu’ils avoient \essé ; cette expérience lui a réussi plus de vingt fois. La manière la plus sûre d’opérer, est de placer le cœur seul sür un plateau de zinc : on réussit aussi avec le cœur d’un chat , noyé dans l’eau tiède, et non avec celui d’un autre chat mort dans l’eau froide : l’auteur essaya vainement de transmettre l’influence à des petits chats encore dans le ventre de leur mère, qu’on venoit de faire périr. L’estomac et les intestins ji’ont jamais paru susceptibles de cette même influence.
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- DU GALVANISME. zii Ses effets, sur les organes des sens, avoient déjà été découverts par le célèbre Folia; on connoissoit la saveur désagréable qu’éprouve la langue, lorsqu’on met en contact deux métaux différens, dont l’un repose sur sa surface supérieure, et l’autre touche l’inférieure; c’est surtout avec le zinc et l’or, que cette saveur est la plus forte. Fowler, en la comparant à celle que produit l'électricité sur le même organe, a trouvé qu’elles ne se ressemblent point. La température influe sur le succès de ces expériences; la plus convenable est celle de la langue elle-même; mais la température ( dans certaines limites) na paroît influer, qu’en tant qu’elle diminue la sensibilité de l’organe ; et à cet égard le froid ou la chaleur , c'est-à-dire, une température trop basse ou trop haute produit le même effet, celui d’amortir et de. détruire même la sensation, mais non sa eause. L’irritabilité, proprement dite, n’est pas anéantie par le froid ; car l’auteur nous apprend que des cuisses de grenouilles se contractoient encore très - bien, après ayoir passé quelques heures sur un morceau de glace. En revanche, la vie et l’irritabilité des grenouilles les plus vigoureuses , est complètement détruite en peu de minutes, lorsqu’on les met dans de l’eau échauffée à to6.° (33-° de R. )
- L’auteur, en introduisant dans ses deux oreilles O z
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- deux métaux différens, entre lesquels ilavoit établi une communication, crut éprouver une secousse dans la tête, au moment du contact des métaux. Il ne put affecter, parle galvanisme, lesènsdu tact ordinaire, ni celui de l’odorat; mais il trouva que l’effet produit sur la vue par le galvanisme, étoit très-remarquable. Il mit un morceau d’étain en feuille sur le bout de sa langue, et l’extrémité arrondie d’un porte-crayon d’argent contre l’angle interne de l’œil : après avoir attendu que ces parties fussent assez accoutumées à ce contact, pour qu’il pût s’appercevoir de quelque sensation, il mit en contact l’étain et l’argent : il apperçut à l’instant un éclair d’une lumière pâle, et sa langue fut affectée de la sensation que produit ordinairement le contact de deux métaux. Le’zinc et l’or rendent l’éclair beaucoup plus vif.
- On peut produire le même effet , en insérant l’un des deux métaux dans le nez; parce que la branche nazale de la cinquième paire de nerfs, qui se réunit avec une branche de la troisième, occasionne une sympathie entre les deux organes ; le morceau de zinc doit être sur la langue dans cette expérience. On voit même, lorsqu’on la répète avec les précautions convenables , l’iris se dilater, ou la pupille se contracter , chaque fois que les métaux se touchent. On peut aussi procurer la sensation de
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- l’éclair par un procédé encore plus simple ; c’est en mettant l’un des métaux sous la lèvre supérieure, entre elle et la gencive, et l’autre sur la langue, ou entre la gencive et la lèvre infé- ; rieure. Alors la sensation, au lieu de se borner à l’œil, s’étend à toute la face. C’est à M. G. Humer, d’Yorck, qu’on doit cette expérience. Le Dr. Rutherford a remarqué que la sensation avoit lieu à l’instant de la séparation, comme à celui du contact des métaux. On éprouve aussi une sorte de chaleur sur la langue, dans le même moment.
- Il est encore, dans le corps humain, unsys-tême d’organes, qui, sous le rapport d’une ramification indéfinie, a de l’analogie avec celui des nerfs. C’est le système des vaisseaux sanguins , tant de ceux qu’on nomme artères, et qui. portent le sang du cœur jusqu’aux extrémités , que de ceux qiCon nomme veines, qui rar mènent ce fluide des extrémités au cœur. Fow-ler voulut essayer, si le galvanisme influeroit sur ce système vasculaire. Il plaça le pied d’uns grenouille vivante,, ainsi qu’on le dispose lorsqu’on veut observer la circulation du sang* c”est-à-dire, qu’il plaça très-tendue, sur un fort microscope, la membrane qui sépare les phalanges. Les divers courans, que formoient le-O 3
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- sang se découvraient très-bien, et parurent à l’auteur s’accélérer à chaque application du galvanisme. D’autres observateurs, qu’il avoit invité pour l’aider, ne trouvèrent pas que cette accélération fut sensible. Mais cette expérience est si délicate et si compliquée, sur-tout à cause de l’inflammation que son appareil cause toujours dans les parties qui y sont soumises, qu’il n’est pas surprenant que son résultat soit incertain ; ce qui engagea Fowler à essayer un autre procédé. Après avoir coupé le nerf sciatique d’une grenouille jusqu’au genou f il souleva et isola, sur un papier enduit de cire, l’artère crurale, et la plaça dans le circuit de l’argent et du zinc. Le contact des métaux ne produisit point de contractions dans les muscles ; une étincelle, ou même un simple courant électrique , appliqué aux mêmes vaisseaux, excita de fortes contractions. Malgré cela, l’auteur ne conclut pas de ces premiers faits, que le système des vaisseaux sanguins soit absolument insensible au galvanisme.
- Il rechercha ensuite quelle direction suivoit cette influence, lorsqu’on l’appliquoit au système nerveux : il trouva qu’elle agissoit aussi évidemment dans le sens , par lequel elle remonte de l’extrémité des nerfs vers leur origine,
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- que dans le sens opposé, dans celui selon lequel se transmet l’influence de la volonté sur les muscles qui lui obéissent.
- Fowler emploie dans sa quatrième section l’influence galvanique pour déterminer un point de physiologie fort contesté , savoir: quelle est la source d’oii les pouvoirs respectifs des nerfs et des muscles découlent ; car les uns la placent exclusivement dans le cerveau, et les autres lui donnent pour siège le système artériel,et le fluide qu’il contient, qui, selon l’expression du célèbre docteur Monro, donne le ton aux nerfs, et les dispose à transmettre les impressions. Il falloit donc, pour résoudre la question, interrompre la communication des muscles , tantôt avec le cerveau, tantôt avec les artères, et observer les effets qui en résulteraient. Il est à remarquer que cette interruption devoit être seulement partielle ; car si elle eût été complexe , l’organisation aurait été trop altérée, pour que le résultat n’induisît pas en erreur. Les jambes , dont le nerf sciatique avoit été coupé, devinrent paralytiques ; et ces mêmes jambes » immédiatement après l’opération , se contrat tèrent vigoureusement par l’application des métaux ; l’expérience répétée sur quatre grenouilles , tuées à diverses époques (depuis deux jusqu’à neuf jours, après l’amputation du nerf), ne démontra point que le pouvoir contractile fût plus.
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- permanent, ou plus énergique dans les jambes dont les nerfs étoient demeurés intacts, que dans celles dont les nerfs avoient été coupés.
- Ces expériences furent répétées sur des grenouilles, qu’on avoit laissé vivre assez long-temps, après l’amputation du nerf, pour que la plaie fut bien cicatrisée. Il parut qu’il n’y avoit pas eu de véritable régénération du nerf, et que la substance gélatineuse, qui s’étoit formée entre ses extrémités coupées, et sembloit les rejoindre, n’étoit point une substance nerveuse véritable. La jambe, dont on avoit coupé le nerf, continua de se contracter plus long-temps que l’autre, quoique d’une manière moins énergique.
- Dans d’autres expériences, du même genre , le résultat fut très-différent : les contractions furent à peine apperçues, quoique l’apparence des muscles dans les membres , dont les nerfs avoient été coupés plus de six semaines auparavant, fût précisément la même, que dans ceux qui n’a-voient subi aucune opération. Ces muscles paralysés , par l’amputation du nerf, ne répondoient pas mieux à l’action de Pélectricité, qu’à celle du galvanisme.
- Les mêmes essais, faits sur les nerfs, furent répétés par notre auteur sur les artères, à la différence qu’il suppléoit à l’amputation par une simple ligature : il lui parut que l’interruption de la
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- DU GALVANISME. 117 circulation du sang avoit encore plus d’effet pour détruire l’action du galvanisme, que n’en avoit celle de la communication avec le cerveau par l’amputation du nerf. Mais comme ces deux genres d’expériences avoient été faites sur des individus différens , il restoit des doutes sur les conséquences à tirer de leur comparaison. Pour lever ces doutes , Fowltr coupa, d’un côté, dans la même grenouille, le nerf sciatique, et de l’autre lia l’artère crurale ; deux jours après , il tua l’animal. Dans les vingt - quatre premières heures qui suivirent sa mort , la jambe, dont le nerf avoit été coupé, parut se contracter avec plus de vigueur. Après cette période, la différence entre l’une et l’autre fut douteuse; mais en aucun temps les contractions ne furent plus fortes dans la jambe, dont l’artère étoit liée, que dans celle dont le nerf étoit coupé.
- Chez une autre grenouille traitée de même, et tuée le 6e. jour après les opérations, les contractions furent très-foibles dans la jambe dont l’artère était liée, et cessèrent entièrement environ vingt-deux heures après sa mort ; mais dans la jambe, dont on avoit coupé le nerf, elles parurent aussi fortes qu’elles le sont dans une jambe ordinaire, et la sensibilité au galvanisme dura plus de deux jours au-delà de l’époque à laquelle elle avoit cessé dans l’autre jambe. Ces expériences, répétées sur
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- trois autres grenouilles, eurent le même succès, et ne permirent plus de douter que l’interruption de la circulation n’entraînât une diminution proportionnée', dans la sensibilité des nerfs et des muscles à l’influence galvanique.
- Il falloit essayer si cette proportion seroit vraie dans tous les degrés, c’est-à-dire, si un accroissement, dans l’action artérielle, produiroit une augmentation dans la sensibilité galvanique. L’inflammation d’une partie quelconque est toujours accompagnée d’accélération dans le mouvement du sang : l’auteur produisit donc une inflammation artificielle sur l’une des jambes d’une grenouille ; cette jambe se contracta alors par des procédés galvaniques, qui ne produisoient aucun effet sur l’autre jambe ; la même chose eut lieu sur une autre grenouille , deux jours de s'iite après sa mort. Cinq autres expériences eurent encore un résultat semblable. Fowler explique la différence de tous ces résultats uniformes, avec çeux des deux expériences, dans lesquelles la faculté de se contracter avoir paru détruite par l’amputation du nerf ; il croit que, dans ce dernier cas, quelques-unes des artères , qui vont au nerf, et l’accompagnent dans ses ramifications , avoient été coupées avec lui , et avoient ainsi changé essentiellement son organisation.
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- Il attaque ici l’opinion de Fontana, qui croit, que les nerfs ne se rétablissent jamais, après l’amputation , de manière à ce que la partie intermédiaire soit une matière véritablement nerveuse. Il cite , contre cette opinion , une expérience du docteur Monro, dans laquelle la reproduction du nerf sciatique d’une grenouille parut parfaite au bout d’une année après l’amputation. L’exemple d’un capitaine de vaisseau qui, après avoir perdu l’usage d’un bras, à la suite d’un coup d’arme à feu, dont la balle avoit coupé une branche des nerfs cervicaux , reprit cet usage au bout de deux ans et demi, appuie encore le système de la reproduction des nerfs (1). L’auteur conclut de la série de faits, que nous avons exposés plus haut, que le système artériel contribue , pluî essentiellement que le cerveau lui-même , à entretenir la disposition -des muscles et des nerfs aux contractions galvaniques.
- Ces conclusions ont conduit Fowler à une suite d’expériences fort ingénieuses, pour connoître jusqu’à quel point est fondée l’opinion de Fontana., de Hunier, et d’autres physiologistes, qui attribuent au sang une espèce de vie particulière, sur laquelle les poisons narcotiques, l’opium sur-tout, ont un
- (1) Les expériences de MM. Cruikslank et Haighton, ont mis cette vérité hors de doute. (Phil. trans. 1795.)
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- effet très-énergiqiie, tandis qu’ils n’en ont presque aucun sur les muscles ou les nerfs proprement dits, et considérés indépendamment du sang qui les alimente. Les expériences de Fontana, à l’appui de cette opinion , sont presque innombrables.
- Notre auteur prépara une forte solution d’opium dans l’eau (i), et après avoir choisi deux grenouilles de même force, il priva l’une de tout son sang en lui ouvrant les principales veines et artères , et substitua à ce sang une injection d'eau, à laquelle il ajouta 40 gouttes de cette solution d’opium. Il se contenta d’injecter dans le sang’ de l’autre grenouille, par une incision faite au cœur, la même dose d’opium. La première perdit son irritabilité plus d’une heure avant la seconde, et elle cessa d’être sensible au galvanisme plus d’un jour avant l’autre. L’expérience fut répétée d’une autre manière; c’est-à-dire, qu’après avoir préalablement assommé deux grenouilles, et avoir injecté dans l’une 13 gouttes seulement d’opium à la place du sang, et en avoir mêlé autant avec le sang dans l’autre, à l’instant ou l’injection eut lieu, le cœur de chacune des grenouilles devint blanc et perdit son irritabilité. Au bout de 48 heures,
- tier avec deux onces et demie d’eau , et filtrée , après une digestion de douze heures auprès du feu d’une cheminée,.
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- la première avoit perdu presque toute sa sensibilité au galvanisme , et la seconde faisoit des bonds sur la plaque de zinc. Après 72 heures, les contractions galvaniques cessèrent dans la première, et étoienf encore très-fortes dans la seconde : enfin au bout de 96 heures , la première étoit en putréfaction, et les jambes de l’autre étoient encore sensibles au galvanisme.
- Fowhr, après avoir multiplié et varié ces expériences , suivant les détails qu’il rapporte, mais qui nous meneroient trop loin , finit par dire: « Il paroît donc que la conclusion, tirée par » Fontana, de ses nombreuses expériences faites » avec l’opium, savoir, que la circulation du sang » et des humeurs dans l'animal, est le véhicule de » lopium, et que, sans cette circulation , il nauroit » point d'action sur les corps vivons , est précisément » opposée à celle que je me crois autorisé à » tirer des expériences que je viens de rappor-» ter, puisque x°. les parties les plus affectées » par la solution d’opium n’étoient pas celles » dans lesquelles la circulation demeuroit la » moins troublée , mais celles dans lesquelles » elle avoit été presque entièrement interrompue ; » puisque 20. sur deux membres dans lesquels la » circulation étoit demeurée égale et entière, » l’action de l’opium avoit été rendue inégale, en » interrompant la communication nerveuse de
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- » l’une d’elles avec le cerveau, où l’on avolt ap-» pliqué l’opium. »
- Dans un appendix, Fowler rapporte quelques faits isolés qui se sont présentés , dans le cours de ses expériences, et qui ne'sont pas sans intérêt. i°. Il remarque que la présence de la peau conserve long-temps la sensibilité galvanique aux muscles plongés dans l’eau, d’où il conclud que ce liquide ne transude pas au travers des pores ; i°. il trouve aussi que l’effet du galvanisme est très-différent, lorsqu’il est appliqué àHn nerf particulier, ou bien au cerveau, ou à la moelle de l’épine. Dans le premier cas, tous les muscles, auxquels le nerf se distribue, éprouvent la contraction ; dans le second cas, aucun muscle n’est mis en mouvement, excepté ceux qui tirent leurs nerfs de la partie immédiatement touchée par les métaux. 30. Enfin il croit pouvoir conclure, de quelques expériences faites avec Félectrophore, et dont il donne les détails, que l’influence galvanique n’a aucun rapport avec l’électricité.
- Il a inséré à la fin de son ouvrage une lettre de M. Robison, professeur de physique de l’Université d’Edimbourg, qui lui communique plusieurs expériences curieuses sur l’influence galvanique, presque toutes exécutées sur lui-même. Il l’a éprouvée d’une manière très-forte, par exemple, en appliquant l’un des métaux sur une blessure
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- DU GALVANISME. qu’il s’étoit faite par accident (i), comme aussi sur le nerf d’une dent cariée. Il forme une espèce de batterie galvanique avec des pièces d’argent et de zinc , disposées alternativement les unes sur les autres; le côté du rouleau appliqué sur la langue cause une sensation désagréable. Il découvre par le goût les soudures, dans les bijoux d’or et d’argent. Enfin il montre par une expérience fort curieuse, que l’on éprouve la sensation galvanique, lors même que les métaux sont encore à quelque distance. « Mettez, dit-il, une plaque de zinc entre » l’une de vos joues et les gencives ; placez de » même une pièce d’argent vis-à-vis, en dedans » de l’autre joue ; insinuez une baguette de zinc » entre la plaque de zinc et la joue d’un côté, » et une baguette d’argent entre l’argent et la » joue de l’autre côté ; approchez ensuite lente-» ment, jusqu’au contact, les extrémités des deux » baguettes hors de la bouche, vous éprouverez » une vive sensation dans les gencives : vous
- (t) M. de Saussure, notre savant àmi, voulut bien, à notre demande , et avant que ces expériences nous fussent connues , faire l’essai du galvanisme sur la peau délicate qui succéda à l'épiderme, enlevé par un vésicatoire qu’on lui avoit appliqué, à l’occasion d’une incommodité passagère; mais il n’en éprouva aucune sensation particulière. Note des rédacteurs du journal britannique.
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- » appercevrez un éclair un instant avant le contact, » et vous éprouverez la même sensation, en sé-» parant de nouveau les extrémités des baguettes, » lorsqu’elles seront à une petite distance. On ne » sent rien, si on place les baguettes de manière » que celle d’argent touche le zinc, et vice versa. » On peut se dispenser d’employer des baguettes » métalliques, et obtenir les mêmes sensations, en » faisant simplement toucher, dans la bouche, les » métaux placés à droite et à gauchê contre les » gencives, qu’il faut d’ailleurs avoir soin de ne » pas trop presser. »
- Ici se termine l’ouvrage, dont on nous accusera peut-être d’avoir donné une trop longue analyse , mais qui n'aura paru telle, qu’à ceux pour qui les expériences aussi curieuses qu’intéressantes, qu’il renferme, n’auroient aucun attrait. Deux excellens physiciens, M. le Baron de Humboldt, en Allemagne , et M. Wells, à Edimbourg, ont travaillé, chacun de son côté, et avec succès, à pousser plus loin ces intéressantes recherches. Le rédacteur du Journal britannique a raison de regretter qu’il ne soit pas autorisé à rendre publiques des communications qu ’il doit à l’amitié du premier( i );
- (i) Les travaux de Humboldt ont été depuis rendus publics, et ils feront bientôt le sujet d’un chapitre de cette histoire.
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- DU GALVANISME, 225 il se contente d’indiquer les points sur lesquels ces Savans se sont rencontrés.
- M. Humboldt avoit trouvé que quand le circuit galvanique ainsi disposé, neçf, [inc, or, [inc, muscle, ne donnoit aucuns signes de mouvement ; ces signes reparoissoient à l’instant, si l’on humectoit le zinc avec l’haleine. Il avoit vu aussi que l’influence en question étoit tu» moyen de reconnoître, dans une substance, la présence de la plus petite quantité de charbon. M. Wells a obtenu les mêmes résultats ; seulement il borne au charbon, nouvellement fait, la faculté conductrice de cette influence dans cette substance en particulier. Il a trouvé qu’un seul métal ne peut point produire de contractions, lorsqu’il est parfaitement pur ; mais que, s’il est doucement frotté par un de ses bouts sur de l’étain ou sur de la soie, de la laine, de la peau de poisson, la paume de la main, de la cire d’Espagne, du bois, du marbre, il est alors capable de produire seul des contractions ; on observera que ce n’est pas l’électricité ordinaire qui donne lieu à ces phénomènes; carie métal frotté n’en donne aucun signe en se servant des électromètres les plus sensibles. L’humidité augmente cet effet. Si ce métal est isolé, l’effet n’en est pas augmenté. Les contractions ne sont pas produites en touchant le nerf seulement, mais en touchant ensemble le nerf et le muscle. Le métal frotté retient le P
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- pouvoir uft jour entier, même après avoir excité
- près de 200 contractions.
- En reconnoissant que ces effets ne sont pas dus aux modifications ordinaires et connues de l’électricité, M. Wells paroît cependant croire que le principe agissant est le fluide électrique. Il présume que, par le frottement, la nature du métal, relativement à l’électricité, est altérée, et l’équilibre de ce fluide troublé , en sorte que le métal, frotté à l’une de ses extrémités, joue le rôle de deux métaux différens. Il appuie cette supposition sur deux faits : l’un, que si les deux extrémités du métal sont frottées , l’effet en est considérablement diminué, et que souvent, dans ce cas, aucune contraction n’a lieu ; l’autre, que si le nerf et le muscle sont armés d’un métal différent du métal frotté, lorsqu’on applique ce dernier aux armures, aucune contraction n’est produite, soit en touchant , soit en séparant les métaux.
- Tel est le résultat des expériences de M. Wells sur le galvanisme ; nous n’avons rien à ajouter à ce sujet. Il suffira de dire que M. Wells est disposé à regarder tous les phénomènes de cette découverte, comme appartenans à l’électricité (1).
- (1) Voyc^ , au surplus , Philosophical transactions , etc., de la société royale de Londres , pour l’année 1795 , part.XI.', in-40,, 591 p., 29planches, art. m,ayant
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- §. IL Découverte de Crtvt sur tirritation métallique. La circonstance la plus importante, et que l’on a regardée long-temps comme absolument essentielle à la réussite des expériences galvaniques, c’est qu’il y ait dans le circuit deux métaux, et qu’ils soient de nature différente. Nous aurons bientôt occasion de faire voir que des expériences plus récentes ont prouvé que les effets de l’influence du galvanisme ne se bornent pas exclusivement aux cas de l’application des métaux. Voyons auparavant comment ils agissent, et ce que produit,l’irritation métallique.
- .Parmi les physiologistes qui se sont occupés du galvanisme, les uns ont trop accordé aux forces vitales, et les autres n’en ont pas assez apprécié l’influence. Cette grande question sera éclaircie par des recherches et des expériences ultérieures. Selon M. Creve, l’irritant découvert par Galvani appartient à la classe des irritans chimiques. Voici comme il explique les phénomènes du galvanisme (1).
- pour titre : Observations sur l’influence que produisent les contractions des muscles dans les expériences de Gai-vani t par Ch. Wtlls, D. M. F. R. S.
- (1) Voyt[ les Mémoires de la société médicale d’émular tion, tom. i,p.a36.
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- « Lorsqu’on fait communiquer deux métaux, ott un seul, avec du charbon, l’eau qui entoure le muscle ou le nerf, se trouve en partie décomposée. L’oxigène, l’un de ses élémens, ayant plus d’affinité avec le charbon ou le métal, qu’avec, l’hy-.drogène, abandonne ce dernier ; la décomposition ne s’opère que sur la quantité d’eau immédiatement en contact avec les métaux ; mais la sphère de l’influence de cette décomposition a une étendue moins limitée : l’expérience peut en convaincre. Ainsi , si vous placez dans un verre rempli d’eau un appareil métallique, si vous enfoncez ensuite la langue dans le liquide , jusqu’à près d’un pouce de distance des métaux, vous éprouverez alors l’impression âcre et astringente qui caractérise l’irritation métallique. La langue est affectée, parce qu’elle se trouve dans la sphère d’action de l’eau décomposée ; et plus elle se rapproche de l’endroit où les métaux se communiquent , plus la sensation acquiert d’intensité. » Ces apparences laissent entrevoir de quelle manière l’histoire naturelle et la' médecine peuvent s’éclairer par le secours de la chimie. Tout fait ensemble dans les sciences, observe avec raison M. Creve, et l’analyse de l’eau et de l’air , comme celle des idées, peut exercer une influence inappréciable sur toutes les connoissances physiques et naturelles. Cette grande vérité acquiert un nou-
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- DU GALVANISME. 129 veau degré d’évidence par les recherches et les heureux pressentimens de ce docteur. Des notions plus positives sur le dégagement de l’hydrogène, et sur l’effet que peut avoir sur les corps animés son passage dans l’atmosphère , l’oxidation des métaux dans le sein de la terre , mieux connue, des données plus certaines sur le galvanisme, et peut-être une nouvelle branche de moyens d® guérison dans les irritans métalliques, tels peuvent être plusieurs corollaires à tirer des nouvelles observations de M. Creve. Entrons maintenant avec Fabroni dans quelques détails sur l’action chimique des différens métaux entre eux, et sur l’explicatioa de quelques phénomènes galvaniques (1).
- §. III. Extrait dt C ouvrage de Fabroni sur l'irritation métallique. On a vu , chap. I., que quelques auteurs ont rangé parmi les phénomènes particuliers au galvanisme , celui dont parle Suider dans sa théorie des plaisirs, c’est-à-dire, la sensation qui se manifeste sur la langue à l’approche de deux métaux en contact mutuel, qui n’auroient excité aucune sensation, si on les eût appliqués séparément
- (1) Voyeç le Recueil de littérature médicale étrangère de la société libre de médecine du Louvre, t. II, p. 45 > et le Journal de physique de nivôse an 9, p. 10.
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- sur cet organe. Fabroni étoit persuadé que le même agent , qui produit une saveur inattendue dans ce cas, peut mettre aussi en contraction convulsive la fibre animale, dès qu’il vient à toucher en même temps à nu les parties sensibles et celles irritables. Mais bien loin d’attribuer avec tout le monde ces effets à un agent presque inconnu , tel que le feu électrique, Fabroni imagina d’abord qu’ils ne dépendoient que d’une opération chimique. Il fit des expériences à ce sujet, dont il rendit compte en 1791 à l’académie de Florence, et dont il croit que Brugnatelli a parlé dans son journal. Il n’est question, dans le recueil de littérature médicale étrangère, que de ce dont il a conservé le souvenir d’une manière positive.
- Différens faits qu’il observa dans différens endroits lui firent reconnoître que les métaux exerçoient l'un sur l’autre une action réciproque, et que c’étoit à elle qu’on devoit attribuer la cause des phénomènes qui s’opéroient par leur réunion ou contact. Il reconnut encore par d’autres faits que les métaux, en exerçant leur force d’attraction réciproque , dévoient diminuer d’autant la force d’aggrégation respective, et que, quoiqu’aucun d’eux séparément ne pût attirer l’oxigène de l’atmosphère ou l’ôter à l’eau, ils en acquéroient le pouvoir par leur simple attouchement mécanique , puisqu’ils passoient à des combinaisons
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- nouvelles. On avoit donc lieu de soupçonner que quelques-uns au moins des effets produits sur le corps animal par les armatures métalliques , appliquées aux nerfs et aux muscles, pouvoient s’attribuer à une opération chimique, au passage de l’oxigène d’une combinaison quelconque à une combinaison nouvelle, au développement du principe soluble ou sapide qui se manifeste si sensiblement dans. l’organe du goût.
- Fabroni ne prétend cependant pas exclure toute influence électrique, dans les faits principaux du galvanisme : il veut prouver seulement que ce principe n’a point de part au phénomène observé par Suider, et que plusieurs autres faits analogues dérivent de la même source. Il avoit remarqué, en répétant l’expérience de Suhpr, que, lorsqu’il essuyoit sa langue le plus exactement pQssïble, la sensation , qui se réveille par l’approche des deux métaux en contact, étoit diminuée au point qu’à peine pouvoit-il la distinguer, d’oii il concluoit que la salive, la lymphe, ou une humidité quelconque entre pour quelque chose dans ce phénomène ; que c’est peut-être cette humidité qui, en totalité ou en partie, forme une combinaison sapide avec le métal dont l’aggrégation est affoiblie par le. contact d’un autre métal qui a de l’affinité avec lui. Les expériences qu’il fit à ce sujet, sur différens métaux plongés dans l’eau, le. convainquirent qu’une
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- action chimique avoiteu lieu, et qu’il ne falloit pas chercher ailleurs la nature du nouveau stimulus, que dans l’expérience de Suider on appelloit galvanisme ; que c’est manifestement une combustion lente, une oxidation de métal ; combustion qui doit être accompagnée d’attraction d’oxigène , de développement de lumière et de calorique; ce développement de lumière est bien prouvé par l’expérience que Fabroni rapporte page 52 de son mémoire.
- Persuadé que la sensation de la saveur, l'émanation de la lumière, dans l’expérience de Suider, ne sont que les résultats d’une opération chimique , il s’attache à détruire les preuves physiques qu’allèguent, pour justifier leur hypothèse, ceux qui attribuent tout cela à l’électricité. Il tiré une de ces preuves de la durée même de l’opération , l’électricité agissant toujours d’une manière . instantanée, et les effets des affinités chimiques durant au contraire, autant qu’il existe de réactifs non saturés. Si on avoit besoin, dit- il, d’autres preuves pour se convaincre que l’électricité n’a aucune part au phénomène en question , on pourrait varier les expériences, de manière à ne point empêcher les effets du fluide électrique, et s’assurer par ses yeux que la combustion , qui a lieu, dépend de la disposition des métaux et de leur affinité chimique. Les procédés qu’il indique à cet
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- DU GALVANISME. 233 égard, et les effets qui en résultent, paroissent sans répliqué. «On voit bien clairement, dit-il en » finissant, par les résultats que j’ai obtenus du » simple contact de deux métaux, c’est-à-dire, » par l’oxide et les cristaux salins , qu’il s’agit » d’une opération chimique, et que c’est à elle » qu’on doit attribuer les sensations qu’on éprouve » sur la langue et sur l’œil. Il me paroît donc pro-» bable , ajoute-t-il, que c’est à ces nouveaux » composés, ou à leurs élémens, qu’on doit ce » stimulus mystérieux, qui opère lesmouvemens » convulsifs de la fibre animale, dans une grande » partie au moins des phénomènes galvaniques ».
- Volta , en faisant des recherches sur les causes des phénomènes singuliers-que présentent les torpilles , a été conduit à des découvertes intéressantes sur l’action des différens métaux les lyis sur les autres. Voyez un précis de ses principales expériences, Journal de physique, nivôse anç) , pag. 101. Toutes ses expériences, répétées et vérifiées par Nicholson , Cruiskank, Pictet, Halle t Thillaye et Butet, ont fait voir 1.° que l’eau chargée de sel marin ou de sel ammoniac est préférable à l’eau pure ; i.° que les métaux s’oxident facilement; 3.0 que l’électricité est positive du côté de l’argent, et négative du côté du zinc. Mais Nicholson est le seul qui tire de ces expériences la conclu-
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- sion, qu’il ne reste plus de doute que le galvanisme ne doive être mis au nombre des phénomènes électriques, ce dont Fabroni est bien loin de convenir , d’après ce qu?il a découvert sur l’action des métaux ou l’irritation métallique.
- §. IV. Mémoire du C. Henri Boissier, professeur de belles-lettres et d’histoire , sur la décomposition de l’eau par les substances métalliques (i). Ce mémoire , lu à la Société des sciences physiques et naturelles de Genève, est rempli d’expériences.curieuses, semblables à celles faites par Fabroni sur cette même décomposition de l’eau, par des métaux hétérogènes , expériences que l’auteur a répétées plusieurs fois, et dans lesquelles il a remarqué que les surfaces extérieures des plaques métalliques étoient beaucoup moins oxidçes, et même pas du tout, lorsque les surfaces supérieures avoient dqjà atteint un degré très-avancé d’oxidation, quoique la convexité ou l’inégalité de ces faces inférieures eût permis au liquide de les pénétrer de tous côtés , et d’exercer son action sur elles. Cette différence d’oxidation parut à M. Boissier très-remarquable : il chercha à en approfondir la
- (i) Voyc{ le Journal de physique , prairial an 9.
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- cause, et cette recherche l’a conduit à un résultat très-intéressant.
- Ses expériences, au nombre de sept, tendent à prouver qu’il y a des cas oh un corps retient, non-seulement une partie, mais même la totalité du principe, qui lui dispute une troisième substance ; ou plutôt que dans le cas de la décomposition d’un mixte par deux substances qui ont, avec l’un de ses composans, des degrés d’affinité différens, la masse de l’une de ces substances peut non-seulement être en rapport avec la plus grande affinité de l’autre, mais même l’emporter sur elle. « Je ne sais, dit l’auteur, » si cette conséquence est applicable à la plura-» lité des décompositions chymiques : cette loi » paraît au moins s’exercer entre des corps so-» lides, à Une certaine distance, relativement >> à leur attraction pour l’oxigène. C’est ce que » semblent prouver les faits que je viens de » rapporter, dans lesquels on a vu la face d’une » plaque de fer, immédiatement opposée au zinc, » manifester à peine, après 17 jours d’expé-» riences, quelque indice léger d’une oxidation » commençante ».
- M. Boissier discute dans son mémoire quelques points relatifs aux recherches du C. Bertholet sur les loix de l’affinité. Quoique différent d’opinion,
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- dans certains endroits, avec ce célèbre chymiste» il finit par dire qu’il n’a pas la ridicule présomption de prétendre atténuer, par quelques expériences incomplètes, les superbes résultats qu’à obtenus l’illustre membre de l’Institut. Je suis tombé, dit-il, comme par hasard, sur un fait, dont son génie seul lui avoit fait préjuger l’existence ; et je niestimerai heureux de placer une petite pierre dans le magnifique édifice que ce savant vient d'élever.
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- CHAPITRE IX.
- Travaux de M. Volta, sur le galvanisme. Expériences du C. Desormes , sur l’appareil galvanique de Volta. Remarques de M. Hermann, sur le meme sujet.
- Nous avons dit un mot, dans le chapitre précédent, à la suite du mémoire de Fabroni sur l’irritation métallique, des découvertes intéressantes de M. Volta, sur l’action réciproque des différens métaux les uns sur les autres. Ce premier apperçu des travaux de ce savant professeur de Pavie, nous conduit nécessairement à décrire ceux relatifs au galvanisme, qui lui appartiennent (1), et qui sont d’autant plus importans à connoître, qu’il est, non-seulement un des premiers qui ait écrit sur cette
- (1) Peut-être me reprochera-t-on d’avoir trop tardé à décrire ces travaux , plusieurs des auteurs dont j’ai parlé , ayant cité dans leurs ouvrages les expériences de Volta. Mais j’observerai que la plupart én ont parlé avant que Volta les eût publiés par l’impression ; d’ailleurs presque tout ce qui a été dit dans les chapitres précédens, étoit nécessaire à connoître pour bien saiyr l’ensemble des expériences de Volta.
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- découverte, mais encore celui qui l’a le plus enrichie, celui qui a le plus favorisé ses progrès par ses expériences et ses inventions, et sur-tout par son appareil électrique et galvanique, qui a servi, et sert encore tous les jours de boussole aux physiciens qui s’occupent des expériences sur ce sujet (i).
- §. I. Travaux dcM. Volta, sur U galvanisme. Voici d’abord la traduction de ce qui est dit, t. XXXIV , page 684, article XIV des nouvelles littéraires du journal de Léipsick, qui a pour titre : Commentant de rebus in scientid naturali et in medidnâ gestis. « Nous croyons, disent les rédacteurs, faire plaisir à ceux de nos lecteurs, qui s’intéressent à ces sortes de recherches (. les expériences de Galvani ), de leur communiquer ce qu’Alexandre Volta, le plus célèbre physicien de nos jours, connu par plusieurs inventions de ce genre, nous a transmis depuis peu sur cette matière. »
- « Au commencement du printems de cette année, je fus appelé, dit-il, à l’électricité, à
- (1) M. Volta z\\x tout récemment à l’Institut, un mémoire sur le galvanisme, qui contient, dit-on, une doctrine toute nouvelle, et dans lequel il prouve, par un grand nombre d’expériences, que le fluide galvanique n’est qu’une modification particulière de l’électricité naturelle. Nous rendrons compte de ce mémoire, sitôt qu’il sera imprimé, ainsi que du rapport des commissaires de l’Institut.
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- DU GALVANISME. 239 l’occasion des phénomènes vraiment admirable/ , que le célèbre Ga.lvuni, professeur de Bologne, a découverts et décrits, et par lesquels il paroît avoir démontré qu’il existe toujours, dans les animaux de chaque espèce, une électricité quelconque, excitée d’elle-même par la force de la viç dans les organes, et par eux-mêmes; ou plutôt que le fluide électrique, lorsque l’équilibre est naturellement rompu, ne reste plus dans les nerfs, mais existe dans quelque mouvement continu, ou dans l’effort qu’il fait pour se jeter sur quelque partie, suivant qu’il est plus ou moins abondant. J’ai d’abord répété toutes les expériences de Galvani : j’en ai ensuite examiné les résultats, ce qui m’a donné lieu de faire plusieurs découvertes qui ont éçhapé à Galvani, et aux autres physiciens qui, après lui, ont couru la même carrière (1). »
- » En traitant les principales questions, on n’a pas encore établi si, dans les expériences galvaniques, les contractions très-fortes, excitées dans les muscles et les mouvemens des membres, à cause du double contact, d’abord sur le muscle , ensuite sur le nerf de l’animal bien préparé et disséqué avec soin, mouvemens que personne
- (1) Volt a avoit déjà donné à ce sujet deux dissertations, dans le journal de Brugnatelli, intitulé: Giomalc fisico-mtdico. Tome XIV, 1797.
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- ne doute devoir être attribués au fluide électrique , qui se porte d’une partie à l’autre, ait moyen de l’arc conducteur ; si, dis-je, les contractions ont lieu, parce que ce fluide se dirige de lui-même, ou par la seule force des organes de l’animal, sur telle ou telle partie ; ce qu’on pourrait alors appeler une électricité véritable et propre à l’animal, ainsi que le prétend Galvarù; ou, si cela arrive quelquefois, comme je l’ai vu dans plusieurs cas, parce que les métaux employés dans les expériences, étant immédiatement appliqués sur les parties des animaux, pleines de suc, ils peuvent par eux-mêmes et par leur propre vertu, remuer, exciter et chasser le fluide électrique qui étoit en repos, ensorte qu’alors les organes de l’animal n’agissent que passivement. »
- » Il n’y a pas long-temps, à la vérité, que, par des expériences indubitables, j’ai démontré que les métaux et même les meilleurs charbons de bois, étoient non - seulement les plus parfaits conducteurs de l’électricité, mais même des ex-citans, par le moyen du simple contact. Il étoit d’abord connu que les métaux et les charbons de bois ont la propriété de transmettre très - aisément l’électricité, excitée de quelque part que ce soit, c’est-à-dire, lorsqu’elle cherche à rétablir l’équilibre qu’elle avoit perdu. Mais ensuite c’est moi qui ait fait la découverte qu’avec
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- DU GALVANISME. z4i qu’avec les mêmes corps on peut troubler l’équilibre de la matière électrique, et créer une nouvelle électricité. C’est réellement par eux-mêmes et par leur propre vertu, en tant qu’ils poussent et forcent le fluide électrique à entrer dans la superficie qu’ils touchent, ou à en sortir, que les métaux et les charbons excitent cette foible électricité, qu’on ne peut en aucune manière découvrir, par les électromètres ordinaires, quelque bienfaits qu’ils soient, et qui est assez puissante fc)our convulsionner les fibres nerveuses qu’elle rencontre, et les muscles, sans aucune friction ou autre moyen, pourvu que les métaux soient convenablement appliqués à l’eau , ou à des corps imbus d’humeur aqueuse, tels que les nerfs et les muscles des animaux, soit vivans, soit récemment tués. »
- » Mais si on place, dans deux endroits, ces sortes d’armatures métalliques des nerfs , composées d’un seul et même métal, si on les fait communiquer entre elles par un conducteur convenable , que doit-on alors attendre ? Peut - être suintera-t-il de l’une et l’autre armature, s’échappera-t-il un peu de fluide électrique^ mais elles se nuiront mutuellement, par leur effort égal, et il n’y aura, en conséquence, aucun transport de l’une à l’autre, aucune circulation; ce qui prouve qu’il faut avoir recours à divers
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- métaux qui, suivant qu’ils agissent sur le corps qu’ils touchent par une force inégale et même contraire, transmettent alors, d’une partie à l’autre, une assez grande quantité de fluide électrique , pourvu qu’on emploie un arc conducteur, et le font circuler sur toutes les parties couvertes par les armatures. »
- - » Si ces parties, ainsi que les intermédiaires, sont assez déférentes, le fluide électrique sera continuellement en circulation. Si dans ce mouvement continuel, et dans chaque endroit où il a lieu, ce fluide rencontre des nerfs, servans soit au sentiment, soit au mouvement, il les excitera, de manière qu’à raison de la diversité de leurs fonctions, ou ils produiront une sensation , comme il arrive à la pointe de la langue, lorsque, d’après mes expériences les plus récentes, elle est frappée par une saveur acide ou alkaline, à mesure que le fluide y pénètre , ou en sort ; ou ils exciteront des contractions dans les muscles, des mouvemens dans les membres; ce qui arrive très-souvent, lorsque le fluide électrique agit sur-les nerfs cruraux ou brachiaux, ou sur tous autres- consacrés aux mouvemens volontaires, et qui s’étendent fort loin. Telle est la raison des phénomènes qu’on attribue avec trop de confiance à l’électricité animale, et que j'aime mieux attribuer
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- à une électricité artificielle, ou excitée par des agent extérieurs. » '
- » Mais n’y a-t-il donc rien, dans toutes les expériences de Galvani, que ne puisse révendiquer l’électricité animale ? Je n’ose ni le nier, ni l’assurer. Je dis seulement que toutes les expériences, dans lesquelles on emploie sans succès des métaux de même espèce, et où il faut, pour exciter les contractions des muscles, recourir à des métaux différens, ne servent de rien pour établir la propre électricité des organes, celle qu’on appelle active, parce que ces organes ne paraissent alors agir que passivement. H y a certainement beaucoup de cas dans lesquels on ne peut exciter des mouvemens musculaires, que par le contact des métaux de diverse espèce ; tandis qu’il y en a très-peù, où ces mouvemens aient lieu par le moyen du même métal; et cOmmë la diversité, à peine sensible, fait quelquefois que des métaux, de même nom et de même espèce, peuvent produire quelques effets, il paraît qu’on peut beaucoup douter, les armatures métalliques étant absolument les mêmes, et produisant cependant des mouvemens musculaires dans les parties des animaux préparés, chez qui ks nerfs, mis à nu, jouissent encore d’une très-grande excitabilité; on peut, dis-je, douter si
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- une imperceptible différence, dans la superficie plus ou moins âpre des métaux, etc. n’est pas la cause pour laquelle le fluide électrique est alors excité au transport >».
- « Lors même que cette électricité animale, admise par Galvani, s’est de nouveau échappée, il reste encore, au moyen du stimulus électrique , une excitabilité incomparable et admirable des fibres, principalement de celles nerveuses. D’un autre côté, il restera le nouveau principe d?électricité artificielle que j’ai découvert, qui peut ici apporter beaucoup de lumière, savoir : la force et la vertu des métaux et du charbon, pour exciter et chasser le fluide électrique par le moyen d’un simple contact avec tous les corps humides, qui, par cette qualité, deviennent déférens; ce que j’ai établi par des expériences certaines hors des corps des animaux. »
- Tels sont les propositions et raisonnemens consignés par Volta dans les actes de Léipsick. Ce célèbre professeur, l’inventeur de l’électrophore, du condensateur1, et d’autres appareils électriques, précieux aux physiciens, et qui prouvent son génie inventif, écrivit de Corne, le 20 mars 1790, à sir Joseph Banck, président de la société royale de Londres, pour lui communiquer ses découvertes , suite de plusieurs expériences sur le
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- DU GALVANISME. 145 galvanisme. Entre les diverses formes qu’on peut donner à l’appareil qui les met en évidence, voici quelle ëtoit alors l’une des plus commodes ( 1}.
- i°. Appareil et expériences de Volta. Prenez un nombre quelconque de disques, ou plaques de cuivre ou d’argent, et un nombre égal de disques d’étain , ou mieux encore de zinc, de même dimension : ayez un même nombre de rondelles de carton, de cuir, d’étoffe, ou d’une substance quelconque, capable de demeurer long-temps humectée : plongez ces rondelles dans, l’eau ou dans la saumure , ou dans, une lessive alkalinei (Onpeut aussi employer, pour cet appareil, des pièces de monnoie, de cuivre, ou d’argent : on s’est encore servi de piastres avec beaucoup de succès.) Formez une pile, en super-posant alternativement le zinc à l’argent, et le carton au zinc, et ainsi de suite. Si la pile doit devenir bien élevée, il faut la maintenir entre trois tubes de verrei Quand elle est achevée, l’appareil est en état
- ^ 1 ) L’ouvrage d’où elle est tirée, extrait du journal de Ni-cholson,. juillet 1800,. a pour titre : Account of tht »* eltctrical, etc. Description du nouvel appareil électrique ou galvanique de M. Alexandre Volta t et expériences faites avec cet appareil. Voyc{ la Bibliothèque britannique, tome XV, n°. 114,. page 3 , et le journal de physique, brumaire an 9.
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- de fonctionner. Cette pile, tant qu’elle demeure bien humectée, paroît être la source constante et inépuisable d’un courant d’électricité, qui parcourt tout conducteur, qu'on met en contact avec les deux extrémités de l’appareil. Si ce conducteur est un animal, si les deux parties de son corps, qui touchent le haut et le bas de la pile, sont mouillées ( condition essentielle à l’effet), l’animal reçoit à chaque contact, indéfiniment répété, une véritable commotion électrique, plus ou moins forte, selon les circonstances. On l’éprouvera aussi en ne comprenant qu’une partie de la pile dans le circuit électrique; mais alors la sensation est beaucoup plus foible, et il a paru qu’elle augmentoit en intensité dans un rapport plus grand que celui des portions de la pile, comprises entre les deux points de contact. Il a semblé aussi que cette sensation croissoit presque, comme les carrés des hauteurs de la pile, interceptés entre ces points (i)„
- (i) On trouve , n°. 55 du Bulletin de la société philomatique, page 48, l’extrait d’une lettre de Voila au C. Do-lom'uu, dans laquelle il rend compte de quelques tentatives qu’il a faites pour rendre son appareil galvanique encore plus commode. Après avoir monté la pile comme à l’ordinaire , entre des tubes de verre , il la termine par une aigrette métallique, et la renferme dans un étui pareillement métallique, qui l’empêche de se déranger. Les deux
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- DU GALVANISME. 147 La sensation qu’on éprouve lors des expériences de la pile, ressemble à l’effet d’une foible charge, dans une très-grande batterie électrique. Son action est si peu considérable, que son influence ne peut traverser la peau sèche. Il faut donc mouiller une partie de chaque main, puis avec une pièce de métal, qu’on tient dans chacune, toucher le bas et le haut de la pile, ou des conducteurs qui communiquent avec ces deux extrémités. On peut aussi faire arriver ces deux conducteurs dans deux vases d’eau séparés, dans lesquels on plonge un doigt de chaque main. La commotion est d’autant plus forte, que le
- pièces de cet étui sont séparées par une substance isolante, dans la partie où elle se recouvre. De cette manière , il suffit, pour avoir la commotion, de prendre une des pièces de l’étui dans une main humide , et d’établir la communication avec l’autre extrémité. Si l’on monte deux piles, ainsi disposées , la première, çinc humide, argent ; la seconde , argent humide , ÿnc, et qu’on les renferme dans leurs étuis, on obtient la commotion en prenant les bases de ces deux étuis dans les mains humides , et les faisant toucher par leurs sommets. L’emploi de cet appareil peut être varié d’un grand nombre de façons : il doit surtout avoir l’avantage d’être facile à manier,et à transporter.
- Les plus grands progrès dans les sciences , principalement fondées sur l’expérience, sont dûs presque toujours à l’invention industrieuse des machines, à celles sur-tout gui joignent à l’utilité, le grand mérite de la simplicité-
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- nombre des pièces en contact est plus considérable. Vingt donnent un choc qui est senti dans les bras, lorsqu’on prend les précautions convenables. Avec cent pièces, on l’éprouve dans les épaules. Le courant d’électricité agit sur le système animal, pendant tout le temps qu’il continue à faire partie du circuit; et si l’on a la moindre coupure ou écorchure vers les extrémités en contact avec la pile, on éprouve, à l’endroit de l’écorchure, une sensation si douloureuse , qu’à peine est - elle supportable.
- Volt a, aumoyen de son condensateur, a prouvé que ces effets sont véritablement électriques. Il a même déterminé l’espèce d’électricité, et obtenu l’étincelle. Mais il est à observer qu’on l’a également obtenue sans condensateur, à l’extrémité d’une pile de 57 pièces d’argent, et d’autant de zinc. Volta a remarqué que son action, sur les endroits oh l’épiderme est enlevé, étoit plus piquante du côté négatif de l’appareil, c’est-à-dire, lorsque le courant électrique sort de l’écorchure, que lorsqu’il y entre. C’est un fait déjà reconnu avec l’étincelle ordinaire.
- La théorie, mise en avant parle célèbre auteur de ces expériences, est celle-ci : Il dit que tous les conducteurs ou anélectriques, dont les facultés conductrices sont comparativement différentes , ont la propriété d’occasionner un
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- DU GALVANISME. 149 courant électrique, lorsqu’ils sont mis en contact. Les métaux peuvent, dans ce cas, ne se toucher qu’en un seul point ; mais les surfaces humides doivent être plus étendues. Volta a trouvé, d’après un grand nombre d’expériences ,• qu’il a faites, que les effets sont les mêmes, soit qu’on mette en contact le zinc et l’argent, soit que l'on établisse la communication par plusieurs métaux différens, pourvu qu’on mette l’eau en contact seulement avec le zinc et l’argent. Lorsqu’on emploie ce dernier métal, l’eau salée est préférable à la lessive alkaline; mais cette dernière vaut mieux, lorsqu’on se sert d’étain. Les effets augmentent d’intensité, à mesure qu’on élève la température de l’appareil.
- Volta fut étonné de voir que l’éclair galvanique (1) n’étoit pas plus fort avec cet appareil, qu’avec une simple paire de disques. Il est vrai que l’éclairétoitproduit, quand le conducteur du circuit étoit appliqué à une partie quelconque de
- (1) On appelle ainsi la sensation qu’on éprouve, ayant les yeux ouverts ou fermés, à l’instant du contact entre deux surfaces métalliques différentes, de zinc et d’argent sur-tout, qui communiquent respectivement avec la gencive supérieure et avec l’inférieure. Cet éclaira été si fort, avec une pile de i n piastres , qu’on n’a pas été tenté de répéter cette expérience.
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- la face, même de la poitrine. L’action la plus forte avoit lieu, quand on tenoit entre les dents, et reposant sur la langue, le métal qui terminoit le circuit. Alors les lèvres et la langue éprou-voient une secousse convulsive : l’éclair parois-soit aux yeux, et on éprouvoit une saveur dans la bouche. Après avoir introduit, dans chaque oreille, une sonde métallique, Volt a fit passer le choc électrique au travers de sa tête, et la laissant en permanence dans le circuit, il entendit un son particulier, comme un pétillement ou une ébullition; il ne crut pas prudent de répéter l’expérience. Il ne put point affecter le sens de l’odorat par ces procédés ; ce qu’il attribue à l’impossibilité qu’on éprouve à faire répandre dans l’air cette espèce d’électricité.
- Comme l’appareil perd de son énergie, à mesure que les piles se dessèchent, Volta essaya de prévenir cet effet, en enfermant la piledans. de la cire ou de la poix ; et il a réussi à fermer ainsi deux colonnes, de vingt pièces chacune » qui ont fonctionné pendant plusieurs semaines, et conserveront, à ce qu’il espère, cette faculté pendant plusieurs mois.
- La combinaison, qu’il considère comme la plus instructive, est celle formée d’une rangée de verres ou de tasses, qui ne soient pas métalliques, et qui contiennent de l’eau' chaude ou de
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- |DU GALVANISME. 151 la saumure. On plonge dans chacune une plaque de zinc et une d’argent, qui ne se touchent pas réciproquement. On établit entre ces tasses des communications métalliques, disposées de manière que, si elles touchent d’une part le zinc d’une tasse, elles atteignent l’argent dans l’autre; que du zinc de celle-ci elles aillent à l’argent dans la suivante, et ainsi de suite régulièrement dans tout l’assemblage. On éprouve la commotion, lorsqu’on se place dans le circuit, entre le premier et le dernier de ces verres. Il faut que les disques de métal, plongés dans le fluide, aient au moins un pouce quarré de surface : quant aux communications d’un vase à l’autre, elles peuvent être aussi peu étendues qu’on le voudra.
- Volta, après avoir adopté jusqu’à un certain point lés conjectures de M. Nicholson, sur la cause des effets que produit la torpille (1), désigne l'appareil nouveau comme ayant de très-grands rapports avec l’organe électrique de ce poisson. Après avoir dit qu’il ne reste plus de doute que le galvanisme ne doive être mis au nombre des phénomènes électriques, M. Nicholson s’étonne en même temps de ce que le savant professeur Italien n’a dirigé aucune de ses
- (1) Journal de physique de Nicholson, 1. 338.
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- expériences vers les phénomènes chimiques du galvanisme, annoncés par Fabroni, et dont nous avons parlé dans le chapitre précédent, de ce cju’il ne les a pas^sur-tout dirigées vers la rapide oxidation du zinc, qui a lieu dans ces expériences.
- 3°. Lettres de Volta au professeur Gren. Nous ne plaçons qu’ici l’extrait de ces lettres, quoiqu’elles aient été publiées antérieurement à l’appareil décrit dans le journal de Nicholson, parce que nous avons cru que le lecteur seroit d’abord curieux de connoître un appareil qui a servi, depuis son intention, à toutes les expériences galvaniques , faites jusqu’à ce jour. Volta avoit déjà dit, tome XIII du journal de Brugnatelli, que toute la magie du galvanisme consistoit simplement en une électricité artificielle, qui se renouvelle, quand elle est mise en mouvement par le contact des conducteurs de nature différente. Ce sont eux qui agissent essentiellement : ce sont les moteurs originari. Galvani, au contraire, regardoit le fluide, qui a reçu son nom, comme une électricité essentiellement organique. Selon Volta, le fluide électrique peut être mis en mouvement de trois manières; lesquelles se réduisent à faire entrer dans l’arc ou cercle, au moins trois conducteurs de nature différente; savoir : i°. deux métaux, ou conduc-
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- DU GALVANISME, ijj teurs de la première classe, qui soient de différente espèce, et qui se touchent immédiatement par une extrémité, ne communiquant de l’autre que par l’intermède d’un ou de'plusieurs conducteurs humides, ou de la seconde classe. i°. un seul métal originari, placé entre deux conducteurs humides de différente nature, et communiquant entre eux. La troisième manière consiste à mettre en communication trois conducteurs de nature différente.
- « Ayant bien retenu , dit-il , comme chose dont on nè peut douter, que dans la combinaison de deux métaux, divers entre eux, qui se touchent immédiatement par un bout, et s’appliquent par l’autre à un conducteur humide, il s’excite, en vertu d’un tel contact, un courant électrique, lequel est dans la direction A Z a, on peut demander dans lequel et par lequel des trois contacts, qui ont ici lieu , l’impulsion est donnée au fluide électrique, pour le déterminer à former nn tel courant. Je réponds, dit Folià, que cette impulsion est dans le mutuel contact des deux métaux A Z ; c’est là seulement que se développe l’action irritante de ce fluide, qui le sollicite en effet à passer du premier dans le second : ou plutôt cette impulsion vient uniquement ou principalement du contact respectif du conducteur humide a avec le métal A
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- d’une part, et avec le métal Z de l’autre. Le cdurant s’établit de ce point là. Que ces impulsions soient, ou conspirantes dans cette direction, ou même opposées l’une à l’autre , peu importe, pourvu qu’elles soient d'inégale force ».
- Volta étoit parvenu à reconnoître l’électricité positive ou négative de plusieurs métaux , en les mettant en contact avec les plateaux du duplicateur de Nicholson. Cette électricité étoit généralement très-foible, et ne se manifestoit que dans des circonstances très-favorables. Il est parvenu ensuite à obtenir des effets plus sensibles, en mettant simplement en contact des plaques de métaux différens, choisis selon l’ordre des combinaisons qui produisent le plus d’effet. Ces plaques ont trois pouces de diamètre : les métaux doivent être très-polis, bien dépouillés d’humidité , et appliqués l’un sur l’autre, de manière à manifester une cohésion sensible. L’un d’eux doit être isolé, et l’autre doit communiquer avec le sol. On doit les séparer d’un seul trait et perpendiculairement : on fait toucher ainsi celui qui a été détaché , au chapeau d’un électromètre, et on voit quelquefois un écartement des fils. Enfin en faisant toucher, 40, 60 et 80 fois, à une bouteille de Leyde, quatre pouces de surface seulement d’une dés plaques, et déchargeant cette bouteille sur le plateau d’un conducteur, ©n
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- obtient, en levant ce plateau, jusqu’à huit lignes d’écartement des cercles de l’électromètre, et même une petite étincelle, quand les plaques sont un peu plus grandes.
- Volta déduit de cès expériences comme loix principales, i.° que l’électricité des métaux, réunie avec ces divers corps, varie tant en sa force qu’en sa nature positive ou négative, non seulement selon la différence de ces corps ou métaux, mais encore selon leur combinaison entre eux, d’après les uns ou les autres des modes indiqués ; z.° que l’argent, l’étain, et plusieurs autres métaux affectent généralement l’électricité négative, c’est-à-dire, que dans la majeure partie de ces expériences, on voitparoître de l’électricité en moins, tandis qu’au contraire quelques-uns des autres métaux , particulièrement le zinc, affectent l’électricité positive, ou en plus ; 3.0 que tous cependant, même le zinc, s’électrisent en moins, quoique foiblement, en touchant, autant par une légère que par une forte pression , de la laine, du papier, du cuir, du bois, de l’ivoire, etc. suffisamment humides, pour qu’ils deviennent bons conducteurs. Ces expériences ont été faites avec, des précautions et des soins tels que, quoiqu’elles laissent encore plusieurs choses à desirer, on ne peut s’empêcher d’admirer la sagacité de leut
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- auteur , et d’adopter la plupart des conclusions
- qu’il en tire.
- Toutes les expériences faites sur le galvanisme, pendant plusieurs années, netendoieht qu’à établir la propriété, qu’ont les organes nerveux et musculaires , de se contracter, par l’effet du contact de plusieurs métaux. On avoit même prétendu qu’on devoit reconnoître, dans les animaux, une action réelle de la fibre nerveuse sur la fibre musculaire, sans le contact des métaux. Dans tous ces procédés on n’avoit pas assez considéré la présence du fluide électrique , soutiré d’un métal par un autre, et pouvant ainsi être accumulé, au moyen d’un conducteur humide, et rendu sensible par l’impression qu’éprouve la fibre animale mise en contact, laquelle fait alors la fonction d’électromètre.
- C’est à cette idée que s’est arrêté Volta : il l’a développée dans plusieurs mémoires, à dater de 179}, et est parvenu , comme on vient de le voir, à simplifier les expériences galvaniques, à leur appliquer les principes connus, et à les classer parmi les phénomènes électriques. Ses expériences sont si évidentes, ses appareils sont si simples, qu’on ne peut élever aucun doute sur les conséquences qu’il en déduit. Ses principes et ses conséquences ont été exposés dans un mémoire lu à l’Institut national par le C. Biron, ex-inspecteur du service
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- DU GALVANISME. 157 service de santé des armées , et membre de la Société libre de médecine. Se trouvant en Italie , au mois de prairial de l’an 8 , avec l’armée de réserve, auprès de laquelle il remplissoit les fonctions de médecin en chef, il eut l’avantage de conférer avec Volta, et d’être témoin de ses expériences. De retour à Paris, il les a répétées , et a présenté à la Société de médecine et à l’Institut l’appareil dont se sert Volta pour ses démonstrations. Nous en donnons ici la description, parce qu’elle diffère de celle exposée précédemment (1).
- Cet appareil se compose de lames de zinc et de cuivre, soudées deux à deux, et courbées en forme d’arc , ou attachées ensemble au moyen d’un fil de cuivre, et placées en communication dans des bocaux pleins d’eau, de manière que chaque bocal contienne une plaque de cuivre et une de zinc, sans qu’elles aient besoin de se toucher , leur chaîne étant établie par le conducteur humide. Ainsi tout l’appareil se trouve isolé , et forme une batterie, qui donne continuellement des signes d’électricité permanente, et dont la force est proportionnée au nombre de pièces, à l’étendue de leurs surfaces , à la nature des métaux
- (1) Voyc£ le Recueil périodique de la médecine, vendémiaire an 9, p. 98.
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- employés, et à l’ordre dans lequel ils sont disposés.
- Ce nouvel appareil diffère en apparence de celui formé avec des .disques de zinc et d’argent, entre lesquels ,on place des disques de carton mouillé ; mais il est fondé sur les mêmes principes , et Foka n’a imaginé ce dernier appareil, qu’il appelle torpilUirt, à cause de son analogie avëc la forme de l’organe électrique de la torpille , qu’a-près av,oir fait toutes ses expériences avec celui dont le C. Biron a présenté le modèle à l’Institut. H a réuni depuis les deux appareils pour augmenter la force du courant électrique , et c’est avec cette double batterie, qu’il est parvenu à obtenir l’étincelle électrique , sans même employer son condensateur.
- La plupart de ses expériences ont été répétées à Paris avec les deux appareils, i.° dans le laboratoire de l’Ecole de médecine , comme on le verra, chap. XI; z.° dans celui du C. Pelletier, célèbre pharmacien de Paris , et membre de la Société libre de médecine, qui se fait un vrai plaisir d’offrir toutes les ressources de son laboratoire aux savans qui s’occupent de l’avancement des sciences physiques. L’expérience qui présente le fait le plus remarquable, est sans contredit celle qui a pour objet la décomposition de 1 ’eau, laquelle s’opère à froid sous les yeux de l’observateur,
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- DU GALVANISME, ij9 fcü moyen de deux fils de laiton. Une extrémité de chacun de ces fils plonge dans un tube plein d’eau, et l’autre extrémité est placée en communication avec un des côtés de la batterie. Le fil, mis en contact avec le côté de la batterie, commençant ou se terminant par le zinc, et paraissant électrisé en plus, s’oxide très - promptement, tandis que l’autre fil, communiquant au côté de la batterie, commençant ou finissant par le cuivre, et donnant des signes d’électricité négative, ne paraît point s’oxider. Cependant ce dernier fil, à mesure que le volume de l’eau diminue, se couvre de petites bulles qui ont pam être du gaz hydrogène, dont la qualité est proportionnelle à l’eau décomposée, ou au métal oxidé. Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet, en rendant compte des expériences galvaniques faites à l’Ecole de médecine de Paris.
- §. II. Observations du C. Disormes sur l'appareil galvanique dé Folta* Le C. Désormes ( i) a fait des expériences et des observations sur les phénomènes physiques et chimiques que présente l’appareil électrique de Volta ; au lieu de se servir
- (i) Vbyt{ les Annales d.e chimie, tome XXXVII, page
- *84.
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- de la pile de disques, de zinc, d’argent et de substance humide, il a employé de préférence les bocaux, parce qu’on y apperçoit infiniment mieux les phénomènes. On voit par les quatre premières expériences, que l’oxidation du zinc augmente chaque fois qu’on le met en contact avec de l’argent, soit dans l’eau, soit hors de l’eau, ou bien lorsqu’on fait plonger ces deux métaux dans le même liquide. Une expérience continuée pendant long-temps, fit voir une différence telle, que l’oxidation du zinc seul et celle du zinc en contact avec l’argent hors de l’eau, furent dans le rapport de i à 11.
- Le C. Desormes n’est pas de l’avis de quelques physiciens qui croient, qu’il est probable que l’électricité produite est due à la décomposition de Peau,.parce qu’on observe qu’en se décomposant elle produit constamment de l’électricité : il. ne croit pas cette opinion appuyée sur quelque fait, et ilia discute à l’aide de ceux que lui ont fourni ses expériences, et au moyen d’autres faits encore plus directs à ceux qu’il rapporte. Il y en a qui prouvent que l’électricité seule peut occasionner la décomposition de l’eau. Telle est l’expérience de Deiman et Van-Troswik, dans laquelle on réduit l’eau en gaz oxigène et hydrogène par l’étincelle électrique. Telle est celle qu’a tentée le C. H assers, frati dans une de ses leçons à l’Ecole polyteçh-
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- DU. GALVANISME. 161 nique, avec l’électricité obtenue par la machine de Nairne.
- Avant de passer à ses observations sur les phénomènes chimiques, M. Desormes s’arrête à la manière d’établir l’appareil qu’il décrit. Il examine ensuite son action chimique, relativement à la décomposition de l’eau qu’il opère, et à l’oxidation qui en résulte. C’est le sujet de sa septième expérience et des suivantes , jusques et compris la trentième. Dans les dernières , il a pour objet d’examiner le phénomène présenté par l’appareil de Volta , relatif à la décomposition des sels, décomposition déjà observée par les physiciens anglois qui se sont occupés de cet objet. Dans les expériences que j’ai faites sur le galvanisme, a dit M. Klaporth, j’ai été principalement frappé du. fait suivant. Le sel marin , dont j’imprègne l’eau qui humecte le drap interposé entre les pièces d’argent et de zinc , est promptement décomposé. Le natron demeure pur,
- » Tels sont, dit en finissant M. Desormes, » les faits jusques à présent observés. Je ne » conçois pas comment il est possible de les ex-» pliquer 'par la simple théorie de M. Volta. Je me » donnerai néanmoins bien de garde d’en pro-» poser une autre, avant qu’elle puisse être fondée » sur des expériences plus nombreuses. Au reste, » ajoute-t-il, le zèle et l’activité des physiciens* R 3
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- » doivent nous faire espérer, que bientôt nos » connoissances sur cet objet seront exactes et » certaines».
- On lit dans le journal de physique de pluviôse an 9, page roi, un précis des expériences faites en Allemagne avec l’appareil galvanique de Volta , précis qui a été communiqué à l’Institut par le docteur Frudlander de Berlin. Le plus' grand nombre de ces expériences ayant été faites par M. Ritter, nous nous réservons d’en parler, lorsque nous serons arrivés à l’article qui le concerne. Occupons-nous plutôt, et c’est ici le lieu, des remarques de M. Erman sur les phénomènes électriques de la colonne de Volta,
- §. III. Remarques de M. Erman, professeur de physique à l'académie militaire de Berli/z, sur Us phénomènes électrométriques de la colonne de Volta, Ces remarques sont très-étendues (i) : en voici. la substance , ainsi que des expériences qui y sont relatives.
- Pour connoître le mécanisme de la pile galvanique , et pour en suivre pas à pas tons les phénomènes , il étoit essentiel de découvrir clés procédés sûrs d’observations galvanoscopiqu'%> et galva-~ nomitriques. Ce besoin de la science fut bientôt
- (i) Voye^ IfrJournal de physique, thermidor an 9 ,
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- DU GALVANISME. 263 senti, mais non satisfait. Les premiers Observateurs apperçurent à peine quelques vestiges de divergence, dans les balles de Félectromètre. La balance de torsion , le condensateur , le duplicateur même furent mis en usage pour saisir ces' signes fugitifs, mal prononcés , et par là même beaucoup trop équivoques pour donner la théorie? des phénomènes. M. Errtian éprouva bien des difficultés en abordant ces recherches,- et' ce n’a été qu’après- bien des tentatives infructueuses-, qu’il' est parvenu à déterminer avec précision le langage de Féleetromètre, appliqué à la pile galvanique. La condition essentielle du succès, dans-ces-recherches électrofflétriques, est-leparfait isolefflent de la pile ; et c’est uniquement « faute d?avoir' » rempli cette condition, dit M. Ërrrian, que l’on >» a été si long-temps en doute sur les mouvemens » électroscopiques, que le galvanisme produit. » On ne sauroit trop multiplier, ajoute-t-il, les » précautions , pour rendre cet isolement aussi » parfait que possible. Il seroit même à désirer’ » qu’On put le rendre absolu, en empêchant le » contact de l’air, qui probablement modifie un » peu les phénomènes’»-.
- Les colonnes galvahiquesqu’èmplbyaM. Ermart, ëtoient au nombre de deux, composées chacune de cent couples de plaques de zinc et d’argent, de’ façon que les effets étoieot produits par deux cent
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- pièces d’argent, et autant de zinc. Mais, avant d’aller plus loin, il rectifie une erreur de nomenclature , à laquelle a donné lieu la formule indiquée par Nickolson pour stratifier la pile, erreur qui, selon lui, a déjà eu beaucoup d’influence sur -, les relations des expériences, et a produit une opposition apparente, là oii dans la réalité il y avoit harmonie dans les faits rapportés.
- . Après avoir décrit son appareil, M. Erman donne le détail de ses expériences , dont une partie lui a fait voir les répulsions électriques par le galvanisme. En substituant au fil métallique un fil isolant pour opérer la suspension de la balle électroscopique, il a vu cette balle fuir de la pointe qu’elle venoit.de toucher, aussi-tôt qu’elle s’y étoit saturée de l’électricité. Il a aussi reconnu dans plusieurs substances, et notamment dans le nitrate d’argent (pierre infernale) la propriété de participer à la fois à la nature des deux pôles de la pile, dans le sens de sa longueur. Des recherches physiologiques antérieures, sur des muscles vivans galvanisés, l’avoient conduit à examiner la faculté conductrice de cette substance saline.
- Cette faculté diverse et constante des liquides a encore été le sujet de ses expériences, et il a vu qu’elle offrait des phénomènes qui ne sont pas sans intérêt. Il desira savoir si la colonne d’eau, formant le cercle galvanique d’un pôle à l’autre,
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- DU GALVANISME. £65 offrirent aussi le phénomène de la répartition d’électrisation, opposée dans le sens de sa longueur. Il en a acquis la preuve par les expériences qu’il rapporte» Quant à l’importante question sur la constitution physique du fluide galvanique, dans le moment oit passant d’une pointe métallique à l’autre dans le sein d’un fluide, il y produit des changemens chimiques, M. Errnan n’a pas encore pu réussir à obtenir des phénomènes électroscopiques assez satisfaisans pour constater cet état.
- Presque tout son mémoire consiste en expériences qu’il a faites, et dont il rend un compte très-détaillé, qui n'est pas susceptible d’extrait, et qu’il faut suivre dans le mémoire même. Il observe en finissant que l’on a fait beaucoup de tort à Folta, et porté atteinte à l’honneur de la science, en disant que cette fois aussi le hasard avoit été le père de la découverte. Certainement Voila a trouvé précisément ce qu’il cherchoit,et sur la route oit il le cherchoit ; car son appareil à coupes et sa pile ne sont absolument que le résultat des efforts qu’il a faits, pour rendre les effets de la différente capacité des métaux sensibles à l’électromètre , sans employer le duplicateur, et cela en multipliant les groupes des métaux hétérogènes, séparés par des conducteurs du second ordre. M. Erman est tenté de croire que Nicholsoa n’avoit pas connoissance de ces expériences très-anté-
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- rieures de Volta, quand, dans sa première annonce des phénomènes galvaniques ( Journal de Juillet 1800), il dit que le principe dont Volta part, que deux métaux hétérogènes, séparés par l’eau, produisent de l’électrisation , n’est déduit d'aucun fait simple, mais posé en fait comme un principe de système déduit des phénomènes de la pile. Voici ses propres expressions : Volta, principle rtlating 10 the eltctric State produced by placing tudo metalüt vives se rhal tksi commtmioate by in mean of TVater is not deduced as the conséquence of other more simple fart, bal laid dordes as a general or simple principle grownded on the phenomena. Si jamais reproche fia mal fondé, dit M. Erman, c’est celui-tr.
- La courte notice des phénomènes d’attraction et de répulsion , dépendans de la pile galvanique, observés par M. Ritter à Jena , notice communiquée par le professeur Pfaff (1), doit trouver sa place, à la suite des remarques de M. Erman.
- « Dans mes premières expériences avec la pile galvanique, j’avois employé , dit M, Pfaff, desfeuilles d’or battu, pour rendre lès effets plus sensibles. J’avois observé’ qu’en approchant une telle feuille,-attachée au fil métallique, communiquant
- (1) Voyt^ le journal de physique, thermidor an 9,
- page «31 2- •
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- DU. GALVANISME. 167 avec l’extrémité inférieure de1 la pile au fil supérieur , ou à une boule de métal, fixée à la plaque supérieure de la pile, les étincelles étoient très-brillantes , et que c’étoit - là un des moyens les plus efficaces de les exciter. Cette observation a été depuis confirmée par plusieurs physiciens allemands, principalement par ceux de Berlin , qui se sont occupés de cet objet. J’avois. remarqué en outre, ajoute M. Pfaff, que la feuille d’or est ordinairement attirée dans une distance assez sensible de la colonne supérieure. M. Ritter, à Jena, qui s’occupe avec tant de succès des recherches sur le galvanisme, a employé le même moyen pour rendre plus sensibles les phénomènes d’attraction ; mais il a varié ingénieusement cette méthode, et' il a ainsi obtenu des résultats nouveaux et très-intéressans pour la théorie de ces phénomènes, encore si obscurs. On peut voir dans le journal indiqué le résumé de ses principales expériences avec des batteries de zinc et d’argent, et des plaques au nombre de 84 , posées de cette manière : {inc, substance humide, et argent. »
- Toutes ces expériences ont été faites dans le vide. Il rend tous les effets plus sensibles, en opposant sans doute moins d’obstacles à l’expansion du fluide galvanique. C’est par cela même que M. Ritter est parvenu à démontrer que les
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- loix de l’électricité se retrouvent les mêmes dans
- les phénomènes du galvanisme.
- IV. Lettre du professeur Volta à J. C. de la Mcthe-rie, sur les phénomènes galvaniques (i). M. de la Mé-tkerie avoit demandé à M. Volta un précis de ses expériences, par lesquelles il démontre évidemment ce qu’il dit avoir toujours soutenu, savoir, que le prétendu agent ou fluide galvanique, n’est autre chose que le fluide électrique commun, incité et mu par le simple contact mutuel de conducteurs différent , sur-tout métalliques, faisant voir que deux métaux de différente espèce, étant accouplés, produisent déjà un peu de véritable électricité, dont il a déterminé la force et l’espèce ; que les effets de ses nouveaux appareils, (qu’on peut appeler électro-moteurs') soit à pile, soit à couronne de tasses, qui ont tant excité l’attention des physiciens, des chymistes et des médecins, que ces effets, si puissans, si merveilleux, ne sont absolument que la somme additionnelle des effets d’une série de plusieurs couples métalliques pareils ; et que les phénomènes chimiques eux-mêmes ,qu’on en obtient, de décomposition de l’eau et d’autres liquides, d’oxidation des métaux , etc. sont dés effets
- (0 Journal de physique, tome LUI, page 309. La date de cette lettre est : Paris, le 18 vendémiaire, an 10.
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- DU GALVANISME. 169 secondaires de cette électricité, de ce courant continuel de fluide électrique, qui, par ladite action des métaux accouplés, s’établit sitôt qu’on fait communiquer, par un arc conducteur, les deux extrémités de l’appareil; et qui, une fois établi, se soutient, et dure tant que le cercle n’est point interrompu.
- La vérité de ces observations a été prouvée par quelques-unes des expériences que fît M. Volta9 avec ses petits appareils portatifs, en présence de M. Pictet, célèbre physicien de Genève, et d’autres personnes ; expériences qu’il a répétées à l’Institut, et qui forment la base d’un mémoire très-étendu, qu’il a lu à l’Institut, et dont nous donnerons l’extrait à l’article suivant. La lettre dont il est ici question, n’est donc, comme le dit lui-même M. Volta, que l’avant-coureur de ce mémoire. Quoi qu’il en soit, nous croyons devoir transcrire ici cette lettre, tout ce qui émane d’un aussi grand physicien, méritant d’être conservé.
- « J’ai commencé, dit Volta^ par vous montrer , avec des expériences délicates à là vérité, et pourtant simples, qu’on a des signes électriques non équivoques, par le simple contact de deux métaux différens, sans l’intervention d’au-cunè substance humide; expériences qu’on doit regarder comme fondamentales. Pour rendre sensible et manifeste cette électricité, qui est
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- si foible, que sans d’autres artifices elle resteroit imperceptible, je me sers de mes électromètres à pailles minces, combinés à mes condensateurs, dont les meilleurs sont ceux faits de deux disques métalliques, qui s’appliquent exactement par leurs faces bien planes, incrustées d’une légère couche de cire d’Espagne, ou mieux d’un bon vernis de Lacque ».
- » La première manière de faire cette expérience, fut de prendre deux disques ou plateaux, un de cuivre et l’autre de zinc; de les tenir chacun par un manche bien isolant ( de verre incrusté de cire d’Espagne ) ; de les appliquer un instant l’un à l’autre, par leurs faces planes, et séparés ensuite adroitement, de les faire toucher à l’élec-tromètre, qui marquoit alors , par l’écartement d’environ une ligne de ses pailles, l’électricité qu’avoit contracté chacun des plateaux; et une électricité positive , ou en plus ( él. + ) le zinc, négative ou en moins (él.—) le cuivre; comme on pouvoit la connoître en approchant du même électromètre un bâton de cire d’Espagne frotté. »
- » 11 est à propos d’observer, dans Cette expérience, que les deux plateaux, en même-temps qu’ils sont moteurs d'électricité, en vertu de leur contact mutuel, pour être deux métaux diffé-rens, font aussi fonction de condensateurs, se
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- DU GALVANISME. 171 trouvant présentés l’un à l’autre par une large surface ; ce qui fait que leurs électricités contraires se trouvent au mieux contre-balancées. Voilà pourquoi cette électricité positive dans le plateau de zinc, et négative dans celui de cuivre , qui sans cela n’iroit qu ’à un 16.® de degré environ , et qui n’atteint, en effet, pas plus haut, tant que ces mêmes plateaux restent appliqués l’un à l’autre, s’élève, en les détachant, à un, un et demi, ou deux degrés, et même davantage. »
- » Une telle électricité est encore peu de chose ; elle ne satisfait pas certaines personnes qui aiment à voir les effets en grand. Eh bien ! pour obtenir des signes électriques beaucoup plus marqués, je me sers ordinairement d’un second condensateur, monté sur l'électromètre même, et je procède de la manière suivante : J’applique l’un à l’autre les plateaux de cuivre et de zinc, et je les sépare à plusieurs reprises, faisant toucher, à chaque séparation, l’un de ces plateaux isolés au disque supérieur du condensateur, et l'autre pareillement isolé au disque inférieur, qui tient à i’électromètre. Après 10, 12, 20 de ces attouchemens, levant le disque supérieur dudit condensateur, voilà I’électromètre portant le disque inférieur , qui s’élève à 10, 12, 15, 20
- » On pourroit croire qu’indépendamment de
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- l’action du condensateur, l’étendue du contact, entre les deux métaux différens, contribue beaucoup, comme telle, à porter l’électricité au degré que nous avons vu, et qu’on obtiendrait beaucoup moins, s’ils ne se touchoient que par quelques points. Mais je démontre le contraire ; c’est-à-dire, que, dans un cas comme dans l’autre, la tension électrique arrive durant le contact au même point, lequel est d’un soixantième de degré environ de mon électromètre à pailles minces, les deux métaux étant zinc et cuivre, et un peu plus étant zinc et argent : pour laquelle tension, comme il faut une quantité d’autant plus grande du fluide électrique dans le plateau, qui fait office de condensateur, avant qu’il condense 60, ioo, 150, zoo fois; voilà pourquoi on obtient un, un et demi, deux degrés, etc. etc. »
- » Pour prouver, au reste, qu’un contact de deux métaux, peu étendu, et même en quelques points seulement, déplace le fluide électrique jusqu’à porter dans ces métaux la tension au même degré ; je joins une petite plaque de cuivre avec une autre de zinc, semblable ou dissemblable , quant à la figure et à la grandeur, en les appliquant l’une à l’autre, par quelques points seulement, ou par plusieurs, ou même en les soudant bout à bout.
- Voici
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- DU GALVANISME. 175 Voici quelques figures :
- OO
- C Z
- O OO (
- Z Z ,c
- » En prenant, des deux doigts ou d’autre manière, la pièce Z de zinc, je fais communiquer l’autre C de cuivre, au disque supérieur du condensateur , pendant que l’inférieur communique, comme il le doit, avec le sol : un instant après, levapt ce disque supérieur en l’air, et le tenant isolé, il donne à l’électromètre deux ou trois degrés d’électricité négative ( él. — ), suivant qu’un tel condensateur condense 1zo à 180 fois ; ce qui prouve que la tension électrique de ladite lame C étoit d’environ un soixantième de degré, à-peu-près égale à celle que prenoient, dans les expériences précédentes, les deux plateaux de cuivre et de zinc, étant appliqués l’un à l’autre par toute, l’étendue de leurs faces planes.
- En renversant l'expérience , c’est-à-dire, en faisant communiquer au condensateur la plaque Z de zinc, on obtient de même deux à trois degrés, mais d’électricité positive ( él. + ). Ce-pendant, si le disque du condensateur est de cuivre, et que la plaque Z le touche immédiatement à nu, on n'obtient rien, et cela par la
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- raison que le zinc se trouvant alors en contact des deux côtés opposés, avec cuivre et cuivre, il s’ensuit que deux forces égales agissent en sens' contraire, et qu’elles se détruisent par-là, ou se contre-balancent. Il est donc nécessaire que la communication de la lame du zinc Z, avec le disque de cuivre du condensateur, se fosse par l’interposition d’un conducteur, qui soit simple conducteur à-peu-près d’un conducteur humide, comme un carton ou drap mouillé. »
- » Au reste, l’âction excitant et mouvant le fluide électrique, ne s’exerce pas, comme on l’a cru faussement, au contact de la substance humide avec le métal, oii il ne s’y en exerce qu’une très-petite, qu’on peut négliger, en comparaison de celle qui s’exerce, comme toutes mes expériences le prouvent, au contact entre des métaux différens. Par conséquent le véritable élément de mes appareils électro-moteurs à pile, à coupes, et autres, qu’on peut construire d’après les mêmes principes, est la simple couple métallique, composée de deux métaux différens; et non pas une substance humide appliquée à une métallique, ou comprise entre deux métaux différens, comme là plupart des physiciens l’ont prétendu. Les couches humides, dans ces appareils composés, ne sont d^nc là que pour foire communiquer, l’une à l’autre, toutes les couples
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- métalliques, rangées de manière à pousser le fluide électrique dans une direction, pour les faire communiquer, de façon qu’il n’y ait pas d’action en sens contraire. »
- » Après avoir bien vu quel degré d’électricité j’obtiens d’une seule de ces couples métalliques, à l’aide du condensateur dont je me sers, je passe à montrer qu’avec z, 3, 4 couples, etc. bien arrangées, c’est-à-dire, tournées toutes dans le même sens, et communiquant les unes aux autres par autant de couchés humides ( qui sonf -nécessaires pour qu’il n’y ait pas des actions en sens contraire , comme je l’ai montré ) , on a justement le double, le triple, le quadruple, etc. ; de sorte que si, avec une seule couple, on arrivoit à électriser le condensateur, au point de lui faire donner à l’électromètre, par exemple, trois degrés; avec deux couples on arrive à six, avec trois à neuf, avec quatre à douze, etc. sinon exactement, à très-peu-près. Vous les avez vues, ces expériences, et vous en avez été très-satisfait, aussi bien que M. Pictet, qui parut en être enchanté, et ne se lassoit pas de les voir répéter. »
- » Voilà donc déjà une petite pile construite, qui ne donfie pourtant pas encore des signes à l’électromètre, sans le secours du condensateur : pour qu’elle en donne immédiatement, pour
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- qu’elle arrive à un degré eritier de tension électrique, qu’on pourra à peine distinguer, étant marqué par une demi-ligne de l’écartement des pointes des paillettes, il faut qu’une telle pile soit composée d’environ 60 de ces couples de cuivre et de zinc, ou mieux d’argent et zinc, à raison de ^ de degré que donne chaque couple, comme je l’ai fait remarquer. Alors elle donne aussi quelques secousses, si on touche ces deux extrémités avec des doigts qui ne soient pas secs; et de beaucoup plus fortes, si on les touche avec des métaux, qu’on empoigne par de larges surfaces avec les mains bien humides, établissant ainsi une beaucoup meilleure communication. »
- » De cette manière , on peut déjà avoir des commotions d’un appareil, soit à pile, soit à tasses, de 30 et même de îo couples, pourvu que les métaux soient suffisamment nets et propres,' et sur-tout que les couches humides interposées ne soient pas de l’eau simple et pure, mais des solutions salines assez chargées. Ce. n’est pourtant pas que ces humeurs salines augmentent proprement la force électrique : elles facilitent seulement le passage, et laissent un plus libre cours au fluide électrique, étant beaucoup meilleurs conducteurs que l’eau simple, comme plusieurs autres expériences le démontrent. » «Pour bien constater cela, et mettre sous les
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- IDU GALVANISME. 277 yeux des personnes , qui avoient de la peine à le croire, que la force électrique est, sinon exactement , à très-peu près la même, que les couches humides soient de l’eau pure ou de l’eau salée , quoiqu’il y ait une si grande différence dans la commotion qu’on éprouve, j’ai fait souvent l’expérience suivante. Je prends une trentaine de coupes ou de verres à boire, et j’en construis un de ces appareils, que j’appelle à couronne de tasses, en y mettant assez d’eau pure, et les faisant communiquer le premier au second, le second au troisième, et ainsi de suite des autres verres jusqu’au dernier, par des arcs métalliques, qui se terminent d’un côté en une lame de cuivre, de- l’autre en une de zinc, et sont tournés tous dans le même sens. L’appareil ainsi construit, j’essaie sa force électrique, en faisant communiqner au sol la première des tasses; et appliquant le condensateur à un métal qui plonge en partie dans la dernière ; lequel condensateur me donne ensuite, en le retirant, et séparant l’un de ses disques de l’autre, de la manière qu’il faut, et sans retard, 40, 60 degrés, ou plus, suivant la force condensatrice. J’essaie aussi la secousse de la manière la plus avantageuse, et je trouve qu’elle est très-petite. Après m’être bien assuré, et du degré d’électricité , et de la foiblesse de la secousse, j’ajoute
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- une pincée de sel dans chaque tasse; et répé* tant les épreuves, je trouve que l’électricité n’a point du tout augmenté, le condensateur n? me donnant encore que les 40 ou 60 degrés, comme auparavant ; mais les contractions sont incomparablement plus fortes. »
- » Je vpus ai dit, et vous en fûtes bien étonné, et plus encore M. Pictet, qu’avec un appareil, je charge une bouteille de Leyde, de quelque capacité qu’elle soit, et même une grande batterie ; que je les charge en un instant, ou pour parler plus juste, en moins d’un vingtième de seconde, et au même degré à-peu-près de l’appareil lui - même ; savoir, à un degré environ de tension, si l’appareil est composé de 60 couples; à deux degrés, s’il en contient 120, ,etç. qu'alors je puis tirer, à l’aide du condensateur, quelque bonne étincelle des petites bouteilles ainsi chargées ; un grand nombre de pareilles étincelles des grandes bouteilles ; et presque sans fin de l’appareil lui-même. »
- » Je vous ai dit que les grandes bouteilles, ainsi chargées , me donnoient des secousses médiocres , et les batteries d’assez fortes, jusqu’au coude et au-delà; que celles d’une batterie de 10 pieds carrés d’armure, et chargée, en moins d’un vingtième de seconde, par un de mes appareils de zo.Q coyples métalliques, sont très-
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- DU GALVANISME. 179 graves et presque insupportables; car je n’ai pas encore fait d’épreuves avec de plus grandes batteries : mais il y a toute vraisemblance que les secousses augmenteroient avec la grandeur de ces batteries, jusqu’à un certain terme que je ne saurois définir ; de sorte qu’il seroit possible, avec des batteries de 40, 60 et 100 pieds-carrés, d’avoir des commotions assez fortes, en les chargeant avec le contact passager d’une pile de 60 couples seulement, de 40, 30 ou moins encore (1). »
- » Je vous ai expliqué comment il faut s’y pren«-dre pour réussir dans ces expériences; qu’il faut sur-tout éviter avec soin les moindres interruptions, dans les communications des conducteurs avec les armures des bouteilles, et entre eux; et avec un plus grand soin encore, lorsque l’appareil électro-moteur, composé d’un petit nombre de couples, n’est pas bien puissant ; de sorte qu’il ne pourroit pas vaincre le plus petit obstacle , qui se trouveroit au passage, et au cours du fluide électrique. »
- (1) C’est ce dont on aura la preuve, par les expériences qu’ont faites MM. Van Marum et Pfaff, à Harlem , et dont il sera fait mention, vers la fin de cette histoire, ainsi que du nouveau mémoire de Volta, lu à l’Institut.
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- » Enfin, je vous fais remarquer que ces expériences confirment, d’une manière bien évidente, ce que toutes les autres suggéroient déjà, c’est-à-dire, que la quantité du fluide électrique, mise en mouvement par mes appareils, est bien plus grande, pour chaque instant, que celle obtenue par les machines électriques ordinaires ; que mes appareils fournissent plus abondamment que celles-ci, lorsqu’il s’agit, non pas d’une accumulation de fluide électrique dans des corps isolés, pour y élever l’électricité à un haut point de tension, ce qu’on' peut faire avec lesdites machines, et nullement avec la pile et autres appareils semblables, à moins qu’on n’y emploie ries condensateurs; mais lorsqu’il s’agit d’un courant continuel de ce fluide , entretenu par une action continuelle dans un cercle de conducteurs non isolés ; alors, un de mes appareils de 60 ou 30 couples métalliques seulement, verse à chaque instant, je dirai mieux, dans un temps donné, plus de fluide électrique, s’il ne rencontre pas d’obstacle, si ce fluide n’est pas arrêté par une trop petite capacité du récipient qui le reçoit, qu’une des meilleures et plus «actives machines électriques à cylindre, ou à plateaux de cristal. En effet, quelle est celle de ces machines qui chargeroit à un degré, ou même à un demi-degré, une très-grande batterie, en moins d’un
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- huitième de seconde, qui y verseroit assez de fluide électrique, pour pouvoir en tirer ensuite, avec le secours du condensateur, un grand nombre d’étincelles, les unes après les autres, comme fait un desdits appareils ? »
- Les autres expériences, que j’ai pu vous montrer en partie, regardent les différens phénomènes électroscopiques qu’offre l’appareil, suivant que l’une ou l’autre de ses extrémités communique avec le sol, ou toutes les deux, ou ni l’une ni l’autre, ou qu’elles communiquent seulement entre elles et avec le sol ensemble ; suivant que ces communications se font par des conducteurs parfaits, ou plus ou moins imparfaits, etç. toutes circonstances qui modifient singulièrement, et font varier beaucoup les résultats, qui paraissent souvent curieux et même bisarres; mais que je crois pourtant pouvoir expliquer, d’une manière satisfaisante, sans m’écarter dè mes principes et des bonnes théories électriques, eu égard singulièrement à la manière dont se comportent les conducteurs imparfaits ou mauvais. Il seroit trop long d’entrer ici dans des détails ; d’ailleurs, ce que vous en avez déjà vu, et ce que je vous ai dit, peut suffire pour le présent.
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- CHAPITRE X.
- Expériences et observations sur le galvanisme y par MM. Nicholson , Carlisle, Robertson , Cruickshank, Henry et Davy.
- A près Volta, et concurremment avec lui, les physiciens ci-dessus nommés, sont ceux qui ont le plus assiduement travaillé sur le galvanisme, sur la nature des phénomènes qu’il présente, et sur le parti qu’on peut en tirer, tant pour prévenir que pour guérir les maladies. Les travaux de chacun de ces célèbres physiciens, méritent au moins, autant que tout autre, de trouver place dans l’histoire du galvanisme.
- §. I. Recherches et expériences de MM. Nicholson et Carliste (1). Ces physiciens les ont commencées ensemble avec une pile composée de 17 petits écus,
- (1) Bibliothèque britannique, tome XV, page 11 de
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- DU GALVANISME. 285 et d’autant de pièces de zinc, et de cartons mouillés. Ils éprouvèrent un choc et une sensation cuisante, par-tout oii l’épiderme étoit enlevé. Cette pile , placée sur l’électromètre à feuilles d’or de Bennet, et la communication étant établie entre le pied de l’instrument et le sommet de la pile, ne donna aucun symptôme électrique. On eut recours au doubleur d’électricité, décrit tome III de la bibliothèque britannique, sciences et arts, page 272. Il fit voir que l’extrémité de la pile, terminée par la pièce d’argent, étoit dans l’état négatif, et celle terminée par le zinc, dans l’état positif.
- On observa que l’action de cet appareil se transmettoit au travers des conducteurs ordinaires d’électricité, mais qu’elle étoit interceptée par les idio-électriques. Un soupçon, dû à l’odeur du gaz électrique , qui se manifestait dans certaines dispositions de l’appareil, fit imaginer à M. N, de placer, dans le circuit, entre le haut et le bas de la pile, un tube de verre rempli d’eau, par les deux extrémités duquel on feroit entrer, au travers de bouchons, deux pointes métalliques , qui laisseraient quelque distance entre elles à l’intérieur. On fit ensuite l’expérience suivante :
- Le tube, qui avoit j pouce de diamètre, fut rempli d’eau de rivière, et on laissa les pointes à un pouce } l’une de l’autre en-rdedans. La pile.
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- étoit de trente-six petits écus, et d’autant de pièces de zinc et de carton. Peu après l’application du tube dans le circuit, entre le haut et le bas de. la pile, on vit paroître un petit courant de bulles très - fines, qui sembloient sortir de la pointe du fil de métal inférieur dans le tube, ou de celui qui communiquoit avec la pièce d’argent, sur laquelle étoit élevé tout l’appareil: la pointe opposée se ternissoit à mesure ; elle prit une couleur d’abord orange foncé , puis noire. Lorsqu’on renversoit le tube, le gaz sor-toit de la pointe devenue inférieure, et l’autre se ternissoit proportionnellement. En le retournant de nouveau, les phénomènes se présentèrent, comme dans la première position. On laissa le tout dans cet état pendant deux heures et demie : le fil supérieur lâcha peu-à-peu des nuages d’une sorte d’écume blanchâtre, qui, vers la fin du procédé, passèrent au verd, et demeuroient suspendus , en partie en filets verticaux, au dernier demi - pouce du fil de métal : ce qui en échappa troubloit l’eau, et formoit un dépôt verd pâle, sur la partie inférieure du tube, alors incliné d’environ 40 degrés à l’horison.
- Le fil inférieur, long de \ de pouce, donnoit constamment du gaz, excepté quand un autre circuit ou une communication par un conducteur parfait, etoit appliqué à l’appareil ; l’émission étoit alors
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- DU GALVANISME. 185 suspendue. Elle se renouveloit, au bout d’environ deux secondes, lorsqu’on supprimoit de nouveau la communication établie par le conducteur additionnel. Le produit aériforme, durant les deux heures et demie de travail de l’appareil, s’éleva un 75- de pouce cube. On le mêla avec une quantité égale d’air commun, et il détonna au contact de la flamme d’un fil ciré. En renversant la pile, de manière que le zinc fût au bas, les effets furent aussi renversés , c’est-à-dire, que le gaz fut produit par le fil supérieur, qui alors étoit en communication avec la pièce d’argent.
- Ce ne fut pas sans surprise que l’auteur vit, dans ces singuliers résultats, l’hydrogène se dégager , au contact de l'un des deux fils avec l’eau, tandis que l’oxigène se combinoit avec l’autre fil, distant de près de deux pouces. Ce fait nouveau n’est point encore expliqué, et il semblerait dépendre de quelque loi générale, dans le mode d’action chimique de l’électricité. Comme l’intervalle, entre les fils, formoit une circonstance marquante dans ce résultat, il con-venoit d’en rechercher le maximum. On n’obtint aucun effet d’un tube de 36 pouces rempli d’eau , dans les deux' extrémités duquel arrivoient les fils disposés comme auparavant. On n’essaya pas des distonces intermédiaires ;
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- mais il paroît qu’en général la décomposition est d’autant plus rapide, que les extrémités des deux fils sont plus rapprochées; sauf le cas du contact , dans lequel la décomposition n’a point lieu.
- M. Cartisli répéta l’expérience avec des fils de cuivre , et de l’eau teinte en bleu par le tournesol. Le filoxidant, c’est-à-dire, en communication avec le zinc, étoit en bas : cette eau devint rouge, au bont de dix minutes environ, jusqu’à la hauteur de l’extrémité supérieure du fil inférieur; le reste de la liqueur conserva la teinte bleue (i). Il y auroit donc là un acide formé, ou bien une portion de l’oxigène se seroit eom1-binée avec la partie colorante, de manière à produire l’effet d’un acide. M. N. observe que la pile électrique, faite avec du carton ou du drap humecté, de deux en deux pièces, continue, pendant deux et à peine trois jours, à faire son effet; qu’il paroît, soit d’après le jeu de cet appareil, soit d’après une suite de verres
- (i) Dans une expérience analogue, l’une de celles répétées à une séance de la société de physique et d’histoire naturelle de Genève, les fils étant de laiton , et celui qui coramuniquoit avec le zinc se trouvant en haut, l’eau teinte avec le sirop de violettes, passa au verd dans la partie supérieure du tube, et demeura violette dans le bas, -
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- DU GALVANISME. 187 disposés par M. Carliste, que la décomposition a lieu entre chaque paire des deux métaux; que le zinc s'oxide sur sa face humectée, et dégage de l’hydrogène ; que le sel commun ( muriate de soude ) se décompose , et fournit une efflorescence de soude autour des bords, chassée probablement par l’hydrogène ; enfin , qu’à raison de la corrosion de la surface du zinc, il faut la nétoyer à la lime ou au sable, chaque fois qu’on établit une pile nouvelle. M. N. propose, sans l’avoir essayé, de nétoyer le zinc avec de l’acide muriatique étendu.
- Des occupations particulières aux deux physiciens , qui s’étoient réunis pour un travail commun, ne leur ayant plus permis de le continuer ensemble, M. N. procéda seul de la manière suivante : Il fit laminer du zinc, à l’épaisseur de de pouce seulement, et de l’argent pur, au dernier degré de ténuité qu’il peut acquérir sous le marteau du batteur, savoir à de pouce d?épaisseur. Il se procura deux assorti-mens, avec ces deux métaux ainsi préparés, savoir, l’un de 16rondelles d’argent,de 1 pouces de diamètre, avec les disques correspondans de zinc et de carton ; l’autre, du même nombre , mais du diamètre d’un pouce seulement. La petite pile fut préparée la première, et il ne parut pas que l’assortiment entier, quoique fort supé-
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- rieur en surface à la pile des petits écus, l’emportât sur celle-ci, soit pour la décomposition de l’eau, soit dans la faculté de donner le choc électrique. Ce fait, joint à d’autres, persuada à l’auteur que la répétition ou prolongation de la série alternative, est plus efficace que l’augmentation des surfaces de contact. Il croit aussi que l’épaisseur des plaques ne contribue en rien à l’effet; mais il trouve à son appareil l’inconvénient, que les plaques de zinc sont trop minces pour supporter un fréquent nétoyage, et que celles d’argent ne le supportent pas du tout.
- Par une expérience délicate, faite au moyen du condensateur de Folia, mis en communication avec l’extrémité d’argent de la pile, M. N. obtint des signes d’électricité, qui lui montrèrent que celle du zinc, situé au sommet, étoit positive. Il renversa la pile, pour mettre le zinc au bas; et l’électricité de l’argent, essayée par le même procédé, et un grand nombre de fois, parut avoir le même degré d’intensité que celle du zinc; mais elle étoit négative. On vit une ou deux fois l’étincelle , dans cette suite d’expériences.
- On essaya le procédé de la décomposition de l’eau, en employant deux fils de platine, métal qu’on sait être d’une oxidation très-difficile. L’un d’eux étoit arrondi au bout, et avoit ~ de pouce de diamètre ; l’autre, à-peu-près de même masse, étoit
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- DU GALVANISME. i89 étoit applati, à la largeur d’environ ~j de pouce. On les inséra dans un tube court, de j de pouce de diamètre intérieur. Lorsque cet appareil fut placé dans le circuit, le côté qui répondoit à l’argent de la pile, donna un courant abondant de bulles fines; et celui qui arrivoitau zinc, produisit une série moins marquée. On ne vit ni nuage dans l’eau, ni oxidation ou changement de couleur à la surface du métal, après quatre heures de séjour dans cette situation. Il étoit naturel de penser que le courant de bulles le plus considérable, celui qui avoit lieu du côté de l’argent de la pile , étoit de l’hydrogène, et que l’autre étoit de l’oxi-gène. On essaya, et avec le même résultat, deux feuilles d’or épaisses. On substitua à l’une d’elles un fil de laiton : quand celui-ci se trouva du côté de l’argent, ou du côté négatif, les deux gaz furent produits pendant deux heures, sans oxidation , comme auparavant ; mais quand, en renversant l’appareil, on mit le laiton en contact avec le côté positif, ou le zinc , le laiton s’oxid?., comme si les deux fils en eussent été formés. Lorsqu’on eut soumis, pendant un temps un peu long, les feuilles d’or à cette action, l’extrémité de celle des feuilles, qui communiquoit avec le zinc , acquit une teinte cuivreuse ou pourprée, qui étoit plus foncée vers l’extrémité. On ne peut décider, dans ce cas, si l’effet étoit dû à l’oxi-
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- î9o HISTOIRE
- dation de l’or, ou à celle du cuivre, dont l'or
- battu contient environ 75 de son poids.
- La simple décomposition de l’eau par des fils de platine, sans oxidation du métal, offrit le moyen d’obtenir les gaz séparés l’un de l’autre. Dans ce but, M. N. combina la pile de 36 de M. Carliste, avec ses deux assortimens de 16 répétitions. La pile de 36 avoit le zinc en-dessus, et l’autre étoit dans l’ordre inverse ; ensorte qu’en faisant toucher réciproquement les plaques supérieures, le tout ne faisoit qu’ûn seul et même appareil, communiquant respectivement par la base. On fit. sortir les deux fils de platine, de deux tubes séparés, dont chacun contenoit un peu d’eau, et par les bouchons opposés de chaque tube, on fit passer des fils de cuivre servant de communication. Ces tubes furent légèrement enduits de graisse en dehors, pour empêcher qu’en devenant humide, leur surface extérieure ne conduisît l’électricité. Dans cet état, on plongea les extrémités, armées de platine, dans un vase d’eau peu profond, dans lequel on avoit disposé deux petits récipiens pleins d’eau, et renversés. Le platine de l’un des tubes passoit sous l’un de ceS récipiens, et le platine de l’autre passoit de même sous le récipient voisin. La distance entré leurs extrémités, étoit d’environ 1 pouces. On fit communiquer les fils de cuivre respectivement avec
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- DU GALVANISME. 191 les extrémités de la pile entière de 68 paires. On vit sortir, de chaque fil de platine, le gaz, en forme de nuage, en plus grande quantité du côté de l’argent, ou. du côté négatif. Les bulles pa-roissoient sortir de toutes les parties du liquide, et elles s’attachoient sur toute la surface interne des récipiens.
- On laissa l’appareil en action pendant treize heures, après quoi on retira les fils , et on transvasa les deux gaz produits, dans deux phioles diflérentes. On en mesura la quantité relative, en pesant les bouteilles ; et on trouva qu’ils avoient respectivement déplacé 72 grains d’eau du côté du zinc , et 142 du côté communiquant à l’argent ; en sorte que le volume total s’élevoit à 1,17 pouce cube, ou près d’un pouce et un quart. Ces deux volumes sont à-peu-près dans le rapport des aliquotes constituantes de l’eau. Le gaz produit du côté du zinc, soumis à l’épreuve du gaz nitreux, se réduisit à 1,25, et ne diminua pas davantage, par l’addition d’une nouvelle mesure. Celui du côté de l’argent, traité de même, se réduisit à 1,60. L’air de la chambre, mis à cette épreuve, donna 1,28. Ilrestoittrop de gaz du côté du zinc, pour qu’on pût en essayer la combustion ; mais le résidu de celui du côté de l’argent, mêlé avec un tiers d’air atmosphérique , détonna vivement,
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- Il ne paroît pas probable, dit M. N., que chacun des deux fils ait dégagé de l’oxigène, mais plutôt que ce gaz s’est introduit sous les deux récipiens , par l’effet résultant nécessairement du transvasage, lorsqu’on a affaire à d’aussi petites bulles, en partie disséminées dans le liquide, dont elles ont peine à surmonter la viscosité. Il paroît donc plus convenable, jusqu’à ce qu’on ait répété cette expérience en vases clos, d’estimer la diminution par le gaz nitreux sur le total des deux gaz produits. La diminution totale seroit ainsi représentée par 1,15; d’où il suivroit que la pureté de l’oxigène, estimée à la manière de Priestley , seroit exprimée par le nombre 0,85.
- M. M termine son mémoire, par la notice abrégée des effets d’une pile de cent petits écus, et l’exposé d’un incident chimique qui lui paroît le plus remarquable, entre ceux qui ont été observés. On avoit substitué au carton, dans cette pile, des rondelles de drap verd, mouillées d’eau salée. Elle donnoit rie fortes commotions, qu’on ressentoit jusques dans les épaules, et ( quoique moins fortes alors) au travers d’une chaîne de neuf personnes. On voyoit souvent l’étincelle , dans l’obscurité; et quelquefois un petit éclair vers le milieu de la colonne, au moment de l’explosion. On croyoit entendre le bruit de l’étincelle. Cet appareil produisoit un dégagement
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- DU GALVANISME. 293 abondant et rapide des gaz. Lorsqu’on employoit, pour le circuit interrompu, des fils de cuivre plongés dans de l’eau contenant d’acide muriatique, on ne voyoit paroître aucun gaz ni aucune circulation dans le fluide, si la distance entre les extrémités des fils, étoit. de 2 pouces»
- On plaça, dans ce même circuit, un tube court, avec deux fils de cuivre voisins l’un de l’autre, dans de l’eau commune ; et on vit, par les phénomènes ordinaires, que le courant électrique passoit rapidement. On rapprocha ensuite les extrémités des fils plongés dans l’eau acidulée, jusques à la distance d’un tiers de pouce l’un de l’autre. On observa, pendant plusieurs heures que dura l’expérience, que le fil négatif donna im peu d’hydrogène pendant une heure, tandis que l’autre , attaqué à sa surface, ne manifesta point d’oxide. Il se fit un dépôt de cuivre, à l’état métallique, autour du fil inférieur, ou négatif: ce dépôt commençoit à l’extrémité inférieure de ce même fil. Il ne se dégagea aucun gaz dans le tube, pendant deux heures, quoique le dépôt continuât à se former, et que le petit tube montrât que le courant électrique avoit lieu sans interception. Ce dépôt, au bout de quatre heures, formoit une végétation métallique ramifiée, dont
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- ie volume surpassoit neuf à dix fois celui du fil, autour duquel elle étoit agglomérée.
- «Ilparoît, dit l’auteur, que, dans cette expérience , l’influence de l’électricité augmentoit l’oxidabilité du fil supérieur, et produisant de l’hydrogène naissant, à la surface du fil inférieur, faisoit agir ce dernier ingrédient, comme précipitant d’une solution d’un seul et même métal. Il nous manque, ajoute-t-il en terminant son écrit, un moyen de mesurer l’intensité d’action dans ces appareils. Pourroit-on l’apprécier par les quantités d’eau décomposée, ou de gaz dégagé dans des circonstances semblables et un temps donné ? ou par quelque modification dans la température ? ou, enfin, par quelque autre circonstance susceptible de variations ? M. Carliste n’a pas trouvé qu’un thermomètre très-sensible, mis dans l’eau du tube où s’opère la décomposition, fût le moins du monde affecté par la formation des fluides élastiques. » Les expériences de MM. Nicholson et Carliste, répétées par d’autres physiciens , n’ont pas toujours donné les mêmes résultats.
- §. II. Expériences et observations de M. Robertson. « Occupé depuis long-tempsdit ce physicien ( i ),
- (i) Voyez Expériences nouvelles sur le fluide galvanique, par Robertson, ex-professeur de physique à l’école centrale
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- DU GALVANISME. 195 de tout: ce qui a rapport au fluide galvanique , je me suis empressé de répéter les nouvelles expériences communiquées à la Société royale de Londres par M. Volta. Elles ont été consignées dans le Courier de .Londres , mais d’une manière très-concise, et.spuvent peu exacte. Pour obtenir les résultats vraiment étonnans qu’offrent ces expériences , je me suis éloigné, le moins qu’il m’a été possible, des procédés indiqués. Comme ils m’ont paru pouvoir conduire en France'la physique et la chimie à des degrés capables d’étendre leur domaine et d’accélérer leurs progrès, j’ai adressé à l’Institut national le détail de mes travaux , en m’engageant à les répéter sous ses yeux, ou' devant les commissaires qu’il nommeroit. »
- Le fluide galyaniqué paraissant agir en raison des masses et peut-être dés surfaces, M. Robertson a fait construire cent pièces de zinc: il en posa une sur un plateau de verre; il disposa sur cette pièce un écu de six francs, et sur le plateau une
- du département de l'Ourthe , lues à 'VInstitut national de France , le n fructidor de Van 8. ( Annales de chimie , tome XXXVn, page 132.) Voye^ aussi le Journal de Paris, feuilles du 10, du 15 et du 17 fructidor de l’an 8. Ces expériences sont éclaircies et appuyées par deux planches et quatre figures, placées à la fin du volume des Annales de chimie.
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- rondelle de papier, bien imprégnée d’eau. U répéta cette disposition jusqu’au nombre de 65 pièces de zinc, d’autant de pièces d’argent, et d’autant de rondelles de papier, ou de cartes mouillées. Cet arrangement lui donna une pile métallique de 30 centimètres de hauteur, contenueopar trois colonnes de verre, fixées dans une base. Ayant les mains mouillées , il posa un doigt de la main gauche sous la pièce inférieure de zinc, et de la main droite il toucha la pièce d’argent qui terminoit cette pile : il n’éprouva qu’une sensation imperceptible , qu’il attribua même à son imagination et au désir qu’il avoit de réussir.
- Sans se décourager de ses premiers essais, il fit d’autres tentatives, et n’obtint une sensation déterminée et bien prononcée*, qu’en touchant avec l’articulation du petit doigt..La sensation lui.parut même plus sensible, lorsque l’extrémité de l’un ou l’autre doigt étoit garnie d’une goutte d’eau , avec laquelle il touchoit le métal supérieur, ou bien lorsqu’il touchoit avec une pièce d’argent. Alors le sentiment étoit vif et continu, et n’affec-toit que les nerfs des doigts qui touchoient immédiatement ce métal. Ces différentes nuances de sentiment furent répétées et éprouvées par plus de cinquante personnes, qui assistèrent à ces expériences.
- Robertson en tire plusieurs observations. Il
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- observe 10. que l’éclair, la sensation ou le goût galvanique n’ont lieu, que lorsqu’il y a une communication , ou une chaîne non interrompue entre le sommet de la pile et sa base ; z°. que la sensation qu’on éprove, et qu’on a désignée sous le nom de commotion galvanique, ne doit pas être confondue avec la commotion électrique, la première ayant paru à M. Robertson n’être qu’une véritable irritation , qui n’affecte que le genre nerveux, et la seconde n’ayant qu’un effet instantané, qui cesse aussi-tôt que l’électricité trouve le moyen de rétablir son équilibre ; 30. qu’il importe que les rondelles de papier soient bien imprégnées d’eau, qui paroît être la seule conductrice des émanations binaires qui ont lieu à chaque xntercallation, composée de deux métaux hétérogènes, et que ce n’est pas la même chose pour les mains, parce qu’il suffit que le. doigt qui touche soit mouillé.
- Parmi une foule d’expériences, qui lui sont particulières , il n’en a pas trouvé de plus intéressante que celle de soumettre au contact galvanique différentes parties du corps : quelques épreuves qu’il a faites à ce sujet, et dont il donne le résultat, lui ont fait voir que les organes les plus sensibles à l’irritation galvanique sont les dents œillères, le bout du nez, les yeux, et l’extrémité de la langue. Il trouve que le phénomène de la saveur de cet organe, saveur presque toujours accompagnée
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- d’éclair, a beaucoup d’analogie avec celle que font éprouver les acides, qu’elle établit encore cette différence entre le galvanisme et l’électricité, que celle-ci ne laisse aucun goût sur la langue, le seul rapprochement, qui existe entre ces deux fluides, n’étant fondé que sur ce que les meilleurs conducteurs de l’un et de l’autre sont l’homme, l’eau et les métaux. Qui sait, demande ici Robertson, si ut étonnant fluide ( le galvanique ) n’est pas le premier des acides de la nature ? Qui saie s’il ri est pas le premier agent du mouvement vital, etquet on désignoit dans l'ancienne école sous le nom de fluide nerveux ? Qui sait encore s ’iln 'est pas un véritable poison ? Ce qui est constamment vrai, dans l’expérience dont il s’agit, c’est l'action très-prononcée de l’acide galvanique sur le genre nerveux.
- Pour connoître oii s’arrête l’intensité de ce fluide, et pour bien juger sa marche, son action et ses propriétés, M. Robertson s’est enlevé avec un rasoir la superficie de l’épiderme du pouce de la main , et celle du petit doigt du pied ; il a établi avec l’un et l’autre une communication, entre le sommet de la colonne métallique et sa base. La douleur, ou plutôt la brûlure qu’il éprouva alors fut si insupportable, que, malgré la meilleure volonté, il lui fut impossible de prolonger le contact : cette douleur eut lieu tout le temps qu’il exista ; ce qui le porte à croire qu’il s’établit un courant galvanique non interrompu du sommet
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- DU GALVANISME. 299 de la colonne métallique à sa base, observation qui a sans doute conduit à l’expérience qui le prouve évidemment, celle de la décomposition de l’eau qu’il rapporte.
- D’après ces faits, constatés par une foule d’expériences , Robertson croit qu’on pourroit être autorisé à admettre l’existence d’un fluide, dont la présence est toujours déterminée par le contact des métaux hétérogènes, sur-tout du zinc et de l’argent ; à admettre aussi l’existence d’un acide qui a sur le genre nerveux une action tellement puissante, qu’elle s’étend même au-delà des bornes de la vie, puisqu’il dit être parvenu à rendre les mouvemens à un animal tué depuis quatre jours. Il expose à cet effet les nouvelles dispositions qu’il a faites pour obtenir l’acide galvanique, ce qui l’a porté à rejetter le fluide électrique, comme principe du galvanisme, pour l’attribuer à un acide, sui generis; une multitude de faits et de nouvelles observations, qui sont détaillées, semblent se réunir pour justifier son opinion et même l’accréditer. Il finit par décrire le galvanomètre ou mesure du galvanisme , dont il se sert pour recon-noître la presence, la marche, et sur-tout l’action du fluide galvanique.
- Avant de donner la description de cet instrument, faisons connoîtreles nouvelles dispositions
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- proposées par Robertson pour obtenir l’acide galvanique (i).
- « Lors, dit-il, qu’un nouveau fait de la nature semble laisser un plus vaste champ au raisonnement qu’à l’expérience, il doit,sans doute, pa-roître dangereux d’émettre une opinion nouvelle , que le temps et d’autres observations peuvent à chaque instant détruire. J’ai rejetté le fluide élec-crique, comme principe du galvanisme, pour l’attribuer à un acide, sui generis. Je n’ai d’abord présenté mon opinion qu’avec la modestie du doute ; aujourd’hui, une multitude de faits et de nouvelles observations semblent se réunir pour la justifier et même l’accréditer. i°. Les teintures de violettes, de tournesol, renfermées dans des tubes de verre, pour livrer passage au fluide galvanique, verdissent promptement, quelquefois en moins d’une heure; i°. les métaux hétérogènesaccollés l’un à l’autre et mouillés, s’oxident rapidement, et laissent une espèce de sel blanchâtre; 30. la tige qui s’oxide, dans la décomposition de l’eau , dépose une matière qui m’a paru être une espèce de galvanade ; 40. le fluide galvanique semble offrir au microscope et au sentiment des effets
- (1) Voyt[ Journal de Paris, an 8, 2e. jour compté-
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- DU GALVANISME. 301 semblables à ceux que présentent les acides. La suite de mes recherches sur la nature de ces phénomènes , qui occupent actuellement la physique et la chimie, ajoutera, sans doute, encore à l’analogie que je cherche à établir.»
- » Ayant indiqué dernièrement dans ce j ournal( 1 ), la manière d’accumuler le fluide galvanique par l’arrangement symétrique d’une grande quantité de plaques de zinc et d’argent, réunies deuxà deux, et séparées par, des rondelles de papier, -je crois qu'il n’est pas indifférent d’indiquer aujourd'hui ce que j’ai observé, savoir 1 °. que les rondelles de papier sont bien moins essentielles à l’expérience que l’eau ; z°. que dans le cas où l’on voudroit conserver l’intercallation de ces rondelles , on peut donner à la colonne métallique une disposition plus commode et moins chancelante que celle que j’ai indiquée dans mon dernier mémoire. » » Coupez avec des ciseaux des bandes de papier brouillard un peu épais , de toute la longueur de la feuille, et de la largeur de deux doigts ; plongez - les dans l’eau, disposez ensuite sur la table une plaque de zinc accollée à un écu de six francs , mais inclinée à 45 degrés. Couvrez le
- (1) Voyt{, Journal de Paris, les numéros du 10 fructidor, du et du 17 du même mois.
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- métal supérieur avec l’extrémité de votre bande de papier , posez ensuite une autre pièce de zinc et un écu , ramenez encore votre bande par dessus, et, continuez cette disposition jusqu’à 6o pièces de zinc et autant de pièces d’argent : le papier employé à chaque intercallation formera dans toute sa longueur une espèce de zigzag. Ce nouvel arrangement vous donnera la colonne métallique , mais disposée horisontale-ment sur la table. Il est important que le papier soit bien imprégné d’eau. Celle tiède m’a même paru donner plus d’énergie à l’acide galvanique ; c’est le moyen que j’ai employé pour le rendre sensible , lorsque ses effets sembloient s’affoiblir.
- Quant aux rondelles de carton, et aux bandes de papier, des expériences extrêmement minutieuses , répétées avec soin , m’ont démontré qu’elles ne sont pas essentielles à l’expérience, et qu’on peut les supprimer, ces corps étrangers n’étant là que comme des substances spongieuses, propres à maintenir l’eau qui sert de conducteur au fluide galvanique, et à le transmettre d’un métal à l’autre. On peut se convaincre de cette vérité par la disposition suivante. Arrangez 15 , zo ou 30 verres‘plein d’eau, à côté les uns des autres, sur une même ligne ; placez dans le premier une plaque de zinc, inclinée de manière qu’elle touche par son extrémité un écu de six francs, qui
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- DU GALVANISME. 303 se trouvera dans le second verre ; au bord opposé de ce verre, mettez une autre pièce de zinc inclinée , et qui touche de même la pièce d’argent du troisième verre, et ainsi de suite, établissant une communication non interrompue du premier au dernier vase. L’appareil étant ainsi disposé, si d’une main vous touchez le métal qui se trouve dans le premier verre, et que de l’autre vous touchiez le métal du dernier verre, vous éprouverez à l’instant le sentiment galvanique, d’une manière d’autant plus énergique que cette disposition sera multipliée. On peut répéter avec cet appareil la décomposition de l’eau, et toutes les expériences que j’ai détaillées dans mon dernier mémoire, en parlant de la colonne métallique. Il est important d’observer que l’effet galvanique acquiert infiniment d’énergie, lorsqu’on accélère l’oxidation des métaux en saturant l’eau de la colonne galvanique , ou celle contenue dans les verres, avec du muriate d’ammoniaque, ou du sulfate d’alumine, etc.
- Galvanomètre, ou mesure du galvanisme, par Robertson. Lorsque les principes d’une science commencent à se développer , lorsqu’elle fait des progrès, elle a besoin d’appareils et d’une méthode sûre pour diriger sa marche, et distinguer la vraisemblance d’avec la réalité. Il manquoit , sous ce rapport, aux expériences galvaniques,
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- un. instrument sensible qui pût faire reconnoître aux observateurs, la présence, la marche, et sur-tout l’action de ce fluide. En attendant que de nouvelles observations , et d’heureuses découvertes , en offrent un plus parfait, M. Robertson donne ainsi la description de celui dont il se sert. C’est un tube capillaire de verre, d’une ligne d’ouverture, et de huit pouces de long : il est plein d’eau. Une de ses extrémités est garnie d’une tige en zinc, et l’autre d’une tige en argent. Elles pénètrent dans l’intérieur de l’eau, jusqu’à un pouce de distance l’une de l’autre. La partie du verre qui correspond tout le long de la tige de zinc, est divisée en dixièmes de ligne : l’extrémité de ce côté du tube, porte un robinet par lequel s’introduit l’eau, et qui permet à l’air de s’échapper , lorsque l’appareil est en activité.
- Pour faire usage de cet instrument, il faut le placer dans la chaîne galvanique. Les bulles qui se détachent de l’extrémité de l’une des tiges, annoncent la présence du fluide , et la plus • ou moins grande quantité de ces bulles, est indiquée par les divisions du verre ; de sorte qu’en tenant compte de la mesure du temps, on reconnoît la plus ou moins grande activité du courant galvanique. Cet appareil paraît assez bien indiquer la marche et la progression de ce courant, toujours annoncé par une petite traînée de bulles,
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- DU GALVANISME. 305 qui s’écoulent tantôt d’une seule, tantôt des deux tiges. Cet écoulement, qui varie, embarrassera sans doute les physiciens, dit M. Robertson : son 1 principe tient peut-être à la nature du métal, à sa masse, à sa qualité, ou même à l’état hygrométrique ou barométrique de l’atmosphère.
- Il n’est pas rare de voir des savans, et sur-tout des physiciens, se rencontrer et concevoir les mêmes idées, faire les mêmes découvertes dans les objets de sciences, qu’ils ont choisis pour sujets de leurs travaux. La théorie de Robertson, sur le galvanisme, en fournit un exemple. Tandis que , l’an 8, il la faisoit connoître en France, et en dévelôppoit les preuves, Brugnatsllf, à Pavie, en inventoit une pareille, qu’il a consignée par lin long mémoire , dans son Journal encyclopédique (1), l’an 9, ou 1801. Aussi, lorsqu’il est venu récemment à Paris avec Vol ta, a-t-il été très-étonné de trouver, dans les Annales de chimie, une opinion tout-à-fait semblable à la sienne, émise par Robertson, sans qu’ils eussent eu ensemble aucune communication , aucune correspondance relative au galvanisme. Au surplus, tous les deux paroissent avoir sacrifié leur découverte théorique, à celle ingénieuse et prouvée, qu’a établie Volta, dans son
- (0 TgBie XVIII, page 136.
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- dernier mémoire, comme on lé verra ailleurs (i).
- §. III. Expériences et observations de M. Cruickshank. Ce physicien s’est occupé, à Woohrick, de répéter, avec l’appareil de Polta, les expériences sur
- (i) Sous le titre de Fantasmagorie, M. Robtrtson a formé, à Paris, cour des Capucines, près la place Vendôme , un établissement où il expose tous les jours, à sept heures du soir , des tableaux magiques très-curieux , des illusions d’optique très-surprenantes, l’expérience de la femme invisible, phénomène dont il donne l’explication , et sur-tout celui de la voix du ventriloque, le C. Fit[-James , qui procure tous les prestiges, toutes les illusions dont sa voix est susceptible , et qui ont lieu dans tous les points de la salle où il travaille. On ne voit nulle part, à ce sujet, rien de comparable aux sensations singulières que fait éprouver à ses auditeurs le C. Fitç-James , et on ne trouve rien qui en approche, dans l’ouvrage intitulé : l'Engastrimythc , par M. de la Chapelle.
- Après qu’on y a joui de tout ce que l’optique, l’acoustique et la physique offrent de plus piquant, les portes de la fantasmagorie s’ouvrent, et c’est-Ià que l’enchanteur physicien présente, sans charlatanisme , des effets pour ainsi dire merveilleux, qui l’auroient traîné vif au bûcher, il y a quelques siècles , même en soutenant qu’il n’étoit point sorcier.
- .Le plus grand avantage que puisse procurer , selon nous, ce spectacle aux âmes foibles , et sur-tout aux en-fans, c’est, en les amusant beaucoup, de leur apprendre à ne plus craindre les revenans.
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- DU GALVANISME. 307 le galvanisme. Il a publié, à ce sujet, un mémoire qui a pour titre : Some experimenis and observations, etc. Quelques expériences et observations sur l'électricité galvanique, communiquées par l'auteur, journal de Nicholson, juillet 1800.
- Il y a toujours à gagner pour la science, quand les recherches qu’elle provoque sont conduites simultanément par divers collaborateurs, sans qu’il y ait entre eux de communication immédiate ; parce qu’alors, ou ils tombent sur les mêmes faits, et se rencontrent dans leurs idées, d’oii résulte certitude pour les faits, et probabilité en faveur des idées ; ou bien, après être parti d’un ceritre commun, ces collaborateurs divaguant dans les ramifications, multiplient ainsi d’autant les con-noissances positives : ensorte que quelquefois d’heureux rapprochemens, qui ont lieu entre des rameaux distans en apparence, consolident réciproquement l’ensemble des découvertes par des rapports intimes, qu’on n’apperçoit pas d’abord, mais que le temps et les expériences dévoilent et font découvrir.
- M. Cruickshank a travaillé seul, à-peii-près dans le même temps, et sur le même sujet qui a occupé MM. Nicholson et Carliste. Il a employé, comme ces physiciens, une pile de pièces d’argent et de zinc, dont la surface étoit pour chacune d’environ seize pouces quarrés, au nombre V 2
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- de 40 à 100 pour chacun des deux métaux, selon le degré d’énergie qu’il vouloit donner à son «pareil. Il a trouvé qu’une solution de muriate d’ammoniaque réussissoit mieux que l’eau commune , pour humecter le carton interposé. «Lorsque l’appareil étoit, dit-il (1), en plein® »> action, on en tiroit à volonté des étincelles; » visibles de jour, en établissant, comme à l’or-» dinaire, une communication entre les extrémités »> de la pile : on pouvoit en même temps en-» tendre, en faisant attention, un léger pétille— » ment. »
- « Nous avons éprouvé avec surprise, dit en » note le rédacteur de la Bibliothèque britan-» nique , qu’avec une pile de cent douze » piastres , et autant de rondelles de zinc et de » carton, qui donnoit une commotion qu’on » ressentoit jusqu’au coude , l’électromètre à » feuilles d’or, mis dans le circuit, montroit » des signes à peine appréciables. La diver-» gence des feuilles à l’extrémité, sur une lon-» gueur d’environ six centimètres, n’étoit guère » que d’un millimètre, et encore n’étoit-elle » produite que graduellement, et durant un con-» tact de plusieurs minutes. » Ces circonstances,
- (0 Voyei la Bibliothèque britannique, tome XV, 5®.' année, sciences et arts, page 23,
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- DU GALVANISME. 309 déjà observées par Nicholson et Carliste, font voir la grande ressemblance qui existe entre cette influence et l’électricité (1).
- Nous avons dit plus haut, et prouvé, d’après
- (1) Il a déjà beaucoup été question , dans cet ouvrage, de l’électricité ordinaire, sur-tout lorsqu’on l’a comparée-à l’électricité dite animait. Quoiqu’il soit hors de notre sujet, de décrire les phénomènes que présentent les expériences de la première , la lecture de l’ouvrage du C. Grosbert, qui a pour titre : Des fêtes publiques cht{ les modernes , nous ayant fait connoître un de ces phénomènes très-singulier, nous espérons qu’on ne nous saura pas mauvais gré de le consigner ici. Il s’agit d’une fête que Franklin fit exécuter , sur. la rivière Sknilkil, dans les. régions habitées par les Anglo-Américains, depuis, les ÉtatsrUnis, Voici, comme l’auteur la décrit , page 128, d’après les Voyages de Pagès, des années. 1789 à 1791, . et en citant littéralement sa description.
- « Une étincelle électrique , sans autre conducteur que » l’eau du fleuve, part et allume au même instant, sut » les deux rives , l’esprit volatil prépar pour éclairer 1* » fête. Le choc invisible de l’électricité , tue, aux yeux; » des, spectateurs ravis, le gibier du festin ; des instru-» mens électrisés tournent et cuisent la. viande à la cha-» leur de la flamme éthérée ; des coupes pleines de fluide » suhtil, et sans. en. rien perdre , s’emplissent de via » d’Europe : les savans convives, de Philadelphie ,.habiles » à éviter le contact labial, qui feroit répandre le vin, » saluent tour-à-tour, au bruit d’une artillerie électrique,
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- ces physiciens, qu’ils ont aussi découvert la décomposition de l’eau par le galvanisme ; décomposition qui a lieu avec beaucoup plus de facilité que ne le fait l’électricité ordinaire, et avec des phénomènes un peu différens. Cruickshank les a aussi observés dans ses expériences, mais avec des nuances variées, telles qu’un nuage blanc, qui parut en même temps à l’extrémité du fil de zinc, qui grossit peu à peu, prit une couleur plus foncée, devint pourpre, et enfin noir. L’auteur soupçonna que ce pouvoit être de la lune cornée (muriate d’argent) provenant du fil attaqué, qui auroit été dissous et précipité ensidte par les sels muriatiques contenus dans l’eau commune ; ce qui le conduisit à des expériences qui semblèrent annoncer la production d’un acide, probablement Vacide nitreux, par le fil venant du zinc, et celle d’un alkali, sans doute l’ammoniaque, par le fi! qui touche l’argent : ce qui explique suffisamment l’action sur ce dernier fil, et la nature du nuage blanchâtre qui en procède, et devient ensuite pourpre. Le fil est attaqué dans Un moindre degré, lorsqu’au lieu d’eau commune
- ” tous les fameux électriciens du monde : les échos des » rivages, répètent au loin ces salutations solemnelles et » neuves, etc. etc. » Le surplus 8e la description , n’a aucun rapport avec l’électricité.
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- DU GALVANISME. 311 ou d’eau distillée, on emploie de l’eau de chaux. Le nuage alors paroît d’abord couleur d’olive , et ressemble exactement au précipité d’argent par l’eau de chaux.
- Un fait bien connu, suggéra à l’auteur sa quatrième expérience, savoir que le gaz hydrogène chauffé, ou dans son état naissant, réduit les oxides métalliques. Il demande ensuite ce que devenoit lé gaz oxigène, produit ordinairement dans ses expériences ; mais il ne-convient pas même entrevoir la réponse. Les résultats de la cinquième expérience, furent que le vinaigre a empêché l’alkali de précipiter l’argent dissous par l’acide produit, et qu’en conséquence, lorsqu’il y eut une quantité suffisante de métal absorbé, il fut précipité de nouveau sous sa forme métallique, par le fil communiquant à l’argent. Il est bon d’observer que M. Cruickshank n'employa dans toutes ses opérations, que des fils d’argent
- Pour essayer de reconnoître jusqu’oii s’éten-droitles différentes influences galvaniques, pourvu que le cercle de communication fût complet, il mit en usage, dans sa dernière expérience, deux tubes joints par un fil d’argent, traversant les bouchons correspondans de l’un et de l’autre. Les tubes étoient pleins d’eau, et communiquoient
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- par leurs extrémités opposées, l’un avec l’argent l’autre avec le zinc de la pile, comme à l’ordinaire. On vit le gaz se dégager à l’extrémité du fil d’argent entrant dans le premier tube ; le bout du fil opposé, dans le même tube, fut attaqué en même temps. L’autre extrémité de ce même fil, qui entroit dans le second tube, donna .à son tour du gaz, et le fil opposé sortant du même tube pour arriver au zinc de la pile, fut attaqué. M. Cruickshank ne doute nullement qu’on ne produisît le même effet, avec un nombre indéfini de tubes, communiquant entre eux comme ci-dessus, et que l’on ne pût obtenir ainsien peu de temps, une grande quantité de gaz. Il employa aussi des fils de cuivre et de fer, et il ne lui parut pas qu’ils fussent plus attaqués que ne l’étoient ceux d’argent. Il y eut, dans quelques-unes de ses expériences, jusques à trois quarts de pouce de fil entièrement détruits. En examinant le gaz qu’elles procuroient, on le trouva toujours mêlé d’un peu doxigène. M. Cruickskank termine son mémoire par observer que, lorsqu’il fit passer l’influence galvanique, pendant 48 heures, au travers d’une certaine quantité d’eau, qui remplissoit un tube reposant sur le mercure, il y eut une diminution notable dans le fluide.
- Quelque temps après, ce même physicien a
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- DU GALVANISME. 313 communiqué à M. Nicholson, des remarques additionnelles sur l'électricité galvanique, dont la Bibliothèque britannique rend également compte (i). « On peut, dit-il, regarder le galvanisme comme » l’une des plus belles découvertes physiques du » 18e. siècle. D’une part, elle touche à la vita-» lité ; de l’autre, elle est en rapport intime avec » la chimie, et elle n’est pas étrangère à la méde-» cine. Il ne faut donc pas s’étonner si elle a » comme électrisé un certain nombre de physi-» ciens, dans presque toute l’Europe, particu-» lièrement en Italie et en Angleterre. » Dans la suite de ses expériences galvaniques, M. Cruick-shank a tâché d’abord de déterminer avec précision la nature et les proportions des gaz, qu’on obtenoit de l’eau et d’autres fluides, par l’influence galvanique. Il a trouvé que les fils d’or, ou d’argent doré, n’étoient point autant attaqués que ceux d’argent, au moins lorsque l’eau seule étoit décomposée. Il a aussi observé que la quantité d’oxigène, dans le gaz mêlé qu’on obtenoit, étoit beaucoup plus grande avec des fils d’or, et qu’elle s’élevoit à-peu-près au tiers de la quantité totale. Le gaz provenant du fil en contact avec
- (i) Voyti tome XVI, sciences
- », page 23-
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- le zinc de la pile, étoit aussi plus abondant que lorsqu’on employait des fils d’argent ou de cuivre.
- L’auteur eut ensuite recours à un appareil également simple et ingénieux, pour obtenir à part chacun des deux gaz, ou au moins le gaz produit par l’un et par l’autre des deux fils communiquant avec les deux métaux de la pile. Chacun des deux fils produisit du gaz ; mais celui qui arrivoit à l’argent, en fournit beaucoup plus que l’autre. Les gaz produits demeurèrent séparés, chacun dans sa propre branche du tube. Par l’examen qu’on en fit, on reconnut, à l’épreuve du gaz nitreux et de l’étincelle électrique, que le gaz provenant du fil en contact avec l’argent, étoit principalement du gaz hydrogène, et que celui du fil communiquant au zinc, étoit de l’oxigène presque pur. Des fils de platine, soumis à la même expérience, donnèrent des gaz presque semblables aux précédens ; seulement l’oxigène étoit moins pur, et cçotenoit souvent un tiers ou un quart d’azote. Mais, dans tous les cas où l’on obtint séparément les deux gaz, le volume de celui fourni par le côté d’argent de la pile, étoit à-peu-près triple de celui que don-noit le zinc. On peut voir, page 27 du même journal britannique, la manière dont l’auteur
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- DU GALVANISME. 315 obtint une parfaite solution d’or. Les effets produits par les fils d’or ou de platine, sur les teintures de tournesol et de bois du Brésil, furent très-remarquables. Le tournesol passa très-promptement au rouge.
- Voici, en abrégé, les conclusions que tire M. Cruickskank, des expériences qu’il a rapportées dans les deux mémoires dont nous venons de donner l’extrait. i°. Quelle que soit la nature du fil métallique qui plonge dans l’eau, si cette eau est pure, on obtient par le fil en contact avec l’argent de la pile, du gaz hydrogène mêlé d’une très-petite portion d’oxigène et d’ammoniaque. 2°. Lorsqu’on emploie des solutions métalliques , au lieu d’eau , le même fil, qui sépare l’hydrogène , réduit l’oxide et le dépose à l’extrémité du fil, dans son état métallique pur : alors il ne se dégage point d’hydrogène. La nature du métal ne change rien au résultat. 30. Parmi les sels à base terreuse, ceux seulement à base de magnésie et d’argile, sont décomposés par le fil d’argent; circonstance qui favorise éminemment la production de l’ammoniaque. 40. Quand le fil communiquant au zinc , est d'or ou de platine, on obtient une quantité de gaz oxigène mêlé d’un peu d’azote et d’acide nitreux. 50. Lorsque le fil, en contact avec le zinc, est d’argent, ou de l’un des métaux demi-parfaits, il y a aussi production
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- d’un peu de gaz oxigène ; mais le fil lui-même est ou oxide ou dissous, en totalité ou partiellement. 6°. Lorsqu’on réunit les gaz obtenus par les fils d’or ou de platine , et qu’on les fait détonner sur le mercure, ils disparoissent à-peu-près en entier, etforment de l’eau, probablementmêlée d’un peu d’acide nitreux ; car on a toujours observé , pendant quelque temps après Fexplosion, Une vapeur blanche assez épaisse. Le gaz résidu parent être de l’azote.
- Dans des réflexions explicatives de la décomposition de l’eau, et des faits rapportés, l’auteur suppose que l’influence galvanique peut exister dans deux états, c’est-à-dire, ou oxigénée, oir désoxigénée. L’argument le plus fort, selon lui, en faveur de cette hypothèse, c’est que tous les fluides qui ne contiennent pas d’oxigène, tels que l’alkool, l’éther, les huiles grasses et essentielles , ne peuvent transmettre le fluide galvanique , tandis que ceux dans lesquels entre l’oxi-gène, sont des conducteurs plus ou moins bons de cette influence. L’auteur propose ensuite un procédé particulier , pour enlever l’oxide des plaques, et les empiler de nouveau.-Il a répété avec succès les expériences sur la décomposition de l'eau par l’appareil galvanique, et des fils de platine. Quelques-unes, particulières et assez intéressantes, qu’il rapporte, semblent lui avoir
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- DU GALVANISME. 317 démontré qu’on pourrai* employer avec succès l’influence galvanique, dans l’analyse des minéraux , sur-tout pour séparer le plomb, le cuivre, et l’argent, de leurs divers dissolvans (1). Il explique la manière dont il décompose l’ammoniaque , l’acide sulfurique, et les phénomènes qu’il a observés. Il termine par exposer des faits à l’appui de ce qu’il avoit précédemment avancé, sur la probabilité qu’il se formoit, au fil en contact avec le zinc , un acide, selon toute apparence l’acide nitreux; et il remarque à l’appui de cette hypothèse, que les précipités qu’on obtient des métaux attaqués par l’eau distillée, ne sont pas des oxides purs, mais de vrais nitrates.
- Dans le courant de l’année dernière, M. Cnùchk-sank a inséré dans le journal de M. Nicholson septembre 1801 : Galvanic luminous signs, etc.; signes galvaniques lumineux, qui distinguent les deux pouvoirs électriques. C’est le fait d’une traînée lumineuse et bruyante, qu’obtient M.-Cruickshank, de l’appareil galvanique, construit de deux auges longues et étroites, qui contiennent chacune 120 paires de plaques de zinc et d’argent, les deux métaux différens étant soudés
- (ï) Voyt{ plus bas, chap. XVI, §. VIH , les observations de M. Guyton de Morveau sur certains effets du galvanisme dans le règne animal.
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- ensemble, tout autour du bord de chaque paire,' et l'intervalle d’une paire à l’autre formant cellule , rempli d’une solution de muriate de soude ou d’ammoniaque. On met les auges en communication par un fil métallique, et on achève le circuit galvanique de diverses manières, selon les effets qu’on cherche à produire.
- » Si, par exemple, on plonge l’une des extrémités d’un fil d’argent, dans la cellule qui termine l’auge , et dont le liquide est en contact avec une surface d’argent, et qu’on amène l’autre extrémité de ce fil dans la cellule extrême de l’autre auge, oii le liquide est en contact avec le zinc, on apperçoit, à la surface du liquide, un éclair accompagné d’un sifflement qui ressemble au bruit d’un fer chaud dans l’eau. Mais si l'on répété l’expérience dans l’autre sens, c’est-à-dire, en arrivant dans la cellule oii le liquide est en contact avec l’argent, on n’apperçoit qu’un point lumineux, et on n’entend aucun bruit; mais la pointe du fil d’argent s’oxide immédiatement. Dans le premier cas, la longueur du pinceau lumineux est d’environ demi-pouce : on apperçoit dans le liquide une sorte d’ébullition autour du fil métallique, et le bruit résultant de l’immersion, peut être entendu au travers de la chambre. »
- Le rédacteur de cet article, dans le Journal
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- britannique (i), dit avoir été témoin de ces curieuses expériences, chez M. Cruickskank lui-même. Il ajoute qu’il a converti devant lui, avec une promptitude magique, le pétale bleu d’une fleur , tantôt en verd, tantôt en rouge, en promenant sur sa surface l’extrémité d’un fil métallique , alternativement en contact avec l’extrémité positive et négative de l’appareil.
- « D’après les expériences que j’ai rapportées, p. 184, vol. IV de ce journal (celui de Nichob-son ), dit M. Cruickskank, et qui ont été depuis répétées par un grand nombre de physiciens, il' est prouvé que le côté du zinc, ou oxidant, de l’appareil, donne l’électricité positive, tandis que l’autre côté la donne négative. La pointe qui, dans les expériences ci-dessus, donnoit le pincean lumineux, étoit donc positive, et elle étoit dans l’état négatif, lorsqu’on n’appercevoit qu’un point lucide. Il y a long-temps que Franklin avoit fait connoître cette propriété des deux électricités ; et d’après quelques faits relatifs au mode d’action des pointes peu saillantes, je l’avois appliquée à la construction d’un instrument, que j’avois appelé le distingueur d’électricité, et dont j’avois publié le dessin, il y a quatorze ans, dans mon introduction à la physique.»
- («) Scie
- i, n°. 140, page 161.
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- §. IV. Expériences et observations de M. Henry '. Voici un troisième collaborateur, sur le sujet curieux et intéressant dont nous nous occupons. M. William Henry, excellent chimiste, a cherché à diriger et à varier, principalement sous leur rapport avec la science qu’il cultive, les essais galvaniques. Il a communiqué les résultats de ceux qu’il a entrepris, à M. Nicholson, dans une lettre datée de Manchester, le 10 juillet 1800, et insérée dans le journal de ce savant, août 1800. En voici l’extrait, tiré de la Bibliothèque britannique (1).
- Son appareil étoit composé d’un nombre plus ou moins grand de petits écus et de pièces de zinc, séparés par des rondelles d’étoffes de laine» humectées d’une solution saturée de sel commun. Le muriate de chaux ne lui a pas paru d’un meilleur effet que celui de soude. L’histoire des phénomènes qui accompagnent la décomposition de l’eau, tels qu’ils ont été observés par MM. Carliste et Cruickskank, est d’abord ce qui occupe l’auteur. De tous les faits qu’il rapporte, les plus curieux sont les deux derniers, c’est-à-dire, ceux qui résultent de sa 7e. et de sa 8e. expériences. Dans celle-là, l’ammoniaque a été entièrement
- (1) Voyei le n°. 1x4, sciences et arts, page 35.
- décomposé,
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- DU GALVANISME. 321 décomposé, dit l’auteur ; car si le gaz hydrogène ne devoit être attribué qu’à la seule décomposition de l’eau, on auroit aussi obtenu, dans ce cas, du gaz oxigène, et dans quelle combinaison nouvelle l’azote seroit-il entré ? Il n’est pas improbable que l’eau et l’ammoniaque soient décomposés simultanément, que l’hydrogène provenant de l’un et de l’autre, passe à l’état de gaz, et que l’oxigène de l’eau, s’unissant à l’azote de l'alcali, forme l’acide nitrique, lequel se combinant avec l’ammoniaque, produit du nitrate d’ammoniaque.
- La décomposition de la potasse n’est pas moins évidente. On tire de la huitième expérience* une preuve* suffisante qu’elle contient l’hydrogène, quoique cette conclusion ne paraisse pas, au rédacteur du journal, exempte d’objection : « car pourquoi, dit-il, l’hydrogène » qui paroît, doit-il être plutôt attribué à . la » décomposition de l’alcali, qu’à celle de l’eau, » dans laquelle celui-ci est dissous, quand la »> potasse caustique est à l’état liquide ? etc. etc. »
- Dans le n°. 118 du même journal, p. 191, on trouve la note suivante de M. Henry, sus le galvanisme, ou l’extrait d’une lettre, datée , du 26 septembre 1800, destinée à rectifier une conclusion , émise dans le mémoire dont nous
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- venons de donner l’extrait. « Avant, dit M. Wil* » liant Henry, que les faits intéressans , relatifs » au galvanisme, découverts par M. Davy (nous » en parlerons après cet article), fussent par-» venus à ma connoissance, j’avois trouvé que » la conclusion, tirée des expériences publiées » sur la décomposition de l’alcali végétal, étoit » erronée. En voici la cause. Le fait qui me con» » duisit à soupçonner que ma conclusion étoit » prématurée, fut que le précipité noir que j’a-» vois obtenu, se trouva n’être qu’un oxid® w métallique, et non du carbone, ainsi que je » l’avois cru probable. Je fis donc varier les cir-» constances de l'expérience, et je transmis l’in-» fluence galvanique au travers de l’alcali caus-» tique en liqueur , sans qu’il y eut contact de » mercure, et la poudre noire ne parut plus » alors. Les gaz aussi se trouvèrent être un mê-» lange d’oxigène et d’hydrogène, à-peu-près » dans les proportions , qu’auroit fournies la » décomposition'de-l’eau. Les métaux impar-» faits, alliés au mercure, avoient précédemment » empêché cet oxigène de paroître sous sa forme » gazeuse. En excluant le 'contact du mercure , » on obtenoit de l’ammoniaque, des gaz corres-» pondans en qualité et en proportion à ceux » dont il est question, page 26 x de votre jour*» » nal ( celui de Nicholson ) ; la quantité de gaz
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- DU GALVANISME. 313 » oxigène paroissoit diminuer , à mesure que » la solution alcaline étoit plus complettement » saturée. »
- §. V. Expériences et observations de M. Davy. Ces expériences ont été faites avec l’appareil galvanique de Volta, et communiquées par l’auteur à M. Nitholson. Cet appareil n’a jamais eu moins de 110 paires de disques métalliques. M. Davy a remarqué que l’intensité du choc galvanique augmen-toit beaucoup, lorsqu’on humectoit d’une solution de sulfate de fer, la partie de l’appareil qui commu-niquoit aux conducteurs. Une pile, dans laquelle on séparoit les pièces par des rondelles de drap mouillées de cette solution, paroissoit avoir de l’avantage sur la pile ordinaire. Il est vrai qu’elle sembloit aussi conserver moins long-temps son
- M.Davy commence par rechercher, si l’on pourrait obtenir séparément l’oxigène et l’hydrogène avec des portions d’eau, qui ne seraient plus en contact l’une avec l’autre. Les expériences qu’il a tentées, à cet effet, lui ont prouvé 1 que la fibre musculaire transmettoit mieux l’influence que la fibre végétale, et celle-ci mieux que le fil humecté ; 20. qii’après avoir établi le circuitpar un morceau de muscle frais, entre deux verres séparés , et remplis d'eau, dans lesquels trempoient deux tubes pareils, X 2
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- également remplis d’eau, on fit communiquer les fils d’or avec la pile par des fils d'argent, qui attei-gnoierit l’un le zinc et l’autre l’argent de cette pile ; 3°. que les deux fils d’or donnèrent immédiatement du gaz, mais que celui, qui touchoit à l’argent, en donna plus que l’autre. Les gaz examinés, leur volume étoit, du côté du zinc , de 3 3 grains, et du côté de l’argent d’environ 65 grains. Par ces épreuves, avec le gaz nitreux et l’air nitreux, on reconnut que le gaz étoit de l’hydrogène presque pur.
- Après avoir établi par d’autres expériences que l’on pourrait extraire séparément de deux quantités d’eau, sans autre communication que par des conducteurs métalliques secs, ou des fibres musculaires , de l’oxigène et de l’hydrogène, à-peu-près dans les proportions qui constituent l’eau, l’auteur chercha à reconnoître si le contact des fils métalliques avec les disques métalliques de l’appareil , étoit une condition de rigueur. Dès que le circuit fut formé, M. Davy observa avec surprise que le bout du fil plongé dans l’eau en communication avec l’argent, s’oxidoit, tandis qu’il sortoit du gaz de cette partie du fil qui plongeoit dans le vase communiquant au zinc ; fait analogue à ce qui se passoit dans le circuit interrompu, décrit par M. Nicholson.
- En méditant sur la production séparée d’oxigène
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- et d’hydrogène, qui avoit lieu dans des volumes d’eau séparés, et en se rappelant les expériences de M. Henry, relatives à l’action de l’électricité galvanique sur diverses substances composées , M. Davy fut conduit à présumer, qu’en supposant que ces substances fussent immédiatement décom-posables par l’influence galvanique, on pourrait obtenir séparément, par l’action des fils en contact avec ces substances, les parties constituantes de ces composés-. Dans cette vue, il fit des expériences dont les. résultats, lui ont fait voir que la potasse n’avoit pas été décomposée, et que sa présence n’avoit d’autre effet» que celui de rendre l’influence galvanique capable d’extraire plus rapidement de Peau l’oxigène et l’hydrogène.
- Surpris de cet effet, M, Davy opéra sur cette substance par un procédé de communication directe, et il observa que le gaz fut produit rapidement pat les deux fils, et sur-tout par celui du côté de l’argent : l’or ne fut point attaqué, et il n’y eut pas de dépôt formé. Il exposa ensuite des solutions, d’ammoniaque caustique à l’influence galvanique , en les mettant dans.des tubes ot'i entraient des fils, d'or, et achevant le circuit avec une substance musculaire. Le gaz se développa très-lentement du côté du zinc, et le fil d’or fut vivement attaqué , rongé dans quelques endroits, et dans d’autrea couvect-d’un dépôt de couleur jaune. Du côté de
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- l’argent, le gaz parut plus rapidement, et For n’éprouva pas de changement apparent, etc., etc. On galvanisa de même de l’acide sulfurique concentré , de l’acide muriatique pur, et de l’acide nitrique concentré.
- Après avoir rapporté les résultats qu’on obtient par ces galvanisations, M. Davy termine
- d’essais dirigés avec ordre et sagacité, par dire qu’il est très-probable, 1 °. que les acides étoient décomposés dans le tube du côté de l’argent, par l’hydrogène à l’état naissant ; z°. que dans ces expériences sur l’acide muriatique et l’ammoniaque, le défaut d’oxigène dans le tube, du côté du zinc , étoit probablement en partie dû à l’oxidation de l’or opérée en vertu de ce qu’on pourrait appeler une affinité prédisposante ; 3 Enfin que dans tous les procédés, aucune des substances composées qui y ont été soumises, ne paraît avoir été immédiatement décomposée par l’influence galvanique.
- M. Davy explique par la différence des procédés celle qui existe entre ses résultats et ceux de M. Henry, et il soupçonne que si cet habile chimiste répétoit son expérience sur la solution de potasse, en variant ses procédés, il trouverait des raisons pour changer d’opinion sur la décomposition de l’alcali. A en juger par la rapidité relative du développement des gaz, il paroîtroitprouvéque
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- DU GALVANISME. 317 la potasse en liqueur, est un meilleur conducteur galvanique que l’eau, que l’eau est meilleure que la solution d'ammoniaque, et que cette dernière seroit, sous ce même rapport, préférable aux trois acides minéraux.
- Depuis l’ouvrage, dont nous venons de rendre compte, M. Davy en a publié un autre qui a pour titre : An account 0/some galvanic combinations, etc. ; c’est-à-dire, Exposé de quelques combinaisons galvaniques formées par un arrangement de disques d’un seul métal tt de fluides , analogue à l'appareil galvanique ou électrique de Volta. En voici le sommaire, tiré en partie de la bibliothèque britannique (1).
- « Tous les appareils appelés galvaniques, et ana-y> logues à celui qu’on doit au fertile génie de » Volta, sont, dit M. Davy (2), composés de séries » formées au moins de deux substances métalli-» ques, ou d’un métal, de charbon, et d’une couche
- (*) Voyti te n°. 154, sciences et arts, p. 237.
- (2) Nous avons entendu la lecture de cet intéressant mémoire, dans une séance de la société royale de Londres , dit le rédacteur du journal, et nous nous empres-
- due. L’auteur, jeune encore , démonstrateur de chimie de Y Institution royale de la Grande-Bretagne, fera faire de grands progrès à la science, *’il continue comme il'a commencé.
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- » de liquide. On a généralement supposé que » leur action dépendoit, jusqu’à un certain point, » des diverses facultés conductrices des métaux, re-» lativement à l’électricité ». M. Davy a découvert qu’on peut produire une accumulation de l’influence galvanique, exactement semblable à celle qu’on obtient par la pile de Volt a, en combinant des plaques ou disques d’un seul métal avec des couches de liquides différents. Il a été conduit à cette découverte par l’observation de quelques phénomènes relatifs à la connexion quiexiste entre certains effets chimiques, et l’action galvanique. Il vit que des séries de disques métalliques de deux espèces, incapables d’agir comme combinaisons galvaniques, par l’interposition d’un liquide aqueux, acquéroient cette faculté, quand on mettoit leurs surfaces en contact alternatif avec des acides ou d’autres fluides capables d’oxider un seul des deux métaux qui formoient la série. Ainsi des disques d’or et d’argent, métaux qu’on suppose différer très-peu dans leur faculté conductrice d’électricité, produisaient l’action galvanique, lorsqu’on les mettoit en contact, selon la disposition ordinaire , avec des étoffes mouillées d’acide nitreux étendu ; et des disques d’argent et de cuivre, montraient encore plus d’énergie avec le nitrate de mercure.
- Ces faits portèrent M. Davy, d’après une
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- DU GALVANISME. 319 supposition qu’il fit, à tenter nombre d’expériences sur divers arrangemens de tel ou tel métal avec des fluides , d’après lesquelles il établit que plusieurs de ces dispositions faisoient naître l’influence galvanique, non-seulement par l’oxida-tion, mais même lorsqu’une action chimique, de nature différente , avoit lieu sur quelque portion du métal qu’il employoit. En suivant l’ordre de ses découvertes, il divise en trois classes les diverses combinaisons galvaniques , qu’on peut former avec des disques d’un seul métal, et qu’il appelle batteries galvaniques à un seul métal. Après les avoir décrites , chacune en particulier, ainsi que les effets qu’elles produisent, il observe, i°. que dans toutes les piles galvaniques d’un seul métal, alternant avec des étoffes humectées, J’action est très-passagère ; x°. que la décomposition des acides et des sulfures, est en général terminée en peu de minutes ; 30. que l’influence galvanique cesse en même temps : ce qui l’a porté à construire, d’après des idées qui lui ont été suggérées par le célèbre physicien, M. le comte de Rumford, un appareil dont il donne la description, et dont il développe l’action. Cet appareil'concilie, aux effets ci-dessus mentionnés, une permanence considérable ; et par son moyen, une combinaison de 50 plaques de cuivre,
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- disposées, comme il le dit, avec des solutions étendues d’acide nitreux, ou de nitrate d’ammoniaque , d’un côté de la plaque métallique, et de sulfure de potasse, de l’autre, donne des commotions fortes, décompose l’eau rapidement , et agit-sur le condensateur d’électricité. Cette combinaison conserve plusieurs heures la faculté de produire les phénomènes galvaniques; et quand elle perd cette faculté, on la renouvelle facilement, en ajoutant de petites quantités de solutions concentrées des agens chimiques qu’on emploie , à ces mêmes solutions délayées que contiennent les cellules. D’après deux expériences, faites sur des plaques de cuivre et sur des plaques d’argent, il paroîtroit que les batteries galvaniques d’un seul métal, agissent aussi bien, quand les métaux employés renferment un peu d’alliage, que quand ils sont absolument purs.
- On trouve, à la suite de ce mémoire, dans le journal indiqué, la description d’un nouvel eu-diomètre, par le même auteur; ce qui prouve que M. Davy est également bien versé dans toutes les parties de la physique.
- §. VI. Extrait des mémoires de l'académie des sciences de Turin, tome VI, année 1792 à 1800» 1 . partie, page 34 : De excitabilitate contractionum
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- in partibus musculosis involuntariis, ope animalis electric'uatis , dissert. Joann. Car. Julii et Rossi, en XXXVI paragraphes (1).
- Après une nomenclature détaillée des physiciens, tels que Eugène Valli, Carminati, Volta, qui se sont occupés des expériences galvaniques, et dont les travaux pour la plupart sont consignés dans le journal de médecine, in diario medico, de Brugnatelli, les auteurs disent que leur intention n’est pas de répéter ce qui a été dit ou fait par d’autres, mais de chercher, par leurs efforts, à faire de nouvelles découvertes, et par leurs expériences sur les parties des animaux, de porter , autant qu’il sera en eux, de nouvelles lumières dans l’invention de l’électricité animale , en se conformant, dans ces expériences, à tout ce qui peut avoir trait à l’anatomie et à la physiologie; leur but est d’établir une théorie et des règles sûres, auxquelles on puisse rapporter les phénomènes observés, du concours constant ou de la différence desquels on puisse, dans certains cas, déduire enfin une loi, applicable à l’économie animale, et qui serve à interpréter plus habilement et plus heureusement les fonctions.
- (1) Ce mémoire a été lu à l’académie de Turin, le 23 février 1794. Nous n’avons pu en rendre compte plutôt, le volume où il est placé n’ayant été publié que cette année 1801.
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- Les auteurs se plaignent, dans le second paragraphe , de ce qu’en physique il arrive très-souvent , lorsqu’on a fait une nouvelle découverte , qu’on ne varie pas assez, qu’on ne répète pas assez les expériences ; qu’on n’y apporte pas assez de soins, assez de patience ; que plusieurs philosophes prennent la liberté d’établir continuellement des théories générales, de forger des systèmes, de rapporter leurs observations aux préjugés qu’ils ont conçus, d’assigner à la nature des règles générales qu’elle n’a pas voulu nous révéler, avant de l’avoir interrogée sans prévention, avant d’avoir attendu sa réponse. On verra aisément, ajoutent les auteurs, par les détails de notre mémoire, que ces reproches, faits aux physiciens, sont fondés.
- Le paragraphe III contient des expériences qui ont donné lieu d'établir une électricité animale , laquelle est jointe à la force vitale des animaux pendant leur vie, et même pendant quelque temps après leur mort. Dans le quatrième paragraphe, on trace l’exposé de l’opinion et des expériences de Volta, sur l’électricité animale, opinion, expériences qui l’ont engagé originairement à poser cette règle générale, que, par le moyen de Vélectricité animale, on ne peut exciter des mouve-mens que dans les muscles volontaires, et jamais dans Us involontaires.
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- Dans le paragraphe V, les auteurs soutiennent, d’après leurs expériences, et contre l’opinion de Volta , qu’il est hors de doute que, par l'action de l'électricité animale , les muscles involontaires peuvent aussi être contractés.
- Les paragraphes suivans, jusques et compris le vingt-quatrième, offrent le détail circonstancié des expériences faites par les auteurs, sur le cœur, l’œsophage, l’estomac, la trachée-artère , les intestins, la vessie urinaire, et les artères de différens animaux. Ces expériences sont très-curieuses , très-bien détaillées, ont été faites avec beaucoup de soin et de précaution , et contiennent des remarques et des observations très-intéressantes.
- Le cœur de plusieurs animaux, tels que agneaux, poulets, pigeons, grenouilles, brochets, etc., a été le sujet d’expériences qui ont prouvé, chez tous ces animaux, l’excitabilité des mouvemens. Dans les expériences sur l’œsophage d’un lapin, la contraction étoit souvent continuée à l’estomac •et jusqu’aux intestins grêles. C’étoit, disent les auteurs, un beau et agréable spectacle, pulchrum jucundumque spectaculum, de voir, lorsque nous portions l’extrémité de l’arc sut le sommet de l’œsophage, comment la contraction, commençant dans cet endroit, se continuoit en filant tout le long de ce canal, d’une manière manifeste
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- et assez forte, en faisant voir évidemment de quelle manière et dans quelle progression la contraction successive de l’œsophage , après l’action du pharinx, presse le bol alimentaire, et le pousse dans l’estomac.
- Les expériences sur les artères, ont prouvé l’excitabilité, par le moyen de l’électricité animale, de leur tunique musculeuse, et il est vraisemblable , comme l'observent les auteurs, que si l’on pouvoit, pendant tout le temps nécessaire pour découvrir et armer les nerfs, conserver entière et survivante la force vitale, les contractions seraient encore plus manifestes.
- Le paragraphe XXV et les suivans , jusques et compris le XXXVI.® et dernier, ont pour objet les contractions de la partie musculeuse, excitables par les tendons, contracùones partis mus-culosæ txcitabiUs per tertdines. Nous avons été singulièrement surpris , disent les auteurs , §. XXVI, en découvrant, après avoir armé les nerfs intercostal, vague et diaphragmatique, que les mêmes effets avoient lieu, en touchant immédiatement la partie , soit musculeuse, soit tendineuse , du diaphragme ; car en touchant les nerfs armés et la partie tendineuse, il résultoit de ce contact, dans la partie, musculeuse du diaphragme, des contractions subites, manifestes et fortes, égales à celles qui naissent du contact de la
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- partie musculeuse. Ils n’ont pas moins admiré (§. XXVIII) que, du contact de l’armature du nerf diaphragmatique et du cœur, il soit résulté des secousses dans ce viscère, subsultus, comme si quelqu’un des nerfs cardiaques avoit été touché. Y a-t-il donc, disent à ce sujet les auteurs, quelques filamens nerveux qui naissent du nerf diaphragmatique , et vont se distribuer au cœur» contre l’opinion de Halkr, mais que soutiennent quelques autres anatomistes ?
- Dans le paragraphe XXIX, les auteurs disent que l’excitabilité des contractions, dans la partie-musculeuse, lorsque les muscles, seuls armés, et la partiç tendineuse , sont touchés par l’arc, leur a paru mériter une grande considération; ce qui les a engagés à répéter les expériences qu’ils avoient déjà faites surdifférens muscles, et principalement sur ceux appelés gasirocnémiens, expériences dont ils rapportent les principaux résultats.
- FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.
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- GALVANISME;
- ET ANALYSE
- DEsdifférens ouvrages publiés sur cette découverte , depuis son origine jusqu'à ce jour.
- Par P. SUE, aîné,
- Professeur et bibliothécaire de l’Ecole de médecine de Paris, ex-secrétaire de l’Académie de chirurgie, ancien président et ex-secrétaire-général de la Société libre de médecine, séante au Louvre ; membre de plusieurs Sociétés savantes , nationales et étrangères , etc.
- Historia , quoquo modo scripta , delectat. Epist. Plinii junioris, lib. V, epist. VIII.
- &UXIÈME PARTIE.
- )S1
- COLLECTION ANDRE S ARTIAUX
- A PARIS,
- Chez Bernard, libraire, quai des Augustin*, N°,3l.
- An X. — z$oa.
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- HISTOIRE
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- GALVANISME.
- SECONDE PARTIE.
- CHAPITRE XI.
- Détail des expériences faites a VEcole de médecine de Paris 3 sur le Galvanisme.
- L A matière du galvanisme devenoit de jour en jour plus importante et plus curieuse, par le nombre des savans qui s’y livraient, et qui publioient leurs expériences et leurs travaux sur ce sujet. Il n’étoit pas possible qu’il n’excitât pas aussi l’attention des médecins français, et l’Ecole de médecine de Paris ne pouvoit voir avec indifférence, et sans y prendre un intérêt direct, une découverte qui peut beaucoup étendre les progrès de la physique, de la chimie,1 et même de la médecine ; mais l’Ecole a cru de sa prudence, avant d’entreprendre de nouvelles expériences, d’attendre les résultats de celles faites dans le lieu IIe. Partie. A
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- même de cette découverte; et lorsqu’elle a cru pouvoir marcher dans la carrière avec plus de sûreté, elle l’a parcourue, et a cherché, de concert avec les savans étrangers,.à jetter plus -de jour sur les phénomènes qui accompagnent le galvanisme. Elle s’est attachée sur-tout à diriger ces phénomènes au profit de l’art de guérir. Voici d’abord l’article qu’on lit dans le Journal de Médecine, rédigé par les CC. Corvisarc, Leroux et Boyer (i), et le détail des expériences galvaniques, vérifiées à l’Ecole, au moyen de l’appareil imaginé par le professeur Volt a. Cet article est du C. Halle, professeur à l’Ecole de médecine, et membre de l’Institut national, qui à toujours suivi et dirigé les expériences de l’Ecole, et qui a coopéré à celles faites à l’Institut, dont il sera question dans le chapitre suivant. Il faut observer qu’on n’avoit encore qu’une connoissance imparfaite des expériences
- (i) Nivôse an 9, page 351. Voyeç aussi le Magasin encyclopédique, nivôse an 9, n°. 16.
- (a) Ces premières expériences ont eü lieu , en floréal et en prairial de l’an 9. Leur appareil est tenu journellement en activité, dans les cabinets de l'école, par le C. Thillaye, fils, aide-conservateur. Divers savans, entre autres les CC. La* place, Fourcroy, Buttt, ont bien voulu concourir à la vérification des faits que ces expériences constatent. Plusieurs de 'ceux ici annoncés , et dont on n’avoit pas encore eu conttois-sancc par les papiers publics; par exemple, ceux qui
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- DU GALVANISME. 3 du professeur Volta % dont depuis il a donné communication à l’Institut.
- « i°. Dispositions des appareils (1). L’appareil monté à l’Ecole, d’après les mémoires du C. Volta, a été composé de différens étages, formant une pile plus ou moins élevée, suivant leur nombre : chacun a été établi de bas en haut, de deux manières, ou dans deux ordres différens, savoir : ,i°. zinc, carton grouillé, argent; a?,, argent, carton mouillé, zinc tous ces. étages, ont la même disposition dans une même p_jlp. Ceux successifs se touchent, en conséquence, dans l’ordre qui suit : dans, la première disposition', l’argent de l’étage inférieur touche sans intermédiaire le zinc de l’étage supérieur ; dans la seconde disposition ,,le zinc touche immédiatement l’argent, également de bas en haut. Le carton n’est ici-que comme moyen de réunir l’eau et les dissolutions interposées entre les métaux : il doit en conséquence être fort imbibé.»
- .sont relatifs à l’état électrique, différent aux deux extrémités de l’appareil, se sont trouvés à-peu-près conformes aux observations publiées depuis, par MM. Volta, Ni-cholsohy etc,' Mais quelques différences, qui sans doute ne sont qû’apparentes , nous ont déterminé à décrire la formation de notre pile, avec plus d’eXactitude que ne l’ont fait les rédacteurs du tomé XV de la Bibliothèque britannique. .Vote du C, Halle,
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- » Un autre appareil est celui qui est formé également de deux métaux différens, le cuivre et le zinc : ces métaux plongent dans des bocaux remplis d’eau, ou de dissolutions salines. Les extrémités plongées doivent être maintenues à distance , et se toucher, aii contraire, par l’extrémité qui excède le bocal.»
- » L’un et l’autre appareils se1 ressemblent essentiellement ; mais on a trouvé constamment, toutes choses égales d’ailleurs, l’appareil vertical ou la pile plus énergique dans ses effets : on l’a portée à cent pièces de chaque espèce, et même au-delà. Les effets sont d’autant plus marquans, que lé nombre des' étagés est plus considérable j mais on peut diviser la pile en plusieurs, et prouver qu’elles communiquent ensemble dans un ordre qui ne contrarie pas la disposition dé leurs parties. L’effet est le même que quand la pilé n’est pas divisée. Si, au contraire, soit en renversant une moitié de la pile sur l’autre, soit par la manière d’établir les communications qui unissent entré elles diverses piles, on oppose en sens inversé lés sériés formées par leurs étages, tous les effets sont aussitôt, anéantis. Ils ne varient que selon la diverse disposition ci-dessus indiquée des étages dans les. deux séries, et ne sont point influencés par les métaux que l’on ajoute, soit au pied, soit au- sommet de la pile.
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- DU GALVANISME. 5 Dans la manière de la monter , il faut, pour l’empêcher de s’écrouler, lui donner des appuis; mais ces appuis, quand ils sont pris dans des tiges métalliques ,paroissenten anéantir l’effet. Les supports , formés par des tubes de verre, en conservent au contraire toute l’énergie. Les dissolutions salines donnent une plus grande force aux effets de cet appareil; parmi ces dissolutions, l’eau alumineuse, et sur-tout la dissolution de muriate d’ammoniaque, ont paru jusqu’à présent produire le plus grand effet.»
- » 2°. Effets produits par Us appareils ci-dessus décrits. Ces effets sont de deux espèces, savoir : i°. -ceux qui affectent les corps bruts, dont la chaîne continue est en contact, d’une et d’autre part, avec les deux extrémités de la pile ; 20. ceux qui affectent l’économie animale. »
- »Les effets sur les corps bmts sont de trois sortes : Us combinaisons ou décompositions, les étin-czlUs, Us attractions et Us répulsions. »
- » Combinaison ou décomposition ^e/’«a«.Dans un tube rempli d’eau et bouché hermétiquement, on plonge de part et d’autre des fils d’un même métal, et on les fixe à une distance d’un ou de deux centimètres l’un de l’autre ; on les met chacun en contact avec une des extrémités de la pile. Celui qui est en contact avec l’extrémité qui répond à l’argent dans chaque étage, tel qu’il est décrit ci-dessus, se couvre
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- d’oxide. Celui en contact avec l’extrémité qui ré-pondauzinc, se couvre debulles de gaz hydrogène. Si les deux fils sont en contact dans l’eau oh ils plongent, il ne se fait plus , ni dégagement des bulles, ni oxidation. Celle-ci et le nombre des bulles , sont en proportion des surfaces du métal, et se multiplient avec elles. Dans la pile, les métaux s’oxident dans leur contact avec la carte, et ne s’oxident pas, ou très - peu, dans la surface opposée, par laquelle ils se touchent immédiatement. »
- » Etincelles. On touche à la fois les deux extrémités de la pile avec un même fil de métal; s’il est de fer, il s’excite une étincelle au moment du contact. Elle est alors composée d’un point lumineux blanc et d’une gerbe rougeâtre , qui éclate en tous sens autour du point lumineux , comme par déflagration : si le fil est de tout autre métal, de cuivre, de platine, etc. ori ne voit que le point lumineux : on peut le voir dans le contact des différentes parties métalliques de la pile, soit d’argent, soit de zinc. Au moment du contact, on voit souvent plusieurs points lumineux, dans différens points de la colonne. »
- y> Attractions et répulsions. On prend d’une main une petite bouteille de Leyde, d’une surface intérieure peu étendue, telle qu’une phiole d’eau des Carmes : on applique son bouton à la sur-
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- face supérieure ou inférieure de la pile, appliquant en même temps l’autre main à l’autre extrémité : on soutient pendant quelques minutes de suite cette application. Le bouton de la bouteille étant en contact avec le bout de la pile qui répond au zinc, il en reçoit la propriété de repousser, dans l’électromètre du C. Cçulomb, le disque électrisé négativement, ou chargé d’électricité résineuse, et d’attirer, dans le même électromètre, le disque électrisé positivement y ou chargé d’électricité vitrée. Ce même bouton , placé au bout de la pile qui répond à l’argent, acquiert la propriété de repousser le disque chargé positivement, et d’attirer le disque chargé négativement, d’où il résulte que la même extrémité de la pile, qui paroît spécialement déterminer la formation des bulles du gaz hydrogène, dans l’appareil des décompositions, est. aussi celle qui paroît communiquer à la bouteille les propriétés attractives et répulsives, caractéristiques de l’électricité négative, et que l’extrémité qui paroît déterminer spécialement l’oxidation. du métal, est aussi celle qui paroît communiquer, les propriétés caractéristiques de l’électricité positive (1). »
- (i) Il faut toujours observer que l’on supposé ici les: étages formés de deux métaux différens, avec un corps.
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- » Les effets produits sur les corps animés sont des commotions, des saveurs, des éclairs, selon les parties affectées. On mouille l’une et l’autre main en entier, et alors on touche du- doigt, de part et d’autre, les extrémités de la pile ; les cartons qui entrent dans sa structure étant imprégnés d’une dissolution de muriate d’ammoniaque. Au moment du contact, on éprouve une commotion qui s’étend jusqu’au coude. Si la main étoit sèche, la commotion seroit très-légère. Si l’on prend, pour toucher la pile, un tube de métal mouillé, assez gros pour remplir entièrement la main, l’effet est beaucoup plus considérable. Il a paru aussi plus fort, quand le tube étoit, outre cela, rempli d’eau. Si l’un et l’autre doigts, mis en contact avec les extrémités de la pile, sont maintenus dans ce contact pendant quelque temps, on y éprouve, après la commotion, la sensation d’un frémissement et d’un picotement qui finissent par être très-incommodes. Si plusieurs personnes se tiennent, comme dans la chaîne que l’on fait pour l’expérience de Leyde, la première et la dernière entrant en contact avec les extrémités de la pile, la commotion est éprouvée à la fois par toutes d’une manière assez sensible,
- humide intermédiaire : les dernières expériences ont appris à les consklérer autrement. (Note du C. Halle. )
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- si le nombre des personnes est petit, et si toutes les mains sont bien mouillées ; mais l’effet diminuant d’intensité, à mesure qu’on augmente la quantité des personnes intermédiaires, il cesse absolument d’être sensible, quand ces intermédiaires sont portées à un certain nombre, que l’expérience fait apprécier. Si la personne ou les personnes, dont les mains forment cette chaîne de l’une à l’autre extrémité de la pile , sont isolées, c’est-à-dire, montées sur l’isoloir électrique, l’effet est plus sensible ; dans une chaîne où, à raison de ton étendue , l’effet paraît anéanti, il devient immédiatement sensible par l’isolement. »
- » Quand , l’appareil étant en contact avec les fils métalliques dans l’appareil des décompositions ou des combinaisons, on a tenté en même temps l’expérience de la commotion, celle-ci a paru sensiblement plus foible , que quand la pile étoit absolument libre. Mais on n’a pas observé que les bulles d’hydrogène et le progrès de l’oxida-tion , e,n fussent retardés. Les dispositions qui, dans l’appareil primitif du galvanisme, excitoient sur la langue des saveurs, dans l’œil des éclairs, dans les parties entamées des sensations douloureuses , étant adaptées à la pile, se font remarquer par une énergie proportionnée à celle que les autres effets reçoivent de ce même appareil. Souvent, au moment où l’on monte l’appareil de la pile,
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- sur - tout si les disques sont couverts d’un peu d’oxide, cet appareil reste quelques temps sans activité ; ce n’est qu’au bout de quelques ins-tans que son efficacité se déclare , par des degrés d’abord foibles, qui ensuite arrivent sensiblement jusqu’à leur maximum. Quand on provoque par des attouchemens répétés et rapides les effets de cet appareil, ils paroissent croître sensiblement, à mesure que les provocations sont plus promptes et plus multipliées. »
- Ces expériences, faites à l’Ecole de médecine, prouvent, sans contredit, l’analogie des phénomènes galvaniques, avec ceux de l’électricité : elles constatent sur-tout, comme l’a très-bien observé (i) le C. Fourcroy, i°. les rapports des deux extrémités de l’appareil de Volta, et de leur état respectif, relativement aux deux genres d’électricité positive ou vitrée, négative ou résineuse ; i°.- la coincidence de la formation du gaz hydrogène dans l’eau autour du métal, mis en contact avec l’extrémité de l’appareil caractérisée par l’électricité négative, et l’oxidation au sein de l’eau, du métal placé à l’extrémité, oii l’électricité est positive ou vitrée ; 30. les
- ( 1 ) Foyei son Discours à la séance publique de l’école de médecine de Paris, an 9, in-40.
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- DU GALVANISME. ir conditions de rapport et de situation de quelques métaux qui détruisent l’une ou l’autre électricité , à l’extrémité qui leur répond; 40. la détermination des circonstances favorables, dans le nouvel appareil de Volta, au jaillissement des étincelles, aux commotions les plus énergiques; en un mot, l’identité des effets de l’excitateur galvanique, et de ceux de l’électricité; 50. enfin, on a, dans ces expériences, la preuve que les organes des animaux vivans, sont les électromètres les plus sensibles et les plus propres à re-connoître l’existence de l’électricité, lorsqu’elle est assez foible pour échapper à tous les autres moyens physiques de l’apprécier.
- La notice suivante des principaux résultats obtenus sur l’électricité galvanique, par les expériences faites à l’Ecole de médecine est du C. Butet, et doit trouver ici sa place (1).
- « D’après l’importante expérience des CC. La-place et Halle, qui ont constaté l’identité des phénomènes de la pile dite galvanique, avec ceux des attractions et répulsions électriques, le C. Butet a déterminé ( en regardant comme un des
- (1) Elle est insérée, n°. 43 , vendémiaire an 9, du Bulletin des sciences de la société philomatique , et tome IX , page 231, du Recueil périodique de la société libre de médecine du Louvre.
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- élémens de la colonne la carte placée entré le zinc et l’argent ) que l’électricité du côté de l’argent est constamment positive, et celle du côté du zinc constamment négative, dans quelque direction qu’on place la colonne. Il a observé avec le C. Thillaye, fils, que dans l’expérience de la décomposition de l’eau, l’oxidation du métal se fait toujours à l’extrémité positive, et le dégagement des bulles d’hydrogène à l’extrémité négative de la colonne, ce qui est devenu pour eux un moyen prompt et facile, dans le cours de leurs expériences, de s'assurer quelle pouvoit être l’extrémité positive ou négative de la pile. En montant deux colonnes dans le même sens, ou en sens contraire, ils ont eu des résultats pareils à ceux que donnent deux bouteilles de Leyde, électrisées l’une comme l’autre, ou en sens inverse. Ils ont même fait, avec plusieurs piles, des espèces de batteries, au moyen desquelles ils ont également augmenté l’intensité du phénomène. »
- » Le C. Thillaye, avec un excitateur de fer , a obtenu une étincelle semblable à celle du briquet; avec le zinc cette étincelle est blanche, et ne s’obtient en général qu’avec des excitateurs de métaux qui brûlent avec flamme, ce qui fait fortement présumer que cette étincelle est purement due à la combustion. On pourra affirmer qu’elle participe de la nature de l’étincelle électrique,
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- si on peut l’obtenir au sein des gaz incombustibles : c’est ce que le C. Thillaye se propose d’essayer incessamment. »
- Du reste, ses recherches, et celles du C. Butte, ont eu pour objet principal de déterminer quel-qués-'unes des circonstances, dans lesquelles le phénomène est plus ou moins intense : il s’af-foiblit sensiblement dans une colonne de zinc et de plomb. Dans une colonne ordinaire, dont les surfaces métalliques en contact sont mouillées, il est presque nul, et il lé devient tout à fait, quand les cartes interposées sont imbibées d’huile, ou quand on met des cartes'sèches entre toutes les surfaces. On sait que pour éprouver la commotion , il faut que les deux mains qui mettent en communication les deux extrémités de la co-? lonne, soient mouillées. Si on se sert de deux étuis de fer blanc mouillés, pour opérer cette communication , la commotion est plus sensible, et le devient bien davantage, quand ces étuis exci-> tateurs sont remplis d’eau.
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- CHAPITRE XII.
- Extrait du rapport du C. Halle, intitulé :
- Compte rendu a l'Institut national sur le Galvanisme.
- Le C. Halle est, parmi les médecins françois, celui qui s’est le plus occupé, comme on l’a déjà vu dans le chapitre précédent, de répéter les expériences galvaniques, et d’en constater les effets et les résultats.'
- Comme la plupart sont rapportées dans le compte imprimé, qu’il a rendu, sur ce sujet, à la classe des sciences mathématique et physique de l’Institut, c’est ici le lieu de placer l’extrait, l’analyse de ce rapport (i), fait au nom d’une commission nommée par l’Institut, pour examiner et vérifier les phénomènes galvaniques, et dont le C. Hallé a été le rédacteur.
- Cette commission étoit composée des CC. Coulomb, Sabathier, Pelletan, Charles, Fourcroy ,Vau-queün, Guy ton et Halle. Le C. Venturl, de Modène, a bien voulu se joindre à eux pour répéter les
- (i) Ce compte a mérité , par la clarté et la méthode avec |
- lesquelles il est rédigé , l’approbation des savans françois et
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- expériences' contenues dans leur rapport , et ils ont encore eu depuis l’avantage de se réunir avec M. Hwnboldt, pour répéter celles qui sont contenues dans l’article VI, et qui. ont été faites au mois de prairial de l’an 6 (i).
- On sait que, pour faire naître les effets qui caractérisent la propriété animale que l’on appelle actuellement Galvanisme , il faut, en général , établir, au moyen des instrumens galvaniques, une communication entre deux points, de contact , plus ou moins distans entre eux, dans une suite d’organes nerveux ou musculaires; d’oii il résulte que tout le système de cette communication représente, au moment de l’action , un cercle complet, partagé en deux portions ; dont les intersections sont aux deux points du contact; que l’une de ces portions est formée par les organes de l’animal, qui doivent recevoir l’influence; que l’autre dépend des instrumens, au moyen desquels cette influence s’exerce. Les commissaires de l’Institut appellent ces deux portions- du cercle complet, l’une arc animal, l’autre arcs'èxcitateur. Celui-ci. est Je plus souvent com-
- (i)'Le procès-verbal de ces expériences, dont le C. Halli est- également lé rédacteur, est déposé au secrétariat de l’Institut , et c’est à. ce procès-verbal , que répondent les citations.faites dans le.cours-de ce rapport.
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- posé de plusieurs piècesdont les unes, placées sous les parties de l’animal, entre lesquelles on établit la communication , seront appelées supports , armaturt, etc. ; les autres , destinées à opérer la communication par leur continuité avec les autres, seront appelées communicateurs.
- C’est d’après cette considération, que le rédacteur du rapport partage le compteTendu des expériences de la commission, en six articles. Il examine, dans le premier, les résultats des combinaisons et des dispositions variées des parties qui composent l'arc animal. Il expose, dans le second, ce que les commissaires ont observé sur la nature et les dispositions respectives de l'arc, excitateur. Il offre, dans le troisième , ce qui s’est présenté à la commission de plus remarquable , relativement aux circonstances étrangères à la composition de l’une et de l’autre partie du cercle galvanique , et dont l’influence détermine, fait varier , ou détruit le succès des expériences. Dans •le quatrième, il réunit quelques essais sur les moyens proposés de faire varier, d'énerver-,< ou de rétablir la susceptibilité des animaux dans les .expériences galvaniques. Dans le cinquième article, sont rangés un petit nombre d’essais, dont le but est de commencer à soumettre à une comparaison suivie , les rapports soupçonnés par divers physiciens , entre les phénomènes galvaniques et les phénomènes
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- phénomènes électriques. Enfin, l’auteur place, dans le sixième article, le détail des expériences que M. Humboldt a bien voulu faire, devant les commissaires, le 15 prairial de l’an 6 , et qui ont rapport à plusieurs de celles mentionnées dans les articles précédens : elles sont présentées avec des modifications importantes. On donne également, dans cet article, un ensemble de celles que les commissaires se proposent de répéter, d’après les observations communiquées par Humboldt.
- Chacnn de ces articles contient des réflexions '9 auxquelles les expériences qu’il renferme, ont donné lieu. Comme les commissaires ne parlent que de ce qu’ils ont vu et fait eux-mêmes, leurs réflexions se bornent à celles qui sont la conséquence naturelle de leurs propres expériences : ils se réservent de parler des résultats annoncés par d’autres physiciens, lorsqu’ils se seront convaincus , par eux-mêmes, de l’exactitude de leurs observations.
- Tel est le tableau du travail de la commission nommée par l’Institut, pour lui rendre compte des expériences sur le galvanisme. Il faudrait copier, presque en entier, le rapport des commissaires , avec le détail des expériences qu’ils ont faites , pour en faire connoître toute l’importance et tout le mérite. Ce rapport est si IIe. Partie, B
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- universellement répandu, que tout le monde est à même de le lire et de le consulter (i). Il suffira donc de présenter ici quelques sommaires, quelques résultats tirés de chacun des articles qui le composent (i).
- Article 1er. Des parties essentielles ie l'arc animal , dans le cercle galvanique, et des dispositions de ces parties entre elles. Quoique le rédacteur ne s’occupe ici, ni de la nature des supports, ni des 'très parties de l’arc excitateur, il les indique néanmoins, pour une plus grande exactitude, et pour ne pas omettre les circonstances favorables ou défavorables au succès des expériences. Il donne ensuite les détails, avec leurs résultats,
- (i) Plusieurs journaux, d’ailleurs, en ont donné de* extraits. Voyt[, entre autres, le n°. 17 du Bulletin de la société philomatique, thermidor an 6, et le n°. 19, vendémiaire an 7. — Le tome IV , page 484, du Recueil périodique de la société libre de médecine du Louvre. — Le Magasin encyclopédique, du i“. nivôse an 7, n°. 16. — Le Journal de physique, brumaire et frimaire de
- (a) Nous ne rapportons aucune des expériences, parce qu’elles dépendent toutes du procès-verbal, aux différentes sections duquel le rédacteur renvoie , chaque fois qu’il cite une expérience,
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- 'des expériences faites sur les divers rapports dans l’arc animal, des nerfs aux muscles auxquels ils se distribuent ; sur les nerfs liés ou coupés , la ligature ou la section comprise entre les" extrémités de l’arc ; sur les nerfs, pris de différentes parties et de différens animaux, associés et réunis dans le même arc ; sur le nerf seul, ou le muscle seul, compris entre les extrémités de l’arc excitateur ; par l’interposition de morceaux de chair, etc., dans l’arc animal ; sur l’animal revêtu de sa peau et de son épiderme.
- Suivent des réflexions, au nombre de 11, sur les expériences contenues dans ce premier article. Elles sont présentées comme de premiers apperçus, qui ont besoin d’être confirmés par de nouvelles recherches. Il en résulte au moins la preuve , l °. que l’arc animal peut être formé ou par des nerfs et des muscles contigus entre eux, ou par des nerfs seulement; 20. qu’en conséquence, sa partie essentielle est le nerf ; 30. que toutes ses parties doivent être en général continues ou contiguës entre elles; 40. qu’il n’est point interrompu par la section d’un nerf, ou sa ligature, pourvu que les parties liées ou divisées, restent contiguës entre elles ; 5°. que la diversité des parties réunies dans sa formation, n’interrompt pas son intégrité, pourvu que toutes ces parties restent contiguës ; 6°. que cette intégrité rompue peut se rétablir par
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- l’interposition de quelques substances non animales , et sur-tout des métalliques, pourvu qu’on maintienne constamment la contigüité de toutes les parties ; 70. que les organes musculaires sont toujours ceux oii vont définitivement se terminer les nerfs compris dans l’arc animal complet : d’oit il suit que les muscles affectés sont toujours ceux qui répondent à l’extrémité de l’arc la plus éloignée de l’origine des nerfs qui le composent ; 8°. que, quand l’origine de tous les nerfs qui composent l’arc animal, est tournée vers une de ses extrémités , les muscles seuls qui répondent à l’autre extrémité, éprouvent les convulsions galvaniques ; 90. que, quand un arc animal est composé de plusieurs systèmes de nerfs différens , dont les origines répondent au milieu de Parc, les muscles de ces différens systèmes se meuvent également, à ses deux extrémités ; io°. que plusieurs des expériences détaillées ne permettent pas d’admettre l’opinion de ceux qui ont attribué les phénomènes galvaniques au concours de deux influences differentes et correspondantes, de la part du nerf et du muscle ; qu’ils ont eu tort de comparer les rapports du nerf au muscle, dans ces phénomènes, aux rapports des doublures intérieure et extérieure de la bouteille de Leyde. n°. Enfin, que le revêtement dè l’épiderme, dans les animaux entiers, est un obstacle an
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- 'développement des effets du galvanisme, et que .lorsque, par son extrême ténuité, il ne les interrompt pas tout-à-fait, il les affoiblit du moins très-sensiblement.
- ARTICLE II. Des parties de l'arc excitateur, de la nature et des dispositions des parties entre elles. Cet article est composé de sept sections. La ire. contient, iç. les expériences faites âvec les substances métalliques, suivant leur nombre et leur diversité ; l’arc excitateur étant formé de deux ou de trois métaux différens, ou d’un plus, grand nombre , mais toujours différens, de. deux métaux en deux ou trois pièces, ou d’un seul métal ; ,z_°. les expériences faites avec des alliages métalliques , dans différentes proportions., des amalgames, differentes combinaisons métalliques, et. différens genres de métaux minéralisés, avec leurs oxides ; 3°. les expériences avec des métaux frottés les uns contrôles autres., avec les. carbures, les sulfures , les phosphures et les oxides métalliques, introduits dans l’arc c.omme: supports.
- La 2e. section présente les expériences faites avec le charbon et les substances charbonneuses > qui, après les métalliques, méritent,„ relativement à leur usage, dans la formation de l’arc excitateur, une attention particulière. L’emploi des substances idio-électriques, dans le. mémo B 3
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- arc, savoir: le jayet, l’asphalte, le soufre, le succin, la cire à cacheter, le diamant, le basalte , sujets de la troisième section , ont constamment intercepté les effets galvaniques. Il èrt a été de même de l’air. L’eau et les substances humides, sujets de la 4e. section, employés comme intermède de communication, ont déterminé par leur interposition , d’une manière remarquable, les effets galvaniques. Il est question, dans la cinquième section, des expériences faites avec les substances animales, formant l’arc excitateur ; dans la 6e., des expériences relatives à l’étendue des surfaces des parties de cet arc , qui ont fait voir que l’augmentation d'étendue et sur-tout de surface, dans ses intermèdes, apportait une différence sensible dans l’intensité de l’effet. La 7e. section roule sur les rapports des facultés excitatrices, entre les différentes parties de l’arc excitateur.
- Les réflexions du C. Halle sur les expériences contenues dans l’article II, tendent à prouver, i°. que la disposition de l’arc excitateur, la plus favorable aux effets galvaniques , est celle où il est composé de trois pièces au moins de différente nature, prises parmi les métaux, l’eau et les substances humides, celles charbonneuses, et celles animales, dénuées d’épiderme ; x°. que cependant cet arc paraît être efficace, lors même
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- DU GALVANISME. ij qu’il n’est formé que d’une seule pierre ou d’une seule nature de substance convenable; 30. que la moindre différence de nature, apportée dans ces parties , suffit pour lui rendre l’efficacité que lui auroit ôtée l’identité des substances ; 40. qu’il peut être complété par des substances de nature à former l’arc excitateur; 50. que l’efficacité da l’un et de l’autre peut être suspendue par la séparation , ou au moins par une distance suffisante entre les pièces qui les composent ; 6°. que la plus foible humidité paroît également suffisante pour unir les pièces de l’arc excitateur, et déterminer l’effet qu’elles doivent produire sur l’arc animal ; 70. que l’influence de l’état de l’atmosphère et des circonstances environnantes, peut être très-grand sur le succès des expériences galvaniques ; 8®. que celles faites sur l’arc animal et sur l’excitateur, relativement aux effets comparés des chairs animales, soit dépouillées , soit recouvertes de l’épiderme, et de cet épiderme sec ou mouillé, semblent autoriser à le mettre au nombre des substances qui affaiblissent ou interceptent les effets de l’arc excitateur. C-et épiderme est aussi, comme les poils et les cheveux, au nombre des substances qui participent à la nature de celles idio-ilectriqucs ; 90. que les substances qui peuvent entrer dans la formation de l’arc excitateur, sont pour la plupart, du nombre B 4
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- de celles qu’on compte parmi les substances sus» ceptibles de servir de conducteurs à l’électricité, tandis que celles qui servent pour interrompre cet arc, sont pour la plupart du nombre de celles appelées idio-électriques, ou connues pour retarder la transmission électrique , proposition qui cependant souffre de grandes exceptions, comme le prouvent les expériences d’Humboldt; io°. enfin, que l’effet galvanique est dans un certain rapport, non seulement avec la nature des pièces qui forment l’arc excitateur, et avec leurs dispositions respectives ; mais encore avec leur étendue, et sur-tout avec la grandeur des surfaces par lesquelles elles semblent transmettre cet effet.
- Article III. Des causes étrangères à la composition du cercle galvanique, et des deux arcs qui le composent, et qui néanmoins ont une influence évidente sur le succès des expériences. Ces causes ou circonstances se rapportent, i°. à l’état même des parties contractiles de l’animal, soumises à l’expérience ; z°. à la manière d’opérer le contact qui établit la communication; 30. à l’influence que les expériences elles-mêmes ont les unes sur les autres, par le seul effet de leur succession ; 40. aux milieux dans lesquels se font les opérations, ce qui divise cet article en quatre
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- DU GALVANISME. 15 sections. L’objet de la première a spécialement été prouvé dans les expériences faites avec identité de toutes les pièces de l’arc excitateur, oit seulement des supports. Les circonstances qui diminuent la susceptibilité de l’animal, ont donné lieu de connoître plusieurs phénomènes qu'on n’auroit jamais observés sans cela, et dont la plupart sont exposés dans la seconde section, où il est question de l’influence du mode de contact sur le succès des expériences, i°. en alternant le contact d’un support, ou d’une partie à l’autre; i°. à l’approche ou à la retraite du communicateur, 30. par la rapidité du contact ou de la retraite du communicateur; 40. par le simple changement de contigüité , sans interruption du contact.
- Les commissaires ayant fait successivement diverses expériences, relatives à l’influence qu’elles ont les unes sur les autres, par le seul effet de leur succession, ils se sont bientôt apperçus que certaines d’entre elles influoient tellement sur la susceptibilité de l’animal, qu’elles paroissoient déterminer sensiblement le succès ou le non succès des suivantes. Jusqu’alors ils n’avoient fait leurs expériences que dans l’air ordinaire ; ils donnent le détail de celles qu’ils ont faites sous l’eau et dans l'atmosphère électrique, et qui prouvent qu’une des conditions les plus capables d’influer
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- sur le succès des expériences, est la nature des
- milieux, dans lesquels elles ont lieu.
- Les expériences détaillées dans cet article, ont conduit aux réflexions suivantes, i°. l’influence galvanique paroît, dans beaucoup de circonstances, s’exciter par l’exercice, s’épuiser par la continuité du mouvement, se réparer par le repos ; i°. la multitude de causes, qui peuvent évidemment influer sur le résultat des expériences galvaniques , et les faire réussir ou manquer, doit inspirer beaucoup de réserve, avant de nier ou d’affirmer leurs succès, à moins qu’on n'ait la certitude d’en pouvoir apprécier toutes les circonstances influentes ; 3 une des circonstances qui prouve le plus ce qui vient d’être dit, c’est celle dont on a rapporté l’effet sur la continuation du spasme galvanique, lorsque le communicateur, maintenu par la main, sembloit persister constamment dans le même point de contact, ce qui a démontré qu’il y avoit un changement réel dans ce contact , malgré l’immobilité apparente du communicateur , d’où on peut conclure, dit l’auteur, que le moindre changement dans les situations respectives des parties du cercle galvanique et de l’arc excitateur, peut produire un effet dans l’animal susceptible, et en imposer sur le véritable succès d’une expérience, si l’on ne fait pas attention à cet égard aux plus légères
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- DU - GALVANISME. 27 variations ; 40, les expériences sur les rapports des mouvemens galvaniques, avec l’approche ou la retraite du communicateur , viennent encore à l’appui de la précédente proposition, et prouvent qu’on ne doit perdre de vue aucun des momens de l’expérience, qu'ils doivent, non-seulement être observés collectivement, mais même étudiés dans leur suscession , et dans les différens temps de l’opération; 50. on diroit qu’il y a dans la formation de l’arc excitateur des dispositions énervantes, et d’autres excitantes, dont les unes, non seulement sont ou ne sont pas efficaces, mais disposent, outre cela, l’animal à une plus ou moins grande susceptibilité dans les expériences suivantes ; 6°. il est également important, pour l’exactitude des expériences, et leur appréciation , de s’assurer de l’état de l’animal, de la manière dont il a été conservé et entretenu jusqu’au moment de l’épreuve, de l’état de l’atmosphère ; 70. enfin, il seroit à desirer qu’on pût disposer les expériences de différens genres dans l’ordre de leur efficacité, et en faire une échelle galvanique , qui pût aider à déterminer quel est le degré de susceptibilité de l’animal, pris dans tel état et telle disposition, et à quelles expérienceson peut le soumettre, à raison de cette susceptibilité; qui pût aider, enfin, à .juger à quel point le succès ou le non-
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- succès d’une expérience , peut donner lieu à des conclusions certaines, et absolument négatives ou affirmatives. C’est une idée qui a reçu en grande partie son exécution dans l’ouvrage de M. Humboldt, qui sera l’objet du chapitre suivant.
- Article IV. Expériences sur les moyens de faire varier, d'énerver et de rétablir la susceptibilité des animaux dans les expériences galvaniques. Pour com-pletter la classification des causes, qui peuvent influer sur le succès de ces expériences, il étoit encore nécessaire d’éprouver, indépendamment des circonstances qui tiennent à la manière d’opérer, à l’état de l’animal, et aux influences des milieux, l’action des différentes substances capables de développer ou de suspendre la susceptibilité des organes nerveux et musculaires. Trois sections composent cet article : elles ont pour objet; la première, l’influence de l’électricité sur-la susceptibilité des animaux aux épreuves galvaniques ; la seconde, les effets de quelques liqueurs sur les propriétés galvaniques des organes musculaires ; la troisième, l’influence sur les effets du galvanisme, des différentes causes qui produisent les asphixies, influence extraite des expériences faites à l’Ecole de médecine de Paris.
- i°. Une seule expérience a suffi pour démontrer la propriété qu’a l’étincelle électrique,
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- de rétablir la susceptibilité des animaux épuisés par des expériences répétées.
- 2°. Les liqueurs essayées sur les propriétés galvaniques des organes musculaires , ont été l’alkool, et l’acide muriatique oxigéné appliqué à des organes épuisés par une suite d’expériences , la dissolution de potasse, celle d’opium , en employant dans tous ces cas pour supports, les métaux les plus efficaces, tels que l’argent et le zinc. Les expériences répétées, d’après un extrait de celles d'Humboldt, et conformément à ses procédés, n’ont cependant pas présenté des résultats conformes aux siens. A cet égard, il a observé aux commissaires que ce genre d’expérience, qui a pour objet de déterminer des nuances plus ou moins difficiles à saisir, devoit être répété dans des temps plus
- 30. Les expériences que contient la 3 e. section, concernant les effets des asphixies sur les organes musculaires, ont été faites à l’Ecole de médecine de Paris , sur des animaux à sang froid, dont les uns ont été asphixiés, soit par submersion, soit par strangulation, soit par l’action de différens gaz, les autres ont péri dans le vide, ou par les décharges électriques. L’objet de ces expériences a été de comparer, entre eux, tous les phénomènes et les effets des différens
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- genres d'asphixie, en s’occupant particulièrement de déterminer chez les animaux asphixiés l’état de leur système musculairerelativement aux effets de l’influence galvanique. Les expériences ont été faites avec un arc excitateur, composé de trois métaux différens ; les animaux soumis aux expériences, ont été des lapins et de petits cabiais ou cochons d’Inde ( cavia cobaya ). L’état de susceptibilité des organes nerveux et musculaires , a présenté des phénomènes très-variés, suivant la différence des causes des hs-phyxies, et la manière dont elles se sont opérées. En voici les résultats sommaires.
- i°. Susceptibilité entièrement anéantie, par les asphyxies dans le gaz hydrogène sulfuré, par la vapeur du charbon, par la submersion de l’animal, suspendu par les pieds de derrière. 2°. Susceptibilité arrêtée, par l’asphyxie dans l’acide carbonique pur , sous l’appareil au mercure. 3°. Susceptibilité affoiblie, mais non anéantie , dans les asphyxies causées par le gaz hydrogène sulfuré, ayant perdu partie de son soufre ; par le gaz ammoniaque, par le gaz azote, par les gaz épuisés par la respiration, et dans les animaux qui ont péri par la submersion. 40. Susceptibilité subsistante sans altération, après les asphyxies produites par la submersion dans le mercure, par l’effet des gaz hydrogène pur, hydrogène
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- DU GALVANISME. 31 carboné, acide muriatique oxigéné, acide sulfureux ; par la strangulation, par la privation d’air dans la machine pneumatique, par les décharges d’une batterie électrique.
- A la suite des résultats tirés des expériences faites sur les effets comparés des asphyxies, sont les réflexions relatives à ces effets , réflexions qui tendent à prouver, i°. que si toutes les asphyxies se ressemblent, par la privation d’une atmosphère respirable, et par la suspension des fonctions du poumon et de la circulation, elles diffèrent beaucoup dans leurs autres effets, selon la nature des substances qui les causent ; 20. que, parmi ces causes, il en est qui agissent plus profondément, et pénètrent à-la-fois toutes les parties des systèmes nerveux et musculaire, tandis que d’autres n’ont qii’une action superficielle, et ne produisent que l’asphyxie pulmonaire; 30. qu’un des changemens les plus remarquables, consiste dans les altérations qu’éprouve la susceptibilité galvanique ; 40. que l’état de l’irritabilité musculaire, éprouvée par le moyen des corps dont l’action mécanique sollicite la contraction des muscles, en les irritant, ne correspond pas toujours, à beaucoup près, à l’état de leur susceptibilité pour le galvanisme ; 5 enfin, que les causes des asphyxies n’agissent pas de la même manière, sur toutes les parties du
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- système musculaire, et que le cœur est très-souvent dans un état different de celui des autres muscles (i).
- Article V. Premiers essais de comparaison entre Us phénomènes galvaniques, et ceux électriques. On sait que c’est en observant les mouvemens des grenouilles, à une certaine distance d’une machine électrique dont on tiroit des étincelles, que Galvani fut comme involontairement conduit à la découverte qui occupe les physiciens, depuis environ douze années. Les commissaires ont, en conséquence, cru devoir examiner l’étendue de l’influence électrique sur les animaux qu’ils alloient soumettre aux expériences galvaniques, avant d’éprouver les effets de l’une de ces influences sur les phénomènes de l’autre. Les premières expériences ont donc eu pour objet, la susceptibilité des animaux pour les influences électriques : les secondes ont établi la comparaison de la susceptibilité pour l’électricité, avec la susceptibilité pour le galvanisme. La plupart
- (i) Voyi{,p. 95 du t. premier des Rapports généraux des travaux de la société philomatique de Paris, les résultats des expériences du D. Garden, sur l’asphyxie , répétées par MM. Bellot, Fié, Silvestre et Riche, expériences faites sur un grand nombre d’animaux.
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- DU GALVANISME. 33 de ces expériences, celles faites sous l’eau, les résultats de celles faites avec les supports identiques , et avec l’arc excitateur, présentent des conséquences qui semblent, aux commissaires, sinon détruire, du moins infirmer en partie la théorie de Volta, relative à l’influence des électricités respectives des métaux sur les phénomènes du galvanisme, et favoriser les doutes qu’on peut élever sur l’identité du principe de l’électricité et du galvanisme.
- ARTICLE VI. Expériences supplémentaires, faites sous les yeux des commissaires, par M. Humboldt, et relaùves à plusieurs des épreuves contenues dans les articles précèdent. Ces expériences Correspondent à l’ordre des matières traitées dans ces articles, et ont pour objet, i°. l’effet des moyens galvaniques, sur les mouvemens du cœur; z°. l’effet de la ligature des nerfs ; 30. l’effet des substances évaporables, admises dans différentes parties de l’arc excitateur, et de la symmétrie établie ou détruite entre les parties qui forment les extrémités de cet arc ; 40. les atmosphères galvaniques; 5°. les substances éminemment conductrices de l'électricité, et suspendant néanmoins la commotion galvanique ; 6°. l’influence comparée de l’électricité, sur l’électromètre, et sur les organes nerveux et musculaires ; 70. les indications IIe. Partie. C
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- d’autres expériences, annoncées par M. Humboldt, et dont les résultats méritent d'être constatés par des épreuves spéciales, n’ayant pu être faites dans la saison où on étoit alors, i°. parce qu’elles supposent , dans l’animal, une grande susceptibilité ; 2°. parce que le temps, où cette susceptibilité est la plus grande, se rencontre à la fin de l'hiver et au commencement du printemps, époque où l’animal sort de son engourdissement, et où il est près de s’accoupler ; 30. parce que, passé ce temps, et l’accouplement fini, la susceptibilité diminue. Lors de l’accouplement, M. Humboldt assure qu’elle est, toutes choses égales d’ailleurs, chez le mâle, plus forte dans les extrémités antérieures, avec lesquelles il embrasse et serre la femelle, que dans les extrémités postérieures ,et qu’en tout temps, elle est en général plus grande dans les femelles que dans les mâles, spécialement dans les extrémités postérieures. Des faits annoncés par Humboldt et que les commissaires se proposent de vérifier dans les temps convenables, prouvent qu’il y a des expériences qui ne réussissent que dans les momens de la plus grande susceptibilités Les expériences dont il a été question jusqu’ici, et dont nous n’avons donné aucun détail, parce qu’il faut les suivre dans le Compte rendu par les commissaires, les réflexions qu’ils ont ajoutées à cet article, et dont nous avons
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- DU GALVANISME. 35 présenté le résumé, donnent une idée suffisante des principales propriétés qui caractérisent le galvanisme : elles offrent, avec le tableau du travail des commissaires, pour répondre à la confiance de l’Institut, celui de ce qui leur reste à tenter pour compléter la vérification de ce qu’ont déjà fait , à cet égard, les physiciens étrangers : elles découvrent à nos yeux la pers-pective d’un vaste champ d’observations, dans lequel un système nouveau de phénomènes , semble développer , sous un autre jour, l’ensemble des êtres doués de la vie, du sentiment et du mouvement. Nous y voyons que les phénomènes galvaniques semblent démontrer , dans l’organisation animale, un principe dont la nature sera peut-être long-temps inconnue, mais dans lequel réside évidemment l’essence des rapports mutuels du système nerveux et du système musculaire. Nous y voyons, dans la manière dont se propagent les effets de ce principe, entre les parties vivantes, dans sa marche et la rapidité instantanée de son influence, dans les moyens artificiels de communication auxquels il obéit, dans les rapports de cette communication avec deux ordres de substances , dont les unes la transmettent , et les autres la suspendent; nous y voyons , dis-je, les apparences d’une analogie sensible entre le galvanisme et l’électricité.
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- Mais, quelle que puisse être cette analogie, on voit qu’elle est loin encore de présenter les caractères d’une identité parfaite. Au reste, de quelque nature que soit le principe galvanique, les expériences qui nous le démontrent, nous font voir encore, avec une nouvelle évidence, un phénomène de l’économie animale, déjà connu à la vérité, mais désormais plus facile à apprécier: c’est celui qui nous apprend que les caractères de la vie peuvent subsister isolément dans les différentes parties de l’animal, long-temps au-delà du terme où la vie du tout est détruite, et où l’animal cesse d’exister, parce que les fonctions qui entretiennent l’harmonie du tout et des parties , la respiration et la circulation du sang, cessent de s’accomplir.
- « Ce n’est pas tout, ajoute le rédacteur du »> compte rendu ; en nous faisant connoître plus » complettement les effets des causes qui inter-» ceptent ces fonctions, et qui suspendent ou » anéantissent la vie de l’animal, en l’asphyxiant, »> les phénomènes galvaniques nous font décou/-» vrir, entre leurs facultés délétères, des dis-» fonctions dépendantes de la différence des at-» teintes que ces causes portent aux facultés » vitales, et dont les degrés se rapportent, non » seulement à l’intensité, mais encore à la na-» ture de leur action ; et cette connoissance ne
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- DU GALVANISME. 37 » peut-elle pas un jour nous conduire à perfection-» ner, non seulement le diagnostic, mais même » le traitement des asphyxies >»
- Heureux espoir, conjectures séduisantes, combien, en vous réalisant, vous enrichiriez la médecine ! A combien de découvertes, dans sa pratique, ne nous conduiroient-elles pas? Car enfin la médecine hypothétiqueest belle, sans doute; elle éclaire beaucoup sur le diagnostic, sur le pronostic.;, mais celle qui a pour base l’expérience, suite du raisonnement , est bien supérieure ; et si l’une et l’autre ont leur prix, leurs avantages ; si l’une et l’autre ont une liaison intime, il faut aussi convenir que la dernière est le perfectionnement de la première ; que si celle-ci est nécessaire à l’autre, celle-là devient le complément de l’art, et la seule à laquelle le vulgaire accorde sa confiance.
- Avant de rendre compte des travaux des autres physiciens, sur le galvanisme, travaux la plupart postérieurs à la publication de l’ouvrage d’Hum-holdt, il est nécessaire de faire connoître à nos lecteurs , cet ouvrage, un des plus complets qui ait été publié sur le galvanisme; il a paru d’abord en allemand, àBerlin, en 1797 , sous ce titre : Vtrsucht liber die gerciçte muskel und mrven fuser, et a été traduit en françois, par le C. Jadelot, médecin de. l’hospice de la Pitié*
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- HISTOIRE
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- CHAPITRE XIII.
- Extrait de l'ouvrage sur le galvanisme , qui a pour titre : Expériences sur le galvanisme , et en général sur l'irritation, des fibres musculaires et nerveuses, par Frédéric-Alexandre Humboldt 3 traduction de l'allemand 3 publiée 3 avec des additions 3 par J, Fr. N. Jadelot3 médecin 3 in-8°. 1799 4 an VII.
- Discours préliminaire (i). On a donné le nom de phénomènes galvaniques, à la propriété, observée dans les nerfs des animaux, d’être irrités par les substances métalliques ou charbonneuses, et même par le simple contact
- (1) Ce discours, et le détail des expériences qui suif vent, sont du C. JaàUlot. Ce jeune médecin, très-instruit, en traduisant l’ouvrage d’Humboldt, a fait, dans la disposition des matières traitées , quelques changemens, dont on ne peut que lui savoir gré. D’ailleurs, la plupart de ces changemens ont eu lieu de concert avec M. Humboldt. Lorsque l’auteur d’un ouvrage et son traducteur.
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- DU GALVANISME. 39 d’autres organes vivans; irritation qui excite des contractions et des mouvemens très-manifestes dans les muscles ou autres organes, pourvus de fibres musculaires, qu’on soumet à ces expériences. Le plus grand avantage qu’on ait jusqu’ici retiré de cette irritation, employée dans l’examen de la structure des insectes et des vers, a été de découvrir le système nerveux, jusqu’alors inconnu, de plusieurs de ces animaux.
- Mais si ce seroit une folle prétention de vouloir expliquer, par l’influence et les effets du galvanisme, tous les phénomènes du système nerveux, il est au moins incontestable que cette découverte offre un progrès réel dans la con-noissance des nerfs : elle fait plus, elle présente l’idée heureuse qu’on a conçue d’en faire l’application à la médecine ; idée qui peut être fondée sur ce qu’elle a été quelquefois employée avec succès, pour rappeler à la vie des animaux asphixiés. Les divers agens propres à exercer , sur l’action des nerfs, une influence quelconque, à la modifier de quelque manière que ce soit, doivent fixer l’attention des physiologistes et des médecins : il est maintenant hors
- s’entendent ainsi, c’est le public qui recueille les fruits de leur correspondance, et les progrès de la science en sont pl*s Rendus.
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- de doute que le galvanisme est évidemment un
- de ces agens les plus puissans.
- Cette belle découverte est due au célèbre Galvani; d’habiles physiciens, Volta, Fontana, Spallan\ani, Aldini, Valli, Corradori, Vassalâ et autres, ont suivi ses traces et ont donné, sur le galvanisme, des théories qui, quoique différentes de celle de Galvani en bien des points*, lui ressemblent cependant toutes, en ce qu’elles ont, comme elle, l’électricité pour fondement. Des expériences, subséquentes à celles de ces auteurs, ayant prouvé combien étoient inadmissibles , pour désigner le galvanisme, les expressions d’électricité animale et d’irritation métallique , elles ont été rejettées par tous les physiologistes soigneux d’éviter l’erreur ; et on n’emploie aujourd’hui que le mot galvanisme, qui n’indique aucunement la cause des phénomènes.
- Ackard, en Prusse , Abilgoard, en Danne-marck, plusieurs autres savans déjà cités, en Allemagne, en Angleterre, ont tenté un grand nombre d’expériences sur le galvanisme : on en a fait aussi à Madras, en Amérique. On s’est livré presque par-tout à des recherches aussi variées que multipliées. Dès l’année 1792, plusieurs Membres de l’Académie des Sciences, avoient commencé à ce sujet des travaux que sa suppression a suspendus, et qui ont été repris
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- DU GALVANISME. 41 par la Commission que l’Institut a nommée, pour examiner et vérifier les phénomènes du galvanisme. Elle s’en occupoit, lorsqu'Humboldt vint à Paris : il répéta , en sa présence, quelques-unes de ses expériences, dont le résultat a été inséré dans le compte rendu par elle à l’Institut national (1).
- L’ouvrage d'Humboldt offre le développement de ces expériences, l’exposé des formules simples et commodes qu’il a imaginées pour les exprimer brièvement, et qui ont pour base principale , la distinction très-fondée des substances , sous le rapport galvanique, en excitatrices, qui sont tous les métaux et les corps charbonneux; et en conductrices, qui comprennent toutes les substances humides. Quand Humboldt a publié son ouvrage, il avoit déjà reconnu, et étoit convaincu, par ses expériences, que les effets galvaniques ne sont point dus à l’électricité : aussi les attribue-t-il à un fluide propre aux animaux vivans, auquel fluide il suppose de l’analogie avec le magnétisme et l’électricité. Son ouvrage contient, indépendamment de beaucoup de vues physiologiques tout-à-fait neuves, le résumé de tous les livres qui ont été publiés
- (1) Voyt[ le chapitre précédent. La commission a admis le C. Jaddot à ses séances.
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- 4i HISTOIRE
- avant le sien', sur le galvanisme, et supplée en conséquence à cette multitude de productions que l'Italie, l’Allemagne et l’Angleterre ont vu naître sur ce sujet, et de la plupart desquelles on trouve un extrait dans la Ire, partie de cette histoire.
- Expériences. Le discours préliminaire est suivi du détail d’expériences tentées avec Venturi, professeur de physique à Modène, avec des étudians en médecine très-instruits, et répétées avec le professeur Huilé, sur le cerveau et sur le prolongement rachidien; dénomination adoptée par le professeur Chaussier, à la place de celle de moelle épinière, qu’il trouve impropre. Ces expériences, faites sur des grenouilles, ont produit des extensions dans les membres thorgehiques et des flexions dans les membres abdominaux, de légères contractions dans le» muscles de la cuisse, des mouvemens très-forts dans les yeux, des contractions très-yioîentes dans le diaphragme, muscle qui s’est toujours montré le plus sensible à l’irritation galvanique; des irritations sur les nerfs fémoral et sciatique, ont excité des contractions très-fortes dans les muscles de la-cuisse. Les expériences sur le cœur et sur l’estomac ont produit très-peu d’effets, et seulement le renouvellement des contractions sur le cœur d’un chien, séparé de l’animal, et qui
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- avoît cessé de se contracter, et un mouvement lent dans les endroits de l’estomac touchés par le zinc. D’autres expériences répétées ont eu à-peu-près les mêmes résultats.
- Comme l’efficacité des différentes substances, propres à occasionner les phénomènes galvaniques, et les modifications qu’elles y apportent, fixoient alors l’attention des physiciens, bien plus que les effets eux-mêmes du galvanisme sur l’économie animale ; c’est la raison qui a déterminé à diriger spécialement vers ce dernier but les expériences, dont il vient d’être question. La cause du galvanisme paroissant résider dans le corps des animaux vivans, et n’être qu’excitée à agir par les corps extérieurs , c’est de l’observation des phénomènes que les animaux présentent, qu’on doit attendre le plus d’éclaircissemens sur cet objet. Puisque les fluides électrique et magnétique, qui ne sont ni particuliers aux corps vivans, ni sécernés dans les organes, comme le fluide galvanique semble l’être, ont cependant une influence marquée sur le corps humain, dans l’état de santé et de maladie (1) ; ne peut-on pas en conclure que
- (1) Voyt{ Observât, et reçhereh. syr l’usage de l’aimant , en médecine , par Andry et Tkouret, mém. de la société ci'devant royale de médecine, 1779 , p. 531.—
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- les recherches galvaniques méritent autant l’attention du médecin, que celle du physicien et du naturaliste, et que le premier peut concevoir l’espoir d’employer utilement le galvanisme pour la guérison de certaines maladies? Quelques succès de Maunoir, dans le traitement du tic douloureux, des essais multipliés, faits dans les cabinets de l’école de médecine de Paris, et que nous ferons connoître dans le chapitre qui traitera de l’application du galvanisme à l’art de guérir, semblent promettre une réussite, et font espérer qu’il pourra devenir un jour, en médecine, un nouveau moyen curatif.
- Dans cette science, comme dans la physique , il n’y a de stable et de certain que les faits. Les théories, enfans de l’opinion, sont variables comme elle.
- Résultats. Les premières expériences à’Humbolde attestent, i°.que les effets du galvanisme sont assez constamment différens sur les diverses parties des animaux, et que des tentatives multipliées à ce sujet, et bien combinées, pourraient offrir l’avantage de faire apprécier assez bien les forces respectives
- tbii. 1782, p. 204, Mémoire sur le tic douloureux , par Thourtt. —IVJém.sur l’électricité animale, par Mauduyt> ibid. 1776, etc.
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- des divers muscles extenseurs et fléchisseurs. i°. que le diaphragme est dans les animaux à sang chaud, le muscle, sinon le plus fortement, au moins le plus aisément irritable, étant le seul qui se contracte toujours violemment dans les expériences sans chaîne ; ce qui peut conduire à déterminer les degrés respectifs de l’irritabilité des di£-férens muscles. 3 °. que d’après l’observation d'Hum-boldt, les nerfs et les muscles vivans sont environnés d’une atmosphère active et sensible, et que l’action des nerfs s’étend au-delà des points oîi ils se distribuent. 4°. que, comme l’a observé encore Hum-boldt, le galvanisme peut exciter des mouvemens dans des organes tout-à-fait indépendans de la volonté, tels que le cœur et l’estomac. 50. que le fluide galvanique, provenant d’un animal à sang chaud, peut agir efficacement sur les nerfs de l’homme. 6°. que les phénomènes galvaniques ont lieu sans l’intervention d’aucun corps extérieur ; ce qui prouve que la cause qui les produit réside dans l’économie animale vivante. 70. que ces phénomènes peuvent se manifester au moyen d’une chaîne établie entre deux points d’un même nerf, et par adduction dans des organes mis en contact avec quelque partie de la chaîne. 8°. enfin, que la dernière des expériences offre aux naturalistes un moyen de découvrir, dans de petits animaux, des distributions nerveuses trop
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- tenues pour être disséquées sans un tel secours;
- Introduction. C’est en comparant beaucoup de phénomènes des corps vivans, avec ceux de la nature morte, qu’Humboldt a conçu l’idée d’expériences qui semblent mettre sur la voie du procédé chimique de la vitalité. Il espère parvenir à prouver que l’irritabilité des parties n’est pas uniquement dûe à l’oxigène, comme l’ont pensé des physiologistes modernes, que l’azote et l’hydrogène contribuent beaucoup à cette propriété des fibres animales, et qu’elle paroît dépendre principalement de l’action réciproque de ces divers principes.
- Humboldt a commencé ses essais par les phénomènes galvaniques, parce qu’il croit prouver incontestablement, d’après ses expériences, que dans ces phénomènes étonnans, le stimulus provient en grande partie des organes, qui ne sont pas alors purement passifs. Abjurant toute prévention théorique dans ses expériences à ce sujet, il les a dirigées comme s’il s’agissoit de prouver le contraire des principes reçus jusqu’alors sur l’irritation métallique. Il rapporte séparément, et dans l’ordre oit elles se sont présentées, les observations qu’il a faites pendant trois ans, tant sur cet objet en particulier, que sur l’irritabilité des muscles en général.
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- DU GALVANISME.- 47 Distrait par des occupations entièrement étrangères, il ne pensoit pas à publier ses observations, lorsque l’ouvrage de Fowler{\), sur l’influence galvanique, lui ouvrit les yeux sur le résultat de ses expériences , qu’il croyoit lui être propres , tandis que d’autres physiciens en fai-soient de semblables, telle que celle de G. Hunier, qui consiste à appercevoir des lueurs sans contact avec les yeux. Il commença alors à rassembler tout ce qui avoit paru sur ce sujet depuis le mémoire de Galvani, et à le comparer avec ce qu’il avoit observé. En parcourant l’excellent ouvrage de Pfaff sur l’électricité et l’irritabilité animale; il reconnut, dans le grand nombre d’expériences qu’il renferme, et qui sont accompagnées d’observâtions importantes, les mêmes résultats qu’il avoit obtenus par les siennes, quoique par des voies différentes : mais il fallut qu’il refondît de nouveau tout son travail, et qu’il supprimât la moitié de ses expériences. Sur les observations de MM. Jurïne, Pictet, Scarpa, Traites et Volta, devant qui il les répéta, il rectifia ses idées, et leurs>réflexions le conduisirent à de nouvelles recherches. Après avoir rassemblé
- (1) Voyt{, Irc. partie, chap. VIII, l’extrait de m ge.
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- toutes ses observations sur l’irritation et Pinci-tabilité de la fibre sensible et irritable, il a commencé par l’histoire du galvanisme, parce qu’il conduit aux autres recherches. Trouvant inutile d’exposer fort au long le détail de ses observations, parce qu’il ne s’agit que des résultats, il se contente d’indiquer les principaux, sans liaison , et comme ils se sont présentés à lui, ce qui forme une espèce de table des sujets qu’il a traités.
- Division de l'ouvrage d’Humboldt. Dix chapitres ou sections , en composent tout l’ensemble , et contiennent ses diverses expériences, dont l’intelligence est beaucoup aidée par huit planches, qui renferment quatre-vingt-neuf figures. Cent trente et une notes , placées en outre à la fin de l’ouvrage, servent d’éclaircissement ou de commentaire au texte. Nous allons exposer en abrégé ce que contient chacun de ces chapitres (i).
- Chap. I. Dans la Ire. section, l’auteur disserte en général sur le rapport de l’irritation galvanique avec l’incitabilité et ses différens degrés. Celle-là
- (i) Voyeç un extrait très-étendu de cet ouvrage , tome Ict., p. 5 du Recueil de littérature médicale étrangère, rédigé par M. Sédillot jeune , in-8°. Cet extrait a été fait, dans le temps , sur l’original de l’ouvrage.
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- DU GALVANISME. 49 n’agit que sur les parties organiques, pourvues de fibres sensibles. Les expériences n’ont pas encore manifesté des effets indirects sur la matière inanimée, liée à des corps incitables. Hum-boldt a dirigé avec soin , et avec une grande attention , le fluide galvanique, à travers des liqueurs colorées ou saturées de sel. Il a répété long-temps ces expériences, sans jamais avoir remarqué la moindre altération dans la couleur, la température , l’évaporabilité, la crystallisa-tion, et enfin aucune altération dans la combinaison chimique de ces liquides. Le même fluide galvanique n’a pas non plus produit sur l’électromètre, ni sur les anneaux intermédiaires de la chaîne galvanique, d’effet sensible qui se rapportât à l’activité électrique.
- En considérant les effets du stimulus métallique sur la fibre irritable et sensible, l’auteur s’est sur-tout attaché à déterminer le degré de l’irritabilité et de l’incitabilité, degré qui influe autant sur la réussite ou la non-réussite des expériences, que le degré de force du stimulus même. Humboldt a donc choisi, pour faire des expériences , les individus les plus incitables, et il a trouvé que les grenouilles les plus propres à son objet, étoient les femelles jeunes, vigoureuses, qui sortoient de l’état d’hibernation, et avoient été nourries avec .^-autres, IIe. Partie. £>
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- dans «ne chambre chaude, pendant quelques jours. Il est en outre parvenu , par le secours de l’art, à porter l’incitabilité à un degré supérieur à ce qu’on a remarqué dans l’état naturel : cette découverte est une des plus importantes qu’il ait faites. C’est en baignant les nerfs des animaux dans une solution de sels alcalis, ou dans l’acide muriatique oxigéné, qu’il a obtenu des résultats inconnus jusqu’alors, et qu’il a même observé des phénomènes, dont on avoit nié la possibilité. Il examine, dans ce premier chapitre, les conditions nécessaires pour que les mouvemens aient lieu, dans les expériences galvaniques, et il réduit ces conditions à deux, dont la première est le sujet du deuxième chapitre.
- Chap. II. C’est ce qu'Humboldt appelle irritation galvanique, sans armature, et sans excitateurs métalliques ou charbonneux. Il a répété, à ce sujet, l’expérience faite par Cotugnn, et publiée dans le Journal encyclopédique de Bologne, expérience qui a donné lieu aux recherches électriques de Vassalli, en 1789, et à celles de Galvani, en 1791 (1). On trouve ensuite le détail des expériences, aussi ingénieuses que variées, par lesquelles il est prouvé que , pour exciter des
- (1) Vtfyei chap. I et II de la ïie. partié.
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- DU GALVANISME. 51 contractions, il n’est pas nécessaire d’employer des substances métalliques, ou contenant du carbone, et qu’il suffit de se servir, en guise d’excitateur, de matières animales humectées, Humboldt a excité, dans les cuisses détachées de grenouilles, des convulsions très-vives, en établissant une liaison entre les muscles et le nerf crural, au moyen d’un petit morceau de chair musculeuse fraîche, et encore mieux, d’une portion coupée du nerf crural même. Ce mode de liaison a encore exercé toute son énergie, lors même que les stimulus métalliques les plus forts ont à peine produit quelques légers frémisse-mens. Ces expériences ont convaincu Humboldt, de la vérité de la loi établie par Pfaff, concernant les armures métalliques, savoir que les convulsions sont plus violentes, lorsque la chaîne, formée par des morceaux de chair, se termine à la cuisse , plutôt qu’au nerf crural.
- Une chose remarquable dans ces expériences, étoit que si le morceau de chair, servant de conducteur entre le nerf crural et la cuisse, n’étoit plus frais, les contractions n’avoient plus lieu, et qu’elles re-prenoientsur-le-champ,quand, sans rien changer au reste, on substituoit un fil d’archal au tube de verre, pour pousser le morceau de chair contre la cuisse. Alors la partie métallique n’entroit pas dans la chaîne conductrice', et malgré D 2
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- cela, elle exerçoit une grande influence sur les phénomènes galvaniques. Humboldt a même vu naître des convulsions, lorsque le moyen de liaison étoit formé par des parties animales hétérogènes aux nerfs. Jamais il n’a pu occasionner des convulsions, en fléchissant le nerf crural, détaché du tronc conjointement avec la cuisse, vers celle-ci, ou vice versa, au lieu qu’il surve-noit de fortes convulsions, en repliant doucement la chair musculeuse de la hanche, vers le nerf sciatique, encore en connexion avec le tronc.
- Chap. III. L’excitation, au moyen d’un métal, ©u de parties métalliques homogènes, fait le sujet de ce chapitre. L’auteur examine des phénomènes qui ont été beaucoup observés, et qui, parce qu’ils sont compliqués, ont été les plus discutés et les plus combattus. Ils ont lieu dans un haut degré d’excitabilité, et ils consistent dans des contractions occasionnées par des substances métalliques ou charbonneuses. Humboldt les ramène à un petit nombre de faits simples, en distinguant deux cas principaux, savoir: l’irritation produite par des métaux homogènes, et l’irritation produite par des métaux hétérogènes; Il distingue les premiers, en ceux qui forment une chaîne complette, entre les organes animaux, et ceux qui n’en forment pas. Il expose ses
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- recherches, et détaille ses expériences sur les uns et sur les autres, ainsi que celles à’AUini, de Galvani, de Berlinghieri, de Lind, de Pfaff’, de Volta, qu’il termine par celle-ci, qui lui paraît très-concluante, relativement aux conducteurs homogènes.
- «J’avois deux grenouilles, dit Humboldt, dont » les cuisses ne manifestoient que de très-foibles » contractions, avec des armatures de zinc et » d’argent : j’humectai le nerf crural de l’une , » avec une dissolution de carbonate de potasse , » et celui de l’autre, avec de l’acide muriatique » oxigéné. A mon grand étonnement, il n’y eut » pas de contractions, quand une armature d’ar-» gent, appliquée au muscle, fut mise en con-» tact avec une armature d’or appliquée au nerf. » Je cassai en deux un petit barreau de zinc bien » purifié ; je posai le nerf sur un des morceaux » de zinc, et à l’instant où j’unis, à l’aide de » l’autre morceau, le premier avec le muscle, » il se manifesta de fortes contractions. Trois » cuisses, ainsi traitées, présentèrent les mêmes »> phénomènes, pendant plusieurs minutes. Peut-» on supposer, ajoute Humboldt, que deux par-» ties du même barreau de zinc, soient moins » homogènes que ne le sont de l’argent- et de » l’or ? La question de l’homogénéité, dans les » substances excitantes, est une preuve qu’il y D 3
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- » a, en physique et en chimie, beaucoup de » cas oh les observations présentent des contra-» riétés : l’homme circonspect reste indécis et » mécontent. »
- Ctap. IV. Pour que des métaux hétérogènes, otx des substances charbonneuses, produisent des phénomènes galvaniques, dans l’état d’excitabilité exaltée des organes, il suffit qu’ils fassent partie d’une suite de substances conductrices, établies entre les organes sensibles et irritables, quelle que soit la longueur de la chaîne qu’ils forment. C’est ce que prouve un grand nombre d’expériences , rapportées par Humboldt, dans ce chapitre. Il s’en occupoit avec son frère aîné, lorsque le hasard le conduisit à une découverte intéressante, qui fait le sujet de l’expérience expliquée par la pl. IV, fig. 3i. Cette expérience lui fit voir que les armatures du nerf et du muscle étant homogènes, les contractions peuvent avoir lieu, même à un très-foible degré d’excitabilité , quand les armatures sont unies par des substances excitatrices, parmi lesquelles il s’en trouve une hétérogène , couverte, dans une de ses faces, d’un fhiide en vapeurs. Cette observation fut faite, pour la première fois, au mois de germinal an- 4. Elle surprit tellement Humboldt, qu’il la communiqua aussitôt après, à Sœmmering, à Blumtnbath, à
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- Ilcr%_ et à Goethe. Il n’avoit encore trouvé, dans les ouvrages publiés jusqu’alors sur le galvanisme, aucune expérience qui eût le moindre rapport avec sa découverte. Ce ne fut que lorsque parut l’ouvrage de Pfajf, sur l’électricité animale, qu’il y rencontra des expériences très-analogues aux siennes, avec quelques différences cependant, comme il le prouve par les passages de cet au-
- Chap. V. Dans les quatre chapitres précédens Humboldt a exposé les circonstances selon lesquelles lesphénomènesgalvaniques réussissent, et celles oii. ils ne réussissent pas, eh évitant soigneusement de confondre les faits avec les conjectures auxquelles ils pouvoient avoir donné lieu. Dans ce cinquième chapitre, il développe les signes adoptés pour représenter clairement et simplement toutes les conditions du galvanisme, les formules employées pour exprimer les cas négatifs et les cas positifs, et la grande réserve à apporter dans les conséquences -^vvfffte>des expériences négatives. Il distingue 'deiiJkd^es de substances actives, dans, le gal-/ va^sme'Jgnui comprennent, la première , tous \A\ Igf métajjy, le charbon et les substances qui en 2inanafiK la seconde, toutes les parties animales ervEgetales humides , la chair musculaire, l’eau le drap mouillé, etc. Les premières substances D 4
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- sont généralement désignées par le nom d’excitateurs , et les secondes, par celui de conducteurs du fluide galvanique. Humboldt observe que cette division des substances est fausse et contradictoire avec beaucoup d’expériences qu’il a faites. Aussi n’emploie-t-il pas, dans ses formules, ces dénominations hasardées et hypothétiques, selon lui.
- Chap. VI. Pour embrasser toute l’étendue des phénomènes galvaniques, il ne suffit pas de considérer en général les circonstances qui les déterminent, il faut encore examiner les modifications qu’ils présentent, dans les organes des différentes classes d’animaux. C’est le sujet de ce chapitre, ainsi que la considération des substances, qui sont, dans la plupart des cas, nécessaires pouf produire les phénomènes galvaniques. Les métaux à l’état de régule, les métaux carbonés et sulfurés , l’oxide de manganèse, le seul métal dont la combinaison avec l’oxigène jouit complettement de la propriété conductrice du fluide galvanique, le charbon de terre, le charbon de bois, dont l’efficacité reconnue est due à Volta, et non à Fontana, qui l’a seulement fait connoître le premier, dans le Journal de physique, 1793 , page 292., la blende charbonnée, le graphit, la pierre de Lydie, les schistes alumineux et sulfuriques,, l’eau et tous les liquides, excepté l’huile , voilà
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- les métaux et les substances charbonneuses qui, soit seuls, soit réunis, sont privés de leur propriété conductrice du galvanisme, dès qu’ils se trouvent enveloppés d’oxigène ou d’hydrogène.
- On n’avoit fait, jusqu’au temps oit Humboldt a écrit, que très-peu d’observations sur les effets comparés des parties animales et végétales , employées dans la chaîne galvanique. Il a tenté, à ce sujet, des expériences exactes, très-curieuses et très-instructives, sur-tout sur l’épiderme des végétaux et sur celui des animaux. En composant une chaîne de sept à huit personnes, il a observé quelquefois que les mouvemens des muscles n’avoient lieu, que lorsqu’une d’elles , faisant partie de la chaîne, en sortoit; et il ajoute que souvent on ne découvroit la personne non Il conductrice, que lorsqu’on avoit fait sortir succes-*'] sivement toutes celles qui composoient la chaîne. Il dit avoir vu des cas où cette personne mouilloit ses mains inutilement, et sans les rendre conductrices, quoique, dans d’autres circonstances, ce moyen fût très-efficace, ainsi que celui d’arroser le plancher sur lequel la chaîne se trouve placée.
- Voici un phénomène très-intéressant, et digne, suivant Humboldt, d’exercer la sagacité des physiologistes. Tout le monde connoît cette sensibilité , désignée sous le nom d'agacement, que les dents acquiérent par l’action des acides végétaHx
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- foibles, comme des raisins, des prunes, des pommes, des citrons, etc. Toute la couronne des dents, particulièrement la substance émaillée, qui est insensible dans l’état ordinaire, devient alors si sensible aux impressions, que le contact d’un morceau de laine ou de toile, de papier gris ou de liège, quelquefois même la seule appréhension du contact de ces substances, donne, suivant l’auteur , lieu à une sensation très-désagréable. L’attention des physiciens a été appelée sur cet objet, par Wedekind, alors médecin à Mayence. Le célèbre physiologiste de Halle, Reil, a développé, sur la même matière, des idées très-ingénieuses (i). Qu’y-a-t-il véritablement de plus singulier, que de voir une partie de notre corps, dont la substance est principalement terreuse, et à laquelle la nature paroît avoir refusé toute sensibilité, en acquérir une aussi vive, lorsqu’elle est touchée par un acide ? On sait que l’expérience de Volta ne réussit pas, si, au lieu d’appliquer des armatures , l’une de zinc et l’autre d’argent, par exemple, sur les deux faces de la langue, on pose un des métaux sur la couronne des dents, tandis que l’autre reste appliqué sur la langue. Humboldt, curieux de savoir si les dents conservent cette propriété isolante, dans leur état
- (i) H'ùbntry dissert, de cœnesthesi, Hala. 1794 , p. 33.
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- DU GALVANISME. 59 d’agacement, et si l’opinion de Wedekind, qui l’avoit porté à croire le contraire , étoit fondée, a vu cette idée pleinement confirmée par les expériences qu’il rapporte.
- Reil prononce , sur l’existence des fibres sensibles , dans les tendons et les ligamens, d’après les cas pathologiques recueillis par Whyte et par Murray, qui attestent la sensibilité de ces parties ( 1). Humboldt croit que plusieurs expériences, qu’il a faites, lui donnent le droit de douter de ces assertions , et les raisons, les preuves qu’il rapporte à l’appui de ses expériences, semblent démontrer que le droit qu’il réclame, lui est bien acquis.
- Il a imaginé d’essayer si des champignons, dont la substance a beaucoup d’analogie avec celle des animaux, "n’avoient pas une propriété conductrice, approchante de celle de la chair musculeuse. Il a fait, en conséquence, une suite d’essais, dont les résultats ont été, que toutes les espèces de champignons, qui répandent, en se putréfiant, une odeur animale , fade, cadavéreuse, sont, dans la chaîne galvanique, des conducteurs aussi parfaits que les organes des animaux eux-mêmes , et que les morilles, et sur-tout les trois espèces que l’on mange, savoir le phallus
- (1) Voyc{ Gautier, de
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- esculentus, Velvella mitra et 1 ’elvella sulcata (i), jouissent de cette propriété. Au sujet des champignons , Humboldt fait la remarque très-juste, dans sa note 42, qu’il seroit à desirer que beaucoup de chimistes voulussent s’occuper de l’analyse des champignons, analyse qui semble leur promettre une riche moisson de découvertes. Il cite, à ce sujet, le travail de Gunthtr, sur Yaga-ricus campestris, qu’il a entrepris, d’après son invitation , et dans lequel il a trouvé une quantité considérable de sucre cristallisable.
- Chap. VII. Après avoir, dans le chap. VI, traité des substances simples et composées qui produisent des phénomènes galvaniques, lorsqu’elles sont mises en contact avec des organes excitables ; Humboldt, dans le chapitre sept, représente, sous la forme de table, les substances conductrices , et celles isolantes du fluide galvanique. A l’égard des conducteurs, il observe que, lorsque les • armatures sont immédiatement appliquées au nerf et au muscle, la longueur du conducteur ne paroît pas être limitée; que Valli s’est servi de conducteurs de 200 pieds ; qu’AUBm a disposé
- (1) Linn. System, végétal, p. 978, 979. — SchoeC fiing. tab. 199,%. 2, 5, 6, tab, 159. — Wildenow flot. Berol. n°. 1158.
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- DU GALVANISME. 61 des cordes de chanvre humide très-longues autour de sa maison à Bologne, et que les expériences ont ainsi parfaitement réussi. Humboldt ajoute qu’on pourrait se servir, comme dans les expériences électriques de Jallabert, de Sigaud de la Fond, de le Monnier, de Winckler et de Watson, de conducteurs de 19,200 pieds de long, et même augmenter prodigieusement cet apperçu, en se servant, par exemple, des rivières comme conducteurs.
- Dans l’emploi de conducteurs encore plus longs, il n’a jamais été possible à Humboldt de remarquer un intervalle entre l’instant oii le muscle se contracte, et celui où le contact du conducteur a lieu, le muscle et le nerf étant même éloignés l’un de l’autre de 200 ou 300 pieds, ce qui annonce une vitesse de 1200 pieds par seconde. L’effet serait le même, quand'les conducteurs auraient 10,000 ou 20,000 pieds de long : ainsi Haller attribue (1) au fluide nerveux une vitesse suffisante pour qu’il parcoure 9,000 pieds par seconde ; Sauvages une de 3 2,400 pieds dans le même-temps ; et l’auteur des essais sur le méchanisme des muscles, 576000 millions de pieds ( 24 millions de milles ) par seconde.
- (1) Physiologie, in-40.
- IV. P. 586.
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- La différence, au surplus, que l’on observe entre ces calculs, dépend des diverses sortes d'expériences sur lesquelles ils sont fondés.*» Les expériences galvaniques doivent, de meme que l’analyse chimique , nous procurer des éclaircissemens sur la nature et sur le mélange de la matière. La fibre nerveuse vivante sert en effet, comme les réactifs chimiques, à déterminer la nature de certaines substances; on sa-voit depuis long-temps qu’un nerf divisé agit comme un hygromètre vivant : on connoissoit l’impression vive qu’éprouvent des personnes très-sensibles, lorsqu’il s’opère des changemens dans la température de l’atmosphère, ou à l’approche d’un orage, ce qui prouve que notre corps agit comme un thermomètre et comme un électromètre. Sœmmering a expliqué, d’une manière très-ingénieuse, la sensation désagréable qu’on éprouve quelquefois, à l’approche d’un changement de temps, dans Un membre auquel on a fait l’amputation : il croit que l’humidité, que Pextrémité du nerf absorbe de l’air, comprimant ce nerf, est la cause de la douleur, et qu’elle dure jusqu’à ce que l’humidité ait été dissipée par un air sec (l).
- -fcVoici une expérience cpfHumioldt a souvent
- (i) Von bau des
- schlichen korpers. S. B.
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- répétée , et qui, quoique purement récréative , mérite d’être rapportée. Si quelqu’un applique une plaque de zinc sur une des faces de sa langue, et une plaque d'argent sur l’autre face, ces deux armatures ne se touchant pas, mais chacune d’elles étant pourvue d’un fil de fer un peu long, on peut faire passer ces fils de fer parallèlement à travers une porte, derrière laquelle on les rapproche et on lés éloigne alternativement. La personne qui fait l’expérience détermine, par la saveur qu’elle éprouve, la situation des deux bouts du fil de fer.
- Les expériences galvaniques nous offrent encore un phénomène qu’on auroit regardé, il y a huit ou dix ans, comme une chimère. Un nerf uni organiquement avec quelques lignes cubes de chair musculeuse, indique si deux métaux sont homogènes ou hétérogènes; s’ils sont à l’état de régule pur, ou s’ils sont oxidés : il indique aussi si la coloration d’un minéral dépend du carbone ou d’une oxydation. La fibre nerveuse vivante est un ant/iracoseope vivant, un moyen de découvrir le carbone, presque aussi sûr que l’action du fer, et celle des alcalis.
- Humboldt répond affirmativement, d’après ses expériences, à la question, si les mouvemens muscidaires et les sensations que le galvanisme
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- produit se prolongent après que la chaîne a été fermée. Entr’autres expériences, il eut le courage (i) de se faire appliquer deux vésicatoires sur chacun des muscles deltoïdes. L’une de ces plaies fut fermée avec une grande médaille d’argent, et la communication fut établie avec du zinc entre les deux plaies. Après un seul contact, les muscles de l’épaule et du col se contractèrent alternativement , et Humboldt éprouva une forte cuisson, aussitôt que la vessie formée par le vésicatoire fut ouverte : il distingua très-bien trois ou quatre corps simples, et souvent deux de ces corps ne se faisoient sentir qu’après que le zinc avoit été posé pendant quelque temps sur la peau mise à nu. Ce qui prouve que la force de ce phénomène ne dépend que du degré d’incitabilité des organes, c’est que les ulcères ayant été exposés à l’air, pendant une demi-heure, et le réseau de Malpighi étant durci, un seul contact ne produisit plus qu’une seule contraction. Lorsqu’on eut répandu, dans une armature, quelques gouttes d’une dissolution
- (x) Je dis eue le courage, car Humboldt a répété plusieurs fois la même application, dans d’autres circonstances, pour s’assurer des effets des expériences galvaniques. On verra, plus bas, qu’il a été encore plus courageux, en mettant un de ses nerfs à nu.
- alcaline,
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- DU GALVANISME. 65 alcaline, l'incitabilité des organes fut considérablement augmentée sur le champ, les douleurs devinrent très-violentes, et Humboldt sentit en même-temps les contractions renaître et se succéder trois à quatre fois de suite ; elles ne durèrent à la vérité qu’une ou deux secondes; mais la cuisson se prolongea, sans interruption et au même degré, tant que les armatures restèrent en contact.
- En examinant ce qui se passe dans les substances conductrices animées, après avoir réfuté l’erreur de ceux qui pensent que l’irritation métallique n’agit que sur les organes auxquels les armatures sont immédiatement appliquées, Humboldt dit qu’il lui paroît qu’un fluide inconnu parcourt toutes les parties de la chaîne galvanique; mais que sa propriété excitante se manifeste plus fortement sur les organes qui sont armés immédiatement, qüe sur ceux qui sont éloignés des armatures, quand même ces organes seroient également excitables, idée qu’il appuie d’observations qui paroissent concluantes# Une personne qui croyoit beaucoup aux cures magnétiques et électriques, assuroit à Humboldt qu’elle éprouvoit un sentiment particulier de chaleur, toutes les fois qu’elle faisoit partie d’une chaîne galvanique. Humboldt fit enlever, IIe. Partie. E
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- sans qu’elle s’en apperçût, les armures métalliques et les animaux préparés. Le sentiment de chaleur continua : il étoitdevenu même plus fort, lorsqu’il assura sérieusement cette personne qu’il avoit employé, dans la chaîne, de nouveaux moyens plus efficaces.
- Les expériences, qu’il a faites sur les nerfs, font voir qu’un stimulus provenant de ceux d’animaux à sang froid, peut irriter ceux d’animaux à sang chaud; mais que l’irritation suit des loix différentes, selon la nature des organes dont la chaîne est composée. Les nombreux essais, publiés par plusieurs auteurs, sur la ligature des nerfs et des artères qui se distribuent dans les muscles ; les expériences faites sur des animaux à sang froid et à sang chaud, ont fait regarder comme constant le principe suivant : la ligature n’interrompt point les effets galvaniques, toutes les fois que la portion du nerf, comprise entr’elle et le muscle, est environnée d’un corps isolant.
- Les discussions élevées relativement à la ligature des nerfs et des artères, ont donné à Humboldt l’idée de faire des expériences sur des fibres sensibles coupées en deux; ce qui lui a fait découvrir la propriété qu’a la fibre sensible vivante, d’agir à quelque distance, et
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- DU GALVANISME. 67 de répandre autour d’elle une atmosphère irritable ; propriété qui est de la plus grande importance, pour l’explication de plusieurs phénomènes physiologiques et pathologiques. Il laisse aux anatomistes habiles le soin d’en faire de nombreuses applications : il se contente d’examiner les phénomènes de ce genre, relatifs à la théorie du toucher et du goût, à la reproduction des nerfs , et à plusieurs effets sympathiques, comme dignes de fixer plus particulièrement l’attention. L’expérience la plus frappante qu’il rapporte, est celle sur les atmosphères irritables et sensibles, et qui ne peut être comprise qu’avec la figure. Elle termine le chapitre sept.
- Chap. VIII. Il est essentiel, pour produire les phénomènes galvaniques, que le nerf qui doit exciter un muscle à se contracter, soit uni organiquement avec lui : c’est par l’établissement de cette vérité, que commence ce chapitre. Il est ensuite question de la chaleur des excitateurs, et des essais du docteur Wells sur leur frotte-
- Pour développer toutes les circonstances dans lesquelles les phénomènes galvaniques réussissent, il faut aussi considérer le milieu dans E z
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- lequel se trouve placée la chaîne formée par les métaux et les organes vivans. Ces phénomènes sont-ils les mêmes dans les différentes espèces de fluides, dans ceux qui sont susceptibles de former des gouttes, et dans les fluides gazeux, dans l’air raréfié, et dans l’air condensé : c’est sur ces objets qu'Humboldt a cru important de faire une suite d’expériences avec l’appareil pneumatique. Il a fait des essais dans sept espèces de gaz, dans le vide, dans l’air condensé et dans les liquides : il a présenté les phénomènes galvaniques qu’on observe dans les plantes : il avoit déjà confirmé l’existence de la fibre irritable dans le règne végétal, par ses expériences rapportées dans sa physiologie chimique des plantes : elles avoient répandu un nouveau jour sur l’origine, le mélange, la nutrition , l’incitabilité et l’irritabilité de la fibre végétale, et avoient mis son analogie avec la fibre animale dans une plus grande évidence.
- Mais si les végétaux ont des nerfs, si les fibres sensibles sont unies chez eux aux fibres irritables, où doit-on les chercher? N’est-ce pas dans les membranes des vaisseaux ? quoiqu’on distingue à peine le cours de quelques-uns, à l’aide même des meilleurs microscopes , et encore sont-ce des faisceaux de vaisseaux qu’on distingue,
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- DU GALVANISME. 69 et non des vaisseaux séparés (1). Joignez à ces difficultés la densité du tissu des plantes. Que de raisons pour prononcer que l’irritation métallique doit présenter une inefficacité, au moins apparente, sur les plantes ? ;
- A quel phénomènedevroit-on reconnaître l’effet du galvanisme sur des graminées, ou sur un chou, si ce n’est à la contraction accélérée des parois des vaisseaux, à la circulation plus rapide des sues, aux secrétions augmentées ? Or comment s’appercevoir de ces effets dans une substance dépourvue, pour ainsi dire, de l’organisation vitale, au moins sensible ? Ce sont toutes ces difficultés, et d’autres non moins fortes, qui décident Humboldt à abandonner ce: vaste champ de conjectures et d’hypothèses, pour s’occuper de véritables observations, et des expériences galvaniques sur les vers, les.sangsues, les lombrics , et les (Efférentes espèces de sèches. Les phénomènes galvaniques ont réussi dans les plus petits vers aquatiques : la présence de la fibre sensible est très-remarquable, dans les naïades, espèce de vers qui surpassent, par leur faculté.
- (1.) Voyez Hedwig dissert, de fibrâ vtgetabili,. p. 22, et Flora fribergensis, par Humboldt, §. VII, p. 15.2. .
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- reproductrice, tous les lombrics et toutes les sangsues que nous connoissons. On a fait également des expériences sur les lernées, les tænia, les différentes espèces d’ascarides, dont on peut accélérer, pendant quelques minutes, les mou-vemens avec l’acide muriatique oxigéné. Mais c’est aux dépens de leur vie.
- Comme il résulte des observations les plus exactes , que l’irritation galvanique n’agit que sur les nerfs; le peu de connoissance qu’on a sur ceux des insectes (i), a déterminé Hum-boldt a faire, pendant trois ans, des recherches sim les fibres sensibles de ces animaux. Plusieurs considérations, dit-il, portent à croire que la grande irritabilité qu’on admire dans les insectes, est unie à une force nerveuse, qui lui est proportionnée. Il cite à l’appui de cette idée, les effets de l’alcohol et de l’électricité, que Fon-tana a reconnus sur la fibre sensible seulement. Il n’est parvenu à suivre, dans aucun insecte, les nerfs avec autant d’exactitude, que dans te
- (i) Il semble, d’après ce que dît Haller, dans ses Prima line* physiologiea, §. 402, qu’il refuse tout-à-fait des nerfs à beaucoup d’insectes, et aux polypes. L’excellent ouvrage de Lyonnet, ne nous fait pas con-noître une seule veine dans la chenille.
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- Cerambyx cerdo, dont les plus grands, qui se propagent dans ses extrémités postérieures, sont plus gros que des crins.
- Après avoir rendu compte de ses expériences galvaniques sur les insectes, Humboldt donne le détail de celles qu’il a faites sur les poissons. Leur organisation nerveuse est magnifique : aussi lorsqu’on les a disséqués, est-on convaincu à priori que cette classe d’animaux est extrêmement propre aux expériences galvaniques. J’ai vu, dit-il, des poissons, auxquels on avoit coupé la tête une demi-heure auparavant, frapper avec leur queue galvanisée, de manière que tout leur corps sautoit assez haut sur la table oii ils étoient posés. Lorsqu’on exaltoit leur incitabilité par des dissolutions alcalines, ou de l’acide muriatique oxigéné, on avoit peine à se rendre maître des poissons, sur-tout des anguilles et des tanches. Le moindre contact des métaux les faisoit s’élancer très-loin.
- Chip. IX. C’est dans la classe des animaux am-phybies que les phénomènes du galvanisme ont été découverts, et observés le plus souvent. Les grenouilles , qu’on peut se procurer par-tout et en quantité, qui sont douées de nerfs très-forts, qui possèdent une irritation presque indestructible,
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- qui ont la chair des muscles nette et propre, et dont le corps est presque transparent, ont fixé, pouf leur malheur, l’attention des physiologistes. L’usage que Haller, Rosel et surtout SpaUançani , et avant eux Nollee , ont fait des grenouilles dans leurs expériences, n’é-toit qu’un foible avant-coureur du sort qui les attendait à la fin du dix-huitième siècle, dans toutes les parties de l’Europe et dans l’Amérique septentrionale.
- Humboldt observe que le sommeil d’hiver des amphibies ( i) augmente leur irritabilité, et il en explique les causes. Il donne la preuve que l’exercice des facultés intellectuelles débilite les fibres musculeuses et les vaisseaux secrétoires : suivent des observations physiologiques sur les grenouilles, les lézards, les crapauds et les tortues. Celles-ci , et sur-tout celles de rivières, ont une irritabilité qui dure très-long-temps. P. Michaelis a
- (i) L’exemple du sommeil le plus long, ou de la plus longue suspension apparente de la vie, est celui qui est tiré du Vortiçtlla rotatoria, que Fontana a fait revivre, dans l’espace de deux heures , en l’humectant avec quelques gouttes d’eau , après l’avoir conservé sec et sans mouvement, pendant deux ans et demi. (Fontana, sur le venin de la vipère. )
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- DU GALVANISME. 73 excité des contractions musculaires très-vives dans,une tortue, à qui on avoit ôté le cœur, et qui étoit disséquée et exposée, depuis 18 heures, au froid pendant l’hiver. Herembstads a vu la chair musculeuse de la tortue ordinaire, tes-tudo curoptza, affectée par l’irritation métallique, lors même qu’elle étoit déjà en putréfaction.
- Les expériences galvaniques sur l'homme sont sans doute les plus importantes. Humboldt fixe l’attention de ses lecteurs sur quelques observations dont on n’a pas encore parlé, ou sur lesquelles on n’a donné que de légers apperçus; telles que l’apparence lumineuse, qui peut être provoquée de quatre manières différentes ; phénomène dont la découverte et la publication sont dues à George Humer. Humboldt explique par quelles anastomoses nerveuses le galvanisme affecte alors l’organe de la vue, et quelle est la sympathie, dans un sens inverse, entre le nerf nazal et le nerf maxillaire supérieur. Il dit n’avoir jamais remarqué, no.n plus que Pfaff, des contractions ou des dilatations de la pupille ; il ajoute que les expériences contradictoires de Fowler s’expliquent par ces sympathies nerveuses, qui font qu’une lumière vive, en agissant sur l’organe de la vue, excite l’éternuement; et qiie l’ammoniaque, en stimulant l’organe de l’odorat, produit la dilatation de la pupille. On n’avoit jusqu’alors aucun
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- exemple d’action galvanique semblable à celle de la lumière. Le docteur Monro étoit tellement excitable par le galvanisme, qu’il saignoit du nez, lorsqu’ayant enfoncé très - doucement dit zinc dans ses fosses nazales, il le mettoit en contact avec une armature appliquée sur sa langue : l’hémorrhagie avoit toujours lieu, au moment oii les lueurs paroissoient. Ce phénomène, très-instructif pour le physiologiste, démontre comment les nerfs, qui entourent les petits vaisseaux sanguins, les irritent et augmentent leurs contractions : il confirme encore ce que les anatomistes ont dit de l’influence de la honte et de la joie sur les nerfs de la 5e. paire et principalement sur ceux de la face.
- Humboldt croit que cette violente irritation pourroit être d’une grande utilité dans certains cas pathologiques; idée qu’il appuie de faits qui semblent favorables : il propose et indique les moyens d’employer le galvanisme sur des ma1 lades, dont la vue paroît perdue sans retour.
- En parlant des expériences de Valut sur la langue, Humboldt observe qu’elles avoient déjà été entrevues, trente ans auparavant, dans un ouvrage de Suider, intitulé : Nouvelle théorie des plaisirs, publié en 1767; et que si alors la considération de la situation superficielle des nerfs de la langue, eût conduit à découvrir un nerf
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- artificiellement, la grande découverte de l’irritation métallique se seroit présentée dans le temps des Haller, des Franklin, desTrernbley, des Camper, et des Buffon. Que de progrès n’auroit pas fait cette découverte, si ces savans nous eussent transmis, il y a trente ans, la théorie et les expériences que nous laisserons à nos succes-
- Volta a indiqué les différences que l’on observe dans les saveurs, par les expériences galvaniques sur la langue, selon la nature et la disposition des armatures. Humboldt a répété ces expériences, et en a fait de particulières, qui lui ont donné à-peu-près les mêmes résultats. Mais tous ces essais n’ayant présenté aucune contraction dans la langue, ils semblent constater la vérité de l’ancienne assertion de Galien, nouvellement confirmée par Scarpa, savoir que le nerf fourni à la langue, par la 3 e. branche de la 5e. paire, sert exclusivement au sens du goût, et que la 9e. paire est exclusivement destinée au mouvement de la langue; ce que les expériences galvaniques sur ce nerf ont prouvé évidemment.
- La terminaison dans la membrane pituitaire des nerfs de l’organe de l’odorat, qui tirent leur origine de la Ie. paire et des deux premières branches de la 5 e.; l’observation des
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- nombreux phénomènes de sympathie entre les organes de la vue et ceux de l’odorat et du goût, avoient fait présumer qu’en galvanisant les narines, l’odorat seroit affecté : niais cette supposition n’a point été confirmée par l’expé-
- Robinson et Hecker ont donné des observations contradictoires sur l’irritation des alvéoles des dents. Humboldt adopte celles du premier de ces savans. Il dit avoir vu survenir de l’inflammation à une plaie à la main, par Pap-plicadon de l’irritation métallique, et il en eut la preuve sur lui-même. S’étant écorché le poignet , avec issue d’un peu de sang, à l’endroit où l’artère radiale est très-superficielle, il plaça une armature de zinc sur la plaie, et il toucha le zinc avec une médaille d’argent. Pendant toute la durée du contact, il éprouva de la tension jusqu’au bout des doigts, un tremblement et un picotement dans tout l’intérieur de la main. La
- douleur devint manifestement plus aiguë, quand le bord de la médaille toucha le zinc : l’irritation augmenta aussi l’écoulement du sang. Dès que le sang se cailloit, l’armature produisoit un effet beaucoup plus foible. Humboldt fit alors avec un scalpel, des incisions très-légères, et le galvanisme, qu’il continua pendant plusieurs jours, produisit une inflammation très-marquée..
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- Deux vésicatoires, de la grandeur chacun d’un écu de six francs, qu’il se fit appliquer sur les épaules, et qui répondoient aux muscles tra-pèçe et deltoïde , furent soumis aux mêmes exi périences, après l’ouverture des vésicules, et furent suivies d’un nouvel écoulement de sérosité , avec changement de couleur, avec douleur très-forte, rougeur , et inflammation. Il répéta encore une fois sur lui-même la même expérience, qui fut suivie des mêmes phénomènes; ce qui, dit-il, fait voir l’organisation de notre machine, dans tout ce qu’elle a de plus étonnant. La sensation que le galvanisme excita en lui, ne lui paroît pas avoir la moindre ressemblance avec celle que le fluide électrique occasionne : il ,dit que c’est une douleur d’une espèce particulière.
- Il a déjà été question de semblables expériences,'chapitre VII j lorsqu'’Humboldt a voulu s’assurer si les mouvemens musculaires et les sensations que le galvanisme produit, se prolongent après que la chaîne a été fermée; ce qui le détermina à se faire appliquer deux vésicatoires sur le dos. Le docteur Corradori (1)
- (1) Commentant medici , opéra periodica dei citadine L. Brupiatelli e V. L. Brera, ice. décade, tome I"., partie Ire. Pavie, 1797, in-8°.
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- a répété, sur une femme affectée d’amaurost, la même expérience, dont il est ici question* la sensation fût la même que celle dont parle Humboldt, sans que la sérosité fut plus acrimonieuse : elle futseulement plus abondante. Un sujet de cinquante ans ne peut supporter cette expérience : cependant elle fut faite sur deux vieilles femmes, sans offrir rien de particulier, d’où il résulte que le docteur Corradori est d’accord avec Humboldt, dans ce rapport de la sensation seulement, et non dans celui de l’augmentation et de la nature de la sérosité ; puisque, d’après les expériences de celui-ci, elle ne fut pas plus âcre, mais seulement plus abondante. A l’égard des effets de l’irritation galvanique, Corradori pense comme Humboldt, qu’ils ne ressemblent en rien à ceux d’une «ecousse électrique; et il se fonde sur ce qu’ayant électrisé des malades, à leur insçu, aucun ne put faire la comparaison des effets, qui étoient dif-
- Plus le nombre des nerfs, que le fluide galvanique parcourt, est considérable, plus les effets de l’irritation qu’il produit sur eux sont évidens. Achard de Berlin, dont on connoît la sagacité dans l’art de faire des expériences, est le premier qui ait établi communication entre, la bouche et l’anus, avec du zinc et de l’argent. De cette manière il a excité des douleurs dans le
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- DU GALVANISME. 79 bas-ventre, augmenté l’énergie de l’estomac, et opéré un changement dans les évacuations alvines. Humboldt considérant que tous les nerfs du tronc sont excités dans cette expérience, conçut l’idée d’essayer si une irritation aussi active ne pour-roit point rappeler à la vie de petits animaux très-irritables, lorsqu’ils sont atteints d’une mort apparente. Il a choisi, pour ses essais, des oiseaux. Il attendit le moment où une linotte al-loit expirer : elle avoit déjà fermé les yeux; elle étoit étendue sur le dos. L’irritation métallique d’une épingle, par sa pointe près de l’anus, ne produisit aucun effet de sensibilité. Humboldt se hâta de placer une petite lame de zinc dans le bec, et un petit piorceau d’argent dans le rectum ; aussitôt après la communication fut établie entre ces métaux par une tige de fer. « Quel fut mon étonnement, dit - il, lorsqu’au moment du contact, l’oiseau ouvrit les yeux et se releva sur ses pattes en battant des ailes. Il respira de nouveau pendant six ou huit minutes, et expira ensuite tranquillement. » Humboldt a répété avec succès cette expérience sur deux serins; il ne doute pas qu’elle ne fournisse un moyen de rappeler à la vie les petits oiseaux élevés dans nos appartemens, et qui se noient quelquefois dans l’eau qu’on leur donne pour se baigner. La physiologie ne pourroit-elle pas
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- payer ainsi, ajoute-t-il, une partie de la dette qu’elle a contractée envers la nature animée par les nombreux massacrés qu’elle a occasionnés ?
- Humboldt rapporte une observation très-intéressante du docteur Grapengiesser, médecin à Berlin, et qui est relative à l’influence de l’irritation des nerfs sur les mouvemens péristaltiques du canal intestinal. En voici les principales circonstances , telles qu’elles sont rapportées dans une lettre du docteur Grapengiesser ( i).
- Un malade de l’hôpital militaire portoit depuis nombre d’années, une hernie scrotale très-considérable, qui s’étrangla par accident, forma abscès, fut suivie d’une suppuration considérable, avec ouverture des tégumens, et issue d’une partie des gros intestins, c’est-à-dire du cæcum, du colon transverse et d'une partie du colon droit, qui étoient renversés de manière que leur surface intérieure étoit devenue extérieure. Quand le malade étoit assis, l’iléon sortoit avec le colon, et ces
- (i) Le C. J. J. Sue, dans ses Recherches physiologiques sur la vitalité, dont il a été question, chap. VI, §. II , rapporte aussi, page 40, quoique dans des termes différens, cette observation, qui lui a été communiqué# par Humboldt lui-même.
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- intestins pendoient jusqu’au genou : de chaque côté étoitune ouverture qui donnoit issue, l’une aux lavemens qu’on faisoit prendre au malade, l’autre aux excrémens, et à des alimens mal digérés. On appercevoit entre le colon et l’intestin grêle, un anneau gros et dur qui les séparoit exactement, et qui étrangloit tout ce paquet. L’auteur de ces observations suppose que c’est la valvule du colon qui a été fortement distendue par le renversement des intestins, et qui a perdu sa première configuration, depuis sept années que duroit la maladie.
- Aussitôt qu’il eut examiné ce malade, M. Grapengiesser résolut d’essayer sur lui le galvanisme; il se prêta de bonne grâce à ses expériences. Le docteur arma, en conséquence, une portion des intestins avec de l’argent, et l’autre portion avec du zinc. A peine le contact fut-il établi entre les deux armatures, que le mouvement péristaltique se trouva considérablement augmenté, et que les ondulations se succédèrent rapidement. Le malade éprouva une cuisson d’une espèce particulière, dans les endroits touchés par les métaux. Le galvanisme panit augmenter l’action des glandes muqueuses et celle des vaisseaux exhala ns, et rendre leurs secrétions plus abondantes, comme il avoit augmenté la secrétion de la sérosité dans les plaies, à la suite IIe. Partie. F
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- *2 HISTOIRE
- des vésicatoires que s’étoit fait appliquer Hum-boldt sur le dos. De grosses gouttes de suc intestinal coulèrent en peu de minutes sur les métaux.
- M. Grapengiesser se rappelant les expériences relatives aux effets des alcalis sur les nerfs, humecta légèrement la surface de l’intestin grêle avec du carbonate de potasse en déliquescence: le mouvement vermiculaire des intestins devint alors au moins six fois plus fort qu’il n’étoit auparavant, quoiqu’il n’y eût qu’une armature ï le malade sentit en même-temps la cuisson augmenter.
- Les expériences du docteur Grapengiesser sont instructives à bien des égards. On voit que les intestins, dont le mouvement vermiculaire est, de l’aveu de tous les physiologistes, involontaire , obéissent à l’irritation métallique ; d’où il suit que les physiciens italiens ont avancé une erreur, quand ils ont dit que le galvanisme n’agit que sur les muscles dépendans de la volonté. L’expérience précédente nous apprend encore que le mouvement péristaltique des intestins est uniquement l’effet de l’irritation des nerfs, parce qu’il est impossible d’irriter le canal intestinal, sans irriter les filets nerveux qur se distribuent dans le tissu cellulaire, les membranes et les vaisseaux des intestins ; et que le
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- DU GALVANISME. 83 stimulant galvanique n’agit que lorsque la fibre sensible est armée, comme l’a démontré Hum-boldt, au commencement de son chapitre VL
- Schmuch est le premier qui ait observé l’in-citabilité du cœur par le fluide galvanique, ayant fait ses expériences cinq mois -avant Fowler : mais ce dernier est parvenu le premier à changer les pulsations du cœur, saris lui appliquer immédiatement des armatures, eteples adaptant seulement, dans des animaux à sang-chaud , au nerf récurrent du moyen sympathique et au grand sympathique. Pfaffi, Ludwig, Creve et Webster ont confirmé les observations de Schmuch, en répétant ses expériences sur des grenouilles. Mais comme dans plusieurs de ces essais, la fibre musculaire avoit été touchée par des métaux, on soupçonna qu’il y avoir eu irritation méchanique ; ensorte que ce fait important méritoit d’être examiné de nouveau. Le silence d’ailleurs de Scarpa, sur l’influence du galvanisme , sur les nerfs du cœur, étoit une raison de plus pour répéter les épreuves.
- Humboldt a en conséquence entrepris une suite d’expériences; et pour éviter d’être induit en erreur, il les a faites sous les yeux de physiologistes célèbres, qui en ont observé avec attention toutes les circonstances : il en donne le F i
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- détail à la fin du chapitre IX, que nous analysons. Il assure que ses expériences galvaniques sur le cœur des grenouilles, des lézards et des crapauds lui ont presque toujours réussi. Celles sur le cœur des poissons, lui ont fait voir que, s’il est le plus incitable par l’acide muriatique oxigéné, il est aussi le plus excita-, ble par l’irritation métallique. Il a disséqué en Pologne, des poissons de la Vistule, qui étoient tellement excitables', que le fer et l’argent, et même le cuivre et le plomb suffisoient pour occasionner des changemens dajis les pulsations du cœur.
- D’après ses expériences, Humboldt ne doute plus que l’irritation métallique agisse et sur les muscles dépendans de la volonté, et sur ceux qui en sont indépendans, quoique plus foible-ment sur ceux-ci; et comme il a prouvé ailleurs que les phénomènes galvaniques ne sont déterminés qu’au moyen des fibres sensibles, ses expériences prouvent encore cette vérité très-importante , que les contractions du cœur sont modifiées par l’influence nerveuse. Sur la question de savoir pourquoi, dans un cœur galvanisé, l’irritation est toujours la même, quel que soit le point du cœur où l’on applique les morceaux de chair musculaire, employés comme partie
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- DU GALVANISME. 85 'du conducteur, il répond que cela vient de la distribution très - multipliée des filets nerveux dans toute la substance de ce viscere; multiplicité prouvée par les descriptions à.’Anderscht par le grand ouvrage d’anatomie de Sammering, et sur-tout par les planches que Scarpa a données des nerfs cardiaques et glosso-pharyngiens.
- Chap. X et dernier. Les chapitres précédens ont été consacrés à l’exposition des phénomènes galvaniques dans toute leur étendue : dans ce chapitre X, Humboldt considère ces phénomènes dans leurs rapports avec d’autres forces de la nature* Il se livre d’abord à l’examen des causes du galvanisme, et à celui de sa théorie. La première hypothèse devoit être, et a été en effet celle de Galvani.
- On a vu, dans le chapitre premier, la foule d’objections qu’elle a occasionnées, et la manière victorieuse dont elle a été réfutée par M. Pfaff. La plupart des expériences d'Humboldt l’ont également détruite, et sur-tout celles qui appartiennent aux figures neuf et douze des deux premières planches de son ouvrage. En abandonnant la théorie du galvanisme, qui a pour base l’analogie de ses phénomènes-, avec ceux de la bouteille de Leyde, théorie aussi peu fondée que l’ont été les calculs de Sauvages sur
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- la vitesse des esprits vitaux, le nom de Galvani n’en souffrira pas : il ne périra jamais, et les siècles futurs, en profitant de sa découverte, reconnoîtront que la physiologie doit à Harvey et à Galvatù, ses deux bases principales.
- Humboldt passe sous silence la théorie de Vallin parce qu’elle est analogue à la précédente, et parce qu’elle est si embrouillée, que chacune des expériences sur l’irritation métallique, lui sert de réfutation. Celle à'Alexandre Volta, fondée sur la destruction de l’équilibre électrique, étoit la plus séduisante de toutes celles imaginées pour expliquer le galvanisme : c’est celle qui embrasse le plus de faits. Humboldt l’expose dans toute sa simplicité : mais ses expériences le forcent à se déclarer l’adversaire de Volta; il emploie, dans sa réfutation, toute la circonspection qui est due à un homme , dont le génie inventif, l’esprit d’observation et la grande dextérité sont connus depuis long-temps.
- Son opinion étoit d’abord, que l’irritation métallique ne dépendoit peut-être que d’une répartition inégale du fluide électrique : mais ayant vu ensuite que plusieurs des faits, qu’il rencontra dans ses expériences, ne pouvoient être attribués à l’électricité extérieure ; il cnit à un fluide particulier, inconnu, et accumulé dans la fibre sensible, qu’il appela électricité animale. Il
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- DU GALVANISME. 87 faut voir, dans l’ouvrage à'Humboldt, page 370, l’exposition de la théorie de Volta, telle qu’il la lui a exposée lui-même, et comme elle se trouve dans la lettre qu’il a écrite à J. Banks. Quoique fondée, comme il a déjà été dit,sur la destruction de l’équilibre électrique, quoique applicable à un grand nombre de découvertes nouvelles, la théorie de Volta n’en paroît pas moins à Humboldt, complètement renversée par plusieurs de ses expériences, et par les faits qu’il cite, page 375, qui sont en contradiction manifeste avec cette théorie.
- Au moment de hasarder lui*même une explication de l’irritation métallique, et de ses dif-férens effets sur les fibres musculaires, il n’entreprend pas de rapporter, à un seul et même principe, tous les phénomènes galvaniques, dont les degrés de complication sont, si différens ; ou de substituer une autre doctrine à celle de l’équilibre électrique : il se borne à comparer les faits, à fixer l’attention sur les rapports qu’ils présentent, et à indiquer la voie par laquelle on peut espérer d’arriver à des connoissances. plus étendues. Il faudroit, pour bien faire cort-noître la théorie d’Humboldt, copier ici tous les principes qu’il pose, tous les résultats des expériences qu’il a faites, et autres détails, qu’il est hien plus simple de lire dans son ouvrage même t
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- HISTOIRE nous nous contenterons d’exposer quelques principes, quelques résultats qui établissent suffisamment sa doctrine, pour qu’on en ait une connoissance claire et distincte.
- i°. Les organes pouvant manifester seuls, et par eux - mêmes, les phénomènes galvaniques , il est évident qu’ils renferment la cause stimulante. 2°. Exposition des conditions nécessaires pour que l’irritation métallique reste efficace dans les différens degrés d'affoiblisse-ment de l’irritabilité. 30. Théorie de l’auteur,' fondée sur l’existence d’un fluide particulier, dans les organes , et sur son accumulation, occasionnée par les obstacles qu’il rencontre. 40. Essai d’une explication de tous les phénomènes, établie sur un petit nombre de principes simples. 50. Différences et rapports entre les fluides galvaniques, électriques et magnétiques. 6°. Effets particuliers de l’oxigène et du zinc. 70. Atmosphère active des organes vivans, et hypothèses qui y sont relatives. 8°. Doutes proposés sur l’explication du galvanisme donnée par Crève, qui croit avoir découvert la nature de l’irritation métallique, et prétend qu’au moyen de deux métaux, ou au moyen d’un métal et d’un morceau de charbon, l’eau qui entoure le nerf ou le muscle, est en partie décomposée, que l’oxigène attiré par les métaux et le car-
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- DU GALVANIS ME. 89 bone se sépare de l’hydrogène; que cette décomposition n’a lieu d’abord, que dans la portion d’eau qui est en contact immédiat avec les métaux, mais qu’elle s’étend- ensuite au-delà. La chimie, la physiologie et la médecine pratique doivent, si l’on en croit Crève, tirer le plus grand avantage de cette découverte sur la nature de l’irritation métallique. Il espère même que son influence s’étendra sur les différentes branches des mathématiques et de la physique (i).
- Dans cet extrait du savant ouvrage d'Hum-loldt , je n’ai pas rapporté la longue série d’expériences qu’il contient, x°. parce qu’elles sont aujourdhui généralement connues ; z°. parce que le plus grand nombre ne peuvent être bien comprises, qu’à l’aide de figures, qui sont à la fin de l’ouvrage : il suffit de rappeler que toutes se réunissent pour prouver qu’un animal, dont une partie est mise en contact avec un métal, qu’on peut appeler son armature, éprouve, plusieurs heures même après sa mort, des contractions , lorsqu’on touche , avec les deux
- (i) Voye^, chap. VIII, §. II, l’extrait de la découverte de Crevé, sur la nature de l’irritation métallique
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- 9o HISTOIRE
- extrémités d’un second métal, d’un côté l’armature* et de l’autre les muscles voisins.
- Nous' croyons devoir placer ici une lettre de M. A. M. Vassalli-Eandî (i), sur les phénomènes de la torpille, parce qu’elle a quelque rapport avec ee qu’a dit, à ce sujet, Humboldt, dan9 son ouvrage, et parce qu’en outre ces phénomènes ont quelque analogie avec les effets galvaniques, que présentent les animaux.
- « Paris, ce 14 messidor an VIL Après ma lettre du 21 ventôse dernier (2), sur le galvanisme , j?ai parcount l’ouvrage de Humboldt, traduit de l’allemand par Jadelot, médecin, qui vient de paraître, et qui est le plus complet sur cet objet. J’y ai vu, avec satisfaction, qu’il pense comme moi, qu’il n’y a encore rien de certain sur le fluide galvanique; et qu’il étend ses doutes sur les phénomènes des autres poissons électriques ( page 451 ), dont il espère aussi de pouvoir s’occuper (page 452). Je ne doute pas que son génie n’enrichisse cette partie de la physique, par les découvertes les plus intéressantes, et qu’il ne recule les bornes des
- (1) Voyez le Journal de physique, tomeXLIX^p.éÿ.
- (2) Cette lettre est insérée , page 71 de la première
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- DU GALVANISME. 91 autres parties, dans lesquelles il s’est déjà distingué, en prenant la meilleure route pour trouver la vérité. En attendant, je vous indiquerai mon opinion, soit sur ce qui reste à faire pour en découvrir la véritable cause, soit sur la théorie des phénomènes de la torpille. D’a-pord, je m’occuperai à vérifier les faits annoncés par Reaumur, Valsh, Hunttr, et par plusieurs autres. Je crois que je trouverai quelques vérités parmi les fables qu'Aristote, Pline, Théophraste, et leurs commentateurs ont débitées sur la torpille. Je tâcherai de réduire à leur juste valeur les relations singulières que Schilling et Kempfcr nous ont laissées sur cet objet. Mais les observations de Spallan[ani fixeront particulièrement mon attention; elles seules m’intéressent plus que toutes celles des auteurs qui l’ont précédé dans cette carrière, soit par l’amitié qui nous lioit, soit parce qu’elles tiennent de près à la théorie des poissons secouans, que j’ai proposée à notre ami Sénèbier en 1790. »
- « Vous permettrez donc que je vous indique ces observations, avant de vous annoncer la théorie des phénomènes de la torpille, que je vais soumettre à vos lumières. Dès l’an 1790, me trouvant à Pavie, Spaüan^ani, à qui j'avois auparavant communiqué mon opinion sur les poissons secouans, me fit voir ses grandes
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- 9i HISTOIRE
- tables sur l’anatomie des organes électriques de la torpille, et me dit qu’ayant essayé de couper les trois grands troncs nerveux, qui, en se divisant, viennent embrasser les prismes remplis de matière molle, qui composent la plus grande partie du corps de la torpille, il observa qu» l’animal perdoit la propriété de donner des secousses ; ce qui m’a fait dire dans la lettre que je vous ai adressée le 21 ventôse, et qui est insérée dans ce journal (1) , que dans la torpille les nerfs expriment l’électricité contenue dans les muscles; et qu’au contraire, lorsqu’on n’a point touché aux nerfs, on obtient encore de petites secousses de cet animal, quelque temps même après sa mort. »
- « L’autre observation de Spallan^ani est que les fœtus de la torpille, dans le ventre de leur mère, sont unis à l’oeuf par le cordon ombilical, et qu’en les retirant, ils donnent de légères secousses. Il me fit voir, dans le Muséum, ces torpilles attachées aux œufs, et dont il éprouva lés secousses. L’histoire de ce qui a été observé sur d’autres poissons secouans, par Muschembroeky Bajon, Vandtrlot, Fer min, etc., me servirait pour augmenter le nombre des expériences, de même
- (1) Germinal an 7, page 336.
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- DU GALVANISME. 93 que l’anatomie de la torpille et du gimnote, par Redi, Loren^ini, Bortlli, Stenone, Reaumur, Hunur, Bajon , etc., donnerait lieu aux observations nécessaires pour déterminer la véritable structure de ces animaux. C’est sur les faits qu’on trouve dans ces auteurs, que j’ai fondé ma théorie , à laquelle je donnerai une plus grande extension, si vous lui trouvez une base établie sur des principes certains; la voici en peu de
- » Je soupçonne que les poissons secouans ont la faculté de condenser le fluide électrique dans une partie de leurs corps; et que, dans la position ordinaire de leurs organes intérieurs, ce fluide est retenu par un voile cohibant, qui devient ensuite différent par la raréfaction, ou par l’addition des humeurs, et laisse passer l’électricité condensée, chaque fois que le poisson veut donner la secousse. Dans cette théorie, l’air et la nourriture fourniraient l’électricité, comme aux autres animaux, et les organes électriques seraient la partie du corps, dans laquelle se condenserait le fluide électrique : le milieu, dans lequel vit la torpille, ne peut présenter aucun obstacle à cette théorie, tant à cause de la structure de l’animal, que par la nature de l’eau, relativement à l’électricité. »
- » Je ne chercherai pas à prouver la première
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- 94 HISTOIRE
- de ces propositions, ayant en elle-même le plus grand degré de probabilité, comme je l’ai dit dans la lettre sus - mentionnée ; elle démontre aussi que les différentes parties de l’animal ont, dans le même temps, des électricités contraires ; et la dénomination d’organes électriques, qui a été donnée par les auteurs aux muscles décrits par Redi et Fermin, me paroît confirmer la se-tonde proposition ; car ils ne donnèrent ce nom aux muscles des poissons secouans, qu’après avoir été persuadés que la secousse étoit électrique, et qu’elle venoit de ces organes. »
- » Je pourrois encore appuyer mon assertion parla nature même des organes de la torpille, qui sont composés d’un très-grand nombre de tuyaux hexagones et pentagones : Humer en a compté n Si dans un seul muscle d’une torpille longue de près d’un mètre, lesquels se partagent, selon Reaumur, en plusieurs autres tuyaux ou cellules remplies d’une matière blanche et glutineuse, qui paroît propre à retenir l’électricité. Si on examine ensuite la structure du gimnote, composé en grande partie de mucilage, qui se fond entre les doigts, si on a égard à la surface de son corps couvert de petits points jaunâtres ; lesquels sont autant d’orifices de petits tuyaux, dont le plus grand nombre se trouve sur la tête et sur les autres parties qui donnent les plus fortes secousses;
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- DU GALVANISME. 9ç on conviendra que cette structure s’accorde parfaitement avec mon opinion sur la cause de ce phénomène. »
- » L’effort que fait la torpille, avant de donner la secousse, la contraction de son corps, qui, de convexe qu’il étoit, devient concave, «t la dépression de ses yeux, qui a lieu en même - temps, peuvent expliquer la modification du voile cohibant, et la sortie du fluide électrique. Personne n'ignore combien nos organes intérieurs sont modifiés par nos passions et par la volonté : on sait, en outre, que les corps perdent de leur capacité, pour contenir l’électricité, à proportion que leur volume diminue : de - là il doit s’ensuivre, dans la torpille, la plus grande condensation de l’électricité, par la diminution de son volume, et la modification du voile cohibant, produite par la volonté ou par la passion, dans un même temps. En conséquence, la secousse ne sera qu’un effet des lois connues du fluide électrique, et de la physique animale : le décroissement des secousses successives, leur défaut fréquent, et enfin total suivent aussi les mêmes lois. L’observation à'A-bilgoard, qui a galvanisé, à Naples, la torpille, et qui n’y a observé aucune irritation particulière ( Humboldt, page 284), peut encore appuyer
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- l’action de la volonté dans les phénomènes de ce poisson. >»
- » Les idées que je viens de vous présenter ici, ne sont que des apperçus, que je suis bien éloigné de prendre pour des raisons concluantes; mais il me paroît qu’elles peuvent avoir quelque degré de probabilité, et je serois très» flatté qu’elles pussent contribuer à l’explication des phénomènes de la torpille, en fournissant aux physiciens de nouveaux sujets, qui donneront lieu à nombre d’expériences et observations intéressantes. Si expérimenta expeciationi non res-pondent, tamen animum informant, dit Bacon; par conséquent, les recherches sur un phénomène, qui reste encore à expliquer, ne peuvent qu’être bien précieuses pour les sciences. »
- Nous ajouterons aux faits consignés dans cette lettre de f'assalii, que les expériences de M. Walsh, dont il parle, et qui sont rapportées dans les transactions philosophiques de l’année 1773 , Airent faites à la Rochelle, sur beaucoup de torpilles, et que ce savant physicien avoit toujours éprouvé des commotions, mais sans étincelle. En 1776, il fut à portée de faire des expériences sur l’anguille tremblante de Suri-nam, gimnotus electricus, et il éprouva la commotion avec l’étincelle électrique. Il l’éprouva aussi
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- DU GALVANISME. 97 à Londres, sur cinq qui étoient vivantes. M. Gui-sart fit aussi, à Cayenne, des expériences avec deux canons de fusil, qui touchoient, l'un la tête, l’autre la queue de l’animal, et il vit l’étincelle. Ainsi, il a été bien prouvé que le phénomène que donne la torpille , est véritablement un phénomène électrique. Mais on ne l’avoit pas étendu à d’autres animaux, jusqu’à l’observation de Cotugno, rapportée dans le journal encyclopédique de Bologne, année 1786 , n°. 8 , et décrite , chap. i.er, page 1, de cette histoire, observation qui donna lieu aux expériences de Galvani.
- IIe. Partie.
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- histoire
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- CHAPITRE XIV.
- Mémoire de M. Pfaff, sur les expériences d'Humboldt ; expériences et observations sur le Galvanisme , de MM. Kan-MonSy Ritter et Pfajf.
- §. Ier. Mémoire de M. Pfajf, sur Us expériences d'Humboldt. Il semblerait qu’en fait d’expériences,' les résultats devroient être les mêmes pour tous les savans, lorsqu’ils répètent les mêmes expériences , et que ce qui est vu et touché par un premier , devroit également être vu et touché par un second, un troisième, et ainsi de suite ; car il n’en est pas des sens externes comme des internes : le raisonnement, le jugement, les idées, varient nécessairement , suivant la manière dont l’individtt envisage l’objet qu’il examine, suivant sa prévention , ou la première idée qu’il a conçue de son explication. Devroit-il donc en être de même, lorsque l’objet est soumis aux sens externes, à la vue, au toucher, et lorsque les expériences présentent des phénomènes qui tombent sous ces sens } Comment ces phénomènes ne sont-ils pas
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- DU GALVANISME. 99 toujours les mêmes pour tous les observateurs ? Quelle qu’en soit la cause, cela n’en a pas moins lieu tous les jours , et les expériences galvaniques d'Humboldt en vont fournir la preuve.
- Peu de temps après que son ouvrage a paru, M. Pfaff a publié à Kiel, sur les expériences qu’il contient, un mémoire qui a fait beaucoup de sensation (i). Après avoir répété les expériences à'Humboldt , il prétend avoir trouvé des résultats tout-à-fait différens de ceux énoncés par ce savant. Il entreprend de prouver que l’action chimique des différens corps sur la fibre, telle que l’a supposée Humboldt, n’existe pas, et que tous ces corps n’agissent que comme faisant partie de la chaîne électrique. Il démontre en outre que les différentes hypothèses d’Humboldt, se contredisent les unes les autres ; et qu’après avoir lu son ouvrage, on n’est guère plus avancé dans la connoissance de la physiologie des corps organisés. Il croit que
- (i) Ce mémoire est inséré dans le Ier. cahier d’un journal qui a paru à Copenhague, vers l’automne de 1799, sous le titre à’Archives du Nord, pour la physique et la médecine, rédigées par le professeur Pfaff, à Kiel, et le docteur Scheel, à Copenhague. L’indication des matières traitées dans ce journal, se trouve, page 100 du tome IX du Recueil périodique de la société libre de médecine du Louvre.
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- nous devons plutôt avouer notre ignorance sur le procédé inconnu de la vitalité, que de nous arrêter à des hypothèses aussi gratuitement imaginées que celles d'Humboldt. Il pense qu’une fausse application de la chimie à la physiologie du corps humain, fait reculer la science, au lieu de l’avancer.
- «Nous nous berçons, dit-il, dans un rêve agréable : nous croyons savoir, et nous cessons d’examiner. Qui pourra jamais croire que deux ou trois gouttes d’alcali ou d’acide muriatique oxigéné, peuvent être capables de produire un changement chimique dans un grand nombre de muscles, qui tous entrent en convulsion, après l’application de ces substances? Humboldt suppose i°. que les alcalis fixes agissent par l’azote et l’hydrogène, que, selon lui, ils contiennent; 20. que deux bases oxidables, l’azote et l’hydrogène, avancent le procédé chimique de la vitalité, pendant que deux autres bases semblables, dans le gaz hy-drogène-carbonné , l’hydrogène et le carbone, retardent ce procédé. Humboldt nous assure que deux substances, aussi différentes que l’alcali fixe et l’acide muriatique oxigéné , agissent de la même manière, tandis que les affinités chimiques de ces deux substances sont très-opposées. Non, non, ce n’est pas par des affinités chimiques qu’on pourra expliquer la vie. »
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- DU GALVANISME, ioi
- M. Pfaff prouve , par des expériences assez ingénieuses, que, dans ce cas, l’eau est, sinon le seul, au moins le principal agent. Il a trouvé qu’en se servant d’un morceau d’éponge, imbibé d’eau, on pouvoit produire lesdifférens effets que produisent les expériences d'Humboldt; et il est persuadé que le galvanisme, n’est que l’électricité animale, connue depuis long-temps, reproduite •par Galvani, Humboldt et autres, pour être ensuite oubliée de nouveau (i).
- « On ne saurait douter, dit M. Pfajf, que la chimie vitale, qui paraît être l’objet favori de la méditation des physiologistes de nos jours, n’ait reçu des éclaircissemens et une extension importante par les expériences $ Humboldt , sur l’excitabilité des muscles et des nerfs (2). Le zèle infatigable qu’a mis cet auteur à interroger la nature, l’esprit observateur et la sagacité, dont il a donné des preuves éclatantes dans une foule de recherches sur la physiologie, ont dû nécessairement le conduire à des résultats intéressans : sans doute que les conséquences
- (1) Extrait des Annales de chimie, tome XXXIV , page 307.
- (a) Voyeç le Recueil périodique de la société de médecine de Paris, tome IX, page 318.- Voye^ aussi Magasin encyclopédique, germinal an 8, n°. ai.
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- qu’il tire de ses expériences, ainsi que l’explication qu’il donne des phénomènes qu’il a observés , ne sont pas toujours assis sur une base solide. »
- Les effets extrêmement remarquables, que les matières chimiques produisent sur la fibre sensible et irritable, effets dignes de fixer l’attention des physiologistes, sont susceptibles d’une explication différente de celle qu’a adoptée Hum-boldt; c’est pour cela que M. P fa\ff en a proposé une autre, qu’il croit plus juste, et coïncidant mieux avec tous les phénomènes du galvanisme. Voici quels sont à cet égard ses raison-nemens, et quelles sont les expériences sur lesquelles il les fonde.
- « Une circonstance très-importante, dit-il, à laquelle Humboldt n’a pas fait attention, dans ses expériences sur l’influence des matières chimiques, comme moteurs de l’irritabilité, tels que les alcalis, les acides en général, l’acide muriatique oxigéné en particulier, le foie de soufre; c’est l’effet de ces mêmes matières, comme membres de la chaîne galvanique. Je les ai considérées, sous ce dernier point de vue, dans une suite d’expériences , et j’ai trouvé qu’elles sont en partie des chaînons aussi efficaces, et des excitateurs aussi puissans du galvanisme, que les métaux eux-mêmes. »
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- DU GALVANISME, ioj » La table que donne M. Humboldt ( premier volume de ses expériences, p. 183 ), des chaînons intermédiaires, des soi-disant excitateurs et conducteurs de l’électricité animale, doit être totalement changée, si elle doit représenter une échelle de forces conductrices et excitatrices de ces matières pour le galvanisme. Le foie de soufre, les solutions alkalines, l’eau de chaux, l’acide muriatique oxigéné, doivent être placés avant toute autre matière, et immédiatement après les métaux et le charbon. Le sang doit se trouver dans un degré bien plus élevé. Je me suis convaincu, par des expériences réitérées, et faites avec l'attention et l’exactitude la plus scrupuleuse , que les solutions alcalines, Peau de chaux, l’acide muriatique oxigène, et sur tout le foie de soufre, mis en rapport entre eux, produisent des effets aussi puissans que deux métaux hétérogènes , et que dans tous les cas oit l’on rapporte le retour des contractions à une augmentation d’irritabilité, produite par une action chimique, on est bien mieux en droit d’attribuer cet effet à leur propriété irritante, comme membre de la chaîne gajvanique. »
- » Us forment, pour ainsi dire, une suite aux. excitateurs métalliques, et doivent être rangés parmi ceux qui ont la plus grande affinité avec la matière métallique , c’est-à-dire avec le zinc et
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- le plomb. C’est pour cette raison que leur effet est si marqué avec l’or, l’argent et les minéraux métalliques. Ils ressuscitent aussi les contractions d’une manière très-efficace , lors même qu’ils ne sont pas appliqués immédiatement aux nerfs, mais seulement mis en relation avec eux par des conducteurs. Le sang et la bile doivent être rangés dans la même classe, quoique leur effet soit plus foible. »
- » On sait qu’il suffit, pour produire des mou-vemens convulsifs dans une grenouille très-irritable , d’employer un métal homogène, par exemple , un déchargeur en argent, qui établisse une communication entre les muscles et les nerfs. Ces mouvemens convulsifs sont principalement produits par les métaux appelés nobles ; mais surtout par les minéraux métalliques, tels que la pyrite et la galène. Lorsque j’établissois une communication entre le nerf et la cuisse dépouillée, au moyen d’un morceau de pyrite, les convulsions se manifestaient, principalement lorsque cette dernière matière touchoit aux vaisseaux sanguins des nerfs. Lorsqu’une chaîne étoit consistante dans la cuisse, le minéral et le nerf ne produisoient plus d’effet, ou rétablissoient les convulsions, quoique foiblement, en interposant dans la chaîne un morceau d’éponge mouillée, qui formoit, pour ainsi dire, une arma-
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- DU GALVANISME. 105 tiire aux nerfs ; mais ces effets n’étoient pas ordinairement de longue durée. En mouillant alors le nerf avec une goutte de sang, tirée de la grenouille soumise à l’expérience, ou bien de toute autre; et touchant ensuite ce sang avec l’excitateur métallique de cuivre ou d’argent, placé sur la, cuisse, on voyoit naître aussitôt des convulsions très-vives. »
- » Ici, la susceptibilité d’irritation fut évidemment augmentée par le mouillage du nerf avec du sang. Elle le fut même à un tel point, qu’une irritation galvanique plus foible, par le contact du petit morceau d’éponge mouillée, par exemple, avec l’excitateur métallique, se montrait de nouveau efficace ; cependant cette augmentation de contraction ne sauroit être attribuée à une influence, immédiate du sang sur le nerf et sur l’irritabilité, puisque les mêmes phénomènes se manifestèrent exactement de la même manière, lorsque le sang, au lieu d’être appliqué immédiatement sur le nerf, l’étoit seulement sur un morceau d’éponge, ou sur tout autre corps conducteur, placé au-dessus de lui. Tout le succès de ces expériences dépendoit de l’attouchement immédiat du sang; car aucun effet ne se manifestoit, toutes les fois que le nerf ou l’éponge étoient touchés aux endroits qui en étoient éloignés. C’est à l’addition du
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- sang qu’il faut sur-tout rapporter les propriétés des matières animales, comme membres de la chaîne galvanique. »
- «Sous ce dernier rapport, le cœur de la grenouille , encore rempli de sang, présentoit des effets très - remarquables, lorsque l’irritabilité étoit diminuée au point, que certains métaux hétérogènes , tels que l’or et l’argent, l’argent et le cuivre, ne produisoient plus d’effets, étant mis en contact : je pouvois ressusciter des convulsions très-vives, en plaçant le cœur de la grenouille sur son nerf, et en établissant une communication entre lui et la cuisse de Faniirial, au moyen d’un excitateur métallique, formé d’un des métaux appelés nobles. J’établissois, de cette manière, une chaîne galvanique, dans laquelle il ne se trouvoit qu’un seul excitateur sec ; il est très - remarquable, qu’au moment où le cœur étoit touché par la pyrite ou l’argent , la cuisse étant agitée, il restoit tranquille, et que le système de ses pulsations n’étoit mdlement interrompu dans sa régularité. D’autres parties de la grenouille, par exemple, des morceaux du foie, des entrailles, qui contiennent moins de sang, ne se montraient pas aussi efficaces; mais le cœur fut surpassé lui-même par le sang présenté en substance , et sur-tout dans un état concret. Il étoit
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- D U G A L V A N I S M E. 107 étonnant de voir comment je pouvois, avec une goutte de sang, donner et retirer la vie au nerf, et comment cette même goutte, sans éprouver de diminution ou de changement sensible , rendoit toujours le même service. »
- » Quelque effet que produisît le sang, il fut encore surpassé par les alcalis, l’acide muriatique oxigéné, et sur-tout par le foie de soufre, lorsque les excitateurs métalliques de la première classe, c'est-à-dire, les minéraux et les métaux nobles, l’argent sur-tout, ensuite les autres métaux et le régule d’antimoine, ne produisoient plus d’effet avec le sang, dont le nerf étoit humecté; on pou voit, après l’avoir essuyé, et avoir mis une seule goutte d’huile de tartre par défaillance, à la place du sang, renouveller des convulsions très-vives, en employant les mêmes excitateurs métalliques. Cette chaîne galvanique, composée de muscles, d’argent, de pyrite ou de régule d'antimoine, d’un alcali et d’un nerf, étoit tout aussi efficace qu'une chaîne formée de muscles, d’argent, de fer ou d’étain, et d’un nerf. L’huile de tartre par défaillance, étoit, pour ainsi dire, l’armature active d’un nerf. Tous ces phénomènes se présentoient suivant les mêmes loix, qui règlent l'effet des armatures métalliques des nerfs. Dans ce procédé, l’huile de tartre par défaillance, se montrait presque
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- aussi active., soit que le nerf, n'étant pas immédiatement mouillé, se trouvât en communi-. cation avec le muscle, au moyen d’un corps conducteur quelconque , soit qu’il se trouvât touché par l’excitateur métallique appliqué sur la cuisse, cet excitateur étant une sonde d’argent recourbée. »
- » J’extrais de mon journal l’expérience suivante. Je mis de la chair musculeuse sur le nerf d’une grenouille, chez laquelle les métaux hétérogènes, l’argent et le cuivre, ne produisoient plus d’effet , et je touchai ce nerf avec une sonde d’argent qui étoit appliquée sur la cuisse : il n’y eut point de convulsions. Je mis une goutte d’huile de tartre par défaillance, sur la chair musculeuse : des convulsions très-vives se manifestèrent, aussitôt que la sonde d’argent fut portée sur l’huile de tartre. Je plaçai un second morceau de chair musculeuse sur le premier, et je- portai dessus l’excitateur., sans déterminer des convulsions ; mais à peine eut-il été humecté et touché comme le premier, qu’elles parurent. Je pouvois, de cette manière, établir plusieurs couches de nature différente, avec de la chair musculeuse et de l’huile détartré par défaillance, et l’effet indiqué avoit lieu chaque fois que l’argent, ou mieux encore, la pyrite et le régule d’antimoine, touchoient immédiatement l’alcali. Le nerf ayant
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- été immédiatement humecté avec de l’huile de tartre par défaillance, une irritation galvanique plus foible, déterminée par l’or et par l’argent, par l’argent et le cuivre, se montroit de nouveau efficace, lors même qu’on n’avoit pas excité auparavant des convulsions. Mais il reste toujours à déterminer, si, dans ce cas, l’huile de tartre par défaillance n’a pas opéré comme armature de nerf plus favorable. C’est ainsi que l’argent et le cuivre excitent de nouveau des convulsions, quand le nerf étant armé avec du zinc, la cuisse reposant sur une lame d’argent, on établit une communication entre eux par du cuivré. En effet, dans ce cas , ce ne sont point le cuivre et l’argent qui opèrent ensemble, mais bien l’argent et le zinc, qui arment immédiatement ces parties animales humides. Mais ne seroit-ce pas exactement la même chose, si on humectoit le nerf avec de l’huile de tartre par défaillance? Cette huile n’enveloppe-t-elle pas le nerf, comme une armature plus efficace que le zinc , et dans l’application de ces excitateurs foibles, le cuivre et l’argent, ce dernier n’opère-t-il pas de préférence au moyen de l’alcali, avec lequel il est seulement mis en liaison par le cuivre, comme conducteur intermédiaire ? »
- » Ce doute n’est aucunement détruit par les expériences de M. Humboldt, Si l’huile de tartre par
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- défaillance agissoit en produisant une augmentation d’irritabilité, l’effet devroit aussi se montrer, lorsque le nerf a été soigneusement essuyé, avant l’application de l’irritation galvanique plus foible. C’est cependant ce que je n’ai pas trouvé, par mes expériences. M. Humboldt appliquoit toujours ses plus foibles excitateurs, pendant que les nerfs étoient encore humectés avec l’huile de tartre par défaillance, ou avec toute autre matière chimique propre à augmenter la susceptibilité d’irritation. Que l’on compare, sous ce rapport, les différens endroits oh il traite de l’augmentation de la susceptibilité d’irritation par les alcalis. Il dit, p. 370 : « Je fis voir les éclairs gal-» vaniques aux personnes qui ne pouvoient les » appercevoir dans l’expérience de Humer, en » leur frottant la gencive des dents supérieures » avec une solution alcaline. Deux pièces d’or » se montrèrent efficaces sur des plaies du dos, » lorsque celles-ci furent humectées avec de » l’huile de tartre par défaillance. » Il dit encore, page 398 : « Lorsque les troncs princi-» paux des nerfs d’un organe de mouvement , » sont préparés soigneusement, et qu’ils sont » enveloppés avec des vessies humides , de ma-» nière que l’humidité irritante mouille seules » ment la chair musculeuse, et le peu de filets » déliés des nerfs qui y sont contenus, on observe
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- DU GALVANISME, in » rarement une augmentation d’irritation, tandis » qu’elle a constamment lieu, lorsque ces troncs » principaux sont humectés sous les muscles. » Page 3 99 5 il dit : «On rappela la vie des cuisses de » grenouilles, fatiguées par l’acide muriatique oxi-» géné, de manière que l’irritation métallique eut » de nouveau son effet. Il est remarquable que les » convulsions étoient les plus fortes, lorsqu’une » grande partie des nerfs étoit mouillée et immé->> diatement touchée par l’argent. » Dans tous ces cas, et sur-tout dans les expériences relatives à l’influence des matières chimiques sur l’irritabilité , les nerfs restoient toujours mouillés par elles ; ils dévoient en conséquence, dans tous les cas d’application des métaux, opérer aussi comme chaînons, ou membres de la chaîne galvanique. Les conséquences doivent donc, pour le moins, rester incertaines. »
- » Je n’ai pu observer aucune différence remarquable entre ces alcalis, considérés comme chaînons galvaniques ; cependant l’huile de tartre par défaillance paroissoit opérer avec plus d’efficacité. Les effets de l’eau de chaux étoient les mêmes que ceux des autres alcalis, excepté seulement qu’ils étoient moins forts. Elle gardoit, pour ainsi dire, le milieu entre les alcalis et les substances qui occupent un degré inférieur. L’acide muriatique oxigéné m’a paru à-peu-près aussi actif que
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- l’huile de tartre par défaillance ; dans quelques cas seulement, ce dernier ingrédient provoquoit des convulsions plus longues. J’observai aussi, dans quelques cas de l’usage de l’acide muriatique oxigéné, un phénomène que m’avoient offert les armatures métalliques des nerfs, c’est-à-dire, que les convulsions se manifestoient seulement à l’instant oii le contact du nerf, humecté avec une goutte d’acide muriatique oxigéné, cessoit. Ici encore tous les effets dépendoient entièrement de l’attouchement immédiat de l’acide muriatique oxigéné. Ils avoient lieu de nouveau, lorsqu’on en versoit une goutte sur un morceau de chair musculeuse, qu’on plaçoit sur le nerf. »
- §. II. Expériences et observations de M. Ritter. Nous avons dit plus haut (i), que la première nouvelle de l’appareil galvanique de Volta, fut communiquée par lui, le „2 mars 1800, à sir /. Banck , président de la Société Royale de Londres, que Nicholson et Carlisle, tentèrent avec cet appareil les premières expériences, et décomposèrent l’eau; qu’ils firent rougir la teinture de tournesol, et précipitèrent la solution des métaux dans les acides, que M. Cruiskanks de Woolwichÿ
- (1) Chap, IX et X.
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- annonça dans le journal of natural history, vol. IV, p. 187, rédigé par M. Nicholson, qu’il avoit formé des arbres de Diane, et qu’il croyoit avoir produit de l’acide et de l’alkali; que M. Henri de Manchester a dit avoir décomposé l’ammoniaque et l’alkali fixe, et avoir trouvé que l’air n’étoit pas un bon conducteur du galvanisme. M. Ritter, bien connu en Allemagne par ses Beitrage [ur nahren kenntuiss der galvanismus, n’en connoissoit que la première notice, donnée dans le journal de Bruxelles. Il avoit déjà fait la plus grande partie des découvertes des sa-vans cités plus haut, lorsqu’il les a reçues. Voici un précis de ce qu’il a trouvé jusqu’au 30 sept. 1800(1).
- Il a fait 16 expériences, dont la plupart ne peuvent être bien comprises, qu’à l’aide des figures qu’il y a jointes. Dans la première , on a remarqué qu’un fil de zinc, nid à l’œil, qui communique avec un autre métal, qu’on touche avec le doigt mouillé, pour former la chaîne galvanique, fait voir, en regardant à la
- (1) Voye^ Précis des expériences faites en Allemagne avec l’appareil galvanique de Volta, communiquées à l’Institut par le docteur Fricdlandcr, de Berlin. (Journal de physique, pluviôse an 9, page 101.)
- IIe. Partie. H
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- colonne , une couleur bleue , qui devient rougeâtre, dès qu’on ôte le doigt. Mais avant qu’il en saisisse l’effet, il faut que l’œil soit un peu accoutumé à cette expérience : alors le phénomène devient constant.
- Dans la seconde expérience, une grenouille galvanisée à la manière ordinaire, qui ne don-noit plus de mouvement après une demi-heure, en donnoit encore après cinq heures et demie, lorsqu’on employoit l’appareil de Volta.
- La flamme d’une lumière, le verre chaud et l’air raréfié sont conducteurs du galvanisme, à-peu-près comme de l’électricité : ils ne peuvent donc pas servir à l’isoler. Quand on approche deux fils de métal dans le tube de verre, formé à-peu-près comme le galvanomètre de M. Robertson, il ne se produit aucun effet ; ce qui arrive aussi quand on éloigne trop les fils. L’étain, le plomb, le fer, le cuivre, le bismuth, donnent des forces galvaniques différentes et propôrtionnelles au degré d’oxidabilité des corps employés : le mercure et l’argent produisent le même effet ; l’or ne souffre aucune oxidation. En l’employant de deux côtés, M. Ritter a observé qu’il se formoit des bulles d’air provenant des deux fils, que celles de l’un étoient plus grandes que celles de l’autre : il en tira la conséquence que la pesanteur spécifique de l’un de ces airs,
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- devrait surpasser celle de l'autre. Il inventa un appareil particulier, qu’il a fait graver, pour séparer les deux airs. Sa théorie à cet égard et ses expériences, ne peuvent être bien saisies qu’à l’aide des figures.
- Dans sa onzième expérience, il chercha à trouver un corps qui pût servir de conducteur à la matière galvanique, sans se décomposer. Il n’en trouva pas parmi les corps solides, puisqu’il avoit vu l’or produire la décomposition de l’eau. Il employa l’esprit-de-vin et la naphte de l’acide sulphureux : ils ne produisirent pas d’air; mais ils n’étoient pas de bons conducteurs. Il prit des dissolutions alcalines concentrées : elles étoient meilleures conductrices ; mais elles don-noient des gaz. Il trouva à la fin que l’acide sulphurique concentré blanc ne donnoit aucun gaz , étant un bon conducteur. Les figures montrent de quelle manière il s’en servit.
- De ses expériences 11, 12 et 13, il tire la conclusion, que les deux airs ne peuvent pas être regardés comme les parties constituantes de l’eau ; mais comme deux matières qui sont produites par une partie de l’eau combinée avec le fluide galvanique, et que la génération de l’un, n’est pas du tout dépendante de la production de l’autre. Il faut voir, à l’endroit indiqué, le récit de ses autres expériences, qui ne peuvent,
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- nous le répétons encore, être bien comprises, sans
- le secours des figures qui les accompagnent.
- Chacun a dû être frappé de la manière dont l’hydrogène et Foxigène se développent dans l’eau, par le moyen de l’appareil galvanique de Voha (i). L’hydrogène naît à celui des fils qui est en contact avec le zinc, c’est-à-dire, avec le côté négatif de l’appareil, et c’est le fil opposé qui s’oxide, quelle que soit leur position respective. Lorsqu’on emploie des fils d’un métal non oxidable, d’or, par exemple, Foxigène se manifeste à l’état de gaz. Il étoit naturel de rechercher si ces deux gaz, qui paroissent à des points assez distans l’un de l’autre, étoient produits par la décomposition de la même particule d’eau. Pour cet effet, il falloit séparer la portion d’eau, dans laquelle plonge le fil électrisé positivement, de celle dans laquelle plonge celui électrisé négativement, par quelque matière qui, sans être de l’eau, laissât cependant passer Faction galvanique.
- M. Ritter imagina d’abord d’insérer chacun des fils dans un tube séparé, et de réunir les deux tubes par un troisième fil ; mais il trouva du gaz oxigène et du gaz hydrogène, dans l’un
- (i) Fbye{ le Bulletin de la société philomatique, plu-
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- DU GALVANISME. 117 et dans l’autre, comme cela auroit été dans un tube seul. Après de longues recherches, il découvrit enfin, comme il a été dit ci-dess,us, que l’acide sulfurique concentré blanc, étoit le moyen le plus propre pour remplir ses vues. Il prit donc un tube de verre courbé comme un V. Il en remplit le fond de l’acide susdit, et versa, avec précipitation, de l’eau distillée dans le reste de chaque branche : cette eau, restant tranquille, n’a point dissous, l’acide, et n’a point rougi les sucs bleus végétaux. Ayant mis alors, dans une des branches, le fil qui tenoit au zinc de l’appareil, et dans l’autre, celui qui tenoit à l’argent, il vit les deux gaz se développer, chacun à l’extrémité de son fil, comme cela seroit arrivé dans la même eau.
- M. Ritter a aussi observé, que si on emploie un mélange d’eau et d’acide nitrique, sans moyen de séparation, et si on y insère deux fiis de cuivre, sans les faire toucher à l’appareil, ils commencent à se dissoudre l’un et l’autre, comme il leur arrive ordinairement dans un pareil mélange ; mais si on fait en sorte qu’ils touchent l’appareil, celui qui est du côté de l’argent augmente subitement la rapidité de sa dissolution, tandis que celui du côté du zinc cesse dé se dissoudre.
- Le professeur Pfaff, sans connoître les recher-
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- ches de Ritter, a travaillé comme lui, etâobtenu des effets tout à fait semblables. Voici comme il procède : Il emploie un vase de bois ou de marbre, partagé en deux par une cloison, et dont chaque moitié est remplie d’eau. La cloison est percée vers le bas par un trou, qui est bouché exactement avec un linge humide. Cette substance étant un très-bon conducteur de l’action galvanique, on place chaque fil dans une portion du vase, et on approche leurs extrémités du bouchon de liège. Au moment oii les fils sont en contact avec l’appareil, le dégagement des gaz a lieu; et si on en reçoit les bulles dans des cloches pneumato-chy-miques, on voit que toutes celles qui naissent de la portion d’eau, oii est le fil du côté posi-. tif, sont du gaz oxigène, et les autres du gaz hydrogène. M. Pfaff a continué cette expérience pendant un grand nombre de jours, sans y observer d’interruption ; et comme ni l’une ni l’autre eau restante , n’avoient éprouvé aucun changement dans leur nature, il pense que l'on peut convertir à volonté une quantité d’eau donnée, en oxigène ou en hydrogène.
- MM. Ritter et Pfaff tirent, de leurs expériences , des conclusions contraires à la théorie de la décomposition de l’eau. Il nous semble que, pour qu’elles fussent plus concluantes, il auroit
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- fallu qu’ils eussent trouvé, pour séparer les deux eaux, une substance qui, elle-même ne contînt point d’eau : or, un liège humide en contient nécessairement; et quelque concentré que soit l’acide, il est difficile de croire qu’il soit entièrement privé d’eau.
- On lit, dans le bulletin de la société philomatique (i), le détail communiqué par M. Pfaff, des expériences de M. Ritcerdejena, par lesquelles il cherche à prouver l’identité du galvanisme et de l’électricité. M. Pfaff avoit reconnu, depuis long-temps, qu’en approchantune feuille d’or battu, attachée à un fil métallique communiquant avec line des extrémités d’une pile galvanique, d’un autre fil en communication avec l’autre extrémité, cette feuille d’or étoit sensiblement attirée, et qu’on en faisoit jaillir de très-vives étincelles. Des expériences analogues ont été répétées par d’autres physiciens. Depuis, M. Ritier non seulement a démontré, de la manière la plus évidente, ces phénomènes d’attraction et de répulsion , que les autres n’a-voient fait qu’indiquer ; mais il a donné encore» par les mêmes expériences différemment modifiées, de nouveaux moyens pour déterminer les lois du galvanisme. Toutes ses expériences ont
- H 4:
- (i) Thermidor an 9 ». n°. ç'j.
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- été faites avec une pile galvanique, composée de plaques de zinc et d’argent, au nombre de 841, et l’appareil étoit une cloche de verre, à laquelle on avoit adapté deux pistons, un à la partie supérieure, et l’autre sur le côté, de manière à pouvoir rapprocher perpendiculairement les deux extrémités renfermées dans la cloche, et les éloigner à volonté , ainsi qu’à pouvoir mettre en communication avec la pile les extrémités extérieures de ces pistons. A l’extrémité du piston supérieur, renfermé dans la cloche, s’attache une feuille d’or battu, de la longueur de cinq lignes.
- Dans cet état, si l’on fait communiquer l’extrémité extérieure du piston latéral avec la partie inférieure de la pile, qui est zinc , et l’autre piston avec la partie supérieure, qui est argent; et que l’on approche, à la distance de quelques lignes, le piston latéral de la feuille d’or, celle-ci est attirée avec une force analogue à celle de la pile : mais si l’on fait le vide sous la cloche , l’attraction est sensible à une distance beaucoup plus grande ; de plus ces attractions ont lieu, soit lorsque le piston latéral n’est plus en communication avec la pile, soit lorsque la chaîne est interrompue avec le piston supérieur : mais les effets sont toujours plus grands, lorsque la communication est établie plutôt avec
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- DU GALVANISME, m la partie supérieure de la pile, qu’avec l’inférieure.
- Dans cette dernière expérience , lorsque la communicaiion n’est établie qu’entre la partie supérieure de la pile et le piston supérieur de la cloche, la lame d’or est alternativement attirée et repoussée, jusqu’à ce qu’elle arrive à l’état de repos, dans sa situation verticale. Dans cette même expérience, M. Ritter a observé que le piston latéral, sans communication avec la pile, étant à une distance convenable de la feuille d’or, l’attraction avoit lieu, même lorsque la communication entre le piston supérieur et la partie supérieure de la pile, étoit encore interrompue par un espace très-sensible. L’expérience faite d’une manière inverse, a offert un effet beaucoup plus foible; d’oii M. Ritter conclut que l’influence de la pile est plus grande du côté de l’argent, que du côté du zinc.
- Si, après avoir établi la communication entre la partie supérieure de la pile et le piston supérieur de la cloche, on détruit subitement cette communication, et que l’on approche au même instant la feuille d’or du pistpn latéral, qui ne communique point, l’attraction se manifeste très-sensiblement. Dans ce cas, si l’on touche le piston supérieur avec un corps déférent, on n’observe plus aucun effet; mais si on ne touche ce piston, que quand la feuille d’or
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- HISTOIRE est repliée vers le piston latéral, l'effet n’est détruit que pendant le contact, et il a lieu de nouveau, dès que le contact cesse.
- Enfin, si l’on fait communiquer le piston supérieur avec la partie -supérieure de la pile, et qu’on établisse une communication entre la partie inférieure de la pile et le piston supérieur , on n’éprouve aucun effet, lorsqu’on approche la feuille d’or du piston latérâh
- Toutes ces expériences ont été faites dans le vide.
- J.-B. Van-Mons, professeur de physique expérimentale à Bruxelles, a lu, le 4 octobre 1798, dans la séance publique de la Société de Médecine et de Chirurgie d’Anvers, et a ensuite publié un mémoire allemand, appuyé d’expériences, sur les phénomènes du galvanisme et de l’électricité animale, in-8°. de 18 pages. C’est ainsi qu’il est annoncé, tome III de la 6e. année du magasin encyclopédique, p. 418. Je n’ai trouvé dans aucun journal l’extrait de ce mémoire.
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- CHAPITRE XV,
- Mémoire sur le Galvanisme, par M. Lehot. Expériences faites a Berlin. Rapport de M. Cuvier, sur le Galvanisme, et expériences de MM. Fourcroy 3 Vtuquelin et Thénard.
- §. Ier. ^Æémoire de M. Lehot (1). Son objet est de démontrer particulièrement, non seulement qu’il y a circulation d’un fluide très-subtil dans la chaîne galvanique , mais encore que, dans l’application des différentes chaînes aux arcs animaux, il existe des signes non équivoques de la direction du mouvement de ce fluide ; qu’à l’aide en outre de quelques règles générales , on peut déterminer à priori, dans un grand nombre de chaînes différentes, la direction du courant; que réciproquement, connoissant cette direction et la nature des parties de la chaîne,
- (1) Lu à l’Institut national, le 26 frimaire an 9 , inséré 'dans le Journal de physique, pluviôse an 9, et par extrait, dans les Annales de chimie , tome XXXVIII, page 42. C’est parce que les expériences, en grand nombre , que
- soin de figures pour être comprises , que nous avons donné à cet extrait plus d’étendue qu’à plusieurs autres.
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- il est possible, du moins dans certains cas, de déterminer leur position respective ; qu’on peut encore , par l’interposition de nouveaux corps dans la chaîne, ou par le changement de disposition des parties qui la composent, diriger, soit dans un sens, soit dans un autre, le fluide galvanique, oh même le réduire au repos.
- La connoissance de ces phénomènes tenoit à celle d’un fait, qui avoit entièrement échappé aux physiciens et aux physiologistes ; c’est que le fluide galvanique s’accumule dans le passage des organes aux armatures. C’est encore à l’aide du même fait, qu’on peut distinguer la nature des métaux, à plusieurs mètres de distance, par la seule influence galvanique. Voici les principaux résultats que les nouvelles expériences de M. ûhot lui ont donnés.
- Expérience première. Si l’on prend, dans une de ses mains , une cuisse de grenouille fraîchement préparée, et qu’on mette le nerf en contact avec une lame de zinc, dont l’extrémité plonge dans du mercure, au moment de l’immersion des doigts de l'autre main dans ce fluide, la cuisse éprouve de fortes contractions. On obtient absolument les mêmes résultats, toutes les fois qu’on emploie pour armature des doigts, une des substances suivantes ; savoir : zinc, plomb, étain, mercure, bismuth,
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- DU GALVANISME. 115 cuivre, argent, plombagine; et pour armature du nerf, une de celles qui la précèdent dans cette série. Quant au soin d’humecter les doigts, il est absolument indispensable : « c’est pourquoi dorénavant, dit M. Lekot, lorsqu’une des extrémités de l’arc sera terminée par les doigts, je supposerai toujours qu'ils sont humectés. » ze. Expérience. Si, au contraire, on met en contact le nerf avec le mercure, et qu’on touche ce métal avec un morceau de zinc, que l’on tient dans la main mouillée, il 11e se manifeste point de contractions, ou seulement de très-légères, pourvu que la suceptibilité ne soit pas très-affoiblie ; mais en séparant le nerf du mercure, ou, en général, en détmisant la chaîne, en quelque point que ce soit, les mouvemens musculaires ont lieu. On obtient absolument les mêmes résultats, toutes les fois qu’on emploie, pour armature des doigts, un métal de la série indiquée dans la première expérience; et pour armature du nerf, un de ceux qui le suivent dans cette même série. Ainsi, si on arme le nerf de plomb, et les doigts de zinc, lorsqu’on met ces deux métaux en contact, il n’y a aucune contraction ; mais si on détruit la chaîne en quelque point que ce soit, les contractions se manifestent. Au contraire , si, laissant le nerf armé de plomb, on arme les doigts d’argent, lorsqu’on forme la
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- chaîne, les convulsions galvaniques ont lieu (i).
- 3 e. Expérience. Si l’on place une plaque de zinc sur la langue, et qu’on la touche avec une pièce d’argent, qu’on tient avec les doigts humectés, à l’instant même il se manifeste une saveur particulière.
- Les mêmes phénomènes ont lieu toutes les fois qu’on emploie, pour armature de la langue, un des métaux indiqués dans la première expérience, et un de ceux qui le suivent pour armature des doigts; mais si, la chaîne étant formée, on la détruit, il ne se manifeste aucune saveur.
- 4e. Expérience. Si l’on place une pièce d’argent sur la langue, et qu’on prenne, dans ses doigts humectés, une plaque de zinc, lorsqu’on fera toucher cette dernière à la pièce d’argent, on n’éprouvera aucune sensation, ou
- (i) Ces expériences , qui réussissent parfaitement avec le mercure, sans de grandes précautions, en exigent beaucoup pour donner des résultats constans avec les autres métaux. Non seulement il est nécessaire que la susceptibilité soit très-affoiblie, et qu’il n’y ait de communication entre l’armature du nerf et le muscle, que par le nerf lui-même; mais encore il faut empêcher l’espècedemouvement d’oscillation que communique nécessairement aux parties de la chaîne, la main qui établit le contact. Pour cela , on peut employer, dit l’auteur, l’instrument que j’ai décrit dans mon mémoire, ou quelques moyens analogues.
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- D U G A L V A N I S M E. 117 du moins une très-légère. Mais toutes les fois qu’on détruira la chaîne en un point quelconque, on éprouvera la saveur, qui sera un peu plus foible que dans l’expérience précédente, et qui se propagera plus lentement.
- On obtient absolument les mêmes résultats, toutes les fois qu’on emploie, pour armature de la langue, un métal de ceux indiqués dans la première expérience , et pour armature des doitgs, un de ceux qui le précèdent dans cette liste. Ainsi, armant la langue de plomb , et les doigts de zinc, et mettant ces deux métaux en contact , on n’éprouve point de saveur; mais en détruisant la chaîne, en quelque point que ce soit, la saveur se manifeste. Au contraire, si, laissant la langue armée de plomb, on arme les doigts d’argent, en formant la chaîne , on éprouvera à l’instant la sensation.
- <;e. Expérience. Si l’on place la cuisse d’une grenouille sur une plaque d’argent, et le nerf sur une plaque de zinc ou de plomb ; au moment oh l'on mettra les armures en contact, il se manifestera de fortes contractions. Il en sera de même toutes les fois que l’armature du nerf, étant un métal pris dans ceux indiqués dans la première expérience, celle du muscle sera un de ceux qui le suivent dans cette série. .
- 6e. Expérience. Si l’on arme le muscle de
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- zinc et le nerf d’argent, les contractions ne sô manifestent qu’au moment oii l’on détruit la chaîne : mais, pour que cette expérience donne des résultats, il faut ne pas omettre les précautions énoncées dans la note, page ii<5; en substituant à l'argent des plaques de cuivre, de bismuth, de fer, de plomb, on obtient les mêmes effets.
- Dans les ie. , 3e. et 5e. expériences, les phénomènes se manifestent au moment oii l’on forme le cercle galvanique; le fluide contenu dans les parties de la chaîne, se met en mouvement, et pénètre immédiatement la langue ou les nerfs. En renversant la chaîne, le courant doit avoir une direction contraire , c’est aussi ce qui a lieu ; car les phénomènes que présentent les 2e., 4'. et 6e. expériences, c’est-à-dire , celles oii l’influence galvanique ne se manifeste qu’au moment où l’on détruit la chaîne, sont dus à une portion du fluide accumulé dans la langue ou les nerfs , aux points de contact de ces organes et de leurs armatures. Or, pour que le fluide soit accumulé ainsi, il faut qu’il ait pénétré ces organes dans la direction du muscle aux nerfs, ou des doigts à la langue ; ce qui fait voir que l’accumulation du fluide est un caractère certain de la direction du courant, et à l’aide duquel on peut, dans tous les cas, la déterminer.
- D’après
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- DU GALVANISME. n9
- D’après les expériences que je viens de détailler, et les faits déjà connus sur le galvanisme, il paroît qu’on peut établir les principes suivans :
- ia. Toutes les substances excitatrices contiennent du fluide galvanique ; mais les substances humides et les organes des animaux en contiennent fort peu, et ont une capacité très-petite pour ce fluide, comparativement aux substances métalliques.
- 2°. Lorsqu’on met en contact deux substances excitatrices, il se forme une nouvelle répartition du fluide galvanique ; la substance qui se trouve avoir moins de capacité, perd une portion de ce fluide, et l’autre s’en empare. Les substances métalliques et charbonneuses, disposées dans l’ordre suivant : çinc, plomb, étain, mercure, bismuth , cuivre rouge, argent, plombagine, agissent de manière que l’une, mise en contact avec une de celles qui la suivent, s’empare d’une portion du fluide de cette dernière ; et que celle-ci, mise en contact avec l’une de celles qui la précèdent, perd une portion de son fluide.
- 3°. Lorsque le fluide galvanique pénètre la langue, en se dirigeant de son extrémité vers sa racine, il y cause une saveur particulière plus ou moins forte, selon la plus ou moins grande quantité de fluide, et la susceptibilité de l’or-IIe. Partie. I
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- gane. Mais lorsque sa direction est telle, qu’il tend à sortir de l’arc animal par la langue ,il fait éprouver une saveur beaucoup plus foible, et qui diffère d’autant plus de la première, que la quantité de fluide, mise en mouvement, est moindre; ensorte que, lorsqu’elle est très-petite , cette saveur est insensible. Mais le fluide ne sortant qu’avec difficulté de la langue, s’accumule en partie dans cet organe ; et lorsque la cause qui a fait naître cette accumulation cesse, alors le fluide, retournant vers la racine, y cause la saveur galvanique.
- 4°. Lorsque le fluide galvanique, propagé par les nerfs, pénètre la substance musculeuse d’organes séparés depuis peir d’animaux vivans, il y produit des contractions. La susceptibilité étant exaltée, si le fluide propre de l’organe, par quelque cause que ce soit, se répartit inégalement , et s’accumule en quelques points, il peut en résulter des mouvemens musculaires. Mais si la susceptibilité est affoiblie, les contractions ne peuvent plus avoir lieu, que par le secours d’un fluide étranger à l’organe.
- Au premier degré d’affoiblissement de la susceptibilité des organes, les contractions se manifestent, quelle que soit la direction du fluide qui les pénètre; si la suceptibilité est plus affoiblie, la direction du courant n’est plus indifférente.
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- DU GALVANISME. 131 Lorsque le fluide est dirigé de manière à passer des ramifications nerveuses aux nerfs, les contractions sont beaucoup plus foibles que lorsqu’il a la direction contraire ; et dans le premier cas, une portion du fluide s’accumule au point par lequel il tend à sortir du nerf. Cette accumulation et cette différence d’efficacité du courant, qui pénètre l’organe dans un sens ou dans un autre, sont d’autant plus grandes, que la susceptibilité est moindre , et la quantité de fluide, mise en mouvement, plus petite. Ainsi la susceptibilité étant très-affoiblie, quoiqu’il y ait des contractions, lorsque le fluide pénètre les organes, dans la direction du nerf au muscle; elles sont milles, lorsqu’il les pénètre dans la direction contraire; et alors, il s’accumule presque entièrement dans l’organe. La cause qui a fait naître cette accumulation cessant, le fluide retourne sur lui-même, et pénétrant les organes, dans la direction la plus favorable, il y occasionne des mouvemens musculaires.
- 5°. Si l’on établit une communication entre deux points d’un organe animal, à l’aide d’une chaîne composée de différentes substances, et disposée tellement, qu’elle ne soit pas symmétri-que, quant à la nature des parties qui la composent, le fluide inégalement sollicité de part et d’autre, se met en mouvement, et forme un I i
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- i32 HISTOIRE
- courant, dirigé du côté de la force prépondérante.
- 6°. Si l’on renverse toutes les parties de la chaîne, qui établit la communication entre deux points d’un système d’organes nerveux ou musculaires , on donne naissance à un courant dirigé en sens contraire du premier.
- 7°. Lorsque la chaîne est symmétrique , quant à la nature des parties qui la composent, le fluide, également sollicité de part et d’autre, ne prend aucun mouvement.
- 8°. Quand on détruit une chaîne qui, par sa nature, met le fluide galvanique en mouvement, c’est-à-dire, qu’on y interpose un corps isolant, le fluide, accumulé dans l’organe par la formation de cette chaîne, retourne sur lui-même, et il se forme un courant en sens contraire du premier.
- Ces principes, qui forment la base de la théorie du galvanisme, sont encore confirmés par les expériences suivantes :
- Septième expérience. Si une personne prend une cuisse de grenouille dans l’une de ses mains, si elle arme le nerf avec du zinc, et sa langue avec de l’argent , au moment du contact de ces deux métaux, la cuisse de la grenouille se contractera, et la personne n’éprouvera point de saveur , ou du moins elle sera très-légère. Mais, en détruisant la chaîne,
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- DU GALVANISME. 133
- elle éprouvera une saveur assez forte, et la cuisse ne se contractera pas; si, au contraire, elle arme sa langue de zinc, et le nerf d’argent, au moment du contact, la saveur se manifestera, et la cuisse, si l’incitabilité est affoiblie, restera dans une immobilité parfaite.
- En détruisant la chaîne, les mouvemens musculaires reparaîtront sans que la . saveur se manifeste : ce qui doit être; car, au moment oîi Ton forme la chaîne, le courant se dirige de Fargent au zinc, pénètre immédiatement le nerf, cause des contractions dans le muscle, traverse le corps de la personne qui fait l’expérience, et s’accumule dans sa langue, sans lui faire éprouver de sensation. Lorsqu’on détruit la chaîne, le fluide accumulé retourne sur lui-même, et la personne éprouve la saveur. Si on arme la langue de zinc, et le nerf d’argent, le courant étant dirigé en sens contraire, les phénomènes opposés ont lieu.
- Huitième expérience. Si deux personnes, qui se tiennent par la main, arment leur langue, l’une avec du zinc, Fautre avec de Fargent, lorsqu’elles mettent les deux métaux en contact, celle qui a la langue armée de zinc éprouve la saveur, et l’autre ne l’éprouve pas. SL ensuite elles séparent le zinc de Fargent, celle qui a éprouvé la saveur, en formant la chaîne, ne
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- l’éprouve plus en la détruisant; mais elle se
- manifeste dans la langue de l’autre.
- Neuvième expérience. Enfin, l’on peut terminer l’arc animal par deux nerfs. Ainsi en plaçant deux cuisses de grenouille sur une lame de verre, et établissant communication entre leurs muscles, à l’aide d’une lame métallique, et armant les nerfs l’un de zinc et l’autre d’argent, à l’instant oii l’on établit la communication entre ces deux armatures, au moyen d’une lame de zinc ou d’argent, la cuisse armée de zinc se contracte, et l’autre, l’incitabilité étant affoiblie, ne se contracte pas ; mais, en détruisant la chaîne, les mouvemens musculaires ont lieu dans cette dernière, tandis que l’autre reste immobile.
- Dixième expérience. Tout étant disposé comme dans la 2e. expérience, la chaîne étant formée, si l’on fait toucher en un point le muscle à du mercure, sans détruire le contact du nerf, ou si l’on établit communication entre le muscle et le mercure, ou le muscle et le zinc, à l’aide d’un communicateur métallique, il se manifeste à l’instant des mouvemens musculaires. Ces phénomènes sont dus au fluide accumulé au point de contact du nerf et de son armature , lequel fluide rentre dans le muscle, et y fait naître des contractions : car si, laissant toujours le communicateur toucher au muscle et au mercure, ou
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- DU GALVANISME. i3ç au muscle et au zinc, on détache celui-ci du mercure, il ne se manifeste aucune contraction , comme il y en auroit eu, si le fluide accumulé par la première chaîne, au point de contact du nerf et de son armature , y étoit resté.
- Onzième expérience. Tenant une cuisse de grenouille , préparée à l’ordinaire, dans l’une de ses mains, et mettant les nerfs et quelques points du muscle en contact avec le mercure, à l’instant oii l’on touche le mercure avec un barreau de zinc, que l’on tient dans l’autre main mouillée, il se manifeste des contractions très-fortes. Cette expérience présente donc des phénomènes entièrement opposés à ceux que présente la 3e.; le fluide, au lieu de s’accumuler dans le nerf, est sorti par le muscle, et y a causé des contractions. On peut arriver à un tel point d’incitabilité , que le double contact du nerf et du muscle, détruise toute espèce de contraction, tant en formant qu’en détruisant la chaîne.
- Douzième expérience. Si , tout étant disposé comme dans la sixième expérience, on fait toucher à la pièce d’argent, non seulement le nerf, mais aussi le muscle, le laissant cependant toujours en contact avec le zinc, lorsqu’on établit une communication entre le zinc et l'argent* î 4
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- il se manifeste des contractions très-fortes. En substituant à l’argent, du cuivre, de la plombagine , du plomb, on obtient précisément les mêmes phénomènes.
- Chaîne composée de trois substances métalliques. Le courant qui se forme dans la chaîne composée de trois substances métalliques, est toujours dirigé du côté du métal extrême, qui se trouve avant le métal placé à l’autre extrémité de cette même chaîne. La direction du courant ne dépend donc, en aucune manière, du métal qui occupe le milieu.
- Dans une chaîne composée de substances métalliques et humides, oîi il n’y a que deux ou trois métaux hétérogènes en contact immédiat, le courant est dirigé, comme il le seroit en considérant ces métaux, indépendamment du reste de la chaîne.
- Chaîne composée de trois corps de la première classe, et dun de la seconde ; armatures métalliques homogènes. Ayant placé une lame de zinc au fond d’un vase rempli d’eau, et mis la langue en contact avec l’extrémité d’unbarreau d’étain, dont l’autre extrémité touche à la lame de zinc ; si l’on prend, dans l’une de ses mains, un second barreau du même métal et de même dimension que le précédent, lorsqu’on plonge dans l’eau l’extrémité de ce second barreau, on n’éprouve aucune saveur. En effet, le courant
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- est dirigé de manière à passer par les doigts, en traversant le corps de celui qui fait l’expérience , pour venir s’acumuler dans la langue. Mais au moment oii, plongeant le barreau plus profondément, on touche au zinc, la saveur se fait sentir (1). «Ce phénomène, qui n’avoit point été observé, est une suite naturelle de mes principes , dit M. Lehot ; car, mettant ce second barreau en contact avec le zinc, on forme une chaîne sym-métrique, qui est telle, que le fluide doit y être en équilibre ; par conséquent la quantité de ce fluide, qui s’étoit accumulée dans la disposition précédente, doit retourner sur elle-même, et causer la saveur. Détachant le barreau d’étain de la plaque de zinc, sans le retirer de l’eau, on n’éprouve aucune sensation; puisqu’il se forme un courant dirigé de manière à pénétrer les doigts. Si l’on sort de l’eau le barreau d’étain , on éprouve la saveur, le fluide accumulé retournant sur lui-même. »
- » Ainsi, rendre une chaîne symmétrique, ou la détruire par l’interposition d’un corps isolant,
- (1) Si au lieu de faire toucher le barreau d’étain au zinc , on établit communication entre les deux barreaux d’étain , à l’aide d’un communicateur métallique, on éprouve la sav.eur, parce qu’alors on forme une chaîne symmétrique , qui rétablit l’équilibre.
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- c’est la même chose relativement au mouvement du fluide galvanique. Il est évident, d’après l’explication que je viens de donner, que si, au lieu de rendre fixé le barreau qui touche à la langue, et mobile celui qu’on tient à la main, on fait l’opération inverse, on éprouvera la saveur dans les circonstances contraires; puisque le courant aura, dans tous les cas, une direction opposée. »
- » Lorsqu’on plonge l’extrémité du barreau mobile dans l’eau, celui qu’on tient avec la main mouillée étant fixe et en contact avec la lame de zinc qui est' au fond du vase, on éprouve la saveur. Le plongeant plus profondément, de manière à ce qu’il touche à la lame de zinc, on n’éprouve aucune sensation. En le détachant de la lame de zinc, sans le tirer de l’eau, on éprouve de nouveau la saveur; enfin, au moment où on le tire de l’eau, le fluide ne se fait pas sentir. > » Si l’on place deux points de la langue aux deux extrémités des deux barreaux d’étain ; i °. à l’instant oii le barreau mobile touche l’eau, celui qui est fixe étant en contact avec la lame de zinc, on éprouve la saveur à l’extrémité du barreau mobile ; z°. Le plongeant plus profondément, si on le met en contact avec la lame de zinc, on éprouve la saveur au point de contact de la langue et de l’autre barreau; 30. au moment où l’on sépare de la lame de zinc, l’un ou l’autre barreau,
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- DU GALVANISME. i39 sans cependant le sortir de l’eau, on éprouve à l’extrémité la saveur galvanique. Enfin, l’autre étant toujours fixe, si l’on tire de l’eau celui qui est mobile, la saveur se fait sentir à l’extrémité du premier. »
- D’après les principes exposés dans ce mémoire , il est facile de conclure, qu’en employant pour barreau un métal pris dans la série donnée, et pour communicateur plongé dans l’eau, un des métaux qui suivent cette série, les phénomènes qui ont lieu dans les expériences précédentes, doivent être entièrement opposés, c’est-à-dire, que dans la irc. et ze. expériences, les cas où il y a sensation, sont ceux où il ne doit pas y en avoir ici, et ceux où il n’y en a pas, sont ceux où elle doit se manifester, et que, dans la troisième expérience, les cas où la saveur se fait sentir à l’extrémité du barreau mobile, sont ceux où elle doit se faire sentir à l’extrémité du barreau fixe, et vice versa; car le courant est alors toujours dirigé en sens contraire.
- Plaçant les nerfs d’une cuisse de grenouille, sur une lame d’étain, terminée par une petite cavité remplie d’eau, et les muscles sur une autre lame parfaitement égale, si on met une des extrémités d’un arc de zinc en contact avec le fond de la cavité pratiquée dans l’armature du nerf, et qu’on fasse plonger l’autre extrémité de cet arc dans l’eau
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- de celle de l’armature du muscle, la susceptibilité des organes peut être telle, qu’il ne se manifeste point de contraction. En plongeant plus profondément le communicateur, ensorte qu’il touche au fond de cette dernière cavité, à l’instant les contractions se manifestent dans l’arc animal ( i ). Détachant alors l’arc de zinc du fond de la cavité de l’armature du nerf, sans cependant le sortir de l’eau, l’organe reste immobile. Au moment oii on le tire de l’eau , le laissant toujours en' contact par son autre extrémité, les contractions se manifestent de nouveau. M. Lehot a répété, avec succès, cette expérience un très-grand nombre de fois; cependant, dans le dernier cas, les contractions sont toujours plus foibles que dans le premier, et même quelquefois milles (î).
- Si on met l’arc de zinc en contact avec l’armature du muscle, et qu’on plonge son autre
- (1) En établissant une communication entre les deux lames d’étain, avec une substance métallique, on produit le même effet.
- (2) Il faut, pour que ces expériences réussissent constamment , avoir sur-tout soin de n’employer que des organes dont la susceptibilité est affoiblie : autrement, dans les quatre cas de ces expériences, il se manifeste des contractions.
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- DU GALVANISME. 141 extrémité dans la cavité de l’armature du nerf, la cuisse se contracte très- fortement. En enfonçant davantage l’arc de zinc, ensorte qu’il touche au fond de cette cavité, il ne se manifeste point de contractions. En le détachant, on apperçoit ordinairement des mouvemens musculaires ; mais souvent l’organe reste immobile.
- On obtient absolument les mêmes résultats,' toutes les fois qu’on emploie un métal plus puissant, pour' établir une communication entre deux armatures homogènes, d’un métal moins puissant. Si on emploie des armatures d’un métal qui a une plus grande capacité, et pour communicateur un autre qui en a moins, alors on obtient des effets parfaitement opposés.
- Les nouvelles expériences qui sont l’objet de ce mémoire, conduisent à ce résultat assez singulier , qu’on peut distinguer un métal d’un autre , sans le voir ni le toucher immédiatement. En effet, composant une chaîne telle qu’étant fermée par l’un des métaux proposés, elle donne naissance à un courant dirigé dans un sens, et étant fermée par l’autre, à un courant dirigé dans le sens contraire, il sera facile de les reconnoître. C’est ainsi que M. Lehot a souvent distingué un morceau de zinc, d’une pièce d’argent, à l’extrémité de fils métalliques de quelques mètres de longueur.
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- Il termine son mémoire par l’exposé des moyens qu’on peut employer pour augmenter l'effet de chacune des chaînes qu’il a examinées. Si l’on unit plusieurs chaînes semblables , composées de deux métaux, par des substances humides, et qu’elles soient tellement disposées, qu’elles tendent toutes à donner la même direction au fluide, ces chaînes partielles agissant indépendamment les unes des autres , mettront chacune en mouvement la quantité de fluide qu’elles auroient mue, si elles eussent été seules : donc la chaîne totale mettra plus de fluide en mouvement, que chacune des chaînes partielles ; et elle en mettra d’autant plus, que le nombre de ces dernières sera plus considérable.
- Dans une chaîne formée d’arcs métalliques semblables, joints par des substances humides, et composés de deux métaux, le courant est dirigé du côté de celui des deux, qui se trouve avant l’autre. Si les arcs sont formés par la succession de trois métaux, le courant est dirigé comme s’il n’y avoit, dans chacun, que les deux métaux extrêmes.
- Si on attache un fil de laiton à chacune des extrémités des chaînes formées par la succession des arcs, composés de [inc, cuivre, substance humide; [inc , plombagine , substance humide ; [inc, plomb , substance humide ; plomb ,
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- DU GALVANISME. 143 plombagine, substance humide, et qu’on ferme le cercle , en faisant plonger les deux extrémités de ces fils dans de l’eau acidulée par l’acide nitrique ou sulfurique, alors l’extrémité du fil qui tient au métal le moins puissant, se couvre d’une couche de cuivre rouge (1), tandis que l’autre fil se dissout. Les autres phénomènes chimiques, qui se passent aux deux extrémités de l’appareil, en substituant à l’eau acidulée d’autres substances ; conservent également un rapport constant avec la ' direction du courant; ensorte que l’ordre des métaux, indiqué par les expériences de la saveur et des contractions musculaires, se trouve de nouveau confirmé par les phénomènes chimiques que présente l’appareil de Volt a, formé avec les différentes substances métalliques.
- « Après avoir développé, dit M. Lehot, les loix du mouvement du fluide galvanique, il resteroit à en examiner la nature, et à le
- (1) Ce phénomène avoit paru d’abord àM. Lehot être dû au cuivre propre de ce fer, mis à nu ; mais il s’est assuré que, dans cette expérience , une portion du cuivre de l’autre fil se dissout, et est ensuite précipité sur la surface de celui qui tient à l’argent ; car en substituant au dernier un fil de platine , il se couvre également d’une couche de cuivre rouge.
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- I44 HISTOIRE
- comparer au fluide électrique. Mais plusieurs physiciens se sont déjà occupés de cet objet; particulièrement le professeur Volta, qui paroît avoir prouvé l’identité de ces deux corps, en faisant voir qu’il se manifeste de l’électricité positive du côté terminé par le zinc, dans la chaîne formée de la succession d’arcs composés de zinc, cuivre, substance humide, et de l’électricité négative, du côté terminé par le cuivre. »
- §. II. Expériences faites à Berlin. ( Berlin, 4 avril ,801 , ou 14 germinal an 9.) «On fait, depuis quelque temps, dans cette ville, des expériences sur le galvanisme (i), dont on espère que les résultats non seulement seront utiles à la physique, mais donneront encore de nouveaux moyens à l’art de guérir. Ce sont nommément MM. Helvige , major suédois , Bourguet, professeur de chimie , Hermann, professeur de physique , et le docteur Grapengiesser, qui ont réuni leurs lumières pour augmenter ou modifier les expériences faites jusqu’à ce jour, dans cette carrière toute nouvelle ; ayant sur-tout eu en vue, les trois premiers d’étendre le domaine de la physique, et le
- (1) Voyt^ le Magasin encyclopédique, tome Ier. de la 7'. année, n°. 1, prairial an 9.
- dernier
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- DU GALVANISME. 14, dernier d’en déduire des applications utiles en médecine. »
- » On ne s’est pas borné à indiquer ce qui l’a déjà été par Volta, Nicholson, Cruikshank., et autres physiciens ou médecins : on les a tous interrogés ; on a constaté la vérité de leurs réponses ; et si peu de progrès qu’on ait faits sur la route, on a voulu cheminer de soi-même, en ajoutant quelques pas à la trace de ses prédécesseurs. On n’ose cependant pas se flatter de s’être rapproché d’une théorie certaine : les phénomènes se présentent toujours environnés de doute ; mais, jusqu’à ce que la cause en soit découverte par le temps, ou la sagacité d’un génie supérieur, il est intéressant pour tous d’en utiliser les effets. C’est-là le seul objet des tentatives, dont voici un résumé très-succinct. »
- » On a d’abord construit un appareil galvanique, tel qu’il a été imaginé par Volta. Les deux métaux qu’on a choisis pour former les colonnes, ont été l’or et le zinc, l’or en pièces de deux Frederick de Prusse, non frappés, le zinc en pièces de même grandeur, et on a placé entre les deux métaux, des morceaux de drap, humectés d’eau salée. Toutes les expériences connues, ont été répétées, et ont donné absolument les mêmes résultats qu’aux premiers observateurs, notamment IIe. Partie. K
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- la commotion, et la décomposition de l’eau en ses deux gaz constituai. »
- » On a formé de plus un second appareil, dont les colonnes ont été composées de pièces d’argent et de zinc. On auroit .voulu pouvoir déterminer lequel des deux systèmes doit toujours produire le plus d’effet ; mais, par des raisons qui ne sont pas détaillées d’une manière assez précise, parce que chaque appareil a présenté séparément beaucoup d’irrégularité dans ses produits, on n’a point encore de justes motifs pour préférer exclusivement l’un des deux à l’autre. La valeur de chacun ne s’est pas soutenue d’une manière assez constante, pour qu’on puisse assigner à l’or ou à l'argent, ni même au cuivre, plus ou moins de vertu pour l’excitation du galvanisme; mais, ce qui a été reconnu, ce qui n’avoit pas encore été éprouvé jusqu’ici, c’est que les deux appareils, mis en combinaison par une chaîne métallique, adaptée à la base d’une colonne et au sommet de l’autre, en contact, d’une part, avec l’or, et de l’autre avec le zinc, produisent une abondance de galvanisme capable de porter la commotion jusques dans les épaules, tandis que l’appareil ordinaire n’a que la force suffisante pour la donner jusqu’aux coudes. »
- » Ce qui appartient également aux physiciens de cette.yille, c’est la découverte qui apprend que l’on
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- DU GALVANISME. 147 obtient plus vite l’étincelle, soit entre les deux conducteurs d’une même colonne , soit entre les deux conducteurs du système combiné, lorsque les extrémités de ces conducteurs sont terminées, l’une par une pointe de fil de fer très-fin, et l’autre par un bouton. L’étincelle qui vient difficilement, dans l’hypothèse que ces extrémités ne soient pas telles , paroît bientôt , dans cette circonstance, et est accompagnée d’une forte détonnation ; mais si l’on veut atteindre à la plus grande intensité de cet effet, il faudra revêtir d’une feuille d’or, la pointe et le bouton des conducteurs. »
- » C’est au hasard que l’on est redevable de cette dernière découverte. Il étoit question de consulter l’électromètre de Bennet, afin de voir s’il seroit assez affecté par l’appareil de la colonne. On mit, à cet effet, le bouton sur le haut de l’électromètre, et l’on introduisit la pointe jusqu’aux feuilles d’or. Ce métal fit alors lui-nlême la fonction de conducteur, et décida d’une manière aussi forte qu’inattendue, le départ de l’étincelle, résultat auquel on n’étoit qu’imperceptiblement parvenu, par les moyens ordinaires. Depuis ce temps, on a revêtu d’or l’extrémité des conducteurs, et on a constamment obtenu une étincelle facile, prompte et forte. On s’en est servi, avec le plus grand succès, K 2
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- pour l’inflammation du phosphore , et du soufre sublimé, pour celle du gaz fulminant, pour celle enfin de la poudre à canon, dont la combustion résiste ordinairement à l’action du fluide élec^ trique. On a fait toutefois cette remarque, que lors de ces expériences, la feuille d’or, qui recouvroit l’extrémité des conducteurs, s’est elle-même fondue, et a été réduite en un globule plus ou moins parfait, suivant la force de l’étincelle. » « On a reconnu et vérifié, avec Nichol-son, l’état inverse des deux conducteurs : soumis à l’épreuve de l’électromètre de condensation , c’est l’argent qui s’est trouvé négatif, le zinc se montrant positif. On a fait plus : on a chargé une bouteille de Leyde avec le produit de la colonne, mais par l’intermédiaire du condensateur de Volta. La bouteille a semblé obéir à la loi générale : ses deux surfaces se sont différemment affectées; et ce qui a paru surprenant, c’est qu’elle n’a donné aucune commotion, aucune qui approchât même de la plus légère commotion simple galvanique, quelque précaution qu’on ait mise à la charger, et de quelque quantité qu’on l’ait chargée, quantité cumulée, dont une petite fraction , émanée de l’appareil à co-. lonné, produit une secousse assez violente. »
- » Voulant enfin interroger, avec le galvanisme , tout ce qui répond à l’électricité, on a
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- DU GALVANISME. 149 produit, à l’aide de deux condensateurs, les figures de Lichtenberg, avec les mêmes dissemblances , et sous les mêmes formes qui leur sont assignées dans le fluide électrique. »
- Telles sont, en substance, les opérations des physiciens de Berlin : il eût été très-important, abstraction faite du parti que le docteur Gra-pengiesser en a tiré pour la pratique et pour la guérison de plusieurs maladies, comme on le verra chap. XIX, de pouvoir fixer l’opinion sur la nature du fluide qui se manifeste dans les expériences galvaniques , afin de lever tous les doutes à cet égard. On ne saurait sans contredit méconnoître la similitude de ce fluide avec celui électrique ; mais si l’on étoit porté à croire qu’il existe, entre ces deux fluides , une identité absolue, l’expérience des physiciens de Berlin serait subversive de toute présomption de cette espèce.
- La dernière qu’ils aient faite, et la plus propre à persuader que l’électricité et le galvanisme sont d’une nature differente, c’est d’avoir isolé l’appareil, et avec lui un tube de verre où l’influence galvanique opérait, parle rapprochement des deux conducteurs, la décomposition de l’eau. Ils ont soumis tout ce système, isolé de la sorte, à l’action électrique d’une machine assez forte : ils en ont obtenu des étincelles très-considérables; et cependant la décomposition de l’eau n’a.
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- subi, dans le tube, aucune modification : ce qui tendroit à démontrer que non seulement l’analogie n’existe pas entre les deux fluides, mais encore que leur action est indépendante, et que la plus grande abondance d’électricité n’influe en rien sur la marche du galvanisme.
- D’un autre côté, si l’on rapproche quelques circonstances, telles que la plus grande action de la colonne, au moyen des morceaux de draps qui lui sont interposés, et qui sont imprégnés d’une eau chargée de sel ammoniac, duquel l’oxigène se dégage facilement; telles encore que l’interposition d’une substance animale aux plaques de métal ; après laquelle il est visible que la chair est irritée, et rougit du côté qui fait face à l’argent, tandis qu’elle est réduite en graisse ou en substance animale désoxidée du côté qui fait face au zinc; si l’on considère également que l’appareil est d’autant plus susceptible de force , qu’il est mieux armé de métaux soumis à l’action de l’oxigène.; qu’enfin, les plaques de métal.sont corrodées sensiblement, après qu’on a fait agir la colonne, et que lorsqu’il n’y a plus de substance oxigénée en interposition aux métaux, toute action galvanique cesse; dès-lors il sera impossible de ne pas reconnoître que la présence de l’oxigène, et même son action sur une substance quelconque, sont des conditions
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- DU GALVANISME, iji nécessaires à l’apparence du galvanisme j que les phénomènes galvaniques non seulement ont une cause étrangère à celle de l’électricité, mais encore qu’ils seroient plutôt dans la dépendance de l’oxigène, sans le concours et l’action duquel on n’a pu jusqu’ici produire les effets de ce qu’on a nommé, en attendant, fluide galvanique.
- §. III. Rapport sur le galvanisme, fait à tInstitut par U professeur Cuvier , et expériences des CC. Fourcroy, Vauquelin etThenard. Un aussi savant naturaliste que le C. Cuvier, ne pouvoit s’empêcher de fixer son attention sur les écrits multipliés que faisoit naître le galvanisme. Aussi s’en est - il occupé avec soin, et a-t-il mis, dans le rapport qu’il a fait à ce sujet, l’institut national, tout l’intérêt qu’il sait répandre dans ses ouvrages. Voici en entier ce rapport, dont il ne seroit pas possible de donner un extrait, sans lui faire perdre h plus grande partie de son mérite (i)..
- » Le hasard, ce père de presque toutes les découvertes , a encore favorisé les physiciens
- (i) Ce rapport est tiré du Journal de physique , germinal an 9, page 318. Il se trouve aussi,, sous le titre d'Expériences galvaniques, dans le Magasin encyclopédique , floréal an 9, page 371.—Voye^ aussi lès Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la. république française , in-4°., tome Ier, page 13a.
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- JJ* HISTOIRE
- dans ces dernières années, d’une manière qui rendra cette époque bien remarquable dans l’histoire des sciences. Quelques morceaux de métal, mis en contact, ont manifesté des phénomènes qu’aucune sagacité ne pouvoit prévoir, et nous ont ouvert un champ aussi vaste que fécond en applications importantes. L’influence de ces phénomènes s’étend plus que jamais. Bornés d’abord, en apparence, à l’économie animale, ils semblent aujourd’hui jouer un rôle important dans la chimie. »
- » C’est sur-tout au génie de Volta qu’ils doivent ce nouvel accroissement. Son opinion, que le galvanisme n’étoit qu’une application de l’électricité à l’économie animale, ayant été contestée par plusieurs savans, il chercha les moyens d’accroître les effets, au point de rendre leur véritable nature évidente pour tout le monde, et il trouva qu’en multipliant les pièces de deux métaux, en les disposant toujours alternativement , et en les tenant humectées, on produit des attractions, des répulsions, et des commotions , toutes semblables à celles de la bouteille de Leyde; et qu’en général, une pile de disques, alternativement formée d’argent, de zinc et de cartons mouillés, manifeste à l’instant toutes les apparences de l’électricité vitrée à l’extrémité oîi est l’argent, et de l’électricité
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- DU GALVANISME. 153 résineuse à celle oii est le zinc. Cependant il y a cette différence, qu’une bouteille de Leyde , une fois déchargée, ne présente plus d’effet, à moins qu’elle n’ait été électrisée de nouveau, au lieu que la pilé de Volta s’électrise constamment elle-même , que ses effets se renouvellent sans cesse, et que ce n’est qu’en la déchargeant avec de très-gros conducteurs, qu’on parvient à diminuer ces effets pour un instant. De plus, la bouteille de Leyde se décharge toujours par le moyen de l’eau : pour peu qu’il y ait d’humidité continue entre ses deux surfaces, ses effets sont anéantis : la pile a beau ruisseler l’eau, dont ses cartons sont imbibés, ses effets ne perdent rien de leur intensité : ils ne cessent que lorsqu’elle est entièrement plongée dans l’eau. »
- » Ces différences dévoient faire douter de l’identité parfaite du galvanisme avec l’électricité: d’autres phénomènes encore plus extraordinaires sont venus augmenter ces doutes. Si on plonge dans l’eau les bouts de deux fils métalliques, qui communiquent l’un avec l’extrémité résineuse ou négative de la pile , et l’autre avec la vitrée ou positive, et qu’on les tienne à une petite distance l’un de l’autre, il se dégage, à l’extrémité du premier fil des bulles de gaz hydrogène, et à celle de l’autre de l’oxigène qui se fixe sur le métal, lorsque celui-ci est oxidable, ou s’élève
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- en bulles, s’il ne l’est pas : cette action continue, tant que l’appareil reste en cet état. Mais ce n’est pas en cela que consiste la plus grande singularité des phénomènes, et c’est ici que le galvanisme commence à entrer dans le domaine de la chimie. *>
- » Il aurait été tout naturel de regarder ce gaz comme le produit.dé la décomposition de l’eau, si une circonstance particulière n’avoit pas encore donné des doutes sur cette explication. Il faut, pour que le dégagement ait lieu, que les bouts des fils soient à une certaine distance : s’ils se touchent, on ne voit plus de bulles. Comment l’oxigène et l’hydrogène, provenus de la même molécule d’eau, paraissent-ils à des points éloignés? Et pourquoi chacun d’eux paroît-il exclusivement au fil qui tient à l’un des deux bouts de la pile, et jamais à-l’autre ? »
- » Tel étoit l’état de nos connoissances sur le galvanisme, lors de la notice qui fut donnée des travaux de la classe de physique de l’Institut, vers le mois de nivôse an IX; toutes les expériences faites par des savans étrangers et françois, classées et constatées par ue commission dont le C. Halle a été l’organe (i), n’ont
- (i) Voyci le chapitre XII'.
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- DU GALVANISME. 155 conduit qu’aux trois grands résultats suivans : i°. augmentation d’intensité d’après le nombre et l’étendue des surfaces métalliques, mises en contact ; i°. renouvellement perpétuel de l’action ; 30. production des deux gaz par la communication des deux extrémités de la pile avec l’eau. »
- » Mais, depuis ce temps, les physiciens ont redoublé d’efforts : le dernier phénomène surtout a piqué leur curiosité. Les uns ont cru y voir les bases d’une chimie nouvelle : les autres , plus prudens , ont suspendu leur jugement, ou ont cherché à ramener les- faits aux théories connues. Cependant , quel que fût leur système, tous dévoient commencer par une recherche semblable, pour voir si ils parvien-droient à produire les deux gaz dans des eaux séparées. Si ces eaux sont absolument isolées, les gaz ne se montrent point : si on les fait communiquer par un fil métallique, il y a seulement une production de gaz double, c’est-à-dire , que chaque extrémité du fil intermédiaire agit dans la portion d’eau où elle plonge, comme si ce fil venoit immédiatement de l’extrémité de la pile opposée à celle qui communique avec cette portion ; de manière que chaque portion donne à-la-fois les deux gaz : mais si on met, entre les deux eaux, de l’acide sulphu-rique, les gaz se manifestent, chacun de son
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- côté. Il en est de même si on établit la communication des eaux par le moyen d’un corps animé, comme la main. Ainsi la production de chaque gaz, dans des eaux séparées, est com-plettement prouvée. »
- » Il est clair qu’il n’y a que trois manières possibles d’expliquer ces faits. Car, i°. ou l’action galvanique tend à enlever, dans chaque eau, une de ses parties constituantes, en y laissant l’autre en excès ; i°. ou elle décompose de l’eau , et laissant dégager un des gaz au bout d’un des fils, elle conduit l’autre, d’une manière invisible, à l’extrémité de l’autre fil, pour l’y laisser dégager ; 3 °. ou bien enfin, l’eau ne se décompose point du tout ; mais sa combinaison avec un principe quelconque, émanant du côté positif de la pile, produit le gaz oxigène, et avec celui qui émaneroit du côté négatif, l’hydrogène. »
- » Les deux premières opinions ont été avancées dans la classe de physique de l’Institut, l’une verbalement, par le C. Monge, l’autre dans un mémoire détaillé par le C. Fourcroy. La troisième appartient à quelques étrangers, et surtout à M. Ritttr, professeur à Jena (1). Mais elle paroît tellement en contradiction avec l’ensemble de tous les autres phénomènes chimiques, qu’il
- (1) Voyti le chapitre précédent, art. 2.
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- DU GALVANISME. 157 eût été presque impossible de l’admettre, quand même on n’auroit pu trouver autrement une explication satisfaisante de l’expérience en ques-
- » Le mémoire du C. Fourcroy est le résultat d’expériences très-nombreuses qu’il a faites avec les CC. Vauqueün et Thénard : il joint à une explication fort ingénieuse du fait principal, une multitude de circonstances inconnues auparavant. Les CC. Fourcroy et Vauquelin, noms à jamais inséparables, et autant unis par la gloire que par tamitié, suivant l’expression du C. Leclerc (1) , admettent l’existence d’un fluide particulier, qu’ils nomment galvanique, et qui circuleroit du côté positif de la pile, vers le côté négatif. Selon eux , ce fluide décompose l’eau en sortant du côté positif : il laisse échapper l’oxigène en bulles ; mais il se combine avec l’hydrogène pour former un liquide , lequel traverse l’eau ou l’acide sulphurique, ou le corps humain, pour aller gagner l’extrémité du fil négatif. Là le galvanique abandonne son hydrogène , et le laisse échapper à son tour sous forme de gaz, tandis que lui-même pénètre dans le fil. Voici l’expérience par laquelle les auteurs
- (1) Séance publique de l’Ecole de médecine de Paris, du 24 vendémiaire an 10, in-48., page 67.
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- prouvent que telle est la marche secrète du phénomène. »
- » Si on met, disent-ils, entre les deux eaux, un oxide d’argent bien lavé, le fil négatif, près duquel devroit se manifester le gaz hydrogène, ne donne aucune effervescence, et l’oxide se réduit en partie du côté du fil positif : c’est que, ajoutent les auteurs, le galvanique chargé d’hydrogène le perd en traversant l’oxide, dont l’oxigène le prend pour reformer de l’eau. »
- » Au surplus, ajouteleC. Cuvier, ce mémoire des CC. Fourcroy, Vauquelin et Thénard, n’est encore que le prélude d’un travail plus considérable, dans lequel ils se proposent d’examiner le galvanisme sous toutes ses faces. Nous devons d’autant mieux espérer de leur projet, qu’ils seront secondés par presque tous les physiciens : chaque jour nous apprend quelque observation nouvelle sur ce sujet, faite en France ou chez l’Etranger : plusieurs même ont été présentées à l’Institut, par des savans qui n’en sont point membres, et notamment par les CC. Gautherot, Hassenfrat{, Desormes et Lehot (i) : elles éclaircissent diverses circonstances • accessoires, . mais conduisent aussi à des difficultés nouvelles. »
- (i) VoyCl le chapitre IX, §. VII, et le §. I". de ce chapitre.
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- ÇU 'GALVANISME. 159 Les CC. Fourcroy, Vauquelin et Thénard, qui ont toujours continué à s’occuper des expériences galvaniques , dont il est question dans le précédent rapport, dit l’auteur du même rapport (1), ont été récompensés de leurs travaux, par la découverte d’un des faits les plus curieux et les plus importans, parmi ceux qui appartiennent au galvanisme; on savoit qu’en multipliant les disques qui composent la pile, on augmentoit la force des commotions, et la rapidité de la décomposition de l’eau : les médecins et physiciens ci-dessus nommés, ont voulu voir ce qui arriveroit, si on augmentoit la surface de chaque disque. Ils ont, en conséquence, composé une pile avec des plaques d’un pied quarré : les commotions et la décomposition de l’eau sont restées les mêmes qu’avec un nombre pareil de petits disques ; mais la combustion des fils métalliques, s’est opérée sur-le-champ avec beaucoup de force, et en les plongeant dans du gaz oxigène, on les a vus s’enflammer avec un éclat très - vif ; tandis que de petites plaques , quelque grand qu’en soit le nombre, ne produisent rien de pareil. Ainsi la combustion suit une loi relative à la surface des plaques, tandis que les autres phénomènes se rapportent au nombre des plaques.
- (1) Voyei Journal de physique, messidor an 9, page 76.
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- Des efforts réunis et des recherches des chimistes ci-dessus nommés, ainsi que-de celles du C. Huchetre, professeur à l’Ecole Polytechnique, il résulte, i qu’on peut arrêter le dégagement de l’hydrogène des extrémités d’un des fils, en mettant dans l’eau intermédiaire de l’oxide d’argent ; a9, que cet oxide est réduit à l’état métallique , comme la dissolution nitrique d’argent l’est elle-même; 30. que les effets de la marche de ce fluide semblent différer de ceux de l’électricité , et que si ce dernier fluide agit de même, il est au moins singulièrement modifié par la continuité et la rapidité de sa marche; 40. que des grandes plaques de plusieurs décimètres de dimension , n’augmentent point les secousses, les commotions et la douleur ; mais qu’elles élèvent beaucoup la puissance inflammante, puisqu’au moment du contact elles déterminent la déflagration du fer; 50. enfin, que le mouvement de ce fluide donne naissance à une foule de phénomènes, propres à mettre dans tout leur jour les principales vérités chimiques , et qu’il devient un appareil précieux pour leur étude.
- CHAPITRE
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- CHAPITRE XVI.
- Sur quelques propriétés de l'appareil galvanique 3 par les CC. Biot et Fr. Cuvier. Mémoire sur le mouvement du fluide galvanique 3 par le C. Biot. Résumé de nouvelles expériences a ce sujet t par divers physiciens.
- si D* quelques propriétés de l'appareil galvanique par les CC. Biot et Fr. Cuvier. Les expériences faites à ce sujet par ces physiciens (i), forment la première partie d’un travail plus étendu , dans lequel ils se proposent de déterminer les
- (i) Voyez le Bulletin de la société philomatique, n°. 53 , thermidor an 9.
- Voyez aussi les Annales de chimie, tome XXXIX, page 247. Elles contiennent une édition tout-à-fait différente de cet article.
- T'oyez encore le Magasin encyclopédique, n°. 9 , ven-
- IIe, Partie. L
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- élémens de la pile galvanique; elles se rapportent à l’action mutuelle de la pile et de l’air environnant. Pour reconnoître l’action de la pile sur l’air atmosphérique , on a monté une pile composée de disques de zinc, de cuivre et de draps imbibés d’une forte dissolution de sulfate d’alumine, sous une cloche d’une capacité connue, et sous une cuve pneumato - chimique. La communication, entre les deux extrémités de la pile, étoit établie hors de cette ‘cuve , par des fils de fer passés dans des tubes de verre recourbés et remplis d’eau. Après 48 heures, l’eau étoit montée dans la cloche environ d’un 5 e. et le gaz qui y restoit a montré tous les caractères du gaz azote. Il étoit plus léger que1 l’air atmosphérique : il éteignoit les bougies allumées, etc. etc.
- Après avoir reconnu que le gaz oxigène étoit absorbé par la pile, il falloit déterminer s’il en augmentoit les effets ; poux cela on a dressé la même pile sur la cuve pneumato-chimique, dans un verre long et étroit : on a recouvert le tout d’une cloche beaucoup plus grande et d’une capacité connue, et la communication a été établie hors de la cuve, à l’aide de fik de fer passés dans des. tubes de verre remplis, de mercure. Ensuite, parla succion, on a élevé l’eau, dans la (grande cloche, jusqu’à une hauteur
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- DU GALVANISME. 16î déterminée. La pile est restée en action pendant 17 heures : on jugea par l'absorption que l’air laissé sous la cloche avoit perdu son oxigène : la pile avoit aussi perdu toute son action. On fit passer sous cette cloche de l’oxigène pur, jusqu’à remplacer entièrement toute l’eau qu’elle con-tenoit; au même instant, l’action de la pile se rétablit, et devint presque aussi forte qu’avant l’expérience : on laissa l’action se continuer, et l’absorption se fit de nouveau.
- Cette expérience prouvoit que l’oxigène, dans certaines circonstances au moins, sérvoit à augmenter les effets dè la pile ; mais il restoit à savoir si cét oxigène étoit absolument nécessaire à la pile, et s’il en faisoit un des élé-rnens. Pour Cet effet, on monta une pile, à laquelle on adapta un petit appareil propre au dégagement des bulles : on l’introduisit sous- le récipient de la machine pneumatique, et on fit-le vidé très-exactement. Le dégagement des bulles continua ; mais peut-être avec un peu moins de force. On répéta cette expérience d’une manière plus simple, en plaçant la pile seule soiis un récipient, qui portoit à son sommet une verge de métal. Cette verge d’une part, et le corps de la machine de l’autre servoient de conducteurs, et quoique le vide fût fait avec beaucoup d’exactitude, on éprouvoit fortement la commotion,
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- et on opéroit la décomposition de l’eau. Ces phénomènes étant entièrement contraires à ce qu’a-voient avancé d’autres physiciens, les auteurs, sans vouloir établir une comparaison rigoureuse entre le fluide galvanique et le fluide électrique, rapportent une expérience très-propre à rendre ces résultats sensibles. « On sait, disent-ils, qu’une bouteille de Leyde se décharge sous le récipient de la machine pneumatique, parce que, la pression de l’air extérieur étant détruite, le fluide contenu dans l’armure intérieure, s’échappe par le crochet de la bouteille, et se rend à la sur-face extérieure, qui exerce sur lui une force attractive : lorsque cette expérience est faite dans l’obscurité, on observe des jets de lumière qui partent du crochet, et se replient vers la surface extérieure. Dans notre expérience, continuent-ils , la pile se décharge de la même manière. L’appareil, qui sert au dégagement des bulles, rend sensible le passage du fluide, comme le font les jets lumineux dans la bouteille de Leyde, et ce passage est continu , parce que la pile se recharge et se décharge à chaque instant, etc. » Enfin, les auteurs concluent de leur expérience, que la pile galvanique a une action propre et indépendante de l’air extérieur, qui peut .cependant en augmenter la force, dans certaines circonstances, etc.
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- §. II. Mémoire sur le mouvement du fluide galvanique , lu à l’Institut, le 16 thermidor, par le C. Biot, un de ses associés, et professeur de mathématiques ,au collège de France' (1). « Je me propose, dit le C; Biot, de démontrer dans ce mémoire, que la diversité des loix auxquelles le fluide galvanique paroît obéir, dans les différens appareils, résulte de la forme même de ces appareils, en vertu de laquelle la- vitesse du fluide est ralentie ou accélérée. Les expériences faites à l’école de médecine, ont prouvé, i°. qu’il y a attraction entre les deux extrémités de la pile galvanique; 20. qu’à chaque extrémité , les molécules du fluide se repoussent-mutuellement. »
- » Ces faits servent de fondement aux recherches que je vais exposer. On sait que les pointes soutirent et émettent facilement l’électricité : cette propriété doit exister encore dans tous les fluides, dont les molécules se repoussent-mutuellement. Plus les pointes s’émoussent, plus leur pouvoir diminue ; et en suivant cette analogie , on voit que les surfaces planes, qui sont comme des élémens de grandes sphères, doivent-
- (1) Foye{ le Journal de physique, tome LUI, p. 264. Ce même mémoire est inséré par extrait, dans le Bulletin de la société philomatique, fructidor an9^, n°. 54.
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- abandonner difficilement , par leurs faces, le fluide dont elles sont chargées ; d’autant plus difficilement encore qu’elles sont plus grandes. Cette propriété des plaques devient sensible dans le condensateur de Volta. Le plateau métallique de cet instrument retient l’électricité, tant qu’il çst appliqué par sa face sur le plateau de marbre , et se décharge lorsqu’il ne le touche que par sa tranche. Ainsi lorsque l’on établit une pile, et que l’on fait communiquer ses deux extrémités , le mouvement du fluide, déterminé par ce moyen, doit être d’autant plus rapide que les disques sont plus petits, et d’autant plus lent, qu’ils sont plus larges. D’un autre côté, la quantité absolue du fluide, qui se forme dans un temps donné, diminue avec la surface des disques, toutes les autres circonstances restant les mêmes. Si donc on forme deux piles, Tune de grandes plaques, l’autre de petites, toutes deux en contenant le même nombre, elles donneront dans le même temps, la première, une plus grande masse de fluide, animée d’une même vitesse, la seconde, une moindre masse, animée d’une vitesse plus grande. Examinons comment la combinaison de ces deux élémens peut influer sur nous. »
- » Les commotions, dépendent beaucoup moins de la masse du fluide, que de sa vitesse, comme
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- DU GALVANISME. 167 le prouve l’expérience de Leyde. Ainsi ce que l’on gagne en masse, en augmentant la dimension des disques, est bien plus que compensé par lâ diminution correspondante de vitesse. Les commotions doivent donc diminuer, à mesure que les surfaces des disques augmentent. Mais, d’un autre côté, elles ne doivent pas augmenter indéfiniment, à mesure que ces surfaces diminuent, parce que la quantité absolue du fluide diminue en conséquence , et avec lui l’intensité de la Commotion-. Une pile composée de petites plaques, donnera donc un coup plus sec et moins intense, qu’une autre pile composée de plaques plus grandes. »
- » Ces résultats, que le simple raisonnement fait connoître, sont encore confirmés par l’expérience et l’observation. Les huit grandes plaques du C. Hachette ; dont le C. Fourcroy a fait usage , donnent déjà une commotion plus foible qu’un pareil nombre de disques ordinaires, de la largeur d’un écu de 6 livres; un appareil composé de douze disquès circulaires de zinc, et de douze disques de cuivre de 0,4 mètres (13 pouces) de diamètre , n’excite pas ou presque pas de frémissement dans les doigts mouillés; il ne fait éprouver qu’une saveur très-légère, et n’occasionne jamais l’éclair galvanique. Une seule de ces plaques équivaut en surface à plus de 80 L4
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- disques ordinaires. L’appareil dont j’ai parlé a été construit par les soins du C. Roard, ancien élève de l’école polytechnique, et professeur de physique à l’école centrale de l’Oise ; il a bien voulu observer avec moi quelques-uns des phénomènes que cet appareil a présentés. Enfin,' une pile composée de cinquante centimes et de cinquante disques de zinc de même grandeur, donne une commotion très-forte, semblable à un coup sec ; et elle fait voir des éclairs très-brillans, accompagnés d’une forte saveur. Ces 50 petites plaques n’équivalent cependant en surface qu’à 8 disques ordinaires, et elles ne forment, à elles toutes, que la dixième partie d’une des grandes plaques dont nous avons parlé. Lorsque l’on décharge cette pile, avec de gros conducteurs, et à plusieurs reprises, dans l’intervalle de quelques secondes, elle ne fait plus rien du tout éprouver l’instant suivant, ni à la personne qui a reçu les commotions précédentes, ni à une autre qui établit subitement la communication ; c’est que la quantité absolue du fluide est très-petite, tandis que sa vitesse est très-grande. »
- » Le petit .appareil que je viens de décrire ,‘ m’a encore présenté plusieurs faits, dont je parlerai plus bas. Je reviens aux modifications que produisent, dans les' phénomènes galvaniques,
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- DU GALVANISME. 169 les différentes proportions de la masse et de la vitesse du fluide. Le sentiment de la saveur et celui de i’éclair galvanique, suivant la même loi que les commotions, on doit en conclure quIls dépendent principalement de la vitesse du fluide. Il n’en est pas de même des étincelles, et de la combustion des métaux. Ces phénomènes, oii le fluide agit par sa masse et par la continuité de sa présence, doivent être singulièrement favorisés par les grandes plaques , si elles augmentent sa masse et rallentissent son mouvement dans la pile. C’est ce que l’expérience confirme; le grand appareil, non seulement donne la combustion du fer dans le gaz oxigène, mais il les brtile d’une manière continue dans l’air atmosphérique. »
- » Le petit appareil, composé de centimes, donne une petite étincelle assez vive et brillante, mais qui ne produit rien de semblable. Les attractions dépendent encore de la masse du fluide : aussi sont-elles beaucoup plus sensibles avec de grandes plaques. Dans le grand appareil, si l’on approche jusqu’au contact les deux fils métalliques qui établissent la communication, ils adhèrent fortement ensemble, même contre la force de leur ressort. Cette adhérence est telle, qu’on peut les agiter, et leur faire supporter plusieurs petits poids sans qu’ils se
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- détachent. Ces effets réussissent mieux par le contact des pointes des fils, que par-tout ailleurs : on les obtient avec toutes sortes de métaux, pourvu qu’il ne soient pas oxidés. La communication entre les deux extrémités delà pile est établie par cette adhérence; car tant qu’elle subsiste, aucun autre phénomène galvanique n’a lieu. On ne peut pas faire adhérer simultanément deux autres fils, et lorsqu’on détruit les premiers, s’ils étoient un peu forts, l’appareil reste quelque temps, avant de recouvrer cette propriété. Ces mêmes fils peuvent rester adhérens pendant plusieurs heures, et probablement pendant tout le temps de l’action de la pile. On peut aussi faire adhérer l’une à l’autre deux lames métalliques, en les approchant par leurs angles; on n’y réussit point, en les approchant par leurs faces. Les métaux dont j’ai fait usage, classés suivant l’ordre de leurs facultés, pour produire ces effets, sont le fer, l’étain, le cuivre, l’argent : cet ordre est inverse de celui de leurs facultés conductrices. »
- » Les faits, que je viens de rapporter, me paraissent mettre en évidence le pouvoir des pointes pour émettre le fluide galvanique , et celui de leurs plaques pour le retenir. Le résultat auquel elles conduisent, achève de confirmer ces considérations ; car l’adhérence des
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- DU GALVANISME. 171 fils communicateurs, lorsqu’on les approche latéralement, doit être d'autant plus aisée à opérer, que le fluide s’échappe avec moins de facilité par leurs pointes. J’avois eu occasion de remarquer que, dans les piles composées de petites plaques , l’oxidation est beaucoup plus prompte qu’avec des disques ordinaires. Gela me fit penser que la vitesse du fluide pourroit avoir de l’influence sur l’oxidation ; afin de m’en assurer, je fis l’expérience suivante. »
- » Sous une cloche cylindrique de verre, et sur un support fixé à une cuve pneumato-chimique, j’ai placé une pile composée de 39 disques de zinc, et d’autant de disques de cuivre, larges comme un écu de 6 francs. Je n’ai point établi de communication entre les deux extrémités, et j’ai observé le temps que l’eau a employé pour monter dans l’appareil; elle s’est élevée de 0,01 mètres en 5 heures un quart. J’ai repris les mêmes disques , et, après les avoir né-toyés, je remis les mêmes pièces de drap, imprégnées de nouvelle dissolution : je construisis la pile comme la première fois, en la plaçant dans les mêmes circonstances; mais j’établis la communication entre ses deux extrémités : l’eau s’éleva de 0,01 mètres dans une heure et demie. En continuant l’expérience, l’ascension de l’eau fut beaucoup plus considérable, lorsque la
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- communication étoit établie, que lorsqu’elle ne l’étoit pas ; et les oxidations suivirent la même loi. »
- » J’ai répété cette expérience avec deux piles composées chacune de 22 petits disques de zinc, et de 12 centimes; je les ai placées en même temps sous des cloches égales, et sur la même cuve : j’ai obtenu les mêmes résultats que précédemment. La pile, dans laquelle le. cour rant du fluide étoit établi, a élevé l’eau en 7 heures un quart, à la même hauteur que l’autre en 11 heures : et le reste de l’expérience a marché dans la même proportion. Au bout de 13 heures, l’eau s’étoit élevée de 0,045 mètres dans l’une, et de 0,015 mètres dans l’autre; enfin, lorsque l’absorption cessa, elle étoit de 0,065 mètres dans la première, et de 0,035 dans la seconde. »
- » En démontant les deux piles, et comparant une à une les pièces dont elles étoient composées , je remarquai une oxidation incomparablement plus forte dans celle oii la communication étoit établie. Il suit de-là que la circulation dufluide, dans l’appareil, augmente l’oxida-tion des disques métalliques, et l’absorption de l’oxigène. D’un autre côté, l’accroissement de l’oxidation paroît augmenter la quantité absolue du fluide qui se forme; par conséquent l’oxi-
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- DU GALVANISME. 173 dation des disques, dans l’appareil galvanique, est à-la-fois cause et effet. »
- » C’est ici le lieu de parler d’un fait que nous avions déjà reconnu, le cit. Frédéric Cuvier et moi, dans nos expériences sur l’absorption de l’oxi-gène par la pile galvanique. Lorsqu’on la monte de cette manière, [inc, eau, cuivre,'et qu’on la place sous une cloche , pour empêcher le renouvellement de l’air atmosphérique, elle réagit sur elle-même, et l’on voit constamment le zinc se porter sur le cuivre, le cuivre sur le zinc, et ainsi de suite du bas en haut de la colonne ; l’inverse a lieu, lorsqu’on monte la pile dans une disposition contraire. Le zinc est obligé, pour se porter sur le cuivre , de traverser le morceau de drap humide qui les sépare; dans les piles oii la communication n’a point été établie, cette transmission n’a point lieu; la surface du cuivre est lisse, et celle du zinc, qui lui est opposée, est couverte de petits filets noirs, qui suivent la direction des fils de drap. Lorsque la communication est établie depuis quelque temps, quelques particules d’oxide commencent à passer, et portent sur le cuivre; enfin, si l’action est forte, la surface de ce dernier finit par en être recouverte entièrement. C’est alors que l’effet cesse, et cette transmission, en renouvel-lant la surface du zinc, contribue à faire' durer
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- plus long-temps l’action de l’appareil. Quelquefois l’oxide de zinc, après avoir traversé le morceau de drap, se revivifie sur le cuivre à l’état métallique. »
- » Lorsque le cuivre se porte sur le zinc, c’est toujours par les faces que ces métaux se touchent immédiatement; alors, si lecirivre adhère au zinc, il garde son brillant métallique, quelquefois il se forme du laiton ; quand la communication n’est pas établie entre les extrémités de la pile, je n’ai jamais vu ces revivifications. Il faut, pour qu’elles puissent s’opérer, que les disques de drap ne soient pas trop épais, ni d’un tissu trop serré. -Ces résultats font voir que lorsque la pile est montée de cette manière. : {inc, eau, cuivre, {inc, eau, cuivre, etc., le courant du fluide est dirigé du bas en haut de la colonne, et du haut en bas , si elle est montée de cette manière : cuivre, eau, {inc , cuivre, eau, {inc, etc., ce qui s’accorde avec les expériences de Volta. »
- » Après avoir considéré le mouvement du fluide dans l’intérieur de l’appareil, j’ai cherché comment ce mouvement se modifie, lorsque l’eau lui sert de conducteur (i). »
- (i) C’est l’objet d’une expérience particulière, que rapporte l’auteur, mais qui ne peut être comprise qu’à l’aide de la figure qui l’accompagne.
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- » Dans l’expérience que j’ai faite à ce sujet, l’appareil est resté monté pendant vingt-quatre heures : il a constamment présenté les mêmes effets. Il ne s’est dégagé de bulles ni d’une plaque ni de l’autre; aucune n’adhéroit à leurs surfaces, et elles ne présentoient pas la moindre trace d’oxidation. La pile qui donnoit encore la commotion, étant démontée, elle a offert les mêmes apparences que dans le cas oit la communication n’est pas établie entre les deux pôles. Les pièces de zinc étoient recouvertes de filets noirs, qui n’avoient pas pu traverser les morceaux d’étoffe, pour se porter sur le cuivre. Ces morceaux étoient pourtant parfaitement propres à le transmettre; ils avoient déjà servi plusieurs fois : on les avoit soigneusement lavés et séchés, avant de les imprégner de nouvelle dissolution. »
- » L’eau, placée entre les conducteurs, offre donc une résistance au mouvement du fluide galvanique. Si cette résistance est trop grande pour que le fkiide puisse la. vaincre, l’effet n’est pas transmis , et il n’y a réellement pas de communication entre les deux extrémités de la püe. »
- » J’ai répété cette expérience en ne mettant entre les plaques qu’une distance de o,6 mètres ( 2 i pouces ), et en imprégnant les disques de drap
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- d’une forte dissolution de muriate de soude; les commotions et les éclairs, qui se faisoient sentir avec beaucoup d’énergie, ont également cessé, quand on établissoit la communication à travers les tubes, même en faisant entrer dans la chaîne les organes les plus sensibles; mais lorsque l’on élevoit l’eau des vases par la succion dans un tube de verre, et qu’on mainte-noit pendant quelque temps l’extrémité de la langue sur la petite colonne d’eau, qui y étoit renfermée, on éprouvoit très - sensiblement la saveur galvanique. Cette saveur étoit plus piquante avec un tube plus court, mais elle n’oc-casionnoit ni l’éclair, ni le plus léger frémissement. En prenant dans une main la lame A', par exemple , et plongeant successivement le tube dans les vases A, B, A', on éprouvoit dans le premier une saveur très-sensible, dans le second une saveur très-légère, dans le troisième rien, ou presque rien. »
- » Ces résultats prouvent que l’eau est par elle-même un conducteur imparfait du fluide galvanique. »
- » Cé que je viens de dire ne doit pas être regardé comme établissant une différence entre l’électricité et le galvanisme; on pourroit plutôt en déduire entre eux une nouvelle analogie. Il est vrai, et je m’en suis assuré, que dans
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- Ô Ü G AL V À N I S M Ê. xtf Hans les circonstances où j’ai opéré, on auroit' pü transmettre à travers l’eau la commotion produite par la bouteille de Leyde, quoiqu’elle! perdît dans son passage une partie de son intensité; mais on doit observer aussi que l’é-> paisseür inévitable du verre, exige # pour qu’il s’opère ünë décharge, l’accumulation d’une assez grande quantité de fluide électrique ; or si le galvanisme étoit, comme cela devient de plus ën plus probable, l’effet successivement répété d’une électricité très-foibie, animée d’une Vitesse près-grande, il n’y auroit point de contradiction ; car l’eau devroit être alors pour l’électricité un conducteur très-imparfait. » a II importe d’observer que dans ces expériences le fluide galvanique ne pouvoit se propager qu’à travers la masse de l’eau : il n’en auroit pas été de même, si l’on avoit établi la communication par le moyen d’un vase découvert ; le fluide galvanique, libre alors de glisser sur la surface de l’eaü, se seroit propagé à une distancé beaucoup plus grande. J’en ai eu la preuve d’une manière fort simple , dans une expérience où j’avois établi la communication par une cuve large d’un mètre et pleine d’eau, dans laquelle j’avois plongé, à 0,6 de distance, les extrémités des conducteurs iriétalliqùes, qui étoient aussi terminés par des disques de cuivré Partie. ' M
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- de 0,14 mètres (6 pouces) de diamètre. Lors-qu’en tenant d’une main une de ces lames, on touchoit l’eau de la cuve avec l’autre main ou Ja langue, on éprouvoit à l’instant la commotion, la saveur et la lumière; mais si l’on éle-voit l’eau par la succion dans un tube de verre, lorsque la colonne d’eau venoit à toucher la langue, on n’éprouvoit aucun effet. Peut-être, en maintenant le contact, auroit-on fini par éprouver la saveur : je ne l’ai point essayé cette fois. »
- » En répétant cette expérience, je me suis assuré que les effets d’une pile très-forte, qui se faisoient sentir sur la surface de l’eau pure à plus d’un demi - mètre de distance, sans rien perdre de leur énergie, se réduisoient à une simple saveur, lorsqu’on les transmettoit à travers une petite colonne d’eau, de deux ou trois centimètres de hauteur, élevée par la succion le plus près possible du conducteur, qui étoit plongé dans la cuve. Lorsque l’on offre ainsi une grande surface humide au mouvement du fluide galvanique, il s’écoule en plus grande quantité, et la vitesse l’augmente ; car les oxidations des disques, dont la pile est composée, deviennent beaucoup plus fortes par cette disposition. La propriété de glisser avec facilité sur la surface libre de l’eau, donne au fluide galvanique une nouvelle analogie avec l’électricité. »
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- DU GALVANISME. t79 » On peut expliquer par-là cette difficulté que le fluide éprouve à se transmettre sur les conducteurs métalliques, comme , le Cit. Halle l’a observé à l’école de médecine de Paris, difficulté qui semble disparoître, lorsque l’on excite la marche du fluide, en le guidant, pour ainsi dire, avec les doigts mouillés. Il glisse alors avec une grande rapidité sur la trace humide que les doigts ont laissée dans les conducteurs, au lieu qu’il auroit pu être arrêté ou du moins retardé par une foule d’obstacles, comme par le passage d’un conducteur à un autre par des surfaces arrondies, ou par l’oxidation de quelques points de sa route ; obstacles qui ne résisteraient pas à une quantité de fluide plus considérable, et qui céderaient, par exemple, aux quantités ordinaires d’électricité , que nous savons exciter. »
- » Ce fait, qui pourrait être regardé comme une différence très-importante entre le galvanisme et l’électricité, étant rapporté à cette cause, tient au contraire à une de leurs analogies. La propriété qu’a le fluide galvanique de glisser avec rapidité sur la surface libre de l’eau explique encore cet accroissement d’action que font éprouver les conducteurs mouillés, lorsqu’on les serre avec force, pour établir leur contact avec un plus grand nombre de points. Le fluide, libre de s’étendre sur la surface humide
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- que les conducteurs lui présentent, s’écoule etl grande quantité, et avec une grande vitesse J cette disposition doit donc augmenter les effets de son action sur nous, et d’autant plus, que la surface des conducteurs est plus grande. »
- » Enfin, c’est pour la même raison que le fluide galvanique se transmet mieux, et à une plus grande distance, sur les parties des corps, lorsqu’elles sont mouillées , que lorsqu’elles sont sèches, et l’on pourroit rapporter encore, aux propriétés que nous avons indiquées , plusieurs des autres irrégularités apparentes que présente quelquefois l’appareil galvanique. »
- » J’ai cherché à prouver dans ce mémoire, i°. Que les lois du mouvement du fluide galvanique résultent de la propriété répulsive des molécules qui le composent , et que, sous ce point de vue, ces lois sont les mêmes que celles de l’électricité;
- 2°. Que la variété des phénomènes obtenus avec les différens appareils, a pour cause principale les différentes proportions-, dans lesquelles la quantité ou la masse du fluide s’y trouve Combinée avec sa vitesse ;
- 30. Que ce fluide, qui passe difficilement à travers l’eau, glisse sur la surface de ce liquide avec Une grande facilité. »
- » Enfin , j’observerai que les effets chimiques,
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- DU GALV'ANISME. 181 présentés par le galvanisme, ne peuvent pas être rapportés comme essentiellement distincts de l’électricité, parce que le fluide galvanique ne se montre jamais dans nos appareils qu’avec une grande vitesse, et une foible masse, tandis que l’électricité, lorsque nous la mettons en mouvement par nos batteries, a en même-temps une grande masse, et une grande vitesse. Or, si dans le galvanisme lui-même, les différentes proportions de la vitesse à la masse donnent lieu à des différences si marquées, combien n’en devroit-il pas exister entre l’éleo tricité produite par nos machines, et les impulsions successives d’une électricité très-foible, animée d’une vitesse très-grande.
- N. B. Ce mémoire du C. Biot a démontré, d’une manière assez évidente, que de nouveaux faits étoient prêts à rapprocher autant le galvanisme de l’électricité, que ceux qui les avoient précédés sembloient l’en éloigner. Cette idée pa-roît encore mieux confirmée par la lettre de Folia à M, de la MàherU , insérée chapitre IX de cette histoire. On aura encore bientôt des preuves plus convaincantes de cette vérité.
- Les sciences sont sujettes à de semblables oscillations , tant que leur marche n’est pas assurée par des expériences et des explications indubitables, M 3
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- Mais la stabilité de ces expériences, la clarté et l’évidence de ces explications, sont le fruit du temps, encore plus que celui de la raison. Celle-ci s’égare souvent dans les théories qu’elle invente : il faut que de nouvelles idées, qui ne s’étoient pas présentées, que de nouveaux faits, souvent dûs au hasard, ramènent le physicien au but dont il s’é-toit écarté, et lui fassent voir combien il étoit éloigné de la vérité qu’il cherchoit, quoiqu’il crût l’ail est bon d’observer à ce çujet que, tandis que les recherches dont il vient d’être question , avoient lieu en France, tandis que le C. Biot enri-chissoit la physique de ses découvertes sur le mouvement du fluide galvanique, les Anglois faisoient, de leur côté, des expériences d’une espèce particulière et décisive, puisqu’ils sont parvenus à imiter les effets les plus singuliers du galvanisme par l’électricité ordinaire, en amincissant et en allongeant beaucoup les conducteurs,
- §. III. Résumé des nouvelles expériences faites sur h galvanisme, par divers physiciens^'), «Nous avons . toujours cherché, disent les rédacteurs du Bulletin
- (i) Quoique ce résumé soit à-peu-près l’extrait de tout ce que nous avons rapporté jusqu’ici sur le galvanisme, il nous a paru devoir trouver place ici, parce qu’il con-
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- DU GALVANISME. 183 des sciences de la société philomatique (1), à consigner dans ce journal les grands résultats des expériences galvaniques, à mesure qu’ils parve-noient à notre connoissance, et nous avons mis nos lecteurs à même de suivre les principales époques de l’histoire de cette importante découverte...»
- » La production de mouvemens convulsifs % lorsque le nerf et le muscle sont joints par un arc de plusieurs métaux ; voilà le fait originaire démontré par Galvani. L’indication détaillée des analogies de ce phénomène, avec ceux de l’électricité, fut ce qui occupa d’abord Volta; plusieurs phénomènes organiques, produits par le contact de deux métaux, comme l’éclair, la saveur, etc. furent aussi rapportés à la même
- tient quelques détails et quelques faits, dont nous n’àvions pas connoissance, et qui méritent d’être connus.
- A côté de ce résumé, et par forme de supplément, il faudra placer celui fait par le C. de la Mitherie , dans le discours préliminaire du tome LIV du Journal de physique , page 15. L auteur y suit l’histoire du galvanisme, depuis l’époque oh il l’a laissée dans son discours préliminaire du tome LIII , et la conduit jusques et compris, la dernière découverte de Volta, que nous fêtons, coa-noître dans le chapitre XVIII.
- - (1) Floréal an 9 , n°. ço.
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- classe par ce savant physicien, La détermination de toutes les circonstances, qui sont plus ou moins favorables à.la production des convulsions, la preuve que plusieurs de ces circonstances n’ont pas les mêmes effets dans le galvanisme que dans l’électricité, furent le résultat des longs travaux de Humboldt, de Pfaff, de Hallé, etc. Pe-là les nouveaux efforts de Folfa pour remettre sa théorie en honneur. Invention de la pile ; augmentation prodigieuse des effets par cette multiplication des pièces métalliques ; ressemblance de la sensation produite par la pile avec la commotion électrique ; attractions et répulsions, résineuses du çôté du zinc, vitreuses du côté de l'argent : tout cela fut, à cette seconde époque, le produit dçs recherches du physicien de Par doue. »
- » Mais ici le galvanisme, qui paroissoit n’intéresser que la physiologie, se transporte, pour ainsi dire, dans le domaine de la chimie, et. semble vouloir en ébranler les théories les plus nouvelles. Deux Anglois, Carliste et N't-ckclson, imaginent de plonger dans l’eau deux fils métalliques, qui communiquent chacun avec une des extrémités de la pile : ils voient se ma-r nifester les gaz qui composent cette eau, et à? peu-près dans la proportion où ils y entrent j mgis chacun paroît à l’extrémité d’un des fijs,
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- à une certaine distance du point d’où s’échappe l’autre gaz, et si les fils se touchent, tout dégagement cesse. Dès-lors toute l’attention s’est portée de ce côté, et l’action du galvanisme sur les animaux a été négligée, jusqu’à ce qu’on ait épuisé la question plus simple et plus générale de son action sur l’eau. »
- » Ces bulles d’oxigène et d’hydrogène viennent-elles ou ne viennent-elles pas de la même molécule d’eau ? Voilà ce qu’on devoit se demander d’abord. Pour répondre à cette question, il falloit voir .si elles se manifesteroient dans des eaux séparées. MM. Ritter et Pfaff ont commencé à faire voir quç cela est ainsi, mais par des moyens sujets à contestation. M. Davy, à Londres, en a trouvé un plus simple et plus évident. Après avoir plongé chaque fil dans un vase distinct, il réunit l’eau de? deux vases par le moyen de ses propres doigts : le dégagement eut lieu comme à l’ordinaire. Il a également lieu, si, au lieu du corps humain, on emploie des fibres musculaires, tendineuses, végétales, du charbon, etc.»
- » Il n’y avoit que deux manières d’accorder cette expérience avec la théorie chimique sur la nature de l’eau : ou celle de chaque vase perd une de ses parties constituantes, en gardant l’autre en excès, ou le fluide galvanique gnlève une des parties constituantes au bout
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- de l’un des fils , et l’abandonne au bout de
- l’autre, en continuant son circuit. »
- » La première opinion est des CC. Monge et Berthollet. Le Cif. Hassenfrat{ a cherché à la prouver par l’expérience suivante : si c’est le tendon qu’on emploie pour moyen de communication , le dégagement ne dure pas long-temps, sans beaucoup s’affoiblir : si on change les fils du vase, le dégagement recommence avec force, mais produit dans chaque vase un gaz opposé à celui qui s’y dégageoit avant. « C’est que, » dit-il, chaque eau étoit épuisée, autant que » possible, de la partie que le fil lui arrachoit, » et contenoit l’autre en excès ; maintenant que » le nouveau fil lui demande précisément cette » partie excédante, elle l’abandonne avec faci-» lité. »
- » La seconde opinion est des CC. Fourcroy, Vauqueûn et Thénard. : « le fluide galvanique, disent-ils, en sortant du fil du côté de l’argent, décompose l’eau, mais ne laisse échapper que l'oxigène , parce que lui-même se combine avec l’hydrogène, pour former un fluide qui traverse, d’une manière invisible, l’eau et les moyens de communication des deux vases, pour aller à l’autre fil ; mais en pénétrant dans celui-ci, le galvanique abandonne l’hydrogène, qui se dégage en bulles. »
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- DU GALVANISME. 187 » Voici la principale des expériences sur laquelle ces auteurs cherchent à appuyer leur hypothèse : si, entre les extrémités des deux fils, on place de l’oxide d’argent bien pur, cet oxide se revivifie à l’endroit qui répond au fil positif, par-conséquent à celui qui donne l’oxigène, et alors il ne paroît point d’hydrogène au fil opposé: c’est que cet hydrogène s’est combiné, en passant avec l’oxigène de l’oxide, pour former de nouveau de l’eau(i). »
- » Outre ces deux expériences, dont celle qui se trouvera exacte sera peut-être une sorte d’expert-mentum crucis, plusieurs savans en ont fait d’autres en mêlant dans l’eau différens acides, ou autres substances composées. Leurs résultats ne sont au fond que des modifications de l’expérience fondamentale du dégagement des deux gaz. Ainsi, lorsqu’on y mêle de l’acide nitrique, le fil du côté de l’argent se dissout très - rapidement ; celui du côté du zinc ne se dissout pas. On conçoit que l’hydrogène s’empare de l’oxigène de l’acide, et ne laisse pas au fil le temps de s’oxi-der pour être dissous, etc. etc. »
- » Mais un fait qui mérite d’être remarqué, et
- (1) Voyc[ la page 157 de cette 2e. partie, où le C. Cuvier expose à-peu-près de la même manière, la théorie des CC. Fourcroy , Vauqudin et Thénard,
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- cpic MM. Nicliolson, Cruickshank , Pfajf, et le C. Desormes ont trouvé généralement constant , c’est qu’il se forme toujours un peu d’acide nitrique du côté de l’argent, et d’ammoniaque du côté du zinc : sans doute il est dû à ce que l’eau même la plus pure contient toujours un peu d’azote, qui se combine avec de l’oxigène, dans 1$ pfemier cas, et avec de l’hydrogène dans le second. »
- » Pendant qu’on recherchoit ainsi la véritable nature des phénomènes qui se passoient dans l’eau où plongeoient les fils, on ne négligeoit pas ceux qui ont lieu dans la pile même. La détermination du véritable élément de la pile, a occupé le C. Desormes et M. Pfajf. Les disques , qui forment cet élément, sont-ils disposés ainsi : [inç, argent, substance humide ? Ou bien le sont-ils ainsi : argent, substance humide , iinc ? Le C, Desormes est pour le premier de ces arrangemens : «dans la pile, dit-il, c’est le » zinc qui s’oxide; or, lorsqu’on compose la pile » ainsi : fine, argent, substance humide , etc., » c’est le fil qui tient au zinc qui s’oxide : le zinc » est donc alors vraiment à sa place active , et » ne fait pas les fonctions de conducteur. »
- ” M. Pfajf est d’un avis tout-à-fait contraire : c’est, selon lui; justement parce que le zinc s’oxide, que l’hydrogène doit paroître au bout du fil qibi
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- DU GALVANISME, rfy communique avec lui. Il prouve d’ailleurs, par-l’analogie des expériences faites sur les animaux, que dans le véritable élément de la pile, la substance humide doit être entre les deux métaux. En effet, si l’on fait toucher du zinc au nerf, si on met de l’argent au bout de ce zinc, et si on termine l’arc excitateur par du zinc qui ira de l’argent au muscle, la convulsion n’a plus lieu ; mais elle a lieu, si on met le zinc d’un côté, l’argent de l’autre, de quelque manière qu’on les réunisse. Si la première combinaison étoit la vraie, le second morceau de zinc ne servant que de conducteur, devrait être aussi bon que tout autre métal. »
- » Nous dirons ici, en passant, d’où vient la différence apparente qui se trouve, entre les expériences faites ici, et celles des anglais. Ces derniers disent toujours que c’est le zinc qui donne l’électricité positive et le gaz oxigène : nous disons, nous, que c’est l’argent. Cette différence d’opinion vient de ce qu’ils construisent leur pile ainsi : zinc, argent, substance humide; zinc, etc. ( alors la première plaque de zinc ne fait, suivant la théorie de Pfaff touchant l'élément, que la fonction du conducteur) et que nous, nous construisons notre pile ainsi : argent, substance humide, zinc; argent, etc.»
- » Lorsqu’on met des portions de substance
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- humide entre tous les métaux, ainsi qu’il suit : A. H. Z. H. A. H. Z. H. A. il n’y a pas du tout d’effet, parce que c’est comme si l’on avoit mis deux piles en sens contraire, qui se.neu-traliseroient. La présence de l’air autour de la pile est nécessaire. Sous la cloche pneumatique, les effets diminuent d’autant plus, que le vide est plus parfait. Lorsqu’on plonge la pile dans l’eau, les effets cessent, peut-être parce que l’eau est un conducteur plus immédiat que les fils. Y a-t-il de l’oxigène de l’air absorbé, ou l’oxidation du zinc ne se fait-elle qu’aux dépens de l’eau, dont les disques de drap ou de carton sont imbibés? C’est ce qui n’est pas encore décidé. Quelques-uns croient avoir observé une diminution de l’air, en plaçant la cloche dans un appareil pneumato - chimique : d’autres le nient. »
- » La pile, toute ruisselante d’eau, produit néanmoins des effets ; c’est une grande différence d’avec la bouteille de Leyde. Une autre différence, c’est que les attractions et les répulsions sont infiniment foibles, en comparaison de la force des commotions : de-là l’idée du Cit. Charles, que l’électricité et le galvanisme sont composés de la réunion, en proportions différentes, de deux causes matérielles; celle qui produit les répulsions , qui est forte dans
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- DU GALVANISME. 191 l’électricité et foible dans le galvanisme ; et celle qui produit les commotions, qui est forte dans le galvanisme, et foible dans l’électricité. Les CC. Hassenfrat{ et Gautherot ont observé des attractions entre les deux fils : on devoit les prévoir , d’après ce que montre l’électromètre présenté aux deux bouts de la pile. Nous n’avons pas besoin de dire qu’on a de suite imaginé que les phénomènes des poissons engourdissans étoient de l’ordre des effets galvaniques. M. Humboldtv ient d’écrire de la Guyane, qu’il a vérifié cette conjecture sur le gymnotus ekctricus. »
- » Fourcroy , Vauquelin, Pfaff, et plusieurs autres, ont aussi reconnu que les prétendues grandes étincelles galvaniques, ne sont que le produit de la combustion des fils. Les métaux combustibles, zinc, fer, etc., en donnent, mais pas les autres,.savoir or, platine, etc. L’action de la pile, pour produire les effets galvaniques, n’est pas si continue, qu’on ne puisse l’épuiser instantanément. Si on applique à ses deux bouts de gros conducteurs métalliques , on éprouve line forte commotion, et les effets s’affoiblissent pour quelques secondes. Cette remarque est du C. Fauquelin, qui est aussi auteur des nouvelles observations que voici : »
- » Des plaques de cuivre et de zinc , d’un pied en carré, n’ont presque pas donné de
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- Commotions, et n’ont que foiblement decdfîi-» posé l’eau ; mais les fils métalliques, qui en joi-gnoient les extrémités, se sont enflammés aved une rapidité prodigieuse. Par le partage de ces plaques en quatre, et en les empilant, ce qui quadruple la hauteur, on obtient des commotions plus fortes ; mais l’inflammation diminue. Deux colonnes d’égale hauteur, produisent à-peu-près les mêmes commotions et les mêmes dégage-* mens, quel que soit leur diamètre. Une colonne composée d’or et de platine, n’a produit aucun effet, etc. »
- chapitre
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- CHAPITRE XVII.
- Expériences de M. Wollaston. Travaux et recherches du C. Gautherot. Expériences et observations de quelques physiologistes 3 entre autres des CC. Dumas, Bichat, Richerand t Guy ton, etc. Description d'un nouvel appareil galvanico-chimique , par M. Simon. Faits particuliers, et anecdotes sur le galvanisme.
- §. Ier. Expériences sur la production chimique et l'influence de Vélectricité, par M. William Hyde Wollaston , membre de la société royale de Londres. « Quoiqu’on sache actuellement, dit l'auteur (1), que la force de la pile électrique de Volt a , est proportionnelle à la disposition que montre l’un
- (1) Mémoire lu à la société royale de Londres, le 23 juin 1801, inséré dans les Transactions philosophiques, et traduit dans la Bibliothèque britannique, nn. 138, page 27. Les principaux résultats de ce mémoire étoient déjà indiqués, en abrégé, page 37 du 17*. volume de ce journal. Ce travail, dit le rédacteur , fait époque dans l’histoire du galvanisme.
- IIe. Partie. N
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- des métaux à être oxidé par le fluide interposé, bien des gens ont douté si cette influence pro-venoit de l’action chimique du fluide sur le métal , ou si, au contraire, l’oxidation elle-même n’étoit pas un effet de l’électricité, mise en action par le contact de métaux, dont les facultés conductrices étoient différentes.
- M. WoUaston croit qu’on peut déduire de ses expériences, au nombre de dix, dans lesquelles le procédé galvanique est réduit à sa plus grande simplicité, que l’oxidation du métal est la cause principale des phénomènes électriques.
- Les cinq premières expériences lui ont prouvé que l’action chimique de l’électricité ordinaire de nos machines, est évidemment la même que celle qu’on fait naître par des procédés chimiques. « Mais, puisqu’on a observé, dit-il, des différences dans la faculté relative de la pile de FoUat pour décomposer l’eau, et produire d’autres effets d’oxidation, et la désoxidation des corps exposés à son action, j’ai eu quelque peine à résoudre cette düRculté , c’est-à-dire, du moins à produire, par l’électricité ordinaire, une imitation très-complette de tous les phénomènes galvaniques. On a cru, ajoute-t-il, qu’il falloit employer , pour la décomposition de l’eau par l’électricité ordinaire, des machines très-puissantes -et de grandes bouteilles de Leyde ; mais quand
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- DU GALVANISME. 195 je vins à considérer que la décomposition de l’eau devoir dépendre d’une proportion convenable à établir entre la force de la charge de l’électricité , et la quantité d’eau ; quand j’ai vu qu’on pouvoir régler à volonté la quantité de métal exposé à son action, par la diminution de sa surface, j’espérai, qu’en réduisant considérablement celle-ci , je pourrais produire la décomposition de l’eau avec de plus petites machines, et une excitation moins puissante qu’on n’avoit pu le faire jusqu’à présent , et je n’ai point été trompé dans mon espérance. >»
- Le succès du procédé qu’employa M. Wollaston, surpassa son attente, et il trouva que, quand il fai-soit jaillir à travers de l’eau, par l’intermède d’une pointe métallique isolée, des étincelles des conducteurs , une d’elles decomposoit l’eau, à -la distance d’un huitième de pouce, lorsque le diamètre de la pointe exposée à son action, ne surpassoit pas un centième de pouce. Il résulte des expériences 6 et 7 de M. Wollaston, qu'on peut produire la décomposition de l’eaü par l’électricité ordinaire, aussi bien que par là pile galvanique , quoiqu’on ne fasse naître aucune étincelle visible, dans l’action de cette électricité.
- L’expérience huitième prouve * qu’après l’exemple donné de désoxidation ou de phlogistication par l’électricité négative, dans la précipitation du
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- cuivre par l’argent, on peut aussi montrer la faculté oxidante de l’électricité positive , par son effet sur les couleurs bleues végétales, et que les mêmes effets sont produits, en beaucoup moins de temps , par l’appareil de Volta. M. WoL-laston croit, qu’outre la ressemblance qu’il a établie entre les effets de l’électricité, excitée par les appareils ordinaires, et ceux qu’on observe dans la pile électrique, ces deux classes d’effets ont encore une source commune. Quant à la dernière, on sait à présent qu’elle dépend de l’oxidation, et il paroît aussi, d’après les résultats des expériences 9 et 10, que l’excitation dans la première, tient au même procédé. La ressemblance que l’auteur a observée dans les moyens apparens d’irritation de l’électricité et du galvanisme , indépendamment de celle qu’il a démontré exister dans leurs effets, rapproche tout-à-fait ces deux facultés, et confirme une opinion, déjà annoncée par d’autres physiciens, savoir que toutes les différences observées dans l’action comparative du galvanisme, viennent de ce que celle-ci est moins iijtepse, mais est produite en bien plus grande quantité.
- §• II. Travaux et recherches du C. Gautherot sur k galvanisme. Ce n’est qu’en nivôse an neuf que ce physicien, membre de plusieurs sociétés
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- DU GALVANISME. 197 savantes (1) , a commencé ses expériences sur cette importante découverte. Voici la partie principale d’un mémoire, imprimé depuis, qu’il a lu, le 1 z brumaire an 10, à la société phÿ-lotechniqüe, dont il est membre. Ce mémoire commence, par le tableau sommaire de- l’histoire du galvanisme : l’auteur ensuite s’exprime ainsi :
- » Après avoir répété les expériences qui étoient connues, j’ai voulu essayer l’effet des nouveaux appareils sur mes organes : le résultat le plus singulier que j’en ai obtenu, et qui, dans le temps, n’avoit pas encore été 'âpperçu, est qu’en appliquant deux plaques métalliques humides sur mes joues, sur mes tempes, sur mon front et sur mon menton, j’ai éprouvé, indépendamment de la commotion, le passage subit d’un éclair, et un sentiment très-particulier
- (1) Doué d’un grand amour pour les sciences exactes , et sur-tout pour la physique expérimentale -, le C. Gau-therot ne travaille que pour hâter ses progrès. Mu’ par le seul désir de pénétrer les secrets de la nature/, il consacre à l’étude, avec une patience qu’on pourrait dire opiniâtre, son temps, ses veilles, et même sa fortune. Le mémoire dont il est ky question , est inséré, tome Ier. page 471 des Mémoires des sociétés savantes et- littéraires de la république Françoise, recueillis et rédigés par plu~ sieuFS s.avans.
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- et très-douloureux de brûlure, dont la force a duré autant que l’application des plaques sur les différentes parties de mon visage. Lorsque l’application est faite sur les joues, on éprouve de plus, dans l’intérieur de la bouche , cette sensation de saveur, particulière au galvanisme, quoiqu’ici les attouchemens soient extérieurs, et, pour ainsi dire, étrangers à l’organe. J’ai consigné ce fait, ainsi que quelques réflexions sur la théorie du galvanisme , dans un premier mémoire que j’ai lu à l’Institut, le 26 nivôse an neuf (i). »
- » Je . ne reviendrez pas sur les réflexions que j’ai faites alors, si je n’avois pas lu un mémoire du docteur William-Hydc Wollaston, membre de la
- (1) Dans la séance de l’Institut, du n messidor suivant , le C. Halle a fait, au nom de la commission établie pour le galvanisme, un rapport sur ce mémoire. Après avoir exposé les idées théoriques de l’auteur, et décrit l’appareil avec lequel il a fait ses expériences, ainsi que les effets et les phénomènes qui en ont été la suite, le C. H allé dit : Nous pouvons assurer la classe que les foies annoncée dans la partie expérimentale du. mémoire du.C. Gautherot, sont de la plus exacte vérité, et qu'il les q notés asseç antérieurement aux. expériences pareilles , dont nous avons, eu connaissance , pour avoir droit d'être cité parmi les premiers auteurs de semblables observations. Le rapporteur ajoute que, quant aux idées théoriques de
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- DU GALVANISME. 199 société royale de Londres (1); mémoire dans lequel l’auteur cherche à prouver que, dans l’appareil galvanique , l’oxidation des métaux est la cause principale des phénomènes électriques ; j’ai cru devoir réclamer à cet égard la priorité, et observer que la doctrine exposée par le physicien anglais, est exactement la même que celle que j’ai posée dans mon mémoire, bien antérieur au sien : car voici comment je me suis exprimé à ce sujet. »
- U état actuel de nos connaissances, dans cette partie, ne nous permet pas encore de distinguer le phénomène principal, qui explique et subordonne les autres. Ceux de P électricité ne paraissent ici que comme secondaires : Vélectricité y est excitée et mise en jeu ; meus elle y est subordonnée. L’oxidation des métaux se présente au contraire comme un phénomène en premier ordre : leur attouchement semble augmenter leur affinité pour l'oxigène, et la présence de Peau, qui est indispensable, dans ce cas, pour rendre sensible les phénomènes du galvanisme y semble prouver, par ta
- l’auteur, quelque ingénieuses qu’elles lui paroissent, elles demandent à être confirmées par une plus longue suite de faits. Ce jugement réfléchi accorde aux expériences du C. Gautherot, la priorité qui leur est véritablement
- (1) Voyc£ le paragraphe précédent.
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- prompte décomposition, cette affinité plus grande de Poxigène pour Us substances métalliques, que pour l'hydrogène, dans la décomposition de Peau.
- » Quant au développement de l'électricité, privé alors des lumières de Folta sur ce sujet, ne connoissant point encore les belles^ expériences , qui prouvent qu’indépendamment- de tout agent, l’attouchement seul de deux métaux différens produit l’un, l’électricité positive, et l’autre l’électricité négative; voici comment, d’après mes connoissances dans cette partie, j’expli-quois l’électricité qui résulte des nouveaux appareils. J’observois d’abord que, puisque l’eau, par sa décomposition, change d’état, en passant de celui de liquidité à celui de fluide aériforme, ce changement ne pouvoit s’effectuer sans changer sa disposition électrique; de-là, disois-je, résulte vraisemblablement l’électricité qui se ma-
- » Maintenant même, que je suis plus éclairé sur cette matière, je ne fais nul doute que cette cause ne se joigne à celle que le célèbre physicien , que je viens de citer, a si bien su découvrir et développer, et ne concourre avec elle à la production des effets singuliers qu’il a observés. »
- » Continuant mes recherches sur ce sujet, et voyant que les plaques métalliques de la nouvelle batterie sont fortement oxidées , lorsque
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- DU GALVANISME. 201 l’appareil a été, pendant quelque temps, soumis aux expériences, j’ai voulu voir, d’une manière plus particulière, l’influence de l’attouchement des différens métaux, argent et fine, dans la décomposition de l’eau. »
- » Pour cet effet, j’ai placé, sur les deux côtés opposés d’une plaque de zinc, deux petites bandes de carton, pour supporter une plaque d’argent, de même dimension que celle de zinc : j’ai mis une goutte d’eau entre ces deux plaques , de sorte qu’elle touchoit aux deux métaux. Examinant, de temps en temps, ces plaques, je ne me suis apperçu, même au bout de 72 heures, d’aucun effet d’oxidation; tandis que, dans un autre appareil disposé de même, avec cette seule différence, qu’il y avoit une légère communication métallique entre les deux plaques, l’oxidation commençoit déjà à être sensible, au bout seulement de huit minutes. Ici, l’oxide de zinc, quoique d’une pesanteur spécifique supérieure à celle de Peau * abandonne lè zinc qui est à la partie inférieure, pour adhérer à l’argent, en y dessinant le contour de la goutte d’eau. L’oxidation est d’autant plus prompte, que les plaques sont plus rapprochées, cet effet paraissant se rallentir, à raison de l’e-loignement des plaques. »
- » On trouve, dans le mémoire de M .Wollaston,
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- HISTOIRE cité ci-dessus, une très-jolie expérience sur Fondation des métaux : mais ce n’est qu’une variété de la mienne. J’ai donc encore l’antériorité sur lui pour ces nouveaux faits. »
- » Le précédent, et quelques autres que je vais rapporter, ont été consignés dans un second mémoire, que j’ai aussi lu à l’Institut, le 26 ventôse (1) an 9. Dans le préambule, je dis qu’il ne
- (x) A la fin de ce mémoire, qui est imprimé, on trouve l’extrait d’un rapport du 16 prairial , fait à l’Institut , par les commissaires ( les CC. Fourcroy et Vauquelin ). Ils disent que le C. Gauthtrot , en s’occupant des expériences galvaniques, avec la sagacité qui lui appartient , a observé plusieurs eftéts assez importans. Après avoir rendu compte de ses travaux à ce sujet, ils ajoutent qu’ils ont vérifié plusieurs des faits principaux qu’il rapporte , et qu’ils sont parfaitement d’accord avec ce qu’ils annoncent. Nous sommes d’avis , disent les commissaires , que ces faits doivent être soigneusement recueillis, pour être réunis à ceux que l'on connaît déjà, et à ceux que ton découvrira , et que l’Institut doit encourager le C. Gautherot, dans ses recherches sur le fluide galvanique, dont ilparoit très-susceptible d’éclaircir les effets encore douteux.
- Ce mémoire et ce rapport sont insérés dans les Mémoires des sociétés savantes et littéraires de la république françoise , in-40., tome I, p. 164 et 168. A la fin du mémoire , ü y a une note des rédacteurs, qui s’expriment ainsi : « Cette branche nouvelle de la physique ( le galvanisme ) occupe les savans de toutes les nations. Ritter a publié ua
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- DU GALVANISME. 103 nous est pas encore possible d’établir une théorie sur le galvanisme, parce que les principaux faits, qui doivent lui servir de base, ne nous sont point encore connus; et j’ajoute que mes travaux se borneront d’abord à la découverte de ces faits. La suite de mes recherches, consignée dans le même mémoire, consiste premièrement en des essais sur le pouvoir conducteur de l’eau dans des tubes de verre ; j’ai remarqué à ce sujet quelque chose de bien singulier : c’est que l’eau, dans des tubes dont l’ouverture est étroite, est moins perméable au fluide galvanique, que lorsque l’ouverture est plus considérable. J’ai observé encore que la faculté conductrice de l’eau, tenant en dissolution quelques sels, est considérablement augmentée. Le dernier fait, consigné dans mon mémoire, est la découverte de l’attraction galvanique. Jusqu’à ce moment, elle avoit été tentée vainement; et j’ai l’avan-
- tnémoire allemand, dans lequel il rend compte de faits qui ne sont point encore connus en France. Il étoit donc de notre devoir de le publier : nous l’avons traduit, et au moment où on alloit le mettre sous presse, un de nous l’ayant fait connoître au C. Gautherot, il a désiré en vérifier quelques expériences, et il nous a promis do l’enrichir de notes, qui ne peuvent qu’en augmenter l’intérêt.
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- tage d’être le premier entre les mains de qui
- elle a réussi. »
- » Ne connoissant encore du galvanisme que la saveur, les commotions, les étincelles et la décomposition de l’eau, j’ai voulu connoître de plus les corps qui sont conducteurs de ces effets. Pour cela, j’ai composé un petit instrument fort simple, afin d’essayer les corps dans chacun de ces trois états, où la nature nous les présente ; savoir : le solide, le liquide, et l’aériforme. »
- » Par le moyen de cet instrument, j’ai vu que la plaque d’air la plus mince, celle qui n’atteint pas l’épaisseur d’un fil de soie, tel que le ver le file, est totalement imperméable aux effets d’un appareil ordinaire; que la flamme elle - même , qui, jusqu’ici, a été considérée comme un fort bon conducteur de l’électricité, est de même imperméable à la transmission des effets de mon appareil; que le papier, les bois secs, la soie, la laine, le coton, le fil, l’ivoire, la cire, l’huile, le soufre, le phosphore, les. oxides de cuivre, de zinc, le diamant, le saphir, le mbis, la chrysolite, Pagathe, la peau humaine, ne sont point conducteurs; que le muriate de soude et celui d’ammoniaque, quoiqu’ils augmentent considérablement la. faculté conductrice de l’eau, ne sont pas non plus par eux-mêmes conducteurs. En général, les con-
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- ducteurs éprouvés à cette époque, se sont trouvés en petit nombre; ce sont les métaux en première ligne, l’eau et les substances dans lesquelles elle est foiblement combinée ; telles que le vin, l’alcohol, l’éther, les acides à l’état de liqueur , les dissolutions salines , enfin le charbon embrasé ou non embrasé. »
- » De ces différens faits, consignés dans un troisième mémoire, de celui sur-tout de l’absolue imperméabilité de la plaque d’air la plus mince, je tirais l’induction d’une différence sensible entre cet agent, et celui de l’électricité. Le célèbre Voha, qui s’est aussi occupé de cette recherche, avec cette sagacité rare qui le caractérise, m’a fait observer, et m’a même prouvé que le degré d’intensité d’électricité , produit par mon appareil transporté entier dans une bouteille de Leyde, ou, en d’autres termes, que la bouteille de Leyde, chargée seulement au même degré d’intensité, que celle de l’électricité fournie par ces nouveaux appareils, ne seroit pas capable non plus, pour sa décharge, de briser une plaque d’air aussi mince, que celle que j’ai citée ci-dessus. »
- » C’est ainsi que, lorsque les physiciens travaillent de concert, on les voit se prêter de mutuels secours. Ils se rectifient les uns les autres ; et les faits mieux observés, placés dans l’ordre
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- qui seul leur convient, forment alors une de#
- parties solides de l’édifice que l’on tâche d’é-
- » Le charbon me paraissant mériter quelques recherches particulières par sa faculté conductrice, j’ai voulu voir comment il se comporte relativement aux étincelles et à la décomposi-de l’eau ; et j’ai vu qu’il étoit aussi propre que l’eau pour obtenir des étincelles, et que, par rapport à l’eau, il la décompose à la manière des métaux non-oxidables ; c’est-à c^ire, que deux charbons employés pour cet effet, dégagement l’un le gaz hydrogène, et l’autre le gaz oxigène. »
- » Mais, quelque chose ici de plus particulier, c’est que, quoique ces charbons se touchent dans l’eau, cela n’arrête pas sa décomposition, ainsi que le fait l’attouchement des métaux dans les mêmes circonstances; déplus, si pour rendre cet attouchement plus immédiat, on taille un morceau de charbon en forme de fourche, cela n’est point un obstacle à la décomposition de l’eau; ce qui me semble prouver que le charbon est encore moins conducteur que l’eau elle-même. Cette faculté conductrice du charbon , et la manière dont l’eau se trouve décomposée par son moyen, me firent présumer que l’on pourrait le substituer avec succès à l’argent; c’est-à-dire, en composer avec
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- DU GALVANISME. 107 le zinc une batterie galvanique. J’y suis enfin parvenu, après beaucoup de tentatives infructueuses, parce que tous les charbons ne se trouvent pas également bons conducteurs , et qu’il ne faut qu’une seule pièce, mauvais conducteur, pour arrêter les effets de l’appareil.»
- » Les savans étrangers, à cette époque, et même à des époques antérieures, étoient plus près que nous de la solution de ce problème; car, dans le temps où les expériences se faisoient à la manière de Galvani; c’est-à-dire, dans le temps où l’on cherchoit seulement à exciter l’irritabilité des grenouilles, Humboldt avoit réussi à ranimer leur mouvement par le charbon en concours avec le zinc ; malgré cet acheminement à la découverte de la vérité, malgré ces con-noissances, dont j’étois alors dépourvu, ces savans m’ont laissé prendre l’avance sur eux. »
- » Encouragé par ce succès, je m’occupai plus particulièrement de la recherche des corps, non seulement conducteurs, mais qui, de plus, dé~ veloppoient une saveur sur la langue , par leur attouchement avec le zinc, persuadé qu’ils se-roient propres aussi à former avec lui des appareils galvaniques ; je ne tardai pas à m’apper-cevoir d’une réciprocité d’effet entre les corps conducteurs, et ceux qui développent la saveur. Mes recherches me firent étendre la classe des
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- corps conducteurs, et je vis qu’il falloit joindre au charbon quelques pyrites ou sulfures de fer, le carbure de fer ou la plombagine, et même un schiste noir, ou cette espèce de crayon noir, dont se servent les charpentiers et les dessinateurs. Ayant fait l’essai de quelques-unes de ces substances avec le zinc, pour en former une batterie ; ayant même essayé entre eux différens métaux, autres que le zinc; les ayant combinés avec les fossiles dont je viens de parler, et en ayant obtenu le succès que j’avois lieu d’en attendre, je suspendis mes recherches, de quelque intérêt qu’elles me parussent, pour m’occuper d’une autre plus importante , celle de former un appareil, sans le secours d’aucun métal. »
- » Après beaucoup de tentatives infructueuses et de soins minutieux, je suis enfin parvenu à construire, avec le charbon et le schiste dont je viens de parler, une pile de 40 étages, qui donne une saveur vive et piquante, accompagnée de l’éclair, et produit enfin la décomposition de l’eau, le côté du charbon dégageant le gaz hydrogène : cette dernière circonstance écarte tout soupçon de l’influence des métaux et même de celle du fer qui pourroit se rencontrer dans le schiste; car s’il s’en rencontrait, çe serait le côté du schiste qui devrait dégager le gaz hydrogène, ainsi que le dégage le côté du
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- DU GALVANISME. 109 du fer, dans les batteries que j’ai formées avec Je charbon et le fer. Ici je n’ai été suivi par personne. »
- » Les Anglois, de leur côté, ont aussi trouvé quelque chose de très-curieux. Humphry Davi, démonstrateur de chimie, de l’institution royale de la Grande-Bretagne, a lu, le 18 juin i8or, à la société royale de Londres , un mémoire dans lequel il annonce qu’on peut produire une accumulation de l’influence galvanique, exactement semblable à celle qu’on obtient par la pile de Volta, en combinant 'des disques d’un seul métal, avec des couches de liquides différens. Des expériences aussi intéressantes, semblent nous approcher du but que nous tâchons d’atteindre , et nous font espérer d’y parvenir bientôt. »
- » En continuant mes recherches, non pas avec la pile composée de plaques, mais avec l’appareil que Volta nomme la couronne de tasses, je me suis apperçu que la saveur brûlante, que l’on se procure en plaçant deux fils métalliques dans sa bouche, et en plongeant leurs deux autres extrémités, l’une dans la première tasse de l’appareil , et l’autre dans la dernière ; je me suis apperçu, dis-je, lorsque les fils étoient de platine ou d’argent, qu’en les retirant des tasses «î les faisant toucher l’un contre l’autre, on IIe. Partie. O
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- HISTOIRE éprouvoit encore une légère savetir galvanique; saveur qui même a de la permanence, si on laisse en contact les deux fils, et qui se renouvelle plusieurs fois, si l’on se contente de rapprocher, à plusieurs reprises, ces deux fils l’un contre l’autre. »
- » Cette saveur est mieux prononcée, si On place les deux fils dans une bouteille d’eau salée, les maintenant par un bouchon de liège, qui les empêche de se toucher dans l’eau ; alors, en plongeant leurs deux autres extrémités dans l’appareil à tasses, ou même en leur faisant toucher les deux extrémités de la pile ordinaire, et attendant sur-tout le moment où l’eau se décompose dans la bouteille, si on porte alors, dans la bouche, les deux bouts de ces fils qui ont communiqué avec l’appareil, la saveur est mieux prononcée : quelquefois même elle est accompaghée d’une légère commotion, et son activité a en outre plus de durée. Je sms encore parvenu à décomposer l’eau par ce nOuvel appareil. »
- » Cette expérience, qui ne se prête pas à l’ex-plitation qu’on chercheroit à lui donner par la théorie de l’électricité, me semble majeure; et comme elle est susceptible de beaucoup de modifications , elle sera probablement la source-ou la base de beaucoup d’autres expériences, et concourra, plus qu’aucune autre, à découvrir
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- DU GALVANISME. Wi la théorie de cette nouvelle branche de la physique. tt
- » Une expérience des plus curieuses encore, et qui termine mon neuvième et dernier mé--moire, c’est celle-ci. Si l’on plonge les deux extrémités d’un fil unique de platine dans les bocaux extrêmes de l’appareil à tasses, si l’on rapproche les deux -bouts de ce fil, sans leur per-meittre de se toucher, et qu’on les porte dans •sa bouche, on .éprouve une saveur galvanique, d’autant mieux prononcée,. que le diamètre du -fil-est plus considérable. »
- » Il n’qst pas nécessaire, pour le succès de cette -expérience, que les deux tasses extrêmes contiennent de .l’eau salée; car la dissolution saline .pourroit laisser quelque doute sur La cause de la saveur; mais afin d’ôter toute incerti-:tude, et.pour donner à cette expérience le plus grand degré de simplicité, je remplis d’eau distillée deux tasses bien nettes; je fais commu-.niquer ces deux tasses, avec celles extrêmes de mon appareil , par deux fils de platine ; je plonge alors, dans les tasses qui contiennent de l’eau distillée, les deux bouts du-fi de platine qui doivent me procurer la saveur; je les approche de ceux qui servent de conducteurs, et j’attends le dégagement des bulles provenant de la décomposition de l’eau. Par ce moyen, j’ob-
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- tiens le maximum de saveur que ce genre d’expérience peut procurer. Je ne crois pas, ainsi que le pensoit Volta, que cette saveur puisse être attribuée à aucun effet d’acide et d’alcali, résultant de la décomposition de l’eau ; car, si l’on plonge les deux bouts du fil, en sortant des tasses, dans de l’eau pure, on éprouve encore une saveur bien prononcée; et si, pour comparer cette expérience, on plonge les deux bouts d’un fil de platine, l’un dans l’acide nitrique, et l’autre dans un alcali quelconque, et qu’ensuite on les reporte dans un verre d’eau, cette simple immersion suffit pour les dégager de ces puissans agens, et les empêcher de produire dans la bouche la plus légère saveur. Cette expérience, que je regarde comme capitale, me semble mériter le plus sérieux examen (i). »
- » La diversité des opinions qui partagent les savans, pour l’explication de ces étranges phénomènes, forme trois classes. »
- » Humboldt, ainsi que je l’ai dit ci-dessus,
- (i) Le C. Gauthcrot a eu la complaisance de répéter chez lui, devant moi, les différentes expériences rapportées dans ce mémoire : j’en ai fait l’épreuve par moi-même. Quoique mon suffrage ne puisse pas lui être bien utile, après celui de l’Institut, j’atteste qu’elles ont toutes réussi, et qu’elles ont produit les effets ici détaillés.
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- DU GALVANISME, nj veut que ces phénomènes aient pour cause un agent totalement différent de celui de l’électricité ; mais cette opinion est généralement abandonnée. »
- » Volta est à la tête de la seconde classe, qui comprend presque tous les savans de l’Europe. Ce célèbre physicien veut que tous les phénomènes quelconques, découverts, sur ce sujet depuis Galvani, ne soient que des applications et des modifications dé l’électricité. »
- » Quelques savans, qui forment la troisième classe, pensent qu’un agent inconnu s’associe à l’agent électrique, pour produire les phénomènes du galvanisme ; ils se fondent sur ce que plusieurs de ces. phénomènes semblent se refuser à l’explication qu’on chercheroit à leur donner par les seules loix connues de l’électricité. »
- » Mes expériences paroissent. favoriser l’opinion' dernière. Ce qu’il y a au moins de bien certain c’est que la décomposition de l’eau, par mes nouveaux appareils, n’a rien qui corresponde avec ce que l’on connoît de l’électricité.-»
- » Ainsi, pour nous réunir aux autres savans, nous attendrons i °. le moment oii la théorie de l’électricité expliquera ces phénomènes; i°. celui où, par le moyen de nos machines électriques, nous parviendrons à produire les mêmes effets que ceux produits par le galvanisme; alors seule-O i
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- mént son identité avec l’électricité sera démontrée, et il n’y aura plus différence d’opinion. >*
- Tel est en substance le dernier mémoire dit C. Gauthcrot (i); il n’est, pour ainsi dire , que le résumé dès autres mémoires qii’il avoit composés antérieurement sur le galvanisme. Nous devons y joindre Pëxtrâit d’iirt rapport fait à l’Institut, le 21 fructidor de cette année, par les CC. Fourcroÿ et VàüquÜïri, ét qui nous a été communiqué par le G. Gahthefdt : c’est le résumé de Ses différèns travaux.
- » Dans l’ensemble des faits, déjà très-nom->> bréux, observés sur le galvanisme, l’on peut » àssiirèr j disent lés commissaires, que le C. 5> Gaütherot, en s’en occupant sans cesse, y a eu » uné aSsez grande part, parles cinq mémoires » qu'il a lus à la classe, et dans chacun des-h quels il â fait connaître plusieurs vérités, plus » ou moins importantes à l’histoire de ce fluide » singulier. »
- » Son premier mémdirè contient la description d’un nouvel instrument qit’il à imaginé pour mesurer la puissance conductrice des différèns
- (i) Ceux qui liront ce mémoire > s’appercevroùt sans doute de quelques changemens que j’y ai faits , non dans la doctrine, que j’ai conservée entière, mais dans la tournure des phrases , et dans ia diction, que j’ai rendue, de l’aveu dé l’auteür, plus nette et plus correcte.
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- DU GALVANISME. 115 corps naturels, solides, liquides, et même gazeux. Toute la théorie et la pratique des différentes espèces de conducteurs y sont détaillées. Du résultat de ses expériences, il tire quelques conséquences contre l’identité des fluides électrique et galvanique. »
- » Le second mémoire a pour objet les propriétés galvaniques du charbon, considéré sur-tout comme conducteur. L’auteur fait voir qu’il n’est pas un conducteur du galvanisme aussi parfait que les métaux. »
- » Le troisième mémoire est très-curieux et unique en son genre, en ce qu’il donne au charbon une propriété qu’on ne lui connoissoit pas, celle de former avec le zinc un appareil galvanique, composé de dix-sept étages, qui produit des commotions légères, la décomposition de l’eau, etc. fait dont, à notre connaissante, disent les commissaires, le C.Gautherot est le premier inventeur, et qui est tris-important, puisqu'il prouve qu'il n’est pas besoin de la présence di deux métaux pour mettre le fluide galvanique en mouvement. Dans le même mémoire, l’auteur observe que toutes les espèces de charbon ne conviennent pas à cet usage, et il donne les moyens de re-connoître les bons, et même de rendre bons, ceux qui ne le sont pas naturellement. »
- » Dans son 4e. mémoire, le C. Gautherot pour-
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- suit ses recherches sur les corps conducteurs du fluide galvanique, et il indique les substances qui doivent être regardées comme telles ; il donne la composition de différentes colonnes galvaniques, et la manière de les former. »
- Il rappelle, dans son cinquième mémoire, ses tentatives, d’abord infructueuses, pour composer un appareil galvanique sans métaux, et il annonce qu’enfin il y est parvenu, après des recherches et des précautions minutieuses. Du charbon et de la pierre noire de charpentier en sont les élémens. Cette vérité nouvelle, qui appartient toute entière au C. Gautherot, paroît aux commissaires devoir quelque jour jetter de la lumière sur les propriétés et la nature du fluide galvanique. Ils concluent leur rapport, en proposant à la classe, qui a entendu avec beaucoup d’intérêt les mémoires du C. Gautherot, d’en ordonner l’impression dans les volumes des sa-vans étrangers. La classe a approuvé le rapport de ses commissaires, et en a adopté les conclusions.
- §. III. Expériences et observations sur te galvanisme, par le C. Bichat, médecin de C Hôtel - Dieu. Ce jeune médecin, qui vient de donner une anatomie générale, en 4 volumes in-8p. dont tous les journaux ont parlé avec éloge, a aussi fait des
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- DU GALVANISME. 117 expériences galvaniques , qui sont consignées dans ses recherches physiologiques sur la vie et la mort, publiées en l’an huit. Voici l’extrait de ce qu’il a dit à ce sujet.
- I. Dans l’article où il traite de l’influence que la mort du cerveau exerce sur celle du cœur, après avoir prouvé, d’après l’observation et l’expérience , que ce n’est point immédiatement par interruption de l’action cérébrale que le cœur cesse. d’agir, il confirme cette donnée fondamentale de physiologie et de pathologie , par un genre d’expériences analogues à celles qu’il a faites d’abord, par celles du galvanisme, afin de ne négliger aucun des moyens, qui prouvent que le cœur est toujours indépendant du cerveau. _
- » J’ai fait, dit-il, ces expériences avec une attention d’autant plus scrupuleuse, que plusieurs auteurs très-estimables ont avancé, dans ces derniers temps, une opinion contraire à la mienne, et ont voulu établir que le cœur et les autres muscles de la vie organique ne diffèrent point, sous le rapport de leur susceptibilité pour l’influence galvanique, des muscles divers de la vie animale. Je vais d’abord dire ce que j’ai observé sur les animaux à sang rouge et froid. »
- » i°. J’ai armé plusieurs fois, dans une grenouille, d’une part, son cerveau avec du plomb,
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- d’une autre part, son cœur et les musçles des membres inférieurs, avec une longue lame dç zinc, qui touchoit au premier par son extrémité supérieure, et aux seconds par l’inférieure. La communication établie avec de l’argent, entre les armatures des muscles et celles du cerveau , a déterminé constamment des mouve-mens dans les membres ; mais aucune accélération ne m’a para sensible dans le cœur, lorsqu’il battoit encore; aucun mouvement ne s’est manifesté, quand il avoit cessé d’être en action. Quel que soit le muscle volontaire que l’on arme en même-temps que le cœur, pour comparer les phénomènes qu’ils éprouvent lors de la communication métallique, il y a toujours une différence tranchante. »
- » z°. J’ai armé, sur d’autres grenouilles, par line tige métallique commune, d’une part la partie‘cervicale de la moelle épinière , dans la région supérieure du cœur, afin d’être au-desr sus de l’endroit d’où les nerfs , qui vont au sympathique et de-là au cœur, tirent leur origine; d’autre part, le cœur et un muscle volontaire quelconque. Toujours j’ai observé un résultat analogue à celui de l’expérience précédente, eu établissant la communication ; toujours de violentes agitations, dans les muscles volontaires , jointes au défaut de changement manifeste dans
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- D U G À L V A N I S M E. 119 tes mouvemens du cœur, se sont fait apperce-Voir.
- » 30. J’ai fâché de mettre à découvert les nerfs qui vont au cœur des grenouilles; plusieurs filets grisâtres, à peine sensibles, et dont, à la vérité, je ne puis certifier positivement la nature, ont été armés d’un métal, tandis que le cœur reposait sur Un autre. La communication établie par un troisième, n’a déterminé aucun effet sensible. »
- » Il me sertible que ces essais, déjà tentés en partie avant moi, sont très-convenables pour déterminer positivement si le cerveau influence directement le cœur, sur-tout lorsqu’on a soin de les répéter, comme j’ai fait, en armant successivement, et tour-à-tour, les surfaces interne et externe, et la substance même de ce dernier organe. Dans tous ces essais, la disposition naturelle est conservée entre les diverses parties qui servent à unir le cœur au cerveau. »
- » 40. 11 est un autre mode d'expérience, qui Consiste t°. à détacher le cœur de la poitrine; 20. à le mettre en contact avec deux métaux dif-férens, par deux points de sa surface, ou avec des portions de chair armées de métaux; 30. à faire communiquer les armatures par un troisième métal : alors Humboldt a vu des mouvemens se manifester. J’avoue que souvent, en
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- HISTOIRE répétant strictement ces expériences, telles: qu’elles sont indiquées, je n’ai rien apperçu de semblable. D’autres fois, il est vrai, un petit mouvement, très-différent de celui qui animoit alors le cœur, s’est manifesté, et a paru tenir à l’influence galvanique. J’aurois presque pris ce mouvement pour l’effet de l’irritation mé-chanique des armatures, sans l’autorité respectable de Humboldt, et d’une foule d’autres physiciens très - estimables, qui ont reconnu, dans leurs essais, l’influence du galvanisme sur le cœur, lorsqu’il y est appliqué de cette manière. Je suis cependant loin de prétendre avoir mieux vu, dans mes expériences, que ceux qui se sont occupés du même objet; je dis seulement ce que j’ai observé. »
- » 5 °. Au reste, les expériences, oh les armatures ne portent pas, d’un côté, sur une portion du système nerveux, de l’autre, sur les fibres charnues du cœur, ne me semblent pas très-concluantes pour décider, si l’influence que le cerveau exerce sur cet organe, est directe. Quelle, induction rigoureuse peut-on tirer de mouve-mens produits par l’armature de deux portions charnues? »
- » Je passe maintenant aux expériences faites sur les animaux à sang rouge et chaud : elles sont d’autant plus nécessaires à répéter, que le mode
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- DU GALVANISME, m de contractilité des animaux à sang rouge et froid diffère essentiellement, comme on le sait, de celui des animaux à sang rouge et chaud. »
- » i°. J’eus l’autorisation, dans l’hiver de l’an sept, de faire différens essais sur les cadavres des malheureux guillotinés. Je les avois à ma disposition , trente à quarante minutes après l’exécution. Chez quelques - uns, toute espèce de motilité étoit éteinte ; chez d’autres, on rani'moit cette propriété, avec plus ou moins de facilité dans tous les muscles, par les agens ordinaires. Gn la développoit, sur-tout dans les muscles de la vie animale, parle galvanisme. Mais il m’a toujours été impossible de déterminer le moindre mouvement en armant, soit la moelle épinière et le cœur, soit ce dernier organe et les nerfs qu’il reçoit des ganglions par le sympathique, ou du cerveau par la paire vague. Cependant les excitans méchaniques, directement appliqués sur les fibres charnues, en occasionnoient la contraction. Cela tenoit-il à l’isolement d’avec le cerveau, où étoient depuis quelque temps les filets nerveux du cœur ? Mais alors pourquoi ceux des muscles volontaires, également isolés, se prêtoient - ils aux phénomènes galvaniques ? Au surplus, les expériences suivantes éclairciront ce doute. »
- » z°. J’ai armé, de deux métaux différens,
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- an . HISTOIRE sur des chiens et sur des cochons d’Inde, d’abord le cerveau et le cœur, ensuite le tronc de la moelle épinière et ce dernier organe, enfin ce même organe et le nerf de la paire vague, dont il reçoit plusieurs nerfs. Les deux armatures étant mises en communication, aucun résultat sensible n’a été apparent; je n’ai point vu les mouvemens se ranimer, lorsqu’ils avoient cessé, ou s’accélérer, lorsqu’ils continuoient encore. »
- » 30. Les nerfs cardiaques de deux chiens ont été armés , dans leurs filets, tant antér-rieurs que postérieurs ; une autre armature a été placée sur le cœur, à sa surface tantôt interne, tantôt externe, quelquefois dans son tissu. iLa-communication n’a pas non plus produit des mouvemens très-apparens. Dans toutes ces expériences, il ne faut établir cette communication, que quelque temps après que l’armature du cœur a été placée, afin de ne point attribuer au galvanisme , ce qui n’est que l’effet de l’irritation métallique.
- » 4°. Humboldt dit que lorsqu’on détache le cœur promptement, et avec le soin d’y laisser quelques-uns de ses nerfs isolés, on peut exciter des contractions en armant ceux-ci d?un .métal, et en touchant l’armature avec un autre métal: je l’ai inutilement tenté plusieurs fois ; cela a paru cependant me réussir dans une occasion. »
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- » ç9. J’ai presque constamment réussi, au contraire, à produire des contractions chez les animaux à sang rouge et chaud, en leur arrachant le cœur, en le mettant en contact, par deux points différens, avec des métaux, et en établissant la communication. C’est le seul moyen, Je crois, de produire sur cet organe, avec efficacité et évidence, les phénomènes galvaniques. Mais ce moyen, constaté déjà plusieurs fois, particulièrement par le C. Jadtlot, ne prouve nullement ce que nous cherchons ici; savoir, s’il y a une influence directe exercée par le cerveau sur le cœur. »
- » J’ai répété chacune de ces expériences sur le galvanisme un très.grand nombre de fois, et avec les plus minutieuses précautions. Quoique je n’aie pas obtenu les-mêthes résultats, je ne prétends pas pour cela, comme je l’ai déjà dit, jeter des doutes sur'k'réalité des expériences qui ont offert des résultats -différens à des'physiciens estimables. 'On sait combien sont variables les effets -de celles qui ont lés forces vitales pour objet. Au reste, en admettant même les résultats différens des miens, je ne-crois pas qu’on puisse s’empêcher de reeonnoître que, sous le rappôtt 'de l’excitation galvanique, il y a une différence énorme entre les muscles de la vie animale, et ceux de la vie organique. Rien de
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- plus propre à faire reconnoître cette différence, dans les expériences sur le cœur et sur les intestins, que d’armer toujours, avec le même métal qui sert à l'armature de ces muscles, un de ceux de la vie animale , et d’établir ainsi un parallèle entre eux. »
- » D’ailleurS, en supposant que les phénomènes galvaniques eussent, sur ces deux espèces de muscles, une égale influence, que prouveroit ce fait} Rien autre chose, sinon que ces phénomènes suivent , dans leur succession , des Ioix toutes opposées à celles des phénomènes de l’irritation ordinaire des nerfs et des muscles, auxquels ces nerfs correspondent. »
- II. Dans l’article XI, où le C.Bichat traite de l’influence que la mort du cerveau exerce sur celle de tous les organes, qu’il divise en ceux de la vie animale, et en ceux de la vie organique, il examine d’abord si l’interruption des fonctions organiques, est un effet direct de la cessation de l’action cérébrale ; et après avoir prouvé, comme dans l’article précédent, par l’observation et l’expérience, que toutes les fonctions internes sont, de. même que l’action du cœur, soustraites à l’empire immédiat du cerveau , et que, par conséquent, leur interruption ne sau-roit immédiatement dériver de la mort de cet organe, après avoir établi solidement et anatomiquement
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- DU GALVANISME. «5 anatomiquement, que les fonctions organiques ne sont point sous l’influence immédiate du cerveau, puisque la plupart des viscères, qui servent à ces fonctions, ne reçoivent point, ou presque point de nerfs vertébraux.; mais bien des filets de nerfs provenant des ganglions, comme on l'observe dans le foie , les reins, le pancréas, la rate, les intestins, etc. Il démontre la vérité du principe qu’il a établi par des expériences sur les animaux vivans.
- « J’ai répété, dit-il, page 419, par rapport à l’estomac, aux intestins, à la vessie, à la matrice , etc. les expériences galvaniques, dont les résultats, par rapport au cœur, ont été exposés plus haut. J’ai armé d’abord, de deux métaux différens, le cerveau, et chacun de ces viscères en particulier : aucune contraction n’a été sensible à l’instant de la communication des deux armatures. Chacun de ces viscères a été ensuite armé en même-temps que la portion de la moëlle épinière, placée au - dessus d’eux. Enfin, j’ai-armé simultanément, et les nerfs que quelques-uns reçoivent de ce prolongement médullaire, et céS organes eux-mêmes : ainsi l’estomac et les nerfs de la paire vague, la vessie et les nerfs qu’elle reçoit des lombaires, ont été armés ensemble. Or, dans presque tous ces cas, la communication des deux armatures n’a pro-IIe. Partie. P
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- duit aucun effet bien marqué; seulement dan» le dernier, j’ai apperçu deux fois un petit resserrement sur l’estomac et sur la vessie. Dans ces diverses expériences, je produisois cependant de violentes agitations dans les muscles de la vie animale, que j’armois toujours du même métal que celui dont je me servois pour les muscles de la vie organique, afin d’avoir un terme de comparaison. »
- » Dans tous les cas précédens, ce sont les diverses portions du système nerveux cérébral, qui ont été armées en même temps que les muscles organiques. J’ai voulu galvaniser aussi les nerfs des ganglions, avec les mêmes muscles. La poitrine d’un chien étant ouverte, on trouve , sous la plèvre, le grand sympathique, qu’il est facile d’armer d’un métal. Comme, suivant l’opinion commune, ce nerf se distribue dans tout le bas-ventre, en armant d’un autre métal chacun des viscères qui s’y trouvent contenus, et en établissant des communications , je devois espérer d’obtenir des contractions , à-peu-près comme on en produit en armant le faisceau des nerfs lombaires, et les divers muscles de la cuisse. Cependant, aucun effet n’a été sensible. »
- » Dans notre manière de voir le nerf sympathique , on conçoit ce défaut de résultat. En,effet, les ganglions intermédiaires aux organes gastriques,
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- DU GALVANISME. n7 et au tronc nerveux de la poitrine, ont pu arrêter les phénomènes galvaniques, l’ai donc mis à découvert les nerfs qui partent des ganglions, pour aller directement à l’estomac, au rectum, à la vessie, et j’ai galvanisé , par ce moyen, ces divers organes. Aucune contraction ne m’a paru ordinairement en résulter : quelquefois un petit resserrement s’est fait appercevoir ; mais il étoit bien foible , en comparaison de ces violentes contractions, qu’on remarque dans les muscles de la vie animale. Je ne saurois encore trop recommander ici de bien distinguer ce qui appartient au contact mécanique des métaux, d’avec ce qui est l’effet du galvanisme. »
- » Ces expériences sont difficiles sur les intestins , à cause de la ténuité de leurs nerfs. Mais comme ils forment un plexus très - sensible autour de l’artère mésentérique, qui va avec eux se distribuer dans le tissu de ces organes , on peut, en mettant cette artère à nu, et en l'entourant d’un métal, tandis qu’un autre est placé sur un point quelconque du tube intestinal, galvaniser également ce tube. Or, dans cette expérience, je n’ai pas obtenu davantage de résultat bien manifeste. »
- » Tous les essais précédens ont été faits su* des animaux à sang rouge et chaud ; j’en ai tenté aussi d’analogues , sur des animaux à sang rouge P 1
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- et froid. Le cerveau et les viscères musculeux de l’abdomen d’une grenouille, les mêmes viscères et la portion cervicale de la moelle épinière, ont été armés en même temps de deux métaux divers : rien de sensible n’a paru, à l’instant de leur , communication ;. et cependant les muscles de la vie animale entroient ordinaire-; ment alors en contraction, même sans être armés, et .par le seul contact d’un métal sur l’ar--mature du système nerveux. Ce n’est pas faute de multiplier les points de contact sur les viscères gastriques, que le succès a pu manquer ; car j’a-vois soin de passer un fil de plomb dans presque tout le tube intestinal, pour lui servir d’armature. »
- » Quant aux nerfs qui vont directement aux fibres- charnues des organes gastriques, ils- sont si ténus sur la grenouille, qu’il est très-difficile de les armer. Le C. Jadelot a cependant obtenu, dans une expérience, un resserrement lent des parois de l’estomac, en agissant directement sur les nerfs de ce viscère. Mais ce resserrement, analogue, sans doute, à ceux que j’ai observés souvent dans d’autres expériences, ne peut être mis en parallèle avec les effets étonnans qu’on obtient dans les muscles volontaires, et il sera toujours vrai de dire que, sous le rapport des phénomènes galvaniques, comme sous tous
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- les autres, une énorme différence existe entre les muscles de la vie animale, et ceux de la vie organique. »
- §. IV. Réflexions et observations du professeur Dumas. Après avoir démontré (1) l’existence du fluide électrique, contenu dans toutes les parties du corps humain, et principalement dans les nerfs et le cerveau ; après avoir prouvé que, tendant toujours à se mettre en rapport avec celui que les corps environnans possèdent, il est lui-même la cause physique de tous les phénomènes d’électricité, dont l’homme sain et l’homme malade peuvent être le sujet; après avoir dit, sans adopter les faits miraculeux de guérison, à l’aide desquels de mauvais physiciens, étrangers à la médecine, impriment de gros livres, qu’il est impossible de ne pas comprendre ce moyen puissant d’excitation nerveuse , parmi ceux dont l’art se promet beaucoup de succès et d’avantages dans le traitement des affections paralytiques et convulsives y le C. Dumas ajoute qu’il faut rattacher au même principe le nouvel ordre dé phénomènes que les expériences de Galvani, de Valli, à&Vacca Berlin-ghieri, d'HumbolAt, de Fowler, de, Wdis, et autres , nous ont dévoilé.
- (t) Principes de physiologie, tome II, page 312.
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- « N’a-t-on pas vu, dit M. Dumas, les mouve-» mens produits dans les muscles, par l’action » des nerfs soumis aux influences métalliques , » suivre à-peu-près des loix communes avec les » effets ordinaires de l’électricité ? Ofl connoissoit » depuis long-temps, la sensation désagréable » qu’on imprime à la langue, par le contact de » deux métaux différens. Hunter avoit annoncé » qu’en plaçant un métal sur la lèvre supérieure, » et un autre sur la langue, on procure la sen-» sation d’un éclair, qui s’étend à toute la face. » Ces faits, perdus pour les physiciens, devoierit » les mettre sur la voie d’une découverte dont » l’utilité et l’importance physiologiques n’éga-» leront peut-être jamais tout le bruit qu’elle » a fait dans le monde littéraire. Je parle » de ce procédé expérimental qui consiste à » exciter l’action des forces sensitives et mo-» trices, par l’intermède des métaux; procédé » pour lequel on a d’abord imaginé un agent in-» visible, une cause nouvelle, et qui cependant » paroît n’être qu’un moyen d’expérimenter de » plus, ajouté à tant d’autres, sur un ordre de » phénomènes anciennement connus. »
- La conséquence générale qu’ont toujours déduite les physiciens d’Italie, d’Allemagne , de France et d’Angleterre, après avoit répété les expériences de Galvani, a été que l’influence
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- métallique ne se porte sur les muscles, qu’après s’être communiquée aux nerfs, conclusion qui est dictée par les effets que les parties nerveuses et les organes des sens éprouvent dans les expériences du galvanisme ; ce qui prouve la vérité de cette conclusion, suivant Dumas, c’est oyi'Humboldt assure qu’il est impossible de déterminer des contractions, dans un morceau de muscle préparé de manière à n’y laisser - aucune ramification nerveuse. Cependant il est de fait, que les seules armatures musculaires ont paru quelquefois efficaces; ce qui seroit une preuve de l’irritation indépendante des nerfs ; ce qui seroit également vrai, si on n’étoit pas sûr que cette irritation peut s’étendre jusques dans le tissu intérieur des organes , oii les nerfs sont cachés. Au surplus, nous pensons , avec le célèbre professeur de Montpellier, qu’il y auroit de la témérité à circonscrire, dans les fibres nerveuses et sensibles , l’impression du stimulus métallique, parce qu’indépendamment de plusieurs argumens rationels qui prouvent contre cette assertion, les expériences faites par Fowler semblent démontrer que l’action du galvanisme se rapporte pour le moins autant au système vasculaire, qu’au système nerveux.
- Au sujet de l’opinion d'Humboldt et de Fow 1er f qui ne pensent pas que le galvanisme et l’électricité conservent une exacte ressemblance, et qui P 4
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- penchent vers l’idée séduisante que les effets du premier sont dûs à une propriété nouvelle et jusqu’ici ignorée des métaux, « je demande, dit » Dumas, oh s’arrêtera-t-on , si l’on se permet » autant de conjectures, autant de principes, qu’il » se présente de faits à expliquer ? S’il est vrai, » ajoute-t-il, comme ces physiciens le préten-» dent, que l’électricité et le galvanisme soient » deux causes de phénomènes séparées, distinctes, » on doit attendre du progrès de nos connois-» sances, qu’elles seront un jour réunies et con-» fondues en une troisième cause, qui les em-» brassera toutes deux, et produira ses effets par » des modifications différentes. »
- §. V. Expériences , observations et résumé sur le galvanisme, par le C. Richerand. Voici d’abord une note sur la susceptibilité galvanique, dans les animaux à sang chaud, qui appartient à cet auteur , et qui est tirée des mémoires de la société médicale d’émulation (i). Dans les derniers mois
- (i) Tome III, page 311. On trouvera peut-être que cette note eût été mieux placée 3 la suite des matières traitées chapitres III et VI ; mais nous avons cru ne pas devoir la séparer des nouvelles idées sur le galvanisme , que vient d’émettre le C. Richerand, dans son traité de physiologie, récemment publié.
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- DU GALVANISME. 233 de l'an 6, le C. Richerand commença, à l’hospice de la Salpétrière , en présence du C. Pinel, professeur de l’école de médecine, une'suite d’expériences tendantes à confirmer la théorie de Milman, sur le scorbut et sur les fièvres putrides. Le principal caractère de ces affections, est une diminution extrême de la faculté contractile dans les muscles, destinés aux fonctions vitales et aux mouvemens volontaires; ce qui avoit fait présumer que, dans les cadavres des sujets morts de ces maladies, les muscles répondroient mal au stimulus galvanique. On pensoit, au contraire, que la susceptibilité galvanique devoit être plus marquée et plus durable, sur les sujets morts d’affections inflammatoires. Les expériences dont le C. Richerand rapporte les résultats, ont eu pour objet de décider quel degré de confiance méri-toient ces conjectures.
- « Quelle que soit, dit-il, la maladie dont ait » péri l’individu, la faculté contractile est égale-» ment éteinte dans tous les organes musculaires, » lorsque .le temps nécessaire pour constater la » mort, s’est écoulé. J’ai pris indistinctement des » cadavres de tout âge, de tout sexe, dont les » sujets étoient morts d’affections scorbutiques ou » inflammatoires : j’ai appliqué sur les parties » nerveuses et musculaires, les métaux les plus » excitateurs, tels que le zinc et l’étain ; j’ai mis
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- » ces métaux en contact par de larges surfaces, » et je n'ai pu obtenir une seule contraction. » J’ai réitéré les mêmes essais à l’hospice de » l’Unité, sur un plus grand nombre de cadavres. » J’ai inutilement arrosé les muscles avec l’acide » muriatique oxigéné, si propre, selon Humboldt, » à ranimer leur action foible et languissante. » Un jeune homme tomba du toit d’une maison » fort élevée, se fractura le crâne, les cuisses et » les deux bras : le foie fut déchiré : la veine » cave abdominale fut rompue, et il y eut, dans » le bas-ventre, un grand épanchement de sang; » enfin le blessé mourut sur la place ; ce qui n’em-» pêcha pas de le porter à l’Hôpital de la Charité. » La chaleur vitale n’étoit pas encore éteinte : » cependant les muscles ne répondoient pas au » stimulus galvanique. Plusieurs animaux à » sang chaud, mis à mort, mais dont le coeur » battoit encore, et dont la chaleur vitale n’étoit » pas notablement diminuée, ne présentèrent au-» cuns phénomènes galvaniques, quoiqu’on n’eût » rien omis pour les déterminer. La vie de tous » ces animaux s’est terminée par des mouvemens . » convulsifs plus ou moins intenses , ‘plus ou » moins répétés, suivant leur âge, leur force et » leur grosseur. »
- D’après ces observations, n’est-il pas probable que tout ce qui reste d’irritabilité musculaire
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- DU GALVANISME. ij5 aux approches de la mort, se consume dans ces derniers actes de la force vitale ? Grimaud avoit observé que la plupart des maladies mortelles se terminent par des mouvemens convulsifs, à moins que les malades ne soient affoiblis par une diète trop prolongée, ou par une extrême vieillesse ; comme si, selon l’idée de Stkal, chaque animal avoit reçu de la nature la somme ou la quantité de mouvemens nécessaires au développement de sa vie entière, comme si ces mouvemens se pres-soient rapidement et tumultueusement, quand le terme en est rapproché par une cause accidentelle.
- Si l’on extirpe un membre sur un animal vivant, les muscles sont sensibles à l’action du stimulus galvanique : ils y sont insensibles, lorsque cette extirpation est faite, après les mouvemens convulsifs par lesquels se termine leur agonie. On amputa une cuisse pour une maladie de l'articulation du genou : les muscles de la jambe et les nerfs sciatiques - poplités furent mis à découverts immédiatement après l’opération : alors les phénomènes galvaniques se manifestèrenttrès-sen-siblement, et l’application des métaux les détermina, jusqu’à l’extinction complète de la chaleur
- » Ces faits semblent prouver, dit Richerand, que la contractilité musculaire se consomme par les
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- mouvemens convulsifs, au milieu desquels les animaux à sang chaud rendent les derniers soupirs. Si, dans ceux à sang froid, la contractilité est plus vive et plus durable ; si, long-temps après la mort et même jusqu’au moment où la putréfaction commence , cette propriété peut être mise en action parles stimulus galvaniques, n’est-ce point parce que chez ces animaux la vie est moins une, parce qu’elle est plus partagée dans différens organes, qui ont moins besoin d’agir les uns sur les autres, pour l’exécution de cet étonnant phénomène? »
- L’irritabilité est trop durable chez l’homme ,' pour que les expériences galvaniques tentées après sa mort, puissent fournir quelques lumières sur l’affoiblissement plus ou moins considérable de cette propriété vitale, dans les diverses maladies. Les auteurs, qui ont avancé que la susceptibilité galvanique est plutôt éteinte dans les sujets morts d’affections scorbutiques, que dans ceux qui ont succombé à des maladies inflammatoires , ont donc hasardé une conjecture très-probable, mais que l’expérience ne confirme pas : passons au résumé du C. Richcrandsm le galvanisme.
- Dans un ouvrage consacré spécialement à la physiologie (i), ouvrage dont tous les jour-
- (0 Nouveaux élémens de physiologie , par Anthdmc Richerand, chirurgien en chef adjoint à l’hôpital du Nord
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- DU GALVANISME. 237 naux ont parlé avec éloge, il n’étoit pas possible que l’auteur ne destinât pas un article particulier au galvanisme. C’est aussi ce qu’a fait le C. Richerand, et voici comme il trace en peu de mots les progrès jusqu’à ce jour de cette étonnante découverte.
- « Le nom d’électricité animale fut bientôt, dit-il,
- de Paris, professeur d’anatomie et de physiologie, in-8°., an 9. Voye{ l’extrait que j’ai donné de cet ouvrage , n°. 2 de la Décade philosophique , an 10. La vérité de la remarque que j’ai faite alors, et que je crois devoir rapporter de nouveau, se confirme tous les jours déplus en plus, et l’époque de cette remarque sera pour nos neveux un sujet d’étonnement et d’admiration.
- On s’est plaint, et avec raison, que la révolution avoit nui aux sciences et aux arts; mais.on n’a guère fait attention aux effets merveilleux qu’elle a quelquefois produits, dans ce même genre; et parmi ces effets, nous pouvons ranger ceux qui ont eu la médecine pour objet. N’a-t-on pas vu , presque à toutes les époques de la révolution , de jeunes médecins et de jeunes chirurgiens, se distinguer à l’envi dans les différentes branches de l’art de guérir, et nous prouver que le savoir, même profond , est de tout âge? A-t-on jamais vu paroître, en aussi peu de temps, un aussi grand nombre d’ouvrages, jugés bons et utiles par les maîtres eux-mêmes, quoique ces ouvrages eussent pour auteurs des jeunes-gens , dont la plupart n’avoient pas encore atteint leur sixième lustre ? Alibert, Bichat, Berlin, Bueet, Duméril, Dupuytren,
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- changé en celui d’irritation métallique, irrhamen-tum metallorum ; dénomination essentiellement vicieuse, puisqu’elle tend à faire croire que l’irritation par les métaux, peut seule déterminer les phénomènes galvaniques; tandis que le charbon, l’eau et beaucoup d’autres substances, peuvent également les produire, comme on l’a vu dans le résumé des expériences galvaniques(i). On a aussi renoncé au nom d’électricité animale, quoiqu’il y ait une grande analogie entre les effets de l’électricité et ceux du galvanisme, pour éterniser la mémoire du premier observateur de ceux-ci. »
- Rickerand expose ce qui est nécessaire pour opérer les effets, pour former un cercle galvanique complet. Il décrit les expériences qu’on peut faire sur soi-même, celles qu’a faites Hum-boldt, et la manière de construire l’arc excitateur. Il fait voir les rapports qu’il y a entre la
- Giraud, Husson, Jadelot, Moreau, Rites , Richerand, etc. etc., vous qui cultivez , avec tant d’ardeur et de succès , l’anatomie, la physiologie , la médecine, et toutes les parties qui en dépendent, recevez ici le juste tribut d’éloges qui vous est dû ; rendez-vous toujours dignes . par vos utiles travaux , de l’estime et de la reconnoissam • de vos concitoyens !
- (i) Voyei 'e chap. précédent, §. III.
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- susceptibilité galvanique et l’irritabilité musculaire : il fait voir que la première s’éteint dans les muscles des animaux à sang chaud, à mesure que la chaleur vitale se dissipe, et qu’elle est plus durable dans les animaux à sang froid. Il rapporte sur-tout les faits suivans, que peu de personnes en France connoissent, èt qui lui ont été communiqués par le professeur Pfaff, celui dont nous avons eu plusieurs fois occasion de parler dans cette histoire ; celui de tous les sa-vans d’Allemagne, qui, après Humboldt, s’est occupé avec le plus de succès des expériences sur le galvanisme.
- » La chaîne galvanique ne produit des actions sensibles, c’est-à-dire des contractions, qu’au moment oh on la ferme, en établissant communication entre les parties qui la constituent. Pendant qu’elle est fermée, c’est-à-dire, pendant tout le temps que la communication reste établie , tout paroît tranquille, quoique l’influence galvanique ne soit pas suspendue. En effet, l’excitabilité se trouve notablement accrue ou diminuée, dans les muscles restés long-temps dans la chaîne galvanique, suivant la différence de la situation réciproque des métaux associés. Si on a appliqué l’argent aux nerfs, et le zinc aux muscles, l’irritabilité de ceux-ci s’accroît en proportion du temps qu’ils sont restés dans la chaîne. Par ce
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- moyen , on revivifie en quelque sorte des cuisses de grenouille, qui obéissent ensuite à des stimulus, qui avoient cessé de les émouvoir. En distribuant les métaux d’une manière inverse, c’est-à-dire, en appliquant le zinc au nerf , et l’argent aux muscles , on observe un effet tout-à-fait opposé, et les muscles qui d’abord furent introduits dans la chaîne, avec l’irritabilité la plus vive, paraissent entièrement paralysés, s’ils sont restés long-temps dans cette situation. »
- » Cette différence dépend bien évidemment de la direction du fluide galvanique, déterminé vers les nerfs ou vers les muscles, suivant la manière dont les métaux sont disposés. Elle est importante à connoître, pour l’application des moyens galvaniques à la guérison des maladies. Dans le cas où il s’agit d’exalter l’irritabilité affoi-blie, il vaut mieux employer l’influence tranquille et permanente dans la chaîne galvanique fermée, en distribuant l’argent et le zinc, de manière que le premier de ces deux métaux soit plus près de l’origine des nerfs, et que l’autre pose sur les muscles" dont on veut réveiller l’action engourdie ou totalement suspendue, que faireUsage de l’influence soudaine, passagère et instantanément stimulante. » Richenmd termine son article du galvanisme, par la description de l’appareil de Volta, et par l’explication qu’a donnée le C. Fourcroy, de la -manière
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- DU GALVANISME. 241 manière dont cet appareil agit pour opérer l’oxi-dation et le dégagement du gaz hydrogène. Il attribue ce phénomène à la décomposition de l’eau par le fluide galvanique , qui abandonne l’oxigène au fil qui touche l’extrémité positive de l’appareil, puis conduit l’autre gaz, d’une manière invisible , à l’extrémité de l’autre fil, pour l’y laisser dégager. Cette opinion, appuyée d’un grand nombre d’expériences, rapportées dans un mémoire présenté à l’Institut national, est, de,toutes les opinions jusqu’ici proposées, celle qui paroît la plus probable.
- §. VI. Besereibung einer neuen galvanich- chemisette, etc. c’est-à-dire, description d’un nouvel appareil galyanico-chimique, et des expériences auxquelles il a servi, par P. L. Simon, professeur de l’académie d’architecture de Berlin, extrait du journal de physique publié en allemand, par M. L. W. Gilbert, année 1801, 5e. cahier, et inséré dans les annales de chimie, n°. 121pag. ioG(i).
- (1) Les rédacteurs des Annales, avertissent le lecteur que cet extrait leur a été communiqué par M. Friedlander, avec plusieurs autres notices de mémoires et d’observations sur le même sujet, qu’ils donneront successivement. En effet, il y a, dans le 6e. cahier du journal de Gilbert,
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- M. Simon a perfectionné les appareils dont s’est servi M. Ritter, pour examiner les gaz qui se dégagent des deux fils de la pile de Voltay en les introduisant dans des tubes remplis de différentes liqueurs. La description la plus exacte que nous ferions ici des pièces du nouvel appareil de M. Simon, ne vaudrait pas un coup-d’œil jetté sur la planche qui l’accompagne, et qui en fera beaucoup mieux comprendre la construction et le jeu. Contentons-nous d’exposer les résultats des expériences auxquelles a servi cet appareil.
- M. Simon versa, dans l’un des côtés d’un tube, de l’acide sulphurique concentré, et de l’autre côté, de l’eau pure. Les fils étoient d’or : celui du côté de l’argent de la pile se trouvoit dans l’acide sulphurique , et celui du côté du zinc dans Peau. La colonne étoit composée de 50 couches. Il y eut
- dix mémoires, dont cinq ont rapport au galvanisme. Ceux-ci contiennent, le t"., des observations de M. Bock-mann, sur les effets de l’électricité galvanique, produits par la pile de Volta ; le 2e., des observations de M. Jr-nim, sur cette pile ; le 3*., des remarques de M. Erman , de Berlin, sur les phénomènes électroscopiques de la même pile ; le 4e., quelques expériences faites avec cette pile, par M. Grurur; le 3e., enfin, des observations sur ces expériences, par M. Pfajf.
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- DU GALVANISME. 143 au premier moment un développement de gaz des deux côtés ; mais il cessa bientôt du côté de l’acide sulphurique, où on observa un précipité blanc. Après 24 heures, il y avoit un 0,16 pouce cubique d’air dans le tube du côté de l’eau : c’étoit du gaz oxigène. En ouvrant le tube du côté de l’acide sulphurique, on observa l’odeur de l’hydrogène sulphuré, et le précipité, jaune étoit du soufre. Lorsqu’on prit des fils de platine, au lieu d’or, il y eut, des deux côtés, développement d’air, sans aucune précipitation de soufre. Après 24 heures, il parut du côté du zinc 0,70 pouce cubique d’oxigène, et de l’autre 1,42 d’hydrogène.
- Un tube courbé, rempli d’acide sulphurique et d’eau, étant exposé à l’action de la pile, de manière que le fil d’or, du côté du zinc, se trou-voit dans l’acide, et l’autre, du côté de l’argent, dans l’eau, il y eut développement d’air des deux çôtés. Le côté du zinc prit une couleur émeraude, qui se changeoit à la fin en jaune d’or. Après 24 heures, il y avoit 5,4 pouce cubique de gaz du côté de l’acide sulfurique, et 2,04 de l’autre : le premier étoit du gaz oxigène, et le second du gaz hydrogène, etc.
- En employant le fil de platine, il y avoit, après 48 heures, 0,74 pouce cubique d’oxigène du côté du zinc, et 1,77 d’hydrogène du côté de Q 2
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- l’argent. Le tube courbé, rempli d’acide sulphu» rique, fut exposé à l’effet de la pile, et ne produisit ni gaz, ni autre chose; le fil étoit d’or. On prit des fils de platine au lieu d’or : il y eut développement de gaz de deux côtés, et précipitation de soufre. On trouva, après 71 heures, 1,14 pouce cubique d’hydrogène sulfuré d’un Côté, et 0,48 d’oxigène du côté du zinc.
- On versa, dans le tube Courbé, du sulfure d’ammoniaque; les deux fils étoient de platine. Il y eut développement de gaz très-lent du côté du zinc; il y avoit aussi précipitation de soufre. Le côté de l’argent avoit donné, après 48 heures, 1,90 pouce cubique d’hydrogène sulfuré ; du côté du zinc, 0,57 d’oxigène. Le sulfure d’ammoniaque, du côté du zinc, étoit converti en acide sulphu-rique, et ne changea pas la couleur violette du caméléon minéral.( nitrate de manganèse ) ; mais la couleur changea tout de suite du côté de l’argent. L’auteur a toujours employé des fils d’or; mais'il prétend qu’on peut aussi bien se servir de fils d’argent dorés.
- Deux tubes, étant remplis d’eau distillée, et unis en bas par quelques fibres de viande maigre, puis fermés en haut par des bouchons qui recevoient des fils d’or, on observa, des deux côtés, développement de gaz, qui cessa cependant du côté du zinc, au moins à l’endroit des fils; car
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- il y avoît beaucoup de développement de bulles dans plusieurs parties du fluide. Après 14 heures, l’eau du côté du zinc étoit devenue de couleur jaune d’or, et donna, après. 71. heures, 1,1 pouce cubique d’oxigène, et du côté de l’argent., 2,84 pouce cubique d’hydrogène. Le fluide de couleur jaune, du côté du zinc, sur lequel le bouchon étoit blanchi, avoit une. odeur d’acide muriatique oxigéné. H rougit le tournesol, et produisit de l’effervescence avec le carbonate de potasse. La liqueur ayant été neutralisée, et évaporée à siccité, puis redissoute , il resta un peu d’or.; et la lessive filtrée , mise à crsitalliser, donna de petits cubes : quelques cristaux, au bord du vase, étoient terminés en pointes.. Les cristaux décrépitoient an feu, et leur solution précipita le muriate d’argent :. ils ressemhloient tout-à-fait au muriate de potasse. Il y avoit donc de l’acide muriatique du côté du zinc , peut être: mêlé d’acide nitrique. En ouvrant le tube du côté de l’argent, on sentit l’odeur de l’ammoniaque, et le fluide, saturé avec l’acide muriatique, donnai tout de suite du muriate d’ammoniaque.
- Deux tubes, ayant été remplis de la même manière, l’un avecde l’eau, l’autre avec une dissolution, de carbonate dé potasse, lorsque le fil d!or du côté de l’eau fut en contact avec l’argent de la pile », on, observa développement de gaz des deux.
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- fils ; il y eut, après 72 heures 2,1 pouce cubique d’hydrogène du côté de l’argent, et 1,76 pouce cubique du côté du zinc. Le dernier a été recueilli dans un tube rempli de mercure : il contenoit 76 parties de gaz carbonique, et 100 de gaz oxigène.
- La lessive du carbonate alcalin ne se trouva pas seulement neutralisée, mais même sur-satu-rée d’acide : elle avoit pris une couleur jaune d’or, et rougissoit le tournesol ; le bouchon du tube étoit fortement blanchi ; l’acide, qui étoit en excès, fiit saturé avec le carbonate de potasse : il y eut effervescence, qu’on chercha à favoriser par la chaleur. L’or se sépara de la liqueur, qui cristallisa en cube, et qu’on trouva, à l’examen , être du muriate de potasse. La liqueur du second tube, qui donnoit l’odeur de l’ammoniaque, fut saturée d’acide muriatique, et forma du muriate d’ammoniaque.
- La même expérience a été répétée avec des fils d’argent ; la pile étoit composée de soixante-douze couches. Après soixante-douze heures, il y avoit développement de gaz des deux côtés, qui cessa cependant bientôt du côté du zinc. Le tube du côté de l’argent, contenoit 0,88 pouce cubique d’hydrogène. Le côté de l’alcali n’a subi aucun changement : peut-être avoit-il perdu un peu d’acide carbonique; mais le fil du côté de
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- l’argent, étoit environné d’une masse noirâtre très-cassante. Cette incrustation pouvoit être enlevée entièrement en forme de tube ; en la faisant rougir foiblement, elle devint blanche ; exposée au chalumeau, elle fondit en globules d’argent ; dissoute dans l’acide nitrique, elle donna de l’effervescence, et troubla l’eau de chaux qui l’absorba. C’étoit donc du carbonate d’argent. Le fluide de l’autre côté, contenoit de l’ammoniaque en moindre quantité.
- L’auteur a cherché, dans d’autres expériences * à éviter tout-à-fait l’emploi de la viande. Deux tubes étoient fermés- en bas par des bouchons de charbon, fixés avec de la cire d’Espagne : il y avoit en haut des fils d’or, mais, le développement du gaz étoit très-foible, à la distance de trois-quarts, et même encore à celle d’un huitième de pouce ; cela alloit un peu mieux, lorsqu’on aiguisoit davantage la pointe du bouchon ; mais dans ce cas, le bouchon de charbon dé-velopppoit de l’air. Il falloit donc renoncer à se servir de charbon. L’auteur employa aussi des bouchons ordinaires, qu'il imprégnoit d’eau sous la cloche de la pompe à air. L’effet étoit également défavorable. Il substitua le graphit anglois. (plombagine) j il étoit bon conducteur, mais il fut décomposé. L’auteur s’étant servi, à la fin,. du second tube, il observa un développement;
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- de gaz dans les deux tubes. Il y eut 2,94 pouces cubes de gaz oxigène, et 6,07 d’hydrogène. Il y avoit, du côté de l’argent de la pile, du pourpre d’or, et l’eau de ce côté, changeoit le papier rougi du tournesol en bleu ; ce qui indiquent un alcali : mais il n’y avoit pas un autre moyen de le reconnoître. L’eau de l’autre côté du tube n’étoit pas changée; au moins il n’y avoit aucune trace d’acide. Il sembleroit donc que la viande avoit contribué à produire l’acide mu-> riatique, dont l’apparition avoit jusques-là paru inexplicable à M. Simon. Il a aussi trouvé que, quand on se sert de la viande au lieu du drap mouillé, pour construire la pile, on peut, après quelques jours, en retirer, par lixiviation, du muriate d’ammoniaque; car ces lessives donnent, dans la solution d’argent par l’acide nitrique, un précipité de muriate d’argent, et l’odeur de l’am-* moniaque avec la potasse,
- §. VII. Faits particuliers, et notes sur le galvanisme. i°. Note du C. Dupuytren ^ chef des travaux anatomiques de l’école de médecine de Paris, sur les pages 303 et 318 de la traduction de l’ouvrage à’Humboldt, relativement aux usages des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs (1).
- (1) Le G. Dupuytren ne m’a communiqué que depuis peu le détail, qu’on va lire, de ses réflexions et expériences,
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- DU GALVANISME. 149 « Des irritations galvaniques, dit cet habile anatomiste, exercées sur certains nerfs, pouvoient fournir des données importantes sur leur usage propre, dans les parties auxquelles plusieurs se distribuent à-la-fois. Déjà Humboldt avoit entrevu cette application aussi nouvelle qu’importante : je l’ai faite d’une manière plus particulière, aux nerfs que la langue reçoit du trifacial (5e. paire) et du sous-lingual ( 9e. paire du grand hypoglosse ). »
- » Le tronc du nerf trifacial étant armé à l’intérieur du crâne sur un chien mort tput récemment, ainsi que les muscles du front, de la face, de la tempe et de la langue, auxquels il va se distribuer , on voit, sitôt qu’un seul ou plusieurs conducteurs sont établis entre l’armature du nerf, et un ou plusieurs des muscles auxquels il se distribue, ces derniers entrer tous en contraction, excepté ceux de la langue, qui seuls restent immobiles , au milieu du mouvement convulsif général dont les autres sont agités. »
- » Si l’on arme, au contraire, le sous-lingual et les muscles de la langue, et qu’on établisse une communication entre ces deux armatures, les muscles de la langue se contractent aussitôt, et chaque fois que le contact est renouvelé. »
- » Quand on pense que toute irritation galvanique, exercée sur un muscle du mouvement
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- volontaire et sur le nerf qui s’y rend, détermine constamment des contractions du premier, et que la langue n’offre que des mouvemens volontaires , il est bien difficile de ne pas regarder comme démontré, que le nerf sus-lingual du trifacial sert uniquement à la sensation du goût, et que le sous-lingual, ou le grand hypoglosse, sert aux mouvemens de la langue. La conséquence de cette double expérience, peu importante par rapport à ces deux nerfs, dont elle ne fait que confirmer les usages respectifs, déjà présumés depuis longtemps , en fait espérer une autre plus générale ; c’est-à-dire, que l’irritation des nerfs, qui sont les agens du sentiment dans nos organes, ne produit pas plus des contractions dans les muscles qui font partie de ces organes, que n’en produit l’irritation des nerfs qui se distribuent aux muscles du mouvement volontaire. »
- » On conçoit que ce principe, une fois établi , seroit d’une grande utilité pour la recherche des usages particuliers des nerfs qui se distribuent aux divers organes des animaux (i). »
- (i) Nous croyons qu’on peut ajouter que la connoissance bien acquise des usages de ces nerfs , faciliteroit beaucoup l’application des expériences galvaniques à l’art de guérir , et ne contribuerait pas peu à leur efficacité. Cette idée sera plus développée dans le chapitre XIX.
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- a°. Effets présumés du galvanisme dans le régne minéral, par le C. Guyton (1). Ce célébré chimiste a donné la description d’une mine d’antimoine nouvellement découverte dans la province de Galice, et dont il lui avoit été adressé des échantillons par Pinspecteur-général des mines de l’Andalousie , Dom Antonio Angulo. L’analyse lui démontra bientôt que le métal y étoit à l’état d’oxide ; mais la structure de ce minéral, son tissu intérieur, des stries bien caractérisées, des parties conservées avec le brillant métallique, annonçoient aisément que c’étoit un passage de sulphure à l’oxide, sans altération de forme. Il devenoit donc important de découvrir comment ce changement avoit pu s’opérer.
- Le C. Guyton a essayé toutes les substances, simples ou composées, que l’on pouvoit présumer existantes dans les entrailles de la terre, afin d’imiter, dans le laboratoire, ce travail de la nature. Le sulfure d’antimoine, soit natif, soit artificiel, a résisté à ses nombreuses tentatives. Il imaginoit bien que la décomposition de l’eau devoit jouer le principal rôle dans cette opération , et même qu’elle présentoit le seul moyen
- (1) Voyt{ Magasin encyclopédique, n°. XI, brumaire an 10, page 405 , et le journal de physique, tome LIII, page 396.
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- de concevoir cette altération, parce qu’elle de-voit en même-temps fournir l’oxigène et enlever le soufre par l’hydrogène. Mais il falloit découvrir ce qui avoit pu déterminer cette décompo-
- Le C. Guy ton est arrivé,, par exclusion, à la considérer comme le résultat lent et progressif des affinités, mises en jeu par le fluide galvanique. Le rapprochement de ce qui se passe dans les expériences, oii les métaux s’oxident spontanément par l'interposition de l’eau, lui paroît donner une grande probabilité à cette explication. Il la fortifie de plusieurs exemples de transformations analogues, particulièrement de celle de la pyrite de Bereçof, qui passe à l’état d’oxide en conservant les stries en trois sens du sulphure primitif : il rappelle les observations nombreuses par lesquelles le C. Ha'ùy a prouvé l’influence d’une électricité souterraine dans les minéraux* Il ne doute pas que cette nouvelle vue n’étende le champ de la minéralogie, en nous montrant la nature dans un travail continuel, agissant à la fois sur les masses et sur les molécules intimes, par des attractions de choix, et indépendamment de toute percussion ; de sorte que ce fluide subtil prendra, suivant le C. Guy ton, le-premier rang parmi les substances qu’on a décorées du nom pompeux de minlrallsatmr.
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- 30.ExpériencesgalvaniquesparM. Trommsdorff{\). L’auteur ayant construit une pile de 180 couches, cuivre, zinc et carton mouillé, obtint de violentes secousses et de très-fortes étincelles. Après avoir opéré, à l’aide de cet appareil, le dégagement des gaz hydrogène et oxigène, ainsi que l’oxidation et la désoxidation des métaux, il y soumit différentes substances métalliques, entre autres les métaux non oxidables à l’air : tous s’enflammèrent j une feuille d’or fin, mise en communication avec l’extrémité de la pile terminée par le zinc, brûla, en pétillant et en répandant une vive lumière. Une feuille d’argent brûla avec une flamme bleue, le cuivre jaune avec une flamme bleue rougeâtre, le cuivre rouge avec une flamme bleue d’émeraude, le zinc avec une flamme bleue-blanchâtre, l’étain avec une flamme blanche-rougeâtre, etc. : il faut pour cet effet que les métaux soient en lames très-minces. Cependant M. Trommsdorff'ne doute pas qu’en augmentant la force de l’appareil, on ne parvienne à les faire brûler en plus grandes masses. En opérant l’oxidation des métaux, dits nobles, dans des sphères creuses de verre,
- (l) Von Crell’s chemische Annalen , année 1801 , 4e. cah., page 337. Extrait du Journal de chimie de Van Mans, à Bruxelles, tome 1“., pag. 41,
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- le métal se consume en entier, et va tapisser les parois internes de la sphère.
- M. Trommsdorff fait construire en ce moment un appareil de cinq à six cents couches.
- Dans une lettre datée d’Erfort, du 16 mars 1801 , M. Trommsdorff s’exprime ainsi, sur la résolution de l’eau en gaz oxigène et hydrogène par le fluide galvanique (i). « Le gal-» vanisme nous occupe d’une manière parti-» culière, en Allemagne. M. Ritter, jeune » homme rempli de talens, se livre entière-» ment à cette partie de la physique , et » fait, sur cet objet, des expériences extrême-» ment ingénieuses. Il croit pouvoir prouver à » l’évidence que l’eau est un corps simple, et » le professeur Pfaff prétend avoir transformé » ce liquide en une quantité correspondante, » soit de gaz oxigène, soit de gaz hydrogène. » Ce qui est sûr, c’est que l’effet du dégage-» ment, ou, si l’on veut, de la génération du » gaz oxigène, est tout-à-fait indépendant de » la génération du gaz hydrogène. Ma pile » est très - active, et consiste en plaques ou » disques de zinc et de cuivre, et en rondelles » de papier imbibées d’eau salée. Il importe » beaucoup que la pile soit bien isolée, et sur-
- (i) Voyt[le Journal cité, page 98.
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- DU GALVANISME. 155 » tout qu’il ne coule pas de liquide sur les bords » des disques. Cependant, quoique je ne puisse » pas me r'endre une raison suffisante des effets » de la pile de Voka, je suis loin de conclure, » avec Ritur et Pfaff', que l’eau est une subs-» tance indécomposée , et que la ruine du ma-» gnifique édifice de la chimie moderne doit » être une suite inévitable de leurs expériences. »
- 4°. Extrait d'une lettre de M. Rouppe, de la Haye 28 août 1801. « J’ai reconnu, diteephy-» sicien (i), que l’intensité de la commotion » galvanique est en raison de la surface des » mains et des bras mouillés par de l’eau sa-
- 5°. Folta croit pouvoir conclure, de certaines expériences faites avec sa pile, que les métaux s’oxident, tantôt en s’appropriant l’oxigène de l’eau, tantôt en se combinant avec ce liquide indécomposé. Les oxides de ces deux oxida-tions sont distincts, sur-tout par la différence de leur couleur (2).
- 6°. M. Von Hauch a lu devant l’académie des sciences de Copenhague , un mémoire dans
- (1) Journal de chimie de Van Mans, tome I»., pages 106 et 108.
- (2) Annali di Brugnatelli, tome
- : XVIII.
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- lequel il prouve que la prétendue totale conversion de l’eau en gaz, soit oxigène, soit hydrogène, à l’aide de la pile galvanique, loin de détruire, comme le prétend M. Ritter, la théorie de la composition de ce liquide, fournit au contraire un nouveau fait qui la confirme (i).
- y0. Extrait d’une lettre de M. Vassalli-Eandi, sur le fluide galvanique. « J’ai fait, dit cet habile phy-» sicien (z), des expériences sur le galvanisme, » dans lesquelles j’ai décomposé l’acide nitrique » le plus concentré , et l’alcohol. Je me suis » servi de fils de platine, qui passoient tous » deux par le même bouchon, ce qui rend » l’expérience bien plus commode. J’ai égale-» ment observé que les huiles, même les plus » déliées, résistent au passage du fluide galva-» nique. »
- 8°. Nous avons parlé, dans la première partie de cette histoire, p. 314 et suivantes, d’un appareil ingénieux dû à M. Cruisckank, dans lequel , en distribuant sur un plan les élémens de la pile galvanique, on obtient, d’un côté, l’aigrette , et de l’autre le point lumineux, qui servent à distinguer facilement l’électricité positive de celle négative.
- (1) Journal de chimiede VanMons,1.1“., p. 109.
- (a) Journal de physique, frimaire an io, p. 476.
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- Il y a, du même physicien, dans le journal de chimie de M. Van Mons (1), un extrait de ses expériences et observations sur quelques effets chimiques de l’électricité galvanique.
- Ces expériences sont absolument les mêmes, ,à quelques légères différences près, que celles rapportées dans la bibliothèque britannique (2), excepté qu’elles étoient tirées alors du journal de Nickolson, juillet 1800, et que celles rapportées dans le journal de chimie de Van Mons sont extraites du Gilbert’s annalen der physik. an. 1801. cahier 11. pag. 360 et suiv.
- On trouve aussi dans ce dernier journal, page 369, et dans celui de M. Van Mons, page 67, les expériences de M. Henry, sur l’action chimique de félectricité galvanique; expériences pareilles à celles rapportées dans la bibliothèque britannique (3) , et dont nous avons donné l’extrait dans cette histoire, première partie, chapitre X IV, page 310.
- 90. Extrait (lune lettre de St.-Pétersbourg (4), du
- (1) N°. 1"., page 61.
- (2) Tome XV, sciences et arts, page 23.
- (3) Idem, page 33.
- (4) Voyci le Journal des débats du 7 frimaire an 10,. et celui de Paris, du 10 brumaire an 9.
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- 29 septembre 1801, ou y vendémiaire an 10. «Hier, à la séance extraordinaire de l’académie des sciences, M. le comte de Pusckin, membre honoraire de cette société savante, connu en Allemagne par ses grandes connoissances en minéralogie et en chimie, a fait des expériences intéressantes sur le galvanisme, par le moyen d’une colonne tournante, dont il est l’inven^ leur, composée de trois cents plaques, tant en argent qu’en zinc. »
- Nous eussions désiré avoir des détails plus circonstanciés sur ces expériences , ainsi que sur celles faites par le même chimiste, le 2 décembre 1801, chez M. le Comte de Stroganow, en présence de l’empereur de Russie, qui a paru prendre beaucoup d’intérêt à ces expériences galvaniques.
- 10Additions recueillies dans les journaux étrangers , et indication de differens mémoires, de différentes observations et expériences, de la plupart desquels il n’a pas été question jusqu'ici.
- i°. Journal anglais de Nicholson (1). Dans les cahiers de juin et juillet 1800, il y a, i°., des remarques sur le nouvel appareil électrique et
- (1) Il nous a paru inutile et même fastidieux, de rapporter les titres des journaux dans la langue où ils sont écrits. La traduction doit suffire. N
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- galvanique d’Alexandre Volta; 2°. des expériences et observations sur l’électricité galvanique par Cruikshank (l); 3.0 dans le cahier d’octobre, 1 °. des expériences faites avec la pile métallique de Volta, pour s’assurer de la force des diffé-rens corps métalliques, par M. Haldane; 20. expériences additionnelles sur l’électricité galvanique , par M. Davy (2) ; dans le cahier de novembre, quelques observations du même sur lès phénomènes galvaniques, et sur les moyens d’augmenter la force de la pile galvanique de Volta ; dans le cahier de décembre, quelques expériences et observations additionnelles du même, sur les phénomènes galvaniques ; dans le cahier de janvier 1801, des remarques sur les effets chimiques de la batterie de Volta ; dans le cahier de février, extrait d’une lettre à M. Babin~ gton, sur l’état du galvanisme en Allemagne, et sur les effets chimiques de la batterie de Volta.
- 2°* Transactions philosophiques pour Tannée 1800 , seconde partie. H y a un mémoire de Volta, sur
- (ï) Voye[ ir*. partie de cette histoire, page 306, et a\ partie, page 256.
- (a) Poye^ ire. partie de cette histoire, page 323, et 2'. partie, page 185.
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- %6o HISTOIRE
- l’électricité excitée par le simple contact de différentes substances conductrices. Dans la séance de la société royale de Londres, du 18 juin 1801, M. Davy a lu un mémoire intéressant sur le .galvanisme, concernant les résultats des combinaisons faites avec plusieurs planches métalliques , et différens fluides analogues à la pile de Volt a. Dans la séance du 15 du même mois, le docteur Wollaston a lu un mémoire sur l’identité des fluides galvanique et électrique.
- 30. Journal de physique par M. Sckelling, àJtna '. 2e. cahier. Sur de nouvelles découvertes relatives au galvanisme.
- 40. Annales de physique de Gilbert. Il y a, dans le 10e. cahier, an 1800, un rapport sur les découvertes galvaniques, avec la description de l’appareil électrique de Volta, et quelques expériences de Nicholson, (1) etc.
- 50. Journal general de chimie, par Schérer, à Léipsick. On trouve dans le 31e. cahier, i°. les résultats des dernières expériences sur le galvanisme , relativement à ses effets chimiques, par M. Simon; i°. la description, par le même, de quelques expériences sur les effets que produit
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- DU GALVANISME. z6c la plie de Volta sur l’eau ; 30. du môme, la production d’un acide et d’un alcali par l’action de la pile de Volta sur l’eau.
- 6°. Magasin philosophique de Londres, par M. Tilloch. Dans le cahier d’avril 1801, i°. Lettre du docteur Moyses au docteur Goothshone, contenant plusieurs expériences intéressantes faites avec la batterie galvanique de Volta; z°. expériences faites en Allemagne avec l’appareil galvanique de Volta, et communiquées à l’Institut national de France. Cahier de mai, expériences et remarques sur le galvanisme. Cahier de juin, description d’un nouveau galvanomètre, par M. Pepys (1).
- 70. Almanach ou porte-feuille des chimistes, pour Vannée 1801, à Weimar, in-16. Mémoire de Rit-ter concernant les effets du galvanisme.
- 8°. Séance du 2J avril 1801, de VInstitut royal de la Grande-Bretagne. M. Davy a lu un mémoire sur les phénomènes galvaniques : il a commencé par exposer l’histoire du galvanisme, les découvertes successives qui ont été faites, et les différentes méthodes employées jusqu’alors pour accumuler l’influence galvanique. La lecture de
- (1) Voyei ci-après, §. VI,
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- ce mémoire et les expériences ont été continuées dans la séance du 28 avril. Sir Josepk Banks, le comu de Rumford, et d’autres savans distingués ont assisté à cette séance, et ont applaudi au zèle de M. Davy, qui paroît encore fort jeune, et dont les talens promettent beaucoup pour les progrès des sciences.
- ii°. Dans la dernière séance de l’Académie royale des sciences de Berlin, on s’est ( comme à celle de l’Institut national de France, et presque le même jour ) beaucoup occupé de galvanisme. M. le conseiller Herkard a fait l’épreuve que le nickel, en contact avec le {inc, fait le même effet que l’argent et le cuivre. M. le conseiller Klaproth donna quelques nouvelles sur les essais galvaniques faits en grand par M. Van Marum, à Harlem, et de ses contre-épreuves avec la grande machine à électriser de Teyler. Ces essais confirment la théorie de Volta sur l'identité du, galvanisme avec la matière électrique. ( Journal des Débats, du 28pluviôse an 10. ) Voye{ le §. II du chapitre suivant.
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- DU GALVANISME. i6j
- CHAPITRE XVIII.
- Nouveaux travaux de Volta : extrait de soit mémoire lu a VInstitut suri’électricité, dite galvanique, et rapport du C. Biot, sur ce mémoire. Lettre de M. Van Marum. Observations et réponses de M. Robertson , sur le même sujet. Nouvelles expériences galvaniques. Observations sur l’acide électrique. Description d’un nouveau galvanomètre , par M. Pepys. Exposition abrégée t parle C. Hallé y des principales expériences répétées par Volta, en présence des commissaires de l’Institut.
- Il y a environ trois mois que M. Volta et son collègue le professeur Brugnatdli, obtinrent du gouvernement Cisalpin, la permission de se rendre à Paris, pour conférer, avec les savans de France, sur divers, objets scientifiques, et principalement sur les phénomènes de la pile galvanique; découverte qui fait tant d’honneur à Volta, et qui est si intéressante pour les progrès des sciences physico-chimiques. Dans la séance R 4
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- de la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut national, le 16 brumaire: dernier, ce célèbre physicien a commencé la lecture d’un mémoire qui contient le détail et le résultat de ses expériences sur le galvanisme; expériences par lesquelles il paroît démontrer, jusques à l’évidence, l’identité des fluides galvanique et électrique (1), Eorsque Volta eut
- (1) Félix Fontana ne pensoit pas ainsi ; car on a vu plus, haut ( 1rc. partie, page 63 ) qu’en traitant de l’électricité animale i il annonce qu’il publiera un ouvrage sur le nouveau principe musculaire , 1iécovvertpar. Galvani , et qu’il espère démontrer, d'une manière rigoureuse, que ce principe n’a rien de commun avec F électricité, etc. Fontana n’a pas encore publié cet ouvrage.
- Dans le Moniteur du 3 messidor an 9 , article Sciences , on lit une note sur les dernières expériences galvaniques , et spécialement sur l'inflammation du fer , par le C. Fourcroy. Après avoir rendu compte des expériences galvaniques , faites à ce sujet à l’Institut, dans, la séance de la première classe, du ai prairial an 9, en présence de M. le comte de Livourne, et des résultats qu’elles ont procurés, le C. Fourcroy ajoute : « Il n’est pas prouvé que ces effets galvaniques soient les mêmes que ceux de l’électricité , malgré l’identité qu’ont, admise jusqu’à présent, entre ces •deux fluides, des physiciens très-illustres. Il semble même que plus on multiplie les essais et les découvertes, plus cette prétendue identité disparoît, ou au moins s’affoiblit. Les piles des grandes plaques , qui enflamment le fer , ne donnent rien ou presque rien aux électromètres les
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- DU GALVANISME. 165 cessé de lire, le Premier Consul fit la proposition de lui décerner une médaille d’or, qui servirait en même-tems d’époque et de monument pour son importante découverte. Le Premier Consul a encore proposé, dans la même séance, de faire répéter en grand, par une commission nommée ad hoc, dans le sein de l’Institut, toutes les expériences relatives au galvanisme.
- Le 18 et le zi du même mois, Volta a continué et fini la lecture de son mémoire ; il a fait à l’appui, différentes expériences. Le rapport de la commission nommée, a été fait à la séance du 11 frimaire; et les commissaires ont conclu à ce que l’Institut, faisant droit sur la proposition du Premier Consul, décernât une médaille d’or
- plus sensibles. En enlevant, à l’aide de cordons de soie, la plaque de zinc supérieure, des plaques inférieures, comme on le fait avec l’électrophore, nous n’avons rien obtenu par l’approche de l’électromètre de Saussure. En vain nous avons essayé de produire les effet:, chimiques du galvanisme , la dissolution des oxides métalliques , la précipitation de leurs dissolutions , la décomposition des acides, par les appareils électriques les plus forts et les plus varié?. »
- »' Sans prendre encore aucun parti à cet égard, nous continuons, les CC. Vauquelin, Thénard, Hachette et •noi , les recherches que nous avons entreprises , et nous attendrons de l’expérience seule , une décision, dont le foisonnement ne doit pas se permettre l’initiative. »
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- au savant professeur de Pavie, Volta; ce quia
- été unanimement arrêté (i).
- Il s’agit maintenant de faire connoître le mémoire de Volta, qui a fait tant d’impression sur le monde savant. Nous y ajouterons l’extrait du rapport des commissaires de l’Institut (2).
- (1) Cette médaille est du même coin et de la même grandeur que la médaille d’argent que reçoivent les membres de l’Institut, et porte cette inscription : A VOLTA , séance du il frimaire an 10.
- (2) Long-temps auparavant que Volta ait constaté , par ses expériences démonstratives , l’identité des fluides électrique et galvanique , plusieurs physiciens ou médecins avoient déjà soupçonné cette identité ; quelques-uns même s’étoient décidés pour l’affirmative. En voici la preuve :
- i°. Le célèbre professeur de Kiel, M. Pfaff, est le premier qui ait proposé et établi une théorie électrique, dans l’ouvrage qu’il a publié sur le galvanisme , et que j’ai souvent eu occasion de citer.
- 20. Voye{, chapitre XVI, §. II, p. i6ç, le mémoire du C. Biot, sur le mouvement du fluide galvanique. Les faits qu’il rapporte, semblent rapprocher autant le galvanisme de l’électricité , que ceux qui les avoient précédés sembloient l’en éloigner. Voyt[ aussi l’opinion de Mau-duyt, page 40 de la lte. partie de cette histoire.
- 30. Le C. Alibert , qui a fait avec M. Pfaff, et chez lui, plusieurs expériences galvaniques , m’a assuré avoir adopté la théorie électrique sur le galvanisme, long-temps avant les dernières expériences de Volta. C’est effectivement
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- §. Ier. Extrait du mémoire du C. Volta sur
- l’idée qu’il a mise constamment en avant, dans les différentes notes qu’il a ajoutées à l’éloge de Galvani, dont il a toujours réfuté la théorie. Pour se convaincre de son opinion sur l’identité des fluides galvanique et électrique, il suffit de lire les deux notes qu’il a placées, pages 147 et 148 de l’Eloge de Galvani , et qui sont en quelque sorte la conclusion de notes bien plus détaillées , qui se trouvent au commencement de cet Eloge.
- Irc. Note. Voici comme Alibert s’exprime dans la pre-_ mière, en parlant des expériences de Galvani. « Ces ex-n périences sont très-ingénieuses : elles prouvent évidem-» ment que c’est le fluide électrique qui circule dans l’arc » galvanique, et qui irrite toutes les parties animales » qui composent cet arc ; mais, comme nous l’avons »> déjà dit plusieurs fois, d’après les expériences moder- ' » nés, les parties animales n’ont pas essentiellement la » prérogative de fournir et de faire circuler ce fluide. » IIe. Note. Au sujet d’une expérience de Galvani, par laquelle il croyoit démontrer les loix de l’arc., et le cercle que décrit naturellement l’électricité, sans I s secours de substances métalliques, Alibert dit que cette expérience » prouve, au contraire , contre la théorie de Galvani,
- » et fait voir que les parties animales n’agissent qu’à la « manière des corps humides , puisque lors même qu’elles » sont dépourvues de toute vie, elles sont encore » propres à donner passage à l’électricité. »
- 30. Je tiens également du C. Alibert, que le professeur de Bologne, Aldini, neveu de Galvani, lui a écrit, il y a quelques mois, qu’il avoit procédé à des
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- rélectricité dite galvanique (i). Après avoir dit qu’il a exposé, dans un autre mémoire (î), les motifs qui l’avoient déterminé à avancer que le fluide ou agent galvanique n’est que le véritable fluide électrique ; il observe avec raison que peu importe la dénomination qu’on emploie, soit celle d’électricité galvanique, soit celle d’agent
- expériences, d’après lesquelles il lui annonce qu’il est persuadé qu’il y a à-la-fois, dans les phénomènes du galvanisme , et du fluide électrique , et un fluide animal particulier qu’il appelle galvanique. Il écrit avoir fait ses. divers essais en présence des membres de l’Institut de Bologne, et qu’il en est question dans le dernier volume des Annales de chimie de Brugnatelli. Cette opinion pourra, paroître bien extraordinaire , m’a dit Alibert ; mais elle appartient à un célèbre physicien , connu par son habileté et son exactitude dans les expériences , et sous çe rapport, je pense qu'on peut en faire mention.
- Quoi qu’il en soit, Volta aura toujours la gloire d’avoir donné, le premier, la démonstration complette de l’iden-. tité des fluides galvanique et électrique,
- (i) Voytç les Annales de chimie, du 30 frimaire an 10. Les rédacteurs observent qu’ils impriment ce mémoire sur la copie qui leur en a été remise par le savant professeur dePavie, et corrigée de sa main.
- (a) C’est sans doute la lettre de Volta, adressée au C. de la Métherie, et que nous avons rapportée en entier, chapitre X, §. IV, p. 268 de la première partie de cette: histoire.
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- DU GALVANISME. i69 Ou fluide galvanique, pourvu qu’on soit d’accord sur les faits. C’est afin d’arriver à ce but, de terminer toute contestation oiseuse et mal réfléchie , qu’il lui paroît nécessaire, en rappelant quelques principes peu connus ou ignorés, de répondre aux difficultés, aux objections qui ne lui étoientpas échappées, mais qu’il avoit passées sous silence. « On peut donc, dit-il, regarder cet écrit comme » une suite de celui dont j’ai parlé, ou si l’on » veut, comme une partie de plusieurs autres » mémoires que je me propose de publier, » quoique celui-ci renferme en lui-même un sys-» tême complet de théorie et de doctrine (i). » Vingt-neuf paragraphes ou sections composent ce mémoire. Dans le premier, Volta expose les objections les plus fortes, au nombre de trois, qu’on ait faites contre l’homogénéité
- (i) L’analyse que nous donnons ici du mémoire de M. Volta, ne peut dispenser le lecteur qui voudra à cet égard s’instruire complètement du sujet traité, de recourir au mémoire même. Autrement, il eût fallu le transcrire en entier, répéter et décrire les expériences , et y ajoùter les planches ; ce que ne comporte pas lé plan historique que nous suivons. D’ailleurs , l’Exposition des principales expériences de cet auteur , par le C. Halle, que nous placerons à la fin de ce chapitre, ne laissera rien à desirer sur une matière aussi importante,
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- des fluides galvanique et électrique : il indique en conséquence : ,
- iç. La privation de quelques signes électriques, le développement peu marqué de beaucoup d’autres, en comparaison des secousses, des sensations douloureuses, etc. produites parle seul contact de deux métaux, de nature différente, tels qu’argent et zinc (i), et principalement par
- (i) Le zinc joue un si grand rôle dans les expériences galvaniques, qu’une courte notice de ce minéral, ne sau-roit être ici déplacée , étant sur-tout tirée du Système dei connaissances chimiques, etc. , par le C.Fourcroy , in-40. tome III, page 303.
- Le zinc n’étoit pas connu des anciens. Paracelse est le premier qui en ait parlé, et qui lui ait donné le nom qu’il porte. Il n’y a qu’une cinquantaine d’années qu’on sait que c’est un métal particulier , pur , bien caractérisé, et différent de tous les autres métaux. Le C. Sage a, le premier, déterminé sa propriété ductile, et Fourcroy le place dans la troisième division des métaux bien ductiles. Il s’échauffe très-vîte, se fond dès qu’il rougit. Le C. Guy-ton estime sa fusibilité à 296 degrés de l’échelle réaumu-rienne. L’infortuné minéralogiste, Monge{ l’aîné, pèrdu avec Lapeyrouse , dans son voyage autour du monde , est le premier qui ait fait cristalliser ce métal. Outre qu’il a, plus que tous les autres métaux , la faculté conductrice de l’électricité , comme les' expériences galvaniques l’ont prouvé , on y remarque de plus une odeur et une saveur particulières.
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- l’assemblage de plusieurs couples de ces substances diverses, communiquant les unes avec les autres, au moyen d’un conducteur humide.
- 20. L’inefficacité à transmettre le fluide ou principe galvanique, soit qu’il provienne de l’appareil galvanique simple, connu depuis longtemps , soit qu’il tire sa source de celui composé , et inventé dernièrement par Volta, ensuite la propriété qu’ont certains corps de suspendre, d’an-nuller l’action de cet appareil, quoiqu’ils soient
- Le C. Haùy, le dernier, le plus savant et le plus exact auteur de minéralogie , selon Fourcroy, ne compte que trois espèces de mines de zinc, savoir , son oxide natif, son sulfure et son sulfate. Quant à ses autres divisions , à Poxidabilité du zinc par l’air, à son union avec les combustibles , à son action sur l’eau , sur les oxides, sur les acides, sur les bases et les sels, Voyej l’ouvrage de Four* croy, annoncé plus haut.
- Nous dirons seulement sür sës usages, qu’ils sont aussi multipliés qu’importans dans un grand nombre d’arts, et que c’est surtout pour la fabrication des tombacs et des laitons, qu’il est employé. Les Orientaux et les Chinois s’en servent plus fréquemment que les Européens, dans beaucoup d’alliages. La médecine a déjà tiré parti du zinc et de ses préparations chimiques. Espérons que sa propriété conductrice, à un si haut degré, de l’électricité animale, le rendra encore quelque jour plus précieux à l’art de guérir.
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- regardés comme excellais conducteurs d’électricité , tels que l’air raréfié, la flamme, etc.
- 3°. Cette étrange et admirable décomposition de l’eau soumise au même appareil, qu’il répugne d’attribuer à une électricité presque nulle , ou peu sensible aux électromètres les plus délicats; qui se soustrait aux décharges les plus fortes des machines électriques ordinaires, au courant électrique le plus rapide, le plus prolongé.
- Telles sont les objections , les doutes que Volta s’attache à lever, dans les paragraphes suivans, et qu’il attribue à des personnes peu versées dans la science de l’électricité, principalement dans la partie qui embrasse l’électro-
- Pour donner une solution complette de ces objections, il lui paroît convenable de déterminer avec exactitude, les degrés de force que l’électricité reçoit du contact de deux métaux de nature différente ; contact qui les rend non seulement conducteurs, mais même excitateurs, ou moteurs du fluide électrique. Parmi ces métaux , il choisit, les deux qui sont le plus opposés, et les plus actifs, l’argent et le zinc, dont l’alliage avec d’autres métaux, bien loin de diminuer leur efficacité , l’augmente. L’un et l’autre bien nettoyés et polis, se touchent immédiatement
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- ' DU GALVANISME. 273 immédiatement par un ou plusieurs points, déplacent le fluide électrique, rompent son équilibre, de manière qu’il passe de l’argent au zinc, se raréfie dans l’un, et se condense dans l’autre , s’y maintient avec ce double état de raréfaction et de condensation, pourvu que les deux métaux n’aient aucune communication avec d’autres conducteurs qui puissent, d’après les loix de l’équilibre, fournir au premier la dose du fluide électrique qu’il a perdue, et enlever au second la dose de celui qu’il a acquise. .
- Après la description de son électromètre à paille , qui indique ^ dç degré d’électricité positive ( él. + ) dans le premier, et d’électricité négative ( él. — ) danfc le second ; après l’avoir comparé à celui de Bennet, Volt a dit pouvoir rendre cette électricité sensible à ces deux instru-mens, déterminer même sa nature positive ou négative, à l’aide du condensateur, de son invention , dont il donne la construction, et dont il enseigne l’usage, se plaignant en même-temps de ce qu’il s’en faut bien qu’on l’emploie généralement avec cette attention, nécessaire au succès des expériences. j. u..
- Ce conducteur disposé comme il l’indique, Volta procède à ses expériences, dont le détail ne peut être bien compris qu’à l’aide des figures qui les accompagnent. 11 suffira de savoir que IIe. Partie. S
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- les expériences qu’il décrit, prouvent que la force qui donne l’impulsion au fluide électrique, au lieu de provenir de la communication de tel ou tel métal, avec un ou plusieurs conducteurs humides, s’exerce par le contact réciproque de deux métaux, à l’endroit même où ils se tou-
- A l’égard du soupçon qu’on pourrait avoir, que le déplacement du fluide électrique s’opère par le contact de l’argent ou du zinc, avec les doigts qui le tiennent, ou par un autre conducteur humide qu’on voudroit leur substituer, il dit que ce soupçon tombe de lui-même, si l’on répète les expériences sans que-la.main, ou aucune autre substance humide, touche les deux lames d’argent et de zinc; en un mot, sans qu’il y ait contact, si ce n’est entre les deux métaux seuls, but auquel on peut arriver de différentes manières , qui sont décrites.
- M. Voïta, dans, ses lettres au professeur Greny dont il a été question plus haut (r) , avoit déjà prouvé l’afErmative de la question, si le fluide électrique reçoit quelque impulsion du contact immédiat d’un métal avec un conducteur humide. Il observe, §. XII, que cette impulsion est si foible, lorsqu’on n’emploie que Feau pure
- (0 V°y‘l *“• P"«e, page 252.
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- DU GALVANISME. 175 ou salée, qu’on ne peut la mettre en parallèle avec celle qui provient de la communication de métaux difFérens, tels que le zinc, l’argent ou le cuivre, à l’exception de quelques acides concentrés, de quelques liqueurs alcalines, des sulfures alcalines, etc. qui impriment, par leur contact avec divers métaux, une impulsion très-sensible.
- Ayant déterminé, avec une grande précision , par d’autres expériences qu’il a faites, mais qu’il ne rapporte pas, quelle est la force motrice ou accumulatrice du condensateur dont il se sert, il lui est facile de découvrir quelle est la force ou la tension de l’électricité, qu’acquiert respectivement chacune des deux lames d’argent et de zinc, mises en contact; tension qui s’y maintient ou s’y renouvelle , en conservant ou en renouvelant les communications : il apprécie les difFérens degrés de cette tension, d’après ceux de condensation qu’on obtient aisément avec un bon condensateur , dont les surfaces soient bien polies et vernissées comme il faut.
- Ainsi l’ensemble de ses expériences, répétées et variées de différentes manières (§. V), prouve que environ de degré de son électromètre à paille,- constitue la tension électrique occasionnée par le contact mutuel du zinc et de l’ar-S a
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- gent; électricité qui est positive (él. -+• ) dans le premier, et négative ( él. —) dans le second, comme il a déjà été dit , §. II. Plusieurs autres métaux, différant moins dans le pouvoir d’inciter le fluide électrique, produisent une tension d’autant moindre, qu’ils diffèrent moins sous ce rapport, et suivant qu’ils sont moins élbignés dans la série ou l’échelle suivante : argent, cuivre, fer, Itain, plomb, fine; échelle dans laquelle le premier métal chasse le fluide électrique dans le second, le second dans le troisième, et ainsi de suite ; échelle à laquelle Volta donne beaucoup plus d’étendue, puisqu’il lui fait embrasser plusieurs autres métaux et demi - métaux, des pyrites, des charbons, etc. il observe qu’il y a d’autres corps qui semblent pousser le fluide électrique dans d’autres métaux, sur-tout dans le zinc, avec plus de force que l’argent : ces corps sont la plombagine, plusieurs espèces de charbon, principalement, le tnanganèse noir cristallisé, dont la communication avec le zinc produit une tension presque deux fois plus grande que l’argent et le zinc, c’est-à-dire, de YY à ^ de degré.
- Mais il faut, pour que cet effet ait lieu, que la lame d’argent cortimunique avec de,bons conducteurs , dans lesquels elle trouve le fluide -électrique qu’elle apporte au zinc, et que-celui-ci
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- DU GALVANISME. 177 dépose dans le condensateur, afin que l’électricité s’y accumule au degré indiqué plus. haut. Il suit de-là que l’électromètre ne doit, même à l’aide du meilleur conducteur, signaler aucune électricité dans deux métaux différens qui se touchent , si l’un des deux ne cbmmumque pas avec un conducteur ou un récipient assez vaste , dans le même temps que l’autre fait passer l’électricité, qu’il acquiert successivement , dans le condensateur, où elle- s’accumule.
- « Toutes ces expériences, dit Volta, §. XVIII, » qui me. donnoie.nt également deux, trois et » quatre degrés d’électricité positive ( él.'+ )„ » dans.un plateau de zinc, et négative ( él. —* ), » dans un plateau d’argent, sont la conséquence >» des mêmes principes, c’est-à-dire, que l’argent » pousse le fluide électrique dans le zinc, au » point de produire- une tension d’environ un » jj de degré d’électricité positive ( él. + ) dans » le second, et négative ( él,,—}dans le premier, » tension qui est produite par une dose d’autant » plus grande de. fluide électrique, communi-» qué d’un plateau à l’autre, que par un rap-» prochement convenable, et. d’après le; con-» tre- balancement réciproque des électricités » contraires, ils tiennent- lieu d’excellens con-» densateurs. Il est donc prouvé, ajoute Valu, » §. XIX j que la tension électrique positive.
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- » (él. +) dans le zinc, négative (él. —) dansI’ar-» gent, est d’environ ^ de degré; qu’elle se *» maintient dans cet état pendant tout le temps » que ces deux métaux se touchent, et ne pré-» sentent aucune communication avec d’autres » condensateurs, susceptibles de recevoir et de » transmettre le fluide électrique, poussé et dé-» placé par cette tension. »
- Volta donne , §. XX , la preuve la plus concluante que le degré de cette tension électrique, occasionnée par le contact mutuel de ces métaux, est justement celui qu’il vient d’indiquer : il tire cette preuve d’une multitude d’autres expériences, dont il donne les résultats, et faites avec plusieurs couples de métaux : il indique même un des moyens les plus simples pour réussir dans ces expériences. Il insiste sur la nécessité de placer, entre les couples métalliques , des couches humides ; ensorte qu’il est impossible d’obtenir une augmentation d’électricité, c’est-à-dire, une tension supérieure à un js de degré, avec de simples pièces d’argent et de zinc accouplées, quelles que soient leur figure, leur forme, sans l’intermède d’un troisième conducteur humide, doué d’une même énergie.
- Cette augmentation électrique ne peut pas même .s’opérer par l’aggrégation de trois ou plusieurs métaux, dans l’intermédiaire des conduc-
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- DU GALVANISME. 279 teurs humides, attendu qu’il existe un certain rapport entre les métaux conducteurs de la première classe , respectivement à la force avec laquelle ils poussent le fluide électrique lîun dans l’autre. La force ou l’impulsion que deux métaux donnent au fluide électrique, égale * selon Volta, la somme des forces de ceux qui se trouvent dans la série ou l’échelle graduée entre ces deux métaux. Ainsi, que les métaux intermédiaires entrent ou n’entrent pas dans l’appareil construit seulement avec des métaux * qu’ils se trouvent tous interposés aux deux qui forment les extrémités, ou qu’il n’y en ait que quelques-uns, quelle que soit leur disposition, il n’en résulte aucun changement dans la force électrique, qui est absolument la même, que lorsque le premier métal touche immédiatement le dernier.
- Volta parle, §. XXIV, d’une découverte à faire, qui lui paraît difficile, sans cependant présenter une entière impossibilité, c’est celle d’un autre ikc-r tro-moteur, entièrement composé de substances, solides. « Ne suffiroit-il pas, dit-il, de trouver » un conducteur solide, privé de toute force » motrice, ou qui la posséderoit sous tout au-» tre rapport que celui dont nous avons parlé* » qu’on placeroit, au lieu de conducteurs hu-» mides, entre les couples ordinaires des mé-' S4
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- » taux différens î On cherche en vain , dit-il, » dans le paragraphe suivant, on cherche en » vain , pour les conducteurs de la première et » de la seconde classe, c’est-à-dire, entre les » métaux, et les corps humides, cette corres-» pondance d’action et de force, propre aux » métaux. »
- On peut demander ( est-il dit §. XXVII ) si le rapport qui existe dans la force motrice électrique des conducteurs de la première classe, et qui ne s’étend point jusqu’au passage de celle-ci à la seconde, se présente de nouveau parm^ les conducteurs de cette dernière. Volta observe que , dans la supposition même de ce rapport, il se-roit impossible déformer, avec/ces seules substances , de même qu’avec les seuls métaux, un instrument assez actif pour produire des secousses et des étincelles. La nature seule ( §. XXVIII) a réuni ce précieux avantage dans les organes électriques de la torpille, de l’anguille de Surinam , gymnotus electricus, composés de seuls conducteurs humides, sans aucun métal; artifice, dit Volta , que ton ne tardera peut-être pas à
- Il faut alors ou supposer, pour ces corps , un rapport différent dans leurs actions électriques, ou admettre, dans la seconde classe, une subdivision , une troisième classe de conducteurs,
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- DU GALVANISME. 181 qui s’accordent entre eux dans l’exercice de la puissance motrice ; mais qui ne soient pas en rapport avec les conducteurs humides ou conducteurs de la seconde classe.
- Dans son paragraphe XXIX et dernier, Volta expose ce qu’il pense de la composition de cette troisième classe de corps, à-la-fois conducteurs et moteurs, peut-être formés par des substances imbibées d’une humeur, qui se coagulant et se fixant à un degré imperceptible à nos sens, mérite improprement le nom de substance humide. Il est à présumer, selon lui, que, dans les organes électriques de la torpille, les petites couches ou pellicules placées les unes sur les autres dans chaque colonne, sont alternativement formées de conducteurs appartenant, moitié à la deuxième classe, moitié à la troisième, avec un arrangement tel, que chaque couche, ou couple hétérogène de la troisième classe, se trouve séparé par un conducteur de la seconde, c’est-à-dire, par une couche humide. «Telle est, » dit-il en finissant, l’idée que je me forme de l’or-» gane électrique de la torpille, uniquement com-» posé de subtances conductrices, organe qu’on » ne peut comparer qu’à un appareil électrique, » dont la construction, la forme, et les effets » .sont à-peu-près semblables. »
- Voilà , en substance , l’analyse du dernier
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- mémoire de M. Volta. Quoique nous croyions n’avoir rien omis de ce qu’il renferme d’essentiel, pour établir la nouvelle théorie qu’il a adoptée, nous estimons néanmoins que, pour la bien comprendre, il faut, comme nous l’avons déjà dit plus haut, lire le mémoire en entier, parce qu’il renferme un enchaînement de faits et de raisonnemens qui ne peuvent tous entrer dans un extrait ou une analyse; parce qu’en outre l’auteur, dans l’exposition de ses idées, renvoie souvent d’un paragraphe à un autre. Au surplus, l’extrait que nous allons donner de la lettre de M. Van Marum, en répandant de nouvelles lumières sur la théorie de Volta, la rendra plus sensible et plus évidente : mais il faut auparavant dire quelque chose du rapport fait à l’Institut sur le mémoire de Volta.
- Lorsque la lecture en fut achevée, l’Institut, nomma des commissaires (i), pour lui rendre compte, tant du mémoire, que des propositions faites par le premier Consul à ce sujet. Le C. Biol, au nom des commissaires, a fait ce rapport à la classe des sciences mathématiques
- (i) La commission chargée de ce rapport, étoit composée des CC. Laplact, Coulomb, Halle, Monge, Four-eroy, Vauquelin, Pelletan , Charles, Brisson, Sabatier, Guyton et Biot. Il est inséré tout entier dans les Annales de chimie, n°. xai, page j.
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- DU GALVANISME. 183 et physiques, le 11 frimaire an 10. Il observe d’abord que le C. Volta annonça le premier que l’arc animal, introduit dans ses expériences, ne servoit qu’à recevoir et à manifester l’influence, mais très-peu ou point du tout à la produire ; que l’irritation musculaire, qu’on avoit cru d’abord la partie importante du phénomène , ne fut plus, selon lui, qu’un effet de l’action électrique, produite par le contact mutuel des métaux, dont l’arc excitateur étoit formé. Cette opinion trouva des partisans et des contradicteurs, elle fit multiplier les expériences propres à l’appuyer et à la combattre; expériences qui ne présentoient encore rien de décisif, ni de positif, lors du premier rapport qui fut fait à la classe, par le C. H allé, et dont nous avons donné l’extrait, chap. XII de cette histoire, 2e. partie, page 14.
- On ne connoissoit point, à cette époque, les recherches par lesquelles Volta, en suivant la route qu’il s’étoit tracée, a cherché à rattacher à sa première découverte tous les phénomènes que le galvanisme présente. Il en a fait connoître depuis beaucoup d’autres également importans, qu’il a liés par une théorie extrêmement ingénieuse; « et s’il reste encore, dit le C. Biot, quel-» que chose à faire pour déterminer avec exac-» titude les loix de cette action singulière, et
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- » pour les soumettre à un calcul rigoureux, du » moins les faits principaux, qui doivent lui » servir de base , paroissent invariablement » fixés. »
- La commission rend compte de ces expériences fondamentales, et de la manière dont le C. Folta les a fait servir à l’établissement de- sa théorie, ainsi que de là complaisance qu’il a eue de les répéter plusieurs fois devant les commis-saires, qui en ont ainsi constaté par eux-mêmes la vérité et l’exactitude.
- Le fait principal, celui dont tous les autres dérivent, celui que nous avons déjà fait con-noître , dans l’extrait du mémoire de Folta, mais qu’il est important de faire connoître ici de nouveau ; c’est le suivant : Si deux métaux, différens, isolés, et n’ayant que leur quantité d’électricité naturelle, sont mis en contact, on les retire du contact dans des états électriques différens : l’un est positif, et l’autre est négatif. Ainsi , dans le contact mutuel du cuivre et du zinc , c’est le cuivre qui devient négatif, et c’est le zinc qui devient positif. Le développement de l’électricité est donc indépendant de tout conducteur humide. Tous les autres faits sont incontestables, et ont été vérifiés par la commission. Le rapporteur expose ensuite comment le C. Folta les explique, comment il
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- DU GALVANISME. i8ÿ les rapporte au précédent ; et il fait voir combien, d’après la théorie de ce grand physicien, il est facile d’expliquer sa pile ; et pour le faire avec plus de simplicité, il suppose qu’on la forme sur un isoloir ; il représente par l’unité l’excès d’électricité que doit avoir une pièce de zinc sur une pièce de cuivre, qu’elle touche immédiatement.
- Volta fait encore deux suppositions ; la première, que la transmission du fluide se fait d'un couple à l’autre dans la pile isolée, à travers les morceaux de carton mouillé qui les séparent, même lorsqu’il n’existe aucune communication entre les deux extrémités de la colonne ; la seconde, que l’excès d’électricité, que le zinc prend au cuivre, est constant pour ces deux métaux, soit qu’ils se trouvent dans l’état naturel, soit qu’ils ne s’y trouvent pas. Volta appuie la première proposition sur une expérience, dans laquelle le condensateur se charge, lorsqu’on touche le plateau collecteur, recouvert d’un papier humide, avec l’extrémité cuivre, d’une lame métallique, dont l’autre extrémité, qui est zinc, est tenue entre les doigts: « Quant à la seconde supposition, elle est, dit » le rapporteur, la plus simple que l’on puisse » imaginer : mais il faudrait, ajoute-t-il, une » suite d’expériences très-délicates, que nous p n’avons pas eu l’oeeasion de faire, pour s’as•
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- » siirer jusqu’à quel point elle est conforme à » la nature. >»
- Il observe ensuite, que la même théorie peut s’appliquer également à deux métaux quelconques , dont la pile sera formée, et que les effets des différens appareils qu’ils serviroient à composer, dépendroient des différences d'électricité qui s’établiroient entre les métaux, au moment du contact. Cela s’étend également à tous les autres corps, entre lesquels il existera une action analogue : ainsi quoiqu’elle paroisse en général très-foible entre les liquides et les substances métalliques, il en existe pourtant quelques-uns, tels que les sulfures alcalins, dont l’action avec les métaux devient très-sensible : aussi les An-glois sont-ils parvenus à remplacer, par ces sulfures , un des élémens métalliques de la colonne ; et, avant eux, M. Pfajf les avoit employés à cet usage dans ses expériences.
- A cet égard, le C. Volta a découvert, entre les substances métalliques, une relation très-remarquable, qui rend impossible la construction d’une pile avec ces seules substances. Le rapporteur expose, d’après lui, cette relation qu’il dit n’avoir pas eu l’occasion de constater. Il en est question dans le précédent extrait,- et l’on a vu en même-temps la division que fait Volta, des conducteurs en deux classes, qui comprend
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- DU GALVANISME. 187 nent, la première, les corps solides, la seconde, les corps liquides. On n’a pu, jusqu’à présent, construire l’appareil à colonne, que par un mélange convenable des conducteurs de ces deux classes : elle devient impossible avec la première seule, et l’on ne connoît pas encore assez exactement l’action mutuelle des corps qui composent la seconde, pour prononcer s’il en est de même à leur égard.
- « Tel est à-peu-près, dit le rapporteur, le » précis de la théorie du C. Volta, sur l’élec-» tricité que l’on a nommée galvanique. Son but » a été de réduire tous les phénomènes à un » seul , dont l’existence est maintenant bien » constatée : c’est le développement de l’élec-» tricité métallique par le contact mutuel des » métaux. Il paroît prouvé, par ces expérien-» ces, que le fluide particulier auquel on attri-» bua, pendant quelque temps, les contrac-» tions musculaires, et les phénomènes de la pi-» le, n’est autre chose que le fluide électrique » ordinaire, mis en mouvement par une cause » dont nous ignorons la nature, mais dont nous » voyons les effets.
- » ... Après avoir reconnu et évalué, pour
- » ainsi dire, par approximation l’action mu-» tuelle des élémens métalliques, il reste à la -, » déterminer , d’une manière rigoureuse , à
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- » chercher si elle est constante pour les mêmes » métaux, ou si elle varie avec les qualités » d’électricité qu’ils contiennent, et avec leur » température. Il faut évaluer, avec la même » précision , l’action propre que les liquides » exercent les uns sur les autres, et sur les mé-» taux. C’est alors que l’on pourra établir le » calcul sur des données exactes, s’élever ainsi » à la véritable loi que suivent, dans l’appareil » du C. Volta, la distribution et le mouvement » de l’électricité, et compléter l’explication de » tous les phénomènes, que cet appareil pré-» sente. Mais ces recherches délicates exigent » l’emploi des instrumens les plus précis qu’aient » inventés les physiciens, pour mesurer la-force » du fluide électrique. Enfin, il reste à exami-» ner les effets chimiques de ce courant élec-.» trique, son action sur l’économie animale, » et ses rapports avec l'électricité des-minéraux » et des poissons ; recherches qui, d’après les . » faits déjà connus, ne peuvent être que très-» importantes »
- Le rapporteur finit par présenter le tableau rapide des progrès de l’électricité, depuis sa naissance jusqu’à la découverte des phénomènes galvaniques, si singuliers dans leur marche, et si différens en apparence de tqut. ee que l’on connoissoit déjà, jusqu’à la découverte de Volta, par
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- DU GALVANISME. 189 par laquelle il fait servir ces phénomènes à la construction d’un appareil qui permet d’augmenter à volonté leur force, et les lie, par des résultats , à d’autres phénomènes importans de la chimie et de l’économie animale.
- « D’après la demande qui a été faite par un de » vos membres ( le premier Consul), dit le C. Biot, » et que vous avez renvoyée à la commission, » nous vous proposons d’offrir au C. Volta la mé-» daille de l’Institut, en or, comme un témoi-» gnage de la satisfaction de la classe, pour » les belles découvertes dont il vient d’enri-» chir la théorie de l’électricité, et comme une » preuve de sa reconnoissance, pour les lui avoir » communiquées. »
- Dans trois notes particulières, qui terminent le rapport, plusieurs des phénomènes de la pile de Volta sont soumis au calcul, et le rapporteur dit que l’on pourroit également en soumettre plusieurs autres au calcul ; mais que pour le faire sur des données exactes , il faudrait des expériences très - précises , et qu’il suffit, pour le moment, d’avoir montré comment on peut y parvenir (1).
- (1) Il y a, dans la Décade philosophique, n°. 12, page 132, un extrait de ce rapport, fait par le C. Lacépède,
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- §. II. Extrait de la lettre de M. Van Marum, â M. Volta, contenant des expériences sur la colonne électrique, faites par lui et de professeur Pfaff, dans le laboratoire de Teyler, à Harlem , en novembre 1801 (x). Dans une lettre du 22 octobre, remise à M. Van Marum, par M. Pfaff, à son retour de Paris à Kiel, M. Volta proposoit au premier de faire , de concert avec le second, quelques expériences en grand, avec les appareils connus du muséum de Teyler, sur l’électricité de la colonne métallique, très-improprement nommée, par quelques physiciens, colonne galvanique. Quoique M. Van Marum fut presque convaincu, après ce qu’il avoit vu, en juillet, des effets d’une large colonne, et après ce que
- membre du sénat conservateur, et secrétaire de la classe de physique de l’Institut.
- (1) V.les Annales de chimie, n°. 120,p. 289, du 30frimaire an 10. Il y a un très-léger extrait de ces expériences, Journal de physique , frimaire an 10, page 476.
- Cette lettre, confirmative de la nouvelle doctrine de Volta, sur l’identité des fluides galvanique et électrique , mérite d’autant plus d’être bien méditée , que les expériences qu’elle renferme, faites avec le plus grand soin, avec l’attention la plus scrupuleuse, par deux des plus célèbres physiciens, présentent des résultats qui éclaircissent beaucoup la théorie du galvanisme.
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- D U G A L V A N I S M E. i9t Volta lui avoit communiqué de ses expériences, que l’action de la colonne est purement électrique, la théorie de «ses effets , qu’il avoit adoptée, différoit cependant en plusieurs points de celle de Volta, que M. Pfaff lui avoit communiquée. Désirant toujours de faire servir au progrès des sciences les appareils qui sont sous sa direction, M. Van Marum engagea M. Pfaff à examiner avec lui les deux théories, sous tous les rapports, au moyen de ces appareils, et en faisant les expériences aussi en grand que possible. Ils ont employé dix jours entiers à ce travail, ayant été obligés de faire construire de nouveaux appareils. Ils communiquent, dans cette lettre, les résultats de leurs expériences, faites en commun.
- M. Van Marum commence par le détail de celle que lui avoit particulièrement recommandée Volta; c’est-à-dire, de celle de la charge d’une grande batterie, par un contact très-court de la colonne. Il y employa une partie de la grande batterie de Teyler, composée de ioo verres, dont chacun contient 5 pieds carrés de surface armée, et a, en général, à-peu-près une ligne d’épaisseur. La variété dans l’épaisseur des verres , apporta aussi des change-mens dans la charge de chacun. Ces physiciens après avoir choisi 25 verres, qui se chargeoient
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- bien chacun séparément, par la colonne, en prirent d’abord quatre, pour composer une batterie , qu’ils chargèrent par une colonne entière, de 200 paires métalliques- d’argent et de zinc. En l’examinant, ils observèrent qu’un seul contact aussi court que possible , suffisoit pour charger la batterie à la même tension que celle de la colonne, qui portoit l’écartement des feuilles d’or de l’électromètre de Bennet à £ de pouce ; ayant agrandi la batterie jusqu'à 25 verres, qui contenoient ensemble 137 j pieds carrés de surface armée, elle fut chargée par un seul contact aussi court que possible de la colonne , exactement à la même tension qui avoit fait écarter les feuilles d’or de l’électromètre de Bennet à | de pouce. Après cette expérience décisive , il restoit, à nos physiciens, peu de doute que par le seul contact de la colonne, ils eussent pu charger également la batterie entière de Teyler qui contient 550 pieds carrés de surface armée. Des circonstances particulières les ont empêché de faire cette expérience, se réservant au surplus de l’exécuter dans une saison plus convenable, et où ils n’auroient pas à se précautionner contre l’humidité de l’air.
- La colonne avec laquelle ils chargèrent la batterie de 137 ^ pieds, ayant dans les paires métalliques , l’argent en bas et le zinc en haut,
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- DU GALVANISME. 293 avoit par conséquent l’électricité positive en haut, et la donna à la surface intérieure de la batterie, puisque les physiciens firent le contact de la colonne en haut. L’ayant renversée, de manière que l’argent dès paires métalliques étoit en haut et le zinc en bas, et ayant répété, avec cette colonne inverse, les mêmes expériences à ses différentes hauteurs, aussi bien qu’avec tout son corps, ils observèrent que la batterie fut constamment chargée, par un seul contact, à la même tension que celle de la colonne.
- Ils essayèrent ensuite les secousses ou sensations que produit la décharge de la batterie , chargée à différentes hauteurs de la colonne, et employèrent à cet effet deux conducteurs de cuivre, de deux pouces de diamètre , qu’ils tinrent dans leurs mains mouillées. En commençant par la décharge de la batterie, chargée à la vingtième partie de la colonne, ils sentirent très-distinctement le passage du courant du conducteur dans la main, et de la main dans le. conducteur. Un des amis de M .Van Marum le sentit même jusqu’aux carpes. Ayant continué de même à éprouver les sensations et les secousses des décharges de la batterie, chargée par 40, 60, 80, 100, 120, 140, 160 , 180 et 200 paires, l’effet de la décharge sur leur corps augmenta, à mesure que la batterie étoit chargée T 3
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- par un plus grand nombre de paires métalliques. Quand elle fut chargée par la colonne entière de 100 paires, les commotions s’étendirent avec beaucoup de force jusqu’aux épaules; mais'les commotions de la batterie n’avoient pas la même force que celle de la colonne par laquelle elle étoit chargée.
- M. Van Marum donne le détail d’une expérience, qui demandoit des soins particuliers, pour s’assurer que le contact du conducteur ne donnoit pas plus d’électricité à la batterie, que l’action de la machine électrique Teylerienne d’un plateau de 31 pouces de diamètre en four-nissoit pendant ce contact. Il observa, en répétant plusieurs fois cette expérience, que six de ces contacts du conducteur chargeoient la batterie à la même tension qu’un seul contact de la colonne; d’oii il suit, i°. que la colonne de Volta, à la hauteur de 200 paires métalliques , fournit, pour charger une batterie à la tension indiquée, trois fois autant de fluide électrique que la grande machine a pu en fournir dans son premier état de 1785 à 1789; 2°. que la force de la même colonne, pour charger de grandes batteries, et celle qu’a actuellement la grande machine Teylerienne, pour les charger à la même tension, se trouvent dans la raison de 335. La saison n’a pas permis à M. Van Marum
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- DU GALVANISME. 195 de chercher, par une expérience directe, la, raison de la force de la colonne de Folia, et de celle de la grande machine pour ces charges.
- Relativement à la comparaison des sensations ou secousses, que donnoit la décharge de la batterie, chargée à différentes tensions, par les mêmes contacts du conducteur de la machine électrique, avec celles des charges de la même tension par la colonne, des expériences souvent réitérées ont convaincu nos physiciens qu’il n’y a aucune différence perceptible dans les secousses que donnent les décharges de la batterie, chargée par la machine ou par la colonne, pourvu que les tensions de la charge soient égales. Ils se flattent d’avoir prouvé, d’une manière très-décisive, par une expérience en grand, l’identité du courant du fluide mu par la colonne de Folia, et de celui mu par une machine électrique; ce qui constate évidemment, et de façon à n’en plus douter, l’identité des courans de ces deux appareils ; et par une conséquence tirée directement de leurs expériences, ils se flattent de plus d’avoir porté le dernier coup au galvanisme ou à l’action d’un fluide particulier, trop légèrement supposé dans la colonne de Folia.
- Ces expériences, jointes à celles de ce professeur , rendent en outre fort douteuse, ou plutôt démentent entièrement l’action d’un fluide:
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- particulier, soi-disant galvanique, dans toutes les autres expériences ainsi nommées ; si l’on est forcé d’avouer que l’action de la colonne Voltarienne, produite par le contact de deux métaux qui se touchent ( quand on l’examine en grand, comme MM. Van Marum et Pfqff l’ont fait ) paroît évidemment être purement électrique, ces expériences s’expliquent également par l’action des deux métaux différens, ou des deux substances différentes qu’on y emploie : il n’y a donc plus dè raison pour supposer l’action d’un fluide particulier. La vraie dénomination de la colonne de Volta sera donc désormais électrique et non galvanique.
- C’est la réponse à la question que proposa, en mai 1801, la société des sciences de Harlem, en ces termes : P eut-on expliquer suffisamment la colonne de Volta, par les loix ou les propriétés connues de l'électricité, ou faut-il en conclure l’existence d?un fluide particulier et distinct du fluide électrique ? C’est aussi d’après ces expériences , que M. Van Marum se croit autorisé à rejetter entièrement celle de trois membres de l’Institut national, les CC. Fourcroy, Vauquelin et Thénard, décrite dans la notice des travaux de la classe des sciences mathématiques et physiques, pendant le deuxième trimestre de l’an IXj expérience qui, dit-il, me parut imposante
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- DW GALVANISME. 297 dans ce moment, et me fît presque supposer un fluide particulier, qui jouoit quelque rôle dans la colonne, parce que je ne savois pas expliquer entièrement le résultat de cette expérience.
- Un autre point capital de cette colonne, que les expériences de MM. Van Marnm et Pfaff ont prouvé en grand, et d’une manière bien décisive, selon eux, c’est que le courant mu par la colonne de Yalta, a une vitesse énorme, et qui surpasse toute imagination; ce qui est prouvé particulièrement par ceci : une batterie, ayant 137 -j pieds carrés de surface armée, fut chargée , par la colonne, jusqu’à la même tension qu’elle avoit, par un contact, aussi court que possible, du fil communicateur; contact qui ne dura pas un vingtième de seconde. Après cette expérience, il n’est pas étonnant que l’appareil de Volta produise des effets tels qu’on n’en a pas vu de pareils, en. employant des machines électriques ordinaires, par exemple, la prompte décomposition de l’eau. C’est ce qui a engagé M. Van Marum à faire des efforts pour augmenter la force de la colonne Vottarknne. Il décrit ces efforts, qui ont consisté d’abord à mieux isoler la colonne ; isolement qui a prouvé que la commotion d’une colonne de 200 paires, affecte si violemment le corps de celui qui la prend, que personne,
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- après l’avoir éprouvée, ne se résout à la prendre une seconde fois.
- M. Van Marum a ensuite changé la colonne de Voila , c’est-à-dire, qu’il en a fait construire une plus large, jusqu’à la quantité de 70 paires métalliques ; il a répété, avec M. Pfaff, les expériences de Fourcroy, Vauqueln , etc., mentionnées dans le Moniteur (1) , sur la fusion du fil de fer, par de larges plaques de cuivre et de zinc. Une de leurs expériences les convainquit de l’impossibilité qu’il y a de faire une colonne d’une hauteur considérable, avec de larges plaques, qui eût un effet proportionné à leur nombre, vu que leur poids exprime trop les cartons de la partie inférieure de la colonne; ce qui arrive à cause de leur épaisseur considérable. Ils imaginèrent de diviser la colonne en plusieurs, de manière à en faire, pour ainsi dire, une chaîne, dans laquelle la combinaison de différentes colonnes serait facile, et avec laquelle il serait bien plus aisé et plus commode d’expérimenter, qu’avec une seule colonne d’une hauteur considérable. Une planche présente à-la-fois la construction et la disposition de ces colonnes communiquantes,au nombre de quatre, et ayant ensemble 110 paires.
- (1) Voyt{ ci-dessus, page 264, note.
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- Les effets de ces colonnes ont été les sui-
- i°. Les deux colonnes qui avoient ensemble ço paires de cuivre et de zinc, ont fait fortement rougir et fondre, en grande partie, 8 pouces d’un fil de fer.
- z°. Les deux colonnes ayant ensemble 60 paires , ont fait rougir 6 pouces ; effet moindre que les physiciens ont attribué à ce que les cartons n’étoient pas duement mouillés.
- 30. Les quatrç colonnes unies ont fait rougir 12 pouces du même fil.
- 4°‘ Le fil ne fond bien, que lorsqu’il touche immédiatement le bord de la plaque supérieure de la 'colonne.
- 50. Le résultat d’expériences particulières, faites pour examiner s’il y a quelque différence bien sensible entre les étincelles qui sortent et celles qui entrent, a été que, ni MM. Pfaff et Van Marum, ni un de leurs amis, qui assistoit aux expériences, n’ont pu observer la moindre différence entre les étincelles sortantes (positives), ou entrantes (négatives) dans le fil conducteur : ils observèrent seulement des étincelles rayonnantes égales.
- 6°. Les dernières' expériences ont donné à nos physiciens l’occasion d’observer un très-beau phénomène, propre à attirer l’attention,
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- HISTOIRE sur-tout de ceux qui aiment les expériences physiques , pour avoir de beaux spectacles. Lorsqu’ils touchèrent la surface du mercure avec le bout d’un fil de fer mince, la combustion de ^extrémité de ce fil se fit avec tant de force, qu’elle dispersoit des étincelles de tous côtés, qui formoient des milliers de rayons apparens, représentant de très-beaux soleils, de plusieurs pouces de diamètre. Ils ont pii continuer ce beau spectacle à volonté, en baissant lentement le bout du fil de fer, à mesure qu’il étoit dispersé par la combustion.
- 7°. Lorsqu’ils prenoient des fils trop épais pour être fondus, on voyoit plus distinctement l’oxidation du mercure à sa surface par chaque étincelle, et l’oxidation y formoit des taches de plus d’une ligne de diamètre.
- 8°. L’extrémité d’un fil de platine d’environ rfy de pouce de diamètre, fut fondue et forma un globe.
- 9°. Les étincelles, sur-tout du bout du fil communicateur, quand il n’étoit pas trop mince, «voient plus de pouce de diamètre.
- Après ces expériences, qui font voir la grande force de la colonne imaginée par M. Van Marunt, il en examine les tensions, les commotions, et les charges qu’elle donnoit à la batterie. Ua point capital, selon lui, pour avoir, d’une large
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- colonne, le plus grand effet, et duquel dépend en grande partie le succès, c’est le juste degré d’humidité des cartons, ou d’autres substances qu’on place entre les paires métalliques, parce que trop ou trop peu d’humidité sont également nuisibles. Une solution saturée et froide de muriate d’ammoniaque, est ce qui convient le mieux. MM. Pfaff et Fan Marum ont eu la preuve qu’une solution chaude saturée, quoiqu’elle contînt plus de muriate d’ammoniaque, fait moins d’effet. D’autres circonstances, jusqu’ici inconnues, dont M. Van Marum se propose de s’occuper , influent beaucoup sur l’effet d’une large colonne, et le rendent plus ou moins inconstant. Il a fait quelques recherches sur les causes du plus grand effet des larges colonnes, pour les fusions et les oxidations des métaux, dont il communique les résultats à M. Volta, dans sa lettre.
- Ces résultats sont que les tensions des colonnes , d’un nombre égal de plaques, quoique de diamètres très-différens, sont absolument les mêmes, et qu’une batterie est chargée également par les deux. Pour concevoir comment deux colonnes, dont les tensions sont si égales, et qui chargent si également de grandes batteries, ont des effets si différens, par rapporté la fusion des métaux, il faut certainement distinguer
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- l’action d’une colonne isolée, de celle d’une colonne non isolée, par le courant qui est différent daqs l’une et dans l’autre, et par sa plus grande vitesse, ainsi que par la quantité de fluide que les décharges font passer dans des momens égaux. M. Van Marum examine ensuite quelles sont les circonstances ou les causes qui permettent ou produisent une plus grande vitesse, dans le courant mu par une plus large colonne. Il a fait, à ce sujet, des expériences qui semblent prouver, comme le pense Volta, qu’une des causes principales de cet effet, vient de ce que les substances humides qu’on met entre les plaques, et qui ne sont pas les meilleurs conducteurs, offrent moins d’obstacle dans une large colonne, à cause de leur plus grande largeur.
- Il communique ensuite à Volta quelques expériences qu’il a faites, principalement pour expliquer d’où vient que les colonnes font plus d’effet, quand les substances humides contiennent du muriated’ammoniaque, et pourquoi le courant est alors bien plus actif. Une large colonne de 20 paires, construite avec des cartons trempés dans le muriate d’ammoniaque, a fait fondre en globules, comme à l’ordinaire, quatre pouces de fil de fer ; tandis qu’une autre colonne, aussi large, de 10 paires également, construite avec des cartons trempés dans une solution de mu-
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- DU GALVANISME. 303 riate de soude (sel commun) n'a ni fondu, ni môme rougi une seule ligne du fil de fer; une troisième colonne, construite avec des cartons trempés dans l’eau pure , a fait encore moins d’effet, par rapport aux étincelles. Il n’y a plus alors de doute que la quantité du fluide électrique, dans le courant de la première colonne, est beaucoup plus grande, ou, ce qui revient au même, que ce courant a beaucoup plus de vitesse que celui d’une colonne, dont les cartons sont trempés dans l’eau, ou dans une solution de muriate de soude. Mais quelle est la cause de cette plus grande vitesse?- L’attribuera-t-on à ce que le muriate d’ammoniaque oxide les métaux après sa décomposition? Décomposition bien prouvée dans la colonne par l’odeur forte d’ammoniaque qu’on sent peu après qu’elle a été construite, et sur-tout quand on la détruit. On voit aussi évidemment que l’acide muriatique de ce sel décomposé, oxide fortement les surfaces du cuivre et du zinc ; et que cette oxi-dation, à mesure qu’elle diminue, affaiblit aussi dans la même proportion l’effet de la colonne.
- Ces expériences ont paru, àM. Van Maritm , favoriser sur-tout l’opinion que l’oxidation des métaux, considérée comme telle, contribue beaucoup à augmenter l’effet de la colonne. Mais,comme il ayoit encore des doutes sur l’explication de
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- ce phénomène, comme il n’étoit pas certain que quelque autre cause ou circonstance inconnue, ne se combinât pas avec l’oxidation, ou ce qui l’effectue; comme d’ailleurs M. Pfaff n’a-voit pas, sur les effets de l’oxidation, considérée comme telle, les mêmes idées que lui, il prit la résolution de faire, concurremment avec lui, des expériences qui pussent lever leurs doutes, et éclaircir le fait. Elles ont été faites au nombre de trois. En voici le détail abrégé, et les résultats.
- i°. Ils ont trempé les cartons dans les acides sulfurique, nitrique et muriatique-, tantôt concentrés, tantôt plus ou moins étendus, se servant d’une colonne de 30 paires, de cuivre et de zinc, de 1 -j de pouce de diamètre. Ils se sont aussi servis de colonnes de xo paires de 5 pouces de largeur. Ils vouloient voir si l’effet de ces différentes colonnes étoit plus ou moins grand, à mesure que l’oxidation de l’un ou des deux métaux se faisoit plus promptement. Ils n’ont nullement observé l’accroissement ni des tensions, ni des commotions, ni des étincelles, à mesure que l’oxidation des métaux étoit plus prompte. Ces effets furent même plus fôibles dans les expériences avec l’acide nitrique, soit concentré, soit délayé, et dans lesquelles l’oxi-dation des deux métaux se fit très-promptement, que
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- DU GALVANISME. 305 que dans iine colonne égale, comparatiye, dont les morceaux de drap ou les cartons étoieot trempés dans une solution de muriate d’ammoniaque; d’oii il résulte que ces expériences ne sont nullement fayorables à l’opinion que l’oxi-dation des métaux, considérée .comme telle, est la cause principale de l’augmentation de l'effet du courant des colonnes, dans lesquelles le mu-riate d’ammoniaque est employé.
- Cette conclusion absolue seroit cependant précoce, parce qu’il est possible, dans ce cas, que l’oxidation se fesse d’une manière qui diffère de celle -des acides, et qui soit plus propre à pro»-duire l’effet de l’augmentation du courant delà colonne. L’action de Pammoniaque sur le cuivre ne peut-elle tpas aussi contribuer, pour quelque chose, à cet effet ? Désirant voir ce que cette action pouvoit effectuer, seule et sans combinaison avec l’oxidation produite par l’acide muriatique du muriate d’ammoniaque décomposé, MM. Pfaff &-Vtn Mamm trempèrent, dans l’ammoniaque:, les cartons d’une colonne de 30 paires, de cuivre et de zinc , de 1 f pouce de diamètre; ils observèrent alors que tous les effets du courant de cette colonne étaient beaucoup plus foibles, que celui-d’une pareille colonne , avec des cartons -trempés dans -le muriate d’ammoniaque.
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- a0. Eu égard à l’influence de l’oxidation sur l’effet de la colonne, ils jugèrent intéressant de bien examiner divers effets de la colonne dans le vide, dans différens gaz sans gaz oxigène, et dans le gaz oxigène pur. Ils employèrent, pour cette expérience, une colonne de 60 paires, d’argent et de zinc, dé i '-j pouce de diamètre, avec drap mouillé par une solution de muriatè d’ammoniaque, sous un cylindre couvert avec l’appareil de la boîte à cuir, dont le fil leur servit pour toucher la colonne en haut. Après avoir bien observé les tensions de cette colonne, et les effets de son courant, c’est-à-dire, les étincelles, les commotions, et la décomposition de l’eau, ils firent le vide dans le cylindre. Tous ces effets furent si semblables à ceux observés dans l’air atmosphérique, qu’il n’y eut aucune différence. Il est à observer ici, que les CC.BiotetFr. Cuvier avoient déjà prouvé (i), par de semblables expériences, que l’action de la pile, qui, mise en jeu dans l’air libre, absorbe une partie de son'oxigène, a lieu également dans le vide.
- Les effets furent encore absolument les mêmes, après avoir laissé, pendant un temps assez long, la colonne dans le vide. L’introduction du gaz
- (i) Voyti Annales de chimie, :
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- DU GALVANISME, 307 hydrogène carboné, tiré de l’huile d’olive et bien conservé, n’apporta aucun changement à ces effets. Il en fut de même du gaz azote introduit. Mais lorsqu’on introduisit, de la même manière du gaz oxigène très-pur, tiré du manganèse , les commotions de la colonne furent plus fortes, les étincelles plus grandes, plus brillantes, et plus faciles à obtenir. Le vide ayant été fait dans le cylindre, on fut bien surpris de voir ces effets beaucoup diminués. On introduisit , pour la seconde fois, du gaz oxigène : alors les effets reparurent les mêmes qü’auparaT vant. L’expérience, répétée une troisième fois» des deux manières, donna les mêmes résultats j que conclure, dit M-. Van Marum, de ces expériences , qui ont donné des résultats si ’différens, par rapport à l’influence du vide sur l’action de la colonne; influence qui, très-peu sensible, avant raidi, devient très-remarquable après midi? Avant de rien arrêter de positif à ce süjqt, M. Van Marum dit qu’il se propose d’observer encore l’impression des gaz azote et hydrogène; carbonné sur la CO3 lonne, quand elle y est plus, long-temps, expe-. sée, et de répéter ces expériences dans' le vide et les différens gaz, avec des colonnes d°nt les cartons seront trempés dans l’eau, au lieu du muriate d’ammoniaque ; parce qued’action d’une telle colonne est plus unjforme.
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- 3°. Enfin, pour juger de l’influence de l’oxî* dation sur l’action de la colonne, nos physiciens ont cru convenable d’essayer des colonnes, dont les cartons fussent trempés dans des solutions, nullement propres à oxider les métaux. Ainsi les cartons de 12 paires de 5 pouces furent trempés dans une solution aussi concentrée que possible de potasse. Là colonne fit beaucoup plus d’effet qu’une autre pareille, dont les cartons étoient trempés dans l’eau pure. Les étincelles, qui paroissoient rayonnantes, étoient déjà visibles à la troisième pâirê d’en-bas, et en haut à la douzième paire de la première colonne ; tandis que, dans la seconde, elles étoient à peine sensibles à la onzième et à la douzième paire.
- La colonne détruite, les surfaces polies du cuivre et du zinc n’avoient éprouvé aucun changement de la part de la potasse : l’effet des cartons trempés dans du sulfure de potasse liquide, fut beaucoup plus foible, et de peu de durée.
- Avant de finir sa lettre , M. Van Marurn communique encore les résultats de quelques expériences qu’il a faites dans une leçon qu’il a donnée, dans la salle de Teyler, Sur la colonne électrique de Volt*. Dans l’expérience % première, avec sa colonne de cinq pouces de largeur, dont il augmenta le nombre des plaques, pour la première fois, jusqu’à 200 paires
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- DU GALVANISME. 30* dans une çhaîne de 6 piles, il a réussi à fondre entièrement, en globul.es, un fil de fer de z8 pouces, et à faire rougir , dans toute sa' longueur, un autre fil de fer de 38 pouces. Dans la seconde expérience, plusieurs de ses auditeurs n’ont pas observé la moindre différence, après avoir essayé s’il y avoit quelque diversité dans les commotions de deux colonnes , l’une de zo paires, de cuivre et de zinc, de 1 j pouce de diamètre, l’autre de 5 pouces de largeur, et toutes deux ayant des cartons également trempés. Même résultat dans la troisième expérience, à l’égard des commotions d’une colonne de dix pouces de diamètre, et de la hauteur de vingt paires métalliques; et d’une autre de i j pouce de diamètre, d’un égal nombre de paires. La quatrième expérience a fait voir que la force d’une colonne n’accrçit pas à-raison des surfaces des paires métalliques , puisque, dans une colonne de 5 pouçes seulement, zo paires suffirent pour fondre 4 pouce? de fil de fer.
- Telle est la lettre de M, Van Marum, sur l’identité des fluides électrique et galvanique, fl se'.propose d’en adresser une seconde à M. Volta, avec de nouvelles expériences et de nouveaux résultats.
- Voici, l’extrait d’une autre lettre.,;, qu’il ? écrite au Ç. Berthollet, et qui est tirée des Annales de chimie, n°, m, page 7#. «Depuis V 3
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- 3io •" HISTOIRE ma dernière, dit Mi Van Marurn, j’ai fait avec succès l’expérience de la décomposition de l’eau , par le courant de là machine électrique d’un plateau de 31 pouces de diamètre, et de ma nouvelle' construction , décrite dans le journal* de physique , juin 1795. Comme vous m’avez fait proposer cette expérience par M. P/aff, je vous communiquerai de quelle manière j’ai réussi. J’ai pris un tuyau thermométrique, de ceux dont on fait tes thermomètres les plus sensibles de Craw-fort et dé Hunier, pour lesquels je les avois fait faire, il y a quelque temps j à Londres, et j’ai fait passer par un tel tuyau, dont l’intérieur n’a-voit pas 7^ de pouce de diamètre, un fil de fer d’environ 775 de pouce de diamètre, jusqu’à la longueur d’environ douze pouces. J’ai fermé le bout de ce tuyau thermométrique avec de la cire à cacheter, de manière que l’extrémité du fil de fer sortoit à peine , et j’ai placé ce tuyau thermométrique, moyennant un bouchon de liège, au milieu d’un tuyau plus large, contenant -de l’eau. Le reste de l’appareil étoit fait comme à l’ordinaire. En faisant passer le courant vigoureux de la machine-susdite, par cet appareil, dont la boule de cuivre, placée sur le tuyau thermo-metrique.-,- se trouvoit à la-1 distance de trois à quatre-lignés du conducteur, jj’ài -obtenu une décomposition de l’eâu -presque aussi prompte,.
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- DU GALVANISME. 311 que par une colonne électrique de Volta de 100 paires métalliques. ».
- §. III. Remarques et réponse de- M. Robertson, à Un anonyme , sur la nouvelle^ théorie et les nouvelles expériences de Volta, relatives -au fluide soi-disant gàlvanique. Depuis L’exposition de cette théorie, depuis qu’il a suivi et répété, comme• il le fait -encore en public, trois fois par décade ( 1), les expériences détaillées. dans le dernier mémoire de Volta, lé C. Robertsona bien changé d’avis sur lana-ture du galvanisme, et il regarde le fluide auquel on a donné ce nom , comme purement électrique. Aussi , dans la réunioa des. expériences nouvelles sur la pile , métallique de Volta ^ démontre-t-il les phénomènes, électriques qu’elle présente. Il tire du sommet, des étincelles brillantes, qui fondent le métal ; et par le simple contact de cette pile, il charge d’électricité cent pieds carrés : commotions, éclairs*, attractions, divergence de l’électromètre , détonation du pistolet, décomposition de l’eau, bouteilles.de Leyde chargées par la pile métallique, combustion du fil de fer, enfin, mouvemens rendusÿ
- (1) Dans son établissement de Fantasmagorie , rue Neuve-des-Petits-Champs, près la place Vendôme , à Paris.
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- par l’action du fluide galvanique, à un animal privé de la vie depuis plusieurs jours, voilà ce que démontre Robertson, voilà ce qui attire au moins autant de monde à ses séances* que ses autres expériences physiques et sa fantasmagorie.
- Un anonyme dit ( i ). s’être mis , chez lui, aii courant des théories et dé toutes les riouvéllés expériences galvaniques; il prétend que Robertson, disciple le plus zélé de Volta, ne voit en tout et par-tout que l’électricité, et qu’il fait tout pour le prouver il ajoute que toutes ces belles expériences rie l’oht pas encore convaincu, et qu’il lui reste des doutes qu’il veut chercher à éclaircir. « En effet, i°. f> comment se fait-il que le C. Robertson, qui » possède deux énormes machines électriques » d’environ cinq pieds de diamètre, ne puisse » décomposer l’eau, tandis qu’un petit centime » de sept lignes de diamètre, accollé à un mor-» ceau de zinc dü poids de 4 gros, décompose h l’eau en un instant? i°. Comment se fait-il » encore, qu’en disposant des plaques d’un seul » métal, avec des couches de différens liquides, » .Robertson obtienne des effets exactement sem-» blables à ceux que présente la pile composée » de disques de métaux différens ? Je soumets, dit
- (1) Journal de Paris, du ao frimair
- >, n*. 80.
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- DU GALVANISME. 313 » l’anonyme, ces observations aux partisans du » galvanisme, et à ceux de.l’électricité. »
- Voici la réponse du C. Robertson ,à ces observations (1).
- Le Ç. Robertson, aux rédacteurs du journal de Paru '. « Je n’entrerai pas dans de grandes discussions, citoyens , relativement aux observations qui ont été consignées dans votre feuille du 10 frimaire, sur l’existence d’un nouveau fluide, que l’on veut introduire dans la physique. Les objections qu’on forme, sont la suite de l’hérésie que nous avons partagée avec tous les physiciens allemands, sur la nature du fluide que l’on appelle improprement galvanique. D’après les expériences péremptoires du célèbre Folia, il étoit permis de croire que Paris he renfermoit plus que de vrais croyans ; mais la conversion n’est pas générale , puisque l’auteur de la lettre en question prétend que le fluide galvanique offre des anomalies , qui semblent contraires à la théorie de télectricité. Que faut-il conclure de là? Que les théories imaginées par les hommes, ne sont pas aussi complettes, aussi infaillibles que les lois de la nature. La marche de celle-ci est constante et sûre : certainement ce n’est pas elle qui se
- (1) Journal de Paris, n°. 91, du 1". nivôse.
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- trompe. Cette vérité doit affliger notre amour-propre,- qui prétend expliquer toute la nature, et ja soumjîtq-e aux calculs théoriques qu’il a.proclamés. »
- » S’il est vrai que la pâture est simple et avare dans ses principes et ses procédés, je né vois pas pourquoi le physicien aurait besoin devoir recours à l’existence d’un fluide particûlier et chimérique, pour expliquer les phénomènes galvaniques, tandis qu’ils peuvent se rallier tous à la théorie de l'électricité. i°. On m’objecte qu*àvèc mes grands appareils électriques, je ne puis décomposer l’eau, tandis qu’avec un centime et un très-petit morceau de zinc, on y parvient aisément. L’auteur de cette objection ignore sans dputé'qûè.depuis fort long-temps oh a décomposé Feait, en France, par des explosions électriques. M. Nicholson, à Londres, y est même parvenu par le simple courant électrique,, au moyen d’iin fil d’or noyé dans un tube de verre, que Toi» use jusqu’à ce. qu’on àppçrçoive, à la loupe , l’extrémité du métal. Je parviens plus aisément à cetté décomposition, en chargeant une immense batterie et en plaçant dans la chaîne de communication , de l’intérieur à l’extérieur, un fil de platine très-fin, et noyé dans une substance non conductrice. Ce fil aboutit à un petit cylindre d’eau. Le courant électrique, toujours remplacé
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- DU GALVANISME. 315 par une rotation continuelle, est obligé de se mouler par ce conducteur insuffisant ; et en passant, il décompose plus ou moins l’eau, selon que la grosseur du fil métallique est plus ou moins ën rapport avec l’abondance du courant électrique.»
- » 20. On objecte encore, qu’en disposant des plaqiies d’un seul métal, intercalé entre des couches de différens liquides, j’obtiens les mêmes résultats qu’avec une disposition de différens métaux. Il est vrai qii’un seûl métal' et une série de différens liquides, telle que eau, étain,-acide nitreux : eau, étain, acide nitreux, eau, etc., présentent dés effets exactement semblables à la pile de Volta , mais la Conséquence qu’ôn;en tiré est erronée. Un corps métallique n’a pas seul le privilège-dë - donner de l’électricité à un-autre métal hétérogène : cette propriété est commune à tous les cotps, de quelque nature qu’ils soient. Lorsqu’ils sont en contact, il s’établit entre eux une espèce d’équilibre d’électricité, qui est toujours en rapport avec les parties constituantes de ces corps; de manière qu’il est possible d’établir' une batterie électrique avec des disques de bois de nature différente, des liqueurs , des sels, etc. etc. Si la nature est avare en principes, elle ne l’est pas en conséquences. Je finis, citoyens , parce que je crois avoir suffisamment
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- justifié les motifs qui m’ont déterminé à n’admettre dans mes démonstrations de galvanisme qu’un seul et unique agent, la grande loi de l’électricité. »
- Malgré cela ,.une lettre d’Eutin (Holstein.) , en date du 29 novembre, annonce que deux savans médecins de cette ville, M. Jacoby, fils, et M. Hell-wag, ne sont pas encore persuadés de l’identité des deux fluides.
- On a dû voir, en outre, par les mémoires et expériences du C. Gauthcrot, que nous avons faitcon-noître dans le ch. précédent, §. II, qu’il persiste à soutenir que le fluide galvanique est différent de l’électricité, opinion qu’il appuie principalement sur ce qu’il prétend avoir prouvé qu’il est possible de faire des piles galvaniques très-fortes , dans lesquelles il n’entre aucune substance métallique.
- §. IV. nouvelles expériences galvaniques. Tel est le titre de l’extrait d’une lettre du C. Brugnatelli, datée de Paris du 1 floréal an IX, et qui vient de paraître dans le nouveau journal de chimie rédigé à Bruxelles, par M. Van Mons, membre de l'Institut national, tom. Ier. p. 101; par cette lettre, Brugnatelli annonce au rédacteur qu’il lui fera parvenir, en manuscrit, les mémoires que Volta doit lui remettre, pour le 19e. volume de ses annales, et qui contiennent sur l’électricité
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- DU GALVANISME. 317 des expériences extrêmement intéressantes, que ce physicien a faites en dernier lieu. « Je m’étonne vraiment, dit Brugnaulli, comment quelques chimistes peuvent encore regarder le fluide, qui donne lieu aux phénomènes galvaniques, comme différent de l’électricité ; tandis que Volta a démontré, d’une manière à lever jusqu’au moindre doute, que ces deux fluides sont parfaitement identiques. Il avoit examiné avec soin les gaz qui se dégagent de conducteurs de métaux différens, et il àvoit déterminé, avec exactitude, leur nature. Il avoit observé que du même conducteur d’or, placé dans la sphère d’activité d’un appareil galvanique, il se dégageoit d’un côté de l’ammoniaque, et que, de l’autrê côté, il se fai-soit une réaction acide. Quelques-uns croient que l’acide, ainsi développé, est de nature nitrique ; d’autres pensent qu’il «èSt de nature muriatique : mais moi, je tiens ferme A croire que c’est l’acide électrique lui-même qui se comporte d’une manière tout- à - fait particulière et diverse des acides susnommés. L’ammoniaque qui se forme à l’une dés branches du conducteur d’or, provient de l’eau, dont l'hydrogène Sé combine avec l’âzotô, qui loge constamment dans les pores de ce liquide ; c’est ce qui détermine la décomposition de l’eau. *>
- » L’acide électrique se charge du thermoxigène,
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- rendu ainsi libre, et parcourt l’appareil à l’état de thermoxigène, pour aller se décomposer à l’autre bras du conducteur. Si celui-ci est d’or ou de platine, le thermogène, dont l’acide, se dessaisit , se gazifie, ou, s’il est d’un métal facilement thermoxidable, il lé thermoxide. »
- » L’appareil, le plus favorable à l’observation des phénomènes, est celui à pile de coupes, que l’on range les unes dans les autres. Vingt-cinq coupes suffisent pour déterminer un courant électrique très-fort. Elles sont faites de cuivre , et couvertes intérieurement d’un alliage de zinc; et. d’éiain. Elles. sont interposées par des morceaux triangulaires de drap , imbibés d’une solution de sulfate d’ammoniaque, ou de muriate de soude; ce qui les empêche de se toucher mutuellement. On peut aisément transporter, cette pile d’un lieu dans un, autre, en l’enfermant dans une cassette de bois. On peut aussi, à l’aide de cette pile, non seulement faire naître tous les phénomènes; chimico-électriques connus; mais encore entreprendre toute,autre expérience électroscopique et électfo-physiologi-que. Pourvoir, devant les yeux, le phénomène de l’éclair sous forme de lunettes lumineuses, on doit frotter, avec de l’eau;, la racine dû nez ou la partie qui est entre les deux sourcils, ,et la toucher, ainsi mouillée, avec un conducteur
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- métallique placé au haut de la pile; tandis qu’avec la main on complette l’arc. »
- » De tous les métaux, ceux que j’ai vu produire le plus grand effet, sont l’alliage de zinc et d’antimoine, et l’amalgame de zinc et de mercure, deux parties du premier et une des seconds. On en fait des lames, en les fondant et les coulant sur une plaque de marbre, et en les comprimant avec un fer à polir. Si on les essaye avec l’argent sur la langue, on s’appercevra aisément de la supériorité de leur force exci-
- » Volta a fait une belle expérience sur la grenouille; ayant écorché un de ces animaux, et l’ayant fait plonger, par ses extrémités, dans deux verres pleins d’eau, placés au milieu de son appareil à chapelet Je tasses, l’animal qui complettoit l’arc, fut agité de fortes convulsions, qui se répétèrent chaque fois que, dans un endroit quelconque de la chaîne, on rompit ou on rétablit la communication. A la fin, l’animal cessa de s’agiter, et on eût cru que toute susceptibilité étoit en lui éteinte. Les Browniens disoient que, par le stimulus longtemps, appliqué de l’oxide électrique , l’excitabilité se trouvoit épuisée. Mais l’animal ayant été retourné, on le vit de nouveau s’agiter, et entrer en convulsion. Cette intéressante expérience peut jetter une grande
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- lumière sur l’action des stimulans en médeciptf.
- §. V. A la tête du journal de M. van Mons, on trouve l’extrait d'un autre mémoire du C. Brugnatelli, qu’il a publié dans ses annali di chi-mica , 1801, tom. XFIII, pag. 13G, et qui a pour titre : Observations chimiques sur C acide électrique. Ce mémoire paroît d’abord n’avoir qu’un rapport indirect avec le galvanisme : mais si l’on fait attention que,' pour conclure définitivement et avec certitude, que le fluide électrique et le fluide galvanique sont unum et idem; si l’on se rappelle que l’acide galvanique imaginé, a été abandonné par son auteur même(i); on conviendra qu’il est au moins utile de savoir quelle est la nature de la matière électrique, et si c’est effectivement un acide. Tel est le but que se propose de remplir Brugnatelli, dans ses observations chimiques, que nous allons faire con-noître, d’après l’extrait annoncé plus haut.
- « Les physiciens, dit Brugnatelli , n’ont fait » jusqu’ici qu’errer d’hypothèse en hypothèse, » sur la nature de la matière électrique. Les * uns l’ont crue identique avec la chaleur, les
- (1) Voyt{, chap. X, §. II, les observations et expériences de M. Robertson.
- autres
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- DU GALVANISME. 31I » autres l’ont regardée comme un calorique mo-»» difîé. Les Stahliens lui attribuèrent la: nature » de leur phlogistique, ou au moins la prirent » pour un fluide abondamment pourvu de ce prin-» cipe. Htrdy la supposa phlogistique dans l’état du » repos, et feu dans celui d’activité. Parmi les » modernes, il en fut qui la proclamèrent un » acide; mais cette opinion fut combattue par » Gardini, qui s’efforça, à l’aide d’observations » ingénieuses, de démontrer qu’elle étoit çom-» posée de calorique, et d’hydrogène.!»
- Le résultat d’un grand nombre d’expériences que Brugnatelli a dernièrement entreprises sur l’électricité , le porte à adhérer à l’opinion des physiciens qui la regardent comme un fluide différent de tous1 ceux connus jusqu’ici, et dontla nature est acide. Il l’a, en conséquence, classée dans le système des corps chimiques, sous le nom à’oxi - électrique (acide électrique). C’est un fluide presque égaLen subtilité aux fluides calorique et lumineux. Il a une odeur particulière, désagréable , et approchant de; celle du phosphore. Son..goût est piquant, acide. Il irrite la peau et l’enflamme,: il est vrai que cettfe-inflammation se dissipe promptement, en lavant-la partie avec de l’eau légèrement ammoniacale. Si on fait passer ce fluide dans une plaie, il y excite une sensation br,îilante., .analogue à celle qui y serait produite par tout autre acide. Il Ue. Partie, X
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- rougit la teinture de tournesol, laquelle repasse au bleu, à mesure qu’il se dissipe. Il pénètre les métaux, en s’insinuant dans leur substance , avec plus ou moins de facilité, suivant leur nature. Lorsqu’il est en activité, il les dissout, de la même manière que l’eau dissout les sels, et les transporte avec lui à de longues distances, et à travers un grand nombre de corps. Il est aussi soluble dans l’eau»
- - Si, dans la solution aqueuse de l’oxide électrique , on laisse tremper des métaux, la plus grande partie d’entre eux s’y oxide aux dépens de l’eau, comme Nicholson et Folia l’ont observé, et il se dégage du gaz hydrogène; mais les oxides métalliques, comme l’auteur l’a trouvé, se salifient avec l’acide électrique, en donnant naissance à des éUctraus. L’électrate de cuivre est d’ime belle couleur verte transparente; celui de zinc, d’une couleur, grise foncée et opaque; celui d’argent, d’un blanc transparent ; celui de fer, d’un rouge jaune opaque, etc. Les électrates métalliques sont insolubles dans l’eau ; mais l’acide électrique peut les transporter à des distances considérables , à travers ce liquide, et les déposer ainsi sur d’autres métaux de nature- différente, sous forme de croûtes salines, tantôt irrégulières, et tantôt d’une régularité étonnante.
- Les expériences, qui ont fait connoître à l’auteur
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- DU GALVANISME. 313 la nature acide du fluide électrique, ont été répétées , un grand nombre de fois, en société , avec plusieurs habiles chimistes, et sur-tout avec son très-savant collègue et ami Volta. dont il nous promet , pour les volumes suivans de ses annales, des recherches nouvelles sur le même objet (1).
- L’appareil électrique, dont l’auteur s’est servi dans ces expériences, est celui de* Volta, àp-pellé à chapelet de tasses. Il plongea dans une tassé rine petite lame carrée de zinc * soudée à une bande de laiton, laquelle plongeoit dans la tasse voisine. Ces tasses, au nombre de 50, étant toutes pleines d’eau salée. Les arcs métalliques étoient placés, de manière que le zinc précédoit toujours le laiton. Les deux tasses des extrémités communiquoient ensemble par un gros fil de métal.
- Les six premiers paragraphes des observations chimiques de Brugnatelli, contiennent le détail d’expériences, qui- ne peuvent être comprises qu’à l’aide des figures qui les accompagnent, et qui prouvent qu’avec l’acide éleetrï-Cfue, on obtient de très-belles cfystallisations sur
- (ï) Voita donnera aüssi une description exacte de ses diftërens appareils, dont quelques-uns, d’un effet et d’un* construction particuliers j sont jusqu’ici inconnus.
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- divers métaux. Il est dit, dans le V.e paragraphe, que Brugnaielli a vu aussi des cristaux d-argent se former sur une branche de platine, plongée dans la même tasse qu’un fil d’argent ; cristaux qui y étoient transportés par le. courant électrique. Le même a vu, dans une autre expérience , l’argent se crystalliser sur la platine, avec tout son brillant métallique. .
- Dans les paragraphes syivans, c’est-à-dire, le .VIIe. le VIIIe. et le IXe., l’auteur expose les caractères chimiques des électraies d’argent, d’étain et de fer ; et voici comment il s’exprime à ce sujet.
- » Les crystaux d’argent transparens, qui avoient paru, soit sur ce métal, soit sur un autre des sus-mentionnés, tantôt étoierit irréguliers, et tantôt affectoient la forme la mieux prononcée. Ils représentoient de longs prismes applatis, ayant des extrémités hexaèdres en belles facettes, qui réfractaient fortement la lumière. Elles étoient insipides, et craquaient sous les dents. L’eau , même bouillante , ne les dissolvoit point. Elles effleurissoient,:par la chaleur, en perdant toute configuration, et en. devenant semblables à de la neige. L’air, et sur-tout celui sec et .chaud, leur enlevoit également leur eau de crys-tallisation. Elles se dissolvoient dans l’acide nitrique, avec une très-vive effervescence; laquelle
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- DU GALVANISME. 315 se 'manifestoit de même avec le sel effleuri. Cette dissolution nitrique étoit très-limpide, et se décomposoit par les alcalis, en donnant un précipité dissoluble dans tous les acides, même; dans l’acide muriatique. >»
- L’auteur n’a pas encore examiné le gaz qui est expulsé de l’électrate d’argent, tant par l’acide nitrique, que par l’acide muriatique, et autres. Il dit avoir des raisons de croire que ce n’est pas de l’àcide carbonique, comme on pour-roit le supposer, s’étant convaincu que son élec-trate se forme aussi sur des métaux plongés dans l’eau de chaux. Il pense que ce doit être un gaz particulier, à moins que ce ne soit l’acide électrique lui-même ; sur quoi il s’abstient toutefois de prononcer, dans l’attente que Volta, qui s'occupe en ce moment de l’examen des gaz/ dégagés de différens corps par l’acide électrique > déterminera aussi la nature dé celui-ci.
- L’étain employé dans ces expériences, à la place de l’argent, a donné à l’auteur des crys-taux salins, analogues à ceux de ce dernier métal. Ils se déposoient sur les autres métaux, étoient brillans, transparens , solubles avec effervescence dans les acides, et se précipitoient sous la forme d’une poudre blanchâtre. Les crystaux que l’auteur obtint, en se servant de cuivre jaune et d’acier, étoient des çubes réguliers. Ils X 3
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- étaient transparens, et se dissolvoient avec effervescence dans les acides. Leur dissplution nitri-» gué donnoit un précipité bleu, avec le prus-r çiate çle chaux. Ce résultat donne lieu de douter si les crystaux, obtenus dans ces expériences, étaient de fer ou d’argent, ou bien un mélange de ces deux métaux. Afin de s’en assurer, l’auteur 9 fait une autre expérience, qui est suivie de quelques observations.
- Pour obtenir les éleçtrates çrystallisçs, il faut que les métaux soient bien nets, et qu’ils n’aient pas long-temps servi aux expériences électriques, il est aussi nécessaire que le courant électrique soit lent. Votta a assuré l’auteur, qu’un appareil actif ne les lui a jamais fournis bien réguliers. Brugnatdli a aussi observé que leur formation étoit plus prompte, et la forme des crystaux plus belle, lorsque l’appareil étoit directement frappé par les rayons du soleil.
- L’acide électrique ne se décompose pas pour oxidgr les métaux, mais il détermine leur oxi-dation aux dépens dç l’eau. H partage cette propriété avec lesautres acides, qui ne contiennent la base de l’air qu’à l’état d’oxigène, lequel, suivant Vauteur, est incapable d’pxider ou d’acidifier un métal (i),, cette opération ne pouvant se faire
- (0 L’arsénic , le molybdène, le cobalt, etc.., s’unissent à l’oxigène, après s’être tbermoxigénês.
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- DU GALVANISME, 31? que par le thermoxigène; mais les acides qui contiennent cette base à l’état de thermoxigène plus ou moins complet, tels que l’acide nitrique, qui, suivant les expériences de Brugnattlli, est composé d’oxide d’azote, et de thermogène, et l’acide muriatique oxidé, sont très-propres à produire cet effet. Cependant, quelques ther-moxidatiôns électriques s’opérant sans dégagement de gaz, l’auteur croit devoir avertir qu’il les attribue à une autre cause, qui lui est encore inconnue.
- Il a reconnu, dans plus d’une occasion, la grande affinité de l’acide électrique avec le thermoxigène. On sait qu’il décomposé les thermoxides métalliques , même ceux qu’il' thermoxigène. Priestley avoît déjà observé que l’étincelle électrique vicioît l’air, en agissant sur ce fluide comme corps phlogistiquant ; ce qui dépend de la combinaison dans laquelle ce fluide s’engage avec la base de l’air pur indécomposé. C’est aussi à pareille combinaison qu’est dûe la formation de Facidë nitrique , pendant le passage de la même étineellé au travers du gâz nitreux; phénomène qui' n’a1 été jusqu’ici expliqué, par les physiciens , que d’une manière peu satisfaisante.
- « Quoique le passage des électratës métalliques,;
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- au travers des métaux, soit jusqu’ici encore difficile à concevoir, il n’en est pas moins vrai, dit l’auteur, que, dans plusieurs circonstances y cet acide est assez énergique pour atténuer et réduire à une finesse, extrême, ces substances mêmes; de manière à.les transporter au travers de tous les corps qui sont pour lui perméables,. sans que, pour cela, le métal change de nature. » La saveur diverse, qui est imprimée sur la langue par deux métaux différens, paroît à l’auteur dépendre de cette singulière combinaison de l’acide électrique avec le métal pur. La saveur métallique est d’ailleurs très-manifestè dans cette expérience, sur-tout en se servant, pour excitateurs, d’or et de,zinc, d’argent et de zinc, de zinc et de cuivre , et vice versa.
- De tous les métaux, l’or et la platine ont seuls paru, à Brugnatelli , n’être point sensiblement affectés par l’acide électrique, dans son appareil à chapelet; il a vu souvent l’argent détaché d’un conducteur de ce métal, se jeter sur la platine et sur l’or, et argenter fortement ces métaux; de même qu’il a vu le mercure blanchir l’or, quoique ce métal fût plongé dans l’eau, et éloigné au moins de six lignes du mercure. Dans d’autres expériences analogues , l’auteur a vu l’argent et l’or se couvrir de zinc et dç cuivre, lorsque des conducteurs d’or et
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- DU GALVANISME. 319 d’argent étoient plongés dans les mêmes tasses que ces deux derniers métaux.
- §. VI. Description of a newly invented gal-vanometer , etc. Description d'un galvanomètre nouveau, et détail de quelques expériences faites avec la pile de Volta sur divers gai', par W. H. Pepys le jeune, Esq. ( Philosophical magazine, juin 1801) Extrait tiré delà bibliothèque britanni-que (i).
- » Les recherches et les découvertes du célèbre Volta , sur le prétendu galvanisme , ont montré, dit le rédacteur , jusqu’à l’évidence,' que l’ensemble des effets qu’on étoit disposé à attribuer à l’action d’un fluide particulier, n’é-toit que l’une des modifications du fluide électrique^ ce Prothée, dont on est encore loin d’avoir reconnu toutes les métamorphoses. Cet
- (i) Nos. 143 — 144 , page 373 du dernier.
- Le même M. Pepys est auteur de quelques expériences intéressantes sur la production du froid artificiel, qu’on lit dans le n°. 9 du Phil. Magazine , et que le C. Ber-thollet a insérées , par extrait, dans les Annales de chimie, n°. 121 , page 39. M. Pepys a exécuté l’expérience la plus remarquable qui ait été faite sur la congélation du mercure : il a solidifié 56 livres avoir du poids de ce ' métal.
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- illustre physicien a prouvé, à tous les amateurs des sciences physiques, par une série d’expériences les plus ingénieuses et les plus convaincantes, l’identité absolue des deux fluides électrique et galvanique. Mais la classe des phénomènes électriques, qui appartiennent à la pile de Volta^ n’en est pas moins intéressante à approfondir ; et l’appareil que nous allons décrire, et que nous avons vu en action, pendant notre séjour à Londres, peut aider le physicien dans cette recherche, en lui fournissant le moyen d’appercevoir et de graduer des effets qui échappent avec les électromètres ordinaires. >»
- Dans une suite d’expériences, dont s’occu-poit l’auteur, en 1798, sur l’électricité atmosphérique, il eut souvent occasion d’employer l’électromètre à feuilles d’or, inventé par M. Bermet. Il avoit long-temps désiré qu’on trouvât quelque instrument qui pût assurer l’action galvanique de deux plaques, l’une d’argent et l’autre de zinc, mises en communication avec la langue et la lèvre supérieure (1). C’est ce qui lui a donné l’idée d’inventer le galvanomètre
- (1) M. Pepys n’avoit apparemment pas connoissance-du galvanomètre de M; Robertson , dont nous avons donné, la description., d’après l’auteur même , ire. partie de cette: histoire, page 303.
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- DU GALVANISME. 331 qu’il décrit; description que le rédacteur du journal a transcrite, mais qui ne peut être bien comprise sans la planche qui représente l’instrument. Nous croyons donc devoir passer sous silence cette description, et donner seulement ici les résultats des effets de l’instrument, avec les propres expériences de l’auteur.
- « Après avoir construit, dit-il, l’instrument d’une manière dont j’étois satisfait, j’essayai son effet en introduisant le bout extérieur de la lame d’argent, entre ma lèvre supérieure et ma gencive, et en appliquant ensuite à ma langue la pièce mobile de zinc. La distance respective des deux branches de zinc, ascendantes dans le cylindre , étoit de ? de pouce : je n’apperçus pas le moindre effet. Je répétai l’essai, en rapprochant ces branches jusques à - et à un de pouce de distance l’une de l’autre, et toujours sans observer ni divergence dans les feuilles d’or, ni aucune saveur particulière. »•
- » A l’instant oii je fis arriver l’or en contact avec le zinc, j’éprouvai une saveur , précisément comme on en apperçoit, lorsqu’après avoir mis en contact, dessus et dessous la langue, une pièce de zinc et une d’argent, on fait toucher ces deux pièces l’une à l’autre'en dehors de la bouche. Mais dès que je mettois les métaux à une distance quelconque l’un de
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- l’autre, je n’éprouvois pas le moindre effet; en conséquence, après maints efforts inutiles pour accroître cette action, en augmentant les surfaces des métaux en contact avec la bouche, je laissai de côté cet instrument, et ne le considérai plus que comme un électromètre un peu plus sensible peut-être, qu’un autre.»
- » Comme j’attribuois moins mon défaut de succès à quelque erreur commise dans le principe, ou dans la construction de mon instrument, qu’à la petitesse de la charge galvanique; dès que M. Volta eut fait connoître aux physiciens les effets de la pile, il me vint à l’esprit que, comme cet appareil fournissoit une charge plus forte, l’instrument que j’avois construit en seroit certainement affecté, si du moins les fluides galvanique et électrique étoient un seul et même fluide. »
- « Mon ami, M. H. Lauwson , ayant établi une pile composée de 80 pièces de zinc et d’autant de pièces d’argent, nous tentâmes, de concert, l’expérience suivante. On mit en communication la lame d’argent du galvanomètre, avec la pièce de zinc qui terminoit la pile par le haut ; tandis que la pièce d’argent qui formoitsa base, communiquoit d’autre part avec le zinc du galvanomètre. On ajusta ensuite les pièces à une coulisse; alors les feuilles d’or se mirent à diverger,
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- DU GALVANISME. 333 lorsque ces pièces furent à la distance de } de pouce l’une de l’autre. Lorsqu’on approcha de l’appareil un tube de verre électrisé, la divergence augmenta ; d’oii l’on inféra que l’électricité étoit positive. »
- « Nous établîmes ensuite la communication en sens inverse, en faisant toucher le zinc du galvanomètre à celui de la pile, et l’argent à l’argent. On eut les mêmes symptômes électriques J mais, cette fois, les feuilles d’or se rap-prochoient par la présence du verre excité, et s’éloignoient, quand on. présentoit de la cire
- « Lorsque nous fîmes cet essai de l'instrument, la pilédonnoit des commotions, qui éga-loient celles qu’on auroit éprouvées d’une quantité de surface armée en bouteille de Leyde, qui auroit mis en pièces les feuilles d’or, si On eût fait passer cette décharge au travers; tandis que cette commotion galvanique ne les faisoit diverger que d’environ ~ de poudre. La cire à cacheter, légèrement excitée et présentée à l'instrument, entretènoit les feuilles d’or dans un mouvement continuel. »
- « Depuis cette époque, j’ai fait nombre d’expériences avec la pile de Volta. J’ai répété celles qu’on a publiées, et j’en ai fait quelques-unes nouvelles. J’ai trouvé, dans tous ces procédés,
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- le galvanomètre un instrument si utile, que jtf puis le recommander, avec quelque confiance, aux amateurs de ce genre de recherches. »
- « Je ne remplirai pas les pages de votre recueil , en donnant le détail des expériences dans lesquelles j’ai été prévenu par d’autres; mais je raconterai, aussi brièvement qu'il me sera possible , certains essais que j’ai faits sur l’action de la pile galvanique, appliquée à divers gaz; et on y verra quelques faits nouveaux, sur un sujet aussi intéressant. »
- « On prbcédoit, de là manière suivante , pour se procurer un volume connu d’un gai donné, dans lequel on se proposoit d’opérer : onvissoit l’extrémité d'un transporteur (i) garni
- (i) Le transporteur est un perfectionnement dans les appareils pneumatiques , fort commode, et que nous avons lieu de croire trop peu connu hors de l’Angleterre, oh il a pris naissance. C’est un canal métallique, en forme de T,- garni de trois robinets. Là blanche ascendante, qui en1 porte un, se visse sur la platine de la pompe pneumatique. On visse une platine amovible sur l’une des extrémités de la branche horizontale (celle à droite par exemple ), après avoir fermé lg robinet de l’autre branche : on met,un récipient sur cette platine, et on y fait le vide. On ferme ènsuite le robinet qui communique avec la pompé , et après avoir niis en communication avec l’autre •extrémité de la branche horizontale (celle de la gauche
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- DU GALVANISME. ^335 d’un récipient vidé d’air, au haut d’un cylindre de verre gradué, et ouvert par en bas. Ce cylindre étant rempli d’eau, et placé sur la cuve pneumato-chimique, on y fait monter, par le procédé ordinaire , une quantité de gaz déterminée par le numéro de la division à laquelle répond la section inférieure du gaz, soit la supérieure de la colonne d’eau. On ouvre enstiitè le robinet de communication entre ce cylindre et le récipient dans lequel on a fait le vide, qui se remplit ainsi du gaz en question , dont on détermine, soit la quantité absolue, soit les modifications qu’il peut éprouver dans son volume, par l’ascension de l’eau dans le cylindre divisé. »
- « I. La pile de Volta, conjointement avec un. petit tube plein d’eau distillée, communiquant avec les extrémités de cette pile, par un fil d’argent très-fin, interrompu dans l’eau, fut placée dans le récipient, vidé d’air, du transpor-
- par exemple), la vessie ou le récipient qui contient le gaz à introduire dans le. récipient où l’on a fait le vide, on ouvre le. robinet, qui interrompoit la communication. A l’instant, la pression atmosphérique chasse l'air de la vessie ou du récipient inférieur dans le supérieur, sans aucun mélange d’eau ni de gaz étranger à celui qu’on a .voulu ainsi transporter d’un récipient dans un autre.
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- teur; et on prit note de la quantité d’air atmosphérique qui y monta pour le remplir, lorsqu’on ouvrit la communication entre le récipient et le cylindre qui, plein d’air commun, reposoit sur l’eau de la cuve. L’appareil demeura 36 heures dans cette situation ; et au bout de ce terme, sur 100 pouces cubes d’air atmosphérique, on trouva qu’il y en avoit 4b absorbés. Pendant toute la durée de cette absorption, il se forma du gaz dans le petit tube plein d’eau; et un précipité d’oxide en flocons parut dans le liquide. » « II. Lorsqu’on mit la pile dans du gaz oxi-gène retiré de l’oxi-muriate de Patam, l’énergie de l’appareil en fut considérablement accrue : l’une des extrémités du fil donnoit du gaz beaucoup plus rapidement ; tandis que l’autre, préci-pitoit de l’oxide avec plus d’abondance. ; On laissa l’appareil en action pendant' la nuit, et le matin on trouva que 200 pouces de gaz oxigène avoient été absorbés. L’eau qui s’étoit élevée à mesure au-dessus de son niveau dans la cuve, non seulement avoit rempli le cylindre divisé, mais elle étoit montée. si haüt dans le récipient qui renfermôit la pile, que cet appareil s’y trouvoit à moitié: plongé. La raréfaction ainsi produite par l’absoption du gaz oxigène, soutenoit une colonne d’eau de près de 16 pouces de hauteur. »
- » Le
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- DU GALVANISME. 337 « III. Le gaz azote, obtenu de la décomposition de l’air atmosphérique, par le sulfure de potasse, arrêta tout-à-fait l'action de la pile. On n’apper-çut ni gaz, ni précipité dans le petit tube qui contenoit l’eau distillée. »
- « IV. On eut le même résultat avec la pile plongée dans le gaz hydrogène. On ne s’apperçut pas qu’elle exerçât la moindre action (1). »
- « Il est à propos d’observer ici, que les rondelles de drap, interposées entre chaque paire des disques métalliques qui formoient la pile, furent humectées, dans ces : expériences, d?une. solution de sel commun. Si on les imprègne d’acides, le résultat est, comme on le sait, très-différent. La pile agit alors aussi puissamment, même dans le vide, qu’elle le fait dans l’air atmosphérique.
- « Un correspondant anonyme remarque, dans le dernier numéro du Phil. Magazine, que les acides augmentent l’action de la pile. Mais parce qu’il trouve aussi que les alcalis , et sur-tout
- (x) Ces faits, et ceux qui suivent, pour la plupart en rapport direct avec l’action chimique de la pile, sont difficilement explicables par cette partie du système de Vol ta , qui ne suppose d’autre action au fluide interposé entre les disques métalliques, que celle d’un conducteur, plus ou moins parfait.
- IIe. Partie. Y.
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- l’ammoniaque pur, lui donnent également beaucoup d’énergie, il en conclut que le fluide, mis en action dans la pile, ne provient ni de l’action des acides, ni d’aucune combinaison de l’oxigène avec les métaux. Avant de tirer cette conclusion, il aurait dû essayer la pile dans des circonstances telles, qu’elles dussent nécessairement exclure tout accès de l’oxigène. Ainsi, dans le vide, l'appareil Saurait pas tardé à cesser toute action, lors même qu’on aurait logé des solutions alcalines entre les paires dés disques métalliques. Il aurait dû aussi examiner l’état de l’eau qui restoif dans nies deux- verres communiquant par un syphon, avant de prétendre renverser le système de Lavoisier, d’après la circonstance qu’il se forme du gaz oxigène dans l’un des verres , et du gaz hydrogène dans
- « L’anonyme n’est pas plus fondé à conclure, comme il le fait dans-son dernier §. , que parce qu’un électromètre donné des signes d’électricité négative, quand on laisse tomber une goutte d’eau sur du fer rouge en communication avec lui, il s’en suit que l’eau et l’électricité positive forment le gaz hydrogène. La présence de l’hydrogène n’est point une condition exclusive, pouy que Pélectramètre indique l’électricité négative; car cet effet se produit par la simple
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- DU G A'L V A N I S M E. 339 conversion de l’eau en vapeur, et même par la vaporisation d’un liquide quelconque. »
- §. VII. M. Tilloch, éditeur du journal intitulé Philosophîcal Magazine (1), a adressé , de Londres, à M. Pictei, un des rédacteurs du journal britannique, une lettre en date du 7 nov. 1801, et qni est insérée n°. 144 de ce journal, pag. 390. Cette lettre est la réponse à une autre adressée de Paris à M. Tilloch, oh On lui rend compte des expériences de Vèlta, dont fauteur de la lettre avoit été témoin.
- « Votre lettre amicale, du -23 octobre, dit M. Tilloch, m’a fait un extrême plaisir : ceux •de nos amis, à qtii j’ai annoncé l'intention du -professeur Volta, de publier ses beaux résultats réunis en un corps d’ouvrage, -sont -très-impatiens de les voir paroître. Il s’écoulera bien du temps encore, avant que le champ des recherches, qu’il vient d’ouvrir par sa découverte ingénieuse, soit épuisé; et il seroit difficile d’apprécier les avantages que pourront en retirer les- sciences
- (1) Ce-journal, et celui deM: Nicholsdn, dont il a' 3déjà été plusieurs fois'-question dans cet ouvragé, sont, en Angleterre, le répertoire de tout ce qui se publie -de plus intéressant-sur'foutes les sciences naturelles, et sur les nouvelles scientifiques, &
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- et les arts, dans un avenir plus ou moins éloi-
- gné. »
- « Dans le peu de temps qui s’est écoulé depuis votre départ d’Angleterre, on a fait quelques expériences brillantes avec le circuit (i) du célèbre professeur Italien; et on a obtenu des résultats qui, quoique analogues aux faits déjà connus, sont également nouveaux et intéres-sans ; ils tendent à prouver ce que je disois tout-à-Pheure, savoir que nous ne faisons encore qu'entrevoir la nature de cette force, et les applications dont elle pourra être susceptible, »
- « C’est dans une séance de la société Aske-nenne (2), qui a eu lieu le 4 de ce mois,..et qui étoit la seconde de la section actuelle, que ces expériences ont été faites. MM. Pepys, Allen et
- (1) Comme la disposition en pile, n’est qu’une des variétés de l’appareil Voltaïque, dont la circonstance essentielle est l'établissement d’un circuit, capablé d’accumuler, par addition successive , de petites différences électriques, qui ont lieu dans un même sens, l’expression de l’auteur de la lettre nous paroît heureusement trouvée.
- (2) C’est une société particulière d’amateurs des sciences naturelles , formée à Londres, depuis peu d’années, sur un plan assez analogue à celui de la société Philomatique de Paris. On trouve fréquemment, dans le Philosophical Magazine , de très-bons_ méniojre$ dûs aux travaux des menées de cette société.
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- DU GALVANISME. 341 Howard (Luke), moi, et quelques autres de vos amis, en avons été témoins, avec le reste des membres de la société. Notre batterie étoit composé de deux auges, dont chacune contenoit 60 plaques d’argent, et un nombre égal de plaques de zinc, en tout 120 paires de plaques métalliques, dont chacune avoit 2 pouces de côté, sur ï 7^ de surface (1). »
- » Au moyen de cette batterie, la société a vu l’or s'allumer avec beaucoup de facilité. Ce métal, réduit en feuilles minces, communiquoit
- (i) « Cette disposition du circuit voltaïque en auges,-de forme parallélipipède, divisées en cellules par des parois métalliques , dont chacune est une lame composée des deux métaux, soudés l’un à l’autre dans leur pourtour, et entés chacun dans une rainure , assez exactement pour, que les cellules contiguës puissent contenir un liquide,' sans qu’il passe de l’une à l’autre ; cette disposition, disons-nous , est peut-être l’une des plus commodes et des plus propres à une grande variété d’expériences. On peut ainsi, par exemple, graduer à volonté la force de l’ap-, pareil, comme on le fait avec les batteries électriques ordinaires „ lorsqu’on emploie plus ou moins de jarres j on peut faire charier très-promptement le liquide conducteur, dont les cellules sont remplies , nettoyer les surfaces métalliques avec une brosse , etc. Nous avons vu cet appareil employé avec le plus grand succès, à l’institution royale, chez M. Cruickshank et chez M. Pepys. »
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- avec l’une des extrémités de la batterie ; et â l’instant oii on le mettoit en contact avec la lame extérieure de l’autre extrémité de cette même batterie, pour completter le circuit, il s’enflammbit immédiatement. La combustion ne s’opéroit que dans les points où la feuille d’or et la.lame extrême étoient en contact; et elle n’avoit plus lieu à l’instant où on cessoit d’approcher jusques à ce contact, la feuille d’or , à mesure qu’elle disparoissoit par la combustion. U est singulier qu’on ne put découvrir ni oxide, ni résidu d’aucune espèce, dans l’endroit où cette combustion s’étoit opérée; et il est probable que l’or étoit volatilisé par la même chaleur qui occasionnoit sa déflagration. On se propose, au demeurant, d’examiner avec plus de soin cette circonstance, lorsqu’on exposera une quantité d’or plus considérable à l’action du circuit Voltaïque, et on cherchera alors à déterminer avec précision si la totalité du métal, ou seulement une partie , passe a l’état de vapeur dans cette combustion. » .
- « Vous avez été témoin, pendant votre séjour à Londres, de la combustion du phosphore , opérée par une auge Voltaïque, lorsqu’on a ajusté un petit morceau de cette substance à l’extrémité d’un fil de fer, qu’on allumoit en le mettant en contact avec l’une des extrémités du circuit,
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- tandis qu’il étoit en communication avec Pau*» tre (i). La société, en employant un procédé analogue, a allumé la poudre à canon. On en avoit logé quelques grains dans une feuille d’or repliée; on alluma le métal, parle procédé décrit tout-à-l’heure, et le. métal incandescent fit détonner la poudre. »
- « Dans une séance de la société minéralogique (2), qui à eu lieu il y a peu de jours; M. Sandman, un de ses membres, excellent chimiste, rapporta qu’il avoit mêlé, depuis quelques mois, une partie de beurre d’antimoine avec cinq parties d’eau. Au lieu d’une précipitation instantanée, il observa que le mélange prit une consistance tout-à-fait épaisse, telle-
- (1) « Cette jolie expérience fût imaginée et exécutée par M. Pepys y qui possède une collection considérable d’ap-. pareils chimiques ,, dont quelques-uns .sont de son invention. M. Allen avoit réuni ce jour-là, chez lui,.un certain nombre d’amateurs , et on employa à faire des expériences, l’une des soirées les plus intéressantes auxquellee nous ayons participé, »
- (a) C’est une société d’àmateurs dè minéralogie et de chimie , qui se chargent particulièrement de foire gratuitement les essais de toutes les matières minérales, dont on leur envoie des échantillons.
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- ment qu’il ne sortoit point du vase, lorsqu’on l’inclinoit. Au bout de quatre mois, il commença à s’éclaircir, et à déposer une quantité de petits crystaux très-blancs, dont quelques - uns ont été mis sous les yeux de la société. On n’a pu déterminer leur forme avec précision; mais elle paroissoit approcher du cube. C’est encore une question, que de savoir si c’est là un oxi-gène cristallisé, ou un simple muriate d’antimoine ; on se propose de l’examiner, et de répéter l’expérience sur des quantités plus considérables. »
- « L’ingénieux! M. Davy, professeur de chimie à l’Institution royale, s’est occupé, depuis quelque temps, d’une suite d’expériences sur la tannerie, qui seront bientôt rendues publiques. Il a essayé un grand nombre de bois et d’écorces diverses , qui ne sont point celles qu’on avoit cru , jusques à présent, exclusivement adoptées pour cet objet, et il en a trouvé plusieurs qui contiennent le principe tannant en grande quantité. Ce chimiste a remarqué entr’autres, une circonstance assez curieuse; les glands du chêne ne paroîssent contenir, dans leur état naturel, aucune portion de tannier ; mais après qu’on les a fait cuire au four, dans une température d’environ 212. F. ( 80 R. ) on trouve qu’ils en contiennent une quantité considérable.
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- DU GALVANISME. 345 Elle disparoît, si on les chauffe au-delà de ce terme. »
- §. VIII. De L'inflammation des métaux par la pile galvanique , par ks CC. Hachette et Thénard (1). « L’expérience de l’inflammation des métaux, au moyen de la pile, a été faite à l’école polytechnique , en prairial an 9 ; elle a été répétée en présence des célèbres chimistes Fourcroy et Vau-quelin, qui en ont rendu compte à l’Institut, le 21 du même mois. »
- » On sait de quelle manière on enflamme les métaux par la batterie électrique : un fil métallique communique, par une de ses extrémités, à l’armature intérieure de la batterie; à l’instant oii l’autre extrémité est en communication avec l’armure intérieure, les molécules du fil se repoussent, se divisent et s’enflamment dans l’atmosphère. Il faut considérer, dans la batterie qui produit cet effet, deux choses, l’étendue de ses surfaces, et la tension de l’armure intérieure;
- (1) Nous ne plaçons qu’ici cet article , qui eût mieux figuré à la suite des expériences du C. Fourcroy, siir l’inflammation du fer ( a ) , parce qu’il ne nous a été communiqué que tout récemment par les auteurs. Il nous a paru trop intéressant, quelle que soit sa place, pour être omis.
- (a) Voyez pins haut, pag. a6/j et 298, les expériences de M. Van Marum, et pag. Zl^i, celles de 1» société Âslérienne.
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- ce qu’on nomme la tension , est indiquée par l’écartement des boules ou des fils de l’électromètre : elle est d’autant plus forte, que l’écartement est plus considérable. »
- » Ce qui tient lieu de la batterie électrique i dans l’expérience qu’on va rapporter, c’est une pile galvanique, composée de huit couples de plaques, les unes de cuivre rouge, et les autres de zinc ; chaque couple étoit séparée par une pièce de drap trempée dans une dissolution de muriate d’ammoniaque. Ces plaques avoient io pouces sur 7 pouces La première com-muniquoit avec le réservoir commun ; la dernière avoit une électricité, dont la tension, mesurée sur l’électromètre à pailles de Volta, seroit de -çz de degré (-^ de degré pour chaque couple ). »
- » On s’étoit d’abord assuré que la tension électrique ne dépendoit que du nombre des plaques superposées, qu’ainsi la différence entre les tensions de la première et de la dernière plaque, étoit la même pour la grande pile, que pour celles dont les plaques n’avoient que quatre lignes carrées : à défaut d’électrdmètre assez sensible, on apprécioit la tension par l’impression de la pile sur les organes. »
- » Ayant préparé sur un bain de mercure, une cloche remplie de gaz oxigène, on a introduit
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- DU GALVANISME. 347 sous cette cloche deux fils de laiton : le premier de ces fils communiquoit, par une de ses extrémités , au haut de la pile, et portoit à l’autre extrémité un fil de fer très-fin, et plié en spirale; le second fil de laiton communiquoit avec le bas de la pile. A l’instant oii l’on mit ces fils en communication sous la cloche, en rapprochant le laiton de la spirale de fer, celle-ci s’enflamma, répandit une lumière très-vive, et la partie du fil qui n’avoit pas brûlé, étoit terminée par un petit globule arrondi de fer fondu.»
- » En substituant du gaz hydrogène ou du gaz azote au gaz oxigène, le fil de fer a rougi, mais ne s’est pas enflammé. »
- » Il est facile de voir l’analogie de ce phénomène, avec celui de la combustion des métaux par la batterie électrique : lorsqu’une batterie a peu d'étendue, quelque forte que soit la machine avec laquelle on l’a chargée , l’électricité qu’elle reçoit n’a pas assez de tension pour compenser le défaut de surface ; mais une grande batterie, chargée d’une électricité, dont la tension est assez foible pour être indiquée par l’électromètre à pendule, divise le métal en molécules qui fondent , brillent, et se vaporisent dans l’air. »
- » La pile galvanique à grandes plaques fournit, comme la batterie électrique d’une grande étendue, une quantité considérable d’électricité ;
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- et quoique cette électricité n’ait qu’une tension' de £ de degré, elle suffit pour enflammer les métaux. Lorsqu’on a déchargé une pile galvanique, en faisant communiquer ses deux extrémités, il s’écoule un temps assez long avant que la dernière plaque ait repris le maximum de tension , dû au nombre de couples. Quelle que soit la cause de ce fait, dont Volta n’a pas donné l’explication, il est probable que si cette cause n’existoit pas, les petites piles produiroient les mêmes effets que les grandes, à raison de l’énorme vitesse avec laquelle le fluide électrique passe à travers les corps, même mauvais conducteurs. La pile à petites plaques, du même nombre de couples, ne produit pas cet effet, parce que, dans un instant donné (instant qu’on ne peut pas mesurer), elle ne fournit pas une assez grande quantité d’électricité à ^ de degré de tension. »
- §. IX. Exposition abrégée des principales expériences répétées par M. Volta, en présence des Commissaires de l'Institut national, ou consignées dans les mémoires qtdil a lus à la classe des sciences physiques et mathématiques , avec fig., par le prof. Halle ( i ).
- (i) Bulletin des sciences, par la société Philomatique, nivôse an 10 , n°. j8. Nous eussions beaucoup nui à cette exposition, en l’abrégeant : elle fait époque dans
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- « M. VoLta, dit ce professeur, a présenté, à la classe des sciences physiques et mathématiques, une suite d’expériences, par lesquelles il a rendu évidente l’identité de principe, entre les phénomènes du galvanisme et ceux de l’électricité. Il a répété ces expériences devant les commissaires nommés pour suivre cet objet : nous allons en rendre compte. »
- « Premier principe. M. Volta établit d’abord que quand deux métaux différens sont mis en contact, ces métaux qui, isolément, ne donnent aucun signe d’électricité, au moment de leur contact, agissent l’un sur l’autre, de telle manière qu’il én résulte de part et d’autre un état électrique sensible, positif dans l’un, négatif dans l’autre, état qui'se maintient encore après leur séparation. »
- « Première expérience. Prenez deux disques,
- l’histoire, parce qu’en confirmant la nouvelle théorie de • M. Volta, elle y ajoute un degré d’évidence qui la rend plus sensible , sur-tout à l’appui de la planche et des figures qui l’accompagnent. Aussi n’avons-nous pas hésité , après avoir obtenu l’agrément de la société Philomatique , d’enrichir notre ouvrage de ce précieux morceau , et d’y }oindre"la planche qui est relative aux expé-
- Les autres notes ne font pas plus partie du texte de hauteur, que celle-ci.
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- 3fO HISTOIRE
- l’un d’argent ou de cuivre, l'autre de zinc ; qu’ils soient égaux, parfaitement polis sur une de leurs faces, montés de l’autre côté sur une tige de verre enduite de cire d’Espagne ou de gomme lacque. Appliquez-les l’un sur l’autre exactement, en les tenant par leur tige deverreQfg; i ). Séparez-les ensuite ; portez alors l’un des deux disques sur le plateau supérieur, ou le plateau collec-teurd’un condensateur : répétez ce procédé plusieurs fois de suite, ayant soin, chaque fois, de rendre à l’autre disque son premier état, soit en le touchant, soit en rétablissant, de quelque manière que ce soit, sa communication avec le réservoir commun. Le condensateur finira par se charger d’une électricité assez forte pour faire écarter sensiblement les deux fils d’un électromètre. Si le disque porté sur le condensateur est le disque de zinc, l’électricité se trouvera positive ou vitrée ; si, au contraire, c’est le disque d’argent ou de cuivre qui soit porté sur le condensateur if l’électricité communiquée sera négative ou résineuse. »
- « Nota. Pour la commodité des expériences, M. "Volta construit son éôlidensâteur avec dêufc plateaux de métal ( de cuivre ) d’un petit diamètre (ià i décimètres ) , montés sur verre., vernis l’un et l’autre du côté par lequel ils doivent se toucher. Par ce moyen, il obtient le
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- DU GALVANISME. 351 même effet que procurent les corps imparfaitement conducteurs et imparfaitement idiolectri-ques, auxquels est due la propriété du condensateur (fig. i). L’un des plateaux, celui qui sert de support (£), doit communiquer avec le réservoir commun; l’autre, ou le plateau collecteur (<j), est souvent garni à sa face supérieure , près de sa monture, d’un fil de métal (c), ou simple v ou terminé par un bouton, pour entrer plus facilement en contact avec les appareils qu’on ne veut pas démonter. »
- « L’électromètre de M. Volta (fig. 5), est line fiole à quatre faces planes. Les fils électrométriques sont formés de deux pailles bien égales, bien droites, contiguës, parallèlement suspendues à l’obturateur de la bouteille. La partie supérieure de cette fiole est enduite de cire d’Espagne. Sur les deux faces, parallèles au plan dans lequel se fait l’écartement des pailles, est trace un arc de cercle, dont le centre correspond à la haiiteur de leur point de suspension. Il est divisé en degrés de demi-ligné ou d’un millimètre chacun : souvent ; à la partie supérieure de l’obturateur, on adapte un plateau dé cuivre verni (à) , sur lequel oU en p'ôse un autre (b), verni de même , et qui forme avec! lui un condensateur. Le plateau'vissé sur l’obturateur, sert alors de collecteur, et peut
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- 3fi HISTOIRE
- être garni en dessous d’un fil de métal (c) comme le condensateur ordinaire; l’autre plateau, au moyen d’une lame de métal ('d), peut communiquer avec le sol, et remplir ainsi le même office que le plateau inférieur, dans les autres condensateurs. Quand le plateau collecteur est chargé, on enlève l’autre plateau, et l’électricité accumulée passe aussitôt aux pailles de l’élec-tromètre. »
- « Cet électromètre est très-sensible, mais il est nécessairement très-inexact, sous le rapport de la mesure ; car, indépendamment de la difficulté de rapporter très - précisément l’écartement à la graduation, une distance double entre les pailles n’indique point une force électrique seulement double; d’abord, en vertu de la loi démontrée par le C. Coulomb, cette force est en raison inverse du carré des distances : ensuite on doit y ajouter l’effort nécessaire pour vaincre l’effet de la force de pesanteur, contre laquelle s’élèvent les pailles en s’écartant, et qui croît à mesure qu’elles s’élèvent, dans la proportion des sinus des angles, qu’elles font alors avec la verticale. »
- « Deuxième expérience. Au lieu des deux disques i), prenez une lame de zinc soudée avec une lame ou une tige de cuivre (fig. 3 et 4). » cas- Tenez le zinc ($)dans la main (j%.3),.
- et
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- DU GALVANISME. 353 et portez la tige , ou la lame de cuivre (c) , sur le plateau (a) du condensateur, vous verrez que ce plateau aura reçu , par le contact de la lame de cuivre, un état électrique qui, éprouvé à l’électromètre, se trouvera négatif, conformément à ce qui résulte de l’expérience 1. »
- « 2e. cas. Tenez, au contraire , le cuivre (c) dans les doigts (fig. 4) , et portez le zinc (fi) sur le condensateur (a) ; le zinc se trouvera alors entre la tige ou la lame de cuivre, à laquelle il est soudé, et le plateau de cuivre avec lequel il est en contact : le condensateur ne vous donnera, dans ce cas, aucun signe d’électricité. »
- « 3 e. cas. Tenez l’appareil de la même manière ( fig. 4 ), mais interposez un papier mouillé (A) entre le condensateur et la lame de zinc; alors le plateau collecteur prendra un état électrique , qui se trouvera être positif comme celui du zinc; si vous rétournez l’appareil et que vous touchiez le papier mouillé avec le cuivre ; vous communiquerez également un état électrique au plateau, mais qui, à raison de l’état du cuivre, sera de nature négative, comme dans le premier cas (fig. 3), où il arrive la même chose que dans la première expérience ; l’état électrique , communiqué par le zinc à la lame . IIe. Partie. Z
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- de cuivre, qui lui est soudée, passe dans le
- plateau du condensateur, aussi de cuivre. »
- « Dans le deuxième cas, le zinc, placé entre la lame de cuivre, à laquelle il est soudé, et le plateau de cuivre du condensateur qu’il touche immédiatement, étant, par conséquent, départ et d’autre, en contact avec du cuivre, se trouve entre deux forces opposées et égales qui se détruisent. »
- « Dans le troisième cas, l’interposition du papier mouillé, interceptant le contact du zinc avec le condensateur, empêche leur action mutuelle, qui ne peut s’exercer que dans le contact immédiat, et laisse dans son entier celle de la tige de cuivre soudée au zinc; alors le papier mouillé , à raison de sa propriété conductrice, transmet l’état électrique du zinc au plateau du condensateur. »
- « Deuxième principe. Dès-lors., il est évident que cette propriété des métaux, de se mettre, par le contact mutuel, dans un état électrique ( propriété que M. Volta nomme force électromo-trice ), ne peut avoir lieu que dans le contact immédiat; les corps humides, comme corps conducteurs , et par cela même qu’ils sont moins bons conducteurs que les métaux, dune part, interrompent le contact , et ainsi partagent
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- DU GALVANISME. 355 l’action électromotrice, de l’autre, transmettent l’état électrique, que les métaux ont acquis au moyen de cette action, aux substances avec lesquelles ces corps humides sont eux-mêmes en contact. En sorte qu’une série de couples métalliques et de corps humides peut alternativement exciter et transmettre l’état électrique, et en accumuler les effets, autant de fois que cette alternative se continuera. »
- « De-là l’expérience de la colonne et de la pile de M. Volta. »
- « Troisième expérience. Prenez deux disques ou pièces de métal, l’une d’argent, l’autre de zinc (fig. 6, a et % 1 ) : mettez-les immédiatement l’une sur l’autre, sans les isoler. Mettez sur ce couple métallique un morceau de papier ou de drap mouillé (A) ; posez sur ce drap mouillé un autre couple métallique (a et 1 2), dans le même ordre que le premier; recevez sur le condensateur l’électricité du second couple, et char-gez-le par un nombre suffisant de contacts. Fai-tes-en l’épreuve à l’électromètre : vous trouverez, toutes conditions égales d’ailleurs, l’électricité du deuxième couple plus forte que celle du premier. Continuez ainsi successivement : l’intensité électrique croîtra à mesure que vous multiplierez les couples ainsi superposés. »
- « Enfin, la pile étant toute montée et corn-
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- HISTOIRE
- posée d’un nombre déterminé d’étages, l’intensité électrique se trouvera plus ou moins grande, selon que vous l’éprouverez à différens points, depuis la base jusqu’au sommet : négative, si les pièces supérieures de chaque couple sont d’argent; positive, si elles sont de zinc. »
- « Dans ce cas, on conçoit que lorsque les premiers disques sont en contact, ils passent à l’état électrique ( voy. txp. i ). Les seconds, séparés des premiers par le drap mouillé, deviennent pareillement électriques; et partagent, de plus, par l’intermède du drap mouillé ( exp. i, n°. 3 ), l’électricité du disque supérieur du premier couple ; ainsi de suite, dans tous les couples qui composent la pile; à mesure qu’on enlève l’électricité au sommet, ou dans quelque point que ce soit de la colonne, celle-ci se fournit aux dépens du réservoir commun : en sorte que, d’une extrémité à l’autre, l’intensité électrique croît nécessairement dans une progression arithmétique. L’électromètre de M. Volta paroît l’indiquer ainsi ; il est néanmoins à desirer que ce fait soit encore mieux constaté, au moyen d’instrumens plus exacts. »
- « Quatrième expérience. Si vous isolez la pile par sa base, alors le premier et le dernier couples se trouveront dans un état électrique opposé, d’une intensité égale ; le milieu de la pile ne
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- DU GALVANISME. 357 présentera aucun signe d’électricité; et depuis ce milieu jusqu’aux extrémités, l’état électrique ira croissant, positif dans un sens, négatif dans l’autre, jusqu’aux deux couples extrêmes, dont l’intensité sera la plus forte. Cependant, à moins que la pile ne soit très-considérable, le condensateur ne recevra de ces extrémités qu’une électricité foible. »
- « Dans cet état de choses, on conçoit, 19. que les pièces du premier couple', étant d’abord disposées, seront chacune dans un état électrique opposé ( exp. i ), et conserveront l’une et l’autre cet état, puisqu’elles n’auront aucune communication avec le sol ; 2?. qu’à mesure que la pile montera, l’effet des nouveaux couples sera d’accroître, tant dans un sens que dans l’autre, les intensités électriques : cela posé, la pile montée représentera deux progressions toujours croissantes en sens opposés, le moindre terme de l’une correspondant à la plus grande intensité de l’autre. Dès-lors, vers le milieu de la colonne, les termes, moyens, négatif et positif, se trouvant égaux, se détruiront et rendront en cet endroit l’état électrique égal à zéro. On conçoit encore que, l’électricité ne se reproduisant point par la communication avec le sol, le condensateur, appliqué aux extrêmes n’en recevra qu’une très - petite quantité, qui
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- 3ÎS HISTOIRE
- sera meme inappréciable , s’il est lui-même d’une
- grande capacité. »
- , « Cependant la communication de la base de la colonne avec une jarre très-forte, feroit en partie le même effet que la communication avec le sol, etfourniroit un supplément qui rendrait l’électricité très-sensible au sommet de la pile isolée. »
- « Cinquième expérience. Si l’on rétablit la communication avec le sol par la base de la pile, et qu’en même - temps on en touche le sommet avec le condensateur , celui - ci se chargera , même en un instant, d’une manière très-sensible; si l’on touche d’une main la base, de l’autre le sommet, on éprouvera une sensation continue , ou continuellement répétée ; si l’on établit, du sommet à la base, une série de corps conducteurs, parmi lesquels il y en ait d’altérables par l’action galvanique (tels que l’eau, dans laquelle plongent en opposition deux fils de métal , etc. ), la continuité des phénomènes qui caractérisent leur altération, attestera une continuité d’action, dépendante de la communication établie, à travers ces corps, entre les deux extrémités de la colonne. Cette disposition a donné lieu à une foule d’expériences de tout genre, aujourd’hui trop connues pour être ici détaillées. »
- »> On conçoit que, dans le premier cas, tout
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- DU GALVANISME. 359 ce qui.est enlevé par le condensateur, est propor-tionnellementreproduit par la communication avec le sol ; on conçoit aussi, dans les autres cas, qu’il s’établit un courant du sommet à la base, entre les électricités opposées de l’une et de l’autre. »
- » Sixième expérience. Si d’une part on établit, entre la base de la colonne et le sol, une large communication, que de l’autre on reçoive l’électricité du sommet dans une jarre électrique très-grande, on peut, par un contact très-rapide, du sommet de la pile, charger cette jarre, de manière à en obtenir une décharge très-forte. La fig. 7 indique une des manières les plus commodes de répéter cette expérience. La base de la pile communique par une lame métallique large * qui plonge dans un vase d’eau, dans lequel le physicien trempe l’une de ses mains; de l’autre, le même physicien tient la jarre, et en porte le conducteur sur un bouton, qui termine la dernière pièce métallique de la pile. »
- » Il peut de même, en portant sur ce bouton le pistolet à air inflammable, le faire immédiatement détonner. »
- » Les charges que l’on prend ainsi au sommet de la pile, soit avec le condensateur, soit avec tout autre appareil, ont également Heu, de.quelque manière que soit terminée la colonne, soit que le contact ait lieu sur l’un des métaux, soit
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- 360 HISTOIRE
- qu’il se fasse sur la pièce de drap mouillé. »
- » Les expériences de MM. Van Marum et Pfaff avec la machine Teylerienne (i), ont aussi démontré qu’il falloir, pour charger au même point une même batterie, moins de contacts d’une pile de 200 couples, argent et zinc, que du conducteur de cette grande machine. »
- » Ce phénomène, àpeineconcevable, pour qui connoît les effets des grands appareils électriques, vient, selon M. Volta, de ce qu’il n’y a nulle comparaison à établir entre un courant électrique , formé d’une succession d’actions continuellement renouvelées, et une décharge instantanée, quoique très-forte. Le même phénomène se trouve confirmé par la comparaison des effets produits sur l’économie animale par la pile de Volta, et par les machines ordinaires, »
- » Troisième principe. La pile étant composée de deux ordres de substances nécessaires à sa construction , les unes électromotrices, les autres simplement conductrices, les propriétés, résultantes de cet assemblage, varient suivant la différence des matières, dont on a fait choix pour en former les diverses parties. »
- (i) Voyi{, plus haut, l’analyse et les résultats de ces
- expériences, pag. 290 et suis*.
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- DU GALVANISME. 361 » Ainsi, d’une part, les métaux agissent les uns sur les autres avec différens degrés de force électromotrice ; de l’autre, les corps humides intermédiaires transmettent l’effet de cette force, plus ou moins facilement et complettement. »
- » D’un autre côté, l’intensité ou le degré de la force électromotrice métallique, se manifeste essentiellement, et se mesure par les effets électrométriques ; et dans l’électromètre de M. Volta> si cette intensité n’est pas exactement mesurée, elle est au moins indiquée par la grandeur de l’écartement des pailles. »
- » De l’autre part, les effets électrométriques restant les mêmes, on voit d’autres phénomènes varier et correspondre, à ce qu’il paraît, tantôt à la facilité de la transmission, tantôt à l’étendue des surfaces transmettantes. »
- » Ainsi, la variété et l’énergie des effets que produit la colonne de Volta, semblent résulter de la combinaison de deux élémens ; et si l’on compare les actions électriques aux autres forces dont les corps sont animés, les intensités représenteront les vitesses, et les rapports, dans la facilité ou l’étendue de la transmission, représenteront les masses.
- » Les expériences suivantes donneront une idée de ces deux modes d’influence. »
- » Septième expérience. L’expérience a prouvé
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- qu’on pouvoit ordonner les métaux selon l’intensité de l’état électrique qui résulte de leur contact. L’argent, le cuivre, le fer, l’étain, le plomb et le zinc, forment une série, dans laquelle chaque métal, mis en contact avec celui qui le précède, passeroit à l’état positif, et se trouverait au contraire à l’état négatif avec celui qui est immédiatement après lui dans la même suite. »
- » Les extrêmes de la série sont ceux dont le contact immédiat développe l’intensité la plus grande ; en sorte que l’argent et le zinc sont ici ceux qui, réunis, donnent les effets électrométriques les plus considérables. On peut ajouter encore plusieurs substances à cette série, comme, par exemple, le manganèse, la plombagine, les charbons , tous les métaux, divers alliages, etc. L’efFet du manganèse combiné avec le zinc, est presque double de celui de l’argent. »
- » Les Anglois et M. Pfaff de Kiel, ont aussi construit des piles avec un seul métal, des sulfures et des corps humides. M. Gauthtrot a obtenu des effets avec une pile de charbon de schiste et de corps humides (i). M. Davy assure avoir construit
- (i) Voye^, plus haut, les détails de cette expérience, pages 208, 209.
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- DU GALVANISME. 363 un appareil avec des charbons accouplés, dont les extrémités, de part et d’autre, trempoient dans des. liquides de diverse nature; comme l’eau d’une part, de l’autre des dissolutions acides , alcalines, etc. N’est-il pas possible que, même parmi les substances humides , il y en ait qui, respectivement entre elles , deviennent électromotrices ? M. Volca présume que l’appareil de la torpille et des poissons électriques, tient à des superpositions pareilles, qui s’opèrent en vertu de l’organisation de cet animal. Quelques physiciens conjecturent aussi que de pareilles dispositions , entre les lames cristallines de certains minéraux, sont les causes véritables de leurs propriétés électriques. »
- » Quoique M. Volta n’ait pas répété devant les commissaires de l’Institut les expériences qui établissent cet ordre de succession entre les métaux, plusieurs -physiciens , entre autres le* C. Lehot, et quelques-uns aussi des commissaires de l’Institut, s’étoient déjà convaincus, par l’expérience, de sa réalité. »
- » Mais un phénomène plus important, et dont la connoissance n’est due qu’à M. Volta, c’est l’intensité électrique résultante du contact de l’argent et du zinc, intensité éprouvée à l’électro-tnètre, et égale à la somme de toutes celles qui se développent entre les métaux formant la série de
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- l’un à l’autre des extrêmes. Ainsi, l’intensité de l’argent au zinc étant représentée par 11, celle de l’argent au cuivre, dans la série indiquée, se trouve x ; du cuivre au fer, 2 ; du fer à l’étain, 3 ; de l’étain au plomb, 1 ; du plomb au zinc, 5 : somme totale, 12, égale à l’intensité de la force électromotrice de l’argent au zinc. En sorte que, disposant tous ces métaux entre leurs extrêmes , on n’a pour effet total, que celui qui résulte de l’union immédiate de ces extrêmes eux-mêmes. »
- » Ce phénomène mérite d’être soumis à l’épreuve d’instrumens plus exacts que l’électromètre à pailles; il fait concevoir une raison de plus sur la nécessité d’interposer les corps humides aux substances métalliques, dans la construction de la pile. »
- » Huitième expérience. Les corps humides ne remplissent' pas tous, avec la même perfection, l’office de conducteur : l’eau pure est un des plus imparfaits ; mais si on y mêle quelques sels, la faculté conductrice augmente, et les effets dé la pile sont plus sensibles. L’oxidation qui se fait entre les couples, par l’interposition des pièces humides, paroît aussi contribuer à rendre l’action plus complette ; cependant, dans tous ces cas , selon M. Folta, l’intensité électrique marquée par l’electromètre ne change pas, mais les effets que
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- DU GALVANISME. 365 la pile produit sur nos organes sont plus vivement sentis. »
- » Disposez l’appareil à couronne de tasses, que tout le monde connoît, en rangeant sur deux files parallèles les tasses ou les bocaux, garnis des lames réunies de cuivre et de zinc, par lesquelles ils communiquent, de manière que l’extrémité négative d’une des files corresponde à l’extrémité positive de l’autre; remplissez les bocaux avec de l’eau simple; que les deux bocaux , qui se correspondent à l’un des bouts de la double file, reçoivent les deux cuisses réunies du train de derrière d’une grenouille nouvellement préparée à cet effet ; qu’on plonge dans les deux bocaux, qui sont à l’autre bout, la lame accouplée de cuivre et de zinc, qui doit établir la communication entre les deux files ; au moment de l’immersion, la grenouille sera agitée de convulsions. Qu’on mette, dans les deux bocaux les plus éloignés de la grenouille, du muriate de soude ou du muriate d’ammoniaque, les convulsions seront sensiblement plus fortes ; qu’on en mette aussi dans les deux bocaux suivans, les convulsions augmenteront encore, et ainsi de suite ; en sorte que, si les muscles de la grenouille paroissent fatigués et deviennent immobiles, cette dissolution réveille sur-le-champ leur action, encore quelle ne se fasse que dans des bocaux très-
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- distans de ceux où sont plongées les cuisses de
- l’animal. »
- » De tous les sels employés jusqu’ici, lemu-riate d’ammoniaque est le plus efficace, tant dans l’appareil des tasses, que dans la construction de la pile. » •
- » Il est bon d’ajouter ici l’observation d’un phénomène bien remarquable, dont les conséquences peuvent être intéressantes dans l’application utile des appareils galvaniques à l’économie animale et au traitement des maladies : si la grenouille ainsi disposée, finit par s’épuiser et reste immobile, il suffit alors de changer la disposition des cuisses, de manière que celle qui plon-geoit dans le bocal de l’extrémité négative, passe dans celui de l’extrémité positive, et réciproquement; alors les convulsions se renouvelleront et paroîtront telles qu’auparavant. De plus, quand après quelque temps l’épuisement et l’immobilité auront mis fin aux mouvemens, dans cette nouvelle disposition, on les verra immédiatement se renouveler, en replaçant de nouveau la grenouille dans la première situation, où elle avoit cessé de se mouvoir et de s’agiter la première fois. »
- » Neuvième expérience. L’imperfection dans la propriété conductrice des corps humides en général , et spécialement de l’eau pure, est encore démontrée par un autre genre d’expériences. »
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- DU GALVANISME. 367
- » Soit une pile montée de manière à être ou isolée, ou foiblement communicante avec le réservoir commun, posée, par exemple, sur une table de bois ordinaire ; qu’on lui adapte une bande de papier mouillé (fig. 8 ), de manière que, communiquant d’une part à son sommet (P), que je suppose positif, cette bande réponde par l’autre bout à la base (N), qui sera négative. Alors le zéro d’intensité de la pile (O), répondant au milieu de la colonne , si l’on éprouve l’état de la bande de papier , on le trouvera électrique dans l’état positif vers l’extrémité (P) qui forme le sommet, et négatif vers l’extrémité (N) qui forme la base ; mais à partir de ces deux points, on verra que l’état électrique ira en diminuant, à mesure que l’on s’en éloignera , en sorte que le milieu de la bande (o) se trouvera absolument dépourvu de tout état électrique sensible. »
- » Si dans quelque point de la partie P 0 de la bande, on porte une substance plus conductrice que l’eau, comme de l’eau salée, alors le zéro (O) de la colonne s’élèvera vers le sommet (P) , et le contraire aura lieu, si l’on fait la même épreuve sur la partie inférieure (N 0) de la même bande. Le zéro (O) variera egalement, selon que l’une des deux parties de la bande changera de propriété conductrice, en se desséchant par l’effet de la situation, ou par celui de l’évaporation. »
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- » Si les portions Po et No, qui forment le sommet et la base, au lieu de faire partie d’une même bande, forment deux bandes distinctes et indépendantes, dont les extrémités libres s’étendront séparément sur la table, et si on charge l’une de dissolution saline, tandis que l’autre sera seulement imbibée d’eau, l’état électrique de la bande, qui sera mouillée par la dissolution saline, s’étendra beaucoup plus loin le long de cette bande, que sur celle qui n’aura été pénétrée que d’eau pure, et le zéro (O) de la colonne s’élèvera ou s’abaissera proportionnellement de ce côté. »
- » Dixième expérience. Soit un appareil construit avec des plaques de métal d’un large diamètre, et des intermédiaires de carton mouillé, d’un diamètre égal ; soit, d’une autre part, une pile construite avec un nombre égal d’étages, formés de petits disques des mêmes métaux : les deux piles donneront à l’électromètre des degrés égaux, et par conséquent se trouveront dans le même degré d’intensité, proportionnellement au nombre égal de leurs couples. »
- » Mais si l’on fait avec les deux piles l’expérience, par laquelle on brûle le fil de fer, la pile formée de grandes plaques donnera, comme l’on sait, des phénomènes d’incandescence et de déflagration beaucoup plus considérables que ceux qui résulteront de la colonne formée avec les disques
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- DU GALVANISME. 369
- disques ordinaires. Les fils métalliques éprouveront aussi une déflagration d’autant plus active, que d’une part ils communiqueront avec la colonne par une plus grande surface, et que de l’autre ils se rencontreront par des extrémités plus aigues. »
- » En général, l’exactitude 'du contact, son étendue, la perfection de la propriété conductrice des intermédiaires, sont des conditions qui, sans changer sensiblement la force électromotrice , opérée par la nature des métaux, paroissent déterminer, sous une même intensité , le mouvement d’une masse électrique plus considérable; et le peu d’étendue des points par lesquels elle s’échappe, ou la ténuité des conducteurs, fait concevoir une énergie d’effets proportionnels à la concentration que cette masse éprouvé dans ces étroites issues. »
- » Nous terminerons cet exposé par la description d’une petite colonne portative, dont se sert habituellement M. Volta. (V.fig. $•)
- » à est une petite colonne formée d’un nombre de disques plus ou moins considérables, et renfermée dans un étui de fer-blanc. Chaque disque de cette colonne est formé d’une lame de cuivre soudée à une lame de zinc, ou doublée d’un étamage de zinc et d’étain ; ainsi, chaque disque IIe, Partie. A a
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- 37o HISTOIRE
- forme à lui seul un couple entiercuivre « zinc. Entre les disques, sont des pièces intermédiaires de drap mouillé. Le tout est maintenu par trois tubes de verre : ces tubes reçoivent inférieurement des broches de métal, par lesquelles ils sont assujétis à une pièce de cuivre, qui forme la base de la colonne, et qui est ici cachée dans la partie inférieure de l’étui (o) ; supérieurement, ils sont engagés dans un chapeau de même métal, surmonté d’une aigrette métallique ( e ), qui doit presser contre le fonds de la partie supérieure du même étui (a) , quand il est fermé. Les montans de verre mettent entre les parois de l’étui et les pièces de la colonne, un intervalle suffisant pour qu’il n’y ait entre eux et elle de communication, que par la base et le sommet. L’endroit où la partie inférieure de l’étui est reçue dans son couvercle (c), est garni d’une bonne couche de résine , ou de cire d’Espagne, ou de gomme lacque : de cette manière, ces deux pièces sont parfaitement isolées l’une de l’autre en cet endroit. »
- » Si pour lors, l’étui étant fermé, on le prend dans une main mouillée, par sa moitié inférieure, et que l’on touche son sommet avec quelque autre partie du corps, l’on éprouve , de l’une et de l’autre part, une commotion très-sensible. Deux étuis pareils, garnis de colonnes disposées en sens
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- DU GALVANISME. 371 inverses, tenus dans l’une et l’autre mains mouillées, et rapprochés par leurs sommets, donneront une, commotion double, etc. Cet appareil, que l’on porte aisément avec soi, peut suffire à un grand nombre d’expériences (1). »
- » Telles sont les principales expériences sur lesquelles M. Volta a fondé sa théorie. Elles démontrent d’une manière évidente l’identité de principe entre le galvanisme et l’électricité ; elles font connoître un fait bien important, jusqu’à présent ignoré : c’est la propriété de certains corps de la nature, et particulièrement des métaux, de se mettre dans un état électrique , uniquement par le contact. Ce principe., fécond en résultats, ouvre la voie à un grand nombre d’observations, étend la sphère connue des influences électriques, en développe de nouvelles connexions avec les phénomènes chimiques et les actions organiques, et autorise à concevoir de nouvelles espérances pour le progrès de plusieurs sciences, et le perfectionnement de procédés utiles. » ________
- (1) Le C. Hachtttt, qui s’est muni d’un de ces appareils , a bien voulu faire devant moi les expériences rapportées ici, et quelques autres, qui ont bien réttssi.
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- HISTOIRE
- CHAPITRE X IX.'
- Détails, expériences et faits relatifs a Vapplication du galvanisme au traitement des maladies.
- Le Galvanisme , semblable à l’électricité dite animale, au Mesmérisme, au Perkinisme (i), et à tant d’autres inventions, plus curieuses qu’utiles, et dont plusieurs charlatans ont su tirer parti pour s’enrichir; le galvanisme, disons-nous, tombera dans l’oubli, comme tous ces prétendus secrets, malgré les découvertes physiques auxquelles il a donné lieu, si on ne vient pas à bout de trouver dans ses effets, des ressources contre certaines maladies, et un moyen de plus pour les guérir.
- A cet égard, si le zèle, l’activité et la constance dans les épreuves, suffisoient pour réussir,
- (i) Je comptois terminer l’histoire du galvanisme par celle du perkinisme , qui a beaucoup de rapport avec celle-lk : l’abondance des matières et l’étendue de ce volume s’y opposent; je la réserve pour le 3e. volume d« supplément, qui pourra avoir lieu.
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- DU GALVANISME. 373 si des accidens particuliers, dépendans de la constitution et de l’impatience des malades, si certaines circonstances, qu’on ne peut ni prévoir, ni écarter, ne contrarioient pas souvent et ne changeoient pas de nature les expériences, en apparence les plus décisives , il y a long-temps que les médecins et les physiciens, tant étrangers que François, qui travaillent assiduement à atteindre le but salutaire auquel ils aspirent, auroient enrichi l’art d’un nouveau moyen Curatif, et rendu à leurs concitoyens le service le plus important, celui de diminuer le nombre de leurs maux, ou celui, au moins, d’y apporter , dans certains cas, un soulagement efficace.
- La carrière, ouverte depuis long-temps, a été parcourue avec plus ou moins de promptitude ou de lenteur , avec plus ou moins de succès, suivant les concurrens. On s’occupe toujours, et plus efficacement que jamais, des moyens de surmonter les obstacles qui retardent les progrès de la découverte : attendons tout du temps ; c’est un grand maître.' Comptons un peu aussi sur le hasard, mot, si l’on veut, vide de sens ; mais qui n’en joue pas moins un grand rôle dans presque toutes les découvertes, à commencer par celle du galvanisme. Combien de fois, en effet, des expériences,
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- constamment et même opiniâtrement répétées, n’ont-elles pas conduit à des résultats inattendus , et bien éloignés de ceux qu’on devoit espérer }
- C’est pour mettre sur la voie ceux qui voudront se livrer à de nouvelles recherches, que nous allons donner le précis de toutes les tentatives faites, de tous les travaux entrepris pour trouver dans le galvanisme un nouveau moyen curatif des maladies. Entrons dans les détails de ce qui a été entrepris jusqu’ici; et voyons s’ils donnent au moins quelques lueurs d’espérance de réussir : il est juste de commencer par l’exposition des idées conçues à ce sujet, par l’auteur même de la découverte du galvanisme, et des effets qui en sont résultés.
- §. Ier. Idées de Galvani sur C application du galvanisme à l'art de guérir (i). On a vu, dans les chapitres précédens, que la théorie As Galvani, quoiqu’il ait déployé, pour l’établir, toutes les ressources de son génie inventif, n’a pu résister à la multitude et à l’évidence des faits réels et incontestables qu’on lui a opposés, et
- (i) Ce qu’on va lire est extrait, en grande partie, de l'Eloge de Galvani par le C. Alibcrt. ’
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- DU GALVANISME. 375 dont on l’a, pour ainsi dire, accablé. Voyons s’il a été plus heureux dans les extensions principales qu’il a su donner à sa première hypothèse pour la recherche des causes des maladies, et développons ici des idées que nous n’avons fait qu’annoncer dans le premier chapitre de cet ouvrage. Si Galvani a encore été séduit par son imagination brillante et ardente, ne lui en faisons pas un reproche, et souvenons-nous toujours, comme l’a très-bien dit Alibert, que les içarts d'un homme célèbre intéressent toujours, et sont des leçons pour la postérité.
- Voici d’abord quelles étoient les idées particulières de Galvani, sur la production des affections rhumatismales, de la sciatique nerveuse , des convulsions, et du tétanos. Il s’attachoit à rendre raison de ces douleurs vives et prolongées, et de ces contractions musculaires si constantes, qui s’observent dans les graves affections rhumatismales, et particulièrement dans la sciatique nerveuse, en les attribuant à des humeurs extravasées, qui stagnent autour de la surface des nerfs, et qui agissent non seulement par l’irritation qu’exerce leur présence, mais encore en fournissant au fluide électrique (1) une
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- espèce d’arc ou d’armature plus considérable. Il expliquoit, d’après les mêmes idées, ces convulsions fréquentes, et sur-tout mortelles, qui se déclarent aussitôt que des liquides s’amassent soit entre le cerveau et la pie mère, soit entre cette membrane et la dure mère, soit dans les Ventricules du cerveau, soit enfin entre la moelle épinière et le canal vertébral, ou entre les nerfs et leurs propres enveloppes.
- Il pensoit aussi que ce phénomène pouvoit résulter des changemens qui surviennent dans les couches de matière cohibante , dont les nerfs sont , selon lui, environnées. Ces couches , d’après sa manière de voir, s’altèrent, ou en diminuant extraordinairement d’épaisseur, ou en se dépravant au point que, de cohibantes qu’elles sont, elles deviennent en tout ou en partie déférentes. On comprend alors comment le torrent électrique trouvant passage à travers cette matière , auparavant imperméable, doit augmenter considérablement d’énergie, et produire , par ce mécanisme, de fortes et violentes contractions. C’est d’une manière à-peu-près analogue , suivant Galvani, que s’engendre le tétanos. Il y » même cecr de particulier, dans
- et l’enveloppe qui le revêt , dans la sciatique net-
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- DU GALVANISME. 377 cette affection, que l'irritation d’un seul nerf suffit pour exciter une rigidité spasmodique dans l’universalité du système musculaire, comme on le voit fréquemment à la suite de la piqûre d’un nerf. Des qu’une fois ces mouvemens spasmodiques ont eu lieu, il suffit, pour les renouveler , que le lit, sur lequel repose le malade, éprouve une légère secousse.
- Après avoir rendu compte de la manière dont s’opèrent les mouvemens musculaires dans certaines maladies , où leur force est extraordinairement augmentée, Galvani chercha à expliquer, d’après la même théorie, l’état absolument contraire, ou, ce qui est la même chose, la perte absolue de la faculté contractile , d'où résulte la paralysie. Il attribua cette dernière à l’interposition d’un corps non conducteur , lequel s’opposoit au passage du fluide électrique du muscle au nerf, et du nerf au muscle. Or cet effet sera produit, selon lui, toutes les fois qu’iine matière huileuse, ou toute autre matière cohibante, obstruera les nerfs ou les membranes qui les enveloppent , toutes les fois qu’une humeur âcre et corrosive aura altéré la propre texture du cerveau, et aura produit une congestion, etc. Galvani convient cependant qu’on ne peut expliquer, de cette manière , que les paralysies ou les apoplexies qui se
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- forment lentement et par degrés. Comment, en effet, rendre raison de celles qui frappent soudainement, et comme par un coup de foudre ? Le professeur de Bologne rapproche pour cet objet les phénomènes apoplectiques ou épileptiques des effets obtenus par l’application artificielle de l’électricité aux animaux, et il y trouve la plus frappante analogie. « Si', par le moyen du conducteur de la bouteille de Leyde, dit-il, on dirige l’électricité artificielle contre le cerveau, les nerfs, ou la moelle épinière d’un animal , celui-ci éprouve des convulsions plus ou moins fortes, au moment de la décharge électrique, et il est frappé de paralysie, d’apoplexie, et enfin de la mort même, suivant que la bouteille est chargée d’une plus ou moins grande quantité de fluide électrique. Si de tels effets sont produits par l’électricité ordinaire, comment ne présumeroit-on pas , ajoutoit Galvani, qu’un afflux précipité d’électricité animale vers le cerveau peut occasionner des accidens aussi funestes ? Leur intensité ne peut-elle pas même être aggravée par un changement dans l’état de l’électricité atmosphérique, sur-tout lorsqu’elle est très-abondante; parce qu’alors celle des animaux l’est aussi beaucoup, comme le prouvent les agitations violentes et réitérées qu’ils épron-
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- 'DU GALVANISME. 379 « On conçoit que la cause que nous indiquons, dit à ce sujet Alibert, produira plus facilement et plus promptement ces effets, si elle attaque directement l’organe cérébral, que si elle agit uniquement sur les nerfs; ce qui, dans le premier cas, occasionne des maladies idiopathiques, et dans le second cas, des maladies sympathiques. Mais, dans l’un et l’autre cas, les symptômes seront d’autant plus graves, que le fluide électrico-animal vicié s’accumulera avec plus d’abondance dans le système nerveux ou musculaire. Il n’est pas douteux que ces sortes de maladies sont beaucoup plus funestes chez les vieillards, à cause du développement qu’amène l’âge dans toutes les parties de leur système physique, et sur-tout à cause du peu de fluidité de la substance oléagineuse des nerfs, et du défaut de transpiration. »
- Galvard appuyoit son hypothèse sur ce qu’on observe chez les épileptiques, au moment où l’accès est prêt à paroître. La plupart d’entre eux éprouvent alors comme un courant d’air qui leur monte de l’estomac, du bas-ventre, ou des extrémités inférieures vers le cerveau. Ils avertissent quelquefois les personnes qui les environnent , ensorte que si on saisit l’instant favorable, et qu’on fasse une forte ligature à la jambe, très-souvent l’accès n’a pas lieu. Ne
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- semble-t-il pas que par cet artifice on s’oppose à la transmission du courant électrique vers le cerveau?
- Voyons maintenant quelle étoit l’opinion de Galvani sur le mode d’action des remèdes, et sur la manière d’administrer l’électricité. Il pa-roit que les bons effets qu’on retire dans ce ca$ de l’application de divers remèdes, et même de l’électricité artificielle, doivent être rapportés à leur mode d’action sur le fluide animal, quel que soit le changement qui s’opère dans l’état de ce dernier, et il soutenoit que c’est d’après ces vues que le médecin doit diriger le traitement. Pour bien concevoir, par exemple, les différentes manières d’agir de l’électricité sur le corps humain, il importe d’avoir égard à trois circonstances spéciales; savoir, i°. à celle où l’électricité artificielle agit promptement et avec violence sur l’économie animale, comme dans l’expérience de la bouteille de Leyde; i°. à celle où cette même électricité agit d’une manière lente et successive, et semble se combiner avec les fluides du corps humain, ce que l’on désigne sous le nom de bain électrique; 30. enfin à celle où l’on retire de l’animal une quantité donnée d’électricité, comme lorsqu’on emploie celle négative. Les mouvemens convulsifs dépendent presque toujours ou d’une électricité animale
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- DU GALVANISME. 381 viciée et exubérante qui, sollicitée par des causes souvent très-légeres, est entraînée vers le cerveau et les nerfs, ou de quelques principes âcres et stimulans, qui portent leur action sur ces organes. Dans le premier cas, l’électricité négative sera d’une grande efficdtité : dans le second cas, on donnera la préférence à l’électricité positive, ayant sur-tout grand soin de diriger son effet immédiatement sur les nerfs affectés.
- C’est pour cela que Galvani s’attache à démontrer que, dans le traitement des maladies convulsives, rien n’est plus important que de rechercher laquelle des deux électricités, la positive ou la négative, il est plus convenable de mettre en usage, et la nécessité qu’il y a de bien déterminer le genre d’électricité qui leur convient. Les expériences qu’il a faites à ce sujet, prouvent que, d’après l’état électrique très-abondant de l’athmosphère, on peut soupçonner une trop grande abondance d’électricité animale ; de-là vient la nécessité, avant d’entreprendre le traitement des maladies par l’électricité, non seulement d’éprouver l’air par les électromètres, mais même d’avoir égard à l’état des nuages, à la saison, à l’espèce de vent qui souffle, aux phases lunaires, etc. etc. D’après les expériences de Galvani, le moyen préférable à tous les autres, dans l’appliçation de l’électricité
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- négative, c’est celui de faire communiquer celle qui réside dans les muscles d’une partie, avec les nerfs de la partie malade; c’est le moyen le plus efficace pour transmettre l’électricité animale des muscles aux nerfs affectés, et expulser les substances étrangères qui les irritent. Il établit ensuite les avantages que pourroit avoir l’application de l’électricité atmosphérique, dans les temps d’orage , lorsqu’on aura la précaution d’apporter la plus grande prudence dans la manière d’armer de conducteurs la partie malade (i).
- Sans vouloir attacher à la théorie de Galvani, sur l’application de l’électricité à la cure des maladies , plus d’importance qu’elle n’en mérite ; et quelqu’insuffisante que paroisse cette théorie, toujours est-il vrai de dire que ses travaux et ses expériences à ce sujet, viennent à l’appui de ceux de H. Mauduyt, publiés dans les mémoires de l’ancienne société royale de médecine (2), qu’ils y ajoutent encore beaucoup, en ce qu’ils prouvent l’influence de l’électricité artificielle et atmosphérique, et qu’elle est beaucoup plus puissante qu’on ne l’a cru dans ces derniers
- (1) Voyei ce quia été dit plus haut, chap. I"., page 18.
- (2) Vryt^ les Mém. de l’ancienne société de médecine , tom. II, ni, IV et V.
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- DU GALVANISME. 383 temps. Espérons, avec Alibert, que les données acquises sur sa manière d’agir, nous éclaireront infailliblement sur la recherche des moyens d’administrer l’électricité plus utilement qu’on ne l’a fait jusqu’à ce jour, qu’elles dévoileront peut-être par la suite les rapports constans qui existent entre les variations de l’électricité atmosphérique et l’état de santé, entre ces mêmes variations et plusieurs maladies.
- §. II. Idées de M. Crevé sur tapplication du galvanisme à Part de guérir. Ce célèbre physicien prétend avoir employé le galvanisme, avec quelques succès, pour distinguer la vraie mort de la mortap-parente, ou de l’asphyxie. Il est entré à ce sujet dans des détails très-intéressans (1). Il propose de dénuder un des muscles d’un individu, par exemple, le biceps brachial, ou le gastroené-mien, ou même le grand pectoral, et d’appliquer l’argent et le zinc dans une forme convenable sur les fibres musculaires elles-mêmes, de manière que l’arc galvanique soit bien établi. Si ces fibres sc contractent, c’est une preuve
- (1) Voye{ son ouvrage qui a pour titre : Vont metall-nl[t einern, etc. Voye^ aussi une thèse intitulée : de metallorum irritamento veram ai morttm explorandam. Mogunt. 1794. Nous n’avons pu nous la procurer.
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- que l’irritabilité n’est pas encore entièrement détruite, et qu’on ne peut pas encore décider que l’homme est véritablement mort. Mais, dans le cas contraire, on ne doit plus douter de sa mort.
- On peut objecter à M. Creve, i°. qu’une mort partielle pourrait exister dans un des muscles qu’il désigne, sans que le reste du corps y prît part; 2°. que la susceptibilité pour le stimulus galvanique, pourrait être anéantie, sans que l’irritabilité en général fût épuisée; 3°. enfin, que le stimulus galvanique, appliqué de la manière qu’il prescrit, n’est pas le stimulus le plus fort que nous connoissions, puisque l’électricité de la bouteille de Leyde, ainsi que la pile galvanique , agissent encore avec plus de force ; toutes qes objections, auxquelles il n’est pas aisé de répondre, rendent très-douteuse la méthode proposée par M. Creve, comme on le verra plus bas dans la lettre de M. Humboldt.
- M. Pfaff a aussi proposé le stimulus galvanique dans quelques maladies, spécialement dans la paralysie du nerf optique (x).
- §. III. Détail des expériences faites à l'école de
- (1) Voyt[ plus bas, §. IV, la lettre à.'Humboldt, et le résumé qui la suit.
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- médecine de Paris , sur le traitement des maladies, par le moyen du galvanisme. Telétoit, sans doute, le principal but que devoit se proposer cette école, en répétant les expériences galvaniques; et si elles pouvoient et dévoient conduire à la guérison de quelques maladies , c’étoit du résultat des travaux et des recherches de ses membres, qu’on devoit attendre un effet aussi salutaire; .c’étoit, en un mot, l’école de médecine qui devoit éclairer les esprits sur pn sujet
- On a vu, chapitre XI, dans je détail des ex-périepees faites à cette Ecole, qu’on .a employé j& .premier appareil. de. Volta, pour-;répéter-les .expériences.galvaniques des :<}ifférens savans étrangers, qu’on a vérifié plusieurs des propriétés fde cet appareilet une partie de celles qui caractérisent les élémens de sa construction. Ces travaux ont d’abord eu pour, objet l’application des effets de cet appareil à l’é—
- On. a pu en conclure, i°. que. ces effets pénétrent et affectent l’organe nerveux. et les organes musculaires,; plus . profondément, que les appareils-électriques ordinaires, en estimapt ceux-ci d’après la mesure usitée de l’électricité médicale.- • " '%> . j *[ tmj u :..
- II*. Partie.' ' .. B b
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- 2°. Qu’ils provoquent de vives contractions; des sensations fortes de picotement et de brûlure , dans les parties que leur état maladif rend insensibles aux étincelles, et même aux commotions électriques.
- 3°. Que la durée de cette action est telle,' qu’elle semble autoriser l’espérance de trouver dans ce moyen un excitant efficace et capable de concourir avec succès au traitement des pa-ralysies.
- Dans l’application de cet appareil^ on a encore observé que les effets produits sembloient proportionnés à l’étendue des points de contact :; en-sorte'que l’excitation la plus forte avait lieu, quand la commotion se faisoit par la rencontre des conducteurs émanés de la pile, galvanique, avec des conducteurs métalliques nfixés sur la partie malade, par- un contact plus ou moins étendu.
- Dire que' ces expériences ont été exécutées d’après les vues et sous la- direction du C. H-aUé, c’est annoncer'avec quelle précision elles ôtit^é faites,- âVéÇ' quelle justesse les consé-qüaènée£ 'en ont'été déduites. L’équité nous fait un- devoir d’ajouter, et Bous remplissons, à cet égard j le vœu du C.- Halle, qu’il a - été. singulièrement secondé par le C. ThiUaye fils; à l’exactitude et à l’intelligence duquel on doit la
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- DU GALVANISME. 387 réunion de beaucoup d’observations importantes
- Avant de rapporter les résultats des expériences faites par le C. Halle, sur les malades qu’il a traités dans les cabinets de l’école de médecine de Paris , nous croyons devoir présenter d’abord l’apperçu, ou, pour mieux dire, le bulletin de leur traitement, qu’a tenu le C. Thil-laye fils, et qu’il a bien voulu nous communi-
- Le 6 floréal an IX, le C. Touün, ciseleur, âgé de 53 ans, demeurant rue de la Roquette, n°. 76, étant sorti par un temps froid et venteux, rentra chez lui avec une paralysie de presque tous les muscles de la joue gauche.
- La paupière supérieure ne pouvoit s’abaisser que jusqu’au niveau de la pupille; l’inférieure, retirée en bas, et renversée vers son tiers interne, laissoit voir la conjonctive qui la tapisse intérieurement; les larmes n’étant plus retenues par les paupières, écartées l’une de l’autre, et n’étant plus dirigées vers les points lacrymaux, tomboient continuellement sur la joue.
- Les lèvres étoient obliquement dirigées, en s'élevant de gauche à droite ; déplacement qui augmentoit, lorsque le malade ouvroit la bouche pour parler ; alors la lèvre inférieure Bb z
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- ne s’écartoit point de la supérieure du côté gauche, pour donner passage aux sons : ajoutons que le tissu cellulaire des paupières et de la joue étoit infiltré.
- ' Cette maladie ayant été négligée pendant plusieurs jours, la conjonctive se phlogosa : l’œil devint douloureux; Vépipkora augmenta, la vue devint trouble ; effet qu’on ne doit attribuer qu’à l’abondance des larmes : les cils se collèrent pendant la nuit, quoique les paupières ne se touchassent point.
- Le 12 floréal, douzième jour de la maladie , le C. Joliet fut, appelé, et fit usage de dif-férens remèdes, qui ne firent que dissiper l’infiltration, sans changer l’état paralytique. Il conseilla l’emploi de l’électricité, et adressa le malade au C. Hallé, qui jugea utile, comme lui, l’application de ce moyen, et de suite en commença l’usage par de simples étincelles; les muscles ne se contractoient point, et la partie exposée aux étincelles devenoit seulement un peu rouge : ce qui fit qu’on substitua aux étincelles la commotion, dont on fixoit l’intensité au-moyen de l’électrbmètre de Lane, adapté à la bouteille de Leyde. La distance qu’on obser-voit étoit d’une à deux lignes. De légères contractions se firent d’abord appercevoir; mais le relâchement succéda presque aussitôt, et pendant
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- tout le temps qu’on fit usage de l’électricité, le malade n’obtint pas le moindre soulagement.
- C’est alors que le C. Huilé se détermina à l’emploi du galvanisme : la colonne de Volta, composée de 50 étages ( argent et zinc ), fut substituée à la bouteille de Leyde. On forma la chaîne au moyen de deux excitateurs, dont un communiquant à la partie supérieure de la pile par une chaîne de cuivre, étoit posé sur le nerf sous-orbitaire, et l’autre en rapport avec la partie inférieure, étoit placé vers l’angle de la bouche : aussitôt après cette application, tous les muscles du côté malade entrèrent dans une contraction beaucoup plus forte que celles qui jusqu’alors avoient été le résultat de' l’électricité; on continua l’expérience pendant cinq minutes, en promenant les conducteurs sur dif-férens points de la partie malade, et sur-tout vers la partie antérieure de l’oreille. On observa que plusieurs contractions furent assez intenses pour faire fortement claquer les dents les unes, contre les autres.
- A la fin de cette première séance, on remar-. qua que la rougeur étoit plus marquée que lorsqu’on employoit l’électricité, et cette rougeur étoit accompagnée d’un, gonflement très-, apparent, avec un peu de douleur et d’augmentation dans l’éçoulement des larmes ; mais ces, Bb 3
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- symptômes se dissipèrent quelques instans
- Une des observations qu’on fit avec le plus de plaisir, fut que la contraction n’étoit point d’aussi peu de durée, que celle qui suivoît la décharge électrique : cette différence nous fit concevoir, ainsi qu’au malade, dit le C. Jhillaye, l’espoir de réussir, sinon à guérir complètement, au moins à donner beaucoup de soulagement. En effet, après avoir, pendant quelque'temps, continué la même application , on s’apperçut que la bouche se redressoit un peu, que l’œil voyoit avec plus de facilité; bien être qui alla en augmentant jusqu’au troisième mois ; pendant l’intervalle de ces mois, on augmenta le nombre des étages de la pile, qu’on porta à 75. Les mêmes phénomènes, observés à la première séance, se renouvellèrent à toutes celles qui suivirent; et à cette époque ( celle du 30. mois ), la bouche étoit, à peu de chose près, dans sa position naturelle, l’écoulement des larmes peu sensible, et la vision très - distincte : les muscles du côté gauche contrebalançoienf l’action de ceux du côté opposé, pendant leur repos seulement : car lorsque le malade parloit, la bouche étoit emportée du côté droit.
- Les occupations du malade ne lui ayant pas permis de continuer à se rendre aux cabinets
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- DU GALVANISME. 39t de l’école, on lui fournit chez lui tous les objets utiles et nécessaires pour établir un appareil galvanique , dont il s’est servi jusqu’au 13 brumaire anX. Voici quel est son état
- La paupière inférieure est relevée, l’éraillement n’a plus lieu ; mais la paupière supérieure ne descend point assez pour fermer l’œil complètement, et le moindre espace qui se trouve entre les deux paupières, est d’une à deux lignes environ; il n’y a plus qu’un léger ipiphora : la bouche est dans la situation ordinaire; il faut ajouter qu’une maigreur considérable du côté affecté, empêche de pouvoir apprécier à sa juste valeur le changement opéré dans l’état de ce malade, qui, cependant, se trouve lui-même beaucoup mieux : il éprouve dans toute la partie malade, une sensibilité bien plus grande que dans celle opposée.
- Depuis cette expérience, on a essayé d’en faire une pareille, avec les mêmes moyens, sur un jeune homme de 17 à 18 ans, attaqué d’une légère surdité depuis l’enfance : mais le peu de temps que le malade a donné aux épreuves, et la difficulté qu’on a rencontrée pour apprécier au juste la susceptibilité d’une oreille peu sourde, sont les causes qui empêchent de rendre compte des résultats de cette expérience, qu’on Bb 4
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- î9, HISTOIRE
- espère reprendre et. répéter sous peu de temps;
- Après ce bulletin, voici maintenant comme le C. Halle rend compte, dans le journal de la société Philomatique, messidor an IX, des effets observés sur le premier malade.
- « Un homme, dit-il, dont tous les muscles de la face du côté gauche étaient paralysés, à la suite d’une fluxion déterminée par l’action du froid, avoit été électrisé plusieurs fois : il n’éprouvoit aucune sensation ni contraction, lorsque la partie affectée recevoit l’étincelle : à peine même appercevoit - on une foible contraction dans le muscle jugo-labial ( le grand zigomatique ), lorsqu’on appliquoit l’électricité par commotion. On soumit cet homme à l’action galvanique d’une pile de 50 étages , en faisant communiquer, avec différens points de la joue malade, les deux extrémités de la pile, à l’aide de chaînes et d’excitateurs métalliques. Au moment du contact, tous les muscles de la face entrèrent en contraction : le malade éprouva de la douleur, et une sensation de chaleur très-désagréable : l’œil entra en convulsion : les larmes coulèrent involontairement, et il se manifesta de la douleur et du gonflement sur les différens points touchés. »
- Ces expériences, qui paroissoient donner quelques moyens de comparer les effets du galva-
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- DU GALVANISME. 393 nisme avec ceux de l'électricité, ont été répétées plusieurs jours de suite, et c’est le 16 prairial an IX, que le C. Halle en a rendu compte à l’Institut. Il s’est apperçu que les muscles étoient restés contractés quelques minutes après la commotion galvanique, et même que l’œil gauche suivoit le mouvement du droit.
- Dans cette application du galvanisme au corps humain, le C. H allé a remarqué des anomalies très-singulières. Souvent la pile étoit long-temps à communiquer son effet; quelquefois il étoit tout-à-fait interrompu, pendant plusieurs secondes : il sembloit, dans ces deux cas, que le fluide éprouvoit quelque obstacle dans sa marche. Il a suffi, dans cette circonstance, de mouiller la chaîne, de la frotter, de changer la position respective des anneaux, pour la faire communiquer. En général, on a observé que pour que la sensation soit prompte, il ne suffit pas que la peau soit mouillée , qu’il est nécessaire qu’elle soit, pour ainsi dire, moîte et imbibée d’eau. LeC. Halle a éprouvé lui-même, ainsi que plusieurs autres personnes, qui se sont soumises à l’expérience, l’espèce de sensation que le galvanisme produit. Elle a quelques rapports avec celle de la piqûre de plusieurs épingles, qu’on enfoncerait en même-temps dans la peau. C’est une
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- douleur poignante, accompagnée d’un sentiment de chaleur , et d’un peu de saveur métallique , lorsqu’on applique les excitateurs aux environs des glandes salivaires.
- §. IV. Note du C. Richerand. Nous avons déjà fait la remarque ( i ), en rapportant l’article qui concerne le galvanisme, dans ses Elémens de physiologie, que ce jeune médecin a observé que de la différente distribution des métaux, dans les expériences galvaniques, dépend bien évidemment la direction du fluide galvanique, ou plutôt électrique, pour parler selon la doctrine du jour, déterminé vers les nerfs ou vers les muscles, et que cette direction est si importante à connoître, qu’elle peut jouer un grand rôle dans l’application des moyens galvaniques à la guérison des maladies. A l’explication que l’auteur a donnée à ce sujet, page 407 de sa Physiologie, il faut ajouter que le professeur Pfajf lui a raconté avoir traité avec succès une hémiplégie , en plaçant de l’argent dans la bouche, et une plaque de zinc sur le bras paralysé : au bout de vingt-quatre heures d’une communication non interrompue , le membre pouvoit déjà exercer quelques légers mouvemens. Pour diminuer, au contraire, dit-il,
- partie, page 249.
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- DU GALVANISME. 395 l’énergie irritable, dans plusieurs affections spasmodiques, il fpudroit inverser l’application des métaux; il faudroit placer le zinc le plus près possible de l’extrémité centrale des nerfs, et l’argent sur leurs terminaisons périphériques.
- §. V. Lettre de M. Humboldt à M. Loder, sur Vapplication du galvanisme à la médecine pratique (1). u Cinq années de recherches continuelles, sur les loix qui règlent les phénomènes du galvanisme, et celles de l’irritabilité des fibres nerveuses et musculaires, ont certainement acquis le droit à M. Humboldt de prononcer sur l’application de ces phénomènes à la médecine pratique; et après être convenu avec M. Loder, que le principal avantage des découvertes galvaniques consiste moins dans l’application directe qu’on en peut faire aux dérangemens de l’économie animale, que dans les lumières qu’elles peuvent fournir sur la nature des nerfs et sur la force dont ils sont doués, lumières qui, portées à un certain point, doivent puissamment influer sur la perfection de la médecine pratique, il observe avec justesse que, dans un siècle comme le nôtre, où
- (1) Vayei la Bibliothèque germanique , tome sidor an VIII, page 301.
- !IV, mes-
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- l’on regarde les progrès lents et successifs comme un état stationnaire, dans un siècle oii l’on veut cueillir les fruits avant que les fleurs soient formées , des expériences qui, du moment oii on les a conçues et faites, ont semblé promettre line application prompte et immédiate à l’art de guérir, n’ont pu qu’attirer fortement l’attention du public, qui a anticipé sur cette application. » « C’est ainsi qu’on a recommandé le galvanisme, tantôt comme le critérium de la mort, tantôt comme un stimulant puissant et salutaire contre les maladies des nerfs. Lorsqu’on a commencé à se former une idée du fluide électrique et de ses propriétés, n’a-t-on pas cru sur-le-champ avoir trouvé, dans son action sur le corps humain, un remède à toutes ses maladies ? De même, après avoir vu les phénomènes galvaniques, on s’est imaginé, dans ces derniers temps, que deux plaques de métal, présentées d’une certaine manière , alloient, comme par enchantement, rappeler à la vie les asphyxiés, rendre la vue aux aveugles, rétablir chez les paralytiques le libre usage de leurs membres , produire, en un mot, de plus grands effets que les médecins n’en ont jamais pu obtenir de la multitude de remèdes chimiques, mécaniques et autres, qu’ils emploient depuis bien des siècles. »
- M. Humboldt, qui n’est pas enthousiaste à ce
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- DU GALVANISME. 397 sujet,, se propose d’examiner de sang froid ce que la médecine peut attendre du galvanisme, de soumettre séparément à une rigoureuse analyse les opinions proposées à cet égard par des savans distingués. « N’oublions pas sur-tout, dit-il, que la science, dont nous nous occupons, est encore au berceau , malgré le laps de temps qui s’est écoulé depuis sa découverte. La première fois, ajoute-t-il, qu’on vit des bulles de savon, remplies de gaz hydrogène, s’élever rapidement au plafond d’une chambre , on étoit loin de prévoir que ce phénomène fourniroit aux hommes un moyen de s’élever dans l’atmosphère, et de planer avec sécurité au-dessus des mers. »
- La première question qu’examine M. Humboldt, est celle-ci : Le galvanisme peut-il servir à distinguer la mort qui ri est qu apparente, de celle qui est véri-
- A l’époque oii un médecin célèbre (i) montrait le danger des inhumations précipitées, on se flatta que deux pièces de métal, mises en contact avec un nerf, résoudroient le problème important de la vie ou de la mort d’un individu, une heure après qu’il auroit paru rendre le dernier soupir. Behrends Crève sont les premiers
- (i) Hufeland, sur l’incertitude des signes delai
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- qui aient fait, à ce sujet, des expériences sur les cadavres. Hymly et Pfaffont combattu avec force les argumens et les conclusions que ces physiciens ont tirés de leurs expériences. « J’ai comparé, dit Humboldt, les faits rapportés par Crève, avec les résultats de ma propre expérience, et j’ai vu que mes observations ne sont pas conformes à ses conclusions. » Il expose de suite les raisons qui l’empêchent de regarder le galvanisme comme le véritable critérium de la mort.
- « i°. Le fluide électrique nous fait encore ap-percevoir dçs indices d’irritabilité dans un nerf sur lequel le galvanisme n’a plus aucun effet sensible. 2°. Les expériences galvaniques ne peuvent se faire que sur quelques parties déterminées du corps, oii l’irritabilité peut être détruite , sans qu’il soit permis d’en conclure qu’elle est également anéantie dans tout le reste du système nerveux. 3 °. Il y a des cas où le galvanisme paroît tout-à-coup n’avoir aucune prise sur des organes qui peu auparavant étoient très-sensibles à son application, et qui même s’agitoient encore, après que son action avoit cessé. 40. Il est possible que des parties qui ont été privées en apparence de leur irritabilité, pendant quelque temps , la recouvrent ensuite jusqu’à un certain point. Les solutions alcalines produisent, dans les organes très-irritables, à-peu-près les mêmes effets
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- DU GALVANISME. 399 que le galvanisme dans ceux qui le sont moins. On aurait donc bien tort de regarder comme absolument dépourvu d’irritabilité, l’organe dans lequel les alcalis n’exciteroient pas de mouvemens sensibles; et ce qui est vrai de ceux-ci, peut l’être également des stimulus électrique et galvanique.»
- Humboldt rapporte plusieurs expériences curieuses qu’il a faites sur divers animaux, et auxquelles il a donné l’attention la plus scrupuleuse ; ejles ne lui permettent pas de douter que de très-légères commotions électriques ne stimulent quelquefois efficacement les mêmes muscles sur lesquels le ^inc et l’or ne produisent pas le moindre effet. Il est persuadé que la fibre musculaire irritée , se contracte en forme d’arc, et la fibre inanimée, en lignes serpentantes. Dans d’autres expériences, il a cherché à déterminer si, par quelque moyen chimique, il serait possible de rétablir l’excitabilité d’un organe qui en aurait été privé par de fortes commotions électriques. Il résulte, selon lui, des faits qu’il rapporte, que l’irritation galvanique ne saurait être regardée comme le critérium de la mort, puisque le prin-xipe vital peut conserver encore une certaine énergie, sans que le galvanisme suffise pour en foire appercevoir l’existence, parce que, quelque intime que soit la connexion des divers ergaaes
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- du corps animal, elle n’est pas telle que la vie ne puisse y exister à différens degrés. Des ex-périences positives, faites par Hymly et Anschtl, déposent contre l’opinion qui supposeroit que l’excitabilité est anéantie dans tout le reste du système nerveux, parce qu’après avoir soumis à l’irritation galvanique un ou plusieurs nerfs d’un cadavre, mis à nu , on n’en aura vu résulter aucun effet.
- Humboldc, après avoir supposé qu’une asphyxie détruit pour quelques instans l’irritabilité des parties extérieures, sans diminuer celle des parties intérieures, s’écrie : «faudra-t-il, parce que l’irritation galvanique ne produira rien extérieurement, tenir pour mort l’individu sur lequel on opère-? Une commotion électrique, conduite au travers du cœur, ne pourrait-elle pas ranimer les pulsations de cet organe, qui, à l’aide du sang artériel), porterait peut-être encore la vie dans toiit le système animal? » 1
- Mais l’objection la plus importante contre l’opinion que combat Humboldc, se tire dés alternatives de l’excitabilité, et de son retour,-lorsqu’elle paraît anéantie. Crève a dit à Hufeland'que le retour de la force vitale dans le corps animal, après qu’elle a cessé de se montrer, ; est’ une chimère. Il faut alors oser nier à priori des effets sur lesquels l’observation peut seule nous éclairer.
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- DU GALVANISME. 401 Il faut alors donner à Humboldt un démenti formel, lorsqu’il dit que, dans le cours des expériences qu’il a faites pour déterminer les effets des substances salines et autres, sur les fibres nerveuses et musculaires, il a vu plus de mille fois que le foible stimulant du zinc et du plomb irritoit fortement des organes, sur lesquels, peu de minutes auparavant, le stimulant le plus actif du zinc et de l’or n’avoit pas produit le moindre effet; lorsqu’il ajoute avoir vu l’irritabilité disparoître jusqu’à trois ou quatre fois dans les mêmes muscles, et y reparoître aussi souvent, pendant qu’il les mettoit alternativement en contact avec de l’opium, de l’oxide d’arsénic, de l’alcohol, du musc, des acides et des alcalis.
- Tout cela prouve que ce n’est pas une vaine inquiétude qui a fait avancer à Humboldt que le galvanisme peut induire en erreur, en .annonçant la mort, là oit il n’y a qu’un défaut d’irritabilité plus ou moins complet, plus ou moins passager. Il n’a pas fait ses expériences seulement sur les animaux à sang froid : il les a faites sur ses propres nerfs, et il a vu que les solutions alcalines et l’acide muriatique oxigéné augmen-toient autant sur eux l’effet du galvanisme, que sur ceux des poissons et des grenouilles. « La vie, dit-il, n’est pas une matière que l’on puisse ajouter au corps animal , ou qu’il soit facile d’en IIe. Partie. C c
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- séparer à volonté. Les phénomènes vitaux sont le résultat d’une certaine organisation de matière, dont la forme et le mélange sont déterminés. Voilà pourquoi une altération dans le mélange, produit nécessairement de nouveaux phénomènes; et ce que nous nommons destruction de l’excitabilité , en vertu d’un commencement de putréfaction , n’est peut-être rien autre chose qu’un moindre degré d’excitabilité. »
- Quoiqu’on ne puisse, d’après les expériences et les raisonnemens d'Humboldt, regarder le galvanisme comme un moyen infaillible de distinguer la véritable mort de celle qui n’est qu’apparente, il est bien éloigné de rejetter totalement l’opinion de Crève et le moyen qu’il propose, parce que, sans donner une certitude complette, il peut cependant fournir un haut degré de probabilité , qui n’est pas à rejetter dans bien des circonstances , parce qu’il peut être très-applicable et d’une grande ressource, dans tous les cas oh l’on ne peut attendre que la putréfaction ait commencé, par exemple, dans les combats, soit sur terre soit sur mer. Persuadé, non sans fondement, qu’après une bataille, les chirurgiens font avec trop de légèreté le recensement des soldats qu’ils décident morts, parce qu’ils n’ont plus ni pouls ni respiration , ce qui fait qu’on les laisse sur le champ de bataille, exposés à toutes
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- DU GALVANISME. 403 les injures de l’air , jusqu’à ce qu’ils soient jettes dans une fosse, Humboldt croit que ce seroit un grand bienfait pour les malheureux militaires, si les chirurgiens d’armée étaient toujours munis d’un appareil galvanique, tel qu’une simple lame d’argent et une de zinc, avec lesquelles, après avoir mis à ‘nu le muscle biceps du bras, ou les gas-troc-némiens, ils pourraient, en peu de minutes , et sans autre préparation, faire l’expérience sur chaque corps présumé mort.
- Le galvanisme a-t-il le pouvoir de rappeler à la vie les personnes che{ qui elle paroît eteinte ? Telle est la seconde question qu’examine Humboldt. C’est la multitude d’observations qui constatent l’analogie de l’action du galvanisme sur les organes des animaux, avec celle de l’électricité ; c’est l’analogie manifeste entre les phénomènes galvaniques et électriques, qui ont fait naître à Valli l’idée de proposer le stimulant métallique comme un puissant revivifiant pour les personnes asphyxiées : déjà il avoit rappelé à la vie deux poules noyées, et qui paroissoient mortes. Anschel a fait avec succès de semblables expériences, sur des grenouilles étouffées dans du gaz hydrogène. Sœm-meting a proposé de faire ces expériences sur les personnes mortes en apparence, en portant l’irritation sur le nerf phrénique , qui, à raison de ses anastomoses avec le ganglion cæliaque, avec le nerf Ce 2
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- récurrent et avec les nerfs brachiaux, excite le plus de mouvemens sympathiques. Humboldt témoigne avec raison sa surprise de voir que Crève condamne toutes ces expériences comme inutiles, et ne craigne pas de dire que la proposition mise en avant par Valli et Sœmmering, décèle manifestement, chi\ l'un et che[ P autre, peu de connaissances physiologiques, pathologiques et thérapeutiques ; ce qu’il est bien loin de prouver.
- Une question intimément liée à la précédente, est celle de savoir si le galvanisme peut être regardé comme un moyen de guérir la goutte-sereine , les affections rhumatismales, les paralysies des extrémités, etc. Si le stimulant métallique est utile chez les asphyxiés, où tout le système, tant nerveux que musculaire, est dans un état de paralysie, il est permis d’en attendre d’aussi bons effets, dans des cas de paralysie partielle, tels que certaines affections de l’estomac , des yeux, des extrémités des vaisseaux cutanés. Pfajf objecte, contre l’application du galvanisme dans les maladies paralytiques, qu’il vaut mieux les combattre par le stimulant électrique , dont on peut augmenter ou diminuer la force à volonté. N’en est-il pas de même du stimulant métallique ? et si l’expérience ne nous a pas encore tout appris sur les rapports qui existent entre lés effets/de ces deux moyens, s’il étoit vrai, contre
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- DU GALVANISME. 405 l’opinion commune d’aujourd’hui, que les phénomènes galvaniques et électriques diffèrent essentiellement entre eux, comment pourroit-on décider à priori que les uns et les autres exercent sur la fibre animale une action de la même nature ? C’est ce qu’apprendront les expériences faites sur les membres paralysés , après y avoir appliqué des vésicatoires , ou sur d’autres ulcères artificiels.
- Le galvanisme semble promettre plus d’utilité dans les affections rhumastimales, ainsi que dans d’autres maladies, oii l’on se propose ' souvent d’établir au dehors un écoulement des humeurs. Humboldt dit que dans les expériences qu’il a faites à différentes reprises sur lui-même, la secrétion de l’humeur lymphatique continuoit aussi long-temps que l’on prolongeoit l’irritation galvanique sur les ulcères formés par les cantharides ; et ce qui étoit encore plus remarquable, c’est que l’activité des vaisseaux cutanés se trou-voit augmentée, au point que la secrétion se prolongeoit quelque temps après qu’on avoit cessé l’application des métaux. Le docteur Anschtl a écrit à Humboldt que les expériences qu’il a faites à ce sujet, sur lui-même, confirment les siennes; On pourrait de même essayer l’effet des émanations électriques sur les plaies des vésicatoires, et les comparer à l’effet du galvanisme.
- Pfaffa déduit avec beaucoup de sagacité, des.
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- expériences galvaniques, un moyen de recon-noître si la cataracte peut être opérée avec succès. Mais il fait en même-temps la remarque que ce moyen n’est pas infaillible, puisque le coup de lumière que détermine le stimulant galvanique, dans l’expérience de Hunter, peut n’avoir pas lieu, quoique la rétine conserve sa sensibilité, Humboldt dit connoître plusieurs personnes chez qui l’expérience de Volta et de Hunter ne fait point appërcevoir de lumière , quoique leurs yeux soient parfaitement sains ; fait qui, dans le cas de' cataracte, peut donner lieu à une double incertitude. Car, pour tirer une juste conclusion de l’expérience dont il s’agit ici, il faudrait savoir, i°. si l’œil du malade étoit susceptible de l’impression galvanique, avant qu’il eût perdu la vue ; 2°. si la privation d’excitabilité, après la perte de la vue, dépend d’un vice de la rétine et du nerf optique, ou d’une circonstance co-existante et accidentelle, telle qu’une affection du second rameau de la cinquième paire.
- Un avantage très-important pour les anatomistes et les physiologistes, que procure le galvanisme , c’est celui de fournir le moyen sûr de distinguer les nerfs des autres organes, et sur-tout des vaisseaux. Humboldt croit que la chirurgie doit, au moins pour sa partie théorique, trouver
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- DU GALVANISME. 407 de grands avantages dans ce moyen ; ce qui est probable. Un autre avantage non moins précieux, qu’on tire des expériences galvaniques, c’est d’avoir une manière de calculer le degré d’excitabilité d’un nerf Ou d’un muscle. Humboldt est persuadé que la doctrine du galvanisme ne ré--pandra jamais plus de lumière sur la médecine pratique, que lorsqu’on étudiera cette doctrine sous ce point de vue.
- Le galvanisme seul ne suffit pas, sans doute, pour nous conduire dans le labyrinthe inextricable des phénomènes, suite des changemens qu’éprouvent nos organes dans leur excitabilité, changemens dont la rapidité plus ou moins grande échappe à notre observation ; mais le galvanisme, s’il ne nous éclaire pas, nous fournira au moins un point d’appui. « Toutes les expériences que j’ai faites à ce sujet, dit en finissant Humboldt, tous les faits rapportés, qui nous conduisent aux observations les plus importantes sur la matière médicale et sur les procédés chimiques vitaux, auroient été à jamais perdus pour moi, sans les expériences sur l’état des nerfs, à l’aide de l’irritation métallique. »
- Cette lettre de Humboldt est, sans contredit, pleine d’idées neuves et intéressantes, et même de vues ingénieuses. Mais il y a différens points que l’auteur ne fait qu’indiquer, et sur lesquels
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- cependant on desireroit des éclaircissemens. Hum-boldt les suppose suffisamment connus : ils peuvent l’âtre en effet pour ceux qui ont lu le détail de ses expériences sur Pirritation de la fibre musculeuse et nerveuse, dans un ouvrage qui a été traduit en allemand (an 7 ), et dont la connoissance est indispensable à tous ceux qui s’occupent des fonctions de l’économie animale.
- §. VI. Dans une note sur le traitement des paralysies, par le galvanisme, insérée dans le journal de physique (floréal an IX, p. 391 ) , il est dit qu’on a écrit de Berlin, que le docteur Grapengiesser ( dont nous avons rapporté les expériences curieuses, chap. XIII, dans l’extrait de. l’ouvrage d'Humboldt), et le professeur Hers ont appliqué avec succès le galvanisme au traitement des maladies qui sont une suite de la paralysie ou de Faffoiblissement des nerfs d’une partie, ainsi que dans la surdité, et qu’ils ont employé, les piles galvaniques.
- Cette note, alors presque insignifiante, devient très-intéressante, depuis l’ouvrage que M, Gra-pengiesser a publié en allemand, à Berlin, sut l’emploi du galvanisme dans le traitement des maladies (ï), et dont nous allons placer ici
- (1) Le titre est : Vtrsuche den galvanismus heilung (iniger krankh.titen an^uwenden angcstellt und tefchriebea
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- DU GALVANISME. 409 l’analyse, que le C. Jadelot a bien voulu faire, à notre prière. La voici, telle qu’il l’a rédigée.
- Analyse de Cessai sut C emploi du galvanisme dans le traitement de quelques maladies, par C. J. C. Gra-pengiesser, docteur en médecine et en chirurgie. M. Gra-pengiesser, ami et collaborateur de Humboldt, a réuni à ses propres observations, sur l’usage du galvanisme dans le traitement des maladies, celles de plusieurs autres médecins. Il lui a paru convenable de les faire précéder de la description succincte de la pile de Foha, de recherches sur son action dans l’économie animale, et de la comparaison des effets galvaniques avec ceux de l’eleçtricité ordinaire (1).
- Ç. J. Ç. Grapengiesser der arçntïkundt und wundarçncikunst doctor, avec planches, Berlin 1801. C’est ainsi que cet ouvrage est annoncé dans le Journal de littérature étrangère, IIe. année, n°. 3, page 103. Le rédacteur nous apprend que le D. Augustin, à Berlin, avoit publié une histoire du galvanisme , dans laquelle il rend compte des expériences des différens auteurs qui ont écrit sur ce sujet , et de celles que Grapengiesser a faites, pour connoître l’effet que produit le galvanisme dans les maladies ; mais que ce dernier ayant trouvé incomplettes et peu conformes à la vérité, les citations du D. Augustin, il a pris le parti de les publier lui-même, et d’yen ajouter quelques autres , faites par les DD. Flitrs et Vaclker, à Berlin.
- (1) Comme nous avons déjà donné cette description,
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- L’auteur remarque que les piles composées de zinc et or ou argent, sont les plus énergiques, mais que leur action, très-irrégulière, doit les faire bannir de l’usage médical ; que celles qui sont composées de zinc et cuivre, leur sont préférables , parce que leur action, quoique plus faible, est plus sure et plus constadte.
- L’une des extrémités de la pile est désignée sous le nom de pôle fine, l’autre sous celui de pôle cuivre, et il est reconnu que l’électricité du premier est positive, que celle du second est négative, qu’ils excitent l’un une saveur acide et une lueur rougeâtre, l’autre une saveur alcaline et une lueur bleuâtre.
- Humboldt et Voila avoient remarqué, dans la dissection d’organes séparés d’animaux vivans, que le galvanisme est un moyen avantageux pour reconnoître les nerfs dans leur tissu; M. Grapen-giesser assure que ce moyen peut aussi servir à indi-, quer les distributions des nerfs superficiels, par exemple, de ceux du nez et d’une partie du reste de la face, en plaçant une des extrémités de la chaise galvanique sur la membrane nazale, et l’autre sur quelque point de la peau qui recouvre le nerf
- à l’article des travaux de Volta, chap. IX et XVIII de cette histoire, il est inutile de la répéter ici.
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- DU GALVANISME. 411 frontal. Volta avoit déjà annoncé , et Humboldt a depuis écrit d’Amérique, que le phénomène de la torpille semble être un effet galvanique ; l’auteur conclut de ces diverses considérations, que, dans les animaux vivans, les nerfs sont de très-bons conducteurs du galvanisme ; que cet agent influe sur eux d’une manière fort analogue à l’électricité; que cependant il semble pénétrer plus profondément dans leur tissu, et y exercer une action plus durable et plus locale; qu’en conséquence, il paroît être très-stimulant, et propre à déterminer l’action nerveuse, même dans les cas de foiblesse de ce système, et de paralysie, oii l’électricité ordinaire est inutile.
- L’auteur développe ensuite les causes des nombreuses variétés qui se remarquent dans les effets , soit de l’appareil galvanique simple, soit de la pile pourvue de conducteurs, qu’il désigne sous le nom de baturie : ces variétés tiennent à la nature des pôles, à l’ordre dans lequel la chaîne est établie, au point de son étendue, par lequel on en détruit la continuité, à la durée de l’application galvanique, et bien plus encore, à la constitution et même à l’état instantané des nerfs dans chaque individu.
- Qu’on prenne une plaque de zinc et une plaque d’argent, que chacune soit mise en contact avec une plaie de vésicatoire; la plaie correspondante
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- au zinc cessera la première de fournir de la sérosité, et il s’y formera bientôt une escarre.
- Si l’on porte un doigt mouillé sur le pôle zinc d’une batterie, on y éprouve, la chaîne étant fermée, une sensation semblable à celle que cause un coup porté sur le nerf cubital ; le même doigt, placé sur le pôle argent, fait éprouver une sensation semblable à celle qui accompagne un gonflement inflammatoire.
- Si l’on adapte aux deux conduits auditifs, les conducteurs d’une batterie, celui du pôle zinc excite un fort ébranlement dans l’organe auquel il correspond, avec des irradiations marquées et un bourdonnement ; l’autre occasionne une douleur pungitive.
- Le conducteur du pôle zinc répondant à la membrane des narines, et la main mouillée étant placée à l’autre pôle, on éprouve dans le nez une douleur lancinante insupportable, et une forte envie d’éternuer. Le bout de l’autre conducteur, substitué au premier dans les narines, fait éprouver une douleur pungitive.
- Le pôle zinc excite aussi, sur les organes de la vue et du goût, des irritations bien plus fortes que le pôle argent; et il en est ainsi, non seulement à l’instant où l’on complette les chaînes ; mais même pendant toute la durée de leur action. Lors de leur rupture, on remarque des effets inverses, t
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- DU GALVANISME. 4x5 l’impression la plus vive se fait sentir, dans ce moment, vers le pôle argent, mais instantanément , et sans effacer, comme Richter l’avoit prétendu, la sensation excitée auparavant, du côté du zinc. Par exemple, il arrive souvent que le bourdonnement se prolonge, quand l’application galvanique a cessé, et il n’est pas rare de ressentir, quelques heures après, sur-tout le soir,' au moment de s’endormir, le retour des diverses impressions que cette action avoit occasionnées, et particulièrement celle de l’éclair dans les yeux.
- On remarque aussi, dans la nature et les degrés des commotions galvaniques, et des impressions qui leur succèdent, des variétés relatives aux points de la chaîne par lesquels on la com-pletteouonla rompt; pour remédier à l’inexcitabilité qui résulte, dans les nerfs, de l’application continuée du même appareil galvanique, il suffit d’intervertir l’ordre des pièces qui composent la chaîne ; enfin, les conditions relatives aux tempéramens et à l’état des nerfs, donnent lieu à des nuances tellement variées, dans les phénomènes dont il s’agit, qu’on ne peut en former le tableau; mais ces nuances ne méritent pas moins toute l’attention des médecins.
- Après ces considérations sur l’action galvanique et sur ses principales modifications, considérations
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- qui servent de préliminaires à leur application au traitement des maladies, M. Grapcngiesscr passe k l’indication de celles dans lesquelles on peut recourir au galvanisme. Selon lui, il peut être utile, i°. dans les paralysies des extrémités, dues à la foiblesse ou à la cessation de l’action nerveuse, et même dans celles primitivement déterminées par d’autres causes ; par exemple, par la compression du cerveau, ou par la répercussion d’une affection exanthématique, ou par une affection rhumatismale , quand ces causes ont été avantageusement combattues par les moyens usités.
- 2°. Le galvanisme est indiqué dans la foiblesse de la vue et dans la goutte sereine, dues uniquement à l’inexcitabilité du nerf optique ; mais on conçoit combien il est essentiel de bien s’assurer de la nature de ces dérangemens de l’organe de la vue , avant d’employer un moyen aussi irritant.
- 3°. Il convient dans les difficultés d’entendre et les surdités dépendantes de l’affoiblissement nerveux, ce qu’il est toujours aussi important que difficile quelquefois à constater, et dans certains bourdonnemens des oreilles. L’auteur avertit que ce dernier symptôme, qui survient assez souvent par l’application galvanique, n’a pas d’inconvénient, quand il cesse avec elle, mais qu’il est de mauvais augure, quand il se prolonge plusieurs heures après ; que cette application
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- DU GALVANISME. 4tç produit, dans quelques cas, des effets semblables à l’eau qui bout, au bruit du vent, des cloches, ou à celui du chant très-fort d’un oiseau.
- 4°. Le galvanisme paroît encore convenir dans l’enrouement et l’aphonie, qui consistent dans le défaut d’action nerveuse : s’ils succèdent à une inflammation, ou à la fatigue occasionnée par le chant, par des cris, il suffit d’appliquer la batterie, ou même l’appareil simple, sur la peau mouillée ; mais s’ils ont paru à la suite d’affections catarrhales, exanthématiques, rhumatisantes , arthritiques ou vénériennes, le moyen préférable est d’appliquer sur des plaies de vésicatoires l’appareil le plus simple : il agit, à la vérité, moins fortement ; mais il a l’avantage de pouvoir être supporté plus long-temps par les malades, ce qui est nécessaire alors. L’auteur ajoute que les maladies du larynx, dues à une affection lymphatique, comporteroient aussi l’usage du galvanisme , comme résolutif; mais qu’il seroit toujours essentiel d’employer en même-temps les remèdes généraux indiqués par les circonstances.
- 50. Le même moyen convient certainement dans la paralysie du sphincter de l’anus et de celui de la vessie.
- 6°. N’agiroit-il pas utilement dans l’asphyxie, qu’On peut regarder comme une paralysie momentanée î Humboldt a fait des expériences sur.
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- cet objet, avec l’appareil simple : n’est-il pas évident qu’on obtiendroit, avec la pile de Volta, des effets bien plus prononcés.
- M. Grapengiesser imagine que le galvanisme seroit aussi employé avec succès, comme résolutif, dans certaines sciatiques chroniques, dans les tumeurs blanches des articulations, dans le goëtre, dans le mélicéris et l’athérôme commençants. Il dit même en avoir retiré quelque avantage , dans un cas de métastase avec inflammation, à l’articulation du coude et à celle de la cuisse ; mais il regarde principalement le galvanisme , qui est toujours un stimulant énergique des forces vitales, comme un moyen puissant à mettre en usage, au moins comme auxiliaire, dans le traitement de beaucoup de maladies du système nerveux ; d’ailleurs, appliqué sur des vésicatoires , il agit aussi fortement, comme dérivatif.
- Après avoir offert le tableau des maladies dans lesquelles il croit le galvanisme convenable, l’auteur décrit les différentes sortes d’application qu’on en doit faire, selon la nature et le siège de chacune d’elles : il préfère, dans presque tous les cas, la batterie à l’appareil simple, comme agissant plus énergiquement.
- Dans la paralysie des extrémités, il place les conducteurs, ou sur la peau seulement mouillée,
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- ou sur la peau dénudée par des vésicatoires ; de façon que celui du pôle zinc réponde au tronc nerveux, et que celui de l’autre pôle réponde à ses principales ramifications L’expérience lui a appris que cette disposition des conducteurs est la plus avantageuse , et que dans certains cas, la paralysie a éteint l’excitabilité à un point tel, qu’on est obligé d’employer une pile de 150 couches, pour obtenir quelque effet.
- Quand on applique les conducteurs sur la peau mouillée, l’effet constant de l’action galvanique un peu prolongée, est d’augmenter la secrétion de la sérosité sur les plaies, ou de déterminer sur la peau une dépression rouge, de laquelle il ne coule pas de sang, et oii il se forme assez vite une escarre : dans tous les cas, cette application excite considérablement les forces vitales, et augmente la chaleur locale.
- A raison de la sympathie qui existe entre le nerf nazal et le nerf optique, pour stimuler ce dernier dans l’affoiblissement de la vue et dans la goutte sereine, on dispose la batterie de manière , que le conducteur du pôle cuivre se trouve en contact avec la membrane des narines, et que celui du pôle zinc réponde à Une partie mouillée ou dénudée de la peau qui recouvre le trajet du nerf frontal. Il est à remarquer que la lame métallique terminant l’un dés conducteurs, IIe. Partie. D d
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- appliquée sur la membrane nazale, y occasionne bientôt une excoriation et une sensation insupportables. Quand cet inconvénienta lieu, on porte le conducteur sur la mâchoire supérieure, près des dents molaires ; mais quelquefois il y cause encore de si vives douleurs, qu’on est obligé de l’appliquer enfin sur la peau mouillée de la joue, ayant soin de varier très-fréquemment ses points de contact avec elle.
- La manière la plus sûre d’irriter le nerf op-w tique, consiste à placer le bouton qui termine le conducteur du pôle cuivre, et encore mieux celui du pôle zinc, sur la cornée qui, avec les humeurs de l’œil, transmet, comme substance humide et conductrice, l’irritation jusqu'à la rétine.
- Il est vrai que ce mode d’application exige les plus grandes précautions, parce qu’en stimulant extrêmement fort l’organe, il excite une abondante secrétion des larmes, et occasionne quelquefois une rougeur très-vive à la conjonctive, et même, dans l’oreille, une douleur insupportable; mais souvent il détermine des contractions dans l’iris, quirestoit tout-à-fait immobile aupa^-ravant. . .
- Dans les maladies de l’organe de l’ouïe , si l’on se propose de soumettre les deux oreilles à l’action.galvanique, on adapte à l’extrémité de chacun des conducteurs une tige métallique,
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- DU GALVANISME. 4i9 Contenue dans tin tube de verre, et dont l'extrémité courbée , pourvue d’un bouton, et dépassant celle du tube, s’introduit, enveloppée de linge, dans les conduits auditifs : on laisse ces tiges en place pendant quelques minutes, une ou deux fois par jour, de manière que le conducteur du pôle zinc réponde à l’oreille la plus insensible. Les nerfs acoustiques sont ainsi très-irrités ; on croit entendre un bruit plus ou moins fort : l’ir— ritation s’étend même quelquefois jusqu’au neif optique.
- On peut aussi appliquer, sur la peau dénudée, des Vésicatoires situés derrière les oreilles, des plaques de deux ou trois centimètres d’étendue, l’une de zinc et l’autre d’argent, unies ensemble par une chaîne d’or et d’argent. On fixe ces plaques avec un ruban, et on les laisse en place pendant plusieurs heures : leur effet constant est de déterminer l’écoulement de beaucoup de sérosité, et de donner lieu, du côté du zinc, à la formation d’une escarre, dont on aide la chute par les moyens appropriés, pour çenouveler ensuite, selon l’avis de l’auteur, les mêmes applications. Il arrive quelquefois que l’ouïe se rétablit pendant le séjour des plaques sur la peau ; mais l’auteur convient que cet effet est rarement durable.
- Quand il ne s’agit d’exciter l’action galvanique que sur une oreille, on n’ajuste que de ce côté Dd z
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- la tige du conducteur qui vient d’être décrite, et pour completter la chaîne, il suffit de porter la main mouillée à l’autre pôle de la pile, ou de faire répondre le second conducteur à un vésicatoire derrière l’oreille malade ; ou mieux encore , on porte, derrière le voile du palais, sur la trompe d’Eustache, le second conducteur terminé par la tige précédemment indiquée. Ce mode d’application sur une seule oreille, est le plus énergique, et il est toujours sans inconvénient.
- Pour employer le galvanisme dans la paralysie de la vessie, le conducteur du pôle zinc doit se placer, chez les hommes, dans le rectum, chez les femmes, dans le vagin ; et celui de l’autre pôle doit répondre à un vésicatoire situé au-dessus du pubis.
- Dans l’enrouement, l’aphonie ancienne , les engorgemens lymphatiques, le goëtre, le rhumatisme chronique, on met en usage, selon les circonstances, l’appareil simple ou la batterie, avec ou sans vésicatoire.
- §. VII. Observations du C. Lebouvyer-Desmortiers, sur le danger du galvanisme dans le traitement des maladies. Ce physicien, membre de la société des Observateurs de l’homme , a lu, dans la séance du 28 floréal an 9, de cette société, les observations dont est question. En voici l’extrait ÿ tel
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- DU GALVANISME. 411 qu’il se trouve dans le journal de physique (1).
- « A peine , dit l’auteur, savons - nous monter l’appareil du galvanisme, et lorsque nous ignorons encore la nature de cet agent extraordinaire, nous le portons hardiment dans le système animal, sans prévoir les désordres qu’il peut y introduire, et par conséquent sans connoître les moyens d’y remédier. On sait que le galvanisme réduit promptement en gelée les parties musculeuses et tendineuses , qu’il décompose avec une énergie singulière les liqueurs animales. Les personnes qui se soumettent à son action un peu forte, ou prolongée, éprouvent différentes indispositions plus ou moins vives, plus ou moins durables, selon leur divers tempérament. Il est donc de la prudence, avant de l’appliquer au corps vivant , de chercher à connoître, par la voie de l’expérience, quelles altérations il peut causer dans les différens principes de la vie. » C’est ce que le C. Bouvyer s’est proposé d’examiner par des expériences particulières sur l’urine et sur la bile.
- Il observe que plus les liqueurs soumises au galvanisme sont composées, plus l’action et la réaction de leurs principes sur les métaux, et de ceux-ci sur elles, sont considérables. Ainsi l’eau
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- (1) Prairial an 9, page 467.
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- salée est plus active que l’eau pure, l’urine plus que l’eau salée, et la bile plus que l’urine. Le dégagement du gaz se fait avec une telle rapidité, qu’il sort par élancemens, en forme de fusée, et présente à l’œil des corpuscules alon-gés, qui semblent de nature fibreuse, comme appartenant au corps muqueux, amassé en grande quantité dans cette liqueur. Comme la bile agit fortement sur les métaux, il se fait un précipité très-abondant, que l’auteur décrit avec précision, ainsi que la manière dont il se comporte au chalumeau.
- Le galvanisme change la couleur et la pesanteur des liqueurs animales, suivant l’extrémité de la colonne avec laquelle elles sont en communication. Nous ne pouvons qu’indiquer ces résultats intéressans, disent les rédacteurs du Journal de physique, les observations du C. Bou~ vytr devant bientôt paroître, dans le premier volume des Mémoires de la société des observateurs de l’homme.
- L’auteur nous apprend que, s’étant appliqué deux fois sur les tempes les conducteurs galvaniques, il ressentit deux fortes commotions, précédées chacune d’un éclair très-vif. « A la suite de ces commotions, je m’apperçus, dit-il, que mes yeux, qui habituellement sont très-fatigués , et dans les-, quels je sens presque toujours de la chaleur et des
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- DU GALVANISME. 413 tirailleniens, n’éprouvoient plus ces petites incommodités. Mais cette espèce de guérison subite ne dura guère , et fut bientôt suivie d’une sorte d’étourdissement, d’un léger mal de tête qui ne se dissipa qu’à la fin de la journée. » .
- L’auteur, que des occupations d’une nature toute différente empêchoient pour le moment (il •écrivoit en l’an 9 ) de continuer ses observations, a cru devoir les communiquer auxsavans, quelque imparfaites qu’elles soient ; « heureux, dit-il, d’apporter quelques légers matériaux pour l’édifice de la science, aux pieds de tant d’hommes célèbres qui la perfectionnent sans cesse, et la font principalement servir au soulagement de l’humanité souffrante. »
- Ces matériaux du C. Bouvyer-des-Mortiers, sont effectivement bien légers, et ne remplissent nullement le cadre qu’il avoit annoncé dans son titre, à en juger du moins par l’extrait que nous venons de transcrire. Il s’en faut bien que l’expérience qu’il cite, prouve le danger du galvanisme ; elle manque des détails nécessaires pour faire autorité contre le moyen proposé. Au surplus , il faut attendre la publication du mémoire en entier, qui n’a pas encore paru.
- Le même C. Bouvyer a écrit de Nantes (i)v
- (1) Foyci le Journal des débats, du 6 thermidor an 9.
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- qu’il a commencé à soumettre à l’action du galvanisme le calcul urinaire. Un gravier rond, très-dur, et pesant un grain, a été totalement dissous en vingt-quatre heures. Dans un temps égal, un fragment de calcul, aussi très-dur, et pesant cinq grains, a perdu environ le cinquième dé son poids. Ces expériences ont été faites en présence des CC. Gerber, médecin, et Baca, chirurgien, qui jouissent à Nantes d’une réputation distinguée.
- §. VIII. Extrait £une lettre adressée an cit. Husson , médecin, attaché à la bibliothèque de P école de médecine de Paris : cette lettre est du cit. Oppermann, étudiant en médecine à Paris, et datée de Reims le 28 ventôse an X.
- « Au moment, dit-il, oii j’ai reçu votre lettre, j’avois encore l’espérance que mon pere , s’il ne pouvoit recouvrer l’usage entier des parties paralysées, du moins recouvreroit la voix, parce qu'e je me proposois alors de faire construire une colonne de Voha. Je l’ai fait construire en effet (1), et le premier essai en a été fait
- (1) «Les plaques de zinc furent soudées avec celles de cuivre, et j’interposai entre chacune de ces plaques ainsi doublées , un morceau d’étoffe. La plaque supérieure étoit hérissée, au centre, d’aiguilles de cuivre, et garnie, à la
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- DU GALVANISME. 415 le 9 de ce mois au matin. Elle ne m'a offert d’abord presque aucun résultat, sur-tout vers le côté paralysé de la langue : mais le soir, après avoir mis la colonne dans sa boîte de fer-blanc, et celle-ci dans une cuvette remplie d’eau, j’ai placé les extrémités des doigts du bras paralysé dans l’eau de la cuvette ; et, au moyen d’un, conducteur en argent, j’ai donné quelques étincelles sur le côté de la langue non paralysé. Je n’ai eu presque aucun effet des premières étincelles ; mais bientôt j’ai été assez étonné de voir les doigts paralysés se mouvoir, et la langue se retirer de l’extrémité du conducteur avec beaucoup de vitesse. Enhardi par ce premier succès, j’ai placé l’extrémité du conducteur du côté pa-ralisé de la langue ; d’abord je n’ai eu aucun résultat, mais bientôt aussi ce côté sentit les étincelles, et les doigts firent encore quelques mouvemens. »
- « Le lendemain 10, je recommençai l’expérience, la colonne étant placée dans l’eau. Le succès fut plus grand que celui de la première
- circonférence, de petites aspérités du même métal. Cette disposition m’a paru beaucoup plus convenable à la production des étincelles , èt par conséquent à l’effet que je desirois produire, que si la surface de la plaque supérieure eût été plane. »
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- expérience. Les muscles du bras paralysé se contractèrent avec assez de force, et la langue du côté paralysé montra qu’elle étoit très-sensible à l’effet de la machine. »
- « Le soir je répétai la même expérience, et je l’exécutai ensuite sur le pied du membre abdominal paralysé. Je le plaçai pour cela dans l’eau de la cuvette, et j’établis, au moyen d’un conducteur en fer, des rapports entre la colonne et la langue. Cette nouvelle expérience a réussi parfaitement. »
- « Le x r, je résolus de faire contracter les muscles de la face du côté paralysé. Pour y parvenir, je plaçai l’extrémité du conducteur sur les régions de la face, correspondantes au trajet des nerfs facial, sous-orbitaire et mentonnier. Tout réussit comme je l’avois espéré, et les muscles se contractèrent avec tant de force, qu’ils causèrent beaufcoup de douleur. »
- « L’expérience fut faite aussi en appliquant l'extrémité du conducteur sur les ulcères des vésicatoires placés sur les parties affectées. Le succès en fut très-grand. J’ai remarqué aussi, depuis que j’ai commencé les expériences galvaniques, que les ulcères des vésicatoires appliqués aux quatre membres, suppurent fort bien, et que l’on n’a plus besoin, comme avant, de les ranimer tous les jours. »
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- « Le 12 et le 13, j’ai continué les mêmes expériences, qui m’ont donné le même effet. Malgré leur succès, je n’ose conclure que celles que je ferai encore suffiront pour détruire, en grande partie, la maladie, parce qu’elle a été trop violente, lors de son invasion. D’ailleurs, lorsque l’on a cessé les expériences, les parties paralysées rentrent dans le même état où elles étoient avant l’application du galvanisme, et elles restent alors sans mouvement. Du côté de la langue , où j’espérois le plus , je n’ai rien gagné. »
- « J’ai repris, le 14, les expériences qui ont été continuées chaque jour exactement, jusqu’au 28. Le malade éprouvoit les plus vives douleurs, lorsqu’on dirigeoit l’extrémité du conducteur sur les ulcères des vésicatoires : alors aussi les muscles entroient dans une contraction assez violente; le membre abdominal étoit même soulevé. Ce dernier phénomène avoit également lieu, si, la main étant dans l’eau, on appliquoit l’extrémité du conducteur sur le nerf facial. »
- « En général, là sensibilité est revenue à son état naturel ; peut-être même est-elle exaltée. Les muscles ont gagné du côté de la contractilité, dans le membre abdominal seulement ; la progression se fait plus aisément ; le malade commence à se soutenir sur ses jambes, et j’ai lieu
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- d’espérer que l’emploi sagement combiné de la nouvelle électricité galvanique , pourra contribuer à rendre an bras et à l’avant-bras paralysés, une partie du mouvement. »
- « Je ne dois pas vous laisser ignorer que, dans les premiers jours de la maladie, la boucheétoit absolument de travers, que la langue étoit tirée vers la commissure gauche des lèvres, et que le côté droit de la face étoit flasque et sans énergie. Depuis les expériences , la face est dans son état naturel, la langue dans sa position ordinaire, et le malade a déjà articulé quelques mots. »
- « Je termine ma lettre par la remarque que le cuivre de ma colonne s’est considérablement oxidé ; je vous dirai aussi que les effets galvaniques ont toujours été en raison inverse de cette oxidation : ainsi, chaque jour, après avoir dé-soxidé mes plaques avec une lessive alcaline, les commotions étaient plus fortes le matin que le
- « L’eau dans laquelle plongeoitma colonne, a été d’abord pure, puis saturée de muriate de soude, et enfin de muriate d’ammoniaque. Les effets galvaniques ont été plus sensibles par l’eau saturée de ce dernier sel, que par l’eau saturée de muriate de soude, et plus par cette dernière, que par l’eau pure. »
- Cette lettre contient des détails très-curieux»
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- DU GALVANISME. 4i9 et même très-satisfaisans, sur le traitement de la paralysie par la pile galvanique; la manière dont le C. Oppermann a fait construire celle qu’il a employée, prouve son génie industrieux. Aussi a-t-il eu un succès qui surpasse ceux obtenus jusqu’ici par le même moyen, dans le traitement de la même maladie. Tous les amis de l’humanité se joindront à moi pour témoigner aux citoyens Oppermann et Husson les remerciemens qu’ils méritent, et leur sauront gré d’avoir publié cette observation.
- §. IX. Résumé sur le nouveau moyen curatif, tiré de Capplication du galvanisme. D’après tout ce qui vient d’être dit, oji est contraint d’avouer que cette application n’a'eu encore que des succès peu concluans en sa faveur, dans le traitement des maladies. On a vu plus haut que M. Creve dit s’en être servi avec quelque succès, pour distinguer la mort vraie de la mort apparente, ou de l’asphyxie. M. Hum-boldt, dans sa lettre à M. Loder , a combattu avec assez d’avantage l’opinion de Creve, et a prouvé qu’il pouvoit exister une mort partielle dans un des muscles qu’il a désigné, sans que le reste du corps y prît part, que la susceptibilité pour le stimulus méchanique peut être anéantie, sans que l’irritabilité soit en général
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- épuisée; enfin, que le stimulus galvanique, appliqué de la manière qu’il décrit, n’est pas le stimulus le plus fort que nous connoissions j car l’électricité de la bouteille de Leyde, et la pile galvanique, agissent avec encore plus de force ; ce qui rend la méthode de M. Crève un peu douteuse.
- On a encore vu que M. Pfaff a aussi proposé le stimulus galvanique dans quelques maladies , spécialement dans la paralysie du nerf optique. Comme il y a quelquefois complication de la cataracte avec l’amaurosis, dont les caractères ne sont pas toujours certains et évidens, il a conseillé d’employer le stimulus galvanique, qui est un moyen de lever les doutes. Si, dans le cas de cataracte, où la complication avec l’amaurosis n’est pas manifeste, l’application de deux excitateurs différens, d’après le procédé connu, ne produit pas de sensation particulière dans l’œil, il est plus que probable qu’il y a en même temps amaurosis : dans le cas contraire, on peut juger que cette dernière maladie n’existe pas.
- Mais c’est sur-tout M. Humboldt qui a enrichi son ouvrage (i) de quelques applications très-judicieuses à la physiologie, à la pathologie et
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- avons donné, char».
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- #DÜ GALVANISME. 43t à la thérapeutique. Il a montré que le stimulus ' galvanique influe considérablement, sur les sécrétions , les altère d’une manière très-remarquable , et qu’il peut, sous ce rapport, être employé comme un stimulus opposé, pour corriger des secrétions perverties. Il a rendu sensible, par ses expériences , une espèce d’atmosphère autour des nerfs , laquelle est attestée par beaucoup d’autres phénomènes. Enfin il est parvenu, par l’administration d’uné sorte de lavement galvanique, en établissant une communication entre la bouche et l’anus, avec du zinc et de l’argent, à rappeler à la vie de petits oiseaux frappés d’une mort apparente.
- Sans doute le galvanisme n’est pas assez puissant-pour ressusciter les morts : peut-être lui trouvera-t-on au moins la vertu de faire découvrir les signes d’une vie encore existante, chez l’homme j lorsque tout semble annoncer une mort certaine ? Cette espèce de miracle peut être attribuée au galvanisme, si l’on en croit l’auteur d’une lettre insérée dans le Journal de Paris, du 5 vendémiaire an g-M. Ver^y, après avoir déploré l’horrible abus d’enterrer trop promptement, après avoir cherché à réveiller l’attention publique sur les dangers qui en sont inséparables, dit : « Dès les premiers » instans de sa découverte, j e vis que le galvanisme » pouvoit fournir un moyen des plus faciles pour
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- » garantir chaque individu du plus horrible des » supplices. Il suffiroit pour cela d’introduire, » d’abord légèrement, dans quelque partie mus-» culaire, les pointes aiguës d’un excitateur gal-» vanique : on pourrait ensuite les enfoncer de » plus en plus, s’il ne se manifestoit aucun reste » de vitalité. J’ai différé jusqu’à présent, ajoute » M. Vtr^y, de publier cette idée, dans la triste » certitude où je suis que, malgré tous les avan-» tages et la facilité de son exécution, elle aura » le sort de mille autres propositions utiles ».
- Cela pourrait bien être ; car celle de M. Vtr\y n’a pas autant d’avantage qu’il le croit, et le moyen qu’il indique n’est pas aussi efficace qu’il le prétend. On n’a pas encore été à même d’observer , sur les parties de l’homme , dépourvues de tout sentiment, de tout mouvement, les mêmes effets qu’on a apperçus sur celles de certains animaux dans un semblable état ; il est même plus que probable, d’après la connoissance exacte qu’on a de la structure des premières, que les expériences galvaniques tentées sur ces parties, ne donneraient pas les mêmes résultats qu’elles donnent sur celles des animaux. Pourquoi d’ailleurs avoir recours à un moyen incertain pour s’assurer de la certitude de la mort, lorsque l’on en a de plus certains, de plus efficaces, et qui, lorsqu’on les emploie, ne laissent plus de doute ?
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- £>Ü GALVANISME. 43J g.X.LeC, Famin, frappé du danger quepeuvcnt (courir certaines personnes peu versées dans l’exercice des expériences galvaniques, a cru devoir consigner, dans le Journal de Paris du-6 vendémiaire an 9, une observation essentielle, relative à ces expériences. Il prétend qu’il ne faut les répéter qu’avec précaution, et attendre, que l’Ecole de médecine, qui s’en occupe, ait donné son opinion sur la cause des effets singuliers que pro* duit le galvanisme. 11 dit avoir traité avecsuccès plu* sieurs malades> par le moyen de l'électricité, mais qu’il a très-rarement employé les commotions. Celles du galvanisme lui paraissent pour le moins, aussi dangereuses, et voici comme il le prouve. « On » sait, dit-il, que si l’on pose une pièce d’argent » au bas des gencives inférieures, et une pièce » de zinc au haut des gencives supérieures, on ». voit des éclairs phosphoriques, toutes les fois » qu’on met ces deux pièces en contact. Hé bien ! » un jeune homme, à qui je montrais dette ex* » périence, et qui l’a répétée plusieurs fois de » suite sur lui-même , a eu pendant 14 heures les » mâchoires si affaiblies, qu’il ne mangeoit qu’a* » vec peine, et qu’il luisembloit que toutes ses » dents remuoient dans leurs alvéoles. Il est bien » sûr, d’après cètte expérience, une des plus » simples du galvanisme, qu’une forte commo-» tion, produite par des piles de zinc et d’argent, IIe, Partie, E e
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- » peut être suivie de quelques effets funestes,' » sur-tout chez les personnes dont le genre ner-» veux est très-sensible et très-irritable. »
- §. XI. On lit encore dans plusieurs journaux (i) que la gazette suisse a donné la relation de l’effet produit, par les procédés galvaniques, sur une jeune fille de Bâle, épileptique , sourde et muette, et qui, dit-on, après quelques séances, a recouvré l’ouïe et la parole. On pourroit répondre : propos de galette; mais le mot recouvre faisant entendre que, chez cette fille, les facultés , dont il est question, n’étoient que suspendues, l’effet, s’il a eu lieu, est bien moins surprenant.
- Ces prétendues cures, consignées dans des j ournaux, dans des gazettes, d’après des lettres anonymes, et sur la foi d’auteurs qu’on ne cite pas, ne peuvent inspirer aucune confiance à l’homme de l’art, qui ne doit porter .son jugement que sur des faits authentiques, bien détaillés, et avoués par la raison. Quand il s’agit des sciences, et sur-tout de celle de la Inédecine, il faut que les preuves qu’on allègue, les observations qu’on rapporte à l’appui , ne contiennent rien d’obscur, rien
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- DU GALVANISME. 435 qui répugne à la théorie et à l’expérience. Sont-ce là les qualités qui caractérisent la plupart des faits cités dans les journaux, relativement aux guérisons attribuées au galvanisme ? Non sans doute: presque par-tout ce sont des ouï-dires, comme dans ce que nous venons de transcrire, tiré de la Gazette suisse , comme dans ce qu’on lit (Journal de Paris du 27 ventôse de cette année ), et qui, à bien des égards, mérite d’être relevé, sans que nos reproches puissent tomber sur le rédacteur du journal.
- « Il y a près d’un an, dit un anonyme, ou si l’on veut un sourd, suivant la signature, que les journaux nous ont entretenu de cures surprenantes , Opérées à Berlin, par le moyen du galvanisme, sur des personnes attaquées de surdité; plus récemment encore, des lettres d’Eutin en Holstein et de la Suisse, annoncent que des médecins y ont obtenu les résultats les plus favorables, par le moyen de ce nouveau fluide. 11 est bien étonnant qu’en France, et sur-tout à Paris,’qui est le centre des sciences, on ne se soit pas encore occupé ( du moins les journaux n’en ont pas encoreJ fait mention ) d’une découverte si précieuse à l’humanité, et qui pourrait rendre à la société une foule de malheureux qui gémissent de ne pouvoir jouir de ses avantages... Si quelques médecins de Paris se sont déjà Ee 2
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- occupés de ce nouveau traitement, et qu’ils aient obtenu quelques résultats satisfaisans, ils sont priés; de se faire connoître , soit par la voie de ce journal, . soit en envoyant .leur nom et leur adresse au rédacteur. J’irai alors, volontiers m’offrir à eux pour faire une nouvelle épreuve du galvanisme, qui paroît avoir eu de si grands succès dans les pays étrangers. »
- Cet article n’est rien moins qu’exact. D’abord sa fin a l’air d’un persifflage sur les médecins de Paris, qui ne mérite .pas de réponse. Ensuite, si Panonyme parle sérieusement, il est peu instruit, quand il avance qu’à Paris on ne s’est pas encore occupé de l’application du galvanisme au traitement des maladies, et.qu’aucun journal n’en a fait mention. S’il eût consulté le Bulletin de la société philomatique , et le Journal de médecine, où sont détaillées les expériences intéressantes tentées à ce sujet , à l’Ecole de médecine, par le professeur Haïti, et par lé C. Thillaye, expériences que j’ai rapportées ci-dessus; s’il eût connu tout, ce que nous venons d’exposer dans ce chapitre, il eût été plus réservé dans, ses assertions. : Il est vrai que le professeur Haiti a décrit, simplement ce qu’il, a fait, çequi. en est résulté, et qu’il s’est bien gardé d’annoncer des succès, qui ne sont pas constans, dont le temps-seul -peut assurer l’efficacité et la durée, et démontrer dans les
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- phénomènes galvaniques, un nouveau moyen de combattre'les maladies. Ce seroit sans doute un grand îhonheur pour l’humanité, si, comme le dit. l’anonyme, cette découverte pouvoit rendre à la société une foule de malheureux-, qui gémissent de ne pouvoir jouir de ses avantages. Mais ce temps n’est pas encore venu; attendons, espérons, et n’anticipons pas sur l’avenir par-des promesses, par de fausses annonces, que la raison et l’expérience , .d’accord avec elle-, - répudient.
- Au moment où je finis cette-réponse, je reçois le Journal de Paris du 3 germinal, qui en contient une du C. Robertson., que je transcris ici, telle qu’il l’a rédigée.
- « Les Allemands n’ont certainement pas été les premiers à administrer le galvanisme, comme moyen curatif de la surdité. Si les François ont donné moins de publicité à leurs travaux, c’est que les connoissances physiques étant ici plus généralement répandues, la confiance ne s’établit qu’après des succès multipliés. J’en ai déjà cité quelques-uns dans mes précédens mémoires. >»
- « L’intérêt connu que M. Volta a bien voulu m’accorder, pendant son séjour à Paris, et les insta.ns d’instruction qu'il m’a prodigués, m’ayant mis à même de suivre pas à pas cette importante découverte, je crois devoir faire connoître à la personne qui, dans votre journal, réclame leSf
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- secours du galvanisme, que depuis long-temps je n’ai cessé de galvaniser et d’électriser les personnes qui, d’après l’avis d’un médecin, pouvoient, avoir besoin de ce fluide. »
- Ajoutons que le C. Robertson,des expériences duquel nous avons rendu compte (i), en fait dans ce moment de très-intéressantes , et qui doivent sans doute avancer nos connoissances sur le galvanisme. Il vient de monter des piles métalliques, au nombre de 2,500 plaques de zinc, et autant en cuivre rosette. « Nous parlerons incessamment, disent les auteurs du journal de Paris (2), de ses résultats, ainsi que d’une expérience nouvelle qu’il a faite, avec deux charbons ar-dens. Le premier étant placé à la base d’une colonne de 120 élémens de zinc et argent, et le second communiquant avec le sommet de la pile, ils ont donné, au moment de leur réunion, une étincelle brillante d’une extrême blancheur, qui a été apperçue par toute la société. »
- N. B. « M. le professeur Rafr a lu, le 8 mai 1801, dit le rédacteur du Magasin encyclopédique (1),
- (1) Ire. partie, pag. 294 et suiv. — II'. partie, page 31Ï.
- (2) Du 22 ventôse an 10.
- (?) N°» *9 » ventôse an 10, page 570.
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- DU GALVANISME. 439 à l’académie des sciences de Copenhague, la continuation de ses expériences, relatives à la végétation. Il y a sur-tout été question de l’influence du galvanisme sur les plantes , et le sujet a fourni à l’auteur l’occasion de parler en même-temps de l’influence du fluide galvanique sur les
- Des détails plus étendus auroient été plus sa-tisfàisans.
- P. S. Des personnes, qui croient qu’une histoire quelconque ne doit être publiée que lorsqu’elle est absolument terminée, c’est-à-dire,, lorsque tous les faits, ou autres objets qui y ont rapport, sont recueillis, objecteront peut-être que j’aurois pu et même dû encore différer la publication de l’histoire du galvanisme, attendu qu’il est très-probable que les différens journaux, oit j’ai principalement puisé pour mon travail, contiendront bientôt de nouveaux matériaux, relatifs au même sujet.
- Je réponds à cette objection, i°. qu’en fait de sciences, on ne publieroit jamais leur histoire, s’il falloit attendre que tout ce qui leur est relatif fût connu, puisque tous les joins leurs progrès se propagent par des écrits nouveaux; 20. que l’histoire du galvanisme, qui paraît aujourd’hui, est desirée depuis très-long-temps, et qu’elle Ee 4
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- 440 HISTOIRE DU GALVANISME, est déjà assez complette, pour qu’on sache à quoi s’en tenir à ce sujet, sur-tout depuis la dernière découverte de Voka ; 3 °. que différer encore « parce qu’il peut survenir de nouveaux travaux de physiciens ou de médecins, qui pourront présenter de nouvelles vues, ce seroit reculer à une époque indéfiniment déterminée, la publication d’un ouvrage, à la rédaction duquel j’ai apporté les plus grands soins, pour lui mériter l’accueil du public, et qui, tel qu’il est, peut fixer les idées sur la nature et les effets du galvanisme.
- Au surplus, si de nouveaux matériaux nous obligent de publier une troisième partie, comme elle sera composée de matières nouvelles et différentes de celles des deux premières', elle leur servira de suite, et formera peut-être le complément de l’histoire du galvanisme, qui pourrait bien être plus près qu’on ne le pense, de sa fin.
- Fin de la deuxième partie.
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- TABLE,
- PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE,
- Des Auteurs cités , et des Matières contenues dans VHistoire du Galvanisme.
- j4biigoard (M. ). Observation» galvaniques sur la torpille, IIe. partie, page 95.
- Accouplement des animaux. Observations d’Humboldt à ce sujet, II. 34.
- Acides en général. S’ils augmentent l’action de la pile, n. 337.
- Acide électrique. C’est lui, suivant Brugnatelli, qui se 'dégage des conducteurs, dans l’àppâreil galvanique, II. 317. Observations chimiques de Brugnatelli sur cet acide , 320. Sa nature et ses effets, 321. Il'ne se décompose pas pour, oxider les métaux , mais il détermine leur oxîdation aux dépens de l’eau , 326. Sa grande affinité avec le ther-moxigène, 327. Quels sont lès métaux non affectés par. l’acide électrique, 328.
- Acide galvanique. Admis par Robertson dans le fluide galvanique, I. 299. Dispositions qu’il propose pour obtenir cet acide, 300.
- Acide muriatique oxigéné. Ses effets snr les nerfs et sur le cœur, I. 119, 121.
- Acide sulphurique. Celui concentré blanc, ne donne aucun gaz, I. 11 j. Manière de s’en servir, 117,
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- 442 TABLE
- Affinités. Mémoire de M. Vassalli-Eandi sur les affinités des gaz, I. 78. Sur quelques points relatifs aux recherches du Cit. Bertholet, sur les loix de l’affinité, 235. Affinités mises en ]eu par le fluide électrique, II. 232.
- Agent. Ce que Reinhold entend par ce mot, et sa division, I. 188. Deux classes d’agent ou de substances actives, IL 33.
- Air. Rôle que joue l’air atmosphérique , sur-tout à l’approche d’un orage, dans les expériences galvaniques , 1.161. Expériences pour reconnoître l’action de la pile sur l’air atmosphérique, II. 162. Sur l’absolue imperméabilité de la plaque d’air la plus mince, 203.
- Alcalis. S’ils augmentent l’action de la pile , II. 337.
- Alcali végétal. Sur sa décomposition, I. 322.
- Aldini (A/.). Neveu de Galvani. Ses ouvrages sur le galvanisme, I.67. Examen de sa théorie, 73. Expériences d’après lesquelles il annonce qu’il est persuadé qu’il y a, dans les phénomènes du galvanisme, un fluide électrique et un fluide galvanique, II. 268 , note.
- Alibert ( le C. ). Extrait de son éloge de Galvani, I. 4. Fait qu’il cite, relatif à l’irritabilité des grenouilles, 12. Notes tirées de son éloge de Galvani, qui prouvent qu’il étoit convaincu de l’identité des fluides électrique et galvanique, II. 267, note.
- Amphybies. C’est dans cette classe d’animaux qu'on a le plus souvent découvert et observé les phénomènes du galvanisme, IL 71. Le sommeil d’hiver augmente leur irritabilité, 72.
- Amputation. Expériences galvaniques faites sur des jambes amputées, I. 69, 70. IL 233.
- Angloïs. Ils sont parvenus à imiter les effets les plus singuliers du galvanisme par l’électricité ordinaire, eu
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- DES MATIÈRES. '«4, amincissant et en allongeant beaucoup les conducteurs, II. 182. D’où vient la différence apparente entre leurs expériences et les nôtres, 189.
- Animaux. Quels sont, parmi ceux vivans, les plus propres à manifesser les mouvemens de contraction, L 11. Leur électricité déterminée par Galvani , 16. Manière de les préparer pour , les expériences galvaniques, 137. Contractions excitées par leurs seules parties unies par contact, 138. Etaveo-les armatures, 140. Expériences faites dans toutes les classes d’animaux, 133. Conditions nécessaires pour produire , dans les animaux, les phénomènes galvaniques, 162. Fibre sensible et irritable, xr<!. condition, 163: Force vitale, 2'. condition, 164. Plusieurs espèces d’incitabilité chez les animaux, 163. Différées degrés, 166. Après leur mort, 167. Animaux sur lesquels l’incitabiüté du galvanisme n’a pas lieu, 171. Parties des animaux nécessaires dans l’arc, 177. Comment le fluide galvanique agit sur leurs parties organisées, 187. Il est séparé dans l’animal même, 190. Recherches sur les rapports entre l’influence galvanique et les systèmes musculaire, neryeux et vasculaire des animaux, 208.
- Expériences sur les moyens de faire varier, d’énerver, et de rétablir la susceptibilité des animaux dans les expériences galvaniques, H. 28. Observations d’Humboldt sur l’accouplement des animaux, 34. Mbdtficatîbns que présentent les phénomènes galvaniques dans les organes des différentes classes d’animaux , 36. C’est dans la classe des animaux amphybies qu’on a le plus souvent observé les phénomènes du galvanisme, 71.
- Annales de chimie. Citées, I. 20, 259* 293. IL 101, 123, 161, 241, 268, 290, 306.
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- Antimoine. Nouvelle mine d’antimoine, découverte dans la province de Galice, II. aji.
- Anus. Communication établie entre la bouche et l’anu* par l’irritation métallique, H. 78.
- Appareil galvanique. Description du premier qu’a in-* venté Volta, I. 245. Sa lettre, à ce sujet, au C. Do<-, lomieu, 246, note. Rapports de cet appareil avec l’organe électrique de la torpille, 231. Mémoire et description de cet appareil, par le C. Biron, 257. Observations de M. Desormes, sur l’appareil dé Volta, 259.' Usage des bocaux, 260. Remarques de M. Ermaa, sur. les phénomènes, de la colonne de Volta, 262. . Expérience faite avec l’appareil à. couronnes de tasses., 277, et II.209, 211. Effets des appareils de Vola sur le fluide électrique, I. 280. Arrangement de disques d’un seul métal, et de fluides, analogue à l’appareil galvanique? .ou électrique de Volta, 327.
- Disposition des appareils pour les expériences faites a; l’École de Médecine de Paris , II. 3. L’appareil vertical, ou la pile , est plus énergique dans ses effets , 4. Effets produits par cet appareil, 3. Sur quelques propriétés de l’appareil galvanique , 161. Effets des nouveaux appareils sur le vi-sage >197* Comment ori explique l’électricité qui résulte de ces appareils, 200: Appareil galvanique avec le charbon et le, zinc, 207. Appareil formé sans le secours d’aucun, mén tal, avec le charbon et le schiste, 208. Description d’un nouvel appareil galvanico-chimique, et des expériences auxquelles il a donné lieu, par M. Simon, 241. Sur 1 appareil à pile de coupes, 318. Expériences faites avec l’appareil de Volta, appellé à chapelet de tasses, 323, Résultats des effets produits par le premier appareil de .Volta, 385.
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- DES MATIÈRES, uf
- 'Are. Conditions qui y sont requises; s’il est toujours nécessaire; et quelles sont les parties des animaux qu’il doit toucher, I. 175. Il n’est pas toujours nécessaire suivant Humboldt, 176. Parties des animaux néces-' saires dans l’arc, 177. Parties qui constituent l’arc; de leur nature et de leur force, idem. Divers phénomènes galvaniques, d’après l’arrangement divers de l’arc, 184-Remarques sur sa longueur.,. 186. Effets dè la concurrence de deux arcs, 187. tComment on modifie les phénomènes, en appliquant .l’arc sur l’animal, 191.
- Division de l’arc en animal et en excitateur, U. 15. Parties essentielles de l’arc animal, dans le cercle galvanique, et disposition de ces parties entre elles, 18. Preuves qui résultent des expériences à ce sujet, 19. Des parties de l’arc excitateur; de la nature et des dispositions de ces parties entre elles ', 21. Réflexions résultantes de cet article , et ce qu’elles tendent à prouver ,22. Des deux arcs qui composent le cercle galvanique, 24. Réflexions, auxquelles donnent lieu les expériences contenues dans cet article, 26.
- Archives du Nord, par le Pr. Pfaff, citées, U. 99.'
- Argent. Un des métaux qui produit le plus d’effet dans les expériences galvaniques , cité dans nombre d’endroits de cette histoire.
- Armature. Ce qu’on entend par ce mot, et ses espèces, I. 136, note. Effets des armatures sur les animaux et sur les hommes vivans, 140. Armatures humides et armatures sèches; celles hétérogènes et celles homogènes, 142. L’application des armatures a lieu dans trois états différens, 152. Si leur grandeur, augmente l«s phénomènes, 183.
- Art de guérir. Voyez, Médecine,
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- 446 TABLE
- Artères. Pouvoir du fluide galvanique sur Ces vaisseaux , I. 148, 213. Autres essair sur ces mêmes vaisseaux avec leurs nerfs, 216. Expériences galvaniques de Julii et Rossi, sur les artères, 333. Discussions élevées sur leur ligature, II. 66.
- Asphyxie. Son effet sur les organes musculaires, et expériences à ce sujet, II. 29. Résultats de-ces expériences, 30.' Réflexions relatives ,31. Application du galvanisme, pour distinguer la mort de l’asphyxie, 383. Objections proposées à ce sujet, 384.
- Attractions. 3 e. effet Sur les corps brutes, produit par la pile galvanique -, II. 6. Expériences relatives à l’attraction, 119. Découverte du C. Gautherot sur l’attraction galvanique, 203.
- B.
- Berlinghieri Vacca,(Af.). Ses travaux sur le galvanisme , I. 80. Ses expériences sur les nerfs , 172.
- Berthollet ( le C. ). Discussion sur quelques points relatifs à ses recherches sur les loix de l’affinité, I. 233; Son opinion sur la théorie chimique de la nature de i’eau, II, 186.
- Bibliothèque Britannique. Journal plusieurs fois cité dans cet ouvrage.
- Bichat ( le C. ). Expériences et observations1 sur le galvanisme , II. 216. Son- opinion différente de celle d’Humboldt relativement aux expériences sur le cœur, 219. Ses expériences sur l’estomac, les intestins, la vessie et la matrice, 223.
- Biot ( le C. ). Sur quelques propriétés de l’appareil galvanique, II. 161. Son mémoire sur le mouvement du fluide galvanique, 163. Preuve tirée de ce mémoire
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- D E S M A T I É R E S. 447
- qu’il avoit déjà soupçonné l’identité des fluides galvanique et électrique, 266, note. Extrait de son rapport sur le mémoire de Volta, relatif à l’identité des fluides électrique et galvanique, 282.
- Biron (le C.). Son mémoire, lu à l’Institut national, sur l’appareil et les expériences de Volta, I. 257. Description de cet appareil, Idem.
- Bocaux. Leur usage dans les appareils électrique et galvanique , I. 260.
- Bousier ( le C. ). Son mémoire sur la décomposition de l'eau par les substances métalliques, I. 234. Ses expériences, 233. Il discute quelques points relatifs aux recherches du C. Berthollet, sur les loix de l’affinité, ld.
- Bonaparte ( premier Consul ). Ses propositions à l’Institut, relatives à Volta et au galvanisme, II. 263.
- Bouche. Communication établie entre la bouche et l’anus, par les irritations métalliques, II. 78.
- Bourguet ( M. ). Ses expériences, à Berlin*, sur le galvanisme, II. 144.
- Bouteille de Leyde. Expériences particulières que fait Volta avec cette bouteille, I. 278. Précautions à prendre alors, 279.
- Brugnatclli ( M. ). Il établit à Pavie une théorie semblable à celle de Robertson; tandis que celui-ci établis— soit la sienne à Paris, I. 505. Il vient à. Paris avec Volta, pour faire des expériences, II. 263. Nouvelles expériences galvaniques, 316. Observations chimiques sur l’acide électrique, 320.
- Bulletin de la Société philomatique. Plusieurs ibis cité.
- Butet (le C.). Sa notice des principaux résultats obtenus sur l’électricité galvanique, par les expériences faites à l’école de médecine de Paris ,11. 11.
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- TABLE
- C.
- Cadavres. Expériences galvaniques sur ceux des malheureux guillotinés, II. 221. Expériences galvaniques sur des cadavres, dont lès sujets étoient morts d’affections scorbutique ou inflammatoire, 333. Conclusions à ce sujet, 233.
- Calcul urinaire. Expériences galvaniques sur ce calcul, ÏL 4a3.
- Calorique. Comment il est considéré par le C. Josse, I. 99.
- Carliste ( M. ). Recherches et expériences Sut le galvanisme, I. 282. Résumé de ses expériences, II. 184.'
- Cataracte. Moyen galvanique à employer pour rêcon-noître si elle peut être opérée avec succès, II. 406, 428.
- Cercle galvanique. Causés étrangères à sa composition, et des deux arcs qui le forment, II. 24. Réflexions auxquelles ont conduit les expérîence's détaillées dans cet article, 26. “ '
- Cerveau.- Expériences galvaniques qui prouvent que faction du cœur esr indépendante de celle du cerveau,
- H. 217. L’interruption des fonctions organiques est uft 'effet direct de l’action cérébrale, 224, Expériences à ce Sujet Sur les animaux à sang rouge, tant chaud que Roid , A23, 228.
- Chaleur animale. Extrait des recherches du C. Josse sur ce sujet, I. 98.
- Champignons. S’ils ont une propriété conductrice, approchante de celle de la chair musculaire ', II; 49.
- Charbon. Considéré comme conducteur de l’électricité,
- I. 6j. Expériences de Volta sur les métaux et les charbons de bois, 240. Expériences sur la faculté conductrice
- ' du
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- TABLE DES MATIÈRES. 449 Ùu charbon, II. ao6. Batterie galvanique avec le charbon et le zinc , 207. Autres corps conducteurs avec le charbon, 208-. Appareil galvanique formé, sans métal j avec le charbon et le schiste j 208.
- Charles ( le C. ). Son idée sur l’électricité et le galvanisme) II) 1901 '
- Chaux métallique. Cè que c’étoit anciennement, I; 202, note.
- Chimii. Sa fausse application à la physiologie) II. 100. Sur la chimie vitale) toi. Explication, différente de celle d’Humboldt, sur les effets des matières chimiques sur la fibre) 102. Quand et comment le galvanisme a-C-il commencé à entrer dans le domaine de la chimie, 154. Application des faits relatifs, 156. Lès effets chimiques qtfe présente le galvanisme, he sont pas distincts de ceux de l’électricité, 181.
- Circuit galvanique. Voyei Arc, Galvanisme. Circuit .Voltaïque, II. 340.
- Cœur. Expériences de Fontana sur le mouvement musculaire du cœur -, I. 63 , 64. Autres expériences sur le Cœur, 143. Autres expériences pour connoître si, étant indépendant de la Volonté dans ses mouvemens, il est plus susceptible que les autres muscles de l’influence galvanique, 21b.
- Expériences galvaniques sur ie cœur, II. 8 3. Effet que produit le cœur de là grenouille, encore rempli de sang, 106.' Expériences galvaniques qui prouvent que le cœur est toujours indépendant de l’action cérébrale, et qu’il diffère, ainsi que les autres muscles de la vie organique, sous le rapport de leur susceptibilité galvanique ) des muscles divers de la vie animale, 217. Opinion différente de Bichat ) dé celte-d’Humboldt, sur le résultat de ses expériences, 2r<,, IIe. Partie, F f
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- 450 TABLE
- Expériences sur les animaux à sang rouge et froid, 217,
- Expériences sur les animaux à sang rouge et chaud, 220*
- Quel est le seul moyen , selon Bichat, de produire
- efficacement sur le cœur les phénomènes galvaniques,
- 223.
- Collaborateurs. Avantages pour la science, quand leurs recherches sont faites, sans qu’il y ait entr’eux de communication immédiate, I. 307.
- Colonnes galvaniques. Sur celles qu’a employées M. Er-ttian , 1.263. Sur celles qu’a employées Robertson, 301..
- Colonne tournante de l’invention de M. le comte de Pusckin, II. 238. Détail et résultat de l’expérience de la charge d’une grande batterie, par un contact très-court de la colonne, 291. Preuve que le courant mu par la colonne de Volta a une vitesse énorme, et qui surpasse toute imagination, 297. Colonnes particulières construites, 298. Effets de ces colonnes, 299. Point capital pour avoir ces effets, et résultats des recherches de M. Van Marum , sur les causes du plus grand effet des larges colonnes, 301. Détails des expériences qu’il a faites pour expliquer d’où vient que les colonnes font plus d’effets , quand les substances humides contiennent du muriate d’ammoniaque, 302. L’oxidation des métaux Contribue beaucoup à augmenter l’effet de la colonne, 303. Expériences sur les divers effets de la colonne dans le vide, 306. Autres expériences sur des colonnes dont les cartons étoient trempés dans des solutions nullement propre? à oxider les métaux, 308. Expériences sur la colonne électrique de Volta, Idem. Description de la colonne portative dont se sert habituellement Volta, 369. Voyez Appareil, Pile.
- Commotion. Effet de la pile galvanique sur les corps
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- DES MATIÈRES. 4îi animés, II. 7. Ce qui est nécessaire pour éprouver la commotion, 13. D’oit elle dépend, 166. L’intensité de la commotion galvanique est en raison de la surface des mains et des bras mouillés par de l’eau salée, 255.
- Condensateurs. Usage de ceux dont se sert Volta, I. 275. Expérience faite par Nicholson, avec un condensateur de Volta, 288.
- Conducteur. Ce que c’est, I. 178. Remarques spr la faculté conductrice, 202. Expériences relatives aux conducteurs homogènes, II. 33. La longueur du conducteur né paroît pas devoir être limitée, 60. Table des substances conductrices, et de celles isolantes du fluide galvanique, Idem. Expériences avec les substances conductrices animées, 65. Les Anglois sont parvenus à imiter les objets les plus singuliers du galvanisme, en amincissant et en allongeant les conducteurs, 182. Sur les corps conducteurs des effets du galvanisme, 204. Corps conducteurs avec le charbon , 208. Idées de Volta sur une troisième classe de corps conducteurs, 281.
- Contractions musculaires. Leur explication, I, 10. Si elles résultent des deux électricités différentes, la positive et la négative, 13. Réflexions sur la contraction musculaire, 108. Contractions musculaires excitées par les substances seules animales , unies par contact , 138. Contractions excitées par des substances hétérogènes non animales , 140. Contractions excitées dans les animaux disséqués, en armant les muscles et les nerfs, 141. Durée des contractions galvaniques, 144. Contractions des muscles excitées par les armatures qui n’efflbràssent que les nerfs, 149. Contractions qui ont lieu, les muscles seuls étant armés, 150. Contractions excitées par des armatures ajoutées aux substances humides, diflè-Ff 2
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- 432 TABLE
- rentes du fluide galvanique, et contiguës à l’animal même, 151. Dissert. C.Joh. Car. Julii et Rossi de exci-tabilitate contractionum in partibus musculosis involuntarih, ope animalis electric'mtis. Extrait, 35o. Des contractions de la partie musculaire, excitables par les tendons, 334.
- Ce qui arrive à la contractilité musculaire, à l’approche de la mort, II, 235.
- Convulsions. Quelle espèce d’électricité convient dans les maladies convulsives, II. 381.
- Cortambert {le C. ). Son mémoire sur le galvanisme, 1.90.
- Couronne {la) de tasses. Appareil particulier de Volta, et saveur particulière qu’il procure, II. 209. Autres expériences faites avec cet appareil, an.
- Crève ( M. ). Découverte sur l’irritation métallique, I. 2*7. Il la range dans la classe des irritans chimiques. Manière dont il l’explique, ainsi que les phénomènes du galvanisme , 228. Ses recherches et ses heureux pressenti-mens à ce sujet , 229, et II. 89. Ses idées sur l’application du galvanisme à l’art de guérir, 383. Dans quel cas le moyen qu’il propose peut être utile, 402.
- Cruickshank ( M. ). Ses expériences et observations sur le galvanisme, I. 306. Ses expériences sur la décomposition de l’eau, 310. Ses remarques sur les différentes influences galvaniques, 311. Ses remarques additionnelles sur l’électricité galvanique, 313. Appareil qu’il emploie pour obtenir à part les deux gaz hydrogène et oxigène, 314. Conclusions qu’il tire de ses expériences , 315. Ses remarques sur les signes galvaniques lumineux , 317, et II. 256. Ses expériences sur quelques effets chimiques de l’électricité galvanique, II. 237.
- Cuvier ( le Professeur ). Son rapport sur le galvanisme, II. 151.
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- D E S M A T I È R E S. 453
- Cuvier ( Franç. ). Sur quelques propriétés de l’appa-pareil galvanique, II. 161.
- D.
- Davy ( M. ). Ses expériences et observations sur le galvanisme, et pour obtenir séparément l’oxigène et l’hydrogène avec des parties d’eau , qui ne seroient plus en contact l’une avec l’autre, I. 323. Moyen de reconnoître si le contact des fils métalliques avec les. disques métalliques est une condition de rigueur, 3 24. Ses conclusions, 326. Autres combinaisons galvaniques par le même, 327. Trois classes de combinaisons galvaniques qu’on peut fournir avec un seul métal, 329,' Résultats , Idem. Appareil particulier qu’il décrit, Idem.
- Moyen trouvé par M. Davy, pour faire voir que les bulles d’oxigène et d’hydrogène viennent de la même molécule d’eau, II. 183. Sa combinaison des disques d’un seul métal, avec des couches de liquides différens, 209. Son mémoire sur les phénomènes galvaniques, etc, 261. Ses expériences sur la tannerie, 344.
- Décodé philosophique. Citée II. 289.
- Décomposition d’un mixte, particulièrement de l’eau. Expériences à ce sujet, I. 233, 230. Expériences de Cruickshank sur le même sujet, 310. Réflex'ons explicatives du même à ce sujet, 316. Expériences à ce sujet de M. Henry, 320. Combinaison ou décomposition de l’eau, II. 3 . Expériences sur la décomposition de l’eau , 194. Influence des métaux dans la décomposition de l'eau, 201. Expériences sur la décomposition de l’eau par M. Van Marura , 310.
- Découvertes. Elles appartiennent en général à d’heureux hazards; mais ces hazards ne produisent que dans la tête des h'ommes de génie, I, 197.
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- 454 TABLE
- De la Mètherit ( le C. ). Ses réflexions sur l’électricité animale, I. 64. Histoire suivie du galvanisme dans ses discours préliminaires du Journal de physique, tome L1II et LTV, IL 183.
- Dents. Expériences particulières sur les dents, et phénomènes qui en résultent, IL 57.
- Desgenettes ( le C. ). Sa lettre sur l’électricité animale, I. 62. Même page en note, sur le courage qu’il a eu, ert Égypte, de s’inoculer une fièvre épidémique qu’on croyoit mortelle, afin de rassurer les esprits prévenus.
- Desormes ( M.). Ses observations sur l’appareil galvanique de Volta, I. 259. Détermination du véritable élément de la pile, U. 188.
- Diaphragme. Expériences particulières sur ce muscle, I. 334. Il est, dans les animaux à sang rouge et chaud , le muscle le plus aisément irritable, II. 45.
- Dumas ( le C. ). Ses réflexions et observatiens sur le galvanisme, IL 229. Ce qu’il dit au sujet de l’opinion d’Humboldt et de celle de Fowler, 231.
- Dupuytren ( le C. ). Note sur les usages des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs, II. 248. Ses expériences sur les usages des nerfs de la langue, 249.
- Eau. Sur sa décomposition par les substances métal-liqués, I. 234. Expériences à ce sujet, 235. Si l’électricité produite est dûe à la décomposition de l’eau, 259. La simple décomposition de l’eau par des fils de platine, sans oxidation de métal, offre le moyen d’obtenir les gaz séparés l’un de l’autre. Expérience à ce sujet, 290. Expériences de Cruickshank sur la décomposition de l’eau, 310. Réflexions et explications du meme
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- à ce sujet, 316. Expériences à ce sujet, de M. Henry, 320.
- Combinaison , ou décomposition de l’eau, H. 3. Preuve que l’eau est par elle-même un conducteur imparfait du galvanisme, 176. Moyen trouvé par M. Da-vy, pour faire voir que les bulles d’oxigène et d’hydrogène viennent de la même molécule d’eau, 183. Expériences sur la décomposition de l’eau, 194. Influence des métaux dans la décomposition de l’eau , 201. Expériences sur le pouvoir conducteur de l’eau dans des tubes de verre, 203. Résolution de l’eau en gaz oxigène et hydrogène par le fluide galvanique, 254. Mémoire à ce sujet, de M. Van Hauch, 253. Expériences sur la décomposition de l’eau , par M. V40 Marum , 310.
- Eclair galvanique. Ce que c’est, I. 246, note.
- Ecole de médecine de Paris. Détail des expériences qui y ont été faites sur le galvanisme, II. 1. Disposition des appareils, 3. Ces expériences prouvent, sans contredit, l’analogie des phénomènes galvaniques avec seux électriques; ce qu’elles prouvent en outre, 10, 165. Notice des principaux résultats de ces expériences, par le Q Butet, u. Expériences faites à l’École de Médecine de Paris, sur le traitement des maladies, par lp moyen du galvanisme , 383. Bulletin de ces expériences, 1°. Sur la paralysie, 387/2°. Sur la surdité, 391.
- Electrates. Leur naissance par les oxides métalliques, et leurs espèces et couleurs, II. 322. Caractères chimiques des électrates'd’argent, 324. Moyen d’obtenir les électrates crystallisés, 326. Sur le passage des électrates métalliques au travers des métaux,'328.
- Electricité. Preuves que la nature a quelque moyen pour, Ff4
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- 4TABLE la conserver et la rerenir accumulée dans quelque parti'? du corps animal, afin de s’en servir dans ses besoins , I. 2. Expériences de Galvani sur l’électricité positive et sur celle négative, 13. Usage de l’électricité atmosphérique dans le traitement des maladies, 18. Quels sont les meilleurs conducteurs de l’électricité, 63. Argumens qu’emploie Fowler, pour prouver que l’électricité et le galvanisme sont deux agens différens, 203. Fait particulier, qu’il rapporte à ce sujet, 206. Lettre de Volta sur les fluides électrique et galvanique, 268. Expériences à ce sujet , 270, 277. Effet des appareils de Volta sur le fluide élec-. trique, et leur supériorité sur les machines électriques , 280. ïjote sur un phénomène très-singulier de l’électricité , 309.
- Analogie entre les phénomènes galvaniques et ceux élec-* triques , II. 10. Premiers essais de comparaison entré- les phénomènes galvaniques et les phénomènes électriques, 32. Expériences de Ritter, pour prouver l’identité du galvanisme et de l’éleçtricité, lie/. Doutes sur l’identité du galvanisme avec l’électricité, 133. Différentes preuves à cet égard d’analogie, 179. Les loix du mouvement sont, à cet égard , les mêmes , 180. Les effets chimiques du galvanisme ne sont pas entièrement distincts de l’électricité, 181. Idée du Ç. Charles sur le galvanisme et sur l’électricité, 390. Expériences de M. Wollaston sur la production chimique et l’influence de l’électricité, 193, Ses expériences pour prouver que l’oxidation du métal est la cause principale des phénomènes électriques, 194. Similitude et origine commune des effets de l'électricité et de 1? pile, 196. Comment lç C. Gautherot explique l’éleçtricité qui résulte des nouveaux appareils , 200. Électricité souterraine dans les minéraux, 232. Sur l’électricité positive et négative ? 236. Effets chimiquesdç l’électriçité
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- galvanique, 257. Détermination des degrés de force que l’électricité reçoit du contact de deux métaux de nature différente, 272. Preuves à ce sujet, 278. Tableau rapide des progrès de l’électricité, depuis sa naissance jusqu’à la découverte de Galvahi, par le C. Biot, 288.1 Comment on enflamme les métaux par la batterie électrique, 343. Opinion de Galvani sur la manière d’administrer l’électricité comme remède, 380. Quelle espèce d’électricité convient dans les maladies convulsives, 381.
- Electricité animale. Ce que c’est, I. 16. Deux lettres anonymes à ce sujet, dans le journal de Brugnatelli, 20. D’où dépendent ses phénomènes, idem. Expériences de Valli sur l’électricité animale, 31. Procès-verbal de ces expériences, 32. Opinion de Mauduyt sur ces expériences, 40. Extrait de la 1". lettre de Vajli sur l’électricité animale, 41. Extrait de sa 2e. lettre, 42. Extrait de sa 3 e. lettre, 48. Extrait de sa 4E. lettre, 30. Extrait de sa 3e. lettre, 32. Extrait de sa 6'. lettre, 33. Extrait de sa 7'. lettre, 36. Extrait de sa 8e.'lettre, 37. Extrait de sa 9'. lettre, 39. Nouveaux faits de Valli, 61. Lettre de Desgenettes sur l’électricité animale, 62. Réflexions sur le même sujet , par M. de la Métherie, 64. Nomenclature d’autres ouvrages sur l’électricité animale, 67. Lettre du C. Tourdes, 68. Lettre de Vassalli-Eandi, sur le même sujet, 73. Lettre de Berlinghiéri, sur le même sujet, 80. Idées de Volta sur l’électricité animale, 243. Dissert. Joh. Car. Julii et Rossi , de excitabïlitate contractionum in par-tibus musculosis involuntariis; extrait, 330. Règle générale sur l’électricité animale, 332.
- Electromètre. Sur ceux imaginés par Volta, I.270. Fausses conclusions tirées de leur usage, II. 338. Remarques sur pn électromètre particulier de Volta, 331.
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- Epilepsie. Sur ce qu’on observe chez les épileptiques, au moment oh l’accès est prêt à paraître, II. 379.
- Erman ( A/. ) Ses remarques sur les phénomènes électrométriques de la colonne de Volta, I. 262. Pile et colonnes galvaniques qu’il emploie, 263. Détail de ses expériences, 264. Justice qu’il rend à Volta, 265.
- Estomac (Expériences galvaniques sur 1’). I. 147.
- Etincelles, Un des effets sur les corps bruts, produits par la pile galvanique, II. 6. Nature des étincelles obtenues par le -C. Thiüaye , 12. Découverte des physiciens de Berlin, au sujet de la production des étincelles, 147. S’il y a des différences entre les étincelles qui sortent et celles qui entrent, II. 299.
- Excitateurs. Ce que c’est, I. 178. Quels ils sont, 179„ Ce que peut leur forme sur les phénomènes galvaniques , *83. Caractère particulier des effets des excitateurs, 184. Voyez Arcs.
- Expériences en général. Preuve qu’elles ne sont pas vues de même, par tous ceux qui les font, II. 98.
- Expériences galvaniques. Voyez Galvanisme.
- F.
- Fabroni ( M. ). Extrait de son ouvrage sur l’irritation métallique, I. 229. Il l’attribue à une opération chimique, 230. Son explication de l’expérience de Sulzer, et comment il prouve qu'elle n’est que le résultat d’une opération chimique, et ne peut être attribuée à l’électricité, 231, 232.
- Famin ( le C. ). Sur le danger que peuvent courir certaines, personnes peu versées dans l’exercice des expériences galvaniques, II. 430.
- Fête électrique, donnée aux États-Unis par Franklin y I. 309.
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- . Fer. Expériences sur son inflammation , par le C. Fourcroy, II. 264, note. Expériences analogues de M. Van Marum, 298.
- • Feuilles d’or battu. Leur usage dans les expériences galvaniques, II. ii9.
- Fibre. Expériences sur les fibres sensibles coupées en deux, II. 66.
- Fièvre putride. Son principal caractère, 233.
- Fluide électrique. Expériences qui semblent prouver qu’il est le même que le fluide nerveux, et expériences contre, I. 92. Sur le même sujet, i9o. M. Wells attribue au fluide électrique les effets du métal frotté. Faits à ce sujet, 226. Idées de Volta sur le fluide électrique, 242. Comment il .peut être mis en mouvement, 232. Expériences sur le fluide électrique, 270, 277. Sa similitude avec le fluide galvanique, II. i49. Mémoire de Volta, lu à l'Institut, sur l’identité des fluides électrique et galvanique, 264. Opinion différente du C. Fourcroy , 264 , note. Médecins et physiciens qui avoient déjà soupçonné cette identité, 266, note. Avis contraire de M. Aldini, 268 note. Extrait du mémoire de Volta, 267. Exposé des trois principales objections, 269. Réponses de Volta, 272. Extrait du rapport du C. Biot, sur son mémoire, 282. Fait principal sur ce sujet, 284. Suppositions de Volta à ce sujet, 283. Extrait de la lettre de M. Van Marum, sur le même sujet, 290. Détails et résultats de ses expériences, faites en commun avec M. Pfaff, 291 et suiv. Remarques et réponses de M. Robertson sur le même sujet, 31I. Objections par un anonyme, 312. Réponses de Robertson, 313. Opinion à ce sujet de Gautherot, 316. Expériences sur le même sujet, par M. Brugna-
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- telli, Idem. Erreurs des physiciens sur ce fluide, 320.
- Voyez Electricien.
- Fluide galvanique. Ses phénomènes établissent une similitude remarquable entre scs propres loix, et celles inhérentes à la matière de l’électricité , I. 24. -Sur sa dénomination, 126. Discordance des auteurs sur les substances inaccessibles au fluide galvanique, 179. Sur sa nature, et comment il agit sur les parties organisées des animaux, 187. Ce qui excite les phénomènes galvaniques est-il bien appelé fluide ? Quelle est sa nature ? 189. Il est séparé dans l’animal même, 190. Comment il se porte, dans les nerfs, 192. Différentes hypothèses sur le fluide galvanique, 193. Nouvelles expériences sur le fluide galvanique, par Robertson, 294. Son appareil, 293. Observations qu’il déduit de ses expériences, 297. Celles pour connoître la nature du fluide galvanique, 298. Acide qu’il admet dans ce fluide, 299. Dispositions qu’il propose pour obtenir cet acide, 300.
- Mémoire de M. Lehot à ce sujet, II. 123. Fait particulier à ce fluide, 124. Expérience sur sa différence avec le fluide électrique, 149. Admission, par les CC. Four-croy et Vauquelin, du fluide galvanique, 1J7. Leur expérience sur sa marche , 138. Mémoire du C. Biot, sur le mouvement du fluide galvanique, 165. Modifications que produisent, dans les phénomènes galvaniques, les différentes proportions de sa masse et de sa vitesse, 168. Quelle influence, sur l'oxidation, peut avoir la vitesse de ce fluide, 171, Comment son mouvement se modifie, lorsque l’eau lui sert de conducteur, 174. Résultats, 176. Sa propriété de glisser avec facilité , sur la surface libre de l’eau, lui donne une nouvelle analogie avec l’électricité, 178. Autres résultats de çette propriété, 179, Les loix du mouve».
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- DES MATIÈRES. 46, ment de ce fluide sont les mêmes que celles de l’électricité, 180. Sa détermination vers les nerfs ou vers les muscles, établit des différences dans sa direction, 240. Conséquence qu’on en tire pour l’application du galvanisme à l’art de guérir, Idem. Extrait d’une lettre de M. Vassalli-Eandi, sur le fluide galvanique, 256. Mémoire de Volta, lu à l’Institut, sur l’identité des fluides galvanique et électrique, et extrait de ce mémoire, 264, 267. Opinion différente du C. Fourcroy, 264 note. Médecins et physiciens qui avoient déjà soupçonné cette identité, 266, note. Avis contraire de M. Aldini, 268, note. Exposé des trois principales objections, 269. Réponses de Volta , 272. Extrait du rapport du C. Biot, sur le mémoire de Volta, 282. Fait principal sur ce sujet, 284. Suppositions de Volta à ce sujet, 285. Extrait de la lettre de M. Van Marum sur le même sujet, 290. Détails et résultats de ses expériences, faites en commun avec M. Pfaff, 291 et suiv. Remarques et réponse de M. Robertson sur le même sujet, 311. Objections par un anonyme, 312. Réponses de Robertson ,313. Opinion à ce sujet, du C. Gautherot, 316. Expériences sur le même sujet, de M. Brugnatelli, Idem. V. Galvanisme.
- Fluide nerveux. Expériences qui semblent prouver qu’il est le même que le fluide électrique: et expériences contre, I. 92. Détails sur la vitesse du fluide nerveux, II. 61.
- Fonctions. Si l’interruption de celles organiques est un effet direct de l’action cérébrale, II. 224.
- Fontana ( M. ). Sa lettre sur l’électricité animale , I. 62. Son opinion sur l’espèce particulière de vie du sang, 219, 221. Ouvrage annoncé et non publié sur la découverte de Galvani, II. 264, note.
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- T A B L Ë
- Foudre ( la ). Ses effets sur les mouvemens musculaires, I. ra.
- Fourcroy ( le C. ). Ce qu’il a dit des expériences faites à l’école de médecine de Paris, II. 10. Son opinion sur la production des gaz dans des eaux séparées, 156. Fait galvanique des plus curieux et des plus importans , qu’il découvre avec les CC. Vauquelin et Thénard, x59. Résultats de leurs expériences, 160. Son opinion sur la théorie chimique de la nature de l’eau, 1S6. Explication la plus probable qu’il donne de la manière dont l’appareil de Volta agit pour opérer l’oxidation et le dégagement du gaz hydrogène, 141. Notes sur les dernières expériences galvaniques, et spécialement sur l’inflammation du fer, 264, note. Son opinion sur l’identité des fluides galvanique et électrique, Idem.
- Fowler ( M. ). Extrait de son ouvrage sur le galvanisme, I. 196. Argumens qu’il emploie pour prouver que l’électricité et le galvanisme sont deux agens diffé-rens, 205. Fait particulier qu’il rapporte à ce sujet, 206. Comment il considère les effets de l’influence galvanique sur les organes des sens, 2il. Sur les vaisseaux, 213. Sur les nerfs, 214. Ses expériences sur le sang, 220. Quelques faits isolés qui se sont présentés dans le cours de ses expériences, 222.
- Franklin. Fête qu’il fait exécuter dans les États-Unis, au moyen des phénomènes électriques, I. 309.
- Fruedlander ( M. ). Ses expériences faites en Allemagne avec l’appareil de Volta, I. 262.
- G.
- Gaillard ( le C. ). Ses expériences sur le galvanisme , I. 94.
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- Galvani ( Camille ). Un des neveux de Louis Galvani. Note de ses ouvrages, I. 6.
- Galvani ( Louis ). Abrégé de sa vie, tiré de l’éloge fait par Alibert, I. 4, Traits de sa vie privée, et sa mort le 14 frimaire de l’an 7, f. Ses premiers travaux sur le galvanisme, 9. Conclusions qu’il tire de ses premières expériences, 10. Autres expériences, ix. Celles sur l’électricité de la foudre, ia. Celles relatives à l’influence des métaux, sur les mouvamens musculaires, Idem. Ses expériences sur les électricités positive et négative, ij. Son hypothèse sur les phénomènes du galvanisme, 14. Ses recherches suc les causes des maladies, et sur leur traitement par l’électricité, 17. Ses disputes littéraires avec Volta, 19. Ses réponses à de nouvelles objections, ao. Observations curieuses et apperçus in-téressans , auxquels sa découverte a donné lieu, aj. Ses expériences sur l’hétérogénéité des métaux, aj. Ses remarques sur l’électricité de la torpille, 26. Ses autres expériences sur l’électricité animale, 28. Sur sa théorie perfectionnée par Aldini, son neveu, 73.
- Sur cette théorie et sur son éloge, II. 8f. Ses idées sur l’application du galvanisme, à l’art de guérir, 374.
- Galvanisme. Son origine, I. 1, 127. Accident imprévu qui détermina les premiers essais du galvanisme, 6. Division en deux classes des auteurs qui se sont occupés du galvanisme, 14, note. Détails de plusieurs écrits sur le galvanisme, 16, 132. Opinion deVassalli-Eandi sur le galvanisme, 71. Travaux de Berlinglieri, 80. Expérience particulière de M. PaySsé, 87. Mémoire de M. Cortambert sur le galvanisme, 90. Expériences sur le même sujet, de M. Gaillard , 94. Prix proposés sur le galvanisme, 9$. Expériences du G. J. J. Sue
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- 464 Tablé
- sur le galvanisme, 105. Expérience particulière iju’il propose, 107. Extrait des deux dissertations latines de Reinhold sur le galvanisme, 123. D’où vient, selon Reinhold, la diversité d’opinions sur le.galvanisme, 123. Des conditions nécessaires pour produire, dans les animaux, les phénomènes galvaniques, 162. Fibre sensible et irritable ; principale condition réquise dans l’animal, 163. Force vitale, a*, condition nécessaire, 164. Différences d’incitabilité chez les divers animaux, 166. Le galvanisme lui-même augmente l’incitabilité, 170. Division des substances qu’on emploie dans le galvanisme* 178. Discordance des auteurs sur les substances inaccessibles au fluide galvanique, 179. Des modifications des forces galvaniques qui suivent le mélange chimique changé dans les substances même, 181. Argument qu’emploie Fowler pour prouver que l’électricité et le galvanisme sont deux agens différens, 203. Fait particulier qu’il rapporte à ce sujet, 206. Si le magnétisme animal a quelque rapport avec l’influence du galvanisme , 207. Recherche des rapports qui peuvent exister entre cette influence et les systèmes musculaire, nerveux et vasculaire, 208. Son influence sur le système vasculaire, 213. Expériences particulières de Robison sur l’influence galvanique, 222. Manière dont Crève explique les phénomènes du galvanisme, 228. Ses recherches et ses heureux présentimens à ce sujet, 229. Travaux de Volta sur lé galvanisme, 238. Toute la magie du galvanisme consiste, selon lui, dans une électricité artificielle, 252, Détails des expériences de M. Er-man, sur le galvanisme, 264. Lettre de Volta sur les phénomènes galvaniques, 268. Expérience particulière à ce sujet,' 270. Recherches et expériences de MM.
- Nicholson
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- DES MATIÈRES. 4«s
- Nicholson et Carlisle sur le galvanisme, 182. Expériences particulières de M. Nicholson, 287. Expériences «observations de M. Robertson, 294. Ses expériences en soumettant différentes parties du corfcs au contact galvanique , et les résultats -, 297. Galvanomètre par le même , ou mesure du galvanisme, 303. Expériences et observations de M. Cruickshank, 306. Ses expériences Sur les différentes influences galvaniques, 311. Ses remarques additionnelles sur l’électricité galvanique, 313. Conclusions qu’il tire de ses expériences, 313. Il suppose que l’influence galvanique peut exister dans deux états j 316. Ses remarqués sur les signes galvaniques lumineux qui distinguent les deux pouvoirs électriques, 317. Expériences et observations de M. Henry, 320. Appareil qu’il emploie dans ses expériences, Idem. Expériences et observations de M. Davy, 325. Autres combinaisons galvaniques par le même, 327. Trois classes, 329. Résultats, Idem. Appareil particulier qu’il décrit, Idem.
- Détail des expériences sur le galvanisme , faites à l’école de médecine de Paris , II. 1. Analogie des phénomènes galvaniques, avec ceux électriques, 16. Ce qui est nécessaire pour produire les phénomènes galvaniques, 13. Causes qui péüvent influer sur le succès des expériences galvaniques, 26, 28. Prdnrers essais de comparaison entre les phénomènes galvaniques et ceux électriques, 32. Expériences supplémentaires faites par Humboldt, sous les yeux des commissaires de l’Institut national , 33. Extrait de l’ouvrage d’Humboldt sur le galvanisme, 38. Ce qu’on entend par phénomènes galvaniques, Idem. Détails d’expériences tentées sur différentes parties, 42. Résultats de ces expériences, 44. Rapport de l’irritation galvanique avec l’incitabilité et
- IIe. Partie. G g
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- 466 TABLE
- ses differens degrés ; 48. Conditions nécessaires pour que les mouvemens aient lieu dans les expériences galvaniques , 50. Signes adoptés pour représenter clairement et simplement toutes les conditions du galvanisme, etc. f j. Deux classes de substances actives, Idem. Modifications que présentent les phénomènes galvaniques, dans les organes des differentes classes d’animaux, 56. Développement des circonstances dans lesquelles les phénomènes galvaniques réussissent, 67. Expériences d’Humboldt à ce sujet, .68. Expériences galvaniques sur les intestins d’un malade attaqué d’une hernie scrotale, 81. Instructions qu’on peut en tirer, 8a. Expériences sur le cœur, 83. Causes et théories du galvanisme , 83. Celle d’Humboldt, 87. Résumé, 88. Idées de M. Crève sur l’explication du galvanisme , Idem. Matières chimiques excitatrices du galvanisme , ioa. Expériences et. observations de kitter sur le galvanisme , 112.
- Résultats, 113. Expériences par lesquelles il cherche à prouver l’identité du galvanisme et de l’électricité, 119. Mémoire de M. Van Mons , 122. Mémoire de, M. Lehot, 123. Détails de ses expériences en grand nombre, 124. Principes qu’il a déduits, et qu’il établit, 129. Ils sont confirmés par d’autres expériences, 132. Résultat assez singulier auquel elles conduisent, 141. .Exposé des moyens par lesquels ont peut augmenter l’effet de chacune des. chaînes employées, 142. Détail des expériences galvaniques faites à Berlin, 144. Découverte à ce sujet, qui appartient aux physiciens de cette ville, 146. Comment, elle a lieu, 147. Rapport sur le galvanisme,, par, le C. Cuvier, ijj, Doutes sur l’identité du galvanisme, avec l’électricité,' 153.. Comment et. quand le galvanisme a-t-il commencé à entrer
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- (dans le domaine de la chimie, 154. Explication des faits qui y sont relatifs, 156. Fait galvanique des plus curieux et des plus importans, découvert par les CC. Fourcroy, Vauquelin et Thénard, 159. Résultats de leurs expériences, 160. Les effets chimiques du galvanisme ne sont pas essentiellement distincts de ceux de l’électricité, 181. Découvertes des Anglois sur le galvanisme, 182. Différens résumés sur les expériences du galvanisme, par la société philomatique et le C. de la Métherie, 182. Idée du C. Charles sur le galvanisme et sur l’électricité, 190. Travaux et recherches du C. Gautherot sur le galvanisme , 196. Sur les corps conducteurs des effets du galvanisme, 204. Expériences et observations du C. Bichat ; 216. Réflexions et observations du C. Dumas, 229. Expériences et observations du C. Richerand, 232. Faits galvaniques particuliers à M. Pfaff, 239. Effets présumés du galvanisme dans le règne minéral, par le C. Guyton, 251. Expériences galvaniques par le C. Trommsdorff, 233. Expériences sur le galvanisme par M. le Comte de Pusckin, et sa colonne tournante, 258. Additions recueillies dans, les journaux étrangers, et indication de différens mémoires, de différentes observations et expériences sur le galvanisme , 238. Nouveaux travaux de Volta sur le galvanisme, 263. Son mémoire sur l’identité des fluides galvanique et électrique , Extrait, 267. Extrait du rapport sur ce mémoire, par le C. Biot, 282. Extrait de la lettre’ de M. Van. Mafum , sur le même sujet, 290. Remarques et réponses de M. Robertson, sur le même sujet, 311. Nouvelles expériences sur le même sujet, par M. Brugnatelli, 316. Sur les expériences nouvelles de Volta,' par M. Tilloch, 339. Exposition abrégée des Gg a
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- mêmes expériences, par le C. Hallé, 348. i*r. principe, 349. a0, principe, 334. 3*. principe, 360. Faits que démontrent les dernières expériences de Volta, et sa nouvelle théorie sur le galvanisme, 371. Détails, expériences et faits relatifs-à l'application du galvanisme dans les maladies, 372. Idées de Galvani à ce sujet, 373. Idées de M. Crève sur l’application du galvanisme à l’art de guérir, 383. Expériences faites à l’école de médecine de Paris, sur le même sujet, 383. Bulletin de ces expériences, 387. i#. Sur la paralysie, 392. 20. Sur la surdité, 391. Anomalies très - singulières dans le premier cas, 393. Note du C. Richerand sur l’emploi du galvanisme dans l’art de guérir , 394. Lettre de M. Humboldt à M. Loder, sur le même sujet, 393. Si le galvanisme peut servir à distinguer la mort qui n’est qu’apparente, de celle qui est véritable, 397, 429. Si le galvanisme a le pouvoir de rappeler à la vie les personnes, chez qui elle paroît éteinte, 403. S’il peut être regardé comme un moyen de guérir différentes maladies, 404. Usage du galvanisme pour reconnoître si la cataracte peut être opérée avec succès, 406,428. Traitement des paralysies, par le galvanisme, 408. Analyse de l’essai de Grapengiesser , sur l’emploi du galvanisme dans le traitement de quelques maladies, 409. Indication de ces maladies, 414. Manière d’appliquer le galvanisme, 416. Dans1 la goutte sereine, 417. Dans les maladies de l’organe de l’ouïe, 418. Danger du galvanisme dans le traitement des maladies, 420. Résumé et conclusion sur le nouveau moyen curatif, tiré de l’application du galvanisme, 427; Danger que peuvent courir certaines personnes peu versées dans l’exercice des expériences galvaniques, 430. Réflexions sur
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- DES MATIÈRES. <6, les prétendues cures opérées par le galvanisme, 43a.
- Galvanomètre. Mesure du galvanisme inventée par le C. Robertson, I. 303.Son usage, 304. Description d’un nouveau galvanomètre, par M. Pepys, le jeune, II. 329. Expériences qu’il a faites avec ce nouvel instrument, 331.
- Gautherot ( le C. ). Attractions qu’il a observées entre les deux fils, II. 191. Ses travaux et recherches sur le galvanisme, 196. Effets des nouveaux appareils sur ses propres organes, 197. Rapport sur son premier mémoire, lu à l’Institut le 16 nivôse an 9. 198. Ses réclamations sur le mémoire de M. Wollaston, 199, 202. Son second mémoire, du 26 ventôse an 9, et extrait du rapport fait à l’Institut, 202. Son opinion sur la cause des phénomènes galvaniques, et ses conclusions, 213. Extrait d’un rapport fait à l’Institut, sur ses différens travaux, 214. Son opinion sur les fluides galvanique et électrique, 316.
- Gai. Mémoire de Vassalli sur leurs affinités, I. 78. La simple décomposition de l’eau, par des fils de platine , sans oxidation de métal, offre le moyen d’obtenir les gaz séparés les uns des autres. Expériences à ce sujet, 290. Appareil employé par M. Cruickshanfc, pour obtenir à part le gaz oxigène et l’hydrogène , 314. Idem, 323, II. 116. Opinions sur la production des gaz dans des eaux séparées, II. 136.
- Gimnote ( le ). Ou gymnotus clcctricus. Sa structure, II. 94. Expériences de M. Walsh , sur cet animal, 96. Expériences de M. Guisart, 97.
- Goût (le). Expériences galvaniques relatives à ce sens,. I. 136, au.
- G S J.
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- 470 TABLE
- Goutte sereine. Emploi du galvanisme dans cette maladie, II. 417.
- Grapengiesser (Af,). Observations relatives à l’influence de l’irritation des nerfs sur les intestins, II. 80. Ses expériences «H Berlin sur le galvanisme, 144. Analyse de 'son essai, écrit en Allemand, sur l’emploi du galvanisme dans le traitement de quelques maladies, 409.
- Grenouilles, Pourquoi les expériences galvaniques sont le plus souvent faites sur ces animaux, I. 136. Quelles espèces de grenouilles sont les plus propres aux expériences galvaniques, II. 49. Elles ont fixé, pour leur malheur, l’attention des physiologistes, 71.
- Guisard ( M. ). Expériences qu’il a faites à Cayenne sur le gymnote, II. 97.
- Guyton ( le C. ). Effets présumés du galvanisme dans Je règne minéral, II. 2ji.
- H.
- Hachent ( le C. ). Résultats de ses expériences galvaniques, II. 160. Effets des huit grandes plaques donc il se sert. 167. Ses expériences avec le C. Thénard, sur l’inflammation des métaux par la pile galvanique , 345. Expériences qu’il a faites avec la colonne portative de Volta, 371.
- Halle ( le C. ), Il a toujours dirigé les expériences galvaniques faites à l’école de médecine de Paris, II. a. Extrait de son rapport intitulé : Compte rendu à l'Institut national sur le galvanisme , 14.
- Division des articles de ce compte, et ce que chacun contient, 16. Résultats des expériences qu’ils renferment, 34, Exposition abrégée des expériences nouvelles de Volta, 348. Les expériences faites à l’école de
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- D E S M A T I È R E S. 47t médecine, relatives à l’application du galvanisme dans le traitement des maladies, ont été faites d’après ses vues et sous sa direction, 386.
- Hasscnfrat£ ( le C. ). Son expérience relative à la théorie chimique de la nature de Peau, II. 186. Attraction qu’il a observée entre les deux fils, 191.
- # Helwige ( M. ). Ses expériences à Berlin sur le galvanisme, II. 144.
- Henry ( M. ). Expériences et observations sur le galvanisme, I. 320. Appareil qu’il emploie, Idem. Ses expériences sur la décomposition de l’eau, Idem. Sur la décomposition de la potasse, 321. Sur la décomposition de l’alcali végétal, 322.
- Hernie scrotale. Observation particulière à ce sujet, H. 80.
- Homme. Expériences galvaniques sur l’homme, II.
- 73-
- Huile de tartre par défaillance. Ses effets dans les expériences galvaniques, II. 107. Expérience particulière à ce sujet, 108.
- Humboldt (M.). Sa découverte sur l’irritabilité végétale, I. 117. Ses expériences sur le degré d’irritabilité d’un animal galvanisé, 119. Il prouve que l’arc animal n’est pas toujours nécessaire, 176. Expériences particulières, 225.
- Il s’est réuni aux commissaires de l’Institut, pour répéter avec eux les expériences détaillées dans leur rapport; H. 13. Son observation sur le temps propre à certaines expériences, 29, 34. Expériences supplémentaires faites par lui, sous les yeux des commissaires de l’Institut national, 33. Observations sur l’accouplement des animaux, 34. Extrait de son ouvrage suis
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- 47* TABLE
- le galvanisme, 38. Ce que contient cet ouvrage ; 41; Résultats des expériences d’Humboldt, 44. Par oh jl a commencé ses travaux galvaniques et ses expériences t 46. Division de son ouvrage en X chapitres, 48. Extrait du Ier. Idem. Extrait du IIe. chapitre, 50, Extrait du IIIe. chapitre, 31. Extrait du IVe. chapitre, 34. Extrait du Ve. chapitre, 53. Extrait du VIe. ch» pitre, <6. Extrait du VIIe. chapitre, 60. Ses expériences sur lui-même, et vésicatoires qu’il fait appliquer sur ses épaules , 64,77. Extrait du VIIIe. chapitre, 67. Extrait du chapitre IX, 71. Extrait du chapitre X, 83, Théorie d’Humboldt sur le galvanisme, 87. Résumé ,
- 88. Résultat de la réunion de toutes ses expériences ,
- 89. Mémoire de M. Pfaff sur ses expériences, 99. Lettre à M. Loder, sur l’application du galvanisme à la médecine pratique, 393.
- Huison ( le C. ). Extrait d’une lettre à lui adressée sur l’application du galvanisme dans une paralysie, I{. 4*4-
- Hydrogène. Voyez Ga{.
- I.
- Incitabiliti, incitable. Mots employés par Reinhold, au lieu.de ceux irritabilité , irritable, I. 140 et suiv. Définition de l’incitabilité, 164. Ses différentes espèces, 163. L’incitabilité exaltée par un mode naturel, soit physiologiquement, soit pathologiquement, Idem. Différens degrés d’incitabilité chez les animaux, j66. Etatdel’in-çitabilité après leur mort, 167. L’inflammation d’une partie exalte l’incitabilité qui est en elle, Idem. Incita-bilité qui peut résulter du genre de mort de l’animal, 168. L’incitabilité excitée par un mode artificiel, d’abord
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- DES MATIÈRES. m par l’opium, Idem. InstabilitéRéprimée par un mode naturel, soit physiologiquement, soit pathologiquement, 171. L’incitabilité déprimée par un mode artificiel, 173. Rapport de l’incitabilité avec l'irritation galvanique, et ses différens degrés, II. 48.
- Inflammation. Celle d’une partie exalte l’incitabilité qui est en elle, I. 167. Inflammation artificielle produite pour augmenter la sensibilité galvanique, 218.
- Insectes. Recherches d’Humboldt sur les fibres sensibles de ces animaux, II. 70.
- Intestins. Expériences galvaniques, 1.140, 147. Observations relatives à l’influence de l’irritation des nerfs, sur les mouvemens péristaltiques des intestins, H. 80. Expériences galvaniques sur les intestins d’un malade attaqué de hernie, 81. Instructions qu’on en peut tirer, 82.
- Irritabilité. Sa distinction d’avec la sensibilité, I. 116: Découverte d’Humboldt sur l’irritabilité végétale, 117. Ses expériences sur le degré d’irritabilité d’un animal, 119. Comment un agent extérieur met ,en jeu l’irritabilité, 198. Rapports qu’il y a entre la susceptibilité galvanique et l’irritabilité musculaire, II. 239.
- Irritation métallique. Voyez Métaux,
- J.
- Jadelot ( le C. ). Publication de l’ouvrage d’Humboldt sur le galvanisme, avec des additions, II. 38. Discours préliminaire, Idem. Détail d’expériences sur diverses prties, 42. Résultats, 44. Résultat de son expérience sur les nerfs de l’estomac, II. 228. Analyse de l’essai de Grapengiesser , sur l’emploi du galvanisme dans le traitement dé quelques maladies , traduction de l’Allemand, 409.
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- 474 TABLE
- Joue (/« C. )• Ses recherches sur la chaleur animale, I. 98. Ce qu’il dit du calorique, 99.
- Journal de Chimie de M. Van Mons, cité, II. 253, 316.
- Journal de la Société des pharmaciens de Paris, cité, I. 87.
- Journal de la Société de médecine, séante au Louvre , cité, I. 237, II. 11,. 18, 99, 101.
- Journal de Léipsick, cité, I. 93 et 117. Extrait relatif au galvanisme, 238.
- Journal de Littérature étrangère et médicale, cité, I. 112, 116, 229. II. 48.
- Journal de M. Nicholson, cité, I. 243, 231, 319.' n. 339.
- Journal de Médecine des CC. Corvisart, Boyer et Leroux , cité , II. 2.
- Journal des Débats , cité, I. 8.
- Journal des Savans, cité , I. I.
- Journal de Paris, cité, I. 293,300,301. II. 312, 313;
- Journal de Physique , plusieurs fois cité. Son éloge , I. 2.
- Journaux étrangers. Additions recueillies dans ces journaux , sur le galvanisme, II. 238,
- Julti ( J oh. Car. ). Dissert, de excitabilitate contractio-num in partibus musculosis involuntariis, ope animalis tlectricitatis, extrait, I. 330. Expériences curieuses du même, sur plusieurs viscères et sur les artères, 333.
- L.
- Lalande ( le C. ). Il est le premier qui ait fait connoître. le galvanisme en France, I. 1.
- Langue. Expérience de Sulzer sur la langue, I. 7, 8«. Discussion à ce sujet, 9. Notes sur le même sujet, 82
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- D E S M A T I È R E S. 47V
- 229, 230,231. Expérience particulière sur la langue*, II. 6z et 74. Différences des saveurs, 73. Expériences du C. Dupuytren, sur les usages des nerfs que la langue reçoit du trifacial et du sous-lingual, 249. Conséquences à tirer de ces expériences ,230.
- Larrey (le C.). Ses expériences galvaniques sur l’homme,
- I. 69.
- Le Bouvyer-des-Mortiers ( le C. ). Observations sur le danger du galvanisme dans le traitement des maladies *
- II. 420. Ses expériences galvaniques sur le calcul urinaire, 423.
- Lehot ( le C. ). Son mémoire sur le galvanisme ,11. 123. Objet principal qu’il se propose, Idem. Détail de ses expériences en grand nombre, 124. Principes qu’il établit, d’après elles, 129. Ils sont confirmés par d’autres expériences, 132. Résultat assez singulier auquel elles conduisent-, 141. Exposé des moyens par lesquels on peut augmenter l’effet de chacune des chaînes qui ont été employées, 142.
- Liquides. Sur leur faculté conductrice, diverse et constante , I. 264.
- Lueurs, excitées sur l’organe de la vue, par les expériences galvaniques, U. 73. Singularité, à cet égard, dans les yeux du docteur Monro, 74.
- Magnétisme minéral. S’il a quelque rapport avec l’influence du galvanisme , II. 207.
- Maladies. Résultat d’expériences galvaniques sur quelques malades, I. 148. Expériences et faits relatifs à l’application du galvanisme dans les maladies, II. 372. Idées, à ce sujet, de Galvapi, 374, Maladies goût lesquelles il
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- 476 TABLE
- le propose, 375. Idées, à ce sujet, de M. Crève, 383; Expériences faites à l’école de médecine de Paris, sur le même sujet, 383. Note du C. Richerand sur ce sujet, 394. Lettre, sur le même sujet, de M. Humboldt à M.Loder,393> Analyse de l’ouvrage de Grapengiesser, sur le même sujet, 409. Indications des maladies dans lesquelles on peut recourir au galvanisme, 414. Manière de l’employer, 416. Danger du galvanisme, dans le traitement des maladies, 420. Résumé et conclusion sur le nouveau moyen curatif tiré de l’application du galvanisme , 427. Réflexions sur les prétendues cures opérées par le galvanisme , 432. Nouvelles expériences de M. Robertson , 435.
- Machines électriques. Supériorité des appareils de Vcrita sur ces machines, II. 280.
- Magasin encyclopédique, cité H. 2, 18.
- Mauduyt ( M. ). Son opinion sur les expérience? faites pour prouver l’électricité animale , I. 40. Enoncé de ses expériences, relatives à l’application de l’électricité dans les maladies , II. 382.
- Médecine. Son étude, cultivée avec ardeur pendant la révolution, par les jeunes gens , et fruits qui en sont résultés, II. 237, note. Application du galvanisme à l’art de guérir , 372. Idées , à ce sujet, de Galvani, 374. Idées, à ce sujet, de M. Crève, 383. Dans quel cas le moyen qu’il propose peut être utile, 402. Voyez Maladies ,‘ Galvanisme.
- La médecine éclairée par les sciences, Journal cité ,1. 31.
- Mémoires de l’Académie des sciences de Turin. Extrait d’un article du t. VI. intitulé : Dissert. Car. Julii et Rossi, de excitabilitate contractionum in parttbus musculosis invar luntariis, ope animalis electriçitatis, I, 330.
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- Desmatières. ati
- 'Mémoires de la Société médicale d’émulation, I. 78, 91, 94, 227. II. 232.
- Mémoires des Sociétés savantes et littéraires de la république française, II. 131, 202.
- Métaux. Leur influence .sur les mouvemens musculaires , I. 12. Expériences de Galvani sur leur hétérogénéité, 23. Ils sont exclusivement les agens des expériences, par le contact de deux métaux différens, 200.' Plusieurs remarques à ce sujet, par Fowler, 201. Expériences de M. Wells, sur le métal frotté, Sa 3. Il croit que le principe agissant alors , est le fluide électrique. Faits à ce sujet, 226. Découverte de Crève, sur l’irritation métallique^ 227. Il la range dans la classe des ir-ritans chimiques. Explication qu’il en donne, ainsi que des phénomènes du galvanisme , 228. Extrait de l’ouvrage de M. Fabroni, sur l’irritation métallique , 229. Il l’attribue à une opération chimique, 230. Précis des expériences de Volta, sur l’action des différens métaux les uns sur les autres, 233. Décomposition de l’eau par les substances métalliques, 234. Expériences de Volta sur les métaux et les charbons , 240. Comment il est parvenu à reconnoître l’électricité positive ou négative de plusieurs métaux, 234. Loix qu’il déduit des expériences à ce sujet, 23 5. Expériences relatives à l’application des métaux, 270. M. Davy cherche à reconnoître si le contact .des fils métalliques avec les disques métalliques de l’appareil, est une condition de rigueur, 324. Arrangement de disques 'd’un seul métal, analogue à l’appareil de Volta, 327. Appareil particulier qu’il décrit, 329.
- Excitation , au moyen d’un métal, ou de parties métalliques homogènes et hétérogènes, II. 52. Expérience relative aux conducteurs hottiogènes ,53. Expériences avec des mé-
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- >478' TABLE
- taux hétérogènes, 54. Effets des métaux appelés nobles, 164, 106. Expériences pour prouver que l’oxidation du métal est la cause principale des phénomènes électriques, 194. Récla-mationàcet égard du C.Gautherot, 199,202. Combinaison de disques d’un seul métal, avec des couches de liquides différens, 209. Idées de Volta sur l’oxidation des métaux, 233. Détermination des degrés de force que reçoit l’électricité, du contact de deux métaux de nature différente, 272. Preuves à ce sujet, 278. Relation entre les substances métalliques, qui rend impossible la construction d’une pile avec ces seules substances, 286. L’oxidation des métaux contribue beaucoup à augmenter l’effet des colonnes galvaniques, 303. Comment, l’acide électrique oxide les métaux, 3 26. Quels sont les métaux non affectés par cet acide, 328. Expériences sur lacombustion des métaux, 341. Expériences sur leur inflammation par la pile galvanique , 34Î-
- Michaclis (A/.). Doutes qu’il élève sur quelques expériences d’Humboldt, I. 176.
- Milieux. Expériences galvaniques pratiquées dans diffé-rens milieux. Quatre espèces de fonctions qu’ils peuvent remplir, I. 161.
- Minéral (règne). Effets présumés du galvanisme dans ce règne, II. 231. Electricité souterraine dans les miné-
- Monge ( le C. ). Son opinion sur la production des gaz dans des eaux séparées, II. 156, 186.
- Moniteur ( le ). Cité, II. 264.
- Monro ( le D. ). Sa susceptibilité galvanique. Preuve . II. 74.
- Mort. Application du galvanisme pour distinguer la vraie mort de celle apparente et de l’asphyxie, II. 383,
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- D E S M A T I È R E S. 479 429. Objections proposées à ce sujet, 384. Examen d’une question relative, 397. Raisons contre, 398.
- Mouvemens musculaires. Leur méchanisme, I. 16. En quoi ces mouvemens diffèrent de ceux sentimentaux, 134. Les uns et les autres ont la même source. Preuve, 186. Indication d’un discours sur le mouvement musculaire, 198.
- Mouvement péristaltique des intestins. D’où il dépend , IL 82.
- Muscles. Contractions galvaniques qui ont lieu, les muscles seuls étant armés, I. 150. Nécessité, dans les expériences galvaniques , que le muscle soit compris dans le circuit, 203. Sources d’oii découlent les pouvoirs respectifs des nerfs et des muscles, 213. Contractions de la partie musculaire, excitables par les tendons, 334. Contractions galvaniques excitées par un morceau de chair musculeuse fraîche, IL 31. Différence considérable, sous le rapport de l’excitation galvanique, entre les muscles de la vie animale et ceux de la vie organique, 223.
- N.
- Nerfs (les). Leur ligature, par ses effets, est contraire à la théorie de Galvani, I. 22. Effets des contractions par les armatures appliquées sur les nerfs seuls, 149. Si tous les nerfs sont soumis à l’influence galvanique , ou ceux-là seuls qui sont sous l’empire de la volonté, 209. Direction de l’influence galvanique-sué-le système nerveux, 214. Sources d’où décdulerit:lès;pfeu-voirs respectifs des nerfs et des muscles, 213. Détails sur la réproduction des nerfs, 219.
- Expériences d’Humjxddt sur les nerfs, II. 66. Expériences
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- '$0 TABLE
- sur leur ligature, Id. Nerfs qui servent particulièrement au sentiment, et nerfs qui servent particulièrement au mouvement, 75. Lettre du C. Dupuytren sur les usages des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs, 248. Moyen galvanique sûr, à employer pour distinguer les nerfs des autres organes, et sur-tout des vaisseaux, 406.
- Nicholson ( M. ). Recherches et expériences sur le galvanisme, I. 282. Expériences particulières qu’il a faites seul, 287. Ses expériences sur la séparation des gaz, 290. Sur les effets d’une pile de cent petits écus, 292, Résumé de ses expériences, IL 184.
- O.
- Odorat ( V ). Expériences galvaniques relatives à ce sens, I. iî9, 212, II. 7ï.
- Oiseaux. Expériences pour rappeler à la vie ceux qui paroissent morts, II. 79.
- Opium. Son usage dans l’excitation de l’incitabilité, I. 168. Expériences faites avec l’opium sur le sang, 220.
- Oppermann ( le C. ). Sa lettre sur les effets du galvanisme dans la paralysie, II. 424.
- Ouïe ( V )» Expériences galvaniques relatives à ce sens, I. 159, 212.
- Oxidation. Idées de Vol ta sur celle dés métaux , II. 2J{.
- Oxides. Ce qu’on entend par ce mot, I. 202 note.
- Oxigine, Expériences pour savoir s’il sert à augmenter , Jes effets de la pile , et s’il lui est si nécessaire qu^il-en fasse un des élémens,II. 163. VoyezGa\.
- P.
- Paralysie. Comment Galvani explique la perte absolue de la faculté contractile, d'oii résulte la paralysie, II.
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- DES MATIÈRES. 481
- ÏL ÿJ7- Paralysie de presque tous les muscles : de-la joue gauche, traitée par le moyen du galvanisme, 387', 392. Anomalies très-singulières observées dans ce cas, 393. Sur le traitement des paralysies par le galvanisme, 408. Extrait d’une lettre à ce sujet, 423.
- Payssé ( le G. ). Expérience relative au - galvanisme,
- L87. . v
- Pfajf ( M,). Gomment il explique l’origine des contractions musculaires par l’électricité , I. 10. II est un des premiers qui ait réfuté l’opinion de Galvani, et ses objections, 21. Notice qu’il communique des phénomènes d’attraction et de répulsion, .dépendaus de la pile galvanique, observés par M. Ritter, 226.
- Sonmémoire sur les expériences d’Humboldt, II.-98.-Ses idées: sur-l’application de la chimie à la physiologie, 100. Son explication différente decelle d’JSumboldt, sur les effets des matières chimiques sur la fibre , Î02. Ses expériences sur les gaz , semblables à celles de M. Ritter, .118, Son opinion sur le véritable .élément de la pile, 188., Faits galvaniques qui lui sont particuliers, 239. Ses expériences, avec le C. Alibert, qui leur ont fait con-tioltre l’identité - des fluides électrique et galvanique , 266 note. Détail des expériences qu’il a faites à ce sujet, avec M. Van Marum, 090.-;
- P.epys ( M, W. H."). Description él’up nouveau galvanomètre, IL 329. Expériences qu’il a,faites avec cet instrument,,^!.,. ..
- Phinomines galvaniques. Voyez Galvanisme.
- Physique, Fausses règles qu’on applique à cette science,
- Mî®. : ; | . •.....
- Pile galvanique. Moyen de connoître le méchanisme <}e la pilp galvanique, I. 262. Son parfait isolement, IIe. Partie. H h
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- 48a TABLE
- i&w-Notice des phénomènes d’attraction 'et- 3e répulsion ÿ dépèndans de la pile galvanique, par M. Rjtter, 266. Sur les effets d’une pile de cent petits, écus, 392. Pile construite par Robertson, 296.
- L’appareil vettical, ou la pile, est plus énergique dans ses effets, II. 4. Manière de la monter ,,5. Effets qu’elle produit sur les corps bruts , Idem. Effets qu’elle produit sur les corps animés , 8. Fait galvanique très-curieux,. 'opéré en augmentant la surface de chaque disque de la pile , 159. Expériences pour recohnoîtrè l’action de la pile sur l’air atmosphérique, 162. Si l’oxigène sert à augmenter les effets de la pile,’et s’il en fait un des élémens, 163. Fait particulier de la pile galvanique, 173. Détermination du véritable élément de la'pile, 188. Différence de ses effets avec ceux' de la bouteille de Leyde, ,190: Similitude et origine, la même des effets de l’électricité et dé ceux de la pile, 193, Pile employée par M. Troms-dorf, 253. Celle dont il se sert pour la résolution de l'eau' en gaz oxigène 'et hydrogène, 'par te fluide galvanique, 254. Relation très-remarquable entre les substances métalliques, qui rend impossible la construction d’une pile avec ces: seules-substances, 286.: --Appareil à pile de coupes, 318;. Expérience avec Une pile composée de 80 pièces de zinë et d’ÿutaiit d’argent', ^321 Expériences avec rêelle !dë Volta , 333. Essais sur l’action de la' pile galvanique appliquée a dîvérs gaz , 334: Si les acides augmentent son action, 337. Si--lè's~alcalis font le même effet, Idem.' Expériences 1 sur l'inflammation des métaux-par cette-pile, 445.•
- Plaie. L’irritation métallique y produit de l’irfflam-mâtidff.''Preuve par Huihboldt sur lui-même, IL 76.
- Poissons. Expétiehees galvaniqueS'sür- ces animaux,
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- des Matières.
- Poissons secouans. Voyez Torpille, Gimnott.
- Potasse ( la). Expé rience.de M. Henry sur sa décomposition , I. 32t. Expériences de M. Davy sur ce sujet, 325, 326.
- Prix proposés sur le galvanisme, I. 9$.
- Pusckiti ( M. le cômte 4e ). Ses expériences à St.-Pé-tersbourg, sur le galvanisihe, II. 258. Sa colonne tournante, Idem.
- R.
- Rapports généraux des travaux de la société philomatique, I. 116, II. 32.
- Reinhold ( M. ). Extrait de ses deux dissertations latines sur le galvanisme, I. 123. D’où viennent, selon lui la diversité d’opinions sur le galvanisme, 125. Détail des auteurs qui ont écrit sur le galvanisme, 132. Ordre qu’il a établi en traitant du galvanisme, 134. Extrait de sa seconde dissertation , 173.
- Remèdes. Opinion de Galvani sur le mode d’action ides remèdes, II. 380.
- Répulsions. 3e. effet sur les corps bruts, produit par la pile galvanique, H. 6. Expériences relatives et concluantes, 119.
- Résumé de différentes expériences faites sur le galvanisme, par divers physiciens, II. 182.
- Révolution Française. Effets qu’elle a produits dans l’étude de la médecine, H. 237note.
- Richerand (/<C.). Ses expériences et observations sur le galvanisme, II. 232. Note sur la susceptibilité galvanique , et expériences à ce sujet, 233. Résumé sur le galvanisme, tiré des élémèns de physiologie de cet Hh 2
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- 484 TABLE
- auteur, 137. Note sur l’application du galvanisme dans
- le traitement des maladies, 394.
- Ritter ( M. ). Notice sur les phénomènes d’attraction et de répulsion dépendans de la pile galvanique, I. 266. Expériences et observations sur le galvanisme, IL 112. Résultats de ses expériences, 113. Celles sur les effets de l’hydrogène et de l’oxigène, 116. Découverte sur l’acide sulphurique concentré blanc, et manière dont il s’en sert, 113, 117. Expériences par lesquelles il cherche à prouver l’identité du galvanisme et de l’électricité, 119. Son opinion sur la production du gaz dans des eaux séparées, 136.
- Roard. Appareil galvanique qu’il a construit, et phénomènes qu’il a présentés, II. 168.
- Robertson ( M. ). Ses expériences et observations sur le galvanisme, I. 294. Son appareil, 293. Observations qu’il déduit de ses expériences, 297. Ses épreuves sur l'application de différentes parties du corps au contact galvanique , Idem. Ses expériences pour connoître la nature du fluide galvanique, 298. Acide qu’il admet dans ce fluide, 299. Dispositions qu’il propose pour obtenir cet acide, 300. Son galvanomètre, ou instrument pour mesurer le galvanisme, 303. Son usage, 304. Brugna-telli a inventé à Pavie une théorie galvanique pareille à celle de Robertson, 303, Note sur sa fantasmagorie, 306. Remarques et réponses de M. Robertson , relatives à l’identité des fluides galvanique et électrique, II. 3JI, Nouvelles expériences du même, 433. .
- Robison ( M. ). Détail de ses expériences, presque toutes faites sur lui-même, relatives à l’influence galvanique, I.222.
- Rossi (M.). Dissert, de excitabilitate çontractionum in
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- D E S M A T I È R E S. 4&5
- partibus musculosis involur\tanis, ope animalis electricitatis. Extrait, I. 330. Expériences curieuses sur plusieur svis-cères et sur les artères, 333.
- Rouppe ( M. ). Expériences sur la commotion galvanique, II. 233.
- S.
- Sang. Expériences sur l’espèce particulière de vie que lui attribuent plusieurs auteurs, I. 219. Effets qu’il produit dans quelques expériences galvaniques, IL 103.
- Sangsue. Expériences galvaniques sur cet insecte, I; 209, II. 69.
- Saussure ( M. de ). Expériences galvaniques sur la peau vésicatorisée, I. 223 note.
- Saveurs. Leurs différences à la suite des expériences galvaniques sur la langue, II. 73-. Saveur particulière procurée par l’appareil appelé à. couronne de tasses, 209.
- Schiste (U) noir ou crayon. Appareil galvanique formé avec lui et le charbon, sans la présence d’aucun métal, IL 208.
- Schumck ( M. ). Savant physicien. Sa mort prématurée, I. 162.
- Sciences. Elles sont sujettes à différentes oscillations, tant que leur marche n’est pas assûré par des expériences et des explications indubitables, U. 181.
- Scorbut. Son principal caractère, IL 233. Expériences sur les cadavres scorbutiques, Idem.
- Sédillot, le jeune ( le C. ). Extrait de l’ouvrage d’Hum-boldt dans le recueil de littérature médicale étrangère, II. 48.
- Sels. Leur décomposition dans l’appareil de Volta, I. 261,
- Hh j
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- 486 TABLE
- Sens, sensations. L’exercice de celles-ci en général nu'* sible à la vie, I. 114. Expériences galvaniques relatives aux sens externes , 156. Comment Fowler considéra l’influence galvanique sur les organes des sens, au..
- Sensibilité. Sa distinction d’avec l’incitabilité, I. 116. En quoi le sentiment diffère du mouvement, et expériences, 134.
- Simon ( M. ). Description d'un nouvel appareil galva-nico-chimique , et des expériences auxquelles il a servi , IL 241.
- Société arkésienne en Angleterre. Ce que c’est, II. 340 no«.
- Société minéralogique en Angleterre. Ce quec’est, II. 343,
- Société philomatique. Sa composition, I. 69 note.
- Commissaires* qu’elle nomme pour répéter les expériences de Galvani, et leur travail à ce sujet, 84. Faits particuliers qu’ils ont constaté, 83. Prix que cette société propose sur le galvanisme, 96. Résumé de nouvelles expériences sur le galvanisme, par divers physiciens, II. 182.
- Sommeil. Le plus long d’un animal, II. 72 note.
- Spallançani (M. ). Ses tables sur les organes éleçtriquesde la torpille, IL 92.
- Starch (M.). Expériences galvaniques sur l’homme , 1.70.
- Sue ( le C. J. J. ). Ses expériences galvaniques sur l’homme, I. 70. Ses recherches sur la vitalité, 101. Ses expériences à ce sujet, 104. Ses expériences sur le galvanisme, 103. Expérience particulière, 107.
- Suider ( M. ). Son expérience par le contact de deux pièces de métal différent, I. 7. Sous quel point il l’a considérée, et ce qu’elle prouve, 8. Discussion littéraire à « sujet, 9. Note sur le même sujet, 8a. Sur
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- D E S M A T I É R E S. 487 le même sujet, à l’occasion de l'irritation métallique par Fabroni, 229. Il l’attribue à une opération chimique, 230. Explication.dans laquelle il entre pour le prouver, 231 et suiv.
- Surdité. Expériences galvaniques sur uh jeune homme attaqué d’une légère surdité depuis l’éHfânce, IL 391. Maniéré d’employer le galvanisme dans les niâladifes de l’organe de Fouie., 418.
- T.
- Tact ( le ). Expériences galvaniques relatives à ce sens,
- Tannerie ( expériences sur lâ), pâr M. Davy, 344.
- Tétanos. Idées de Galvani sut l'application dii galvanisme , pour la guérison de cette maladie; II. 376.
- Thénard ( le C. ). Il a travaillé avec leS CC. Fourcroy, et Vauquelin aux expériences galvaniques, IL 137. Fait galvanique qui lui est commun avec les CC. Fourcroy et Vauquelin, 139. Résultats de leurs expériences, 160. Son opinion sur la théorie chimique dè la nature de l’eau, 186. Ses expériences avec le C. Hachette siir l'inflammation des métaux par la pile galvanique, 343.
- ThiUaye, fils ( le C. ). Il tient toujours eil activité , dans l’école de médecine de Paris, l’appareil des expériences galvaniques, IL i noté". "Ses expériences concurremment avec le C. Butet, et nature des étincelles' qu’il obtient, 12. Il a singulièrement secondé le C. Hallé dans les expériences faites à l’école de médecine de Paris, sur l’application dû galvanisme dans le traitement des maladies, 3.86. Bulletin qu’il a communiqué à ce sujet, 387.
- Thouret ( le C. ). Exposé de l’opinion du C. Mau-duyt, relative à l’électricité animale, I. 4°- Ses recher-Hh 4
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- 48S TABLE
- ches sur l’aimant, son mémoire sur le tic douloureux,
- II- 41 » 44-
- Tillock ( M. ). Lettre où il rend compte des expériences de Volta, IL 339.
- Torpille (la). Remarques et expériences de Galvani sur son électricité, I. 26, 28. Lettre de Vassalli-Eandi, sur les phénomènes de la torpille, H. 90. Table de Spallanzani sur les organes électriques delà torpille,92, Théorie de Vassalli à ce sujet, 93. Composition des organes de la. torpille , 94. Observations galvaniques d’Abilgoard sur la torpille, 95. Expériences de M, Websls, 96. Idée que s’est formée Volta de l’organe électrique de la torpille, II. 281,
- Tortue. Elle a une. irritabilité qui dure trèsrlong-temps, principalement la tortue de rivière , II. 72.
- Tourdts (le C.), professeur à l’école de médecine de Strasbourg. Extrait, de sa lettre sur l’électricité animale,
- I. 68.
- Transactions philosophiques, I. 2,*9> 226, H. 193 , 239.
- Transporteur ( le ). Nom d’un instrument, des appareils; pneumatiques, inventé en Angleterre; sa description,
- II. 334 note.
- Trommsdorff ( M. ). Expériences galvaniques qu’il a faites. H, 233.
- V.
- Vaisseaux sanguins. Influence du galvanisme sur . eux, I. 2,3.
- Valli ( M. ). Ses expériences sur l’électricité dite animale, I. 31. Procès-verbal de ses expériences, 32. Extrait de sa première lettre sur l’électricité animale, 41.
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- DES MATIÈRES. 489 Extrait de sa 2e. lettre, 42. Extrait de sa 3e. lettre, 48. Extrait de sa 4e. lettre, 30. Extrait de sa <jc. lettre, 52. Extrait de sa 6e. lettre , 55. Extrait de sa 7*. lettre, 36. Extrait de sa 8e. lettre, 57. Extrait de sa 9e. lettre, 39. Nouveaux faits adressés à la société philomatique, 61.
- Van Marum ( M. ). Extrait de sa lettre, et résultats de ses expériences confirmatives de l’identité des fluides électrique et galvanique, II. 290. Détail de ses expériences sur différentes colonnes galvaniques, 301,302. Ses expériences sur les effets des colonnes dans le vide, 306. Expérience du même sur la décomposition de l’eau, 3ro.
- Van-Mons ( M. ). Son mémoire sur le galvanisme, II. 122.
- Vassalli ( M. ). Ses expériences qui prouvent que la nature a quelque moyen pour conserver et retenir l’électricité accumulée dans quelque partie du corps, afin de s’en servir dans ses besoins, I. 2.
- Vassalli-Eandi ( A/. ). Sa lettre sur le galvanisme et sur l’origine de l’électricité animale, I. 71. Mémoire sur les affinités des gaz, 78. Lettre sur les phénomènes de la torpille, H. 90. Sa théorie à ce sujet, 93. Extrait d’une lettre qii’il a écrite sur le fluide galvanique, 236.
- Vauquelin ( h C. ). Il a travaillé de concert avec le C. Fourcroy, aux expériences galvaniques. II. 137. Fait galvanique qui lui est commun avec les CC. Fourcroy et Thénard, 139. Résultats de leurs expériences, 160. Son opinion sur la théorie chimique de la nature de l’eau, 186. Ses nouvelles observations relatives aux commotions et à la décomposition de l’eau, 192.
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- 490 Table
- Végétaux (Expériences galvaniques sur les ). I. 153, 133. Expériences sur l’irritabilité et la sensibilité de leurs fibres, II. 68.
- Veines. Influence du galvanisme sur ces vaisseaux,
- I. 213.
- Vers. Expériences galvaniques sur les vers ). I. 208,
- II. 69.
- Vergy ( M. ). Application du galvanisme pour garantir chaque individu d’être enterré vivant, II. 429.
- Vésicatoires. Effets résultans des expériences galvaniques et de leur application sur lui-même, par Humboldt, II. 64, 77-
- Viande. De son usage dans les expériences galvaniques, II. 247. Ce qu’elle produit, 248.
- Viscères. Expériences galvaniques sur différens viscères, I. 147, 333.
- Vitalité. Recherches du C. J. J. Sue à ce sujet, I. 101. Expériences du même, 104. La vitalité est indépendante du pouvoir nerveux, 112. Expérience curieuse relative à la force vitale et à l’effet de l’air environnant, 133.
- Volt a ( M. ). Il n’admet 'point d’électricité particulière,!. 19. Expériences singulières qu’il a faites, 81, 86. Division qu’il fait des substances qu’on emploie dans le galvanisme, 178. Son observation sur les substances excitatrices, 179. Précis de sés principales expériences sur l’action des différens métaux lés uns sur les autres, 233. Il est un des premiers qui ait écrit sur le galvanisme, et celui qui l’a le plus enrichi, 237. Ses expériences sur les métaux et les charbons de bois, 240. Ce qu’il pense du fluide électrique et de l’électricité animale, 242, 243. Electricité artificielle qu’il
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- D E S M A T I È R E S. 491
- admet, Idem. Description de son 1". appareil, 245. Sa lettre à ce sujet au C. Dolomieu, 246. Sa théorie à ce sujet, 248. Extrait de ses lettres au professeur Gren, 252. Comment il est parvenu à reconnoître l’électricité positive ou négative de plusieurs métaux, 254. Loix qu’il déduit de ses expériences à ce sujet, 2$J.’ Justice que rend à Volta M. Erman, 265. Sa lettre à M. de la Métherie, sur les phénomènes galvaniques, est l’avant-coureur du mémoire qu’il doit donner sur l'identité des fluides électrique et galvanique, 268. Ses électromètres particuliers, 270. Ses condensateurs, 275. Expérience qu’il a faite sur la force électrique avec son appareil à couronne de tasse, 277. Ses expériences avec les bouteilles de Leyde, 278. Précaution à prendre alors , 279. Effets de ses appareils sur le fluide électrique, et leur supériorité sur les machines électriques, 280.
- Exposition de sa première théorie galvanique, par Hum-boldt, II. 86. Exposé de ses premiers travaux galvaniques, 1 ç 2. Sur son appareil appelé àeouronne de tasses, et expériences relatives à la saveur avec cet appareil, 209. Ses idées sur l’oxidation des métaux, 2 5 f. Ses nouveaux travaux à Paris , 263. Lecture, à l’Institut, d’un mémoire dans lequel il prouve l’identité des fluides, galvanique et électrique, 264. Médaille qui lu» est décernée par l’Institut, sur la proposition du Premier Consul, 266. Extrait de son mémoire , 269. Réponse de Volta, 212. Ses idées sur une. troisième classe de corps conducteurs, et sur l’organe électrique de la torpille,- 281. Extrait du rapport du C. Biot, sur le mémoire de Volta, 282. Expérience particulière qu’il a faite sur une grenouille écorchée, 319. Exposition abrégée de ses nouvelles expériences, par le C. Hallé, 348. Remarques sur son électromètre, 331.
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- 49* TABLE DES MATIÈRES:
- Faits que démontrent les dernières expériences de Volt** et sa nouvelle théorie sur le galvanisme, 371. Résultats des effets produits par son iCr. appareil, 385.
- Van-Hauch ( N. ). Mémoire sur la prétendue conversion de l’eau en gaz, soit oxigène, soit hydrogène, à' l’aide de la pile galvanique, II. 256.
- Vus ( U ). Expériences galvaniques relatives à ce sens, I. 137, 212.
- Walsh (N. ). Ses expériences sur la torpille, II. 96.
- fVells ( N. ). Ses remarques et expériences sur la faculté conductrice des métaux et du charbon, I. 223. Il croit que les effets du métal frotté dépendent du fluide électrique. Deux faits à ce sujet, 226.
- IVollaston ( N, ). Ses expériences sur la production chimique et l’influence de l’électricité, IL 193. Ses expériences prouvent que l’oxidation du métal est la cause des phénomènes électriques , 194. Priorité réclamée à cet égard par le C. Gautherot, 199, 202. Ses expériences sur la décomposition de l’eau, 193.
- Z.
- Zinc ( U ). Un des métaux qui produit le plus d’effet dans les expériences galvaniques, cité dans nombre d’endroits de cette histoire. Batterie galvanique avec le zinc et le charbon, II. 207. Abrégé historique du zinc, 170 note.
- Fin 4e ht Table des Matières.
- DE L’IMPRIMERIE DE STOUPE- AN X.
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- ERRATA.
- I". Partie.
- P âge 8, ligne ir*. de la note, au lieu de celui, lisez: le journal.
- P. 17, 1. ire. de la note, XVIII, lisez XIX.
- P. 193, 1. 3, lisez: c’est que le.
- P. a00 , 1. 22 , de ces expériences , lisez : des expériences galvaniques.
- P. 194, caractère petit-romain , lisez : caractère cicéro , avec des notes en petit-romain à chaque page.
- P. 290,1. 19 , humide , mettez : humides.
- P. 297, 1. y., épreuve, lisez : éprouve.
- P. 306,1. 7 de la note , celui, lisez : de celui.
- Idem, 1. 13, ôtez y.
- P. 309 , 1. 17 de la note, prépar, lisez : préparé.
- P. 311, 1. IO, il ne convient pas , lisez : il convient ne pas. P, 317, 1. 1 de la note, ôtez §. VIII.
- IIe. Partie.
- P. 23 , 1. 7, l’arc excitateur, lisez : l’arc animal, idem , 1. 18 , après sur, ajoutez tare.
- P. 34, 1. 3, n’ayant, lisez : qui n’ont.
- P. 118, 1. ai, aucun, lisez : de.
- P.127, 1. I , une, lisez : qu’une.
- P. 293, 1. 2, intérieure, lisez : inférieure. *
- P. 318, 1. 2J, lunettes, lisez : bluettes.
- P. 333, 1. ai, poudre, lisez : pouce.
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- Bit/l- t/eu' , fr. Tony. I/f. Pfj, JKAT°
- %
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TOME 3
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- JOA
- HISTOIRE
- D Ü
- GALVANISME,
- ET ANALYSE
- Des différens ouvrages publiés sur cette découverte, depuis son origine jusqu à
- ce jour.
- Par P. SUE, aîné,
- j, bibliothécaire, et trésorier de l’Ecole de Méde-w Paris; ex-secrétaire de l’Académie de Chirurgie; jitos* président, et ex-secrétaire général de la Société i^MÎre de Médecine, et associé honoraire, membre de plusieurs Sociétés savantes, nationales et étrangères, etc.
- Historia, quoquo modo scripta, delectat. Epist. Plinii junioris, lib. V, epist. VIII.
- TROISIÈME PARTIE.
- collection André Sartiacx
- A PARIS,
- Chez BERNARD, Libraire de l’Ecole Polytechnique et des Ponts et Chaussées, Quaides Augustins, n.° 3i.
- An XIII — i8o5.
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- AVERTISSEMENT
- SUR LES TROISIÈME ET QUATRIÈME PARTIES
- DU GALVANISME.
- L accueil que le public a fait aux deux premières parties de l’Histoire du Galvanisme, a été pour l’auteur un encouragement et une espèce d’invitation à continuer de tracer les nouveaux faits, les nouvelles théories, les nouvelles expériences, les nouveaux instrumens et appareils qui ont été imaginés et exécutés depuis la publication des deux premières par- . ties.La3.cet la 4-% qui paraissent aujourd’hui, ont été rédigées sur le même modèle ; on y trouvera, comme dans les premières, l’extrait fidèle et raisonné des ouvrages, auxquels la découverte du galvanisme a donné lieu, depuis l’époque de germinal an x, jusqu’à ce jour ( thermidor an xm ).
- Nous renvoyons pour les observations, relatives à la composition de cette Histoire, et aux sources où nous en avons puisé les matériaux, à la préface qui est à la tête de la première partie.
- Une table alphabétique et raisonnée termine les deux premières parties : une pareille est placée à la fin de la 3.° et de la 4-% avec cette
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- AVERTISSEMENT.
- différence cependant, que j’ai cru devoir séparer celle des auteurs de celle des matières, vu le grand nombre des premiers cités.
- De plus, pour faciliter au lecteur la connaissance de tout ce que contiennent les deux premières parties, j’ai marqué d’un astérique (f) tous les noms des auteurs déjà cités, et tous les titres des matières déjà traitées dans ces parties, afin qu’on puisse les consulter plus aisément, et connaître d’un seul coup d’œil les nouveaux auteurs et les nouvelles matières que contiennent les 3.* et 4-' parties. Peut-être éut-il mieux valu refondre ensemble les deux tables ; des arrangemens particuliers s’y sont opposés 5 celui que j’ai imaginé m’a paru pouvoir remplir le même objet
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- HISTOIRE
- D U
- GALVANISME.
- TROISIÈME PARTIE.
- Suite du Chapitre XIX du précèdent Volume.
- Dsrtns la publication des deux premiers volumes de l’Histoire du Galvanisme, on a toujours continué à s’occuper avec ardeur des moyens de rendre cette découverte utile à l’humanité , d’y trouver une nouvelle ressource contre les maladies qui l’affligent. Les premiers détails donnés à ce sujet n’ont laissé que des lueurs d’espérance. Se sont-elles depuis converties en réalité? C’est ce que nous n’osons pas encore affirmer ; c’est ce que le lecteur pourra lui-même juger par les nouveaux détails dans lesquels nous allons entrer, en suivant , le plus que nous pourrons, l’ordre chronologique des écrits et des faits.
- Afin de ne pas interrompre la série des rapports qui ont pour objet la même matière ,
- III.* Partie. A
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- a HISTOIRE
- j’ai cru devoir commencer l’histoire de ce troisième volume par celle qui est traitée dans le dernier chapitre du second volume, c’est-à-dire , par tout ce qui a paru, depuis sa publication, sûr l’emploi du galvanisme dans l’art de guérir.
- §. I.«
- i.° Essai sur le Galvanisme, ou recherches sur son usage clans le traitement de certaines maladies , in-8.° , an X, par C.-J.-C. Gra-perigiesser, docteur en médecine et en chi-
- Cct essai , qui a été tiré séparément, est inséré dans le huitième volume de la Biblio-thèque germanique médico - chirurgicale , rédigée par MM. Brewer et de la Roche, médecins. M. Grapengiesser, frappé des phénomènes produits dans le système animal par le stimulant métallique, auquel on a donné le nom de fluide galvanique ou de galvanisme, s’occupa, dès qu’il le connut, des moyens de tourner ses effets an profit de la médecine. Quoique ses premières tentatives , suivies de succès (1) équivoques, fussent peu propres à l’encou-
- (•ij) Voyez le tome. H, pag. 4og de l’Hisloirc du Galvanisme. Gomme je suis, calré alors dans de» détails asse
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- DU GALVANISME. 5
- rager , il n’a jamais perdu de vue son objet, et il est enfin parvenu à obtenir , par le moyen du galvanisme, des effets intéressans pour la médecine, qui lui ont fourni la matière de l’ouvrage dont nous rendons compte.
- La première application du galvanisme simple eut lieu sur une jeune personne de 18 ans, affligée depuis quatre ans d’un enrouement qui dégénérait quelquefois en une aphonie complète. D’après les détails que l’auteur donne , il paraît que les premiers succès obtenus dans le traitement, ont été moins dus à l’action directe du galvanisme, qu’à celle des vésicatoires rendus très-actifs par le stimulus du fluide galvanique ; on peut même croire que cet agent n’a pas eu'la moindre influence comme remède sur la maladie.
- M. Grapengiesser établit sur plusieurs faits qu’il rapporte, i.° que le galvanisme pénètre les nerfs plus facilement et plus profondément que l’électricité, qu’il les suit comme meilleurs conducteurs, au lieu que le fluide électrique semble se répandre plus uniformément sur la surface et dans toute la masse des êtres orga-
- étendus sur ce qu’a écrit M. Grapengiesser, je crois ne devoir donner ici qu’un simple résumé de sa doctrine et des succès qu’il a obtenus.
- A a
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- 4 HISTOIRE
- nisés ; a.# que le fluide galvanique paraît se décomposer beaucoup plus facilement que celui électrique, tant au dedans qu’au dehors des corps organisés j 3.* que la manière dont le premier agit sur la peau dépouillée de son épiderme, sur ses vaisseaux et sur ses nerfs, tend à prouver qu’il existe une grande différence entre cette substance et le fluide électrique } 4.° enfin , que la peau , ’lorsqu’elle est sèche , ne peut servir de conducteur au fluide galvanique.
- Dans le paragraphe V, l’auteur examine la manière dont le galvanisme agit et dans quelles maladies on peut l’employer. Celles où il pense qu’il convient le mieux, et où il peut avoir le plus de succès , sont la paralysie des extrémités , la faiblesse de la vue, la goutte sereine, la surdité plus ou moins complète, la paralysie du sphincter de l’anus, et celle du col de la vessie , l’asphyxie, l’enrouement chronique et l’aphonie , la tumeur blanche du genou , le goitre, le rhumatisme chronique, la sciatique, et l’inflammation par métastase. L’auteur entre à ce sujet dans des détails très-étendus.
- Le paragraphe YII contient des observations sur ces maladies, où le galvanisme a été employé avec plus ou moins de succès, concurremment avec d’autres remèdes analogues. Deux plan-
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- DU GALVANISME fi-
- ches , dont l’explication termine l’ouvrage , sont très-utiles pour comprendre le mode et les effets de l’application du stimulus galvanique : dans la plupart des cas que l’auteur rapporte, il a soin d’indiquer ceux où il a fait consister tout le traitement dans l’emploi du galvanisme, et ceux où il y a joint d’autres remèdes. Parmi les malades traités il y en a> qui ont été guéris radicalement} quelques-uns qui ne l’ont été qu’en partie , et d’autres qui l’ont été pour peu de temps. Enfin il eli est où le galvanisme a tout-à-fait échoué , principalement dans la surdité complète.
- 2.° Dissertation sur le Galvanisme et sur son application en médecine , par Charles-Frédéric Geiger, médecin; in- 8.® de 52 pages, an x.— 1802.
- L’auteur de cette brochure croit avec M. Ritter qu’un galvanisme continuel accompagne le procédé de la vie dans le règne animal j mais il ne croit pas , ainsi que lui , que l’argent, ou le cuivre rouge, quand on l’emploie au lieu d’argent, soit le côté négatif, et que le côté du zinc soit le pôle positif, erreur au surplus qui a déjà été relevée par MM. Gruner, à!Amin et Ermann, A3 1 '
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- 6 HISTOIRE
- D’après cela, suivant M. Geiger , le pôle d’argent ou de cuivre est le pôle positif, celui qui annonce positivement l’électricité; et le pôle zinc est le pôle négatif. Les expériences qu’il à faites journellement sur dix ou douze malades , sur lui - même , et sur d’autres personnes qui venaient le voir, l’ont confirmé dans ce qu’il avance sur la différence des pôles, différence qui, selon lui, paraît être plus quantificative que qualificative , et qui se montre, tant dans l’irritation générale et dans l’affection du sensorium commune , que dans les symptômes produits par une irritation topique , suite de l’irritation générale des ôrganes.
- M. Geiger considère les effets des pôles relatifs à l’affection du goût, à celle de la vue, et à celle de l’ouïe ; il décrit, page 1S, la machine ou batterie dont il s’est servi et le mode de son application : il rapporte l’histoire des malades sur lesquels il l’a employée. Le premier était un homme d’environ 4o ans , tout - à - fait aveugle depuis deux ans et demi, et qui avait une amaurosis complète. Les tentatives et les expériences n’ont produit qu’un demi-succès, et un simple soulagement ; le malade a vu seulement ce qu’il ne pouvait voir, avant le traitement , c’est-à-dire , qu’z'/ a vu , à téloigne-
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- DU GALVANISME. y
- ment.de deux pas, sür unè mut aille jaune, une tache grise, de la grandeur ctiin ècu dè si± livres.
- Le succès de l’applicalion du galvanisme a paru plus frappant dans une semblable maladie sur une femme d’environ 5o ans. Il est vrai que le degré de l’amaurosis était bien moindre que chez le premier malade. La femme pouvait marcher seule, et elle distinguait les périphéries des objets qu’on lui présentait j elle distinguait même le noir du blanc.'
- L’application du galvdnisrrie sur un bras paralytique a produit chez une femme des effets encore plus marqués. Elle a ptl l'incliner pour former un rectangle, c’est-à-dire qu’elle a pu, suivant ^expression de M. Géiger, mouvoir Yahti-brachiwti avec l’humérus : elle a même réussi à élever son bras jusqu’à la hauteur de sa fête. Il eü a été à peu près dé même de l’extrémité inférieure paralysée, ét la marche est devenue plùS certaine et pins ferme.
- M. Geiger dit avoir eu le plaisir de renvoyer chez lui tdut-à-fait guéri un arthritique dent, à la vérité, le mal n’avait pas acquis un dégré très - important. Cettte observation présente d'ailleurs dés particularités assez singulières.
- Le galvanisme n’a opéré sur deux malades épileptiques qu’un changement et une dimi-A 4
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- nution dans le nombre des accès. Us en éprouvaient toutes les semaines au moins une fois ; ils n’eurent plus lieu qu’après deux ou trois semaines.
- 5.° Rapport présenté d la classe des Sciences exactes de Vacadémie de Turin , dans sa séance du 2 nivôse an xi , sur Vaction du Galvanisme et sur Tapplication de ce fluide « l’art de guérir , par Ant.-Marie Vassalli-Eandi (x).
- M. Vassalli regarde le galvanisme comme une modification de l’électricité, modification qui rend ce fluide plus actif, puisque, dans des expériences , les animaux , qui n’ont été qu’étourdis par les plus fortes étincelles du tableau magique, ont été tués en moins de trois minutes par un assez faible galvanisme. En faisant passer, dit M. Vassalli, le courant galvanique par le corps d’une grenouille, «il x> m’est arrivé de décomposer ses humeurs , » et de la voir s’enfler si prodigieusement , » qu’elle ne pouvait plus se plonger dans
- (i) Ce rapport est inséré en entier dans le Journal de Physique , germinal an xi, pag. 3o5. Relativement aux travaux galvaniques deM. Vassalli, voyez le tome I de l’Histoire du Galvanisme, p. 71,78 ;^et le tom. II, p. 90, g3 et u56.
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- » l’eau, quoique pleine de vitalité , ce que » je n’ai jamais observé dans les grenouilles » que j’ai tourmentées par des étincelles fou-» droyantes : d’où il résulte que le fluide de » l’électro-moteur de Volta pourra être très— » utile dans les cas où l’électricité ordinaire » n’aurait pas une activité suffisante ».
- L’auteur rapporte trois exemples de maladies dans lesquelles il a employé le galvanisme avec le plus grand succès. Le premier exemple est une goutte sereine guérie en trois jours consécutifs de secousses galvaniques produites par une pile de trente couples de disques, et en se servant de cordonnets d’or pour conducteurs. On faisait entrer le courant galvanique tout près de l’angle externe de l’œil, et sortir, tantôt par le sourcil, tantôt précisément par le rameau ophthalmique qui passe par le trou orbital , d’autres fois près de l’angle interne du. même œil.
- Il s’agit, dans le second cas, d’une paralysie au côté droit, qui affectait particulièrement le bras , la joue et l’œil. Deux galvanisations, de dix minutes chacune, et à un jour d’intervalle , ont suffi pour rendre à l’œil tous ses mouvemens, et délivrer la malade ( c’était une fdle de 27 ans) de toute sorte de sensation incommode.
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- Le troisième exemple est bien plus extraordinaire : il est assez curieux pour que nous entrions dans quelques détails : il s’agit de la cure d’un hydrophobe par le galvanisme, cure queM. Rossi a opérée au bout d’un mois de la morsure. Il a employé une pile de 5o couples de disques, préparés comme de coutume, etafait usage pour conducteurs de petites bandes de papier gris humide , sur lequel il fît mettre les pieds nuds du malade. Au moment qu’il ouvrait la bouche pour mordre, M. Rossi y introduisait le bout de l’arc conducteur qui communiquait par l’autre extrémité avec la pile. Après plusieurs secousses qui affaiblirent tellement le malade , qu’il ne pouvait plus se soutenir, on l’étendit par terre, et dans cette situation on le galvanisa à l’aise : l’opération le lit dégoutter de sueur. Il était deux heures après-midi lorsqu’il fut galvanisé : le lendemain, à six heures du malin , il fut lui-même trouver M. Rossi , et lui dire qu’il était complètement guéri, puisqu’il ne sentait plus de douleur,ni aucune difficulté d’avaler,-ayant même perdu toute aversion pour l’eau ou autre liquide ; mais, quelques jours après, de légères douleurs lui ayant fait' craindre une nouvelle attaque d’hydrophobie, il retourna chez M. Rossi,
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- qui le galvanisa de nouveau , et fit disparaître pour toujours tous les symptômes.
- Ces trois faits tiennent un peu du merveilleux , sur-tout le dernier : c’est pourquoi il eût été à désirer que M. Vassalli nous eût instruit si les cures ont été constantes , et si, au moment où il écrivait, c’est-à-dire, longtemps après les traitemens, les malades jouissaient d’une bonne santé ( 1 ). Au surplus , il nous apprend que M. Rossi, auteur de la dernière cure , doit en rendre un compte détaillé et exact dans un intéressant Mémoire dont il s’occupe.
- Il n’est pas étonnant, après de pareilles cures, que M. Vassalli ne doute pas qu’un moyen aussi actif ne puisse préserver du tombeau plusieurs individus t en les galvanisant au moment où une cause accidentelle suspend le jeu des organes vitaux, ce qu’il tâche de rendre plus clair par l’explication qu’il donne de l’action médicale de l’électricité sur le corps humain. Il termine son rapport par une obser-
- (i) Cela n’empêcha pas M. Vassalli de dire ailleurs ( dans son Mémoire sur l’électro-moleur de Volta, p. 9, ) qu’il craint beaucoup qu’il n’en soit du galvanisme comme de l’électricité, qui a fiait plus de. mal que de bien, par sa mauvaise application.
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- vation sur les malheurs que peuvent causer les abus de l’électrisation et du galvanisme. Une jeune personne fut guérie par ce dernier moyen de douleurs qu’elle éprouvait dans les muscles du visage. Ayant continué, malgré sa guérison, à se galvaniser, elle se fit un mal qui augmentait, à raison de la galvanisation ; il ne cessa que lorsqu’elle cessa de se galvaniser.
- 4-°Observation sur l’effet du Galvanisme appliqué sur une paralysie idiopathique ( de la joue droite). Détails donnés par le malade lui-même.
- »Du 20 au 21 frimaire an îo cette paralysie se déclara, sans que pour cela je sentisse aucune incommodité, j’en fus d’autant plus frappé, que j’avais plus de peine à en décou-, vrir la cause jje crus nécessaire de me purger, ce que je fis deux fois. Cinq ou six jours se passèrent sans autre moyen curatif, ensuite je fus consulter MM. Thouret, Dumangin , André Beauvais , et d’autres médecins , qui me prescrivirent l’usage des stimulans en friction , tels que la teinture des cantarides contenant en dissolution du muriate d’ammoniac, ce dont je fis usage pendant une vingtaine de jours. Ne voyant point d’amélioration , je fus
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- consulter M. Hallè , professeur à l’École de Santé, qui me conseilla le savon volatil en friction et l’usage des sudorifiques intérieurement : ces moyens ont été employés pendant a5 jours sans plus de succès qu’au para van t. D’après cela , M. Hallè eut la bonté de me prêter l’appareil galvanique pour en appliquer son excitant. Après les dix premières applications je pus reconnaître que ce dernier moyen m’était salutaire , car les muscles se contractaient de plus en plus facilement, et la partie était plus douloureuse dans les dernières applications. Les vingt suivantes ont procuré le même effet ; et, au bout d’un mois environ d’application , les muscles les plus voisins du tronc du nerf qui leur communique le principe du mouvement ont commencé à se contracter volontairement. Aujourd’hui j’ai la parole libre et la bouche n’est plus de travers.» » La cause de ma paralysie n’a jamais pu être seulement soupçonnée. »
- Laeesque , élève de l3École de Médecine de Paris.
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- 5.° Essai sur Vemploi médical de V électricité et du galvanisme (1).
- Le second volume de cette Histoire offre (2) des preuves du zèle et de l’intelligence de M. Thillaye à seconder M. Hallè dans les expériences faites à l’école de médecine de Paris pour le traitement des maladies par l’application du galvanisme. Depuis, M. Thillaye a fait imprimer l’essai dont il va être question dans cet article, essai qu’il est d’autant plus important de faire connaître, que c’est dans son genre un des meilleurs morceaux qui ait été composé.
- Considérant le galvanisme comme une simple nuance des applications dont est susceptible l’électricité , l’auteur se contente d’examiner si i dans tous les cas on peut indistinctement substituer l’un à l’autre , ou s’il ne conviendrait pas plutôt de les associer et de disposer à l’usage du
- (1) Thèse présentée et soutenue à l’École de médecine de Paris, le i5 floréal an xi, par M. Thillaye, docteur en médecine , aide-conservateur des cabinets de l’École de médecine de Paris et membre-adjoint de la Société de médecine de ladite école.
- (2) Page a; note, p. îa, 386, 387.
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- premier, par l’emploi préliminaire du second. En convenant des difficultés d’exécution à cet égard , il croit nécessaire , pour la rendre plus facile , de passer successivement en revue les diverses manières d’administrer, comme remèdes , l’électricité etle galvanisme, et les effets qui répondent à chacun de ces procédés. Ainsi le bain électrique , l’électrisation par pointe , celle par étincelles , la commotion électrique, celle galvanique , sont le sujet d’autant d’articles discutés dans la première section, et qui ont pour base des expériences nombreuses faites avec soin et avec exactitude.
- M. Thillaye examine, 2.e section, quelles sont les circonstances, dans lesquelles il convient d’employer l’électricité. Il attribue à trois causes principales l’incertitude des physiciens sur les succès des tentatives faites à cet égard , savoir : i.° à ce qu’on s’est contenté de citer les cas où l’on a réussi , sans parler de ceux où l’on a échoué ; 2.* au défaut de persévérance dans l’usage du remède ; 3.° à sa mauvaise application de la part de ceux qui , n’étant pas médecins , n’ont pas su, en l’employant , bien spécifier les maladies dans lesquelles il convenait, et celles où il né convenait pas. Comme dans cette section il est beaucoup plus question de l’emploi de l’électricité
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- comme remède, que de l’emploi du galvanisme dans le même cas, nous ne suivrons pas l’auteur dans les détails qu’il donne «à ce sujet, et il nous suffira , pour ce qui regarde le galvanisme , employé comme moyen curatif, de renvoyer aux détails très-étendus que nous avons donnés à ce sujet dans le second volume de cette Histoire (1).
- Les modes d’électrisation qu’il convient d’employer, suivant les diverses circonstances, sont le sujet de la 3.” section. L’auteur trace ici les préceptes généraux, desquels l’expérience lui a appris qu’il ne fallait pas s’écarter pour réussir. Il prouve ensuite que ces préceptes , si utiles pour l’application de l’électricité , ne sont pas toujours applicables à l’emploi du galvanisme , et il établit à ce sujet les différences qu’il y a entre la commotion électrique et celle galvanique. L’énumération dés méthodes qui ont été le plus généralement suivies avec succès dans les maladies citées, termine cet article.
- Dans le quatrième , M. Thillaye décrit les dangers qui peuvent résulter de l’électricité , à raison , soit du mode lui-même d’électrisa-
- (i) Voyez les mots Galvanisme, Médecine , et sur-tout le chapitre XIX, dent celui-ci est la suite.
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- tion, soit des circonstances dans lesquelles on l’emploie. Ce n’est ici, pour ainsi dire , qu’un corollaire des deux précédentes sections , appuyé d’observations et d’expériences qui prouvent la réalité des dangers qu’on court dans l’usage de l’électricité.
- La cinquième et dernière section traite de l’association de l’électricité à d’autres remèdes, tant pour en hâter et en assurer les effets, que pour s’opposer aux métastases qu’elle peut déterminer. La nécessité de cette association a été reconnue par presque tous les médecins qui ont eu recours à l’électricité comme moyen curatif. Les médicamens tant internes qu’externes ont été en conséquence utilement employés , tels que les purgatifs , les vésicatoires. Il en est de même dans l’emploi du galvanisme comme remède , et peut - être serait-il aisé de prouver que, dans bien des cas, les succès ont pu être plutôt attribués à l’effet des remèdes associés, qu’à celui du galvanisme , de quelque manière qu’on l’ait employé.
- N. B. U y a dans le 3.' cahier du Journal du Galvanisme , pag, i3g, un extrait de cette dissertation, par M. Bajot-Laforest.
- IIIe. Partie.
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- i,° Extrait {i ) d’un Mémoire sur l’application du Galvanisme dans le traitement de quelques maladies , par le Pr. Aossi ( 2 ).
- « Lorsque quelque découverte brillante, dit M.Rossi, excite les recherches des savans et les ïegards des curieux, on commence par demander de quelle utilité elle peut être à la société. Cette question, déjà faite plusieurs fois à l’égard du galvanisme , se renouvelle tous les jours , et se renouvellera sans cesse jusqu’à ce qu’on ait des preuves convaincantes et irréfragables de sa véritable utilité. Qu’importe, en effet, que vous excitiez par vos tristes expériences des mouvemens étonnans, des convulsions extraordinaires dans des corps déjà inanimés, et que vous paraissiez presque les ranimer pendant quelques heures, si ces phénomènes, tout surprenans qu’ils sont, demeurent stériles pour le bien de l’humanité ? »
- M. Rossi répond à ces questions qu’il est injuste de demander à une science qui n’est presque encore qu’à sa naissance ce qui
- (1) Bibliothèque italienne, n.°III, pag. aaj.
- (2) Voy. le tome I." de cette Histoire , p. 33o et 333 7 sur les travaux galvaniques de M. Rossi.
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- ne peut être que le fruit de plusieurs années : longé semper à perfecto fuerunt rerum initia : nous ne sommes encore qu’aux frontières d’un monde nouveau ; ce ne sera que par une constante persévérance et par des essais multipliés, que nous viendrons à bout d’atteindre le but de la carrière que nous parcourons aujourd’hui, et de recueillir le fruit de nos travaux.
- Un grand nombre de faits importans ne nous ont-ils pas déjà fourni des explications nouvelles pour la physiologie ? ne nous ont-ils pas appris que les violentes contractions excitées par le galvanisme dans le cœur de l’homme inanimé, découverte due originairement au comité de Turin, présentent l’espoir fondé de pouvoir, dans certaines circonstances, ranimer les asphixiés, sur-tout si on associe aux effets galvaniques ceux produits par les secours médicinaux?
- C’est d’après ces principes, d’après ses propres expériences, que M. Rossi s’est cru autorisé à établir quelque règle générale sur la nature des maladies , dans lesquelles on peut faire usage de la galvanisation avec quelques succès , ainsi que de celles dans lesquelles son application peut être nuisible ; mais il observe avec raison que cette application exige , de la part des médecins qui l’entreprennent, la Ba
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- plus grande attention, soit par rapport aux parties^qui doivent être de préférence exposées aux attouchemens des conducteurs, soit par rapport aux liquides avec lesquels on humecte les disques de drap ou de carton.
- y> Le galvanisme , dit M. Rossi , peut être employé avantageusement lorsque , pour emprunter le langage de Brown ( dont il est cependant loin d’adopter le grand nombre d’idées erronées ), il y a accumulation d’excitabilité ou faiblesse directe ; mais il faut la plus grande circonspection dans les cas de faiblesse indirecte , et son usage est nuisible dans les affections stériiques ; il peut même dans ces circonstances devenir funeste. »
- M. Rossi a observé , toutes les fois qu’il a employé le galvanisme dans les maladies d’épuisement, qu’une pile composée de vingt-cinq couples de disques de zinc et d’argent, avec les cartons mouillés dans la dissolution de muriate de soude ou d’ammoniaque, faisait tomber les malades dans une grande faiblesse , que chez un jeune homme âgé de vingt-cinq ans, galvanisé par intervalles pendant l’espace de dix minutes, à cause de la faiblesse des extrémités inférieures qui ne lui permettait de faire que quelques pas, il s’ensuivit une syncope qui menaça, ses jours.
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- Pénétré pourtant de l’idée que dans ce cas le galvanisme bien administré devait être utile , M. Rossi soupçonna que le changement du liquide , avec lequel on humectait les cartons, pourrait changer l’intensité de ses effets , avec d’autant plus de raison, qu’il avait déjà éprouvé que cette intensité était différente selon la différence des liquides dont on se servait pour humecter les disques de carton ou de drap interposés avec les disques métalliques. Il avait d’ailleurs déjà observé avec M. Vassalli-Eandi , et annoncé ensuite dans le n.° 71 du Journal de Turin , que différentes substances minérales dont on mouillait les disques de carton ou de drap, étaient des conducteurs plus ou moins bons du fluidp galvanique. L’expérience lui a ensuite prouvé que, lorsqu’on veut obtenir un effet moindre , lorsqu’on veut atténuer l’action trop vivement stimulante du fluide galvanique, et la proportionner, pour ainsi dire, à l’état de faiblesse des malades assujettis à l’action de la pile, on pouvait substituer avec avantage le sang à la dissolution de muriate de soude et de muriate d’ammoniaque.
- Ces observations l’ont déterminé à se servir d’une pile augmentée de dix couples pour galvaniser le malade dont il vient d’être question, et trois autres pendant quinze jours de suite
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- et une demi - heure chaque fois : il en est résulté un avantage si marqué , qu’au bout de deux semaines ces malades avaient pres-qu’entièrettient recouvré la force dans leurs extrémités inférieures. Il est remarquable que le galvanisme mis en mouvement parle moyen du sang n’a produit aucun avantage dans d’autres maladies partielles, dans cellës par faiblesse indirecte. Il faut rapporter à cette classe la paralysie du nerf optique dans la maladie appelée goutte sereine. La pile , préparée avec du sang de poulet, comme dans les observations précédentes, ne produisit pas le moindre avantage. Des galvanisations avec une pile de vingt-cinq couples métalliques seulement et de carton mouillé , tantôt dans la dissolution de muriate de soude, tantôt dans la dissolution de muriate d'ammoniaque , rétablirent la faculté de voir pendant quelque temps chez quatre individus. M. Vassalli-Eandi a rendu compte de quelques-unes de ces observations dans un rapport qu’il a fait à l’Académie de Turin , le 2 nivôse an *i.
- Dans les maladies qu’ort appelle par faiblesse directe, l’usage des disques mouillés dans les dissolutions de muriate de soude ou de muriate d’ammoniaque a été plus utile] qu’avec les disques humectés de sang. Par le premier de ces moyens , un jeune homme de trente-cinq ans
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- a été entièrement rétabli en dix-huit jours d’une apoplexie produite par un trop long repos. Les disques humectés avec des substances animales n’avaient produit chez ce malade aucun soulagement.
- M. Rossi ne dit rien du danger du galvanisme dans les affections sténiques, ou dans les maladies de nature inflammatoire , parce qu’on sent aisément combien la vertu stimulante de ce puissant agent doit être nuisible dans ces maladies.
- Il a rendu compte ailleurs,, avec M . Vo«-salli-Eandi, de la différence des effets qu’on obtient lorsqu’on mouille les cartons avec du sang, de la bile, de la lymphe , et lorsqu’on les mouille avec les dissolutions de muriate de soude ou de muriate d’ammoniaque, Çps savons ont observé que, quand on se sert des substances animales, l’oxidatiou des métaux est beaucoup plus prompte et plus forte : ce qui porte M. Rossi à croire que cette plus prompte et plus forte oxidation est accompagnée d’un développement moins actif du fluide galvanique , et qu’au contraire î’oxidâ-tion plus lente et moins considérable par ïes dissolutions salines mentionnées, est suivie d’un dégagement plus durable et plus, efficace, du fluide galvanique ; ce fluide dégagé 'parce#
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- différens moyens , ne subirait- il pas quelque modification, c’est-à-dire, l’état dans lequel il passe de la pile dans le corps des malades assujettis à son action, ne serait-il pas différent selon la différence des substances avec lesquelles on mouille les cartons ouïes draps?Quelques-unes de ses propres expériences, et celles surtout faites dernièrement par M. Giobert, rendent probable ce soupçon (1).
- M. Rossi parle ensuite de la différence dans les effets de la galvanisation, d’après la nature différente des parties qui sont immédiatement assujetties au contact des conducteurs. Toutes les parties animales molles, et humides sont conductrices du fluide galvanique , mais toutes ne le sont pas dans une -proportion égale. Ainsi, lorsque le fluide galvanique est appliqué de manière à pouvoir se jeter directement le long des nerfs des différens
- (1) Je ne yeux, je ne peux,dit M. Rossi, rien anticiper
- ici qu’ayant reçu à la Ion gue ce torrent galvaniqueque j’avais fait passer au travers d’une partie gangrénée , j’ai éprouvé des nausées, des efforts en vomissement, et ensuite des symptômes marqués de dyspepsie : ce qui ne m’était pas encore arrivé en faisant passer le torrent galvanique par ij
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- organes, ses effets sont beaucoup plus sensibles et plus puxssans. Le concours cl’une infinité d’expériences démontre que de toutes les parties animales les plus conductrices, ce sont les nerfs : ainsi , lorsque dans plusieurs maladies on veut que le fluide galvanique déploie une action prompte et forte , il faut avoir l’attention de diriger le torrent galvanique de manière qu’il s’empare de la route des nerfs qui se distribuent dans les parties sur lesquelles on veut agir fortement.
- M. Rossi a observé un grand nombre de fois qu’en appliquant un des conducteurs à l’endroit par lequel un ou plusieurs nerfs passaient pour se rendre à l’organe malade , et l’autre conducteur là où ces nerfs sortaient de cette partie , et s’unissaient avec d’autres branches nerveuses par le moyen des plexus ou des ganglions, la sensation de la secousse galvanique , ressentie par les malades, était du double plus forte que lorsque, dans l’application des conducteurs, on évitait le passage des troncs nerveux.
- D’après cette dernière observation, les effets du fluide galvanique étant faibles ou forts selon qu’on le force à passer par les nerfs de la partie affectée , ce que l’auteur appelle cercle immédiat, ou selon qu’on évite ces mêmes
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- nerfs , ce qu’il appelle cercle médiat, on peut avoir une règle pour en tempérer ou renforcer l'efficacité à volonté , selon la nature et le siège de la maladie. Cela est si vrai, qui si on applique , par exemple, un conducteur au commencement et à l’extrémité de la colonne épinière , de manière que le torrent galvanique la traverse de haut en bas, la secousse et les effets de cette application sont beaucoup plus forts que si on applique les conducteurs à côté et à une certaine distance , en sorte que le fluide galvanique ne soit point forcé de passer à travers la moelle épinière.
- M. Rossi a observé un grand nombre de fois sur lui-même cette différence dans la force de la secousse galvanique, selon qu’il faisait passer le fluide dans la route ou hors des nerfs.
- De tout ce qui vient d’être dit, il s’ensuit, selon l’auteur, i.° qu’avant d’administrer le galvanisme il est nécessaire que le médecin ait bien reconnu la nature de la maladie.
- a.” Qu’il peut employer une substance plutôt qu’une autre pour mouiller les cartons , selon qu’il désire un effet plus ou moins fort.
- 3.9 Que dans le même but il établira un cercle médiat ou immédiat.
- 4.° Que les substances animales sont plus convenables dans certaines maladies pour
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- mouiller les cartons, et que ces substances n’ont aucun effet dans d’autres.
- M. 'Rossi promet de plus grands dévelop-pemens dans un autre Mémoire , où il rendra compte d’un plus grand nombre d’observations, qui viendront à l’appui de ce qu’il n’a fait qu’annoncer dans le mémoire dont nous venons de rendre compte.
- On lit du même M. Rossi, dans le Journal du Galvanisme , n.° YII, p. 607 (1), l’extrait suivant d’observations sur l’usage du galvanisme dans la cure de l’hydrophobie. Le sujet sur lequel a opéré M. Rossi n’avait pas encore les symptômes de l’hydrophobie , mais il avait tous ceux de la rage , ainsi que le chien qui l’avait mordu ; la pile dont on s’est servi était de cinquante couples avec les disques de carton , mouillés dans une dissolution de niuriafe d’ammoniaque.Les détails de l’application du galvanisme , dans ce cas, sont curieux et méritent d’être lus attentivement; les résultats en ont été si salutaires , qu’un an s’est écoulé sans qu’aucun nouvel accident soit survenu ; le sujet a été présenté à l’académie de Turin très-bien portant.
- (1) Voy. aussi la Bibliothèque italienne, n.° VII, p. 44.
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- Une autre observation sur la même maladie a été suivie du même succès.
- Voici une preuve qu’à Sienne enToscane les résultats sur le galvanisme médical paraissent contraires à ceux obtenus à Turin. Elle est tirée d’une lettre de M. Jacques Barzelotti , professeur public de chirurgie à Sienne. Il s’agit de l’application du galvanisme dans le Cas d’une hydrophobie désespérée, suivant la méthode du professeur Rossi, sur un blessé , qui, 5§ jours après la morsure, donnait loutes les marques les plus claires de l’hydrophobie, c’est-à-dire , une aversion décidée pour l’eau et pour tout corps humide et luisant, au point d’en éprouver les plus foi’tes convulsions : l’eau même jetée sous la plante des pieds causait de semblables effets.
- Pendant l’expérience , qui dura une heure , et pendant laquelle il a éprouvé l’action d’une pile bien active de 5o pièces'de cuivre et d’autant de zinc, qui communiquaient par un conducteur à un de ses pieds , et par un autre à une de ses mains, il a toujours dit qu’il se sentait brûler. Enfin le résultat est qu’il n’a nullement été soulagé, et qu’il est mort hydrophobe.
- M.Rossi a répondu à cette lettre, 1." que le galvanisme jusqu’à présent n’a pas été re-
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- gardé comme un remède spécifique contre l’hydrophobie ; a.0 que l’expérience qu’il a faite à ce sujet l’ayant convaincu que les personnes mordues par des chiens enragés donnent d’avance des marques non équivoques de la maladie, avant qu’elle soit parvenue à son plus haut degré , on doit, le plus tôt possible, accoutumer le malade à l’action galvanique , en traçant avant tout le cercle médiat, et ensuite celui immédiat à la moelle épinière', et qu’avec le médiat il galvanise la bouche et le visage ; 3.° que lorsque les symptômes de la rage sont déjà développés en grande partie, on n’est pas aussi assuré de galvaniser le malade avec un égal succès , quoiqu’il soit nus pieds sur le pavé humide.
- 2.° Dell’ applicazione del Galvdnismo. — De Vapplication du Galvanisme à la Médecine, par le docteur Mongiardini. Gênes i8o3. (1) Le Mémoire que le docteur Mongiardini a présenté à la Société médicale de Gênes sur l’application du galvanisme à la médecine , étant très-intéressant pour le physicien et le
- (1) Journal du Galvanisme, i.or thermidor an 11 , IV.e cahier, p, 175. Cet extrait est du docteur Mojon, de Gênes,
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- médecin nous ne pduvons nous dispenser de
- le faire connaître,
- Il commence par l’exposé de quelques tentatives faites sur plusieurs malades, avec la machine de Nairme, pour pouvoir mieux comparer les effets de l’électricité avec ceux du galvanisme. Il conclud des expériences qu’il a faites par l’électricité sur différens malades , que cet agent peut être regardé comme un remède puissant dans plusieurs maladies , mais qu’on ne doit cependant pas en attendre tous ces prodiges annoncés avec enthousiasme par quelques médecins. Après avoir décrit ses effets , opères non seulement sur des malades, mais encore sur des personnes saines, M. Mon-giardini s’occupe de ceux produits par l’application du galvanisme. Il a-fait usage, tantôt de la pile'métallique, et tantôt de la couronne à tasses.
- Parmi les malades qu’il a galvanisés , on compte deux paralytiques du bras ; un troisième paralysé à la joue, une dame chlorotique , un aveugle par amaurose , un homme tourmenté d’une ophthalmie rebelle,et finalement beaucoup de sourds de naissance.
- Dans l’administration du galvanisme, il avait soin que les malades ressentissent fréquemment et pendant long-temps la secousse produite par
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- les appareils dont on a parlé, et qu’elle s’étendît tout le long de la partie malade t se servant quelquefois des chaînettes , ou d’une pointe métallique isolée , tandis qu’une partie du malade était en communication avec le pôle opposé.
- Entre les effets obtenus par le docteur Mongiardini dans l’administration du galvanisme , il y en a eu d’heureux et de malheureux. Les effets généraux de ce nouvel agent sur l’économie animale sont rapportés par l’auteur et appuyés sur l’autorité des faits. Le galvanisme, dit-il, produit sur la peau des effets bien sensibles et bien remarquables , outre ceux qui sont communs à l’électricité ordinaire : il fait remarquer que l’application du galvanisme à là langue, au nez et à plusieurs autres parties du visage , est accompagnée d’un éclair qui s’excite dans les yeux. Quand on fait l’expérience sur le premier de ces organes , outre l’éclair on éprouve une saveur légèrement acide. Les conducteurs de la pile, appliqués, l’un à l’arrière-bouche, et l’autre à l’intestin rectum , déterminent des évacuations alvines ; les contractions du tube intestinal sont même quelquefois assez fortes pour donner lieu à de légères coliques. Les muscles d’un membre sur lequel on dirige le
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- , galvanisme se contractent et répètent leurs contractions toutes, les fois qu’on réitère l’application du conducteur ; la force des contractions n’est cependant pas en raison de la douleur qu’éprouve le malade : tantôt il souffre beaucoup, et le muscle ne se contracte que faiblement ; d’autres fois, au Contraire, on aperçoit des contractions vives, fortes, et le malade ne se plaint presque pas.
- Les muscles recouverts par la partie de la peau qui reçoit le contact du communicateur ne sont pas toujours les seuls dans lesquels s’opère la contraction ; quelquefois, en galvanisant l’avant-bras, les muscles éloignés du bras et ceux de l’épaule se contractent d’une manière qui approche de la convulsion : si l’on fait glisser sur la peau l’extrémité de l’arc conducteur , en suivant le trajet des nerfs brachiaux , les organes musculaires dans la dépendance de ces nerfs se contractent avec beaucoup de force , mais sans que la douleur soit augmentée ; quelquefois le stimulant galvanique paraît perdre tout-à-coup sa propriété stimulante : les contractions cessent ; la faculté contractile semble éteinte; mais elle n’est que suspendue : bientôt elle se réveille, et les contractions deviennent alors plus fortes qu’au-paravant.
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- L’accélération tin pouls est encore un phénomène qu’on peut également observer dans l’application du galvanisme : selon M. Monr giardini, il paraît qu’on peut estimer cette accélération à cinq pulsations par minute , terme moyen ; toutes les sécrétions se font d’une manière beaucoup plus active , elles deviennent plus rapides et plus abondantes; celle des urines sur-tout, est extrêmement prompte et copieuse : il en faut presque dire autant de la transpiration.
- Une des. propriétés bien constatées du galvanisme , est de s’opposer à la putréfaction des matières animales, et même de la ralentir ; mais une remarque qu’il est important de faire, c’est que cette propriété ne s?étend pas au-delà de l’action des appareils galvaniques : dès que ceux-ci cessent d’agir, la putréfaction se -déclare et marche ensuite plus rapidement qu’elle ne l’aurait fait, si on ne l’eût point'suspendue.
- De tous ces faits et de beaucoup d’autres observés par le docteur Mongiardini, il résulte que les effets du galvanisme, appliqué à la machine animale, sont, à peu près les mêmes que ceux que présente l’électricité ordinaire, qu’on y observe mêmes picotemens, mêmes contractions , même inflammation de la peau , semblable accélération dans le pouls, augmenta-III.e Partie. C
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- tion des sécrétions , mais une sensibilité plu» vive,une plus grande facilité de mouvement,etc. D’après cette ressemblance d’action entre l’électricité et le galvanisme , on voit, dit l’auteur, que ce dernier convient par-tout où l’on regarde l’électricité comme utile, si même, ajoute-t-il, son influence sur le corps humain ne doit pas être regardée comme plus marquée, à raison de la production de beaucoup de phénomènes chimiques.
- Bouvier , Faure, et quelques autres savans sè sont, à la vérité, élevés contre la méthode d’employer le galvanisme , en disant que les malades soumis à l’action d’un fluide extraordinaire , étaient exposés à un grand, danger ; mais les observations qu’ils rapportent ne sont pas fort concluantes contre l’administration de ce remède ; il est vrai .qu’elle exige une certaine circonspection, et un médecin prudent pourra toujours en tirer, comme des autres remèdes héroïques, des avantages assurés. Il ïi’est pas nécessaire , pour cela, d’ajouter foi aux eures surprenantes rapportées par quelques médecins partisans du galvanisme ; et ce ïi’est pas sans raison que M. Mxmgiardj.ru. .expose sa oraànte, que 4e galvanisme, en échauffant les esprits de beaucoup de gens, ne tombe dans la désuétude,, aprèsêfcre de venu d’un usage trop général.
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- En effet, peut-on raisonnablement «ajouter foi à ces guérisons presque miraculeuses rapportées dans les journaux allemands ?. J?eut-on croire à cfii .paralysies gqériçs en yingt-quatre heures , à cette foule de sourds et d’aveugles délivrés de leur maladie, comice paf enchantement ?
- Beaucoup d’exemples que rapporte lenteur dans sa Dissertation , démontrent que le médecin qui se livre aux expériçncfes, et qui , au lieu d’être l’interprète ' delà vérité et de la raison, ne cherche qu’à se donner du relief dans le monde, en rapportant des cures miraculeuses , doit tomber infailliblement >dg.ns.l!erréur. Le dpcteur Mangiar_dini termine son Mémoire, plein d’érudition , paç payer un juste tribut d’hommage au professeur Hallé et à MM. Hgmholdt, Grapengiesser et autres , qui n’bnt point çxagéré dans leurs ouvrages ï?utilité du galvanisme , aux dépens de la vérité et de la saine raison. De plus, ce •Mémoire est écrit avec sagesse , avec pureté -, et avec le ton de là vérité persuasive.
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- 3.° De gdlvanismi in praxi medicâ usu} auctore Gasp. Crève , medicinœ ac chi-rurgiœ doct. et profess., c’est-à-dire, sur tapplication du galvanisme à la médecine pratique, etc.
- Extrait d’un rapport détaillé fait sur cet ouvrage à l’Ecole de médecine de Paris, par les professeurs Hallé et Sue, le 24 prairial, an 11 (1).
- Après avoir exposé, dans les premiers paragraphes de cette dissertation, les conditions nécessaires pour que le stimulus galvanique porte son action sur la sensibilité et l’irritabilité animale ; après avoir, examiné la nature , lé nombre et l’arrangement des métaux susceptibles de développer le fluide galvanique, circonstances trop généralement connues pour que nous nous y arrêtions , l’auteur chèrche à étonner une nouvelle extension à l’histoire des phénomènés que prod uit .l’irritation ; métallique. Il a choisi, pour atteindre son but, la
- (1) Voyez le Journal de la Société de médecine, in-8.*, tome XVm, p. 216, et celui du Galvanisme , IX.' cahier, p. 81.
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- voie la moins susceptible d’erreur, celle des expériences ; il en rapporte plusieurs qui, malgré qu’elles ne présentent point de résultats neufs, offrent cependant des détails assez curieux pour mériter d’être connusdu moins en partie ; nous choisirons les deux expériences. suivantes qu’il a faites sur lui-même.
- Première. Après avoir introduit sous la joue gauche une lame d’argent, de manière à ce qu’elle remplît en grande partie l’espace existant entre les dents molaires et la joue, il mit sous la joue droite une pareille lame de zinc : les deux lames étaient proéminentes à l’ouverture de la bouche. Dans cette situation, toutes les fois que les deux lames se touchaient, l’auteur voyait comme un éclair très-brillant ; il éprouvait, en outre, des spasmes plus ou moins violens dans les fibres du muscle buccinateur de chaque côté.
- Seconde. M. Crève a ensuite introduit dans chacune des narines et jusqu’à la moitié de leur cavité, dans la gauche, une lame d’argent, et dans la droite une lame de zinc ; toutes deux se présentaient au-dehors à l’ouverture des narines. Leur contact donna également lieu au phénomène de l’éclair dont nous venons de parler, et à une pulsation particulière dans les dents incisives de la mâchoire supérieure.
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- ïi^ufêür ptsse ensuite à l’êxàmëh des aria-logië& et des différences qui existent entre les effets du fluide électrique et ceux de Pirri-’t&tioh métallique , Considérés eh gêüérâl dans l'ëiir application à l’économie animale. De cet "éxaineri et dès boSjbreusès expënëncès iqti’il a tentées à cè sujet, il résulte que 'le stimulus ^àîva^ique est plus actif que Tëlècfrîque ; que % prémiei' ittetenàctibnl’irritabilité plus long-leiftps après la mort , ët qu*eriffh il excite bien plus efficacement la force musculaire ; mais le fluide électrique à son tour a bien plus d’effet sur la sensibilité ou la force nerveuse ; il agit d’ainèùrs, sans ‘qu’il faille 'tenir lès parties à y 'nu , comme poùr le fluide galvanique , quia nécessairement besoin du contact immédiat.
- Ici seulement !Sl. Crève commence à traiter directement lë véritable point du sujet de sa dissertation, c’est-à-dire, l’application du.galvanisme à là pratique de la médecine. Il réduit a cinq circonstances géhèràlès , les cas où ce nouveau moyen peut" être adopté avec fruit J>ar lès cliniques interne et externe. Suivant lui , il peut être utile ,
- i.(°. Pour constater la véritable mort ; a.0 ^our*mieux connaître et définir la nature de Vamaurose ;
- 5.” Pour soutenir plus long-temps l’irritation
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- DU GALVANISME. des vésicans, et garantir le malade des funeste» effets des cantal’ides ;
- 4. ° Pour troüver un signe pathognomonique qui serve dans les opérations chirurgicales, décider, si lès parties à opérer sont musculeuses'ou non, et si elles jouissent encore de l’irritabilité ,
- 5. ° Pour apprendre, dans plusieurs cas de médecine opératoire , aux chirurgiens - praticiens à faire attention à des phénomènes dont ils ignoraient auparavant la cause.
- Premier Cas. La putréfaction a été jusqu’ici le seul moyen de constater, d’une manière non équivoque, Fexistence de la mort ; et cependant , que de circonstances où il serait important de pouvoir se décider avant eètte dernière période de la destruction. M. Crève prétend-avoir trouvé cet avantage dans le galvanisme ; il se fonde Sur ce que l’état de l’irritabilité esitle seulmoyen de prononcer entre la vie et la inort ; car, selon lui, .tant: que l’irritabilité existe, il y a vie ; et la vie cesse, sans aucun espoir de retour, aussitôt que l’irritabilité est entièrement anéantie, etc.; or, le stimulus, galvanique indiquesurement l’état de l’irritabilité.
- C’est dans Pétude du passage de la mort apparente à la vie, et réciproquement de la vie à la mort, que M. Crève puise les principales preu-C 4
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- vés <îe son assertion. La vie se compose surtout des forces sensitives et motrices, dont l’existence n’est pas entièrement simultanée. La faculté qui anime le corps la première, dès lafor-mation du fœtus , c’est l’irritabilité ; elle existe long-temps avant quela sensibilité se développe. A l’instant de la mort, au contraire , la sensibilité est d’abord détruite , et ce n’est que lorsqu’elle est tout-à-fait éteinte, que l’irritabilité commence à disparaître dans les muscles , de telle sorte, que l’on peut diviser en deux temps les changemens qui se font dans le passage de la vie à la mort ; ces tems comprennent, le premier, l’extinction de la sensibilité, et le second celui de l’irritabilité ; mais l’irritabilité peut n’être que suspendue dans son'aclion , sans être entièrement détruite, circonstance qu’on observe fréquemment dans la pratique. Cette objection, jointe à plusieurs autres considérations, a fait dire à MM. Ilallè et Sue , rapporteurs de l’ouvrage de M. Crève, que l’irritabilité galvanique peut être effectivement, dans quelques cas , d’un très-grand secours, pour distinguer la véritable mort de celle qui n’est qu’apparente.
- Second cas. L’âmaurose, que l’on peut définir la paralysie des nerfs qui se distribuent au globe de l’œil, varie sur-tout par le siège
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- et la cause de la lésion nerveuse ; ainsi, cette lésion peut avoir lieu, ou dans le cerveau lui-même, à l’origine des nerfs, ou dans l’étendue de la direction des nerfs, ou enfin dans le bulbe même de l’œil. Or, le danger n’est pas égal dans ces trois cas. Si la lésion des nerfs se trouve dans le cerveau , la perte de la vue est inévitable ; au contraire, l’amaurose pourra se guérir, si le siège de la lésion est, ou dans le trajet des nerfs , ou dans leur distribution au bulbe de l’œil. Il est donc bien important de pouvoir établir cette distinction ; et c’est là ce que M. Crève prétend obtenir au moyen du galvanisme, par l’expérience , n.° 1 , que nous avons «rapportée plus haut. Deux faits recueillis par l’auteur et appuyés de l’ouverture des cadavres , attestent que lorsque l’individu, par Inexpérience citée, aperçoit l’éclair dont nous avons parlé . la cause de l’amaurose n’a point son siège dans le cerveau, et vice versa. Ce même moyen , et d’après les mêmes procédés , doit également, et peut-être avec un peu-plus de certitude, ainsi que le remarquent MM. Sue et Hallé , faire connaître si la cataracte est compliquée d’amaurose.
- Troisième cas. Ici M. Crève établit l’efficacité du stimulus galvanique , pour ranimer l’action des vésicatoires, moyen qu’il préfère au
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- renouvellement et à l’augmentatien de la poudre des cantarides , dont l’usage fréquent n’est pas toujours sans danger, à raison de l’irritation particulière qu’elle détermine sür tout le système. L’auteur a rendu à Humboldt la justice qu’il mérite pour les expériences qu’il a le premier tentées à ce sujet.
- Quatrième cas. Il n’est pas aussi sûr que M. Crève semble le penser, que l’irritation métallique puisse décider si telle ou telle partie est musculeuse ou non, puisque déjà des parties qui ne sont point du tout musculeuses , quelques plantes , par exemple, Se sont montrées sensibles au stimulus galvanique, suivant plusieurs physiciens ; et, comme le disent fort bien les rapporteurs de Ce travail ,1a seule Utilité du galvanisme dans les opérations chirurgicales , se réduit à nous assurer si l’irritabilité existe encore dans les parties que l’on veut opérer.
- Cinquième cas. Très-souvent, dit M. Crève, une foule d’accidens, tels que des convulsions , la douleur , etc. qui Se manifestent pendant les opérations chirurgicales, sont l’effet du stimulus galvanique , le chirurgien opérant fréquemment siir des parties mises à nu avec des instrumens formés de divers métaux , que le hasard ou la nécessité ne peuvent
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- manquer de mettre en contact. Cette considération est loin d’avoir tout l’intérêt que veut lui attaché* M. Crève.
- Il 11e périse pas qûè l’on doive attribuer au fluide galvanique toutes les propriétés qu’on se plaît à lui accorder tous les jo'ürs. Il con-tèste son efficacité dans les bas d’asphyxie , efficacité qu’une foule d’expériences ont tour-à-tour établie et renVërSée; il fie balance pasàpro-noncer que dans cette maladie, l’action de l’électricité doit offrir des résultats plus satis-'fkisàns. LdisSbns au lehips, ït d’autres observateurs et à de nouveaux essais, le soin de vérifier cês Faits.
- Remarquons aVant de terminer , que dans fous les'ca's d’applicatîdn du galvanisme, l’auteur conseille l’arc forhté de deux métaux , moyen plüs coihmo'de Satis doute que la pile 'de Yolta, rhais aussi moins efficace. Celle-ci, ainsi que l’ont observé MM. 'Halle et Sue -, aurait sans doute eu , dans plusieurs circonstances mentionnées par M. Crève , une action plus énergique.
- N. B. En consultant les dèux premiers vol. de l’Histoire' du Galvanisme , on connaîtra combien ont été étendus les travaux de M. Crève sur cette déco üvërtè. On verra, tom. I.er,-p. 227,
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- comment il explique l’irritation métallique et les phénomènes du galvanisme, ses recherches et ses heureux pressentimens à ce sujet, tom..IE, pag. 383, ses premières idées sur l’application du galvanisme à l’art de guérir, écrites en allemand , et sa dissertation latine sur l’utilité de l’irritation métallique, pour distinguer la vraie mort de la mort apparente, ou de l’asphyxie. , Le nouveau travail, dont nous venons de rendre compte , fut adressé à l’Ecole de médecine par le ministre de l’intérieur, qui demandait son avis sur l'emploi du moyen proposé par M. Crève, pour s’assurer, par l’application du galvanisme, de la mort réelle ou seulement apparente des personnes noyées ou asphyxiées. Les commissaires ( MM. Hallé et Sue ) nommés par l’école , après avoir pris communication du moyen proposé dans le mémoire latin de M. Crève , après avoir, en étendant plus loin leurs vues , examiné s’il ne serait pas avantageux d’établir, dans différens quartiers de Paris , et sur-tout au voisinage de la Seine , des appareils galvaniques qui agiraient concurremment avec les boîtes destinées au secours des noyés, estimèrent qu’avant de former de pareils établissemens , il étoit utile et même nécessaire de s’occuper d’expériences particulières qui constatassent
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- !è degré de confiance qu’on peut accorder aux irritans galvaniques, et que ce ne pourrait être que d’après ces expériences, si elles étaient favorables, qu’on pourrait ensuite enseigner les moyens d’application et d’exécution sur les noyés et les asphyxiés dans des établissement publics.
- 4. P De l’application du galvanisme à la rétention (Turine, suite de la paralysie de la vessie, par M. Nàuchê (1) , docteur en médecine.
- Après un exposé des diffêrens traitertiens convenables dans, cette maladie, l’auteur propose l’application des appareils galvaniques qu’il préfère à ceux électriques , i.° parce que les premiers paraissent agir d’une manière plus directe sur r-,l’agent moteur du système -nerveux ; a,? parce- qu’on peut mieux gra-,• diier leur ^action ; 3.° parce qu’on peut agir .sur la yessiè d’iine manière isolée, ce qu’on , ne peut-obtenir avec l’électricité qui stimule tous les. systèmes de l’économie animale ; .4.° enfin, parce que les applications galvaniques, bien dirigées , n’occasionnent aucun ac-
- (x) Journal du Galvanisme n.° Et, p. 66, et n.° III, p. xaa.
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- cident, tandis que celles électriques, quelques
- précautions que l’on prenne, sont, presque
- toujours accompagnées d’accidensplus ou moins
- graves.
- . Pans l’état s§i,n, ]p. ypssieest un dps viscères qui résistent lg plqs à Pirritatiqn galvanique. On a même assuré qu’elle n’entrait pas. en contraction par l’influence de cet agent ; mais les qbservatipns que rapporte Sf; I&quçhe prouvent l.e çqnt^ajrg,
- La première personne sur laquelle il employa pour la rétention d’urine l’application du galvanisme, était une fille âgée de §5 ans, aveugle depuis cinq ans, et attaquée depuis l'an VII d’uperéteniiond’uifine par paralysie dp la vessie; .elle fut d’abord giférie par un traitement approprié ; mais la rétention sp manifesta de nouveau en l’an X. Les applications galvaniques furent faites avec une pile de 70 Couples de quivre pt xle.zj.nc, armée de deux tiges de.cuivrept_d?nn excitateur électrique , qui devait seule nient faire l’office de conducteur. Les urines furent évacuées avec la sonde, qui resta dans J# vessie , et tau moyeu de laquelle on y introduisitunetige-métallique, communiquant JXSSi. Ja .base .delà pile, -tandis qu’une autre -tige -commnnjquani.vers Je rniljieja ,«je Ja. ;piïq , au pôle zinc, fut appliquée sur le bas - ventrg ,
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- humecté et recouvert d’un disque métallique. A l’instant du contact de la tige pôle zinc avec ce dernier, la malade éprouva dans la vessie des frémissemens et de légères, douleurs. Les cinq première? applications galvaniques n’ont déterminé d’autre effet, qu’un accroissement dans la sécrétion de l’urine , dont la malade rendait une bien plus grande quantité qu’à vaut le traitement, quoiqu’elle ne'prît que la même quantité de boisson.
- Cette fille était attaquée.en même temps d’une -goutte sereine très-ancienne. M. Npitche jugea à propos de galvaniser à la fois les yeux et la vessie , et à cet effet il laissa dans l’intérieur de ce viscère ,1e conducteur pôle cuivre , et mit l’autre pôle zinc en communication avec une arcade surcilljère, après avoir humecté les téguniens avec de l’eau tiède , et les avoir recouverts d?un disque métallique. Chaque fois qu’on mettait le conducteur pôle zinc, en contact avec le disque métallique, placé sur l’arcade surcillière, la malade éprouvait des éclairs plus ou moins variés, plus ou moins vifs dans cette région, et un léger frémissement dans l’intérieur de la vessie. Le conducteur pôle zinc promené sur la racine du nez, sur les pommettes, dans l’intérieur de la bouche et du nez , sur la nuque, donna toujours les mêmes résultats,
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- c’est-à-dire, éclairs et saveurs d’un côté, et sensations plus ou moins variées dans la vessie. La malade éprouva par le galvanisme, différentes autres affections qui ne furent pas suivies , ainsi que le traitement, parce qu’elle changea de lieu.
- Le second malade était un vieillard septuagénaire sur lequel on employa les mêmes procédés. Dès le premier jour de la galvanisation, il y eut un mieux sensible, moins de difficulté à rendre les urines , moins de souffrances, moins de peine dans la marche. Pour augmenter ces bons effets du galvanisme , et le faire agir comme moyen révulsif, M. Nauche jugea à propos d’appliquer un vésicatoire à la partie interne et supérieure de la cuisse ; et après l’avoir recouvert d’un disque métallique, de diriger sur ce dernier le conducteur pôle zinc, tandis, que le conducteur pôle cuivre était dans la vessie. Les envies d’uriner furent bien plus fortes, de même que les fré'misse-mens et les sensations variées dans l’intérieur de la vessie ; les cuisses et le bassin entrèrent simultanément en contraction. Le malade se trouva si bien de ce traitement, qu’il le négligea plusieurs jours , se regardant comme guéri ; mais les symptômes reparurent peu de .temps après, et il fallut de nouveau recourir au traitement
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- DU GALVANISME. traitement galvanique, qu’on fut même obligé de réitérer plusieurs fois. Le malade a été assez bien rétabli, cependant pas assez pour déterminer le degré de confiance qu’on doit avoir dans le galvanisme , comme moyen curatif de la rétention d’urine par paralysie de la vessie , puisque .la guérison n’a pas été complète , et que dans le fait, le bien opéré a pu être au moins autant l’effet des médicamens que celui du galvanisme.
- 5.° Observations {1) de M. Schaub , professeur à Cassel, sur Vefficacité du galvanisme employé dans les surdités complètes } dans lès affections de l’organe de l’ouïe, pour guérir les sourds et muets , et les personnes qui ont l’ouïe dure, ainsi que la description de l’appareil très-simple et de la méthode dont il a obtenu les plus heureux résultats , par M. Winckler, membre de la société galvanique, (i)
- (i) Extraits des deux premiers cahiers d’un nouveaif journal allemand, ayant pour titre : Archives pour Vart pharmaceutique et la physique médicale, par MM. Schaub et Piepenbring, docteurs en médecine et en chirurgie, etc. Voyez Journal du galvanisme , n.° m , p. 108.
- M. Schaub est auteur d’un Essai ou Précis complet da l’Histoire du galvanisme, sous les rapports physiques de chimie et de médecine, depuis sa première découverte jusqu’au moment actuel. Cet ouvrage est écrit en allemand, 2 vol. in-8°., à Furtz près Nuremberg.
- III.® Partie. P
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- Ce mémoire estfait pour servir de réponse aux lettres deplusieurs médecins répandus dans les différentes parties de l’Allemagne, qui avaient demandé à M. Schnub des détails sur se» éxpe-r j encés gai vàniquesj il A sUr-tout écrit par Ce que deux médecins respectables , le docteur van Rees, à Arnlleiitt ên Güeldre, et lè docteur Küster, à Coïtita dans la Prusse occidentale, lui avaient fait part qu’ils n’avaient pas été aussi heureux que lui dans l’application du galvanisme, et dans le traitement dé leurs malades.
- Le nombre dés personnes sût lesquelles M. SchctubaptiSuivre un traitement galvanique régulier, sô îttdnte à environ trente, dont deux jeunes garçons et deux jeunes filles sourds, et muets. Au bout dé huit jours dè traitement, on s’aperçut déjà de quelques effets heureux; et au bout dé six semaines , l’oüïé était presque entièrement rétablie clléte ces malades, et les deux jeunes gens répétaient presque toutes les lettres de l'alphabet qu’ils entendaient prononcer par M:8chaub. Les succès n’dnt pas été aussi complets cheK quelques autres malades. Cepeh-' dant un homme qui avait I’ôréïffe dure et sür lequel le galvanisme n’a eu presque aucun effet dans lês troisprêmières semaines* a été dans les i5 jours snivans si complètement guérq qu’il entendait aussi bien que tout autre ; mais la dure la
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- plus surprenante que M. Schaub dit avoir faite, est celle d’un juge et conseiller aulique, âgé de 59 ans , qui était absolument sourd depuis environ 38 ans. Dès le cinquième joür que JI. Schaub l’eut galvanisé , il eut le plaisir de s’entretenir avec lui, sur-tout lorsqu’il parlait distinctement : à chaque galvanisation, cémédecin dirigeait le fluide , non seulement dans les oreilles, mais aussi , pendant une minute et demie, dans le nez et sous les deux yeux du malade. Enfin , au bout de trois semaines de traitement galvanique , ce juge fut entièrement guéri de sa surdité.
- Il est vrai qu’il éprouva ensuite , à différentes reprises des retours de surdité qui, au reste, ne duraient pas plus d’une heure, et qui cessaient dès qu’on le galvanisait. Quoi qu’il en soit, lorsqu’il quitta M. Schaub pour retourner chez lui à soixante lieues de distance, il emporta le bandage de tête inventé par M. G-rapengiesser, dont les plaques de zinc et d’argent portent sur Fendroit des processus mastoïdiens, et communiquent par une lame d’acier couverte. Il emporta aussi une pile galvanique de Volta , pour continuer chez lui le traitement galvanique qui lui avait été si utile.
- Quanta son influence salutaire pour l’amélioration de la vue faible , M. Schaub se pro-
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- pose d’en, présenter plusieurs exemples dans son ouvrage sur le galvanisme. Il se contente de rapporter une lettre de M. van Rees, médecin à Arnheim , qui l’assure qu’ayant traité plusieurs sourds avec l’appareil galvanique, il a reconnu que leur vue s’améliorait sensiblement , entr’autres chez deux vieillards , âgés l’un 'de rjA ans, et l’autre de 80 , qui purent dès-lors se passer de lunettes, et qui virent plus clair qu’ils n’avaient vu depuis vingt ans. Mais une observation particulière, à M. Schaub est , qu’en formant la chaîne galvanique , il a vu la sensation de l’étincelle constamment éprouvée par .les personnes dont la vue avait besoin d’être restaurée , quoiqu’on n’eût dirigé le fluide galvanique que sur leurs oreilles, tandis que cette sensation de l’étincelle ne fut jamais éprouvée par les personnes dont la vue n’avait pas besoin d’être améliorée.
- M. Schaub finit par une observation remar-quablésur l’efficacité de l’application du gai va? nisme dans la paralysie d’un bras desséché déjà jusqu’à la moitié , et dont l’action et les mou-vemens ordinaires furent tout-à-fait rétablis au bout de six semaines de traitement.
- Dans la seconde partie de son Mémoire , M. Schaub donne la description de son appareil galvanique.
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- On lit à la suite du Mémoire dont nous venons dè donner l’extrait, une observation de M. Pajot-la-Forest sur une paralysie. du bras droit d’une femme de 5s ans, guérie dans l’espace d’un mois par le galvanisme , sans autre trace de la maladie qu’une légère faiblesse dans le bras et dans la main.
- 6.° Extrait d’un petit Ouvrage , ayant pour titre : Expériences galvaniques , par Ernest-Adolphe Eschke. Berlin, i8o3 (î).
- M. Eschke, directeur de l’institut des sourds et muets à Berlin, vient de publier ( en i8o3) les essais galvaniques qui ont été faits sur plusieurs sourds - muets et sur: douze jeunes gens qui avaient l’ouïe dure. Ce traitement a produit différens effets, comme écoulement aux oreilles , enflures, vertiges, éruptions sur tout le corps, sans laisser après soi le moindre résultat avantageux ; au contraire , la plupart des élèves se plaignent de leurs souffrances , et l’instituteur ajoute qu’ils ont presque tous perdu leur gaîté.
- Les résultats si différens des expériences antérieures du professeur Grapengiesser, à Berlin , qui a été un des premiers à publier les
- (i ) Journal du galvanisme, X.' cahier, p. 131.
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- quinze petites plaques carrées de zinc, que M. Teed, auteur et acteur de cette observation, réunit par deux anneaux de cuivre aplati,et dont il attacha les deux extrémités par des agraffes , de manière à former une chaîne complète autour de son corps,et à produire un courant non interrompu de fluide électrique ; il couvrit environ les trois quarts de la ceinture avec de la peau, et ne laissa à découvert que la portion qui devait se trouver en contact avec la partie la plus douloureuse. Au bout de douze heures de cette application , M. Teed éprotfva un soulagement marqué : la douleur cessa par degrés, et après trois semaines il n’en ressentit pas le moindre retour; cependant il conserva encore la ceinture neuf semaines. Ayant cessé alors de la porter pendant deux mois , la douleur revint,ce qui le détermina à réappliquer la ceinture, qui la dissipa de nouveau. Depuis ce tems , M. Teed n'a plus quitté la ceinture , et n’éprouve plus de douleur.
- Quelque tems après avoir porté la ceinture , il remarqua une oxidation considérable du zinc, ce qu’il attribua à la perspiration de la peau , qu’il regarde, en conséquence, comme l’intermède de l’excitement, ainsi que l’acide nitrique l’est dans la pile.
- Le, second exemple offre la guérison d’une
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- paralysie complète de la main , opérée à l’aide de la pile de Volta\ il est extrait d’une lettre du doct. Roumont, d’Aix-la-Chapelle, 2 mars 1802.
- « Le galvanisme, dit M. Reumont, appliqué » à la médecine - pratique, m’occupe depuis 33 quelque tems. J’ai guéri par ce moyen , en » quinze séances d’un gros quart - d’heure » chacune, un pauvre ouvrier de cette ville , » dont la main droite était complètement pa-3) ralysée. La pile dont je me suis servi était » forte de 5o couches , zinc et cuivre, inter-» posées par des cartons trempés dans de l’eau 33 salée. Je traite à présent deux surdités et 3> une cécité nerveuse.
- 3) Je crois à la presqu’identité du fluide gal-3) vanique et du fluide électrique ; mais l’in-3) fluence du premier sur notre organisme, 3» sur-tout sur le système nerveux, est plus 3) marquée. Il y a plus de rapport, plus d’affi-33 nité entre le fluide galvanique et la force 3> qui anime nos nerfâ : son application à l’art 33 de guérir doit donc promettre davantage. 3) Identitas locum hàbet respectu physices et » chemiœ , sed non respectu naturœ organicœ•
- 33 Je m’occupe en ce moment à faire des » électrates métalliques. »
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- a.° Expériences galvaniques sur des aveugles , par M. la Grave (1).
- «Inquiçt un jourde ne pouvoir définir pourquoi des aveugles voyaient des éclairs à chaque contact qu’ils recevaient de la pile de Volta , je fus trouver, dit M. la Grave, le docteur Nauçhe, et lui proposai défaire des expériences pour lever jnoji doute. En voici le résultat.»
- «Pour avoir une juste idée de ce que ressentaient les aveugles, je crus qu’il n’y avait rien de plus naturel que de me rendre aveugle , afin de ressentir moi- même tout ce qu’ils disaient éprouver. »
- «Pour çet effet, je me fis mettre plusieurs mouchoirs en forme de bandelettes sur les yeux, par le docteur Nauçhe , et puis le priai de vouloir bien me donner les commotions, comme nous les donnions nous-mêmes aux malades sur lesquels nous faisions nos expériences. »
- « Après m’être mis dans une position convenable , Je docteur me mit à la main gauche le conducteur positif de la pile, et le conducteur
- (i) Extrait du Journal de physique, pluviôse an xi ,
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- négatif sur l’arcade surcillière du même côté. J’eus aussitôt commotions et éclairs. L’expérience répétée plusieurs fois produisit toujours Je même effet. Comme les commotions étaient violentes, et qu’elles me troublaient, je priai le docteur de mettre le conducteur négatif à la trente ou quarantième couple, (la pile était composée de 80 disques de cuivre et d’autant de zinc). J’éprouvai le même effet, mais beaucoup moins fort, et à un degré à pouvoir juger de ce que je ressentais. Pour lors me trouvant à mon aise, je fis varier le contact. On me laissa le conducteur positif toujours à la main gauche , et on plaça le conducteur négatif sur l’arcade surcillière droite : j’éprouvai alors un effet plus général que la première fois. On répéta plusieurs fois la même expérience, et toujours avec le même succès. »
- ce Ces résultats diffèrent entièrement de ceux observés précédemment ; jè revins à la première expérience; je ne tardai pas à m’apercevoir que je n’avais éclairs que clansunoeiî, et que ma langue n’avait saveur que dans sa ligne moyenne. Je réitérai plusieurs fois,et j’eus les mêmes effets. Je revins à la seconde expérience; pour lors, je jne convainquis que mes sensations étaient générales, c’est-à-dire qu’elles avaient lieu dans toute la tête , éclair aux deux yeux * et saveur sur toute la langue. »
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- HISTOIRE » Telles furent mes observations. Je remarquerai que lorsque je recevais une forte , commotion, je ne pouvais alors porter nul jugement et qu’au contraire lorsque les commotions n’avaient qu'un certain degré de force, alors seulement je pouvais prononcer sur mes sensations. J’observerai encore que le degré de vitesse du fluide galvanique est incalculable, parce qu’il devance Je s sensations tactiles. J’ai cru me convaincre de ceque plusieurs physiciens ont déjà avancé, que l’organe dey l’odorat n’éprouve point d’odeur par l’action de ce fluide. »
- » J’observerai en outre qu’un aveugle-né ne pourrait avoir aucune idée de lumière, malgré les expériences citées ci-dessus. »
- La Société galvanique, séante à l’Oratoire (i),’ chargea vers le même teins une commission spéciale, prise dans son sein, 4e faire des expériences sur des aveugles de la maison nationale des Quinze-Vingts. La société avait pour but de s’assurer si l’étincelle galvanique qu’aperçoivent toujours les personnes dont la vue n’est
- (i) "Voyez le Journal de médecine de Montpellier, n.° I, II.C partie , p. 12. Nous donnerons par la suite un article particulier sur cette société galvanique établie à Paris.
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- aucunement dérangée, serait également aperçue de ceux chez qui le cristallin épaissi forme ce que nous appelons cataracte. Elle voulait aussi s’assurer si les mêmes étincelles seraient aperçues par les individus dont les yeux sont enfoncés dans l’orbite, ou attaqués de staphy-lome, de glaucoma, ou de toute autre maladie grave de l’œil qui empêche la perception de la lumière ; mais elle désirait sur-tout savoir si ces individus éprouveraient la sensation que nous comparons à la vue de l’éclair, et comment ils l’exprimeraient.
- M. Doussin-Dubreuil, l’un des commissaires, a fait son rapport à la société , le 5o frimaire an xii.
- On a choisi sept individus de constitution, d’âge et de sexe différens, tous atteints des maladies les plus graves de l’organe de la vue. Les expériences ont été faites d’une manière très-variée, avec une pile deF~olta, composée de quatre-vingts couples de disques , de zinc et cuivre , chaque disque ayant à peu près l’épaisseur d’un écu de six francs.
- On a dirigé la commotion sur diverses parties du corps plus ou moins voisines de l’origine des nerfs ; quelques - uns de ceux soumis à ces expériences ont cru en-
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- tendre un coup de fusil, et l’un d’eux un coup de canon, lorsqu’on a porté l’action galvanique sur la partie supérieure de la colonne vertébrale. Tous ont éprouvé des tiraillemens dans la partie soumise à l’expérience ; l’un d’eux a cru recevoir un grand coup, il lui a semblé avoir le crâne ouvert. Ce sentiment pénible a arrawbé à tous des larmes, et le plus robuste refusait de se soumettre à de nouvelles expériences. Trois seulement ont aperçu une flamme, qu’ils ont comparée à celle qui accompagne le tonnerre.
- C’est ici le cas de conseiller à ceux qui font des applications du galvanisme à l’art de guérir, d’user de la plus grande circonspection dans l’emploi de cet agent, dont les 'effets curatifs sont encore trop peu connus pour pouvoir le recommander avec sécurité.
- 3.°. Expériences gah'aîiujues sur un noyé, par M. Godine , le jeune, professeur vétérinaire à Alt/ort (i).
- M. Godine fut appelé, le 13 messidor an xt, par le maire d’Altfort pour galvaniser un
- (i) Journal du galvanisme, n.° V, p. 204.
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- jeune homme qu’on venait de retirer de la Marne, environ trois quarts d’beure après sa submersion. On lui avait prodigué en vain tous les secours de l’art. Des contusions profondes , des échymosès très-étendues, tout annonçait qu’il était mort > et qu’il ne restait plus d’espoir de le rappeler à la vié. M. Go-dine soumit le cadavre à l’action galvanique , plutôt pour faire des expériences que pour produire un effet avantageux. Un conducteur métallique partant de la pile fût lixé sous Faisselle gauche ; un autre fil de métal-, placé dans la narine gauche , venait former l’arc à la partie supérieure de la pile. A chaque attouchement, les muscles des paupières, des lèvres et même de toute la face, éprouvèrent des contractions sensibles : le bras gauche opérait des raouvemens de rétraction faciles à distinguer.
- On changea alors la disposition de fappareil. Le conducteur partant de là base de la pile, fut placé dans l’anus, et l’autre fut introduit dans le larynx. Au premier attouchement, tous les muscles de la face se contractèrent, et deux jets d’un liquide légèrement écumeux, sorti des naîiiïëS , prouvèrent q'üé lé diaphragme avait participé à cette action ; les matières fécales sortirent en même temps par l’anus.
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- Appuyé de l’opinion du professeur Aldini, M. Godine croit (et nous croyons comme lui ) que l’agent galvanique pourrait être le moyen le plus puissant pour rendre à la vie des noyés, retirés à temps de l’eau, et que les soins ordinaires ne peuvent ranimer. En examinant les effets que cet agent produit, même après la mort, ne peut-on pas le regarder comme le maximum des efforts de l’art ? On a vu plus haut, au sujet du rapport que nous avons fait, M. Hallé et moi, sur un Mémoire latin de M. Crève, que ce moyen qu’il propose a fixé l’attention du gouvernement. L’Ecole de médecine a l’intention d’entreprendre à ce sujet une suité d’expériences, qui peut - être répondront aux vues d’humanité qui la dirigent.
- 4.° Observation sur. un idiotisme accidentel, guéri par Vapplication du galvanisme, par MM. d’Hombres et Pagès (1). -
- Cette observation a eu lieu à l'hospice d’Alais , dans le courant de floréal an xx. A la suite de plusieurs accidens morbifiques très-
- (i) Voyez Journal du galvanisme , n.0 V, p. 207, et Journal de la Société de médecine, tom. xviu, p. 5g5.
- graves,
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- graves, et qui conduisirent le malade, âgé de 60 ans environ, aux portes de la mort : il tomba dans l’idiotisifte le plus complet et annoncé par les signes les plus certains. Toutes les ressources de l’art n’ayant produit aucun changement dans son état, M. Pagès , médecin , pensa à l’emploi du galvanisme, et M. d'Hombres , qui cultive, comme amateur, les sciences physiques, se joignit à lui pour l’aider dans l’application de ce moyen.
- Ils se servirent de la petite colonne portative de Volta, composée de quarante couples, zinc et cuivre , soudés ensemble , telle que la construit M. Dumotier. Après quatre séances, dont M. Pagès donne les détails , les facultés intellectuelles du malade étaient entièrement développées , et il s’occupait avec toute sa raison de ses affaires : quoiqu’il montrât une grande répugnance pour le galvanisme , et qn’on ait eu toutes les peines du monde à le faire consentir à de nouvelles épreuves , cependant il s’y soumit; mais le lendemain il s’enfuit de l’hospice, et se refusa à toute galvanisation , disant qu'il était guéri, et qu'il ne voulait pas aller se faire brûler tout vif.
- Il reprit son premier train de vie, et continua de s’adonner aux boissons spiritueuses. Malgré cela, sa santé devint de jour en jour plus assurée III.C Partie. E
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- et le 8 thermidor an xi il était au moins aussi
- tiÀen portant qu’avant sa maladie.
- . Le rédacteur du Journal de Médecine, en rapportant cette observation , dit qu’au moment où l’on s’occupe tant du galvanisme, considéré comme moyen thérapeutique, il a cru devoir publier çette observation , qu’il rapporte avec tous ses détails ; mais il fait la rpmarque, très-juste, que ce fait isolé ne peut point servir à établir un précepte pratique , lorsque sur - tout on sait que dans plusieurs cas à peu près analogues, ces sortçs d’essais ont fourni des résultats, ou tout à fait nuis, bu contraires à ce qu’ont vu MM. Pagès, et d'Iiom-bres, # Du reste , dit-il, pour se prémunir » contre le trop grand degré d’intérêt, que. » l’on pourrait être tenté d’attacher à cette ob-» servation, qui paraît très-extraordinaire, l’on » n’aura pas besoin d’en, contester la réalité i » il suffira d’observer qu’il est possible que-» les efforts de la nature aient heureusement *> coïncidé avec les secours de l’art dans le cas. .dont il s’agit ».
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- S.* Commentatio de usu galvanismi in arte medicâ, speciatim verà in morbis parafyticis, additis tabulis œneis xi ; auctore Ch. H. Ern. JBischoff, M. D. ( Jence 1801 J (1)
- Dans l'a préface, la méthode de Galvani, d’appliquer l’électricité ( ou ce que l’auteur désigne même en latin par le mot galvanis-mus') est appelée novissimum natnrce dpnum.
- Caput I. Breviter exponens originem et progressas, galvanismi. — Dans ce chapitre on voit déjà l’inexactitude du mot galvanisme : car, ce que galvanisme doit signifier dans le titre , c’est-à-dire, novissimum donum natures et ræ» medium, ou selon la page 17 , le metallorutn irritamentum ,. ne doit pas sans doute son origine à Galvani. Cet immortel inventeur de la méthode d’irriter les muscles, moyennant l’électricité de deux métaux hétérogènes, ainsi que son illustre compatriote Volta, connaissait trop bien l’électricité pour songer à une nouvelle substance ou matière ; c’est pourquoi il a intitulé son important ouvrage : De vin-bas eleçtricitatis in motu. animaliam. L’asser-
- (>«)' Jbumal du Gidrwwsiaff, 5*'cabier , r." frnctidOR»
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- tion de l’auteur, à Giulio contractiones ar— 'modo nervos cardiacos productas esse , est donc absolument erronée ; car on a tout lieu de croire que dans les expériences qu’on a faites avec un succès apparent relativement à l’irritation du cœur parle moyen des nerfs, on s’est trompé sur ce qu’on a pris pour des nerfs.
- Caput II. Continent descriptionem columnœ galvanicœ, ejusque constructionis et conditionis. •*—Dès les premières heures, après avoir établi la batterie , l’auteur observa que son pôle positif produisait un effet à l’œil ou à la racine du nez, sans que son pôle négatif fût en rapport ou contact avec aucune partie du coips. Il observe, contre Volta, que les éclairs produits dans l’œil, moyennant une batterie, sont plus forts que ceux produits par une chaîne.
- Caput III. Experimentorum, descriptio, atqiie effectuum adliibiti in morbis paralyticis et aliis galvanismi enarratio. — Dans certains cas le galvanisme a paru produire quelqu’effet salu-, taire sur la goutte sereine, ainsi que dans des paralysies des bras. Dans deux cas d’épïlepsie il a été douteux, si l’application de l’irritation galvanique a été nuisible ou avantageuse. L’auteur n’est pas content du résultat de cette ap-
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- plication dans une surdité , pour laquelle il avait imaginé un appareil très-ingénieux..
- L’ouvrage est terminé par la description et ïa représentation’ d’un galvanomètre , exécuté par M. ogt, d’après les idées de M. Ritber.
- 6.® Nouvelles expériences médicales sur Tap-pücation du galvanisme par le moyen de brosses métalliques , par J. P. Westring, docteur - médecin de Norrkoepingen, en Suède. (1). . .
- Quoique le galvanisme, dit l’auteur, soit généralement regardé comme un nouveau mode d’électricité, il présente cependant des caractères qui lui sont propres dans son développement, dans sa marche et dans sa divergence. Ce qui le distingue sur-tout de l’électricité ordinaire , c’est sa variation suivant les atmosphères métalliques ; car lorsqu’on approche des deux pôles de la pile les deux mains bien humectées, tenant dans l’une un disque de cuivre, et dans l’autre un disque de laiton, on éprouve dans la bouche un goût salé très-prononcé : pourquoi le même phénomène n’a-t-il pas lieu lorsqu'au lieu de disques de cuivre et de laiton, on se sert de plaques de fer-blanc ou d’argent?
- (i) Journal du galvanisme, n.° YII, p. 2,97.
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- C’est le Perkinisme qui a fourni à M. Wes~ tring l’idée d’employer les brosses métalliques dans l’application du galvanisme sur le corps humain pour différentes maladies. Il décrit la nature et la composition de ces brosses, et la manière d’en faire usage. Il dit qu’elles agissent comme l’urtieation ; mais qu’elles n’apportent aucun trouble dans l’économie animale, et que leur effet se borne aux parties sur lesquelles on les applique. Cependant il convient que cet effet est très-marqué sur les systèmes nerveux , musculaire 'et lymphatique.
- La colonne gai vanique’qu’il emploie est composée de 38 écus (riksdalers) suédois , et d’un même nombre de disques de zinc : les rondelle» de drap sont humectées de vin du Rhin, dan» lequel il fait dissoudre une petite quantité de sel marin ( muriabe de soude), ce qui le dispense , dit-il, de désoxider les disques à chaque expérience , parce qu’il suffit de les faire essuyer, l’emploi du vin ayant cet avantage sur l’eau salée qu’il ne produit qu’une très-faible oxidation. Pour les applications médicales , les 38 couples de disques lui suffisent : il observe même que souvent ce nombre est trop fort, lorsqu’on excite des commotions dans les parties sensibles, ensorte qu’on est
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- obligé de tier le fluide du milieu ou du bas de la colonne.
- Les maladies que M. Westring a traitées avec ses brossés , sont l’hémiplégie , une paralysie de la jbuè, le torticolis, une tumeur indolente, un rhumatisme, uiié sciatique', des dartres , le tic douloureux, et enfin une impuissance. Les résultats de ses observations ont tous été heureux, Sür-tout celui relatif à l’impuissance ; car dès le lendemain de l’application des brosses métalliques sur le membre viril et les parties environnantes, le malade, âgé de 36 ans, qui n’avait pas pu parvenir à consommer le mariage, malgré tous les rëitièdes qu’on lui avait administrés, éprouva un heurfeux amendement, et au bout de l4 jburs il avait recouvré sa force virile, et jbüi de torts les droits d’époux.
- 7.0 Expériences galvaniques faites sur une fille impotente et privée de la plupart des Sens y par M. le Bouvyet-Desmortiers , dé liantes-L’auteur (1) nous apprend que cette fille
- (1) C’est le même qui a fourni dans le 2* volume de cette Histoire, p. 420 > des observations sur le danger-dü g'élvànSme dans le traitement des maladies, et p. 4?5» des expériences galvaniques sût- ië caJcüf uritoiré.
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- ( nommée Jeanne Robert) est le limon de la nature humaine dans toute sa grossièreté, e,t qu’en la voyant il a dit : Voilà bien des formes humaines, mais c'est tout... ^toutes les formes vivantes dans le système animal sont mortes aux impressions delà nature entière (i).
- On pardonnera difficilement à l’auteur ce langage animé dans un sujet purement physique et médical. Ne suffirait-il pas de dire que tous les sens sont chez cette fille dans un état d’imperfection, qui approche beaucoup de la nullité ?
- Quoi qu’il en soit, après un détail très-circonstancié de son état actuel, de son genre de vie et de ses affections, détail qu’on aurait pu aisément abréger, et qui paraît un peu chargé, M. Desmortiers décrit le traitement galvanique qu’il a suivi au moyen d’une pile composée de cent couples, zinc et cuivre, et d’étoffe trempée dans une dissolution de mu-riate de soude. Il commença par l’excitation rachidienne, qui produisit peu d’effet malgré les excoriations faites à la nuque et au bas de la colonne vertébrale, qu’on mouillait de temps en temps avec la dissolution saline. Mais les excitations ont été très-violentes quand on a formé
- (i) Journal du galvanisme, n.° IX, p. 60.
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- le cercle successivement de la nuque aux oreilles, au nez, à la bouche et aux tempes. L'application des conducteurs sur ces parties, et de la nuque à la bouche , a vivement affecté ces organes , si on en doit juger par la force avec laquelle la malade serrait les dents, fermait les yeux , et se débattait pour éviter les récidives.
- Voilà les seules expériences galvaniques qu’ait tentées M. Desmortiers. Il croit pouvoir en conclure que chez cette fille tout le mouvement musculaire se trouve dans un état de relâchement qui le rend impassible à l’action du fluide galvanique , mais que dans les organes des sens , où les nerfs sont, pour ainsi dire, à nu , cet agent produit ses effets avec la plus grande énergie.
- 8.° Essai sur le galvanisme appliqué à la pathologie, par Joseph-Guillaume Anglade, médecin ; in-4.°, an xi (1).
- Cet essai est lè sujet d’une thèse que M. 'Anglade a soutenue à l’école de médecine de Montpellier, pour acquérir le titre de docteur
- (i) Voyez la Collection des thèses de l’école de méde eine de Montpellier pour l’an xi. tom. III, n.0 ai.
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- èn médecine. Le but qu’il s’est proposé et qu’il a atteint, a été de renfermer, dans le pltis petit cadre possible, toutes les expérience^ publiées jusqu’alors , éparses dans tihe infinité d’ouvrages et confondues avec une foulé d’autres, étrangères à la pathologie. Il à elruné pouvoir mieux faire pour réussir, que d’adopter la distribution néologique du professeur Baumes , son illustre maître , qui dans ses nouveaux ëléntens de la science méthodique des maladies, divise toutes les affections morbifiques connues, en cinq classes avec un appen-dix. M. Anglade ne parle que de celles dané lesquelles on a administré le galvanisme avec des succès avérés et constatés par l’expérience, et sur-tout des deux premières, savoir : 1.® les carolinèses, nom que M. Baumes donne.-4-UOè _ multitude de maladies., dans lesquelles Je§k'_ phénomènes dominans , paraissent consister : en un vice remarquable dans la quantité du principe de la châleur propre aux animaux; s.° les oxigénèses, ou les maladies qui proviennent du gaz oxigène, lorsqu’il agit trop activement, et par une surabondance ou une diminution relative, c’est-à-dire, du défaut ou de l’excès de ce principe.
- Le premier genre de maladie où l’emploi du galvanisme puisse être utile et l’a été
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- véritablement, c’est le rhumatisme froid, chronique , que Baumes appelle cognordinie , et dont il fait quatre espèces, les douleurs des articulations, celles de la poitrine avec difficulté de respirer, celles des régions lombdires et celles qu’on connaît bous le pom de sciatique. La méthode d’appliquer le galvanisme à ces genres de maladies, consiste à placer les conducteurs de la pile ou 'sur la peau mouillée avec une dissolution de muriate de soude , de muriate d’antimoine ou plutôt (car cette manière doit être souvent préférée ) sur la peau dénudée par des vésicatoires , de manière que le conducteur du pôle zinc réponde au tronc nerveux qui fournit à la partie malade, et que le conducteur de l’autre pôle réponde à la partie elle-même. Quand on applique les conducteurs sur la peau mouillée, l’effet constant de l’action galvanique un peu prolongée,est d’augmenter la secrétion de la sérosité sur les plaies , ou de produire sur la peau une dépression rouge, de laquelle il ne coule pas de sang et où il se forme assez vite une escarre. Dans tous les cas, cette application excite considérablement les forces vitales et augmente la chaleur locale.
- Les maladiés nauqueuses $ les affections pituiteuses , celles odynamiques, l’asphixie,
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- la démence, le goitre, l’empoisonnement,la rage; la paralysie, la surdité, les suppressions , etc. : telles sont les maladies de la seconde classe, Sur le traitement desquelles-' M. Anglade rapporte les expériences qui ont été faites et celles qu’il a faites sur lui-même, ainsi que les résultats qu’il a obtenus.
- Après avoir monté une pile de 35 couples* cuivre et zinc, séparés par des .morceaux d’étoffe imprégnés d’une dissolution de muriate de soude, il porta le conducteur d’argent du pôle cuivre dans sa main droite , et celui du pôle zinc également d’argent, dans sa main gauche. Au moment où la communication fut établie, il éprouva une commotion assez forte, qui excita le larmoiement, une sensation vive de lumière, et même une sensation d’odeur analogue à celle du soufre en combustion , phénomène nouveau, qui ne paraît pas encore avoir été observé. Après que les assistans se furent convaincus par eux-mêmes de la vérité de ce que M. Anglade venait de ressentir, il répéta lui même l’expérience, et avec tous les phénomènes observés d’abord , il eut une hémorragie par la narine qui recevait le conducteur du pôle zinc. Humboldt a dit que ce conducteur répondant à la membrane des narines, et la main mouillée étant
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- placée à l’autre pôle , on éprouve dans le nez une douleur lancinante insupportable et une forte envie d’éternuer.
- Les effets obtenus par différens auteurs, dont M. Anglade fait mention, tant sur les animaux asphyxiés , que sur les personnes ainsi attaquées, donnent lieu d’espérer qu’une observation constante et des expériences répétées avec soin, feront trouver dans le galvanisme un .sûr moyen pour arracher à la mort tant de victimes, qu’on a la douleur de voir succomber sans pou voir les secourir utilement. Un courant tel que celui qu’on obtient en recouvrant le rectum de l’individu, d’une armature que Ton fait communiquer avec l’un des pôles des piles , et en portant le conducteur de l’autre pôle sur la langue, ne pourrait-il pas devenir chez les noyés un moyen plus efficace que les lavemens de tabac qu’on emploie dans
- Nous ne pousserons pas plus loin l’analyse de la dissertation de M. Anglade : elle est remplie de faits très-intéressans sur l’emploi du galvanisme dans l’art de guérir, faits que nous avons cités , ou que nous aurons par la suite occasion de citer. Cette dissertation prouve, comme le dit le Journal de Montpellier, n.° 7, que les bons esprits savent allier dignement
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- les sciences accessoires à la pratique de la
- médecine.
- g.°Il a paru en i8o3, à Vienne ,.un ouvrage allemand, ayant pour titre :
- De Vindication thérapeutique, et Manuel des opérations galvaniques , par Walther , docteur eti médecine et professeur à l’école de santé de Banberg (1).
- L’auteur cherche d’abord à prouver que les deux extrémités de la pile de Vol ta agissent d’une manière différente et même opposée sur les organes des animaux qui, par des conducteurs convenables, sont mis en communication avec elles. 11 rapporte à l’appui de cette assertion, un grand nombre de faits et d’observations , et il en fait ensuite une application raisonnée au traitement de diverses maladies, et spécialement à celles des yeux.
- H prétend i.° que l’application du pôle positif, détermine l’oxidation de la matière animale , tandis que celle du pôle négatif en produit la désoxidation, e£Fet qu’il a sur-tout observé en mettant, l’un après l’autre, les con-
- (i) Journal cUjGalvanismeXI," cahier, p. 173.,
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- ducteurs des deux pôles en contact avec de* ulcères qu’il a essayé de traiter par le galvanisme. Il a observé les mêmes phénomènes en. appliquant cet agent sur l’organe de la vue, après la mort.. U range les effets que les deux pôles produisent sur les organes des sens , parmi les faits qui servent à prouver la vérité de ses assertions. H a remarqué, en •outre, que l'action d’un pôle augmente la sensibilité par les effets du pôle opposé, et que lorsque l’on a employé trop lo»g-lems le galvanisme, de manière que le malade en a éprouvé des incommodités, on peut faire cesser loua les accidens en changeant de pôle. Une observation qu’il rapporte fait voir-la différence des effets que produisent sur l’organe de l’ouie, dans la surdité, les deux extrémités de la pile de "Volta.
- S’il est prouvé que les deux pôles de la pile agissent d’une manière différente sur les organes des animaux, il est, dit M- Walther, de la plus grande importance,dans, ^application médicale du galvanisme, d’employer toujours le pôle qui convient a» caractère do la,maladie, et d.e disposer les, armatures d’une manière favorable. H est persuadé que l’influence nu^ sible qu’on a éprouvée de l’emploidu galvanisme* dpns quelques maladies*provient, de
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- l’application d’un pôle contr’indiqué. Conformément à ces principes, ayant employé le galvanisme dans le traitement de l’asphyxie, dans plusieurs espèces de maladies nerveuses, dans les accès d’épilepsie et de toux spasmodique, dans beaucoup de maladies chirurgicales, etc., les succès qu’il a obtenus ont varié suivant les maladies. Il a eu des guérisons complètes. Dans d’autres circonstances le galvanisme a produit des effets remarquables, sans guérir entièrement. Pour avoir une idée exacte de la méthode de l’auteur, il faut parcourir le chapitre où il traite des maladies des yeux, parce que c’est celui qui est rempli de plus de détails. On peut voir une grande partie de-cesdétails dans l’extrait raisonné de l’ouvrage de M Walther inséré dans le journal du Galvanisme, XIe cahier, p. 172 et suivantes.
- f IV.
- Faits et anecdotes sur l’emploi du galvanisme dans l’art de guérir.
- i.° Le docteur Louis Careno, dans une lettre datée de Vienne en Autriche, du 27 août a8o3, et adressée à M. Vassalli-Eandi, dit qu’il a fait', ainsi que l’Institut des Sourds-muets de cet te capitale, beaucoup d’expériences et
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- et de tentatives avec le galvanisme, mais que les résultats ont fait disparoître un peu de la haute idée qu’on avait de cet agent, quoiqu’on ne puisse , ajoute-t-il, lui refuser quelques avantages, fi dit que les feuilles périodiques de Vienne sont remplies de détails d’expérièneeB galvaniques, et que Cependant les auteurs 'les plus enthousiastes de cette découverte semblent s’êtfe Un peu .ralentis. Biblioth. italienne, n." VH, p. 58.
- 2* On lit dans le Journal des Débats du 17 prairial an Xli, à l’article de Vienne, que les expériences galvaniques continuent avec suceès dans cette ville, que celles tentées sur les sourds-mud» leur 'Occasionnent d’abord un certain malaise, sur-tout quand l’opération dure l5 à 16 minutes, mais qu’à là 3e ou 4® application , ils commencent à entendre ; et que l’expériénCè ri’a aucun Succès chez -ceux qui ne .ressentent rien après a3 minutes de durée.
- 3.° On lit dans U-fi journal in titulé le Citoyen français, du 22 ventôse an X, qu’ôrt à écrit de Stutgard que le docteur Remis continue avec succès ses expériences galvaniques sur les aveugles Ct sur les sourds-muets; que depuis peu de temps il a rendu l’ouïe à deux filles de 14 ans, nées sourdes et muettes, et qu’ellèS commencent à parler. Deux jeunes gens de
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- a| à 2.5 ans, et un 3.° de 3o ans, ont également recouvré l’usage de l’ouïe : le dernier sur-tout, dit-on, qui n’a subi que vingt épreuves, entend distinctement les sons du clavecin, et même le mouvement d’une montre,
- 4.0 « L’extension que prend la découverte du galvanisme, et ses rapports que l’on entrevoit avec l’économie animale m’engagent, dit un anonyme, Décade philosophique, n.° X, an xi, (p. 6a ), à rappeler l’attention des physiciens relativement à des expériences qui ont été faites sur un somnanbule, non pas de ceux dont l’état résulte, ajoute-il, du magnétisme animal, mais sur un somnanbule naturel. Plusieurs expériences répétées avec soin et dans différentes circonstances ont prouvé que dans cet étatle corps humain reçoit de plus fortes impressions du fluide électrique,et éprouve même l’action de l’aimant. » On trouve un précis de ces expériences.dans les Mémoires de la Société des sciences physiques de Lausanne , tom. III.
- Nous engageons les physiciens à saisir la première occasion qui pourra se présenter pour répéter ces expériences, et leur donner le développement que permettent les nouvelles découvertes; car en saisaissantles circonstances, qui augmententou diminuent la sensibilité animale, on fera un pas de plus vers les causes qui 11 produisent.
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- 5. ° Osservazioni lull’ affebto, etc. Observation sur l’effet du galvanisme dans le cas de la paralysie d’un muscle de la face. Voyez Bulletino ciel consiglio subalpino di sanita ossia gioanle fisico-medico del piemonte, brumenjo
- Voyez aussi le tom. II de l’Histoire du galvanisme , p. 387-392.
- 6. " Dans une note du tom. LXIII, p. 292 de l’Histoire Naturelle de Buffon , édition de Sonnini, après l’observation que fait Buffon sur les accidens épileptiques, auxquels sont sujets presque tous les perroquets domestiques , lorsqu’ils se perchent sur un morceau de fer, M. Virey dit: « La découverte moderne
- du galvanisme, sorte d’électricité particu-» lière au corps des animaux, et qui agit » fortement sur la faculté contractile de leurs m muscles , paraît jouer un grand rôle dans » ces convulsions épileptiques ; les oiseaux » en sont plus fréquemment attaqués que les » autres animaux , parce que leur fibre est » plus tendre, et leur excitabilité plus vive , » à cause de la grande étendue de leur respi-» ration. »
- 7. * Le Journal du galvanisme j n.° XII, p. 2 n, contient quelques faits d’application du galvanisme au traitement des maladies. » Quoique
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- Implication du galvanisme , dit M. Nau-che, n’ait pas eu tout le succès qu’on en avait d’abord espéré, quoique des expériences bien faites sur les animaux vivans aient même démontré qu’il est dangereux dans certains cas, on n’en doit pas moins ranger ce nouveau mode d’électrisation au nombre des merveilleux moyens qu’emploie la médecine,»» Le docteur présente à l’appui de cette assertion des faits constatés par divers membres de la société galvanique, et qui se sont passés sous ses yeux.
- Le premier fait est sur une surdité accidentelle de l’une et l’autre oreille. Le galvanisme a été administré avec une pile de trente couples, cuivre et zinc, et d’un égal nombre de rondelles trempées dans une dissolution de sel ammoniac: les conducteurs étaient des tiges de cuivre mousses et terminées en pointe par leurs extrémités. Les galvanisations avaient lieu d’un jour à l’autre, pendant trois quarts d’heure, en employant tour à tour le courant galvanique et les commotions ; il n’y eut de changement notable dans l’état du malade qu’à la dixième galvanisation. Alors la dureté de l’ouïe s’améliora si sensiblement qu’au bout d’un mois et demi de traitement, et après vingt-deux galvanisations , le malade entendait à une assez
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- grande distance le battement d’une montre, et distinguait fort bien ce qafon lui disait à voix basse. L’ouïe s’est fortifiée die jour en jour, et le malade se trouve , dit-on, en» ce moment aussi bien qu’avant l’accident.
- Le deuxième sujet n’apercevait de l’oeil gauche qu’une légère lueur, lorsqu’il regardait de côté, et ne voyait de l’œil droit que d’une manière vague, sans pouvoir distinguer les couleurs ; on.se servit pour les applications; galvaniques du même, appareil que pour le malade précédent. Les pupilles:parurent, dès la troi sième galvanisation, avoir repris une partie de leur mobilité , et le malade fut rempli de joie et d’étonnement, lorsqu’au bout de i5 jburs dé traitement, il distinguâ tes tubes de verre du support de la pile. Après- trois mois' et demi, il fut en état de distinguer lès»couleurs et de lire l'écriture la plus; fine. Cependant lés y eux ont toujours, conservé un aspect maladif, et le mouvement des: pupilltes n’est pas. très-libre.
- 8.° À la auite de ces' deux- faits,oii-lit deux observations de KL De molle'r docteur en médecine , lues à. la société galvanique, sur Implication, d ui galvanisme», l’une à la surdité, et l’auitreà; la rétentionides menstrues; Le premier malade était privé de lfouïe depuis quatre ans te galvanisme fut employé avec Ta pilé dé
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- Volta, composée de trente étages on pièces de disques, zinc et cuivre, en dirigeant là commotion d’une oreille à l’autre. Au bout d’un mois de traitement, le malade paraissait guéri et entendait bien; mais quinze jours après il redevint aussi sourd qu’auparavant : nouvelle application du galvanisme pendant deux mois entiers et sans aucune interruption , avec séances de quinze à vingt minutes ; on administra pendant ce temps quati'e à cinq purgatifs salins. La guérison a été complète , et depuis dix-huit mois que le traitement a cessé, le malade entend toujours très-bien.
- Le sujet de la deuxième observation est une demoiselle, âgée de 19 ans, dont les réglés étaient dérangées depuis plusieurs mois. A l’époque où l’augmentationde touslos accidens annonçait les efforts de la nature pour établir cette évacuation périodique, j’appliquai, dit l’auteur^ le galvanisme de la manière suivante : les jam*. bes de la malade étaient dans un bain chaud ; un fil de laiton, passé plusieurs fois autour de ses pieds, venait se terminer au bas de la pile ; un autrè fil de laiton, placé sous les vêtemens, était fixé par un bout à une plaque de zinc que la malade mettait elle-même entre les grandes lèvres (1); l’autre bout
- (1) On peut se passer de porter un des conducteurs aux
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- du fil de laiton présentait une boucle pour recevoir un isolateur, au moyen duquel on établissait la communication avec le haut de la pile : quoiqu’elle ne fût composée que de so paires de disques, la malade néanmoins avait de la peine à supporter les secousses qu’elle produisait. La première application, qui ne dura que dix minutes, produisit une sueur très-abondante, et 5 ou 4 heures après , la malade se plaignit d’un sentiment de pesanteur dans la matrice; le lendemain, même application* qui produisit, coihme là veille,. une sueur copieuse : le sentiment de pesanteur dans la matrice fut plus fort. Enfin le 3.c jour , la sensibilité de ce viscère était tellement augmentée* quelamalade ne put supporter que quelques .se-cousses. Elle se mit au lit, et les menstrues parurent quelque temps après : elles, durèrent
- parties génitales^; il suffit de mettre les pieds dans deux vases Contenant de l’eau tiède. et communiquant avec les deux extrémités de la pile. On peut encore.fairé communiquer une extrémité de l'a pile avec le col, et plaCér deux conducteurs à la base de la pile qu’on met en- communication avec les deux vasés, dans lesquels la malade a les pieds. On stimule par l’un.et" l’autre procédé, et sur-tout par le second, les nerfs qui se portent aux parties, génitales. J’ài employé ces procédés chez une demoiselle dont les règles étaient supprimées depuis quatre mois, et chez laquelle elles ont reparu à la huitième galvanisation.
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- deux jours seulement et furent peu abondantes. Pendant ce temps la malade ressentit des coliques assez fortes ; un mois après, on se disposait à employer le même moyen, lorsque l’évacuation menstruelle eut lieu et fut plus abondante que la première fois ; la malade n’éprouva point de colique et sa santé s’est parfaitement-rétablie.
- La première observation prouve que, dans l’application du galvanisme, comme dans celle de l’électricité, la persévéi rance est souvent nécessaire pour obtenir des succès durables. La seconde observation fait voir l'utilité du galvanisme dans les cas où au défaut de ton de la matrice est la principale cause de l’aménorrhée!. Cependant comme- le mode; d’électrisation est très-actif, il doit être administré avec prudence. Dans beaucoup, die cas , le bain électrique et sur-tout l’électrisation par pointes doivent être préférés. Cette dernière observation prouve de plus qu’il n’est pas. nécessaire , comme on l’a,prétendu dans ces. dernier» temps, de mettre à nu les parties sur lesquelles ou veut diriger le courant, et détruit- par conséquent l’objection fondée sur la pudeur des femmes qui ne voudraient pas avoir recours à ce moyen.
- g.° M. V. M. JDelfiniyprofesseur. de.la/ÜL® et
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- de la IV.e classes de mathématiques à Quiers, annonce dans une lettre qu’il, a écrite à M. Vassali-Ecuidi, le 3o thermidor an xn, un' nouveau et très-:heureux succès obtenu à l’aide de la pile de- Volta (1). Il- s’agit d’une paralysie des extrémités du côté gauche, dont fut attaqué un boucher. Elle fut d’abord traitée: par les remèdes que la médecine indique; mais: l’éclat qu’avait déjà fait la guérison que M.. Çtelfini avait procurée en dix jours,. avec-une-pile de 36 couples, de disques, d’argent et de: zinc, sur M. Costpmagna, ex-dominicain-, affecté: d’une pareill4jtofalysie,dounad a courageàcelui qui fait le 8®)et die la nouvelle observation , et il crut ne pouvoir mieux faire que de s’assujettir promptement à l’action de. la-pile, d’après ,1’ayis sur-tout die M. Oddenini, professeur et très-habile chirurgien d"e la commune de Quiers,.et du docteur J^illa, conseiller correspondant de santé.
- Voici comme M. B.eljmi décrit ^appareil-galvanique qu’il a employé, la manière dont il l’a appliqué et- les détails du traitementjua-qu’à parfaite guérison.
- » Le 26 messidor, ayant, pour guérir ce » malade, monté une pile de:4o couples,de dis»— ». ques de cuivre et de zinc, entremêlés do
- (1) Bibliothèque italie
- !, n.° XV, p. 25t.
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- » disques de drap mouillés dans l’eau saturée » de muriate de soude, j’ai placé l’extrémité » -d’un cordonnet d’or entre deux rouelles de » zinc, une sur l’autre, portées sur la moelle » épinière, pour augmenter les points du con-» tact; l'autre extrémité du même cordonnet » était entre nies mains pour toucher, selon le » besoin et la force du malade, tantôt les deux » tiers, tantôt les trois quarts, tantôt les cinq » huitièmes, et tantôt l’extrémité supérieure de » la pile achevée par le zinc. Un autre cordonnet . » d'or était en communication, j/vec le cuivre » par lequel j’ai commencé la {H|, tandis que » l’autre extrémité de ce cordonnerétait p] ongée » dans un bassin aussi de cuivre, rempli d’eau, » que j’ai conservée pendant l’opération à 32 » degrés de chaleur. Dans l’eau ainsi échauffée » le malade plongeait tantôt le pied, tantôt la » main affectée de paralysie.
- » L’application a été continuée 3o minutes, » à huit heures du matin et à quatre de » l’après midi, pendant l’espace de sept jours 5 » et je n’ai renouvelé la pile qu’au quatrième » jour.
- » Après 24 heures, le malade m’a fait con-» noître ce qu’il avait déjà gagné, en portant » sa main presqu’à sa tête , et par un tçès-» sensible dégourdissement dans le genou ;
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- » mais il souffrait un peu plus près du coude » et sur les parties surales de la jambe. Après » le deuxième jour, l’engourdissement plus » fort se faisoit sentir au pied et à la main. » Au quatrième jour, le malade marcha libre-» ment sans aucun appui, et il m’assura qu’il » ne souffrait plus nia la cuisse, ni à la jambe, » ni au 'pied, Het que - toute sa maladie était
- réduite à la main et aux doigts; encore » observait-on déjà dans ces parties de son » corps des mouvemens très-distincts.
- » Je n’ai fait ensuite parcourir le fluide que » de la moelle épinière aux extrémités des » doigts. Les premiers qui guérirent furent le » petit doigt et les deux prochains; l’index elle » pouce, au huitième jour, quoique encore un » peu engourdis, n’ont pas empêché le malade » de recommencer son service à la bouchexie, » et de couper lui-même la viande pour le » service public.
- » Quatre à cinq jours après, l’index et le » pouce n’étaient pas encore, tout-à-fait libres » comme les autres doigts: alors je conduisis le » malade à mon cabinet de physique, et » l’ayant fait monter sur l’isoloire, je lui ai » administré, pendant un quart d’heure, » le bain électrique, tii'ant des doigts susdits » plusieurs étincelles..
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- » Je ne dois pas omettre que le malade n’« » pas manqué, pendant les cinq premiers jours » de l’application du galvanisme, de continue» » les onctions de serpolet%et de se nourrir assesj » bien selon son état.
- » Par ces moyens on a achevé une guérison » qui fait connoître an public l’avantage qu’on » peut tirer de la pile, singulièrement quand » la nature n’est- pas encore épuisée par beau-» coup d’autres remèdes >>.
- M. Villa, qui a assisté quelquefois au traitement et qui a suivi presque tous les jours les progrès singuliers de cette maladiea bien voulu confirmer par un écrit de sa. main la vérité dé cette cure,. qui d’ailleurs: pouvait être également constatée par toute la; ville;
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- CHAPITRE XX. Nouveaux prix proposés sur le galvanisme.
- i.° Prix proposé par S. M. l’Empereur. Nous avons déjà dit ( i ) que les phénomènes du galvanisme commençaient à peine à être connus, et à se répandre parmi le inonde savant, lorsque des sociétés littéraires proposèrent des prix pour encourager les physiciens ou les médecins à cultiver ce nouveau genre de connaissance ; nous avons fait mention des prix qui furent proposés par la Société des sciences de Junowiskiana, par la Société de médecine d’Edimbourg, qui couronnal’ouvrage de M. Crève de Mayence, et par la Société philomatique.
- Nous avons aussi fait connaître \ce qui regarde à ce sujet le célèbre Volta, lorsqu’il vint à Paris pour conférer avec les savans de France, sur divers objets scientifiques, et principalement sur les curieux phénomènes de la pile galvanique dont il est l’inventeur, lorsque, le 16 brumaire de l’an x, ce grand physicien lut à l’Institut, en présence de l’Empereur , un mémoire qui contient le détail et le
- (i) Histoire dn galvanisme, tom. I, p. gï.
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- résultat de ses expériences sur le galvanisme, expériences par lesquelles il a démontré jus-ques à l’évidence l’identité des fluides électrique etgalvanique;nous avons dit que, lorsqu’il eut cessé de lire, l’Empereur fit la proposition de lui décerner une médaille qui servirait en même tempsd’époque et de monument pour son importante découverte, etque cette médaille lui fut décernée à l’unanimité par l’Institut, le n frimaire de la même année (i).
- L’Empereur qui, en paix comme en guerre, s’occupe de tout ce qui tend à la gloire et à la prospérité de l’empire, persuadé que les progrès des sciences y contribuent au moins autant que les victoires, écrivit le 26 prairial an x au ministre de l’intérieur la lettre suivante, qu’il a transmise à la classe des sciences mathématiques et physiques de l’Institut.
- » J’ai intention, citoyen ministre, de fonder un prix consistant- en une médaille de trois mille francs, pour la meilleure expérience qui sera faite dans le cours de chaque année sur le fluide galvanique : à cet effet les mémoires qui détailleront lesdites expériences seront envoyés , avant le 1." fructidor, à la première classe de l’Institut national, qui devra ,
- (1) Histoire du galva
- ;, toui. Il, p. 265.
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- danslesjours complémentaires, adjuger le prix à l’auteur de l’expérience qui aura été la plus utile à la marche de la science.
- » Je désire donner en encouragement une somme de soixante mille francs à celui qui par ses expériences et ses découvertes fera faire à l’électricité et au galvanisme un pas comparable à celui qu’ont fait faire à ces sciences Franklin et Volta, et ce, au jugement de la classe.
- » Les étrangers de toutes les nations seront également admis au concours.
- » Faites, je vous prie, connoitre ces dispositions au Président de la première classe de l’Institut national, pour qu’elle donne à ces idées les développemens qui lui paraîtront convenables, mon but spécial étant d’encoun rager et de fixer l’attention des physiciens suc cette partie delà physique, qui est, à mon sens, le chemin de.grandes découvertes.
- Signé Bonaparte.
- En conséquence de cette lettre, la classe des sciences mathématiques et physiques de l’Institut, ayant pris en grande considération Ijs propositions du Premier Consul, nomma, une commission composée de MM. Laplace,' Hallé, Coulpmb, Haiïy, et.Biot, rapporteur,
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- qui le ii messidor suivant, fit à la classe un
- rapport dont voici le résumé (i).
- Après avoir divisé l’histoire de l’électricité en deux périodes, dans l’une desquelles l’influence électrique est produite par le frottement du verre ou des matières résineuses , tandis que dans l’autre elle est mise en mouvement par le simple contact des corps entr’eux; après avoir établi les propriétés et les phénomènes de chacune, et fait voir que c’est surtout dans leur application à l’économie animale qu’il importe de considérer les appareils galvaniques, M. JBiot propose,au nom de la commission, a ."que le concours général demandé •par le Premier Consul soit ouvert par l’Institut national; a.° que tous les savans de l’Europe , •les membres mêmes et les associés de l’Institut, .'soient admis à concourir : la «classe n’exige pas iquelesmémoiresluisoientdirecteinentadressé». lElle couronnera -chaque année l’auteur des meilleures expériences qui seront venues à sa connaissance, et qui auront avancé la marche de,! la science. Le grand prix sera donné à celui do nt les-découvertes formeront, dans l’histoire
- (1 ) Voyez ce rapport, tom. VI, du Magasin encyclo-pcdi que, p. a54» et dans la plupart des journaux.
- de
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- de l’électricité et du galvanisme, une époque mémorable.
- Ce rapport et ses conclusions ont été adoptés a l’unanimité, et il en a été fait lecture à la séance publique de l’Institut du 17 messidor suivant. Il a été aussi rendu public par un programme imprimé, qui contient les mêmes dispositions et les mêmes conclusions.
- A la fin de l'an xi la classe avait à décerner ce prix. Elle s’est fait rendre, par une commission, un compte très-détaillé des travaux; des physiciens sur cette matière, pendant cette année. Quoiqu’elle ait remarqué des recherches estimables et des efforts utiles , elle a cru ne pas devoir accorder le prix. Elle a pensé qu’il serait plus utile aux progrès de cette partie importante de la physique, de le remettre à l’année suivante, en doublant la somme, afin d’engager les physiciens à donner à leurs recherches, toute l’étendue et toute la perfection, dont elles sont susceptibles. La classe prendra en considération les expériences qui auront été faites dans les deux années du concours, depuis le 3o fructidor an x jusqu’au 5o fructidor an xii ; le prix sera alors de six mille francs.
- Delambre , secrétaire -perpétuel de la classe des sciences physiques et mathématiques.
- Le prix n’a pas encore été adjugé en l’an xit.
- III.* Par-kjs. ‘ G
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- Dans la discussion qui a eu lieu à ce sujet eri l’ut» xt, il y a eu des voix pour qu’il fut partagé ; mais on a fini par décider que les travaux des concurrens n’avaient pas assez de mérite, et ne contenaient pas des expériences nouvelles assez décisives pour qu’on dût adjuger un prix.
- 2.0 Prix proposé par VAcadémie de Turin.
- L’Académie des sciences, de littérature et des beaux arts de Turin a donné pour sujet d’un prix la proposition suivante : « Le fluide électrique et le galvanisme offrent tant de points d’analogie et un si grand nombre d?e fiels semblables, que bien des physiciens les trouvent identiques , tandis que bien d’autres en font deux fluides distincts. L’Académie demande de nouvelles expériences qui décident d’une manière absolue l’identité ou la diversité qui existe entre les deux fluides. Le prix est de 600 fl'..; le concours est ouvert jusqu’au 3o frimaire de l’an xin, et le prix sera décerné en messidor de la même année, àla dernière séance publique de l’Académie.
- 3." Les directeurs de l’Académie impériale, des curieux de la nature, ont proposé en 1798, pour sujet d’un prix, la question suivante : Déterminer quel avantage la médecine pratique peut retirer des expériences connues de
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- Hnmboldt sur le galvanisme et sur l'irritation métallique. L’académie demandait que toutes les circonstances dans lesquelles le galvanisme doit être employé, fussent déterminées par des expériences positives $ elle desirait en outre qu’elles fussent faites par les conçurrens eux-mêmes. Les mémoires ont dû être envoyés avant la fin d’octobre 3799, à'Erlang, au président de l’Académie : le prix, qui était une médaille d’or de 20 ducats, a dû être adjugé le5 janv. 1800.
- 4.0 Questions à proposer sur le même sujet, Voici quelques questions sur le galvanisme qui pourraient également être proposées pour sujet de prix : i.° Le galvanisme est - il une branche séparée de l’électricité ? 2.“ Les contractions musculaires qu’il détermine sont-elles un effet de l’irritation occasionnée par le stimulant électrique? 3.8 Les métaux de l’arc excitateur sont-ils chargés d’une quantité de fluide électrique, de manière qu’en les rapprochant, il s’opère une décharge ? Le corps de l’animal qui rend l’électricité sensible, est-il un électromètre plus délicat que tous ceux connus jusqu’ici ? etc., etc. -
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- CHAPITRE XXI.
- 'Application du galvanisme au règne végétal.
- On a vu dans le chapitre xix quels sont les effets du galvanisme sur le règne animal. Des physiciens et des médecins ont cru devoir s’occuper de ces mêmes effets sur le règne végétal, c’est-à-dire, sur les plantes. C’est ici le lieu de faire connaître leurs travaux à ce sujet, et quel en a été le résultat.
- I.° Effets du fluide galvanique appliqué à différentes plantes ; extrait du mémoire lu à la classe des sciences de l’Académie de Turin, le 2g pluviôse an xi, par M. Giulio (i).
- Ce mémoire est adressé par l’auteur à M.Hallé, membre de l’Institut, et de la Légion d’honneur, professeur à l’école de médecine de Paris;
- (i) Voyez la Bibliothèque italienne, ouïe Tableau des progrès des sciences et des arts en Italie, par MM. Giulio, Giobert, Vassali-Eandi et Rossi, tous professeurs aux Ecoles spéciales de Turin, in-8°, an xi, n,° I, p. 28, Voyez aussi le Journal de physique, frimaire an xn.
- Voyez encore les Àunqlesde chimie, tom. xlvii , p. 20£•
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- c’est un tribut que je crois devoir payer, dit M. Giulio, au galvaniste le plus habile, au juge le plus éclairé dans cette matière. lia choisi pour sujet de ses premières observations les plantes douées d’une irritabilité évidente dans quelques-unes de leurs parties, lorsqu’elles sont stimulées par des excitans mécaniques. Il y avait déjà quelques années que M. Giulio avait décrit dans un mémoire les phénomènes que présentent les muscles végétaux des plantes appelées mimosa sensitiva , mimosa pudica , mimosa asperata, et de quelques autres. Mais ses essais furent-alors sans succès ; car ni la communication instantanée, ni celle prolongée des armatures, n’ont produit dans les expériences aucun mouvement, d’où l’on pouvait conclure que l’excitabilité de ces muscles végétaux , par l’action du fluide développé au moyen du contact de métaux différens, était •beaucoup moindre que l’excitabilité des muscles animaux, tant à sang froid qu’à sang, .chaud.
- M. Giulio. persuadé, avec raison, que muni d’un agent infiniment plus, fort, tel que l’élec-tromoteur de T^olta, qui exeite des mouve-. mens étonnans chez les animaux , il aurait quelques mouvemens dans les plantes , là où .l’intermède de simples armatures est iusufli-G 3
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- sant, s’est servi, clans ses expériences, de cet instrument vers les derniers jours de thermidor de l’an x, en présence de MM. Vassali, Botta , Anselmi, et autres naturalistes. Le succès le plus complet a vérifié ses conjectures. Comme l’ouvrage où sont consignées ces expériences n’est pas beaucoup répandu en France, nous croyons faire plaisir à nos lecteurs d’en consigner ici les détails, tels qu’ils sont rapportés dans le n.° I." du journal annoncé.
- Voici donc un précis de ces expériences (c’est M. Giulio qui parle). » J’ai armé les branches de la mimosa sensitiva en deux endroits dif-férens, avec des feuilles d’étain et de plomb un peu épaisses ; je faisais passer une petite bande plus subtile -d’un de ces métaux sur les muscles, qui se trouvent dans la partie inférieure des articulations des pétioles communs des feuilles, et sur ceux par l’action desquels les divisions des feuilles et leS'folioles se ferment; je préparais la plante le jour avant l’expérience, pour que les feuilles et les folioles eussent le temps de se remettre’ des contractions produites par les attouchemens et , les secousses. Le jour après, lorsque toutes les feuilles étoient épanouies, je faisais communiquer, sans produire la moindre secousse» les armatures des métaux différens, sans
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- l’intermède de la pile ; je n’observais paâ alors la moindre contraction dans les muscles dés feuilles. ni dans ceux des folioles.; mais lorsque je faisais communiquer l’extrémité positive d’un électromoteur, de 5o couples de disques, zinc et argent, tel que celui dont nous nous sommes servis pour les expëriences/aites sur les corps des décapités, et de .disques de carton mouillés dans une solution de muriate de soude , avec une armature , et l'extrémité positive avec l’autre armature , voici -ce que j’observai, en laissant agir pour long-temps le torrent galvanique sur la plante. »
- » i.° Les feuilles latérales, sur les muscles desquelles passait une petite bande de l’armature, se fermaient souvent dans l’instant même qu’on faisait communiqüer les deux armatures de métaux différens, avec les deux extrémités respectives de l’électro-moteur, parle moyen de deux fils d’or subtils. »
- » 3.° Les deux folioles de eette plante armée, se fermaient assez fortement, deux minutes et demie après que la communication avait été établie par les fils d’or entre les deux armatures et les deux bouts de l’électromoteur. »
- » 3..° Celles des feuilles latérales, qui n’avaient point été armées paj.’ la petite bande de la
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- feuille de métal qui passait contre le muscle des autres, restaient immobiles. Lorsqu’on laissait continuer la communication dé la pile avec les armatures, les feuilles armées continuaient à se fermer. »
- » Ces expériences répétées plusieurs fois avec le plus grand soin et la plus grande délicatesse dans la mimosa sensitiva, ne laissent aucun doute sur l’excitabilité des muscles de ses feuilles et de ses folioles, par l’action du courant électro-galvanique. Voici les phénomènes que me présenta la mimosa pudica, armée de la même manière. »
- » i.° Une minute après que la communication fut établie, les deux armatures et les deux bouts de l’électro-moteur, la feuille totale, celles sur-tout qui étaient armées, se plièrent sur leurs branches, ensuite, à différens intervalles , d’autres feuilles , par-ci et par-là, dans différens endroits de la plante. »
- ï> On sait que dans les articulations des feuilles de cette plante, il y a trois espèces de muscles, les muscles des nœuds de la feuille totale , dans son articulation avec les branches, les muscles de la division de la feuille, et les muscles de chaque foliole. Or, les muscles qui se trouvent dans l’articulation de la feuille totale avec la branche , étoicnt en général les
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- premiers à être contractés ; les contractions des muscles qui se trouvent dans l’articulation de chaque division ou pinnule de la feuille, Venaient ensuite , et avaient lieu enfin les contractions de chaque foliole. »
- » Nous devons faire plusieurs observations relativement à l’irritabilité de ces plantes, dont la contractilité est si exquise dans les nœuds des feuilles et des folioles. »
- » i.° Que la communication des armatures, sans l’intermède de l’électro-moteur, est insuffisante à produire les contractions; donc l’excitabilité de leurs muscles est beaucoup moindre que dans les muscles des animaux. » » 2.0 Le fluide qui passe de l’électro-moteur, par les branches et les feuilles du bout positif de la pile, pour aller rétablir l’équilibre dans le bout négatif, produit des contractions, il est vrai ; mais elles sont lentes, successives, séparées par des intervalles considérables, au lieu que lorsqu’on en agit de la même manière avec les animaux, elles sont instantanées et violentes. Cette différence prouve donc que les muscles et les nerfs dans les animaux sont des conducteurs du fluide éleetro-galvanique infiniment meilleurs, et que dans le tissu des plantes que nous, avons soumises à ces expériences, le fluide galvanique ne. pénètre, ne
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- se répand, ne passe et ne circule qu’avec une plus grande difficulté, et que ce n’est qu’après avoir vaincu beaucoup de résistances, s’y être accumulé, ou y avoir prolongé son irritation successive, par le passage continué de son torrent , que les contractions musculaires des noeuds des pétioles, des feuilles et des folioles commencent à avoir lieu.»
- » Je n’ai pas borné mes expériences à ces deux espèces de plantes , qui possèdent l’irritabilité la plus exquise que l’on dit encore découvert dans les plantes. La mimosa asperata a été ensuite le sujet de mes recherches. J’en armai les branches et les feuilles , de la manière que je viens de décrire, pour la mimosa pudica et la mimosa sensitiva. Ainsi que l’irritabilité des nœuds de ses feuilles et de ses fo-, lioles est beaucoup moindre que dans les deux espèces précédentes, de même un plus long intervalle est nécessaire au fluide galvanique pour y déveloper son action irritante , et y produire des contractions visibles. C’est le a." jour complémentaire de l’anx que ces expériences ont été faites par une température' de 22-3’io degrés quatre minutes. Après que les fils d’or établis eurent la communication entre les deux bouts de l’électromoteur et les armatures, «ne feuille commença à se plier sur la branche;;
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- six minutes après trois autres feuilles s’étaient pliées de même; ce qu’il y a de très-remarquable , et que je fis bien observer à mes collègues, c’est l’ordre des mouvemens dans ces feuilles : j’avais fait passer la petite bande métallique à travers les feuilles , de manière que sur deux, feuilles elle n’était en contact qu’avec le nœud ou le muscle d’une seule : ,eh bien ! les feuilles ne se contractèrent qu’ai ter-nativement, je veux dire que les contractions 11’eurent lieu sur le commencement, que dans les muscles des feuilles qui étaient en contact avec la bande métallique, le long de laquelle . traversait le torrent électro-galvanique que fournissait la pile. Les contractions des autres feuilles n’eurent lieu que plusieurs minutes après, lorsque le fluide galvanique s’était répandu dans tout le tissu des branches et des feuilles. Les contractions des folioles n’eurent lieu qu’après celles des feuilles totales ».
- » J’espérais découvrir la même chose dans une plante qui, quoique n’appartenant pas à la famille des acacies , a pourtant les nœuds des folioles doués d’une contractilité assez sensible.
- C’est Vœschynomene americana, dont j’ai parlé dans un autre Mémoire. Mais , malgré toute la délicatesse que j’ai mise pour l’armer, et toute l’attention à en observer les effets, je n’ai pu
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- découvrir aucune contraction. Peut - être la saison était-elle trop avancée : car, comme je l’ai déjà dit, nous étions au 1jour complémentaire i peut-être aussi avec un électromoteur d’une plus grande force ,. pourra-t-on obtenir les signes d’excitabilité par le moyen du fluide électro-galvanique que je n’ai pu observer dans mes premiers essais sur cette plante; j’attends avec impatience la saison favorable pour reprendre mes essais de plusieurs manières. »
- » Tout le monde connaît les mouvemens étonnans que présentent les folioles de Yhedy-sariun gyrans ; j’ai voulu essayer l’action galvanique sur cette belle et intéressante plante , de la même manière que j’ai fait dans les plantes dont je viens de parler. »
- >> J’étais bien curieux de voir quel changement aurait pu produire la galvanisation (dans les mouvemens de cette plante; mais ni moi, ni mes collègues, malgré que nous ayons eu la patience d’observer des heures entières cette plante .soumise à l’influence de la pile, n’avons pu découvrir le moindre changement, la moindre altération dans les mouvemens des foliole^, .quiavaient lieu dans le temps de lagalvanisation comme avant. Je sens qu’il ne faut pas s’arrêter à ces seuls essais, qu’il faut les reprendre avec ,des électro-moteurs d’une plus grande force,
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- » J’aurai l’honneur de vous faire part, dans un autre article, de mes expériences sur plusieurs autres plantes ».
- a.° M. de la Metherie , dans ses considérations sur les êtres organisés (1) , en traitant des organes externes et internes de la sensibilité chez les végétaux, dit qu’elle ne s’opère sur leur système nerveux que. par l’impression galvanique , et qu’il y en a de semblables entre leur système médullaire et leur système fibreux. Nous aurons occasion de développer bientôt les idées de M. de la Metherie à ce sujet.
- (i) 2 yoL in-8.°, an XHI — 1804, tome I, p. 280.
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- CHAPITRE XXII.
- Expériences et observations relatives , i.° a l’irritabilité et à V excitabilité des parties du corps humain : 2.0 à ïélectricité tant animale que galvanique.
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- i.° Quoique jusqu’ici nous n’ayons considéré l’irritabilité des parties du corps humain que relativement aux effets que produit sur elles l’emploi du galvanisme, il n’en est pas moins vrai qu’elles sont naturellement irritables par plusieurs autres agens , et que la connaissance de quelques faits à cet égard ne peut être que curieuse et intéressante. C’est ce qui nous engage à parler ici de deux Mémoires très-instructifs, l’un de M. Varmer, docteur régent de l’ancienne faculté de médecine de Paris ; l’autre de M. Fourcroy, conseiller d’état, directeur de l’instruction publique , etc. (1).
- (1) "Voyez les Mémoires de la Société royale de médecine, années 1779, p. 592 des Mémoires, 178201 1780, p. 5o2 des Mémoires.
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- Le premier lie s’est occupé que de l’irritabilité des poumons. Le célèbre Haller, en bravant l’opinion reçue, regarde le poumon comme inerte, et le prive de sensibilité et d’irritabilité ; il soutient en conséquence qu’il est purement passif dans la respiration. Mi Harnier, ayant des doutes à ce sujet, a cherché par des expériences en grand nombre, qu’il a faites sur des oiseaux et des quadrupèdes, à découvrir si cette opinion était fondée, et s’il n-’était pas possible de prouver que le poumon, bien loin d’être purement passif dans la respiration, en dépendant de l’action des muscles inspirateurs et expirateurs , n’est pas au contraire le premier mobile, et le régulateur de leurs mouvemens; ce qui alors établirait démonstrativement la première cause de la respiration.
- Les expériences de M. Harnier ont donc eu pour but de découvrir , i.® si les oiseaux ont le poumon sensible et irritable ; a.° s’il en est de même chez les quadrupèdes, 5.° si le poumon est irritable à l’intérieur, et s’il l’est, quelle pourrait être son action sur les corps qui y auraient pénétré; 4.°si le poumon a un mouvement propre à toute sa masse , et si ce mouvement, eu cas qu’il existe, es t isochrone ou hétér.ochrone, avecle mo u vement du thorax et du diaphragme ; 5.° combien de temps on pourrait conserver
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- la vie à un animal, les deux côtés de la poitrine étant largement ouverts , et les deux poumons étant exposés en entier à la pression de la. colonne de l’air; 6.° quel peut être l’effet d’une vapeur âcre sur la surface interne du poumon; 7.0 quel peut être l’effet des corps irritans sur cette même surface, la poitrine n’étant pas ouverte ; 8.° si le mouvement du diaphragme contribue à la conservation de l’action du poumon, la poitrine étant ouverte des deux côtés, et si l’irritation de la surfade interne des poumons produit le même effet que l’irritation de sa surface externe; 9.0 l’effet d’un fluide actif, injecté dans le poumon , le thorax n’étant point ouvert; rio.° l’action de l’eau sur la surface interne du poumon, la poitrine n’étant pas ouverte; n.° l’effet de l’eau froide sur le poumon , le thorax non ouvert;. 13.°.l’effet de l’esprit de vin injecté dans le poumon, le thorax étant ouvert; 15.° enfin, l’effet d’un fluide moins actif, le thorax n’étant point ouvert.
- Le résumé de ses expériences et les conclusions qu’en tire M. Varnier, sont, qu’elles prouvent d’une manière évidente, que le poumon a sa. vie propre, comme toutes les autres parties du corps , puisqu’il est irritable sur ses surfaces interne et externe, puisqu’il est contractile ,
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- contractile, mais que cette vie a son terme , et s’éteint dans on certain temps, ainsi que celle de toutes les autres parties du corps, et que ce terme est plus court que celui du cœur, qu’en conséquence le poumon est un organe actif, le premier et le principal agent de la respiration.
- 2.* Des phénomènes chimiques qui ont lieu
- dans Virritabilité, par M. Fourcroy (1).
- Il y a près de 4o ans, dit ce savant, que les physiologistes ont aperçu pour la première fois, quelques rapports entre la force irritable des fibres musculaires et les forcés chimiques , puisque,depuis les expériences de Haller surtout, ils ont observé que les âcres, les acides, les alcalis, les sels métalliques, avaient la puissance de faire naître par le plus léger con tact la contraction dans ces fibres, et puisqu’ils ont même tiré de cet effet le nom d’irritabilité , qui a été donné à cette fonction, l’une de celles qui, en montrant un des caractères
- p. 3q4- M. Fourcroy est un des savans qui a lé mieux étudié les phénomènes galvaniques , et qui les a le plus judicieusement appréciés. Voyez le tom. II de celte histoire, p. io,, i56, i5g , 160, 186, a4*, 264. t-
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- les plus prononcés des corps animés, a para hérissée dans sa cause et ses effets des difficultés les plus insurmontables. La conclusion immédiate qu’on avait tirée de l’action des âcres et des irritans sur la propriété contractile musculaire, se bornait autrefois à supposez" que la volonté et la puissance vitale portaient dans les muscles, pour les faire mouvoir, un stimulus capable d’y exciter la contraction, comme le faisait le corps âcre étranger avec lequel on les touchait.
- La découverte de Galvani, les travaux de beaucoup de physiciens modernes, et surtout ceux de M. Humbolt sur cette découverte, ont fait voir que les propriétés chimiques, entrent pour beaucoup dans la puissance irritable des muscles, et que l’action qui se passe, pendant leur contraction , entre la pulpe nerveuse et la fibre musculaire, a des rapports essentiels avec les phénomènes dont s’occupe la chimie. Des métaux différens, touchant d’une part un nerf, et de l’autre un muscle, ou attachés de chaque côté à leurs fibres, sous le nom d'armature, mis ensuite en communication par le moyen d’une branche métallique , excitent une convulsion plus ou moins violente dans les muscles d’un animal tué récejnment. Le seul contact immédiat d’un
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- muscle et d’un nerf, mis tous deux à découvert, produit le même effet. On en fait naître un pareil sur les animaux vivans. Souvent ces expériences, appliquées aux diverses parties de la bouche et de la face, ou du tube intestinal, excitent des sensations d’odeur, de saveur, de douleur, de chaleur, de vision, et même des évacuations, ou des sécrétions augmentées. Les ouvrages modernes sur le galvanisme, sur l'irritation métallique , sont remplis de faits qui prouvent ces assertions.
- Presque tous les physiciens croient que les phénomènes du galvanisme dépendent de l’électricité, et sont dus au fluide électrique : c’est sur-tout l’opinion du célèbre professeur; Volba ; cependant M. Humboldt a trouvé des Corps qui , sans être conducteurs de l’électricité, le sont du galvanisme. Mais en supposant même que des recherches ultérieures pussent convaincre tous les physiciens que ces deux phénomènes sont dus à la même cause, le galvanisme n’en devrait pas moins être rapporté à un effet chimique, puisqu’il en existe manifestement un dÿns l’électricité. Pour concevoir cette liaison entre le phénomène galvanique et ceux qui dépendent des forces chimiques, il faut admettre l’existence d’atmos-phères vaporeuses plus ou moins tenues à là Ha
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- surface de tous les corps, et sur-tout à celle des métaux : l’odeur qu’ils répandent à une certaine distance , l’oxidation souvent très-prompte qu’ils éprouvent quand on les pose sous l’eau les uns sur les autres, prouvent évidemment ces atmosphères , et l’action chimique à laquelle elles sont soumises.
- Avec cette première donnée, il n’est pas possible de méconnaître un effet chimique dans le phénomène galvanique, et par conséquent dans la contraction musculaire, ou l’exercice de l’irritabilité des muscles. La manière même dont on affaiblit ou dont on augmente, dont on ralentit ou dont on prolonge la durée de cette irritabilité, ou de la susceptibilité des muscles à l’irritation galvanique, à l’aide d’a-gens chimiques ou de réactifs divers, prouve encore ses rapports intimes avec les lois de la chimie : mais quel est l’acte chimique, le genre de combinaison ou de décomposition qui s’opère dans le muscle ou dans le nerf, ou dans tous les deux à la fois, au moment où la contraction musculaire a lieu, et comment le raccourcissement et le gonflement de la fibre en sont-ils la suite?-Voilà ce qui est .encore unmystère, et ce qu’on nepeutatteindre que par l’imagination, puisque l’expérience n;â encore pu rien apprendre sur cet objet. U
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- paraît seulement assez certain que cet effet des attractions décomposantes ou recomposantes ne change pas sensiblement la nature du muscle et du nerf, et que ' la cause qui donne naissance à cet effet est changeante , mobile, accessoire en quelque sorte à la libre musculaire, puisque l’effet diminue ou augmente d’activité , de pi’omptitude et de force; puisque la fibre y éprouve une fatigue, et exige la restauration que le repos y apporte.
- Il y a lieu de croire que c’est au point de contact entre le nerf et la fibre musculaire que se passe cet effet; que c’èst entre deux substances existantes dans ces deux tissus organiques qu’il s’exerce ; que le nerf apporte, par la volonté ou par un stimulus quelconque, la matière qui le fait naître ; que c’est-là ce qu’on a nommé le fluide nerveux ou les esprits animaux ; que la contraction consiste dans cette réaction même entre les deux tissus ; que l’effet chimique ayant eu lieu, l’état des corps change par cet effet chimique : telle est la cause qui rend cet effet si rapide, et qui en amène si vite la cessation, ainsi que le relâchement des fibres qui en est la suite; que c’est pour cela que l’effort volontaire d’une contraction continuée exige l’emploi d’une force considérable , dont la lassitude et la doiïleur
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- sont des suites nécessaires. On conçoit aussi f suivant cette théorie, que tous les mouvemena dépendans de l’irritabilité musculaire dans l’économie animale, doivent être intermittens ou marqués par des temps successifs d’activité et de repos ; que le cœur le plus énergique, le plus vigoureux et le plus indépendant de tous les muscles , doit avoir une source d’irritabilité et de mouvement plus abondante et plus souvent renouvelée que tous les autres muscles , comme le montre la quantité considérable de sang qu’il reçoit,et de nerfs qui s’égarent dans son tissu.
- 3.° Mémoire sur la nature de la fibre musculaire, et sur le siège de l’irritabilité , par
- M. Fourcroy.
- Ce Mémoire a sans doute plus de rapport avec le sujet de ce chapitre , puisqu’il a pour objet de traiter de la nature de la fibre charnue ou musculaire , et du siège de l’irritabilité , chose nécessaire à connaître , avant de rien statuer sur ce phénomène de l’économie animale. Un point, dont le célèbre baron de Haller, malgré l’étendue et l’utilité des recherches qu’il a entreprises sur cet objet, n’a pu dissiper l'obscurité, c’est la nature intime de la fibre musculaire ou de la partie charnue dans laquelle réside la fibre irritable. Pour bien
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- concevoir les obstacles que cet illustre savant a rencontrés, et qu’il n’a pu surmonter entièrement, il faut, comme l’a fait M. Fourcroy , présenter des observations sur des faits qui jusqu’à lui n’avaient point encore été convenablement éclaircis par les anatomistes.
- Après avoir détaillé ces faits , convaincu qu’il est impossible de fixer exactement la nature de la substance qui est la base du tissu musculaire, sans avoir quelqu’objet de comparaison , et sans essayer de classer chimiquement les diverses matières qui composent les organes des animaux; sachant en outre, comme l’a démontré l’observation, que les parties animales les plus solides ont commencé par être fluides, et qu’elles n’ont pris de solidité que par degrés et par le travail delà vie, M. Fourcroy a cru avec les chimistes, qu’il fallait d’abord analyser les humeurs des animaux, avant d’examiner leurs parties organiques. Il distingue six classes générales dés fluides animaux, d’après l’état actuel des connaissances chimiques sur cet objet. Il range dans la première classe les humeurs salines, telles que l’urine, les larmes, la sueur; dans la seconde, les fluides animaux inflammables et huileux, concrescibles, tels qne la graisse, la moelle ; dans la troisième , les sucs savonneux ou presque émulsifs, ték II4
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- que la bile et le lait ; dans la quatrième , les humeurs aqueuses ou gélatineuses ; dans la cinquième , les fluides albumineux ou lymphatiques; dans la sixième, enfin, l’humeur glutineuse. Celle-ci sur-tout doit fixer l’attention , parce qu’elle est la base de la matière fibreuse et de suite de la fibre musculaire.
- C’est la partie fibreuse du sang qui forme le tissu propre du muscle; c’est dans cette substance glutineuse que réside la propriété irritable , lorsqu’elle a été déposée dans les cellules de l’organe contractile. Cette vérité, dit M. Four-croy, semble avoir été pressentie par Hippo-crae, et elle a été très-bien exprimée par Bor-deu.qxii a désigné le sang sous le nom de chair coulante ou fluide (1). Vient ensuite l’explication de la manière dont on doit concevoir la nutrition des muscleset lanature delà substance dans laquelle réside la force irritable. M. Four-croy passe de là à Pexameu des divers change-mens qu’elle Subit, et des altérations dont elle peut être susceptible ; c’est par-là qu’il termine son Mémoire dans lequel il détermine la nature du tissu musculaire, ajoutant quelques vérités à celles que la théorie de l’art présentait 'sur l’irritabilité. Ces vérités utiles ne sont donc pas (i) Voyez l’article de la Chair des animaux dans les Siemens de chimie de M. Fourcroy.
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- déplacées dans notre ouvrage, et peuvent servir de préambule à ce que l’on va lire sur l’irritabilité et l’excitabilité galvaniques.
- 4.° Discours sur l’irritabilité et sur texcitabilité par M. de la Metherie (i).
- Cette question, sur laquelle plusieurs auteurs ont déjà présenté leurs vues et leurs systèmes(2), est sans doute , dans l’état actuel de nos connaissances, une des plus intéressantes en phy-
- (1) Journal de physique, germinal an xi, p. 281. Voyez les réflexions du même sur 1 électricité animale, tom. I." de cette histoire, p. 64, et tom. II, p. i83, l’histoire suivie du galvanisme dans les discours préliminaires des tomes LUI et LIV de son Journal. Dans celui de nivôse an xii, il y a un tableau exact et circonstancié .des découvertes faites dans les arts et les sciences pendant l’an xi, et particulièrement un article sur le galvanisme, où ce savant physicien donne le résumé de tous les faits inlë-ressans qui sont venus à sa connaissance, et des résultats qu’ils ont fournis. Ainsi il traite de l’action du fluide galvanique, employé sur les animaux vivans comme remède, de la vitesse de ce fluide, de sa transmission à travers l’eau, des différens appareils galvaniques imaginés par différens auteurs, et sur-tout de la nouvelle pile dite secondaire de Ricter, sujets, dont nous avons déjà traité dans les deux premiers volumes de notre Histoire, et que nous traiterons encore dans celui-ci.
- (2) Voyez tome I." de cette Histoire, p. 116, et suir. 198, 229, et tome II, p. 23g.
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- Biologie, mais aussi une des plus difficiles a résoudre. Elle joue un grand rôle dans l’histoire du galvanisme : c’est ce qui a déterminé M. de la Mètherie à en faire le sujet d’une dis cussion particulière.
- Des parties très - irritables, détachées du corps d’un animal , conservent encore leur mouvement pendant un temps assez considérable ; ainsi la patte de l’araignée faucheur , la queue de l’orvet, coupées, se meuvent encoré plusieurs minutes. Le cœur d’une grenouillé, celui d’une tortue, battent quelquefois plus d’une heure après qu’ils ont, été séparés de l’animal. Bien plus , lorsque ces mouve-mens cessent, on peut, par divers procédés, lés faire renaître pendant quelques instàns; Ces procédés sont : i.® la chaleur ; 2.° la lumière qui agit comme calorique, puisque Goodwin a assuré qu’il est le principe de l’excitabilité ; 3.° l’oxigène, ainsi que tous les corps qui en contiennent ; Girbanner prétend même que l’oxigène est le principe de l’irritabilité ; 4-° Lé galvanisme qui est un des plus puissans moyens pour la solliciter; 5.°.enfin il’électricité. Parmi ces différentes causes,. il ne peut et il ne doit être question ici que des effets du galvanisme et de l’électricité, considérés comme excitateurs ou excitans.
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- Après un court résumé des expériences galvaniques , d’abord de l’auteur mêihe de là découverte, ensuite de VoUa, ftHumbolde, A'Aldini, de Lagrave, de Vassalli, de ce qu’a écrit Geoffroy (1) au sujet des phénomènes que présentent 1 es poissons électriques, M. de la Methè-«a,qui estpersuadé, commele plus grand nombre des physiciens, qu’il paraît prouvé que le fluide galvanique est le même que le fluide élec-rique, répandu dans toute la nature, croit qu’il faut seulement dire, i.° que lé cerveau fournit aux nerfs une pulpe nerveuse, laquelle contient une grande quantité de fluide galvanique ou électrique ; 2.° que ce viscère si volumiheui doit, comme tous les autres, filtrer une liqueur particulière qui est le fluide nerveux, lequel contient également une grande quantité de fluide galvanique, et que, lorsqu’on fait beaucoup d’exercice la pulpe cérébrale perd une partie de son galvanisme, puisque là grenouille préparée, qu’on excite trop souvent, s’épuise, et que ce n’est qu’après l’avoir laissée reposer quelques in s tans qu’elle recouvre sa première excitabilité. Le moyen de réparer les pertes «ont en conséquence le repos , le sommeil, la chaleur modérée qui redonne des forces
- (i) Bulletin de la Société phylomaticpiè, nivôse, i
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- en activant le fluide galvanique , la lumière
- du soleil et les frictions.
- Mais comment, dit M. de la Métherie, comment le galvanisme et l’électricité produisent-ils la contraction musculaire, l’excitabilité? Il rapporte les différentes opinions émises à ce sujet parles physiologistes, qui ont cherché à expliquer la contractilité et l’excitabilité par les combinaisons des différens principes dont sont composées les parties animales, c’est-à-dire , par l’hydrogène , l’azote, l’oxigène , le carbone, le phosphore, etc. M. Humboldt, qui a embrassé cette doctrine, est aussi celui qui a fait le plus grand nombre d’expériences pour découvrir les combinaisons qui peuvent opérer, la contraction de la fibre.
- D’autres physiologistes ont observé dans la structure du nerf, le principe de l’excitabilité et de l’irritabilité. Mais la fibrine , dans laquelle on ne peut supposer ni nerf, ni fluide nerveux, ni muscles, a de l’excitabilité. M. Circaud a fait voir qu’elle se contracte lorsqu’on l’expose à l’action de la pile galvanique. 11 est vrai que son excitabilité s’épuise après un certain temps. «Il faut donc $ dit M. de la Métherie , -chercher une autre cause de la contraction qu’éprouve lagrenouille préparée, lorsqu’on l’expose à l’action de la pile
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- galvanique , ou du boulon de la bouteille de Leyde. Je suppose, ajoute-t-il, que c’est la même cause que celle qui fait contracter un morceau de peau qu’on approche du feu, ousur laquelle on verse un acide, un alkali, ou tout autre corps caustique : ce mouvement doit être regardé comme une véritable crispation-opérée par l’action électrique qui agit sur elle , de la même manière qu’elle oxide les métaux dans la pile de Volta. Mais comment l’étincelle électrique et celle galvanique produisent-elles cette crispation de la fibre et cette oxidation des mélaux ? C’est ce dont M. de la Métherie donne une explication qu’il faut suivre dans son Mémoire même, et pour résumer sur la question difficile de l’excitabilité, nous dirons avec lui que les idées les plus probables, d’après les notions actuelles, paraissent êtçe celles-ci.
- i.° Les nerfs sont composés de membranes particulières, dans lesquelles est disposée la substance médullaire.
- 2.0 Cette substance médullaire apporte du cerveau une matière subtile, un fluide particulier analogue à Yaura sèminalis.
- 3.° Cette substance médullaire et le fluide nerveux contiennent une grande quantité de fluide électrique et galvanique. 11 est probable que Y aura sèminalis en doit contenir également une grande quantité-
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- 4.0 Les nerfs répandus dans les muscles et dans les vicères, y forment une pile galvanique naturelle.
- 5. ® Il se fait des décharges continuelles de cô fluide galvanique qui passe des nerfs aux muscles et aux viscères, et réciproquement , ce qui forme le principe vital , et entretient la vie dans toutes les parties.
- 6. ° Dans ce passage du fluide galvanique des nerfs aux muscles , aux viscères et réciproquement, la fibre est.crispée momentanément, ét contractée par le calorique qui s’en dégage, de la même manière que dans la pile de Volta, ces métaux sont oxidés quoiqu’ils soient con-
- 7.0 La chaleur, la lumière, les frictions activant la faculté qu’ont les nerfs et les autres parties de s’électriser,font éprouver un bien-être général, et donnent des forces.
- Dans le n.° suivant du même journal (floréal an xi, p. 355) M. de la Métherie a traité des causes de l’irritabilité et de l’excitabilité dans les végétaux. II croit qu’elles dépendent, comme dans les animaux , des phénomènes galvaniques , parce que la fibre végétale se contracte et se crispe par les mêmes causes que la fibre animale. Aussi s’attache-t-il à prouver dans cet article que les diverses parties des, végétaux
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- exercent les unes sur les autres, une véritable action galvanique, action qui est plus marquée dans les organes de la réproduction, sur-tout au temps.de la fécondation. M. delaMétherie s’étant proposé de donner par la suite plus de développement à ses idées sur ce sujet, il a exécuté ce prdjet dans le nouvel ouvrage qu’il vient de publier, dans ses considérations sur les êtres organisés que nous avons déjà eu occasion de citer (1).
- Après avoir traité, tom. II, p. i5, de l’irritabilité de la fibre animale, et rappelé à ce sujet les curieuses expériences d’Humboldt, par les quelles il est prouvé qu’on pourrait, presque à volonté, et de la'même manière, suspendre ou au* gmenter cette irritabilité, après avoir énuméré les substances qui peuvent opérer ces effets, il traite particulièrement de l’irritabilité de la fibre végétale, irritabilité qui est très-considérable dans plusieurs végétaux, dont il cite plusieurs exemples, et quise fait sur-toutremarquer dans les parties de la fructification et dans les étamines. Il indique ensuite les moyens divers par lesquels on augmente ou ojn diminue cette irritabilité,, et qui sont l’eau, la lumière, le.galvanisme, plusieurs sels neutres, le soufre,
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- les différens fluides aérifbrmes, les acides légers. L’opium est une substance qui détruit le plus complètement l’irritabilité des végétaux. M. de la Métherie dit qu’à Edimbourg on a arrosé la sensitive avec des décoctions d’opium et qu’elle a perdu sa sensibilité.
- Il traite ensuite de l’excitafiililé de la fibre végétale , cette propriété, ainsi désignée par Brownes, qui a très-bien vu qui Haller avait eu tort de n’attribuer de l’irritabilité qu’à la fibre musculaire, tandis qu’il est prouvé que toutes les autres parties animales ont également leur manière particulière d’être irritées.
- M. de la Métherie examine, chacun en particulier, les agens qui font reparaître l’irritabilité bu l’excitabilité éteinte; il expose la structure particulière de la fibre comme cause de l’excitabilité ; il observe que la structure des trachées des végétaux favorise aussi beaucoup leur excitabilité , parce qu’elles sont contournées en spirales.
- La sécheresse et l’humidité produisent le même effet sur la fibre végétale. Le rotifère et le“tardigafde , de la famille nombreuse des polypes , perdent, étant desséchées, toute irritabilité, qu’ils ne recouvrent avec le mouvement que lorsqu’ils sont humectés. Il en est de même des plantes oscillaires et nostochs. On en .peut
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- dire autant de la chaleur du bois: vert;qui., plàcé auprès d’un grand fè:ù, ae fend,-, se contourne, effets qui ne peuvent être que le résultatde la crispation deisesffbres: faction; dçsicausti-r ques sur les Végétaux, quoique moins sehsible, ri’en ést pas moins: réellè y ainsi qü?on,Jevoit dans' la bourré de: coton , ; dans Celle ;de l’a-pocin/ - - , ioosinau;» ;? •jhV-
- ’ Mais l’article le plus: éAenduycommtejle plus analogue-à: notre sujet, est .celui où Mv delà Métherie considèrele galvànisme et ^électricité comme causes de Fexeitabilité: Après;les expériences à& Galvtmi, celle» '&$,:¥olta i'.plùs, nombreuses plus .étènduesipifaites!.avec ïWt&ipile construite- dé disques , de, divef ses: substances, métalliques,vôhtv.fâit voir que les métaux-s’é-lectrisaient.\pàrAlèVsimplfeeonta.ctque .différentes substances aügmehjtaisnt cette, électricité, qu’elle! était !posiiii^.?ehej!. leSruns^çtfpé-gativie chez iesajutres 5; cé qui-étafelit <]e,u^pôles dan» krpileyl’wï pèsitafietllHiUrè. négatif, avec dégagemetitd’oxygène dans Je premier, ej-dffy-drogène dans lè secôrtâ; qft a 'yu que ;les.fliê-tauxs étaient :oxidés; àjCeMrj Jàv feftqq’ion.pquyait obtenir desiqohtractions:gai](Vsiniques:sans Intermède dfaucnn mëtaMte, ^etc. , .. .
- . E âec.là Métherie, rapproche. de : .ce,s expériences les -phé«Qlnène3;:4lJe• présentent les III.* Partie. I
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- poissons électriques, et rapporte ce qu’én a dit Hunier en 1773 dans les Transactions philosophiques. Plusieurs faits qu’il rapporte ne permettent pas de douter que les môuvemens musculaires des animaux, leur irritabilité et leur excitabilité ne soient produites par le-galvanisme' et l’électricité. En allant plus loin, l’auteur recherche comment ces agena produisent Ta contraction musculaire et l’excitabilité , matière qui a beaucoup exercé l’esprit des physiologistes, depuis Gallini qui adonné, les premières idées à cet égard, c’est-à-dire f qui a cherché à expliquer ces actions par les combinaisons des différons principes dont sont composées les parties animales, idées.qui ont ensuite été saisies par Gauthier , Buttfiter, Madni, Vait, Girtatiner, Humboldt, qui ont fait sur ce sujet nombre d’expériences.
- D’autres physiologistes ont cru trouver .dans la structure des nerfs le principe de l’excitabi-Jité et de l’irritabilité ;i niais toutes ces explications mécaniques sont aujourd’hui abandonnées. M. de ta Métherie expose une noUvellé: théorie qu’il fonde principalement Sur le fluide galvanique, et qui paraît confirmée par plusieurs phénomènes que présentent les êtres organisés, ét dont il donne lès détails, qu’il faut suivre dans soii ouvrage.. : . •
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- 6.9 Dans l’extrait que donne M. Julio des leçons critiques de physiologie et de pathologie du professeur Tomasini, on lit ce qui suit (1): Quand les expériences dIHumboldt auraient prouvé que la présence de l’oxygène dans la fibre musculaire est nécessaire pour la rendre ëxcitablé, pourrait-on dire qu’ori a pénétre la source de l’irritabilité? D’autres principes nef Sont-ils pas également nécessaires ? Nefaut-il pas encoréirhe certaine proportion de calorique ? Reste iOncore à examiner si l’oxygène rend les nmsclès èxcitables, ou s’il excite simplement là fibre déjà excitable. Le galvanisme' ne nous apprend 'rréri de plu s sur la nature de l'irritabilité; Ce principe n’est pas lè Créateur de l’ir— ritabilrté • il n’en est que l’excitateur’r c’est un stimulantlé plus puissant de tous, si Ton veut; mais dès qu’il ne produit pas sur les Herfs, sur le tisSU'-cellulaire et sur les meiiibranes -fes mêmes phénomènes qu’il prôduit sur leS mils-’ cles“'il'éS!t ' de"la dernière évidente que pb'ür1 què lè fluide' galvanique àgisSe il;,faiit de foüfé nécessité qu’il ÿ aitf dans la fibre'ahi^ malé utte Condition indépendante du ’ffuidé galvanique. • "" ' "
- (i) Bibliothèque italienne, n.°II, p. i.5g.
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- 6.° Du principe de Virritabilité et de ses lois , ffîà&rnetit extrait d’un ouvrage anglais du > docteur Alexandre Crickto'n, a pour titre : Recherches sur- lâ' nature • et l’origine des maladies de l’esprit, etc., etc. • -
- .fragment est inséré dans le Recueil périodique de littérature médicale étrangère, tom;;II,„p. 542, 367,.il est curieux.JL’irrita-bilité.;est considérée dans, les animaux et.dans les végétaux. Par tous les faits qu’il rapporte^ l’auteur établit comme une vérité; incontestable qu’il existe , dans les animaux, dépourvus de cerveau .et, de nerfs., un principe ,de. moiir-vemet$ distinct de celui des mouvemensméca-niques-...ll convient que l’irritabilité dépend d’une, structure des organes tout à, fait .particulière , et qui nous est absolument inconnue. , ,Quant .anpÿois qui. règlent lès phénpmèpes d<* cette, irritabilité, eljps^ont générales et,com^ mûmes,tous les;corps/i^ritables. F^ontana est, l^prbmier qui aij; çh.efché n généraliser ç^, phénomènes dan?.le prehneryoiume.dç.s^Pjhy-; siqnçf pumale., qq’il n’a? mafbeureu-
- sement pas achevé. Girtanner, dans le Journal de_physique de 1790, a traité ce sujet d’une manière plus générale : il a modifié les axiomes de Fontana, les a' étendus à toiisles êtres or-
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- ganisés. Il a très-bien fait connaître l’âhaldgié qu’il y a entre l’irritabilité des végétaux et celle des animaux. Ces axiomes sont réltftés p. 357 du Recueil que nous Venons de 'citer. Nous regrettons que l’abondance des matières nous prive du plaisir de les rapporter, d’autaht plüs qu’ils sont parfaitement d’accord avec les 'principes posés sur le même sujet, par MM. FoiircrOy et delà Métherie. Le docteur Cricktona'àjbuté à ces axiomes un très-long commentaire, qui en facilite beaucoup l’intelligence.
- s. 11.
- i.° Sur Vélectricité animale et sur le galvanisme , par J. B. van Mons.
- .Extrait d’un Mémoire flamand lu à la séance publique de la Société de médecine d’Anvers, le 10 octobre 1798 (1).
- Les phénomènes observés à l’époque où M. Mons rédigea son Mémoire, lui permirent
- (1) Nous n’avons, pas parlé de ce Mémoire, lorsqu’il a paru, parce qu’il n’était pas encore traduit, et que ce n’est que depuis , qu’on en a inséré un extrait détaillé dans l'Esprit des. Joumanx.
- G’estle même que nous n’avons fait qu’annoncer, tom. II? de celle histoire, p. 122.
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- d’établir des règles galvaniques. générales, au nombre de a5, dont la plupart passent pour incontestables depuis cette époque, et dont nous avons fait mention dans Jçs deux premiers volumes de notre Histoire. L’auteur passe ensuite à la description des expériences dont il a déduit ces règles générales, ces expériences en grand nombre faites en société avec le professeur Koch, et toutes plus curieuses les unes que les autres. Yoici les principales :
- i.° On arme le muscle d’une des-jambes d’une grenouille avec du zinc, et les nerfs cruraux avec de l’argent; on tient l’animal suspendu en l’air, et on fait communiquer les deux métaux : dans cette disposition, les convulsions sont tellement violentes , que .la partie libre va frapper avec force la main de celui qui tient l’autre partie.
- 2.0 On sépare les extrémités postérieures du tronc; on les arme comme ci dessus , et on les tient dans le creux de la main , ployées comme dans l’état de repos de l’animal. .Au moment du contact des métaux, .ces parties font un saut tout-à-fait semblable au saut naturel.
- 3.” On place l’un à côté de l’autre deux verres pleins d’eau, sans cependant qu’ils se louchent.
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- On suspend dans l'un des verres le tronc d’une grenouille préparée, et dans l’autre ses extrémités postérieures. On plonge ensuite dans l’eau f d’un côté, une verge de zinc, et de l’autre une verge d’argent, et on rapproche les deux métaux. L’animal est alors attaqué de mouvemens convulsifs ordinaires. Si on multiplie le nombre des conducteurs, on parvient à faire que l’a-r nimal s’élance hors de l’eau. Il est à remarquer que dans cette expérience et autres semblables, faites avec ou sans la grenouille, les parois intérieures des verres, sous l’eau, se couvrent d’une grande quantité de bulles d’air qui y restent attachées avec une certaine ténacité.
- 4.° On place sur un gros écu une petite coupe d’étain ou de zinc, on y verse de l’eau, on porte, le bout de la langue dans ce liquide et on touche l’eau avec un doigt mouillé. On éprouve aussitôt la saveur connue.
- ô.° Pour faire agir le galvanisme sur l’organe de la vue, M. van Mans s’y prend de différentes manières. En voici une : on passe entre la mâchoire supérieure et la joue une verge d’argent , et on la fait communiquer avec une autre de zinc en contact avec la langue , ou insérée entre la mâchoire inférieure et la joue, du côté opposé , en faisan* toucher les deux métaux j une lumière écla-
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- tante Se répand aussitôt devant les yeux : Te même efFet a lieu en'introduisant l’une des artn'atures dans le nez. Getté expérience, ainsi què cellès‘relatives, exige, pour produire tout son effet , qu’elle soit faite dans un endroit obscur, ôù au sortir du sommeil.
- L’auteur donne ensuite la disposition d’une expérience qu’il appelle expérience galvanique générale, qui est composée de cinq personnes, d’urië grenouille, et de quatre excitateurs métalliques. Il suit d,e .la disposition qu’il décrit que1 lorsqu’on forme le cercle par le rapprochement des deux verges .métalliques, la troisième personne, membre de la chaîne, éprouve le goût àcide-styptique, que la quatrième reçoit la commotion, que la cinquième aperçoit l’éclair, et que la grenouille entre en convulsions., •
- M. van Mans a fait en outre plusieurs essâis pour se convaincre de ce que la médecine a à espérer du galvanisme Comme moyen de distinguer la: mort réelle:de la mort apparente. Il déclare qu’il ne lui est arrivé que très - rarement de ne pas rappeler à la vie ceux des animaux qu’il a asphixiés, tantôt en les étranglant, tantôt en les submergeant, ou en les faisant suffoquer dans le vide où dans des airs irrespirables, lorsqu’ils- avaient encore conservé
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- quelque susceptibilité pour les épreuves galvaniques.
- 11 penche plutôt vers l’opinion de la différence,' que vers celle de l’identité des deux fluides électrique et galvanique. Il termine son Mémoire par cette conclusion, que la découverte du galvanisme nous a fait connaître l’action, sur les organes animés , d’un fluide dans lequel, quelqu’en soit la nature et l’origine semble résider toute l’activité des rapports des muscles avec les nerfs.
- a.° Sur l’électricité animale développée 'au moyen du contact de diverses substances , par M. Davy ( Article communiqué à l’Institut national par M. Blagden (i).
- L’appareil de M. Davy, est au fond le même que celui que nous formons avec des bocaux remplis d’eau , communiquant les uns aux autres par des conducteurs métalliques , et c’est précisément celui que Volta nommé à couronnes de tasses, et dont il a été fait mention dans le second volume de l’Histoire du galvanisme, p.. 209 et 211 , avec les expé-
- (1) Voyez le Bulletin de la Société philomatique de
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- riences fuites par M. Gautherob. Nous ferons seulement la remarque que l’appareil de Volta est modifié en Angleterre d’une manière fort avantageuse, parce qu’on substitue aux bocaux une espèce de boîte divisée en plusieurs parties par des cloisons, de manière à former un grand nombre de petites auges , où l’on verse les différons liquides qui doivent former la chaîne. Cette disposition permet de multiplier le nombre de ces auges beaucoup plus qu’on ne peut le faire avec des bocaux de verre , ce qui est extrêmement nécessaire dans ces sortes d’appareils, qui sont en général, toutes choses égales d’ailleurs, beaucoup plusfoibles que la pile ou la colonne de Volta, construite à la manière ordinaire.
- Voici maintenant en quoi consiste l’expérience de M. Davy.
- Si l’on établit l’appareil avec des plaqués de cuivre et de fer, et qu’on verse dans les bocaux de l’eau pure, le fer s’électrise positivement et s’oxide ; le cuivre s’électrise négativement et dégage l’hydrogène. Le contraire arrive si, au lieu d’eau pure, on met dans les bocaux une dissolution de sulfure de potasse : le fer devient négatif et dégage l’hydrogène, le cuivre devient positif et s’oxide.
- Ainsi par le séul changement du corps hu-
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- mide interposé dans l’appareil, la direction du courant électrique est changée ; au lieu d’aller du cuivre au fer, elle va du fer au cuivre, et; réciproquement.
- Il est très-facile de voir que ces résultats ne renferment rien qui contredise la théorie de l’électricité métallique , telle qu’elle est exposée dans le rapport de l’Institut national, sur les expériences de Volta. Le fondement de cette théorie repose sur ce fait, que deux métaux en contact se mettent dans un état électrique différent. L’eau interposée entre les élcmens delà pile paraît n’avoir sur les métaux qu’une ac-? tiou très-faible, et n’est interposée entre les élémens métalliques que pour empêcher qu’ils ne se touchent ; ce qui repousserait dans chacun d’eux l’électricité en sens contraire avec une force égale , et détruirait par conséquent l’effet que l’on attend de leur superposition. Mais si au lieu ;d’eau on emploie un métal, .ou toute autre substance qui ait plus d’action sur l’électricité d’un des métaux employés dans la pile que n’en a sur celui-ci l’autre métal, il est clair qu’ai ors la direction du courant électrique doit changer , et cela peut bien arriver sur-tout avec le cuivre, le fer et le sulfure de potasse ; car les deux métaux ont sur leurs électricités respectives une action très-faible ,
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- et le sulfure de potasse, au contraire , agit d’une manière très-sensible , puisqu’on s’en est déjà servi pour remplacer un des élémens métalliques de la pile de Voltà.
- Ainsi, dans l’expérience de M. Davy, il faut regarder le cuivre comme transmettant son électricité au fer avec plus de force qUe l’eau , ce qui détermine la direction du courant électrique du cuivre au fer ; et il faut regarder au contraire le sulfure de potasse comme transmettant son électricité au fer avec plus de force que le cuivre, ce qui porte le courant du liquide au fer, et par conséquent du fer au cuivre. On a donc eu tort de dire que l’action réciproque des deux métàux change , par l’interposition du sulfure de potasse ; cette action reste la même, mais elle est détruite par celle du sulfure qui agit avec plus de force , et est dirigée en sens contraire.
- Ces réflexions n’ôtent rien au mérite de l’expérience de M. Davy, qui est très-curieuse en elle-même ; nous ne les présentons ici que pour montrer que ce fait appuie plutôt qu’il n’in— firme la théorie de Volta.
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- 3.° Recherches sur les causes qui développent l’électricité dans les appareils galvaniques , par Gautherot, in-8.° de 16 pages (i).
- C’est principalement sur la cause qui met en jeu l’électricité dans les expériences galvaniques que les opinions sont partagées. Cependant elles se réduisent à deux principales ; la première est celle de ceux qui d’après Vol ta attribuent ce développement au seul attouchement des métaux hétérogènes, élémens dé cet appareil, ét qui n’accordent à l’humidité, qui en fait aussi partie , que la faculté d’être conductrice de cette électricité. La deuxième opinion est celle des physiciens qui pensent que l’humidité doit, par ses effets chimiques , influer principalement sur la production de l’é4 léetricité, et que'cette cause, eh concours avec celle de l’attouchement des métaux, doit produire les phénomènes1 électriques’ que présente Làppareil galvanique. Gautherot a fait des recherches, i.° pour connaître jusqu’à quel
- (i) Ces recherches sont aussi insérées, I.® dans le Jour-
- nal de Physique, prairial an xi, p. 429-* 2.® dans le i.*î n.° _ du Journal du Galvanisme, p. n. Elles ont été lues à l’Institut national le 16 et le 3o ventôse an xi
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- point l’atl crachement des métaux peut avoir d'influence pour le développement de l’électricité j 2.° pour s’assurer de l’influence chimique dans la formation des phénomènes galvaniques. Il rend compte dans cette brochure des résultats que lui ont fournis ses recherches et les expériences qu’il y a jointes.
- Il croit que sa première expérience et les observations qu’elle a fait naître , prouvent l’insuffisance de la théorie de Volba pour ex.-, pliquer l’électricité de son appareil, parce que, dit-il, les métaux hétérogènes.y restant super-r posés , ils forment par là ce qu’il appelle tys-tème de corps, et sont alors incapables de dé-« velopper-la moindre électricité. .
- Il croit, d’après les effets qui sont résultés de sa seconde expérience, que l’électricité qui réside dans chaque métal , en raison de sa capacité,, se meut avec beancoupplus de lenteur, en se distribuant d’une autre sorte par le moyen de la superposition, que lorsque par le moyen des appareils ordinaires, on les force à changer d’état électrique, parce que dans ce cas l’effet est instantané. II conclud aussi dè cette expérience et des trois suivantes , que la quantité d’électricité développée par ’Pàttou-1 chement des métaux, est en l’aison des sur-
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- Le frottement étant reconnu pour une des principales causes de l’électricité, Ganthe-rot a frotté les deux disques en les faisant glisser l’uh contre l’autre dans l’étendue de leurs surfaces ; ce moyen n’a produit aucune électricité. Il a eu le courage de porter le nombre des frottemens jusqu’à plus de douze mille , satts àvuir obtenu le plus léger vestige d’électricité.. Mais il a reconnu ensuite que ce non succès venait de l’imperfection des appareils dont il faisait usage. Il lès a rectifiés , et en se servant d’un seul petit disque de zinc , vingt-cinq frottemens ont suffi pour déveloper l’électricité. H-n’a pas eulë même succès lorsqu’il à superposé ces disques dans sa septième expérience , et lorsqu’àprès quelques instans, il les a séparés, en les faisant glisser l’un contre l’âiitre.
- Dans les expériences suivantes, ce savant a fait subir à l’appareil de /''ofort différentes modifications , pour voir la concordancè de sa tbéôrié avec ces nouvelles expériences. On est forcé de conclure, dit-il, que puisque d’après celles 2, 3, 4 et 5, l’électricité développée par la superposition des m'étkux hétérogènes, est soumise â la loi de la raison de surfaces oü de leur pblnt d’at-touchementY et que d’après celles 9,10 et 11, les piles comparées ont produit exactement les
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- mêmes effets, tandis qu’elles devaient en produire de différent).; l’électricité de .celles où les métaux ne se touchaient que par, un point, devant être beaucoup plus faible que celle Qu les inétaux se touchaient par lin plus grand nombre de points, il faut nécessairement que, toute l’électricité , produite par ces appareils > ait une autre cause que celle du simple attouchement , ou de la simple superposition des métaux hétérogènes. . ?) : -
- La douzième et dernièrp expérience de Gautherot a eu pour objet dç; chercher à con-, naître l’influence. de l’effet phibuqjue pour la-production des phénomènes galvaniques. EJl.e( a été décisive en faveur de qeteffet, .et.a prouvé de plus qu’il .faut, renoncer à étabHf u^,appareil galvanique composé seulement, de; substances absolument sèches, et dans lequel aucun, effet chimique ne pourrait se produire.
- Ce .physicien conclut, encore de sps expjé-s riences que les phénomènes duGf] vanisrne appartiennent moins à.la physique,qu’à la chimie , parce qu’ils sont.absolument subordonnés, aux décompositions; et parce qu’ils dépendent, des combinaisons que les agens chimiques peuvent seuls produire. , • . ;
- : vPyez à ce sujet le n.é ter du Journal du gai-:
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- vanisme , p. 6 et suivantes de l’avant-propos , et les recherches insérées à la suite.
- Voilà le dernier ouvrage qu’ait publié cet habile physicien qui est mort le 6 frimaire dernier, à la suite d’une attaque d’apoplexie. Une réunion- de plusieurs Sociétés savantes lui a rendu les honneurs funèbres, et ceux qui la composaiènt ont accompagné son corps jusqu’au lieu de l’inhumation où M. Nauche a prononcé un discours aussi honorable pour la mémoire du défunt, que satisfaisant pour l’assemblée nombreuse , qui l’a écouté dans le plus grand silence. Voyez le Journal du Galvanisme , n.® IX., p. 92.
- 4.° Expériences tendantes à prouver que les lois du galvanisme semblent différer de celles de l’électricité., par M. Lagravc , membre de la Société galvanique (1).
- Les expériences que je soumets au public, dit l’auteur , m’ont paru différer des lois de l’électricité, en ce qu’il m’a semblé , d’après mes expériences, que le fluide galvanique recherche les affinités les plus intimes, et que l’électricité paraît ne tendre qu’à s’échapper au premier contact. »
- (1) Extrait du Journal de Physique , ventôse an xi, p. 233. ; . ...
- III .e'Partie. K
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- »4t>
- HISTOIRE Voici ces expériences :
- «Je montai une pile de soixante-dix couples de disques, cuivre et zinc, très-bien désoxidés, puis je mis au pôle zinc un conducteur de six aunes, duquel j’entourai mon bras d’un tour , puis je lui fis faire deux tours sur mon corps, sur mes habits ; de-là , je le. conduisis autour 'de ma cuisse et de ma jambe,aussi par un tour , et je fixai son bout inférieur à mon pied et à un baquet, dans lequel il y avait de l’eau chaude ; je mouillai ma main droite (c’était au bras, à là cuisse et à la jambe gauches qu’était placé de grand conducteur ) ; et ayant porté le doigt index au pôle cuivre, .j’eus la plus vive commotion à cotte main et au bras, et ne ressentis rien au grand conducteur pôle zinc : surpris de n’avoir pas e.u la plus légère sensation de ce pôle, je réitérai l’expérience ; mêmes effets : je crus d’abord que le fluide galvanique suivait ici.les lois de l’électricité,' c’est-à-dire, qu’il tendait à sortir par le plus court trajet; je reconnus bientôt'une autre cause, loi-squ’en prenant de la main droite Un fil de cuivre de déux pièds , et le méttant en contact au pôle cuivre , je ressentis la commotion- au pied qui était plongé dans l’eau du baquet.
- Etonné de recevoir, la commotion au pied, -après que mon fil avait fait tant de tours et
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- de détours à mon bras , à mon corps , à ma cuisse et à ma jambe, sans ressentir dans ce long trajet le plus léger effet, je réitérai l’expérience : même chose. Je m’aperçus bientôt que 'i cette commotion, que je recevais au pied, au préjudice des autres points de contact, n’était due.qu’à l’affinité de l’eau avec le fluide galvanique;, et à .ce qu’elle ramollit l’épiderme;, j’en; .eus la preuve en mettant plusieurs gouttes d’eau alternativement sur les tours du fil, puis le fil pôle cuivre en contaGt; j’eus aussitôt, commotion à l’endroit où j’avais mis les gouttes d’eau, et je n’eus pas la plus légère sensation au pied; je réitérai l’expérience en mettant sur lesdiffé-rens tours du fil une goutte d’eau: alors en approchant du pôle, les mêmes effets se firent ressentir , sans que j’aie éprouvé la moindre sensation inférieurement,malgré que j’eusse négligé d’essuyer l’humidité que les différentes gouttes d’eau m’avaient données;
- Je retrouve ici cette règle que suit l’électricité, c’est-à-dire qu’elle tend à donner étincelle au chemin le plus court; mais d’une autre part je trouve aussi que le fluide galvanique tend à rechercher une affinité que ne paraît pas suivre le fluide électrique ; car , au premier contact, nous avons étincelle, et ici le fluide galvani-K a
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- que fait un trajet considérable sur les points de contact les plus intimes , sans rien perdre ,, et ne va donner sensation, que lorsqu’il a trouvé une affinité favorable à son dégagement.
- J'ai aussi eu les effets les plus marqués en prenant d’une main un fil d’une très-grande étendue , lequel je mis au pôle positif comme Je précédent. J’en fis un long circuit autour de ma chambre : ayant ramené son bout à ma main gauche, je mis la droite en contact, j’eus de la même main droite, commotion ; mais si je prenais de la même main un fil de deux pieds, et que je n’eusse pas soin de la mouiller autant que l’autre, je n’avais rien. Le fluide prenait le long circuit du fil pour se rendre à ce point qui lui présentait plus d’affinité ; de même si je mettais un conducteur de deux pieds à l’un ou à l’autre pôle, j’avais toujours commotion du pôle, duquel je prenais contact de la main nue et humide.
- Telles sont mes observations sur cette série d’expériences.
- Trop heureux si elles peuvent faire naître quelques idées lumineuses qui tendent au bien de l’humanité, et aux progrès des sciences et arts !
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- 5.° Réflexions sur la théorie des sécrétions développées au moyen de l’électricité animale ; par M. Benoit Mojon, docteur en médecine (i).
- Cette théorie, qui a été constamment l’objet d’une multitude de questions physiologiques semble avoir acquis , par les dernières expériences faites avec la pile de Volta, des lumières que, jusqu’à ce marnent, elle avait en vain réclamées de l’anatomie , de la chimie et de la médecine.
- On connaissait depuis long-temps que la commotion électrique accélérait la circulation d u sang, et agissait d’une manière spéciale sur le système musculaire ; mais l’on n’avait point encore porté une attention particulière sur les phénomènes que l’électricité t nous présente dans les organes des sécrétions, et dans les humeurs auimales. Cela provient peut-être de ce que les physiciens étaient alors privés d’une infinité de ressources que nous devons aux talens des physiciens modernes.
- La pile métallique nous présente l’électricité modifiée de manière à produire, principalement sur le système animal, des effets que l’on
- (i) Journal du. Galvanisme, XL.” cahier, p. 1G8.
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- aurait de la peine à obtenir avec la machine
- électrique ordinaire. »
- «Supposer, dit M. Mojon, que les différensliquides animaux soient séparés du système glandulaire , au moyen d’une propriété électrique existante, soit dans les glandes, soit dans le sang qui les traverse,et plus encore dans les ramifications nerveuses dont elles sont garnies , pourra paraître à quelques personnes une chose extraordinaire, peut-être même ridicule. Cependant , si nous nous appuyons de toutes les expériences sur l’économie animale, faites avec différens appareils galvaniques par plusieurs physiciens, et particulièrement par le professeur Aldini, nous verrons que cette nouvelle hypothèse peut avoir quelque supériorité sur celles établies'par Vanhelmont, TVillis, Descartes , et nombre d’autres physiologistes. »
- « Le professeur Aldini a déjà démontré que l’électro-moteur de Volta a la propriété de faire précipiter de l’urine différens principes salans ou terreux qui y étaient contenus.il a aussi annoncé que ce phénomène avait lieu en partie sur la bile, et tout le monde sait que le sang et le lait se coagulent promptement, lorsqu’ils sont soumis à l’action de l’électro-moteur. Si l’on fait passer la commotion de la pile à travers les glandes parotides,il en résulte uneabondante sécré-
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- lion salivaire, comme le prouve l’observation faite récemment à Gênes sur la tête de deux boeufs par lès professeurs Bnign.at.elli et G. Mojon. Le physicien Aldiniavait lui-même fait la remarque d'un pareil phénomène dans ses expériences sut les décapités; on pourrait, de la même manière que l’on obtient de la salive, se procurer de la bile, de l’urine (i) et d’autres tluides ( quoiqu’en moindre quantité ), toutes les fois que l’on soumettra à la pile métallique les viscères destinés à leur sécrétion. »
- «Tout cela montre évidemment , ajoute M. Mojon, que l’électricité, ou, si on veut, le galvanisme, a une action particulière sur les fluides animaux et sur le système glandulaire ; action qui ouvre un champ vaste de recherches utiles au philosophe observateur des fonctions animales. Je n’oserais établir comme un axiome, que lés sécrétions se font purement par une action électrique, ni regarder , avec les anciens , le corps humain comme une bouteille de Leyde; mais on ine permettra peut-être de supposer avec le professeur Aldini, qu’il existe en nous une élec-
- (i) Le docteur Nauclie a obtenu de l’urine en appliquant le galvanisme sur les reins d’un cliien, sépares de-son corps.
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- tricité qui se transmet principalement des nerfs aux mùscles, et qui donne lieu de regarder tous les êtres vivans comme autant de piles animales , preuve que cette électricité a sur nos fluides et sur les organes des sécrétions, une action dont les effets nous sont encore inconnus.
- » On pourrait à ces hypothèses en joindre encore de nouvelles, et regarder toutes nos glandes comme autant de réservoirs du fluide électrique qui , accumulé dans une partie plus que dans l’autre, rendu plus ou moins libre,et modifié de différentes manières, donne au sang qui parcourt la totalité du système glandulaire, le moyen de subir tous les changemens, auxquels il est sujet dans les différentes sécrétions. Pour donner plus de force à cette théorie, il serait nécessaire d’appliquer de différentes manières, et à différentes reprises, l’action de l’électro-mo-teur de Volta aux organes des sécrétions et aux humeurs animales, afin d’en examiner avec attention les résultats ; mais loin de ma patrie, privé de tous les instrumens nécessaires pour entreprendre de telles expériences, je ne puis qu’appeler l’attention des sa vans sur un objet si important de la physiologie animale. »
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- 6-° Rapport lu par M. Giulio , à l’Académie des sciences de Turin, sur la puissance stimulante de l’électricité ordinaire et du galvanisme (i).
- Dans un Mémoire adressé à M. Saluzzo, qui' se trouve imprimé dans le Y.” n.° de la Bibliothèque italienne , le docteur Gabriel Anselmi, professeur adjoint de la chaire d’anatomie et de physiologie, a présenté un précis sommaire de plusieurs expériences entreprises par lui, dans le but de déterminer jusqu’à quel point la vitalité, subsistante dans des animaux asphyxiés par submersion , est encore susceptible d’être ranimée par le fluide galvanique.
- Appuyé sur ces expériences, il a avancé Contre M. van Morts que, toutes choses supposées autant égales qn’il est possible de les obtenir,' l’action du.fluide galvanique sur la fibre animale , est beaucoup plus puissante que l’action de l’électricité ordinaire ; qu’il est faux que dans les animaux asphyxiés , qui ne peuvent être rappelés à la vie par les autres stimulans, l’action du fluide galvanique soit également inutile.
- (i) Bibliothèque italienne, n.” X, p. 25.
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- Il a communiqué à M. Giulio plusieurs expériences à l’appui de cette assertion, dont celui-ci supprime les détails, pour rappeler , seulement les inductions qu’il en infère.
- Il a étouffé plusieurs poulets dans l’eau pendant l’espace d’une minute.
- Lorsque l’asphyxie paraissait complète', il essayait l’action, tantôt de la fumée de tabac injectée dans les intestins, tantôt de l’ammoniaque , l’application d’un fer rouge et d’autres stimulans, mais en vain. Par le moyen du galvanisme , et d’une pile de trente couples de .zinc et de enivre, il a rendu quelques-uns de ces poulets à la vie.
- Il a eu le bonheur de rappeler par ce même moyen à la vie d’autres poulets également asphyxiés , sur lesquels il avait essayé en vain' de fortes étincelles de l’électricité ordinaire. • Mais il observe que lorsque les poulets restaient plongés pendant deux minutes entières sous l’eau , ni les. secousses de l’électri*. cité ordinaire, ni l’action du fluide galvanique1 n’étaient capables de les .rappeler à la vie. Seulement le fluide galvanique excitait encore des mouvemens ', lorsque le fluide électrique était impuissant à les exciter.
- Il conclut de ces expériences, 1.” que le fluide galvanique est le plus puissant de tous les sti-
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- mulans connus jusqu’ici, et qù’il peut encore, dans certaines circonstances, être utile à rappeler à la vie des animaux submergés lorsque tous les autres stimulans , et l’électricité ordinaire elle-même, Sont inutiles.
- 2.0 Que pour produire Une mort complète chez ces animaux, deux minutes de submersion dans l’eau suffisent, lorsque l’animal plonge entièrement pendant cet espace sous l’eau , ce qui provient sans doute de l’engorgement des poumons et des vaisseaux de la tête.
- Dans ces circonstances-, le fluide galvanique, qui peut bien exciter encore la fibre animale , mais qui ne peut- débarrasser les vaisseaux engorgés, c’ést-à-dire , ôter une cause qui s’oppose mécaniquement au mouvement du sang , demeure impuissant pour rappèler à la vie les animaux. C’est donc avec raison, dit M. Giulio, que notre collègue Rossi a proposé d’ouvrir aux hommes asphyxiés les veines jugulaires pour débarrasser le cerveau, et d’injecter'dé l’air par un tuyau dans une ouverture faite à la trachée-artère, afin dé dilater les poumons ^ et de déveloper les vaisseaux. » " ' ’
- « M. Alditii croit qu’il suffit de soulever î’é^ piglotte, et d’introduire un tuyau dans la glotte. Nous serions du même avis, continue M.Giulib, s’il était toujours aisé, dans les submergés, d’é-*-
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- lever l’épiglotte; mais elle se trouve souvent tellement abaissée , et même enfoncée dans la glotte, qu’il n’est guère possible de pouvoir l’élever. Or, dans la grande difficulté, ou même dans l’impossibilité de pouvoir introduire l’air par la glotte, lorsque les momens sont si précieux , lorsque chaque seconde ajoute un degré de plus à la mort apparente , pourquoi hésiterait-on à faire l’opération si facile proposée par M. Rossi ? »
- «Aux avanta es de développer les vaisseaux, il faut ajouter celui de précipiter le sang au cœur, et de réveiller son mouvement, non ' seulement par son stimulus, mais aussi par les secousses du diaphragme, et par la force irritante du gaz oxygène. Sous ce rapport, je dois observer qu’il est de la plus grande importance que la température, dans laquelle on fait ces essais, soit élevée ; car l’on sait, d’après les belles expériences de Spallanzani, que le gaz oxygène, introduit dans les poumons des animaux léthargiques par l’action du froid , n’agit pas plus que le gaz azote, sans le concours d’une certaine température, élévation nécessaire pour que l’affinité de l’oxygène puisse s’exercer. *»
- Le docteur Anselmi a ensuite fait plusieurs expériences sur un grand nombre de poissons tle l’espèce des barbeaux, pour comparer les
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- effets de l’électricité ordinaire avec .ceux du galyanisme.
- M Giulio se borne à dire que dans toutes lès expériences faites sur ces animaux de différentes manières, il a constamment observé l’action du galvanisme beaucoup plus forte que l’action, soit de l’électricité ordinaire, soit de ceux parmi les stimulans qu’on croitles plus puissans.
- Depuis long - temps le docteur Anselmi avait observé la même chose avec M. Giulio , dans des expériences tant publiques que particulières. Il a en outre observé les contractions des artères, celles du conduit thorachi-que , et celles de l’iris par l’action du fluide galvanique; Lui et M. Giulio sont même les premiers qui aient fait ces observations.
- M. Anselmi savait, d’après les expériences rapportées dans le troisième volume des Commentaires de Bologne , p. 384 , que la seule irritation mécanique, produite par la ligature des nerfs de la huitième paire, produisait le même phénomène.
- » Si nous n’avons pas beaucoup insisté , dit M. Giulio , sur les mouvemens de l’iris et le rétrécissement de la prunelle par le galvanisme , ce n’est pas que le comité galvanique de Turin n’ait le premier observé ces mou-.
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- vemens ; mais c’est que le comité savait que la seule étincelle électrique produisait ces mouvemens , ainsi que les expériences de Leroy, rapportées dans le volume de l’Académie des Sciences pour l]année 1755, p. 86, 87 , g3, et ses expériences particulières le lui avaient appris: c’est que le comité savait que la seule irritation de la chaleur était: assez puissante pour produire ces effets dans certaines circonstances; c’est qu’il avait sous les yeux , à ce sujet,‘les observations du réformateur de la physiologie, le grand Hallerrapportées dans le cinquième volume de son immortelle Physiologie. »
- 7.0 Lettre de À. M. Vassali-Eandi à J. Buniva, professeur dans l’université de Turin , sur V,électricité animale.
- v Nous avons donné, tom. I." de cette histoire, p. 71l’extrait d’une lettre de M. Vassali àM. delà Métherie sur le galvanisme et sur l’origine de l’électricité animale. Celle-ci est la suite de cette première lettre, et mérite d’être connue. Nous la copions, telle qu’elle est insérée dans le Recueil périodique de Littérature médicale étrangère, de M. Sedillot, tom. II, p. 266.
- » Mon ami et collègue , le phénomène élec-
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- trique que vous avez observé dans mon clec-Iromètre posé sur le dos d’une bête malade, au moment de ses frissonemens,me paraît être une suite nécessaire de la. théorie électrique générale, et des modifications qu’elle éprouve dans l’économie animale.Voici comment, dans ma lettre sur l’origipe de l’électricité animale , je crois avoir prouvé que,dans l’état de santé, l’homme, comme tous les animaux, a des parties électriques positivement, tandis que d’autres parties le sont négativement.
- » Il parait que dans l’animal la partie négative, celle des excrétions,..est moins forte que la partie positive, celle du sang. Or, si l’altération de l’économie animale renverse les bornes naturelles de l’électricité dans le corps, à cause de la tendance de celle-ci à se mettre en équilibre, elle doit s’échapper et se manifester précisément dans les momens que les bornes) sont renversées ( Journal de Physique, messidor, an vu ), c’est-à-dire, lorsque le virus altère les parties intérieures , ce que prouvent les frissonnemens ; la frayeur et les autres passions violentes, en altérant l’économie animale, doivent produire le même effet. Ainsi vous avez vu l’écartement des bandelettes dans mon électro-mètre, posé sur le dos de l’animal, soit dans les frissonnemens Gausés par la ma-
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- ladie contagieuse, soit dans ceux produits par
- la crainte. »
- « Vous voyez que la même théorie vous explique aussi le défaut d’électricité que vous observâtes dans les chats malades. Je suis persuadé que ce défaut n’existera qu’après plusieurs jours de maladie, lorsque l’économie animale se trouve dérangée. »
- « A la suite des expériences électriques que j’ai faites sur l’eau et sur la glace ( Me-morie délia Societa italienna, ) tom. III, je les ai répétées sur plusieurs liquides, animaux et végétaux, ainsi que sur différentes préparations de l’eau. L’urine et les humeurs animales m’ont présenté le plus haut degré de différence électrique ; vous voyez donc que les faits-appuient mon opinion. Cependant comme j’ai trouvé que le sang de ceux qui ont la fièvre intermittente, est encore électrique positivement ( Journal de Physique , germinal an vu) , il serait curieux et utile de voir dans quelles maladies , et à quel degré de ces maladies il perd son électricité. L’électro-mètre ne pourrait-il point servir pour distinguer les maladies sans ressource, où être, pour ainsi dire, un vitalitomètre ? Mais combien nous manque-t-il encore d’expériences pour approcher de ce point de perfection de la
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- science électrique ? La decouverte tic l’électricité dans la torpille parut surprenante; celle de Cotugno : qui eut la seCoUsse électrique d’une souris qü’ll anatomisait; celle de Totiso qui l’eut d’un chat , mes expériences électriques sür les rats paraissaient ne rien laisser à désirer ; mais l’immensité de la nature offre toujours dé ttdUvelles recherches; et aujourd’hui que j’ai trouvé l’électricité contraire du sang et des excrétions,je vois combien il resté à faire pour réduire à leur juste valeur les opinions de Gardini, de Berthollon, de Tressmi, et de Carlieu, sur l’électricité animale. Tous avez pris la nleilleùre route, qui est d’interroger la nature par l’expérience ; continuez toujours, et vous aurez la satisfaction d’avoir reculé les bornes de la science. »
- 8.° De Vélectricité hydro-métallique , par M.
- T abbé Sauveur dal Negro ( 1 ).
- Deux volumes composent cet ouvrage : c’fest un assemblage d’expériences bien faites, et de raisonnemens j udicieux sur utië théorie nouvelle donnée par l’auteur , sous le titre iiio-desté de Conjectures.
- fi) Voyez; la Bibliothèque italienne , n.° XIII, p. 36. HLe Partie. L
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- On trouve dans le premier chapitre du premier volume une exposition abrégée de l’origine des effets surprenans de la pile : l’auteur en fait remarquer les progrès en rapportant les faits les plus considérables, sans omettre les différentes opinions des physiciens sur la nature du fluide qui s’en dégage. Dans le second chapitre il donne la description de son appareil qu’il nomme hydro-métallique, ainsi que des principaux phénomènes qu’il en obtient.
- Le troisième comprend : i.° ses nouvelles expériences, dont le but est de connaître si le fluide de l’électro - moteur de Volta est le même que le fluide électrique , ou s’il en est différent ; 2° la théorie sur l’origine et la nature du fluide en question; 3.° l’explication de la formation de l’appareil et des principaux phénomènes qu’il produit ; 4." de nouvelles propriétés de ce fluide, et la raison pour laquelle on doit l’appeler électricité hydrométallique; 5.° enfin un tableau des différences les plus remarquables entre l’électricité hydrométallique et celle artificielle.
- M. l’abbé dal Negro rend compte de toutes les propriétés de la pile, découvertes tant par plusieurs ultramontains , que par des sa vans de l’Italie. Il parle de la décomposition de
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- l’eau , des expériences de Nicholsonet de Car-liste, de Truckshan, de Pfaff et Désormes et il explique d’où vient qu’il se forme un peu d’acide nitrique du côté de l’argent , et un peu d’ammoniaque du côté du zinc. En continuant son tableau il rapporte l’expérience de MM. Fourcroy, Vaugelin et Thenart sur la combustion des métaux, celle de Cruihhanh , par laquelle il obtint de l’argent fulminant en faisant passer le fluide par le nitrate d’argent, il décrit l'appareil de M. Simon, avec lequel il a obtenu séparément les deux fluides âériformes qu’on a moyennant la décomposition de l’eau; enfin , il nous apprend que la Société aské-sienne de Londres brûla de la poudre de guerre, enveloppée dans des feuilles d’or mince.
- On sait que toutes ces propriétés de la pile successivement découvertes, ont été expliquées différemment par différens physiciens. M. dal Negro surpris de les voir si peu d’accord sur l’explication de faits aussi importans que curieux , résolut de répéter de nouveau les expériences qui y conduisent. Mais s’étant bientôt aperçu que les piles ordinaires ne lui suffisaient pas, il imagina, pour en augmenter les effets, son appareil hydro-métallique, qui non-seulement est susceptible de tel nombre de disques que l’on veut, mais qui réunit d’ailleurs L a
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- d’autres qualités qiii ert facilitent l’usage. On peut voir la description de cet appareil dans le Journal, cité page 40.
- C’est avec cet appareil que l’auteur non seulement a répété presque toutes lés expériences qu’on connaissait dcja, mais même en a essayé d’autres. Ayant substitué à l’éaü plusieurs qualités de vin, du lait, de l’uritte, de l’alkool et de l’huile, les effets Furent plus ou moins marqués; il en à déduit que l’eau est la cause prin-pale des phénomènes de la pile. Quant à sa théorie, et à l’hypôthèse nouvelle par laquelle il tâche d’expliquer tousles phénomènes connus de la pilé, il faiit consulter à ce sujet le premier volume de son ouvrage , qui finit par le tableau des différences les plus sensibles entre l’électricité hydrù - métallique et l’électricité ordinaire.
- L’auteur n’a publié que l’année suivante , c’est-à-dire en i8o3, son second volume qu’il a divisé en deux parties ; il expose dans la première les effets électro - métriques du fluide hydro-métallique , dans la seconde l’influencé de l’humidité pour l’augmentation de ce fluide Sur les sens ; c’est ici qu’il rapporte plusieurs expériences qu’il a faites avec son appareil, et qui deviennent confirmatives de la théorie
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- qu’il établit. Enfin il examine la question qui consiste à savoir si le fluide de la pile a quelque part à l’oxidation des métaux, et il croit que c’est exclusivement à leur affinité avec l’oxygène de l’eau qu’est due l’oxidation, sans cependant en exclure le degré de température, qui peut aussi concourir à la différente force des effets de la pile, comme Humboldn l'a prouvé à l’égard des climats, ayant observé et fait voir que l’Italie est plus favorable que l’Allemagne aux expériences galvaniques.
- De nouvelles expériences, que l’autçur a faites avec son appareil, lui ont appris que l’étincelle qu’on en retire est une véritable combustion. Mais il remarqua dans cette expérience une chose qui paraît singulière , c’est que si le nombre des personnes avec lesquelles on la fait est trop grand , et n’est pas proportionné . à l’énergie de la pile, le phénomène de la secousse et de l’éclair commence à marquer vers le milieu de la chaîne : ensuite si les anneaux de la chaîne se multiplient, il n’y a plus de phénomènes, que pour la première et la dernière personne ; celles-ci même en sont privées , si la chaîne devient encore plus longue, ce qui établit en outre un point de différence entre le fluide hydro-métallique et l’électricité ordinaire.
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- clans les maladies ; réflexions que M. Vassalli déduit des principes qu’il a adoptés, et de l’admission de son fluide naturel et calorique. 5.° Précis de quelques expériences faites par MM. Julio et Rossi, membres de la Société Galvanique de Paris, dans le but de découvrir si le fluide galvanique se charge et entraîne avec lui des miasmes putrides, publié par M. Rossi (i).
- Le fluide galvanique traversant différens corps, se charge-t-il de quelques-uns de leurs principes? Le fluide qui se développe dans la pile, et qui s'élance de celle-ci par les conducteurs dans les tuyaux remplis d’eau, est-il toujours également pur,constamment homogène? n’est-il toujours que du feu électrique seul-, sans aucun mélange de quelques molécules détachées des corps interposés aux plaques métalliques de l’électro-moteur, de quelque matière fine et déliée, quelle que soit la nature des liquides dont on imbibe les cartons ou les disques de drap, quelles que soient les tranches humides interposées ? Plusieurs faits paraissent indiquer que le fluide galvanique a des attractions particulières avec les parties de
- (i) Bibliothèque italienne, n.° V, p. u3.— Journal du Galvanisme, n“ VI, p. 48.
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- certains corps, et que, selon que les matières interposées au;x plaques métalliques sont de nature différente, selon que les disques de carton ou de drap intercallés aux disques métalliques sont imprégnés de différentes dissolutions, le fluide qui se dégage et qui les traverse est disposé à se charger de certains corps, ou des principes de certains corps, et à les entraîner avec lui hors de la pile, le long des conducteurs.
- Ce n’est certainement que par un très-grand nombre d’expériences , qu’on pourra éclaircir pleinement un point si obscur et en même temps si important, et fixer les idées des physiciens. Quoique je n’aie pas , dit M. Rossi, un ^jgrand nombre d’expériences à présenter à cet égard, les faits qui ont été rapportés dans le n.° 71 du Journal de Turin, les expériences récentes de M. Giobert (1) par lesquelles il paraît démontré que l’ammoniaque passe de la pile par les conducteurs dans l’eau avec le fluide galvanique, paraissent avoir déjà levé un coin du vpile qui couvre ce problème.
- . MM. Giulio et Rossi se sont proposés, non •seulement de rechercher si le fluide galvanique entraîne avec lui quelque matière d’une grande ténuité ; mais aussi d’examiner plus particulièrement s’il se charge des miasmes putrides,
- (1) Il en senra question plus bas.
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- parlics musculeuses. Pour cet effet, je me procurai un cadavre, je préparai et mis à nu , le plus qu’il me fut possible, un certain qombre de muscles pectoraux et intercostaux, lesquels je coupai en forme de disque; je pris ensuite le cerveau, ne pouvant me servir pour cetle expérience des cordons nerveux ; j’en taillai , le plus délicatement qu’il me futpossible,le même nombre de parties que de musculeuses; je montai une pile des uns et des autres au nombre de quinze ou seize couples ; j’interposai des rondelettes de drap mouillé dans de Peau salée : ce fut en vain que je tentai d’élever ma pile avec mes rondelettes de drap ; les parties molasses du cerveau et leur flexibilité ne me le permirent pas. J’en fls inutilement l’essai plusieurs fois , parce que cette expérience me paraissait curieuse. »
- «Cependant voulant vaincre les difficultés, je me mis dans l’idée que des rondelettçs de cuir ou de chapeau rempliraient les vues que je me proposais , ces rondelettes présentant une certaine roideur propre à pouvoir soutenir la partie molasse du cerveau : en effet, j’essayai des unes çt des autres; mais bientôt les rondelettes de chapeau me parurent préférables à celles de cuir, en ce qu’elles ont la faculté d’être poreuses,de mieux retenir l’humidité, et d’avoir
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- une certaine élasticité que n’ont pas celles de cuir ; jç lis donc de nouvelles préparations de muscles et de cerveaux, et en montai fn.e pile, en me servant pour intermédiaire de disques de chapeau; niais j’éprouvai de nouvelles difficultés, après avoir monté ma. pile au nombre de vingt couples. »
- »Les parties cérébrales, s’affaissèrent et tendirent à s’échapper par le poids que produisait la pile. Je n’ai pas besoin d’avertir que j’avais soin de prendre le contact, afin de savoir si ce petit nombre de couples suffisait pour me donner saveur ; l’impatiçnçe que me donnaient ces difficultés l’annonce. Je n’avais donc rien à la vingtième couple; il fallait donc se décider à renoncer à l’expérience., OU deviner un autre moyen. »
- » A çet effet, je me mis dan? l’idée de faire une couche de petites cordes le long de ma pile attachée sur le verre de l’isolojre de la pile de Volta , pour soutenir mes rondelettes et mes couples de. parties charnues et cérébrales: cette idée me réussit. Je continuai donc d’élever ma pile sur ces nouveaux supports je fus étonné et bien plus impatienté à la trentième couple de n’avoir rien ; opiniâtré à la réussite, ou à être convaincu que mon idée était fausse , je persistai et continuai d’élever
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- ma pile, ce ne fut qu’à la quarantième couple que je ressentis un léger effet. Encouragé par ce succès, je redoublai mes soins, et fus , on ne peut pas mieux, convaincu de la sensation de la saveur à la cinquantième couple ; je la portai néanmoins jusqu’à la soixantième, et les effets furent de la plus grande évidence. » Telles ont été mes désagréables, mais curieuses expériences.
- 2.° Expériences du même, tendantes à prouver que le fluide galvanique et électrique transmis par Veau se communique, comme le son, par Pair atmosphérique (i).
- « Après m’être rendu compte, dit M. La-grave , des belles expériences électriques et galvaniques, faites par Franklin, par Saussure et par Aldini, sur les fleuves, les lacs et les mers, il m’a paru qu’elles n’avaient pas été assez variées ; ce qui m’a déterminé à en tenter une en petit, pour m’assurer si le fluide suivait toujours, comme ces physiciens l’ont vu, une seule ligne droite , et s’il la suivait préférablement à toute autre. »
- (») Journal de Physique, floréal ;
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- Voici le détail et le résultat de cette expérience :
- >» J’ai rempli d’eau une petite cuve dans laquelle j’avais fait dissoudre une assez grande quantitéde sel ordinaire ; puis je plantai autour de ladite cuve cinq petits bâtons : à leurs extrémités supérieures, j’avais mis des cols de bouteilles pour isoler mes fils de cuivre. Je formai l’arc avec ces fils sur chacun de ses suppôts, prenant bien garde que l’interruption de l’arc métallique fut remplie par une grenouille préparée, comme on le pratique ordinairement. Ayant réuni les cinq conducteurs au pôle cuivre de la pile, je mis l’autre conducteur pôle zinc en contact avec l’eau qui finissait l’arc. Les contractions des cinq grenouilles se firent remarquer à chaque contact avec une régularité risible. Cela m’a amusé jusqu’au point de passer une demi-heure à leur faire battre la mesure avec mon conducteur ; elles la suivaient très-plaisamment.
- » J’ai répété chez moi, les mêmes expériences avec le même succès en présence des sénateurs Abrial, Aboville , de MM. Aldini, Gcuitherot, Izarn et Moyan. Nous avons remarqué que quand on mettait en contact le conducteur pôle zinc avec l’eau, les grenouilles entraient en contraction , et
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- que la contraction cessoit tout le temps que ledit conducteur y restait plongé , quoiqu’on, I agitât fortement. Une singularité, difficile 5 expliquer, a attiré notre attention ; c’est qu’en retirant le conducteur de l’eau, les contractions nous ont.paru constamment plus fortes qu’en l’y mettant. Nous avons remarqué aussi que la simple vapeur de l’eau avait rendu tout l’apr-, partement conducteur ; car si un des spectateurs se mettait en contact avec un desarcs, sans avoir lui-même d’autre communication avec l’appareil que par l’humidité, il mettait toutes les grenouilles en mouvement, n » Nous avops vu avec intérêt que, si la personne qui venait de donner les contractions s'asseyait sur une chaise, elles cessaient de suite ; ce qui a rarement lieu dans, les effets électriques. Nous avons constaté ce qu’avance M. de l<i Méùheriç dans son Journal de Physique du mois de floréal an xi, en parlant de l’excitabilité des grenouilles. Après vingt à vingt - cinq minutes d’ex citation, les grenouilles avaient perdu tout: signe de contraction. Nous les laissâmes reposer , et les mîmes ensuite dans l’eau chaude. Remises en contact, elles reprirent,presque toutes, leurs premières contractions. »
- » Cette expérience me semble démon,-
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- trer que le fluide électrique se transmet comme le son dans l’air ; car s’il ne le Faisait pas, il ne serait pas répandu dans toutes les parties de l’eau , il suivrait un des cinq fils qui forment les arcs, celui qui se trouve dans la ligne droite de la pile, ou un de ceux qui s’en trouve plus rapproché. Rien de cela n’a lieu ici. Le fluide se développe avec la plus grande régularité dans tous les sens. Il serait à désirer qu’on répétât mon expérience en grand, pour s’assurer si le fluide s’affaiblit en traversant l’eau, comme le son en traversant l’air. Je me propose de la répéter sur quelques bassins de deux ou trois cents pieds de circonférence. Comme je présume que je n’obtiendrai pas les résultats qu’on peut se promettre, je Voudrais qu’on la fît sur un lac d’une très-grande étendue , avec un très-fort appareil. Je crois que c’est la seule manière de faire de grandes découvertes en physique. »
- 3.° Sur la vitesse du fluide galvanique , par M. Ànt. - Marie Vassali-Eandi (i).
- Lé grand physicien qui, par ses travaux, a contribué le plus au perfectionnement de la
- (i) Bibliothèque italienne, n.° II, p. ta8.
- Voy. aussi le Journal du galvanisme, IV.' cahier, p. ia&
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- théorie de Franklin, sur le feu électrique, et •à la répandre, sur-tout en Italie, le célèbre Beccaria, entreprit, dès le commencement de ses recherches, à examiner la vitessè du fluide électrique , aussi peu connu alors que l’est aujourd’hui le fluide galvanique. Il trouva que l’électricité, excitée dans un globe de verre parle frottement, parcourrait un fil métallique de la longueur de mille pieds de Paris, en une seconde, une corde de chanvre d’une ligne et demie de diamètre , et d’une égale longueur, en sept secondes, et cette même corde mouillée, en trois secondes seulement; il trouva aussi que la décharge électrique des bouteilles de Leyde a une rapidité beaucoup plus grande. Les re-chei’ches sur la vitesse du fluide galvanique , peuvent servir à le mieux faire connaître, ainsi que les expériences de Beccaria, sur la célérité du fluide électrique, ont contribué à étendre les bornes de la science.
- Dans ses premières expériences et observations sur le fluide de l’électro-moteur, M. Vas-salli fit remarquer la différence qu’on observe par rapport aux deux fluides galvanique et électrique ; il fit voir que le premier ne peut point vaincre les faibles obstacles qui n’opposent aucune résistance sensible au passage de l’électricité. Ces faits paraissent indiquer
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- une différence remarquable dans la célérité des deux fluides ; pour la comparer, il prit des cordons d’or de deux millimètres (une ligne de diamètre), et de la longueur de i5 mètres ( 46 pieds de Paris ), et il mesura, par la sensation de l’éclair, et avec une montre à secondes fixes , le temps qu’employa à les parcourir le fluide galvanique. Plusieurs essais répétés lui persuadèrent, ainsi qu’à ses aides, dans ces expériences, que le fluide d’une pile composée de 25 couples de disques, de zinc et de cuivre, entremêlés de vingt - cinq disques de laine, trempés dans une solution de mu-riate d’ammoniac, avait la vitesse de quinze mètres par seconde.
- Vassalli a répété cette expérience dans le nouveau cabinet de physique de Turin, avec un cordon d’or un peu plus gros, long de 64 mètres , isolé par des tubes de verre, en se servant d’une pile de cinquante couples de disques des mêmes métaux. 11 a trouvé que le temps employé par le fluide galvanique à parcourir la longueur de soixante quatre mètres, n’était aucunement mesurable par le moyen d’une pendule qui faisait deux vibrations par seconde. U a ensuite isolé de la même manière, un petit cordonnet d’or, dont la longueur était de 320 mètres, et il a répété l’expérience avec
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- son collègue Julio \ le fluide d’une pile de cinquante couples, ne parcourut que l’étendue de trente-deux mètres,également dttns un instant; car on avait une sensation très-forte dans le doigt qui tenait le bout du conducteur , et dans celui de l’autre main qui louchait la base de la pile, dans le moment qu’il voyait toucher le sommet de la pile par l’autre extrémité du conducteur.
- Soupçonnant quelque interruption dan s"! a bande métallique du cordonnet, M. Vassali prit un fil de cuivre , couvert d’argent, d’un millimètre de diamètre, et de la longueur de 554 mètres ; il a répété l’expérience avec ses collègues Julio et Piossi, en présence de plusieurs personnes ; le fluide élancé d’une pile de 5o couples, traversa dans un instant incommensurable toute la longueur de ce fil, et il excitait dans le bout des doigts une douleur, et dans les mains et dans lés avant-bras, une secousse plus forte que lorsqu’on touchait immédiatement avec la pointe des doigts les deux extrémités de la pile. Comme il y a des expériences qui prouvent que le fluide galvanique emploie quelque temps à traverser l’eau, l’auteur en fit une traînée sur la grande table du cabinet, longue de 12 mètres, en la faisant communiquer avec l’extrémité positive d’une pile
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- pile de 5o couples ; on n’éprouva aucune se-i cousse: ayant touché, à la distance seulement de huit mètres de.la.pile, on éprouva une légère sensation de picotement, à l’instant même qu’avec un cordon d’or on touchait l’extrémité négative de là pile. Cette même traînée aqueuse, mêlée à Une solution de muriate d’ammoniac, faisait éprouver une secousse plus vive, dans l’instant même dù ; contact.
- M. Vassalli observe que lorsque le fluide galvanique traversait le firmétallique long de 5ô4 mètres, il excitait une secousse trois fois au moins, plus forte, que celle qu’on éprouvait en touchant immédiatement, avec les deux index mouillés dans la solution de muriate d’ammoniac , les deux extrémités de la pile.
- 4-° Recherches sur la nature du fluide galvanique , par le même (f).
- M. Vassal'i-Eàndi,après avoir essayé 1 aclion du fluide galvanique sur les trois régnés de là nature ; après avoir classifié les effets de ce nou vel agent ; après avoir déterminé l’analogie et
- (i) Journal de Physique, vendémiaire an Xm p. 24». Ces recherches ont élé lues à l’Académie de'Turin le 3,* jour complémentaire de l’an xi.
- III.e Partie. M
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- la différence qu’il y a entre l’électricité et le galvanisme, dit que, sans parler des nombreuses expériences des autres physiciens de l’Europe, les seuls faits découverts par le comité galvanique de Turin, paroissent déjà fournir des données assez claires pour établir des conjectures sur la nature du fluide en question.
- On a observé que le galvanisme se développe en raison de l’oxidation des métaux, que dans la décomposition de l’eau il se forme du gaz acide carbonique, si les conducteurs du fluide galvanique qui y sont plongés ne sont pas d’or pur ou de platine, etc., etc., etc. Après avoir admis et rapporté tous les effets du fluide galvanique, tant sur les végétaux que sur les parties animales, effets bien avérés, M. Vassali croit qu’on peut en tirer plusieurs conjectures utiles aux progrès de la science. C’est ce qui l’a engagé à proposer quelques idées et une théorie particulière sur la nature du fluide galvanique, ne s’étant jamais laissé entraîner dans les différentes opinions publiées sur ce fluide, par ceux même qu’il estime infiniment, et avec lesquels il est très-lié. Ainsi, en 1793 il proposa à son ami Volta des difficultés contre sa théorie des contractions musculaires, difficultés, dit-il, qui, puisqu’elles n’ont pas encore
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- été résolues, peuvent paraître insurmontables.
- M. Vassali soutient qu’il existe dans la nature un fluide qui présente l’électricité ordinaire et animale, le fluide dé l’électro-motèur, celui de l’aimant, le calorique, selon les diffé-rens corps qui le mettent en mouvement, les phénomènes que produit ce fluide étant assez divers pour acquérir ces differens noms. Après avoir réfuté l’identité des fluides électrique et galvanique , il dit qu’ils sont, ainsi que le calorique , des ruisseaux qui coulent de la même source, qu’ils ont seulement chacun des propriétés particulières, qui les distinguent complètement, outre celles communes qui les conservent. Selon M. Vassali, ( et il a fait part de son idée à son confrère M. Senebier ), les fluides galvanique , électrique et calorique composent un fluide naturel répandu dans tous les corps dé la nature ; ce fluide est décomposé et mis en mouvement par l’action chimique des différens corps les uns sur les autres, et par l’action d’un des fluides composans, quand il passe par un corps. Le développement d’un fluide plutôt que celui d’un autre dépend de la diverse nature des corps, qui réagissent les uns sur les autres. L’auteur croit que ce fluide naturel, composé comme il vient d’être dit, de différentes doses des fluides calorique, élec-Ma
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- trique et galvanique, peut aussi encore contenir de l’aimant et de la lumière.
- » Ces principes proposés comme de simples conjectures à vérifier ou à réfuter, ont paru., dit l’auteur, à plusieurs physiciens aussi absurdes que les'doutes sur l’identité des fluides électrique et galvanique, après la théorie de Volta. Mais ne pouvant jamais voir identité de cause là où les effets sont très-différens , je tiens à mes principes, l’autorité contraire étant en outre dénuée de raisons qui aient pour appui des faits bien constatés. Aujourd’hui que le célèbre chimiste, M. Berthollet, prétend que le calorique, est un genre auquel appartiennent plusieurs espèces , il me paraît que mes principes sont plus dignes d’un examen qui, bien fait, ne manquera pas de reculer les bornes de la science, quelqu’en soit le résultat.
- » Le développement de ces principes et leur application aux phénomènes que présentent les trois règnes de la nature, étant le sujet d’un long ouvrage, l’auteur n’en donne ici qu’une esquisse , et pour la rendre plus claire et plus précise , il conserve le nom de calorique au fluide naturel composé qu’il admet. Les corps, en changeant d’affinité avec le calorique, l’électricité et le fluide galvanique, selon leurs différentes combinaisons et moditi-
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- 'cations, développent l’un de ces fluides de préférence, et souvent deux ou trois, ou les trois en différentes proportions, à raison de la diverse affinité des corps avec les divers fluides. C’est ce développement simultané qui les a fait confondre et qui a été la cause qu’on aattribué les effets merveilleux du plus fort galvanisme à la faible électricité qui l’accompagne. Une expérience non moins intéressante que décisive, rapportée par Vassalli, prouve la diversité-des fluides galvanique et électrique, et qu’il est bien loin de refuser l’existence de l’électricité dans la pile quand elle s’y présente, mais qu’il ne veut et ne peut attribuer au fluide électrique les phénomènes qu’il croit produits par
- Cela posé, il essaie de rendre raison des effets princijjaux de la pile sur les corps organisés et sur ceux organiques, d’après les principes qu’il a établis. À cet effet, il propose une nouvelle expérience galvanique , propre à faire connaître l’identité et la différence des fluides électrique et galvanique. En variant de mille manières l’examen des effets de la pile , il a-remarqué qu’il avait la sensation du fluide galvanique, chaque fois qu’en touchant l’eau, avec le doigt, et le conducteur négatif avec le bout de la langue , il la séparait du conducteur. Il a
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- fait une autre expérience, pour ne laisser aucun soupçon que l’action galvanique vient des trois couples de disques qui restaient hors de l’eau. Ces expériences qui prouvent la diverse affinité des différens liquides avec le fluide galvanique , ont aussi prouvé que les diverses parties de notre corps ont une diverse affinité avec ce même fluide. De-là l’action réciproque des différentes parties du corps animal. M. Vas-sali est persuadé qu’elle existe aussi entre les différentes parties des végétaux.
- Après avoir démontré la différence qu’il y a entre l’électricité et le galvanisme , il passe à l’explication des principaux phénomènes galvaniques observés dans les trois règnes' de la nature. Nous renvoyons à ce sujet au texte même de l’auteur. Nous observons seulement qu’il soutient que la dose du fluide naturel qu’il admet, est limitée dans chaque organe, et que les contractions cessent, quand elle est décomposée par le fluide galvanique ; que le fluide naturel, qui rend le cœur, plus irritable que les autres muscles, souffre une décomposition plus prompte, probablement à cause de son organisation et de la moindre affinité qu’il a avec les parties qui l’entourent ; que par cette même décomposition du fluide naturel on comprend la cessation d’irritabilité dans la queue du
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- lézard galvanisé pendant quelques minutes, et que par la tendance du même fluide à se décomposer, on comprend aussi la répartition de l’irritabilité danstoutes les parties du lézard, après plusieurs heures de repos , c’est-à-dire, après qu’il a pu absorber de l’air et des corps envi-ronnans ce que le fluide galvanique lui avait emporté. Ce phénomène est analogue à celui du rétablissement des plantes qui ont souffert par la galvanisation.
- C’est encore par la décomposition du fluide naturel, au moyen du galvanisme, qu’on peut rendre aisément raison des très-grands effets qu’un très-faible galvanisme produit sur les animaux. Par l’action pendant deux minutes d’une pile , dont les secousses ne dépassaient pas la seconde articulation du doigt, un vieux pigeon a été tué,' tandis qu’il avait résisté à plusieurs secousses du tableau de Franklin, secousses qui oxidaient les feuilles d’or d’un millimétré de largeur, sur plus de deux centimètres de longueur. L’action du fluide électrique paraît plus méchanique que chimique j tandis que celle du fluide galvanique, qui est plus chimique décompose beaucoup plus promptement le fluide vital.
- Ce mémoire est terminé par quelques réflexions relatives à l’application du galvanisme M 4
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- clans les maladies ; réflexions que M. Vassalli déduit des principes qu’il a adoptés, et de l’admission de son fluide naturel et calorique. 5.° Précis de quelques expériences faites par MM. Julio et Rossi, membres de la Société Galvanique de Paris, dans le but de découvrir si le fluide galvanique se charge et entraîne avec lui des miasmes putrides, publié par M. Rossi (i).
- Le fluide galvanique traversant différens corps, se charge-t-il de quelques-uns de leurs principes? Le fluide qui se développe dans la pile, et qui s'élance de celle-ci par les conducteurs dans les tuyaux remplis d’eau, est-il toujours également pur,constamment homogène? n’est-il toujours que du feu électrique seul-, sans aucun mélange de quelques molécules détachées des corps interposés aux plaques métalliques de l’électro-moteur, de quelque matière fine et déliée, quelle que soit la nature des liquides dont on imbibe les cartons ou les disques de drap, quelles que soient les tranches humides interposées ? Plusieurs faits paraissent indiquer que le fluide galvanique a des attractions particulières avec les parties de
- (i) Bibliothèque italienne, n.° V, p. u3.— Journal du Galvanisme, n“ VI, p. 48.
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- certains corps, et que, selon que les matières interposées au;x plaques métalliques sont de nature différente, selon que les disques de carton ou de drap intercallés aux disques métalliques sont imprégnés de différentes dissolutions, le fluide qui se dégage et qui les traverse est disposé à se charger de certains corps, ou des principes de certains corps, et à les entraîner avec lui hors de la pile, le long des conducteurs.
- Ce n’est certainement que par un très-grand nombre d’expériences , qu’on pourra éclaircir pleinement un point si obscur et en même temps si important, et fixer les idées des physiciens. Quoique je n’aie pas , dit M. Rossi, un ^jgrand nombre d’expériences à présenter à cet égard, les faits qui ont été rapportés dans le n.° 71 du Journal de Turin, les expériences récentes de M. Giobert (1) par lesquelles il paraît démontré que l’ammoniaque passe de la pile par les conducteurs dans l’eau avec le fluide galvanique, paraissent avoir déjà levé un coin du vpile qui couvre ce problème.
- . MM. Giulio et Rossi se sont proposés, non •seulement de rechercher si le fluide galvanique entraîne avec lui quelque matière d’une grande ténuité ; mais aussi d’examiner plus particulièrement s’il se charge des miasmes putrides,
- (1) Il en senra question plus bas.
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- et les entraîne avec lui à travers les conducteurs. Voici le résumé succinct de quelques expériences faites dans le but de répandre quelque lumière sur un objet aussi intéressant. Ces expériences ont toutes été exécutées par MM. Julio et Rossi : MM. Giobert et Vassali-* Eandi en ont vu les résultats.
- Un homme s’étant présenté à l’hôpital pour être opéré d’un cancer, situé à la partie antérieure latérale de la poitrine, ces physiciens ont saisi avidement l’occasion de faire les expériences.
- Cette tumeur carcinomateuse étoit la suite d’une petite tumeur née dans le sein même de la mère, augmentée en quelques années d’un# manière extraordinaire, parvenue au poids de cinq livres environ, et accompagnée d’une hémorragie alarmante.
- Le malade fut opéré quatre jours après son entrée à l’hôpital, et l’extirpation totale de cette masse cancéreuse fut exécutée avec le plus grand succès. Elle fut coupée en tranches pour être interposée aux plaques métalliques d’une pile de trente couples d’argent et de zinc. Les conducteurs qui plongeaient dans l’eau étaient d’or; il y eut, comme à l’ordinaire, décomposition d’eau, sans la moindre apparence d’oxidation dans les conducteurs ; Vassali-Eandi recom-
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- posa l’éau, en brûlant les deux gaz par l’étincelle électrique.
- On sait que l’air imprégné de miasmes putrides et agité dans une dissolution de nitrate de mercure, de nitrate d’argent, d'acétite de plomb noircit les dissolutions, et produit des précipités noirs.
- On connaît les expériences de Guyton-Morveau à cet égard. C’est en méditant sur ces belles expériences que MM. Julio et Rossi ont conçu l’idée de celles dont ils tracent les résultats. Sur ces bases, nous étions curieux, disent-ils, de voir quels changemens aurait produits sur l’eau, imprégnée d’une dissolution de nitrate d’argent, la pile aux disques de chair cancéreuse-, et la pile préparée en même temps selon la méthode ordinaire, ou avec de la viande fraîche et saine.
- On observa dans le tube négatif un précipité abondant qui s’attacha en forme de flocons noirs au conducteur négatif. Ces flocons furent si abondans, qu’en dix minutes le conducteur en était entièrement chargé de toute part.
- Les disques d’argent de la pile n’étaient que légèrement et superficiellement oxides ; l’oxi-dation était plus avancée dans les disques de zinc , et les tranches de chair cancéreuse qui , au commencement de l’expérience, répandaient une puanteur insupportable , après avoir été
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- 53 heures en contact avec les disques d’argent et de zinc, avaient perdu toute fétidité dans les deux superficies qui avaient été en contact avec les métaux ; cette partie ressemblait à de la chair à demi cuite ; le contour de ces tranches qui débordaient, répandait encore une odeur putride.
- Une pile, préparée d’après la méthode ordinaire, communiquant également par des conducteurs d’or dans des tubes avec un mélange de dissolution de nitrate d’argent, ne produisit aucunement les flocons noirs , dont nous avons parlé ci-dessus. Il se faisait à la vérité une espèce d’incrustation aux fils d’or plongeant dans le tube, sur-tout au négatif ; mais cette incrustation était d’une couleur grisâtre , ayant un peu de brillant métallique. De sorte que la diversité, entre les changemens produits sur la disàolution de nitrate d’argent mêlée à l’eau des tubes par la pile qui contenait les tranches de chair cancéreuse, et la pile préparée à la manière ordinaire, était visible et palpable; et comme on ne peut attribuer cette diversité au fluide lui-même , il paraît naturel de conclure que le fluide galvanique, dégagé de la pile.au moj'en des tranches cancéreuses, entraînait avec lui quelque matière subtile et
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- déliée , ou des miasmes auxquels il faut rapporter la diversité de Couleur.
- On forma une troisième pile composée de 3o couples d’argent et de zinc, avec des tranches de chair cancéreuse ; mais on les fit passer avant dans de l’eau , à laquelle on avait ajouté un vingtième d’acide muriatique oxygéné.
- On a obtenu la décomposition de l’eau sans oxidation des conducteurs. On y a ensuite ajouté 90 grains, comme auparavant, de nitrate d’argent. Décomposition de l’eau , nulle oxidation des conducteurs, réduction grisâtre du nitrate d’argent, point de flocons noirs.
- D’après cette expérience, il paraît probable que l’acide muriatique oxygéné a détruit leS principes putrides de la chair cancéreuse, et que le fluide galvanique n’étant point chargé de miasmes putrides , les flocons n’ont point
- Ainsi, les flocons qui allaient se déposer sur l’extrémité du conducteur négatif, plongeant dans l’eau mêlée à une dissolution de nitrate d’argent ou de mercure, étaient beaucoup plus abondans; lorsque dans la pile au lieu de cartons mouillés dans quelque dissolution, des tranches de chair cancéreuse étaient interposées aux plaques métalliques, la couleur de ces flocons était noirâtre.
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- M. Rossi ayant voulu recevoir, à travers la langue le torrent galvanique sortant de cette pile, des nausées, le renversement de l’estomac, le vomissement, une sensation rebutante en furent la suite.
- Mais il croit que cette dernière expérience n’a pasété assez répétée, pour qu’onsecroie suffisamment fondé à en inférer que ces phénomènes ont été l’effet de l’im pression délétère de miasmes enlevés à la chair cancéreuse, et entraînés le long des conducteurs par le torrent galvanique sur les nerfs de la langue et de la bouche, ainsi que sur l’estomac. Il penche néanmoins fortement à le croire , d’autant plus qu’il a eu le courage de prendre dans la bouche et de mâcher une portion de chair cancéreuse, sans éprouver les mêmes symptômes. J’avoue cependant, dit-il, que je me sens peu disposé à recommencer de pareils essais.
- Une troisième pile composée de 3o couples d’argent et de zinc avec des cartons mouillés dans une dissolution de muriate d’ammoniac , fut établie pour terme de comparaison.
- Le torrent galvanique fut reçu dans un tube dont l’eau était mêlée avec quatre-vingt-dix grains de nitrate d’argent, comme dans les expériences précédentes, sans qu’on ait aperçu l’oxidation des conducteurs, ni les flocons noirs
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- noirs qu’on a observés dans le tube, où allaient aboutir les conducteurs de la pile avec des tranches de chair cancéreuse.
- On a encore voulutâcher de s’éclairer par d’autres expériences comparatives. On a laissé pétrifier de la viande au soleil, pendant un temps considérable, et lorsqu’elle répandait une puanteur horrible, on forma quatre piles, chacune de 3o couples de zinc et d’argent.
- Dans la première, à la place de disques de cartons , on interposa des tranches de viande putride; et dans la seconde, on mit des tranches delà même viande putride, mais qui, avant d’être placées dans la pile, avaient été passées, à plusieurs reprises, dans l’eau distillée mêlée à un dixième d’acide muriatique oxygéné; dans la troisième pile, on interposa des tranches de viande très-fraîche et très-saine. Les conducteurs de chacune de ces trois piles aboutissaient dans leurs tubes respectifs remplis d’eau avec 60 grains de nitrate d’argent; dans la quatrième pile, où étoientdes tranches de viande très-fraîche et très-saine également, les conducteurs allaient aboutir dans un tube où l’on avait mêlé à l’eau 60 grains d’acétite de plomb. Tous les conducteurs étaient d’or.
- Voici quels furent les plus importans résultats de ces expériences. Dans le tube de
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- ,92 histoire
- la première pile des flocons d’un noir foncé se ramassèrent en quantité considérable sur le fil négatif; la quantité de ces flocons fut beaucoup moindre dans le tube de la secondé,' ét leur couleur' à peine noirâtre ; ces flocons n’eurent lieu ni dans le tube de la troisième pile, ni dans le tube de la quatrième.
- IL
- i.® Lettre de Yolta sur Videntité dit fluide électrique avec le prétendu fluide galvanique. Pavie , 29 floréal an tx (i). Elle a été communiquée par le Professeur Brugnatelli. C’est une réponse de Volta à différentes questions qui lui furent faites concernant principalement son appareil, et à l’opinion de quelques physiciens qui admettent encore que le fluide galvanique n’est pas un être de raison, et qui persistent à'croire que le fluide électrique n’est pas le seul qui soit mis en jeu dans les expériences galvaniques. H est au moins vrai que MM. Fourcroy et Vau-quelin ont publié un Mémoire, dans lequel ils soutiennent que le fluide galvanique est un fluide particulier , et qu’il diffère du fluide électrique. Il est encore vrai que l’on lit dans
- (1) Journal de Chimie de van Mous, n.°2, p. 167.
- le
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- le Journal de l’Ecole polytechnique du i*r floréal. an ix , que la plupart de ceux qui s'occupent du fluide galvanique pensent, comme les physiciens de Berlin, qu’il diffère du fluide électrique.
- C’est pour répondre à ces physiciens, et à ceux qui ont la même opinion ; c’est pour faire en outre connaître la série de ses idées et de ses expériences , par rapport au nouveau principe qu’il a introduit dans l’électricité en 1792, et qui a été établi depuis sur des faits toujours plus décisifs ; c’est pour donner une espèce de notice historique des progrès de ses découvertes sur ce sujet, progrès prouvés par les nombreux Mémoires qu’il a publiés dans plusieurs journaux , et spécialement dans celui de Bru-gnatelli, qui s’imprime depuis long-temps en Italie sous le litre d'Annali di Chimicac’est enfin pour mettre ses lecteurs à même déjuger, que Volta transcrit quelques paragraphes d’un autre de ses Mémoires, non imprimé, et dont il a communiqué un extrait à la.Société royale de Londres.
- Ces paragraphes sont tirés d’une seconde lettre de Volta (1) à M. Banchs président de la So-
- • (1) Elle est insérée dans le même Journal de chimie, n.*5, p. i58.
- III.' Partie. N
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- eiété royale de Londres , dans laquelle il lui fait part de quelques résultats surpi’enans auxquels il est parvenu, en poursuivant ses expériences sur l’électricité excitée par le simple contact mutuel de métaux de différente espèce , et de divers conducteurs humides. Le principal de ce.s résultats, et qui comprend presque tous les autres, est la construction d’un appareil qui ressemble par ses effets, c’est-à-dire, par les secousses plus ou moins fortes qu’il est capable de communiquer aux bras et ailleurs, aux bouteilles de Leyde ordinaires, ou pour mieux dire, aux batteries faiblement chargées, dont l’action serait continue, ou qni jouiraient d’une impulsion perpétuelle sur le fluide électrique ; appareil qui d’ailleurs en diffère essentiellement par cette action continue èt constante qui lui est propre, puisqu’il est formé uniquement de l’assemblage de plusieurs corps appelés analectriques, pris même parmi les meilleurs conducteurs, et par conséquent les plus éloignés , comme on l’a toujours cru, de la nature de ceux appelés idio-électriques.
- Après la description de ce nouvel appareil qui, quelque figure qu’unlui donne, est semblable , au fond et dans son essence, à l’organe électrique naturel de la torpille, et pourrait
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- être appelé organe électrique artificiel, après une courte description des organes électriques de la torpille, Volta examine l’hypothèse de Nicholson, pour l’explication de l’origine de l’électricité dans ces organes , hypothèse dont il démontre l’insuffisance , quoique la plus vraisemblable de toutes celles imaginées par les physiciens ; il conclut qu’il n’est aucun autre appareil électrique, auquel on puisse comparer lesdits organes, formés uniquement de substances conductrices, disposées de la même manière que celles de son nouvel appareil. Il partage en trois classes les principales expé^ riences que son invention lui a donné occasion de faire; savoir : i.° en expériences purement électroscopiques ; s.° en expériences élec-trico-physiologiques ; 3.° en expériences élec-trico-chimiques. Toutes sont accompagnées des réflexions nécessaires. Volta décrit dans une note la meilleure forme qu’on peut donner ?.u condensateur qu’il emploie dans ces expériences, et la manière de s’en servir.
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- 2.°. Rapport sur les expériences qui confirment l’identité du fluide électrique avec le fluide qui fait naître les phénomènes galvaniques , répétées par M. Pfaff, au cabinet de physique de l’Ecole centrale du département de la Dyle (i).
- Ce célèbre professeur de Kiel a répété à Bruxelles , en présence de M. van Mons, dans deux Séances qui ont duré chacune plusieurs heures, les principales expériences qui établissent l'identité des fluides desquels résultent les phénomènes électriques ordinaires, et ceux dits galvaniques (1). Ce rapport contient une notice exacte de oes belles expériences, ainsi que du raisonnement sur lequel le professeurPfajfhs appuie. Il a fait voir comment par l’effet de l’accouplement de deux métaux , ayant une capacité différente pour contenir le fluide électrique , il se fait dans ces métaux un transport d’électricité qui est en raison de la différence de leur capacité; ce qui lui donne occasion de parler de l’électro-mètre à pailles qu’il décrit, ainsi
- (.) Journal de Chimie de van Mons, n.° 2, p. 191. (2) Voyez l'Histoire du Galvanisme, tom. U, p. 290.
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- que le condensateur et sa manière d’agir. C’est celui dont Volba fait usage, et qui ne diffère pas beaucoup de l’électrophore de TVilck.
- M. Pfaff-à. aussi montré comment on pouvait rendre excitateur, et en même temps condensateur de lui-même un élément de pile. Revenant ensuite sur les cas d’équilibre par des forces motrices contre-balancées, et voulant expliquer le genre de fonctions que les corps humides remplissent dans la réunion de plusieurs élémens de la pile, il a fait voir que 0 sans l’interposition de ces corps, qui mettent obstacle à la réaction , une pile, quelqu’éten-due qu’elle fût, ne produirait pas plus d’effet qu’un élément simple, les deux .disques des extrémités se trouvant seuls dans le cas de pouvoir agir. Il a fait observer en outre que la faiblesse delà commotion qu’on éprouve par la pile, dépend aussi, en grande partie, de la mauvaise qualité conductrice de notre corps, et il a fait, à cette occasion, une expérience décrite dans ce rapport, expérience qui confirme en même temps que la force plus ou moins grande de la secousse réside dans la plus ou moins rapide transmission du fluide. La mauvaise qualité conductrice de l’eau est aussi une cause qui retarde le passage du fluide d’un disque à l’autre, ce qui fait préférer l’eau salée.
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- Le professeur de Kiel ciyant fait une 'expérience qui, selon lui, prouvait que l’isolement de la pile suspend tout à fait son effet, l’auteur du rapport ne croit pas que cette expérience comporte la conséquence qu’en déduit M. Pfàff, et il donne les raisons de ses doutes à cet égard. M. Pfcff a mieux démontré comment, à l’aide d’une pile de 60 couples et même moins, on pouvait charger une batterie de plusieurs pieds d’armure, en établissant une communication entre le côté négatif de la pile et l’armure extérieure de la batterie, et entre le côté positif avec l’armure intérieure, ou, vice versa, soit directement avec un excitateur isolé ou non isolé, soit au travers du corps de l’expérimentateur. Il a encore démontré de quelle manière on peut tirer successivement un grand nombre d’étincelles, tant d’une batterie, d’une bouteille, du condensateur, que de la pile elle-même. Il a fait aussi quelques expériences eudiométrujues qui prouvent que la pile, comme une bouteille de Kleist, a son côté positif et son côté négatif. Il a encore parlé d’une combinaison du condensateur avec l’électromètre en un seul appareil, ce qui donne un instrument propre à rendre sensibles de très-petites quantités du fluide.
- Des expériences de M Pfaff et des raisonne-
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- mens sur lesquels il les appuie, on peut conclure qu’il existe la plus parfaite identitéentre le fluide mis en mouvement par la pile àe Volta, et l’électricité ordinaire, et que la pile peut être définie une batterie électrique qui se charge par elle-même.
- , 3.° On lit dans le même journal, p. 216, l’extrait d’une lettre du professeur Brugnatelli sur des expériences qu’on prétend être contraires à l’identité des fluides électrique et galvanique. Voici, cette lettre, qui est datée de Paris du 3 brumaire, an 1 o.
- « Aujourd’hui la commission de l’Institut , pour les expériences galvaniques, a tenu sa troisième séance dans le cabinet de M. Charles. M. Gautherat a fait quelques expériences curieuses , à l’aide desquelles il croyait pouvoir démontrer qu’outre le fluide électrique , il existe un autre fluide qu’il appelle galvanique, et qui produit des effets tout à fait différens de ceux qu’on obtient du premier. La plus belle, la plus curieuse , et en quelque sorte la plus importante de ces expériences est la sui->
- » M. Gaubherob disposa un appareil à chapelet de tasses d’environ 5o pièces qu’il fit
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- HISTOIRE communiquer par des arcs, portant à leurs extrémités une lame d'argent et une autre de zinc. Il introduisit dans sa bouche deux longs fils de platine, de manière que ces fils se trouvaient entre la langue et les dents, sans cependant se toucher. Il fit plonger d’abord le bout d’un des fils dans la tasse du côté négatif, et ensuite l’autre dans celle du côté positif. Au moment où la communication sè compléta, il sentit une forte secousse accompagnée de la saveur acide ordinaire. Alors il fit retirer les deux fils hors des vases, et en les tenant toujours dans sa bouche, il les fit réunir parles extrémités qui avaient été plongées dans l’eau. Ce contact excita de nouveau sur la langue le goût acide, malgré que les métaux,fussent de même nature. »
- y> Ce phénomène donna lieu à différentes conjectures; mais réfléchissant que l’extrémité du fil de platine, plongée dans la tasse positive; dégage du gaz hydrogène, tandis qu’il se dépose sur la surface du zinc à l’état métallique, comme on l’a plusieurs fois- observé , Volta crut que ce phénomène pouvait être attribué à ce que deux métaux différens , le zinc et le platine, s’étaient trouvés en contact, et dans celte hypothèse il n’y a plus aucune opposition aux lois connues de l’électricité. »
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- 4.’ Méthode de déterminer la différente capar-
- cité det métaux à accumuler le fluide électrique, par F. Gérard (1).
- D’après cette méthode , qu’il faut voir dans l’auteur même , il est facile d’établir un rapport relatif de capacité électrique de tous les métaux entr’eux. Car de même que M. Gérard suppose des élémens composés de zinc et du métal dont on recherche la capacité,de même aussi peut-on réunir ce dernier métal à l’argent, et former de cette manière tous les élémens d’une pile.
- Cette nouvelle disposition de l’appareil gal-vanico-électrique fournit, outre la faculté de pouvoir déterminer directement la capacité du métal uni à l’argent relativement à celle de ce dernier que l’auteur admet pour zéro, fournit , dis-je, l’avantage de pouvoir s’assurer, par une concordance parfaite des résultats de cette seconde opération avec ceux que l’on aura obtenus par la première , de l’existence réelle ou fausse des rapports que l’on aura établis. Quelques détails , dans lesquels M. Gérard entre à ce sujet, développent plus clairement les propositions qu’il a avancées.
- van. Mens , p. 5o, n.° 4,
- (1) Journal de
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- Outre que les expériences qu’il a faites demandent beaucoup de soins et de dextérité , elles exigent encore une grande perfection dans les instrumens que l’on emploie. M. Gérard se propose de donner les résultats que sa méthode lui aura fournis, lorsqu’il les aura assez multipliés et rendus assez complets pour pouvoir être présentés au public. Il ne bornera pas ses recherches aux. seuls métaux. Il a intention d’éprouver , sous le même rapport, grand nombre d’autres corps.
- 5.° Sur l’identité des deux fluides, par M. van Mons (i).
- «On m’a assuré,dit ce physicien,qu’enFrance on élève de nouveaux doutes sur l’identité du fluide de la pile avec celui des appareils ordinaires. Si le rapport qu’on m’a fait est exact, on charge de l’eau contenue dans une bouteille par le moyen de deux fils de platine qui y plongent ; la bouteille ainsi chargée produit pendant un certain temps divers phénomènes galvaniques. Je ne vois là rien qui s’éloigne de la manière ordinaire dont l’eau se décharge. »
- » En Allemagne, au contraire, on a. fait une expérience qui est favorable à l’identité des deux fluides , mais de l’exécution de laquelle
- (1) Journal de van Mons, n." io,p. 120.
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- je ne conçois pas bien la possibilité. On a cm décharger une batterie galvaniquement chargée par le négatif d’une batterie électrique. On n’a pas réfléchi que cette décharge est impossible , qu’une batterie quelconque est à son maximum de saturation naturelle, et qu’on ne peut y ajouter sans en enlever , ni en enlever sans y ajouter du fluide. Ces erreurs proviennent de ce que les physiciens ne sont pas encore généralement familiarisés avec la théorie de l’électricité , dont tous les phénomènes, depuis l’accumulation du fluide sur le couducteur, jusqu’à son exciteraient spontané parle contact de deux métaux, se réduisent à la charge d’une bouteille de Kleist, ce qui constitue une des branches les plus simples de la physique. »
- » Vous savez, ajoute l’auteur,qu’une bouteille se charge, lors même que le conducteur de la machine est en communication avec la terre. J’ai fait une expérience de condensation sans fluide acconduit, ou en transportant simplement le fluide du plateau supérieur sur l’inférieur, ou, vice versa, au travers de mon corps, et en interposant une carte mouillée. Ces effets démontrent évidemment dans le fluide électrique une tendance à la charge. Cette dernière expérience contrarie un peu la théorie de l’élément galvanique donné par Volta. »
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- » J’ai aussi fait une expérience qui nie confirme de plus en plus que le fluide de la pile entière peut se concentrer dans l’un ou l’autre de ses points extrêmes. J’avais monté une pile de 160 doubles disques , écus de six livres et zincs, avec cartons imprégnés de saumure. Elle donnait de très-fortes étincelles par la communication de ses pôles; elle donnait aussi ces mêmes étincelles.en faisant communiquer ensemble trois de ses élémens extrêmes, tant de l’un que de l’autre côté; mais elle ne donnait point d’étincelles par la liaison du même ou d’un plus grand nombre d’élémens du milieu. La première observation de ce phénomène appartient à M. Curtet. »
- » D’après ma théorie complétée de Franklin, dont je détaillerai les bases dans une prochaine lettre, l’état négatif s’exécute dans les corps accumulateurs, ditsidio-électriques^ parla rupture d’adhérence du fluide sur une face , en proportion que sur l’autre face on en accumule^ ce qui explique tous les phénomènes.
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- CHAPITRE XXIV.
- SUR L’ÉLECTRO-MOTEUR DE VOLTA.
- i.° Expériences et observations sur le fluide
- de l’èlectro - moteur de Vol ta, par A. M.
- Vassalli-Eandi (i).
- On a vu plus haut, chapitre XXI, combien a été utile cet électro - moteur pour exciter la sensibilité et les avancemens dans les plantes. C’est donc ici le lieu de faire connaître ses principales propriétés. Pour mettre plus de précision dans .un travail, dont les détails minutieux etles nombreuses anomalies fatigueraient inutilement l’attention du lecteur , M. Vassalli a partagé^son Mémoire en six paragraphes dans lesquels il traite : i.° des matériaux de l’électro-moteur; 2.0 des conducteurs du fluide; 3.° des effets du fluide ; 4.° des effets comparatifs du fluide de l’électro-moteur et de l’électricité ; 5° des effets de celle-ci sur l’élec-tromoteur; 6.° enfin il établit des conjectures sur la cause des phénomènes de l’électromoteur.
- (î) Voyez la Notice sur la vie et les ouvrages du savant physicien J. A. Fr. Jos. Eandi , insérée dans les Mémoires de l’Académie de Turin, i.'° partie, an xu, et l’Extrait de cette notice, Bibliothèque italienne , n.° XIH.
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- I. Un phénomène remarquable dans les expériences relatives aux matériaux de l’électromoteur,est qu’en formant la pile argent, carton mouillé et charbon, l’argent s’est oxidé en noir dans c*\l minutes,plus complètement que dans trois jours d’action avec le zinc; le carton étantmouillé dans la même solution de muriat d’ammoniac , zinc, carton mouillé et charbon, le zinc s’oxida beaucoup moins que l’argent. Les mêmes disques d’argent et de zinc avec les cartons mouillés, donnèrent encore de petites secousses, et décomposèrent l’eau avec des fils soit d’or soit de platine. De ces expériences il résulte que tandis qu’on essaie l’action de différentes piles sur les animaux, on mesure non seulement les effets que l’électro-moteur a sur les mêmes, mais encore la résistance que les matériaux de la pile opposent au passage du fluide dit galvanique.
- II. Malgré les nombreuses expériences faites par Vassalliavec différens conducteurs du fluide , il convient qu’il y. en a encore plusieurs autres à faire pour constater, dans les diverses circonstances, la durée, la force, la perte du fluide passant par les liquides conducteurs et non conducteurs à différens degrés de chaleur, soit avec la pile composée des mêmes métaux , soit avec celle qui est formée dé métaux diffé—
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- rens, et d’autres corps tant solides que liquides, propres à former l’électro-moteur. Il faudrait encore établir la communication par le moyen de différens métaux en cordonnets, bandelettes, etc., et par les autres corps déférens, et noter les résultats dans toutes les circonstances. Ce n’est , dit VassalU, que d’un très-grand nombre d’expériences bien soignées, que l’onpourratirer quelques conséquences fondées.
- III. Ici M. Vassalei rend comptedes phénomènes qu’il a observés, lorsque pour décomposer les liquides il a fait usage des fils de cuivre, d’argent, d’or et de platine. Il avoue une erreur qu’il avait commise en avançant que l’eau bouillie ne se décompose pas, et il donne la raison de son erreur. C’est qu’il paraît que l’eau ne se décompose point pendant le temps requis à sa saturation, et qu’après ce temps lesbulles se montrent, leur légèreté étant en comparaison de l’eau plus forte que l'affinité entre les mêmes gaz et l’eau. Après l’exposé de plusieurs expériences faites sur différens animaux, et des effets du fluide, expériences qui, selon lui , réfutent l’opinion que le fluide de la pile n’est que l’électricité ordinaire, Vassalli termine par rapporter un fait qui prouve démonstrativement ces effets. Ce fait consiste dans l’action de l’électro-moteur sur les aiguilles
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- aimantées, que l’on sait être fortement affectées , non seulement par l’électricité foudroyante, mais encore par la faible pression de celle des aurores boréales. Il a donc pris une aiguille aimantée et en a noté la direction avec toute l’exactitude possible : il l’a ensuite fait communiquer avec les conducteurs de la pile, d’abord le pôle nord avec le conducteur positif, et le pôle sud avec le négatif : il a ensuite alterné, mettant le sud sur le positif, et le nord sur le négatif. Ayant mesuré le temps pour voir l’égalité d’action, il n’a jamais observé aucune différence constante dans les petites déclinaisons qui se présentaient tantôt à l’est, tantôt à l’ouest, de façon qu’il croit ne pouvoir attribuer les très - petites différences qu’il a remarquées dans la direction de l’aiguille , qu’au léger frottement sur le pivot.
- IV. L’analogie des effets du fluide galvanique avec ceux de ; l’électricité , la combustion de l’alkool, de la poudre et d’autres combustibles, i’oxidation des métaux, les étincelles , les expériences de Wollaston, qui a obtenu la décomposition de l’eau par l’électricité ordinaire, en la faisant jaillir de pointés métalliques très-minces , l’existence de l’électricité même dans la pile , et plusieurs autres faits rapportés aiUeuis
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- ailleurs (i\, ont porté les physiciens à conclure avec Volta que tous les phénomènes de la pile ne sont que ceux de l’électricité ordinaire, mise en mouvement par le contact des conducteurs de différens degrés de déférence. Vas-salli pense qu’il était d’abord naturel, avant de conclure l’identité de la cause, de comparer les effets du galvanisme avec ceux de l’électricité, et d’en essayer l’action réciproque; c’est ce qu’il a fait » et ce dont il rend compte dans ce paragraphe; c’est sur divers animaux qu’i a fait ses premiers essais avec l’électro-moteur et il indique plusieurs phénomènes qui se sont présentés dans le cours de ses expériences. I, en conclut que s’il y a de l’analogie entre les effets de l’électricité et ceux de l’électro-moteur il y a aussi bien des différences.
- V. Quelque soit la théorie de l’électricité , on voit toujours que celle vitrée et résineuse de Dufay, ou la positive et la négative de Franklin, c’est-à-dire , la condensée et la raréfiée d'Eandi, se détruisent mutuellement. C’est par là qu’on juge de la qualité de l’électricité d’un corps. Fondé sur ce fait, Vassalli a exa-
- (1) Voyez l’Histoire du Galvanisme, tom. II, p. 2G7,
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- miné les effets de l’électricité sur l’électro-moleur. Ses premiers essais l’ont por té il douter de l’identité des fluides de l’un et de l’autre. L’action nulle du fluide électrique sur le galvanique l’avait porté à les séparer, lorsqu’il reçut du célèbre Senehier la notice qu’à Berlin, unissant les effets de la machine électrique avec ceux de la pile, ces effets ont augmenté, mais que l’eau ne s’est plus décomposée;à l’invitation d u physicien susdit, il a essayé l’action de l’électricité atmosphérique sur l’électromoteur. Eprouvée dans plusieurs circonstance ;s, et notamment pendant cinq heures de suite que dura un orage qui la fournit très-forte , tantôt positive, tantôt négative , celle-ci ne troubla pas plus que l’électricité artificielle les effets de la pile, ce qui fait dire à Vassalli : « Si l’identité des électricités naturelle et artificielle n’était pas évidente par tant d’autres raisons , on pourrait tirer un argument du défaut de leur action sur les effets de l’électro-moteur. » VI. Dans ce paragraphe l’auteur se borne à présenter quelques réflexions sur la théorie de Volba, et à jeter quelques doutes sur la cause des phénomènes de son nouvel appareil électrique. Lorsqu’on voit, dit-il, tant de différence entre les effets de l’électricité et ceux du fluide de l’électro-moteur, n’est-il pas permis
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- t)e douter de l’identité de ces deux fluides? Lorsqu’on observe qu’une batterie électrique , qui, dans une demi-heure , se charge à peine assez pour donner de médiocres secousses, se trouve chargée en moins d’une minute par la pile , avec cette remarquable différence que la charge de la bouteille avec la pile n’augmente pas, et se détruit presque entièrement, lors même que la communication est avec un corps cohibent, tandis que la charge de la bouteille augmente en raison de l’électrisation qui y reste long-temps assez forte; lorsqu’on observe enfin qu’un voile humide , qui peut empêcher les effets de la plus forte machine électrique, ne nuit presque en rien à la pile galvanique qui, plongée dans l’eau et retirée, acquiert une nouvelle force ; ne serait-il pas permis de croire que l’électricité, qui se manifeste dans la pile , n’est pas la cause qui produit les effets dits galvaniques? »
- La faiblesse de l’électricité, et la force extraordinaire du galvanisme paraissant mal s’accorder ensemble, ne serait-il pas permis de soupçonner qu’il existe dans la nature un fluide qui fait l’électricité ordinaire et animale, tel que le fluide de l’électro-moteur, ou celui de l’aimant, peut êtré le calorique, selon les différentes modifications qu’il prend de la nature diverse des O a
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- corps qui le niellent eii mouvement, et suivant la Variété de leur aclioii ? Du reste , ajoule Vassalli, tout ceci n’est qu’un doute que je propose aux physiciens. »
- 2.0 Expériences relatives à l’examen des deux principales théories de Y électro-moteur de Volta,./»w M. Hyacinthe Caréna (1). «Personne n’ignore, ditM. Caréna ,que jus qu’à présenties phj'siciens ne sont pas d’accord sur l’explication des phénomènes singuliers que présénté î’électro-moteur , imaginé par le professeur Volta. Si la théorie que ce savant en a donnée, est laplus universelle ment suivie, elle n’est cependant pas la seule, et l’on sait que déjà en l’an tx, le professeur Vassalli-Eandi donna la sienne, suivant laquelle le développement dû fluidé dé l’électro-moteur est principalement dü àl’oxidation, qui en changeant, pour ainsi dire, la nature des métaux, change en même temps leur capacité à contenir le fluide naturel qui y était contenu ; mais si d’un côté une foule d’expériences vient à l’appui des deux théories, plusieurs expériences contraires pa-»-raissent de l’autre s’y opposer. Dans cet état de choses , avant de me déterminer pour
- (i) Voyez Bibliothèque Italienne, n." X, p. 63.
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- la première ou la seconde des théories sus-énoncées, j’ai cru devoir en mon particulier faire quelques expériences pour m’éclaircir sur les difficultés qu’offre chacune d’elles. »
- Première expér. —- M. Caréna a monté une pile ordinaire de 3o couples de disques de zinc et cuivre, de 0,04 de diamètre, mais avec celte précaution que les couples fussent séparées entr’elles par un espace de1 o,oo5 environ , ce qu’il a obtenu en mettant entre chaque couple un morceau de bougie de la grosseur environ d’une plume à écrire , pliée en façon de fer à cheval y de cette manière il y avait, entre chaque couple, un espace pour y mettre les différent conducteurs, qui devaient tenir la place de l’humide qu’on emploie dans la construction ordinaire de la pile. Il faisait passer ces conducteurs par l’ouverture que formoient les deux bouts de la petite bougie.
- Dans cette pile les disques hétérogènes se touchaient entr’eux^ mais l’électricité qui pouvait se dégager parle contact, 11e pouvait se porter d’une couple à llautre, faute de conducteur. Les choses ainsi disposées, M. Ca-r-rena prit de petits, .morceaux de fil de cuivre argenté, dont la grosseur 11e surpassait pas beaucoup celle d’un cheveu; il les a pliés en
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- arc , et les a introduits dans les espaces susdits , de façon que les deux bouts des arcs touchaient les deux disques supérieurs et inférieurs de chaque espace ou cellule.
- Effet. — Cette pile n’agit pas du tout, au moins sensiblement.
- Conséquence quon peut tirer de Texpérience précédente.
- Si l’humide , qu’on entrem et aux couples des métaux de la pile,ne joue que le rôle de simple conducteur, pourquoi ne pourrait-on pas y en substituer un autre de métal, et pourquoi celui-ci ne saurait-il pas transporter le fluide qui, selon le professeur Volta, devrait se dégager moyennant le contact des métaux hétérogènes ? Dira-t-on que le conducteur substitué étant métallique , réagirait sur les disques de la pile, de façon à ne pouvoir transporter le fluide que le disque supérieur s’efforcerait de lui transmettre? Mais il paraît que cette réaction devant être proportionnelle à la masse , sei’ait, dans le cas en question, une quantité infiniment petite , attendu le fort mince diamètre du fil qu’on a employé. Il paraît donc que l’humide dont on se sert, dans la construction de la pile, ne joue pas seulement le rôle de simple
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- conducteur, et conséquemment que l’oxidalion y doit avoir part. Ce qui paraît confirmé par l’expérience suivante.
- Deuxième expérience. — Aux arcs de fil métallique, on substitua des bandelettes de carton mouillé, de la largeur environ de trois millimètres sur deux centimètres de longueur, et pliées aussi en arc, comme dans l’expérience précédente , avec les fils métalliques.
- Effet. — En peu de temps les disques s’oxi-dèrent, dans l’endroit où ils. étaient en contact avec les bouts des bandelettes et l’appareil donna alors une petite secousse, qui pourtant n’était nullement comparable à celle qu’on obtient. lorsqu’entre les couples on met des disques de carton mouillé, dont le diamètre est à peu près égal à celui des disques métalliques ; et s’il était permis de se servir de proportions en fait de sensation, on eût été porté à croire que la secousse de la pile, dans cette expérience, était beaucoup plus petite que celle d’une pile montée à l’ordinaire ; que la portion oxidée des disques , dans ce dernier cas , est plus gi ande que celle qu’on a eue dans l’expérience sus-énoncée, moyennant les bandelettes.
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- Conséquence qu'on peut tirer de Vexpérience précédente.
- Si l’humide qui entre dans la construction de l’électro - moteur de Volta, n’y est pour autre chose que pour transporter le fluide surabondant d’un disque à cel ui qui en manque, pourquoi les bandelettes mouillées, qui communiquaient entre chaque couple, n’ont-elles jamais fait cet office, au moins d’une manière décidée et complète ?
- Les disques métalliques sont de nature à donner un libre passage au fluide accumulé sur leurs surfaces : ainsi, comme il suffit que le conducteur communique avec un point des deux surfaces du tableau de Franklin, pour le décharger entièrement d’électricité, il paraît aussi que les bandelettes mouillées qui communiquaient avec les deux couples par une surface de plusieurs millimètres carrés , auraient dû transporter d’une couple à l’autre toute l’électricité des disques, avec lesquels ils étaient en contact. C’est cependant ce qui n’arrive pas. Il paraît donc que les effets de l’é-lectro-moteur du professeur Volta,étant presque proportionnels aux surfaces oxidées, doivent principalement se déduire de l’oxidation qui s’opère sur les métaux par la présence de
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- l’humide qu’on y emploie , sans toutefois en exclure le contact des métaux hétérogènes entr’eux.
- En effet, des expériences, très-souvent répétées , nous ont appris que l’oxidation seule, même entre des métaux de différente nature, ne saurait, sans leur contact immédiat, mettre en mouvement le fluide de l'électro-moteur, au moins d’une manière très-sensible. On voit donc que l’oxidation, sans le contact immédiat des métaux de différente nature, et le contact sans l’oxidation , ne dégagent le fluide que d’une manière extrêmement insensible. Reste à savoir si le développement du fluide en question est dû exclusivement à l’ensemble de ces deux causes ; « je ne le crois pas non plus, dit M. Caréna, et mon opinion est fondée sur l’expérience ci-dessous. »
- Lorsque MM. Fourcroy et Vauquelin firent la fameuse expérience des disques d’un pied carré de surface, de laquelle il résulte que le développement du fluide de l'électro-moteur n’est pas en raison de la grandeur des surfaces qui se touchent, mais en raison de leur nombre, les professeurs Giulioet Vassalli-Eandi l’ayant répétée avec des disques d’un demi-pied de diamètre, ils ont eu les mêmes résultats. Après l’expérience le professeur Vassalli-Eandi dit
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- à fauteur de démonter la pile , et d’observer ce qui s’était passé à l'égard de l’oxidation ; il observa d’abord que le drap mouillé, qu’on avait entremêlé aux couples, n’avait point porté l’humide sur chaque point de leur surface ; et qu’ainsi ces dernières n’étaient pas entièrement oxidées, la partie même de surface, qui avait encore son luisant métallique, était, dans quelques-uns des disques, plus grande que celle oxidée, probable ment parce qu’il est très-difficile que de grandes surfaces soient parfaitement unies et dans un même plan.
- Comme M. Caréna croyait que la quantité de surface oxidée devait avoir beaucoup d’influence,pour obtenir les effets ordinaires de l’électro-moteur, suivant l’expérience précédente, il crut d’abord entrevoir, dans le peu d’oxida-tion des grands disques employés, la cause de leur petite action.
- C’est alors qu’il imagina un appareil dans lequel, tandis que le contact des métaux hétérogènes serait le plus grand possible, l’oxidation fut aussi universelle et complète. Voici comme il décrit cet appareil.
- »Sur un tube de cuivre de 0,01 d’épaisseur, dont le diamètre était 0,07, j’en fis jeter un autre de zinc, de même épaisseur environ
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- ensuite sur un autre-tube, aussi de cuivre,et de même épaisseur, dont le diamètre était o,o5, je fis jeter pareillement un tube de zinc ; ces deux doubles tuyaux, passés au tour, présentaient sur leurs bords le contact le plus exact entre les deux métaux hétérogènes; ils ont été construits de manière que, quand on les mettait debout l’un dans l’autre', ils étaient concentriques , et un espace de 0,002 environ à l’entour les séparait. »
- Troisième expérience.—On a rempli l’espace susdit d’une dissolution de muriate d’ammoniaque , après avoir enduit de cire grasse les bords des tuyaux qui s’appuyaient à une planche de verre qui leur servait de base; afin d’empêcher toute sortie au liquide.
- La surface d’un des métaux était dans le petit tube en mètres carrés o,o3o6g , dans le tube plus grand de o,o425i5,et leur somme étant o,o75oo5 , il s’ensuit que la surface d’un des métaux dans l’appareil à cylindre, était égale à celle d’une pile de 58 couples de disques qu’on emploie ordinairement, dont la surface est pour chacun d’eux de o,ooi25; cependant on sera surpris du peu d’action qu’un semblable appareil a manifesté.
- Effet. — Cet appareil ne donna en effet qu’une forte petite sensation, qui encore ne fut
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- sensible qu’à la longue par son goût tenant de l’acide ; des effets ordinaires , comme ceux de la sensation aux doigts, delà décomposition de l’eau, etc., ne parurent jamais, comme l’ont éprouvé le professeur VassaUi-Eandi et M. l’avocat Boyer, devant qui fut faite l’expérience.
- Conséquence qu'on peut tirer des expériences précédentes.
- L’appareil de M. Caréna n’est différent de celui du professeur Volta que dans la forme ; il a , comme celui de Volta, deux faces de métaux hétérogènes qui se touchent, et deux qui s’oxident ; cependant il n’agit pas ; on est donc porté à croire que ce n’est ni à l’une ni à l’autre des deux causes susdites qu’est dû le mouvement de l’électricité ; car si c’est à l’oxi-dation qu’on doit le dégagement du fluide de l’électro-moteur , elle était complète dans cet appareil. La doit-on au contact des métaux ? Ceux-ci se touchaient de la maniéré la plus exacte. » Je m’interdis toute conjecture , dit en finissant M. Caréna, et je laisse à ceux qui ont, en fait d’ôjeclricité et de galvanisme, des connaissances profondes, à indiquer la cause de ce phénomène, qui paraît singu-
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- lier, et qui même, entre des mains habiles, pourrait devenir important.
- N. B. M. Tïlloch a décrit (Philos, mages. <lec. 1801) les phénomènes qu’il a observés dans la combustion de l’or , de l’argent, du cuivre, du plomb , de l’étain et du zinc, combustion qu’il a opérée par le moyen d’un appareil électro-moteur.
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- CHAPITRE XXV.
- Détail de plusieurs expériences faites sur le cœur, sur les artères et sur les cadavres des sujets décapités, pendus, ou noyés. i.° Rapport présenté à la classe des Sciences exactes de VAcadémie de Turin, le 21 thermidor'an x, sur des expériences galvaniques faites, les 22 et 26 du même mois, par MM. Vassalli-Eandi, Giulio et Rossi, sur les têtes et les troncs de trois hommes , peu de temps après leur décapitation (x).
- Ces physiciens disent avoir pleinement r-futé la grande erreur physiologique de Volta sur l’insensibilité de l’action galvanique des ox’ganes involontaires, tels que le cœur, l’estomac , les intestins, la vessie et les vaisseaux.
- Ils me font à cet égard , ou plutôt M. Giulio, qui est le rédacteur du rapport (2), me fait un reproche d’omission que je ne crois pas mériter. Lors de la composition de l’Histoire du Galvanisme, j’ai fait tout ce qui a dépendu de moi
- (1) Voyez Journal de Physique, vendémiaire an xi,
- p. 286.
- (2) Il est dit en note, dans ce Journal, que le rapporteur est M. Giulio.
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- pour me procurer tous les ouvrages étrangers sur le galvanisme , dans quelque langue qu’ils fussent écrits, et lorsque la langue ne m’était pas familière, j’ai eu recours aux extraits insérés dans les journaux. L’opuscule en italien publié en *792, et l’ouvrage périodique qui avait pour titre Commentarii bibliographici, dans lequel les auteurs du rapport rendent compte de leur expérience, et dont ils citent un très - long passage , ne me sont pas parvenus , ce qui n’est pas difficile à croire, puisque les auteurs conviennent eux - mêmes que les productions écrites en langue italienne sont très-peu lues en France ; elles l’étaient encore moins , à l’époque où il ont publié leur Mémoire italien , c’est-à-dire , dans le temps des plus grands troubles révolutionnaires. Comment donc peuvent-ils me reprocher de n’avoir pas parlé de ce Mémoire, et de n’avoir donné l’ex trait que de celui latin de M. Rossi : De exci-tabilitate contractionnm in partibus musculosis involuntariis , ope animalis electricitatis. N’est-il pas évident que je n’ai pu faire connaître que ce que les recherches les plus exactes ont pu me procurer ?, (1)
- (1) Cela n’a pas empêché que dans l’extrait du Mémoire de MM. Vassalli, Giulio et Rossi, extrait inséré
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- Mais ce n’est pas là ce dont il s’agit ici. Il s’agit d’extraire du rapport de MM. Vassalli , Giulioet Rossi y ce qu’il contient de relatif aux expériences qu’ils ont faites pour prouver que les organes involontaires obéissent à l’irritation où à l’excilement galvanique ; nous nous bornerons à celles de ces expériences qui ont eu lieu sur le cœur et sur les artères.
- Ils ont essayé l’influence galvanique sur le cœur de trois manières : i.° en armant la moelle épinière par le moyen d’un cylindre de plomb enfoncé dans le canal des vertèbres cervicales d’hommes décapités, et en portant ensuite une des extrémités d’un arc d’argent sur la surface du cœur, et l’autre à l’armature de la moelle épinière; 2.0 en armant les nerfs vagues et le grand sympathique ; 3.° en faisant usage de la pile.
- Dans le premier mode d’excitation, le cœur
- >dans la Biblothèque Britannique, tom. XXI, Sciences et Arts, p. 92 ; l’auteur de l’Extrait ne donne gain de cause sur leur réclamation à MM. Vassalli, Giitlio et Rossi. J’espcrc qu’il changera d’avis, quand il aura lu ma réponse, et qu’il verra qu’il n’est nullement prouvé, comme il le prétend, que j’aie connu le Mémoire, dont il est
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- cloué d’une grande vitalité, a immédiatement présenté des contractions très-visibles et assez fortes. Une chose bien remarquable qu’ils ont observée, c’est que lorsqu’ils louchaient le cœur le premier, et ensuite l’armature de la moelle épinière, les contractions du cœur qui s’ensuivaient , étaient et plus instantanées et plus fortes que lorsqu’ils touchaient d’abord l’armature de la moelle épinière, et ensuite Je cœur. Les expériences sur les grenouilles ont présenté un semblable phénomène, qui a également été observé dans le second mode d’excitation, ou le second genre d’expériences. Ici les contractions du cœur ont eu lieu, les nerfs cardiaques même étant armés ; mais on a vu que les contractions galvaniques manquaient quelquefois.
- Nos auteurs, après avoir donne la description de la pile qu’ils ont employée pour le troisième genre d’expériences, disent qu’en faisant communiquer, par le moyen des conducteurs respectifs, l’extrémité négative de la pile avec la moelle de l’épine, ou simplement avec les muscles du dos ou de la poitrine, mis à nu, et l’extrémité positive immédiatement avec le cœur, on obtint des contractions instantanées et violentes, qui eurent également lieu, lorsqu’on fit communiquer le coeur avec l’extrémité négative de la pile, et la moelle de l’épine
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- avec fextrémité positive. La pointe clà cœur a paru être de toutes lèa parties la plus molilé et la plus sensible à l'influence galvanique. On verra bientôt qu’à cet égard les physiciens italiens ont été dans l’erreur. Dans ce troisième mode les contractions non seulement ont été plus Fortes, mais encore se sont long - temps prolongées, même après que toute communication était éloignéè. Mais une particularité remarquable, à l’égard du cœur, c’est qu’il est des premiers à perdre son influence galvanique, et qu’il perd son excitabilité dès la 40* minute environ après la mort, tandis que les muscles du bras, du dos et de la poitrine continuent des heures entières à être excitables par le galvanisme.
- Une remarque bien juste et bien essentielle que font les auteurs du rapport, et qui a trait à Sa perte d’excitabilité qu’éprouve le Cœur peu de temps après 3a mort, c’est que les résultats qu’on obtient sont comparativement plus saïllans et plus forts, suivant l’intervalle de temps qui s’est écoulé depuis le ïnoniènl de la-décapitation jusqu’à celui des expériences , et c’est à cet intervalle de temps qu’ils attribuent le défaut de contraction du cœur, qu’a éprouvé le professeur Ahlini dans ses expériences. Us croient qu’il n’a pas réussi ,
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- parce que les expériences furent commencées plus d’une heure et demie après Ja mort, et parce que le tronc avait long-temps été exppsë au froid , en sorte que l’irritabilité était déjà détruite. C’est sans doute par la même raison que Bichat n’a pas réussi dans les siennes, puisqu’il ne les a faites que 3o à 40 minutes après la mort, et dans l’hiver. V'assali, Giulio, et Rossi ont observé , dans les expériences. commencées cinq minutes après la mort, que le cœur cessait d’être sensible à l’agent galvanique vers les 4o minutes. « Il faut, disent-ils , que dans les bœufs soumis aux expériences galvaniques, par Aldini, l’excilahilité du cœur se soit éteinte encore plus promptement,puisque l’action du fluide galvanique de la pile n’y a éveillé aucune contraction, quoiqu’appliqué immédiatement après la mort. »
- Les grandes artères, comme l’aorte et quèl-ques-unes de ses branches, injectées avec de l'eau portée à la chaleur à peu près de celle du sang chez l’homme vivant, et assujetties à l’action galvanique, ont éprouvé des contractions. Dans d’autres expériences, on arma les plexus nerveux qui enveloppent les troncs des artères cœliaque et mésentérique , dont plusieurs branches sont entrelacées avecl’aorte. Une communication fut établie entre l’extrémité posi-
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- tive ou négative de la pile, et l’aorte elle-même. C’est par ce moyen qu’on a eu des contractions très-distinctes.
- Nous croyons devoir observer ici que le résultat des expériences de MM. Vassalli-Eandi, Giulio, et Rossi sur les artères, se trouve en opposition avec l’opinion de Bicliat sur la contractilité de ces vaisseaux. Ce profond physiologiste refuse entièrement, dans son anatomie générale, aux artères celte propriété, qu’il appelle contractilité organique, sensible dans tous les organes où elle est indépendante de l’action cérébrale. Son opinion est appuyée sur une multitude de faits, qui la mettent hors de doute. Nous croyons inutile de remarquer qu’il ne faut pas confondre le mode de contractilité, dont il s’agit ici, avec la contractilité de tissu et le resserrement, propriétés entièrement indépendantes de la vie.
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- 2.° Rapports dûexpériences galvaniques , le premier sur des animaux à sang chaud et à sang froid, lu à la classe des sciences exactes de Turin, le 24 nivôse an xi ; le second sur un homme décapité le 28 nivôse , lu le S pluviôse à la séance de la même classe ; le troisième, sur un homme décapité le Z pluviôse, lu le 3 à la séance de la même Classe,par M. Rossi (1).
- La différence de durée de la contractilité de différentes parties musculaires, dans des animaux et dans l’homme décapités, observée par qu el q ues auteurs, détermina M. Rossi à entreprendre une suite d’expériences galvaniques pour comparer les résultats qu'on obtient par des stimulans mécaniques, avec ceux que* produit le fluide de l’électro-moteur de Vol ta.
- Ces essais comparatifs ont été faits tant sur les muscles volontaires, que sur ceux involontaires. En voici les principaux résultats.
- i.°Les contractions, produites dans ces deux classes de muscles, ont constamment été plus
- (1) Voyez Bibliothèque Italienne, n.* II, p. 106.— Journal de physique de vendémiaire an xn , p. 267.
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- fortes, excitées par le fluide de la pile, tout autre stimulant mécanique n’a pas agi de même-
- 2.0 Les artères, qui ne donnent aucun signe de contractilité quand on les excite par des.stimulans mécaniques, ont présenté des signes évidens de rétrécissement dans leur diamètre, et dé raccourcissement dans leur longueur. Ce résultat est entièrement conforme à celui dont il est fait mention dans le rapport du 27 thermidor, et entièrement contraire à celui qu?a obtenu Nysten, comme on va: bientôt le voir. Les artères perdent les premières, toute excitabilité parle moyen du fluide, galvanique.
- 3.° Après les artères , les intestins perdent les premiers cétte excitabilité, ensuite le cœur ; les muscles volontaires conservent leur excitabilité plus long-temps.
- M. Rossi a fait des expériences, tantôt avec des armatures et tantôt sans armatures, pour déterminer si, èn cas d’asphyxie,elles sont nécessaires pour réveiller le mouvement du cœur. D’après les résultats,’il-présume que les armatures* né sont point indispensables pour obtenir cet effet ; mais que toutes les fois qu’il s’agit de réveiller ce mouvement du cœur dans quelques asphyxiés., le moyen le plqs prompt et le plus efficace de l’obtenir, est de commencer par exciter
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- le mouvement (lu diaphragme, parce que la çecpusse de ce muscle excile puissamment le coeur.
- Qn obtient les convulsions du diaphragme en appliquant l’extrémité d’un conducteur au creux de l’estomac , et l’extrémité d’un antre conducteur à la région oiï commence la moelle épinière. Ce moyen q.uç l^Qssf appelle médiat^ est plus efficace que d’appliquer l’extrémité d’un arc sur la région du cœur meme, ce qu’il appèlle rnr,yen immédiat.
- Ayant isolé les animaux sur lesquels il faisait des expériences, il a trouvé que 'l’isolement abrège la durée dé là vitalité. ’
- Enfin, il a étouffé plusieurs animaux dans différons gaz , tels que le'gaz acide carbonique j'ié gaz hydrogène sulfuré j et dans l’eau, pour Içs asphyxier, il a essayé ensuite Faction du galvanisme ave.ç plus ou ptoîns de succès et d’effet.
- Il croit en général , tVaprès les expériences faites sur les animaux submergés, que le gaP vanisîne ne produira aucun effet salutaire, si l’on ïdouvre' pas auparavant le larynx- ou la trachée artère.
- L’oreïîlfclte droite du coeur conserve plus long-temps que les autres"parties sa conhactir lilé. « Comment concilier ce liait» dit/îawi avec
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- la lliéorie que le carbone détruit l’irritabilité, èt que l’oxygène en est le principe? Le sang des veines caves, reçu dans l’oreillette droite , est surchargé de carbone ; le sang des veines pulmonaires , reçu dans l’oreillette gauche , est surchargé d’oxygène ; comment se fait-il donc' que l’irritabil ilc cesse plus tôt là où elle devrait durer le plus; et dure plus long-temps là où elle devrait cesser la première ? »
- 3.° Nouvelles expériences galvaniques faites sur les organes musculaires de l’homme et des animaux à sang rouge , par lesquelles , en classant ces divers organes sous le rapport de la durée de leur excitabilité galvanique , on prouve que le cœur est celui qui conserve le plus long temps cette propriété, par P. H. Nysten , médecin, de la Société des observateurs de Thomme, et de celle de l’Ecole de médecine , in-8.°, an ix (i ).
- C’est en partie le Mémoire de MM. Vassalli, Giulio et Rossi que nous avons analysé, dans le i*r article de ce chapitre, qui a déterminé M. Nystcn à faire de nouvelles expériences, dont on verra sans doute ici avec plaisir les résultats. « Après avoir fait voir comment l’influence
- (i) Voyez l’extrait de ces expériences, Journa siçjue, lrimaire anxi, p. 405.
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- du Galvanisme sur le cœur aélé l’objet d’une lutte entre les premiers'physiciens de l’Europe» des résultats aussi disparates, dit M. Nysten , obtenus par des hommes célèbres , tous habitués à faire des expériences, me firent penser ou que ceux qui contestaient le fait n’avaient pas observé avec assez d’exactitude , ou que ceux qui l’avouaient avaient attribué à l’influence galvanique des contractions qui n’étaient dues qu’à l’irritation métallique, déterminée par le simple contact des métaux avec le cœur. J’ai en conséquence pris le parti de voir par mes propres yeux, et de m’en rapporter entièrement à ce qu’ils me feraient observer.»
- M. Nysten a cru devoir répéter, sur les gros troncs artériels de l’homme , les expériences consignées dans le rapport de MM. Vassalli, Giulio et Rossi. Elles ne lui ont pas offert le résultat obtenu à Turin, comme on le verra bientôt. 11 avertit que toutes ses expériences on t été faites avec un appareil vertical de Volta, composé de 58 disques de zinc, du diamètre de trente-trois millimètres, et de l’épaisseur de deux millimètres, de 58 écus de trois livres, et de 38 rondelles de drap, mouillées dans une dissolution de muriate d’ammoniaque.
- Son ouvrage est divisé en trois parties. Dans la première est placée l’expérience faite sur les organes musculaires de l’homme, avec quel-
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- gués réflexions au sujet de celte expérience. Lu seconde comprend tout ce qui est Relatif aux expériences faites sur des animaux à sang rouge et chaud, tels que le. chien.et le cochon; d’inde parmi les mammifères r et le pigçpnt parmi les oiseaux. Pans la troisième partiç; „ l’aute ur a rassemble quelques expériences faite^ sur des animaux à sang rouge et froid , tels que la carpe parmi les, poissons,, et la grenouille parmi les reptiles.
- . Première partie. Quarante-neuf minutes après la décapitation M. Nysten a soumis le coeur à l’influence galvanique,.en armant les plexus cardiaques, et en faisant communiquer leur armature avec une des extrémités de la pile, puis en établissant une communication, au moyen d’un excitateur, entre l’autre extrémité de la même pile et la pointe du coeur. I*e sinus des veines caves et le ventricule pulmonaire se contractèrent à l’Instant, et leurs epntractions étaient.manifestement plas.-forlç^ que celles déterminées auparavant par les agensj mécaniques, fie sinpa dos veines pulmpnaircà et le, ventricule aqrtiqqe ^offrirent aucune contraction apparente.À l’armature dçs plexus^ cardiaques, M. Nysten substitua cefle du prolongement raçlûdien v et-.jl obtint le même résultat. Il faut vpir dans son ouvrage même la suite et le résultat de cettç expérience. Le^
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- intestins., l’estomac, l’opsophage et la vessie ont été en vain soumis au galvanisme une heure après la mort, ce qui paraît prouver que ces organes perdent les premiers leur sensibilité à l’action de cet; agent. Cette expérience a suf(i pour démontrer qu’il existe une grande diffé,-i;euce. entre l’excitabilité galvanique de l’œso-phsge de l’homme, et celle dé l’œsophage dp chien. De ces qxpériencessur le cœur,M. Nysten en déduit les. propositions suivantes.
- j.° Que les. expériences faites jusqu’alors relativement à la durée de l’excitabilité galvanique du eopurde l’homme -, ne donnent ppint de résultat exact, ce qu’il prouve par la discussion des expériences faites à Turin.
- 2. ° Que l’action galvanique entretien! l'excitabilité du cœur, et la ramène lorsqu’elle est prêle, à s’cteindre,
- 3. ° Que l’extrême fréquence des excitations galvaniques diminue momentanément l’excitabilité du coeqr,
- . 4.° Que, celte excitabilité du coeur continue .après l’exlincliou apparente de sa chaleur vitaje.
- 5,° Enfin que ses différente?.parties (les deux sinus et lçs .yçniiicules ), perdent leqr
- excitabilité galvanique dans le même ordre qu’elles perdent leur excitabilité mécanique., Ici . M. Nysten observe avec raison qu’il a existé un 'Vice général, dans les expériencesfaites jusqu’à-
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- lors pour prouver l’excitabilité galvanique du cœur ; savoir, qu’on a négligé dedésigner qu’elles sont les parties de ce viscère qui ont été mises én jeu, et qu’ori s’est contenté dire, le cœur s’est contracté, comme si cet organe était composé d’un faisceau de fibres, disposées toutes sur un même plan, ayant absolument les mêmes usages, et ne pouvant se contracter les unes sans les autres. Nysten termine cette première partie par établir l’échelle de durée d’excitabilité galvanique des divers organes musculaires de l’homme.
- Deuxième partie. Deux sections la divisent: la ire contient les expériences faites sur des animaux mammifères, c’est-à-dire sur des chiens et des cochons d’inde morts, i.°par la cessation des fonctions du cerveau, 2.°par celle des fonctions du poumon , 3.° par celle des fonctions du cœur, 4.° par la décapitation. La seconde section contient les expériences faites sur les oiseaux, c’est-à-dire, sur des pigeons (i).
- M. Nysten ayant établi comme un phénomène constant, tant dans son introduction que dans ses réflexions , consignées à la suite de son expérience sur l’homme, que le cœur.
- (i) Les bornes de cette histoire ne nous permettent pas d’entrer dans le détail de toutes ces expériences et de leurs résultats, qu’il faut suivre et étudier dans l’ouvrage meme.
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- est de tous les organes celui qui conserve le plus long-temps son excitabilité galvanique , a senti qu’on pourrait lui demander comment il est arrivé, dans deux de ses expériences, que le cœur des chiens étranglés, au lieu de conserver cette propriété plus long-temps que les autres organes, l’a au contraire perdue le premier. Voici comme il rend raison de ce phénomène.
- Il observe d’abord que dans ces cas le cœur est gorgé de sang dans toutes ses parties ; il établit ensuite deux ordres d’obstacles qui peuvent s’opposer à l’action des divers organes de l’économie animale, et qui agissent, le premier sur les propriétés vitales qui président à cette action, et le second.sur l’action elle-même,dont il empêche l’exercice d’une manière purement mécanique. L’action du cœur peut être empêchée par ces deux ordres d’obstacles, et les asphyxies en fournissent des exemples', puisque , dans toutes , les quatre cavités du cœur, et sur-tout celles du côté droit, sont considérablement distendues. Le, sang, qui est la cause matérielle de cette distension, constitue l’obstacle physique qui empêche les raou-vemens du cœur, et c’est, suivant M.Nysten; cette cause qui, dans les expériences dont il est question, s’est d’abord opposée au libre exercice de l’excitabilité organique de cet organe ,
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- etqui l’a ensuite anéantie ett très-peu de temps.
- Peux faits qu’il rapporte prouvent incontestablement que c’est à cet obstacle physique qu’est dû l’anéahtissement prompt de cette propriété dans les asphyxies. « Je suis persuadé , dit-il, que si, après la mort par décapitation , on distendait les cavités du Cœur, en injectant un liquide quelconque dans les vaisseaux veineux qui aboutissent à cet organe, oh donnerait lieu à l’anéantissement de son excitabilité galvanique, comme il arrive dans les asphyxies et dans la commotion du cerveau. Si, ajoute-t-il, dans les cas de distension du ctieur, on la fait cesser en ouvrant, à l’instant de la mort , les vaisseaux qui aboutissent à cet organe, on rétablit le libre exercice de seS mouvement, en lui conservant la durée de son excitabilité galvanique , fait prouvé par l’expériènce sixième; mais si oh laisse écouler un certain temps après la mort, par exemple 20 à 3o minutes , avant d’ouvrir les gros vaisseaux veineux qui aboutissent au ccfeur, c’est en vain qu’on soumet cet organe au galvanisme, parce qu’alôrs son excitabilité est tout à fait anéantie. » Nysten ajoute à ce Fait l’explication qu’on en peut donner.
- D’après ses réflexions relativement à l’in-fluence de la distension extrême du cœur sur
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- 3a durée de son excitabilité galvanique , on conçoit que, par rapport à celle durée,les résultats de quelques expériences sont tout à fait différens de ceux obtenus dans les autres et sur les autres viscères; la durée relative dè l’excitabilité galvanique du cœur est la mêmè dans les mammifères et dans les oiseaux ; élans 3e cœur du chien cette durée varie depuis S heures io minutes jusqu’à 8 heures 33 aninutes, etc., etc.
- Troisième partie, Elle ne conlientque quatre expériences, dont deux laitessur des carpes, et les deux autres sur des grenouilles. Il estrésulté de ces quatre expériences, x.° que, dans les animaux à sang rouge et froid, le cœur jouit de la même prérogative que dans les animaux à sang rouge et chaud, celle de conserver son excitabilité galvanique long-temps après l’extinction de cette propriété dans les organes musculaires; 2.° que dans les grenouilles l'excitabilité galvanique se conserve plus longtemps que dans les carpes; 3.° enfin , que cette propriété ne paraît pas être plus influencée par la décapitation que par la mort, qui résulte seulement de la cessation des fonctions cérébrales. M. Nysten a joint à ses expériences nn tableau comparatif relatif à la durée de l’excitabilité galvanique dans les divers organes, soumis -aux -expériences consignées dans son ouvrage.
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- Tel est le résumé du travail de M. Nystem ses expériences sont curieuses et intéressantes ; elles ont été faites avec le plus grand soin , et avec la plus scrupuleuse exactitude. Si quelque chose pouvait ajouter à leur authenticité, nous dirions que les principales ont été répétées sous les yeux du professeur Hallé, dans un des cabinets de l’Ecole de médecine, qui a écrit si fructueusement sur le galvanisme, et en présence de plusieurs pr ofesseurset élèves (1).
- 4.0 Extrait des expériences galvaniques faites à Londres le 17 janvier i8o3, sur un pendu, pari. Aldini (2).
- J’ai considéré le pendu, qui a été soumis à mes essais, dit M. Aldini, comme étant asphy-x i, et je lui ai administré le traitement le plus convenable à cet état : en conséquence j’ai passé une heure et demie sans faire aucune dissection sur ce cadavre.
- (1) Il y a, dans le premier cahier, n.° V d’un Journal allemand imprimé à Nuremberg, une traduction des expériences galvaniques de M. Nysten.
- (2) L’exposé de ces expériences a été imprimé à Londres sous le titre : an Account of galvanic experiments, etc. Voyez la Bibliothèque britannique, n.° 175—174, p. 2^9 de l’article Sciences et Arts—Journal de physique, floréal an xi, p. 378.
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- « Les asphyxies é tant très-fréquentes en Europe ,soit parmi les hommes qui parcourent les rivières et les mers, soit parmi les ouvriers des mines, soit parmi ceux qui sont exposés à l’action du gaz acide carbonique, j’ai pensé que la découverte d’un moyen propre à rappeler les asphyxiés à la vie, serait de la plus grande utilité à l’humanité. C’est donc vers ce but important que j’ai dirigé mes premières recherches ».
- » Fors ter, pendu à Londres comme meurtrier, dans le courant de janvier dernier, a été le sujet de mes expériences. Il avait 26 ans, il était d’une constitution robuste ; son corps , après l’exécution , fut exposé pendant une heure sur la place de Newgate ; le thermomètre de Réaumur étant au-dessous de zéro. »
- « Cette circonstance, qui devait geler le cadavre , et qui était propre à ôter tout espoir de succès, m’aurait fait renoncer à entreprendre des expériences, si je n’avais pas obtenu à Bologne des résultats sîitisfaisans sur des décapités exposés à une température semblable. Suivant les lois de l’Angleterre, le cadavre fut remis à M. Keate, président du collège des chirurgiens de Londres ; d’après l’avis de cette honorable compagnie, ce savant aussi recommandable par III.e Partie. Q
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- ses lumières que par son humanité , voulut
- bien se prêter ù mes recherches. >*
- » Trois cuves galvaniques furent mises en communication. J’estime qu’elles correspondaient à la force d’une pile de Volta de cent vingt paires de disques, zinc et cuivre : c’est à l’aide de cet appareil que j’ai entrepris les expériences que je vais décrire (il nous suffira d’en rapporter quelques-unes ), et qui ont été faites en présence du président et des membres du collège. >*
- Expérience I. —« Ayant appliqué deux arcs conducteurs , correspondans aux deux pôles de l’appareil galvanique, l’un à la bouche , et l’autre à une oreille , humectés auparavant avec une dissolution de rnuriate de soude, les joues et les muscles de la face se sont horriblement contractés; l’œil gauche s’est ouvert : et j'ai observé qu’en administrant l’action du galvanisme par degrés, ces phénomènes avaient des intensités, relatives à la quantité des plaques employées dans l’expérience.
- » Exp. II. — Les arcs métalliques étant placés aux deux oreilles, un mouvement s’est manifesté sur la tête ; l’action convulsive s’est propagée dans tous les muscles de la figure ; les paupières ont obéi à de fréquens clignote-mens, et l’action a été encore augmentée en
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- mettant une extrémité de l’arc en communication avec les narines, et l’autre avec une des oreilles.
- Expér. III. — cc Les conducteurs , appliqués à une des oreilles et au rectum, ont excité des contractions assez fortes ; l’action des muscles, même éloignés des points de contact des arcs conducteurs, a été sensiblement augmentée , de manière qu’il semblait y avoir une apparence de réanimation. »
- Expérience IV. «. Cela fait, j’ai voulu essayer le pouvoir des stimulans chimiques. Pour cet effet, j’ai versé de l’alkali volatil dans les narines et dans la bouche ; je n’ai pas aperçu la moindre action , tandis que le stimulus galvanique a Constamment déterminé les plus fortes contractions; l’association>de ces deuxstilnu-lans, Y ammoniaque et le galvanique, fixa mon attention ; leur administration simultanée a singulièrement augmenté les convulsions ; les contractions se sont prolongées jusqu’aux muscles de la tête et du cou, jusqu’au deltoïde : les tentatives réitérées de la même manière , et toujours avec cette combinaison, ont donné lieu à des contractions qui ont surpassé mon attente, et il me semblait que par impossible la vitalité allait être rétablie. »♦
- Aldini conclut de ces expériences , et des
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- autres au nombe de quinze : 1.° que le galvanisme , considéré en lui - même, exerce une action considérable sur les systèmes musculaire et nerveux, et qu’il maîtrise toute l’économie animale.
- a.0 Que l’influence du galvanisme, comme stimulant, e.;t plus énergique que ne l’est celle d’aucun agent mécanique quelconque.
- 3.° Que les effets du galvanisme, sur l’organisation humaine, diffèrent de ceux que produit l’électricité , mise en action avec les machines électriques ordinaires.
- <c 4.° Que le- galvanisme , administré par le moyen des appareils dans lesquels l’action est multipliée, tels que les piles ou les auges , diffère dans ses effets de ce qu’on peut produire avec les simples armatures métalliques, à la manière de Galvani.
- 5. ° Que lorsque les surfaces des nerfs et des muscles sont armées de lames de métal, l’influence des batteries galvaniques est portée sur un plus grand nombre de points, et est beaucoup plus énergique pour produire les contractions de la fibre musculaire.
- 6. ° Que l’action du galvanisme diffère de celle sur le coeur et sur les autres muscles. Car lorsque le preinier n’est plus susceptible d’être mis en mouvement par cette influence, les
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- 7.® Que le galvanisme offre un moyen puissant pour remettre en action la vitalité suspendue, dans la plupart des circonstances qui occasionnent cette suspension. Les remèdes déjà adoptés pour rappeler à la vie les asphyxiés , les noyés, etc., étant combinés avec Tin fluence galvanique, produisent beaucoup plus d’effet qu’on n’en obtient de l’une ou l’autre de ces deux classes d’agens employés séparémént. »
- Ces mêmes corollaires se trouvent dans l’ouvrage A'Aldini dont nous rendrons bientôt compte dans le volume suivant : il y a joint des observations faites d’après l’autopsie cadavérique par M. Carpne, professeur d’anatomie.
- Addition des rédacteurs de la Bibliothèque britannique.
- «On trouve, disent-ils, dans le Philosophical Magazine de M. Tilloeh ( janvier i8o3) un article sur le galvanisme, qui renferme le détail
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- des expériences faites à Londres sur le théâtre de l’hôpital de Guy et Saint-Thomas, par l’auteur du Mémoire qu’on vient de lire. Elles comprennent deux séries, exécutées l’Une sur des grenouilles préparées , l’autre sur un chien et des lapins décapités. Ces expériences n’offrent guères que la confirmation de la découverte, qu’on peut mettre en action l’influence galvanique , en parcourant le simple contact de quelque point du système nerveux de l’animal avec un point du système musculaire, sans l’intervention d’aucun métal ; elles confirment aussi l’influence puissante de la pile ou de l’auge galvanique sur l’animal entier, par des procédés analogues à ceux décrits dans le Mémoire. On y voit en particulier qu’on produisit une contraction dans la pupille de l’œil, en mettant d’une part le nerf optique en communication avec la pile , et en touchant d'autre part l’iris avec un conducteur qui terminait le circuit galvanique. Cette expérience fut suggérée par le docteur Babington. »
- En reconnaissance du zèle et de l’intérêt qu’avait apporté le professeur Aldini aux démonstrations qu’on vient d’indiquer , les chirurgiens et les élèves de l’hôpital de Guy lui ûnt offert une médaille d’or, qui porte d’un
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- côté les armoiries de cet établissement, et de l’autre la légende suivante, entourée d’une guirlande de chêne.
- JOHANNI AtDINO Præclaro Physico Digno Galvini Depot)
- Recens experimentis commonstratis Professores et Scliolares Nosocom. S. Thomæ et Guy Libenter persolvunt , MDCCCIII. Londini.
- » L'espérance de réussir par l’application de ce nouveau et puissant stimulant ,au rétablissement de l’action vitale,, lorsqu’elle n’est que suspendue, dépend beaucoup de la facilité qu’on aura à en multiplier les essais. Il faudrait être en possession d’un appareil toujours, prêt à agir, ou du moins à être mis en action , et qui produisit l’action galvanique pendant un temps indéfiniment long. On dit que M. Cuthberson a construit un instrument qui possède cet avantage , et qui sera dorénavant aussi facile à employer, que l’est la machine électrique. Dès que nous en aurons connaissance , nous nous empresserons de le faire, connaître à nos lecteurs. »
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- 5.° Les détails suivons et récens, extraits du Philosopliical Magasine , de quelques expériences galvaniques faites en Angleterre sur le corps d’un pendu, méritent d'être connus (1).
- « Ces détails, dit le rédacteur du Recueil, d’où nous tirons cet article , sont les plus exacts et les plus complets qui aient été publiés jusqu’à présent, au sujet des^expériences galvaniques et pneumatiques, faites par M. Car-pne sur le cadavre de Michel Carney. Les notes ont été prises successivement par un médecin habile, présent à ces expériences. «
- Le sujet était âgé de 57 ans, et après qu’il eût été suspendu au gibet pendant le temps ordinaire , son cadavre fut transporté dans le salon d’expériences, environ une heure plus tard que ne l’avait été celui de Forster. On commença incontinent les essais projetés. Il était 9 heures 10 minutes du matin.
- i.° A 9 heures i5 minutes on introduisit du gaz oxigène par la trachée-artère.
- 3.0 L’appareil galvanique était composé d’environ cent plaques carrées de cuivre et de zinc,
- ( 1 ) Ils sont tirés de la Bibliothèque britannique, n.°* 207 —208, p. 373, article Sciences et Arts.
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- tle quatre pouces de côté, disposées dans trois auges, et qui produisaient des étincelles visibles. On mit cet appareil en communication, d’une part avec un morceau d’étain en feuilles, qui touchait au grand nerf intercostal, à la paire vague, et aux nerfs phréniques, d’autre part avec l’intestin rectum, pendant 10 minutes. On aperçut du mouvement dans les lèvres et dans les muscles du sternum.
- 3. ° On introduisit, par le moyen de plusieurs vessies, de l’air commun dans la trachée-artère, de manière à soulever le thorax; on administra des frictions, et on laissa l’appareil galvanique disposé comme auparavant. — Le visage devint très-noir. L’appareil agissait fort énergiquement. A 9 heures 25 minutes, la teinte noire du visage se dissipa ; on chassa de force dans les poumons l’air renfermé dans les six vessies ; cette opération fit enfler le coi'ps d’une manière très-marquée.
- 4. ° A g heures 4o minutes, on appliqua sur la poitrine des étoffes de laine , humectées d’eau chaude. On continua le galvanisme et l’insutta-tion d’air commun; la teinte noire reparut
- 5. ° A 9 heures 55 minutes, on continua l’in-sudation avec des soufflets, l’action galvanique , et les fomentations d’eau chaude.
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- 6. ° A 10 heures, on ouvrit une veine du bras; il en sortit du sang noir par la pression, comme dans l’homme vivant. Il n’y avait pas de sang dans l’artère temporale.
- 7. * On appliqua des conducteurs à l’artère de Schneider , qui se ramifie dans la membrane pituitaire: on vit augmenter les contractions des lèvres et des muscles du visage. On observa que, pendant les opérations, les veines des bras étaient distendues.
- A xo heures 10 minutes, 011 fit communiquer par des conducteurs le péricarde.etle diaphragme avec l’appareil galvanique, et on vit les muscles pectoraux se mettre en action.
- 8. ° L’action devint très-forte , lorsque les conducteurs furent appliqués aux muscles pectoraux mis à nu.
- 9.0 On trouva que les poumons étaient en bon état, en soufflant de l’air dedans avec un soufflet. Le cou avait été fort disloqué par l’action de la corde et les efforts de l’exécuteur.
- io.° A 10 heures 10 minutes, les deux oreillettes du coeur, et sur-tout la droite, furent mises en jeu par l’action galvanique ; mais les ventricules demeurèrent sans mouvement. Les oreillettes continuèrent à battre pendant quelque temps, après qu’on eut retiré le stimulus ,
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- mais leur mouvement augmentait en réitérait par intervalles l’action galvanique.
- il." Lorsqu’on eut mis un des conducteurs en communication avec la membrane sincla-vienne (i) , l’autre avec l’anus , l’action des oreillettes parut fort augmentée, et on vit les muscles de la face se remettre en mouvement.
- A i o heures 4o minutes, l’action fut excitée dans les deux oreillettes , et sur-tout dans l’oreillette droite.
- 12.0 II y avait une grande quantité de sang noir dans l’artère carotide.
- i3.° Le corps paraissait être plus froid que ne l’avait été celui de Forster ; mais il peut y avoir eu à cet égard quelque illusion , l’atmosphère étant beaucoup plus chaude dans ce dernier cas.
- La température de l’air extérieur était environ 58 ° E. ( ii 5 R. ), et celle de la chambre 62." ( i3-j R. ).
- (1) Cette dénomination ne nous est pas connue. Nous croyons qu’elle désigne la partie supérieure de la plèvre, voisine de la clavicule.
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- 6.® Effets du galvanisme sur les animaux noyés ; par M. Anselmi (i).
- Le but de l’auteur, dans les expériences qu’il a faites au nombre de cinq sur des poulets, des chiens, des veaux noyés, a été de déterminer jusqu’à quel point la vitalité , encore subsistante dans des animaux asphyxiés par la submersion, est susceptible d’être ranimée par le fluide galvanique,qu’il croit agir encore dans certains cas où les autres stirnu-lans ont cessé d’être utiles , et posséder une vertu excitatrice plus puissante que tous les slimulans connus. Il observe que ses expériences ont été faites sur des animaux à sang chaud , et qu’il se propose de donner, dans un autre Mémoire, le précis de celles qu’il a exécutées sur les animaux à sang froid, pour servir de comparaison avec les premières. Ces expériences sont très-curieuses, elles ont été flûtes avec le plus grand soin ; il suffira, pour en donner la preuve, de rapporter celle-ci.
- Un chien fut jeté dans l’eau avec une pierre au cou. Il s’agita beaucoup pendant deux minutes. Lorsqu’on eut coupéla corde à laquelle
- (i) Bibliothèque italienne, n.“ VI, p. 249.
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- était attachée la pierre .qui le tenait au fond de l’eau, il a paru tout à fait mort. parce qu’il flottait étendu sur l’eau, sans le moindre mouvement. Tiré hors de l’eau, les muscles des jambes étaient sans force, le ventre était gonflé, le cœur ne battait point du tout; les yeux étaient fermés ; la bouche et les dents serrées; la langue froide. Aux premiers attouchemens des conducteurs galvaniques, le chien ne donna pas le moindre signe de vie, malgré qu’on approchât le conducteur positif des différentes parties de la tête : mais lorsqu’on le fit pénétrer dans l’oreille et dans la bouche , l’animal commença à ouvrir les yeux et à respirer , quoi-qu’avec une anxiété douloureuse de toute la poitrine. Il lui fallut beaucoup de temps pour se soutenir sur ses jambes, et il ne se rétablit tout à fait qu’aû bout de quelques heures, Alors il marcha et s’enfuit hors de la maison.
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- rj° Extrait d’une dissertation publiée en allemand , et intitulée (i) : Expériences galvaniques et électriques sur des hommes et des animaux , par une société de médecins établis à Mayence , département du Bas-Rhin (2).
- «Les suites funestes, qui quelquefois peuvent résulter de l’incertitude des signes de la mort, a nécessité, dans chaque état policé, des lois rigoureuses qui interdisent toute espèce d’expé-riences sur le corps humain immédiatement après le décès , parce que très-souvent elles occasionnent des altérations ôrganiques, dont la moindre suffit quelquefois pour éteindre la dernière étincelle de vie, quand elle ne l’est encore. »
- « Si d’un côté l’humanité gémit eil se voyant contrainte de repousser du Sein des vivans ces grands coupables qui, par l’énormité de leurs forfaits, ont été les fléaux de la société,elle ne doit pas étendre sa juste vengeance au-delà du tombeau de ces réprouvés. »
- (1) Galvanische und elektrisclie Versuche an Menschen-und Thier Kœrpern, etc. in-4° Frankfurt am Main 1804.
- (2) Cet extrait a été rédigé par M. Marc, allemand , jeune homme très-instruit et très-érudit.
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- «Rien n’est donc aussi absurde, rien n’est si contraire aux principes d’une saine morale, et même à la santé des citoyens, que d’exposer aux regards publics les restes de ces infortunés tombés sous le glaive de la loi, de les exposer, dis-je, sur la voie publique jusqu’à ce qu’ils deviennent la proie du temps ou d’animaux carnassiers. C’est au contraire , dans de semblables cas, que l’autorité suprême peut utiliser leur dépouille mortelle, en la remettant entre les mains de ceux qui font leur étude chérie de deviner les secrets de la nature, et qui, par leurs recherches constantes , viennent à bout de découvrir des vérités précieuses pour le bien-être des vivans. »
- Une pareille occasion s’est offerte à une société de médecins mayençais (r), parle supplice d’un fameux chef de brigands, et de ig de ses complices (a).
- Soutenus par la protection des autorités constituées, les physiologistes de Mayence ont pu prendre les mesures qu’ils ont jugées nécessaires à la réussite de leurs importans travaux.
- (i) Composée de MM. les docteurs Kircher, Molitor,. Ru/, Scrack,/ils, IVenzelet Wittmann.
- (i) La bande de Schinderbanna , exécutées à Mayence le 2i novembre i8o3.
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- Les observations , qui en ont été le fruit, ont donné lieu à une série d’autres expériences y dont le but a été de suivre sur les animaux les premières données qu’ils avaient obtenues* de leurs expériences sur les suppliciés, pour, en rendant publiques leurs opérations et les conséquences qu’ils en ont tirées, former un ouvrage qui mérite la reconnoissance des physiologistes.
- Le principal but des médecins mayençais a été de déterminer i.° quels sont les effets que l’électricité produit sur certains organes, et à quel point ces effets diffèrent de ceux du galvanisme ; 2.° quels sont les degrés d’action et d’énergie de l’agent galvanique sur les divers organes.
- Une cabane construite à i5o pas de l’échafaud, fut destinée à recevoir les décolés, et à les y soumettre aux diverses expériences tant électriques que galvaniques.
- L’atmosphère, le jour de l’exécution , était nébuleuse et humide ; le baromètre indiquait 27,5 ; la température de la cabane était entre 10 à 12 degrés du thermomètre de Réaumur.
- Le premier cadavre, destiné aux opérations galvaniques, fut apporté quatre minutes après la décolation , il était jeune, robuste, assez gras, et
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- gras, ét encore très-chaud ; les muscles se contractaient spontanément, et le sang jaillissait par des intervalles rapides, des artères du cou, dont le battement était visible.
- Le second cadavre ne fut apporté que 22 minutes après la décollation ; il conservait encore quelques restes de chaleur.
- Le troisième cadavre fut apporté encore plus lard. Il était vieux et froid ; presque toute l’irritabilité était éteinte, de sorte que les expériences, auxquelles on le soumit, n’offrirent rien de remarquable.
- Le quatrième cadavre, lé plus gras de tous, n’arriva que deux heures après l’exécution, il était par conséquent plus froid que les précédons. Cette dernière circonstance semble avoir été la cause, pour laquelle on n’a point poursuivi les recherches galvaniques sur un plus grand nombre des individus suppliciés.
- II est inutile de décrire la manière don! les expériences ont été faites, puisque le mode d’opération, adopté par les savans mayençais, ne diffère point essentiellement de celui que nous connaissons : d’ailleurs cette description n’étant, pas susceptible d’extrait, elle entraînerait dans des détails trop étendus. Qu’il nous suffise de relater les résultats.
- i.° Lorsque par le moyen des conducteurs III.' Partie. R
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- de la pile de Volta, on établit une communication entre les muscles d’un homme nouvellement tué , ces muscles entrent dans les mêmes contractions qui leur sont propres pendant la vie.
- a." La pile de Volta agit d’une manière beaucoup plus prononcée sur les muscles soumis à la volonté que sur les autres ; ainsi les contractions les plus fortes ont été celles des muscles de la face , du thorax , du diaphragme et des extrémités ; de là le peu d’augmentation du mouvement péristaltique qu’excita l’agent galvanique, appliqué à un corps tout récemment privé de vie ; de là aucun mouvement sensible.
- 3. ° On a observé que la pile de Volta exerce une action, qui est d’autant plus marquée, que les conducteurs sont appliqués plus exactement suivant la direction des nerfs, et lorsque les endroits auxquels ou applique ces conducteurs , sont doués de centres nerveux, considérés soit comme points de départ, soit comme points de réunion de plusieurs nerfs.
- 4. ° Les contractions musculaires , produites par la pile galvanique sont plus considérables , lorsqu’en armant les fibres musculaires, on a soin de suivre plutôt leur direction longitudinale que celle transversale.
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- Les médecins de Mayence ne se sont pas bornés aux expériences qui ont fourni ces résultats. Us ont voulu se convaincre plus intimement du degré de certitude que présentaient ces derniers, par des expériences réitérées sur des animaux, avec d’autant plus de raison qu’ils avaient des doutes sur ces mêmes résultats.
- 1. ° Us n’avaient opéré jusqu’alors que sur des organes, dont la fibre musculaire n’est point de première force , tels que les intestins-, les vaisseaux mésentériques, la pupille, etc.
- 2. ° 11s n’avaient armé les intestins, que selon leur direction longitudinale, tandis que les plus fortes fibres de ces organes suivent une direction transversale.
- 3!° Le pôle de zinc fut constamment celui supérieur, et le pôle de cuivre celui inférieur. Il devenait donc très-important de savoir si le déplacement ne changerait rien aux susdits résultats.
- 4.® Il n’était pas moins intéressant de savoir si l’intromission de l’agent gai v^nique dans les diverses humeurs , n’offrirait pas des phénomènes , dont la connaissance pourrait laisser entrevoir quelques lois de la chimie vitale.
- 5°. Une cinquième et dernière considération, qui porta les médecins mayençais à réitérer leurs
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- expériences galvaniques sur des animaux, fut qu’ils avaient remarqué que plusieurs cristallins extraits des yeux des mêmes individus qui avaient servi aux. expériences galvaniques ( dans l’intention de s’exercer à l’opération de la cataracte) avaient perdu de leur consistance, et étaient devenus mous et grumeleux. Cette remarque fit naître le désir de poursuivre les effets de la. pile de Volta sur cet organe.
- Les quatre résultats obtenus des expériences sur les décapités, se confirmèrent entièrement par celles faites sur des animaux nouvellement tués. Le cœur, qui certainement peut être considéré comme doué de force musculaire à un suprême degré, mais dont les mouvemens ne dépendent point de la volonté, se montra très-insensible à l’agent galvanique. La vessie urinaire fut beaucoup plus sensible que les intestins, parce que ses muscles, dans l’état de vie, ne paraissent point être entièrement indépen-dans de l’action de la volonté.
- Toutes les fois qu’on arma les intestins selon la direction longitudinale de leurs fibres, il s’ensuivit une action galvanique beaucoup plus décidée.
- Le déplacement ou la transmutation des pôles a paru être indifférent quant aux effets externes du fluide galvanique, c’çst-à-dire, quant
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- à ceux qui se manifestent par,des mouvement convulsifs des organes ; mais il n'en a point été de même , quant aux phénomènes chimiques qui s’observent sur les points de con-r tact des organes et des pôles. Le pôle de cuivre fit paraître sur l’endroit qu’il touchait une matière écumeuse, bienLôt blanchâtre,. bientôt jaunâtre et tirant sur le rouge. Le pôle de zinc n’a jamais produit un effet Semblable.
- Les effets de la volonté, pendant la rie, rea* semblent beaucoup à ceux de l’agent galvanique après la mort. La volonté de l’animal en vie n’exerce une action marquée, que sur ceux des muscles qui lui sont soumis. 11 en est cependant, que l’on ne range point au nombre de ceux qui dépendent du mouvement volontaire, et sur lesquels pourtant la volonté ne laisse pas d’exercer quelque empire. Lors, par exemple , qu’elle dégénère en passion, il s’ensuit des changemens dans les mouvemens du cœur, et de là une modification dans la circulation.
- Le canal intestinal est soumis à des lois à peu près semblables. Cependant cette influence dë la volonté est dans tous les cas plus énergique, plus déterminée et plus immédiate dans ceux des muscles qui lui sont spécialement affectés , et l’agent galvanique y produit, après la mort,
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- des phénomènes absolument analogues à cens
- que la volonté excite.
- Disons un mot des expériences faites par les médecins mayençais sur des yeux humains, et sué ceux d’animaux, dans l’intention de constater les altérations que l’agent galvanique fait éprouver au cristallin.
- Toutes ces expériences eurent pour résultat général : ou un changement cîe couleur du cristallin et des conducteurs , ou un changement de consistance du cristallin seulement.
- Le pôle de zinc produisit un jeu de couleurs à l’extrémité d’une sonde d’argent, et précisément à l’endroit même où celle-ci touchait le cristallin. Ce dernier, après avoir perdu sa transparence , devint d’un blanc laiteux et tourna au brun foncé, après avoir passé par toutes les nuances du vert au brun. Toutes ces couleurs étaient réparties sphériquement dans le cristallin , de sorte que le ton le plus foncé se trouvait au centre, c’est-à-dire, à l’endroit touché par la sonde d’argent, tandis que le ton le plus clair caractérisait la périphérie ou l’endroit le plus éloigné de la sonde. Plus la pile de Volta agissait long-temps sur le cristallin , plus la couleur devenait foncée.
- P? pôle de cuivre fut bien loin de présenter
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- tle pareils phénomènes ; il n’influa en aucune manière sur la diaphanéilé du cristallin.
- L’action des deux pôles sur sa consistance présenta des effets très-remarquables. Le pôle de zinc produisit constamment, à son endroit de contact avec le cristallin , une contraction sensible de ce dernier^avec diminution de substance. Ce même pôle se couvrit enmême temps d’une efflorescence assez épaisse et colorée. Le pôle de cuivre au contraire donna lieu à un dégagement de petites bulles d’un fluide aériforme, et liquéfia une portion du cristallin. Il paraît donc que le pôle de cuivre agit ici par expansion, et celui de zinc au contraire par contraction.
- Ce dernier résultat doit être considéré comme le plus constant de ceux obtenus jusqu’alors. Il l’est beaucoup plus que les variations de couleur produites par le pôle de zinc seulement, et que celui de cuivre n’a pu exciter. Dans une expérience où l’on se servit de sondes d’or comme conducteurs, ni le pôle de zinc , ni celui de cuivre ne manifestèrent aucune propriété relative à la coloration ; mais le premier opéra une contraction évidente , et le cristallin resta fermement attaché à la sonde. Le pôle de cuivre au contraire suscita une tendance du cristallin à se liquéfier. Il y a au R 4
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- reste un phénomène qui semble décider à lafois, tant de la force contractive et en même tems attractive du pôle de zinc, que de celle expansive et répulsive du pôle de cuivre^ c’est que, lorsqu’on démonte la pile de Volta, on observe régulièrement que les intercallations de drap adhèrent fermement aux plaques de zinc , au lieu qu’elles ne marquent que fort peu d’attraction pour celles de cuivre.
- Les effets moins constans de l’agent galvanique , relativement aux mutations de couleur du cristallin, semblent prouver que ce phénomène ne dépend point d’une seule cause, et qu’il nécessite un concours de circonstances variées. En effet, si l’extrémité du pôle de zinc dégage de l’oxygène de l’eau, et que celle-ci se trouve imprégnée de substances colorées, ces dernières se décoloreront par l’action même |
- de l’oxygène ; si d’un autre côté l’oxygène peut réduire les métaux en oxides métalliques; si enfin les divers métaux n’ont point le même degré d’oxidabilité ,, il ser% facile d’expliquer cette apparence d’inconstance, quantù la mutation de couleur produite dans le cristallin par l’agent galvanique. Le cristallin fut privé | M’oxygène, à l’endroit où il communiquait au pôle de zinc. Cette portion d’oxygèiie , se combinant avec la sonde d’argent, l’oxida en partie,
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- Le cristallin perdit donc par ce moyen de sa diaphanéilé, et il se forma à l’extrémité de la sonde une plage sphérique, colorée par l’oxide d’argent. Celte plage, vers sa périphérie, était d’une couleur verdâtre, semblable à celle de l’argent oxidé par l’action du feu ; vers son centre au contraire la couleur était d’un brun foncé, analogue à celle de l’oxide d’argent que l’on obtient par la dissolution de ce métal dans l’acide nitrique, et par sa précipitation au moyen d’un alkali fixe et caustique. A l’égard du pôle de cuivre, ne dépouillant point le cristallin de son oxygène il ne put influer sur la coloration de cet organe, et n’y produisit seulement, ainsi qu’il a déjà été dit, que des changemens de consistance.
- Tous les phénomènes, rapportés ci-dessus, se produisirent avec plus d’énergie et de constance, lorsque les deux pôles agirent simultanément, c’est-à-dire, lorsqu’on formai?, chaîne galvanique. Aussi une expérience,dans laquelle on ne fit agir qu’un-pôle seule ment, et où on se servit de sondes d’or (celui de tous les métaux le plus difficile à oxider ) n’eut-elle point le phénomène de la coloration pour suite.
- Il restait encore un autre fait à éclaircir, mais dont l’explication devenait d’autant moins
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- embarrassante qu’elle découlait naturellement de ce qui vient d’être rapporté.
- L’action du pôle de zinc, sur un muscle privé depuis long-temps de son incitabilité, y fit paraître une plage verte , foncée, endurcie, et ressemblante à un organe gangréné. 11 fut impossible de ramener cette plage à son état naturel parle pôle de cuivre. Celui de zinc priva, dans le cas dont il est question, la chaîne musculaire de son oxygène’, et y exerça en même temps son action contractive ; de-là la couleur verte et foncée ; de-là en outre la dureté. Le pôle de cuivre dégagea bien de l’hydrogène de cette plage ; mais il ne lui rendit point l’oxygène dont elle avait été privée.
- Il suit au reste, d’une manière évidente, de toutes ces expériences sur le cristallin, que le pôle hydrogénique d’une pile de Volta, composée de plus de cent couches,ne suffit point encore pour liquéfier, après la mort, un cristallin de consistance naturelle, et sur lequel d’ailleurs, l’agent galvanique peut agir immédiatement, puisque cet organe se trouve pour ainsi dire à nu , et séparé de ses légumens, de la cornée et de la liqueur aqueuse. Il est donc faux qu’une pile galvanique , même de moyenne force , puisse suppléer à l’opération de la cala-
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- racte , en appliquant le pôle hydrogénique extérieurement sur l'œil malade et vivant, et en le faisant agir, à travers la cornée et la liqueur aqueuse, sur le cristallin endurci et opaque. Quand même on perceroit la cornée jusqu’au cristallin , afin d’agir plus directement sur ce dernier, il faudrait, selon toute apparence, un temps considérable pour le fondre; le développement de substances gazeuses, qui aurait lieu ici, nuirait en outre à l’organe même: en supposant même que l’on parvînt à fondre le cristallin, on 11’aurait produit autre chose que de cliangèr l’espèce de la cataracte (1).
- Les expériences électriques forment la seconde section de l’ouvrage des médecins mayen-çais ; elles furent également faites sur les criminels décapités etj sur des animaux ; le résultat général de tous ces essais établit la presque identité des fluides galvanique et électrique.
- (t) M. Dumeril, mon collègue, à qui j’ai donné connaissance de ces expériences, soupçonne qu’il peut y avoir erreur, et qu’on attribue mal à propos à l’action galvanique plusieurs des cliangemens opérés sur les cristallins, lorsqu’ils ne sont que l’effet d’une action chimique, de l’absorption de l’eau qui a rendu opaque le cristallin, lorsqu’elle s’est portée sur le métal qu’elle a oxidé.
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- La différence des effets ne suppose point toujours une différence absolue des causes , mais bien une diversité de circonstances sous lesquelles une même cause peut agir.
- Si la matière galvanique ët celle électrique ne donnent point lieu aux mêmes phénomènes, e’est que la première paraît produire son action par un torrent non interrompu de fluide, tandis que l’autre, la matière électrique, se décharge, pour ainsi dire , tout d’un coup et subitement.
- Si donc il était possible d’établir un torrent continuel et assez fort de matière électrique, on produirait peut-être des effets entièrement semblables à ceux qu’opère la pile de Volta. Peut-être y parviendrait-on, en quelque façon, par une bouteille de Leyde, d’une très-forte dimension, et en soutirant des étincelles graduées , en imitant en - quelque sorte l’électro-'mètre de Lane, et- en ne discontinuant point d’électriser.
- La troisième et dernière section de l’ouvrage renferme les détails de quelques expériences faites sur les têtes de plusieurs décollés , afin de décider , autant que possible, la question qui , il y a quelques années , occupa plusieurs physiologistes, celle de dét.er-
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- miner si le sentiment du moi existe quelque temps apres le supplice de la décapitation.
- Deux jeunes médecins, placés sous l’tclia-faud, reçurent une tête au moment où.elle tomba. Un d’eux la tint entre ses mains, et tous deux l’ayant considéré attentivement pendant quelques temps, ils n’y aperçurent aucun mouvement , aucune contraction ; les yeux étaient à moitié fermés. Un des expérimentateurs cria , tantôt dans l’une , tantôt dans l’autre des oreilles, ces mots : M'entends-tu ? pendant que l’autre, celui qui tenait la tête , observait attentivement les effets que ces cris auraient pu produire; mais il n’en observa aucun dans toute l’étendue de la face.
- Une seconde tête fut soumise à la même épreuve , avec la différence cependant que les deux observateurs changèrent de fonctions, de manière que celui qui avait tenu la tête dans l’expérience précédente, pour l’observer, fut chargé dans celle-ci de crier, et l’autre , au contraire , d’observer ; mais il ne se manifesta pas plus de sensibilité dans la seconde tête que dans la première.
- Cinq têtes subirent successivement la même épreuve. Les résultats furent constamment les mêmes. Les yeux de toutes les têtes abattues
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- étaient fixes , immobiles , ouverts chez 'quelques sujets , et clos chez cVautres.
- On a observé seulement que quelques têtes, .sur lesquelles on ne fit point les expériences susdites, manifestèrent quelques contractions convulsives des muscles de la face.
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- CHAPITRE XXVI.
- Notes et observations sur la fibrine du sang.
- M. Tour des , professeur à l’école de médecine de Strasbourg , annonça, Décade philosophique, an x, n? III, p. 378, la découverte qu’il venait de faire de la susceptibilité galvanique de la fibrine du sang : il dit alors que cette fibrine, dépouillée de la lymphe, de l’humeur aqueuse, presque pure , réunie en grumeaux, conservant encore à peu près le trentième degré de chaleur qu’indique le thermomètre de Réaumur, présentait, lorsqu’elle était soumise à l’action d’une pile galvanique , un trémoussement , une véritable contraction^ sensible à Vœil armé d’une loupe (1).
- Cette observation, extrêmement importante pour Fétude de la physiologie, était de nature à exciter les recherches des personnes qui s’oc-
- j(i) Ce n’a donc pu être qu’avec étonnement que M. Tourdes a lu dans plusieurs journaux que cette dé» couverte était très-récente , et qu’elle appartenait à M. Maygrier. Il la réclame à juste titre, puisqu’il suffit, pour se convaincre qu’elle Jpi appartient toute entière , de consulter le n.° de la Décade philosophique indiqué «i-dessus, et notre Histoire du galvanisme, tom. I, p. 68.
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- cupent de cette science ; cependant elle était restée ensevelie dans une sorte d’oubli,lorsque M. Circaud,étudiant en médecine, à l’école de Paris, fit la même remarque, sans savoir qu’elle était déjà consignée dans plusieurs ouvrages.
- Voici ce qu’il a écrit à ce sujet, Journal do pbjrsique , brumaire an xi , p. 4o2 et 468.
- i.° Recherches de M. Circaud, sur la contraction de la fibrine du sang par l’action galvanique.
- » Galvani, cet homme à jamais célèbre dans les fastes de l’art, a découvert, il y a quelques années, que des métaux , appliqués aux nerfs et aux muscles de grenouilles , déterminaient des contractions fortes et rapides, lorsqu’on les disposait d’une certaine manière ; il a poursuivi ses x’echercbes et a. toujours obtenu des résultats satisfaisans.
- » En dernier lieu , son neveu Aldini a démontré que les nerfs de la grenouille, mis en .contact avec les muscles d’un animal récemment tué, faisaient éprouver à ce dernier des mouvemens très-marqués.»
- » Mon collègue Nysten a reconnu il y a quelque temps, avec l’appareil de Volta, que le coeur était , de tous les organes , celui qui conservait plus long-temps sa contractilité sous l’influence
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- l’influence galvanique. Il est parvenu à classer tous les organes contenant des fibres musculaires , suivant leur durée de susceptibilité galvanique. Ses expériences, auxquelles j’ai assisté., m’ont suggéré l’idée que la partie fibreuse du sang, c’est-à-dire , la fibrine, qui joue un si grand rôle dans l’organisme animal, qui constitue le tissu propre de la fibre musculaire, qui a enfin les mêmes propriétés électriques qu’elle, etc devait avoir la propriété
- de se contracter sous l’influence galvanique. En effet, je me suis convaincu, il y a six jours, de ce phénomène étonnant par des expériences réitérées.
- » Le 19 brumaire an xi, M. Collet, élève distingué de l’école de médecine, a été témoin d’une de mes expériences, et a eu la bonté de consigner ma découverte dans les journaux.
- » Nous avons pris le sang d’un bœuf, récemment égorgé, nous l’avons battu pour en obtenir la partie fibreuse ; nous avons mis cette fibrine en contact avec les conducteurs de fluide galvanique, et elle s’est contractée comme le muscle. Je poursuis mes expériences, et j’en donnerai les résultats (1).
- (1) On trouve dans le Journal de physique de germinal an xii, p. 3o5, un mémoire et des expériences curieuses ÎII.* Partie. S
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- Depuis M. Circaud a adressé à M. de la Mé-thérie une lettre qui renferme de plus grands détails , et que nous croyons devoir transcrire ici.
- « Mon clier maître, j’ai annoncé, dans votre dernier numéro, que je poursuivais mes recherches sur les phénomènes qu’éprouvait la fibrine sous l’influencé galvanique, et j’en donnerai bientôt le résultat ; mais ce résultat, les conséquences que j’ai à en tirer, et quelques ' nouvelles expériences que j’ai en vue, doivent faire un ouvrage complet que je publierai par la suite. Je vais seulement décrire aujourd’hui quelques-unes de mes expériences, auxquelles vous avez assisté, et qui vous ont assuré du Fait que j’avais avancé.
- Première expérience. — «( Température at-mosph., 9 deg. therm. centigrade). Un boeuf assommé à n heures 35 minutes du matin , fut saigné une minute et vingt secondes après; le sang en sortdnt de la veine ou de l’artère , ce dont il m’a été très-difficile de m’assurer ; ce sang, dis-je, avait trente-quatre degrés de
- de M. Circaud relatives à l’influence des artères cérébrales antérieures, autrement dites carotides, sur l’organe encéphalique.
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- température, thermomètre centigrade (1) : il fut battu pendant une minute, ensuite la fibrine se forma. Deux minutes après sa formation, elle fut soumise à l’action de l’appareil de Volta (2) , et se contracta. La contraction dura pendant sept minutes, d’une manière manifeste : le caillot, à 23 degrés de température, ne donna aucun indice de mouvement.
- Seconde expérience.—Un bœuf, assommé à 1 heure i3 minutes 2 secondes, fut saigné 1 minute et demie après; le sang avait 34 degrés de température ; baltu.pendant 1 ou 2 minutes, tantôt avec la main , tantôt avec un tube de verre , mais plus long-temps avec la main, la fibrine se forma; sa température était alors de 33 degrés. Cette fibrine , soumise à 1 heure 17 minutes à l’influence galvanique, n’a donné aucune trace de contraction.
- Cette expérience nous fit présumer que l’agitation avec le tube de verre aurait pu influer sur le résultat, et que la contraction n’avait
- (1) Ce thermomètre m’a toujours servi dans mes expériences.
- (a) Mon appareil était formé de 78 disques de cuivre, autant de zinc, et 78 rondelles de drap, imprégnées d’une dissolution de muriate d’ammoniaque dans l’eau.
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- eu lieu^que parce que-le sang avait été agité avec la main ; il fallut donc répéter l’expérience avec des tubes de verre seulement.
- Troisième expérience.—Un bœuf, assommé à 2 heures 17minutes,fut saigné à 2heures 18 minutcs.Le sang avait 33 à 34 degrés de température; agité avec trois tubes de verre d’un pied et demi de long, pour que les mains n’eussent aucune action directe , la fibrine se forma au bout d’une minute, et à 2 heures r 9 minutes, elle marquait 32 à 33 degrés de température. A 2 heures 20 minutes cette fibrine , soumise à l’action de l’appareil vertical, se contracta d’une manière très-sensible. La contraction dura pendant 40 minutes, c’est-à-dire , j usqu’à ce que la fibrine fut presque à la température atmosphérique ; car en l’arrosant de temps en temps avec du sang d’une température plus élevée , la contraction deyenait plus manifeste. Une dissolution de muriate d’ammoniaque dans l’eau ne réveilla nullement 'la contraction.
- Cette expérience prouve que, de quelque manière que soit agité le sang pour obtenir la fibrine, cette dernière est toujours contractile. Le défaut de succès dans la seconde expérience
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- a tenu sans doute à d’autres causes, que nous n’avions pu prévoir.
- Quatrième expérience. (1) — ( Température atmosphérique 10 degrés ). Un bœuf, assommé à i heure 55 minutes 3o secondes, fut saigné une minute après. Le sang avait 33 degrés de température ; battu avec la main pendant une minute , la fibrine se forma ,. et le thermomètre marquait un degré de moins. A une he ure 5g minutes, cette fibrine, soumise à l’action de l’appareil vertical, se contracta. Sa contraction devenait plus sensible, lorsqu’on la plongeait dans le sang qui avait vingt-deux degrés de température, et elle s’affaiblissait, à mesure que sa température diminuait. A deux heures trois-quarts, la contraction était encore très-sensible. Dans cette expérience, la dissolution froide du muriate d’ammoniaque, employée pour réveiller la contraction, ne produisit pas plus d’effet que dans la précédente (2).
- (1) M. de la Métlierie, témoin de cette expérience, a fait observer, que lorsque le conducteur, qui établissait le cercle, touchait le caillot et la fibrine qui étaient d’une couleur rouge-brune, ils devenaient d’un beau rose. Ce fait, encore nouveau, mérite de nouvelles recherches , qui pourront de conduire à des résultats trcs-iulé-ressans.
- (2) M. Circaud dit avoir fait encore des expériences sur
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- Ces expériences , sur la partie fibreuse du sang, prouvent que le muscle n’est pas contractile , à raison des nerfs qu’il reçoit, mais bien à raison d’une propriété qui nous est encore inconnue , et que nous nous efforçons de rechercher.
- 2.° Suite des expériences galvaniques sur Virritabilité de la fibrine et la décoloration du sang, par J. C. de la Méthérie (1).
- «Ën continuant, dit ce savant, MM. Circaud, Richard, Cortambert et moi, les expériences galvaniques sur l’irritabilité de la fibrine j nous avons observé que lorsque sa contractilité <Ji-ininue par le refroidissement, il suffit de l’arroser de sang chaud, pour lui rendre sa première irritabilité. »
- » Le sang paraît agir ici de deux manières ; i.° par la chaleur qu’il communique à la fibrine ; 2.0 parce que peut-être lui-même il contribue à augmenter l’irritabilité: car cette fibrine, bien lavée dans de l’eau, à la même température
- la fibrine du sang dépouillé de sa partie colorante, dans de l’eau marquant 35 degrés de température , et soumise ensuite à l’action de l’appareil vertical.il n’a observé aucune contraction, quoiqu’il fut armé d’une très-bonne loupe, (i) Journal de Physique , pluviôse auxi, p. iGi. .
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- que le sang, perd son irritabilité , et souvent ne se contracte plue.
- » Nous avons encore observé que le changement de couleur du sang n’avait lieu que,par le fil métallique qui communique au côté positif de la pile.
- * » Lorsqu’au contraire ce fil du côté positif était plongé dans la partie inférieure de la fibrine , et qu’on touchait sa partie supérieure couverte de sang, avec le fil qui communiquait au côté négatif de la pile, il n’y avait pas changement de copieur dans ce sang. »
- On sait.que lorsque les fils métalliques , qui communiquent à la pile, sont plongés dans l’eau , celui qui est du côté négatif, dégage de l’hydrogène, et celui du côté positif de l’oxygène. Or l’hydrogène rend le sang noir. Ainsi , il ne saurait changer la couleur de
- Mais l’oxygène donne une couleur Jloride au sang, et ici le sang n’est pas seulement floride, il'est presque blanc, parce que sans doute l’oxygénation eét plus considérable.
- Nous avons répété une partie de ces expériences en présence des docteurs Frenk et Maggetti, qui ont été témoins de ces phénomènes»
- N. B. Dans un discours préliminaire qui
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- est en tête du cahier du Journal de Physique pour nivôse an xm, et qui commence le tome LX, M. de la Méthérie rend compte, ainsi qu’il a coutume au commencement de chaque année , de la culture, dans le cours de l’année précédente, des differentes branches de la philosophie naturelle , et des différens faits auxquels elle a donné lieu. M. de la Méthérie dit peu de chose, p. 54, sur le galvanisme ; il ne fait qu’analyser les faits et les nouvelles vues de VassallL-Eandi sur cet agent; faits d’après lesquels ce physicien a cru pouvoir Conclure que le fluide galvanique est différent du fluide électrique; mais que souvent ils agissent ensemble (i).
- 3,n Expériences sur la fibrine du sang , faites
- à Boulogne par MM. Michel Médici , et
- Cajétan Gandolfi, docteurs en médecine (2).
- MM. Circaud, Richard, Cortambert, Collet, Meygret et de la Méthérie, ont publié dans le Journal de Physique ( frimaire , nivôse et pluviôse an xi) que la fibrine du sang, exposée à l’action du galvanisme , se contracte sensi-
- (1) Voyez plus haut, chap. XXIH. § I, n.°‘ IÎI et IV.
- (2) Bibliothèque italienne, vol. XI, p. i38.
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- blement, quelquefois même pendant 40 minutes , et que dans la partie seulement qui répond au pôle positif, sa couleur rouge obscure se change en un rouge pâle. De-là on a conclu que les muscles n’entrent pas en contraction par les nerfs dont ils sont pourvus, mais par une propriété jusqu’à présent inconnue, et on en a tiré plusieurs inductions propres à renverser la théorie de Galvani sur les mouvemens musculaires.
- MM. Medici et Gandolji ont répété à Boulogne, pendant l’été dernier, les expériences des physiciens français, avec toutes les précautions indiquées par M. Circaud; cependant les résultats qu’ils en ont obtenus ne sont point d’accord avec ceux indiqués dans les articles précédens.
- La fibrine, qui a servi aux expériences des physiciens de Boulogne,a été extraite, par les moyens ordinaires, du sang de l’homme, des bœufs et des moutons, le plus souvent aussitôt qu’on l’avait tirée des veines, et même des artères ; elle a toujours été conservée pour le moins à la température de 32° R., soit.en l’arrosant avec de l’eau chaude salée ou avec du sang nouvellement tiré, soit en enfonçant dans l’eau chaude le verre qui la tenait isolée. Les piles employées avaient depuis 45 jusqu’à g5 couples de disques de cuivre et de
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- zinc, séparées par des cartons mouillés dans 1* solution de muriale de soude, et par fois dans la solution d’ammoniaque. Dans une de ces expériences, la pile composée de 96 couples donnait des commotions violentes , et fondait un fil de fer. On n’a pourtant jamais vu, pas même avec le seconrs d’un bon microscope , la moindre contraction dans la fibrine, lorsqu’on complétait l’arc par la communication, soit avec le pôle positif, soit avec le pôle négatif, la fibrine faisant aussi partie de l’arc. On a seulement reconnu qu’elle laisse passer librement le fluide galvanique.
- Les observateurs italiens , trompés dans leur attente, se flattaient encore d’obtenir de la multiplicité des expériences, les phénomènes décrits par les physiciens français 4 c’est pourquoi ils ont continué et varié leurs essais au-delà de ce qu’avaient fait ceux-ci.
- Entre le plateau non conducteur, sur lequel était la fibrine , et la fibrine elle-même, on a mis une pièce d’argent, et on s’est servi d’un excitateur plus actif, suivant les observations de Volta\ ce moyen n’a pas produit plus d’effet. Quelques brins de fibrine ont été posés sur deux pièces métalliques, l’une de cuivre, l’autre de zinc; complétant ensuite l’arc, selon la méthode de Galvard, ces brins n’ont pas absolu-
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- ment manqué de se mouvoir; attachée à un fil qui faisait,partie de l’arc de la pile, la fibrine se tint également immobile ; mouillée même dans l’acide muriatique oxygéné , et exposée comme ci-dessus à l’influence galvanique, elle n’a point présenté de mouvement.
- Enfin, pour donner plus d’extension à leurs expériences, MM. Medici et Gandolfi ont exposé la fibrine à l’action de la machine électrique ordinaire : celle-ci donna de fortes étincelles, mais point de contraction dans cette partie du sang.
- On doit cependant remarquer, avec les physiciens de Boulogne, que quelquefois il se manifestait un peu de mouvement dans la fibrine, par lequel celle-ci s’approchait du fil qui terminait l’arc, lorsqu’on était sur le point de la toucher. ««Mais ce mouvement, disent-ils, n’a aucun rapport avec la contraction de la fibre musculaire , et dépend uniquement de l’attraction ; car il a lieu avant que l’extrémité de l’arc et la fibrine soient en contact ; ce n’est point un raccourcissement ni une crispation, comme dans la véritable contraction ; la fibrine se porte seulement vers l’extrémité de l’arc; on-peut exciter le même phénomène , en élevant la fibrine sur les doigts d’une main, et y approchant ensuite un doigt de l’autre main ;
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- on ne peut pas supposer dans ce fait l’action de l’arc excitateur , puisqu’on n’opère qu’avec des substances homogènès.
- On a aussi quelquefois observé du mouvement dans la fibrine , lorsqu’on portait immédiatement sur elle le. conducteur, et ce mouvement a été attribué à l’élasticité de la fibrine ; toutes les fois que le conducteur était porté doucement , ce mouvement ne paraissait point ; excité par l’attouchement un peu rude, il était limité aux points sur lesquels on avait posé le conducteur, et ressemblait au mouvement produit par la simple compression; il n’avait pas lieu, lorsque tenant constamment sur la fibrine une extrémité de l’arc , on faisait communiquer à plusieurs reprises l’autre extrémité avec la pile ; ni lorsque la fibrine étant posée sur une pièce d’argent, on formait la chaîne avec cette pièce.
- Pour ce quittent au changement de couleur dans la fibrine exposée à l’action de la pile, on a observé à Bologne qu’elle passe au blanc par le contact avec le pôle positif ; mais qu’en arrosant simplement cette partie du sang avec l’acide sulphurique ou avec l’acide muriatique oxigéné, on .obtient le même effet; que là où elle est en communication avec le pôle négatif, lafibrine prend une couleur gris-cendrée brune.
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- Mais ce phénomène ne se montrait qu’aux points du contact, s’évanouissait dès que le conducteur était séparé de la fibrine; il était plus marqué, lorsqu’on employait des conducteurs de fer, que lorsqu’on mettait en usage ceux de cuivre argenté ; il manquait même quelquefois dans le premier cas.
- Les physiciens de Boulogne se sont aussi occupé des effets du galvanisme sur le sang fluide et caillé , et sur quelques-unes de ses parties intégrantes. Ils ont plongé les conducteurs dans le sang en état de fluidité, et dans le résidu de céttè humeur dépouillée de la fibrine; mais le résultat n’en a pas été trop clair. Par la description de deux expériences , on apprend que des traces noirâtres paraissaient blanches du côté négatif, et presque écumeuses du côté positif ; on voit ensuite précisément le- contraire dans une troisième expérience. À l’égard de celle-ci, on trouva que les conducteurs de cuivre étaient plus actifs que ceux de fer et de laiton ; par rapport à une des premières, on vit que les conducteurs de fer agissaient mieux que les conducteurs de cuivre argenté.
- La couleur blanche n’était proprement, d’après les mêmes observateurs, qu’une écume formée par de petites bulles, qui peu à peu se
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- détachaient delà surface des conducteurs, et en partie y roulaient à l’entour, les unes annexées aux autres, de façon qu’elles disparaissaient, dès que les conducteurs étaient emportés.
- Le sang caillé, sur lequel on avait fait agir pendant 14 heures un conducteur de cuivre provenant du sommet de la pile, présentait une couleur rouge plus éclatante.
- La nature de la solution saline, dont étaient mouillés les cartons de la pile, influait beaucoup sur ces phénomènes : avec la solution . de muriate d’ammoniaque, la couleur changeait plus promptement et plus distinctement, qu’avec la solution de muriate de soude.
- « Il faut avouer, dit l'auteur de cet article, que je ne comprend 'guères comment on a pn déduire des observations précédentes, que la couleur de la fibrine et du sang devient plus obscure die côté positif, plus claire et presque blanche du côté négatif ; c’est la troisième des inductions par lesquelles MM. Medici et Gandolfi ont terminé leur Mémoire. Les autres inductions consistent dans les résultats ci-dessus énoncés.
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- 4° De Vinfluence galvanique sur le sang , par F. J. Double (i).
- «Depuis quelques jours, dit cet auteur, ôn annonce et on fait circuler avec emphase dans tous les journaux, la prétendue découverte de l’irritabilité, que manifeste la partie fibreuse du sang sous l’influence galvanique. Mais d’abord n’était-il pas raisonnable d’en soupçonner l’existence dans la fibrine, lorsqu’on savait que cette portion du fl uide sanguin est l’élément de la fibre musculaire, ou plutôt la fibre musculaire elle-même : le sang, disait Bordeu , n’est que de la chair coulante? N’était-il pas raisonnable de la soupçonner, d’après les nombreuses expériences faites par divers physiciens, et notamment d’après celles de Folwer, pour prouver l’empire du fluide galvanique sur les artères ; empire qui, comme on va le voir, ne s’exerce pas seulement par l’action de la membrane musculeuse de ces vaisseaux ; mais aussi à l’aide du fluide sanguin qu’ils contiennent. »
- « Fowler prit deux grenouilles d’égale force; il ouvrit à l’une les principales veines et artères, pour lui laisser perdre son sang; il in-
- (i) Recueil périodique de la Société de médecine, >iu. XVI, pluviôse an xi, p. 65.
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- jecta en place une solution aqueuse d’opium. Quant à l’autre, il se contenta de mêler au sang artériel une pareille dose d’opium, mais infiniment moins étendue d’eau, qu’il injecta par une incision faite au coeur. La première grenouille perdit son irritabilité plus d’une heure avant la seconde ; et elle cessa d’être sensible au galvanisme plus d’un jour avant l’autre.
- Fowler répéUi l’expérience d’une autre manière. Après avoir préalablement tué deux grenouilles, il injecta dans l’une treize gouttes seulement d’opium en place de sang; il en mêla autant avec le sang de l’autre. A l’instant où l’injection eut lieu , le cœur de chacune des deux grenouilles devint blanc, et perdit son irritabilité. Au bout de 48 heures , la première ne manifestait presque plus de sensibilité au galvanisme; et la seconde faisait des bonds sur la plaque de zinc. Après soixante douze heures , les contractions avaient cessé dans la première, tandis qu’elles étaient très-fortes dans la deuxième : Enfin au bout de quatre jours, la première était en putréfaction et les jambes de l’autre se montraient "encore susceptibles de l’infiuence galvanique.
- En examinant la table qu’a donnée M. Hum-boldb, des chaînons intermédiaires des soi-disant excitateurs et conducteurs de l’électri-
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- cité animale, le docteur Pfaff, observé que le sang'doit se trouver à une place plus élevée que celle que lui a assignée ce physicien , et il le prouve par Une suite d’expériences concluantes. Nous ne citerons" que la suivante , comme présentant Quelques rapports avec le sujet de 'notre discussion* Plüsieui’s fois le docteuravait augmenté ou même renouvelé la susceptibilité galvanique;, en mouillant le nerf avec du sang ;- léS mêmes phénomènes se manifestaient, lorsqu’au lieu d’appliquer le sang immédiatement^sur lé. Cordon nerveux , il lé mètfait sur ütf inorCéau d’éponge, suc tôüt autre corps conducteur placé aü-dessus du nerf. Eüfiii, le même physicien, en expérimentant le degré d’action des différens viscères y considérés comme membres de la' chaîne galvanique payant éprouvé dès effets plus ïé-marqnablbs de la'part de èés viscères; à mesure qu’ils contenaient une plus grande .quantité de sàng , à trouvé queiecœur:était un dés plus püissans excitateurs. Mais il à aussi vu. que le côeüi’fut surpassé TùMfrêmé'par le-sang présenté én substance et sür^toiit dans uii état cbncrèt. 1 1 ' ' ri::_ * °’y ;
- Cès réflexions infirment déjà 'sans doute la nouveauté de la prétendue découverte." Mais comment résistera-t-élle à la citation que nous
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- âge . H I S /T rO I R E .
- allons frire, d’après le , professeur,:.!^ qui l'a tirée . de, la Décide. .Philosophique * j ,n,° ÎII, pag. ii 8,' . an x. C’est; d’extrait -.d’.urje lettre k Volta^^v J. Tmrdm,, professeur à .l’école de médecine de Strasbouirg.-- . .
- » La confiance «tJ’dmiUé, dont Vpusm’aves donné si souvent des. preuves pendant :mon Séjour, enltalie, m’enbardissent.ditM. Tourtes, à voué. fioBfimuniquer. de-, résultat ^unn.oxpé-rien ce,qui r»é paraîtrésoudçe undps problèmes Jes.plus; constatés de, la physiologiecelui de la .vitalité' du , sang. Ge liquide . .dépouillé , de VLmneur, aqueqse ,de- la,lymphe, et .j&lujt-ft ,1a .partie fibreu?©* soumis à votre, appareil; gaL-V^pique, ou pour .mieux dire électrique,( jeap vps dernières recherches établissent„ d’une,îna-
- .niéK^Wcont^tahle, Identité des #didesgalvanique ^t-électrique,),,. expqsé .à unejteippé-, rat»î:fîd’eR)Wpn^ft)degré9,.dui t^pipjpètyg.x^e •IVéaqn^r^j jg?ésentq{ uj*, trempussenj^nÿ j -des .osciljatrpfla,-fUue,palpitation analogue-à.içælles .qu^ppQuye?jtles;çhairs d’un apimal qu’op vient d’égorger , un do^ r^ouy^ment de, contraction ,çp 4e dilatation , sensible à l’opil, arp^, d’une loupe, appanage caractéristique,de.-la^force (yi^le.'prppi5e aux; muscles , au tissu, cellulaire , etc. »... • , y. , ;( .. .(
- ; « Sans avoir,eu laprétention d’annoncer rien
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- de neuf , j’ai tâché cependant, dit M. Double, de rectifier une erreur de fait, et de réduire à sa juste valeur une découverte imaginaire.»
- «C’est la lecture de l’ouvrage de M. Sue, sur l’histoire du galvanisme, quia donné lieu à ces réflexions,; et c’est aussi chez lui que j’ai puisé les principaux nlatériaux dont je me suis appuyé. En rendant à cet estimable professeur tout ce que je lui dois sous ce rapport, je ne prétends point ajouter à l’intérêt assez géné-r ralement senti de son travail ; j’ai voulu seulement donner une'nouvelle preuve de l’utilité que peuvent présenter les ouvrages ex professa, sur l’histoire de chaque science. »'
- 7.° On lit dans la Bibliothèque italienne (j) des observations sur les expériences que le célè— ' bre. Jean Hunter rapporte (2) avoir faites pour établir la vitalité du sang.
- Les phénomènes qui les premiers frappèrent les yeux dé l’observateur physiologiste, furent
- (1) N.° IX, p. 193, et ntQ X, p. .49;
- (2) C’est dans le tom. III ‘dés Sciences et «les Âns Je la Bibliothèque Britannique', qu’on a puisé la nittiisé'de ces expériences, oit les rédacteurs donnent l’extrait du traité de cet auteur sur le sang et l'inflammation, etç.
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- Ja sensibilité et l’irritabilité. Mais il se contenta (de considérer ces propriétés ou forces dans les solides seuls, n’imaginant pas que les fluides pussent jouir aussi de propriétés vitales particulières. Barthez et Hunter paraissent avoir iélé les premiers qui .aient conçu 'cette idée, celui-là, dans son excellent ouvrage de la Science de l’Homme; celui-ci ,dans Son Traité sur le sang et l’inflammation , etc., imprimé à Londres en ï7<y4. Lfes-expériences qüe celui-ci a faites et d’où il déduit l’existence d’un principe de' vie dans les fluides’, regardent ï.o;la plus forte résistance que les substances animales font à la congélation ; 2.9 la CoagulatioU du sâhg accéléré par un plus fort degré de chaleur; 3,° celle qui se fait sans augmentation de chaleur, tandis que toits lés-cox-ps produisent de la chaleur en passant de Pétât dë fluidité à celui de solidité ; 4.0 énïîn l’ànalogié dès effets côn-tjçypant.la coag^jdiquflp .sang, et qui résultent des mêmes causes ,, qpj,i accélèrent ;ou empêchent la contraction musculaire.
- Pouf parvenir à établir son principe, Hunter raisonne ainsi : Tbtfe< -les' physiologistes sdnt d’accord que les,substances animales vivantes sont douées de la faculté de résister à la congélation-, et comme celle-ci, sur-tout quand •lie se fait lentement, est pour l’ordinaire
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- promptement suivie delà mort de la substance qui y est exposée, il y-a lieu de croire que si une substance, après avoir été gelée et dégelée, se gèle plus promptement qu’une autre' substance de même nature , qui n’a point è'iicore été gelée , c’est que le principe de vie , dont cette dernière est encore animée, lui donne le pouvoir de résister au froid, plus long-temps que celle qui a été privée de ce principe de vie par une première congélation.
- Dans cette opinion, Hunter fit geler des œufs frais, avec d’autres œufs fiais qui avoient été auparavant gelés et dégelés; il trouva dans la première expérience que l’œuf, qui n’avait pas encore été gelé, tarda sept minutes et demie de plus que l’autre qui fut soumis à regeler; dans la seconde expérience, il tarda 3o minutes de plus : dans la troisième, la différence fut de 25 minutes. Les grenouilles, les anguilles et les limaçons exposés au gel, donnèrent le même résultat.
- L’auteur des observations sur les expériences d'Hunter, en a fait lui-même de particulières , non seulement sur les œufs, mais même sur les semences (1), telles que celles du froment, d’haricot, du trèfle, etc.; le résultat qu’il en
- (i) Voyez la Bibliothèque Italienne, n." X, p.5x.
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- a tiré, est que la congélation , répétée sur les-ditessemences, ne détruit pas le principe de vie végétative, et que ce principe non seulement â la même force et la même énergie , dans les semences soumises au gel et au dégel , que dans celles qui n’ont souffert aucun gel ou qui ne l’ont éprouvé qu’une fois; et qu’au contraire elles ont acquis un plus fort développement , que celles qui n’ont point du tout été
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- c h a p rxi'î’ xxvu.1 .
- Différentes pièces téldiiv'es a là'1 pilé'dé. Volta, à sa colonne électrique pet aux' effets qu’elle peut produite.'
- , $, L.' - ••..!• :-p-
- l.° Observation sur Ici j/igorie de .Voita^^par M. NiçhplgQp,^). /. - ,
- M. Nickolson attribuant: à Volta lé î£rêteiiï-tion que1 les liquides’‘’n’è'iercent jamais !dans’ la pile d’autres fonctions" que celles”dé Conducteur’, lui oppose les'expériences dé 'Oafy, qui a formé une pile' aVèc tm seul métal, et' des couches alternatives de ;dtfîererts liquides, et il attribue à une ' tîdj» 'grande précipitation l’opinion que 1’énergiè''électrique est l’agent unique dans‘ les phénomènes de la pile.
- Dans une réponse' adressée aux rédacteurs du Jdurrikl ^ 'Vokdÿvêkïvè qu’il' n’a: jamais at-
- (i) Annales de chimie tom. XLII,p. i$7, et 'Bibliothèque Britannique tom. XIX, Sciences et Arts, p. 370» 374. Les travaux galvaniques de M. Nicholton sont relatés dans les deux premiers volumes de cette Histoire -, savoir :tome I, page 282 et suivantes, et tom. II, p. 184»
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- igfl H 18 TOU-RE
- tribué, aux métaux exclusivement, la faculté d’exciter le fluide électrique parleur contact mutuel, et que les observations de Davy sont parfaitement conformes, à la théorie q'ü’il â a établi?. Il insiste sur l’identité des effets d’un appareil électro-moteur avec ceux de l’électricité, qu’on obtient par une machine électrique , et il rappelle les ; expériences de van Ma-rum qui confirment directement celte identité.
- -P.agè 280 de ce journal, on lit que Volta, à la fin de sa réponse à quelques objections sur sa théorie , continue de donner des éclair-cissepxens sur cette théorie , qu’il a si solidement établie. Il fait voir que l’oxidafion des métaux n’est nullement la cause du courant électrique qui s’établit dans la pile ; mais qu’elle n’en est que l'effet, et que les liquides salins,'interposés entre les élémens de la pile, n’interviennent que* comme meilleurs conducteurs que l’eau simple. Il prouve que l’air n’est point nécessaire à-l’action de la pile» quoique-quelques variations, dans l’effet, puissent provenir de l’évaporation plus grande dans, le vide.
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- fi.* Description abrégée, de la pile électrique , par Alexandre Yolta (1).
- Sa construction.,, qui forme un nouvel'appa~ reil électro-moteur, est une des plus faciles et des plus commodes, ce qui la rend machine portative. Volta.observe que les sels qu’on ajoute à l’eau , avec laquelle on imbibe les disques de carton, de peau , de feutre ou de quel-qu’aulres matières spongieuses, capables de retenir long-temps le liquide, ne contribuent en rien pour accroître la force électrique, quoique la commotion soit plus sensible avec l’eau salée, qui, bien meilleur conducteur' que l’eau pure , laisse passer plus librement le courant électrique, lequel en conséquence produit des secousses plus fortes. Tout se réduit à entasser, les unes sur les autres, des doubles plaques de métal, qui toutes soient tournées dans le même sens, et à leur interposer autant de rondelles de carton mouillé. One pile de 28 écus de cinq francs ét d’autant dé disques de zinc, moulés sur les pièces, a donné à tout un auditoire des secousses très-fortes.
- (1) Journal de van Motus , p. iag,n.° 2 , et le Journal du Galvanisme, cahiers YI et VÎI. Voyez aussi le loin. II de l’Histoire du Galvanisme -, p. 56g.
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- Il est vrai que les cartons étaient imbibés d’eau
- ammoniacale.
- L’appareil de Volta, renfermé dans son étui de laiton, de manière que la basé de la pile repose sur le fond de l’étui » et que -le sommet; touche à son couvercle , sans que ces deux-pièces communiquent ensemble, est commode et portatif, et peut servir très-aisément à un grand nombre d’expériences', dont plusieurs sont décrites par Volta. Il avertit que la eha-> leur se fait, sentir beaucoup plus fortement , lorsque:la pile de zinc est tournée vers,le: bas,! que lorsqu’elle l’est vers le haut, c’est-à-dire, que l’électricité en moins! est beaucoup plus; piquante que,celle en plus. Mais pour avoir un appareil complet, on construit deux piles, qu’on renferme chacune dans son étui ; dans l’une le zinc est tourné en haut, et dans l’autre il l’est en bas.
- » J’omets, dit . Volta , le détail d’un grand nombre d’expériences, non seulement de di-, vertissement, mais sur-tout d’instruction,1qu’on pourra , à son idée, modifier /et exécuter avec, un appareil si commode , après en avoir bien conçu le jeu. » Il se contente de dire quelque chose relativement aux avantages qu’on peut en tirer sous le rapport chimique^et sous celui médical. Il décrit-la manière aussi prompte*,
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- que facile,de faire dans ces cas, les expériences, et il termine sa description par quelques avis qu’il croit utiles à ceux qui voudront tirer imparti avantageux de la pile, constituée comme il l’indique. »
- 3.° Construction nouvelle et commode de la-pile de Vol ta , par M. Voigt (1).
- Lorsque cette pile est composée d’un trop' grand nombre de disques, comme cela doit sur-tout être pour les expériences de combustion, il en résulte l’incommodité , que par la pression des couches supérieures, le liquide-des pièces d’interposition des couches inférieures est exprimé, de sorte que d’un côté' ces pièces deviennent trop peu humides , et de l’autre côté’les colonnes de verre se mouillent et perdent leur propriété isolante. Les plaques-métalliques même deviennent humides sur les-surfaces en contact, par le liquide qui découle. Personne n’a mieux senti ces inconvéniens que M. Van Marum qui, pour y remédier, a proposé de distribuer les piles en plusieurs.tas ; mais par cette méthode on n’atteint pas entiè—
- (1) Journal de Chimie de van Mous , n.° IX , p. 3a6. Voyez aussi la description de la pile de Valla, Journal du Galvanisme, n.° VI, p. 241- -I-'’ .
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- rement le but. désiré; car si les tas sont fort .petits, il faut trop les multiplier, et si on les fait un peu grands, l’inconvénient de l’expression du liquide renaît; le transport de pareilles piles est en outre dans tous les cas très-embarrassant. Une pile verticale d’une certaine hauteur a d’ailleurs l’inconvénient de se renverser, à moins qu’on ne la tienne en position par une monture. On ne peut de plus faire prendre à une pareille pile les différentes positions que les expériences exigent. On évite toutes ces incommodités par la construction horizontale de la pile , telle que l’a proposée M. Voigt, et telle qu’elle est représentée dans la planche qu’il a jointe à sa description. Voyez le Journal indiqué.
- Le même M. Voigt a fait une expérience curieuse sur la susceptibilité des côrps organisés d’éprouver la commotion galvanique. » Tandis, dit-il (i), que je m’occupais d’expériences sur la marche de ma pile horizontale, une visite du major Helvig me fournit l’occasion de voir un phénomène intéressant. Un tube de verre , long de 6 à 7 pouces et large de trois quarts de pouces à un pouce, fut rempli au sixiè • me de mercure, et le restant d’eau ; il fut fermé des.deux côtés par des bouchons de liège que
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- traversaient des fils de fer. Ces fils ne s’avançaient que d’un pouce dans le tube, de sorte qu’ils pouvaient rester distans l’un de l’autre de plusieurs pouces. On plaça le tube dans uné position horizontale, mais légèrement inclinée, à l’effet de faire couler le mercure vers une extrémité. Le fil ne pouvait point toucher au mercure,. mais devait passer immédiatement au-dessus.
- En mettant en communication le fil, du côté du mercure, avec l’extrémité négative de la pile , et en fermant le cercle du côté positif, on remarqua un frémissement dans toute la masse du merCure, à peu près semblable aux mouvemens convulsifs d’une grenouille préparée., et le mercure s’oxida en même temps très promptement et très-fortement d’un côté. Ce mouvement qui se transmit jusqu’aux plus petites particules du mercure , se distingue très-sensiblement de tout autre mouvement qui serait communiqué par un ehoo mécanique*contre le tube, lequel est plus ondulant. M. Ritier, qui était présent à cette expérience , assura avoir produit le même phénomène, et d’une, manière encore plus marquée, avec les très-grandes batteries de Gotha; A cette occasiôn , il fit part que l’activité de la pile est considérablement., augmentée # en se servant', pour liquide d’interposition, d’une lessive sa-
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- turée et chaude de soude muriatée, mêlée avec du fiel de bœuf, ou à son défaut, avec de la teift tare de tournesol; il dit de plus, que, pour pièces d’interposition, le carton mince est préférable à toute autre substance ; qu’on fait bien,, avant de monter la pile, d’échauffer les disques, et 'qu’on épuise la pile, en faisant des expériences d’essai pendant qu’on la monte.
- En mettant à profit ces différentes observations, M.Voigt a remarqué un accroissement d’activité de ma pile qui a surpassé toutes ses attentes. Des fils de fer, de lagrosseur d'une aiguille à tricolter ordinaire, et pen aigus, donnèrent des étincelles extrêmement éblouissantes, et se fondirent, par (leur contact, tellement ensemble1, qu’ils ne purent plus facilement être séparés par leur propre poids. Lorsque, par un fil de fer, on touchait à l’extrémité métallique opposée. de la pile,.les étincelles paient tellement fortes et tellement jaillissantes, que plusieurs avaient la longueur d’un pouce. Les commotions qui, par l’attôuchejqent immédiat aux plaques, ne sont que peu sensibles, deviennent insup-^ portables, lorsqu’on tient dans lamain de grosse^ masses métalliques, et que par leur intermède çn ferme la chaîne. M. Bitter se sert a cet effet de grosses boules de fer, pesant plusieurs libres; mais avec des cuillers d’argent, les se*
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- eousses étaient déjà tellement violentes , que rarement.on a tenté de les rpcevoir .une seconde fois.
- 4-° Expériences sur l’activité d’une pile de Vol ta dans laquelle les corps humides sont remplacés par des couches .minces d’air , par M. Dyckhoff (1).
- M- Ritbér -a fait la remarque que tous leS corps quii, interposés entre les élémens de la pile, excitent de l’électricité, ne sont actifs qu’autant qu’ils contiennent de l’humidité, et il prétend, que c’est une chose-iriipossible'de construire une pile active sans l’intervention d’uncorps humide. M. Dyckhoff oppose à cette assertion une expérience qui la contredit. Ii a construit une pile avec des disques de cuivre, de zinc et dé petits-morceaux de verre vert, mince,. de la grandeur environ d’une lentille, qu’il plaça, ail nombre de trois.et en triangle, au# intervalles qui séparent les couches métalliques,. en sorte qu’il se trouvait., entre chaque élément, au lieu d’ün éorps;liquide, une oouçjhe mince d’air. 11 a obtenu de ,ce.tte pile ,lçs résultats. suivans :. -
- (1) Journal de chimie, n.o 11, p. 190.
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- i.° Une pile de io couches , éprouvée à l’aidé du condensateur, affecta l’électro-mètrë avec la même force qu’une pile ordinaire dé cinq couches. .
- a.” L’action resta invariable aussi long-temps que l’air fut sec; l’air humide parut moins favorable à cette pile.
- 3.° Le même degré d’électricité fut communiqué par cette pile à une bouteille de Kleist.
- Les disques n’avaient que trois pouces dè diamètre. Comme ils avâient déjà servi à là construction d’une pile interposée d’humidité, et qu’ils étaient fort corrodés, M.Dyckhofffit emporter les parties oxideusés par la limé ; mais les disques restèrent toujours raboteux et inégaux ; il attribue à cette circonstance la cause pour laquelle il n’a pas obtenu un plus haut degré d’électricité. Quoiqu’il rt’ait pas eu occà^-sion de répéter cette expérience- én grand, le résultat qu’il a obtenu lui parait suffisant pour jeter au moins du doute sur l’ftssertion' de M. Jiitter. En effet, onhe voit pas pourquoi, dans -la pile de Volta, le verre etdes-eouches mincés de cire à cacheter ne produiraiènt-pas le mêmfe effet que dans le condensateur. Pour que l’ex-périence réussisse, il faut que lesmoi’ceaux de verre soient les plus minces et les plus égaux qu’il soit possible ; car sila.côüche d’air est trop épaisse ,
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- épaisse, il est naturel que l’électricité , qui est excitée à un si faible degré par le contact des deux métaux, soit sans activité sur les couches métalliques voisines.
- 5.° Extrait d’unelettre de M. Bouvier, de Jo-
- doigne, sur la- substitution de la pile de
- Vol ta au briquet physique (1).
- »J’ai fait ,dit M. Bouvier, une expérience de combustion galvanique, d’après laquelle la pile peut être substituée au briquet. Ayant monté une pile de cent couches de zinc , argent et drap imprégné de saumure, j’ai voulu allumer , à son aide , du brûlé de toile de lin; mais je n’ai réussi qu’à tirer des étincelles, sans combustion. J’ai alors remplacé le brûlé par de la mouchure de chandelle séchée sur la poêle; celle-ci a pris feu et a communiqué la flamme à une allumette , avec laquelle j’ai allumé une chandelle. Voilà donc le briquet remplacé par la pile. La mouchure de lampe, ainsi que le brûlé de toijc de coton , ont également réussi dans cette expérience, mais moins bien que la mouchure de chandelle ; celle-ci prend feu aussitôt, au lieu que les autres demandent des
- (i) Journal de van Mons , n.o XI, p. 207.
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- nttouchemens réitérés aVec le fil directeur que je préfère eri fer, et pour bien faire, on doit tirer les étincelles sur les boids. Cependant on réussit encore visiblement bien , et on obtient du feu, dès les premiers attouchemens, en rendant la matière un pèii compacte par la compression. Je ne dois pas oublier de dire qu’on peut obtenir cëtté combustion avec 24 couches et moins, disposées en pile large de 6 couches, à la manière de van Marum, ou avec une pile à larges plaques, dite de Fourcroy, de quatre couches.»
- 6.6 Expériences sur le rerhplacè'fàerib des corps humides par une couché fnincê d’air dans la pile de Volta, par M. S. P. Bouvier, de Jodoigrie (i).
- « En lisant dansle n.°II du Journal de Chimie et dé Physique, l’annonce de M. DycMioff, sur la faculté galvano - conductrice d’une couché mince d’air, je n’eus rien de si empressé, dit M. Bouvier, que de m’assurer de la réalité de cé-fait par les expériences suivantes. »
- » Première expérience. — J’arrangeai 20 tas de 5 doubles disques, zinc et argent, que j’inter-
- (1) Journal de vanMons, n.° 12, g. 3og.
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- posai de petites rondelles du verre le plus mince que je pus me procurer, et je les accumulai en une seule pile, composée par conséquent de 100 paires. J’essayai d’abord dé recevoir la secousse de cette pile , et ensuite je voulus seulement en prendre la saveur; mais ces deux effets furent absolument nuis. Je n’obtins pas plus d’effet avec des disques në-toyés à neuf. Le résultat fut le même avec des disques réchauffés. Je répétai, cette expérience en n’interposant que la cinquième partie de ma pile; mais l’effet fut toujours nul : je répétai encore la même expérience , en disposant mes couches en pile large de 5 disques; l’effet ne fut pas différent.
- » Deuxième expériencé. •— Je remontai la pile , comme dâns l’expérience précédente, et j’éprouvai son pouvoir attractif sur un fil à broder , dit d’argent. Le fil rèsta absolument immobile ; cèpendant cinq paîrès interposées de substance humide, affectèrent très-sensibïé-ment ce fil. »
- » Cette’ attraction si marquée , qu’un petit nombre d’élémens galvaniques exercé sur un fil de métal très-mobile, indique peut-être dans ce moyen la meilleure mesure électro - galvanique dont nous soyons en possession. »
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- » Troisième expérience. — Enfin, je montai une pile de 4o paires , interposées de cartons trempés dans de l’eau de sel. Cette pile donnait des commotions violentes et de fortes étincelles. Je la terminai de part et d’autre par une paire interposée d’une couche d’air, et j’en essayai à la fois la commotion et le goût, en communiquant par une main plongée dans l’eau salée avec sa base et avec son sommet, çt par la langue appliquée sur le bouton qui la couronnait ; mais je n’éprouvai ni l’une ni l’autre sensation.
- » Je n’avais point à ma disposition un conducteur assez parfait pour mesurer, dans ces diverses circonstances, la tension latente, si je peux m’exprimer ainsi , de la pile à couches d’air. Je dis assez parfait, parce qu’il s’agit non de s’assurer d’un excitement absolu, qu’on obtient toujours par la communication des élé-mens extrêmes , mais d’un excitement relatif au nombre des élémens dont la pile est com-
- » Si ces expériences ne prouvent point,d’une manière absolue, qu’une couche d’air isole les élémens de la pile, au moins démontrent-elles que le pouvoir conducteur d’une pareille couche est très-faible , et qu’on ne pourra jamais espérer d’en tirer pour les travaux
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- galvaniques les secours, dont l’annonce de M. Dyckhoffnous faisait entrevoir l’espcrance.»
- 7.0 Expériences sur le galvanisme de la pile
- de Volta, plongée dans T eau, par Lagrave (1).
- « Quelques expériences m’ont prouvé que la pile , plongée dans l’eau , donne des signes galvaniques , et qu’elle doit, dans cette circonstance , suivre la théorie établie par Volta, qui est qu'une somme de disques métalliques, interposés les uns sur les autres , sans intermé~ diaires de rondelettes de carton ou de drap , n agirait que comme un couple.
- » L’analogie faisait présumer qu’en plongeant une pile dans l’eau elle devait rentrer dans cette règle ,'parce que, l’eau étant un très-bon conducteur, elle entre en communication avec tous les disques de la pile , et n’en fait, pour ainsi dire , qu’une masse par le contact intime qu’elle exerce sur tous les points des disques. On devait croire qu'on s’était trop avancé en disant qu’une pile, ainsi plongée dans l’eau , ne donnait pas un seul atome de fluide galvanique ; c’est ce que j’ai cherché à constater par l’expérience.
- (1) Extrait du Journal P. 47a.
- de Physique, prairial au n ,
- V 3
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- Si» HISTOIRE
- » J’ai mis une grenouille en contact avec une pile qui était plongée dans l’eau, et la grenouille est entrée en contraction. Ce qui m’a démontré de plus en plps l’action galvanique de la pile, c’est qu’il se dégageait de temps en temps quelques bulles d'air de dessus tous les points des disques. C’était un effet chimique galvanique qui ne pouvait avoir lieu qu’autant que les métaux exerçaient une action considérable sur l’eau. J’ai varié les expériences , et toujours j’ai obtenu les mêmes contractions des grenouilles et la décomposition de l’eau. L’expérience AéNL.TVolaston m’a paru se rapprocher beaucoup de la mienne ; il est inutile que je la décrive , étant assez connue. M. Legallois en a fait aussi d’analogues ; mais comme je doute de leur publicité, je m’abstiendrai d’en parler. »
- «J’ai varié mes expériences et employé diverses substances salines. Voici celles de ces expériences qui m’ont paru les plus intéressantes.»
- Première expérience. — » J’ai mis dans un grand vase d’eau salée cent couples de disques bien décapés ; de suite une infinité de petits globules d’air se sont détachés de la colonne, et sont montés sur la surface de l’eau : une grenouille, mise en contact à l’horizon de l’eau, est entrée en contraction.
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- Deuxième expérience.—J’ai mi» une couple de disques bien décapés, jusqu’à la rendre brillante , dan» un verre plein d’eau pure. La décomposition a eu lieu à un assez haut degré ; la couple de disque, sortie de l’eau, était un peu oxidée : une grenouille,mise en contacta dopnê des contractions.
- Troisième expérience.—J’ai mis dans un autre verre, de même grandeur, d’autres disques décapés avec le même soin, dans une décoction de potasse de soude ; la décomposition a été plus forte, les métaux étaient très-oxidés ; une grenouille en contact a aussi dqnné des con,-* tractions.
- Quatrième expérience. — Du nitrate de potasse a donné encore plus fort. L’oxidation des métaux était plus forte aussi , et les .grenouilles ont donné la même contraction.
- Cinquième expérience.—Tartrite acidulé de potasse, décomposition, oximation des métaux,, contraction des grenouilles, les mêmes que précédemment.
- Sixième expérience. — Oxalate de potasse , décomposition moyenne, l’oxidation des métaux moyenne aussi, et les grenouilles de même.
- Septième expérience. — Muriate de potasse,
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- n’a donné que de légers effets ; l’ôxldation des
- métaux légère aussi.
- Huitième expérience» — Sulfate, de potasse , décomposilion moins forte que la précédente; l’oxidation des disques insensible ; toujours contractions des grenouilles, mais très-faibles.
- J’observerai que j’ai répété chacune de ces opérations plusieurs fois, non pour savoir seu-, lement si la durée de la décomposition avait lieu plusieurs jours, mais encore si elle agissait long-temps avec la même force. J’ai remarqué que dans les verres, où la décomposition avait lieu le plus fortement, elle ne se ralentissait qu’au dixième ou douzième jour, çt que dans les autres elle commençait à se ralentir au troisième ou au quatrième jour. J’ai réfbarqué encore que toutes les dissolutions de sel ont fourni des cristaux.
- Il m’a semblé que les métaux, car les cristaux ont ici exercé un mouvement attractif, étaient rangés d’une manière symétrique sur les dif-férens points des disques; ce qui me le fait croire, c’est qu’il n’y en avait pas d’attaché aux parois des verres. Les cristaux différaient à la vérité entre eux; mais cela venait de l’intégrité moléculaire des différens sels.
- Je continuai ma suite d’expériences sur des liqueurs spiritueuses, telles que l’esprit-de-vin,
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- l’eau-de-vie, le vin naturel, l’eau-de-vie de lavande, l’eau dè fleur d’orange et le vinaigre.
- Première expérience.—L’esprit-de-vin ne ma donné presque rien, c’est-à-dire, quelques légères bulles seulement; l’oxidation des disques fut insensible.
- Deuxième expérience. — L’eau-de-vie n’a presque rien.donné non plus, mais il y a eu un précipité ; les métaux sont restés intacts, quant à l’oxidation.
- Troisième expérience. — L’eau-de-vie de lavande n’a absolument rien donné.
- Quatrième expérience. — L’eau de fleurs d’orange de même.
- Cinquième expérience. — Le vin a donné quelques bulles, mais presque pas d’oxidation, et il s’est précipité.
- Sixième expérience. — Le vinaigre a été décomposé plus que tous les autres fluides, dont je me suis servi dans mes expériences. L’action des métaux a été si forte ici , qu’il s’est formé une couche d’écume dans mon verre, de l’épaisseur de plus d’un demi-pouce; la décomposition a eu lieu très-fortement et pendant plus de vingt jours. J’ai remarqué qu’elle a toujours été régulière, jusqu’à ce qu’il se soit fait un précipité. Il est vrai que le vinaigre a dû agir ici
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- comme un acide. J’ai soumis aux mêmes expériences du sang et del’uririe. Je n’ai rien obtenu.
- Je crois qu'on peut faire des applications de la plus grande importance de ces phénomènes galvaniques aux autres phénomènes de la nature. J’ai déjà cherché à les appliquer à la théorie des volcans. Dès les premières fois que je vis l’effet de la colonne de Volta, et surtout dès la première fois que j’en ressentis les commotions, je me dis : cette foudre est la même que celle qui incendie lps montagnes et les pays volcaniques. Dès ce moment je cherchai la manière d’expliquer cet étonnant phénomène. J’ai déjà fait à ce sujet un travail qui sera l’objet d’un Mémoire, dans lequel je tâcherai d’expliquer les sublimes effets de la nature, d’après les expériences citées ci-dessus. »
- On trouve la suite de ces expériences du même auteur, dans le Journal de Physique , thermidor an xi , p. 14p. Dans cette suite d’expériences, je prouve par le fait, dit M. Lagrave.que la pile plongée dans l’eau donne des signes de fluide galvanique. Je rapporte a l’appui de mon opinion, les expériences qui m’ont servi à le prouver. Je conclus, en disant que je crois qu’on peut, d’après ces faits, faire des applications de la plus grande impor-
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- tance pour l’explication des volcans ; je tâcherai de les expliquer dans un nouveau travail qui sera l’objet d’un Mémoire particulier, que je ne puis présenter encore au public par des circonstances particulières. J’ai pour but en attendant de démontrer dans celui-ci que la pile plongée dans l’eau agit sur l’eau pour en développer la décomposition, comme agit la pile plongée dans l’atmosphère pour en développer le fluide électrique ; c’est-à-dire que l’eay. se décompose par la force du nombre des couples de disques, i,2,3, 4, 5,6, etc., etc., interposés les uns sur les autres, comme la pile le fait dans l’atmosphère , pour augmenter l’intensité du fluide galvanique.
- Oft me demandera pourquoi la pile plongée dans l’eau ne donne de fluide galvanique que comme une couple, et pourquoi elle décompose l’eau, comme la pile développe le fluide électrique dans l’atmosphère ; je n’ai pour réponse à donner que le fait.
- J’ai conclu, dans mon Mémoire, que la pile plongée dans l’eau ne donne que comme une couple ; j’ai conclu ainsi parce que je n’ai obtenu que les effets de l’intensité d’une couple. On va voir ici que je n’ai dit que d’après des faits que la pile plongée dans l’eau la décompose , d’autant plus que le nombre des
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- couples de disques est multiplié. i.° J’ai mis une couple de disques bien décapés dans une cloche pleine d’eau pure ; j’ai obtenu un vingt-quatrième de pouce cube d’air inflammable en 6 heures.
- J’en ai mis douze autres dans la même cloche, il s’est dégagé un demi-pouce -dans les mêmes 6 heures ; trente n’ont donné que cinq sixièmes de pouce ; soixante ont donné trois pouces un dixième, toujours dans le même temps.
- 2.° Quatre disques plongés dans de l’oxalate de potasse m’en ont donné en 4 heures trois quarts de pouce ; seize en ont donné dans le même espace deux pouces un quart ; quarante ont donné six pouces un dixième ; soixante , huit pouces.
- 5.° Deux couples de muriate de potasse ont donné en 524 heures un pouce un vingtième ; six , cinq pouces ; douze, sept pouces un sixième ; vingt, dans 4 heures que le vase est resté au soleil , ont donné neuf pouces , et n’ont donné , dans les autres 20 heures , que cinq pouces un troisième , ce qui fait dans les 24 heures quatorze pouces un tiers; cinquante ont donné extraordinairement je ne l’ai pas mesuré , mais je l’estime de dix-sept à dix-huit pouces.
- 4.0 Deux couples dans du vinaigre , en 6
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- heures , ont donné cinq pouces deux tiers ; huit, dans le même temps , ont donné onze pouces ; vingt m’ont mis dans l’impossibilité de le mesurer, ne m’attendant pas à un dégagement si prompt ; j’en ai essayé quarante qui dans une heure m’ont donné tant de gaz que le vinaigre était épuisé ; les disques étaient plongés dans l’air inflammable, que j’ai évalué de 3o à 55 pouces cubes.
- On voit, d’après ces expériences, que la pile plongée dans l’eau suit la règle établie sur le développement du fluide galvanique ordinaire , et que s’il y a une différence dans les deux fluides obtenus de ces . deux différentes manières , cela tient plutôt à leur intensité qu’à la qualité; car tous les dégagemens, obtenus de ces différens liquides, étaient de l’air inflammable très-pur : je ne crois pas, que l’on puisse prouver, dans l’état de nos connaissances actuelles , que le fluide électrique n’est pas l’air inflammable;l’analogie porte à croire que cet air et le fluide électrique sont les mêmes. Je ne trouve dans mes expériences de différence entre eux que dans leur intensité. J’ai remarqué que la décomposition étaitplus oumoins forte,suivant l’heure et le degré de chaleur , qu’elle était beaucoup plus forte de midi à trois heures, qu’à toute autre heure de la journée- La nuit
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- 5i8 HISTOIRE
- telle se ralentit beaucoup, sur-tout si on laisse la cloche exposée au courant d’air. Ces expériences paraissent arides ; j’avoue qu’elles m’ont souvent impatienté; mais comme je trouve de plus en plus ces phénomènes applicables à la théorie des volcans, et même que toutes ces petites opérations chimiques me paraissent être en leur- particulier de petits volcans, je me plais par cette seule raison à les suivre.
- J’en ai fait part, depuis sept à huit mois que je m’en occupe, à plusieurs personnes très-recommandables et qui veulent bien m’honorer de leur amitié ; elles m’ont encouragé à continuer mes expériences, et à en faire les appli-, cations dont je les crois susceptibles.
- M. Aldini, l’un de mes plus estimables con-lidens, a porté la complaisance jusqu’à vouloir que j’én fisse quelques - unes en sa présence elles ont paru le satisfaire.
- L’oxidation, quoiqu’incomplelte, a été constante dans toutes mes opérations ; mais une des particularités remarquables, c’est l’attraction qu’exercent les disques de zinc sur ceux de cuivre ; ils attirent les molécules de ces dernièrs jusqu’à en faire une couche qui donne à ce métal une couleur cuivreuse. Ils attirent aussi de petits cristaux de sel; s’ils sont plongés dans une dissolution saline. Cette singularité est une
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- preuve incontestable de l’action que le zinc a sur le cuivre, et fait voir la juste dénomination de positifs et de néga tifs donnée aux disques qui forment une pile. J’ai pesé mes disques àvarit et après nies opérations , et j’ai toujours trouvé leur poids augmenté après mes expériences, ët sur-tout ceux de zinc. Quanta ceux de cuivre, il n’y avait pas grande différence.
- Ces observations me portent à croire que le fluide galvanique ou électrique, que développe la pile, n’est pas dû à l’oxidation,comme quelques personnes le croient. Je me fonde sür ce qüé je trouve constamment, après mes opérations, un surcroît de poids à mes disques. Je me suis convaincu que les métaux ne faisaient pas une assez grande perte de leurs molécules intégrantes, pour développer la grande quantité de fluide que donne la colonne de Volta.
- Je suis ces remarques; je vais faire des expériences avec le plus d’exactitude qu’il me sera possible ; je suis persuadé qù’on parviendra, avant qu’il Sbit peu , à prouver physiquement que le fluide galvanique développé est dû à un fluide mis en mouvement par lès métaux, et qu’il est lui-même; par Cette vive action, transformé de fluide frbid et pesant én fluide brûlant et léger, et que l’air inflammable qui se dégage
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- 3 jo HISTOIRE
- par la décomposition de l’eau , est l’agent itt-oendiaire des foudres souterraines. J’espère prouver cela de la manière la plus évidente dans le travail que j’ai annoncé , comme je crois avoir prouvé ici que la colonne de Volta, plongée dans l’eau, la décompose avec la même force qu’elle développe le fluide galvanique , étant plongée dans l’atmosphère.
- On se rappelle qu’on faisait autrefois de prétendu volcans avec du soufre, de l’eau et de la limaille de fer. J’en ai fait que je crois réels, avecdel’air inflammable obtenu par l’action des métaux. C’est ainsi que je me sers de l’expérience pour déveloper une partie, qui est en elle-même trop hypothétique pour l’abandonner au vague de l’imagination.
- 8." Expériences sur la dépendance des phénomènes électriques du travail chimique de la pile par le docteur Wollaston (ï).
- Ces expériences, au nombre de dix, ont fait conclure à l’auteur que la production des phénomènes galvaniques est dépendante de l’action chimique de l’air et des liquides d’interposition
- (1) Journal de Chimie de van Mons, n.° TV, p. 14. et pliilosopliical transactions pour l’année 1801, a.° partie, voyez aussi le tom, II de l’Histoire du Galvanisme; p. 195.
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- sur l’élément métallique delà pile , et que cette action ne: reçoit aucune influence de la part du fluide excité. Il dit que le dégagement du gaz hydrogène de dessus le métal non oxidé dans les deux premières expériences, dépend de la décomposition du liquide aqueux par le fluide électrique ; mais cet effet ne dépend - il pas plutôt du transport du gaz hydrogène dégagé par le métal disëolubJe, lequel gaz est entraîné par le courant électrique qui s’établit au contact des deux métaux ?
- Dans sa troisième expérience M. Wollaston suppose que le cuivre est précipité sur le fer par l’électricité, qui se développe pendant la dissolution de ce dernier métal, et que l’argent, comme conducteur de ce fluide, opère la même précipitation.
- Dans sa quatrième expérience il attribue la dissolution du cuivre à une oxidation, qu’il aurait éprouvée de la part du fluide positif. Il estime, d’après cette expérience et les deux suivantes , qu’à l’aide d’un fil de deux pouces inséré dans un tube de verre, l’eau se décomposera par des étincelles tirées à la distance de quatre dixièmes de pouce. Ces expériences prouvent encore , avec la septième , qu’on a eu tort de croire que la décomposition de l’eau, ainsi que l’oxidation des métaux, exigent un»
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- décharge électrique considérable. Elles font aussi voir que la plus grande activité à produire ces effets, dont jouit le fluide de la pile sur celui des machines ordinaires, dépend au contraire de la petite quantité de fluidequi passe à la fois et de son courant non interrompu.
- Dans la dixième et dernière expérience , l’auteur fait remarquer une nouvelle analogie entre la pile et les appareils ordinaires, savoir que le métal qui., par son oxidation , excite le fluide, se trouve, dans l’un et l’autre appareil, dans un état négatif d’électrisation.
- Nous avons donné dans le deuxième volume de cette histoire, p. ig5, l’extrait des expériences de M. TVollaston sur la production chimique et l’influence de l’électricité galvaniqne. Nous avons dit qu’elles avaient été traduites dans la Bibliothèque britannique ; elles l’ont aussi été en italien dans le n.° II du Journal intitulé : Bulletino del consiglio subalpino di sanita ossia giornale Jîsico-medico del Pie-monte , i3 maio, anno x.
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- CHAPITRE XXVIII.
- Suite des expériences et obseivations sur les .effets de la pile galvanique.
- .$• I.
- l.° Construction d’une pile galvanique avec du charbon et divers fluides, par M. Davy (1).
- I. En mettant un morceau de charbon bien brûlé , en contact d’un côté avec de l’eau, et de l’autre avec de l’acide nitrique, et en faisant communiquer les deux fluides entx'e eux, on forme un élément galvanique capable de manifester son action sur la grenouille et sur les divers organes, des sens.
- II. En réunissant plusieurs de ces élémens, on peut former une batterie galvanique ; mais dans ce cas , les élémens liquides ne pouvant se trouver en contact immédiat, on doit les faire communiquer entre eux dans un ordre régulier, tel que charbon, eau, acide, et ainsi de suite.
- La meilleure méthode de faire cette sorte de combinaison galvanique, est par le moyen de
- (i) Journal de Chimie, n.° VI, p. 292.
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- verres contenant alternativement de l’eau et de l’acide nitrique , qu’on fait communiquer ensemble par des draps mouillés. Le charbon, pour cet usage , doit être fait de bois dur, tel que celui des boîtes de lignum vitce. Par ce moyen , on empêche que les liquides le pé- nètrent beaucoup plus loin qu’aux endroits en contact. On doit arranger le charbon en arc , et faire, à leur aide , communiquer ensemble deux verres ; mais dans le cas où ces arcs ne pourraient être faits d’une seule pièce, on peut réunir sous l’angle convenable, par du fil de soie, deux listes de charbon , suffisamment longues et minces.
- IV. Vingt séries réunies de cette manière en batterie, produisent des secousses faibles, mais sensibles. En remplaçant une des séries par une série métallique composée d’un fil d’or, et de deux verres contenant de l’eau, l’extrémité du fil , qui plonge dans l’eau , remplaçant l’acide , donne du gaz hydrogène, tandis que celui dans l’autre verre donne du gaz oxigène.
- V. On peut, dans ces batteries, substituer l’acide sulfurique à l’acide nitrique, et une solution de sulfure de potasse à l’eau, sans qu’il en résulte aucun changement d’action. Cependant, la solution de sulfure semble, jusqu’à certain point augmenter l’intensité de l’effet, et des
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- combinaisons de ce liquide avec du charbon dense et de l’acide nitrique concentré, paraissent plus actifs que des combinaisons de cuivre avec les mêmes liquides, et sont presque aussi actifs que ceux composés de zinc, argent et
- Nous en dirons à peu près autant du rapport de M. Davy sur quelques combinaisons galvaniques formées par la disposition de plaques , métalliques de même nature et de conducteurs humides , dans un ordre analogue à celui del’appareil de Volta (i).
- On sait que toutes les combinaisons galvaniques analogues à son nouvel appareil, qui ont été décrites jusqu’ici, consistent dans une série de deux substances métalliques, ou d’un métal et de charbon, et d’une couche de liquide. On croit même généralement que l’activité de eet appareil dépend, à un certain point, du différent pouvoir conducteur de l’électricité, dont jouit chaque métal. M. Dmy a été plus loin , il dit avoir trouvé qu’une accumulation de l’influence galvanique peut être produite de la même manière que dans la pile à double métal, par des plaques métalliques ou des arcs de même nature , avec différentes couches de li-
- ft) Journal de chimie de vau Mont,n.0 6, p. 26t.
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- quide. Le raisonnement qui l’a condnità cette découverte a été le résultat de l’observation que le travail chimique influe sur le développement de la puissance galvanique.
- M. Davy a fait plusieurs expériences avec des plaques métalliques de même nature et des fluides différemment disposés; et après un grand nombre d’essais , il assure que plusieurs de ces combinaisons peuvent être rendues actives, non seulement lorsque les métaux éprouvent une oxidation, mais encore lorsqu’il se passe seulement un changement chimique dans quelqu’une de leurs parties. Il divise en trois classes les différentes combinaisons formées de plaques métalliques et de même espèce avec différens liquides, et il les présente dans l’ordre des dates de leur découverte. La première classe , la moins active, est composée de plaques métalliques ou arcs de même nature , disposés de manière que deux de leurs surfaces ou leurs extrémités opposées Soient en contact avec deux fluides dont l’un seulement soit capable d’oxiderle métal, tel que le zinc, l’étain, etd.
- La deuxième classe, avec des plaques du même métal, résulte de plaques ou arcs capables d’agir sur l’hydrogène sulfuré, ou sur les sulfures dissous dans de l’eau, que l’on range par séries avec des solutions d’hydro-siilfure de potasse et de
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- l’eau, de manière que chaque pièce de métal soit en contact d’un côlé avec l’eau, et de l’autre côté avec l’hydro-sulfure. Le cuivre dans cette classe de batterie est plus actif que l’argent, et celui-ci l’est plus que le plomb.
- La troisième classe de combinaisons galvaniques, la plus puissante, est formée avec des métaux oxidables par les acides, et en même temps capables d’agir sur les hydror-sulfures, qu’on combine d’un côté avec des liquides oxidans, et de l’autre avec de l’hy-dro-sulfure de potasse liquide, de manière à ce qu’il s’exerce sur leurs surfaces opposées une action chimique différente. Trois plaques de cuivre ou d’argent, disposées ainsi et dans un ordre convenable , produisent des effets sensibles , et douze ou treize séries sont en état de donner de faibles secousses, et d’opé-1 er dans l’eau un dégagement rapide de gaz et une production abondante d’oxide.
- L’auteur donne le précis et les résultats d’une méthode, imaginée par Rumford, pour rendre plus durables les effets de la pile construite avec un seul métal, que Ton interpose par du drap, et dont l’action est très-passagère, parce que l i décomposition des acides et des sulfures s’opère ën peu de minutes , et qu’en conséquence le dévelopement de l’influence gai va-
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- nique cesse d’avoir lieu. Voyez le journal cité
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- a.° Expériences et o dén otions sur l’électri-• cité galvanique : distance à laquelle la pile exerce son action , par M. Huth (1).
- Le rédacteur du Journal dit que ce physicien a prouvé par des expériences décisives , l.° que le dégagement de gaz et l’oxidation dans l’eau, sont d’autant plus actives, que ce travail se passe plus près des pôles de la pile.
- a.0 Que dans une .chaîne de communication, composée de plusieurs tubes pleins d’eau, l’action la plus faible se passe dans le tube du milieu. ,
- 5.p Que dans une chaîne faite de plusieurs tubes semblables, on ne remarque, dans celui du milieu, que le phénomène de l’oxidation et point celui du dégagement de gaz.
- 4.0 Que l’action chimique d’une pile de cent doubles disques, zinc et argent,interposés d’eau salée, se transmet au travers de deux colonnes d’eau, longues de seize pouces, et par neuf colonnes du même liquide, longues de trente neuf pouces, interrompues, mais réunies par des fils de laiton. En comptant la longueur de la chaîne de la pile, des fils dans les tubes et des
- (1) Journal de Chimie de van Mans, u.o YI, p. 289.
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- crochets intermédiaires, la longueur totale de la chaîne de communication, composée alternativement d’eau et de-fils de laiton, a été , dans ' une de ces expériences, de 460 pouces, mesure de Paris, et chaque extréjnité de la pile,agissait par une longueur de 45o pouces.
- D’après d’autres expériences, M. Huth a trouvé que l’action. chimique et électrique d’une pile de 80 couches, se prolonge , à chacune de ses extrémités, sur un fil de laiton long de plus de 24 pieds.
- 3." Activité de la pile, considérablement accrue par l’interposition de L'acide nitrique affaibli. Extrait (Tune lettre du prof. Wurzer (1).
- « Je me suis assuré , dit M. Wurzer, que , lorsque dans,une pile de zinc et cuivre, on imprègne les cartons d’acide nitrique affaibli, l’action est extraordinairement augmentée , sous le rapport, tant de ses effets sur les nerfs , que des étincelles qu’elle donne.
- » J’imprègne les cartons d’un mélange de parties égales d’eau à la température de q3 - 94 Fabr., et d’eau forte du commerce, dont l’impureté ne nuit en rien dans ce cas. De cette manière , j’obtiens des commotions beaucoup
- (1) Journal de Chimie n.° VI, p. 3a6.
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- plus fortes, et un petit nombre de couches me donne des étincelles très-vives. Une de mes piles, longue de huit pouces et large de sept, me donna dans cette circonstance, à la huitième paire, des étincelles tellement vives, que j’aurais pu les nommer des courans de feu. Je puis, à leur aide opérer avec facilité différentes inflammations galvaniques.
- » Ces étincelles présentent de très - beaux faisceaux de feu, lorsque je place sur le sommet de la pile une boule de fer de quatre pouces de diamètre, légèrement applatie, et que j’ai tiré des étincelles avec la pointe d’un fil du même métal, appliqué par son autre extrémité contre la base de l’appareil. Dans ce cas, la batterie ne paraît avoir besoin de se remonter qu’au bout de quelques heures , tandis que j’ai toujours observé que l’extraction des étincelles épuise ou affaiblit presque aussitôt les piles ordinaires. '
- » Voici un phénomène qui me paraît particulier. Si, sur la grande batterie de huit paires, je place huit autres paires de 14 à i5 lignes seulement de diamètre, les étincelles, que j’en tire par la communication des extrémités des deux piles, sont beaucoup plus petites, plus rares, et n’éclatent plus sous la forme de faisceaux ou de courans de feu ; ce qui, selon moi,
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- fournit une nouvelle preuve qu’il n’y a pas de rapport direct, entre les effets de la pile sur les nerfs et la vivacité des étincelles qu’elle produit : car ces huit petites couches , qui étouffaient en quelque sorte les étincelles, fortifiaient beaucoup les commotions.
- 4.° Expériences et observations de Brugna-telli, relatives à l’action delà pile sur diverses humeurs animales (i).
- I. M. BrUgnatelli a examiné l’action de la pile sur diverses humeurs animales ; en se servant de deux petites lames de platine, qui communiquaient l'une avec le pôle positif et l’autre avec le pôle négatif : en voici les résultats.
- Le sang de bœuf, mis en contact avec la lame métallique positive, se décolora et se coagula ; et au pôle négatif,* il prit seulement une couleur noire.
- Le lait, mis ën communication avec la lame du pôle positif, se coagula et prit une saveur acidulé agréable ; le pôle négatif le couvrit de sucre de lait. En répétant cette expérience avec
- (i) Journal de van Mons n.o 10, p. 114- Sur les travaux galvaniques de M. Brugnatelli, voyez l’Histoire du Galvanisme tom. I, p. 3o5, tom. II, p. 263,5x6 et 5ao.
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- des fils d’or, au lieu de lames de platine, l’auteur vit utie fois le caillot de lait prendre une belle couleur rose. La crème de lait se comporta à peu près comme le lait.
- La salive ne donna qu’un léger caillot sur le pôle positif. La bile de bœuf forma, sur le même pôle, un caillot exactement semblable à la substance qui se sépare en traitant la bile avec un acide. Ce caillot était en effet de nature résineuse.
- L’urine a déposé de l’urée sur le pôle positif, et du phosphate d’ammoniaque sur le pôle négatif.
- Le blanc d’œuf se coagula par le pôle positif de la même manière que par le feu.
- Le jaune d’œuf se durcit le long de la lame métallique , et lui forma comme une gaine.
- II. Conversion des rondelles de drap , imprégnées cTeau salée , en savon de laine, par l’action de la pile.
- J’ai examiné, dit Brugnatelli, l’altération singulière qu’éprouvent les rondelles de drap imprégnées d’eau salée , dont on interpose les disques de zinc et de cuivre montés en pile, et j’ai trouvé qu’à la longue elles se convertissent entièrement en savon de laine. Le muriate de soude est ici décomposé par le zinc qui
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- s’oxidesans cesse,et la soucie, que cette décomposition sépare , attaque la laine et la saponifie.
- III. Phénomènes obtenus avec la pile de Volta,
- par le même (1).
- Ces phénomènes ont été le résultat d’expériences faites avec la pile terminée par un morceau de charbon de bois tendre, à la manière de Curtet. Alors les étincelles étaient incomparablement et plus belles et plus constantes. Brugnatelli a observé 1.° que la propriété du charbon de provoquer les étincelles, n’est nullement diminuée par son immersion préalable dans différens liquides, comme dans l’acide nitrique l’acide sulphurique, l’éther, la solution de potasse , etc. ; 2.0 que tous les charbons ne dont pas également propres à donner des étincelles, lorsqu’ils sont associés à des lames métalliques , et que cette différence ne dépend point, comme on l’a pensé, de l’humidité qu’ils contiennent ; 3.° que le diamant ,• regardé par les chimistes modernes comme du charbon pur, se comporte tout autrement que
- (1) Annali di cliimica i8o5, tom. XX, p. 143. Journal de Chimie, n.o XII, p. 76. Journal du Galvanisme n.° IX, p. 55.
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- le charbon doux , et qu’il ne jouit pas du. moindre pouvoir conducteur ou excitateur du fluide électrique ; 4.° que les amalgames , et particulièrement l’amalgame d’argent, associé à des lames métalliques, surpasse le meilleur charbon pour transmettre des étincelles; 5.° enfin que le phosphore se comporte comme le zinc dans la galvanisation des animaux nouvellement morts.
- IV. Je trouve encore dans le journal de Chimie , n.° XVI, p. i32 , l’extrait d'une lettre de Brugnatelli sur \a.non existence de la pile à charger. Voici, à] cet égard, comme il s’exprime:
- « Volta a fait plusieurs expériences sur les piles composées d’un seul métal et d’une seule couche humide, lesquelles, d’inactives qu’elles sont par elles-mêmes , deviennent plus ou moins actives, en livrant passage, pendant un temps plus ou moins long, au courant électrique , mu par des piles actives, etc. Bitter, le plus judicieux des physiciens galvanisateurs allemands , dit Volta, a prétendu que la pile active de l’électro-moteur ordinaire, transmet une véritable charge à la pile , par elle-même inactive, qu’on y applique , et que pour cela il nomme pile à charger. Volta s’est assuré qu’il ne s’y transmet aucune charge, mais bien qu’en vertu de l’action chimique ordinaire , le cou-
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- DU GALVANISME, rant électrique continué, change la seule cou-chehumide interposée entre les deux pièces d’or, par exemple, en deux humeurs diverses, l’une acide, par où le courant électrique sort du métal, et l’autre alcaline , par où il y entre , ce qui forme une pile delà seconde espèce, savoir, d’un métal et de deux substances humides de nature différente , dont le jeu cependant ne continue pas long-temps, à cause des humeurs qui bientôt se mêlent.
- 5.° Observations chimiques faites par Larclier-Daubancourt et Zanetti, ainé, sur différens liquides animaux ; soumis à l’action galvanique , lues à VInstitut National (i).
- De tous les phénomènes observés par les physiciens , qui se livrent aux Recherches galvaniques , on n’en connaît aucun qui puisse servir à déterminer, d’une manière précise, l’action chimique du galvanisme sur les substances animales liquides. On a bien remarque qu’elles jouissent en général de la propriété de lui servir de conducteur : quelques-uns des physiciens, qui ont fait à cet égard des expériences, tels que le docteur Aldini, MM. Mojon, de •Gènes, se sont aperçus que la bile et l’urine,
- (1) Animales de Chimie, tcm. XL\ , p. icp,
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- HISTOIRE employées à cet usage, éprouvent des change-mens. Mais pour pouvoir apprécier avec justesse ce qui a lieu dans ce cas, il a fallu recourir à un examen plus rigoureux, il a fallu â’ét'ayer d’une série de nouvelles expériences, appuyées sur l’analyse chimique. C’est un travail qu’ont entrepris MM. Larcher et Zanetti, et qui jette beaucoup de lumières sur une matière jusqu’alors peu éclaircie.
- Les fluides animaux, sur lesquels ils ont fait leurs premières observations, sont l’urine humaine, la bile, le lait et le sang ; pour les soumettre à l’action galvanique, ils ont fait usage de l’appareil, connu sous le nom à'appareil à couronne de tasse , et pour le construire, ils se sent servis de bocaux réunis à l’aide d’arcs métalliques, composés de lames en cuivre et en zinc, avec le soin de faire alterner ces métaux, de manière que dans chacun des vases il se trouvait une lame de cuivre et une lame de zinc. L’action galvanique a manifesté, dans la bile et dans l’urine, des changemens bien sensibles, et des phénomènes qui pouvaient avoir pour cause ou l’altération de quelques-uns des principes qui constituent ces liquides, ou une simple altération, soit totale, soit partielle de ces principes, fait sur lequel l’analyse chimique pouvait seule donner des éclaircisse-
- mens :
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- mens : aussi les auteurs y ont-ils eu recours , et pour y procéder, ils ont séparé par le filtre les précipités formés; ils exposent d’abord leurs caractères physiques les plus prononcés, et entrent ensuite dans des détails relatifs à l’examen de leur nature.
- De tousles faits qu’ils ont rapportés, de toutes les épreuves chimiques qu’ils ont faites sur l’urine et la bile , ils croient pouvoir conclure :i.°, à l’égard de l’urine, que soumise à l’action galvanique, elle donne une précipitation, sans qu’il s’opère dails ce liquide de décomposition; que cette précipitation est composée d’une partie des substances salines contenues dans l’urine ; qu’elle peut varier en raison des sels qui s’y trouvent ; que si le courant galvanique opère la séparation partielle des sels de l’urine, sans altération de ce liquide, on peut craindre que son action se porte sur la vessie, si on ne l’évacue pas ; car en y séjournant, l’urine pourrait y déposer certains sels qui produiraient des calculs urinaires.
- 2.° Qu’à l’égard de la bile, sa précipitation parle coui'ànt'galvaniqueestdueà une décomposition partielle de ce liquide,puisque ces Médisent avoir obtenu à nu une petite portion de parties résineuse et alcaline; qu’outre cette matière , ces précipitations renferment encore de. III.8 Partie. Y
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- l’albumine,et que c’est à la précipitât ion de cette matière animale que la bile examinée doitla propriété conservatrice qu’elle a semblé avoir acquise.
- 6.° Des effets chimiques de la pile sur l’air atmosphérique , de la non transmission des effets de la pile dans le vide, par M. Nauche (i). Les expériences faites par ce médecin avec MM. Graperon et Baget, ont prouvé, relativement aux effets chimiques de la pile , qu’étant placée sous une cloche de verre, et l’appareil étant plongé dans un vase plein d’eau, celle-ci s’élève peu à peu, dans la cloche, à un cinquième ou à un sixième de sa capacité, en raison de l’énergie de la pile ; que la portion de l’air restant est privée de son oxigène, et est plus légère que l’air atmosphérique ; que les bougies allumées s’y éteignent, et qu’elle présente tous les caractères du gaz azote ; que si ensuite 'on met en communication les deux extrémités de la pile , au moyen d’une tige métallique, l’ascension de l’eau est plus forte, et plus considérable, et l’oxidation plus forte.
- Mais un nouveau phénomène observé par ces médecins - physiciens , et dont ils donnent les détails, a fait voir l’élévation pro-
- (i) Journal du Galvanisme, n."IX, p, et 5i.
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- gressive pendant cinq jours de l’eau au-dessus de son niveau dans la cloche, de manière à remplir un cinquième de la capacité du vase , et son abaissement successif au dessous du niveau de celle de l'appareil pneumatique , en sorte qu’au bout de sept jours l’air contenu dans la cloche s’échapait par bulles hors de l’appareil. La cloche ayant été retirée avec précaution , et une bougie allumée étant portée à son ouverture,l’air que la cloche contenait s’enflam-maavecune légère explosion,donna une flamme bleue, et parut évidemment contenir du gaz hydrogène. Par la communication établie entre les deux extrémités de la pile , au moyen d’une tige métallique, en peu de temps l’eau fut élevée au-dessus de son niveau, et descendit après quatre jours, et lorsqu’on enlèva la cloche, elle contenait du gaz hydrogène qui produisit les mêmes effets que dans l’expérience précédente.
- M. Nauche observe avec raison que , pour avoir toute l’exactitude possible, il serait peut-être nécessaire que ces expériences fussent faites avec de l’eau distillée et un petit appareil.
- A l’égard de celles qu’il a entreprises sur la non transmission des effets de la pile dans le vide, elles paraissent contraires à celles de M. Erman, professeur distingué de Berlin, et prouver que
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- le vide n’est pas un très-bon conducteur des effets de la pile. Elles ont paru propres à établir i.° que la pile ne se décharge pas dans le vide, à la manière de la bouteille de Leyde ;
- 2. ° que le vide n’est pas conducteur des effets galvaniques, ou que du moins il l’est fort peu ;
- 3. * que ces effets ne peuvent être obtenus qu’au point de contact ; 4.° que, s’il existe une tension électrique dans la pile, elle est loin d’être aussi considérable que l’ont admise la plupart des physiciens ; 5.° que l’atmosphère galvanique est, pour ainsi dire, inadmissible, et que celle qui se remarque dans les expériences faites avec des substances animales, paraît ne pouvoir guère être attribuée qu’à l’humidité qui s’exhale de ces dernières.
- rj° Invention d’une pile de charge, ou batterie galvanique, et isolement des fonctions de la pile, par M. Giobert (î).
- Les expériences, faites par les premiers physiciens , ont prouvé que la pile de Volta, même û’une force médiocre, fournit, dans un temps donné, plus d’électrtcité que la machine électrique la plus forte ; une bouteille de Leyde ,
- (i) Bibliothèque italienne, tom. IV, n.° XI, p. 181, et Journal de Chimie de van Mous , n.° XIV, p. 300.
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- ou même plusieurs de ces bouteilles réunies, n’ont pas une capacité proportionnée à la force excitatrice de la pile de Volta. En se chargeant par le moyen de la pile, dans un temps trop court pour être apprécié , la batterie électrique ne reçoit qu’une quantité d’électricité infiniment faible , comparativement avec son produit total. Ainsi la bouteille de Leyde est un instrument très-peu utile à la pile, comme n’ayant, dans sa construction, aucune analogie avec cet appareil. Cette bouteille, dont la partie principale est un corps isolateur, n’est un réservoir convenable que pour la machine électrique. La pile qui n’est composée que de bons conducteurs, exigeait un appareil à charger également, composé de bons conducteurs ou de substances de la même nature qu’elle.
- Un tel appareil à charger, approprié à la pile , tant par sa construction que par sa capacité , était jusqu’ici un problème, dont la solution était réservée au génie de M. Ritter.
- On sait qu’un fil.de substance conductrice solide, mis en contact, par ses deux bouts» avec des conducteurs humides, qui communiquent avec les deux pôles de la pile, excite un double dégagement de gaz, savoir de gaz oxigène d’un côté, et de gaz hydrogène de l’autre côté. En rompant le cercle > ou en interposant îa
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- communication avec la pile, le dégagement du gaz continue pendant quelque temps, mais avec un résultat inverse ; car le bout du fil, qui faisait dégager du gaz oxigène, fait dégager du gaz hydrogène. Ainsi ce fil,qui pendant la communication avec la pile, avait une poralité ne la perd pas en sortant de là ; mais il l’échange; et la partie qui, pendant la communication, était positive, devient, en la quittant, négative, et vice versa; il en est de même pour tous les autres phénomènes. Ces expériences sont parfaitement d’accord avec la découverte antérieure du même auteur , que tous les corps organisés qui, pendant qu’ils font partie du cercle galvanique, ont présenté certains phénomènes , présentent, des phénomènes opposés, lorsqu’ils sont sortis de ce cercle. On peut donc établir comme loi constante que tous les corps qui ont une polarité dans le cercle galvanique, en sàrtent avec la poralité inverse.
- On expliquera facilement, d’après cette loi, les phénomènes que présente la pile à charger de Ritter, dont nous allons donner la description. On construit une pile de disques d’un même métal et de cartons humides. Cette pile, qui n’a aucune activité par elle-même, devient active, et donne des effets comme la pile ordi-
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- naire, quand on la met, pendant quatre ou cinq minutes, en communication aveclesdeux pôles de cette pile.
- L’action de cet appareil ainsi chargé, est d’autant plus forte, que la pile est plus grande: cependant cette progression ne va pas à l’infini,, à cause que la faculté conductrice de la pile, diminue à mesure que le nombre de ses élémens augmente. Bitter a trouvé à cet égard la loi suivante : Une masse de conducteurs liquides , entremêlés de conducteurs solides, a cTautant moins de faculté conductrice, que les alternations y sont plus nombreuses. Ainsi un cylindre de trente deux cartons humides, a moins de faculté conductrice , quand il est entrecoupé de seize plaques de cuivre, qu’il n’en a, quand il est seulement entrecoupé par huit plaques. Ce qu’il y a de plus remarquable dans ces expériences, c’est que la faculté conductrice n’est pas la même pour toutes les fonctions de l’électricité. Une masse de trente-deux cartons mouillés d’eau simple, interrompue par seize plaques de cqivre, prend une charge chimique ou de décomposition,plus forte que si elle était interrompue par trente-deux plaques, et cependant ce dernier arrangement produit des oommotions plus vives dans le corps animal. Si l’on divise chaque carton horizontalement
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- en quatre parties , on peut en construire des piles d’un plus grand nombre d’alternations , qui donnent toujours moins d’action chimique et plus d’action commotrice. Lorsqu’elles sont arrivées à cent vingt-huit alternations, on n’aperçoit plus la moindre action chimique, mais l’action commotrice atteint son maximum; ce terme passé, elle diminue à son tour , et de plus en plus, pendant que la tension ou l’action électro-métrique va encore ên croissant. On n’a pas encore trouvé le maximum de cette dernière action.
- Par ces expériences, et par un grand nombre d’autres, il est prouvé que les différentes fonctions de l’électricité ne dépendent pas, au moins absolument, l’une de l’autre,mais qu’on peut séparer la faculté commotrice de l’action chimique , la tension de la faculté commotrice, et vice versa (i). Si l’on n’a pas encore poursuivi ces expériences dans tous leurs détails, c’est qu’elles sont très-délicates, très-multipliées , et les moyens de les exécuter souvent, très-dispendieux; mais la route est indiquée; il ne faut plus que du courage et de la persé-
- (i) Au lieu de séparer les diverses fonctions électriques , n est-ce pas plutôt, dans ce cas, faire agir différemment le même pouvoir ?
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- yérance pour la suivre ; il a bien fallu des recherches pour la découvrir.
- La pile à charger possède également la faculté d’accumuler l’électricité. Sa capacité augmente considérablement par la largeur de ses plaques, et elle augmente encore par l’épaisseur des cartons mouillés, de même que par la faculté conductrice du liquide d’imprégnation. Ainsi une pile à charger, dont les cartons auront été imbibés d’eau salée, prendra une charge beaucoup plus forte que s’ils n’avaient été mouillés que d’eau simple. Cependant elle ne doit pas avoir plus de faculté conductrice que la pile qui la charge. Enfin la nature du conducteur solide manifeste également son influence sur l’efficacité accumulatrice. Les métaux moins oxidables, de même que le carbure de fer et l’oxide de manganèse, sont les plus propres à la construction de la pile à charger. En observant ces différentes conditions, c’est-à-dire, en tirant parti de ces divers avantages, on peut parvenir à une charge très-considérable.
- Cependant Ritter n’était pas encore content de ces résultats. Il a continué à travailler, avec son zèle ordinaire , à les perfectionner, et il espère parvenir , avec son nouvel appareil, à renforcer l’électricité à un point qui sur-
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- passera tout ce qu’on s’était imaginé avant sa découverte. Ce travail a en même temps donné lieu à une autre découverte extrêmement importante. Ritter a de plus trouvé que la pile à charger reçoit,par sa seule position perpendiculaire une charge qui se renforce quand on donne à l’appareil une inclinaison de 60 à 70 degrés vers le nord. Dans sa position horizontale, elle prend la plus grande charge, quand elle est tournée vers le nord-nord-ouest, et sud-sud-est; mais elle ne reçoit aucune charge, quand elle coupe celte ligne perpendiculairement. Ainsi la terre elle-même a une polarité jusqu’ici inconnue. On pourrait l’appeler électrique, parce qu’elle a été trouvée par des ins-trumens électriques. Mais il est bien possible que ce ne soit que la polarité d’une seule fonction électrique , par exemple, de la fonction chimique.
- Cette découverte a été confirmée par une autre expérience. Quand on suspend convenablement dans l’air un fil d’or chargé, comme il a été dit plus haut, il se tourne vers les pôles électriques de la terre. Ritter a répété cette expérience à plusieurs reprises et avec un grand soin, et il en a toujours obtenu le même effet.
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- » Je m’occupe en ce moment, dit M. Gio-bert(\), d’un travail sur l’électricité galvanique. Je n’admets point la décomposition de l’eau par le fluide de la pile. Car, si l’on prétend que le fluide transmet l’hydrogène d’un tube dans l’autre,pourquoi ne paségalementadmettrequ’il transmet l’oxigène ? Alors les gaz proviennent de la pile, et ne se forment point à l’extrémité du fil d’où ils se dégagent. Dans ce cas, la décomposition de l’eau est opérée dans la pile par le moyen du zinc, et ce fait rentre dans la classe des phénomènes chimiques les mieux connus. On peut facilement s’assurer que les gaz peuvent circuler le long des fils de communication de la pile , en imprégnant les pièces d’interposition avec de l’ammoniaque pure, et en faisant plonger les fils , et particulièrement celui du pôle négatif, dans une solution d’alun, laquelle sera aussitôt précipitée par l’ammoniaque qui sera conduit par le fil. Dans quelques expériences, j’ai ainsi fait circuler j us qu’à l’indigo, en imprégnant les cartons d’une solution de cette substance dans l’acide sulphu-rique ?
- y, J’ai trouvé que le fluide de la pile brûle l’air atmosphérique, en donnant naissance à de l’a-
- (1) Journal de Chimie de
- s Mons, n.° XV» p. 35f«
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- eide nitrique. Il brûle aussi un mélange de gaz hydrogène etoxigène;je crois qu’il décompose l’acide carbonique. J’ai vu dans quelques ex* périences que ce gaz disparaissait entièrement. Il détone ; mais je ne puis encore décider si c’est en vertu du gaz oxide carbone ux qui se
- 8.° Effets chimiques de la colonne métallique » par M. Gmelin, et expériences galvaniques de M. Schaub (ï).
- I. Dans l’assemblée du mois de novembre de la Société royale des sciences , présidée par M. le duc de Cambridge, M. Gmelin lut un Mémoire sur les effets chimiques de la colonne métallique, d’après la première disposition du célèbre professeur Volta. Après avoir décrit l’arrangement de cette colonne, les change-mens qu’il y a faits lui-même , et les circonstances dans lesquelles les expériences réussissent le mieux , il dépeignit les changemens qu’elle produit dans l’air ambiant ou tout autre milieu, dans les disques et fils métalliques , dans le fluide, dont ordinairement sont arrosés les. cartons qui se trouvent entre les disques
- (!) Magasin encyclopédique, tom. VI, p.
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- métalliques, et dans celui qui cache les pointes terminales des conducteurs. Ce qui occupa le plus M.Gmelin, ce fut l’effet sur les divers fluides qui par-là deviennent aériformes, et ensuite liquides, et souvent aussi solides. Comme ces efFets se montrent aisément dans l’eau pure, que dans les fluides, au contraire qui ont peu d’eau ou point du tout, on les remarque rarement , et que dans les sels ils ne paraissent pas, M. Gmelin croit que les changemens produits dans les acides raréfiés, dans les dissolutions aqueuses des sels alcalis neutres, terreux, et métalliques reposent en partie sur les degrés d’affinité des conducteurs métalliques avec ces sels, et sont occasionnés par l’eau qu’ils renferment ; mais il n’ose pas décider qu’alors l’eau se trouve réellement décomposée dans ses élémens. En observant la chose exactement , l’auteur croit vraisemblable que l’eau est la base des deux substances aériformes qui montent dans ce changement, et que, suivant qu’il est plus ou moins uni avec la substance qui sert dans ces expériences, ou bien avec tel ou tel élément de cette substance, elle forme, à la pointe d’un fil, du gaz inflammable, et à l’autre pointe, de l’air vital.
- L’Université de Gottingue, qui depuis peu d’années a perdu par la mort plusieurs de ses
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- plus illustres professeurs, tels que le jurisconsulte Boehmer , le mathématicien Koetmer, le physicien Lichtemberg, etc., vient de faire une nouvelle perte dans la personne de M-Gmelin, professeur de chimie et de médecine, éditeur des Œuvres de Linné, et auteur d’une Histoire de la Chimie , faisant partie de l’Histoire des Sciences et des Arts, entreprise par les professeurs de Gottingue. On doit encore à M. Gmelin la découverte de plusieurs bonnes teintures, extraites des végétaux et des minéraux. Il était né «à Tubingen en Suabe, le 8 août 1748. Comme homme il fut d’une probité sans tache, doux, modeste et laborieux : il fut en outre bon époux, bon père et bon an,i (I).
- II. M. Schaub a tenté de substituer au drap -mouillé dans la pile à grandes plaques , de l’amidon, de la poudre de charbon, ou du sulfure de chaux, parfaitement secs (2); mais il n’a obtenu aucun effet. Cependant après quelques heures , lorsque ces substances eurent attiré plus ou moins d’humidité de l’air ,1a pile entra très-sensiblement en activité.
- (1) Paris, du 1" niYÔse an XIIL ^Journal de Chimie, n-o X, p. 11 y.
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- Le même physicien a observé que la pile placée sous une cloche sur l’eau , absorbe la totalité de l’air sur lequel elle est' en contact, de sorte que l’eau occupe, au bout d’un certain temps , environ le quart de la capacité de la cloche, et que l’air se trouve avoir perdu tout le gâz oxigène; la pile alors cesse de donner la moindre marque d’activité; à’oùM.Sc/iaub conclut que les phénomènes de la pile ne dépendent point d’un excitement du fluide électrique , mais bien exclusivement de la décomposition de l’air.
- M. Ferd, Gottlob Gmelin trouve quelefluide de la pile diffère principalement de celui des machines ordinaires, en ce que le premier se répand seulement sur les surfaces des corps , tandis que le dernier pénètre dans leur substance. Il pense aussi que les changemens que la pile fait éprouver aux corps , se borne à une action dépendante de la décomposition de l’eau qu’ils contiennent.
- M. Goettling, professeur à Jena , a fait insérer dans la Feuille de nouvelles du Journal littéraire de Jena, n.° XLÏV, p. 372, l’article suivant (1).
- (1) Journal du galvanisme, V. cahier, p. 257.
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- » M. Schaub ( dans ses archives pour la pharmacie , vol. I, n.° IV, p. 409 et suiv. ) a publié la découverte que l’action galvanique d’une pile est en rapport avec la décomposition du gaz oxigène de l’atmosphère. lia trouvé qu’une pile, placée sous un récipient rempli d’air atmosphérique , et isolé par l’eau, absorbe le gaz oxigène de cet air , et que lorsque cette absorption est effectuée, l’action de la colonne n’a plus du tout lieu ; mais M. Schaub n’a pas eu égard aux expériences de ce genre faites antérieurement par les physiciens français, et dont il est question dans les Annales de chimie, ton-. XXXIX, p. 242.
- » Ces expériences qui ont été faites également dans l’air atmosphérique renfermé, en y introduisant du gaz oxigène, ainsi que dans le vide , prouvent que l’oxigène contribue à la vérité à l’action de la pile, mais qu’il n’y est pas absolument nécessaire.
- » De la diminution de l’air atmosphérique par une pile isolée sous un récipient, on ne peut pas déduire ( du moins d’après mes expériences ) que l’oxigène de l’air environnant soit absolument nécessaire à l’action de cette pile, puisque la même diminution se remarque lorsqu’il n’y a pas d’action galvanique. J’ai Construit deux piles de 5o disques, composées,
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- soit absolument nécessaire à l’action de cette pile, puisque la même diminution se remarque lorsqu’il n’y a pas d’action galvanique. J’ai construit deux piles de 5o disques composées l’une de disques de cuivre et de rondelles de carton, imbibées d’eau salée, l’autre de disques de zinc et de rondelles de carton semblables ; j’ai couvert l’une et l’autre d’un cylindre de verre , et je les ai isolées au moyen de l’eau.
- » D’après les expériences faites jusqu’à présent, on sait que l’action galvanique n’est produite, que lorsqu’il y a concours de liqueurs et de deux métaux différens; elle ne pouvait donc avoir lieu dans le cas dont il s’agit, et cependant 24 heures après, l’eau du vase, dans lequel s’est, trouvée la pile de zinc, était montée à une telle hauteur , qu’on pouvait présumer, avec assez de certitude,que le gaz oxigène qui y était contenu, était entièrement absorbé.
- » Une bougie allumée , introduite dans le résidu d’air , s’éteignit, et ce résidu montra toutes les propriétés du gaz azote.
- » Dans le cylindre, qui contenait la pile de cuivre, l’absorption avait été beaucoup moins considérable, dans le même espace de temps , ce que j’attribue à la moins grande oxidabi-liié du cuivre./
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- i.° Expériences galvaniques avec la glace , et méthode de rendre très-sensible l’attraction électrique de la pile , par MM. S. P. Bouvier de Jodoigne et Erman (i).
- Ces expériences , au nombre de dix, faites sur la glace, considérée tant comme substance d’interposition, que comme corps excitateur et conducteur , n’ont produit aucun effet. D’abord une combinaison de 90 disques de glace, accouplés à autant d’écus de six francs , avec l’interposition de cartons imprégnés d’eau j salée, n’a pas produit le moindre effet. Il en a ? clé de même avec les disques de zinc. Une pile de 128 élémens zinc, argent et cartons imprégnés de lessive , a donné des commotions I tellement fortes, qu'elles se propageaient avec J violence jusqu’aux épaules. Mais toute secousse \
- a cessé, lorsqu’on a fermé le cercle de cette I pile avec les mains armées de petits morceaux de glace. Un pareil morceau mis sur la bouche et porté en contact avec le sommet de la pile, tandis qu’avec la main l’expérimentateur touchait à sa base, n’a fait éprouver aucune saveur
- (0 Journal de Chimie de van Mons, n.o IX, p. 5a.
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- sur la langue. M. Erman, professeur à Berlin, a fait des expériences sur le même sujet, et a’ vu que la glace sèche , qui est assez isolatrice pour pouvoir remplacer le verre,dans la construction des machines électriques, se montra également impropre à conduire le fluide galvanique. Mais il a établi par d’autres expériences, faites avec autant d’instruction que d'exacti--tude , que la flamme , les os secs , et le vide, qu’on regardait jusqu’ici comme des isolateurs du galvanisme, conduisent l’action de la pile dans toutes les circonstances où ils sè montrent conducteurs de l’électricité ordinaire.
- M. Bouvier a été plus heureux dans ses expériences sur l’effet attractif de la pile -, que dans celles sur la glace; car celles-là ont rendu très-sensible son attraction électrique. -2.° Description et usage d’un condensateur d‘électricité, et explication du mode d’agir du fluide électrique dans Fappareil de Volta, par M. Cuthbertson (i).
- Depuis la découverte de l’appareil galvanique de Volta, on a fait usage d’un grand nombre, d’électromètres, de condensateurs, de doubleurs, de multiplicateurs, etc., à l’effet d’examiner l’état électrique de çet appareil,lesquels
- (i) Journal de Chimie de van Mans, n.„ XII, p. 5i3.
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- me paraissent très-inférieurs , dit l’auteur, à un condensateur que M. J. liead a imaginé et exécuté en 1796; mais que dans le temps il ne rendit point public, étant au moment de cesser son état, ce qui est cause que ce condensateur n’a été connu que de très-peu de physiciens. J’ai trouvé, ajoute M. Cuthbertson , cet instrument très-utile, non seulement dans lés expériences galvaniques, mais même dans toutes celles où il s’agit de rendre sensible l’existence d’un très-faible état d’électrisation, et je ne doute pas qu’il ne soit jugé de même par tous les physiciens , i.° parce qu’il indique des quantités d’électricité beaucoup plus petites qu’aucun autre instrument de ce genre ; 2° parce qu’il marque le côté positif et celui négatif d’un seul élément, composé d’un disque de zinc, d’un disque de cuivre et d’une pièce d’intei’position humide, ce qu’on n’a pas jusqu’ici obtenu avec moins d’une série de vingt élémens.
- La description dé ce condensateur de M.Read est accompagnée d’une planche très-nécessaire pour l’intelligence de sa composition et de son usage. M. Cuthbertson n’y a fait de changement qu’en donnant aux plaques une position verticale, ce qui ajoute à sa simplicité , et le rend portatif; il préfère en outre des feuilles d’or aux
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- filamensde lin très-déliés qu’emploie M. Rend, parce qu’il croit ces feuilles plus sensibles ; d’ailleurs elles se dérangent moins, lorsqu’elles sont convenablement ajustées,ët qui sont vues plus facilement. Quand une expérience exige l’emploi de deux condensateurs, on les Associe. Dans la méthode de se Servir du condensateur électrique double, l’auteur décrit la condensation de l’électricité développée par les effervescences ,1a manière d’examiner l’état électrique de l’atmosphère, la méthode d’appliquér lés condensateurs combinés à l’appareil galvanique, et il finit par donner l’explication du mode d’agir de l’électricité dans cet appareil.
- 5.° Recherches sur cette question : Quelle est P influence, de l’oXidation sur. les effets de la colonne électrique deVolta ? par M. Biot(i).
- Dans l’ingénieuse théorie que Volt a nous a donnée de sa colonne électrique , on suppose qtte l’électricité dévelopéc est due toute entière au contaot des disques métalliques. Les subs-
- (i) Bulletin des Sciences vie: la Société philomatique, messidor an xi, p.120. M. Biot est un des physiciens qui a travaillé le plus utilement et avec le plqs d’impartialité sur le galvanisme. Voyez le second volume de cette Histoire p. 161, i65,166. note et p. 282.
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- tances humides, interposées dans l’appareil, $ont alors regardées comme de simples conducteurs qui servent à transmettre l’électri-çité, mais non pas à la faire naître , du moins par leurs propriétés chimiques, qui produisent l’oxidation.Ala vérité Volta a bien proüvé quele contact mutuel des métaux, et en général celui des substances de nature différente, suffit pour développer de l’électricité ; mais que ce soit là la seule cause de l’action de son; appareil, c’est çe qui n’est pas de la même évidehee,
- . Volta a appuyé cette dernière opinion sur, une expérience, qu’il faisait-avec sdn appareil à couronnes de tasse,dans lequel il versait successivement de l’eau pure et de l’eau imprégnée d’une dissolution saline, l/ëcàrléhient des pailles de l’électromètre indiquaii'què'Iâ charge du condensateur restait là même', tfuoiqtie les effets sur les organes fussent sensiblement augmentés, ce qui était dû, suivant Volta, à un accroissement des facultés conductrices des substances humides.
- M. Biot discute cette expérience : Il montre qu’elle est affectée de plusieurs causes d’erreur par la nature de l’élècfromètfe doniVolta faisait usage , et par là manière dont on appliquait le condensateur dans les deux expériences successives. Il s’est assuré que la plus légère
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- différence, dans cet te application, fuit quelquefois varier la charge du condensateur , du simple au triple , sur la même pile.,.
- En partant même de l’hypothèse de Voha , il est facile de voir que si la conductibilité s’est accrue , la charge du condensateur a du aussi s’acroître dans un temps donné, lorsqu’on n’atteint pas le maximum de tension dans un instant indivisible, en sorte que l’expérience dont il s’agit est nécessairement inexacte. Cette opinion s’est trouvée confirmée par le fa.it, lorsque M. Biot, après un grand nombre d’essais, est parvenu à obtenir des résultats comparables. Voici l’appareil qu’il a employé pour cela.
- Il a fixé son condensateur sur un plateau métallique horizontal , qui terminait une tige de cuivre verticale et mobile. Cette tige pouvait se serrer à vis contre un parallépipède de bois revêtu d’une feuille d’étaiu ; la pile était posée sur ce parallépipède sans supports latéraux. Sur le sommet de la pile était placé un petit vase de fer rempli de mercure. L’extrémité de la tige flexible du condensateur était aussi en fer.
- D’après celte disposition, la communication était parfaitement établie entre la base de la pile et le disque inférieur du condensateur j Z 4
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- celui-ci étant amené à la hauteur de la pile , on abattait sa tige flexible dans le mercure , au moyen d’un tube de verre verni, après quoi on l’abandonnait à sa propre élasticité; le condensateur se trouvait ainsi toujours chargé d’une manière comparable. Son contact avec la pile était toujours le même, et on était maître de le prolonger plus ou moins long-temps. L’électricité , qu’il acquérait, .était mesurée avec une balance électrique construite avec beaucoup de soin par le célèbre artiste Fortin, pour le cabinet de l’Institut ; les.intensités électriques se calculaient d’après les formules données par M. Coulomb pour cet objet.
- Toutes ces précautions: sont indispensablement nécessaires pour obtenir les résultats comparables ; dès qu’on en néglige une seule , les charges du condensateur n’offrent plus rien que d’irrégulier. Mais, en les observant avec soin , les résultats se suivent de manière que souvent avec la même pile composée seulement de vingt couples, les répulsions indiquées par la balance, n’ont varié, dans 9 expériences consécutives , qu’entre 71 et 75.
- A l’aide de cet appareil , M- Biot a trouvé que deâ piles, semblables en tout, excepté par la nature des conducteurs humides, donnaient pour un simple contact d’une demi seconde,
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- des quantités très-différentes d’électricité; par exemple , la dissolution de carbonate de potasse donne d’abord deux fois moins environ que le sulfate de fer ; mais bientôt l’action de ce dernier diminue, et celle de l’autre augmente. Les diverses dissolutions salines , la colle de farine, etc., présentent des différences analogues, et dont quelques-unes sont aussi marquées.
- Les considérations exposées plus haut sur l’expérience dé Volta, se trouvaient ainsi vérifiées; mais cela ne décidait pas encorç la question, puisque les différences seules de conductibilité suffisent pour expliquer , celle que présentent les charges du condensateur dans les différentes piles ; il ne s’ensuivait pas non plus que ces différences ne fussent pas dues au moins en partie, ji l’oxidation.
- Pour apprécier directement l’influence de cette seconde eause , et fixer d’une manière exacte la limite de ses effets , M. ’ Biot a fait l’expérience suivante.
- Il a pris une pile dç 20 couples métalliques, séparées par des rondelles de drap, imprégnées d’une dissolution de sulfate d’alumine ; il l’a isolé sur un gâteau de résine, en appliquant le condensateur par le simple contact d’une
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- demi-seconde et en touchant la base de la pilé, on a eu pour répulsion 90.
- Ainsi l’appareil était bien en activité ; on s’était assuré d’ailleurs qu’il-était bien isolé, car, lorsqu’on appliquait le condensateur, sans toucher la base de la colonne, il ne prenait pas d’électricité sensible.
- Alors on a établi la communication entré les deux extrémités par le'moyen d’un fil métallique qui, placé d’une part sous la base de la colonne, plongeait de l’autre dans un vase de fer rempli de: mercure, qui était posé sur le sommet. On s’est assuré qu’alors , soit qu’on touchât ou nop la base de la pile, le condensateur ne se chargeait pas, en sorte que la communication était certainement bien établie.
- Or, on sait que dans ce cas, le courant électrique circule dans l’extérieur de l’appareil,'et que l’oxidation se fait avec autant de vivacité qu’a l’ordinaire. Si donc cette oxidation‘développe de l’électricité, on doit la retrouver dans l’appareil, quand la communication est de nouveau détruite entre les deux extrémités.
- Pour mettre cette électricité en évidence -, on détacha , au bout de deux minutes , le fil métallique de la partie supérieure de la colonne. Cette opération fut faite avec un tube de verre verni', et par conséquent bien isolant;
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- on appliqua ensuite le condensateur, comme à l’ordinaire , mais sans toucher à la base de la pile. Il n’acquit pas une quantité d’électricité appréciable à la balance; cependant il suffisait de toucher un seul instant celte base pour retrouver, comme précédemment 90 de répulsion : en sorte que le défaut d’électricité sensible dans la pile isolée, ne pouvait pas provenir d’une altération qui serait survenue par liazard dans l’action de l’appareil. Le fil métallique s’était replié de lui-même autour du pied dé la pile , «t par-conséquent là petite quantité d’électricité , qu’il aurait pu acquérir , n’élait même pas négligée'.
- Voici maintenant les conséquences qui résultent de ce fait. « J’ai répété souvent l’expérience , dit M. Biot, et l’on m’accordera sans peine que j’aurais aperçu une répulsion de 20, quantité déjà trop grande pour échapper aux observations : or , les intensités d’électricité, dans la balance de Coulomb, sont à peu près proportionnelles au Cube des angles de répulsion. La quantité d’électricité-} produite par l’oxidation, pendant deux minutes , était donc à l’effet total observé auparavant, dans un rapport moins vrai que celui de 1 à 90000 ; et comme il suffisait, dans le premier cas , d’une demi-seconde pour charger le condensateur,'
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- la part de l’oxidation, à cet effet instantanée, est certainement au-dessous d’un demi million , quantité tout à fait insensible. Ainsi, quoi-qu’à la rigueur l’oxidation doive développer de l’électricité dans la colonne de F'blta, les résultats de cette cause sont tout à fait incomparables avec ce que donne le contact des métaux y sans cesse alimentés par la communication avec le sol. On avait choisi à dessein une pile composée seuleüient de vingt couples, a6n que la tension, due au contact de métaux, pût être regardée comme insensible dans la pile isolée.
- En cherchant ce qui peut avoir engagé les physiciens à donner autant d’influence' à une si faible cause, on voit qu’ils n’ont pas assez examiné combien il est possible de la diminuer , sans altérer la quantité d’électricité développée par l’appareil. M. Biot a construit des piles dans lesquelles les substances humides sont remplacées par des disques de nitrate de potasse fondus et soigneusement abrités de toute humidité. Ces piles ont donné autant d’électiicité que celles imprégnées de dissolutions salines les plus énergiques, comme, par exemple, de sulfate d'alumine -, mais le condensateur met une demi-minute,.au lieu d’une demi-seconde à se charger dans une de ces piles
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- composée de vingt couples , et la marche de cette opération est représentée par un logarithme. Ces recherches, qui tiennent à la théorie de la transmission de l’électricité, à travers des conducteurs imparfaits. sont réservées pour un autre Mémoire.
- 4® Expériences galvaniques tendantes à prouver que Voxide qui se forme sur la surface des disques métalliques de la pile, ne rend pas absolument nul l’effet de son àction, comme quelques savons Vont avancé, qu'il a même la propriété de remplacer les rondelles de drap mouillées, qu'on interpose aux disques, dans la composition de la pile de Yolta et même de conserver son action i5 à 20 jours ; par M. Lagrave , membre de la société galvanique (1).
- Volta, Vassalli, Gautherot et plusieurs autres savans , ont assuré que l’oxide , adhérent aux disques, rendait nul l’effet de la pile ; ils ont établi en pratique qu’il était absolument nécessaire de bien décaper les disques , et de mettre leurs molécules organiques à nu , le plus possible , pour obtenir un prompt et fort effet.
- Il est vrai que plus on met les molécules
- (1) Journal de Physique, germinal an XI, p. 39».
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- des disques à nu., plutôt l’effet de la pile se fait ressentir, et sa force, en est plus ou moins grande, à proportion des nombres arithmétiques des couples et de leur désoxidation.
- «J’ai fait,dit ^Lcgrave, despiles dont j’avais rendu les disques brillans, qui me donnaient à proportion que je les élevais; j’ai même été quelquefois obligé,par l’incommodité que j’en éprouvais en les montant, de me borner à ne mettre que la moitié des couples des disques dont on se sert ordinairement. Cette vérité m’along-temps fait croire, commé à bien d’autres qui s’occupent de galvanisme, qu’il n’y avait pas d’autres moyens de se servir de la pile ; mais des expériences suivies m’ont prouvé qu’il ne faut jamais se lasser de rechercher, et' qu’on retrouve toujours quelque chose à faire aux choses qui nous avaient paru d’abord les plus probables. En effet, je suis parvenu à faire des’piles avec des disques que j’avais oxidées, jusqu’à ce qu’on perdît toute l’apparence du métal par la vue ; elles m’ont données , après quelque temps, non seulement jusqu’à *en avoir une légère sensation, mais même jusqu’à pouvoir m'en servir pour les expériences galvaniques; je n’ai différé dans la manière de monter ces piles des autres, qu’en ce que j’ai multiplié le nombre de disques ; ce qui m’a paru fort singulier, c’est que l’effet de ces piles a été ( si je peux me servir de
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- cette expression ) le rebours de celles dont on se sert ordinairement. La pile bien désoxidée donne ordinairement de suite, et perd presque de même. Les miennes ne m’ont donné qu’après 4 > 5 ou 6 heures , et ont continué de donner pendant i5, 20 et même 25 jours, au lieu que la pile ordinaire, bien décapée , ne donne que 2, 3 et 4 .heures.
- » J’ai fait avec ces mêmes disques des piles sans intermédiaires de rondelettes de drapmquilléou autres : les disques zinc,cuivre,interposés seulement par couple les uns sur .les autres , m’ont donné presque autant que les premières piles ; je ne crois pas que cette expérience ait-été ei> core observée: je la crois susceptible de donner quelques nouvelles vues. On pourrait m’obseï-ver que l’oxide ici remplace les rondelettes de drap mouilléjmais de nouvelles expériences me font croire que cela tient à quelqu’autre chose.
- « Au surplus, que cet effet appartienne à la propriété qu’à l’oxide de retenir l’eau, ou qu’il n’y tienne pas , j’ose toujours recommander l’expérience , quand ce ne serait que pour rechercher une nouvelle manière plus simple de se servir de la pile de Volta.
- » Il me semble que cette règle de Volta et des autres savans, qui admettent qu’une somme de disques interposés les uns sur les autres , sans
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- intermédiaires, ne donne que comme un couple , a besoin d’être revue et suivie.
- M. Isarn, le même qui vient de publier un ouvrage très - intéressant sur le galvanisme , dont nous parlerons par la suite , a cru devoir vérifier les assertions de M. Lagrave, dont il vient d’être question , et a écrit à ce sûjet à M. de la Métherie une lettre sur l’effet galvanique des disques métalliques oxidé's ( 1 ). En voici la substance.
- « J’avais, dit-il, un appareil électromoteur composé de disques , cuivre et zinc, de deux pouces et demi de diamètre, et qui avait été constamment en expérience pendant plus d’un mois,pour servir de contre épreuve à la pile de M. Aliseau. Son action était absolument épuisée; on le mouillait en vain, il ne donnait plus le moindre signe d’électricité, même en employant un bon condensateur »
- L’occasion parut favorable à M. Izarn, pour vérifier les assertions de M. Lagrave. Il démonta cet appareil, dont l’action avait été si forte, que les couples se trouvaient soudées les unes aux autres. Les rondelles de drap blanc étaient changées, sur-tout vers le
- (i) Journal de Physique, thermidor an xi, p. 157.
- • centre
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- centre, én une espèce de pâte savonneuse et cristalline, d’un beau violet brillant. Comme elles avaient été trempées dans une solution de muriate de soude, je reconnus là le savon indiqué depuis sept à huit ans par M. Chaptal ( soude et rognures de drap ). »>
- » Chaque disque étant séparé et dépouillé dë cette pâte qui y adhérait, je remontai la pile après avoir bien pris de M. Lagrave lui-même tous lés decumens nécessaires. L’ayant observée) pendant plus de huit jours* sans èn recevoir non seulement des sensation^ galvaniques,mais pas même le moindre vestige d’électricité parle moyen d a condensât® ur, j’eü témoignai ma surprise à M. Lagrave, qui me promit de produire bientôt dés effets sensibles, ée qu’il fit en plaçant sur le disque supérieur une grerioüilfe qu’il venait de préparer. Elle se Contracta tout comme avec une pile récemment montée. «
- »Je m’étais trop bienassuré dé l’inefficacité de l’appareil pour lui attribuer ceteffet,qui nelaissa pas néanmoins de tfie sùrpréiidre, et pour en chercher la Càüse^ j'ënlevaile premier disque, et le teftantsur mes doigts réunis,j’y replaçai la grenouille , ètt embrassant de l’autré main les deux Vertébrés* auxquelles on laisse tenir les nerfs, tes mêmes contractions reparurent, aussitôt que ces nerfs touchèrent le côté du disque, et JJ.I.* Partie. A a
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- ces contractions furent si fortes, que les nerfs étaient chassés du point de contact. ; elles étaient reproduites, quand ils retombaient sur le même point , ce qui fit durer ces contractions pendant plusieurs minutes. »
- «Ayant isolé ce disque de zinc, l’effet fut absolument le même ; je pris alors un disque de cuivre de la même pile, et pair conséquent très-oxidé, l’effet fut presque nul ; il n’y eut de contraction sensible qu’au premier contact. » » Je répétaile même essai successivement sur deux disques zinc et cuivre, de même dimension, mais qui n’avaient jamais servi; j’aperçus au premier contact une faible contraction, qui ne se renouvela point. «
- « Il me paraissait évident d’après cela que les effets obtenus par le premier disque zinc n’étaient dus qu’à son oxidation. J’en oxidai un semblable, mais qui n’avait jamais servi; je l’oxidai, dis-je, par l’acide sulfurique; et quand il fut sec, je répétai l’expérience ; je n’eus pas même les contractions du premier contact. »
- » De tous ces faits je crois que l’on peut conclure , i.° que M. lagrave a été trop loin dans ses conséquences, et qu’il a attribué à l’action de la pile ce qui n’était dû qu’à un seul disque; a.0 que c’est à son état particulier d’oxidation cuivrée , que l’on doit
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- attribuer l’effet de ce même disque, ce qui me parait pouvoir donner matière à réflexion, et à une nouvelle suite de recherches. »
- Voici la lettre de M. Lagrave en réponse à celle de M. Izarn.
- » Vous dites, monsieur, dans un Mémoire, inséré dans le Journal de physique, cahier de thermidor, qne vous croyez que j’ai été trop loin dans mes conséquences, en disant ( dans un Mémoire, inséré dans le même Journal , cahier de germinal ). que j’avais obtenu des signes de fluide galvanique avec une pile très-oxidée. Vous opposez à mes expériences le peu d’effet qu’une telle pile a donné en ma présence. »
- » J’ai'répété mes essais pour voir d’où cela venait. Je puis vous assurer qu’en touchant la pile avec le doigt, j’ai éprouvé une commotion qui s’étendait jusqu’à l’articulation de l’avant-bras. J'ai aussi obtenu de fortes contractions d’une grenouille, en la mettant en contact sur des disques de zinc oxides et non oxides, qui n’avaient jamais été mis en interposition avec des disques de cuivre, ce qui m’a donné quelque doute sur l’action que vous appelez cuivrée. Cet essai me paraît évident 3 car ici l’oxida-tion cuivrée est impossible 5 ce qui me fait croire que les effets que nous avons obtenus
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- mutuellement appartiennent-à quelqu’autr» cause, »
- » Au reste , c’est en se communiquant ses jdées qu’on parvient à trouver la vérité. Je verrai toujours avec plaisir celles qui me concerneront , venant de vôtre part. »
- 6.° Expériences sur la pile électrique , faites au laboratoire de Teyler, par MM. van Ma-ru m et Pfaff : extraite?une lettre du premier à Vol ta (i).
- La plupart des expériences faites avec une grande batterie de cent bouteilles,de cinq pieds' et demi de garniture chaque, chargées par un court contact d’une pile de deux cents paires d’argent (2) et zinc , sont très-curieuses, ainsi que celles faites pour éprouver la charge de la batterie, en la conduisant au travers du corps, et qui firent éprouver la secousse j usques dans les os du carpe. Les expérimentateurs se pont occupés de la comparaison des secousses que fait sentir la batterie chargée tantôt par la pile , et tantôt par la machine électrique , mais par l’une et l’autre, à la même tension. Ils
- (1) Journal de van Mons, n.o IH, p. 286.
- (1) On employa pour plaques d’argent dès pièces de trois florins d’Hollande, ayant un pouce et demi dédia-
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- ont comparé ces secousses à différens degrés de changement, et n’ont pu trouver la moindre différence entre les deux charges.
- Ces expériences, qui sont décisives, ont entièrement dissipé les doutes de M. van Manon sur l’identité des deux fluides électrique et galvanique, et aujourd’hui ce célèbre physicien , dont les opinions peuvent faire loi, déclare qu’à moins d’être entêté ou de mauvaise foi, il n’est plus possible de ne pas convenir que le fluide, mu par la pile, et celui, excité par les anciens appareils, sont parfaitement les mêmes.
- Les résultats obtenus dans ces expériences ont encore prouvé, très en grand , une propriété capitale de la pile , celle de mouvoir le fluide avec une vitesse qui surpasse toute imagination ; c’est aussi ce qui a engagé M. van Marion à redoubler d’efforts pour augmenter , autant que possible , la force de la pile, sur-tout de celle de combustion , avéc laquelle il.a opéré des effets surprenàns , et entre autres de superbes soleils, formés par des milliers de rayons de parcelles de fer enflammées, que la vivacité de là combustion répand en tous sens , lorsqu’on touche la surface du mercure avec le fil de fer mince, au lieu de l’aiguille. Ce» rayons avaient trois pouces, sou-
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- van t quatre, et même plus, de longueur. 'En baissant lentement le fil dê fer, à mesure qu’il se consume, on peut faire durer ce beau spectacle1 pendant un temps à volonté.
- MM. van Màmm et Pfaff ont aussi fait quelques recherches sur la cause de la plus grande efficacité- des larges plaq ues, dans la fusion et l’oxidation des métaux. Là cause du différent effet , qui dans la pile résulte de la nature du conducteur hunjide^a également fixé leur attention. Quoique les résultats qu’ils ont obtenus ne soient nullement favQrables à l’opinion de ceux qui attribuent au travail oxi-dant la plus grande rapidité du transport du fluide, M. vanMarum né, pense pas qu’il faille en conclure ,1 contre l'évidence des faits, que le muriate d’ammoniaque ne concoure en rien à produire çet effet. Mais ce sél ÿ concourt - il comiqe intermède oxicknt par l’action de son acide ou de sa base alcaline ? Pour éclaircir ce doute, on imbiba d’ammoniaque caustique liquide les cartons d’une pile de trente paires d’un, demi-poueo diamètre, et on observa avec soin la marche dé d’appareil ; mais au lieu de la trouver plus rapide", on remarqua qu’elle était beaucoup plus letite, que dans une-pareille pile interposée par du muriate dù même alcali.
- MM. ‘van Martini et Pfaff jugèrent intéres-
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- sant d’examiner l’influence de l’oxidàtion métallique sur les effets de la pile, et celle de l’air atmosphérique sur cette oxidation : lés expériences à ce sujet furent faites à l’air libre et dans le vide,. Les effets furent exactement les mêmes dans les deux cas , relativement à l’activité de la pilq. On essaya: ensuite le gaz hydrogène carboné, celui azote, qu’on remplaça par du gaz oxigène, extrait de l’oxide Tliermo-scidé de mangarièse, Avec celui-ci on obtint des commotions plus violentes , des étincelles plus fortes, plus brillantes, et qui étaient produites plus facilement, parce que ce gaz a la faculté d’augmenter l’action de la pile, quoique cette action ne dépende pas entièrement de lui, comme des auteurs l’on prétendu,puisque la pite s’est montrée active , non seulement dans le vide, mais encore dans le gaz azote et dans l’hydrogène carboné, tout «x fait exempt de mélange avec le gaz oxigène.
- Les:expérimentateurs ont finalement souïnis « une dernière épreuve l’influence du travail bxidant sur là marche de la pile, en interposant les disques par des liquides nullement doués de la propriété oxidante , tels ,què la potasse, qui rendit la pile bien plus active , que lorsqu’elle était interposée par l’eau pure. L’action de Th y dro - sulfure de potassa
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- liquide, éprouvée sous le même rapport, s’est montrée beaucoup plus faible, et la pile ne produisit que des effets de courte durée. Depuis ce travail, exécuté en commun avec M. Pfaff , M. van Marum a obtenu, dans Une leçon sur les phénomènes galvano-électriques, d’autres résultats remarquables qu’il rapporte , et qui lui ont fait connaître que la force d’une pile, sous le rapport de sa propriété enflammante , ne s’accroît pas en raison de l’étendue de son élément métallique.
- 6.° Lettre de M. Curtet, officier de santé à l’hospice militaire de Bruxelles M. van Mons , sur quelques nouveaux phénomènes galvaniques (i).
- M. Curtet a monté une pile composée de cent dix pièces de zinc et d’écus d’argent, et de • morceaux de drap ; cette pile communiquait au moyen d’une liste de fer blanc, avec une autre pile composée de 70 disques de cette dernière substance, unis à un pareil nombre d’écus d’argent et de morceaux de drap imprégnés comme les premiers d’une solution aquëuse de
- (1) Cette lettre est insérée dans le Journal de Physique, messidor an xt, p. 54, et dans le Journal' de Chimie et Physique de van Mons, n.° 6, p. 37a ; elle a en outre été imprimée et distribuée séparément.
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- muriate de soude» Avec cet appareil, suivant qu’il opérait, il obtenait, tantôt de belles étincelles, tantôt, au lieu d’étincelles , des espèces d’étoiles ou des aigrettes qui s’échappaient en pétillant, d’autre fois des étincelles pétillantes, si vives., qu’elles éclairaient d’une lumière blanche les objets environnans, à plus d’un pouce et demi de distance. L’auteur fait la remarque qu’une pile de douze grandes plaques, cuivre et zinc, interposées de drap mouillé avec l’eau ammoniacale, donnait des étincelles à la deuxième plaque.
- Au sujet du charbon qui entre dans la composition des piles, il observe que tout charbon n’est pas également propre à leur confection , ce qui rend important le choix de celui qu’on veut employer, et dont M. Curtet donne un moyen d’essai. Il fa*t ensuite connoître quelques phénomènes singuliers que lui a fournis une petite machine électrique, placée dans la chambre où sa pile était en activité , et qu’il mit en jeu avec la pile. Ces phénomènes ont semblé annoncer'une action électriqueexlraor-dinaîre, dans Fair qui remplissait la chambre, et sur les assislans , qui avaient reçu plusieurs secousses de la pile..
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- 7.0 Mélange ttobservations galvaniques , par M. Grimm professeur à Lignitz (1).
- Le meilleur corps d’interposition pour obtenir des étincelles , est la flanelle.
- L’échaüffement des extrémités . des directeurs ( fils de communication ) j dè même que celui de toute la pile , favorise la production des étincelles; une pile de 5o couches a donné dans cette dernière circonstance des étincelles beaucoup plus vives et plus longues, qu’une pile 495 couches à la température de l’air; mais ces étincelles n’enflamment pas les corps combustibles , comme le firent les petites étincelles de la grande pile.
- Si d’une main, en contact avec une des extrémités de la pile , l’on tient une pièce de monnaie d’argent,en communication avec l’autre extrémité de l’appareil, et noircie" d’un côté à la fumée d’une bougie, et que l’on promène le doigt de l’autre main sur le côté noir de la pièce , ce côté paraîtra tout en feu. Les chocs communiqués par une pile échauffée sont aussi du double au moins plus forts, que par une pile froide ; mais cette augmentation d’effet de la pile chaude ne se fait pas sentir sur la décomposition de l’eau.
- 0) Journal de Chimie de vuhMons-, n.° X, p. 82»
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- La batterie de 495 couches n’agit pas plus fortement sur l’eau,qu’une autre de 100 couches.
- M. Grimm a observé, comme d’autres physiciens, que la communication humide des couches ne ralentit pas toujours l’activité de la pile ; mais dans cet état la pile ne donne que difficilement des étincelles.
- Fin de la troisième partie de l’Histoire du Galvanisme.
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- TABLE
- DES CHAPITRES.
- T R.a I S I È M E PARTIE.
- Suite du Chapitre XIX du tome II, sur l’application du galvanisme à l'art de guérir. page 1
- CiUp. XX. Nouveaux prix proposés sur le galvanisme. y3
- XXI. Application du galvanisme au règne végétal. 100-
- XXII. Expériences et observations relatives i.° à l’irri-
- tabilité et à l’excitabilité des parties du corps humain 2.° à l’électricité tant animale que galvanique. - no.
- XXm. Des fluides électrique et galvanique, et de leur identité. 167
- XXIV. Sur l’électro-moteur de Volta. ao5
- XXV. Détail de plusieurs expériences faites sur le cœur ,
- sur les artères , et sur les cadavres des sujets décapités , pendus ou noyés. 223
- XXVI. Notes et observations sur la flbrine du sang. 271 XXVII. Différentes pièces relatives à la pile de Volta, à
- sa colonne électrique , et aux. effets qu’elle peut produire. 2g5-
- XXVIII.. Suite des expériences et observations sur. les effets de la pile galvanique. 3a3-
- QUATRIÈME PARTIE.
- XXIX. Appareils particuliers relatifs au galvanisme, pag. 1
- XXX. Expériences particulières sur le galvanisme. 33--
- XXXI. Nouveau galvanomètre et expériences sur la décom-
- position de l’eau. 84
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- TABLE B ES CHAPITRES.
- Chap. XXXI {bis). Société galvanique, son établissement et ses travaux. page ii3
- XXXII. Rapports et extraits d’ouvrages imprimés sur le galvanisme en général, depuis le mois de germinal an X jusqu’à ce jour. 118
- XXXIII. Anecdotes et nouvelles particulières sur le galvanisme, tirées de quelques ouvrages et de diffé-rens journaux étrangers. 23o
- XXXIV. Mémoire de M. Castberg, sur les effets du galvanisme appliqué sur les sourds et muets. 264 XXXV. Lettres de MM. Aldini et Pacehiani. 279
- XXXVI. Histoire du perkinisme. 28G
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TOME 4
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- H I S
- T O I R E
- D U
- G A LVANISME,
- ET ANALYSE
- Des différens ouvrages publiés sur cette découverte, depuis son origine jusqu’à
- îbliothécaire, et trésorier de l’Ecole deMéde-
- : ex-secrétaire de l’Académie de Chirurgie; ancien président et ex-secrétaire général de la Société libre de Médecine, et associé honoraire, membre de plusieurs Sociétés savantes, nationales et étrangères, etc.
- Historia, quoquo modo scripla, delectat. Epist. Plinii junioris, lib. V, epist. VIII.
- QUATRIÈME PARTIE.
- COLLECTION ANDRÉ SARTIACX
- A PARIS
- Chez BERNARD, libraire de l'Ecole Polytechnique et dc3 Ponts et Chaussées, Quai des Augustins, n.° 3i.
- Ait XIII — i8o5.
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- HISTOIRE
- D ü
- GALVANISME,
- QUATRIÈME PARTIE. ccîi'ï'p3i tar e 'ixix.
- Appareils particuliers relatifs au galvanisme.
- i ° Extrait des registres de la classe des Sciences et Arts de l’Institut, séance du 8 messidor an xi , (i) appareil de M. Alizeau.
- Un membre, au nom d’une commission , lit le rapport suivant.
- «On a fait, dit-il , plusieurs tentatives pour monter la pile électrique .par un appareil, dont l’effet fut durable, et l’entretien exempt des embarras d’un nettoyage désagréable , et de la perte de temps que ces soins entraînent iné-
- A
- (i) Voyez Journal de Physique, : rA* Partie.
- t,p. 74. .
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- a HISTOIRE
- vitablement. En remplissant ce but,on fournirait évidemment aux physiciens un instrument très-commode dans tous les cas où l’on veut employer l’appareil de Volta. En effet on aurait de cette manière un appareil comparable, puisqu’on le supposerait exempt des altérations qui en embarrassent et suspendent ordinairement le jeu ; puisqu'on pourrait espérer que son effet constant, soutenu, et d’une intensité toujours égale, se prêterait à des calculs, suivant l’état des objets auxquels on en ferait l’application. Ainsi, soit qu’on s’en servît seulement comme d’un moteur électrique , soit qu’on désirât déterminer par son moyen diverses combinaisons chimiques, soit enfin qu’on voulut l’appliquer à l’économie animale, il répondrait, autant qu’il est possible , aux vœux dü physicien qui s’çn servirait.
- » On conçoit aisément qu’il est difficile de se flatter d’atteindre à une semblable perfection , et qu’ori doit se contenter d’approcher le plus possible de ce but.
- «Cependant une semblable recherché ne peut pas être regardée comme une chimère, depuis qu’on s’est convaincu que la superposition des métaux , est l’élément essentiellement électrique de la pile, telle qn’on la construit ordinairement-, et que l'électricité qu’on pourrait
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- D Ü GA LVA NI S M E. 3
- attribuer aux combinaisons qui s’opèrent dans les intermédiaires, ainsi que i’oxidation des surfaces métalliques > sür lesquelles elles agissent, ne sont point une partie appréciable de l’effet total.
- » Pour éviter les obstacles que I’oxidation de3 pièces métalliques finit par opposer au développement des phénomènes électriques, on a imaginé de construire dés piles , dont les intermédiaires fussent des substances sèches. MM. Hacheèbe et 'Desormes en ont donné Un exemple , ert M. Bioù , a déjà obtenu à cet égard quelques succès , dont il fera part à la classe ; mais les effets de ees appareils , quelques soins qu’on ait pris pour compléter les contacts autant qu’il est possible, ont été si faibles jusqu’à présent, qu’ils né sont point susceptibles d’èfrè employés dans dés opérations, qui exigent- des actions électriques d’une certaine énergie, et qu’ils ne peuvent être employés que dans certaines* expériences de recherches.
- » Hé doclettr Haujf en a construit une avec des barils de verre à fonds métalliques remplis d’une dissolution de rtiiïriâte d’ammoniaque. On en à' rendu compte à là classe,* et on à fait connaître les avantages*, en a apprécié le» inconvénient résultans d’une* assez prompte A a
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- oxidation des pièces métalliques , et d’une structure, qui en rend le nettoyage fort embarrassant. Cette pile est construite dans des intentions semblables à celles que doit remplir l’appareil de MAlizeau, dont nous entretenons aujourd’hui l’Institut. Mais M. .Alizeau a.évidemment l'antériorité, puisqu’il a présenté son appareille 5o ventôse, avant que nous eussions connaissance de celui du docteur Hauff.
- » Ce nouvel appareil consiste dans d es disques de cuivre et de zinc soudés ensemble et sertis dans leur pourtour avec un anneau plat de métal couvert d’un vernis. A la partie supérieure de chaque couple, du côté du zinc, est mastiqué un anneau de faïence ou de porcelaine, dont la cavité reçoit du sel commun ou mu-riate de soude, qu’on n’a pas réduit en poudre fine. Ce sel est humecté de manière que l’eau remplit immédiatement les intervalles de ses cristaux. La cavité de l’anneau est tellement rem plie,que la surface inférieure de l’étage qui repose sur l’anneau, qui par conséquent est le côté du cuivre, est dans tous ses points en contact avec le sel solide et l’eau interposée , et que l’air n’interrompt point ce contact, autant qu’il est possible. Le muriate de soude et l’eau ayant peu d'action sur le cuivre , sans !o concours de l’air, et l’anneau de porcelaine
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- bien dressé fermant assez exactement l’accès à l’air environnant f son action sur la surface des disques, et l’oxidation qui en est l’effet, sont réduits à très-peu de chose. Il n’en est pas de même , lorsqûe l’intermédiaire est formé d’eau pure, ou d’une dissolution liquide, ou de mu-riate d’ammoniaque,ainsi que M.Alizeciu s’en est convaincu dans des tentatives antérieures. Il a également observé que le muriate de soude, en poudre très-fine, ne réussissait pas à cet égard autant que le sel,qui est en cristaux ; c’est dans cet état qu’est ordinairement le sel de cuisine. Le reste de l’appareil ne diffère point des appareils ordinaires.
- » Nous avons soumis à l’épreuve cet appareil composé de 4° couples ou étages , disposés comme nous venons de le dire.
- »> Nous avons mis en comparaison une autre pile composée de 4o couples semblables,et à peu près de même diamètre, montés à la manière ordinaire avec des rondelles de drap, imbibées d’une dissolution saturée de muriate de soude.
- » L’effet comparé de l’une et de l’autre pile était sensiblement égal au premier moment. Nous n’avons fait cette comparaison qu’au moyen du tact, et par l’observation des sensations comparées , répétées par plusieurs personnes. Des mesures plus exactes pourront
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- être prises par la suite avec des instrumens plus probatoires; mais les effets que démontrent les sensations sont ici assez forts, pour donner au moins des indications très-évidentes. L’épreuve a été commencée le 19 germinal ; le lendemain 520 l’effet de la pile ordinaire était déjà très-faible , et celui de la pilé nouvelle avait conservé toute son intensité. Le sa la pile ordinaire ne produisait plus d’effet sensible , et celle de M. Alizeau n’avait pas faibli sensiblement. Le 26 l’effet paraissait, à la vérité, mais plus faible qu’au commencement, quand , au moyen d’un syphon , on eût, sans démonter la pile, réparé l’iiuuiidité évaporée, l’effet reprit sensiblement sa première intensité; enfin l’attention de réintroduire, à divers intervalles, l’eau qui s’évaporait plus ou moins promptement , selon l’état de la température , a suffi pour entretenir la pile , sans une diminution sensible dans ses effets , jusqu’au 4 prairial ; alors, c’est-à-dire, au bout de 53 jours , elle produisait encore des effets peu différens par l’intensité, de ceux qu’elle avait produits les premiers jours.
- » Nous avons démonté alors la pile pourexa-miner l’état des pièces qui la composaient, et nous avons vu que les couples,du côté du zinc, étaient seulement un peu noircis à leur sur-
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- DU GALVANISME. 7
- face ; que, du-côté du cuivre, la circonférence près de l’anneau était couverte d’un cercle noir qui ressemblait à un oxide de zinc revivifié, et que le milieu était marqué de quelques points d’oxide, vèrt, en petite quantité ; la surface du sel portait une teinte verdâtre très - faible et quelques portions qui ressemblaient à un oxide blanc. Le sel ayant été dissous dans l’eau , le mélange d’ammoniaque n’y a développé aucune apparence de couleur bleue.
- «Il existait donc ici très-peu d’oxide; peut-on pas croire qu’il y en aurait eu moins encore, si on eût eu l’attention plus assidue de remplacer l’eau évaporée ?
- » Dans cette première épreuve, nous avons laissé la pile libre , et sans établir de la base à son sommet d’autre communication que celle que nous formions momentanément nous-mêmes , en faisant l’épreuve de l’état électrique; nous l’avons remontée le 6 prairial en établissant la communication.du sommet à la base, au moyen d’un fil métallique. Le 8 la communication enlevée , l’effet avait faibli sensiblement, mais reprenait de l’intensité au bout de quelques instans. La communication fat rétablie. Le ix prairial, elle fut de nouveau interrompue , il n’y avait encoré aucune trace d’oxide ; mais comme la température A 4
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- 8 HISTOIRE
- nvait été très-chaude , et l’évaporation considérable, on îéintroduisit de l’eau dans les intervalles de tous les étages, et l’intensité électrique , très-faible d’abord, s’est bientôt élevée sensiblement à un très-haut degré. En générai on a constamment observé qu’au moment où l’on rompait la communication , l’état électrique était insensible, ou se manifestait très-faiblement ; mais il est constant aussi qu’au bout d’un temps plus ou moins considérable, la pile reprend à peu près son intensité primitive, telle qu’on l’a observé dans la pile libre.
- » Enfin la pile a été démontée le 22 prairial, seize jours après avoir été établie avec une communication soutenue de son sommet à sa base, et simplement interrompue pourle temps des épreuves. Alors, le sel étant dans un très-grand état de sécheresse , on a vu en général très-peu d’oxide. La face inférieure ( ou le côté du cuivre) dans les vingt-trois premiers étages, portait une couche noire très-légère d’oxide de zinc revivifié ; et dans les dix-sept étages inférieurs les mêmes surfaces portaient quelques points d’oxide vert, et point ou peu d’oxide noir. Le cuivre était rouge et brillant dans tous les points où il ne s’était point formé d’oxide; le seine présentait aucune coloration bien sensible.
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- y> M.AUzeau a imaginé encore de fournir uno pile,dont les couples,zinc et cuivreront fondus ensemble, en forme de calottes , concaves du côté supérieur, et convexes du côté inférieur. On les remplit de sel solide humecté d’eau ; dans cette disposition on conçoit que le contact doit être aussi complet qu’on le peut désirer, et que l’air extérieur n’a d’accès que sur les ibords, dans les points sensiblement élevés au-dessus du niveau de l’impression formée dans le sel par la partie convexe de la calotte supérieure, à chaque étage. Celte pile comparée à l’autre a sensiblement les mêmes avantages ; mais on en répare l’humidité avec beaucoup plus de facilité, et sa construction est beaucoup moins coûteuse.
- «Quoique les expériences que nous venons de rapporter et que nous avons faites avec les appareils imaginés par M. Alizeau, ne présentent pas tous les genres d’épreuve , auxquels on aurait pu les soumettre , elles suffisent néanmoins pour démontrer que dans cette construction on obtient plusieurs effets remarquables ; 1.° peu d’oxidation, et par conséquent l’avantage d’exiger moins de peine pour l’entretien , le nettoiement et le rétablissement des pièces métalliques qui composent cet appareil ; 2.® une intensité électrique très-remarquable ,
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- puisque les quarante couples ont donné des commotions très-fortes, et sensiblement égales à celles des piles montées à la manière ordinaire et dans les mêmes proportions ; 3.° ünè permanence d’effets à peu près constante , puisque ces effets étaient sensiblement les mêmes, à peu de chose près, au bout de 53 jours, tandis que dans la pile ordinaire, qui a été comparée avec cet appareil , l’effet était sensiblement nul au bout de trois jours; 4.Dune disposition au moins aussi commode que toutes celles qui ont été adoptées jusqu'à présent.
- » Nous croyons donc que cet appareil peut être utile, quilest, sous les rapports que rtous venons d’annoncer , le plus avantageux de ceux dont nous avons eu connaissance jusqu’à ce jour ; qu’il mérite l’approbation dé la classe, et que l’auteur , qui a Consacré beaucoup de temps et de dépenses aux essais, par lesquels il est arrivé à ce degré de perfection , mérite des encouragemens et des indemnités proportionnés aux sacrifices qu’il a faits et à l’utilité de son invenlion. »
- Note de M. Thillaya— L’Ecole de Médecine de Paris possède dans ses collections l’appareil galvanique de M. Alizeau, lequel a l’avantage d’être bien moins oxidable que tous ceux qui ont été construits jusqu’à présent , avantage
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- qu’il doit à la substitution du sel commun ( muriate de soude ), à l’intermédiaire mouillé, qui dans les autres appareils établit la communication entre les différens étages.
- 2.0 Observations physico - électriques , par M. J. A. Heidmann (1).
- L’auteur- monta une pile de 4o doubles disques, cuivre et alliage de zinc et d’étain, de trois pouces de diamètre, interposés de toile imprégnée d’eau salée; à côté de celle-ciil monta une pile semblable, mais dont il fit souder ensemble les disques métalliques. En comparant la force de la commotion , des étincelles , de l’attraction , etc. de ces deux piles , il trouva la seconde du double plus active que la première; d’où il infère que l’activité d’une pile est en raison des points en contact de ses élémens. L’alliage, dont l’auteur se servit, était composé de parties égales des deux métaux. Il est infiniment plus facile à travailler et à nettoyer que le zinc seul, et il ne lui est pas inférieur en capacité.
- M .Heidmann pense pouvoir encore inférer de ses expériences, i."que le travail de la pile marche
- (1) Journal de CWie,.
- VI, p. 290.
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- la HISTOIRE
- de pair avec la décomposition de l’eau interposée et avec l’oxidation des métaux élémens.
- 2. ® Que l’état électrique de la pile n’est pas différent dans ses deux extrémités. 3.° Que chez les animaux, morts par violence externe, l’irritabilité musculaire ne subsiste pas plus longtemps, comme on l’avait cru jusqu’ici , dans les parties internes , telles que le coeur , l’estomac , les intestins, etc., que dans les parties externes. 4.° Que chez les animaux morts de maladies , ou par une autre cause , qui amène une altération dans l’organisation chimique du corps . l’irritabilité subsiste plus long-temps dans les parties externes que dans les parties internes. 5.°Que l’électricité galvanique, fortifiée dans la pile, est le moyen le plus sûr comme le plus facile de distinguer la mort réelle de la mort apparente.
- 3. ° Description of M. Pepys, etc. Description du grand appareil galvanique de M. Pepys (i).
- M. Pepys (le jeune ), vient de construire l’appareil galvanique le plus puissant qui ait
- (i)Extrait delaBibliothèqne Britannique, n.oCLXXIII, CLXXIV , article Sciences et Arts, p. 297. Voyez aussi le Journal de Chimie de M. van Mous, n.o XII,
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- encore paru, à ce que nous croyons. Il est composé de 60 paires de plaques de zinc et de cuivre, disposées pour deux auges, selon le procédé de M. Cruickshank, mais avec des additions qui rendent cet appareil extrêmement commode et utile.
- Chacune des auges est de forme rectangulaire , et renferme une série de 3o paires de plaques, cimentées de trois côtés contre les parois de l’auge, et laissant entre elles l’intervalle nécessaire pour le liquide, et pour qu’on puisse les nettoyer commodément avec une brosse. Ces plaques ont chacune 6 pouces anglais de côté, c’est-à-dire, 36 pouces carrés-de surface de chaque côté de la paire ; et pour qu’elles puissent servir long-temps , même après qu’on a mis, dans lès cellules qui les séparent, des liquides acides qui attaquent leur surface, on leur a donné une épaisseur telle que chaque paire pèse quatre livres. Chacune des deux auges est terminée par deux pivots ou tournillons,sur lesquels elle peut faire une demi révolution , lorsqu’on veut vider l’auge, laquelle demeure cependant naturellement en
- p. a85. Voyez encore p. 329 et 531 du tom. II de l’Histoire du Galvanisme , ladescription qu’a donnée M.Pepys d’un nouveau galvanomètre, et le détail des expériences qu’il a faites avec cet instrument.
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- placo, parce que son centre de gravité est au-dessous de la ligne qui joint les pivots. Ceux-ci reposent sur deux travers qui réunissent, à moitié hauteur , les pieds opposés d’une table, dont le dessus , qui se lève à charnière , sert de support à tous les appareils subsidiaires, dont il sera parlé tout à l’heure. Sous les auges est un baquet de tôle vernie , destiné à recevoir le liquide qu’elles contiennent, lorsqu’on leur fait faire la culbute pour les vider.
- Afin de remplir commodément les cellules que laissent entre elles les paires de plaques métalliques , on a un entonnoir d’élain de forme oblongue, dans le sens horizontal, qui a six tuyaux espacés à la distance convenable , pour correspondre à la fois à six cellules contiguës. L’entonnoir lui-même se remplit à l'aide d’un vase qui a six cellules à versoir, lesquelles contiennent chacune la quantité de liquide propre à remplir une de celles de l’auge. Cette disposition, abrège et facilite singulièrement l’opération du remplissage de-
- Le dessus «îe la table est percé de quatre trous verticalement correspondait» aux eellnles-extrêmes des deux auges , lesquelles.auges sont placées paralèüement à côté l’une de l’autre , à environ six pouces de distance. Par ces trous
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- passent deux conducteurs principaux,dont l’extrémité inférieure est plongée dans le» cellules extrêmes de l’appareil, et à l’extrémité supérieure de chacun desquels s’ajuste à frottement une allonge doublement coudée, terminée par une boule ; cette allonge est susceptible de deux mouvemens , l’un de révolution dans le plan horizontal autour de la tige verticale comme pivot ; l’autre , par lequel sa portion horizontale s’allonge et se raccourcit à volonté, et tourne sur elle-même , attendu qu’elle est formée d’une tige qui se meut à frottement dans un canon. Par cette disposition , on peut faire varier à volonté, sur la table la distance respective des boules qui terminent de part et d’autre le circuit galvanique. Sur ces boules se visent occasionnellement deux soucoupes circulaires d’étain , peu profondes, dans lesquelles on. met de l’eau, et qui servent merveilleusement à donner le choc, galvanique , lorsqu’on trempe les mains dedans. On fait communiquer les auges,à l’une de leurs extrémités, par un arc métallique, dont les branches plongent dans la dernière cellule de chacune d’elles.
- Lorsqu’on a rempli les cellules , lorsqu’on a fait communiquer les deux auges par l’arc métallique interposé, abaissé le couvercle , et mis les deux conducteurs à leur place, l’appareil
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- forme alors une sorte de table galvanique, sous laquelle sont les parties actives, et sur laquelle on peut faire une variété indéfinie d’expériences , sans être embarrassé par rien.
- » Le ai février ( dit le rédacteur du Phil. Magaz. ), réunis à quelque^ amateurs de physiques , nous fumes témoins d’un essai de cet appareil. Les expériences faites parM.Pepys sur la déflagration des métaux, furent les plus brillantes, nous pourrions dire les plus splendides que nous ayons jamais vues.
- » On a rempli les auges dé trente deux livres d’eau, mêlée de deux livres d’acide nitreux concentré; avec cette charge on obtint les effets suivans.
- » On brûla des fils de fer depuis un deux-centième jusqu’à un dixième de pOiice de diamètre. La lumière dégagée de cette combustion était extrêmement vive. L’effet était très-agréable, lorsqu’on brûlait ainsi un nombre de fils de fer d’un moindre diamètre , tordus autour d’un plus gros ; il' représentait une aigrette de lumière.
- » Du charbon, fait avec du bois de buis, non seulement s’allumait à l’endroit du contact, mais demeurait rouge d’une manière permanente , sur une longueur de près de deux pouces.
- » Du
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- V> Du plomb en feuille brûlait avec beaucoup tle vivacité, après avoir rougi. Il lançait un petit volcan, ou jet d’étincelles rouges, mêlées à la flamme. »
- » L’étain en feuilles brûlait avec beaucoup de lumière , et en lançant des étincelles. Cette combustion étoit accompagnée de fumée. »
- » Le laiton en feuilles brûlait vivement, avec fumée et abondance d’étincelles. >>
- » L-argent en feuilles brûlait avec une lumière verdâtre très-intense. On ne voj'ait point d’étincëïles , mais beaucoup de fumée. »
- » L’or en feuilles brûlait d’une lumière blanche et brillante, avec fumée. »
- » Du fil d’étâin, du diamètre d’un huitième de pouce, se fondait, s’allumait, et s’oxidait en jetant beaucoup de lumière. >>
- » Du fil de platine d’un demi - seizième de pouce dé diamètre, rougissait à blanc, et fendait en globules à l’endroit du contact. i>
- » La poudre à canon, le phosphore, et d’autres substances* inflammables, s’allumaient instantanément par le contact, avec les conducteurs armés de charbon. »
- » L’action galvanique était encore capable d’allumer le charbon, après avoir parcouru un circuit de seize personnes, qui se tenaient par les mains, préalablement humectées. »
- IV." Partie. ®
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- » Le procédé, qui réussit le mieux pour ces expériences,c’est celui d’introduire dans un bassin de faïence , qui contient du mercure bien net, l’un des deux conducteurs ; on monte ensuite sur l’autre les substances à essayer; les feuilles ou lames de métal s’y attachent simplement, en les humectant. On peut tordre autour les fils de métal, et s’en servir pour y attacher diverses substances. »
- » L’action de ce grand appareil était; si énergique , qu’il entretenait les déllagrations et la combustion , sans aucun intervalle, sans aucune suspension dans l’effet. »
- 4.0 Description dune batterie galvanique sans plaques , par M. Oerstaed. (1)
- Les incommodités, dont est accompagné l’usage de la batterie galvanique ordinaire ou de la pile de Volta, ont engagé l’auteur à rechercher une autre construction de cet appareil. Comme cel ui, auquel il s’est arrêté, marque les résultats plus exactement que l’ancien, il croit que, dans bien des circonstances, on peut tirer du sien de grands avantages, ne fût-ce que pour les recherches sur les lois auxquelles
- (1) Journal de Chimie de van Morts, n.o IV, p. 68.
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- obéit l’action de la pile. Il est encore très-utile dans les expériences sur les effets chimiques de la pilé. Les dernières expériences , sur la décomposition de l’eau par la pile, ayant fait soupçonner à l’auteur que cette décomposition , pendant l’action de quelques acides affaiblis sur les métaux , pouvait bien être précédée d’un travail galvanique, lé résultat des expériences , qu’il a faites à ce sujet , à confirmé én partie son soupçon.
- Pour bien comprendre la structure et la manière de faire usage de son nouvel appareil', qui consiste principalement en plusieurs tubes de verre, recourbés en U, et qiii ont six pouces de longueur sur six lignes à un pouce dje diamètre , il faut avoir recours à la description qu’il a donnée, et qui 11e peut être rendue partiellement. Nous diron? seulement, quant à son usage , que l’autéur convifent qu’il ne peut encore rien avancer sur l’activité de son appareil, quoiqu’il ait déjà obtenu avec trois tubes une décomposition très-rapide de l’eau , quoique quatre tubes lui aient donné plusieurs effets chimiques, quoique trente tubes , disposés très-négligemment, aient communiqué des secousses fortement senties , qiioiqu’enfin l’action de cet appareil se prolonge pendant un temps apsez considérable, et fournisse saris .in-B a
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- terruption, pendant plus de huit jours, autant que l’auteur a pu s’en assurer. La perte en eau qu’il éprouve nécessile l’addition de temps à autre de quelques gouttes de ce liquide, ou même encore mieux d’acide dilué.
- M. Koigt, chez qui l’auteur a monté son appareil , consistant seulement en quatre tubes , déclare que le goût qu’il excite sur la langue, et la décomposition de l’eau qu’il opère, surpassent en activité ces mêmes effets produits par une pile'de trente couples * argent et zinc. Outre son énergie , l’appareil à tubes a l’avantage de s’isoler lui-même, de rester facilement en position, et de pouvoir être remis en activité parla seule introduction de:l’acide dans le cercle, ce qui est bien moins embarrassant que de nettoyer sans cesse des disques , et de renouveler,à chaque instant,des carions humides , comme on est obligé de le faire en se servant de la pile. —
- M. Gahn a cru devoir, pour plus de simplicité , transformer la batterie à tubes de M. Oerstaeden une batterie à bocaux, qui ont environ quatre pouces de longueur sur un pouce de largeur. 11 dit que cette batterie, dont il donne la description (a) , conserve son ao-
- (i) Journal de chimie, n.*» X, p. 84-
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- livilé au moins un mois sans affaiblissement sensible. Cependant elle n’a pas encore entièrement satisfait l’auteur, parce qu’elle ne contribue pas plus qu’un autre, contre la supposition de M. Oerstaed, à la formation du gaz hydrogène , et que tout l’avantage qu’elle a , consiste à pouvoir employer du zinc en frag-mens de forme ir.régulière ? et à pouvoir le remplacer à mesure qu’il est corrodé.
- 5.° Le même M. Oerstaed, de concert avec M. van Manon, a inséré dans le Journal de chimie et de physique de M .van Mons(t), des expériences faites avec les nouveaux appareils galvaniques de Ritter. Il y a joint l’imitation de quelques-unes de ces expériences avec l’appareil électrique ordinai re. C’es t M. van Maruni qui parle, en écrivant au rédacteur du Journal.
- » Conformément à votre désir , je vous communique un précis des expériences que M. Oerstaeda. faites à son passage par cette v ille ; il m’a fait voir :
- i.° Qu’une pile électrique de Volta charge réellement une autre pile composée d’un même métal» et de cartons imprégnés d’eau pure que Ritter appelle^i/e si conduire.M. Oerstaed monta au cabinet du muséum tey lérien u ne se m bl able
- (t) N.o-xrv, P.
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- pile, composée de soixante plaques circulaires, d’un demi-pouce de diamètre, qu’il entremêla de cartons imprégnés d’eau. Il chargea cette pile en la faisant communiquer , par ses deux bouts et à l’aide de bons conducteurs, avec une pile ordinaire de cent doubles plaques du même diamètre , entremêlées de rondelles de drap , trempées dans une solutiou de muriate d’ammoniaque. Après cinq minutes de communication , la pile secondaire donnait des secousses, et décomposait l’eau comme la pile ordinaire.
- 2.0 Qu’un conducteur qui se trouve pendant quelques,minutes dans la chaîne de communication d’une pilé de Volta , acquiert la faculté d’exciter dans la grenouille des mouvemens convulsifs. M. Oerstaedse servit, pour cette ex périence , de deux fils de platine , d’environ deux tiers de ligne de diamètre, qui se touchaient exactement dans la chaîne. Après cinq minutes , il les retira dé la chaîne en les prenant sur les deux mains , et les porta en contact avec les deux nerfs cruraux d’une grenouille préparée. Les extrémités de la grenouille entrèrent.aussitôt en convulsion, et ces mouvemens furent répétés à chaque contact des fils.
- « Je proposai alors à M .Oerstaed de faire pas-
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- serle courant d’une machine électrique vigoureuse, par les mômes fils, afin d’examiner si ce courant produirait sur les fils le même effet que celui d’une pile deVolta. Nous employâmes à cette. expérience la machine électrique de nouvelle construction décrite dans le Journal de Physique ,tom. XXXVIII, juin 1791, dont le plateau a trente-cinq pouces de diamètre. Ayant fait passer pendant cinq minutes le courant de cette machine, par les fils de platine, ténus à la distance d’un quart de pouce du conducteur, nous les appliquâmes sur les nerfs cruraux de la grenouille , et nous fermâmes le cercle ; les mêmes mouvemens convulsifs se manifestèrent comme dans l’expérience précédente , mais moins forts. Cet effet moins fort était conforme à mon attente, et parfaitement d’accord avec les résultats des expériences que j’ai décrites dans ma lettre à Volta , tom. XII des Annales de chymie. Ces expériences ont fait voir que le courant de la même machine n’a pas plus d’un cinq-sixième de la vitesse ou de la force du courant mis en mouvement par la pile de Volta. »
- • «Nous répétâmes alors l’expérience, en tenant les fils en contact, immédiat avec le conducteur, pendant que nous y fîmes passer le courant éleétrique. Prenant ensuite les fils avec
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- les deux mains, comme dans l’expérience précédente , nous les appliquâmes sur les nerfs cruraux d’une grenouille, dont la susceptibilité était toutefois déjà, très-affaiblie , mais sans porter en contact leurs extrémités supérieures. L’effet fut peu sensible. Nous mîmes ensuite en contact les bouts supérieurs des fils, et nous observâmes, à chaque attouchement répété des fils, des mouvemens convulsifs très-marqués dans la grenouille.»
- » Un peu de cire à cacheter, qui avait servi à tenir les fils dans un état d’isolement, pendant qu’ils étaient appliqués au conducteur, contribua à rendre ce résultat encore plu? évident; car en fermant le cercle avec interposition d’un peu de ladite cire, tout effetfut suspendu, mais pour reprendre aussitôt que le contact immédiat fut rétabli. »
- Ces expériences fournissent une nouvelle preuve de l’identité du fluide mis en mouvement parla pile, avec celui excité par les appareils ordinaires.
- Il faut ajouter ici l’extrait d’une lettre de M. van Mons sur des expériences galvaniques (i) ; il s’agit d’abord d’un.e relative à la (*)
- (*) Journal de Chimie, n.° Y , p. aaa.
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- démonstration, avec la pile , dont les effets ont été vraiment surprenans. L’auteur et les personnes présentes ont observé ma mouvement d’action, qui marchait de pair avec l’avancement du travail chimique de la pile.
- M. Curteb a monté une pile de 1200 disques de métaux diflerens. M- Gérard s’occupe de son côté à construire une pile qu’il espère rendre en même temps condensatrice et excitatrice. Le mécanisme en est ingénieux et pourrait bien conduire à la grande découverte, qui reste encore à faire dans l’électricité- galvanique, celle de pouvoir se passer de conducteurs humides.
- 6.” Rapport sur des expériences d’électricité galvanique fortifiée, par M. Bourguet, professeur'de chimie à Berlin (1).
- Ce rappoft n’est qu’un détail succinct des expériencés faites avec trois différentes piles , chacune de cent doubles disques, composées, la première de Frédérics d’or * doubles , non empreintes , la seconde de pièces d’argent à
- (1) Journal de Chimie de van Mous, n.° IV, p. y3. Voyez tom. II, de l’Histoire du Galvanisme , p. »441 Ie détail des expériences que ce professeur a faites à Berlin.
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- médailles , de même grandeur, et la troisième de pièces de médailles ncjn empreintes , à peu près de la grandeur d’un thaler de Prusse, accouplées toutes par des disques de zinc, d’uné grandeur correspondante , et interposées, les deux premières par des rondelles de Casimir , et la troisième par des rondelles de toile, toutes imprégnées d’eau salée. Des disques de laiton terminèrent chaque pile en haut et en has, et. servirent à fixer les chaînes de communication. Les disques d’or , à grandeur et nombre égaux, montrèrent la même énergie que ceux d’argent. "Voy. le détail de ces expériences dens le Journal cité.
- 7-° Electricité galvanique, développée par la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique. Extrait d’une lettre de M. le professeur Reil (i).
- Un chymiste danois a trouvé qu’il se développe de la matière galvanique pendant l’action de l’acide sulfurique sur le zinc. Il a imaginé pour cette expérience un appareil, qui remplace la pile de Volta, et qui consiste en un cylindre de verre recourbé. Cet appareil mar-
- (t) Journal de van Morts, n.o IV, p. io4, article correspondance.
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- che pendant i4 jours, sans que la matière ait besoin d’être renouvelée : il est particulièrement approprié aux essais médicaux , et les malades peuvent le porter sur le corps, même pendant la nuit*
- . M. Vassalli a décomposé , à l’aide du fluide de la pile,l’alcool ou l’oxilioptonique concen-, tré. Il n’a ,pu réussir à faire passer ce même fluide au travers des huiles, même les plus volatiles.
- 8.° Description d’un nouvel appareil galvanique très-actif, par M. J. F. Erdmann , à Vienne (r). Extrait tiré du Journal de chy-mie.de van Mons ,.n.° XII, p. 268.
- Nous aurions transcrit ici cet extrait très-• curieux, et la description qu’il contient, si, pour bien comprendre l’un et l’autre, il n’était pas nécessaire d’avoir sous les yeux les planches et les figures qui les accompagnent. Je ne ferai qu’en transcrire ce qui peut être facilement compris sans les figures. M .Erdmann a fait faire soixante plaques carrées de zinc, et autailt'de cuivre, ayant les angles obtus; dans
- (1) Gilbert, Annales de Physique, 1802, chap. XII,
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- les premiers, il lit rimer un canal rond, ou espèce de rigole de lingotière. 11 fit ensuite couper soixante cadres de carton, qu’on imprégna d’une solution de mastic et de saudaraque dans de l’huile de térébenthine, et qu’on plaça sur les plaques de zinc, de manière que l’entaille des cartons correspondait avec le côté de ces plaques, où se trouvait le canal rond. On couvrit les cartons d’une plaque de cuivre, et on les tint comprimés entre les deuxplaques, jusqu’à ce que le vernis des cadres fût sec. De cette manière on obtint une capsule,formée de deux métaux difFérens, et propre à renfermer une couche mince d'eau. Pour donner plus de solidité à cette capsule, et en même temps pour mieux l’isoler, on en enduisit les bords avec le même vernis rendu plus consistant par un peu de vermillon. On construisit en bois de poirier sec un bac carré, servant à contenir les capsules, et partagé dans sa longueur par une cloison , chaque séparation devant contenir trente capsules, etc.
- Pour mettre l’appareil en activité et opérer avec les soixante capsules à la fois, on les remplit d’eau salée. On y réussit le mieux en prenant successivement, entre le pouce et l’index delà main gauche, six capsules, en versant du liquide dans les ouvertures ou canaux, et en,
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- frappant à deux reprises , avec les capsules , aur la main droite,,pour foire sortir l’air. Parla, le liquide pénétrait facilement dans les séparations entre les plaques, et l’on n’avait besoin que de réitérer une seconde fois la même manipulation pour les remplir entièrement. Après quoi on essuie les capsules avec un linge sec, et on les arrange l’une aprèsl’autre dans le bas, de manière que celles dans là première séparation , soient tournées avec leur côté cuivre vers le côté zinc,, et vice versa, dans la seconde séparation. .
- L’activité de cette pile à capsùles est extraordinairement grande; car les sensations qu’elle fait éprouver, et les étincelles qu’elle produit, sont plus fortes que celles d’une pile ordinaire double. Je n’ai pu éprouver, dit M. Erd+-mann , sa tension électrométrique, étant dépourvu d’un éleclromètre dont la sensibilité fût assez grande ; mais je ne crois pas qu’elle eût davantage affecté cet instrument qu’une autre pile -du même nombre de pai^ res, l’électromètre n’indiquant que lé degré de la tension électrique , laquelle T à nombre égal de paires, doit toujoursêti*e la même. Les sensations et les étincelles , au contraire, les-* quelles ne dépendent pas seulement de l’intensité du fluide, électrique, mais en même
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- temps de la quantité de ce fluide qui dans un temps donné, se dégage de la pile , peuvent être considérablement fortifiées, sans que la tension augmente, pourvu que la faculté conductrice des condensateurshumides s’accroisse, et que par là, le courant électrique soit rendu plus rapide.
- En comparant cet appareil à capsule avec là pile ordinaire de Volta , et l’appareil à auges de Cruisckshank, il se trouve qu’il mérite de beaucoup la préférence sur ces derniers appareils; il possède tous leurs avantages,et n’a aucun de leurs défauts. 1 °.Son action est plus forte, et aussi forte qu’il est possible pour le nombre de paires dont il est'composé, tandis que parles corps d’interposition qui, par eux-mêmes', conduisent peu ou point, la pile ordinaire est plus affaiblie dans ses effets. 2°. Son action au moins uniforme,est par la raison que la C’ôüchè de liquide est constamment en cçntact immédiat avec les métaux. Au contraire dans la pile, l’action ne peut jamais être égale , les corps d’interposition étant tantôt plus et tantôt moins humides. Lorsque ces corps contiennent trop peu d’humidité , ils conduisent mal ; et lors* qu’ils en contiennent trop, le liquide coule sur les bords des disques et'suspend l’action de plusieurs, chaînons. 5°. Son action est plus du*
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- labié, par la raison que le liquide éprouve peu d’évaporation , et lorsque par le temps il en, éprouve, il est facile de le remplacer à l’aide, d’un tuyau de plume , et sans qu’on ait besoin de démonter l’appareil. L’air ayant, accès sur tous les points de la pile ,son liquide s’évapore promptement, ët on ne peut réparer cette perte qu’en reconstruisant l’appareil.
- M. Erdmann pense également que l’appareil à capsule possède des avantages qui doivent le faire préférer à l’appareil à auges de Cruich-shank, x°. parce que, comme la pile , on peut à la volonté l’agrandir et le diminuer. Ne veut-on , par exemple, faire agir que le quart des paires, on enlève les autres, et on avance la vis jusqu’à ce qu’elle touche aux quinze paires restantes ; 2°. en ce que le liquide ne peut pas aussi facilement s’échapper des capsules , que des auges de l’appareil de Cruick-shank , les plaques métalliques étant réunies dans les premières par des cadres de carton ; 5°. en ce qu’une ou plusieurs capsules, qui seraient vicieuses , peuvent facilement être enlevées, sans que l’action de l’appareil en soit considérablement affaiblie ;4°- enfin en ce que l’appareil à capsules peut être construit plus facilement et à moindres frais, que celui à auges.
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- Quant à la manière de nettoyer les disques, elle est la même que pour l’appareil à auges ; on remplit deux fois de suite les interstices avec un acide affaibli, qui dissout les parties oxidées, et on les essuie avec du papier brouillard. .
- CHAPITRE XXX.
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- CHAPITRE XXX.
- Expériences particulières sur le galvanisme.
- I. On trbuve dans la Décade Philosophique , an xi, n.° XXXIV, le détail de quelques expériences galvaniques , par M. Jacques-Louis Moreau ( de' la Sarthe ). Ce sont absolument les mêmes que celles rapportées dans ma lettre à Aldini, et qu’il a insérée dans son Essai sur le galvanisme, in-8.°, tom. H, p. et dont
- nous parlerons plus bas. M. Moreau donne seulement de plus, dans la Décade, un précis historique succinct sur le galvanisme, qu’il partage en quatre époques contenant, la première, les travaux de Gahard, et les phénomènes électriques développés par le simple contact des corps entr’eux , qui forment l’électricité animale ; la deuxième , les expériences à’Humboldt, et les phénomènes galvaniques rapportés à une nouvelle puissance de la nature ; la troisième , la découverte de la pile de Volta, et les preuves données par lui de l’identité du galvanisme et de l’électricité , preuves fondées sur des faits irrécusables ; la quatrième,le prix d’encouragement IV.* Partie. G
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- de 60,000 fr. proposé par l’Empereur. C’est à cetle quatrième époque que M. Moreau rapporte ses expériences.
- II. Différens faits sur le galvanisme, extraits du Journal de Chjmie de yan Mons, n.° III, p. 323.
- i.° Extrait de lettres écrites par Brugnatelli, ' le 28 brumaire an x.
- Volta a dernièrement rendu sa pile un appareil de poclie, de manière qu’on peut avec elle produire tous les effets électroscopiques, sans que rien paraisse à l’extérieur, tout l’appareil étant renfermé dans un étui de cuivre jaune (r).
- Le galvanisme, dit Brugnatelli, est aujourd’hui un objet intéressant pour tous les physiciens : on peut même dire que c’est un
- (1) Voyez p. 337 du même Journal, la description d’une correction faite à ceUepile par Dumotier, artiste pour les instrumens de physique, d’après les améliorations qui lui ont été indiquées par Volta, et qui ajoutent beaucoup à l’effet et à la commodité de cet appareil. La principale de ces améliorations consiste à terminer la pile par une vis de pression, qui est reçue dans un écrou lise au milieu du couvercle de l’étui, en laiton ou en argent, dans lequel la pile est renfermée.
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- objet de mode. Les journaux allemands et anglais en sont pleins ; mais à Paris on ne connaît généralement que les travaux des cliri misles français. . . .
- a.° Expériences électro-galvaniques proposées par le premier Consul Bonaparte.
- Voila a lu à l’Institut une partie de son second Mémoire sur sa théorie électrique, et sur les expériences qu’il a faites, dans la vue d’établir l’identité du fluide électrique avec le prétend u fluide galvanique. Le premier Consul était présent à la séance, il prit le plus grand intérêt aux découvertes de Volta, qui, après la séance, répéta devant lui soir expérience fondamentale, laquelle consiste à obtenir sur l’électro-mètre, à l’aide du condensateur, des signes d’électricité, de deux métaux dif-férens, ou d’un seul élément de la pile. Volta montra aussi au premier Consul une pile de quatre-vingt-huit disques, zinc et argent, laquelle produisit de très-fortes commotions , donna des étincelles au moyen du condensateur , et fit brûler avec déflagration un fil d’acier.
- Ce grand physicien fit partir, par une étincelle de la pile un pistolet à gaz hydrogène ; il fit en outre l’expérience de la décomposition de l’eau, C 2
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- que le premier Consul admira beaucoup , et qui lui donna lieu de faire plusieurs questions savantes et d’un grand intérêt. 11 proposa aussi de varier quelques expériences. Il auroit voulu, par exemple, qu’à des températures très-opposées on fît sur l’action de la pile des expériences comparatives, pour s’assurer si le calorique a quelque inlluence sur le passage du fluide électrique, à travers les métaux et les conducteurs humides,si les métaux, selonleurs divei’s états, offrent des variétés remarquables dans leur faculté conductrice et motrice de ce fluide. Ilauroitdesiréqu’on portât une attention particulière sur le fer, métal qui se présente dans des états si variés. Les mêmes expériences , faites sur le fer crud, sur le fer malléable, sur l’acier, etc., pourraient, par leurs résultats , fournir de nouvelles lumières, propres à perfectionner la théorie électrique. Enfin le premier Consul étoit d’avis qu’on fit les expériences en grand, pour en obtenir des résultats plus concluans et pluscertains.
- 3°. Construction d’une grande pile à chaudron, « Si j’avais à proposer, dit Brugnatelli , la construction d’une grande pile , je voudrais qu’on prit douze chaudrons , de la plus grande capacité , comme ceux dont on se sert dans-
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- quelques arts. Il faudrait qu’ils pussent s’emboîter les uns dans les autres : pour cela, il serait nécessaire qu’ils eussent une forme conique , ou que leur ouverture fût plus large que le fond. Ils devraient être étamés intérieurement avec un alliage de parties égales de zinc et d’étain, comme l’a fait Volta pour sa petite pile à coupes. Cet étamage épargnerait l’emploi de chaudrons de zinc. La première pièce de cette pile devrait être argentée au-dehors, pour empêcher la corrosion, et toutes les autres devraient être revêtues' d’une chemise de drap mince, imprégnée d’eau salée. La dernière pourrait être ferriiée par un couvercle d’uu alliage de zinc et d’étain, lequel constituerait le pôle positif de la pile. On pourroit considérer cette machine comme une batterie électrique, et les expériences, auxquelles elle servirait seraient toujours faites en grand, aumoinspource qui a rapport à la facilité avec laquelle le fluide électrique pourrait passer de la partie négative à la partie positive. L’ample surface qu’offrent les étoffcsmouillées, en con tact avec les surfaces des chaudrons , diminuerait considérablement l’obstacle au libre passage du fluide électrique, qui coulerait constamment, et comme un fleuve, si je puis ainsi m’exprimer. »
- « J’ajouterai^, dit Brugnatelli, qu’une telle C 3
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- construction serait préférable à celle cl’une pile faite avec de grandes plaques métalliques, dont les surfaces se touchent difficilement, et dans laquelle les disques de drap, imbibés de solution saline, laissent transsuder, par suite de la pression exercée par les pièces supérieures , l’humidité qui se répand alors sur les bords des disques métalliques, et établit ainsi une communication entre la partie positive et la partie négative ; circonstance qui souvent nuit aux expériences qu’on se propose de faire. Mais dans une pile à chaudrons , les chemises d’étoffe peuvent être fortement imprégnées d’eau salée ; on pourrait même remplir de cette dissolution les intervalles des chaudrons, ce qui établirait une parfaite communication entre leurs surfaces. »
- i\ J’ai fait part à Volta, dit au même endroit »> Brugnatelli, de ces idées sûr une grande pile » qui serait faite avec des chaudrons. Il pense » qu’à l’aide d’un appareil de cette espèce, élevé » à un certain point, on pourrait obtenir, avec » de l’eau pure, les effets qu’avec les piles or-» dinaires on ne peut produire que par le » moyen d’une dissolution saline, tels que la » forte commotion , l’éclair devant les yeux , » quand on. touche avec la pile au front, la «combustion scintillante du fer, etc. Il est
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- » probable qu’un petit nombre de chaudrons, » disposés de la manière que j’ai indiquée dans » la précédente lettre, suffira à cet.effet.»
- 4.0 Nouveaux phénomènes de Vélectricité galvanique. Extrait d’une lettre du professeur Wurzer : Bonn, 26 brumaire an 10.
- M. Bourguet a décrit des expériences dans lesquelles le soufre , la poudre à canon, l’éther et les mélanges de gaz oxigène et hydrogène, dans les proportions de l’eau, ont été enflammés à l’aide de l’étincelle galvanique.
- Le même, M Bourguet, a produit (1), avec les deux pôles de la pile de Volta, les figures positives et négatives de Lichtenberg. Cet effet bien évidemment électrique de la pile, fournit une nouvelle preuve de l’identité des deux fluides.
- « Ma pile d’inflammation , dit M. TVurzer, est composée de huit paires, cuivre et zinc , épaisses d’une ligne et demie, larges de sept pouces , et longues de huit. Je la dispose dans cet ordre : cuivre, carton imbibé de muriate d’ammoniaque, zinc, et ainsi de suite.
- » Pour tirer les étincelles de cet appareil, je glisse entre la plaque de verre, qui lui sert d’isoloir, et la plaque' de cuivre, une lame de
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- (1) Même Journal, p. 335.
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- 1er bien polie, longue de six pouces , large de deux, et épaisse de quatre lignes, et j’en approche un gros fil.de fer.,'qui est en communication avec la plaque supérieure. En portant alternativement le fil vers cette extrémité, et vers la lame, on peut faire éclater , pendant un certain temps , une suite non interrompue d’étincelles, tantôt positives et tantôt négatives. J’ai observé que la pile s’épuise par une trop longue activité, et qu’ensuite elle a besoin de se remonter, si je puis m’exprimer ainsi. Il m’a aussi paru que les bords des plaques pouvaient fournir des étincelles plus longtemps et plus fréquemment que les surfaces. »
- »» Je croyais presque avoir découvert que des métaux, de même nature, pouvaient mouvoir le fluide de la pile, en voyant sortir des étincelles des deux plaques de cuivre qui terminaient ses deux extrémités. Mais j’ai bientôt senti que la plaque non, accouplée, faisait tout simplement la fonction de conducteur. Ce fait, toutefois, est contraire à ce qui, dans un cas semblable, a été observé par M. Gilbert, sur une pile de zinc et d’argent. »
- » L’énergie d’une pile ne paraît pas suivre la raison des contacts des métaux entre eux j mais bien celle de leur contact avec les corps humides.»
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- « Je n’ai pas trouvé confirmé ce que M. Pfajf a dit du rapport direct, entre les effets de la pile sur les nerfs, et la vivacité des étincelles qu’elle produit; car ma pile de combustion n’agit que très-faiblement sur les organes , tandis qu’une autre de cent vingt paires, zinc et argent, ou zinc et cuivre, de quatorze ou quinze lignes de diamètre, communique déjà des secousses aux doigts de celui qui la monte , dès qu’on a accumulé quelques disques , sans être propre à donner des étincelles. 11 paraît, d’après cela, que l’activité d’une pile sur les nerfs, s’accroît en raison du nombre des disques, et que ses antres effets sont en raison de la surface des plaques, comme Fourcrqy et Vauquelin l’ont déjà remarqué. »
- » On reçoit la commotion ordinaire, et même avec plus de force ,, en plongeant un doigt d’une main dans de l’eau qui communique avec l’une des extrémités d’une pile, dont on touche l’autre extrémité avec un doigt de l’autre main.
- 5°. Production des différent -phénomènes galvaniques par l’électricité ordinaire.
- Le docteur TVollaston est parvenu a produire tous les phénomènes du galvanisme, a l’aide de l’électricité ordinaire. Les dernières
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- expériences galvaniques publiées en France avaient déjà été faites ici long-temps auparavant par M. Cruiskskank; mais on n’avait pas encore bien établi la distinction de l’étincelle positive avec celle négative de la pile. En déchargeant dans la pile à cases de Cruisksankle liquide du zinc, il éclate de sa surface une étincelle, visible en plein jour, de plus d’un demi-pouce de longueur, et produisant un bruit et une ébullition, comme si un fil de fer rouge était plongé dans l’eau. Rien de semblable n’a lieu en reportant le fluide sur le côté négatif. L’étincelle, qui est très-petite, est à peine visible; l’ébullition est très-faible et le bruit nul.
- III. Expériences faites par Aldini, extrait du Bulletin des Sciences de la Société philomatique (i).
- M. Aldini a présenté à l’Institut une suite d’expériences, tendantes à prouver, comme Galvanil’avait avancé, qu’il s’exerce, au contact des nerfs et des muscles, une action analogue à celle qui se manifeste au contact des .substances minérales.L’expériencefondamentale qu’il s’est attaché à développer, est de Galvani: comme elle
- (t)N.° LXVIII, brumaire an xi. Voyez l’Histoire do Galvanisme, loin. I, p. G7, 75, ettom. II , p. 268,note.
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- est peu connue et facile à répéter, nous la rapportons ici.
- On dépouille une grenouille, après lui avoir coupé la tête ; on enlève tous les membres tliora-chiques; on coupe ensuitela colonne épinière, qui alors ne communique plus avec les membres abdominaux que par les nerfs lombaires : puis tenant d’une main une jambe de l’animal, et de l’autre l’extrémité de la colonne épinière , on replie cette jambe, jusqu’à ce que les muscles cruraux soient en contact avec les nerfs. Au moment du contact, la grenouille éprouve de vives contractions. L’expérience réussit également en tenant la grenouille isolée avec des tubes de verre. Il faut qu’elle soit préparée avec célérité : on doit aussi mettre beaucoup de soin à détacher les petits vaisseaux qui serpentent entre les nerfs lombaires, et éviter, le plus possible, que ceux-ci soient couverts du sang de l’animal.
- Cette expérience est décisive. Est-elle due à un développement de l’électricité? Cela paraît probable, mais cela n’est pas certain ; au lieu que l’expérience le démontre pour les métaux en contact. ,
- Les autres expériences sont des modifications de la précédente. M. Aldini a excité les contractions,en faisant communiquer les nerfs
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- au muscle par une chaîne de plusieurs personnes : il a sur-tout occasionné des effets très-violens à de grands animaux morts, et même à des hommes.
- M. Aldini a fait d’autres expériences concernant la nature du fluide nerveux, et l’action du galvanisme sur l’économie animale (i).
- De ces expériences, au nombre de cinquante, le professeur Aldini se croit fondé à conclure que l’électricité métallique n’est pas nécessaire pour l’excitement des contractions musculaires , puisqu’on peut suppléer aux diverses armures par la différente organisation des parties animales, et aux arcs métalliques par l’arc de l’humidité animale. Cependant les métaux rie contribuent pas peu à l’excitement de ces contractions, quoiqu’ils né les produisent pas par eux-mêmes. Des expériences faites d’abord avec des métaux différens , et ensuite avec un métal seul, ont conduit l’auteur à cette conclusion, et à plusieurs conséquences, relatives à la théorie générale du galvanisme, qu’il établit au même endroit.
- (.) Journal de Chimie de van Mont, n.° VIII, p. aoô, */>9.P-3 5o.
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- IV. Expériences et observations sur l’électricité galvanique, et divers résultats d’expériences galvaniques} par M. Ritter.
- Le charbon bien brûlé, l’oxide noir de manganèse cristallisé , et le carbure de fer ( plombagine) accouplés au zinc dans la pile galvanique produisent un effet beaucoup plus fort que l’argent. La dernière de ces substances, au témoignage de M. Maréchaux , surpasse plus de trois fois l’action du cuivre.
- L’esprit-de-vin très-rectifié est un fort mauvais conducteur de l’électricité galvanique ; les étincelles d’une pile de six cents couches glissèrent très-long-tcmps sur la surface de ce liquide, avant qu'il s’y manifestât la moindre bulle de gaz. L’éther par l’acide sulfurique , conduit beaucoup mieux le fluide galvanique que l’alcohol.
- Les feuilles de métaux qui sont appliquées à l’extrémité zinc, brûlent ; celles qui le sont à l’extrémité argent, se fondent. En combinant avec les fils des deux extrémités, des feuilles
- (i) Journal de van Mons, n.” XI. , p. 2i5. Pour avoir une idée des grands travaux de M. Ritter sur le galvanisme, il faut consulter cette histoire, tom. I, p. a66, tom.II, p. uaetsuiv., et i56.
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- d’un métal facilement combustible, mais difficilement fusible, celle de l’extrémité positive brûle, tandis que l’autre se fond ; mais si le métal est peu combustible et très-fusible, l’effet contraire a lieu.
- On’sait qu’à nombre égal de couches, les étincelles sont d’autant plus fortes, que les surfaces des plaques métalliques sont plus grandes. M. Rit ter indique un moyen bien facile de construire des batteries avec des pièces de la grandeur ordinaire d’un gros écu, de manière à obtenir, sous ce rapport, autant d’effet qu’avec des pièces d’une grandeur double, quadruple, octuple, etc., voyez le journal cité, p. 216.
- A cette occasion, M. Ritter indique aux amateurs un phénomène extrêmement brillant. On mouille fortement le fil A d’une batterie qui communique par les pôles de même nature; on suspend,sur toute la longueur du fil, des feuilles fines d’argent, de manière que, par leurs bords, elles soient collées au fil, et le couvrent entièrement , et qu’en même temps elles communiquent ensemble par une suite de points de contact. Ou porte alors le fil C, qui est accroché au fil B, contre une des feuilles d’argent , et successivement contre toutes les autres feuilles, lorsque la première
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- est en combustion. A l’instant, on voit le fil A sur toute sa longueur, et les feuilles à tous les endroits de leur contact avec le lil, se couvrir de petites étincelles scintillantes , dont la lumière réfléchie par l’éclat de l’argent, et le mouvement varié à l’infini , représentent , dans l’obscurité un spectacle des plus magnifiques. Il se répand en même temps sur tout le fil un bruit qui imite parfaitement le bas-: parler.
- La solution de sel ammoniac, comme liquide d’imprégnation, est la plus favorable pour obtenir de fortes étincelles ; mais elle n’agit que pendant un temps très-court : au contraire, une pile montée avec des cartons imprégnés d’un mélange de solution de sel marin , de fiel et de tournesol , est encore très-active au bout de quatre jours et plus. Une pile ordinaire de cent couches, interposée de sel ammoniac, a donné à l’auteur des étincelles de deux à trois pouces de diamètre, en fermant le cercle avec de gros fils de fer, et une feuille d’or, presque entière, a été consumée avec un feu brillant, par un seul coup de décharge.
- Une pile montée avec une solution à moitié saturée de sel marin, et chaude ,a été trou-
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- vée plus active, qu'avec la même solution entièrement saturée et également chaude.
- M. Ritter a exposé la plupart des métaux à l’action d’une pile de six cents couches. L’or et l’argent se sont déposés sous forme cristalline et en prenant un éclut extrêmement vif. Ayant laissé, pendant trois à quatre jours, un fil d’or plongé dans une dissolution du même métal, le fil, du côté du pôle argent, s’est couvert d’un duvet d’or , dont l’éclat était si vif, qu’il paraissait lancer des éclairs.
- Une dissolution d’argent, exposée dans des tubes, en forme de Y, à une batterie de la même force, se cristallisa en un arbre de Diane de la longueur de quatre à six pouces et plus, ayant des branches et une lige très-prononcées. Pour conserver ces arbres dans leurs belles formes, on doitles tenir entre les fils d’or d’une batterie faible, qui empêche suffisamment que l’acide séparé ne réagisse sur l’argent.
- Parmi les métaux oxidables à l’air ,1e plomb s’est sur-tout distingué par les belles formes de son arborescence. Une solution, saturée d’acétate de plomb , s’est formée, dans un tube comme ci-dessus, en un arbre de Saturne de la plus grande beauté. Cette magnifique arborescence ressemblait à une branche de vigne composée seulement de feuilles cohérentes ,
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- mais formant cependant une longue et large guirlande qui, dans une étendue de cinq à six pouces , faisait plusieurs fours sur elle-même.
- Ces mêmes cristallisations, formées du côté du zinc, 'iie se montrèrent pas moins remarquables. L’argent se déposa en cristaux, qui se terminaient en aiguilles d’un demi-pouce, et d’un pouce de longueur ; les premières et les dernières formées se disposèrent constamment en angles droits. Leur couleur ressemblait à celle du café.
- V. Suite des expériences de M. Ritter sur les phénomènes galvaniques, communiquée par M. Oerstaed, docteur de l’Université de Copenhague. (l)
- Les physiciens n’apprendront pas sans intérêt que M. Ritter continue ses bellés expériences , qu’il a si fort avancées. Gomme tout son travail se rattache maintenant à une théorie connue, nous nous bornerons1 à en exposer les résultats , tels que lés" décrit M. Oerstaedy laissant d’ailleurs aux physiciens
- (i) Bulletin des Sciences de la Société philomatique, n.o LXVII, thermidor an xi,p. i d8. Voyez aussi lé Jotirnal de Physique, frimaire an su ; p. £or ; le Journal du'gal-•yanisme, X.' cahier, p- 97et XL' cahier p. 145.-. îq , 50 IY.e Partie. D
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- le soin de les vérifier avec tout le détail nécessaire. Le but de M. Ritter étant de comparer l’électricité des machines avec celle de la colonne de Volta, il considère successivement dans cette colonne la tension électrique, l’action chimique, l’étincelle et le choc.
- Quant à la tension électrique, on sait qu’elle est positive à un des pôles de la pile, et négative à l’autre. On a fait voir de plus qu’elle diminue entre ces deux extrêmes, de manière à être nulle au milieu de la colonne. M. Ritter s’est proposé de comparer les forces des tensions de ces deux pôles, et celles des différentes piles. Il a essayé d’y parvenir en mesurant le temps nécessaire à la charge d’une même batterie électrique; mais ce moyen est inexact, et l’on ne peut, rien obtenir de certain à cet égard, que par la balance électrique.
- Suivant M. Ritter, l’action du pôle positif de la pile dispose les métaux à se combiner avec Vpxigène , et celle du pôle négatif les dispope se combiner avec l’hydrogène. Si l’on arme le. pôle positif d’une feuille d’or battu , çUe_négatif d’un morceau de charbon, lorsqu’on établit la communication entre ces subs-SJ!la feuille d’pr brûle avec une lumière épljitante , et le çharbon reste intact ; mais si pn place le charbon du côté positif, et l’or du
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- côté négatif, c’est le charbon qui brûle, et l’or se fond. Le contact du pôle négatif sur la surface brillante du mercure , laisse une trace différente de celle que produit le pôle positif. M. Bitter prétend que tous les effets de la pile sur le corps animal, se réduisent à des expansions et à des contractions ; toutes les parties du corps humain prennent un plus grand volume par le contact du pôle positif; elles se resserrent par le contact du pôle négatif: par exemple., l’action du pôle positif sur la langue, y produit, au bout de quelques minutes , une légère élévation, au lieu que Je pôle négatif y produit un petit enfoncement. Si une même personne touche les deux pôles avec les deux mains mouillées, son pouls s’accroît d’intensité dans la main qui est en contact avec le pôle positif et il diminue de force dans l'autre; mais ,1e nombre de ses battemens reste toujours le même. L’extensionproduite de cette manière dans les organes, est suivie d’une sensation de chaleur, et le resserrement l’est d’une sensation de froid.
- L’œil en communication avec le pôle positif, voit les objets rouges, plus grands et plus distincts ; en conctact avec le pôle négatif, il les voit bleus, plus petits et plus confus.
- La langue reçoit du pôle positif le goût acide D a
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- et du négatif, le goût albalin* Les Oreilles étant en contact avec le premier, tous les sons semblent plus bas ; avec le. second » ils semblent plus haut. En général les deux pôles de la pile produisent des effets Opposés. .
- Tels sont les résultats des expériences de M. JUtter ; nous n’avons pas eu Foeeasion d’en vérifier l’exactitude ; mais leur singularité, leur nombre > et: sur-tout l’habileté de leur auteur, nous font penser qu’ils sont exacts et qu’on eii verra le précis avec plaisir.
- VI. Matériaux pour la connaissance de l’action chimique du galvanisme ,par M. Ritter(i).
- B s’agit, dans cet ouvrage,d’expériencës qu’il faudrait transcrire ici en entier pour en concevoir les conséquences et les résultats : tout ce que nous croyons devoir faire, c’est de décrire l’appareil avec lequel elles ont été faites, et qui est construit ainsi qu’il suit :
- On place sür un support isolant de verre , de résine ou autre, une plaque d’argent, ou une grande pièce de monnaie du même métal : on la couvre d’une plaque de zinc, et celle-ci d’utae rondelle de carton imprégnée d’éau sa-
- (1) Journal de Chimie de van Mons , n.o ïï, p. iau
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- turée de muriate de soude ou d’ammoniaque , et on répète cette disposition soixante à quatre-vingts fois. Les pièces sont retenues en position par trois ou quatre liges de verre. Là plaque supérieure de zinc, et celle inférieure d’argent, sont pourvues chacune d’un fil métallique, qui prennent le nom, l’un de fil du zinc, et l’autre de fil d’argent.
- Dans une de ses expériences, M. Rittera vu, autant qu’il apu en juger,l’acide et l’oxigène de zinc, du côté de l’argent, entraînés parle courant galvanique, et mêlés avec la partie de la solution qui entourait le fil du côté opposé , laquelle ne lui a pas paru désunie dans ses principes. Non seulement les sels métalliques , mais aussi les sels terreux semblent être décomposés par la batterie galvanique. Elle décompose aussi les combinaisons des al-kalis avec les acides, et dans ce cas l’alcali est certainement rendu libre du coté de l’argent, et l’acide du côté du zinc. Enfin, d’après quelques expériences préliminaires , il n’est pas invraisemblable que plusieurs acides soient décomposés par la batterie.
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- VII. Extrait et un Mémoire sur le galvanisme , par M. Ritter, envoyé à l’Institut, (i)
- Pour avoir une idée de ce nouveau travail de M. Ritter, il faut se rappeler un fait,découvert il y a à peu près deux ans, par M. Ermann, de Berlin , et répété par Volta, en présence de la commission du galvanisme de l’Institut. Si l’on isole une colonne électrique , dont le pôle supérieur soit positif, et le pôle inférieur négatif; si l’on fait communiquer ces deux pôles par un conducteur imparfait, comme serait, par exemple, pour ces petites quantités d’électricité, une bande de papier mouillée; d'eau pure , chaque moitié de cette bande prendra l’électricité du pôle , avec lequel elle communique : la partie supérieure sera positive, et l’inférieurè sera négative. Concevons maintenant que l’on enlève ce conducteur imparfait avec un corps isolant, comme une baguette de verre, l’équilibre ne se rétablira pas instantanément entre les deux extrémités, et. elles resteront pendant quelque temps positive et négative , comme lorsqu’elles communiquaient aux deux pôles de la pile. Ces différences diminueront peu à peu , à mesure
- (i) Bulletin de la Société philomathique, n.o LXXIX.
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- que les électricités contraires se recomposeront, et bientôt leurs actions neutralisées deviendront tout à fait insensibles.
- C’est à cela précisément que se rapporte l’expérience fondamentale deM.Ritter. Seulement il remplace le ruban par une colonne composée de disques de cuivre et de cartons humides entremêlés. Cette colonne se charge par la communication avec la pile. Une différence essentielle dans les deux résultats, vient de ce que l'électricité , lorsqu’elle est faible, éprouve, comme la lumière, une sorte de difficulté à passer d’une surface à une autre, et c’est ce qu’a observé M. Ritter dans ses expériences. Il a vu l’électricité, introduite dans sa colonne à un seul métal, éprouver quelqu’obstacle à passer du métal au carton, obstacle quis’accroissoit à mesure que les alternatives étaient plus nombreuses. Cette colonne une fois chargée, doit donc perdre son électricité très-lentement, lorsqu’il n’y a pas de communication entre ses deux pôles.
- Cetappareil, décrit plusau Ion g par M. Ritter dans son Mémoire, et qu’il appelle pile second daire , reproduit avec une moindre intensité les commotions, la décomposition de l’eau, et k^g£|tjj^seffets physiologiques ou chimiques /jttbeTçësf'OTÜent de la pile ordinaire. En y va-; fiantae' nombre et l’ordre des disques de car-D 4
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- ton et de cuivre, M. Ritter a obtenu plusieurs -résultats dont il fend compte, et qui prouvent qu’en changeant lés dispositions du même appareil' , on peut changer à volonté sa faculté conductrice.
- Il s’est ensuite préposé de déterminer les différences d’action dé Ces modifications sur les effets chimiqnes dé la pile seCondairè. Il à cherché comment il fallait diviser üne triasse douée de conducteurs tant humides qüe solides, pour en formèr unè pile de cette espece , qui reçoive la plus grande charge possible d’unè colohtîe électrique donnée. En suivant cettè idée, il est parvenu à obtenir deux dispositions différentes , dont l’urte donnait le maximum d’effet chimique , et l’autre le maximum d’action phÿsiologiqiré. Voilà pourquoi son appareil est plus propre qu’aucun autre à isoler ces deux genres d’action. Les différences qui existent dans les actions chimiques dés pileâ ordinaires, à raison de la grandeur de leurs plaques , se retrouvent àtissi dans les piles secondaires.
- La Bibliothèque Italienne contieht, tom.TV, ainsi que le Journal de Chimie de Van Mons , des expériences faites avec les nouveaux appareils de Ritter, et une imitation de quelques-unes de ces expériences avec l’appareil élec-
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- trique ordinaire. C’est l’extrait d’une lettre de M. van Marum à M. van Mons. Il y est question d’un précis d’expériences particulières de M. Oerstaed, qui a fait voir à M. van Marum,
- 1. ° qu’une pile électrique de Volta charge réellement une autre pile composée d’un mèmè métal, et de carton imprégnés d’eau pure;
- 2. ° qu’un conducteur, qui se trouve pendant quelques minutes dans la chaîne de communication d’une pile de Volta, acquiert la faculté d’exciter dans la grenouille des mouve-mens convulsifs.
- Ces expériences fournissent une nouvelle preuve de l’identité du fluide, mis en mouvement par la pile, avec celui excité par les appareils ordinaires.
- YIII. Expériences galvaniques, ou notice de la dernière séance du cours public des expériences physiques fa ites dans le théâtre physique et anatomique des Ecoles spéciales de Turin , par M. Yassalli-Eandi. (1)
- Ce cours sert, comme les autres cours qui se font dans ces écoles, à mettre soùs les yeux des élèves la série des vérités annoncées dans les leçons de ces cours. Ce n'est ici qu’un ta-
- (i) Bibliothèque italienne, n.° IV, p.
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- bleau ou résumé succinct de la Science Galvanique , depuis son origine jusqu’à nos jours , et sur-tout des deux théories proposées, la première par Galvani qui croyait, comme le croit encore son digne neveu le professeur Aldini , que les contractions musculaires sont dues à une électricité propre à l’animal ; la seconde par Volta, adoptée maintenant presque universellement, dans laquelle il soutient que ces contractions sont excitées par l’électricité ordinaire mise en mouvement au moyen du contact dp métaux hétérogènes , ou de corps doués d’un divers degré de déférence.
- M. Vassalli-Eandi prétend que ni Volba, ni ancundeses sectateurs n’ontrépondu àladifficul-té qu’il leur a proposée, dès le commencement, dans le deuxième vol. de la Physique à l’usage des écoles subalternes, p. 353, savoir, que si les contractionsmusculairessontexcitées par l’électricité développéeau moyen ducontact des corps hétérogènes , que si cette électricité si faible , et qui est insensible à l’électromètre le plus délicat, peut exciter les contractions, on ne voit pas pourquoi elles ne sont pas excitées,ces contractions , lorsque le frottement d’un corps cohibent,sur les armatures, produit une électricité beaucoup plus forte , et qui fait écarter
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- les bandelettes d’or de l’électromètre deVassalli de plus d’un centimètre, ainsi qu’il l’a fait voir au public ; on ne voit pas pourquoi cescontrac-' tions ne sont pas excitées, quand par le frottement de corps côhibents, on électrise, dans le même temps,les nerfs positivement, et les muscles négativement, ainsi que le docteur Mez-zera l’a fait remarquer dans ses thèses ?
- M. Vassalli établit ensuite les différences qui existent entre les fluides électrique et galvanique , tant pour leur nature que pour les effets qu’ils produisent. II. est inutile, dit-il, de chercher un grand nombre de différences , quand il y a un fait bien constaté, qui distingue parfaitement les-deuxlluides. Personne n’ignore, ajoute-t-il , que si à l'électricité positive on ajoute de l’électricité positive, elle est augmentée, et que si à l’électricité positive on ajoute l’électricité négative, la positive est diminuée^ et même anéantie J. que la même chose arrive à l’électricité négative , si on lui ajoute de l’é-leclricité négative ou positive.Cela observé, aux conducteurs d’une pile de cinquante couples de disques d’argent et de zinc, Vassalli joignit des conducteurs qui partaient de la machine et du conducteur électrique : isolés, et en faisant agir réle.ctricité positive ou négative» tantôt sur le cond ucteur positif de la pile, tantôt
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- Sur le conducteur négatif, tantôt les deux élec-i tricités dans le même tems sur les deux conducteurs de la pile, soit la positive sur le positif, et la négative sur le négatif, soit la positive sur le négatif, et .la négative sur le positif ; tantôt chacune des deux électricités ensemble sur les deux conducteurs delà pile séparément, en dirigeant même le courant électrique contre-là direction du courant galvanique, il fit voir que l’action de la pile n’était jamais aliénée dans aucune combinaison du galvanisme avec l’électricité, d’où il conclud que les deux fluides ne peuvent pas être considérés comme identiques, puisque l’un n’agit pas sur l’autre de la manière que les deux électricités agissent, etc..
- Après l’exposition de la théorie du fluide galvanique,M. Volta a présenté au comité leseffets du galvanisme sur lès trois règnes delà nature, et un essai pour prouver combien l’action stimulante de cet agent peut être prompte et efficace pour dissiper les asphixies. Un lapin asphixié par la subirierssion dans l’eau, ne donnait plus aucun signé de vie; en y faisant passer le courant d’une pile de cinquante couples de disques d’argent et de zinc, on obtint' d’abord des contractions, puis, après douze se-: causses , l’animal se mit à crier , se releva , mangea au bout d’une heure, et fut aussi gav
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- qu’ayant l’expérience. On fit passer les secousses d’une semblable pile de la bouche à la cuisse d’un autre lapin qui, dès la cinquième secousse, tomba saisi d’effroyables convulsions.
- M. Vassallia. encore observé que l’action du galvanisme a, sous certains rapports, beaucoup d’analogie,avec celle de l’opium, qu’il enivré comme celui-ci, qu’il donne comme lui de la gaieté etde la force, qu’il laisse, après quelque temps, cet affaissement qu’on éprouve , quand on a fait usage de l’opium. Nous ne pouvons le suivre dans le détail de ses expériences pour prouver l’action du galvanisme sur les deux autres règnes : il: faut consulter son ouvrage qu’il termine par des vues sur l'usage du fluide galvanique dans les sciences et dans les arts. IX. Expériences faites par la Société médicale du département cTIndre et Loire , séante à Tours.
- A sa séance publique du 1." fructidor an xt j le docteur Bouriat, secrétaire général, a dit':
- » Le galvanisme a aussi occupé la Société : voulant faire jouir ses concitoyens des a van-* tages de cette découverte, si elle en offrait 4 elle a trois fois la semaine tenté dès expériences sur les animaux , tant à sang chaud qu’à sang froid. Elle en a ensuite fait l’app] ica tiondanxles.
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- cas de paralysie et dans les maladies chroniques. Elle s’est convaincue, par une longue série d’observations, que la pile de Volta n’est qu’un condensateur continuel du fluide électrique parlecontactseul des métaux.Ce fluide, qui jusque-là n’avait été concentré que par le frottement des corps électriques, d’où naissait une étincelle, peut être condensé par le seul contact des métaux, au point de mettre le fer en fusion. Il est un ordre d’affinité, éntre le3 métaux, qui établit une différence très-sensiblé entre leur degré condensateur, et la Société a publié cet ordre d’affinité. Le fluide galvanique agit fortement et directement pendant quelques instans consécutifs sur le système nerveux il met violemment en action la contractilité des muscles, tant qu’ils conservent leur irritabilité. Celte circonstance lui mérite donc la préférence sur l’électricité par frottement, dont l’action instantanée ne procure qu’une commotion où Secousse. »
- A cette même-séancej le docteur Veau De-launay-, professeur de chimie, a lu un Mémoire sur le galvanisme. Il a> expliqué la cause de la découverte de cefluide par le professeur Gai-vaniiÀl- a établi- que Cë fluide lui avait paru différersousbëftucGUp de rapports, du fluide élécteique v q,tie-' cet le différence était déjà
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- bien sensible dans plusieurs circonstances qu’il a rappelées. Il regarde le fluide galvanique comme un des plus puissans stimulans de la fibre animale , et il a prouvé, par des expériences , que l’on pourrait user l’excitabilité et la contractilité des muscles, au point de les paralyser, et même de tuer les animaux : il a démontré ensuite les différens phénomènes que ce fluide a déjà offerts : il a opéré la décomposition de l’eau ; il a enflammé par l’étincelle galvanique le gaz hydrogène et le phosphore, il a fondu du fer, etc., etc. Le docteur Veau-Delaunay a tenu un Journal des effets du fluide galvanique, appliqué aux différentes maladies : il promet de le publier, quand il aura une série suffisante de faits.
- X. Détail de quelques expériences faites dans le laboratoire de Vinstitution royale , relatives à l’action de Vélectricité galvanique sur la production de la chaleur, et aux changement quelle occasionne dans différens fluides ,par Humphry Davy , professeur de chimie. Extrait du Journal de VInstitution royale , par P. A. Adet. (i)
- 8.° Les expériences intéressantes qu’ont faites
- (i) Annales de chimie, tom. LXIV, p. ao6. Bibliothèque britannique , tom. XX, p. 384-
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- en France MM. Fourcroy, VauqueUn et Thénard, ont prouvé que les batteries galvaniques, composées de larges plaques, contribuaient plus puissamment par leur action à l’inflammation des métaux , que celles qui étaient composées d’un même nombre de plaques plus étroites, tandis que l’action de ces deux sortes d’appareils était presque la même sur l’eau et sur le corps humain.
- «»En examinant l’action d’un appareil galvanique, construit à l’institution royale , et composé de vingt couples de pièces de cuivre et de zinc carrées , qui portaient treize pouces de large, j’observai, dit M. Davy, entre l’action chimique et la production de l’électricité galvanique, les mêmes rapports qui se présentent dans d’autres cas. Quand on se servait d’eau pure pour remplir les interstices des plaques , on ne pouvait distinguer les étincelles ni les chocs, et la batterie ne pouvait enflammer qu’une ligne d’un fil d’un demi-cent-dixième , dontle diamètre n’excédait pasuncentsoixante-dixième de pouce. Avec le muriate de soude, l’action de la batterie fut augmentée.L’acide nitrique étendu la rendit encore plus intense, et alors elle put faire rougir à blanc trois pouces d’un fil de fer d’un deux cent soixante dixième
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- dixième de pouce de diamètre, et en faire fondre environ deux pouces. »
- « En comparant les effets produits par de l’acide nitrique, dontja pesanteur spécifique était un quatrième, dissout dans soixante parties d’eau > <*vec ceux que produisait une solution concentrée de carbonate de potasse, je; remarquai que l’acide augmentait singulièrement la force de la batterie, ce qu’tm ne peut attribuer à d’autre cause qu’à son action chimique. Car il paraissait jouir d’une qualité conductrice inférieure à celle de la solution de potasse. 11 y a tout lieu de penser qu’avec de l’eau pure, c’est-à-dire, privée d’air, et de toute substance saline, on n’obtiendrait aucun effet de la batterie. Je n’ai pu déterminer ce fait par aucune expérience directe ; mais j’ai trouvé, constamment qu’une pile composée de trente-six couples carrées de cuivre et de plaqués de zinc, de cinq pouces de large, perdait son activité dans l’espace de deux jours, si on la plongeait dans du gaz azote ou du gaz hydrogène, et la recouvrait, si on la plongeait dans de l’air commun, acquérait une nouvelle intensité d’action , si on substituait l’oxigène à l’air comitiun. »
- II. « Lorsqu’une batterie galvanique, composée de larges plaques, était en pleine action, j’ai trouvé qu’un fil de fer long de deux pied» IV.* Partie. E
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- et d’un quarte-vingtième de pouce de diamètre; lorsqu’on le plaçait dans le cercle galvanique, acquérait un degré de chaleur > suffisant pour faire bouillir promptement de l’eau , avec laquelle on le mit en contact. Il conserva sa ' chaleur pendant plusieurs minutes , et on l’entretint en ouvrant pendant quelques ins-tans , et en refermant successivement le cercle. Lorsqu’on place , dans une partie quelconque de la chaîne conductrice, trois ou quatre pouces de fil de fer, d’un centième de pouce de diamètre, ce fil de fer devient rouge-blanc, et conserve cette chaleur pendant plus d’une minute , et à l’aide de contacts suffisamment répétés et interrompus , il reste en ignition pendant cinq ou six minutes. Quand on plongeait la partie de la chaîne conductrice, où se trouve placé le fil de fer, dans une petite quantité d’éther, d’alcool ou d’huile, ces liquides étaient bientôt échauffés. L’huile d’olive ayant été laissée pendant un temps convenable à l’action de ce fil de fer, elle passa à l’ébullition. »
- , III. Lorsque deux petits morceaux de charbon, bien brûlé, ou un morceau de charbon et' un fil métallique terminent le cercle dans l’eau , de vives étincelles jaillissent. On voit une abondante production de gaz, et les extrémités du charbon paraissaient d’un, rouge blanc, quel-
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- que temps encore après le contact. Pendant toute la durée de ce phénomène, on remarquait un dégagement de fluide élastique, accompagné d’un bruit, pareil à celui d’une liqueur en ébullition. Les phénomènes qui frappèrent les sens furent, à peu de chose près, les mêmes, lorsqu’on- substitua à l’eau des huiles fixes ou volatiles, de Péther et de l’alcoolet h l’aide du charbon, on obtint des étincelles dans les acides nitrique etsulfuriq.ue,qui sont les meilleurs de la classe des mauvais conducteurs.
- On examina les gaz produits par Tétificèlle galvano-électrique, et comme on obtint généralement les résultats indiqués par la théorie , on n’én fit pas l’analyse avec une scrupùleüse attention. Quand on soumit l’eau à l’action des étincelles qui jaillissaient de deux morceaux de charbon, on obtint un fluide élastique, composé d’un huitième d’oxidé carbonique, d’un huitième d’oxigèné, ét de six huitièmes d’un gaz inflammable, qui demandait un peu plus que la moitié de son volume d’oxigèné pour sa combustion.
- Avec, de l’or et du charbon , l’or étant du côté du zinc, le fluide élastique, obtenu , paraissait être un mélange d’oxigèné et d’hydro-gènè; car l’étincelle électrique y occasionnait une diminution dç sept dixièmes.
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- Le gaz dégagé de l’alcool par l’or et le charbon, l’étincelle jaillissant de l’or placé du coté du zinc, était un mélange de deux partie? d’oxigène, et de onze parties de gaz inflammable , qui paraissait contenir une grande quantité d’hydro-carbon.
- L’éther, en suivant les mêmes procédés, fournit quatre parties d’oxigène, et douze parties de gaz inflammable.
- Avec l’acide sulfurique on obtint promptement de l’hydrogène et de l’oxigène en quantité plus que suffisante pour saturer l’hydrogène par la combustion. L’acide prit .une teinture bleue*
- L’étincelle électrique fit détonner violemment le gaz , qu’on obtint à l’aide de l’acide nitrique. Le résidu était de l’oxigène mêlé de gaz
- Les produits, qu’ils fournirent, doivent leur origine , suivant toutes les apparences , à la décomposition de l’eau qu’ils contenaient; Dans les expériences, auxquelles ces substances ont été soumises, comme dans celles faites sur l’eau, une partie des fluides élastiques s’est dégagée, lorsque, pendant l’interruption des contacts , l’électricité se transmettait d’une manière insensible. L’ignition apparente du charbon, dans différens fluides dépendait en quelque sorte
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- (le ce qu’au moment du contact il était entouré par des globules de gaz qui empêchaient la chaleur, dégagée aux extrémités de cette substance, d’être entraînée par le fluide.
- Lorsqu’on obtenait sous une couche d’eau l’étincelle, à l’aide de fil de fer dans du phosphore rendu liquide par la chaleur, il se dégageait diigaz permanent; mais il était en trop petite quantité pour l’examiner, quoiqu’on eût continué l’expérience pendant une heure. M. Davy se propose de répéter cette expérience des conducteurs de charbon sec.
- IV. Lorsqu’on se servit des fils d’or attachés aux extrémités de la batterie, et qu’on les fit agir sur les fluides par la manière Ordinaire de communication , ett les plaçant à une certaine distance l’un de l’autre , on remarqua que le pouvoir conducteur des fluides agissait plus puissamment sur le dégagement des gaz qu’on ne le remarqué dans les circonstances ordinaires, où on emploie de petites plaques. En comparant l’action : d’une grande batterie avec celle d’une batterie, composée de vingt plaques, qui avaient cinq pouces de large, on observa dans plusieurs expériences que les gaz se dégageaient plus rapidement et en plus grande quantité des fils métalliques corres-pondans à de plus larges plaques, que des au-
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- très, tandis que les deux batteries exerçaient, à peu de chose près, la même action sur l’eau. Ce fait, réuni à d’autres de la même espèce, semble prouver que l’électricité, produite dans les piles composées de larges plaques, est plus grande que dans celles dont les plaques sont étroites , et qu’elle peut passer avec facilité à travers les meilleurs conducteurs, tandis que, par la nature du circuit, sa circulation, dans une grande étendue , se trouve gênée par les mauvais conducteurs. Plusieurs physiciens avaient déjà formé cette conjecture.
- Y. Comme la grande quantité d’électricité, qu’on fait circuler à travers les meilleurs conducteurs , à l’aide de larges surfaces, augmente peut-être plus qu’aucun agent connu leur affinité pour l’oxigène; et comme on peut, par ce moyen, faire rougir le charbon à blanc, et en entretenir la combustion, soit dans l’oxigène, soit dans l’air atmosphérique ;M. Davy a voulu examiner les effets de l’ignition électrique de cette substance dans du gaz acide muriatique oxigéné, renfermé sur du mercure.
- L’expérience fut faite à l’aide d’un petit tube de verre, suivant la description faite d'un appareil contenant un fil de platine scellé hermétiquement, et portant à son extrémité inférieure un morceau de charbon qui y était fixé.
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- On 35, établit la communication des fils de fer , et par des contacts successifs , on maintint le charbon rouge-blanc pendant près de deux heures ; le gaz acide muriatique n’avait alors que peu diminué de volume. 11 s’était formé une grande quantité dé matière blanche sur le charbon, qui n’avait pas été sensiblemen t; consumé. Lorsqu’on examina le gaz , l’eau en avait absorbé les trois quarts. Le résidu était inflammable. On répéta l’expérience trois fois. Toutes les fois que l’étincelle était vive,, on remarquait constamment un nuage blanc, à l’instant où elle était produite. Je suis porté, dit M.Davy, à attribuer ces phénomènes àla décomposition de l’eau dissoutedans ce gaz par le charbon et le mercure qui y est adhérent. La matière blanche était probablement du muriate de mercure. Le charbon absorbe rapidement les gaz acides ; et lorsqu’il est bienfait, il peut prendre trente fois son volume de gaz acide muriatique ; de manière que pendant le temps de l’ignition, il aura pu agir sur une partie de l’acide et de l’eau , amenée à un grand état de condensation.
- Le peu de succès qu’obtint TA-Dovy dans cette expérience, dont les résultats sont Semblables à ceux que M. William-Henry a obtenus à l’aide de l’électricité ordinaire, l’empêcha d’essayer le gaz acide fluoriquç, comme, il .en avait eu
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- l’intention. Beaucoup des gaz composés §t qui sont décomposables par le charbon à une température élevée, pourraient cependant * suivant toiltes les apparences, être analysés d’une manière simple, à l’aide de l’ignition dû ehârbon par l’électricité galvanique, et il serait convenable d’employer ce moyen pour déterminer les rapports d’affinité qu’à le charbon, à une haute température,aveo lés parties constituantes des gaz composés.
- g.° Mémoire de MM. Desormes et Hachette , destiné à servir à l’Histoire de cette partie de l’électricité qu'on nomme galvanisme ; Mémoire lu à la Société Philomatique, le Î2 frimaire an xi., (1)
- Avant de rendre compte de ce Mémoire, nous devons dire que M. Desormes est auteur d’observations très - j udicieuses sur l’appareil galvanique de Volta (2)et qu’il a déterminé le véritable élément delà pile ; que M.Hachette a fait des expériences et des recherches chimiques, dont nous avons fait connaître les résultats (3), ainsi qae de celles qu’il a faites sur
- (1) Annales de chimie, tom. XIJV, p. 967.
- (9) Histoire du galvanisme, tom. I, p. 95g, et tom. II ,
- p. 188.
- (3) Tôjü. II de la même Histoire, p. 160,167 345 et 07 !.
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- l’inflammation des métaux par la pile galvanique , et de celles faites avec la colonne portative de Volta; qu’on trouve en outre du même, dans le onzième cahier du Journal de l’Ecole Polytechnique , p. 284 » un Mémoire très-instructif, sous le titre : Leçon faite à l’Ecole Polytechnique en thermidor an neuf. C’est un abrégé historique et sommaire des découvertes galvaniques, et sur-tout de la pile galvanique de soli élément , de son action chimique etc.
- Quant au Mémoire de ces deux sàvans, dont nous devons rendre compte , nous observons d’abord qu’il ne peut être bien compris, ainsi que le détail des expériences qu’il contient, qu’à l’aide des planches qui l’accompagnent. Les auteurs établissent d’abord la théorie du doubleur d’électricité de Bennet et de Nicholson (1) ; le premier, en l’employant, remarqua que si après avoir dépouillé les plateaux fixes de toute électricité , 011 faisait tourner la manivelle , pour donner aux trois diques certaines positions indiquées, le simple rapprochement de ces disques suffisait pour les électriser, au point d’obtenir entre eux
- (1) Voyez ce qui a été dit tom. XXIV des Annales do
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- une étincelle spontanée , remarque qui fut suivie de l’observation importante , que les corps peuvent changer d’état électrique par le simple contact, ainsi que le prouvent les expériences que rapportent les auteurs, et qui sont tirées d’un ouvrage imprimé à Bergen en 178g, et qui a pour titre : New experiments on Elec-tricitY, ou Nouvelles expériences d’électricité , par Bennet.
- Après avoir prouvé : i.° que l’électricité soit positive, soit négative, dont se charge spontanément le doubleur, dépendait de l’absorption ou de la répulsion du fluide électrique, à l’instant où les disques parallèles sont approchés; 2.0 qu’en appliquant sur ces disques de grands plateaux enduits de minium ou de farine , on en chargeait l’électricité, on pouvait aisément conclure que, si l’électricité spontanée était encore faible , le contact des métaux ou autres substances, qui ont avec le fluide électrique une autre affinité, pourrait encore la changer, et qu’on ferait ainsi une application neuve et intéressante du doubleur d’électricité. Ces effets présumés du contact sont confirmés par les expériences que décrivent MM. Desormes et Hachette, et qui sont accompagnées chacune d’une table , au moyen de laquelle on peut estimer les résultats, etc., etc.
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- Ces Messieurs ont publié depuis une brochure qui a pour titre : Du Doubleur d’électricité présenté à l’Institut le 8 brumaire an xii. ,Cet instrument n’a véritablement fixé l’attention des physiciens, qu’à l’époque où Rëad publia en anglais son ouvrage sur l’électricité des airs qui avaient servi à la respiration des animaux, ouvrage qui ne fut connu en France qu’en 1796, par l’analyse qu’en insérèrent, dans un de leurs cahiers, les auteurs delà Bibliothèque britannique, analyse qui comprend la description du doubleur d’électricité, et qui estencore insérée dans les Annales de chimie de décembre 1797. Dès-lors l’Ecole de médecine en fit exécuter un , qui fut prêté à l’Ecole polytechnique. MM. Desormes et Hachette s’en étant servis pour répéter les premières expériences de Benneb et de Volta , sur l’électricité des métaux en contact, ils reconnurent à cet instrument plusieurs défauts qu’ils ont tâché d’éviter dans celui qu’ils ont fait construire pour l’Ecole polytechnique (1).
- A l’égard de la théorie , elle est clairement
- (1) M. Dumontier, ingénieur en instrumens de mathématiques, rue du Jardinet, faubourg Saint-Germain , construit le doubleur d’électricité , d’après la description qu’en ont donnée MM. Desormes et Hachette.
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- exposée dans les-Annales de chimie (frimaire an xii) et elle est fondée sur les influences électriques. Son objet est d’augmenter , à l’aide d’un disque circulaire mobile, la quantité d’électricité , contenue dans deux autres disques semblables et supposés fixes. Les auteurs exposent les procédés qu’ils ont suivis pour produire cet effet, procédés qui ne peuvent être bien saisis , qu’à l’aide et avec l’explication des figures qui les accompagnent, construites d’après l’échelle d’un décimètre pour mètre. Us donnent ensuite l’indication du jeu de la machine, d’après laquelle on placera convenablement les fils de communication soit des disques entre eux , soit des disques avec le réservoir commun. Us rapportent de suite une expérience qui prouve que le doubleur est une source d’électricité positive et négative, même lorsqu’il est isolé du réservoir commun.
- 10Expériences galvaniquesfaites par plusieurs
- physiciens et chimistes de l’Allemagne.
- Le deuxième cahier tlu nouveau Journal de chimie, rédigé par plusieurs physiciens et chimistes d’Allemagne , contient les expériences galvaniques suivantes, par MM. Hisenger et Berzelius.
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- Le sel décomposé par des fils de fer, à l’aide d’une colonne de vingt-sept paires de plaques de cuivre et de zinc , a donné de l’hydrogène et de l’oxide de fer dans le muriate d’ammoniaque :1a liqueur était trouble , et a déposé sur le verre un peu d’oxide de fer.
- L’ammoniaque concentré, traité de la même manière, on a obtenu de l’hydrogène et dé l’azote ; il s’est dissous un peu d’oxide de fer, l’azote se dégageait du côté positif.
- L’ammoniaque étendu d’eau. L’eau seule fut décomposée dans cette expérience.
- Dans le sulfate d’ammoniaque avec excès d’acide. Le côté négatif a donné de l’hydrogène, et le positif de l’oxigène.
- Cette expérience répétée, dans un siphon renversé , avec du sulfate d’ammoniaque, qui contenait un excès d’alcali , a donné, du côté positif, du sulfate d’ammoniaque mêlé de beaucoup de sulfate de fer rouge et de l’oxigène ; et du côté négatif, du sulfate d’ammoniaque avec excès d’alcali et de l’hydrogène.
- Une grande quantité de sels neutres alcalins -et-métalliques ont été successivement décomposés par le même procédé, sans présenter des faits nouveaux.
- Le prussiate d’ammoniaque a donné, du côté positif, du prussiate de fer, avec excès d’oxide.
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- Le muriate de soude décomposé par des fils d’argent, donna ,du côlé positif, une liqueur jaune qui sentait l’acide muriatique oxigéné ; le côté négatif était alcalin ; au bout de trente-six heures tout le muriate d’argent fut dissous; la liqueur du côté positif était jaune , décolorait le tournesol, avait une saveur métallique; évaporée , sa couleur s’est foncée ; il s’en est séparé du muriate de soude, mais pas de sel métallique ; mêlée avec de l’alcali, il s’est formé un précipité d’oxide d’argènt, et la ligueur parutalors contenirdu muriate de soude, ou peut-être du muriate oxigéné de soude et d’argent. La liqueur négative était alcaline, et précipitait la positive. Le sulfate de potasse, décomposé par des fils de plomb, a donné de l’oxide de plomb puce, et du gaz oxigène et hydrogène.
- Le même sel a été décomposé par un fil positif de zinc, et un négatif de fèr ; le fil négatif a donné du gaz; le positif s’est oxidé; il s’en est séparé une pellicule qui a partagé la liqueur en deux; la supérieure négative contenait un grand excès d’alcali, l’inférieure positive contenait du sulfate de zinc.
- On a souvent observé que le dégagement de gaz continuait encore , long - temps, après même qu’on avait séparé les tubès de
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- la chaîne ; C’est sur-tout dans celte expérience que le fil négatif présentait ce phénomène d’une manière frappante et même lorsqu’on le retirait, qu’on l’essuyait bien et qu’on le replongeait dans la liqueur électrisée, le dégagement de gaz recommençait; si après avoir bien essuyé le fil de fer, on le portait sur la langue, et qu’on en mît un endroit en contact avec les lèvres ou avec les dents, on sentait une saveur acide très-sensible.
- Le sulfate de potasse décomposé par des fils d’argent, donne, du côté négatif, de la potasse ; et du côté positif, du sulfate, d’argent.
- Le même sel, décomposé par des fils d’or, donne, du coté négatif, de l’alcali et du côté positif, de l’acide; mais lorsqu’on agite les deux liqueurs ensemble , il se forme du sulfate neutre , sans qu’il se précipite aucune trace d’oxide noir.
- L’eau de chaux, électrisée avec des fils de fer, n’a pas été altérée ; l’eau seule fut décomposée.
- Le muriate de chaux , traité de même , a été décomposé; le fil négatif.s’est recouvert de chaux pure $ et la liqueur négative ne contenait plus de chaui. La liqueur positive était incolore ; mais mêlée avec dii prussiale d’ammoniaque , elle donnait beaucoup de prussiale de fer. Un phénomène assez remarquable, c’est
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- que le dégagement du gaz a cessé, à mesure que le fil négatif se couvrit de chaux; peut-être1 l’hydrogène s’est-il combiné ici ayec la chaux.
- Un siphon , dont la courbure éjait trouée , afin de laisser échapper les gaz -, et à travers les extrémités duquel on avait fait passer des fils de fer, fut rempli aux deux tiers, d’un côté, avec du muriate d’ammoniaque, de l’autre avec du sulfate de potasse; les liqueurs furent mises en contact par de l’eau distillée, avec laquelle on a rempli le siphon : au bout de vingt-huit heures , la liqueur négative , qui coh-' tenait du sulfate de potasse, était devenue alcaline , et contenait aussi de l’ammoniaque libre ; la liqueur positive, qui ne devait être que du muriate d’ammoniaque, contenait de l’acide sulfurique, de l’ammoniaque , de l’acide muriatique et de l’oxide de fer; il paraît donc que le sel du côté négatif avait cédé une partie de son acide au sel du côté positif ,- et celui-ci avait .cédé une partie de .son alcali à l’autre. -
- Après avoir versé dans un siphon , disposé comme le précédent, du muriate de chaux d’un côté et de l’eau de l’autre’, ori a vu que l’acide passait du côté positif, et la chaux du-côté négatif;
- De toutes ces expériences ; et de toutes les autres
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- autres déjà connues, nous avons tiré les conclusions suivantes :
- i.° Lorsque l’électricité traverse une liqueur, les principes de cette liqueur se séparent tellement , qu’ils se rassemblent les uns autour du pôle positif, les autres autour du pôle négatif.
- 2.0 Les principes qui se rassemblent autour d’un pôle, ont entre eux une certaine analogie ; au pôle négatif passent les corps combustibles, les alcalis, les terres ; au pôle posisif, le gaz oxigène , les acides et les corps oxidés.
- 3. ° La quantité relative de la décomposition, dans les liqueurs composées, est en proportion de leur efficacité et de leurs points de contact avec les conducteurs. Ainsi, il peut arriver que le composé le plus dense soit seul décomposé, et que le plus divisé ne le soit pas du tout. Par exemple , l’ammoniaque concentré est très - facilement décomposé ; étendu d’eau, il n’y a que cette dernière qui le soit.
- 4. ° La quantité de l’électricité est en raison de la grandeur du contact de la eolonne, avec leurs conducteurs humides.
- 5. ° Plus une liqueur est mauvais conducteur de l’électricité, plus elle est difficile à décomposer.
- 6. ° Les phénomènes de la décomposition sont déterminés par,
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- L’affinité des parties composantes pour le conducteur, autant qu’elles peuvent entrer en combustion avec lui ;
- Par l’affinité réciproque des corps com-posans, lorsqu’il y en a plusieurs à la fois ; par exemple, lorsqu’on décompose le nitre, il se forme aussi de l’ammoniaque;
- Par la cohésion des nouvelles combinaisons.
- 7.0 L’eau est décomposée en hydrogène et enoxigène , qui tous deux sont insolubles dans l’eau ; c’est pour cela que le premier est dégagé par le fil négatif, et le dernier par le positif.
- L’acide sulfurique donne du soufre au côté négatif, et de l’oxigène au côté positif.
- Les sels neutres déposent leurs bases du côté positif, et leurs acides du côté négatif.
- Les sels métalliques acides ou alcalins ne sont pas décomposés de la même manière que les précédens ; car il n’y a que leurs bases qui soient réduites en oxigène et en métal; l’on peut, en ce cas, considérer l’acide ou l’alcali comme le véhicule de l’oxide métallique : quelquefois il arrive cependant que l’acide est décomposé en même temps, comme cela a lieu avec le nitrate de zinc.
- Il résulte de tous ces faits , que l’on a une
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- idée fausse de la réunion opérée par l’électricité, puisqu’on l’attribue au dégagement de l’hydrogènè ; comment expliquerait - on donc la réduction du fer et du zinc, qui ont la propriété de décomposer l’eau sans électricité?
- Sans oser expliquer ces phénomènes , nous pensons qu’on peut les considérer, comme le résultat de l’attraction plus ou moins forte, que l’électricité peut avoir pour l’un ou l'autre
- F a
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- CHAPITRE XXXI.
- Nouveau galvanomètre , et expériences sur la décomposition de l’eau.
- s- i-
- i.° Sur un nouveau galvanomètre , par M. Gra-pèron, médecin, avec une notice sur quelques faits galvaniques, in-8.°, an xi. (1).
- L’auteur croit que le galvanisme devrait être appliqué d’une manière uniforme, parce qu’il doit avoir des effets bien différens, suivant que l’appareil est plus ou moins fort. M. Grape-ron a cherché dans les phénomènes physiques et chimiques que présententlesappareilsgalva-niques,un moyen demesureretde fixer les rap-portsdes nombreux phénomènes dont le galvanisme se compose, afin de pouvoir à volonté les faire naître ouïes éviter. La décomposition de l’eau, par l’action galvanique, 1 ui a paru propre à indiquer que l’appareil est en action. Le dégagement de l’air est très-sensible du côté du cuivre , et la vitesse avec laquelle les gaz se
- (i) Voyez le Journal du Galvanisme, IV.'cahier, p. 149. Voyez l’Histoire du Galvanisme, 1.1, p. 3o3, 5o4,32g,33i,
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- dégagent, pourrait être un moyen d’évaluer l’action galvanique 5'mais il faudrait un appareil, compliqué. M. Graperon a eu recours à d’autres lois que suit cette décomposition de l’eau, et l’agent galvanique en général.
- La première loi, qui a été découverte par Gautherol, est que l’action galvanique se transmet à traverc un cylindre d’eau , en raison directe du diamètre de ce cylindre ; la seconde loi, dont l’observation m’est, dit l’auteur, particulière , est que, l’action galvanique se transmet à travers un cylindre d’eau capillaire,, en raison inverse de sa longueur. JS11 réunissant ces deux lois, on'peut dire que la force galvanique se transmet à travers une colonne d’eau capillaire, en raison directe du diamètre , et en raison inverse de la longueur de cette colonne. M. Graperon, a profité de ces deux lois pour la construction d’un nouvel instrument qu’il-appelle galvanomètre, dontil donne la description avec une planche gravée, et dont il indique l’usage, qu’il étend jusqu’à celui de mesurer la différence de conductibilité des liqueurs , et même celle des solides.
- Au moyen de son instrument ou simplement d’un tube capillaire, on peut mettre un animal dans un courant galvanique très-fort , sans qu’il s’en aperçoive, sans qu’il ressente au-F 3
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- cime commotion , pourvu cependant qu’on n’aille pas jusqu’au contact; car alors il recevrait une commotion égale à la différence de conductibilité du liquide et du métal. Voici les seuls faits qui se soient offerts à l’observation de l’auteur, pendant les recherches nécessaires à la construction de son galvanomètre.
- La commotion a commencé à être sensible pour lui à seize degrés. La colonne de dix plaques étant restée montée toute une journée, le lendemain , même heure, elle marquait cinq degrés. De l’ammoniaque mis dans uiigalvanomètre marquait 45 degrés avec une colonne, dont la force n’égalait que dix degrés avec dë l’eau. Une dissolution de nitrate de pofas'se ne donnait aucun dégagement , du côté du pôle cuivre, les conducteurs étant même très-près du contact. Le pôle zinc a dégagé un peu. Une dissolution de muriate d’ammoniaque a présenté des phénomènes particuliers. Quelquefois il y avait dégagement et oxidation apparente du même conducteur ; d’autres fois il n’y en av.ait pas. La couleur des flocons, tantôt rouges, tantôt noires, que l’auteur a obtenus, et qui lui ont paru être une composition de cuivre et d’hydrogène, et non un oxide de cuivre, disparaissait et revenait, dans certaines circonstances qu’il lui a été trop difficile de saisir, pour
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- reproduire à volonté les mêmes phénomènes.
- 2.0 Dans sa notice sur quelques faits galvaniques (1), il faut, dit M. Graperon, analyser les sciences pour les connaître, et séparer , autant que possible, les phénomènes observés pour les mieux comprendre , sur-tout lorsque ces sciences, comme le galvanisme, offrent un concours de faits physiques et de faits physiologiques. Le galvanisme peut être considéré isolé des autres agens qui sont en action conjointement avec lui : on peut séparer l'effet on l’influence purement galvanique des effets produits par la présence des conducteurs. M. Gta-peron .s’est attaché à chercher les moyens de séparer ces divers effets, de les isoler, et il prétend pouvoir maintenant appliquer séparément à un fluide quelconque l’effet de l’oxide, l’effet du dégagement de l’air, ou l’influence simple du galvanisme. U prétend pouvoir étudier ces effets réunis ou séparés, et que les corps organisés peuvent de même être soumis à ces effets, isolés et distincts.
- L’appareil très-simple dont il se sert, pour séparer l’effet galvanique de toute action de l’air dégagé, ou de l’oxide formé, consiste dans
- (1) Cette notice est la suite de son Mémoire sur le gal-vauomctre, in-8.” Elle est insérée Journal du Galvanisme
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- deux morceaux de tubes de verre, courbés en S, ou en syphon à trois branches, posés sur le bord d’un verre, dans lequel est la liqueur en expérience ; une des extrémités des tubes plonge dans la liqueur. Ils sont remplis d’eau pure ou d’autre fluide : lesconducteurssont introduits dans les extrémités opposées qui sont hors du verre: L’oxidalionet le dégagement de l’air se passent dans ces tubes, sans pouvoir altérer la liqueur. On juge de l’intensité de l’action galvanique par la vivacité du dégagement de l’air et de l’oxidation.
- On peut ainsi soumetti e à l’influence simple du galvanisme des liqueurs et des corps minéraux , végétaux on inorganiques, comme l’a expérimenté l’auteursur l’urinè,surlelait, etc. Il s’est assuré que le gluten, qu’on retire de. la farine de froment par le lavage., n’est nullement sensible au galvanisme, quoique pouvant servir de conducteur, comme toute autre substance humide.
- Le galvanisme, dit-il, peut servir, comme l’électricité, à s’amuser aux dépens des curieux qui ri’en connaissent pas les effets : on peut faire boire dans un verre galvanique comme dans celui de Leyde.
- C’est vraiment, ajoute-t-il, une coupe enchantée. Un phénomène analogue, qui peut
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- donner lieu aux surprises les j>lus agréables , a été observé par M. Nauche. Quand deux personnes touchent chacune un pôle d’une colonne galvanique, et approchent leurs lèvres l’une de l’autre , elles sentent une commotion , elles voient passer une lueur , et éprouvent une cuisson forte , semblable à l’impression d’un corps sapide et assez âcre. Le baiser galvanique peut donc donner un sens réel à ces expressions métaphoriques : Baisers de flamme ou de feu, baisers trop âcres de l’auteur de Julie.
- On a voulu éprouver l’effet galvanique sur la végétation. Des disques de zinc et de cuivre en contact, et plongés dans la liqueur qui baigne les racines d’une plante, tel est le moyen employé par M. Mojon de Gènes. Mais n’est-il pas à craindre, comme l’observe M. Graperon, que parce procédé l’oxide de cuivre, qui passe à l’état de carbonate soluble , n’altère la plante ? C’est un métal trop ennemi de tout ce qui vit pour croire son application sans danger.
- M. Graperon pense qu’il faudrait employer le galvanisme simple sans l’oxidation , et se servir du moyen indiqué plus haut pour les liqueurs , en prenant la précaution , pour plus desûreté, de boucher les tubes conducteurs avec des substances humides.
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- 3.* Réflexions siir une expérience galvanique; par M. Graperon , médecin (i).
- A la séance de la société galvanique, du mardi 25 ventôse an xi, on a fait un rapport sur un phénomène nouveau dans la science , dont s’occupe cette société. En mettant les deux pôles de la colonne de Volta en contact avec les viscères d’une grenouille, on voit blanchir leur surface à l’endroit où touche le pôle cuivre, et il y a apparence de production d’un mucus blanchâtre.Quelques personnes ont pensé qu’en effet il y en avoit de produit par une espèce d’expression du tissu contractile des organes : d’autres ont imaginé un changement chimique dans le fluide qui lubrifie les surfaces séreuses et muqueuses : telle a été l’opinion du général de la Martillière , membre de la société.
- Au surplus, ce fait dont l’observation est due à MM. Nauche et Pajot-Laforets , peut servir, ‘selon eux, à distinguer les pôles de l’appareil, sans avoir besoin d’en connaître la construction. M. Graperon, qui avait déjà tenté quelques expériences galvaniques sur les fluides animaux , et qui avait déjà aperçu un
- (i) Journal du Galvanisme, n.* III, p. ioi.
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- phénomène analogue à celui dont il est ici question, ou il n’a vu qu’un simple dégagement de gaz , provenant de la décomposition de l’eau* a dit que les molécules du gaz, dégagées dans un fluide visqueux, ne peuvent se réunir, qu’elles restent sous la forme de petites bulles enveloppées chacune d’une petite lame de mucus : que la lumière qui est réfléchie d’uneinfinité de manières par toutes ces petites surfaces , produit la blancheur, comme il arrive quand par l’agitation on mélange de l’air dans du blanc d’oeuf.
- Pour s’assurer de la vérité de son explication, M. Graperon a fait diverses expériences, qui lui ont ôté tout soupçon sur une cause quelconque dépendante de la vitalité, et qui lui ont fait connaître que l’apparence blanchâtre que prend le fluide ne dépend pas de sa viscosité; et qu’enfin dans le fait dont il s’agit iln’y a pas d’effet chimique dans le mucus, ou au moins qu’il n’est pas apparent à l’œil. Il a observé les, différences entré les effets du pôle zinc et du pôle cuivre,et les variétés que produitaussi dans les phénomènes la différence des fluides, d’où il conclut que celui observé par MM. Nauche et Pajot-Laforets, est dû à la décomposition de l’eau par l’influence galvanique , que du côté du pôle zinc il y a mélange de l’oxide du
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- ça HISTOIRE
- mêlai conducteur, et peut-être un effet chimique sur la liqueur, puisqu’elle est rendue pl us épaisse, et qu’erifin ces divers phénomènes sont indépendans de la vitalité.
- S- II-
- l.° Extrait d’une lettre de H. van Mans, &
- M. Brugnatelli, sur la décomposition de
- l’eau par la pile (1).
- «J’ai récemment fait, dit ce physicien, une observation qui confirme le principe établi par votre illustre collègue Volta, que la décomposition de l’eau par la pile est l’effet d’un courant électrique lent. Je décomposai l’eaii dans un galvanomètre de Robertson, ayant un pouce de diamètre sur huit pouces de longueur, que j’avais fait construire pour des expériences sur l’acide électrique. La pile était forte de cent trente couches , argent et zinc. Les .fils qui, étaient l’un et l’autre de laiton , furent arrêtés à la distance d’un pouce. Le dégagement dê gaz fut si rapide dans la moitié supérieure de la'colonne d’eau , qu’on aurait çrü que de l’acide nitrique concentré agissoit sur le métal, et il se répandit dans l’autre moitié de l’eau un
- (i) Journal de chimie de vau Mo?«,n.'°ô, p. 32g.
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- nuage épais de matière parfaitement blanche (sans doute de l’oxide de zinc). L’opération marchait avec cette activité depuis quelques minutes, lorsqu’on la vit tout à fait s’arrêter. On chercha long temps la cause de cette singulière et subite suspension d’un effet si marqué, et on était disposé à l’attribuer à un caprice de la pile, lorsque M. Gére.rd fit remarquer que la chaîne de communication, qui était de laiton, avait traîné dans de l’eau ammoniacale. Le métal était déjà terni, et en plusieurs endroits oxidé. On en inféra d’abord que la chaîne, en devenant non conductrice, avait opposé une barrière à la transmission du fluide; mais sur mon observation qu’un métal enduit d’eau ammoniacale et en travail chimique, est le meilleur de tous les condncteurs, on expliqua l’effet d’après le principe de Volta, en reconnaissant que, dans le cas d’un trop rapide passage ,1e fluide galvanique glisse trop légèrement sur l’eau pour pouvoir en désunir les principes. Je dois vous dire que le crochet du galvanomètre reposait, dans toute sa longueur, contre le sommet de la pile, ce qui a établi de ce côté la même communication liquide que du côté de la chaîne,»
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- a.° Extrait d’un Mémoire de M. P. S. Simon , de Berlin, intitulé : Expériences galvaniques faites pour déterminer les quantités d’oxigène et d’hydrogène qui se dégagent dans la décomposition de l’eau, (i)
- L’auteur présente d’ahord les différentes théories de celle décomposition, par la pile électrique de Volta, et donne ensuite le détail des expériences qu’il a faites, pour s’assurer si les poids des gaz oxigène et hydrogène sont réellement toujours entr’eux, ainsi qu’on l’a supposé , : : 85 : : i5, et si l’augmentalion des poids des gaz qui continuent à se développer, est toujours proportionnelle à la diminution du poids de l’eau.
- Les résultats des deux premières expériences ont montré que l’action de la colonne de Volta sur l’oxigène et l’hydrogène de l’eau ne développe ces gaz , que dans des volumes qui sont entre eux comme i est à 3,527 » et dans des poids qui sont comme 5 est à 185, ainsi qu’on le démontre dans la décomposition de l’eau par les charbons et par les métaux incandescens. M. Simon pense que les gaz oxigène et hydrogène fournis par la décomposition de l’eau, soit
- (1) Annales de chimie, tom. XLY, p. 182.
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- par le fluide galvanique, soit par les charbons ou le fer incandescent, ne sont que le résultat d’un effet antécédent.
- L’auteur finit par annoncer qu’il a déjà rassemblé plusieurs observations, qui lui paraissent prouver, que la colonne de Volta est propre à mettre diverses matières dans un état tel, qu’on peut supposer qu’il s’y trouve une portion considérable de calorique.
- 3.° Lettre de M. van Marum à M. Nauche sur la décomposition de Veau avec Tappareil électrique ordinaire, (i)
- Monsieur,
- « L’appareil dont je me suis servi pour opérer la décomposition de l’eau avec l’appareil électrique ordinaire est très-simple. Il diffère de celui décrit dans les Annales de chimie, vol, 45, p. 77, seulement en ce que les deux fils de platine se trouvent dans deux tuyaux placés dans un verre à moitié rempli d’eau. Un carton, placé verticalement au milieu du verre, prévient le passage des bulles d’air d’un tuyau dans l’autre, afin d’obtenir le gaz produit aux extrémités des fils parfaitement séparés. *
- (j) Journal du galvanisme, XI. cahier, p. 187.
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- « Je me suis servi pour cette expérience , en avril 1802 , de la grande machine électrique du muséum de Teyler; mais l’expérience réussit également avec la machine d’un plateau de 35 pouces de diamètre,suivant ma construction, décrite dans le Journal de physique, juin 1791, pourvu qu’elle soit bien faite, et que sa force soit bien vigoureuse. La nôtre donne des rayons de six pouces de longueur au moins, en faisant entrer le fluide électrique par un fil de platine très-mince , enfermé dans un tuyau thermométrique.»
- On voit d’abord la production du gaz dans i chaque tuyau; mais en examinant ces gaz plus f exactement que je n’avais fait la première fois, j’ai trouvé constamment, dans chaque tuyau,un |
- mélange de gaz hydrogène et d’oxigène, dont je n’ai pu déterminer la proportion jusqu’ici. | Voilà tout ce que j’en puis communiquer dans ce moment. Si j’obtiens des résultats nouveaux, j’aurai l’honneur de vous en faire part.
- Signé y M. V. Marum.
- N. B. On lit, p. 3oo du tom. XIX de la Bibliothèque britannique, ce qui suit : Effets gai- \ vamques du magnétisme. On dit à Londres j qu’on a fait à Vienne des tentatives pour décomposer l’eau par l’influence de l’aimant, et qu’on
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- qu’on a produit les mêmes effets qu’avec l’électricité et la pile voltaïque.
- 4.0 Expériences et observations pour démontrer que la décomposition de l’eau, par Iç moyen de la pile de Voila, n estpasprouvée ; par le docteur Joakirn Carradori, membre de plusieurs académies (1).
- Il n’y a rien actuellement de plus reçu en physique, que la décomposition de l’eau par le moyen de la pile électrique. Tout le monde croit que l’oxide de la pièce , ou fil de métal, qui communique avec l’extrémité positive de la pile, et l’hydrogène de l’autre pièce , qui communique avec l’extrémité négative, lorsqu’elles sont toutes deux plongées dans l’eau , sont un argument incontestable de la décomposition de l’eau, puisque , disent-ils, un élément de l’eau décomposée par le fluide électrique , va se combiner avec le métal, et forme, l’oxide, tandis que l’autre, qui est resté libre , paraît en forme de bulle sur le côté opposé. J’ose m’opposer à cette opinion si générale-
- (1) Ces expériences, insérées dans le Journal de Pliy-
- tdressantes, ainsi que leurs résultats, que j’ai cru devoir les rapporter avec les propres expressions de l'auteur.
- IV.* Partie. G
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- nient reçue, nullement par caprice ou par esprit de contradiction , mais fondé sur quelques expériences , lesquelles examinées avec la critique la plus impartiale , il me semble qu’elles la contrastent et la rendent très-dou-
- Je ne crois pas blâmable un pareil attentat : s’il est de l’avantage de la physique que plusieurs s’occupent à étudier la nature , dont il est très-difficile de bien interpréter les lois , celui qui s’y méprend n’est que corrigible jamais blâmable. Voici mes expériences, ainsi que les conséquences desquelles, si je ne les ai pas mal interprétées, j’ai cru pouvoir dé-
- Première expérience. — Ma pile était composée de trente paires de disques de cuivre et de zinc, soudés ensemble. A une tasse cylindrique de verre , dont le diamètre était «à peu près de six pouces, j’avais ajusté, à deux côtés opposés, deux petites pincettes de laiton, chacune desquelles se terminait en deux cylindres horizontaux, qui avaient aubout unpetit trou, à l’effet de pouvoir y introduire aisément des fils de différens métaux, pour faciliter des expériences. Ces ressorts embrassaient la paroi de la lasse en la serrant fortement, et par cette raison restaient fixes ; ils étaient diamétrale-
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- ment opposés, et avaient chacun une de leurs extrémités ou cylindres horizontaux dans la tasse , et l’autre dehors, l'un vis-à-vis l’autre. Ayant rempli d’eau ladite tasse, et ayant fait communiquer, par le moyen des fils de laiton introduits dans leurs trous respectifs, les extrémités cylindriques extérieures des susdites pincettes , l’une avec le côté positif de la colonne , et l’autre avec le négatif, je vis les effets électriques,ordinaires autant dans l’un que dans l’autre cylindres, qui étaient plongés dans l’eau de la tasse , c’est-à-dire , l’oxidation dans l’un, et l’hydrogénation dans l’autre, quoique les bouts des deux cylindres fussent de plus de quatre pouces distans entr’eux.
- On assure universellement que cette expérience est une preuve manifeste de la décomposition de l’eau, et qu’elle fait triompher le système de Lavoisier.
- Mais est-il bien vrai que l’eau se décompose, comme on dit, dans cette expérience ? Pourquoi l’hydrogène va-t-il paraître si éloigné de l’oxi-gène ? Le fait est que l’eau doit se décomposer là où l’oxigénation du métal arrive, c’est-à-dire^ à l’extrcmilé de la pièce métallique qui communique avec la partie positive de la pile ; puisqu’il est certain , suivant le système de Lavoisier, que c’est là que se développe un
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- des élémens de l’eau, c’est-à-dire, l’oxigène qui entre tout de suite en combinaison avec le métal , et forme l’oxide : que devient donc l’autre élément de l’eau, c’est-à-dire, l’hydrogène ? Si l’eau se décompose là où l’oxidation du métal arrive, ce qu’on doit admettre nécessairement dans ce système, pourquoi l’hydrogène n’y paraît-il pas également, s’il est resté abandonné de l’oxigène ? Qu’on imagine deux molécules de métal, une A, dans le côté positif de la pile, et l’autre B, dans le côté négatif ; que l’on suppose que pour oxider la molécule A, la décomposition d’un atome d’éau snffise, je demande pourquoi , tandis que tout l’oxigène constituant l’eau se fixe en A, tout l’hydrogène doit s’en aller en B qui en est si éloigné? Quelle raison y a-t-il pour que l’hydrogène ne doive pas paraître en A, où la décomposition des élémens arrive ? Ce n’est donc pas l’eau qui se décompose.
- Deuxième expérience.—Dans une tasse ou vase de verre plus petit, déjà préparé avec de l’eau et avec les fils de métal communiquant avec la pile, je posai au milieu des pointes des fils de métal qui restaient sous l’eau, un sé-paratoire de carton bien collant avec le fond et les parties latérales du vase, de façon que Ton aurait pu dire que le vase était divisé ou par-
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- tagé en deux segmens, dans l’un desquels se trouvait le fil de métal oxigénant ou positif, et dans l’autre l’hydrogénant ou négatif. Malgré cette division, je vis paraître les mêmes bulles sur le fil métallique du côté négatif, et la même oxidation sur le fil de la partie positive.
- L’eau qui se décompose autour de la pointe du fil métallique positif, ne pouvait renvoyer l’hydrogène de l’autre côté , ou fil métallique négatif, parce que le séparatoire de carton lui aurait empêché le passage; car il est certain que le carton ne laisse passer l’eau qu’en la filtrant lentement, mais non pas l’hydrogène ni aucun gaz en état élastique ; ainsi le gaz hydrogène, qui paraît sur le fil métallique négatif, ne peut venir du côté opposé, c’est-à-dire, du fil métallique positif, où, dit-on , s’opère la décomposition de l’eau.
- Troisième expérience. — Dans une tasse pareille, lorsque la pile était en action, j’introduisis un séparatoire de gros papier , et le mis au contact de la pointe du fil métallique du côté positif; je ne vis paraître aucune ampoule d’aucun côté de la surface dudit gros papier qui touchait la pointe du fil positif, quoique je le tinsse très-long-temps en cette situation.
- Si l’hydrogène se développait où il reste abandonné de l’oxigène, c’est-à-dire, où se fait
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- l’o&i dation du métal, et se transportait au travers de l’eau sur le fil métallique opposé, il est clair que ne pouvant traverser le papier en état de gaz, il devrait tout s’amasser sur sa surface du côté qui regarde la partie positive; mais c’est ce qui ne s’observe point, puisqu’il ne paraît aucune bulle de gaz sur ladite surface; ainsi l’on ne peut pas dire que l’hydrogène traverse l’eau d’un fil à l’autre en état de gaz.
- Quatrième expérience. — En approchant le séparatoire ou sipaire de papier à la pointe du fil négatif, et l’y tenant au contact très-longtemps, tandis que la pile était dans sa plus vigoureuse activité, je vis la surface dudit papier se couvrir de beaucoup de bulles, principalement près de la pointe du fil métallique , et je n’en vis paraître aucune sur la surface opposée, c’est-à-dire, du côté que le papier regardait le fil positif.
- Donc le gaz hydrogène paraît sur le fil métallique négatif, sans que l’on puisse dire qu’il soit parti du fil de métal positif, et qu’il ait traversé l’eau.
- Cinquième expérience.—Le papier peut empêcher le passage au gaz hydrogène, en état élastique ou dans son état naturel de gaz, mais non pas lorsqu’il se trouve en état de solution
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- dans l’eau ; et si le gaz hydrogène passe de l’un à l’autre fil, dissous dans l’eau, il ne peut s’empêcher d’y être porté avec un volume d’eau et une espèce de rapidité. Pour en décider, je fis cette autre expérience.
- Lorsque la pile était dans la plus forte action, je fixai un séparatoire de papier au milieu des deux fils métalliques plongés dans l’eau , et j’observai très-attentivement si l’on n’apercevait aucune espèce de courant traverser le papier d’un fil à l’autre, ou se glisser le long des parois du papier; mais je n’ai pu observer aucun mouvement en cet espace, ni en aucune autre partie de l’eau.
- On ne peut donc pas croire raisonnablement que l’hydrogène passe par l’eau du fil métallique positif au fil métallique négatif, ni dans l’état de gaz libre , ni de gaz dissous dans l’eau.
- Sixième expérience. — Ayant vernissé de poix résine, ou colafane, tout le morceau de fiP de métal positif, qui devait rester dans l’eau , excepté la pointe ou la simple extrémité, je fis agir la pile qui avait beaucoup d’énergie, et je vis se former un petit nuage d’oxide à la pointe seulement du fil métallique positif; mais il parut aussi la quantité ordinaire d’hydrogène sur le fil du métal négatif, de façon que G 4
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- les bulles dudit gaz le couvraient entièrement
- comme à l’ordinaire.
- Ainsi l’oxigénation ne correspond pas à l’hydrogénation; l’oxide du fil positif, trop faible en comparaison de l’hydrogène qui s’est amassé en forme de bulles sur le fil métallique négatif, a fait voir qu’il n’y a quelquefois point de proportion entre l’hydrogène ou l’oxigène, que l’on suppose développés par la décomposition de de l’eau.
- Septième expérience. — En faisant l’expérience inverse, on peut obtenir une hydrogénation qui ne correspond pas à l’oxigénation.
- Que l’on adapte le fil métallique, couvert de poix-résine au côté négatif de la pile, et l’autre nuau côtéposit if,on aura une oxidalion étendue dans celui-ci, et une petite hydrogénation dans l’autre, puisqu’on ne verra les bulles d’hydrogène, s’élever qu’à la pointe du fil vernissé.
- J’enveloppai avec bien du coton le cylindre du côté négatif de la pince!te annexée à la tasse décrite à l’expérience première , et j’adaptai la pile à la tasse préparée comme il convienl ; je ne vis paraître les bulles d’hydrogène qu'en une très-petite portion de la pin-celte, qui se trouvait dans l’eau non couverte de coton, tandis que de l’autre côté l’oxida-
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- tion s’opérait tout au long du cylindre métallique de la pincette opposée.
- Si l’hydrogène et l’oxigène provenaient de la décomposition de l’eau, il est certain que, comme ils devraient être toujours proportionnels au volume de l’eau décomposée, leurs quantités respectives ne pourraient pas toujours se maintenir en un rapport constant , c’est-à-dire , en ce rapport dans lequel les deux élé— mens combinés ensemble constituent l’eau ; mais on relève par les sixième et septième expériences, que ce rapport n’est pas constant, c’est-à-dire, que l’on a par fois plus d’oxigène et moins d’hydrogène , et au contraire , plus d’hydrogène et moins d’oxigène de ce que l’on puisse supposer d’être composé un certain volume d’eau 5 l’on ne peut donc pas raisonnablement supposer que l’hydrogène et l’oxigène de la pile de Yolta proviennent de la décomposition de l’eau.
- Huitième expérience.—Je partageai un petit vase de verre cylindrique, ou gobelet garni de deux pincettes décrites dans l’expérience première, en deux seginens, par le moyen d’un divisoire de cire molle, de manière que chaque pincette se trouvât au milieu de chaque segment, et par conséquent qu’elles fussent diamétralement opposées. Je remplis d’eau l’un et
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- l’autre segmens, et aux deux cylindres respectifs percés des susdites pincettes qui plongeaient dans l’eau, j’adaptai un d’un côté et un de l’autre, deux fils de métal pliés par le dessus, de façon que les têtes ou pointes des deux fils vinssent se toucher hors de l’eau ; ensuite je fis communiquer ce vase avec les deux bouts de ma pile : je vis sortir, parle trou du cylindre positif une petite quantité d’oxide , et nulle bulle d’hydrogène en aucune partie des substances métalliques du côté négatif.
- Je vidai presque entièrement, en suçant l’eau par le moyen d’un siphon, le segment du côté négatif; la pincette de ce segment avec son cylindre respectif, et le fil métallique que j’avais inséré, étaient restés entièrement hors de l’eau, et la communication de la partie positive de la pile avec la négative , se faisait seulement par le moyen des fils de métal qui se touchaient, comme j’ai dit, à la pointe; nonobstant cela, l’oxidation continua, mais beaucoup plus lé-
- Je versai ensuite dans ledit vase tant d’eau, qu’en surpassant, le séparatoirede cire couvrit • encore les fils de métal avec leurs bouts ; il parut tout de suite beaucoup de bulles du côté du fil métallique négatif, et il sortait beaucoup d’oxide, principalement par le trou du cy-
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- lindre, dans lequel était enfilé le fil métallique positif, et par la pointe aussi dudit fil.
- Je suçai alors, par le moyen du siphon, l’eau du segment du côté négatif, en telle quantité, que le morceau de métal du côté négatif resta à sec : cependant il continua à sortir de l’oxide, quoique plus faiblement, par le trou du cylindre positif, où était enfilé le fil métal-
- J’éprouvai encore de mettre en œuvre le même vase, seulement avec l’eau dans le segment de la partie positive , et l’autre segment par conséquent tout à fait vide, mais avec les fils de métal respectifs qui communiquaient toujours avec leurs pointes ; cependant on voyait sortir de l’oxide en quantité par le trou ordinaire.
- Nous avonc donc l’oxidation sans l’hydrogénation ; ainsi, si l’on al’oxigène sans l’hydrogène, comment peut-on admettre ia décomposition de l’eau ? Si l’oxide se forme en conséquence de l’oxigène, développé par l’eau décomposée, pourquoi l’hydrogène qui est l’autre composant , ne paraît-il pas également ? En toutes les oxidations faites aux dépens de l’eau, l’hydrogène paraît, et si cela arrive pareillement aux dépens de l’eau,je demande où est l’hydrogène.
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- On pourrait supposer que l’hydrogène,délivré des liens de l’oxigène où se fait l’oxidation du mêlai, se porte dissous ou combiné avec le fluide électrique, et par conséquent doué d’une inexprimable vélocité et pénétration du fil métallique à l’autre, au travers de l’eau, et d’autres obstacles, et s’y dépose ; mais il ne paraît pas que la supposition puisse avoir lieu, par la considération des faits antécédens, et par l’expérience suivante.
- Neuvième expérience. — J’accommodai aux parois d’un petit vase de verre une des pincettes décrites à l’expérience première, et j’introduisis la pointe d’un fil métallique dans le trou du cylindre horizontal intérieur de ladite pincette, qui se trouvait dans le vase ; je pliai ensuite ledit fil, en le courbant en dessus , de façon qu’avec l’autre pointe il allât toucher l’extrémité négative de la pile , tandis qu’un autre fil métallique, introduit dans le trou du cylindre extérieur de la même pincette, communiquait avec l’extrémité positive de la pile. Il parut de l’oxide, et il se précipita au fond de l’eau, par le trou du cylindre intérieur, où étoit enfilé le fil métallique, qui communiquoitavec la pointe supérieure, à l’extrémité négative de la pile, et je ne vis jamais sortir une seule bulle d’hydrogène.
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- Il semble donc hors de doute qu’on obtient l’oxidation sans l’hydrogénation, et que l’on ne peut soutenir en aucune hypothèse la décomposition de l’eau par le moyen de la pile électrique.
- Quelle sera donc la source de l’hydrogène ? Le but de mes recherches n’est point d’entrer dans cet examen ; mais je dis seulement que, comme il est.hors de doute , par un nombre d’expériences bien connues, et qu’il estinulile de rapporter, que le côté positif de la pile produit constamment une oxigénation, et que le négatif produit une hydrogénation indépendamment de l’eau , et que ces propriétés chimiques contraires se manifestent aussi dans l’électricité positive et négative, séparément l’une de l’autre, dans les machines électriques communes, suivant les expériences de Wolaston, il en provient des difficultés, inexplicables avec les connaissances actuelles, dans le système de Franklin.
- Dixième expérience. — Priestley s’est aussi opposé à la décomposition de l’eau avec la pile électrique ; son sentiment est que le gaz oxi-gène provient de celui que contient l’eau en état de solution ; il dit avoir observé que, sil’on couvre d’une couche d’huile l’eau dans laquelle se fait ladite opération, l’apparition du gaz cesse
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- presque aussitôt. Le professeur Brugnatelliraconte avoir vérifié cette observation (i) ; il dit cependant qu’avec une couche d’huile de térébenthine, on obtient l’apparition ordinaire du gaz, quoique la communication de l’air avec l’eau soit empêchée*par l’huile.
- Je versai de l’huile d’olive, à l’épaisseur à peu près d’un demi-pouce, sur l’eau d’un récipient de verre, muni de tout le nécessaire pour avoir la susdite décomposition de l’eau : l’apparition de gaz fut la même , comme si l’eau n’eûl pas été couverte d’huile, et continua environ l’espace de trente-six heures, en diminuant par degré , sans cependant cesser. L’oxide précipité s’était élevé sur le fond du récipient de plusieurs lignes.
- Ayant démonté la pile, je trouvai que les disques de carton étaient secs; ainsi il était clair qu’elle avait cessé de produire l’opération ordinaire par degré.
- En effet, ayant remonté la pile après avoir de rechef mouillé les cartons, elle recommença de nouveau à donner l'oxide et l'hydrogène dans le même vase, avec la même eau, couverte de la même huile, qui devait pour lors se trouver dépourvue d'oxigène.
- (i) Annales de Clivmie italienne , ton». XXI.
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- Onzième expérience. — Après avoir épuisé, par le moyen de la respiration des poissons (i), toutl’oxigène d'un petit vase ou bouteille à col étroit, et observé toutes les précautions pour empêcher le retour de l'air dans ladite eau, c'est-à-dire , en y tenant toujours dessus une couche d’huile, j'appliquai à l'embouchure un bouchon de liège , garni de deux fils de métal, lesquels traversant la couche d'huile, allaient se plonger dans l'eau avec leur pointe , et je les fis communiquer avec les deux extrémités de la pile ; l’oxide et l’oxigène parurent immédiatement sur les fils ; cependant l'eau avait été auparavant dépouillée de l'oxigène.
- Pour avoir une preuve de la totale privation de l'oxigène de l'eau, j'imaginai d'y plonger de nouveau un poisson, pour voir s'il y respirerait ; sur le moment il y fut asphixié, et il y serait mort, si en vidant promptement toute l’eau dans un ample récipient, il n'eût pas eu lieu d’absorber de nouveau de l'oxigène de l’atmosphère, et qu'il ne fût retourné adapté à la inspiration ; marque évidente, que le poisson n'avait pu vivre dans cette eau par le manque d'oxigène.
- (i) Voyez mes Mémoires sur la respiration des poissons. Annales chimiques italiennes, et opuscules choisies de Milan.
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- tu HISTOIRE
- Ce n’est donc pas à Toxigène , dissous dans l’eau, que l’on doit l’oxidation des métaux avec la pile, comme le croit Prietsley ; il faut donc dire que le fluide électrique, mis en mouvement par la pile , a cette faculté en propre, et que par cette raison il est un réagent tr ès-actif particulier , duquel nous ne savons pas encore les propriétés chimiques, comme je l’avais autrefois annoncé (x).
- (i) Journal de Physique de Paris.
- CHAPITRE
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- DU GALVANISME.
- n3
- CHAPITRE X X X L
- Société galvanique , son établissement, et ses travaux (ij.
- L'appel fait à tous les savans par le chef auguste de l'empire, relativement à la découverte du galvanisme , les prix proposés et les efforts de presque tous les physiciens et médecins, qui ont entrepris de répondre aux vues proposées par l'empereur lui-même, dans sa lettre au ministre de l'intérieur, leur ont fait sentir le besoin d’une association, d'une réunion où chacun d'eux pût puiser et multiplier les ressources qu'il ne pouvait se procurer en restant isolé. Telles ont été les raisons qui, vers le commencement de l’an xi , ont déterminé la formation de la Société galvanique.
- C’est alors que plusieurs médecins , plu-? sieurs physiciens conçurent et exécutèrent le projet d’établir une Société, qui s’occupât spécialement et exclusivement de tout ce qui a
- (1) Extrait du Journal duGalyauisme, n.° XII, p. i.
- IV.' Partie. H
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- 14 HISTOIRE
- rapport à la découverte du Galvanisme ; pour Cet effet, un grand nombre de savans , pris dans toutes les classes qui ont quelquesrapports avec la médecine , s’associèrent, et dès lors ils commencèrent leurs travaux et leurs recherches dans des assemblées , qu’ils ont toujours tenues une fois par semaine. Les journaux les plus accrédités (i) ont rendu compte de leurs travaux, à fur et mesure qu’ils avançaient. Un Journal du Galvanisme rédigé par M. Nauçhe qui, le premier a été président de la Société , n’a pas peu contribué à faire connaître ses progrès ; le n.° XII (a) de ce Journal contient un aperçu des travaux de la Société galvanique pendant l’an xi, aperçu qui a été présenté à cette Société dans sa séance du 27 messidor an xit. par MM. Nauche et Tourlet.
- Ces travaux sont relatifs à la théorie générale du Galvanisme, à son influence sur l’économie animale, et aux applications médicales qui peuvent en être faites.
- Dans cette vue , la Société a organisé deux commissions principales, chargées, l’une d’examiner les phénomènes physiques et chimiques»
- (1) Le Magasin encyclopédique. (»> p-
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- DU GALVANISME. i,$
- propres à jeter quelque jour sur l’agent galvanique,l’autre de constater, par dés expériences, les effets du galvanisme sur les divers systèmes organiques , et d’apprécier ce que l’on doit en attendre dans le traitement deâ maladies.
- Pour avoir un point de départ plus fixe , là Société chargea une autre commission de lui exposer l’état actuel de la science , et de lui rendre compte des progrès ultérieurs que pourraient lui faire faire les savans français et étrangers.
- Après l’organisation de ces commissions, on s’occupa, en multipliant les expériences, d’examiner les phénomènes galvaniques, sur tousles points de vue qu’ils pouvaient présenter. C’est là ce qui forme l’aperçu tracé par M. Nauche, ët que nous ne répéterons pas ici, parce qu’on Pe trouve décrit dans notre histoire, sur-tout dans les deux premiers volumes, où sont rapportés presque tousles faits, presque toutes les expériences et les découvertes sür le galvanisme pendant cette époque,que l’auteur de l’aperçu a réuni dans Un seul cadre, quiprésente en détail,. x.° les travaux galvaniques à’Aldini, z.° ceux de Gautherot, dont la plupart sont nouveaux pour le public ; 3.° ceux de M. Legallois, dont la théorie sur l’électromoteur de Volta a été
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- adoptée par l’Institut, théorie qui a pour objet l’identité qui existe entre les fluides galvani-nique et électrique, et la manière dont le .premier est distribué dans la pile. On trouve ensuite diverses expériences et recherches de MM. Robertson, Isarn, C/tompré, Charpentier, Saintôt, Nauche, sur la propriété conductrice de la flamme , et sur d’autres découvertes non moins intéressantes , telles que celle de l’influence du galvanisme dans la décomposition des humeurs animales, par MM. Larcher, ÆAubancour, Zannetti et Mojon, etc., etc. .Voyez le Journal indiqué.
- N. B. Nous aurionsbien désiré pouvoir donner une nouvelle suite raisonnée et exacte des travaux de la Société galvanique, qui continue, avec autant de zèle que de succès, à s’occuper de cette'découverte. Mais le changement d’organisation de cette Société, et plus que cela, l’étendue des fonctions,que nous avons à remplir dans le sein de l’Ecole de médecine deParis,nous ont depuis long-temps privés de la satisfaction de pouvoir travailler avec les sociétaires, et de leur donner les mêmes preuves de zèle et de dévouement que nous avons données lors de leur établissement ; espérons que bientôt cette Société publiera des Mémoires, des observations , des
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- expériences, qui mettront le public à même de jouir des fruits de ses travaux et de ses découvertes dans une carrière encore nouvelle , à bien des égards, quoique parcourue avec ardeur depuis quelques années.
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- CHAPITRE XXXII.
- Rapports et extraits d’ouvrages imprimés, publiés sur le Galvanisme en général, depuis le mois de germinal an x (ij.
- I. Carolus Mezzera Monbeclara, philosophice et medicinœ doctor, amplissimi medicorum collegii candidatus , pubUcè disputabat, in rationali Subalpino Athœneo , anno Reip. x, die i5 florealis , horâ 9 matutind, data qui-libet argumentandi facultate. Taurini ex Ty-pographiâ nationali, in-8.° 48 pages.
- Les trente - trois premières pages de cet écrit académique, contiennent une dissertation latine'en cinquante-trois thèses, sur l’électricité animale et sur le galvanisme. Quoique l’auteur, avec Volta et d’autres, attribue à la matière électrique les phénomènes appelés galvaniques, produits sur les animaux, il pense cependant que ce fluide est tellement modifié dans le corps animal, qu’il y produit des phénomènes particuliers, et qu’il faut bien les distinguer
- (1) Nous avons rendu compte des ouvrages antérieurs à cette époque, dans les deux premiersvol.de cette his-
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- deeeuxqu’onconnaît jusqu’à présentappartenir au fluide électrique. A la suite de cette dissertation , se trouvent des thèses sur des objets de physique,d’anatomie , de physiologie, de médecine pratique et de matière médicale. Extrait du Magasin encyclopédique, n.° 11, brumaire an xi; p. 408. M. Vassalli - Eandi en parle dans ses expériences et observations sur le fluide de l’électromètre de Volta, in-4.° Voyez chap.XX.1V du troisième vol. de eette Histoire.
- II. Thèse de M. Wies, en l’an xù.
- Ce médecin a soutenu, dans l’Ecole de médecine de Strasbourg , pour son admission au doctorat, une thèse latine sur le galvanisme, et sur son rapportavec la médecine. Quoiqu’il convienne n’avoir rien dit de nouveau sur ce sujet» sa dissertation n’en est pas moins bien faite et bien présentée. Il considère d’abord le galvanisme , dans sa relation avec la physique générale, et çonclud que la cause efficiente de l’action galvanique, est , quant à sa nature intime, semblable à l’action électrique-, mais que son action primitive est produite d^ns les corps par un procédé chimique ; qu’en conséquence le galvanisme, quant à son origine et à sa manière d’agir , est différent de l’électricité , qu’il exerce son action d’une manière H 4
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- différente, et qu’il agit singulièrement et principalement par des procédés chimiques.
- Les effets généraux de cet agent sur le corps animal, son application i.° à la partie théorique de la médecine, 2.°à la thérapeutique, forme la deuxième partie de cette dissertation. L’auteur finit par les réflexions suivantes, qu’il déduit des observations en grand nombre qu’il a suivies, ou dont il a été témoin dans l’application du galvanisme à l’arl. de guérir. Il dit donc i.° que très-souvent on n’a eu aucun égard aux pôles; 2.° que tous les expérimentateurs n’ont pas pris assez de précautions pour observer les degrés de force du courant galvanique , et ont quelquefois trop épargné les séries ? 5.° que plusieurs de ceux qui ont employé le galvanisme dans les maladies ont eu trop de confiance dans ce nouveau remède, et ont trop négligé l’emploi simultané des autres secours. III. Le recueil de la Société libre d’Agriculture, Sciences et Arts d’Autun, in-\?, trimestre de nivôse an x , p. 21. contient un Mémoire sur le galvanisme, par M. Mathieu , professeur de chimie.
- Parmi les diverses expériences qu’il a faites sur les effets de la pile de Volta, il a remarqué que lorsqu’on mettait de l’ammoniaque en con-
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- tact avec les deux conducteurs, celui qui dégage ordinairement l’hydrogène, dégageait aussi de l’oxigène qui l’oxidait , tandis que l’extrémité de l’autre conducteur, qui ordinairement dégage l’oxigène, ne dégageait plus rien. Le conducteur était un fil de laiton, et au lieu d’être oxidé en verd, il l’était en brun, ce qui prouve qu’il était un peu réduit par le dégagement de l’hydrogène. De la teinture de tournesol, fixée au papier gris , a été précipitée et presque déchargée entièrement de sa couleur. Le précipité bleu formait de petites marres fibreuses. Cette expérience confirme la théorie de la précipitation de la fibre végétale par l’oxigène : car c’était sans doute celui de la décomposition de l’eau de la teinture,qui avait précipité la fécule bleue.
- Les effets de la pile, appliquée à l’économie, animale , y diminuent les liquides par leur décomposition, y précipiteraient donc encore la fibre musculaire, et pourraient par conséquent contribuer àguérir les maladies oedémateuses et les hydrocèles, et à rendre de la fermeté et de la solidité dans le rachitisme et dans l’éthisie.
- On trouve aussi dans ce recueil un résumé des observations faites et des connaissances acquises jusqu’à ce jour sur le galvanisme, par M. Guiton ( Louis ).
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- IV. Résumé succinct sur le galvanisme, par M. Legallois, médecin (1).
- L’auteur observe d’abord , et avec raison , qu’une décpuverte ne doit et ne peut dater que du moment où un homme,vivement frappé de ce qui en fait l’objet, appelle l’attention des autres hommes, cherche à développer la cause de cette découverte, à se saisir des conséquences;, et parvient à lui assigner ou à lui faire assigner sa place dans le tableau des connaissances humaines. En ce sens , personne ne peut contester à Galvani la découverte de cet ordre de phénomènes qui portent son nom , et dont quelques - uns avaient déjà été observés par hasard et sans réllexion. La véritable époque du galvanisme n’est pas celle marquée par l’observation des contractions musculaires, qu’une grenouille écorchée , et placée sur une table dans l’atmosphère d’un conducteur électrisé, manifestait, quand on tirait une étincelle du conducteur, au même instant où on touchait les nerfs cruraux de l’animal. On ne pouvait pas regarder cela comme un phénomène galvanique. Mais quand on est venu à bout de produire les mêmes contractions , sans le se-
- (1) Journal du Galvanis
- i.°n,p. 49, et n.o III,p. 97.
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- cours de la machine électrique , et seulement par le moyen de deux substances, surtout de deux métaux hétérogènes en contact, dont l’un touchait les nerfs et l’autre les muscles de la grenouille, c’est alors qu’on a eu un fait essentiellement galvanique , le premier en date dans la découverte, e.t dont l’observation en constitue la deuxième ou plutôt la véritable époque.
- Volta, par l’invention de sa pile, et par les expériences auxquelles il l’a soumise, a fait voir que la cause de toutes les sensations, de tous les mouvemens qu’on avait jusqu’alors excités dansles animaux, n’existait que dansles armatures. C’est alors que la physique revendiqua sa part dans le galvanisme, et tout ce qu’avait cru y voir la physiologie, ne fut plus attribué qu’à la susceptibilité que les organes nerveux et musculaire manifestent à l’impression des stimulans. C’est encore Volta qui a fait connaître la nature du stimulant, que les armatures et la pile mettaient en action, et les effets en grand qu’il a obtenus avec sa pile, ont mis en évidence le fluide électrique. Nous dirons à ce sujet, avec M. Legallois : Galvani a fait une trouvaille ; mais Volta a enrichi la physique d’une de ces hautes conceptions, dont elle s’honore.
- Ce fut en brumaire de l’an x, époque mémo-
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- rable dansFhistoire de Pélectricité, queles expériences de Volta lui concilièrent tousles esprits, et qu’il mit dans tout son jour cette grande et nouvelle vérité , que deux corps hétérogènes quelconques, mis en contact, produisent l'un sur l’autre une rupture d’équilibre, dans la quantité naturelle de leur électricité, en sorte que l’un s’enrichit aux dépens de l’autre,etpasse à îétat positif, tandis que le dernier est réduit à Pétât négatif.
- Ce principe une fois admis, on explique aisément la plupart des phénomènes produits , soit par de simples armatures, soit par la pile ; on explique même l’expérience d'Aldini par laquelle il excite des contractions dans des cuisses de grenouilles, par le seul contact du nerf avec les muscles, bien loin que cette expérience soit une preuve irréfragable, comme on l’a prétendu, de l’existence d’une électricité animale, ou d’un fluide galvanique spécial.
- Après la découverte de Volta, dès qu’il eut divulgué la cause des effets du galvanisme , nombre de physiciens jugèrent que tout était fini sur cette matière, et les médecins,qui d’abord avaient cru prendre la nature sur le fait, et qui s’étaient regardés comme à la veille de lui dérober le secret de l’économie animale , et surtout de la puissance nerveuse, désespé-
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- rèrentde voir leur attente accomplie, dès qu’il leur fallut admettre que la pile et les armatures n’agissaient qu’à la manière d’un stimulant, et que ce stimulant était encore ce fluide électrique qu’ils avaient jadis pris en considération, et dont ils avaient, en quelque sorte, épuisé toutes les applications à l’art de guérir.
- Cependant l’intérêt que prit au galvanisme le Premier Consul, les prix qu’il proposa sur ce sujet, réveillèrent l’attention et l’émulation des savans, et donnèrent lieu à de nouvelles recherches, à de nouveaux travaux en assez grand nombre, ce qui a engagé M. Legallois à remettre sous les yeux des physiciens quelques questions, dont la plupart ont été agitées , mais n’ont point été pleinement résolues.
- » La principale différence, dit-il, qui existe entre l’électricité ordinaire et celle de la pile, ne tiendrait-elle pas à ce que, dans la première, tous les effets dépendent des tensions, lesquelles dépendent elles-mêmes de la pression et de la propriété idio - électrique de l’atmosphère , tandis que , dans la pile, la tension étant suppléée par quelqu’autre circonstance, les effets sont indépendans des tensions, et de tout ce qui y a rapport ? Les effets chimiques , que produit la pile et toutes ses anomalies , ne dé-
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- pendraient-ils pas, et ne pourraient-ils point être déduits de cette circonstance ?
- Quant à l’application du galvanisme à la médecine, elle pourrait, ajoute l’auteur, donner lieu à de nombreuses questions : il se borne à quelques observations qui ont pour objet i.° la manière d’agir de la pile, bien différente de celle de lamacMrte électrique; 2.*les effets comparatifs qui résultent de la première, et sur-tout la persévérance de l’efficacité d n stimulant électrique sur les cadaVres, quand les autres stimulants n’ont plus aucune action; d'oùM. Legallois conclud que là médecine peut fonder quelqu’e8poir sur le galvanisme, sur-tout lorsqu’il s’agit de stimuler.
- .V. Sul galvanismo , etc., sur le galvanisme. Mémoire second par MM. Mongiardini et Lando , médecins, lu à la Société médicale de Gênes, i8o3 (1).
- Le docteur Mongiardini, dans son premier Mémoire, a eu pour principal but de déterminer les effets de l’électricité galvanique dans les différentes maladies (2). Dans le Mémoire,
- (1) L’extrait de ce Mémoire , tel qu’il est ici, est inséré dans le Journal du galvanisme , X.' cahier, p. i54.
- (a) L’extrait de la première dissertation du docteur
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- dont nous donnons ici l’analyse, il ne s’occupe que de bien constater si les courans des appareils électriques de Volta retardent la putréfaction des substances animales ou s’ils l’accélèrent.
- Dans le premier Mémoire , l’auteur disait que le galvanisme, ainsi que l’électricité, disposait les matières animales à la fermentatiou putride; les expériences qu’il avait faites le confirmèrent dans cette opinion; mais il avait cependant laissé entrevoir qu’un effet totalement opposé pouvait avoir lieu lorsque l’action galvanique était poussée trop loin ; de même que, par un degré modéré de chaleur, on accélérait la putréfaction, tandis que par un beaucoup plus fort on la retarde.
- Pour mettre de l’ordre dans l’extrait que nous allons donner de ce Mémoire , nous croyons qu’il est nécessaire de le parcourir article par article.
- Application de l’électricité galvanique aux muscles.
- MM. Mongiarditii et Lando ont commencé par détacher différens muscles entiers de
- Mongiardini, sur l’emploi du galvanisme dans l’art de guérir, est placé dans le premier chapitre du troisième vol., de cette Histoire, p. 29.
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- plusieurs animaux , et ils les ont soumis à l’action du galvanisme. Les conducteurs de l’appareil de Volta communiquaient avec les muscles , à la distance d’un pouce. Après quelques heures d’action galvanique , ils n’aperçurent encore aucun changement sensible dans les muscles ; mais deux jours après ils commencèrent à changer de couleur, et devinrent d’un verd obscur, principalement dans les parties qui étaient voisines des fils métalliques. Leur odeur était très-fétide, et ils avaient très-peu de consistance ; au bout de quelque temps, ils ne tardèrent pas à manifester tous les caractères d’une putréfaction complète. La chair qui servait de comparaison, et. qui n’avait pas été soumise à l’action de la pile métallique, était très-peu altérée.
- Cette expérience fut répétée en différentes circonstances, et en différentes saisons; mais les résultats ont été à peu près toujours les mêmes.
- 2.° Application de Vèlecbricité galvanique au sang. Ces messieurs ont d’abord commencé par électriser le crassamentum , et ils ont aperçu, au bout de quelques heures , qu’il commençait à changer de couleur. La portion qui était en contact avec les
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- les points métalliques, était devenue presque noire. De petites boules d’air se détachèrent du coagulum, et dans le jour suivant qn .voy^ift .une partie des globules rouges déliée dans;Jje •sérum.
- La fibrine, quittait rpstée presque isoléevsp troavait très-adhèrente au pôle positif, et elle Semblait se contracter sur elle-même. Une portion de la substance albumineuse,était .çpagu-Jée, et commençait à entrer en putréfaction; .quant à ce qui regarde le sang de confçpnta-ct:iqn.,il ne prégent^itauciin d.e-tdus cesphénor
- Iftènes. : ; ' ......
- Le sérum se putréfia de même au boqt.de quelques jours de galvanisation :ilne se manifesta pas d’autre changement apparent.
- 3.° Application de Pélectrisibé galvanique
- Pour galvaniser le lait, les docteurs Mon-giardini et .Lando, se sont servis du procède Suivant ils put pris de.ux bouteilles, contenant chacune trois onces .de lait ; ils introduisirent dans l’une deux fils .métalliques, qui Communiquoient avec un appareil à tasses, et dans l’autre un fil métallique simpleniçnt. Deux jours après, ils observèrent qu,e le lait galvanisé avoit acquis,une couleur verdâtre,
- IV.' Partie. I
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- principalement à la base de la bouteille; du •côté du pôle négatif, se dégagèrent de petites bulles d’air qui produisirent une écume sur la surface du lait; du côté positif, au contraire, on voyoit, tout autour du fil métallique, une Couleur de vert de gris; Lelait galvanisé n’avait formé aucune séparation séreuse, et avait presque toujours sa fluidité ordinaire, excepté une portion de la partie butireuse, qui nageoit sur sa surface ; sa saveur était âcre et piquante. Le lait de confron tation n’avait presque pas changé, et son coagulum était plus consistant : voilà ce qu’a produit la galvanisation particulière du lait.
- 4.° Application de Vélectricité galvanique à l’urine.
- Dans les expériences sur l’urine, les auteurs s’y sont pris de même que dans celles sur le lait. Dans l’urine galvanique, ils ont observé qu’il •se formoit peu à peu un sédiment considérable, dont une portion s’était attachée tout autour du fil communicant avec le pôle positif, et l’autre portion formait comme une espèce de flocon, qui du bout du même fil se portait au fond du vase. Le conducteur du côté négatif était tout environné de petites bulles d’air. La couleur de cette urine était d’un verd foncé; elle était devenue fétide,tandis que celle, non
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- DU GALVANISME. i5t
- galvanisée,n’avait presque aucune odeufet était d’une couleur naturelle ; au lieu de sédi-ment,elle avait une nuéé semblable à celle que les médecins appellent eneoréma.
- Ce sédiment, produit par l’urine galvanisée , .pesait cinq à six grains environ, et il n’était composé, selon les auteurs, que d’une petite portion jde vert-de-gris cristallisé, provenant . des fils métalliques, et de phosphate calcaire.-
- Plusieurs, autres expériences sur l’urine ont. été tentées ; par MM. Mongiardini et Lando ; mais comme elles n’avancent point la science sur cet objet, et comme d’ailleurs nou3 avons sur un tel point des expériences très-ingénieuses , faites par MM. Larcher-Daubancourt et Zarvtetti (1), nous croyons pouvoir nous dispenser .de lés rapporter ici , d’autant .plus qu’elles ne sont accompagnées d’aucune analyse Chimique, qui deviendrait très-utile pour les mieux comprendre.
- 5.° Application de Vélectricité galvanique aux calculs rénaux.
- Ces physiciens ont soumis à l’action galvanique un calcul rénal du poids de 6 gr. et demi : il était placé sut un verre, les fils conducteurs le
- (i) Voyez: Annales-de Chimie, tom. XLV ^ p. g3.
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- touchaient de deux côtés opposés -T ifs l’ont laissé pendant quelques jours en Cette situation et ils n’ont jamais pu appercevoir aucun; changement, ni', dans la couleur , ni dans le poids r ni meme dans la consistance.
- On a répété l’expérience d’une' manière différente ; on a mis le même calcul dans une bouteille pleine d’urine, qu7on a soumise k l’action du galvanisme. Le calcul, quelques jours après, avait perdu sa couleur, et semblait avoir acquis de nouvelles-couches calcaires; On le retira de l’urine , on1 le dessécha avec soin, ensuite on le pesa de nouveau, et on trouva que son poids était augmenté d’un
- D’après toutes ces-expériences, et beaucoup d’autres semblables', les auteurs se font à eux’*-mêmes plusieurs questions : i.° le galvanisme accélère-t-il , ou rctarde-t-ii la putréfaction des substances animales? a.° Décompose-t-il les humeurs animales de la même manière qu’il décompose l’eau ? 3.° Produit-il dans la fibrine du sang une contraction semblable à celle qu’il détermine dans les muscles ? 4.° Dissout-il les calculs urinaires, ou au contraire est-il capable d’accélérer et même de déterminer leur, formation ?.......
- Toutes ces questions sont d’autant plus in-
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- téressantes, qu’elles n’qnt pas encore été assez éclaircies par personne.
- Les auteurs de ce Mémoire ne se sont pas bornés simplement à faire des expériences sur les substances des animaux morts; mais, afin d’avancer la science du galvanisme, ils put tenté encore quelques expériences sur les animaux vivans.
- Nous allons parcourir rapidement tout .ce qu’il.s ont observé sur plusieurs .animaux yi-vans et morts. i.° En faisant passer le .courant .d’un appareil voltaïen de l’apqs à;la bouofie „ ils ont .excité des décharges .de ventre très-.abondantes, tant dans lesanimau,xà sang ehaud,, .que dans ceux à sang froid. 2.0 Les parties long-temps,galvanisées acquiérent, outre une rougeur, une enflure produite par une humeur répandue dans ,Ja , matière cellulaire. 3.° Dans les animaux à sang chaud, on obtient une salivation abon dante. lorsque, l’on fait passer ,1a .commotion à travers ;les glandes saliyaires, laquelle salivation est très t- copieuse dans les chats.4.°Après une galvanisation plus ou moins longue, les animaux semblent étourdis, et plusieurs d’entre eux perdent leur force et leur vitalité. 5;° On a ouvert ,1e.corps de plusieurs de. ces, animaux encore vivansleur chair paraissait .moins consistante qu’à l’ordinaire ;
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- 6ang avait pris une couleur noirâtre, et les parties encore irritables, répondaient très-peu aux stimulans galvaniques. Tous ces phénomènes ne sont pas nouveaux pour ceux qui sont dans l’habitude d’appliquer l’électricité galvanique aux substances animales et sur les animaux vivans.
- Le Mémoire dont nous venons de donner l’analyse, finit par un post-scriptum,qui contient une observation, laquelle paraît répandre quelque lumière sur l’identité du fluide électrique avec le fluide galvanique. Lès auteurs disent avoir observé que l’appareil de Volta, dont ils ont fait usage, et qui pendant plus d’un mois avait'agi sans interruption , cessa ses effets après un temps très-humide , et que dans un temps très-sec, sans aucune addition d’autre liquide, ou de nouvelles plaques, il a repris sa première force. Cette dernière observation nous paraît mériter confirmation.
- N.B. Dans le Magasin de Physique publié par Woigt (Magazin der Naturkunde), on trouve dans le troisième cahier un supplément à l'Histoire du galvanisme.
- Dans le second cahier des Annales de chimie parM. Crell (Chemisckle Annaes), il y a un Mémoire sur les effets chimiques de la pile métallique par Gmelin , un autre Mémoire sur la
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- question : si l’eau est décomposée, dans ses élé-mens par l’électrieité de la pile de Volta, par Erdmann, et enfin une dissertation sur l’électricité et le galvanisme, par Gmelin.
- Le second cahier des Archivés de Pharmacie et de Physique médicale (Archiv sur die Pharmacie und aerzticle naturkunde), publié par J. Schaub, contient des fragmens sur le galvanisme ; et le troisième cahier contient un Mémoire sur l’emploi de l’électricité métallique, de Galvani et de Volta, dans la surdité, par Sprenger, et un Mémoire pour servir à l’Histoire première du galvanisme, par Schaub.
- VI. Précis succinct des principaux phénomènes du galvanisme, etc. parMM.Cassius,Larcher-Daubancourt et de Saintot, in-8°, an xi.
- Tel est le titre du premier ouvrage sorti (i), dit-on,du sein de la Société galvanique.Ilest composé de deux parties; la première contient les expériences principales et les plus curieuses, qui prouvent l’existence du fluide galvanique, et qui peuvent jetter quelque jour sur sa nature; dans la seconde partie sont rangées toutes les applications qu’on a faites du galvanisme à
- (i) Préface, p. iv , il eût été mieux de dire du sein de trois de ses membres.
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- l’art de guérir. Les auteurs ont fait précéder ce» deux divisions de l’origine de cette découverte: et finissent par donner une notice des auleui# les plus distingués qui en ont traité (i).
- 1! suffira de jeter les yeux sur la table des matières, placée à l'a tête de cet ouvrage, pour Conjnàitre lou.t ce qu’il renferme , et avec quel: zèle-,avec quelle rectitude de jugement, ave© quelle exactitude les auteurs ont rempli le vceu: de lia Société galvatiiquè, qui, comme ils «nous «•l’apprennent dans la préface, leur avait con-» fié lé soin de rassem bler et circonscrire, dans » un rapport sjuecinct, les di®‘rentes circons-y> tances qui ont procuré à. la physique la nou-» veile et intéressante branche, dont elle s’est » enrichie, les expériences qui ont accompagné » et suivi cette découverte, et les théories aux-« quelles elles ont donné lieu.»
- A la suite de ce précis, on trouve 1k traduction d’un commentaire de Jeai Aldini, sur un
- (i) Certainement nous sommes loin de prétendre occuper une place parmi-ces auteurs les plus distingués; mais Bous croyons, sans amour-propre, que les deux premiers Vol. de i’Llistoire du Galvanisme, publiés en. l’an x, pouvaient être au moins mentionnés dans la notice des principaux écrivains qui se sont occupés du galvanisme, sur-tout lorsqu’il parait que cette histoire n’a pas été inutile aux auteurs du Précis succinct.
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- mémoire de Galvani, ayant pour titre : Des forces de Vélectricité dans- le mouvement musculaire , du moins c’est ainsi qu’il est annoncé dans la préface ; car dans le corps de l’ouvrage , il a pour titre : Dissertation de Jean Aldini sur l'origine et les progrès de la théorie de l’électricité animale fi J. Le dessein de l’auteur est d’exposer en peu de mots l’origine de eette électricité; ses- progrès, les expériences faites par Galvani , et de mettre au grand jour les phénomènes qui ont précédé ou suivi la découverte de ce grand homme.
- À l’égard du commentaire , il a quatre parties qui traitent, la i.re et la 2% de l’électricité communiquée, la troisième de l’électricité naturelle aux animaux, laquelle donne naissance aux mouvemens musculaires. Dans la quatrième , l’auteur propose des conjectures et tire des corollaires théoriques et pratiques, remplis dè sagacité et de génie. L’auteur de cette traduction a d’autant mieux mérité du public, que le commentaire élAldini est très-rare en France , et qu’il n’avait pas encore été traduit. Il est vrai que les faits qu’il contient, quoique très-intéres-sans, ne sont pas tous à- l’abri d’objections difficiles à lever, et que. quelques-uns même de
- (1) Voyez la p. 67 du premier Vol. de THist. du Galv.
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- ces faits sont contredits par les observations qui
- ont été faites depuis.
- Les auteurs du précis ont ajouté l’extrait d’un mémoire français de Vassali-Eandi, qui a pour titre : Expériences et observations sur le fluide de Vélectromoteur de Voila; on y trouve l’exposition d’une opinion particulière à l’auteur , qui propose, sur la nature du fluide galvanique , une hypothèse ingénieuse, qui a eu beaucoup de partisans (i).
- VII. Théorie du galvanisme , et ses rapports avec le nouveau mécanisme de Vélectricité y par J.-H.-D. Petetin, D. M., président de la Société de Médecine de Lyon, etc. in-8.°t
- Une expérience faite sur la bouteille de Leyde, comparée avec la commotion que l’on reçoit d’uné colonne composée de disques de zinc et de cuivre, avait déjà donné à M. Petetin la conviction de l’identité du fluide qui les anime; les expériences plus lumineuses de Volta l’ont confirmé dans cette opinion. Après avoir observé les rapports essentiels entre les
- (i) Voyez l’Histoire du Galvanisme, tom. I, p. 71 , tom. II, p. 90, 93 et a56. Nous avons rendu compte, tom. III, chap. XXIV, de ce Mémoire de Yassalli-Eandi.
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- effets des deux appareils électriques, il a dirigé ses vues sur les moyens de découvrir la cause de l’électricité spontanée de la colonne.
- Il résulte dé la théorie, qu’il présente sur le galvanisme, que les disques du zinc ne s’élec--trisent point, en mettant à contribution les disques de cuivre; qu’il s’établit entre eux des courans de fluide électrique , sans que leur quàntité naturelle en souffre; que les centres d’actions qu’ils forment, dans les disques en contact, sont, à quelques modifications près, les mêmes que ceux qui existent dans les surfaces de la bouteille de Leyde. Ainsi la théorie dè M.Petetin repose sur un fluide unique, qui me lui paraît pas susceptible d’être décomposé, qui peut être plus ou moins surchargé de calorique ,, si l’on veut, mais qui, par les diffé-rens mouveméns dont il est susceptible, fond les métaux, embrase les corps combustibles, et disperse au loin les matériaux des plus grands édifices.
- - M. J?etébin croit avoir suffisamment prouvé que les corps électrisés ne contiennent réellement que leur quantité naturelle de fluide moteur, que la différeuce des forc’es électriques, dont ils sont animés, dépend du nombre des rayons qu’ils envoient dans l’espèce et de ceux qu’ils en reçoivent ; que ces forces nais-
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- sent l’une de l’autre, et sont susceptibles de se communiquer au fluide électrique des autres corps, d’après les lois de l’équilibre et du mouvement;qtl’onpeut les réunir dans un seul conducteur, et produire l’intéressant phéno-,mène d’une aiguille avec deux pôles éleo triques différens, tournant sur son axe, lorsqu’on présente à un de ces pôles une force féleclrique de même nom; que la commotion, donnée par la bouteille de Leyde, est un effet direct de l’opposition de leurs rayons respectifs dans le vide d’air qu’ils établissent, et qui en opère la destruction.
- Les nouveaux principes sur lesquelsM.P_eter tin fonde l’explication de tous les phénomè-» «es électriques du verreet de la résine,lui paraissent encore devoir répandre une lumière moins incertaine, j.° sur l’espèce de mouvement que le fluide électrique développe spontanément dans les pièces qui composent la colonne galvanique; 2.0 sur la direction des rayons qu’elles s’envoient mutuellement; 3.° sur la commo* tion plus ou moins vive qu’on en reçoit, lorsqu’on les soll icite,en établissan t une.com munica-tion non interrompue entr’elles. La découverte de l’électricité spontanée de cette.colonne doit affermir les principes, sur 1 esquels l’auteur établit sa nouvelle^théorie électrique, et il.est
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- hors de doute que les suppositions qu’il met en avant, pour distinguer ^électricité du verre» et de la résine, doivent en recevoir des preuves plus directes. Ces principes et suppositions sont' au nombre de dix-sept, et forment - la théorie qu’il établit sur le mouvement spon-i tané, développé par lefluide électrique dans la colonne galvanique.
- Avant de déduire les Conséquence générales, suite de cette théorie, il s’attache à prouver, par des expériences au nombre de sept, suivies d’observations,que lé fluide électrique n’aurait pas lieü, sans la soustraction de l’air entre tous les disques, et qu’en multipliant les points de contact, on doit obtenir une électricité plus
- Cette nouvelle théorie du galvanisme est terminée par deux observations de curés, opé-& s par l’électricité et le galvanisme, sur deux demoiselles attaquées, l’tine d’accès de dyspnée convulsive * l’autre d'accès cataleptiques, sou—, vent d’une très-longue durée.
- VIII. Notice sur l’état actuel des connaissances relatives au Galvanisme , par M. Biot, lue à la séance dé l'Institut, le 1 messidor an xi. Nous avons cru ne pouvoir mieux faire que de copier mot pour mot cette notice deM.Miçt,
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- qui est un résumé , très-bien fait et très-judicieux , sur le sujet historique que nous avonb-entrepris de traiter; c’est donc M. Biot qui va parler. !
- . «On s’étonnera peut-être que nous parlions encore du galvanisme, lorsque tant- de per-: sonnes prennent tous les jours le soin d’annoncer au public leurs plus petites recherches sur ce sujet; mais c’est précisément parce que l’on s’en occupe de cette manière que nous dé^' vons en parler. S’il s’agissait de quelque théo-: rie, dont le résultat se réduisît à des notions-abstraites , il faudrait laisser au temps le soin de développer la vérité. Qu’importe, par exemple, que quelques personnes nient encore le mouvement de la terre et la loi de la gravitation? Mais, lorsqu’il s’agit d’un procédé dont l’emploi, inconsidéré dans la médecine , peut être souvent inutile et quelquefois funeste^ lorsque l’on entend de toutes parts proclamer des cures merveilleuses, et qu’on voit cependant les gens les plus éclairés et les plus sages suspendre leur jugement sur leurs propres essais, on ne doit pas craindre de faire entendre, souvent le langage de la vérité; et l’importance des objets peut faire pardonner les redites.
- D’ailleurs » il y a un grand avantage pour
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- DU GALVANISME. leS sciences à être appréciées à leur juste valeur-Si on les place trop bas, on les néglige; sLon les élève trop haut, on s’en désabuse et ôn les rabaisse au-dessous de leur véritable prix. Leur histoire est remplie de semblables oscillations. Ceux qui entendent mieux leurs intérêts se contentent de les cultiver en silence ; ils les laissent parler elles-mêmes et se recommander par les services qu’elles rendent aux hommes. Mais les faux savans sont comme les faux braves qui font toujours brüit'dé leurs exploits.
- Le galvanisme est maintenant une chose si simple , que l’on peut en donner une idée exacte à tous ceux qui ont la plus légère connaissance dès phénomènes électriques. Ori savait depuis long-temps que l’électricité s’excite par le frottement deâ corps; on a vu depuis qu’elle se développe aussi par leur simple contact/et c’est en quoi consiste la découverte de Galvani.
- Cette électricité, très-faible en elle-même, devient sensible lorsqu’on lui fait traverser des corps susceptibles de manifester son passage par leurs agitations. Tels sont, par exemple', les organes nerveux et musculaires des animaux, sur-tout ceux des animaux à sang froid, qui sont les plus irritable?.
- Elle devient encore sensible lorsqu’on
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- l’accumule peu-à-peu dans un instrument prp-,pre à la retenir, .que l’on nomme , par cette raison, un condensateur.
- If après ces propriétés, lorsqu’on place une pièce de plomb, par exemple , sur une pièce .d’argent , le. plomb pVend de l’électricité à l’argent, et celui-oi,en..retire de la terre , qui est la source commune de ce fluide. ,Si .lion forme plusieurs couples semblables , la quantité d’é-.lectricité .dégagée se trouve la même dans.tous. Mais si j’on en .pose deux l’un sur l’autre, en les séparant par une petite couche d’eau, ,qui Jes.met seulement,en .communication^ le rouble-,supérieur me. peut tirer .son excès .d’électricité que du couple inférieur ,sur lequel il -est placé , ; et comme celui-ci se trouve déjà -électrisé parlui-mème, l’autre acquiert d’abord -ce degré' d’électricité, après quoi il :en prend -un de plus, ien vertu du contact.despièçes ,qui le composent. Le second cou pie se trouve dpqc un peu plus.électrisé par le-.premier ; un troi--,sième.placé)Surlesdeux,autres,s?Qlectrise encore * -davantage, et en accumulant ajmsi les. coq pies, on forme-la.colonnei électrique d . - Quand une même personne tqpqhe. aim,ulta-(nément le.haut.et le bas de,cet,appareil, l’électricité, accumulée à sou somimet >s’écoule,à , travers les ..Ofgangs alors ,le»,çquplps métalliques
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- ques n’ayant plus la quantité d’électricité qui leur est nécessaire, aspirent celle des corps qui ' touchent la base de la colonne , et cette succession perpétuelle de pertes faites et réparées au même instant, établit, à travers les organes, un courant électrique très-rapide, qui les secoue fortement.
- Lorsque ce courant électrique est conduit dans des fils métalliques très-fins, qui le resserrent et gênent son passage, il les échauffe , les fond, et les brûle. S’il traverse des substances liquides, il écarte et désunit leurs élé-mens. En un mot, il produit tous les effets que l’on peut attendre du choc continuel d’une faible électricité, animée d’une vitesse infinie.
- Telle est la théorie très-simple et très-exacte des phénomènes galvaniques. C’est à cela que conduit l’examen raisonné des faits ; mais il faut avouer que cette manière de les lier a tardé long-temps à se présenter, et que l’on s’est d’abord si fort écarté du but, qu’il n’y avait plus guères d’espoir d’y revenir.
- En suivant la route qui a conduit les observateurs à ces découvertes , on reconnaît, dans ses détours bizarres, la marche ordinaire de l’esprit humain. D’abord c’est un hazard qui découvre, à un étudiant de Bologne, les contractions excitées par le contact des métaux. Quel-IV.' Partie. K
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- ques années après, un second hazard mène Galvanik des expériences qui montrent l’extrême susceptibilité des animaux à sang froid pour les effets électriques. Ces expériences, trop long-temps suivies , le détournaient du but ; un autre hazard l’y ramène : il observe dans ces animaux l’action de l’électricité dégagée par le contact des substances métalliques. Sur ce petit nombre de faits singuliers, il bâtit un système vaste, et qui allait presque jusqu’à expliquer le phénomène de la vie. Ce système est d’abord adopté, et ensuite combattu par Volta, non plus à l’aide du hazard, mais par les inventions de la physique la plus ingénieuse et la plus adroite. Galvani répond par de nouvelles expériences qui lui découvrent ce qu’il n’avait pas aperçu d’abord, une action électrique entre les organes nerveux et musculaire d.es animaux. Enfin, de cette lutte sort le fait général du développement de l’électricité par le seul contact des corps; et l’étendue de cette nouvelle brancjie de la physique se trouve désormais fixée.
- Connaissant la théorie des phénomènes gai-* vaniques, il est facile de pressentir les usages qu’on en peut attendre, non seulement pour les sciences spéculatives, mais, ce qui est plus important encore, pour la médecine. Ce cou rarit
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- électrique continuel offre un stimulant .que l’on pourra peut-être employer avec avantage, lorsqu’on saura le diriger; mais il a donné jusqu’à présent beaucoup moins de succès avoués, que de résultats douteux. On peut cependant en espérer des secours efficaces dans les maladies qui dépendent d’une atonie des organes, et en particulier dans les asphixies. Les fonctions vitales étant alors simplement suspendues, on parvient quelquefois à les ranimer en les excitant.C’est un mouvement arrêté, qu’une impulsion bien ménagée peut rétablir. Le galvanisme est propre à produire cet effet, parce que son action sur les organes est très - énergique, quelquefois même effrayante par sou intensité. On en a fait un objet de curiosité en l’éprouvant sur de grands animaux morts, et même sur des hommes décapités : mais ces répétitions d’un même fait sont fort inutiles aux sciences , qui n’en retirent aucune vérité nouvelle; et l’on ne conçoit guères quel intérêt engage à les multiplier , si ce n’est peut-être l’attention que le public leur donne.
- L’imagination, toujours empressée de trouver dans ce qu’elle connaît la cause de ce qu’elle ignore , a cru voir dans ces convulsions purement mécaniques le rétablissement momentané de la vie, et dans le fluide qui les cause
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- le prirlcipe même de notre existence. On a voulu expliquer ainsi la transmission instantanée de la volonté, et on l’a supposée produite par un courant électrique qui circulerait du cerveau jusqu'aux . extrémités des organes. Mais ces illusions ne tardèrent pas à disparaître devant le flambeau de l’expérience. Une simple ligature, faite sur les nerfs , paralyse les muscles oui en dépendent, et arrête toute espèce de sensation , sans arrêter l’électricité. La transmission de la volonté ne se fait donc pas par la simple circulation d’un courant électrique. Ainsi le pouvoir, qui soumet nos organes à notre pensée , nous est encore , et nous sera probablement toujours inconnu. Respectons dans ce mystère la sagesse de la nature. Les hommes ont tant de penchant à abuser de la puissance, qu’ils n’auraient pas manqué de faire un mauvais usage de celle qu’ils auraient eue sur eux-mêmes.
- Au reste , si le galvanisme promet à la chimie et à la médecine des applications importantes, ce n’est que par la réunion de toutes les connaissances physiques qu’on parviendra à les découvrir, à les suivre et à les diriger. Pour cela, des expériences faites au hazard, sans but et sans méthode, ne servent de rien. Ce sont des débris apportés au pied du monument
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- que le génie élève; ils gênent plutôt qu’ils ne secondent ses efforts. Le hazard peut bien quelquefois amener de grandes découvértes, comme il peut jeter sous les pas de l’homme le plus grossier un diamant précieux ; mais il faut toujours l’œil du lapidaire pour en connoître le prix, il faut son talent et sa patience pour le mettre en œuvre.
- Voilà en peu de mots » la théorie et l’histoire d’une découverte , qui se réunit à plusieurs autres non moins importantes, pour rendre la fin dii XVIII.' siècle remarquable dans les annales des sciences. Celle-ci sera une des plus précieuses,par la nature des faits et par l’étendue des applications. Elle a sur-tout caractérisé, par ses progrès rapides, la philosophie actuelle des sciences, c’est-à-dire , la marche sûre et féconde qu’elles ont toutes main tenant adoptée. On s’est beaucoup occupé du galvanisme : bientôt, sans doute , on n’en parlera plus. Il en sera de même de toutes les grandes découvertes, aujourd’hui que les sciences, répandues dans le monde,y sont généralement accueillies et cultivées. Les faits nouveaux piquent la curiosité par le merveilleux qui les accompagne ; ils plaisent à l’imagination par la liberté qu’ils semblent d’abord lui offrir. Mais peu-à-peu les phénomènes s’éclairent mutuellement, on saisit K 3
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- la chaîne qui les unit, et ce qui semblait n’avoir pas 'de bornes , se réduit à un ou deux faits nouveaux. Alors l’intérêt cesse avec le merveilleux qui l’avait excité. Mais les vrais amis des sciences sont satisfaits ; ils ont ajouté à l’édifice des connaissances humaines quelques matériaux, capables de résister aux outrages du temps.
- Le n.° XXI de la Revue philosophique, littéraire et politique de l’an xm, contient la notice qu’on vient déliré. Elle arrive sansdouleun peu tard ; mais enfin, vaut mieux tard que jamais, sur-tout quand pe sont de bonnes choses.
- N. B. Qu’il nous soit permis d’ajouter à cet exposé de M. Biot le récit de l’expérience intéressante pour la physique , qu’il vient de faire, quoiqu’elle ne paraisse pas avoir un rapport direct avec le galvanisme.
- Il y a quelque temps que l’on a parlé dans les Journaux des moyens de produire le feu par la seule compression de l’air, moyens imaginés par M. Bienvenu. Ce procédé a fait penser à M. Biot qu’on pourrait aussi produire de l’eau par les mêmes moyens, et il a réussi. On sait que l’eau n’est qu’une combinaison du gaz oxigéne et du gaz hydrogène; M. Biot les a réunis dans une pompe de fusil à vent,terminée par une plaque de verre très-épaisse, afin qu’il
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- pût observer ce qui se passerait dans l’intérieur; après le premier coup de pislolet, il parut une lumière extrêmement vive , il se fit une détonation très-forte, le fond de glaee sauta en l’air, une virole de cuivre fut brisée, et la personne, qui tenait la pompe, eut la main légèrement blessée et meurtrie. On recommença l’expérience, en substituant au fond de glace un fond de cuivre fait d’une seule pièce et serré à vis. Au second coup de pistolet la détonation fut si violente , qu’elle déchira le corps de pompç. Dans ces deux expériences la combinaison eut certes lieu, puisque c’est elle qui a produit la détonation. Voilà donc le feu et l’eau produits également par le moyen simple de la compression. M. Biota cru devoir tirer de ces deux expériences une induction qui mérite l’attention des physiciens ; c’est que l’étincelle électrique n’est vraisemblablement que le produit d’une compression rapide et violente.
- IX. Exposé du galvanisme, pareil. Ponton drA-mecourt, membre de plusieurs Sociétés savantes > in-8°.
- Cet ouvrage présente un aperçu des principaux phénomènes galvaniques. L’auteur indique succinctement les théories de Galvani, de
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- Humboldt et deYolta, et il finit par l’histoire des diverses applications de ce nouvel agent, au traitetnent des maladies.
- Get ouvrage, généralement bien écrit, est propre à donner une idée du galvanisme à ceux qui ne veulent pas en faire une étude spéciale , et à répandre de plus en plus le goût des recherches sur cette nouvelle branche de la physique.
- X. Mélanges cle -physiologie, de Physique et de Chimie, par Claude Roucher de Ratte, officier de santé, professeur de physique et de chimie à Pécole centrale du département de l’Hérault, etc. in-8.° 2 vol- an xx1— i8o3. Voyez tom. II, p. l5i.
- Il n’était guère possible que , dans un ouvrage spécialement consacré à la physique et à la chimie, l’auteur ne parlât pas de la nouvelle découverte du galvanisme. C’est aussi à quoi n’a pas manqué M. Roucher, et une partie du deuxième volume de ses mélanges est consacrée aux phénomènes galvaniques.
- Il en donne d’abord un abrégé historique, il rend hommage au génie de Volta; mais il trouve sa théorie imparfaite. Il cite les autres savans en grand nombre, qui se sont occupés des phénomènes .galvaniques. Puis il entre
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- dans l’explication de ces phénomènes, d’après une nouvelle théorie qu’il a imaginée, et qu’il dit avoir fait connaître dans ses leçons de physique; les principesr au nombre de six, qui lui servent de base, sont fournis par les probabilités les plus évidentes.Ces principes sont i.°un fluide électrique organique dans un cas, e1 aque-fique dans un autre ; 2.0 sa propriété stimulante ; 3.° l’irritabilité dont il est la cause; 4° sa quantité plus ou moins grande dans les substances organisées, et dans celles liquides ; 5.° le dégagement abondant et brusque du fluide, occasionné par le contact des corps, tous plus ou moins mauvais conducteurs ;6.° les lois des affinités par rapport tant aux substances organisées qu’aux métaux et autres substances conductrices. Le dévelopement de ces principes, et leur application , très-aisés selon l’auteur, sont très-étendus dans son ouvrage , et fournissent la matière de plusieurs discours, dans les détails desquels il n’est pas possible d’entrer ici, parce qu’ils nous mèneraient au-delà des bornes que prescrit une simple analyse. Nous dirons seulement,
- 1.® A l’égard de l’identité des deux fluides , celui éléctrique ordinaire , et celui qu’il désigne sous le nom Nèlectrico-mécanique, que s’il y a quelque différence entre eux , elle doit
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- être attribuée à quelques circonstances particulières-dont il rend raison , à celle, par exemple , de la combinaison antérieure des substances, d’où se dégage le fluide galvanique, à celle de son dégagement abondant, et aux sources d’où il le fait dériver. 11 tâche ensuite de justifier la dénomination de fluide électrique aquéfique qu’il lui a donnée.
- s.” La propriété stimulante que M. Roucher accorde à ce fluide, est prouvée, selon lui, par les phénomènes même que produit le galvanisme , propriété qui se montre quelquefois dans des phénomènes naturels, et qui est due au dégagement du fluide.
- 3° L’hypothèse, suivant M. Roucher, démontre qu’il est la cause de l’irritabilité , ce qu’il prouve par les différentes expériences tentées sur les nerfs du sentiment, et sur ceux du mouvement, distinction qu’il soutient cependant être mal fondée, et être suggérée seulement par un sentiment confus de l’identité des deux fluides. Il croit en conséquence qu’on peut bien attribuer l’irritabilité, ainsi que la sensibilité, au fluide électro-mécanique.
- 4-° Il ne doute nullement, d’après ce qu’il a observé , que les substances organisées contiennent beaucoup plus de fluide ëlectro-méoa-nique,que les autres,ne fût-ce qu’à cause de l’im-
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- possibilité qu’on éprouve d'opérer des contractions dans ces mêmes substances, lorsqu’elles ont perdu leur organisation ; il est convaincu qu’après elles ce sont les substances humides, comme l'eau, les alkalis , les acides, les dissolutions salines , qui fournissent le plus de ce fluide par leur décomposition, que les métaux et toutes les substances charbonneuses , pyri-teuses, carburiteuses, et autres solides, étant moins susceptibles de décomposition à sec, par leur affinité d’aggrégation plus considérable , ne peuvent fournir autant de fluide galva-
- 5. ° Il préfère donner aux substances nommées conductrices le nom de loco-motrices, parce que ce mot fait principalement entendre le déplacement du fluide; il refuse d’admettre la distinction des métaux en positifs et en négatifs. 11 convient de l’action puissante de leurs affinités dans la production des phénomènes galvaniques, pour faire sortir le fluide de son état de combinaison ; ce qui, sans doute ,leur donne la propriété .d’être moins mauvais conducteurs.
- 6. ° Il est aisé , selon M. Roucher, d’après les principes qu’il établit , d’expliquer tous les phénomènes qu’il appelle, ainsi que le fluide, électrico-mécaniques, et il en choisit
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- un certain nombre pour faire l’application dé ses principes. Il commence par les phénomènes plus compliqués qui, relativement aux circonstances du cercle, ou des arcs qui les composent, sont les plus faciles à obtenir. L’exposition des phénomènes , relatifs aux cercles ou arcs métalliques, ou à ce qui en tient lieu , est le premier objet de discussion. Il passe de suite à l’exposition des phénomènes relatifs â l’arc animal, composé de substances animales ou organisées, de ceux produits par l’électricité ordinaire, et enfin de ceux que l’on peut regarder comme des effets chimiques.
- 7.0 La préparation des animaux, le cercle galvanique, les phénomènes produits par un arc composé d’un, de deux, de trois métaux hétérogènes ; l’observation relative à la disposition des pièces métalliques composant l’arc excitateur ; l’observation sur le choix des substances métalliques; les phénomènes électrico-méca-niqûes, dont l’arc excitateur se trouve en partie, ou en tout, composé d’autres substances ; des observations sur la longueur du conducteur, sur la vitesse du fluide; les phénomènes relatifs à l’arc animal composé d’un système de nerfs et de muscles ; les phénomènes relatifs aux nerfs seuls ; ceux relatifs à la ligature du nerf, à sa section, au cerveau , aux muscles
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- seuls; ceux relatifs à l’arc animal composé d’organes pris dans le même individu , ou dans des individus différons, ou à l’interruption des substances métalliques dans l’arc animal , le phénomène électrico-mécanique sans arc excitateur ; celui relatif aux parties des animaux vivans ou morts, non' disséqués, revêtus ou non revêtus d’une épiderme ou membrane particulière ; ceux relatifs aux organes des sens, tels que le goût et la vue ; ceux enfin relatifs aux végétaux (i), tels sont les différens
- (i) M. Roucher rapporte à ce sujet des vers sur la sensitive , extraits du poëme des Mois de M. Roucher, son frère, une des victimes de la révolution. Me permettra-t-on d’enrichir cet ouvrage de cette belle tirade, qui comme tout le reste du poëme, a fait l’admiration des connaisseurs en poésie. Voyez Chant III, Mai, vers a75 etsuiv.
- Plus loin, quelle autre fleur ai-je vu s’embellir !
- Sa modeste beauté m’invite à la cueillir :
- J’approche, elle me fuit. Dieu ! quel est ce prestige (i) * * * * * 7 Je cherchais une fleur, je ne vois qu’une tige.
- Interdit et confus , je m’éloigne à regret ;
- Et la fleur rassurée à l’instant réparait.
- Ah ! je te reconnais , ô tendre sensitive !
- Seule , parmi les fleurs, devant l’homme craintive, Sans doute il te souvient que, mortelle autrefois,
- De ta jeune pudeur on méconnut la voix.
- Elle adorait Iphis, Iphis brûlait pour elle.
- Cependant, vertueuse autant qu’elle était belle,
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- objets qui, dans l’ouvrage de M. Roucher, sont le sujet d’une discussion particulière, laquelle contient des faits et des expériences très - curieuses.
- La nymphe demandait que l’hymcnée un jour,
- Aux pieds de son autel, consacrât leur amour.
- Quatre soleils encor, ce jour allait paraître. L’innocente beauté, dans un réduit champêtre, Soupirait, solitaire, à l’heure où le jour fuit. L'impatient Iphis l’aperçoit et la suit ;
- Il approche avec crainte ; et versant quelques larmes, Il veut hâter l’instant où, maître de ses charmes, L’hymen doit la porter dans les bras d’un époux.
- Elle résiste , Iphis embrasse ses genoux,
- Et bientôt, du respect passant jusqu'à l’audace,
- Insulte à la pudeur qui lui demande grâce ;
- Il oppose la force aux refus redoublés.
- La nymphe vers le ciel levant ses yeux troublés : n Dieux d’hymen et d’amour, prenez soin de ma gloire, » A mon perfide amant arrachez la victoire ;
- » Hâtez-vous, détruisez mes funestes appas ,
- M Dieux vengeurs! contre lui j’invoque le trépas ».
- Elle dit, et soudain ses appas se flétrissent ;
- Et son front et ses doigts de feuilles se hérissent.
- Au lieu de vêtemens dont son corps est couvert,
- Sur son sein, qui décroît s’étend, un rézeau vert,
- Et ses pieds, du zéphir quinze ans rivaux agiles ,
- En racine allongés, demeurent immobiles.
- Enfin c’est une fleur ; mais conservant toujours Le profond souvenir de ses tristes amours,
- Elle craint d’éprouver une insulte nouvelle,
- Et de tout homme encor fuit la main criminelle.
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- 8.° Il fait ensuite connaître les circonstances favorables et nuisibles aux phénomènes galvaniques, relatives tant aux animaux qu’aux milieux, ceux de ces phénomènes qui sont semblables à ceux produits par le fluide électrique ordinaire ; ceux des aigrettes et des points lumineux dans l’obscurité ; ceux des attractions et des répulsions ; ceux des étincelles et du chargement de la bouteille de Leyde, celui de la commotion , phénomène qu’il, dit avoir été le premier à faire connaître ; enfin les phénomènes électro-mécaniques, chimiques, relatifs, i.° à l’oxidation des métaux; 2.°à leur désoxi-dation ; 3.° à la décomposition des alkalis , des acides ; 4-° à la formation des sels neutres ; 5.° à la décomposition de l’eau ; 6.° à la décoloration des substances.
- g.° L’exposition des phénomènes électro-mécaniques naturels, est le sujet du troisième paragraphe. Dans le quatrième etdernier,M. Rou-cher traite de l’emploi du fluide galvanique , relativement à l’économie animale.
- On voit, par l’exposé succinct que nous venons de donner des détails dans lesquels est entré ce savant physicien sur les phénomènes galvaniques, qu’il est un de ceux qui s’en est le plus occupé , qui a fait le plus de recherches sur ce sujet, et qu’on doit lui savoir gré de ses
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- efforts pour ajouter aux connaissances déjà acquises sur le galvanisme, et aux travaux qu’il a excités.
- XI. Essai théorique et expérimental sur le galvanisme, avec une série dexpériences faites\en présence des commissaires de l’Institut de France, et en divers théâtres anatomiques de Londres, par Jean Aldini , professeur en l’Université de Bologne, membre de plusieurs Académies , etc., in-8.° , 2 vol. avec planches; in-4-°'idem, an xn — M. DCCC.
- Le professeur Aldini, (1) neveu du célèbre Galvani, après avoir étudié et suivi en Italie pendaut plusieurs années, la savante doctrine de son oncle, est venu joindre ses travaux à ceux de l’Institut national de France, devenu depuis sa création le point central des lumières répandues sur l’importante découverte du galvanisme.
- L’exposition des expériences, que M. Aldini a faites sous les yeux de l’Institut, et sous ceux de la Société royale de Londres, forme le principal fonds de l’ouvrage que nous allons analyser, et qui est dédié à S. M. l’Empereur.
- (i) Voyez pour les travaux antérieurs d’Aldini sur le galvanisme , le tom. I de cette Histoire, p. 67,75, et le tom. II, p. 2G8. note.
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- On ne peut contester à Galvani la gloire d’a* Voir fait sortir de l’électricité une branche nouvelle : il l’a cultivéeavec toutde zèle de l’homme industrieux qui travaille sur son propre fonds \ avec toute l’intelligence d’un génie, observateur^ qui croit avoir saisi un des fils propres à conduire aux plus grands secrets de l’organisation animale et de la vie. Enlevé par line mort trop prompte , il a laissé à son neveu sa gloire à soutenir, et ses découvertes à utiliser.
- L’ouvrage tfAldiniesï divisé entrois parties. Lapremière montre l’action du galvanisme indépendamment des métaux, et quelques-unes de ses propriétés générales* La seconde partie fait voir le pouvoir du galvanisme pour exciter les forces vitales. Dans la troisième partie l’auteur propose des applications utiles de cet agent à la médecine, et il développe les principes qui servent d’appui à une nouvelle administration du galvanisme médical. C’est là qu’il s’occupe bien plus de ce qui reste à faire , que de ce qui a été dit et fait jusqu’à lapublication de sonessai. L’influence du galvanisme sur les systèmes nerveux et musculaire, est aujourd’hui assez constatée , pour qu’on puisse proposer son application avec quelque confiance dans l’as-phixie et l’aliénation mentale par mélancolie. Plusieurs résultats , qui ne pouvaient pas IV.* Partie. L
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- être convenablementplaoés dans ces trois parties, sont le sujet d’üne appendice, dans laquelle l’auteur décrit quelques appareils nouveaux , tant physiques que chimiques, très-propres à développer la théorie du galvanisme.
- Reprenons chacune de ces parties.
- XVII propositions composent la ire partie sur la nature etles propriétés générales du galvanis-me.Dcces propositions,les six premières servent à prouver que le galvanisme excite les contractions musculaires,sans, l’action des métaux.
- 1. ° Ces contractions sont excitées parle développement d’un iluide dans la machine animale, lequel est conduit des nerfs aux muscles, sans le concours et sans l’action des métaux. Aldini croit avoir tenté le premier de produire ces contractions , au moyen de matières animales provenantes d’un individu à sang chaud. Les quatre expériences qu’il rapporte, démontrent l’existence et la circulation du fluide excitateur des contractions musculaires.
- 2. ° Le galvanisme, excité dans ces expériences, n’est dû ni à la comm u nication, ni à la transfusion de l’électricité générale, mais à une électri-citépropreaux animaux,qui joue un très-grand rôle dans l’économie animale; c’est ce qu’Æ dini prouve par un genre d’expériences qui. est décisif; et.qui démontre que le galvanisme est un fluide propre à la machine animale,.indé-
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- pehdaût de l’influence des métaux, et dé toute autre cause étrangère.
- 3.° Le galvanisme, indépendamment des métaux, se développe vivement par le moyen de la machine animale humaine. Pour le prouver, AU dini, dans les expériences VI, Vil, Yïll et IX, a combiné l’action des animaux à sang froid avec celle des animaux à sang chaud, en regardant toutefois les grenouilles préparées, comme l’électromètre le plus sensible, pour mesurer la force du galvanisme. Par ses expériences il a constaté une assez forte attraction galvanique , produite par l’attouchement des nerfs cruraux d’une grenouille aux muscles abdominaux d’un lapin, phénomène qui fournira à M. Humboldt de quoi consolider d’avantage son ingénieuse théorie sur l’atmosphère galvanique, puisque ses expériences et celles OUAldini, en prouvent l’existence.
- 4.0 On peut exciter les contractions musculaires sans établir, selon la méthode ordinaire, un arc des nerfs aux muscles, ce que prouve l’expérience X.
- 5.0 Les effets du galvanisme dans ces expériences , ne dérivent nullement de l’action de quelque stimulant, que l’on rencontre en stppro chantles nerfs des muscles, comme le démontre la XI.0 expérience.
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- 6. » La seule application des nerfs sur les1 muscles, sans l’intermédiaire d’aucun corps* peut développer lé galvanisme» La preuve de èette proposition dépendait dé plusieurs expé* riénces, faites aVêe autant dé délicatesse que dë ô'oirts, d’une foule ’dfe précautions ponràSsurer la fidélité de leurs résultats, cé dont M Aldirii fend coiripte dans lés XII, XIII, XIY, XV et XVI expériences qu’il rapporté , avec la solü^ tion des Objections qui lui ont été faites alors par lès professeu r Brugnatelli et Carcàno.
- 7. °bans sa V II* proposition,établit qUè l’hétérogénéité desmélàux contribué beaucoup à exciter plus aisément les contractions mus* culàireS * mais qu’elle n’est pas absolument nécessaire à leur production , coittme le pro’uVè l’expérienefc XVII.
- 8. ° Passant aux expériences qu’il éfoitlès plüS propres à établir l’analogie qui se trouvé entré l’électricité 'et lé galvanisme, Alâirii fonde Sur les expériences XViïI , XIX , XX, XXI v XXII, XXIII, XXIV et XXV, sâ huilièmé proposition, savoir que la bouteille de Lèÿdé 'ét les substances animales oht la faculté d’absorber des principes de l’air atnièSphérique. L’ingénieuse théorie de Gittarihër, qui attribué àToxigèné la cause des contrà’ctiOns muscat iaires , les belles expériences par lesquelles Humboldù ranime la force musculaire avec l’a-
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- eide muriatique oxigéné, et pejles qq’fl faites à cç sujet M. Fourçroy , ont'engagé Aldiqi à examiner la combinaison obtenue par l’oxigène sur les fibre? musculaires, dans l’état de la plus grande vitalité,
- 9»et io,0Les XXVI*,XXVII* et XXVUI? expériences l endent à prouver la ÏX>propoeitiop, qui est que la flamme empêche l’aption de la bouteille de Leyde, ainsique celle de la pilp et des contractions musculaires, tandis qu’un arecomposé de fluides différent ( proposition X, et expériences XXlX, XXX, XXXI et XXXII) et appliqué entièrement a» système de la pile ou des parties animales, n’empêche pas l’action du galvanisme, ni celle de la pile et des métaux sous l’eau.
- Les sept autres propositions contenues dans cette première partie, et les autres expériences, au nombre de quinze, ont POUF objet de prouver a.9 que la simple transfusion de l’électricité, avec les appapareils ordinaires , n’augmente pas l'action du galvanisme ; 2.0 que cette action ,e?t beaucoupaugmentéesj on interpose dans l’arcdp communication, soit l’appareil des conducteurs àeVoltapoU des bouteilles de Leyde électrisées; 3 ° que le galvanisme parcourt une chaîne, soit métallique, spit animale, avec une rapidité analogue à celle du fluide électrique; 4.9 que les
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- contractions musculaires, au moyen de Pat*-mosphère de l’électricité naturelle ou artificielle, sont tout à fait semblables à celles produites par la pile ou par tout autre appareil analogue ;
- .“que l’opium,le quinquinaetautres stimulans, augmentent aussi les effets de la pile ; 6.° qu’il y a pour et contre au sujet de l’analogie et rapports qui paraissent exister entre l’électricité et le galvanisme ; 7.° que l’explication,par l’hy-potbèse d’une pile animale, des phénomènes que présentent les sensations et les contractions, paraît très-plausible.
- Au sujet de la rapidité , avec laquelle le galvanisme parcourt une longue chaîne, MM. van Marum elPfaff ont confirmé,àl’aide d’un grand appareil,la proposition avancée 'çxcAldirù(1 );ila ont démontré que le courant, mu parla colonne galvanique, aune vitesse énorme, et qui surpasse toute imagination. Par une batterie de -quatre verres, dont chacun contenait cinq pieds etdemi carrés de surface, un seul contact, aussi court que possible, a suffit pour charger la batterie à la même tension que celle de la colonne que portait l'écartement des feuilles d’or de l’électromètre de £enne£, à cinq hui-
- fi) Lettre de M. van Marum à M. Volt a, concernant •des expériences qu’il a faites avec le professeur Pfaff $ans le laboratoire de Teyler. Annales de chimie, t.
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- liènies de pouce, ils agrandirent la batterie jusqu’à 107 pieds et demi carrés de surface, et elle fut chargée par un seul contact aussi court que possible, de la colonne au même degré de tension.
- Un appareil ingénieux, dont M. Lagrave a fait part à Aldini, l’a mis en état de voir des phénomènes, analogues à ses recherches sur l’action de l’atmosphère du galvanisme, et ils ont fait ensemble, avec cet appareil, dont Aldini don ne la description, des expériences très-•curieuses.
- Dans l’article sur l’analogie et les rapports qui . paraissent exister entre l’électricité et le galvanisme , Aldini a recueilli tout ce qui peut constater la correspondance de leurs propriétés, et il termine par quelques remarques sur ce qui reste encore à faire pour établir entièrement l’identité de ces deux agens : « car, dit-il, s’il y a plusieurs faits qui paraissent démontrer que ces deux fluides ont entre eux la plus grande ressemblance , il y en a d’autres aussi qui ne sont pas encore réduits au même principe ; il y a des phénomènes que toute la sagacité des physiciens n’est pas encore parvenue à rattacheraux' principes de l’électricité générale. C’est ainsi qu’ils ont en vain essayé de produire, avec l’électricité, plusieurs effets chimiques du gai-
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- vanismej c’est ainsi que la dissolution des oxides métalliques , la précipitation de leurs dissolutions, la décomposition des acides , n’ont pas encore eu lieu, parles appareils électriques les plus forts et les plus variés ».
- On ne peut donc pas encore regarder comme entièrement résolue, la question suivante, proposée en 1801 par l’Académie des sciences de Harlem : Peut-on expliquer suffisamment la colonne de Volta par les lois ou les propriétés connues de T électricité, ou faut-il en conclure T existence d’unfluide particulier, et distinct du fluide électrique?
- De tout ce qu’a dit à ce sujet Aldini, ou peut conclure avec lui que les théories de Galvani et de Volta peuvent s’éclairer infiniment l’une par l’autre , et que quoique ces deux savans aient suivi des routes différentes, ils ont néan-moins tous les deux concouru à éclaircir les mêmes points de doctrine. Reste à savoir si l’action de combinaisons chimiques est la cause du galvanisme , ou plutôt si le galvanisme est un effet de combinaisons chimiques, s’il est de la même nature que l’électricité pure, ou si cet agent reçoit des modifications de l’organisation animale ; c’est sur quoi il n’y a pas •encore assez de données, pour établir une décision assurée ; il faut se borner, avec Aldini, fi accorder qu’il existe une très-grande analogie
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- entre le galvanisme et l’électricité, jusqu’à ce que des éclaircissemens ultérieurs aient démontré leur véritable identité. En attendant, il tire six corollaires généraux de la série des expériences qu’il a rapportées, et des détails qu’il a donnés.
- M. Aldini termine cette première partie de eon ouvrage par un extrait du rapport que firent, le 21 vendémiaire de l’an xi, à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut, MM. Hallé&tBiot, sur le travail concernant le galvanisme qu’il avàit communiqué à cette classe, dans deux de ses séances du mois de fructidor an x. Cet extrait concerne , en grande partie la première division de l’ouvrage à’Aldini,que nous venons d’analyser .Passons à la seconde partie, c’est-à-dii’e, à la description du pouvoir galvanique sur les forces vitales.
- Aldini a séparé en deux classes les expériences que contient cette partie. Les premières font voir l’action du galvanisme sur toute espèce d’animaux : les secondes montrent particulièrement la correspondance de ces mêmes effets dans la machine animale humaine. La première section contient le détail des expériences* au nombre de vingt-deux, relatives au galvanisme appliqué sur différens quadrupèdes volatils et sur d’autres animaux à sang chaud. Nous.
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- ne pouvons décrire au une de ces expériencès $ ni même celles consignées dans les autres sections, attendu que, pour les bien comprendre, il faut avoir sous les yeux les planches, en grand nombre , qui servent à leur explication. Mais nous croyons devoir faire quelques remarques sur quelques-unes de ces expériences, et donner connaissance de leurs principaux résultats-.
- Aldini dit avoir remarqué particulièrement que l’on obtient la combinaison la plus favorable aux contractions musculaires, lorsqu’on établit l’arc des oreilles à la moelle épinière. Alors l’œil est affecté au point, que les paupières s’ouvrent tout à fait, que le 'globe roule sur lui-même, et sort presque dé son orbite, comme dans la plus violente fureur, lia encore remarqué,dansses expériences sur des agneaux, des poulets et d’autres animaux à sang chaud, que la langue , sortie hors des lèvres, rentrait, après quelques applications de l’arc, dans la cavité de la bouche, phénomène très-frappant dans cette classe d’animaux, et qui ne s’observe point sur l’homme. On a vu des poulets vivans, malgré la faiblesse de leur organisation , soutenir ayec fermeté, et à plusieurs reprises , les plus fortes commotions d’une pile de cinquante plaques d’argent et de zinc; quoi-. qu’en apparence abattus , et presque sur 1®
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- point d’expirer, ils déployaient leurs ailes,sitôt qu’on suspendait l’action de la pile, semblant s’applaudir d’être échappés au danger qu’ils avaient couru. Ces expériences ont portèAldini à examiner le pouvoir de l’arc de l'humidité animale. Les contractions alors ont été moins fortes.
- Dans ses expériences sur le coeur des animaux, il a observé en général que, toutes les fois qu’il n’obtenait pas des mouvemens décidés dans les ventricules, soit par la nature des expériences, soit par la constitution des animaux, il se manifestait constamment de fortes contractions dans les aurieules. Il a encore observé plusieurs fois ce phénomène sans l’action de la pile , à l’aide de simples armateurs galvaniques. Quand le cœur , surtout chez les bœufs et les chiens , n’éprouve plus l’action du galvanisme , les autres muscles la ressentent encore très-vivement; d’où l’on peut conclure que , quoique l’excitabilité du cœur présente, dans quelques animaux, des anomalies , il est toujours au moins certain que cét organe perd , en très-peu de temps, et bien plutôt que les autres muscles, la faculté d’obéir au pouvoir galvanique.
- On trouve consigné dans le rapport de l’Ins-•filut, du 21 vendémiaire an xi, tout'ce qu'Al-
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- dini a observé sur les muscles involontaire*. .« Le docteur Gropengieser, dit le rapporteur, a vu le mouvement vermiçulaire des intestins, augmenté par l’action du galvanisme sur un homme vivant, chez lequel, par suite d’une hernie scrotale, les gros intestins sortaient du ventre (i). M. Aldini nous a fait observer les mêmes effets sur le canal intestinal d’un chien. Nous avions aussi reconnu des contractions bien sensibles dans une pqrtion de l’estomac .séparé de l’animal ». Le rapporteur dit ailleurs : Aldini-, après avoir coupé la tête d’un chien , a fait passer le courant d’une forte pile : ce seul contact excite des convulsions véritablement effrayantes , la gueule s’ouvre, les dents s’entrechoquent , les yeux roulent dans leur orbite, et si la raison n’arrêtait pas l’imagination fra-pée, l’on croirait presque que l’animal est rendu aux souffrances et à la vie. »
- J’ai été témoin de l’expérience que rapporte Aldini, p. 117, et de l’action du galvanisme sur un cheval tué parle moyen de l’insufflation de l’air dans les jugulaires. Il est très-vrai que le tronc n’a point éprouvé de convulsions extraordinaires ; mais que la tête a agi très-vivement ; il y a eu un grincement des dents très-
- - 4') Ve>Je? Ie H de l’ftiçioirp du galy«iijaie, p. 80.
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- sensible, et des mouvemens analogues à ceux de la mastication, avec excrétion assez abondante d’humeur salivaire.
- Aldinirapporte de plus quelques expériences faites en Italie sur de petits animaux, et qui lui ont été communiquées par son ami le docteur Zünnetli de Bologne.
- La 2.* section contient les expériences faites danB cette dernière ville, en janvier et février 1802, pour connaître le pouvoir du galvanisme sur des suppliciés décapités. Les cadavres d’hommes péris par maladie > ne sont pas propres à Ces expériences , parce qu’il est à présumer que l'e développement du principe qui conduit alors à la mort,détruit tous les ressorts de la fibre, d’où il résulte même que les humeurs sont viciées et dénaturées. Il faut donc saisir le cadavre humain dans le plus haut de* gré de la conservation des forces vitales, après la mort.
- Dans l’une de ces expériences » la LXXV*, Aldini ayant placé deux têtes de suppliciés, de façon que les deux sections au cou communiquaient ensemble par la seule humidité animale , il fit arc avec la pile de l’oreille droite d’une tête , à la gauche de l’autre. Ce fut un spectacle vraiment curieux et digne d’épow-
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- vante, de voir ces deux têtes faisant d'horri*.
- blés grimaces l’une contre l’autre.
- Dans ccs expériences et sur tout dans la. LXXXJ~X~,Aldini a remarqu é que pl us les points du contact de l’arc avecle muscle biceps, étaient multipliés, et par conséquent étendus, plus le mouvement du bras augmentait, sur-tout lors-qu’onavait la précaution de séparer parfaitement ce muscle, en enlevantlestégumens, et de l’entourer avec le fil métallique, à la manière d’un anneau. Par le moyen des arcs appliqués au biceps de chaque bras, Aldini vit, avec la plus grande surprise, que l’avant-bras et la main de l’extrémité, où était placé l’anneau, s’élevèrent vivement à la hauteur d’environ six pouces. Il répétal’expérience,en formantl’arcdubiceps du bras droità lamoelle épinièrepl survint aussitôt de telles contractions que le bras , placé horizontalement dans toute sa longueur, s’éleva dans la partie antérieure, à six pouces au-dessus du plan de la table, sur laquelle le cadavre était étendu; on posa sur la paume de la main une pièce de monnaie, qu’elle soutint d’abord, et qu’elle rejeta assez loin lorsqu’elle fut à un certain degré d’élévation. Ayant substitué une tenaille de fer, du poids d’une demi livre, la main s’éleva, et les doigts, se fléchissant, semblaient vouloir la saisir mais au plus
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- DU GALVANISME, haut degré d’élévation , la contraction cessa, et les tenailles tombèrent. On remarqua que l’augmentation du poids, dont on chargeait la main, diminuait très-peu la force de l'élévation du bras.
- La suite de ses expériences a fait voir à Al-dini que l’humidité joue un très - grand rôle dans les contractions, et qu’elle est même plus importante que la chaleur animale. 11 a aussi éprouvé que les contractions musculaires ont eu lieu après une forte soustraction de la chaleur , quand le cadavre avait été refroidi pendant plusieurs heures , et même après avoir été exposé à une température au - dessous de zéro. Si dans ces circonstances on galvanise un sujet, on obtient sur le champ des contractions musculaires, tandis qu’elles cessent avec la plus grande facilité par la privation de l’humidité animale. Bien plus, si un muscle mis à découvert se refuse à l’action galvanique, à cause du dessèchement qu’il a éprouvé, on peut sur le champ renouveller ses contractions, en faisant reparaître l’humidité,au moyen d’une injection pratiquée , soit sur le muscle , soit sur ceux qui l’entourent.
- La section 5.e est consacrée aux réflexions qu’ont suggérées à Aldini l’action du galvanisme sur les méninges, sur la substance cor-
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- licale , et sur le cœur. Icy l’auteur décrit deutf expériences comparatives, propres à confirmer les résultats obtenus sur la substance cervicale et les méninges du cadavre humain ; là Aldini saisit l’occasion de parler de nouveau de l’action du galvanisme sur le cœur. Il avait excité en Italie , par le moyen de la pile, le mouvement du cœur dans les animaux à sang froid ; mais il n’avait pas obtenu le même effet dans les animaux à sang chaud. Il nous apprend que la physiologie doit cette découverte au comité galvanique, formé à Turin par les professeurs assalli et Giulio , comité , dit-il , reconnu et respecté par tous les savans, et qui a rendu de grands services aux progrès de la science. Il croit que la différente structnre des animaux contribue beaucoup à démontrer plus ou moins facilement les effets de l’influence galvanique sur le cœur.
- Enrendantcompte des trois manières différentes, dont le comité de Turin a essayé l’influence galvanique sur le cœur,ilnous dit que le comité a remarqué : 1.0 que la pointe du cœur est, de toutes ses parties la plus mobile et la plus sensible à l’influence galvanique.; 2.° que les contractions produites par le dernier de leur procédé, c’est-à-dire, en faisant usage d’une pile, composée de cinquante disques d’argent et d’autant
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- d’autant de zinc , les cartons trempés dans une forte dissolution de muriate de soude, que ces contractions , dis-je, étaient non seulement plus fortes , mais encore d’une plus longue durée ; 3.° qu’il a même constaté qu’il y avait une forte contraction dans les muscles volontaires-, lorsqu’aucune partie du cœur ne donnait plus le moindre mouvement. -
- Aldini parle des expériences publiées par M. Nysten, et dont nous avons rendu compte, (chap.XXV, n.°3)expériences quiontpourbut, comme on l’a vu, de prouver que la durée de la susceptibilité galvanique, dans le cœur, varie suivant les différens genres de morts subites,et qu’à moins que cette faculté n’ait été éteinte par quelque cause particulière, le cœur est de tous les organes celui qui conserve le plus long-temps cette susceptibilité ; quoique ces résultats soient diamétralement opposés à ceux obtenus par Aldini, et par le comité de Turin, quoiqu’ils soient en opposition avec les conclusions du rapport des commissaires de l’Institut , qui disent qu’il est certain que le cœur perd en très-peu de temps, et bien plus tôt que les autres muscles, la faculté d’être agité par le galvanisme , Aldini pense qu’il faut avouer franchement avec le comité de Turin , que l’action du galvanisme est encore entourée de IV.e Partie. M
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- ténèbres , et qu’il n’est pas encore temps de déchirer le voile qui la cache, conclusion sage, et qui prouve que le comité et Aldini, dans leurs expériences, ont opéré sans prévention, et n’ont eu en vue que la découverte de la vérité.
- Malgré qu’il ait paru bien prouvé que les expériences galvaniques ne peuvent, comme il a déjà été dit plus haut, avoir leur plein et entier effet que sur des cadavres , à la suite de mort violente, il n’était pas moins utile d’éprouver l’action du galvanisme sur le cadavre de l’homme, dansle casdemort naturelle,quelle qu’en fut la cause : c’est un essai qu’a cru devoir entreprendre M. Aldini, et dont il rend compte dans sa quatrième section. Pour faire les expériences nécessaires à ce sujet, il a imaginé une méthode qui pût exciter les contractions musculaires, sans aucune section ou séparation des muscles, et sans le plus petit dérangement de l’économie animale , méthode qui est si bien combinée, que la police médicale la plus rigoureuse ne peut la rejeter.
- Il dit ( expérience CIV ) , que pour essayer les forces de la vitalité, dans ce cas, il a mis en contact la main d’un cadavre, humectée d’eau salée, avec la base d’une pile de Volta, et qu’il a établi un arc, qui d’une oreille se portait au sommet de la même pile, qu’il a répété, lamême
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- expérience, en plongeant les main» du cadavre dans deux bains d’eau salée, mis en communication avec les pôles opposés d’une pile, par deux conducteurs métalliques. La force de la pile employée dans ces expériences était de cinquante plaques, avec la précaution de l’administrer par degrés. L’influence galvanique , communiquée par ces procédés, a produit, selon la différente vitalité des cadavres, différentes contractions, tantôt aux doigts, tantôt à la main, tantôt au bras entier. Les doigts se repliaient et se fléchissaient très-sensiblement, et quelquefois l’avant-bras tout entier s’est porté vers la poitrine.
- On conçoit aisément l’importance de ces observations, pour déterminer la durée des forces vitales après la mort. Si l’on parvient un jour à éclaircir ce point intéressant de physiologie, on pourra alors décider, d’une manière probable, les cas où il faut retarder l’enterrement, et ceux où le bien de l’humanité exige tous lesmoyens possibles pour ranimer les forces vitales. Aldini a fait à cet égard plusieurs observations, dans le grand hôpital de Bologne, et il a remarqué combien la différence des maladies contribue, toutes choses égales bailleurs, à la différente durée des contractions musculaires. Il a répété à Paris ses observations avec le pro-M 2
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- fesseur Pinel, à l’hôpital dit la Salpêtrièreet ils ont vu des contractions musculaires dans le cadavre d’une vieille femme morte d’une fièvre putride. Aldini finit par tirer des corollaires généraux de la série de ses expériences, concernant le pouvoir du galvanisme sur les forces vitales. Il y joint le témoignage des savans qui ont répété ses expériences, et celui sur-tout du comité de Turin, qui a décrit l’étonnement dont furent frappés les spectateurs,lors deleurs expériences galvaniques , en voyant, dans le cadavre de l’homme, les contractions des muscles frontaux, de ceux des paupières, delà face , de la mâchoire inférieure , de la langue, et les convulsions des muscles du bras, dé la poitrine,celles des musclesdu dos,quiélevaient le tronc de quelques pouces, dessus la table où était posé le cadavre.
- Aldini rend com pte de l’expérience deM. Tour-des, professeur à Strasbourg, relative à l’action de la pile galvanique sur la fibrine du sang (voyez plus haut, ch. XXVI). Il termine sa note par l’exposé de quelques phénomènes qu’il a reconnus à Londres, où il a répété ses expériences, et où il a vu avec surprise que dans la tête d’un bœuf, exposée à l’action galvanique , les convulsions étaient beaucoup plus fortes que dans celles des bœufs d’I-
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- talie et d’autres endroits, sans doute à cause de la taille et de la vigueur des boeufs anglais.L’ir-ritation des organes fut si grande dans la tête d’un bœuf anglais, qu’on entendit une espèce de bruissement sortir des narines, bruit qui serait peut-être devenu un véritable beuglement, si les parties de l’organe de la voix n’a-voient pas été séparées dans la décapitation, etc.
- Nous voici parvenus à la partie de l’ouvrage XAldini ,1a plus intéressante pour l’humanité, à celle qui a pour sujet l’application du galvanisme à la médecine. Si jamais on parvient à en tirer une utilité réelle et bien constatée, ce sera le plus grand service qu’elle rendra à l’humanité , après que sa doctrine a beaucoup éclairé la physique et la chimie. Aldini convient qu’il reste encore beaucoup à faire pour se décider sur les meilleures méthodes à suivre dans l’application de ce nouvel agentà lamédeci-ne;il avoue que les faits, q uoique très-m ultipliés, ne lui paraissent pas être assez nombreux pour pouvoir établir des principes sûrs et invariables. 11 établit, dans la première section, les différences qu’il y a entre l’administration du galvanisme et celle de l’électricité ordinaire y et il donne la préférence à la pile, de l’emploi de laquelle il fait voir les avantages, bien au-dessus de ceux des machines électriques , et
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- dont l’action , d’ailleurs, est bien supérieure à celle de ces machines.
- Il s’agit, dans la deuxième section, de l’action du galvanisme sur les organes de la vue et de l’ouie. Les expériences, que l’auteur rapporte, tendent «à prouver que le galvanisme doit avoir la préférence sur l’électricité ordinaire, qui ne peut avoir d’effet, qu’autant qu’elle est déterminée immédiatement sur l’organe de la vue. Il établit quatre classes de maladies des yeux, où l’application du galvanisme peut avoir lieu : J.° sur les aveugles de naissance ; 2.8 dans la cécité produite depuis la naissance par la désorganisation de l’œil ; 3.° dans les cas de cécité sans désorganisation visible de l’œil, et enfin lors de l’affaiblissement de la vue à la suite d’une maladie quelconque. Il rend compte des expériences qu’il a faites à ce sujet, et des résultats qu’il a obtenus. A l’égard de l’emploi du galvanisme dans les altérations de l’ouie, il s’y est peu livré; il se contente de décrire une machine très-ingénieuse de M. John Culthberson, à employer dans ce cas. Ce qu’il dit de l’application du galvanisme dans les maladies des dents, est le résultat des expériences qu’a faites, et que lui a communiquées M. Fowler, dentiste renommé à Londres.
- La troisième section contient les expériences
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- sur l’administration du galvanisme aux noyés, et dans les différentes espèces d’asphyxies. AU dinia. rappelé les forces vitales chez des chiens, des chats, et d’autres animaux de cette espèce, qu’il avait fait tenir sous l’eau jusqu’à extinction apparente de la respiration et de tout mouvement musculaire. Il a également rappelé les forces vitales dans des animaux qu’il avait asphyxiés de toutes sortes de manières, et par différens moyens. Il propose une méthode par* ticulière pour l’application du galvanisme sur les noyés et les asphyxiés. Il suffit d’appliquer le courant du fluide galvanique à une des oreilles, et au niveau de l’eau salée, dans laquelle est trempée une des mains du sujet. Mais , dans tous les cas , l’appareil dé la cuVe galvanique est préférable à la pile, ce qui a fait imaginer à Aldini une boîte portative , dans laquelle sont renfermées deux cuves galvaniques, deux arcs, et une dissolution de mu-fiate dé soude.
- L’application du galvanisme dans la folie et autres maladies de ce genre, est le sujet dé la quatrième section. Atditti à traité avec un plein succès à Bologne detfx mélancoliques. 11 décrit le mode d’application et lé traitement qu’il a fait subir à l’un des dfetix. Lés détails de cette cure sont très-intéressans. Il termine M 4
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- cette section par rapporter les effets du galvanisme appliqué à la hernie scrotale, à l’ame-noi'rhée, à la paralysie, et à d’autres maladies. La première observation est celle de Grapen-giesser, dont j’ai donné les détails, deuxième vol. de cette Histoire, p. 80.
- Aldini nous apprend que le docteur Benoit Mojon a eu des succès dans l’emploi du galvanisme pour rappeler les règles supprimées , ou pour les faire venir la première fois. Il cite plusieurs autres médecins qui ont employé le galvanisme dans différentes maladies , et qui en ont tiré plus ou moins d’avantages, suivant les circonstances et le mode d’application.
- Les principes proposés par Galvani, examinés et approfondis dans toute leur étendue, ont porté quelques physiologistes à croire que la vie n’est autre chose qu’un procédé continuel du galvanisme. M.Ritter, dans un ouvrage qu’il a publié dernièrement, adopte et soutient cette opinion àl’aide de beaucoup de preuves et d’observations. Si les procédés de la vie sont liés avec ceux du galvanisme, est-il permis d’en faire usage indistinctement dans toutes les circonstances, où l’on croit la vitalité éteinte dans le corps humain? Telle est la question qu’examine Aldini, pour établir les cas où l’adminis-tra.t ion du galvanisme doit être défendue,pour
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- déterminer ceux où l’on pourra sans danger en faire usage, avec les précautions qui doivent accompagner cet usage. Il insiste sur-tout pour qu’on ait recours au galvanisme, à l’effet de constater et de distinguer la mort réelle de celle apparente. »
- Dans la cinquième section, qui traite de l’influence du galvanisme sur les fluides animaux, Aldini décrit l'appareil dont il s’est servi, les effets qu’il a produits, et les expériences qui les ont confirmés. Le sang, labile et l’urine en ont fourni le sujet.
- Des considérations générales , touchant les propriétés et les effets du galvanisme sur l’économie animale, sont le sujet de la sixième et dernière section. C’est l’exposé des effets les plus signalés du galvanisme sur les différentes parties du corps humain , tels que la rougeur et le gonflement, une espèce de picotement, la saveur aigre sur la langue , l'éclair dans les yeux , les contractions du tube intestinal, les évacuations alvines, la douleur, l'accélération du pouls, les sécrétions augmentées, etc.
- En récapitulant, en réunissant tous les faits contenus dans cette troisième partie, et en les comparant dans leur ensemble, il nous paraît qu’on peut conclure avec assurance, ainsi que l’a fait Aldini, i.° que les effets du galvanisme
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- sont aujourd’hui mieux connus, et qu’on a fait des progrès dans son mode d'application ; 2." que, dans beaucoup de cas, il exerce une action différente de celle de l’électricité, qu’au moins son application est plus aisée et plus sure ; 5.° que son action se manifeste avec une sensible attraction dans les parties nerveuses et musculaires, phénomène qui vient à l’appui de l'hypothèse A’Humboldt, supposant une atmosphère particulière à chacune de ces parties ; 4.° que c’est à la forte impression que produit le galvanisme surlecerveau, qu’il faut attribuer ses bons effets dans les affections de l’organe de l'ouie; 5.° qu'il est, dans la submersion et dans l’asphyxie, le plus prompt secours qu’on puisse employer, et peut-être le plus utile ;
- 6. ° qu'on peut en faire usage , avec quelques succès, dans le traitement de l’aliénation mélancolique , sur-tout si elle est accidentelle ;
- 7. ° Enfin qu'on peut tirer un grand parti, dans certains cas pathologiques,des effets qu’il opère sur les fluides animaux.
- Une appendice , ajoutée à l'ouvrage d’Aldini, traite de l’action du galvanisme i.°dansle vide et dans l'air condensé; 2.0 sur différens fluides aériformes. Aldini commence par décrire l’appareil avec lequel il a rempli trois objets,savoir : le premier, d’introduire dans Un récipient, oit
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- se trouvait la pile, un fluide aériforme quelconque , en évitant soigneusement le contact de l’air atmosphérique; le deuxième, d’étudier les effets du galvanisme, non seulement suivant les différens degrés d’élévation de l'eau dans l’intérieur de la cloche , correspondants aux effets de la pile sur ces mêmes gaz, mais encore lorsque la pile elle-même serait entièrement plongée dans l'eau; le troisième, d’examiner , après que la pile a exercé son action,la nature ou les propriétés du résidu de ces divers fluides aériformes. Aldini traite ensuite des différentes constructions delà pile, et de la cuve galvanique, des tentatives faites pour fixer et conserver long-temps l’action galvanique de la Colonne de Volt a, de la pile de M. Alizeau, avec quelques observations sur la manière la plus convenable de régler l’influence galvanique dans différentes maladies ; il expose des vues générales sur les rapports du galvanisme avec les règnes végétal et minéral ; le tout est terminé par un résumé, traduit de l’angtois de M. William Nieholsort,et contenant une analyse exacte des principaux phénomènes galvaniques et de la théorie d’Aldini.
- Extrait du deuxième volume.
- Les Mémoires contenus dans ee volume ne
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- sont que des éclaircissemenset des développe-mens sur les matières traitées dans le premier volume, dont cependant ils sont unesuite nécessaire. Nous allons donner une courte analyse de chacun de ces Mémoires, en nous bornant à ce qu’ils présentent de plus curieux et de plus intéressant à connaître.
- Premier Mémoire. —Il a pour sujet le passage du galvanisme à travers une partie de l’océan et des rivières. C’est à Calais que M. Al~ dinien a fait l’expérience, le 2 février i8o3 , la iner étant très-calme, et le ciel aussi pur qu^on pouvait le désirer. L’expérience sur l’eau pure a été faite dans la rivière de Marne, entre le moulin de Charenton et le pont,au-dessus de la jonction de la Marne avec la Seine. Il faut suivre ces cxpériencesdansl’ouvragemêmejnous dironsseulement qu’il en résulte que legalvanis-me, comme l’électricité, parcourt avec une rapidité étonnante de très-longs arcs conducteurs, composés des eaux , soit de mer, soit de rivière , ou d’autres substances analogues,comme le prouvent les expériences de Vassalli, faites et publiées depuis à Turin. Pour mieux comprendre celles exposées dans le Mémoire d'Al-dini, il faut consulter la planche "VIII qui en donne Texplication.
- Dans son deuxième Mémoire il présente des
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- conjectures concernant l’action du galvanisme sur les sécrétions animales, et il tire ces conjectures de plusieurs expériences, qui montrent évidemment que le galvanisme exerce une action particulière sur les liquides animaux, et sur le système glanduleux, action qui offre un vaste champ de recherches utiles au philosophe observateur des fonctions animales.
- Le troisième -Mémoire contient des expériences faites sur un supplicié pendu à Londres, le 17 janvier 38o3. J’ai rapporté plus haut, chap. XXV, n.° 4, les détails de cette expérience
- Le quatrième Mémoire traite des organes des poissons électriques. Les organes électriques de la torpille, l’influence de son cerveau sur l’action de ses organes électriques, l’action de sonélectricité animale, pour exciter le mouvement du cœur et des muscles, dans d’autres animaux, la description des organes du gymnote engourdissant, celle des organes du silure trembleur, l’examen comparatif des organes électriques : tels sont les différens sujets traités dans ce Mémoire.
- Le cinquième contient des expériences sur l’électricité animale, adressées en 1797 à M. de Lacépede. Aldini traite,i.° du pouvoir conducteur de la flamme; 2.0 des différentes cons-
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- igo HISTOIRE
- tractions de la bouteille de Leyde ; 3.” des phénomènes concernant les attractions électriques.
- Le sixième Mémoire , traduit du latin par M. Dessaix, concerne l'influence des métaux sur l’élcclricité animale. Il a été lu à la séance publique de l’Institut des sciences de Bologne, et publié en 1794 en vingt paragraphes. Al-dirii y donne le détail des travaux auxquels il s’est livré, pour confirmer l’existence d’une électricité inhérente aux animaux , résultante de leur organisation, et entièrement indépendante de l’empire des métaux. On peut consulter ce qu’a dit à ce sujet Humboldt (1).
- i.° Un extrait de quelques expériences sur l’électricité animale, publiées à Bologne en 1794; 2.0 deux lettres adressées à l’auteur, la première par M. Vassedli - Eandi, sur plusieurs expériences galvaniques nouvelles, avec la réponse d’Aldini , la deuxième par moi , sur les travaux galvaniques très - intéresaans de Bichat; 3.° un extrait du rapport sur les expériences galvaniques , faites à l’école vétérinaire d’Altfort, dans deux séances des i5 floréal et 8 prairial an xi, expériences que nous avons déjà fait connaître ; 4.° une lettre de
- (1) Expériences sur le galvanisme, traduites par Jadelot, in-8.°, chap. III, p. 37.
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- M.Ferry, professeur de physique et de chimie, qui prétend,qu’avec le doute où l’on est que la sensibilité soit éteinte dans les cadavres humains qu'on soumet aux expériences galvaniques, tandis qu’ils peuvent encore donner des marques de vitalité par le moyen du galvanisme , on doit s’abstenir de semblables expériences, qu’il regarde comme injustes et immorales, parce qu’elles peuvent prolonger le supplice des malheureux qu’on y soumet ( i ) ; b.0 Une notice de M. Godine, le jeune, professeur vétérinaire à Alfort, contenant les détails des expériences qu’il a tentées sur un jeune homme noyé , deux heures après la submersion ; 6.° une lettre en anglois de sir Christophe Pegg, professeur d’anatomie , sur les expériences galvaniques qu’a faites Aldini à Oxfort ; 7.0 un rapport de quelques autres sur le platine, qu’Aldini a faites avec M. Vanquelin, et dont nous avons renducompte ailleurs; 8.°enfin quelques notes sur des travaux galvaniques par-
- (1) Je me rappelle très-bien que, lorsque M. Ferry lut son Mémoire à une séance de la Société galvanique, l'opinion qu’il émettait n’eut pas beaucoup de partisans. On pensa en outre que la discussion d’une semblable opinion regar dait plutôt la morale et la police, que la science. On crut en conséquence devoir passer à l’ordre du jour.
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- ticuliers; voilà ce qui termine le deuxièmevol.
- de l’ouvrage de M. Aldini.
- Malgré la précision que nous avons tâché de mettre dans l’extrait qu’on vient de lire , l’abondance et l’intérêt des matières nous ont forcé d’entrer dans des détails, qui feront sans doute plaisir aux lecteurs , sur-tout à ceux qui ne font pas leur principal objet del’étude du galvanisme, et qui désii’ent cependant être au courant de ce qui a paru sur cette découverte. C’est le but que remplit l’ouvrage d'Aldini ; il peut être regardé comme un des meilleui's et des plus complets, qui aient été publiés sur le galvanisme.
- XII. Extrait du Traité élémentaire de physique de R. J. Haiiy, professeur au Muséum d’Histoire naturelle, in-8.°.
- S. M. l’Empereur, à qui rien n’échappe de ce qui peut contribuer aux progrès des sciences, a senti combien il est important de mettre entre les mains des éleves admis dans les lycées nationaux, des livres , dans lesquels ils puissent puiser une instruction capable de former leur jugement et de meubler leur esprit de connaissances solides. C’est ce qui l'a engagé à charger M. Haiiy de composer un traité élémentaire de physique, duquel nous extrairons seulement ce
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- DU GALVANISME, ' 19$ cé qui a rapport au galvanisme , en observant que cet ouvrage est digne à-la-fois et du héros qui en a eu l’idée, et de la célébrité de l’aor teur qui l’a exécuté. L’introduction sur-tout est écrite avec cette élégance de style, qu’il est si rare de trouypr dans les ouvrages de ce
- Après avoir traité, dans le premier volume, de l’électricité en général, de celle produite par frottement, ou par communication , et de celle produite par la chaleur, l’auteur .commence le se.cond volume par celle qu’ij appelle galvanique. Il expose d’abord les phénomènes qui ont dpnné naissance à cette espèce d’éjec-r triçité -, il fait ensuite connaître la thépvie,à l’aide de laquelle J^olta est parvenu à les expliquer : il passe de-là à d’autres phénomènes qui , comme les premiers , tiennent à l’économie animale , mais qui .sont produits par |es mouvemens spontanés de .certains poissons, dont le plus connu est la torpille: if considère enfin l’électricité galvanique sous les rapports qui la lien t.ayec la chimie, par la décomposition de. l’eau. Ainsi l’origine de l’électricité galvanique , et son histoire , l’exposé delà théorie de Volta, le récit des diverses. expériences faites avec la pile, des différentes substances qui peuvent être employées pour
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- K>4 histoire
- former la pile , l’histoire des poissons électriques , des détails enfin sur les effets chimiques de l’électricité galvanique forment autant d’articles intéressants, qui fontconnàître à peu près tout ce qu’il est utile de savoir sur le gal-
- XIII. Extrait des élémens de philosophie naturelle ou physique expérimentale ,par Tiberius
- Cavallo , en anglais. 4 vol. in-8.°
- Le chapitre premier de la 3.' section est intitulé de l’électricité animale : l’auteur, sous ce titre, a rapporté tous les faits, découverts principalement par les anatomistes anglais, sur les. singuliers poissons qui possèdent une faculté électrique spontanée, et soumise à l’influence de leur volonté, quoique vivant dans un milieu qui semble ne pas pouvoir permettre l’accumulation nécessaire pour produire les effets qu’on observe ; effets qui ont acquis un degré d’intérêt plus particulier, depuis qu’on a découvert leurs rapports avec les effets galvaniques. Dans ceux-ci,l’électricité modifie l'animalité; dans ceux-là, l’action vitale influe sur l’action électrique. L’analogie est évidente , et les rapprochemens qu’on peut établir entre les faits offrent quelques chances de pluspourarri-
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- ver à la sol ation des intéresans problèmes qu'ils présentent aux physiciens.
- Tous les phénomènes de la communication de l’influence électrique de la torpille, en tout semblables à ceux du même genre qu’offre la bouteille deLeyde, ont un- rapport plus direct avec ceux de la pile galvanique , en ce que le choc ne se transmet point-, s’il y a dans leé conducteurs la moindre interruption de continuité.
- Nous ne pouvons suivre M. Cavatlb dans les détailsqu’il donne sOrPéleetricité prod uiteparla torpillé,par.le Gymnotes elëôflrïcus, pari eSïfèdnus eleèCriciütiëi ufi autre poisson1 qui n’a pas titêtrié reçu de nôm, et qui paraît être du genre des tétrodons. Nous observons seulement que presque tous les effets, produits par le premier de ces poissons, peuvent êlfeimités assefc exàcfé1-ment avec une grande batterie électrique ou plutôt galvanique,à laquelle on donne une faible charge, et c’est encore là un peint de' rapprochement entre Ces phénomènes et ceux de la pile voltaïque. L’ensemble des faits que: rapporte l’auteur offre uii si grand nombre die-traits de ressemblance entre les phénomènes qu?ils présentent et ceux de cette pile,'-qu’on ne peut guère douter de l’identité de la cause: et presque-deéelle des appareils,-en sorte que ces Na
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- poissons pourraient être considérés comme àu-> tant de piles animées et vivantes.
- C'est ainsi i.° qu’ils donnent leur commotion dans l’eau , et que si l’on plonge les mains dans un bassin d’eau, qui fasse partie du circuit d’une batterie voltaïque, on éprouve aussi la commotion , parce que notre corps est un meilleur conducteur que l’eau. 2.° On a observé que ce n’est qu’avec grande peine que le chocélec-, trique de ces poissons peut se propager au-delà de la plus petite solution de continuité ; omsait qu’il en est de même de l’effet de la pile galvanique. 3.° Ces poissons font éprouver tantôt une sorte d’engourdissement, tantôt une véritable commotion : la pile ne produit-elle pas : ces deux effets ? 4.0 Enfin la structure mécanique des appareils se ressemble beaucoup : les prismes, qui composent l’organe éleetrique de ces poissons, sont formés de petites lames ou membranes superposées, et séparées par un intervalle humide ; ne voilà-t-il pas les élé-mens d’une pile , et si on se rappelle que, d’après les découvertes récentes, diverses parties d’un même animal, les nerfs et les rüusclea d’une grenouille, par exemple, produisent* par leur juxta-position, les phénomènes galvaniques , sans conctact d’aucun métal', on conviendra sans doute que le problème des pois-
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- SOUS élèctriques sera résolu le jour où Tort aura trouvé une explication bien claire et bien •complète des faits que présentent en particulier d’électricité galvanique et la pile voltaïque (1). XIV, Manuel du galvanisme , ou description e t usage des divers appareils galvaniques , employés jusqu’à ce jour , tant pour les recherches physiques et chimiques, que pour les applications médicales, par Joseph Isarn, professeur de physique, membre de la Société galvanique , et chargé par elle des cours qui fontpartie de ses séances. Paris in-8.0 , an xu
- — m;dccciv.
- Cet ouvrage est dédié au sénateur Ahrial, ancien ministre de la justice. Après avoir parcouru én général, dans un discours préliminaire , l’état et la terminaison des différentes découvertes physiques , telles que l’électricité , le magnetismeanimal, la vaccine et la désinfection gu y to-morvienne, l’auteur parle deladécou-verte du galvanisme, qui a paru d’abord avec beaucoup d’éclat,et qu’il dit être ensuite tombée comme les autres dans une sorte d’oubli. Mais de ce que les nouvellistes n’ont presque plus
- (1 ) Voyez la Bibliothèque des Sciences et Arts, n.» 189. »90, p, ao5. *
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- une source féconde de faits aussi riduvëaüS que l’appareil lui-même; Il fut, pour ceux qui s'en servirent les premiers, une mine à dé^ couvertes, où chacun n’avait qu’à se présente* pour obtenir quelque nouveau résultat; Le ùoinbre en est devenu si considérable,qu’il nécessite déjà une classification,que M. Isarn partage, dans la troisième section, eh effets physi1-ques, en effets chimiques et en effets physio*-logiques. En traitant des premiers effets, il décrit le condensateur en bois de Volta , et le iheilleur des électro-mètres dont on puisse se Servir , la balance électrique de Coulomb, l’ap*-pareil et-lés expériences de Ritter, avec leS effets qu’il a obtenus par le moyen de Cet appa* reil, l'expérience et l’appareil de Camille Gal-<>ani, etc; M. Isarn a joint à l’examen et à la description de ces différentes expériences * Celles qu’il a faites lui-même pour et contre , afin de constater'la nature des effets qu’elles ont produits, et pour reconnaître l’existence d’uns Atmosphère galvanique.
- À l’égard des effets chimiques, résùltatls de faction del’électro-moteiir,effetsquisontle su jet dü deuxième article, ils appartiennent , les uns aux pièces mêrües dé ^appareil , et les autres àüü différentes Substances que l’on souhiét à sept action. Ainsi M. fiam doünë k description
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- :tîel*i£pparéilpour soumettre les substances ga-•eeusesà l’action d’un électro-moteurjcelui pour soumettrelesliquidesàl’action gai vanique;celui pourla décomposition de l’eau,celui de TVollas-ton, celui AçPittaro et d'Aldini, celui pour sou* mettreà l’action du galvanisme les substances so* lidesjl’expériencé et Fappareilde B.Mo/on pour reconnaître l’influence galvanique dansla putréfaction. Les appareils, propres à l’examen des effets physiologiques de l’électro-moteur, sont décrits dans un troisième article.
- Dans la quatrième section, M. Isam s’attarhe à faire connaître les différentes constructions de l’électro-moteur, et les différentes modifications qui y ont été faites, tant pour rendré son usage plus facile, que pour augmenter ses effets *, ainsi que la force de son action. 11 décrit en conséquence i.°, relativement à son usage , la pile portative de Volta , l’auge ou cuve galvanique de Cruikskant, l’électro-mo-teur à godets; 2.0, pour augmenter ses effets» l’appareil à larges plaques de MM. Fourcroy, F'auquelin et Thénard, le grand appareil galvanique de Pepys; 3.°pour augmenter la durée de son action, les piles de Gautherot à un seul inétal,et sans métaux; la pilesèche de MM. Ha* thttbe et Desormes; les divers appareils galvaniques dé Gümpry, Davy, et les trois sortes
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- de combinaisons , avec lesquelles il a obtenu des effets galvaniques par des appareils d’un seul métal,1’électro-moteur chimique du même, l’appareil à barrils du docteur Haitff, celui düAllizeau, et son électro-moteur.
- Il ne suffit pas, dans les sciences physiques, d’avoir obtenu des effets : il faut encore se mettre en état de les apprécier, et pour cela il faut construire des instrumens propres à graduer leur intensité , et à les montrer dans les différens points de leur graduation. L’invention du galvanisme nécessitait celle de des instrumens qu’on a appelés galvanomètres, et que l’auteur décrit dans sa cinquième section. Il dit ne connaître que trois moyens employés jusqu’ici pour apprécier les effets galvaniques : le premier, et le plus fréquemment mis en usage, est celui des commotions et de la saveur, les deux autres sont fondés tant sur l’action, à distance, des extrémités de l’électromoteur sur les corps légers, que sur les effets résultans de la décomposition de l’eau. CeS derniers moyens ont donné lieu à la construction de divers appareils, que M. Zfnradécrit dans deux articles séparés ; savoir, dans le premier , les appareils et expériences galvanoscopiques de M. Erman, et le galvanomètre de Pepys ; dans le deuxième article, le galvanomètre de
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- Robertson et celui du docteur Graperon, avec son mode de graduation , et les effets qu’il en a obtenus dans quelques essais, ainsi que les usages auxquels il l’a destinés.
- Les appareils secondaires forment le sujet de la sixième section , savoir : i.° ceux de recherche, tels que ceux présentés pour charger, par Gautherot, par Erman,par Ritter-, et les modifications de la pile à charger , soit d’un seul métal soit de deux ; les piles secondaires à larges plaquesjl’expérience etl’appareil deM .Champré-, 2.°ceuxd’application,telsque celui d’^/J<m,pour l’appliçation du galvanisme au corps humain ; les expériences et l’appareil du docteur Graperon, pour isoler les résultats de l’action galvanique sur les liquides ; les appareils à décaper , le décapeur de Lagrave, celui de Du-. motiez.
- Voilà toute la substance de l’ouvrage de M. Isarn ; on voit qu’il renferme une description exacte, et faite par main de maître, de toutes les expériences, de tous les phénomènes galvaniques, connus depuis l’invention de cette découverte jusques à présent. L’auteur y a joint différentes expériences qui lui sont propres , différentes observations qui rendent son travail plus utile et plus complet, et de plus, des planches linéaires, qui facilitent
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- beaucoup l’intelligence du texte. Cet ouvragé pr ésente en un mot le tableau de tout ce qui peut intéresser dans le galvanisme, et il devient d’une absolue nécessité à ceux qui font Une étude particulière de cette science, parce qu’ils y puiseront des connaissances et deS instructions, qu’ils trouveraient difficilement ailleurs.
- XV. Dans un Dictionnaire de cliimie qui contient la théorie etla pratique de cette science} il n’était guères possible de n’y pas insérer un article sur le galvanisme. AussiM.Charles-Louis C idet en a-t-il inséré un dans le Dictionirairejde Chimie qu’il a publié cette année , 4 volumes in-8.°. ce qu’il a écrit est assez étendu pour donner une idée de cette découverte; mais pas assez pour faire connaître et constater les nombreux phénomènes qu’elle présente.Cependant il y a des pensées neuves dans l’extrait de M. Cadet. C’est ainsi qu’il nous apprend qUë Mesmer avait puisé à peu près les mêmes idéeâ, relatives à l’influence des métaux sur les fibreS animales > dans les ouvrages du P. Kircker, jésuite.
- Il est bien vrai qu’on rencontré des asphyxies dans lesquelles les animaux perdent ledt irritabilité , tandis que chez d’autres elle n’est que diminuée ou suspendue ; c’est le cas de
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- citer ici une noteront nous n’avons pas encore eu occasion de faire usage , et qui est extraite du programme.du cours de physique que fait à l’Ecole polytechnique M, Etienne Baruel.
- i.o Irritabilité détruite dans les animaux; asphyxiés par le gaz hydrogène sulphuré, et la vapeur du charbon.
- 52.° Irritabilité diminuée par le gazammc-niacal, le gaz azote , l’air épuisé par la rcspi-.: ration, le gaz hydrogène sulphuré, contenant du soufre.
- 3.° Irritabilité suspendue par le. gaz acide carbonique,
- 4° Irritabilité non altérée par le.gaz hydrogène pur, le gaz hydrogène carbonné, le gaz aç^deBjuria.tiq.ue, oxigéné , le gaz,.acide sul-' phureux, la privation d’air sous le récipient ; de la. machine,pneumatique. .
- Nous observerons encore, d’après M. Cadet, que MM. Seguin, Ritter 'et quelques autres sayans, croient, que le galvanisme n’est ni : un fluide, ni une substance; mais une pro-r-priété des corps, dont les effets sq manifestent par le contact, en raison de leur différenteicat! pacité, pour le calorique, pour la lumière,etc.:: C’est ainsi, disent-ils, que la fièvre augmente! la-température du corps , et produit des phénomènes fort sensibles, sans être cependant-
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- une substance distincte,et qu’on puisse observer isolément. Comme on n’a encore rienpublié à ce sujet, il faut attendre les faits, et en grand nombre, pour étayer une semblable opinion.
- XVI. Bibliothèque médicale, par une société de médecins.
- Cette.Bibllothèque est destinée essentiellement à faire connaître les meilleurs ouvrages de médecine et de cbirurgie , dont elle donne des extraits très-étendus. C’est dans cette vue , sans doute , que les auteurs ont, à commencer au n.o X,p.g4^ et dans les suivans, produit une exposition abrégée des connaissances acquises jusqu à ce jour sur le galvanisme , extraite des principaux ouvrages qui ont paru sur cette matière.
- Dans le 1er article ils disent: qu’il manque encore un traité général sûr le galvanisme ; il nous semble qu’une histoire qui a indiqué tous les matériaux publiés sur cet agent, peut être considérée comme un traité, sinon tout à fait scientifique, au moins chronologique et didactique, et c’est précisément la tâche que nous nous sommes efforcés de remplir dans notre Histoire du Galvanisme ; l’auteur rapporte à quatre chefs principaux ce qu’il importe de connaître relativement au galvanisme , savoir :
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- i.°àla production des phénomènes galvaniques, par de simples armatures , ou même sans armatures; 2.° à la production des mêmes phénomènes dans l’appareil de Volta ; 3.° aux effets du galvanisme dans les corps bruts, et sur les corps organisés ; 4.o enfin aux applications médicales et physiologiques qui ont été tentéesavecle galvanisme. Quelque bonne que soit cette division pour la partie scientifique , nous ne la croyons pas également propre à fixer les principales époques de l’histoire de cette découverte.
- Quoi qu'il en soit, on ne peut qu’applaudir au travail de l'auteur de ces différens articles, qui présentent sur le galvanisme tout ce qu’il y a de mieux, avec des réflexions et des observations très-judicieuses et très - intéressantes. Les calculs algébriques et les tableaux ajoutés sont très- utiles pour connaître les degrés d’action de la pile galvanique , et sur-tout de celle de Volta. Il est à desirer que ces différens articles réunis soient publiés collectivement, parce.qu’ils forment un des meilleurs traités que nous ayons sur le galvanisme.
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- XVII. Extrait du.Tournai de médecine, ou 'An-, jialès de la Société de médecine pratique do Montpellier, Germinal an xi, n.0 III, 2,° partie, p. 5o,
- M. Baume* est auteur des réflexions sur le galvanisme qu'on lit dans ce,t article : c’est simplement un résumé historique,très-bien fait, de tous les phénomènes qu’a présentés jusqu’à ce jour la découyertedu galvanisme; c’est le récit succinct des effetsmédéçinaijx obtenus par le fluide ou par l’action galvanique ^.effets préce'dés de l’exposition des principes fondamentaux, sur lesquels.repose cette nouvelle doctrine, en faveur de,ceux qui n’en ont pas une. idée exacte.. Tous, ees détails étant consignés dans notre Histoire, ct:surrfont dans' l’extrait que nous avons donné du dérnier Mémoire de Volta, ( Voyez tom. II •; p. 69 et suiv.-) ,ce serait uq double emploi.qué de les pjacer ici : le 5.? et 4.e volume que nous publions contenant.également toùsJes nouveaux, i phénomènes déçpuyeytS; par quelques ;ghysi-.; ciens, et rapportés;par M. Baunies, nousisom^ mes dispensés de les répéter ici.
- XVIII.
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- DU ft AL V_A.N1 S M E. 20g
- XVIII. Rapports du physique èt du moral dé Vhomme, par P. J. G. Cabanis , membre dû tSénat , de F Institut national, etc. in-8°; a vol; an xin, tom. i", p; 4a5;
- « Il paraît difficile de ne pas admettre » dit Ce célèbre médecin, què les phénomènes dû galvanisme ; et par conséquent ceux dë l'irritabilité des parties musculaires ; soit fendant la vie, soit après la mort > sont dus à la portion d’électricité retenue dans les nerfs, laquelle s’en dégage plus ou moins lentement, à raison de l’espèce, de l’âge , et des dispositions organiques particulières de l’anitnal ( 1 ). Suivant cette manière de voir, les fibres charnues, irritées, opéreraient successivement; par leurs contractions, le dégagement de l’électricité condensée dans les nerfs qui les animent} et ces contractions pourraient se renouveler jusqu’au
- (1) Les piles galvaniques produisent sut-les substances minérales des effets conformes à1 ceux des machines électriques ordinaires ; mais il né s’ensuit pas que les fibres musculaires ne fournissent point une portion d’électricité accumulée, lorsqu’elles foïit partie du cerclé, ou de l’arc conducteur; et il reste toujours h expliquer pourquoi ëlles sont encore contractiles quelque temps après là mort, et pourquoi elles perdent peu à peu cette propriété par la simple répétition des chocs.
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- moment où le dégagement serait entièrement terminé. Chaque irritation produirait donc une secousse électrique * et lorsque la partie aurait perdu la faculté de se contracter par les irritations mécaniques ou chimiques,on pourrait la lui rendre asséz long-temps encore, en lui faisant subir des sections réitérées, attendu qu’à chaque section le scalpel irait chercher et provoquer les plus petits filets nerveux, qui se perdent dans les muscles. (i) »
- « L’expérience de Galvani porte à croire que le système nerveux est une espèce de bouteille deLeyde,et que la différence du métal qui touché le nerf * et de celui qui touche le musclé , représenté1 2 la différencé de la surface interne et de la' surface extérieure de la bouteille. C’est ici, par le moyen des métaux différons , qu’on fait communiquer les detix surfaces, et qu’on prodüit l’explosion- électrique, on la contraction musculaire , qui en est l’effet. Dans cètte mèmè expérience , faite , dit-on, sans l’intermédiaire' des métaux:, et pat l’application' imfttédiate du nerf dénudé sur les fibres musculaires (2), on
- (1) C’est ce qui arrive en effet.
- (2) C’est ainsi que l’a faite Vacca-Berlinghlieri : c’est du moins ainsi que les Journaux l'ont annoncée. Il parait
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- Voit-un corps électrique, mais d’un caractère particulier, qui se décharge sur son conducteur ou daiis son récipient propre; et peut-être le rterf conserve-t-il encore ici le caractère de là boüteilledeLeyde,l’unedesesextréniités, celle qui va së ramifier et se perdre dans le muscle, Représentant la surface interne; l'autre, c’est-à-dire, Celle qui est flottante, et qu’on met artificiellement en Contact avec les fibres , repré= Sentant la surface externe (i). «
- Cependant que cet exposé n’est pas parfaitement exact, bu que, dans les cas particuliers où l’expérience à réussi, l’effet pouvait être rapporté aux lois connues dé l’irritabilité , ou du galvanisme lui-même, quand l'excitation étoit produite par lés pilés Où par les métaux diffé-
- Aù resté, toutes cés questions, dé quelque manière fju’ellés Soient résolues, ne touchént point au fond de la doctrine que nous exposons dans ce moment-Je ne changé donc rien au texte, quoique je n’ignore pas que les énoncés n’en paroitront point peut-être entièrement conformes aux dernières expériencés; mais lés questions relatives à l’électricité animale né me paraissent pas assez complètement éclaircies ,pour me permettre d’adopter Un avis définitif a fcet égard. ( An vi. )
- (i) Quoiqu’on en ait dit d’abord en France, cette expérience réussit très-bien , et l’explication que j'en donné; peut être regardée comme probable. ( An xm. )
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- « Dans l’une et l’autre expériences, tous les faits observés sur le mort et sur le vivant paraissent établir sans difficulté la doctrine que nous exposons * et les plus savans physiciens donnent unanimement à ces phénomènes l’éj lectricitépour cause; il ne faut cependant pas, quand on parle de l’électricité animale t attacher à ce mot le même sens qu’un faiseur d’expériences opérant sur les machines inanimées attache aux phénomènes dépendans de 1’accu-mulation du fluide électrique universel. La vie fait subir à toutes les substances qu’elle combine desJmodifications remarquables; et,supT posé , comme je suis porté à le penser, que la sensibilité n’existe point sans une accumulation dé fluide êlèctrique , ou du moins quê cette accumulation soit le résultat immédiat et nécessaire des fpnctions vitales, il faut toujours admettre que ce fluide ne se comporte pas, dans les corps v-ivans et dans leurs débris, après la mort, comme dans lesinstrumens de nos cabinets et dé nos laboratoires, ni comme dans les nuages et dans les brouillards, où la température .et l’humidité très-inégales des différentes couches de l’atmosphère le distribuent inégalement. En éprouvant Faction de la nature sensible, il èiïtre, sans doute, dans des combinaisons qui
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- changent son caractère primitif ; et les phénomènes particuliers qui dépendent de cet état nouveau ne cessent entièrement que lorsque le fluide est tout rentré, jusqu’à la dernière molécule. dans le réservoir commun (1). » a Si les faits du galvanisme, qui se rappro-
- (i) II y a plus de deux ans que j’ai bazardé ces con» jectures sur le phénomène appelé galvanisme. Plusieurs savans ont aussi cherché à prouver l’identité de sa causé avec le fluide électrique. Les dernières expériences faites par les commissaires de l’Institut, et sur-tout celles de M. Humbolt, paraissent ébranler fortement cette doctrine. J’attends un ensemble de faits plus concluans, pour fixer mon opinion; jusques-là, j’ai cru ne devoir rien changer à ce que j’avais écrit sur cet objet. Au reste , le lecteur verra bien, à la réserve avec laquelle je m’exprime, et, j’ose le dire , à la manière générale dont je procède dans mes conclusions des faits particuliers aux principes , que je suis toujours prêt à revenir sur mes pas, si l’expérience et l’observation prononcent contre mes premiers apperçus (an vi).
- Les expériences de l’illustre et savant Volta paraissent ne plus laisser aucun doute sur l’identité du fluide galvanique , eu de la cause excitante, à laquelle on a donné ce uom, et de l’électricité. Celles qui ont été faites dernièrement en Angleterre ont donné les mêmes résultats.
- Malgré cela, je laisse encore ici et dans le texte , et dans la note ci-dessus , ce que j’avois écrit en l’an iv et en l’an vi, jusqu’à ce que les physiciens soient entière» ment d’accord (an *).
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- chent par plusieurs points de ceux de l'électricité purement physique, s’en éloignent par quelques autres , nous ne devons donc pas pour cela rejeter précipitamment l’identité de la cause qui les détermine, Les considérations précédentes peuvent rendre raison de cette apparente irrégularité. Et quand nous ferons attention à la différence singulière des produits chimiques* fournis par les matières qui ont eu vie, et de ceux qui se retirent des minéraux , ou même des végétaux, nous ne serons* plus étonnés que ^électricité, devenue partie constituante des premières, ne se manifeste point par les mêmes signes que celle qui se trouve accumulée dans les autres corps, par l’action de différentes causes, et que ce fluide, ainsi décomposé , présente une suite de phénomènes qui paraissent, à quelques égards,tout-à-fait nouveaux. «
- XIX. De l'électricité médicale, par M. Sigaud Lafond, in-8.°, an xi, j8o3.
- Xotre intention n’est pas de donner l’extrait de cet ouvrage , qui regarde spécialement l’ap-p.lication de l’électricité proprement dite à l’art de. guérir; mais comme le galvanisme n’est qu’un mode particulier, sur lequel le fluide électrique nous offre ses bienfaits, qui, à la
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- vérité, a paru jusqu’ici plus actif coptre lps paralysies que l’électrisation ordinaire, nous avons cru devoir au moins l’annoncer, tant par le rapport direct qu’il a avec l’histoire du galvanisme , que parce qu’en attendant que l’expérience se soit définitivement prononcée en faveur du galvanisme, on ne peut que savoir gré à un physicien aussi habile que l’est M. Lafond, et dontles écrits en:ce genre jouissent d’une réputation bien méritée, de rappeler et de fixer le sort de cet agent physique , qui mérite depuis long-temps la confiance par les bienfaits qu’il a répandus sur l’humanité souffrante.
- Sans entrer dans les détails de l’ouvrage de M. Lafond, nous nous contenterons de dire qu’il le divise en trois sections. Dans la première , il examine et détermine la nature du fluide électrique ; dans la seconde, il expose les divers modes d’électrisation, et il fait connaître les appareils nécessaires à chacun d’eux; dans la troisième section, beaucoup plus éten-d ue que les deux autres prises ensemble, il traite des maladies auxquelles on a administré jusques à présent avec succès ce moyen, il partage en six classes ces maladies, suivant la méthode de Sauvages : il expose les avantages qu’on peut attendre de l’électricité dans quan-O 4
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- tité de maladies , et'il confirme chacune de ses assertions par des-faits multipliés , touscons-tans et authentiques.
- XX.. Nouveaux élémens de thérapeutique et de matière médicale, suivis d’un nouvel essai sur l’art de formuler , par J. L. Alibert, médecin de l’hôpital de Saint-Louis, membre de la Société de l’Ecole de médecine de Paris, de VAcadémie royale de médecine de Madrid, de celle des Sciences de fur pi, etc.
- Çet ouvrage , dont le premier vol. a paru l’an dernier, et le second , il y a quelques mois , renferme, sous le titre modeste d’£-lémens, tout ce qu’on peut désirer de mieux sur la matière médicale , appliquée à la thérar peutique. Nous nous félicitons d’y trouver uu article relatif au sujet traité dans notre histoire , et nos lecteurs, sans doute, nous sauront gré de leur faire connaître cet article (i).
- M. Alibert, qui a bien senti que , dans des Elémens de thérapeutique, les. faits qui ont rapport aux applications médicinales du galvanisme devaient seuls intéresser le lecteur , s’est, principalement occupé de cet objet si.im-
- <0 V<*yez la première partie, ehap. V, §. III, art. IIÏ,
- -ton».II, p. 355. ;
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- portant, en le considérant seulement du coté de l’art de guérir. Mais il ne pouvait se dispenser de dii’e quelques mots sur la question in-r. téressante qui a rapport à l’analogie frappante du galvanisme avec l’électricité, et des diffé-rens traits de similitude qui ont donné lieu à des débats scientifiques, non moins curieux qu’utiles à connaître. Ainsi, après avoir fait voir qu’au milieu de tant de discussions, et malgré des ressemblances si frappantes entre l’électricité et le galvanisme, la question de la parfaite identité de ces deux agens riest pas encore résolue, parce que, si d’une part beaucoup de propriétés rapprochent le galvanisme de l’électricité, il en est de l’autre beaucoup d’autres quisemblentrenséparer(i),ce qui fait qu’on ne peut encore établir une analogie parfaite entre le galvanisme et l’électricité, M. Aliberb, persuadé que ce qui intéresse particulièrement le pi-aticien thérapeutiste, dans la considération des phénomènes galvaniques, c’est leur action sur le système humain, et l’application qu’on en peut faire au traitement des maladies, nous apprend que plusieurs médecins, et dès élèyes
- (1) Voyez sur-tout, à cet égard, l’Essai théorique et dont nous avons donné l’extrait, p. 160 et suiv. de ce vol,
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- très-instruits ont suivi avec beaucoup de zèle les expériences galvaniques qu’il a entreprises, il y a deux ans, à l’hôpital Saint-Louis , et par lesquelles il acherché à apprécier l’inuence salutaire de l’appareil de Volta pour le traitement des pétéchies scorbutiques. Il n’a pas eu lieu de s’en repentir, puisque le galvanisme a opéré des effets très-heureux chez trois sujets scorbutiques qui ont été galvanisés dans cet hôpital.
- M. AVbert, après avoir établi la préférence que mérite le galvanisme sur l’électricité dans le traitement des maladies chroniques, la prééminence de la pile sur la machine électrique , et les avantages particuliers que celle-là a sur celle-ci, a reconnu que c’est particulièrement dans les altérations de la sensibilité que ce moyen a été avantageux, comme le prouvent les faits qu’il rapporte. Chez un jeune homme d’environ j 8 ans, après plusieurs autres acci-dens, un de ses pieds resta dans l’impuissance et il ne pouvait que le traîner. En employant une pile de cinquante plaques, le courant gai--vanique fut dirigé sur la partie malade, deux fois par jour, et pendant un quart d’heure chaque fois. Bientôt le pied commença à se fortifier, le malade put le mouvoir et le poser à terre ; enfin il en a recouvert totalement l’u-*
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- «âge : reste à savoir si cette heureuse cure, qui appartient à M. Grapengiesser, a été de durée. J’en ai vu beaucoup de semblables, qui n’ont été, pour ainsi dire , que momentanées, comme celle que produit l’électricité dans la paralysie : la maladie reparaissait comme auparavant au bout de quelques jours, de quelques semaines, pu de quelques mois,
- Le succès du galvanisme, dans le cas suivant, paraît plus certain, et indépendant des autres moyens curatifs, qu'on a employés d’abord. Après une hémiplégie considérable , dont fut attaqué un ecclésiastique de 56 ans, les extré^ mités supérieure et inférieure, droites, restèrent paralysées. On SQurpit le malade, pendant trois mois au moins, à une pile semblable à celle dont on use ordinairement à l’Ecole, de médecine de Paris. Des collègues de M. Alibert ( MM. £)elqportç et Richer(in4) et leurs élèves, concoururent avec zèle à çette expérience, à laquelle jîs procédèrent dans la forme ordinaire. Les contractions musculaires qu’ils suscitèrent rendirent par degrés le mouvement aux membres,au point que cet ecclésiastique fut en état de se tenir debout , d’exécuter des génuflexions et de célébrer la messe. Il ne lui est resté qu’une certaine débilité de la main , dont il n’a pu être
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- guéri avant sa mort subite, arrivée un an après
- par une attaque d’apoplexie.
- M. Alihert fait mention des applications du galvanisme dans le traitement des névroses qui affectent l’organe de la vue et celui de l’ouie , dans l’aménorrhée , et des tentatives de guérison faites à ce sujet par MM Aldini et Gra-pengiesser. La pile voltaïque ne paraît pas avoir eu de bien bons effets dans les maladies des yeux. Elle en a produit de plus marqués dans les surdités. M. Benoit-Mojon a fait à Gènes une expérience intéressante, qui prouve que l’influence galvanique peut contribuer à établir le flux menstruel, pourvu qu’on ait disposé les conducteurs galvaniques de manière qu’ils n’aient aucune action sur la vessie.
- On sait que c’est M. Humboldt qui, le premier, a proposé l'application du galvanisme contre les douleurs rhumatismales ; M. le docteur Auschesa confirmé ses expériences; mais il paraît, comme l’observe très-bien M. AUbert, que si le galvanisme réussit dans ces affections, lorsqu’elles sont récentes , son effet est nul dans celles qui sont anciennes. Nous eh avons eu la preuve dans nombre d’expériences qui ont été faites à ce sujet dans les cabinets, et avec- les appareils galvaniques de l’Ecole de. médecine,
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- Nous avons parlé, dans l’extrait que pqys âvons donné de l’ouvrage de M. Aldini, de l’application variée qu’il a fuite du galvanisme dans l’aliénation mentale, et des succès qu’il a eus. Ils ne sont pas moins étonnans que ceux obtenus à Turin sur un hydrophobe, par le docteur Rossi , et dont nous avons donné les détails dans le ie* chapitre du 3e volume de cette Histoire, $. IY. On a également vu dans ce même chapitre les avantages qu’on peut retirer du galvanisme dans les asphixies; on a vu dans la dissertation de M. Crève, comment 011 peut distinguer la mort apparente de la mort véritable.
- L’appareil de Volta étant le meilleur moyen dont on puisse se servir pour appliquer le galvanisme sur l’économie animale (1), et cet instrument étant généralement adopté dans les expériences galvaniques, M. Alibert a cru devoir décrire sa structure et ses effets : il parle ensuite des brosses métalliques de M. tVestringi médecin suédois (a), de la manière de s’en servir, et de leurs effets. Enfin il finit par tracer les effets généraux que produit le galvanisme
- (1) On a vu plus haut que celui deM. Aliseau est encore préférable.
- (2) Voyez tome U1 de cette histoire, p. 69.
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- sur le tissu dé la peau, et sur les différens organes où on l’applique, effets qui , au reste , Sont relatifs au plus ou moins de sensibilité de la partie soumise à l’action de la pile galvaniques
- Dans l’article suivaiit, M. Alibert trace eii abrégé l’histoire du Perkinisme, que nous réservons pour la fii^ de ce volume.
- XXI. Dans la nouvelle édition de ses Essais sur l’Histoire médico-typographique de Paris, in-ia, 1804, iV® lettre supplémentaire, p.327,-M. Menuret, docteur eh médecine de Montpellier, traite du galvanisme. Il convient que la médecine pratique n’a pas reçu jusqu’à présent des secours essentiels et décisifs de sort Usage ; et il a raison dé dire que c’est en se défendant d’un engagement trop facile j et malheureusement trop commun , que les sa vans j qui mettent beaucoup de zèle et de lumières dans l’application du galvanisme à l’art de guérir, obtiendront les fruits précieux que méritent la vérité et l’ùtilité de leurs travaux.
- «La physique pourra sans doute, un jour,-dit M. Menuret, après un long cours d’expériences bien dirigées , et d’observations habilement saisies, découvrir s’il y a des différences essentielles entre les fluides magnétique, électrique et galvanique, soij dans leur nature, soit
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- dans leurs effets; si ces différences dériventou non de leur source animale ou animérale, et en quoi elles consistent, ou si, avec identité de principes , il n’y a que des modifications accidentelles dépendantes des agens, des conducteurs et des milieux. Les progrès rapides des lumières ,l’heureux enthousiasme de quelques sa vans distingués, et les encouragemens publics, doivent nous faire espérer ces importans résultats. »
- XXII. Extrait de la traduction allemande de l’Histoire du galvanisme, de M. Sue , faite 'par M. Reinhold , Leips. i8o3 (1).
- Le traducteur allemand de l’Histoire du galvanisme de M. Sue a pris le parti de refondre cet ouvrage, qui contient dit-il, des matériaux très-utiles pour l’histoire du galvanisme, (Voyezla préface de sa traduction.) lia omis
- (1) J’ai hésité long-temps si je placerais dans cette Histoire l’extrait qu'on va lire, et qui est deM. Gras. Comme il tient à l’Histoire même du galvanisme, il m’a semblé que je devais le faire connaître, avec d’autant plus de raison, que l’auteur de la traduction a plus commenté mon Histoire qu’il ne l’a traduite. Il y a une autre traduction allemande, et on m’a assuré qu’il y en avait une anglaisé. Je n’ai pas encore pu me les procurer.
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- tout ce qu’il croyait déjà connu des naturalistes allemands, et il a ajouté à la place des notices sur les ouvrages de beaucoup de savans de différentes nations, dont M. Sue n’a pas parlé. Cette traduction est partagée en trois sections qui traitent , la première , du galvanisme simple ; la seconde , du galvanisme fortifié; et la troisième , de son application dans différentes maladies : l’ordre chronologique y est observé autant que possible. L’auteur dit que son travail ne doit être regardé que comme une collection de différens matériaux, et il promet de publier sous peu une Histoire complète du galvanisme, dont il s’occupe depuis quelques années.
- Le Ier chapitre de cette iTe section, intitulé ùalvani, est tout-à-fait différent pour l’ordre : M. Reinliotd. a passé sous silence beaucoup de détails qui ne sont ignorés de personne en Allemagne : il fie rapporte sur Galvani que ce que M.^ilibert en a dit dans son éloge historique, inséré dans les Mémoires de la Société de médecine d’émulation, quatrième année, an îx , p.l^ 166.
- Le 2e chapitre contient : i.° les essais et l’entrait des lettres de Valli sur l’électricité ani-inale } 2.0 la lettre de Vaeca Rerlinghieri
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- à M. de la Metherie ; 3.9 la lettre de M.Desge-nettesau même; 4.0, des remarques sur l’électricité médicale, par M. de la Metherie57.° les essais de MM. Larrey et /. /. Sue sur des mern.-» bres amputés; 8.° l’extrait d’un Mémoire de M.Cortambert, sur le galvanisme^,0, le résultat des expériences de M. Gaillard ; io.°, des observations sur les contractions produites par l’électricilé animale dans les muscles involontaires ; 11.®, ce qu’a dit Fabroni sur le stimulus métallique.
- Les matières traitées dans le troisième chapitre sont: i.% les recherches et la théorie du galvanisme par Vol ta ; 2.0, la lettre de Vassalli- Eandi à M. de la Metherie , sur le galvanisme , et l’origine de l’électricité.animale ; 3.° , les expériences de F. A. Hwn-boldt sur la fibre musculaire et nerveuse irritée, etc. , avec les remarques de Jadelot sur cet ouvrage; 4.®, les observations de M. Du-puytren, sur un morceau de la traduction de l’ouvrage de Humboldt, par Jadelot.
- Le quatrième chapitre contient: i.°, l'extrait d’une lettre de M. Payssé, sur une expérience faite en l’an 1798; 2.0, des expériences et remarques de M. Ficher and, sur le galvanisme ; 3.0 , celles de Bichat-, 4.0, celles de M. Dumas î 5.°, le traité sur le gal vanisme par Lehot ;
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- 6.° Les remarques d, Henri Boissier, sur la décom-. position de l’eau parles substances métalliques rj.° Des conjectures sur l’action galvanique dans le règne animal.
- Le chapitre de la deuxième section commence par des détails sur l’électricité mise en action parle seul attouchement de conducteurs hétérogènes, d’après le Mémoire de Volba, inséré danslesTransactionsphilosophiques.Qn lit ensuite une lettre de VoltakM.de la Metherie sur les phénomènes du galvanisme , une autre du même, Vol ta, sur le soi-disant galvanisme, avec une explication de ses principaux phénomènes. Suit un 2e mémoire du même sur les phénomènes et la théorie électrique de sa colonne,puis le rapport de M. Halle à la classe des sciences physiques et mathématiques de l’Institut sur les expériences faites par Volta en. présence de ses commissaires ; ce rapport est inséré presque par extrait dans le 2e vol. de cette Histoire, p. 14.
- Le chapitre II ne contient que des Mémoires de différens auteurs , qui ont admis l’identité entre le galvanisme et l’électricité ; ces Mémoires consistent : 1 en une réponse de M. Robertson à quelques observations faites par un anonyme, avec des éclaircissemens sur la théorie de Volta, et sur ses expériences les plus
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- récentes, au sujet du fluide galvanique; 2.°,dana les détails des expériences et remarques du meme; 5.°, en un rapport sur les expériences galvaniques, faites par ordre de l’Ecole de médecine de Paris, par M. Halle ; 4.°, dans le résultat des expériences faites par P. M. Butei;
- 5. °, en un coup-d’oeil sur les expériences les plus récentes, au sujet de la doctrine du galvanisme , faites par une société de physiciens ;
- 6. °, dans la description d’un nouveau galvanomètre, avec quelques expériences relatives aux effets de la pile de Volta, et sur plusieurs espèces de gaz, par TV. H. Pepys-,j.°,en une lettre de M. Tilloch , rédacteur du Magasin philosophique, à M. Pictct, collaborateur à la Bibliothèque britannique ; 8.“, dans le récit d’expériences relatives à l’action de la pile de Volta, sur les métaux , par MM. Hachette et Thénard.
- On trouvedans le IIIe chapitre : i.°, une notice sur les batteries galvaniques , composées d’une seule espèce de métal et de liquides dif-férens, par Humphri Davy ; 2.0, le récit d’expériences sur l’origine et les effets chimiques de l’électricité, par H y de Wollaston, membre de la Société royale de Londres; 5.° , le détail des expériences et recherches sur le galvanisme , par Gautherot.
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- L’application du galvanisme dans différens cas de maladie, est le sujet de la troisième section, et l’auteur rapporte les expériences faites par différens physiciens, pour constater les vertus médicales du galvanisme, savoir: i.°les expériences faites à l’Ecole de médecine de Paris ; a.° , celles de Desmortier , sur les dangers de l’application du galvanismej5.u, l’extrait d’une lettre A'Oppermarai , médecin à Paris, écrite à M. Husson, médecin; 4.0, un coup-d’oeil sur tout ce que le galvanisme a produit jasqu'ioi comme moyen de guérison ; 5.°, les remarques et observations de Famin.
- L'ouvrage de M. Reinhold est terminé par un Mémoire, qui lui appartient, sur les effets produits , par l’application du galvanisme sur l’écônomie animale, et dans différentes maladies ; ce Mémoire, composé de 176 pag. , n’est qu’une répétition de tout ce qui -a été écrit sur ce sujet par différens auteurs, de ce que M. jReinhold a écrit lui-même sur le galvanisme , et dont nous avons parlé dans le i.** vol. de notre Histoire, p. iq3—-iy5.
- On voit par la courte analyse que nous venons de donner de sa prétendue traduction , qu’en la comparant avec l’original, c'est moins une traduction qu’une imitation de mon Histoire du galvanisme, que le trad-ucteur a changé
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- la distribution de presque tous les articles, sans y rien ajouter que ie Mémoire qui termine son ouvrage : au surplus, puisqu’il promet une nouvelle Histoire très - complète du galvanisme , il faut espérer qu’elle ne laissera rien à desirer sur un sujet qui, pour être bien traité, demande cet esprit d'ordre , de discernement et de division, qui caractérise principalement les ouvrages didactiques en France.
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- CHAPITRE XXXIII.
- Anecdotes et nouvelles.particulières sur le galvanisme, tirées de quelques ouvrages, et de différens journaux étrangers.
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- 1. Le savant Michel Buvina,président du conseil supérieur de santé à Turin , a prouvé, par plusieurs expériences, que l’aimant exerce une influence très - marquée sur les carpes , même à un décimètre ( trois pouces environ ) de distance de ces poissons cyprins, et que la pile galvanique agit vivement sur ces poissons, principalement lorsqu’ilssont hors de l’ea u .Hist. nat. de Buffon , édition de Sonnini, tom. XIII de l’Hist. des poissons, p. io3.
- 2. Angleterre. — M. Humphry Davy a fait à Londres diverses expériences sur la propriété qu’a l’électricité galvanique de produire de la chaleur et d’autres changemens dans les fluides.
- 3. Hollande. — M. van Marum a publié une méthode, au moyen de laquelle on peut, dit-il, décomposer l’eau par la machine électrique , aussi bien que par la pile de Volta.
- 4. Quatre professeurs se sont réunis à Land-
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- sut, clans la Bavière, pour rédiger un Journal uniquement consacré au galvanisme.
- 5. M. Ritter a publié à Jena, un mémoire sur les propriétés chimiques de l’eau, relativement au galvanisme.
- Le même auteur publie aussi' un ouvrage périodique ayant pour titre : Mémoires pour servir à mieux faire connaître le galvanisme et les résultats des expériences galvaniques. 11 en paraît déjà deux volumes, composés chacun de quatre cahiers, à Jena, chez Fromman.
- 6. M. Parot, de Hall, a présenté l’esquisse d’une théorie de l'électricité galvanique, et de la décomposition de l’eau opérée par elle.
- 7. M. Sprenger , pharmacien de la petite ville de Jeves (Oost Frise) ,a publié plusieurs observations sur une application heureuse du galvanisme à la surdité.
- 8. Prusse. — M. Ermann, de Berlin, a fait diverses recherches sur la faculté qu’ont, la flamme, et les os de conduire les effets de la pile de Volta.
- g. M. de Hauch, de Berlin, a présenté un aperçu sur les propriétés concordantes et discordantes de l’électricité et du galvanisme.
- 10. Italie. — Les Annales de chimie et d’histoire naturelle du professeur Brugnatelli, à Pavie, contiennent de nouvelles expériences
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- faites par Volta , avec son Orgatio-elettrico artificielle, et qui ont été en partie entreprises par M. le chevalier Landriani.
- 11. AErfurt,M. TrosrtUuisdorf vient de publier une Histoire du galvanisme, ou électricité galvanique.
- 12. M. Hauff a publié à Marbourg un ouvrage ayant pour titre : de nova methodo na-turam ad leges phœnomeriorum electricorum galvatiismi cognoscere, in-4.0, fig. lib. académique.
- 13. M. Pfaff a publié une Nouvelle exposition de la théorie de Volta. Stütgard, chez Steinkopf.
- 14. M. Martens, médecin de Leipsick : Instruction complète pour l’emploi thérapeutique du galvanisme, avec l’histoire de ce remède, depuis sa découverte jusqu’à nos jours; grand in-8.°, Weissen Boese.
- Le même docteur, Martens, de Leipsick, vient de publier , dans la librairie de Baum-garner, un ouvrage allemand, dont le titre indique suffisamment le contenu. En voici la traduction : « Description d’une pile de Voila* » très-commode, et qu’on peut transporterdans » la poche, d’après une disposition absolument » nouvelle, utile principalement aux inéde-» cins qui sont dans le cas de galvaniser chaque
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- » jour plusieurs malades , dans différentes » maisons ; accompagnée de la description de » quelques autres instrumens propres à l’ap-» plication médicale du galvanisme » , avec deux gravurès, in-4.0, qui offrent les figures nécessaires pour l’intelligence de l’ouvrage.
- 15. lié docteur Nasse a réuni tous les Mémoires dé Vol ta, et en a fait une traduction en allemand, sous le titre d’Œüvres dè Vülta sur l'électricité et sür le galvanisme, 2 vol. in- 8.0, à Hall, chez Schimmelpfenning.
- 16. M. Heuffers a traité de la manière de construire la pile galvanique et de son emploi dans différentes maladies* in-8.0, Hulm, Bècker.
- 17. Expériences galvaniques faites dans plusieurs maladies, par M. Sternberg.
- 5. I I.
- Dans le deuxième volume de notre Histoire, nous avons inséré , p. 208, plusieurs additions relatives au galvanisme, recueillies dans différerts journaux étrangers , avec l’indication de plusieurs mémoires , observations et expériences, tirés de ces Journaux. Nous allons suivre la même marche, qui est d’autant plus utile pour compléter l’histoire du galvanisme , et laisser le moins à desirer sur cet im-portantsujet, que ces Journaux sont peu répan-
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- dus en France, et que c’est le moyen de faire connaître à nos lecteurs ce qui a été écrit et publié sur le galvanisme chez les étrangers. Nous prendrons principalement pour guide,dans cette esquisse,le Journal général de littérature étrangère, ou Indicateur bibliographique, etc., qui depuis cinq ans est publié par MM. Treuttel et Wurlz. Nous commençons à la deuxième année, n.° VII, p. 2g3, germinal an x, parce-que les anecdotes galvaniques, antérieures à cette époque , sont relatées dans les deux premiers volumes de cette Histoire. . '
- N.° VII — Annales de physique, par Gilbert, cahier XI, in-8.°, articles de ce cahier i ) ; Expériences et Observations sur le galvanisme de la batterie de Volta, par Rilter, z)i Expériences servant à éclaircir les discussions sur la simplicité de l’eau 3) Plusieurs observations et expériences galvaniques;4) Notice des expériences de Cruikshanck, avec l’apparat galvanique portatif.
- Précis de l’Histoire du galvanisme par l’éditeur 14); Journal de pharmacieà l'usage des médecins, etc., par J. B. Trommsdorlf, tom. IX).
- N.° VIII, p. 343, floréal an x— Elémens de physique, divisés en seize chapitres, par J. Tobias Mayer.
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- DU GALVANISME. 235
- Le 14.' traite du galvanisme. « Les faits connus jusqu’ici, dit l’auteur, sont en trop petit nombre pour déterminer si le galvanisme n’est qü’une modification d’une force de la nature déjà connue-, ou l’effet d’une force particulière et existante par elle-même.» On voit que, lors de la publication* de son ouvrage, il n’avait pas encore eu connaissance des dernières expériences de Yolta.
- • /i!femp.344.Annalesdephysique, parGilbert. CaAierXlI.Àrt; r.^Nouvelles expériences sur le galvanisme, faites avec une pile de Yolta, composée de rouelles de 8 pouces, et de 40 couches, par Simon 2 ). Observations et expériences sur l’électricité galvanique, et ses effets chimiques, par C. F. Buchols 6). Nouvelles recherches sur le'galvanismé de Yolta, par Pfaff 7). De la dénomination des pôles de la pile de Volta, par Arnim.
- N.° X, pag. 433. —Magasin des découvertes les plus récentes en fait de physiqueet d'histoire naturelle , publiées par J. G. Voigt, tom. III, 4-e Cahier Expériences faitesavec la pile
- de Volta par Kortum.
- • Mémoire 6 ): Lettre de M. van Marum à M. Volta:, concernant les expériences faites par lui et M. Pfaff , dans le laboratoire de M. Teyler, en 1801, sur la pile électxique i3).
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- att HISTOIRE
- Nouvelles de correspondance concernant l’i-solatorium de la pile électrique de Volta et une cure galvanique.
- N.° XI, p. 483, fructidor an x.—Annales de physique , publiées par Gilbert, tom. Vil, x , a et 4 Cahiers.
- Ier Cahier 6).—Observations continuées sur les effets chimiques de l'électricité galvanique, par W. Cruikshank 7. ). Expériences faites avec la pile galvanique de Volta, par H. Davy. 10), Répétition des expériences de Volta et de Ni-cbolson, à Paris.
- IIe Cahier a). — Observation sur la pile de Volta, sur ses effets, et ses étincelles, par l’éditeur. 3).î)escription d’un apparat commode pour les piles de Volta. 4). Expériences et observations sur la pile de Volta, par H. Haldune, et remarques sur la théorie de cette pile , par W. Nicholson. 5). De l’efficacité de la combinaison de plusieurs métaux pour la pile de Volta, etc., par. H. Haldune.
- IIIe Cahier 2 ). Nouvelles expériences et observations sur l’influence de l’agent galvanique, sur la vie des plantes , et sur les infusions des substances végétales, par Trevisanus 5). Quelques expériences avec la pile de Volta , par J. K. P. Grimm 6). Description d’un instru-
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- DU GALVANISME. a57
- ment simple et commode, pour faire l’expérience sur l’influence de la batterie galvanique sur l'eau , par C. H. Pfaff.
- I Ve CahierS).—Expériences et observations sur le galvanisme de la batterie de Volta, par Ritter4). Expériences faites avec l’électricité galvanique très-renforcée, par le docteur Bour-net, à Berlin 5 ). Expériences faites avec l’électromètre de Vassalli.
- Idem p. 484. Annales de chimie, etc., par M. de Trell, IIIe et IVe Cahier in-8.0,4e Cahier n.o 6).—De quelques propriétés de l’apparat galvanique , par MM. Biot et Cuvier.
- Id. p. 487. — Archives du Nord, concernant la physique, la médecine et la chirurgie, publiées parle professeur Pfaff, le docteur Scheel et le professeur Utudolphi.
- 1er Cahier 5). — Expériences de M. Pfaff, avec la batterie de Volta 6 ). Extrait d’une lettre de M. Gobn au professeur Abildgaard, sur quelques nouvelles expériences, avec la batterie de Volta 7 ). Expériences et observations sur l’électricité galvanique , par le docteur Oerstaed.
- IIe Cahier 1).—Apperçu des propriétés, soit analogues, soit différentes du galvanisme et de l’électricité , et recherches sur la question : si
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- a38 HISTOIRE
- d’après les nouvelles expériences galvaniques, on doit regarder l’eau comme un corps composé , ou comme un corps simple, par M. de Hauch.
- Idem, p. 562 , fructidor an x. — Annales françaises relatives à l’histoire naturelle générale,à la physique,à la chimie et à la phy siologie, et leur application publiées par Pfaff et Fried-loeder , III cahier, gros in-8.°. Ce cahier contient un second mémoire de Volta, sur l’effet de la pile inventée par lui, et sur ses lois.
- Pî.° Ier de la 3e année, p. 6. — Journal de chimie, par A, N. Scherer , tom. IX , ou .5e cahier.
- Mémoire 8e. — Apperçu des propriétés concordantes et discordantes du galvanisme, et de l’électricité, par M. de Hauch.
- N.0 II, p. 55, Annales de physique, par Gilbert, cahier VI etVIl,in-8.°
- VIe Cahier 1 ). — De la faculté de la flamme, des os et du vide, de conduire les effets de la pile de Volta, par le professeur Erman , Berlin. 6 ). Expériences sur la décomposition de l’eau par la pile de Volta, par le professeur Erdmann 7 ). Méthode de décomposer l’eau par la machine électrique , aussi bien que par la pile de Volta , par van Marum 8 ). Expé-
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- Dü GALVANISME. 23g
- riences faites avec une pile de Volta de 4g5 couches, parle professeur Grimm 9).Quelques autres expériences faites avec la même pile , par le professeur Boeckmann, jeune.
- YIIe Cahier.3) — Observations sur les chan-gemens de plusieurs réactifs végétaux, quand ils viennent en contact avec des métaux , par le docteur Jager 4 ).'Explication hypothétiques de ces faits, par le même 5 ). Nouvelle manière de produire l’attraction électrique par la pile de Yolta , par Gerboin. 5 ) Description d’un condensateur de verre , par le profes. VYeber. 7 ) Application de l’électricité galvanique à la surdité, parSprenger.
- IIIe Cahier. — page 100 , Magasin des progrès modernes faits en physique et autres sciences analogues , par J. B. Yoig ,
- . tom. IX, Ier et IIe cahier in-8.°. Les mémoires qui composent cette collection, sont la plupart des traductions de tous les ouvrages de physique interne qui ont paru en France, en Angleterre , en Hollande, etc. Il y entre aussi des mémoires originaux allemands, en sorte que ce Magasin oflre un répertoire assez complet de toutes les découvertes et observations nouvelles faites en Allemagne et dans les pays étrangers. Yoici l’indication des objets qui ont rapport au galvanisme. I.er Gahicr, n.° III —
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- ,4o HISTOIRE
- $) Apparatdcs principales expériences deVolla; 4 ). La pile de Vol ta considérée sous un point de vue rpathématique, sur-tout relativement à sa région avec le .condensateur 5 ). Apperçu des nouvelles découvertes faites sur le galvanisme 6 ). Lettre de Parrot sur le galvanisme, et sur les moyens de perfectionner la pile de Yolta 7, ) Description d’un appareil commode de la pile de Yolta, en direction horizontale. •— II* Cahier , 6 ). De l’effet du galvanisme sur le sang, par Tourdes 2? ). De la prétendue électricité galvanique , par Volta*
- IYe Cahier. — p. 148 Annales der physik, par Gilbert. IXe Cahier, 3), Nouvelles recherches sur la pile Yolta, par le docteur Beinhold ; 4), Esquisse d’une théorie de l’électricité galvanique, et de la décomposition de l’eau, opérée par elle, par Parrot ; ro ), Expériences électroroéiriqu.es sur la pile de Volta , par le docteur Jaeger.
- Nouvelle bibliothèque chimique, tom. III , 3e ,et 4? Cahier ; 2 ), Lettre de van Marum à Yolta» .concernant les expériences avec la pile galvanique , faites par lui et par M. Pfaff, dans le lahoratoire de Teyler à Harlem, en novembre 180 j.
- Le d.oçteur J. Ch. Oerste est auteur d’un
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- écrit publié à Ràtisbonne , qui a pour titre : Matériaux pour une chimie du ïge siècle. Il est sur-tout destiné à exposer le système chimique que Winterl a proposé dans les Prolu-siones in çhemiam seculi decimi noni, où il publie les résultats d’une expérience de 40 ans , et sa théorie, qui a une analogie frappante aven les expériences galvaniques,.et qui mérite da fixer l’attention, des chimistes.
- Ve Cahier.—Beitraege zur naehern Kenntniss der galvanismus, ou Mémoires pour servir à la connaissance du galvanisme, publiés par J. W. Ritter, tom. II, Ier Cahier, tjz p, in-R*. Ce çahier offre les Mémoires suivans : i.° Des phénomènes chimiques de l’eau , réponse aux objections de MM. Fourcroy, Vauquelin et Thénard , contre l’assertion que l’eau est un élément simple. 2.* Des propriétés chimiques du magnétisme , relativement au galvanisme. L’auteur regarde l’aimant, dans la chaîne galvanique , comme un des agens les plus actifs sur lés corps vivans , quoiqu’il manque quelquefois son effet'. 3.o Notice sur les dernières expériences galvaniques de Volta.
- Chimische anruden, Annales de chimie, par Decrell. Dans le Xé Cahier , n.0 IV , il y a la description d’un apparat galvanique nouveau, par M. Westrumb.
- IVe. Partie.
- Q
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- Pag. 245.—'•Annales de physique, par Gilbert. Xe cahier; Observations sur quelques expériences galvaniques faitessur des sourds-muets, par Linthof. — Xle cahier; Expériences sur la propriété de l’électricité galvanique, de produire de la chaleur et d’autres cbangemens dans les fluides , par Huinphry Davy. Observations galvaniques , électriques , sur le charbon, et sur l’influence de la pile de Yolta, et sur une machine électrique de Curtet , à Bruxelles. — XIIe cahier. Description de deux apparats électriques de Volta, pour s’assurer de la mort apparente, iuventés, par le docteur Bremzer , à Vienne. Observation sur la pile de Yolta, par J. Priestley. Essai d’une histoire du galvanisme, par J. Bostrock. Expériences faites à Edimbourg avec la pile de Volta.
- Pag. 246. — OEuvres de Volta sur l’électricité ct-le galvanisme, traduites en allemand de l’italien et du français , par le docteur P. F; Nass.
- Pag. 292. — Ier cahier des Annales de chimié de Gilbert, pour l’an i8ô3. Expériences faites avec une batterie de Volta, de 600 couches ; composée de zinc et de cuivre, par Ritter.
- Pag. 2g5. — Journal der praktischen ; par Jfufeland, Des sensations des sourds et muets,
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- fragmens tirés des expériences acoustiques galvaniques, de M. Esclike , à Berlin.
- Pag, 294. — Archiv sur die -physiologie , par Reil, tom. V, IID Cahier. — Nouvelles découvertes et expériences tirées des essais faits avec un mélange métallique hétérogène, ou le galvanisme sur des hommes ou des animaux , par le docteur Heidman.
- Pag. 33o. — Dans la séance de novembre , 1802, de la Société royale des Sciences de Gottingue., présidée par le duc de Cambridge, M. Gmelin a lu un mémoire sur les effets chimiques de la pile de Volta.
- Pag. 3j.i. — Histoire du galvanisme, traduction libre de l’ouvrage de Sue, avec des augmentations, et un mémoire sur l’emploi du galvanisme dans la médecine pratique, par le docteur Reinhold, tom. II, grand in-8.° Leipsick , Hinrichs. Voyez pag. 223 de ce vol.
- Trommsdorff, Histoire du galvanisme ou de l’électricité galvanique , gr. in-8.° Erfurt, Henning.
- • Sternberg. — Expériences galvaniques faites dans plusieurs maladies, in-8°. Ratisb.
- Eschke.—Expériences, galvaniques faites à l’Institut des sourds muets.
- JSfêuffers. De la manière de construire la pile
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- galvanique, et de son emploi dans différentes
- maladies.
- Tom. Ile Des Œuvres de Yolta sur l’électricité et le galvanisme.
- Exposition du voltaïsme, par W. Pfaff.
- Hauff. De nova methodo naturali ad leges phœnomenorum electricorum galvanismum cog~
- Walther. De l’indication thérapeutique, et le technicisme des opérations galvaniques.
- Pag. 38g. — Annales de physique , publiées par Gilbert, année i8o3, second cahier, in-8.® Halle Renger. Ce second cahier contient : Description d’un nouveau condensateur très-sensible, par Cuthberson'—Aperçu des expériences du professeur Aldini , sur le galvanisme, par jNicholson—Expériences galvaniques faites sur trois guillotinés , immédiatement après l’exécution , par Vassalli - Eandi, Rossi, Giulio et autres — Nouvelles expériences sur les effets dti galvanisme, sur les muscles et classifications de ces organes, selon leur susceptibilité pour le galvanisme , par Nysten — Action de l’électricité galvanique , sur la partie fibre use du sang, par Circaud.
- Mémoires pour servir à la connaissance du galvanisme, et des résultats des expériences faites pour le constater y par J. W. Ritter,
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- tom. II, IIe cahier, grand in-8.° Ce second cahier offre les Mémoires suivans : i.° De la batterie galvanique, accompagné d’expériences et d’observations ( continuation du quatrième cahier du i®r vol. ). Ce mémoire est intéressant sur-tout pour les médecins , en ce qu’on y examine les effets de la batterie sur l’organisme,dans l’état de santé, dontla connaissance est indispensable, pour savoir appliquer le galvanisme aux maladies.
- Instruction complète pour l’emploi thérapeutique du galvanisme , accompagnée de l’histoire de ce remède , depuis sa découverte jusqu’à nos jours, publiée avec ses propres expériences et observations, par le docteur F. H. Martens; grand in-8.°, Weissenfel Boesse.
- Cet écrit du docteur Martens est composé des articles suivans : i.° Recherches sur les propriétés et les effets du galvanisme sur l’organisme animal 2.0 Description de la pile de Vol ta et observations sur quelques changemens dans sa construction, ét sur les différens effets de ses pôles sur le corps humain ; 5.° Description de l’apparat galvanique,à l’usage de la médecine , et examen des différens instrumens inventés à cet effet ; 4° Description des différentes méthodes d’appliquer le galvanisme dans les maladies, et règles à observer; 5.° De l’em-Q3
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- ploi du galvanisme dans les maladies; cas dans lesquels on peut s’en promettre des -effets; 6.° Résultat des expériences de l’auteur, faites avec le galvanisme dans différentes maladies ; 7.0 Observations d’autres médecins sur les effets du galvanisme darys les maladies.
- De la chaleur animale et de la combustion , expériences et observations publiées par A. Cravvford , traduite d’après la seconde édition anglaise, par Joseph Yenturoli, in-8.°, Bologne , Institut des sciences. Les notes 11, et 25 présentent un aperçu général de la théorie de Yolta sur l’électricité.
- Pag. 438. — Annales de chimie par Decrell. l’art. II du Ier cahier est de M. Gmelin , qui traite des effets chimiques de la pile métallique. Le 5' article est un examen par le docteur Erdmann, de la question, si l’eau est décomposée dans ses élémens par l’électricité de la pile de Volta.
- Pag. 483. — Annales de physique , publiées par Gilbert. Les articles galvaniques sont: i.° Essai sur le changement des batlerics électriques par l’appareil électromoteur de Volta; 2.0 Expériences faites avec une batterie de Volta, composée de 600 couches de zinc et de cuivre, par J. W. Ritter. 3.° Manifestations électroscopiques des chaînes et piles de Volta, parle doc-
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- leur Jæger; 4.0 Expériences galvaniques électriques , avec de la glace, et de l’attraction électrique de la pile, par S. P. Bouvier ; 8.° Expériences galvaniques faites sur lui-même , par A. Muller.
- Pag. 55a. — Magasin de physique , publié par M. Voigt; — 3e cahier , n.° IV , Mémoire pour servir à l’histoire de l’électricité galvanique,extraitd’unmémoirede MM. Desormes et Hachette, et accompagné des observations de l’éditeur ; n.° 8 ; suppléments à l’histoire du galvanisme,
- Annalesde chimie, parM. deCrell;—2«cahier, n.° II, Effets chimiques de la pile métallique, par Gmelin ; n.° IV, Mémoire sur la question si l’eau est décomposée dans ses élémens par l’électricité de la pile de Volta, par Erdmann ; n.° V, De l’électricité et du galvanisme , par Gmelin.
- Pag. 534. — Archives de pharmacie etde physique médicales, publiées par J. Schaub;—^cahier, n.° V, Fragmens sur le galvanisme;—3e cahier, n.° V, Emploi de l’électricité métallique de Galvani et de Volta dans la surdité, par Sprenger; VI, Mémoires pour servir à l’histoire première du galvanisme, par Schaub.
- Pag. 536. — Archives de la médecine populaire , publiées par le docteur Siebert; — 2e car
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- hier, n.„ 1Y, Expériences médicales faites aveé
- le galvanisme.' 1 -
- Quatrième année, du Journal de littérature
- Pag. 4; — Supplément pour le 12* volume des Annales de physique, publiées par Gilbert; n.° ï Second mémoire Sur l’électricité'galvanique, par Yolta; n.° îoApperçu systématique des découvertes faites dans l’électricité galvanique ; — 5e cahier du même ouvrage , n.° II, Expériences galvaniques et observations sur la manière de Conduire le fluide gâlvano-électri-que par les métaux, les rivières et les terrains humides, à une grande distance, par Boese.
- Pag. 5. — Annales de chimie , par de Crell ; 3e Cahier, n.oII, Des effets chimiques des piles métalliques, par Gmelin ; n.° VI., de l’électri-cité et du galvanisme, par le même.
- Pag. 44- ~~ Annales américaines de médecine , etc., publiées par Olben; — 2® cahier, n.° i, Observations sur la pile de Yolta, par Priestley.
- Pag. 53. — Journal général de chimie, publié par Scherer 6o cahier,n.° II,Essai pour servir à la Connaissance du galvanisme.
- Pag. 54.—Annales de chimie de Crell; 4e cahier^.0 III, De l'électricité et du galvanisme, par Gmelin.
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- DU GALVANISME. 249
- Pag. 56. — Anruiles de physique, par Gilbert, 6e cahier, n.° IX, nouvelles galvaniques, électriques.
- Pag. 100. — Annales de physique de Gilbert; 7e cahier, n.° Ier, Continuation des expériences de Volta sur l’électricité; n.° VIII, Essai sur la nature du fluide des nerfs et sur l’action du galvanisme sur l’économie animale, par Aldini ; n.° IX, notice sur les expériences de la société galvanique établie à Paris , avec des notes de l’éditeur.
- Idem. Journal général de chimie, parScherer, tom. Ier, 2e cahier, n.° I, Essais sur l’action de la pile électrique, sur les sels et quelques-unes de leurs bases, par Hizinger et Berzelius.
- Pag. 147. — Annales de physique , par Gilbert; 8e cahier, n.° I, Mémoire sur la pile de \ Volta, par Ermann.
- Archives de médecine de Vienne et de l’Autriche ; 4e année, n.o VIII, Résultats obtenus parle galvanisme renforcé. L'auteur croit pouvoir prouver que le galvanisme n’est pas autre chose que l’électricité.
- Pag. 197. — Annales de physique de Gilbert; 10e cahier, n.° 10, Notice sur les effets surprenans de l’appareil portatif galvanique , par Pepys.
- Magasin de Physique, parVoigt; 10ecahier,
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- HISTOIRE
- n.° Y, Expériences faites sur le corps d’un guillotiné, peu après sa mort, par Froriep.
- Pag. 200.—Journal de médecine pratique, publié par Hufeland; tom. XVI. Des bons effets du galvanisme dans l’amaurosis et la fistule lacrymale, par le docteur Goentz , et hydrophobie supprimée par le galvanisme ; tom. XVII 7). Application du galvanisme dans le traitement des maladies, par le docteur Grapengieser.
- Pag. 245. — Annales de physique de Gilbert, Xle cahier 7). Quelques expériences galvaniques avec des piles d’une grande force, par Buntzen; XIIe cahier 6 ). Description de l’appareil portatifgalvanique-électrique, de Pepys.
- Pag. 24g.—Archives du Nord; IXe Cahier 2 ). Notices sur l’action du galvanisme sur plusieurs sourds-muets, parle docteur Catsberg.
- Pag. 291. — Physique du docteur Rhodig ; dans la deuxième section de son ouvrage, il traite du galvanisme.
- Pag. 292. — Annales de physique de Gilbert, XIIIe cahier 6 ). Quelques expériences faites avec la pile de Volta, par Brugnatelli.
- . Der galvanismus, ou le galvanisme, ouvrage périodique publié par le professeur Weber , tom. I et II, chacun de deux cahiers. Le plan de cet ouvrage périodique offre six sections principales, qui doivent contenir, la première,
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- DU GA LVANI S M E.
- l’Histoire du galvanisme ; la seconde, la description de l’appareil galvanique et sa nomenclature ; la troisième, les expériences; la quatrième , le parallèle entre les phénomènes galvaniques et ceux électriques ; la cinquième, les explications et les théories ; et la sixième, les avantages de l’emploi du galvanisme. Conformément à ce plan, on trouve dans le premier cahier qui paraît. , les expériences de Galvani, de Valli et autres. Le second commence par la découverte de Yolta , sur les moyens de renforcer les effets du galvanisme, suivies des expériences faites par les Allemands et les Anglais avec l’électricité renforcée. Dans le troisième on trouve les expériences de Gilbert, Grimm, Ritter. Enfin, le quatrième contient celles de Davy, relatives à l’influence de l’oxidation sur l’effet de la pile.
- Pag. 293.—De l'indication thérapeutique, et du technicisme, des opérations galvaniques, par P.F.Walther,in-8.°.L’auteurcommencepardes réflexions sur Yindifférentisme thérapeutique , ou, pour parler plus clairement, sur l’indifférence qu’on a introduite dans le choix desmé-dicamens. Il continue ensuite à examiner plusieurs rapports et phénomènes du galvanisme, en cherchant à les expliquer d’après les principes de la théorie de l’incitation. C’est ainsi
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- »5z HISTOIRE
- qu’il traite dans plusieurs chapitres : i.° De la construction et de l’antipolarité de la pile de Volta, ainsi que des maximes thérapeutiques qui découlentde son principe ; 2.° De l’irritation galvanique,et de ses phénomènes;3.° de l'emploi du galvanisme dans les] maladies qui ont pour cause une sensibilité exaltée, 4.°son emploi dans les maladies causées par une sensibilité déprimée; 5.° son emploi dans le dérangement d’esprit et la mort apparente ; 6.“ son usage dans l’amaurose et dans la surdité , dans les maladies de la peau, et le gonflement des glandes lymphatiques, dans les maladies arthritiques, dans l’engorgement des intestins , et dans les maladies des os. Cet ouvrage est accompagné de trois tables qui représentent : la première, les expériences faites dans l’Institut des sourds-muets de Vienne ; les deux autres, celles faites par l’auteur lui-même.
- Pag. 293.—Instruction complète surl’emploi thérapeutique du galvanisme, publié par F. H. Martens. On ne trouve dans cet ouvrage allemand que la répétition de ce que d'autres ont écrit sur les effets du galvanisme. L’auteur y a ajouté peu du sien ; car les vingt-neuf expériences faites par lui sont si peu importantes , qu’elles ne jettent aucun nouveau jour sur les phénomènes du galvanisme ; il a aug-
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- DU GALVANISME. aS3
- menté son ouvrage de l’histoire de l’emploi de cet agent dans la médecine, depuis l’époque de 6a découverte jusqu’à nos jours.
- Expériences galvaniques faites dans différentes maladies, par le comte de Sternberg, publiées par le docteur SchœfFer, in 8.° Ra-tisbonne. La plupart de ces expériences ont été faites avec succès sur des sourds-muets.
- P. 294.—Méthode de composer la pile galvanique , et de l’employer dans plusieurs mala- . dies , par Ch. Neufier, in-8.°, Ulm.
- Description d’une pile portative de Volta, et d’un appareil utile dans les cas où Ton veut opérer dans plusieurs maladies , publiée par F. M. Martens, in-8.°, à Leipsick.
- Expériences galvaniques, publiées par F. A. Eschke , à l’Institut des sourds-muets, in-8.% à Berlin.On prétend que toutes ces expériences n’ont pas réussi, faute de bons instr’umens.
- Essais d’une histoire complète et systématique de l’électricité galvanique, et de son emploi en médecine , par Augustin, in-8.°, à Berlin. L’auteur traite en même temps de la construction de l’électro-moteur, et de son action sur les substances non animées. 11 établit ensuite les théories de l’électricité galvanique.
- De l'emploi de l’électricité galvanique métallique, dans les cas de surdité, par J. J.Sprenger,
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- 354 HISTOIRE Si
- in-8.°, Halle. C’est un extrait tiré du neuvième volume des Annales de physique de Gilbert, dont il est souvent question dans cette nomenclature d’ouvrages sur le galvanisme.
- Dernières expériences de Voila sur le galvanisme, in-8.°, à Vienne.
- De galvanismo, specimen primum et seciin-, dum, quod ad disputandum proponit C. L. Reinhold, in-8.°, Leipsich.
- Pag. 297.—Journal de médecine pratique, par Hufeland, tom. XVII, 5e cahier, in-8.°, Berlin. Ce cahier commence par deux ordres émanés du cabinet prussien , relativement aux décapités, et aux expériences galvaniques qui restent encore à faire, avec quelques observations de l’éditeur. Il est ensuite question de l’emploi de la pilé de Volta, par Ritter.
- . Pag. 340. — Magasin des découvertes modernes en physique, publié par Voigt, tom. VII, de l’année 1801, 1er et 2e cahier , in-8.°.
- Les articles du Ier cahier sont : i.° Anatomie comparée des organes électriques de la raie torpille et du silure électrique, par Geoffroy 2.0 Apperçu des recherches d’Aldini ,sur l’électricité galvanique. Dans le deuxième cahier, il y a une quatrième description du grand appareil galvanique de M. Pepys, et des obser-
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- vations galvaniques faites pendant l’éclipse du il février, 1804, par Ritter.
- Pag.38o.—Les expériences d’Alexandre de Humbold, Sur l'irritabilité de la fibre musculaire et nerveuse, sont traduites d’après la traduction française de F. N. Jadelot.2 vol.in-8.°, Madrid.
- Pag. 436. — Elémens de galvanisme théorique et pratique, avec un aperçu de l’histoire de cettè découverte, depuis les premières expériences de Galvani jusqu’au temps actuel, par C. HL Wilkinson, 2 vol. in-8.°, avec grand nombre de planches.Londres, Murray. Prix, une guinée.
- : Cet ouvrage est accompagné d’une instruction pratique sur la manière de construire l’appareil galvanique, et de faire toutes sortes d’expériences. ( Voyez plus bas , pag. 259).
- Histoire du galvanisme , depuis sa découverte jusqu’à nos jours, par P. Sue, traduit en allemand, par le docteur'Aug. Clorus, 2 vol. in-4.0 de 240 et 208 pages. Leipsik, Dyk.
- Histoire du galvanisme, imitation libre de l’ouvrage de P. Sue , avec des additions et un mémoire sur l’einploidu galvanisme dans la médecine pratique , par le. docteur J. C. L. Reinhold,2parties, 328et 176 pag.,grand in-8.°, Leipsick. ( Voyez plus haut, pag. 223.)
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- Pag. 486. — Choix des objets les plus in-téressans de la physique, par P. Grimm., 280 pages, in-8.°. Liegniz , Siegert.
- Cet ouvrage , destiné pour l’instruction des amateurs, niais qui suppose cependant la connaissance des principes généraux de la physique , est divisé en plusieurs sections; la sixième traite de l'électricité; la septième du galvanisme , et la huitième du magnétisme. L’idée de l’auteur.parait avoir été de donner une collection de mémoires sur différens objets de physique, plutôt qu’un ouvrage systé-i matique, de rapporter à chaque page les opinions des physiciens anciens et modernes, et d’ajouter les nouvelles découvertes * comme celles des machines à filtre, des thermolampes, etc.
- Der Zitterstoff ; l’électrogène et ses effets dans la nature , découvert par Ch. Schmid , a3o pag. in-3°. Breslau, aux frais de l’auteur.
- Cet ouvrage a été fait pour concourir au prix proposé par S. M. l’Empereur, sur la découverte en physique qui ferait faire à cette science un pas aussi important que celles de Frrancklinet de Yolta sur l’électricité. L’auteur se flatte d’avoir fait cette découverte. Yoici comment il définit son éleclrogène : «L’électrogène n’est autre chose que la matière électrique , répandu
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- bu GALVANISME* répandu par toute la nature , c’est lui- apparemment qui détermine les affinités de tbus leà corps 5 il est la cailse de tous les phénomènes météorologiques, et se trouve plus OU moins libre ou combiné dans l’atmosphère. Là iil-*-mière duL soleil diminue son affinité avec les bases de l’air; elle augmente au contraire celle qu’il, a avec l’eau , d’où résultent des vàpeurs élastiques. L’électrogène qui se dégage de ces vapeurs forhie les nuages et là pluie > et s’il se dégage de l’air même, il produit les ouragans* Il est la causé des aurores boréales, des trem-blemens de terre, et des pierres tombées de. l’atmosphère. Dans les règnes animal et végétal y il est le principe de la vie et de l’irritabilité y enfin, il est le Jupiter de la mythologie <, etc. ' De l’emploi de l’électricité métallique de Galvani et Volta, dans le cas de surdité * par J. J. A. Sprérigèr, 2'5 pag. in-8.°. Jena. Bergeest* Pag. 489. — Mémoires diagnostiquesTprâli-ques, pour servir aux progrès de l’art de* accouchemèns, publiés par M. de Hérder * 280 pag. in-8,.°é: Leip. Hartknoch.
- Dans ces Mémoires, on distingué le Seizième qüi traité de l’application du galvanisme dans l’accouchement.
- Pag. 532. — Annales de physique publiées par Hilbert, 5e cahier, in-8.°. Halle. IV,® Partie* R
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- Renger. Ce cahier commence par une réfutation des expériences de MM. TourdesetCircaud, sur l’irritabilité de la fibre musculaire, par le moyen de l’électricité galvanique, par le docteur Heidmann de Vienne.
- Pag. 533.—Archives de pharmacie et de physique médicale , par le docteur Piepenbring tom. II, 30 cahier, in-8.°. Gotha. Pershes. On trouve dans ce cahier, il.0 3 , des expériences laites avec la pile de Volta sur les sourds-muets.
- Nouveau journal général de chimie , publié par Buchols ,Crell, Hermstaed,Klaproth, etc. tom. III, 2" cahier, grand in-8.° Reûïn.Frœlich. Le septième article de ce cahier rend compte de quelques expériences galvaniques, par Giobert.
- Cinquième année, An XUl./
- Pag. 7. — Expériences théoriques et pratiques sur le galvanisme. faites à l’Institut national , et dans la salle anatomique de Londres , par Aldini, traduites en allemand par le docteur J. H. Martens. Leip. Henrichs.
- Pag. 34. — Annales de philosophie, d’histoire naturelle, de chimie , de littérature, d’agriculture et des arts, pour l’année 1801, par une société de gens de lettres, m-8.%Londres.
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- Dans le premier volume de ces Annales, on a commencé l’Histoire du galvanisme, dont on. trouve ici la suite dans le ze vol. L’arrangement est à peu près le même que dans le premier volume,, excepté que l'article Hitioire naturelle, a été divisé en trois branches, c'est-à-dire, en zoologie, en botanique et en minéralogie.
- Pag. 36. — Annales françaises d’Histoire naturelle générale, de physique, de chimie, de physiologie, etc., publié par Pfaff et Fried-laender , année i8o3 , 10e 11e et 12e cahier, grand in-8.°, Leip. Gœschen. Le 10e cahier de cet. ouvrage traite de l’influence de l’pxida-tion sur l’efl:et de la pile de Yolta, par Biot, — Le 12e contient des recherches sur le gai va-: nisme, extraites des Mémoires de MM. Biot, grave, Gautherot, Fortin, Hallé,etc.
- Pag. ,63. •—Précis des expériences faites par Bennet , avant 178g, et par Cavallo, avant iygô, sur l’art d’exciter l’électricité, par le moyen de deux métaux mis en contact, par Nicholson..
- Pag. 55. — Expériences galvaniques faites dans l’hospice des aliénés à Vienne. De l’électricité galvanique considérée comme prétendit remède, par Astroff.
- Pag. 100 — Observations sur la pile de Vol ta, et de l’emploi de l'électricité dans différentes R 2
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- indispositions. Expériences faites avec la pile de Volta sur les sourds-muets.
- Pag. i5o.—Annales dephÿsique de Gilbert. Note sur quelques expériences galvaniques ; Pile galvanique d’Allizeau. Examen de l’influence de l’oxidation dé la pile de Volta sur la production de l’électricité, par Biot.
- Pag. i5i. — Six Mémoires sur le galvanisme, par Àldini , LagraVe i, Gautherot. f Èléniens du galvanisme théorique et pratique, avec un aperçu de son histoire, depuis les premières expériences jusqu’à nos jours , par Ch’. H. Wilkinson, 2 vol. in-8.°; avec un grand nombre de planches.
- . Cet ouvrage Contient des instructions pratiques sur l’art de composer les appareils galvaniques , avec une méthode systématique pour faire toutes-sortes d’expériences. Le'premier , et une grande partie du second volume sont occupés parles faits , les expériences et les observations relatives au galvanisme ,:qui ont été publiées avant et après la découverte de la- pile de Volta. Le reste du deuxième volume contient les détails des expériences faites par l’auteur même.
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- DU GALY4HI^ME. .a$>
- $. i i l
- Voici la liste de quelques ouvrages sur,l’électricité animale et sur le galvanisme, qui ont paru chez l’étranger , .ou qui ont été.tra-duits du français ; ou qui, traitant d’autres ;ma-tières, contiennent quelques faits ou discussions relatives: la plupart sont tirés de.Biblio-thecameelica, practica, et chirurgicarealis^etc., par Ploucquet, in-4°,tom.IHdu supplément, p. 4r4-
- Augustiq {F. L. ) vom galyanismus und dessen medicinischer an wendung, Berlin i8oj, 8 vol. Salzb. med. chir. Zeitung. 1802 ? 1 p. 24g.
- Berthollet in J.Pfaff und Friedlanders franz. annalen idenbitas cum electricitabe ,pag. i85.
- Biot, rapport V. Pfaff und Friedlænders franz. annalen fur die naturgescbichte , etc. 1802.
- Bischoff, diss. de usu galvanismi in.arte me-dicâ, speciatim in morbis nervorum paralyticis. Jenœ, 1801 (icônes) i.Salzb. med. chir.Zçitung 1802. 1. p/. 245. ' v ,v:
- In ftufelands Journal der pract. heilkuçde. XIII. B. 2. St. p. 79. (icônes apparatûsO p. 127. ( quasi balneiim galvardcum ). Bœllger , pl)y-sikalische arb. p. i34.
- Caldani (iîor. ) Riflessioni sopra alcuni punti R 3.
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- di un nuovo systema de vasi assorbenti e spe-rienza sull’ elettricita animale , 1792.
- Compte rendu pour examiner et vérifier les phénomènes du galvanisme, Paris, an vi. 4. 1. Salzb. med. chir. Zeitung. 1801. III. B.p.6.
- Cortambert, sur le galvanisme : mémoires dé la société médicale d’émulation , tom. 1. p. 232. ( non esse naturce electriece. ) Crell.
- Esprit des Journaux, 1792, octob. p. 352, nov. 1793.
- Grapengiessers ( C. J. C. ) versuche den galva-nismus zur beilung einiger krankheiten anzu-\veiiden. Berlin, 1801. 8. p. 37. (différencia, ab electricitate ) p. 88. ( agere ut potens incita-mëntum ) p. 92. ( agere in morbis localibus asthénie is) 1. Salzb. med. chir. Zeitung, 1802. r. p. 25o.
- ïfeilch in ttôrdischen archiv. 11. B. 2. St. p. 1. (parallelismus cum electricitate, diversitas ).
- Journal der pract. hèilkunde. B: XIII. St. 2. P- 79- ( différencia ab electricitate).
- Humboldtin Grapengiesser , p. 33. (pheeno-mena gymnoti electrici esse natùrœ galvanismi).
- Kielmeyeri ( Gmelin ) observationcs de electricitate et galvanismo. tub. 1802.
- Lichtenstein in Loders Journal fur diè chirurgie. III. B. p. 5o8. ( différencia ab electricitate ), p. 5i2, (potentïm agere pose assutnp-tum alcali).
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- Neret : société d’émulation d’Abbeville , an vu, trim. IV.
- Oersted in Voigts magasin fur denneuesten zustand der naturkunde, III; B. p. 412. ( No~ vus apparatUs per amalgamata et liquores solventes ).
- PfafF undFriedlaenders franzœsische annalen, 1. Hert. 1802 , p. l38 (ex Biot.) p. i63 (facta Lutetiœ Parisiorum ).
- Pilgers (Fr. ) versuch durch den galvanismus die wirkung verschiedener gifte und arzney-mittel auf die erhohte oder verminderte reiz-barkeit der nerven zu prüfen. Giesseh, 1801. 8 vol
- Ritters (L.W.) BeytrîegezUr næheren kenn-niss des galvanismus, und der resultate seiner untersuchung, 1. B. Jena, 1800.1. Goet. auz. 1800, p. 289. Salzb. med. chir. Zeit. 1800. 1. p. 435.
- Trevirarius, über den einflus dès einfachen galvanismus auf die thierische reizbarkeït, in Gilberts annalen. B. VIII. St. 1. p. 44.
- Voigt,magazin fur das neueste aus derpby-sik und naturgeschichte. B. IX. St. 1. 5.
- Volta, in Kichoisons journal of natural phi-losophy, 1806. Jul.
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- XXW. Mémoire sur les effets du galvanisme appliqué aux sourds-muets. , dans diffèrens endroits de VEurope, par le <?oc£enrCaslberg, associé correspondant de la société galvar nique de Kiel dans, le Holstein (l).
- «Les célèbres membres de là Société, WULPfaff et JPfingsten, n’ont pas manqué de rendre compte des expériences peu heureuses faites dans l’Institut des sourds-muets à Kiel pendant l’année 1802,. Actuellement, comme on peut voir parla dernière lettre de M. PJingsten sur ce sujet, je ne croîs pas qu’un seul de ses élèves sourds - muets ait profité du moindre degré de l’audition , par ces expériences ; cependant , après avoir suivi , à diffèrens temps , l’application du galvanisme je ne sais pas si un ou deux ont vraiment reçu le degré de l’entendement qu’ils possèdent actuellement, et si l’indignation de M, Pfingsten, quand il s’est vu trompé dans les grandes espé-
- (») Ce Mémoire ne m’est parvenu que depuis quelques jours ; je n’ai donc pu le placer qu’ici, quoiqu’il appartienne plutôt au chapitre XXIX de cette Histoire, et à «a suite, qui commence le IIIe volume de cette Histoire.
- On ne sera pas étonné des défauts de rédaction de ce Mémoire , lorsqu’on réfléchira qu’il est rédigé par u» médecin étranger, d’ailleurs très-instruit.
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- rances à lui données par les apparens effets de ses premières expériences, n’a point occasionné le jugement général qu’il porte sur l’inefficacité du galvanisme, contre; la surdité de naissance et la manière violente avec laquelle il raconte sa dispute sur ce sujet , avec le conseiller M. TVolke, dans les feuilles publiques d’Allemagne. »
- Hambourg. —«Aussitôt que l’on a lu , dans les feuilles publiques , la mission dont je fus chargé par mon gouvernement, le conseiller M. JVolke, qui à ce temps se trouvait à Hambourg , m’invita, dans les feuilles publiques, à me rendre chez lui, pour examiner quelques guérisons qu’on venait d’obtenir par le moyen du galvanisme. Je dirigeai mon voyage par Hambourg, où je trouvai M. Wolke qui, d’abord, me présenta deux garçons qui avaient été sourds - muets , et que l’on prétendait avoir reçu l’ouie par le galvanisme. J’examinai ces deux cas , tant en prenant tous les renseignemens de leurs parens sur leur état précédent, et sur les remèdes qui avaient été appliqués, qu’en faisant toutes les recherches sur leur état actuel. »
- «Voilci le résultat de cetexamen:l’unnommé Lehman, âgé de i5 ans, était sourd de naissance, et on ne connaissait nul accident qui
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- ait pu avoir produit la surdité dans son enfance; cette surdité était à un tel degré qu'il ne pouvait pas entendre la voix humaine parlée avec un ton ordinaire, et par conséquent il restait muet; mais il pouvait toujours entendre les voyelles de notre langue parlées avec un haut ton , et même les fortes et bien difficiles syllabes p. e. m. ma, papa.
- . Avant un an on commença d’appliquer la simple électricité à ses oreilles, selon les méthodes connues, et après la continuation de celte opération , pendant trois mois, le sourd recevait un tel degré de l’entendement, qu’il pouvait bien distinguer les syllabes de notre langue parlées avec un son modéré et commun, lequel degré il avait encore dans le temps que je l’ai examiné ; je prononçais trois pas derrière lui divers mots dont il avait appris la prononciation : il les répétait distinctement, et les consonnes s et h étaient les seules qu’il n’entendait pas, à moins qu’on ne les prononçât très-haut. »
- « Dans la dernière partie de l’an i'8o3, le docteur Brennig, à Hambourg , lui appliquait le galvanisme selon la méthode de M. Spren-ger, déjà long-temps communiquée à la société. Après deux mois il finit l’opération , croyant, avec M. le conseiller Wolke , avoir produit, par ses expériences , le degré de l’an-
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- dition que je viens de décrire, et que les parens de ce sujet prétendaient avoir eu lieu après l’application de l’électricité simple, et avoir été produite par elle. On voit donc que ce manquement des épreuves exactes sur le degré de l’entendement , avant l’opération du galvanisme , a causé cette incertitude indéterminable. »
- « Yoici l’histoire plus satisfaisante du second sujet ; le nommé Schultz, âgé de 12 ans, sourd-muet de naissance , n’avait aucun degré de l’audition qu’on pût remarquer ; le même médecin , M. Brennig, lui appliqua la simple électricité pendant six mois, dans plusieurs intervalles , sans qu’on observât le moindre heureux effet ; il appliqua le galvanisme selon la méthode de M. Sprenger, pendant un an, dans plusieurs intervalles, et le sourd-muet recevait peu à peu le parfait degré de l’entendement , qu’il possédait encore, lorsque j’examinai son état. En me plaçant derrière lui, je prononçais d’une voix modérée une quantité de mots qu’il avait appris, ainsi que de simples voyelles, des sons simples, des consonnes, de sorte qu’à l’égard de ce sujet il -ne reste aucun doute qu’il a été sourd de naissance , et qu’il à reçu l’ouie par le moyen du galvanisme.»
- Berlin. — « Comme Nantes était la ville en France où , pour la- première fois , les effets
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- médicaux du galvanisme ont été éprouvés -, Berlin l’était dans l’Allemagne,et si l’honneur en appartient à M. Bouvier-des-Mortierk Nantes, il appartient aussi à M. Grapengieser à Berlin. En considérant le temps pendant lequel les expériences galvaniques médicales étaient continuées dans cette ville , et les nombreux comptes qui en ont été rendus dans les feuilles publiques , dans des brochures particulières, sur leur terminaison satisfaisante, je concevais Fespoir de trouver dans cette ville des faits inléressans, et selon les apparences je pouvais juger avec certitude sur les effets médicaux du galvanisme. Mais je m’aperçus que je m’étais trompé , et pendant les quatre mois que je suis resté à Berlin, il ne s’est trouvé dans cette ville aucun homme qui s’occupât avec soin de ces expériences, excepté deux hommes connus dans le public, savoir M. Grapengieser , médecin pratiquant , et M. Eschke , instituteur des sourds - muets , tous deux associés corres-pondans de la Société. Le premier a commencé, comme il paraît, ses expériences, avec beaucoup de zèle , et a donné un rapport sur elles , avant qu’elles soient finiés ; mais voyant que les effets heureux n’avaient point de durée , et ayant acquis par son ouvrage, la célébrité que donne une pratique
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- importante, il paraît qu'il avait perdu son espoir sur le galvanisme ; au moins dans tout le temps que je suis resté à Berlin , il confiait à ses assistans l’exercice de ses expériences, et de tous les sujets, dont il parle dans son ouvrage, sourds, sourd-muets, aveugles, etc., et qu’il prétend avoir guéri : au moment où je suis venu à Berlin , il n’y en avait pas un seul en état de sentir une amélioration ou diminution de son mal , produite par le galvanisme. »
- « Plusieurs des médecins et des autres savans de cette ville, soutenaient que ni la guérison, ni l’amélioration n’avaient jamais eu lieu sur aucun des sujets ; mais il vaut mieux croire ce qu’on sait avoir eu lieu chez plusieurs de ceux auxquels était appliqué le galvanisme, que l’un et l’autre ont senti une diminution inconstante du mal, après quelque temps remplacé par l’état ancien. »
- « Le second savant, à Berlin , connu par des expériences galvaniques, et par une brochure sur cet objet, est M. Eschke, instituteur dés Sourds-muets dans cette ville. Ses démarches, avant d’avoir éprouvé les effets du galvanisme auprès de ses élèves infortunés, pendant la durée de ses expériences dans son école, et après leur traitement, font voir qu’il a, eu peur de mé-, riter le reproche qu’on a fait a M. Grepen-,
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- gieser, pour les espoirs exagérés qu’il donnait au public sur les effets du galvanisme ; car il a , même avant de faire ses expériences, fait tout son possible pour qu’elles ne puissent pas réussir, et après leur terminaison, il a aussi fait tout ce qu’il a pu pour décourager tout le monde de faire des expériences semblables.»
- «Les trois assertions que je viens de soutenir, on peut les trouver démontrées dans la brochure déjà citée, dont M. le comte de Sten-berg a bien voulu présenter un extrait à la société, en considérant seulement la partie vraiement scientifique , et laissant les historiettes , les bons mots, les sarcasmes contre Grapengieser et autres, et tout ce qui porte le titre des Expériences exposées par M. Eschke.»
- « Dans cette brochure, il ne dissimule pas , avant de connaître aucun effet du galvanisme, de ne pas avoir eu beaucoup de confiance dans ces expériences , d’avoir fait tout son possible pour empêcher leur application sur ses élèves, et de ne pas les avoir permises , avant d’être provoqué par les parens de plusieurs. On peut voir, par le peu de remarques que M. le comte de Stenberg a fait dans son extrait, comme M. Eschke a fait tout son possible pour que Jes expériences ne puissent réussir; car au
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- lieu de les appliquer selon la simple méthode de M. Sprenger, généralement connue comme la plus avantageuse , il a établi un nouveau procédé , en n’appliquant qu’un immense nombre de coups par jour, avec des injection» d’eau chaude dans les oreilles, et en tourment tant les élèves par le bruit des cimballes des janissaires.,»»
- « Après la terminaison de ses expériences , il publie ça brochure, dans laquelle se trouvent d’étranges faits sur ces sourds - muets, Contre le . galvanisme, des lettres des mêmes pour le même but, pleines.d’expressions pour tourner .en ridicule les bandages circulaires inventés par M. Gràpengieser, pour servir à l’application jet à la fixation des conducteurs dans les oreilles, enfin, pleines de faussetés pour le même but. Telle est la nouvelle de Vienne que deux sourds-muets, à l’Institut impérial de cette ville., étaient devenus fous par. les.expériences galvaniques et hors d’état d’êli* enseignés , nouvelle qui n’a jamais existé * et qiii ,a été su même moment déclaré fausse par. M/ le directeur de pet Institut. Méis la moitié de,.tous ces faits étaient suffisans pour démontrer le peu de confiance qu’ori pont avoir dans le jugement d’ûn homme si dépendant dss préopinions, et ai borné par des
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- *7a HISTOIRE
- rapports inexacts dans le traitement d’un objet public, et du plus grand intérêt pour toute l’humanité ; il est aussi du nombre des instituteurs des sourds-muets, sur lesquels le brave conseiller de la cour M. * * * a osé soutenir publiquement , qu’il craignait que le galvanisme ne rendît les sourds entendans, et par conséquent les instituteurs des sourds-muets inutiles. »
- - Vienne. — «Dans le grand institut impérial et royal de cette ville, on n’a pas mariqué: d’éprouver les effets du galvanisme sur tous les élèves dé l’Institut. Dans un ouvrage-d’uti associé correspondant de la Société, M. Waltheri sur l’application et l’iridication de l’opération galvanique , on trouve un tableau sur les effets des expériences galvaniques, dans ledit Institut, expériences auxquelles l’auteur décet'ou-vrage n’a jamais assisté, et qui sont du fait de M. Bremser, médecin de Vienne.' Selon cê tableau, il paraît què les opérations en général ont réussi, et que la iplus grande partie des sourds - muets ont reçu , quelques-tins un grand, quelques autres un moindre degré dé l’entendement,' qu’ils n’avaient point avant les expériences.»» >M • ' '!i!'
- « L’état actuel de-totis ces sourds-niuets est tel, qu'aucun d’eux ne peut entendre la voix humaine
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- humaine prononcée avec un ton ordinaire : deux ou trois entendent toutes les voyelles, et les consonnes prononcées haut: le plus grand nombre entendent les voyelles, dont les sons sontles plus forts, p, a, o; quelques-uns n’entendent aucun son de la voix humaine. 11 est vrai que,, dans le nombre des Instituts que j'ai visités dans mon voyage, j’ai trouvé une gradation complète depuis le plus petit jusqu’au plus grand ; tous entendent comme chez les élèves de l’Institut de Vienne; le degré de l’ouie de chacun est si connu de leurs instituteurs, qu’on peut les ranger en ordre, selon leur gradation, et quand alors on prononce fortement un mot, dont les syllabes se distinguent bien, ces sujets, à leur tour, le prononcent distinctement ; mais leurs voisins prononcent les voyelles seules; la troisième classe, une voyelle seule; la quatrième, un son articulé, et les derniers, de l’autre côté, disent qu’ils n’ont rien entendu.
- Le degré de Fouie du sourd-muet fait naturellement une grande variation dans là facilité avec laquelle on lui enseigne la parole, si borné qu’il soit, tant moins possède-t-il la faculté de l’imitation de la voix de l’homme parlant , faculté dont le manquement tptal rend l’enseignement d’une parole intelligible
- IV.* .Partie. S
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- 374 HISTOIRE
- aux sourds-muets impossible ; c’est pour cela qu’on peut, dans l'Institut à Vienne, où on enseigne la parole avec perfection, conclure le degré de l’audition de chaque élève, en entendant sa prononciation plus ou moins distincte, et on est sûr, que celui, dont la prononciation est pleinement inintelligibje, manque aussi pleinement de l’ouie.
- Quant à ce degré de l’ouie, lequel possèdent quelques-uns de ces sujets, ce qui fait la ques-tionimportante, si vraiment il est produit parle galvanisme, il est fâcheux que nous ne soyons pas en état de la résoudre. Le directeur de l'Institut, M. May, ancien P. D. E. L. A., j à l’école militaire de Paris, et élève deM. l’abbé de l’Epée , dans l’art d’instruire les sourds-muets , prétend que tous ceux, qui ont actuellement quelque degré de l’ouie, l’ont eu avantles expériences galvaniques, et toujours. Au contraire, le second instituteur, M. Wein-bergen, soutient que deux ont profité beaucoup par le galvanisme. On voit donc qu’icile même cas malheureux existe par le manquement des épreuves justes avant les expériences, et qu’il nous met hors d’état de conclure avec certitude sur un objet si important.
- Je finis ces remarques en rendant compte à la société, en peu de mots, de la dispute com-
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- DU GALVANISME. a75
- xnencée avec assez de violence dans les feuilles publiques de l’Allemagne , au commencement de l’année passée , dont j’ignore encore la terminaison , parce que je suis parti au même moment pour l’Italie.
- Il se trouvait, d’un côté, dans cette dispute M. TVolke et M. Sprenger, associés de la Société , et de l’autre M. Pfajfe,t M. Pfigsben. L’objet de la discussion était les expériences galvaniques sur les sourds-muets de M. Sprenger, et leur description et vérification par M. TVolke.
- On avait déjà trouvé quelques articles dans les feuilles publiques de l’Allemagne, sur les heureux effets des opérations galvaniques de M. Sprenger, lorsque M. TVolke, revenant de la Russie , se détermina d’aller droit à Sever en Westphalie , pour être lui - même témoin de ces fortunés événemens , qui avaient d’autant plus frappé son attention, qu'il avait toujours distingué l’énergie et la force avec laquelle M. Sprenger employait ses facultés, pour le bonheur du genre humain, qui lui doit, ainsi qu’à Bassedoret à Campe, ses collaborateurs, l’état actuel de la pœdagogie dans l’Allemagne. Arrivé à Se ver, où il resta plusieurs mois, il assista aux expériences de M. Sprenger, et les publia dans son ouvrage intitulé : Avis sur les applications heureuses de Vélectricité gal-S a
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- i’anique-voltaïque aux sourds-muets, à Sever,
- . et la méthode de M. Sprenger pour l’exercice de ces opérations, Oldenburg , 1802 , avec planches. Au moment que parut cet ouvrage, beaucoup de savans doutaient des heureux effets des opérations relatives au traitement des sourds-muets.
- Ces doutes redoublaient encore, lorsque M. Pfingsten et d’autres répétaient les expériences galvaniques, selon la méthode de M. Sprenger, sans avoir les mêmes effets; M. Pfingsten envoya son fils, étudiant la chirurgie en Westphalie , pour examiner les uns et les autres sourds-muets , traités par M. Sprenger. Maisil paraît que l’examen, qu’a fait le jeune homme, a été très-imparfait, de manière qu’il ne donne pas beaucoup de lumières sur cette matière obscure; car il a rendu compte que quelques-uns de ces sourds-muets, traités par M. Sprenger, étaient sourds-muets, comme ilsl’avaienttoujoursété,quelesautresavaienteu une si grande sensibilité dans les oreilles, qu’ils ne pouvaient souffrir la prononciation forte des mots, à leur côté. Alors M. Pfingsten rassemblait ces observations, et écrivait dans Ylndi-dicateur de l’Empire germanique , contre la vérité des assertions de MM. Sprenger et Wolke sur la guérison desdits sujets , prétendant
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- que le plus sûr témoignage, c’est qu’ils étaient encore muets, parce que selon son opinion, la parole devait suivre bientôt la perception de
- M. Wolke ne trouva point satisfaisante les recherches du jeune Pfingsten, et démontra que l’absence de la parole ne prouvait pas l’absence de l’ouie, puisque, selon son opinion, le sourd-muet parvenu à un certain âge, et recevant l’ouie, apprendra très-lentement la parole, et a toujours besoin d’être enseigné par un maître.
- Alors la dispute entre M. Pfingsten et M. Wolke , prit une autre forme, et occasionna différens débats, sur la vérité des effets publiés des expériences galvaniques deM. Spren-ger. Le point de leur discussion fut la question de savoir si le sourd-muet, ayant reçu par un ou autre moyen l’ouie, avait besoin d’être enseigné pour la parole humaine , ou s’il l’apprendrait de lui-mêmepar limitation seule?
- A l’égard de cette question importante, je me suis déjà une fois déclaré publiquement pour les sentimens de M. Wolke, sur la nécessité d’enseigner au sourd-muet, ayant reçu l’ouie, la parole ; prétendre qu’il parlera au moment qu’il entend, c’est le même , que de prétendre qu’un homme parlerait chinois, quand
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- un aérostat l’aurait déposé au milieu de la Chine. Mais si on demande : le muet entendant, ne peul-il jamais acquérir la langue des hommes de lui-même ? Il faut toujours accorder qu’il le peut, mais lentement, avec difficulté , et si je ne me trompe pas, jamais à perfeçtion. L’esprit de l’imitation de l’homme est, comme chez les animaux , le plus grand dans l’enfance , et se perd avec elle. Les instrumens de la voix restant plusieurs années dans l’inertie , perdent probablement leur habilité ; c’est une conclusion , que nous permet l’analogie, selon les observations semblables des autres organes.
- Les articulations des cartilages du larynx deviennent probablement plus ou moins immobiles, elles ligamens de cet organe subissent sans doute , par le non usage, peu à peu une désorganisation, par laquelle ils deviennent rigides, et hors d’état de produire ces effets variés de l’organe, d’où résultent le langage des hommes, et ses modulations innombrables. Le muet entendant avec peine, et sans instruction , très-lentement apprendra la parole.
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- CHAPITRE XXXV.
- Lettres de M. Àldini au professeur Sue, et de M. Pacchiani à M. Bignotti.
- I.Je reçois dans le moment de Milan une lettre de M. Aldini, qui me paraît assez intéressante pour être placée ici.
- Je vous envoie, M., par M. H usons, une réponse fidèle à la lettre que vous m’avez écrite concernant la théorie du galvanisme, et les travaux sur ce sujet, depuis mon départ de Paris. Je vous annonce que j’ai essayé le galvanisme sur les animaux à sang chaud, sans Finterven-tion des métaux. On 11’a jusqu’à présent déterminé , comme vous le savez, les mouvemens, que dans les animaux à sang froid, et d’après les conseils de M. Lacépède. J’ai cherché à répandre , autant qu’il était en moi, cette intéressante propriété , pour pouvoir donner l’explication de divers phénomènes de l’économie animale. Je m’occupais de ces recherches, depuis plusieurs années, lorsque, l’hiver dernier, me trouvant à Florence, je fus invité à répéter ces expériences par MM. Fontana et Mascagni;
- (1) Cette lettre était en italien. M. Husson a bien roui» la traduire , avant de me l’envoyer.
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- je les ai tentées de plusieurs manières en leuf présence, sur plusieurs animaux , et j’ai trouvé jusqu’à présent que les canards étaient ceux qui présentaient le mieux le phénomène de la contraction galvanique. Après avoir imaginé quelques préparations compliquées, je me suis convaincu que la plus simple et la plus facile de toutes,était celle qui présentait les contractions, sans métaux, avec la plus grande précision. En effet, j’ai obtenu, d’une manière très-prononcée , la contraction, sans l’aide des métaux, plusieurs fois sur différens canards , en appliquant au muscle gastronémien le nerf crural, séparé jusqu’à la région poplitée.
- Le succès de cette expérience dépend d’une multitude de circonstances minutieuses; de sorte qu’il n’est pas étonnant que ce phénomène ait échappé aux recherches des physiciens. Il est nécessaire, pour réussir , que l’animal, qu’on soumet à l’expérience, ait beaucoup de vitalité, que l’opérateur apporte beaucoup d’exactitude et de célérité dans la séparation des nerfs, qu’il prenne beaucoup de précautions pour conserver l’humidité naturelle, dans les parties qu’il doit rapprocher par le contact. Telles sont les conditions nécessaires pour exciter cette espèce de contraction musculaire. C’est en me conformant à ce que je viens de dire, que j’ai pu
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- étendre mes observations sur d’autres animaux à sang chaud, et principalement sur les lapins et les agneaux.
- J’ai tâché d’éviter toute espèce de soupçon d’un stimulant mécanique; pour cela j’ai tenu isolée la cuisse de l’animal à sang chaud, dans v.ne direction longitudinale, en laissant pendre un morceau de muscle et le nerf crural, et j’en faisais communiquer les extrémités en les plongeant dans un bassin d'eau pure. Les animaux que j’ai choisis de préférence, ce sont ceux, dont la vitalité est la plus forte, et chez qui j'ai observé le mieux la contraction musculaire sans métaux, et c’est dans cette circonstance que j’ai pu aisément remarquer l’attraction manifeste, qu'exercent entre elles les libres nerveuses et musculeuses.
- Je crois aussi avoir enfin trouvé un nouveau télégraphe galvanique, pour porter à de très-grandes distances l’action du galvanisme , sans le secours des fils métalliques isolés, dont j’avais eu besoin dans mes expériences faites à Calais, sur l’Océan, et dans celles faites sur la Marne à Charenton.
- J’aurai l’honneur de vous donner, dans une autre circonstance, des détails sur cette nouvelle méthode, comme aussi de vous informer des progrès du galvanisme en Suède, en Dane-
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- marck, dont j’ai été instruit dernièrement par MM. Beyer et Kastberg. Recevez, en attendant, l’assurance de ma gratitude, pour les soins que vous prenez à la gloire d’une découverte qui, née presque dans ma famille, ne peut que beaucoup m’intéresser. »
- J’ai l’honneur d’etre, etc.
- Signé, Aldïni.
- II.Lettre du docteur F.Yucchinm^professeurde physique, à l’Université de Pise, à M. Lo-renzo Pignotti, historiographe du Roi (i).
- Extrait (2). Il s’agit de la découverte des élémens constituans d’un acide, qui jusqu’à ce jour a résisté aux analyses chimiques; de Yacide muriatique. L’auteur y a procédé parle moyen du courant électrique continu, que fournit la pile de Uolta. Les résultats de ses travaux. contenus dans un Mémoire particulier , sont :
- (1) Cette lettre, en langue italienne, m’a été envoyée de Milan avec la précédente, par Wl. Hussein, mon collaborateur à la Bibliothèque de l’Ecole de médecine.
- (2) Cet extrait est de M. Hallé, mon collègue, médecin ordinaire de S. M. l’Empereur.
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- 1.0 Que l’acide muriatique est un oxide d’hydrogène.
- J2.0 Que dans l'acide muriatique oxigéné, et à plus forte raison, dans l’acide muriatique, il y a moins d’oxigène que dans l’eau.
- 3.° Que l'hydrogène est susceptible de beaucoup, et de très-divers degrés d’oxidation, ce qui diffère de l’opinion commune qui ne supposait qu’un seul degré d’oxidation admissible, celui qui constitue l’eau.
- Par l’effet delà pile et d’un fil d’or pur plongé dans l’eau, celle-ci se désoxigène peu à peu, à la surface de ce fil.
- L’un de ces degrés de désoxigénation indiqua d’une manière non équivoque,la formation d’un acide. Le gaz dégagé dans cette opération , éprouvé à l’eudiomètre de Giobert, se trouva être du gaz oxigène pur , ne laissant qu’un soixantième de résidu. C’est, en suivant les différentes nuances de celte désoxigénation, qu’on a rencontré le point où se manifeste la présence d’un acide.
- L’eau, réduite à la moitié de l’espace qu’elle remplissait dans le récipient, avait les caractères suivans:
- Couleur jaune orangé , plus ou moins foncé, selon la quantité de liquide restant ; elle ressemblait à une dissolution d’or.
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- Odeur d’acide muriatique oxigéné.
- Le Jil d’or avait perdu son éclat métallique , et semblait attaqué par un dissolvant.
- Un morceau de drap, en contact avec la liqueur, se mettait en charpie comme une substance à demi brûlée.
- 4-utour de l’orifice du vase, la vessie qui le bouchait (i) prenait un cercle pourpre foncé , terminé par un autre cercle absolument décoloré et blanc.
- Une goutte de ce liquide, versé sur la main, donna à la peau , au bout de quelques heures, une belle couleur rouge.
- M. J os. Branchi a vérifié i.° que la vapeur de cet acide formait, avec celle de l’aramoniaque, une fumée blanche.
- 2° Que c’était assurément de l’acide muriatique oxigéné, précipitant le nitrate d’argent, sous .forme de matière blanche, lune cornée des anciens ou muriate d’argent.
- Ainsi, l’acide muriatique est un oxide d’hydrogène.
- L’acide muriatique oxigéné, et l’acide muriatique, à plus forte raison, ont moins d’oxi-gène que l’eau.
- (i), Le vase était bouché à son oriGce par un morceau de taffetas, et par une double vessie.
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- L’hydrogène est susceptible d’un grand nombre de degrés d’oxidation ; l’un constitue l’eau, un autre l’acide muriatique oxigéné , un troisième , le moindre de tous, l’acide muriatique.
- L’auteur donnera, dans un second Mémoire, des remarques sur les autres degrés de cette oxidation, différens de ceux qu’il vient d’in-
- La métamorphose de l’azote en acide nitrique, et celle de l’hydrogène en eau, sont deux grandes merveilles de la nature.
- N’en doit-on pas dire autant de la métamorphose par laquelle l’eau devient le dissolvant de l’or et du platine , et le neutralisant des émanations pestilentielles.
- L’auteur se propose d’en déterminer les proportions par l’expérience et le calcul. Ce fait se lie nécessairement avec les grands élémens de la formation de l’acide muriatique, et des sels qu’il forme dans le vaste laboratoire de l’Océan.
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- CHAPITRE XXXVI. Histoire du Perkinisme (i).
- Ceux qui ont lu l’histoire du galvanisme, qui en ont suivi les phénomènes et les expériences , ont acquis la eonviction que certaines combinaisons , fruit du hasard , conduisent souvent à des découvertes importantes,que les efforts du génie le plus sublime n’auraient pu trouver, ou n'auraient trouvé qu’après des recherches assidues et long-temps prolongées , qu’après des expériences diversifiées et longtemps répétées. Mais on a aussi reconnu que trop souvent les préjugés du vulgaire retardent la propagation des vérités, découvertes dans certaines sciences par des gens éclairés et im-
- (1) Ce chapitre devait être placé à la fin du II' vol. de, l’Histoire du galvanisme; des arrangemens particuliers, et l’étendue de ce volume s’y sont opposés j j’ai cru que le public, qui a pris tant d’intérêt à cette Histoire, traduite en différentes langues, ne verrait pas avec indifférence qu’on y joignît celle du Perkinisme, à cause des liaisons nombreuses qu’il y a entre ces deux découvertes, quoique la dernière soit presqu’enlièrement tombée dans le discrédit, tandis que l’autre a été encouragée par les gouvememeus , et est cultivée par presque tous les sa-vans de l’Europe.
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- partiaux, et opposent à leurs travaux des difficultés , qu’il leur est quelquefois impossible de surmonter.
- J usques là, rien qui étonne , rien qui ne soit en conformité avec les opinions vulgaires ; le bien est si difficile à opérer ! mais que parmi des gens instruits , parmi des savans , il s’en trouve qui, contre leur conscience, combattent des vérités, dont ils connaissent la certitude , l’importance et l’utilité; qu’ils sacrifient à un intérêt particulier le bonheur public, en opposant, à des faits constans et prouvés, des assertions mensongères, pour tâcher d’anéantir, d’étouffer les lueurs d’espérance, que donnent de nouvelles découvertes dans les arts et dans les sciences, voilà ce qui a droit d’étonner, voilà ce qui détruit la philosophie et la morale , parce que ce n’est plus ici ignorance ou stupidité, comme dans le premier cas, mais mauvaise foi, jalousie, ou au moins entêtement et obstination, qu’occasionne souvent le chagrin secret de ce qu’un autre a découvert ce qu’on aurait voulu avoir trouvé soi-même.
- Le mal qui résulte de ces jalouses rivalités, de ces passions d’intérêt sordide, est sans doute très grand; mais combien il estencoreplus grand, plus funeste, lorsque ces rivalités, ces passions,
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- attaquent la santé publique dans sa source primitive , lorsque la médecine elle-même en est le sujet 7 Que d’exemples malheureux nous pouriions citer à l’appui de celle assertion , depuis la découverte de la circulation du sang jusqu’à Gelle de l'inoculation! De combien d’écrits, la plupart pl us remplis d’injures que de raisons, celle-ci n’a-t-elle pas été l’occasion ! Elle a triomphé ; sans doute, il en sera de même de la vaccine,qui n’a pas plutôt été connue , qu’elle a eu presque autant d’ennemis que de partisans ;heureusement le nombre des premiers est bien diminué, et diminue tous les jours.
- Il en a été de même du Perkinisme ; et l’auteur même , si on l’en croit, a été le sujet et la victime de la rivalité et de la jalousie de ses confrères (1). L’histoire seule de sa découverte et de ses procédés opératoires , peut prouver la vérité ou la témérité de son accusation : on ne lui contestera pas au moins d'avoir obtenu le même honneur que le cé-
- (i) Il prétend enavoir éprouvé cette influence pernicieuse à l’occasion de son invention m d’un principe certain et » nouveau d’action applicable â la guérison de certaines »> maladies, telles que les douleurs de goutte , celles du » rhumatisme, les tumeurs, l’épilepsie, etc.
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- lèbre Galvani, celui d’avoir donné son nom au nouveau moyen de guérir les maladies, qu’il a inventé, puisque ce moyen a été appelé Perkinisme, du nom de son auteur.
- Le docteur Perkins, médecin à Plainfeld , dans l’Amérique septentrionale , a publié en anglais , 1796, un ouvrage qui a pour titre : Certificats of tlie efficacy, of cloctor Perkins, metallic instruments, Rewbrory post printel by edmorid. M. Blunt. Cet ouvrage renferme une multitude de certificats de personnes les plus dignes de foi, sur les effets avantageux du procédé de ce docteur, et il a été bientôt le sujet de la publication d’un autre ouvrage critique , dont nous parlerons plus bas.
- Ce qui a pu donner, dans les premiers temps, de la célébrité au Perkinisme, ce sont les rapports, les liaisons qu’on lui a trouvées avec le galvanisme, qui alors faisait beaucoup de bruit. Cela est si vrai, que les auteurs mêmes qui ont écrit sur cette dernière découverte, n’ont pu s’empêcher d’établir entre le galvanisme et le Peikinisme, plusieurs points de comparaison', parce qu’ils ont vu que celui-ci présentait des phénomènes qui avaient beaucoup de rapport avecceuxdu galvanisme : nous aurons bientôt occasion de faire voir qu’à cet égard les raisons et les preuves qu’ils donnent de leur
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- opinion, ne sont pas dénuées de fondement.
- Quelque temps auparavant, Berkins avait publié sur le même sujet un ouvrage ?yant pour titre: Discoveiy of, etc. .'«Découverte d’une nou-» velleloi de la nature, et application de cette » découverte aux maladies, par l’influence des «tracteurs métalliques sur le corps humain (i).»
- Perkins dit avoir observé, que lorsqu’une pointe métallique se trouvait en contact avec un muscle, cet organe entrait en contraction : il dit aussiavoirremarqué que l’applicationacci-dentelle d’un instrument métallique sur des tumeurs enflammées, produisait un soulagement momentané. Il avait déjà formé une hypothèse , d’après ces observations, qu’il avait profondément méditées, lorsque la découverte de Galvani, relative à l’influence des métaux sur les fibres musculaires et nerveuses vint le confirmer dans ses idées, et ramener toute son attention vers les moyens propres à établir, d’une manière incontestable, l’effet du contact des métaux sur le corps humain.
- (i)Voyez lettre du D. Perkins à M. Johnson. Recueil périodique de littérature médicale étrangère, tom. I, p. 47- Note sur le perkinisme, Journal de physique, fructidor an vu. Voyez encore la Bibliothèque britan-' nique, vu année, tom. XXI, de l’article Sciences et Arts , p. ga.
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- Il fit faire des instrumens, composés de métaux parfaits, dans leur état de pureté, de ces mêmes métaux de bas aloi, et de divers autres alliages, et se livra pendant plusieurs années à une suite d’expériences, espérant que des procédés , qu’il fondait sur une théorie saine', lui fournirait des moyens nouveaux de soulager l’humanité souffrante. Les expériences de Galvani avaient fait connaître les principaux phénomènes de l’électricité animale, et produisirent les recherches de Valli, de Volta, de Monroet de Cavallo.
- Ce dernier physicien généralisa beaucoup le phénomène,et soutint que l’électricité animale, ou la propriété du muscle et du nerf de se mettre en mouvement par l’effet d’une simple communication métallique, établie entr’eux, appartient à la plupart des habitans de la terre, de l’air et de l’eau. La tête d’un cheval, mort récemment, fut si violemment agitée dans l’une de ses expériences, par le contact d’un schelling et d’un morceau d’étain en feuilles, que tout l’effort d’un homme robuste ne put empêcher la convulsion; c’est cette propriété, cette électricité animale, qui donna à Per-hins l’idée de construire des instrumens qu’il nomma tracteurs, et avec lesquels il produisit, à ce qu’il prétend, des effets curatifs, Ta
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- qui surpassèrent ses espérances. Il fit part de sa découverte et de ses résultats à la société médicale de Connecticut• La nouveauté et la simplicité de ses procédés firent naître le doute, chez les personnes les plus sages, et le mépris chez les ignorans et les entêtés. Les premiers désirèrent des preuves plus décisives , et revêtues de l’authenticité publique : les seconds confondirent l’influence métallique avec le magnétisme animal de Mesmer.
- Ce fut alors que ses amis conseillèrent au docteur Perkins de se rendre à Philadelphie , où, à raison d’une plus grande population, et des nombreux établissemens publics qu’on trouve dans cette ville , les occasions de soumettre sa pratique à une épreuve sévère , seraient plus fréquentes. Il eut effectivement le succès le plus extraordinaire , succès qui a été attesté par les premiers savans de l’Amérique , et par les membres eux mêmes de la société de Connecticut.
- Si Perkins avaitdécouvert une loinouvelledans la nature, et que par la simple application de cette loi,il nous eut enseigne à soulagerles infirmités humaines , il méritait sans doute la reconnaissance de ses contemporains, et son nom était fait pour aller à la postérité. Ce qu’il y a de certain , au moins , c’est que les effets qu’il a
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- obtenus par ses procédés, n’ont aucun rapport avec ceux que produisait le magnétisme animal de Mesmer, et qui ont été attribués par Franklin, Lavoisier et autres physiciens, à l’influence de la compression, de Y imagination et de Yimitation. Le docteur Faughan, dans une dissertation lue à la Société médicale de la De-laware sur l’électricité animale, explique ainsi l’effet des tracteurs. « Après les expériences accumulées sur ce beau sujet, dit-il, je crois que le plus déterminé scepticien ne niera plus que le principe de l’énergie nerveuse est une modification de l’électricité. Comme la sensation dépend de cette énergie, son degré naturel désigne l’état de santé, et produit la sensation agréable ; la douleur est une super-sensation, et peut dépendre de l’accumulation du fluide électrique, ou d’un degré excessif d’énergie dans la partie affectée. D’après ce principe , le problème est facile à résoudre : les métaux, en leur qualité de conducteurs, peuvent rétablir l’équilibre ainsi rompu, et ramener à leur état naturel les organes tourmentés. >* En 1798, il aparuàCopenhagueun vol. in-8.° de 108 pages, ayant pour titre : Fondera Per-kinismus, etc., c’est-à-dire : Du Perkinisme , ou des aiguilles métalliques du docteurYev\ùnst de l’Amérique septentrionale, avec des certi-
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- ficats , et l’exposé des expériences faites par des médecins de Copenhague , publié par MM. Herholdt, chirurgien de division, etRafn, assesseur , opuscule traduit du danois en allemand , et accompagné de remarques, par le docteur Jean-Clément Tode, professeur ordinaire de médecine, et médecin de la cour, avec, une planche gravée. Cet ouvrage tend à renverser tout le système bâti par Perkins, sur ses tracteurs métalliques. La notice que nous allons en donner, d’après le recueil périodique de littérature médicale étrangère (1) , fournira au lecteur les moyens dejugerpar lui-même si cette découverte peut être de quelque importance, de quelque utilité en médecine.
- « Le génie de Socrate, dit l’auteur, la poudre sympathique de Digly, la baguette devinatrice de Thouvenel, les amulettes d’Arnould, lemes-merisme, enfin le perkinisme, rendent problématique , si d’un côté on doit prodiguer la dénomination d’imposteur, de charlatan , de sot, de crédule aux uns , ou si d’un autre côté on doit, taxer de présomption , d’entêtement, ou d’aveuglement volontaire les autres. Le galvanisme, quoiqu’on voie les instrumens qui excitent telle action par attouchement, brouille
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- tout autant les idées , que la poudre sympathique don ton voit aussi la matière, mais dont on ne connaît pas la prétendue vertu: c’est ainsi que l’odorat du chien limier est encore frappé le lendemain des particules odoriférantes dont le gibier a, la veille, imprégné le gazon. Mais quel est le terme, au-delà duquel ces causes cessent d’agir? Faut-il récuser le témoignage de ses yeux, parce qu’on ne saurait expliquer la chose que l’on voit? Peut-on attribuer tel effet à telle cause, lorsque, les circonstances paraissant être les mêmes ,l’évènement ne répond pas encore à ce qu’on en attendait? Mais aussi est-il en notre pouvoir de nous assurer de la parfaite identité des circonstances ? »
- Après ce préambule, que j’ai beaucoup abrégé, le critique entre en matière, et trace ainsi les procédés du perkinisme. «C’est une opération, dit-il,danslaquelle on emploie deux aiguilles ou épingles, mousses à l’une de leurs extrémités, ren 1res à l’autre, et ayant à peu près la forme d’un fuseau à dentelles. Elles paraissent être , l’une de cuivre jaune , et l’autre d’acier. On a fait des expériences avec des outils ordinaires de boutique : ils ont produit le même effet : on s’est aussi servi d’ébène, d’ivoire, de zinc, de plomb, d’argent, d’or pour en fabriquer ;
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- les résultats des expériences, dans lesquelles»
- on les a employés, ont varié.»
- Le procédé du petkinisme consiste à passer légèrement ces aiguilles sur une partie malade , sans même toucher l’épiderme ; à les conduire de haut en bas , ou de la ligne du milieu en descendant, et au dehors : on poursuit le mal déplacé, s’il s’arrête plus bas , et toujours ainsi, jusqu’à ce qu’il soit entièrement expulsé.. A l’exception dé facobson, chirurgien de l’hôpital de Copenhague, personne ne donne des instructions suffisantes sur la manière de procéder ; personne ne dit s’il faut tenir ces aiguilles droites, penchées ou couchées ; s’il faut s’en servir une à une, ou des deux à la fois ; si elles doivent se toucher par l’une de leurs extrémités ou en totalité, ou s’il faut les tenir séparées; si c’est avec une main qu’on opère , ou avec les deux ; de quelle manière on les saisit, si c’est par le milieu ou par l’extrémité supérieure; s’il faut que celle-ci dépasse les doigts; s’il faut placer le malade dans une certaine direction à l’égard des points cardinaux, etc. Il y a plus , c’est que tout ce que Jacobson nous apprend , se réduit à dire u’il a promené ses aiguilles d’abord l’une après l’autre, à commencer par celle de laiton,
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- cent fois chacune,et ensuite les deux ensemble, au nombre de deux cents fois.
- Le résultat général de toutes ces tentatives est, comme l’exprime Herholdt, nusquam tuta fides, de n’avoir jamais un point fixe et assuré. Cependant les expériences ont quelquefois fait cesser des douleurs rhumatismales, des odon-talgies, des migraines, des affections nerveuses, convulsives } on a dissipé des ophlbalmies » des tumeurs , des inflammations , tantôt avec, tantôt sans évacuations consécutives, telles que larmoyement, dévoiement, sueur avec rougeur et chaleur à la peau , etc. On a réussi une fois à rétablir un écoulement gonorrhoï-que, supprimé imprudemment, et qui avait causé une strangurie très-douloureuse.
- Le nombre des épreuves et des certificats rapportés est considérable, ainsi que la liste des médecins anglo-américains qui constatent l’activité de ce moyen. Les hôpitaux de Copenhague ont aussi fourni des sujets qu’on a soumis à son action : il a presque toujours produit quelqu'effet , soit palliatif, soit curatif, soit apparent. Quelquefois le mal a été suspendu pour quelques heures , et a reparu périodiquement .• d’autres fois la guérison a été de durée. Le remède a agi promptement chez les uns, les autres ont eu besoin qu’il fût con -
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- tinué plus ou moins long-temps, et même à des reprises réitérées. Il a soulagé les uns dès le commencement, et chez les autres, il a d’abord augmenté le mal. Rafn nous dit qu’attaqué d’un rhumatisme,sa douleur ressemblait à une tension dans le tissu cellulaire, et que 1^ perkinisation a causé un relâchement avec chatouillement, rougeur et chaleur à la peau per-kinisée ; que la douleur s’est fait constamment sentir avec plus de vivacité à la place où il a terminé la ligne tracée avec les épingles que dans tout autre endroit; que le même procédé, répété de la même manière, trois semaines après la guérison, n’a produit aucun eôet sensible, etc.
- Le célèbre Abildgaarcl a essayé d’expliquer les phénomènes du perkinisme , en les comparant à ceux de l’électricité et du galvanisme, etl’éditeurde la brochure que nous analysons, considère ce nouveau moyen curatif, i.° comme un stimulant mécanique; 2.° comme un phénomène électrique ; 3.° dans ses rapports avec le galvanisme; 4-° comme un moyen qui agit sur l’imagination. C’est, dit-il, à mon avis, expliquer obscurum per œque obscurum, ce qui est obscur par une autre obscurité. Quelle impression , en effet , peut faire une épingle promenée légèrement surlape%u , où même
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- conduite dans un certain éloignement ? Quelles lumières peuvent nous fournir , pour l'explication d’un phénomène excentrique, l’électricité et le galvanisme, dont les principes et la manière d’agir nous sont également inconnus ? Sommes-nous plus avancés dans la physique du perkinisme , lorsqu’on nous apprend que les pointes de ses aiguilles , dirigées vers la langue, y excitent, même sans la toucher, une saveur aigre çt métallique ? Quelle relation y a-t-il entre la cause instrumentale et l’effet? La parité de l’action de ces pointes des aiguilles avec les plaques métalliques, placées dessus et dessous la langue, éclaircit-elle ce phénomène, satisfait-elle sur le comment cela se fait ? Est-ce le galvanisme qui explique le perkinisme , ou celui-ci qui explique l’autre ?
- Au reste , quelque explication qu’on donne du Perkinisme elle a cela de commun avec touteslesautres explications physiques, qu’elle ne présente que des rapprochemens de phénomènes peu familiers à d’autres plus familiers, ou au courant desquels nous sommes plus accoutumés. Oter toute raison de demander en-cdre un pourquoi cela ? après une série de réponses explicatives , ne peut appartenir qu’au grand architecte de cette machine ronde., dont nous voudrions connaître les principes
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- moteurs, leur causalité et les lois de leur jeu. Quant à nous , nous ne pouvons nous élever dans nos solutions qu’au moyen d’abstractions suggérées par l’observation, laquelle nous conduit enfin à un terme où, comme dans un champ de vue trop vaste , ce-qui est à l’extrémité des limites ne peut plus se distinguer.
- Caube a joint quelques remarques éparses à l’opuscule publié en Amérique. 11 observe que le débit considérable des aiguilles de Per/uns, à un prix très-haut, leur contrefac-tion à Sainte-Croix et à Copenhague, la conformité du succès des unes et des autres , même des clous de fer, l’influence et le peu de confiance que méritent les détails pratiques , ainsi que les certificats rapportés en confirmation des effets curatifs de ces aiguilles,etc., etc., assimilent le Perkinisme à toutes les autres char-lataneries. « Je ne peu x, dit Herholdt, qu’approuver le sentiment de ce célèbre savant, dans l’exposé des motifs qu’il allègue pour modérer , l’enthousiasme avec lequel on paraît cherchera accréditer le Perkinisme , enthousiasme qui a toujours été le poison mortel des nouveaux moyens curatifs, qui rend indiscreet dans leur application, fait négliger l’étude des analogies, mélange et confond les actions purement physiques , avec celles qu’il faut attribuer , en
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- tout ou en partie , à l’intempérance de l’imagination.
- Ces vérités ne prouvent pas en faveur du Perkinisme, et qu’il soit possible de lui assigner une place dans la matière médicale. Si ses effets tiennent de l'électricité, il faudra s’appliquer à connaître le mode de le diriger , celui d’augmenter ou de diminuer l’affluence ou l’effluence du feu électrique selon les indications, qu’il faudrait avoir le talent de saisir, celui de varier la forme des aiguilles, de les terminer tantôt en pinceau ou en aigrette, tantôt en pointes, d’autres fois en boule, celui d’isoler le sujet ou seulement la partie malade, d’armer les aiguilles de substances idio-éleclriques ou analeclriques, selon les cas , de les employer séparément ou conjointement, etc.
- Si le perkinisme a de la conformité avec le galvanisme, il faut établir différentes manières de correspondance entre les aiguilles, apprécier les actions ou réactions d’aiguilles fabriquées de toutes sortes de substances , peut-être aussi composées de pièces différentes, réunies dans leur longueur, telles que des aiguilles de souffre, de cire d’Espagne, de verre, en conjonction avec des aiguilles aimantées,de mixtes de métaux , de demi-métaux, etc. Il faudra en général étudier les combinaisons particulières
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- suivant l’idio-syncrasie et le tempérament dti sujet : il faudra s’attacher à connaîti’e les résultats du Perkinisme appliqué à la peau , à des endroits poileux, aux dents, aux aponévroses, aux tendons, aux vaisseaux, aux glandes, aux os, aux cartilages, etc. Il faudra encore faire attention à l’atmosphère , à son influence, ainsi qu’à plusieurs autres causes secondaires, qui peuvent beaucoup contribuer aux bons ou aux mauvais effets du Perkinisme. Ce sera seulement alors qu’on pourra porter un jugement solide et raisonné sur les avantages qu’il peut y avoir de propager l'usage de ce mesmérisme matérialisé , ou sur l’ineptie qu’il y aurait à s’amuser autour de ce nouveau joujou médical.
- Un article de la Gazette médicale allemande du mois d’août 1798, inséré dans la Bibliothèque Germanique médico-chirurgicale (r)donnedes notions très-précises sur le perkinisme. C’est , en outre , un extrait de l’ouvrage que nous avons fait connaître au commencement de ce chapitre , d’après le l’ecueil périodique de littérature médicale étrangère. On trouve encore des détails très - circonstanciés sur le même sujet dans le Journal de Physique de fructidor an xn.
- («) Tome I , n.° Y, pag. 35a.
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- On peut consulter ces ouvrages ou extraits , que nous croyons inutile de faire plus amplement connaître dans cette histoire; nous dirons seulement deux mots des expériences faites à Copenhague avec le Perkinismeparles médecins de celte ville, parce qu’elles sont les plus intéressantes de toutes celles qui ont été publiées
- Une dame danoise , après avoir été témoin en Amérique des heureux effets duPerkinisme, a fait connaître,à son retour dans sa patrie, les instrumens et les écrits de l’inventeur. Bientôt Herholdt, chirurgien , fit quelques essais qui lui réussirent. Il vit que dans la composition de ces aiguilles il n’entrait que du laiton et du fer. Bientôt on en fabriqua une grande quantité à Copenhague: différens médecins s’en servirent, et leur usage devint un sujet de mode. Les femmes en portaient dans leurs étuis et les hommes dans leurs porte-feuilles. On peut voir, dans les écrits iïHerholdt et de liafn, le détail des essais qu’on en fit, non seulement à l’hôpital de Friderich et à l’hôpital général, mais aussi en ville,sur des malades particuliers. Le rédacteur du journal cité en donne le résultat général ( i ) , et énonce les différentes mala-
- («) Bibliothèque germanique, tom. I, n.° 5, p. 356.
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- dies, dans lesquelles les aiguilles ont été appliquées avec succès : il observe qu'on ena fabriqué d’argent, de zinc, de bismuth,de cuivre , de plomb , et même d’ébène et d’ivoire, mais qu’elles étaient moins efficaces que celles de fer et de laiton. Les expériences faites par Abildgaard,professeur à Copenhague, démontrent l’influence de ces aiguilles métalliques sur le corps , dans l’état même de santé, ce qui n’a rien d’étonnant.
- Les résultats de l’application de ces aiguilles dans les maladies, sont différens , suivant les lieux et les personnes. En général les essais faits à l’hôpital Fridérich par les chirurgiens , sous la direction de Schmuclierfurent plus heureux que ceux qui furent faits sous l’inspection de B.... à l’hôpital général, où les effets ne répondirent point aux espérances qu’on avait conçues de ce remède Le professeur Tode n’en a jamais retiré ni avantage ni désavantage marqués.
- Après l’énoncé de pl usieurs cas remarquables de l’efficacité duperkinisme dans plusieurs ma-lad ies, efficacité obtenue par Herholdt et Abildgaard , qui ont cependant écrit contre ce remède, l’auteur des recherches cherche à expliquer ces faits, et présente différentes suppositions pour rendre compte delà manière dont ils opèrent. Ses comparaisons à cet égard sont peu satisfaisantes
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- santés etla plupart défectueuses, relativement-surtout à l'explication qu’il tire de l’usage des médicamens nervins. Il su]>pose également sans preuve que les aiguilles agissent comme des conducteurs électriques. Perkins s’est étayé du galvanisme pour faire ses expériences, quoiqu’il paraisse avoir tenté ses premiers essais avant que la connaissance de la découverte de Galvani fût parvenue au monde savant. Au surplus , le seul rapport qu’il paraisse y avoir entre les phénomènes du galvanisme et ceux du Perkinisme , c’est l’usage de deux métaux différens pourles obtenir.D’ailleurs les partisans des aiguilles de Perkins ne paraissent attacher aucune importance à ce qu’on les fasse communiquer Tune: avec l’autre , circonstance au contraire essentielle de lapartdes métaux,pour obtenir les phénomènes du galvanisme. 11 est encore probable, que Perkins réussirait aussi bien avec une seule aiguille, comme avec deux.
- Nous pensons avec Hêrholdt que l’i.nagina-tion des malades pourrait bien être le principal agent des curés opérées par le perkinisme , et que le moral a probablement grande part à ce qu’il peut y avoir d’étonnant dans ces guérisons. Cela dépend de la mobilité et de la sensibilité des nerfs de certaines personnes, chez qui l’ap-plication de corps particuliers sur certaines par-
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- ties a le singulier pouvoir de modifier les sensations, dont elles sont le siège , pour les suspendre ou en exciter de nouvelles , peut-être même aussi pour donner dans ces parties un degré au principe vital. C’est ainsi qu’on voit quelquefois une violente douleur dégoutté cesser tout à coup, chez quelqu’un qui reçoit une nouvelle , dont il est vivement affecté, ou à la suite d’une terreur subite qui assoupit les sens : c’est ainsi qu’un grand mal de dents cesse à la vue du dentiste, et reprend avec la même vivacité , lorsqu’il a disparu, parce qu’il n’a pas ôté le cause du mal.
- En un mot, il nous semble qu'on ne peut mieux comparer le perkinisme qu’au magnétisme animal, qui fit tant de bruit en France,il y quinze à vingt ans. Mesmerycomme Perkins, employait des verges de métal qu’il appelait conducteurs : il est vrai que ses doigts opéraient le même effet. Comme Perkins, il promenait ses conducteurs sur les parties affectées de douleurs, de tumeurs,de rhumatisme, etc. Comme Perkins, il procurait un soulagement très-prompt. Les partisans du perkinisme objecteront sans doute que Mesmer et ses adeptes occasionaient, chez les malades qu’ils magnétisaient,des accidens convulsifs de divers genres , un sommeil léthargique , un état de
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- somnanbulisme, et que les aiguilles de Perhins He produisent rien desemblable. Soit : mais qui répondra, ( l’auteur même de l'ouvrage que nous analysons, n’en doute pas ) qui répondra que Perkins ne produira pas, quand il voudra, les mêmes effets? Il suffira de les désirer, d’y attacher de l’importance, et surtout* lorsqu’on sera parvenu à obtenir quelque succès de cette nature, d’en rendre témoins un grand nombre de personnes malades ou bien portantes. L’imagination exaltée fera le reste.
- On a vu plus haut combien le traitement du perkinisme avait acquis de célébrité dans le monde , sur-tout en Angleterre 5 il parait qu’il a pris une telle faveur, dans quelques parties de ce royaume , qu'il a mérité l’attention des gens de l’art, en état de le juger. Le docteur Haygarts, connu autant par sa philantropie, que par son zèle pour tout ce qui peut contribuer au bien de l’humanité, et par ses lumières et son esprit observateur, a publié à ce sujet un petit écrit in-8.° de 42 pages , dont nous croyons devoir insérer ici une notice, tirée en partie de la Bibliothèque germanique (1) : ce médecin dit que les tracteurs (2)
- (1) Tom. IV , n.° XXII, pag. 272.
- (2) Le mot tracteur, en anglais crac tors, est employé ici
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- ont acquis à Bath une si grand réputation, même parmi les personnes les plus distinguées, par. leur état et parleurs lumières, qu’ils méritent toute l’attention des médecins. Il proposa en conséquence au docteur Falconer, médecin de l’hôpital général de Bath, de préparer une paire de faux tracteurs , parfaitement semblables , en apparence , aux véritables tracteurs de Perkins, de faire ensuite des essais comparatifs des uns et des autres,sur les mêmes malades,en commençant toujours par les premiers et de tenir un registre exact des effets des uns et des autres.
- Le docteur approuva cette idée, et choisit sur-le-champ , dans son hôpital, cinq sujets atteints de rhumatisme chronique au pied , au genou, au poignet et à la hanche : l’un d’eux avait aussi quelques douleurs de goutte. Chez tous , les douleurs duraient depuis plusieurs mois, et chez quatre elles étaient accompagnées d’enflure.
- • On prépara deux tracteurs de bois, aussi res-semblans qu’il fut possible à ceux de métal, par la forme et par la couleur. Le 7 janvier ; 179g, on en fit l’essai en présence de plusieurs médecins et chirurgiens de l’hôpital. Quatre
- comme un terme technique,pour désigner les aiguilles métalliques de Perkins, qui semblent tirer le mal au dehors.
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- des malades déclarèrent qu’ils sentaient du soulagement , et trois parurent en éprouver un très-réel. L’un deux sentit de la chaleur dans son genou , et montra qu’il marchait plus facilement : un autre,après l’application de ces tracteurs , souffrit pendant neuf heures beaucoup moins qu’auparavant; mais ses douleurs revinrent sitôt qu’il fut dans son lit ; on avait promené les tracteurs de bois sur la peau, de manière à ne la toucher que le plus légèrement possible.
- Le lendemain, on employa les tracteurs de Perkiri'i y de la même manière et avec les mêmes effets : quatre malades parurent soulagés par leur application, et crurent sentir de la chaleur dans la partie sur laquelle on les promenait ; mais il n’y eut rien de plus marqué dans l’action de ces tracteurs , que dans celle des précédera.
- Yoilà des expériences qui prouvent bien évidemment les effets de l’imagination des malades. Si elles n’avaient été faites qu’avec les tracteurs métalliques,, elles auraient pu induire en erreur les médecins même , qui en étaient témoins : elles firent voir que les tracteurs de Perkins n’avaient pas plus d’efficacité que le premier morceau de bois , tombé sous la la main,qu’on emploie. Quand l’imagination des
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- malades est montée sur les effets merveilleux d’un remède quelconque , la réussite sera toujours proportionnée à l’enthousiasme qu’il aura su leur inspirer, et à la prévention qu’ils auront conçue.
- Les observations que nous venons de détailler , communiquées à M. Falconner par quelques médecins de Londres et d’autres villes , donnèrent lieu à de nouvelles expériences , et M. Smith envoya au docteur Haygarth un rapport détaillé de celles qu'il avait faites à l’hôpital de Bristol. Elles ne sont pas moins curieuses, par leurs résultats , que celles du docteur Falconer. Il faut observer que les malades n’ont pris aucun remède quelconque , pendant tout le temps qu’ils ont été soumis au traitement par le perkinisme.
- Dix malades ont été le sujet des expériences de M. Smith. Le premier avait une douleuràl’é-paule, qui lui ôtait tout-à-fait l’usage de sou bras. Il fut guéri totalement par l'application, d’abord d’un tracteur de plomb, ensuite de deux tracteurs de bois , puis de deux longs clous de fer recouverts de cire; la guérison fut telle, qu’à la fin du même mois, où elle avait été entreprise, le malade fut en état de porter du charbon de terre dans les salles de l’hôpital, et de rendre dans la maison différens services.
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- dont il était absolument incapable avant le traitement.
- Deuxième malade. — Il était atteint d’un rhumatisme chronique aux bras et aux jambes, qui depuis quatre mois l’avait mis hors d’état de marcher sans appui, et même de porter les alimens à sa bouche. Par l’emploi des mêmes moyens,son état s’améliora si rapidement, que bientôt il put se peigner, et qu’au bout de dix jours de traitement,il mit ses habits sans aide, et marcha sans aucun appui.
- Troisième malade. — Il était attaqué d'une paralysie des muscles fléchisseurs des deux mains. Au bout de quinze jours,il put fermer le poing de la main gauche ; mais l’amélioration de la main droite, qui fut plus lente, ne se soutint pas, et la main où elle était retomba dans le même état qu’auparavant.
- Quatrième malade. — Il avait depuis quatre ans des douleurs dans le bras droit , accompagnées de faiblesse ; l’application des tracteurs le !'t beaucoup sou£Frir:elle étenditmémele siège de la douleur, et en augmenta l’intensité si rapidement, qu’au bout de trois ou quatre minutes,le malade ne put l’endurer, et fut obligé de se mettre au lit, tout couvert de sueur. La mîme expérience, répétée.quatre jours après -, fut accompagnée des mêmes symptômes, qui
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- furent même plus forts; car lorsqu’on lui demanda,trois quarts d’heure après, comment il se sentait, il répondit qu’il souffrait davantage que lorsqu’àla suite'd’une fracture, on lui avait tiré de la jambe cinq fragmens d’os. On eut bien de la peine à lé déterminer à subir une troisième expérience : lesaccidens alors furent tels, quoique le malade fût resté dans son fit, qu’il fallût abandonner l’opération.Cependantil disait en avoir retiré un grand soulagement.
- Cinquième malade.—Une faiblesse de hanche et de vives douleurs de rhumatisme le tourmentaient. L’idée où il était qu’on avait enfin trouvé un remède à ses maux, contribua principalement à sa guérison , quoique d’abord les tracteurs eussent, augmenté ses douleurs. Il alla un jour se plaindre à M. Smith d’une douleur pulsative très-violente au front, et le pria de la tirer au dehors. M. Smith promena doucement ses tracteurs de bois, pendant une minute et demie sur la partie malade : la douleur s’appaisa, et bientôt le malade se leva de dessus sa chaise , en s’écriant : Dieu vous bénisse , Monsieur , je ne souffre plus. Quelque temps après , il eut un retour de cet accident, qui même affecta beaucoup sa vue; il fut,dit-on, guéri aussi facilement que la première fois.
- Sixième malade. — Il avait une inconli-
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- nence d’urine, et il étaitfrappé de l’idée que sa maladie était.incurable;, après avoir été traité pendant quelqüe temps avec les tracteurs des bois et de clous garnis de cire, il se trouva , si non complètement guéri , au moins considérablement soulagé.
- Septième malade. — Un rhumatisme chronique des extrémités supérieures et inférieures avait résisté à tous les remèdes qu’on avait administrés,et le malade ne pouvait marcher qu’avec des béquilles et en souffrant beaucoup ; on se servit cette fois de tracteurs faits avec des os. Lorsqu’il sortit de l’hôpital, qu’il fut obligé quitter, il y avait une grande amélioration dans l’état des extrémités inférieures , et les supérieures avaient aussi beaucoup gagné. Il fit beaucoup de questions sur les instrumens qu’on avait employés, et convaincu que leur usage long-tems continué le guérirait complètement, il désira savoir si l’on pouvait en acheter à moins de cinq guinées, ce qui était le prix des tractures de Perkins. M. Smith aurait bien sacrifié ceux dont il s’était servi : le malade se flattait ou qu’on lui en ferait présent, ou qn’on les lui prêterait : mais M. Smith craignant qu’on ne découvrît le secret de ses tracteurs, bien différens de ceux de Perkins, aima mieux retenir ce malade comme
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- externe, afin de continuer le même traitement ; il ne dit pas quel en fut le résultat.
- Huitième malade. — Il avait presqu’entiè-rement perdu l’usage de la jambe droite ; il se plaignait surtout d’une vive douleur au-dessous de la rotule. Au premier essai des tracteurs, il dit que l’instrnment lui coupait la peau : à la seconde épreuve , la douleur descendit dans la jambe. Malheureusement elle retourna dans la soirée à son premier siège , et s’y fit sentir avec violence. Le malade a rejetté dès lors les tracteurs, qu’il disait l’avoir horriblement tourmenté , et il ne fut plus possible de l’engager à faire un nouvel essai. La réputation de mes instrument , dit à ce sujet M. Smith , souffrit un peu de ce premier échec. Cet homme les avait, ajoute-il, autant en exécration, qu’ils étaient adorés par les autres malades.
- Neuvième malade. — C’était une fille , qui avait une douleur à l’épaule , avec apparence d’anchylose ; tout l’effet des tracteurs fut de dissiper la douleur, sans remédier en rien au défaut de mouvement de l’articulation.
- Dixième malade. — Il se plaignoit de beaucoup de roideur dans l’épaule } accompagnée quelquefois de douleur. M. Smith opéra sur lui avec des morceaux d’ardoise, taillés en forme de crayon. Au bout de quelques minutes,
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- cet homme fut saisi d’un tremblement de la partie affectée , qui fut tel, et d’un frisson si violent, qu’on regarda comme prudent de suspendre l’opération. Le jour suivant, M. Smith voulut recommencer, mais le malade s’y refusa absolument , en disant que son bras allait tout-à-fait bien : comme, en parlant ainsi, sa physionomie exprimait la crainte, tous les assistans furent persuadés que l’apréhension d’être encore une fois tourmenté , comme il l’avait été dans la première expérience, lui faisait remuer le bras aussi facilement qu’il le faisait alors. Si ces effets, comme ceux chez le quatrième malade, avaient suivi l’application des tracteurs de Perkins, on n’eut pas manqué de les attribuer à l’influence mystérieuse de quelque combinaison de métaux.
- M. Haygarbh prétend que ces observations, ainsi que celles faites à l’hôpital de Bath, confirment ce que des hommes d’un talent supérieur ont dit de l’influence des passions sur les maladies d u corps , et agrandissent même le cercle de nos connaissances à cet égard. Parmi les cas rapportés par M. Smith, le quatrième, le huitième et le dixième , quoique moins favorables à la réputation des tracteurs, ne sont pas moins instructifs que les autres : ils prouvent que l’imagination peut
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- aussi bien causer les maux du corps que les guérir. Ils confirment une maxime, bien importante en médecine , c’est qu’il est essentiel au médecin d’inspirer à son malade, par tous les moyens qui sont en son pouvoir, la plus grande confiance dans les remèdes qu’il prescrit, et qu’il vaut mieux en employer de plus faibles, que d’insister sur les plus actifs , si quelque préjugé du malade, la prévention ou l’antipalbie lui en font redouter l’usage. C’est d’après ce principe, qu’on peut, selon M. Haygarth, expliquer les guérisons surprenantes qu’on attribue si souvent à des remèdes empyriques : c’est encore d’après ce principe qu’il prétend qu’on peut juger de l’avantage d’unegrande réputation médicale.ll selivre à ce sujet à des réflexions ; il cite des anecdotes, qui seraient ici déplacées. Il ajoute l’exposé historique d’une maladie convulsive épidémique, qui s’est manifestée en 1796 dans l’île d’Anglesey, et dont la connaissance lui sert à confirmer ce qu’il a dit précédemment, au sujet de l’influence des affections de l’aine sur celles du corps.
- La conclusion, en dernière analyse , à tirer de tous les faits rapportés dans ce chapitre , de tous les raisonnemens , de toutes les hypothèses auxquelles ils ont pu avoir donné
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- lieu , c’est que le perkinisme est semblable au mesmérisme ; c’est que, comme lui, il n’est fondé que sur les prestiges d’une imagination frappée; c’est qu’il n’a qu’un rapport très-indirect avec le galvanisme, c’est qu’enfin son application , et ses effets, dans la cure des maladies, sont connus et peuvent être appréciées à leur juste valeur, tandis que ceux qu’opère le galvanisme, employé par des mains habiles et par des gens instruits et non prévenus , font encore actuellement espérer des succès, trop lents, sans doute , à se déclarer, mais qui dépe ndront toujours du savoir , des recherches et des travaux des plus habiles médecins et physiciens de l’Europe, si, comme ils ont fait jusqu’à présent, ils s’occupent avec un zèle désintéressé et avec la plus grande activité, de tout ce qui peut rendre le galvanisme utile, et le faire contribuer à la guérison des maladies.
- N. B. En donnant, vers la fin de ce volume , p. 216 , l’extrait de ce qu’a écrit sur le galvanisme M. Æibert, dans ses nouveaux élé-mens de thérapeutique et de matière médicale , j’ai dit qu’il avait aussi fait l’histoire du perkinisme. Je dois ajouter ici, d’après ce savant médecin, i,9, que le docteur Perkins a été
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- gratifié par son gouvernement d’un privilège, en vertu duquel il peut seul vendre, pendant 14 ans, les instrumens qu’il a inventés ; 2.0 qu’il continue quelquefois ses opérations, jusqu’à Ce que le système dermoïque soit affecté d’une légère phlogose ; 3.0 que pour retirer du perki-nisme tous les avantages qu’il promet, il ne faut point opérer pendant la durée de la digestion alimentaire, ni dans le temps de la menstruation, etc. ; 4.0 que quant à l’action ou la manière dont le perkinisme agit, les uns l’expliquent par les correspondances sympathiques de la peau , avec les autres systèmes de l’économie animale, et envisagent ce mécanisme comme entièrement analogue à celui des frictions , que les autres comparent les aiguilles à des conducteurs électriques, que d’autres enfin rapportent les effets qu’elles manifestent dans le traitement des maladies , au pouvoir de l’imagination exaltée , comme nous l’avons déjà remarqué, et trouvent une analogie entre ce mode de curation et celui de l’enthousiaste Mesmer.
- Concluons de nouveau avec M. Alibert, que peut-être le parti le plus sage à prendre, sur ce qui regarde le perkinisme, est de beaucoup attribuer à la fois à l’influence morale et à l’influence physique, que ce sujet est encore trop
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- nouveau et que tous les soupçons ne seront éclaircis qu’à l’aide d’un examen ultérieur, auquel , sans doute procéderont, dit M. Alibert, des hommes sages et inaccessibles à des erreurs, qui ne s’accréditent que par le merveilleux dont elles éblouissent les esprits faibles et cré-
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- TABLE
- ALPHABÉTIQUE ET RAISONNÉE
- Des Auteurs et des Matières pour les troisième et quatrième Parties de PHistoire du Galvanisme.
- I.'~ TABLE, CELLE DES AUTEURS. (*)
- A.
- Académie de Turin; prix qu’elle a proposé sur le fluide électrique et sur le galvanisme, III, pag. 98.
- * Aldini (J.) Extrait des expériences galvaniques qu’il a faites à Londres sur un pendu, dans l’intention de découvrir un moyen propre à rappeler les asphixiés à la vie, III, 241. Médaille d’or que lui ont offerte les chirurgiens et les élèves de l’hôpital de Gay, idem. Expériences tendantes à prouver qu’il s’opère, par le contact des nerfs et' des muscles, une action analogue à celle qui a lieu au contact des substances minérales, IV, idem. Expériences sur la nature du fluide nerveux, et sur l’action du galvanisme ; 44-
- (*) Cette étoile désigne les auteurs dont il est déjà parlé dans les deux premières Parties, et qui sont cités dans la table qui
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- TABLE DES AUTEURS. 3a i
- Extrait de son commentaire sur un Mémoire de Gal-•vani, qui a pour titre : Des forces de l’électricité dans le mouvement musculaire, i3y. Extrait de son ouvrage intitulé : Essais théorique et expérimental sur le galvanisme, etc., 166. Lettre relative à l’application du galvanisme sur les animaux à sang chaux, sans l’intervention des métaux, 27g.
- * Alibert, extrait, pour le galvanisme, de ses Nouveaux Elémens de thérapeutique et de matière médicale, IV,2 » 6. 11 s’est surtout attaché à examiner les effets du galvanisme, du côté de son application à la médecine, 318, Extrait de ce qu’il a écrit sur le perkinisme, 319.
- Alizeau (M-), rapport sur l’appareil galvanique qu’il a inventé, IV. 1.
- Anglade (Joseph-Guillaume), essais sur .le galvanisme, appliqué à la pathologie, III , 73. Maladies dans lesquelles il a employé le galvanisme, IV, 76.
- Anselmi (Gabriel) , rapport sur ses expériences relatives à la puissance de l’électricité ordinaire et du galvanisme, III, ï 53. Effets du galvanisme sur les animaux noyés, 252.
- Baruel (Etienne) , note extraite sur l’irritabilité du programme de son cours de physique, IV, 2o5.
- Barzelotti (M.), application du galvanisme, sans succès, dans l’hydrophobie, III, 28.
- Baumes ; (M.), résumé historique sur le galvanisme, qu’il a inséré dans lè Journal de médecine de Montpellier, IV, 308.
- Beccaria, examen qu’il a fait de la- vitesse du fluide électrique, III ,174.
- Bennet, théorie de son doubleur d’électricité, IV, 73.
- JBerzelius, expériences galvaniques, IV, 76.
- X
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- Saa TABLE DES AUTEURS.
- Bibliothèque médicale , Journal, extrait pour le galvanisme, IV, pag. 206.
- Bienvenu, moyens qu’il a imaginés pour produire du feu par la seule compression de l’air, IV, i5o.
- * Biot, extrait de son rapport, fait à l’Institut, au sujet des prix proposés par l’Empereur, sur le galvanisme, III, 96. Influence de l’oxidation sur les effets de la colonne électrique de Volta, 347- Rapport sur l’appareil galvanique deM. Alizeau, IV, 1. Notice sur l’état actuel des connaissances relatives au galvanisme, IV, 1A1 -Moyen de produire de l’eau par la seule compression de l’air, 15o.
- Bischoff ( H. Erm. ), de usu galvanismi in arte medicâ, et speciatim in membris paralyticis, extrait, III, 67.
- * Bonaparte (S. M. l’Empereur), expériences électrogalvaniques qu’il a proposées à l’Institut, IV, 35.
- * Bourguet, rapport sur des expériences d’électricité galvanique fortifiée, IV, 25.
- Bouvier, de Jodoïnge, lettre sur la substitution de la pile de Volta au briquet physique, III, 3o5. Expérience sur le remplacement des corps humides par une couche mince d’air, dans la pile de Volta, 3o6. Expériences galvaniques avec la glace , 344.
- * Brugnatellï ( M. ), Lettre sur des expériences qu’on prétend être contraires à l’identité des fluides électrique et galvanique , III , 199. Expériences et observations relatives à l’action de la pile sur diverses humeurs animales, '331. Conversion des rondelles de drap, imprégnées d’eau salée , par l’action de la pile, au savon salé, 332. Sur la non existence* de la pile à charger, 334-Notes particulières sur le galvanisme , IV, 34. Cons-
- * truction d’une grande pile à chaudron, 36,
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- TABLE DES AUTEURS. Z2S
- Buniva (Michel), Expériences qui prouvent que l’aimant exerce une influence très-marquée sur les corps, IV, 23o.
- C.
- Cabanis (M.), extrait pour le galvanisme de son ouvrage intitulé : Rapp ort du physique et du moral de L’homme IV, 209.
- Cadet ( Ch. Louis ), extrait de son Dictionnaire de chimie, pour le galvanisme, IV , 204.
- Cajetan, (Gandolfi), expériences sur lafibrine du sang,faites à Boulogne, avec M. Michel Medici, III, 280.
- Caréna ( Hyacinthe), expériences relatives à l’examen des deux principes théories de l’électro-moteur de Volta , III, 212. Son appareil, 218.
- Careno (Louis), ce qu’il dit des expériences galvaniques sur les sourds-muets, III, 80.
- Carpne (M.), détail des expériences qu’il a faites à Londres sur un pendu, avec un appareil galvanique, III, 248.
- Carradori, Expériences galvaniques pour démontrer que la décomposition de l’eau, au moyen de la pile de Volta, n’est pas prouvée, IV, 97.
- Cassius, précis succinct des principaux phénomènes du galvanisme, IV, i35.
- Catsberg (M.), Mémoire sur les effets du galvanisme appliqué aux sourds-muets, IV, 264.
- Cavallo (Tiberius), extrait, pour le galvanisme , de ses élémens de philosophie naturelle, ou physique expérimentale, IV, 194.
- Circaud (M.), recherches sur la contraction de la fibrine du sang, par l’action galvanique, III, 272. Autres détails du même, sur le même sujet, 274.
- * Crève (M.), extrait de sa dissertation latine : de galva-nismi usu in proxi medicâ, III, pag. 36. Expériences X 2
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- 3.2/* TABLE DES AUTEURS.
- qu’il a faites sur lui-même,. et résultats, 37. Détails de ses travaux sur le galvanisme , 44.
- Crickton (Alexandre),'fragment sur le principe de l’irritabilité, et de ses lois, II! , i3a.
- Curtet ( M. ) , Lettre sur quelques nouveaux phénomènes galvaniques, III, 376. Remarques sur le charbon qui ' entre dans la composition des piles , 377.
- Cuthbertson (M.), description et usage d’un condensateur d'électricité, et explication du mode d’agir du fluide électrique, dans l’appareil de Volta, 345.
- D.
- • Davy (M.), sur l’éleetricité animale développée par le contact de diverses substances, III, 137. Construction d'une pile galvanique avec du charbon et divers fluides , 3aS. Expériences relatives à l’action de l’électricité galvanique , sur la production de la chaleur , et aux chan-
- • gemens qu’elle occasionne dans différons fluides, IV, 63.
- * De la Méthérie (M.), extrait de son discours sur l’irritabilité et sur l’excitabilité , III, 121. Des causes de
- . l’irritabilité et de l’excitabilité dans les végétaux, 126. Expériences galvaniques sur l’irritabilité de la fibrine
- • et de la décoloration du sang, 278.
- Delfini ( M. V. M. ), heureux succès obtenu avec la pile -de Volta, dans une paralysie des extrémités du cûté gauche, III, 89.
- Démolie (M.), application du galvanisme à la surdité , et - à la rétention des menstrues, III, 85.
- * Desmortiers ( M. le Bouvyer ) , expériences galvaniques sué une fille impotente, et privée de la plupart de ses -sens, III, 71.
- * Desormes, mémoire destiné à servir à l’histoire de cette -partie de l’électrieité qu’on nomme galvanisme, IV, 72. • Détail sur le doubler d’électricité, 73,
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- X A B L E D E S' A U ï È Ü R S. fcTô
- D’Hombres (M.) , idiotisme guéri par le galvanisme, III, 64.
- Double ( F. J. ), de l’influence galvanique sur lç. sang.,,
- ' IH, • '28.7.
- Doussin-Dubreuil, extrait de son rapport survies ejtpé-
- • riences galvaniques, faites sur des .aveugles û la maison des Quinze-Vingts , 61.
- Dumenil ( M. ) , ce qu’il pense dçs expériences faites à Mayence sur le? yeux des cadavres, et sur ceux d’animaux, IIï , 267, note.
- Bumoirtier (M.) , ingénieur en instrumens de mathéma-
- tiques, rue du Jardinet,faubourg Saint-Germain, cons-
- • truit-le doubleur d’électricité, IV, 75.
- DyckholfF ( M. ) , expériences sur l’activité d’une pile de
- • Volta, dans laquelle lefc -corps -humides sont remplacés
- . par des couches minces d’air, ïîl, '3o3>
- . £•
- Erdmànn (M. J. |E- ), description d’un nouvel .appareil galvanique très-actif, IV, 27.
- Eschke^ Ern est-Adolphe ), expçpences^vaniques sur les sourds-muets, III , 53. Manière d,ont elles ont été - faites, 54.
- F.
- Ferry (M.), Sur son Mémoire relatif au danger et à l’iiti-moralité de soumettre les cadavres aux expériences galvaniques, IV, 191.
- • Fourcroy (M.), extrait de ce qu’il a dit sur les phénomènes chimiques qui ont Heu dans l’irritabilité, III, j 13. Extrait de son Mémoire sur la nature de la fibçe musculaire, .et sur le siège de l’irritabilité, .118. - - - ,
- a* Fowler (M.), ses expériences pour prçuyer Eempire du fluide galvanique sur les artères, III, 287..
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- ZiS TABLE DES AUTEURS.
- G.
- Gahn (M.), changement qu’il a faits à la batterie galvanique de M. Oerstaed, IV, 20.
- * Galvani, commentaire d’Aldini sur son Mémoire des forces de l’électricité sur le mouv.ement musculaire, IV, j37.
- * Gautherot, extrait de ses recherches sur les causes qui développent l'électricité dans les appareils galvaniques , III, 141. Justes regrets exprimés par M. Nauche, sur la mort de ce célèbre physicien, i45. Ses expériences contre l’identité des fluides électrique et galvanique, 190.
- Geiger (Charles-Frédéric), extrait de sa dissertation sur le galvanisme, et sur.son application en médécine, III, 5. Comment il considère les effets des pôles, 6.
- Gérard, (F.) Méthode de déterminer la différente capacité des métaux a accumuler le fluide électrique, III, 201.
- Giobert (M.), invention d’une pile de charge, ou batterie galvanique, et isolement des fonctions de la pile, III,34°, Son travail sur l’électricité galvanique, 547.
- Giulio (M.), Effets du fluide galvanique, appliqué à différentes plantes, III, 100. Rapport sur la puissance stimulante de l’électricité ordinaire et du galvanisme , i53. Expériences galvaniques faites sur trois hommes déca-
- Gmelin (M.) , effets chimiques de la colonne métallique, III, 348. Son éloge, 35o.
- Godinc, jeune, (M.), expériences galvaniques sur un noyé,
- iit, 6a.
- Gœttliug (M.), ce qu’il dit des expériences galvaniques de M. Schaub, III. 352.
- * Grapengiesser ( C. L. C. ) , résumé de sa doctrine , et
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- TABLE DES AUTEURS. 327 des succès qu’il a obtenus par l’application du galvanisme dans les maladies, III, 2. 4. Différence d’action qu’il établit entre les fluides galvanique et électrique, 3.
- Graperon (M.), sur un nouveau galvanomètre, IV, 84. Notice sur quelques faits galvaniques, 87. Expérience, galvanique, particulière. Réflexions, 90.
- Grimm(M.), mélanges d’observations galvaniques, 111,378.
- H.
- * Hachette, mémoire destiné’ à servir à l'histoire de cette partie de l’électricité, qu’on nomme galvanisme,IV, 72. Détails sur le doubleur d’électricité, 75.
- * Hallé , extrait de son rapport sur la "dissertation de M. Crève, intitulée: de galvanismi usit inpraxi medicâ,
- III, 36. Son opinion au sujet de l’application du galvanisme , pour distinguer la mort réelle de celle apparente, 44. Il est l’auteur de l’extrait de la lettre italienne du docteur Pacchiani, sur les élémens constituans de l’acide muriatique, 282.
- Hauff(le docteur), pile particulière qu’il a construite,
- IV, 3.
- Haüy (R. J.), extrait pour le galvanisme de son Traité élémentaire de physique , IV, 192.
- Hcidmann (M. J. A.), observations physico-électriques, IV, 11.
- Hisenger, expériences galvaniques, IV, 76.
- Hun ter (Jean), Observations sur ses expériences, pour établir la vitalité du sang, III, 291-.
- Husson (M.), traducteur de la lettre dé M-! Aldini, sur l’application du galvanisme, chez les animaux à sang chaud, sans l’intervention des métaux, III, 279.
- Huth (M.) , expériences et observations sur l’électricité galvanique; distance à laquelle la pile exerce son action, III, 328.
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- 3a8 TABLE D E S? AUTEURS;
- h
- Isarn (M.). Lettre sur l'effet galvanique des disques métalliques oxidésIII, 36o. Lettre anonyme deM. Lagrave, i. Extrait de son ouvrage, intitulé ; Manuel dugai-
- • vanisme, IV, 197.
- J.
- Jacobson. Ce qu’il dit sur les aiguilles qu’on emploie dans le perkinisme, IV, 296,
- Journal du galvanisme; son établissement, parM. Nauche» IV, 114.
- * Journal général de littérature étrangère. Plusieurs extraits sur le galvanisme, IV, 234.
- Julio. Ce qu’il dit des principes de l’irritabilité, III, i3r. Expériences qu’il a faites avec M. Rossi pour découvrir si • le fluide galvanique se charge de miasmes putrides, et
- ' s’il les entraîne avec lui, 185.
- L.
- Lagrave ( M. ). Détail de ses expériences galvaniques sut des aveugles, III, 58. Expériences tendantes à prouver que les lois du galvanisme semblent différer de celles de l’électricité, i4f>. Expériences galvaniques tendantes à prouver qu’ily a dans l’économie animale deux fluides, l’un positif, et l’autre négatif, qui paraissent produire dans leur ensemble l’agent de la vitalité, 167.
- Expériences du même tendantes à prouver que les fluides galvanique et électrique, transmis par l’eau , se communiquent, comme le son, par l’air atmosphérique, 170. Expériences sur le galvanisme de la pile de Volta plongée dans l’eau, 3og. Expériences sur l’oxide qui se forme sur la surface des disques métalliques de lu pile, etc.,
- . ,37.x, 376.
- Lando. Mémoire second sur le galvanisme, IV., 126. .
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- TABLE DES AUTEURS. 329.
- Larcher-Daubancourt. Observations chimiques sur différons liquides .animaux soumis à l’action galvanique, III, 335,, Précis succinct des principaux phénomènes du galvanisme, IV, i35.
- Légallois ( M. ). Résumé succinct sur le galvanisme, extrait, IV, 122.
- M.
- Mathieu {M.). Mémoire sur le galvanisme, IV, 120.
- Médecins de Mayence. Expériences qu’ils ont faites dans cette ville sur des décapités et sur des animaux, pour connaître les effets i.° de l’électricité et leur différence avec ceux du galvanisme; 2.0 du galvanisme lui-môme; 3.° les altérations qu’il fait éprouver au cristallin, III, 254, 2S6, 262. Résultats, 266. Autres expériences très - curieuses qu’ils ont faites pour déterminer si, quelque temps après la décapitation, le sentiment du moi existe encore, 269.
- Médici (Michel). Expériences sur la fribrine du sang, faites à Boulogne avec M. Gandolfi, III, 280.
- Mcnuret (H.) Extrait pour le galvanisme de son histoire médico-typographique de Paris, IV, 222.
- Mojon ( M. Benoist). Réflexions sur la théorie des secrétions, développées au moyen de l’électricité animale, III, 149.
- Mongiardini ( M. ). De l’application du galvanisme à la. médecine , 111,29. Différentes remarques à ce sujet, qu'il a faites, 3o, 3i. Selon lui, les effets du galvanisme sur l’animal sont à peu près les mêmes que ceux de l’électricité, 33. Mémoire second sur le galvanisme, IV, 126.
- Monteclara ( Carblus Mezzera). Tkeses de electricilate ani-mali et de galvanismo, IV, 118.
- Moreau ( de la-Sarthe). Détail de quelques expériences galvaniques, et partage historique du galvanisme en quatre époques, IV, 35.
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- 33o TABLE DES AUTEURS.
- N.
- Tfauche ( M. ). De l’application du galvanisme à la rétention d’urine, suite de la paralysie de la vessie, III, 4&. Détail de ses expériences galvaniques sur des aveugles , 58. Faits d’application du galvanisme au traitement des maladies, 83. Justes regrets qu’il a exprimés sur la mort du physicien Gautherot, i45. Effets chimiques de la pile sur l’air atmosphérique, et de la non transmission de» effets de la pile dans le vide, 338. Journal du galva-
- nisme qu’il a rédigé, IV, 114.
- * Nicholson (M.). Observations sur la théorie de Volta,
- . III, 295. Théorie de son ouvrage sur l’électricité, IV, 73.
- Nysten ( M. ) Expériences galvaniques sur les muscles de l’homme et des animaux à sang rouge, par lesquelles il prouve que le cœur est celui qui conserve le plus longtemps l’irritabilité galvanique, III, 232. Ces expérience» ont été faites sur des décapités.
- . O.
- Oerstaed ( M. ). Description d’une batterie galvanique sans pile, IV, 18. Expériences qu’il a faites dernièrement avec M. Van Marum, et avec les nouveaux appareils galvaniques de M. Ritter, 21. Communication de la suite des expériences de M. Ritter sur les phénomènes galvaniques, 49.
- P.
- Pacchiani (le docteur). Lettre sur la découverte des élé-mcns constituans d’un acide qui, jusqu’à ce jour, a résisté aux analyses chimiques, l’acide muriatique, IV, 282.
- Pagès ( M. ). Idiotisme accidentel guéri par le galvanisme,
- III, 64.
- Perkins ( le docteur). Invention du moyen ctiratif qui a reçu son nom; et extrait de son ouvrage, IV, 289.
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- TABLE DES AUTEURS. 33i
- * Pfaff ( M. ). Rapport de ses expériences, qui confirment l’identité des fluides électrique et galvanique, III, 196. Expériences pour prouver que le sang doit se trouver à une place plus élevée que celle que lui a indiquée Hum-boldt dans sa table, *89. Expériences sur la pile électrique, 372. Recherches sur la cause de la plus grande efficacité des larges plaques dans la fusion et l’oxidation des métaux, 374.
- * ^epys (le jeune). Description de son grand appareil galvanique, IV, 12. Expériences faites sur cet appareil, et effets, 16.
- Pétetin (J. H.D.). Théorie du galvanisme, et ses rapports avec le nouveau mécanisme de l’électricité. Extrait. IV » l38.
- Plucquet. Extrait pour le galvanisme de son ouvrage intitulé: Bibliothecamedica, practicaet chirurgica, IV, 261.
- Ponton d’Amecourt. Exposé du galvanisme. Extrait. IV » 15 j .
- R.
- Rëad ( M. ). Conservateur d’électricité qu’il a inventé; son usage, III, 346.
- Reil. Électricité galvanique développée par la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique, IV, 26.
- * Reinhold ( M. ). Extrait de la traduction allemande qu’il a faite de l’histoire du galvanisme de M. Sue, IV. 223.
- Reumont,( M. ). Il dit avoir guéri en quinze séances un ouvrier, dont la main droite était complètement paralysée , III, 57.
- Reuss ( M. ). Expériences faites à Stutgard sur les aveugles et les sourds-muets, III, 81.
- * Ritter. Description de la pile à charger qu’il a in ventée , III, 342. Ses découvertes à ce sujet, 345, 346. Expériences faites avec ses nouveaux appareils galvaniques ,
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- -33ï TAîil DES AUTEURS:
- IV, 2i.' Expériences et observations sur l’électricité galvanique; etdivers résultats d’expériences galvaniques, 45. Suite de ces expériences, 49. Matériaux pour la connaissance de l’action chimique du galvanisme, 52. Extrait de son mémoire sur le galvanisme, 54-* Rossi ( M. ). Extrait de son mémoire sur l’application du galvanisme dans quelques maladies, III, 18. Sa manière particulière de galvaniser, 2.1. Ses observations - sur l’usagé du galvanisme dans l’hydrophobie, 27. Expériences de MM. Julio et Rossi, pour découvrir si le fluide galvanique se charge de miasmes putrides et les entraîne avec lui, 185. Expériences chimiques faites sur trois hommes décapités ,.2 22. Résultats des expériences qu'il a faites pour comparer ceux qu’on obtient par des stimuians mécaniques, avec ceux que produit lô . fluide de l’éiectro-tnoteur de Voila, 229.
- Ro.uchcr (M.). Vers extraits de son poème des Mois, sur la sensibilité de la plante sensitive, IV, 167. Note. • Roucher de Ratte. Mélanges de physiologie, de physique et de chimie •:-extrait pour ce qui regarde le galvanisme IV, 15a. \
- S.
- Sain tôt ( M. -dé Précis succinct des principaux phénomènes du -galvanisme, IV, 135.
- Sauveur dal Negro. De l’électricitéhydro-métallique ; extrait de cet ouvrage , ÎIT, 16-1.
- Schaub. Observations sur l’efficacité du galvanisme dans les surdités complètes chez les sourds-muets, et son appareil : extrait, III, 42. Expériences galvaniques sur différentes piles, 35?. •
- Sigaud de la Fond. Extrait sur le galvanisme de son ouvrage , iqfltulé : De l’Electricité médicale , IV, 214. -
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- TABLE DES AUTEURS: 333
- * . Simon (M. P. S. ). Expériences galvaniques pour déterminer les quantités d’oxigène et d’hydrogène qui se dé-
- * gagent dans la décomposition de l’eau, IV, 94.
- Société médicale séante à Tours; séance publique du 1."
- . fructidor an XI. Expériences tentées sur les animaux tant à sang chaud qu’à sang froid ; IV, 61.
- Société galvanique. Résultats des expériences de sa commission sur des aveugles de la maison des Quinze-Vingts,
- ; III, 60. Établissement delà Société galvanique, et ses travaux, IV, 113.
- Sue ( P. ). Extrait de son rapport sur la dissertation de M- Crève, qui a pour titre : de Galvanismi usu inpraxi me die à, III, 36. Son opinion sur l’application du galvanisme pour distinguer la mort réelle de celle apparente, 44. §ur le reproche mal fondé qui lui est fait par M Giu-
- T.
- Taed (M.). Douleur des hanches qu’il a guérie sur lui-même avec une ceinture galvanique, III, 55.
- * Thillaye fils. Extrait de son essai sur l’emploi médical de l’électricité et du galvanisme, III, 14. Note sur l’appareil de M. Alizeau, IV, 10.
- * Tilloch (M.). Phénomènes qu’il a obtenus par le moyen d’un appareil électro-moteur, III, 221.
- * Toûrdes (M.). Sa découverte sur la susceptibilité galvanique de la fibrine du sang, III, 271.
- * Van Marum. Expériences sur la pile électrique, III, 372. Recherches sur la cause de la plus grande efficacité des larges plaques dans la fusion et l’oxidation des métaux, 374. Expériences qu’il a faites de concert avec M. Oers-taedavec les nouveaux appareils de M. Ritter, IV, ai.
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- 334 TABLE DES AUTEURS.
- Lettre sur la décomposition de l’eau avec l’appareil ordinaire, g5.
- * Van Mons ( J. B. ). Extrait de son mémoire sur l’électricité animale et sur le galvanisme, III, 133. Sur l’identité des deux fluides électrique et galvanique, 202. Extrait d’une lettre sur des expériences galvaniques particulières, IV, 24. Extrait d’une lettre sur la décomposition de l’eau par la pile, 92.
- Varnier (M. ). Extrait de son mémoire sur l’irritabilité des poumons, III, ni.
- * Vassalli-Eandi. Extrait de son rapport sur l’action du galvanisme, et son application à l’art de guérir, III, 8. Sa lettre sur l’électricité animale, i58. Scs expériences sur différens fluides, 160. Sur la vitesse du fluide galvanique, 173. Recherches sur la nature du fluide galvanique, 177. Expériences et observations sur le fluide de l’électro - moteur de Volta, so5. Expériences galvaniques faites surtrois hommes décapités, 222. Expériences galvaniques faites aux écoles spéciales de Turin, IV, 57.
- Veau-Delaunay. Mémoire sur le galvanisme, IV, 62.
- Virey (M. ). Sa remarque sur les accidens épileptiques, auxquels sont sujets les oiseaux, et surtout les perroquets qui perchent sur un moreeau de fer, III, 83.
- Voigt (M.). Construction nouvelle et commode de la pile, ou colonne électrique de Volta, 111,299. Son expérience sur la susceptibilité des corps organisés, pour éprouver la commotion galvanique, 3oo.
- * Volta. Les deux extrémités de sa pile agissent différemment, et même d’une manière opposée: faits qui le prouvent, III, 78. Lettre sur l’identité du fluide électrique avec le prétendu fluide galvanique, 192. Sur son électro - moteur , 2o5 , 212. Différentes pièces relatives à sa pile, à sa colonne électrique, et aux effets
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- TABLE DES AUTEURS. 335 qu’elle peut produire, et observations sur sa théorie, par M. Nicholson, 2g5. Description abrégée de sa pile électrique, 297'. Construction nouvelle et commode de la même pile, par M. Voigt, 299. Activité d’une pile de Volta, dans laquelle les corps humides étaient remplacés par des couches minces d’air, 3o3. Ses expériences en présence de S. M. l’empereur, alors Premier Consul, IV, 35.
- W-
- "VValther ( M. ). De l’indication thérapeutique et manuelle des opérations galvaniques : extrait, III, 78.
- Westring ( M. J. P. ). Application du galvanisme par le moyen des brosses métalliques, III, 69.
- yVies (M.). Thèse sur le galvanisme et sur son rapport avec la médecine, IV, 119.
- "VVinclier ( M. ). Observations sur l’emploi du galvanisme dans les surdités complètes, et appareil très-simple : extrait, III, 49.
- *\Vollaston ( le docteur). Expériences sur la dépendance des phénomènes électriques du travail chimique de la pile, III, 320. Productions des différens phénomènes galvaniques par l’électricité ordinaire, IV, 41-
- "VVurzer (M.). Activité de la pile considérablement accrue par l’interposition de l’acide nitrique affaibl’, III, 329. Nouveaux phénomènes de l’électricité galvanique, IV,.
- 39.
- Z.
- Zanetli. Observations chimiques sur différens liquides d’ani-inaux soumis à l’action galvanique, III, 335.
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- IIe. TABLE,
- CELLE DES MATIERES.
- Acide muriatique, lettre de M. Pacchiani, sur les élé-mens constituans cet acide, VI, page 282.
- Acide nitrique, activité de la pile considérablement accrue par son interposition , III, 329. Idem, IV, 65.
- * Acide sulfurique, électricité galvanique développée par la dissolution du zing dans l’acide sulfurique, IV, 26.
- Aimant, décomposition de l’eau par l’influence de l’aimant, IV, 96. Il exerce une influence marquée sur les corps, 23o.
- * Air, moyens de produire du feu par la seule compression •del’air. Productiondel’eauparleimcmemoyen, IV, 5o.
- Amaurose (P), application du galvanisme dans cette maladie, III, 6,7,4o.
- Aphonie, succès obtenus dans l’aphonie par le galvanisme, III, 3.
- * Appareilles galvaniques, pourquoi sont-ils préférés à ceux électriques? III, 45- Recherches sur les causes qui développent l’électricité dans les appareils galvaniques par Gautherot, 141. Appareil particulier décrit par Caréna, 218. Explication du mode d’agir du fluide électrique dans l’appareil de Volta, 345. Appareils particuliers relatifs au galvanisme, i.° appareil de M. Alizeau, IV, 1. En quoi il consiste, 4. Appareils auxquels il a été soumis, 5.
- , • Effets
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- DES MATIÈRES. 33^
- Effets remarquables, g. Note de M. Thillaye , fils, sur cet appareil, 10. Description du grand appareil galvanique de M. Pepys, 12. Expériences faites avec cet appareil, ses effets , 16. Expériences faites avec les nouveaux appareils galvaniques de M. Ritter, 21. Description d’un nouvel appareil galvanique très-actif, 22. Ses avantages, 3o. Expérience qui peut servir à distinguer les pôles des appareils galvaniques , IV , 90. Lettre sur la décomposition de l’eau avec l'appareil galvanique ordinaire, 95. Sur les appareils secondaires, 2o3.
- * Artères. Expériences faites sur les grandes artères, pour prouver que les organes involontaires obéissent à l’irritation ou à l’action galvanique, III, 227. Résultat de ces expériences en opposition avec celles faites par Bichat, 228. Expériences galvaniques sur les artères , 229. Expériences deFowler pour connoître l’empire du fluide galvanique sur les artères, 287.
- $ Asphixie. Expériences galvaniques, faites avec et san» armatures sur le cœur, pour connaître si alors elles sont nécessaires pour réveiller son mouvement, III, *3o. A quoi est dû, dans les asphixies, l’anéantissement prompt de l’irritabilité galvanique , 238. Expériences galvaniques faites sur un pendu pour découvrir un moyen de rappeler à la vie les asphixiés, 241. Conclusions tirées de ces expériences . 243.
- Aveugles. Expériences galvaniques sur des aveugles, III, 58, Extrait du rapport de M. Doussrin Dubreuil, 61. Expériences faites àStuttgardpar M. Reuss, 81. Faitparticui lier, 85.
- B.
- Batterie galvanique. — Voyez appareil, pile, 614.
- Bile. Expériences galvaniques sur la bile, III, 336. Cen? clusions , 337.
- Pari. JV, Y
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- TA BLE
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- Briquet physique. Lettre sur la substitution de la pile de Volta à ce briquet, III, 3o5.
- Brosses métalliques de M. Westring pour l’application du galvanisme, 111,6g. Sa colonne galvanique, 70.
- C.
- * Calculs urinaires. Application de l’électricité galvanique aiix calculs rénaux , IV, i3i.
- Cancer. Expérience faite sur un cancer pour découvrir si le fluide galvanique se charge des miasmes putrides et s’il les entraîne avec lui, III, 188.
- * Charbon. Construction d’une pile galvanique avec du charbon, III, 323. Qualités du charbon et manière de l’emplojer, 324. Remarques sur celui qui entre dans la composition despiles, Zyj.
- Chimie. Extrait de ce qu’a ditM. Fourçroy, sur les phénomènes chimiques qui ont lieu dans l’irritabilité, III, 113. Influence de l’effet chimique pour la production des phénomènes galvaniques, i44- Expériences qui prouvent la dépendance des phénomènes électriques ou galvaniques du travail chimique de la. pile, 32>o. Observations chimiques , sur divers liquides des animaux, soumis à l’action galvanique, 335. Effets chimiques, de la colonne métallique,par M. Gmelin, 378. Matériauxponrlaconnais-sance de l’action chimique du galvanisme, IV, 52, '
- * Cœur. Expériences faites sur lui pour prouver que les agens involontaires obéissent à l’irritation ou à l’excitation galvanique, HJ, 224. Expériences, faites tantôt avec, tantôt sans armatures,sur le cœur pour déterminer si, en cas d’asphyxie, elles sont nécessaires pour réveiller son mouvement, 23o. Son oreillette droite conserve plus long-tems que les autres parties sa contractibilité, 2 3 î.Ex-
- • périences galvaniques faites par M. Nysten sur les muscles de l’homme et sur ceux des animaux à sang rouge pour
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- DES MATIÈRES. 33*
- prouver que le cœur est celui qui conserve le plus long-tems l’excitabilité galvanique , 232. Ces expériences ont été faites sur des décapités. Propositions déduites de ces expériences, 235. Comment M. Nysten rend raison de ce que, dans deux de ses expériences sur des chiens étranglés, le cœur, au lieu de conserver l’excitabilité galvanique, l’a au contraire perdue le premier, 237. A quoi est dû, dans les asphixiés, l’anéantissement prompt de cette propriété, 2S8. Résultat des expériences faites sur les cœurs de carpes et de grenouilles, 239. Détail des expé-riencesgalvaniquessur le cœur, IV, 171, 176.
- Colonne galvanique, colonne métallique, voj. Métaux, Pile.
- * Condensateur. Description et usage d’un condensateur d’électricité , III, 345.
- * Conducteurs, Effets différens du galvanisme suivant l’appli-plication des conducteurs, III, 25.
- Corps organisés. Leur susceptibilité pour éprouver la commotion galvanique, III, 3oo.
- Cristallin. Expériences galyaniques faites sur des yeux humains et sur ceux d’animaux , pour constater les altérations que l’agent galvanique fait éprouver au cristal* lin, III, 262. Résultats, 266.
- D.
- Décapités. Rapport sur des expériences galvaniques faîtes par MM. Vassalli-Eandi, Giulio et Rossi sur les têtes de trois décapités, III, 222. Expériences faites sur des décapités par M. Nysten, 23a. Autres expériences faites par des médecins de Mayence sur des décapités, 254,2 56. Expériences très-curieuses des mêmespour déterminer si, quelque tems après la décapitation, le sentiment du moi existe , 269. Expériences particulières d’Aldini, Extrait, IV, 175.
- * Diaphragme. Gomment on ; obtient ses convulsions par les expériences galvaniques, III, »3i-
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- TABLE
- E.
- Eau. Expériences galvaniques sur la décomposition de l'eau, IV, 84, 91. Extrait d’une lettre sur la décomposition de l’eau par la pile, 92. Mémoire de M. Simon pour déterminer les quantités d’oxigène'et d’hydrogène, qui se dégagent dans la décomposition de l’eau , 94. Sur cette décomposition par l’appareil électrique ordinaire , 95. Sa décomposition par l'influence de l’aimant, 96. Expérience pour démontrer que cette décomposition, par le moyen de la pile de Volta, n’est pas prouvée par Car-radori, 97. Moyen de produire' de l’eau par la seule compression de l’air, i5o.
- * Electricité. Sa comparaison avec le galvanisme , III, 8. Exemple des abus qui peuvent suivre de l’une et de l’autre, 12. Extrait de la dissertation de M. Thillaye fils sur l’em-ploi médical de l’électricité et du galvanisme, 14. Modes d’électrisation qu’il convient d’employer suivant les circonstances, 16. Dangers qui peuvent résulter de son usage et des circonstances où on l’emploie , 17. Association de l’électricité à d’autres remèdes, ibid. Les effets dii galvanisme sur l’animal sont à peu près les mêmes que ceux de l’électricité, 33. Pourquoi les appareils galvalniques sont-ils préférés à ceux électriques, 45.
- • Ce qui distingue le galvanisme de l’électricité, 69. L’électricité considérée comme cause de l’excitabilité ,129,
- . Expériences tendantes à prouver que les lois du galvanisme semblent différer de celles de l’électricité, i45. Détail de ces expériences, 146. Rapport sur la puissance stimulante de l’électricité ordinaire et du galvanisme, 153. Sim les effets comparatifsr du fluide de l’électro-moteur et de l’électricité, 208. Des effets de celle-ci sur l’électron moteur, 209. Expériences faites par des médecin.-, de Mayence, pour déterminer quels sont les effets que produit
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- DES M A T I È B E S. 541
- l’électricité sur certains organes, et à quel point ces effets diffèrent de ceux du galvanisme, a56. Description et usage d’un condensateur d’électricité. .345. Observations physico-électriques , IV, 11. Rapport sur des expériences d’électricité galvanique fortifiée, a5. .
- Electricité galvanique développée par la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique, a6. Nouveaux phénomènes de l’électricité galvanique, 39. Production des phénomènes galvaniques par l’électricité ordinaire, 41* Expériences et observations sur l’électricité galvanique, 45. Suite de ces expériences, 49. Expériences relatives à l’action de l’électricité galvanique sur la production de la chaleur, et aux changemens qu’elle occasionne dans différens fluides par M. Davy, 63. Mémoire pour servir à l’histoire de cette partie de l’électricité qu’on nomme galvanisme, 7a. Sur le doubleur d’électricité de BennetetdeNichol-son, 73. Application de l’électricité galvanique aux muscles, 137. Son application au sang, ia8. Au lait, 139. A l’urine, i3o. Aux calculs rénaux, 131. Extrait du commentaire d’Aldini sur le mémoire de Galvani , des forces de l’électricité dans les mouvemens musculaires, 137. Théorie du galvanisme et ses rapports avec le nouveau mécanisme de l’électricité, 138. Sur l'électricité produite par certains poissons , 195.
- Electricité animale et galvanique, III, 110. Extrait du mémoire de M. van-Mons sur l’électricité animale, 133. Sur l’électricité animale développée par le contact de diverses substances, par M. Davy. 137. En quoi consistent ces expériences, i38. Recherches sur les causes qui développent l’électricité dans les appareils galvaniques, par Gautherot, 141. Théorie des sécrétions développées au moyen de l’électricité anjmale, 149. Lettre de M. Vassalli- Eandisur l’électricité animale, i58. De eleclricitate animali thcsis à Monteclarâ, IV, 118.
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- EtoclYiiM hydro- métallique , par M. l'abbé Sauveur-Dal. Négro. Extrait, III, 161.
- Electricité médicale, extrait du traité de M. Sigaud de la Fond, IV, 214.
- Electro-moteur. Sûr èelui de Volta, et sur son fluide ,
- III, 2o5. 1.* Sur ses matériaux et sur ses conducteurs, 206. Sur les effets dû fluide, 207. Sur les effets comparatifs du fluide de l’électro-moteur et de l’électricité, a08. Des effets de cellé-ci sur l’électro-moteur , 209. Conjectures sur la cause de scs phénomènes, 210. Expériences relatives à l’examen des deux principales théories de cet electro-moteur ,212. Effets et conséquences à tirer de la i.*r* expérience, 214. Effets de la 2-* 215. Conséquences qu’on peut en tirer, 216. Effets de la 3." expérience, 219. Conséquences à tirer de ces expériences , 2 20* Phénomènes obtenus par M. Thilloch, au moyen d’un appareil électro-moteur, 321. Résultats des expériences faites pour comparer les résultats qu’on obtient par des stimulans mécaniques, avec ceux que produit l’électro-moteur de Volta, 229. Sur cet l’électro-moteur
- IV. 229.
- *" Epilepsie , application du, galvanisme dans cette maladie, III, 7. Note de Buffon sur les accidens épileptiques, auxquels sont sujets les perroquets domestiques qui perchent sur un morceau de fer. Remarque à ce sujet de M. Virey, 83.
- Excitabilité des parties du corps humain, III, 110. Discours de M. de la Métherie sur l’excitabilité, 121. Comment le galvanisme et l’électricité produisent l’excitabilité , 124. Résumé relatif à la question de l’excitabilité, 125. Des causes de l’excitâbilité dans les végétaux 126- Le galvanisme et l’électricité considérés comme causes de l’excitabilité, 129.
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- Excilabilité galvanique. Expériences pour prouver que le cœur est de tous les muscles celui qui conserve le plus long-tems cette propriété, a3s. Pourquol,sur deux chiens étranglés, il est arrivé qu’il l’a au contraire peHue le premier , 237. A quoi est dû dans les asphixiés l’anéantissement prompt de cette propriété, a38.
- Expériences galvaniques, voy. galvanisme, pile, etc.
- Feu. Moyen imaginé par M. Bienvenu pour produire du feu par la seule compression de l'air , IV, i5o.
- Fibrine du sang , découverte sur sa susceptibilité galvanique par M. Tourdes , III, 271. Recherches sur le même sujet par M. Circaud, 272. Autres détails sur le même sujet, et expériences, 274. Autres expériences par M. de la Métherie, 278. Expériences sur le même sujet faites à Boulogne, 280.
- * Fluide électrique, différence d’aclion entre les fluides galvanique et électrique , III, 3. Analogie et différences entre les effets dufluide électrique et ceux de l’irritation métallique, 38.. De l’identité des deux fluides électrique et galvanique, 167. Expériences de M. Lagrave pour prouver qu’il y~a dans l’économie animale deux fluides, l’un positif, l’autre négatif, qui paraissent produire dans leur ensemble l’agent de la vitalité, ïbid. Expériences du même tendantes à prouver que les fluides électrique et galvanique , transmis par l’eau , se communiquent, comme le son, par l’air atmosphérique, 170. Sur la vitesse du fluide électrique, 174. Lettre de Volta sur l’identité du fluide électrique avec le fluide galvanique , 192. Rapport sur les expériences de M- Pfaff qui confir- ment l’identité des fluides électrique et galvanique , 198. •-Lettre de M. Brugnatelli sur des - expériences qu’on prétend être contraires à l’identité des fluides électrique
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- et galvanique , 199. Méthode de déterminer la différente capacité des métaux propres à accumuler le fluide électrique, 201. Sur l’identité des deux fluides, 202. Explication du mode d’agir du fluide électrique dans l’appareil de Volta, 345.
- * Fluide galvanique. Différence d’action entre les fluides galvanique et électrique, III, 3. De l’identité des deux fluides électrique etgalvaniquç, 167.Expériences deM. La-grave pour prouver qu’il y a dans l’économie animale deux fluides, l’un positif , l’autre négatif, qui paraissent produire ensemble l’agent de la vitalité, ibid. Ex-
- . périences du même tendantes à prouver que les fluides galvanique et électrique, transmis par l’eau, se communiquent,'comme le son , par l'air atmosphérique, 170. Sur la vitesse du fluide galvanique, «73. Recherches sur sa nature, 177. Expériences pour découvrir si le fluide galvanique se charge de miasmes putrides et s’il les entraîne avec lui, 185.. Expériences laites à ce sujet sur un cancer, 188. Lettre de Volta sur l’identité du fluide électrique , avec le prétendu fluide galvanique, 192. Rapport des . expériences de M. Pfaff, qui confirment ses expériences sur l’identité des fluides électrique et galvanique, 196. Lettre, de M. Brugnatelli sur des expériences qu’on prétend être contraires à l’identité des fluides électrique et galvanique , 199. Réflexions sur cette identité par M. van-Mons, 202.
- * Fluide nerveux, expériences sur sa nature par Aldini ,
- Galvanisation, vqy. galvanisme.
- * Galvanisme. Son application dans différentes maladies ; savoir: Dans l’aphonie, III, 3. Dans l'amaurose, 6, 7, et4o. Dans la paralysie> 7,9, 12, 3o,45,54, 57,67. Dans
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- la goutte, ibid. Dans l’épilepsie, ibid. Dans la goutte aereine, 9, as. Dans l’hydrophobie, 10, Ï7 , 28 et 29. Observations sur l’efficacité du galvanisme dans les surdités complètes, et pour guérir les sourds et muets, avec un appareil très-simple, 49- Expériences galvaniques par M. Erschte, III, 53 , Douleur des lombes guérie par une ceinture galvanique, 55. Expériences galvaniques sur des aveugles, 58. Sur un noyé, 62. Idiotisme accidentel guéri par le moyen du galvanisme, 64. De usu galva-nismi in arte medicâ, pracipuè in morbis paralyticis ,67. Application du galvanisme par le moyen des brosses métalliques, 69. Ce qui distingue le galvanisme de l’électricité, ibid. Comparaison du galvanisme avec l’électricité, 8. Exemple des abus qui peuvent suivre de l’un et de l’autre, 12. Extrait de l’essai de M. Thillaye fils sur l’emploi médical de l’électricité et du galvanisme , 14-Extrait du mémoire de M. Rossi sur l’application du galvanisme dans quelques maladies, 18. Dans quels cas il peut être employé avantageusement, 20. Manière particulière de galvaniser , 21 , *2. De la différence des effets de la galvanisation, suivant la nature différente des parties assujetties au contact des conducteurs, 24. De l’application du galvanisme à la médecine par M. Mongiardini, 29. Plusieurs remarques à ce sujet, 3o, 31.Sur l’accélération du pouls, 33. Propriété du galvanisme de s’opposer à la putréfaction des matières animales, ibid. Les effets du galvanisme sont à peu près les mêmes que ceux de l’électricité, ibid. Danger de trop préconiser les prétendues cure* opérées par le galvanisme, 34. Extrait de la dissertation de M. Creve : de galvanismi usu in praxi medicâ, 36. Expériences qu’il a faites sur lui-même, et résul-• tats, 3 7. Analogie et différen ces entre les effets du flui de électrique et ceux de l’irritation métallique, 38. Cinq circons-
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- 346 TABLE
- tances principales, auxquelles il réduit les cas de l'application du galvanisme à la médecine, ibid, i." cas, moyen par le galvanisme de ^constater la véritable mort, 5g. a.* cas, application du galvanisme dans l’amaurose, 4°-3.* cas, son application pour soutenir plus long-tems l’action des vésicatoires,4i. 4.* cas, pour trouver un signe pathognomonique qui serve dans les opérations chiurgicales à décider si les parties à opérer sont musculeuses ou non, et si elles jouissent encore de l’irritabilité, 42. 5.' cas ,
- pour apprendre,dans plusieurs sujets de médecine opératoire , aux chirurgiens praticiens, à faire attention a des phénomènes dont ils ignoraient auparavant la cause, ibid. Application du galvanisme à la rétention d’urine, suite delà paralysie de la vessie , 45. Colonne galvanique qu’emploie M. Westring, 70. Maladies qu’il a traitées avec ses brosses, 71. Expériences galvaniques sur une fille impotente et privée de la plupart des sens, idem. Essai sur le galvanisme appliqué à la pathologie. Extrait, 73. Maladies où le galvanisme a été employé, 75. De l’indication thérapeutique, et manuel des opérations galvaniques par M. Walther, 78. Maladies dans lesquelles il a employé le galvanisme , 80. Autres maladies où lia été employé, 81 et suiv. Nouveaux prix proposés par S. M. l’empereur sur le galvanisme,' 93. Résumé du rapport fait à ce sujet à l’Institut, par M. Biot, 96. Résultats, 97. Questions à proposer sur le galvanisme, 99. Application du galvanisme au règne végétal, 100. Electricité animale et galvanique , 110. Le galvanisme considéré comme cause de l’excitabilité, 129. Extrait dù mémoire de M. van Mons sur l’électricité animale et sur le galvanisme, i33. Ses expériences, i34. Celle sur la vue , 135- Ce qu’il appelle expérience galvanique générale, i36. Expériences tendantes à prouver
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- que les lois du galvanisme semblent différer de celles de l’électricité, 145. Détail de ces expériences, 146. Rapport sur la puissance stimulante de l’électricité ordinaire et du galvanisme, 153. Expériences galvaniques pour comparer les résultats qu’on obtient par des stimulus mécaniques, avec ceux que produit le fluide de l’électro-moteur de Volta, 229. Expériences qui prouvent qu’on peut mettre en action l’influence galvanique en par< courantle simple contact de quelque point'du sytème ner-veuxd’un animal, avec un point du système musculaire, sans l’intervention d’un métal, 246. Effets du galvanisme sur les animaux noyés, 25s. Expérience galvaniqnes et électriques sur des hommes et des animaux , par une société de médecins établis à Mayence, 254. Elles ont eu pour but de déterminer quels sont les dégrés d’action et d’énergie de l’agent galvanique sur les divers or-ganes, a56. Sur la susceptibilité des corps organisés d’éprouver l’action galvanique . 3oo. Combinaisons galvaniques formées par la disposition de plaques métalliques de même nature, et de conducteurs humides, 325. Expériences et observations sur l’électricité galvanique, 328. Travail de M.Giobert sur l’électricité galvanique,347. Expériences galvaniques de M. Schaub sur les différentes piles, 35o, 352. Lettre de M. Curtet sur quelques nouveaux phénomènes galvaniques ,376. Mélange d’observations galvaniques, 378. Appareils particuliers relatifs au galvanisme, IV, p. 1. Lettre sur des expériences galvaniques. Extrait, 24. Rapport sur des expériences d'électricité galvanique fortifiée , 25. Expériences particulières sur le galvanisme , 33. Partage historique du galvanisme en 4 époques, ihid. Faits particuliers tirés du Journal de chimie de Van Mons, 34. Expériences électro-galvaniques proposées par S. M. l’em-
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- 548 TABLE
- percur, alors Premier Consul, 35. Expériences galvaniques d’Aldini, tendantes à prouver qu’il s’opère, au contact des nerfs et dqs muscles, une action analogue à celle qui a lieu au contact des substances animales , 4a. Expériences du même sur l’action du galvanisme dans l’économie animale , 44- Résultats de diverses expériences galvaniques , 45. Suite de ces expériences , 4g. Matériaux pour la connaissance de l'action chimique du galvanisme, 5a. Extrait d'un mémoire particulier de M. Ritter sur le galvanisme, 54. Expériences galvaniques faites aux écoles spéciales de Turin. 57 Autres faites à la société médicale de Tours, 61-Extrait d’un mémoire sur le galvanisme, 62. Mémoire pour servir à l’histoire de cette partie de l’électricité qu’on nomme galvanisme, 72. Expériences galvaniques faites par plusieurs physiciens et chimistes d’Allemagne, 76. Conclusions tirées de ces expériences, 81. Nouveau galvanomètre de M. Graperon ,84. Lois sur l’action galvanique, 85. Notice sur quelques faits galvaniques, 87. Réflexions sur une expérience galvanique particulière, 90. Rapports et extraits d’ouvrages imprimés sur le galvanismè en général depuis le mois de germinal an x. 1.° Thèse sur l’électricité animale et sur le galvanisme, 118. 2.0 Autre thèse sur le galvanisme et son rapport avec la médecine, 119. 3.° Mémoires sur le galvanisme , 120. 4.* Résumé succinct sur le galvanisme, 122. S.° Second Mémoire sur le galvanisme, 126. Résultats d’expériences galvaniques faites sur les animaux vivans, 133. 6.° Précis des principaux phénomènes du galvanisme par M. Cassius, i35.7.0 Théorie du galvanismepar M. Petetin, i38. 8." Notice par M. Biot sur l’état actuel des connaissances relatives au galvanisme, 141.9.0 Exposé du galvanisme par M. Ponton d’Amecourt, 151. 1 o.° Extrait des Mélanges de physiologie de M. de Ratte pour ce qui regarde le
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- DES MATIÈRES. S49
- galvanisme, 15 2. 11.° Extrait de l’ouvrage d’Aldini sur le galvanisme, 1v. 160.1 .* part., nature et propriétés générales du galvanisme, 162. 2." partie, description du pouvoir galvanique sur les forces vitales ,169. Pouvoir du galvanisme sur des suppliciés décapités, 173. 3." partie, application du galvanisme à la médecine, 181. 2.* volume, passage du galvanisme à travers l’Océan et des rivières, 188 ; 12.0 Extrait pour le galvanisme du traité de physique de M. Haüy, 192; i3.° Extrait pour le galvanisme des élémens de philosophie de Cavallo, 194 ; 14.° Manuel du galvanisme par M. Isarn, Extrait 197; 15.° Extrait du dictionnaire'de chimie de M. Cadet, 204 ; 16.0 Extrait de la Bibliothèque médicale, 206. 17.0 Du journal de médecine de Montpellier, résumé historique sur le galvanisme par M. Baumes, 208. 18.° Extrait pour le gal-
- vanisme de l’ouvrage de M. Cabanis, 209. 19.0 Extrait du traité de l’électricité médicale par M. Sigaud de la Fond, 214. 20.0 Extrait des élémens de thérapeutique de M. Alibert, 216. Preuves que c’est particulièrement dans les altérations de la sensibilité que le galvanisme est avantageux, 218. 21°. Histoire médico-typographique de Paris par M. Menuret. 22.“ Extrait de la traduction allemande par M. Reinhold de l’histoire du galvanisme de M. Sue, 2*3. Anecdotes et nouvelles particulières sur le galvanisme, tirées de quelques ouvrages et de dif-férens journaux étrangers, 23o. Détails sur le galvanisme tirés de l’ouvrage de Plucquet, in-4.0, intitulé : Bibliotheca medica , practica , chirurgica realis ,261, Mémoire sur les effets du galvanisme appliqué aux sourds et muets, 264. Lettre d’Aldini relative à l’application du galvanisme sur les animaux à sang chaud, sans l’inter» vention des métaux, 279.
- * Galvanomètre exécuté par M. Voigt, III , 69. Nouveau galvanomètre par M. Graperon, IV, 84.
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- 35o TABLE
- Glace ( la ). Expériences galvaniques faites sur la glace,
- III, p. 344-
- Goutte (la). Application du galvanisme dans cette maladie,
- III, y
- * Goutte - sereine. Application du galvanisme dans cette maladie, III, 9, «2, 47-
- H.
- Jîedysarum (1’) gyrans. Expériences galvaniques faites sur cette plante, III, 108.
- Humeurs animales. Action de la pile sur plusieurs, III, 331. Observations chimiques sur différens liquides des animaux,soumis à l’action galvanique, 335.
- * Hydrogène. Expériences pour déterminer la quantité d’hydrogène qui se dégage dans la décomposition de l’eau,
- IV, 94- .
- Hydrophobie. Application du galvanisme dans ce cas; et ses effets, III, 10, 27, 28.
- I.
- Idiotisme accidentel guéri par l’application du galvanisme, III, 64.
- * Irritabilité des parties du corps humain , III, 110. Sur celle des poumons, 111. Résumé à ce sujet, 112. Extrait de ce qu’a dit M. Fourcroy sur les phénomènes chimiques qui ont lieu dans l’irritabilité, 113. Extrait du mémoire du même sur le siège de l’irritabilité, 118. Discours de M. de la Métherie sur l’irritabilité et sur l’excitabilité, 121. Moyens d'éxciter l’irritabilité, 122. Comment le galvanisme et l’électricité produisent la contraction musculaire et l’excitabilité , 124. Des causes de l’irritabilité dans les végétaux, 126. Ce que dit M. Julio des sources de l’irritabilité, i3i. Du principe de l’irritabilité et de ses lois, i5a, Note sue rjrritabi-
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- DES MATIÈRES. 35i
- lité, extraite du programme du cours de physique de M. Barruel, IV, 2o5.
- L.
- Lait. Expériences galvaniques sur le lait, III, 331. Application de l’électricité galvanique au lait, IV, 129.
- M.
- Maladies. Quelles sont celles où l’on peut employer utilement le galvanisme, III, 3, 6, 7., 9, 12, 10, 22, 27 3o, 40, 44, 55, 67, 22, 49, etc. Voyez l’article galvanisme.
- Menstrues. Application du galvanisme pour la rétention des menstrues, III, 86.
- * Métaux. Analogie et différences entre les effets du fluide électrique, et ceux de l'irritation métallique, III", 38. Comment l’irritation métallique peut faire connaître si une . partie est musculaire ou si elle ne l’est pas, 42. Méthode de déterminer la différente capacité des métaux propres à accumuler le fluide électrique, aoi.
- Métaux. Sur quelques combinaisons galvaniques formées par la disposition de plaques métalliques de même nature et de conducteurs humides, 325. Effets chimiques delà colonne métallique par M. Gmélin, 348. Expériences galvaniques sur l’oxide qui se forme sur les disques métalliques de la pile, etc., 357- Lettre sur le même sujet, par M. Isarn, 36o. Lettre en réponse de M. La-grave, 371. Recherches sur la cause de la plus grande efficacité des larges plaques dans la fusion et Foxidation des métaux, 374. Lettre,-,de M. Aldini relative à l’application du galvanisme sur les animaux à gang çhaud, sans l’intervention des métaux, IV, 279.
- Mimosa asperuta. Extrait des expériences galvanique* faites sur cette plante, III, 106,
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- 352 TABLE
- Mimosa pudica. Extrait des expériences galvaniques faites sur cette plante, 111, 104.
- Mimosa sensitiva. Extrait des expériences galvaniques faites sur cette plante, III, 102.
- * Mort. Comment, par le galvanisme, on peut connaître la véritable mort, III,,3g. Opinion à ce sujet de MM. Hallé et Sue, 44-
- * Muscles. Mémoire de M. Eourcroy sur la nature de la fibre musculaire, III, 118. C’est la partie fibreuse du sang .qui forme le tissu propre du muscle, 120. Comment le galvanisme et l’électricité produisent la contraction musculaire, 124. Expériences galvaniques sur les muscles tant volontaires qu’involontaires, 220. Effets du pôle de zinc sur un muscle privé de son incita-bilité, 266. Application de l’électricité galvanique aux muscles, IV, 127. Extrait du commentaire d’Aldini sur le Mémoire de Galvani, des forces de l’électricité dans
- . lemauvement musculaire, 137.
- î/qyé( Expériences galvaniques sur un), III, 62. Expériences sur les animaux submergés : ce qu’il faut pour qu’elles produisent quelqu'effet, 231. Effets du galvanisme sur les animaux noyés, 25a.
- O.
- Océan. Passage du galvanisme à travers l’Océan, IV, 188.
- Oeschynomene americana. Détail des expériences galvaniques faites sur cette plante, IIl, 107.
- Œufs'.' Expériences galvanique^ sur le blanc et sur le jaune d’œufs, fil, 33a.
- Opérations chirurgicales. Application du galvanisme dans deux cas particuliers, III, 42.
- * Oxidation. Son influencé sur le* effets de la colonne électrique
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- DES MATIÈRES. 353
- trique de Volta, III, 347. Expériences à ce sujet, 35i. Recherches sur la cause de la plus grande efficacité des larges plaques dans la fusion et l’oxidation des métaux, 374. Influence du travail oxidant sur la marche de la pile, 378.
- Oxide. Expériences galvaniques relatives à l’oxide qui se forme sur la surface des disques métalliques de la pile, III, 35, 734. Lettre de M. Isarn sur l’effet galvanique des disques métalliques uxidés, 3 60.
- * Oxigène. Expériences pour déterminer la quantité d’oxi* gène qui se dégage dans la décomposition de l'eau, IV, 94.
- * Paralysie (la). Application du galvanisme dans la para* lysie, III, 7, 9, 12, 52, 53, 57. Rétention d’urine, suite de la paralysie de la vessie : application du gai* vanisme, 4®, 67.
- Paralysie d’un muscle de la face, 83.
- Paralysie des extrémités du côté gauche, guérie, 8g.
- Pendu. Extrait des expériences galvaniques faites à Londres sur deux pendus, III, 241, 248.
- Perkinisme (le). Son histoire, II, 286. En quoi consistent ses procédés, 296.
- Pierres. — Voyez calculs.
- * Pile galvanique. Les deux extrémités de la pile de Volta agissent d’une manière différente et même opposée. Faits qui le prouvent, III, 78. Effets de la pile sur la pupille de l'œil, 246. Différentes pièces relatives à la pile de Volta, à sa colonne électrique et aux effets qu’elle peut produire, 2g5. Description abrégée de la pile électrique, 297. Construction naturelle et commode d’une même pile par M. Voigt, 299. Expérience sur l’activité d’une pile de Volta, dans laquelle les corps humides sont remplacés par des couches minces d'air, par M. Dyer
- Z
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- 354 TABLE
- khcff, 3o4,3o6. Substitution de la pile de Volta au briquet physique, 3o5. Expérience sur le galvanisme de la pile de Vo-ltaplongée dans l’eau, 3og. Expériences qui prouvent la dépendance des phénomènes électriques du travail chimique de la pile, 320. Construction d’une pile galvanique avec du charbon et diverses fluides , 323. Distance à laquelle la pile exerce son action, 329. Activité de la pile considérablement accrue par l’interposition de l’acide nitrique affaibli, 329. Expériences et observations relative à l’action de la pile sur diverses hu-•meurs animales, 33i. -Conversion des rondelles de drap imprégnées d’eau salée, en savon de laine, par l’action de la pile , 33a. Phénomènes obtenus avec la pile de Volta, 333. Sur la non existence de la pile à changer, 334-Des effets de la pile sur l’air atmosphérique, et de la non transmission des effets de la pile dans le vide, 338. Invention d’une pile de charge ou batterie galvanique et isolement des fonctions de la pile, 340. Description . de la pile à charger de Ritter, 342. Expériences galvaniques sur différentes piles, 35o, 352. Manière de rendre très - sensible l’attraction électrique de la pile 355. Influence de l’oxidation sur les effets de la colonne électrique de Volta par M. Biot, 35j. Expérience à ce sujet, 357. Conséquences résultantes de cefait,355. Expériences relatives à l'oxide qui se répand sur les dis-.ques métalliques de lapile, etc., 357.Lettre de M. Isarn sur .le même sujet, 370. Lettre en réponse de M.’ LagraVe 371. Expériences sur la pile électrique , 372. Influence du travail oxidant sur la marche de la pile, 375* Lettres sur de nouveaux phénomènes galvaniques avec lapile, 376. Remarque sur le charbon qui entre dans la composition des piles, 3yy. Pile particulière construite par le docteur Hauff, IV, 3. Pile de M. HeûJ-
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- DES MATIÈRES. 355
- mann, 11. Description d’une batterie galvanique sans plaques, 18. Cbangemens qu’y a fait M. Galin, 20. Expériences avec trois différentes piles , 25. Construction d’une grande pile à chaudron, 36. Décomposition de l’eau par la pile, 92. Expériences pour démontrer que la décomposition de l'eau, au moyen de la pile de Vol ta, n’est pas prouvée, 97.
- * Poissons. Sur l’électricité produite par certains poissons,
- iV," 19Ü.
- P6les. Comment M. Geiger considère les effets des pôles, et leurs différences, III, 5 et 6. Idem, 78. Résul'ats, 79. Effets des pôles de zinc et de cuivre sur les yeux et sur le cristallin, 262. Action du pôle de zinc sur un muscle privé de son irritabilité, 266. Expérience qui peut servir à distinguer les pièces des appareils galvaniques , IV, 90.
- ’ Pouls. Remarques sur son accélération dans l’emploi du galvanisme, III, 33.
- Poumons, Extrait du mémoire de M. Vannier sur l'irrita? bilité des poumons, III, 111. Résumé à ce sujet, .112.
- * Prix. Nouveaux prix proposés par l’empereur sur le galvanisme, III, q3. Extrait à ce sujet du rapport fait à l’institut, par M. Biot, 96. Résultats, 97. Prix proposé par l’académie de Turin , 98.
- Pupille ( la). Effets de la pile galvanique sur elle, ITI, 246.
- Putréfaction. Propriété du galvanisme de s’opposer à la putréfaction des matières animales, III, 33..
- Q-
- Questions à proposer sur le galvanisme pour des prix, 111,99. .
- R.
- Rivières. Passage du galvanisme à travers les rivières, pas Aldini, IV, 188.
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- 556 TABLE
- Rétention d’urine. Suite de la paralysie de la vessie, guérie par l’application du galvanisme, par M. Nauche, III, 45. Première observation, 46. Deuxième observation , 48.
- Rhumatisme. Douleur des lombes guérie par une ceinture galvanique, III, 55. Application du galvanisme dans le rhumatisme froid chronique.
- S.
- Salive. Expériences galvaniques sur la salive, III, 33a.
- * Sang. C’est sa partie fibrine qui forme le tissu propre du muscle, III, p. 120. Découverte sur la susceptibilité galvanique de sa fibrine, 271. Recherches sur le même sujet par M. Circaud, 272. Autres détails du même sur le même sujet et expériences, 274. Autres expériences par M. de la Mctherie, 278. Expériences sur le même sujet faites à Boulogne, 280. Effets du galvanisme sur le sang fluide et caillé, et sur quelques-unes de ses parties intégrantes, 285. De l’influence galvanique sur le sang, par M. Double-, 287. Expériences deM- Pfaff pour prouver que le sang doit se trouver à une place plus élevée que celle que lui a assignée Humbolt dans sa table, 289. Observations sur les expériences de Jean Hunter pour établir la vitalité du sang, 291. Expériences galvaniques sur le sang de bœuf, 33i. Application de l’électricité galvanique au sang, IV-, p. 128.
- * Scorbut. Influence du galvanisme pour le traitement des petechies scorbutiques, IV, 218.
- Secrétions. Leur théorie développée au moyen de l’électricité animale.
- * Sens. -Expériences galvaniques sur une -fille impotente et privée de la plupart des sens , III, p. 71.
- * Sensibilité. Preuves que c’est surtout dans les altérations de la sensibilité que 'le galvanisme est avantageux, IV »
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- DES MATIÈRES. 3 5-7
- Sensitive ( la). Vers extraits du poème des Mois de M. Rou-cher sur la sensibilité de cette plante, IV, 157.
- Somnambulisme. Expériences galvaniques sur <un somnambule, III, 82.
- Sourds et muets. Observation sur l’efficacité du galvanismé pour les guérir, et appareil très-simple. Extrait, III, 49. Expérienoes, '55. Ce qii’a écrit à .ce sujet M. Carano , 80, 81. Mémoire sur les effets du galvanisme appliqués aux sourds et muets, IV, 264. .
- Submergé. Voyez'noyé.
- * Surdité. Observations sur l’efficacité du galvanisme dans . les surdités complètes , et description de l’appareil .à employer. Extrait, III, 49. Expériences particulières de M. Escnke, 55. Son galvanisme employé dans une surdité accidentelle de l’une et l’autre oreille, 84, Autre fait. 85.
- ü.
- 'Urine. Expériences galvaniques sur l’urine, TU, 532,336. Conclusions , 337. Application de l’électricité galvanique à l’urine, IV, i5o.
- ♦ Végétal ( le règne ). Application du galvanisme à ce règne. Effets du fluide galvanique appliqué à différentes plantes, par M. Giulio, III, 100. Expériences sur la mimosa sensitiva, 102. Sur la mimosapudica, 104. Sur la mimosa asperata, 106. Sur l’oreschynoment, 107. Sur l’hedysarum gyrans, 108. Discours sur l’irritabilité et sur l’excitabilité dans les végétaux, 126.
- * Vesicatoiros. Application du galvanisme pour soutenir plus long-temps leur action, III, 4'*
- Vessie (la). Rétention d’urine, suite de sa paralysie,guérie par l'application du galvanisme, III, 4®r Dansl’état sain
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- ‘558 TABLE DES MATIÈRES.
- la vessie, comme les autres viscères, est soumise à l’irritation galvanique, 46. '
- -* Vitalité. Expériences de M. Lagrave pour prouver qu’il y a dans l’économie animale deux fluides, l’un positif, et
- - l’autre négatif, qui paraissent produire dans leur ensemble l’agent de la vitalité, III, 167. L’isolement des animaux, sur lesquels on fait des expériences galvaniques, change la durée delà vitalité, a31. Observations sur les expériences d’Hunter relatives à la vitalité du sang, 291.
- * Vue ( la ). Influence du galvanisme sur la vue, III, 5o.
- Y.
- Yeux. Expériences galvaniques faites à Mayence sur des yeux humains et sur ceux d’animaux, pour constater le degré d'altération que l’agent galvanique fait éprouver' au cristallin, III, 262. Résultats, 266.
- Z.
- * Zinc. Électricité galvanique, développée par la dissolution du zinc dans l’acide sulfurique, IV, 26.
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- TA'BL E
- 353
- TABLE DES AUTEURS
- Cités dans la Table des deux premiers volumes , autres que ceux de la table des deux derniers volumes.
- Abilgaard.
- Berlinghieri.
- Bertholet.
- Bichat.
- Biron.
- Butet.
- Carlisle.
- Charles.
- Cortamberl.
- Cruischkans.
- Desgénettes.
- Dumas.
- Dupuytren.
- Erman.
- Fabroni.
- Famain.
- Fontana.
- Franklin.
- Fryedlander.
- Gaillard.
- Guisard.
- Guyton.
- Hassenfras.
- Helvige.
- H enry.
- Humboldt.
- Jadelot.
- Josse.
- Lalande.
- Larrey.
- Mauduyf.
- Michaelis.
- Monge.
- Manro.
- Oppcrmann.
- Payssé.
- Pusckin.
- Richerand.
- Roard.
- Robertson.
- Robison.
- Rouppe.
- Saussure.
- Schunch.
- Sedillot jeune.
- Sels.
- Société philomatique.
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- 3 6a
- Spallanzanï,
- Starck.
- Sue (J. J.).
- Sulzer.
- Thénard*
- Thonret.
- Tomsdorf,
- TABLÉ
- Valli.
- Vauquelin.
- Verzy.
- Vanhauch
- Vells.
- "Walsh.
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- TAH-L' E;
- SSE
- TÀÇLE
- DESMATIÈRES
- Contenues dans la Table des deux premiers volumes, et autres que celles contenues dans les deux derniers volumes.
- Accouplement des ani-
- Acides en général.
- Acide électrique.
- Acide galvanique.
- Acide muriatique oxigéné. Affinités.
- Alcali.
- Alcali végétal.
- Amputation.
- Anglais.
- Animaux.
- Antimoine. ...
- Arc.
- Argent.
- Armature.
- Attraction.
- Bocaux.
- Bouche.
- Bouteille de Leyde. Cadavres.
- Calorique.
- Cancer.
- Cerde galvanique. Cerveau.
- Chaleur animale;. Champignons.
- Chaux métallique.
- Circuit galvanique. Collaborateurs.
- Çolonne galvanique. Commotion.
- Contractions musculaire);. Convulsions.
- Couronne de tasses. Décomposition de l’efti. Découvertes.
- Dents.
- Eclair galvanique.
- Ecole de médecine de Paris. Electrates.
- Electromètre.
- Estomac;
- Etincelles.
- Excitateurs.
- Expériences en général.
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- 56a - T
- Fête électrique.
- Fer.
- Feuilles d’or battu.
- Fibre.
- Fièvre putride.
- Fonctions.
- Foudre.
- Gaz,
- Gimnote.
- Goût.
- Grenouilles.
- Hernie scrotale.
- Homme.
- Huile de tartre; :
- Incitabilité.
- Inflammation.
- Insectes.
- Intestins.
- Langue.
- Liquides.
- Lueurs.
- Magnétisme minéral. Machines électriques. Médecine.
- Milieux.
- Minéral.
- Mouvemens musculaires. Mouvraient péristaltique. Nerfs. SfêD?>
- BLE.
- Odorat.
- Oiseaux.
- Opium.
- Ouïe.
- Physique.
- Plaie.
- Potasse.
- Rapports.
- Remèdes.
- Répulsions.
- Résumé.
- Révolution française. ' Sangsue.
- Saveurs.
- Schiste.
- Sciences.
- Sommeil.
- Tact.
- Tannerie.
- Tétanos.
- Torpille.
- Tortue.
- Transporteur (le). Vaisseaux sanguins. Veines.
- Vers.
- Viande.
- Viscères.
- FIN.
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