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Quelques mots sur l'agriculture italienne et détails sur l'Institut agricole de Ferrare
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- AGRIGUMTURH ITAHIENNH
- ET
- INSTITUT AGRICOLE DE FERRARE.
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- ÉTATS PONTIFICAUX.
- COMMISSAIRE
- M. LE BARON DU HAVELT®,
- Grand’croix de 1 Ordre pontifical de St-Grégoire le Grand.
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- CONCOURS UNIVERSEL AGRICOLE DE 1856.
- QUELQUES MOTS
- SUR
- L’AGRICULTURE ITALIENNE
- ET DÉTAILS
- SUR
- L'INSTITUT AGRICOLE DE FERRARI
- ( ÉTATS PONTIFICAUX)
- PAR M. DE MONTLUISANT
- CAPITAINE D’ARTILLERIE.
- PARIS
- IMPRIMERIE DE J.-B. GROS ET DONNAUD, SON GENDRE, RUE DES NOYERS, 74.
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- Ce travail a été rédigé pour obéir au vœu de la Commission administrative de Ferrare, qui désirait faire connaître la création de son Institut agricole, les travaux de M. le professeur Botter, et les efforts des cultivateurs de la province.
- Si ces quelques lignes, bien imparfaites sans doute, présentent de l’intérêt, elles le devront à la communication de documents officiels, à l’obligeance si parfaite de M. de Monny de Mornay, chef de division de l'agriculture, et au concours de M. le commissaire pontifical,
- 4er juin 1856.
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- CONCOURS
- UNIVERSEL AGRICOLE
- DE 1856.
- CLASSIFICATION,
- DÉTAILS DIVERS.
- L’agriculture, cette science qui consiste à obtenir par le travail le plus de produits possibles de la terre sans l’épuiser, est une des sources les plus importantes de la richesse publique ; elle ne fournit pas seulement aux hommes les aliments nécessaires, elle procure encore les matières premières qu’exige l’activité des manufactures et de l’industrie. Elle a présidé à la naissance du commerce des nations ; car dans les premiers âges du monde, les hommes ont dû avoir pour première pensée de vendre le superflu des denrées naturelles, et de les échanger contre d’autres matières utiles au bien-être et aux nécessités de la vie. Enfin, la prospérité de l’agriculture se lie d'une manière si palpable à toutes les branches du commerce et de l’industrie des peuples, que si, dans les temps de disette et de calamité publique, les cultivateurs souffrent, leurs frères
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- des villes ne sont pas dans une situation plus heureuse : ils ressentent tous les effets des causes qui agissent en bien ou en mal sur les produits ruraux. Voilà quelques-unes des raisons majeures qui engagent les gouvernements à aider l’agriculture de tous leurs efforts. Eux seuls peuvent, par leurs encouragements, leurs éloges et leurs immenses moyens d’action, doter le territoire de productions précieuses et exotiques, découvrir les progrès, les découvertes étrangères ; distribuer les graines nouvelles aux campagnes, et faire imprimer des instructions gratuites sur les animaux et les fruits récemment introduits. Les souverains et les mi-nistres, qui augmentent la prospérité de l’agriculture, des fabriques et du commerce, enrichissent les peuples, et leur nom passe à la postérité la plus reculée. De nos jours, ils cherchent à améliorer la condition des hommes, à augmenter le bien-être des masses, à tirer parti de leurs passions et de leurs penchants; ils les appellent à concourir dans les arènes pacifiques des expositions publiques. Désormais, aux yeux des gens éclairés et instruits, la lutte devient universelle. Les peuples de l’Europe appartenant à une même grande famille, jouissant des mêmes habitudes, des mêmes mœurs, doivent s’encourager, se faire part de leurs travaux, et s’ils sont quelquefois divisés par des guerres cruelles, elles ne sauraient les empêcher d’échanger tour à
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- tour leurs idées, leurs progrès, et de se réunir pour le bien général.
- Les excellents résultats déjà obtenus par les concours agricoles qui s’organisent en France depuis longues années, ont engagé les ministres de l’agriculture et du commerce à augmenter leur importance et leur action. La première de ces fêtes, réunissant à la fois les animaux reproducteurs, les instruments et les produits agricoles, a été organisée en 1850 à Versailles. La tentative fut couronnée de succès. Aussi, en 1855, le Gouvernement, profitant de l’exposition universelle, attribua au concours agricole une part plus large encore, et tout le monde admira l’empressement avec lequel l’Angleterre, la Suisse, la Belgique, la Hollande et quelques autres pays répondirent à l’appel qui leur avait été fait.
- Le nouveau concours de 1856, décrété par S. Exc. M. Rouher, réalise les conditions d’un excellent enseignement pour tous les cultivateurs de l’Europe. Il comprend les animaux reproducteurs mâles et femelles, étrangers et français, des espèces bovines, ovines et porcines, les animaux domestiques divers, les volailles, les instruments, les produits agricoles. Un jury nombreux a été nommé, on amis à sa disposition des prix, des médailles et des encouragements. Les produits sont tous répartis en trois grandes divisions : les animaux, les instruments
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- aratoires et les produits agricoles. La première de ces divisions, celle des animaux domestiques, est divisée en deux classes, suivant que les sujets sont nés en France ou à l’étranger. Les premiers prix décernés pour les espèces bovines sont accompagnés d’une médaille d’or ; les seconds prix, d’une médaille d’argent; les autres, d’une médaille de bronze. Enfin, des grandes médailles d’or sont réservées à tout exposant qui a obtenu plusieurs prix ou plusieurs mentions, ou présenté un animal jugé par le jury comme étant une exception complètement remarquable.
- Les instruments comprennent les machines , ustensiles et appareils français et étrangers, servant à la préparation, à la culture et à l’ensemencement du sol, soit à la récolte, au transport, à la préparation des produits, soit aux divers usages ruraux. Sous le titre de produits agricoles, on a réuni les graines et grains, tubercules et racines, fourrages, plantes industrielles, textiles, tinctoriales et autres légumes et fruits de toute espèce. Les laines, plumes, duvet, soie, beurre, fromage, miel, cire, sucre, fécule, vins, produits de distillerie, conserves alimentaires, préparations économiques, plants d’arbres, arbustes, etc., etc. Puis, par une heureuse disposition, tous les exposants qui auront été récompensés pour des graines ou semences quelconques, seront tenus de laisser une
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- portion de ces graines ou semences à la disposition de l’administration. Enfin, une somme considérable doit être répartie, par le jury, entre les gens à gages, méritants à tous égards, et signalés par les soins intelligents donnés aux animaux et aux cultures.
- L’ouverture du concours a eu lieu aujourd’hui. La grande salle du Palais de l’Industrie a été transformée en un parterre émaillé de fleurs et d’arbustes précieux. Des arbres verts gigantesques, des fontaines disposées avec art, donnent à cette vaste nef l’aspect d’un délicieux jardin. On a réservé une place d’honneur à la statue de l’impératrice Joséphine, par Vital Dubray. Les galeries du rez-de-chaussée, sont divisées en bandes transversales. Dans chacune d’elles, des stalles numérotées forment des cases individuelles, réservées aux espèces bovines. Le nombre de ces animaux est si considérable, quel’on aété obligé de construire à la hâte de nouveaux hangards sur la façade ouest du Palais. Les espèces les plus remarquables exposées sous les yeux du public sont : les Durham, les races d’Hereford, Devon, Sussex, d’Ayr ; toutes les races Anglaises, Écossaises ou Irlandaises ; les Hollandaises et leurs dérivées; les races Fribourgeoises, Bernoises, de Schwitz, et celles de la Suisse centrale et orientale ; celles de la Styrie, de la Hongrie et de la Galicie; les buffles, etc., etc. Nos belles races
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- françaises tiennent dignement leur place. On ne voit pas sans orgueil les races Normande, Charolaise, Bretonne, et les admirables produits obtenus par les importateurs des animaux étrangers. Il est impossible d’entrer dans de longs détails sur tous les produits; contentons-nous d’affirmer que l’on possède ces jours-ci à Paris la plus complète exposition que l’on puisse désirer de tous les types de l’espèce bovine de l’Europe.
- Sur l’emplacement de l’ancienne rotonde des Panoramas, on a élevé d’autres grands hangards, dans lesquels on a classé les races ovines françaises et étrangères. On peut y étudier le mérinos, les Dishley ou New-Leicester ; les races du Hampshire, de Shropshire; celles du Texel et de la Hollande, de la Saxe, du Holstein, des Grisons. Il ne faut pas oublier les grandes races porcines, puis les animaux de petits échantillons répartis dans les espèces caprines, les lapins, etc., etc.; enfin les oiseaux de basse-cour, les lots Cochinchinois, Dorking, Breda ; ceux des coqs de combat, etc. Nous ne nous arrêterons pas à tous les animaux exposés ; il faudrait citer toutes les espèces connues, depuis les dindons, les oies et les canards d’Aylesbury jusqu’aux pigeons, aux pintades et aux faisans.
- La plus grande partie des machines, ustensiles et appareils agricoles sont rangés sous les hangards du Midi. On peut y rencontrer les charrues
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- de toutes sortes, les herses, les rouleaux, les semoirs, les houes, les manéges, les machines à battre, les chariots, charrettes, les machines à drainer, les pompes, etc. Les produits agricoles, les grains et graines de tous les pays, sont disposés au premier étage du grand Palais de l’Industrie, sur les travées nord et sud. Celle de l’ouest est réservée à la distribution des prix et des récompenses ; les ouvriers achèvent son installation et sa décoration.
- Il nous serait difficile, pour ne pas dire impossible, de faire connaître toutes les merveilles rassemblées dans ce concours agricole universel. Nous nous renfermerons dans un cadre plus restreint : nous nous contenterons de jeter un coup-d’œil rapide sur l’agriculture Italienne, et nous examinerons ensuite avec quelques détails ses derniers progrès et ses produits.
- Nécessité de l’Agriculture en général. Son importance en Italie.
- La différence entre les produits d’une terre cultivée avec intelligence, et ceux d’un sol où l’on ne suit qu’une routine aveugle est si grande, qu’on ne saurait trop multiplier les moyens d’instruction. La nécessité de l’agriculture se fait surtout sentir dans le pays où il est nécessaire d’introduire des
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- instruments aratoires plus parfaits, une division de travail plus sage, des assolements nouveaux. C’est elle qui montre les végétaux nécessaires aux espèces bovines et domestiques, ceux qui fournissent en plus grande abondance, la matière organique indispensable à l’assimilation de la vie. Elle indique les matières premières que la végétation réclame, utilise ; elle encourage la recherche des engrais ou de l’azote à bon marché.
- On a nié longtemps la beauté de la culture ita-lienne et regardé dédaigneusement ses produits ; mais les écrits des hommes d’État et des voyageurs sérieux, que l’on peut consulter (1), ont prouvé le fait dans son ensemble et dans ses détails. Tout le monde connaît cet admirable climat ; il favorise la végétation de la plupart des plantes du globe ; il en résulte une heureuse variété de production dans laquelle les cultivateurs trouvent à choisir, à leur gré, celles qui conviennent à leur sol et à leur situation. Sa partie septentrionale, et surtout la grande plaine d’alluvion comprise entre les Alpes, l’Adriatique et, les Apennins, est fertile et très productive. On peut en dire autant des terres volcaniques, qui s’étendent des bords de l’Ombrone, jusqu’aux extrémités de la Calabre. Mais entre ces
- (1) Matheus, Lullin de Châteauvieux, Fulchiron, député du Rhône; le comte de Tournon, ancien préfet de Rome, etc.
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- deux régions, il faut placer les terres ingrates, incultes, insalubres, et les montagnes calcaires des Apennins : le cinquième environ de cette grande presqu’ile. On rencontre en effet, en Italie, dans beaucoup d’endroits, la nature avec tout l’appareil du chaos, avec celui de l’embrasement et du bouleversement des montagnes et des cités. Un spectacle plus affligeant encore est celui des Maremmes stériles et incultes, celui des plaines marécageuses, où sans cesse l’industrie qui les féconde lutte contre l’insalubrité qui les dépeuple. Un volcan est un grand danger circonscrit, sans doute ; mais un marais empoisonne au loin, et menace des genéra-tions; la certitude d’une infortune durable, d’un mal toujours présent et fatalement renaissant décourage l’homme; elle lui enlève, comme à l’esclave, la moitié de ses forces, elle paralyse tous les efforts de l’intelligence et de l’industrie.
- Les causes de ces immenses dangers, de ces marécages sont connues, elles dérivent surtout des alluvions des fleuves, de la proximité des côtes, des propriétés du sous-sol. Partout où, le long des plages de la Méditerranée ou de l’Adriatique, il existe des contre-pentes, soit par les entassements des sables ou autres dépôts marins et fluviatiles, par l’élévation des dunes, soit par les excavations et par les buttes volcaniques, ces obstacles à l’écoulement libre des eaux supérieures produisent des
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- marais et des étangs. Outre le croupissement des eaux superficielles, il s’établit dans les plaines maritimes, par un effet de résistance de la mer, une stagnation constante des eaux douces souterraines. De là résulte une sorte de marécage intérieur où, entre deux terres, sans aucun indice extérieur il s’exhale des miasmes mortels. Il résulte de cet état de choses que la population est nombreuse, saine et forte dans les montagnes et les pays sains ; mais rare, disséminée, faible et malsaine dans les plaines et les bas-fonds. Un beau rôle se présente donc encore à l’agriculture italienne : celui de fournir les moyens de perfectionner les cultures, d’écarter les obstacles matériels, et de replacer ce beau pays, sous le rapport de la production, au rang qu’il a jadis occupé sous la République Romaine.
- Il est facile de voir que, parmi les moyens connus de détruire les foyers d’infection et les marais, il en est plusieurs qui sont au pouvoir de l’homme. Les terrains dangereux ont augmenté d’étendue; il faut les restreindre, les combattre, en améliorant et dirigeant les usages domestiques et champêtres, augmentant les plantations, activant l’instruction rurale, la surveillance et les secours des administrations locales. Les meilleurs conseils ont été donnés et sont écrits dans le Motu proprio de 1801. Les souverains de cette admirable presqu’île se sont toujours, avec sagesse, préoccupés des travaux
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- hydrauliques; ils contribuent, en effet, d’une manière palpable, à l’assainissement des marais. Faisons donc des vœux pour que, redoublant de persévérance et de soins, les peuples italiens trouvent dans l’agriculture la fertilité des plaines marécageuses de leur pays, et dans le règne végétal, qui est à la portée de tous, l’appareil le plus gigantesque et le plus puissant de purification et d’avenir.
- Agriculture italienne, ancienne et moderne.
- Dans les premiers temps de Rome, sa population trouvait les moyens de se nourrir dans une petite culture parfaitement entendue, pratiquée par les seuls citoyens. Cincinnatus possédant deux jugeras (un arpent), et retournant à sa charrue, montre l’opinion de son temps sur les travaux ruraux. Plus tard, dans les plus beaux temps de la république, les sénateurs eurent des villas, des palais, des bains près de Pouzzoles, sur le golfe de Naples, à Altino, sur l’Adriatique, etc.
- « ZEmula Bajanis Altini littora villis. » (Claud.)
- Les travaux des champs changèrent peu à peu,
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- à mesure que les conquêtes accumulèrent les richesses à Rome. Les propriétés voisines de la ville furent cultivées par des troupeaux d’esclaves, et la culture devint si restreinte que Cicéron nous raconte qu’il n’y avait pas de son temps plus de deux mille propriétaires fonciers indépendants. L’esclave ne prend pas racine dans le sol qu’il travaille ; le moindre événement le déplace et le fait disparaître. Aussi, la ruine de l’empire, la translation de son siège à Constantinople, les invasions des barbares, l’introduction du christianisme, détruisirent en peu de temps, et tour à tour, les propriétaires, les capitaux et l’esclavage. La race des cultivateurs disparut pour toujours Dès lors les terres restèrent la propriété des capitalistes ruinés ou émigrés ; elles baissèrent prodigieusement de valeur. Les hommes puissants purent en acheter, les familles seigneuriales réunirent d’immenses domaines, et c'est par cette succession d’événements, que le désert s’est établi, pour ainsi dire, dans les campagnes voisines de la Ville-Éternelle.
- Pendant le Moyen Age, quel progrès l’agriculture pouvait-elle faire entre les mains de la partie la plus ignorante et la plus méprisée des diverses nations? Elle resta le lot des ignorants, et elle ne nous a laissé partout qu’une routine aveugle, des outils grossiers, des procédés vagues et incertains, que le temps nous a transmis, et que nous respec-
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- tons parfois sans trop savoir pourquoi. Les Papes commencèrent la restauration de ces contrées désolées, vers le XIVe siècle. Léon X, Sixte V encouragèrent la culture; ce dernier mérita le titre de restaurateur de la paix. Leurs successeurs regardèrent l’agriculture comme utile à leurs peuples, et les biens de la terre comme les biens les plus justes et les plus légitimes qu’il soit donné à l’homme d’acquérir. Ils firent étudier les travaux des Romains, consulter Caton le censeur, Varon, Columelle, Virgile, Pline, Palladius, etc., etc. La plupart des ouvrages de l’antiquité sur l’agriculture furent traduits dans la langue moderne, puis parurent à de courts intervalles dans la Péninsule : Les Vinti giornale dell'agricoltura, par Gallo ; le Ricordo d'agricoltura, par Camille Tarello de Venise, celui qui proposa le premier d’alterner les cultures, etc., etc. On peut dire et affirmer qu’à partir du xvn° siècle, les progrès furent généraux en Italie.
- Strabon affirme qu’avant lui la salubrité du pays était complète, et qu’elle était due, moins aux qualités du sol qu’aux travaux relatifs aux forêts, aux aqueducs, etc. Cependant Tite-Live fait connaître la chronologie de vingt-deux pestes dans l’espace de deux cents ans ; il appelle ainsi, sans aucun doute, les épidémies fiévreuses des solstices. Sous les Empereurs, les terrains incultes aug-
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- mentèrent et devinrent si étendus, qu’Horace et Juvénal s’écrient : Que le pays qu'arrose le Tibre, autrefois cultivé et habité, devient un marécage et un désert. Il est malheureusement certain que les papes, et avant eux les empereurs et les consuls, n’ont jamais pu vaincre l’action envahissante des marais. Si l’on veut chercher à connaître les efforts de l’antiquité sur ce sujet intéressant, on rencontre de nombreux documents.
- La loi rapportée par Cicéron écrite sur les tables romaines : Lucos in agris habinto, était non-seulement relative aux usages domestiques, mais avait particulièrement pour but de contenir, de circonscrire les exhalaisons marécageuses sur les plages et dans les plaines basses en communication avec le littoral. Pour accroître le respect des forêts on les mettait sous la sauvegarde de quelques divinités, ou bien sous la responsabilité des consuls :
- « Sive sacro pavi, se dive sub arbore sacro. » (Ovide). « Si canimus sylvas, sylvœ sint consule dignæ. » (Suéton).
- Il y avait des peines très graves, même d’infamie, portées contre ceux qui attentaient à la conservation des bois sacrés. Ces massifs de bois développaient le mécanisme de la végétation au profit de l’épurement de l'air. D’après Théophraste, les lauriers, les myrtes plantés dans la campagne de Rome, le long de son littoral, acquéraient autre-
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- fois une hauteur telle, qu’ils pouvaient servir au carénage et aux bordages des vaisseaux. « Ut pro carena etrusci possint sufficere, etc..» Toutes les lois romaines dérivaient, du reste, des prescriptions grecques. De tous temps une loi sacrée d’Athènes accordait à perpétuité l’affranchissement de tout droit, de toute charge, aux terrains que l’on avait rendus à l’agriculture, par les dessèchements des terrains marécageux. On croyait que les facultés intellectuelles de l’homme sont fortement subordonnées à l’air qu’il respire, et Hippocrate alla jusqu’à dire : Sapientiam cerebro ab aere ex-kiberi.
- Dans les temps modernes, plusieurs villes célèbres et très peuplées ont disparu et ont été détruites par le mauvais air. C’est ainsi que les Ma-rais-Pontins, par exemple, se sont établis d’une manière permanente, détruisant peu à peu tous les travaux faits et continués depuis Appius Claudius, trois cents ans avant Jésus-Christ. Les Médicis, en vue d’arrêter le fléau, donnèrent l’exemple, ils desséchèrent complètement le Val di Chiana, au-dessous de la vallée de Crotone, et les esprits les plus hostiles aux souverains Italiens ne purent nier ce travail parfaitement entendu, et qu'on peut contrôler aujourd’hui. Voici comment M. Pictet, un des rédacteurs de la Bibliothèque Britannique, en rendait compte le 12 octobre 1813 : au fond de la
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- vallée il y avait un lac d’une assez grande étendue entouré de marais. Son niveau permettait de le mettre à sec en jetant les eaux par un canal dans la rivière de l'Arno. Au lieu d’en faire un parc, un haras, une ferme, les Médicis, qui voulaient protéger les arts comme l’agriculture, et le commerce comme les sciences, voulurent faire de ces trois mille arpents un modèle de la plus parfaite culture. Pour atteindre ce but, ils tracèrent sur le sol vierge des routes pour servir à sa division, à son exploitation, ainsi que des canaux qui, en arrêtant les eaux à leur point supérieur, les distribuaient dans toute l’étendue du domaine. Les chemins, coupés à angles droits, partagèrent le tout en soixante et dix parties à peu près égales. Dans chacune de ces divisions on bâtit une ferme à laquelle on donna une forme élégante ; autour de ces demeures le terrain fut disposé en prairies ou en terres arables, et partout on planta des arbres. Dans chaque ferme fut placée une famille de métayers, qui exploita quarante arpents, etc... Cet ensemble présente au plus haut degré un modèle de la plus belle culture. Il a surtout ce caractère empreint sur toute la création des Médicis : la réunion de l’agréable à l’utile. On y reconnaît partout la puissance du souverain, unie à l’habileté du particulier riche, c’est la division bien entendue des propriétés.
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- Laissant tous les détails de côté,, nous nous contenterons de rappeler que les plus grands papes, secondés par des savants de premier ordre, songèrent tour à tour à dessécher les marais. Pie VI diminua les terrains submergés des Marais-Pon-tins, de 20,000 à 22,000 hectares. Il ne put parvenir à replacer les terrains dans des conditions de population où se trouvait ce pays dans les temps anciens. Les améliorations, toujours lentes, ont été encore indiquées par Pie VII, dans un acte qui reflète les plus saines doctrines de l’économie politique.
- A la fin du siècle dernier, les événements militaires furent pour l’Italie la cause de quelques maux inséparables de l’état de guerre, mais ils y laissèrent des traces ineffaçables. Pendant l’occupation, les peuples divers participèrent à notre administration, à nos écoles, et les travaux de route terminés et commencés par nos ingénieurs, l’illustre Prony en tête, furent prodigieux. Ils ont aidé à ce mouvement général de bien-être et de commerce, qui dérive de la facilité des communications et de la connaissance des institutions économiques. Si l’amélioration agricole et industrielle appelée par tous les vœux de Pie IX n’est pas complète, c’est la conséquence de la répartition du sol en de trop vastes domaines. Les grandes propriétés excluent toutepopulat ion rustique. L’État, les propriétaires
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- et les fermiers peuvent seuls, par la réunion de leurs efforts, changer la face de ces campagnes stériles couvertes de riches gazons, détruire les usages des peuples nomades des pays déserts, façonner les steppes romains, rendre les terrains salubres , faire revivre et prospérer partout la luxuriante culture des environs d’Albano et de Velletri.
- 1er juin 1836.
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- INSTATUT AGRICOLE DE
- ET SON DIRECTEUR M. LE PROFESSEUR BOTTER.
- La province de Ferrare, qui possède les terrains les plus fertiles de l’Italie, est une vaste plaine formée par les alluvions du Pô et d’autres rivières moins importantes. Elle est limitée par l'Adria-tique, le Pô et l’Apennin. Le sol est très peu élevé au-dessus du niveau de la mer; son altitude est même négative sur le tiers environ du territoire, où règne un marécage dangereux de plus de 90,000 hectares. Cette position topographique est encore rendue plus critique par un sol très argileux et tenace. La population manque aux besoins de la culture ; les fermes sont très étendues, en moyenne de 30 hectares ; enfin les agriculteurs ne peuvent s’établir près des marais, et sont tous plus ou moins décimés par une maladie indigène : les fièvres intermittentes.
- En 1843, tout était à faire dans ce pays; les instruments agricoles étaient mauvais, l’assolement épuisant, les prairies artificielles inconnues, les mûriers peu en faveur, les institutions économiques délaissées. C’est alors que la commission adminis-
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- trative de Ferrare, par une initiative qui l’honore, et que nous sommes heureux de faire connaître ; créa une chaire d'agriculture, et plaça à la tête de cette école M. le professeur Botter. Cet homme éminent a dignement répondu à cette mission. — Nous allons, d’après les documents administratifs officiels, raconter ce qu’il a entrepris, et réalisé, depuis près de quinze ans.
- M. Botter avait vingt-cinq ans, et surtout une étincelle de ce feu sacré qui permet à l’homme de lutter contre les difficultés et de les surmonter. Il comprit qu’il fallait agir sur les populations par tous les moyens d’action à sa portée. Il devait donc, à l’instruction théorique, ajouter l’exemple pratique; faire connaître les bienfaits des associations, des encouragements, des expositions; stimuler l’amour-propre par des récompenses, des prix; enfin, employer la presse périodique pour répandre ses idées dans les plus petits hameaux. Il se décida de suite pour la création d’un Institut agricole. Les institutions de ce genre, en parlant aux sens des habitants des campagnes, sont le principe d’une foule d’améliorations. Il est difficile, en effet, qu’un cultivateur ne perfectionne pas sa culture, ou ne fasse pas des plantations, quand il a sous les yeux le moyen de comparer les avantages ou les inconvénients des méthodes nouvelles. M. Botter fit comprendre aux autorités Ferraraises, l’utilité de sa
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- proposition, il les détermina aisément à faire les sacrifices indispensables pour cet objet. Enfin, il adopta tous les moyens possibles d’augmenter les adhésions, les correspondants, afin de détruire rapidement les préjugés, de vaincre la routine, et de faire adopter les découvertes de la science.—L’institut, composé des agriculteurs les plus distingués, fut considéré par M. Botter, comme une souche-mère, d’où découle pour ainsi dire plusieurs branches importantes :
- 1° L’Ecole théorique, à laquelle on a ajouté un Jardin agronomique et une Ferme expérimentale de plus de 40 hectares. L’enseignement est complété par un cabinet composé des échantillons des espèces végétales, des animaux nuisibles aux céréales et de la Flore Ferraraise, etc., etc.
- 2° Une Société agricole avec des correspondants dans toutes les localités de la province :
- 3° Une Société d'horticulture et de jardinage, avec prix, exposition de fleurs, etc.
- 4° Une fabrique d'instruments aratoires. Dans un pays à grande culture et sur un sol d’une tena-cité extrême, les instruments et les machines doivent former la base des améliorations agricoles. M. Botter construisit des charrues, des herses rhom-boïdales, des rouleaux, des extirpateurs, des râteaux à cheval, des coupe-paille, des machines à égrainer le maïs, des tarares, des pompes hydrau-
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- liques, des machines à battre, des machines à con-casser, celles nécessaires à broyer le chanvre et retirer la filasse, etc., etc...
- 5° Une fête agricole annuelle réunit tous les produits ruraux. On la termine par une exposition publique d’animaux et de produits divers. C’est un véritable Concours provincial où l’on distribue des récompenses et des médailles. Il a été le premier qu’on ait songé à établir dans les États romains et dans toute l’Italie.
- 6° Un journal périodique fait connaître, chaque semaine, les comptes rendus des séances des différentes sections de l’Institut; il tient les agriculteurs au courant des travaux de la ferme expérimentale, et donne la traduction des découvertes étrangères.
- 7° Enfin un bureau de commission. Bien souvent les cultivateurs ne peuvent réaliser leur désir d’amélioration, faute de savoir se procurer un instrument, une graine, un arbre nouveau. Il arrive sans cesse aussi que plusieurs d’entre eux ont des semences et des plantes au-delà de leurs besoins, et ne savent pas en recueillir la valeur. Pour remédier à ce double inconvénient, M. Botter a institué le Bureau de Commission. C’est un courtier public, auquel on paie 2 ° sur les objets procurés ou vendus; il est tenu de se mettre en relation avec les principaux établissements italiens et étrangers, et
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- de répondre à toutes les demandes. Cette pensée féconde a stimulé le zèle public, et tendu la main aux esprits timides et indifférents.
- Nous ne pouvons raconter toutes les améliorations obtenues par l’influence de l’Institut agricole. Nous ne citerons que la plus importante : Le changement de l’assolement de la province. En 1843, la succession des cultures était double : chanvre, blé; maïs, blé ; la première bonne, la seconde mauvaise ; de plus, absence complète de fourrage. Il fallait songer à diminuer le terrain à labourer, et introduire entre les deux graminées une autre plante peu épuisante. Après bien des efforts à la ferme expérimentale, on se décida pour le trèfle, et l’on proposa un assolement de quatre ans : blé, trèfle, maïs, chanvre. Les résultats furent décisifs, déterminèrent un grand nombre d’agriculteurs à l’essayer, et ils obtinrent des bénéfices importants : diminution de labours, accroissements de fourrages, de fumier, bien-être des animaux avec la stabulation permanente qu’on ne connaissait pas ; augmentation réelle des recettes, etc., etc....L’adoption de ce mode de culture fut si prompte et si générale, que la graine de trèfle doubla de prix en trois ans, et que les fermes ont elles-mêmes doublé de valeur et de produits. Le Conseil provincial de Ferrare n’est donc que juste aujourd’hui en témoignant la reconnaissance publique à M. le pro-
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- fesseur Botter, et en cherchant, par tous les moyens en son pouvoir, à le seconder et à faire connaître ses bienfaits et ses travaux.
- Examen des produits exposés par M. le professeur Botter.
- La difficulté des transports et les frais qui en sont la suite, ont empêché M. le professeur Botter de paraître au concours de 1856 avec un nombre' considérable de produits. Sa collection est peu étendue, il est vrai, mais elle mérite une attention sérieuse et elle appelle un bienveillant examen.
- Charrue Dombasle modifiée par M. Botter.
- Frappé des inconvénients nombreux de la charrue ferraraise, M. Botter fit venir une charrue Dombasle, et la modifia suivant les besoins du pays. Le sol étant très argileux, très tenace, et la principale récolte, celle du chanvre, réclamant un labour profond de 35 à 40 centimètres, on donna à la charrue de grandes proportions. Les habitudes ayant consacré l’usage de l’avant-train, on adapta une flèche très résistante, en noyer, orme ou fresne, ainsi que des roues légères en fonte. Le
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- coutre, trop petit, trop mince, fut changé. Le nouveau est vertical, tranchant et incliné en avant. Il précède toujours le soc dans toutes les positions. Le versoir, trop bas, trop faible pour résister aux travaux des champs, fut composé de deux pièces, la poitrine et le versoir proprement dit. La première partie, d’une solidité à toute épreuve, commence la courbure du versoir, qui est lui-même allongé et agrandi. Enfin le soc en fonte, en fer battu ou en acier, est placé comme un étui à l'ex-trémité du versoir.
- La charrue, ainsi modifiée, sert dans les terrains de densité variable, et donne, avec trois paires de bœufs, des sillons de plus de 35 centimètres de profondeur.Elle a été adoptée parce qu’elle rend inutile la ravagliatura ou pelleversage. Le chanvre réclamant un sillon très-profond, l’ouvrier applique la ravagliatura, c’est-à-dire creuse le fond de la rigole avec une bêche ordinaire, et demande, pour rémunération de son travail, la moitié de la récolte. Si, au contraire, la charrue passe seule sur le sol, le journalier ne prend que le tiers de la moisson. —Les fermiers qui ont besoin d’un dé-foncement considérable ont adopté unanimement le nouvel instrument comme réunissant toutes les conditions d’économie et de travail. Aussi les registres de l’établissement industriel constatent la vente de plusieurs milliers de charrues fournies
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- aux habitants des Légations et des provinces voisines, au prix de 50 francs.
- Echantillons divers de filasse de chanvre (Canabis sativa), toiles diverses, graines, etc., etc.
- Le chanvre récolté en Italie provient, en grande partie, du territoire de Ferrare et de Bologne. La hauteur ordinaire de la plante est de 4 à 5 mètres,. et la fécondité du sol inépuisable. Le Ferrarais livre annuellement au commerce plus de 10 millions de kilogrammes de filasse brute, dont une partie est tissée par les fabriques et les ouvriers de Cento. On place le chanvre dans les meilleurs terrains, il est cultivé à moitié ou au tiers des produits, selon qu’on exige le pelleversage ou seulement la charrue. On prépare la terre par trois labours, un en juillet, après la moisson, un autre en août, et le troisième en novembre. Dans le Bolonais, on fume les terres avec des engrais très-azotés, mais à Fer-rare on se sert exclusivement de fumiers de ferme ou d’engrais vert, pour lequel on choisit la Bras-sica campestris ou Bavizzone. La graine se sème ordinairement vers le 15 mars; mais les expériences de la ferme expérimentale tendent à prouver qu’il vaut mieux y procéder dans les pre-
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- miers jours de février. Le chanvre brave les gelées elles neiges tardives de cette saison, et les plantes, déjà fortes au moment des premières sécheresses, résistent davantage et grandissent avec vigueur.
- La graine de chanvre la meilleure est celle de l’année : la proportion de la semence est de 70 litres par hectare. On répand la graine sans soins particuliers, en la recouvrant seulement au moyen des herses et des rouleaux.
- Vers la fin de j uillet, quand les fleurs mâles ont fécondé les femelles, on coupe les tiges près de la surface du sol, on procède au triage ou tiratara, et on porte au routoir. Des expériences précises ont prouvé que le chanvre ainsi placé vert, sans avoir été desséché au soleil, demandait moins de temps pour le rouissage, et que de plus la filasse était plus blanche et plus fine. Pour faire apprécier les deux méthodes, on a mis sous les yeux du jury deux échantillons différents.
- La fabrique construisait diverses machines destinées à broyer la chenevotte et à donner la filasse brute. —Mais un Anglais, M. Dikson, de Londres, ayant été primé à l’exposition universelle pour une machine à broyer le chanvre, sans qu’il soit nécessaire de le faire passer au routoir, l’Institut agricole a fondé une Société d’importation, constituée avec un capital considérable. Son but est de répandre avec rapidité cette précieuse invention, et de
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- délivrer pour toujours les cultivateurs de l’infec-tion et des dangers du routoir.
- Plantes diverses, Graines, etc., etc.
- Riz sans barbes.
- L’échantillon du riz exposé a été cultivé dans une nouvelle rizière établie dans un marais appartenant à M, le chevalier Joseph Pavanelli. Cet agriculteur zélé est le premier qui ait suivi les conseils du directeur de l'Institut, desséché ses terrains dangereux, et importé une turbine hydraulique à vapeur. Le terrain destiné à la culture du riz est coupé par une infinité de canaux revêtus de digues gazonnées. L’eau y circule à volonté.
- Le riz croit au fond de ces terres, submergées de quelques pouces d’eau. Sa plante ressemble à celle d’une orge printanière, la paille est d’un tissu plus sec et d’une teinte plus pâle. Elle ne plie ni ne verse jamais, et le vent, en agitant ces moissons, produit un son à la fois aigu et prolongé, comme celui qu’on entend dans les roseaux pendant les orages.
- La culture des rizières est des plus simples. La terre qui a nourri le riz, privée d’eau depuis la moisson précédente, est labourée dans le printemps suivant. On y sème le riz sur un seul labour et sans
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- autre préparation. On attend que sa plante ait déjà quelques pouces d’élévation avant de baisser les écluses et d’inonder le sol. Le riz croit ensuite comme une plante marine dans ce terrain constamment submergé. Il achève ainsi sa végétation, et on ne relève les écluses que vers l’époque de sa maturité, afin de donner à la terre le temps de se dessécher, pour que les moissonneurs puissent descendre dans les carrés et y couper la récolte. Elle se lie en petites gerbes qu’on laisse quelque temps entassées avant de les battre; puis la terre reste desséchée jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau labourée et ensemencée.
- Triticum sativum hybernum. — Blé romain. (Var romano.)
- La cepée présentée, composée de plus de quarante tiges, provient d’un seul grain. — On rencontre sans cesse des plantes aussi belles dans un terrain où l’on obtient souvent vingt fois la semence.
- Brassica campestris (lin). (Ravizzone.)
- Plante provenant d’une seule graine. — Cette espèce oléagineuse diffère du colza ordinaire ; elle
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- est remarquable par sa gigantesque végétation dans les terres bien cultivées. On s’en sert depuis plusieurs années comme fourrage très-précoce.
- Vicia faba (lin).
- Fève desséchée. — Échantillon tiré de l’herbier de l’Institut agricole.
- Faba œequina (lin).
- Petite fève du pays. — Échantillon tiré de l'In-stitut agricole.
- Zea. Mais Turgida,
- Gette intéressante variété de maïs a été introduite dans la culture usuelle par M. le professeur Botter. Elle se distingue surtout par la propriété essentielle de résister parfaitement à la sécheresse. — Elle procure de la très-bonne farine d’un poids supérieur aux autres qualités. — Elle a mérité, à l’exposition universelle de 1855 , une médaille d’honneur.
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- Ricinus sanguincus.
- Ricin. La tige de cette plante s’élève à 3 ou 4 mètres de hauteur avec de nombreuses branches latérales. — Le grain primitif a été apporté en Italie sous le nom de Ricinus Mappa, à la suite de l’exposition universelle de Londres. Mais M. Botter, après en avoir essayé la culture, reconnut facilement qu’il avait une espèce nouvelle, ou du moins une variété très-précieuse et il la fit connaître sous le titre de Sanguincus Ricinus.
- Cette espèce donne trois fois plus de produit que le ricin ordinaire, et huit pour cent de plus d’huile que le Ricinus communis.
- GRAINES DIVERSES.
- M. Botter a réuni dans une jolie vitrine les graines des différentes plantes importées dans la province de Ferrare. On y remarque les haricots des papes , phaseolus grandiflorus, ceux du Mexique, de Moriago, de Chine, etc., etc. ;
- Les pois de Malaga, de Narbonne, de Hollande;
- Les laitues de Ravenne, lattugone Ferrarese capucciato;
- Le blé à grappes, celui de Pologne ;
- Les avoines du Levant, de Candie ;
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- Le millet, miliacum panicum ;
- Les maïs : rouge, minima, æestiva, turgida, etc.
- Les plantes tinctoriales : Isatis tinctoria , car-thamus tinctorius, etc., etc.;
- Le chanvre d'Espagne, etc. ;
- Enfin, plusieurs espèces de riccin: Ricinus ru-bricantus, rutilans, viridis, etc., etc.
- Pommes de Pia-Pignon.
- M. D. Boccacini, de Ravenne, administre une forêt de Pin-Pignon appartenant au Saint-Siège. Il livre chaque année au commerce plus de 100,000 k. d’amandes écalées.
- Ce produit hors ligne est bien connu dans toute l’Italie.
- Petite Herse à quatre dents
- Cette petite herse s’adapte à la charrue Botter ; elle a été inventée par M. le comte F. Aventi, et primée à l’exposition agricole de Ferrare, en 1851.
- Les animaux de labours sont si peu nombreux dans la province, qu’au moment des semences il est très difficile de passer la herse et d’ameublir le sol. L’addition de la herse Aventi à la charrue vient au secours des cultivateurs; elle demande très peu de force de traction et prépare parfaite-ment le terrain.
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- RESUME.
- Le résumé de notre petite étude sera court et facile : pour faire progresser sûrement l’agriculture et l’industrie Ferraraise, M. le professeur Botter a employé simultanément plusieurs moyens, et tout d’abord la création d’un Institut agricole. L'école à laquelle il était appelé ne comportait que l’instruction théorique; il lui a donné la vie, par l’exemple, la force d’association, la presse périodique, les encouragrments et les prix. Les élèves de l’école, par leur brillant concours, ont attiré les éloges de tous. Les expériences essayées et réussies dans le jardin agricole et dans la ferme expérimentale, ont fait connaître les instruments nécessaires, et leur pratique. La Société d’horticulture a réuni les agriculteurs les plus entendus. Le journal périodique a fait connaître les travaux journaliers. Enfin l’inauguration des fêtes agricoles et des expositions annuelles, ont dignement complété les institutions de la Légation de Ferrare.
- Tel est l’ensemble que nous soumettons aujour-
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- d’hui avec confiance, au jugement du jury rassemblé au Palais de l’Industrie.
- Nous osons espérer que le nom de M. Botter ne sera pas oublié. A lui seul appartiennent l’importation et l’initiative de toutes les améliorations de son pays; et à son souverain, le pape Pie IX, et au zèle de ses Ministres, les encouragements qui ont doublé ses efforts et ses travaux, par toutes les marques de distinction et d’honneur.
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- TABLE.
- PAGES.
- Concours agricole universel de Paris ... ...........................5
- Classification. Coup-d’œil général..................................7
- Nécessité de l’agriculture, son importance en Italie . ... 13
- Agriculture italienne, ancienne et moderne ........................17
- Institut agricole de Ferrare..................................... 25
- M. le professeur Botter............................................26
- Charrue modifiée par M. Botter.....................................30
- Chanvre, riz, graines diverses, etc., etc.. . . ...................32
- M. le chevalier Joseph Pavanelli. .................................34
- M. D. Boccacini, de Ravenne........................................38
- M. le comte F. Aventi..............................................38
- Résumé.............................................................39
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