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Aperçu statistique des forces productives de la Russie
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- APERÇU STATISTIQUE !
- DES
- FORCES PRODUCTIVES
- DE LA RUSSIE
- EXPOSITION
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- APERÇU STATISTIQUE
- DES
- FORCES PRODUCTIVES
- DE LA RUSSIE
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- APERÇU STATISTIQUE
- DES
- FORCES PRODUCTIVES
- DE LA RUSSIE
- PAR
- M DE BUSCHEN
- Membre du comité central de statistique de Saint-Pétersbourg
- ANNEXÉ AU CATALOGUE SPÉCIAL
- DE LA SECTION RUSSE
- DE L’EXPOSITION UNIVERSELLE DE PARIS
- PARIS
- IMPRIMERIE GÉNÉRALE DE CH. LAHURE
- 9, RUE DE FLEURUS, 9
- 1867
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- APERÇU STATISTIQUE
- DES
- FORCES PRODUCTIVES
- DE LA RUSSIE.
- TERRITOIRE.
- I
- ÉTENDUE ET POSITION GÉOGRAPHIQUE.
- D’après les calculs les plus récents, l’empire de Russie occupe une superficie d’environ 370.000 milles carrés (17.900.000 verstes carrées ou 20.400.000 kilomètres carrés) et s’étend du 35° au 208° de longitude, et du 38 au 78° de latitude septentrionale. Sa plus grande longueur de l’ouest à l’est, c’est-à-dire depuis Kalisch jusqu’au port de Petro-pawlowsk, à l’extrémité du Kamtschatka, est de 14.480 verstes ou 2074 milles géographiques (soit 15.450 kilo-
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- 2 ÉTENDUE ET POSITION GÉOGRAPHIQUE. mètres); sa plus grande largeur du nord au midi, savoir depuis Kola, en Laponie, jusqu’à la frontière de la Perse (Ordoubate), est de 4900 verstes ou 700 milles géographiques (soit 5228 kilomètres).
- Ces chiffres indiquent clairement qu’il est presque impossible de comprendre dans le même aperçu un territoire aussi vaste et s’étendant dans trois parties du monde. Non-seulement la grandeur du territoire, mais encore les différences du climat, de la configuration du sol, des conditions sociales et économiques et de l’administration, exigent une analyse spéciale des différentes parties de ce territoire, dont on doit distinguer cinq principales, distinctes au point de vue géographique, économique et administratif, savoir : la Russie proprement dite ou Russie d’Europe, le grand-duché de Finlande, le royaume de Pologne, la vice-royauté du Caucase et la Sibérie. Les trois premières parties appartiennent, sauf quelques rectifications de frontières, à l'Europe ; les deux dernières font partie de l’Asie. Nous faisons abstraction de la Russie américaine et des îles Nounivok, Ounimak, Kadiak, Tscithscliagoff, Sitka, de l’Amirauté, des Castors, de Koupreyanoff et de Révilla-Gigedo , appartenant à la Compagnie Américaine. La superficie de ces possessions est de 24.000 milles carrés ou de 1.161.400 verstes carrées (1.323.996 kilomètres).
- L’étendue des cinq grandes parties de l’empire russe pré
- sente les chiffres suivants :
- milles c. verstes c.
- 1. Russie d’Europe..................... 90.134,53 4.363.031
- 2. Grand-duché de Finlande........ 6.835,20 334.924
- 3. Royaume de Pologne................... 2.313,90 111.958
- 3. Vice-royauté du Caucase.............. 7.938,93 384.157
- 5. Sibérie........................... 262.745,97 12.702.746
- Total................ 369.968,53 17.896.816
- kilom. C.
- 4.913.855
- 381.813
- 127.632
- 437.939
- 14.481.130
- 20.402.369
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- II
- DIVISION ADMINISTRATIVE.
- Toutes les parties de l’empire russe se divisent en gouvernements, provinces ou territoires. Entre le gouvernement et la province il existe une différence d’organisation, du reste peu importante. Sous la dénomination de territoire (ou plutôt de pays) on comprend ordinairement les provinces habitées par les cosaques et autres tribus organisées militairement et formant le corps des troupes irrégulières. On compte pour la Russie d’Europe 48 gouvernements, 1 province (la Bessarabie) et 4 territoires (pays des cosaques du Don, pays des cosaques de l’Oural, pays des cosaques d’Orenbourg et pays des kirghiz de la horde intérieure). Les cosaques d’Astrakhan, d’Azoff et de la Nouvelle-Russie font partie des gouvernements d’Astrakhan, de Yékathérinoslaw et de la Bessarabie. La Finlande se divise en 8 gouvernements; la Pologne vient d’être divisée en 10; le Caucase comprend 5 gouvernements, 3 territoires (pays des cosaques du Kouban, pays des cosaques de Tersk et le Daghestan) et quelques portions de territoire comme la Mingrélie, l’Abkhasie, organisées provisoirement et portant encore le titre de pays vassaux. La
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- 4
- DIVISION ADMINISTRATIVE.
- Sibérie compte 4 gouvernements et 7 provinces (province des kirghiz d’Orenbourg, province des kirghiz de la Sibérie, province de Sémipalatinsk, provinces de Yakoutsk, de la Trans-baïcalie, de l’Amour et du Littoral, La huitième province vient d’être organisée; c’est le Turkestan, comprenant les possessions nouvellement acquises dans l’Asie centrale. Les cosaques de la Sibérie, de la Transbaïcalie et de l’Amour font partie des provinces du même nom.
- La table suivante indique l’étendue de toutes ces divisions, sauf pourtant celles qui, ayant été organisées récemment, ne sont pas encore déterminées définitivement. Ainsi, les chiffres du gouvernement d'Oufa (taillé dans celui d’Orenbourg) sont compris dans l’étendue du gouvernement d’Orenbourg. Quant à la Pologne, les données sont établies d’après l’ancienne division territoriale, vu que la nouvelle n’est pas encore établie définitivement; et quant au Turkestan, les données manquent totalement.
- DIVISIONS. MILLES CARRÉS VERSTES CARRÉES KILOM. CARRÉS.
- RUS SIE D’EUROPE
- Arkhangel , 13.924,61 673.742,2 768.065
- Vologda
- 7.200,89 2.717,26 813,65 816.13 2.139,00 348.414,8 131.473,9 39.368,2 39.488,5 103.495,2 397.191 149.879 44.879
- Olonetz Saint-Pétersbourg
- Pskoff...... .
- Novgorod 45.016
- Twer . 117.984 64.155 34.329
- 1.163,12 1.622,38 56 277,4 30 114,0
- Yaroslaw
- Kostroma
- 1.451,09 860,56 601,70 1.018,12 560,97 557,12 859,12 819,91 951,58 902,86 998,65 1.210,62 70.210,8 41.638,3 29.113,0 49.262,0 27.142,5 26.956,1 80.039
- Vladimir
- Moscou 47.467
- Smolensk 33.188
- Kalouga 56.158
- Toula.... 30.941
- Orël 30.729
- Koursk 41.567 ,6 39.671,5 46.042,0 43.685,0 47.836,0 58.576,2 47.386
- Tchernigoff. Poltawa 45.224 59.487
- Kharkoff 49.800
- Voronège 54.533
- 66.776
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- DIVISION ADMINISTRATIVE. 5
- DIVISIONS. MILLES CARRÉS VERSTES CARRÉES KILOM. CARRÉS.
- RUSSIE D’EUROPE (su te).
- Riasan 762,67 36.901,2 42.067 I
- Tamboff. 1.202,08 688,84 58.161,9 66.303
- Pensa 33.329,9 37.995
- Nijni-Novgorod 923,34 44.675,2 50.929
- Kasan 1.116,00 53.997,9 61.556
- Viatka 2.605,19 126.052,0 143.699
- I Perm 6.050,12 292.735,3 333.717
- Orenbourg 3.971,56 192.163,1 219.065
- Ssimbirsk 883 28 44.737,7 51.000
- Ssaratoff 1.486,34 71.916,2 81.984
- Ssamara 2.885,36 139.608,0 159.152
- Astrakhan 3.995,27 193.310,4 220.373
- Esthonie. 358,60 17.351,0 19.780
- Livonie... 883,04 42.725,0 48.706
- Courlande 495,34 23.967,0 27.322 8
- Vitepsk 820,67 39.708,2 45.267
- Mohileff. 867,78 41.987,3 46.865
- Kowno 739,11 35.762,0 40.768
- Vilna 767,70 37.120,6 42.316
- Grodno 691.21 33.444,0 38.126
- Minsk 1.621,52 78.457,7 89.440
- Volhynie 1.295,17 62.667,0 71.440
- Podolie 770,76 37.293,8 42.514
- Kieff. 924,46 44.730,4 50.992
- Bessarabie (province) 633,87 30.669,2 34.962
- Khersobn 1.306,38 63.209,0 72 058
- Tauride 1.161,12 56.180,8 64.045
- Yékathérinoslaw 1.225,27 59.185,0 67.470
- Pays des cosaques du Don 2.805,85 135.761,0 154.767
- Pays des cosaques de l’Oural 1.264,09 61.163,6 69.728
- Pays des cosaques d'Orenbourg. . 1.681,66 81.366,9 92 757
- Pays des kirghiz compris dans le gouvernement d’Orenbourg. Nyland FINLANDE. 20.99 10.285,1 11.724
- Abo 46.42 22.745,8 25.929
- Tavastehus 328,3 16.086,7 18.338
- Wibourg 790,5 38.734,5 44.156
- Saint-Michel 420,2 20.589,8 23.471
- Kuopio 786,9 38.558,1 43.956
- Wasa 737,4 36.132,6 41.190
- Uleaborg 3.097,8 151.792,2 173.042
- Varsovie POLOGNE. 666,49 32.248,4 36.762
- Lublin 546,29 26.432,4 30.132
- Radom 441,40 21.357,4 24.346
- Augustowo 341,20 318,52 16.508,9 18.819
- Ploçk 15.411,4 17.568
- Stavropol CAUCASE. 1.355,79 65.599,5 74.782
- Province du Kouban.... 1.794,09 86.850,6 99.009
- Province de Tersk 909,62 44 011,3 50.172
- Province du Daghestan 575,87 27.863,7 31.763
- Tiflis. 886 25 42.881,0 48.884 I
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- DIVISION ADMINISTRATIVE.
- 6
- DIVISIONS. MILLES CARRÉS. VERSTES CARRÉES KILOM. CARRÉS.
- CA Bakou UCASE (suite). 1.193,54 57.749,4 65.833
- Eriwan 529,25 25.607.6 29.191
- Koutaïss 333,75 16.134,8 18.392
- District de Mingrélie 195,96 9.481,7 10.808
- ' District d’Abkhasie 164,91 7.978,9 9.094
- Tobolsk SIBÉRIE. 27.000,20 1.308.149,0 1.491.289
- Tomsk .... 15.733,90 761.499,0 868.450
- Yénisseïsk 45.708,10 2.211.589,0 2.521.211
- Irkoutsk 13.357,00 646.372,0 736.864
- Province des kirghiz d’Orenbourg. 17.355,24 834.894,0 951.779
- Province de Sémipatalinsk 8.498,50 411.556,0 469.173
- Province des kirghiz de Sibérie... 14.544,00 703.711,0 802 230
- Province de Yakoutsk 71.420,60 3.455.684,0 3.939.479
- Province de la Transbaïcalie 10.057,20 486.615,0 554.741
- Province de l’Amour 5.129,50 248.164,0 282.919
- Province du Littoral 33.790,70 1.634.213,0 1.863.002
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- III
- DESCRIPTION DU SOL.
- La Russie d’Europe est essentiellement un pays plat. Occupant la majeure partie de la grande plaine orientale de l'Europe, elle ne présente que des ondulations et des hauteurs insignifiantes. Les principales chaînes de montagnes se trouvent à l’est et au midi de cette partie de l’empire, qu’elles séparent de l’Asie. Au milieu de cette vaste plaine s’élèvent insensiblement quelques plateaux, qui ne dépassent que fort peu la hauteur absolue de 1000 pieds. Le plus connu de ces plateaux, celui de Valdaï, est situé entre les sources des principaux cours d’eau de la Russie et forme ainsi le nœud d’où partent les lignes qui séparent les principaux versants et forment les différents bassins. Tel est l’aspect général du pays. Au sud-ouest, la plaine est limitée par quelques ramifications des Carpathes. Une arête de granit, qui part des Carpathes vers l’est, s’étend le long de la mer Noire et redresse le cours de presque tous les fleuves courant au sud vers cette mer. En rencontrant cette arête, ces fleuves et leurs affluents se détournent, s’encaissent et forment des cataractes qui présentent des obstacles sérieux à la navi-
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- 8
- DESCRIPTION DU SOL.
- gation fluviale, et sont cause de beaucoup de difficultés pour le commerce du sud.
- La frontière orientale de la grande plaine russe est formée par la chaîne méridienne de l’Oural ou Ceinture de pierre (kamennoy poyass), le plus grand soulèvement longitudinal du monde ancien, présentant une longueur de 1500 verstes et même plus, si l’on compte les ramifications de la chaîne principale qui s’étendent au loin dans la steppe kirghize.
- L’Oural se divise en trois parties distinctes, dont la première, l’Oural septentrional, partant des bords de l’Océan glacial et finissant aux sources de la Petschora et de la Ssosswa, présente une suite de plateaux longs et étroits dépassant rarement 3 à 4000 pieds. Le mont Ssablya, le Toell-Poss et le Pawdinsky-Kamen sont les points culminants de cette partie de la chaîne et s’elèvent jusqu’à 5 et 6000 pieds. L’Oural central est beaucoup moins élevé que l’Oural septentrional. C est une suite de hauteurs insignifiantes dont le versant oriental renferme une masse de richesses minérales. L Oural du sud, depuis le mont Iremel, se bifurque et présente deux chaînes parallèles, renfermant dans toute leur longueur la haute vallée du fleuve Oural. Du côté de l’Europe, la chaîne principale, dite Oural des bachkirs, est accompagnée d une suite de chaînons latéraux, de manière que tout l’Oural méridional présente une masse de crêtes parallèles. L Ouial méridional, dans la chaîne principale, présente une hauteur de 5 à 6000 mètres. L’Iremel s’élèvejusqu a 8000 p.
- L’Oural, proprement dit, finit au point d’Orsk, point où le fleuve Ouial, quittant la vallée longitudinale comprise entre les deux chaînes parallèles, tourne brusquement à droite, en se rapprochant du Volga. Pourtant il y a une sorte de prolongation de l’Oural dans la steppe des kirghiz. C’est une suite
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- DESCRIPTION DU SOL.
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- de hauteurs appelées collines de Mouhadjar et s’élevant à peine à 2000 pieds.
- La structure géologique du système ouralien est très-simple. La base de la chaîne est composée de granit et de matières cristallines. Pourtant cette masse ne perce que dans les lieux où la chaîne est peu large, comme dans l’Oural septentrional et dans quelques points de l’Oural bachkirien. De chaque côté de cette vieille roche s’étendent des couches schisteuses renversées. A l’est, du côté de la Sibérie, c’est principalement un schiste corné, suivi de jaspe. A l’ouest, c’est un grès micacé, quelquefois très-compacte, accompagné d’alun et de schiste argileux. Viennent ensuite des deux côtés des couches unies de roches calcaires riches en minerai et surtout en cuivre. Dans les parties basses, ces couches sont recouvertes de terre alluviale, de marne, d’argile, etc. Ces alluvions, assez fréquentes du côté de l’ouest, renferment de nombreux gisements d’or.
- La Finlande est un vaste plateau de granit, dont l’élévation moyenne est de 500 pieds, et qui ne présente aucun point culminant. Déchiré par des crevasses sans fin, ce plateau présente un pays de lacs et de torrents. Toute la Finlande offre un aspect très-pittoresque; mais le sol est pauvre, montre presque partout la pierre nue, et offre à chaque pas des obstacles à la facilité des communications et des transports.
- La Pologne n’est qu’une continuation de la grande plaine russe. Un plateau peu élevé et de petite étendue, considéré comme une dérivation des Carpathes, quoique séparé de cette chaîne par le lit de la haute Vistule, remplit la partie sud-ouest du royaume. C’est ce qu’on appelle la Lissagora, pays montagneux et boisé, riche en minerai de fer.
- Le pays du Caucase comprend les demi-versants de la chaîne
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- 10
- DESCRIPTION DU SOL.
- gigantesque qui s’étend entre la mer Noire et la mer Cas-pienne, depuis la presqu’île de Taman jusqu’au cap Apche-ron. La longueur de cette chaîne est de 1100 verstes. La ligne du Caucase est double et même triple; pourtant il n’est pas difficile de distinguer la chaîne principale qui, en suivant invariablement la direction du nord-ouest au sud-est, forme du côté du sud un rempart continuel et presque inaccessible. Une coupure assez profonde, située au milieu de la chaîne et s’ouvrant à la seule route carrossable servant de communication entre les deux versants, divise le Caucase en deux parties distinctes. C’est la gorge du Dariel qui, en sortant des flancs de la chaîne principale, conduit par une suite de pentes rapides, à travers les chaînes latérales, jusqu’à Vladikawkaz dans la plaine. Une petite partie seulement du Caucase, dit maritime, comprise entre Taman et le pic Ochtène et longeant la nier Noire, présente une simple chaîne d’élévation médiocre (3 à 4000 pieds). A partir du mont Ochtène, qui est couvert d’une neige éternelle et s’élève jusqu’à 15.000 pieds, le système montagneux du Caucase se complique. Deux chaînes latérales, dont une au sud, l’autre au nord, accompagnent la crête médiane qui s’élève à la hauteur de 8 à 9000 pieds. Des explorations récentes ont démontré que les chaînes latérales ne suivent pas uniformément la direction de la chaîne principale, mais tantôt se séparent d’elle, tantôt se réunissent pour former des noeuds où les deux crêtes se confondent en une seule masse. La chaîne latérale du nord, coupée en plusieurs endroits par des cours d’eau sortant des bassins intérieurs, présente une suite de massifs dépassant en hauteur la chaîne principale. Ces massifs contiennent les points culminants du système caucasien : l'Elborous (18.572 pieds), le Kasbeck (16.546 pieds) et un grand nombre
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- DESCRIPTION DU SOL.
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- de pics ayant une hauteur de 13 à 15.000 pieds. A l’est de la gorge du Dariel et en commençant par le mont Barbalo (10.807 p.), la chaîne du Caucase se bifurque, en formant un vaste bassin, compris entre la chaîne principale et la chaîne beaucoup moins haute dite Andienne. Ce bassin, sillonné en tous sens par des cours d’eau et des chaînes secondaires, forme ce qu’on appelle le Daghestan, ci-devant le domaine de Schamyl, le chef du muridisme au Caucase. C’est une sorte de forteresse naturelle, défendue de tous côtés par des remparts gigantesques et renfermant une quantité de réduits intérieurs. Au nœud de Sari-Dagh (12.008 pieds), les deux chaînes se réunissent pour se séparer de nouveau; mais cette fois elles ne s’éloignent que fort peu l’une de l’autre et forment une longue vallée longitudinale, dite vallée de Ssamour. Au nœud de Baba-Dagh, elles se réunissent de nouveau, et depuis ce point jusqu’au cap Apcheron ne forment qu’une seule chaîne, descendant peu à peu à la hauteur de 2000 pieds.
- La structure géologique du Caucase est encore peu connue. Pourtant on peut supposer que toute la partie centrale du Caucase est composée de masses cristallines parmi lesquelles les roches granitiques et les porphyres sont très-répandus. Des roches volcaniques, comme trachytes, andésites, dolérites et amygdalites, forment le noyau de beaucoup de points de la chaîne centrale, et presque toute la masse de l’Elborous, du Kasbeck, ainsi que de certaines parties de la chaîne latérale du sud. A Taman, sur les bords de la mer Noire et à Apcheron, près de la mer Caspienne, l’intérieur du Caucase n’a pas encore cessé son activité volcanique. Des éruptions boueuses, des salses, des tremblements de terre, prouvent que l’action ignée continue toujours. En 1861 une île s’est soulevée près du cap Apcheron. Tous ces phénomènes indiquent clairement
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- DESCRIPTION DU SOL.
- que le Caucase appartient aux soulèvements récents. Quant aux roches neptuniques (schistes, calcaires, psammites, etc.), on les trouve principalement dans les chaînes secondaires. Ces roches appartiennent en partie aux formations paléozoïques (dévonienne, carbonifère), en partie aux formations secondaires (jurassique, crétacée, etc.). La chaîne andienne et presque tout le Daghestan sont composés de roches pareilles. Les richesses minérales du Caucase sont très-peu exploitées. Quelques lavages d’or, connus depuis des temps éternels (l’or de la Colchide), donnent fort peu de gain. Des gisements de plomb et d’argent se trouvent en plusieurs endroits du revers septentrional (Alaghir). De riches minerais de fer et de manganèse se trouvent sur le revers méridional. Des sources de naphte existent dans le Taman et dans la presqu’île d’Ap-cheron. Les thermes, en général, sont très-nombreux au Caucase.
- Au delà du système principal du Caucase, entre la Koura et l’Arax, dans une direction presque parallèle à celle de la chaîne principale, se trouve le système du Caucase mineur, formé par une suite de plateaux et de massifs détachés, se rattachant au système du grand Caucase par une chaîne insignifiante, dite chaîne de Ssouram, qui sépare les eaux de la mer Noire des eaux de la mer Caspienne. Le Caucase mineur forme un système à part, au milieu duquel se trouve le lac Goktscha, dont le niveau est à 6345 pieds au-dessus du niveau de la mer Noire. En dehors du plateau de Goktscha, deux massifs détachés, l'Ararat (16.916 pieds) et l'Alaghoez (13.442 pieds), continuent jusqu’à présent leur activité volcanique. Presque tout le Caucase mineur est composé de roches volcaniques. Dans plusieurs endroits on trouve du minerai de cuivre.
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- DESCRIPTION DU SOL.
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- La Sibérie occupe toute la partie septentrionale de l’Asie. C’est encore un pays de plaines, mais bordé au midi par de grandes chaînes de montagnes, dont les ramifications s’étendent vers le nord et couvrent une partie notable de la superficie. Au point de vue géographique et orographique, la Sibérie se divise en deux parties distinctes, dont la première, situéeà l’occident, est proprement la Sibérie des plaines, tandis que la partie située au delà du Yénissey, partie orientale, est remplie de montagnes. Toutes les montagnes qui forment la frontière sud-est de la Sibérie occidentale appartiennent au revers occidental de la haute Asie. Le grand plateau asiatique, avant d’aboutir à la plaine aralienne et sibérienne, semble se diviser en larges chaînes parallèles ayant une direction générale de l’est à l’ouest, qui s’avancent du fond de l’Asie centrale pour former par leurs ramifications la limite sud-est de la Russie d’Asie. Parmi ces chaînes, le Thian-Sschan (monts célestes), grâce à ses dimensions colossales, joue le premier rôle; il touche les frontières de la Russie à la hauteur de Kouldja. Le Thian-Sschan s’élève jusqu’à la hauteur de 20.000 pieds; il est couvert d’une neige éternelle et présente un aspect grandiose et pittoresque. Avant d’entrer dans le territoire russe, le Thian-Sschan se divise au noeud de Tengri-Khan en trois chaînes, dont la principale, connue sous le nom de Tsoun-Lin, continue des’avancer vers l’ouest, jusqu’à Tachkent et Khodjent (province du Turkestan), tandis que les deux autres, suivant à peu près la même direction, forment le bassin du lac Issik-Koul et se perdent peu à peu dans la plaine. La chaîne du nord s’appelle Ala-Taore transilien. Plus au nord, une autre chaîne, sortant du fond de l’Asie, toujours dans la direction de l’est à l’ouest, pénètre dans les limites de la Russie et remplit l’espace entre la rivière Ili et le lac Ala-
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- DESCRIPTION DU SOL.
- Koul. Cette chaîne, appelée sur le territoire chinois Iren-Khabirgan, forme à son extrémité un large massif qui dans le territoire russe reçoit le nom d’Alataou des sept rivières, ou l'Ala-Taou Dzoungarien (hauteur de 12 à 13.000 pieds); encore plus au nord, entre la dépression du lac Ala-Koul et celle du lac Zaïssan, et toujours dans la direction de l’est à l’ouest, une nouvelle chaîne pénètre sur le territoire de la Russie. C’est le Tarbagataï, ayant une hauteur de 9 à 10.000 pieds. Le Tarbagataï envoie au loin dans la plaine des ramifications peu importantes et connues sous le nom de Tchinghiz-taou et des montagnes de Karakalinsk. A la hauteur du lac Zaïssan, la ligne qui forme la frontière méridionale de la Sibérie quitte la direction nord-est et se détourne vers l’est, en suivant le revers septentrional du plateau formé par la chaîne gigantesque de l’Altaï et des monts Sayanes. Les deux chaînes présentent une ligne continue, suivant, sauf quelques déviations, la même direction (O. E.). La chaîne Sayane est composée de deux branches dont une seulement, celle du nord, appartient à la Russie. La hauteur de l’Altaï est de 5 à 6000 pieds, celle de la chaîne Sayane de G à 7000 (quelques points culminants, comme le Biéloucka et l'Irbis-Taou, arrivent jus-qu à 11. 000pieds). Le point désigné vulgairement comme point de léunion des deux chaînes et situé entre les deux sources de 1 Obi et la source du Kemtschik, forme un noeud qui donne naissance à plusieurs chaînes latérales. C’est d’abord l’Ala-Taou de Kouznetzk, puis l’Altaï de Telezk, puis la chaîne de Ssalaïr, puis le Petit-Altaï, etc. Toutes ces chaînes partent du même point en s’ouvrant en éventail dans la direction du nord-ouest et remplissent de montagnes presque tout le pays entre lIrtysch et le Yénissey. Plus loin, vers l’orient, la chaîne Sayane forme encore plusieurs nœuds en envoyant des rami-
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- DESCRIPTION DU SOL. 15
- fications vers le nord, qui couvrent le pays entre le Yénissey et l’Angara. Le plus important de ces nœuds se trouve à l’extrémité orientale de lachaîne, au point de Mongou-Ssardyk. Ici la chaîne Sayane se divise en plusieurs branches, dont la plus importante, qu’on pourrait à la rigueur prendre pour la continuation de la grande chaîne Altaïco-Sayane, longe le lac Baïcal du côté du nord et remplit de ses ramifications l’angle compris entre la Léna et son affluent le Vittime. Cette branche s’appelle d’abord chaîne de Tounka, puis chaîne baïcalienne. Une autre chaîne, moins importante, tourne le lac Baïcal du côté du sud, mais s’arrête à l'embouchure de la Sselenga. La vallée du lac Baïcal est formée du côté du sud par un système de chaînes parallèles qui ont toutes la même direction du sud-ouest au nord-est et dont la principale, en séparant les eaux de la Sselenga et du lac Baïcal des eaux du fleuve de l’Amour, forme le commencement de la grande chaîne du Yablonnoï et Stanovoï Khrébet. Le Stanovoï Khrébet formait autrefois la limite méridionale de la Sibérie, avant que la Russie eût occupé la partie septentrionale du bassin de l’Amour. Il s’étend dans la direction du nord est jusqu’à l’océan Pacifique, longe les bords de la mer d’Okhotzk et finit au détroit de Béringh. Ses ramifications s’étendent au loin vers la mer Glaciale. Près des sources de l’Anadyr, il envoie dans la direction du sud un vaste embranchement qui forme la charpente de la presqu’île du Kamtschatka.
- Toutes les chaînes principales de la Sibérie sont très-anciennes. La formation du Thian-Schan, de l’Altaï et de la chaîne Sayane montre au centre des masses de roches primitives, de granit, de diorite et de syénite. Les couches sédimentaires, recouvrant les flancs des soulèvements principaux, appartiennent aux formations paléozoïques et princi-
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- DESCRIPTION DU SOL.
- paiement à la formation dévonienne et carbonifère. Les terrains secondaires et tertiaires se trouvent dans les chaînes latérales et dans la plaine ainsi que dans la vallée du Baïcal et dans le bassin de l’Amour. A partir du nœud de Mongou-Ssardyk, on trouve dans les chaînes de la Sibérie orientale des roches volcaniques d’origine nouvelle. Dans les Alpes de Tounka, dans plusieurs parties du Yablonoï et du Stanovoï Khrébet, et surtout dans le Kamtschatka qui compte un grand nombre de volcans (les ssopkis), on rencontre fréquemment des tra-chytes et des basaltes.
- Les richesses minérales de la Sibérie sont très-variées. L’Altaï et la chaîne Sayane, et surtout l’Alataou de Kouznetzk, sont riches en lavages d’or. Les chaînes trans-baïcaliennes, ainsi que presque tous les massifs détachés, situés au loin dans la plaine, donnent aussi de l’or. Des mines d’argent, de plomb et de cuivre se trouvent dans la chaîne Ssalaïre, dans le petit et le grand Altaï, dans le groupe de Karkaralinsk et dans les chaînes transbaïcaliennes Le fer abonde dans l'Altaï et dans la Transbaïcalie. Partout où il y a du fer, on trouve aussi de la houille, surtout dans les bassins compris entre l’Altaï et le Tarbagataï, et dans quelques parties de la steppe des kirghiz. Des mines de graphite sont exploitées sur les bords de la Toungouska, dans les monts Sayanes, et dans le Tarbagataï (sources de l'Aya-gous).
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- FRONTIÈRES ET CÔTES.
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- L’empire de Russie, dans son ensemble, forme une masse compacte, dont les contours présentent une seule ligne continue. Les annexes de l’empire comme la Finlande, la Pologne et le Caucase, sont comprises dans cette ligne. De même la Sibérie, qui, quoique située dans une autre partie du monde, touche pourtant à la masse principale par une frontière de 500 milles géographiques ou 3.500 verstes (3.750 kilomètres). Le total du périmètre de toute la Russie est de 7.032 milles géographiques ou 49270 verstes (52.549 kilomètres) et se décompose comme suit : Frontières de Suède et de Norvège. Mer Baltique.......................
- Prusse........ Autriche....................... Turquie d’Europe............... Mer Noire..... 'Mer d’Azoff.. Turquie d’Asie et Perse........ Mer Caspienne.. ..
- Asie Centrale............... Chine....................... Océan Pacifique............. Océan Glacial (Asie)........ Océan Glacial et mer Blanche (Europe) Total........................
- m. géogr. verstes. kilomètres.
- 124 868 925
- 332 2.354 2.480
- 175 1.225 1.303
- 147 1 029 1.103
- 67 470 503
- 266 1.882 2.000
- 172 1.204 1.290
- 128 888 948
- 482 3.374 3.600
- 550 3.850 4.110
- 1.550 10.850 11.587
- 1.178 8.246 8.800
- 1.285 9.000 9.600
- 576 4.030 4.300
- 7.032 49.270 52.549
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- FRONTIÈRES ET CÔTES.
- Dans tout cela il n’y a de frontières naturelles que les mers. Si l’on veut admettre comme frontières naturelles tous les cours d’eau, ily a encore au nord la Tana et le Tornéo, au sud d’une part le Prouth et d’autre part l'Araxe, le Ssyr-Daria, l’Amour et son affluent l’Oussouri. Les frontières terrestres en général ont une étendue de 2.771 milles géographiques ou de 19.180 verstes (20.270 kilomètres). L’étendue des côtes est de 4.261 milles géographiques ou de 30.090 verstes (32.270 kilomètres). Il n’y pas de pays au monde qui jouisse d’un aussi grand développement de côtes, mais pour se faire une idée juste de la valeur de ces côtes et des avantages qui en résultent, il est indispensable d’étudier d’abord les qualités et les traits caractéristiques des mers qui baignent les côtes, et de prendre en considération quelques particularités du climat et de la position géographique, influant singulièrement sur la valeur du total susmentionné et des chiffres quile composent. Ces particularités seront mentionnées dans le paragraphe suivant contenant une description succincte des eaux extérieures de la Russie.
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- EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS.
- 1. MER BALTIQUE.
- La mer Baltique, la plus précieuse pour la Russie, parce qu’elle ouvre une communication facile avec l’Europe et sert de débouché à la plus grande partie de la Russie d’Europe, de la Finlande et de la Pologne, touche au territoire de la Russie sur une longueur de 330 milles géographiques, ou 2.300 verstes (2.500 kilomètres). Les parties de la mer Baltique, appartenant exclusivement ou en grande partie à la Russie, sont le golfe de Bothnie, le golfe de Finlande et le golfe de Riga.
- Le golfe de Bothnie forme la partie septentrionale de la mer Baltique entre la Suède et la Finlande. Les eaux du golfe et surtout celles du détroit de Quarken sontprofondes (dans les eaux libres 20 à 50 brasses, près des îles d’Aland au moins 4 brasses). Une multitude d'îlots, entourantles principales îles du groupe d’Aland et remplissant les baies profondes du lit-
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- 20 EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS, toral de la Finlande, forment ce qu’on appelle les skaeres (écueils) où la navigation est assez difficile et quelquefois dangereuse.
- Le golfe de Finlande, long de 350 verstes (370 kilomètres) et large de 45 à 100 verstes (48 à 107 kilomètres), finit par une baie étroite, dite baie de Kronstadt. La côte septentrionale (côte finlandaise) présente le même aspect que le golfe de Bothnie, une multitude de skaeres, des rivages escarpés et une foule de baies. Parmi ces baies, pour la plupart très-profondes, la baie de Sweaborg ou de Helsingfors joue le premier rôle, présentant un port sûr et fortifié par la nature elle-même. La baiede Wibourg est également défendue par plusieurs îles. L’entrée de la baie de Kronstadt est fermée au milieu par l'île de Kotlin; du côté du nord elle est défendue par une suite de bas-fonds, du côté du sud par une série de forts et de batteries érigés en partie sur l’île de Kotlin, en partie sur des bas-fonds. Le port de Kronstadt est vaste et bien défendu. La côte méridionale du golfe de Finlande, appartenant à l'Esthonie, offre un aspect tout à fait différentde la côte finlandaise. Elle est unie et peu élevée, mais présente pourtant plusieurs mouillages commodes pour les navires. Les ports principaux sont : Narwa, à l’embouchure de la Narowa, et Réval, baie profonde, fermée par les îles de Nargen et de Woulff. Au delà de Réval commence une série de baies, dont plusieurs sont des ports excellents, comme Hapsal et Baltish-Port. Les îles de Dago, Worms, Mon et autres forment aussi plusieurs détroits ou sunds très-propres au mouillage. La profondeur des eaux dans le golfe de Finlande est très-variée. A l’entrée, entre Odensholm et Hangoe-oudd, elle est de 300‘ (50 mètres); entre Réval et Helsingfors, dans la partie la plus étroite du golfe, elle est moindre; près de l’île de Hochland, au milieu
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- EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS. 21 du golfe, elle est de 30 mètres, et tend à diminuer dans le fond du golfe et près de la côte esthonienne. Au delà de Kronstadt et de lîle Kotlin, la profondeur est de 24‘, et à l’entrée de la Néva, fermée par une barre-naturelle, elle descend jusqu’à 8-14', de manière que les grands vaisseaux ne peuvent entrer dans le fleuve et sont forcés de s’arrêter à Kronstadt.
- Le troisième grand golfe de la mer Baltique est celui de Riga. Il est presque fermé du côté du nord-ouest par la grande île d’Oesel et par celle de Moon. L’entrée principale est au sud de Oesel, entre le cap courlandais Domesnaes et la pointe sud-ouest de l'île (Swarwer-Ort). Les côtes sont généralement plates; le golfe même est sûr; dans sonmilieu il a près de 40 mètres de profondeur. Les ports les plus remarquables sont Pernau et Dunamünde, à l’embouchure de la Dwina; celui d'Arensbourg, sur l’île d’Oesel, est de peu d’importance.
- La navigation de la mer Baltique rencontre des obstacles sérieux. L’eau est peu salée et gèle facilement. Le golfe de Bothnie et le golfe de Finlande sont pris tous les ans par les glaces. Le Quarken, qui présente un courant très-fort, se couvre quelquefois d’une glace assez solide pour livrer passage à des armées entières. Le golfe de Riga gèle rarement, mais tous les ports dans les trois golfes sont fermés pendant quatre à cinq mois à la navigation. Il faut excepter les ports de Li-bau (en Courlande) et de Baltish-Port, qui ordinairement se débarrassent assez vite de la glace. Pendant les mois d’octobre et de novembre, les vents de l’ouest et du nord-ouest soufflent avec une violence extrême et rendent la navigation périlleuse. Des brumes fréquentes gênent le passage des détroits. Grâce à toutes ces circonstances, la mer Baltique est navigable seulement pendant une moitié de l'année.
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- 22 EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS.
- 2. MER NOIRE ET MER D’AZOFF.
- Ces deux mers, au fait, n’en font qu’une, vu que la seconde est simplement un golfe de la première, quoique entièrement séparé de la mer principale et formant un bassin à part. Le bassin de la mer Noire est très-resserré. C’est une mer intérieure dont l’entrée est fermée par les deux détroits du Bosphore et des Dardanelles. Aussi son importance commerciale est moins grande que celle de la mer Baltique. La profondeur de la mer Noire est très-considérable; au milieu elle est de 150 brasses; près des côtes elle ne descend jamais au-dessous de 25 brasses. L’eau est peu salée par suite de la quantité d’eau douce versée continuellement par un grand nombre de fleuves considérables. Il n’y a pas de flux et de reflux, mais des vents violents, surtout à l’époque de 1 équinoxe. La mer Noire ne gèle jamais, mais pendant les hivers rigoureux, non-seulement les côtes septentrionales, mais encore l’embouchure de tous les fleuves, et quelquefois toute la mer d Azoff, se couvrent de glace. Dans la mer d’Azoff, la navigation cesse en novembre pour être reprise en mars. Dans la mer Noire, elle n’est interrompue que pendant de courtes périodes assez irrégulières. On remarque un courant assez fort venant de la mer d’Azoff.
- Les côtes de la mer Noire appartenant à la Bussie, offrent un aspect varié. Depuis 1 embouchure du Danube jusqu'à Odessa et au delà, la cote se relève en falaises calcaires qui ont souvent de 200 à 309 au-dessus du niveau de la mer. Le port d’Odessa, situé sur cette partie de la côte, est vaste et
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- EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS. 23 sûr. A l’est de l’embouchure du Dniépr, la côte s’abaisse et ne présente que des plages de sable. Plusieurs langues de terre s’avançant dans la mer, offrent le même aspect. Depuis Pé-rékop jusqu’à Eupatoria, la côte de la Crimée est peu élevée, mais au sud d’Eupatoria elle devient peu à peu escarpée et forme plusieurs baies profondes ou ports naturels qui doivent compter parmi les meilleurs du monde. Telle est la baie de Sébastopol, port excellent, offrant tous les avantages qu’on pourrait désirer. La côte sud-est de la Crimée, longée par une chaîne de montagnes dites Yaïla, présente un aspect très-pittoresque. C’est la corniche de la Russie. Plusieurs ports, tels que Balaclawa, Téodosia (l’ancienne Kaffa des Vénitiens), offrent un abri sûr à la navigation. A l’extrémité orientale de la Crimée, se trouve le port et le détroit de Kertsch-Yénikalé, réunissant la mer d’Azoff à la mer Noire. Vis-à-vis de Kertsch, la pres ju’île de Taman donne naissance à la chaîne du Caucase qui longe la côte de la mer Noire, en s’éloignant peu à peu > d’elle. La côte du Caucase compte aussi plusieurs ports assez
- J importants, parmi lesquels il faut citer: Anapa, Poti, Ssou-
- , choum-Kalé. Le port de Nikolaewsk, situé à l’embouchure du
- 5 Rion (Phasis des anciens), est le dernier point du littoral ap-
- , partenant à la Russie. Quant àla mer d’Azoff, elle est en gé-
- néral peu avantageuse pour le commerce et pour la navigation, e Elle est peu profonde, ses rivages sont plats, les ports incom-
- t modes. Le détroit de Yénikalé n’a que 17 à 22 pieds de pro-
- fondeur. Les grands navires, ayant un tirant considérable, it doivent rester à Kertsch, ou bien se servir d’alléges pour pou-
- à voir entrer dans la mer d’Azoff. Le maximum de la profondeur
- n de la mer d’Azoff est de 25 à 28 pieds. Les ports, ou plutôt
- r. les rades de Marioupol, de Berdiansk,et surtout de Taganrog,
- et n’ont que 12 à 13 pieds et sontpeu sûres.
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- 3. MER CASPIENNE.
- C’est le plus grand lac salé du monde, ayant une étendue de 8.413 milles carrés, ou de 407.075 verstes (434.349 kilomètres), et méritant le nom de mer, non-seulement par ses dimensions, mais, en général, par la nature de ses eaux. La profondeur de la mer Caspienne est très-variée ; près des côtes on trouve souvent des bas-fonds, surtout vers l’entrée des rivières. En jetant un coup d’œil sur la carte hydrographique de la mer Caspienne, il est facile de remarquer qu’elle se compose, en quelque sorte, de deux bassins séparés parune ligne tirée du cap Apcheron à l’ancienne embouchure de l'Oxus. Au sud et au nord de cette ligne, le bassin de la mer Caspienne se renfonce et présente deux maximum de profondeur. Pourtant la plus grande se trouve dans la partie méridionale. La configuration des côtes présente la même division. La partie du sud a des rivages hauts et escarpés, tandis que la partie du nord ne présente pour la plupart qu’une côte unie et plate. Font exception les rivages de la presqu’île de Mangy-schlak, formés de hautes falaises en calcaire. Le périmètre total de la mer Caspienne est d’environ 6.000 verstes, dont 3.500 appartiennent à la Russie, en y comprenant la steppe des kirghiz et le Mangyschlak. Pourtant le nombre des ports est très-restreint. Sanscompter les embouchures des rivières qui, comme nous l’avons déjà indiqué, sont pour la plupart fermées par des bas-fonds, il n’y a que le port de Bakou qui mérite quelque attention. Derbent n’a qu’une rade. Pour arrivera Astrakhan, il faut remonter le Volga, rempli d'îles et de bancs
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- EAUX EXTÉRIEURES : MERS, GOLFES, PORTS. 25 de sable. Dans le golfe de Mertwoï-Kouttouk et dans le Man-gyschlak il y a plusieurs ports, mais la nature des lieux est telle que ces ports n’ont presque aucune valeur. Aussi la navigation caspienne n’a pas d’importance, et les principaux avantages économiques de cette mer consistent dans ses pêcheries. Il faut surtout mentionner les pêcheries de l'île de Salyan (embouchure du Kour) et celles de l’Oural et de l’Emba. La quantité de poissons est inépuisable. Sur les bancs de sable environnants le Mangyschlak, on chasse le phoque. Le produit de la pêche maritime donne annuellement un revenu de plusieurs millions de roubles, et sert à l’entretien de plus de 20.000 individus vivant exclusivement de cette industrie.
- 4. OCÉAN PACIFIQUE.
- Parmi les golfes du grand océan Pacifique qui baignent les côtes de la Russie, il faut citer le détroit de la Tatarie, entre le continent et l’île Sakhaline et la mer d’O-khotzk. Depuis l’établissement des Russes aux bouches de l’Amour, la mer d'Okhotzk représente l’avenir de la Sibérie. Elle forme plusieurs golfes et baies, qui offrent des ports naturels, parmi lesquels celui de Nikolaewsk est le plus remarquable. La mer du Kamtschatka avec le détroit de Beringh, grâce à son climat inhospitalier, n’a de l’importance que pour la pêche des baleines. Les côtes sont presque inhabitées et les glaces polaires rendent la navigation périlleuse.
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- 5. OCÉAN GLACIAL.
- L’océan Glacial baigne les côtes septentrionales de la Russie sur une étendue de 12 à 13.000 kilomètres au moins, mais grâce à sa position polaire, grâce au climat rigoureux, toute cette vaste étendue de côtes, présentant un grand nombre de golfes, de baies et de ports, surtout à l’embouchure des fleuves, n’a aucune valeur pour la navigation et le commerce. Le trajet aux îles de la nouvelle Sibérie, de Liakhoff, Fadeyeff, riches en ivoire fossile, se fait pendant la moitié de l’année en traîneau. Le reste de l’année, d’énormes glaçons (torosses), chassés par le vent du sud-est, couvrent la mer et la rendent dangereuse, même pour les baleiniers, qu’une pêche avantageuse attire dans ces lieux. Près du cap Sviatoï, une glace éternelle empêche toute communication entre la partie orientale et la partie occidentale de la mer. Le passage du cap devient libre seulement dans des années exceptionnelles. La partie occidentale formant les golfes de Yénisseï, de l’Obi, du Tas, et en général la mer du Kara, est tout aussi inhospitalière que la partie orientale. Au delà de la mer de Kara, fermée par l’île Waïgatsch et les îles Novaïa Zembla (nouvelle terre), l’océan Glacial baigne les côtes de la Russie d’Europe et forme un grand golfe, la mer Blanche, qui, en s’enfonçant dans le continent, quitte les régions polaires, et jouit d’un climat, quoique rigoureux, mais moins inhospitalier. La mer Blanche et la partie adjacente de l’Océan est ouverte à la navigation pendant quatre mois de 1 année. Le reste du temps, elle est prise par les glaces, qui en s’amoncelant, surtout à son entrée,
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- EAUX EXTERIEURES : MERS, GOLFES, PORTS. 27 rendent tout accès impossible. Les bords de la mer Blanche sont plats et bas au sud et à l’est. A l’ouest (côtes de la presqu’île de Kola) elles sont semées d’écueils. Plusieurs grands fleuves, comme le Mésen, la Dwina et l'Onéga, le Kem, etc., forment à leur embouchure des ports vastes et sûrs. En général, la mer Blanche a beaucoup d’importance pour le commerce de la Russie, vu qu’elle ouvre un débouché à tous les gouvernements du nord de la Russie.
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- P a lu re ar ) ne le at, lie on est ée.
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- EAUX INTÉRIEURES : LACS, RIVIÈRES.
- L immensité des distances et l’insuffisance des routes de terre, sont, jusqu à un certain point, rachetées en Russie par l étendue du réseau fluvial, qui, en coupant dans tous les sens cette masse compacte et inarticulée, la rend abordable de toutes parts. A l’exception de la Vistule et du Niémen, l’em-pireiusse possède tous ses cours d’eau en entier, ce qui met ainsi à sa disposition les plus larges moyens d’écoulement pour ses produits. La Finlande et tout le nord de la Russie d Europe oont couverts de lacs et de cours d’eau, de sorte qu il est impossible de trouver un pays mieux arrosé. On peut faire la même remarque quant à la Pologne et à la Russie du centre. Mais le sud et le sud-est, quoique possédant les plus beaux fleuves du monde, manquent pourtant d’eau. De nombreuses vallées, appelées balkas, sillonnant le terrain uni delà steppe dans tous les sens et s’ouvrant principalement dans le lit des fleuves, prouvent qu autrefois ce pays n’était pas aussi dépourvu d’eau que de nos jours. Grâce à la destruction des forets, les ruisseaux qui remplissaient autrefois ces balkas ont desséchés. Plusieurs grands fleuves, figurant sur la carte,
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- EAUX INTÉRIEURES : LAGS, RIVIÈRES.. 29 n’ont de l’eau que pendant une partie de l’année, comme par exemple le Manytsch (affluent du Don) et plusieurs autres. Le pays du Caucase et surtout la Transcaucasie sont très-bien arrosés. La Sibérie présente un grand nombre de lacs et de fleuves magnifiques et ne manque pas d'eau, excepté toutefois une partie de la plaine des kirghiz. Dans quelques parties de la Finlande, de la Russie d’Europe et de la Sibérie, l’abondance des eaux intérieures transforme le pays en marais. Les eaux ne trouvant pas d’écoulement deviennent stagnantes et rendent le terrain impraticable. Telles sont les toundras, entre le Mésen et la Petschora, le long de la mer polaire, plusieurs terrains situés dans la région des grands lacs, les bords du Pripét et de ses affluents (marais de Pinsk), et enfin quelques régions basses des gouvernements de Novgorod et de Twer, situés au pied des hauteurs du Waldaï. En Sibérie, une partie très-considérable des plaines du nord, surtout sur les bords de l’Obi et du Yénisseï, présente le même aspect que les toundras de la Petschora et du Mésen.
- Les lacs de la Russie se trouvent pour la plupart en communication directe avec la mer et avec le système fluvial. Il est impossible de séparer les lacs des fleuves, surtout dans la région des grands lacs du nord-ouest. Un petit nombre des lacs seulement se trouve en dehors du système fluvial; tels sont: le lac Néro ou de Rostoff, gouvernement de Yaroslaw (étendue 52 verstes carrées ou 59 kilomètres); le lac Lubahn, en Livonie (étendue 81 verstes carrées ou 91 kilomètres); quelques lacs du gouvernement de Vilna, comme le Narotsch (83 verstes carrées ou94 kilomètres); de Kowno, comme le lac Drisswiaty (41 verstes carrées ou 47 kilomètres) ; de Vitepsk, comme le lac Ossweya (43 verstes carrées ou 49 kilomètres). Puis viennent les lacs salés du gouvernement d’Astrakhan,
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- 30 EAUX INTÉRIEURES : LACS, RIVIÈRES.
- dont les plus considérables sont : le Gorky-Liman (45 verstes carrées ou 53 kilomètres); le Goly-Liman (57 verstes carrées ou 64 kilomètres); le Baskountschak (146 verstes carrées ou 165 kilomètres) et le lac Elton (161 verstes carrées ou 183 kilomètres). Ce dernier a 57 verstes de périmètre et fournit annuellement de 2 à 3 millions de pouds de sel.
- Un troisième groupe de lacs, n’ayant pas de communication avec le système fluvial, est formé par les lacs du gouvernement de Kherson et de Tauride. Ces lacs, pour la plupart salés, se trouvent en communication directe avecla mer. Près de 1 isthme de Pérécop, il faut mentionner lelae Sassyk (65 verstes carrées ou 73 kilomètres), le Donkouslar (63 verstes carrées ou 72 kilomètres) et l'Adjibéyski Liman (62 verstes carrées ou 70 kilomètres). Au Caucase se trouvent: le lac Goktscha, dans le gouvernement d'Eriwan (étendue 1.150 verstes carrées ou 1.311 kilomètres); les lacs Topon-wan, Khontschaly et Tabiskoury, dans le gouvernement de Koutaïss, et les lacs ou Limans de la presqu’île de Taman. En Sibérie il y a plusieurs lacs très-considérables, qui forment des bassins indépendants. Parmi ces lacs il faut ranger: Ilssyk-Koul, dansla province de Ssémipalatinsk (étendue 235 milles géographiques carrés ou 11.376 verstes carrées, soit 12.968 kilomètres); le lac Ala-Koul, dans la même province (étendue 31 milles géographiques carrés ou 1.514 vers-tes carrées, soit 1.726 kilomètres carrés); le lac Balkash, entre Ssémipalatinsk et la province des kirghiz de la Sibérie (étendue 402 milles géographiques carrés ou 19.460 verstes carrées, soit 22.184 kilomètres); le lac Tschany, dans le gou-vernement de Tomsk (étendue 59 milles carrés géographi-ques ou 2.876 verstes carrées, soit 3.278 kilomètres carrés);le lac Abyschkan, dans le gouvernement de Tobolsk (étendue
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- 25 milles carrés géographiques ou 1206 verstes carrées, soit 1.374 kilomètres) et enfin une multitude de petits lacs situés dans la steppe des kirghiz. Parmi ces derniers les plus consi-dérables sont : le lac Tschelkar (34 milles carrés géographiques ou 1.690 verstes carrées, soit 1.926 kilomètres); le lac Den-ghiz, le lac Tschoubar, etc.
- Le système fluvial, dont les grands lacs de la Russie forment une partie constituante, se divise en un nombre considérable de bassins qui, vu la complication de quelques-uns, doivent être étudiés séparément.
- BASSINS DE LA MER BALTIQUE.
- 1. Bassin du Tornéo, formé par le fleuve Tornéo et son affluent principal le Mouonio. Tous les deux sortent des lacs de la Norvège et n’appartiennent à la Russie que par leur rive gauche; tous les deux présentent une suite de chutes magnifiques et un lit semé d’écueils. La navigation est peu considérable.
- 2. Bassin du Kémi, formé par les Ounas-Yoki et le Ki-linen-Yoki et par plusieurs lacs assez considérables. La réunion de ces fleuves et lacs forme le Kémi-Yoki proprement dit, qui tombe dans le golfe Bothnique, près de la ville de Kémi, en Finlande.
- 3. Bassin de l'Ouléo Elf, formé par la réunion des eaux deplusieurs lacs disséminés sur une assez grande étendueetde plusieurs rivières assez considérables et se réunissant dans le lac Ouléo (20 milles géographiques carrés ou près de 1.000
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- verstes, soit 1.140 kilomètres carrés). Le fleuve Ouléo-Elf réunit le lac Ouléo à la mer. Longueur du cours 28 milles géographiques, soit 200 verstes ou 213 kilomètres.
- 4. Bassin du Kumo. Le Kumo sert d’écoulement à un groupe de lacs d’importance secondaire, parmi lesquels il faut citer le Naesi-Yaerwi, le Paelkaene, et beaucoup d’autres situés dans le gouvernement de Tavastehus, partie la plus fertileet la plus riante de la Finlande. Le Kumo est très-rapide et peu propre à la navigation.
- 5. Bassin du Kymméné, formé par le fleuve du même nom, long de 40 milles (280 verstes ou 300 kilomètres) et riche en cataractes (chute de Hoegfors). Le Kymméné se trouve en communication avec le lac Paeïaené qui, de son côté, se trouve en rapport direct avec une foule d’autres lacs. Le Paeïaené est long de 180 verstes, large de 20 et a une superficie de 25 milles carrés géographiques, soit 1220 verstes ou 1390 kilomètres carrés.
- 6. Bassin de la Néva. Un des plus grands en Europe, quoique la Néva proprement dite n’ait qu’une longueur de 40 milles géographiques ou de 70 verstes (75 kilomètres). La Néva sort du lac de Ladoga (étendue 332 milles carrés géographiques ou 16.048 verstes, soit 18.000 kilomètres) situé entre la Finlande et les gouvernements de Saint-Pétersbourg et d’Olonetz. Le lac de Ladoga est bordé du côté du nord et de l’ouest par des côtes rocheuses et par des masses granitiques. Du côté de l’est et au sud, ses bords sont plats et marécageux. Sa profondeur varie, mais en général elle est très-considérable et arrive jusqu’à 300 mètres. Le lac de Ladoga gèle chaque année. La navigation est peu sûre pour des bâtiments plats, aussi ces bâtiments évitent le lac en se servant du canal de Ladoga pour le tourner Le lac de Ladoga reçoit.
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- If outre un nombre considérable d’affluents, parmi lesquels il
- 18 faut citer le Siass avec la Tikhwinka, les eaux de trois autres
- grands lacs, formant chacun un bassin à part. Ces trois lacs
- De sont le Ssaïma, le lac Ilmen et le lac Onéga.
- er Le lac Ssaïma appartient à la Finlande ; il se compose du
- és Saïma proprement dit et de plusieurs lacs secondaires, réunis
- et par des courants d’eau au lac principal. Sa superficie est d’en-
- ?u viron 30 milles géographiques carrés, ou de 1.650 verstes
- (soit 1.800 kilomètres carrés), mais son périmètre ne répond n, pas à l'étendue, vu que la forme du lac est des plus singulières,
- en et forme une foule de baies, de golfes, de détroits, etc. Le
- en Ssaïma n’a qu’un seul écoulement, le Vouoxa, rivière rapide,
- se formant la célèbre chute d'Imatra, et tombant dans le La-
- Le doga, près de Kexholm. Un bras de la Vouoxa (celui du sud)
- T- forme une longueet large nappe d’eau, la Souvanda, autrefois
- ou séparée du lac Ladoga par une mince bande de terre; aujour-
- d’hui cette bande est percée et la Souvanda, de lac qu’elle Di- était, est devenue rivière.
- 10 Le lac Ilmen (16,80 milles géographiques carrés ou 812
- La verstes carrées, soit 925 kilomètres) se réunit au Ladoga par le
- 50- Wolkhoff (longueur 170 verstes ou 182 kilomètres). Le lac
- tué Ilmen reçoit plusieurs affluents très-considérables, parmi les-
- irg quels il faut citer le Chélon, la Lowat et la Msta. Tous ces af-
- et fluents sont navigables. La Msta, dont le cours est de 400
- ni- verstes (soit 430 kilomètres), a sur 30 verstes une chute de
- 1a- presque 700 pieds, ce qui a nécessité de grands travaux hy-
- ès- drauliques pour la faire servir à la navigation.
- oga Le lac Onéga se réunit au lac Ladoga par la Sswir, rivière
- àti- profonde et large, longue de 150 verstes (160 kilomètres). Le du lac Onéga reçoit une foule d’affluents, qui le mettent en rap-
- oil, port avec un grand nombre d’autres lacs très-considérables,
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- comme par exemple, le Vodlo (9,13 milles carrés ou 442 verstes carrées, soit 510 kilomètres carrés). Parmi les affluents nous ne citons que la Vytegra, petite rivière ayant beaucoup d’importance pour la navigation intérieure.
- Tout le bassin de la Néva comprend à peu près 5.000 milles carrés géographiques ou 245.000 verstes carrées (soit 279.000 kilomètres carrés.
- 7. Bassin de la Narowa. La Narowa, célèbre par une chute peu élevée, mais très-large (40 mètres), n’est autre chose que l’écoulement du lac Peïpouss. Son cours est de 70 verstes (75 kilomètres). Le lac Peïpouss, avec le lac de Pskoff (partie sud du lac), a une superficie de 66,25 milles carrés ou de 3.205 verstes carrés (3.653 kilomètres carrés). Le Peïpouss, ou plutôt le lac de Pskoff, reçoit la Velikaya, rivière navigable qui traverse tout le gouvernement de Pskoff. Au bassin du Peïpouss appartient de plus l'Embach (voir ci-dessous).
- 8. Bassin de la Pernow. La Pernow sort du lac de Virlz-lerw, situé dans le gouvernement de Livonie etréuni par l'Em-bach au lac de Peïpouss. La Pernow et l'Embach sont peu profondes. Le Virtz-lerw a une étendue de 4,92 milles carrés ou de 238 verstes carrées (soit 271 kilomètres carrés).
- 9. Bassin de la Dwina. Le bassin de la Dwina s’appuie sur les hauteurs de Waldaï, où se trouve, près des lacs Péno etSterje, le petit lac Dvinetz, qui donne naissance à un fleuve long de 140 milles géographiques (près de 1.000 verstes ou 1.070 kilomètres). La Dwina est navigable depuis Vélish. Près de Yakobstadt et Kreuzbourg, elle présente des rapides, dont quelques-uns sont dangereux à la navigation. Les affluents de la Dwina sont peu considérables. Il faut citer, du côté gauche, la Mesha, la Kasplia, la Oulla, qui sort dulacde Lepel, la Dissna; du côté droit ce sont: la Toropa, la Vitba, la
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- Polota et l’Ewst. Au bassin de la Dwina appartiennent de plus deux rivières, qui tombent dans le golfe de Riga, près de son embouchure : ce sont les deux Aa. En comptant ces deux rivières, le bassin de la Dwina occupe au moins 3.100 milles carrés géographiques ou 150.000 verstes carrées (soit 170.000 kilomètres carrés).
- 10. Bassin de la Vindawa. La Vindawa a un cours de 20 milles géographiques ou de 140 verstes (soit 150 kilomètres), et présente plusieurs rapides et beaucoup de bas fonds. Superficie du bassin : près de 800 milles carrés géographiques ou 39.000 verstes carrées (soit 44.000 kilomètres carrés).
- 11. Bassin du Niémen. Le Niémen prend sa source dans des marais, près de Nesvije (gouvernement de Minsk). La longueur de son cours est de 120 milles géographiques ou 840 verstes (900 kilomètres). Parmi les affluents, le seul navigable est la Vilia (400 verstes ou 430 kilomètres). Les bouches du Niémen n’appartiennent pas à la Russie, vu qu’il tombe dans le Kourish-Haff, appartenant à la Prusse. Son bassin occupe près de 2.500 milles géographiques carrés (112.500 verstes ou 128.000 kilomètres carrés).
- 12. Bassin de la Vistule. La Vistule prend sa source en Autriche et forme dans son cours supérieur la frontière de la Galicie et de la Pologne. Depuis Zawichost, la Russie possède les deux rives. A Ottoczyn, près de Thorn, la Vistule quitte le territoire russe, pour entrer en Prusse. Sur 1.000 verstes de longueur, la Russie ne possède que 670 verstes de la rive gauche et environ 550 verstes de la rive droite. Parmi les affluents, les principaux doivent être attribués à la Russie, comme le Boug, le Narew, le Wieprz, la Piliça. Le Boug et le Narew forment un cours d’eau navigable de près de 500
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- 36 EAUX INTÉRIEURES :LACS, RIVIÈRES. verstes de longueur. Au bassin de la Vistule appartient presque toute la Pologne, une partie du gouvernement de Grodno et une bande étroite de la Volhynie. Superficie du bassin : près de 200 milles carrés géographiques ou 98 000 verstes carrées (111.700 kilomètres carrés).
- BASSINS DE LA MER NOIRE.
- 13. Bassin du Dniéstr. Le Dniéstr a ses sources au pied des Carpathes, dans la Galicie autrichienne. Sur une longueur de 267 milles géographiques (1.170 verstes ou 1.250 kilomètres), la Russie ne possède que les deux tiers de ce fleuve, c’est-à-dire 110 milles géographiques (770 verstes ou 870 kilomètres). Le cours du Dniéstr est très-rapide, et, par suite de nombreuses sinuosités, la navigation y est très-gênée. Près de Yampol, le Dniéstr perce l’arête de granite, dont nous avons parlé au chapitre traitant de l’orographie de la Russie, et forme ce qu’on appelle les cataractes du Dniéstr, espèce de rapides, praticables pourtant aux barques. Au-dessous de Bender, le bassin du Dniéstr, dont le courant devient plus calme, s’élargit peu à peu et vers son embouchure se transforme en liman, c’est-à-dire en une sorte de lac communiquant avec la mer par deux chenals. La partie du bassin du Dniéstr appartenant à la Russie est d’environ 700 milles carrés géographiques (34.000 verstes carrées ou 39.000 kilomètres carrés).
- 14. Bassin du Dniépr. Ce bassin est un des plus grands et des plus importants et comprend presque toute la partie
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- sud-ouest de la Russie d’Europe. Le Dniépr a ses sources aux hauteurs de Waldaï, dans le gouvernement de Smolensk. Il commence à porter des barques à Dorogobouje; à Smolensk, il devient navigable. Son cours est 700 milles géographiques ou de 2.170 verstes (2.310 kilomètres); la profondeur et la largeur du Dniépr varient, mais, à partir de Mohileff, il doit compter parmi les plus grands fleuves de l’Europe. A Kieff, sa largeur atteint presque une verste. Au-dessous de Yékathéri-noslaw, il rencontre l’arête de granite, qui traverse tout le sud de la Russie, et forme des rapides et des cataractes qui, sur un espace de 70 verstes, rendent le fleuve impraticable. Au dessous d'Alexandrovsk, le Dniépr redevient navigable et gagne encore en largeur et en profondeur. Cette dernière di-minue pourtant vers l’embouchure qui, ainsi que l'embouchure du Dniéstr, forme un large liman correspondant avec la mer par le chenal d'Otschakoff. Des bas fonds et un banc de sable (barre) obstruent l’entrée. Les affluents du Dniépr sont : du côté gauche, le Soje, la Dessna et le Sseym, le Psiol, le Wor-skla et la Ssamara. Du côté droit : la Bérésina, le Priépét avec le Styr, le Goryn, la Pina et la Yasiolda, le Teterew, l'Ingoul et le Boug. Tous ces affluents sont navigables; l’Ingoul et le Boug forment, à la hauteur des cataractes du Dniépr, des rapides. Le Boug vers son embouchure se transforme en liman et se réunit au liman du Dniépr. L’étendue du bassin du Dniépr, tous les affluents compris, est au moins de 8.400 milles carrés géographiques ou de 410.000 verstes carrées (467.400 kilomètres).
- 15. Bassin du Don. Le Don sort d’un petitlac dans le gou-vernement de Toula et a une longueur de 170 milles géographiques ou de 1.1 30 verstes (1.270 kilomètres). Son cours est lent. La navigation commence à Voronège, mais des bas fonds
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- la gênent beaucoup. L’embouchure du Don est ensablée. Au-dessous de Rostoff, il sedivise en plusieurs branches (guirliis) et forme un grand nombre d’îles et des îlots, séparés par des passes qui, pendant les grandes chaleurs de l’eté, restent souvent sans eau. Les affluents du Don les plus considérables sont : le Donetz (640 verstes ou près de 700 kilomètres), le Khoper (430 verstes ou 460 kilomètres) et la Medwéditza (380 verstes ou 400 kilomètres). Puis l'llowla, le Ssal et le Manytsch sortant du lac Manytsch (879 milles carrés géographiques ou 425 verstes carrées (soit 484 kilomètres carrés). Le bassin du Don occupe une superficie d’environ 5.500 milles carrés géographiques ou de 270.000 verstes carrées (soit 308.000 kilomètres carrés).
- 16. Bassin du Kouban. Le Kouban a sa source sur le revers septentrional du Caucase, sur une hauteur approximative de 4200 mètres. Il a une longueur de 78 milles géographiques ou de 545 verstes (620 kilomètres). Presque tous ses affluents (Ouroup, Laba, Zelentschouk, etc.) lui viennent du côté des montagnes (côté gauche). A son embouchure, le Kouban forme un delta et est en rapport avec plusieurs lacs et limans. Étendue du bassin : environ 940 milles géographiques carrés (46.000 verstes carrées ou 52.500 kilomètres carrés).
- BASSINS DE LA MER CASPIENNE.
- 17. Bassin du Koura. Le Koura avec son affluent l'Araxe, qui l’égale presque en longueur, est le principal fleuve de la Transcaucasie. Ayant sa source dans l’Arménie turque, il ap-
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- EAUX INTÉRIEURES : LACS, RIVIÈRES. 39 partent pourtant presque dans sa totalité à la Russie. L’Araxe sort, comme le Koura, du plateau de l’Arménie. Le cours des deux fleuves est presque égal; chacun a une longueur de près de 110 milles géographiques ou de 770 verstes (820 kilomètres), en comptant seulement la partie appartenant à la Russie. Après sa réunion avec l’Araxe, qui se fait non loin de la mer, le Koura devient large et assez profond; il se divise en deux bras et forme un delta, dit delta de Ssaljan, ainsi qu’une série de lagunes. L’étendue du bassin du Koura et de l’Araxe est à peu près de 2.000 milles carrés géographiques ou 98.000 verstes carrées (soit 111.000 kilomètres carrés).
- 18. Bassin du Koïssou. Le Koïssou, dont le cours est à peine de 100 verstes (407 kilomètres), est formé par la réunion de plusieurs torrents, portant tous le même nom de Koïssou et sillonnant en tous sens le Daghestan. C’est une rivière profonde, encaissée et rapide, surtout pendant la fonte des neiges.
- 19. Bassin du Térek. Le Térek prend sa source au pied du Kasbeck et, comme le Koïssou, se forme de la réunion d’un grand nombre de torrents descendant de la crête du Caucase. Parmi ces torrents nous avons déjà cité le Dariel, dont la gorge profonde est traversée par la grande route de Wladikawkas. Depuis sa source, située sur une hauteur de 2.800 mètres, jusqu’à sa sortie des montagnes, sur une étendue de 70 à 80 verstes, le niveau du Térek présente une chute de plus de 2.000 mètres, ce qui en fait une rivière des plus impétueuses. Son lit est semé d’écueils et profondément encaissé. Au-dessous de Wladikawkas, le Térek débouche dans la plaine, son lit s'élar-gitet son cours devient plus tranquille. A Yékathérinograd, il change de direction et tourne vers l’est. Presque tous ses affluents lui viennent du côté des montagnes, c’est-à-dire du côté droit. A Kislar, à une distance de 30 verstes de la mer, il
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- se divise en plusieurs bras, et forme le delta du Térek. La longueur de tout son cours est près de 65 milles géographiques ou 455 verstes (485 kilomètres). L’étendue du bassin est près de 600 milles carrés géographiques ou 42.000 verstes (47.800 kilomètres).
- 20. Bassin du Kouma. Le Kouma prend sa source dans la chaîne extérieure du Caucase, près de Piatigorsk, et a une longueur de 60 à 70 milles géographiques ou de 420 à490 verstes (environ 500 kilomètres). C’est une rivière de steppes, presque sans affluents et peu profonde. Son bassin, assez difficile à déterminer, a une superficie d’environ 500 milles carrés géographiques ou de 35.000 verstes carrées (soit 40.000 kilomètres carrés).
- 21. Bassin du Volga. Aucun fleuve de l’Europe ne peut rivaliser en dimensions avec le Volga qui par le réseau de ses affluents couvre à lui seul près de la moitié de toute la Russie d’Europe. Ayant une longueur de 530 milles géographiques ou de 3.710 verstes (3.958 kilomètres), il embrasse la superficie de 20 gouvernements, dont 13 appartiennent exclusivement à son bassin. Le Volga prend sa source sur la pente sud-est du plateau de Waldaï, sur une hauteur d’à peine 250 mètres. Sa chute est insignifiante comparativement à la longueur de son cours et donne à peine 1 mètre sur 14 kilomètres. Aussi le Volga est-il un des fleuves les plus tranquilles du monde. Coulant toujours dans la plaine, il présente une largeur de 1 à2 verstes, surtout après sa réunion avec l’Oka qui lui apporte un grand surcroît d’eau. Après avoir reçu la Kama qui lui apporte les eaux des montagnes de l’Oural, le Volga change de direction et arrive à une largeur de 2 à 3 verstes (3 kilomètres). En général, le Volga, depuisKasan, doit compter parmi les fleuves les plus larges du monde. Le Volga se forme
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- EAUX INTÉRIEURES : LACS, RIVIÈRES. 41 par la réunion de deux petites rivières servant de découle-ment à plusieurs lacs. Le Volga proprement dit sort du lac Sterje, traverse le Péno et arrive au lac Volga, dont il prend la dénomination. La Ssélyarowka, qui sort du lac Sséliger, se réunit au Volga à quelque distance de ce lac. La navigation commence à Rjew. A Twer, le Volga présente déjà un beau fleuve, portant une masse de grandes barques lourdement chargées. Depuis Twer, où commencent les courses des bateaux à vapeurs et où le Volga reçoit la Twerza, rivière assez importante, jusqu’à Rybinsk, la navigation est souvent gênée par des bas-fonds. Depuis Rybinsk jusqu'à Nijni-Novgorod, le fleuve reçoit un grand nombre d’affluents. La Mologa le met en rapport avec la partie moyenne du gouvernement de Novgorod. La Scheksna, qui sert de découlement au lac Biélo-Ozero, lui sert de communication avec la partie septentrionale du même gouvernement et avec le gouvernement de Yaroslaw. La Kostroma, se trouvant en rapport avec les lacs de Galitsch et de Tchoukloma, l’Ounsha et la Vitlouga et plusieurs affluents de moindre importance, lui apportent les produits du gouvernement de Kostroma. Tous ces affluents ont une longueur de 400 à 600 verstes (480 à 650 kilomètres) et sont navigables. A Nijni-Novgorod le Volga reçoit son principal affluent du côté droit, l'Oka, qui a une longueur de plus de 140 milles géographiques ou de 980 verstes, (plus de 1.000 kilomètres) et qui lui apporte les eaux de l’Ougra, de la Moskwa, de la Kliasma, de la Mokcha et de la Zna. En aval de Nijni-Novgorod, la navigation change de caractère. Le fleuve, après avoir reçu l’Oka, devient plus large et plus profond; les dimensions des barques et des navires, destinés à la navigation du cours inférieur, deviennent plus grandes. A Vassil, le Volga reçoit la Soura (600 verstes ou 650 kilomètres) venant du côté
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- droit; à Kasan, la Kama (220 milles géographiques ou 1.540 verstes, soit 1.640 kilomètres) venant du côté gauche. La Kama aune pente beaucoup plus considérable que le Volga; aussi son cours est plus rapide et souvent encaissé. Au-dessous de l embouchure de la Kama, qui décharge dans le Volga une multitude d’affluents (dont quelques-uns comme la Viatka et la Biélaya sont très-considérables), le bassin du Volga se rétrécit. Sur une étendue de près de 1.500 verstes, il ne reçoit que des affluents sans importance. Un peu au-dessus de Tsa-rytzine, 11 se divise en deux bras coulant presque parallèlement à quelque distance 1 un de 1 autre. Le bras gauche, appelé l'Akhtouba, reste en communication avec le bras piincipal par une multitude de passes. A son embouchure, ces passes se multiplient et forment un labyrinthe de plus de 60 îles et plusieurs lagunes. Le Volga et l’Akhtouba réunisse déversent, près d Astrakhan, dans la mer Caspienne par sept bouches. Le bassin du Volga et de ses affluents est le plus grand en Europe. Il occupe tout le centre de la Russie et une grande partie du sud-est. Sa superficie peut être évaluée à 33.000 milles géographiques carrés ou à 1.617.000 verstes carrées (1.725.000 kilomètres carrés).
- 22. Bassin de 1 Oural. L Oural prend sa source au pied de 1 Iremel et coule d’abord dans l’étroite vallée longitudinale, formee par les deux principales chaînes de l’Oural méri-ional. A Orsk, il se détourne vers l’ouest, pour reprendre sa direction primitive àOuralsk. Depuis Orsk,son bassin devient assez vaste; à Ouralsk il entre dans la steppe. La longueur de son cours est de 220 milles géographiques ou de 1.540 verstes (1.640 kilomètres). L Oural ne reçoit des affluents que dans sa partie supérieure. Parmi ces affluents il faut citer la mara (côté droit) et 1 Ilek (côté gauche). La naviga-
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- ton de l’Oural est presque nulle, mais en revanche les pêcheries y jouent un grand rôle, surtout dans la partie inférieure du cours. Le droit de pêche appartient exclusivement aux cosaques et s’exerce en commun, à de différentes époques de l’année. Le bassin de l’Oural comprend une partie de la steppe des kirghiz et peut être évalué à près de 4.500 milles géographiques carrés (220.000 verstes carrées ou 234.000 kilomètres carrés).
- BASSINS DE L’OCÉAN PACIFIQUE.
- 23. Bassin de l'Amour. La Russie ne possède que la moitié de ce bassin et la rive gauche de ce fleuve, formé par la réunion de la Schilka et du Kherouloun. L’Amour est un des plus beaux fleuves du monde, parfaitement navigable et ayant une longueur de 300 milles géographiques ou 2.100 verstes (2.240kilomètres), sans compter le Kherouloun, qui doit être regardé comme le bras principal, et dont les sources, ainsi que celles de la Schilka (Onone), se trouvent sur le territoire chinois.
- BASSINS DE L’OCÉAN GLACIAL.
- 24. Bassin de la Léna. Le bassin de la Léna, très-vaste dans sa partie méridionale, se rétrécit vers le nord et occupe une partie du gouvernement d'Irkoutsk et la majeure partie de la
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- EAUX INTÉRIEURES : LACS, RIVIÈRES.
- province de Yakoutsk. D’après Ch. Ritter, sa longueur serait de 440 milles géographiques ou de 3.080 verstes (3.260kilomètres) ; mais, d’après d’autres renseignements, ces chiffres restent au-dessous de la vérité. Ses affluents, comme par exemple le Vittime (1.400 verstes ou 1.500 kilomètres), l'Al-dan (1.200 verstes ou 1.280 kilomètres) et le Vilioui (700 verstes ou 750 kilomètres), sont très-considérables. Le bassin dela Léna est couvert de montagnes et de forêts, et, sauf la partie supérieure du bras principal, il n’est connu qu'insuffisam-ment. Son étendue serait, d’après le géographe Ritter, de 36.000 milles géographiques carrés.
- 25. Bassin du Yénisseï. Le bassin du Yénisseï se compose de trois bassins distincts : du bassin de la Sselenga, du bassin du lac Baïcal et du bassin du Yénisseï proprement dit. La Sselenga est une rivière assez considérable, dont les sources appartiennent au territoire chinois et qui coule dans la Trans-baïcalie, entre la chaîne du Stanowoï Khrébet et une chaîne longeant le lac Baïcal du côté du sud. La Sselenga perce cette dernière chaîne et tombe dans le lac Baïcal.
- Le bassin du Baïcal est fermé de tous côtés par de hautes montagnes et forme une vallée oblongue, assez élevée au-dessus du niveau de la mer et occupée dans toute sa longueur par le lac Baïcal, qui a une superficie de 570 milles géographiques carrés ou 27.698 verstes carrées (31.575 kilomètres carrés). Outre la Sselenga, qui lui vient du dehors, le lac reçoit plusieurs petits affluents appartenant exclusivement au bassin du lac. Le Baïcal n’a qu’un seul écoulement, qui est 1 Angara. C est un fleuve rapide, assez large et profond, qui, après avoirpercé la chaîne baïcalienne du côté nord-ouest, entre dans le bassin du Yénisseï, auquel il se réunit après un cours de 110 milles géographiques (770 verstes ou 820 kilomètres).
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- LeYénisseï, proprement dit, a ses sources sur le plateau de la haute Asie, en dehors des limites de la Russie. Sa direction bur le territoire de la Russie reste presque toujours la même, c’est-à-dire va du sud au nord. La longueur du cours est de 400 milles géographiques ou 2.800 verstes (soit 3.000 kilomètres). En hiver, il n’a pas moins de 1.300 mètres de largeur. Sa rive droite est haute, et même la rive gauche est quelquefois hérissée de rochers. Les affluents du côté gauche sont insignifiants. Du côté droit, il faut citer, outre l’Angara, la Podkamennaya et la Nijnaya-Toungouska. La Podkamennaya a surtout beaucoup d’importance, vu qu’elle coule à travers la région des mines. L’étendue du bassin de Yénisseï, d’après Ch. Ritter, est de plus de 47.000 milles géographiques carrés.
- 26. Bassin de l’Ob. Le bassin de 10b est séparé du bassin précédent par la chaîne méridionale de l’Ala-Taou de Kouz-netzk. Plus au nord, la limite des deux bassins est formée par une suite de hauteurs à peine visibles dans la plaine et se perdant dans la toundra. Au sud-est c'est l’Altai et à l’ouest la chaîne de l’Oural qui forment les limites du bassin, qui comprend, par conséquent, toute la Sibérie occidentale, à l’exception d’une partie de la steppe des kirghiz. Le bassin de l’Ob peut être subdivisé en trois parties distinctes : bassin de l’Ob supérieur, bassin de l’Irtysh et bassin de l’Ob inférieur. La Katounia est le véritable commencement de l’Ob; la réunion de cette rivière avec la Biya, venant du lac de Téletzk, donne naissance au fleuve qui porte le nom d’Ob et quia une longueur de 457 milles géographiques ou de 3.200 verstes (3.400 kilomètres). L’Irtish, qui est l’affluent principal del’Ob, rivalise avec lui pour la longueur du cours, vu que ce cours est de 430 milles géographiques ou de 3.000 verstes (3.200 kilomètres).
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- L’Irtysh, avant d’entrer dans les limites de la Russie, traverse le lac Zaïssan, situé à une hauteur de 600 mètres au-dessus du niveau de la mer, et reçoit une multitude d’affluents qui lui viennent tous de la steppe (côté gauche) ; parmi ces affluents, l'Ishym et le Tobol jouent le premier rôle. Tous les deux ont une longueur de près de 1.000 verstes (1.070 kilomètres). Le Tobol reçoit à son tour presque toutes les eaux venant des monts Oural (revers asiatique). Le point le plus important de tout le bassin est Tobolsk, situé au confluent du Tobol et de l'Irtysh et servant de centre à la navigation de tout ce réseau. Le bassin inférieur de l'Ob, à commencer de sa réunion avec l’Irtysh (60° de latitude septentrionale), est d’une importance secondaire. L’étendue du bassin de l'Ob, d’après Ch. Ritter, est de 63.800 milles géographiques carrés.
- 27. Bassin de la Pétschora. Le bassin de la Pétschora, séparé du bassin de l'Ob inférieur par la chaîne de l’Oural septentrional, appartient à JaRussie d'Europe, mais comprend la partie la plus déserte et improductive de cette partie de l’empire. Le fleuve, quelque considérable qu’il soit, est à peu près nul pour la navigation intérieure, et, à l’instar des bassins inférieurs des grands fleuves de la Sibérie, coule à travers des forêts et des toundras (marécages du nord) impraticables. La longueur du cours est de 130 milles géographiques ou 910 verstes (970 kilomètres). On donne au bassin de la Pétschora près de 3000 milles géographiques carrées.
- 28. Bassin du Mésen. Les bords du Mésen présentent à peu près le même tableau que les bords de la Pétschora. Le cours est de près de 100 milles géographiques (700 verstes ou 750 kilomètres). Le fleuve est large et parfaitement navigable, mais les rives sont presque inhabitées. L’étendue du
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- 29. Bassin de la Dwina septentrionale. C’est le principal des bassins de la Russie septentrionale et presque le seul qui aune importance réelle pour le commerce extérieur. La Dwina septentrionale est formée par la réunion de deux rivières, dont l’une, le Youg, vient du sud-est, tandis que l’autre, la Ssoukhona, vient du sud-ouest. La dernière l’emporte pour la longueur du cours et pour l’importance du commerce et de la navigation. Elle prend son commencement au lac de Kou-binsk (7,96 milles géographiques carrés, 382 verstes carrées ou 420 kilomètres carrés) et traverse un pays quoique faiblement habité, mais fertile et assez productif. La longueur du cours est de 130 milles géographiques ou de 920 verstes (985 kilomètres). Près de la ville d’Oustioug, elle se réunit aux eaux du Youg et change de nom en prenant celui de Dwina septentrionale. La Dwina a un cours de près de 96 milles géographiques (670 verstes ou 725 kilomètres) parfaitement navigable. Parmi les affluents, il faut citer la Wytschegda, la Waga et la Pinéga. Le bassin de la Dwina a une superficie de 6.350 milles géographiques carrés ou de 311.000 verstes carrées (332.000 kilomètres carrés).
- 30. Bassin de l'Onéga. L’Onéga sert d’écoulement aux lacs Latsché et Vojé, réunis par la Swir. Le bassin de l’Onéga est très-étroit et n’a aucune importance commerciale. Longueur du cours: 70 milles géographiques ou 490 verstes (520 kilomètres). Etendue du bassin : 470 milles géographiques carrés ou 23.000 verstes carrées (24.500 kilomètres carrés).
- Outre les bassins sus-mentionnés, il y a beaucoup de bassins secondaires (surtout en Sibérie) qu’il est inutile de mentionner, vu que ces bassins ne jouent qu’un rôle subordonné.
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- En ne comptant que la partie navigable des fleuves et des rivières, on peut estimer que la Russie d’Europe possède près de 4.088 milles géographiques (28.620 verstes, 30.337 kilomètres) de cours d’eau navigables. La longueur des rivières flottables peut être estimée au double. Dans le royaume de Pologne, l’ensemble des rivières navigables et flottables a une longueur de 276 milles géographiques ou 1.932 verstes (2.061 kilomètres). Pour la Finlande, le Caucase et la Sibérie on manque de renseignements exacts.
- En général, le réseau fluvial de la Russie a une importance immense, vu qu’il facilite singulièrement les communications et supplée avantageusement au manque de grandes routes. La nature des fleuves en Russie, ainsi que des plaines traversées par ces fleuves, est telle qu’il devient facile de réunir les différents bassins par des cours d’eau creusés artificiellement. Aussi, pour compléter le système fluvial qui forme la base de toutes les communications, a-t-on établi un vaste système de canaux à l’aide desquels on peut traverser la Russie par eau d’un bout à l’autre. Grâce aux fleuves et à ces canaux, toutes les mers limitrophes de l’empire sont en communication directe entre elles. Les canaux de la Russie appartiennent à trois catégories.
- Outre les canaux destinés à régler et à déverser les eaux dans 1 intérieur de quelques villes, il faut distinguer les canaux sans écluses des canaux pourvus d’un ou de plusieurs systèmes d écluses. Les premiers longent ordinairement une partie quelconque d un lac ou d’une rivière inaccessible ou dangereuse à la navigation, tandis que les autres réunissent directement deux ou plusieurs bassins.
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- CANAUX DE LA PREMIÈRE CATÉGORIE.
- 1. Les canaux dans la ville et dans les environs de Saint-Pétersbourg........................... 115 verstes. 123 kilom.
- 2. Le canal Moskworetzki (inachevé) à Moscou.......... y
- 3, Le canal Varvazicff (à Astrakhan)....................... 2 1/4 2 1/2
- CANAUX DE LA SECONDE CATÉGORIE.
- 4. Le canal du Ssaïma (entre le lac Ssaïma et Vibourg).. 35
- 5. Le canal de Ladoga (entre la Néva et le Volkhoff).. 104 37 1/2
- 6. Le canal du Ssias (entre le Volkhoff et le Ssias.). 10 1/4 1
- 7. Le canal de la Ssvir (entre la Ssias et la Svir)... 75 1/4 J1
- 8. Le canal d’Onéga (entre la Ssvir et la Vytegra) 64 ' 80 1/2
- 9. Le canal de Sievers (entre le Volkhoff et la Msta) 9 68 1/2
- 10. Le canal de la Vischera (entre la Msta et la Vischerà 3/4
- affluent du Volkhoff).................................. ’ 14 :
- 11. Le canal de Biélo-Ozéro (entre la Scheksna et la
- Kowja, affluent du Biélo-Ozéro)............................. 63 1/2
- Les canaux sub nos 5, 6, 7 longent la rive méridionale du lac Ladoga et ont pour but de faire éviter aux barques et bateaux les eaux du lac quelquefois très-dangereux à la navigation. Le canal numéro 8 fait le tour du lac Onéga; les canaux nos 9 et 10 servent à tourner le lac Ilmen; le canal n° 11 rend le même service aux barques qui doivent traverser le Biélo-Ozéro.
- CANAUX DE LA TROISIÈME CATÉGORIE.
- 12. Le canal de Vischny-Volotschok (entre la Tverza et le
- lac Mstino).................................................... 4 4 1/2
- 13. Le canal de Tikhvine (entre le lac Voltschino et la Ti-khvinka)....................................................... 7 7 3/4
- 14. Le canal de l’impératrice Marie (entre la Kovja et la Vytegra)....................................................... 7 1/2 8 1/2
- N. B. Le système d’écluses appartenant à ces trois canaux a une longueur de 283 verstes (301 kilomètres').
- 15. Le canal du prince Alexandre de Wurtemberg (entre la Prorosowitza, affluent du lac de Koubinsk, et la Sscheksna).................................................. 14 15
- N. B. Avec les écluses, 145 verstes ou 155 kilomètres.
- 16. Le canal de la Bérésina (entre les lacs Plavio et Be-rechto).................................................... 20 21 1 2
- 17. Le canal d’Oginski (entre la Yasiolda et la Schara).... 48 52 1/4
- 18. Le canal du Boug ou canal Royal (entre la Pina et le
- Moukhavetz)................................................ 75 80 1/2
- 19. Le canal d’Augustowo (entre le Bobr et le Niémen)... 98 10 43/4
- Total (les écluses comprises)............................. 1295 verstes. 1381 kilom.
- P
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- Par l’intermédiaire de ces canaux et du système fluvial, les quatre mers environnant la Russie d’Europe se trouvent en communication directe entre elles. La communication entre la mer Baltique et la mer Caspienne se fait par trois systèmes: de Vyschni-Volotschok, de Tikhvin et de l’Impératrice Marie. La mer Baltique communique avec la mer Noire par trois systèmes: de la Bérésina, d'Oginsky et le système Royal. La mer Blanche se trouve réunie avec la mer Baltique et la mer Caspienne par le système du prince Alexandre de Wür-temberg .
- 1. Le système de Vyschni-Volotschok se compose des parties suivantes : Twer sur le Volga; Twerza (affluent de la Volga); le canal de Vyschni-Volotschok; le lac Mstino; la Msta; le canal de Sievers et le canal de Vischera; le Volkhoff; le canal de Ladoga; la Néva; Saint-Pétersbourg ; longueur du trajet : 1.309 verstes (1.397 kilomètres).
- 2. Système de Tikhvine : Rybinsk sur le Volga; la Mologa; la Tschagadoschtscha (affluent de la Mologa); le Gorioren (affluent de la Tschagadoschtscha); le lac Voje; la rivière Ssomina; le lac Ssomino; la rivière Voltschino; le canal de Tikhvine; la Tikhvinka (affluent de laSsias); laSsias; le canal de la Ssias; le canal de Ladoga; la Néva; Saint-Pétersbourg. Longueur de toute la route : 876 verstes (937 kilomètres).
- 3. Système de l'Impératrice Marie: Rybinsk sur le Volga; la Scheksna; le canal de Biélo-Ozéro; la Kovja; le canal Marie; la Vytegra; le canal d’Onéga; la Ssvir; le canal de la Ssvir; le canal de la Ssjas; le canal de Ladoga; la Néva; Saint-Pétersbourg. Longueur de la route : 1.088 verstes (1.161 kilomètres).
- Le système de Tikhvine, quoique le plus avantageux quant à la longueur du trajet, est pourtant le moins fréquenté. Les
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- rivières de ce système ne peuvent porter que des barques de petites dimensions et peu chargées. Aussi-ce système sert presque exclusivement au transport des tissus, des produits coloniaux et en général des articles chers, venant de Saint-Pétersbourg et destinés pour l’intérieur. Les deux autres systèmes, au contraire, servent principalement à l’exportation et au transport des matières brutes. Le système Marie commence à l'emporter depuis quelque temps sur le système rival de Vyschni-Volotschok.
- 4. Le système de la Bérésina réunit le Dniepr à la Dvina par la route suivante: la Bérésina; le Ssergout; le lac Plavio; le canal de la Bérésina; le lac Béreschto ; la Béreschta (rivière sortant du lac du même nom); la Yéssa; le lac Lépel; l’Oulla (affluent de la Dvina).
- 5. Le système Oginsky réunit le Dniepr et le Niémen par l’intermédiaire du Priepiét, de la Yasiolda, du canal Oginsky et de la Schara (affluent du Niémen).
- G. Le système Royal réunit le Dniepr à la Vistule et se compose du Priepiét,de la Yasiolda, de la Pma (affluent de la Yasiolda), du canal Royal, du Moukhavetz (affluent du Boug), du Boug et de la Narew. Les systèmes désignés sous les n°s 4, 5 et 6 sont loin d’être en bon état. La plupart des petites rivières qui en font partie ne sont navigables que pendant la crue des eaux. Aussi la navigation se fait principalement par des radeaux, et elle est peu considérable.
- 7. Le système da prince Alexandre de Wurtemberg s’appuie sur le système Marie, pour établir une communication directe entre Saint-Pétersbourg et Rybinsk, d’un côté, et Arkhangel, de l’autre. Il se compose de la Dvina du nord, de la Soukhona, du lac de Koubiosk, de la Prorosowitza (affluent du lac de Koubinsk) et d’une suite de canaux réunis-
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- sant plusieurs petits lacs et aboutissant à la Scheksna (voirie système Marie). La navigation est facile, et en général ce système, très-appliqué, est d’une grande importance pour tout le nord de la Russie d’Europe.
- Relativement à son étendue, l’empire russe possède fort peu de routes, et encore faut-il remarquer que ces routes sont loin d’être partout satisfaisantes. La Finlande seule, grâce à son sol de granit, aune quantité suffisante de bonnes routes, surtout le long de la mer. En Pologne, il y avait en 1860 2.160 verstes de chaussées (2.300 kilomètres), entretenues aux frais du gouvernement, et 1.356 verstes (1.450 kilomètres) de chemins vicinaux, entretenus régulièrement aux frais des communes. On comptait donc moins d’une verste de chaussée sur un mille carré géographique. Dans la Russie d’Europe, le rapport est encore moins favorable. Sur une étendue de 86,253 milles carrés (déduction faite des eaux intérieures), on ne comptait que 88.000 verstes de routes postales et 5.920 verstes de chaussées (6.316 kilomètres); par conséquent il y avait une verste de chaussées sur 14,5 milles carrés géographiques, soit une verste sur 705 verstes carrées ou 1 kilomètre sur 753 kilomètres carrés. En général, les routes, hormis les chaussées, sont, grâce au climat et aux propriétés du sol, souvent en mauvais état. Vu les distances et la quantité des transports (on transporte pour la plupart des matières brutes, très-volumineuses), le défaut de routes est d’une grande gêne pour la production et pour le commerce intérieur et extérieur, surtout au sud, où il y a peu de communications par eau et oule sol, recouvert d’une épaisse couche de terre noire, est en général mou et se détrempe facilement. Pendant la fonte de la neige et pendant les pluies d’automne, les routes deviennent pour la plupart impraticables. Les charrois sont souvent
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- forcés d’attendre la gelée et la neige. Pendant l'hiver, le traînage est excellent et l’entretien des routes ne demande presque aucun soin.
- Au Caucase les bonnes routes sont encore plus rares. Il n’y a que deux routes pour entretenir la communication du revers septentrional avec la Transcaucasie : la grande route de Wla-dikawkas et la route maritime de Derbent. La plupart des chemins, surtout dans les montagnes, sont inaccessibles aux charrois.
- En Sibérie il y a une grande route postale, assez bonne, qui traverse toute cette partie de la Russie, à commencer de Yéka-thérinbourg jusqu’à Irkoutsk. On y compte jusqu’à 15.000 verstes de routes frayées. A l’est d’Irkoutsk les communications sont à leur état primitif.
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- VII
- CHEMINS DE FER.
- Au premier janvier 1867 on comptait dans tout l’empire de Russie 601,1 milles géographiques (4.212 verstes ou 4.494 kilomètres) de routes ferrées, dont 14,3 milles géographiques (100 verstes ou 107 kilomètres) appartenaient à la Finlande, 118,7, (831 verstes ou 886 kilomètres) à la Pologne et le reste de 468,7 milles géographiques (3.281 verstes ou 3.501 kilomètres) à la Russie d’Europe. Par rapport à la superficie (déduction faite des eaux intérieures) il v avait: pour la Finlande 1 verste de rails sur 3.038 verstes d'étendue (4 kilomètre sur 3.236 kilomètres); pour la Pologne 1 verste sur 135 (1 kilomètre sur 144 kilomètres) • et pour la Russie d Europe 1 verste sur 1.271 verstes carrées (1 mille géographique sur 184, ou 1 kilomètre sur 1.358 kilomètres carrés). Les lignes exploitées étaient les suivantes :
- verstes. kilom.
- 1. Chemin de fer de l’empereur Nicolas (Moscou-Saint-Pétersbourg). 604 644
- 2. Moscou-Nijni -Novgorod......................................... 410 437
- 3. Moscou-Saint-Serge de la Trinité.............................. 67 71
- 4. Moscou-Riasan et Riasan-Kozloff.............................. 381 406
- 5. Saint-Pétersbourg-Tzarskoé-Sélo................................. 25 26,6
- 6. Pétersbourg-Peterhoff-Oranienbaum............................... 51 54,3
- 7. Pétersbourg-Varsovie..................................... . 1.049 1.119
- 8. Embranchement de Vilno-Eydtkunen.............................. 178 190
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- CHEMINS DE FER. 55
- verstes. kilom.
- 9. Embranchement de Dunabourg-Riga............................ 204 218
- 10. Embranchement de Dunabourg-Vitepsk........................ 243 259
- 11. Varsovie-Graniza (Varsovie-Vienne).......................... 291 310
- 12. Varsovie-Bromberg (sans l’embranchement de Lodz)............ 213 227
- 13. Varsovie-Terespol............................................ 84 89,6
- 14. Odessa-Balta................................................ 194 207
- 15. Chemin de fer du Don (Grouchefka)............................ 66 70,4
- 16. Volga-Don.................................................... 73 77,8
- 17. Tavastehus-Helsingfors...................................... 100 107
- LIGNES EN CONSTRUCTION.
- 1. Chemin de fer du Sud (Moscou-Koursk)......................... 480 511
- 2. Balta-Kieff (avec l’embranchement de Berditscheff)........... 455 485
- 3. Rjashsk-Morchansk............................................ 118 126
- 4. Vitepsk-Orël................................................. 494 527
- 1.547 1.649
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- VIII
- TÉLÉGRAPHES.
- La construction des lignes télégraphiques en Russie date de l’année 1853. A la fin de l’année 1864, on comptait 308 stations et 4.557,4 milles géographiques de lignes télégraphiques (31.902 verstes ou 34.039 kilomètres). La longueur des fils était de 56.390 verstes (60.168 kilomètres). Le nombre des dépêches expédiées était de 759.806, pour la correspondance intérieure, et de 167.558, pour la correspondance de l’étranger (dont 84.514 dépêches expédiées et 83.044 reçues). En 1865 et 1866, le nombre des lignes télégraphiques a été sensiblement augmenté. On a établi une ligne pour la jonction des lignes de la Perse (qui fonctionnent très-insuffisamment) et une autre qui va jusqu’à Khiakhta, sur la frontière de la Chine. A Pékin il y a une agence télégraphique russe. De plus, on a commencé des travaux pour la construction d’une ligne américaine-russe, qui doit traverser l’océan Pacifique et qui sera achevée en 1871.
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- POPULATION.
- Les données les plus récentes sur la population de l’empire russe se rapportent à la fin de l’année 1863. D’après ces données, le chiffre absolu de la population était de 77 millions, mais il y araison de croire que ce chiffre est plutôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité. Comme il n’existe pas en Russie de dénombrement régulier, les listes de la population sont dressées non d’après la population de fait, mais d’après la population de droit. Dans beaucoup de parties de la Russie, l’étendue des divisions territoriales et administratives est si grande et la population si clair-semée, qu’il est presque impossible de porter tous les changements sur les listes et d’éviter des omissions volontaires et involontaires. Les données sur le mouvement de la population, en général assez exactes, prouvent que les évaluations et dénombrements officiels restent au-dessous de la vérité et que la population de fait doit être plus considérable.
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- 58
- POPULATION.
- Les chiffres officiels de l’année 1863 sont les suivants:
- GOUVERNEMENTS. S. M. S. F. TOTAL.
- Arkhangel 137.032 147.212 284.244
- Vologda 466.023 508.700 974.723
- Olonetz 141.227 155.366 296.593
- Saint-Pétersbourg... 652.194 521.980 1.174.174
- Pskoff. 351.825 367.082 718.907
- Novgorod 494.664 511.629 1.006.293
- Twer 726.975 791.102 1.518.017
- Yaroslaw 443.476 526.166 96.642
- Kostromà 499.862 574.109 1.073.971
- Wladimir 585.347 631.272 1 216.619
- Moscou 801.634 762.606 1.564.240
- Smolensk 554.515 582 697 1.137.212
- Kalouga 469.683 495.113 964.796
- Toula 573.300 579.170 1.152.470
- I Orël 755.878 778.541 1.533.619
- I Koursk 907.028 919.340 1.827.068
- I Tchernigoff 728.705 758.987 1.487.372
- I Poltawa I Kharkoff 938.312 792 012 973 430 798.914 1.911.442 1.590.926
- Woronège 948.046 990.067 1 938.113
- Riasan................... 702.848 715.445 1.418.293
- Tamboff 986 669 987.915 1.974.584
- Pensa. 577 813 601.267 1.179.080
- Nijni-Novgorod 616.337 668.859 1.285.196
- 1 Kasan 787 151 819.971 1.607.122
- I Viatka Perm 1.048.973 1 171.628 2.220 601
- 1.015.526 1 .123.022 2.138 548
- I Orenbourg Ssimbirsk • Ssaratoff Ssamara Astrakhan Esthonie 920.984 574.602 841 049 829.401 191.097 153.543 922.387 608.710 847.512 861.378 186.142 159.576 1.843.371 1.183.312 1.688.561 1.690.779 377.239 313.119
- Livonie..... . Courlande Wilebsk Mohileff : Kowno Wilna Grodno ... Minsk Wolhynie Podolie Kieff ' ’ Bessarabie Kherson 446.836 272.324 383.334 451.064 518.096 446.106 447.893 478.439 301.531 393.405 473.016 534.068 453.887 446.301 925.275 573.855 776.739 924 080 1.052.164 899.993 894.194
- 501.606 811.874 942.904 499.729 790.841 925.953 1.001.335 1.602.715 1.868.857
- 1.008.117 544.648 694.791 1 .003.978 481.698 635.347 2.012.095 1.026.346 1.330.138
- Yékatérinoslaw 325.199 607.827 289.802 596.924 615.001 1.204.751
- Pays des cosaques de l’Oural 33.233 61 163 94.396
- Pays des cosaques du Don Pays des cosaques d'Orenbourg * 472.160 477.522 949.682 180.000
- Kirghiz d Astrakhan (horde inté-
- rieure) 134 000
- Total (de la Russie d’Europe).... 3.0087.790 30 .829 737 61.325.923
- bourg. erritoires des cosaques d Orenbourg sont compris dans le gouvernement a'oren-
- d'Astrakhan" toire de la horde intérieure est compris dans la superficie du gouvernement
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-
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- POPULATION.
- 59
- GOUVERNEMENTS. S. M. S. F. TOTAL.
- 166.401
- 318.811
- Tavastehus 168.679
- Wibourg 273.705
- Saint-Michel 159.603
- 219.152
- 306.756
- Uleaborg 185.802
- Total (pour la Finlande) 1.798.909
- Varsovie 851.141 907.804 1.758.945
- Lublin 485.577 514.872 1.000.449
- 466.764 499.234 965.098
- Augustowo 321.676 338.479 660.165
- Plock 283.703 302.943 586 646
- Total (pour la Pologne) 2.408.861 2.563.332 4.972.193*
- * Les militaires ne sont pas compris dans ces chiffres.- — En comptant les troupes actives,
- la population totale du royaume de Pologne s’élevait, en 1863, jusqu’à 5.100.000 âmes.
- Stavropol 356.671
- Province du Kouban 512.833
- Province du Tersk 393.020
- Province du Daghestan 470.847
- Tiflis 577.267
- Bakou. 781.307
- Ériwan 421.228
- Koutaïss 353.125
- District de Mingrélie 212.619
- District d'Abkhasie 79.000
- Total (pour le Caucase) 4.157.922
- Tobolsk. 544.876 560.771 1.105.647
- Tomsk 362.669 353.907 716.576
- Yénisseïsk 169.856 153.158 323.014
- Irkoutzk : 193.189 172.621 365.810
- Province de Ssemipalatinsk 209.601 188.176 397.777
- Province des kirghiz de Sibérie... 154.332 132.412 286.744
- Province des kirghiz d’Orenbourg. 400.000 400.000 800.000
- Province de Yakoutsk 116.749 111.311 228.060
- Province de la Transbaïcalie 179.765 172 769 352.534
- Province de l’Amour 8.075 5.779 13.854
- Province du Littoral 21.035 14.648 35.683
- Total (pour la Sibérie) 2.360.147 2.265.552 4.625.699
- RÉCAPITULATION.
- I. Russie d’Europe............................................ 61.325.923
- 2. Grand-duché de Finlande...................................... 1.798.909
- 3. Royaume de Pologne.......................................... 5.100.000
- 4. Vice-royauté du Caucase...................................... 4.157.922
- 5. Sibérie..................................................... 4.625.699
- Total................................................ 77.008.453
- 783
- 43
- 70x 050 502
- 3
- 2
- 2
- Pxesenovens sensefose R.AAAMA*..
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- POPULATION RELATIVE.
- Pour calculer la densité de la population dans les différentes parties de l’empire russe, il faut faire abstraction de la superficie des grandes eaux intérieures, lacs, etc. Pour la Russie d’Europe, pour la Sibérie et pour le Caucase nous possédons des calculs planimétriques sur l’étendue de toutes les eaux intérieures, etc., ayant une étendue de plus d’un demi-mille carré géographique. En Pologne il n’y a pas de lacs considérables. Quant à la Finlande, il nous est impossible de donner un calcul juste,vu que la superficie de la plus grande partie de ses nombreux lacs n’a pas été déterminée avec la précision nécessaire. En conséquence, la table suivante donne les chiffres exacts de la population relative, avec exclusion des grandes eaux pour toutes les parties de l’empire, excepté la Finlande, dont les chiffres doivent être considérablement augmentés.
- La population spécifique, selon les grandes divisions territoriales, est: pour la Russie d’Europe, de 706 habitants par mille carré (14,3 par verste carrée ou 12,3 par kilomètre); pour la Finlande, de 263 par mille carré (soit 5,5 par verste carrée ou 4,7 par kilomètre); pour la Pologne, 2.110 par mille
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- POPULATION RELATIVE.
- 61
- carré (soit 43,6 par verste carrée ou 38,9 par kilomètre) ; pour le Caucase, 517 par mille carré (soit 10,7 par verste carrée ou 9,5 par kilomètre) ; pour la Sibérie, 17 par mille carré (soit 0,35 par verste carrée et 0,32 par kilomètre). Il suffit de ces chiffres pour démontrer que la répartition de la population dans l’empire russe est très-inégale, et que pour obtenir une idée plus juste il est nécessaire de s’adresser aux détails.
- TABLE DE LA DENSITÉ DE LA POPULATION.
- GOUVERNEMENTS. HABITANTS.
- Par mille c. Par verste c. Par kilomètre.
- Arkhangel 20 0,4 0,4
- 125 2,5 2,4
- Vologda 135 2,8 2,7
- Saint-Pétersbourg 1446 26,9 26,1
- Pskoff 901 18,7 15,9
- Novgorod - 481 9,9 8,5
- 1311 27 1 23 5
- Yaroslaw.. 32,2 28,2
- Kostromà 741 15,3 13,4
- Wladimir 29,2 25,6
- Moscou 2598 53,7 47,1
- Smolensk 1117 23,1 20,3
- Kalouga 1720 35,5 31,7
- Toula 2069 42,7 37,5
- Orël 1785 36,9 32,4
- Koursk • 2228 46,0 40,4
- Tchernigoff 1564 32,3 25,0
- Poltawa 2117 43,8 38,3
- Kharkow 1610 33,2 29,1
- Woronège 1600 33,0 29,0
- Riasan 1864 38,5 33,7
- Tamboff 1643 33,9 29,7
- Pensa , 1711 35,4 31,0
- Nijni-Novgorod 1392 28,7 25,2
- Kasan. 1440 29,7 26,1
- Viatka 852 17,6 15,4
- Perm 7,3 6,4
- Orenbourg * 358 7,6 6,7
- Ssimbirsk 1340 27,7 23,2
- Ssaratoff 1137 23,5 20,5
- Ssamara 584 12,1 10,6
- Astrakhan 94 1,9 1,6
- Esthonie 872 18,0 15,8
- Livonie 1120 23,1 18,9
- Courlande 1166 24,1 21,0
- Witebsk 952 19,6 17,1
- Mohileff. 1064 22,0 19,7
- Kowno 1429 29,5 26,0
- Wilna 1 176 24,3 21,2
- * Avec les cosaques d’Orenbourg.
- r
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- POPULATION RELATIVE.
- GOUVERNEMENTS. HABITANTS.
- Par mille c. Par vertse c. Par kilomètre.
- Grodno 1294 26,7 23,4
- Minsk 618 12,7 11.1
- Volhynie 1238 25,6 22,4
- Podolie 2424 50,1 43,9
- Kieff 2177 44,9 39,4
- Bessarabie 1619 33,4 29,3
- I Kherson 1018 21,0 18,4
- Tauride 548 11,3 20,3 9,6
- Yékatérinoslaw 983 17,8
- Pays des cosaques du Don 3385 6,8 6,1
- Pays des cosaques de l’Oural 1,5 1,4
- Pays des cosaques d Orenbourg
- Moyenne pour la Russie d’Europe. 706 14,3 12,2
- Nyland 793 16,1 14,2
- Abo 686 14,0 12.3
- I Tavastehus 514 10,5 9,1
- Wibourg, 346 7,0 6,1
- I Saint-Michel 380 7.7 6,8 4,9
- Kuopio , 278 6,0
- | Wasa 416 8,5 7,4
- Uleaborg 60 1,2 1,0
- Moyenne pour la Finlande. 263 5,5 4,7
- Varsovie ,.. 2641,0 54,51 47,8
- Lublin 1831,4 37,48 33,2
- Radom 2186,5 45,21 39,6
- Augustowo 1934,8 39,29 35,6
- Plock 1841,8 38,06 33,3
- Moyenne pour la Pologne 2468,9 44,41 38,9
- Stavropol 263,0 5,40 4,7
- Province du Kouban 298,5 6,17 5,1
- Province du Tersk 432,1 8,83 7,8
- Province du Dagesthan Tiflis Bakou 817,6 651,3 654,6 16,90 13,46 13,53 14.8 11,8 11,8
- Ériwan Koutaïss 795,9 1057,8 16,45 21,86 14,4 19,1
- District de Mingrélie... 1085,0 22,42 19,6
- I District d’Abkhasie 686 ,5 14,19 8,6 —"
- Moyenne pour le Caucase 517,5 10,7 9,5
- Tobolsk I Tomsk I Yénisseïsk I Irkoutsk 40,9 45,7 7,06 28,6 0,8 0,9 0,14 0,5 0,7 0,8 0,1 0,4
- | Province de Sémipalatinsk.. 50,8 19,07 46 5 1,0 0,4 0 9 0,8
- g Province des kirghiz de Sibérie 0,3
- Province des kirghiz d'Orenbourg 0.8
- Province de Yakoutsk Province de Transbaïcalie Province de l’Amour... . Province du Littoral 3,1 35,0 2,06 1,05 0,06 0,7 0,05 0,02 0,05 0,06 0,04 0,01
- Moyenne pour la Sibérie 0,32
- 17,0 0,35
- * Voy. le gouv. d’Orenbourg.
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- POPULATION RELATIVE.
- 63
- Nous croyons utile de compléter les chiffres de la table précédente par quelques observations concernant la Russie d’Europe, comme la partie la plus importante de tout l’empire. A côté d’une population d’à peine vingt habitants par mille carré (Arkhangel), nous trouvons des gouvernements présentant une population assez épaisse et presque égale à la population moyenne de beaucoup de pays du centre de l’Europe. La partie la plus peuplée se resserre autour des deux centres historiques de la Russie, autour de Kieff et de Moscou. Moscou, Toula, Koursk, Poltawa, Kieff et la Podolie sont les gouvernements les mieux peuplés. Ces gouvernements, ainsi que les gouvernements limitrophes, forment, par excellence, le domaine primitif de la nation russe, la Russie historique. C’est en partant de ces deux centres que les Russes ont colonisé les contrées du nord-est, du nord-ouest et du sud-est. Plus la colonisation est ancienne, plus la population est épaisse. Vers le nord, le climat et l’âpreté du sol ont posé des bornes au développement de la population, et, vu ces obstacles, le courant de la colonisation, après la chute de l’empire des Mongols et la prise de Kasan et d’Astrakhan, s’est détourné vers l’est et surtout vers le sud-est. Encore plus tard la colonisation s’est portée vers les steppes du sud, dans la Nouvelle-Russie. Des luttes acharnées et continuelles contre les hordes nomades, occupant ces contrées, ont longtemps arrêté l’accroissement de la population dans ces lieux. Seulement depuis un siècle ces contrées sont acquises définitivement par la Russie, et ce siècle a suffi pour quintupler la population des bords du Volga et des gouvernements de la Nouvelle-Russie. Ces provinces tendent évidemment à surpasser les pays du nord et du nord-ouest, colonisés depuis longtemps, et promettent d’atteindre bientôt la population du centre et du sud-ouest.
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- STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS: POPULATION AGGLOMÉRÉE ET POPULATION DES VILLES.
- La densité de la population est en rapport direct avec la tendance de la population a se concentrer et à s'agglomérer. La nature des lieux et l’influence de la race marquent à ce sujet des différences considérables qui, surtout en Russie, sont dignes d’attention et exigent quelques explications de notre part. La plus grande tendance à s’agglomérer existe dans le sud et dans le sud-est de la Russie. Les steppes du Volga inférieur et du Don manquent d’eau et d’ombre, les deux conditions essentielles pour le choix d’une habitation; aussi les colons, au lieu de s’éparpiller et de vivre isolément, se resserrent autour du peu d’eau qu’on rencontre et forment pour la plupart de gros villages de deux à trois mille habi-tants. La moyenne pour chaque lieu habité est, dans ces régions, de 620 âmes. Puis vient la Petite-Russie, avec une moyenne de 570 habitants. Ce groupe comprend les gouvernements de Kieff, Poltawa, Tchernigoff, Kharkow et la Podolie. Un troisième groupe est formé par les gouvernements delà Nouvelle-Russie, par Khersohn, Yékatérinoslaw, la Bessarabie
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- STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS.
- 65
- et la Crimée. La moyenne y est de 400 habitants par lieu habité. La Russie du centre ou Grande-Russie (Moscou, Toula, Kalouga, Vladimir, Tver, Yaroslaw, Kostroma, Kasan, etc.) présente 200 habitants par lieu habité. L’industrie, qui dans d’autres pays tend à réunir la population en grandes masses, est évidemment trop faible pour exercer la même influence sur l’agglomération de la population en Russie. L’industrie russe se cache dans les villages ; les grandes fabriques aiment à s’isoler. Restent les provinces du nord-est et du nord-ouest. Ces provinces peuvent être réparties en trois groupes. Les gouvernements d'Esthonie, Pskoff, Novgorod, Vologda, Olonetz, Arkhangel, Viatka et Perm, le ci-devant domaine de la race finnoise, pays de forêts et de marécages, présentent une moyenne de 140 habitants par lieu habité, et encore faut-il dire que les habitations isolées deviennent de plus en plus fréquentes. C’est l’influence de la race finnoise et du climat qui se fait sentir. L’Esthonie, province entièrement finnoise, représente le dernier échelon de ce groupe. Puis viennent les provinces de la Russie Blanche, Mohileff, Smolensk, Vitepsk, Minsk, Grodno, qui descendent encore plus bas et ne donnent qu’une moyenne de 100 habitants par lieu habité. Nous croyons pouvoir attribuer ce chiffre à la proximité et à l’influence de la race lithuanienne. En dernier lieu viennent les gouvernements occupés entièrement ou en majeure partie par la race lithuanienne. Ce sont Kowno, Vilno, la Courlande, une moitié de la Livonie et quelques districts de Vitebsk. La moyenne de ces provinces n’est que de 45 par lieu habité, la population des villes comprise; c’est-à-dire que la population rurale et agricole ne présente, presque exclusivement, que des habitations isolées.
- Nous avons cru devoir insister sur ce point, vu que la répar-5
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- 66
- STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS.
- tition de la population et sa tendance à s’agglomérer est une condition essentielle de tout développement industriel. L’industrie en grand exige le concours d’une multitude de professions; elle ne peut prospérer dans l’isolement. Aussi le tableau que nous avons essayé de tracer indique clairement où il faut chercher le présent et l’avenir de l’industrie russe,
- Les chiffres que nous avons reproduits plus haut ne sont pas tout à fait exacts. Le nombre des villes, et surtout la présence de quelques grandes villes, influent singulièrement sur la moyenne. Pour corriger cette influence il faut prendre note de la population spéciale des villes et de la population urbaine en général.
- On compte dans la Russie d’Europe 599 villes et 47 gros bourgs (possady) avec une population de 6.087.070 habitants. En Finlande il y a 34 villes avec 98.000 habitants. En Pologne nous trouvons 452 villes avec une population de 1.276.285 habitants. Au Caucase il y a 38 villes avec 349.912 habitants, et en Sibérie 5 6 avec 252.514 habitants. Total: 1.245 villes avec 7.740.000 habitants, ce qui donne le rapport de 10 à 100. Pourtant ce rapport varie, non-seulement d après les grandes divisions territoriales, mais encore d’après les gouvernements.
- Ainsi nous trouvons en Finlande le rapport de 5 à 100, en Pologne de 23,8; au Caucase 8,4, et pour la Sibérie 5,4. Encore faut-il remarquer que ces chiffres donnent une idée très-inexacte de la vraie valeur des villes en Russie, surtout quant à la Russie d’Europe, la Sibérie et la Pologne. Dans les villes de la Russie d Europe et de la Sibérie près de 15 pour 100 de la population, soi-disant urbaine, sont des paysans soc-cupant d agriculture, tout comme les habitants des campagnes. Près de 10 pour 100 sont des travailleurs venant temporal"
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-
- STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS. 67
- rement de la campagne et ne faisant qu’un court séjour dans les villes où ils restent rarement plus d’une saison. Près de 14 pour 100 appartiennent aux classes militaires (soldats de la troupe active, réservistes, pensionnés et leurs familles, etc.) et ne font pas partie de la population stable et et fixe des villes. En faisant les déductions indispensables, nous ne pouvons estimer la vraie population des villes qu’à 60 pour 100 de la somme totale, ce qui donne, au lieu de 6 millions, environ 4millions, ou, en moyenne, le rapport de 6à7sur 100. Ce que nous venons de dire se rapporte à toutes les provinces du centre, du nord-ouest, du nord-est et du sud-est. Il faut faire exception pour les provinces maritimes qui présentent une population urbaine très-considérable. Parmi ces provinces, il faut compter Saint-Pétersbourg, Arkhangel, la Livonie, l’Esthonie, la Bessarabie, Kherson, Yékatérinoslaw, la Tauride et Astrakhan. A l’intérieur nous ne trouvons que Moscou, Orël, Vitebsk et les gouvernements de l’ouest, autrefois soumis à la domination polonaise, qui présentent une population urbaine assez considérable. Quant aux provinces de l’ouest, le chiffre de la population des villes n’est qu’illusoire, vu que la plupart des villes et presque la totalité des bourgs méritent fort peu le nom qu’on leur donne officiellement. Plus de la moitié de ces villes, ainsi que les deux tiers des villes de la Pologne, sont des villages habités par des paysans, avec addition d’un certain nombre de juifs, et le privilège de tenir foire. La position misérable de ces villes est une suite du servage qui enchaînait naguère les villes tout aussi bien que les campagnes, en les plaçant sous la domination presque absolue de la noblesse et du clergé et en concédant à ces derniers le droit d’imposer et de taxer les habitants et de réglementer leur commerce et leur industrie
- 8 1
- i 23 as
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- B 93
- 1 3005
- 5
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- 68 STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS.
- En 1866, le gouvernement, en libérant les villes dites de la couronne, qui, quoique nominalement sujettes aux droits domaniaux des rois, jouissaient pourtant d’une liberté d’action assez considérable, a mis une fin à l’état d’esclavage des villes seigneuriales et a ordonné le rachat de toutes les servitudes et des droits féodaux. Ces remarques faites, nous donnons ci-joint une table des principales villes de la Russie, classées d’après le nombre des habitants :
- I. Villes ayantplus de 100.000 habitants:
- En Russie: Saint-Pétersbourg, 545.000; Moscou, 351.609;
- Odessa, 118.970;
- En Pologne: Varsovie, 222.900.
- II. Villes ayant de 75.000 à 100.000 habitants:
- En Russie: Kichineff (Bessarabie), 94.124; Ssaratoff, 84.391 ; Riga, 77.468.
- III. Villes ayant de 50.000 à 75.000 habitants:
- En Russie: Vilna, 69.464; Kieff, 68.424; Kasan, 63.084;
- Nicolayeff, 64.561; Toula, 56.739; Berditcheff (Kiefl), 53.169; Kharkoff, 52.016;
- Au Caucase: Tiflis, 60.776.
- IV. Villes ayantplus de 40.000 habitants:
- En Russie: Kronstadt (Saint-Pétersbourg), 48.413; Mo-hileff, 48.205; Astrakhan 42.832 ; Voronège, 40.967; Kher-son; 40.169; Taganrog (Yékatérinoslaw), 42.384.
- V. Villes ayantplus de 30.000 habitants :
- En Russie : Jitomir (Volhynie), 38.407; Tamboff, 36.029; Orel, 34.973; Kalouga, 34.668; Ssamara, 34.131; Nijni-Novgorod, 31.543; Poltawa, 31.34 6; Minsk, 30.149.
- En Pologne : Lodz, 31.564.
- VI. Villes ayantplus de 20.000 habitants:
- En Russie - Rostoff-sur-le-Don (Yékatérinoslaw), 29.261;
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-
-
- STATISTIQUE DES LIEUX HABITÉS.
- 69
- Revel (Esthonie), 29.434 ; Ackermann (Bessarabie), 29.343; Kozloff (Tamboff), 28.613; Koursk, 28.565; Tver, 28.528; Dunabourg (Vitebsk), 27.825; Pensa, 27.263; Orenbourg, 27.593; Vitebsk, 27.868; Yaroslaw, 27.745; léletz (Orël), 26.505; Grodno, 26.187; Krémentschoug, 25.848; Voljsk (Ssaratoff), 25.700 ; Elisabethgrad (Kherson), 25.057; Ssimbirsk, 24.837; Kowno, 23.937; Smolensk, 23.091; Mi-tau (Courlande), 22.790; Bender (Bessarabie), 22.448; Ria-san, 22.376; Yékatérinbourg (Perm), 21.777; Kostroma, 21.525; Kertsch (Tauride), 21.432 ; Ssyzran (Ssimbirsk), 20.808; Brest-Litowsk (Grodno), 20.655; Tscherkassy (Kieff), 20.497; Arkhangel, 20.178.
- En Finlande : Helsingfors, 22.403.
- Au Caucase: Noukha, 20.543; Schousha, 20.297.
- En Sibérie: Irkoutsk, 28.009 ; Tomsk, 21.010.
- VII. Villes ayant plus de 10.000 habitants:
- En Russie: Bobrouisk (Minsk), Perm, Kamienetz (Podolie), 19.000; Rjew (Twer), Khotin (Bessarabie), Vologda, Novo-Tscherkassk, Bolchow (Orel), Niégine (Tchernigoff), 18.000; Biélaya-Zerkow (Kieff, bourg), Pskoff, Novgorod, Lipetzk (Tamboff), 17.000; Bialystock (Grodno), Nankhitschewan (Yékatérinoslaw), Kolomna (Moscou), Simphéropol (Tauride), Morschansk (Tamboff), Torjok (Twer), Oufa, 16.000; Karas-sou-Bazar (Tauride), Rybinsk (Yaroslaw), Sergiewsky (bourg du gouvernement de Moscou), 15.000; Vladimir, Viatka, Schavli (Kowno), Belgorod (Koursk), Dorpat (Livonie), Zlatooust (Perm), Akthyrka(Kharkow), Lébédiane(Kharkow), Balta (Podolie), 14.000 ; Tschistopol (Kasan), Briansk (Orël), Livny (Orël), Mzensk (Orël), Viasma (Smolensk), Wyschni-Wolotschok (Twer), Starobielsk (Kharkow), Skopin (Riasan), Khwalynsk (Ssaratoff), 13.000; Wassilkoff (Kieff), Rossiény
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- (Kowno), Homel (Mohileff), Sckloff (Mohileff), Arzamas (Nijni-Novgorod), Ssaransk (Penza), Koungour (Penza), Ber. diansk (Tauride), Ssoumy (Kharkow), Kousnetzk (Ssaratoff), Doubowka (bourg, Ssaratoff), 12.000; Polotzk (Vitebsk), Kréménietz (Volhynie), Staro-Konstantinoff (Volhynie), Azow (Yékathérinoslaw), Swénigorodka (Kieff), Pinsk (Minsk), Petrosawodsk (Olonetz), Bakhtschi-Saray (Tauride), Isioum (Kharkow), Biélopolié (Kharkoff), Kamyschine (Ssaratoff), Ouglitsch (Yaroslaw), Toultschine (bourg, Podolie), 11.000; Mourom (Vladimir), Bakhmout (Yékathérinoslaw), Novo-Moskowsk (Yékathérinoslaw), Jisdra (Kalouga), Tschigirine (Kieff), Libau (Courlande), Sserpoukhoff (Moscou), Karatscheff (Orël), Péréyaslaw (Poltawa), Prilouki (Poltawa), Ouralsk (pays des cosaques de l’Oural), Bobrinetz (Kherson), Tcher-ngoff, Gloukhoff (Tchernigoff), Starodoub (Tchernigoff), Vin-nitza (Podolie), Haïssine (Podolie), Mohileff sur le Dniestr (Podolie), Tsarskoyé-Sselo (Saint-Pétersbourg), Pétrowsk (Ssaratoff), Sserdobsk (Ssaratoff), Alatyr (Ssaratoff), Rostow (Yaroslaw), 10.000. Parmi les bourgs, Polonnoyé (Volhynie), Pétrikowka (Yékatérinoslaw), Slatopol (Kieff), Nossowka(Tchernigoff), ont plus de 10.000 habitants.
- En Finlande: Il n’y a qu’une seule ville qui compte plus de 10.000 habitants : Abo, 17.000.
- En Pologne, nous trouvons Lublin avec 18.000 habitants; Ploçk avec 13.000; Kalisch, Ssouwalki, Sgersh avec 12.000; Piotrkoff avec 11.000, et Radom, 10.000.
- Au Caucase: Elisabethpol avec 19.000 habitants; Sla-vropol, 17.000; leïssk, 16,000; Alexandropol, 15.000; Akhalzykh, 14.000; Bakou, 13.000; Eriwan, 12.000; Derbent, Kouba, Schemakha et Mosdoc, avec plus de
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- En Sibérie: Omsk compte 19.000 habitants; Tobolsk, 18.000;Barnaoul, 11.000, et Krasnoyarsk, 10.000.
- En déterminant la densité de la population pour les différentes parties de l’empire russe, et en mentionnant les principaux faits ayant rapport à la répartition de la population par lieux habités, nous avons déjà vu que la différence des races joue un rôle important dans l’état social et économique de la Russie. Aussi, avant d’aller plus loin et de passer à l'ana-lyse des principaux faits ayant rapport à l’état de civilisation et à la situation morale et sociale de la population de l’empire, il est important de bien connaître la composition ethnographique de l’empire russe qui, en réunissant sous les mêmes lois, sous le même sceptre, un grand nombre de peuples et de fragments de peuples, présente un tableau très-varié. Pour bien comprendre les rapports existant aujourd’hui entre les différentes races, pour se faire une idée juste des causes de leur situation morale, sociale et économique, pour saisir le fil qui rattache la position actuelle des différents peuples à leur existence primitive, il faut avoir recours à l’histoire et se rappeler succinctement les grands changements que l'histoire a apportés dans la position réciproque des nombreux peuples habitant actuellement le sol de l’empire russe. L’histoire seule peut expliquer l’existence et la situation actuelle d’une infinité de peuplades et de tribus éparses, qui, ayant formé jadis des corps politiques, ne présentent aujourd’hui que des débris et perdent de jour en jour leur individualité ethnographique.
- Les premiers renseignements historiques sur la Russie signalent dans la Russie d’Europe trois races différentes. Il y avait au sud-ouest des Sarmates, au sud-est les Scythes et au nord les Thyssagètes. Quoique sous des noms empruntés, il
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- n’est pas difficile de reconnaître dans la description que nous ont laissée les Grecs de ces trois peuples, les traits caractéristiques des Slaves, des Turcs et des Finnois. Aux me et ive siècles, la Russie du sud, le littoral du Pont-Euxin, devint la grande route des peuples de l’Asie, destinés à changer non-seulement la face de la Russie, mais encore la face de toute 1 Europe. Au vf siècle, quand l’équilibre se trouve rétabli, nous retrouvons les trois races primitives de la Russie, mais leur position réciproque a changé. Les Slaves ont fait place au torrent de l’Asie. En se reportant vers le nord, ils ont délogé une partie de la race finnoise, qui a cédé aux Slaves le lac Ilmen et les bords du haut Volga. Sur les bords du lac Ilmen les Slaves ont fondé la république de Novgorod qui leur sert de centre pour s’étendre au nord et à l’est, en suivant le cours des fleuves. Les Finnois se sont soumis en partie aux Slaves, en partie se cachent dans les forêts et les marécages du nord et du nord-est, au delà du Volga. Le sud-est et le sud de la Russie restent vacants. Le passage d’un grand nombre de peuples nomades, venus de 1 Asie, y a détruit jusqu’aux vestiges d’une population fixe. Les Scythes n’existent plus, ou bien ils ont changé de nom et suivi avec d’autres peuples le courant de 1 invasion. Le pays des ci-devant Scythes et une partie du pays des Slaves n est qu un désert, une vaste steppe occupée en partie par des tribus mixtes, derniers vestiges des différents peuples qui ont passé par ces lieux. Il est inutile de s’arrêter aux détails des changements qui survinrent dans cette partie delà Russie. Les peuples qui y firent leur courte apparition, après le septième siècle, ont disparu sans laisser de traces. Tour à tour ce furent les Khazares, les Polowtzi, les Petschenègues qui dominaient les tribus éparses dans la steppe. Aucun de ces peuples ne parvint à fonder un corps d’état stable. Au
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- xiiie siècle tous ces nomades, pour la plupart de race turque, se soumirent de gré ou de force à la domination des Mongols (Tatares), qui s’établirent en masse sur les bords du Volga et occupèrent en même temps par des hordes détachées tout le sud de la Russie. Toute cette partie, ainsi que tout le sud-est de la Russie, devint tatare.
- Ainsi nous retrouvons en Russie au xrve siècle trois races distinctes. Les Slaves, qui depuis 864 s’appellent Russes, d’après le nom des princes normands venus d’outre-mer pour régner à Novgorod, et forment un grand corps politique embrassant les principautés de Novgorod, Pskoff, Kieff, Tcher-nigoff, Smolensk, Galicz (Galicie autrichienne), Wladimir et Moscou; les Finnois, qui fuyaient toujours vers le nord, en cédant du terrain aux Russes, et enfin les Tatares, qui après avoir fait main basse sur les Finnois du Volga et sur le reste des peuples du sud, occupent les bords du Volga inférieur, tout le littoral de la mer Noire et tout le sud-est jusqu’au Caucase et jusqu’à la chaîne de l’Oural.
- Ainsi au xive siècle la nation russe se trouve constituée depuis le lac Ladoga jusqu’au confluent de l’Oka et du Volga, depuis le cours supérieur du Don jusqu’au Boug et jusqu’aux Carpathes. Ici commence une nouvelle série de déplacements et de transformations ethnographiques. A l’ouest, l’annexion de plusieurs principautés russes à la Lithuanie, et la réunion de la Lithuanie à la Pologne, arrête le développement de la nationalité russe et donne accès au polo-nisme. Une grande partie de la noblesse et une partie de la population des villes devient polonaise, au fur et à mesure que la Pologne paye l’apostasie et l’abandon de la langue russe par des lettres de noblesse et des priviléges nobiliaires (entre autres par le droit exclusif de propriété foncière). Avec les
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- Polonais arrivent les Juifs. Quant au peuple des campagnes, quoique asservi et attaché à la glèbe, quoique privé de droits politiques et travaillé constamment par la propagande du catholicisme, il reste fidèle à la foi de ses pères, fidèle à sa langue, et se défend vigoureusement contre la prétention de le dénationaliser. De là une lutte acharnée dont nous renonçons à retracer l’historique, vu qu’elle n’a pas eu d’autre suite qu’une large effusion de sang, la ruine du pays et une haine ardente contre les usurpateurs polonais, haine qui existe en partie encore de nos jours, même après que la majeure partie delà population russe, échue temporairement à la Pologne et soumise aux expériences du polonisme et du catholicisme, est revenue à l’empire.
- Tout en restant stationnaire du côté de l’ouest sous la domination absolue d’une nation étrangère, la race russe fait des progrès rapides vers le nord, vers l’orient et vers le sud. La colonisation russe va son chemin et pousse toujours en avant L’introduction du christianisme, l’établissement de stations commerciales, quelquefois la guerre, ouvrent de larges voiesà la colonisation russe parmi les Finnois du nord et les Tatares du sud et du sud-est. Une partie des peuples finnois et tatares se réunit à la nation russe; une autre, tout en se défendant, cède du terrain et se réfugie à côté. C’est ainsi que trois courants de colons séparent le corps de la nationalité finnoise et s ouvrent trois larges routes vers les débouchés naturels du centre de la Russie. Le premier de ces courants, en partant de Novgorod, descend le cours du Wolkhow et de la Néva et atteint la Baltique, en rejetant les Tschoudes en Esthonie, les Finnois, proprement dits, en Finlande, et en couvrant le pays des Suomis et des Ingricotes (Finnois du gouvernement de Saint-Pétersbourg) de nombreuses colonies. Un autre courant.
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- partant de Novgorod et de Yaroslaw, pousse le long de la Dwina vers la mer Blanche (Arkhangel), rejette les Karéliens à gauche, dans le dédale des grands lacs, les Samoyèdes, et lesZyrianes à droite, dans les marécages de la Petschora et extermine sur son chemin les Finnois de la Dwina et de la Wytschegda. Le troisième courant part du confluent del’Oka et du Volga. Les Russes remontent la Kama vers les mines de l’Oural, chassent devant soi les Vogouls et les Ostiacks qui sont forcés de se réfugier au delà des montagnes, enferment à gauche les Permiaks et les Votiaks dans les forêts inextricables du nord et repoussent à droite les Finnois au delà de la Kama. Par suite de ces changements, la race finnoise se trouve partagée en quatre groupes différents, séparés entre eux par la masse des colons russes.
- La lutte avec les Tatares commença plus tard, mais eut le même succès. Le grand empire des Tatares, affaibli par des dissensions extérieures, s’affaissa peu à peu. Divisé en parties, il n’eut plus la force de lutter contre les Russes, et déjà au xvie siècle, après la chute des royaumes de Kasan et d'As-trakhan, nous voyons les Russes s’établir le long du Volga, au milieu des Tatares et des Finnois du Volga, sujets soumis des Tatares. Au sud-est et au sud, autour du Don et du Dniépr, le voisinage des Tatares et une guerre permanente de frontière contribuèrent à la formation des tribus de cosaques, sorte de milice volontaire chargée de défendre la Russie contre les invasions des Tatares. Toujours en armes, toujours prêts à la guerre, les cosaques, tout en défendant les frontières de la Russie à la manière des Tatares, c’est-à-dire payant invasion par invasion, conquirent peu à peu du terrain. Les enfants du Don, non contents d’avoir occupé tout le cours de ce fleuve et une grande partie de la steppe du sud-est, firent
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- des expéditions lointaines, dont le résultat fut la formation de nouvelles colonies au milieu du ci-devant domaine tatare. Une de ces expéditions conquit la Sibérie, où les Cosaques, en s’avançant toujours vers l’orient et en précédant la population russe, se trouvent aujourd’hui au delà du lac Baïcal. Une autre occupa les bords de l’Oural; une troisième s’établit au pied du Caucase. Les cosaques du Dniépr furent les premiers colons russes de la Nouvelle-Russie (plus tard ils furent établis sur les bords de la mer d’Azoff et sur le Kouban). Par suite de tous ces changements, la population tatare (race turque) ne présente aujourd’hui que des débris, des oasis, au milieu dune population russe qui, en entrant dans les steppes fertiles du sud et du sud-est, y a établi l’agriculture, fondé des villes et réactivé le commerce.
- Telle est la situation actuelle des trois grandes races primitives de la Russie. Aux peuples de ces trois races, il faut ajouter aujourd hui encore quelques peuples qui, par suite d une soumission volontaire ou par suite de conquêtes plus récentes, sont entrés dans la grande famille des peuples delà Russie, ainsi que les colons étrangers, appelés à différentes époques par le gouvernement russe et établis dans quelques parties de l’empire. En face des débris de la race finnoise et tatare, en face de quelques fragments détachés d’autres races, acculées pour la plupart aux frontières extrêmes de l’empire, nous trouvons une nation de plus de 56 millions qui occupe en masse tout le centre de l’empire et se répand en larges rayons vers tous les débouchés de ce centre. Par son nombre, par sa position et par son unité, le peuple russe est, sans contredit, le seul élément national capable de dominer les vastes plaines de l’Europe orientale et de l’Asie septentrionale. Parlant une seule langue(car les trois dialectes, de la Grande-
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- Russie, de la Petite Russie et de la Russie Blanche ne font qu’une seule langue), appartenant à une seule religion, conservant les mêmes traditions historiques, la nation russe, certes, n’a rien à craindre de la rivalité des autres nations. Quant aux autres races, elles ne perdent plus de terrain, mais bien du monde. Les peuples nomades et chasseurs de la race finnoise et tatare, en devenant peu à peu sédentaires, acceptent la langue et la religion de la nation dominante et se font franchement Russes. Gardent leur nationalité seulement les peuples ayant leur propre civilisation et auxquels le gouvernement russe garantit pleine liberté, quoi qu’on dise dans les rangs d’un parti hostile à la Russie et à sa grandeur.
- Les chiffres suivants, indiquant le nombre et la distribution des différentes races, serviront à compléter le tableau général dont nous avons donné l’esquisse plus haut.
- I. Race finnoise. Elle compte aujourd’hui dans tout l’empire près de 4.630.000 âmes, dont 2.912.000 dans la Russie d’Europe, 1.566.000 enFinlande et environ 150.000en Sibérie. Sur 100 habitants, on compte généralement 5 à 6 % de la race finnoise; dans la Russie d’Europe le rapport est de 6%, dans la Finlande de 91 et en Sibérie de 3 %. Dans la Russie d’Europe, nous rencontrons la race finnoise dans dix-neuf gouvernements du nord-ouest et du nord-est, dans les proportions suivantes : en Esthonie on compte 87 0/ de Finnois; aussi ce gouvernement est le seul où cette race forme presque la totalité de la population. En Livonie, dont toute la moitié septentrionale est finnoise, on en compte 46 %-Dans le gouvernement d'Olonetz nous trouvons 33 %. Dans celui de Kasan 27 °o- Ssimbirsk compte 14 %, Viatka et Saint-Pétersbourg, chacun par 11 %, Arkhangel 10 %, Vologda 8 % Ssaratoff 8 %, Nijni-Novgorod 6 % Twer 6%,
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- Tamboff 4 %, Perm 4 %, Novgorod 4 %, Orenbourg 3 %. En général, les différentes parties de la race finnoise n’ont presque aucun rapport entre elles, et pour la plupart vivent isolément au milieu de la race russe. Ainsi, au point de vue ethnographique, il faut distinguer non-seulement quatre grands groupes de peuple finnois, séparés entre eux parla masse de la population russe, mais encore les subdivisions de ces groupes.
- a. Le premier de ces groupes comprend, au sud du golfe de Finlande, la masse compacte des Tschoudes ou Esthoniens, qui occupent toute 1 Esthonie et la plus grande partie delà Livonie (ensemble près de 760.000 âmes).
- b. Le second groupe comprend les Finnois proprement dits, parlant différents dialectes, les Haemalaïset, les Quaines les Savolax, etc., et occupant en masse la Finlande (au nombre de 1.450.000), les Karéliens (en Finlande et dans les gouvernements d Olonetz, Novgorod et Twer), comptant près de 300.000 âmes, les Finnois de Saint-Pétersbourg (environ 100.000 âmes) et les Lapons, dans le district de Kola (gouvernement d’Arkhangel), dont il ne reste que 3 à 4000. Les Finnois de Saint-Pétersbourg, ainsi que les Karéliens de Twer et de Novgorod, ne présentent que des îlots au milieu de la population russe et se distinguent à peine des Russes. En général, les Karéliens appartiennent à l’Église grecque et parlent pour la plupart la langue russe.
- c. Les peuples finnois de l’Oural forment un groupe séparé. Ce sont les Samoyèdes (dans le district de Mesen, gouvernement d Arkhangel), en tout 4500 âmes, sur un espace de 2000 milles carrés, les Zyrianes d’Arkhangel et de Vologda, comptant environ 150.000 âmes, les Permiaks et les Votiaks dans les gouvernements de Perm et de Viatka, et enfin les
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- Vo^ouls et les Ostiaks de la Sibérie. Il est impossible de donner le chiffre exact de ces peuples qui, vivant principalement de la chasse et du produit des forêts, perdent chaque année du monde. Les Votiaks et les Permiaks, séparés par de nombreuses colonies russes, appartiennent à la religion grecque et commencent à s’approprier la langue russe. Les Finnois, chasseurs de la Sibérie, quittent aussi peu à peu leur état primitif et commencent à se fixer près des villages russes. En général, les Finnois de l’Oural présentent la partie la plus faible de l’élément finnois, destiné évidemment à se perdre peu à peu dans la population toujours croissante des Russes.
- d. Les peuples finnois du Volga composent le dernier groupe de la race finnoise en Russie. Nous comptons dans ce groupe près de 600.000 Tscheremisses (Viatka, Kostroma, Nijni-Novgorod et surtout Kasan). vivant en masse sur la rive gauche du Volga; environ 400.000 Mordvines, dispersés dans les gouvernements de Nijni-Novgorod, Tamboff, Pensa, Ssmbirsk et Ssaratoff, et enfin près de 400.000 Tschouvaches à Kasan (rive droite du Volga), Ssimbirsk, Ssaratoff et Ssa-mara. Les Finnois du Volga ont essuyé la double influence des Tatares et des Russes. Les Tschouvaches sont évidemment un peuple d’origine mixte. Le type finnois apparaît très-faiblement, d’autant plus que, vivant presque au milieu des Tatares, les Tschouvaches leur ont emprunté beaucoup de traits caractéristiques. Chez les Mordvines, au contraire, c’est l’influence russe qui prédomine. Les Finnois du Volga appartiennent presque tous à l’Église grecque, et s’occupent principalement d’agriculture. L’industrie se développe peu à peu surtout entre les Mordvines.
- 2. Peuples tatares. Sous la dénomination générale des Tatares, il faut comprendre plusieurs peuples appartenant à
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- la famille nombreuse des peuples turcs. Ces peuples, présentant beaucoup de traits caractéristiques, communs à toutes les branches de la race turque, sont pourtant encore plus désunis que les peuples finnois. Leur unité consiste dans le culte de Mahomet et dans quelques affinités de langage. Au point de vue de la civilisation, de la position géographique, du genre de vie, des mœurs et des coutumes, ces peuples présentent des différences qui enfont des c orps de nation presque entièrement séparés. Le total de ces peuples monte environ à 4.780.000 âmes, ou 6°/ de la population de l’empire. Pour la Russie d’Europe nous trouvons le chiffre de 2.370.000 ou 4%. Au Caucase on compte près de 600.000 ou 14 %/, en Sibérie 1.800.000 ou 39 %. Quant à la répartition par gouvernements, elle donne les rapports suivants : Orenbourg 64%, Astrakhan 33%, Kasan 28%, Tauride 15%, Ssamara 10%, Perm et Ssimbirsk 7%, Viatka, Ssaratoff et Pensa 4% Nijni-Novgorod 3% Tamboff 1 %• Au Caucase, Bakou compte 70°, le Daghestan 15% Stavropol 10% En Sibérie, sans compter les kirghiz qui, au nombre de 1.500.000, occupent exclusivement les deux provinces dites des kirghiz, on trouve des Tatares dans tous les gouvernements, et surtout dans la province de Yakoutsk. Parmi les peuples dits de race tatare il faut distinguer :
- a. Les Tatares proprement dits, séparés en trois groupes, dont le plus considérable occupe en partie les deux rives du Volga et a son centre à Kasan. Ces Tatares, dits Tatares de Kasan, sont les plus civilisés parmi les peuples de cette race. Ils s’occupent d’agriculture, mais beaucoup d’entre eux préfèrent 1 industrie et surtout le commerce, et forment une notable partie de la population des villes. Les Tatares de la Crimée formentle second groupe; ceux du Daghestan et du gouverne-
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- mentdeBakou le troisième. De plus, il y a encoreplusieurs petits groupes secondaires, comme les Tatares d’Astrakhan et des gouvernements de Tomsk et de Tobolsk. En comptant pourles Tatares du Volga 4.130.000, pour les Tatares de la Crimée 115.000, pour les Tatares du Caucase 550.000 et pour les petites peuplades 200.000, le nombre des Tatares proprement dits s’élève 1.995.000.
- b. Nogaïs ou Tatares de la Steppe. Sous le nom de Nogaïs il faut comprendre les débris d’un peuple nomade qui autrefois occupait la majeure partie de la Russie méridionale et dépendait de la Grande Horde. Les Nogaïs ressemblent beaucoup aux Tatares proprement dits, mais les circonstances et le genre de vie en ont fait un peuple à part. Les Nogaïs s’obstinent à rester nomades et se refusent à la civilisation. Aujourd’hui les Nogaïs ne présentent que des tribus éparses, peu nombreuses et perdant chaque jour du terrain. On trouve quelques débris dans les steppes de la Crimée, dans la province du Kouban et dans le gouvernement de Stavropol. Total près de 100.000 âmes.
- c. Bachkirs. Les Bachkirs forment un peuple de race mixte. Ce sont ou des Finnois tatarisés ou des Tatares mêlés avec des Finnois. Pourtant l’élément tatare est évidemment le plus fort et c’est pour cette raison qu’il faut compter les Bachkirs parmi les peuples de race tatare. Ils habitent le gouvernement d'Orenbourg et en partie Perm, Viatka et Ssamara, au nombre de 975.000 âmes. Parmi les Bachkirs on trouve actuellement beaucoup de colons russes qui occupent, au milieu de la population bachkire, non-seulement les villes, mais encore des districts entiers.
- d. Kirghiz. Les kirghiz, comme les Tatares Nogaïs, sont un peuple essentiellement nomade; ils occupenten Sibérie les
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- provinces dites des kirghiz et en Europe une partie du gouvernement d’Astrakhan, entre le Volga et l’Oural. On peut évaluer la population des kirghiz à 1.500.000 âmes, mais il faut remarquer que ce chiffre n’est qu’approximatif et qu’une partie des kirghiz appartient tout aussi bien à l’empire chinois, qu’à l’empire russe, vu qu’ils se trouvent tantôt sur le territoire russe, tantôt sur le territoire chinois.
- e. Yakoutes. La dernière place parmi les peuples de race turque est occupée par les Yakoutes, peuple habitant le nord-est de la Sibérie et principalement la province de Yakoutsk. Les Yakoutes, grâce au climat et à la nature des plaines boisées de la Sibérie, sont un peuple chasseur, qui paye tout, même l’impôt, avec des fourrures, seul produit de leur industrie. Le nombre total des Yakoutes n’est pas certain. D’après les données les plus récentes, le total ne doit pas excéder 200.000.
- 3. Peuples de race lithuanienne. Les Lithuaniens, occupant une partie du nord-ouest de la Russie, comprise entre le Niémen et la Dwina, se divisent, d’après le dialecte, en Lithuaniens, Samogitiens et Lettons. D’après des recherches ethnographiques et linguistiques, les Lithuaniens ne sont pas une race à part, mais appartiennent à la famille des peuples slaves. Il est incontestable qu’il existe des rapports entre la languell-thuanienne et le slave, mais en même temps il faut convenir que les recherches faites jusqu’à présent sont encore très-insuffisantes. Le total des peuples lithuaniens est de 2.420.000 individus, répartis dans cinq gouvernements, savoir : Kowno 32% (Samogitiens), Courlande 81 % (Lettons), Vilna 52% (Lithuaniens), Livonie 41 % (Lettons), Vitebsk 21 % (Lettons). De plus, on en trouve quelques milliers dans Grodno. En Pologne on compte près de 140.000 Lithuaniens, dans le gouvernement d’Augustowo.
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- 4. Peuples de race Roumaine. Les représentants de cette race en Russie sont les Moldaves qui, au nombre de 780.000, occupent la majeure partie de la Bessarabie, ainsi que quelques parties de Kherson, de la Podolie et de Yékathérinos-law. En Bessarabie ils forment 62 % de la population, dans le gouvernement de Khersson 9%; en Podolie et à Yekathéri-noslaw ils atteignent à peine 2%.
- 5. Peuples de race Géorgienne ou peuples Kârthli. A cette race appartiennent les Géorgiens proprement dits êt plusieurs peuplades habitant le revers méridional de la chaîne du Caucase : les Abkhases, les Imérétiens, les Mingréliens, les Sva*. nètes, les Gouriels, etc. La race géorgienne forme la massé principale de la population transcaucasienne et présente un total de plus de 800.000 âmes. Dans le gouvernement de Ti-flis elle compte 70%, dans celui de Koutaïss, avec ses dépendances, 60 %.
- 6. Peuples de race Haykane ou Arméniens. Le territoire de cette race est situé au delà du Caucase, à côté du domaine de la race géorgienne. Total de la population arménienne : 540.000, dont 220.000 dans le gouvernement d’Eriwan (85 %), 80.000 àTiflis (15 %), 90.000 à Koutaïss (20 %) et 120.000 à Bakou (20%). De plus, les Arméniens, peuple essentiellement commerçant, se trouvent dans toutes les villes de la Russie méridionale, à Astrakhan, à Stavropol, Kherson, Yékathérinos-law, en Bessarabie et en Crimée. La ville de Nakhitschewan, près de Rostoff-sur-le-Don, est une colonie arménienne.
- 7. Peuples de race Tcherkesse. Sous le nom de Tcherkesses, on comprend une infinité de peuplades habitant le revers septentrional de la chaîne du Caucase. Ces peuplades ont définitivement quitté la plaine, cédée actuellement aux cosaques du Kouban et de Tersk, et se sont retirés dans les gorges des
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- montagnes. Des recherches récentes ont démontré clairement que ces peuplades, vivant pour la plupart isolément, présentent de grandes différences par rapport à la langue, aux mœurs, etc., et qu’elles sont bien loin d’avoir la même origine. Les Lesghins, les Tchetchenzes, les Kabardiens, habitant la partie orientale du Caucase (le Daghestan), forment un groupe à part. Les Ossètes, occupant le milieu, n’ont presque rien de commun avec le Daghestan, et quelques savants prétendent même qu’ils sont de race germanique. Les Tscherkesses du Caucase occidental, appelés généralement Adighé et soumis récemment, présentent encore un groupe séparé. Le total de tous ces peuples s’élève à peine à 800.000 âmes, dont la plupart habitent le Daghestan. Une grande par-des Adighé a émigré.
- 8. Peuples de race Mongole. La race Mongole compte parmi ses représentants en Russie environ 100.000 Kalmoucks dans les gouvernements d’Astrakhan, de Stavropol et dans le pays des cosaques du Don. Uneautre tribu de Kalmoucks se trouve en Sibérie dans les gouvernements de Tomsk et de Yénisseisk. De plus, appartiennent à la race Mongole les Bouriates (près de 200.000 âmes), dans la Transbaïcalie, les Toungouses (100.000 âmes), dans le gouvernement de Yénisseisk, et les tribus qui habitent la province de l’Amour et qui sont trop peu nombreuses et trop peu connues pour être énumérées séparément. Total de la race Mongole : près de 500.000 âmes, tous nomades ou chasseurs, excepté une partie des Bouriates qui sont agriculteurs et en général beaucoup plus civilisés que les autres représentants de cette race.
- d. Peuples de race Americaine. Ces peuples, si toutefois on peut décorer du nom de peuple les pauvres tribus habitant les îles Aléoutes et Kouriles, ainsi que quelques points
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- du littoral du Kamtschatka et de l’Amérique russe, comptent à peine quelques milliers d’individus vivant de chasse et de pêche. Les plus nombreux entre eux sont les Tschouktchis, dont le nombre, à ce qu’on dit, s'élève jusqu'à 3000.
- 40. Race Allemande. Parmi les peuples colons en Russie, les Allemands occupent la place la plus importante. Leur nombre est de presque 830.000 âmes. La Russie d’Europe en compte 570.000. Dans les trois gouvernements de la Baltique (Esthonie, Livonie, Courlande) ils se trouvent installés depuis longtemps et forment exclusivement le corps de la noblesse et une grande partie de la population privilégiée des villes. C’est pourquoi on appelle quelquefois ces provinces, provinces allemandes. En Livonie on compte en général 94.000 Allemands, (11 %), en Courlande 52.000 (9 %), en Esthonie 25.000 (8 %). De plus, on trouve un nombre considérable de colons allemands dans les gouvernements suivants: Ssaratoff 110.000 (7 0/6), Ssamara 77.000 (5 %), Tauride 41.000 (8 %), Kerson 51.000 (5 %), Yékatherinoslaw 27.000 (3 %), Bessarabie 23.000 (2" %). Dans le gouvernement de Saint- Pétersbourg, et sur-tout dans la capitale, on compte près de 50.000 Allemands. En général, on trouve des Allemands dans presque toutes les villes. En Pologne leur nombre est de 280.000. Ce sont pour la plupart des colons. Au Caucase il y a quelques colonies près de Stavropol. En Sibérie on rencontre quelques milliers d’Allemands dans les villes.
- 41. Suédois. Le nombre des Suédois ne dépasse pas 150.000 âmes qui, excepté quelques milliers dans l'île de Moon (gouvernement d'Esthonie), habitent en masse le littoral de la Finlande, depuis Abo jusqu'à Helsingfors, et sont surtout nombreux dans les villes.
- 12. Race Juive. Jusqu’en 1856, la race juive n’avait pas
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- le droit de se fixer dans les gouvernements de la Grande Russie et de la Sibérie, et habitait exclusivement la Pologne, les provinces de l’ouest (Lithuanie et Ukraïne), la Petite etla Nouvelle Russie. Depuis 1856 on les rencontre partout, mais leur nombre est encore insignifiant. Dans les provinces de l’ouest, l’apparition des juifs date du temps de la réunion delà Lithuanie et de Kieff à la Pologne. Les juifs forment le fond de la population des bourgs et petites villes qui pullulent dans cette partie de la Russie. La petite industrie ainsi que le commerce en détail leur appartiennent presque exclusivement. Total des juifs en Russie : 2.500.000 âmes, dont 640.000en Pologne (11 %), 225.000 à Kieff (1 2%), 184.000 en Volhynie (12%), 195.000 en Podolie (11 %), 102.000 à Kowno (11V, 97.000 à Minsk (10%), 77.000 à Vilno (9 %), 62.000à Vitebsk (8 %), 79.000 en Bessarabie (8 %), 74.000 à Kherson (7‘, 22.000 en Courlande (4%)- La Tauride, Tschernigoff, Pol-tawa, Yékathérinoslaw et la Livonie comptent chacun de 2 à 1 %.
- 13. Grecs. Pour compléter le tableau des races étrangères en Russie, nous devons encore mentionner les Grecs, colonisés dans les gouvernements de Yékathérinoslaw (33.000);de Kherson et dans la Tauride. Le total des Grecs est de 50.000 âmes.
- RÉCAPITULATION :
- 1. Finnois.... ...................................... 4.630.000
- 2. Tatares (Turcs)................................... 4.780.000
- 3. Lithuaniens......................................... 2.420.000
- 4. Roumains........................................... 780.000
- 5. Géorgiens............................................. 800.000
- 6. Arméniens............................................. 540.000
- 7. Tcherkesses........................................... 800.000
- 8. Mongols............................................. 500.000
- 9. Américains........................................... 50.000
- 10. Allemands............................................. 830.000
- A reporter........ 16.130.000
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- Report............ 16.130.000 0,204
- 11. Suédois............................................... 150.000 0,002
- 12. Juifs.....•.......................................... 2.290.000 0,052
- 13. Grecs................................................... 50.000 »
- Total............................. 18.620.000 0,258
- Le reste de la population totale de l’empire de Russie, c’est-à-dire 58.400.000 sur 77 millions, appartient à la race slave qui, à elle seule, forme 76 °/0. Nous pourrions nous arrêter à ce résultat, si la masse des peuples slaves présentait une parfaite unité. Mais au milieu de la population slave il existe encore des divisions ethnographiques qui exercent une grande influence sur la situation politique de la Russie, et qu’il faut mentionner pour obtenir les vrais rapports numériques de la nationalité russe formant le noyau de ce vaste empire. Les peuples de race slave qui n’appartiennent pas à la nationalité russe sont les suivants :
- 1. Les Polonais. Les Polonais forment la masse de toute la population dans le royaume de Pologne, excepté pourtant la partie septentrionale du gouvernement d’Augustowo, où demeurent près de 140.000 individus de race lithuanienne, et la moitié orientale du gouvernement de Lublin, où la population est russe (près de 250.000 âmes). Total des Polonais dans le royaume de Pologne : 3.890.000 personnes. Dans la Russie d’Europe, les Polonais forment le fond de la population dans deux districts du gouvernement de Grodno, et se trouvent disséminés principalement dans les 9 gouvernements de l’ouest. La majeure partie de la noblesse, et surtout la petite noblesse qui remplace dans les petites villes la bourgeoisie, est polonaise. Total des Polonais dans la Russie proprement dite : 970.000. Pargouvernements, on en compte : àVilna, 130.000 (15%); à Grodno, 90.000 (10 %/0) ; à Kowno, 29.000 (3 %); en Podolie, 200.000 (11 %); en Volhynie,
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- 170.000 (11 °/0); à Kieff, 89.000 (5 °/); à Minsk, 142.000 (11 %); à Mohileff, 24.000 (3 %) ; à Vitebsk, 43.000 (6-%). De plus, il y a un nombre considérable de Polonais en Cour-lande, 13.000 (2 4 °/0), à Kherson et à Saint-Pétersbourg. Au Caucase, on compte de 5 à 6000 Polonais; en Sibérie, jusqu’à 13.000. Somme totale : 4.860.000 âmes.
- 2. Les Boulgares. Ce sont des colons venus à différentes époques de la Turquie. On en compte 30.000 en Bessarabie et 11.000 dans le gouvernement de Kherson. Total : 41.000.
- 3. Les Serbes. Ce sont encore des colons installés par l’impératrice Catherine dans le gouvernement de Yékathéri-noslaw. Le chiffre exact des colons serbes est inconnu, vu que ces colons ne se distinguent guère de la population russe des environs. En tout cas, il ne doit pas dépasser 30.000 âmes.
- Faisant abstraction de ces éléments slaves, n’appartenant pas à la masse principale de la population, il reste pour la nationalité russe 53.470.000, ou près de 71 °/0. En réunissant par gouvernements les chiffres de toutes les nationalités étrangères ensemble et en les mettant en regard du chiffre de la population russe, nous obtenons les résultats suivants: La Russie proprement dite renferme près de 50 millions de Russes et 11 millions de races étrangères. On compte 19 gouvernements du centre, peuplés de 26 millions, dans lesquels les éléments étrangers sont presque nuls; 21 autres gouvernements, peuplés de 23 millions, présentent une popu-lation dont les deux tiers au moins sont russes (de 65 à 90%)-Enfin, il y a 9 gouvernements, avec une population de 12 millions, où les Russes sont en minorité. Parmi ces 9 gou-vernements, nous en trouvons 3 appartenant à la race lithuanienne (Kowno, Vilna et Courlande), 1 à la race finnoise
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- (Esthonie), 1 aux deux races lithuanienne et finnoise réunies, 1 à la race roumaine (Bessarabie) et 3 à la race tatare (Kasan, Astrakhan et Orenbourg). Dans ces trois derniers, les Russes forment déjà près de la moitié de la population. Quant aux autres parties de l’empire, le rapport des races est moins favorable. La Finlande est toute finnoise (elle compte 91 % de Finnois sur 8 % de Suédois et 1 % de Russes). En Pologne, nous trouvons 75 % de Polonais sur 11 °/0 de Juifs, 5 °/0 de Russes, 5 % d’Allemands et 4 % de Lithuaniens ; elle est polonaise aux trois quarts. Le Caucase présente un tableau très-varié : un tiers de la population est russe; les provinces du Kouban, de Tersk et le gouv. de Stavropol sont russes aux deux tiers; Tiflis et Koutaïss appartiennent à la race géorgienne; Eriwan est arménien, Bakou tatare. LesTscherkesses forment la majorité de la population dans le Daghestan, dans quelques parties de Tiflis et de la province de Tersk. Autrement dit, la population du Caucase renferme 36 % de Russes, 19%/ de Géorgiens, 19 °/0 de Tscherkesses, 14% de Tatares et 12 % d’Arméniens. Quant à la Sibérie, beaucoup plus de la moitié de la population est russe. Puis viennent les kirghiz, qui forment 33 °/0 de la population totale. Les autres races habitant la Sibérie sont tout à fait insignifiantes.
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- III
- POPULATION PAR CULTES.
- La masse de la population appartient à l’église grecque-orthodoxe, qui est la religion de l'État, et compte plus de 56 millions d’adhérents. Plus de 20 millions sujets russes appartiennent à d’autres confessions. Ces chiffres suffisent pour démontrer que la religion grecque-orthodoxe, étant celle des trois quarts de toute la population, est la religion dominante; mais en même temps il faut remarquer que les 20 millions n’appartenant pas à la religion dominante, ne présentent rien de compacte, rien d’homogène.Ces 20 millions se décomposent en six parties distinctes, tout à fait étrangères l’une à l’autre, et disséminées sur toute l’étendue de l’empire, qui reconnaît tous les cultes et leur garantit pleine liberté. En omettant différentes sectes peu nombreuses et en les réunissant aux grandes divisions, on obtient pour ces dernières les chiffres suivants :
- 1. Arméniens ou Grégoriens. On en compte dans tout l’empire 535.000 âmes. Dans la Russie d’Europe il n’ya que le gouvernement de Yékathérinoslaw, les deux capitales et quelques grandes villes du sud qui présentent un nombre
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- POPULATION PAR CULTES. 91
- notable de grégoriens, dont le vrai centre est le gouvernement d’Eriwan, ainsi que Bakou, Tiflis et Koutaïss. Au Caucase, on compte en général près de 500.000 arméniens. Dans les autres parties de l’empire leur nombre est presque nul.
- 2. Catholiques-Romains et Catholiques-Arméniens. La somme totale des catholiques dans tout l’empire est près de 6 800.000, dont 3.915.000 en Pologne, 2.840.000 dans la Russie d’Europe, 14.000 au Caucase et 1 1.000 en Sibérie. Quant à la Russie d'Europe, la répartition des catholiques par gouvernements donne les chiffres suivants : Kowno en compte o
- 805.000 (81 %/), Vilna 595.000 (63 %), Grodno 293.000 (33 %), Vitebsk 220.000 (28 %), Minsk 175.000 (17%), la Podolie 220.000 (12 %), la Volhynie 165.000 (14 %% la Courlande 55.000 (10 7% Kieff 90,000 (5 %) et Mohileff 40.000 (4 %)• De plus, il y a un nombre considérable de catholiques à Kherson, Saint-Pétersbourg, Ssaratoff et Ssa-mara (de 20 à 30.000 dans chacun de ces gouvernements).
- 3. Protestants des deux confessions (avec les petites sectes). La somme totale des protestants est de 4.132.000, dont 1.757.000 en Finlande, 2.080.000 dans la Russie d’Europe, 285.000 en Pologne, 6000 au Caucase et 4000 en Sibérie. Pour la Russie d’Europe, on compte 295.000 en Esthonie (96 7% 140.000 à Saint-Pétersbourg (12 %), près de 100.000 à Saratoff (6 %), 61.000 à Ssamara (4 %), 41.000 à Kowno (4%), 38.000 dans la Tauride (5 %). La Bessarabie, Kherson et Yékathérinoslaw ont une population protestante de 20 à 30.000 chacun.
- 4. Israélites, Talmoudistes et Karaïmes. Total : 2.297.000, dont 1.631.000 dans la Russie d'Europe, 645.000 en Pologne, 13.000 au Caucase et 8000 en Sibérie. Dans la Russie d'Eu-
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- POPULATION PAR GULTES.
- rope la répartition des israélites coïncide avec ce que nous avons déjà dit en parlant de la répartition de la race juive.
- 5. Mahométans. La somme générale des sectateurs de Mahomet est d’environ 5.700.000 âmes, dont 2.090,000 dans la Russie d'Europe, 1.970.000 au Caucase et 1.600.000 en Sibérie (avec les kirghiz). Dans la Russie d’Europe, l’islam ne domine nulle part. Dans le gouvernement d'Orenbourgil compte 911.000 adhérents, soit 43 % de toute la population; a Kasan on trouve 437.000 mahométans (27%), à Astrakhan 170.000 (35 %); dans le gouvernement de la Tauride (Cri-mée) le nombre des mahométans a diminué à raison de l'émigration des tatares : en 1864 on n’y comptait que 96.000 mahométans (16 %). Ssamara, Ssaratoff, Ssimbirsk, Pensa, Viatka, Peim, Nijni-Novgorod, comptent chacun de 35 à 85.000 mahométans, c’est-à-dire à peine 4à 5% de la po-pulation. Au Caucase, 1 Islam domine dans le gouvernement de Bakou, dans la moitié de Koutaïss, dans le Daghestan et dans une partie de Stavropol. Dans la province du Kouban il en leste foit peu, vu que la majeure partie a émigré (les Tscherkesses). En Sibérie presque toute la population kir-ghize reconnaît l’Islam.
- 6. Idolâtres. Parmi les idolâtres il faut classer les lamailes (pour la plupart kalmoucks et bouriates), les sectateurs du chamanisme, auxquels appartiennent jusqu’à présent quelques tribus toungouses, et presque tous les samoyèdes delà Sibérie, ainsi que les peuples du littoral du Kamtschatka et de mérique. L ensemble de tous ces cultes, pour la plupartin-connus, comprend à peine 480.000 âmes, dont 200.000 en Europe et 280.000 en Sibérie. En Europe, c’est le gouvernement d Astrakhan qui à lui seul présente près de 90.000 la-martes. (Dans le pays des cosaques du Don, on en compte
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- POPULATION PAR CULTES.
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- jusqu’à 22.000). On compte dans les forêts des gouv. d'Oren-bourg, Viatka et Perm jusqu’à 80.000 individus de la race des bachkirs, des votiacks et des permiacks, qui se refusent jusqu’à présent aux lumières du christianisme.
- RÉCAPITULATION :
- CULTES. RUSSIE D’EUROPE. POLOGNE. FINLANDE. CAUCASE. SIBÉRIE.
- Arméniens.... 35.000 500.000 »
- Catholiques... . 2.840.000 3.915.000 14.000 11.000
- Protestants. . . . 2-080.000 285 000 1.757.000 6.000 4.000
- Israélites . 1.631.000 645.000 1.000 13.000 8.000
- Mahométans... . 2.090.000 2.000 » 1.970.000 1.600.000
- Idolâtres 200.000 » 1.000 280.000
- Total....... . 8.840.000 4.842.000 1.758.000 2.504.000 1.893.000
- Greco-russes : 52.485.000 250.000 41.000 1.653 000 2.732.000
- En comparant le total des cultes étrangers au total de la religion grecque, nous arrivons aux résultats suivants : dans la Russie d’Europe 88 % de la population appartiennent à l’église grecque, et 11 % aux confessions étrangères. Dans la Finlande, il n’y a que 3 % de la religion grecque sur 97 % de protestants; en Pologne, l’Église grecque compte 5 % contre 95 % dont 77 %/ catholiques. Au Caucase le rapport est de 40 % contre 60 %. En Sibérie nous trouvons, au contraire, 60 % contre 40 %• Dans la Russie d’Europe nous trouvons 28 gouvernements dont la population appartient presque exclusivement à l’église orthodoxe. Dans 11 gouvernements plus des trois quarts de la population sont de l’église grecque; dans 3 (Vitebsk, Grodno, Orenbourg) elle compte plus de la moitié, et seulement dans 5 gouvernements elle est en minorité. De ces cinq gouvernements, deux sont catholiques (Vilna et Kowno) et trois protestants (Courlande, Livonie et Esthonie).
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- IV
- POPULATION PAR CONDITIONS.
- La statistique officielle de la Russie ne fournit rien sur la répartition de la population par profession ou par occupation, mais, en revanche, elle donne le classement de la population par conditions, qui peut à la rigueur remplir le manque des données sur la distribution des occupations. De plus, la statistique des conditions en Russie présente un intérêt particulier, vu que la loi établit des différences assez sensibles entre les différentes classes de la population et que ces différences tranchent dans le vif de la position économique du peuple. Nous donnons les principaux chiffres de la population par conditions, avec la remarque que ces chiffres se rapportent exclusivement à la Russie d’Europe.
- 1. Nobles. 485.487 hommes et 488.605 femmes; total: 974.092 individus des deux sexes, ce qui donne une personne noble sur 66 habitants. Cependant il faut remarquer quela répartition de la noblesse par gouvernements est très-inégale et que le rapport varie de-àc Les gouvernements de 1 est et du nord-est représentent le minimum. Puis viennent les gouvernements du centre et du nord-ouest. En général.
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- POPULATION PAR CONDITIONS.
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- le nombre des nobles augmente à mesure que nous avançons vers le sud et vers l’ouest, et atteint son maximum dans les gouvernements ayant autrefois appartenu à la Pologne. Kieff compte 2,85, Vitebsk 3,80, Mohileff 4,19, Grodno 4,69, la Volhynie 4,72, Minsk 6,03, Vilna 6,04 et Kowno 9,16 nobles sur 100 habitants. En général, dans les provinces de l’ouest, où la noblesse est très-nombreuse, la plus grande partie habite la campagne, tandis que dans les autres parties de l’empire la noblesse vit de préférence dans les villes. Dans les gouvernements du nord-est et de l’est, presque la totalité des nobles, du reste très-peu nombreux, habite les villes.
- Quant aux autres parties de l’empire, nous ne possédons que des données insuffisantes. Pour la Finlande, nous manquons absolument de données. En Pologne, la noblesse est tout aussi nombreuse que dans les provinces de l’ouest, et on compte près de 450.000 personnes nobles des deux sexes. Au Caucase, on peut compter jusqu’à 98.000 personnes appartenant à la noblesse; en Sibérie nous en trouvons 9175 hommes et 8309 femmes, ou 17.484 personnes des deux sexes. (1858.)
- 2. Clergé. 294.4 65 hommes et 316.589 femmes; total: 611.054. Au Caucase on compte 25.984 hommes et 22.883 femmes, total : 48.867 personnes; en Sibérie, 8085 hommes et 8543 femmes, total : 16.628 personnes. Quant à la Finlande et a la Pologne, les données manquent. En Russie le clergé séculier a le droit de se marier, et forme avec ses familles une classe à part, à laquelle appartiennent aussi les familles des sacristains, chantres, bedeaux, etc. C’est pour cette raison que le nombre des personnes appartenant à la condition ecclésiastique est beaucoup plus considérable dans les provinces essentiellement russes que dans les provinces
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- POPULATION PAR CONDITIONS.
- où une partie notable de la population appartient à l’église catholique ou protestante, ou bien à la religion de Mahomet. Dans les provinces catholiques (Kowno, Vilna), le nombre des ecclésiastiques donne à peine la moitié du rapport existant dans les provinces du centre. Les provinces protestantes sont tout à fait au bas de l'échelle.
- 3. Marchands. 235.173 hommes et 230.823 femmes; total : 465.996 personnes des deux sexes. En Finlande, une classe séparée de marchands n’existe pas, ainsi qu’en Pologne. Pour le Caucase et la Sibérie, les données manquent.
- 4. Artisans. Inscrits aux corps des métiers : 133.118 hommes et 127.228 femmes; total : 260.346 personnes des deux sexes. L’inscription n’est pas de rigueur, et les corps existent seulement dans une partie des villes de la Russie. Aussi la répartition du chiffre officiel des artisans est très-irrégulière. Dans les provinces de l’ouest, et surtout dans les provinces baltiques, l’institution des corps et métiers, très-gênante pour la liberté du travail, existe depuis longtemps. Aussi c est principalement dans ces gouvernements que nous trouvons le maximum de la classe des artisans inscrits. En Pologne et en Finlande les artisans font partie de la classe des bourgeois. Au Caucase et en Sibérie les professions et le travail à la main sont libres comme dans la Russie proprement dite.
- 5. Paysans propriétaires. Depuis l’émancipation des paysans, cette classe s est rapidement accrue et compte actuellement plus de 7.700.000 hommes et 8.300.000 femmes; total : 16 millions. Cette classe présente une infinité de subdi-visions, destinées aujourd’hui à disparaître avec le temps-Le fond de cette classe formait depuis longtemps les odno-dvortzi (propriétaires libres de Koursk, Voronège, etc.), les anciens cosaques de Tschernigoff et de Poltawa, les bélop^
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- POPULATION PAR CONDITIONS.
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- (Kostroma), les paysans libres d’Olonetz, les volnyié lioudi des provinces de l'ouest, un certain nombre de colonistes, les tatares de la Crimée, les panzyrniyé boyaré, etc.; en tout environ 2.500.000 des deux sexes. L’émancipation leur a ad-jointprès de 5.500.000 paysans (avec les femmes 11.500.000), qui ont racheté leurs terres avec ou sans le concours de la couronne. Le nombre de ces propriétaires est surtout considérable dans les gouvernements de l'ouest, où le rachat en 1863 a été déclaré obligatoire. En 1864 leur nombre s’augmenta par les paysans dits des apanages (propriétés de la famille impériale), au nombre de 940.000 hommes et 1.000.000 de femmes. A la même classe appartiennent une partie des paysans de la Finlande et presque la totalité des paysans en Pologne (depuis 1864). Au Caucase, on peut compter jusqu’à 140.000 paysans propriétaires (270.000 des deux sexes). Pour la Sibérie, les données manquent.
- 6. Paysans dits de l'Etat (cultivant des terres appartenant à la couronne). Cette classe présente, de même que la pré-cédente, un grand nombre de subdivisions, qui doivent disparaître avec le temps. Somme totale de toute la classe: 10.500.000 hommes (22 millions des deux sexes). Arkhangel, Olonetz, Vologda, Viatka, Perm, Kasan, Ssamara, et en général tout le nord et le nord-est de la Russie, représentent le maximum de cette classe; de plus, elle est très-nombreuse au Caucase et en Sibérie. En Finlande, cette classe n’existe presque pas; en Pologne, elle compte près de 240.000 âmes.
- 7. Paysans n'ayant pas encore effectué le rachat et habitant sur les terres des propriétaires et de différentes institutions. Total : 5.500.000 hommes (11.500.000 des deux sexes). Cette dernière classe est très-nombreuse dans les provinces bal-tiques. Puis viennent les gouvernements du centre et quelques
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- POPULATION PAR CONDITIONS.
- gouvernements du sud-est. Parmi les autres parties de l'empire, c’est surtout au Caucase qu’on trouve le plus souvent cette classe, qui diminue en général chaque jour au profit des paysans propriétaires.
- 8. Militaires. A cette classe appartiennent en général près de 4.200.000 individus, dont 830.000 soldats de l’armée active et de la réserve. Les soldats en retraite avec leurs familles présentent le chiffre de 1.500.000. La population du pays du Don, des cosaques de l’Oural et d’Orenbourg, ainsi que des districts militaires habités par les bachkirs (gouv. d’Orenbourg), compte 1.700.000 des deux sexes; mais il faut remarquer que, depuis 1864, les bachkirs (900.000) ont cessé d’appartenir aux troupes irrégulières. La classe des militaires est très-nombreuse au Caucase et en Sibérie. Au Caucase on compte, outre la troupe régulière, près de 800.000 cosaques (population des deux sexes). En Sibérie, la population des cosaques est de plus de 400.000 habitants. En Finlande il y a des tirailleurs colonisés.
- En dehors des classes principales que nous avons cru nécessaire de mentionner, il y a encore beaucoup de classes secondaires et intermédiaires. Il existe, entre autres, une classe de bourgeois notables, comprenant surtout un certain nombre d’industriels, et comptant à peine 34.000 individus des deux sexes. Les bourgeois des provinces baltiques forment aussi une classe à part, ainsi qu’une partie de la population urbaine des provinces de l’ouest. Les étrangers, une partie des nomades et enfin une quantité de gens sortis de la classe des paysans, mais n appartenant pas encore aux classes privilégiées des villes, forment autant de conditions à part. Une statistique exacte de ces divisions présente trop de difficultés
- pour pouvoir être établie.
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- V
- POPULATION PAR SEXES.
- Quant à la répartition de la population par sexes, nous renvoyons le lecteur à la table que nous avons donnée à la page 58, et nous nous bornons à y ajourer quelques observations spéciales et quelques explications. Il paraît que les lois générales de la statistique, fixées pour les différents pays de l’Europe, se reproduisent en grand en Russie. Nous retrouvons dans l’empire russe la différence qui existe entre le nord et le sud de l’Europe, entre l'Allemague et la Grande-Bretagne, d’un côté, et l’Espagne et l’Italie, d’un autre. La Russie, quant à la répartition des deux sexes, se partage en deux parties. La plus grande, comprenant tout le nord, présente dans son ensemble une prépondérance numérique très-marquée du sexe féminin. L’autre moitié de la Russie, beaucoup moins considérable, comprenant le sud-ouest et une partie du sud-est de la Russie d’Europe, suit l’exemple des pays méridionaux de l’Europe et présente un excédant de population mâle. Cet excédant arrive à son maximum dans le gouvernement de la Tauride, qui compte seulement 84 femmes pour 100 hommes. Même en faisant une large part à l’in-
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- POPULATION PAR SEXES.
- fluence du climat et des conditions du sol, il n’est pas difficile de voir que les causes générales sont trop insuffisantes pour produire des résultats aussi extraordinaires, et qu’en Russie, à côté de ces causes, il y a des influences tout à fait locales et propres à la Russie. Ainsi, dans le nord, où nous trouvons une moyenne de 105 femmes sur 100 hommes, ce sont les gouvernements de Yaroslaw, Vladimir, Kostroma, Vologda, Twer, Nijni-Novgorod, Perm, etc., qui dépassent cette moyenne. A Twer on compte 107 femmes sur 100 hommes, à Vologda 108, à Nijni-Novgorod 4 08, en Livonie et à Kowno 108, à Perm 109, à Viatka 110, à Kostroma IM et à Yaroslaw 1 15. Dans la plupart de ces gouvernements (excepté la Livonie et Kowno), la population rurale s’adonne principalement à la petite industrie. Chaque maison de paysan est un atelier; des villages entiers ne s’occupent que de la fabrication de certains produits industriels, A Yaroslaw, à Kostroma, et surtout à Vladimir, il y a des districts où près d un quart de la population mâle passe sa vie en dehors de ses foyers, en vendant par toute la Russie le produit du travail des autres trois quarts, et surtout des femmes. C'est presque une race à part que les colporteurs de ces gouvernements. Ils ont leur vie, leurs usages, et même leur jargon propre. On les trouve partout, mais il ne faut pas les chercher dans leurs familles, où ils ne font que de courtes stations, pendant une partie minime de l’année. Le vide produit par leur absence est très-sensible, mais il le devient encore plus par l'émigration périodique d’une autre partie de la population mâle, qui disparaît de la maison ordinairement pendant six mois de 1 année pour aller chercher du travail dans les capi-tales. Twer, Novgorod, Smolensk, Olonetz fournissent à Saint-Pétersbourg 25.000 cochers de fiacres. Kalouga, Toula et
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- POPULATION PAR SEXES.
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- Twer en envoient jusqu’à 20.000 à Moscou. A Saint-Pétersbourg certaines professions appartiennent presque exclusivement à des gens venus d un autre gouvernement. Les maçons et les carriers, venant pour l’été, sont tous de Smo-lensk ou de Vitebsk; les menuisiers — de Novgorod ou de Twer, les garçons dans les bains publics et chez tous les trai-teurs— de Yaroslaw. En général, on compte à Saint-Pétersbourg jusqu’à 100.000 travailleurs paysans, ne venant que pour la saison. Parmi eux, le dernier recensement a donné 8.000 de Kostroma, 30.000 de Yaroslaw, 32.000 deTwer, 7.000 de Novgorod. Moscou offre le même aspect d’une population flottante très-considérable. Tandis qu’au nord ce sont principalement les deux capitales (surtout Saint-Pétersbourg) et le commerce ambulant qui produisent continuellement un déplacement d’hommes et l’inégalité dans la distribution des sexes; au sud c’est tout à fait le contraire. A Kharkoff on compte seulement 99 femmes sur 100 hommes, à Kieff 99, en Podolie 99, à Astrakhan 97, à Yékathérinoslaw 95, à Kherson 92, en Bessarabie 91 et dans la Taurids 84. Cet excédant d’hommes est le résultat d’une immigration continuelle venant du centre et de l’est. Un grand nombre de paysans des gouvernements d'Orël, Tschernigoff, Poltawa, Koursk, Voronège, Ssaratoff, etc., s’occupent des transports, et comme ces transports se font en grande partie par terre, on compte constamment jusqu’à 100.000 tschoumaki (routiers), appartenant aux gouvernements du centre, surles routes du sud. En général, la Nouvelle-Russie, pays colonisé depuis peu et peuplé médiocrement, mais d’une grande fertilité, attire une foule de travailleurs à la saison. Mais c’est surtout le travail à la main d’œuvre, dans les ports et dans les villes en général, qui agglomère dans les gouvernements du sud-
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- POPULATION PAR SEXES.
- ouest une multitude de travailleurs mâles. En séparantles campagnes des villes, il est facile de voir que c’est principalement dans les villes qu’il faut chercher la cause des irrégularités dans la distribution des sexes. Aussi Odessa, Tagan. rog, Rostoff, Astrakhan présentent le maximum de l’excédant.
- Quant aux autres parties de l’empire russe, il faut remarquer que la Sibérie reproduit les rapports du nord, tandis que le Caucase au contraire sert de complément au sud. La Pologne et la Finlande ne présentent rien de remarquable sens ce rapport.
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- POPULATION PAR AGES.
- Une statistique exacte de la population russe par âges nous est impossible, vu que les recensements ne fournissent pas le relevé des âges.
- Aussi nous sommes obligés de nous borner à quelques indications vagues, que le lecteur trouvera ci-dessous dans le chapitre traitant du mouvement de la population et surtout de la mortalité.
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- VII
- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- Les éléments du mouvement de la population sont les ma-riages, les naissances, la mortalité et la vie moyenne. La statistique russe fournit des renseignements suffisants sur tous ces éléments seulement à l’égard de la Russie d’Europe. Quant aux autres parties de l'empire, les données ne manquent pas, mais le travail du dépouillement reste encore à faire, et il serait difficile de donner autre chose, que des aperçus généraux. Aussi le chapitre que nous entamons n’aura pour objet que le mouvement de la population dans la Russie d’Europe proprement dite.
- 1. Mariages. En 1863 on a compté en tout, pour la Russie d Europe, 579.285 mariages, dont la répartition était comme 1 indique la table suivante:
- Arkhangel............ 1.750
- Vologda................ 6.142
- Olonetz.............. 2 282
- Saint-Pétersbourg.... 9.275
- Pskoff................ 6.724
- Novgorod............... 7.251
- Twer.................. 13 331
- Yaroslaw............. 7.522
- Kostromà......... o 051
- 0,61 0,63 0,76 0,79 0,93 0,72 0,87 0,77 0,82
- Vladimir.................
- Moscou...................
- Smolensk................
- Kalouga.................
- Toula....................
- Orël.....................
- Koursk...................
- Tschernigoff............. Poltawa..................
- 13.263 0,59
- 12.842 0,82
- 11.331 0,99
- 9.534 0,98
- 13.511 1,17
- 17.633 1,14
- 18.600 1,02
- 12.978 0,87
- 14.117 0,74
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- 105
- Kharkoff..............
- Voronège..............
- Riasan................
- Tamboff...............
- Pensa.................
- Nijni-Novgorod........
- Kasan.................
- Viatka.... Perm...... Orenbourg............. Ssimbirsk............. Ssaratoff. Ssamara... Astrakhan............. Esthonie.. Livonie............... Courlande.............
- 14.854
- 20.249
- 15.231
- 19.872 14.617 12.171
- 16.143
- 21.529
- 17.381
- 21.066 12.737
- 16.752
- 18.533
- 2.605
- 2.750
- 7.449
- 4.943
- 0,93 1,04 1,06 1,01 1,24 0,95 1,01 0,96 0,81 1,14 1,08 0,99 1,09 0,86 0,88 0.80 0,88
- Vitebsk....................... 7.819 1,00
- Mohileff...................... 9.054 0,97
- Kowno......................... 9.758 0,92
- Vilna......................... 9.118 1,01
- Grodno........................ 9.321 1,07
- Minsk........................ 10.202 1,01
- Volhynie..................... 14 969 0,96
- Podolie...................... 18.061 0,97
- Kieff........................ 17.813 0,88
- Bessarabie.................... 9.397 0,91
- Kherson...................... 11.759 0,88
- Tauride....................... 5.116 0,84
- Yékatérinoslaw............... 11.489 0,95
- Pays des cosaques du Don. 9.590 1,00
- Pays des cosaques de l’Oural. Voy. Orenbourg. Pays des cosaques d'Orenbourg. Voy. Orenbourg.
- En moyenne, on compte, sur 1 0.000 habitants, 94 mariages, ou moins d’un mariage sur 100 habitants. Prenant en considération que le chiffre de 579.285 n’est pas tout à fait exact, qu’il faut tenir compte du manque de données sur les mariages des kirghiz d'Astrakhan, et que l’enregistrement des mariages des tatares, juifs, sectaires, etc., en général est incomplet, cette moyenne doit être au-dessous de la vérité : pour les années précédentes, la moyenne était de 100 à 105 mariages sur 10.000 habitants, ce qui nous autorise à compter en général 1 mariage sur 100 habitants. Encore faut-il re-marquer que la proportion des mariages varie très-fortement par gouvernements. Les gouvernements du bassin du Volga, comme Ssamara, Ssimbirsk, Ssaratoff, Tamboff, Riasan, Pensa, Toula, Orël, ainsi que les gouvernements de la Petite Russie, comme Kharkoff, Voronège, Poltawa, Tscher-nigoff, présentent en général une moyenne très-favorable. La population de tous ces gouvernements est essentiellement agri-cole; au contraire, dans les gouvernements du nord et du centre, où la population est plutôt industrielle, le nombre des mariages est au-dessous de la moyenne. Les deux
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- capitales appartiennent, comme de raison, à ce dernier groupe,
- En général les mariages sont beaucoup plus nombreux dans les campagnes que dans les villes; font exception les gouvernements du sud et du sud-est, la Nouvelle-Russie et les gouvernements du Volga inférieur, où la population augmente principalement dans les villes. En distinguant les mariages par confessions, on remarque que la proportion des mariages est plus considérable chez les protestants et surtout chez les colonistes de Ssamara et de Ssaratoff. Chez les catholiques elle est moins forte que chez les grecs orthodoxes.
- Le minimum se trouve chez les mahométans et surtout chez les mahométans nomades, ce qui fait penser que l’enregistrement de ces mariages n’est pas tout à fait exact. Par rapport à la condition sociale des mariés, il faut remarquer que la plus grande proportion des mariages se trouve chez les paysans et surtout chez les paysans de la couronne. Puis vient le clergé et les classes bourgeoises.
- 2. Naissances. Le nombre des naissances en Russie est en général très-grand. On compte en moyenne une naissance sur 18 à 23 habitants, et nous faisons remarquer que ce chiffre des naissances doit être estiméplutôt au-dessous qu'au-dessus de la vérité, vu que les irrégularités de l’enregistrement ne peuvent consister que dans des omissions, et que le nombre des baptemes ne peut être fictif comme le prétendent quelques statisticiens qui hésitent d’accepter un chiffre aussi élevé pour les naissances en Russie. Ce chiffre varie selon les années, mais il ne descend jamais au-dessous de 4 naissances sur 100 habitants, et souvent il s’élève à la propor-tion de plus de 5. En 1863, on comptait dans la Russie d Europe 3.044.991 naissances, ou 4,96 sur 100 habitants
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
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- (I naissance sur 21 habitants). La répartition de ce total par gouvernements était comme suit :
- GOUVERNEMENTS. HOMMES. FEMMES. TOTAL. 0 ô
- Arkhangel 5.783 5.275 11.058 3,89
- Vologda 20.551 19.832 40.383 4,14
- Olonetz 7.430 6.859 14.289 4,81
- Saint-Pétersbourg 25.189 23.894 49.083 4,18
- Pskoff 18.837 18.222 37.059
- Novgorod 24.036 21.875 45.911 4,56
- Twer. 36 483 34.835 71 318 4,70
- Yaroslaw 21.872 20.670 42.542 4,38
- Kostromà 25.377 21.139 49.549 4,61
- Vladimir 32.450 31.469 64.919 5,33
- Moscou 39.280 37.317 76.597 4,89
- Smolensk 30.744 30.131 60.875 5,35
- Kalouga 23.173 21.985 45.158 4,73
- Toula. 33.749 31.756 65.505 5,77
- Orël 44.826 42.268 87.094 5.67
- Koursk 49.062 46 734 95.796 5.24
- Tschernigoff 42.133 40.197 82.330 5,53
- Poltawa 47.274 45.763 93.037 4,86
- Kharkoff. 42.555 40 706 83.261 5,23
- Voronège 53.406 51.222 104.628 5,39
- Riasan 37.647 36.468 74.11.5 5,22
- Tamboff . 48.934 47.445 96.379 4,83
- Pensa 30.166 28.955 59.121 5,01
- Nijni-Novgorod 34.606 33.336 67.942 5,28
- Kasan 38.535 37.588 76.123 4,73
- Viatka 56 199 53.937 110 136 4,95
- Perm 56.694 53.820 110.514 5,16
- Orenbourg 51.075 49.136 100.211 4,77
- Ssimbirsk 30 695 30.194 60.889 5,14
- Ssaratoff. 50.825 48.705 99.530 5,89
- Ssamara 51 291 49.295 100 586 5,95
- Astrakhan 9.136 7.552 16.688 4,42
- Esthonie 6.403 6.085 12 488 3,98
- Livonie 19.571 18.672 38.243 4,13
- Courlande 10.881 10.258 21.139 3,69
- Vitebsk 22.014 19.432 41.446 5,33
- Mohilefr. 24.087 22.798 46.885 5,13
- Kowno 21.951 20.689 42.640 4,05
- Vilno 23.307 21.956 45.263 5.02
- Grodno 22.928 22.436 4.5.364 5,24
- Minsk 28.382 27.351 55.733 5,56
- Volhynie 40.328 37.282 77.610 4,98
- Podolie 43.010 40.540 83 550 4 47
- Kieff 47.974 43:715 91.689 4,55
- Bessarabie. 21.455 20.425 41 880 4,08
- Kherson 35 438 32.818 68.256 5,13
- Tauride 15.403 14.952 30.355 5,00
- Yékathérinoslaw 31.152 30.604 61.756 5,12
- Pays des cosaques du Don. V. le gouv. d’Orenbourg. Pays des cosaques de l’Our Pays des cosaques d'Orenbo V. le gouv. d'Orenbour. 25.087 al. urg. 23.981 49.068 5,16
- Total 1.559.384 1.485.607 3.044 991 4,96 —
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- D’après la table précédente, le maximum des naissances en Russie est presque de 6 naissances sur 100 habitants, et se trouve dans les gouvernements du Volga inférieur, à Ssa-mara, Ssaratoff et Ssimbirsk. Puis viennent Toula et en général les gouvernements du bassin central, situés au sud et au sud-est de Moscou. Les gouvernements de l’ouest, comme Vitebsk, Mohileff, Vilna, Grodno, Minsk, présentent, d’après notre table, à peu près les mêmes chiffres; mais il faut remarquer que l’année 1863 est pour ces gouvernements une année exceptionnelle et qu’ordinairement le rapport des naissances dans ces gouvernements est au-dessous de 5 %• En général, on peut dire que les naissances sont beaucoup plus fréquentes au sud, au sud-est, et surtout dans le bassin du Volga et dans la Nouvelle-Russie. En général, les naissances sont plus nombreuses dans les villes, surtout dans les gouvernements de lest. Dans tout le nord et presque dans tous les gouvernements du nord-ouest, au contraire, ce sont les campagnes qui présentent le rapport le plus favorable. Quant aux naissances illégitimes, la moyenne de ces naissances est de 3,50 sur 100 naissances, mais la répartition des 89,957 naissances illégitimes est très-irrégulière. Quoique la Russie compte moins de naissances illégitimes que tous les autres pays de 1 Europe (Belgique, Suède et Angleterre 7% Prusse et France presque 8 %, Danemark, 9 %, Autriche, 11 %) pourtant nous ne trouvons nulle part une proportion aussi forte que dans le gouvernement de Moscou, qui présente 37 /o de naissances illégitimes (à Paris la proportion est de 31 à 35 %). Du reste, pour expliquer ce fait anormal, qu'onne doit pas mettre sur le compte de la moralité des habitants de Moscou, il faut dire qu’il y a en cette capitale un hospice d enfants trouvés, le plus grand en Europe, et que cet hospice
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
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- reçoit annuellement un grand nombre d’enfants illégitimes venant non-seulement du gouv. de Moscou, mais encore des gouv. voisins et surtout de Toula. Après Moscou viennent Saint-Pétersboug, 12 % et Nijni-Novgorod, 6 %, les provinces baltiques et les provinces de l’ouest. Les provinces de l'est, du sud-est et du sud-ouest, c’est-à-dire les gouvernements dans lesquels on compte le plus de naissances en général, présentent à peine I ou 2 naissances illégitimes sur 100.
- 3. Décès. On compte, pour la Russie d’Europe, 1 décès sur 26 habitants, ou 3,81 sur 100. Le total des décès a été en 1863 de 2.308.415, ce qui prouve que la mortalité en général est très-forte. En réalité, la mortalité est encore plus forte, parce qu’il est notoire que presque tous les enfants morts avant le baptême (le baptême se fait ordinairement le troisième ou quatrième jour après la naissance) et une quantité d’enfants morts-nés ne sont pas portés aux registres. La table suivante montre la répartition de la mortalité par gouvernements.
- GOUVERNEMENTS. HOMMES. FEMMES. TOTAL, 0 0
- Arkhangel 4.875 4.610 9.485 3 34
- Vologda 19.751 19.776 39.527 4,05
- Olonetz 7.115 7 009 14.124 4 76
- Saint-Pétersbourg 25.558 20.492 46.050 3,92
- Pskoff 13.490 13.249 26.739 3,71
- Novgorod 19.204 18.586 37.790 3,75
- Twer 33.302 32.344 65.646 4,32
- Yaroslaw 21.527 26.305 42.832 4,41
- Kostromà 21.959 21.809 43.768 4,07
- Vladimir 25.394 25.370 50.764 4,22
- Moscou 36.061 34.884 70.945 4,49
- Smolensk 24.292 23.398 47.690 4,19
- Kalouga 18.325 17 698 36.023 3,73
- Toula 26.675 25.566 52.241 4,53
- Orël 35.648 34.304 69 952 4,56
- Koursk 35.811 35.364 71.175 3,89
- Tchernigoff 29.609 29.425 59.034 3,97
- Poltawa 33.937 33.939 67.876 3 .55
- Kharkoff. 34.164 34.487 68.651 4,31
- Voronège 48.282 46.703 94.985 4,90
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- GOUVERNEMENTS. HOMMES. FEMMES. TOTAL. 0 0
- Riasan 25.170 24.210 49.380 3,48
- Tamboff 35.603 33.903 69.506 3,52
- Pensa 23.380 23.079 46.459 3.94
- Nijni-Novgorod 30.101 28.410 58.511 4,55
- Kasan 29.863 28.383 58 246 3,62
- Viatka 56 841 55.195 112.036 5,04
- Perm 60.005 57.224 117.229 5.48
- Orenbourg 39.481 37.448 76.929 4,17
- Ssimbirsk 22.743 22.484 45.227 3,82 3,52
- Ssaratoff 30.225 29.288 59.513
- Ssamara 34.926 33.389 68.315 4,04
- Astrakhan 5.909 5.206 li .115 3 69
- Esthonie ' 3.730 3.970 7.700 2,46
- Livonie 11.549 11.139 22.688 2,45
- Courlande 6.260 6.241 12.501 2.18
- Vitebsk 14.860 13.553 28 413 3,66
- Mohileff 15 069 14 611 29.680 ' 3,20
- Kowno 12.771 12.437 25.208 2,35
- Vilna 12.130 12.065 24.195 2,68
- Grodno 13.740 13.689 27.429 3,17
- I Minsk 15.986 15.515 31.501 3,14
- Volhynie 25.045 24.576 49.621 3,19
- Podolie 26.839 26.357 53.196 2,85 2,90
- Kieff 29.731 28.722 58.453
- Bessarabie 14.482 13.719 28.201 2,74
- Kherson 20 999 18.498 39.497 2.97
- Tauride 10 033 9.179 19.212 3,16
- Yékathérinoslaw 20.677 19.731 40.408 3,35
- Pays des cosaques du Don. Pays des cosaques de l’Oural. (V. le gouv. d’Oren-bourg.) Pays des cosaques d’Oren-bourg. (V. le gouv. d’O-renbourg.) 11.404 11.345 22.749 2,39
- Total 1.174.531 1.133.884 2.308.415 3,81
- D après cette table, la mortalité la plus forte se trouve généralement dans les gouvernements qui présentent le plus grand nombre de naissances. Pourtant, il y a quelques exceptions. La moyenne de la mortalité pour toute la Russie d Europe est de 3,81 ou de 1 décès sur 26 habitants; mais cette moyenne ne se retrouve que dans les gouvernements du nord-ouest et dans quelques gouvernements du centre et de la Petite Russie. Au-dessus de la moyenne se trouvent le nord-est, Moscou et la plus grande partie des gouvernements du centre. Quant à 1 ouest, c’est-à-dire dans les gouvernements
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION. 111 baltiques, la Lithuanie, l’Ukraine, la Nouvelle-Russie, et même chez les cosaques du Don et dans quelques gouverne-ments du bas Volga, la mortalité est beaucoup plus faible; mais c’est justement dans ces dernières provinces qu’il faut chercher le déficit de décès que la critique a signalé dans les rapports officiels. En général, le minimum se trouve dans les provinces baltiques et le maximum à Viatka et Perm. D’après le sexe, il meurt plus d hommes que de femmes, ce qui est une règle générale pour toute l’Europe. Dans quelques gouvernements nous trouvons le fait contraire, mais c’est une suite de la répartition anormale des sexes dans quelques parties de la Russie, que nous avons déjà fait remarquer plus haut. Parmi les faits qui servent a commenter les chiffres de la mortalité, la lépartition des décès par âges, certainement, joue le rôle le plus important, et il est indispensable de dire quelques mots sur cette répartition, vu qu’en Russie elle présente non-seulement des variations très-remarquables, mais encore quelques traits particuliers, propres à la Russie. Le trait principal est le nombre élevé d'enfants morts à l’âge de 1 à 5 ans, et surtout avant d avoir atteint la fin de la première année. D’après les renseignements recueillis pendant sept années consécutives (1857-1863), le nombre des enfants morts dans le courant de la première année de leur vie dépasse toute proportion, et c est surtout à cette particularité qu il faut attribuer les grandes différences que nous remarquons entre la Russie et les autres pays de l’Europe par rapport à la distribution des âges dans la population et de la durée de la vie moyenne. Partout où des recensements spéciaux ont relevé la distribution de la population par âges, la statistique a constaté un excédant remarquable des âges improductifs, cest-à-dire d’enfants et d’adolescents au-dessous de 16 ans,
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- MOUVEMENT DE LA POPULATION.
- ainsi que de vieillards au-dessus de 60 ans. C’est la suite inévitable d’un grand nombre de naissances accompagné d’un chiffre de mortalité tout aussi élevé et d’une grande proportion de décès précoces. Les calculs faits sur la durée moyenne de la vie constatent pleinement cette observation. L’extrême nord, les provinces baltiques et les provinces de l’ouest présentent en général moins de naissances et une mortalité moins grande que les gouvernements du sud-ouest et du sud-est. Aussi, c’est dans ces gouvernements que la distribution des âges est plus régulière, et la vie moyenne atteint le chiffre de 22 à 27 ans. Dans la Nouvelle-Russie et dans les gouvernements agricoles du Volga, et en général du sud-est, le chiffre des naissances est excessif, la mortalité, en général, très-considérable, mais les conditions de la vitalité sont surtout défavorables aux bas âges. Aussi, il meurt dans ces gouvernements un nombre énorme d’enfants, et la vie moyenne descend au-dessous de 20 ans. Les conditions les plus défavorables se trouvent dans les gouvernements deViatka, Perm, Orenbourg, où la mortalité en général, et surtout celle des enfants, est très-grande, et où la durée moyenne de la vie est au-dessous de 15 ans. Les mêmes faits se reproduisent à Moscou, mais nous hésitons de les accepter, vu que la présence d’un hospice d enfants trouvés, avec une population de près de 40.000 enfants, doit nécessairement influer sur la régularité de ces faits.
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- VIII
- ACCROISSEMENT DE LA POPULATION.
- L’accroissement de la population peut se calculer de deux manières : ou par la différence présentée par des recensements périodiques et réguliers, ou bien par la supputation annuelle de l’excédant des naissances sur les décès. La Russie ne possède pas de recensement régulier, et c’est pour cette raison que nous sommes obligés de recourir à la seconde méthode qui, en Russie, ne peut pas donner des résultats irréprochables, vu que l’enregistrement des décès est insuffisant et que le nombre total des décès doit être augmenté pour combler les lacunes que l’enregistrement y laisse.
- ANNÉES. TOTAL DES NAISSANCES. TOTAL DES DÉCÈS. EXCÉDANT.
- 1850 2.846.548 2.060 965 785.583
- 1851 2.725.881 2.060.335 665.546
- 1852 2.782.636 1.950.132 832.504
- 1853 2.991.404 2.338.336 653.068
- 1854 2.900.245 2.139.583 760.662
- 1855 2.802.505 2.540.674 261.831
- 1856 2.724.486 2.164.310 560.176
- 1857 2.993.101 2.020.835 972.266
- 1858 2.966.189 2.007.426 938.763
- 1859 3.059.G57 2.145.139 914.518
- 1860 »
- 1861 » »
- 1862
- 1863 3.044.991 2.308.415 736.576
- 8
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- 114 ACCROISSEMENT DE LA POPULATION.
- Ces chiffres se rapportent non-seulement à la Russie d’Europe, mais encore à la Sibérie (à l’exception des provinces des kirghiz) et à une partie du Caucase (sans les territoires des Tscherkesses et sans les pays annexés au gouvernement de Koutaïss, Abkhasie, Imérétie, Svanétie, etc.). Pour calculer la valeur exacte de ces chiffres, il faudrait avoir le chiffre de la population absolue pour chaque année, rectifié d’après les mêmes principes qui ont servi à calculer les naissances et les décès. Ces chiffres nous manquent, et c’est pour cette raison que nous sommes obligés de nous tenir aux deux années 1858 et 1863, les seules pour lesquelles nous possédons des renseignements assez exacts. En 1858, la population de la Russie d Europe était de 59.330.752 âmes. Les naissances et les décès étaient de 2.89 6.9 50 et de 2.038.817, ce qui donne un excédant de 8 58.033. En 18 63, la population était de 61.325.000; les naissances et les décès de 3.044.991 et de 2.308.415, soit un excédant de 736.576. Donc, en 1858, l’accroissement était de 1,44 sur 100, et en 1863 il était de 1,20. La différence s’explique, si l’on prend en considération que les années 1857 et 1858 étaient des années anormales et que, d’après les lois de la statistique, les naissances devaient se multiplier par suite des pertes essuyées pendant la guerre précédente. Aussi, depuis 1859 le chiffre des naissances baisse. L’année 1863 est une année régu-lière et nous pouvons accepter le chiffre 1,20 comme l expression de l’accroissement moyen de la population en Russie. Par conséquent, l’accroissement est très-considérable et promet à la population de la Russie un développement sûr et rapide. Mais en même temps cet accroissement, comme toute croissance dépassant les bornes ordinaires, sefaitnéces-sairement aux frais du présent et au détriment de la géné-
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- ACCROISSEMENT DE LA POPULATION. 115 ration actuelle. C’est grâce à cette croissance excessive, grâce au renouvellement continuel des générations, que la proportion des âges productifs dans la population ne s’améliore que lentement, et que la durée de la vie moyenne est si petite. Il est facile de se convaincre de l’exactitude de ce fait en jetant un coup d’œil sur 1 accroissement de la population par gouvernements, qui suit strictement les mêmes lois que nous avons signalées en parlant des naissances et de la mortalité. Ce sont encore les gouvernements de la Nouvelle Russie et du bas Volga (Ssamara, Ssaratoff, Ssimbirsk) ainsi que quelques gouvernements agricoles au sud-est de Moscou (Riasan, Tam-boff), qui présentent le maximum de l’accroissement (1,50). Dans les gouvernements baltiques, les gouvernements de l’ouest et la Petite Russie, où le nombre des naissances et des décès est moins fort, l’accroissement est d’environ 1 %. Le nord de la Russie présente un accroissement régulier, mais très-lent. Restent les gouvernements du nord-est (Perm, Viatka, Orenbourg), qui présentent tantôt un accroissement très-fort, tantôt un déficit, et qui en général sont sujets à des fluctuations continuelles.
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- PRODUCTION.
- I
- CONDITIONS CLIMATIQUES.
- Parmi les régulateurs les plus puissants de la production, dans un pays quelconque, il faut compter le climat. En Russie, le climat, vu l’énorme étendue de l’empire, joue un rôle très-important et détermine, de concert avec la position géographique et la configuration du sol, non-seulement le nombre et la nature des produits, mais encore toutes les conditions de la production et le genre de vie des populations, qui suivent forcément l’impulsion donnée par la nature elle-même.
- Les conditions climatiques de la Russie sont très-variées. Il est notoire que le voisinage des grands bassins d’eau tempère les chaleurs au milieu de l’été et les froids pendant l’hiver; or, la plus grande partie de la Russie est éloignée de la mer et soumise à toutes les rigueurs d’un climat essentiellement continental. La majeure partie de la Russie d’Europe est sé-
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- 118
- CONDITIONS CLIMATIQUES.
- parée de l’Océan par toute l’étendue de l’Europe occidentale et exposée au vent du nord, venant de la mer Glaciale, et au vent du nord-est, venant de la Sibérie. Quant à la Sibérie, elle est fermée à l’influence du sud par de vastes chaînes de montagnes et entièrement exposée au vent boréal quiyre-froidit la température. Le sud et le sud-est de la Russie d’Europe sont sous la domination du voisinage de l’Asie centrale. Les vents venant du sud-est n’apportent jamais la pluie et occasionnent souvent des sécheresses. Aussi toute cette partie de 1 empire qui, d après sa position géographique, pourrait compter sur un climat indulgent, se trouve sous la domination alternative du froid et de la chaleur, qui rendentle climat inconstant et occasionnent une grande différence de température entre 1 été et 1 hiver. Seulement les parties défendues du coté du nord par des montagnes, comme la Transcaucasie et une partie de la Crimée, jouissent d’un climat doux et régulier.
- En général le climat de la Russie, au même degré de latitude, est beaucoup plus âpre que celui des contrées occidentales de 1 Europe et se refroidit à mesure que l’influence continentale devient plus sensible, c’est-à-dire à mesure qu’on avance vers l’est. C’est ainsi que les lignes dites isothermes et marquant sur la carte la température moyenne de l'année, à de légères déviations près, suivent constamment la même direction en s inclinant vers le sud, à mesure qu’elles avancent vers l’est. L’isotherme marquant + 7°, d’après le thermomètre de Réaumur, commence à Tarnopol (frontière de la Gallicie), coupe le Dniéper à Alexandrowsk, descend jusqu’à Marioupol, sur la mer d'Azoff, et va finir à l’embouchure de la Kouma (mer Caspienne). L’isotherme de +6' passe par Stettin, Varsovie, Kieff, Tscherkâssk et Astrakhan. Celle
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- CONDITIONS CLIMATIQUES.
- 119
- Je + 4° réunit Pernow (golfe de Riga), Vitepsk, Orël, Ssara-toff et le lac Issyk-Koul. Helsingfors, Saint-Pétersbourg, Vladimir, Ssamara et Orsk (sur l’Oural) ont presque la même température moyenne (+ 3°). Wasa, sur le golfe de Bothnie (Finlande), Petrosawodsk, Vologda, Kasan et plusieurs points de la steppe des kirghiz ont + 2. Enfin, Tornéo, Arkhangel, Perm, Ischim, Barnaoul (dans l’Altaï), ont à peine + 4°. En Sibérie, les isothermes vont un peu plus régulièrement, vu que la configuration du sol exerce partout la même influence.
- Le trait caractéristique de tout climat continental consiste dans la grande différence du maximum au minimum de la température. Le climat de la Russie présente non-seulement des différences énormes entre les températures de l’hiver et de l’été, mais encore les transitions sont très-brusques. On parle généralement de la rigueur de l’hiver en Russie. Cette remarque est juste, mais il faudrait la compléter par la remarque, que, plus les froids sont intenses, plus les chaleurs sont excessives. C’est ainsi que les parties moyennes de la Sibérie ont presque la même température de l’été que Perm, Moscou, Varsovie et Berlin (414°). Orenbourg, Yassy (en Moldavie), et Belgrad (en Servie) ont la même température d’été (+16°). En revanche, Dantzic (en Prusse), Varsovie, Kamé-netz-Podolsk, Odessa, Khierson, Yékathérinodar sur le Kou-ban, etStavropol (Caucase), présentent la même moyenne pour l’hiver (— 2°) ; Riga, Minsk, Kieff, Taganrog et Astrakhan sont réunis par l’isochimène de — 4°. Wasa, Saint-Pétersbourg, Smolensk, Koursk, Tzaritzine et Gourieff (embouchure de l'Oural) et la partie méridionale de la steppe des kirghiz, on t un hiver de — 6°; Arkhangel et Orenbourg ont également — 10°.
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- 20.
- w.ci..
- 1-0
- 120 CONDITIONS CLIMATIQUES.
- C’est grâce au climat que des portions très-considérables de la superficie de la Russie sont tout à fait inaccessibles à la culture du sol. Le climat, non-seulement pose des limites infranchissables à l’agriculture et à l'industrie, mais encore détermine d’une manière absolue le genre et le développement de la production. C’est ainsi que la presqu’île de Kola et les vastes toundras du nord, en Europe et en Asie, sont incultivables. La pêche, et en partie la chasse, sontles seules occupations des habitants ; le renne et le chien les seuls animaux domestiques de ces contrées. Au sud de la région des toundras, une large bande de terrain occupant une partie des gouvernements d'Olonez, d'Arkhangel et de Vologda et presque toute la Sibérie moyenne, grâce à la petite durée de l’été, est privée de la culture des grains (exceptionnelle dans ces lieux), et n’a pour toute richesse qu’une masse de forêts et les produits de la chasse. Au sud, la steppe des kirghiz et presque toute la steppe du sud-est de la Russie d’Europe, entre l’Oural, le Volga inférieur, le Manytsch et la Kouma, grâce aux conditions du climat et du sol, est forcée de chercher ses moyens d’existence exclusivement dans l’élève des bestiaux. L’agriculture et la culture des plantes textiles est gênée par le climat et par la rigueur de l’hiver, surtout dans les parties orientales de l’empire, et mêmeles richesses minérales restent quelquefois sans exploitation, grâce aux difficultés du climat qui couvre le sol de glace pendant la majeure partie de l’année et rend impossible l’entretien d’un nombre suffisant de travailleurs. Si, grâce à son étendue et grâce à la variété du climat, l’empire russe possède une quantité de produits et de richesses naturelles qu’aucun autre pays del'Europe ne saurait présenter, c’est aussi grâce au climat que l’exploitation de ces richesses est beaucoup plus restreinte que dans d’autres pays,
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- CONDITIONS CLIMATIQUES.
- 121
- et le produit reste au-dessous de la proportion qu’on serait en droit d’attendre.
- La vaste étendue de l’empire russe rend très-difficile la détermination exacte de la partie cultivée de cette étendue, de même que la détermination des différents éléments qui composent cette partie. Aussi la statistique officielle est hors d’état de répondre d’une manière satisfaisante aux questions détaillées touchant cette matière, et ne donne que des chiffres approximatifs, basés sur des évaluations. Encore faut-il remarquer que ces chiffres ne se rapportent qu’à la Russie d’Europe. Quant aux autres parties de l’empire, la Finlande, la Pologne, la Sibérie et le Caucase, même en réunissant avec tout le soin possible les renseignements épars qui existent sur ces parties, on ne saurait obtenir des données complètes. Pour le nord et pour le sud-est de la Russie d’Europe, les renseignements sont aussi très-vagues, non-seulement à cause de l’étendue, mais encore grâce à la nature des lieux.
- En comptant pour toute la Russie d’Europe 438.301.44 8 déssiatines d’étendue (482.131.592 hectares), il faut retrancher de ce total une superficie de 125.018.448 déssiatines (137.520.332 hectares), occupées par les lacs, rivières, routes, constructions, enclos, marais, pâtis, landes, etc.; reste pour la partie productive du sol une superficie de 313.283.000 déssiatines (344.611.300 hectares), ou environ 71 %. La plus grande moitié de cette superficie est couverte par des forêts; le reste se compose de terres arables (jachères, vignes, jardins, plantations de tabac, de betterave, etc.) et de prairies. Les tableaux suivants donnent la distribution, par gouvernements, de chacune de ces trois catégories.
- 7 O
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- TERRES CULTIVEES ET ARABLES,
- SUPERFICIE RAPPORT
- GOUVERNEMENTS. -------- ~ ------—— au total de la
- en déssiatines. en hectares. superficie.
- Arkhangel 84.000 92.400 0.1
- Vologda 800.000 880.000 2,2
- Olonetz. Saint-Pétersbourg 257.000 675.000 282.700 742.500 2,1 16,3
- Pskoff 1.300.000 1.430.000 32,3
- Novgorod 1.300.000 1.430.000 12,4
- Twer 1.850.000 2.035.000 31,7
- Yaroslaw 1.100.000 1.210.000 35,0
- Kostromà 1.505.000 1.655.500 20,6
- Wladimir 1 .900.000 2.090.000 43,8
- Moscou 1.200.000 1.320.000 39,0
- Smolensk 1.970.000 2.167.000 38,1
- Kalouga..... 1.550.000 1.705.000 53,7
- Toula 2.000.000 2.200.000 70,0
- Orël 2.400.000 2.440.000 55,0
- Koursk 2.797.000 3.076.700 67,0
- Tschernigoff. . Poltawa Kharkoff 2.600.000 2.000.000 2.300.000 2.860.000 2.200.000 2.530.000 54,0 44,0 46,0
- Voronège Riasan Tamboff. Pensa Nijni-Novgorod . Kasan Viatka Perm 3.675.000 2.138.000 3.600.000 4.042.500 2.351.800 3.960.000 60.2 56,0 60,0
- 1.507.000 1.657.700 43,4
- 1.800.000 1.980.000 38,7
- 2.478.000 3.160.000 3.006.000 2.72.5.800 3.476.000 3.306.600 44,0 24,0 9,7
- Orenbourg Ssimbirsk Ssaratoff. 1.383.000 1 826.000 2.000.000 1.521.300 2.008.600 2.200.000 5,6 41,0 26,6
- Astrakhan Esthonie 2.000.000 231.000 280.000 2.200.000 254.100 308.000 13,8 15,5
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- TERRES CULTIVÉES ET ARABLES.
- 123
- GOUVERNEMENTS. SUPERFICIE. RAPPORT au total de la superficie.
- en déssiatines. en hectares.
- Livonie 921.000 1.013.100 22,0
- Courlande 552.000 607.200 22,2
- Vitepsk 1.877.000 2.064.700 45,2
- Molli leff 2.000.000 2.200 000 45,7
- Kowno 2.053.000 2.258.300 55,3
- Vilna 1.650.000 1.815.000 42,9
- Grodno 1.438.000 1.581.800 41,3
- Minsk 1.992.000 2.191.200 24,0
- Volhynie 2.200.000 2.420.000 33,7
- Podolie 2.015.000 2.216.500 52.0
- Kieff. 2.657.000 2.922.700 57,0
- Bessarabie 1.210.000 1.331.000 37,8
- Kherson 2.955.000 3.250.500 45,0
- Tauride 1.000.000 1.100 000 17,5
- Yékatérinoslaw 2.000.000 2.200.000 32,2
- Pays du Don 3.609.000 3.969.900 25.5
- Total 88.802.000 97.682.200 20,9
- Il résulte de ce tableau que les gouvernements les plus cultivés sont ceux du centre, situés au sud et sud-est de Moscou. En général, la proportion des terres cultivées se règle d’après la densité de la population, hormis toutefois les gouvernements essentiellement agricoles du sud et quelques gouvernements situés au nord de Moscou, où la proportion des terres cultivées est plus forte que la densité de la population. Le maximum est représenté par le gouvernement de Toula; en second lieu figurent les gouvernements de Koursk, Tamboff, Voronège. Les gouvernements du nord, du nord-est, du sud-est restent au-dessous de la moyenne.
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-
- III
- PRAIRIES.
- GOUVERNEMENTS. SUPERFICIE RAPPORT au total de la superficie.
- en déssiatines. en hectares.
- Arkhangel. 124.000 136.400 0,1
- Vologda 450.000 495.000 1,2
- Olonetz 88.000 96.800 0,7
- Saint-Pétersbourg .... 478.000 525.800 11.5
- Pskoff 320.000 352.000 8,0
- Novgorod 470.000 517.000 4,5
- Twer I.288 000 1.416.800 22,0
- Yaroslaw. 600.000 600.000 19.1
- Kostromà 306 000 336.600 4.2
- Wladimir 280.000 308.000 6,5
- Moscou 300.000 330.000 10,0
- Smolensk 850.000 935.000 16,4
- Kalouga 308.000 338.800 10,7
- 1 oula 300.000 330.000 10,6
- Orël 400.000 440.000 9,1
- Koursk 396.000 435 600 9,5
- Voronège 1.120.000 1.232.000 18.3
- Riasan 360.000 396.000 9,3
- Tamboff. 750.000 825.000 12,4
- Pensa . 501.000 551.100 14,4
- Nijni-Novgorod 280.000 308.000 6,0
- Kasan 452.000 497 200 8,0
- Viatka 542.000 596.200 4,1
- Perm 2.608.000 3.868.800 8,5
- Orenbourg 3.381.000 2.719.100 13,7
- Ssimbirsk 446.000 490.600 10,0
- Ssaratoff Ssamara 3.300.000 3.630.000 44,0
- 2.648.000 2.912.800 18,1
- Astrakhan Esthonie Livonie Courlande Vitepsk 980.000 1.078.000 4,8
- 370.000 407.000 20,5
- 611.000 672.100 14,5
- 383.000 421.300 15,4
- 167.000 189.700 4,0
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-
- PRAIRIES.
- 125
- GOUVERNEMENTS. SUPERFICIE. RAPPORT au total de la superficie.
- en déssiatines. en hectares.
- Mohileff. 337.000 370.700 7,7
- 495.000 544.500 13,3
- Vilna 571.000 628.100 14,9
- Grodno 407.000 447.700 11,7
- Minsk 792.010 871.200 9,6
- Volhynie 790.000 869.000 12,1
- Podolie 616.000 677.600 15,9
- Kieff. 468.000 514.800 10,0
- Bessarabie 1.100.000 1.210.000 34,4
- Kherson 2.529.000 2.781.900 38,4
- Tauride 2.800.000 3.080.000 50,2
- Yékatherinoslaw 2.918.000 3.209.800 47,0
- Pays du Don 8.800.000 9.680.000 62,2
- Total 52.078.000 57.285.800 12,2
- Les chiffres de ce tableau, comparés à ceux de la table précédente, peuvent servir à déterminer deux questions économiques de la plus grande importance. Ils indiquent clairement que les gouvernements du sud et du sud-est doivent s’adonner principalement à l’élève du bétail : ce sont surtout le pays du Don, le gouvernement de Ssaratoff et la Nouvelle Russie. En second lieu, ils indiquent aussi les gouvernements où, faute de prairies et d’un nombre suffisant de bétail, l’agriculture se trouve dans un état peu satisfaisant. Les gouvernements du nord, du nord-est et quelques gouvernements de l’ouest, comme Vitepsk, Mohileff, etc., manquent de prairies, de bétail et d’engrais, et, grâce à cette circonstance, donnent des récoltes pauvres et souvent insuffisantes.
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- IV
- FORÊTS.
- SUPERFICIE RAPPORT
- GOUVERNEMENTS. ——-== N au total de la
- en déssiatines. en hectares. superficie.
- Arkhangel 30.312.000 33.343.200 35.3
- Vologda 33.470.000 36.817.000 92,3
- Olonetz 9.620.000 10.582.000 80,3
- Saint-Pétersbourg 1.820.000 2.002.000 44,0
- Pskof. 1.977.000 2.174.700 48,9
- Novgorod 6.603.000 7.263.300 62,6
- Twêr 1.844.000 2.028.400 31,6
- Yaroslaw 1.065 000 1.171.500 34.0
- Kostroma 4.906.000 5.396.600 67,1
- Vladimir 2.030 000 2.233.000 46,8
- Moscou 1.171.000 1.288.100 38,1
- Smolensk 1.800.000 1.980.000 34,8
- Kalouga 723.000 795.300 23,1
- Toula 241.000 265.100 8,6
- Orël Koursk 1.001.000 1.101.100 25,1
- 400.000 440.000 9,5
- Tschernigoff Poltawa Kharkoff. 928.000 310.000 620.000 1.020.800 341.000 682.000 19,4 6,8 12.8
- Voronège Riasan Tamboff Pensa ... 556.000 611.600 9,1
- 945.000 1.069.000 1.039.500 1.175.900 22,0 17,6
- 1.212.000 1.333.200 35,0
- Nijni-Novgorod Kasan Viatka Perm Orenbourg Ssimbirsk Ssaratoff. Ssamara Astrakhan Esthonie 2.308.000 2.278.000 2.358.800 2.505.800 49,6 40,4 68,1 73,5
- 8.949.000 22.687.000 9.843.900 24.955.700
- 9.000.000 1.651.000 9.900.000 1.816.100 51,0 37,5
- 790.000 1.746.000 869*000 1.920.600 10,9 11,9
- 140.000 450.000 154.000 495.000 0,6 24,9
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- FORÊTS.
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- GOUVERNEMENTS. SUPERFICIE. RAPPORT au total de la superficie.
- en déssiatines. en hectares.
- Livonie 1.896.000 2.085.600 45,1
- Courlande 851.000 936.100 34,2
- Vitepsk 1.738.000 .911.800 41,8
- Mohileff 1.184.000 1.302.400 27,0
- Kowno 768.000 844.800 20,6
- Vilna 1.156.000 1.271.600 30,0
- Grodno 958.000 1.053.800 27,5
- Minsk 3.679 000 4.046.900 45,0
- Volhynie. 2.733.000 3.006.300 41,9
- Podolie 589.000 647.900 15,1
- Kieff • 1.155.000 1.270.500 24,7
- Bessarabie . 288.000 316.800 9,0
- Kherson 91.000 100.100 1,3
- Tauride 290.000 319.000 5,2
- Yékathérinoslaw - 87 000 95.700 1,4
- Pays du Don 321.000 353.100 2,2
- Total 172.403.000 189.643.300 40,3
- ^^^æ^æj^-ssES^r^;^^ ----------------------------- ----------------
- D’après ce tableau, dont les chiffres doivent pourtant être accueillis avec une certaine réserve, la partie la mieux boisée de la Russie d’Europe se compose des gouvernements du nord et du nord-est. La plus grande partie des gouvernements d'Arkhangel, Vologda, Olonetz, Kostroma, Perm, Viatka et Orenbourg est couverte de forêts impénétrables, même si l’on fait abstraction de certaines étendues où, sous le nom de forêts, figurent des broussailles et des arbustes de petite futaie. En second lieu, viennent les gouvernements del’ouest, qui presque tous exportent du bois.
- Les gouvernements agricoles du centre se déboisent rapidement et plusieurs d’entre eux manquent déjà de bois de chauffage. Koursk, Voronège, Poltawa, Kharkoff, sont obligés de remplacer le bois par le kisiak (fumier des étables transformé en briques). La Nouvelle-Russie et une partie de l’est est tout à fait dégarnie de forêts. En général, les forêts en Russie diminuent, surtout dans le centre, autour des mines et usines des gouvernements de Perm et d’Orenbourg, et
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- FORETS.
- dans quelques districts manufacturiers du nord et du nord-ouest (Yaroslaw, Wladimir, Saint-Pétersbourg, etc.).
- En compulsant les chiffres des trois tableaux précédents, il est facile de voir que la répartition du sol productif en général est très-irrégulière. Dans le gouvernement d’Astrakhan les terres arables, prairies et forêts comprises, ne présentent que 6 % de toute la superficie; 94 % de cette superficie restent incultes et sont pour la plupart incapables de culture. Puis vient le gouvernement d'Arkhangel dont 64 °/0 de la superficie sont tout à fait improductifs. A la rigueur, cette proportion devrait encore être augmentée, vu qu’une grande partie de forêts reste tout à fait sans exploitation et couvre un sol marécageux, capable seulement de produire des broussailles et des arbres chétifs, ne méritant pas même la dénomination de forêts. En troisième lieu, vient le gouvernement de Ssamara dont plus de la moitié reste inculte. Plusieurs gouvernements, et parmi eux Saint-Pétersbourg, Olonetz, Es-thonie, Tauride, présentent la proportion de 20 à 40 °/ pour la partie inculte du sol. Pour le reste de la Russie cette proportion varie de 4 à 17 %. En général, on trouve en Russie très-peu de terrains tout à fait impropres à la cul-ture. A l’exception de la région glaciale, comprenant la presqu’île de Kola, et la partie nord-est du gouvernement d'Ar-khangel (les Toundras), on trouve fort peu de terrains pierreux et encore faut-il les chercher dans le nord, dans la région des grands lacs, dans quelques endroits du gouvernement de Vologda (les Ouvalli), de Tver et de Novgorod (hauteurs de Waldaï) et dans le gouvernement d’Orenbourg. Au sud on en rencontre très-rarement. Les sables mouvants ne se rencontrent que partiellement, le long des rivières, et, en plus grande étendue, dans la partie sud-est des steppes. En re-
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- FORÊTS.
- vanche, on trouve dans cette partie des steppes (Ssamara Astrakhan) beaucoup de terrains à base saline. Ces terrains’ tout à fait impropres à l’agriculture, fournissent pourtant des pâturages et facilitent dans ces endroits l’entretien de nombreux troupeaux. En outre, la Russie possède une quantité très-considérable de terrains excessivement fertiles. Ces terrains présentent une étendue de 87 millions de déssiatines (95 millions d’hectares) et composent ce qu’on appelle vul-gairement la région du lschernozième (terre noire). Cette région comprend la moitié septentrionale du gouvernement de Ssamara, la moitié de Ssimbirsk, de Tamboff et de Riasan, tout Ssaratoff, Pensa, Voronège, Koursk, Kharkow, Poltawva, Yékathérinosslaw, Kieff, la Podolie, ainsi que la majeure partie deKherson, de la Tauride (partie septentrionale) et du pays du Don. La fertilité du sol dans cette région est telle que dans beaucoup d’endroits on n’emploie jamais d’engrais et la récolte rapporte pourtant 15, 20 et même davantage. Cultivée avec soin, cette région pourrait nourrir toute l’Europe. Al'exception de quelques parties consacrées à la culture de la vigne, du tabac, de la betterave et des graines oléagineuses, toute cette vaste étendue est vouée à la culture des céréales et surtout du froment et du millet. Tout en constatant cette fertilité prodigieuse faisant de la Russie le premier pays pour la production des céréales, il faut convenir, d’autre part, que cette fertilité du sol est balancée par l’état défectueux de l’agriculture en général et l’influence de plusieurs causes sociales. L ensemble de ces causes neutralise en quelque sorte la fertilité du sol et s oppose aux progrès de la production qui, grâce à elles, reste loin de ce qu’elle pourrait être. L’influence de ces causes et si manifeste qu’elle mérite une mention spéciale.
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- V
- CLASSIFICATION DE LA PRODUCTION.
- Ce sont les conditions particulières du sol, qui déterminent en quelque sorte l’importance des différents genres de production et le développement des industries qui se rattachent directement à la production brute.
- Il suffit de se rappeler les chiffres mentionnés plus haut, pour voir que dans beaucoup de parties de la Russie d’Europe la production suit nécessairement l’impulsion donnée par la nature du sol, et qu’ainsi se placent sur le premier plan des industries qui dans d’autres pays ne jouent qu’un rôle secondaire. La pêche, la chasse, l’industrie des mines, les produits forestiers occupent dans beaucoup d’endroits de la Russie la première place, et donnent à la production du pays un caractère tout à fait spécial. En général, la production des matières brutes prédomine, et comme les différentes branches de la fabrication pour la plupart se règlent d’après les conditions de la production primitive, nous croyons utile de mettre en regard les deux genres de production, en les classant d’après le même principe que nous avons adopté pour la classification du sol.
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- PRODUITS DE LA PÊCHE.
- Grâce à l’abondance et à quelques traits caractéristiques des eaux environnant la Russie, l’industrie de la pêche joue en Russie un rôle très-important.
- La nature des lieux et le climat font de la pêche l’occupation principale d’une partie considérable de la population, de sorte qu’il y a des districts entiers où le poisson constitue presque la seule nourriture des habitants. Les rites de la religion grecque, observés strictement par le peuple, lui défendent l’emploi de la viande pendant quatre mois de l’année et occasionnent une consommation de poisson beaucoup plus considérable que dans d’autres pays. L’estimation de la quantité et de la valeur des produits de la pêche ne saurait être qu’approximative; mais, grâce à l’organisation originelle de cette branche de l’industrie, il y a moyen de déterminer assez exactement le produit des grandes pêcheries, situées sur les bords de la mer Noire, de la mer d’Azoff et de la mer Caspienne, ainsi que sur les rives de la partie inférieure du Dniéstr, du Dniépr, du Boug, du Don, du Kouban, de la Koura (pêcheries de Ssalyane), du Térék, du Volga, de l’Oural
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- PRODUITS DE LA PÊCHE.
- et de l'Emba. Ces pêcheries sont de vastes entreprises, organisées régulièrement à la manière des grandes fabriques, avec application du principe de la division du travail. Dès que la couronne ou bien le propriétaire a constitué une étendue quelconque du rivage en pêcherie, cette étendue est louée par des entrepreneurs, qui construisent à leurs frais les bâtiments nécessaires pour loger les travailleurs, pour la salaison et le séchage du poisson, pour la fabrication du caviar, de l’ichthyocolle et de la vésiga (corde dorsale des grands acipen-sers préparée d’une certaine manière et très-recherchée pour la table). Les pêcheurs (souvent plusieurs centaines) sont loués à terme et divisés en séries, dont chacune a une mission et une occupation spéciale. L’objet de la pêche est principalement le poisson rouge, c’est-à-dire l'esturgeon et ses variétés, comme le bélouga (acipenser Naso) et le ssevrouga ( aci-penser Stellatus) ayant un poids de plusieurs centaines de pouds et une longueur de 10 à 20 pieds. La mer Caspienne et le cours inférieur de la Koura, du Térék, du Volga et surtout de l’Oural (où la pêche constitue le privilége des cosaques et se fait en commun d’après des règles fixées d’avance, deux foisparan) rapportent annuellement une valeur de 10.500.000 roubles (42 millions de francs). Le Don, le Kouban et la mer d’Azoff donnent la valeur de 4 millions de roubles ( 16 mil-lions de francs); les limans du Dniéstr, du Boug et du Dniépr présentent un revenu de 400 à 500.000 roubles (près de 2 millions de francs); enfin la mer Blanche, l’embouchure de la Dwina et les parties de l’océan Glacial, qui baignent les cotes de la Russie d’Europe, donnent en moyenne un revenu de I million de roubles (4 millions de francs), produit de la pêche du hareng, de la baleine et de la chasse aux morses. Somme totale des produits de la grande pêche : environ
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- PRODUITS DE LA PECHE.
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- 17 millions de roubles (68 millions de francs). Le produit de la petite pêche, ou pêche de détail à l’intérieur, ne peut être évalué exactement, vu que la consommation sur les lieux échappe totalement au calcul. Cependant le Peïpouss, le Vol-khoff, la Svir, la Dwina et tous les lacs du nord expédient des quantités considérables de poisson séché au four, salé et frais, par toute la Russie d’Europe, et l’on peut estimer cette portion commerciale du produit de la petite pêche au moins à 2 ou 3 millions de roubles (8 à d 2 millions de francs). En comptant le produit de la pêche de l'intérieur, la valeur totale de cette industrie présente un minimum de 20 millions de roubles (80 millions de francs).
- Les produits de la pêche dans la Russie d’Europe ne suffisent pas à la consommation intérieure. On importe annuellement (principalement de la Norvége) pour 1.500.000 roubles (6 millions de francs) de harengs et pour 5 à 600.000 roubles de morue.
- La pêche donne naissance à plusieurs branches d’industrie qui jouent un rôle assez important. On fabrique du caviar (rogues d’esturgeon salées) pour environ 2.500.000 roubles ou 10.000.000 de francs (184.000 pouds = 30.000 quintaux à 244 livres de Russie); la fabrication de l'ichthyocolle produit 5.000 pouds ou 820 quintaux, présentant une valeur de 600.000 roubles (2.400.000 francs). Enfin la fabrication de la vésiga représente une valeur de 100 à 150.000 roubles (500.000 francs). On exporte pour 3 à 400.000 roubles de colle et pour 150.000 roubles de caviar (ensemble environ 2 millions de francs).
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
- La chasse constitue dans le nord et dans le nord-est de la Russie d’Europe une industrie à part, qui fournit un article assez important au commerce intérieur. On chasse le gibier presque dans toute la Russie d’Europe, mais ce n’est qu’au nord, c’est-à-dire dans les gouvernements d’Arkhangel, d’O-lonetz et en partie dans ceux de Novgorod, de Tver et de Saint-Pétersbourg, que les produits de la chasse ordinaire sont assez considérables pour rendre avantageuse l’exportation du gibier. Les gouvernements d’Arkhangel et d’Olonetz en fournissent aux autres gouvernements de la Russie pour une somme de 100 à 150.000 roubles (500.000 francs). Dans les gouvernements d’Arkhangel, de Vologda, de Viatkaet de Perm, ainsi qu’à la Nouvelle-Zemble, c’est la chasse des bêtes à fourrures qui rapporte annuellement de 3 à 400.000 roubles (1200 à 1.600.000 francs). On chasse dans cette partie de la Russie: l’ours, le loup, le blaireau, le renard, l’écureuil et beaucoup d autres animaux, dont les peaux se vendent à des prix fort différents. En général, le produit de la chasse diminue chaque
- année.
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- PRODUITS DE LA CHASSE.
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- Ce sont la Sibérie et les possessions de la compagnie américaine qui produisent la plus grande partie de fourrures pour le commerce. En Sibérie certaines tribus payent les impôts en fourrures. Cet impôt en nature constitue un revenu privé de S. M. l’empereur, et, par conséquent, les plus belles fourrures ne figurent pas dans le commerce. Outre cet impôt, la Sibérie fournit des peaux de zibelines, d’hermines, de martres, de petits-gris, de renards et derats-musquéspour la somme de 200.000 roubles (800.000 francs). La compagnie américaine, qui a le monopole de la chasse dans les possessions russes de l’Amérique du Nord, vend annuellement pour environ 250.000 roubles (1 million de francs) de fourrures. Les peaux de loutres, de renards, de martres, et surtout de castors de mer, sont les principaux articles du revenu de la compagnie qui le voit diminuer chaque année. Autrefois on tuait jusqu’à 40.000 pièces par an; aujourd’hui la moyenne annuelle est à peine de 20.000 pièces. Somme totale de la valeur des produits de la chasse, à peu près l million de roubles (4 millions de francs).
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- VIII
- PRODUITS DES FORETS.
- Il suffit de jeter un coup d’œil sur les chiffres représentant l étendue des forets en Russie pour se convaincre que la Russie, quoique dénuée de toute végétation forestière dans quelques parties, reste pourtant le pays de l’Europe le plus boisé. La répartition des forêts est très-inégale et, par conséquent, les produits des forêts, et surtout le bois de chauffage et de construction, comme articles de première nécessité, se trouvent être l’objet d’un commerce très-actif. Les forêts de la région septentrionale ne contiennent que des pins et des sapins mêlés quelquefois avec du bouleau. A mesure qu’on avance vers 1 est, on rencontre plus souvent le mélèze et le cèdre. Telle est la physionomie des forêts d’Olonetz, d'Arkhangel, de Vologda, de Viatka et de Perm. Dans la région compre-nant les parties méridionales de Novgorod, Yaroslaw, Kos-troma et Viatka, ainsi que les gouvernements de Tver, Vladimir, Nijni et Kasan, les forêts contiennent beaucoup de trembles, d aunes, souvent des tilleuls et assez souvent des chênes. Dans la région de l’ouest, très-riche en bois, les espèces prédominantes sont, outre le pin, le chêne, l’orme, le
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- PRODUITS DES FORÊTS.
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- tilleul, le frêne et l’érable. C’est dans ces trois régions, ayant chacune un caractère particulier, que se concentre l’exploitation de nos forêts.
- Le produit brut de nos forêts consiste en bois de chauffage, bois de construction et en tille (article assez important en Russie). En taxant, d’après la statistique de M. Tengoborski, en moyenne, leproduit actuel d’une dessiatine de forêts à 75 cop. (3 francs par hectare) on obtiendrait, pour 172 millions de dessiatines, un rapport de 130 millions de roubles par an. La statistique agricole de France porte en moyenne le produit de l’hectare de forêts à 24 francs, ce qui fait penser que l’évaluation précédente est plutôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité. Rien qu’en comptant le bois de chauffage pour 12 millions de ménages (5 personnes par ménage) et pour autant de feux, il faudrait compter au moins 72 millions de sagènes de bois consommés par la population, sans comprendre la consommation des fabriques et des usines, qui est énorme. Le prix d’un sagène varie de quelques copecks à 8 roubles, et en comptant 1 rouble 50 copecks en moyenne, on arrive à un total de 110 millions de roubles. En général, le prix du bois augmente et doit augmenter encore par suite des mesures que le gouvernement a prises pour sauvegarder les forêts de l’Etat. Quant au bois de construction il est assez difficile d’en déterminer la valeur.
- La plupart des maisons et des constructions en Russie sont en bois. Le feu en consume annuellement, d’après de données officielles, jusqu’à 58.000. L’accroissement de la population et la formation de nouveaux ménages exigent annuellement la construction de 70 à 80.000 maisons. Par conséquent, le nombre des maisons en bois, construites annuellement, doit être de 130 à 140.000. En comptant pour chaque
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- PRODUITS DES FORÊTS.
- Isba (maison de paysan) seulemen t pour 4 50 roubles de bois^ les constructions nouvelles exigeraient au moins 21 millions de roubles. On construit annuellement 35.000 barques pour la navigation intérieure (on démolit en général la moitié des barques servant à la navigation, car après avoir fait un trajet d’une année elles trouvent rarement un chargement de retour). Le prix moyen d’une barque est de 300 roubles, ce qui exige une nouvelle consommation annuelle de bois pour une somme de 10 à 11 millions de roubles. L’exportation du bois de construction à l’étranger monte jusqu’à 7 millions (ce chiffre augmente chaque année). Au total on peut évaluer la consommation annuelle du bois, pour la Russie d’Europe, à un minimum de 150 millions de roubles.
- Parmi les gouvernements qui font le commerce des bois, tant pour l'exportation à l’étranger que pour la consommation des grandes villes, la première place appartient à celui de Saint-Pétersbourg (1.355.800 roubles). Puis viennent les gouvernements de Novgorod (717.000 roubles), Nijni-Novgorod, Moscou, Kostroma, Kasan, Viatka (chacun plus d’un demi-million), la Volhynie (près d’un demi-million), Grodno, Vitepsk, Smolensk et Olonetz (environ 300.000 roubles). Les gouvernements du nord, comme Arkhangel, Olonetz, quoique les plus riches en forêts, ne participent que fort peu au commerce du bois (Arkhangel pour 250.000 roubles, Olonetz pour 380.000). Les chiffres que nous venons de mentionner sont de source officielle (déclaration des marchands), et il faut remarquer qu’elles ne représentent que la moitiédela valeur réelle des produits exportés. La grande consommation de bois à l’intérieur explique en quelque sorte la dévastation des forêts dans quelques endroits de la Russie.
- Indépendamment de la consommation annuelle, une quan-
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- PRODUITS DES FORÊTS.
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- tité considérable de bois est sacrifiée annuellement à la fabrication de quelques produits industriels. La manière peu rationnelle dont se fait cette fabrication rend impossible tout calcul statistique, et nous sommes obligés de nous borner à une simple évaluation de la valeur des produits, sans nous arrêter à la valeur des matières brutes, consacrées annuellement à la production. Ce sont:
- 1. Fabrication de lapotasse. On compte en Russie 188 fabriques de potasse (Orenbourg 39, Ssamara 39, Kasan 34, Pensa 20,1a Volhynie 18, etc.) avec 1.184 travailleurs et un produit annuel de la valeur de 2.500.000 roubles. La fabrication de cet article, dont on exporte près de la moitié, est encore très-défectueuse, surtout sous le rapport de l’économie du combustible. On emploie pour la fabrication exclusivement du bois.
- 2. Fabrication de la poix de résine. On compte 75 fabriques avec 350 travailleurs et une production annuelle de 300.000 roubles. La plus grande partie de cette somme revient aux gouvernements d'Arkhangel, de Nijni-Novgorod et de Volhynie. Dans le gouvernement d’Arkhangel, ainsi que dans celui d’Olonetz et dans une partie de Vologda, les établissements temporaires pour la fabrication de la poix ne comptent pas parmi les fabriques. Aussi la valeur de cette branche d’industrie doit être augmentée au moins de 200.000 roubles.
- 3. Fabrication de la térébenthine. 39 fabriques avec 176 travailleurs fournissent pour 120.000 roubles de térébenthine. Vologda, Minsk et Nijni-Novgorod produisent presque le total de ce revenu qu’il faut aussi estimer au-dessous de la vérité.
- 4. Fabrication du goudron. 371 établissements avec 750 travailleurs et une production moyenne de 130.000 roubles.
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- PRODUITS DES FORÊTS.
- Kostroma (270 établissements), Perm (32), Vologda (26), Nijni-Novgorod (17) et Viatka (10) sont les principaux participants dans cette branche de l’industrie.
- o. Fabrication de planches et de bois à l'usage des carrossiers, menuisiers et fabricants d'objets en bois. Cette industrie appartient presque exclusivement au nord. On compte 138 établissements avec 3.750 travailleurs et une production annuellement de 3.360.000 roubles. Arkhangel, Saint-Pétersbourg, Novgorod, Olonetz, la Livonie s’occupent de préférence de cette industrie et en fournissent le produit au reste de l’empire, ainsi qu’à l’étranger. La population de Viatka, Kostroma,’ Perm, Vologda, Yaroslav, Kasan produit une masse d’objets en bois, qui se font, pour la plupart, à la main chez les paysans. On estime la valeur de ces objets, dans le gouvernement de Viatka, à 600.000 roubles. Il faut placer ici la construction des télégas (voitures populaires russes) pour laquelle excelle le gouvernement de Kasan. On peut évaluer tous ces produits de 3 à 4 millions de roubles. Valeur totale des produits fabriqués provenant du rapport des bois et des forêts : environ 8 millions de roubles.
- A aleur totale des produits des forêts pour la Russie d’Europe: 160 millions de roubles (640 millions de francs).
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- PRODUITS DES MINES.
- Les principaux produits de l’industrie des mines sont : l'or, le platine, l'argent, le cuivre, le fer, la houille et le sel.
- 1. Or. Les lavages d’or se trouvent sur le revers oriental de la chaîne de l’Oural (gouvernements de Perm et d’Oren-bourg), dans le système sayano-altaïque (gouvernements de Tomsk et de Yénisseisk) et dans le système du Yablonnoï-Khrébet (Transbaïcalie). Sous le rapport de l’administration, les lavages d'or, ainsi qu’en général les mines, forment des groupes distincts appelés districts, et c’est d’après ces districts qu’il faut spécialiser le revenu des mines. En 1863 ce revenu présentait pour la production de l’or les chiffres suivants :
- DISTRICTS. NOMBRE des lavages. NOMBRE des travailleurs. PRODUIT DES LAVAGES.
- En pouds. En kilogrammes
- 1. Nertschinsk (Transbaïcalie; propriété de S. M. l'Empereur). 4 927 21p. 15 1. 350,4
- b. Bargousinsk (Transbaïcalie; propriété privée) 23 2.447 113 7 1855,3
- C. Verkné-Oudinsk (Transbaïcalie; propriété privée) 9 1.053 263 3 439,8
- d. Olekminsk (province de Yakoutsk; propriété privée). .. 26 4.873 185 14 3038,5
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- PRODUITS DES MINES.
- DISTRICTS. NOMBRE des lavages. NOMBRE des travailleurs PRODUIT DES LAVAGES.
- En pouds. En kilogrammes
- e. Kansk et Nijné-Oudinsk (gouvernement du Yénisseïsk et d'Irkoutsk; propriété pri- 35 p. 27 1. 584,8
- vée) f. Minoussinsk (gouvernement de Yénisseïsk; propriété pri- 21 1.402
- vée) g. Atschinsk (gouvernement de 32 1.667 54 33 898,8
- Yénisseïsk; propriété privée). h. Yénisseïsk, partie méridionale (gouvernement de Yénis- 24 786 16 27 273,3
- seïsk; propriété privée) i. Yénisseïsk, partie septentrionale (gouvernement de 63 5.878 164 3 2689,7
- Yénisseïsk; propriété privée). k. Mariinsk (gouvernement de 79 9.039 394 » 6459,0
- Tomsk; propriété privée).... I. Altaissk (gouvernement de 81 1.449 25 5 411,9
- Tomsk; propriété privée).... m. Altaissk (gouvernement de Tomsk, propriété de S. M. l’Empereur) n. Ssémipalatinsk (lavages du 1 18 » 15 6,1
- 17 3.243 85 4 1395,1
- Tarbagataï; propriété privée). o. Yékaihérinbourg (gouverne- ment de Perm; propriété de 8 1.062 5 38 97,5
- l'Etat) p. Goroblagodat (gouvernement de Perm; propriété de 35 1.185 40 10 659,8
- l’État) q. Bogosslowsk (gouvernement » » » ©
- de Perm; propriété de l’Etat ) r. Zlatooust (gouvernement d’Orenbourg, propriété de 38 1.356 25 17 416,8
- 1 État) s. Béresowo (gouvernement d’Orenbourg; propriété de 38 1.586 43 21 713,5
- l’Etat) t. Lavages du gouvernement d’Orenbourg et du pays des cosaques de l’Oural (propriété 1 67 » 12 4,9
- privée) u. Lavages du gouvernement 205 10.975 84 18 1384,4
- de Perm (propriété privée).. 39 8.764 136 29 2313.1
- Total • 745 57.957 1.459 p. 8 1. 23 920 kil. = 239quint. 20k.
- La valeur totale de la production de l’or, d’après les prix établis par la couronne qui achète tout le produit des lavages en général, est de 19.307.112 roubles (77.228.4 48 francs). Les lavages les plus avantageux sont ceux du district d'Olek-
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- minsk, de Bargousinsk et de Zlatooust. Puis viennent ceux de l’Altaï. Les données sur le produit des lavages du district de Goroblagodat manquent depuis 1861. Autrefois ils rapportaient de 4 à 5 pouds (environ 80 kilogrammes). Dans la Sibérie orientale on vient de trouver, sur les bords de plusieurs affluents de l’Amour, ainsi que dans plusieurs endroits du gouvernement d’Irkoutsk et de la province de Yakoutsk, des gisements qui promettent une riche exploitation. En général, la production d’or n’augmente pas depuis 1850, comme le prouvent les chiffres suivants :
- ANNÉES. PRODUIT DES LAVAGES. VALEUR.
- En pouds. En kilogrammes. Roubles. Francs.
- 1830 360 p. 8 1. 5.904.9 4.665.920 18.663.680
- 1840 567 39 9.311,0 7.515.246 30.060.984
- 1850 1.453 32 23.872,8 19.235.936 76.943.744
- 1860 1.457 16 23.891,8 19.283.428 77.133.712
- 1861 1.456 5 23.870,9 19.265.986 77.063.944
- 1862 1.460 29 23.946,3 19.318.915 77.275.660
- 1863 1.459 8 23.920,0 19.307.112 77.228.448
- 2. Platine. Le platine se trouve dans les mines de l’Oural et principalement à Nijné-Taguilsk et dans le district du Goroblagodat. Depuis que le gouvernement a cessé de frapper de la monnaie en platine, la production s’est arrêtée et varie actuellement de 30 à 140 pouds. En 1860, la production était de 60 pouds, en 1861 de 105, en 1862 de 142, en 1863 de 30.
- 3. Argent et plomb. Les mines d’argent et de plomb se trouvent dans le district de Nertschinsk, dans celui de l’Altaï et au Caucase (mines d’Alaghir). Toutes les mines d’argent et de plomb sont la propriété de S. M. l’Empereur; les mines d’Alaghir appartiennent à l’État. Dans les derniers temps, les
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- PRODUITS DES MINES.
- particuliers ont commencé à exploiter les mines d’argent et de plomb dans la steppe des kirghiz (Karkaralinsk). En 1863 la production a donné :
- DISTRICTS. ARGENT. PLOMB.
- Pouds. Kilogrammes. Pouds. Quintaux. |
- I Nertschinsk I A ltaï 1 Mines d'Alaghir Mines de la steppe des kirghiz 1.044 p. 29 1. 7 21 25 20 » 35 17,123,3 123,4 418,0 13,5 64.902 631 5.210 977 10.817 105 868 162
- Total 1.078 p. 25 liv. 17,678,2 71.720 11.952 |
- Valeur de l’argent au titre légal : 852.410 roubles (3.409.640 francs). Valeur totale du plomb : 145.000 roubles (580.000 francs).
- 4. Cuivre. La production du cuivre en Russie excède les besoins de la consommation intérieure. A l'exception des mines de 1 Altaï, qui sont la propriété de S. M. l'Empereur et qui lapportent en moyenne de 20 à 30.000 pouds, presque toute la production appartient à l’Oural. Le nombre des mines était, en 1863, de136; le nombre des travailleurs employés de 11.000, la quantité produite de 286.000 pouds (47.666 quintaux). A raison du prix moyen de 9 roubles par pond (54 roubles ou 216 francs par quintal), la valeur de la production du cuivre est de 2.600.000 roubles (10.400.000 francs).
- 5. Zinc. Le produit de 1 exploitation du zinc dans le royaume de Pologne s’élève en moyenne à 210.000 pouds (35.000 quintaux) représentant, au prix de 2, roubles le poud (15 roubles ou 60 francs le quintal métrique), une valeur de 525.000 roubles (2.100.000 francs).
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- PRODUITS DES MINES.
- 6. Fer. A l’exception des mines de Nertschinsk et de l’Altaï, qui sont la propriété de S. M. l’Empereur, toute la production de fer appartient à la Russie d Europe. Les principales mines de fer se trouvent dans les gouvernements de Perm (371), de Viatka (661), d’Orenbourg (31), d'Olonetz (45) et de Vologda (47). De plus, ily a des mines dans presque tous les gouvernements du centre et dans le pays des cosaques du Don; mais la production de ces gouvernements, à l'exception de celle du gouvernement de Nijoi-Novgorod, est insignifiante
- - en comparaison avec la production de la chaîne de l’Oural (Perm et Orenbourg), qui fournit plus de 90 % de la valeur totale. En 1863, la production était de 14.904.364 ponds de fonte de fer (2.450.727 quintaux). Mais cette production est au-dessous de la moyenne qui, pour les dernières années, était de 17.000.000 de pouds de fonte (2.833.000 quintaux). Au prix moyen fixé sur les lieux de la production (70 cop. par poud, ou 17 francs par quintal), la valeur de la production de fer de fonte pour la Russie serait de 11.900.000 roubles ou de 47.600.000 francs. Il faut ajouter encore près de 4 millions de pouds produits dans le royaume de Pologne, ce qui porte la valeur totale de la production à 21 millions de pouds d’une valeur de 15 millions de roubles. Quelque considérable que soit cette exploitation prise en elle-même, elle est insuffisante pour les besoins d’une population de 77.000.000 d a-mes. Les fers russes sont excellents et propres à tous les usages, mais d’un prix très-élevé qui les rend inaccessibles à la masse du peuple. La principale cause de la cherté des fers, c’est la concentration des mines à l’extrémité de l’empire, à une grande distance des principaux centres de consommation, et l’absence du combustible minéral dans de bonnes conditions d’exploitation. La plus grande partie du
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- PRODUITS DES MINES.
- fer russe est travaillée au bois. Vu la qualité excellente des fers de l’Oural, ils sont recherchés en Europe où la Russie en exporte annuellement pour quelques centaines de mille de roubles. L’importation du fer de l’étranger en Russie monte à une valeur de 4 millions de roubles (3 millions de pouds); en outre, on importe annuellement pour 16 millions d’articles en fer, tels que machines, faux, instruments, coutellerie, rails, etc.
- 7. Houille. L’industrie houillère date de 25 ans environ
- et jusqu’à présent n’a donné que des résultats médiocres. Les principaux gisements se trouvent dans le bassin du Donetz etconsistent en anthracite excellent, mais l’exploitation est loin d’être parfaite. Dans le gouvernement d'Yékathérinoslaw (district de Bakhmout) et dans les environs de Moscou se trouvent des gisements de houille qui promettent un riche butin. Au Caucase on exploite la houille sur les bords du Kouban. Enfin, ily a fort peu de temps qu’on a découvert des gisements de houille près de la chaîne de l’Oural, dans l’Altaï et dans la steppe des kirghiz de la Sibérie. Dans la Sibérie orientale on a commencé à exploiter la houille depuis 1862 (province du littoral). Le produit de l’industrie houillère varie annuellement, comme l’indique suffisamment la table suivante :
- 1860. 1861. 1862. 1863.
- Bassin de Moscou 631.250 1.134.785 740.040 1.318.893
- Bassin du Donetz 6.009.456 10.204.61s 7.050.871 6.410.218
- Bassin de l’Oural 408.061 442.453 294.446 726.134
- Bassin de l’Altaï 55.000 230.745 145.600 227.180
- Steppe des kirghiz 185.120 166.151 237.395 363.287
- Bassin du Kouban » 200.700 170.060 147.320
- Littoral de la Sibérie orientale » » 365.615 517.774
- Total 7.288.887 12.379.452 9.005.927 9.710.766
- Par conséquent, la moyenne de la production de la houille peut être estimée à 10.000.000 de pouds (1.600.000 quin-
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- PRODUITS DES MINES.
- taux), dont pour la Russie d’Europe plus de 7 millions (1.160.000 quintaux). Valeur totale de la production, à raison de 5 cop. par poud, environ 500.000 roubles (2.000.000 de francs).
- 8. Sel. La Russie abonde en sel de toute espèce et pourrait en approvisionner le double de la population actuelle, mais par suite de la situation géographique des lieux de production, le transpoit est si couteux que plusieurs provinces préfèrent avoir recours à l’importation étrangère. La Russie produit trois sortes de sel: le sel gemme, le sel provenant des lacs salants et le sel d usine. Le sel gemme se trouve dans la chaîne de l’Oural, dans les gouvernements de Perm et d’Oren-bourg, surtout près de la forteresse d'lletzk, dans la steppe des kirghiz. En outre, on le trouve au Caucase, dans le gouvernement d’Eriwan. Les lacs salants se trouventle long de la cote de la mer Noire et de la mer d'Azoff, dans les steppes situées entre le Volga, l’Oural et l'Emba, et en Sibérie. Le plus considérable est le lac Elton (gouvernement de Saratofr), qui fournit annuellement de 4 à 7 millions de pouds de sel. Quant au sel d usine, obtenu au moyen de l’évaporation, les principaux lieux de production sont : La Transbaïcalie, les gouvernements d’Irkoutsk, de Yénisseïsk, d'Arkhangel, de Vologda (Ssol-Wytschégodsk), de Novgorod (Staraya-Roussa) et surtout le gouvernement de Perm (Diédioukine).
- On peut estimer la quantité de sel gemme produit annuellement à 2.200.000 pouds, le produit des lacs salants à environ 18 millions de pouds et le produit des sauneries à 8 millions. Total de la production : 28 millions de pouds (ou 4.666.000 quintaux), représentant (à raison de 15 copecks le poud, ou 3 fr. 50 cent, le quintal) une somme de 4.200.000 roubles ou 16.800.000 francs.
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- PRODUITS DES MINES.
- La production du sel gemme et des sauneries est assez constante et augmente peu à peu. Quant à celle des lacs salants, qui contiennent une quantité inépuisable de sel, elle varie chaque année. Le lac Elton a donné, en 1854 et 1855, 13 millions de pouds par an; en 1852, 1853 et 1856, 7 millions; en 1857 et 1858, 1 million seulement, et pendant la dernière période quinquennale, de 4 à 5 millions. Les lacs salants de la Crimée présentent tantôt une production de 18 millions de pouds, qui tombe parfois à quelques centaines de mille. Pendant les années de guerre, quand l’importation était arrêtée, la production de sel a notablement augmenté. En 1855 et 1856 elle est monté de 26 millions à 32 et 38 millions de pouds. En 1862 elle était de 45 millions et en 1863 de 31 millions de pouds. Preuve que ce n’est pas le manque de sel, mais la difficulté de le transporter, qui oblige les provinces de l’ouest et la Pologne à faire venir pour leur consommation 7 millions de pouds environ de l’étranger.
- RÉCAPITULATION DES PRODUITS DU RÈGNE MINÉRAL.
- Désignation
- Or...............................................
- Platine..........................................
- Argent.................. ........................
- Plomb............................................
- Cuivre...........................................
- Zinc.............................................
- Fer..............................................
- Houille..........................................
- Sel..............................................
- Total...............
- Valeur totale
- en roubles en francs.
- 19.000.000 76.000.000
- )) »
- 850.000 3.400.000
- 145.000 580.000
- 2.600.000 10.400.000
- 525.000 2.100.000
- 15.000.000 60.000.000
- 500.000 2.000.000
- 4.200.000 16.800.000
- 42.820.000 171.280.000
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- X
- INDUSTRIES QUI SE RATTACHENT A LA PRODUCTION DES MINES ET DU RÈGNE MINÉRAL.
- 1. Fabrication des métaux. Dans la fabrication des métaux, le fer, comme partout, joue le premier rôle. Il a été déjà dit plus haut qu’à l’exception de quelques centaines de mille pouds, tout le produit des mines, environ 17 millions de pouds, et de plus une quantité notable de fer étranger (environ 3 millions de pouds), suffisent à peine pour couvrir les besoins de la population. Pour accommoder cette quantité aux différents usages, il existe en Russie un nombre considérable de forges et de fabriques, répandues sur toute la superficie de l’empire. En fixant la valeur de la fonte brute a 16 millions de roubles, il reste à déterminer la valeur que cette matière reçoit par la fabrication et le nombre de bras occupés par cette dernière. Une grande partie de ces travaux se fait aux mines mêmes; ainsi, il a été déjà dit que les trois quarts de la fonte se transforment en fer forgé, avant de quitter les lieux de production. La fabrication des gros objets de fonte, comme enclumes, ancres, gros clous, etc., s’exécute aussi en partie aux mines. Indépendamment de cette production, on
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- 150 INDUSTRIES DU RÈGNE MINÉRAL.
- compte 125 usines, qui s’occupent exclusivement de la fabrication d’objets en fonte, pour une valeur de 4.500.000 roubles. Ces usines se trouvent dans tous les gouvernements, mais surtout dans Perm, Kalouga, Tamboff et Vladimir. Pour la fabrication d’objets forgés, il existait 181 établissements (Perm, Arkhangel, Nijni-Novgorod, la Volhynie, etc.); mais la valeur des produits de ces établissements, qui occupaient 4500 travailleurs, n’est évaluée qu’à 2.122.000 roubles. Cette évaluation est évidemment trop modeste et s explique par 1 habitude des industriels d’indiquer le minimum de leur production. D après quelques calculs, faits à la foire de Nijni-Novgorod, il faudrait au moins tripler cette somme pour approcher de la vérité. Puis viennent 108 établissements qui s’occupent de la fabrication de machines et d’instruments d’agriculture. Les principaux de ces établissements se trouvent à Saint-Pétersbourg, Moscou et Nijni-Novgorod. Ils occupaient 17.000 travailleurs et fabriquaient des objets pour la valeur (officielle) de 16.500.000 roubles (66 millions de francs). Pour la fabrication de faux et faucilles il y a plusieurs fabriques dans le gouvernement de Perm et une importante à Zlatooust. La valeur de cette production est inconnue. La fabrication des armes à feu et des armes blanches se fait à Zlatooust et à Toula (valeur inconnue). Ily a des fabriques de fer-blanc à Moscou, età Saint-Pétersbourg; des fabriques d’aiguilles à Moscou, en Cour-lande, a Riasan; des fabriques de différents menus objets à Saint-Pétersbourg, à Moscou, en Livonie et dans les gouvernements de l’ouest. Nijni-Novgorod compte 37 établissements de serrurerie avec 4.000 travailleurs; Vladimir, Perm, Toula et Saint-Pétersbourg en comptent encore 26 avec 2.000 travailleurs. La valeur des objets de serrurerie fabriqués était
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- INDUSTRIES DU RÈGNE MINÉRAL.
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- (officiellement) de 1 million de roubles. Valeur totale de la fabrication des fers, dans 51.2 établissements avec 42.000 travailleurs — environ 28 millions de roubles, ou 112 millions de francs. Reste à déterminer la valeur des produits de paysans et de différents métiers et professions qui mettent le fer en œuvre. Toute la coutellerie et une grande partie de la serrurerie se font à la main dans les villages, surtout dans les gouvernements de Nijni-Novgorod et de Riasan. Plus de 40 villages du gouvernement de Nijni-Novgorod s’occupent exclusivement de coutellerie. Les villages de Worsma et de Pawlowo ont acquis dans cette partie une juste renommée. En général, la valeur de la fabrication des fers, en dehors des grands établissements et des fabriques, peut être estimée à près de 25 millions (100 millions de francs), ce qui donne pour la fabrication en général 53 millions de roubles, ou 212 millions de francs : valeur triple du prix primitif de la fonte.
- Après la fabrication des fers, la place la plus importante appartient à la fabrication du cuivre et du bronze. La confection de divers ustensiles de ménage en cuivre : chandeliers, lampes, bouilloires, cafetières, cuvettes, balances, etc., est une des plus anciennes et des plus avancées. Les bouilloires (samovars) sont très-répandus. Quant à la fabrication de bronzes, elle se trouve dans un état moins prospère. D’après les renseignements officiels, on comptait, en 1864, 161 établissements, avec 5 à 6.000 ouvriers, qui produisaient des articles en cuivre et bronze, pour une valeur de 2.639.000 roubles.
- En tenant compte des produits en cuivre et bronze fabriqués pour le compte de l’État, tels que canons, et des produits en laiton (cuivre et zinc), dont on vend pour 1 million
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- INDUTRIES DU RÈGNE MINÉRAL.
- de roubles à la seule foire de Nijni-Novgorod, la production totale d’articles en cuivre doit être portée au moins à 7 millions de roubles. La fabrication des produits en métauxpré-cieux et 1 orfévrerie sont assez répandus, surtout dans le nord, dans le gouvernement de Vologda (Oustioug et Totma). Les ornements d’église jouent le premier rôle. Au Caucase on fabrique des armes de luxe, à Saint-Pétersbourg et à Moscou des ouvrages en argent ciselé. Les produits en argent plaqué et en maillechort argenté se fabriquent en assez grande quantité à Varsovie, Saint-Pétersbourg et Moscou. Valeur totale de la fabrication des métaux précieux: de 7 à 8 millions de roubles, dont 3 millions pour la façon et le travail. Nombre des ouvriers: 4 à 5.000.
- 2. Matériaux de construction. La briqueterie laisse beaucoup à désirer sous le rapport d’économie de la fabrication; e est pourquoi ses produits sont assez chers. On comptait, en 1864, 1584 établissements fixes pour la fabrication des briques, avec 13.300 ouvriers et une production de 2.800.000 roubles (valeur officielle). Le nombre des briqueteries et leur production varient selon les gouvernements. La première place appartient aux gouvernements de Saint-Pétersbourg, Moscou, Kharkow, Yékathérinoslaw, Nijni-Novgorod et lauride. En général, à l’exception des gouvernements de Moscou et de Saint-Pétersbourg, le sud produit deux fois autant que le nord, qui supplée à la brique par du bois. La fabrication de la chaux comptait 102 établissements avec 950 ouvriers et un produit de 500.000 roubles (2 millions de francs). En ajoutant encore quelques industries qui se rattachent aux deux susmentionnées, on arrive à un produit total de 4 millions de roubles (16 millions de francs) au moins.
- 3. Poterie ordinaire, poterie de grès, faïence, porcelaine. —
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- INDUTRIES DU RÈGNE MINÉRAL.
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- Les matières premières servant à cette branche de fabrication se trouvent principalement dans le gouvernement de Moscou (village de Gjel près de Bronitzy) et dans le gouvernement de Tchernigoff (district de Gloukhoff). La terre glaise de Gjel est travaillée pour la plupart à Gjel et à Moscou par des paysans travaillant à la tâche et très-grossièrement. L’argile de Gloukhoff se vend aux fabriques de Saint-Pétersbourg et de Moscou, qui récemment ont fait des progrès notables dans la fabrication de la faïence et de la porcelaine. Le quartz et le spath, nécessaires à ces produits, sont tirés de la Finlande. En 1864, on comptait 246 poteries ordinaires, dont les plus considérables appartenaient aux gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Moscou et à la Livonie. Puis venait Kharkow, Yaroslaw et Orël. Le nombre des ouvriers était de 1.250, la valeur des produits inconnue. Dans la même année fonction-naient 19 fabriques de faïence et 24 de porcelaine, avec 3.000 ouvriers. Les principales fabriques de porcelaine se trouvent à Moscou, Saint-Pétersbourg, Vladimir et en Livonie.
- Valeur approximative de toute la fabrication : environ 3 millions de roubles (12 millions de francs.)
- 4. Verreries, glaces, et cristaux. La fabrication de verres, cristaux et glaces fait des progrès rapides depuis 20 ans, et le nombre des fabriques, ainsi que la valeur de la production, ont presque doublé dans cet espace de temps. Actuellement, on compte 227 fabriques avec 11.000 ouvriers, produisant pour une valeur de 4.950.000 roubles, d’après les renseignements officiels. Prenant en considération la nature des renseignements, on peut estimer le total de la valeur à 7 millions de roubles (28 millions de francs) au moins. D’après les provinces, cette somme se répartit principalement entre Vladimir (plus d’un milion de roubles), Saint-Pétersbourg, Riasan, Orël et Livonie
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- INDUSTRIES DU RÈGNE MINÉRAL.
- (de 400 àG00.000 roubles chaque.) Une production de 100à 300.000 roubles existe à Moscou, Nijni-Novgorod, Mohileff, Novgorod, Smolensk, Tver, Viatka, Kasan et Kalouga. En Pologne, c’est le gouvernement de Lublin qui produit le plus de verrerie. C’est encore la difficulté des transports qui est cause que les verreries russes, tout en rivalisant avec les produits étrangers quant à la qualité, se vendent pourtant un peu plus cher.
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- XI
- PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BETAIL.
- DÉNOMBREMENT DU BÉTAIL EN 1864.
- GOUVERNEMENTS. CHEVAUX. BETES A CORNES. MOUTONS PORCS.
- ORDINAIRES. MÉRINOS.
- Arkhangel 40.624 90.075 94 649 662
- Olonetz 52.888 106.002 93.033 » 8.152
- Vologda 196.790 353.261 261.269 » 33.224
- St-Petersbourg 134.706 191.898 90.683 17.347
- Pskoff 191.520 355.001 214.034 200 97.628
- Novgorod 241.194 452.814 250.737 60.490
- T ver 327.214 442.784 358.771 20 45.628
- Yaroslaw 181.907 329.891 334.710 10 3.547
- Kostromà 269.886 423.664 503.736 22.898
- Vladimir 241.191 276.032 327.477 2 576 25.265
- Moscou 273.373 273.634 317.750 311 38.329
- Smolensk 407.228 513.700 488.316 391 199.927
- Kalouga 227.327 244.980 342.625 » 168.333
- Toula 349 068 210.314 562.494 18.573 143.127
- Orël 519.108 355.662 816.691 15.029 343.108
- Koursk 663.967 426.498 926.801 85.655 439.293
- Tschernigoff 418.502 396.563 715.775 70.483 473.523
- Poltawa 165.514 616.636 997.431 706.675 541.559
- Kharkoff. 228.567 651.095 661.505 579.293 421.933
- Voronège 561.713 726.541 1.557.645 368.592 398.191
- Riasan 427.663 307.579 856-492 9.571 259.194
- Tamboff 801.176 424.119 1.262.907 155-816 366.038
- Pensa 453.779 299.461 627.715 88.126 244.091
- Nijni-Novgorod 267.246 264.179 566.564 12.055 99.195
- Kasan 466.776 362.417 1.125.490 5.298 202.384
- Viatka 668.184 788.755 1.272.361 .532 316.239
- Perm 844.555 791.543 933.807 .767 256.555
- Orenbourg 984.586 607.035 1.041.961 30.680 155.181
- Ssimbirsk 336.200 276.306 808.945 36.028 108.569
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- 156 PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL.
- GOUVERNEMENTS. CHEVAUX. BÊTES A CORNES. MOUTONS I PORCS.
- ORDINAIRES MÉRINOS.
- Ssaratoff 468.433 479.205 975.171 473.430 144.156
- Ssamara 757.713 467.352 1.364.411 122.406 183.909
- Astrakhan 203.844 535.324 1.521.757 .600 49.737
- 1 Esthonie 67.921 182.569 125.785 120.547 51.436
- Livonie 147.638 381.270 300.556 51.101 151.126
- Courlande. 154.590 448.370 497.400 16.580 154.585
- Vitepsk 207.040 393.277 262.971 3.368 211.324
- Mohileff 284.878 366.179 334.813 17.660 249.814
- Kovno 228 075 507.147 266.383 3.701 190.875
- Vilna 176.142 296.604 151.948 26.001 214.217
- Grodno 95.859 360.985 331.535 217.508 222.996
- Minsk 127.705 455.798 315.511 127.852 254.198
- Volhynie 278.327 530 346 488.711 473.498 393.274
- Podolie 187.071 432.451 554.221 217.876 375.080
- Kieff 135.940 531.442 618.827 148.554 327.361
- Bessarabie 97.527 344.970 758.249 279.965 149.860
- Kherson 118 041 575.660 651.056 2.835.143 165.940
- I Tauride 106.913 339.286 827.403 1.941.412 84.971
- | Yekathérinoslaw ... .. 127.509 740.128 817.981 2.378.415 219.943
- P. des cosaq. du Don. 304.016 1 .061.501 2.245.668 » »
- Total 15.217.634 20 .988.300 32.127.731 11.642.289 9.285.412
- GOUVERNEMENTS. Sur 100 habitants (hommes) on comptait : Sur 100 dessiatines de prairies on comptait :
- Chevaux. | Bêtes à cornes. Moutons ordinaires. Mérinos, j Chevaux. Bêtes à cornes. Moutons ordinaires. Mérinos, |
- Arkhangel 29 67 69 33 72 76
- Olonetz 37 75 65 60 120 105 »
- Vologda 42 76 56 » 43 78 58 »
- St-Pétersbourg 21 29 11 38 40 17
- Pskoff 54 101 60 » 52 110 66
- Novgorod 49 92 51 51 96 53
- T ver 44 61 49 » 25 34 28 »
- Yaroslaw 41 78 79 » 33 54 »
- Kostromà 54 85 101 » 88 138 164 »
- Vladimir 41 47 56 » 86 98 113 »
- Moscou 34 34 40 » 91 91 105 ))
- Smolensk 73 95 90 » 48 60 57 »
- Kalouga 48 52 74 » 73 79 111 »
- Toula . 61 38 98 3 116 70 187 6
- Orël 69 47 108 2 129 88 204 4
- Koursk 72 47 102 9 167 107 234 21
- Tschernigoff 57 54 98 10 67 64 115 11
- Poltawa 18 65 106 75 11 41 61 47
- Kharkow 29 82 83 72 15 43 44 38
- Voronège 69 76 64 39 50 64 139 32
- Riasan 60 44 121 1 118 85 237 9
- Tambofi 81 47 128 16 106 56 168 2
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- PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL.
- 157
- Sur 100 habitants (hommes) on comptait :
- Sur 100 dessiatines de prairies, on comptait :
- GOUVERNEMENTS. Chevaux. Bêtes à cornes. Moutons ordinaires. Mérinos. Chevaux. Bêtes à cornes. Moutons ordinaires. Mérinos.
- I Dondo • • 79 52 109 15 90 59 125 17
- Nijni-Novgorod I 43 59 43 41 92 143 2 » 95 103 93 80 202 249 4 »
- I Viotlo ... 64 75 122 » 123 149 238 »
- Perm 83 78 92 » 32 30 35 »
- 107 66 112 3 29 17 30 »
- Oremouo Gaimhirck . 48 58 141 6 75 62 181 8
- 57 59 120 59 14 14 29 14
- oSaloton Caamara . 91 56 164 15 25 17 55 5
- Doddo Alirolhan . 106 280 796 » 20 54 155 »
- ASIdns- 44 119 82 78 18 49 33 32
- LSUOLV Tini 32 85 66 11 24 62 49 8
- lyom-doeo Anrlonde 56 164 182 6 48 117 199 4
- Tilonck 54 103 61 1 123 235 156 »
- VICCpor' • • ° Mhiloff 63 81 75 4 84 108 99 5
- KovnO 44 98 51 » 46 102 53 »
- Vilna 39 66 34 5 30 51 26 2
- (rodno , 21 79 73 49 23 88 81 53
- Minsk 23 98 61 25 16 58 32 16
- Volhynie , 36 69 64 62 36. 67 62 59
- Dodolie 20 46 59 23 30 70 89 35
- Kieff .. 13 53 61 15 29 113 132 32
- Bessarabie... • 18 63 139 51 9 31 68 25
- Kherson 17 83 94 408 4 22 25 112
- Tauride • 33 103 227 606 3 12 29 69
- Yékathérinoslaw.... 21 122 135 391 4 25 28 81
- P. des cosaq. du Don 64 225 475 » 34 12 25 »
- Moyenne 51 70 107 39 » » » »
- Les chiffres du premier tableau ne se rapportent qu’à la Russie d’Europe. Au Caucase on a compté, en 1856, 469.522 chevaux, 2.024.022 bêtes à cornes, 4.425.443 moutons et 428.375 porcs. Pour la Sibérie, le nombre des chevaux était de 3.036.011, le nombre des bêtes à cornes 2.463.013, le nombre des moutons 6.250.651 et le nombre des porcs 516.990. En outre, on comptait environ 1.700.000 chèvres, 60.000 cha-meaux(dont30.000 en Europe, au gouvernementd’Orenbourg, d'Astrakhan et de la Tauride) et environ 1 million de rennes (dont 680.000 en Europe, dans les gouvernements d'Arkhangel, Vologda et Perm). Dans le nombre des moutons sont compris
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- 18.723.167 têtes.
- 27.475.335
- 42.804.025
- 11.642.289
- 10.230.777
- 1.700.000
- 60.000
- 158 PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL.
- plusde 11.600.000 mérinos et brebis à laine fine. En addition-nant tous ces chiffres, on obtient pour tout l'empire, sans la Finlande et la Pologne, les sommes suivantes :
- Race chevaline................
- Race bovine...................
- Race ovine ordinaire..........
- Mérinos, etc..................
- Race porcine..................
- Chèvres.......................
- Chameaux......................
- Rennes........................
- La proportion de 1 étendue des prairies sert à déterminer le nombre des animaux domestiques et l'importance de leur élève. De même que la population russe fait fort peu pour le développement et pour 1 amélioration des prairies, elle n’accorde que peu de soins à l’amélioration des races et à une éducation systématique. Dans la plupart des provinces, le bétail est chétif, de petite taille et en nombre insuffisant. Cela tient principalement au système agronomique généralement adopté en Russie, qui exclut la culture des plantes fourragères et laisse le bétail paître librement et sans surveillance. De là des épizooties, qui déciment cruellement les troupeaux, et le mauvais état du bétail, qui ne trouve qu’une nourriture uniforme et insuffisante et reste souvent exposé aux rigueurs du climat et de la saison. Dans les steppes, où le manque de prairies est moins sensible vu l’abondance des terrains libres pouvant servir de pâturage, on entretient un nombre très-considérable de bêtes à cornes, de chevaux et de moutons, en sacrifiant pourtant la qualité à la quantité. Aussi, c’est au sud qu’il faut chercher les lieux qui font de l’élève du bétail leur occupation principale et où cette occupation s’élève au rang d’industrie spéciale.
- Pour le nombre des chevaux, les gouvernements de Smo-
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- PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL. 159
- lensk Toula, Orël, Koursk,Voronège, Riasan, Tamboff, Pensa, Viatka Perm, Orenbourg, Ssamara, Astrakhan, ainsi que le ays des cosaques du Don, présentent la proportion la plus avantageuse. Les races les plus répandues sont: la race des steppes à laquelle appartiennent les chevaux du sud, du sud-est du pays des cosaques et du Caucase, race peu élégante, mais excellente pour la course et les fatigues; la race du centre, se distinguant par une taille plus élevée et par sa force- la race de Viatka, très-répandue dans tout le nord, petite de taille, mais forte et endurante; la race lithuanienne, petite, faible et abâtardie. La race du centre, améliorée par le croisement avec les chevaux arabes, anglais, etc., donne de magnifiques chevaux de cavalerie et de luxe et surtout des chevaux de courses (trotteurs). Le nombre total des haras est de 2.500 Le plus grand nombre se trouve dans les gouvernements de Tamboff, Kharkow, Yékathérinoslaw, Poltawa, Orël, et dans la Tauride. Les haras les plus importants pour les chevaux pur-sang sont ceux de Tamboff, Voronège (bords du Bitioug qui donne son nom à une race de chevaux de trait), Nijni-Novgorod (Potschinki), Koursk, Orël, Riasan, Toula, Pensa, Moscou.
- Quant à la race bovine, elle est assez nombreuse dans tout le nord et dans le nord-ouest, c’est-à-dire dans les gouver-
- nements d'Arkhangel, Vologda, Olonetz, Pskoff, Yaroslaw, Kostromà, Viatka, Perm, dans les provinces baltiques et dans quelques provinces de l’ouest. La meilleure race se trouve dans les gouvernements d’Arkhangel et de Vologda (race de Kholmogory) et dans les provinces baltiques. Le sud, c’est-à-dire Kherson, Yékathérinoslaw, la Tauride, le pays du Don et Astrakhan, présentent la plus grande proportion de gros bétail et, en général, une race très-bonne
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- 160 PRODUITS DE L'ÉLÈVE DU BÉTAIL.
- pour la boucherie et pour le produit du suif (race de Tscher-kassk). La même race se trouve en petit nombre dans les gouvernements de la Petite-Russie. Des troupeaux de bœufs, partant du sud, approvisionnent en viande Moscou, Saint-Pétersbourg et, en général., les villes du centre et du nord.
- Les principaux centres de la race ovine se trouvent au sud, à Poltawa, Kharkow, Kherson, Yékathérinoslaw, en Bes-sarabie, en Tauride et, au sud-est, dans Ssaratoff, Ssamara et Astrakhan. Dans les gouvernements de la première catégorie, les races améliorées prédominent, et on compte plus de la moitié de mérinos et de moutons à laine fine. Dans le sud-est on ne trouve que des moutons ordinaires, et surtout la race kirghiz à queue de graisse, donnant une laine très-grossière, mais beaucoup de suif. L’élève de brebis à laine fine fait des progrès remarquables, non-seulement dans le sud, mais dans presque tous les gouvernements du centre et de l’ouest, surtout dans les provinces baltiques.
- Les produits livrés à l’industrie par l’élève du bétail en général consistent en viande, laitage, suif, peaux, poils et laine.
- Le produit en viande se calcule d’après le nombre des bœufs, vaches, veaux et moutons abattus annuellement. Ce nombre n est pas connu exactement et ne peut être déterminé qu’approximativement. Il faut compter qu’au moins 3.500.000 pièces de gros bétail sont livrées à la boucherie, dont 2.200.000 bœufs et 1.300.000 vaches. Le nombre des veaux tués est, en moyenne, de 4 millions; le nombre des moutons, de 12 millions. En comptant, d’après des données authentiques, pour chaque pièce de gros bétail, en moyenne, 450 livres de viande et 60 de suif (un bœuf donne 550 livres de viande et 100 livres de suif; une vache 250 à 300 livres
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- PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL. 161 de viande et 150 livres de suif), on obtient un produit total de 44.000.000 de pouds de viande et 5.200.0000 pouds de suif. Les 4 millions de veaux peuvent donner, à raison de 80 livres la pièce, 8 millions de pouds. En comptant le mouton à 30 ou 40 livres de viande et 10 livres de suif, on obtient encore la valeur de 10.500.000 pouds de viande et de 3.000.000 de pouds de suif. Reste le produit en viande des porcs, qu’on peut estimer, en comptant 6 millions de porcs tués annuellement, à 12 millions de pouds.
- Les prix de la viande sont très-variables, et ont surtout augmenté pendant les derniers temps. En général, on ne saurait estimer la viande àmoins de 4 cop. la livre, ce qui donnerait pour la consommation annuelle (70.500.000 pouds ou environ 40 livres par tête), une valeur de 112 millions de roubles (448 millions de francs).
- D’après les données susmentionnées, la production annuelle du suif serait de 8.200.000 pouds, ce qui, à raison de 3 roubles 50 copecks par poud, donnerait une valeur de 28.700.000 roubles (114.800.000 francs). Sur cette quantité, on exporte annuellement de 3 à 4 millions. Le reste (5 millions de pouds environ) est livré à l’industrie intérieure. Le nombre des peaux, provenant du bétail tué, serait de 20.500.000, dont 1.000.000 de peaux de cheval (déduction faite des peaux perdues), 2.200.000 de bœufs, 1.300.000 de vaches, 4.000.000 de veaux et 12.000.000 de moutons. A raison de 1 rouble par peau brute, la valeur totale du produit des peaux serait de 20 millions de roubles (80 millions de francs). Sur cette quantité on exporte annuellement pour 1 million de peaux brutes. Le reste est livré à la fabrication intérieure.
- D’après les calculs les plus vraisemblables, le produit an-
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- PRODUITS DE L’ÉLÈVE DU BÉTAIL.
- nuel en laine peut être fixé à 2 74 livres par mouton, ce qui donnerait pour 42.000.000 de moutons ordinaires (avec la Sibérie et le Caucase) environ 2.800.000 pouds de laine ordinaire, et pour 11.000.000 mérinos, environ 790.000 pouds de laine fine. Le prix de la laine ordinaire est de 3 à 7 roubles le poud; celui de la laine fine de 10 à 16 roubles et plus. En comptant, en moyenne, 5 roubles pour la laine ordinaire et 13 roubles pour la laine fine, la valeur totale de la laine brute serait de 24 millions de roubles (96 millions de francs). L’exportation à l’étranger des laines russes augmente chaque année et absorbe annuellement de 1.200.000 à 1.400.000 pouds, dont 400.000 pouds de laine fine, pour une valeur de 15 à 17 millions de roubles (60 à 68 millions de francs). Le reste de 2.200.000 pouds, d’une valeur de 7 à 8 millions de roubles, est livré à la fabrication intérieure.
- La valeur de la soie de porc, du crin et des poils, peut être estimée à 6 millions de roubles. Plus de la moitié de cette production est exportée à l’étranger (100.000 pouds de soies de porcs, soit 3 millions de roubles, et pour 600.000 roubles de crin).
- La valeur totale des produits bruts de l’élève du bétail, sans compter le laitage, dépasse 190 millions de roubles (760 millions de francs).
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- XII
- INDUSTRIES QUI SE RATTACHENT A LA PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL.
- 1. Fabrication du suif : savon, chandelles, stéarine. La préparation du suif par la fonte se fait dans 695 établissements employant de 6 à 7.000 travailleurs et dont le produit ne peut être évalué au-dessous de 24 millions de roubles. Les fonderies de suif se trouvent principalement dans les gouvernements qui s’occupent de préférence de l’élève du gros bétail et de la race ovine; c’est-à-dire dans les gouvernements du sud et surtout du sud-est. Perm compte 23 grandes fonderies, Orenbourg 35, Ssamara 79 (pour la plupart très-considérables), Ssaratoff 23. Dans la Nouvelle-Russie, Yékathérinoslaw occupe la place la plus importante, avec 34 fonderies; Kherson en a autant, quoique de moindre importance. Au centre, le gouvernement de Tamboff possède 61 fonderies, Voronège 62, Koursk 42, Kharkoff 30. Il faut encore ranger parmi les gouvernements qui produisent une grande quantité de suif: Tobolsk en Sibérie, avec 79 fonderies, et Saint-Pétersbourg, seulement avec 4, mais d’une production considérable. En général, la fonte du suif se fait en Russie, pour la plupart, à
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- 164 PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL.
- feu nu. On jette pêle-mêle dans les chaudières la graisse, les os et souvent des parties entières de l’animal.
- La fabrication intérieure consomme plus de la moitié de toute la quantité de suif produite en Russie, c’est-à-dire environ 5 millions de pouds. Cette fabrication comprend 575 fabriques de chandelles, avec 2.500 ouvriers; 312 fabriques de savon, avec 1.140 travailleurs; et 13 fabriques de stéarine, avec 2.019 travailleurs. Les meilleurs établissements pour la fabrication de ces produits se trouvent à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kasan, Riga et Odessa. La fabrication de la stéarine et des bougies de stéarine produit au moins 600 à 700.000 pouds(100 à 115.000 quintaux, représentant une valeur de 6 à 7 millions de roubles (24 à 28 millions de francs). Les plus grandes quantités de chandelles de suif se fabriquent à Moscou, Odessa, Saint-Pétersbourg, Kharkoff, en Livonie, à Kasan, Yaroslaw et Vladimir. La fabrication des chandelles produit annuellement au moins 1 million de pouds (166.000 quintaux), pour une somme de 6 à 7 millions de roubles (24 à 28 millions de francs). Le savon est fabriqué partout, mais principalement à Saint-Pétersbourg, Moscou, Kasan, Nijni-Novgorod, Koursk, Voronège, Orël, Pensa, Ssaratoff et Kharkoff. Les meilleurs savons sont ceux de Saint-Pétersbourg, Moscou et Kasan. Il est assez difficile de préciser la quantité du savon produit annuellement. D’après les renseignements officiels, cette production n’aurait qu’une valeur de 3 millions de roubles; mais, d’après des données plus exactes, il faut compter au moins le double, c’est-à-dire 6 millions (24 millions de francs), vu que la fabrication ne peut être au-dessous de 2 millions de pouds (330.000 quintaux). Valeur totale des produits de la fabrication du suif: environ 20 millions de roubles (80 millions de francs). Une partie mi-
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- PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL. 165 nime de ce total (25.000 pouds de stéarine) est exportée à l’étranger.
- 2. Fabrication des cuirs. Le nombre des peaux livrées annuellement à l’industrie a été évalué plus haut. Déduction faite de l’exportation, il reste pour la fabrication intérieure environ 19.000.000 de peaux brutes qui, après le tannage, représentent le poids de 3.150.000 pouds, ou 517.000 quintaux1 et la valeur de 34.650.000 roubles au prix moyen de 11 roubles par poud (le poud coûte ordinairement de 9 à 10 roubles, mais une partie de peaux de vache préparées en youftes, ainsi que les peaux de veau, se vendent à 12 et 13 roubles). Le tannage occupe environ 13.000 ouvriers, répartis en 2.473 établissements. Les plus considérables de ces établissements se trouvent à Saint-Pétersbourg, Moscou, Ka-louga, Orël, Tver, Kasan. Puis viennent les gouvernements de Perm, Viatka, Kostromà, Yaroslaw, Vladimir et les gouvernements de la Sibérie, Tobolsk et Tomsk. Dans le gouvernement de Tobolsk, qui compte 129 établissements, la seule ville de Tioumen produit pour plus d’un million de roubles de cuirs. Dans le gouvernement d’Orël, c’est la ville de Bolk-hoff; dans le gouvernement de Tver, Ostachkoff; dans celui de Kasan, Kasan; de Nijni-Novgorod, Arsamass, et dans le gouvernement de Vladimir, Mourom, qui, de concert avec les deux capitales, sont les principaux foyers de l’industrie des
- 1. 1.000.000 de peaux de cheval, à 12 livres = 300.000 pouds.
- 2.200.000 peaux de bœuf, à 40 livres = 2 200.000 pouds.
- 1.300.000 peaux de vache, à 20 livres = 650.000 pouds.
- 4.000.000 de peaux de veau, à 3 livres = 300.000 pouds.
- Ensemble....... 3.450.000 pouds.
- A déduire pour l’exportation des peaux brutes,environ.............................. 300.000 pouds.
- Reste............... 3.150.000 pouds.
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- 166 PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL.
- cuirs et surtout de la fabrication des youftes (cuirs imperméables) si renommés en Russie et dans toute l’Europe. Pour la préparation des maroquins, des peaux de renne, des peaux chamoisées, cuirs vernis, etc., il existe encore 114 établissements qui produisent pour plus de 4 millions de roubles. Les principaux de ces établissements se trouvent à Torjok (gouvernement de Tver), Moscou, Kasan, etToula. Quantaux peaux de mouton à poil dont on prépare en Russie une grande quantité, vu que les pelisses de mouton sont l’habillement d’hiver le plus usité du bas peuple, ce sont les gouvernements de Kalouga, Moscou, Kostromà, Kasan, Nijni-Novgorod et Viatka qui en fournissent la plus grande quantité. Au sud, c’est le gouvernement de Kharkoff qui fabrique le plus de peaux de mouton à poil. La fabrication n’est pas difficile et les peaux fabriquées se vendent à 1 rouble 50 cop. la pièce, ce qui donne pour toute la production une somme de 18.000.000 de roubles.
- Valeur totale du produit de la fabrication des cuirs : environ 56 millions de roubles (224 millions de francs), sans compter la valeur des industries qui ont pour objet principal les cuirs préparés, comme chaussures, harnais, articles de voyage, gants, etc. Ces industries, exercées en grande partie par les artisans des villes, doublent au moins la valeur du matériel primitif et portent la valeur de la fabrication des cuirs à 410 millions de roubles (440 millions de francs), déduction faite des cuirs exportés à l’étranger. Cette exportation comprend environ 40.000 ponds de youfte, destinés à l’Europe, et 60.000 de pouds de youfte et de cuir ordinaire, destinés à l’Asie. Valeur de l’exportation : environ 1.500.000 roubles (6 millions de francs).
- 3. Fabrication des tissus de laine. La quantité de laines brutes produite annuellement a été évaluée à 3.590.000 pouds, re-
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- PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL. 167 présentant une valeur de 24 millions de roubles. La laine des montons de race kirgbize, ainsi que de la plupart des races russes, est employée pour la fabrication de matelas, de chaussure feutrée et, en partie, pour la fabrication de draps orossiers à l’usage des paysans et des draps pour les troupes. La laine provenant des moutons des races de Tscherkassk, de Karatschaï, de Tzigaye (Bessarabie), et surtout celle des races améliorées et des mérinos, constitue un fonds important, dont un tiers est exporté, tandis que les deux autres tiers restent pour la fabrication intérieure. L’exportation des laines monte à 17 millions de roubles. Des établissements spéciaux pour le lavage et le nettoyage de la laine existent, au nombre de 33, en Bessarabie et dans les gouvernements de Kherson, Moscou, Kharkoff, Voronège, Tamboff et Ssim-birsk. Ils occupent 4.700 ouvriers et lavent pour environ 2.300.000 roubles de laine.
- La fabrication de lainages proprement dits comprend les branches suivantes : draps et tissus foulés, tissus en laine peignée, tapis, couvertures, bas, etc.
- La fabrication des draps est une des industries les plus importantes en Russie, vu qu’elle défraye presque toute la consommation intérieure et tend évidemment à évincer la concurrence étrangère. Pour les draps ordinaires cette concurrence n’existe plus. De plus, on vend une grande quantité de draps fins, fabriqués en Russie, sous le nom de draps anglais, de France, etc., ce qui prouve que la fabrication russe peut rivaliser, quant à la qualité, avec la draperie étrangère. En 1864 on comptait 397 fabriques de drap, avec 80.000 travailleurs (d’après d’autres données plus de 100.000). La fabrication donnait, en moyenne, 12 millions archines de drap de soldats (8.500.000 mètres), au prix moyen de 80 copecks l’archine
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- 168 PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL.
- (4 fr. 50 cent, le mètre), 10 million archines (7.100.000 mè-tres), de draps qualité moyenne, au prix moyen de 2 roubles l’archine (1 1 francs le mètre), et environ 500.000 archines de drap fin (355.000 mètres), au prix moyen de 4 roubles l’ar-chine (22 francs le mètre). En ajoutant environ 5 millions pour la valeur des autres articles en laine feutrée, comme fla-nelles, casimirs, châles ordinaires, etc., on obtient pour la valeur totale de la production des tissus en laine cardée la somme de 33 à 34 millions de roubles. Les principaux centres de la fabrication des draps sont :
- GOUVERNEMENTS. NOMBRE des fabriques. NOMBRE des ouvriers. VALEUR de la fabrication.
- Moscou 58 19.000 14.350.000
- Grodno 76 4.350 3.360.000
- Ssimbirsk 10 5EO
- Tschernigoff 15
- Livonie 5 2.700 1.517.000
- Kalouga 2 1.480 1.440.000
- Tamboff ...... 9 4.970 1.270.000
- Pensa 20 7 150 1.140.000
- Saint-Pétersbourg 3 1.520 1.100.000
- La fabrication des tissus en laine peignée compte 22 fabriques avec 2.190 travailleurs (les principales'à Moscou et à Saint-Pétersbourg), qui s occupent exclusivement du peignage et de la filature; mais le produit de ces fabriques ne suffit pas à la fabrication intérieure qui consomme, outre le produit des établissements indigènes, encore pour 4 à 5 millions de laine filée d origine étrangère et importée par le commerce étranger. Le nombre des fabriques, pour les tissus, éLaitde 11 7, avec 12.600 travailleurs, sans compter les ouvriers et les ouvrières occupés dans les villages et à la tâche. Le produit de ces fabriques, d’après les renseignements officiels, s’élevait à 7.360.000 roubles; mais prenant en considération la valeur de la laine filée, qui constitue le fond de la fabri-
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- PRODUCTION BRUTE DU RÈGNE ANIMAL. 139 cation des tissus, il faut estimer la valeur des tissus en laine peignée fabriqués en Russie à 10 millions de roubles (40 millions de francs), au minimum. Le centre de la fabrication de ces tissus se trouve à Moscou, qui compte 98 fabriques avec un produit (officiel) de 6.500.000 roubles. Saint-Pétersbourg, la Livonie, Grodno doivent être mentionnés en second lieu.
- La fabrication de tapis, couvertures, chapeaux, bas, etc., comptait 97 fabriques avec 1.600 travailleurs et un produit d’environ 2.500.000 roubles (6 millions de francs).
- Valeur totale de la fabrication de la laine : 45 millions de roubles ou 180 millions de francs. Dans cette évaluation ne sont pas compris les draps grossiers, tissés par les paysans dans les villages du centre et ne figurant pas dans le commerce.
- 4. Fabrication de la colle et d'objets en crin, cornes et os; fabriques travaillant la soie de porc, etc. Toutes ces branches d’industrie prises ensemble comptaient, en 1864, 140 établissements occupant environ 1.200 ouvriers et produisant pour une somme de 1.500.000 roubles au moins. La plupart de ces établissements se trouvent dans le voisinage des principaux centres de la fabrication du suif. Les fabriques les plus importantes sont celles de Moscou, Saint-Pétersbourg, Toula, Kalouga et Wladimir. La fabrication de la colle a ses foyers à Moscou, Nijni-Novgorod, Perm et Ssaratoff.
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- XIII
- AUTRES PRODUITS DU REGNE ANIMAL.
- Après avoir énuméré les industries qui se rattachent aux produits de l’élève dubétail, il faut mentionner encore deux industries qui s’exercent aussi sur des produits du règne animal : l’industrie de la soie et la fabrication de la cire.
- Industrie de la soie. La culture du mûrier et l’éducation des vers à soie ont été introduites en Russie, au commencement du dernier siècle, par Pierre le Grand. Encouragée par le gouvernement, cette culture a faitdes progrès dans quelques gouvernements du sud et notamment à Poltawa, Kherson et dans la Tauride dans les environs de Mélitopol et dans les colonies mennonites). Mais quoiqu’il soit prouvé que le mûrier et le ver à soie peuvent parfaitement y prospérer, la production de la soie dans le midi de la Russie est encore peu importante, vu que les paysans prennent fort peu de goût à cette culture qui ne donne en moyenne que quelques centaines de ponds seulement. Depuis l’annexion de la Transcaucasie, c’est-à-dire depuis le commencement du siècle courant, l’éducation du ver à soie est devenue une des grandes branches de la production nationale. Dès cette époque, la production de
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- PRODUITS DU RÈGNE ANIMAL.
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- ]a Transcaucasie a triplé, et de nos jours elle augmente toujours dans une proportion remarquable. La soie du Caucase se vend à bas prix et, par suite du peu de soin apporté à la pro
- duction et surtout de la défectuosité des méthodes employées pour le dévidage et le moulinage, elle est de qualité médiocre, pour la plupart inégale, remplie de nœuds et si peu adaptée aux exigences de la fabrication, qu’elle cause aux fabriques
- une grande perte de temps et de travail pour les opérations préparatoires. C’est pour toutes ces raisons que la soie du Caucase n’est employée que pour la fabrication d’étoffes assez
- communes, et que les fabriques ne l’emploient ordinairement
- que pour la trame, tandis que pour la chaîne on se sert de la soie filée à l’étranger, qu’on paye au triple de la soie in-
- digène. Dans le dernier temps, la préparation de la soie grége au Caucase a fait de grands progrès, de sorte que l’importation de la soie étrangère diminue chaque année, tandis que l’exportation des soies russes augmente. En 1862 et 1863, on exportait par la frontière d’Europe à peine 1.500 ponds, pour une somme de 330.000 roubles. En 1865, l’exportation par la frontière d’Europe montait à 8.000 pouds, pour une somme de 1.700.000 roubles. Pour juger du changement qui s’est opéré dans la qualité et la valeur de la soie grége, il suffit de comparer les valeurs de l’exportation de la soie par la frontière du Caucase : en 1862 et 1863, la moyenne était de 32.000 pouds, pour une somme de 1.300.000 roubles, ce qui établit le prix moyen du poud à 40 roubles; en 1865, l’exportation était de 28.000 pouds, pour une somme de 1.700.000 roubles, c’est-à-dire plus de 60 roubles par poud. Prenant en considération les chiffres de l’exportation qui est de 32 à 38.000 pouds, on ne saurait partager l’opinion de plusieurs de nos meilleurs statisticiens
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- PRODUITS DU RÈGNE ANIMAL.
- qui bornent le total de la production à 33 ou 34.000 ponds. La production est au moins de 55.000 pouds, présentant, à raison de 80 roubles le poud (20 francs le kilogramme), une valeur de 4.400.000 roubles (18 millions de francs).
- Il a été établi plus haut que la fabrication consomme, outre la soie indigène, dont elle ne prend que les meilleures sortes (à 100 roubles et au-dessus le poud, soit 25 francs et plus le kilogramme), une certaine quantité de soie filée et apprêtée qui vient de l’étranger et principalement de la Prusse et de la France. La moyenne de l’importation est à présent de 5.400 pouds de soie filée, pour une somme de 2.300.000 roubles (9.200.000 francs). De plus, la fabrication consomme près de 5.500 pouds de soie brute venant de la Perse, de Boukharie et de Khiva (valeur, a raison de 60 roubles le poud, environ 320.000 roubles). En somme totale, les fabriques de Moscou et du Caucase consomment annuellement:
- Roubles. Francs.
- De 21 à 22.000 pouds de soie indigène, à 100 roubles et au-dessus le poud (25 francs et plus le kilogr)........ 2.200.000 8.800.000
- 5.400 pouds de soie filée, importée de l’étranger, à
- 400 roubles le poud (100 francs le kilogr.)............. 2.200.000 8.800.000
- 5.500 pouds de soie asiatique, à 60 roubles le poud
- (15 francs le kilogr.).................................. 330 000 1.320.000
- Total...................................... 4.730.000 18.920.000
- La fabrication doit au moins tripler la valeur de la matière première et, par conséquent, on peut évaluer le produit de la fabrication de la soie à 14 ou 15 millions de roubles. La fabrication des tissus en soie, des brocarts, des rubans et de la passementerie compte actuellement plus de 300 établissements avec 7.500 ouvriers. La ville et le gouvernement de Moscou (surtout le district de Bogorodsk) occupentla première place (42 fabriques), avec une production de 6 à T millions,
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- PRODUITS DE RÈGNE ANIMAL.
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- sans compter les petits établissements dans les villages. La seconde place appartient au gouvernement de Bakou (Transcaucasie) qui compte 182 établissements, avec une produc-
- 2 millions au moins. En troisième lieu vient le gouvernement de Saint-Pétersbourg, avec 15 fabriques et une production de 1.500.000 roubles.
- Fabrication de la cire. L’éducation des abeilles est très-répandue dans quelques parties de la Russie et notamment dans la Nouvelle et la Petite Russie; quelques gouvernements du centre et de l’est s’occupent aussi avec succès de l’industrie de la cire; mais le foyer principal de la production est à Pol-tawa et Yékathérinoslaw qui comptent chacun de 400 à 500.000 ruches. L’éducation des abeilles est favorisée par la consommation du miel et de la cire qui est très-grande en Russie, grâce à la quantité des jours maigres, à la cherté du sucre et au nombre considérable d’églises. Pendant les carêmes, non-seulement le bas peuple, mais encore la majeure partie des classes aisées, remplacent le sucre par le miel, de sorte qu’il faut compter pour la consommation au moins G à 700.000 pouds de miel. La production de la cire est de 200.000 pouds (en comptant 3 pouds de cire pour 1 poud de miel.) La fabrication de la cire occupe 216 établissements, avec 1300 travailleurs, produisant la valeur de 2.600.000 roubles. Il y a des établissements pour la préparation et le blanchissage de la cire et des fabriques de bougies, dont les églises du seul rite orthodoxe vendent pour la somme de 1.200.000 roubles, dans les églises mêmes. La fabrication de la cire s’est établie principalement dans les gouvernements de Moscou, de Koursk, Voronège, Kharkoff, Kasan et Perm. De plus, elle est con-sidérable au Caucase, à Kieff et Yékathérinoslaw et dans les gouvernements du centre, comme Vladimir, Yaroslaw,
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- Vologda, etc., qui comptent un très-grand nombre d’églises.
- La valeur totale du produit des abeilles est au moins de 3.000.000 roubles (15.600.000 fr. en comptant 100.000 quintaux de miel à 48 fr., et 34.000 quintaux de cire à 300 fr.).
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- XIV
- PRODUCTION AGRICOLE: OBSERVATIONS GÉNÉRALES.
- 1. Système de culture. Par suite de la disproportion qui existe dans une grande partie de l’empire entre la population et l’étendue du sol, la Russie se trouve, en ce qui concerne la valeur des terrains productifs et celle du travail, dans une situation tout à fait différente des autres États de l’Europe. Il y a tant de terrains et si peu de bras pour les cultiver qu’on n’a aucunement besoin de s’attacher à tirer du sol le plus grand parti possible, et qu’on préfère, au lieu de ménager le sol, d’économiser le travail. Un pareil ordre de choses, qui pourtant commence déjà à se modifier, n’est pas favorable à l’introduction d’un système d’agriculture perfectionné et rationnel, et tant que les terres libres ne feront pas défaut, personne ne pensera à quitter le système facile et expéditif, auquel le peuple est habitué depuis des siècles. Tout le nord de la Russie d’Europe, toute la Sibérie, pratiquent la culture libre, c’est-à-dire préfèrent le défrichement des terrains neufs à l’amélioration des champs exténués. En coupant les arbres et en brûlant les racines et les broussailles, on gagne
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- PRODUCTION AGRICOLE.
- du bois et en même temps on obtien t un champ neuf qui, pendant quelques années, exige fort peu d’engrais.
- Ce mode de culture domine dans les gouvernements d’Ar-khangel, Vologda, Olonetz, Perm et dans la partie septentrionale de Viatka. Au sud, dans les gouvernements de Yé-kathérinoslaw, Kherson, Ssaratoff, Ssamara, dans toute la région des steppes, existe un système à part, le système des jachères ou de l’assolement irrégulier. Tout le centre de la Russie, à l’exception de deux régions susmentionnées, pratique l’assolement régulier ou triennal. Les exemples d’une culture rationnelle, basée sur le système de l’assolement alterne, sont encore très-rares et ne se rencontrent que chez les grands propriétaires de la Russie centrale et dans les provinces baltiques. L’antique système des trois champs, comme on J’appelle en Russie, épuise le sol et exige beaucoup d’engrais, tandis qu’en même temps il exclue la culture des plantes fourragères et devient par cela même préjudiciable à l’élève du bétail. La destruction des forêts par les défrichements, inhérente à ce système, est un des traits distinctifs et des plus funestes de ce genre d’exploitation. Enfin, c’est à ce système qu’il faut attribuer la stagnation de l’agriculture russe en général, et le peu de rendement que la Russie tire d’un sol pour la plupart éminemment fertile. Depuis plusieurs périodes décennales, le gouvernement fait des efforts pour l’amélioration de la culture au moyen d’écoles d’agriculture et de fermes-modèles. Le nombre de ces établissements est assez considérable, et depuis quelque temps on remarque des tendances pour le mieux. L’emploi des machines et d’instruments perfectionnés gagne peu à peu du terrain, comme on en peut juger par le chiffre de l’importation de l’étranger. Ce chiffre a triplé dans les dix dernières années, et en même
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- PRODUCTION AGRICOLE.
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- temps se sont établis en Russie plusieurs ateliers de construction de machines et d’instruments perfectionnés pour l'agriculture. En général, les progrès deviennent sensibles là où ils se trouvent favorisés par des circonstances locales et surtout là où le prix des grains se maintient à un taux assez élevé pour couvrir les frais des améliorations. Il en est ainsi dans quelques gouvernements du bassin du Volga qui jouissent d’un débit facile et assuré. Par contre, la culture est surtout négligée dans les contrées qui donnent les récoltes les plus abondantes, mais qui manquent de débouchés.
- 2. Conditions de la propriété. Naguère, le mauvais état de l’agriculture en Russie était oruinairement attribué au servage. Depuis 1861 le servage est aboli, et les paysans, devenus libres, ont acquis le droit de posséder des terres en pleine propriété. Au 1cl avril 1866, 2.512.602 paysans, avaient déjà racheté leurs lots, en tout 8.192.533 dessiatines (9.000.000 hectares), soit 3,25 dessiatines par tête (3,57 hectares). Le prix moyen du rachat a été de 31 roubles (124 francs) par dessiatine, et plus de la moitié de la valeur totale des terrains rachetés (258.511.713 roubles, soit 4.034.046.852 francs) a été avancée aux paysans par le gouvernement. Dans les provinces de l’ouest, le rachat, en 1863, fut déclaré obligatoire. Par suite, 475.470 paysans devinrent d’emblée propriétaires de 2.988.072 dessiatines (3.286.879 hectares), au prix moyen de 17 roubles 63 copecks (70 francs) par dessiatine. Le gouvernement fit encore une avance de 32.799.427 roubles (131.197.708 francs). En somme, sur une masse de 10 millions de paysans libérés, plus de 3 millions ont effectué le rachat et sont devenus propriétaires.
- Il faut ajouter à ce total tous les paysans des apanages impériaux (environ 900.000 âmes) et tous les paysans de la
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- PRODUCTION AGRICOLE.
- couronne (environ 1 0 millions), qui se trouvent tous dans une position presque analogue àcelle des petits propriétaires. Par conséquent, il ne reste qu’environ 7.000.000 de paysans qui, quoique libres personnellement, se trouvent encore soumis envers leurs propriétaires, pour la terre qu’ils cultivent, à des redevances en argent ou en corvées. Du reste, la corvée disparaît de plus en plus, de même que le nombre des paysans propriétaires s’accroît presque journellement, et dans quelques années l’œuvre gigantantesque de l’émancipation de toute la classe agricole sera achevée. Grâce à cette réforme, la cause principale de l’avilissement et de l’incurie de la masse des cultivateurs a disparu; c’est un grand pas de fait vers l’amélioration dans l’état de l’économie rurale et vers le bien-être des paysans, et si les résultats n’ont pu encore se produire immédiatement, on est en droit de les attendre.
- Dans son état actuel, et nonobstant la chute du servage, la propriété individuelle continue à être très-limitée. En Russie, les trois quarts de toute la classe agricole, quoique ayant plein droit d’acquérir et de posséder des terres, préfèrent la propriété en commun. Les rachats se font par communes, et c’est la commune qui se constitue propriétaire de la terre rachetée. Sous le nom de commune on comprend en Russie, non-seulement une unité administrative, mais encore une unité territoriale, indivisible, et appartenant également à tous les membres, c’est-à-dire à tous les chefs de ménage de la commune. Chaque membre a droit à un lot de terre, mais, pour égaliser la distribution, on divise le territoire, d après les qualités et la position du sol, en divers rayons. Chaque rayon se subdivise en autant de lots qu’il y a de membres dans la commune et, par conséquent, le lot de chacun se compose de plusieurs parcelles situées dans les
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- différents rayons, souvent à une assez grande distance l’une de l’autre. Le nombre des ménages étant variable, le nombre des lots varie également, et tous les six ou neuf ans on procède à une nouvelle répartition du terrain. En général, le nombre des copartageants devient plus grand et, par conséquent, la dimension des lots diminue: pour obvier à cet inconvénient, la plupart des communes gardent une portion de terrain en réserve, mais cette précaution n’empêche nullement le cas d’une nouvelle répartition à faire.
- Il est clair que cette méthode de régler le droit de propriété est loin d’être profitable à l’agriculture et aux progrès de la production. Le cultivateur perd du temps à courir d’une parcelle à l’autre. L’exiguïté des parcelles gêne l’emploi des machines et exclut la possibilité d’une culture perfectionnée. Personne ne veut risquer son capital pour l’amélioration d’un lot qui dans quelques années peut lui être ôté.
- La propriété individuelle se trouve le plus développée dans les provinces de l’ouest, dans les gouvernements de Poltawa, Tschernigoff, Koursk, Voronège et dans les colonies allemandes. Dans les provinces baltiques, depuis 1847, le paysan peut devenir propriétaire; mais une foule de restrictions limitaient ses droits jusqu’en 1864.
- 3. Crédit foncier. Le moteur le plus fort des progrès de l’agriculture, le crédit foncier, n’existe presque pasenRussie. Autrefois les banques de l’état prêtaient sur des terres ou plutôt sur des serfs, mais depuis l’émancipation de ces derniers et la réforme des banques de l’état ce système d’hypothèques a été aboli. On travaille beaucoup à établir un bon système hypothécaire. Plusieurs compagnies se sont formées pour la création de banques foncières, maispour le moment ces banques ne fonctionnent pas encore. En même temps on agite la question
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- 180 PRODUCTION AGRICOLE.
- des banques rurales, destinées à donner du crédit au petit cultivateur. En attendant, l’agriculture en Russie manque de capitaux, et c’est la principale cause de l’état arriéré dans lequel elle se trouve.
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- CULTURE DES CÉRÉALES ET DE LA POMME DE TERRE
- Les céréales cultivées en Russie sont: pour le nord, le seigle, l’orge, l’avoine; pour les provinces centrales, le seigle, le froment, l’orge, le millet; pour le sud, le froment et le maïs. Le seigle est cultivé jusqu’au 67° de latitude septentrionale; le froment atteint jusqu’au 60° et présente surtout une grande importance dans la région de la terre noire (tchernoseme), où néanmoins il cède dans beaucoup d’endroits la place au seigle et à d’autres céréales. Le meilleur froment est exporté par les gouvernements de Kieff et de Podolie ainsi que par la Bessarabie. Puis vient le froment de la Pologne et celui de la région du Volga. Le centre de la Russie fournit principalement du seigle; le nord, del'avoine. La quantité annuelle de la production des céréales ne saurait être évaluée qu'approxi-mativement. Les renseignements statistiques de cette nature sont, dans presque tous les pays, plus ou moins incomplets et inexacts ; l’immensité de la surface, l’inconstance du chiffre des champs cultivés et la variabilité des récoltes augmentent en Russie les difficultés de cette évaluation. Les chiffres contenus dans la table suivante, quoique basés sur des renseignements officiels, sont au-dessous de la vérité. Comme en Russie on
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- CULTURE DES CÉRÉALES.
- compte ordinairement, sur sept années, deux années d’abon-dance, deux années de disette et trois récoltes ordinaires, nous
- donnonsla moyenne d’une période septennale (de 1 858 à 1864).
- GOUVERNEMENTS. RÉCOLTE. PAR HABITANT.
- En tschetwerts. En hectolitres. tschetw. hectolit.
- Arkhangel 271.600 501.620 0,96 1,77
- Vologda.. 2.297.000 4.478.850 2,35 4,58
- Olonetz 545.400 1.063.530 1,83 3,57
- Saint-Pétersbourg 1.420.130 2.769.253 1,18 2,30
- PskofT 2.722.500 5 308.875 3,77 7,35
- . Novgorod 3.079.000 6.004.000 3,38 6,59
- T ver 6.959.000 13.570.050 4,47 8,71
- Yaroslaw 3.525.000 6.773.650 3,63 7,07
- Kostromà 3.930.000 7.663.500 3,65 7,11
- Wladimir 4.430.000 8.638.500 3,64 7,09
- Moscou 3.335.000 6.503 250 2,12 4,13
- Smolensk 5.850.000 11.407.500 5,13 10,00
- Kalouga 3.470.000 6.686.500 3,59 6,61
- Toula 7.845.000 15.297.750 6,80 13,26
- Orël 8.280.000 16.146.000 5,34 10,40
- Koursk 8.300.000 16.185.000 4,57 8,91
- Tschernigoff 3 600.000 7.020.000 2,40 4,48
- Poltawa 6.640.000 12.948.000 3,46 6,74
- Kharkoff. 4.381.000 8.542.950 2,74 5,37
- Voronège 9.050.000 17.647.500 4,66 9,08
- Riasan 9.494.000 18.413.300 6,69 13,04
- Tamboff. 10.229.000 19.946.550 5,14 10,02
- Pensa 7.593.000 14.806.350 6,43 12,53
- Nijni-Novgorod 7.350.000 14.342.500 5,71 11,13
- Kasan 5.363.000 10.957.850 3,33 6,49
- Viatka • 9.405.000 18.339.750 4,23 8,24
- Perm 6.315.000 12.314.250 2,94 5,73
- Orenbourg 8.050.000 15,697.500 4.36 7,50
- Ssimbirsk 6.064.000 11.824.800 5,12 9,98
- Ssaratoff 8.866.000 17.288.700 5,47 10,26
- Ssamara 10.035.000 19.568.250 5,98 11,66
- Astrakhan 435.000 848.250 0,90 1,75
- Esthonie 925.000 1.803.750 2,49 4,85
- Livonie . 3.413.000 6.655.350 3,67 7,15
- Courlande 1.734.000 3.381.300 3,05 5,94
- Vitepsk Mohileff 1.950.000 2.228.000 3.802.500 3.344.600 2,50 2,40 4,87 4,68
- Kovno 3.627.000 7.072.650 3,44 6,60
- Vilna 2.190.000 4.270.500 2,42 4,71
- Grodno 2.243.000 4.373.850 2,50 - 4,87
- Minsk 3 912.000 7.628.400 3,88 7,56
- Volhynie 4.150.000 8.092.500 2,58 5,03
- Podolie 5.752.000 11.216.400 2,93 5,71
- Kieff 6.604.000 12.877.800 3,27 4,05 6,37
- Bessarabie 4.163.000 8.117.850 7',89
- Kherson 4.240 000 8.268.000 3,29 6,41
- Tauride 2.023.000 3.944.850 3,32 6,47 5,36
- Yékathérinoslaw 3.115.000 6.074.250 2,75
- Pays du Don 4.849.000 9.455.550 5,10 9,94
- Total pour la Russie
- d’Europe 236.250.000 460.687.500 3,89 7,58
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- CULTURE DES CÉRÉALES.
- 183
- D’après ces chiffres, la Courlande, la Podolie, Kharkow, Yékathérinoslaw, etc., produiraient à peine la quantité des céréales nécessaires à l’entretien de leur propre population et à l’entretien des chevaux ; tandis qu'il est notoire que Kieffet la Podolie exportent annuellement une quantité assez considé-rable de grains et qu’ils n’ont besoin d’aucun secours extérieur. Ce fait ainsi que plusieurs autres indiquent clairement que le total susmentionné de la production des céréales est au-dessous de la vérité, et qu on peut le porter sans exagération jusqu’à 260 millions de tschetwerts. Calculant le prix moyen du tschetwert à 4 roubles, la valeur totale de notre production annuelle serait de 1.040 millions de roubles, ou 4.160 millions de francs1. La quantité et la valeur de la production des pommes de terre sont encore plus difficiles à déterminer : on peut estimer la récolte moyenne à 35 millions de tschetwerts, ce qui, à raison de 10 cop. par tschetwert, donnerait une valeur moyenne de 21 millions. La production annuelle des céréales se distribue de la manière suivante : 65.000.000 de tschetwerts (126.750.000 hectolitres) restent comme semailles; 125.000.000de tschetwerts (243.750.000 hectolitres) sont consommés par la population elle-même; 55.000.000 de tschetwerts servent à l’entretien du bétail et surtout des chevaux; 9.000.000 de tschetwerts (17.550.000 hectolitres) sont exportés annuellement à l’étranger. Enfin 4 millions restent en réserve et 7 millions de tschetwerts (13.650.000 hectolitres) sont employés à la fabrication des eaux-de-vie, de la bière, etc.
- 1. Les prix du seigle varient sur les lieux de 80 copecks à 3 roubles par tschetwert. Le tschetwert de froment coûte de 4 roubles à 13, et même plus. L’avoine se vend de 60 copecks à 1 rouble 60 copecks, et davantage.
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- XVI
- INDUSTRIES QUI SE RATTACHENT A LA CULTURE DES CÉRÉALES.
- Fabrication des eaux-de-vie. Pour juger de l’importance de cette branche de 1 industrie, il suffit de remarquer que le gouvernement russe tire un revenu de près de 130 millions de roubles de la vente des spiritueux qui sont sujets à une accise de 5 copecks par degré. Depuis l’abolition des fermes, la fabrication del eau-de-vie se trouve dans un état de transition qui n'est pas encoie fini, et, par conséquent, il est assez difficile d'en préciser les limites. En général, l’élan pris par l’industrie de l'eau-de-vie, après l’abolition des fermes en 1863, fut tel qu’il produisit presque immédiatement, dans beaucoup d’endroits, une sorte de réaction. Après deux années d’accroissement assez irrégulier, la production commença, en 1865, à décroître, et beaucoup de distilleries, surtout les petites, se virent obligées d’interrompre leurs opérations. En 1863, le total de la production était monté à 25.001.896 védros (3.125.237 hectolitres); en 1864, on comptait 27.430.998 védros (3,428.875 hectolitres); en 1865, la production tomba à 22.405.572 védros (2.800.696 hectolitres). La
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- CULTURE DES CÉRÉALES.
- 10
- CO
- répartition de cette dernière somme se trouve dans la table
- suivante :
- GOUVERNEMENTS. NOMBRE des fabriques. PRODU En védros. TION. En hectolitres.
- Arkhangel ' Saint-Pétersbourg Pskoff • • Novgorod 1 12 1 27 33 18 50 29 26 30 25 85 41 56 54 50 197 105 121 57 38 54 50 18 22 31 10 24 20 43 13 » 162 263 168 127 159 89 162 170 247 196 172 183 32 57 1 38 4 16 10 1 635 Voir le gouverner 4.507 76.018 86.673 88.343 344.797 428.489 241.080 479.027 113.736 423.690 473.962 608.782 665.593 504.390 968.8’15 559.612 1.140.778 998.256 541.594 669.051 996.548 419.221 364 120 724.234 370.958 253.065 277.187 663.952 161.999 » 433.958 628.739 656.554 242.549 426.796 186.447 327.049 471.401 529.529 734.387 1.722.003 1.023.654 Voir la P 334.221 Voir le gouv. 162.452 45.500 536.685 293.296 1.191 79 ent de Iaroslaw. 563 9.502 10.834 11.043 43.099 53.861 30.135 59.878 14.219 52.961 50.245 76.098 83.199 63.048 121.105 69.951 142.597 124.782 67.699 83.631 124.568 52.402 45.515 90.529 46.369 31.633 34.648 82.994 20.249 » 54.245 78.592 82 069 30.318 53.349 23 306 40 881 58.925 66.191 91.798 215.250 127.957 odolie. 41.777 de Kherson. 20.306 5.687 B 67.085 | 36.662 149
- Yaroslaw Kostromà Vladimir Moscou Smolensk Kalouga Toula....
- Koursk Tchernigoff Poltawa Kharkoff. • • • I Voronège Riasan Tamboff. Pensa Nijni-Novgorod Kasan Viatka .
- Orenbourg Ssimbirsk Ssaratoff Ssamara Astrakhan Esthonie Livonie Courlande Vitepsk.................... Mohileff . Kowno . . , Vilna
- Grodno Minsk Volhynie Podolie Kieff..........................
- Bessarabie Kherson Tauride Yékathérinoslaw Pays du Don Sibérie occidentale Sibérie orientale Stavropol
- Total........................ 3579 22.405 572 2.800.696 j
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- 186
- CULTURE DES CÉRÉALES.
- D’après le nombre des distilleries, ce sont principalement les gouvernements de l’ouest, de la Baltique et de la Petite Russie, qui occupent la première place, parce que ces provinces n’étaient pas sujettes au système des fermes. Puis viennent les gouvernements du centre, situés surtout au sud et à l’est de Moscou. D’après la quantité d’eau-de-vie produite, les gouvernements de la Petite-Russie, Kieff, la Podolie, Kharkoff, Tschernigoff, sont au premier rang, et la plupart des gouvernements du sud-est et de l’est (gouvernements agricoles par excellence) ne s’éloignent pas beaucoup du maximum. Pour apprécier la valeur des chiffres de la table précédente, il faut remarquer que ces chiffres indiquent la quantité d’alcool pur produit par la fabrication. Cette quantité d’alcool trempée d’eau, ordinairement dans la proportion de 35 à 50 %, donne pour la consommation 60.000.000 de védros (7.500.000 hectolitres) d’eau-de-vie qui se vend au prix moyen de 5 roubles (20 francs) le védro ; par conséquent la valeur de cette branche de fabrication peut être estimée à plus de 300.000.000 de roubles (1.200.000.000 de francs).
- Fabrication de la bière. A la fin de 1863, on comptait en Russie d’Europe, en Sibérie et dans le gouvernement de Sta-vropol (Caucase) 1548 brasseries (dont plus des trois quarts dans les gouvernements baltiques, de l’ouest, de la Petite et de la Nouvelle Russie), produisant 5.856.723 védros ou 732.090 hectolitres. En 1864, cette quantité s’était déjà accrue jusqu à 7.734.583 védros ou 966.823 hectolitres. Prenant en considération que le même mouvement ascendant a continué en 1865, et que les chiffres susmentionnés ne représentent que le minimum de la fabrication, nous estimons le total de la fabrication de la bière à 9.000.000 de védros (1.137.500 hectolitres), sans compter la fabrication de ménage (d’après
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- CULTURE DES CÉRÉALES.
- 187
- |cs calculs approximatifs plus de 20.000.000 védros ou 2 500.000 hectolitres). Le prix de la bière varie : en moyenne on peutestimer le védro à 1 roub. 50 cop., ce qui donne une valeur totale de 13.500.000 roubles (54.000.000 de francs). La bière de ménage, qui ne se vend pas, revient de 50 à 75 co-
- ecks le védro, ce qui donne pour toute la quantité produite
- P’
- une
- valeur approximative de 15 millions de roubles
- (60.000.000 de francs).
- Meunerie. D’après les données officielles, on comptait en Russie en 1864 plus de mille établissements industriels produisant de la farine, du gruau, du malt, de la fécule et occupant jusqu’à 6400 ouvriers. La valeur de cette production était estimée à près de 10 millions de roubles (soit 40 millions de francs). Ce chiffre est loin de représenter la valeur totale de la meunerie qui s’exerce dans les campagnes, dans les petits moulins à vent ou à eau. Jusqu’à ces derniers temps cette branche de l’industrie était assez peu avancée : tout récemment plusieurs établissements importants pour la mouture des farines d'exportation ont été organisés à Odessa et dans le gouvernement de Novgorod,
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- XVII
- CULTURE DES GRAINES OLÉAGINEUSES
- ET DES PLANTES TEXTILES.
- Produits de la culture des graines oléagineuses et des plantes textiles. Après la culture des céréales, celle du lin et du chanvre est, sans contredit, la branche la plus ancienne et la plus importante de l’agriculture en Russie, au double point de vue de la quantité des produits et du nombre d’individus qui participent à la production et à la consommation.
- La culture du lin est la plus repandue. On la rencontre dans toute la Russie d’Europe et dans plusieurs localités de la Sibérie, hormis le Caucase, le gouvernement d’Astrakhan, une partie de celui de Ssamara, d’Arkhangel et du pays du Don.
- Les gouvernements du sud et du sud-est ne cultivent le lin que pour la graine destinée à l’exportation; le centre, le nord et le noid-ouest cultivent le lin comme graine et comme plante textile. A mesure que la culture du lin devient plus repandue et plus importante, la récolte des graines cède à
- le du fil. Cette dernière prend son plus grand développement dans les gouvernements suivants :
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- CULTURE DES GRAINES OLÉAGINEUSES. 189
- GOUVERNEMENTS. RÉCOLTE DE LIN. RÉCOLTE DE GRAINES.
- Pskoff. Smolensk. - Vologda Kostromà.. Viatka Vladimir Livonie Vitepsk 2.200.000 ponds 1.300.000 1.100.000 950 000 280.000 380.000 750.000. 350.000 600.000 pouds 770.000 200.000 200.000 70.000 160.000 80 000 100.000
- Comme les gouvernements susmentionnés produisent à peu près les deux tiers de la quantité consommée sur les lieux ou exportée à l’étranger, on peut évaluer le total de la production du lin à 12.000.000 de pouds (2.000.000 de quintaux métriques). Quant à la graine de lin, elle est cultivée dans tout le centre et dans plusieurs gouvernements de l’ouest (Minsk, Kovno), dans la proportion de 400 à 500.000 pouds par gouvernement et dans les gouvernements de Yekathéri-noslaw, Kherson (partie septentrionale), Voronège (partie méridionale), Ssaratoff (partie sud-ouest), Tamboff, dans la proportion de 700 à 900.000 pouds. A juger d’après ces données approximatives et d’après l’exportation, la récolte annuelle de la graine de lin doit être au moins de 22 à 23 millions de pouds (3.800.000 quintaux métriques). La graine'de Pskoff est exportée comme semence à Yaroslaw, Vologda, Vladimir, etc.
- Le chanvre est cultivé dans la majeure partie de la Russie du centre, mais principalement dans les gouvernements de Kalouga, Toula, Smolensk, Tschernigoff, Koursk et Orël, qui fournissent les quantités suivantes :
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- 190 CULTURE DES GRAINES OLÉAGINEUSES
- GOUVERNEMENTS. RÉCOLTE DE CHANVRE. RÉCOLTE DE GRAINES.
- Kalouga Toula Smolensk Tschernigoff Koursk Orël 405.000 pouds 400.000 350.000 350.000 550.000 500.000 600.000 pouds 9 ? 320.000 360.000 480.000
- En outre, les plantations de chanvre sont assez répandues dans Mohileff, Riasan, Tamboff, Moscou, Tver, Yaroslaw, Vologda, Viatka, Perm, Ssaratoff etSsamara. Au sud, Poltawa et Kherson comptent aussi parmi les gouvernements dans lesquels la culture du chanvre mérite quelque attention. Au résumé, la production du chanvre monte environ à 7 ou 8 millions de pouds, celle de la graine ou chènevis de 5 à 6 millions de pouds (1.300.000 quint, métriques).
- Le cotonnier n’est cultivé que dans la Transcaucasie et dans quelques parties de l’Asie centrale, nouvellement annexées. Les gouvernements d’Ériwan, de Bakou et de Kou-taïs cultivaient principalement des espèces de coton indigène, mais dans le courant des dix années dernières on y a introduit le cotonnier des Indes (sea-island) et le cotonnier de Perse. En général, la culture du coton fait des progrès rapides et on compte déjà environ 18.000 dessiatines (20.000 hectares) consacrées à cette branche de la production. Le rendement annuel est de 70.000 pouds (11.700 quintaux^, qui après le nettoyage, qui se fait sur les lieux mêmes, présentent une valeur de 350.000 roubles.
- En somme, la culture des plantes textiles et oléagineuses
- donne les résultats suivants :
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- ET DES PLANTES TEXTILES.
- Chanvre Coton : Graine de lin... Chènevis Tournesol et autres plantes o-léagineuses... Total.... POUDS. ROUBLES. QUINTAUX. FRANCS.
- 12.000.000 7.500.000 70.000 22.500.000 7.500.000 2.000.000 36.000.000 20.500.000 350.000 16.875.000 5.825.000 2.000.000 2.000.000 1.250.000 10.600 3.750.000 1.250.000 333.000 144.000.000 82.000.000 1 400.600 67.500.000 23.300.000 8.000.000
- 51.570.000 81.550 000 8.600.000 326.200.000
- Sur 32 millions de ponds de graines oléagineuses, on exporte, en moyenne, 15 millions (valeur 18 millions de rou-bles); sur 12 millions de pouds de lin brut, on exporte, en moyenne, 4 millions (valeur 16 millions de roubles); et sur 7.500.000 depouds de chanvre, 3 millions (valeur 9 millions de roubles). Par conséquent, il reste pour alimenter la fabrication intérieure.
- Graines, déduction faite de 2 millions de pouds pour l’ensemencement.............................................. 15.000.000 pouds.
- Lin.................................................... 8.000.000
- Chanvre................................................ 4.500.000
- Coton................................................... 70.000
- Ces chiffres servent à déterminer d’une manière générale l'importance des industries qui se rattachent à la culture des graines oléagineuses et des plantes textiles. Ces industries sont : la fabrication de l’huile, l’industrie linière, l’industrie chanvrière et la fabrication des cotonnades.
- 1. Fabrication de l'huile. Elle est pratiquée dans tous les gouvernements où la culture des plantes oléagineuses a pris quelque développement, mais cette fabrication est telle-mant morcelée qu’il est presque impossible de connaître au juste le nombre des établissements, des ouvriers et la valeur des produits. La plupart de ces établissements n appartiennent
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- 192 CULTURE DES GRAINES OLÉAGINEUSES.
- pas à la catégorie des entreprises industrielles fixes. Dans le gouvernement de Koursk on ne compte que 42 fabriques d’huile permanentes, tandis qu’il y a dans le même gouvernement près de 150 établissements ruraux dans les grandes propriétés et chez les paysans, qui produisent au moins le triple de la production officielle des fabriques. Le même cas a été constaté pour les gouvernements d’Orël, Kharkoff, Pensa et dans plusieurs localités du centre. Au total, on compte of ficiellement 760 fabriques (dont 51 en Sibérie et 4 au Caucase) avec 3400 ouvriers et uneproduction de 1.700.000 roubles (d’après d’autres renseignements 2.200.000 roubles). Pour approcher de la vérité, il faut prendre en considération la consommation de l’huile et surtout la quantité de la matière brute dont, déduction faite de la quantité nécessaire pour l’ensemencement, il reste pour la fabrication au moins 15 millions de pouds de graines. Or, comme, grâce aux méthodes usitées en Russie, 4 pouds de graine ne donnent que 1 poud d’huile, la quantité produite annuellement doit être de 3.750.000 pouds, ce qui suffirait à peineà la grande consommation de l’huile de chènevis, tant pour la nourriture du peuple pendant les longs carêmes, que pour l’éclairage et différents usages techniques. Au prix moyen de 3 roubles (le prix de l’huile est de 2 à 5 roubles, et même plus), la valeur totale de la fabrication de 1 huile doit être estimée au moins à 11.250.000 roubles (45.000.000 de francs). Selon toute probabilité , cette évaluation est au-dessous de la vérité.
- L’exportation moyenne de l’huile a rapidement augmenté pendant les dernières années. En 1864 et 1865, elle a été de 200 à 300.000 pouds, présentant une valeur de 1.800.000 roubles.
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES. 193
- 2. Industrie linière. Malgré l’essor formidable pris par la fabrication des cotonnades en Russie, l’industrie linière occupe toujours encore le premier rang parmi les industries ayant pour objet la mise en œuvre des plantes textiles. Cette industrie, disséminée dans les villages et parmi les ménages des paysans, échappe au calcul statistique et ne peut être évaluée qu'approximativement. 11 n’y a pas de village en Russie où l’on ne trouve des appareils de filature et de tissage. Le plus grand développement de cette industrie domestique, qui en Russie porte un nom caractéristique et s’appelle industrie des buissons, se trouve comme de raison dans les gouvernements qui produisent le plus de lin, hormis toutefois le gouvernement de Pskoff et celui de Livonie qui, grâce à leur position favorable pour le commerce, préfèrent l’exportation à la fabrication. Là on ne s’occupe que des opérations préparatoires, c’est-à-dire du rouissage, broyage, teillage et peignage; on y file peu et le tissage joue un rôle tout à fait secondaire. Les procédés de préparation première du lin usités par les cultivateurs en Russie laissent encore beaucoup à désirer. Des améliorations sont toutefois introduites dans quelques localités, et même on a tenté d’organiser quelques établissements pour le rouissage, le teillage et même le peignage du lin en gros. Le filage à la main continue à prédominer. Avant la crise américaine on ne comptait que deux ou trois filatures de lin à la mécanique et qui ne rapportaient pas de bénéfices suffisants. La rareté et la cherté du coton depuis 1862 a réagi favorablement sur l’industrie linière en Russie : des capitaux considérables se sont portés sur les filatures; par suite, des établissements considérables ont surgi, surtout le long du Volga, dans les gouvernements de Yaroslaw et de Kostromà. En 1864, ces filatures employaient déjà plus de
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES.
- 5000 ouvriers et produisaient du fil pour une valeur de trois millions et demi de roubles.
- Ce sont les gouvernements de Vologda, Vladimir, Kostromà. Yaroslaw, Novgorod, Twer, Arkhangel, où le tissage et la fabrication des toiles grossières et moyennnes occupent le plus de bras. Parmi les localités qui se sont fait une juste renommée pour la qualité de leurs produits, il faut nommer Véli-koyé Sselo (gouv. de Yaroslaw) pour ses toiles fines, façon d Irlande, et Vytschouga (gouv. de Kostromà); ce dernier excelle surtout dans la fabrication de tissus damassés et de linge de table. Wiasniki, dans le gouvernement de Vladimir, et Mourom, dans celui de Nijni-Novgorod, sont deux autres centres remarquables de la production linière : leurs principaux articles consistent en ravendouks, toiles dites de Flandres et pour draps de lit.
- En 1864, le nombre des grandes fabriques travaillant à la mécanique et produisant des tissus d’une certaine valeur était de 73, occupant près de 13.000 ouvriers et produisant pour une valeur de quatre millions et demi de roubles environ. En même temps, on évaluait à 3.000.000 fileuses et à 500.000tis-serands le nombre d individus travaillant directement dans l’industrie linière, mais en dehors des fabriques.
- Pour arriver à une estimation générale de la production linière en chiffres, il est nécessaire de recourir au calcul sui-vant. D abord il faut porter en compte la matière première qui représente 23 millions de roubles. En comptant 6 cop.par jour et seulement 200 jours de travail par an, le gain annuel d une fileuse serait de 12 roubles par an, ce qui donnerait pour 3 millions de fileuses environ 36 millions. Un tisserand gagne de 17 à 50 cop, par jour. En portant la moyenne à 30 co-pecks eten comptant seulement 240 journées detravail, le sa-
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES. 195 laire d’un tisserand serait de 72 roubles par an, ce qui donnerait pour le tissage encore une somme de 36.000.000. La production des filatures et des fabriques peut être évaluée à 10.000.000 de roubles, et il faut en ajouter au moins autant pour les frais du blanchissage, le bénéfice des entrepreneurs, des marchands en gros et les frais de l’entretien du matériel. En additionnant tous ces chiffres on obtient pour la valeur de la production un total de 115 millions de roubles (460 millions de francs). Sur ce total on exporte, en moyenne, pour 3.000.000 d'étoupes, de fils et de tissus de lin. La toile dite de Flandre et le ravendouk figurent dans cette somme pour un million de roubles.
- 3. Industrie chanvrière. Les mêmes particularités qui caractérisent l’industrie du lin se rencontrent dans l’industrie du chanvre. La préparation préliminaire du chanvre brut se fait chez les paysans; le filage et le tissage de même. Les procédés sont loin d’être irréprochables. De tous les tissus de chanvre, les toiles à voile constituent seulement en Russie une branche d’industrie proprement dite. Elles ont acquis depuis longtemps une réputation justement méritée, qu’elles conservent jusqu’à présent, malgré la décadence de cette branche d’industrie par suite de l’extension donnée à la fabrication de ces tissus en Allemagne et aux États-Unis, et surtout de la navigation à vapeur qui use moins de voiles. En revanche, la production de câbles, cordages, etc., présente en Russie un mouvement ascendant. En général, l’industrie chanvrière présente un développement local beaucoup plus étendu que l’industrie linière. On la trouve établie, non-seulement dans les gouvernements qui s’adonnent de préférence àla culture du chanvre, c'est-à-dire dans le centre, mais encore elle est très-développée dans le nord, le nord-est, dans
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES.
- le bassin du Volga et enfin dans les ports de la mer Noire. En tout, on comptait en 1864, 176 établissements, avec 5000 ouvriers, qui produisaient des toiles, des câbles et des cordages pour la somme de 4.300.000 roubles. Mais à côté de la fabrication proprement dite, une population de près de 500.000 âmes travaille le chanvre à la main, tant pour ses propres besoins que pour l’exportation et pour le commerce intérieur. Les coutils, les toiles grossières et les toiles à voile de Kalouga, Orël, Koursk, Yaroslaw et Tver, sont pour la plupart le produit de cette industrie rurale qui, en outre, livre au commerce d’exportation une grande quantité de filasse de chanvre et d étoupes. La statistique est hors d’état de fixer la valeur de cette production qu’on ne peut évaluer qu'approxi-mativement, d’après la quantité de la matière première employée à la fabrication. Si l’on admet que la main-d’œuvre, comptée au prix le plus bas, triple au moins la valeur de la matière première, la valeur totale de la fabrication des chanvres ne saurait etre au-dessous de 36 à 40 millions de roubles. Sur cette valeur, on exporte annuellement environ 300.000 pouds de filasse pour 1.300.000 roubles et 400.000 pouds de cordages pour 1.400.000 roubles. Tout le reste de la fabrication, consistant principalement en coutils et toiles grossières, en cordages et étoupes, est consommé par la population de la Russie.
- 4. Fabrication du coton. Il y a à peine quarante années que 1 industrie du coton a été introduite en Russie. Autrefois c était 1 Angleterre qui fournissait les cotonnades, auxquelles les populations de la Russie accordaient, grâce au bon marché relatif, une préférence marquée sur les produits indigènes de l’industrie linière. Depuis 1820 la Russie s’est mise à fabriquer elle-même des cotonnades et, grâce à la protection
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES.
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- douanière, cette fabrication a fait des progrès si rapides qu’au-jourd'hui elle rivalise avec succès avec l’industrie linière. Pour juger du mouvement ascendant de l’industrie cotonnière en Russie, il suffit de jeter un coup d’œil sur les chiffres de l’importation du coton brut. En 1830, cette importation était de 150.000 pouds; en 1840, de 500.000 pouds; en 1850, de 1.300.000 pouds; et en 1860, de 2.800.000 pouds. En même temps, la quantité de coton filé et ouvré, importée de l’étranger, a constamment diminué, de sorte que, de nos jours, la masse de la population ne consomme que les produits des fabriques russes. Les classes aisées aiment encore à recourir aux produits étrangers, mais seulement pour les étoffes fines, teintes et imprimées, qui constituent des articles de nouveautés et de modes. Du reste, cette importation, représentant une valeur de 2 millions de roubles, est balancée par l’exportation des produits russes en Asie, qui monte à 4 millions. La production du coton caucasien ne dépasse pas 70.000 pouds et suffit à peine pour alimenter les fabriques de Tiflis et satisfaire en partie aux besoins de la population indigène. Le reste de l’empire doit se pourvoir de coton brut provenant de l’Amérique et des Indes (Upland et Sea-Is-lands). Par suite de la guerre américaine, depuis 1861 l’industrie cotonnière a dû se restreindre, mais à défaut de coton américain, la Russie a su se pourvoir de coton asiatique venant de la Perse et de l’Asie centrale. Pendant les dernières années, l’importation du coton brut a présenté le mouvement suivant :
- IMPORTATION IMPORTATION
- par mer. de l’Asie.
- 1861 2.600.000 200.000 2.800.000
- 1862 444.000 410.000 854.000
- 1863 587.000 490.000 1.077.000
- 1864 933 000 700.000 1.633.000
- 1865 1.124.000 465.000 1.589.00
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- En attendant que l’industrie cotonnière en Russie ait repris sa marche ordinaire, on peut estimer le total de la matière brute employée par elle à 1.650.000 pouds, représentant une valeur de 22 millions de roubles.
- L’industrie cotonnière présente plusieurs branches qui offrent chacune un caractère particulier. Le filage à la mécanique a pour principaux foyers les gouvernements de Saint-Pétersbourg, Vladimir et Moscou, et se concentre dans de grandes fabriques occupant un nombre considérable d’ouvriers. Le nombre des filatures était en 1864 et 1865 :
- GOUVERNEMENTS. NOMBRE des filatures. NOMBRE des ouvriers. VALEUR de la production.
- Saint-Pétersbourg 8 5.419 11.000.000
- Vladimir 6.969 9.035.000
- Moscou 5.600 8.912.000
- Tver 3.137 4.553.000
- Esthonie 1.908 3.410.000
- Riasan 888 1.750.000
- Yaroslaw 600 1.350.000
- Viatka . 40.000
- 76
- Total 35 24.597 40.850.000
- Le nombre des broches en activité n’était pas moins de 1.600.000. Le tissage des cotonnades se concentre de préférence dans le bassin du Volga et de l'Oka, c'est-à-dire dans les gouvernements de Moscou, Vladimir, Tver, Yaroslaw, Kostromà, Kalouga, Riasan. En dehors de cette région du centre, dite aussi région manufacturière, la fabrication des tissus occupe une place marquante dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg et en Livonie. Dans tous ces gouvernements on comptait 360 établissements pour la fabrication des cotonnades, avec 33.000 ouvriers. Indépendamment de ces fabriques, une partie de la population rurale travaillait dans les villages à la fabrication des tissus ordinaires, pour le compte des fabricants qui leur fournissaient la matière pre-
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- mière. Le nombre de ces ouvriers externes était de près de 350.000. Le blanchissage, la teinture et l’impression des tissus s’exerçaient en partie dans les fabriques sus-mentionnées, en partie par 371 établissements spéciaux, avec 22.000 ouvriers. En somme, la fabrication des cotonnades occupait 766 établissements avec 80.000 ouvriers, et, en outre, environ 350.000 ouvriers externes faisant partie de la population des campagnes. La valeur de la fabrication des cotonnades, vu la grande différence des prix et de la qualité des tissus, ne saurait être déterminée avec précision. La valeur du coton filé employé pour ces tissus étant de 45 millions environ, on doit estimer celle des cotonnades fabriquées au moins à 80 ou 90 millions de roubles (320 à 360 millions de francs). Avant la crise, la production devait être plus grande, et dépassait probablement 100 millions de roubles (400 millions de francs).
- 5. Fabrication du papier. C’est une des industries qui se développent le plus rapidement en Russie. En 1845, 158 fabriques produisaient pour 3 millions de roubles; en 1864, 184 fabriques, avec 13.000 ouvriers, avaient déclaré une production de plus de 6 millions. Il y avait des fabriques de papier presque dans tous les gouvernements, à l'exception d'Arkhangel, Astrakhan, Vitepsk, Grodno, Kovno, Minsk, Voronège, Ssaratoff, Poltawa, Kherson, Yékathérinoslaw, la Bessarabie et la Tauride. En tête de la production du papier marche le gouvernement de Saint-Pétersbourg, avec 23 fabriques et une production de 2.050.000 roubles, c’est-à-dire un tiers de toute la production. Quant aux autres gouvernements, leur importance relative peut être appréciée d’après les chiffres du tableau suivant:
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- CULTURE DES PLANTES TEXTILES
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- GOUVERNEMENTS
- 9
- 4
- 6
- 8
- 4
- 11
- 8
- 5
- Saint-Pétersbourg Moscou.......... Livonie.. Kalouga.. Pensa.... Yaroslaw.. Volhynie.. Vilna.... Vladimir.
- Orël.............
- Koursk..........
- Viatka . .......
- Toula............
- Vologda.........
- NOMBRE des travailleurs
- 2.200
- 2.500
- 1.471
- 1.042
- 450
- 483
- 267
- 142
- 2.144
- 287
- 150
- 284
- 252
- 235
- VALEUR de la production déclarée.
- 2.040.000
- 554.000
- 545.000
- 539.000
- 370.000
- 447.000
- 221.000
- 205.000
- 169.000
- 132.000
- 131.000
- 97.000
- 94 000
- 93.000
- NOMBRE des fabriques de papier.
- 30
- 24
- 9
- 15
- 4
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- XVIII
- CULTURE DE LA BETTERAVE.
- La culture de la betterave est surtout répandue dans les gouvernements de la Petite Russie, de Kieff, de Podolie, Tschernigoff, Kharkow, Poltawa et dans ceux de Koursk, Toula, Kalouga, Orël et Tamboff. Dans les derniers temps, cette culture a pénétré dans plusieurs gouvernements de l’ouest, et dans les gouvernements du Volga. En 1860, on comptait dans ces gouvernements 56.158 dessiatines affectées exclusivement à la culture de la betterave ; mais ce chiffre ne se rapporte qu’à la grande culture, puisque dans la même année, à juger d’après la quantité de racines employées à la fabrication du sucre, la petite culture (celle des paysans) consacrait au moins 30.000 dessiatines au même but, Depuis ce temps, la culture doit avoir augmenté, ce qui nous porte à croire que les plantations de la betterave occupent au moins 100.000 dessiatines (109.000 hectares), sans compter les gouvernements du nord, du nord-est et la plus grande partie du centre, où la betterave ne figure que comme légume. La récolte officielle avait été, en 1860, de 42.186.140 pouds (7.031.023 quintaux à 244 livres de Russie). En ajoutant
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- 202
- CULTURE DE LA BETTERAVE.
- une quantité de 22.581.290 pouds (3.763.548 quintaux) fournis aux fabriques de sucre par la petite culture, on arrive à un total de 64.760.000 pouds (10.793.000 quintaux) quiprésentent une valeur de 5.500.000 roubles (22.000.000 de francs), en comptant le berkowetz (10 pouds) à 85 copecks. Cette valeur doit être augmentée à raison de l’accroissement que la culture de la betterave a suivi depuis 1860. Sur le total de la production, plus d’un tiers (plus de 20.000.000 de pouds) appartient au gouvernement de Kieff. Pour juger de la répartition de la production par gouverne-ments, il suffit de jeter un coup d’œil sur la table ci-dessus.
- Fabrication du sucre de betterave. La fabrication du sucre indigène est soumise à l’accise et par conséquent il est assez facile d’en déterminer la valeur. Il faut seulement remarquer que les chiffres officiels sont au-dessous de la vérité, vu que la production, grâce à des perfectionnements techniques, a pu dépasser les normes d’après lesquelles l’accise est prélevée. Les chiffres officiels pour 1865 donnent un total de 3.300.000 pouds (555.000 quintaux); mais, d’après plusieurs indices assez sûrs, il faut compter au moins 4.500.000 pouds (733.000 quintaux). La fabrication du sucre s’est accrue continuellement depuis trente années. Le sucre brut indigène se vend à Kieff et à Kharkoff, au prix de fabrique, en moyenne à 5 roubles le poud (120 francs le quintal); à Moscou il coûte de 6 roubles 50 cop. à 7 roubles 25 cop. par poud; à Saint-Pétersbourg le prix est de 7 à 8 roubles. En ne comptant que 5 roubles par poud, la valeur totale de la fabrication serait de 22.000.000 de roubles (88 millions de francs).
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- CULTURE DE LA BETTERAVE.
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- FABRICATION DU SUCRE DE BETTERAVE
- D’APRÈS DES DONNÉES OFFICIELLES EN 1865.
- GOUVERNEMENTS.
- Kieff..................................
- Podolie................................
- Kharkoff...............................
- Tschernigoff...........................
- Koursk...................................
- Toula..................................
- Voronège...............................
- Tamboff........................ .......
- Poltawa................................
- Volhynie...............................
- Orël...................................
- Riasan.................................
- Bessarabie.............................
- Mohilefr...............................
- Minsk..................................
- Pensa..................................
- Ssaratoff..............................
- Kalouga................................
- Total..........................
- NOMBRE PRODUCTION NOMBRE
- des en des
- fabriques. pouds. travailleurs.
- 67 1.371.328 18.900
- 33 447.404 7.600
- 26 296.157 6.060
- 39 264.774 7.380
- 18 235.135 4.330
- 25 153.566 4.602
- 8 108.501 2.177
- 10 105.770 2.450
- 13 99.274 2.330
- 5 74.448 1.150
- 8 73.185 1.480
- 4 28.981 624
- 2 24.048 530
- 4 24.739 630
- 13.486 249
- 6 8.740 805
- 2 3.212 245
- 1 1.825 130
- 273 3.333.573 61.672
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- XIX
- CULTURE DU TABAC,
- La culture du tabac est une des branches les plus avantageuses de l’agriculture, mais elle exige beaucoup de soins dela part du cultivateur. En Russie, le tabac est cultivé avec succès par les colons allemands de Ssaratoff, de Ssamara et de la Tauride, par les grecs de Niégine (Tschernigoff) et par les cosaques de la Petite-Russie (Tschernigoff et Poltawa). Aussi ce sont les trois gouvernements, de Ssamara, Tschernigoff et Po tawa, qui produisent plus des 3/4 de tous les tabacs indigènes. Ssaratoff, Voronège, Kharkoff, Kherson, la Tauride, la Bessarabie, la Podolieet la Volhynie produisent aussi une quantité considérable de tabac, mais leur production ne saurait rivaliser avec celle des trois gouvernements sus-mentionnés. En général, la culture du tabac existe dans 29 gouvernements, qui comprennent tout le sud de la Russie et une partie de l’est, car on rencontre cette culture même à Nijni-Novgorod et à Ssimbirsk. En dehors de la Russie d’Europe, la culture du tabac occupe une place marquante au Caucase, et a même pénétré dans la Sibérie, où on la rencontre dans certaines localités des gouvernements de Tomsk, Yenisseïsk et Irkoutzk.
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- CULTURE DU TABAC.
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- D’après des données officielles, la culture du tabac occupait en 4 858 près de 30.000 dessiatines, et la récolte donnait 4.600.000 pouds. Mais d’après des renseignements plus authentiques, cette évaluation est loin d’atteindre la vérité. En réalité, la production était de 3.000.000 de pouds qui, au prix moyen de 1 rouble par poud, représentaient une valeur de 3.000.000 de roubles. Le tabac le plus ordinaire se vend sur les lieux de la production de 60 à 80 cop. le poud. Les qualités moyennes et supérieures, qu’on cultive de préférence à Mélipotol (Tauride), à Doubossary (Kherson), à Ssoroki (Bessarabie) et dans quelques districts de Tscherni-goff, coûtent de 3 à 15 roubles le poud. Elles se vendent pour-la plupart sous la dénomination de tabacs turcs. Ssa-ratoff et le bassin du Volga cultivent principalement les tabacs américains d’assez bonne qualité, qui se vendent de 2 à 3 roubles par poud. Enfin au Caucase, dans le gouvernement d'Eriwan et dans certaines localités de la Mingrélie, on récolte d’excellentes feuilles d’origine turque et persane. Sur les 3.000.000 de pouds qui représentent la production indigène, la Russie exporte à l’étranger, en moyenne, 70.000 pouds, ayant une valeur de 200 à 300.000 roubles. En même temps, la Russie reçoit de l’étranger environ 150.000 pouds de feuilles américaines de qualité supérieure, qui coûtent 2.500.000 roubles. L’exportation ne comprend que les tabacs ordinaires qui sont aussi très-recherchés en Finlande.
- Fabrication des tabacs. La fabrication des tabacs est soumise à un règlement qui défend la fabrication à domicile et permet l’établissement des fabriques seulement à certaines conditions et dans les villes. Depuis la mise en vigueur de ce règlement (1857), le nombre des fabriques a baissé, mais en revanche la valeur de la fabrication a aug-
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- GULTURE DU TABAC.
- menté dans une proportion bien plus considérable. En 1858, le nombre des fabriques était de 519, sans compter environ 130 petits établissements. En 1861, on comptait en tout 445 fabriques et 105 petits établissements, occupant 7.109 ouvriers et produisant une valeur de 10.636.499 roubles (sans compter la fabrication du Caucase et de la Sibérie qui ne sont pas soumis à l’accise). En 1864, le nombre des fabriques était de 301, mais la production avait presque doublé. En 1861, elle avait été de 251.000pouds de tabac à fumer, 3 5.300 pouds de tabac à priser et de 476.000.000 cigares et cigarettes. En 1864, elle était de 594.000 pouds de tabac à fumer, de 69.000 pouds de tabac à priser et de 630.000.000 de cigares et cigarettes. D’après une estimation très-modérée, la valeur de ces produits était de 14.500.000 roubles (58.000.000 de francs).
- Les principaux foyers de la fabrication des tabacs se trouvent en Livonie, dans le gouvernement de Kherson, à Saint-Pétersbourg et à Moscou. A Saint-Pétersbourg on comptait 42 fabriques qui produisaient pour une valeur de 6 millions. Moscou comptait 19 fabriques avec une production de 2 mil-lions. En second lieu viennent Riga et Odessa ; en troisième, Ssaratoff et Berditscheff (gouvernement de Kieff).
- L’exportation des tabacs russes en Finlande et à l’étranger augmente chaque année.
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- XX
- CULTURE DE LA VIGNE.
- On cultive la vigne en Bessarabie, dans quelques districts du gouvernement de Poltawa, dans quelques localités du gouvernement de Kherson, le long de la côte méridionale de la Crimée, le long du cours inférieur du Don, à Astrakhan, dansle gouvernement de Stavropol et dans toute la Transcaucasie. Depuis le commencement du dix-neuvième siècle, le gouvernement fait des efforts pour améliorer et encourager cette branche de la production qui gagne constamment en extension et en qualité, malgré l’inconstance du climat, peu favorable aux progrès de la viticulture. Sur les bords du Don, le produit monte tantôt à 250.000 védros, tantôt il tombe à 60 et 70.000 védros. A Astrakhan, pour la période décennale de 183 0 à 1840, la moyenne était de 40.000 et, depuis 1855, elle ne s’élève pas au-dessus de 20.000 védros. Ajuger d’après des renseignements fournis annuellement par les autorités des provinces, et d’après quelques évaluations basées sur des études spéciales, les différentes localités qui cultivent la vigne produisent en somme ronde :
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- CULTURE DE LA VIGNE.
- GOUVERNEMENTS VEDROS HECTOLIT. VALEUR EN ROUBLES
- Astrakhan Pays du Don Stavropol (Kisliar et Mosdok) et la prov. du Kouban La Transcaucasie La Crimée Kherson La Bessarabie La Podolie, Kieff, etc 15.000 150.000 3.300 000 8.400.000 1.200.000 150.000 3.300.000 20.000 2.000 20.000 420.000 1.100.000 150.000 20.000 420.000 2.000 20.000 750.000 2 000.000 5.000.000 1.500.000 120.000 2.200.000 25.000
- TOTAL 16.485.000 2.134.000 11.615.000 ou 46.460.000 fr.
- Les vins de la Transcaucasie servent presque exclusive-ment à la consommation des habitants du pays. Le meilleur vin est celui de Kakhétie. Les bons crus sont très-recherchés, mais le transport est si difficile que l’exportation reste presque nulle. Dans le gouvernement de Stavropol, Kisliar exporte plusieurs centaines de mille védros dans toutes les parties de 1 Empire, mais principalement à la foire de Nijni-Novgorod. La plus grande partie de la récolte des raisins sert à la fabrication d une eau-de-vie qu’on vend sous le nom de Kisliarka. Parmi les vins du Don, il y en a plusieurs sortes qui sont très-estimées, surtout les vins mousseux de Tzimliansk. La Crimée produit toutes sortes de vins de table, blancs et rouges, des vins mousseux et même des vins liquoreux. Elle cultive des ceps de Bourgogne, de Champagne, du Rhin, d’Espagne, de Hongrie. De toutes les contrées de la Russie, la Crimée est certainement la plus avancée sous le rapport de la préparation des vins. En Bessarabie, la viticulture et la préparation des vins font aussi des progrès très-rapides. Depuis dix ans, les vins de la Bessarabie (surtout les rouges) commencent à être recherchés en dehors du pays, et le prix moyen augmente en proportion du plus de soins qu’on apporte à la préparation.
- En dernier lieu, il faut mentionner les essais faits en Podo-
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- CULTURE DE LA VIGNE. 000 lie, à Kieff et à Poltawa pour l’introduction de la culture de la vigne. Ces essais sont encore de date trop récente pour donner des résultats définitifs, mais il y a lieu de s’attendre à des progrès rapides.
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- XXI
- INDUSTRIES MÊLÉES.
- Parmi les industries qui ne se rattachent pas directementà à une branche quelconque de la production brute les plus considérables sont: la fabrication des produits chimiques et la fabrication des équipages. La fabrication de produits chimiques comptait 31 1 établissements avec 5.000ouvriers, et produisait, d’après les déclarations officielles des fabricants, pour une valeur de 5 millions de roubles. Prenant en considération que ces déclarations pour la plupart restent au-dessous de la vérité, on peut estimer la valeur des produits chimiques à 8 millions de roubles. Le siège de cette branche d’industrie est principalement à Moscou, à Saint-Pétersbourg et à Iaroslaw.
- Pour la fabrication d’équipages la Russie comptait 44 établissements avec 2.000 ouvriers. La valeur déclarée des produits de cette industrie était de 1 million de roubles; mais, à juger d’après des données recueillies, elle doit être de plus de 2.500.000 roubles. Les deux capitales sont les principaux centres de la fabrication des équipages.
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- XXII
- RECAPITULATION.
- PRODUCTION BRUTE ANNUELLE.
- Valeur totale
- en roubles, en francs.
- 1. Produits de la pêche............................ 23.500.000 94.000.000
- 2. Produits de la chasse...................... ] .000.000 4.000.000
- 3. Produits des forêts............................ 150.000.000 600.000 000
- 4. Produits des mines.............................. 42.825.000 171.320.000
- a. Or........... 19.000.000r. 76.000.000 fr.
- b. Argentetplomb. 1.000.000 4.000.000
- c. Cuivre....... 2.600.000 10.400.000
- d. Zinc.............. 525.000 2.000.000
- e. Fer............ 15.000.000 60.000.000
- f. Houille...... 500.000 2.000.000
- g. Sel............. 4.200.000 16.800.000
- 5, Produits de l’élève du bétail.................. 190.700.000 7 62.800.000
- a. Viande....... 112.000.000r.448.000.000 fr.
- b. Suif.......... 28.700.000 114.800.000
- c. Peaux........ 20.000.000 80.000.000
- d. Laine........ 24.000.000 96.000.000
- e. Poils, crin, soie de porc, cornes, etc......... 6.000.000 24 000.000
- 6. Autres produits du règne animal.................. 8.200.000 32.800.000
- a. Soie......... 4.400.000r. 17.600.000 fr.
- b. Cire, miel... . 3.800.000 15.200.000
- 7. Produits de la culture des céréales.......... 1.060.000.000 4.240.000.000
- 8. Produits de la culture des plantes textiles et graines oléagineuses................................ 81.850.000 327.400.000
- a. Graines...... 25.000.000r. 100 000.000 fr.
- b. Lin............ 36.000.000 144.000.000
- c. Chanvre...... 20.500.000 82.000.000
- d. Coton........ 350.000 1.400.000
- 9. Produits de la culture de la betterave.... 5.500.000 22.000.000
- 10. Produits de la culture du tabac................. 3.000.000 12.000.000
- il. Produits de la culture de la vigne............. 12.500.000 50.000.000
- Total............ 1.579.075.000 6.316.300.000
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- RECAPITULATION.
- PRODUITS DE L’INDUSTRIE.
- Valeur totale
- en roubles. en francs.
- 1. Fabrication de la potasse, poix, thérébenthine, goudron, etc.......................................
- 2. Fabrication des métaux :
- a. Or et argent.....................
- b. Fer............................................
- c. Cuivre....................................
- 3. Fabrication des autres produits du règne minéral ..........................................
- a. Briqueterie...............................
- b. Poterie, faïence, porcelaine..............
- c. Verrerie, etc.............................
- 4. Fabrication des produits du règne animal :
- a. Suif...........................................
- b. Cuirs................................ ...
- c. Laine.................................
- d. Poils, crins, etc.........................
- e. Soie......................................
- f. Cire......................................
- 5. Fabrication des eaux-de-vie et de la bière. ...
- 6. Fabrication de l’huile........................
- 7. Fabrication du lin.............................
- 8. Fabrication du chanvre.........................
- 9. Fabrication du coton...........................
- 10. Fabrication du papier..........................
- 11. Fabrication du sucre...........................
- 12. Fabrication des tabacs........................
- 13. Fabrication des produits chimiques....... ....
- 14. Fabrication d’équipages......................
- Total..........
- 3.050.000 12.200.000
- 8.000.000 32.000.000
- 53.000.000 212.000.000
- 7.000.000 28.000.000
- 4.000.000 16.000.000
- 3.000.000 12.000.000
- 7.000.000 28.000.000
- 20.000.000
- 56.000.000
- 45.000.000
- 1.500.000
- 15.000.000
- 3.000.000
- 328.000.000
- 11.250.000
- 115.000.000
- 40.000.000
- 100.000.000
- 6.000.000
- 22.000.000
- 14.500.000
- 8.000.000
- 2.500.000
- 80.000.000
- 224.000.000
- 180.000.000
- 6 000.000
- 60.000.000
- 12.000.000
- 1.312.000.000
- 45.000.000
- 460.000.000
- 160.000.000
- 400.000.000
- 24.000.000
- 88.000.000
- 58.000.000
- 32.000.000
- 10.000.000
- 872.8.00.000 3.491 200.000
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- COMMERCE.
- I
- APERÇU GÉNÉRAL.
- Si l’on se rapporte aux données exposées dans le chapitre précédent, il n’est pas difficile de se faire une idée approximative de l’importance des échanges, qui doivent se faire continuellement entre les différentes régions de la Russie. Les gouvernements du centre, savoir : Moscou, Vladimir, Yaros-law, Toula, Kalouga, Nijni-Novgorod, attirent la majeure partie des produits bruts de tout l’empire et s’occupent de préférence à les transformer en produits manufacturiers, adaptés aux différents usages. Après avoir effectué cette transforma-tion, le centre renvoie les résultats de son industrie aux provinces extérieures et il en résulte un mouvement continuel, un échange de produits bruts contre des produits manufacturiers. Moscou, le vrai centre de l’empire et le chef-lieu de la région manufacturière, règle la marche de ces échanges, en remplissant et en vidant, tour à tour, les entrepôts de la région
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- COMMERGE.
- secondaire. Ces entrepôts sont: Tver, Rybinsk, Nijni-Novgo-rod, Kolomna et les foires de l’Ukraïne, disposés en cercle autour de la région manufacturière.
- En dehors de ce rayon secondaire, il existe une troisième région commerciale qui aboutit aux frontières extrêmes de l’empire et présente un caractère particulier. Le voisinage de la mer et les facilités du commerce d’exportation y balancent l’influence dominatrice de l’industrie et du commerce de Moscou. Au lieu d’envoyer ses produits dans la région manufacturière pour les échanger contre les produits de l'industrie russe, les gouvernements appartenant à ce rayon préfèrent céder leurs produits à l’étranger et recevoir de l’Europe les articles manufacturés dont ils ont besoin. Ce rayon extérieur a un commerce presque indépendant du commerce de l’intérieur et se divise en autant de groupes distincts qu’il y ade débouchés principaux pour le commerce extérieur, et nommément : les gouvernements du nord avec la Dvina septentrionale et Arkhangel; le gouvernement de Saint-Pétersbourg avec la Néva et le port de Saint-Pétersbourg; les gouvernements du nord-ouest avec la Dvina occidentale et Riga; les gouverne-ments de l’ouest avec le Niémen et la Vistule; ceux du sud-ouest avec les ports d’Odessa, Kherson, Nicolayeff, et enfin ceux du sud-est, avec les ports de Rostoff, Taganrog et Astrakhan. Le long de la frontière de l’est, ce rayon n’existe pas, et Moscou avec la région du centre peuvent librement étendre leur domaine jusqu’à la chaîne de l’Oural et même au delà, jusqu’aux frontières de l’Asie centrale et de la Chine.
- Telle est, à grands traits, la distribution du territoire de 1 empire sous le rapport des échanges. Pour préciser davantage le caractère de ces échanges, il faut prendre en considération les particularités locales du vaste rayon productif, son-
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- COMMERCE.
- 215
- mis à la domination de Moscou comme chef-lieu du commerce intérieur de la Russie. Les gouvernements du nord(Kostromà, Vologda, Olonetz) fournissent au centre et à quelques autres parties de l’empire principalement des produits forestiers, le bois de construction et de chauffage, la potasse, la térébenthine, les poix, les goudrons. Les gouvernements du nord-est envoient les produits de leurs mines (surtout le fer) et de leurs salines; la Sibérie, ses fourrures, ses peaux et les produits du commerce de Kiakhta. Le gouvernement d’Orenbourg fournit les produits de l’Asie centrale, et surtout le coton. Le sud-est, en général, fournit des grains, de la viande sur pied, des peaux, des cuirs, du suif et du poisson; la Transcaucasie, de la soie, du vin; le midi, de la laine, du vin et du sel; la Petite-Russie, du sucre, du miel, de la cire; les gouvernements de Tschernigoff, Mohileff, Koursk, Orël, du chanvre et de l’huile; Tamboff, Riasan, Voronège, Pensa, du blé, de l’eau-de-vie, des chevaux; les gouvernements du nord-ouest (Pskoff, Vitepsk, Smolensk), du lin. D’après le genre des produits, chaque région a son commerce particulier, sa spécialité.
- Grâce à l’immense étendue de l’empire et aux distances qui séparent le foyer de la consommation intérieure, Moscou, et les foyers du commerce extérieur, Saint-Pétersbourg, Riga, Odessa, Taganrog, des lieux de production, grâce enfin aux difficultés des transports, le commerce en Russie opère lentement et, par suite, contribue à une forte augmentation du prix de revient des divers produits. Pour juger de l’importance de ce fait, il suffit de constater la différence des prix sur les lieux de production et sur les lieux de consommation. Le poud de fer qui coûte aux mines de l’Oural 80 ou 90 cop., se vend à Saint-Pétersbourg 2 roubles, et un sagène de bois vendu sur
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- COMMERCE.
- les lieux à 50 cop. vaut en arrivant à Moscou 4 ou 5 roubles. Un tsclietwert de seigle qui coûte à Riasan, Tamboff ou Ssa-ratoff 1 r. 50 cop. ^ vaut à Moscou 3 à 4 roubles, à Saint-Pétersbourg de 5 à G et dans le nord, à Olonetz, Arkhangel, Vologda, on le paye, en temps opportun, 10 à 12 roubles. Un tschetwert de froment qui se vend à Kieff, Yékathérinoslaw ou Poitawa 3 roubles, coûte à Moscou 8 et 9 roubles; à Odessa, Rostoff, Taganrog, 4 4 et12 roubles, et quelquefois se paye 15 et même 16 roubles. La laine, la soie, le lin, le chanvre doublent quelquefois de prix avant d’arriver sur les lieux de consommation ou d’exportation. Ces faits indiquent clairement que la question des transports est la question capitale du commerce
- russe.
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-
- II
- TRANSPORTS A L’INTÉRIEUR.
- Les transports à l'intérieur, qui remuent l’énorme quantité de produits livrés au commerce et destinés à l'échange se font ou par les chemins de fer, ou à l’aide de charrois, ou bien par la navigation intérieure. La statistique russe ne possède que des moyens insuffisants pour déterminer la valeur et la quantité des produits livrés à ces trois branches de l’industrie des transports; aussi les données suivantes ne sont que l’expression du minimum du mouvement commercial et sont loin d’embrasser latotalité des transports et des échanges qui se font en Russie. La majeure partie des transports à l’intérieur se fait par terre à l’aide de charrois, dont on ne saurait jamais déterminer ni le nombre ni la capacité et qui échappent totalement au contrôle de la statistique. Quelques faits isolés peuvent pourtant donner une idée du développement de l’industrie du roulage. Ainsi, il est notoire que toute la quantité de marchandises qui alimente les foires de l'Ukraïne est transportée sur des charrois, ce qui donne déjà une valeur de près de 100 millions de roubles. D’autre part, il est établi que plus des deux tiers de l’exportation des ports de
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- TRANSPORTS A L’INTÉRIEUR.
- la mer Noire et de la mer d'Azoff arrivent de l’intérieur par terre. C’est encore une valeur de 30 à 40 millions. On sait de plus que le nombre des tschoumaki (rouliers à bœufs) dans les gouvernements de Kieff, Tschernigoff, Poltawa, Koursk, Orël, Voronège et Kharkoff dépasse le cbiffre de21 0.000. hommes. Quant au commerce de détail, qui se fait constamment sur les lieux mêmes par de nombreux colporteurs, il suffit de dire que ce genre de commerce est plus développé en Russie que dans d’autres pays, et joue un rôle très-impor-tant, vu que la population de certains districts des gouvernements industrieux du centre en fait son occupation principale. Ces colporteurs pourvoient presque à tous les besoins de la population rurale en tissus à bon marché, rubans, fils, objets de toilette, quincaillerie. En général, tous les échanges entre les différents gouvernements, ayant pourbut les besoins locaux de la population même et comprenant des produits destinés à la consommation immédiate, se font à l’aide des transports par terre. Les chemins de fer et la navigation intérieure ne transportent ordinairement que des produits destinés à l’exportation ou à la fabrication. Encore faut-il remarquer que, vu le petit nombre de lignes ferrées et la distribution géographique des routes fluviales, le commerce d une grande partie de la Russie est forcé de recourir aux charrois, même pour les gros transports.
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- III
- NAVIGATION FLUVIALE.
- Grâce au développement du réseau fluvial et aux nombreux canaux établis entre les différents bassins, le transport des produits bruts de la Russie d’Europe, destinés au commerce en gros, se fait le plus souvent par eau. L’abondance des bois dans les gouvernements du nord, du nord-est et d’une partie du centre, favorise la construction de barcpies, et l’usage de démolir les barques à leur arrivée, pour les vendre sous la forme de bois de chauffage, rend ce genre de transport très-avantageux. Aussi tous les produits d’un certain volume, ou d’un grand poids, préfèrent le transport par eau et sont livrés à la navigation intérieure qui en Russie joue un rôle très-important et mérite une attention particulière.
- La Russie possède un grand nombre de ports intérieurs; les chargements s’y font ordinairement au commencement du printemps et à l’époque de la crue des eaux. Les transports par eau sont soumis à une taxe de navigation de ’âpour 100 de la valeur déclarée, pour l’entretien des ports, canaux, écluses et chemins de halage. D’après ces déclarations, qui sont généralement bien au-dessous de la valeur réelle, la moyenne an-
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- 220
- NAVIGATION FLUVIALE.
- nuelle, pour la période triennale de 1859 à 1862, présente les chiffres suivants:
- MARCHANDISES EXPÉDIÉES PAR EAU. QUANTITÉ. VALEUR.
- pouds. roubles.
- Céréales et eau-de-vie 113.299.217 57.598.208
- Graines oléagineuses et huiles 6.709.475 5.298.688
- Lin et étoupes de lin 1.842.207 3.615.380
- Chanvre 3.234.480 5.054.863
- Tissus de lin et de chanvre » 2.319 587
- Coton brut et cotonnades 6.112.358
- Sucre 457.482 3.599.000
- Tabac 506.027 693.371
- Goudron, poix, térébenthine 1.924.961 926.292
- Produits forestiers » 10.595.949
- Beurre, suif, chandelles, savon, stéarine 3.643.376 12.276.959
- Peaux, fourrures, cuirs » 2.255.348
- Laines et tissus de laine 381.100 2.103.476
- Poisson, vésiga, caviar, huile et colle de poisson.. 4.596.178 4.323.003
- Métaux 14.402.822 16.388.366
- Poterie et verrerie... » 922.024
- Sel 17.109.147 5.748.980
- Potasse 706.976 1.031.339
- Briques, pierres, chaux 57.504.825 1.351.590
- Divers 25.343.602
- Total . 372.004.399 167.558.383
- D’après la moyenne des transports par gouvernements, pour la même période triennale (de 1861 -1862)^ il résulte qu’en général l’ouest et le sud de la Russie d’Europe se trouvent dans une position beaucoup moins avantageuse sous le rapport de la navigation fluviale que le reste de l’empire. C’est surtout dans le nord, dans une partie du centre et dans l’est que cette navigation a le plus grand développement.
- Les ports les plus remarquables par la quantité et la valeur des chargements qui s’y font se répartissent ainsi qu’il suit:
- A. Dans le bassin de la Dvina du Nord, comprenant les gouvernements d'Arkhangel, de Volodga et d’Olonetz :
- 1. Le port de la ville d'Oustioug, avec une exportation de 433.000p. d’une valeur de 776.000 roubles. Cette expor-
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- NAVIGATION FLUVIALE. 221 tation consiste en céréales (20.000 tschetwerts = 1 1 5.000 r ) et en lin (153.000 p. = 470.000 r.).
- 2. Le port de la ville de Totma, exportant plus de 25.000p. de lin et d’étoupes = 100.000 r.
- 3. Le village de Podossinowskoyé (Youg), avec une exportation de 900.000 p. d’une valeur de 788.000r.,savoir : céréales (55.000 tschetwerts =270.000 r.), graine de lin (227.000p. =198.000 r.), lin et étoupes (114.000 p. = 302.000 r.).
- 4. Le village de Noschoulia (Louza), avec une exportation de 1.305.000 p. = 816.000 r. Les principaux articles sont: grains (100.000 tschetwerts = 572.000 r.), graine de lin (158.000 p. = 150.000 r.), lin, eau-de-vie, etc.
- L’exportation de ces ports, ainsi que de plusieurs autres de moindre importance, comme Nicolsk (Youg), Bykowo, Wymsko-Bykowo, Kaïgorod, comprend non-seulement les produits du gouvernement de Volgoda, mais encore une certaine quantité venant des gouvernements de Viatka et de Kostromà. Le lieu de destination de ces produits est le gouvernement et surtout le port d’Arkhangel.
- B. Dans le bassin de la Néwa et de la région des grands lacs, comprenant les gouvernements de Saint-Pétersbourg, Novgorod, Pskoff et une partie de celui de Tver, le nombre des ports est très-considérable. Dans le gouvernement de Saint-Pétersbourg les principaux sont : Nowaya Ladoga, Gostinopol, (Volkhoff) et Koulga (Narowa); dans celui de Novgorod : Tsche-repowetz, Nilowetz (Sscheksna), Tikhvine (Tikhvinka), Novgorod (Volkhoff), Bronnitzy et Poterpélitzy (Msta). Tous ces ports ont peu d’importance. Leur exportation consiste en paille, foin, bois, briques, pierres, veaux, laitage, etc. Destination Saint-Pétersbourg. Le gouvernement de Pskoff ne possède qu'un seul port, le bourg de Ssolzy situé sur la Schelon et
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- .NAVIGATION FLUVIALE.
- expédiant annuellement pour Saint-Pétersbourg et pour Yarosslaw (route de l’Ilmen et de la Msta) 90.000 tschetwerts de grains (471.000 r.) et361.000p. de lin (384.000 r.), ainsi qu’une quantité très-considérable de graine de lin. Le point principal du bassin de la Néwa et l’un des plus importants dans tout l’empire pour la navigation intérieure, c’est le port de Saint-Pétersbourg, qui reçoit annuellement par eau plus de 147.000.000 de pouds et une valeur de 35.000.000 de roubles. La plus grande partie de ces chargements vient de Tver et de Rybinsk (voir ces ports) et consiste en produits du centre, du nord-est et du sud-est de l’empire, destinés à la consommation de la capitale et de Cronstadt, ou bien au commerce étranger. Les principaux articles sont : grains 2.600.000 tschetsverts ( 13.000.000 r. ) ; eau-de-vie (349.000r.); graines de lin 2.370.000 pouds (1.450.000 r.); huiles 205.000 p. (571.000 r.); lins 600.000 p. (870.000r.); chanvres 954.000 p. (1.573.000 r.); bois et articles de bois (2.100.000 r.); beurre, suif, chandelles (2.550.000 r.); potasse 419.000 p. (710.000 r.); métaux 1.195.000 p. (1.655.000 r.). En échange des produits reçus, le port de Saint-Pétersbourg expédie par eau : du sel, des vins, des tissus, du coton, du sucre, pour plus de 5 millions de roubles. Ces marchandises, pour la plupart de provenance étrangère, vont à Rybinsk, pour y prendre la route du Volga et de l’intérieur.
- C. Dans le bassin du Volga supérieur, qui comprend une partie du gouvernement de Tver et les gouvernements de Yarosslaw, Kostromà et Nijni-Novgorod, les ports les plus remarquables sont les suivants:
- 1. Ports du haut Volga, comme Zoubtzoff, Rjeff, Tver, Kalia-sine, Kortcheva. Les trois premiers présentent chacun
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- NAVIGATION FLUVIALE.
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- une exportation de près de 2 millions de roubles, mais dans ce chiffre les produits propres au gouvernement de Tver ne jouent qu’un rôle secondaire. Zoubtzoff et Rjeff exportent des quantités très-considérables de lin et de chanvre, qui leur arrive de Smolensk, Kalouga, Koursk et Orël. Le lieu de destination de ces produits est Tver, Rybinsk (Saint-Pétersbourg), et en partie Yarosslaw. Tver exporte pour la plupart des denrées d’origine étrangère, qui y arrivent par le chemin de fer pour prendre la route du Volga et de l’intérieur. Kortscheva et Kaliasine ont beaucoup moins d’importance et expédient pour Rybinsk une certaine quantité de céréales provenant du gouvernement de Tver.
- 2. Les ports du gouvernement de Yarosslaw, comme Ry-binsk, Yarosslaw, Ouglitsch, Myschkine, exportent des produits du gouv. de Yarosslaw pour environ G millions de roubles. Parmi ces produits, les céréales, l’eau-de-vie, les cotonnades de Yarosslaw (550.000 r.), les toiles et le papier d’Ouglitsch etde Myschkine, jouent le premier rôle. Une partie de ces produits descend le Volga, une autre le remonte jusqu’à Rybinsk et Tver. En général, Yarosslaw exporte pour environ2.200.000 r. et Rybinsk pour 1.500.000; mais, indépendamment de sa propre exportation, Rybinsk sert de point de réunion pour tous les transports venant du Volga inférieur et destinés au port de Saint-Pétersbourg. Il reçoit et réexpédie annuellement plus de 45.000.000 de pouds, représentant une valeur de 32.000.000 de roubles. Les marchandises arrivant du haut-Volga (lin et chanvre), de Ssamara, Ssaratoff, Kasan et Tam-boff (céréales, graines oléagineuses, suif), de Perm et Nijni-Novgorod (fers et métaux), de Kostromà (toiles, potasse), de Yarosslaw et Wladimir (tissus de laine), hivernent à Rybinsk, et au printemps changent de barques pour conti-
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- NAVIGATION FLUVIALE.
- nuer leur route par les canaux de Mariinsk et de Tikhvine, jusqu’à Saint-Pétersbourg. En moyenne, Rybinsk expédie annuellement plus de 3 millions de tschetwerts de céréales, 1.500.000 pouds de graines oléagineuses, 2.000.000 de pouds de suif, 1.130.000 p. de fer, 4.600.000 p. de sel, 398.000 pouds de potasse, pour 580.000 r. d’eau-de-vie, pour 160.000 r. de toiles, pour 155.000 r. de tissus de laine, et enfin pour 124.000 roubles de cuirs. L’importance de Rybinsk résulte de sa position géographique. Situé près de l’embouchure de la Scheksna et de la Mologa, c’est le point où finit la navigation du Volga et commence celle des canaux. Les barques venant de loin, c’est-à-dire de l'Oka, de la Kama ou du Volga inférieur, et allant à Saint-Pétersbourg, arrivent à Rybinsk à la fin de l’été et sont forcées d’y rester pendant l’hiver.
- 3. Les ports du gouvernement de Kostroma sont : Kostromà, Pless, Kineschma, Varnavine et Vetlouga (les deux derniers sur la Vetlouga). Tous ces ports exportent des produits locaux, savoir : une quantité notable de filasse de lin et beaucoup de toiles (Kostromà), des cotonnades (Pless et Kineschma) et du papier (Kineschma). Varnavine et Vetlouga exportent du bois, du goudron et de la potasse, pour environ 500.000 roubles.
- 4. Le port de Nijni-Novgorod, situé au confluent de l’Oka et du Volga et appartenant au gouvernement du même nom, a presque autant d’importance que Rybinsk. Il exporte annuellement plus de16 millions de pouds, pour une valeur de 23.300.000 roubles. En même temps Nijni-Novgorod reçoit annuellement par eau plus de 23.800.000 p., représentant une valeur de 27.500.000 roubles. Les principaux articles sont : grains (600.000 tschetwerts = 3.145.000 r.), toiles (427.000 r.), tissus de soie (230.000 r.), cotonnades
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- NAVIGATION FLUVIALE.
- 1O 1 OT
- (2.200.000 r.), thé (186.000 p. = 5.356.000 r.), sucre (128.000 p. — 944.000 r.), denrées coloniales et drogueries (1.170.000 r.), vins (900.000 r.), cuirs (1.000.000 r.), poisson (1 .225.000 r.), métaux (4.237.000 p.=7 223.000 r.), sel (3.800.000 p. = 644.000 r.), huile de Provence, draps, verreries, porcelaine, machines. Les toiles, les cotonnades, une partie du sucre et une partie notable des grains viennent del’Oka; les métaux viennent, en partie de la Kama, en partie des usines de Nijni-Novgorod; les vins et les drogueries viennent deTver et de Rybinsk; le sel, du bas Volga (Kamyschine); le thé, de Kiakhta et de Perm, où il fait quelquefois une station assez longue. Une grande partie de ces marchandises et surtout le thé, les cotonnades, les cuirs, quittent Nijni-Novgorod par les routes de terre, de sorte qu’un tiers des barques arrivées retournent forcément sans cargaison (c’est surtout le cas avec les barques venant de la Kama). La réexportation de Nijni-Novgorod se fait par quatre routes différentes. Les drogueries, les denrées coloniales, les vins, les toiles et une partie des cotonnades descendent le Volga et, en partie, remontent la Kama jusqu’à Perm. Le sel et une partie des fers prennent la route de l'Oka, pour aller dans les gouvernements du centre. La majeure partie des grains, la moitié des fers, presque la totalité des fourrures et des cuirs remonte le Volga jusqu’à Rybinsk, Yarosslaw et Tver. Nijni-Novgorod, tout comme Rybinsk, n’est qu’un vaste entrepôt, d’autant plus important qu’il est situé sur les frontières du commerce de l’Europe et de l’Asie.
- Quant à l’exportation propre du gouvernement de Nijni-Novgorod, elle consiste principalement en blé, fers, suif et cuirs. Outre Nijni-Novgorod, il faut mentionner le port de Lyskowo sur le Volga, qui expédie annuellement pour une 15
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- somme de 920.000 roubles des grains. Les ports de Gorodetz et de Tchougounka ont moins d’importance.
- 5. Les ports du gouvernement de Kasan sont: Kasan, Té-tiouschi, Tschéboksary, Kozlowka sur le Volga et Tschistopol sur la Kama. L’exportation de Kasan (4.600.000 r.) consiste en grains, graine de lin, suif, savon, stéarine et cuirs. En outre, Kasan expédie, pour le bas Volga, une certaine quantité de thé (713.000 r.) qui lui arrive de la Sibérie par la route de Perm. Tschistopol expédie presque exclusivement des grains et de la graine de lin (ensemble 300.000 tschetwerts, pour une somme de 1.700.000 r.).
- D. Dans le bassin de la Kama, composé des gouvernements de Viatka, Perm et Orenbourg, le nombre des ports est considérable, mais ces ports n’ont qu’une importance secondaire. Ceux de la Viatka, comme Viatka, Koukara, Médvéd, exportent des grains et de la graine de lin. Le port de Kholounitzy exporte exclusivement des fers. Sur la Kama, le gouvernement de Viatka possède deux ports : Tschelna (1.670.000 p. = 671.000 r.) et Ssarapoul (488.000 p. = 219.000 r.), dont l’exportation consiste en céréales, graine de lin et potasse. Le gouvernement de Perm exporte principalement des métaux, du sel et du suif. Parmi les nombreux ports de ce gouvernement, Perm estleplus considérable, vu qu'il expédie, indépendamment d’une quantité notable de métaux et de suif, pour plus de 5.500.000 r. de thé venant de Kiakhta par la route de terre. Les ports de Nytwa, Pojéwo, Palazna, Dobrianka expédient exclusivement des fers et des métaux. Ceux d'Ous-solie et de Diédioukhine, du sel (le premier 5.400.000 p. == 910.000 r., le second 636.000 p. = 130.000 r.). Les ports de Krylassoff, Koungour, Martianowskoyé exportent du suif (le dernier pour 1.500.000 r.). Le gouvernement d'Orenbourg
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- NAVIGATION FLUVIALE. 227 fournit à la navigation intérieure du blé(Oufa, Birsk, Toropnino, Bérezowo), des métaux (Bielsk, Mikhaïlowo, Katowa, Youre-san, Miniary, etc.) et de la potasse (Bielsk et Mikhaïlowo).
- Le lieu de destination de tous ces produits est la foire de Nij-ni-Novgorod. Une certaine quantité de fers descend le Volga jusqu’à Ssaratoff, Tzaritzyne et Doubowka (chemin de fer du Volga et du Don). Toute l’exportation du bassin de la Kama, par eau, est estimée à 30.000.000 de p. et à 23.117.000 r.
- E. Le bassin du bas Volga, comprenant les gouvernements de Ssimbirsk, Ssamara, Ssaratoff, exporte principalement des grains, de la graine de lin et du suif. L’exportation du suif (plus de 4 millions de r.) appartient presque exclusivement au port de Ssamara qui expédie, en outre, pour une somme égale des céréales. Parmi les autres ports du Volga inférieur, dont les chargements consistent presque exclusivement en grains, il faut citer Balakowo (3.186.000 r.), Katherinenstadt (1.161.000 r.), Maïna (356.000 r.), Pokrow (578.000 r.), Yékathérininskaya (2.500.000 r.), Ssaratoff (2.218.000 r.), Kamyschine (1.731.000 r.), Volgsk (652.000r.),Khwalynsk(1.723.000r.), Ssyzran(600.000r.), Ssimbirsk (535.000 r.), Ssengiley (140.000 r.), et enfin Promzino sur la Ssoura (gouvern. de Ssimbirsk; 600.000r.). Volgsk, Khwalynsk et Ssaratoff expédient annuellement une certaine quantité de suif et d’huile. Kamyschine exporte beaucoup de sel venant du lac d’Elton. Dans le gouvernement d’Astrakhan, le port le plus considérable est celui de la ville d’Astrakhan, qui expédie en amont plus de 3 millions de ponds de poisson (valeur 2,730.000 r.), 1.360.000 p. de sel(400.000 r.), des vins (386.000 r.), des fruits (300.000 r.) et de la soie grége (200.000 r.). Presque toute l’exportation du bas Volga remonte le Volga, pour aller à Rybinsk. Une
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- certaine partie (surtout des grains et de la graine de lin) se réunit à Doubowka, pour prendre, par le chemin de fer, la route du Don. Le poisson, les vins, les fruits et la soie d’Astrakhan remontent le Volga jusqu’à Ssaratoff, pour y prendre la route de terre jusqu’à Moscou.
- En échange de ses produits bruts, la région du bas Volga reçoit par eau: du sucre, des toiles, des cotonnades, des vins, des drogueries, du thé et du fer. Toutes ces marchandises viennent de la foire de Nijni-Novgorod (voir plus haut), ou bien de Perm (via Kasan). La plupart s’arrête à Ssaratoff et à Ssa-mara, mais une certaine quantité descend jusqu’à Doubowka et Astrakhan.
- F. Dans le bassin de l'Oka, comprenant tout le centre de la Russie d’Europe, les principaux ports sont : Kozelsk sur la Jisdra (gouv. de Kalouga), Kalouga (même gouvernement), Biéleff sur l’Oka (même gouvernement), Orël sur l’Oka (2.460.000 p. 4.514.000 r.), Mzensk sur la Zou-cha (gouv. d’Orël, 3.3 52.000 p. = 1.137.000 r.), Moscou sur la Moskwa (2.034000 p. =1 .362.000 r.), Kolomna sur la Moskwa(gouvern. de Moscou; 3.385.000 p. = 884.000 r.), Schilowo sur l’Oka (gouvern. de Riasan; 1.570.000 p. == 830.000 r.), Péréwlesskoyé sur la Pronia (gouvern. de Riasan; 3.156.000 p. = 1.575.000 r.), Wladimir, sur la Kliasma (gouv. du même nom; 46.000 p. == 380.000 r.), Pokrow sur la Kliasma (même gouvernement; 109.000 p. == 247.000 r.), Mourom sur l’Oka (même gouvernement; 2.870.000 p. = 1.214.000 r.), et enfin les ports de la Zna, parmi lesquels la première place appartient à Morschansk (gouvernement de Tamboff; 1.900.000 p. =1.060.000 r.). L’exportation de Mzensk, Orël, Kozelsk, Kalouga consiste en blé, lin, chanvre et graine de lin; celle de Riasan (Schilowo
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- et Perewlesskoyé), en grains exclusivement; celle de Tamboff et de Pensa (ports de la Zna), en grains et graine de lin, et surtout en suif. Reste l’exportation du gouvernement de Vladimir (Vladimir, Pokrow et Mourom) et celle de Moscou, qui consistent principalement en toiles, tissus de lin, cotonnades, draps, métaux, verreries. En général, toute l’exportation du bassin de l’Oka peut être évaluée à 34.500.000 pouds, répresentant une valeur de 17.766.000 roubles.
- G. Dans le bassin du Don il faut remarquer les ports suivants : Maslovo, Pavlowsk, et Novo-Khopersk, dans le gouvernement de Voronège; Borissoglebsk dans le gouvernement de Tamboff; Balaschoff dans celui de Ssaratoff; Biéliayewskaya, Kalatschefskaya et Katschalinskaya, dans le pays des Cosaques du Don; Rostoff dans le gouvernement de Yékathérinoslaw. L’exportation du gouvernement de Voronège consiste en grains, graine de lin et suif. Le gouvernement de Tamboff, dont il a déjà été parlé plus haut, expédie pour le sud environ 100.000 tschetwerts de grains (237.000 r.) et 231.000 p. de graine de lin (77.000 r.). Balaschoff fournit près de 3 50.000 p. de graine de lin (150.000 r.). Les chargements du port de Kalatsch comprennent pour la plupart des produits venant du bas Volga et du port de Doubowka, par le chemin de fer (voir plus haut). Les autres ports expédient des grains, du suif, du bois, des produits forestiers et une certaine quantité de laine destinée à l’étranger. Total des marchandises qui prennent la route du Don : 9.950.000 p. et 4.577.000 roubles.
- H. Le bassin du Dniépr contient les gouvernements de Smolensk, Mohileff, Minsk, Volhynie, Kieff, Tschernigoff, Poltawa, Yékathérinoslaw, une partie de la Tauride et de Kherson. Les gouvernements de Minsk, Mohileff et Smolensk
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- profitent des eaux du Dniepr et de ses affluents pour expédier des radeaux et du bois. Dans le gouvernement de la Volhynie, traversé dans toute sa longueur par le Pripiét et sillonné en tous sens par une multitude de rivières parfaitement navigables, le mouvement est insignifiant et ne comprend que du bois et des produits forestiers pour environ 500.000 r., ainsi qu’une certaine quantité de grains (400.000 r.), exportés en Pologne par les canaux qui réunissent le système du Dniépr au système de la Vistule. Le seul port remarquable, Dou-bienka, est situé sur le Boug (affluent de la Vistule). Le gouvernement de Tschernigoff, rattaché au système du Dniépr par la Dessna, ne fournit à la navigation que du bois, des tabacs et une quantité minime de grains. Dans les gouvernements de Kieff et de Poltawa on trouve les ports suivants : Kieff, avec une exportation de 398.000 r. ; Rjischtscheff (414.000 r.), Tscherkassy (119.000 r.)et Péreyaslaw (120.000r.). Les ports les plus considérables sont ceux de Krementschoug et de Krioukoff, situés vis-à-vis l'un de l’autre sur les deux rives du Dniépr. Ces deux ports servent de point de réunion aux convois partis des autres ports de Kieff et de Poltawa. La valeur des marchandises, reçues par eau (grains, bois, sucre, laine, chanvre, etc.), est de 1 million de roubles. A partir de Krioukoff, ces marchandises prennent la route de terre jusqu’à leur destination, c’est-à-dire jusqu’à Kherson, Odessa, Nico-layeff. En échange de ces marchandises, le port de Krement-schoug reçoit par terre une quantité considérable de sel (1.300.000 p. = 850.000 r.) venant du littoral de la mer Noire, des fruits, des vins, des drogueries venant d’Odessa, etc., et en réexpédie la plus grande partie par eau, jusqu’à Kieff, et même plus haut (valeur totale 1.400.000 r.). Dans le gouvernement de Yékathérinoslaw, le port de cette
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- NAVIGATION FLUVIALE. 931 ville présente à peu près les mêmes particularités. Il reçoit de l’intérieur pour une somme de 600 à 700.000 r. (grains,graine de lin, suif, laine) et échange ces produits contre du sel. Au-dessous de Yékathérinoslaw commencent les cataractes de Dniépr, et la navigation est interrompue. Au delà des cataractes, sur le bas Dniépr, se trouvent les ports de Novogéor-giewsk, Nicopol et Bérislaw, qui expédient pour les ports de la mer Noire une quantité considérable de grains (environ 100.000 tschetwerts = 310.000 r.), de graine de lin (200.000 p.==150.000 r.)et desuif (100.000p.—451 .000r.).
- Valeur totale des marchandises transportées par eau dans le bassin du Dniépr : 9 millions de roubles.
- I. Le bassin du Dniéstr comprend la Podolie, la Bessarabie et une partie du gouvernement de Kherson. Les principaux ports se trouvent sur la rive droite du fleuve, dans le gouvernement de la Podolie. La navigation du Dniéstr comprend exclusivement des céréales. Les transports (250.000 tschetwerts = 900.000 r.) s’arrêtent au port de Mayaki, pour prendre le chemin de fer d’Odessa.
- K. Dans le bassin du Niémen, auquel appartiennent les gouvernements de Vilno et de Kovno, les ports principaux sont : Kowno et Yourbourg. L’exportation de ces deux gouvernements ne comprend que des grains, du lin et de la graine de lin. La valeur totale de l’exportation par eau (260.000 tschetwerts de grains = 1.100.000 r.; 455.000 p. de graine de lin = 263.000 r.; 74.000 p. de lin — 89.000 r.; 45.000 p. de chanvre = 47.000 r., etc.) est de 1.800.000 roubles. Une certaine quantité de lin et de chanvre vient des gouvernements de Minsk et de Mohileff.
- L. Le bassin de la Dvina comprend en partie la Livonie et et la Courlande, le gouvernement de Vitepsk et une partie du
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- gouvernement de Smolensk. Dans le gouvernement de Smo-lensk il y a deux ports remarquables: Biéloë et Porétschié, situés tous les deux sur des affluents de la Dvina. Biéloë expédie annuellement 2.500.000 p. (1.600.000 r.), Porétschié 1.900.000 p., pour une somme de2.111 .000 roubles. L’exportation consiste en grains (200.000 tschetwerts ==700.000 r.), graines oléagineuses (920.000p. — 655.000r.),lin (23.000p. = 26.000 r.), chanvre (1.200.000 p. =1.885.000 r.), mé-taux, bois et suif. La plus grande partie des grains, de la graine de lin et du chanvre n’appartient pas au gouvernement de Smolensk, mais vient de Mohileff, Kalouga, Orël, Koursk et Tschernigoff, par la route de terre. Dans le gouvernement de Vitepsk les principaux ports sont : Vitepsk, Vélisch, Polotzk et Dunabourg. L’exportation du gouvernement de Vitepsk consiste en grains (80.000 tschetwerts == 300.000 r.), en lin (374.000 p. = 678.000 r.), en chanvre (134.000 p. = 186.000 r.) et en bois. De plus, le port de Vitepsk, qui à lui seul expédie annuellement par eau environ 1 million de ponds (valeur 733.000 r.), reçoit de Tschernigoff et en général de la Petite-Russie une quantité notable de feuilles de tabac. Une partie du lin arrive du gouvernement de Pskoff, une partie du chanvre de Kalouga.
- Valeur totale des marchandises transportées annuellement par les eaux de la Dvina: 6.570.000 r.
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- CHEMINS DE FER.
- La masse des marchandises transportées par les chemins de fer en Russie augmente tous les jours par suite de la création de nouvelles lignes, de sorte qu’il est presque impossible de préciser la quantité et la valeur de ces transports. En 1863 (année en général peu favorable au commerce intérieur) les renseignements officiels sur le mouvement des cinq lignes principales livrées à l’exploitation (Moscou-Saint-Pétersbourg, Saint-Pétersbourg-Varsovie, Vilna-Eydtkuh-nen, Moscou-Nijni-Novgorod et Volga-Don) énumeraient déjà un total de 61.900.000 pouds, représentant une valeur d’au moins 124 millions de roubles. Sur ce total, 29 millions pouds reviennent au chemin de fer Nicolas; 12.964.000 à la ligne de Saint-Pétersbourg-Varsovie; 2.912.000 à la ligne Vilno-Eydtkuhnen; 14.400.000 à la ligne Moscou-Nijni-Novgorod et 2.354.000 p. à la ligne du Don. Depuis 1863 plusieurs lignes nouvelles ont été livrées à l’exploitation et nommément : les lignes Moscou-Riasan et Kozloff, Moscou-Troïtzk, Odessa-Balta, Riga-Dunabourg et Dunabourg-Vi-tepsk.
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- CHEMINS DE FER.
- Le nombre des voyageurs, transportés en 1863 surles prin-cipales lignes existantes, présente les chiffres suivants :
- 1. Chemin de fer Nicolas (Saint-Pétersbourg-Moscou)................ 1.285.775
- 2. Saint-Pétersbourg-Varsovie........................................ 692.749
- 3. Vilna-Eydtkuhnen................................................. ?
- 4. Moscou-Nijni-Novgorod............................................. 723.451
- 5. Moscou-Troïtzk.................................................... 417.710
- 6. Volga-Don........................................................ 18.844
- Le chemin de fer de Moscou-Riasan, qui a commencé son activité en 1863, avait transporté jusqu’à la fin de l’année 5.600.000 p. de marchandises et 337.177 voyageurs. Les deux petits chemins de fer de Tzarskoyé-Sélo et de Peterhoff n ont de l’importance que pour le transport des personnes. Le premier avait transporté, en 18 63, 925.43 5 voyageurs; le second, 640.151.
- Quant à la nature des marchandises transportées par les chemins de fer, ce sont principalement du lin, du chanvre, des farines, des drogueries, des denrées coloniales, des cotonnades, des draps, des tissus de lin et de laine et des produits chimiques. Le bois de chauffage destiné à Moscou profite des chemins de fer de Troïzk et de Nijni-Novgorod.
- Vu le mouvement ascendant des chemins de fer en Russie, ainsi que 1 activité des lignes livrées à l’exploitation pendant les trois années dernières, la valeur totale des marchandises mises en circulation par les chemins de fer en 1866 ne peut être au dessous de 150 à 160 millions de roubles (75 à 80 millions de pouds). Cette évaluation, à juger d’après les recettes brutes faites par les différentes lignes pendant l année 1866, est plutôt au-dessous qu’au-dessus de la vérité.
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- COMMERCE DES FOIRES.
- Le commerce en gros entre les différentes provinces ne suit pas une marche régulière et non interrompue. Les grandes distances, les difficultés des communications, la localisation de l’industrie et enfin les rigueurs et l’inconstance du climat rendent le commerce régulier fort difficile et favorisent singulièrement celui des foires, qui en Russie ont acquis une importance hors ligne, inconnue dans la plupart des pays de l’Europe. Il n’y a que Moscou et les villes maritimes de la Baltique, de la mer Noire et de la mer d’Azoff, qui sont de vraies villes commerçantes. Dans l’intérieur, le commerce sédentaire n’a le plus souvent qu’une importance secondaire, et la plupart des échanges en gros se passent ordinairement à de certaines époques, fixées d’avance pour chaque localité. On compte dans la Russie d’Europe 6050 foires, dont plusieurs étendent leur activité presque sur toute la Russie et absorbent la majeure partie des affaires commerciales en gros. D’après des renseignements officiels, basés en partie sur les déclarations des marchands (du reste assez inexactes), la valeur des marchandises apportées aux foires était de 389.405.000 r.
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- COMMERCE DES FOIRES.
- (moyenne triennale de 4 859-1862). La valeur des marchandises vendues était, en moyenne, pour la même période, de 247.634.000 r. ou 63 pour 4 00 de la valeurdes marchandises apportées. La répartition de ces chiffres par gouvernements était comme suit:
- NOMBRE VALEUR VALEUR
- GOUVERNEMENTS. DES DES MARCHANDISES DES MARCHANDISES
- Arkhangel FOIRES. APPORTÉES. VENDUES.
- 16 2.328.000 1.993.000
- Vologda 161 2.458.000 1.009.000
- Olonetz 28 1.071.000 626.000
- Saint-Pétersbourg 34 674.000 409.000
- Pskoff. 40 951.000 399 000
- Novgorod Tver 94 1.268.000 422.000
- 151 2.124.000 1.036.000
- Yarosslaw. 88 3.386.000 1.826.000
- Kostromà Vladimir Moscou Smolensk 56 26 125 1.016.000 2.518.000 804.000 444.000 635.000 1.275.000 417.000
- Kalouga 100 239.000
- 841.000 506.000 988.000 8.817.000 8.189.000 40.494.000 43.973.000 6.170.000 639.000 5.285.000
- Toula 400.000
- Orël 269.000
- Koursk ‘° 40 387.000
- Tschernigoff Poltawa Kharkoff.... 216 451 609 5.887.000 4.214 000 23.119.000
- Voronège.... 200 24 534.000
- Riasan 2 609.000
- Tamboff • Je 100 319.000
- Pensa 2.184.000
- Nijni-Novgorod Kasan 51 33 988.000 101.186.000 387.000 90.857.000
- Viatka 566.000 222.000
- Perm • 40 101 3.031.000 1 468 000
- Orenbourg.. . • 101 59.560.000 9.683.000 39.799.000
- Ssimbirsk... 5.773 000
- Ssaratoff. • 53 122 6.781.000 4.074.000
- Ssamara 5.692.000 10.356.000 4.373,000 2.238.000
- Astrakhan.... • 166 3.716.000
- Esthonie 30 733.000
- Livonie...... 475.000 1.262.000 177.000 301.000
- Courlande • 00 430.000
- Vitepsk • 04 102.000
- Mohileff.... 949.000 370.000
- Kowno » 40 1.342.000 674.000
- Vilna • 00 189.000 69.000
- Grodno ‘ 08 367.000 117.000
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- COMMERCE DES FOIRES.
- GOUVERNEMENTS. NOMBRE DES FOIRES. VALEUR DES MARCHANDISES APPORTÉES. VALEUR DES MARCHANDISES VENDUES.
- Minsk 60 174.000 112.000
- Volhynie Podolie 199 26 1.020.000 3.064.000 598.000 897.000
- Kieff 141 4.712.000 1 797.000
- Bessarabie 27 181.000 126.000
- Kherson 135 7.487.000 4.027.000
- Tauride 84 3.893.000 1.026.000
- Yékathérinoslaw 423 18.216.000 7.575.000
- Pays du Don 147 7.000.000 5.000.000
- D’après leur importance, ces 6050 foires peuvent être
- classées en 7 catégories, savoir :
- 1. Foires avec un débit réel de plus de 500.000 roubles (2 millions de francs). 26
- 2. Foires avec un débit de plus de 100.000 roubles (400.000 francs)......... 7 6
- 3. Foires avec un débit de plus de 50.000 roubles (200.000 francs)........... 100
- 4. Foires avec un débit de plus de 10.000 roubles (40.000 francs)............ 643
- 5. Foires avec un débit de 5 à 10.000 roubles (20 à 40.000 francs)........... 712
- 6. Foires avec un débit de 1 à 5000 roubles (4000 à 20.000 francs)......... 2308
- 7. Foires dont le débit réel est au-dessous de 1000 roubles (4000 francs)... 2185
- Total.............................................. 6050
- Parmi les foires les plus considérables (foires de la première catégorie), il faut ranger:
- 1. La foire de Sainte-Marguerite à Arkhangel. Valeur des marchandises apportées à la foire : 1.316.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.148.000.
- 2. La foire de Blagowestchensk (gouvernement d’Ar-khangel, district de Schenkoursk). Valeur des marchandises apportées : 755.000 r. Valeur des marchandises vendues : 584.000 r.
- 3. La foire de Véssiégonsk (gouvernement de Tver). Valeur des marchandises apportées : 927.000 r. Valeur des marchandises vendues : 577.000.
- 4. La foire de Rostoff (gouvernementde Yarosslaw). Valeur des marchandises apportées : 2.441.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.353.000.
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- COMMERCE DES FOIRES.
- 5. La foire de Koursk(Korénnaya). Valeur des marchandises apportées : 6.288.000 r. Valeur des marchandises vendues : 5.680.000 r.
- 6. La foire de Kroléwetz (gouvernement de Tschernigoff). Valeur des marchandises apportées : 5.309.000 r. Valeur des marchandises vendues : 2.791.000.
- 7. La foire de St-Élie, à Poltawa (10 à 31 juin). Valeur des marchandises apportées: 27.651.000 r. Valeur des marchandises vendues : 16.863.000 r.
- N.B. A Poltawa il y a, indépendamment de la foire de St-Élie, encore trois autres avec un débit réel de plus de 100.000 r.
- 8. La foire de l’Ascension, à Romny (gouvernement de Poltawa). Valeur des marchandises apportées : 3.580.000 r. Valeur des marchandises vendues : 2.200.000 r.
- 9. La foire de la Quinquagésime, à Romny (gouvernement dePoltawa). Valeur des marchandises apportées : 3.185.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.103.000 r.
- 10. La foire de l’Épiphanie (6 janvier), à Khakroff. Valeur des marchandises apportées : 17.459.000 r. Valeur des marchandises vendues : 10.535.000 r.
- 11. La foire de la Ste-Trinité, à Kharkoff. Valeur des marchandises apportées : 4.850.000 r. Valeur des marchandises vendues : 2.800.000 r.
- 12. La foire de la Protection de la Ste Vierge, à Kharkoff. Valeur des marchandises apportées : 9.319.000 r. Valeur des marchandises vendues : 5.360.000 r.
- 13. La foire de l’Assomption de la Ste Vierge, à Kharkoff (15 août). Valeur des marchandises apportées : 6.269.000 r. Valeur des marchandises vendues : 3.271.000 r.
- 14. La foire de Ssoumy (ville de district du gouvernement de
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- COMMERCE DES FOIRES.
- Kharkoff). Valeur des marchandises apportées : 2.063.000 r Valeur des marchandises vendues : 831.000 r.
- 15. La foire de l’Épiphanie, à Kieff (dite des contrats). Valeur des marchandises apportées: 2.633.000 Valeur des marchandises vendues : 762.000 r.
- 16. La foiie deSt-Georges, a Yelissawetgrad (gouvernement de Kherson). Valeur des marchandises apportées: 2.408.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.550.000 r.
- 17. La foire deSS. Pierre et Paul, àYékathérinoslaw.Valeur des marchandises apportées : 1.600.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.102.000 r.
- 18. La foire de la Nativité de la Ste Vierge (8 septembre), à Rostoff-sur-le-Don (gouvernement de Yékathérinoslaw). Valeur des marchandises apportées : 4.563.000r. Valeur des marchandises vendues : 2.914.000 r.
- 19. La foire de la Protection de la Ste Vierge, à Ourioupinsk (Pays des Cosaques du Don). Valeur des marchandises apportées : 5.500.000 r. Valeur des marchandises vendues : 3.250.000 r.
- 20. La foire de Makarieff (15 juillet à 25 août), à Nijni-Nov-gorod. Valeur des marchandises apportées : 100.492.000 r. Valeur des marchandises vendues : 90.383.000.
- 21. La foire de St-Alexis, à Kotelnitch (gouvernement de Viatka). Valeur des marchandires apportées : 1.117.000 r. Valeur des marchandises vendues : 773.000 r.
- 22. La foire d’Irbit (gouvernement de Perm). Valeur des marchandises apportées : 51.117.000 r. Valeur des marchandises vendues : 35.760.000 r.
- 23. La foire de St-Jean, au village de Massliansk (gouvernement de Perm, districtde Schadrinsk). Valeur des marchan-
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- dises apportées : 3.191.000 r. Valeur des marchandises vendues : 1.956.000 r.
- 24. La foire de la Nativité de N. S. (26 décembre), à Mense-linsk (gouvernement d’Orenbourg). Valeur des marchandises apportées : 4.765.000 r. Valeur des marchandises vendues : 3.983.000 r.
- 25. La foire du grand carême, à Ssimbirsk. Valeur des marchandises apportées : 4.690.000 r. Valeur des marchandises vendues : 3.030.000 r.
- 26. La foire de l’Élévation de la croix (15 septembre), à Bougoulma (gouvernement de Ssamara). Valeur des marchandises apportées : 1.854.000 r. Valeur des marchandises vendues : 969.000 r.
- Sur les soixante-seize foires de la seconde catégorie, on en compte dans le gouvernement de Kherson 9, à Yékatherinosaw 6, en Podolie 2, à Kieff 1, à Poltawa 2, dans le pays des Cosa-ques du Don 3. Total pour le gouvernement du sud : 23. Dans le nord-est, on compte: à Orenbourg 4, à Perm 6, à Ssamara 9, à Ssaratoff 4, à Pensa 3, à Ssimbirsk 2. Total : 28. En général, la distribution géographique des foires des deux premières catégories indique clairement qu’il existe en Russie deux régions distinctes de foires, dont la première occupe le sud-est et le sud et l’autre le nord-est. Quant à la foire de Nijni-Novgorod, la plus considérable des foires russes en général, elle n’appartient à aucune de ces régions en particulier, mais se trouve en relation directe avec les deux, tout en revendiquant un caractère toutà fait particulier. La différence entre les deux groupes susmentionnés et la foire de Nijni-Novgorod résulte des données sur la quantité et la nature des produits qui constituent le fond du commerce de ces deux groupes. Chacun présente un mouvement a part, vu que les marchandises destinées aux
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- foires de 1 Ukraine, d un côté, et aux foires du nord-est, d’un autre, tout en faisant continuellement le tour des foires et en passant d un marché à un autre, ne sortent jamais des limites qui séparent le groupe de l’Ukraïne de celui du nord-est.
- Sous la dénomination générale des « foires de l’Ukraine » on comprend ordinairement onze foires, savoir : 1 à Koursk, 1 à Kroléwetz, 1 à Poltawa, 1 à Ssoumy, 1 à Yélissa-wetgrad, 2 à Romny et 4 à Kharkoff. Le débit de ces foires, d’après des renseignements officiels, est de 53 millions de roubles; mais il faut remarquer que déjà en 1854 une enquête spéciale, dirigée avec beaucoup de soin, après avoir rempli quelques lacunes dans la tenue des registres officiels et rectifié la valeur des déclarations officielles, avait établi le montant des ventes effectuées à 80 millions de roubles (au lieu de 32 portés sur les registres). En tenant compte du mouvement ascendant du commerce des foires de l’Ukraine, la valeur réelle des ventes doit être estimée actuellement au moins de 80 à 90 millions de roubles. Sur ce total, les cotonnades russes de Moscou et de Vladimir figurent pour une somme de 16 à 17 millions, les tissus de soie pour 3 millions, les draps pour 3 millions, les tissus de laine pour 2.800.000 et les tissus de lin et de chanvre pour 1.500.000 roubles. Valeur totale des tissus d’origine russe : environ 27 à 28 millions de roubles. Parmi les tissus d’origine étrangère, les tissus de laine occupent la première place (1 million de roubles). Les draps, les soieries et les toiles, et surtout les cotonnades étrangères, se vendent dans des proportions minimes. Par conséquent, le marché des foires de l'Ukraine appartient principalement aux tissus de Moscou et de Vladimir, qui fournissent au moins 33 % de la valeur totale du commerce de ces foires. Après les tissus, la seconde place appartient a la laine 16
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- 242 COMMERCE DES FOIRES.
- brute en suint et lavée, qui vient de Kherson, Poltawa, Kieff, Yékatherinoslaw, Kharkoff. La valeur de la laine vendue aux foires de l’Ukraine, et surtout à celles de Kharkoff, est, en moyenne, de 10 millions de roubles. Les deux tiers de cette marchandise s’en vont a Moscou et a Vladimir. Les autres produits fournis par le pays sont : chevaux, cuirs, miel, cire, suif, pelisses et peaux de mouton. Parmi les articles apportés de loin figurent : les fers de Nijni-Novgorod, pour 2 millions; le thé, pour 1 million; les drogueries d’Odessa, Taganrog et Saint-Pétersbourg, pour 3 millions; les vins du Don et de la Crimée, pour 1 million; le poisson du Don et de la mer d'Azoff, pour 3.500.000 r.; les vins étrangers (Saint-Pétersbourg), pour 500.000 r. et le sucre de Kieff, Koursk et Saint-Pétersbourg, pour 2.250.000 r.
- Un fait remarquable et qui doit être cité, c est que les foires situées plus au nord, comme Koursk, Kroléwetz, perdent peu à peu de leur importance, tandis que celles du sud, comme Poltawa et Kharkoff en gagnent. En même temps, les foires du Don, de Yékathérinoslaw et de Kherson, qui autrefois se trouvaient en dehors du système des foires ukrainiennes et n a-vaient presque aucun rapport avec le centre de l’empire, commencent peu à peu à étendre leur activité et se rattachent à l’ensemble du commerce du sud. C’est une preuve que 1 industrie russe, et surtout l’industrie des cotonnades, gagne du terrain et s’étend de plus en plus, en refoulant devant elle la contrebande, qui défrayait autrefois les besoins de tout le sud-ouest.
- Les foires du nord-est présentent un caractère particulier, dont on peut juger d’après les traits principaux de la foire d'Irbit, qui joue le premier rôle dans le commerce de l’est avec la Sibérie. A la foire d’Irbit les tissus russes occupent
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- une place tout à fait secondaire, et leur débit ne s’élève que rarement à 1 million de roubles, tandis quelestissus d’origine étrangère (surtout les soieries et les cotonnades de l’Asie centrale) figurent pour une somme de 7 à 8 millions. Parmi les autres produits russes, il faut mentionner les peaux, fourrures et cuirs de la Sibérie, de Perm et d'Orenbourg (6.700.000 r.), les fers (4.750.000 r.), le cuivre (4.700.000 r.), l’huile (850.000r.), l’eau-de-vie (500.000 r.). Le commerce de Saint-Pétersbourg fournit, au nombre des produits étrangers, pour 2.600.000 r. de sucre, pour 1 million de drogueries et de produits chimiques, pour 800.000 roubles de vins étrangers. Le commerce de l’Asie fournit du thé (2.900.000 r. ) et du coton brut. En général, les foires du nord-est entretiennent des relations continuelles avec la foire de Nijni-Novgorod qui, en quelque sorte, peut être regardée comme la foire mère de tout le nord-est de la Russie, y compris la Sibérie et l’Asie centrale.
- La ci-devant foire de Makarieff, actuellement de Nijni-Nov-gorod, est la plus considérable dans toute la Russie et gagne en importance, comme le prouvent suffisamment les chiffres suivants, indiquant la valeur des marchandises apportées
- pendant les dernières douze années.
- roubles. roubles.
- 1854..................... 58 338.610 1860 ..................... 102.682.900
- 1855....................... 62.850.925 1861.................. 96.328.400
- 1856....................... 68.917.515 1862................. 100.404.000 1857....................... 86.047.210 1863................. 100.492.000 1858....................... 95.019.470 1864................. 108.892.500 1859...................... 103.360.000 1865................. 111.457.000 Moyenne.................... 79.088.955 Moyenne................. 103.392.950
- La valeur officielle des ventes effectuées était, pendant la dernière période, de 90 à 98 millions; mais rectification faite des erreurs inévitables dans la tenue des registres officiels, il faut la porter à 110 ou 115 millions au moins.
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- 244 COMMERCE DES FOIRES.
- D’après leur origine, les marchandises apportées à la foire de Nijni-Novgorod se divisent en produits russes, produits étrangers et des colonies, produits chinois, produits de l’Asie centrale et produits de la Perse. Les produits russes figurent à la foire dans la proportion de 74 p. 100 (moyenne de la pé-riode décennale de 1854-1864 ); les produits étrangers,
- 8 p. 100; ceux de la Chine, 10 p. 100. En 1865, les marchandises russes se composaient des articles suivants, rangés d’après leur nature et leur importance :
- Cotonnades.................................
- Tissus de laine et draps...................
- Tissus en lin et chanvre...................
- Tissus en soie.............................
- Métaux......................................
- Cuirs.......................................
- Fourrures...................................
- Verrerie, poterie, fayence..................
- Vins, boissons, liqueurs....................
- De plus : grains, poisson, bétail, produits forestiers, soie brute du Caucase, sucre, etc.
- Les principaux articles d’origine étrangère étaient :
- Cotonnades .................................
- Tissus en laine.............................
- Tissus en lin et chanvre....................
- Soieries....................................
- Vins........................................
- De plus : produits chimiques, drogueries, sucre, couleurs, articles de luxe, etc.
- La Chine fournit exclusivement du thé: en 1865.......................................
- VALEUR VALEUR
- DES MARCHANDISES DES MARCHANDISES
- APPORTÉES. VENDUES.
- 14.891.400 r. 12.274.200 r.
- 10.137.700 9.082.450
- 3.542.200 3.189.700
- 5.791.500 4.895.000
- 12.530.500 11.838.000
- 3.649.300 3.556.800
- 5.505.700 4.377.800
- 2.315.500 1.940.000
- 1.156.000 893.500
- 1 737.000 1.383.000
- 570.000 430.000
- 1.721.000 1.426.000
- 867.000 688.000
- 2.181.900 1.904.400
- 7.255.000 6.573.000
- Parmi les marchandises, venant de l’Asie centrale et de la Perse, l’article le plus important est le coton brut, dont on exporte de Boukhara pour 1.800.000 r. et de la Perse pour 4.500.000 r. La seconde place appartient à la soie grége, fournie principalement par la Perse.
- Les cotonnades russes à la foire de Nijni-Novgorod se
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- COMMERCE DES FOIRES. 245 vendent en grande quantité pour l’Asie centrale et pour la Chine. L’exportation des draps russes en Chine abaissé pendant le dernier temps, mais en revanche l’exportation des cotonnades pour Boukhara augmente continuellement et présente, en moyenne, le chiffre de 4 millions.
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- VI
- COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER.
- Le commerce extérieur de l’empire de Russie se fait par mer et par terre, mais principalement par mer. Toute la ligne des frontières russes peut être divisée en dix parties, dont chacune présente un caractère distinct, tant sous le rapport des marchandises importées et exportées, que sous le rapport des formes extérieures du commerce. Ces parties sont : 4° ports de la mer Blanche et surtout Arkhangel; 2° frontière de la Finlande; 3° ports de la Baltique, et surtout Saint-Pétersbourg et Riga; 4° frontière de la Prusse, de l’Autriche et de la Tur-quie, jusqu à la mer Noire; 5° ports de la mer Noire et de la mer d’Azoff, et surtout Odessa; 6° frontière de la Turquie et de la Perse, entre la mer Noire et la mer Caspienne; 70 ports de la mer Caspienne, et surtout celui d’Astrakhan; 8° frontière de la steppe des kirghiz, le long de l’Oural; 9° frontière de la Sibérie et de 1 Asie centrale; 4 0° frontière de la Chine et la place de Kiakhta. Le commerce de chacune de ces parties présente les chiffres suivants:
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-
- COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER.
- 1
- 1. Mer Blanche et Arkhangel :
- EXPORTATION.
- IMPORTATION.
- 1860 .................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865..................
- 2. Frontière de la Finlande :
- 1860..................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865..................
- 3. Ports de la Baltique :
- 1860.................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863...............
- 1864..................
- 1865..................
- 4. Frontière de l’ouest :
- 1860..................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865..................
- 5. Ports de la mer Noire et de la mer d'Azoff :
- 1860..................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865.................
- 6. Frontière de la Transcaucasie :
- 1860..................
- 1861..................
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865..................
- 7. Port d’Astrakhan:
- 1860..................
- 1861...............
- 1862..................
- 1863..................
- 1864..................
- 1865..................
- 5.104.436
- 6.809.557
- 7.026.058
- 4.747.472
- 5.746.055
- 6.174.771
- 2.847.791
- 3.861.564
- 7.150.934
- 6.048.496
- 6.304.031
- 6.895.522
- 80.034.256
- 67.815.897
- 72.965.240
- 64.187.612
- 71.848.093
- 80.332.968
- 22.461.016
- 22.158.216
- 25.627.961
- 21.561.253
- 28.346.241
- 32.945.570
- 2
- 44.227.755
- 58.962.476
- 64.974.638
- 2.300.628
- 2.506.935
- 2.971.601
- 5.175.870
- 4.645.005
- 5.851.344
- 387.778
- 263.407
- 430.410
- 287.277
- 670.696
- 758.005
- 518.631
- 500.685
- 538 959
- 660.714
- 538.502
- 730.707
- 2.288.497
- 2.221.491
- 2.762.120
- 3.006.281
- 3.518.161
- 2.336.504
- 92.716.415 99.633.888
- 76.996 879 85.348.432 91.828.760 82.290.781
- 26.441.360
- 27.099.898
- 33.473.362
- 28.694.039
- 39.571.285
- 40.447.239
- 16.216.843
- 15.516.670
- 14.223.963
- 12.994.083
- 12.236.208
- 15.170.860
- 5.087.532
- 5.537.250
- 5.813.966
- 5.848.549
- 7.653.093
- 7.599.388
- 1.056.450
- 798.517
- 932.539
- 1.330.636
- 2.045.138
- 1.373.606
- —
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- 248
- COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER.
- 8. Frontière d'Orenbourg : EXPORTATION. IMPORTATION.
- 1860 2.118.199 4.142.228
- 1861 2.794.309 4.197.838
- 1862 2.903.753 5.363.563
- 1863 3.043.439 6.437.663
- 1864 4.942.635 9.403.607
- 1865 4.274.981 6.445.042
- 9. Frontières de l’Asie centrale et de la Sibérie occidentale :
- 1860 2.800.252 3.893.565
- 1861 3.088.026 4.173.957
- 1862 2.611.584 4.024.306
- 1863 1.861.486 3.323.064
- 1864 1.633.535 2.685.542
- 1865 2.039.829 2.685.417
- 0. Frontière de la Transbaïcalie (Kiakhta) : 1860 5.744.837 6.941.884
- 1861 4.805.445 7.431.778
- 1862 4.391.506 8.740.321
- 1863 3.333.094 7.039.408
- 1864 3.646.310 5.818.964
- 1865 5.000.149 5.218.166
- Total du commerce étranger : 1860 181.383.281 159.303.405
- 1861 177.179.985 167.111.131
- 1862 180.429.825 152.869.978
- 1863 .......... 154.473.154 154.697.989
- 1864... 186.745.077 155.312.202
- 1865 209.247 777 164.305.010
- Il résulte de ce tableau que le commerce maritime de la Russie comprend les deux tiers de tout le mouvement commercial (environ 47 p. 100).
- La frontière de terre, d une vaste étendue, bordant la Suède, la Prusse, l Autriche, la Turquie, la Perse, l’Asie centrale et la Chine, par suite du manque de bonnes routes ne présente que fort peu de points propres au commerce avec l’étranger. Aussi plus de 723 de toute 1 exportation et environ 60% de 1 impoitation se font par mer, et la partie la plus importante du commerce se concentre dans les 9 ports suivants :
- Saint-Pétersbourg................
- Riga.............................
- Arkhangel........................
- EXPORTATION 47.000.000 26.000.000
- 5.900.000
- IMPORTATION.
- 59.000.000
- 8.800.000
- 600.000
- ENSEMBLE.
- 106.000.000
- 34.800.000
- 6.500.000
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-
- COMMERCE AVEC L’ETRANGER. 249
- Odessa EXPORTATION. IMPORTATION. ENSEMBLE.
- 32.000.000 11.500.000 43.500.000
- Taganrog 6.700.000 2.900.000 9.600 000
- Rostoff-sur-le-Don.... 12.300.000 » 12.300.000
- Nicolayeff Berdiansk 4.400.000 3.900.000 4.400.000 3.900.000
- Marioupol 3.300.000 3.300.000
- Par rapport à la valeur totale du mouvement commercial
- de la Russie, ces chiffres donnent :
- Saint-Pétersbourg 22 % 36 %/ 28 %
- Riga 12 % 5 % 9 %
- Arkhangel 3% » 2 %/
- Odessa 15 °/o . 7 % 12 %
- Taganrog 3 %/ 2 % 2 1/2 %
- Rostoff 6% » 3 72 %
- Nicolayeff 2% n 1/2 %
- Berdiansk 2 %/ » 1/2 %
- Marioupol 1 1/2 » 1/2 %
- Total.... 66 1/2 % 51 % 58 1/2 %
- Le port de Saint-Pétersbourg reçoit, en outre, de l’étranger une certaine quantité de marchandises qui ont pour lieu de destination Moscou, et qui figurent sur les listes de la douane de cette ville. En prenant note de la valeur de ces marchandises (environ 11 millions), l’importation du port de Saint-Pétersbourg monterait à 70 millions (43 °), et l'importation par mer des 9 ports principaux présenterait 58 0 du chiffre total.
- D’après les nationalités, les rapports commerciaux de la Russie avec l’étranger doivent être rangés dans l’ordre suivant :
- Angleterre :
- 1860...........................
- 1861...........................
- 1862...........................
- 1863.................... .......
- 1864...........................
- 1865...........................
- EXPORTATION. 85.000.206 76.323.278 82.460.257 66.979.493 87.415.617 98.159.101
- IMPORTATION. 43.619.308 47.730.594 36.312.630 42.664.384 ^.910.104 48.744.019
- DIFFÉRENCE POUR
- LA RUSSIE. + 41.386.898 + 28.592.684 + 46.147.627 + 24.315.109
- + 34.505.513
- + 49.415.082
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-
-
- fepef
- WORs
- aamezesd.il
- (WKTRTKTTTVYTT 1
- 250 COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER.
- Prusse : EXPORTATION. IMPORTATION. DIFFÉRENCE POUR LA RUSSIE.
- 1860 19.928.855 25.114.290 — 5.185.435
- 1861 19.995.326 26.180.413 — 6.185.087
- 1862 23.874.375 32.130.820 — 8.256.445
- 1863 20.728.551 30.520.005 — 9.791.454
- 1864 24.441.974 35.286.343 — 10.844.369
- 1865 27.632.920 50.610.578 — 22.977.658
- France :
- 1860............ 12.070.906 10.781.655 + 1.289.251
- 1861 20.012.046 12.019.338 + 7.993.708
- 1862 11.396.078 10.510.898 + 885.180
- 1863 11.077.535 9.372.417 + 1.705.118
- 1864 14.520.440 9.923.179 + 4.597.261
- 1865 15.588.007 9.764.318 - 5.823.689
- Pays-Bas :
- 1860 9.887.162 6.913.187 + 2.972.975
- 1861 9.134.192 7.420.063 + 1.714.129
- 1862 8.920.668 6.137.875 + 2.782.793
- 1863 6.548.964 8.891.922 — 2.342.958
- 1864 6.316.486 6.523.146 — 206.660
- 1865 Allemagne du Nord (villes anséa- 5.026.913 4.349.370 + 677.543
- tiques) :
- 1860 5.262.547 11.502.218 —• 6.239.671
- 1861 5.244.184 11.722.492 — 6.478.308
- 1862 7.609.850 9.389.837 — 1.779.987
- 1863 6.111.011 8.647.275 — 2.536.264
- 1864.. 3.703.854 6.943.683 — 3.239.829
- 1865 5.320.048 7.441.197 — 2.121.149
- Autriche :
- 1860 6.064.396 7.922.819 — 1.858.423
- 1861 5.813.283 7.960.257 — 2.146.974
- 1862 5.765.435 6.770.565 — 945.130
- 1863 5.017.929 5.028.266 — 10.337
- 1864 6.371.158 7.948.552 — 1.577.394
- 1865 Turquie d’Europe (sans les principautés Danubiennes) : 7.148.049 5.870.392 + 1.277.657
- 1860 8.410.157 6.765.828 + 1.673.288
- 1861. 6.736.869 6.108.870 + 627.999
- 1862 5.346.643 5.491.819 — 145.176
- 1863 5.311.653 5.201.656 + 109.997
- 1864 7.851.089 4.277.700 + 3.573.389
- 1865 7.263.565 5.128.598 2.134.967
- Italie :
- 1860 3.852.459 5.433.997 — 1.581.538
- 1861 3.761.913 5.091.129 — 1.329.216
- 1862 2.746.692 5.907.737 — 3.161.045
- 1863 2.348.227 4.092.013 — 1.743.786
- 1864 3.571.069 4.324.868 — 753.799
- 1865 5.731.68/ G.362.626 — 627.942
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-
-
- COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER
- 251
- Suède et Norvège : EXPORTATION. IMPORTATION. DI FFÉRENCE POUR
- 1860 1861 1862............ 1863 1861 1865 1.991.504 3.511.336 3.634.557 2.496.642 2.343.827 2.087.034 2.405.996 2.403.366 LA RUSSIE. — 352.323 + 1.424.302 + 1.228.561 + 93.276
- 2.070.828 2.157.217 — 86.389
- Espagne : 2.498.658 2.211.057 + 627.942
- 1860 322.407 3.107.910 2.785.503
- 1861 516.348 3.739.130 — 3.222.782
- 1862 571.278 2.761.077 2.189.799
- 1863 834.849 4.716.439 — 3.881.590
- Belgique : 1864 1865 973.525 19.538 3.920.774 2.039.460 — 2.947.249 2.019.922
- 1860 2.231.985 1.739.036 + 492.949
- 1861 2.578.313 1.414.684 + 1.163.629
- 1862 2.171.975 1.183.383 988.592
- 1863 1.780.195 738.511 + 41.684
- 1864 2.680.266 1.538.651 + 1.141.615
- 1865............. 2.978.462 1.049.463 + 1.928.999
- Principautés Danubiennes :
- 1860 3.195.617 1.725.854 + 1.469.763
- 1861 3.119.331 1.919.081 + 1.200.250
- 1862 1.823.276 1.407.471 + 415.805
- 1863 1.968.454 1.434.206 + 534.248
- 1864 1.786.095 1.484.938 + 301.157
- 1865 2.908.971 1.868.073 + 1.040.898
- Etats-Unis de l’Amérique du Nord
- 1860. 2.250.781 5.526.403 — 3.275.622
- 1861 638.000 5.841.135 — 5.203.135
- 1862 1.135.543 849.449 + 286.094
- 1863 1.634.038 276.638 4- 1.357.400
- 1864 915.820 1.202.205 — 286.385
- 1865 1.295.926 1.225.637 + 70.289
- Turquie d’Asie:
- 1860 1.589.918 2.177.095 — 587.177
- 1861 1.596.959 2.051.653 — 454.694
- 1862 2.150.428 2.227.951 — 77.523
- 1863 3.475.768 2.126.633 519.198
- 1864 2.956.570 2.795.780 + 160.790
- 1865 4.104.809 3.891.025 + 213.784
- Perse :
- 1860 1.098.017 3.759.390 — 2.661.373
- 1861 1.170.277 3.828.139 — 2.657.862
- 1862 1.116.414 4.151.517 — 3.035.103
- 1863 1.103.648 4.551.839 — 3.448.191
- 1864 1.408.908 6.468.590 — 5.059.682
- 1865 1.717.466 4.778.523 — 3.061.057
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-
- LS 19
- COMMERCE AVEC L’ÉTRANGER.
- EXPORTATION. IMPORTATION. DIFFÉRENCE POUR
- Boukhara : LA . RUSSIE.
- 1860 1.627.836 1.554.600 + 73.236
- 1861 2.806.327 1.469.354 + 1.336.973
- 1862 3.126.681 2.740.669 + 386.012
- 1863 2.983.595 3.880.659 — 897.064
- 1864 4.654.988 6.868.343 — 2.213.355
- 1865 2.250.853 3.890.250 — 1.649.397
- Chine : 1860 5.856.572 7.125.839 — 1.269.267
- 1861 4.969.600 7.773.488 — 2.803.888
- 1862 4.506.734 9.187.312 — 4.680.578
- 1863 3.415.845 7.459.150 — 4.043.305
- 1864 3.704.202 6.066.818 — 2.362.616
- 1865 5.057.766 5.241.917 — 184.151
- Pour compléter cette table, dans laquelle nous avons omis les chiffres insignifiants de notre commerce avec quelques pays, comme par exemple le Portugal, la Grèce, le Danemark, il faudrait encore mentionner l'importation et l’exportation de la steppe des kirghiz et de Taschkent. Ces pays, quoique soumis à la Russie, sont encore séparés de l’empire par une ligne douanière, le long de l’Oural et del'an-cienne frontière de la Sibérie. Le commerce est très-animé sur toute cette ligne et présente, en moyenne, le chiffre de 6 à 8 millions (exportation 2 millions, importation 4 à 5 millions).
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-
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- 623-824 Pars mro* 4 590 Puis 2 Tet ecoos 3210 mre-n,s 0 —
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- VII COMMERCE SPECIAL D’EXPORTATION. L exportation de la Russie se compose des principaux arti-es suivants :
- 1860 1861 1862 1863 1864 1865 1. Grains et farine 64.607.000 70.219.000 58.544.000 48.736.000 57.954.000 66.196 000 2. Lin et étoupes de lin.. 15.611.000 13.586.000 16.549.000 16.555.000 16.044.000 27.960.000
- 3. Chanvre................ 8.084.000 7.970 000 9.352.000 8.073.000 9.049.000 11.125.000
- 4. Graines oléagineuses. 15.868.000 13.271.900 18.107.000 12.399.000 19.540.000 16.072.000
- 5. Laine.................. 16.350.000 17.015 000 19.311.000 15.171.000 20.175.000 17.230.000
- 6. Suif, chandelles, stéarine, oléine, etc.... 19.210.000 13.346.000 11.006.000 11.164.000 10.796.000 13.028.000
- 7. Cuirs.................. 2 393.000 2.849.000 1.838.000 1 763.000 2 530.000 2.689.000
- 8- Soie................... 1 483.000 1.017.000 2.027.000 1.458.000 3.031.000 3.503 000
- 9. Crins, poils, soies de
- porcs, etc.............. 2.580.000 2.139.000 2.647.000 3.650.000 3.901.000 3.789.000
- 10. Bois............... 5 209 000 6.109.000 6.202.000 6.032.000 7.680.000 9.555.000
- 11. Potasse,goudrons,etc. 1.174.000 1.960.000 2.180.000 1.840.000 2.320 000 1.811.000
- 12. Fer................... 1.350.000 796.000 1.644.000 961.000 1.418.000 934.000
- 13. Autres métaux...... 971.000 1.377.000 940.000 1.063.000 1.402 0C0 87 2.000
- 14. Toiles................ 1.188.000 790.000 1.557 000 1.033.000 1.194.000 1.887.000
- 15. Câbles et cordages ... 1.736.000 967.C00 1.216 000 1.589.000 1.465 000 1.326 000
- 16. Fourrures et peaux... 2.293.000 1.409.000 1.417.000 839.000 1.074.000 1.885.000
- 17. Cotonnades............ 3.881.000 4.417.000 4.241.C00 3.049.000 4.073.000 4 352.000
- 18. Draps................. 2.975.000 2.382.000 2.290.000 2.003.000 2.191 000 3.245.000
- 19. Tissus en laine.... 302.000 216.000 168.000 149.000 158.000 398.000
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- 254
- COMMERCE SPÉCIAL D’EXPORTATION.
- Indépendamment des 19 articles susmentionnés, la Russie exporte encore : du bétail, du poisson, du beurre, de l'huile, de la filasse de chanvre, de la colle, de la cire, du tabac, des drogueries et les produits de ses manufactures. Le débit de ces derniers, par la frontière d'Asie, vient d’acquérir dans ces derniers temps une certaine importance et pour cette raison mérite une mention spéciale. Parmi ces arti-cles, il faut citer les cotonnades, les draps et les tissus en laine.
- 1. L’exportation des grains appartient presque exclusivement aux ports de la mer Noire, parmi lesquels Odessa occupe la première place. En 1865, l’exportation d’Odessa a été de 22.000.000 de roubles, celle de Rostoff-sur-le-Don de 5 mil-lions, celle de Taganrog de 4.900.000. Berdiansk, Marioupol et Nicolayeff exportent chacun pour environ 3 millions. Après les ports de la mer Noire et de la mer d'Azoff vient l’exportation de la frontière de Prusse, qui monte jusqu’à 8 et 9 millions. La troisième place appartient au port de Saint-Pétersbourg (5 millions), la quatrième au port d'Arkhangel (1.700.000 r.) et la cinquième au port de Riga (moins d’un million). Les pays qui reçoivent les grains russes sont: la Grande-Bretagne (plus de 30 millions), la Prusse (8 mil-lions), la France (8 millions), la Turquie (4 millions), l’Italie (6 millions). En outre, on en expédie en Finlande pour 4 millions environ tous les ans.
- 2. L exportation du lin se fait également par mer, principalement par le port de Riga (14 millions). Puis vient le port de Saint-Pétersbourg (4.700.000), celui de Pernow (plus d’un million) et la douane de Verjbolowo (chemin de fer de Kowno-Eydtkuhnen, environ 1 million). Les principaux marchés pour le lin sont : la Grande-Bretagne (18 millions), la
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- COMMERCE SPÉCIAL D’EXPORTATION. 255 Prusse (3 millions), la France (2 millions) et la Belgique (plus d’un million).
- 3. L exportation du chanvre se fait par les ports de la Bal-tique, et notamment par Saint-Pétersbourg (5.800.000 r.) et par Riga (4.400.000 r.). Une certaine quantité de chanvre est exportée par la route de terre (Verjbolowo). Les principaux acheteurs sont : la Grande-Bretagne (7 millions), la Prusse (700.000), la Suède (700.000), la France (500.000), le Danemark (350.000), les États-Unis (200.000).
- 4. L’exportation des graines oléagineuses se partage entre les ports de la Baltique et ceux de la mer Noire. Saint-Pétersbourg en exporte annuellement pour 4 à 5 millions r., Riga 4 millions, Odessa 3 millions. Les principaux acheteurs sont: la Grande-Bretagne (10 millions), la France (2 millions), la Prusse (1.700.000), les Pays-Bas (1.600.000 r.).
- 5. L’exportation des laines a pour principal centre le port d’Odessa (7 millions) et les ports de la mer d’Azoff (Rostoff 3 millions). Au nord, le port de Saint-Pétersbourg en exporte en moyenne pour 3 millions de roubles. Le reste, pour la somme de 2 millions, est exporté par la frontière de l’Autriche et de la Turquie. La Grande-Bretagne achète de la laine russe pour 8 à 9 millions; la Prusse en prend pour 1.800.000 r.; l’Autriche pour 1.500.000; la France pour 850.000; la Turquie pour 700.000, et les Principautés danubiennes pour 700.000. Depuis quelque temps la Transcaucasie exporte une quantité assez considérable (5 à 700.000 r.) de laine en Perse et dans les provinces asiatiques de la Turquie.
- 6. Le principal lieu d’exportation du suif est à Saint-Péfers-bourg; autrefois la valeur de cette exportation montait à 12 et 15 millions r.; actuellement elle ne dépasse pas 8 à 40 mil-lions. Puis vient l’exportation d’Odessa (près d’un million) et
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- 256
- COMMERCE SPÉCIAL D’EXPORTATION.
- en général celle des ports de la mer Noire (total 2 millions). C’est encore la Grande-Bretagne qui achète les 90 - de toute la quantité du suif exporté (valeur 9 millions). Les autres acheteurs sont : la France (700.000), la Prusse (500.000) et la Turquie (350.000).
- 7. Les cuirs russes s’exportent par Saint-Pétersbourg, Riga, Odessa, par la frontière de l’Ouest et par celle de l’Asie. Les principaux acheteurs sont : la Prusse, la Grande-Bretagne, la Turquie, la Perse et l’Asie centrale. Un tiers de toute l’exportation prend la route de l’Asie.
- 8. L’exportation de la soie brute, qui augmente dans des proportions très -considérables, appartient presque exclusivement à la Transcaucasie. Le port de Poti en vend pour 1.600.000 r. à la Turquie et à la France (Turquie, 900.000 r., France, 700.000 r.); mais la plus grande moitié del'exporta-tion choisit la route de terre et a pour lieu de destination la Prusse (1.600.000 r.) et en général l’Allemagne du Nord.
- 9. Le commerce des crins, poils, soies de porc, etc. a pour centre unique le port de Saint-Pétersbourg (3.000.000 r.). Les acheteurs sont : la Grande-Bretagne (2.500.000) et la Prusse (700.000). La dernière reçoit une partie des crins par la frontière de terre.
- 10. L’exportation du bois se fait par les ports de la mer Blanche et de la Baltique, et le long de toute la frontière de l’ouest. Les consommateurs sont : la Grande-Bretagne (4 mil-lions de roubles), la Prusse (3 millions), la France, les Pays-Bas, le Portugal, le Danemark.
- 11. L exportation de la potasse a lieu par les ports d'Ar-khangel et de Saint-Pétersbourg. Les lieux de destination sont: la Prusse, l’Allemagne du Nord, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne.
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- COMMERCE SPÉCIAL D’EXPORTATION. 257
- 42 et 13. L’exportation des fers et métaux se fait par Saint-Pétersbourg, Astrakhan, Rostoff-sur-le-Don, et le long de la frontière transcaucasienne. Les fers de Saint-Pétersbourg sont achetés par la Grande-Bretagne et par la Prusse.
- 44 et 15. Le foyer de l’exportation des toiles russes et des cordages est à Saint-Pétersbourg, et les principaux consommateurs sont : la Grande-Bretagne (700.000), et l’Amérique (500 à 600.000 r.). Quant aux ports de la mer Noire, ils exportent seulement des cordages (surtout dans les principautés danubiennes).
- 16 . L’exportation de peaux et fourrures a diminué pendant le dernier temps, et cette diminution est surtout remarquable dans le commerce de Kiakhta qui autrefois occupait le premier rang quant à l’exportation de cet article. L’exportation du port de Saint-Pétersbourg baisse de même, mais en revanche l’exportation par la frontière de l’ouest augmente sensiblement. La Prusse et l’Autriche sont à présent les principaux acheteurs (la Prusse pour plus d’un million de roubles).
- 17 , 18 et 19. L’exportation des produits manufacturés russes, et surtout des tissus, appartient presque entièrement à l’Asie. Les cotonnadesse vendent à Kiakhta (pour 1 million) et dans toute l’Asie centrale (pour 3 millions). Les tissus de lin ne vont plus à Kiakhta, mais préfèrent Boukhara, Tasch-kent et la Perse. Les draps russes ont leur principal débouché à Kiakhta et s’y maintiennent, malgré les fluctuations rapides et souvent inattendues qui caractérisent, depuis quelque temps, le commerce de la Chine.
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- COMMERCE SPÉCIAL D’IMPORTATION.
- L’importation de l’étranger en Russie comprend les articles
- 1860 1861 1862 1863 1864 1865
- 1. Chevaux, bétail 4.086.000 4.683.000 4.099.000 3.758.000 2.945.000 3.457.000
- 2. Poisson 4.075.000 3.555.000 4.522.000 4.837.000 3.740 000 4.242.000
- 3. Vins et liqueurs 9.082.000 9.556.000 8.999.000 7.960.000 7.470.000 6.027.000
- 4. Couleurs, produits chi-
- miques et drogueries. 11.250.000 11.834.000 10.559.000 9.492.000 9.111.000 11.028.000
- 5. Fruits 5.408.000 5.742.000 5.971.000 6.286.000 5.627.000 5.072.000
- 6. Thé ? 18.210.000 18.351.000 17.388.000 14.523.000 16.063.000
- 7. Sucre 5.351.000 5.741.000 6.714.000 11.706 000 8.951.000 1.788.000
- 8. Café 3.752.000 3.908.000 3.898.000 3.727.000 3.339.000 3.696.000
- 9. Tabacs 3.581.000 3.890.000 3 344.000 3.000.000 3.363.000 3.159.000
- 10. Laines 3.677.000 4.802.000 3.373.000 2.799.000 4.154.000 5.197.000
- 11. Soie 2.215.000 3.192.000 3.095.000 2.594.000 3.039.000 2.744.000
- 12. Coton brut et filé.... 22.935.000 21.723.000 8.754.000 14.988.000 35.766.000 24.661.000
- 13. Tissus de laine 3.900.000 4.342.000 3.419.000 3.082.000 3.343.000 3.544.000
- 14. soieries 4.381.000 5.024.000 4.108.000 3.780.000 3.116.000 3.744.000
- 15. Cotonnades 7.636.000 7.849.000 5.809.000 4.569.000 5.452.000 6 147.000
- 16. Toiles et tissus de lin.. 2.454.000 2.612.000 2.323.000 1.525.000 2.010.000 2.363.000
- !7. Fourrures 2.916.000 2.987.000 2.679.000 2.135 009 1 C_6 000
- 18. Métaux.. 5.244.000 4.859.000 4.604.000 5.584.000 4.942.000 6.788.000
- 19. Sel 4.456.000 4.712.000 4.296.000 3.515.000 5.584.000 2.003.000
- . Houille 2.955.000 2.361.000 2.666.000 2.988.000 4.801. 00 1.710.000
- 21. Machines 8.529.878 8.606.000 8.887.000 5.821.000 7.047.000 6.260.000
- 22. Métaux ouvrés 4.953.000 4.982.000 4.750.000 4.843.000 4.537.000 8.475.000
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- COMMERCE SPÉCIAL D’IMPORTATION. 259
- Les matières textiles et les articles manufacturés jouent le premier rôle dans l’importation de la Russie. L’importation du coton brut et file, pai mer, appartient presque exclusivement à l’Angleterre (environ 14 millions); celle de la frontière de l'ouest, à la Prusse (5 millions); le reste du coton acheté par la Russie vient de l’Asie et surtout de la Perse (plus d’un mil-lion), de Boukhara (plus de trois millions) et de Khiva (200à 500.000 r.). L’importation de la laine brute, peignée et filée, appartient à la Grande-Bretagne (4.300.000 r.) et à l’Allemagne (1.700.000). L’Asie centrale en fournit une certaine quantité, mais de qualité inférieure. La soie ouvrée, importée en Russie du côté de l’Europe (2.200.000 r.), vient presque exclusivement par la Prusse. La soie brute, qui arrive par la frontière d’Asie (4 à 500.000 r.), est d’origine persane. En général, l’importation des matières textiles par mer diminue, tandis que celle de la frontière de terre, tant du côté de l’Europe que du côté de l’Asie, augmente sensiblement.
- Quant aux tissus, dont l’importation en général a diminué pendant le dernier temps, la première place appartient aux tissus de laine d’origine allemande (Prusse), qui représentent une valeur de près de 2 millions de roubles. Les tissus anglais, français, autrichiens et turcs ensemble forment à peine un tiers de toute l’importation des tissus en laine (1 million de r.). Les tissus en soie, venant en second lieu et présentant une valeur de plus de 3 millions, pour la plupart viennent par l’intermédiaire de la Prusse (plus de 2 millions de roubles). La France, l’Autriche, la Turquie et la Perse envoyent chacune pour environ 2 à 300.000 roubles de soieries en Russie, mais la part de la France doit être augmentée, vu qu’une certaine partie des soieries importées par la Prusse est d origine
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- COMMERCE SPÉCIAL D’IMPORTATION.
- française. Les cotonnades importées en Russie viennent pour la plupart de la Prusse (1.200.000 r.). L’importation des cotonnades anglaises (importation par mer) baisse sensiblement. En général, l’importation des cotonnades, qui autrefois tenaient la première place parmi les tissus étrangers, devient de jour en jour plus faible. Saint-Pétersbourg, Verjbolovo, Radziviloff (frontière d’Autriche) et Odessa se partagent cette importation, et il n’y a qu’à Radziviloff qu’on peut constater une légère augmentation, tandis que Saint-Pétersbourg et Odessa perdent chaque année de leur importance. L’importation des cotonnades de l’Asie, présentant un caractère tout à fait différent des cotonnades européennes, dépasse actuellement celle de l’Europe, mais les qualités de la marchandise sont telles que son débit nepeut s’étendre au delà du rayon de la foire d’Irbit (steppe des kirghiz et une partie de la Sibérie occidentale). Sur le total de l’importation de l’Asie, qui monte jusqu’à 3 millions, tout en restant stationnaire, la plus grande part (environ 4.200.000 roubles) revient à la Perse. Quant aux tissus de lin (toiles), dont l’importation présente la valeur d’environ 2 millions de roubles, elles sont pour la plupart d’origine allemande et arrivent par la frontière de la Prusse (1.500.000 r.).
- Après l’importation de tissus, celle des métaux bruts et ouvrés et des machines occupe la place la plus importante. Sur un total de 21 à 22 millions, la moitié de ces produits est d’origine anglaise et arrive sur des navires anglais. En général, 1 importation de l’Angleterre comprend les trois quarts des fers bruts, la moitié des fers et métaux ouvrés et plus de la moitié des machines achetées par la Russie. La seconde place après l’Angleterre appartient à la Prusse, qui importe en Russie pour environ 4 millions de ces articles. Puis vient
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- COMMERCE SPÉCIAL D’IMPORTATION. 261 l’importation de l’Autriche (plus d’un million; machines, faux, etc.), et en dernier lieu celles de la Suède, de la Belgique et des Pays-Bas. L’importation de la houille appartient presque exclusivement à la Grande-Bretagne. L’importation du sel se partage entre la Grande-Bretagne (sel portugais), l’Autriche, la Prusse et l’Espagne. La quantité de cette importation reste à peu près la même, mais le prix du sel, qui entre par la frontière de la Prusse, a baissé.
- Les denrées coloniales arrivent en Russie par l’entremise de l’Angleterre, de la Hollande et des villes anséatiques. Le café est apporté sur des vaisseaux anglais et anséatiques, le sucre, sur des navires hollandais et en partie par terre (frontière de Prusse). Les couleurs et les drogueries de l’Amérique sont importées par l’Angleterre, la Hollande et la France. Les drogueries d’origine européenne appartiennent presque exclusivement à la Prusse et à la France, et arrivent par la voie de terre.
- Les vins, liqueurs et autres boissons importées en Russie sont d’origine diverse. Les trois quarts de toute l’importation reviennent à la France (4.500.000 r.). L’Espagne envoiepour près de 700.000 r.; l’Angleterre, la Prusse et l’Italie se partagent le reste de l’importation (environ 800.000 r.).
- L’importation des tabacs appartient à la Turquie (1.100.000 r.), à la Prusse (800.000 r.) et aux villes anséatiques (800.000r.). L’Angleterre et la Hollande fournissent le reste.
- L’importation du thé se fait par deux voies distinctes. Le commerce de Kiakhta cède peu à peu à l’importation des ports de Saint-Pétersbourg et d’Odessa, ainsi qu’au transit de la Prusse, qui se trouvent presque exclusivement dans les mains du commerce anglais. En général, plus des deux tiers de
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- COMMERCE SPÉCIAL D’IMPORTATION.
- toute la quantité de thé consommé par la Russie passent par l'Angleterre.
- Quant aux fourrures, la moitié de l’importation est fournie par l’Asie centrale et l’autre moitié par la Prusse.
- Indépendamment des articles susmentionnés, l’importation de la Russie comprend une foule d'objets d’importance secon-daire, qu’il est presque impossible de désigner explicitement et dont l’origine ne saurait être déterminée avec précision, vu qu’ils arrivent pour la plupart par la frontière de terre et portent l’étiquette de la Prusse. Dans cette masse il y a beaucoup de pioduits français, anglais, suisses, etc., des bronzes, de la quincaillerie, de la porcelaine, des habits confectionnés, des produits chimiques, etc., que le manque de place nous force de passer sous silence, et dont la statistique détaillée occuperait un volume à part.
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- IX
- NAVIGATION MARITIME ET MOUVEMENT
- DES PORTS.
- Le nombre des bâtiments russes destinés à la navigation
- O maritime, pour! 865, était de 2.132, dont 607 navires de long cours et 1.525 bâtiments de côte. Le nombre des vapeurs était de 84, dont 50 a aubes et 34 a hélice. La capacité de tous ces bâtiments ensemble donnait 90.496 lasts (environ 45.000 ton
- nes de France). La répartition de ces bâtiments, d’après les
- ports, était la suivante :
- VAPEURS.
- Arkhangel...................................... 4
- Onéga.......................................... 2
- Saint-Pétersbourg'............................. 1
- Narwa....................................... »
- Riga..............................,............ 6
- Reval.......................................... »
- Arensbourg..................................... »
- Pernow......................................... 1
- Dago........................................... »
- Libau.......................................... »
- Windau......................................... 1
- Odessa........................................ 50
- Théodosie...................................... »
- Nicolayeff..................................... »
- Kertch......................................... »
- BATIMENTS A VOILES. CAPACITÉ.
- 295 lasts. 9.100
- 60 1.494
- 15 1.592
- 9 612
- 54 8.057
- 6 438
- 9 178
- 16 651
- 6 287
- 31 2.826
- 17 1.103
- 178 20.376
- 3 135
- 74 2.324
- 94 3.371
- 1. Le port de Saint-Pétersbourg possède, en outre, 34 vapeurs pour le transport des passagers et plusieurs bâtiments destinés à des buts spéciaux.
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- 264 NAVIGATION ET MOUVEMENT DES PORTS.
- VAPEURS.
- Taganrog.......................................... »
- Eupatoria......................................... »
- Berdiansk......................................... »
- Ackermann......................................... »
- Marioupol......................................... »
- Yénitschesk....................................... »
- Temriouk.......................................... »
- Yeïssk............................................ »
- Rostoff........................................... 5
- Poti........................................... !
- Astrakhan........................................ 13
- Bakou............................................. »
- Total:
- Pour les ports de la mer Blanche................ 6
- Pour les ports de la Baltique.................. 9
- Pour les ports de la mer Noire et de la mer
- d’Azoff........................................ 56
- Pour les ports de la mer Caspienne.....*......... 13
- Nombre des bâtiments marchands appartenant à
- la Finlande.................................... 46
- BATIMENTS CAPACITÉ.
- A VOILES.
- 137 5.145
- 6 307
- 37 975
- 3 56
- 67 3.742
- 2 27
- 4 53
- 20 285
- 455 11.847
- 8 254
- 403 13.996
- 37 905
- 355 10.594
- 165 16.104
- 1088 48.897
- 440 14.901
- 1530 109.469
- Le mouvement des principaux ports de la Russie pour l’année 1865 a donné les résultats suivants :
- NOMBRE DES ENTRÉES NOMBRE DES DÉPARTS
- Arkhangel..............................
- Saint-Pétersbourg......................
- Riga...................................
- Odessa........................ ........
- Taganrog...............................
- Total du mouvement de tous les ports...
- Entré en général : 1.113.000 lasts; sorti
- Chargés. Sur lest. Chargés. Sur lest.
- 306 499 744 44
- 1.654 282 1.856 113
- 775 1.412 2.166 3
- 599 763 1.288 83
- 165 609 752 10
- 5.237 4.148 9.021 421
- : 1.108.983.
- Répartition du nombre total des bâtiments entrés et sortis
- d’après les nationalités :
- PAVILLONS. NOMBRE DES CAPACITÉ. NOMBRE DES CAPACITÉ.
- Autrichien ENTRÉES. 411 lasts. 79.000 SORTIES. 407 lasts. 77.000
- Américain 11 2.590 10 2.847
- Anglais 2.288 355.000 2.322 351.187
- Belge 35 6.000 20 5.704
- Brésilien 1 168 1 168
- Brémois 18 2.700 8 3.196
- Hambourgeois 21 2.570 22 2.778
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- NAVIGATION ET MOUVEMENT DES PORTS. 265
- PAVILLONS. NOMBRE CAPACITÉ. NOMBRE
- DES ENTRÉES. DES CAPACITÉ.
- Hanovrien 19.230 48.000 3.288 44.000 26.963 150.288 14.577 34.900 8.560 1.121 58.939 SORTIES.
- Hollandais • 00 600 338 19.147
- Holsteinois • 000 700 48.308
- Grec • 301 68 3.424
- Danois • 001 384 43.158
- Italien • ~00 258 17.813
- Lubequois # Meklenbourgeois Oldenbourgeois Portugais • 00 . 115 • 378 . 123 7 952 109 382 123 149.710 14.940 45.705 8.779
- Prussien 520 7 1.121
- Romain 9 509 57.919
- Russe 1 321 168 146.733 9.423 2 1.365 168
- Turc 489 148.186
- Français 478 9.265
- 286 30.431 65.977
- Suédois 670 281 668 29.191
- 69.260
- Le mouvement des ports de la Finlande, des ports de la mer Caspienne, ainsi que celui des ports de 1 océan Pacifique, n’est pas compiis dans la table précédente, mais dans le nombre des bâtiments, entiés et sortis sous pavillon russe, figure un certain nombre de bâtiments finlandais.
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- TABLE DES MATIÈRES.
- Territoire.
- I. Étendue et position géographique............................Pagesi
- II. Division administrative......................................... 3
- III. Description du sol.............................................. 7
- IV. Frontières et côtes............................................ 17
- V. Eaux extérieures: mers, golfes, ports.......................... 19
- VI. Eaux intérieures: lacs, fleuves, rivières...................... 28
- VII. Cheminsdefer................................................... 54
- VIII. Télégraphes................................................... 56
- Population.
- I. Population relative............................................ 60
- II. Statistique des lieux habités: population agglomérée et po-
- pulation des villes.................................................. 64
- III. Population par cultes.......................................... 90
- IV. Population par conditions...................................... 94
- V. Population par sexes..........•. •............................. 99
- VI. Population par âges........................................... 103
- VII. Mouvement de la population.................................... 104
- VIII. Accroissement de la population............................. 113
- Production.
- I. Conditions climatiques........•............................... 117
- II. Terres cultivées et arables................................... 122
- III. Prairies...................................................... 124
- IV. Forêts........................................................ 126
- V. Classification de la production............................... 130
- VI. Produits de la pêche.......................................... 131
- VII. Produits de la chasse......................................... 134
- VIII. Produits des forêts.......................................... 136
- IX. Produits des mines.......................................... 141
- X. Industries se rattachant à la production des mines et du règne minéral............................................................. 149
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- 268
- TABLE DES MATIÈRES.
- Pages.
- XI. Produits de l’élève du bétail............................... 155
- XII. Industries se rattachant à la production brute du règne animal. 163
- XIII. Autres produits du règne animal............................. 170
- XIV. Production agricole : observations générales................ 175
- XV. Culture des céréales et de la pomme de terre................ 181
- XVI. Industries qui se rattachent à la culture des céréales..... 184
- XVII. Culture des graines oléagineuses et des plantes textiles.. .. 188
- XVIII. Culture de la betterave...................................... 201
- XIX. Culture du tabac............................................. 204
- XX. Culture de la vigne....................................... 207
- XXI. Industries mêlées.............................................. 210
- XXII. Récapitulation.................•.............................. 211
- Commerce.
- I. Aperçu général................................................. 213
- II. Transports à l’intérieur....................................... 217
- III. Navigation fluviale.......................................... 219
- IV. Chemins de fer............................................... 233
- V. Commerce des foires............................................ 235
- VI. Commerce avec l’étranger....................................... 246
- VII. Commerce spécial d’exportation ................................ 253
- VIII. Commerce spécial d’importation................................. 258
- IX. Navigation maritime et mouvement des ports..................... 263
- 9300. — Imprimerie générale de Ch. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris.
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