L'électricité : ode
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- CnUccUan de fionsisur âniré SARTiâUX
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- ODE.
- • iOLLRi'.TlO” . Aitr.nf:
- L’Atmosphère en courroux n’oftre plus qu’un nuage* Dans ses flancs ténébreux, les rapides éclairs, J L’un par l’autre pressés, s’en trouvrentun passage;
- Glissent, serpentent dans les airs.
- La foudre impétueuse éclate, gronde, roule :
- Devant elle au loin tout s’écroule. •
- Voisce roi dont l’orgueilsembloitbraver les cieux j Il tombe en bondissant sur la terre tremblante;
- L’univers frémit d’épouvante........
- Le savant seul est calme, et se rit de ces feux.
- D’où naissent à mes yeux ces terribles merveilles ? Quelle cause secrète allume ces carreaux?
- Dis-le nous, ô Francklin ! qui par de longues veilles Dû ciel brisas les arsenaux,
- Qui de ces feux cruels interrogeant l’essence,
- Sus mettre un frein à leur puissance.
- Mais pourquoi rassembler cet ambre, ces cristaux ? Pourquoi vois-je en longs jets qu%n vif azur colore,
- Des flammes se hâter d’éclore
- * Il a paru dans plusieurs Journaux une.O de du même auteur, intitulé : Fluide électrique , considéré comme agent universel ; celle ci est tout-à-fait différente pour le fonds et pour la forme.
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- Du sommet anguleux (i) de ces brillans métaux.
- Quelle main captiva l’étincelle bruyante (2), Qui paisible d’abord, soudain part et franchit,
- A l’aide d’un long fer, sa prison transparente ?
- Quels faisceaux ce tube vomit ?N Les mille corps légers qu’il appellé et qu’il chasse, Courant autour de sa surface, Charment l’œil ébloui de leur rapidité.
- J’avance vers ce tube... un Bruit s’en fait entendre, Des feux sortent pour le défendre :
- Et mon doigt est puni de sa témérité.
- Garde-toi de monter sur ce trépied fragile.. .• De ces traits douloureux il n’est point alarmé ; Lui seul peut les braver; sous sa main immobile, Le tube se taît désarmé ;
- Dans son corps, en secret, la flamme s’accumule;
- Avec son sang elle circule,
- S’échappe quelquefois et menace alentour.
- Tel parut Jupiter, en sa gloire immortelle,
- O trop malheureuse Sémèle,
- Lorsque l’ambition égara ton amour(3).
- Quel trait dç feu soudain a pénétré mon ame? Ces merveilles de l’art ont dessillé mes yeux.
- (1) Quand il y a des angles saillans, des pointes aux conducteurs, l’électricité en sort spontanément sous la forme de longues aigrettes.
- {2) La bouteille de Leydé.
- (3) Homme sur l’isoloir.
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- C’est un souffle divin qui m’échauffe et m’enflamme, Et mon esprit lit dans les deux ;
- Il y voit se former la foudre, les tempêtes,
- Tous ces feux errans sur nostêhes,
- Qui dans nos cœurs glacés jetoient un morne effroi. Assez et trop longtemps, leur cause salutaire Resta dans la nuit du mystère ;
- Je veux les dévoiler : Mortels, écoutez-moi.
- Au sein de tous les corps, la main de la nature Répand un pur fluide, ame de l’univers ;
- Et de ce don sacré, variant la mesure,
- Produit cent miracles divers.
- Bienfaisant et paisible, il opère en silence:
- Mais souvent terrible il s’élance, Lorsqu’un corps agité le presse avec effort (i).
- Il .vomit des éclairs, s’ouvre un passage libre ;
- Et sous les lois de l’équilibre,
- Frappe, attire, repousse et commande à la mort.
- C’est par lui que jaillit la flamme pétillante,
- Que lance le caillou de ses flancs déchirés ;
- Par lui l’astre du jour en sa course brillante (2), Darde geS rayons épurés.
- La terre souriant à la chaleur féconde
- Qui peuple et rajeunit le monde, *
- (1) Le frottement nécessaire pour produire l’électricité.
- (2) Le soleil est un
- foyer d’électricité.
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- De verdure et de fruits a couronné son front. De nos muscles, lui seul entretient la souplesse, Avant que la froide vieillesse,
- Des rides, sur nos traits, ait imprimé l’affront.
- Pour lui, le fer docile à l’aimant qui l’appelle,
- En puise la vertu dans ses embrassemens (i).
- Et le pôle, au sommet de l’aiguille fidèle,
- Guide les matelots errans.
- Souveraine des cieux , qui ceins de ton orbite Cette planète que j’habite i Dis-nous à qui tu dois l’humble hommage des mers?(a^ Quand ton regard vainqueur les traîne amoncelées,
- ‘ Ou qu’il les laisse , refoulées,
- Sur un bord reconquis verser leurs flots amers.
- Et lorsque le soleil est voilé par les nues, Qu’au gré de leurs combats, les vents tumultueux Balancent dans les airs ces masses suspendues, Déchirent leurs flancs tortueux ;
- Aux nuages voisins, communiquant sa rage (3), Le feu du plus épais nuage,
- S’unit par des éclairs à leurs feux moins puissans, O mortels, c’est alors que la voixdu tonnerre (4),
- (1) Avec l’électricité, on magnétise les fers.
- (2) Flux et reflux.
- (3) Système de Franklin.
- (4) Quand le fluide électrique‘'détonne, en passant d’un nuage à l’autre, c’est le tonnerre; quand il détonne , en passant d’un nuage sur quelque objet terrestre, c’est la foudre.
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- Au loin épouvante la terre,
- Que la foudre en éclats court dévaster vos champs.
- Laissez en paix l’airain qui frémitsur vos temples, N’allez pas d’un vain son heurter les vents surpris ; Vous éveillez la mort. Combien d’affreux exemples Devroient éclairer vos esprits!
- Voyez le fer aigu qui surmonte ce faîte (i) ;
- Lui seul maîtrise la tempête ;
- Il pompe tous les feux de l’éther embrasé ;
- Et la foudre impuissante, en sa course paisible,
- Le long de ce métal flexibje,
- Va mourirau tombeau que mes mains ont creusé.
- Ainsi l’œil du génie observant en silence Les prodiges féconds de la terre et des cieux,
- De mille corps divers saisit la différence.
- Marqua leurs effets précieux.
- Il leur dit : écoutez, ô vous, en qui réside (2)
- Le germe heureux de ce fluide ;
- Vous lancerez le feu par vous seuls enfanté:
- Et vous qui transmettez une flamme étrangère,
- En la ramassant toute entière, Augmentez son pouvoir et son activité.
- (1) Paratonnerre.
- (2) Tous les corps se divisent en idio- électriques et en électriques. Les premiers produisent l’électricité par le frottement, et ne peuvent transmettre qüë be qu’ils ont'produit. Les autres la transmettent sans la produire. Cette division bien reconnue, a été la source de toutes les découvertes.
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- tI&,renaîtront enfin eefct que la Maladie (f) 'Condàmnoît sans e'spoif aux pleurs de ’ia pitié.
- D’un corps qui rassembloit et la mort ét là, vie,
- Ils redemandoient la moitié.
- Ce fluide à leurs vœux offre un nouveau remède ;
- La joie à la douleur succède,
- La santé sur ses pas ramène les plaisirs.
- Revêtu d’embonpoint, de force et de noblesse,
- Leur corps acquiert de la souplesse,
- Et leurs sens rajeunis appellent les désirs.
- C’est là le feu sacré que jadis Prométhée Sut par un vol heureux dérober au soleil, Lorsquel’homme nouveau, de la terre enchantée, Admira l’auguste appareil.
- Bientôt, de Jupiter servant la jalousie,
- Sur le tissu de notre vie,
- Tous les maux à la fois fondirent en essain ;
- Mais l’homme impunément put braver leur puissance * Et se livrer à l’espérance,
- Tant qu’il sentit ce feu qui viVoit dans son sein.
- (i) Electricité, médicale.
- Paris, de l’Oratoire.
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